Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- 4^^ «g» Ui Ls
- Bibliothèque
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- PUBLIE
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ
- MM. IIHIER & TOULON
- 1908
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’administration.
- (Extrait du Règlement.)
- MD C CCT
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, RUE DE RENNES, 44
- •U*
- 190 8
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 2 à 4 heures.
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- '107e ANNÉE.
- JANVIER 1908
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES, DES MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL ET DES MEMBRES CORBESPONDANTS, ARRÊTÉE DANS LA SÉANCE DES ÉLECTIONS
- du 10 janvier 1908 pour l’année 1908
- BUREAU
- Année r
- an conseil6 Président.
- 1892.—- Gruner (E.) (O. üfc), ingénieur civil des mines, vice-président du-Comité central des houillères de France, 6, rue Férou (VIe arr1).
- Vice-présidents.
- 1877. — Bérard (P.) (O. $0, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue Casimir-Delavigne, 2 (VIe arr1).
- 1883. — Bardy (O. #), directeur honoraire du service scientifique des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 32 (VIIIe an4).
- 1903. — Bertin (C. #), membre de l’Institut, 8, rue Garancière (VIe an4).
- 1894. — Pector (Sosthènes), membre du Conseil d’administration de la Société française de Photographie, 9, rue Lincoln (VIIIe arU).
- Secrétaires.
- 1901. —Hitier (Henry), ingénieur agronome/maître de conférences à l’Institut national agronomique, 23, rue du Cberche-Midi (VIe an4).
- 1900. — Toulon (Paul) {&), ingénieur en chef des ponts et chaussées, attaché à la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest, 70, rue d’Assas (VIe an4).
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- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- JANVIER 1908.
- de l’entrée rp '
- au Conseil. * ? 6S0) 16) •
- 1906. —Alby (#), ingénieur des ponts et chaussées, 80 boulevard Flandrin (XVIe arr1)-
- Censeurs.
- 1884. — Bordet (#), ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie de Châtillon et Commentry, boulevard Saint-Germain, 181 (VIIe arr1).
- 1901. — Legrand (Victor) (O. &), ancien président du Tribunal de commerce de la Seine, 115, rue Lafayette (Xe arr1).
- Commission des Fonds.
- 1884. — Bordet (#), ancien inspecteur des finances, administrateur de la Compagnie de Châtillon et Commentry, Président, boulevard Saint-Germain, 181, ( VIIe arr1).
- 1876. —Pereire (Henry), ingénieur des arts et manufactures, boulevard de Cour-celles, 33 (VIIIe arr1).
- 1887. — Fouret (#),ancien examinateur d’admission à l’École polytechnique, avenue
- Carnot, 4 (XVIIe arr1).
- 1888. — D’Eicuthal (Eug.), membre de l’Institut, administrateur de la Compagnie
- du chemin de fer du Midi, boulevard Malesherbes, 144 (XVIIe arr1).
- 1891. — Heurteàu (ü. &), ingénieur en chef des mines, directeur de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, rue de Clichy, 17 (IXe arr1).
- 1900. — Lavollée (J.), avocat à la Cour d’appel, 3, avenue du Coq (IXe arr1).
- 1002.—Honoré (Frédéric) (#), ingénieur des arts et manufactures, administrateur délégué de la Société du Louvre, 75, rue de Lille (VIIe arr1).
- 1903. —Lafosse (H.) (O. #), conservateur des eaux et forêts, 78, rue de Varenne (VIIe arr1).
- 1906. — Alby (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, boulevard Flandrin, 80* (XVIe arr1).
- N...
- Comité des Arts mécaniques.
- 1869. — Haton de la Goupillière (G. O. &), membre de l’Institut, Président, rue de Vaugirard, 56 (VIe arr1).
- 1876. — Collignon (Ed.) (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, 2, rue de Commaille (VIIe arr1).
- 1884. — Brüll (#), ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, boulevard Malesherbes, 117 (VIIIe arr1).
- 1891. — Imbs (*&), professeur au Conservatoire des arts et métiers, rue Greuze, 20 (XVIe arr1).
- 1891.— Sauvage (O. #), ingénieur en chef des mines, professeur à l’École des mines et au Conservatoire des arts et métiers, rue Eugène-Flachat, 14 (XVIIe arr1).
- 1893. —Flamant (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, Grande-Rue, 11, à Bourg-la-Reine (Seine).
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- Année •de l'entrée «tu Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1908.
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- 1894. — Linder (C. #), inspecteur général des mines, rue du Luxembourg, 38,
- (VIe arr1).
- 4895.—Bçurdon (Édouard) (O. #), constructeur-mécanicien, rue du Faubourg-du-Temple, 74 (XIe arr1).
- 1895. — Roz.É (O. #), répétiteur d’astronomie à l’École polytechnique, 62, rue du
- Cardinal-Lemoine (Ve arr1).
- 1897. — Barbet (#), ingénieur, 53, avenue de Paris, à Versailles (Seine-et-Oise).
- 1897. — Diligeon(#), constructeur-mécanicien, 24 avenue de la Gare, àjMonlluçon (Allier).
- 1898. — Masson (L.) (O. #), ingénieur civil, directeur en congé hors cadre au Con-
- servatoire des arts et métiers, 22, rue Alphonse-de-Neuville (XVIIe arr1).
- 1900. — Walckenaer (0. #), ingénieur en chef des mine.s, 218, boulevard Saint-Ger-
- main (VIIe arr1).
- 1901. — Rateau, professeur à l’École des mines, 7, rue Bayard (VIIIe an4).
- 1905. — Bertin (C. #), membre de l’Institut, 8, rue Garancière (VIe arr1).
- 1906. — Lecornu (#), ingénieur en chef des mines, professeur à l’École polytech-
- nique, 3, rue Gay-Lussac (Ve arr.).
- Comité des Arts chimiques.
- 1872. —Troost (C. #), membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, Président, rue Bonaparte, 84 (VIe an4).
- 1877. — Bérard (P.) (O. #), membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue^Casimir-Delavigne, 2 (VIe arr1).
- 1880. — Vincent (C.) (#), ingénieur, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, boulevard Saint-Germain, 25 (Ve arr1).
- 1880.’ — Jungfleisch (#), professeur au Conservatoire des arts et métiers et au Collège de France, membre de l’Académie de médecine, rue du Cherche-Midi, 74 (VIe arr1).
- 1883. — Carnot (Adolphe) (C. #), membre de l’Institut, inspecteur général des'mines, boulevard Raspail, 99 (VIe arr1).
- 1885. — LeCuatelier (Henri) (&), membre de l’Institut, inspecteur général des mines, professeur à la Sorbonne, rue Notre-Dame-des-Champs, 73 (VIe arr1).
- 1885. — Biver (Hector) (#), administrateur de la Compagnie de Saint-Gobain, rue Meissonier, 8 (XVIIe arr1).
- 1885. — Appert (Léon) (O. #), ingénieur-manufacturier, 148, boulevard Haussmann (VIIIe arr1).
- 1889. — Vieille (O. #), membre de l’Institut, 12, quai Henri IV (IVe arr1).
- 1895. — Buquet (O. #), directeur de l’École centrale des arts et manufactures, 1, rue Montgolfier (IIIe arr1).
- 1898. — Livache, ingénieur civil des mines, 24, rue de Grenelle (VIIe arr1).
- 1900. — Bâclé (#), ingénieur civil des mines, 57, rue de Châteaudun (IXe arr1).
- 1903. — Haller (O. #), membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne, 10, rue Vau-
- quelin (Ve arr1).
- 1904. — Vogt (O. #), directeur des services techniques de la Manufacture nationale
- de Sèvres (S.-et-O.).
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- JANVIER J908.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1905. — Prud’homme (#), chimiste, ancien élève de l’École polytechnique, 78, avenue de la Grande-Armée (XVIIe arP).
- 1907. — Guillet, ingénieur, chef des services chimiques de la maison de Dion et Bouton, 17, avenue Carnot (XVIIe arP).
- Comité des Arts économiques.
- 1876. — Sebert (général H.) (C. #), membre de l’Institut, Président, rue Brémon-tier, 14 (XVIIe arP). ,
- 1883.—Bardy (O. #), directeur honoraire du service scientifique des contributions indirectes, rue du Général-Foy, 32 (VIIIe arP).
- 1883. — Mascart (G. O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, directeur honoraire du Bureau central météorologique, 16, rue Christophe-Colomb (VIIIe an*).
- 1886. — Becquerel (Henri) (O. &), membre de l’Institut, 6, rue Dumont-d’Urville
- (XVIe arP).
- 1887. — Carpentier (O. #), ingénieur, membre de l’Institut, 34, rue du Luxembourg
- (VIe arP). •
- 1888. — Raymond (C.'ifc), administrateur honoraire des Postes et des Télégraphes, 36,
- rue Washington (VIIIe arP).
- 1893. — Fontaine (O. #), ingénieur civil, 58, rue Notre-Dame-des-Champs (VIe arP). 1893. — Violle (O. #), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, boulevard Saint-Michel, 89 (Ve arP).
- 1897. — Lyon (O. #), directeur de la fabrique de pianos Pleyel* Wolfï, Lyon et Cie, 22, rue Rochechouart (IXe arP). .
- 1900. — Toulon (Paul) (#), ingénieur en chef des ponts et chaussées, attaché à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, 70, rue d’Assas (VIe arP).
- 1902. — Harlé (#), ingénieur des ponts et chaussées de la maison Sautter-Harlé et Cie, 12, rue Pierre-Charron (XVIe arP).
- 1902. — Hillairet (#), ingénieur-constructeur, 22, rue Yicq-d’Azyr (Xe arP).
- 1903. — Perot ($£), 16, avenue Bugeaud.
- 1907. — Berthelot (Daniel), professeur à l’Université, 31, rue de Tournon (VIe arP).
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- Gomité d’Agriculture.
- 1866. — Tisserand (Eug.)(G.O. #), conseiller maître à la Cour des Comptes, Président, rue du Cirque, 17 (VIIIe arP).
- 1881. — Lavalard (Ed.) (O. #), membre du Conseil supérieur de l’agriGulture, maître
- de conférences à l’Institut national agronomique, 87, avenue de Villiers (XVIIe arP).
- 1882. — Müntz (Achille) (O. #)> membre de l’Institut, professeur à l’Institut national
- agronomique, rue de Condé, 14 (VIe arP).
- 1882. — Prillieux (E.) (O. #), membre de l’Institut, rue Cambacérès, 14 (VIIIe arP).
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- JANVIER 1908.
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- Année de l’entrée
- au Conseil. *
- 1888. — Liébaut (O. #), président honoraire de la Chambre syndicale des ingénieurs-constructeurs-mécaniciens, avenue Marceau, 72 (VIIIe arr*).
- 1896. — Lindet (#), professeur à l’Institut national agronomique, 108, boulevard
- Saint-Germain (VIe arr*).
- 1897. — Grandeau (C. ^), inspecteur général des Stations agronomiques, 4, avenue La
- Bourdonnais (VIIe arr*).
- 1899. — Bénard (O. #), président de la Société d’agriculture de Meaux, 81, rue do Maubeuge (Xe arr*).
- 1901. — Ringelmann (#), directeur de la station d’essais de machines, 47, rue Jenner (XIIIe arr*).
- 1901. — Hitier (Henri), ingénieur agronome, maître de conférences à l’Institut national agronomique, 23, rue du Cherche-Midi (VIe arr*).
- 1893. — Daubrée (L.) (C. &), conseiller d’Ltat, directeur général des eaux et forêts, 78, rue de Varenne (VIIe arr*).
- 1905. — Schribaux (E.) (#), professeur à l’Institut national agronomique, 140, rue de Rennes (VIe arr*).
- 1905. — Dybowski (O. #), inspecteur général de l’Agriculture coloniale, avenue de. la
- Belle-Gabrielle, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- 1906. — Girard (A. Ch.) (#), professeur à l’Institut National agronomique, 60, rue
- Madame (VIe arr*).
- 1906. — Wery (Georges) (#), sous-directeur de l’Institut National agronomique,
- 6, rue Bara (VIe arr*).
- 1907. — Dabat (O. #), directeur au Ministère de l’Agriculture, 48, boulevard Latour-
- Maubourg (VIIe arr*).
- Comité des Constructions et des Beaux-Arts.
- 1879. — Voisin Bey (O. #), inspecteur général des ponts et chaussées, en retraite, Président, rue Scribe, 3 (IXe arr*).
- 1876. — Davanne (O. #), président du comité d’administration de la Société française de photographie, rue des Petits-Champs, 82 (IIe arr*).
- 1894. — Pector (Sosthènes), membre du conseil d’administration de la Société fran-
- çaise de photographie, 9, rue Lincoln (VIIIe arr*).
- 1895. — Belin (H.) (ift), éditeur, 52, rue de Vaugirard (VIe arr*).
- 1898. — Bonaparte (prince Roland), membre de l’Institut, 10, avenue d’Iéna(XVIe arr*).
- 1899. — Larivière (Pierre) (#), ingénieur civil des mines, 164, quai Jemmapes-
- (Xe arr*).
- 1899. — Pillet (J.) (O. #), professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, 143,
- , avenue d(Argenteuil, à Asnières (Seine). - .
- 1903. — Maës (Georges) (#), manufacturier, 45, rue de Courcelles (VIIIe arr*).
- 1903. — Résal (O. &), ingénieur en chef des ponts et chaussées, 6, rue Furstenberg* (VIe arr*).
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- 8 CONSEIL D’ADMINISTRATION. —- JANVIER 1908.
- Année de l’entrée du Conseil.
- 1903. — Magne (Lucien) (O. #), inspecteur général des monuments historiques, 6, rue de l’Oratoire (Ier arr1).
- 1903. — Moreau (Auguste), ingénieur des arts et manufactures, 10, rue Duperré (IXe arr1).
- 1907. — Ribes Christofle (de), (#), manufacturier, 56, rue de Bondy (Xe arr1).
- 1907. — Mesnager (#), ingénieur des ponts et chaussées, 182, rue de Rivoli (Ier arr1).
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- Comité du Commerce.
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), ancien préfet, vice-président honoraire de la Société, Président, 79, rue de la Tour (XVIe arr1).
- 1869. — Roy (Gustave) (C. îfc), ancien présidentde la Chambre de commerce de Paris, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, rue de Tilsitt, 12 (VIIIe arr1).
- 1887. — Creysson (C. #), membre de l’Institut, inspecteur général des ponts et chaussées, 4, rue Adolphe-Yvon (XVIe arr1).
- 1892. — Gruner (E.) (O. #), ingénieur civil des mines, vice-président du Comité central des houillères de France, rue Férou, 6 (VIe arr1).
- 1896. — Levasseur (O. #), membre de l’Institut, adminislrateur du Collège de
- France (Ve arr1).
- 1897. — Paulet (O. ift), directeur au Ministère du Travail, 47, boulevard Suchet,
- (XVIe arr1).
- 1897. — Dupuis (#), ingénieur civil des mines, 18, avenue Jules-Janin (XVIe arr1).
- 1899. — Lalance (Auguste) (#), 195, boulevard Malesherbes (XVIIe arr1).
- 1899. — Lévy (Raphaël-Georges) (#), 26, avenue Victor-Hugo (XVIe arr1).
- 1901. — Legrand (Victor) (O. #), ancien président du Tribunal de commerce de la Seine, 115, rue Lafayette (Xe arr1).
- Agent général de la Société.
- M. Richard (Gustave) (#), ingénieur civil des mines, rue de Rennes, 44 (VIe arr1). Téléph. 729.75.
- Commission du Bulletin.
- MM. IlrriER, Toulon, secrétaires; Lafosse, Fouret, Haton de la Goupillière, Collignon, Bérard, Livache, Sebert, Berthelot, Lindet, Ringelmann, Belin, Voisin Bey, Gruner, Ch. Lavollée.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. -— JANVIER 1908.
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- Année de l’entrée au Conseil
- MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL
- Vice-Président.
- 1864. — Lavollée (Ch.) (#), président du Comité du Commerce, 79, rue de la Tour
- Secrétaire honoraire.
- 1861.— Collignon (O. &), inspecteur général des ponts et chaussées, 2, rue de Commaille.
- Comité des Arts mécaniques.
- 1884. — Lévy (Maurice) (O. #), membre de l’Institut, professeur au Collège de France, avenue du Trocadéro, 15.
- 1891. — Richard (Gustave) (#), ingénieur civil des mines, agent général de la Société. 1898. — Boutillier (#), inspecteur général des ponts et chaussées, 24, rue de Madrid.
- Comité d’Agriculture.
- 1901. — M. Schlqesing (O. #), membre de l’Institut, 67, quai d’Orsay.
- Comité des Arts économiques.
- 1866. — Bouilhet (Henri) (0. &), ingénieur-manufacturier, 56, rue de Bondy, (Xe arr1).
- 1901. — Rouart (Henri) (O. #), ingénieur-constructeur, 34, rue de Lisbonne (VlIParr1).
- MEMBRES CORRESPONDANTS
- Comité des Arts mécaniques.
- Correspondants français.
- Bietrix, directeur de l’usine de la Chaléassière, à Saint-Étienne (Loire).
- Correspondants étrangers.
- Chapman (Henry), ingénieur-conseil, à Londres. Dwelshauvers-Dery, ingénieur, professeur à l’Université de Liège. Habich, directeur de l’École des mines, a Lima.
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- CONSEIL' D’ADMINISTRATION. --- JANVIER 1908.
- Comité des Arts chimiques.
- Correspondants français.
- Guimet fils, manufacturier, à Lyon.
- Pechiney, directeur de la Société des produits chimiques d’Alais. Darblay, manufacturier, à Essonnes (Seine-et-Oise).
- Boire (Émile), administrateur des sucreries de Bourdon (Puy-de-Dôme). Petitpont (Gustave), manufacturier, à Choisy-le-Roi.
- * Correspondants étrangers.
- Canizzaro, professeur à l’Université de Rome.
- Roscoe (Henry), Enfield 10, Bramham garden’s, South-Kensington (S.-W.). Londres Solvay, fabricant de produits chimiques, à Bruxelles.
- Hadfield, directeur dès usines Hecla, à Londres (Angleterre).
- Howe, professeur de métallurgie à New-York.
- Comité des Arts économiques.
- Correspondants français. Loreau, manufacturier, àBriare.
- Chardonnet (comte de), ancien élève de l’École polytechnique.
- Correspondants étrangers.
- Crookes (William), directeur du journal l'he Chemical News, à Londres. .
- Preece, ingénieur consultant des télégraphes de l’État, à Londres.
- Eluiu-Tromson, électricien en chef de la Société 7'Æomsora-/7ousftm,àLynn,Mass.(E. U. A.) Steinlen, ingénieur-constructeur, à Mulhouse.
- Comité d’Agriculture.
- Correspondants français.
- Le Gler, ingénieur des polders de la Vendée.
- Milliau (Ernest), chimiste, à Marseille.
- Briot, conservateur des eaux et forêts, à Aurillac.
- Correspondants étrangers.
- Gilbert (Dr), membre de la Société royale de Londres, à Rothamstead (Angleterre)..
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- JANVIER 1908. 1 1
- Comité du Commerce.
- Correspondants français.
- Walbaum, président de la Chambre de commerce de Reims.
- Bessonneau, manufacturier, consul de Belgique, à Angers.
- Correspondants étrangers.
- Hemptine (comte Paul de), à Gand (Belgique).
- Mevissen, conseiller intime du eonamercé, ancien président de la Chambre de commerce-de Cologne.
- Dalton (Esq.), directeur du Patent-Offîce, à Londres.
- Aurelio Capello, capitaine d’artillerie, ingénieur géographe, Calle de Jorge Juan, à Madrid.
- Bodiô (le commandeur), directeur général de la statistique du royaume d’Italie, à. Rome.
- Giffin, directeur de la statistique du Board of Trade, à Londres.
- Carroll (D. Wright), commissaire du département du travail, à Washington (États-Unis) „
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait par M. E. Sauvage au nom du Comité des At'ts mécaniques SUR UN FRAPPEUR PNEUMATIQUE de M. Baril.
- M. A. Baril, ingénieur, a fait une étude approfondie des frappeurs pneumatiques, dont les applications se sont multipliées, depuis quelques années, notamment dans les ateliers de chaudronnerie et sur les chantiers de constructions métalliques. Il a publié, dans la Revue de mécanique (numéros de janvier et de novembre 1907), deux articles intéressants sur ces appareils. Ses études l’ont conduit à construire un appareil de ce
- Fig. 1 et 2. — Marteau pneumatique Baril avec admission d’air fermée et coupe montrant le canal d’échappement o.
- genre, dans lequel il a cherché à réunir les diverses qualités désirables en évitant les défauts qu’il avait constatés dans d’autres types. Il présente à la Société cet appareil, et communique en même temps les résultats d’expériences qu’il a exécutées pour en contrôler le fonctionnement.
- Le frappeur pneumatique Baril (fig. 1) se compose essentiellement :
- D’un cylindre a;
- D’un piston b; •
- D’une boîte de distribution e;
- D’un écrou de fixation de la boîte de distribution et d’une poignée à coulisse p;
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- SUR UN FRAPPEUR PNEUMATIQUE. 13
- L’air comprimé est amené par un tuyau flexible raccordé en x à l’appareil. Au repos, grâce à la différence des sections des pistons conjugués n, la poignée se trouve constamment repoussée vers la droite.
- Pour la mise en marche, l’opérateur, en appuyant sur la poignée p, repousse les pistons n dans leur position extrême gauche (fig. 3). L’air entre dans la boîte de distribution par les canaux g et h et sollicite la valve f dans deux directions opposées. L’effort le plus grand ayant lieu vers la droite, la valve se maintient dans la position représentée figure 2, tandis que le piston se trouve chassé de droite à gauche.
- Pendant ce temps, l’air contenu dans le cylindre à l’avant du piston s’échappe par les canaux j, i, k et L
- Au moment où la tranche arrière du piston démasque les orifices m, la
- i-
- Fig. 3. — Marteau pneumatique Baril avec admission d’air ouverte.
- pression derrière ce piston s’abaisse par suite de l’échappement direct brusquement produit. Cet abaissement de pression rend prépondérante l’action de la pression à droite de la valve /’, et l’amène dans la position montrée figure 1.
- L’air pénètre alors par h, k, i, j sur la gauche du piston, l’orifice d’échappement / se trouvant obturé. Cette admission anticipée ne cause pas de contre-pression nuisible, étant donné qu’elle s’opère par un canal de faible section et que sa durée est très courte, puisque le piston possède, pendant cette dernière et très petite portion de sa course, son maximum de vitesse.
- Le coup étant frappé, le piston revient en arrière sous l’influence du rebondissement et de l’admission d’air comprimé par h.
- Pendant ce temps, l’échappement de l’air sur la face de droite du piston s’opère d’abord par les trous m, puis, quand ces derniers sont bouchés, par les orifices o, et l (montrés sur la figure 2).
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- 14 ARTS MÉCANIQUES. --- JANVIER 1908.
- En continuant sa course vers la droite, le piston obture les orifices o et il y a, à partir de ce moment, compression de l’air non évacué ; cette compression due, à l’inertie du piston, provoque le mouvement de la valve vers la droite, enfermant ainsi l’admission sur la face de gauche du piston.
- Les organes mobiles se retrouvent au point de départ, et le fonctionnement continue.
- Le mécanisme qui vient d’être décrit est remarquable par sa simplicité. Les passages d’air sont relativement directs, etM. Baçil a évité les conduits coudés qui existent dans certains frappeurs. La mise en action, par la
- H
- Fig. 4. — Appareil enregistreur du nombre de coups des frappeurs pneumatiques.
- simple poussée de la poignée, est une caractéristique heureuse du système : comme cette poussée est de toute manière nécessaire pour maintenir l’outil sur lequel frappe le marteau, il est logique de l’utiliser pour produire en outre la marche de l’appareil. On supprime ainsi la soupape d’admission avec sa gâchette de commande qui est installée à cet effet : l’opérateur n’a plus à maintenir le doigt appuyé sur cette gâchette, enfin la projection de l’outil par une mise en marche intempestive n’est plus à craindre.
- Pour procéder à l’étude expérimentale du marteau, M. Baril a fait une installation d’essai intéressante, qui lui a permis de déterminer le travail du choc, le nombre de coups frappés par seconde et la dépense d’air comprimé.
- L’installation d’essai comprenait :
- Un compresseur d’air ;
- Un réservoir d’air comprimé d’environ 600 litres ;
- Une canalisation en tuyaux de 25 millimètres intérieur;
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- SUR UN FRAPPEUR PNEUMATIQUE.
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- Un compteur d’air du type à disque genre Thomson ;
- ' Un appareil enregistreur du nombre de coups ;
- Un étau spécial très puissant, destiné à porter l’appareil enregistreur ou la tôle à buriner.
- La figure 4 montre la disposition de l’enregistreur du nombre de coups.
- Il se compose du cylindre A, dans lequel peut coulisser un piston B, dont la course est limitée vers la droite par un bouchon C, qui permet de régler la tension du gros ressort B.
- Une tige.D, terminée en pointe vers la gauche, est constamment ramenée sur le piston B par le petit ressort r; elle est disposée pour pouvoir perforer la bande de papier emmagasinée en H et s’enroulant en H', pendant le fonctionnement. La petite bande de tôle I sert de guide et d’appui à la bande de papier.
- Les brides TTTT fixent l’appareil sur un étau spécial (fig% 5).
- Sur ce même étau, et à une distan.ee déterminée par le faux-outil K, on fixe, à l’aide de la bride T,T et de la butée S, le frappeur pneumatique à essayer.
- Chaque coup donné par le frappeur provoquera un mouvement de l’aiguille D et une perforation de la bande de papier.
- On règle par l’écrou C la tension initiale du ressort R afin qu’en fonctionnant l’aiguille ne fasse que pénétrer très légèrement dans la bande de papier.
- Afin de donner aux essais le plus de précision possible, ils ont été conduits de la manière suivante. Un opérateur surveillait le manomètre du réservoir d’air> un deuxième, le compteur d’air, le troisième manœuvrait la bande de papier, et, enfin, le chronométreur commandait l’opération.
- Le frappeur était mis en fonctionnement la bande papier étant fixe. A un commandement convenu, la bande de papier et le chronomètre étaient mis en route et on notait les indications du manomètre et du compteur d’air; au signal de fin d’expérience (de 30 secondes) la bande de papier était arrêtée et les chiffres relevés.
- Deux séries d’essais ont donné les résultats qui suivent :
- Fig. 5. — Coupe de l’étau maintenant le frappeur à l’essai.
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- 16 arts MÉCANIQUES. ---- JANVIER 1908.
- Consommation en litres à la pression
- Numéro Durée Nombre effective Consommation Pression effective
- de l’essai. de l’essai. de coups. de 6,5 kg./cm2. par coup. en kg./cm2.
- I 30" 465 40 0[,0868 6 1/4 à 6
- 2. . • 30" 460 35 0,0761 —
- 3 30" 457 35 0,0766 —
- Moyenne .... )) 460 36,66 0,0796 »
- — pour. . 60" 920 . 73,32 )) ))
- 1 30" 448 35 0,078 6 1/4
- 2 30" 452 35 0,0774 —
- 3. . 30" 456 35 0,0768 - —
- Moyenne .... 30". 452 35 0,0774 —
- — pour. . 60" 904 70 )> ))
- D’autres essais exécutés dans le but de déterminer la meilleure pro-
- portion entre la longueur de pleine admission et la longueur totale de la
- course avaient donné, dans les mêmes conditions que pour les essais ci-
- dessus :
- Numéro Durée Nombre Consommation Consommation
- de l’essai. de l’essai. de coups. en litres à 6hs,5. par coup. Pression.
- i 30" 460 34 0,074 6 1/4
- 9 30" 450 . 34 0,075 6 1/4
- 3 30" 453 33 0,073 6 1/4
- Moyenne . . . . 30" 454 33,33 0,074 6 1/4
- — pour. . 60" 908 66,66 )) ))
- La moyenne générale serait donc
- Moyenne . . . . 60" • 910 70 0,0769 6 1/2 à 6 1/4 '
- Le même appareil (enregistreur du nombre de coups) a permis de déterminer l’énergie des coups ; il suffit de mesurer de quelle quantité chaque coup du frappeur faisait sortir l’aiguille D et de chercher ensuite de quelle hauteur il fallait laisser tomber un mouton de poids connu pour produire le même effet.
- L’expérience a montré que chaque coup du frappeur produisait un effet équivalent à la chute d’un mouton de 15 kilogrammes tombant d’une hauteur de 0m,27.
- En admettant que les mêmes effets sont produits par la même quantité de force vive dans les deux cas, on trouve que le marteau, pesant 545 grammes, doit être animé au moment du choc d’une vitesse de 12m,l par seconde, et possède alors une demi-force vive de 4,05 kilogrammètres. j\l. Baril appelle consommation spécifique d’un frappeurle quotient de sa
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- SUR UN FRAPPEUR PNEUMATIQUE. 17
- dépense d’air en litres, ramené à la pression atmosphérique, par ce nombre de kilogrammètres. Il obtient, par l’appareil qui vient d’être décrit, la valeur 0,124. Quatre appareils d’autres systèmes, qu’il a essayés, lur ont fourni les valeurs 0,165, 0,243, 0,252 et 0,333, beaucoup plus élevées.
- La figure 6 représente une bande de l’appareil enregistreur, et la figure 7 un énorme copeau d’acier demi-dur enlevé à Laide du frappeur Baril.
- Cet appareil permet d’enlever au burin de 8 à 12 kilogrammes de copeaux d”acier à l’heure. Il est bien maniable, grâce à la disposition de sa poignée et à l’absence de trépidations. Le poids est de 5k§,950.
- J’ai vu l’appareil en travail, et assisté à l’une des expériences avec l’appareil d’essai. Les relevés de M. Baril me paraissent avoir été exécutés avec soin.
- On doit féliciter cet inventeur d’avoir réalisé un appareil bien étudié et dont le fonctionnement paraît satisfaisant, et surtout d’avoir créé une disposition d’essai.donnant le moyen d’apprécier, par des résultats numériques, le fonctionnement des appareils de ce genre. Les industriels qui Tome 110. — Janvier 1908. 2
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- emploient largement ce genre d’outils auraient grand intérêt à instituer des expériences comparatives des différents types de manière à les choisir mon seulement d’après une appréciation superficielle de leur rendement et
- Fig. 7. — Échantillon de copeau enlevé dans une plaque d’acier mi-dur.
- de leur commande, appréciation forcément assez vague et pouvant varier d’un moment à l’autre, mais surtout par la constatation précise de la force du coup, du nombre de coups par minute et de la dépense d’air, qui constitue une dépense assez importante dans l’emploi de ces appareils.
- Votre Comité vous propose de remercier M. A. Baril de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 10 janvier 1908.
- Signé : E. Sauvage, rapporteur.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Ach. Livache, au nom du Comité des Arts
- chimiques, sur l’ensemble des publications de M. Fritsch.
- M. Fritsch présente à l’examen de la Société l’ensemble de ses publications scientifiques parues dans ces dernières années.
- M. Fritsch a été lauréat de la Société pour un Traité de la distillation des produits agricoles et industriels, fait en collaboration avec M. Guillemin; cet ouvrage lui avait valu, en 1891, une médaille d’argent. Dans son rapport, notre regretté collègue, M. Muret, estimait que cet ouvrage oc était appelé à rendre service à la distillerie ». Les nouveaux ouvrages de M. Fritsch méritent certainement la même appréciation; l’auteur, en effet, s’y propose principalement de donner des monographies indiquant les procédés appliqués dans la pratique, en y ajoutant les modifications les plus récentes parues dans des périodiques français ou étrangers qu’il est souvent si difficile de retrouver, même après un laps de temps assez court. Ajoutons que sa connaissance des langues étrangères et ses études antérieures à l’école de Durin, de 1883 à 1892, lui ont permis de se tenir au courant des perfectionnements successifs apportés dans les industries qu’il étudie.
- Les ouvrages de M. Fritsch peuvent être répartis en quatre groupes :
- Dans le premier groupe, qui comprend l’étude des matières amylacées et de leurs dérivés, se place un traité de la Fabrication de la fécule et de l'amidon, 2e édition (1906), ouvrage tenu au courant des procédés les plus récents, dont beaucoup ont été recueillis dans des publications étrangères ou dans les comptes rendus annuels des féculiers allemands. L’auteur y passe en revue la fabrication de la fécule de pommes de terre, des amidons de maïs et de riz, de l’arrow-root, du sagou, du tapioca; il donne, en particulier, des renseignements très précis sur la fabrication de l’amidon de maïs en Amérique, sur les machines à vapeur employées dans la
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- ARTS CHIMIQUES.
- JANVIER 1908.
- féculerie, sur les prix de fabrication, sur l’importance de la pureté de l’eau et sur les procédés d’épuration. M. Fritsch avait eu, du reste, le mérite, dans sa première édition de 1891, de préconiser plusieurs procédés encore peu appliqués, tels que l’emploi de l’appareil centrifuge pour épurer et sécher la fécule et l’amidon, ainsi que le repassage de la pulpe après le premier tamisage, procédés qui sont aujourd’hui d’un usage courant.
- Un volume sur la Fabrication de la glucose, de la dextrine et de l'amidon soluble (1906), vient compléter l’étude précédente.
- Deux petits volumes sont encore à signaler : l’un est intitulé : Fabrication des colles et gélatines (1907), et résume tout ce qui a été publié sur les colles d’origines animale et végétale, avec de nombreux renseignements pratiques présentés d’une manière très claire; l’autre : Traité de l'utilisation à la ferme des déchets et résidus industriels, qui fait partie d’une encyclopédie, l'Agriculture au XXe siècle, sera consulté avec intérêt par les agriculteurs tant au point de vue de l’application de ces résidus à l’alimentation du bétail qu’à celui de leur emploi comme engrais.
- Un deuxième groupe est formé de quatre volumes sur les Matières grasses.
- Le premier, sur la Fabrication et raffinage des huiles végétales (1905), s’occupe des huiles les plus diverses et, en particulier, de celles fournies par les pays chauds, dont le traitement prend une importance considérable. On trouve, pour une centaine d’huiles ou graisses, la composition, les constantes chimiques, les propriétés, les applications. De nombreux appareils de traitement, dont beaucoup sont employés en Angleterre et en Amérique, y sont décrits, permettant de simplifier ou de rendre plus économiques les diverses opérations.
- Les Huiles et graisses d'origine animale (1907) sont étudiées, non seulement au point de vue des procédés les plus récents de la fabrication, mais encore à celui de leurs applications industrielles qui prennent chaque jour une importance plus grande; on y trouve des renseignements particulièrement intéressants sur le suif d’os, le suint de laine, la lanoline, les dégras, les huiles de poissons, etc.
- Dans un volume sur la Fabrication de la margarine et des graisses alimentaires (1905), l’auteur se propose de montrerque, parle choix judicieux des matières premières, et les soins méticuleux apportés à la fabrication, on peut obtenir des produits très hygiéniques : margarine, butte-rine, saindoux artificiels, végétaline, etc., qui, si on écarte toute idée de
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- l’ensemble DES PUBLICATIONS DE M. FR1TSCH.
- spéculation de mauvais aloi, constituent une matière grasse pure, saine, facilement digestible, ayant mérité d’être appelée le beurre du pauvre.
- Un petit volume traite des Tourteaux oléagineux (1906), tant indigènes qu’exotiques, au double point de vue de leur emploi pour l’alimentation du bétail et de leur utilisation comme engrais. On y trouve rassemblés des renseignements très complets sur leur composition et leur digestibilité, le mode d’emploi, les falsifications et altérations. Pour les nombreux tourteaux pouvant servir comme engrais, l’auteur indique leur valeur fertilisante, les doses à prendre, le mode d’épandage, et termine par des exemples concernant certaines cultures déterminées.
- Le troisième groupe, consacré aux Eaux-de-vie, liqueurs et boissons gazeuses, comprend quatre ouvrages :
- Nouveau traité, de la fabrication des liqueurs;
- Traité pratique de la fabrication des eaux-de-vie par la distillation;
- Manuel pratique de la fabrication des eaux et boissons gazeuses (1906) ;
- Préparation des conserves ménagères et fermières (1907).
- Il serait difficile d’analyser ces ouvrages ; nous nous bornerons à dire qu’ils fournissent aux fabricants tous les renseignements théoriques et pratiques dont ils ont besoin ; de plus, ils sont d’un grand secours pour les apprentis-distillateurs. Ceux-ci, en effet, ont généralement appris leur métier dans des laboratoires où ils n’exécutent les diverses préparations que sur des données empiriques, compliquées à dessein, en vue de conserver à ces laboratoires le secret de leurs recettes; or, dans les ouvrages que nous avons cités, ils trouvent des indications claires et précises, qui leur permettent d’installer eux-mêmes une fabrication rationnelle. Cette dernière considération explique le succès du second de ces volumes dont la vente peut être estimée à plus de cent mille exemplaires.
- Un quatrième groupe comprend des ouvrages s’occupant des Parfums.
- Dans un premier volume, Nouveau guide du Parfumeur (1895), l’auteur avait cherché à faire un véritable Codex du parfumeur, eir étudiant les matières premières et leur mode d’emploi ; une seconde édition est sous presse.
- Enfin, un dernier ouvrage, qui vient de paraître, a pour objet la F abri cation des Essences et des Parfums ; on y trouvera une description systématique très complète, au courant des travaux les plus récents, des huiles essentielles. L’auteur les a groupées méthodiquement suivant la parenté des plantes à parfum, car les essences tirées des plantes d’une même
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- ARTS CHIMIQUES. ---- JANVIER 1908.
- famille contiennent le plus souvent les mêmes éléments prépondérants.
- Toutes ces publications représentent une somme considérable de travail. L’auteur a évité de se livrer à une banale compilation des ouvrages parus antérieurement, mais il a su faire une sélection raisonnée des travaux scientifiques et des procédés industriels parus dans ces dernières années, en portant de préférence son attention sur ceux qui sont capables de donner une orientation nouvelle aux fabrications qu’il a étudiées.
- Votre Comité des Arts chimiques estime que ces divers ouvrages, consciencieusement écrits, sont susceptibles de rendre des services très réels à l’Industrie, et il a l’honneur de vous proposer de voter l’adoption du présent rapport et son insertion dans le Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 10 janvier 1908.
- Signé : A. Livache, rapporteur.
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- L’ÉPURATION BIOLOGIQUE INTENSIVE DES EAUX D’ÉGOUT
- SA COMPARAISON AVEC LE PROCÉDÉ DE L’ÉPANDAGE I
- par M. B. Bezault (1), ingénieur sanitaire.
- Je tiens tout d’abord à adresser mes remerciements au Conseil de la Société d’Encouragement qui a bien voulu me permettre de répondre à la communication faite ici par l’honorable M. Vincey, au mois de juin dernier, sur l’épuration des eaux d’égout. Je remercierai ensuite M. Vincey, lui-même, dont je regrette l’absence, de m’avoir procuré l’occasion de défendre une fois de plus l’épuration biologique intensive. Je l’en remercierai d’autant plus volontiers qu’il m’a rendu la tâche véritablement facile, comme vous allez le constater.
- Pourtant, je regrette que M. Vincey, qui a développé sa communication dans trois sociétés scientifiques, ne l’ait fait publier dans- aucun de leurs bulletins, comme cela a lieu habituellement; nous aurions pu discuter d’une façon plus précise ; j’aurais pu établir des graphiques et les opposer aux siens ; j’aurais enfin moins mauvaise grâce à réfuter une critique qui semble absente. Cependant, je dois déclarer que mon contradicteur m’a très aimablement communiqué ces jours derniers les résultats qu’il avait cités de mes expériences. De mon côté, je lui avais fait parvenir avant ses communications différents documents sur la question.
- Cela dit, je vais essayer de vous démontrer que, dans son réquisitoire contre l’épuration biologique et son plaidoyer en faveur de l’épandage agricole, M. Vincey a commis des erreurs de principe et de faits.
- J’estime d’abord qu’on ne doit pas, sans faire une faute de principe, déclarer que tel système est supérieur à tel autre sans spécifier dans quelles conditions. Si je supposais, en effet, une installation d’épuration biologique comprenant, au lieu d’une seule série de filtres de contact, comme a Clichy par exemple, deux et même trois séries, je suis certain, qu’à ce moment, l’épuration inten-
- (I) Communication en séance du 8 novembre 1907.
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- sive supporterait victorieusement [la comparaison avec f-épandage tel qu’on le pratique pour Paris. D’autre part, si je prenais l’exemple d’une ville de
- 25 000 habitants ayant des eaux d’égout et des terrains irrigables sensiblement de même nature et en mêmes proportions que ceux de Paris, les résultats pour la petite ville seraient normalement de beaucoup inférieurs. Le peu de longueur des canalisations et de l’émissaire réduirait l’espace de temps compris entre la production des matières et leur arrivée sur les champs d’épandage : le séjour en égout étant beaucoup moins prolongé, la désagrégation chimique et biologique qui s’y produit habituellement serait presque nulle, les matières arriveraient sur les terrains d’épandage pour ainsi dire à l’état frais et solide.
- La question a donc été mal posée,et on ne peut en tirer aucune déduction valable. Gomme cela a été répété encore il y a quelques jours, au Congrès international d’hygiène, à Berlin, les procédés intensifs ont surtout pour but de rendre l’épuration des eaux d’égout pratiquement possible et d’une manière suffisante pour n’avoir plus à redouter de graves contaminations.
- RÉSULTATS PRODUITS-PAR L’ÉPURATION BIOLOGIQÜE
- M. Yincey a le tort, à mon avis, de baser toute son argumentation concernant l’épuration biologique par fosses septiques et filtres bactériens, uniquement sur trois installations expérimentales dans lesquelles on a fait des essais divers.
- Ce ne sont pourtant pas les installations définitives qui manquent ; il y en a des centaines, assurant des services réguliers, traitant parfois de très gros volumes et dont les résultats sont officiellement contrôlés; un certain nombre de ces installations ont même remplacé l’épandage agricole.
- Tous ceux qui sont au courant de la question vous diront en outre que le pourcentage d’épuration, en pareil cas, ne signifie pas grand’chose; il signifie d’autant moins que les installations comparées ne traitent pas les mêmes eaux et ne travaillent pas dans les mêmes conditions.
- Dans un rapport sur la question, paru dans les Annales des Ponts et Chaussées (1er trimestre 1906), il est dit notamment et avec juste raison : « ...Mais il est bien évident que la considération des poids de matières organiques avant et après traitement est tout à fait insuffisante, pour juger du « sewage » que l’on a à traiter et de la valeur du système d’épuration employé ; en effet, elle ne vise que la quantité des matières organiques et non leur qualité ; de plus, la considération du pourcentage d’épuration est presque un contresens, puisque les matières organiques subsistant dans une eau après traitement, ne sont pas en général les mêmes que celles qui y étaient auparavant ; celles-ci ont, en effet, subi un commencement de désintégration ; très souvent, les matières orga-
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- l’épuration biologique intensive des eaux d’égout. 25
- niques restantes sont moins oxydables que celles contenues primitivement dans l’eau... »
- Ce que je viens de dire suffirait à élever un doute sérieux sur la valeur des arguments de mon contradicteur; mais il y a mieux encore : M. Vincey a fait de graves erreurs dans l’interprétation des analyses et même dans l’énoncé des volumes d’eaux d’égout traités.
- Interprétation des analyses. — A l’aide de graphiques, de statistiques, ingénieusement disposés, et de projections suggestives, notre collègue, avec son talent habituel, a fait parler habilement les chiffres ; le malheur est que tout cela nous semble reposer sur des bases inexactes, faussant les conclusions qui en découlent, levais vous le démontrer :
- Dans toute comparaison, n’est-il pas tout d’abord élémentaire de tenir compte du but principal poursuivi? Quel est ce but dans l’épuration des eaux d’égout? La transformation de l’azote albuminoïde en azote ammoniacal, qui se transformera ensuite en nitrates, suivant un processus obligatoire pour la minéralisation. Eh bien, M. Vincey n’a tenu aucun compte de ce but principal; il a calculé ses pourcentages d’épuration simplement d’après les matières organiques quelconques dissoutes. Il y a là évidemment une erreur, car, en la circonstance, il importe surtout de connaître la nature des matières, qui, seule, permet d'évaluer le coefficient de contamination d'une eau. Ce dernier point a infiniment plus de valeur que le pourcentage d’épuration, lequel, je le répète, est un argument des plus spécieux. Les matières azotées contenues dans les eaux d’égout étant le plus souvent très putrescibles, il est de beaucoup plus logique de tabler d’abord sur l’azote organique qui représente le danger à venir, comme dit M. Tudichum, chimiste anglais.
- Quoi qu’il en soit, notre collègue, négligeant la qualité des matières organiques, a voulu tenir compte de la seule quantité, et nous allons voir de quelle façon : il a basé toutes ses appréciations sur des méthodes analytiques connues pour ne donner que des résultats incertains et a comparé entre elles des méthodes si différentes que leurs résultats, ne peuvent même pas être rapprochés.
- Je me permettrai ici une petite digression : Je ne suis pas chimiste, mais depuis plus de sept ans, je me suis consacré particulièrement à l’étude de l’épuration biologique; je crois connaître un peu la chimie spéciale à cette question, et pouvoir démontrer le bien fondé de ce que j’avance. Je le puis d’autant mieux que je parle d’après des faits connus du monde savant. J’ai pu d’ailleurs profiter souvent des conseils d’éminents chimistes, notamment-de MM. les docteurs Hanriot, Ogier, Desgrez, auxquels je suis heureux de pouvoir exprimer publiquement ma reconnaissance. J’ai aussi bénéficié pendant longtemps du concours éclairé de M. Baucher, ancien pharmacien principal de la Marine; nous allions entreprendre ensemble des études approfondies sur l’épuration
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- bactérienne lorsqu’une mort prématurée m’a séparé à jamais de mon précieux collaborateur; mais le programme subsiste, et j’en poursuis la réalisation avec le docteur Roussel, ami et collaborateur de M.Baucher.
- Je disais donc que les méthodes d’analyses citées par M. Vincey ne donnent, que des résultats incertains et irréguliers. La comparaison de leurs résultats ne peut conduire qu’à des -conclusions rien moins qu’exactes, inacceptables en pareil cas. En effet, la méthode employée pour l’évaluation des matières organiques par le dosage de l’oxygène emprunté au permanganate de potasse ne. peut pas être exacte, les écarts dont elle est susceptible sont d’autant plus grands qu’il s’agit de liquides ayant subi par la fermentation en fosses septiques une gazéification partielle dont le dosage est impossible. En outre, les produits solubilisés dans la fosse septique changent de nature; ils se transforment, pour la plupart, en composés ammoniacaux qui empruntent beaucoup moins au permanganate que les substances à peine dégradées de l’eau d’égout brute.
- Cette méthode de dosage par le permanganate de potasse* représente beaucoup plus un coefficient d’oxydabilité que la quantité réelle des matières organiques dissoutes. Or, ce coefficient d’oxydabilité est variable naturellement avec la nature des matières organiques. Certains chimistes spécifient qu’il s’agit là d’une méthode d’évaluation des matières organiques oxydables et rien do plus.
- M. Vincey a cité et comparé aussi les résultats exprimés en matières organiques dissoutes, obtenus par le dosage pondéral, c’est-à-dire par calcination et perte au rouge. Cette méthode est également cause d’erreurs, car dans les. opérations de calcination et perte au rouge, avec les matières organiques disparaissent aussi des sels minéraux. En Angleterre et en Amérique, on désigne co procédé comme étant le dosage des matières volatiles; c’est, en effet, beaucoup plus logique.
- Mais où je ne comprends plus du tout, c’est lorsque M. Vincey compare les chiffres donnés par cette dernière méthode avec ceux donnés par l’oxygène du permanganate. Mon contradicteur a cité longuement les analyses faites par M. Bonjean, chimiste du Conseil Supérieur d’Hygiène de France, sur l’effluent de mon installation de Clichy. Parmi les dosages effectués pour ces analyses, il y a en effet celui des matières organiques par la perte au rouge; mais il ne s’agit là que d’un renseignement secondaire à juxtaposer à la teneur en azote albuminoïde et ammoniacal.
- Se basant sur les chiffres donnés ainsi par le dosage pondéral, M. Vincey a bien voulu accorder à ces expériences un pourcentage d’épuration de 27 p.lOff pour les matières organiques, chiffre qu’il comparait avec celui de 97 p. 100 donné par la méthode du permanganate pour les eaux des drains d’épandage; puis, ayant constaté que le résultat était très faible, il déclarait complaisam-
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- l’épuration biologique intensive des eaux d’égout.
- tr
- ment que cela devait provenir d’une cause anormale dans le fonctionnement.. Mais non, mon cher collègue, il n’y a pas eu de cause anormale ; si vous aviez, dans ces mêmes analyses, tenu compte de la transformation de l’azote organique, critérium beaucoup plus certain de bonne épuration, vous auriez vu que le pourcentage atteignait 74 p. 100. Nous sommes loin des 27 p. 100, et le graphique donné à l’appui doit prendre raisonnablement.une tout autre figure.
- £L Ü
- G^APHiqUE PRÉSE.NTÉ PAR, VJ ViNCEY COr\ME COEFFICiENT o' EPUFÇAXIOft
- Graphique représent/mst LE COEFFiciENT DEPURATION BEAUCOUP PLUS RÉEL.
- Fig. 1.
- M. Bonjean, à qui j’ai soumis la question, n’a pas compris plus que moi la comparaison entre les chiffres du dosage pondéral et ceux de la méthode au permanganate. Il n’admet pas davantage, comme pourcentage d’épuration, les résultats du dosage pondéral.
- En dehors des erreurs commises par ces méthodes d’analyse, je ne veux que signaler en passant celles dues au mode de prélèvement. J’y reviendrai tout à l’heure. Tout ceci ne justifie-t-il pas la réserve avec laquelle il convient d’accueillir les arguments sur lesquels M. Vincey a échafaudé tout son système de comparaison entre l’épandage et l’épuration biologique intensive?
- En résumé : Pour avoir une idée aussi exacte que possible sur l’efficacité des. procédés d’épuration en question, et évaluer plus justement le coefficient de-contamination, notre collègue avait trois moyens principaux :
- 1° La teneur en azote albuminoïde ;
- 2° La teneur en azote ammoniacal;
- 3° Les matières organiques quelconques dissoutes (le dosage de la minéralisation pouvait aussi être considéré).
- Les deux premiers ont de beaucoup la plus grande importance et peuvent, être déterminés d’une façon exacte.
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- Le troisième, de conséquence moindre, ne peut être évalué que d’une façon très incertaine.
- De ces trois moyens, M. Vincey a choisi le plus mauvais, celui dont les résultats sont les plus douteux, et c’est à l’aide d’arguments basés sur des résultats aussi discutables qu’il voudrait, en généralisant, démontrer la supériorité de l’épandage sur l’épuration intensive.
- Après un tel exposé, après avoir constaté l’interprétation pour le moins discutable des analyses spéciales à l’eau d’égout, n’ai-je pas le droit de dire qu’on ne peut accepter les dires de notre collègue qu’avec la plus grande circonspection ?
- Analyses bactériologiques. — Enfin, mon contradicteur a fait grand cas des analyses bactériologiques ; quoique ayant obtenu aussi à Clichy un pourcentage de 99,99 p. 100, je tiens à mettre en garde contre l’extrême fragilité des arguments tirés de ces constatations. Ici, encore plus qu’en analyse chimique, on ne doit faire de comparaison que si les prélèvements et les méthodes de numération sont rigoureusement semblables. Certains disent même que les analyses devraient être faites par le même opérateur, et que dans ce cas, les résultats peuvent encore varier dans la proportion de 1 à S.
- Rien de cela n’a été observé dans les résultats comparés; aussi, ne faut-il pas s’étonner de voir certaines numérations s’élevant à 1 million de microbes et d’autres à 12 milliards. En supposant qu’on veuille mettre en parallèle ces résultats, en tenant compte de chiffres proportionnels comme le fait notre collègue, il est évident qu’on risque d’avoir des écarts considérables; une erreur multipliée par 10 000 par exemple devient nécessairement plus grave lorsqu’elle est multipliée par 100000; c’est ce qui arrive en la circonstance. Et puis, il faut bien dire que les microbes n’observent pas, pour leur reproduction, les mêmes règles mathématiques auxquelles M. Vincey a obéi avec tant de scrupules.
- L’analyse bactériologique ne devrait surtout intervenir que pour la recherche des espèces pathogènes.
- Expériences de Columbus, de la Madeleine-lez-Lille et de Créteil. — En ce qui concerne les autres installations dont les résultats ont été traduits par no tre collègue, d’une façon aussi discutable que les miens, je n’ai pas qualité pour prendre leur défense; pourtant, je lui ferai remarquer que les expériences de Columbus ont été suivies d’une manière minutieuse, et méritent d’être prises en tout autre considération. Les volumes et la nature des diverses eaux traitées ont été soigneusement relevés; des précautions notées comme indispensables ont été observées pour la prise des échantillons ; les analyses ont été faites avec un soin tout particulier.
- Ceci m’oblige à dire à notre collègue que s’il avait lu plus attentivement le rapport, des plus intéressants, qui relate ces expériences, il y aurait trouvé la
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- condamnation de toute son argumentation ; il y aurait constaté les graves erreurs que I on peut faire avec le seul dosage des matières organiques, soit par la méthode de l’oxygène au permanganate, soit par celle du dosage pondéral qui sont, pour cela même, condamnées dans ce rapport. L’azote organique a été dosé par la méthode de Kjeldahl, et l’azote ammoniacal par nesslerisation directe. J’ajoute, qu’au lieu de 50 p. 100 indiqués comme élimination moyenne des microbes, j’ai lu (page 332) que le pourcentage était d'environ 90 p. 100, et que les conclusions de ce rapport ont été en faveur de l'adoption de l'épuration biologique intensive contre l'épandage.
- Quant aux résultats de la Madeleine-lez-Lille, leur Auteur est assez fort pour les défendre. M. le docteur Calmette a déjà l'ait remarquer d’ailleurs à M. Vin-cey, dans une séance de la Société de Médecine Publique, combien il se trompait en basant ses appréciations sur des coefficients aussi incertains sans tenir compte du but poursuivi.
- Pour ce qui est du procédé qui, à défaut d’épandage, aurait les faveurs de notre Collègue, et qui consiste à faire de l’épandage intensif après un dégrossissage préalable sur des filtres, je rappellerai que cette méthode a été expérimentée et abandonnée presque aussitôt en Angleterre,, il y a une quinzaine d’années. Les premiers filtres de Dibdin à Barking et à Sutton travaillaient aussi comme filtres dégrossisseurs.
- Du rôle de la fosse septique. — Ainsi, sans expérience pratique, mon distingué contradicteur, s’étant fait une opinion par les moyens que j’ai indiqués, en est arrivé jusqu’à nier l’efficacité de la fosse septique. Il a essayé, en citant les résultats de la Madeleine, de démontrer l’absence presque complète de solubilisation par fermentation; comme preuve capitale, il a fait remarquer que les eaux, à la sortie de la fosse, contenaient des matières organiques dissoutes en quantité sensiblement égale à celle des eaux à l’entrée, ce qui démontre, selon lui, qu’il n’y a pas eu de solubilisation. Cette façon de raisonner est vraiment par trop simple et, par cela même, facile à réfuter; elle ne peut s’expliquer que par la méconnaissance des modes de prélèvement ajoutée à la mauvaise interprétation des analyses.
- En effet, il est constant que, dans la prise d’échantillons d’eau brute, on évite les matières solides; il arrive aussi que, pour la méthode par oxydabilité, on filtre souvent cette eau avant l’analyse ; mais il n’en est pas moins vrai que les matières en suspension évitées, et celles retenues par filtrage, vont bien dans la fosse pour y subir la désagrégation moléculaire aboutissant à une solubilisation et à une gazéification. Par contre, lorsqu’il s’agit de l’eau à la sortie de la fosse, il n’y a plus de matières en suspension ou flottantes à éviter et on opère sur l’eau telle quelle.
- En dehors des erreurs provenant des méthodes d’analyses, il est facile de
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- 'concevoir alors l’importance de celle commise en laissant de côté les faits que je viens de signaler. Il est certain que, si notre Collègue avait suivi des expériences en service régulier, il n’aurait pas fait aussi bon marché d’un phénomène aujourd’hui universellement reconnu. S’il avait bien voulu remarquer que, très souvent, les analyses donnaient moins de matières dissoutes à la sortie qu’à l’entrée, cette situation paraissant anormale l’aurait peut-être incité à des théories plus justes. Au surplus, n’aurait-il pas dû se souvenir de l’axiome particulièrement applicable en chimie : Rien ne se perd dans la Nature.
- L’action solubilisante de la fosse septique est encore prouvée par la gazéification et aussi par l’augmentation de certaines matières minérales (chaux, •chlorures).
- Cette efficacité de la fosse septique, malgré les résultats obtenus^ journellement, ayant souvent donné lieu en France à des controverses, je me permettrai 4e m’y arrêter un instant.
- Je ne veux invoquer ni les installations de jour en jour plus nombreuses, à l’étranger principalement, ni les rapports officiels qui en consacrent les bons résultats; la liste en serait trop longue et peut-être fastidieuse; je veux seulement rappeler des opinions et des faits nous touchant de plus près :
- En 1892, Duclaux analysant, dans les Annales de l’Institut Pasteur, les expériences d’Hiram Mills au Massachusets sur l’épuration des eaux d’égout par méthode intensive, a donné, de la désagrégation et de la solubilisation de la matière organique, des raisons scientifiques, s’adaptant exactement aux phénomènes de la fermentation constatés en fosse septique. Il prévoyait aussi l’avenir •de la nitrification par voie biologique activée artificiellement.
- En 1900, toujours dans les Annales de l’Institut Pasteur, M. P. Mazé, bactériologiste de haute valeur, interprétant les résultats de la fosse septique de Cameron à Exeter déclarait : « D’une façon générale, on voit que la matière organique se dégrade peu à peu et prend d’abord une forme plus simple; la preuve en est donnée par l'augmentation de l’ammoniaque, la diminution de l’azote albuminoïde et par l'oxydation moins grande de l'eau. »
- Les expériences de M. le docteur Hanriot, membre de l’Académie de Médecine, pour l’examen de la question au Conseil d’Hygiène du Département de la Seine, et celles de M. Bonjean pour le Conseil Supérieur d’Hygiène publique de France, prouvent surabondamment la réalité de la solubilisation des matières organiques en fosses septiques.
- Pour se convaincre encore de l’importance de la solubilisation par fermentation en fosse septique, il suffit de constater ce qui se passe dans les égouts à parcours assez long, où. les liquides subissent, quoique d’une façon moins active, l’action des micro-organismes. Ainsi, les analyses faites sur les eaux des
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- collecteurs de Paris allant, aux champs d’épandage, donnent en moyenne les résultats suivants (1) :
- —- —- Chaux Résidu sec
- Lieu des prélèvements. Ammoniacal. Organique. en CaO. Chlore. à 180°. So*H2.
- Bassin de décantation de Clicliy. Égout d’arrivée de Pierrelaye à 19 4,9 142 46 522 96
- 15 kilomètres. . Émissaire général au Terminus de 20,5 4,0 163 63 572 93
- Triel à 20 kilomètres. .... 22,6 3,5 ,es résultats sont exprimés en grammes par mètre cube.) 169 69 712 116
- On peut y constater la diminution de l’azote organique au profit de l’azote ammoniacal et aussi l’augmentation très sensible des matières minérales : fait qui est encore plus flagrant en prenant pour point de départ la composition des •eaux d’égout du centre de Paris.
- A quelle action qui, îi’étant ni chimique, ni biologique, tiendrait presque •du miracle, M. Yincey pense-t-il attribuer de telles transformations?
- Il est bon de noter en passant que ces transformations facilitent beaucoup le travail des champs d’épandage.
- Pour terminer cet exposé des arguments en faveur *de l’efficacité de la fermentation en fosse septique, je pourrais invoquer encore les expériences suivies par les services techniques de la Ville de Paris, citées précisément par notre Collègue et qui prouvent également que les matières organiques sont dégradées, simplifiées et que la teneur en matière minérale augmente, ce qui est bien l’indice d’une solubilisation. Enfin, sur ce rôle de la fosse septique, je vous demanderai la permission de lire quelques extraits de la communication que j’ai faite au Congrès International d’Hygiène de Berlin.
- Après avoir rappelé en quelques mots les phénomènes semblables qui se passent journellement dans la nature, phénomènes que nous pouvons expliquer aujourd’hui grâce aux découvertes de Pasteur, grâce aussi aux travaux de Wi-nogradsky, Müntz, Dehérain, Schlœsing, etc., j’ai dit :
- « Pourquoi les mêmes phénomènes ne se produiraient-ils pas dans une fosse septique où fourmillent les travailleurs, les microbes? Peut-on objecter que le séjour dans la fosse n’est pas suffisant? Or, il ne faut pas oublier que,pour les matières, le séjour n’est nullement limité.
- « La vérité est que, s’il y a eu quelquefois des échecs, cela tient aux dispositifs défectueux employés, au mode de fonctionnement et aussi à la nature des •eaux traitées. La fosse septique est en effet, en quelque sorte, un estomac ou plutôt la réunion d’une multitude d’estomacs, qui digèrent bien ou mal suivant
- - (i) Annales des Ponts et Chaussées (1906).
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- le. volume et la nature des matières qu’on leur envoie et qui leur servent d’aliment.
- « Malgré les résultats obtenus, certains Hygiénistes prétendent encore que la fosse septique n’épure rien du tout ; au sens strict et absolu du mot, ils ont raison, mais, pour être logiques, ils devraient aussi déclarer que s’il n’y a pas épuration réelle, il y a au moins une action accomplie facilitant l’épuration ultérieure. En effet, la transformation de l’azote organique en azote ammoniacal ne rentre-t-elle pas nécessairement dans le processus de l’épuration biologique?
- « Peut-on oxyder et minéraliser l’azote organique sans le faire passer par le terme ammoniacal? Non, l’action de la fosse septique est donc bien l’une des phases de l’épuration. » '. N
- ' Je dois avouer que j’avais choisi pour le Congrès une communication sur ce point spécial, en vue déjà d’une réponse à M. Vincey et aussi à un rapport du Conseil d’Hygiène du département de la Seine sur les petites fosses septiques applicables àl’habitation. • . ' ^ - -
- Il a été dit enfin que l’effluent des fosses septiques pouvait offrir certains dangers, même dans les égouts recevant tes produits du tout à l’égout; c’est là encore une hérésie scientifique qui tendrait à faire croire que les liquides fermentés sont plus à redouter que les liquides de même nature non fermentés et qui, fatalement, vont entrer en fermentation dans l’égout en dégageant toutes sortes de gaz nocifs.
- RÉSULTATS PRODUITS ' PAR l’ÉPASNDAGE AGRICOLE
- Je vais maintenant parler des résultats donnés par la méthode de l’épandage et essayer de vous démontrer, qu’après les erreurs commises au détriment de l’épuration biologique, notre Collègue en commet, au contraire, au bénéfice de l’épandage.
- En constatant une fois déplus que M. Vincey a décidément un faible pour les moyennes et les pourcentages, qu’il s’agisse du volume des eaux ou du degré d’épuration, je me vois obligé de répéter, qu’en pareil cas, cette manière de voir n’est pas juste, et peut conduire à de sérieux mécomptes. J’espère prouver, en outre, que les chiffres fournis par notre Collègue pour les résultats de l’épandage, ne sont pas et ne peuvent pas être des moyennes.
- Ainsi, M. Vincey, nous déclarant que la Ville de Paris rejetait à la Seine en moyenne 100000 mètres cubes d’eau d’égout par jour, est parti de là pour évaluer d’abord le coefficient de contamination du fleuve, et ensuite pour, conseiller un remède consistant à envoyer la totalité de ces eaux sur les terrains appartenant à la Ville. Or, n’est-il pas évident que cette spécification « de moyenne » veut dire, qu’à certains jours, le volume rejeté peut atteindre
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- 200 000 mètres cubes? (Nous verrons tout à l’heure que ce chiffre même est dépassé fréquemment.) Si on veut bien maintenant se souvenir que, d’après notre collègue, le supplément de 100 000 mètres cubes ne pourrait être absorbé que d’une façon bien juste par les terrains de la Ville, on est forcé de conclure que le fameux remède ne serait purement qu’illusoire.
- Si le supplément des 100 000 mètres cubes constitue une dose maxima, qu’est-ce que cela sera avec 200000 mètres cubes et plus?
- On peut juger ainsi du danger qu’il y a à tabler sur des moyennes en la circonstance et comment on doit considérer des déductions qui reposent sur une erreur initiale de 100 p. 100.
- En ce qui concerne le pourcentage d’épuration attribué par notre Collègue aux champs d’épandage, les chiffres fournis ne sont pas non plus de véritables moyennes ; il faudrait, pour cela, pouvoir tenir compte des eaux s’en allant, par des crevasses ou des failles, à certains endroits, contaminer les nappes souterraines, et aussi de celles qui, normalement, devraient être traitées mais qui, par suite du refus des cultivateurs sont envoyées en Seine soit directement comme à Clichy et Saint-Ouen, soit indirectement comme au point terminus de l’émissaire. Les eaux en ce dernier point sont comptées comme ayant servi à l’épandage.
- A cet égard, il ne faut pas croire que si la Ville de Paris rejette une grande quantité d’eau d’égout à la Seine, cela tienne uniquement au trop fort débit des égouts à certains jours. Non, c’est la plupart du temps parce que l’irrigation agricole ne peut utiliser qu’un volume limité ; c’est donc un défaut inné de la méthode. .Défaut qui s’explique facilement si on veut bien se rappeler que c’est précisément le jour où le débit des égouts est le plus fort (saison pluvieuse) que les champs d’épandage absorbent le moins.
- Enfin notre Collègue, nous donne comme moyenne du degré d’épuration pour l’épandage les résultats obtenus' en aval de Paris, mais il ne nous parle pas des résultats médiocres obtenus en amont dans la plaine de Créteil.
- Au surplus, que diriez-vous d’un médecin qui, dans son service, commencerait par rejeter par-dessus bord un certain nombre de ses malades et viendrait ensuite parler de la moyenne de l’état sanitaire sans tenir compte des noyés? M. Vincey n’agit pas autrement en donnant à ses chiffres la signification de moyennes.
- Dans l’épuration biologique intensive, on ne rejette rien par-dessus bord; il n’y a pas de contamination de nappes souterraines; les fonds sont étanches; les pourcentages indiqués, pour les volumes comme pour le degré d’épuration, sont rigoureusement exacts et représentent bien des moyennes.
- Volume réel des eaux rejetées en Seine. — Je disais, au début de ce chapitre, que le chiffre avoué de 100 000 mètres cubes pour les eaux rejetées en Seine était loin d’être exact ; pour s’en convaincre, il suffit de lire les rapports Tome 110. — Janvier 1908. 3
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- de la Commission des champs d’épandage à la même époque. Il y est dit que la quantité d’eau rejetée a été en moyenne de 170 000 mètres cubes. Mais ce chiffre est évalué par les services intéressés, auxquels il est permis, pour des raisons bien humaines, de supposer des intentions bienveillantes qui les incitent à né pas donner des chiffres forts.
- Cela est d’autant plus plausible qu'il est matériellement impossible avec les dispositifs installés d’obtenir des évaluations exactes et encore bien moins un contrôle exact.
- En effet, les appareils de contrôle installés aux déversoirs de Clichy, de Saint-Ouen et de Saint-Denis sont- susceptibles de très grands écarts ; ils indiquent les différents niveaux de l’eau sans tenir compte de la vitesse. Les formules de calculs applicables à ces dispositifs sont en outre assez élastiques. Enfin il arrive qu’au moment des hautes eaux, la Seine remonte dans les égouts. Il n’y a plus de contrôle possible ; les pompes ne fonctionnent même plus ; c’est la totalité des eaux qui va au fleuve. Sans exagérer, on peut estimer à une période d’une douzaine de jours cet état de choses, soit douze jours à 800 000 mètres cubes = 9 600 000 mètres cubes et en moyenne, pour l’année, 26 000 mètres cubes par jour. Si l’on ajoute à ce chiffre les eaux rejetées au point terminus, on voit qu’en évaluant à 200000 mètres cubes le volume journalier rejeté, on est certainement plutôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité.
- Pour évaluer les souillures de la Seine, il y aurait lieu, bien entendu, d’ajouter à ce chiffre les eaux rejetées soit en amont, soit dans le parcours de la Ville de Paris. On pourra, je le sais, dire que les eaux rejetées en Seine ne viennent pas toutes de Paris ; une bonne partie vient des égouts départementaux, mais il ne faut pas perdre de vue que certains de ces égouts se rejettent dans ceux de Paris. Or, à moins d’un remaniement considérable et de difficultés matérielles et administratives auxquelles il ne faut guère songer, la Ville de Paris est obligée de prendre en charge l’épuration d’au moins une grande partie de ces eaux. "
- Par sa désignation de moyenne, M. Vincey faisait déjà, pour certains jours, une erreur de 100 p. 100; nous voyons maintenant que cette erreur serait continuelle et même beaucoup plus accentuée à certaines époques. Quelles conclusions certaines peut-on alors tirer de calculs, de graphiques, basés sur un tel point de départ?
- Répartition de la totalité des eaux entre les diverses cultures. — Quoi qu’il en soit, nous allons examiner la mise en pratique du remède conseillé par notre Collègue, consistant à réglementer la culture sur les champs d’épandage, ce qui permettrait, dit-il, d’épurer la totalité des eaux avec la surface actuelle de terrains disponibles.
- Pour atteindre ce but nous apprenons tout d’abord, grâce à une gymnas-
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- tique de chiffres ingénieuse, qu’il faudrait en surface tant de betteraves, tant de pommes de terre, tant de prairies, céréales, etc., etc., ce qui permettrait d’irriguer à raison de telle ou telle dose par mètre carré. Mais ces chiffres, attribués à chacune des cultures, ne sont basés, au moins en ce qui concerne les deux tiers des champs d’épandage, que sur des appréciations très vagues et très variables. Les Services Techniques des eaux d’égout de la Ville de Paris avouent eux-mêmes ne jamais savoir exactement combien il est distribué sur telle ou telle culture. De plus, n’est-il pas évident que la même culture peut avoir besoin de plus ou moins d’eau, suivant qu’elle est pratiquée sur tel terrain, suivant l’em placement de ce terrain et enfin suivant le temps qu’il fait?
- Au surplus, comment M. Vincey pense-t-il pouvoir imposer aux particuliers, propriétaires des deux tiers des champs d’épandage, les cultures de son choix?
- En supposant même, après des équilibres péniblement élaborés entre la culture privée et la culture municipale, qu’il veuille, comme il le déclare, faire absorber par cette dernière, réduite en prairie, le supplément indiqué de 100 000 mètres cubes, les 1 500 hectares de la Ville traitant déjà 200 000 mètres cubes recevront alors 300 000 mètres cubes par jour, c’est-à-dire le double de la dose légale. Avec le supplément réel de 200 000 mètres cubes, ils auront à traiter 400 000 mètres cubes. Eh bien, qu’il s’agisse de l’un ou l’autre de ces chiffres (300 ou 400 000 mètres cubes) et en allant même plus loin que M. Vincey, c’est-à-dire en ne faisant aucun effort pour la recherche de cultures propices, en laissant les champs sans culture, j’estime que les terrains municipaux ne pourront jamais absorber l’un ou l’autre des volumes suppplémentaires ; ils seraient vite colmatés et rendus impropres à tout service au bout de peu de temps.
- De l’avis de tous les spécialistes, il est notoire qu’on ne peut traiter régulièrement et d’une façon satisfaisante la dose légale qu’à la condition de n’irriguer les mêmes parcelles que tous les trois ou quatre jours, de sorte que les 4500 hectares représentent environ la cinquième partie de ce qui serait nécessaire pour un bon résultat.
- En Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis, avec les terrains les plus favorables, on n’a jamais pu approcher même de très loin notre close légale de 11 litres par mètre carré. En Allemagne et en Angleterre, la dose est de 4 à 5 litres par mètre carré et par jour, à Reims de moins de 6 litres. Les eaux de cette dernière ville sont très diluées (plus de 300 litres par habitant), elles ne renferment pas les produits de cabinets d’aisance, et pourtant, lors de la visite que nous avons faite aux champs d’épandage cette année au mo ment du Con grès de l’Association pour l’Avancement des Sciences, le Concessionnaire nous a déclaré que, pour bien faire, il lui faudrait trois fois plus de terrain; heureusement, ajoutait-il, que nous avons là des parties basses, marécageuses, sans aucune culture, qui reçoivent le trop-plein en cas de besoin. En effet, la Ville
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- de Reims utilise pour l’épuration de ses eaux 500 hectares de terres cultivées et 300 hectares de prairies ou marécages, au total 800 hectares, soit à proportion une surface quatre fois plus grande que celle employée actuellement par la Ville de Paris. '
- Répartition des eaux d'égout rejetées en Seine. — Dans le but d’évaluer le coefficient de contamination de la Seine produit par les eaux usées qui y sont rejetées, de comparer ce coefficient avec celui qui serait donné par l’application de l’épuration intensive et enfin d’attribuer à chacun la part de responsabilité qui doit lui revenir dans cette pollution de la Seine, M. Vincey a évalué séparément les quantités d’eau déversées :
- 1° Par la Ville de Paris, 100 000 mètres cubes;
- 2° Par le département de la Seine, 200000 mètres cubes ;
- 3° Par le département de Seine-et-Oise, 168000 mètres cubes.
- Nous avons déjà vu que le chiffre de 100000 mètres cubes, indiqué pour la Ville de Paris, était loin d’être exact; à mon avis, ceux attribués aux Départements de la Seine et de Seine-et-Oise, ne le sont pas davantage et, de plus, no peuvent, lorsqu’il s’agit de calculer l’importance des souillures, être mis en parallèle avec ceux de Paris.
- Pour remplir les obligations qui lui ont été dictées par les lois d’avril 1889 et juillet 1894, autorisant le « Tout à l’égout », notamment celle concernant l’interdiction des déversements en Seine sauf cas de force majeure et de pluies d’orages, et éviter ainsi les réclamations des riverains, la Ville de Paris, déclare notre Collègue, a un moyen bien simple: il lui suffit d’épurer les 100 000 mètres cubes actuellement déversés; elle pourra alors rejeter les responsabilités sur le Département de la Seine et sur celui de Seine-et-Oise.
- En théorie, le moyen paraît en effet fort commode, mais en pratique, il n’en est plus de même, la répartition entre le Département et la Ville de Paris n’est pas aussi facile et il est probable que le département de Seine-et-Oise n’accepterait pas sans se défendre la quote-part de responsabilité qui lui serait ainsi fixée.
- M. Vincey oublie que, parmi les 200000 mètres cubes qu’il attribue au Département de la Seine, une proportion très forte provient d’une part de communes dont les égouts viennent presque obligatoirement, comme je le disais, il y a un instant, se déverser intra muros, dans ceux de Paris (tels ceux de Vin-cennes, Saint-Mandé, Gentilly avec les eaux de la Bièvre), et d’autre part de communes dont on a pris les voies principales pour le passage des collecteurs de Paris, telles Levallois-Perret, Clichy, Saint-Ouen, etc.), ces communes n’ayant cédé leurs droits qu’à la condition formelle que la Ville de Paris recevrait leurs eaux usées dans ses collecteurs. Les communes de Gennevilliers, Asnières, Colombes, dont on a emprunté les grandes artères, ne seraient-elles pas aussi en droit de réclamer? ' .
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- M. Vincey oublie qu’avec le régime actuel de ses égouts, la Ville de Paris est dans l’impossibilité matérielle d’envoyer sur ses champs d’épandage les eaux venant du collecteur de la Chapelle. Enfin, ne serait-il pas injuste de comparer, au point de vue des contaminations de la Seine, les eaux usées départementales, ne renfermant pas les produits du « tout à l’égout, » avec celles de la Ville de Paris ?
- Même en épurant les 100 000 mètres cubes en question, la Ville ne serait certainement pas hors d’embarras, d’abord pour les raisons que je viens d’indiquer, et aussi parce qu’avec son réseau du système unitaire (qu’il ne faut pas songer à modifier) et son « tout à l’égout » Paris sera toujours considéré, avec raisons plausibles, comme l'agent de la plus forte contamination.
- Eaux déversées par la Ville de Paris. — Si nous voulons, dans l’état de choses actuel, évaluer la contamination et attribuer à chacun sa part de responsabilité, il nous faut d’abord calculer le volume total des eaux usées et, pour cela, tabler sur les eaux d’alimentation et les eaux pluviales, tenir compte du nombre d’habitants et du régime des égouts.
- Les eaux usées de toutes sortes, provenant d’eau d’alimentation et d’eau de rivière, évacuées par les égouts de Paris, atteignent en moyenne 750 000 mètres cubes par jour. D’autre part, il tombe annuellement dans la région parisienne une hauteur d’eau approximative de 600 millimètres par hectare, soit pour la surface totale (8 000 hectares) 48 millions de-mètres cubes. Si on retranche de ce chiffre, pour évaporation et infiltrations, une proportion de 50 p. 100, sans doute bien près de la vérité dans le cas d’une telle ville, il reste 24 millions dé mètres cubes par an, ou 66 000 mètres cubes par jour (qui sont en réalité répartis sur soixante-cinq jours de pluie, ce qui donne pour chacune de ces journées 370 000 mètres cubes). Quant aux eaux départementales que la Ville est obligée de recevoir dans ses égouts, elles atteignent environ 7 milliojis de mètres cubes par an.
- La proportion de 50 p. 100 que j’ai retranchée est surtout prise sur les petites pluies, de sorte que la presque totalité des 31 millions de mètres cubes, provenant de grosses pluies, est évacuée en Seine. Or, il ne faut pas oublier que ces eaux pluviales sont déversées dans le fleuve, après avoir été mélangées aux déchets de la vie de 3 millions d’habitants.
- Eaux déversées par le Département de la Seine. — Voyons maintenant la situation du Département de la Seine. Sa superficie est de 39 600 hectares, sans compter Paris; le volume des eaux pluviales y atteint donc environ 237 millions de mètres cubes. Mais, dans le cas présent, vu le drainage insuffisant et aussi la grande surface des cours, jardins et rues macadamisées simplement, il convient généralement de retrancher, pour évaporation et. absorption, à peu près 75 p. 100 du volume total ; il reste ainsi 59 millions en eau drainée. Pour
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- les raisons que j’ai indiquées plus haut, la Ville de Paris est obligée de recevoir dans ses collecteurs la quantité d’eau tombée sur une surface d’environ 5 000 hectares, soit en volume écoulé 7 millions de mètres cubes. Certaines régions du Département de la Seine sont drainées bien en aval de Paris ; certaines, autres ne le sont pas du tout, et sont même très boisées; on peut évaluer, sans exagérer, à une dizaine de millions de mètres cubes le volume des eaux qu’il y aurait lieu de retrancher de ce fait. De sorte qu’il reste véritablement, pour, les égouts départementaux, annuellement, 42 millions de mètres cubes d’eaux pluviales, soit une moyenne de 120 000 mètres cubes par jour, auxquels il faut ajouter, bien entendu, les eaux usées et les eaux industrielles, toujours en déduisant les communes évacuant dans les collecteurs parisiens, soit un volume approximatif de 180 000 mètres cubes, provenant d’un million d’habitants. •
- Eaux déversées par le Département de Seine-et-Oise. — En ce qui concerne le Département de Seine-et-Oise, notre Collègue n’a pas été tendre ; il lui attribue plus du tiers des eaux d’égout déversées en Seine (exactement 168 000 mètres cubes, sur 490 000). Je ne sais comment on peut arriver à une telle précision, mais nous pouvons essayer de vérifier le volume et l’importance des souillures provenant de ce chef. Les communes de Seine-et-Oise évacuant leurs eaux dans la même région que le Département de la Seine, forment une population de 220 000 personnes au maximum ; les rues de ces communes étant peu canalisées, une grande partie des eaux ménagères se perd par infiltration, enfin, le tout à l’égout n’est pas en pratique. Si on accorde malgré cela 200 litres d’eaux usées de toutes sortes, allant à l’égout, par jour et par habitant, on arrive en chiffres ronds au total de 45 000 mètres cubes. Nous sommes encore bien loin des 168 000 mètres cubes dans lesquels, je suppose, M. Vincey n’a pas fait entrer en ligne de compte les eaux pluviales, puisqu’il a comparé ce chiffre avec ceux ne les comprenant pas.
- D’ailleurs, il ne serait pas rationnel de compter ici les eaux pluviales ou de rivière, dont le volume considérable, par rapport à celui d’eaux usées, ne contenant pas les produits des cabinets d’aisance, ne ferait, en assurant une plus grande dilution, qu’améliorer la situation.
- N’oublions pas non plus que ce volume total est réparti par fractions relativement faibles, en divers points de la Seine, éloignés les uns des autres, c’est-à-dire d’une manière propice aux phénomènes d’auto-épuration.
- Aussi longtemps que le Département de Seine-et-Oise, dans ses communes riveraines de la Seine, ne pratiquera pas le « tout à l’égout », on pourra difficilement faire admettre, au point de vue des souillures, la mise en parallèle de ses eaux d’égout avec celles du Département de la Seine. Cela est si vrai, que si l’on veut bien comparer le volume des eaux usées, de ces mêmes communes
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- il y a quarante ans, par exemple, avec celui d’aujourd’hui, on verra que la différence est insignifiante par rapport au débit de la Seine. v
- Que l’on envoie, en l’espace de vingt-quatre heures, 20 ou 45 000 mètres cubes d’eaux usées dans une rivière ayant un débit moyen de 20 millions de mètres cubes dans le même laps de temps, la situation ne sera pas changée d’une manière sensible. Pourtant, à cette époque, les plongeurs de Bougival pouvaient se livrer sans danger à leurs ébats. C’est donc à bon droit et avec juste raison que le Département de Seine-et-Oise se refuse à accepter les responsabilités que le Département de la Seine cherche ainsi à lui attribuer. Ceci n’implique pas, bien entendu, qu’on peut rejeter impunément ses eaux ménagères et industrielles dans le fleuve.
- Situation véritable au 'point de vue de Vassainissement de la Seine. — En résumé, M. Yincey-nous a dit: Les champs d’épandage traitent annuellement 550000 mètres cubes par jour; la Ville de Paris peut leur faire traiter 100 000 mètres cubes en plus; elle remplira entièrement ses obligations, et ne pourra plus être rendue responsable de la'pollution de la Seine. Or, nous avons vu que ce n’est pas 650000 mètres cubes, mais pour le moins 750 000 mètres cubes, que la Ville devrait épurer journellement. Nous avons vu, en outre, que notre Collègue avait complètement délaissé, dans l’évaluation des souillures, le facteur considérable provenant des eaux pluviales rejetées en Seine, avec entraînement fatal des matières du « tout à l’égout. » Il y a lieu encore de remarquer que cette situation ne pourra aller qu’en s’aggravant :
- 1° Puisque, à l’heure actuelle, 40 p. 100 des maisons de Paris correspondant à environ 50 p. 100 de la population, ne pratiquent pas le « tout à l’égout » qui n’existe pour ainsi dire pas dans les communes suburbaines;
- 2° Puisqu’il arrivera sans aucun doute que certains terrains au moins seront saturés, colmatés et ne produiront plus qu’une épuration très incomplète.
- Le jour est proche où le volume des eaux évacué par la Ville atteindra 800 000 mètres cubes ; le remède conseillé .m’envisageant que 650 000 mètres cubes, il en irait donc encore 150 000 mètres cubes par jour à la Seine, en plus des eaux pluviales souillées. On voit, par ces divers motifs, que pour un assainissement intégrai de la Seine, dont nous a parlé M. Vincey, nous serions encore loin de compte, et que le coefficient de contamination qu’il attribue respectivement a la Ville et aux deux Départements doit donc être fortement modifié.
- Enfin, notre Collègue a bien voulu nous rappeler que la Ville de Paris avait été condamnée à des dommages-intérêts envers les riverains de la Seine, mais il faut bien avouer que ce n’est pas seulement envers les riverains du fleuve, mais aussi envers les voisins des champs d’épandage, chez qui la Ville a dû, en plus d’indemnités, exécuter quelquefois des adductions d’eau potable. En
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- augmentant l’intensité de l’irrigation agricole, ne risque-t-on pas de renouveler, en les aggravant, ces derniers inconvénients?
- Tout ce que je viens de dire dans ce paragraphe me semble démontrer que la question d’épuration des eaux de la Ville de Paris est intimement liée à celle des eaux d’une grande partie au moins du Département de la Seine. On ne comprend guère ce distinguo qui permet deux Administrations distinctes, quelquefois en opposition, ce qui n’est pas toujours pour faciliter l’exécution de mesures utiles au but poursuivi.
- Concernant l’épuration des eaux de la Ville, j’ai eu l’occasion de relire ces temps derniers certains rapports de Durand-Claye, datant de près de quarante ans, dans lesquels l’éminent Ingénieur déplorait l’état lamentable de la Seine, de Paris à Poissy, et préconisait chaudement, comme vous le savez, l’irrigation agricole pour faire cesser cet état de choses. Il prévoyait., qu’après vingt ans d’utilisation du système de l’épandage, la Ville de Paris retirerait un gros bénéfice de ses'eaux d’égout. Francisque Sarcey lui-même a fait campagne en faveur de l’épandage, en citant les plus-values des terrains de Gennevilliers et aussi en disant merveille des légumes cultivés sur ces terrains.
- Dans un ouvrage sur le service des eaux et de l’assainissement de Paris en 1900 (1) M. Bechmann déclarait que les travaux en cours à Clichy, Colombes et Achères, allaient permettre de supprimer définitivement dès l’année suivante, les déversements en Seine qui, disait-il, étaient relativement peu considérables. L’Ingénieur en Chef de la Ville annonçait qu’à partir de 1901, la totalité des eaux serait épurée, que le gros œuvre étant terminé, les sacrifices à entrevoir étaient limités.
- Nous pouvons constater aujourd’hui ce qu’il en est de ces prophéties.
- L’infection de la Seine et les déversements ne font que suivre une marche ascendante ; quant aux bénéfices tirés des eaux d’égout, ils se traduisent par un déficit de quelques millions par an (2),'qui ne peut qu’aller en augmentant puisque la surface des terrains particuliers va en diminuant, alors que le volume des eaux augmente.
- Malgré les dépenses considérables effectuées, la fin des sacrifices semble devoir s’éloigner de plus en plus.
- Cependant, j’estime, comme je l’ai déjà dit, que dans ces discussions sur l’épandage agricole, on a eu souvent le grand tort de mettre en jeu les personnalités. Il serait véritablement injuste de faire grief aux personnes qui ont fait adopter l’épandage pour les eaux de Paris, car, n’ayant en vue que l’intérêt
- (1) Ch. Béranger, éditeur (1900).
- (2) Voir à ce sujet les « Notes à l’appui du compte des dépenses du service de l’assainissement ».
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- général, elles ont choisi le meilleur système connu à l’époque ; on devrait donc plutôt leur en être reconnaissant. Ceux qui en poursuivent l’application ont l’excuse de la dépense faite, mais il ne faudrait pourtant pas, en continuant à en vanter les avantages, contribuer à la création d’une situation de plus en plus difficile.
- Pour ma part, j’admire entre autres M. le Docteur Henrot, ancien Maire de Reims, qui a eu le courage, il y a vingt ans, de faire adopter par sa Municipalité l’épuration des eaux d’égout par épandage, alors que toutes les autres Villes de France continuent à souiller nos rivières, malgré les lois et décrets sur l’Hygiène Publique.
- Épuration de la totalité des eaux de Paris et du Département de la Seine. -— Cette grosse question de l’épuration des eaux de la Ville de Paris et de celles du Département de la Seine, mérite d’être envisagée autrement qu’à l’aide de statistiques faites en chambre. Il faudra bien, qu’on le veuille ou non, se rendre à l’évidence et se résigner à prendre, à bref délai, des mesures sérieuses et définitives. A cet égard, les affaires de la Ville et du Département doivent être connexes; il faudrait donc, à mon avis, dès maintenant, prendre des mesures d’ensemble.
- Cette façon de voir est d’autant plus plausible qu’il est permis d’envisager la réunion de diverses communes suburbaines avec la Capitale. *
- Dans un délai certainement assez court, les eaux d’égout de Paris et du Département de la Seine atteindront un volume total qui ne sera pas inférieur à un million de mètres cubes. Il serait^donc prudent d’étudier la question en tenant compte de ce chiffre, de même qu’il faudrait, en supposant la solution pour Paris seulement, se baser sur un volume de 800 000 mètres cubes. Pour épurer d’une façon régulière et certaine ce volume, tous les spécialistes vous diront que 15 000 hectares de terrains propices seraient nécessaires. La Ville en possède 1 500 et dispose de 3 500 hectares appartenant à des particuliers, qui peuvent lui échapper d’un jour à l’autre. M. Vincey avoue d’ailleurs que, lorsque le volume des eaux augmente, la surface des terrains irrigables diminue.
- Berlin, pour un volume de 240 000 mètres cubes d’eau d’égout correspondant à 2 millions d’habitants, emploie 6 000 hectares de terrains d’épandage, et dispose en cas de besoin de 5 000 hectares supplémentaires (1).
- En admettant qu’on arrive à réunir cette surface considérable, dont le prix d’achat, l’aménagement, les canalisations de distribution et de drainage formeraient un total d’au moins 100 millions de francs; qui est-ce qui voudra bien prendre la responsabilité d’installer ces champs d’épandage, comme une immense couronne d’infection autour de Paris ? Notre Collègue nous a dit qu’il
- (1) G. Bechmann, Distribution d'eau et assainissement des villes, librairie Béranger; Ed. Imbeaux, Alimentation en eau et assainissement des villes, librairie Bernard et Cie,
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- comptait bien faire valoir ses idées à la Commission des champs d’épandage et de là à la Ville; j’espère que la Commission réfléchira à deux fois avant d’engager la Municipalité dans une voie aussi désastreuse. Pour ma part, je serais heureux d’avoir apporté ma modeste contribution à l’écliec d’une telle solution.
- De l'efficacité de l'épuration biologique intensive. — Mon contradicteur a traité de roman l’action de la fosse septique et de l’épuration biologique intensive, malgré les résultats indiscutables obtenus dans divers pays; je pourrais traiter de même ses objections basées sur des résultats mal interprétés, sur des comparaisons irrégulières; mais ce roman, Messieurs, pourrait tourner à la tragédie, car, après tout, il y va de notre bourse, il y va de notre santé; c’est encore un trésor : on peut s’imaginer, en effet, ce que seraient dans quelque temps les environs de Paris avec au moins 15 000 hectares de terrains d’épandage.
- Les Parisiens qui, par plaisir autant que par besoin, affectionnent particulièrement leur banlieue, où ils se rendent avec empressement, devraient aller planter leur tente plus loin.
- Aux dires de M. Vinceyqui, bien que ri ayant pas expérimenté l'épuration biologique intensive, n’hésite pas à venir nous dire : solubilisation, oxydation, résultats obtenus, tout cela n’est que théories fantaisistes touchant au roman, je pourrais opposer l’opinion de nombreux Savants, je pourrais rappeler les rat-vaux considérables exécutés dans divers pays, depuis plus de quinze ans par ces Savants qui, sans compter, se sont livrés à l’étude de- ce passionnant problème. Cela agrandirait beaucoup le cadre de ma communication sans doute déjà longue; aussi, je vous demanderai seulement la permission do lire quelques lignes d’un article paru dans le Times du 16 octobre dernier, de M. F. Clowes, Chimiste en Chef de la Ville de Londres, qui semble fait exprès pour réfuter les arguments de M. Vincey :
- Il sera probablement intéressant pour le grand public de voir placer devant lui, dans un langage non technique, les résultats de l’expérience et de l’observation d’une personne qui, pendant plus de trente ans, a été en contact permanent avec le problème de l’eau d’égout...
- A cette époque, la méthode appelée épandage fut recommandée et a été employée dans beaucoup de pays jusqu’à l’heure actuelle. Avec un terrain bien approprié et de surface convenable, on a trouvé possible d’obtenir (après l’épuration) un effluent suffisamment épuré et de produire en même temps des cultures augmentées de valeur par l’irrigation constante à laquelle elles sont soumises, mais il a été impossible de trouver, pour les plus grandes villes, des surfaces de terrains ayant les caractères nécessaires pour purifier l’eau d’égout à un prix raisonnable, et des ennuis sont survenus de différentes causes, parmi lesquelles il faut compter l’impossibilité à la terre d’absorber par certains temps humides ou gelées, et par conséquent, de procéder à l’épuration. En général, on a trouvé nécessaire de substituer à l’épandage un procédé qui permettrait d’obtenir l’épuration dans une petite surface, et qui', en même temps, rendrait l’épuration invariable en caractère.
- Ceci jt été rendu possible parla notable découverte que l’épuration de l’eau d’égout n’était
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- pas en rapport avec un pouvoir spécial du sol ou des racines de§ plantes comme on l’avait supposé dans le cas de l’épandage.
- On a d’abord trouvé que si l’eau d’égout passait à travers des lits de graviers, avec une vitesse d’écoulement convenable en présence de l’air, l’effluent devenait épuré d’une façon effective par le travail des micro-organismes...
- L’expérience a conduit à un résultat satisfaisant dans le traitement de l’eau d’égout des grandes villes de ce pays par chacune des méthodes de contact ou de percolation, avec les avantages d’assurer une épuration absolument certaine, invariable et adéquate de l’eau d’égout brute, laquelle peut être effectuée sur une petite surface choisie à n’importe quel point convenable, indépendamment de la nature du sol. Le traitement de l’eau a été effectué sans donner aucun inconvénient d’aucune sorte. Il a été généralement trouvé avantageux de faire subir à l’eau d’égout un traitement préliminaire, par un passage lent à travers des réservoirs appelés Septic Tanks avant de les faire passer sur les filtres, ceci pour mélanger l’eau d’égout de différentes périodes et produire un liquide d’une qualité moyenne pour l’épuration dans les lits, mais aussi pour effectuer, en plus, dans une grande proportion, la liquéfaction des matières solides organiques, lesquelles passaient sur les lits pour le traitement complémentaire, mais si la liquéfaction est incomplète, les boues sans odeur demandent essentiellement à être enlevées à de longs intervalles du réservoir et mises sur terre...
- Les statistiques de beaucoup de villes sont maintenant en mains, montrant, par les résultats de l’examen chimique, l’extraordinaire degré de régularité d’épuration qui est obtenu par la méthode moderne bactérienne.
- Sans citer d’autres opinions, je ne puis m’empêcher d’attirer votre attention sur quelques faits saillants; en Angleterre, pays de prédilection, comme vous le savez, de tout ce qui concerne l’assainissement, presque toutes les villes qui pratiquaient l’irrigation agricole l’ont abandonnée; il n’y en a plus guère que cinq ou six applications. Il en est de môme dans bien des cas pour le procédé utilisant la précipitation chimique. Or, c’est l’épuration biologique intensive qui, invariablement, a pris la place de ces deux méthodes; on en compte actuellement plus de 500 applications en Angleterre. Il est bon de noter, à cet égard, que dans ce pays, la Rivers Pollution Commission se charge de faire observer rigoureusement la Loi sur la Protection des Rivières.
- A Berlin, où, comme je le disais il y a un instant, on se trouve pourtant dans des conditions particulièrement favorables à l’épandage, on commence à se rendre compte des inconvénients de ce procédé. Aussi, trois faubourgs importants du la ville viennent-ils de faire exécuter à Wilmersdorf une installation d’épuration par fosses septiques et filtres percolateurs, avec distribution par sprinklers rotatifs. Cette installation, en fonctionnement depuis plus d’un an, est prévue poui traiter les eaux usées d’environ 200 000 habitants ; les Hygiénistes Allemands étaient fiers de la montrer dernièrement aux Membres du Congrès.
- Je ne parle que pour mémoire des autres applications existant en Alle-magne, ainsi que dans la plupart des pays civilisés.
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- CONCLUSIONS
- En résumé, les conclusions de la présente discussion devant avoir pour but d’indiquer une préférence entre l’épandage et l’épuration biologique intensive, je rappellerai en quelques mots les avantages et les inconvénients de chacun :
- 1° En ce qui concerne l’épandage, l’un des principaux arguments invoqués en sa faveur, en dehors du degré d’épuration obtenu, est celui ayant trait à la plus-value des terrains irrigués, on cite même des exemples; c’est aussi celui de la valeur des engrais ainsi utilisés. Ceci ne peut être vrai, bien entendu, que si l’irrigation est subordonnée aux besoins de la culture. Tous ceux qui ont l’expérience de ces questions vous diront alors que, dans ce cas, il faudrait pouvoir disposer de surfaces de terrains considérables, bien supérieures aux possibilités actuelles.
- D’autre part, si l’on nous cite les plus-values de certains terrains, on se garde bien de nous citer les moins-values de beaucoup d’autres, de ceux placés notamment auprès des régions irriguées, de ceux placés sur les rives de la Seine le plus souvent polluée par suite de faute inhérente au système. Enfin, on ne nous parle pas de la moins-value de la propriété bâtie à proximité de ces terrains, qui doit se chiffrer par des sommes très élevées.
- Avec le procédé de l’épandage, on ne sait jamais exactement à quoi l’on s’engage ; il est impossible de connaître la nature de la totalité des terrains, surtout lorsqu’il s’agit de surfaces énormes. Il faudrait pouvoir compter sur des terrains d’une nature homogène; c’est presque irréalisable. Avec ce procédé, on n’est jamais certain de ne pas contaminer les nappes souterraines ; notre Collègue lui-même nous en a indiqué des exemples ; on perd de vue les eaux qui, par infiltration, peuvent aller polluer des sources même lointaines. C’est un système conduit, pour ainsi dire, au petit bonheur.
- En 1885, Durand-Claye déclarait (.Annales des Ponts et Chaussées) que les légumes cultivés sur les terrains d’épandage étaient avantageusement vendus dans les Halles et marchés publics.
- Aujourd’hui, après une longue et funeste expérience, des décrets ministériels de 1902, interdisent la vente des légumes destinés à être mangés crus et provenant de ces mêmes terrains (les autres légumes étant purifiés par la cuisson).
- L’observatiou de ces décrets étant presque impossible à contrôler, n’est-il pas pour le moins raisonnable de penser que la production de ces champs est un danger permanent pour la santé publique?
- On ne pourra jamais évaluer la dépense exacte occasionnée par ce procédé, étant donnés les nombreux aléas qu’il présente dans la pratique (indemnités pour pollution de sources, de rivières, droit de passage, etc.).
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- Je ne conteste pas le moins du monde les chiffres concernant le degré d’épuration, fournis par M. Vincey, et encore moins la possibilité de pouvoir obtenir sur certains terrains d’épandage des résultats plus parfaits que ceux généralement obtenus dans les installations 'pratiques d’épuration intensive ; mais je me refuse à croire à la constance de ces résultats et à les considérer comme le coefficient véritable de l’épuration.
- 2° Dans la méthode d’épuration biologique intensive, au contraire, on peut calculer d’avance la dépense à laquelle on s’engage ; on peut avoir la certitude de pouvoir épurer un volume donné et arriver approximativement à tel résultat, et cela d’une façon régulière et continue.
- On ne risque pas de contaminer les nappes souterraines ; on peut toujours envoyer à la rivière un effluent suffisamment épuré pour subir efficacement les phénomènes connus de Fauto-épuration.
- Je sais bien que les installations d’épuration intensive sont peut-être plus désagréables à là vue que les champs d’épandage” désagrément d’ailleurs très relatif; mais il ne faut pas oublier que leur surface étant cent fois moindre, cet inconvénient est évidemment très réduit. Il en est de même, comme on peut s’en convaincre, du coût de l’installation et des frais d’exploitation.
- Avec cette méthode, on tient le mal, on le canalise ; on en est pour ainsi dire le maître ; on peut, à chaque instant, s’il le faut, par une action complémentaire, produire une épuration plus avancée. En un mot, c’est un procédé scientifiquement conduit, suivant les lois qui régissent les phénomènes de fermentation, oxydation et nitrification mis en œuvre.
- Quant à la valeur fertilisante accordée aux eaux d’égout, il est clair qu’on peut l’obtenir aussi avec l'épuration intensive, puisqu’elle a pour but de former des nitrates, par conséquent un effluent plus assimilable que l’eau brute et qui n’offre pas les dangers de cette dernière.
- Les deux méthodes en présence étant ainsi exposées, j’espère avoir fourni des renseignements qui permettent de voir, au point de vue qui nous préoccupe, la situation sous son véritable jour.
- Les personnes qui, à Paris, auront la responsabilité du choix entre les deux systèmes, qui auront à justifier leur préférence, diront s’il vaut mieux adopter un [procédé reposant sur la composition uniforme de vastes terrains, sur la bonne volonté des gens et aussi sur celle du temps, — puisque, en effet, c’est au moment où le débit des égouts est le plus fort (saison pluvieuse), que les terrains ont un pouvoir épurateur nécessairement réduit, — à un système basé sur des phénomènes scientifiques, universellement reconnus, qui a fait ses preuves e.t dont la marche n’est pour ainsi dire subordonnée à rien autre qu’à la volonté de l’homme.
- De mon côté, je ne cache pas qu’il me -sera toujours agréable d’avoir contri-
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- bué, dans une mesure si petite soit-elle à l’étude de cette question encore si peu connue en France. Il faut bien avouer en effet, qu’à cet égard, presque tout reste à faire dans notre pays ; il serait donc vraiment regrettable de voir la cause de rassainissement rester stationnaire par suite des erreurs propagées. Cette question est, en effet, si peu connue qu’il y a quelques jours encore, au Congrès National des Travaux Publics à Bordeaux, dont les sections étaient présidées par des personnes éminentes, j’entendais déclarer en séance que « l’eau à la sortie de la fosse septique était presque limpide et imputrescible, » alors que c’est tout le contraire.
- Enfin, n’est-il pas surprenant de constater que l’épuration biologique intensive, comme l’épandage à ses débuts, doit lutter contre la routine et les préjugés, et que ses plus grands détracteurs sont précisément les chauds partisans de l’épandage?
- N’est-ce pas avec des oppositions de ce genre que nous sommes souvent les derniers à bénéficier des découvertes de nos Savants?
- Je termine en m’excusant de vous avoir retenus sur un sujet ardu et à la vérité peu attrayant, mais j’espère que le proverbe sera toujours vrai et que ces discussions permettront de perfectionner encore les procédés en cours, de les mettre en pratique, pour le plus grand bien de l’assainissement des Villes et des Campagnes et de l’Hygiène en général.
- ANNEXE
- APPAREIL DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE POUR FILTRE RECTANGULAIRE
- Depuis quelques années, il a été démontré, par de nombreuses expériences, que les résultats donnés par les filtres bactériens étaient supérieurs dans la majorité des cas, en procédant par la méthode dite de percolation, plutôt que par celle des lits de contact.
- La nouvelle méthode consiste à distribuer les liquides à épurer sur la surface du filtre au travers duquel ils ne font que passer lentement, au lieu de séjourner comme dans le système des lits de contact.
- Il s’agit en l’occurrence de favoriser l’oxydation, de la rendre très intensive et, par suite, de permettre une nitrification plus complète.
- Pour atteindre ce but, il est évident qu’il faut rendre la distribution aussi uniforme que possible, et même en fines gouttelettes, de manière à mettre chaque parcelle de liquide en contact intime avec l’air.
- A cet effet, les Hygiénistes anglais ont imaginé depuis quelques années des appareils dits « sprinklers » fixes ou mobiles. Les sprinklers fixes ont l’inconvénient d’être coûteux comme frais d’installation, et de nécessiter pour un bon fonctionnement une différence de niveau (pour pression d’eau) assez importante et que l’on rencontre très
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- rarement. Les sprinklers mobiles, pour la plupart, sont constitués par un appareil comportant deux tuyaux percés de trous, assemblés perpendiculairement et tournant autour d’un point fixe.
- Comme il est facile de s’en convaincre, ces sprinklers rotatifs ont l’inconvénient d’occasionner des frais de construction relativement élevés, d’avoir des dimensions assez restreintes et enfin de laisser entre eux une surface de terrain inutilisable.
- C’est pour parer à ces derniers inconvénients que j’ai cherché et établi l’appareil
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- ELEVATION
- Fig. 2. — Auto-aspergeur.
- distributeur que je vais avoir l’honneur de présenter et de faire fonctionner devant vos yeux.
- Description. — Cet appareil se compose principalement de deux tuyaux dont l’une des extrémités est reliée à un siphon plongeant dans une rigole. Les tuyaux et siphons de chacune des parties étant reliés entre eux par l’intermédiaire d’assemblages avec un petit chariot roulant sur des rails placés sur les bords de la rigole.
- Chaque tuyau est divisé en deux parties égales par une cloison longitudinale et est fermé à l’extrémité opposée au siphon. Chacune des parties, d’un côté et de l’autre de la cloison, est percée vers le bas de petits trous placés de distance en distance.
- L’assemblage entre la branche inférieure du siphon et le tuyau est constitué par une sorte de boîte dans laquelle se meut librement une petite vanne a reliée à une manette placée en dessous de la boîte. La vanne est disposée de telle sorte que, quelle
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- que soit sa position, elle ne peut alimenter que l’une ou l’autre des parties longitudinales du tuyau.
- Les côtés transversaux du filtre doivent comporter des espèces de bornes ou taquets, placés en face et au même niveau que la manette.
- Les siphons sont munis nécessairement d’un robinet d’amorçage.
- Pour donner plus de rigidité à l’appareil et mieux assurer l’équilibre, la partie extrême des tuyaux est reliée au chariot central à l’aide de tirants en fil de fer.
- Fonctionnement. — La rigole étant garnie d’eau, les siphons ayant été amorcés préalablement et les manettes ôtant en place symétriquement, l’eau pénètre dans l’une des parties de chaque tuyau (celle que l’on a préférée en plaçant les manettes) ; aussitôt, par suite de la projection de l’eau par les ouvertures, tout l’appareil se met en marche, dans un sens inverse à celui de la projection, comme dans l’expérience bien connue en physique du chariot hydraulique. Arrivé à l’extrémité du filtre, les manettes viennent frapper contre les taquets, pivotent sur elles-mêmes et, dans ce mouvement, la partie qui vient d’être alimentée est fermée alors que l’autre se trouve ouverte. Il suffit d’un choc tellement faible pour faire mouvoir les manettes que j’ai dû placer en avant du taquet un ressort d’amortissement.
- La projection de l’eau se faisant du côté opposé à celui du début, il est facile de comprendre que l’appareil se mettra en marche également dans un sens opposé. C’est ce qui arrive avec une régularité presque mathématique. Il va sans dire que, pour avoir un bon fonctionnement, la rigole doit être constamment remplie d’eau en quantité suffisante.
- Le frottement sur les rails étant insignifiant, le poids du liquide et d’appareillage étant des plus réduits, et la surface de résistance offerte au vent très minime, on peut concevoir qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une grande pression pour une bonne marche. Ainsi, une différence de-niveau de 40 centimètres permet le fonctionnement d’un appareil ayant des bras de chacun 20 mètres de longueur.
- D’autre part, la longueur des filtres peut être pour ainsi dire illimitée; on peut d’ailleurs placer les taquets de changement de direction à tel endroit du filtre qu’il plaira.
- Au lieu de disposer un appareil comprenant deux bras symétriques, on pourrait également en construire sur le même principe ne comportant qu’un seul bras, dont les deux extrémités reposeraient alors à l’aide de roues sur des rails parallèles.
- Cet appareil distributeur, comme on le voit, étant des plus simples, sans organes fragiles, pourra rendre, j’espère, des services aussi bien dans l’épuration des eaux que dans d’autres cas ; par exemple, dans les industries ayant besoin de distribuer automatiquement et uniformément les liquides sur de grandes surfaces. Les importants travaux de MM. Miquel et Mouchet sur l’épuration des eaux potables que vous connaissez sans doute ont démontré jusqu’à l’évidence que les résultats étaient beaucoup plus parfaits avec des filtres non submergés à distribution régulière que ceux de la vieille méthode des dégrossisseurs et filtres submergés ; là aussi cet appareil pourra donc être employé avantageusement.
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- NOTES ÉCONOMIQUES
- Par M. Maurice Alfassa.
- Le Président Roosevelt et les Trusts.
- Le président Roosevelt a déclaré la guerre aux trusts : depuis quelques mois la-lutte se poursuit sans merci de sa part et, s’il ne tenait qu’à lui, nous aurions sans nul' doute assisté depuis longtemps déjà à quelque bataille décisive qui aurait abouti soit à l’écrasement de ces puissantes oligarchies, soit à leur victoire qui en eût fait sans conteste la puissance souveraine des États-Unis.
- Mais cette méthode simple et radicale de résoudre les difficultés n’a pu être suivie et force a été au Président de se borner à manifester autrement son hostilité à leur égard. Il n’est guère de discours dont la lutte contre les trusts ne forme le thème principal et, nouvel Aristide, M. Roosevelt rappelle, presque quotidiennement, que la justice est égale pour tous, et que la richesse ne saurait dispenser de l’obéissance aux lois.
- Il était jusqu’ici demeuré dans les sphères élevées de la philosophie, mais la campagne d’automne l’a amené à préciser, sinon les mesures mêmes qu’il voudrait voir établies, du moins les méthodes qu’il entend employer. Elles n’ont pas manqué de provoquer par leur gravité même une émotion qui s’est généralisée et cela” d’autant plus que le gouvernement a, par des poursuites engagées contre certaines de ces organisations, donné un avant-goût du millenium vers lequel tend la politique répressive du Président.
- G est cette politique et ces méthodes que nous nous proposons d’examiner, en soir d’abord, puis à la lumière des faits acquis.
- Et pour cela il nous faudra aborder le problème des trusts, toujours actuel aux États-Unis, et qui a repris, tout récemment, par cette campagne, une importance capitale. Mais nous n’aurons à en considérer qu’un des côtés.
- Nous ne rechercherons pas si ces trusts sont ou non la conséquence du phénomène de concentration qu’avait prévu Karl Marx dans sa théorie du « Capital, » s’ils sont 1 aboutissant actuel de l’évolution économique ou si, comme M. Yves Guyot a voulu 1 établir dans sa communication au dernier Congrès de statistique de Copenhague, ces va,stes organisations constituent une anomalie, destinée à disparaître rapidement pour faire place à une déconcentration dont il y aurait dès auj ourd’hui des symptômes indiscutables.
- bous ne rechercherons pas davantage s’ils sont un bien ou un mal, si la somme des avantages qu ils sont susceptibles d’offrir à la collectivité est surpassée par leurs inconvénients, s ils exercent une tyrannie sur. le consommateur désarmé ; en un mot, s’ils sont, comme le prétendent leurs fondateurs, les bienfaiteurs de l’humanité, par la sup-Tome 110. — Janvier 1908. a
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- 1)0 .NOTES ÉCONOMIQUES. ------ JANVIER 1908.
- pression, qu’ils réalisent, de l’anarchie dans la production ou si, au contraire, les crimes qu’ils commettent, ainsi que l’affirment leurs détracteurs, doivent amener la société à les faire disparaître.
- Nous nous bornerons seulement, suivant M. Roosevelt dans sa campagne, à examiner la question de leurs rapports avec la puissance publique et plus particulièrement la nécessité d’un contrôle de l’État et les moyens par lesquels ce contrôle peut être établi.
- Ce n’est là évidemment que l’un des côtés du grave problème ; mais si limité que soit notre sujet, nous ne tarderons pas à voir combien il est complexe et à quelles difficultés on se heurte pour arriver à une solution.
- Les trusts ont réalisé de la manière la plus complète la théorie que Karl Marx avait faite de la concentration : l’évolution économique tend à concentrer entre les mains-d’un nombre toujours plus petit de gens une partie toujours plus grande à la fois des moyens de production et de la richesse publique. A la limite le nombre des détenteurs sera réduit à sa plus simple expression c’est-à-dire à l’unité, et la collectivité représentée par l’État pourra entrer en possession des moyens de production, en se substituant à ce producteur unique.
- Pour l’Europe, des théoriciens du socialisme, tels que Bernstein, ont rejeté la doctrine catastrophique : l’étude des faits révélant des influences que Marx n’avaient pu prévoir, il y avait heu de reviser sa conception. En effet si, au point de vue de la production, la machine à vapeur avait bien produit la concentration, cette concentration ne s’était pas faite, comme le fondateur du socialisme l’avait conçue, en ce sens que l’énormité même des entreprises n’avait pas tardé à être supérieure aux facultés financières des individus isolés si riches qu’ils fussent, et que la concentration industrielle avait été accompagnée d’une déconcentration financière, d’une diffusion des valeurs mobilières avec les sociétés anonymes.
- En même temps un autre phénomène s’était produit dans le sens de la théorie de Marx, mais il avait passé inaperçu parce que son importance pour l’Europe était minime. La tendance à la concentration se manifestait en ce que les mêmes hommes, divisant leurs fortunes, assumaient le contrôle d’entreprises différentes et multiples, dans les conseils d’administration desquelles ils entraient. Leur activité s’exerçait dans le sens des fédérations et de la subordination* d’industries les unes aux autres.
- En Amérique, l’évolution s’est produite beaucoup plus en conformité des vues de Marx puisque la forme des trusts a permis non seulement la concentration économique, mais celle des fortunes en un petit nombre de mains (1) et les noms des Rock-feller, des Carnegie, des Pierpont Morgan, des Hill et des Harrimann, suffisent à justifier cette opinion.
- Cette double concentration ne s’est pas faite sans provoquer de graves abus. Ce sont eux que dénonce le président Roosevelt avëc une inlassable persévérance. Ils peuvent se résumer sous quatre chefs que nous examinerons successivement :
- A) Concentration extrême, dépassant les nécessités économiques ;
- B) Constitution de monopoles de fait, échappant à tout contrôle ;
- B) Drainage de l’épargne ;
- D) Violation des lois.
- (1) Le mécanisme qui a permis d’arriver à ce résultat est bien connu. Nous y reviendrons tout à l’heure.
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- A) Une vérité économique, depuis longtemps incontestée, est que les résultats d’exploitation d’une entreprise donnée seront d’autant meilleurs que la production sera plus grande, parce que l’outillage, aura été mieux utilisé, et que les frais fixes, se répartissant sur un nombre plus grand d’unités, grèveront d’autant moins le prix de revient de chacune. ' 1 ‘
- C’est cette vérité qui, après l’introduction de la machine à vapeur, a conduit à créer des usines toujours plus importantes.
- C’est elle encore qui, combinée au principe de la division du travail, a amené dans les grandes usines à la spécialisation par service pour soutenir la lutte contre la concurrence, chaque jour plus intense.
- C’est elle enfin— ses applications se perfectionnant avec les conditions d’évolution de l’industrie et du commerce — qui a amené aux ententes entre producteurs, qui, — des formes les plus imparfaites —, des comptoirs où les adhérents conservent leur liberté intégrale de production, amène aux cartels qui, laissant encore chaque entreprise théoriquement indépendante, fixent aux associés leur prix de vente, puis leur quantième de production, et enfin aux trusts, fusion en une seule de toutes les entreprises préexistantes.
- Non seulement les économies de tous ordres réalisées dans l’exploitation (frais fixes, publicité, etc.) permettent de réduire très appréciablement le coût de production au plus grand profit du consommateur ; mais la direction unique de toutes les branches •d’une même industrie en une seule main fait que la spécialisation bienfaisante est appliquée jusqu’en ses possibilités les plus extrêmes, puisque chaque usine ne produit qu’un article ou un groupe d’articles en vue desquels son outillage a été établi, et que l’emplacement de cette usine est choisi dans la région de consommation maxima. Et ainsi se trouve réalisée une bonne utilisation économique grâce à l’adaptation de la production à la consommation d’une part, et d’autre part grâce à la suppression de l’anarchie créatrice qu’engendre la concurrence.
- Cette organisation-a encore pour autre avantage de réaliser de considérables économies tant pour l’achat des matières premières que pour les frais de transport réduits au minimum. A celles résultant de l’emplacement choisi pour les diverses usines, viennent s’ajouter celles dues aux bas tarifs de transport, consentis hors de France (1), par les compagnies de chemins de fer et de navigation à ces clients exceptionnels leur assurant un trafic considérable et régulier. Enfin, dernier avantage de cette concentration et non des moindres, le trust permet de régulariser la production, d’éviter les à-coups et lorsque la consommation se ralentit d’accumuler des stocks en vue du début brusque d’une activité économique nouvelle : en un mot son action tend à l’atténuation profonde sinon à l’absolue suppression des crises.
- Il s’en faut que dans la réalité les faits confirment ces prétentions et que la concentration procure au monde les bienfaits dont elle se vante.
- « Les extrêmes se touchent », dit le proverbe: nul exemple, plus que celui des trusts, ne permet d’en vérifier l’exactitude, rétorquent les promoteurs delà campagne. Si la concentration a bien ces avantages théoriques, elle est également, comme contrepartie, la source d’abus infiniment graves.
- (1) Ces rabais sont interdits en France.
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- . La puissance d’achat de ces entreprises, bienfaisante d’abord pour les producteurs de matières premières, ne tarde pas à dégénérer en une oppression aussi funeste pour eux que pour le consommateur. Client principal, par la suppression de la concurrence, le trust impose ses conditions, et quand elles paraissent inacceptables, il se rend maître des moyens de production.
- Et quant aux transports ; il ne se borne pas à obtenir les bas tarifs auxquels sa puissance de trafic lui permettrait équitablement de prétendre. Il lui faut obtenir à son bénéfice exclusif des tarifs si réduits que les entreprises concurrentes soient dans l’impossibilité de soutenir la lutte. S’ils ne lui sont pas consentis, s’il se heurte à quelque résistance^ il se rendra maître des voies de communication et, tout-puissant dans les assemblées générales des Compagnies de transport dont il n’hésite pas à acquérir 51 p. 100 des actions, il emploiera le contrôle qu’il exerce à s’attribuer des rabais scandaleux, même s’il doit pour cela violer la loi.
- Et s’il faut préciser les moyens employés, il nous suffira de rappeler, après M. Martin Saint-Léon (1), la manière dont la Standard OU C° a résolu le problème.
- Maîtresse d’un admirable réseau de -pipe Unes qui, des quatre grands centres producteurs, conduit son pétrole aux raffineries des ports, lui assurant pratiquement le monopole de l’exportation grâce à un coût de transport de 50 p. 100 plus bas que celui des compagnies rivales, il est cependant des régions où la Standard OU C° n’a accès que par les lignes de chemins de fer.
- Parfois elle se fait consentir des réductions dissimulées, soit par une erreur sur les pesées des wagons-réservoirs, soit par une élévation imprévue des tarifs, surprenant brusquement les concurrents, alors que le trust a passé des contrats de longue durée aux tarifs anciens ou, lorsque la situation inverse se produit, par un brusque abaissement du prix dont le trust, seul prévenu, est Tunique bénéficiaire.
- D’autres fois la loi est cyniquement violée. Non seulement le trust obtient un tarif de faveur (2), mais le surplus du prix payé par les concurrents lui est ristourné, ce qui lui permet de transporter gratuitement une partie de sa production.
- Ou encore pour éviter qu’il ne subsiste des traces dangereuses de la violation de la loi, comme dans les cas précédents, c’est par l’exagération manifeste des prix auxquels il vend ses lubrifiants aux Compagnies que la Standard OU C° s’est fait concéder des rabais cachés.
- Mais ce ne sont pas les seuls abus qui sont à la charge des trusts, et le second grief que le président Roosevelt invoque contre eux va nous permettre d’en préciser d’autres.
- B) La concentration aboutit à la constitution de véritables Monopoles de fait qui échappent à tout contrôle.
- Et tout d’abord il importe de préciser le sens qu’il faut attacher à ce mot. Le monopole de fait n’est pas comme le monopole d’Ëtat le privilège exclusif accordé, sous certaines obligations légales, d’une fabrication ou d’un commerce, c’est la consé-
- (1) Cf. Fédération des Industriels et des Commerçants français. Bulletin mensuel, n° 39. Décembre 1906, p. 393 et 391.
- (2) C’est un épisode de la lutte engagée par M. Rockfeller contre M. Rice. Alors que la Standard Oil payait 10 cents par baril, M. Rice en payait 33. Une enquête secrète lui aurait appris que 23 cents-étaient bonifiés à la Standard et qu’il lui payait ainsi le transport gratuit de 2 barils et demi pour chacune de ses expéditions de un baril.
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- quence d’une situation économique qui, par l’extension de la production d’une entreprise déterminée, le contrôle qu’elle exerce directement ou non sur d’autres entreprises similaires ou dépendantes dans le processus d’élaboration, lui assure une prépondérance indiscutable et lui permet de fixer arbitrairement le prix des matières qu’elle fabrique. *
- Qu’importe que la Sandard Oil C° n’ait produit par exemple en 1905 par ses propres moyens qu’un sixième des 135 millionsTle barils du pétrole brut extrait aux États-Unis, que, dans aucune des grandes régions, elle ne produise pas plus des 50 p. 100, elle n’en constitue pas moins une monopole de fait puisqu’elle raffine les 84 p. 100 du pétrole brut total, et qu’elle a fourni à la consommation les 86 p. 100 du pétrole lampant (1).
- Qu’importe également que l’United Steel trust fournisse moins des 50 p. 100 des produits finis si par le contrôle qu’il exerce sur les matières premières il est néanmoins maître de fixer les prix des produits finis. Il n’en exerce pas moins le monopole de fait.
- Qu’importerait encore que Y United Metals Selling C° ne vendît que les 55 p. 100 du cuivre des États-Unis s’il exerçait un contrôle suffisant sur les stocks et si’ ses moyens financiers lui avaient permis de maintenir invariablement ses prix pour le métal brun et de réduire à merci les consommateurs (2).
- Par cela mêm^e que ces combinaisons sont des monopoles de fait et non des monopoles légaux, elles échappent aux prescriptions particulières qui peuvent avoir été édictées et ne sont sujettes qu’à la réglementation industrielle et commerciale générale.
- En tout état de cause elles sont dans une situation particulièrement avantageuse et jouissent de libertés beaucoup plus étendues que si elles étaient de véritables monopoles. Mais aux États-Unis elles acquièrent une puissance de domination pratiquement illimitée, de par la Constitution même du pays. Lors de son adoption la nature de l’industrie et du commerce faisant que les transactions s’opéraient en très majeure partie à l’intérieur d’un même État, elle ne prévit point la nécessité d’une réglementation fédérale, et laissa à chaque État le soin de légiférer sur ce sujet, cette législation emportant le droit pour toutes les entreprises qu’elle couvrait de trafiquer dans tous les autres sous l’empire de la législation de l’État où elles ont leur siège.
- Cette disposition a exercé une influence considérable sur la formation et le développement des trusts. Si des États ont pris des mesures très sévères, il en est d’autres qui, laissant les plus grandes libertés aux Sociétés, leur permettent par cela même d’exercer légalement leur activité sur tout le territoire de l’Union, bien qu’en violation des lois de certains États, où elles peuvent en fait avoir leur siège principal.
- On conçoit sans peine comment les trusts sont ainsi au-dessus des lois fédérales qui réglementent les monopoles. Il leur suffit de se former dans l’un des États accueillants tels que Nev-Jersey, l’Iowa, leDelaware par exemple qui laissent « le champ libre à toutes les opérations, à toutes les spéculations licites ou non »,, comme le dit M. Ét. Martin Saint-Léon, pour qu’ils puissent, à l’abri de la disposition de la Constitution fédérale que nous avons rappelée, accomplir ces mêmes actes dans tous les États, quelle que soit leur législation.
- A tous les abus que cette situation privilégiée permet aux trusts il faut ajouter ceux
- (1) Trusts, Cartels, Comptoirs, Syndicats, n° 40, septembre 1907. La Standard Oit. Rapport fédéral, p. 143.
- (2) Cf. André E. Sayous, le Cuivre. Sa production et son commerce aux États-Unis, son marché en 1907. Paris, septembre 1907. Fédération des Industriels et Commerçants français. Larose et Tinen.
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- qu’ils peuvent commettre en tant que monopoles de fait. La Standard Oil, prototype du trust à bien des points de vue et particulièrement à celui-là, va nous fournir des illustrations des deux plus saillants : Vunderselling et les transports.
- Underselling. — Les trusts se font un titre de gloire de contribuer, par la forme de production qu’ils représentent, à l’abaissement du prix des articles. Il va de soi que dans une large mesure leur organisation le leur permet. Nul peut-être davantage que la. SandardOil ne s’est vanté de ces résultats et, de fait, le prixdupétrole raffiné qui avant sa formation en 1871 était à 24 cents ou 1 fr. 20 le gallon (4 litres, 40) est tombé en 1906 à 6,2 cents, ou environ 30 centimes et celui de l’huile brute est tombé de 13,72 cents (0,68) à 4,72 cents (0 fr. 23) le gallon. Les habitants de Dayton (Ohio)' étaient encore beaucoup plus favorisés puisqu’ils ne payaient le pétrole raffiné que 4 cents. Or, les conditions générales ne justifiaient aucunement ce traitement particulier : la raison en était qu’une raffinerie s’était établie à Dayton et qu’il fallait la faire disparaître en vendant au-dessous du coût de production. C’est la phase de la lutte-commerciale que les Américains désignent sous le nom d'Underselling (1), et qui n’est pratiquement-possible que parce que le monopole de fait permet d’une part de la répéter aussi souvent qu’il en est besoin et d’autre part de se récupérer sur le consommateur après la disparition des rivaux. Car tout n’est pas à l’avantage du consommateur dans cet abaissement du prix de revient des trusts qui se constituent soi-disant dans son intérêt. La concurrence anéantie, au moyen de pertes considérables parfois, le trust entend profiter de son monopole, entrer dans l’ère des profits illimités, et pour cela il relève les prix bien au-dessus de leur niveau légitime. Et si dans beaucoup de cas, en Amérique, les trusts ont provoqué une grande réduction des prix, c’est qu’ils sont encore dans la première phase, celle de l’underselling et qu’ils ont encore des concurrents, qu’ils n’ont pu ni détruire, ni asservir. Et les habitants de d’Urbana (Ohio) auraient pu répondre aux louanges du trust du pétrole que chantait Dayton par des imprécations, puisque leur pétrole leur était facturé à 8 cents : aucune entreprise rivale-ne contestant leur marché à la Standard. Elle se vante de ses procédés; dans l’enquête de Y Industrial Commission, à cette question du président : « Vous maintenez vos prix de vente au-dessous du prix de revient jusqu’à ce que votre rival disparaisse? » M. Archbold,le vice-président de la Standard Oil, répondait par ce seul mot : « Oui (2). »
- Transports. — C’est un autre aspect de la question que nous examinions plus haut. Il n*e suffit pas aux trusts de connaître l’existence de leurs rivaux et leurs marchés pour les faire disparaître, il leur faut également être au courant de leurs mouvements, de leurs expéditions pour les contrecarrer. Iis organisent un vaste système d’espionnage-grâce auquel la Standard Oil par exemple est renseignée, avant leur départ, sur les-expéditions des wagons par les raffineries concurrentes et peut ainsi les prévenir en envoyant vers la même destination un chargement qu’elle vendra au-dessous du prix de revient. C’est le procédé honnête de concurrence, mais sur les lignes que la Standard Oil contrôle, les wagons des raffineries rivales sont, ou bien oubliés sur des voies
- (1) L’Underselling est la forme générale du Dumping que les manufacturiers des pays protégés pratiquent sur les marchés neutres dont ils veulent soit s’assurer une part, soit chasser leurs rivaux des pays libre-échangistes. On sait tout l’argument que M. Chamberlain en a tiré au cours de sa campagne fiscale en Angleterre.
- (2) Fédération des Industriels et Commerçants français. Bulletin n° 39, loc. cif. Communication de M. Martin Saint-Léon, p. 393. L’exemple du trust de la Glace est également caractéristique. Cf. Trusts et Cartels, loc. cil., septembre 1906, p. 109.
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- de garage ou accrochés à des trains de marchandises alors que les siens prennent les voies les plus rapides, ce qui lui donne l’avance nécessaire pour s’assurer le marché en question.
- C’est encore, conséquence du monopole de fait, la mainmise par le trust du pétrole sur les wagons-citernes. Les destinataires préférant de beaucoup recevoir ainsi leur marchandise (ce qui est aussi plus économique, car il n’y a pas d’emballage ni de frais de retour des fûts), la Standard-Oil s’est assuré le moyen de faire ses expéditions dans 81 p. 100 des villes par wagons-citernes, tandis que ses concurrents ne peuvent le faire que dans 38,6 p. 100 (1).
- C’est là un ensemble de griefs fort graves invoqués contre les agissements des trusts, et leurs adversaires en viennent à proposer les mesures les plus draconiennes, comme nous le verrons tout à l’heure.
- C) Drainage de Vépargne. — Dans le message qu’il adressait au Congrès au printemps 1906 (2), le président Roosevelt disait :
- « Parmi des abus à empêcher, le principal est peut-être l’excès de capitalisation, vu le grand nombre de maux qui en sont la conséquence. »
- En quoi consiste cet excès de capitalisation ? Quels sont ces maux? C’est ce qu’il nous faut dire brièvement.
- Il faut, pour comprendre les termes du problème, rappeler la constitution financière des sociétés anglo-saxonnes.
- En dehors des obligations qui constituent en quelque sorte une première hypothèque sur l’actif, et qui au point de vue de l’intérêt stipulé ont un'privilège par rapport % aux actions, le capital comprend deux sortes de titres : 1° les actions de préférence à revenu fixe, qui sont en quelque sorte des obligations dont le rang d’hypothèque vient immédiatement après celui des obligations et qui en cas de liquidation de la Société ont droit au remboursement de leur valeur nominale, accrue parfois d’une prime stipulée dans les statuts [mémorandum of Association) ; 2° les actions ordinaires qui se partagent le solde des bénéfices que l’Assemblée générale des actionnaires juge opportun de répartir et qui en cas de liquidation ont droit à l’actif social sous déduction de la part correspondante à la valeur des obb'gations et actions de préférence.
- C’est, on le voit, une constitution financière qui diffère de la modalité habituelle française, d’une part à cause des actions de préférence et, d’autre part, à cause de la non-existence des actions d’apport et des parts de fondateur.
- Alors que, en France par exemple, il est fréquemment attribué, aux créateurs d’tme affaire, des parts de fondateur qui bien que n’ayant droit qu’à une fraction des bénéfices n’en reçoivent pas moins individuellement un dividende infiniment plus important.que celui des actions de capital, en Amérique ou en Angleterre il n’existe rien de tel et les créateurs d’une affaire reçoivent en rémunération de leurs apports uniquement des actions de capital, entièrement libérées, qui partiçipent également, avec les autres, aux bénéfices. Il n’y a donc pas l’équivalent de l’avantage spécial des parts de fondateurs.
- Donc, en résumé,dans la législation anglo-saxonne, le capital-actions se compose de deux catégories de titres : les uns relativement peu aléatoires, à revenu fixe, les autres assimilables aux actions des compagnies françaises, mais avec des perspectives
- (1) Standard OU. Rapport fédéral, toc. cit., p. 143.
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- •de dividendes proportionnellement plus élevés puisque, du fait des actions de préférence (assimilables à des obligations), les bénéfices sont répartis à un moindre capital.
- Pour un même capital de un million de francs divisé en dix mille actions par exemple, produisant une bénéfice de cent mille francs, le dividende sera de dix francs par action sous l’empire de la législation française, tandis que, sous l’empire de la .législation anglo-saxonne, lé capital étant supposé divisé par parties égales en actions de préférence 7 p. 100 et en actions ordinaires, le service des premières nécessitera 35 000 francs et les actions ordinaires recevront / 3 francs au lieu de 10 francs.
- C’est là une simple illustration destinée à apporter un peu de clarté dans l’exposi-tion, mais qui n’a pas la prétention d’être la traduction nécessaire de la division du capital dans la majorité des cas, encore que cette modalité soit fréquente.
- Ce système très satisfaisant en théorie peut prêter en pratique à de nombreux abus que dénonce avec vigueur le président Roosevelt.
- La division du capital en actions de préférence et actions ordinaires est purement arbitraire, rien dans la loi n’empêche que la presque-totalité soit représentée par des actions de préférence et que par suite le montant en capital des actions ordinaires soit très mininîe.
- La conséquence de cette latitude est évidente : la plus grande partie du capital •n’aura comme rétribution qu’une faible part des bénéfices, dont la majeure partie servira à rémunérer un capital minime qui donnera un revenu de 30, 40, 50 p. 100 et même davantage de sa valeur nominale. Et comme le taux de capitalisation de ces titres est infiniment moins élevé, ils feront une prime de 300, 400 ou 500 p. 100.
- On peut concevoir le cas où le capital-actions de préférence représente la valeur intégrale d’une entreprise, apports véritables compris, et où le capital ordinaire ne représente rien en réalité. C’est à lui pourtant qu’ira la majorité des bénéfices.
- C’est là un abus manifeste ^ or cet abus est de pratique courante dans les trusts américains.
- Comme nous l’avons indiqué, ces trusts sont la fusion de sociétés rivales préexistantes, qui, dans le cas du trust de l’acier, pour préciser les idées, étaient déjà le résultat d’amalgamation d’entreprises individuellement importantes. Le processus d’organisation financière a été le suivant..
- Chacune des entreprises primitives avait la forme de société anonyme, à capital préférence et ordinaire, dans lesquelles cette dernière partie du capital était entre les mains d’un petit nombre de porteurs. Lors de l’amalgamation du groupe Carnegie par exemple ou de tel autre, la valeur des établissements élémentaires fut évaluée eu égard au capital global, en actions de préférence de la nouvelle Société et les actions ordinaires créées, en nombre relativement faible, remises aux fondateurs de la nou -velle Société, en rémunération de leur idée de fusion qui devait être une source de profits considérables. Cette Société nouvelle se trouvait donc déjà surcapitalisée, même si les établissements élémentaires ne l’étaient pas.
- _Lors de la fusion définitive en trust de l’acier, la surcapitalisation fut considérablement accrue. D’une part en effet les surcapitalisations individuelles furent consolidées dans le capital obligations et actions de préférence qui s’élevait à 500 millions de dollars, et d’autre part il fut créé pour une somme égale des actions ordinaires remises en considération de leurs apports aux chefs des groupes agglomérés et répartis en fait entre un nombre relativement restreint de porteurs, les Pierpont Morgan, les Carnegie, etc.
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- C’est ce que les Américains désignent sous le nom expressif de Waterïng the Stock ou d’arrosage.
- Il n’est pas, croyons-nous, de trust aux États-Unis dont l’histoire ne servirait à vérifier le processus qui vient d’être résumé : chemins de fer, acier, cuivre, pétrole, etc., ont été constitués de la même manière.
- Il est bien évident que ces actions ordinaires, lors de la formation des trusts, n’ont aucune valeur puisqu’elles ne représentent rien. Elles n’en auront que du jour où l’exploitation de ces entreprises permettra de leur allouer un dividende substantiel. Et pour cela il est indispensable de réaliser des bénéfices laissant un surplus considérable après que les charges fixes auront été satisfaites. On peut se rendre compte de l’importance qu’ils doivent atteindre en considérant le cas du trust de l’acier, d’une paî t le capital obligations et actions de préférence : rémunérer à qui, rien que pour ces dernières, dépasse 360 millions de dollars a droit à un dividende de 7 p. 100, et d’autre part en 1905, malgré un bénéfice net de 120 millions de dollars, il n’a pu être fait aucune répartition aux 500 millions de dollars d’actions ordinaires et en 1906 un bénéfice net de près de 157 millions de dollars a-permis seulement de leur allouer 2 pour 100 (1).
- Si les actions ordinaires demeuraient entre les mains des premiers détenteurs, les inconvénients seraient déjà considérables, mais ils dégénèrent en véritables abus par le fait que le plus souvent les fondateurs n’ont d’autre but que d’écouler ces titres dans le public. Pour cela, il faut de toute nécessité leur répartir le plus rapidement possible des dividendes, leur conférant une valeur se rapprochant du pair nominal, même dans le cas où une bonne gestion ne permet pas cette répartition. C’est-à-dire que ces entreprises, qui ont besoin de réaliser de gros bénéfices pour rémunérer l’énorme capital effectivement versé, doivent les augmenter encore, artificiellement le plus souvent, surtout au début de leur exploitation, pour payer un dividende à leurs actions ordinaires.
- Nous n’entendons pas dire qu’il s’agit, d’une manière générale, de dividendes fictifs, mais simplement de bénéfices frauduleux dans certains cas, ou dans d’autres de répartitions imprudentes.
- Bénéfices frauduleux ceux que la Sandard OU réalise par les erreurs .de pesée à son avantage, qui atteignent 5 p. 100; bénéfices frauduleux encore, ceux qui provinrent des ristournes, scandaleuses faites au détriment de M. Rice.
- Répartitions imprudentes que les deux répartitions de 4 p. 100 aux actions ordinaires faites par le Trust de l’acier en 1901 et 1902, au détriment des fonds de réserve et de prévoyance, et qui n’avaient d’autre but que de porter les titres à 54 dollars, et pour permettre à leurs détenteurs de les écouler dans le public ; puis l’opération achevée, la répartition fut ramenée à 2 et demi p. 100 en 1903 et supprimée en 1904 et 1905 où ces actions cotèrent au plus bas 8 dollars et demi et furent ramassées de nouveau par les fondateurs. Une politique plus sage attribua pendant ce temps aux réserves et amortissements 176 millions de dollars environ, y compris 27 millions de dollars pour travaux en cours. Les résultats exceptionnellement brillants de l’année 1906 permettent d’apprécier le peu de prudence de la gestion. Grâce à des prix fort élevés les bénéfices -ont atteint 156 millions de dollars contre 119 l’année précédente et représentent environ 22 p. 100 du chiffre d’affaires correspondant à 49 p. 100 du capital (l).Mais le bénéfice
- (1) Comptes deV United States Steel Corporation pour 1906. Journal A Temps du lundi 21 octobre 1907 ,(Semaine financière du dimanche 20 octobre 1907).
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- distribuable ne s’est élevé qu’à 63 millions de dollars, soit 40 p. 100 du bénéfice net apparent et 9 p. 100 du chiffre d’affaires, par suite des prélèvements pour dépenses faites et à faire et bien que les réserves pour dépréciations et remplacement n’aient été que de 28 millions environ. Et sur les 63 millions on n’a pu répartir aux actions ordinaires qu’un dividende de 2 p. 100. Il a suffi à porter leur cours à 52 dollars, cours le plus élevé de l’année. C’était tout ce que voulaient les dirigeants. Il suffit de regarder les chiffres de plus près pour constater combien la surcapitalisation du trust est exagérée-et quel danger cela fait courir à l’épargne. D’une part en effet on constate qu’en dépit de tous les amortissements et réserves extraordinaires qui viennent d’être réalisés, leur total ne représente que 203 millions de dollars environ, soit 14 p. 100 du capital obligations et actions et que les. nouvelles usines en cours de construction à Gary coûteront 31 millions de dollars qu'il faudra encore amortir. Et d’autre part l’oirconstate-que même en admettant que la même politique financière soit poursuivie, il suffirait que les bénéfices décrussent de 10 millions de dollars, soit de 6,3 p. 100 pour que toute répartition fût impossible aux actions ordinaires.
- La surcapitalisation est évidente; la comparaison des cours moyens (1) en 1904 et en 1906 va permettre d’en juger : en l’absence de dividende les actions ordinaires ont été cotées 21 5/16 en 1904. Le dhddende de 2 p. 100 a correspondu aux cours de 4215/16,. soit un accroissement de capitalisation de 100 p. 100, sans base réelle comme nous l’avons vu ; et cela d’autant plus qu’une réduction de bénéfice de 10 millions de dollars menacerait soit le dividende des actions de préférence, soit même la valeur réelle de l’entreprise par l’insuffisance des amortissements et réserves. Dans ces conditions ou est fondé à penser qu’à 21 dollars le trust est encore considérablement surcapitalisé et que le capital préférence l’est également.
- Les chemins de fer, les trusts quels qu’ils soient nous fourniraient des exemples-très probants. Nous n’en retiendrons qu’un encore, celui du chemin de fer du Southern Pacific.
- Son capital est de 268 millions de dollars dont 30 millions d’obligations, 40 millions d’actions de préférence et 198 millions environ d’actions ordinaires cotées à. 81 1/2 dollars en moyenne en 1906. Or cette compagnie a été surcapitalisée à l’origine du montant de son capital ordinaire, soit 75 p. 100 de son capital total puisque-les actions ordinaires furent réparties à titre de bonis aux obligations qui avaient fourni les fonds nécessaires à la construction de la ligne.
- D) Violation des lois. —Ce quatrième grief du président Roosevelt ne nous retiendra que peu de temps, non qu’il ne soit pas fondé, mais parce que nous ne ferions que-rééditer les faits indiqués à propos de la Standard OU. En vertu de la Constitution, le-
- (1) Les cours moyens sont établis dans les statistiques financières par la moyenne des cours extrêmes, mais ils n’indiquent pas le véritable cours moyen, car on ne tient pas compte du temps,, pendant lequel ils ont été pratiqués, ni du volume des transactions opérées : il suffit qu’un cours élevé ait été coté, même si les transactions ont été insignifiantes, pour qu’il soit pris comme terme extrême. Dans la réalité, en 1904 les cours ont été très inférieurs à 21 3/16 et. les cours de 34 1/8 n'ont été pratiqués qu’au début de l’exercice alors qu’on espérait une répartition, ils ont baissé très rapidement lorsque l’on a su que les actions ordinaires ne recevraient pas de dividendes : ils ont été vraisemblablement en moyenne de 13 à 15 dollars.
- Au contraire en 1903 le phénomène inverse s’est produit; les bas cours n’ont été pratiqués qu’au début de l’exercice et la prévision du dividende les a fait monter rapidement, la moyenne serait plutôt. 45 ou 46 dollars que 42.
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- Pouvoir fédéral ne peut intervenir que dans le commerce et les transports fédéraux, et les mesures qu’il peut prendre peuvent être aisément violées ou tournées par les intéressés. On a bien vu l’échec du Sherman Act de 1890 dirigé contre les trusts portant atteinte à la liberté du commerce. Aussi est-ce surtout en matière de transport que l’activité législative s’est manifestée. Faut-il rappeler la loi de 1887 instituant l’Interstate-Commerce Commission avec pouvoir d’obliger les Compagnies de transport à modifier un tarif exagéré, la loi récente, anti trust Icao Elkins,punissant d’une amende de 1 000 dollars et de deux ans de prison quiconque aura donné ou accepté des conditions-spéciales modifiant à son avantage les tarifs réguliers de transport (alors que le Président réclamait pour le Pouvoir fédéral le droit de légiférer en matière industrielle) et enfin la loi Hepburn de 1906 qui met tous les transports y compris les réseaux de Pipe Unes sous le contrôle de l’Interstate Commission et lui permet de fixer un-maximum de tarifs, sous réserve d'appel devant les tribunaux.
- Ces lois draconiennes ont été jusqu’ici inefficaces et tournées, nous avons vu comment. Mais toutes les lois contre les monopoles ont échoué parce que lés trusts arrivent à accomplir les actes qu’elles condamnent sans que ces lois puissent leur être appliquées.
- Et s’ils peuvent violer ainsi la loi impunément dans son esprit, ils ne la violent pas dans sa lettre. C’est une distinction d’importance capitale pour l’intelligence de ce qui va suivre. *
- En résumé les trusts, au passif desquels on doit encore ajouter la corruption monstrueuse qu’ils ont, sinon introduite, du moins considérablement développée dans les-mœurs politiques des États-Unis, se dressent puissance contre puissance vis-à-vis du. gouvernement fédéral. Aux lois au-dessus desquelles ils se jugent et sont en fait, ils ont jusqu’ici victorieusement opposé leur mépris souverain. Dans la lutte que l£ président Roosevelt a entreprise contre eux et qui se poursuit à la fois sur tous les terrains, il pourrait être sage de se souvenir de la définition que M. Jaurès donnait il y a quelques-années de ces formidables organisations ; « Le Trust c’est le collectivisme embryonnaire et anarchique. Amplifiez-le, vous aurez le collectivisme. Restreignez le collectivisme, vous aboutirez au trust. » ’•
- L’examen des faits avait conduit le leader du socialisme à une vue prophétique que des événements récents paraissent confirmer et, contre sa volonté sans doute, s’il persiste dans son .attitude, le président Roosevelt pourrait bien se trouver non, comme il le pense, le champion d’intérêts collectifs, mais le champion du collectivisme.
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- Les trusts engendrent des abus scandaleux, ils oppriment la nation, et se prétendent au-dessus des lois ; mais, la loi étant égale pour tous, il faut que ces oligarchies apprennent à leurs dépens qu’elles ne sont point assurées de l’impunité et que les intérêts de quelques-uns ne sauraient primer les intérêts et les droits imprescriptibles de la collectivité.
- Tel est le thème que développe le Président de la République américaine dans tousses discours.
- A ne considérer les choses que du point de vue théorique, il est hors de doute qu’aucune bonne raison ne saurait être invoquée contre la campagne qui se poursuit :: les violations de la loi, le drainage de l’épargne, l’accaparement, comme l’omnipotence oppressive des milliardaires, faussent à la fois le jeu normal des institutions et la vie=
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- économique de la nation : ce sont autant de faits qui révoltent la conscience publique et le souci des intérêts généraux comme l’équité veulent qu’il ?y soit mis un terme.
- Aussi comprend-on le sentiment de délivrance qu’a éprouvé l’Amérique, en constatant que M. Roosevelt, rompant avec toutes les traditions, osait s’attaquer non seulement en paroles, mais effectivement aux trusts et qu’en attendant les armes nouvelles de la loi, des poursuites étaient engagées contre .les organisations les plus puissantes, contre le trust delà glace alimentaire, contre les Rois des chemins de fer, contre la Standard Oil elle-même qu’une longue impunité avait fini par convaincre que 1’ « argent prime le Droit » et que les lois sont faites pour les mortels et non pour les dieux.
- Toujours du point de vue théorique, la position du Président est inexpugnable : il n’entend pas entraver la marche honnête des grandes industries, il veut seulement « établir un contrôle sur leur manière d’opérer, de façon à sauvegarder les intérêts du public » (1). •
- Mais dans les faits, ses projets comme son action échappent-ils à toute critique. Les moyens qu’il prône, les actions engagées, tendent-ils effectivement au but poursuivi ou ne risquent-ils pas de le dépasser et d’apporter tout au moins un trouble profond dans la vie du pays?
- La crise terrible que traversent actuellement les marchés américains, principalement celui de New-York, et à laquelle de son aveu même il n’est pas étranger, la répercussion qu’elle peut avoir sur la prospérité des autres nations, d’autres conséquences qu’elle pourrait avoir, font qu’il importe d’examiner attentivement les projets du président Roosevelt.
- On peut distinguer deux phases dans la campagne contre les trusts, caractérisées : la première par la recherche des moyens purement légaux de répression, la seconde par les tentatives d’application et l’action. #
- L’une et l’autre ont été marquées par de nombreux discours et par des faits.
- Les causes premières pourraient se résumer dans cette formule: « Des problèmes nouveaux exigent des solutions nouvelles. ».
- Les problèmes nouveaux sont le développement des trusts avec les abus qu’ils entraînent et d’autre part l’importance prédominante prise, depuis quelques années surtout, des transactions entre États qui forment aujourd'hui les 85 p. 100 du commerce total intérieur des États-Unis (2).
- Ils ont trouvé le gouvernement fédéral désarmé et les difficultés qu’il a éprouvées pour les résoudre suffisent à expliquer l’évolution de ses méthodes en présence de l’effroyable tâche qui s’offrait à lui.
- Ces problèmes imposaient une réglementation nationale sur l’ensemble des facteurs économiques, intéressant la vie nationale. Mais la Constitution, n’ayant pas prévu cette nécessité, avait laissé aux États particuliers toute latitude pour légiférer en matière industrielle et commerciale, en stipulant que cette législation vaudrait pour les organisations qui s’y soumettaient surtout le territoire de l’Union et c’est là la cause principale de la gravité de la situation.
- Le pouvoir fédéral se trouve par ce fait dans l’impossibilité pratique, nous le verrons, de légiférer, en matière industrielle propre, car il faudrait pour cela amender la Constitution. Les États eux-mêmes ne sont guère en meilleure posture puisqu’un
- (1) Cf. Le Temps du lundi 14 octobre 1907. Semaine financière du Dimanche 13 octobre 1907.
- (2) Discours prononcé à Saint-Louis le 2 octobre 1907 par le président Roosevelt. Cf. The Times,
- 3 oct.. 1907, p. 3. 7
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- arrêt de la Cour suprême, arrêt fort ancien il est vrai, — il remonte à 1819 (1), — a décidé qu’ils ne pouvaient modifier, sans leur consentement, les dispositions législatives relatives aux corporations et que c’est là le statut légal de toutes les organisations visées.
- Les seules réglementations que le Pouvoir fédéral pouvait tenter étaient celles des monopoles d’une part et des transports entre États.
- C’est ce que voulut réaliser pour les chemins de fer la loi qui créa en 1887 l’Inter-state Commerce Commission avec pouvoir de leur faire modifier, sous bénéfice d’appel, un tarif exagéré, et pour le commerce le Sherman Art de 1890 punissant les trusts qui entraveraient la liberté du commerce.
- Cependant, soit par l’insuffisance des mesures qu’elles prévoyaient, soit parce qu’appliquées avec trop de bienveillance, ces lois demeurèrent pratiquement sans effet : les abus que nous avons signalés en fournissent la preuve évidente. A l’abri de la Constitution, les trusts parvenaient à échapper à la loi, car leurs monopoles de fait, ils les exerçaient en tant que corporations.
- Dans la première phase de sa campagne le président Roosevelt s’est borné à demander que la loi donnât le moyen de faire respecter la loi existante (2).
- « En présence des violations systématiques de la loi par certains trusts qui oppriment le public, restreignent le commerce, se constituent des monopoles artificiels et par des artifices techniques empêchent l’action de la justice, même au prix de lourdes dépenses, l’opinion publique s’est émue et exigera des mesures draconiennes. Elles le seront plus que je ne le désire et ce serait peut-être une politique peu sage. Aussi faudrait-il que le Congrès se préoccupât de rechercher s’il n’y aurait pas lieu d'édicter, des mesures nouvelles pour faire appliquer la loi. »
- Il réclamait pour l’exécutif un pouvoir plus direct qui lui permît de faire rentrer les transports entre États sous le contrôle effectif du gouvernement fédéral et donnât éventuellement le moyen indirect d’atteindre les trusts dans leur action industrielle.
- Si dans certains cas, disait-il en substance, 'les trusts peuvent échapper au contrôle fédéral parce que les restrictions commerciales qu’ils imposent ne suffisent pas à faire appliquer le Sherman Act de 1890, il est d’autres cas où ils exercent, dans le commerce entre les Étals, des monopoles effectifs que la Loi interdit. Il faut que le gouvernement fédéral puisse par son contrôle administratif exiger des grands trusts la preuve qu’ils ne font pas partie de monopoles que la Loi condamne et qu’ils s’engagent à ne pas contrevenir aux dispositions légales sous peine de perte de leurs droits.
- Quelques semaines plus tard, le sénateur Warner, ami personnel du Président, se réclamait de sa politique au Candlelight Club (3) et demandait que VInsterstate Commerce Commission reçût des pouvoirs suffisants pour fixer des tarifs maxima et les faire respecter.
- « J’ai, [disait-il, une opinion opposée à celle de bon nombre de mes amis personnels, mais telles sont mes convictions. Je veux avoir le courage de mon opinion; dans le cas contraire je n’aurais plus qu’à donner ma démission. »
- Il était amené à la fin de son discours à établir entre les bons et les mauvais trusts
- (1) The Times, 3 oct. 1907, p. 7.
- (2) Discours de M. Roosevelt à Chantauqua (État de New-York). Cf. Truts, Cartels, Comptoirs, Syndicats, Soc. cit., 27 nov. 1907, p. 331-332, publié par The World.
- (3) Ibid., n° 24, 19 février 1906. Discours du sénateur Warner et Kansas City Journal.
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- une distinction que M. Roosevelt s’est appropriée parla suite et sur laquelle il a édifié l’un de ses systèmes ultérieurs de réformes.
- « Il n’y a pas lieu de s’indigner contre les grandes fortunes, mais je crois que l’accumulation des richesses doit avoir des limites qui sont atteintes lorsque les fortunes sonl obtenues par des moyens illégaux », et il ajoutait encore que le scandale des monopoles venait de ce qu’ils anéantissaient la concurrence et détruisaient les •chances de fortune qu’aurait pu avoir la génération suivante.
- C’est encore la réglementation des tarifs, c’est-à-dire la procédure légale, que réclamait le président, tant dans son message au Congrès au printemps de 1906 où il dénonçait les redoutables abus de la surcapitalisation (1) que dans son message-particulier au Sénat à la suite du rapport de M. Garfield sur les agissements de la Standard Oil C° (2). On y lit, en effet : « Ce rapport montre que la Standard Oil C° a retiré des bénéfices énormes, à peu près jusqu’à ce jour, de tarifs secrets dont beaucoup étaient illégaux. Ce bénéfice atteint le chiffre minimum de 750 000 dollars par an et ce chiffre représente seulement les avantages obtenus aux’dépens des chemins de fer; mais le résultat ultime est que le trust réalise un bénéfice beaucoup plus important aux dépens du public. » C’est pourquoi le président demandait qu’une loi protégeât efficacement l’ensemble des chemins de fer contre la tyrannie des trusts, en donnant à l’État le contrôle réel des tarifs : aucune compagnie isolée, ajoutait-il, ne peut résister aux exigences des trusts.
- En même temps que se poursuivait cette première phase de la lutte, un livre : Folles Finances, paraissait, destiné à déchaîner la colère publique contre les agissements de la Standard Oil, et aussi à exercer une pression sur le Parlement. Il tirait surtout son importance du fait que son auteur, M. Lawson, avait été l’un des membres agissants du milieu des trusts, qu’il connaissait les méthodes pour les avoir pratiquées, et les buts poursuivis mieux que quiconque. Il exposait le mécanisme du système, financier •et politique : des capitalistes les plus riches du monde, par les banques et les trusts companies qu’ils régissent, canalisent l’épargne dans la direction qui leur plaît, gouvernent les compagnies de chemins de fer, les assurances et constituent ainsi la « force •la plus énorme qui ait jamais existé dans l’ordre économique (2) ». Politiquement, puissance sans rivale, la Standard Oil C°, entre autres, « a prêté son concours au parti républicain en usant en sa faveur de moyens qui impliquent une absence complète de tout scrupule (3) ». Par ses agents dans le moindre hameau, ses ramifications innombrables, ses agents salariés dans toutes les fonctions de VEtat, elle connaît toujours les tendances du pays. Et formidable instrument de corruption « avant que la lutte s’engage elle est déjà fixée sur son issue, elle a arrêté son choix sur le gagnant et vient généreusement lui offrir son concours (4) ».
- Et par suite on donnait à entendre aux membres du parti républicain, notamment, que leur refus de coopération pourrait et serait sans nul doute considéré comme la preuve de leur corruption manifeste par les trusts.
- Cette première phase de la lutte se termina par une victoire relative de M. Roosevelt : le Congrès adopta en 1906 la loi Hepburn et la loi Elkins.
- (1) Trusts, Cartels, etc., avril, mai 1906, p.l 2 353. Message de M. Roosevelt au Congrès; précédemment reproduit.
- (2) Ibid., 16 juillet 1906, p. 91. Message de M. Roosevelt au Sénat.
- (3) André E. Sayous, Le Cuivre, toc. cit., p. 28.
- ,(4) Trusts, Cartels, Comptoirs et Syndicats, toc. cit., 16 juiL, 1906, p. 91 Jet 92, d’après Freeman’s Journal.
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- La première, présentée à la Chambre en février 190'o, connue sous le nom de bill sEsch-Townsend, fut adoptée par elle sous sa forme première stipulant que YInterstate Commerce Commission pourrait fixer elle-même d’office les tarifs .de chemins de fer. Modifiée par le Sénat, elle devint la loi Hepburn, élargie et rétrécie à la fois : élargie en ce qu’elle englobe tous les transports terrestres y compris les pipe Unes, rétrécie parce que le pouvoir de la Commission se trouve limité à l’édiction d’un tarif maximum, sous bénéfice d’appel (1).
- La seconde, ou loi Elkins, ne donna au Président que satisfaction relative : il avait demandé qu’un amendement à la Constitution conférât au Conseil fédéral le droit de légiférer en matière industrielle, le Parlement lui répondit par Yanti-trust Law Elkins qui, fondant en un texte unique le Business Companies Act, la Common Law et l’anti-trust Law, punit de 1 000 dollars d’amende et de deux ans de prison quiconque « aura •donné ou accepté dans des conditions spéciales des réductions sur les tarifs réguliers de transport » entre États (2).
- Le vote de ces dispositions législatives marque le début de la seconde phase de la •campagne : la phase d’action.
- On ne pouvait espérer que ces mesures, trop anodines, suffiraient- à enrayer le mal et que, par le fait seul qu’elles avaient été adoptées par le Congrès, les abus scandaleux des trusts cesseraient.'Seules des lois draconiennes auraient pu avoir ce résultat. Or celles que le Président avait obtenues ne constituaient, à tout bien considérer, qu’un progrès peu sensible sur la loi de 1887 et le Sherman Act.
- Elles témoignaient aux trusts l’hostilité que leurs agissements causaient dans le public, mais les lois précédentes la leur avaient déjà fait sentir; aussi ne pouvaient-elles valoir que d’après la manière dont elles seraient appliquées.
- . Deux solutions-s’offraient : soit la mansuétude, soif lq rigueur. C’est à cette dernière que s’arrêta le gouvernement.
- Les agissements des milliardaires et de leurs trusts-* furent soumis à une enquête sévère et des poursuites engagées ou annoncées contre les organisations les plus puissantes : le trust de la glace alimentaire, la Standard Oil C°, le trust des chemins de fer Harriman furent tour à tour sommés de fournir leur justification devant Y Interstate Commerce Commission.
- Et pour qu’il ne subsistât pas la moindre équivoque sur sa politique, en même •temps qu’il faisait engager les poursuites, M. Roosevelt précisait ses intentions dans une série de discours retentissants. Il ne suffit pas d’atteindre indirectement les trusts dans leur commerce entre États, comme le permet la loi Elkins, il faut de toute nécessité établir un contrôle direct et effectif de l’Union fédérale, sur des entreprises qui •intéressent si profondément la vie nationale et qui en faussent actuellement lë mécanisme : l’importance que s’étaient acquise les banques d’émission a fait que, pour le plus grand bien public, une législation fédérale s’est établie ; l’assimilation des corporations industrielles aux organismes financiers s’impose et s’impose d’autant plus que leur puissance s’étend chaque jour davantage par leurs ramifications infinies, qu’elles ont la mainmise sur les forces vives du pays et que sa vitalité même se trouve -à leur merci, sans qu’il existe aucune entrave à leurs actions, quelles qu’elles soient.
- Le gouvernement fédéral n’entend pas mettre un terme à l’activité prodigieuse de
- (1) Fédération des Industriels et Commerçants, loc. cit., Bulletin, n° 39, p. 394. <2) Trusts, Cartels, etc.; loc. cit., n° 9, sept. 1906, p. 99.
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- la nation, à son progrès économique, il veut simplement exercer un droit de police pour sauvegarder la fortune comme les intérêts de la collectivité.
- C’est le langage de l’équité que tient là le président Roosevelt et l’on ne peut que souscrire à sa politique : aux’droits qui dérivent de la puissance s’attachent indissolublement des devoirs et des responsabilités. Il est inadmissible de prétendre jouir les premiers et d’esquiver les autres.
- Et nul ne songeait à combattre le Président quand il exposait sa philosophie gouvernementale et que, rappelant ces mots de Burke : « Si je ne peux pas réformer équitablement, je ne veux pas de réformes du tout; il y a un État à préserver aussi bien qu’à réformer », il disait : « Voilà exactement l’esprit avec lequel ce pays doit procéder à la réforme des abus de la richesse collective (1). »
- On ne pouvait slempêcher non plus d’être pleinement d’accord avec lui, quand, toujours du point de vue théorique, il marquait la nécessité d’un contrôle permettant de « s’opposera toute combinaison même puissante, si elle fait du mal ». « Actuellement, disait-il, le plus grand problème que nous ayons à envisager est de voir comment nous exercerons un contrôle de ce genre sur Yemploi dans les affaires d'une vaste richesse soit individuelle, soit encore et plus spécialement collective, de façon qu'elle ne soit pas employée contre l'intérêt du public, mais qu’elle permette de grands 'et légitimes profits capables d’encourager l’initiative individuelle (1). »
- Après avoir indiqué que le gouvernement n’entendait épargner, ni mauvaise action, ni malhonnête homme, quelque élevée que fût sa situation, le Président ajoutait que l’action à entreprendre montrerait bien qu’il n’y avait pas esprit de vengeance, risquant de confondre l’innocent et le coupable et que la protection de la propriété entraînait nécessairement la répression des abus commis par la propriété. La politique poursuivie n’est nullement démagogique, car « nous sommes disposés à préserver constamment la propriété privée, mais nous combattrons toute tendance à réduire le peuple à la servitude économique et il nous importe peu que cette tendance provienne d’une agitation néfaste dirigée contre toute propriété ou des actions des membres appartenant à ces classes d’accapareurs dont le pouvoir anti-social s’accroît immensément du fait même qu’ils possèdent la richesse .(2') ».
- Ainsi donc le point de vue théorique est indiscutable : mais pour que les propositions émises passent dans le domaine de la pratique, il faut les concrétiser. Et par suite nous arrivons logiquement à l’examen de la’politique « constructive » (suivant l’expression anglaise) du président Roosevelt.
- La dualité du pouvoir législatif entre la Nation et les États particuliers rend le problème fort complexe.
- Il est des questions pour lesquelles la Constitution a marqué nettement leurs attributions à chacun d’eux; il en est d’autres, au contraire, — et la réglementation en matière industrielle est du nombre, — pour lesquelles les domaines respectifs des États et de la Nation sont incertains et que les juristes n’osent point trancher devant l’imprécision des textes.
- Le développement du commerce entre États, qui représente aujourd’hui les 85 p. 100 du commerce total, l’extension de la sphère d’action des trusts, touchent directement les intérêts nationaux, au moins autant, et plus peut-être que ceux des
- (1) Discours du président Roosevelt à l’inauguration de l’exposition de Norfolk (Virginie). Cf. Trusts, Cartels, Comptoirs et Syndicats, juin 1907, p. 86 et 87.
- (2) Ibid.
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- États. Aussi le contrôle nécessaire des oligarchies industrielles semble-t-il être du domaine évident de la Nation, et par suite pouvoir être établi seulement par une législation fédérale.
- Mais l’interprétation de la Constitution, admise jusqu’ici sans discussion, a fait que le droit des États a été considéré comme souverain en matière industrielle, et que, par suite, c’est à leur initiative qu’appartient l’établissement de ce contrôle, car la Nation empiéterait sans cela sur leurs droits.
- Une troisième méthode a été prônée, notamment par le président Roosevelt au cours de la campagne d’automne. Il n’est pas besoin de lois nouvelles pour établir le contrôle nécessaire : il suffit d’interpréter les textes existants dans leur esprit. Cette troisième méthode permettrait en outre d’arriver beaucoup plus rapidement aux résultats souhaités, car, non seulement on n’aura pas à soulever de discussions de principes, mais même il n’y aura pas lieu de mettre en mouvement la lourde machine; parlementaire.
- Des trois solutions, la première paraît de beaucoup préférable. La concentration qui s’est faite particulièrement depuis un quart de siècle intéressant l’ensemble des États-Unis et non chaque État individuellement, puisque ses effets se font sentir de la même manière sur tout le territoire de la République, c’est logiquement au Congrès de Washington qu’il doit appartenir de faire les lois qu’elle nécessite. Et si la. Constitution ne les a point établies, ni prévues explicitement, c’est que la concentration moderne n’était pas même soupçonnée de ses auteurs. D’ailleurs ce ne serait pas là une innovation, puisque déjà en 1798 et en 1860, lesRanques, jusque-là soumises aux législations des États, ont été dotées d’une législation fédérale, et soumises au contrôle^ du gouvernement central, lorsque leur activité s’étendit, de l’un des États particuliers,, à l’ensemble du territoire de l’Union.
- Une difficulté apparaît pour la mise en œuvre de cette méthode. Pour être efficace,, le droit de contrôle sur les corporations que réclame le Président doit être fédéral: cela est indéniable puisque le contrôle des États a été vain. Mais il ne s’agit de rien moins en l’espèce que de transférer, au Parlement fédéral, des droits qui, jusqu’ici, ont été exercés uniquement par les États particuliers, conformément aux dispositions expresses de la Constitution, alors que celle-ci est muette en ce qui concerne le gouvernement fédéral. Or la Constitution ne confère au gouvernement fédéral que les pouvoirs qu’elle a expressément stipulés. Ils sont limités en fait aux créations de voies postales, et à la réglementation de commerce entre États. L’activité du Congrès de Washington ne peut s’exercer sur d’autres domaines que lorsqu’il y a été autorisé par un amendement à la Constitution.
- Tout le monde connaît le jugement fameux de la Cour Suprême annulant èn 1895 VIncome Tax Act (impôt sur le revenu) adopté par le Congrès, par ces motifs que, considéré comme une taxe directe, il excédait ses pouvoirs, et par suite était anti-constitutionnel, et que. considéré comme taxe indirecte, il l’était encore, parce que les principales sources de revenus qu’il visait étaient exemptées d’impôts fédéraux par la Constitution (1). -
- Cette procédure avait semblé naturelle au Président, puisque dans son message de décembre 1906, entre autres mesures nécessitant un amendement à la Constitution, il
- (1) Gf. The Economist. -weekly commercial Times, -vol. XV, n° 3345, october 5, 1907 : President Roosevelt’s Campaign, p. 1667.
- Tome 110. — Janvier 1908.
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- demandait au Congrès d’établir le contrôle fédéral sur les corporations, contrôle très vaste puisqu’il englobait la surveillance des émissions, les conventions de transports et tarifs, le droit d’interdire à une compagnie de chemins de fer d’acquérir le contrôle des lignes concurrentes.
- Cela lui semblait aller de soi et respecter l’esprit de la Constitution qui, « instrument vivant destiné à satisfaire aux conditions de vie et non de mort (1) », doit nécessairement s’adapter par des amendements aux états nouveaux que crée la vie politique et économique.
- M. Roosevelt ne tarda pas à s’apercevoir que « pour donner un souverain aux grandes corporations dont l’activité s’exerce dans le domaine fédéral » (2), il se heurterait à de graves difficultés, car les auteurs de la Constitution ont « délibérément entouré cette procédure d’amendements, de formalités complexes et restrictives qui la rendent très lente et donnent aux minorités hostiles, même numériquement peu importantes, une très grande puissance pour résister aux modifications et les retarder (3) ».
- Et en effet la Constitution ne peut être amendée que dans deux cas : d’abord sur l’initiative de la majorité des deux tiers des membres des deux Chambres ou des deux tiers des États', et deuxièmement, si les amendements projetés ont été adoptés par le Congrès ou dans une « Convention », par leur ratification dans les Parlements des trois quarts des États de l’Union.
- Aussi le Président a-t-il renoncé à cette méthode.
- La seconde manière d’étahlir un contrôle efficace est l’adoption .de dispositions législatives, • identiques dans tous les États. Cette procédure est incontestablement impraticable.
- En premier lieu les quarante-cinq États de l’Union, qui seront demain 47 ou 48 par l’accession de territoires, jouissent de par la Constitution d’un statut identique, bien qu’ils soient d’importance politique et économique très différente, et que les uns aient une densité de population considérable, et que les autres, très vastes, en aient une très faible.
- L’effroyable corruption politique, qui exerce ses ravages dans tontes les sphères aux États-Unis, se donne fibre cours, sans aucun contrôle, dans ces derniers États, et l’on affirme couramment « qu’un des rois de la Finance règne en maître incontesté sur le Delaware, et qu’un autre pourrait aisément acheter le Nevada (4) ».
- C’est dire assez que s’il n’est pas aisé de constituer la majorité des 34 ou 36 États nécessaires pour amender la Constitution, il serait tout à fait impossible d’obtenir le vote des mêmes textes par leur unanimité.
- Cela est d’autant plus évident que divers États s’opposeraient à l’extension dès pouvoirs fé'déraux pour des motifs purement locaux : c’est ainsi que « certains des États du Sud craindraient qu’une intervention fédérale mît un terme à l’exploitation qu’ils font des enfants et des nègres... et que l’on peut compter que dix à douze États se coaliseraient pour rendre toute réforme impossible (4) ».
- Or il suffirait de l’abstention d’un seul État pouf que cette méthode aboutît à un échec certain, car la Constitution, qui demeurerait en vigueur en tout état de cause, a établi que la loi de l’État où une Société s’est formée, lui est seule applicable quels
- (1) Discours du président Roosevelt à Saint-Louis (2 octobre 1907). Cf. The Times, oct. 3, 1907, p. 3.
- (2) Ibid., p. 3.
- (3) President Roosevelt on Constitutional Interprétation, The Times, oct. 3, 1907, p. 7.
- (4) The Economist, loc. cit., p. 1666.
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- que soient les États dans lesquels il poursuit ses opérations. Et même si les 44 ou 47 autres États avaient édicté des mesures répressives contre certains Acts, de par la Constitution, la Cour Suprême serait obligée de les tenir pour milles à l’égard des Sociétés se réclamant de la législation de l’État unique qui, comme New-Jersey, Iowa ou Delaware, serait le siège de tous les trusts.
- Mais même en admettant par impossible que l’accord ait été réalisé entre tous les États, la question demeurerait entière, et cela en vertu de la Constitution.
- Les trusts ont en effet adopté, comme forme juridique, la forme « corporations », car les auteurs de la Constitution, qui ne pouvaient certes pas prévoir la concentration moderne, l’avaient faite suffisamment large pour qu’elle pût permettre la majorité des opérations auxquelles ces trusts se livrent.
- Ce n’est pas tant pour les avantages apparents que cette forme juridique confère aux Sociétés dans le droit anglo-saxon, que pour un avantage unique, inapparent, mais dépassant tous les autres infiniment en valeur et en portée que les trusts l’ont adoptée presque sans exception.
- Les corporations sont — un arrêt de la Cour Suprême l’a déclaré en 1819 — à l’abri de toute modification des dispositions légales primitives : les pouvoirs des États se trouvent limités à leur égard, en vertu de la Constitution elle-même. Cette limitation est même si étroite que l’on peut dire sans exagération qu’en pratique le droit législatif est annihilé. La Cour Suprême a en effet déclaré que la Charte des Corporations était un contrat et par conséquent que cette charte ne peut être modifiée par les États parce que ce serait là une violation des dispositions de la Constitution qui imposent impérativement le respect des contrats (i).
- Il en résulte que des modifications légales ne peuvent être apportées à cette Charte que du consentement des deux parties.
- Aussi cette seconde méthode est-elle, beaucoup plus encore que la première, condamnée à un échec certain et les trusts seraient à l’abri de tout contrôle s’il était nécessaire d’y recourir.
- Des deux méthodes législatives, la première seule pourrait, au prix de grandes lenteurs et de difficultés sans nombre, aboutir à la solution du problème. L’on comprend dès lors qu’en présence des abus auxquels il faut mettre rapidement un terme, dans l’intérêt national, on ait cherché quelque autre méthode, même révolutionnaire.
- Le président Roosevelt a indiqué à Saint-Louis celle à laquelle il s’était arrêté. « Puisqu’il n’est pas possible d’accorder explicitement au gouvernement fédéral les pouvoirs qu’il réclame, c’est dans une interprétation large des textes qu’il faut cher-cherde remède à la calamité nationale que sont les agissements des trusts. » C’est là une solution élégante qui, si elle a l’avantage d’esquiver les difficultés si grandes des autres procédures, a par contre des inconvénients d’une gravité extrême.
- Nous allons envisager successivement le point de vue de M. Roosevelt et les critiques qu’il suggère. —
- Abandonnant la conception de son message de décembre 1906 au Congrès, dans lequel il préconisait l’établissement du contrôle fédéral par un amendement explicite à la Constitution, le Président considère aujourd’hui que sous l’empire des lois existantes le gouvernement possède tous les pouvoirs qui lui sont nécessaires.
- Prenant parti dans la grande controverse constitutionnelle il se rallie expressé-
- (1) President Roosevelt on Constitutional Interprétation, toc. cit. et The Economiste loc. cit.
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- ment à la théorie des pouvoirs implicites, soutenue par les fédéralistes dès le temps de Hamilton et plus récemment par Marshall et Wilson (1). « La théorie de Marshall, dit-il, théorie de vie et non de mort, permet à la nation, — c’est-à-dire au peuple pris dans son ensemble, — lorsqu’elle vient à trouver le problème qui est de la compétence (2) nationale, le choix le plus large et le plus libre des méthodes de contrôle national, implique l’exercice intégral du pouvoir national pour tout ce qui touche raisonnablement aux problèmes nationaux [Z). »
- Le Président ne se dissimule pas qu’il sort ainsi de la légalité, que son action est révolutionnaire ; il le dit très nettement : « La négation de cette théorie signifierait que la nation —que les 90 millions d’habitants de ce pays — serait impuissante à contrôler les immenses corporations qui dominent actuellement notre vie industrielle et qui auraient ainsi Vappui et Vhomologation des cours de justice pour exercer leurs désirs sans frein. »
- Mais comme les conséquences de son geste ont évidemment une gravité exceptionnelle et que si la nation les mesure, son action peut se trouver entravée par l’invincible force qu’elle donne aux démagogues dans leurs revendications les plus extrêmes M. Roosevelt, fort du but à atteindre, du service si considérable qu’il veut rendre à son pays en le débarrassant de la domination tyrannique de l’argent, déclare que sa politique n’implique point ces changements qui ne peuvent se faire que par des amendements à la Constitution, que cette politique est pleinement compatible avec la Constitution. Si « les conditions auxquelles elle doit s’appliquer ont subi un changement qui est presque une transformation dont l’aboutissant est que bien des questions autrefois sous le contrôle des États ont passé sous le contrôle de la Nation », la Constitution, « organisme vivant, » qui « est maintenant et doit demeurer ce qu’elle a toujours été », doit évoluer, se plier aux transformations nécessaires car elle a été établie en vue de satisfaire aux conditions de la vie.
- « Je ne plaide pas pour obtenir une extension des pouvoirs constitutionnels, » car ces pouvoirs existent, et il est nécessaire seulement que la Nation reprenne leur exercice et use de ses droits imprescriptibles.
- Il suffît pour s’en convaincre, — et c’est là le point capital de la théorie,— d’interpréter la Constitution. Or, le juge Miller, de la Cour Suprême l’a dit : « Il faut rechercher la signification de la Constitution, autant dans la vie nationale que dans le dictionnaire (4). »
- C’est dire, ajoute M. Roosevelt « qu’elle doit être interprétée comme l’exigent les intérêts du pays tout entier » .
- Conception nécessaire peut-être en Amérique du fait de la dualité du pouvoir des États et de la Nation, mais certainement conception à la fois démagogique et autocratique que celle du président Rosevelt qui consiste à transférer à l’Exécutif, sans contrôle aucun, les attributions du pouvoir législatif, à permettre au gouvernement, — c’est-à-dire le public (ce sont ses propres termes) — une action prétorienne, à lui remettre non seulement, en fait le droit d’interprétation, mais [aussi cet attribut de la souveraineté nationale, l’extension de la Constitution.
- (1) President Roosevelt on Constitutional Interprétation, toc. cit. et The Economisé, toc. ait.
- (2) Il faut entendre ce mot dans son acception la plus large, c’est-à-dire de la compétence s’étendant au droit de juridiction.
- (3) Discours du président Roosevelt à Saint-Louis, toc. cit.
- (4) Ibid.
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- C’est, quelque droites que soient ses intentions, quelque légitimes que soient ses mobiles, le premier pas dans la voie.de la dictature et des pronunciamientos que vient de faire M. Roosevelt : son geste ressemble à s’y méprendre à ceux qui ont marqué le début de la décadence des grands empires et le rapprochement se fait involontairement dans l’esprit entre la République Américaine et la République Romaine à son déclin.
- C’est en vain que pour masquer la portée de sa politique nouvelle il en appelle soit aux intentions de la Convention nationale de 1787, soit au précédent des Banques. Les unes et l’autre la condamnent comme aussi les actes concomitants du Gouvernement fédéral qu’elle a inspirés.
- Prétendre que — dans l’esprit de la Convention de 1787 qui l’a préparée — « la Constitution donnait au gouvernement fédéral le pouvoir dans les cas où les différents États étaient impuissants à agir efficacement et dans lesquels l’harmonie des États-Unis aurait été rompue par l’exercice des législations individuelles » (1), c’est pousser la théorie des pouvoirs implicites beaucoup plus loin que ne l’ont jamais fait Marshall et Wilson lui-même. Ce n’est pas au Gouvernement, mais au Congrès qu’est attribué ce droit : « Elle (cette doctrine) contenait le droit du pouvoir législatif national d’apprécier lui-même l’étendue de ses attributions politiques ;... car la Cour Suprême de très bonne heure se déclara sans autorité pour discuter le privilège de la Législature de déterminer la nature et l’étendue de ses propres pouvoirs dqns le choix des moyens destinés à donner effet à ses prérogatives constitutionnelles (2). »
- Quant au précédent des Banques, il n’est guère concluant : si Hamilton, le grand fédéraliste, auquel se soumit le premier Congrès, créa une banque nationale en 1798, il le fit, non par'une simple mesure gouvernementale, mais au moyen d’une loi. Et il ne faut pas oublier que ni son gouvernement, ni celui d’André Jackson n’osèrent renouveler son privilège et que l’établissement du système définitif un demi-siècle plus tard, en 1860, se fit en vertu des pouvoirs explicites donnés par la Constitution (3).
- Il suffit d’examiner les actes par lesquels la politique nouvelle de M. Roosevelt s’est traduite jusqu’ici pour y voir les manifestations grandissantes de l’arbitraire, une tendance inconsciente à la démagogie, à l’expropriation capitaliste, suivant une méthode, sinon en vertu des principes, que prône le collectivisme. Et c’est évidemment la conséquence logique de la disparition du contrepoids que, dans les pays constitutionnels, constitue le contrôle tant du pouvoir législatif que du pouvoir judiciaire, sur l’Exécutif.
- Pour mettre un terme aux abus incontestables que quelques-uns commettent au détriment de la collectivité, on risque ainsi d’aboutir à un abus beaucoup plus grave encore : la suppression, inconsciente sans doute, des garanties que la Constitution a accordées à tous les citoyens, en imposant une procédure déterminée tant pour l’élaboration des lois que pour leur application. Ce n’est pourtant pas cette politique d’arbitraire, plaçant le gouvernement fédéral au-dessus des lois, au-dessus de la Constitution elle-même que l’on était préparé à attendre du président Roosevelt après son admirable discours de Norfolk où, rappelant la phrase de Burke sur la nécessité depré-
- (1) Discours de Saint-Louis, loc. cit.
- (2) Cf. AV. AVilson, le Gouvernement congressionnel, éd. française, Paris, 1900, Giard et Brière, p. 29, et aussi AVilliam Alaclay, Sketches of Debale in the first senate of the U. S., pp. 292-293.
- (3) Cf. The Economiste loc. cit., p. 1667.
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- server l’État tout en le réformant, il disait : « Voilà exactement l’esprit avec lequel ce pays doit procéder à la réforme des abus de la richesse collective (1). »
- Une faudrait pas supposer que nous entendions suspecter en quoique ce soitla droiture des intentions du Président, ni les sentiments qui l’animent. Le but qu’il poursuit est des plus élevés et tant à son point de vue strictement personnel qu’au point de vue de son parti, l’attitude qu’il a prise récemment est plutôt de nature à lui porter préjudice. C’est un acte de courage et de haute probité poütique que de rompre ouvertement avec cette ob'garchie des trusts, avec cette formidable puissance financière qui fut jusqu’ici l’agent électoral du parti républicain et qui fournit, lors de la dernière élection du Président, une contribution pécuniaire de 250 000 dollars (2) dont le reliquat non employé fut versé dans la caisse du parti. Et M. Roosevelt, dont les trusts attendaient qu’il fût leur protecteur, qui aurait personnellement pu prétendre à de grands avantages s’il se fût borné à avoir la même attitude que son prédécesseur, engageant résolument la lutte contre la corruption, par des actes .d’hostilité manifeste, fait penser à l’un des grands hommes de Plutarque, qui, à leur intérêt propre, préfèrent l’intérêt de la chose publique.
- Comme les héros de l’antiquité il prêche le dévouement, nous dirons même la dévotion à la chose publique ; depuis quatre ans le « culte de l’Etat » a été son seul souci. Et l’on sait l’admiration qu’il a vouée à M. Taft « pour avoir refusé, alors qu’il était gouverneur des Philippines, un siège de juge à la Cour Suprême, parce qu’il se croyait plus utile à son pays à son poste de combat (3) ». Car pour lui « les seuls hommes qui s’imposent à l’admiration sont ceux qui agissent dans l’intérêt du pays, et la preuve de leur dévotion à la chose publique est d’autant plus grande qu’ils ont davantage sacrifié leurs convenances personnelles ».
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- Les faits montrent tout le danger de cette politique inspirée par des mobiles si élevés.
- L’histoire dès poursuites engagées par le gouvernement fédéral depuis quelques mois, si courte qu’elle soit, est particulièrement importante par la gravité des conséquences qu’elle a eues. Car il ne faut pas se borner, comme d’aucuns ont une trop grande tendance à le faire, à les examiner seulement dans leur signification apparente, . il faut rechercher leur sens profond et voir si l’on ne peut déjà discerner des manifestations révolutionnaires redoutables, en elles-mêmes, comme par l’appui qu’elles donnent aux démagogues.
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- Le premier jugement important fut celui de Toledo, condamnant les dirigeants du trop fameux trust de la glace alimentaire à un an de prison et 5 000 dollars d’amende, coupables d’avoir conspiré contre -la collectivité, par infraction aux anti-trusts laws, en monopolisant une denrée de première nécessité et d’en avoir artificiellement élevé le prix.
- Les charges étaient évidentes et si nous retenons cette sentence, c’est que d’une
- (1) Cf. Tnists, Cartels, Comptoirs, Syndicats, juin 1907, loc. cit., p. 86 et 87.
- (2) Trusts, Cartels, loc. cit., juin 1907, p. 86-7.
- (3) A. Maurice Low, American affair’s, the National Review n° 296, october 1907, p. 248.
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- part elle atteignait le célèbre roi de la glace alimentaire, M. Morse, et montrait, comme l’a dit M.Roosevelt, qu’aucun malhonnête homme ne serait épargné, quelque élevée que fût sa situation (1) et d’autre part qu’elle était le prélude de la grave tendance marquée par les faits ultérieurs.
- Le juge de Toledo déclarait err effet, aussitôt la condamnation, que les peines prononcées seraient considérablement réduites si les contrevenants consentaient à restituer, en partie tout au moins, les sommes dont ils avaient indûment frustré les consommateurs (2).
- C’est là, on en conviendra, une singulière conception de la justice, car deux hypothèses seulement pouvaient être envisagées : ou les faits reprochés au trust de la glace étaient patents, ou bien ils ne l’étaient pas. Dans le premier cas, il appartenait à la justice répressive de.mesurer la gravité de l’infraction, de lui appliquer une juste pénalité, si sévère qu’elle fût, et l’on ne peut comprendre cette espèce de marchandage, qui semble impliquer que les actes délictueux seraient effacés moyennant restitution, alors que, cependant, le monopôle illégal était certain et que c’est cet acte que punit la loi.
- Si au contraire les faits n’étaient pas certains, il s’agissait d’un procès de tendance, de poursuites dirigées contre des individualités déterminées’ que l’on voulait indirectement atteindre, parce que l’on n’avait pas les moyens, ou le courage de s’attaquer franchement à elles.
- C’est dans l’un ou l’autre cas un acte d’arbitraire, gros de conséquences, qu’avait commis le gouvernement, et auquel avait souscrit la justice.
- Et cependant il passa inaperçu, car M. Morse et ses amis, convaincus de l’illégitimité de leurs procédés, n’osèrent pas protester, et d’autre part la masse du public vit seulement la condamnation, c’est-à-dire la satisfaction donnée à ses plaintes, l’atteinte à la toute-puissance des trusts ; elle ne songea pas même pas, par ignorance ou par indifférence, à étudier la légalité des moyens ou la portée réelle du jugement.
- Cette première décision doit donc être retenue surtout à titre de tendance, les autres poursuites présentent une importance beaucoup plus grande, car elles indiquent combien le pouvoir que s’attribue le gouvernement fédéral a une base fragile, en dépit de l’extension donnée à la théorie des pouvoirs implicites par le Président. Elles montrent également quel régime d’arbitraire vient de s’instituer.
- On sait que la préoccupation la plus intense est le contrôle national sur les chemins de fer et, de fait, il est incontestable que, toute question d’organisation financière, de surcapitalisation, en un mot, mise à part, les 85 p. 100 du commerce total des États-Unis étant constituée parle commerce entre États et intéressant, par suite, l’ensemble de] la nation au premier chef, c’est à elle qu’il appartient d’exercer la surveillance nécessaire. Nul n’y contredit, et tant l’Interstate Commerce Act que la loi Hepburn ont donné au gouvernement fédéral certaines attributions.
- Contrairement à l’opinion généralement admise, le Président a soutenu — et tout récemment encore à Saint-Louis — qu’elles étaient suffisantes pour réprimer tous les actes préjudiciables à la collectivité.
- C’est pourquoi!! manifesta, il y a quelques mois, l’intention de poursuivre celles des grandes compagnies qui, non contentes d’entraver le commerce par des rabais consentis
- (1) Loc. cit. Discours du président Roosevelt à l’inauguration de l’exposition de Norfolk.
- (2) Trusts, Cartels, Comptoirs, Syndicats, sept. 1906, p. 109.
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- aux trusts, avaient pratiquement englobé les lignes concurrentes. C’estle groupe Harriman, c’est-à-dire Union Pacific, Chicago and Alton, Southern Pacific, Burlington et Oregon Short Line, qui avait été choisi. L’Interstate Commerce Commission fut chargée de rechercher les bases juridiques de la poursuite contre cet organisme qui étend son pouvoir sur plus de 40 000 kilomètres de voies ferrées, sans compter les compagnies -de navigation.
- L’enquête révéla des faits extraordinaires : non seulement M. Harriman avait asservi tous les réseaux sus-indiqués à l’Union Pacific dont le portefeuille composé de leurs titres valait il y a quelques mois encore 262 000 000 dollars, mais encore il avait, pour donner une valeur aux actions de ces compagnies dont il était détenteur principal, eu recours à des procédés condamnables, contractant des emprunts en vue de payer des dividendes. .
- La méthode employée était des plus simples : l’un des chemins de fer émettait des •obligations dont le montant lui permettait d’acquérir le contrôle d’une ligne nouvelle. Cette ligne à son tour concluait un nouvel emprunt en vue de recommencer la même opération.
- Ces faits paraissaient accablants : on se trouvait en présence d’un monopole, constituant une contravention à la loi Elkins puisqu’il intervenait dans le commerce entre États et que les compagnies affiliées à l’Union Pacific avaient perdu leur liberté quant aux tarifs. De plus, comme le disait récemment M. Taft, ces émissions continues, dans ce but, « drainaient l’argent, donné par le public pour les actions et obligations, argent qui aurait dù être dépensé en améliorations d’infra et de superstructure, en matériel roulant .et qui en fait passait dans les poches des manipulateurs » (1).
- A ces accusations Harriman répondit par une justification de son action : Il n’avait violé aucune des lois des États auxquels ses,lignes étaient soumises et n’avait porté aucun préjudice au public, bien au contraire. Que voulait' l’Anti-trust law en matière de chemins de fer : que toutes les voies de communication demeurassent ouvertes au trafic et que les prix ne fussent pas indûment élevés. Or c’est là le résultat du contrôle exercé par l’Union Pacific.
- Avec le régime de concurrence, non seulement aucune ligne n’était susceptible de rendements avantageux, mais la lutte entre elles pour s’assurer du trafic risquait de les amener à disparaître. Au contraire le contrôle a permis de supprimer certains enchevêtrements des lignes les unes sur les autres, de former des réseaux homogènes, qui d’une part ont eu pour conséquence de réduire le coefficient d’exploitation et de l’abaisser à 29,95 p. 100 comme sur le Southern Pacific, d’autre part de favoriser le public par des tarifs réduits pour les longues distances, rendus possibles précisément par cette amalgamation de réseaux jusque-là concurrents. Et cela a été rendu possible parce que la direction du système a pu ainsi réaliser une meilleure utilisation de ses lignes.
- Enfin répondant au grief d’ordre financier, M. Harriman faisait observer que les actes incriminés avaient augmenté considérablement la valeur individuelle de chacun des réseaux de son système, que par exemple les bénéfices de la Southern Pacific avaient progressé de 7 à 22 millions de dollars par an et ceux des autres lignes dans des proportions analogues, que dans ces conditions il était justifié d’émettre des obligations dont la contre-valeur était représentée par des titres de compagnies qui grâce
- (1) The Statut, vol. XL, n° 1339/24 août 1907, p. 338.
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- à son système donnaient un rendement de 8,80 p. 100 sur le capital engagé, que l’on était mal fondé à l’accuser de distribuer des dividendes au détriment des travaux d’entretien et des amortissements quand de 1900 à 1906, pour la Southern Pacific, 80 millions avaient été prélevés sur les bénéfices, s’élevant ensemble à 132 millions pour travaux d’entretien, de réfection des voies et de matériel, que pour l’Union Pacific 70 millions de dollars sur les bénéfices ont été prélevés pour l’entretien des voies, réfection des ponts, etc. et que la seule dépense imputée au compte capital était en somme une dépense de premier établissement.
- Il estimait avoir pu légitimement distribuer des dividendes à ses titres, quand sur 30 millions de dollars de bénéfices, plus de 50 p. 100 soit 16 millions étaient affectés à l’entretien; en un mot que sa gestion était à l’abri de toute critique puisqu’en sept.ans plus de 30 p. 100 du capital effectivement employé au chemin de fer s’était trouvé amorti et que le surplus du capital était gagé sur des garanties de premier ordre.
- L’enquête de la Commission, stérile sur ce point, prouva par contre que M. Harri-man avait scandaleusement abusé d’autorisations générales des actionnaires pour contracter dans son intérêt personnel d’autres emprunts soit afin de se verser à lui et à des amis des dividendes particulièrement élevés, soit surtout afin de soutenir des entreprises d’accaparement dont il était l’âme et qui, ayant épuisé leurs réserves, avaient perdu toute possibilité d’emprunt direct. En un mot, M. Harriman avait utilisé, en fa/eur de l’Amalgamated Copper,le trust formé avec Heinze, Morse et Rogers, les fonds empruntés pour exécuter de soi-disant travaux sur ses chemins de fer.
- En présence de l’ensemble de ces faits, véritables délits de droit commun qui échappent au contrôle fédéral, la-Commission concluait qu’il n’y avait violation de la loi fédérale par M. Harriman.
- C’était l’abandon des poursuites et l’obligation pour le Président de renoncer à faire nommer les receivers fonctionnaires chargés de la liquidation de ce mauvais trust l’Union Pacific, dont il avait si énergiquement dénoncé les abus. Après avoir détruit la confiance du public dans les grandes entreprises de transport, après les avoir accusées d’abus de surcapitalisation, d’imprévoyance dans leur gestion, de dol, il était amené à déclarer, après ce rapport de l’Interstate Commerce Commission, « qu’il déplorait la fureur sauvage qui s’était manifestée..., que les témoignages prouvaient que l’actif des chemins de fer du pays valait, dans son ensemble, autant ou plus que la valeur cotée des titres le représentant (1) »...
- Il semble qu’il y ait incohérence, dans cet abandon de poursuites si bruyamment annoncées et si motivées. Et pourtant l’attitude du gouvernement a été parfaitement logique et conséquente ; elle découle seulement de la situation.
- D’une part en effet, abus incontestables des chemins de fer : émissions constantes de titres qui servent les intérêts financiers de spéculateurs peu scrupuleux au détriment du public, invité à souscrire avec fortes primes et sans pouvoir exercer de contrôle, et d’autre part législation laissant le pouvoir exécutif désarmé. Telle est la base du problème.
- Et lorsque M. Roosevelt, pour ne pas mettre la machine parlementaire en mouvement, prétend trouver le remède dans une interprétation large de la loi, il ne voit pas combien dangereuse est sa conduite et combien rapidement elle l’entraîne dans la voie
- (1) Discours du Président à Indianapolis le jeudi 30 mai 1907. Cf. Président Roosevelt and the Railvays. The Economist, vol. XIIV, n° 3329, june lh 1907, p. 933.
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- de l’arbitraire ; car on ne saurait contester que ce soit un acte de pur arbitraire que d’avoir intenté ces poursuites qui, on peut le dire après le rapport de la Commission, manquaient de base légale.
- On a bien senti toute l’importance qu’avait la politique du Président, on ne pouvait songer à isoler cet acte après les attaques virulentes qu’il avait dirigées contre les chemins de fer et les corporations, et après l’extension qu’il a faite au gouvernement de la théorie des pouvoirs implicites attribués au Parlement fédéral. Et c’est ce qui fait la gravité de cette manifestation, car,placée ainsi dans son cadre réel, elle prend toute sa portée : la loi donne à la Nation un pouvoir de contrôle sur les tarifs ; par la théorie des pouvoirs implicites, ce droit de contrôle sur les tarifs deviendra un droit général de contrôle qui logiquement par une nouvelle extension permettra au gouvernement la dissolution des mauvais trusts, sans qu’il indique quel sera son critérium.
- C’est ce que voyait fort bien le correspondant américain de The Economiste n écrivant à propos du rapport de la Commission : « Le plan de l’ancienne administration, c’est-à-dire la nomination de liquidateurs pour le traitement des mauvais trusts, n’est pas populaire; on ne croit pas que les Cours accepteront cette innovation comme rentrant dans les fonctions légales des liquidateurs (1). »
- La manifestation suivante (poursuites contre la Standard Oil) montre combien les progrès ont été rapides. Pour en pénétrer toute l’importance, il est nécessaire de ramener tout d’abord lé problème à sa forme simple, puis d’examiner la solution judiciaire.
- C’est pour avoir contrevenu àlaloiElkins, en se faisant consentir par une compagnie de transport, la Compagnie du Chicago and Alton Railway, des rabais sur ses tarifs que le trust du pétrole a été poursuivi. La Compagnie du Chicago and Alton Railway, coupable des mêmes faits, devait logiquement être poursuivie également, et, à n’en pas douter, des peines égales devaient être prononcées contre les deux contrevenants, puisque la loi Elkins n’établit aucune distinction et qu’elle punit de « 1 000 dollars d’amende au minimum et de deux ans de prison quiconque aura donné ou accepté, dans des conditions spéciales, des rabais sur les tarifs réguliers de transport ».
- Donc on ne saurait concevoir que deux solutions : ou les faits délictueux qui pouvaient motiver l’action judiciaire paraissaient établis, et ils l’étaient alors à l’égard desdeux contrevenants, ce qui impliquait nécessairement qu’ils-fussent poursuivis tous deux et que possiblement les instances fussent jointes; ou les faits n’étaient pas patents et dans ce cas les deux délinquants devaient être renvoyés des fins de la plainte.
- Toute autre solution, notamment celle consistant à exercer des poursuites contre l’une des deux compagnies, tout en les abandonnant contre l’autre, manifestement contraire à l’esprit comme à la lettre de la loi, était une violation de l’Elkins Act et par suite un acte d’arbitraire du Pouvoir exécutif.
- Or c’est là ce qui s’est passé dans les faits : le gouvernenent engagea simultanément et conjointement les poursuites contre le trust des pétroles et la Compagnie des Chemins de fer de Chicago and Alton qui lui avait consenti des rabais. La Cour de district de Chicago reconnut la Standard Oil d’Indiana coupable et la condamna à une formidable amende (2), mais sitôt le prononcé du jugement le gouvernement renonça à ses poursuites contre le Chicago and Alton Railway. Et pour bien montrer que le seul
- (1) The Economisé, vol. XLV, n° 335 july 27 p. 1268 : Correspondance de New-York du 16 juillet.
- (2) Jugement du 4 juillet 1907.
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- but du procès était d’atteindre les mauvais trusts, de leur appliquer des mesures draconiennes spéciales que le Gouvernement fédéral s’attribuait le droit d’instituer, non en vertu de loi, mais par l’extension, sans limite ni contrôle, de la théorie des pouvoirs implicites, l’Attorney general des États-Unis, M. Bonaparte, fit donner lecture à la Cour d’une lettre dans laquelle il déclarait cyniquement violer la loi Elkins en abandonnant les poursuites engagées contre la Chicago and Alton Railway C°. En voici la substance : le parquet a promis l’impunité à la Compagnie de chemins de fer si elle aidait la justice dans ses poursuites contre le trust : la Compagnie s'étant exécutée, il convient de ne lui infliger aucune pénalité pour les réductions frauduleuses de tarifs qu'elle aurait consenties (1).
- On ne semble pas avoir compris en Europe toute la gravité de cette intervention de M. Bonaparte : c’est à peine si quelques quotidiens l’ont signalée par une brève mention sans plus.
- Et pourtant elle résume toute la politique révolutionnaire que M. Roosevelt s’est plu à dissimuler sous des dehors constitutionnels à Saint-Louis: non seulement le gouvernement, par l’extension qu’il fait de la théorie des pouvoirs implicites, se substitue sans contrôle et sans limite au Parlement pour fixer ses droits et déterminer comme il l’entend sa sphère d’action, au moyen de l’interprétation la plus large des textes, mais il s’attribue le pouvoir d’application le plus discrétionnaire qui se puisse imaginer pour les mesures qu’il juge à propos de prendre. Et ces mesures il ne les applique pas à tous les trusts, mais à ceux qu’il décrète mauvais trusts et qu’il a manifesté l’intention de dissoudre, même s’il doit pour cela violer la loi. Et, rapprochement curieux, les premiers trusts qui sont poursuivis ont pour dirigeants les hommes avec lesquels le Président a eu personnellement maille à partir, — si l’on nous permet cette expression populaire, — les Morse, les Harriman, les Rockfeller, grands corrupteurs nationaux, grands électeurs qui aux dernières élections ont, par leurs subventions, assuré le succès du parti républicain. Il semble que ce soit eux que l’on vise plus encore que leurs organisations : le jugement de Toledo comme celui de Chicago sont à retenir à cet égard. L’un condamne sévèrement le roi de la glace, ce qui est la loi, mais lui promet la clémence gouvernementale s’il veut restituer le produit de ses dois, ce qui est de l’arbitraire contre les personnes ; l’autre met hors de cause l’un des coupables s’il l’aide à atteindre le second — au mépris de la loi — et frappe ce second avec une sévérité qui paraît dépasser celle de la loi. Or ce second trust est une filiale de la Standard Oi^C0, c’est M. Rockfeller qui non seulement est le président, mais le possesseur de la majeure partie des actions. Et ce n’est pas tout, comme nous allons le voir par le procès.
- La Standard OU C° a été poursuivie et condamnée à une amende de près de 30 millions de dollars ou 130 millions de francs, pour avoir contrevenu al’Elkins Act de 1903 qui, on se le rappelle, punit les auteurs et les bénéficiaires des rabais consentis sur les tarifs pour les transports entre États. La loi est muette, et pour cause, sur les transports à l’intérieur d’un même État.
- Or la première question qui se posait était de savoir si les réductions dont avait joui la Standard Oil G0 d’Indiana tombaient sous l’application de l’Elkins Act. Les faits permettent de répondre par la négative. La ligne du Chicago and Alton Railway sur
- (1) Signalé par 1 e-Canada de Montréal par Y Action et la Political Science Quarterly, vol. XXII, n° 4, déc. 1907, p. 760.
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- laquelle le pétrole a circulé avec rabais se trouve entièrement située dans un seul État : celui de l’Illinois, et par conséquent la loi de 1903 ne pouvait pas jouer.
- Le juge Landis l’a parfaitement reconnu, mais comme il fallait atteindre le trust, il a trouvé unprocédé fort ingénieux pour y parvenir. La loi Elkins, a-t-il dit en substance, permet de condamner le trust, bien que les rabais aient été accordés uniquement dans l’Illinois, parce que le pétrole ayant franchi les limites de cet État et circulé dans d’autres États, il s’agit dès lors de transport entre États, fait à des conditions inférieures au tarif normal puisque le prix global, composé de la somme des prix à l’intérieur de chacun des États, s’est trouvé sensiblement réduit parles rabais qu’a consentis le Chicago and Alton Raihvay. C’est, on en conviendra, une singulière manière d’interpréter la loi, que cette extension tendancieuse donnée à un texte précis, et d’autant plus qu’il s’agit d’une matière criminelle, c’est-à-dire de droit étroit.
- Mais c’est fatalement l’une des conséquences premières de cette politique de M. Roosevelt (1).
- Le second point à envisager est le fait même pour lequel le trust du pétrole était incriminé.
- La prévention lui reprochait d’avoir payé les tarifs de 6 et 7 et demi cents par 100 livres-poids de pétrole, alors que les tarifs généraux ordinaires certifiés à l’Inter-state Commerce Commission étaient de 18 et 19 et demi cents.
- En vain le trust demanda-t-il à faire la preuve que la prévention n’était pas fondée, qu’il n’avait en aucune manière profité d’un rabais particulier, puisque, depuis plus de dix-sept ans, le tarif courant pour le pétrole est de 6 cents par 100 livres-poids entre Chicago et Saint-Louis.
- Le juge lui refusa le droit de faire la preuve, alléguant que le tarif officiel était de 18 et 19 et demi cents et que conséquemment le tarif de 6 cents constituait un rabais illicite.
- Quoique ces deux chefs suffisent à montrer la volonté bien arrêtée de condamner le trust, quels que fussent les faits, nous n’avons pas fini de relever toutes les manifestations d’arbitraire de cet étrange jugement.
- Empêchée d’administrer la preuve de sa non-culpabilité devant la Cour de Chicago, ce qui était sa condamnation par avance, la Standard Oil d’Indiana, pour se laver de l’accusation, fit appel à la « Chicago and Saint-Louis Traffic Association» qui avait fixé le tarif de 18 cents. Son président affirma, sous la foi du serment, qu’ü ne s’était jamais appliqué au pétrole et qu’on n’avait jamais eu l’intention de le lui appliquer. Ce tarif de 18 cents est un tarif général par catégorie, mais ü y a toujours eu des tarifs spéciaux plus réduits pour certains articles (commodities), dont le pétrole, qui circulent par grandes quantités. Le tarif de 6 cents a été appliqué sans interruption sur la ligne depuis 1891, c’était le tarif ouvertement publié, « incontestablement connu de tous ceux s’occupant du transport de pétrole et connu généralement dans tout le monde des chemins de fer de Chicago » (2).
- Il ne restait plus au juge Landis qu’à fixer la quotité de l’amende : deux éléments lui servirent pour cela. Il la fixa.au maximum, soit 20 000 dollars par contravention, alors que le minimum est de 1000 dollars et il l’appliqua aux 1462 chargements qui avaient circulé sur la ligne depuis 1903 !
- (1) Le président Roosevelt contre les Trusts américains : Trusts, Cartels, etc. Septembre 1907, p. 113 et 114.
- (2) The Economist, vol. LXV, n° 3340, p. 1465, col. 2, 31 août 1907. Standard Oil C° of hiew-Jersey
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- On demeure stupéfait devant la gravité de .la peine qui frappe la Standard Oil d’Indiana pour un acte, dont non seulement on n’a pas apporté la preuve, ce qui était le rôle de l’accusation, mais dont on a ernpêch^l’accusé de faire la preuve contraire.
- C’est la négation des principes fondamentaux de la justice, des garanties dont son administration doit être entourée.
- Et si maintenant nous considérons le montant de l’amende prise en soi, si nous la rapprochons du capital de la Standard Oil d’Indiana, qui est de 1000 000 dollars, du surplus de son actif qui est d’égale valeur, nous voyons que même la condamnation au minimum, qui eût atteint 1 462 000 dollars, aurait suffi pour donner à réfléchir à ses chefs et leur faire abandonner leur politique de violation de la loi, en l’admettant démontrée, et peut-être même conduit à la disparition de cette Société.
- Pourquoi donc alors l’avoir frappée de l’amende maxima, sinon parce que c’était le seul moyen pratique, de liquider en fait ce mauvais trust, suivant la volonté manifestée par M. Roosevelt et surtout d’atteindre indirectement la Compagnie mère, la Standard Oil de New-Jersey (qui ne voudra sans doute pas laisser péricliter sa filiale), et, limiter ainsi les « bénéfices scandaleux qu’elle réalise aux dépens du public (1) ».
- Quels que soient les motifs invoqués à l’appui de cette décision, ils aboutissent à la confirmation éclatante de l’arbitraire gouvernemenlal que le Président vient d’instituer.
- L’Amérique ne peut supporter qu’un pays quelconque ait une supériorité sur elle et ses juges ont voulu acquérir la célébrité qui jusqu’ici leur avait peut-être manqué. Désormais à ceux qui leur citeront la fière réponse du Parlement de la Fronde : « Nous rendons des arrêts et non point des services » ils pourront opposer la devise nouvelle de la Cour de Chicago: « Nous rendons des services et non pas des arrêts. »
- Et ce qui achève de démontrer que le jugement de Chicago a été une parodie de justice sans précédent, c’est l’abandon des poursuites contre la Chicago and Alton Rail-, way Compagny. Les raisons cyniquement avouées par M. Bonaparte, l’Attorney général, parlant au nom du gouvernement; se suffisent à elles-mêmes et pourtant ce ne sont pas les seules: rien n’aurait pu empêcher la Compagnie de chemins de fer de faire la preuve que les tarifs de 6 cents ne constituaient pas un rabais uniquement accordé à la Standard Oil et étaient en fait les seuls tarifs appliqués depuis 1890 au transport des pétroles, rien, sinon une décision de la Cour, l’interdisant. Après le témoignage, sous serment, si formel du Président de la Chicago and Saint-Louis Traffie Association, cette décision était impossible, car elle équivalait à déclarer que les trusts étaient condamnés par avance, sans débats.
- Les abus des trusts, favorisés par une trop grande liberté, devaient nécessairement provoquer une réaction.
- C’est cette réaction que le président Roosevelt a entreprise, soutenu par l’opinion publique. Elle pouvait aboutir soit par la procédure légale, soit parla procédure révolutionnaire. Convaincu que la justice de la cause qu’il défendait imposait des solutions immédiates, c’est à cette dernière qu’il s’est arrêté.
- Il ne s’est pas souvenu des exemples de l’histoire et, comme le Préteur de la Rome antique, s’est engagé, dans la voie de l’arbitraire et la portée de ses actes a sans doute dépassé ses intentions.
- (1) Message du président Roosevelt au Sénat, loc. cit.
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- Ses actes ont eu en effet les conséquences les plus graves : les unes d’ordre théorique en quelque sorte — nous venons d’en voir certaines, — les autres pratiques, dont la répercussion ne semble pas près de finir.
- Il appartenait sans doute à la haute conscience politique que M. Roosevelt veut être de rappeler les trusts au respect de la loi, mais la suppression de la tyrannie oligarchique qu’ils exercent devait-elle être tentée au profit de la tyrannie collectiviste ?
- Ce n est certes pas le but que poursuivait le Président et c’est pourtant le résultat qu’il a atteint.
- Son action a abouti, en dehors des conséquences que nous avons déjà examinées, à l’affirmation, par deux des autorités les plus hautes des États-Unis, du droit de reprise des propriétés privées par la Nation, comme de son pouvoir de les faire disparaître par une taxation arbitraire.
- Ce sont deux des méthodes préconisées par les collectivistes, auxquelles se sont ralliés en fait M. Herbert K. Smith, Commissaire fédéral des corporations et M. Bonaparte, l’Attorney général.
- N’est-ce pas en effet une modalité de la reprise directe d’une propriété privée par l’État que la mesure qui consiste, comme le propose M. Herbert K. Smith, à donner à la nation le droit d’ouvrir à tous, producteurs et consommateurs, l’accès des pipe-hnes de la Standard Oil de New-Jersey, construites à ses frais, moyennant 340 millions, en fixant un tarif de transport, strictement égal au coût de transport augmenté de 5 p. 100 correspondant exactement aux frais d’entretien (remplacement des tuyaux tous les quatorze ans) (1) ?
- N’est-ce pas encore un acte de pur collectivisme que cette suggestion de M. Bonaparte (2) de nommer, au profit de l’État, un liquidateur à la Standard Oil, après qué l’État a rendu cette Compagnie insolvable en la frappant d’une énorme amende au bénéfice de la collectivité, représentée en l’espèce par le Trésor?
- Et certes M. Roosevelt et son gouvernement, conservateurs incontestables au point de vue économique, ont dû être les premiers'surpris en voyant que les mesures que leur inspirait le souci du bien-être national rendaient la réalisation la plus évidente et la plus complète de la doctrine collectiviste et qu’ils vérifiaient l’affirmation de M. Jaurès sur l’aboutissant des trusts.
- Si dans ce qui précède nous avons semblé ignorer l’existence de la Cour Suprême des États-Unis, cette gardienne vigilante de la Constitution, dont certains voudraient voir créer l’équivalent dans nos vieux pays d’Europe, c’est que d’une part, de l’avis des théoriciens les plus autorisés du droit constitutionnel américain, « il y a au moins une vaste province de juridiction dans laquelle la Cour Suprême, en dépit des invitations qui lui ont été adressées et bien qu’elle eût peut-être le droit de se l’approprier, a néanmoins refusé d’entrer... Elle s’est déclarée sans autorité pour intervenir auprès du/>ow-voir politique discrétionnaire, soit du Congrès, soit du Président, et a refusé de faire un effort quelconque pour obliger ces départements coordonnés à exécuter aucun acte, même le plus impérativement commandé par la Constitution » (3) et que « les Cours... sont excessivement lentes à entreprendre une distinction entre ce qui est et ce qui n’est pas l’esprit de la Constitution. Il faut que le Congrès capricieusement dépasse de
- (1) Trusts, Cartels, Comptoirs et Syndicats. Deux curieux incidents de la lutte contre les Trusts, loc. cit., p. 141.
- (2) Ibid., la Standard Oil, Rapport fédéral, loc. cil., p. 143 et 144.
- (3) W. Wilson, le Gouvernement congressionnel, loc. cil., opinion dè Cranch, p. 41.
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- beaucoup les limites delà Constitution, il faut qu’il heurte directement de front tout droit et tout précédent, il faut qu’il regimbe à coups de pied sous l’aiguillon des principes et des interprétations bien établies, avant que la Cour Suprême lui adresse un blâme formel (1). »
- D’autre part on ne saurait oublier que l’opinion de la Cour Suprême traduit toujours celle du parti au pouvoir. Et c’est Wilson qui dit encore: « Puis aussi la Cour suprême elle-même, quelque droits et irréprochables que soient ses membres a eu et continuera sans nul doute à avoir une nuance politique distincte qui est celle de Vépoque à laquelle sa majorité a été choisie (2b » « En vérité l’on peut dire sincèrement qu’à considérer de haut notre histoire politique, les interprétations constitutionnelles de la Cour Suprême ont changé lentement mais sûrement, suivant les alternatives des changements des pouvoirs fédéraux (2). >
- Les garanties qu’elle offre pour le maintien de la Constitution se trouvent donc singulièrement diminuées de ce fait: elles le sont bien davantage encore. On ignore trop généralement que « c’est le privilège du pouvoir d’accroître toutes les fois qu’il lui plaît le nombre des juges sur le banc suprême, afin cl'affaiblir la Constitution, comme Webster le dit un jour, en créant une Cour qui écartera ses dispositions en les interprétant (3) ».
- Il est de règle pour les gouvernements fédéraux d’user de cette extraordinaire prérogative. « En décembre 1869. dit Wilson, la Cour se prononça contre la constitutionnalité des « Legal Tender Acts » chers au Congrès: dans le courant du mois de mars suivant une vacance se produisit opportunément parmi les juges et une nouvelle charge fut créée pour parer aux circonstances imprévues... Deux juges de l’opinion du parti dominant furent nommés, la majorité hostile de la Cour fut renversée et la décision critiquée fut réformée (4). »
- C’est pourquoi les fédéralistes furent soutenus par un judiciaire fédéraliste, la suprématie des démocrates par un judiciaire démocrate, les républicains — en écartant de la Cour Suprême tous les représentants, sauf un, des démocrates — par un judi-cicire républicain (o). C’est pourquoi aussi, demain, M. Roosevelt qui a déjà modifié le personnel de la Cour Suprême, qui a appelé à y siéger M. Moody,l’un des membres du Cabinet, que M. Taft ira sans doute rejoindre, aura, s’il lui plaît, un judiciaire anti-trust (6).
- Il est malheureusement encore d’autres conséquences de cette politique révolutionnaire du Président : nous voulons parler de l’effroyable crise financière qui a éclaté au mois d’octobre 1907, qui exerce actuellement encore ses ravages, provoquant faillites sur faillites et dont les conséquences ne peuvent être prévues aujourd’hui.
- M. Roosevelt ne déclarait-il pas au début de la crise que rien ne l’amènerait à se départir de la ligne de conduite qu’il avait adoptée, c’est-à-dire de punir la malhonnêteté qui réussit, et plus tard, alors qu’elle avait déjà atteint une sérieuse acuité, ne
- (1) W. Wilson, le Gouvernement connressionnel, etc., p. 43.
- (2) Ibid., p. 44.
- (3) Ibid., p. 43.
- (4) Ibid., p. 43. Cf. également The Session North Amér. Review, vol. CX, p. 48, 49.
- (o) Ibkl., p, 44.
- (6) Journal des Débats du lundi 21 octobre- 1907. Semaine financière du dimanche 26 octobre : les marchés étrangers.
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- reconnaissail-il pas implicitement que son attitude en avait été l’un des facteurs déterminants. « Si elle l’a fait, disait-il, cela ne modifiera en rien ma détermination... Tout ce que j’ai fait a été de découvrir le mal... Si pour soulever la virilité civique de notre nation, il est nécessaire de souffrir d’une dépression commerciale temporaire je considérerai que ce résultat n’a pas coûté cher... Il est impossible de faire l’ablation d’un cancer sans que le patient se sente pendant quelques jours plus malade qu’il ne l’était auparavant (1). »
- Le cancer — pour adopter le mot de M. Roosevelt .— avait exercé ses ravages si profondément dans l’organisme de la nation américaine, par ses ramifications complexes et tentaculaires, il avait trop gravement atteint toutes les sources de la vie économique pour que l’ablation partielle pût produire quelque soulagement.
- La conséquence prévue — la dépression commerciale — tend seulement à se manifester, mais la lutte sans merci a eu pour résultat beaucoup plus grave une destruction de la confiance publique, non seulement dans ces organisations, mais dans le crédit des banques, dans le crédit national lui-même qui a dégénéré en une véritable panique. Tous les efforts tentés jusqu’ici ne sont point encore parvenus à l’apaiser, encore moins à l’enrayer, et le Président lui-même, qui, pour chercher à résoudre la crise, a dû faire appel au concours de ces rois de l’or dont, la veille encore, il dénonçait les crimes, semble en être venu à douter de l’excellence de sa méthode. C’est aujourd’hui principalement la destruction de la confiance qui préoccupe la Maison Blanche comme les cercles financiers, car jamais le doute n’avait pénétré dans la masse comme il l’a fait cette fois-ci. Et tous les efforts vont tendre désormais à combattre cette crise, dont les effets sont effroyables, bien qu’ils ne puissent encore — et peut-être ne le pourront-ils pas de longtemps — être mesurés.
- Cette crise de confiance est manifestement la résultante de la politique personnelle de M. Roosevelt.
- Le scandale des Assurances qu’il a provoqué l’an dernier avait eu de salutaires conséquences : il avait même été favorablement accueilli par la majorité du pays, heureuse de voir que la loi n’épargnait plus personne. Et c’est certainement l’une des causes de la situation actuelle, car ce premier succès incita le gouvernement à intenter des poursuites contre les trusts dont les agissements étaient si préjudiciables au pays. Mais l’insuffisance des textes législatifs a conduit à la procédure révolutionnaire, comme nous l’avons montré, sans qu’on en eût envisagé les conséquences.
- L’inquiétude a gagné du jour où il a été manifeste que l’arbitraire tendait à se substituer à la loi.
- Nous en trouvons la preuve soit dans les opinions exprimées, soit dans les faits.
- C’est le Financial Chronicle (de New-York), organe des financiers américains, qui fait observer que la perturbation actuelle ne résulte pas d’une crainte de la loi en elle-même, mais d’une crainte de son application partiale et arbitraire (2);
- C’est lord Rothschild déclarant dans une interview que les discours du président Roosevelt ont détruit la confiance dans les chemins de fer américains et que sa campagne rend impossible pour l’Angleterre de continuer à fournir du capital aux entreprises américaines (3).
- (1) Cf. The Times, 23 octobre, p. 7 et le Canada de Montréal, 23 octobre 1907 : « la Guerre aux mauvais riches. »
- (2) Journal des Débals du lundi 21 octobre 1907. Semaine financière du dimanche 20 octobre 1907.
- (3) Daily News, du 9 octobre 1907.
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- Ce sont le chancelier Day, de l’Université de Syracuse et le professeur Summer, de--Yale, qui attribuent à la politique personnelle du Président la plus grande responsabilité de la crise dont la solution ne peut être espérée « que par un retour du gouvernement à une attitude constitutionnelle (1) ».
- C’est cette opinion, de l’un des chefs de l’une des principales banques de New-York que la nomination de M. Roosevelt aggraverait encore la situation, car « elle signifierait que la Nation non seulement approuve tout ce que M. Roosevelt a fait depuis cinq ans, mais qu’elle insiste pour qu’il continue à apphquer sans merci (drastically} la même politique... Son effet eût diminué la valeur intrinsèque des titres. Nous commencerons à réaliser, puis nous conseillerons à nos amis de suivre notre exemple car mieux vaut perdre 2 à 3 p. 100 d’intérêt que 30 à 40 p. 100 en capital... L’avenir financier est enveloppé dans l’avenir politique (2). »
- C’est enfin l’opinion du Président lui-même à Nashville, que nous avons rapportée-ci-dessus.
- Mais l’effet de la politique d’arbitraire de M. Roosevelt est encore beaucoup plus frappant quand on examine les faits.
- Nous ne voulons pas dire qu’elle soit la cause unique de cette crise : des économistes comme M. Jacques Siegfried, M. Raffalovitch, d’autres encore, l’entrevoyaient depuis longtemps, l’avaient annoncée comme imminente dès avant qu’elle éclatât : les trusts l’avaient préparée par leurs exactions, leur dois et leurs spéculations folles; la prospérité des Etats-Unis y a contribué, mais c’est incontestablement l’attitude du Président qui l’a déterminée, qui l’a précipitée et lui a donné son allure vertigineuse.
- C’est au printemps de 1907 que les poursuites sont engagées contre les chemins de fer du groupe Harriman, et la Standard Oil, qu’elles entrent dans leur première phase active : la phase d’application de la loi.
- Un premier effondrement se produit à la Bourse de New-York (3) sur les valeurs de chemins de fer et sur celles que contrôle le trust des pétroles. Nous comparons les cours des principales valeurs à la fin de 1906 et en mars 1907, dans le tableau suivant :
- \ 1906. Mars 1907
- American Sugar $ . . 151 114 7/8
- Canadian Pacific . . 201 1/2 155 1/4
- Milwaukee and Saint-Paul . . 199 1/8 122 1/2
- Great Northern Pref . . 348 126
- Northern Pacific. . .' . . 232 1/2 114 1/4
- Reading . . 164 91
- Southern Pacific . . 97 1/2 69 3/4
- Union Pacific. . . 195 120
- United States Steel . . 50 31
- United States pref. . . . 113 91
- Nous avons écarté systématiquement toutes les valeurs de cuivre, parce qu’à ce moment elles se trouvaient complètement en dehors du mouvement, atteintes par des causes spéciales.
- La baisse est manifestement due à la crainte de l’action du Président, — encore
- (1) New-York Herald. European édition. Paris, november 4 and 5, 1907.
- (2) A. Maurice Low, American Affairs (National Review), loc. cil., p. 272.
- (3) The Economist Correspondance d’Amérique du 20 août, vol. XIV, n° 3340, p. 1473. — August, 31 th. 1907.
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- légale cependant, — car les recettes des chemins de fer ne cessent d’augmenter, et l’activité industrielle ne s’est pas ralentie.
- L’abandon des poursuites contre le groupe Iiarriman se traduit par une hausse qui semble atteindre son point culminant dans la première semaine d’août où les principales valeurs cotent :
- Canadian Pacific................. 1T1 1/4 contre 151 en mars 1907 (1)
- Northern Pacific................. 128 114
- Southern Pacific.................. 186 — 169 —
- Union Pacific.................... 133 120
- United States Steel............... 33 — 31 —
- — pref. ..... 101 — 91
- La reprise n’est que de courte durée : bientôt la décision de la Cour de Chicago, dans l’affaire de la Standard Üil d’Indiana, la campagne de discours du Président et des membres du gouvernement, les poursuites que l’on sent imminentes contre les autres trusts marquent l’ouverture définitive de la crise. La baisse va se poursuivre sans discontinuer. Cinq mois se sont écoulés depuis son début, mais personne ne semble se douter des proportions qu’elle va prendre. On ne remarque pas le commencement de la méfiance du pubbc, surchargé déjà par les émissions antérieures. Les besoins d’argent de l’industrie, des chemins de fer en particulier qui sont obligés d’emprunter annuellement pour 1 000 000 dollars environ, vont croissant et, signe grave, le taux de capitalisation des obbgations de chemins de fer elles-mêmes s’élève à près de 5 et demi p. 100.
- La crise va atteindre son point culminant : dès le 2 octobre, à Saint-Louis, le Président prononce son discours mémorable dans lequel il indique ses intentions ^définitives à. l’égard des trusts et l’extension qu’il entend donner à la doctrine des pouvoirs implicites pour les atteindre.
- Accueilli d’abord avec un calme relatif puisque les cours des principales valeurs n’enregistrent que des variations relativement faibles en baisse et que, d’autre part, les milliardaires paraissent s’en désintéresser, ce n’est que peu à peu qu’on commence à en sentir l’importance et à réaliser la gravité des prérogatives de contrôle que l’Exécutif veut s’attribuer.
- Les trusts cependant ne demeurent pas inactifs, tandis qu’ouvertement ils affectent d’ignorer la menace qui leur est faite, ils se dressent devant le Président et le bravent.
- La Standard Oil de New-Jersey, comparaissant devant l’Interstate Commerce Commission, qui cherche à démontrer qu’elle est une coaütion établie en vue de limiter la liberté du commerce, afin de pouvoir la dissoudre conformément à la loi Sherman de 1891, admet tous les faits qui lui sont imputés et en indique d’autres.
- Elle reconnaît :
- 1° Que la Standard Oil de New-Jersey est le possesseur des sous-compagnies soi-disant indépendantes.
- 2° Qu’elle les utilise afin de diviser le commerce national en sections ;
- 3° Qu’elle a le monopole de l’exportation du pétrole;
- 4° Que dix personnes sont les uniques possesseurs de la majorité des actions de la Standard Oil C° de New-Jersey (le fameux trust du pétrole);
- (1) The Economisé, vol. XLV, n° 3338, p. 1482. August. 17 th 1907.
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- 5° Que la Standard Oil Ode New-Jersey a réalisé, en huit ans, un bénéfice net de 500 000 dollars et en un quart de siècle près de 1 000 000 dollars ;
- 6° Qu’après que la Cour suprême de l’Ohio eut déclaré la Standard Oil « Trust » une combinaison nulle en droit, cette combinaison nulle en droit continua à exister et à trafiquer identiquement de la même manière jusqu’en 1899, époque à laquelle elle hquida partiellement et se transforma en Standard Oil C° de New-Jersey dont l’administration, la direction, le contrôle des compagnies filiales furent les mêmes que ceux du trust déclaré illégal en 1892 (1).
- Et si les trusts avouent cyniquement leurs méthodes illégales, les entraves qu'ils apportent à la hberté du commerce, les monopoles qu’ils exercent, c’est qu’ils ont adopté la forme juridique de la corporation soumise à la législation d’un État donné et que le fameux arrêt de la Cour Suprême les met à l’abri de toute poursuite.
- Ils savent trop bien leur puissance de désorganisation du marché financier, de la vie économique tout entière, grâce à leurs ramifications dans toutes les branches de l’industrie et du commerce ; ils méprisent la campagne du Président, car ils sont convaincus, qu’à la première manifestation hostile, ils répondront en déchaînant une panique effroyable et qu’il faudra entrer en composition avec eux pour l’enrayer, ce à quoi ils consentiront seulement moyennant des'garanties sérieuses qui leur laisseront tous les honneurs de la guerre.
- Les États-Unis et le Président ne devaient pas tarder à en faire la triste expérience.
- Jusqu’aux environs du 15 octobre, la bourse de New-York fut, comme on l’a dit, non sans quelque ironie, « ferme dans les bas cours » (2).
- On cote en effet :
- Valeurs. 16 Août. 30 Août. 10 Octobre. 18 Octobre.
- Great Northern.................. 175 115 123 117
- Northern Pacific............... 128 120 127 1/2 122
- Southern Pacific................. 85 86 81 1/4 75
- Union Pacific................... 135 130 127 122
- United Steel Trust............... 33 32 25 3/4 23
- — prêt......... 101 96 88 85
- Mais certains symptômes inquiétants se manifestent : un resserrement d’argent s’est produit dès les débuts d’octobre, que l’on attribue à des causes passagères, les recettes nettes des chemins de fer diminuent d’une manière très sensible par suite des nouvelles méthodes de comptabilité imposées par l’Interstate Commerce Commission, des remises importantes doivent être faites en Angleterre, le taux de l’argent augmente ; la Banque d’Angleterre, bien qu’elle ait abaissé le taux de son escompte pour le papier de commerce national, ne tient pas à prendre du papier américain, le cours des changes s’est élevé et enfin le bilan des banques associées de New-York est peu satisfaisant. Au 10 octobre, l’encaisse espèces est de près de 2 millions de dollars inférieure à ce qu’elle était en août et les prêts et escomptes dépassent ceux de l’époque correspondante de 1906 de près de 4 millions.
- L’excédent des réserves, inférieur de 1 675 000 dollars à celui do 1906, est encore en diminution de plus de 600 000 dollars sur celui du mois d’août.
- (1) The Economist, vol. NLV, n° 3345, p. 1681, oct. 5 1907. Correspondance de New-York du 24 sept. 1907.
- Le Temps du lundi 14 octobre 1907. Semaine financière du dimanche 13 octobre 1907.
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- Et, en même temps, une crise violente éclate à Amsterdam, qui provoque des faillites, des suspensions de payement de spéculateurs à la hausse sur les valeurs américaines, les chemins de fer notamment, dont Londres est également gros vendeur (1).
- Au 19 octobre, le bilan des banques associées est plus inquiétant encore, les prêts et escomptes ont diminué de près de cinq milhons de dollars, et si l’encaisse espèces a augmenté de 1 300 000 dollars, la réserve a diminué de près de 800 000 dollars sur la semaine précédente, de près de 3 milhons sur 1906; l’excédent de la réserve sur la réserve légale, en diminution respectivement par rapport au 12 octobre et à 1906 de 695 000 et 1 005 000 dollars n’est plus que 237 000 dollars et les dépôts de la clientèle ont baissé de 9 000000 dollars. Bien que le mois d’octobre provoque d’habitude des demandes d’or et d’espèces très abondantes pour l’Ouest, on espère cependant conjurer encore la crise (2), grâce à l’appui du Trésor et à ses dépôts, mais l’inquiétude commence à gagner et la débâcle est proche.
- Jamais crise ne fut plus violente, jamais panique plus intense que celles qui se produisirent à New-York le mardi 22 octobre (3).
- Depuis la fin de la’ semaine précédente, les disponibilités faisaient défaut et l’on était menacé de liquidations importantes.
- Déjà la Mercantile Marine Trust et l’Amalgamated Copper se trouvaient dans une situation très difficile, ainsi que les banques en dépendant, et deux des hommes les-plus exécrés, les trop célèbres Morse et Heinze, avaient dû abandonner leurs situations prépondérantes : l’United Copper, l’affaire des Heinze, avait vu ses actions baisser de 77 à 37 dollars, un vigoureux effort les ramena à 63, mais les adversaires provoquèrent des ventes qui abaissèrent les cours à 10 dollars. Les courtiers suspendirent, leurs payements, entraînant non seulement la maison du Stock Exchange, à la fin de la semaine se terminant au 19 octobre, mais les banques que les Heinze s’étaient inféodées en en acquérant le contrôle afin de pouvoir les « gaver » de leurs propres titres, au point de compromettre leurs solvabilités.
- Les Banques Nationales s’émurent, en appelèrent au Clearing House qui exigea le départ des Heinze, et par cet acte provoqua la méfiance du public qui, le mardi 22, se ruait à l’assaut des guichets de l’une des banques les plus anciennes de New-York, le Knickerbocker Trust, dont les président et vice-président était Heinze et Morse : la raison en était que la National Bank of America se refusait à demeurer plus longtemps le clearing de cette trust Company.
- Formée au capital de 1 000 000 $, payant à ses actionnaires des dividendes de 50 p. 100, le montant des dépôts qui lui étaient confiés s’élevait à 50 millions $. Après en avoir remboursé 8, elle dut fermer, et, bien que son actif soit théoriquement plus que suffisant, il semble établi que ses guichets n’ouvriront plus.
- Des scènes « sauvages » se produisirent dans la rue, et lajpanique s’accentua encore quand on apprit la faillite de la grosse maison Mayer et Cie, avec un passif supérieur à 30 milhons, que l’on sut que deux autres Trust Companies, la Trust Company of America et la Colonial Trust C° éprouvaient de sérieuses difficultés et seraient obligées de liquider si on ne leur venait pas en assistance.
- (1) The Economist, vol. XLY, n° 3347, oct. 19 1907, p. 1793.
- (2) Ibicl., vol. XLV, n? 3348, oct. 26 1907, p. 1838.
- (3) Cf. Les quotidiens français et anglais : Écho de Paris, Matin, Temps, Débats, Times, New-York Herald, Daily lelegraph et les périodiques comme The Statist et The Economist depuis le 27 oc-, tobre 1907.
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- C’est en vain que le secrétaire du Trésor, M. Cortelyou, dont l’habileté fut mise à une dure épreuve, annonça qu’il avec mis 10 millions de dollars à la disposition de la banque de New-York; c’est en vain que banquiers et financiers, réunis en conférence, esquissaient leurs méthodes de sauvetage : constituer un fonds de 50 milhons de dollars et importer 20 milhons d’or, ou autoriser la Chambre des compensations à émettre des certificats, les titres baissèrent de 2 à 12 points dans la journée, et le taux de l’argent s’éleva à 70 p. 100.
- Le lendemain la panique se continue : le run aux guichets des banques, plus intense peut-être, car on apprend que la crise, loin d’être limitée à New-York, s’étend au reste du pays. La Bourse de Pittsburg ferme, la Westinghouse Electrical C° est mise en faillite, ainsi que la Westinghouse Security C° and la Machine C°. Les banques avaient refusé de renouveler les avances, nécessaires en attendant la nouvelle émission qui devait être faite à Paris, et, bien que la prospérité de l’entreprise fût grande et que son actif effectif dépassât ses exigibilités, elle était prise par la tourmente. En même temps, on redoutait des complications à la Nouvelle-Orléans, le gouvernement ayant refusé de faire des avances aux marchands de coton qui voulaient retirer le coton du marché.
- Le jeudi 24 octobre, la situation s’aggrave encore ; à New-York, de nouvelles banques, la Twelfth Ward Bank, et l’Empire Savings Bank suspendent leurs paiements pendant trente jours, le run continue; à Pittsburg des liquidateurs sont nommés à l’Iron City Trust C°, la Bourse reste fermée, le gouverneur ayant déclaré fériés tous les jours jusqu’à ce que la confiance fût revenue. Les mouvements des fonds du Trésor aux banques contribuent à augmenter la défiance du public, d’autant plus que plusieurs petites banques d’Etat ont fermé : les retraits de fonds des banques ont atteint 375 millions de dollars depuis le lundi, et plus d’un milliard depuis quinze jours.
- Vers le début/ de la séance, M. Pierpont Morgan déclare que la situation s’était améliorée, l’on apprend que M. Rockfeller avait mis 50 millions à la disposition de l’Union Trust C°, le taux de l’argent s’était ahaissé, de 90 p. 100 la veille, à 50 p. 100 sur cette nouvelle, lorsque vers deux heures un revirement se produisit.
- Les banquiers, émus par les nouvelles des Etats, cherchent à emprunter, le taux de l’argent s’élève brusquement à 70 p. 100, puis à 100 p. 100. Les cours s’effondrent de 8 à 12 points; l’Union Pacific qui cotait 117 le samedi touche 105, lorsque brusquement M. Pierpont Morgan fait un « geste patriotique » et met 125 millions à la disposition du marché avec instructions de les prêter à 10 p. 100, et l’on apprend que les dépôts du Trésor dans les banques atteignent 185 millions $.
- Une conférence de nuit réunit, chez M. Morgan, M. S. Jacob Schiff et les principaux banquiers. Et M. Morgan prend en main la situation et cherche à conjurer la panique ; un fonds est constitué pour venir en aide à la place/qui permet successivement d’avancer 15 millions $ le vendredi, 40 le samedi, d’acheter pour 30 milhons d’or en Angleterre ; il fait défense aux brokers de se prêter aux manœuvres de certains personnages peu recommandables et, dit le Daily Telegraph, « aux chefs des baissiers il donnait l’ordre de ne pas vendre, les menaçant d’un châtiment exemplaire et prochain s'ils persistaient ». -
- La situation à New-York semble s’améliorer, mais l’amélioration n’est qu’apparente. La Trust G0 of America poursuit ses paiements, soutenue par M. Morgan, qui agit en conformité de vue avec M. Cortelyou, mais elle est loin d’être sauvée. La Clearing House émet des certificats obligatoires pour ses adhérents.
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- Mais, dans les États, la situation s’aggrave, et, à New-York même, des banques continuent à suspendre leurs paiements.
- La Bourse de Pittsburg est toujours fermée; une banque de Baltimore, huit banques des environs de New-York, dont la Terminal Bank de Brooklyn, suspendent leurs payements; trente-deux banques d’épargne se prévalent de la disposition légale, leur permettant de différer les remboursements pendant trente à soixante jours, ét à la Bourse de New-York les courtiers se refusent à exécuter les ordres donnés en marge.
- On apprend que 30 millions d’or vont être importés.
- Nous sommes au 27 octobre. Depuis le début de la crise, M. Cortelyou combine ses efforts à ceux de M. Morgan et de ses amis, tandis que le Président continue à chasser l’ours. On croirait qu’il ignore la crise sans son discours du cancer à Nashville, peu fait, on en conviendra, pour faire renaître la confiance.
- Le taux moyen de l’argent demeure à 50 p. 100, et les cours sont sensiblement au plus bas. Malgré l’optimisme qu’affectent les hautes personnalités financières, la situation n’a fait que s’aggraver. Il faut agir.
- Le Président commence à se rendre compte de la gravité de la situation et prépare le revirement de son attitude.
- Dans une lettre à M. Cortelyou, il dit toute son admiration pour la manière dont il a fait face à la crise, et il fait l’éloge des financiers influents qui, par leur action concertée, ont mis fin à la panique. Personne ne saurait douter que les bases de la prospérité du pays soient sérieuses et honnêtes, « et que les opérations malhonnêtes des entreprises de spéculation ne soient que de simples incidents de notre réelle prospérité ».
- C’est en vain. La campagne de M. Roosevelt a semé la crainte dans toute la Nation, elle a obligé à voir combien la situation des banques était peu solide, la défiance publique s’accentue. Et il faut avouer que les faits sont singulièrement propres à encourager ce sentiment.
- Les liquidations et les faillites se succédant à Wall Street, la prime sur l’or, la hausse soudaine du change, à un taux où les importations d’or cessent d’être possibles, la hausse du taux de l’escompte de la Banque d’Angleterre de 4 et demi à 5 p. 100, la décision prise par le gouverneur de l’Orégon de fermer toutes les banques de cet État pendant cinq jours, le renvoi de 5 000 ouvriers par l’Union Pacific, la cessation des travaux par les autres chemins de fer, l’obligation où sont le Steel Trust et la ville de New-York de payer plus de 20 p. 100 des salaires de leur personnel en numéraire, l’échec du placement à l’étranger des 30 millions $ d’obligations de la ville de New-York, prises par le groupe Morgan, la crainte où l’on est que le monétaire fasse défaut avant peu, malgré les palliatifs, les émissions de certificats de la Chambre de compensation, marquent la dernière semaine d’octobre et incitent le Président à abandonner son attitude passive.
- La crise a révélé des vices fondamentaux du régime monétaire actuel et du système de circulation, et des mesures énergiques s’imposent. En attendant que le Congrès puisse légiférer (1) et procéder aux réformes urgentes qui, d’ailleurs, seront lentes à produire leur effet, il faut enrayer la panique, car les dernières banques menacent de s’effondrer. Et pour cela le Président doit faire appel au concours des milliardaires
- (1) La Commission des Finances du Sénat a conclu à la création d’une Banque Centrale d’État pour l’émission.
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- qui peuvent seuls empêcher l’effondrement définitif. Des conférences de banquiers s’organisent qui proposent la convocation immédiate du Congrès et étudient par ailleurs d’autres solutions.
- Le bilan des banques associées de New-York, publié seulement après la clôture de la Bourse du samedi, est le plus mauvais qui ait jamais été enregistré.
- Les prêts ont augmenté de 60 millions $, l’encaisse espèces est tombée à 20 millions et demi, et la réserve inférieure de 39 millions à la réserve légale n’est plus que de 20 millions.
- Des conférences de banquiers siègent en permanence jour et nuit, du samedi au lundi, chez M. Morgan, et aux sièges de la Trust Company of America et du Lincoln Trust Ca. M. Roosevelt mande M. Morgan et les chefs du Steel Trust à Washington.
- On apprend qu’un pool de 50 millions a été formé pour aider le marché pendant la journée, que les financiers s’occupent de reprendre les deux trusts Companies, et enfin, fait capital, que la paix semble avoir été signée, — à quelles conditions nous le verrons, — entre les trusts et M. Roosevelt. Se rendant compte enfin de la gravité de la situation, il aurait promis que son message au Congrès ne troublera en rien la confiance, et portera surtout sur la question monétaire.
- Malgré ces symptômes rassurants, malgré l’annonce du sauvetage définitif de la Trust C° of America, du Lincoln, et du Colonial Trust Companies, publiée le mercredi, la situation continue à être mauvaise, la tension monétaire extrême se maintient aux États-Unis, en dépit des arrivages d’or évalués à 200 milüons de dollars, les suspensions de payement des banques,— dont la Globe National Bank d’Arizona et la Woods National Bank du Texas, — le dépôt du bilan de la grande usine d’impression sur étoffes d’Arnold à North Adams, qui employait 6 000 ouvriers, sont autant de 'symptômes des embarras extrêmes de la situation actuelle, et que la crise financière se double d’une crise industrielle à ses débuts, aggravées toutes deux par la défiance qu’a fait naître le Président, et qu’il n’est pas en son pouvoir de faire disparaître.
- Le drainage de l’or d’Europe a provoqué aux États-Unis une prime sur le monétaire qui s’élève déjà à 3 p. 100, et certains préconisent un remède pire que le mal : l’émission de papier-monnaie par l’État et l’établissement du cours forcé.
- En Europe les demandes d’or pour compte des États-Unis sont arrivées au lendemain de la crise d’Amsterdam, alors que la üquidation de positions à la hausse à Londres sur les valeurs américaines — les chemins de fer principalement — n’était point encore achevée. Elles ont déterminé d’une part une recrudescence des ventes de valeurs américaines qui se répercute douloureusement pour la place de New-York et d’autre part de nouvelles augmentations des taux d’escompte des banques. De 5 et demi p. 100 la Banque d’Angleterre a porté son taux à 6 lundi 4 novembre et à 7 p. 100 le jeudi 7. D’aucuns entrevoient des taux plus élevés encore. La Banque Impériale d’Allemagne, dont le taux est de 7, l’a élevé à 7 et demi p. 100. Enfin la Banque de France elle-même, consentant un prêt de£ 3 000 000 à la Banque d’Angleterre, a porté le sien à quatre.
- Les cotes enregistrent à New-York des cours de panique et tout fait prévoir que la fin de la crise n’est pas prochaine, et qu’en tous cas la période de réparation sera longue (1).
- (1) On rappelle le précédent de la crise, moins violente, de septembre 1873 provoquée à New-York parla faillite de Jay Cook, banquier du Gouvernement pour les conversions d’emprunts fédéraux, et de 19 banques et trusts. Elle nécessita la fermeture de la Bourse de New-York pendant 10 jours,
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- Tel est le premier bilan de l’agitation qu’a créée le Président. 8a politique révolutionnaire, déchaînant la panique effroyable que nous avons retracée, aura eu-cette étrange conséquence de fortifier la situation des trusts. M. Roosevelt est vaincu et a dû capituler devant ses ennemis d'hier.
- Car, et c’est la philosophie de cette crise, le concours des financiers n’a été obtenu que moyennant des concessions de la plus haute importance.
- Non seulement le Président a dû renoncer à poursuivre la politique annoncée à Saint-Louis, abandonner— pour longtemps peut-être, — la lutte même législative telle fiu’il l’entendait — contre les trusts, puisque c’est la question monétaire, la création d’une Banque nationale centrale d’émission qui sont désormais au premier plan de ses préoccupations, mais il a dû, pour conjurer de pires désastres, donner des gages à ses adversaires d’hier et autoriser la violation de la loi par le Steel Trust. Car le geste patriotique de M. Morgan secourant le marché, aidant la reconstitution des TrustCom-panies, n’est pas autre chose.
- Et, en effet, si le public n’a vu dans l’avance faite par ce puissant banquier qu’un acte de charité, elle se doublait d’une excellente spéculation, car, en échange du service rendu, la banque célèbre de Wall Street, dont la parenté avec le Steel Trust est bien connue, a acquis, par les dépôts qui lui ont été faits à titre de garantie, le contrôle 4’établissements puissants.
- Et d’autre part l’aide fournie par le Steel Trust à la Trust C° of America et aux autres banques n’est rien moins que l’absorption par le trust de l’acier de son principal rival dans le Sud, la Tennessee Coal and Iron C° (700 millions de tonnes de minerai et 2 500 000 000 tonnes de charbon).
- Le sauvetage consiste, moyennant 15000 000 dollars d’obligations du Steel Trust, à conférer à cette compagnie le contrôle de la Tennessee Coal and Iron C°, et en même temps celui de banques.
- M. Morgan pouvait seul éviter des désastres irréparables en sauvant les trois Trusts Companies, il connaissait l’étendue de son pouvoir et il l’a montré. Ses conditions peuvent se résumer dans la formule suivante : les Trusts Companies iront à la faillite à moins que le gouvernement promette d’abandonner sa lutte contre les trusts, consente à l’extension, contraire aux lois, du monopole du Steel Trust et s’engage à ne pas le harceler dans l’avenir.
- Et l’on assiste à ce spectacle étrange de M. Roosevelt et son gouvernement félicitant et remerciant publiquement les Pierpont Morgan, les Rockfeller, d’accomplir ouvertement aujourd’hui ces actes qui hier justifiaient les poursuites engagées contre eux.
- Et peut-être assisterons-nous un jour prochain, pour donner satisfaction à l’opinion publique, à l’élaboration par le Congrès — avec le consentement des intérêts financiers — de quelque loi établissant le contrôle fédéral, tout en laissant les trusts demeurer en fait le formidable instrument de domination qu’ils sont.
- Mais dès aujourd’hui (et ce sera notre première conclusion) il semble que l’action légale — qu’on n’aurait jamais dû abandonner — progressive et lente, sera seule exercée et que les solutions radicales soient écartées. Au milieu des nouvelles tendancieuses, une impression se dégage : l’influence des éléments intransigeants, des Taft, des Bonaparte, a fait place à celle beaucoup plus modérée de M. Root et de M. Corte-
- l’émission de certificats des chambres de compensation qui circulèrent du 22 septembre 1873 au 14 janvier 1874. Le taux de l’escompte à Londres passa du 27 août au 23 septembre de 3 p. 100 à 9 p. 100 et se maintint a ce taux jusqu’au ’i novembre. •
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- lyou, qui furent au sein du Cabinet les adversaires de la politique d’arbitraire. Et c’est un symptôme que la « Maison Blanche » se rend compte que si l’on peut, si l’on doit réglementer la concentration, c’est folie que tenter de la supprimer quand elle a l’importance des trusts américains, car on aboutit fatalement à lui substituer les formes collectivistes.
- Et d’autre part — ce sera notre seconde conclusion — il suffit d’examiner les grands faits économiques récents pour voir que le trust sous ses formes multiples est l’une des conséquences inéluctables de notre époque, que non seulement les législations les plus draconiennes sont impuissantes à l’empêcher, mais que, dans certains pays, même à forme monarchique, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui l’instituent, soit sous la forme de monopole, soit d’une manière indirecte.
- On sait l’action exercée par le fameux Cartel de l’acier allemand, qui par ses 37 membres commande à plus de 12 000 000 de tonnes de métal (1), qui par ses ramifications avec le Syndicat des aciers belges, le Comptoir des aciers français, constitue une entente internationale au premier chef, puisqu’il réglemente en fait la production dans ces trois pays et joue un rôle considérable sur les marchés d’Europe. Cette entente qui lie parleur intérêt les co-participants est seulement une entente de fait, et échappe ainsi aux mesures légales. Et l’on sait l’anxiété qui s’était emparée, au printemps dernier, du monde des mines et de la métallurgie, alors que l’on ne savait pas si cette formidable organisation serait renouvelée, et par suite si l’ordre ou l’anarchie régnerait dans la production et « lorsque à la douzième heure exactement, mardi soir 30 avril, à la dernière minute, 1 e Stahiwerksverband est renouvelé pour cinq nouvelles années, un soupir de soulagement s’échappe des poitrines, la débâcle est conjurée (2) ».
- C’est aussi, en attendant, suivant le mot de M. Francis Laur, Y Internationale des producteurs,1e syndicat mondial des rails, « entente de l’Amérique,de l’Angleterre, delà Belgique, de l’Allemagne, de la France, de toutes les puissances productrices du rail, en un mot, ayant pour objet de réglementer la fabrication et le prix de cet instrument suprême de civilisation (3) ».
- Qu’une simple fabrique de rails se monte « au Kamschatka », dit M. Laur, il le saura et la contraindra à disparaître ou à venir à l’entente.
- Et ce syndicat qui commande à la production du monde, qui fixe impérativement à ses adhérents leur quote-part sans qu’aucun d’entre eux songe à se retirer, n’a pas de siège social, n’est pas une société au regard des lois, qu’il ne reconnaît pas, et qui ne peuvent l’atteindre.
- Les réunions qui comptent cinq ou six délégués se tiennent tantôt dans un pays, tantôt dans un autre : c’est àParis en mai que, au lendemain de son renouvellement pour cinq ans également, il décide, sans bruit, de l’intensité de l’exportation du rail pour cinq ans, qu’il fixe à 1 300 000 tonnes par an et en détermine les prix.
- Et ces.coalitions, puissances industrielles redoutables qui peuvent entraver toute l’existence économique, nées de la nécessité de réglementer la production, de supprimer l’anarchie ruineuse résultant de la concurrence, sont par cela même au-dessus des lois. Véritables protées, grâce aux perfectionnements des communications mo-
- (1) Trusts, Cartels, Comptoirs, Syndicats, juin 1907, loc. cit. Francis Laur, la Révolution économique, p. 81.
- (2) Ibid. Cf. aussi la collection de 1904,
- (3) Ibid., p. 82.
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- dernes, au secret que le petit nombre de leurs adhérents permet d’observer, si elles se heurtent à quelque difficulté, elles adoptent une autre forme et, comme le phénix de la mythologie, renaissent sans cesse de leurs cendres, ne connaissant d’autre maître que leur seule volonté, c’est-à-dire leur intérêt.
- Et dans d’autres pays, c’est l’État lui-même qui crée les trusts : exemple sans précédent, que celui du soufre en Sicile, montrant l’État italien organisant la concentration, décrétant le syndicat obligatoire et imposant aux détenteurs du produit un prix arbitraire auquel ils doivent céder leurs stocks au syndicat (1).
- Pendant de longues années, la Sicile fut le seul grand producteur de soufre pur : elle fournissait au monde les 90 p. 100 de sa consommation et lui dictait les prix : 100 francs par tonne.
- Mais la concurrence des 777 producteurs indépendants abaissa les prix à 53 lires la tonne en 1895.
- Un trust se forme, l’Ànglo-Sicilian Sulphur G0, qui passe avec le gouvernement italien, en date du 57 juillet 1896, une convention que le Parlement ratifia le 21 juillet 1897. L’État abandonnait ses taxes et celles des communes en échange d’un droit d’exportation de 1 lire par tonne. _
- Cette situation privilégiée fit de l’Anglo-Sicilian un véritable monopole, qui réalisa, pendant dix ans un bénéfice annuel de 6 millions de lires et porta le prix du soufre de 55 à 69,62, puis à 96,32 lire la tonne.
- Cette situation prit fin lorsque, les problèmes techniques résolus, la Louisiane put vendre son soufre en Europe à 39 francs la tonne. L’Anglo-Sicilian dut liquider avec un stock de 500000 tonnes, car son prix de revient était de 56 lires.
- C’est alors que le Parlement italien vote la loi du 15 juillet 1906, unique dans les annales législatives,
- Son article premier dit en effet : « Les propriétaires, possesseurs et exploitants desmines de soufre présents et futurs de la Sicile sont constitués de droit en un syndicat obligatoire pour la durée de douze ans.
- « Le syndicat qui constitue une personne morale, une véritable entreprise financière, a seul qualité pour vendre le soufre, en sorte que nulle quantité de soufre ne peut, sous peine de sanctions non seulement civiles mais encore pénales, être transportée par chemin de fer ou exportée par mer sans un certificat ou laissez-passer du syndicat. »
- C’est un syndicat obligatoire avec comptoir unique, qui procède à la vente dans l’intérêt commun (art. 2, § 2).
- Il doit prendre en charge tout le soufre extrait et est, de par la loi, l’unique acheteur de tous les stocks à un prix arbitrairement fixé de 59 lire la tonne, et inférieur au prix d’achat 96 lire de l’Anglo-Sicilian, seul détenteur actuel des stocks.
- Les détenteurs sont payés en obligations 3,65 p. 100 nets de tous impôts présents et futurs, remboursables en douze ans par tirage au sort, et dont le service est garanti par l'Êtat, tant pour le payement des intérêts annuels que pour le remboursement du capital.
- L’administration est confiée à un directeur nommé par le roi, à un eonseil d’administration de 9 membres, dont 6 élus par les syndiqués (3 suivant le nombre d’ouvriers
- (1) Trusts, Cartels, etc., p. 67 et s. Cf. Mémoires, Xe série, tome X, p. 603 et s. L. Aguillon, Notes: sur les conditions économiques de l’Exploitation du soufre de Sicile. Annales des Mines.
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- employés, 3 par intérêts) et les 3 derniers par le Ministre, la Banque de Sicile et les Chambres de commerce.
- An lieu d’Assemblée générale, un Comité de 30 délégués dont 44 élus par les syndiqués, 2 nommés par le Ministre, 2 par la Banque de Sicile et 2 par les Chambres de commerce.
- Toutes les contestations sont soumises à un tribunal de trois arbitres.
- Enfin une banque spéciale est constituée au capital de 4 millions, fourni deux par l’État et deux par la Banque de Sicile, avec mission de faire des avances aux exploitants jusqu’à concurrence de 30 p. 100 de la garantie en soufre brut.
- Les articles .24, 23 et 26 dégrèvent le raffinage et la mouture de toute taxe, ainsi que les sociétés étrangères qui se formeraient pour l’exploitation et le commerce du soufre, et permettent de déclarer d’utilité tous les travaux en vue d’extension ou de création de pareilles industries .
- C’est peut-être, comme l’écrivait M. Aguillon, inspecteur général des mines, « le cadre d’une loi du socialisme de demain avec la réunion et la répartition des produits enlevés aux libres initiatives individuelles pour être remis à l’État ou à la collectivité fonctionnant sous le contrôle de l’État, suivant un cadre arrêté par lui, et il est curieux de constater que cette forme quelque peu teintée de socialisme succède à un syndicat libre d’une forme capitaliste très moderne qui aurait, en quelque sorte, préparé les voies à l’autre. »
- Or c’est là le moment qu’avait choisi le Président pour engager contre les trusts cette lutte sans merci qui fait songer aux combats des pygmées contre les géants.
- Soutenu par la majorité du pays, il n’a pas voulu que cette oeuvre, qui ne peut être accomplie avant qu’expirent ses fonctions présidentielles, pût risquer d’être compromise par son successeur. Il lui a semblé que M. Taft, qui a été en quelque sorte l’instigateur de la campagne, qui en même temps a suivi la politique personnelle du Président, et qui d’autre part, nous l’avons rappelé, a, comme lui-même, toujours témoigné tant de zèle et d’abnégation à la chose publique, était le plus digne d’être son continuateur. Et il n’a cessé depuis de longs mois de préparer sa candidature.
- Mais le peuple américain a placé toute sa confiance en M. Roosevelt, il s’est accoutumé à le considérer comme le symbole du devoir, et, bien que le Président ait trop nettement déclaré il y a trois ans qu’il entendait se retirer au terme de son mandat, tout fait présager aujourd’hui que la Convention du parti républicain considérera que le devoir du Président est d’accepter pour quatre ans encore une magistrature que nul ne saurait exercer mieux que lui dans l’intérêt delà Nation.
- De toutes parts, les hommes politiques comme les journaux républicains réclament impérieusement la candidature nouvelle du Président.
- C’est le « Republican » de Denver (1) qui dit : «Le pays veut que M. Roosevelt conserve la haute situation qu’il a remplie avec tant d’habileté. »
- C’est 1’ « Argus » d’Albany : « D’aucuns disent que M. Roosevelt se laissera porter candidat pour évincer quelque réactionnaire, d’autres parce qu’il veut briser le bloc du Sud, d’autres enfin parce qu’il craint que M. Taft ne puisse être désigné, mais le chœur qui se fait entendre plus haut chaque jour semble résumer le sentiment de tous dans cette formule : 11 sera candidat. »
- (I) New-York Herald, S nov. 1908.
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- Les gouverneurs d’Ëtats, les sénateurs se préparent à lui faire violence morale, et à peser sur M. Taft, dont la candidature est mal accueillie, pour qu’il se retire volontairement. C’est ce qu’apprend une dépêche de Washington. Les ennemis du Président craignent qu’il ne se décide et cherchent à l’influencer en le peignant comme un tyran : « Il y a bon espoir, dit le Times Democrat de la Nouvelle-Orléans, que l’homme qui a permis à son ambition de contre-balancer tous autres arguments, trouvera la force de « réduire en fumée » (sic) ce précédent aussi futile aujourd’hui que du temps du général Grant. »
- Ses adversaires d’hier, les milliardaires, ses amis d’aujourd’hui, ne sauraient voir d’un mauvais œil cette candidature aux heures difficiles du présent.
- Qu’il ait une âme de dictateur ou de héros, M. Roosevelt se doit ne pas décevoir les espérances que la Nation met en lui.
- « Depuis quelques années on a enseigné au peuple à croire que M. Roosevelt est l’homme indispensable, et qu’il peut seul achever l’œuvre de Réforme » (1) ; or « les Américains ont toujours cru au pouvoir des majorités, et si la majorité veut que M. Roosevelt soit président pendant une nouvelle période de quatre ans la minorité — composée du seul M. Roosevelt — devra obéir. »
- Et d’ailleurs l’homme qui a loué M. Taft de son désintéressement, qui a prêché si hautement la doctrine de la dévotion à la chose publique, ne saurait, s’il est le héros civique que pensent les républicains, se soustraire à son devoir et déserter son poste, quelque préférable que la liberté lui paraisse à la plus haute magistrature nationale.
- Si au contraire cet homme est un pur ambitieux et aspire à devenir un dictateur, nulle occasion meilleure ne s’offrira jamais à lui, car « il n’y a plus aujourd’hui d’opposition démocrate qui compte, et le mode de gouvernement dans lequel il n’y a plus qu’un parti cesse d’être un système représentatif pour devenir une autocratie. Et, aux États-Unis, quand il n’y a pas une saine opposition, le pouvoir exercé par le Congrès est négligeable, le Président usurpe les pouvoirs du Congrès que la Constitution a voulu établir pour servir de frein à l’Exécutif. »
- Le message du Président au Congrès, long et vague comme à l’habitude, n’est pas de nature à mettre un terme à la crise, et, bien qu’il ait récemment confirmé sa déclaration de 1902 : qu’il ne serait pas candidat, une grande partie de l’opinion pense, avec M. Maurice Low, qu’il se laissera faire violence par les chefs du Parti républicain. M. Roosevelt demeure énigmatique : ses intentions, semblables aux volontés de la Providence, sont insondables; mais, comme le fait observer le World de New-York, « il fait tous les actes qu’il ferait s’il était candidat, et aucun de ceux qu’il devrait faire s’il ne l’était pas (3) ».
- (1) Maurice Low, American affair’s. — The National Review, oct. 1907, loc. cit., 1. 268-69.
- (2) Ibicl., p. 270.
- (3) The litterary Digest, New-York, vol. XXXV, n° 15, 12 oct. 1907.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Généralités. — Sur la phosphorescence. — Sur les émulsions. — Rapports sur les développements de la chimie dans les 40 dernières années. »
- Produits minéraux. — Le soufre de la Louisiane. — La récupération nitrique.
- Industries céramiques. — Fabrication des verres opaques. — Le cuivrage du verre..
- Industries métallurgiques. — La production de l’or. — Conducteurs électriques en aluminium. — Sur le Vanadium ; sur le Tungstène.
- Combustibles. — Le charbon pulvérisé.
- Aldéhydes. — Dissolution de la formaldéhyde. — Influence coagulatrice de la formaldéhyde.
- Industries textiles et papiers. — Tourbe/ allumettes, papiers, en Suède. — Papiers et cartons imperméables. — Industrie de la soie artificielle. — Sur le mercerisage du coton. — Caractérisation du coton mercerisé.
- Industries sucrières. — L’acide hydrofluosilicique en sucrerie et en distillerie.
- Industries tinctoriales. — La cause de la couleur dans les composés organiques. — Réduction électrolytique de l’indigo. — Stéréochimie de l’indigo. — Influence des acides et des bases sur la fixation des colorants.
- Industries des cuirs et peaux.'— Sur le tannage au chrome.
- Chimie médicale, etc. — Tabac dénicotiné. — Eucérine.
- SUR LA PHOSPHORESCENCE
- M. G. Urbain, chargé de cours à la Faculté des sciences de Paris, nous a donné, dans la Revue scientifique des 21 et 28 décembre, un exposé des phénomènes fondamentaux et des essais d’interprétation de la phosphorescence.
- Il existe une infinité de sources de lumière froide : ce sont les corps phosphorescents. On donne plus spécialement le nom de phosphorescence à l’émission lumineuse qui persiste après que Faction excitatrice delà lumière ou de la chaleur a cessé.
- L’interprétation de ces phénomènes se modifia successivement avec les diverses théories de la lumière, théorie de l’émission, théorie des ondulations.
- Becquerel entreprit l’étude systématique des corps phosphorescents et établit expérimentalement l’existence des spectres d’excitation spéciaux à chaque corps phosphorescent, et leur distinction d’avec les spectres de réaction, spéciaux à chaque réaction photochimique. Stokes démontra qu’une radiation de phosphorescence est généralement provoquée par une plus courte longueur d’onde. Les corps phosphorescents seraient des transformateurs de lumière. Mais y a-t-il entre les spectres d’excitation et ceux de phosphorescence une corrélation ?
- L’émission de la lumière cesse avec l’excitation, ce mode de phosphorescence spéciale prend le nom de fluorescence.
- L’action excitatrice de la phosphorescence peut être due, en dehors des radiations
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- NOTES DE CHIMIE.
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- lumineuses ou calorifiques, aux radiations des tubes de Crookes, et aux trois radiations des corps radio-actifs ; rayons (3 analogues aux rayons cathodiques des ampoules à vide, rayons a analogues aux rayons Goldstein des ampoules avide, rayons y analogues aux rayons X. Chacune de ces radiations a une excitation propre de phénomènes phosphorescents que M. Urbain expose avec détails.
- Mais y a-t-il une relation entre la phosphorescence et la composition chimique? Les phosphores étaient formés de sulfures alcalino-terreux, et l’on savait que l’on obtenait des phosphores diversement lumineux avec des chaux d’origines diverses. Yerneuil a montré que la phosphorescence est due à la présence dans ces chaux d’impuretés, dont les plus actives sont le manganèse et le bismuth; le pouvoir phosphorescent est grandement accru s’il y a présence d’une petite quantité d’alcalis et si le mélange est porté à une température élevée. L’étude spectrale faite par Lénard et Klatt a vérifié ces résultats.
- En dehors des sulfures phosphorescents, un nombre considérable de corps, de composition variée, sont capables d’émettre de la lumière froide sous l’influence de la lumière, Becquerel, Lenard et Klatt; ou sous l’action des rayons cathodiques, sir W. Crookes, Lecoq de Boisbaudran, G. Urbain. Les derniers sont d’accord pour attribuer le rôle capital aux impuretés; la masse principale de la substance phosphorescente ne servant qu’à diluer la matière active ou phosphorogène. Il suffit de moins d’un millionième de phosphorogène pour réaliser un phosphore. L’optimum correspond généralement à une proportion d’un centième. Les diluants sont des ionisants; oxydes et sulfures terreux, sels, métaux et sulfures métalliques non doués de conductibilité électrique, mais la prenant grâce à leurs impuretés ionisées. Les meilleurs phosphoro-gènes sont le manganèse, le bismuth, certaines terres rares.
- Quelque complexes que soient les phénomènes de phosphorescence, suivant qu’il existe un ou deux phosphorogènes et un ou deux diluants, ils sont actuellement suffisamment classés pour qu’on puisse les employer fructueusement à la recherche des éléments avec le concours du spectroscope.
- SUR LES ÉMULSIONS
- Une très intéressante étude des émulsions nous est donnée par M. S. U. Pickering dans le Journal of the Chemical Society (1907, p. 2001); l’auteur, par une voie différente, arrive sensiblement aux mêmes conclusions que Ramsden (Proc. Roy. Soc., 1903, p. 156).
- Quand un liquide quelconque insoluble dans l’eau est mélangé avec la dernière, et divisé en fines gouttelettes, l’émulsion ainsi produite possède une certaine durée, si l’eau renferme dû savon ou un autre agent émulsifiant soluble. La totalité du liquide n’est pas. en émulsion, à proprement parler, mais c’est un mélange d’émulsion avec un excès de solution de savon. Par le repos, l’émulsion véritable se sépare ; et si la substance émulsifiée est plus légère que l’eau, elle monte à la surface. C’est le cas qui se présente dans la séparation de la crème et du lait.
- La rupture de l’émulsion peut s’obtenir de différentes manières; soit qu’on ajoute de la paraffine non émulsionnée, ou bien un liquide comme l’alcool dans lequel la paraffine et l’eau sont solubles, soit qu’on annihile la substance émulsifiante. Dans le cas d’une émulsion d’huile avec du savon, le meilleur antiémulsifiant est l’acide chlorhydrique ou un acide minéral. Quelques sels de sodium produisent le même effet. On ne
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- SUR LES ÉMULSIONS.
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- peut rattacher leur action à celle des électrolytes, puisque les sels de potassium sont sans effet sur les émulsions au savon dépotasse, et que l’acide chlorhydrique lui-même est sans action lorsque le principe émulsifiant ne se trouve pas détruit par lui.
- Parmi les substances émulsifiantes insolubles, il faut citer la chaux qu’on a employée avec le pétrole sous le nom de limoïd. On a trouvé que certaines chaux magnésiennes d’un grain très On pouvaient absorber deux fois leur poids de pétrole, et la mixture ainsi obtenue, disséminée dans 3 à 9 fois son volume d’eau, était employée comme liquide d’arrosage. Les proportions recommandées en Amérique sont : 2§r,2 de chaux vive, 11 centimètres cubes de kérosène et 88 centimètres cubes d’eau. Ces proportions peuvent d’ailleurs varier dans de larges limites sans affecter le résultat final.
- Les émulsions faites avec du sulfate basique de cuivre ou avec du savon sont très semblables entre elles, mais tout à fait différentes des quasi-émulsions à la chaux. Un grand nombre de substances agissent comme le sulfate de cuivre, mais peu d’une manière aussi satisfaisante. Les sulfates basiques de cuivre, de fer, de nickel, donnent des émulsions véritables, tandis que les sulfates basiques de zinc, d’aluminium, de cadmium forment seulement des quasi-émulsions.
- On peut classer les substances émulsifiantes en trois groupes, suivant qu’elles donnent des émulsions véritables, des quasi-émulsions ou qu’elles ne donnent rien.
- Substances émulsifiantes. — Des substances solubles le savon semble le meilleur; l’amidon, le lait et la farine sont bons ; il en est de même de la résine et du blanc d’œuf ; la saponine et l’écorce de quillaïane donnent de bonnes émulsions que lorsque la quantité d’huile n’est pas très grande.
- Parmi les émulsifiants insolubles, le sulfate de fer est le meilleur, puis ceux de cuivre et de nickel. Les émulsions aux sulfates basiques de zinc et d’aluminium se détruisent rapidement. Les hydrates de fer sont bons. Le précipité obtenu par addition de carbonate de sodium au sulfate de cuivre est un bon émulsif, de même que le carbonate, l’arséniate de calcium fraîchement précipités ; mais le dernier a l’inconvénient de cristalliser et de détruire ainsi l’émulsion; l’arséniate de plomb fraîchement précipité est bon; l’oxychlorure de zinc donne de bonnes émulsions, mais floconneuses; certaines argiles fines, comme celles d’Oxford, donnent de bonnes émulsions, mais les particules les plus grosses, forment un dépôt; l’bydrosulfure ferreux convient si la quantité d’huile est faible.
- Parmi les substances produisant des émulsions partielles, il faut citer la chaux, la silice, l’alumine,le plâtre, et un grand nombre de poudres desséchées : sulfate basique de calcium, hydrate de magnésie, de cuivre, sulfates basiques de zinc et d’aluminium, oxychlorure stanneux, pourpre de Cassius, pâte d’arséniate de plomb (insecticide du commerce), certaines argiles, hydrosulfures de cuivre et de fer au minimum, savon de soude précipité.
- Au nombre des substances ne produisant pas d’émulsions, se trouvent le chlorure et le sulfate de plomb, le sulfate de baryte, la solution neutre de silice, le soufre précipité de l’hyposulfite, la fleur de soufre, la résine précipitée par l’eau de sa solution alcoolique, les ferrocyanures ferreux et ferrique, le pourpre de Cassius.
- En résumé, lorsque l’on agite de l’huile à paraffine avec une solution de savon, il se forme une émulsion qui augmente à la surface et qui peut contenir de 63 à 82 p. 100 d’huile, en volumes; on peut aller même jusqu’à 99 p. 100. La nature de l’huile ne semble pas influer sur le résultat.
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- La proportion d’huile, dans une émulsion en équilibre, décroît de haut en bas. On remarque souvent une tendance à la formation de couches de composition sensiblement la même.
- Les autres matières organiques en solutions, telles que résine, farine, lait, amidon, albumine, saponine, donnent des émulsions également avec l’huile à paraffine. Toutes ces émulsions penvent se détruire spontanément, par exemple sous l’action décomposante d’un acide ou d’un sel de soude, si on a employé un savon.
- Les globules d’huile en émulsion sont probablement enveloppés d’une fine pellicule formée de particules solides, ces dernières ayant des dimensions bien plus faibles que les globules eux-mêmes. Ges particules sobdes proviennent de la solution, qui contient toujours une substance peu soluble dans l’eau et insoluble dans la paraffine, cette substance serait donc précipitée dans le voisinage des globules de paraffine.
- En principe, un précipité insoluble, mouillé plus facilement par l'eau que par l’huile, possédera, s’il est à l’état de poudre très fine, des propriétés émulsives ; dans quelques cas, en effet, on pourra voir au microscope les particules sobdes qui enveloppent les gouttelettes d’huile. Les sulfates de fer et de cuivre sont, parmi les substances qui donnent-les meilleurs résultats.
- LA CHIMIE DEPUIS QUARANTE ANS
- Le quarantième anniversaire de la fondation de la Société chimique de Berhn a été solennisé par les discours de MM. W. Nernst, II. Landolt, C. Graebe, O. N.*Witt, que l’on trouvera dans le n° 17 de 1907 des Berichte,— p. 4617 et suivantes. Ce sont les rapports sur le développement depuis quarante ans de la chimie générale et de la chimie physique par W. Nernst, p. 4617-4626; de la chimie anorganique, par H. Landolt p. 4627-4637; de la chimie organique, par C. Graebe, p. 4638-4644; et enfin de la chimie technique, par O. N. Witl, p. 2644-2652.
- LE SOUFRE DE LA LOUISIANE
- Nous avons traité souvent, dans ces notes de chimie, la question passionnante de l’extraction du soufre en Louisiane par les procédés Franck. Signalons sur ce sujet un article de M. Day Allen Willey (in the Engineering and Mining Journal, 1907, p. 1107), dont les illustrations photographiques montrent d’une manière suggestive les résultats de ces procédés à l’extérieur de la mine.
- LA RÉCUPÉRATION NITRIQUE
- De M. H. Lemaître, dans le Génie civil, n° du 21 décembre 1907, p. 125, une étude sur la récupération nitrique, problème dont la solution intéresse plus particulièrement les fabriques d’explosifs nitrés, les fabriques d’acide nitrique et d’acide arsénique. L’auteur expose les conditions chimiques du problème; les bâtiments et le matériel à étabhr (tours, cellules de remphssage, briques à acides, réservoirs) ; les mastics pour joints à base de silicate ou de sulfate de baryte et d’amiante; le prix de revient.
- FARRICATION DES VERRES OPAQUES
- D’après Glashutte (vol. xxxvii, p. 210, 26, 237) les matières les plus employées pour produire l’opacité du verre sont l’acide stannique, la cendre d’os, le guano, le cryobthe,la pegmatite,le spath-fluor, mélangé avec du feldspath.
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- SUR LE CUIVRAGE DU VERRE.
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- Les formules suivantes avec la cendre d’os donnent de bons résultats: 1) sable 100, cendres d’os 30, potasse 23, borax 12, arsenic 1,5; 2) sable 120, potasse 52, cendres d’os 35, arsenic 3, minium 5; 3) sable 100, potasse 42, chaux 10, cendres d’os 30, minium, 6, arsenic 2. Voici une formule avec la cryolithe ; 4) sable 100, potasse 16, blanc de zinc 6, chaux 8, cryolite 15, arsenic 1. Les formules suivantes sont employées en France pour les appareils d’éclairage : 5) sable 100, spath fluor 22, feldspath 19, soude 20, minium 40, arsenic 1; 6) sable 100, potasse 20, spath fluor 20, feldspath 20, minium 20; 7) sable 100, soude 18, spath fluor 12, feldspath 20, cendres d’os 8, minium 12. Voici encore quelques formules : 8) sable 100, soude 25, cryolithe 7, cendres d’os 15, minium 10, arsenic 1; 9) sable 100, soûle 20, cryolithe 8, spath fluor 10, feldspath 12, arsenic 1.. Les verres opaques bleus sont obtenus par simple addition du pigment ordinaire. Le verre opaque jaune dit jaune japon est obtenu par addition de sels d’uranium ou d’argent. La couleur verte s’obtient par addition d’oxyde de chrome ou de sulfate de cuivre ou par un mélange de bichromate de potassium et d’oxyde de cuivre. La couleur chair s’obtient avec : sable 100, potasse 42, salpêtre 2,. cendres d’os 30, bioxyde de manganèse 5, L’émail blanc a la composition : sable 100, cryolithe 20, salpêtre 10, minium 10, potasse 10, arsenic 10.
- Pour le verre opalin, Hans Schnuspfeil (ibidem, p. 380) recommande pour l’émail la formule : sable 100, minium 60, potasse 22, cendres d’os 12, oxyde d’étain 12, salpêtre 5, borax 4. On obtient de bons verres de lampes avec: sable 100, potasse 20, soude 6, chaux 8, ^cryolithe 12, salpêtre 3.
- Avec la cendre d’os on emploiera la formule suivante : sable 100, potasse 30, soude 8, chaux 6, cendres d’os 8, salpêtre 3, arsenic 0,5. On remplace souvent la cendre d’os par le guano. Voici encore d’autres formules : sable 100, soude 12, potasse 5, feldspath 15, spath fluor 10, cryolithe 8, nitrate de soude 2, oxyde de nickel; ou sable 1Ô0, soude 17, potasse 5, feldspath 20, spath fluor 12, cryolithe 4, kaolin 5. On peut employer l’alun de potasse comme matière colorante, c’est le cas pour la formule suivante : sable 100, soude 18, alun de potasse 7, cryolithe 12, chaux 7, minium 4, salpêtre 3.
- SUR LE CUIVRAGE DU VERRE
- Nous avons donné une note très courte sur les recherches de M. Chaltaway à ce sujet. En voici le développement.
- La réduction facile de l’oxyde d’argent, en solution ammoniacale est due à Liebig (Annalen; 1835, xiv, 133); et son application à l’argenture des glaces passa rapidement dans le domaine industriel.
- Les autres métaux ne se déposent pas aussi facilement, tel est le cas pour le cuivre. Faraday (Phil. Trans., 1857, p. 145)fit cependant l’intéressante remarque, que l’huile d’olive tenant en dissolution de l’oxyde de cuivre peut, lorsqu’on la chauffe avec une plaque de verre à la température de la décomposition de l’huile, donner un dépôt -brillant de cuivre sur la plaque. Faraday arriva au même résultat par la voie électrique (ibid., 1857 p. 154), en effectuant la décharge d’une batterie de Leyde dans le voisinage d’un capuchon de verre, entre deux électrodes de cuivre.
- Lorsque l’on réduit la liqueur de Fehling avec un excès de glucose, on constate quelquefois un dépôt brillant de cuivre sur les parois de verre. La maison Weiss Kopf de Morchenstein a réussi même à obtenir des dépôts brillants de cuivre sur le verre, Tome 110. — Janvier 1908. 7
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- NOTES DE CHIMIE.
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- par réduction de l’hydroxyde en présence de chlorures de zinc, d’or ou de platine, dans une liqueur contenant du sucre de canne, de la glycérine et de la formaldéhyde.
- M. Chattaway (Chemical News, 1908, p. 20) a fait la très intéressante découverte qu’on peut déposer sur le verre du cuivre de la même manière que l’argent, si on emploie comme réducteur de la phénylhydrazine en présence de soude caustique.
- Le mode opératoire suivant donne toujours de bons résultats. On chauffe un mélange d’une partie de phénylhydrazine fraîchement distillée et deux parties d’eau jusqu’à ce que la liqueur soit limpide. On ajoute alors la moitié de son volume d’une solution saturée à chaud d’hydrate de cuivre dans l’ammoniaque concentrée. L’azote se dégage pendant l’addition et le cuivre passe à l’état d’oxyde cuivreux qui reste dissous dans l’ammoniaque, il ne subit pas d’autre réduction appréciable à froid. On verse dans cette liqueur une solution chaude de potasse caustique à 10 p. 100 jusqu’à l’apparition d’un trouble permanent d’hydrate cuivreux. Si l’on chauffe lentement cette liqueur incolore ou légèrement jaune, en présence d’une lame de verre parfaitement nettoyée, cette dernière se recouvre d’un dépôt miroitant de cuivre. Pour obtenir un dépôt uniforme, il faut laisser environ une heure la glace dans le bain, et ne la retirer que lorsque le bain a repris la température de l’air ambiant; le miroir est alors soigneusement lavé, d’abord à l’eau, puis à l’alcool et à l’éther. On recouvre ensuite d’un vernis séchant rapidement pour empêcher l’action oxydante de l’air.
- Les miroirs ainsi obtenus sont très beaux, et très agréables à cause de la belle couleur rouge du cuivre.
- Pour réussir l’opération, il est nécessaire de nettoyer complètement la surface du verre ; on y arrive par un savonnage énergique, puis lavage avec l’acide nitrique et la potasse caustique. Le verre soufflé est plus propice que le verre poli.
- Un excès d’ammoniaque est nuisible, comme cela se produit dans l’argenture des glaces; au contraire sans excès il accélère le dépôt. Il est intéressant de noter que le cuivre doit être à l’état cuivreux, c’est-à-dire monovalent comme l’argent, pour donner des dépôts miroitants sur le verre.
- LA PRODUCTION DE L’OR
- Dans le Journal of the Franklin Institute, n° de décembre 1907, p. 413, M. L. Gar-rison étudie l’accroissement de la production de l’or et son effet sur le prix de la vie. L’énorme quantité d’or qui est livrée à la circulation, a-t-elle eu une influence sur l’élévation du prix des objets nécessaires à la vie ? l’on sait combien cette élévation s’est généralisée dans toute l’Europe et aux États-Unis, mais si des statistiques précises existent pour l’or, il n’en est pas de même en ce qui concerne la production des aliments, et l’on ne peut se rendre compte de celle-ci qu’en envisageant la population.
- La production de l’or s’est accrue de 16,75 p. 100 dans la période 1896-1897; de 21 p. 100 dans la période 1897-1898; de 8,5 p. 100 dans la période 1904-1905; de 6 p. 100 dans celle 1905-1906. Notons en passant que le dernier accroissement est dû tout entier à la production de l’Alaska, un peu à celle du Nevada; la dernière semble avoir atteint son apogée, tandis qu’il y a beaucoup à attendre de l’Alaska dont il reste une grande, partie à explorer.
- Il semble que durant les. années de bas prix et de dépression du commerce,
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- SUR LE VANADIUM.
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- l’accroissement de la production de l’or a été trois fois plus grand que par les années de prix élevés et d’expansion commerciale. La mise en réserve de l’or a-t-elle donc été supérieure aux demandes ? Il semble en tous cas que plus les affaires prennent' d’expansion, plus grande doit être la circulation des moyens d’échange.
- La conclusion est que nous avons besoin encore de beaucoup d’or. Il reste cher; plusieurs centres de production montrent des signes tangibles d’épuisement ; et pour maintenir l’accroissement de la'production au taux actuel, il faut l’attendre des champs, encore peu développés de la Sibérie, de l’Amérique centrale, de l’Amérique mériclio-nale. En outre la production de l’or dans l’industrie du cuivre forme un élément important.
- Il est difficile de voir comment la production mondiale de l’or peut continuer à s’acroître dans la même proportion que pendant les dernières années, surtout en considérant l’accroissement constant du prix du travail ou, ce qui revient au même, du prix de la vie. L’or est en général très répandu, mais très disséminé; et pour le recueillir, lorsqu’il n’est pas amoncelé, la main-d’œuvre tend à devenir d’un prix trop •élevé.
- CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES EN ALUMINIUM
- L’emploi de l’aluminium dans les distributions d’énergie électrique est exposé par M. B. Fayolle (Bull, de la Société industrielle de l’Est, n° de décembre 1907, p. 42).
- La Société d’énergie électrique du littoral méditerranéen a employé l’aluminium pour les canalisations d’une partie de son réseau. La tension est dans cette ligne triphasée de 50 000"volts, la section adoptée pour chacun des fils est de 110,2 millimètres carrés.
- Il est curieux de mettre en parallèle les propriétés respectives du cuivre et de l’aluminium, et de rechercher quel peut être l’avantage pécuniaire de l’aluminium sur le cuivre.
- Voici d’abord un tableau comparatif des principales propriétés des deux métaux, cuivre et aluminium: point de fusion : 1 035° et 650°; malléabilité: très grande et grande; ductilité : très grande et grande; ténacité : grande et assez grande ; oxydation à l’air sec : nulle pour les deux; oxydation à l’air humide : rapide en présence du gaz carbonique pour le cuivre, nulle pour l’aluminium; densité 8,9 Cu, — 2,56 Al; résistivité à 0° en microhms-cent 1,56 Cu, — 2,907 Al; résistivité à 15° en microhms-cent. 1,74 Cu — 3,076 Al ; coefficient de variation de résistivité par degré centigrade 0,00428 Cu— 0,00 388 Al.
- Les cours actuels moyens par 100 kilogrammes de fil sont de 205 francs pour le cuivre et de 350 francs pour l’aluminium avec quelques pour cent de cuivre.
- Dans le cas spécial qui nous occupe, il faut à l’avantage considérable de l’aluminium sur le cuivre, ajouter les deux suivants, résultant de son poids, moitié moindre avec l’aluminium ; une grande facilité de pose, une grande diminution de la fatigue des lignes et de leurs supports.
- SUR LE VANADIUM, — SUR LE TUNGSTÈNE
- Une bibliographie spéciale a été publiée récemment, par Brandit W. : Die Literatur des Vanadium 1804-1905. Hamburg, 1907.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JANVIER 1908.
- M. J. Kent Smith a présenté, au congrès de l’American Institute of Mining Engi-neers (Bulletin of the institute, sept. 1907), à Toronto, un rapport sur les sources etles usages du vanadium. Il existe un abondant gisement de sulfure de vanadium au Pérou, qui appartient à l’American Vanadium Go, de Pittsburg. Le minerai contient 40 p. 100 de sulfure de vanadium, 31 de soufre, 14 de silice, 4 de sulfure de fer, avec des quantités variables de sulfures de nickel et de molybdène, de l’alumine, de la chaux, etc. On le calcine facilement à l’air, il perd alors 45 pour 100 de son poids.
- Le vanadium est un métal blanc argent très réfractaire ; son point de fusion serait de 2 000°.
- M. Smith a trouvé un peu de vanadium dans les aciers de Suède (environ 0,05 p. 100); et il pense que c’est à cette faible teneur en vanadium que les aciers suédois doivent leurs propriétés remarquables de résistance.
- M. le capitaine P. Nicolardot publie une étude sur les débuts de la métallurgie du tungstène (in Revue de Métallurgie, 1908, p. 9).
- LE CHARBON PULVÉRISÉ
- Les divers modes de pulvériser le charbon, la pratique de • ses applications au chauffage ont fait l’objet d’un intéressant exposé de M. W. D'Ennis, dans l’Engineering Magazine, nos de décembre 1907, p. 463, et de janvier 1908, p. 577.
- L’idée de pulvériser le charbon remonte à Henschel 1831; la bibliographie de la question rappelle les noms de Wegener, 1891, Unger, Friedeberg; De Camp, Ruhl, H. Schwartzkopff, Mac Cauley 1881, Whelpley, Storer 1876, Westlake, Crampton 4871, Stephenson, Bryan Donkin. L’emploi du charbon pulvérisé dans les forges et fourneaux, dans les fours rotatifs pour ciments, se généralise, comme substitut des combustibles liquides, lorsque le transport de ceux-ci les rend trop coûteux; pour fours à vernis, émaillages pour canots automobiles, etc.
- L’application au chauffage des chaudières a fait des progrès moindres. L’utilisation sous forme de briquettes a inspiré plus de deux cents brevets aux États-Unis.
- Le meilleur charbon est celui qui renferme au moins 30 p. 100 de matière volatile.
- La pulvérisation comprend un dégrossissage en morceaux de la grosseur d’une noix, un séchage, un pulvérisage proprement dit.
- L’objet du séchage est triple; il empêche la masse charbonneuse de se mettre en pâte; il permet de mieux alimenter le feu, et surtout d’une façon plus régulière; il rend plus nette la séparation des particules, ce qui assure une combustion plus parfaite. En outre, il donne beaucoup moins de prises à la possibilité des cas de combustion spontanée. Le coût du séchage, qui se fait toujours à feu direct, ne dépasse pas six cents à la tonne. Parmi les sécheurs employés aux États-Unis, M. Ennis décrit les systèmes de la Bartlett and Snow Co de Cleveland, de l’American process Cy’s directheat rotary dryer, de F, Cummer and Son Go de Cleveland. Les gaz qui s’échappent entraînent des poussières qu’on recueille dans une chambre. Pour éviter que de l’humidité ne soit entraînée et déposée dans les conduites, il faut un fort volume gazeux (un excès d’air), et un court trajet dans les conduites.
- Le pulvérisage est la partie la plus coûteuse. Au début, on l’a réalisée avec des broyeuses à barreaux, burr-stones ou stamp-mills.
- Aujourd’hui, pour avoir du fini, on emploie surtout, soit le moulin tubulaire, on des moulins centrifuges, ou des moulins revolvers à balles durcies ou à rouleaux.
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- TOURBE, ALLUMETTES, PAPIER DE LA SUÈDE.
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- Les charbons pulvérisés doivent se conserver le moins longtemps possible, car s’ils ne perdent guère de poids, ils perdent avec le temps une partie de leur pouvoir calorifique.
- La seconde partie de cet exposé traite de l’abmentation et des fourneaux.
- DISSOLUTIONS DE LA FORMALDÉHYDE
- Une contribution à l’étude des propriétés de la formaldéhyde est apportée par M. A. Reychler (brevet belge, mai 1907; et Bull, de la Société chimique, 1907.
- « On sait que le trioxyméthylène est plus ou moins soluble dans des solutions aqueuses d’alcalis caustiques, de carbonades alcalins, de phosphate tribasique de sodium, de sulfite neutre de sodium, etc. Des solutions aqueuses étendues de potasse ou d’acide chlorhydrique (0,013 mol. gr. d’alcab ou d’acide pour 100 grammes d’eau) peuvent servir à préparer à l’aide de trioxyméthylène des liqueurs titrant environ 40 p. 100 d’aldéhyde formique. »
- M. Reychler amis en outre en lumière l’excellence des milieux alcooliques alcalins, au point de vue de la dissolution du trioxyméthylène. Il est même arrivé à préparer des liqueurs exemptes d’eau. « Dans une certaine quantité d’alcool méthylique (éthylique, amylique, etc.), j’introduis un petit morceau de sodium, et après la formation de l’alcoolate, j’ajoute la dose voulue de trioxyméthylène. A la température de 55°, quelques minutes suffisent pour l’obtention d’une solution liquide. »
- En général, les alcools à petits poids moléculaires peuvent être remplacés, en tant que dissolvants du trioxyméthylène, par leurs homologues supérieurs, ou par d’autres liquides munis d’une ou de plusieurs fonctions alcooliques ; tel est le cas pour l’alcool amylique, le .menthol, la glycérine.
- Plus intéressant encore est le mode opératoire qui consiste à laisser agir sur le phénol, légèrement chargé de phénate sodique, une quantité équimoléculaire de trioxyméthylène, et d’alterner le chauffage et le refroidissement, de telle manière que la température du mélange reste pendant cinq à dix minutes intermédiaire entre 75° et 85°. Le solide se dissout alors parfaitement, et la masse refroidie constitue un liquide huileux faiblement jaunâtre, miscible à l’eau en toutes proportions.
- INFLUENCE COAGULATRICE DE LA FORMALDÉHYDE
- MM. Philip Schidrowitz et Frederick Kay é (J. of theSoc. of.Chemic. Ind. 1907,p. 1264), ont étudié l’action coagulatrice de la formaldéhyde sur le latex du Funtania elastica. Le produit obtenu est d’une grande finesse, et les auteurs pensent qu’il sera susceptible d’application chaque fois qu'on aura besoin d’une grande résistance et d’une élasticité modérée.
- TOURBE, ALLUMETTES, PAPIER DE LA SUÈDE
- M. Louis Grandeau, inspecteur général de l’Agriculture, nous donne dans son Journal d’agriculture de savoureux détails sur le voyage d’études qu’il fit il y a quelques mois en Norvège.
- Il nous a décrit la station et le jardin d’expériences que l’Association suédoise pour la culture tourbière possède à Jônkôping; et l’on sait tout l’intérêt que laktourbea
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- m
- NOTES DE CHIMIE. ------ JANVIER 1908.
- comme litière et comme combustible direct, o.u après sa transformation en charbon. Il nous décrit aussi la fabrication des allumettes suédoises et la fabrique de papier de J. Munksjô.
- C’est à Jonkoping également, sur les bords du lac Munksjô, que le Suédois Johan Edward Lundstrôm, il y a un peu plus d’un demi-siècle, créa deux industries florissantes : celle des allumettes au phosphore amorphe, allumettes suédoises, connues dans le monde entier, et celle du papier.
- «Lapremière fabrique d’allumettes au phosphore amorphe. G.-E. Pasch, professeur à l’Institut Carolin de Stockholm, découvrit qu’on pouvait, pour enflammer des allumettes sans phosphore, employer des frottoirs recouverts de phosphore amorphe. Son invention, brevetée le 30 octobre 1844, fut appliquée dès ce jour même par Lundstrôm dans la fabrique qu’il venait de fonder. Le procédé primitif de Pasch pour la préparation du phosphore rouge était peu commode ; il fut rendu plus pratique en Angleterre en 1851 et appliqué dès l’année suivante dans l’usiné de Jonkoping. Quelques années après, à l’Exposition universelle de 1855 à Paris, les allumettes de sûreté étaient très remarquées, et dès cette époque, les produits de la fabrique de Jonkoping, universellement répandus, firent, dans toutes les parties du monde, l’objet d’un immense commerce et subirent aussi d’innombrables contrefaçons.
- La machine dite complète de Lagermann (Komplett-Masckin) est venue réduire au minimum la main-d’œuvre nécessitée par les opérations. Elle avale, pour ainsi dire, les allumettes façonnées par une autre machine, les met en cadre, et les allumettes, entrant à l’une des extrémités de la machine, ressortent par l’autre, préparées, c’est-à-dire trempées de paraffine et de la pâte fulminante, et empaquetées dans les boîtes, sans qu’nn seul ouvrier ait eu, au cours de cette opération, besoin d’y mettre la main.
- La Suède est obligée d’importer la plupart des produits chimiques nécessaires à cette industrie ; phosphore, soufre, sulfure d’antimoine, paraffine, etc. Elle trouve, par contre, dans le pays même, le chlorate de potasse.
- L’espèce'de bois employée presque exclusivement à cette fabrication est le tremble; il est facile à couper, et il est assez poreux pour s’imprégner aisément du soufre et de la paraffine. Les ressources de la Suède en trembles de qualité irréprochable ont actuellement diminué, à tel point que le tremble est devenu l’objet d’une importation considérable, tant de Finlande que de Russie. Les trois fabriques d’allumettes des plus importantes (la Suède en compte une trentaine), sont les deux manufactures de Jonkoping et celle de Tidaholm. En 1898, 27 fabriques occupaient ensemble 5 805 ouvriers; elles produisaient près de 16 millions de kilogrammes d’allumettes (pour la plupart exportés m'a-Hambourg et Londres) d’une valeur totale déplus de 10 millions de francs. Les boîtes à allumettes dites boîtes de copeaux se fabriquent, par millions. Les fabriques, occupant 350 ouvriers, ont livré, en 1898, pour 900 000francs de ces boîtes.
- La fabrique de papier, fondée également à Jonkoping par Lundstrôm, est l’uno des plus importantes de la Suède où cette industrie compte environ soixante usines.
- En 1898, la production du papier, pour l’exportation, s’est élevée dans l’ensemble de ces usines après de 400 000 quintaux, d’une valeur'de 25 millions de francs environ. Les matières brutes employées à la fabrication du papier et du carton, varient nécessairement avec la nature et la qualité des produits fabriqués. La pâte de bois et
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- CARACTÉRISATION DU COTON MERCERISÉ.
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- les chiffons sont les deux matièrés les plus employées. La production de la pâte de bois à atteint 3 400 000 quintaux environ, en 1898, dont un peu de moins de moitié a été utilisée en Suède, le reste d’une valeur dé 22 millions de francs ayant été exporté.
- PAPIERS ET CARTONS IMPERMÉABLES
- Les objets en papier imperméable ont l’avantage d’être à la fois légers et incassables. Pour rendre les feuilles de cellulose imperméables, on les traite par un mélange chaud d’asphalte, de térébenthine et d’une solution de colle forte dans de l’huile de lin, ou encore d’une solution de résine dans un mélange de pétrole, d’huile de lin et de paraffine. On peut aussi, et plus simplement, se contenter de passer à la surface une solution de vernis dans l’huile de lin; mais dans ce cas, le carton n’est durci qu’à la surface.
- Un autre procédé consiste à faire tremper les articles en papier, d’abord dans une solution d’un savon résineux ; puis dans un bain de chlorure de zinc chaud. On exprime, sèche, passe en bain de paraffine et on termine par un vigoureux calandrage. Enfin on peut obtenir un carton imperméable en comprimant à une forte pression un grand nombre de feuilles de papier préalablement trempées dans l’acide nitrique ou dans un nitrate.
- SUR LE MERCERISAGE DU COTON
- A la suite de la publication de M. W. Yieweg dans les Berichte, au sujet de l’action de la soude sur les celluloses, M. O. Miller, chimiste de la manufacture « Trois Montagnes » Prochoroff, de Moscou, rappelle dans les Berichte (1907, p. 4903) son travail sur le même sujet qui a paru il y a environ 18 mois (in Journ. Russ. Phys. chem. Ges. 1905, p. 361). Ces expériences avaient pour principal objectif : la détermination exacte de la formule suivant laquelle la soude et la cellulose se combinent pendant la mercérisation, et que Gladstone avait trouvée égale à C12H20OloNaOH (J. fur prakt, Chemie, t. 56, p. 247).
- Ces recherches ont été effectuées avec un tissu de coton, chauffé pendant 8 heures à 150° dans une solution de soude caustique à 1 p. 100, à l’abri de l’air. Après acidage chlorhydrique, léger chlorage, lavage et séchage, le tissu laissait 0,08 p. 100 de cendres.
- La réaction entre la soude caustique et la cellulose est accompagnée d’un dégagement de chaleur, avec condensation delà cellulose, proportionnellement à la concentration de la solution alcaline; la quantité d’alcali absorbée, au contraire, varie en raison inverse de là température. Il ne paraît pas possible de rattacher ce problème à la formation d’une combinaison chimique ; étant donné le coefficient de partage, dit M. O. Miller, je me prononce provisoirement pour un phénomène de solution.
- CARACTÉRISATION DU COTON MERCERISÉ
- M. Julius Hübner (Proceedings of the Chemical Society, 1907, p. 304) a étudié l’action d’un grand nombre de réactifs sur le coton, avant et après mercerisage. La méthode suivante donne le moyen de distinguer entre le coton mercerisé et le coton ordinaire, et permet même d’apprécier le degré de mercerisage.
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- Le coton à examiner est immergé dans une solution saturée d’iodure de potassium ioduré; après quelques secondes d’immersion, l’échantillon est retiré et lavé 5 ou 6 fois dans une solution d’iodure de potassium à 2 pour 100. Après ce traitement, le coton mercerisé a pris une couleur brunâtre, tandis que le coton non mercerisé reste blanc. Si l’on traite ensuite l'échantillon avec de l’eau, le coton mercerisé passe au bleu noir, tandis que le coton ordinaire reste blanc.
- Un autre moyen consiste à tremper l’échantillon dans une solution aqueuse à 93,3 p. 100 de chlorure de zinc et environ 0,005 d’iode. Dans cette liqueur, le coton non mercerisé reste pratiquement blanc, tandis que le coton mercerisé se colore en bleu marine.
- INDUSTRIE DE LA SOIE ARTIFICIELLE
- De l’état actuel de l’industrie de la soie artificielle, M. Fr. Beltzer donne un long •exposé, dans le Moniteur Scientifique du docteur Quesneville, n° de janvier 1908.
- l’acide HYDROFLUOSILICIQUE EN SUCRERIE ET EN DISTILLERIE
- M. L. Rivière (Bull, de l’Assoc. des chimistes des sucreries, 1907, p. 603) s’est préoccupé de rendre industrielle la fabrication des acides fluorhydrique et hydrofluosili-cique et de leurs sels solubles, en vue de leurs applications en sucrerie et distillerie, en savonnerie et au lavage des laines.
- Jusqu’à présent, pour la fabrication de ces acides, on employait de grandes quantités de matières premières et des récipients d’une capacité supérieure à 1 mètre cube. Ces appareils volumineux ne donnaient qu’un faible rendement, atteignant difficilement 200 kilogrammes par vingt-quatre heures. La méthode de fonctionnement adoptée par M. Rivière, pour la construction d’appareils continus, permettrait d’atteindre un rendement total de 800 kilogrammes avec des appareils dont l’encombrement total est huit fois moindre. D’autre part, en utilisant les fluosilicates alcalins au lieu du fluorure de calcium, le prix de revient a pu être réduit.
- L’acide hydrofluosilicique peut encore être extrait, à peu de frais, des gaz résiduaires provenant de la décomposition des phosphates durs, ou de certaines craies phosphatées employées pour la fabrication des superphosphates.
- L’épuration des jus sucrés par le fluosilicate de zinc, en cristaux très solubles, peut présenter quelque intérêt. Il y a précipitation simultanée de la potasse et de la soude, avec entraînement d’autres composés minéraux et organiques tant en dissolution qu’en suspension. L’acide carbonique, qui était combiné à la potasse et à la soude, précipite le zinc à l’état de carbonate de zinc insoluble. Le fluosilicate zincique peut être régénéré facilement et les matières organiques précipitées tant en nature qu’à l’état d’organates de zinc, sont utilisées soit pour l’extraction de l'azotate ammoniacal, soit directement comme engrais, après dessiccation.
- En distillerie, c’est à l’épuration des moûts destinés à la fermentation, que serviront l’acide hydrofluosilicique ou ses sels solubles, en particulier celui de zinc. Cette précipitation de la potasse avant fermentation permet une réduction notable du volume des jus. On peut fermenter couramment à 12° au heu de 8°. La fermentation s’opère en milieu très acide lorsque l’on emploie l’acide hydrofluosilicique. On obtient une fermentation énergique jusqu’à 6 grammes d’acidité ou 5 d’alcalinité, par litre.
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- LA COULEUR DANS LES COMPOSÉS ORGANIQUES.
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- La précipitation de la potasse peut être pratiquée aussi sur les liquides fermentés ou vins.
- Pour régénérer l’acide hydrofluosilicique, on peut traiter le mélange des fluosilicates potassique et sodique par le bisulfate de sodium; on peut également le façonner en
- briquettes et le décomposer par l’action de la vapeur surchauffée.
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- ' ' LA CAUSE DE LA COULEUR DANS LES COMPOSÉS ORGANIQUES
- M. Percy May étudie dans les Chemical News, des 13 et 20 décembre 1907, p. 283 et 293, l’origine de la couleur dans les composés dits organiques.
- C’est en 1865 que Kékulé donna sa formule hexagonale de la benzine, et il est difficile de faire ressortir comme elle le mérite toute l’importance que prit cette conception dans le développement de la chimie. Les modifications proposées par Claus, par Bæyer et Armstrong n’ont au fond guère d’avantages. Il ne faut pas oublier que la formule de Kékulé est une formule dynamique ; les doubles Maisons sont en rotation continue autour de la molécule, sinon il y aurait 4 produits bisubstitués isomériques et non 3: Toutes les formules proposées ne représentent, d’après Collie, que des phases différentes dans la vibration de la molécule : la formule vraie est située dans l’espace.
- Formule diagonale, Formule centrique,
- Formule hexagonale, Kékulé. Claus. Baeyer-Armstrong.
- /l\ /|\
- l\ /I \l/
- — —>• l/N
- \l/ /|\
- \l/
- C’est en 1888 que Nietzki et Armstrong mirent en avant une structure quinonoïde pour les composés aromatiques colorés. La formule de la quinone est C6H402. Graeber la considère comme un peroxyde et Fittig comme une cétone, et la dernière forme la base de la généralisation que les corps colorés ont une structure quinonoïde. Cette oxydique pararosaniüne incolore prend cette structure, par perte d’eau, et se transforme en fuchsine ; de même les dérivés du tryohénylméthane, soit malachite, violet cristallisé, bleu d’aniline, peuvent être représentés comme ayant cette structure quinonoïde. De même encore, les colorants azoïques, les phtaléines, etc. Mais il faut noter que les paraquinones simples sont rouges, les ortho jaunes ; d’autres faits montrent que si la théorie quinonoïde rend compte de la plupart des cas, un certain nombre lui échappent, et par ailleurs elle n’explique pas pourquoi les corps quinononoïdes sont colorés.
- Chlorhydrate de pararosaniline Chlorhydrate de rosaniline
- (incolore). (coloré en fucshine).
- HO.C = C6H4 ((NH2)2 C = C«H*(NH2)8
- \ /\
- Formule cétonique.
- H
- II
- /\ci
- N
- La théorie des chromophores, de Witt., etc., pose que la couleur est due à certains groupes chromophoriques, tels que: CO — C = C—C = C;—-CO—COC=C, — C=C
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- — GO — C = C, CO — C=C— CO; les deux premiers groupements sont ceux des ortho-quinones, et les deux autres ceux des paraquinones. Le groupement de la rosaniline est=C — N H, celui des arcs — N=N—; un groupement intermédiaire proposé par Witt est — N = C= NH. La théorie des chromophoses, dit M. Percy May, est d’un emploi simple pour coordonner les faits, mais elle ne semble pas posséder une utilité bien féconde par rapport aux autres théories.
- En vue & expliquer la cause même de la couleur, des théories plus ou moins empiriques ont été proposées; aucune n’est absolument satisfaisante; seules, les recherches-spectroscopiques, dont Hartley s’est montré le pionnier, ont fourni une base scientifique pour étudier l’origine de la couleur.
- Hartley a étudié les spectres d’absorption des radiations ultraviolet en étendant de plus en plus la solution étudiée jusqu’à ce que l’absorption ne se produisît plus. Les courbes obtenues ont des formes qui sont en relation étroite avec la constitution chimique des substances étudiées. Baby a perfectionné la figuration des résultats en notant non pas des concentrations ou des épaisseurs de solutions, mais les logarithmes de ces épaisseurs, ce qui fait que tout changement de concentration est figuré par un même changement des ordonnées.
- En examinant le spectre du benzène, Hartley découvrit six bandes d’absorptionr mais plus tard Baly et Colie en trouvèrent sept. (Trans. of Chem. Soc., 1905 LXXXVII, 1332). Actuellement, d’après le travail de Collie (Trans. Chem. Soc., 1897, LXXI, t. 013). il y a sept changements possibles de liaisons entre les atomes de carbone et par conséquent il paraît très probable que le changement des baisons cause les bandes d’absorption. Ceci donne pour la première fois une cause physique de la couleur, et est eu relation avec les recherches de Baby et Desh sur l’acétylacétone CH3. COCH2CO. — CH3. Ces auteurs ont trouvé que l’absorption est la même si l’hydrogène est remplacé par le glucinium, le sodium ou le lourd thorium. Ils en conclurent naturellement que l’absorption n’est pas due à la vibration de l’atome lui-même (H. Gl. Na ou Th) mais au changement actuel de baison CH2—CO ^ CH = CoH, dans la molécule, d’après CH3 — CO~ CIPCOCH3 ^ CH3 — CO CH = C (OH) — CH3.
- Baly et Stewart ont étudié ensuite le spectre des substances contenant le groupe car-bonyle, tels que des cétones ou des quinones, et ils ont conclu de leurs travaux que la réactivité de chaque groupe carbonyle n’est pas inhérente au groupe lui-même, mais est produite par l’action d’atomes voisins. On suppose que de telles actions peuvent prendre la forme du tautomérisme ou d’une, modification de tautomérisme, dans laquelle H n’y a pas de transfert d’un atome d’hydrogène, mais simplement une variation interatomique dans le groupe (— CH2 — CO—).
- En étudiant des composés possédant deux groupes carbonyle en position a l’un par rapport à l’autre, on a trouvé que la position de la bande d’absorption était déplacée vers le rouge, avec production consécutive de couleur. Par exemple, l’éther pyruvique possède une bande d’absorption de grande persistance pour une fréquence de 2.070. Dans ce cas la variation entre atomes peut se représenter ainsi :
- CH3 _ G — G — O — C2H5 CH3 — G — G — O — C2H3.
- Il II • I I
- O O 0 — 0
- Baly et Stewart proposent le terme d’isorropesis pour désigner ce débeat jeu de-forces entre deux carbonyles. La théorie de Tisorropesis donnera une expbeation de la
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- LA COULEUR DANS LES COMPOSÉS ORGANIQUES.
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- cause de la couleur dans les composés quinoniques, car Fisorropesis peut prendre-naissance entre les affinités résiduelles des atomes d’oxygène, qui résultent de l’absorption de lumière dans la région visible du spectre. Il n’a pas été possible de donner plus qu’un schéma de la théorie de l’isorropesis, mais on en trouvera un clair exposé par Baly et Stewart dans l’Astrophysical Journal (sept. 1906. XXIV., p. 100) et dans les Transactions of the Chemical Society. Ces résultats ne sont pas opposés à la théorie ordinaire de la structure quinonique, au contraire, elle lui apporte un appui et indique )pourquoi les composés quinoniques sont colorés.
- Les théories actuelles ne donnent pas d’explication de la couleur de composés tels que la métanitraniline, mais Baly, Edwards et Stewart, ont étendu ingénieusement la. théorie de l’isorropesis aux métaquinones. Ils ont trouvé que les trois nitranilines et les trois nitrophénols en solution alcaline donnent des spectres d’absorption qui indiquent l’existence d’une forme quinonique, et que le processus d’isorropesis est la cause de la couleur. Il faut donc admettre l’existence d’une métaquinone, cela est possible si l’on suppose que la molécule benzénique subit les mêmes vibrations que celles-d’un anneau élastique. La théorie vibratoire de la molécule de benzine s’accorde avec-la plupart des propriétés physiques de la matière et est généralement acceptée.
- Les phases extrêmes de la AÛbration peuvent se représenter ainsi :
- HG
- Il G
- CH
- GH
- ou si l’on emploie la formule ordinaire de l’hexagone :
- GH
- CH
- HG
- HC
- CH
- CH
- et
- CII
- CH
- (*').
- La formule ordinaire de la métraniline en phase (b) est CH
- CII
- H\
- NC
- HC
- c— <0 l’isorropesis avec H2N /\ NO2 HN = C
- ^0
- CH formation de métaquinone sera : * HC
- \/
- C = NfU
- xoir
- CH
- CH
- Cette conception de la métaquinone est naturellement d’une grande valeur, car elle * peut être appliquée à un grand nombre de composés dont la couleur ne peut être expliquée d’après les anciennes théories.
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- NOTES DE CHIMIE. — JANVIER 1908.
- La théorie de l’anneau élastique de benzène a été également utilisée par Baly et Tuck pour expliquer la coloration des composés azoïques. Ainsi l’azobenzène C6H3N— =N — C6H3 existera dans les phases extrêmes suivantes :
- HC CEI
- lie
- c — N = N
- HC HC
- IIC = Cil I I
- I I
- C CH
- I I
- I I
- IIC CH
- et
- H II II II
- C C C C
- Dans la seconde phase, l’atome de carbone qui est uni à l’azote, n’est pas saturé, et par conséquent l’isorropesis peut naître entre lui et l’atome d’azote. Cette manière de voir est en harmonie avec le fait que C6H3 — N = N — CH3 est beaucoup moins coloré que C6H3—N=N—C6H3et d’une manière analogue quand le C6HS est remplacé parmi groupe alkylé quelconque. Les hydrozones des aldéhydes deviennent jaunes, par exposition à la lumière, et Baly et Tuck (Trans. chem. Soc. 1906, LXXXIX, 983) ont démontré que le composé ainsi formé est un composé azoïque dont la couleur est expliquée delà manière précédente.
- Bien que très récente, la théorie de l’isorropesis a servi à expliquer la coloration due aux liaisons des atomes, mais il est des cas où son aide est impuissante, par exemple pour la nitrodiméthylquinone, qui est d’un beau jaune et qu’on ne peut expliquer par aucune théorie. Il reste encore beaucoup à faire, mais il est indiscutable que les méthodes spectroscopiques ont apporté beaucoup de lumière dans les questions de constitution chimique, là où les méthodes purement chimiques étaient restées stériles. L’étude systématique des spectres d’absorption, a dit Hartley, peut seule fournir l’accumulation de faits nécessaires nous permettant d’arriver à une juste conclusion .sur l’origine de la lumière.
- RÉDUCTION ÉLECTROLYTIQUE DE L’iNDIGO
- Cette question a inspiré déjà plusieurs travaux importants; en premier heu, ceux du docteur Fr. Goppelsrœder, et plusieurs brevets, entre autres des Farbwerke de Hœchst. M. H. Chaumat vient de présenter à l’Académie des Sciences (C. R. t. 27, p. 1419) une nouvelle communication dont voici quelques extraits textuels.
- La réduction de l’indigo bleu, en vue de son application à la teinture, se fait actuellement soit par les procédés de fermentation, soit par des procédés purement chimiques.
- « Je me suis demandé, dit M. Chaumat, s’il ne serait pas possible d’utiliser, pour •cette réduction, l’hydrogène dégagé dans un phénomène électrolytique (1).
- Si l’on soumet à l’électrolyse une dissolution aqueuse de carbonate de soude, par une action secondaire bien connue, il se forme à la cathode 2 mol. de soude caustique pendant qu’il se dégage 2 atm. d’hydrogène. De l’indigo bleu en poudre fine mis en
- (1) A notre connaissance, dit M. Chaumat, une seule tentative sérieuse a été faite dans cette voie par la maison Meister Lucius et Bruning et Cie de Hœchst (br. ail. 1902). Mais dans ce brevet on obtient la réduction de l’indigo en suspension dans le bain par une action secondaire (production électrolytique préalable d’hydrosulfite de sodium).
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- INFLUENCE DES ACIDES ET DES BASES SUR LA FIXATION DES COLORANTS. 109
- suspension dans le compartiment cathodique n’est pas réduit par l’hydrogène qui s’y dégage.
- De l’indigo en poudre très line est intimement mélangé à une poudre conductrice quelconque en grains un peu plus grossiers, du graphite, par exemple. Le mélange étant fait, chaque grain de graphite est plus ou moins enrobé d’indigo. Ce mélange est tassé, autour d’un âme conductrice en charbon, dans un sac de toile. Le tout constitue une électrode qu’on relie au pôle négatif d’une source et qu’on plonge dans la dissolution aqueuse de carbonate de soude. L’anode est dans un autre compartiment du voltamètre et peut être quelconque.
- Dans ces conditions, la réduction se produit et l’on peut obtenir facilement dans le compartiment cathodique une solution très concentrée d’indigo blanc avec un rendement de 30 à 40 p. 100 rapporté à la quantité d’électricité.
- Remarquons que pendant qu’il se dégage 2 atm. d’H à la cathode, c’est-à-dire la quantité d’hydrogène nécessaire à la réduction de 1 mol. d’indigo, il s’y forme 2 mol. de soude caustique, c’est-à-dire la quantité nécessaire et suffisante d’alcali pour dissoudre l’indigo blanc formé. Si l’on avait pris, au lieu de carbonate de soude, une dissolution d’un sel alcalino-terreux, pour 2 atm. d’H nous aurions eu cette fois une seule molécule d’hydrate alcalino-terreux. C’est encore la quantité nécessaire et suffisante pour la dissolution de l’indigo blanc.
- Certaines précautions doivent être prises. Si le mélange des poudres était trop intime et trop fortement tassé autour de l’âme conductrice de façon à constituer une électrode à peu près imperméable aux liquides, on aurait une électrode sensiblement homogène, de conductibilité médiocre, et la réduction ne s’accomplirait que par sa surface extérieure apparente, le rendement serait insignifiant. Avec des poudres trop grossières ou un mélange peu intime, le rendement serait encore insignifiant pour des raisons évidentes.
- Avec du carbonate de soude comme électrolyte, pendant qu’il se dégage 2 atm. d’hydrogène à la cathode, il se dégage à l’anode 1 atm. d’oxygène, c’est-à-dire la quantité d’oxygène juste nécessaire et suffisante pour oxyder à nouveau tout l’indigo réduit. D’où la nécessité de séparer le bac à électrolyse en deux compartiments par un diaphragme. Ce diaphragme 'augmente considérablement la résistance électrique du bac et accroît, par suite, la quantité d’énergie nécessaire pour réduire un poids déterminé d’indigo.
- Si le bain contient des sulfites, bisulfites ou même des sulfures alcalins ou alcalino-terreux, employés soit seuls, soit à l’état de mélange, l’oxygène naissant qui se dégage à l’anode est absorbé par ces sels plus facilement que par l’indigo blanc, bien que ces sels ne réduisent pas directement l’indigo... On peut supprimer alors le diaphragme».
- STÉRÉOCHIMIE DE L’INDIGO
- L’étude de la stéréochimie de l’indigo a fait l’objet d’une communication de MM. K.-G. Falk et J.-M. Nelson de la Columbia University à l’American Chemical Society. Voir son Journal, décembre 1907, p.1739.
- INFLUENCE DES ACIDES ET DES BASES SUR LA FIXATION DES COLORANTS
- On sait que l’absorption des matières colorantes par la laine, le charbon animal et la silice précipitée est influencée par les sels. Les ions de signe inverse du colorant
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- NOTE DE CHIMIE. ----- JANVIER 1908.
- activent la fixation et cela d’autant plus que leur valeur est plus élevée; les ions de même signe la paralysent.
- MM. L. Pelet-Jolivet et N. Andersen (Comptes Rendus, 1907, p. 1340) ont étudié la fixation du ponceau cristallisé et du bleu de méthylène par la laine, en solution acide,, basique ou neutre.
- En bain acide, le ponceau cristallisé (colorant acide) est absorbé par la laine en quantité d’autant plus grande que l’acide est plus fort; la quantité fixée en bain neutre •est faible, en bain alcalin, presque nulle.
- Le bleu de méthylène (colorant basique) donne l’inverse ; en solution acide, l’absorption est d’autant plus faible que l’acide est plus fort ; en bain neutre, la fixation est plus considérable; en bain alcalin, elle est maximum.
- Ces faits s’expliquent par l’hypothèse de l’électrisation de contact et sont conformes à la théorie colloïdale delà teinture : en bain acide, les ions chargent la laine positivement et activent la fixation des colorants acides (négatifs), mais retardent au •contraire la teinture des colorants basiques (positifs).
- En bain neutre, la laine, légèrement négative de sa nature, fixe davantage de colorant basique que de colorant acide. En bain alcalin, les ions OH chargent la laine .négativement, circonstance qui accélère la teinture des colorants basiques, mais diminue ceUe des colorants acides.
- SUR LE TANNAGE AU CHROME
- M. Philipldonne dans la Zeitschrift fur angewandte Chemie (1908, p. 10) une étude historique de ce mode de tannage.
- Le tannage au chrome, généralement considéré comme une invention américaine, aurait une origine allemande. F. Knapp, en 1838, a nettement décrit le principe du tannage à un bain, dans un travail intitulé: Die Natur und das Wesen der Gerberei. Mais dans le brevet anglais demandé trois ans après, la méthode de Knapp est notablement modifiée par suite de l’emploi de savons métalliques insolubles, notamment de fer, de chrome ou de manganèse.
- Une nouvelle étape dans l’histoire du tannage au chrome est marquée par le procédé Heinzerling (1870) qui pose le principe du tannage à deux bains, acide chromique -et chromate.
- Le procédé Eitner posa le principe du tannage avec des sels du type S04Cr (OH) et :S04Fe(OH), et tannage final à l’huile, mais U ne se développa pas.
- Le cuir au chrome présente des différences essentieUes avec le cuir tanné aux écorces. Tandis que ce dernier à l’état sec et exempt de graisse peut contenir jusqu’à la moitié de son poids de matières tannantes, le cuir au chrome au contraire contient généralement de 3 à 6 p. 100 et au maximum 10 p. 100 d’oxyde de chrome.
- Eitner (Gerber, 1900-1902) considère au point de vue du tannage au chrome les sulfates suivants :
- 1° (S04)2CrH, sel très acide, qui peut se produire dans certaines circonstances dans •le procédé à deux bains ou par réduction des chromâtes.
- 2° (S04)2Cr2, sulfate de chrome ordinaire, à très forte réaction acide-
- 3° S04Cr (OH), sel basique, situé à la limite de solubilité.
- 4° S04Cr2 (OH)4, sel fortement basique, insoluble.
- Le tannage au chrome dépend de l’acidité ou de la basicité du sel. Les sels acides
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- l’eucérine.
- \ 11
- pénètrent rapidement dans la peau, dans les fibrilles les plus profondes, mais ils ne sont pas complètement fixés et ne résistent qu’imparfaitement au lavage. On obtient une meilleure fixation en plongeant ensuite la peau dans une eau alcaline.
- Les procédés de tannage au chrome se divisent en deux classes: à un bain et à deux bains.
- Le procédé à un bain est le plus jeune; le brevet américain Deunis date de 1893. Il utilise les différents sels de chrome ou leur mélange. Après le tannage, on fait subir un lavage pour éliminer les matières non fixées. Pour neutraliser, on emploie le borax. Eitner a proposé le silicate de soude moins cher. Kauschke lui préfère le phosphate de soude. On fait suivre d’un passage en huile. On emploie généralement à cet effet une émulsion de deux parties de savon et une partie de suif.
- Le procédé à deux bains est dû à Augustus Schultz de New-York (brevet américain du 8 janvier 1884).
- La peau, préalablement préparée, passe d’abord dans un bain de bichromate à 1 p. 100 auquel on ajoute 2,5 parties d’HCl à 40 p. 100 pour cinq parties de bichromate, pour diminuer l’action durcissante de l’acide chromique. Après une durée de trois heures on fait suivre d’un bain réducteur au bisulfite de sodium auquel on ajoute •des quantités croissantes d’acide chlorhydrique.
- TABAC DÉNICOTINÉ
- Le tabac renferme de 2 à 6 p. 100 de nicotine. On le dénicotinise de différentes manières ; les produits sont désignés sous le titre de tabac hygiénique, tabac dénicotiné, •caporal doux de la régie française. Pour dénicotiniser le tabac, on peut lui faire subir une fermentation prolongée, suivie d’un traitement à la vapeur d’eau surchauffée qui vaporise la nicotine. A Genève, procédé Parent, on fait tremper le tabac dans une solution de jus préalablement dénicotiné par une extraction à l’éther de pétrole ; et le tabac se dénicotine de son côté par voie de diffusion. Il faut plusieurs traitements successifs pour arriver à épuiser entièrement la nicotine. Ce procédé a l’avantage de ne pas toucher aux autres principes du tabac et de lui conserver son arôme.
- l’eucérine
- L’Eucérine est un nouvel excipient obtenu de la graisse de laine par M. P. G. Unna (J. de Pharmacie, n° du 1er janvier 1908, p. 26).
- La graisse de laine en général et la lanoline en particulier doivent leur pouvoir absorbant pour l’eau, non pas aux éthers de la cholestérine ainsi que l’admet Liebreich, mais bien aux cholestérines libres et spécialement aux groupes des oxycholestérines.
- La graisse de laine et ses dérivés (crème de lanoline, etc.) possèdent une odeur désagréable de corps gras. Le groupe oxycholestérique au contraire, isolé de la graisse de laine, ne possède aucune odeur de corps gras ; il est encore plus inaltérable que les •éthers de la cholestérine; en outre, il possède un pouvoir absorbant pour l’eau très marqué, propriété qu’il communique aux autres excipients mélangés avec lui.
- L’eucérine anhydre est un mélange de cinq parties de ce groupement alcoolique (oxycholestérines) avec 95 parties d’onguent de paraffine. Cette préparation, mélangée avec son volume d’eau, constitue l’eucérine.
- L’eucérine, malgré sa teneur considérable en eau, peut absorber une forte proportion de solutions médicamenteuses. Unna considère l’eucérine comme étant le meilleur des excipients, surtout en ce sens qu’il ne possède pas de propriétés irritantes.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- Fabrication et entretien des fraises, d’après M. M. T. Ashton (1).
- L’adoption des aciers à outils rapides ou autotrempeurs pour les fraises, qui présente de grands avantages de puissance et de durée, exige des soins particuliers pour* leur traitement thermique et leur affûtage.
- Le recuit se fait dans des caisses en fonte, avec du charbon de bois et des rognures d’acier chauffées graduellement ^ 700 ou 750° et maintenues à cette température pendant quatre heures, puis laissées se refroidir, portes fermées, lentement pendant quarante huit-heûre s. ,
- Pour la trempe, on emploie, à la manufacture d’armes d’Enfield, les fours repré-
- Fig. 1.
- sentés parla figure 1, chauffés au coke avec vent forcé permettant d’obtenir des températures de 1300°. Les fraises y sont empaquetées dans des caisses en .tôles d’acier de 150 X 150 X 75 millimètres, avec du charbon de bois en poudre. Il faut de deux heures trois quarts à trois heures pour atteindre la température finale qui varie de 1100 à 1160° et qui est exactement déterminée, pour chaque classe d’acier, au laboratoire, puis observée, aux fours, au moyen d’un pyromètre optique de Féry.
- Les fraises portées à.cette température sont retirées rapidement du four et placées sur la table de trempe à l’air (fig. 2) pourvue de deux tuyères articulées permettant de souffler de l’air à la fois sur la périphérie de la fraise et sur le moulinet que porte son axe, de manière qu’elle tourne dans ce courant d’air et se refroidisse uniformément; cet air arrive d’une cave, froid et humide. Le chauffage des fraises dans^un four fermé prévient tout commencement de fusion des dents à ces températures éle-
- (1) Institution of mechanical Engineers, London, 20 décembre et Engineering, 27 décembre 1907.
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- Fig. 2. — Table d’autotrempage.
- :''A ï-'t'Æ'S*.'
- Fig. 3. — Meule à dégager les fraises Tome 110. — Janvier .1908.
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- Fig..4. — Meule à dégager les fraises.
- Fig. 5. — Meulage des fi aises hélicoïdales.
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- FABRICATION ET ENTRETIEN DES FRAISES.
- 1J 5
- vées et y empêche toute oxydation et formation' d’écailles. Pour parer à la dilatation du trou de la fraise par la trempe, on le fait de 0,24 millimètres plus petit que fini. Ce finissage se fait en alésant la fraise centrée dans un chuck automatique après trempe.
- Le finissage ou dégagement des dents se fait sur la machine figure 3, avec l’axe porte-fraise pourvu d’un diviseur permettant d’approcher chaque dent successivement de la meule a, montée sur une broche b, commandée pas une poulie c, et disposée sur un châssis à pantographe (fig. 4) permettant à la meule de suivre le gabarit d, sur lequel on appuie la touche f du levier e (fig. 3), La petite meule a est conique à 20°,
- Fig. 6. — Affuteuse.
- pour donner au front des dents un angle de dégagement de 10°, avec l’axe de la meule perpendiculaire à la face radiale de la dent. Pour le finissage des dents béliçoïdales, on emploie le dispositif figure 5, avec le retrait de la meule commandé par une touche engagée dans une rainure héliçoïdale de la broche correspondant aux hélices de la fraise, sans qü’il soit, en pratique, nécessaire d’incliner la broche sur l’axe de la fraise. Ce dégagement des dents se fait ainsi avec précision et plus vite que sur un tour à dégager.
- L’affûtage se fait sur une machine, qui rappelle (fig. 6) celle de Kreutzberger, avec broche de la meule suspendue de manière à lui permettre de suivre un gabarit d’affûtage avec touche au diamètre même de la meule, qui doit être telle que ce diamètre ne varie pas sensiblement pendant un affûtage. Cette broche porte aussi un diviseur et une rainure héliçoïdale pour les fraises en hélice.
- Ces machines permettent de former et maintenir les fraises au profil exact. En outre, les fraises en acier auto-trempeur ainsi réaffutées durent très longtemps. Comme exemple, M. Ashton cite une fraise marchant avec une vitesse de coupe de 35 millimètres par seconde, une avance de 45 millimètres par minute, et une profondeur de coupe d’un millimètre, détachant un copeau de 35 x 22 millimètres, encore bonne après 29 000 fraisages de culasses de fusils. Cette fraise est en acier à 0,5 de carbone résistant à 63 kilomètres à la traction.
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- 116 NOTES DE MÉCANIQUE. --- JANVIER 1908.
- RÉSISTANCE DES MEULES ü’ÉMERI ET DE CARBORANDUM
- et leur rendement économique, d’après M. G. Schlesinger {1).
- L’emploi des meules, qui se répand de plus en plus dans les ateliers, a attiré l’attention des pouvoirs publics sur leurs dangers. En 1896, le Ministerium fur Bandel limitait la vitesse périphérique à 25 mètres par seconde, pour le meulage à sec, et à 15 mètres pour le meulage humide. En 1897, la limite fut portée à 25 mètres pour le meulage à sec ou humide. En 1903, Grübler fit des essais de laboratoire qui montrèrent que les meules étaient susceptibles de supporter des vitesses périphériques plus grandes que 25 mètres (2).
- La figure 1 montre le dispositif employé par Grübler. Les meules, de 500 millimètres de diamètre et 50 millimètres d’épaisseur, étaient calées à la partie inférieure d’un arbre flexible mû par un moteur. L’emploi d’un arbre flexible permettait de dépasser la vitesse critique et de faire éclater la meule sous la seule force centrifuge
- 77777777777777Z77ZW777Æ
- Fig. 1. —Appareil Grübler pour l’essai des meules.
- Depuis, les conditions de fabrication des meules se sont améliorées, et on a pu obtenir des meules n’éclatant pas aux vitesses périphériques de 45 à 55 m./sec. On a admis que ces meules pouvaient supporter ces vitesses dans la pratique du meulage; mais, dans cette pratique, les conditions ne sont pas les mêmes qu’à l’essai ; il suffit de voir (fig. 2) les formes des meules usagées pour s’en rendre compte.
- Les expériences de Schlesinger ont eu pour but de compléter les données théoriques de Grübler par des considérations pratiques.
- Les essais ont été effectués avec des machines à meuler avec support dans les conditions de la pratique, les meules subissant un travail progressif.
- Les essais ont duré trois mois; chaque meule fut éprouvée pendant deux à quatre jours à raison de huit à dix heures par jour; aucun accident ne s’est produit, même pendant le travail le plus intensif.
- (1) Werkstatts Technik, septembre et octobre 1907.
- (2) Bulletin de mars 1906, p. 434.
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- Fig. 2. |— Formes de meules usagées.
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- J 18 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- JANVIER 1908.
- Les essais ont de pins porté sur les points suivants :
- 1° Dépense de travail total de la meule en charge;
- 2° Dépense de travail avide;
- 3° Vitesse périphérique de la meule ;
- 4° Volume d’émeri uséjpar heure ;
- 5° Volume de copeaux (fer) produit par heure;
- 6° Poids de copeaux de fer par kilogramme dépoussiéré d’émeri;
- 7° Dépense de travail pour le passage de la pièce ;
- 8° — pour l’avance de la pièce ;
- 9° • — de la pompe à eau.
- La meule tourne dans l’eau, et, au point de contact avec l’outil, il se produit un
- Fig. 3. — Acier machine.
- Fig. 4. — Acier dur.
- Fig. 5. — Acier tremp
- échauffement tel que le fer et l’émeri brûlent à des températures qui varient de 1 600° à 2 000°, suivant la nature du fer ou de l’acier. Il est à peu près certain, étant
- donnés les 40 litres d’eau fournis par la pompe, que cette ‘ combustion résulte uniquement du meulage et non d’actions chimiques.
- Le dispositif expérimental est constitué par une machine lourde à meuler, dans laquelle chaque mouvement est indépendant. Quatre dynamos actionnent séparément la pièce, la meule, l’avance et la pompe.
- La machine était calculée pour une puissance normale de 10 chevaux. Pour les essais, la meule fut commandée par un moteur de 26 chevaux, chacun des trois autres moteurs étant de 5 chevaux; soit, en tout, 41 chevaux.
- Dans ces essais, la pièce d’acier à travailler est soutenue par un certain nombre de lunettes. Le jet d’eau, de 30 millimètres de diamètre sous une pression de 0,5 atmosphère, n’est pas suffisant pour arrêter la gerbe d’étincelles. Une partie des copeaux peut être recueillie à la partie inférieure et donner ainsi une idée du fonctionnement de la meule. Il est nécessaire que la meule conserve son grain pour faire un bon travail. Les figures 3, 4 et 5 représentent les copeaux d’acier enlevés par la meule et protégés contre la combustion par un fort courant d’eau. Les figures sont à un grossissement
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- résistance" des Meules d’émeri. 119
- quadruple et se rapportent : la figuré 3 à l’acier machine, la figure 4 à l’acier fondu, la figure 5 à l’acier trempé.
- kg PS 56 28
- 52 26
- 98 29
- 99 22 90 20 36 18 32 76 28 19
- ccm/sf
- 16 8 800
- 12 6 600-1-
- 8 9 900 -
- 9 2 200-
- ZuDfel/ungm^—mm 2 9 6 8 10 12 19 16
- Vers.uch /Zr. 8 9 VU 12 73 19. 15
- 2 9 6 8 10 12 19 2 9 6 8 10 .12 19
- 16 1? 18 19 20 21 22 23 29 25 26 27 28 29
- w = 12mm,G w — 19 mm. w = 22nim,8
- Fig. 7. — Acier machine. Vitesse périphérique k i) = 23m,10 par seconde.
- 12 1200
- 10 1000
- 8 800
- 6 600-
- 9 900
- 2 200
- ZusteÜL/nyin 2 9
- Versuch Pc 51 52 53 59 55 56 57
- 10 12 19
- 6 8 -10
- 65 66 67 63 69
- 58 59 60 61 62 63 69
- w — 24 mm.
- Fig. 8. — Acier machine v = 32m,ü.
- V et Vs, volumes de copeaux et d’émeri usé en centimètres cubes par seconde; — N, travail total en chevaux (PS); — Na, travail absorbé par le meulage, ou N moins le travail à vide; — P, effort tangentiel sur la meule pendant le meulage, en kilogrammes. — Zustellung, profondeur de coupe ou pénétration en centièmes de millimètre.
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- NOTES DE'MÉCANIQUE. — JANVIER 1908.
- Pour rendre à la meule un certain grain, on dispose, sur la-machine, un outil spécial diamanté, qui sert en même temps à assurer sa forme circulaire (fig. 6).
- Les figures 7 à 10 représentent graphiquement les essais désignés précédemment. Les figures 7 et 8 se rapportent à l’acier machine, les figures 9 et 10 à l’acier fondu; elles donnent, pour chaque meule, le volume d’émeri Vs, le volume de copeaux Y, le
- 36 18
- 32 16
- 28 18 1800
- 28 12 1200
- 20 10 WOO
- 16 8 800
- 12 6 eoak-
- 8 2 200
- 10 12 18
- 8 10 12 18
- 10 12 18
- 17 18 13 20 21
- 11 12
- v> = llmm,6 w == 17mm,8 w = 23mm,5
- Fig. 9. — v = 33m,10.
- PS
- 36 18
- 32 16
- 28 18 1800
- 28 12 12ÛO
- 20 10 1000
- 16 8 800
- 12 6- 600hr
- 8 2 200
- 8 10 12 18
- Verst/cfiNr: 83 88 83 86 87 88 83 50 51 52 53 58 55 56 57 58 53 60 61 62 63
- w = 14mm,8
- 8 10 12 18
- 3 10 12 18
- w = 10'
- w = 16'
- Fig. 10. — Fonte y —32"’,5.
- travail pour la meule seule N2, la vitesse périphérique v, qui est particulièrement importante, et le travail total N de la machine. Pour des vitesses périphériques de 25 mètres par seconde, on voit que les courbes montent plus vite que pour la vitesse de 35 mètres. En particulier, la courbe P, qui représente l’effort sur le contour de la meule, monte plus rapidement aux faibles vitesses. Ces vitesses v sont de 25 mètres, 30 mètres et 35 mètres, et les avances w de 12 millimètres, 18 millimètres et 24 millimètres par tour de la pièce. Quant à la profondeur de coupe (Zustellung), c’est-à-
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- RÉSISTANCE DES MEULES ü’ÉMERI.
- 121
- dire la pénétration de la meule dans le [métal, elle a monté de 0mm,02 à 0mtn,16. La vitesse périphérique de la pièce est restée constante, et de 30 mètres par seconde, pendant tous les essais. Dans la pratique, cette vitesse n’est jamais dépassée, et c’est précisément la vitesse pour laquelle la meule s’use le plus rapidement.
- L’acier et la fonte se comportent différemment pendant le meulage, et des essais spéciaux, au nombre de 3 600, furent exécutés sur chacun d’eux. Si l’on compare les courbes, on remarque, dans le cas du meulage de la fonte à grande vitesse, que la courbe P, du frottement périphérique, s’abaisse avec la profondeur de coupe (fig. 4). Il existe donc une certaine profondeur de coupe pour laquelle le frottement est maximum. Si l’on veut alors augmenter l’épaisseur des copeaux, c’est aux dépens de la meule qui s’use sans que le travail augmente.
- Les figures 12 à 15 représentent les courbes du travail des meules allemandes et américaines ; ces courbes désignées par G donnent le nombre de kilogrammes de copeaux
- PS ccm/st -22 2200-
- 20 2000
- n noo
- 8 800
- 6 600-ir
- 9 900
- 2 200
- 12 19
- 17 18
- 20 21
- w — 12'
- . Fig. 11. — Fonte u = 23m,8.'
- obtenus par kilogramme d’émeri. Dans la figure 12 par exemple (en haut à gauche), on voit qu’avec une meule allemande travaillant sur de l’acier machine d’une résistance de 50 kilogrammes par millimètre carré, la profondeur de la coupe étant de 0,nm,14, l’avance w de 24 millimètres par tour, et la vitesse périphérique v de 25 mètres, on enlève 10 kilogrammes de copeaux par kilogramme d’émeri. Avec une profondeur de coupe de 0mm,02 on obtiendrait 40 kilogrammes de hmaille. Donc, dans le cas de cet acier, il faut employer une faible coupe et une faible avance, si l’on ne veut pas mettre la meule rapidement hors d’usage. De plus, les courbes croissent avec la vitesse. Dans les figures 12 et 14 (bas), le résultat est le même quoique présenté différemment, les trois courbes superposées correspondent à des avances déterminées. On en conclut que, pour une meule donnée, l’effet utile sera d’autant plus grand que la vitesse sera plus grande.
- Pour la fonte, au contraire (fig. 14), le travail est d’autant meilleur que la coupe est plus profonde et l’avance plus grande.
- La figure 16 représente le cas d’une meule allemande trop tendre, les valeurs correspondent à une profondeur de coupe de 0mm,6. Au delà de cette valeur, le meulage se
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- 25 m.
- iz 10
- Zu$fc//unÿ in V>oo mm
- kg u = 30 m.
- m
- v = 53 m.
- 10 12, «
- kgm/g
- 12 M
- kgm/g
- hgm/g
- "9
- 220
- 200
- ISO
- 1(0
- m
- 120
- 100
- so
- 60
- 10
- 20
- Fig. 12. — Meule allemande sur acier machine.
- E. Travail dépensé en kilogrammètres par gramme de copeau; — G, kilogrammes d’émeri usé par kilogramme de copeau.
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- RÉSISTANCE DES MEULES ü’ÉMERI. 123
- fait aux dépens de la meule, et des morceaux de plusieurs millimètres s’en détachent. Les figures 12 et 14 représentent (courbes E) la dépense d’énergie pour l’acier
- kg m/g
- n 18
- 8 1Ô 12 W 16
- v — 35 m.
- 3200
- 72 1V 16
- Zustellung in 1/wo mm w - - 12 mm.
- w = 18 mm.
- Fig. 13. — Meule américaine.
- machine et la fonte. Cette dépense croît avec la vitesse. Les figures 13 et 13 représentent ces mêmes courbes, mais dans le cas d’une meule américaine; la dépense d’énergie est alors sensiblement la même pour l’acier ou la fonte.
- La figure 17 représente la courbe principale, celle qui donne la force qui agit sur
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- v = 25 m.
- î> =30 m,
- v = 35 m.
- ty/p/f
- hgm/9
- w = 12 mm
- 24 mm.
- Z 6 3 10 12 io
- 2 O { 8 10 1& 10
- 2 0 6 8 10 12 10
- 2.0 6 S 10 12 10
- Fig. 14.
- E, travail dépensé en kilogrammètres par gramme de copeau; — G, kilogrammes d’émeri usé par kilogramme de copeau.
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- RÉSISTANCE DES MEULES d’ÉMERI.’ 125
- la circonférence de la meule pendant le travail. Plus la vitesse est grande, plus la courbe est basse. La meule coupe d’aulant mieux que la force périphérique est plus faible. La courbe (P25) qui représente cette force pour une vitesse périphérique de
- v = 25 m.
- v = 30 m.
- v = 35 m
- 2600
- m 16
- Zustet/ung m 7/wO mm
- 12 1V 1$
- w — 12 mm. ' io — 1S mm. w = 24 mm.
- Fig. 15 — Meule américaine.
- 25 m./sec., est notablement plus élevéeque dans le cas d’une vitessede 30 ou 35 m./sec. La force croît avec l’avance w et la profondeur de coupe (fig. 18).
- La force tangentielle a monté jusqu’au maximum de 60 kilogrammes, dans le cas
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- 126 NOTES DE MÉGANIQUE., ----- JANVIER 1908.
- d’une iqeule allemande travaillant de l’acier; la résistance moyenne de meulage est de 20 kilogrammè. Ces chiffres sont.sensiblement les mêmes pour les meules américaines.
- Dans le cas de la fonte, les courbes s’infléchissent,lorsque l’épaisseur des. copeaux augmente (fig. 19 et 20); à la fin, la force décroît même. La résistance tangentielle a atteint 28 kilogrammes en moyenne et 90 kilogrammes au maximum.
- Avance w constante.
- w = 18 mm.
- Vitesse v constante.
- Fig. 16. — Meule trop tendre.
- Les machines à meuler sont surtout employées pour le polissage, quelquefois aussi pour le dégrossissage. Dans ce dernier cas, il faut éviter de dépasser une vitesse périphérique de 25 mètres par seconde. Dans le polissage, la vitesse doit être beaucoup plus élevée.
- Voici les conclusions de ce travail : •
- I. Acier fondu Martin Siemens : Résistance : 50-55 kilogrammes/m/m2. Carbone 0,3-0,35 p. 100.
- . 1° Pour les vitesses périphériques, de .25-30-53 m./sec.^le rendement spécifique de la meule croît avec,la vitesse. , .'.>•
- 2°: Pour .les avances : vc.de 12-1$ et 24 millimètres par tour .de la pièce, le rendement
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- RESISTANCE DES MEULES d’ÉMERI .
- 12.7
- spécifique de la meule va en diminuant, et cela quelle que soit la vitesse. La plus forte usure de la meule a lieu pour sa vitesse périphérique' la plus faible.
- 3° Profondeur de coupe : t = 0,01 à 0,16 millimètre. Le rendement spécifique diminue avec l’épaisseur du copeau.
- En moyenne, rutilisation de la meule est quatre à cinq fois meilleure pour l =0,01, au lieu de t = 0,14 millimètre.
- Pour le meulage de l’acier, on prendra donc une grande vitesse v, une faible avance w et on fera de petits copeaux. •
- 4° Rendement spécifique de la meule :
- 10 12 11 1S
- 10 12 11
- v = 30 m.
- — Acier machine.
- Fig. 17.
- w = 25 ni.
- L’utilisation de la meule va en diminuant lorsque l’épaisseur des copeaux augmente, ainsi que l’avance w. Le plus grand rendement spécifique a donné 190 kilogrammes de fer par kilogramme d’émeri, pour v = 29 rn./sec., tu =12 milbmètres par tour, et t= 0,01 millimètre. ' .
- Au contraire, on n’a obtenu que 28 kilogrammes de fer par kilogramme d’émeri, pour v = 29 m./, w = 12 milbmètres par tour et t = 0.14 milbmètre.
- 5° Production de copeaux en kilos par heure : la moyenne est de 20 kilogrammes pour de l’acier de densité 7,8.
- 6° Force tangentielle P : EUe décroît lorsque la vitesse périphérique (t>) de la meule décroît. Elle croît avec l’avance (w) et avec la profondeur de coupe (t.).
- t = 0,02 mm. ) w = 12 mm. " ) 12 k;
- t.= 0,02 mm. ) w —12 mm. ^ 7 kg
- VALEURS MOYENNES
- v — 25 m/sec. t= 0,14 )
- ’ F = 28 kg. w = 12 ) . °
- v = 35 m./sec. t= 0,14 ) , w — 12 i P = 23 kg.
- t= 0,14 w = 24
- J= 0,14 l.r = 24
- P = 45 kg. P = 40 kg.
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- 128
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JANVIER 1908.
- La plus grande valeur a été de P max. = 80 kilogrammes.
- 7° Dépense spécifique d'énergie E en kilo gramme très par gramme de copeaux : Elle croît avec la vitesse v, et décroît lorsque w ou t augmentent.
- VALEURS MOYENNES
- t = 0,02 mm. w = 12 mm.
- t = 0,02 mm. w — 12 mm.
- j E = 1930 kgm./gr. w
- v = 25/m./sec. t — 0 14 )
- = 12’ | E = 635 kgm./gr.
- v = 35/m./sec.
- t,= 0 14
- E = 2 070 kgm./gr. w = ^
- *9
- E = 685ikgm./gr.
- t= 0,14 w — 24
- t= 0,14 w - 24
- &
- E = S25 kgm./gr. E=540 kgm./gr.
- ^ 12 mm.
- w =18 mm.
- Fig. 18. — Meule allemande. Acier machine.
- w = 24 mm.
- 8° Nature de la surface : son aspect gagne notablement avec l’accroissement de vitesse. Pour le polissage, la vitesse doit être aussi grande que possible.
- II. Fonte grise ordinaire.
- 1° Vitesse de coupe : v = 25-30 et 35 m./sec.
- Le choix de la meule a ici beaucoup plus d’influence que dans le cas précédent; cependant, le rendement spécifique croît généralement avec sa vitesse.
- 2° Avance de la table : 10 =12-18 et 24 millimètres par tour. De même que pour l’acier, le rendement de la meule croît avec io.
- 3° Profondeur de coupe : t = 0,01. à 0,16 millimètre.
- Le rendement de la meule augmente avec la profondeur de coupe. C’est l’inverse de ce qui se produit pour l’acier.
- Pour le meulage de la fonte, on prendra une grande vitesse v, une avance 10 moyenne, et de gros copeaux. (Cela n’est vrai que pour le dégrossissage.)
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- RÉSISTANCE DES MEULES ü’ÉMERI.
- 129
- 4° Rendement spécifique de la meule. Il augmente avec l’épaisseur des copeaux, mais diminue lorsque w croît. Cela tient à la texture grenue de la fonte.
- Le rendement spécifique le plus élevé a été de 180 kilogrammes de copeaux de fonte par kilogramme d’émeri, pour v= 25 mètres, w = 12 millimètres, t = 0,14 millimètre. On n’a obtenu, par contre, que 50 kilogrammes de copeaux pour v = 25 mètres, w — 12 millimètres, l = 0,01 millimètre.
- 5° La production de copeaux en kilogrammes par heure a atteint la valeur moyenne de 50 kilogrammes, la fonte ayant pour densité 7,2.
- 6° La force tangentielle P diminue avec la vitesse croissante de la meule, et augmente avec w et t.
- t— 0,02 mm. w = 12 mm.
- P = 11 kg.
- t— 0,02 mm. w — 12 mm.
- j P = 8 kg.
- VALEURS MOYENNES
- v = 25 m./sec.
- / = 1244 I P = 2'! kg-
- w = 12 ) °
- v = 25 m./sec. t= 0,14 w — 12
- :27 kg.
- t= 0,14 w — 24
- P = 42 kg.
- t= 0,14 w — 24
- P = 32 kg.
- Ces valeurs sont très voisines de celles obtenues pour l’acier.
- 7° Consommation spécifique E d'énergie en kilo gramme très par gramme de limaille. Elle augmente avec l’accroissement de vitesse (v) et diminue lorsque w on t croît.
- VALEURS MOYENNES
- t — 0,02 mm. w = 12 mm.
- E = 2180 kgm./gr.
- v = 25 m./sec.
- IZ j E = 340 kgm./gr.
- t= 0,01 mm. w —12 mm.
- E=2230 kgm./gr.
- v = 33 m./sec t— 0,14 w — 12
- E — 690 kgm./gr.
- /= 0,14 w — 24
- E — 330 kgm./gr.
- t — o 14 )
- w = 24’ jE = 480 kgm./gr.
- 8° L’aspect de la surface travaillée gagne avec la vitesse. Pour le polissage de la fonte, l’emploi de vitesses élevées est encore plus nécessaire que pour l’acier.
- La figure 21 représente la répartition des forces sur la surface de la meule. Pour démontrer l’influence de la force P, un essai a été effectué dans les conditions les plus défavorables pour la meule. La vitesse de cette dernière était de 35 m./sec, celle de la pièce en acier était de 30 m./sec. L’avance longitudinale fut portée au maximum: 50 millimètres, c’est-à-dire la largeur de la meule. L’épaisseur des copeaux était de 0,16 millimètre. Au bout de trois minutes, le diamètre initial, qui était de 488 millimètres, fut réduit à 386 millimètres, soit une usure de 3 500 centimètres cubes d’émeri, correspondant à un poids de 8kg,5. Pendant ce temps, la pièce n’a perdu que 305 centimètres cubes, soit2ks,4. Malgré ce travail considérable, le décentrement de la meule ne dépassait pas 0,05 millimètre. Les forces tangentielles du meulage produisent un émiettement de la meule sans déterminer son éclatement.
- La force centrifuge est calculée d’après la vitesse périphérique, les dimensions et la densité de la meule. La résistance du meulage est obtenue par la différence entre la marche à vide et en travail. Pour une vitesse périphérique de 35 m./sec., la tension due à la force centrifuge correspond, d’après les essais d’éclatement, à un coefficient Tome 110. — Janvier 1908. 9
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- 130 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ JANVIER 1908.
- de sécurité variant de 5 à 10. Par contre, la force tangentielle du meulage détruit rapidement la meule, bien avant que le danger d’éclatement ne prenne naissance.
- Les meules ont été essayées à la traction et à la compression; pour mesurer leur dureté, on les a soumises pendant 3 minutes à un injecteur à jet de sable fonctionnant avec de la vapeur à 3 atmosphères. Ces essais, comparés avec les précédents, montrent que les meules les meilleures sont celles qui offrent le moins de résistance au
- ro n
- Pénctr.
- v = 25 m.
- H Zl 01 ___9 * Z
- h
- Fig. 19. — Meule allemande. Fonte. *9
- 10 n if i6
- v — 30 m.
- Fig. 20. — Meule américaine. Fonte.
- v = 35 ni
- 12 1f 75
- jet de sable, c’est-à-dire les plus tendres. Le degré d’agglomération (dichtigreilsgrad), v
- d — -mesure celte résistance (r = densité de la meule, s = densité de l’émeri.)
- Pour déterminer le coût du meulage, on a déterminé:
- 1° La dépense d’énergie en pfennig par heure ;
- 2° La consommation d’émeri en pfennig par heure;
- 3° Là dépense totale (1° + 2°);
- -t° La dépense pour produire 100 centimètres cubes de copeaux; la mesure de
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- RÉSISTANCE DES MEULES d’ÉMERI .
- 131
- •l’unité'de travail utile fourni par la meule étant représentée par 1 centimètre cube de .copeaux dé fer.
- Dans ces essais, on n’a pas tenu compte de la main-d’œuvre; mais comme le même ouvrier a passé le même temps pour chacun des essais, les chiffres obtenus sont comparables entre eux.
- Une autre difficulté dans l’établissement de ces prix de revient du meulage, c’est la variation du prix des meules. Le prix d’une meule dépend, dans une très grande mesure, de la nature de l’agglomérant; une pâte céramique, dans certains cas, peut coûter 50 fois plus qu’une pâte de magnésie.
- Les meules essayées étaient, dans la proportion de 60 p. 100, à liant céramique, le reste à liant végétal. Le prix de ces meules de même dimensions (diamètre 500 mm., largeur 50 mm.) a varié de 24 M. (30 fr.) à 84 M. (105 fr.). Le diagramme figure 22 donne, en ordonnées, le prix en pfennig par centimètre cube et en abscisses le diamètre des meules. A partir d’un diamètre de 300 millimètres, le prix du centimètre cube est le même pour une même catégorie de meules. Les meules américaines sont notablement plus chères que les meules allemandes.
- La figure 23 représente le prix du meulage d’après la dépense de force, d’émeri, et la production de copeaux.
- K* représente le prix de la force, Ks le prix de l’émeri, K la dépense totale, et k la dépense spécifique pour 100 centimètres cubes de copeaux.
- Pour le calcul du prix de la force Kk, on a adopté 7, 5 pfennigs pour prix du cheval-heure effectif (9,375 centimes). Quant au prix du centimètre cube de meule Ks, il a été calculé en prenant pour son volume la partie hachurée (fig. 25) égale à
- - (Da2—302)xB, la meule ne pouvant servir que jusqu’au diamètre de 30 centimètres.
- Prix du meulage de Vacier machine :
- 1° La dépense de force croit avec l’avance (m;=1 2-18-24 millimètres) ; elle croît avec l’épaisseur des copeaux ; à partir de t = 0,06 millimètre, l’augmentation est très faible, elle reste presque constante de t= 0,08, jusqu’à t =0,14 millimètre. Le prix de la dépense de force croît légèrement avec la vitesse (v). Les limites sont :
- K* = 70 pfen / heure pour l = 0,02 millimètre.
- K/t = 135 pfen / heure pour t= 0,14 millimètre.
- 2° La dépense d’émeri croît avec l’avance (w) et surtout avec l’épaisseur de coupe (0 ; par contre, elle diminue lorsque la vitesse croît ;
- 3° La courbe K, représentant la dépense totale, est presque toujours sensiblement parallèle à la courbe de la dépense d’émeri. C’est une droite ascendante.
- 4° La courbe k, qui représente la dépense nécessaire pour produire 100 centimètres cubes de copeaux, présente un tout autre caractère. Elle montre que, pour les trois vitesses considérées v — 23-30-35 m. sec, et les avances io = 12-18-21 millimètres par tour, la profondeur de coupe t a seule une influence décisive. La dépense spéci-
- Fig. 21.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. :— JANVIER 1908.
- fi que diminue avec la vites se croissante (v) et décroît avec l’avance (ic). La pratique du meulage à grande vitesse, faible avance (tu) et faible épaisseur de coupe (environ 0,04 millimètre) est donc justifiée.
- La plus faible dépense spécifique oscille, suivant l’origine et le prix de la meule, entre 21 et 55 pfen. par 100 centimètres cubes.
- Si l’on prend la moyenne de tous les résultats, on obtient, v et tu restant constants, comme dépenses spécifiques :
- k = 60 pfen. (25 cent.) pour 100 centimètres cubes de copeaux fins (/ = 0,02 millimètre).
- <tO 80 120 160 200 2V0 280 320 360 VOO VIO V80 520
- Diamètre en mm. Fig. 22.
- h = 20 pfen. (25 cent.) pour 100 centimètres cubes de copeaux moyens t = 0,04. 0,06 millimètre). -
- h== 55 pfen. pour 100 centimètres cubes de gros copeaux (jusqu’à £ = 0,14 millimètre).
- On peut en conclure que l’influence de la grandeur de l’avance (w) sur la dépense spécifique est sensiblement nulle ; une élévation de la vitesse, au contraire, diminue le prix du travail.
- Prix du meulage de la fonte :
- 1° La dépense de force, d’une manière générale,' croît modérément, avec v et w ; elle croîtlrès lentement avec t jusqu’à la valeur t = 0,04 millimètre, et reste invariable au delà. Les valeurs de K,c oscillent entre 70 pfen. par heure pour t — 0,02 millimètre et 135 pfen. pour t = 0,14 millimètre (comme pour l’acier) ;
- 2° La consommation d’émeri croît beaucoup plus lentement que dans le cas de l’acier. Elle augmente rapidement avec tu, modérément avec t, et diminue avec des vitesses croissantes ;
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- RÉSISTANCE DES MERLES d’éMERI .
- 3° La dépense totale suit les mêmes variations que la dépense d’émeri ;
- 4° La dépense spécifique k diminue lorsque l’épaisseur des copeaux augmente, jusqu’à f = 0,08 millimètre : au delà, et jusqu’à t— 0,14 millimètre, elle reste sensiblement invariable.
- La valeur minimum se trouve aux environs de t = 0,08; elle oscille, suivant le
- w — 21 mm
- •w — 18 mm.
- 20 zi
- 77 18
- 81 12 1200
- 20 10 1000
- Zusfet/uûg /n jjïQ mm 2 ^ersi/cfi Ofr. 1
- Fig. 23. — u = 23 mm.
- prix de la meule, entre 11 pf. et 43 pf.pour 100 centimètres cubes. Un résultat intéressant : c’est que les meules les plus chères (américaines) se sont montrés les plus économiques par leur production. La valeur moyenne est sensiblement la même quels que soient tu et v ;
- k = 60 pfen. pour 100 centimètres de fins copeaux (t = 0,02 millimètre cube).
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -— JANVIER 1908.
- k = 25 pfen. pour 100 centimètres de gros copeaux (/ = 0,14 millimètre cube).
- Le’ résultat le meilleur a été k= 11 pfen.
- Comparons maintenant le prix du meulage^avec le prix de revient du même tra-
- io — 21 mm.
- w = 12 mm.
- Fig. 24. — v = 34 mm.
- vail effectué avec une fraiseuse et une raboteuse, en prenant la production maxima de ces dernières machines, soit 8 à 10 kilogrammes de copeaux par heure.
- Ce chiffre est plutôt défavorable au meulage, qui peut donner jusqu’à 65 kilogrammes par heure. Au point de vue de la production, la machine à meuler vient en première ligne. Mais la comparaison devient défavorable si l’on considère l’énergie dépensée. Pour des petits copeaux, à raison de 1 kilogramme par seconde, la machine à fraiser dépense 2 310 chevaux, la machine à raboter 2 800 chevaux et la machine à meuler 21000 chevaux. Pour de gros copeaux, les chiffres s’améliorent : machine à fraiser 1 060 chevaux, machine à raboter 1 190 chevaux; machine à meuler 4 120 chevaux. La machine à meuler est donc, à ce point de vue, bien inférieure aux autres machines. Elle peut cependant entrer en concurrence avec ces machines à cause du fini et de la rapidité de son travail, qui ne peut être atteint par aucune autre machine. ' '
- ESSAIS DES MÉTAUX PAR FLEXIONS RÉPÉTÉES. — APPAREIL DU CAPITAINE SankeiJ (1).
- »
- M. le capitaine Sankey a proposé, pour l’essai rapide et manuel des métaux à la flexion répétée, l’appa'reil très simple représenté parles figures 1 et 2. Dans cet appareil le barreau à essayer, de 9mm,5 de côté X 100 millimètres de long, est saisi par un étau fixe A et une mâchoire mobile B, pivotée en D, et solidaire de la coulisse CC, également pivotée en D,' et que le levier E entraîne par la compression des ressorts FF, réglables par les vis NN. Lorsqu’on fait osciller le levier L de 180° entre les tocs M et M', la compression des ressorts FF est, à chaque instant, proportionnelle à la résistance opposée par l’éprouvette au pliage,- et cette compression est enregistrée sur le disque
- (1) Engineering, 45 février, 20 et 27 décembre 1907.
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- Fig. 1. — Machine à essayer Sankey.
- 91S3 0
- Fig. 2. — Machine à essayer Sankey.
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- JANVIER 1908.
- 136 NOTES DE MÉCANIQUE. -------
- fixe K par un style,disposé en G, au bout d’un bras pivoté en H. Chaque fois que F est
- PIECE NU._________ - PIECE N° 2
- —
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- Carbon/ Content/ 0 130 0-180
- PIECE N? S.
- Carbon.-Content. O- 254
- 0-722
- Fig. 3.
- arrêté par le toc M’, un cliquet L fait tourner le disque K d’une dent, de sorte que le style G trace sur K une série d’arcs passant par son centre et dont chacun d’eux repré-
- Teneur en carbone. Teneur en carbone.
- Fig. 4. — I, Effort d® courbage initial ; M, Effort de Fig. 5. — B, Allongements ; X, Striction ;
- courbage maximum; R, Striction à la traction ; N, Nombre des courbages.
- R&, Striction au courbage.
- sente.deux pliages, l’un dans un sens, l’autre dans l’autre. Les cercles concentriques de K indiquent, en pieds livres, les moments de pliage correspondants.
- Produit de l’allongement par ia striction.
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- EXPLOITATION 'DES GISEMENTS DE NICKEL DANS LA NOUVELLE-CALÉDONIE. 137
- Le nombre des pliages nécessaires pour produire la rupture est donné d’après celui n des arcs du diagramme, par la formule N =in — 2,5 4- X, dans laquelle X désigne un nombre variable entre 0 et 2, qui dépend du point du dernier pliage où s’est effectuée la rupture. Dans le cas du diagramme figure"2, on a X = 0,7. Connaissant la longueur de l’arc décrit à chaque pliage par le point d’appui des ressorts F (dans le cas actuel, deux pieds au rayon d’un pied), on peut calculer le travail de la rupture en multipliant le moment moyen du pliage par cette longueur et par N.
- Pour plus de facilité dans l’évaluation de ces travaux, on a, dans une nouvelle machine, remplacé le disque par un cylindre sur lequel les travaux de pliage sont représentés par des rectangles comme ceux ombrés sur la figure 3, qui en donnent une image frappante, la largeur de chaque petit rectangle représentant, à une échelle connue, la distance constante parcourue par un point du levier à 1 pie$ de l’angle de pliage, et sa hauteur l’effort moyen correspondant, en dessous de l’axe pour les pliages à gauche, et en dessus pour ceux à droite.
- Pour les différents aciers correspondant aux diagrammes de la figure, les ruptures se firent, respectivement aux 0,7 de dernier pliage, à la fin exactement de ce pliage puis aux 0,7 0,8 0,6 et 0,7.
- On voit que, dans presque tous ces essais, l’effort du premier pliage est un peu moindre que celui des suivants, jusqu’à ceux voisins de la rupture. Dans certains cas cette rupture s’annonce par de petites criques ; dans d’autres, elle se produit sans aucun avertissement avec un bruit sec (cas marqués « snapped » en fig. 3).
- Le diagramme figure 4 montre la concordance entre les essais des mêmes métaux : n° 1 à 8, par le pliage et par traction. Le diagramme figure 5 donne la relation entre le nombre des pliages, jusqu’à la rupture, et le produit de l’allongement de rupture parla striction, et montre que ce nombre de pliages est fonction de la ductilité; il en est de même si l’on prend comme mesure de la ductilité le produit de la limite d’élasticité ou de.la charge de rupture par l’allongement correspondant. L’essai par pliages répétés permet donc d’apprécier la qualité des aciers comme en combinant les essais de traction et par chocs, et, de plus, les aspects des cassures par pliage fournissenî des renseignements complémentaires très précieux.
- EXPLOITATION DES GISEMENTS DE NICKEL DANS LA NOUVELLE-CALÉDONIE
- d’après G. DieAerich (1).
- Les concessions de mines sont réparties entre des sociétés de nationalités diverses, mais la plus importante est la société française « le Nickel », qui possède les mines situées le long du fleuve Thio. Elle occupe environ 1 700 personnes, dont la majeure partie habitent les environs de la ville de Thio; sa production en nickel à 99-99,5 p. 100 s’élevait, en 1880, à 200 000 kilogrammes, et, en 1905, à 4 000 000 de kilogrammes.
- Le minerai calédonien possède, en moyenne, une assez faible teneur en nickel, contrairement à ce qu’on avait cru tout d’abord, d’après les beaux échantillons rapportés par Jules Garnier. Le minerai vert, trouvé au début, donnait à l’analyse de 30 p. 100 à 40 p. 100 de Ni, tandis que l’on ne compte actuellement que sur une teneur de 7 p. 100. Enfin, dans les sables et glaises, il faut retrancher environ 25 p. 100 d’humidité, ce qui donne environ 45 kilogrammes de nickel métal par tonne de minerai. Le
- (1) V. Deutscher Ingenieure, 16 novembre 1907.
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- 138
- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JANVIER 1908.
- transport, d’un minerai aussi pauvre jusqu’en Europe est donc très coûteux. L’essai d’installation de fonderies à Nouméa, vers 1880, a d’ailleurs échoué.
- Les gisements nickelifères sont situés dans les régions montagneuses peu accessibles, et leur répartition est très variable. La présentation du minerai se fait en morceaux depuis la grosseur du poing jusqu’à des nids de plusieurs centaines de mètres
- Station de chargement. Station de déchargement.
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- I 1/M ! c? fO û 0
- Z //7/e I
- b/nie I
- Fig. 2.
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- Langer* )< :— * Hôtien
- Station im Meer
- 30,o 30,o
- Fig. 3. — Quai et-funiculaire d’embarquement.
- Fig. 4. — Quai d’embarquement.
- Pile du funiculaire,
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- EXPLOITATION DES GISEMENTS DE NICKEL DANS LA NOUVELLE-CALÉDONIE. 14i
- cubes, lesquels sont cependant assez rares. L’extraction se fait à ciel ouvert, très souvent par fouilles en terrasses. Cette première partie de l’exploitation est relativement facile ; le transport du minerai jusqu’à la côte et son chargement sur les bateaux ont présenté au contraire de sérieuses difficultés.
- Au début, lorsque les quantités déminerai à transporter étaient relativement faibles, le chemin de fer qui suit la vallée du Thio suffisait; le minerai étant porté jusqu’à la station à l’aide d’hommes ou de bœufs. Mais il fallut bientôt songer à relier les mines à la station de chemin de fer soit par un chemin de fer à crémaillère, soit par un funiculaire. Ce dernier mode beaucoup plus économique fut adopté.
- La région montagneuse comprise entre la station terminus de chemin de fer et la région minière présentait de grosses difficultés, entre autres une portée de 720 mètres (fig. 1). Le funiculaire a été construit par Bleichert, de Leipzig. Ce système s’est parfaitement comporté malgré les tempêtes et typhons fréquents dans la région. Pour
- Fig. 5. — Quai d’embarquement.
- desservir les différentes mines, d’autres funiculaires, de construction plus simple, rayonnent de la station principale de chargement, et amènent à cette dernière une moyenne de 120 tonnes par jour. Le district des mines Bornet emploie de 200 à 250 ouvriers, la production journalière de chacun est donc d’une demi-tonne environ. Ce chiffre, relativement faible, est dû à ce que le minerai subit sur place un commencement de triage et à ce que le minerai des nids peu importants est transporté dans des sacs, à dos d’animaux. La main-d’œuvre minière, par tonne de minerai, s’élève ainsi à 10 ou 11 francs; comme une tonne renferme de 50 à 55 kilogrammes de métal, cela fait environ 0 fr. 20 par^kilogramme de métal.
- Le personnel qui s’occupe des funiculaires est restreint : environ 24 hommes, dont 4 pour le funiculaire principal.
- Les câbles secondaires atteignent de 300 àl 000 mètres. Le minerai est mis en sac sur place, et roulé jusqu’au câble dans des wagonnets.
- Le funiculaire principal a une différence de niveau totale d’environ 200 mètres, Comme le transfert des matériaux sur la voie de retour est presque nul, on a adopté un funiculaire à freinage, c’est-à-dire que le poids seul du minerai suspendu suffit pour
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- assurer la marche. Des freins automatiques maintiennent la vitesse au voisinage de 2m,5 par seconde.
- La station de déchargement estformée par un magasin de 175 mètres cubes, pouvant recevoir 250 tonnes de minerai. Le chemin de fer à voie unique, qui fut construit par Koppel, de Berlin, arrive directement sous les trémies de chargement. Il est à voie de 1 mètre ; sa longueur est de 12 kilomètres environ, la dénivellation de 25 mètres seulement. Les wagons en fer, de trois mètres cubes, soit 4 tonnes de minerai, se déchar-
- Fig. 6.
- gent par le fond. Chaque train comporte 15 wagons, de sorte que deux trains par jour suffisent.
- Un' second chemin de fer part de Thio, vers l’ouest, et dessert une mine moins importante que celle de Bornet, sa production est environ de 10 tonnes par jour. Il est complété également par un funiculaire.
- La seconde difficulté à résoudre était la création d’un dépôt de minerai à la côte, et un chargement rapide des voiliers qui portent le minerai en Europe.
- Sur la proposition ,de la firme Bleichert, on s’est décidé à construire un quai d’embarquement en mer, à environ 1 kilomètre de la côte. Ce pont d’embarquement est muni de tous les appareils nécessaires au chargement ou déchargement des navires ; et il est relié à la terre par (fig. 3 et 6) un funiculaire dont les câbles sont à une hauteur telle que, même dans les plus gros temps, les vagues ne puissent l’atteindre. Cette construction s’est montrée beaucoup moins coûteuse que celle d’un môle.
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- L’installation comprise entre le chemin de fer et le navire devait pouvoir assurer les services suivants :
- 1. Le déchargement des navires, amenant du ballast ou du charbon.
- 2. Le déchargement des bateaux de minerai, venant des mines voisines.
- 3. L’amoncellement de ce dernier minerai sur un quai, au.bord de la côte.
- A. Le transport du sable ballast apporté par les navires.
- 5. Le transport du charbon et son amoncellement dans un dépôt sur le bord de la côte.
- 6. Le transport du minerai venant du chemin de fer jusqu’au dépôt de minerai (comme en 3).
- SOOO
- £ 2500.
- -Z 500
- Fig. 7. — Coupe par une pile du pont d’embarquement.
- 7. Le transport du minerai soit du chemin de fer au bateau, soit du dépôt de minerai jusqu’au bateau. •
- 8. La reprise du charbon et son chargement sur les'charbonniers.
- 9. Le transbordement des personnes et des marchandises, entre les navires et la côte.
- L’installation a ceci de particulier que la commande de toutes les lignes est assurée du même point. La station centrale est située près delà mer, à côté de la station du chemin de fer venant des mines Bornet. La figure 2 représente toute l’installation.
- La construction du pont d’embarquement, et celle du funiculaire au-dessus de la mer furent très diffi cul tueuses, (fig. 3 à 7). Le fond de la mer est d’abord rocheux et plat, puis vaseux et sans résistance. La maison F. H. Schmidt, qui fit les travaux
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- de fondations, adopta le mode de construction suivant : Les caissons devant servir d’enveloppes aux piliers de béton furent construits à terre, en bois avec carcasse de fer, puis foncés en mer. Le fond de la mer fut d’abord dragué jusqu’au lit de galets, et garni de quartiers de roche sur une hauteur de 3 ou 4 mètres. Les caissons étaient formés de deux cylindres creux concentriques ayant respectivement 10 mètres
- Fig. 8. — Grue du pont d’embarquement.
- et 14 mètres de diamètre, et 11 mètres de haut, avec un seul fond-annulaire de 2 mètres de large. Les caissons furent remorqués jusqu’à l’endroit du fonçage ; le premier, lesté avec de l’eau, faillit se renverser sous l’influence du remous et du déplacement du lest-L’espace annulaire fut rempli de béton et l’intérieur de morceaux de roches.
- Pour éviter les efforts latéraux sur les piles, les bateaux sont amarrés à des bouées indépendantes de la maçonnerie. Ces bouées sont fixées par des chaînes à d’énormes blocs de béton de 15 à 20 tonnes, coulés au fond de la mer.
- Le pont d’embarquement est formé dé deux parties qui s’appuient sur la pile mé-
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- diane. Chaque partie a 35 mètres de long, avec une portée de 29m,5. Les deux grues (fig. 8 et 9) ont une portée de 11 mètres; leur hauteur totale est de 26m,35, la largeur totale de 10,u,30.
- Le funiculaire au-dessus de la mer peut transporter 100 tonnes par heure dans
- Fig. 9. — Grue du pont d’embarquement vue par bout.
- chaque direction, soit 200 tonnes au total. Les deux grues ensemble peuven ournn le même travail, soit 100 tonnes de minerai pour le chargement, 60 tonnes e sa e 40 tonnes de charbon pour le déchargement. Un bateau de 3000 tonnes, qui exigeai trefois de vingt à soixante jours pour faire son chargement ne demande p us aujom d’hui que deux ou trois jours. La main-d’œuvre se trouve réduite considéra eme lieu de plusieurs centaines d’ouvriers, quelques douzaines suffisent. ,
- Cette importante installation fonctionne depuis la tin de 1906. a comman avait été donnée fin 1902.
- Tome 110. — Janvier 1908.
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- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du c27 décembre 1907.
- Présidence de M. Bérard, vice-président.
- M. Bérard lait part du décès de M. Rossigneux, président du Comité des Constructions et Beaux-Arts, dont il vient d’être informé; il se fait auprès de la la mille de M. Rossigneux l’interprète des très vifs regre ts que laisse parmi nous ce vénéré collègue.
- M. Hitier, secrétaire, présente, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants offerts à notre bibliothèque :
- 1. Annuaire pour l’an 1908, publié par le Bureau des Longitudes.
- Paris, Gaulhier-Villars.
- La librairie Gaulhier-Villars (55, quai des Grands-Auguslins) vient de publier, comme chaque année, Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1908. Suivant l’alternance adoptée, ce volume, de millésime pair, contient, outre les données astronomiques, des tableaux relatifs à la physique, à la chimie, à l’art de l’ingénieur. Cette année, nous signalons tout spécialement les notices de M. G. Bigourdan : La distance des astres et en particulier des étoiles fixes, et celle de M. F. Guyou : L'École d'Astronomie pratique de l’Observatoire de Montsouris. In-16, de plus de 950 pages, avec ligures et planches.
- -• Monier (IL). — La Télégraphie sans fil et la Télémécanique à la portée de tout le monde. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Dans cette troisième édition, l’auteur rend compte des dernières découvertes de la télégraphie sans fil et principalement des progrès de la syntonisation, question de la plus grande importance, puisqu’elle assure le secret des dépêches, tout en augmentant leur portée.
- Il passe en revue les principales stations du monde, parmi lesquelles se trouve la tour Eiffel, station qui deviendra la plus puissante quand son installation sera définitive, grâce à la hauteur des antennes qui constituera toujours un avantage considérable.
- Enfin, l’auteur nous fait connaître la téléphonie sans fil, qui permet d’obtenir la transmission lointaine des dépêches, et il nous entretient de cette nouvelle science : la télémécanique, dont les applications sont merveilleuses.
- Le docteur Branly termine ainsi sa préface : « Ceux qui auront la bonne fortune de lire cet ouvrage connaîtront ce qu’on sait sur la question après n’avoir eu que peu d’efforts à faire. »
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- 3. Maupeou d’Ableiges (comte de). — Éléments delà mécanique du choc.
- Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- i. Devaux-Charbonnel. — État actuel de la science électrique.
- Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- M. Poincaré, membre de l’Institut, a écrit en tête de cet ouvrage une préface dans laquelle il fait le plus grand éloge du travail de l’auteur :
- Cet « ouvrage n’est pas seulement un traité didactique destinée à la vulgarisation, c’est une œuvre vraiment originale. »
- L’auteur étudie successivement les phénomènes, les applications et les théories. « Que l’étude des phénomènes, c’est-à-dire l’expérience précède la théorie, c’est dans l’ordre. Mais on s’étonnera peut-être de voir la science appliquée précédant la science pure. Et pourlant cela est bien conforme à l’état actuel de notre connaissance de l’électricité. Les applications ont pris un développement prodigieux, elles ont renouvelé la face du monde civilisé, et, pendant ce temps-là, les théories sont restées dans l’enfance, elles luttent encore pour l’existence. Les techniciens sont sûrs d’eux-mêmes, les théoriciens tâtonnent. »
- La partie de l’ouvrage de M. Devaux-Charbonnel, consacrée aux applications est, au reste, particulièrement originale. M. Devaux-Charbonnel, ingénieur télégraphiste, y expose le résultat des nombreuses expériences qu’il a été amené à poursuivre, notamment sur la transmission des signaux télégraphiques et téléphoniques.
- Et M. Poincaré termine ainsi sa préface du livre de M. Devaux-Charbonnel : « Ce livre est très personnel, il est facile à lire pour ceux qui n’ont qu’une instruction mathématique élémentaire, et il nous met au courant des derniers progrès de la science électrique moderne. »
- 5. Émile Haug. — Traité de Géologie, tome Ier, les Phénomènes géologiques
- Paris, Armand Colin, 1908.
- " ' M. Haug à voulu écrire un ouvrage didactique de géologie qui fût intermédiaire entre les manuels élémentaires et les ouvrages de référence écrits.spécialement pour les professionnels.
- Parlant de données tout à fait élémentaires, l’auteur met le lecteur en présence des problèmes les plus élevés de la géologie moderne.
- L’ouvrage est éclairé par 195 ligures et cartes et illustré de 71 planches de reproductions photographiques, qui ont pour but de mettre en lumière les phénomènes géologiques les plus intéressants, et constituent, dès lors, une remarquable leçon de choses.
- 6. J.-P. Durvelle. — Fabrication des essences et des parfums. 2e édition.
- Paris, H. Desforges, 1908.
- La première édition de cet ouvrage date de quinze ans : c’est dire qu’elle n’était plus au courant des progrès réalisés dans l’industrie des parfums, dans la fabrication des parfums synthétiques, dans l’étude des parfums et essences naturels.
- L’auteur, dans cette seconde édition, a profité des études et recherches publiées
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- depuis quinze ans en France, en Allemagne, en Angleterre, etc. Il a analysé, classé, codifié en quelque sorte les nombreux enseignements épars dans les périodiques.
- Il a enfin enfin englobé dans son travail l’ouvrage de M. E. Passy : The Chcmistry of essenlial oils, pour lequel il avait acquis le droit de traduction,
- 7. A. Mermet. — Exercices pratiques de chimie. Matériel simplifié. Paris, Félix Juven.
- 8. Direction générale des douanes. Tarif des douanes de France. Notes explicatives du tableau des droits; 2 vol. Paris, Imprimerie Nationale, 1897.
- C’est sur la demande de notre vice-président M..Bérard que M. le directeur général des Douanes a bien voulu adresser à notre bibliothèque ces documents d’un très grand intérêt pour nos industriels et commerçants. Nous en remercions et M. Bérard et M. le directeur général des Douanes.
- Association générale pour Vaménagement des montagnes. 1er et 2e Congrès annuels,
- 1905, à Bordeaux, 1906 à Pau.
- L’œuvre éminemment utile que poursuit l’Association pour l’aménagement des montagnes est bien connue de vous tous, Messieurs; grâce à l’activité du Comité d’administration de cette association, au dévouement de M. Descombes, son président, un véritable apôtre de cette œuvre de l’aménagement de nos montagnes, des résultats précieux ont déjà été acquis, sur divers points des Pyrénées notamment.
- Au reste, dans quelques semaines, nous aurons le plaisir d’entendre ici même M. Descombes venir nous exposer le programme de l’Association pour l’aménagement des montagnes, le but qu’elle poursuit, et il nous montrera les travaux qu’elle a déjà su mener à bonne fin.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard Messieurs,
- J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’attirer votre attention sur l’emploi de l’électricité pour la commande des machines-outils (1) et sur le principal avantage de cette commande : l’indépendance où il permet de mettre les machines-outils débarrassées de toute liaison avec les transmissions, de sorte qu’on peut les disposer, à chaque instant, comme on le veut, à la convenance de la marche actuelle de l’atelier. Je vous ai montré comment, en constituant le sol de l’atelier d’une sorte de grande plaque de fonte avec rainures de fixation, ou de son équivalent (fig. 1 à 4), on pouvait, lorsqu’il s’agit de traiter de grosses pièces exigeant le travail simultané de différentes machines-outils, substituer, au transport de cette grosse pièce successivement à ces différentes machines, celui, au contraire, de ces machines autour de la pièce, de manière qu’elles l’attaquent en tous ses points, comme le ferait une machine-outil spécialement établie
- (l) Bulletins de février 1903, p. 420, mars, septembre 1903, p. 402 et 403.
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- pour ce travail. La pièce finie, il suffit, pour en traiter une autre, de l’apporter à la place de celle que l’on vient de terminer, sans déplacer les machines-outils. De cette manière, si les différentes machines-outils de cette attaque sont convenablement disposées, et rigoureusement conduites — et vous savez que cet ajustement comporte dans certains cas, pour en assurer l’exactitude, l’emploi d’appareils de géodésie (1) — on peut être assuré que le travail s’exécutera avec le plus de rapidité et de précision possible.
- Cet emploi de machines-outils mobilisables et indépendantes se répand de plus en
- Weiglit of Casting 13,700 Pounds
- Fig. 1. — Élément d’une plaque du sol, poids 6,500 kil.
- plus, et je suis heureux de pouvoir faire passer sous vos yeux quelques projections (2), qui achèveront, de vous faire saisir, par des exemples nouveaux, tout l’intérêt de cette disposition, qui permet d’exécuter, avec des machines de types courants, c’est-à-dire relativement peu coûteuses et d’un emploi continuel, des travaux de série extrêmement complexes, avec autant de rapidité et de précision qu’avec des machines spéciales, coûteuses et d’une utilisation très limitée. L’atelier ainsi organisé est doué d’une souplesse d’adaptation illimitée aux travaux les plus divers, et d’une extensibilité indéfinie; l’utilisation de ses machines-outils est poussée à son maximum, ce qui est,
- (1) Bulletin de mars 1903, p. 420.
- (2) Ateliers extensibles Allis et Chalmers à Cincinnati, Westinghouse à Pittsburg. Machines diverses de Baush-Armstrong-Whitworth, Herbert, Schiess, De Fries...
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- de beaucoup, la condition princip'ale-d’unc bonne marche, laissant bien au plan secondaire la question de savoir si la commande électrique coûte un peu plus ou moins de charbon que celle par transmissions ordinaires.
- Il est évidemment très important de connaître l'efficacité des matières isolantes dont on entoure, par exemple, les chaudières et leurs tuyauteries pour éviter les pertes de vapeur par rayonnement; il est facile de le faire avec une certaine exacti-
- Fig. 2. — Constitution d’un sol métallique au moyen de rails et de fers spéciaux enfoncés
- dans du ciment.
- Fig. 3. — Détail d’un assemblage de deux fers par tasseaux en forme X.
- Fig. 4. — Montrant comment on suspend les rails et fers à une poutre pour les enfouir au ras
- du ciment.
- tu de, mais, jusqu’ici, ces mesures ne pouvaient guère s’opérer que dans des laboratoires, sur de grandes surfaces, et avec des installations spéciales, exigeant dos dépenses d’installation considérables et des opérateurs exercés. Le petit appareil de M. Drilling, dont voici (fig. 5) la projection, permet, au contraire, d’exécuter ces mesures sur de petits échantillons, très vite, sans frais, et avec une grande exactitude, à peu près par le premier venu.
- La matière dont on veut connaître la puissance d’isolation est disposée en L, autour d’un récipient en cuivre A, de 200 X 150 millimètres de diamètre, dans lequel
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- se trouve une lampe à incandescence de 3-2 bougies. Ce récipient communique, par T et le tube flexible F, avec une colonne manométrique à l’air libre C, à échelle S. En D, se trouve une substance hygrométrique. Lorsqu’on fera passer dans la lampe un courant, réglable par le rhéostat R, toute sa chaleur, équivalente à l’énergie (volt-ampère) de courant sera employée à échauffer l’air de A, malgré son refroidissement par le rayonnement du corps isolant à l’essai L ; et, à mesure que la température augmentera en A, il en sera de même de la pression de l’air de A, donnée par la colonne manométrique, de sorte que, dès que cette colonne cessera de monter, il en sera de même de la température en A; c’est-à-dire, qu’en ce moment, la chaleur fournie par le courant par minute, et donnée par sa mesure, est égale à celle même perdue par le rayon-
- Fig. 5. — Appareil Drilling pour l’étude des "calorifuges.
- nement de L, à cette température. Cette chaleur Q est donnée, en calories par minute, par Informulé très simple Q — volts-ampères x 0,24.
- Le principe de cet appareil est donc des plus simples; voici maintenant comment on opère, aussi très simplement :
- Après avoir laissé le récipient A se remplir d’air sec par D, on renferme D, on prend la température de A au moyen d’un thermomètre qu’on y laisse assez longtemps au contact de sa paroi intérieure, on déplace C jusqu’à ce que le mercure de G vienne en face d’une division de repère de l’échelle S et on fait passer le courant. Une table dressée par expérience, donne les températures correspondant aux hauteurs de G au-dessus de ce repère, en fonction de la pression atmosphérique et de la température initiale en A au moment de l’expérience. Lorsqu’on s’approche de la température ainsi indiquée, et à laquelle on veut essayer l’isolant, on manœuvre le rhéostat R de manière que le mercure de C s’y maintienne très sensiblement fixe pendant une dizaine de minutes ou un quart d’heure, suivant la nature de l’isolant, et on lit les volts-ampères en Y et en A. On marche ainsi de 10 en 10°, de manière à étudier les variations de pouvoir isolant avec la température.
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- Avec de bons isolants, épais de 15 millimètres environ, on peut atteindre, en employant la lampe de 32 bougies, facilement des températures de 220°, et aller bien plus haut en augmentant l’épaisseur de l’isolant. Pour les températures moins élevées à partir de 130°, on remplace la lampe de 32 bougies par une de 16.
- Les mesures sont très exactes; on reconnaît facilement le changement de température occasionné par une variation de 1/100 d’ampère dans l’intensité du courant. Avec des courants continus de 100 à 110 volts, on emploie un ampèremètre de 0 à 2 ampères, donnant le centième d’ampère; avec des courants de 210 volts, une échelle de 0 à 1 ampère suffit; les résistances R varient de 0 à 210 ohms.
- C’est donc bien un appareil des plus simples, comme construction et comme maniement, et qui n’exige qu’une source d’électricité presque toujours à portée (1).
- Nomination de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société :
- MM. Chavanne Brun frères, ingénieurs constructeurs à Saint-Chamond, présentés par M. Dupuis.
- M. André Lebon, président de la Compagnie des Messageries maritimes, administrateur de la Compagnie de Suez, présenté par M. Dupuis.
- M. Le Cuppey de la For est, ingénieur des améliorations agricoles, auditeur au Conseil supérieur d’hygiène de France, présenté par M. Livache.
- Conférence. — M. L. Launay fait une conférence sur la traversée de la Seine par le métropolitain et les travaux sous l’eau.
- M. le président remercie M. Launay de sa très intéressante conférence, qui sera publiée au Bulletin.
- ÉLECTION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Le nombre des votes n’ayant pas atteint le chiffre nécessaire d’après les statuts de la Société, on procédera au vote définitif dans la séance du 10 janvier 1908.
- (1) Engineering, 6 décembre 1907, p. 790. A citer parmi les appareils employant l’électricité dans le même but que celui que M. Drilling, ceux de MM. Stott (Electrical World, 29 novembre 1902, p. 804); Ilutlon et Beard [Engeneering, 14 juillet 1905, p. 64); Boyer, Guillon, Aucair et Loedlein (Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, Bulletin n° 7, 1906).
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- Séance du 10 janvier 1908.
- Présidence de M. Gruner, Président.
- M. Hilier, secrétaire, présente en ces termes, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants offerts à notre Bibliothèque :
- I. — Environs de Chamonix. Extraits de la carte du massif du Mont-Blanc à l’échelle de t/20 000 exécutée par Henri Yallot et Joseph Yallot (feuille provisoire dressée et dessinée par Henri Vallot), 1907, Paris, Henry Barrère.
- Cette carte, exécutée d’après les triangulations et levés sur le terrain de MM. Henri et Joseph Yallot, est des plus intéressantes, elle sera consultée avec le plus grand profit par tous ceux, chaque année plus nombreux, qui se rendent dans cette belle région de nos Alpes. Nous remercions notre collègue M. Vallot d’avoir adressé cette carte à notre bibliothèque.
- II. — Mémorial des Poudres et Salpêtres, tome II, 1er fascicule, et tomes 7 à 13. Ces volumes renferment de précieux documents, ils manquaient à notre bibliothèque, et nous devons de chauds remerciements à M. Vielle et au service des poudres et salpêtres, qui, à.la demande de M. J. Garçon, ont bien voulu les adresser à notre Société.
- III. — Arnous (P.). Pierre Legrand, un parlementaire français de 1876 à 1895. Paris, Plon, Nourrit et Cie.
- Cet ouvrage nous a été offert par Mme Pierre Legrand èn souvenir de son mari qui fut à plusieurs reprises ministre du Commerce et de l’Industrie, et, de ce chef, prit une grande part aux questions économiques et douanières, et prépara notamment l’Exposition universelle de 1889. '
- Que Mme Pierre Legrand veuille bien recevoir ici l’expression de nos hommages et de nos remerciements pour le don de cet ouvrage.
- IV. — Bibliothèque dn conducteur des Travaux publics. Ports maritimes, par de Cordemoy (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, à Paris).
- V. — Ministère du Commerce et de l’Industrie. Annales du commerce extérieur. Commission permanente des valeurs de douane. Session de 1907 (Valeurs arbitrées pour 1906. Paris, Imprimerie Nationale, 1907).
- VI. — Charles Guyot : Cours de droit forestier, tome* Ier, propriété forestière et régime forestier, administration des Eaux et Forêts, droit pénal forestier. Paris, Lucien Laveur, éditeur.
- L’ouvrage de M. Guyot embrasse, dans son actualité, la législation forestière pro-
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- prement dite et toutes les branches accessoires qui s’y rattachent: reboisement des montagnes, fixation des dunes, pêche, chasse, législation coloniale, etc.
- C’est donc une œuvre considérable qu’a entreprise M. Guyot, directeur de l’École de Nancy : c’est ainsi que l’apprécie notre collègue M. Daubrée, directeur général des Eaux et Forêts, qui, en présentant cet ouvrage à la Société nationale d’Agriculture, et pour en montrer toute l’utilité, ajoutait : le Cours de droit forestier de M. Guyot s’adresse à tous ceux que leurs fonctions ou leurs intérêts mettent en contact journalier avec les questions forestières : agents des eaux et forêts, magistrats et avocats, administrateurs de tous ordres, ayant pour mission d’appliquer ou d’interpréter la loi. Il s’adresse aussi aux propriétairee de bois auxquels l’auteur a songé d’une façon toute spéciale, car il a consacré à l’étude du régime des forêts particulières des développements entièrement nouveaux, qu’on chercherait vainement dans les recueils précédemment publiés.
- VIL — De VAgriculture au XXe siècle, encyclopédie publiée chez Lucien Laveur, membre de .la Société :
- Culture du fraisier et des arbres fruitiers, par Faliès (Gustave).
- Arboriculture générale. Les pépinières fruitières, forestières et d’ornement, par Gravier (Armand-Léon).
- VIII. — Nouvelle bibliothèque pratique d’électricité, par Geiger (G.), 7 vol. in-12. Paris, H. Desforges, 1907. (Généralités. Récepteurs électriques. Générateurs d’électricité. Éclairage électrique. Sonneries électriques. Téléphonie. Nouvelles découvertes.)
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard : La mécanique en 1907.
- Messieurs,
- Je vais aujourd’hui, comme de coutume dans notre première séance de l’année, essayer de vous présenter un tableau des principaux événements d’ordre purement technique qui se sont produits, l’année passée, dans les questions dont j’ai coutume de vous entretenir ici même, chaque quinzaine, et dans les Notes de mécanique de notre Bulletin. Il est bien évident que ce tableau ne saurait être que très incomplet en raison de ce que, dans d’aussi nombreuses questions, bien des choses m’échappent, et aussi parce que, malgré la bienveillance avec laquelle vous voulez bien m’entendre, le temps dont je dispose est très limité. En outre, ce tableau sera forcément un peu terne, il ne vous apportera aucune surprise, ne faisant, presque toujours, que vous remettre un instant sous les yeux ce que vous avez déjà vu dans votre Bulletin, el n’y mettant aucun progrès nouveau véritablement sensationnel, par la raison, qu’en mécanique et, je crois, aussi dans presque toutes les branches de la technologie, le progrès ne procède pas par bonds, mais par une sorte d’évolution, plus ou moins rapide sans doute, mais suffisamment régulière pour qu’il soit nécessaire, si l’on veut en mesurer la vitesse, de se reporter de quelques années en arrière ; en 1900, par exemple, si l’on veut apprécier à sa juste valeur l’immense progrès des turbines à vapeur, car, à cette époque, pourtant bien proche, les colossales installations des grands Cunard étaient véritablement impossibles à prévoir autrement que dans une sorte de rêve.
- Ces réserves faites, nous allons commencer notre petite revue, si vous le voulez bien, par les machines motrices.
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- Eh bien, je n’ai rien de sensationnel à vous signaler dans le domaine des chaudières à vapeur; la chaudière à tubes d’eau y prédomine de plus en plus avec ou sans dispositifs auxiliaires pour en activer la circulation (1) et ses formes ne diffèrent guère de celles qui vous sont bien connues. Je ferai néanmoins une exception pour la chaudière de M. Bourdon, constituée, en réaüté, non par des tubes d’eau, mais par des sortes de murailles ou drapeaux en tôles ondulées, convenablement entretoisées et se touchant par leurs ondulations de manière à former entre elles des tubes de fumée. Les établissements Cail ont construit de ces types de chaudières pour des pressions allant jusqu’à
- 20 kilogrammes, et se proposeraient d’en faire l’application à des locomotives (2).
- Le chauffage des chaudières au pétrole, appliqué depuis longtemps dans la région de Bakou et dans quelques localités des États-Unis, semble fort en progrès, principalement pour les chaudières marines, à la suite notamment des essais très étendus et prolongés qui en ont été faits, par l’Amirauté américaine, sur différents types de chaudière, et avec divers brûleurs alimentés par une pulvérisation de pétrole soit à l’air chaud, soit à air et à vapeur (3). L’amirauté anglaise, qui a adopté ce chauffage pour ses contre-torpilleurs, se préoccupe d’installer des dépôts de pétrole, et une compagnie importante, la Shelle G0, a adopté le chauffage au pétrole pour des navires de 14 000 tonneaux, dont le service est, paraît-il, irréprochable (4). Il est certain que l’emploi du pétrole permettrait d’augmenter considérablement le rayon d’action des bâtiments de guerre et simplifierait énormément le service de la chaufferie, mais il ne faut pas oublier que, malgré toutes les précautions prises, il se déclare parfois des incendies terribles sur les meilleurs cargos pour pétrole, considération qui donne tout au moins à réfléchir et ne semble pas faite pour attirer les passagers.
- Je n’ai guère à ajouter à ce que je vous ai fréquemment exposé sur les progrès de la surchauffe et des surchauffèurs (5); je vous rappellerai seulement son adoption de plus en plus fréquente à bord des navires, à la suite des succès qui vous ont été signalés à la page 924 de notre Bulletin de juillet dernier.
- Parmi les applications remarquables de la surchauffe aux stations centrales, je vous signalerai celle décrite par le journal du Franklin Institute d’octobre 1906 (6), d’nne station de 80 000 chevaux, comme marchant depuis deux années sans aucune détérioration des tubes du surchauffeur, et en suivant automatiquement de très près l’allure des moteurs. C’est de là, en effet, plus encore que de l’économie môme de combustible ou de vapeur, que dépend le succès définitif d’un surchauffeur, et les efforts des constructeurs de ces appareils doivent tendre à en réaliser de plus en plus simples, robustes, accessibles et souples, d’un réglage sûr et facile; cette dernière' condition, souvent la plus difficile à remplir (7), si l’allure des moteurs est tant soit
- (1) Bulletin de mars 1907, p. 345.
- (2) Revue de mécanique, mars 1907, p. 296. Une de ces chaudières fonctionne depuis octobre 1907 sans aucun accroc et avec une vaporisation d’environ 9 kil. par kil. de charbon net. M. Bourdon a appliqué cette même construction à des condenseurs à surface (Brevets anglais 23 417 de 1905 et
- 21 079 de 1907).
- (3) Bulletin de mars 1907, p. 315 et Bevue de mécanique, décembre 1902, p. 615 et avril 1907, p. 392.
- (4) The Engineer, 3 janvier 1908, p. 14. A citer le contre-torpilleur Cossak de 1 800 tonneaux, 150™. de long à turbines de 30 000 chevaux sur 4 hélices avec 12 chaudières à pétrole. — Vitesse 37 nœuds. — Construit par Gammell Laird à Birkenhead.
- (5) Bulletin de mars 1905, p. 316.
- (G) Bevue de mécanique, avril 1907, p. 419
- (7) Revue de mécanique, avril 1907, p. 7,
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- peu capricieuse, serait, sans doute, comme l’a fait remarquer M. Deschamps (1), plus aisément réalisable en chauffant le surchauffeur parles gaz d’un gazogène dont il serait possible de régler les flammes presque automatiquement, de manière à ne jamais dépasser le degré de surchauffe voulu.
- En ce qui concerne le service du foyer, je me bornerai à vous signaler l’emploi de plus en plus répandu des chargeurs automatiques et, principalement à bord des navires, des tirages à vent forcé ou aspiré, et parmi ces derniers, le système à réchauffeur d’air d’Ellis et Eaves, déjà appliqué avec succès en 1895 (2), dont les derniers types, appüqués aussi bien aux chaudières de terre qu’aux chaudières marines, sont des plus remarquables (3).
- On sait qu’il est très important, au point de vue de la conservation des chaudières qui emploient les eaux revenant des condenseurs à surfaces, de retirer de ces eaux l’huile de graissage entraînée par la vapeur des cylindres. Le principe de ces appareils est fort simple : une filtration, avec ou sans épuration corrélative par des agents chimiques (du sulfate de fer, par exemple, agissant comme coagulant); le tout est d’en disposer les diverses parties de façon à en assurer l’accessibilité, le renouvellement facile et le nettoyage. C’est à ce titre que je vous signalerai, entre autres, les appareils de Baker et de Patterson, employés avec succès : l’un dans deux stations du Métropolitain de Londres, et le second par l’Amirauté anglaise (4).
- A signaler encore une ingénieuse soupape de sûreté de M. Maneby, à levée proportionnelle à l’excès de pression, avec dépression compensée, et facile à régler avec une certaine précision (5).
- Les machines à vapeur continuent leur lente évolution vers des types déplus en plus réguliers, souples et économiques ; je me bornerai à vous citer deux exemples, non pas exceptionnels, mais remarquables, d’économie vérifiée par des essais dignes de foi. Une machine Sulzer horizontale, à quatre cylindres de lm,03, lm,525, lm,850 et lm,850 sur 1,70 de course, à triple expansion et faisant, avec de la vapeur à 12 kilogrammes, surchauffée à 300°, 6 500 chevaux à 83 tours, avec admission de 50 p. 100, et 4 000 à 23 p. 100, n’a dépensé, dans une des stations électriques de Berlin, que 4 kilogrammes de vapeur par cheval-heure indiqué. La résistance à vide n’est que 'de 400 chevaux environ (6). L’autre machine, de Cole Marchant et Morley, compound verticale à deux cylindres de 533 et 915 X 915 millimètres de course, n’a dépensé, avec de la vapeur surchauffée de 110° et une puissance de 140 chevaux à 100 tours, que 3k°,9 de vapeur équivalant à 4k°,5 de vapeur saturée, ce qui est extrêmement remarquable pour une machine aussi simple et de faible puissance (7). A citer encore, comme remarquablement économiques, les machines demi-fixes de Wolff, à double et triple surchauffe avant l’admission au petit puis au grand cylindre. L’une d’elles, de 55 chevaux, n’a dépensé, aux essais du professeur Josse, avec de la vapeur à 20 kilogrammes, que 5 kilogrammes de vapeur par cheval effectif, et 0k°,6 de charbon (8).
- (1) Revue de mécanique, avril 1907, p. 417.
- (2) Bulletin de mars 1905, p. 254.
- (3) Revue de mécanique, juin 1907, p. 589.
- (4) Revue de mécanique, mai 1907, p. 499.
- (5) Revue de mécanique, juin 1907, p. 505.
- (6) Revue de mécanique, mai 1907, p. 205.
- (7) Revue de mécanique, janvier 1907, p. 87.
- (8) Revue de mécanique, avril 1905, p. 332 et janvier 1907, p. 99.
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- Ces économies remarquables sont dues non seulement à l’excellente construction de ces machines, mais aussi à l’harmonie constante entre leur marche et celle de leur surchauffeur, condition, comme nous l’avons déjà dit, rarement réalisée dans la pratique courante; et d’autre part, à ces surchauffes élevées, ces machines ne peuvent durer que si leur graissage et leur distribution, par soupapes ou par tiroirs cylindriques, sont tout particulièrement soignés (1).
- Les appareils de condensation, dont les turbines à vapeur exigent un fonctionnement irréprochable, continuent à se perfectionner dans la voie, déjà suivie depuis quelques années (2), de la simplification, de l’emploi des condenseurs à colonne atmosphérique, qui diminuent le travail de la pompe d’extraction, et de l’adoption des pompes à air sèches, qui permettent d’atteindre un vide plus élevé en différenciant les fonctions de l’extraction (3).
- Il va sans dire que les condenseurs les plus employés sont toujours les types à surface, avec des perfectionnements tendant principalement à augmenter l’activité des surfaces refroidissantes, de même que dans les chaudières, par une circulation intense de l’eau en sens contraire de celle de la vapeur, comme dans les types bien connus des condenseurs « cotraflo » ou à contre-courant (4).
- Il est inutile d’insister ici sur le progrès incessant et si rapide des turbines à vapeur, suivi, dans ses grandes lignes, attentivement par votre Bulletin. Il y aurait certainement à vous signaler bien des détails de construction nouveaux et fort intéressants de ces turbines : réglage, graissage, fixation des aubes... mais on ne saurait le faire utilement sans de nombreux dessins et des longueurs incompatibles avec le cadre de cette causerie; je ne puis donc que renvoyer ceux d’entre vous qui s’intéressent particulièrement à cette question aux publications spécialement consacrées à la mécanique (5).
- La théorie de ces turbines est actuellement très avancée et se perfectionne chaque jours (6) avec des vérifications par des essais détaillés et extrêmement précis (7).
- Il semble qu’il ne reste guère chance d’augmenter notablemenl le rendement des turbines à vapeur. Avec de la vapeur aux environs de 12 kilogrammes et des surchauffes modéréss, aux environs de 70°, on ne dépasse guère, pour les grandes puissances, dans les stations électriques, une dépense de 6 kilogrammes de vapeur par kilowatt-heure en pleine marche, ce qui est d’un excellent rendement, et il ne semble pas que l’on gagne, tout compte fait, à augmenter notablement cette pression et cette surchauffe de la vapeur. On risquerait, il semble, plutôt de perdre en frais d’entretien et difficulté de conduite le petit avantage que ces augmentations procureraient en matière de dépense de combustible. Et, à ce propos, je me permettrai de faire remarquer que, dans une grande station de force motrice, comme celles des distributions d’électricité, l’économie de combustible, tout en étant un facteur des plus importants du rendement général ou de la prospérité de l’entreprise, est loin d’en être le seul. Actuellement, et
- (1) Revue de mécanique, février 1907, p. 193-200.
- (2) Bulletin de mars 1903, p. 319.
- (3; Revue de mécanique, janvier 1907, p. 102.
- (4) Revue de mécanique, mai 1906, p. 476.
- (5) Revue de mécanique, mars, août, septembre, octobre 1907.
- (6) Sankey, Engineering, 11 janvier 1907, p. 54. Hancock, Revue universelle des mines et de la métallurgie, février et mai 1907, p. 141 et 145. Na^lor, The Engineer, octobre 1907, p. 349.
- (7) Bulletin de juin 1907, p. 774. Essai d'une turbine Riedler Stumpf de 2 000 chevaux.
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- dans les conditions de pression et de surchauffe précitées, les turbines bien construites ont presque toutes le même rendement, et ce rendement ne diffère de celui des bonnes machines à pistons que par, en plus ou en moins suivant les cas, une centaine de grammes par kilowatt-heure, du moins aux essais. Or, avec du charbon au prix très élevé de 50 francs la tonne, ces 100 grammes ne représentent qu’une dépense d’un demi-centime, soit, au prix de 70 centimes le kilowatt-heure, 1/140 du prix de vente de l’électricité. C’est évidemment quelque chose, et, à la fin de l’année, tous ces demi-centimes font une somme respectable, mais très souvent négligeable vis-à-vis de l’augmentation des frais d’établissement et d’entretien, et surtout des dangers de pannes amenées parfois par trop de détails délicats et raffinés ajoutés en vue de cette économie. En réalité, les grands avantages que procure l’emploi des turbines dans les stations centrales sont leur régularité cyclique parfaite, leur faible encombrement et la simplicité de leur attaque directe de dynamos à des vitesses suffisamment rapides pour qu’elles soient, au point de vue électrique, dans les meilleures conditions.
- Mais c’est surtout à bord des navires que les turbines ont pris, l’année passée, un développement-exceptionnellement remarquable, et vous savez avec quel succès, notamment sur les immenses paquebots Cunard,la Lusitania et la Mauretania (1). De nombreux essais, notamment ceux de la Carmania (2) et du Lubeck, en comparaison avec un navire identique et à machines à pistons (3) permettaient d’escompter ce succès, qui paraît définitif, mais il ne semble pas que l’application des turbines aux navires de guerre ait été couronnée d’un succès aussi unanimement reconnu. On sait, en effet, qu’il y a, entre le paquebot et le navire de guerre, la différence capitale : que les machines du paquebot marchent presque constamment en pleine puissance, condition éminemment favorable aux turbines, tandis que c’est l’inverse pour les bâtiments de guerre. En outre, ces bâtiments doivent pouvoir manœuvrer avec une sûreté, une rapidité et une précision extrêmes ; c’est une question de vie ou de mort dans un combat. Or il est très difficile de donner aux turbines de marche arrière actuelles la puissance nécessaire pour satisfaire à ces conditions primordiales ; voici, en effet, en quels termes s’exprime un journal anglais très discret, mais bien au courant de ce qui se passe dans la marine anglaise, à propos des dernières manœuvres du célèbre Dreadnought (4) :
- On a fait, avec ce navire, plusieurs expériences récentes non encore publiées. On conçoit parfaitement que, si le torque exercé par les turbines de changement de marche ou de marche arrière sur leurs hélices est faible, lorsqu’on voudra renverser vivement la marche du navire lancé en avant, ces hélices, au lieu d’être entraînées par leurs turbines, les entraîneront à contre-vapeur, et en annuleront complètement l’action. Les faits sont tellement patents que les inventeurs cherchent actuellement, de partout, à créer une véritable turbine réversible, dont la puissance serait d’au moins les deux tiers de celle de marche avant. Mais il convient de ne pas oublier un projet proposé depuis trois ans environ (5),'et dont les applications se développent aujourd’hui, à savoir le projet de combiner l’emploi de turbines avec celui de machines à pistons. C’est ainsi que les ateliers Harland et Wolf, de Belfast, construisent actuellement un navire à 3 hélices, Y Alberta, dont les deux latérales sont
- (1) Bulletins d’octobre et décembre 1907, p. 1043 et
- (2) Bulletin de’décembre 1905, p. 1535 et Bevue de mécanique, octobre 1905.
- (3) Bevue de mécanique, mars 1907, p. 262.
- (4) Bulletin de novembre 1906, p. 969.
- (5) Notamment par M. Rateau, Bulletin d’avril 1904, p. 300. 1 2 3 4 5
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- actionnées chacune par une machine à pistons admettant de la vapeur à 15ks',S équilibrées, à quatre manivelles avec cylindres de 760,1m, 17,lm,35 et lm,35 x lm,37 de course, et dont la vapeur d’échappement traverse, avant d’arriver aux condenseurs, la turbine qui commande l’hélice centrale. En marche arrière, cet échappement passe directement aux condenseurs, la turbine tournant folle sans aucune des complications amenées par l’introduction d’une turbine de marche arrière. Les manœuvres se font par les machines à pistons seules, et très vite, parce qu’elles développent plus des deux tiers de la puissance totale de l’ensemble des ’ moteurs. La vitesse des machines à pistons est de 85 tours, et celle de la turbine de 130 (1).
- On voit que cette question de l’application intégrale des turbines aux navires de guerre n’est pas encore bien éclaircie, et que la solution mixte, d’abord dédaignée, tend à se représenter, dans certains cas, sous un jour plutôt favorable.
- Signalons enfin le développement remarquable acquis, en 1906 et 1907, principalement à l’étranger, par les turbines à vapeur d’échappement avec accumulateurs de vapeur de notre collègue M. Rateau. La première application de ce système fut réalisée aux mines de Bruay, en août 1902 (300 chevaux); on en comptait, en 1907, plus de 80 installations d’un total d’environ 90000 chevaux, dont 24 000 en 1906 et 50000 environ en 1907 (2).
- Vous avez été tenus au courant, par notre Bulletin, des progrès si rapides réalisés, en ces dernières années, dans la construction des grands moteurs à gaz, principalement pour leur adaptation à l’utilisation des gaz de hauts fourneaux (3) ainsi que des principales contributions les plus importantes et récentes apportées à leur théorie et à celle des gazogènes (4). Je n’insisterai donc pas ici sur cette question, me bornant à vous dire que, si les moteurs à gaz de hauts fourneaux paraissent s’imposer de plus en plus, et progresser presque sans accrocs, principalement en Allemagne et aux États-Unis, certaines grandes installations de moteurs à gazogènes n’ont pas donné la satisfaction qu’on était en droit d’en attendre; telles sont les installations de 10000 chevaux de l’éclairage de Madrid et celle de 30 000 chevaux de Johannisberg, dont je vous ai déjà entretenus (5). Cette dernière est remplacée par une installation de machines à vapeur.
- Ces échecs ne doivent pas, bien entendu, être considérés comme une condamnation de l’emploi des moteurs à gaz pour les grandes puissances, mais seulement comme une indication de ce que cette question n’est pas encore complètement résolue, de sorte que des constructeurs, même des plus éminents et des plus expérimentés, peuvent, en passant un peu trop vite du grand au colossal, aboutir à de graves mécomptes. Il sera certainement fort intéressant de connaître la cause véritable de l’échec de Johannisberg, et je m’empresserai de vous la faire savoir dès qu’elle sera publiée. Tout ce que l’on peut dire, c’est que les principales difficultés de ces très grandes installations ne proviennent pas, en général, des moteurs, mais plutôt de gazogènes, pour lesquels il reste encore beaucoup à faire, malgré les perfectionnements de détail que leur appor-
- (1) The Engineer, janvier 1908, p. 14.
- (2) Revue de mécanique, octobre 1907, p. 357.
- (3) Bulletin de juin 1907, p. 723 et 757. Revue de mécanique, juin et novembre 1907, p. 48 et459.
- (4) Travaux de Bone et Wheeler, Glerk, Hopkinson, Kutzback, Mees, Mollier, Nagel. Bulletins
- d’avril, juin, octobre, novembre 1907, p. 479, 764, 1111, 1282, 1422, 1427. -
- (5) Bulletins de janvier 1907, p. 71 ; mars 1905, p. 329. Revue de mécanique, novembre 1904, p. 483
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- tent sans cesse l’ingéniosité des inventeurs et l’expérience des constructeurs (1).
- Les moteurs à gaz, bien qu’arrivés à un très haut degré de perfection, sont aussi constamment l’objet de modifications de détail, au sujet desquelles il vous sera facile de vous renseigner dans les journaux spéciaux (2).
- Les moteurs à pétrole et à gazoline suivent, à l’exception des types ultra légers de l’automobilisme et de l’aviation, la même évolution que les moteurs à gaz, par la création de machines de plus en plus puissantes, notamment pour la navigation non sportive. C’est ainsi que j’espère pouvoir vous donner bientôt quelques renseignements sur les applications du moteur Diesel à des bateaux du Volga, avec des puissances atteignant jusqu’à 3 000 chevaux, et qui, pour être vraiment pratiques, supposent, malgré la grande économie de ces moteurs, que l’on dispose de pétrole à des prix exceptionnellement bas.
- La principale difficulté à vaincre pour les moteurs, non pas à gazoline, mais à pétroles lourds, c’est, comme vous le savez, l’établissement d’un carburateur véritablement simple, durable et réglable à la demande du moteur. Malgré de très ingénieuses tentatives- dont quelques-unes ont très bien réussi aux essais, ce problème n’est pas encore résolu d’une façon satisfaisante. On serait, d’autre part, arrivé à des solutions pratiques pour l’emploi de sous-produits carburés et actuellement très bon marché, tels que les naphtalines (3).
- Dans le ’domaine de l’hydraulique, le fait qui m’a paru le plus saillant de cette année 1907 est le développement de plus en plus important d’un genre de pompes, dont notre Bulletin vous a souvent parlé (4) : les pompes centrifuges en cascade, multicellulaires et à haute pression. Les avantages de ces pompes sont des plus importants : faible encombrement, faible prix d’achat, grande facilité d’installation partout, notamment dans les mines, douceur, souplesse et sécurité de marche sans secousse ni déséquilibrage, facilité de les actionner directement par des dynamos fonctionnant à des vitesses leur assurant un rendement électrique excellent; aussi, ne doit-on pas s’étonner de les voir se répandre de plus en plus, notamment dans les mines, non-seulement comme pompes de fonçage (5) ou auxiliaires, mais même pour remplacer de véritables machines d’épuisement, bien qu’elles ne puissent encore viser aux rendements très élevés des grandes machines classiques à pistons. Le rendement de ces pompes centrifuges peut, néanmoins, compté, dans une installation électrique, à partir de la machine de la dynamo du jour, atteindre environ 60 p. 100 en eau montée^ valeur des plus remarquables, et que l’on aurait considérée a priori comme inadmis-•sible il y a une dizaine d’années.
- Il y a donc tout lieu de croire que ce très remarquable progrès des pompes centrifuges à haute pression, dont nous retrouvons avec plaisir l’un des principaux promoteurs en M. Rateau (6), ne fera que s’accentuer à mesure que des succès de plus en plus nombreux viendront dissiper les dernières appréhensions relatives à la sécurité de leur fonctionnement.
- (1) Revue de mécanique, novembre 1907, p. 526-614.
- (2) Revue de mécanique, juillet et novembre 1907, p. 48 et 459.
- (3) Revue de mécanique, avril 1907, p. 383.
- (4) Rulletins de décembre 1901, p. 749; juillet 1903, p. 117; juin 1904, p. 407-430. •
- (5) Rulletin de décembre 1901, p. 749.
- (6) Rulletin de décembre 1901, p. 728. Brevet de 1898,
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- L’étude des machines élévatoires destinées à l’alimentation des villes est, comme •vous le savez, l’une des plus avancées de la mécanique industrielle ; c’est dans le fonctionnement de ces machines que se rencontrent les rendements dynamiques les plus élevés. Ce sont des machines en général fort imposantes, à marche lente et paisible, d’un fonctionnement très régulier, pour l’établissement desquelles on ne recule devant aucune dépense; elles sont donc dans les meilleures conditions possibles. Le type horizontal, auquel nous sommes habitués ici, semble actuellement en défaveur;-la disposition verticale, qui nous vient des Etats-Unis, prédomine dans les nouvelles installations; vous en avez un très bel exemple dans les pompes de Hambourg, décrites en détail aux Bulletins de juillet et d’octobre 1907, description qui me dispense d’insister plus longtemps sur ce sujet.
- Yous venez de voir le concours indispensable qu’apporte l’électricité pour la commande des pompes centrifuges à haute pression dans les mines ; mais ce n’est pas son seul emploi dans l’art du mineur. Sans parler de l’éclairage et de la commande des perforatrices, il convient de vous rappeler son application, plus récente et qui se développe sans cesse, à la commande des machines d’extraction (1) qui ne sont qu’un cas particulier des appareils de levage électriques, et vous savez que ces derniers sont en train d’éüminer presque partout les autres types à commande par vapeur ou par eau sous pression (2). Dans la métallurgie même, et là où l’on s’y attendait le moins, vous voyez la mécanique électrique triompher dans la commande des appareils défour-neurs et manipulateurs de lingots, application des plus remarquables, et dont vous avez pu suivre l’évolution dans votre Bulletin (3) ; puis l’électricité s’attaque maintenant à la conduite des laminoirs, avec des premiers succès, qui paraissent lui assurer un très bel et prochain avenir (4). Enfin, tout récemment, je rappelais votre attention sur la commande des machines-outils par l’électricité, dont l’emploi se généralise et est appelé à transformer complètement l’allure et l’aspect des ateliers de construction et des chantiers.
- On peut donc dire que ces dernières années, et l’année 1907 en particulier, sont, au point de vue de la transmission et de la distribution de l’énergie dynamique, caractérisées par l’invasion des plus heureuses et universelle de l’électricité. Il n’y a pas à s’en étonner, car le seul obstacle qui pût s’élever contre ce progrès capital de l’électromécanique, c’était l’insécurité et le manque de souplesse des dynamos et de leurs annexes : canalisations et manipulateurs. Or on peut affirmer qu’aujourd’hui ces difficultés n’existent plus. La transmission et la distribution de l’énergie se font par l’électricité avec autant de sécurité que par tout autre moyen et, cela va sans dire, avec infini me ni plus de souplesse, de divisibilité et de commodité d’installation et de conduite, par conséquent, presque toujours avec plus d’économie réelle, bien qu’avec, parfois, une dépense particulière, comme celle du combustible, un peu plus élevée. Grâce à la sécurité actuelle des appareils de cette électro-mécanique, à leur facilité de se diviser à l’infini et de s’adapter à toutes les besognes et à toutes les situa-
- (1) Bulletin de décembre 1904, p. 1081 et 1008; novembre 1905, p. 1305; juin 1906, p. 678.
- (2) Bulletin de mars 1905, p. 349; février, mai, juillet 1907, p. 207, 649, 920.
- (3) Bulletins de février 1900, p. 463; mars 1901, p. 409; mai 1907, p. 604.
- (4) Engineering, 10 mai 1907, p. 627. Bevue électrique, 1907, 3 août, p. 113; Stahl und Eisên, 30 janvier 1907, p. 162.
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- dons, grâce aussi à l’occasion unique qu’ils procurent d’utiliser des puissances naturelles autrement sans emploi, nous approchons du jour où nous rencontrerons partout,' jusque dans le moindre village, cet auxiliaire infiniment précieux du travail de l’homme. Il semble qu'il y ait là, pour les ingénieurs et industriels électriciens, un champ d’activité inépuisable et qui ne fait que s’ouvrir à leur activité, comme autrefois celui, si fécond aujourd’hui, de l’électro-mélallurgie.
- Le temps me presse, et je ne puis que vous dire à peine quelques mots des sujets suivants.
- Rien de l’aviation, en évolution si active aujourd’hui ; M. Armengaud vous en a entretenus tout récemment (1) et dans un instant, que j’ai déjà trop retardé, vous allez entendre le commandant Renard, qu’il suffit de nommer.
- Dans le domaine si important des chemins de fer, rien qui ne vous ait été signalé sur la puissance colossale de certaines locomotives (2), le progrès de la surchauffe (3), l’emploi du pétrole dans les foyers (4), les essais de nouvelles distributions par soupapes (3) et, ceux, plus importants, des chaudières à tubes d’eau (6). Je me bornerai à vous rappeler, à ce dernier propos, l’ingénieuse chaudière de Brotan (7) dont les chemins de fer du Midi et du P.-L.-M. vont bientôt mettre quelques types en service, de sorte que nous serons rapidement fixés sur sa valeur, qui paraît d’ailleurs incontestable d’après les résultats déjà obtenus en Autriche. Un mot encore pour vous rappeler cette extraordinaire'question des rails aux États-Unis : les rails pipés, dont je vous ai entretenus dans votre séance de juin (8) et qui entre pour beaucoup dans l’incontestable supériorité avec laquelle les chemins de fer américains détiennent le record des accidents : en 1907, 5 000 tués et 76 286 blessés (9).
- Comme vous le savez (10), le progrès, de l’électrification des chemins de fer est loin de se ralentir; tout donne à penser qu’elle sortira bientôt des métropolitains, des ceintures et des lignes de banlieue pour gagner les grandes voies.
- Dans le domaine des constructions navales; à vous signaler, à côté des gigantesques paquebots de luxe, le développement parallèle des grands cargos, admirablement aménagés pour un fret maximum (11) et pourvus de moyens de manutention extrêmement rapides (12).
- Et, pour en finir, avec les moyens de transport, la question non pas des automobiles en général, qui est tout un monde, mais celle, plus spéciale et plus intéressante, pour les Parisiens du moins, des autobus, dont les principaux aspects vous ont été présentés dans notre Bulletin d’avril 1907, p. 465 et 492.
- (1) Bulletin de juillet 1907, p. 847.
- (2) Bulletin de mars 1907, p. 342.
- x3) Bulletin de mars et octobre 1905, p. 322 et 429; mai 1906, p. 604 ; décembre 1907, p. 1480.
- (4) Bulletin de février 1907, p. 190.
- (5) Notamment les distributions Lentz, qui seront bientôt en essai sur le Midi. Bulletins de juin 1906, p. 688; février 1907, p. 188. •
- (6) Bulletins de mars et octobre 1905, p.'322 et 429; mai 1906, p. 604.
- (7) Bulletin de novembre 1905, p. 1302.
- (8) Bulletin de juin 1907, p. 759.
- (9) The Engineer, 3 janvier 1908, p. 15.
- (10) Bulletins de janvier et février 1907, p. 72 et 203. -
- (11) Bulletin de mai 1907, p. 650.
- (12) Bulletin de novembre 1906, p. 987.
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- PKOCÈS-VERBAUX. JANVIER 1908.
- 163
- Je ne reviendrai pas sur la question du progrès des machines-outils : conduite électrique (1), emploi des aciers rapides Taylor et autres (2), étude dynamométrique du rendement des machines (3), développement de certains procédés de traitement, notamment du meulage de grand débit et de précision, qui sera traitée dans votre Bulletin de ce mois; de certains outils spéciaux, tels que les machines à tailler les pignons (4), les tours et fraises pour arbres coudés (5), les machines à découper, ma-tricer et emboutir (6) même de très grandes pièces comme des baignoires (7), enfin l’emploi de plus en plus fréquent, ingénieux et varié des « montages », accessoires des machines-outils proprement dites, et qui permettent d’en activer et préciser remarquablement l’emploi (8). Toutes ces questions, et bien d’autres, de ce monde si étendu et diversifié des machines-outils ne sauraient se traiter sans de longs développements, et l’ont d’ailleurs été, soit dans votre Bulletin même, soit dans des publications spéciales facilement accessibles.
- Je viens de vous rappeler, dans l’art des mines, quelques progrès de sa mécanique; je ne ferai que signaler ceux de certaines méthodes d’exploitation, du remblayage hydrauhque par exemple (9), sur lequel M. Wilders a récemment publié des renseignemens très intéressants (10); quelques procédés curieux et spéciaux, comme celui de l’extraction hydrothermique du soufre. (11) et enfin les progrès des appareils respiratoires permettant d’accéder aux endroits chargés de gaz dangereux et irrespirables, parmi lesquels je ne puis que vous indiquer, comme particulièrement intéressants, ceux de M. le docteur Tissot (12) qui vous seront, sans doute, bientôt présentés.
- Dans le domaine des constructions et de la résistance des matériaux, quelques études particulièrement intéressantes sur certaines propriétés et applications des ciments armés (13), l’emploi de plus en plus méthodique et répandu des méthodes d’essais par chocs et flexion (14), quelques machines d’essais intéressantes par leur ingéniosité ou leur nouveauté (15) et à vous rappeler ce désastre du pont de Québec (16), en vous signalant, à ce propos, l’installation extrêmement importante de la Keystone Bridge Co, de Piitsburg, pour l’essai en grand des colonnes en treillis métalliques, essais dont les résultats, publiés tout récemment, sont des plus intéressants (17).
- (1) Bulletins,de février 1902, p. 297; mars 1903, p. 420.
- (2) Bulletins de février 1903, p. 493; décembre 1906, p. 1083; décembre 1907, p. 1443. Revue de mécanique, juillet-août-septembre 1907.
- (3) Revue de mécanique, novembre 1903, p. 490; juin 1905, p. 577; septembre et octobre 1907, p. 312 et 412.
- (4) Revue de mécanique, juin, août 1907, p. 605, 215.
- (5) Revue de mécanique, mars, juillet 1907, p. 388, 85.
- (6) Revue de mécanique, novembre 1907, p. 525.
- (7) Bulletin de juin 1907, p. 794.
- (8) Revue de mécanique, mars 1906, p. 297.
- (9) Bulletin de janvier 1905, p. 186.
- (10) Revue universelle des mines et de la métallurgie, septembre, octobre et décembre 1907.
- (11) Bulletin de juin 1907, p. 763.
- (12) Société de l’Industrie minérale. Comptes rendus juillet et août 1907.
- (13) Bulletins de mars, avril, octobre 1907, p. 352, 506, 1063.
- (14) V. Deutscher Ingénieure, 14 et 22 décembre 1907, p. 1974 et 2065.
- (15) Bulletins de novembre et décembre 1907, p. 1287 et 1491.
- (16) Bulletin d’octobre 1907, p. 1086.
- (17) Engineering News, 26 décembre 1907, p. 685 et 702.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- JANVIER 1908.
- Rapports des Comités. — Sont lus et adoptés les rapports de :
- M. Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les ouvrages de chimie de M. Fritsh.
- M. Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur le Frappeur pneumatique de M. Baril. **
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Bousquet (Georges), Ingénieur des arts et manufactures, secrétaire cle la Société des Ingénieurs civils de France, présenté par M. Gruner.
- M. Juville, Ingénieur aux aciéries et forges de Firminy, présenté par MM. Chapot et G. Richard.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes :
- M. Alby, sur la Société des Arts de Londres et les Associations industrielles françaises.
- M. le commandant Renard, sur VA viation. Principes fondamentaux. L’air considéré comme sustentateur, avec observations présentées par MM. Armengaud jeune et Soreau.
- M. le Président remercie vivement MM. Alby et Renard de leurs très intéressantes communications, qui seront reproduites au Bulletin, ainsi que les observations auxquelles a donné lieu la communication de M. le commandant Renard.
- Elections pour le bureau de 1908. — Le dépouillement du vote définitif pour l’élection du bureau de 1908 en donne la composition suivante : Président : M. Gruner; vice-présidents : MM. Bardy, Bérard, Bertin et Veciovy Censeurs : MM. Bordet et Legrand; Trésorier : M. Alby; Secrétaires : MM. Hitier et Toulon.
- Ce même vote ratifie la nomination de MM. Daniel Berthelot, de Ribes-Christofle, Dabat et Mesnager comme membres du Conseil.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Décembre 1907 au 15 Janvier 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. , Ac. .
- ACE .
- ACP..
- AUI..
- AM. . AMa . Ap. . APC.. Bam..
- BCC..
- CN. .
- Cs.. .
- CR. .
- Dp. . E. . . E’.. . Eatn. . E E.. . EU. . Et.. . EM. . Fi . .
- Gc..
- laS.
- IC..
- le. . Im . tl. .
- Journal de l’Agriculture.
- Annales de la Construction. American Society of civil Engine ers.
- Annales de Chimie et de Physique. American Institute of Mining En-gineers.
- Annales des Mines.
- American Machinist.
- Journal d’Agriculture pratique. Annales des Ponts et Chaussées. Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- Chemical News (London).
- Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dingler’s Polytechnisches Journal. Engineering.
- The Engineer.
- Engineering and Mining Journal. Eclairage électrique.
- L’Électricien.
- Économiste français.
- Engineering Magazine.
- Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Génie civil.
- Iron and Steel Metallurgist. Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- Industrie électrique.
- Industrie minérale de St-Étienne. Industrie textile.
- loB. . M.M.. Ms.. . MC. .
- PC. . Pm. .
- RCp .
- RdM.. Rge. .
- Ré . . Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Rt.. . Ru.. .
- SA.. . ScF. . Sie. . .
- SiM. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. .
- Va. .
- VDI. .
- ZaC. .
- ZOI. .
- Institution of Brewing (Journal).
- Mining Magazine.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes.
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Revue technique.
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de France (Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschriftfürangewandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architekten-Vereins.
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- 166
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1908.
- AGRICULTURE
- Agriculture norvégienne (Grandeau). Ap. 9 Jcmv., 39. ,
- Bétail. Les Bergeries (Ringelmann). Ap. 2 Janv., 18.
- — Le sucre dans l’engraissement du mouton. Le sucre dénaturé est un aliment très favorable à l’engraissement (Malpeaux). Ag. 4 Jcmv., 15.
- — Lavages antiseptiques des moutons (Quebetl). Cs. 31 Déc., 1266.
- Bettraves fourragères. Culture à l’école coloniale de Tunis (Bœuf et Tourni-croux). Ag. 21, 28 Déc., 986, 1014.
- — Emploi de l’azote amoniacal et de l’azote nitrique dans la culture des). (Lanvray). Ap. 2 Jcmv., 12.
- Châtaignes. Dissolution et décortication. Ap.
- 9 Janv., 42.
- Chevaux. Chapeaux solaires. Ne servent à rien (d’Ancliald). Ap. 2 Janv., 15.
- Décortiqueur d’avoine. Ap. 26 Déc., 816.
- Engrais azotés, nitrate et nitrite de chaux. Cyanamide. Esssais de 1907 à Ber-thonval. Bons résultats des produits de Noltoden. Azote atmosphérique extrait par l’électricité (Malpeaux). Ag. 21 Déc., 933.
- —Azote , des sols. Détermination colori-métrique par le réactif de Nessler (Chouchack et Pouget). ScF. 20 Déc., 1173.
- — Inoculation du sol et des semences. Fixation de l’azote par les bactéries. L’inoculation a augmenté de 46 p. 100. des rendements en blé, de 400 p. 100 en seigle, 300 p. 100 en avoine. Problème résolu actuellement et permettant de fournir pour .presque lien aux terres pauvres l’azote nécessaire (Demolin). Ap. 19 Déc., 785.
- — Sels de manganèse. Valeur fertilisante. Expériences de M. de Feilitzen à la tourbière de Flahutt. « Us n’ont pas suffisamment prouvé leur efficacité pour entrer dans la fumure régulière de nos sols (Grandeau). » Ap.26Déc., 808.
- Fenaison en Suède et Norvège (Grandeau). Ap.
- 2 Janv., 9.
- Forêts. Le Jiiniperus (Arupacca. Ap. 26 Déc.. 318.
- — Maladie du sapin dans le Jura. SNA.
- 27 Nov., 826.
- Fourrages verts (Ensilage des) (Desprez). Ag. 21 Déc., 976.
- Fromage russe de lait de brebis. Le br.ynsa.
- Ap. 26 Déc., 814. . .
- Iloue à vapeur américaine. Ap. 19 Déc., 787.
- Huile d'olive. Fabrication en Languedoc et Provence. Ag. 21 Déc., 979. Irrigations en Égypte. E’. 10 Janv., 30. Dans la Névada. Projet Trucke-Carson (Carter). Fi. Jcmv., 7.
- Laiterie (Coopératives de). Ag. 21, 28 Déc., 973, 1020.
- — Variation de la production laitière d’un troupeau de vaches normandes- pendant trois années consécutives aux environs de 3',15 de lait par vache et par jour. Il faut 26 litres de lait pour 1 kilo de beurre.
- — École circulante de laiterie. Ap. 9 Janv., 39.
- Métayage. Syndicats de métayers. Ap. 19, 26 Déc., 789, 812.
- Œillets à grandes fleurs. Culture des. Cosmos.
- 28 Déc., 711.
- Oiseaux et insectes au point de vue agricole. Ag. 11 Janv., 51.
- Plantes à acide cyanhydrique (Greffe des).
- (Guignard). CR. 30 Déc., 1376.
- Pluies et inondations en Vaucluse. Ag. 28 Déc., 1017.
- Pommes à cidre espagnoles. Exportation en France. Ap. 26 Déc., 820.
- Pomme de terre. Variation et hybridation (Du-cornet). Ap. 19 Déc., 780.
- — Solarium Commersoni dans les terrains
- irrigués àl’eau d’égout (Gariel). SNA. 27Nov., 833.
- — Solanum maglia violet et Solanum
- Commersoni violet. Expériences de M. Labergerie sur les pommes de terre (Schribaux). Ap. 2 Janv., 13. Semences. Ferme de Schlanstedt pour la sélection des semences. Ag. 11 Janv., 45. Thé des colonies françaises (Dybowski). Cil. 30 Déc., 1433.
- Truffe. Culture dans le Sud-Est(Dumazet). Ap. 26 Déc., 810.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1908.
- Vaucluse. Exploitation des produits agricoles de la région vauclusienne (Zaclia-rewicz. Ag. 4 Janv., 18.
- Vigne (Greffage de la) et ^qualité des vins (Rey). Ap. 26 Déc., 81 G.
- Vins rouges. Examen polarimélrique. Dosage des sucres réducteurs qu’ils peuvent renfermer (Guérin). Pc. 16 Janv., 57.
- Volailles. Race de Crèvecœur. Ap. 2 Janv., 16.
- CHEMINS DE FEU
- Accidents. Collisions en Angleterre.E’. 20 Déc., 620.
- Barrière de passage à niveau commandée électriquement par le passage du train, au chemin de fer électriqne de Montreux-Oberland. Gc. 21 Déc.,
- 121.
- Chemins de fer de Ceylan. E. 20 Déc., 846.
- — du Puy de Dôme à adhérence tangen-
- tielle. E1. 27 Déc., 643.
- — d’Afrique (Progrès des) (Knight).'EJJ'.
- Janv., 617.
- — suisses nouveaux et tunnels (Cox).VDl.
- 4, 11 Janv., 17, 59.
- — de l’Inde (Exploitation des). Régime du
- contrat. E'. 10 Janv., 32.
- — électriques. Locomotive à vapeur et
- locomotive électrique. Ri. 21 Déc., 501.
- — — Système des ateliers d’Oerlikon.
- Elé. 4 Janv., 7.
- — — Le 3e rail (Williams). EM. Janv.,
- 604. ^
- - — Suspension de voie pour contact à archets (Major). ACE. Déc., 1070.
- — — Fils aériens pour hautes tensions
- (Coombs) (id.). 1036.
- — — Accouplement Golonna de deux
- automotrices. Gc. 11 Janv., 188.
- __ — Traction par courants alternatifs
- simples en Europe. Elé. 11 Janv. 20.
- Collisions de trains aux États-Unis. Leur ré duclion par des arrêts automatiques (Coes). EM. Déc., 632.
- J 67
- Gare nouvelle de Sidney. E'. 27 Bée., 649. Evaluation du matériel roulant nécessaire à un chemin de fer en exploitation (Worms de Romilly). AM. Sept., 242. Locomotives. Foyer à tube d’eau Brotan par Beyer Peacock. E1. 10 Janv., 40.
- — de gare pour la Burden Iron G0 à
- 4 roues couplées. E. 21 Déc., 837.
- — Diamèlre des roues motrices pour les
- express. La vitesse ne doit pas dépasser 200 tours par minute, ni les roues un diamètre de 2 mètres.
- — Surchauffeur Baldwin. E'. 27 Déc., 658.
- Les Bams. Nov., 298.
- Magasins à sable des chemins de fer américains. Pm. Déc., 180.
- Oscillations du matériel dues aux dénivellations de la voie (Marié). AM. Sept., 277.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Progrès en 1907. Gc. 4,11 Janv., 167, 183.
- — Avenir économique et financier. Ef. 11
- Janv., 42.
- — électriques. Les éleclrobus de Londres à
- accumulateurs, le. 25 Déc., 562.
- — à pétrole. Autobus de Paris. Régime
- futur. Gc. 11 Janv., 186.
- —• — pétro-électriques (Gasnier). le. 10 Janv., 6.
- — — Moteurs Berliet 6 cylindres. Va.
- 23 Déc., 530. Rotatif Burlat. Ri. 11 Janv., 15; à un ou deux cylindres. Va. 11 Janv., 26.
- — — Compteur d’essence Chauvin et
- Arnoux. Va. 11 Janv., 23.
- — — Refroidisseur Rex. Ri. 21 Déc.. 503.
- Nouveaux (Ravigneau). Va. 23 Déc., 825.
- — Transmissions Peugeot, Standart, Par-
- vila. Va. 21 Déc., 318.
- — — élastiques Ivriegeret Mercédèsélec-
- triques. Va. 4 Janv., 6. -
- — Suspension (la) (Maillard). Va. 23 Déc., 833.
- Tramways électriques. Voitures à bogies de la Compagnie parisienne des tramways. EE. 4 Janv., 7.
- — à contrepoids de sécurité de Sydney.
- Ri. 11 Janv., 13.
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- 168
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1908.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide azotique. Sa récupération (Lemaître). Gc. 21 Déc., 127.
- — Production au moyen de l’air (Mosecki). lie. 30 Déc., 363.
- — hyposulfureux. Énei’gie et décomposi-
- tion (Muller). ScF. 20 Déc., 1165. Acétylène. Installations en France. Cosmos. 11 Janv., 31.
- — et oxygène. Application à la soudure du fer et de l’acier (Traubel). Ms. Janv., 60.
- Alcaloïdes. Progrès général de leur chimie (Schmidt). Pc. 16 Janv., 68. Ammoniozingate de potasse (Franklin). CN. 27 Déc., 310.
- Azote atmosphérique (Mosecki et Kowalsky). Electrochemical. Déc., 491 ; Re. 30 Déc., 363.
- Air liquide et charbon de bois (Dewar). CR. 3, 10 Janv., 4, 16.
- Beurre. (Recherche de l’huile de coco dans le) (Hodgson). CN. 20 Déc., 297. Brasserie. Bierre Ivafer (Chapman et Baker). IoB. Oct., 638.
- — Mouillage de l’orge (Brown) (ici.). 658.
- — Composition des malts. Influence de la température (Mathews et Auty (id.). •685.
- — Divers. Cs. 31 Janv., 1289.
- Calorimètres pour gaz Beasley. Durr. RM. Déc., 611.
- — Adam. RdM. Janv., 34.
- Camphres et terpènes. Synthèse du camphre (Dubosc). RCp. 29 Déc.,421; 11 Janv.,
- 1.
- Caoutchouc. Influence du formaldéhyde.sur les propriétés du latex de la Funtumia Elastica (Schedrovvitz et Raye). Cs. 31 Déc., 1264.
- — Altérations du caoutchouc naturel
- (Brindejonc). ScF. 5 Janv., 39. Cellulose. Dosage dans les bois parchloruration (Dean et Tower). CN. 27 Déc., 307. Chaleurs spécifiques. Az. CO2 et vapeur d’eau. Expériences de Holborn. Pour Az entre 0 et 0° C = 0,2350 + 0,0000190° pour CO2. 0,2010 + 0,000742 0 pourHO. 9',4669 —0,00001680. E. 3 Janv., 1. Changement de poids dans les transformations chimiques (Laby). CR. 3 Janv., I.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Déc., 1280. •
- Céramique. Les majoliques. Sprechshall. 26 Déc., 707.
- — Porosité des masses cuites à basse température. Moyens de l’empêcher (Berdel) (id.) 2 Janv., 2.
- Chrome. Nouveau sulfate (Nicolardot). CR. 23 Déc., 1338.
- Eclairage. Unités de mesures internationales.
- J. f. Gas Belung. 21 Déc., 1143. Essences et patfums. Divers. Cs. 31 Déc., 1292. Explosifs. Décomposition progressive du coton-poudre pendant sa conservation (Silberrad et Farmer). Ms. Janv., 36.
- — Préparation de la nitroglycérine par le procédé Narthan, Thomson etRintoul (Lunge). Ms. Janv., 46.
- — Explosifs des révolutionnaires russes (Goebel). Ms. Janv., 49.
- Farines. Composition et falsifications (Marre).
- Gc. 28 Déc., 155; 4 Janv., 170. Formaldéhyde (études sur le). Cs. 31 Déc., 1294.
- Gaz d’éclairage. Plan d’études pour les ingénieurs gaziers au Polytechnicum de Kothen. J. F. Gasb. 21 Déc.. 1146.
- — Condensation de l’eau dans les con-
- duites (Eisele). (id.), 25.
- Ioduration dans le vide de quelques éléments (Guichard). ScF. 'o\Janv., 10. kilogramme d’eau. Volume du-—, mesures ré-centes= ldJ,000028 d’eauàlapression de 760 mm. et au maximum de densité (R. Benoist). CR. 30 Déc., 1385. Laboratoire. Dosage des chlorures et bromures en présence des sulfocyanates (Rosanoff et Hill). Cs. 20 Déc., 299.
- — Gaz contenu dans les métaux. Extrac-
- tion des — par chauffages répétés (Boudouard). CR. 16 Déc., 1283.
- — de l’acide lartrique dans les cidres (Le
- Roy). CR. 16 Déc., 1285.
- — du nickel en présence du cobalt, du
- fer, du chrome et du manganèse (Pozzi Escot). CR. 23 Déc., 1334. (Johnson). CN. 10 Janv., 21.
- — da manganèse. Méthode générale titri-
- métrique (Repiton). Ms. Janv., 33.
- — du mercure dans ses minerais, volumé-
- mélrique. Muller. ScF. 20 Déc., 1163
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1908.
- 169
- Laboratoire.Dosage volumétrique cia nickel Carston et Rosenstein). ScF. 20 Déc., 1163.
- — colorimétrique de l’azote du sol par le
- réactif de Nessler (Chouchack et Pouget). ScF. 20 Déc., 1173.
- '— du carbone dans les ferrochromes au creuset d’Eimer. RclM. Janv., 2.
- — de la naphtaline dans le gaz d’éclairage
- (Gair). Cs. 31 Déc., 1263.
- — volumétrique de l’étain par le dichro-
- mate de potasse (Reynolds). CN. 10 Janv., 13.
- — rapide du carbone et de l’hydrogène
- dans les substances organiques (Bre-leau et Leroux). ScF. 5 Janv., 15.
- — du nickel.; réaction de Pozzi Escot
- (Grossmann et Schuek). ScF. 5 Janv., ,14.
- Linoléum. Machine à imprimer Summers. E. 3 Janv., 8. .
- Manganèse. Action de l’acide chlorhydrique sur le bioxyde de (Holmes). CN. 27 Déc., 311.
- Molybdate d’ammoniaque. Hydrolyse en présence des iodures et iodates. American Journal of Science. Janv., 76. Nickel et Cobalt. Séparation qualitative par le nilroso-(3-naphtol (Ghapus). CN. 20 Déc., 298.
- Nitrites et hyponitrites de mercure. Décomposition par la chaleur (Travers). CN. 20 Déc., 302.
- Optique. Spectres de flamme obtenus par voie électrique (Hemsalech et de Watte-ville). CR. 16 Déc.. 1266.
- — Théorie du microscope (C. Beck). SA. 27 Déc., 105; 3-10 Janv., 129, 161. ’
- — Propriétés optiques des corps dissous.
- Influence de la température (Chauveau). CR. 23 Déc., 1332.
- — Étalons lumineux et décision de la
- commission internationale de photo-métrie. EE. 28 Déc., 445.
- — Photomètre à scintillations Dow. le.
- 10 Janv., 10.
- Ordures ménagères.. Destructeur Ilorsfall à Chiswick. E. 3 Janv., 12.
- Ozone. Formation par l’effluve à basse tension. CR. 16 Déc., 1272.
- Oxygène. Action sur les métaux (4 ordis). ZAC. 10 Janv., 50.
- Papier. Divers. Cs. 31 Déc., 1791.
- Perchlorure de fer, son hydrolyse. Rôle de l’acide chlorhydrique (Malfltano et Michel). CR. 16 Déc., 1275.
- Phosphorescence des corps inorganiques (Urbain). Revue Scientifique, 21-28 Déc., 769, 801.
- — aux basses températures (de Kowalski) CR. 16 Déc., 1270.
- — Éléments et méta-éléments phosphorescents de Crookes (Urbain). CR. 23 Déc., 1335.
- Phosphore jaune chauffé dans du gaz ammoniac (Slewellyn). CN. 20 Déc., 296.
- Photographie des couleurs par dispersion prismatique. Chéron. Gc. 21 Déc., 128.
- Pierres précieuses de la famille des Alumi-des. Formation des (Bordas). CR. 6 Janv., 21.
- Poids atomique. Relations entre les — des corps simples (Delaunay). CR. 19 Déc., 1279.
- — Rapport du comité international des — pour 1908. ScF. 5 Janv., 1.
- Radio-activité. Minéraux radio-actifs en Pen-sylvanie. Action sur la plaque photographique (Wherry). Fi. Janv., 59.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 31 Janv., 1286.
- Rubidium. Bichromate de — (Wyrouboff). ScF. 5 Janv., 7.
- Séléniures de sodium (Mathewson). RdM. Janv., 8.
- Soie artificielle. État actuel de l’industrie. Soies à base de xanthate de cellulose. Mercérisation. Blanchiment. Sténosage. Résultats dynamométriques en comparaison avec les soies naturelles. Comparaison entre les soies de verres (Beltzer). Ms. Janv., 5-21.
- Sucre. Revue des industries du — en 1906. RCp. 12 Janv., 9.
- Substances ferro-magnétiques. Chaleur spécifique et champ moléculaire (Weiss). CR. 30 Déc., 1417.
- Spectrophotométrie. Viscosimétrie et signes électriques des solutions (C. Henry). CR. 30 Déc., 1415.
- Tannerie. Divers. Cs. 31 Déc., 1288.
- — Tannage au chrome. ZAC. 3 Janv.,
- 11.
- Teinture. Fixation des colorants acides et basiques snr la laine : influence des.
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- 170
- .LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- JANVIER 1908.
- acides et des bases (Pellet Jolivet et Andersen). CR. 23 Dec., 1340.
- Teinture. Colorants sur fibres végétales. Recherche des. Ms. Janv., 23-33.
- — Couleurs Algol. Emploi dans l’impression (Coberti et Délia Valle). MC. 1er Janv., 1.
- — Erythrosine Essai de 1’ —. Dosage de l’iode et du chlore en combinaison organique (F. Jean). MC. Janv., 2.
- — Mordants de. chrome (les). (Grandmou-gin). MC. Janv., 3.
- — Noir azoïque enluminé (J. Muller). MC. Janv., 7.
- — Identification des matières colorantes sur fibres végétales (Green). (id.).
- 11. .
- — Blanchiment et teinture des poils et fourrures (Beltzer). MC. Janv., 20.
- — Couleurs nouvelles. MC. Janv., 23.
- — Théorie physico-chimique de la teinture (Laruech). RCp. 29 Déc., 433.
- — Indigo. Réduction électrolytique (Chau-mat). CR. 30 Déc., 1419.
- — Safranines. Recherches sur les (Barbier et Sisley). ACP. Janv., 96.
- — Travaux de Roussin sur les matières colorantes artificielles (Luizet). Revue Scientifique. 4 Janv., 5.
- — Divers. Cs. 31 Déc., 1273.
- Verre. Dépôt de cuivre sur—, formant miroir (Chattaway). CN. 10 Janv., 19.
- — Découpage pneumatique du verre fondu. Sprechshall. 2 Janv., 4.
- Uranium. Tétraiodure d’ — (Guichard). ScF. § Janv., id.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Marché des capitaux. Ef. 4 Janv., 3. Réforme de la loi des bourses (P. Hans), Rso. 16 Janv., 111.
- Alliance coopérative internationale et son dernier congrès. Ef. 11 Janv., 40.
- Apprentissage. Education d’après le por-gramme de l’Educational Committee, de la North. East. Coast Inst, of Eng-neers and Shipbuilders, appliqué pendant 3 ans aux Neptune Works. Les cours du soir doivent avoir pour
- objet de sélectionner une élite et non d’améliorer la masse d’apprentis, ce qui paraît impossible (Spence). E. 3 Janv., 31.
- Belgique. Commerce avec l’État indépendant du Congo en 1906. Ef. 21 Déc., 883.
- Brevets. Nouvelle loi suisse (Mariller et Ro-selet). Bam. Nov., 806.
- Caisses d’épargne privées de Lyon et de Marseille. Ef. 11 Janv., 37.
- Chine. Commerce de la. Ef. 21 Déc:, 885; 11 Janv., 45.
- — Télégraphes, chemins de fer et mines
- en —. E. 27 Déc., 878.
- Enseignement technique (L’). (Barberat). EE. 4 Janv., 27.
- États-Unis. Développement de la crise. Ef. 21-28 Déc., 877, 920.
- France. Convention anglo-française sur les successions. Ef. Déc., 874.
- — Hygiène et sécurité des travailleurs. Progrès très lent. Réglementation excessive, onéreuse. « S’il convient aux travailleurs que leur, sécurité soit assurée, il importe aussi que l’atelier qui les fait vivre puisse supporter la concurrence étrangère (Payen). Ef. 21 Déc., 879.
- . — Famille et divorce. Rso. 1er Janv., 64.
- — Finances et budget de 1908 au Sénat. Ef. 28 Dec., 913.
- — Alcoolisme et aliénation mentale. Dans 36 départements, de 1897 à 1907, le nombre des aliénés alcooliques est passé de 2 740 à 3 988, c’est-à-dire augmenté.de 5 % en 10 ans. Au 1er janvier 1907, il y avait dans les asiles de France 71 547 aliénés, dont 9 932, ou 13,60%, d’alcooliques.
- — Loi du repos hebdomadaire. Applica-'
- tion, inconvénients. E. 3 Janv., 20.
- — Grèves en 1906. Rso. 1er Janv., 65.
- — Mouvement social en France (Bechaux).
- Rso. 1er Janv., 64.
- . — Syndicats professionnels. Unions des syndicats et Bourses du Travail en 1907.,Ef., 11 Janv., 44.
- Héritage libre (L’). (Favière). Rso. 1er Janv.' 35.
- Initiative privée. Rôle en matière sociale. Ef. 28 Déc., 915. .
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JANVIER 1908.
- 171
- Japon. Développement industriel et commercial. Main-d’œuvre japonaise. (Sau-tleij. Musée social. Décembre. « La question de la main-d’œuvre est, et restera longtemps encore, au Japon, moins aiguë qu’en France. De ce chef, le Japon conserve une supériorité qui le rendra de plus en plus un concurrent redoutable sur le terrain économique. »
- — Situations financières et ressources économiques. Ef. 4-11 Janv., 7, 39. Marchés financiers enl907.|E/\4-11 Janv., 1, 133. Métaux. Fluctuation des prix en 1907. E. 27 Déc., 885.
- Or. Production actuelle. Elïet sur le coût de la vie (Gairison). Ei. Déc., 413.
- Paris. Mouvement des voyageurs, en 1905, venant de l’extérieur de Paris : français 727 000, étrangers, 416 000. Ef. 4 Janv., 7.
- Populations humaines (Avenir des). « Dans 100 ans la France aura 40 millions d’habitants, et l’Allemagne 120 (de Foville). Ef. 21 Déc., 877.
- Sociétés d'ingénieurs (Rôle des). E. TI Déc.,877. Soudan. Développement du. E’. 3 Janv., 9. Travail des enfants et des femmes dans les mines. Rapport de la Commission supérieure du travail dans l’industrie. AM. Sept., 387.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Barrage de Frederichswald. (Czchak). ZOI. 46-13 Déc., 853-819.
- — en terre, construction par remblayage
- hydraulique. Gc. 11 Janv., 177. Chauffage et ventilation d’une bibliothèque par circulation naturelle d’air chaud à Greenville, E. U. Ri. 21 Déc. 508.
- — Rendement et hygiène des appareils à
- gaz dans les appartements, (ici.), 509.
- — Banque Austro-Hongroise de Buda-
- Pesth. Ri. 4 Janv., 10.
- — Chauffage, central. Avantages. Ri.
- 4 Janv., 10.
- Ciment armé. Calcul des pièces et systèmes en (Chaudesaigues). ' Àc. Février à Décembre, 184.
- Ciment armé. Viaduc du Richmond and Chesapeak Bay. Rr. Virginie. E. 27 Déc., 863.
- — Emploi des formules officielles pour le calcul des pierres en ciment armé. (Klein). Le Ciment. Déc., 182.
- — Pilotis Simplex en cimenfarmé (ûL), 185. — Circulaire prussienne relative aux constructions en ciment armé, (id.), 187.
- Éclairage solaire des écoles. Z OI. 10 Janv., 23.
- Ponts de Blackfriars. Accident. Chavirement d’un caisson. E. 28 Juin-20 Déc., 858, 838.
- — Marienbrucke, à Vienne. ZOI. 20 Déc., 897.
- — tournant à deux étages de Hambourg.
- Ac. Déc., 178.
- — de Homberg-Ruhrort sur le Rhin. Gc.
- 4 Janv., 161.
- — sur le Nil, au Caire. E. 10 Janv., 40. Tunnels. Poussée des terres et boisages. ACE.
- Déc., 117. .
- Voûtes et arcs (Poussée des) (Pailla). Gm. Déc., 505.
- ÉLECTRfciTÉ
- Distribution. Conducteurs cuirassés pour canalisations intérieures Kuhls. Elé. 4 Janv., 1.
- — Mise à terre du point neutre dans une
- installation à courants triphasés. Elé. 11 Janv., 17.
- — Commande électrique par courants
- alternatifs avec vitesse variable (Brunswick). le. 10 Janv., 13.
- — Courants de grande intensité. Canali-. sation et mesure.
- Dynamos à pôles auxiliaires Potin (1889). le. 25 Déc., 563.
- — turbo-générateur (Développement des)
- (Polil). EE. 28 Déc., 460.
- — Rôle de la zone neutre dans la com-
- mutation (Menges). EE. 4 Janv., 15.
- — Emploi de revêtements en fer pour
- recouvrir les encoches ouvertes (Gold. smith). EE. A Janv., 23.
- — Moteurs d’induction. Enroulements à
- pas divisés (Cabol et Irwing). Re-30 Déc., 353.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1908.
- 172
- Dynamos. Réglage des moteurs à répulsion par le décalage des balais (Schnetz-ler). Re. 30 Déc., 360.
- — Commutation Labour pour moteurs à répulsion. EE. 28 Déc., 470.
- — Coefficient de fuite des moteurs d’induction (Hellmund). EE. 4 Janv., 24.
- Éclairage. Lampe au mercure Cooperllewitt. Nouvelle forme (von Relier). Fi. éc., 393.
- .— Incandescence. Augmentation de résistance des filaments de tantale, procédé de la General Electric C° par chauffage dans une atmosphère d’azote, mais en la rendant très fragile (Bainville). Elé. 21 Déc., 391, Électrochimie. Divers. Cs. 31 Déc., 1284. Magnétisme.Détermination des propriétés magnétiques des aciers (Murdoch). EE. 4 Janv., 20.
- Mesures. Wattmètre enregistreur Westinghouse. Re. 30 Déc., 367.
- — Magnétomètre pour l’essai des fers
- (Haupt). Re. 30 Déc., 136.
- — Étalon d’induction mutuelle Campbell.
- EE. 28 Déc^ 467.
- Piles. Élément normal Weston au cadmium (Smith). EE. 4 Janv., 24.
- Soupapes. Électrolytique Lunb. Elé. 11 Janv.,
- 27.
- — à flammes pour courants alternatifs
- à haute tension (Cathcard). CR. 6 Janv,, 20.
- Stations centrales du Pensylvania Rr. à Long Island. E. 20 Déc., 855.
- — de la Brillanne- Villeneuve, sur la
- Durance. Id. 25 Déc., 557.
- — de Hohenfurth. ZOI. 27 Déc., 916. Télégraphie sans fil. Application du circuit
- de Duddell (Gino Campos). Elé. 21 Déc., 392.
- — sous-marine. Bateau à câble Guardian,
- pour-la Central American Teleg. C°. E'. 3 Janv., 4.
- — Phototélégraphe Berjonneau. La Nature.
- 11 Janv., 81.
- Téléphonie. Conditions du rendement maximum des appareils téléphoniques. Pour assurer une transmission régulière à grande distance, on devrait perfectionner l’emploi du microphone
- (Abraham et Devaux Charbonnel). CR. 23 Déc., 1327.
- Transformateur à résonance (Bethenod). EE. 28 Déc., 454.
- HYDRAULIQUE
- Canal de Trepow. Oder-Elbe. E'.'21 Déc., 656.
- — Canaux et voies navigables. Commission royale anglaise. 10 Janv., 55.
- Pitomètre. Tube de Pitot, avec dispositif portatif enregistreur (Cole). Fi. Déc., 425.
- Pompes centrifuges multicellulaires pour l’épuisement des mines (Genard). Ru. Nov., 133. Bopp et Reuther. Type Bateau. Encombrement, 0m,70 x lm,15 ;
- • 4 roues de 235 millimètres. Vitesse, 1 500 tours. Débit, 14 m3 S. à70mètres par heure. Dp. 11 Janv., 20.
- — Klein à la mine d’Altenwald. Gc. 28 Déc., 152.
- — Jager WorthingtonMenck.Dp. 4 Janv., 6.
- — Pompes nouvelles et compresseurs (Freytag). Dp. 21 Déc., 803.
- — à vapeur directe Oddesse. Ri. 28 Déc., 513. .
- — Expérience sur le rendement des pompages dans l’Inde. E'. 10 Janv., 38.
- — Émulseur à air comprimé pour boues. E1. 16 Janv., 26.
- Turbines du Niagara. État actuel. Puissance totale utilisée, 654 000 chevaux.
- Usines élévatoires d’Égypte par la maison Sulzer. VD1. 11 Janv., 42.
- MARINE, NAVIGATION
- Amortisseur de roulis Crémieux. Cosmos. 28 Déc., 706.
- Cale sèche à Hong-Kong. E’. 20 Déc., 631.
- Compas électromagnétique pour blockhaus cuirassés et sous-marins (Dunoyei'). CR. 23 Déc., 1323.
- Constructions navales en. 1907. E. 3 Janv., 25.
- Côtes (Érosion des) (Commission royale pour l’étude de 1’). E1. 20 Déc., 613.
- Dock flottant de la Trinidad. Gc. 28 Déc., 145.
- Machines marines à gaz Crossley, sur un bateau pour canal, de 22 tonneaux, moteur de 14 chevaax. Essai.
- — triple expansion Barclay pour l’Allan Line. E. 10 Janv., 46.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — JANVIER 1908.
- 173
- Marine de guerre. Sous-marins à grande vitesse (Ghace). E. 10 Janv., 01.
- — Vitesse des- contre-torpilleurs. E. 10
- Janv., 37.
- — italienne. Cuirassé Regina.
- — anglaise. Contre-torpilleur et chaudière
- au pétrole à turbines Tartar. 37 nœuds. E', 20 Déc. 624. E. 27 Déc., 869.
- — — Situation actuelle E. 3 Janv., 17.
- Progrès en 1907. E'. 10 Janv., 29. Navigation transatlantique. Progrès. Ef., 2. Pêcheries. Ports de pèche anglais (Austen). E. 8 fëv. 1er Mars, 26 Avril, 31 Mai, 12 Juillet, 20 Sept., 25 Oct., 20 Déc. 1907.
- Voie navigable du Havre à Marseille par Paris, Montargis et Nevers. Gc. 4 Janv., •172.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Abaques d’alignements. Théorie Clark. RM. Déc. 576.
- Aviation. Gvroplane Bréguet. La Nature, 21 Déc., 37.
- — Résistance de l’air. Expérience de la
- tour Eiffel. RM. Déc., 573.
- Air comprimé. [Machines [soufflantes (Baer et Bonte). VDI. kJanv., 1.
- Chaudières. Rendement des— et circulation rapide (Nencel). Ri. 4 Janv., 8.
- — — Rénovation de l’ancienne chaudière
- cylindrique, (Gventhe). Ram. Nov., 792.
- — — A tubes d’eau sur les navires (Stre-
- bel. VDI. 4 Janv., 8.
- — — Instantanée Steward. Ri. 11 Janv.,
- 16.
- — — Explosion de Greenwich. Dôme de
- vapeur criqué. E'. 20-27 Déc.,620,647.
- — — de Coatbridge. E. 10 Janv., 65.
- — — Foyers à charbons pulvérisés (En-
- nis). EM. Janv., 577.
- — — Primage détermination du — (Ros-
- set) Pin. Nov. Déc. 186. Gc. 21 Déc., 123.
- Courroies. Entretien dans les ateliers (Taylor). AMa. 21 Déc., 862.
- Débrayage. Fourchette Autoloc. Ri. 21 Déc., 505.
- Dynamomètre frein à frottement de liquide Bro-therhood. Va. 4 Déc., 10.
- Écrire et additionner, Machine à — Elliot-Fisher. E. 27 Déc., 865.
- Embrayages pour automobiles (Lutz). Dp. 4 Janv., 3.
- Froid. Machine frigorifique. Audiffren-Sin-grun. CR. 17 Déc., 1268. Cosmos. 4 Janv., 7.
- Graissage et frottement {Nicliolson). E'. 20 Déc. 633.
- — — au graphite. Expériences (Benja-
- min). AMa. 4 Janv., 934.
- Horlogerie. Heure deda tour Eiffel. La Nature, 11 Janv., 83.
- Levage. Manipulation des céréales (Lufft).Dp. 21 Déc., 801 ; du charbon. Installation à Breslau. RdM. Janv., 23.
- — Arrêt Tiegehen. RM. Déc., 625.
- — Ascenseurs électriques Piffre et de la
- Waterloo Station. RM. Déc., 615. Hydraulique Janson (îgG). 621.
- — Appareils modernes (Drews). Dp. 4 Janv., 1.
- — Grues de fonderies et forges (Frolich). VDI. 28 Déc., 205.
- — Élévateurs à godets pour minerai humide. RdM. Janv., 19.
- — — électriques freins de (Jordan). RM.
- Déc.. 623; frein Davy (id.). 625.
- — Appareils de levage modernes (Drews). Dp. 11 Janv., 17.
- — Bigues flottantes Bechem et Keetman, 140 tonnes; Bromowski,40. RM. Déc. 641.
- — - Cableways de Loch-Leven. E'. 10
- Janv., 32.
- — — Frein Valentin. RM. Déc. 623. Par-
- sifal, Otis. (id.). 637.
- — — Transporteur électrique Kramos. E.
- 10 Janv., 43.
- Machines-outils. Ateliers de la General Electric, à Lyn. Organisation (Strat-ton). EM. Janv., 569.
- — Ateliers de PAmerican Bridge C°. Im. VII. 1907, 643.
- — Alésoir portatif pour paliers sphériques Westinghouse. AM. 21 Déc., 853.
- — Coffres à outils en métal déployé. E. 10 Janv., 59.
- — Fraiseuses. Calcul des harnais (Parker). AMa. 21 Déc., 860.
- — — pour pignons Humpage. AMa. 11
- Janv., 967.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1908.
- 174
- Machines-outils. Gabarits (Fabrication des). AMa. 4 Janv., 927.
- — Laminoir pour métal à cartouches
- Taylor et Challer. E. 20 Déc., 841.
- — Marteau pneumatique Pilkington sus-
- pendu sur pont roulant pour planage et soudure^des tôles. E. 20 Déc., 836-
- — Meules. Machine à meuler universelle
- Nervall. AMa. 11 Janv., 974.
- — Microscope. Emploi dans les ateliers
- (Stanley). AMa. 28 Déc., 887.
- — Traitement thermique des outils. Appa-
- reils Brayshaw. Ri. 4 Janv., 1.
- — Outils rapides et ordinaires, comparai-
- son de la production (Bilham). AMa. 28 Déc., 893.
- — Perceuse pour plaques de blindage
- Niles. E. 3 Janv., 25. Perceuse multiple à forets très rapprochés. AMa. 28 Déc., 900.
- — Perçage de précision par montages.
- AMa. 17 Janv., 963.
- — Taraudeuse pour tubes Winn. E. 3 Janv.,
- 963.
- — Tours. Calcul des harnais. Tables Par-
- ker. AMa. 21 Déc.,860.
- — Tréfilage Bancs ^de recuits. Gc. 11
- Janv., 184.
- — Vis (Machines à), tracé des cames (An-
- thony). AMa. 21 Déc., 866.
- — Machines à bois. Scie à lames Robinson.
- E'. 10 Janv., 43.
- Moteurs à, gaz. Installation des ateliers Rowan à Glasgow : 4 moteurs Clerck de 130 chevaux à 170 tours, desservis par 4 gazogènes Dowson. Dépense d’anthracite par cheval-heure effectif,
- . 0 kg. 400.
- - Clerk de 300 ch. avec gazogène par la National Gaz Engine C°. E1. 27 Déc., 659.
- — Gazogènes Sepulchre, Wilde, Calocsy, Lackner Huston, Delwick Fleischer, Delion et Lepeu, Becker et Greener, Deschamps, Sire deVillars, Thwaites Masons, Loomis, Hopkinson, Hanappe, Levin Pierson, Crossley Rigby, Hughes, Rehmam, Parry et Atkinson, RM. Déc., 586-615.
- — Calorimètres Beasley, Durr. Rm. 615. Moteurs à, pétrole^ Carbonateurs Longue-
- mare, de Samer, Dion.Va.21 Déc.,816. >
- Moteurs à vapeur. Machine Bollinckx com-pound horizontale tandem à soupapes desmodromiques,'vitesse 125 tours. Pas de garnitures aux tiges des soupapes et des pistons. E. 20 Déc., 838.
- — Condenseur à eau récupérée (Hart) Em.
- Janv., 591.
- — Contre-pression(Influencedela)(Eberte).
- VDI. 21 Déc., 2005.
- — Mouvement de la chaleur dans les
- parois des cylindres (Thonet). Rm. Déc., 533.
- — Pression moyenne la plus économique.
- EL 27 Déc., 654.
- — Surchauffe. Question des fuites aux
- distributeurs. E'. 20 Déc., 628.
- — Turbines. Particularités mécaniques des.
- E'. 27 Déc., 641.
- — — Parsons de Willam et (Robinson.
- E. 3 Janv., 2.
- — — Joint annulaire ou de labyrinthe.
- E. 10 Janv., 35.
- Peseur continu pour minerais Blalce Denison. EL 10 Janv., 42.
- Planimétreur White et Bean. E. 10 Janv., 60. Résistances de Pair. Expériences de la tour Eiffel. RM. Déc., 573.
- Résistance des matériaux. Essais par flexion à la main (Sankey). E. 20-27 Déc., 829, 883.
- — Résistance des anneaux. E'. 20 Déc.,
- 614.
- — Essais au choc (Ehrensberger). SuE.
- 18 Déc., 1833. VDI. 20 Déc., 2065.
- — Essais de tubes à la pression extérieure
- (id.). 1844.
- — Essais de colonnes (Lilly). E. 10 Janv.,
- 37.
- — Machines à essayer à diaphragmes. E.
- 21 Déc'., 801.
- — Nouveaux mécanismes et nouvelles mé-
- thodes d’essai des métaux. Flexion et torsion (Breuil). RM, Déc., 548-572. Textiles. L’électricité dans l’industrie textile. le. 25 Déc., 563.
- — Nouveaux métiers. VDI. 28 Déc., 2059.
- — Métiers Northrop. ZOI. 10 Janv., 17. Transmission par friction (Goss). AMa. 11 Janv.,
- 969.
- Ventilateur Roots pour des pressions jusqu’à 0 kg. 7, à 150 tours. EL 20 Déc., 635.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — JANVIER 1908.
- MÉTALLURGIE
- Alliages tellure et étain (Fay). RdM. Janv., 8. Cuivre. Fusion électrique. Calculs de (Richards). Electrochemical. Déc., 496.
- — Bessemérisation Day (id.). 507.
- — Échantillonnage et essais du cuivre, de
- ses minerais, matles et scories dans les usines américaines (Heath). RdM. Janv., 4.
- Fer et acier. Solubilité du graphite dans le fer : décroît régulièrement avec la température : elle est de I p. 100 à 1 000° dans le fer pur (Charpy). CR., 16 Déc., 1279.
- — Gaz occlus dans les aciers. Résumé
- d’un travail subventionné par la Société d’Encouragement. CR., 16 Déc., 1280.
- — Azote dans le fer et l’acier (Braune).
- Im. VIL, 1907, 489.
- — Application des lois dé la physico-chi-
- mie à la métallurgie du fer (Von Jup-tner). Electrochemical. Déc., 500.
- — Histoire de la connaissance de l’acier
- (Benedicks). RdM., Janv., 5.
- — Procédé au reverbère Allen. Electroche-
- mical. Déc., 506.
- — Bessemer basique. Briquettes d’oxyde
- de ferFlohr. E. 10 Janv., 65.
- — Constitution des aciers (Portevin).
- RdM. Janv., 24; des aciers trempés (Breuil). Im., VII. 1907, 515.
- — La cémentation (Nicolardot). RdM.
- Janv., 32.
- — Hauts fourneaux américains. RdM.
- Janv., 29.
- — Machines soufflantes avec moteurs à
- gaz (Baer et Bonte). VD1. 4-11 Janv., 1, 53.
- — Fonderie. Moulage en moules métalli-
- ques Sekezly. E. 3 Janv., 16.
- — — Brown et Sharpe. AMa. 4 Déc.,
- 941.
- — — Emploi de l’air comprimé. Su. E.
- 1er Janv., 8.
- — Compression des lingots pendant leur
- fusion. RdM. Janv., 33.
- — Emploi de la thermite pour éviter les
- soufflures (Obholtzer). (id.). 47.
- — Union des industries sidérurgiques al-
- lemandes. E. 11 Janv., 58.
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- Electrosidérurgie. Fours Gysingue, Kjellin, Iliort. Gin(Escard). Pm. Déc., 182.
- — Production électrothermique du fer et de l’acier (Richards). Fi. Déc., 443. Janv., 47.
- — Four électrique Igewsky pour fusion de l’acier. RdM. Janv., 1877.
- Or. Traitement des minerais à New-Kleinfon-tein, Transwaal. Gc. 28 Déc., 150.
- — Mines de la Nevada. Égalent l’Alaska et remplaceront bientôt l’ancien Colorado (S. Brown). EM. Janv., 643. Plomb. Affinage électrolytique. Appareils Salom, Keth, Borcher, Ladyguine. Dépôts électrolytiques de — (Escar). Élé. 21 Déc., 307.
- Z inc. Facteurs physiques de la réduction métallurgique de l’oxyde de zinc (W. Jokson). Electrochemical. Déc., 498.
- MINES
- Aérage. Contrôle du service d’.(Baum). Im. VII, 1907. 626.
- Autriche. Industrie minérale en 1906. AM. Sept., 310.
- Bavière. Industrie minérale en 1906. (id.). 311.
- Diamant. Minage du (Leffmann). Fi. Déc., 407. Épuisement par turbo-pompes électriques (Genard). Ru. Nov. 133; Sulzer aux mines de Lindal Moor, Angleterre. Ri. 21 Déc., 504.
- Extraction. Machine d’— électrique à Gran-gesberg, Suède. Eam. 21 Déc., 1162.
- — Câble et parachute. Rapports de la
- commission transvaalienne. Im. VII. 603.
- Fonçage. Appareil hydraulique, Schlister : par un taillant marchant à coups de bélier. Im. VII. 1907, 615.
- — Creusement des puits en morts-terrains
- aquifères dans les mines de sels po-. tassiques de l’Allemagne (Habets). Ru. Nov., 183.
- Grisou. Désastre de Monongah. Mise en feu par un fil de trolley rompu. Eam. 14 Déc. 1121.
- — Accident de Courrières. Rapport officiel.
- Im. KVII, 1907. 353.
- — Barrage par panneaux Weise. Im. VII,
- 1907. 609.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JANVIER 1908.
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- Havage. Aiguille d’abatage à vis et billes Konig et Gutzloff. Im. VII, 1907. 620.
- Houille. Anthracites. Mines du Wyoming. Eam. 21 Déc. 1169.
- Mexique. Mines de cuivre et d’argent (A. Bordeaux). Ru. Nov., 101.
- Pétrole. Gisements aux États-Unis (Vicaire). Im. VI, 1907. 433.
- Préparation mécanique. Procédé Elmore à Dalcoath, minerais de cuivre-étain, tungstène (voir Bulletin de Juin 1907,
- p. 199) (Walker) Eam. 14 Déc., 1104. Préparation. Table de Nervago. Eam. 13 Déc., 1120.
- Prusse. Loi des mines du 18 juin 1907 (Àguil-lon). AM. Sept., 217.
- Sondages par perforatrices à vapeur Keystone.
- Eam. 14,21 Déc., 1111, 1131.
- Soufre. Mines de Louisiane. Extraction par l’eau chaude (voir Bulletin de Juin 1907, p. 763). Eam. 14 Dec., 1107. Statistique minérale mondiale en 1907. Eam. 4 Janv., 1 -92.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 107* ANNÉE.
- FÉVRIER 1908.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- SÉANCE GÉNÉRALE DU 24 JANVIER 1908
- PRÉSIDENCE DE M. VIVIANI
- MINISTRE DU TRAVAIL ET DE LA PRÉVOYANCE SOCIALE
- Le fauteuil de la présidence est occupé par M. Viviani, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale. A ses côtés siègent: MM. Gruner, président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale ; et les délégués de la Société Industrielle de Mulhouse : MM. Boch et de Lacroix, vice-présidents, Thierry-Mieg et Wehrlin, membres du Conseil d’administration. Prennent place également au bureau MM. Bardy et Pector, vice-présidents, Hitier et Toulon, secrétaires de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- DISCOURS DE M. GRUNER
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ
- Monsieur le Ministre,
- La Société d’Encouragement vous est particulièrement reconnaissante d’avoir bien voulu venir présider notre assemblée générale annuelle, et donner ainsi à la solennité de ce jour un éclat exceptionnel.
- Tome 110. — Février 1908.
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- 178 DISCOURS DU PRÉSIDENT. --- FÉVRIER 1908.
- Nous sommes d’autant plus heureux, Mesdames et Messieurs, de vous voir en si grand nombre, que notre fête est aussi celle de la Société Industrielle de Mulhouse, qui va bientôt célébrer le quatre-vingt-troisième anniversaire de sa création. Celui qui fut le premier président de notre Société, et qui remplit pendant trente ans ces hautes fonctions, celui dont l’effigie figure sur la grande médaille que nous décernons aujourd’hui, — le comte Chaptal, — eût certainement été le premier à féliciter la grande Société industrielle alsacienne de tout ce qu’elle a fait pour l’industrie, pourlascicnce, pour le commerce, et avant tout pour les ouvriers-^ pendant ce long espace de temps.
- En répondant à l’appel que nous vous avons adressé, vous avez tenu, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, à reconnaître que notre Société continue à remplir dignement le programme qui lui fut assigné il y a déjà plus d’un siècle : poursuivre l’amélioration et le développement de toutes les branches de l’industrie française.
- Avec le concours de la fidèle cohorte des membres qui apportent leur cotisation annuelle, et de nos donateurs et bienfaiteurs qui nous ont confié le soin d’exécuter leurs intentions généreuses et de répartir en prix, secours ou encouragements, des sommes et revenus parfois importants, notre Société peut, chaque année, faire quelque bien et provoquer des travaux utiles.
- Combien plus grande serait cette action, si notre Société était plus connue, et si elle pouvait voir le nombre de ses membres atteindre les beaux chiffres que notre collègue, M. Alby, nous citait quand il étudiait devant nous les sociétés similaires à la nôtre, en Angleterre et en Allemagne.
- Des cotisations plus modestes que les nôtres permettent à certaines associations, puissantes par le nombre de leurs membres, de faire beaucoup. Que ne ferait pas notre Société, elle qui est assurée du concours des savants éminents qui siègent dans ses divers comités, si elle arrivait à franchir ce chiffre fatidique de mille membres dont elle a approché plusieurs fois, et qu’elle . n’a jamais pu dépasser, tout au moins d’une façon durable.
- Permettez-moi, en vous montrant rapidement l’emploi que notre Conseil fait des fonds qui lui sont confiés, de justifier par là même l’appel
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT. -— FÉVRIER 1908.
- 179
- que je vous adresse à tous, de devenir des membres actifs et des apôtres convaincus de notre Société d'Encouragement pour l’Industrie Nationale, qui est essentiellement une œuvre d’initiative privée.
- Les rapports qui seront résumés devant vous tout à l’heure vous parleront des œuvres les plus remarquables qui ont été soumises a l’examen de vos comités : vous applaudirez le bel ensemble d’œuvres sociales qui donnent au Creusot une base si solide et le concours si fidèle d’une population d’ouvriers et de contremaîtres, toujours fiers d’être des Creuso-tains; vous encouragerez par vos applaudissements J/. JEyrolles, dont l’inébranlable persévérance et la vive compréhension des besoins du jeune employé, du modeste apprenti, ont triomphé de tous les obstacles qui semblaient devoir faire échouer la conception d’une école de Travaux Publics dont les élèves sont dans toutes les parties du monde et complètent leur instruction sans interrompre le travail journalier qui est leur gagne-p$in. Entre beaucoup d’inventions, de machines, de travaux et de publications que vos divers Comités ont été appelés à étudier, quelques-uns ont paru particulièrement dignes- d’être retenus et d’être récompensés par vous. Nos collègues vous en indiqueront en quelques mots les mérites au moment de l’appel des lauréats. Mais combien d’autres, qui avaient aussi des mérites sérieux, et que nos Comités ont eu le regret de ne pouvoir récompenser cette année!
- Vous constaterez une fois de plus, en entendant appeler les lauréats de la médaille Dumas, que les postes les plus élevés dans l’industrie peuvent être atteints par de modestes ouvriers qui ont su, par une constante rectitude de conduite et une activité ininterrompue, inspirera leurs patrons une confiance bien justifiée. Et que dirons-nous de cette pléiade de lauréats du prix Fourcade, du prix Meynot, et des médailles de travail que leurs trente, quarante et cinquante années de bons et loyaux services permettent de compterai! nombre des meilleurs auteurs de la prospérité et de la réputation des maisons où leur vie s’est écoulée.
- Ces collaborateurs de notre Bulletin, ces conférenciers auxquels nous aurons la satisfaction de donner une médaille commémorative, sont venus, au cours de l’année, donner à nos séances un intérêt des plus variés.
- Tous ceux d’entre vous qui ont été assez heureux pour assister à la séance du 24 mai ont encore le passionnant souvenir des Conté et des
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT.
- FÉVRIER 1908.
- Thénard, que notre collègue Liebaut a fait revivre devant vous. Nous avons salué “avec une admiration respectueuse ces cinq générations de savants et d’hommes de bien, qui ont pris une si large part à la création et à la vie de notre Société.
- M. Launay nous a montré au prix de quelles difficultés et de quels dangers les trains électriques passeront sous la Seine. MM. le commandant Renard et Armengaud vous ont fait comprendre par quelles savantes déductions, et au prix de quelles tentatives, ballons et aviateurs s’élancent dans les airs’et s’y dirigent avec une précision inconnue il y a deux ans encore.
- Notre Société n’oublie pas tout ce que l’agriculture doit déjà à la science et ce qu’elle peut encore en attendre; aussi a-t-elle consacré plusieurs séances à étudier les questions de l’épuration des eaux d’égout, de l’amélioration des semences, de la nitrification intensive.
- Je dois m’arrêter, avec le regret de n’avoir signalé qu’un petit nombre des conférences et des communications qui ont attiré tant de monde à nos séances ; mais je me reprocherais de ne point adresser en votre nom à tous, un mot de remerciements à nos dévoués collaborateurs : M. Gustave Richard, notre savant agent général, dont les causeries sur les inventions et les nouveautés scientifiques de laquinzaine nous charment et instruisent à chaque séance, et M. Garçon, notre bibliothécaire, dont les notes mensuelles de chimie sont un répertoire précieux de tout ce qui a paru à l’étranger et en France.
- Mais ce n’est pas seulement à récompenser des œuvres accomplies que se consacre notre Société.
- Plusieurs donateurs généreux lui ont confié le soin d’encourager les débutants et de leur fournir le moyen de payer la première annuité des brevets dans lesquels l’un ou l’autre de vos Comités a cru devoir distinguer quelque idée ingénieuse, ou encore de venir en aide à des inventeurs que la fortune n’a point favorisés ou que Page a mis dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins. Cette année encore, notre Société a pu distribuer dans ces diverses intentions plus de 6 000 francs.
- Elle a attribué environ 10 000 francs à des travaux scientifiques, à des missions à l’étranger, à des œuvres d’utilité générale. C’est ainsi qu’elle a participé, au cours de l’année écoulée, par d’importantes subventions à la création du Musée des accidents du Conservatoire des Arts et Métiers, aux
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- tentatives de plantations de coton dans les colonies françaises d’Afrique ou à l’exploration du Sahara en vue d’y rechercher la houille.
- Des recherches sur les applications industrielles de la radiographie, sur la production artificielle intensive du nitre, sur l’amélioration des espèces végétales et sur les conditions du développement des tourbières, ont été subventionnées par nous, sur la demande de l’un ou l’autre de nos Comités.
- Il y a quelques jours, nous recevions du docteur Abt une première note sur les études si intéressantes qu’il poursuit en Angleterre, avec notre concours et celui de l’Institut Pasteur, du Syndicat Général des Cuirs et Peaux et du ministère du Commerce, sur le rôle de certaines bactéries dans le dannage des cuirs soit pour l’activer, soit pour en altérer la marche.
- Que ne pourrions-nous faire encore si des ressources plus étendues nous permettaient de subventionner plus largement de jeunes savants pour des recherches que nous indiquerait telle ou telle Chambre syndicale, telle ou telle Association industrielle ! Le concours désintéressé des 'savants membres de nos Comités les guiderait dans leurs recherches et apporterait ainsi une force nouvelle à nos industries.
- Ce ne sont point les jeunes chercheurs qui manqueraient. Nous les trouverions toujours en nombre suffisant dans les laboratoires de la Sorbonne, de l’Institut Pasteur et de nos Universités et Écoles industrielles de province.
- Ce ne sont point les conseils et les directions qui feraient défaut. Nos collègues sont toujours prêts à donner sans compter de leur temps pour faire avancer la science et par là l’industrie française.
- C’est l’argent qui nous manque. C’est à ceux qui le possèdent que nous nous adressons en leur montrant quel bel et utile emploi une Société comme la nôtre peut faire des capitaux qui lui sont confiés.
- Ces appels ne restent pas toujours vains et, cette année, notre Société a été heureuse d’enregistrer deux donations d’importance inégale.
- M. Danton, ancien élève de l’École des Mines de Saint-Étienne, a généreusement réparti en mourant sa modeste fortune entre diverses associations et sociétés, et a chargé notre Société d’attribuer une somme de 5000 francs à celui qui aura trouvé un moyen industriel et économique de séparer l’oxygène de l’hydrogène.
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- 31me Arméngaud, en souvenir de son père, notre ancien collègue et bienfaiteur Michel Perret, nous a remis un capital de 100000 francs, dont les revenus seront appliqués partie à des recherches de chimie industrielle, partie a la création d’une médaille quinquennale à l’effigie de Michel Perret. Elle nous a remis en même temps les coins, magnifiquement exécutés par l’un de nos graveurs les plus éminents, des deux faces de cette médaille.
- Dès cette année, notre Comité de Chimie aura ainsi à sa disposition 2 800 francs de plus pour encourager des recherches.
- Nous adressons aux familles de ces généraux donateurs l’expression de la vive gratitude de notrè Société et nous pouvons les assurer que ces ressources nouvelles seront utilement employées au développement de l’industrie française.
- Nous ne saurions nous asseoir sans adresser un dernier adieu à nos collègues des Comités ou de la Société qui ont disparu au cours de l’année écoulée. .
- Il ri’est pas un des noms de cette funèbre liste qui ne rappelle une grande œuvre accomplie, une continuelle préoccupation du bien public, ou encore une vie de travail et de dévouement à la Patrie.
- Moisscm, qui fut lauréat de notre grand prix du marquis d’Argenteuil avant de recevoir le prix Nobel, qui professa avec une si haute autorité à l’Ecole de Pharmacie, puis à la Sorbonne et fut une des gloires de l’Institut, était des nôtres.
- Que de fois avons-nous vu sur ces bancs le colonel Laussedat, qui a illustré le corps du génie et n’a quitté le professorat de l’École Polytechnique que pour prendre la direction du Conservatoire des Arts et Métiers ! Je ne l’oublierai jamais tel que je le voyais journellement pendant le siège de Paris, alors qu’il perfectionnait et organisait la télégraphie optique, espérant toujours apercevoir une nuit les réponses de l’armée de secours aux appels désespérés des assiégés.
- Notre Comité d’Agriculture a pendant de longues années bénéficié de l’active et savante collaboration de MM. G. HeuzéeX Henri Muret, qui ont tant fait pour le développement de la richesse agricole de notre pays.
- C’est de son vénéré président 31. Charles Rossigneux que votre Comité des Beaux-Arts a eu à déplorer la perte. Tous vous tiendrez à vous rendre
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- DISCOURS DU PRÉSIDENT.
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- au musée des Arts décoratifs,pour y admirer la belle exposition, ouverte à partir de demain, de l’œuvre de Itossigneux. Vous y admirerez l’imité de conception, l’harmonieuse élégance de la composition, le goût châtié du dessin et la belle tenue qui était la caractéristique du talent de notre regretté collègue.
- Souvent à nos séances, quand ils n’étaient point à leur poste d’avant-garde à Suez, en Cochinchine ou à la Nouvelle-Calédonie, nous avons vu siéger MM. Jules Fleury, JRueff et Pelalan, dont la mort tragique a trop tôt arrêté l’active carrière.
- C’est aussi avec une douloureuse surprise que nous avons appris la disparition de notre camarade et ami de Castelnau qui s’était fait un nom si justement respecté dans le Corps des Mines et dont les conseils si sûrs étaient partout recherchés quand l’industrie vint l’arracher au service administratif pour lui demander de réorganiser et de développer plusieurs de nos plus importantes exploitations.
- Tous ces hommes, et tant d’autres dont nous avons chaque mois salué la mémoire, ont effectivement, et plusieurs au péril de leur vie.et aux dépens de leur santé prématurément usée, travaillé au développement de l’industrie française.
- Nous devons honorer leur mémoire au moment ou nous allons récompenser ceux sur lesquels l’attention de notre Société s’est particulièrement arrêtée cette année.
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- PRIX ET MÉDAILLES
- DÉCERNÉS DANS LA SÉANCE GÉNÉRALE DU 24 JANVIER 1908
- GRANDE MÉDAILLE
- La Société décerne chaque année, sur la proposition de l’un des six Comités du Conseil, une grande médaille en or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux qui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de Vindustrie française pendant le cours des six années précédentes. /
- La grande médaille du Commerce à l’effigie de Chaptal est attribuée pour l’année 1907 à la Société industrielle de Mulhouse.
- Notice de M. Lalance, membre du Comité du Commerce, sur la Société
- industrielle de Mulhouse.
- Messieurs,
- Dans un rapport fait au nom de notre Comité de Commerce (1), notre vénéré président M. Ch. Lavollée a analysé l’Histoire documentaire de l’Industrie alsacienne publiée parla Société industrielle de Mulhouse et a montré en termes excellents ce qu’a été l’influence de cette Société et combien de services elle a rendus.
- Nous regrettons tous que l’état delsanté de M. Lavollée ne lui permette pas de vous apporter lui-même les conclusions de son rapport et de proclamer devant vous le vote unanime par lequel notre Société a décerné à la Société industrielle de Mulhouse sa grande médaille d’or à l’effigie de Chaptal.
- En l’absence de M. Lavollée, mes collègues du Comité de Commerce m’ont chargé de vous présenter un rapide exposé de l’œuvre de la Société
- ^1) Ce rapport a paru dans le 'Bulletin de décembre 1906.
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- SUR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE. 185
- industrielle et je n’ai pas cru pouvoir refuser de me charger de cette mission à cause des liens qui m’attachent à la Société de Mulhouse, dont j’ai été pendant quinze ans l’un des vice-présidents.
- Messieurs,
- La Société industrielle de Mulhouse a été fondée en 1826, à une époque où la Société d’Encouragement était seule en France à s’occuper de questions industrielles.
- On peut se demander pourquoi cette éclosion s’est produite dans une ville qui ne comptait alors qu’environ 12 000 habitants, plutôt que dans les grandes cités de Lyon, de Rouen ou de Reims.
- Il faut en rechercher la cause dans le passé de Mulhouse et dans ses institutions démocratiques.
- Mulhouse était autrefois une petite bourgade fortifiée qui, déjà au xme siècle, avait su s’affranchir de la domination de l’évêque de Strasbourg.
- Pendant tout le moyen âge, elle avait su résister aux attaques du Saint Empire ou des seigneurs féodaux.
- Au milieu du xve siècle, les bourgeois de Mulhouse, ayant chassé définitivement les nobles et les patriciens/formaient une vraie république s’administrant elle-même.
- En 1515, ils s’allièrent à la Suisse et trouvèrent en elle un appui sûr et fidèle.
- A partir de la paix de Westphalie, la ville jouit d’une tranquillité à peu près complète et put diriger son énergie, acquise par des siècles de luttes, vers la recherche de son indépendance économique.
- 11 faut admirer le courage, l’énergie, que ces 4 à 5 000 habitants durent déployer pour résister, le plus souvent par leurs propres moyens, aux attaques des empereurs, des évêques ou des seigneurs et pour conserver intactes leur indépendance et leur constitution démocratique.
- Le scrutin populaire appelait tour à tour ces modestes bourgeois à défendre la cité, à maintenir l’équilibre entre les partis, à négocier avec l’Empereur, les Cantons Suisses ou les rois de France.
- C’est à eux que leurs descendants doivent leur simplicité, leur énergie, leur initiative et leur esprit indépendant.
- La première fabrique de toiles peintes de Mulhouse fut créée en 1746.
- Vingt ans après, on en comptait vingt. Cette fabrication était bien simple. On faisait venir des .tissus écrus de Suisse ou d’Angleterre; on les
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- COMMERCE. --- FÉVRIER 1908.
- blanchissait en les étendant sur l’herbe et en les arrosant tous les jours, puis on les étalait sur de grandes tables, et des peintres les enluminaient avec des pinceaux.
- Ce sont les fabricants de Mulhouse qui employèrent les premiers les planches de bois gravées en relief, puis plus tard les planches métalliques gravées en creux. '
- Cette industrie fit naître tout un essaim de dessinateurs, de graveurs, de coloristes qui donnèrent rapidement aux indiennes de Mulhouse une réputation incontestée, leur assurant un bon débouché en France.
- Mais après 1789, comme il s’était créé des industries similaires en France, dont la plus connue est celle d’Oberkampf, ancien apprenti à Mulhouse et devenu fabricant à Jouy-en-Josas, le gouvernement, voulant les protéger, entoura d’un cordon douanier le territoire de la petite République enclavé tout entier dans l’Alsace, et fit payer des droits élevés pour toutes les marchandises qui en sortaient.
- D’autre part, la proclamation de la République à Paris avait éveillé de grandes sympathies dans la petite cité, et ces sympathies jointes à ces intérêts aboutirent en 1798 à un traité par lequel la petite République de Mulhouse se réunissait à la République française.
- Aussitôt le cordon douanier fut enlevé et les produits fabriqués n’eurent plus rien à payer.
- Mais il restait de grandes difficultés à surmonter.
- Il fallait faire venir dé loin les toiles, les couleurs, le combustible, et expédier les indiennes par chariots à Paris ou à Lyon.
- Pendant les guerres de l’Empire, les progrès furent lents; la jeunesse était embrigadée dans la Grande Armée.
- Plus tard l’Alsace fut envahie, et ce n’est qu’en 1818 qu’elle fut débarrassée des troupes alliées.
- Alors on respira et il se produisit un effort considérable.
- Dans toutes les vallées du Haut-Rhin, partout où se trouvait une chute d’eau, on construisit des filatures et des tissages, on installa des fabriques de produits chimiques et des ateliers de construction.
- Le canal du Rhône au Rhin, commencé sous l’Empire par les prisonniers espagnols, fut ouvert et^permit de recevoir à bas prix les combustibles de la Loire.
- L’essor fut considérable, surtout lorsque l’impression à la main fut remplacée par la machine à imprimer.
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- SUR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE.
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- Il parut alors nécessaire de centraliser les efforts en vue de perfectionner les procédés de fabrication et de les rendre plus scientifiques.
- C’est dans ce but, qu’en 1826, fut fondée la Société industrielle.
- Il est intéressant de relever dans ses statuts quelques points caractéristiques : •
- 1° Le but de la Société industrielle est l’avancement et la propagation de l’industrie par la réunion sur un point central d’un grand nombre d’éléments d’instruction.
- 2° La Société publiera un Bulletin renfermant- tous les faits qu’elle jugera devoir intéresser plus particulièrement l’industrie locale ; elle proposera des prix pour l’invention, le perfectionnement ou l’exécution de machines ou de procédés avantageux; elle cherchera à constater par des expériences le mérite des inventions nouvellement publiées.
- 3° Elle s’occupera de tout ce qui pourra conduire à propager et à consolider, parmi la classe ouvrière, l’amour du travail, de l’économie et de l’instruction.
- 4° Elle ne sollicitera ni n’acceptera aucune subvention du gouvernement, du département ou de la Ville, afin de conserver toute son indépendance.
- . Ce programme a été suivi et singulièrement développé.
- La Société est composée de sept comités dans lesquels se distribuent les membres.
- Le comité de chimie, de mécanique, de commerce, d’histoire et de statistique, d’histoire naturelle, des Beaux-Arts, d’utilité publique.
- Je ne dirai rien des travaux industriels dont beaucoup sont connus dans les milieux scientifiques.
- L’industrie-mère de Mulhouse : celle des toiles peintes, exige non seulement la science du chimiste et du coloriste, mais aussi le goût et le fini des dessins qui doivent sans cesse se renouveler pour suivre les fluctuations de la mode.
- Aussi a-t-on de bonne heure donné une grande importance au culte de l’art.
- La Société industrielle a fondé un musée des beaux-arts contenant surtout des tableaux de maîtres français, un musée des arts décoratifs, une école de dessin d’ornement, une école de gravure, une école d’art industriel pour jeunes filles.
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- Pour répondre à un autre besoin, on a fondé, il y a plus de soixante ans, une école de dessin de machines dans le but de former des mécaniciens constructeurs.
- La Société avait aussi patronné, il y a bien longtemps, une école pratique de chimie industrielle dans laquelle ont étudié la plupart des imprimeurs d’étoffe d’Europe.
- Il arriva un moment où l’école devint insuffisante pour les besoins croissants et où il fallut créer un nouveau local mieux approprié.
- Que fit-on alors? On ne s’adressa ni à l’État, ni au Département, ni à la Ville.
- La Société chargea un de ses membres de faire l’étude d’une nouvelle école tout à fait moderne et de trouver les voies et moyens pour la construire.
- Ce délégué visita en Suisse, en Allemagne et à Paris les laboratoires les plus perfectionnés ; il chargea un architecte parisien d’élaborer un plan réunissant les progrès remarqués dans son étude.
- Puis il se mit en campagne auprès des divers industriels de la région mulhousienne et, en quelques jours, il recueillit la somme nécessaire pour l’édification de la nouvelle École supérieure de chimie industrielle.
- C’est là un exemple des traditions de la Société.
- Cette école, agrandie, a acquis une réputation universelle et les élèves qui la fréquentent appartiennent à tous les pays industriels.
- Après avoir exposé d’une façon très sommaire le travail des comités ayant un caractère purement industriel ou commercial, il semble nécessaire de nous étendre quelque peu sur l’œuvre du comité d’utilité publique qui a eu, depuis l’origine, à s’occuper de toutes les questions sociales ou d’un intérêt général. , *
- Dès 1827, le Comité adressa une pétition aux deux Chambres pour demander la suppression de la loterie nationale qui absorbait alors une partie importante des salaires des ouvriers. Cette pétition eut un succès partiel, car le maximum des mises fut réduit à deux francs.
- En 1830, la loterie fut enfin supprimée.
- Chose curieuse, en J 906, la Société industrielle eut à envoyer copie de sa pétition de 1827 au Ministère d’Alsace-Lorraine, qui projetait d’introduire dans les pays annexés la loterie d’État telle qu’elle fonctionne en Prusse.
- Cette pétition, jointe à d’autres efforts, aboutit au rejet du projet. \
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- SUR LA SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE 189
- Dès 1830, le Comité était saisi par un de ses membres d’une proposition tendant à limiter l’âge d’admission des enfants dans les manufactures et à réduire leurs heures de travail (1).
- C’était la première fois que cette question était soulevée en France.
- Elle fut l’objet de nombreuses pétitions aux Chambres et obtint un succès partiel. Mais l’application des restrictions imposées fut négligée et le Comité dut renouveler plusieurs fois ses démarches auprès des pouvoirs publics.
- Ce n’est qu’en 1874 que la France réglementa par une loi précise le travail des enfants.
- Le Comité mena aussi une campagne pour la suppression du travail de nuit des adultes. Cette demande n’a pas encore abouti, sauf pour les femmes.
- En 1851, à la suite d’un voyage fait par un de ses membres, M. Jean Zuber, en Angleterre, pour y étudier les habitations ouvrières récemment construites, le Comité chargea M. Jean Dollfus de créer une cité ouvrière à Mulhouse. Celui-ci réunit rapidement un capital de 355000 francs; on acheta des terrains et on confia à M. Émile Muller, architecte, le soin d’étudier plusieurs types d’habitations répondant aux besoins locaux de la classe ouvrière.
- Le gouvernement impérial ayant eu connaissance du projet offrit une subvention, mais la Société refusa pour rester fidèle à son principe d’indépendance.
- Cependant, on finit par accepter l’offre du gouvernement : de prendre à sa charge les frais de viabilité des rues ouvertes.
- L’œuvre a grandi; elle a construit 1 309 maisons,ayant coûté tout près de cinq millions, sur lesquels les acheteurs ne ' doivent plus que 760000 francs. -
- En 1867,1e Comité d’utilité publique, sur l’initiative de M.Engel Dollfus, avait fondé une association de prévention des accidents du travail, dont le but était de réduire au minimum le nombre des accidents et de charger un inspecteur spécial de surveiller l’application des mesures préventives recommandées.
- Dans le même ordre d’idées, le Comité étudia et créa en 1866 une association des propriétaires d’appareils à vapeur, analogue à celle fonction-
- (1) « On sait que nos manufacturiers de Mulhouse ont réclamé contre leur intérêt, une loi qui réglât le travail des ènfants. » Michelet, Le Peuple, p. 119.
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- liant à Manchester, et ayant pour but d’assurer la sécurité de ces appareils en les soumettant à un contrôle périodique. Cette association s’étend aujourd’hui sur 6 000 chaudières en Alsace, dans les Vosges et en Franche-Comté.
- D’autres villes de France imitèrent cette organisation, entre autres Paris, Rouen, Lyon, Lille.
- La Société industrielle avait aussi fait appel à l’initiative privée pour organiser dans les usines des caisses de maladies, de prévoyance et de retraite, ainsi qu’une assurance contre les accidents.
- L’annexion de 1871 trouva ces installations en plein fonctionnement, si bien que le prince de Bismarck a pu dire que, si l’industrie allemande avait été à la hauteur de l’industrie alsacienne, il n’y aurait pas eu besoin de faire des lois ouvrières.
- Depuis sa création, la Société industrielle n’a cessé de chercher à développer l’instruction populaire.
- Jules Simon écrivait : « La Société industrielle de Mulhouse a fait sortir de terre des écoles; elle est moins fîère des grands et glorieux services rendus par elle à l’industrie que des victoires remportées par elle sur l’ignorance. »
- Et quand Jean Macé habitait l’Alsace et jetait les bases de la Ligue de l’Enseignement, il a pu dire à son tour : « A Mulhouse, rien à faire ; tout y est fait. »
- Dès 1862, sur l’initiative de son Comité d’utilité publique, la Société adressait au Sénat une pétition en faveur de l’instruction obligatoire.
- En 1864, elle fonda, avec le concours de la municipalité, une société d’enseignement populaire post-scolaire, dont les cours étaient fréquentés par plus de mille élèves. »
- En 1871, à la suite de l’annexion, ces cours cessèrent, comme bien d’autres institutions.
- En dehors des écoles de dessin et de chimie dont nous avons déjà parlé, la Société fonda une école de filature et de tissage pour former des chefs d’ateliers et des directeurs.
- En 1866, grâce à un don de 100 000 francs de MM. Jules et Jacques Siegfried, elle créa une école supérieure de commerce qui fonctionna jusqu’en 1871. L’école fut alors fermée et ses professeurs allèrent créer les écoles similaires de Lyon, du Havre, de Rouen, et l’Institut commercial de Paris.
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- En 1868, M. Jules Siegfried fit à la Société un nouveau don de 100 000 francs pour fonder un cercle populaire.
- Après avoir servi d’ambulance pendant la guerre, le cercle fut ouvert en 1872. Il comprenait des salles de réunion, de conférences ou concerts, de répétitions, de lecture, de gymnastique et d’escrime. La cotisation était de 6 francs par an. Les discussions politiques ou religieuses étaient inter-diteg parle règlement. Il comptait, en 1887, plus de 2 000 membres, quand il fut fermé par ordre de l’autorité supérieure.
- Je pourrais énumérer encore bien des efforts, soit pour améliorer la situation des humbles, soit pour répandre l’instruction et la morale, mais il est temps de conclure.
- On peut affirmer que ce constant effort pour réaliser des choses utiles avec de faibles moyens est dû à l’origine de Mulhouse, aux luttes que les ancêtres avaient dû soutenir pendant des siècles pour défendre leur indépendance, à l’esprit républicain qui animait grands et petits, à l’initiative qui avait été nécessaire pour créer de toutes pièces cette puissante industrie, malgré les conditions défavorables de sa situation géographique.
- La Société industrielle de Mulhouse fonctionne depuis quatre-vingt-deux ans.
- Son président, M. Auguste Dollfus, la dirige depuis quarante-trois ans.
- Il est membre depuis cinquante ans de la Société d’Encouragement.
- Vous voudrez bien m’excuser, Messieurs, d’avoir retenu si longtemps votre attention; il m’a semblé utile, au moment où la Société d’Encouragement, sous l’impulsion de son distingué président, cherche à étendre son cercle d’action et à trouver de nouveaux membres actifs, de montrer que, dans la plus petite ville, avec des ressources limitées, il est possible de faire des choses utiles, lorsqu’il y règne un esprit d’initiative, de désintéressement et de dévouement au bien public.
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- Allocution de M. Viviani, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale.
- Mesdames, Messieurs,
- Lorsque, il y a quelques semaines, mon collègue, M. Jules Siegfried, qu’un événement imprévu a séparé de nous ce soir, m’a prié d’accepter la présidence de cette cérémonie, il ne s’est heurté en moi à aucune opposition ; je dirai même, au risque de vous fournir un grief contre ma présomption, que j’ai accueilli cette invitation avec le sentiment qu’elle m’était due. Quelles invitations, en effet, le ministre du Travail ne devrait-il pas écarter s’il avait écarté celle-là, et où serait sa place si elle n’était pas ce soir parmi vous ?
- J’ajoute que j’ai cru deviner, dans la démarche dont j’étais honoré, comme le symptôme nouveau d’idées nouvelles, qui semblent s’être formées autour de l’institution du ministère du Travail. Je ne me dissimule pas, en effet, qu’il y a quelques mois certaines défiances un peu aveugles ont accompagné sa création : que serait ce ministère, que ferait-il? n’était-il pas destiné, sur le champ de bataille économique, à être le champion des seuls intérêts ouvriers et, par-conséquent, l’adversaire des intérêts industriels?
- J’ai toujours pensé, quant à moi, Mesdames et Messieurs, que, par vocation et par essence, le ministère du Travail devait manifester aux travailleurs un parti pris de cordialité et de bienveillance, mais que cela ne devait pas lui permettre de porter atteinte à cette justice sans laquelle les autres fonctions qui sont dévolues par l’État à un homme risquent de devenir entre ses mains un instrument meurtrier (Applaudissements), et voilà pourquoi, autant qu’il m’a été possible, j’ai essayé d’aller au-devant des conflits sociaux pour y substituer les négociations journalières et pour essayer, par là, d’acclimater dans ce pays l’ère des transactions sociales.
- Ce n’est pas que je m’illusionne et que je me laisse aller à la douceur d’une idylle qui, certes, serait mensongère ; il ne peut dépendre ni de certaines paroles, ni de certaines attitudes, ni de certains actes qu’un silence harmonieux soit imposé au monde. Tant que le monde fera effort vërs un idéal supérieur, c’est-à-dire tant qu’il sera digne de vivre, il sera gros de rumeurs et de revendications. L’important n’est pas que ces revendica-
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- ALLOCUTION DE M. ViVIANI.
- lions se taisent; l’important, c’est que, de l’effort méthodique du suffrage universel, de la libre propagande des esprits, de la formation de la conscience individuelle et de l’élévation de la conscience collective sorte le progrès que, pour leur grandeur,* tous les hommes appellent et dont, pour leur honneur, ils ne se déclarent jamais satisfaits.
- Messieurs, la Société d’Encouragement, qui a bien voulu m’inviter à la cérémonie de ce soir, paraît avoir rempli dans le passé ce programme d’action que j’entrevois pour l’avenir. On le rappelait tout à l’heure, elle est née au début du siècle dernier, au lendemain du grand fait libérateur de la Révolution française ; elle est née pour ainsi dire avec la démocratie, elle en a connu les angoisses et les espérances, elle a connu scs courtes victoires et aussi les longues nuits de ses défaites.
- Je me demande à quoi pouvaient penser, au début du siècle dernier, quoiqu’ils fussent encouragés par une auguste initiative, les hommes qui avaient eu le courage de former cette Société alors si frêle et si modeste ; s’ils ne se demandaient pas quelquefois avec anxiété ce qu’elle deviendrait, quel serait le sort de cette société, et ce qu’il pourrait jamais en advenir dans un monde où semblait ne devoir rayonner que la gloire des armées?
- Cependant, il ne serait pas juste de dire qu’il n’y a que certains champs de bataille, ceux dans lesquels se heurtent les individus ; il y en a d’autres, et que vous connaissez pour être moins sanglants et plus utiles, où doivent se heurter les intérêts et la civilisation, ce sont les champs de bataille économiques; et les créateurs de ces sociétés, surtout au début et au courant du siècle dernier, ont dû voir souvent combien ces heurts dont je parle étaient rudes.
- On a coutume, en effet, de louer, de révérer le progrès, quand il a accompli sa tâche ; mais il ne faudrait pas croire qu’au moment de son apparition il est accompagné d’acclamations et de succès. Le progrès est, en effet, exterminateur et émancipateur, il extermine et fait disparaître les préjugés. Que lui importent les plaintes des vaincus, les gémissements des victimes ! Que lui importent les cris de détresse de l’industriel qui s’est laissé surprendre comme assoupi dans la routine et les cris de colère d’un ouvrier qui se voit, par une invention, exproprié, dépossédé de l’instrument de travail qu’il avait conquis ! Que lui ont importé, en 1832, les . clameurs de ces pauvres ouvriers de Lyon qui se précipitaient, pour la briser, sur la machine ouvrière! Le progrès passe comme une force de la nature, couchant sous lui les individus et les intérêts; mais, après qu’il a
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- passé, on s’aperçoit qu’il a distribué la vie, la joie, le bien-être et le bonheur, qu’il a donné un idéal supérieur à la vie, lin motif nouveau aux revendications humaines, qu’après tout, au moment où il frappe les pères, il émancipe les enfants et que telle est la loi constante du monde, qui veut que rien ne s’obtienne sans des efforts et sans des sacrifices et que la douleur humaine soit éternellement la rançon du bonheur;(Applaud?sscme)2ls.)
- Messieurs, parmi les collectivités puissantes qui, tout en gardant leur caractère propre, leur originalité particulière, sans se fondre en vous, poursuivent un but analogue, se trouve, au premier rang, cette Société industrielle de Mulhouse, dont M. Lalance faisait tout à l’heure si justement l’éloge.
- Elle est née, comme on vous le rappelait, en 1826 et, si son histoire est longue, vous sayez, par ce qui vient de vous être dit, combien elle a été glorieuse. Au prix d’une énergie persistante, les ouvriers et patrons qui font partie de cette Société ont abouti aux magnifiques résultats qui vous ont été indiqués. Ils étaient bien, ils sont bien encore les héritiers de cette rude, cité qui, on vous le rappelait tout à l’heure, a su repousser les attaques des empereurs, des évêques et des seigneurs féodaux, et qui, ayant hérité des heureuses dispositions de cette race, ne se sont pas seulement montrés capables de manier de leurs mains viriles le rude acier des armes, mais, comme on vous l’a montré, ont su préparer les œuvres de vie, ont su bâtir ces écoles professionnelles où l’artisan est venu se renseigner sur la technicité de son art, et, à la voix de Jean Macé, ces autres écoles où les jeunes enfants sont venus nourrir et élever leur esprit.
- Aussi, pour avoir fait cela, pour avoir fait ce don magnifique au progrès, pour avoir essayé d’établir par tant d’actes une humanité meilleure, cette Cité peut bien concevoir un orgueil qui, après tout, est suffisant pour effacer de son front l’ombre déjà ancienne des mélancolies.
- L’homme qui représente et qui symbolise cette Société, son président et son doyen, celui que nous nous faisions un plaisir d’accueillir ce soir, M. Auguste Dollfus, n’est pas là, et ce fut pour moi une déconvenue que d’apprendre son absence. Je regrette que son grand âge et les faiblesses qui en sont l’habituel cortège nous aient privés de la joie de contempler sa joie. D’autres, qui sont ici et qui, plus heureux que nous, le verront, lui rendront ce témoignage qu’il eût été accueilli ici par notre estime déférente et que nous lui eussions tous dit l’admiration que nous avons pour son noble passé de travailleur.
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- Je lui aurais remis moi-même cette croix d’officier de la Légion d’honneur que je tiens à la main et qui est bien faite pour scintiller sur sa noble poitrine. (Vifs applaudissements.) Je la lui aurais remise, non seulement au nom démon collègue, M. le ministre des Affaires étrangères, qui, spécialement, la lui a décernée, mais au nom du Gouvernement tout entier qui jamais plus et jamais mieux qu’à cette heure et dans cette cérémonie, n’a représenté la France tout entière. (Nouveaux applaudissements.) Et je suis certain que, dans une loyale étreinte qui eût rapproché nos mains, à travers un tremblement ému, il eût senti passer un frisson de fraternité.
- Que ceux qui le représentent, que ceux qui doivent lui porter cette croix de la Légion d’honneur que le Gouvernement de la République lui remet, viennent la prendre, et qu’en même temps, de votre part et de la mienne, ils veuillent bien lui apporter le témoignage de notre affection et de nos unanimes regrets pour son absence* (Nouveaux et vifs applaudissements.)
- Allocution de M. Théodore Boch, vice-président de la Société industrielle de Mulhouse.
- Monsieur le Président,
- Mesdames, Messieurs,
- Je suis chargé par M. Auguste Dollfus, notre président et votre collègue à la Société d’Encouragement depuis cinquante ans, de vous exprimer tous ses regrets d’être empêché par son grand âge et par l’état de sa santé de venir vous témoigner lui-même toute sa reconnaissance pour la haute distinction qui vient couronner si dignement sa carrière.
- Si le Gouvernement de la République nous comble de joie en décernant à notre Président une décoration dont l’éclat rejaillit sur notre Compagnie tout entière, et qui répond à nos plus profonds et à nos plus unanimes désirs, vous nous avez de votre côté, Messieurs, comblés d’honneur en nous accordant, par un symbolisme dont nous sentons tout le prix, lar grande médaille à l’effigie de Chaptal, votre fondateur et le père^ dèMa chimie industrielle. _
- J’en remercie Monsieur le Ministre, et je vous remercie, Messieurs,
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- PRIX ET MÉDAILLES. -— FÉVRIER 1908.
- au nom de la Société'industrielle de Mulhouse. Nous n’oublierons pas cette date du 24 janvier, qui nous vaut tant de gloire, en comparaison du peu de bien que nous avons pu faire ; et nous sommes tout particulièrement touchés de la délicatesse du sentiment qui vous a portés à nous comprendre au nombre des institutions qui méritent,vos encouragements. Puissant encouragement, en effet, pour nous et pour nos successeurs, de persévérer dans la voie que nos pères nous ont tracée.
- « Un véritable industriel doit à l’ouvrier plus que son salaire. » Cette parole de notre grand et regretté Frédéric Engel-Dollfus, nous la faisons nôtre, et nous continuerons de travailler de tous nos efforts à l’amélioration matérielle, à l’instruction, au développement moral de nos collaborateurs les plus humbles. De même, avons-nous conscience du rôle qui nous incombe, placés que nous sommes à la limite de deux races, et qui consiste dans l’étude, l’assimilation et l’échange des idées, des méthodes de deux civilisations.
- Nous espérons ainsi concourir dans la mesure de nos moyens au progrès de l’humanité par la science et par la morale, et ajouter notre pierre à cet édifice de Justice sociale, dont nous ne verrons pas l'achèvement, mais auquel nous voulons travailler avec tous les hommes de bonne volonté.
- C’est en quoi nous espérons justifier le double honneur que vous nous avez accordé aujourd’hui. (Vifs applaudissements.)
- PRIX FOURCADE
- POUR LES OUVRIERS DES FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Le prix fondé par les exposants de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 a été élevé à la somme de 1000 francs par la libéralité de notre collègue M. Fourcade, et il est aujourd’hui désigné sous le nom de ce manufacturier regretté.
- Le prix Fourcade « doit être remis chaque année, en séance publique de la Société d’Encouragement, et au nom des donateurs, à l’ouvrier en produits chimiques qui comptera le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement, et qui aura été signalé à la Société par l’une quelconque des branches d’industrie ayant formé ladite classe. 47 (classe des produits chimiques) ».
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- Nous décernons, cette année, le prix Fourcade à M. Auguste Dumon, qui compte cinquan*te-deux années consécutives au service des établissements Kühlmann à Loos, près Lille (Nord).
- C’est le 5 décembre 1856, âgé alors de vingt-trois ans, que M, A. Dumon entrait aux établissements lvühlmann : successivement, il y a été occupé aux travaux de charpente et aux travaux der plomberie, travaux de très grande importance dans l’industrie de l’acide sulfurique.
- Or, en toutes circonstances, là même où un travail plus spécial, plus délicat, exigeait plus de souplesse, plus d’intelligence, M. Dumon s’est toujours montré à la hauteur de la tâche qui lui était confiée, nous écrit le Directeur général des établissements Kühlmann, qui ajoute ; « Nous n’avons toujours eu qu’à nous louer de l’activité et du dévouement de M. Auguste Dumon. »
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale est heureuse aujourd’hui de couronner la laborieuse carrière de M. Aug. Dumon en lui décernant le prix Fourcade.
- PRIX MEYNOT
- Le prix biennal Meynot père et fils, de Donzère (Drôme), de la valeur de 1 200 francs, provenant du don de Meynot père et fils, était à attribuer, s’il y avait lieu, en 1907, pour petite culture dans l’Isère :
- « Au cultivateur, viticulteur ou maraîcher, qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon, à mi-fruits ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvrier au plus, donnera le meilleur exemple par sa conduite, son activité au travail, par l’ordre dans son ménage, et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné, aura réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation. » ,
- Un des phénomènes économiques les plus intéressants auxquels il nous soit donné d’assister à l’heure actuelle est certainement l’effort que font les gouvernements et les parlements, dans les pays étrangers, là où domine le régime de la grande propriété et de la grande culture, pour y introduire la petite propriété, la petite culture, pour y créer une classe de paysans analogue, si possible, à cette classe de nos paysans français qu’admirent tant, et avec si grande raison, les agronomes Russes, Allemands,
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- Anglais, qui sont venus ou viennent visiter notre pays : ces agronomes, ces économistes se sont rendu compte de l’incomparable réserve de richesses, de forces, d’énergies matérielles, morales et sociales qu’est pour la France cette classe de paysans, de petits propriétaires, de petits cultivateurs.
- Si les réformes agraires tentées actuellement en Angleterre et dans l’est de l’Allemagne par exemple sont, à cet égard, singulièrement significatives, les échecs auxquels, d’une façon générale, ces réformes ont abouti, sont eux-mêmes bien instructifs. Une loi peut contraindre à la division des grands domaines, les répartir en fermes de moyennes et de petites étendues; une loi peut avancer aux hommes, qu’elle appelle ensuite pour exploiter ces fermes, le capital initial nécessaire, mais une loi ne pourra jamais donner à ceux qu’elle a créés pour ainsi dire artificiellement agriculteurs, improvisés paysans, cet amour de la terre, cet esprit fait à la fois 1 d’épargne, d’extrême prudence et de progrès, cet héritage d’observations accumulées des choses de la terre, que l’on trouve précisément chez notre paysan français; c’est là cependant ce qui fait sa force, ce qui assure son succès.
- . Le concours du prix Meynot, ouvert cette année dans l’Isère, vient nous donner une preuve nouvelle de ces qualités du paysan français. Aussi, devons-nous remercier doublement MM. Meynot, dont la généreuse libéralité nous permet tout à la fois de mettre en relief, devant le grand public, ces qualités du petit cultivateur français, et d’apporter à l’un d’entre eux une aide véritablement efficace.
- Certaines opérations agricoles, certaines spéculations animales sont justement regardées comme particulièrement à leur place dans les petites exploitations parce qu’elles exigent des soins minutieux, et que, pour les mener à bonne fin, rien ne peut remplacer l’œil et aussi la main du maître. Tel est par exemple le cas de l’élevage, de l’engraissement des volailles. La plupart des concurrents du prix Meynot, dans l’Isère, se livrent avec succès à ce genre d’opérations. Les cultures fruitières, la production des noix de dessert notamment, sont encore parmi les spécialités que nous avons retrouvées chez la plupart des agriculteurs concurrents du prix Meynot.
- Mais ces occupations un peu spéciales sont loin de les absorber complètement; sans doute, elles leur procurent souvent une part importante des bénéfices, mais ceux-ci leur proviennent en même temps, déplus
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- en plus, d?une meilleure méthode de culture des céréales et des plantes fourragères, d’un entretien mieux entendu du bétail, d’améliorations réalisées dans l’emploi des fumiers et des engrais, etc., etc.
- Chez tous les concurrents du prix Meynot dans l’Isère en 1907, nous voyons, notamment, le bétail objet d’une grande attention; plusieurs possèdent même des animaux de premier ordre; dans des exploitations de 6 à 10 hectares, l’on entretient des taureaux de valeur, ayant obtenu des premiers prix dans les grands concours agricoles; pour mieux nourrir, du reste, un bétail de plus haute qualité et plus nombreux, chez tous ces éleveurs, la production fourragère a su être notablement augmentée, et c’est là un fait tout à fait caractéristique et général.
- Chez ces petits cultivateurs encore, les engrais chimiques sont aujourd’hui d’un usage courant; chez quelques-uns même, nous voyons des soins donnés au fumier qui témoignent d’une connaissance raisonnée, de la valeur de cet engrais, que l’on retrouverait bien rarement même dans les plus grandes et les plus réputées des exploitations agricoles. Tel est le cas, par exemple, de ce petit propriétaire d’une ferme de 5 hectares seulement, qui n’a pas craint d’établir à ses frais une fosse à fumier couverte, avec citerne à purin à côté. '
- Les concurrents du prix Meynot, d’après les termes mêmes de la fondation, doivent n’employer pour les travaux de leurs petites exploitations que la main-d’œuvre familiale, tout au plus recourir à l’aide d’un ouvrier. Pour se procurer cet unique ouvrier, ils éprouvent néanmoins de plus en plus de difficultés tant, dans l’Isère comme ailleurs, la main-d’œuvre se fait rare dans nos campagnes françaises, surtout à l’époque des grands travaux. Aus^i, même les petits cultivateurs doivent-ils avoir recours aux instruments permettant d’effectuer rapidement les récoltes des foins et des céréales et acheter faucheuses et moissonneuses.
- Les achats d’engrais et de machines exigent de l’argent, des avances qui, trop souvent, faisaient défaut à ces petits cultivateurs : c’est alors qu’est intervenu, et qu’intervient chaque jour d’une façon plus heureuse et plus efficace, le crédit agricole. C’est à cette classe de propriétaires, de cultivateurs que le crédit- agricole rend les plus grands services; et ce sont ces mêmes paysans que les Sociétés d’assurances contre la mortalité du bétail peuvent sauver de la ruine en cas de perte d’animaux. Or l’Isère fait partie de cette région du Sud-Est où caisses mutuelles de crédit et d’assurance ont pris une grande extension, et nous voyons même plusieurs des çonçqr-
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- rents du prix Meynot, présidents des syndicats agricoles,. des caisses mutuelles de leurs communes. .
- Tel est le cas, entre autres, de M. Léon Bouvciret, cultivateur à Che-vrières, près Saint-Marcellin (Isère), qui a paru, à votre Comité d’Agricul-ture, présenter les titres les plus sérieux pour l’attribution du prix Meynot.
- M. Léon Bouvaret cultive une petite propriété de 12 hectares, avec l’aide de sa femme, de sa belle-sœur et d’un jeune domestique.
- Sa propriété se divise, au point dé vue culture, de la façon suivante : trois hectares sont semés chaque année en blé, et donnent de 75 à 90 hectolitres de grains, que les cultivateurs'voisins achètent comme blés de semences; car le blé obtenu par M. Bouvaret est de qualité supérieure, ce qui provient des soins qu’il donne à sa culture, de l’extrême propreté de ses. terres, de la sélection qu’il poursuit méthodiquement.
- A côté de lh,36 ares de prairies naturelles, pour'augmenter les ressources fourragères de son éxploitation, M. L. Bouvaret sème une surface égale en prairies artificielles trèfle et luzerne, il cultive, en outre, une certaine étendue en betteraves fourragères; et c’est sur cette dernière sole qu’il fait un large usage du chlorure de potassium et des superphosphates riches, les deux engrais qu’il a reconnus les plus efficaces pour les terres de Chevrières. .
- Enfin, 0h,80 ares qu’il a lui-même plantés en vignes, plants de pays greffés sur Biparia, lui donnent une récolte d’environ 30 hectolitres de vin par an.
- Sur cette petite exploitation, le bétail se compose de deux bœufs, un cheval, une vache, cinq chèvres, deux à trois porcs. , .
- Le matériel agricole comprend, entre autres instruments, un brabant, une faucheuse, etM. Bouvaret a muni cette dernière machine d’un appareil fort simple, qu’il a lui-même imaginé et construit, et qui lui permet d’utiliser la faucheuse pour la moisson de ses blés après la coupe des foins.
- M. Bouvaret est le président du syndicat agricole communal de Chevrières, syndicat qui n’achète pas moins, maintenant, de 25 000 à 30 000 kilogrammes d’engrais par an. Il a, en outre, fondé dans-sa commune une caisse mutuelle-incendie, une caisse de retraites, etc.
- . ' M. Bouvaret, ainsi, de toutes façons, a su largement contribuer aux améliorations agricoles dans sa commune de Chevrières, et c’est un bel exemple de ce que.peut, pour lui-même et pour les autres, le petit cùltiva-
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- leur français, actif et travailleur, sachant profiter lui-même et faire profiter les autres des progrès réalisés à notre époque dans l’ordre matériel comme dans l’ordre économique et social.
- Marié depuis 1897, M. Bouvaret est père de cinq enfants qui, élevés dans un tel milieu, avec de semblables exemples sous les yeux, perpétueront dans l’avenir, nous avons tout lieu de l’espérer, les mêmes traditions de probité, de travail, d’épargne bien entendue, d’amour de la terre, qui sont l’honneur en même temps que les plus sûrs garants de la prospérité du paysan français.
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- En 1897, sur l’initiative de notre très regretté collègue Aimé Girard, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale instituait la médaille Dumas en faveur des ouvriers qui, sans quitter les ateliers, se sont peu à peu élevés jusqu'au rang de directeur dusine ou de chef d'un service important dans un grand établissement agricole ou industriel.
- Pourquoi la Société d’Encouragement institua-t-elle cette médaille Dumas? Permettez-moi de vous le rappeler, en vous citant les propres paroles d’Aimé Girard : ' .
- « Ce n’est pas toujours au rang de contremaître que s’arrête, dans l’usine ou dans l’exploitation rurale, l’avancement hiérarchique de l’ouvrier; il en est, et ils sont plus nombreux qu’on ne pense, qui, franchissant un échelon encore, méritent d’être placés à la tête de cette usine ou de cette exploitation.
- « Combien grands sont alors les mérites de tels hommes! Simples ouvriers au début, petits apprentis quelquefois, il leur a fallu, utilisant pour leur instruction les heures qu’ils auraient pu consacrer au repos, acquérir aux cours du soir la connaissance technique qu’ils n’ont pu aller chercher dans les écoles ; pendant de longues années, ils ont dû se distinguer par leur bonne conduite, par l’ordre et la méthode imprimés à leurs travaux; leur zèle, leur dévouement à l’établissement auquel ils sont attachés, ont dû être leur règle de tous les jours; il leur a fallu, enfin, apprendre la science du commandement, bien plus difficile, certes, que la science de l’obéissance.
- « On admire, en vérité, que tant de mérites, tant de vertus sé trouvent
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- réunis; on les rencontre cependantchez certains hommes, et leur rencontre est, aujourd’hui surtout, singulièrement réconfortante. Elle nous montre la force et la vitalité de ces idées de démocratie féconde que le peuple, dans son langage pittoresque, a si bien caractérisées en disant que tout soldat a dans sa giberne le bâton du maréchal de France... Tout apprenti a dans sa tête et dans son cœur les outils de sa fortune.
- « Quand il a su conquérir cette fortune, le directeur d’usine ou le chef d’un grand service dans un établissement important, est, en réalité, devenu l’un des membres les plus utiles de la société ; c’est l’exemple vivant du progrès intellectuel et moral.
- « A des hommes d’un tel mérite, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, qui s’est donné la mission d’encourager par tous les moyens à sa portée l’agriculture, l’industrie et le commerce de la France, a pensé qu’elle devait une récompense spéciale, et elle a décidé que, chaque année, à partir de 1897, elle décernera une médaille spéciale d’argentde grand module, dite médaille Dumas, à l’ouvrier qui, sans quitter les ateliers, s’est élevé au rang de directeur d’usine ou de chef d’un service important dans un grand établissement agricole ou industriel. »
- Combien heureuse était la pensée d’Aimé Girard en vous demandant d’instituer ces médailles Dumas ! Nous pouvons, d’année en année, mieux nous en rendre compte en voyant quel prix, dans le monde industriel et agricole, l’on attache à cette médaille Dumas, quels sont les très grands mérites et la haute situation des candidats qui viennent la solliciter.
- En 1907, le Conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a décidé d’accorder deux médailles Dumas :
- L’une à M. Victor Guérin, inspecteur des ateliers des mines de Lens, l’autre à M. E. Pincit, directeur de la librairie H. Dunod et E. Pinat.
- M. Victor Guérin entrait en 1875 comme simple ajusteur à la Société des mines de Lens ; aussitôt il se faisait remarquer par son intelligence, ses capacités professionnelles, son dévouement de chaque jour. Aussi successivement la Société des mines de Lens lui confiait les postes de chef mécanicien aux fosses nos 4, 6, 7, de mécanicien en chef et de chef d’atelier. .
- Plus la situation deM. Victor Guérin prenait d’importance, plus grands étaient les services qu’il rendait, coopérant de la façon la plus efficace à la
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- construction et à l’installation du matériel mécanique des mines de Lens.
- Aujourd’hui M. Victor Guérin est inspecteur des ateliers des Mines de Lens, et, à ce titre, il dirige l’important service des ateliers de réparation où, il y a trente-deux ans, il avait débuté comme simple ouvrier.
- 31. E. Pinat en 4876, il y a trente-deux ans, âgé seulement de treize ans, entrait comme petit commis à la maison Dunod. Le père de M. Ed. Pinat, un modeste ouvrier, avait dû se préoccuper de voir son fils le plus tôt possible gagner sa vie.
- Mais le petit commis était des plus actifs et des plus intelligents, les patrons le remarquèrent très vite ; avec une sorte de pressentiment de la brillante carrière qui l’attendait et du rôle que Ed. Pinat devait jouer plus tard dans la fortune de leur propre maison, ils le firent successivement passer dans les différents services de leur librairie. Dans tous, il s’y distingua. D’employé modèle, il devint un excellent voyageur, un habile chef de fabrication.
- Aussi, en 1897, Mmo Ch. Dunod, devenue veuve et propriétaire de la librairie, appelle M. E. Pinat à la direction de sa maison, et enfin, en 1905, Mme Dunod cède la librairie à son fils H. Dunod et à Ed. Pinat. Ce dernier est donc ainsi aujourd’hui copropriétaire d’une des plus grandes maisons d’éditions industrielles dont puisse s’honorer la France, directeur copropriétaire de la librairie, dont sa grande intelligence des affaires, son travail ininterrompu, son énergie, ont su étendre d’une façon si considérable, ces dernières années, la production. Telle a été la carrière du petit commis de 1876, qui s’est fait inscrire en 1907 sur la liste de nos candidats à la médaille de J.-B. Dumas.
- Si les médailles Dumas, que nous décernons aujourd’hui à MM. Victor Guérin et Ed. Pinat sont pour eux un grand honneur, une telle attribution n’est-elle pas bien faite, d’autre part, Messieurs, pour rehausser encore, aux yeux du grand public industriel et ouvrier, le prix et la haute valeur morale de la médaille J.-B. Dumas !
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- MEDAILLES
- I. - LISTE DES MÉDAILLES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ POUR DES INVENTIONS OU DES PERFECTIONNEMENTS AUX ARTS INDUSTRIELS
- ta eü a C2 o "Ch h NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- MM. MÉDAILLES MM. D’OR
- ' 1 Baril. Sauvage. Frappeur pneumatique (1).
- 2 Christofleau. Lindet. Pétrin mécanique (2).
- 3 Greusot (Établissements dn). Cheysson. Institutions patronales.
- 4 Eyrolles. Gruner. École des Travaux publics (3).
- 5 Fritscr. Livache. Ensemble de ses publications de chimie.
- 6 Luc Denis (Rappel). Sauvage. Frappeur (4).
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- MM. MM.
- 1 Mermet. Bérard. Exercices pratiques de chimie.
- o Rousseaux et Brioux. Bénard. Culture de l’asperge.
- MM. MÉDAILLES D’ARGENT MM.
- 1 Bazin. Brull. Clapet d’arrêt de vapeur (5).
- 2 Cardot. Bénard. Manuel de l’arbre (6).
- 3 De Faria. Fontaine. Transformateur (7).
- 4 Dejonghe. Lindet. Cours de sucrerie (8).
- 5 Société de YAitlo/oc. Sauvage. Autoloc(9).
- 6 Saint-Girons. Cheysson. Institutions patronales du Creusot.
- 7 Laprêt. Cheysson. Institutions patronales du Creusot.
- 8 Merkelin. Haller. Étude sur les savons.
- (1) Bulletin de janvier 1908. — (2) Bulletin de mai 1907. — (3) Bulletin de décembre 1901. —
- (4) Bulletin de mars 1907. - - (5) Bulletin de décembre 1907. — (6) Bulletin de juin 1907. —
- (7) Bulletin de juillet 1907. — (8) Bulletin d’avril 1907 — (9) Bulletin de mai 1907.
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- Nos d’ordre. NOMS DES LAURÉATS. NOMS DES RAPPORTEURS nommés par les comités. INVENTIONS OU PERFECTIONNEMENTS qui ont motivé les médailles.
- M ÉDAILLES D’A P 1GENT {Suite).
- MM. MM.
- 9 Lefranc. Livache. Peinture « le Grisol » (1).
- 10 Patoureau. Rateau. Suspension d’automobile (2).
- 11 Rémondy. Sauvage. Appareils de calage (3).
- 12 Soulié. Fontaine. Transformateur (1).
- MÉDAILLES DE BRONZE
- MM. MM.
- 1 B.4YrARD. Flamand. Borne-fontaine (5).
- 2 Dubois. Sauvage. Arrêt automatique (6).
- 3 Lombard. Sauvage. Calibres (7).
- (1) Bulletin d’avril 1907. - - (2) Bulletin de février 1907. — (3) Bulletin de février 1907. —
- (4) Bulletin de février 1907. — (S) Bulletin d’avrii 1907. — (6) Bulletin de juillet 1907. —
- (7) Bulletin de mai 1907.
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- MÉDAILLES D’OR
- M. Baril [Marteau pneumatique). — M. Baril a présenté à la Société un marteau pneumatique très soigneusement étudié. Dans ce marteau, M. Baril a cherché à combiner les avantages et à éviter les inconvénients des types existants. Pour apprécier exactement les qualités et les défauts de ces appareils, M. Baril a créé une installation d’essai des plus intéressantes. Aussi nous vous proposons, pour cet inventeur, une médaille d’or.
- M. Christofleau, ancien ouvrier boulanger, a imaginé un pétrin mécanique qui, mû par l’électricité, fournit un excellent travail ; ce pétrin est constitué par une auge demi-cylindrique, dans laquelle tourne un cadre de fer ; son étroitesse est telle qu’il peut se placer dans le fournil sans prendre la place du pétrin ordinaire, dont on peut toujours avoir besoin en cas de réparation soit au pétrin, soit au moteur électrique. Depuis un an à peine que ce pétrin est entré en construction, il a été adopté par une trentaine de boulangeries soit à la ville, soit à la campagne.
- V
- Etablissements du Creusot [Institutions patronales).’— Les établissements du Creusot nous ont présenté deux ouvrages intitulés : « Institutions de MM. Schneider et Cie » et « Programme des études des cours supérieurs du Creusot». Dans ces ouvrages, on trouve, exposées très sobrement, les institutions patronales de toute sorte du Creusot : organisation et rémunération du travail ; pensions de retraite ; institutions d’épargne en faveur de l’ouvrier et de sa famille ; service médical à domicile et dans l’Hôtol-Dieu du Creusot ; instruction de l’ouvrier, institutions qui constituent Lune des gloires de cette immense entreprise. C’est à cette occasion que nous sommes heureux de décerner une médaille d’or aux établissements du Creusot et des médailles d’argent à deux des plus dévoués collaborateurs de ce grand établissement, MM. Saint-Girons et Laprêt.
- M. Eyrolles (École des travaux publics). — M. Eyrolles a su, par ses seuls moyens, créer et développer dans son école des travaux publics — qui a fait l’objet d’un rapport de M. Gruner publié dans notre Bidletin de décembre 1907 — un mode d’enseignement technique spécial par correspondance, des plus pratiques, à la portée de tous, et qui rend les plus grands services, confirmés par un succès sans précédent en France. En conséquence, et sur proposition du Comité du Commerce, nous décernons à M. Eyrolles une médaille d’or.
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- M. Fritsch (Ensemble de ses 'publications relatives à la chimie). — M. Fritsch a présenté à l’appréciation de notre Comité des Arts chimiques l’ensemble imposant de ses ouvrages de chimie, dont on trouvera le.détail dans le rapport de M. Livache, qui a été publié dans notre Bulletin de janvier. Ces publications représentent une somme considérable de travail. L’auteur a su y faire une sélection raisonnée des travaux scientifiques et des procédés industriels parus dans ces dernières années, en portant de préférence son attention sur ceux qui sont capables de donner une orientation nouvelle aux fabrications qu’il a étudiées. En conséquence, et sur proposition du Comité de Chimie, nous décernons à M. Fritsch une médaille d’or.
- M. Luc Denis ^Frappeur). — M. Luc Denis, déjà lauréat de la Société pour son remarquable indicateur de vitesse, nous a présenté un frappeur dans lequel il applique des mécanismes fort ingénieux. Ce frappeur est employé pour des appareils à estamper. La parfaite connaissance des principes de la cinématique et l’habile application qu’il en fait sont la caractéristique des travaux de cet inventeur. Aussi proposons-nous le rappel de la médaille d’or qui lui a été décernée en 1907.
- MÉDAILLES DE VERMEIL
- M. Achille Mermét, professeur de chimie au lycée Charlemagne, membre du Jury d’admission à l’École centrale des Arts et Manufactures, présente à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale dont il est un des membres les plus anciens et l’un des lauréats, un ouvrage intitulé '. Exercices pratiques de chimie avec matériel simplifié.
- Par suite d'une modification qui a été apportée dans les programmes de d’enseignement secondaire moderne, les manipulations de chimie sont devenues, depuis l’année 1902, obligatoires pour les élèves à partir de la classe de seconde. La durée fixée-pojir les manipulations est de une heure seulement, ou, plus exactement, en tenant compte des mouvements d’entrée et de sortie des jeunes gens, de cinquante à cinquante-cinq minutes.
- Tous ceux qui ont dirigé des travaux pratiques savent que, réduits à une aussi courte durée, et exécutés dans les conditions habituelles des laboratoires, ces travaux sont de peu d’utilité pour les écoliers. Ceux-ci viennent à peine de monter l’appareil nécessaire à la préparation d’un gaz, par exemple, qu’ils sont surpris par la fin officielle de l’exercice pratique ; ou encore, s’ils ont réussi à obtenir le gaz porté au programme, ils ne peuvent, faute de temps, en étudier les propriétés.. Et c’est ainsi qu’une manipulation de chimie n’est souvent-que Taccomplissement d’une formalité pédagogique.
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- L’ouvrage de M. Mermet a pour objet de vaincre les difficultés qui tiennent à la courte durée prescrite et, par là, de rendre les manipulations réelles et utiles. •
- M. Mermet est arrivé à la vitesse en simplifiant ’les appareils, en réduisant les quantités de matières employées et en imaginant, pour chaque expérience, des dispositions d’exécution rapide.
- C’est surtout dans la simplification des appareils que M. Mermet a montré la plus grande ingéniosité et qu’il a su réaliser des idées que Balard, très attaché à ces pratiques, a soutenues (il est permis à un de ses élèves de l’affirmer) avec une constance inlassable. Cette simplification, que tout chimiste reconnaîtra en feuilletant le volume, permet de simplifier aussi les sources de chaleur et de ne recourir, pour les obtenir, qu’au bec Bunsen ou à la lampe à pétrole.
- L’ouvrage est divisé en huit fascicules réunis dans une reliure-classeur, ce qui permet à l’élève de n’avoir devant lui, pour travailler, qu’une simple brochure renfermant le sujet qu’il doit traiter. Ces brochures sont illustrées de près de 400 figures, d’une netteté et d’une clarté exceptionnelles, et lorsque l’élève, pour suivre le texte, doit tourner la page, il retrouve la figure reproduite à cette même page, ce qui évite les distractions et les accidents qui en sont la suite.
- Ces accidents ont fait l’objet, de la part de M. Mermet, d’une attention toute particulière : ils sont prévus, non seulement dans le texte, mais encore dans des figures spéciales, qui indiquent ce qu'il ne faut pas faire à côté de ce qu'il faut faire pour opérer sans danger.
- La publication de M. Mermet, qui tend à la vulgarisation des connaissances scientifiques, nous paraît déjà, à ce titre, mériter l’intérêt de la Société d’En-couragement. Mais il y a plus et nous croyons aussi que son action utile peut s’exercer au delà de l’enceinte des laboratoires de lycées. La Société récompense souvent des contremaîtres ou ouvriers qui, par leur valeur personnelle et leur labeur, ont réussi à devenir directeurs d’usine ou patrons. Beaucoup de ces clients de nos distributions de prix, que les hasards de la vie ont conduits jusqu’à des industries soit de nature chimique, soit touchant à la chimie, sentent, à mesure que leur situation grandit, le besoin d’acquérir des notions précises qui n’étaient pas comprises dans leur première éducation. Les programmes de manipulations simplifiées présentés par M. Mermet leur permettront d’acquérir ces notions dans des conditions d’installation très sommaires et très économiques. *
- En conséquence à la suite du rapport ci-dessous de M. Bérard et sur proposition du Comité de Chimie, nous décernons à M. Mermet une médaille de vermeil.
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- M. Rousseaux et Brioux (Culture de l’asperge). — Nous avons publié en 1906, dans les « Mémoires de la Société d’Encouragement », les recherches entreprises par MM. Rousseaux et Brioux, avec le concours de notre Société, sur la culture de l’asperge dans l’Auxerrois. Depuis, les méthodes de culture exposées dans ce remarquable travail ont donné des résultats très favorables, et qui en démontrent toute la portée. En conséquence, et'sur proposition de notre Comité d’Agri-culture, nous décernons à MM. Rousseaux et Brioux une médaille de vermeil.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- M. Bazin [Clapet darrêt automatique de vapeur). —Le clapet d’arrêt automatique de M. Bazin, construit par les établissements Laboulais, d’Angers, se distingue par la sûreté de son fonctionnement, la solidité de sa construction et la facilité de sa vérification. Son principe répond presque complètement aux conditions depuis longtemps indiquées comme nécessaires et suffisantes pour le bon fonctionnement de ces appareils. Sur rapport de M. Brull et proposition de notre Comité des Arts mécaniques, nous décernons à M. Bazin une médaille d’argeijt.
- M. Cardot, inspecteur des eaux et forêts, vient de publier, avec l’aide du Touring Club, le Manuel de l’arbre pour l’enseignement sylvo-pastoral dans les écoles.
- Ce petit livre répond au désir récemment exprimé par les ministres de l’Instruction publique et de l’Agriculture en vue de donner des notions sommaires de sylvieulture et d’améliorations agricoles. Son but est surtout d’inspirer aux enfants l’amour de l’arbre et des forêts, de faire ressortir leur utilité, leur rôle essentiel dans la nature et leurs rapports étroits avec nos sociétés humaines. Le maintien en bon état des pelouses de montagne n’offre pas moins d’intérêt, et leur dégradation, qui accompagne ou suit les destructions forestières, entraîne, comme celles-ci, des conséquences si redoutables sur le régime des cours d’eau et si funestes à la prospérité publique qu’il importait également de leur consacrer une place importante.
- En détruisant les forêts et les pelouses des montagnes, l’homme agit sur le climat, sur la terre, sur le fleuve, sur le relief du sol, sur sa fécondité même; il peut produire la sécheresse, il peut créer la steppe, le désert, il peut tarir toutes les sources de la vie à la surface du globe.
- Ce livre contient encore un petit historique de nos forêts de France, et on a pris soin d’y consacrer le souvenir des hommes qui ont su, dans le passé, par leurs écrits ou par leurs actes, préparer leur défense.
- Tome 110. —*Février 1908.
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- 11 nous indique les mesures prises au siècle dernier pour conjurer dans l'avenir les effets des torrents et des inondations et il nous montre ce qui nous reste à taire : œuvre immense qui ne saurait être menée à bien qu’avec le temps et avec le concours de tous; l’école, l'instituteur, l’enfant doivent y coopérer. C'est par l’éducation des nouvelles générations, c’est en faisant ressortir le rôle social de l’arbre que l’on pourra rétablir l’harmonie désirable entre les forêts et les populations humaines.
- En répandant parmi les jeunes générations le culte de l’arbre, dit M. Baillif, on rendra le climat plus clément, le cours d’eau plus régulier, l’herbe plus fraîche et meilleure nourricière des troupeaux, la montagne plus pittoresque et la plaine plus riante.
- Ajoutons que l’ouvrage de M. Cardot se lit avec grand plaisir et qu’il est accompagné de gravures et de photographies très bien choisies, il se termine par des extraits do littérature forestière qui ajoutent un charme déplus. Comme a dit André Theuriet, qui a été le grand prêtre du culte de l’arbre :
- Au plus profond des bois la Patrie a son cœur;
- Un peuple sans forêts est un peuple qui meurt.
- Et comme a dit encore un poète, Jean Lahor :
- Aimez et vénérez, ne tuez pas les arbres,
- Un pays meurt lorsque ses grands arbres sont morts ;
- Aucun n’est protégé par la splendeur des marbres
- Et, les abris perdus, les peuples sont moins forts !
- M. Cardot a fait une œuvre utile non seulement à la forêt, mais encore à la patrie, comme il le dit très justement : « J’ai semé, les générations futures récolteront. »
- En conséquence du rapport ci-dessus de M. Bénard et sur proposition du Comité d’Agriculturev, nous décernons à M. Cardot une médaille d’argent.
- M. de Faiua. — La description du transformateur électrolytique de M. do Faria a été donnée dans le Bulletin de juillet 1907, p. 874. C’est un appareil simple, robuste, et qui peut supporter de grandes puissances, allant jusqu’à 25 kilowatts. Sur la proposition du Comité des Arts économiques, nous lui décernons une médaille d’argent.
- M. Dejoxgiie a publié le cours de sucrerie qu’il professe à l’Ecole industrielle du Nord ; ce cours constitue le traité le plus complet et le plus récent que nous ayons sur la technologie sucrière. En conséquence, suivant la proposition de notre Comité d’Agriculture, nous décernons à M. Dejonghe une médaille d’argent.
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- La Société T « .Autoloc » a présenté un appareil de calage dénommé « autoloc », qui s’applique facilement aux leviers et aux volants de commande. Cet appareil a été l’objet d’un rapport dans le Bulletin de mai 1907, p. 523. Nous proposons de décerner à son auteur une médaille d’argent.
- M. Lefranc [Peinture le Grisol). — La peinture le Grisol a été l’objet d’un rapport de M. Livacbe, publié au Bulletin d’avril 1907. Cette peinture, exempte de plomb, ne présente aucun danger : elle peut remplacer avantageusement le minium pour la préservation du fer et s’appliquer comme couche d’impression sur tôle ou bois, ou comme préservatif contre l’humidité sur plâtre, et fait bien corps avec les couches de peinture dont on peut le recouvrir. Sur proposition du Comité des Arts chimiques, nous décernons à l’inventeur du Grisol, M. Lefranc, une médaille d’argent.
- MM. Laprêt et Saint-Girons [Institutions patronales clu Creusot). — Nous décernons à M. Laprêt, directeur du personnel, et àM. Saint-Girons,chef du contentieux des établissements du Creusot, une médaille d’argent pour le précieux et dévoué concours qu’ils ne cessent d’apporter à la gestion des institutions patronales du Creusot.
- M. Patoureau [Suspension pneumatique). — La suspension pneumatique pour automobiles de M. Patoureau, décrite dans un rapport de M. Rateau publié au Bulletin de février 1907, constitue un utile perfectionnement à la suspension élastique des véhicules; particulièrement applicable aux voitures lourdes et à faible vitesse, elle assure une douceur de suspension satisfaisante, tout en évitant l’emploi des bandages pneumatiques et en réduisant les frais d’entretien. Sur proposition du Comité des Arts mécaniques, nous décernons à M. Patoureau une médaille d’argent.
- Merklen (François), — Sous le titre : Études sur la constitution des savons du commerce dans ses rapports avec la fabrication, M. Merklen a publié un volume contenant des résultats d’expériences faites en grand sur les divers modes de fabrication des savons, et en a donné une interprétation en harmonie avec les données actuelles de la science. En conséquence, sur proposition du Comité des Arts chimiques, nous décernons à M. Merklen une médaille d’argent.
- M. Rémondy [Appareils de calage). — M. Rémondy a présenté à la Société d’ingénieux appareils de calage par frottement, qui ont fait l’objet d’un rapport inséré au Bulletin d’août-septembre-octobre 1906. Ces appareils comprennent
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- 212 prix et médailles: — février 1908.
- notamment un volant applicable à la commande de la direction des automobiles, un levier dit « Fixator » pour frein de bicyclette, un écrou, un embrayage-frein.
- L’ensemble des travaux de M. Rémondy est intéressant ; ses appareils sont bien étudiés et ont reçu déjà des applications pratiques. Aussi nous lui décernons sur proposition du Comité des Arts mécaniques une médaille d’argent.
- M. Soulié [Transformateur). — Le transformateur à lame vibrante inventé parM. Soulié, pour charger les accumulateurs au moyen de courants alternatifs, a été l’objet d’un rapport de M. Fontaine publié à la page 120 du Bulletin de février 1907. C’est un appareil ingénieux, simple et très pratique : nous lui attribuons, sur la proposition du Comité des Arts économiques, une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- M. Dubois [Arrêt automatique). — M. A. Dubois, chef du matériel chez M- Leclercq-Dupire, à Wattrelos (Nord), a imaginé un appareil électrique pour l’arrêta distance des moteurs d’ateliers; cet appareil a été appliqué dans l’établissement où M. Dubois est employé.
- La recherche des moyens qui augmentent la sécurité dans les ateliers est toujours intéressante et mérite d’être encouragée ; c'est pourquoi nous décernons à M. A. Dubois sur proposition du Comité des Arts mécaniques une médaille de bronze.
- M. Lombard [Calibre'et porte-outil). — M. Lombard, chef d’atelier à l’École nationale d’Arts et Métiers de Lille, a présenté à la Société un appareil de mesure, qu’il dénomme calibre universel, et un porte-outils pour tours.
- Ces appareils sont intéressants et ont été l’objet d’un rapport dans le Bulletin de mai 1907, p. 527. Nous décernons à M. Lombard sur proposition du Comité des.Arts mécaniques une médaille de bronzé.
- M. Bayard [Borne-fontaine). — M. Bayard est l’inventeur d’une borne-fontaine qui a été l’objet d’un rapport de M. Flamant publié dans notre Bulletin d’avril 1907. C’est un appareil rustique, d’un maniement très simple, qui supprime complètement les coups de bélier et le gaspillage de l’eau. Il n’exige aucun entretien. Sur la proposition du Comité des Arts mécaniques, nous lui décernons une médaille de bronze.
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- MÉDAILLES COMMÉMORATIVES
- Le Conseil d’administration a décidé d’offrir à plusieurs personnes, qui ont bien voulu faire des communications intéressant la Société, des médailles commémoratives en argent, à titre de remerciement, pour marquer l’intérêt avec lequel elles ont été accueillies. Ces médailles sont remises à :
- MM. Armengaud jeune, séance du 15 mars 1907. — L’aviation.
- Audouin, séance du 22 novembre 1907. — Amélioration des rivières à fond mobile.
- Bezault, séance du 8 novembre 1907. — Épuration des eaux d’égout. Espitallier, 22 février 1907. — Goudronnage des routes.
- Garçon (J.). — Collaboration au Bidletin.
- M. Jules Garçon, bibliothécaire de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale depuis l’année 1903, a réorganisé cette bibliothèque, en a entrepris et très avancé le catalogue méthodique, a su y attirer des lecteurs nombreux et assidus.
- De plus, depuis l’année 1905, il rédige pour le Bulletin de la Société, sous le titre « Notes de Chimie », un résumé des progrès signalés dans le mois écoùlé et qui se sont produits soit, dans la technologie chimique, soit dans les points de science pure qui paraissent susceptibles d’applications industrielles.
- Les « Notes de Chimie » sont très appréciées des lecteurs du Bulletin et en particulier de ceux qui sont attachés aux progrès de l’Industrie nationale dans cette branche spéciale.
- La Société d’Encouragement, reconnaissant les services de M. Jules Garçon, lui décerne une médaille de collaborateur.
- MM. Lacour, séance du 22 mars 1907. — Optique au théâtre.
- Launay, séance du 27 décembre 1907. — Travaux du Métropolitain. Loverdo (de), séance du 11 décembre 1907. — Conservation des denrées alimentaires.
- Liébaut, séance du 24 mars 1907. — Une famille d’illustres savants. Schribaux, séance du 26 avril 1907. — Amélioration des espèces végétales. Vincey, séance du 28 juin 1907. — Épuration des eaux d’égout.
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- MÉDAILLES
- II. - LISTE DES CONTREMAITRES ET OUVRIERS AUXQUELS ONT ÉTÉ DÉCERNÉES DES MÉDAILLES D’ENCOURAGEMENT
- * w a - H U cn t-i ÉTABLISSEMENTS
- fü "O "a NOMS ET PRÉNOMS. 'H k 2 H AUXQUELS
- O < H ILS APPARTIENNENT.
- Z G
- MM.
- 1 Arnold (Otto) 39 . Ouvrier fourreur à la Société
- Revillon.
- 2 Barra (Joseph) 50 Ouvrier à la Cie Viellard-Migeon,
- à Morvillars, canton de Belfort.
- 3 Betsch (Sophie) . . 56 Ouvrière à la Cîe Viellard-Migeon,
- à Morvillars, canton de Belfort.
- 4 Bonduau (Louis). . 51 Classeur à la Société de Pérenchies.
- 5 Bouché (Mathieu) 36 Chef-monteur aux ateliers d’Oul-
- lins, Chemin de fer du P.-L.-M.
- 6 Boucuez (Sophie) 53 Ouvrière chez MM. Blanzy, Poure et Cie, Boulogne-sur-Mer.
- 7 Bousset (Joseph) 48 Ouvrier à la Cie Viellard-Migeon,
- canton de Belfort.
- 8 Charvin (Hippolyte) 40 Ouvrier à la Cie française du ma-
- tériel des Chemins de fer.
- 9 Crombez (Albéric) 51 Porion aux Mines d’Anzin.
- 10 Daumy (François) 45 Maître mineur à la Cie des Forges
- de Châtillon.
- 11 Durand (Louis) . . . 30 Contremaître de tréfilerie à la So-
- ciété d'affinage Lyon-Alemand.
- 12 Fauquembergue (Charles). . . . 40 Contremaître à la Cie des Mines de
- Lens.
- 13 Frère (Clément)........ 54 Chef porion à la Coûtes Mines d’Anzin.
- 14 Frison (Alexis) 33 Surveillant à la Soudière de Chauny,
- Cie de Saint-Gobain.
- 15 Geney (Félicien) 37 Chef monteur aux ateliers de Paris,
- Chemins de fer du P.-L.-M.
- 16 Godefroy (Jean-Baptiste). . . . 43 Lamineur à la Société des Forges et
- Aciéries de Denain-Anzin.
- 17 Herzog (Alfred) 32 Outilleur au dépôt de Troyes, Chemin de fer de l'Est.
- 18 Hug (Ignace) 20 Contremaître aux ateliers de lien-
- nés, Cie de l'Ouest.
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- H « a W cn 2 ÉTABLISSEMENTS
- & o "a NOMS ET PRÉNOMS. ci * «• AUXQUELS
- ILS A PI* A RT 1ENNENT.
- Z, Q
- MM.
- 19 Le Rosier (Ferdinand). .... 21 Conlremaître aux ateliers des Bâti-
- gnolles, Chemins de fer de l Ouest.
- 20 Maillard (Édouard) ....... 25 Chauffeur machiniste aux ateliers
- Bajac.
- 21 Martin (Pierre) 25 Ouvrier à la Cic des Mines de
- Lens.
- 22 Pénard (Henri) 33 Plombier à la Cie de Saint-Gobain,
- à Monlluçon.
- 23 Périgaud (Jacques) 46 Surveillant aux Mines St-Jacques,
- Cie des forges de Châtillon.
- 24 Pouget (Hippolyte) 30 Chef de quai à Limoges, Chemins de fer d'Orléans.
- 25 Régnier (Désiré) 28 Contremaître-chef à la Société des
- Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de Demain-Anzin.
- 26 Richard (Adolphe) 50 Vigneron, chez M. Douchement, à
- Bourré.
- 27 Sauvé (Alexandre) 25 • Contremaître aux ateliers de Tours,
- Chemins de fer d’Orléans.
- 28 Storace (Édouard) 36 Chef de comptabilité à la Cte des
- Omnibus.
- 29 Walter (Pierre). ....... 41 Ouvrier ajusteur au dépôt de Ve-
- soûl, Chemins de fer de l'Est.
- 30 Weiss (Jean) . 42 Contremaître aux Etablissements
- Cartier-Brcsson.
- Les Secrétaires de la Société, HITIER et TOULON.
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- PRIX ET MÉDAILLES. — FÉVRIER 1908.
- MÉDAILLES
- DÉCERNÉES AUX CONTREMAITRES ET OUVRIERS DES ÉTAI5LISSEMENTS MANUFACTURIERS
- et agricoles (voir le tableau p. 214 et 215).
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale considère que sa mission n’a pas pour unique objet les récompenses décernées aux applications nouvelles delà science et aux progrès des études purement techniques; il ne lui suffit pas de provoquer des recherches en vue des perfectionnements et de l’amélioration de l’Industrie. Elle estime qu’il est juste de témoigner publiquement la reconnaissance due aux contremaîtres et ouvriers , à ces collaborateurs dévoués qui se sont le plus distingués dans les établissements industriels ou agricoles de la France.
- C’est pour ce motif que, dès l’année 1830, elle a institué un ordre spécial de récompenses; des médailles d’encouragement sont attribuées aux contremaîtres et ouvriers qui se sont fait le plus remarquer par leur bonne conduite et les services rendus, et dont les mérites justifient leur inscription parmi les lauréats de la Société d’Encouragement.
- La Compagnie Viellard-Migeon, à Morvillars (Territoire de Belfort), a dans ses forges un personnel de 1 450 ouvriers, parmi lesquels 19 comptent plus de cinquante ans de service ; la fidélité durable des ouvriers et leur attachement à cette maison sont l’éloge le plus éclatant des mérites du personnel et des bonnes traditions de la Compagnie.
- Trois candidats appartenant à la Cifi Viellard-Migeon sont désignés pour obtenir des récompenses :
- Barra (Joseph). — M. Barra est le doyen des ouvriers delà maison; il débuta comme apprenti en 184*2, à l’âge de sept ans, et compte aujourd’hui soixante-deux ans de service; ses fils et ses petits-fils travaillent dans le même établissement.
- Bousset (Joseph). — M. Boussat, âgé de soixante et onze ans, est depuis cinquante-six ans ouvrier à la Compagnie Viellard-Migeon. lia servi avec fidélité et sans interruption depuis 1850, et fait partie delà Caisse de secours depuis quarante-huit ans.
- Betscu (Sophie). — Mme Betsch est une ouvrière méritante qui depuis cinquante-six ans travaille à la Compagnie Viellard-Migeon, et continue toujours ses services dans cette maison.
- Les Sociétés minières offrent de nombreux et remarquables exemples d’ouvriers qui méritent d’être signalés ; ces travailleurs doivent faire preuve de qualités d’endurance, et parfois de courage en face des désastreuses catastrophes que la science humaine est douloureusement impuissante à conjurer :
- Aux mines d’Anzin, deux candidats sont particulièrement méritants :
- Frère (Clément). — M. Frère a cinquante-trois ans de service. Successivement porion et chef porion, il a contribué au sauvetage de La Brasse (Loiret) et à un sauve-
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- PRIX ET-MÉDAILLES.
- FÉVRIER 3 908.
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- tage à la fosse Dutemple. Il a obtenu, pour ses actes de courage et de dévouement, une médaille d’argent et une médaille d’or. Il a ainsi donné les preuves les plus éminentes des qualités morales qui méritent une récompense.
- Crombez (Albéric). — M. Crombez est porion, occupé depuis cinquante et un ans dans la mine. Il a rendu des services exceptionnels dans les approfondissements et réparations de puits, travaux difficiles qui exigent des ouvriers d’élite.
- Dans les mines de Lens, deux candidats obtiennent des médailles :
- Fauquembergue (Charles). — M. Fauquembergue est occupé dans les travaux des mines de Lens depuis quarante ans. Actif et dévoué, il a contribué pour une large part à la construction des lignes principales et des voies de garage; il a fréquemment payé de sa personne, pour exécuter pendant la nuit des travaux urgents; il a toujours donné l’exemple aux ouvriers placés sous ses ordres. Malgré son grand âge, il continue à circuler journellement le long des voies.ferrées et les inspecte minutieusement.
- Martin (Pierre). — M. Martin a travaillé pendant quarante-sept ans dans les mines de Lens. C’est un des meilleurs ouvriers de la fosse n° 7. Il a été pendant longtemps occupé au percement des galeries au rocher (bowettes), et a formé un grand nombre de jeunes ouvriers.
- L'industrie mélallurgique présente des candidats qui méritent des récompenses.
- A la Société des Hauts fourneaux, forges et aciéries de Denain et Anzin, deux candidats sont désignés :
- Godefroy (Jean-Baptiste). —M. Godefroy, ouvrier lamineur, travaille depuis quarante ans dans les mêmes établissements d’Anzin ; ses chefs n’ont eu qu’à se louer de ses bons et loyaux services.
- Regnier (Désiré). — M. Regnier a vingt-huit ans de service. Il est devenu contremaître en chef. Il a réalisé divers perfectionnements qui ont permis d’arriver à une production plus forte des hauts fourneaux. Ses mérites sont particulièrement appréciés par ses chefs.
- La Compagnie des forges de Châtillon, Commentry et Neuves-Maisons a deux candidats récompensés :
- Périgaud (Jacques). — M. Périgaud a débuté, il y a quarante-six ans, comme tourneur de cylindres, puis est devenu surveillant de l’atelier des tours à cylindres à l’usine Saint-Jacques à Montluçon. Il a collaboré à l’améüoration de l’outillage des tours et se distingue par la durée et la valeur des services rendus.
- Daumy (François). — M. Daumy travaille depuis quarante-cinq à la Compagnie des forges de Châtillon. Il est maître mineur, il s’est distingué en sauvant sept ouvriers tombés dans un puisard et en combattant les incendies si redoutables dans les travaux.
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- PRIX ET MÉDAILLES. ---- FÉVRIER 1908.
- L’industrie des transports occupe un personnel nombreux très fidèlement attaché aux Compagnies qui les emploient.
- A la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest appartiennent deux ouvriers récompensés :
- Le Rosier (Alfred). — Intelligent, actif et sérieux, M. Le Rosier est contremaître aux ateliers de Batignolles. Il a pris un brevet pour une serrure très ingénieuse destinée aux portières de voitures et un autre brevet pour un appareil de protection des scies circulaires. Entré à la Compagnie, il y a vingt-deux ans, en qualité de modeleur, il a été nommé chef menuisier et enfin contremaître depuis le 1er novembre 1897. Il a toujours été particulièrement apprécié.
- Hug (Ignace). — M. Hug, contremaître aux ateliers de Rennes, a débuté comme tourneur en 1886, aux ateliers de Sotteville. Pendant ses vingt et un ans de service, son exactitude, son zèle et ses connaissances pratiques ont été constamment remarqués.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Est a deux candidats qui reçoivent des médailles :
- Herzog (Alfred). — M. Herzog est ouvrier au dépôt de Troyes. Il compte plus de trente-deux ans de service et s’est toujours distingué par son zèle, son intelligence et son assiduité au travail.
- Walter (Pierre). — M. Walter, ouvrier ajusteur au dépôt de Yesoul, est occupé par la Compagnie de l’Est depuis plus de quarante ans. Né en Alsace, il a opté pour la nationalité française le 15 mai 1872. Il s’est toujours montré dévoué et assidu à son travail.
- Deux candidats présentés par la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. sont inscrits sur la liste des récompenses :
- Geney (Félicien). — M. Geney, successivement monteur, chef monteur et vérificateur, a mérité la confiance de ses chefs par son exactitude et sa conduite exemplaire. 11 fait partie du personnel de la Compagnie P.-L.-M. depuis plus de trente-six ans.
- Bouché (Mathieu). — M. Bouché compte plus de trente-cinq ans de présence à la Compagnie P.-L.-M. De l’emploi de monteur, il s’est élevé au grade de chef monteur. Il a rendu de réels services et s’est fait remarquer pour son dévouement.
- Deux médailles sont attribuées à des candidats spécialement recommandés par la Compagnie des chemins de fer d’Orléans :
- Pouget (Hippolyte). —M. Pouget, chef de quai à Limoges, a vingt-neuf ans de services. Intelligent et sérieux, il a mérité l’estime de ses chefs qui apprécient ses mérites et son dévouement.
- Sauvé (Alexandre). — M. Sauvé est contremaître aux ateliers de Tours. Occupé à la Compagnie d’Orléans depuis plus de vingt-quatre ans, il s’est tout particulièrement distingué par l’ingéniosité qu’il a déployée pour modifier diverses machines-outils en vue de permettre une marche rapide par l’emploi d’aciers spéciaux.
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- PRIX ET MÉDAILLES. ---- FÉVRIER 1908.
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- La Compagnie des omnibus (Paris) a un candidat récompensé :
- Storace (Édouard). — M. Storace a trente-cinq ans de service ; il est chef de comptabilité et particulièrement recommandé par la Compagnie qui l’apprécie hautement.
- La Compagnie française du matériel de chemins de fer a un ouvrier admis sur la liste des médailles :
- Ciiarvin (Hippolyte).— M. Charvin est ouvrier depuis quarante ans dans les ateliers ; la Compagnie française du matériel de chemins de fer est très satisfaite de ses services. '
- Les industries chimiques présentent des candidats aux médailles d’encouragement.
- La Compagnie de Saint-Gobain a deux ouvriers récompensés :
- Pénard (Paul). — M. Pénard compte vingt-quatre ans de service comme plom-hier à l’usine des produits chimiques de Montlitçon. Il s’est mis rapidement au courant, non seulement des travaux de plomberie, mais encore de forge et! de chaudronnerie. Il a su toujours, quels que soient les progrès de l’outillage, mener à bien rapidement les réparations nécessaires à la bonne marche du travail. En ce qui concerne particulièrement la plomberie, il est l’auteur d’un mode de suspension des rideaux des chambres de plomb, qui est appliqué dans l’usine et donne de bons résultats. Très apprécié par ses chefs, il est resté président de la société de secours mutuels « l’Espérance », formée entre les ouvriers de Tusine, depuis la fondation de cette société en 1897.
- Frison (Alexis). — Surveillant à la Soudière de Chauny, M. Frison n’a jamais quitté l’atelier de chlorure de chaux depuis trente-trois ans. Intelligent et zélé, il s’est occupé pendant longtemps des essais journaliers de l’appareil Weldon. Ses chefs fournissent sur lui les témoignages les plus favorables.
- Une médaille d’encouragement est remise à un candidat présenté par la Société d’affinage Lyon-Alemand :
- Durand (Louis). — M. Durand est contremaître de tréfilerie ; il a trente ans de service. Ses chefs en sont très satisfaits et le recommandent particulièrement.
- Les industries textiles présentent des candidats très méritants.
- La Société française des établissements Cartier-Bresson obtient une médaille d’encouragement pour un candidat :
- Weiss (Jean). — M. Weiss a quarante-deux ans de service. Entré comme ouvrier à la filature, il a conquis successivement ses grades par sa bonne conduite et son travail ; assidu aux cours du soir pour achever son instruction, il est aujourd’hui contremaître à l’usine de Pantin. Le témoignage de ses chefs est le meilleur éloge de la valeur des services rendus, . -
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- PRIX ET MÉDAILLES. ---- FÉVRIER 1908.
- La Société de Pérenchies, établissement Agache fils (Nord), a un candidat parmi les lauréats :
- Bonduau (Louis). — M. Bonduau est classeur dans les établissements de filature de la Société de Pérenchies. Il compte cinquante et un ans de présence à l’usine; il est particulièrement estimé par ses chefs comme un bon ouvrier qui mérite une récompense pour ses longs et loyaux services.
- Diverses autres industries ont des candidats qui obtiennent des médailles d’encouragement.
- La Société Revillon frères (Paris) obtient une récompense pour un ouvrier fourreur :
- Arnold (Otto). — M. Arnold travaille dans les ateliers de la maison depuis trente-neuf ans. Déjà titulaire d’une médaille du gouvernement pour l’ancienneté de ses services, il mérite d’obtenir une nouvelle récompense. Il a débuté comme ouvrier fourreur ; il est devenu contremaître. La durée et la valeur des services qu’il a rendus méritent une récompense.
- La Société Blanzy-Poure (Boulogne-sur-Mer) a une ouvrière qui est inscrite parmi les lauréats :
- Bouchez (Sophie). — Mmc Bouchey est ouvrière dans la fabrique de plumes métalliques à Boulogne-sur-Mer depuis cinquante-trois ans. C’est une ouvrière modèle qui est particulièrement recommandée. Déjà titulaire de la médaille d’honneur du ministère du Commerce, elle mérite de voir sanctionner les témoignages de satisfaction dont elle est l’objet.
- Dans l'industrie agricole, des médailles d’encouragement sont attribuées à des candidats méritants. •
- Les ateliers A. Bajac, à Liancourt (Oise) (machines agricoles françaises), ont présenté un candidat qui paraît digne d’une récompense :
- M. Maillard (Édouard). — M. Maillard est à l’usine A. Bajac, de Liancourt (Oise), depuis vingt-cinq ans, comme chauffeur-mécanicien. Il a donné et donne encore toute satisfaction à ses chefs qui le recommandent spécialement.
- M. Douchement, propriétaire viticulteur au château de Yallagon, commune de Bourré (Loir-et-Cher), présente un candidat particulièrement intéressant :
- Bichard (Adolphe). — M. Richard travaille depuis quarante ans comme vigneron dans les propriétés de M. Douchement. Sa famille est établie depuis plus d’un siècle dans le pays. La tradition du travail agricole s’est conservée et transmise de génération en génération dans cette famille modèle. M. Richard a un fils qui habite sur le même domaine où il est occupé comme son père. Une médaille d’encouragement est la récompense bien due à de longs et loyaux services et à l’exemple salutaire donné par une famille de cultivateurs fortement attachée à notre belle terre de France.
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- PRIX ET MÉDAILLES. — FÉVRIER 1908.
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- S’il était possible à la Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale de décerner des médailles à tous les contremaîtres et ouvriers qui peuvent mériter cette récompense, la liste devrait sans doute s’allonger encore ; le vrai mérite d’ailleurs se cache trop souvent. Notre Société songe à tous ceux qui, dans des besognes souvent pénibles, si consciencieusement accomplies pendant de longues années et toujours si méritoires, contribuent-au développement et à la grandeur de l’Industrie nationale; son désir le plus ardent est de rendre justice au travail et de fêter, par un témoignage public d’estime, ces vies de labeur si bien remplies, qui ont eu pour guide inflexible la fidélité au terroir. C’est un honneur pour les Sociétés et les Établissements qui ont présenté les lauréats d’avoir suscité de tels dévouements et mérité d’aussi dignes collaborateurs.
- P. Toulon.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Bâclé, au nom du Comité des Arts chimiques,
- SUr LE CLASSEUR CENTRIFUGE.
- M. Lavauden, ingénieur civil des mines, a présenté devant la Société d’Encouragement, dans la séance du 23 octobre dernier, le classeur centrifuge, perfectionné par M. Souchon, pour l’enrichissement à sec des minerais.
- Cet appareil, qui est l’aboutissement de -nombreux essais poursuivis depuis longtemps pour la solution d’un problème difficile, présente un intérêt tout particulier en ce qu’il paraît maintenant sorti de la période des études du laboratoire et qu’il peut fonctionner industriellement dans des conditions satisfaisantes. Il est appliqué actuellement en effet aux mines de cuivre de La Fare, dans le massif de l’Oisans, et l’intérêt des résultats obtenus a décidé la El Cid Mining C° à en faire une application sur une large échelle dans l’usine qu’elle a construite à Ezcaray, Espagne.
- A ce titre, il a paru au Comité de Chimie qu’il convenait de signaler à l’attention de la Société un appareil qui semble susceptible de rendre de réels services pour l’enrichissement à sec des minerais pauvres qu’on rencontre si fréquemment dans les mines métalliques de notre pays.
- Pour de pareilles mines, la question de l’enrichissement du minerai prend une importance capitale, et il devient fort intéressant de disposer d’un appareil d’enrichissement assurant en même temps une grande élasticité de production, que ne donnent pas les procédés de lavage.
- Nous n’essaierons pas de rappeler ici en détail les opérations que comporte la préparation mécanique des minerais, effectuée à sec ou par eau : cette méthode de traitement, qui a pour but de séparer les parties riches des parties stériles, suppose évidemment un broyage préalable ayant pour but de désagréger le tout venant, de constitution généralement très complexe, de manière à détacher des grains bien distincts, renfermant chacun seulement la substance utile ou la substance stérile, avec une proportion
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- ' LE CLASSEUR CENTRIFUGE. 223
- aussi faible que possible de grains mixtes composés en partie de l’une et de l’autre; on recourt ensuite à la préparation mécanique pour effectuer la séparation des grains ainsi obtenus.
- Dans le procédé à sec, on fait intervenir à cet effet la différence d’accélération que prennent les diverses particules projetées avec grande vitesse dans un milieu résistant qui est ici l’air atmosphérique.
- Le broyage doit être poussé plus loin que si on opère par lavage, de manière que l’entraînement des grains par le courant d’air soit bien assuré, et, à ce point de vue, il semble qu’on ne puisse guère dépasser le diamètre maximum de 2 millimètres.
- C’est là sans doute une infériorité du procédé à sec par rapport au lavage qui accepterait des grains plus gros ; mais, par contre, on a l’avantage de n’avoir pas à effectuer la séparation préalable en catégories de grosseurs différentes, qui complique si gravement l’installation des appareils de lavage.
- Le tout venant broyé est amené directement sur un appareil unique à grand débit constituant l’organe essentiel du procédé, qui est le classeur centrifuge.
- Ce classeur se compose (fîg. 1) d’une carapace en fonte a b, formant bâti, à l’intérieur de laquelle est logé un moteur électrique vertical c d. Sur l’arbre o de l’induit de ce moteur, est fixé un plateau circulaire p, muni à son centre d’un certain nombre d’ailettes, tandis que, sur la périphérie, se trouvent répartis des canaux k affectant, de même que les ailettes, une forme spéciale suivant la nature des minerais à traiter.
- Le plateau est recouvert d’un chapeau n, percé en son centre d’un orifice d’arrivée des produits à projeter, ce chapeau est destiné à refouler les matières dans les canaux k, en les empêchant de prendre un mouvement ascensionnel dû à la grande vitesse de rotation du système.
- Le moteur est commandé par deux rhéostats montés dans des conditions particulières assurant un réglage excessivement précis de la vitesse. On conçoit en effet que c’est là une condition fondamentale, car la courbe de projection des matières, c’est-à-dire la distance à laquelle chacune d’elles viendra tomber sur le sol, est déterminée en fonction de la vitesse de marche d’après le poids de la molécule considérée.
- Tant que la vitesse reste constante, les molécules de même poids viennent tomber au même point, constituant ainsi autour de l’appareil une série de zones concentriques dans chacune desquelles sont réunies des molé-
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- ARTS CHIMIQUES. '- FÉVRIER 1908.
- cules identiques à ce point de vue. Si toutefois la vitesse vient à varier, ces zones se trouveraient immédiatement déplacées, et il ne subsisterait
- o /P
- Fig. I. — Classeur centrifuge Souchon.
- pour ainsi dire aucun classement; on voit donc immédiatement que la régularité de vitesse constitue une condition essentielle et primordiale.
- Il convient en même temps quà ce moteur soit tout à fait indépendant
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- LE CLASSEUR CENTRIFUGE.
- du reste de l’usine, à cause des à-coups qu’entraînent toujours les appareils de broyage dans la transmission motrice.
- Ajoutons d’ailleurs que la vitesse de marche ne peut pas être quelconque, elle doit être déterminée expérimentalement d’après la nature du minerai à traiter. Il convient du reste de chercher à obtenir un étalement suffisant donnant un classement bien distinct, en évitant toutefois les portées trop grandes qui obligeraient à donner à l’atelier des dimensions exagérées.
- En opérant sur des grains de 2 millimètres de diamètre au plus, avec une vitesse de 800 à 1 200 tours à la minute, la portée maxima reste inférieure à 10 mètres.
- Ainsi que nous l’avons indiqué, chaque zone concentrique doit réunir des molécules de même poids, gangue ou minerai, sans distinction de teneur, de sorte qu’il restera à faire ensuite une séparation ultérieure. Cette séparation s’opérera facilement par un tamisage effectué pour une dimension de grain déterminée correspondant à la zone considérée.
- Il faut observer,, en effet, que les molécules stériles, généralement de quartz, dont la densité est moindre, seront de volume plus gros que les molécules de minerai, et, en principe, le plus petit grain de quartz déposé devra être plus gros que le plus gros des grains de 'minerai tombés dans la même zone, autrement le tamisage n’aurait plus d’efficacité.
- En pratique, le classement n’est pas aussi net que la théorie le suppose, car le mouvement de rotation du classeur produit des remous dans la masse d’air environnant et trouble ainsi les projections. Les trajectoires diverses qui, en théorie, sont tangentes au bord du plateau et doivent ensuite diverger de plus en plus, se rencontrent cependant. Il se produit donc une sorte de bombardement mutuel des particules qui se trouvent ainsi entraînées hors des limites assignées par le calcul, et il en résulte que chaque zone renferme une certaine proportion de grains de quarlz plus fins et de grains de minerai plus gros qu’ils ne devraient être ; ce sont ces grains qui constituent les mixtes. Ils sont soumis du reste à une seconde projection qui en diminue fortement la proportion.
- On voit par là toute l’importance que présente la considération des zones, puisque c’est d’elles que dépend le succès du tamisage .final. Le minerai doit être relevé suivant ces zones, qu’il faut tout d’abord déterminer : c’est là toutefois une détermination purement expérimentale et Tome 110. — Février 1908. - lîJ
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- ARTS CHIMIQUES.
- FÉVRIER 1908.
- qui est un peu arbitraire ; mais la pratique permet néanmoins de la lixer d’après la nature et la composition des matières traitées.
- Quoi qu’il en soit, le minerai projeté par le classeur dans les zones concentriques de l’atelier jle projection est ramassé automatiquement dans chaque zone par un appareil mécanique qui le dirige vers le sasseur correspondant.
- Ce ramasseur se compose d’une colonne centrale en fonte sur laquelle est boulonné l’appareil classeur; sur cette colonne, est fixé un tourteau dans lequel s’emmanchent 16 bras en bois. Chacun de ces bras, d’une longueur de 8 mètres, porte un nombre déterminé de raclettes en rapport avec la quantité de matières à ramasser. Ces bras sont réunis par une couronne extérieure formant en quelque sorte la jante de cette roue gigantesque ; celle-ci est mise en mouvement par un câble d’entrainement.
- Le minerai ainsi ramassé vient tomber par des ouvertures ménagées dans la zone correspondante d’où il est dirigé par des conduits spéciaux sur des sasseurs appropriés.
- Les appareils des mines de la Fare, dont l’installation a été étudié par MM. Lavaudenet Bourgeot, avec l’aide de M. Morel, constructeur, comportent chacun 3 tamis superposés, donnant ainsi 4 catégories : les stériles, les mixtes pauvres à repasser, les mixtes riches vendables, et le minerai marchand.
- Dans chaque sasseur, une quatrième toile sépare les poussiers. Le coefficient d’enrichissement obtenu parle procédé oscille autour de 5; c’est-à-dire qu’en traitant du tout venant à 0,54 p. 100 on peut le portera la teneur de 2,5 p. 4 00,'et même l’amener ensuite à 10 p. 100 par un second passage dans l’appareil.
- Ajoutons, en terminant cet exposé, que, dans sa forme actuelle, le classeur centrifuge paraît susceptible d’un bon fonctio'nnement industriel, car il semble avoir écarté dans une certaine mesure la plupart des difficultés pratiques qui ont entravé jusqu’à présent le développement de ces appareils. La principale d’entre elles tient à la formation abondante de poussières entraînées par le courant d’air et qui échappent à tout classement. Cet inconvénient a été grandement atténué par la disposition donnée aux ailettes qui dirigent les matières à la sortie du classeur, et, en pratique, la proportion des poussières ne dépasserait pas 20 p. 100.
- On a soin, d’autre part, dans le broyage préalable, d’employer un dégros-
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- LE CLASSEUR CENTRIFUGE.
- m
- sisseur spécial pour les gros grains, de façon à éviter la formation des poussières dans cette opération.
- On peut observer d’ailleurs, d’après les renseignements fournis par M. Souchon, que la projection donne encore des résultats satisfaisants lorsque le diamètre des grains s’abaisse à 2/10 de millimètre.
- Ainsi que vous avez pu le voir par ce rapide exposé, le classeur centri-- fuge de M. Souchon a permis de réaliser l’application pratique du procédé d’enrichissement à sec, il présente un intérêt particulier pour le traitement des minerais pauvres dans les régions dépourvues d’eau, il a en même temps l’avantage de permettre une installation économique jouissant d’une grande élasticité de production, qu’on ne peut guère obtenir avec les laveries.
- A tous ces titres, il nous a paru qu’il convenait de signaler le classeur centrifuge à l’attention de la Société. Votre rapporteur a donc l’honneur de vous proposer, au nom du Comité des Arts chimiques, de remercier MM. Lavauden, Bourgeot et Souchon de leurs intéressantes communications, et de voter l’insertion du présent rapport au procès-verbal. ,
- Signé: L. Bâclé, rapporteur.
- Lu et approuve en séance, le 1 1 février 1908.
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- INDUSTRIE
- LE MUSÉE ALLEMAND DES CHEFS-DQ5U VRE DES SCIENCES NATURELLES
- et de la technique, par M. Ed. Sauvage (1).
- il y a quelques années, en 1903, M. le conseiller 0. von Miller mit en avant l’idée de créer un musée allemand réunissant les appareils, machines et modèles nécessaires pour l’étude des sciences et de l’industrie. M. von Miller faisait remarquer que Paris possédait les magnifiques collections du Conservatoire des Arts et Métiers, Londres celles du South Kensington (aujourd’hui Victoria and Albert) muséum, et qu’il importait que l’Allemagne ne restât pas en. arrière sous ce rapport, ne fût-ce que pour mettre en lumière la part des inventeurs allemands dans le développement de la mécanique.
- Il n’est pas surprenant que cette proposition ait trouvé bon accueil; ce qui l’est davantage, c’est l’énergie et la rapidité de la réalisation, puisqu’on peut aujourd’hui admirer à Munich des collections technologiques fort riches et très bien ordonnées, et qu’on a commencé, dans cette ville, la construction d’un nouveau bâtiment destiné à les contenir, offrant pour les collections une superficie notablement supérieure à celle qui leur est consacrée au Conservatoire des Arts et Métiers, et devant comprendre une bibliothèque pour un million de volumes et dessins.
- Ce succès rapide est dû aux efforts d’un comité composé du conseiller 0. von Miller, du recteur de la technische Hochscliule de Munich, Walter von Dyck, du professeur Cari von Linde, du conseiller Anton Rieppel, de Nuremberg, du professeur Wilhelm Konrad Rôntgen, de Munich, de Wilhelm von Siemens, de l’ingénieur R. Diesel, du banquier Wilhelm Freiherr von Pechmann, et du professeur M. Schroter, de Munich.
- Ce comité sut intéresser à l’œuvre le gouvernement de la Bavière, l’empereur d’Allemagne, les ingénieurs, les savants, les industriels allemands. Il constitua une association, qui comprenait 800 membres dès le mois de juin 1904. Il eut la bonne fortune d’obtenir la jouissance de vastes locaux disponibles à Munich dans les bâtiments d’un ancien « musée national », auxquels on ajouta un peu plus tard ceux d’une « caserne de l’Isar ». De nombreux donateurs s'empressèrent de constituer les collections du nouveau musée ; l’Aca-
- VP Séance du 14 février.
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- LE MUSÉE ALLEMAND.-
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- démie des sciences de Bavière, d’autres sociétés, des professeurs, des industriels donnèrent des instruments de mathématiques, do physique et de chimie ; les grands constructeurs de machines, tels que F. Krupp, les frères Sulzer, la fabrique de moteurs à gaz de Deutz, et beaucoup d’autres, firent don de spécimens du plus haut intérêt, tels que les premiers types de moteurs qu’ils aient exécutés. Les donateurs ne manquèrent pas non plus pour les moyens de transport, la métallurgie, l’exploitation des mines, etc.
- En même temps, pour subvenir aux dépenses d’organisation et de fonctionnement du musée, le Comité recueillit en moins d’une année des dons s’élevant à 375 000 marks. Plusieurs des membres du Comité donnèrent chacun respectivement 25 000 et 10 000 marks. Les grands constructeurs de locomotives de Munich, Krauss et Maffei, contribuèrent pour 100000 et 80000 marks, la maison F. Krupp pour 50000 marks, d’autres industriels pour 20000 et 10 000 marks, sans compter de nombreux dons de moindre importance.
- Les souscriptions continuèrent à affluer dans les années suivantes, notamment des contributions annuelles de la ville de Munich (15000 m.) de la ville de Nuremberg, de l’Union des ingénieurs allemands (500 m.), etc., etc.
- Si réussie que fût l’installation provisoire du musée, on décida, presque dès le début, de construire un bâtiment spécial pour le recevoir, en réservant de vastes superficies en vue du développement ultérieur. La ville de Munich abandonna à cet effet un terrain de 36000 mètres carrés dans une île de l’Isar, et un concours fut institué en mars 19Ô6 pour l’établissement du projet du nouveau bâtiment. Le programme du concours prévoyait une superficie de 12800 mètres carrés pour les salles d’exposition, de 5900 mètres carrés pour la bibliothèque (salies de lecture, de dessin, magasins de livres et de dessins), des amphithéâtres pour 1 500 et 500 personnes, sans compter une station de chaudières et machines, des bâtiments d’administration et diverses annexes. Le jury du concours retint deux projets, dont les auteurs reçurent chacun un prix de 7 500 marks.
- Pour cette construction nouvelle, l’empire allemand, le royaume de Bavière et la ville de Munich donnaient une subvention de 5 millions de marks. Il fallut faire eh outre encore appel aux souscriptions privées, qui s’élevaient, en août 1907, à environ 1 700 000 marks. La liste débute par trois souscriptions de 100000 marks chacune : celles de 20 000, 15 000, 10000 et 5000 marks sont fort nombreuses. La première pierre du nouveau musée fut solennellement posée le 13 novembre 1906, en présence de l’empereur d’Allemagne et du prince régent de Bavière.
- Disons maintenant quelques mots de l’organisation actuelle du musée. L’idée maîtresse des organisateurs a été de présenter aussi clairement que possible les objets aux visiteurs, à l’aide d’étiquettes suffisamment détaillées, de
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- INDUSTRIE.
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- tableaux graphiques, de dessins accompagnant les appareils. On a cherché aussi a bien faire comprendre l’évolution de chaque appareil, en formant des séries qui commencent à la disposition primitive pour aboutir au mécanisme actuel le plus perfectionné. Certaines dispositions ingénieuses ont été adoptées pour bien faire saisir les progrès des appareils. Par exemple, dans la collection de lunettes astronomiques, on a placé de petites images de la planète Saturne, visibles en appliquant l’œil à l’oculaire, et qui montrent le grossissement obtenu avec chaque instrument.
- Dans le même ordre d’idées, à côté des anciens appareils d’épuisement lourds et encombrants, on voit la pompe centrifuge moderne à haute pression, vingt fois plus petite. Des anciens objectifs photographiques gigantesques on a rapproché des objectifs modernes, qui donnent de meilleurs résultats avec des dimensions bien moindres. A côté de l’habitation ancienne, on a ^représenté la maison moderne, en mettant en relief les progrès du chauffage, de la ventilation, des canalisations, etc. .
- Il est recommandé aux gardiens de fournir aux visiteurs des explications et de se mettre constamment à leur disposition pour leur faciliter l’examen des appareils et les mettre en marche toutes les fois que cela est possible.
- La classification des objets est faite d’après les catégories suivantes :
- d. Mathématiques; -
- 2. Appareils de mesure ;
- 3. Géodésie et carthographie ;
- 4. Astronomie ; '
- . 5. Physique ;
- 6. Mécanique technique (statique graphique, résistance des matériaux, etc.);
- 7. Cinématique et éléments de machines;
- 8. Appareils élévatoires;
- 9. Appareils hydrauliques; air comprimé ;
- 10. Moteurs animés, éoliens, hydrauliques ;
- 11. Moteurs thermiques ;
- 12. Industrie frigorifique;
- 13. Production, transport et transformation de l’électricité;
- 14. Signaux (incendies, navires, phares);
- 15. Télégraphie et téléphonie ;
- 16. Acoustique technique ; N
- 17. Optique technique;
- 18. Éclairage; •
- 19. Transports terrestres;
- 20. Navigation;
- 21. Aéronautique ;
- 22. Chimie;
- 23. Électro-chimie;
- 24. Minéralogie et géologie ;
- 25. Exploitation des mines et des salines;
- 26. Métallurgie;
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- LE MUSÉE ALLEMAND. 231
- 27. Technologie mécanique (fabrications diverses);
- 28. Technologie chimique (gaz d’éclairage, sucre, verre, etc.);
- 29. Arts de la reproduction (impression, photographie, etc.);
- 30. Matériaux de construction;
- 31. Construction des routes et des chemins de fer;
- 32. Travaux hydrauliques ;
- 33. Agriculture ;
- 34. Art militaire ;
- 35. Technique du théâtre;
- 36. Hygiène et appareils médicaux.
- Comme on le voit, cette classification est fort étendue. Elle n’existe pas seulement sur le papier, mais la plupart des catégories sont déjà largement représentées. Le catalogue du musée, permettant d’en bien connaître toutes les richesses, est en préparation, mais n’a pas encore été publié. Il n’entre pas dans le cadre de cette courte notice de donner de grands détails sur les principaux objets exposés; nous signalerons seulement quelques-uns des plus remarquables.
- Les collections scientifiques, formant les premières catégories, sont fort belles. Les salles de physique, notamment, renferment quantité d’appareils intéressants, dont beaucoup sont disposés pour fonctionner sous les yeux du public. C’est ainsi, qu’en passant derrière un rideau noir et en plaçant sa main contre une glace, on en voit la radiographie. Dans ces galeries, je signalerai l’appareil Cailletet pour la liquéfaction des gaz, offert par M. Ducretet, le constructeur parisien bien connu, et la reproduction d’un intéressant tableau de Bertini, représentant Yolta et Bonaparte.
- Divers appareils intéressants du Conservatoire des Arts et (Métiers ont été copiés, notamment les appareils du laboratoire de Lavoisier,le métier de Jac-quart. Du musée de Londres, on a reproduit les machines à vapeur de Watt, les premières locomotives, les premiers bateaux à vapeur. Comme pièces originales, le musée allemand renferme les appareils optiques de Frauehofer, la première locomotive électrique de W. von Siemens, les machines à colonne d’eau et les pompes de Reiclienbach, d’anciennes machines à vapeur et chaudières alle-lemandes, des turbines à vapeur Parsons et de Laval, données par leurs auteurs.
- La section des moteurs thermiques contient aussi les moteurs à air chaud d’Ericsson et de Lehmann, le moteur à gaz deLenoir,le moteur atmosphérique de Langen, la copie du premier moteur Otto, le modèle d’un grand moteur moderne à gaz de haut fourneau, les premiers moteurs à pétrole de Daimler et de Diesel. ‘
- Je citerai encore, dans les moyens de transport, une locomotive véritable, retirée du service et en partie coupée pour montrer les dispositions internes; dans d’autres sections, une installation de puits de mine avec machine d’ey-
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- traction électrique, des modèles de hauts fourneaux, d’aciéries ; une série de laboratoires de chimie de diverses époques, avec leurs appareils, dans des salles successives, d’abord le laboratoire de l’alchimiste, puis ceux de Lavoisier, de Liebig, enfin les installations modernes, avec une division spéciale pour l’élec-tro-chimie.
- L’industrie des couleurs de houille est représentée d’une façon frappante sous forme d’un immense arbre généalogique dont les cartouches figurent les divers produits dérivés les uns des autres.
- En résumé, le musée de Munich, bien que de création toute récente, a pris déjà une grande importance et comme nombre et comme intérêt des objets qu’il renferme; il s’accroît tous les jours et paraît destiné à être bientôt un des plus grands établissements de ce genre. Ce rapide développement est dû à l’activité des fondateurs du musée et à la générosité des pouvoirs publics et de l’industrie allemande, qui s’est manifestée par des dons importants tant en argent qu’en appareils et modèles, et par de larges subventions annuelles.
- Beaucoup de soins ont été apportés à la présentation des objets; on a surtout cherché à rendre facile la comparaison des appareils anciens et modernes de chaque espèce, de manière à mettre en lumière les progrès accomplis. Plusieurs des dispositions de détail adoptées à cet effet sont fort suggestives et pourraient être imitées dans les collections similaires.
- En terminant, je tiens à exprimer mes remerciements à M. le conseiller O. von Miller et à M. l’ingénieur R. Diesel, qui m’ont obligeamment fourni une collection complète de documents sur la création et le fonctionnement du musée dont ils sont justement fiers.
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- MÉTALLURGIE
- sur de nouveaux- aciers au chrome, par M. Léon Guillet, membre du Conseil (1).
- Messieurs,
- Vous connaissez déjà les applications si nombreuses et si importantes du chrome en sidérurgie. Vous savez que les aciers au chrome ont dû leur succès à un savant métallurgiste français, notre vénéré collègue M. Brustlein. C’est cet ingénieur, en effet, qui, en 1874, s’occupa systématiquement de l’influence du chrome sur les propriétés des aciers; il sut notamment faire ressortir le rôle de ce métal et le distinguer de celui du carbone que l’on introduisait avec les anciens ferrochromes. Mais, jusqu’ici, on s’est borné, industriellement parlant-, à introduire dans l’acier des quantités faibles de chrome, avec ou sans nickel.
- Les aciers à outils, d’une grande dureté, notamment ceux destinés à la fabrication des limes, les aciers pour roulement à billes contiennent peu de chrome, 1 à 2 p. 100, rarement 3. Les aciers à ohus de rupture n’en renferment pas plus.
- Les plaques de blindage contiennent simultanément du nickel et du chrome ; le pourcentage de ce métal ne dépasse guère 2 p. 100; il en est de même dans les aciers pour automobiles.
- Quant aux outils à coupe rapide, ils en contiennent des quantités plus importantes, le plus souvent 5 p. 100, quelquefois 7 p. 100.
- Vous voyez, en somme, que la quantité de chrome introduite jusqu’ici dans les aciers est relativement faible.
- Il n’en est plus de même dans les aciers que je viens vous présenter : ces aciers, on pourrait presque dire, du moins pour certains d’entre eux, ces fontes,-renferment 15 à 20 p. 100 de chrome. — La teneur en carbone varie beaucoup suivant l’usage; dans certains elle ne dépasse pas 2 p. 100, dans d’autres alliages elle atteint 3,5.
- Ces aciers sont fabriqués à Sheffield, au four électrique, dans l’usine de
- (1) Communication en séance du 6 décembre 1907.
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- MÉTALLURGIE. —; FÉVRIER 1908.
- M. Kunrich. L’introduction do semblables quantités de chrome présentent des difficultés assez sérieuses au creuset.
- C’est d’ailleurs le hasard qui a conduit à leurs découvertes ; dans une coulée, on a doublé, sans le vouloir, la dose de chrome que l’on devait mettre.
- Quelles sont donc les propriétés de ces nouveaux alliages?
- Quel intérêt présentent-ils?
- Quelles applications offrent-ils?
- Ces aciers sont très fragiles avant trempe; ils le sont nettement moins après. C’est ainsi que, d’importants outils en cet acier ayant voilé par une trempe à l’eau faite par erreur, on a voulu les redresser : on a brisé les marteaux, la pièce n’a pas cédé. Si on ne peut pas les comparer entièrement aux aciers à coupe rapide, car ils perdent la trempe par un chauffage au rouge sombre, du moins possèdent-ils une coupe très remarquable. Un outil fait avec un dé ces aciers, une fraise par exemple, s’affûte trois fois moins qu’avec les meilleurs aciers au carbone.
- On peut dire que leurs caractéristiques résident dans une grande dureté après trempe, une absence de fragilité et surtout une non-déformation remarquable après trempe.
- Cette dernière propriété mérite qu’on s’y arrête : avec un des aciers dont je vous parle, on a pu faire des outils d’une très grande longueur et de forme très complexe sans avoir à craindre des déformations à la trempe ; c’est ainsi que l’on a préparé des mandrins d’une longueur de lm,25 et d’un diamètre de 50 millimètres. De même on peut tremper des fraises de fort diamètre et de faible épaisseur sans redouter le voilement; on a fait ainsi des fraises ayant 120 à 130 millimètres de diamètre et 13/10 de millimètre d’épaisseur; ces fraises ont été trempées à même, c’est-à-dire sans être maintenues entre des' flasques.
- Vous voyez de suite les applications que présentent ces aciers.
- Les uns sont utilisés pour la confection des fraises, des poinçons, des matrices, des outils de tour, des filières, des tarauds, etc.
- Les autres sont employés pour la confection des canifs, des rasoirs, des appareils de chirurgie ;'ils possèdent un fil très remarquable et, malgré cela, on peut donner à la lame des déformations permanentes, notamment la plier nettement.
- Un fait extrêmement curieux est le suivant : ces aciers, de par leur constitution, sont extrêmement difficiles à forger ; on ne peut pas les laminer et ce n’est qu’avec des précautions infinies qu’on peut les marteler. Aussi les emploie-t-on, la plupart du temps, bruts de coulée, sans traitement mécanique. On les utilise ainsi, non seulement sous forme de lingots, mais également sous forme d’outils coulés, fraises, scies, etc.; ces alliages se moulent aisément,
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- SUR DE NOUVEAUX ACIERS AU CHROME.
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- Si l'on examine an microscope ces aciers, on les trouve formés de grains de carbure plus ou moins nombreux et de perlite. Ce carbure est bien un carbure double de fer et de chrome; car il ne se colore pas comme le carbure ordinaire par le picrate de soude. Ceci à l’état normal. On remarque que le carbure forme de véritables libres. Lorsqu’il a été traité, on voit que les zones perlitiques sont remplacées par des zones martensitiques. On remarque que le carbure est toujours abondant; mais on note des filets de troostite séparant le carbure de la perlite, ce qui paraît indiquer un commencement de dissolution.
- Yoici maintenant les5 instructions que donne l’inventeur pour le traitement de ces aciers.
- Recuit avant usinage. — Chauffer à 875° et maintenir cette température absolument constante pendant un minimum de deux heures. Laisser refroidir le plus lentement possible.
- Trempe. — Chauffer lentement dans un feu ouvert ou dans un moufle jusqu’à 950°. L’outil ayant atteint cette température devra être très vivement retiré du feu. Le laisser trempera l’air pendant quinze secondes environ (le but à atteindre est de laisser l’outil descendre à une température de 850°), puis le projeter dans un bain d’huile d’un volume suffisant pour assurer son complet refroidissement.
- Vous voyez, en somme, que l’emploi de ces aciers est très simple et que leurs applications sont nombreuses.
- J’ai pensé qu’ils méritaient d’attirer votre attention, du moins pendant quelques instants.
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- ÉTUDE MICROGRAPHIQUE DU CUIR
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- Par M. Henri Boulanger
- AVANT-PROPOS
- § 1. — Comment fut faite ïétude du cuir.
- Au cours du quatrième trimestre 1900. allant rendre visite à mon ami M. Codron, ingénieur, professeur directeur du laboratoire des essais mécaniques à l’Institut Industriel du Nord de la France, je lui exposai les difficultés que je rencontrais pour résoudre différents problèmes relatifs aux nouvelles applications du cuir dans certains appareils mécaniques, résultats des progrès constants de cette industrie ; nous fûmes assez embarrassés pour trancher certaines questions, les études sur la résistance des cuirs, que nous possédions, ne nous renseignant qu’imparfaitement; le plus simple pour nous était donc de nous mettre à l’œuvre et de nous rendre compte par nous-mêmes de la valeur et des propriétés de notre matière première.
- A peine M. Gruson, inspecteur général des Ponts et Chaussées, directeur de l’Institut Industriel, fut-il informé de nos intentions, qu’il s’empressa de mettre les appareils de l’établissement à notre disposition et de donner des instructions précises à son personnel; il se fit même un plaisir de s’intéresser souvent à nos expériences.
- A cette époque, nous étions loin de nous rendre compte de l’importance que cette étude allait prendre; nous marchions vers l’inconnu; aussi, que d’essais infructueux n;avons-nous pas faits, que de combinaisons n’avons-nous pas étudiées !
- D’abord on essaya des morceaux de cuir coupés au hasard ; on compara les cuirs de bœuf tanné aux cuirs de bœuf chromé, aux buffles; puis on expérimenta des bandes de toute la longueur du cuir ; enfin des cuirs entiers furent mis en pièces. Après, ce fut le tour des courroies entières, simples, doubles, triples, de 200 millimètres de largeur, des rattaches, elc., etc.
- On examina le travail du cuir dans les roues d’automobiles ; on fit des per-
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- ÉTUDE MICOGRAPHIQUE DU CUIR.
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- forations au moyen de la flexion circulaire, des arrachements, des déchirures. De plus, nous devions étudier le cuir vert, matière complètement inconnue ; pour cela on établit des éprouvettes de toutes formes, qui furent soumises à tous les efforts qu’il fut possible d’imaginer; les engrenages en cuir vert, les dents, les alluchons attirèrent particulièrement notre attention. Une idée en faisant naître une autre, nous cherchâmes quelle pouvait être la cause des différences de résistance que nous rencontrions dans les différentes régions d’un cuir; l’examen microscopique était tout indiqué, mais il nous fallait des instruments précis, que nous ne pouvions trouver que dans les cabinets de l’Institut de physique.
- C’est alors que j’eus recours à la bienveillance de M. Damien, doyen de la Faculté des Sciences. Non seulement ses appareils les plus perfectionnés furent mis à ma disposition, mais il poussa la complaisance jusqu’à m’adjoindre son préparateur, M. Quinet, qui me seconda de tous ses efforts. Plus tard, quand il fut question de faire de la microphotographie, on acheta des instruments, on épuisa toutes les connaissances des constructeurs d’appareils français ou étrangers.
- A Paris, l’accueil qui me fut fait par M. Guillet me permit de m’initier aux principes de la métallographie.
- Mais, si nous jetons un coup d’œil en arrière, que do recherches infructueuses n’avons-nous pas eu à enregistrer, que de‘déceptions n’avons-nous pas éprouvées, et combien de fois aussi n’avons-nous pas été tentés d’abandonner nos recherches, jusqu’au jour où j’arrivais à imaginer mon appareil photographique avec éclairage par réflecteurs.
- Ce procédé de photographie en relief nous donnait bien une image extérieure, nous permettant l’étude des fibres dans leur ensemble, mais il ne nous permettait pas de nous rendre compte de la contexture de la peau : il nous fallait donc reprendre nos recherches, aller plus loin encore. C’est alors que l’idée me vint d’utiliser les méthodes techniques de l’anatomie microscopique.
- M. Malaquin, professeur de zoologie, m’apprit à faire des inclusions, des enrobages, des coupes.
- M. le docteur Vansteenberghe, de l’Institut Pasteur, m’enseigna ses méthodes de coloration, de montage des coupes.
- M. le docteur Gurtis, professeur d’anatomie pathologique, m’apprit à dis-tinguer les tissus sains des tissus malades.
- Enfin M. le docteur Laguesse, professeur d’histologie, à qui revient plus particulièrement le mérite de m’avoir encouragé dans mes recherches, m’apprit à définir les tissus, les fibres de la peau et du cuir.
- Il me sera bien agréable aussi de rappeler ici les noms de M. Gustave Richard, de la Société d’Encouragement, et de M. Livache, le dévoué rap-
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- MICROGRAPHIE.
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- porteur du Comité de Chimie de cette meme Société, qui m’ont donné l’appui moral indispensable pour surmonter bien des difficultés. *
- Aussi, ne devra-t-on pas s’étonner de voir que, dans la main de tels maîtres, et avec l’appoint de si généreux concours, je sois parvenu à mener à bien une étude de cette envergure.
- Qu’il me soit donc permis de remercier publiquement ces savants et dévoués collaborateurs.
- § 2. — Quelques mots sur la matière première.
- La tannerie est classée parmi les principales industries chimiques ; cela ne veut pas dire que les établissements des tanneurs, des mégissiers et des autres industriels similaires soient, ou doivent être installés comme de véritables laboratoires; mais il ne résulte pas moins de cette classification, généralement admise, que l’on considère la mise en œuvre de la peau et la transformation de cette matière en cuir comme des opérations qui rentrent dans le domaine si délicat du chimiste.
- Sous un autre point de vue, la tannerie est avant tout un métier, le gagne-pain d’une catégorie importante de travailleurs;or,si dans toute industrie, il est matériellement impossible, malgré les meilleurs soins, d’obtenir régulièrement des produits parfaits, irréprochables, et si, au contraire, il faut constamment envisager des surprises, des aléas, qui sont les conséquences inévitables des manipulations multiples subies par la matière première, on peut dire que, dans aucun métier, on ne rencontre les nombreuses difficultés que présente la fabrication des cuirs; car, dans aucun, on ne transforme un produit prédisposé, comme la peau, à des altérations aussi rapides et aussi profondes, dues, les unes à l’ignorance ou au manque de soins, les autres aux influences ambiantes (chaleur, humidité, etc.), influences qui peuvent, dans certains cas, être d’une telle importance qu’elles modifient considérablement la qualité du produit, sans que le fabricant soit en état d’y apporter remède, quelquefois même sans qu’il puisse s’en apercevoir.
- Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que, sitôt l’animal abattu, toute vitalité étant arrêtée, la décomposition des tissus commence.
- Suivons, l’une après l’autre, lès différentes manipulations que subit la peau à partir du déshabillage de la bête : nous verrons qu’elle est d’abord traînée sur les dalles de l’abattoir, par suite mise en contact avec les impuretés qui s’y trouvent (telles le sang décomposé, la fiente, etc.); que, quelque temps après, elle est pesée, puis salée, empaquetée, transportée et par la suite encore, exposée au soleil, aux intempéries, aujourd’hui desséchée, demain mouillée. Plus tard, après un délai plus ou moins long, le travail du tanneur la transformera en une
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- matière, qui, pour le consommateur, devra être imputrescible, inaltérable et de longue durée. Il en résulte incontestablement que, pendant cette période préliminaire et avant tout travail industriel, des modifications se sont produites dans les tissus : pour les apprécier, il faut recourir au microscope, mais, avant tout, il faut étudier la peau elle-même, sa nature, sa composition.
- La peau est un tégument protecteur de l’animal, mais c’est aussi un tissu vivant, qui compte parmi les plus compliqués de son organisme ; comme enveloppe protectrice, cette peau subit des variations de texture très grandes, suivant le milieu dans lequel vit l’animal, son sexe, sa race; comme tissu vivant, elle est en rapport direct avec la santé, l’âge et le tempérament de la bête : ces deux sortes de causes influent plus ou moins sur la qualité du cuir tanné.
- Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, qui a été l’un des points de départ de notre travail : Essais du cuir dans ses applications industrielles, complété par notre Etude microscopique de la texture des différentes régions d’un cuir tanné (1). Notons toutefois que, dans cette étude, nous avons examiné, non pas la composition de la peau dans sa constitution naturelle, mais les fibres du cuir tanné, ce qui est tout différent. Car, pour arriver à l’état de cuir, la peau a été totalement modifiée ; des éléments essentiels ont été détruits, et d’autres si complètement transformés qu’ils n’ont plus aucune relation avec la matière animale première.
- Ces distinctions ont leur importance au point de vue de la manière dont nous nous sommes exprimé dans notre premier travail ; d’abord, telle appellation usitée en histologie ne trouvait pas son application en parlant du cuir tanné : nous ne pouvions donc pas employer servilement le vocabulaire histologique ; ensuite, ne voulant pas compliquer ces travaux par des termes trop scientifiques, nous avions tenu, pour faciliter l’intelligence du sujet, à conserver les termes vulgaires ; c’est ainsi, par' exemple, que, suivant les usages du métier, nous avions désigné sous le nom d’épiderme, la fleur du cuir, alors que l’épiderme histologique, chez les bovidés des pays tempérés, se réduit à une simple couche excessivement mince, sans résistance, qui tombe avec les poils et par conséquent n’a aucun intérêt dans la tannerie proprement dite. Au contraire, dans l’étude spéciale que nous commençons, tout repose sur l’examen et la comparaison des coupes histologiques, faisant ressortir telle ou telle particularité de structure; aussi, avons-nous été obligé de suivre les principes usités pour les préparations d’anatomie microscopique et d’adopter la terminologie de cette science. '
- Le premier chapitre qui va suivre contient l’étude anatomique abrégée de la peau des bovidés dans leur état naturel ; nous avons complété ces
- (1) Essais du cuir clans ses applications industrielles. Mémoires publiés par la Société d’En-oouragement pour l'Industrie nationale, 1907.
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- remarques en dévoilant les ravages que certaines opérations du tannage îui-même produisent dans ses éléments constitutifs.
- Nous disons étude abrégée, car si l’on considère la variété de peaux jetées journellement sur les marchés européens, on voit que, pour être complète, une monographie de ce genre exigerait des travaux considérables ; aussi en sommes1 nous réduits à n’exposer ici que des points généraux, sortes de prototypes.
- Dans un second chapitre, nous ferons l’étude du cuir tanné, c’est-à-dire l’examen des peaux après leur transformation en cuir.
- CHAPITRE I
- ÉTUDE ANATOMIQUE DE LA PEAU DES BOVIDÉS. — DÉSAGRÉGATION DES TISSUS ORGANIQUES DANS CERTAINES OPÉRATIONS DU TANNAGE
- Lorsqu’on examine à l’œil nu la tranche d’une peau fraîche sectionnée suivant son épaisseur, c’est-à-dire perpendiculairement au corps de l’animal, il est difficile de se former la moindre idée de sa constitution ; ôn voit bien que l’on se trouve en présence, non seulement d’un tissu vivant très complexe, mais aussi d’un organe d’une structure délicate, en harmonie du reste avec les multiples fonctions qui lui ont été assignées par la nature ; quant à vouloir analyser les différents éléments de cet organe, cela ést impossible; et si l’on doit recourir soit à la loupe, soit au microscope, pour procéder à un examen plus approfondi, le résultat n’est pas meilleur ; on découvre alors une masse de filaments incolores, mal définis, n’offrant dans leur ensemble aucun intérêt.
- Pour étudier les détails de cette structure, il faut absolument recourir aux principes de l’anatomie microscopique, c’est-à-dire faire des coupes excesshn-ment minces, teintes ensuite à l’aide de colorants spéciaux qui ont la propriété de faire ressortir plus particulièrement tel ou tel genre de fibres, tel ou tel tissu.
- Tous les histologistes s’accordent à reconnaître que les coupes de peau offrent une certaine difficulté à cause de la différence de consistance des nombreux tissus à examiner; parmi les procédés que nous avons essayés, nous citerons les deux suivants, qui sont les moins compliqués.
- Les menus fragments de peau fraîche sont mis dans des alcools gradués jusqu’à l’alcool absolu, ils passent ensuite dans le xylol, de là dans la paraffine fondue et maintenue à 38° ou 40°; au bout de quelques jours, on les laisse refroidir, puis on les fait sécher pendant trente-six ou quarante-huit heures, après quoi, on les enrobe dans la paraffine dure, pour les couper avec le microtome.
- La seconde méthode qui nous a donné d’excellents résultats, tout en ayant
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- le grand avantage d’être beaucoup plus rapide et par cela même plus économique, est la suivante :
- Les menus fragments de peau sont mis pendant douze heures dans une solu tion composée de :
- eau distillée, 5 grammes,
- glycérine pharmaceutique, 5 grammes;
- acétone purifiée, 90 grammes.
- On les laisse sécher, puis on les enrobe dans la paraffine dure; après quoi on peut commencer les coupes.
- La coloration, le montage des coupes se font selon les méthodes ordinaires.
- C’est en nous appuyant sur ces principes et en utilisant des colorants variés, suivant le genre de tissus et de fibres que nous voulions faire ressortir, que nous avons établi les coupes reproduites par les figures numéros 1 à 6 ci-après; (p. 254) leur examen et les détails donnés par les légendes ne doivent pas, comme nous le disions plus haut, servir pour le lecteur d’enseignement histologique, mais plutôt de renseignements généraux lui permettant d’étahlir des comparaisons avec les dessins conipris dans le second chapitre et, par déduction, d’apprécier plus facilement la destruction des tissus et des fibres ou leur transformation par le tannage.
- Pour représenter les coupes, nous avons eu recours aux dessins coloriés relevés à la chambre claire, seul procédé permettant de faire ressortir tous les plans de la coupe, qui malheureusement dans la peau est toujours un peu épaisse; toutefois, étant donnée la difficulté de reproduire par l’impression les teintes exactes des coupes, nous avons dû pour cette publication nous en tenir aux photographies de ces mêmes dessins (1).
- Figure n° 1.
- La figure n° / représente la partie superficielle d’une coupe de peau fraîche de vache qui a été prélevée au poitrail, à proximité des membres antérieurs ; la coloration en a été faite au moyen de l’alun carminé.
- Bien que la coloration au carmin ne fasse pas ressortir chacun des tissus avec tous ses détails ; cette coupe est cependant très démonstrative pour ce qui concerne l’épiderme, composé de deux parties : la couche cornée et la couche muqueuse de Malpighi.
- La première, formée de cellules aplaties,inertes, n’a aucune consistance; elle tombe à Lépilage, voire même au reverdissage, c’est-à-dire au trempage des peaux dans l’eau ; il est très difficile de la conserver intacte dans la préparation
- (1) Les originaux sont déposés à la Bibliothèque de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
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- clés coupes, surtout s’il s’agit de peaux salées depuis un certain temps déjà.
- La seconde, plus solide, est formée de cellules vivantes bien définies; peu apparentes dans notre dessin, qui ne montre que les noyaux, ces cellules ressortent nettement quand on emploie un grossissement plus puissant.
- Immédiatement au-dessous se trouvent les papilles du derme.
- Tous les points foncés fortement teintés par le carmin sont les noyaux des cellules conjonctives.
- Enfin, dans la partie inférieure commence la couche profonde du derme.
- En outre, on remarque clans cette coupe un poil sectionné en biseau, puis une partie de poil coupé dans sa longueur, plus loin le follicule d’un poil.
- Ajoutons aussi que le volume, la ténacité de l’épiderme varient suivant les races de bovidés; chez le buffle, par exemple, cette couche brune rousse, jaunâtre, qui, à première vue, paraît être un encrassement, est l’épiderme complet de l’animal fortement chargé de pigment au niveau clés taches noires.
- Figure n° 2.
- Partie supérieure d’une coupe cle peau de bœuf prise dans le croupon, à proximité cle la pointe de la hanche ( la « Fleur » des tanneurs ; en termes scientifiques, « la Couche superficielle du clerme »).
- Cette coupe a été coloriée par la solution de Weigert pour faire ressortir principalement les fibres élastiques, on y remarque :
- un reste d’épiclerme ;
- une quantité infinie de fibres, cle fibrilles grosses et moyennes, qui sont les fibres élastiques; ce sont elles qui donnent à la peau ses propriétés de souplesse, d’élasticité.
- Remarquons, à ce propos, que très touffues clans la partie supérieure de la peau, c’est-à-dire dans la fleur, ces fibres sont cle moins en moins nombreuses à mesure que l’on se dirige vers le milieu pour disparaître totalement quand on atteint la couche profonde clu derme. C’est ce qui explique la différence d’élasticité et cle souplesse des deux parties d’un cuir tanné, lorsqu’il a été refendu clans son épaisseur ; la partie de la fleur reste souple, élastique, tandis que la croûte, c’est-à-dire la chair, n’a aucune élasticité et est beaucoup moins solide.
- Ces fibres élastiques ont la propriété de résister à la coction ; c’est, donc à cette particularité qu’il faut attribuer la difficulté que l’on rencontre lorsque l’on veut transformer en gélatine des morceaux cle peau provenant du milieu du dos, là où ces fibres existent en quantité innombrable ; après deux jours consécutifs cle cuisson au bain-marie, on retire encore de grandes parcelles de fleur non dissoutes. -
- Signalons, en passant, que ces fibres élastiques n’ont rien de commun avec
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- les fibres nerveuses qui, à l’encontre de celles-ci, n’ont aucune solidité et par cela même aucun intérêt pour le tanneur. Quand on parle d’une peau nerveuse, on veut dire par là riche en fibres élastiques.
- L’enchevêtrement inextricable de ces fibres élastiques forme le ressort qui, seul, peut permettre à ces tissus de remplir leur rôle de flexibilité assigné par la nature ; il est donc hors de doute que toute destruction ou même simple modification dans leur disposition influera sur la qualité du produit fabriqué.
- C’est à leur altération qu’il faut attribuer les fleurs gonflées, creuses, cassantes, etc., qui se rencontrent dans certains cuirs tannés trop gonflés dans les préparations préliminaires ou tannés trop rapidement.
- Dans cette coupe on retrouve en outre des poils sectionnés, des gaines de poils, des vaisseaux, des glandes sébacées ; quant aux fibres conjonctives, n’ayant pas été atteintes par la teinture, elles restent incolores et plus ou moins transparentes.
- Figure n° 3.
- Coupe attenante à la précédente, c’est-à-dire, comme pour la figure n° 2, partie supérieure d’une coupe de peau de bœuf prise dans le croupon, à proximité de la pointe de la hanche (la « Fleur » des tanneurs; en termes scientifiques, la « Couche superficielle du derme »), coloriée cette fois au moyen de l’hématoxyline et de l’aurantia, teintures ayant la propriété de faire ressortir plus particulièrement les fibres conjonctives. Cette coupe parait, par ce mode de préparation, toute différente de la précédente. On y remarque :
- un reste d’épiderme;
- la couche muqueuse de Malpighi ; fortement teintée par l’hématoyxline, elle ne ressort pas dans tous ses détails.
- On trouve aussi des follicules de poils.
- Les parties teintes en jaune orange par l’aurantia, mais reproduites en noir par la photographie, sont des vaisseaux, des poils, des gaines de poils, glandes sébacées ou autres. Ces masses de fibres, de fibrilles sont des fibres conjonctives grosses et moyennes, c’est la substance collagène, celle qui donne la gélatine par coction.
- Figure n° 4.
- Elle représente la région immédiatement au-dessous de la précédente (n° 3), c’est-à-dire le milieu de la peau coupée perpendiculairement à l’épine dorsale de la bête (la « Chair » des tanneurs ; en termes scientifiques, la « Couche profonde du derme »), coloriée par l’hématoxyline et l’aurantia.
- C’est une région' des plus intéressantes pour l’étude de la peau et sa transformation en cuir, puisqu’elle forme la base du cuir; elle occupe du reste la
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- majeure partie de l’épaisseur; c’est la « chair » des tanneurs; elle est formée d’un amas de faisceaux de fibres conjonctives géantes, se dirigeant dans tous les sens, surtout dans le sens de la longueur de la bête, donnant par dissociation des filaments pouvant atteindre jusqu’à 30 ou 40 millimètres de longueur; ces grosses fibres sont réunies entre elles par une trame de fines fibres conjonctives et de fines fibres élastiques contenues probablement dans des lamelles de substance amorphe; on ne rencontre que peu ou point de grosses et moyennes fibres élastiques. Comme nous l’avons dit plus haut, ces fibres conjonctives sont la substance collagène.
- Telle qu’elle se présente à l’état naturel, c’est-à-dire dans la peau fraîche, cette région forme un tout parfaitement homogène; mais il est évident que si, pour une cause quelconque, ce réseau de fibres, de fibrilles, formant la trame intermédiaire qui réunit les grosses fibres, vient à se rompre, le feutrage n’aura plus aucune cohésion, aucun solidité. C’est un point sur lequel nous reviendrons en traitant du gonflement de la peau. (Voyez figure 6.)
- Figure n° 5.
- Coupe de peau fraîche de bœuf, prise au poitrail entre les membres antérieurs, coloriée par l’iiématoxyline et l’aurantia (« Chair » des tanneurs, ou « Couche profonde du derme », en termes scientifiques). Nous avons tenu à la donner pour faire ressortir la disparité des différentes régions de la peau.
- On trouve principalement dans cette préparation :
- des grosses fibres conjonctives;
- des cellules adipeuses ;
- une artère et sa gaine adventice, toutes deux riches en fibres élastiques.
- Une simple comparaison de cette figure avec la figure n° 4 suffit pour expliquer pourquoi le cuir tanné est toujours creux, spongieux dans le flanc et autres parties basses de la peau : on trouve dans ces régions de nombreuses cellules adipeuses ; or toutes ces cellules sont détruites par la chaux ou le tannage, elles forment dès lors autant de vides; les fibres du cuir tanné dans cette région basse de la peau n’ont donc plus ni liaison, ni enchevêtrement.
- Cet exposé succinct et l’examen des dessins font ressortir l’extrême délicatesse de la peau, ils montrent de quels soins particuliers elle devrait être entourée pour qu’elle ne perde scientifiquement aucune de ses qualités avant sa mise en œuvre par le tanneur ; malheureusement les moyens prophylactiques font totalement défaut sur ce point, et l’industrie n’a encore à sa disposition aucun moyen pratique, économique, qui puisse assurer la conservation intégrale de tous les tissus ; le sel même, considéré comme un des principaux agents conservateurs de la matière animale,- ne donne pas un résultat parfait, et la meil-
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- leure preuve en est qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’obtenir une préparation microscopique complète dans une peau salée.
- La siccité rapide, utilisée aux colonies comme moyen préventif de décom position, ne doit pas être non plus sans produire une altération des tissus.
- Si un procédé quelconque de conservation n’a pas été appliqué, réchauffement ne tarde pas à se produire, il entraîne incontestablement la dissolution de certaines cellules en commençant parles cellules adipeuses.
- D’autre part, loin de conserver intacte la matière première, différentes opérations inévitables de la tannerie y apportent elles-mêmes des changements importants. En premier lieu, nous devons citer l’épilage ou l’ébourrage, qui, malgré tous les essais faits jusqu’à ce jour, ne peut encore s’obtenir qu’au détriment des parties fondamentales de la peau, puisque le poil ne peut être extirpé sans qu’il y ait commencement de décomposition et de destruction des fibres ou même de putréfaction de la matière.
- Au nombre des principaux procédés d’épilage, nous citerons :
- l’échauffe naturelle ou artificielle, qui équivaut à un commencement de putréfaction ;
- •Le pélanagc ou ébourrage par la chaux, auquel il faut ajouter l’emploi des sulfures alcalins (sulfure de sodium) ou des sulfures d’arsenic (orpin, etc.), tous agents chimiques qui, inévitablement, dénaturent les tissus.
- Or, si nous suivons les transformations do la peau au cours de cette première opération industrielle, nous voyons que mise à l’eau pour le reverdissage, elle se gonfle légèrement. Passant ensuite dans les pelains de chaux gradués du plus faible au plus vif pendant cinq à six jours et même davantage suivant les saisons, nous constatons que la peau augmente considérablement de volume.
- On conçoit donc aisément que par suite de ce gonflement excessif toutes les fibres, les fibrilles se sont distendues, non pas dans tous les sens, puisque la peau n’augmente pas de surface, mais principalement en hauteur, c’est-à-dire suivant son épaisseur, travail surnaturel pour lequel, on nous l’accordera, elles n’ont pas été créées.
- Quel est donc l’effet physique de la chaux sur la peau pendant l’épilage?
- Pour nous en rendre compte, nous avons préparé (figure n° 6) une coupe dans le croupon d’une peau de bœuf épilée par l’action de la chaux, c’est-à-dire ayant séjourné huit à dix jours dans des bains de chaux gradués du plus faible au plus fort. Cette coupe a été prélevée dans le milieu de l’épaisseur de la peau, c’est-à-dire dans la région correspondante à celle de la figure n° 4 ; ce qui permettra d’établir une comparaison utile et concluante.
- Cette comparaison fait ressortir nettement : d’abord, la destruction des fibrilles élastiques et conjonctives qui formaient la trame intermédiaire réunis-
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- saut les fibres conjonctives géantes ; ensuite, la déformation des fibres ; on remarque qu’elles se sont recroquevillées, disjointes, conséquences indiscutables d’un allongement démesuré.
- Du reste, cette constatation concorde exactement avec le résultat pratique obtenu quelquefois clans la tannerie; aucun tanneur expérimenté n’ignore, en effet, que l’excès de chaux donne un cuir mou, spongieux ; pour parvenir en cet état il faut donc nécessairement qu’une destruction de tissus se soit opérée, -destruction contre laquelle il n’y a plus aucun remède.
- Toutefois, nous devons ajouter que, si l’ébourrage d’une peau paraît à première vue être une opération cl’une telle simplicité qu’il soit possible de l’abandonner à des mains inexpérimentées, après notre étude, elle se révèle, au contraire, comme très délicate, car les poils, qui tombent si facilement au moment de la mue et qui par ce fait ne paraissent pas implantés trop profondément, sont au contraire fortement insérés dans les tissus ; nous ne pouvons en donner de meilleure preuve que par la figure n° 7, qui représente la face interne de l’épiderme d’une peau de buffle garnie de ses poils, grossie trois fois; on voit les racines dirigées obliquement, suivant, du reste, en -cela la direction extérieure du pelage ; on s’explique dès lors la difficulté que l’on rencontre pour produire l’épilation complète.
- ♦
- En présentant ces quelques notes, nous n’avons pas eu la prétention de mettre en relief des éléments inconnus ni même nouveaux, mais nous avons voulu, en permettant la comparaison des divers tissus sains ou détériorés, faire ressortir combien il importe de respecter le travail fait par la nature; car que de fois ces principes ne sont-ils pas négligés, principalement depuis ces dernières années, au cours desquelles tous les chimistes s’occupant de tannerie ont préconisé l’emploi, do nombreux produits, réactifs ou autres, sans que nul n’ait songé à examiner l’action pratique de chacun d’eux sur les tissus, au point de pouvoir dire que tel procédé, quelquefois intéressant, n’a peut-être pas été susceptible d’applications définitives, faute de connaissances approfondies, et faute d’avoir pu apprécier de visu les modifications qu’il apportait dans la matière première mise en œuvre.
- CHAPITRE II
- LE TANNAGE ET LA QUALITÉ DES CUIRS RÉVÉLÉS PAR l’ÉTUDE DES F1RI1ES ÉLASTIQUES
- Les précieux enseignements que nous donnent les coupes de peaux fraîches et la facilité avec laquelle on arrive émettre plus particulièrement en évidence les fibres élastiques qui forment, comme nous le savons, la trame essentielle
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- du cuir nous ont entraîné à rechercher un moyen simple, rapide et économique, permettant de suivre la transformation de la matière, de voir, d’apprécier la détérioration des tissus ou leur conservation ; en un mot de faire sommairement l’anatomie du cuir tanné.
- Bien que le problème paraisse à première vue assez ardu, nous sommes parvenus à trancher la difficulté d’une façon pratique en délaissant les laborieuses méthodes utilisées habituellement pour les préparations microscopiques.
- Les quelques pages qui suivent sont donc l’étude de la matière animale transformée en produit industriel; toutefois, pour éviter de compliquer notre travail par de nombreux clichés, nous nous sommes arrêté exclusivement au tannage végétal, à celui qui est fait au moyen des sucs végétaux tels que les tannins de chêne, de châtaignier, etc., en d’autres termes au tannage proprement dit, comme le mot l’indique, — les cuirs préparés par d’autres moyens, tels que l’emploi des sels minéraux, de l’huile, etc., entrant dans la catégorie des cuirs chromés, hongroyés, chamoisés. Du reste, l’action des tannins végétaux ou minéraux étant toute différente, il s’ensuit invariablement que les méthodes de préparations microscopiques ne peuvent être les mêmes dans les deux cas.
- Considérons et scrutons l’impression que nous donne l’examen sommaire du cuir tanné. A l’œil nu, on voit dans la tranche d’un cuir, soit de veau, de vache, de bœuf, de taureau, sectionné suivant son épaisseur, deux régions bien distinctes :
- La partie supérieure, dénommée en termes du métier la « Fleur », de teinte jaunâtre, de texture fine, serrée, dans laquelle on ne-distingue tout d’abord aucune fibre, aucune cellule (tout au plus y découvre-t-on avec difficulté quelques points plus foncés formant cavités ; ce sont les gaines de poils, pores, glandes, vaisseaux, etc. remplis de tannins);
- Immédiatement en dessous, la « Chair », partie feutrée, composée de gros filaments enchevêtrés paraissant avoir pris naissance sur le corps de l’animal pour venir se souder à la fleur.
- Au moyen d’une loupe ou d’un microscope, l’image se précise. On découvre dans la fleur de nombreux filaments ténus, tassés, contournant comme nous le disions plus haut les gaines des poils, les canaux de glandes, toutes cavités remplies de tannins ou de matières étrangères. Dans la chair, ces gros filaments blanc jaunâtre sont les fibres coupées longitudinalement, et les parties de teinte plus foncée sont les mêmes fibres sectionnées suivant leur épaisseur ; dans les interstices, se retrouvent quelques fibrilles; enfin, au sein de ce feutrage, apparaît le tannin sous forme de lamelles ou plaques brillantes.
- Quelle était la constitution de la matière avant le tannage ?
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- Pour en juger, nous devons nous reporter à l’étude de la peau naturelle, exposée dans le chapitre précédent, et reprendre les figures nos 2, 3 et 4, qui représentent: les nos 2 et 3, la partie supérieure du derme composée de fibres conjonctives fines et moyennes et de fibres élastiques, le tout contournant des cavités, gaines pilifères, canaux do glandes, et le n° 4, qui montre la couche profonde du derme, formée de fibres conjonctives grosses et moyennes, fortement entremêlées et dans les interstices desquelles ’se ramifient des fibrilles et des fibres élastiques.
- De cet examen on peut conclure que la peau, débarrassée de ses poils et de l’épiderme histologique, enlevés dans l’ébourrage, se compose de deux tissus, 1’un supérieur, l’autre inférieur, soudés intimement quoique distincts et de nature très différente. Or, aucune désignation scientifique n’ayant été donnée à ces deux régions distinctes, cette partie complète du tégument a conservé le nom de derme; toutefois, vu leur constitution spéciale et pour les distinguer plus particulièrement, nous pouvons dénommer :
- la première, la « Fleur », couche fibro-élastique ;
- la seconde la « Chair », couche à fibres conjonctives géantes; désignations d’autant plus justes, que nous n’ignorons pas que si l’on refend un cuir suivant son épaisseur, la fleur possède à elle seule toutes les qualités requises pour donner un bon cuir, tandis que la chair ou croûte, sans élasticicité, ni solidité, ne peut être utilisée que pour des articles inférieurs à bas prix.
- Que nous reste-t-il après tannage?
- Si l’on fait une coupe de peau tannée et si Ton veut l’examiner par transparence, sans aucune préparation préalable, on ne découvre rien de bien intéressant ou du moins qui n’ait été vu dans- l’examen en relief. En outre, la chair se désagrège et tombe facilement en poussière, quels que soient les soins que l’on prenne; et quant à la fleur, elle ne forme qu’un amas opaque gris jaunâtre, ne permettant de distinguer aucune diversité dans les tissus.
- Pour obtenir une image démonstrative, il faut .absolument recourir aux préparations, mais c’est ici que naissent quelques petites difficultés qu’un peu de patience et de pratique parviendront aisément à vaincre.
- Nous savons que nous sommes en présence de deux tissus :
- l’un très épais, « la Chair », très friable, ayant subi une transformation si profonde et ayant été tellement distendu pendant les différentes opérations qu’il n’a plus que de vagues rapports avec le tissu naturel ; son étude ne saurait dès lors nous offrir qu’un très médiocre intérêt;
- le second, « la Fleur », partie homogène, fine, serrée, pouvant se couper en lamelles sans se désagréger, nous donnant dès lors toutes garanties désirables.
- Aussi est-ce sur cette région que nous devons porter toute notre attention,
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- car elle sera pour nous une source complète d’étucles et d’éléments d’appréciation d’autant plus concluants que, comme nous l’avons vu (1), bien que la fleur et la chair ne soient pas composées des mômes éléments et soient constituées par des fibres de grosseurs différentes, celles-ci forment cependant dans leur ensemble, dans chaque endroit de la peau, une seule et meme famille de fibres, qui ont foutes été appelées à concourir aux memes fonctions générales extérieures, ont eu la môme origine et par conséquent doivent avoir une certaine analogie — avec toutefois cette différence que la fleur possède une quantité infinie défibrés élastiques, dont bon nombre doivent être conservées dans les opérations du tannage, si l’on veut obtenir un cuir de choix (puisqu’elles forment la charpente principale sans laquelle le produit n’aurait aucune consistance), tandis que, dans la chair, le peu de fibres élastiques que la nature y a mis a été détruit lors du gonflement par la chaux ou le tannage, gonflement plus rapide dans la chair, partie spongieuse, que dans la fleur, partie serrée.
- D’autre part, ne perdons pas de vue que, puisque nous étudions ici la peau tannée, ces deux parties, fleuret chair, ont été mises en contact avec les mômes liquides, le même tannin; elles ont donc supporté le môme traitement et ont été soumises à la même transformation dans toutes leurs parties ; et en conséquence, faire l’étude de la fleur est en même temps faire celle de la chair, avec cependant cette différence en faveur de notre procédé, c’est que la contexture de la première est plus parfaite que celle de la seconde.
- A un autre point de vue, nous pouvons ajouter que, dans les usages professionnels, l’examen d’un cuir commence toujours par la fleur: s’il s’agit d’un cuir entier tanné, c’est par son aspect extérieur que l’on reconnaîtra les soins apportés dans le tannage et môme le corroyage ; s’il s’agit de pièces découpées, on voit parla grosseur de la fleur, par son soulèvement, sa consistance, sa souplesse, si le cuir a*été gonflé, précipité au tannage, saisi par des extraits tan-niques trop actifs, etc. ; enfin, un œil exercé dira approximativement, par l’examen de la fleur, dans quelles régions du cuir (croupon, collet, flancs) les pièces ont été prélevées.
- Toutes ces considérations, ajoutées à la facilité avec laquelle on arrive à faire des coupes de fleur, alors qu’elles sont à peu près impossibles dans la chair, nous ont amené à délaisser totalement cette dernière pour nous borner exclusivement à l’étude de la fleur, y rechercher et faire ressortir nettement les fibres élastiques qui ont été conservées après tannage et corroyage, juger de leur direction, de leur destruction et par cela même déduire la qualité du produit fabriqué.
- (1) Essais du cuir dans ses applications industrielles. Mémoires publiés par la Société d’En-couragement pour l’Industrie nationale, 1907, p. 467,
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- Cette étude peut se faire soit perpendiculairement à la surface de la peau, soit horizontalement; dans l’un ou l’autre cas, notre matériel sera des plus réduits.
- Quelques récipients pour les manipulations, un microtome Ranvier, quelques bons rasoirs, du suif fondu, de la paraffine, des verres de montre, de l’alcool absolu, du xylol, de la solution Weigert (1), des lames, des lamelles, du baume de Canada, un microscope, voilà tout notre matériel et rien de plus, pour mener à bien l’examen que nous voulons faire.
- Nçus voulons examiner un cuir dans le sens perpendiculaire, c’est-à-dire la tranche; qu’il soit tanné, en croûte, corroyé, de fabrication récente ou ancienne, pourvu qu’il soit de couleur naturelle, nous prélevons une bandelette de 10 millimètres environ de largeur et nous faisons disparàître la majeure partie de la chair, puisqu’elle ne nous intéresse pas ; il nous reste donc une éprouvette d’un millimètre et demi à deux millimètres d’épaisseur, deux millimètres et demi tout au plus, si, par exemple, il s’agit de cuirs usagés, grenés, mal préparés ou trop gonflés dans les opérations préliminaires du tannage.
- Nous jetons cette bandelette dans du suif fondu mais tiède, non pas qu un excès de chaleur nous fasse craindre la détérioration des fibres élastiques, nous savons qu’elles résistent à une haute température; mais, puisque nous pouvons en même temps conserver les fibres conjonctives, respectons-les. Après un quart d’heure de cette immersion qui aura pour but, en saturant de suif les pores, les ouvertures du cuir, de faciliter les coupes, on laisse refroidir l’éprouvette. Pendant ce refroidissement, nous préparons un tube au moyen du premier morceau de carton qui nous tombera sous la main (une vieille carte de visite), en donnant à ce tube la grosseur du cylindre intérieur de notre microtome ; nous maintenons notre éprouvette droite dans l’intérieur de ce tube, qui forme un moule, et nous y coulons de la paraffine dure. Nous laissons refroidir le tout. Après un durcissement complet, qui varie suivant la température, nous brisons le carton et nous possédons alors un bloc cylindrique, dans lequel se trouve enrobée verticalement notre bandelette de cuir. Nous introduisons ce bloc cylindrique dans le microtome et nous pouvons commencer les préparations.
- Les coupes se font en maniant le rasoir d’une seule main ou des deux mains ; dans ce dernier cas, on maintient le microtome dans des coins ou dans un étau; ce second procédé est plus pratique et plus sur; notons en passant que le repassage du rasoir est très important, il exige de très grands soins ; de son tranchant dépend la netteté de la préparation.
- (1) Bolles Lee et Henneguy, Traité des méthodes techniques de VAnatomie microscopique, 3e édition; 1902, p. 451, n° 812 : Tissu élastique; Méthode à la fucshine Weigert; sa réparation. (Cette solution se trouve dans le commerce.)
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- Les coupes de l’épaisseur voulue sont jetées dans un petit récipient rempli de xylol,* où elles se dégraissent; on les retire au moyen d’une petite bande de papier de soie perforé, formant écumoire, et on les transporte dans des verres de montre, où elles resteront jusqu’à la lin des opérations. Nous préconisons l’emploi des verres de montre, parce qu’ils permettent d’isoler la coupe sur le bord, en la guidant au moyen d’une aiguille et d’essuyer l’alcool ou le xylol tout autour sans la toucher.
- Chaque coupe, isolée dans le verre de montre, est lavée à deux reprises au moyen du xylol ; puis, lavée encore deux ou trois fois avec de l’alcool; après quoi, elle est prête àrecevoir la teinture. A l’aicle d’un compte-gouttes, on verse un peu de solution Weigert sur la coupe et on l’abandonne jusqu’à coloration complète.
- Remarquons ici que toutes les parties d’un même cuir' n’ont pas le même degré de tannage, que tous les tannins ne colorent pas la peau avec la même intensité. Partant, toutes les coupes n’absorbent pas la teinture de la même façon : il s’agit donc de surveiller cette coloration qui peut exiger un délai variant entre une et trois heures.
- Dès que l’on juge la coloration suffisante, il faut différencier la coupe, c’est-à-dire enlever l’excédent de la solution Weigert; on renverse donc cette teinture, on essuie le verre de montre tout autour de la coupe et on verse sur celle-ci quelques gouttes d’alcool absolu : immédiatement elle s’éclaircit. Deux lavages à l’alcool la ramènent à la teinte voulue ; on la fait ensuite passer par le xylol pour supprimer l’alcool, deux ou trois lavages suffisent; la coupe est alors prête pour le montage. On amène celle-ci sur la lamelle avec une goutte de xylol, en la guidant au moyen d’une aiguille, et on monte avec le baume.
- Pour obtenir rapidement de bonnes coupes horizontales,' il faut apporter une légère modification au microtome.
- On adapte dans le tube intérieur, un cylindre métallique percé longitudinalement d’un trou de six à sept millimètres de diamètre; il sera destiné à recevoir les rondelles de cuir préparées pour les coupes, celles-ci devront être découpées à l’emporte-pièce et s’emboîter à frottement doux, de façon à éviter toute compression ou déformation, en même temps que tout déboîtement sous l’action du rasoir. La coloration et le montage de ces coupes rondes se font comme il est spécifié ci-dessus.
- Ces procédés simples, économiques, bien différents des méthodes si compliquées qui sont utilisées généralement pour les préparations anatomiques, peuvent, à cause de leur simplicité et de leur facilité d’exécution, paraître à première vue ne pouvoir donner aucun résultat sérieux; ils sont cependant des plus pratiques et des plus rationnels, eu égard à la matière qu’il s’agit d’examiner. Ne perdons pas de vue, en effet, que nous n’employons pas la moindre
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- goutte d’eau : donc, aucune crainte de dilatation ni de déformation de la coupe, ce qui est un point delà plus haute importance, surtout s’il s’agit de la vérification des soins apportés dans le tannage et de la destruction des tissus par un gonflement exagéré, en vue de faciliter l’absorption rapide du tannin, ou si meme encore il s’agit d’examiner des anciens cuirs détériorés par un séjour trop prolongé dans un magasin.
- Partant de ces principes, on peut, sans trop de dépenses, établir des séries de coupes de cuirs provenant d’animaux différents, de tannages ou de préparations variés; elles sont des plus intéressantes à consulter, tant en ce qui concerne la texture spéciale de chaque espèce d’animal que pour l’étude des modifications apportées par les tannages, et leur comparaison permet d’expliquer bien des détails ignorés jusqu’ici ; en premier lieu, nous pouvons citer les actions chimiques sur la peau qui ne peuvent être définies que par déduction, puisqu’il est impossible, sans notre méthode, de se rendre compte de visu de la transformation subie par la matière.
- C’est en nous aidant de ces méthodes que nous avons établi les coupes reproduites par les figures ci-après : toutes représentent la partie supérieure du derme, la « Fleur » ou « Couche fibro-élastique >>, coloriée par la solution Weigert; chacune d’elles étant accompagnée d’une légende, leur description n’est pas reprise.
- lre série. — Bœuf tanné à l’écorce et corroyé au dégras.
- Coupes prélevées à 30 centimètres de l’épine dorsale et à 40 centimètres de la culée.
- Figure n° 8. — Coupe perpendiculaire.
- Figure n° 9. — Coupe horizontale.
- 2e série. — Vache tannée à l’écorce et corroyée au dégras.
- Coupes prélevées à 30 centimètres de 1 epine dorsale et à 40 centimètres de la culée.
- Fi gure n° 10. — Coupe perpendiculaire.
- Figure n° 11. — Coupe horizontale.
- Elles permettent la comparaison du cuir de bœuf avec le cuir de vache.
- 3e série. — Veau tanné à l’écorce et corroyé au‘dégras.
- Coupes prélevées dans le milieu du croupon près de la pointe de la hanche.
- Figure n° 12. — Coupe perpendiculaire.
- Figure n° 13. — Coupe horizontale.
- Figure n° 14. — Mouton tanné à l’extrait de Quebracho.
- Coupe perpendiculaire prélevée dans le milieu du cou, près de la tête.
- Figure n° 15. — Buffle de Batavia séché en poils puis tanné au moyen d’extraits de chêne, de châtaignier, de Quebracho et d’écorce de chêne.
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- ÉTUDE MICROGRAPHIQUE DU CUIR.
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- Coupe perpendiculaire prélevée dans le milieu do la poitrine.
- Figure n° 16.—Vachette Madras tannée dans le pays d’origine
- (Indes anglaises).
- Coupe perpendiculaire prélevée sur la croupe.
- Bien que nous ayons intentionnellement pris pour nos démonstrations des coupes de bœuf et de vache, et quoique les tissus soient différents à cause du sexe, si l’on rapproche les coupes do bœuf et de vache tannés (figures 8 et 10) de la coupe de bœuf en poils (fig. 2), on remarque un contraste frappant dans la disposition générale des libres élastiques; dans la figure 2, elles sont très nombreuses et se ramifient dans tous les sens, tandis que dans les figures 8 et 10 elles n’existent plus, pour ainsi dire, que dans le sens longitudinal, conséquence do la dilatation.
- La peau est en effet un tissu feutré, percé de trous, de cavités, qui sont les logements des poils, canaux de glandes, veines; toutes les fibres conjonctives ou élastiques se ramifient entre ces cavités, sans naturellement jamais les traverser, elles les contournent donc, s’y attachent, les soudent entre elles pour former une masse homogène ; mais que, par une action trop vive, on force ces éléments à dépasser la limite d’élasticité, ils se désuniront; les gaines de poils, les canaux de glandes conserveront à peu près leurs formes, mais les fibres qui les contournent se détacheront; on peut donc, par la position de ces fibres, leur rapprochement ou leur éloignement des gaines ou canaux, déduire quel a été le gonflement; toutefois il y a lieu de considérer que toutes les parties de la peau n’ont ni la même fermelé ni la même souplesse. On doit donc, si l’on veut établir des conclusions précises, comparer entre elles des coupes prélevées aux mêmes endroits de la peau, là où la contexture de chacune d’elles est à peu près semblable.
- La première déduction à tirer de cet exposé est la théorie des modifications apportées dans la disposition naturelle des éléments constitutifs do la peau par les diverses opérations du tannage. Inconnue jusqu’à ce jour, cette théorie n’est plus à chercher ; et rien n’est plus facile maintenant, pour l'expérimentateur, que de suivre l’entrée en fonction d’un agent chimique, quel qu’il soit ; on pourra donc dorénavant joindre la pratique à la théorie sans être contraint, comme par le passé, à se renfermer dans des conjectures restreintes, par cela même sujettes à controverse.
- S’agira-t-il désormais de discuter' l’action d’un produit quelconque, destiné soit à faciliter l’ébourrage, à détruire l’action nuisible de la chaux, à produire ou aider le gonflement de la peau? Dans l’un ou l’autre de ces cas; les fibres élastiques seront là, témoins irrécusables, pour nous montrer la valeur de notre innovation, le résultat de nos essais.
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- MICROGRAPHIE.
- FÉVRIER 1908.
- Voudra-t-on reconnaître après tannage si une peau a été mal salée au début, mal conservée, avariée par un commencement de putréfaction? Gherchera-t-on à distinguer un cuir tanné, provenant d’une peau salée fraîche d’origine européenne, d’un autre cuir provenant à son tour d’une peau sèche en poils d’origine extra-européenne ? Désirera-t-on savoir le sexe de l’animal qui a produit le cuir, vache, bœuf, taureau ; s’agirait-il même de découvrir un produit truqué, maquillé, surchargé de tannin, plombé, etc.? rien de plus simple, un petit morceau sans valeur, ne mesurant pas plus d’un centimètre carré de surface, mettra fin à toute incertitude, supprimera toute discussion.
- Mais aussi, si nous nous arrêtons à ces énonciations, quel champ vaste reste ouvert à des recherches de toute nature !
- Dévoilons entre autres une propriété ignorée des fibres élastiques comparées aux fibres conjonctives:
- Dans leur état naturel, les fibres élastiques sont avides de teinture Weigert; particularités qu’elles conservent, malgré l’état d’imputrescibilité que leur procure le tannin; de plus, avant comme après tannage, elles forment la charpente essentielle de la peau ou du cuir ; sans elles, plus d’élasticité, plus de souplesse ; il semble donc que le tannage n’apporte aucune transformation dans leur constitution.
- Les fibres conjonctives au contraire se transforment totalement.
- Conclusion : on peut, dès maintenant, supposer que l’action chimique des tannins s’opère différemment sur les deux tissus.
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- COUPE DE PEAU DE VACHE
- POITRAIL ENTEE LES MEMBRES ANTÉRIEURS
- Partie supérieure : “ Fleur ” des Tanneurs
- Termes scientifiques : Couche superficielle du Derme; Couche Fibro-Elastique
- Coloration à l’alun carminé Grossissement : 285 diamètres
- 1. Epiderme, couche cornée. — 2. Couche muqueuse de Malpighi. — 3. Papilles du derme. — 4. Noyaux de cellules conjonctives. — 5. Follicule pileux. — 6. Gaine épithéliale du poil. — 7. Poil sectionné en biseau. — 8. Poil coupé dans sa longueur. — 9. Couche profonde du derme.
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- Fig'.'2.
- COUPE DE PEAU DE BOEUF
- DOS
- Partie supérieure • “ Fleur ” des Tanneurs
- Termes scientifiques : Couche superficielle du Derme; Couche Fibro-Elastique.
- Coloration par la solution de AVeigert pour faire ressortir les libres élastiques Grossissement : 285 diamètres
- 1. Reste d’épiderme. — 2. Fibres élastiques grosses et moyennes. —3. Poil sectionné. — 4. Glande sébacée débouchant de son follicule. — 5. Follicule pileux. — 6. Couche profonde du derme.
- Xota . — La destruction de l'épiderme est une conséquence du salage des peaux ; pour obtenir des coupes complètes, il est indispensable d’opérer sur des peaux absolument fraîches, en la circonstance nous avons tenu à étudier la matière première telle qu’elle se trouve dans le commerce.
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- Fig, 3.
- COUPE DE PEAU DE BOEUF
- DOS
- Partie supérieure : “ Fleur ” des Tanneurs
- Termes scientifiques : Couclic superficielle du Derme; Couche Fibro-Elastique.
- Coloration par l’hématoxyline et l’aurantia Grossissement : 285 diamètres
- 1. Reste d’épiderme. — 2. Couche muqueuse de Malpiglii. —3. Glandes sébacées. —4. Poil et gaine de poil.— 5. Fibres conjonctives grosses et moyen ries. — 6. Vaisseau.
- îsota. — Le grand vide qui se voit vers le centre de ia coupe est un gros follicule pileux dégarni de son poil.
- Pour la destruction de l’épiderme voir l’observation figure 2.
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- Fig. 4.
- COUPE DE PEAU DE BOEUF
- DOS
- Dessin pris vers le milieu de l’épaisseur de la peau La “Chair” des Tanneurs
- Termes scientifiques : Couche profonde du Derme: Couche à Fibres conjonctives géantes.
- Coloration par l’hématoxyline et l’aurantia Grossissement : 285 diamètres
- 1. Faisceau de fibres (7 ou 8) conjonctives géantes. — 2. Trame intermédiaire de fines fibres conjonctives et de fines fibres élastiques contenues probablement dans des lamelles de substance amorphe.
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- COUPE DE PEAU DE BOEUF
- POIT II AIL ENTRE LES MEMBRES ANTÉRIEURS
- Dessin pris vers le milieu de l’épaisseur de la peau La “Chair” des Tanneurs
- Terme scientifique : Couche profonde du Derme.
- Coloration par l’hématoxyline et Taurantia Grossissement : 285 diamètres
- 1. Grosses fibres conjonctives. - 2. Membranes d'enveloppes de cellules adipeuses. —.3. Cellules adipeuses. — 4. Artère et sa gaine
- adventice.
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- Fig. 6.
- COUPE DE PEAU DE BOEUF
- DOS
- Dessin pris vers le milieu de l’épaisseur de la peau La “Chair” des Tanneurs
- Termes scientifiques : Couche profonde du Derme ; Couches à Fibres conjonctives géantes.
- Peau reverdie à l’eau fraîche, passée à la chaux 8 à 10 jours et épilée
- Coloration par l’hématoxyline et l’aurantia Grossissement : 285 diamètres
- 1. Fines fibres élastiques et conjonctives et probablement lamelles amorphes cassées. — 2. Fibres conjonctives disjointes, conjonctives recroquevillées.
- 3. Fibres
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- Fig. 7.
- Face interne de l'épiderme d'une Peau de Bujfle montrant la longueur et la direction oblique des Poils dans la profondeur du Derme.
- (grossissement : 3 diamètres
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- Fig. S.
- Ire SÉRIE
- BOEUF TANNÉ A VÉCORCE $ CORROYÉ AU DÉGRAS
- CllOUPOX
- Coupe perpendiculaire de la partie supérieure du derme “la Fleur” “Couche fibro-élastique”
- Grossissement : 285 diamètres
- 1. Canaux de glandes cébacécs, garnis de tannin. — 2. Gaine épithéliale du poil. — 3. Dépôt de tannin. — 4. Tissu conjonctif. 5. Dépôt de tannin dans un follicule pileux.— 6. Fibres élastiques. — 7. Fibres élastiques entourant un follicule pileux.
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- Fig. 9.
- ire SÉRIE
- BOEUF TANNÉ A U ÉCORCE ÿ CORROYÉ AU DÉGRAS
- CROurox
- Coupe médiane horizontale de la ‘•Fleur” ou “Couche fibro-élastique” Grossissement : 285 diamètres
- 1. Follicule pileux sectionné en biais fortement déformé par le travail et dégarni de tannin. — 2. Canal de glande sébacée sectionné en biais fortement déformé par le travail et dégarni de tannin. — 3. Faisceaux de fibres élastiques brisées. — 4. Réseau de fibres élastiques brisées se ramifiant primitivement entre la gaine pilifère et le canal de la glande cébacée. — 5. Tissu conjonctif.
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- 2e SÉRIE
- VACIIE TANNÉE A L'ÉCORCE § CORROYÉE AU DÉGRAS
- CROUPON
- Coupe perpendiculaire de la partie supérieure du derme “la Fleur” ou “Couche bbro-élastique”
- Grossissement : 285 diamètres
- 1. Follicule pileux coupé en biais. — 2. Yaisseaux sectionnés. — 3. Faisceaux de fibres élastiques brisées contournant un follicule pileux. — 4. Faisceau de fibres élastiques brisées contournant les vaisseaux. — 5. Gros faisceau de fibres élastiques. — 6. Fibres élastiques brisées par le gonflement pendant le tannage. — 7. Tissu conjonctif.
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- Fig. ] 1.
- 2e SÉRIE
- VACHE TANNÉE A L’ÉCORCE $ CORROYÉE AL DÉGRAS
- CROUPON
- Coupe médiane horizontale de la “Fleur” ou “Couche fibro-élastique”
- Grossissement : 285 diamètres
- 1. Yaisseaux sectionnés. — 2. Fibres élastiques contournant les vaisseaux. — 3. Faisceau de libres élastiques accompagnant probablement un vaisseau. — 4. Réseau de fibres élastiques contournant les follicules pileux, les canaux. — 5. Tissu conjonctif.
- Xota. — Dans cette ligure nous avons eu soin de choisir une région où les follicules pileux étaient espacés, de manière à ne pas rencontrer les grands vides reproduits ligure 9.
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- Fig. 12.
- 3e SÉRIE
- VEAU TANNE A L’ECORCE $ CORROYÉ AL DÉGRAS
- croupon
- Coupe perpendiculaire de la partie supérieure du derme “la Fleur” ou “Couche fibro-élastique”
- Grossissement : 285 diamètres
- 1. Follicule pileux coupé longitudinalement. — 2. Section d’une gaine épithéliale de poil accompagnée de ses fibres élastiques. 3. Nombreuses fibres élastiques, — 4. Vaisseau garni de tannin. — 5. Tissu conjonctif.
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- Fig. 13.
- 3e SÉRIE
- VEAU TANNÉ A EÉGORCE § CORROYÉ AU DÉGRAS
- CROUPON
- Coupe médiane horizontale de la “ Fleur” ou “Couche fibro-élastique” Grossissement : 285 diamètres
- 1. Glande sébacée déformée par le tannage. — 2. Réseau de fibres élastiques contournant les canaux de glandes, les gaines pilifères. — 3. Tissu conjonctif.
- Xota. — Dans cette figure nous avons eu soin, comme dans le n° H, de choisir une région où les follicules pileux étaient espacés pour éviter de reproduire les grands vides de follicules qui figurent sur le n° 9.
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- Fiy. 14.
- MOUTON TANNE PAR L'EXTRAIT DE QUEBRACHO
- COUPE PERPENDICULAIRE PRÉLEVÉE DANS LE MILIEU DU COU, PRÈS DE LA TÊTE
- Partie supérieure du derme “ la Fleur” ou “Couche fibro-clastique” Grossissement : 285 diamètres
- I. Follicule pileux sectionné en biais. — 2. Vaisseau sectionné en biais. — 3. Poil (laine) sectionné en bout. — 4. Gaine épithéliale du poil. — 5. Fibres élastiques déformées recroquevillées. — 6. Tissu conjonctif.
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- Fig. 15.
- BUFFLE DE BATAVIA, séché en poils puis tanné au moyen d'extraits de chêne, de châtaignier, de québracho et d'écorce de chêne
- COUPE PERPENDICULAIRE PRÉLEVÉE SUR LE MILIEU DE LA POITRINE
- Grossissement : 285 diamètres
- 1. Faisceaux de fibres élastiques coupées longitudinalement. — 2. Faisceaux de fibres élastiques sectionnés en bout. — 3. Fibres élastiques brisées. — 4. Vaisseau rempli de tannin. — 5. Fibres conjonctives coupées longitudinalement. — 6. Fibres conjonctives coupées en bout.
- Nota. — Dans le buffle, la fleur est très mince, on ne rencontre que peu de fibres élastiques, mais un réseau compact de grosses et longues libres conjonctives fortement enchevêtrées.
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- h'ïg. 16.
- VACHETTE MADRAS (Indes Anglaises) TANNÉE dans le PAYS d'ORIGINE
- COUPE PERPENDICULAIRE PRÉLEVÉE SUR LA CROUPE
- Grossissement : 285 diamètres
- I. Follicule pileux sectionné. - 2. Vaisseau sectionné. —3. Vaisseau sectionné garni de matières étrangères. — 4. Faisceaux de grosses libres élastiques. — 5. Très nombreuses libres élastiques fortement enchevêtrées. — 6. Fibres élastiques contournant le follicule pileux, brisées pendant les opérations du tannage. — 7. Tissu conjonctif fortement enchevêtré.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Généralités. — Transport des produits chimiques. — Sur la perméabilité des membranes. — Relations entre les corps et leurs solvants. — Viscosité des solutions.
- Métalloïdes et composés métalliques. — Sur l’ozone. — Sur la fabrication de l’acide sulfurique. — Le chlorure de chaux anhydre.
- Chaux et ciments. — Pierres factices.
- Industries minières et métallurgiques. — Documents bibliographiques. — La production minière et métallurgique en 1907. — La chimie physique appliquée à la métallurgie du fer. — Corrosion du fer et de l’acier. — Nouvelle peinture noire pour le fer. — Sur le carbure d’aluminium.
- Acides. — Conservation des solutions d’acide pyrogallique. — Sur la synthèse de l’acide salicylique. Hydrates; de carbone. — Sur l’amidon soluble. — Action du peroxyde d’azote sur la farine de froment. Explosifs. — Fabrication de la nitroglycérine. — Essais sur les explosifs de sûreté.
- Matières albuminoïdes. — Solubilité de la gélatine.
- Industries des cuirs et peaux. — Détermination de l’eau contenue dans les cuirs et peaux.
- Chimie végétale. — Poisons organiques des plantes, leur neutralisation par certains sels. — Sur la chimie de la bouillie bordelaise. — Bouillie unique usage.
- MOYENS DE TRANSPORT POUR PRODUITS LIQUIDES
- M. Pfeffer (Zeit. für angew. Chemie, 1908, p. 99), décrit les principaux dispositifs adoptés pour le transport à grande distance des drogues liquides ou semi-liquides. Les tuyaux déjà employés par les Romains le sont de nos jours par les Américains pour le transport du pétrole. Mais ce moyen est d’un emploi forcément limité. Aujourd’hui encore, les acides et autres liquides corrosifs sont transportés, pour une grande part, dans des touries de verre ou d’argile. Ce moyen défectueux doit disparaître. L’àuteur décrit différents modes de construction des wagons ou voitures-citernes et les avantages de chacun d’eux.
- SUR LA VISCOSITÉ DES SOLUTIONS
- MM. C.'Ranken et W.-W. Taylor ont publié la suite de leurs recherches sur la viscosité des liquides, en particulier sur la viscosité négative, dans les Trans. of the Roy. Soc. of Edinburgh, 1907, p. 397.
- Le rapport de la viscosité de la solution à celle du solvant à une température donnée est variable. A 23°, pour des coqcentrations comprises entre 1 et 2 molécules par litre, la valeur de y)/ï)0 est plus grande que 1 ; à 1 molécule elle est moindre que 1, mais elle augmente constamment avec les dilutions croissantes ; jusqu’à 0,1, le rapport
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- 256
- NOTES DE CHIMIE. ------ FÉVRIER 1908.
- est encore cp = 1 ; au delà, le rapport est probablement moindre que 1, les valeurs observées étant 0,9990 et 0,9995.
- Pour toutes les solutions examinées, à l’exception du cyanure de mercure, le rapport Y]/v]o augmente avec la température. Le degré d’accroissement est plus grand avec les électrolytes qu’avec les colloïdes, le chlorure de mercure qui est très peu ionisé se range avec les non-électrolytes, à cet égard.
- A température élevée, le cyanure de mercure peut être considéré comme possédant une « viscosité négative », mais à 45°, le rapport ï)/y]° est nettement plus grand que l’unité, le coefficient de température étant sensiblement le même que pour l’eau.
- Les auteurs sont actuellement engagés dans un travail sur l’effet comparatif de certains solutés sur la viscosité de différents solvants. La comparaison étant faite d’après le nombre de molécules du soluté par volume de solution, et le nombre de molécules de soluté et de solvant.'
- RELATIONS ENTRE LES CORPS ET LEURS SOLVANTS
- D’après il/. J. Oslromysslensky (Journal für praktische Chemie, 1907, t. II, p. 264), les relations qui existent entre le corps dissolvant et le corps dissous sont celles-ci :
- Les combinaisons se dissolvent dans leurs homologues : telles la paraffine dans la ligroïne; les alcools cétyliques et myriciques, dans les alcools amyliques, isobuty-liques, propyliques, éthylique et méthylique: les acides stéarique, margarique, palmitique, dans les acides caprylique, caprinique, propionique, acétique, formique, etc.
- Les isomères se dissolvent les uns dans les autres; par exemple, les ortho, méta et paranitrophénols, se dissolvent les uns dans les autres.
- Les combinaisons polysubstituées d’un corps se dissolvent les unes dans les autres, lorsque le groupement substitué à l’hydrogène est le même. En conséquence les combinaisons suivantes se dissolvent les unes dans les autres : iodure de méthyle, iodure de méthylène, iodoforme et tétraiodure de carbone. Phénol, résorcine, pyrocatéchine, hydroquinone, phloroglucine et pyrogallol. Acides acétique et malonique, et leurs éthers, glycérine et alcool propylique. Acides propionique et succinique et leurs éthers. Acides valérianique et adipique et leurs éthers. Éther ordinaire et alcool éthylique..
- SUR LA PERMÉABILITÉ DES MEMBRANES
- M. Lawrence Bigelow a publié dans le Journal of the American Chemical Society (1907, p. 1675 et 1692) une étude sur la perméabilité des membranes de collo-dion, de parchemin, de papier parcheminé et de porcelaine non vernissée. Cet auteur, au moyen d’un appareil rappelant l’osmomètre de Raoult, a déterminé les perméabilités relatives des membranes précédentes, en fonction des pressions et des températures. Il démontre graphiquement et par le calcul que la formule de Poiseuille pour le passage des liquides dans les tubes capillaires s’applique aussi pour le passage de l’eau à travers ces quatre membranes.
- sur l’ozone
- M. H. de la Coax, inspecteur de l’enseignement technique, traite, dans la Revue générale des sciences pures et appliquées (1908, p. 58), de l’état actuel de l’industrie de l’ozone. Sa production industrielle sous l’action de l’effluve électrique, les divers ozo-
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- LE CHLORURE DE CHAUX ANHYDRE.
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- n.eurs à diélectriques ou sans diélectriques, à électrodes fixes ou mobiles, et ses divers emplois industriels : stérilisation de l’air, stérilisation de l’eau; conservation des poissons vivants lors de leur transport, conservation des moûts de vin; fabrication de camphre artificiel, de la vanilline, de l’héliotropine, de l’aubépine; fabrication de la soie artificielle dans le procédé E. Lumière qui fonctionne à Flaurac en Ardèche; blanchiment des farines.
- ACTION DE L’OZONE SUR L:ESSENCE DE TÉRÉBENTHINE
- L’essence de térébenthine, comme on sait, absorbe l’ozone. Ladenburg (Zeit. f. anorg. Chem., 1897) a même utilisé cette réaction pour déterminer la proportion d’ozone contenue dans l’air ozonisé. C. Harries et H. Nereslieimer ont entrepris l’étude de la combinaison d’ozone et de térébenthine (Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft, 1890,p. 38). L’ozonide solide a une composition se rapprochant davantage de la formule G10H16O'5' que de GI0II16O3 à laquelle on devait s’attendre. L’ozonide du pinène normal doit posséder encore le noyau pinène contrairement à ce qu’on avait pensé tout d’abord (Berichte, 1906, 2847).
- L’ozonide du pinène huileux, qui se forme dans la proportion de 80-90 p. 100, est optiquement actif. L’action de l'eau le dédouble avec production d’acide pinique.
- C. Harries (Berichte, 1908, p. 42) propose, comme expériences de cours sur l’ozone, l’absorption de l’ozone par la térébenthine, et l’inflammation de la térébenthine par l’ozone.
- SUR LA FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
- Le procédé de contact donne un rendement qui oscille, dans une même fabrique, entre 90et98 p. 100, alors que dans le procédé des chambres, le rendement de 98 p. 100 peut être obtenu de façon constante. A quoi tiennent les variations du procédé de contact? M. Feigensohn les a étudiées dans les derniers numéros de la Chemiker-ZeituDg de l’année 1907. (On en trouvera la traduction dans le Moniteur Scientifique du docteur Quesneville, 1908, p. 94.) M. Feigensohn étudie, comme facteurs du rendement : 1° le degré de purification et de dessiccation des gaz de grillage; 2° les propriétés et la quantité de la substante de contact ; 3° l’efficacité de l’absorption de l’anhydride sulfurique formé par catalyse. Le procédé de contact a, sur le vieux procédé aux chambres (datant de 1746, Itœbouck à Birmingham), l’avantage de donner immédiatement le monohydrate et des acides forts exempts de fer et d’arsenic, et en second lieu d’utiliser des sulfures pauvres en soufre dont le grillage donne des gaz renfermant moins de 6 p. 100, et jusqu’à 2 p. 100 d’anhydride sulfureux. La position des ventilateurs a une importance assez grande ; les avis sont encore bien partagés sur cette position, ainsi que sur le degré de pression à l’intérieur des chambres. Mais il doit y avoir unanimité sur l’importance que présentent la forme et les dimensions des chambres. Quant à la concentration économique de l’acide des chambres, il a inspiré de nombreux brevets parmi lesquels les dispositifs de Benker à capsules de porcelaine, de Zauner à bacs de fonte recouverts de plaques résistantes, de Kessler paraissent les meilleurs.
- LE CHLORURE DE CHAUX ANHYDRE
- La Ghemische Fabrik Griesheim Elektron de Francfort a breveté en 1906 une nouvelle poudre de blanchiment qui contient beaucoup plus de chlore actif que tle chlo“ Tome 110. — Février 1908. 17
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- NOTES DE CHIMIE. -------- FÉVRIER 1908.
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- rare de chaux ordinaire (br. angl. 24101/1906). Les inventeurs font passer le chlore à travers un lait de chaux jusqu’au voisinage de la saturation. La solution est alors évaporée, soit à basse température dans le vide soit rapidement à température élevée. Gette méthode d’évaporation est le point capital de la méthode, car elle conduit à un hypochlorite de chaux anhydre (C10)2Ca qui est entièrement stable. Il y a plusieurs années, G.T. Kingzett de Londres, produisit un hypochlorite analogue, mais à l’état hydraté, avec quatre molécules d’eau de cristallisation ; ce produit se décomposait facilement et les composants étaient sans aucune valeur commerciale. Le fait de préparer le composé sous la forme anhydre semble donc résoudre la difficulté (Engineering and mining J., 14 sept. 1907).
- PIERRES FACTICES
- M. le capitaine du génie Labeur donne, dans la Revue du génie militaire de janvier 1908, p. 53, les indications suivantes au sujet de la substitution que l’on a faite, dans la construction d’un quartier de cavalerie et d’un hôpital militaire à Châlons-sur-Marne, de la pierre factice avec ciment Portland à la pierre de taille demi-dure ou dure, dans ses divers emplois, sauf dans les socles des chaînes d’angle et des piédroits de portes.
- Le dosage adopté fut : 900 à 1 000 kilogrammes de ciment Portland, un mètre cube de sable siliceux de Moselle et 2 mètres cubes de gravier ordinaire de Marne ou de carrière.
- Les moules employés sont en bois ou en tôle ; mais la tôle est préférable car elle présente moins de danger de déformation. Avec le bois, les défauts de forme portent sur les dièdres ; avec la tôle, si elle n’est pas suffisamment rendue rigide par des cornières extérieures, on a plutôt des déformations sur les faces qui sont bombées ou gauches.
- Pour l’exécution, on néttoie les moules avec une brosse en chiendent et du savon noir, et on les laisse sécher. Au moment d’utiliser, on les graisse avec de l’eau de savon noir qu’on fait mousser avec une brosse à badigeonner un peu dure.
- Gette pierre factice a été payée, mise en place 50 francs le mètre cube avec une plus-value de 5 francs par mètre cube pour pièces moulurées; le volume mesuré tous vides déduits. Le volume de pierre factice employée dans les constructions ayant été au total de 990 mètres cubes, il en est résulté sur l’emploi de la pierre dure, une économie d’environ 30 000 francs.
- LA PRODUCTION MINIÈRE ET MÉTALLURGIQUE AUX ÉTATS-UNIS EN 1907.
- Comme les années précédentes, l’Engineering and Mining Journal de New-York donne, dans son premier numéro, les tableaux des productions minières et métallurgiques de l’année 1907 ; M. Pierre Leroy-Beaulieu en fait l’analyse dans l'Économiste français du 18 janvier 1908, p. 75. Les différentes statistiques portent successivement sur la production minérale et métallique des États-Unis en 1907 ; la production de l’or, de l’argent et du platine ; la production du cuivre dans l’Amérique du Nord; la production du plomb et du zinc; les progrès de la métallurgie, en 1907 ; l’industrie du fer et de l’acier ; les accidents dans les mines de charbon ; les industries minières des États-Unis et celles des autres pays; les houillères aux États-Unis, production totale 468 millions et demi de tonnes ; la production en pétrole des États-Unis ; la production des autres métaux et minéraux (élévation de la production d’aluminium).
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- CORROSION DU FER ET DE L’ACIER.
- D’autres documents bibliographiques très intéressants concernant les mines et la métallurgie, sont le Zeitschriftenschau que M. Otto Yegel publie trimestriellement depuis le début de 1907 dans le Stahl und Eisen, sa si magistrale publication de la Ve-rein Deutscher Eisenhüttenleute ; et SubjectMatter index of mining, mechanical and metallurgical literature du North of England lnstitute of mining and mechanical engi-neers, publication par année, malheureusement un peu tardive.
- LA CHIMIE PHYSIQUE APPLIQUÉE A LA MÉTALLURGIE DU FER
- M. le baron H. von Jüptner donne dans le Journ. of the Iron and Steel lnstitute 1907, p. 59, un intéressant travail sur 1’application des lois de la chimie physique dans la métallurgie du fer. L’auteur applique les considérations théoriques exposées au début de son travail au cas du haut fourneau. Dans la partie inférieure du haut fourneau l’oxygène de l’air agit sur le FeO, sur le coke et sur le fer métallique. La température au niveau de la tuyère est d’après Le Chatelier d’environ 2 200° absolus. La pression du vent dépasse un peu l atmosphère, on peut prendre 1 atmosphère pour simplifier les calculs. La tension de dissociation de FeO est à cette température 0,05 atm., tandis que celle de l’oxyde de fer est beaucoup plus élevée. Le fer peut toujours être oxydé auprès des tuyères. Mais d’autre part, étant donné les tensions de dissociation de GO et de CO2 plus élevées, il en résulte 'que l’oxygène du v^ent ne peut oxyder que le carbone et non le fer réduit.
- CORROSION DU FER ET DE L’ACIER
- Il y a quelque temps, le Laboratoire de recherches de l’Institut de Massachusetts entreprit une étude aux fins de connaître la cause de la plus ou moins grande résistance à la corrosion du fer et de l’acier : MM. William H. Walker, Anna M. Cederholm et Leavitt N. Bent (Chemical News, 1908, p. 31), qui ont pris part à ces recherches, admettent trois théories de la corrosion.
- La plus ancienne est la théorie de l’anhydride carbonique, posée tout d’abord par le docteur Grâce Galvert en 1871.
- 4 (Fe + I120 + GO2) = 4 Fe CO3 + 4H2. 4Fe CO3 + 6II20 + O2 = 2 Fe2(OII)6 + 4 CO2.
- Cette théorie est généralement admise dans les ouvrages didactiques ; elle rend d’ailleurs compte de deux faits importants : que la présence d’anhydride carbonique facilite la corrosion et que les alcalis exercent une influence préventive. Le dernier travail important sur ce sujet est celui de Gerald T. Moody (Journ. of the Chem. Soc. LXXXIX, 720) qui semble prouver qu'il n’y a pas de corrosion sans anhydride carbonique.
- La théorie électrolytique de la corrosion fut d’abord énoncée par W. R. Whitney (Journal of the Am. Chem. Soc., XXV, 394); elle s’accorde avec les conceptions de Nernst et la théorie moderne des solutions. Dans cette théorie, le métal ne peut entrer en solution que sous forme d’ions chargés électriquement. L’hydrogène agit comme un métal et possède une pression de dissociation électrolytique qui le fait ranger entre le fer et le cuivre dans la série des métaux. L’eau est dissociée partiellement en ions hydrogène et hydroxyle, et le fer en présence passera en solution dans une faible pro-portion en libérant une quantité proportionnelle d’hydrogène. Tous les réactifs qui
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- augmentent la concentration des ions hydrogène, les acides par exemple, activeront la corrosion; les alcalis, par contre, auront un effet inverse. Dans cette théorie, Information de la rouille dépend d’une action secondaire, oxydation du fer dissous par l’oxygène de l’air. Le rôle de l'acide carbonique est celui d’un acide, accélérant par sa présence la formation de la houille.
- La troisième théorie est celle du peroxyde d’hydrogène. Dunstan, Jowett et Goul-ding (Journ. Chem. Soc. ,1905, p. 1584) répétèrent tes travaux de Whitney, et ils crurent remarquer que lorsque des métaux sont oxydés en présence d’eau, il se forme du peroxyde d’hydrogène,
- FeO + H20 — FeO + II2. II2 + O2 = I1202. 2FeO + H202 = 2Fe202(0II)2 (rouille).
- Un fait qui semble appuyer cette théorie, c’est que les réactifs qui empêchent la corrosion sont généralement capables de détruire le peroxyde d’hydrogène.
- MM. Walker, Cederholm et Bent ont repris l’étude expérimentale de ces théories. Voici les premières conclusions de leurs recherches :
- L’anhydride carbonique n’est pas seulement nécessaire à la corrosion du fer. — Le fer peut se dissoudre dans l’eau pure, en l’absence d’anhydride carbonique et d’oxygène, ce qui vient à l’appui du travail de Whitney. — La première fonction de l’oxygène, dans la corrosion du fer, est la dépolarisation des parties cathodiques du fer sur lesquelles l’hydrogène tend à précipiter; la seconde fonction est l’oxydation des ions de fer au minimum en ions de fer ferrique, avec précipitation subséquente d’hydroxyde ferrique. — La rapidité de corrosion dans l’eau est une fonction linéaire de la pression partielle de l’oxygène dans l’atmosphère au-dessus de l’eau. — Un courant électrique peut prendre naissance entre du fer poli et du fer oxydé à la surface : 1° si la concentration des ions hydrogène est augmentée par la présence d’un acide, ou 2° si une matière dépolarisante, agissant par son oxygène, est présente. — On constate, dans certains cas, des plages ayant une différence de potentiel marquée, en bien plus grand nombre sur la surface des pièces de fer se corrodant facilement, que sur le fer qui résiste à la corrosion.
- NOUVELLE PEINTURE NOIRE POUR LE FER
- Dans les différentes opérations industrielles où l’on décape le fer, on obtient comme sous-produits des solutions de sulfate ou de chlorure de fer, suivant l’acide employé. M. C. F. Wulffing (The Journal of the Iron and Steel Institute, 1907, p. 204) se propose de traiter les solutions de chlorures ferreux par l’ammoniaque de manière à obtenir du chlorure d’ammonium qui est d’un prix, plus élevé que l’ammoniaque employée. La difficulté est d’éviter les pertes d’ammoniaque, d’où la nécessité d’employer un appareil fermé. Si l’on oxyde la liqueur par un courant d’air, pendant le traitement par l’ammoniaque, on obtient au bout d’un certain temps un précipité d’oxyde de fer d’un beau noir-bleu, entièrement insoluble dans l’eau; on le passe au filtre-presse et la solution claire de chlorure d’ammonium est concentrée à cristallisation.
- Ce précipité bleu noir, est doué de propriétés magnétiques et doit posséder la formule Fe3OL On l’ajoutera à la liste des pigments pouvant servir à la protection des constructions en fer. Des peintures à l’huile de. lin cuite, préparées avec cet oxyde et appliquées sur des charpentes en fer, seraient restées à peu près intactes après deux ans d’exposition à l’air.
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- sua l’amidon soluble.
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- SUR LE CARBURE D’ALUMINIUM
- M. Camille Matignon (Annales de Chimie, février 1908, p. 276) l’a étudié de nouveau, et pose qu’il est possible de l’obtenir soit en chauffant un mélange intime des deux éléments dans un four Perrot; soit en provoquant par une cartouche d’allumage la combinaison du métalloïde et du métal dans un mélange contenant un excès d’aluminium, soit en décomposant le chlorure de carbone par l’aluminium. La dernière réaction peut être généralisée.
- CONSERVATION DES SOLUTIONS D’ACIDE PYROGALLIQUE
- Les solutions aqueuses d’acide pyrogallique brunissent rapidement, lorsqu’elles ont été préparées avec de l’eau non bouillie; l’altération, quoique beaucoup plus lente avec l’eau bouillie, ne se produit pas moins : MM. A. et L. Lumière et A. Seyewetz (Bulletin de la Soc. Française de photographie, 1907, p. 531) remarquent que le mode de conservation par addition de sulfate de soude et acide peut présenter des inconvénients, par exemple pour le développement des plaques autochromes. Au contraire, l’addition d’une très petite quantité de bisulfite de soude, soit 1 centimètre cube de solution commerciale de bisulfite pour 1 litre de solution pyrogallique à 3 p. 100, et 2 centimètres cubes pour 1 litre à 50 p. 100, empêche l’altération des solutions aqueuses, qui peuvent alors être employées pour la plupart des usages photographiques.
- SUR LA SYNTHÈSE DE L’ACIDE SALICYLIQUE
- M. J. Moll van Char ante (Recueil des Travaux chimiques des Pays-Bas et de la Belgique, 1908, p. 57) admet, dans cette synthèse, la transition du phénate de sodium en phénylcarbonate de sodium, lequel, à l’aide d’une molécule de phénate de sodium seulement, peut se transformer en salicylate de sodium. Pour cela un produit d’addition du phénate de sodium ou phénylcarbonate de sodium ou bien, ce qui est la même chose, un produit d’addition de deux molécules de phénate de sodium à une molécule d’anhydride carbonique
- °h
- C6H3OC(ONa)2OG6H3 ou CMP/ ONa
- LlONa
- OCBH*
- pourrait être le corps qui subit d’abord une transposition moléculaire en dérivé salicy-lique qui se dédouble ensuite soit en salicylate et phénate de sodium ou bien en phénol et salicylate de sodium basique.
- sur l’amidon soluble
- M. E. Fouard (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1908, p. 285) traite des propriétés colloïdales de l’amidon et de l’existence d’une solution parfaite de cette substance. L’auteur fait remarquer qu’enpoursuivant l’étude des pseudo-solutions préparées au moyen d’amidon déminéralisé et hydraté partiellement à une température de 80°, il a examiné les produits de leur filtration à travers une membrane de collo-dion.
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- « Il a ainsi séparé du colloïde un liquide différant absolument de son milieu d’origine, présentant la transp'arence et la fluidité de l’eau pure, constituant une dissolution parfaite d’amidon dans l’eau, cette forme nouvelle se distingue essentiellement de tous les amidons dits solubles obtenus antérieurement, ceux-ci n’étant en réalité que des structures colloïdales de la même substance.
- 4
- «Entre autres, la vérification sur ce liquide des propriétés des fausses solutions, n’a conduit qu’à des résultats nuis. La viscosité de la dissolution d’amidon est donc, au même degré qu’une solution de sucre, à peu près identique à celle de l’eau : elle ne ressemble en rien à celle de la pseudo-solution cependant de même titre en amidon naturel.
- « Une preuve vraiment suggestive de l’extrême dissémination des molécules d’amidon dans sa solution aqueuse parfaite, se dégage de la vitesse considérable avec laquelle s’y accomplit la réaction d’hydrolyse, effectuée dans les conditions usuelles, avec une acidité de 10 p. 100 d’acide chlorhydrique, au bain-marie d’eau bouillante : tandis qu’à concentration égale, s’il s’agit d’amidon naturel, un séjour de 6 heures laisse la transformation inachevée, il suffit, pour la solution vraie d’amidon, d’une durée de 5 minutes pour réaliser la saccharification complète, en passant rapidement par la phase des dextrines, avec un rendement égal au nombre théorique de glucose p. 100 d’amidon. »
- M. L. Maquenne (G. R., 1908, p. 317) observe que cette nouvelle forme d’amidon se confond avec son amylose.
- ACTION DU PEROXYDE D’AZOTE SUR LA FARINE DE FROMENT
- La question du blanchiment des farines par les oxydes d’azote a fait l’objet de travaux de Avery, Ladd et Snydder en Angleterre, de Balland et Fleurent, en France, de Brahm, en Allemagne. Tous ces auteurs ont reconnu qu’il n’y a pas de changement appréciable dans la composition chimique, mais au point de vue de l’acidité, de la couleur, du toucher, de l’odeur et de la panification, il n’y a que peu d’accord.
- MM. F. J. Alway et R. M. Pinckney (Journal of the American, chenu Soc., 1908, p. 81) ont repris l’étude de ce sujet et voici leurs conclusions :
- La couleur jaune des farines est due à une très faible quantité d’une matière colorée qui est contenue dans la matière grasse. Quand la graisse est enlevée, les farines premières deviennent blanches. L’exposition à la lumière solaire ou le traitement par le peroxyde d’azote, changent les composés colorés en un ou plusieurs composés incolores. Les farines trop traitées possèdent une couleur jaune ou brune, et le corps gras, aussi bien que la solution du corps gras de ces farines, sont aussi colorés.
- Le blanchiment avec le peroxyde d’azote n’augmente l’acidité que si le traitement est trop poussé. Le blanchiment n’affecte ni l’absorption de la farine, ni l’expansion de son gluten.
- Le pain fait avec les farines blanchies ne diffère pas du pain fait avec les farines non blanchies, aux points de vue du poids, de la texture, de l’odeur, du toucher. Il est cependant plus blanc si l’on emploie les farines premières. Les farines inférieures, soumises au blanchiment, ne ressemblent guère aux farines de qualité, et fournissent un pain d’une couleur peu appétissante.
- Les farines blanchies fournissent un pain, tantôt exempt de nitrites, tantôt en
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- l'eau contenue dans les peaux et les cuirs.
- contenant. Dans tous les cas la proportion de nitrites contenue dans le pain est beaucoup plus faible que dans la farine. La quantité de peroxyde peut augmenter jusqu’à nuire à la qualité de la farine, niais cette quantité en même temps affecte défavorablement la couleur.
- Les opinions contradictoires sur l’effet du traitement des farines par le peroxyde d’azote doivent être attribuées à ce que les farines examinées avaient subi un traitement trop poussé.
- SOLUBILITÉ DE LA GÉLATINE
- M. J. Largnier des Bancels (Archives des Sciences physiques, 1908, p. 60, et Comptes rendus, 1908, p. 290) a exposé à la Société de chimie de Lausanne et à l’Académie des Sciences de Paris, le résultat de ses recherches sur les conditions dans lesquelles on peut réaliser la solubilité de la gélatine.
- En présence de divers sels neutres, la gélatine se dissout dans l’eau à la température ordinaire. Les divers sels neutres manifestent une puissance de dissolution très différente. A concentrations égales, les sels des métaux bivalents exercent une action plus énergique; les azotates aussi, plus que les chlorures; les sels de calcium plus que les mêmes sels des autres métaux bivalents.
- En présence de ces électrolytes, la gélatine se dissout dans les mélanges de certains non-électrolytes et d’eau, par exemple dans un mélange d’alcool et d’eau, ou d’acétone et d’eau. Toutes choses égales d’ailleurs, ces mélanges sont préférables à l’eau pure pour la dissolution de la gélatine. La gélatine dissoute dans l’eau, ou dans les mélanges de non-électrolytes et d’eau, peut être aisément récupérée. Pour cela, il suffit d’enlever les sels introduits dans les liqueurs, soit par dialyse, soit par une série de précipitations avec un excès d’alcool et d’acétone et de redissolutions dans l’eau.
- La gélatine obtenue ainsi offre tous les caractères typiques connus. A la température ordinaire, elle se présente sous la forme de gel.
- , l’eau contenue dans les peaux et les cuirs
- M. le capitaine d’artillerie Paul Nicolardot (Bulletin de la Société chimique, 1908, pp. 166 et 171) constate les divergences considérables que l’on trouve dans les divers cahiers des charges au point de vue du maximum imposé pour la teneur en eau dans les cuirs.
- Quelle est la teneur normale en eau des peaux ou des cuirs? Quels sont les divers rôles de l’eau?
- On obtient assez rapidement, par étuvage à 110°, une limite, à laquelle M. Nicolardot réserve l’appellation d'eau normale.
- Au delà, les cuirs et les peaux peuvent perdre encore de l’eau si on élève la température, mais leur aspect change complètement. Ils deviennent bruns, puis ils se carbonisent et sont alors très friables. Exposés de nouveau à l’air, ils ne fixent plus que très difficilement et irrégulièrement l’humidité atmosphérique. Les tissus sont brûlés, peau qui a été ainsi éliminée est de Veau de constitution. -Au contraire, les copeaux de l’eau ou de cuir séchés à fond, puis desséchés dans le vide ou à une température inférieure à 110°, reviennent au bout de quelques jours à leur poids primitif, en recou-
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- vrant leurs qualités premières, et leur poids peut encore augmenter si on les expose à la vapeur d’eau ou si on les plonge dans l’eau, par une sorte d’imbibition.
- Cette eau s’élimine facilement par dessiccation à l’air; elle pourrait être appelée eau d’imbibition ou de charge.
- De ses recherches, M. Nicolardot conclut que « l’eau d’imbibition ou de charge ne joue aucun rôle dans la peau ou le cuir; elle l’alourdit seulement. Il y a donc le plus souvent intérêt à l’éliminer. C’est là un résultat opposé à ce qui s’observe pour les textiles. L’eau retenue normalement est, au contraire, nécessaire au point de vue de la résistance de la peau et du cuir, et on s’explique pourquoi les cuirs retirés des sépultures anciennes, creusées dans un sol très sec, comme le sol de l’Égypte, se cassent facilement, par suite de l'élimination de leur eau. »
- Quelques faits conduisent M. Nicolardot à croire que l’eau se trouve unie aux éléments constitutifs de la peau par une autre force que les forces de capillarité ou d’osmose. Ces faits sont les suivants :
- La peau contenant son eau normale possède un volume moindre que la somme des volumes de l’eau normale et de la peau sèche. — La teneur en eau d’une même peau varie suivant les diverses régions. Pour une même région, la teneur en eau varie avec le sexe de l’animal. —La résistance des cuirs hongroyés, soumis trois jours à un froid de 50°, loin de diminuer, augmenta, dans des proportions très nettes. Or, leur teneur en eau variait de 18 à 20 p. 100. Une telle quantité d’eau, placée dans le cuir comme dans une éponge, aurait été congelée et la glace, en se formant, aurait brisé les éléments histologiques, et, par suite, diminué la résistance.
- M. Nicolardot fait remarquer que la différence de résistance très considérable qui existe entre les cuirs verts, les cuirs tannés, et les cuirs au chrome, tient certainement à un grand nombre de causes en partie connues, telles que la destruction des lamelles de coriine, le décollement des fibres élastiques du fond des follicules piléux sous l’action de la chaux, des fusées acides, du piklage, etc. Mais cette différence s’explique encore par ce fait que le tannin, en se combinant à certains éléments de l’eau, modifie la composition chimique des tissus et diminue leur teneur en eau normale. Alors que la peau retient, en effet, au moins 20 p. 100 d’eau, le cuir à la chaux 18 p. 100, la teneur en eau des cuirs tannés s’abaisse souvent au-dessous de 15 p. 100.
- Le dosage de cette eau peut s’effectuer : 1° indirectement, après avoir dosé dans le cuir tous les autres composants; graisse, soufre, acide sulfurique, tannin, cendres, azote, etc. La teneur en peau est déduite du dosage d’azote en multipliant le chiffre obtenu parle facteur 5,62; 2° directement en amenant une prise d'essai à poids cou-stant, en la chauffant à 100 ou 110° et même 125°, ou en la maintenant dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique. Mais aucune de ces méthodes ne permet de doser l’eau avec exactitude et rapidité.
- Et M. Nicolardot propose d’épuiser d’abord les peaux et les cuirs au chloroforme pour les débarrasser de leur graisse, puis de les dessécher à 100-110°. Le chloroforme est complètement éliminé à cette température. Et les copeaux de peaux et de cuirs traités par le chloroforme arrivent en trois ou quatre heures à poids constant, bien plus rapidement qu’ils ne le feraient sans l’action du chloroforme.
- FABRICATION DE LA NITROGLYCÉRINE
- La nitroglycérine qui sert dans la fabrication des explosifs se prépare par l’addition
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- de glycérine à un mélange d’acides sulfurique et nitrique. Son usage croissant pour la fabrication de la dynamite, des gélatines explosives, de la ballistite et de la cordite, la fabrication de la nitroglycérine est montée aujourd’hui d’une manière industrielle. MM. le colonel sir Frédéric L. Nathan, et William Rintoul (Chemical News, 1908, p. 74) décrivent les particularités de l’installation de la Royal Gunpowder Factory, qui date de 1903.
- Les robinets en terre cuite sont remplacés par des tubes de caoutchouc.
- La pratique la plus moderne consiste à employer un mélange de trois parties d’acide nitrique de d = 1,3, et cinq parties d’acide sulfurique de d—1,842. Pour la nitration on prend une partie de glycérine pour huit parties en poids du mélange nitro-sulfu-rique.
- Au début le rendement en poids était de 200 p. 100. Dans la plupart des fabriques modernes on atteint 210 p. 100. La nouvelle installation de la Royal Gunpowder Factory permet d’atteindre 220 p. 100 et au-dessus.
- ESSAIS SUR LES EXPLOSIFS DE SÛRETÉ
- M. Chalon a résumé à la séance du 19 décembre 1907 de la Société de l’industrie minérale le mémoire de M. Beyling, directeur de la galerie d’essais de Gelsenkirchen, relativement à l’expérimentation des explosifs de sûreté. Ces expériences présentent l’étrange particularité d’être en contradiction formelle avec les données admises jusqu’à ce jour, et en particulier avec celles de la station d’essais de Frameries. Leurs conclusions pourraient être résumées de la façon suivante :
- 1° Tel explosif qui n’enflamme ni le grisou seul, ni les poussières charbonneuses seules, peut enflammer le grisou quand celui-ci est mélangé de poussières charbonneuses.
- 2° Inversement, tel explosif qui, sous la faible charge de 50 à 100 grammes, enflamme le grisou seul, peut ne donner aucune inflammation sous des charges de 400 à 500 grammes quand l’atmosphère grisouteuse contient en suspension des poussières charbonneuses.
- M. Beyling a soumis à ses essais trois classes d’explosifs dits de sûreté: le earbo-nite; les explosifs au nitrate d’ammoniaque; les dynamites-gélatines de sûreté.
- Une charge de 130 grammes de Kohlen-carbonile apro&uit l’inflammation d’une atmosphère non grisouteuse contenant deux litres de poussières charbonneuses en suspension dans la galerie dont le sol était saupoudré de 10 litres de poussières. un explosif peut à peine être considéré de sûreté quand, à la charge de 150 grammes, il enflamme les poussières. Les earbonites, par suite, ne présenteraient aucune sécurité dans une atmosphère poussiéreuse.
- Les explosifs au nitrate d’ammoniaque (.Ammocarbonit, Roburit, II, etc.) se comportent comme les earbonites. La chromammonil est, d’après M. Beyling, celui des explosifs à l’ammoniaque qui présente relativement le plus de sécurité. Voici sa composition: nitrate d’ammoniaque 63,25; nitrate de potasse, 17,50; alun chromo-ammo-nique 9,50; eoton-collodion 9,25; vaseline 0,50.
- Les dynamites-gélatines de sûreté ont le grand avantage d’être des explosifs beaucoup plus puissants que les précédents; elles se sont comportées de tout, autre façon. A la charge de 100 grammes, elles enflamment le grisou, mais elles n’ont pas produit l’inflammation d’une atmosphère poussiéreuse jusqu’à la charge de 850 grammes.
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- D’autre part, ces dynamites n’enflamment plus le grisou jusqu’à ‘la charge de 400 à 500 grammes, quand l’atmosphère grisouteuse renferme deux litres de poussières charbonneuses en suspension.
- Ainsi les dynamites, gélatines de sûreté, très sûres contre les poussières, le sont très peu contre le grisou, à moins que celui-ci ne soit mélangé de poussières; au contraire, les carbonites et les explosifs au nitrate d’ammoniaque, relativement sûrs contre le grisou, le sont très peu contre les poussières. Ces résultats sont quelque peu déconcertants mais si l’on tient compte que l’expérimentation en galeries d’essais est très imparfaite et dépend trop souvent de circonstances locales, et même de conditions personnelles de l’opérateur, on évitera d’en tirer des conclusions formelles et surtout définitives. , .
- - SUR LA CHIMIE DE LA BOUILLIE BORDELAISE
- M. L. U. Pickering (J. of the Chemical Society, n° de décembre 1907, p. 1988) constate qu’il peut se former dans la préparation de la bouillie bordelaise, suivant la quantité de chaux ajoutée au sulfate de chaux, les quatre composés : 4CuO, SO3, 0,06 CaSO4; oCuO, SO3, 0,25 CaSO4; lOCuO, SO3,1,3 CaSO4; lOCuO, SO3, 4Ca0S03; et probablement aussi lOCuO, SO3, 10CO, SO3 ou CuO, 3CaO. Le composé énoncé en quatrième lieu est vraisemblablement le plus fréquent.
- L’action de labouilbe bordelaise semble dépendre de la mise en liberté du sulfate de cuivre par l’action de l’acide carbonique sur le sulfate basique. Cette action ne commence qu’après un certain laps de temps, le sulfate basique de chaux doit en effet d’abord être décomposé avant que l’attaque du sulfate basique ne commence. Dans le cas où la quantité de chaux correspond à la formation 4Cu0S03, la valeur insecticide de la bouillie sera 2,5 fois plus grande que dans le cas où elle possède la formule lOCuO, SO3, 4CaO, SO3.
- Pour obtenir le sulfate basique 4Gu,0S03, on fera la précipitation à raison de 134 centimètres cubes d’eau de chaux pour 1 gramme de sulfate de cuivre précipité. Cette mixture est beaucoup plus efficace que la bouillie bordelaise.
- BOUILLIE BORDELAISE UNIQUE USAGE
- M. D. Donon, professeur départemental d’agriculture, propose (dans le J. d’Agri-cultüre pratique, 1908, p. 146), la bouillie unique usage de M. Gimel, ou la bouillie cupri-sulfi-formolée, tant contre l’oïdium que contre le mildiou. Elle remplace avantageusement les trois sulfatages et les trois soufrages des procédés actuels.
- La bouillie Gimel réunit du formol avec un sel très bisulfité à base de cuivre. La préparation se fait comme celle du sulfite cuivroso-cuivrique ammoniacal, en présence d’un excès d’anhydride sulfureux; mais la formaldéhyde s’empare de cet excès pour empêcher la formation du précipité brun de snlfite cuivreux. La bouillie Gimel renferme donc: du cuivre, spécifique du mildiou, du rot brun, du black-rot; un sel très bisulfité pouvant céder facilement son acide sulfureux dont l’action destructive sur l’oïdium est bien connue, mais peut être insuffisante; enfin du formol, dont la puissance anticryptogamique et insecticide est remarquable et vient compléter heureusement l’action de l’acide sulfureux.
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- COMBINAISONS ORGANIQUES TOXIQUES POUR LES PLANTES. 267
- COMBINAISONS ORGANIQUES TOXIQUES POUR LES PLANTES
- Les recherches sur la nature et l’action des agents toxiques ont montré qu’il n’y a pas toujours une relation simple entre eux. Quoique l’action de l’agent toxique sur l’organisme soit le facteur principal du problème, l’organisme n’en exerce pas moins une influence très évidente sur l’agent toxique, et peut modifier son action à un degré variable. MM. Osivald Schreiner et Howard S. Reed (Journ. of the American Chemical Society, 1908, p. 85) donnent à ce point de vue une intéressante étude de l’action qu’exercent des plantes vivantes sur des solutions de poisons organiques avec ou sans addition de nitrate de sodium, de carbonate de calcium et d’autres substances.
- Yoici les conclusions de leur travail: L’activité des racines des plantes peut diminuer dans une certaine mesure la toxicité des composés organiques, à condition que la concentration initiale de la solution soit inférieure à celle qui tue la plante. Il est probable que le pouvoir oxydant des racines joue un rôle plus ou moins grand dans ce processus. Le premier jet de la plante peut absorber une partie des matières toxiques de la solution, mais la rapide diminution de la toxicité de la solution, la formation des matières colorantes indique bien que d’autres réactions prennent naissance.
- L’addition de certains sels inorganiques dans les composés organiques toxiques, bénéficie nettement à la plante. L’activité physiologique de la plante combinée à l’action du sel inorganique amène la destruction de la substance toxique, ce qui a été vérifié à la fois par la croissance de la plante et des essais chimiques.
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- NOTES DE MÉCANIQUE’
- théorie du microscope, d’après M. Conrad Beck (tj.
- L’emploi du microscope se répand de plus en plus, notamment en mécanique et en métallurgie : c’est à ce titre que nous croyons intéressant de donner, ici, une analyse étendue des « Cantor Lectures » que M. C. Beck a faites en novembre et décembre derniers à la Society of Arts de Londres, sur la théorie du microscope.
- Dans ces très remarquables lectures, M. Beck, partant du simple au complexe, va
- graduellement de la théorie de la loupe à celle du microscope composé avec tous ses détails.
- A mesure qu’on approche un objet d’une lentille biconvexe, comme de (1) à (3) (fig. I), son image s’agrandit et s’éloigne, passe à l’infini (3) puis en revient (5) de l’autre côté de la lentille à l’état d’image virtuelle redressée, comme on l’a indiqué en pointillés, de sorte que, si l’on désigne (fig. 2) para? et a?' les distances de l’objet et de l’image à la lentille, et par y et y' les grandeurs de l’objet et de l’image, on a la relation très simple x'/x — y'{y. Le dispositif fig. 1 n° 5 constitue (fig. 3) la loupe ordinaire qui, pour chaque lentille, ne donne qu’un seul grossissement apparent, car, à mesure que l’image grossit, comme de A'B' en A"B" (fig. 4) lorsqu’on fait légèrement
- (1) Journal of the Society of Arts, 27 décembre 1907, 3, 10 et 17 janvier 1908,
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- varier la distance de la lentille à l’œil, ces images s’éloignent d’autant, de sorte qu’elles ne paraissent pas s’agrandir.
- La figure 5 montre que, plus le grossissement de la loupe est fort, plus il faut en rapprocher l’œil si l’on veut voir un peu au delà du centre de l’image, condition aggravée par la nécessité d’épaissir la lentille par les verres accessoires nécessaires, afin d’en corriger les aberrations; en fait, et avec de très petites loupes, on ne peut guère dépasser utilement un grossissement de 20 diamètres.
- On facilite singulièrement la théorie des microscopes composés en partant de cette
- Fig. 2.
- Fk
- remarque de Gauss : qu’un système formé, par exemple (fig. 6), de trois lentilles AB et G peut être remplacé par une lentille fictive équivalente D, que l’on place en E pour l’étude de la réception des rayons de l’objet x, et en E' pour celle de leur réfraction en x' ; et l’écartement des plans E et E' peut varier considérablement sans changer la distance focale ou le grossissement total du système. G' est, ainsi que dans le cas des loupes simples (fig. 7), de même distance ou longueur focale, mais de formes différentes, l’écartement EE' des plans de Gauss varie de sorte que la lentille n° 4 peut être placée plus loin de l’objet que celle n° 3.
- Les microscopes composés les plus simples sont ceux formés (fig. 8) de deux lentilles avec oculaire biconvexe B et image virtuelle renversée, ou oculaire biconcave et image redressée; le grossissement est le même, mais l’objectif A est plus loin de l’objet o dans le second que dans le premier cas, ce qui s’ajoute à l’avantage de ne pas
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1908.
- renverser l’objet; mais il ne permet d’en voir qu’une petite partie, son champ est plus réduit.
- Pour augmenter ce champ, il faut que l’œil puisse se placer à l’endroit où les faisceaux lumineux émis par l’objet se concentrent assez pour qu’ils pénètrent tous dans
- Fig. 5.
- la pupille. Dans le cas du microscope à oculaire divergent, on voit que ce résultat serait obtenu si l’œil pouvait se placer en H (fig. 9) point d’où semblent partir tous les rayons sortant de F et passer tous ceux de l’image. H est l’image conjuguée de l’ouverture AA' du microscope ; il faut, pour en obtenir un champ étendu, qu’elle soit
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- située au dehors du microscope, ce qui est impossible avec un oculaire biconcave, mais bien (fig. 10) avec un oculaire biconvexe, et comme la distance de l’objectif à l’oculaire est assez grande, ce cercle H, connu sous le nom de cercle de Ramsden, est d’un diamètre se rapprochant de celui de la pupille qui en reçoit ainsi un large faisceau de rayons.
- L’oculaire biconcave est donc le meilleur, mais il doit être très grand si l’on veut y prendre tout le cône de lumière, et, d’autre part, les grandes lentilles ne peuvent avoir, en raison de la faiblesse de leur courbure, qu’un faible grossissement; de là, l’avantage des oculaires de Huygens, composés de deux lentilles, l’une petite et l’autre grande, d’un pouvoir grossissant aussi fort que celui de la petite lentille et d’un pouvoir éclairant bien plus grand que celui de la grande. Le diagramme fig. 11 montre, en sa partie supérieure, la marche réelle des rayons dans un objectif de Huygens et, dans
- sa partie inférieure, son remplacement par une lentille équivalente de Gauss, placée en E pour la réception des rayons de l’objectif, et en E' pour leur renvoi dans l’œil. On voit, en E, quelle dimension, bien plus grande que celle de B, il eût fallu donner à la lentille unique équivalente au jeu A B.
- La figure 12 représente la marche des rayons dans un microscope composé à lentille de Huygens.
- Les objectifs de microscopes doivent être rendus rigoureusement achromatiques On sait qu’on y arrive approximativement par la juxtaposition de deux lentilles A et B
- f 27
- (fig. 13) de verres d’inégale réfrangibilité, et telle qu’on ait la relation — — — entre
- * } 2 Vi
- leurs distances focales /) et f.2 et leurs dispersions vl et v2. Cette dispersion est donnée u sim
- par la formule v = — dans laquelle p.= , rapport du sinus de l’angle d’incidence
- du rayon lumineux au sinus de l’angle de réfraction, ou coefficient de réfraction. Mais
- 0
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- on n'obtienl ainsi qu’nn achromatisme imparfait, et il faut, pour réaliser un achromatisme convenable, avoir recours à plus de deux lentilles.
- La solution de l’achromatisme est d’ailleurs bée à celle d’une correction aussi
- Fig. 10.
- importante et plus difficile : celle de l’aberration sphérique des lentilles, et qui tient à
- sin i
- ce que, d’après la loi de la réfraction , un point lumineux F, réfracté par une
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- lentille sphérique, — et la forme sphérique est la seule qui se prête au rodage exact des lentilles, — y forme, non pas une seule image, mais plusieurs foyers en E', D', G' (fig. 14), de sorte que l’on ne peut obtenir, entre E' et C', que des images floues de F; et cette aberration est d’autant plus accentuée que, comme dans les microscopes, les rayons de F sont plus inclinés sur l’axe C'F.A distances focales égales, l’aberration varie considérablement, et change de sens, avec la forme des lentilles, comme le
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- montre la figure 15, de sorte qu’on arrive à la corriger par le même artifice que celui employé pour l’achromatisme, c’est-à-dire par (fig. 16) la superposition de deux lentilles dont les aberrations se compensent. Mais s’il est facile de faire ainsi converger, comme sur la figure 16, les rayons des bords d’une lentille composée double au même foyer que ceux du centre, il n’en est pas de même pour les rayons intermédiaires, dont on ne peut corriger l’aberration que par la superposition de jusqu’à une dizaine de lentilles.
- D’autre part, on ne corrige ainsi que l’aberration centrale, c’est-à-dire que l’on n’arrive ainsi qu’à faire que tous les rayons émis d’un point de l’axe optique se concentrent sur un autre point de cet axe, et il n’en est plus ainsi pour les points même Tome 110. — Février 1908. 18
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- peu écartés de cet axe. On peut arriver à ce dernier résultat par différents moyens. Supposons, en effet, la lentille décomposée en plusieurs autres BCD... (fig. 17, nos 1 à 3) on voit qu’il suffit de disposer ces éléments comme en 1,2 ou 3 pour que tous les rayons partis d’un point x arrivent en un point unique x' ; mais comme les distances des
- m
- V~àÿ, ~DlsPers,on
- Fig. 13.
- différentes lentilles au point K sont différentes en 1 et surtout en 2, la grandeur de leurs images seront aussi différentes, et elles se brouilleront aune très faible distance du centre x. Pour éviter cette confusion, il faudrait que les lentilles puissent être, comme en 3, en B7, G', D', pour recevoir les rayons de x, et en B2 C2 D2 pour les réfracter en xtelles que l’on ait la relation sin i/r = kx'/Ax. Cette correction, dite du sinus, est la troisième de celles qu’il faut faire subir aux objectifs des microscopes. Les aplanétiques de la photographié sont des lentilles dont l’aberration a été corrigée en prenant pour surface de Gauss non
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- pas une sphère, mais un plan correspondent à la relation ci-dessous, car, pour les petits angles des objectifs photographiques (120°) les sinus se confondent sensiblement avec les tangentes. On a représenté (fig. 18) en TT le plan de Gauss de l’aplanétique, et en SS la surface sphérique de la loi du sinus; on voit que la solution du plan améliore déjà de beaucoup l’aberration conique, en ramenant près du point focal x les rayons émis par les bords D de l’image. De même, pour corriger complètement l’achromatisme, il faut non seulement que les verres aient comme en figure 19-1 des distances focales
- Fig. n.
- Fig. 18.
- dans le même rapport que la dispersion de leurs verres, mais aussi que leurs plans de Gauss coïncident presque comme en figure 19-2.
- Les moyens de réaüser l’achromatisme et ces différentes corrections d’aberrations centrale, sphérique, zonale... se commandent donc mutuellement, et sont très variés ; c’est l’art de l’opticien, art très difficile, de parvenir à les combiner de manière à réaliser avec le moins de verres possible des lentilles satisfaisantes. On a représenté en figure 20 différents types de lentilles d’ouvertures variant de 3 pouces à 1/18 de pouce (76 à lmm,2) avec jusqu’à 10 verres pour les forts grossissements. Les meilleurs objectifs d’un douzième de pouce doivent avoir au moins 6 verres.
- Les oculaires de Huygens, constitués par deux lentilles plan-convexes séparées par
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- une longue distance, n’ont pas d’aberrations chromatiques centrales parce que les images des différentes couleurs telles que les violettes VV et rouges RR, (fig. 21), bien que dans des plans différents, ont leurs extrémités dans les faisceaux VH et V'H tels qu’elles se superposent sans confusion. En outre, les plans correspondants E (V) et E' (V) (fig. 22), pour les rayons violets par exemple et E (R) E' (R) pour le rouge, sont,
- ReÇ. Bjue
- Fig. 21.
- dans les deux verres de cet oculaire, intervertis de manière que les distances focales équivalentes de ces rayons sont égales sans inconvénient.
- On peut donc constituer un microscope composé excellent de deux manières : 1° (fig. 23) avec un objectif parfait et un oculaire BC, produisant, aux deux images virtuelles R et V, des rayons rouges et violets qui se superposent, dans l’œil ; 2° avec un objectif donnant deux images coloriées de même dimension, mais dans des plans diffé-
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- ni
- rents (fig. 23 n° 2) en Y et en R, ramenées au même foyer par la seconde lentille de l’oculaire. On peut aussi corriger l’aberration sphérique des oculaires; mais il faut, pour établir cette correction, avoir recours à des formules de construction très compliquées.
- Les phénomènes de diffraction ou d’interférences ont pour effet de substituer à l’image d’un point lumineux B (fig. 24), celle d’un centre noir entouré d’une série
- Vio/_eequiu._joca/ iengtti \ violet ' ~ ~ ~ ^Focus
- _________________^Red
- Red equiu.focal length focui
- Fig. 22.
- Violet
- E Red
- Fig. 23.
- d’anneaux d’interférence. La grosseur du point noir est donnée (fig. 25) par la for-
- M QC?
- mule c —=—, dans laquelle M = n — désigne le grossissement, n l’indice de réfrac-
- tion de la lentille, u l’angle d’ouverture de la surface sphérique d’entrée de Gauss ; c est une constante fonction de la longueur d’onde y de la lumière qui forme l’image, de sorte qu’on peut diminuer r en interposant entre l’objectif et l’objet un liquide diminuant cette longueur d’onde, c’est-à-dire très réfringent, et aussi en employant, pour l’éclairage de l’objet, des rayons de faibles longueurs d’onde : verts, bleus ou
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- ultra-violets. Ces artifices, qui réduisent le diamètre de la tache de diffraction, permettent d’augmenter d’autant ce que l’on appelle le pouvoir séparateur du microscope, ou la petitesse des objets nettement discernables. L’on ne peut guère dépasser, avec des objectifs ainsi immergés, pour wsinu, une valeur supérieure à 1,5, et un grossissement correspondant de 750 réellement utile. Enfin, il semble démontré que l’éclairage par un large faisceau conique donne de meilleures définitions qu’un éclairage par rayons parallèles.
- Le procédé d’augmentation du pouvoir séparateur de M. Siedentopf est basé sur le
- g- = radias of Ist. Black Ring
- 2 Sin d
- 1-2\x'
- Fig. 24.
- fait de la visibilité des objets très petits et très vivement éclairés, et il en est de même delà solution de MM. Coton et Mouton (1). Un autre moyen d’augmenter le pouvoir séparateur consiste à substituer au cône ou faisceau plein de lumière qui donne une tache de diffraction semblable à celle du bas de la figure 26 un cône creux constitué par l’obnubilation de cette tache centrale, de sorte que l’image de diffraction prend alors l’aspect du haut de la figure 26, avec une tache centrale beaucoup plus petite. Le diaphragme destiné à produire ce cône creux de lumière doit être placé en B (fig. 27) dans le cercle de Ramsden, et peut être constitué par un globule de mercure entre deux
- verres. Le diamètre du cercle de Ramsden se calcule parla formule D == ; c’est
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- celui du faisceau de lumière qui entre du microscope dans la pupille avec une ouverture de pupille d’un demi-millimètre; le pouvoir séparateur angulaire de l’œil est d’environ 5 minutes, aussi grand que celui d’un microscope à cercle de Ramsden de même diamètre.
- Pour augmenter le grossissement d’un microscope, il vaut mieux augmenter celui de l’objectif que celui de l’oculaire, car on n’augmente pas ainsi, en même temps, les défauts de l’objectif, et on ne diminue pas autant la clarté, comme en passant de l’oculaire à faible grossissement B (fig. 28) à celui D, tel qu’il envoie à l’œil un faisceau de diamètre plus petit que celui de la pupille, diamètre au-dessous duquel la clarté diminue subitement très vite. Ces petits faisceaux ont, en outre, l’inconvénient défaire ressortir les moindres taches et poussières sur l’oculaire ou dans le liquidé de l’œil. Pour obvier à ces faisceaux étroits, M. Gordon place (fig. 29) devant l’oculaire E, un
- r
- Fig. 29.
- Fig. 31.
- verre rugueux GG, dont les aspérités diffusent ces faisceaux, et il suffit d’agiter vivement ce verre devant l’objectif pour que l’image apparaisse aussi nette que s’il n’existait pas. M. Gordon emploie ainsi des oculaires de grossissement allant jusqu’à 100.
- Dans l’état actuel de l’art de la construction des microscopes, un objectif d’un grossissement de 250 et d’une ouverture de 0,5n sin u, peut, avec un oculaire donnant ce même grossissement, permettre de séparer des traits distants de 1/40 000 de pouce (1/1 600 de millimètre). Un grossissement plus fort de l’oculaire ne servirait à rien, car il n’augmenterait pas la netteté de l’image que lui fournit l’objectif. On construit facilement, aujourd’hui, des objectifs d’une distance focale réduite à lmm,5. Avec des distances focales plus petites, comme il faut toujours réserver (fig. 30) un certain intervalle entre l’objectif et l’objet pour sa couverture et le jeu du microscope, on voit que la petitesse de ces lentilles oblige à en réduire l’oiiverture angulaire. On a pu construire des objectifs avec une distance focale de 0u,m,3, mais avec un n sin u plus petit que pour des distances focales de 2 millimètres. Les oculaires ne doivent guère avoir un grossissement supérieur à 10; et les objectifs de distance focale inférieure à lmra,5 ne sont utiles que dans des cas tout à fait exceptionnels.
- La question de la pénétration de l’image ou de son relief dépend de l’ouverture de
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- l’objectif. Soit, en effet (fig. 31) FF le plan focal de l’objectif, celui sur lequel se forme nettement l’image d’une face de l’objet, celle d’un point immédiatement à droite de cette face se formera en C, hors du foyer, et apparaîtra en FF sous la forme d’un cercle de diamètre BB ou A'A' d’autant plus grand et plus confus que l’ouverture du cône du lumière ACA ouBCB, envoyé par ce point, sera plus grande; la faculté de distinguer
- Fig. 32.
- Fig. 33.
- AFB
- Fig. 35.•
- les reliefs des objets, ou la pénétration de l’objectif, diminue donc avec son ouverture. On peut tourner cette difficulté, pour les objectifs de fort grossissement, par une mise au foyer sur chacun des points de l’objet d’après sa saillie ou sa profondeur, dont on perçoit ainsi les reliefs bien mieux qu’avec un objectif à foyer fixe, mais ce procédé est évidemment inadmissible pour la microphotographie, où l’on est conduit à réduire l’ouverture au minimum de ce qu’il faut pour couvrir l’objet. On y arrive facilement par l’emploi d’un diaphragme iris derrière l’objectif. Le montage de ce diaphragme
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- THÉORIE DU MICROSCOPE.
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- derrière l’objectif peut (fig. 32, 1) se faire facilement avec les objectifs de faible grossissement; mais, avec les forts grossissements, il faut le placer tout près de l’objectif, sous peine de perdre presque tous les rayons obliques (fig. 32-2). On pourrait aussi le placer à l’autre bout du microscope, au cercle de Ramsden, mais la construction du microscope s’y oppose en général. Pour les photomicrographies à faible grossissement, on peut le placer en avant de l’oculaire.
- . L’emploi de l’immersion de l’objectif dans un liquide très réfringent améliore la pénétration, car deux points de l’objet écartés de AB (fig. 33) ne paraissent plus alors écartés que de A'B'<;AB, de sorte que l’objectif a plus de chance de les focusser ensemble. Dans la micrométallurgie, il importe, pour cette même raison, de monter les objets éclairés d’en haut entre verres dans un milieu très réfringent parce que l’éclat du verre de couverture et l’huile d’immersion de l’objectif augmentent la pénétration.
- Les verres de couverture sur lesquels on colle l’objet avec du baume de Canada ont une aberration propre qui fait que l’image d’un point A (fig. 34) semble provenir de différents points BCD ; il faut corriger cette aberration par l’objectif, et n’employer que des verres de couverture de l’épaisseur correspondant à cette correction, à moins que Pobjectif ne soit pourvu d’un dispositif permettant de faire varier l’écartement de ses lentilles en fonction de cette épaisseur. Avec les objectifs immergés, les rayons de A passent sans réfraction à la surface du verre, de sorte que cette correction n’est pas nécessaire.
- On peut s’assurer de la correction d’aberration d’un objectif en partant de ce que les images observées dans des plans A et B, également écartées du plan focal FF, sont (fig. 35 du haut) identiques avec un objectif
- Fig. 36.
- sans aberration, et, au contraire, comme en 2, très différentes avec un objectif non corrigé. Il est facile d’observer ces inégalités en observant l’image d’un très petite goutte de mercure des deux côtés du plan focal de l’objectif et de régler l’objectif jusqu’à l’égalité de ces images. La goutte de mercure peut être remplacée par un point noir très petit choisi sur l’image de l’objet.
- La question de Y éclairage de l’objet est des plus importantes principalement avec les forts grossissements. Il faut, dans ce cas, concentrer des cônes de lumière très puissants sur l’objet, par exemple, en disposant sous le verre, comme en figure 36, un objectif renversé de faible grossissement, avec diaphragme iris DD, permettant de concentrer un faisceau de rayons parallèles abcdef en un d’angle réglé par le diaphragme. Ce concentreur de lumière doit être aplanétique, achromatique et très exactement centré dans l’axe du microscope. En outre, pour obtenir la plus grande netteté possible, du moins pour la résolution des réseaux linéaires, le cône de lumière du concentrateur doit avoir un angle tel qu’il permette d’employer des 3/4 aux 7/8 de l’ouverture de l’objectif.
- Parmi les sources lumineuses employées pour l’éclairement, les petites lampes
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- Nerst à globes blancs donnent d’excellents résultats. On peut employer, en principe, très avantageusement, des surfaces rayonnantes de 15 à 20 millimètres de haut sur 3 à 6 millimètres de large. Les éclairages par rayons monochromatiques à courtes longueurs d’onde, d’un grand pouvoir définisseur, s’obtiennent facilement par le passage d’un faisceau de lumière blanche au travers d’une dissolution d’acétate de cuivre.
- L’éclairement des objets transparents et réfrigents doit se faire par un très petit
- c
- A
- Fig. 38.
- Fig. 37.
- faisceau de rayons parallèles B (fig. 37) qui fait alors voir cet objet A nettement et entouré d’un cercle noir, comme en 37-1, tandis qu’éclairé par deux faisceaux CC,il n’apparaît plus que comme un petit anneau blanc autour d’une tache noire. Si on l’éclaire par un cône de lumière envoyant des rayons dans tous les sens, l’anneau et la tache noire disparaissent, et l’on ne voit plus rien de A.
- Pour l’éclairage par réflexion des objets métalliques, on dispose un réflecteur B (fig. 38) au-dessus de l’objectif O, à une distance A de la source lumineuse égale à la distance focale OC de l’objectif O au centre de l’oculaire, avec diaphragme iris en ff.
- LES TORSIOMÈTRES ET LEUR APPLICATION A LA MESURE DE LA PUISSANCE DES TURBINES
- marines, d’après M. J. Hamilton Gibson (1).
- Lorsqu’un arbre de diamètre D et de longueur L transmet un moment de torsion T,
- TL
- il se tord d’un angle 9 donné par le formule 6°=12,2 . En pratique, cet angle ne dé-
- CD4
- passe guère 1° pour 3 mètres de L et il suffit de le mesurer pour en déduire, connaissant le nombre des tours par minute, la puissance transmise; les appareils destinés à effectuer cette mesure sont les torsiomètres.
- (1) North East Coast Institution of Engineers, 24 janvier et Engineering, 7 février.
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- -LES TORSÏOMÈTRES ET LEUR APPLICATION.
- 283
- Il faut aussi connaître le module d'élasticité de torsion C. On peut le déterminer en tordant l’arbre, monté sur les pointes d’un tour, sous un moment de torsion connu, et en mesurant cette torsion. En outre, la poussée de l’hélice augmente le torque d’environ 3 p. 100 pour les arbres creux et de 1 p. 100 pour les arbres pleins. Lorsqu’on a ainsi calibré expérimentalement les différents arbres d’un navire, on en dresse le tableau ou diagramme (fig. 1) qui donne immédiatement la puissance correspondant à une tor-
- Fig. 1. — Diagramme d’un arbre de D = 7 1/4, L = 18' 7 1/2, C~ 12 + 102
- sion et à une vitesse de rotation données N. La puissance transmise en chevaux est
- 0D4N
- donnée par la formule H = -.
- LL
- En Allemagne, on emploie souvent, pour mesurer les torsions de ces arbres, l’appareil de Fottingen, décrit dans notre Bulletin de février 1906, p. 251.
- Dans l’appareil de Collie (fig. 2) l’arbre de l’hélice entraîne, par chaînes, deux arbres parallélés, dont l’un fait écrou dans l’autre, pourvu d’une butée, et on mesure la torsion par l’amplification, sur un cadran, du vissage de l’un de ces arbres dans l’autre.
- Dans l’appareil de Gardner, on monte sur l’arbre deux collecteurs identiques, avec balais les reliant au circuit d’un galvanomètre, et disposés de manière que l’un des balais soit, lorsque l’arbre est au repos, sur les interruptions d’un des collecteurs et l’autre balai sur les pleins, de sorte qu’il ne passe pas de courant, et que ce courant est ensuite d’autant plus intense que l’arbre se tord davantage entre les deux collecteurs.
- L’appareil de Amsler consiste (fig. 3) en un tube fixé sur l’arbre et pourvu d’une
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1908.
- graduation dont les écarts, par rapport à une graduation de l’arbre, donnent la torsion. Cet écart est rendu visible par une étincelle électrique partant, à chaque tour, au passage de l’index de cette dernière graduation.
- Le principe du torsiomètre optique de MM. Bevis et Gibson consiste à monter (fig. 5) sur l’arbre deux disques percés chacun d’une rainure radiale, au travers desquelles passe le rayon d’une lampe à incandescence lorsque l’arbre ne subit pas de torsion et que les trois fentes de la lampe et des deux disques sont en alignement. Ce faisceau est reçu par un oculaire (fig. 7) monté fou sur l’arbre, derrière le disque d’ob-
- Fig. 2. — Torsiomètre Collie.
- servation. Les fentes (fig. 8), dès que l’arbre se tord, cessent de laisser passer la lumière, et l’anneau lumineux que l’on voit, tant que la lumière passe, en regardant dans la lunette, anneau dû à la persistance des impressions de la rétine, cesse d’apparaître; pour le rétablir, il faut ramener la lunette dans le plan de la fente du disque de la lampe, ce qui se fait au moyen du vernier représenté sur la figure 7, et qui indique ainsi la torsion de l’arbre entre les deux disques. On peut ainsi distinguer directement, sans aucune erreur provenant de l’interposition de mécanismes amplificateurs,le centième de degré, ce qui permet, avec des disques écartés de 15 mètres et un vernier à environ 350 millimètres de Taxe, d’évaluer la puissance à 1 :4 p. 100 près. Ces observations très exactes se font avec une grande rapidité.
- Pour les arbres de machines à pistons, les disques sont percés (fig. 6) de douze fentes écartées de 30°, de manière à permettre de relever les torsions en douze points d’un tour (fig. 4) et d’en déduire la torsion moyenne correspondante. On a indiqué sur
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- Fig. 4. Fig. 7.
- Fig. 4 à 7. — Torsiomètre Bevis et Gibson.
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- Fig. 9. — Torsiomètre Bevis et Gibson pour arbres courts
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- les figures 8 la comparaison entre les efforts de torsion ainsi relevés sur un arbre commandé par un moteur àtrois cylindres (traits pointillés) et ceux calculés d’après les diagrammes d’indicateur en tenant compte des forces d’inertie, et qui leur sont supérieurs d’environ 10 p. 100, ce qui correspond au rendement organique des machines; en outre,ces deux courbes subissent,de l’inertie de l'hélice et delà viscosité de l’arbre, des décalages notables.
- Lorsqu’on ne peut opérer que sur une faible longueur d’arbre, on emploie l’appareil figure 9 dans lequel le rayon envoyé au travers des fentes de deux tambours solidaires de manchons calés sur l’arbre entre les points disponibles, est envoyé à une lunette radiale à grande distance. On-peut ainsi apprécier le millième de degré, de sorte que la torsion se mesure sur une longueur de 0m,90 par exemple aussi exactement que sur une longueur de 9 mètres avec l'appareil précédent.
- DESTRUCTION DES GOUDRONS DANS LES* GAZOGÈNES,
- d’après M. H. P. Bell (1).
- Les combustibles bitumineux produisent, par leur traitement au gazogène, jusqu’à 15 p. 100 en poids de goudrons, dont il faut débarrasser le gaz pour son emploi dans les moteurs;leur récupération exige des appareils très coûteux et compli-
- qués, de sorte qu’on préfère souvent les détruire soit par une combustion complète, soit par une décomposition à hautes températures. Dans le premier cas, il faut transformer le gaz acide carbonique et vapeur d’eau en oxyde de carbone par son passage au travers d’une colonne de coke incandescent ; dans le second cas, on fait passer les vapeurs goudronneuses directement sur ce coke ou dans des régénérateurs chauffés. Ces vapeurs se décomposent, dans le premier cas, en gaz des marais éthylène, avec oxyde de carbone et hydrogène, ou en hydrocarbures lourds et carbone, et comme les hydrocarbures lourds se brûlent presque entièrement avec le coke, on voit que les vapeurs hydrocarburées sont décomposées presque entièrement en gaz fixes et carbone.
- La première méthode : combustion complète des hydrocarbures, se heurte à l’impossibilité de les séparer complètement, et à ce que le coke dont on se sert, et qui résulte d’une distillation imparfaite des charbons bitumineux, renferme toujours encore
- (1) Engineering, 31 janvier et 7 février.
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- de ces charbons. En outre, le gaz ainsi produit ne renferme que de l’oxyde de carbone/de l’hydrogène et de l’azote, de sorte qu’il est aussi pauvre que s’il ne provenait pas de charbons bitumineux. Il n’en est pas de même avec la seconde méthode, et, dans les deux cas, la destruction des goudrons n’est jamais complète, de sorte qu’il faut achever de purifier les gaz par des appareils appropriés. Dans les deux cas, il faut maintenir la colonne de coke traversée par le gaz à une température élevée, en mélangeant au gaz le volume d’air strictement nécessaire à cet effet, de manière à réduire au minimum le gaz brûlé dans cette opération.
- Afin d’éviter l’emploi de deux sortes de combustibles, on peut prendre comme coke celui même produit parle gazogène, en évitant de le sortir des cuves.
- L’important est de bien faire circuler les gaz dans la partie la plus chaude du gazogène. L’une des méthodes les plus usitées, celle de la combustion renversée, qui consiste à faire traverser le gazogène de haut en bas par l’air et la vapeur d’eau, a été appliquée par Ebelmen (fig. 1) dès 1841.Dans le gazogène Puntsh (fig. 2), l’air entre par A et le gaz sort par B. On retrouve cette combustion renversée dans les gazogènes de Loomis et de Thwaites (fig. 3), avec grille conique et admission d’air complémentaire vers le milieu du gazogène, pour soutenir la combustion dans les couches inférieures, l’air admis en haut de la cuve ne servant guère qu’à entraîner les gaz de la distillation et les vapeurs ; il en est de même dans le gazogène Korting. Dans les gazogènes à combustion renversée de Capitaine, Taylor et Boutiller, l’air et le charbon sont introduits au bas de la cuve.
- Dans ces appareils à combustion renversée, la zone de combustion des hydrocarbures est assez étroite, parce que les gaz chauds sortent du combustible frais au heu d’y aller, et que la conductibilité des charbons est trop faible pour étendre cette zone vers le combustible frais. Dans le gazogène Putsh, les conduites A et G aboutissent à des régénérateurs qui échauffent l’air par le gaz ; le passage de cet air dans une enveloppe du>gazogène ne produit aucun effet pratique.
- Dans le type de Siemens (fig. 4), les gaz entourent la cornue, comme dans ceux de Moller (1878) et de Krupp (fig. 5), à longue colonne annulaire de combustible chauffée intérieurement et extérieurement par les gaz.
- Le gaz sort, dans les gazogènes Lencauchez, par une prise au centre de la cuve, et de même dans celui de Thwaites (fig. 6).
- - Dans tous ces gazogènes, la destruction des goudrons se fait au passage des gaz au travers de la masse incandescente au bas de la cuve. La combustion est limitée par le bord inférieur de la cuve ou du tuyau de sortie du gaz, et c’est seulement la chaleur fournie de l’extérieur qui produit la distillation des goudrons. Cette distillation, probablement très limitée dans les appareils de Thwaites et de Lencauchez, est moins incomplète dans le gazogène Siemens et surtout de Krupp (fig. 5J, mais, sans aller jusqu’à la distillation des goudrons lourds, qui, retenus par le charbon, passent au bas de la cuve. Leur destruction est due non pas à la combustion, mais à la décomposition, parce que l’oxygène de l’air admis au bas de la cuve est presque entièrement consumé avant d’arriver au haut de la charge.
- Dans les gazogènes de Gormann (fig. 7) et de Dowson (fig. 8), l’air est admis à la fois en haut et en bas du gazogène, avec sortie du gaz par son milieu. Dans le Korting de 1903 (fig. 9), l’air arrive de même en AA, mais le gaz sort par le bas, en G, en face de l’une des entrées d’air. Dans le gazogène Kent (fig. 10), les entrées d’air A sont multipliées, avec admission de vapeur en S. Ces gazogènes se distinguent de ceux à Tome 110. — Février 1908. 19
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- simple combustion renversée par l’extension de leur zone de combustion depuis l’entrée d’air la plus basse jusqu’à la sortie du gaz. Les distillats mélangés à l’air sont brûlés près de la sortie des gaz, mais avec une réduction incomplète, et, dans le gazogène Kent, l’admission de vapeur au droit de la sortie des gaz a l’inconvénient d’y abaisser la température là où doit se faire la destruction des goudrons.
- Dans le gazogène Nehse (fig. 11), des conduites font communiquer le haut de la cuve avec le bas, par où l’air arrive, de manière à permettre aux distillats d’arriver dans la zone de combustion sans nécessiter, pour les forcer au travers de cette zone, une pression, défavorable, paraît-il, à la destruction des goudrons, et il en est de même dans le Korting de 1903 (fig. 9), mais il n’existe, dans aucun de ces gazogènes, des dispositifs assurant obligatoirement cette circulation des distillats. Dans le gazo-
- gène Olschewsky (fig. 12), les gaz du haut de la cuve, au-dessus de la sortie, passent au has de la grille, où les injecte, avec de l’air, un éjecteur à vapeur A. Il en est de même dans le Siemens de 1893 (fig. 13). Dans ces deux gazogènes, la combustion des goudrons doit être presque parfaite, comme dans celui de la Société pour l’emploi de la vapeur surchauffée (fig. 15), dont les distillats passent, par le haut, dans un tube entourant l’arrivée de l’injection d’air A, qui se mêle aux distillats et les refoule au travers de la masse incandescente du bas de la cuve, mais cet appareil serait sans doute d’un entretien difficile.
- Dans le gazogène Witfield de 1902 (fig. 15), l’air arrive en A, sous la grille, aspiré par les éjecteurs de vapeur SS, à des niveaux différents. Dans le Genty, la circulation des distillats se fait par un ventilateur F (fig. 16) et, dans Hovine et Breuille, par deux éjecteurs de vapeur, avec sortie des gaz en E, mais, comme Whitfield, par des tuyaux extérieurs au gazogène, ce qui occasionne des pertes par rayonnement et des abaissements de température nuisibles à la destruction des goudrons.
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- Dans les gazogènes à deux cuves, le combustible en distillation est complètement séparé du combustible non bitumineux, où. se fait la destruction des goudrons, et ils se divisent en deux classes, suivant que l’air est admis aux deux cuves simultanément ou seulement là où se fait la destruction des goudrons, et ces deux classes peuvent se diviser chacune en deux variétés, suivant que l’on emploie, pour cette destruction, du véritable coke ou celui fourni par la distillation de la première cuve.
- Dès 1841, Ebelmen employait une seconde cuve avec coke et admission d’air séparée (fig. 1). L’air est admis, dans la première cuve en bas et en haut; les gaz, qui en sortent par le bas, pénètrent dans le bas de la seconde cuve au droit de son entrée d’air et en traversent le coke incandescent. En 1900, la Gasmotoren Fabrik Deutz breveta le gazogène fig. 18, conçu sur le même plan sous trois formes avec cuves à charbon et à coke séparées (a), conjuguées (b) et superposées (c). Dans^ le gazogène Riché de 1902 (fig. 19), l’air auxiliaire arrive entre les, deux cuves, où il brûle les gaz sortant de la première cuve avant leur arrivée dans le coke de la seconde, de sorte que la dépense de coke est très faible. Dans le gazogène Whitfield (fig. 20), la vapeur
- est admise au haut de la première cuve, et l’air sous les deux grilles; les goudrons sont brûlés, ainsi que, probablement, une bonne partie du coke.
- Le gazogène Thwaites de 1896, représenté parla figure 20, fait lui-même son coke. Les gaz sortis de la première cuve passent, avec leurs distillats et l’air auxiliaire, dans la seconde cuve, et leurs goudrons se décomposent au bas de cette cuve si la température y est assez élevée. Dans le gazogène de Crossley-Rigby (fig. 21), la distillation se fait dans une petite cornue fermée R et, aspirés par la vapeur de S, les distillats traversent de bas en haut la cuve du gazogène, après être, mêlés à l’air sous la grille. La hauteur de chacune des cornues se règle par une vis, et, quand l’une d’elles est pleine de coke, on l’abaisse et on tourne son agitateur hélicoïdal de manière à en chasser le coke dans le bas du gazogène, puis on la recharge.
- Dans le dispositif de Jahns, les différentes cuves peuvent être mises en communication le haut de l’une avec le bas de l’autre, et inversement. Chacune d’elles est alternativement chargée, complètement brûlée, séparée des autres, et rechargée, et l’on emploie la cuve qui est allumée depuis le plus longtemps, et dont le charbon est le plus cokéfié. pour la destruction des goudrons distillés des autres cuves. On admet l’air à toutes les cuves, de sorte que les goudrons sont détruits par une combustion complète. En laissant ainsi les cuves brûler complètement leur combustible sans les recharger, on évite toute la difficulté du décrassage des scories.
- La solution de Boutiller consiste (fig. 23) à entourer la colonne centrale de charbon
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- bitumineux de la masse de coke traversée par ses distillats et de l’air admis sous la grille pour les brûler. Le gazogène Rowe est (fig. 24) l’inverse du précédent, avec sa colonne centrale de coke alimentée par une trémie séparée, et dans laquelle la décomposition des goudrons dépose du charbon en quantité suffisante pour compenser la combustion du coke.
- Les cuves du gazogène de Sutherland sont (fig. 25) reliées invariablement par le haut et pourvues, au bas, d’une valve de renversement permettant de faire passer la circulation des gaz tantôt dans le' sens des flèches, tantôt en sens contraire, chacune des cuves servant ainsi alternativement de destructeur de goudrons et de gazogène proprement dit. Dans le dispositif de Bell (fig. 26) les trois cuves fonctionnent toujours en série, mais dans un ordre permutable, le haut de chacune d’elles pouvant communiquer soit avec la sortie du gaz, soit avec le bas de la cuve voisine, et l’air est admis à l’une quelconque des cuves, mais à une seule à la fois. Le gaz’ de cette dernière cuve traverse de bas en haut la seconde, dont il distille le charbon frais, et dont ces distillats vont se décomposer au travers de la troisième cuve; puis la première cuve passe, par le jeu des valves, au troisième rang, la seconde au premier et la troisième au second. La direction du courant gazeux ne change jamais, et les goudrons traversent une grande épaisseur de colonnes décomposantes.
- Les gazogènes qui viennent d’être décrits peuvent se diviser en trois classes suivant que la destruction des goudrons se fait par combustion (Olschewsky, Deutz, Siemens, Boutiller), par décomposition (Rowe, Sutherland, Bell) ou par combustion et décomposition. Dans tous, il est nécessaire d’amener les goudrons en contact intime avec le coke et d’assurer à sa colonne une longueur suffisante, surtout quand la combustion doit être suivie .d’une réduction de ses produits pendant la traversée du coke. Le gazogène Siemens de la figure 13 présente l’avantage d’assurer la combustion complète avant le contact des gaz avec le coke incandescent. La température de la zone où se produit la destruction de goudrons doit être la plus élevée possible. Avec les charbons très bitumineux, il faut supprimer la vapeur d’eau, qui abaisse la température et augmente la quantité d’air, de sorte que les gazogènes dont la circulation est alimentée par un éjecteur de vapeur ne conviennent pas pour ces charbons, sous peine d’admettre une très grande quantité d’air, au risque de diminuer trop la puissance calorifique du gaz par la présence d)un excès d’azote.
- La distillation complète des goudrons exige l’application prolongée d’une température d’environ 800°; cette distillation doit être faite avant que le combustible n’arrive près de la sortie du gaz, de sorte que l’emploi d’une seconde cuve semble’ indispensable pour assurer une distillation complète, et comme cette distillation continue dans la zone de combustion, elle ne peut se faire que par la combustion de presque tout le gaz qui s’y mêle, et dont on doit ensuite réduire les produits. On ne peut détruire complètement les goudrons par une décomposition sans combustion, et il est très difficile, pratiquement impossible, d’y arriver par combustion, mais il suffit de faire traverser au gaz, ainsi presque débarrassé de ses goudrons, des appareils d’épuration de peu d’importance.
- Le procédé par simple décomposition des goudrons a l’avantage de ne pas décomposer les hydrocarbures distillés du charbon, dont les quaütés persistent, augmentées de celles des hydrocarbures analogues provenant de la destruction des goudrons. On peut, en outre, limiter convenablement la teneur en azote parce que l’on n’emploie pas d’air en excès pour une combustion secondaire.
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- On ne peut songer à l’établissement d’un gazogène universel, le meilleur pour toute sorte de combustible, et il en est de même des procédés de destruction des goudrons. Les moteurs exigent un gaz à haute température de combustion et à grande puissance calorifique, et du gaz d’air enrichi par de l’hydrogène provenant de la distillation des charbons peut supporter de très fortes compressions sans allumage prématuré. Ce gaz est supérieur au gaz pauvre des anthracites, et placerait, s’il pouvait se produire pratiquement, les charbons bitumineux au premier rang des combustibles moteurs.
- MOTEUR A DEUX TEMPS Da Costa ( 1).
- M. Da Costa a cherché à réaliser un moteur à deux temps dans lequel, quoique sans soupape, chaque phase soit rendue bien indépendante des autres.
- Ce résultat est obtenu au moyen de deux pistons concentriques (un piston-moteur et un compresseur) agissant l’un dans l’autre à l’intérieur d’un cylindre unique.
- La figure ci-contre (fig. 1) est une coupe en élévation, représentant un moteur monocylindrique au moment où les pistons sont en bas de leur course.
- Les pistons A et B, agissant dans le même sens, mais avec des courses différentes, découvrent en temps voulu des lumières C, D et E.
- Le cycle de ce système se décompose ainsi.
- Premier temps. — Dans leur cource ascendante:
- 1° Le piston-compresseur B obstrue les lumières C d’aspiration, et comprime les gaz explosifs précédemment aspirés entre les fonds des deux pistons.
- 2° Le piston-moteur A découvre, aux environs du haut de sa course, les lumières E de communication, pratiquées sur lui-même, et laisse pénétrer les gaz neufs, refoulés par le piston B, dans la chambre d’explosion H.
- Les gaz frais sont alors enflammés.
- Deuxième temps. — Pendant leur course descendante :
- 1° Le piston-moteur A, chassé par l’explosion, démasque à fond de course les lumières D d’échappement pratiquées dans la paroi du cylindre I, et laisse s’évacuer complètement les gaz brûlés ;
- 2° Le piston-compresseur B, de course plus longue, produisant le vide dans le piston A, aspire le mélange explosif entre les fonds des pistons, par les lumières G d’aspiration.
- Le cycle ainsi décrit recommence indéfiniment.
- Le piston-moteur A commande le vilebrequin J' J" par les bielles motrices K et K'. Le piston-compresseur B reçoit directement son mouvement d’une bielle centrale L.
- Un moteur d’essai est en cours de fabrication.
- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES
- commandées par des moteurs a gaz, d’après MM. Herbert Baer et Hans Bonte (2).
- Les machines soufflantes à gaz, comme celles à vapeur, se distinguent en deux groupes principaux suivant qu’elles desservent des hauts fourneaux ou des aciéries.
- (1) Commuuiqué par l’inventeur, 30 bis, rue Pierre-Leroux.
- (2) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingénieur e, 1908, p. 8 et S3-
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- Les premières, dans les conditions normales, doivent pouvoir fournir un travail régulier et continu et travailler momentanément avec une pression plus élevée ou une plus grande vitesse.
- ---(-y j'
- Fig. 1. — Moteur à gaz Da Costa.
- Le moteur à gaz ne permet que dans une faible mesure l’élévation de la puissance au delà de la pleine charge normale. Si la pression du vent augmente, il faut donc en diminuer le volume en faisant varier la fermeture de l’aspiration. Lorsque la près-
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES. 295
- .sion s’élève dans'le tuyau de refoulement, l’aspiration ne se ferme qu’après que le piston a dépassé le point mort, de sorte qu’une partie de l’air aspiré est retenue dans la conduite d’aspiration. La figure 1 donne le diagramme d’une machine soufflante fonctionnant d’après ce principe : ABCD est le diagramme normal et AB'G'D' le diagramme de même surface, avec une pression plus élevée. Ce procédé d’élévation de la pression sans augmentation de la puissance ne peut s’obtenir au moyen de soupapes d’aspiration automatiques. En pratique, on commande la soupape d’aspiration au moyen d’une coulisse.
- Un autre moyen de modifier la quantité d’air aspiré suivant la pression de l’air soufflé consiste à diminuer le rendement volumétrique d’autant plus petit que l’espace
- Fig. 1 et 2,
- nuisible est plus grand. De sorte qu’on peut diminuer la quantité d’air aspiré en augmentant artificiellement l’espace nuisible. Dans ce but, le cylindre est muni de chambres qui peuvent communiquer ou non avec l’intérieur du cylindre. La figure 2 représente le diagramme d’une machine fonctionnant d’après ce principe. A'BC'D' étant le diagramme à pression surélevée. On voit, d’après ce diagramme, que, dans ce cas, des soupapes automatiques assurent une commande régulière.
- Le mode de construction des soupapes dépend du nombre de tours du moteur à gaz. Tandis que, dans les souffleries à vapeur, ce nombre varie entre 50 et 70, il atteint, dans les souffleries à gaz, 90 et plus, en la pleine charge, et en marche nor-. male il oscille entre 65 et 80. Les constructeurs s’efforcent donc de répondre à ces exigences en allégeant les soupapes, en diminuant leur course, en calculant largement le canal d’air, etc. Parmi les soupapes les plus employées, il faut citer
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- celles de Hœrbiger et Rogler (fîg. 3, 4), de Ehrhardt et Sehmer (fig. 4 et 5), de Guter-muth. Il faut également mentionner la commande de la Southwark Foundry and Machine C° de Philadelphie, très répandue en Amérique. Dans ce dispositif, l’organe d’aspiration est un tiroir à grille qui s’ouvre et se ferme par l’intermédiaire d’une glissière courbe et de deux galets (fig. 6). La nature particulière de la courbe assure une marche silencieuse et sans choc. Le coussin d’air n’est pas représenté sur la figure.
- Fig. 3. — Soupape Hœrbiger et Rogler.
- Fig. 4. — Soupape Ehrhardt et Sehmer.
- Comme dans tous les moteurs à gaz, les forces qui agissent dans une soufflerie à gaz sont, à puissance égale, plus élevées que dans une machine à vapeur. Au moment de l’explosion, la pression sur le piston est très grande. La force vive des lourdes pièces animées d’un mouvement alternatif exerce heureusement une influence compensatrice bien plus élevée que dans une machine à vapeur en raison de la nature du diagramme du moteur à gaz et du poids des pièces qui se meuvent alternativement. La figure 8 représente le diagramme des forces agissant sur le piston d’une machine soufflante à gaz de 1 300 millimètres de course et faisant 90 tours à la minute. Le moteur à gaz est du type tandem à double effet et à quatre temps accouplé directement au compresseur d’air.
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- Construction et fonctionnement des machines soufflantes. 297
- Dans cette figure, A' b' c’ d'est le diagramme de la machine à gaz, a b c d celui du compresseur, pris au même moment. Les courbes e /et /!, e, donnent la marche des forces vives. Les autres courbes de la partie supérieure de la figure représentent les différents diagrammes du moteur à gaz et du compresseur, déduits l’un de
- Fig. 5. — Soupape Ehrhardt et Schmer.
- Fig. 6. — Tiroirs de la Southwark Foundry.
- l’autre, et portés sur la partie correspondante au mouvement du piston : aller ou retour. Dans la partie inférieure de la figure, le tracé g h i kl m représente la marche de la force résultante agissant sur le piston du compresseur et g* h' i' k' V m' la force résultante sur la tête de bielle, après soustraction de la force du piston donnée par le diagramme. Les diagrammes du moteur à gaz et du compresseur sont calculés de manière que les lignes de la pression moyenne OOi des deux diagrammes
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- se confondent. Donc, OA == Pm effort moyen du piston du moteur à gaz, OA' = PM résistance moyenne indiquée opposée à la tige du piston du compresseur. La pression maxima d’explosion Pma*s’élève, en marche normale, à environ 190 tonnes; elle survient immédiatement après le point mort. La partie inférieure du diagramme représente la loi des forces du piston, La valeur maxima de la force du piston est atteinte au point mort extérieur; elle s’élève à Poma* = 102 t., en tenant 190-102
- comptede la pression —100 = 46,3 p. 100. Les autres valeurs maxima de l’effort
- sur la tige du piston, à l’aller et au retour, s’élèvent respectivement à P'ma* — 72 t. et P'\max = 89 t. La bielle et la manivelle reçoivent encore moins de puissance. L’effort
- -retour
- Fig. 7.
- maximum sur la tête de bielle a lieu au point mort extérieur et s’élève à P0ma*=$7 t. ; au point mort interne, il atteint environ P'1 = 62t. A l’aller, la pression motrice sur la tête de bielle atteint environ P'2 = 22 t. ; et, au retour, P'3 = 41 t. Comparés avec la pression normale d’explosion de 190 t., ces chiffres montrent que, dans le cas considéré, la machine subit des efforts moindres qu’on pourrait le croire tout d’abord.
- .Conditions particulières aux machines soufflantes des aciéries. — Dans les aciéries, la consommation d’air soufflé n’est pas continue. Comme on ne peut arrêter le moteur à gaz pendant les intervalles, on se contente de réduire le travail de compression. Dans ce but la Maschinenbaugesellschaft Nürnberg place, sur la conduite d’air soufflé, une soupape commandée du poste du mécanicien ; dès que le soufflage est terminé, on ouvre cette soupape, et l’air soufflé, au lieu de passer dans le convertisseur, s’échappe dans l’atmosphère. La consommation est alors voisine de celle de la marche à vide, la perte n’est relativement pas plus élevée que la perte par condensation dans les tuyaux des machines soufflantes à vapeur pendant les repos. L’emploi du moteur à gaz n’est
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES. 299
- économique que dans le cas de plusieurs convertisseurs qui reçoivent les charges successivement.
- Marche parallèle des machines soufflantes mues par le gaz. — Dans le diagramme du vent des machines soufflantes mues par le gaz, on constate des phénomènes qui n’avaient pas été observés avec la vapeur. Dans le cas de la vapeur, les machines sont jumelles et donnent un vent très régulier ; dans le cas de moteurs à gaz à quatre temps, les compresseurs sont en tandem, et par suite le mouvement de l’air soufflé est périodique. Il en résulte des vibrations nuisibles de la conduite et du réservoir d’air.
- Fig. 9. — 38 mm. = 1 kil. par cm2.
- Fig. 10.
- Dans les moteurs à grande vitesse, ces oscillations peuvent prendre des valeurs importantes, comme par exemple dans le diagramme de la pression (fig. 9) avec un seul compresseur en service.
- Lorsque deux machines, tournant à la même vitesse, débitent sur la même canalisation, il arrive souvent qu’il s’établit une marche parallèle durable; dans ce cas, la longueur de la conduite qui relie les deux machines ne paraît pas indifférente. Dans le cas étudié, la longueur delà conduite reliant les deux machines était d’environ 44 m. et le calcul a démontré que le temps nécessaire pour la transmission de la pression d’un compresseur à l’autre était sensiblement le même que le temps mis par la machine pour tourner d’un quart de tour, de sorte que la pression qui sort d’un compresseur n’atteint l’autre que lorsque la manivelle a tourné de 90°. La figure 10 donne le diagramme de la chambre de compression dans le cas de deux compres-
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- seurs travaillant sur la même conduite avec des manivelles parallèles. Les différences de pression les plus faibles ont alors lieu lorsque les manivelles sont parallèles, c’est-à-dire calées à 0° ou 180°. Lorsqu’on modifie artificiellement la vitesse de l’une des machines, de manière que les manivelles ne soient plus calées à 0° ou 180°, il se produit d’autres variations de pression dans la conduite (fig. 12).
- Pour mettre encore mieux en évidence ces oscillations, on a fait travailler l’une des machines à 100 tours, l’autre à 103, de manière que les positions opposées de la manivelle se reproduisent périodiquement. La figure 13 montre nettement les variations de pression, les nœuds correspondent aux manivelles calées à 0° ou à 180°, les*
- Fig. 11.
- Fig. 12.
- ventres intermédiaires correspondent aux autres positions des manivelles. Les positions en parallèle des manivelles (à 0°) ont été déterminées par le moyen d’un contact électrique et d’un téléphone ; à chaque signal du téléphone l’observateur marquait un point sur le diagramme. Dans la marche continue en parallèle, on a obtenu, dans les mêmes conditions, le diagramme de la figure 14. On constate que les variations de pression sont très faibles et périodiques. Le cheminement de la pression d’une machine à l’autre demande de 30 à 35 secondes.
- La marche en parallèle de deux machines soufflantes mues par le gaz présente des analogies avec la marche en parallèle de deux moteurs à courant alternatif; leur marche est synchrone dans certaines limites, même quand la puissance de l’un des moteurs vient à varier un peu.
- Cette tendance au synchronisme entre deux machines soufflantes à gaz travaillant sur la même conduite s’explique par ce que la machine qui prend de l’avance doit, chaque fois, vaincre une résistance plus grande dans le cylindre de son compressseur, comme cela résulte de la comparaison des figures 15 et 16. Dans ces figures, le dia-
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES.
- 301
- gramme de l’une des machines est ponctué, l’autre est en trait plein. Dans la figure 15, les diagrammes simultanés des deux machines, en marche synchrone, sont sensiblement les mêmes. Dans la figure 16 le diagramme en trait plein, correspondant à la machine qui reçoit une plus grande énergie, est notablement plus grand que celui de la machine en retard. Remarquons ici que les deux machines tournaient à la même vitesse pendant la prise des diagrammes. Pendant que l’une des machines prend de l’avance sur l’autre, on constate que les variations de pressions du vent sont telles que le diagramme du compresseur augmente pour la machine en avance et diminue pour la machine en retard. Pour le démontrer on a fait les essais de la manière suivante :
- Les deux machines travaillant sur la même conduite de compression et tournant synchroniquement (fig. 15), on a donné de l’avance à l’une des machines (fig. 16, 17 et 18). Par suite de l’augmentation de l’énergie fournie, le nombre de tours augmente
- 38 mm = 1 kg/'q n — 103.
- il I l « i i 9 a
- 'fm/n-----
- 38 mm = 1 kg/q
- n = 103.
- i
- u—^
- Fig. 13 et 14.
- pour les deux machines, à cause du synchronisme. Pendant ces essais, le nombre de tours est passé de 95 à 100. Les diagrammes ont été planimétrés et la pression moyenne est portée en ordonnée dans la figure 19.
- La première partie de la figure 19 montre la marche parallèle des deux machines; la machine I, à l’exception du premier point, est constamment en avance, d’où le diagramme plus élevé. Dans la seconde partie de la figure, on voit le décalage périodique de la marche parallèle des^deux machines; la pression du vent de l’une des machines diminue lorsque l’autre augmente. On voit dans cette figure que les oscillations des deux machines s’accomplissent assez lentement, ce que l’on doit attribuer à la petitesse des forces synchronisantes des machines soufflantes. Les oscillations de l’air dans la conduite de deux compresseurs en marche parallèle jouent le même rôle que le courant d’équilibre dans les machines à courant alternatif. On peut donc parler également de forces synchronisantes dans le cas des compresseurs, et considérer comme telle la différence entre les pressions moyennes du vent des deux machines. On voit, d’après la figure 19, que ces différences des moyennes pressions sont relativement faibles par rapport à leur valeur absolue, et atteignent au maximum 15 p. 100, tandis que les forces synchronisantes des dynamos à champ tournant peu-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1908.
- Pressions moyennes indiquées.
- PRESSION dans PRESSION finale de PUISSANCE £ = 0 0/0 (1) £ = 4 0/0 e = 6 0/0 £ — 8 0/0 e= 10 0/0 . £ = 12 0/0
- la conduite de vent pw at. surpression. compression dans le diagramme pe at. surpression. par cc./min. d’air aspiré chev. i. 7] vol. (2). Piw (3) • Y| VOl. Piw Y] VOl. Piw Y) VOl. Piw Y) VOl. Piw Y| VOl. Piw
- 0,3 0,352 0,7678 1,00 0,346 0,989 0,342 0,983 0,340 0,978 0,338 0,972 0,336 0,967 0,334
- 0,4 0,462 0,9538 1,00 0,429 0,986 0,423 0,979 0,420 0,972 0,417 0,965 0,414 0,958 0,411
- 0,5 0,570 1,1280 1,00 0,508 0,983 0,499 0,975 0,495 0,966 0,490 0,958 0,486 0,949 0,482
- 0,6 0,683 1,3007 1,00 0,585 0,980 0,574 0,970 0,568 0,961 0,562 0,951 ' 0,557 0,941 0,551
- 0,7 0,795 1,4637 1,00 0,659 0,977 0,644 0,966 0,636 0,955 0,629 0,944 0,622 0,932 0,614
- 0,8 0,908 1,6209 1,00 0,729 0,975 0,711 0,962 0,702 0,949 0,692 0,937 0,683 0,924 0,674
- 0,9 1,022 1,7672 1,00 0,797 0,972 0,775 0,958 0,764 0,944 0,753 0,930 0,741 0,916 0,730
- 1,0 1,136 1,9189 1,00 0,864 0,969 0,837 0,954 0,824 0,938 0,810 0,923 0,797 0,908 0,784
- 1,1 1,260 2,0711 1,00 0,932 0,966 0,900 0,949 0,884 0,933 0,870 0,916 0,854 0,899 0,838
- 1,2 1,367 2,1964 1,00 0,989 0,964 0,954 0,946 0,936 0,926 0,916 0,909 0,899 0,891 0,882
- 1,3 1,464 2,3102 1,00 1,040 0,962 1,000 0,942 0,979 0,923 0,960 0,904 0,940 0,885 0,920
- (1) e = l’espace nuisible en 0/0 de la cylindrée. — (2) Y) vol = rendement volumétrique.
- vent atteindre jusqu’à 300 p. 100 du couple moteur moven, correspondant à un courant de rupture triple du courant normal. Les figures 21 et 22 représentent deux couples de diagramme du vent, pris.pendant la marche parallèle des deux moteurs à gaz, mais en des sens opposés, c’est-à-dire, le crayon traçant la courbe extérieure pour une des machines, pendant que pour l’autre il trace la courbe intérieure.
- Détermination des pressions moyennes. — La détermination des pressions moyennes se fait par des moyens très différents, et chaque constructeur tient son procédé secret. Les soupapes Hœrbiger et Rogler s’appliquant de plus en plus pour les compresseurs à grande vitesse, nous avons adopté les diagrammes de détermination de la pression moyenne correspondant à ces soupapes. On considère généralement que ces soupapes donnent une pression invariable à la compression ou à l’aspiration; nous avons donc essayé de calculer un tableau des pressions moyennes, en tenant compte de ces données et aussi de différentes chambres d’expansion en retour (Rückexpansionsraumenj, qui figurent généralement aujourd’hui sur les machines soufflantes à gaz. Les valeurs ainsi obtenues concordent assez bien avec les pressions de quelques conduites de vent, mais cependant, en fait, la pression moyenne croît plus vite que ne l’indique ce tableau, lorsqu’on augmente la pression du vent. Pour obtenir une pression croissant plus vite, on a eu recours à la formule pe = ypw, dans laquelle pw représente la pression absolue de la conduite de vent; y est un coefficient qui croît avec la pression du vent. Pour p = 1 at. 3 at. absolu (0,3 at. de surpression), y = 1, 04; pour p = 2,3 at. abs., y =1,08. La théorie indique également un rapide accroissement de la pression.
- Si une machine soufflante marche avec la même vitesse, à des pressions différentes, la vitesse du vent dans les soupapes reste la même pour des positions identiques du
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES. 303
- Pressions moyennes indiquées.
- 15 0/0 £ = 20 0/0 £ = 25 0/0 £ = 30 0/0 £ = 40 0/0 £ = 50 0/0 s = 60 0/0
- q vol. Piw q vol. Pi 10 T| VOl. Piio Y) VOl. Piw •q vol. Piw •q vol. Piw •q vol. Piw la
- 0,958 0,331 0,945 0,327 0,931 0,322 0,317 0,889 0,917 0,307 0,861 0,298 0,834 . 0,288
- 0,947 0,406 0,930 0,399 0,912 0,391 0,384 0,860 0,895 0,369 0,825 0,354 0,790 0,339
- 0,937 0,476 0,016 0,465 0,895 0,454 0,444 0,832 0,874 0,422 0,789 0,400 0,747 0,379
- 0,928 0,543 0,901 0,527 0,877 0,513 0,499 0,803 0,852 0,470 0,753 0,441 0,704 0,412
- 0,915 0,603 0,887 0,584 0,859 0,566 0,517 0,775 0,831 0,510 0,718 0,473 0,662 0,436
- 0,905 0,660 0,873 0,637 0,842 0,614 0,591 0,747 0,810 0,545 0,683 0,498 0,620 0,452
- 0,895 0,713 0,860 0,686 0,824 0,657 0,629 0,719 0,789 0,573 0.649 0,517 0,579 0,462
- 0,884 0,763 0,846 0,731 0,807 0,697 0,664 0,692 0,769 0,598 0,615 0,531 0,538 0,465
- 0,874 0,815 0,831 0,774 0,789 0,735- 0,696 0,663 0,747 0,618 0,579 0,540 0,491 0,460
- 0,864 0,855 0,819 0,810 0,775 0,766 0,720 0,638 0,728 0,631 0,517 0,541 0,457 0,452
- 0,856 0,890 0,808 0,840 0,760 0,790 0,740 0,616 0,712 0,640 0,520 0,541 0,424 0,441
- (3) piw = pression moyenne indiquée du diagramme en kg/cmq.
- piston, car elle dépend uniquement de la vitesse du piston et du rapport de la surface du piston à la section libre des soupapes. Cette vitesse est calculée par la formule :
- 4 /
- Y k — 1
- pe Ve
- 1
- Le produit pe ve L'-ft:)'*’] doit donc être constant, quelle que soit la pres-
- sion dans la conduite du vent. On peut donc écrire l’égalité :
- )k — 1 , . k
- — = Pw\~k
- \ Pa
- + C
- dans laquelle pa est la pression absolue d’aspiration et c une constante. On calcule cette dernière en admettant, par exemple, que, pour pw = 1,3, pe — pw = 0,052 et pa = 0, 96 at. abs., d’où c = 0,0125.
- Si l’on fait le calcul avec une pression du vent de pw = 2,3 at. abs., on a, d’après l’égalité ci-dessus, pe — pw= 0,082.
- La surpression de la soupape monte donc dans les limites de 0,3 at., à 1,3 at., la surpression dans la conduite de vent de 0,052 à 0,082, c’est-à-dire de 58 p. 100. Dans ce calcul, on ne tient pas compte de l’augmentation due au frottement de l’air aux pressions élevées.
- Le présent tableau n’a cependant pas été calculé d’après les données théoriques, mais d’après les diagrammes. On a constaté que, pour une même machine soufflante,
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- au voisinage de la vitesse normale, l’augmentation de vitesse d’un tour par minute exerce sensiblement, sur la pression moyenne indiquée, le même effet qu’une augmentation d’environ \ /250 d’atmosphère de la pression du vent dans la conduite.
- Le tableau est calculé pour un nombre de tours de 80 par minute, et en supposant que la vitesse moyenne du vent dans les soupapes de refoulement soit donnée par l’égalité de continuité
- Comme il est très difficile d’effectuer de tels essais sans gêner la marche des hauts
- Fig. 15 à 18.
- fourneaux, on a disposé des valves de réduction pour les pressions inférieures à celles qui sont nécessaires à la marche des fours ; pour les pressions supérieures, on a agi sur le registre de la conduite de vent.
- Le tableau donne les pressions moyennes pour des pressions du vent dans la conduite variant de 0,3 a 1,3 at. de surpression, en tenant compte des différentes chambres d’expansion en retour. Le rendement volumétrique, qui est rapporté à la pression d’aspiration, permet de savoir de combien la pression du vent peut être augmentée lorsqu’on interpose une chambre d’expansion, la dépense de force restant constante, et combien de mètres cubes la machine peut fournir dans ces conditions.
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- Le tableau donne également la puissance nécessaire par mètre cube d’air aspiré,. pour chacune des pressions.
- La figure 23 représente une machine soufflante de 2 000 chevaux pour hauts fourneaux récemment construite par- la Maschinenbaugesellschaft Nürnberg. La figure 24 représente un modèle de la maison Klein à Daklbruch, avec moteur à gaz à deux temps Kordng de t 600 chevaux. Les figures 23 à 41 représentent diverses parties des machines soufflantes de la maison Klein.
- Le Moteur à gaz. — De même que les propriétés spéciales du moteur à gaz influent
- Variation de la pression dans la conduite du vent.
- —0,7
- — 0,3 at
- Temps. Temps.
- Fig. 19.
- sur la construction de la machine soufflante, cette machine entraîne à quelques modifications du moteur à gaz. En première ligne, apparaît la nécessité de modifier la puissance par le nombre de tours.
- La puissance d’un moteur à gaz tournant à vitesse constante ne peut être augmentée que dans une très faible mesure, aussi construit-on la soufflerie de manière que sa résistance soit presque invariable.
- L’élévation de la puissance d’un moteur à gaz à nombre de tours constant repose, sur une élévation de la pression moyenne, ce que l’on peut obtenir dans une certaine mesure par l’augmentation de la dépense du gaz. Mais on atteint rapidement une limite au delà de laquelle la combustion devient incomplète, de sorte que le rendement thermique s’abaisse notablement. Pour que la combustion soit complète, il faudrait enrichir l’air en oxygène, mais ce moyen n’est pas pratique à cause du prix élevé de l’oxygène.
- Tome 110. — Février 1908. 20
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- Un autre moyen d'augmenter la puissance serait d’employer un gaz pauvre en marche normale, et, en marche forcée, un gaz riche comme le gaz des fours à coke ou le gaz d’éclairage, avec faible excès d’air. L’élévation de puissance ainsi obtenue n’est pas très considérable, elle peut atteindre 10-à 14 p. 100 en passant d’un gaz pauvre au gaz des fours à coke.
- Un moyen plus judicieux d’élever notablement la puissance consiste à obtenir la combustion complète d’une plus grande quantité de gaz. Gomme l’enrichissement de l’air en oxygène n’est pas possible, il ne reste qu’à employer l’air comprimé, que fournit d’ailleurs la machine. On procède alors de la manière suivante. Le piston aspire, pendant presque toute la course, du gaz ou un mélange très riche, la soupape se ferme, et une soupape commandée laisse pénétrer l’air comprimé jusqu’à l’arrivée au point mort. La pression de charge dans le cylindre est ainsi augmentée. Dans une
- Fig. 21 et 22.
- combustion, la pression moyenne du diagramme augmente proportionnellement au ' poids de combustible introduit. La pression finale de compression s’élève donc notablement, et pas le rendement thermique, car ce dernier est donné par la relation
- Ti — Ta Ti
- Ta représente la température initiale de combustion, Tj la température finale,?; le volume des espaces nuisibles, v le volume de la cylindrée. Le rapport des v
- volumes —;-----est en effet resté invariable. Pour le rendement total, il faudra tenir
- V+.V0
- compte de l’énergie nécessaire à la compression préalable de l’air. Ce procédé, par suite de l’augmentation de la pression de combustion, fatigue davantage les organes moteurs.
- Un autre moyen d’augmenter la puissance d’un moteur à gaz, serait d’introduire dans le cylindre un fluide à haute tension, qui ne peut être que de la vapeur. Dans ce cas, au moment où les gaz brûlés sont à la pression de la vapeur, on laisse entrer cette dernière dans le cylindre par une soupape spéciale; au diagramme, s’ajoute alors une ligne de pression constante, correspondant à l’admission de la vapeur, et, seulement
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- Fig. 23. — Souffleur de 2 000 chevaux des ateliers de Nuremberg,
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- après la fermeture de la soupape d’admission de vapeur, commence l’expansion du mélange de gaz et de vapeur. Un tel procédé ne serait pas économique; d’abord il exigerait une batterie de chaudières constamment sous pression, puis la construction du moteur serait très difficile. Par contre, ce procédé aurait l’avantage de ne pas fatiguer davantage les organes moteurs.
- Modification du nombre de tours. — Un autre point très important dans les machines soufflantes mues par le gaz, c’est la possibilité de régler et de faire varier le nombre de tours. Dans ces derniers temps, on a abandonné les régulateurs automatiques de puissance. Dans la plupart des cas, en effet, .le réglage à la main suffit, et il prend moins de temps que le réglage des ressorts puissants des régulateurs. Le danger d’emballement n’est pas très grand dans le cas de machines soufflantes, cepen dant on peut facilement disposer un régulateur qui, au delà d’un certain nombre de tours, coupe l’admission ou l’allumage. En agissant sur l’allumage, on peut régler la vitesse entre de faibles limites mais le procédé n’est pas économique.
- Dans le cas d’une marche à vitesse très variable, les rapports des arrivées de gaz et d’air sont d’une importance fondamentale. Le gaz, par le fait des ventilateurs des épurateurs, arrive sous une certaine pression, qui varie avec les dimensions de la conduite. A l’orifice d’admission du moteur, le gaz a généralement une pression de 20 à 40 millimètres d’eau, essentielle pour la marche des moteurs à gaz à des vitesses variables, car, pour la mise en mouvement des masses de gaz, on dispose déjà d’une certaine pression, tandis que l’air doit être aspiré. Si maintenant la pression du vent s’élève, le nombre de tours du moteur à gaz diminue; la machine possède-t-elle un régulateur, ce dernier augmente la course de la soupape de manière à augmenter l’admission du gaz. C’est le même résultat qu’on cherche à obtenir dans le réglage à la main. »
- Mais maintenant, par suite de la diminution de la vitesse, le volume des cylindrées par minute est devenu plus petit. Si l’on suppose que le réglage de la soupape de gaz reste le même, la grandeur de sa section ne varie pas; d’autre part, la durée totale d’ouverture de la soupape d’admission du gaz est indépendante du nombre de tours. Dans un moteur à quatre temps, cette soupape de gaz reste ouverte pendant le premier temps, et fermée pendant les trois autres temps. Si la machine fait n tours par minute, la durée totale d’ouverture de la soupape d’admission du
- 6 0 Th
- gaz est, par minute, pour un côté du cylindre, de 1/2 = 15 secondes. Cette
- durée est complètement indépendante du nombre de tours. Il faut tenir compte aussi de l’aspiration produite parle piston, qui donne la dépression suffisante. Cette dernière dépend de la vitesse, et croi t avec cette dernière. Si l’on ne tient pas compte de cette aspiration, la quantité* de gaz introduite dans le cylindre reste la même pendant des temps égaux, puisque la section d’admission de la soupape et sa durée totale d’ouverture restent invariables. Mais, dans le cas d’un petit nombre de tours, cette même quantité de gaz se répartit sur un plus petit nombre de courses, par conséquent la quantité de gaz est plus grande à chaque cylindrée. Le danger à craindre, c’est l’admission dans le cylindre d’une quantité de gaz plus grande que celle qui peut y être complètement brûlée; la puissance'du moteur diminue alors rapidement. Ce cas se présente lorsque le gaz arrive dans le cylindre à une pression telle que la dépression produite, par le piston soit nulle; l’air ne peut être aspiré, et il peut même y avoir refoulement du gaz dans la conduite d’arrivée d’air.
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES. 309 Considérons maintenant l’action aspirante du piston. Elle augmente avec le nombre
- de tours. Si ce dernier s’abaisse, le vide de l’aspiratiqp diminue, et la quantité d’air a ri mi se dans le cylindre devient insuffisante, de sorte que les moteurs à gaz sous
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- FÉVRIER 1908.
- pression admettent, lorsque la vitesse diminue, plus de gaz que d’air, tandis que c’est l’inverse qui a lieu pour les moteurs aspirants.
- Si la machine possède un régulateur, ce dernier a pour effet, lorsque la vitesse
- diminue, d’allonger la course de la soupape d’admission du gaz, et souvent d’augmenter sa durée totale d’ouverture. Le régulateur fait donc le contraire de ce qu’il
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- CONSTRUCTION ET FONCTIONNEMENT DES MACHINES SOUFFLANTES. 311
- devrait faire, et rend les conditions encore plus mauvaises. Le mécanicien fait d’ailleurs la même chose lorsque, la vitesse diminuant, il ouvre l’admission de gaz dans le cylindre. La conséquence est l’arrêt rapide de la machine.
- On peut parer à cet inconvénient, d’une manière incomplète, il est vrai, en agissant sur le gaz au moyen d’un robinet de détente. Mais, pendant les trois temps où la soupape est fermée, la pression s’équilibre en deçà et au delà du robinet de détente.
- Moyens d'obtenir de faibles vitesses. — Il est quelquefois nécessaire que les moteurs à gaz des machines soufflantes marchent à un petit nombre de tours. Nous allons donner ici quelques-uns des moyens employés dans ce but.
- Aussi longtemps que la dépression produite par Je piston reste la même, pour chaque course, à vitesse constante, on peut toujours déterminer lé rapport du mélange entre le gaz et l’air d’après la section des soupapes. Mais dès que l’aspiration produite par le piston vient à diminuer, par suite de la diminution du nombre de tours, le mélange convenable ne se produit plus, sous l’influence d’actions secondaires qui deviennent alors prépondérantes. C’est le cas du refoulement des gaz brûlés dans le cylindre quand le piston se trouve au voisinage du point mort. On peut y remédier en partie, en joignant chaque tube d’échappement à la conduite principale d'échappement par des raccords allongés dans le sens du courant gazeux. On peut même utiliser l’énergie des gaz d’échappement pour la formation du mélange en terminant les tubes d’échappement en forme de buse, de manière à exercer une dépression. Les gaz brûlés s’échappant sous forte pression à la fin d’une course exercent alors une aspiration sur le reste des gaz brûlés du côté du cylindre qui termine son échappement, et qui va aspirer à nouveau. Par ce moyen, non seulement on a l’avantage d’aspirer uniquement un mélange neuf, mais encore on diminue la contre-pression sur le piston pendant la courbe d’échappement.
- Ce moyen ne peut servir que dans le cas où les variations de charges et de vitesses de la machine sont bien déterminées à l’avance. Un autre moyen d’assurer un bon mélange lorsque la vitesse diminue repose sur une commande spéciale de l’admission et de l’échappement. Dans ce but, on ferme presque complètement la soupape d’échappement au point mort, et on donne à la soupape d’admission une très faible ouverture. De cette façon on évite, autant que possible, le retour des gaz brûlés dans le cylindre, au commencement d’une course aspirante. On obviera d’une manière plus complète à cet inconvénient, en disposant une pompe spéciale qui mesure, pour chaque course, la quantité de gaz à admettre ; le réglage de la quantité de gaz en fonction de la charge de la machine est alors facile.
- Dans le cas du réglage à la main de l’admission du gaz dans le moteur, les pertes des soupapes de la machine soufflante, aux variations de charge, ont une répercussion sur le nombre de tours. Ces pertes croissent avec le nombre de tours. Si la pression du vent baisse subitement, et qu’on n’agisse pas de suite sur le réglage, la vitesse augmente, en même temps que de l’énergie cinétique est emmagasinée dans le volant. En même temps, les pertes des soupapes de la machine soufflante augmentent. La vitesse augmente jusqu’à ce que le diagramme du compresseur soit suffisamment agrandi par les surfaces de perte pour que le moteur ne fournisse plus d’excès de travail. Plus les pertes augmentent lentement, c’est-à-dire meilleures sont les soupapes du compresseur, et plus la vitesse croîtra. D’après les essais, dans le cas de bonnes soupapes, la vitesse peut augmenter de 2 à 3 tours/min. lorsqu’on n’agit pas sur l’admission de gaz, et que la pression du vent baisse de 1 centimètre de mercure. Inversement,
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- 312 ; NOTES DE MÉC4iV/QUE* — FÉVRIER 1908.
- la machine fait 2 à 3 tours/min. en moins, lorsque la pression du vent monte de 1 centimètre de mercure.
- Mise en marche. — Les moteurs à gaz des machines soufflantes sont toujours mis en marche à vide et le plus souvent avec de l’air comprimé. La mise en marche avec de la gazoline se rencontre encore dans certains cas isolés (Cockerill). La dépense de travail pour la mise en marche est assez considérable. Le moment de mise en route atteint habituellement 50 à GO p. 100 du moment de rotation normal; la moitié environ correspond à l’accélération des masses, l’autre sert à vaincre les résistances passives des organes moteurs. Cette dernière partie peut atteindre, à l’état froid, surtout après un long repos, une valeur considérable. Les moteurs à gaz pauvre ne s’allument régulièrement qu’à partir d’une vitesse de 15 à 20 tours/min. A cette vitesse, la dépense d’énergie pour la mise en marche comporte environ 10 à 20 p. 100 de la puissance normale, ce qu’on obtient facilement avec l’air comprimé. Pour obtenir un départ certain, il faut caler la manivelle à environ 25°-30° en arrière du point mort; un moteur électrique est généralement employé dans ce but. Quant à une mise en marche purement électrique, elle serait très onéreuse. Pour lancer un moteur de 2 000 chevaux, il faut dépenser environ de 300 à 350 chevaux, d’où la nécessité d’un moteur calculé en conséquence. Les dispositifs de mise en marche électrique ne peuvent avoir d’autre but que d’amener la manivelle dans la position favorable pour la mise en marche avec l’air comprimé.
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- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Séance du 14 février 1908.
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le Président donne connaissance d’une lettre de M. le ministre de VAgriculture allouant à la Société d’Encouragement une subvention de 3000 francs, justifiée par les dépenses considérables que notre Société consacre, chaque année, à l’encourage ment de notre grande industrie nationale.
- M. le Président remercie vivement M. le ministre de l’Agriculture de sa générosité, dont nous rie serons pas embarrassés de faire un emploi digne d’elle.
- Présentations d’ouvrages. — MM. Hitier et Toulon, secrétaires, présentent, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants, offerts à notre bibliothèque.
- M. Toulon prend la parole en ces termes :
- Messieurs,
- Une de vos préoccupations les plus constantes, le plus noble de vos soucis, est d’accroître l’action de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale et d’étendre le rayonnement de son influence, afin de remplir mieux encore la haute mission que lui ont assignée ses fondateurs. Une commission spéciale a délibéré sur ces graves questions ; un large programme a été élaboré, mais surtout, des idées et des vues échangées est résultée la conviction fermement établie que notre Société, appelée à encourager toutes les applications de la science à l’industrie, représentait la synthèse nécessaire au milieu des multiples spécialités et que son rôle éminemment utile devait s’étendre avec les progrès du développement industriel. Comme début et comme mesure de détail dans cette voie toujours plus large et qui exige des efforts plus nombreux, vous avez décidé que, suivant les termes du règlement, deux secrétaires seraient nommés; c’est à ce désir d’augmenter nos moyens d’action que je dois l’honneur d’être à cette place.et de collaborer avec M. Hitier, déjà précédemment votre secrétaire.
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- Cet honneur que vous me faites, je vous en remercie ; votre bienveillance me crée des devoirs dont je sens le poids redoutable. J’aurai pour exemple et pour modèle ceux qui ont si vaillamment rempbles fonctions de secrétaire; je ne puis oublier mon maître dans le corps des Ponts et Chaussées, M. Collignon, si longtemps votre secrétaire, et que je regrette plus que personne de ne plus voir à cette place. M. Hitier m’adresserait des reproches si je disais tout le bien que la Société pense de la façon dont il s’acquitte de sa mission. Collaborer avec lui est une tâche facile. Soutenu parla ferme conviction que notre Société a un but sincèrement utile et par une croyance profonde dans ses progrès futurs et son avenir, j’ose aussi avoir confiance en votre sympathique appui ; votre bienveillance d’hier m’est* un sûr garant de votre indulgence pour demain.
- Mais j’ai hâte de terminer ce trop long préambule et redoute de mériter déjà vos critiques en retardant les nombreuses et intéressantes communications que vous avez à entendre ce soir.
- Je me bornerai donc à vous présenter très rapidement quelques-uns des volumes reçus à notre bibliothèque depuis la dernière séance.
- Worms de Romilly. — Premiers principes des sciences mathématiques (in-8°, 54 p. Paris, Hermann).
- M. Worms de Romilly expose dans cet ouvrage et discute les principes mêmes sur lesquels reposent les sciences mathématiques. Il rappelle les travaux de M. Poincaré sur les géométries non Euclidiennes et en particulier sur la géométrie de Lobetcheski et sur celle de Riemann. Ce sont d’intéressantes études théoriques qui ont, pour le praticien, l’intérêt de définir et de limiter la nature des sciences mathématiques, cet instrument merveilleux auquel il ne faut demander que ce qu’il peut donner, d’après les éléments logiques qui lui servent de base.
- L. Marchis, professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Bordeaux, 1908. Production et utilisation des gaz pauvres (in-4°, 322 p. 233 fig., Paris, Dunod et Pinat).
- M. Marchis, professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, lauréat de l’Institut, a publié un important ouvrage sur la production et l’utilisation des gaz pauvres.
- C’est un cours industriel à l’usage des ingénieurs. Cet ouvrage étendu passe successivement en revue et donne des renseignements à la fois théoriques' et pratiques sur la production du gaz à l’air, du gaz à l’eau, sur les combustibles, sur les machines à gaz et les divers modes d’utilisations industrieHes. De nombreux dessins et des détails puisés aux sources les plus récentes donnent, sur cet ensemble de questions, les renseignements les plus sûrs et les plus utiles.
- Dans une préface magistrale, M. Maurice Lévy, membre de l’Institut, rappelle les rapides progrès qu’ont réalisés les moteurs à explosions depuis peu d’années. Enl890, le moteur à essence était encore un objet de curiosité; aujourd’hui on en construit dont les puissances vont jusqu’à 300 ou 400 chevaux; il entraîne sur les routes des voitures à des vitesses que l’on croyait réservées aux locomotives sur voies ferrées.
- Un moteur à gaz de 100 chevaux paraissait une utopie, il y a douze ans; aujourd’hui, l’industrie emploie des moteurs à gaz de 2 000 et 3 000 chevaux.
- Ainsi, dit M. Maurice Lévy, « la production et l’utilisation de l’énergie se transforment avec une rapidité déconcertante. Il en résulte que l’ingénieur mis à la tête
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- d’une exploitation a besoin, non seulement de se tenir au courant des progrès réalisés dans la branche spéciale dans laquelle il est plus particulièrement compétent, mais encore de suivre le développement des branches parallèles qui sont susceptibles, à un moment donné, de transformer le mode d’exploitation jusqu’alors mis en œuvre. »
- Un peu plus loin, M. Maurice Lévy écrit : « Projet d’installation électrique, substitution de moteurs à gaz aux machines à vapeur, étude de la production industrielle du froid, tels sont les problèmes en face desquels se trouve l’ingénieur métallurgiste. Le chimiste, le mécanicien, l’ingénieur des mines peuvent être aux prises avec des difficultés du même ordre ; ils peuvent avoir à résoudre des questions pratiques dont leur spécialisation ne leur a pas, en général, permis de suivre tous les développements. »
- Cette pensée de M. Maurice Lévy vient confirmer, sous la plume d’un maître, votre conviction dans l’avenir de notre Société dont la mission vise à encourager toutes les applications industrielles des sciences. Ce sont des idées semblables à celles que j’ai essayé de vous exposer et auxquelles vous avez bien voulu donner votre approbation.il était intéressant de vous signaler quelle haute et compétente autorité vient s’associer aux vues qui inspirent le programme de notre Société.
- Enfin l’ouvrage de M. Marchis montre que les professeurs de nos Universités cherchent à orienter la science théorique vers les résultats utiles aux applications industrielles. C’est, là une heureuse direction donnée à notre enseignement universitaire et les conséquences ne‘peuvent en être que fécondes.
- L. Lecornu, ingénieur en chef des mines, professeur à l’École polytechnique et à l’École des mines. — Dynamique appliquée.
- L’ouvrage de notre collègue M. Lecornu, ingénieur en chef des mines, intitulé : La dynamique. appliquée, fait partie de l’Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du docteur Toulouse par la librairie Douin. Il est destiné aux ingénieurs et a pour but de donner à la fois la théorie et des exemples judicieusement choisis et suffisamment variés pour montrer Futilité de la théorie et la multiplicité de ses applications.
- M. Hitier.
- Un de nos collègues M. P. de Monicault signale à la Société une exposition d’hygiène rurale qui doit se tenir à Bourg, en 1908.
- La ville de Bourg prend l’heureuse initiative d’une exposition'nouvelle et de véritable actualité. Après le. mouvement si intéressant suscité en faveur de l’hygiène urbaine, la municipalité de Bourg a pensé qu’il ne fallait pas négliger l’hygiène rurale. Elle .a eu l’idée de coordonner les efforts jusqu’ici trop clairsemés pour montrer ce qui a été fait, et ce qui reste à faire dans cette voie.
- L’exposition d’hygiène rurale à Bourg comprendra un concours de plans et maquettes d’habitations et d’écuries types pour domaines de l’Est et du Sud-Est, et une exposition de tous les appareils, procédés, etc., utiles à l’hygiène du fermier, des animaux et de la ferme (fabrication, conservation, etc.).
- Le Comité d’honneur, à la tête duquel se trouve le professeur Arloing avec MM. Regnard, Ringelmann, Decker-David, etc., constitue à lui seul un programme. Ce patronage assure déjà le succès de l’Exposition.
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- Souhaitons que les exposants y viennent nombreux. Il y a là une occasion de vulgariser tant de notions nouvelles trop peu connues dans le monde agricole.
- Parmi les ouvrages offerts à la bibliothèque, M. Hitier signale :
- Du laboratoire à l’usine, par Louis Houllevigne, professeur à l’Université de Caen. Un vol. in-18 jésus (Librairie Armand Colin, 5, rue de Mézières, Paris).
- La curiosité pour les choses scientifiques est aujourd’hui fort commune, éveillée qu’elle est sans cesse par les applications qui, à l’usine, dans la rue, dans nos maisons même, ont transformé la vie moderne.
- Il était de mode, il y a peu d’années, dans les milieux scientifiques français, de décourager cette curiosité du public pour les sciences, en la représentant comme sans profit pour ceux qui l’éprouvent et comme gênante pour ceux auxquels on demande de la satisfaire ; l’exemple des plus grands physiciens anglais a prouvé que tout, ou presque tout, peut être expliqué au grand public à condition qu’on en prenne la peine, qu’on lui parle le langage qu’il comprend et qu’on ne craigne pas de prendre les choses par le commencement.
- C’est à quoi s’est efforcé l’auteur .de ce livre ; il n’a pas eu la prétention d’y présenter au lecteur toute la science, mais il a choisi quelques questions parmi celles qui se recommandent d’un intérêt social ou philosophique, et il les a traitées avec les développements nécessaires ; il a cherché à montrer comment les travaux du laboratoire donnent naissance d’une part aux lois et aux idées générales qui planent sur la science,'et d’autre part aux applications qui se mêlent chaque jour davantage à notre existence. C’est dire que ce livre s’adresse à ceux qui cherchent, non des faits et des nombres, mais des idées générales, _ des méthodes et une vue d’ensemble sur l’évolution scientifique.
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- Différentes publications statistiques nous ont été adressées :
- 2. Du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale nous avons reçu : l’Annuaire statistique, 26e volume, 1906.
- Le volume contient les chiffres officiels de la population d’après le recensement du 4 mars 1906.
- Mais nous attirons spécialement l’attention sur la partie de cette statistique qui renferme les résultats d’une enquête sur les salaires de certaines catégories d’ouvriers. Cette enquête fait suite à celles qui ont été commencées en 1853 auprès des maires des chefs-lieux de départements; depuis 1896 les renseignements sont demandés aux Conseils des prud’hommes, dans les villes où fonctionnent ces Conseils. A la suite des résultats détaillés de l’enquête, des. tableaux en présentent le résumé et permettent des comparaisons avec les enquêtes antérieures, puis des évaluations comparatives sont échelonnées de dix ans en dix ans depuis le début du siècle dernier. Des indications sont ajoutées sur la variation du coût d’un certain genre de vie à Paris et sur les prix de pension payés par les ouvriers dans les divers départements.
- 3. Du même ministère nous avons reçu: Office du travail. Enquête sur le travail à domicile dans l’industrie de la lingerie.
- Ce premier volume est consacré à Paris, deux autres le seront à la province et le troisième volume contiendra une conclusion générale dont nous ferons connaître, le moment venu, les données principales à la Société.
- 4. La direction générale des Douanes nous a adresséle Tableau général du Commerce et de la Navigation, Année 190.6, 2° volume: Navigation internationale, cabotage français et effectif de la marine marchande.
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- 5. Nous devons des remerciements tout spéciaux à notre collègue du Conseil, M. Dabat, qui a fait envoyer à notre bibliothèque la collection du Bulletin et des Annales de la Direction de l’hydraulique agricole et des Améliorations agricoles (ministère de l’Agriculture).
- C’est là une publication très remarquable, renfermant, outre des documents officiels, des statistiques, des rapports du plus haut intérêt, parmi lesquels je vous signalerai, par exemple, les beaux rapports de M. J. Barois, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, sur l’Irrigation en Égypte; les résultats des études et travaux du service d’Études des grandes forces hydrauliques (région des Alpes), etc., etc.
- Il y a là toute une série de travaux tout à fait remarquables qui font le plus grand honneur à la France, travaux trop peu connus du grand public, et qui témoignent hautement des services rendus à notre pays par la Direction de l'hydraulique et des Améliorations agricoles du ministère de l’Agriculture.
- A la demande de notre bibliothécaire, M. Garçon, que nous remercions encore de s’occuper si activement du service qui lui est confié, M. S. W. Stratton, qui dirige, au département du commerce et du travail de Washington, le Bureau of standards, nous a honorés de l’envoi d’une collection complète de son Bulletin. Le Bureau of standards de Washington, quoique de fondation récente, a déjà publié des mémoires de très haute valeur, parmi lesquels nous nous bornerons à citer des mesures de températures de fusion, ou d’intensités de radiations, ou d’unités électriques; et nous sommes particulièrement reconnaissants à M. S. W. Stratton d’avoir bien voulu inscrire notre bibliothèque sur la liste de celles qui recevront régulièrement un Bulletin aussi riche en documents de précision.
- Reÿue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs, .
- On vous a souvent signalé le danger très grave que présente le déboisement pour notre agriculture, et les derniers désastres qui ont si cruellement éprouvé notre Midi suffiraient pour démontrer toute la gravité de ces dangers; on vous a aussi signalé l’insuffisance croissante des bois d’œuvre dans le monde entier (1). Or, ce gaspillage de la forêt ne fait que croître, comme le montrent les quelques chiffres suivants, empruntés à un intéressant article de M. Rossiter (2).
- D’après* M. Rossiter, la consommation des bois atteint actuellement, aux Etats-Unis, un chiffre tel, — plus de 240 millions de mètres cubes par an, au dernier census de 1905, — que suivant les estimations du « Bureau of Forestry » de Washington, si cela continue, dans une trentaine d’années, toutes les forêts en apparence inépuisables des États-Unis seront rasées. La très grande majorité de cette effroyable consommation de bois est accaparée, cela va sans dire, par le bâtiment, le meuble, les chemins de fer, au taux de 100 milüons de traverses par an, les mines, et vous savez avec quelle rapidité tout cela se développe là-bas; mais, à côté de ces emplois du bois, il s’en trouve un, plus spécial, et qui a pris, en Amérique, un développement extraordinaire, c’est le papier de bois, principalement celui des journaux.
- (1) Bulletin d’août 1904, p. 567. Rapport de M. Daubrée sur l’ouvrage de M. Mélard : l’Insuffisance du bois d’œuvre.
- (21 American Review of Reviews, janvier 1908, p. 71.
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- En 1905, la production totale du papier de bois s’élevait, aux États-Unis, à 2 400 000 tonnes, sur lesquelles 820 000 tonnes pour les seuls journaux, dont le tirage annuel total atteignait alors 10 milliards 500 millions, soit 125 journaux par tête d’habitant, journaux d’environ 8 pages, de très grand format, et pesant, en moyenne, 80 kilos le mille. Ces journaux employaient, en 1905, outre les compositeurs ordinaires, 6 000 linotypes, équivalentes à 58000 typos; le papier leur est fourni par des machines colossales, débitant jusqu’à 80 mètres carrés par minute. Toujours en 1905, les éditions du dimanche de ces journaux avaient déjà pris un développement fabuleux; on comptait, dans l’ensemble des États-Unis, 456 grands quotidiens, tirant à environ 11 539000 exemplaires par jour, et de 32 pages chaque dimanche, équivalant, pour chaque dimanche, à près de 6 millions de volumes in-8° de 500 pages. A New-York seul, 6 de ces journaux du dimanche tirent à 1 803 000, et les 60 pages de chacun d’eux représentent un volume in-8° de 480 pages. En 1907, le nombre de pages est passé à 65, et l’on évalue le tirage actuel de tous les hebdomadaires des États-Unis à 600 millions d’exemplaires par an, dont 94 millions pour New^-York seul.
- Qu’est-ce qu’il y a dans cet océan de papier noirci? A peu près un tiers d’annonces, un tiers de dessins sensationnels ou grotesques, et un tiers de texte, et, dans ce texte, des faits divers d’une banalité lamentable, crimes, chantages, scandales de toute sorte, de grosses farces et des histoires plutôt bébêtes, c’est-à-dire bien pis que rien; imaginez en un mot la minceur intellectuelle de certains de no! cinq centimes à 6 pages étendue dix fois; c’est d’une platitude inconcevable. Heureusement, ce gâchage absurde ne pourra guère s’étendre, peut-être même devra-t-il bientôt cesser, car les bois dits « bois de pulpe », principalement le sapin et le peuplier, font déjà défaut aux États-Unis, et le Canada, justement inquiet, se défend contre l’exportation des siens, au point que le prix moyen du papier de bois est passé, de 1900 à 1905, de 1 cent, 6 à 2 cents la livre (0 fr. 22 le kilo), et cette augmentation ne fait que s’accélérer. Il serait heureux qu’elle le fût au point de rendre commercialement impossible ce genre de littérature.
- Puisque nous sommes en Amérique, j’en profiterai pour attirer un instant votre attention sur le développement prodigieux — il n’y a vraiment pas d’autre mot pour le caractériser — qu’a pris, dans certaines villes des Etats-Unis, à Chicago notamment, le système de vente par la poste, ou de vente postale, Mail Order Business, comme on dit là-bas. Les deux plus grands magasins de ce genre, à Chicago : celui de M. Ward, fondé en 1872, et celui de H. Sears, fondé en 1895, ont, d’après M. Casson (1), reçu en 1907, pour achats d’objets de toute espèce, plus de 18 millions de lettres, renfermant près de 80 millions de dollars, et expédié, pour entretenir ce commercer environ 4 millions de catalogues de 1 500 pages chacun, dont l’envoi seul, le timbre de la poste, a coûté plus de 7 millions de francs. La poste débordée a dû renoncer à expédier elle-même les colis; elle livre à ces établissements des étiquettes timbrées d’avance, et les établissements font le service d’expédition postale eux-mêmes. L’un de ces magasins occupe un terrain de 20 hectares. L’autre emploie 8 500 hommes et femmes, et fait un chiffre d’affaires d’environ 1 million de dollars par semaine. Les lettres, qui affluent, au temps du Christmas, jusqu’au taux de 75 000 par jour, sont saisies en paquets de 50 et présentées à des meules qui les ouvrent d’un coup en râpant les tranches des enve-
- (1) Munsey Magazine, janvier 1908, p. '513.
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- loppes. De là, elles passent à un bureau où 120 femmes ne font que les sortir des enveloppes et les trier. Celles qui exigent une réponse passent à un bureau de 100 commis, chargés uniquement de répondre; celles qui renferment des ordres d’achat, avec l’argent, passent à un troisième bureau, où 150 femmes classent les lettres et comptent la monnaie. De là, ces lettres passent à l’enregistrement, où 500 femmes transforment les ordres en cédules typées et dirigées sur leurs départements respectifs ; les lettres sont enfin envoyées au classement final, tenu par une centaine de femmes. Les ordres sont envoyés, par un réseau de 22 kilomètres de tuyaux pneumatiques, à 63 départe-# ments, qui en renvoient les objets par autant de descenseurs en hélice comme ceux de notre hôtel des postes ; il ne reste plus qu’à les étiqueter, emballer et timbrer.
- Le magasin s’interdit absolument toute vente, même par la poste, dans la ville où il se trouve, dans Chicago par exemple, de sorte qu’il ne sacrifie rien au luxe de l’étalage et des salles de réception du public; pas de temps perdu en conversations, déballages et remballages inutiles, c’est une activité silencieuse, d’un rendement maximum.
- Ce n’est pas à dire qu’un pareil système réussirait en France. S’il réussit, et avec un pareil succès, aux États-Unis, c’est qu’il répond aux besoins d’une clientèle d’environ 55 millions de fermiers et d’artisans de la campagne, qui ne vont jamais à la ville, et si l’on songe que le chiffre d’affaires de ces fermiers seuls a, en 1907, dépassé 37 milliards (7 412 000 000 de dollars), il n’y a pas à s’étonner de les voir alimenter avec tant d’empressement le « Mail.Order Business » si commode pour eux.
- Vous venez de voir toute la puissance de cette publicité formidable, faite par des armées de catalogues, dont l’expédition .seule coûte des millions; c’est là, bien entendu, à ce degré, une exception justifiée par des circonstances particulières; mais ce qui n’est pas exceptionnel, c’est que, dans un très grand nombre de cas, la publicité par catalogues est l’une des meilleures que puisse faire un industriel. Nos concurrents l’ont très bien compris. Tandis que ce genre de publicité n’est, à quelques exceptions près, que tout à fait inférieur chez la plupart de nos constructeurs mécaniciens, par exemple, elle est, au contraire, très remarquable chez nos concurrents, qui savent présenter leurs machines, non, tout simplement, comme les meilleures du monde, mais aussi avec tous les détails nécessaires pour les apprécier, en comprendre le fonctionnement, la raison de leur supériorité et la manière de s’en servir dans les travaux les plus variés de leur ressort. Ces catalogues sont, en réalité, souvent, de véritables traités pratiques, et très précieux, de la machine qu’ils présentent. Et cela n’est pas vrai seulement pour la mécanique ; il en est de même pour la chimie, par exemple, qui ne paraît guère a priori s’y prêter aussi bien. Il suffit de citer les catalogues des grandes fabriques de matières colorantes d’Allemagne, dont voici quelques spécimens, qui m’ont été communiqués par M. Garçon. Vous verrez, en les parcourant, qu’ils constituent, comme pour la mécanique, de véritables traités, extrêmement clairs et pratiques, fournissant, par des tables d’échantillons admirablement dres'sées, tous les renseignements que peut désirer un client. Ce sont là, évidemment, de grosses dépenses, de grands travaux même, mais il est certain qu’ils rapportent à ceux qui les éditent et les répandent à profusion, et il est vraiment regrettable de voir nos industriels hésiter si fréquemment devant ces dépenses, qui ne pourraient que leur rapporter autant qu’elles le font à leurs concurrents mêmes.
- Je vous ai, dans notre dernière séance, dit en quelques mots les avantages que présente la commande individuelle des machines-outils par l’électricité; voici quelques
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- projections qui achèveront de préciser cet avantage. Les deux grands alésoirs fraiseurs, genre de machine de plus en plus employé, et que voici, dans une vue des ateliers Krupp (1), montés sur une grande plaque de fondation commune, sont commandés par des dynamos montées sur leurs glissières, et vous retrouvez, dans cette autre projection, cette même machine (2) combinée avec deux autres, ayant chacune leur commande individuelle, et permettant d’aléser et de fraiser simultanément la partie cylindrique et les paliers d’un moteur à gaz. La perceuse murale de Heterington que voici vous présente un autre exemple de commande électrique des plus avantageux.
- Voici une raboteuse monstre, construite récemment par Bernent pour un atelier fabriquant des machines de laminoirs (3). Elle pèse 380 tonnes; sa table, de 18 mètres X 3m,90, et en deux pièces longitudinales, pèse 64 tonnes, et retourne à la vitesse de 0ra,30 par seconde. L’écartement des montants est de 4m,35 et la hauteur maximade la traverse au-dessus de la table est de 3m,70. La course de la table est de 9 mètres; la course verticale des outils est de 2m,45. Cette projection, où Ton voit une centaine d’hommes échelonnés sur cette machine, achèvera de donner une idée de ses dimensions inusitées; mais ce qui intéresse, ce ne sont pas tant ces dimensions que la facilité avec laquelle les commandes électriques ont permis d’actionner avec simplicité, précision et souplesse les différents mouvements de ce monstre, qui exige, pour son fonctionnement, une puissance totale de 207 chevaux. Ces 207 chevaux sont répartis en 100 chevaux pour la commande principale,de la table, par pignons et crémaillères, 20 chevaux pour la levée de la traverse, 50 pour la commande des rabotages transversaux et verticaux, 7 pour la commande des têtes d’outils, qui renferment chacune une petite mortaiseuse à crémaillère et à retour rapide, et 30 chevaux pour la commande du compresseur qui fournit l’air nécessaire à l’actionnement des embrayages à disques multiples et des avances des outils. Il faudrait, pour bien faire ressortir l’avantage de ces commandes électriques, une description détaillée, que je ne puis entreprendre ici, mais on conçoit néanmoins très clairement que, si l’on avait été obligé de commander tous ces mouvements par des transmissions, il aurait fallu recourir à des mécanismes compliqués et bien moins dociles que des dynamos à leurs commutateurs.
- Enfin, voici, pour vous rappeler encore cette question du déboisement, une énorme machine à débiter les bois de placage, installée en pleine forêt, à Winston Salem N. C. et qui, avec sa roue de 10m,80 de diamètre et de 170 tonnes, à lames de 3m,30 de long, débite près de 100 000 pieds de bois par jour (235 mètres cubes) (4).
- A propos de machines-outils je vous signalerai une explosion de chaudière des plus intéressantes, qui s’est produite le 20 décembre 1906, à Greenwich, parce qu’elle montre la nécessité de la précision non seulement des machines à «couper et façonner les métaux, mais aussi des machines de chaudronnerie : emboutisseuses, riveuses,... pour lesquelles on n’apprécie pas, en général, cette nécessité à sa véritable valeur. Cette explosion fut celle d’un dôme (Je réserve d’eau chaude, cylindrique, de lm,50 de diamètre, dont le fond se décolla sur son bord; l’explosion causa la mort
- (1) Communiquée par De Fries.
- (2) Communiquée par De Fries.
- (3) Engineering News, 2 janvier. Machinery, janvier.
- (4) Scientifie American, 1er février 1908.
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- de deux hommes. Le fond en question avait été fourni tout embouti par une firme très puissante à une firme, non moins puissante, qui construisait les chaudières, et, tout naturellement, ces * deux puissances se livrèrent, devant les experts, à une lutte opiniâtre et savante à l’effet de faire déclarer que l’accident provenait exclusivement soit de la forge, soit de l’usine. Cette bataille dura près d’une année ; elle se fit à coups d’essais mécaniques des tôles, d’analyses et de micrographies, dont le résultat le plus clair fut, d’abord cette durée d’une année, puis de faire monter le prix de l’expertise à un chiffre jugé fabuleux parles Anglais eux-mêmes. Il fut enfin démontré, ce que l’on savait d’ailleurs dès l’origine par les témoignages, que les tôles étaient excellentes, que leur emboutissage et leur recuit avaient été irréprochables, et que tout
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- Fig. 2.
- le mal provenait d’une action brutale et faussée de la riveuse. On avait constaté, dès la mise en présence du fond et de la partie cylindrique du dôme, que leur contact au bord était imparfait, et, pour l’assurer sur tout son pourtour, on avait pressé et maté les bords des fonds sur les tôles du corps par leur compression entre des touches ad hoc de la riveuse, comme vous le voyez sur cette projection (fig. 1). Ce matage s’exerçant par des pressions énormes sur des congés trop petits (25 millimètres pour une tôle de 22 millimètres), y avait refoulé le métal en une série d’identations le long desquelles s’étaient développées des criques (fig. 2). Ces criques se manifestèrent d’abord par des suintements, que l’on attribua, malheureusement, à des fuites de la rivure, puis par l’explosion (1).
- Je terminerai ce que j’ai à vous dire aujourd’hui sur les chaudières en mettant sous vos yeux des projections qui vous rappelleront d!une façon très nette la construction des foyers de locomotives à tubes d’eau de Brotan, dont je vous ai entretenus dans notre dernière séance. Vous voyez comment ce foyer est constitué par un jeu de tubes arqués de manière à former une boîte à feu et aboutissant, d’une part, au dôme de la chaudière,et, de l’autre, au cadre creux du foyer, relié au bas du corps cylindrique par un gros tuyau coudé, dont vous voyez les brides d’attache. Ce cadre, en acier coulé, est pourvu de* regards en permettant le décrassage. Ce foyer est recouvert d’une
- (1) Engineering, 24 janvier, p. 130.
- Tome 110. — Février 1908. 21
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- PROCÈS-VERBAUX. --- FÉVRIER 1908.
- couche d’argile réfractaire et d’une enveloppe de tôle. La chaudière que vous avez sous les yeux est destinée à une forte locomotive de gare , elle est timbrée.à 13 kilos; les tubes du foyer, au nombre de 34, de 83 millimètres de diamètre extérieur, sont en acier et du type Mannessamann sans soudure ; leur surface de chauffe est de 7m2,15 pour une grille de 0ul2,85 ; les tubes du corps cylindrique ont une chauffe de 52 mètres carrés. La chaudière pleine d’eau serait un peu moins lourde que le type ordinaire (1).
- Vous connaissez mieux que personne toute l’importance et l’actualité que présente la question de l’épuration des eaux potables et des eaux d’égouts, ne serait-ce que par les travaux publiés dans notre Bulletin, notamment celui de M. Grandeau, sur la purification des eaux potables et des eaux d’égout en Angleterre (2), et ceux, tout récents, de MM. Bezault et Vincey(3).
- Ces travaux sont, je n’ai pas besoin de le dire, des plus remarquables, mais malheureusement très loin d’être définitifs, car il règne, entre les maîtres de cette technologie, un désaccord profond; de sorte qu’il y aurait, je crois, en raison de l’extrême importance et de l’urgence d’une solution, un très grand intérêt à provoquer, à ce propos, une discussion générale, une sorte de referendum entre les savants et les ingénieurs spécialistes en cette matière; il va sans dire que notre Société serait très heureuse d’y prêter son hôtel et son Bulletin. En attendant, je me bornerai à vous signaler, ce soir, une étude très remarquable, qui vient d’être éditée, dans une Revue peu connue en France : le Technology Quarterly de septembre dernier, sur un point particulier de cette immense question : l’établissement des jets distributeurs d’eau ou « Sprinklers » des filtres à arrosage par tourniquets hydrauliques (4). L’établissement de ces appareils a été, dans ce mémoire de MM. Winslow, Story, Phelps et Mac Rae, étudié à fond, à l’aide de très nombreuses expériences méthodiques, et leur travail ne saurait être ignoré de ceux qui s’occupent de ces dispositifs, actuellement très répandus.
- Il me reste encore à vous signaler une petite amélioration à Y éclairage de nos salles. Jusqu’à présent cet éclairage était, aux lampes de secours près, exclusivement électrique, et il continuera de l’être, tant que l’électricité nous restera fidèle ; mais, pour le cas où elle nous ferait défaut, par accident ou par une grève, elle pourrait être suppléée temporairement par les becs de gaz que vous voyez allumés en ce moment. En temps ordinaire, ils s’effaceront devant leur glorieuse rivale, mais sans disparaître tout à fait, ne faisant que sommeiller en veilleuse, de manière à vous mettre tout à fait à l’abri des surprises les plus inattendues.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés :
- M. Toussaint, ancien ingénieur chef de service au Creusot, présenté par M. Dupuis.
- M. Lacour (Alfred), ingénieur civil des mines, à Paris présenté par MM. Li vache et Richard.
- (1) The Engineer, 10 janvier, 40. .
- (2) Bulletin de janvier 1906, p. 64.
- (3) Bulletins de décembre 1907 et janvier 1908.
- (4) Bulletin de janvier 1906, p. 79.
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- PROCÈS-VERBAUX. --- FÉVRIER 1908.
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- M. Paul Favre, à Paris, présenté par M.Lalance.
- M. Georges Bisler, à Paris, présenté par M. Lalance.
- M. Edmond Coignet, ingénieur à Paris, présenté par M. Grüner.
- M. Léderlin, administrateur de la Compagnie de l’Est, directeur des blanchisseries de Thaon, présenté par MM. Marchai et Grüner.
- Rapports des Comités. — Sont lus et adoptés les rapports de :
- M. Bâclé, au nom du Comité des Arts chimiques, sur le classeur centrifuge.
- M. Lecornu, au nom du Comité de Mécanique, sur Y allumage Lodge pour moteurs à gaz.
- M. Sauvage, au nom du Comité de Mécanique, sur un appareil à rectifier par meulage de M. Lemaire.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes :
- M. Sauvage. Sur le musée allemand des chefs-d’œuvre des sciences naturelles et de la technique.
- M. R. Périssé. Chauffage et ventilation par Vélectricité.
- M. Ducretet. Transmetteurs et récepteurs pour la télégraphie sans fil aux grandes distances. Dispositif dlaccord. Eclateur en vase clos. Condensateur à lames et à bouteilles.
- M. le Président remercie vivement MM. Sauvage, 'Périssé et Ducretet de leurs intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités compétents.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JANVIER ET FÉVRIER 1908
- Environs de Chamonix, extraits de la carte du massif du Mont-Blanc à l’échelle de 1/20 000e, exécutée par Henri Vallot et Joseph Vallot. Feuille provisoire dressée et dessinée par Henri Vallot, 1907, Paris, Henry Barrère.
- Garçon (Jules). — La bibliographie industrielle, 3e éd., revisée, 96 p., Paris, 40 bis, rue Fabert, 1908. 13 3 47.
- Proost (E.). — Einfluss der Armatur und der Risse im Béton auf die Tragsicherheit (in Mittheilungen aus den Kôniglichen Materialprüfungsamt, 1907, 144 p. vi Taf.
- Arnous (P.). — Pierre Legrand. Un parlementaire français de 1876 à 1895 (offert par Mme Pierre Legrand). 23 x 14, vi-435 p., Paris, Plon-Nodrrit et Cie, 1907. 13 3 48.
- Geiger (G.). — Nouvelle bibliothèque pratique d’électricité. 7 vol. in-12,18,5 x 12. Généralités: Récepteurs électriques. Générateurs d’électricité. Éclairage électrique. Sonneries électriques. Téléphonie. Nouvelles découvertes. Paris, H.^Desforges, 1907. 13349.
- Mémorial despoudres et salpêtres, tome II, 1er Tasc., tomes VII à XIII (don de M. Vieille et du Service des poudres et salpêtres). Pér. 223.
- Henry (Charles). — Harmonies de formes et de couleurs. 18,5 X 12, 65 p., Paris, A. Hermann, J891. 13 3 50.
- Ministère du Commerce et de l’Industrie. Annales du Commerce’extérieur. Commission permanente des valeurs de douane. Session de 1907. Valeurs arbitrées pour 1906. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. Pér. 107.
- Faliès (Gustave). — Culture du fraisier et des arbres fruitiers (in L’Agriculture au xxe siècle). In-16 de 17 x 10,5, xn-236 p. Paris, Lucien Laveur. 13 356.
- Gravier (Armand-Léon). — Arboriculture générale (in L’Agriculture au xxe siècle). In-16 de 17 x 10,5, vni-204 p., flg. Paris, Lucien Laveur. 13351.
- Cordemoy (De). — Ports maritimes; tome II. (Bibliothèque du conducteur de Travaux publics.) Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 52.
- Bulletin du Laboratoire d’essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines du Conservatoire national des Arts et Métiers. — N° 10 : Sur la constitution intime des calcaires, par E. Leduc. — N° 11 : Essais sur le plâtre, par E. Leduc et Maurice Pellet. — N° 12 :
- Examen critique de quelques méthodes de mesure de la puissance utile des voitures automobiles, par J. Auclair. Pér. 308.
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- OUVRAGES REÇUS. -- FÉVRIER 1908.
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- Schnabel (G.). — Traité théorique et pratique de métallurgie. Cuivre, plomb, argent, or : 2e éd. française; publiée d’après la 2e éd. allemande par L. Gautier. In-18 de .35 x 16, 1 200 p., 757 flg., Paris, Ch. Béranger, 1907. 13353.
- Marchis (L.). — Production et utilisation des gaz pauvres. In-4 de 32 x 23. vm-322p., 235 flg., 30 tabl., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. . 13 354.
- Sous-secrétariat d’État des Beaux-Arts. Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1907, 31e session. Pér. 4.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Les récents progrès du système métrique. Rapport présenté à la quatrième conférence générale des poids et mesures, Paris, octobre 1907 {ex Travaux et mémoires du Bureau international des poids et mesures, tome XV, 94 p., 1907). Pér. 208.
- Association française pour l’avancement des sciences: 33e session, Grenoble, 1904; 34e session, Cherbourg, 1905; 35e session, Lyon, 2 vol., 1906. (Don de M. Jules Garçon, membre de la Société.) Pér. 214.
- Table systématique de la bibliographie de la France. Années 1888 à 1901. (Don de M. Jules Garçon, membre de la Société.) , Pér. 116.
- Worms de Romilly (P.). — Sur les premiers principes des sciences mathématiques.
- 25 x 16,5, 54 p. Paris, A. Hermann, 1908. . ' 13355.
- Seidell Atherton. — Solubilities of inorganic and organic substances. Recalculated and compilated by... 23 x 15, x-367 p. New-York, D. van Nostr'and Cy, 1907, 13 357.
- Comité international des Poids et Mesures. Procès-verbaux des séances. 2e série, tome IV. Session de i907. Paris, Gauthier-Villars, 1907. Pér. 208.
- Repertorium der technischen Journal-Literatur. hersg im Kaiserlichen Patentamt. (Répertoire analytique publié sous les auspices de l’Office impérial des brevets, année 1906. Pér. 327.
- Revue de mécanique. Tables décennales des matières et des noms, 1897-1906. Pér. 278.
- Mulhouse. 15 mars 1798 {ex Revue de Paris, 15 mars 1898, 63 p.) (don de M. Auguste Lalance, membre de la Société). 13 358.
- Pellat (H.). — Cours d’électricité. In-8° de 25 x 16. Tome III : Electrolyse, Electrocapillarité, Ions et Electrons. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13 359.
- Gérard (Eric). — Mesures électriques. Leçons données à l’Institut Electrotechnique Montefiore de l’Université de Liège, 3e éd., in-8° de 25 x 16, ix-702 p., 304 flg. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13 360.
- Journal of the, Iron and Steel Institdte. Vol. LXXV, n° 3, 1907. Pér. 157.
- Annual report of the board of regents of the Smithsonien Institution for the year, 1906.
- Pér. 25.
- North of England Institute of Mining and MEGHANicAL engineers. — Subject-matter index of mining mechanical and metallurgical literature for the year 1902. In-8° de 25 x 15,5, xxxiii-180 p. Newcastle-upon-Tyne, 1907. 13 361.
- Transactions of the Royal Society of Edtnburgh. Vol. XLV, Part. II and III. Sessions 1905-6, 1906-7. Pér. 2.
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- OUVRAGES REÇUS. --- FÉVRIER 1908.
- Ministère de l’Agriculture. Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles. Bulletin (Annexe). Grand in-8° de 28 x 18. Paris, Imprimerie Nationale. Pér. 9.
- Documents officiels statistiques, Rapports. Fascicules A 1885, B, E à Z, 4904 ; Z, supplément, 4902.
- Fascicules 26, 27 et 28, 4902.
- Annales. Documents officiels, Statistiques, Rapports'et Notes techniques.
- Fascicule 29, 4903 ; Fascicule 30, 4904 ; Fascicule 31, 4903.
- Fascicule 32 (tomes I et II), services d’études des grandes.forces hydrauliques, région des Alpes, 4903.
- Fascicule 33 : Comité d’études scientifiques, 1905.
- Table générale des matières du fascicule A au fascicule Z, et du fascicule 26 au fascicule 30.
- Ministère de l’Agriculture. L’irrigation en Égypte, par J. Barois (ex Bulletin de la Direction de l’hydraulique'agricole, texte et planches, 1887).
- Lecornu (Léon). — Dynamique appliquée (in Encyclopédie Scientifique du Dr Toulouse;, 19 X 12. 534 p., 113 fig. Paris, O. Doin, 1908. 13 3 62.
- Houllevigne (L.).— Du laboratoire à l’usine. In-8° de 19 x 12, 299 p. Paris, Armand Colin, 1904. 13 3 63.
- L’Université de Paris et les Etablissements parisiens d’Enseignement supérieur. — Livret ‘ de l’Étudiant. Programmes sommaires. Renseignements divers. Année scolaire 1907-1908. In-8° de 21 x 13, 173 p. Paris) Bureau des renseignements à la Sorbonne, 47, rue des Ecoles (don de M. Garçon, membre-de la Société). 13 364.
- Direction du travail. — Statistique générale de la France. Annuaire Statistique. Vingt-sixième volume. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. Pér. 98.
- Office du travail. — Enquête sur le travail à domicile dans l’Industrie de la lingerie. Tome I. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. 13 366.
- Loppé (F.). — Essais des machines électriques. Mesures mécaniques (43e fascicule de l'Encyclopédie électro technique Luppé). 95,5 x 16,5, 109 p. Paris, E. Bernard, 1908.
- 13 367.
- Lallemand (Ch.). — Rapport général sur les nivellements de précision, exécutés dans les cinq parties du monde, etc. (ex Comptes rendus... de l’Association géodésique
- Internationale, 1906, 59 p., pi.). 13 368.
- Office du travail de Bruxelles. — Rapports annuels de l’inspection du travail. 12e année,
- 1906. Pér. 277.
- Atti délia Societa d’incoraggiamento d’arti a mestieri ïn. Milano. Anno 1907. Milano, 1908. 24 x 17, 120 p. 13 369.
- Bureau of Standards. — Bidletin of the. M. S. W. Stratton, Director. Vol. I, n° 1 ; vol. II, nos 1, 2 et 3; vol. III, nos 1, 2, 3, 4 ; vol. IV, nos 1 et 2. Pér. 61.
- Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Tome XV, fascicule 3. Pér. 38.
- Annuaire d’adresses des fonctionnaires du Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, des Chemins de fer, de la Navigation, des Mines, de l’Industrie et des Banques. 1906 (don de M. Jules Garçon, membre de la Société).
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- OUVRAGES REÇUS.
- FÉVRIER 1908.
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- Burnet (Étienne). — La lutte contre les microbes. (Cancer, Tuberculose, Maladie du sommeil, Tétanos, Entérite et Microbes intestinaux, Variole et Vaccine : L’œuvre de Jenner.) ln-8° de 18 x 12, 311 p. Paris, Armand Colin, 1908. 13 3 70.
- Rujol (R.). — Maçonnerie. Les matériaux. (Encyclopédie des Aide-Mémoire. Léauté, 168 p., 29 fig. Paris, Gauthier-Villars. 13371.
- Vülitch Vladimirde. — Les produits industriels des goudrons de houille et leurs applications. (Encyclopédie des Aide-Mémoire. Léauté), 168 p. Paris, Gauthier-Villars.
- 13 372.
- Direction générale des douanes. — Tableau général du commerce et de la navigation. Année 1906. Deuxième volume. Navigation internationale, Catalogue français et effectif de la marine marchande. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. Pér. 34.
- Garçon (Jules). — Catalogue de la Bibliothèque de la Société Chimique de Paris.
- Liste alphabétique et analytique des publications périodiques au 34 décembre 1905. 23 x 14, 30 p. Paris, Masson et Cie, 1907. 13 3 73.
- Garçon (Jules). — Catalogue de la bibliothèque de la Société Chimique de France.
- Catalogue alphabétique des Matières et Table alphabétique des Auteurs au Ier janvier 1907. 23 x 14, 183 p. Paris, Masson et Cie, 1907. 13 3 74.
- • Agenda Lumière. 1908. Pér. 286.
- Patent Office of London. Guide to the searche dpartment ofthe Patent Office Library. 3rd édition. London, 1908. 13 3 75.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Janvier au 15 Février 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engjneers. ACP . . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institùte of Mining En-gineers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- CN. . . . Chemical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CH. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.........Engineering.
- E’.. . . . The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal. EE.. . . ; Eclairage électrique.
- Elè. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institùte (Philadelphie).
- Grc.......Génie civil.
- IC,. . . . Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le........Industrie électrique.
- lm ... . Industrie minérale de St-Étienne. lt........Industrie textile.
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- loB. . . . Institution of Brewing (Journal).
- [ Ms........Moniteur scientifique.
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes .
- PC. . . . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines.
- RCp . . . Revue générale de chimie pure
- et appliquée.
- lidM. . . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré . . . . Revue électrique.
- Ri ... . Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale
- Rso. . . . Réforme sociale.
- RSL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA.. . . . Society of Arts (Journal of the).
- ScF. .' . . Société chimique de France (Bull.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. . . . Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SL........Bull. de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- Va. . . . La Vie automobile.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- ZaC. . . . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- Z01. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architt kten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908.
- AGRICULTURE
- Agriculture, indienne (S. Lawrence). SA. 31 Janv., 245.
- Bétail. Poux chez les grands animaux. Ap. 30 Janv., 138.
- — Gales du mouton et leur traitement. Ap. 6 Fév., 172.
- — Race tachetée (Genin). Ap. 23 Janv.,105. — Gharolais et Durham en Anjou. Ap. 30 Janv., 140.
- Charrue automobile Eltewite (Ringelmann). Ap. 23 Janv., 109.
- Blés d’hiver. Soins à donner. Semis de blés de printemps (Hitier). Ap. 13 Fév., 199. Betteraves. Valeur culturale des graines décortiquées. Ap. Fév., 169.
- — Démariage des. Ap. 13 Fév., 205. Cultures oléagineuses Protection des. Ag. 15 Fév., 199.
- Charges fiscales agricoles et projets financiers. Ap. 30 Janv., 136.
- Cidres. Récolte en 1907, Ap. 13 Fév., 213. Engrais. Superphosphates. Fabrication coopérative en Italie. Ag. 18 Janv., 72.
- 1 — Divers. Cs. 31 Janv., 83. Nitrates norvégien et du Chili dans les cultures de Jonkoping et de Flahult (Grandeau). Ap. 13 Fév., 196.
- — Fumure tardive du froment. Ag. 8 Fév., 179. .
- Enseignement ménager agricole franco-belge 23, 30 Janv., 106, 142. De l’agriculture en Norvège (Grandeau). Ap. 30 Janv., 133.
- — Institut agronomique de Norvège (Grandeau). Ap. 6 Fév., 165. Irrigations. Réservoirs du bassin du Nil. E. 17 Janv., 85.
- — en Egypte. E'. 17, 24 Janv., 58,85.
- Lait. Ecrémeuse Alfa Laval. Ap. 30 Janv., 144.
- — Amertume du lait et des fromages (Trillac et Sauton). ScF. 5 Fév., 162.
- — Dosage rapide du bichromate de potasse
- dans le (Gonère). CR. 10 Fév., 291. Orge. Culture à Berthonval. Ag. ieT Fév. 139. Plantes. Nouvelles variétés. Ag. 18 Janv., 80. Pommes de terre. Solanum Commersoni et variations en 1907. Ag. 18 Janv., 75. Riz. Culture en Camargue. Ap. 6 Fév., 168. Semences. Ferme de Schlangsted pour la sélection des semences. Ag. 25 Janv., 105 ; 1er Fév,, 142.
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- Spéculations agricoles. Pratique des améliorations du bétail(Olry).Ap.23 Janv.,H2. Ver de terre. Rôle dans l’agriculture. Cosmos. 25 Janv., 98.
- Vigne. Situation dans le Midi. Ag. 18 Janv., 70.
- — et vinification chez les Romains. Cosmos
- 25 Janv., 100.
- — Graisse des vins (Kayser et Manceau).
- CR. 13 Janv., 92.
- — Traitement combiné de l’oïdium et du mildiou. Ap. 30 Janv., 146.
- — Fumure intensive. Ag. 15 Fév., 203.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de l’Inde à voie large. Voitures de 3e classe. E. 17 Janv., 71.
- — Economie des. E'. 17, 31 Janv., 51, 119. — État Prussien. Réforme du service des marchandises. Bcc. Fév., 178.
- — Africains. Rgc. Fév., 145.
- — Algériens et tunisiens. Statistique 1904. Rgc. Janv., 40.
- — Anglais, leur nationalisation. E'. 14 Fév.,
- 170.
- — Alpins d’Autriche. E1. 17 Janv., 54.
- — Américains : accidents. E'. 31 Janv., 111.
- — Statistique graphique 1897-1907 (Coes).
- EM. Fév., 802.
- — Australiens. Rgc. Janv.,57. E. 7 Fév.,188.
- — Stations. Réorganisation. Bcc. Fév., 208. — Métropolitain. Paris. Ligne circulaire
- n° 2 Sud. Ae. Janv., 1er Fév., 18. Etat actuel. Réseau complémentaire. Gc. 25 Janv., 214.
- — d’intérêt local et tramways en 1906. Rgc.
- Janv., 47.
- — vicinaux hongrois. Rgc. Janv., 56.
- — Convention internationale pour le trans-
- port des marchandises du 14 Octobre 1890 (Colmar). Bcc. Janv., 3.
- — Bureaux de conciliation des chemins de
- fer anglais et l’Arnalgamated Society of Railway Servants. Bcc. Fév., 242. Electriques. Souterrains : incendies sur les.E'. 17 Janv., 65.
- — Charing Cross-Hampstead à Londres.
- Rgc. Janv., 61.
- — — par courant alternatif simple en
- Europe, type Oerlikon. Elé. 18 Janv., 38,60. Finze. 8 Fèv., 87.
- — — de Munster à la Schlucht. Rgc.
- Janv., 66.
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- 330
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908,
- Chemins de fer. Monophasée Vienne-Baden. LE. 115
- — — du Palatinat.E/é. 15 Fév., 105.8 Fév.
- — — Locomotive monophasée à 20 000
- volts Shuc’kert. Ri. 8 Fév., 53.
- — — électrification des chemins de fer.
- E. 2iJanv., 121.
- — — Tachymètre Hasler. LE. 8 Fév., 171. Automotrices à vapeur du Lancashire and
- Yorkshire Rr. E. 7 Fév., 182. Du great Western. BCC. Fév., 262. Barrières de chemins de fer, commande électrique automatique Herzog. Re. 30 Janv., 66.
- Eclairage électrique des trains. Vibrations occasionnées par les dynamos (Huels). BCC. Janv., 69.
- — Allumage instantané des lampes à gaz
- à incandescence du chemin de fer de l’Est (Biard et Mauclerc). Rgc. Fév. ,127. Gares de triage de Wath. Great central Ry. E'. 7 Fév., 138
- — Saint-Lazare. Nouvelles voies d’accès.
- Rgc. Fév., 153.
- — Grandes gares anglaises. Gare de Para-
- gon Station Hull. E’. 14 Fév., 160. Locomotives. Compound4 cylindres express de la Cie de l’Est. Gc. 18 Janv., 193.
- — DuNorth Eastern Ry. VDI. 1 orFév., 161.
- — 4 cylindres 3 essieux couplés du London
- and S. W. E'. 7 Fév., 133 ; non com-pound du Great Western. E'. 14 Fév., 165.
- — 4 cylindres Compound Nord français.
- Résultats (DuBousquet). Rgc. Fév.,81.
- — Augmentation du poids. BCC. Janv., 113.
- — Principaux types américains. BCC. Fév.
- 254.
- — Compound articulées Mallet aux États-
- Unis. IC. Déc., 654.
- — Type. Consolidation de l’État indien.
- Rgc. Fév., 162.
- — à tubes d’eau Brotan. Pm. Janv., 2.
- — à crémaillère Borsig pour le,chemin de
- Villa Nova Goya. E1. 14 Fév., 212.
- — Distribution Walshaerts. VDI. 25 Janv.,
- 141.
- — Tiroirs de distribution en fonte.Essais
- sur les locomotives de l’Orléans (Conte). Rgc. Janv., 31.
- — Fuites aux tubes des chaudières (Cause
- des). (Wells). BCC. VDI. Fév., 180.
- Locomotives. Dépôt remarquable sur les tubes de laiton des chaudières lo-' comotives(Walton), Cs. 15 Janv., 3. — Remises de locomotives aux Etats-Unis (Blum et Gesie). VDI. 15 Eér.,201,243. Signaux automatiques sur locomotives
- — (Pigg). E'. 17-31 Janv., 71, 123. Répé-
- titeur Raven. le. 10 Fév., 63.
- — Manœuvre électrique des — et des aiguilles de la gare de Schwerte (Schapp). BCC. Janv., 27 ; Fév., 133. — Enclanchements hydrodynamiques. Bianchi et Servetlaz. Installation à la gare de Valenciennes. Gc. 8 Fév.,256. — Signaux et enclanchements aux États-Unis (Jullien). Rgc. Fév., 92.
- — Application des leviers d’itinéraires. Bleyne et Decousso à la commande électrique à distance des aiguilles d’un faisceau de triage par gravité dans la gare de Bordeaux-Saint-Jean (Gufflet). Rgc. Janv., 1.
- Voie. Entretien dans les courbes (Saller). BCC. Janv., 104.
- — Traverses métalliques. SuE. 5 Fév., 177. Voitures. Fermeture de sûreté BCC. Janv., 124.
- — à l’Exposition do Milan. VDI. 8 Fév., 220
- — de 3e classe chemins Indiens.. E. 17 Janv.,
- 71.
- Wa^on dynamomètre du North Eastern.-Bcc.Janv., 119. Divers (Rodrigue). IC. Nov., 521.
- — Wagons pour grands bois; appareils de déchargements ; essai sur le réseau de l’État (Sirot)). Rgc. janv., 37; pour longues pièces Lancashire-Yorkshire. Rr. E. 24 janv., 113.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Progrèsen 1907. Gc. 18-25 Janv.
- 196,218. Salon de 1907. Ri. le*Fév.,43.
- — Poids lourds dans l’armée. La Nature.
- 25 Janv., 123.
- — Automobilisme militaire. Va. 25 janv.,
- 58. Autobus et tramways en Angleterre, comparaison des frais. Gc. 15 Fév., 276.
- — Electrobus de Londres. Elé. 1er fév., 69.
- — Dynamomètre de l’Automobile Club de
- New-York. AMa. 1er Fév.,lH.
- — à pétrole. Camion Royal Ligh.t. E. 31
- Janv., 144.
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- 331
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908.
- Automobiles. Voiturettes passe-partout. Va. 15 Fét’., 106.
- — — Moteur à 6 cylindres Berliet. Gc. 15
- Janv., 270. A cylindres en V (Favron). Technique automobile. 15 Fév., 30.
- — — Théorie du carburateur (Lauret),
- (id.), 27.
- — — Débit-mètre Prudon. Gc. 15 Fév.,
- 277. Carré. Va. 15Fév., 110.
- — — La soupape. Va. 15 Fév., 97.
- — — . petro-électrique Hall. E. 17 Janv,,
- 78.
- — Locomotive routière à 3 cylindres Fowler. E1. 20 Janv., 95.
- — Embrayages. Ri. 15 Fév., 64.
- — Freinage et mise en vitesse,(Ravigneux). Technique automobile. 15 Fév., 17.
- — Forces d’inertie (Poincet), (id.), 19.
- — Phare Jupiter. Va. 18 Janv., 38.
- — Essieu moteur Latrel. Va. 25 Janv., 60. — Transmission Malicet et Blin. Va. 8 Janv., 45.
- — — et changement de vitesse. E. 31
- Janv., 137.
- — Rotule de direction Cottin et Desgou-tes. Va. 15 Fév., 106.
- Tramways. Machine Robsen à meuler les voies. E. 17 Janv., 81.
- — Frein Hervitt etRhodes. Gc. 8 Janv., 204. Siemens Schuckert. LE. 8 Fév., 193.
- — électriques. Automotrices sans impériales
- de la Compagnie parisienne des tramways. Gc. 8 Fév., 254.
- — avec bogies Warner à essieux non paral-
- lèles. E'. 14 Fév., 173.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acétylène. Lampe Wakefleld E’. 17 Janv. 68. Acides borique, préparation en Toscane (Frank). Ms. Fév., 92.
- — sulfurique. Fabrication actuelle (Fei-
- gensohn) Ms. Fév., 94.
- — silicotungstiques. Séparation des
- (Copaux). ScF. 5 Fév., 101.
- Aconitine et aconine de l’aconitum napellus (Schultze). Ms. Fév., 112 Acoustique. Sensibilité de l’oreille pour la direction des sons explosifs (Mallock). RSL. 13 Fév., 110.
- Aliments. Répression des fraudes alimentaires (Petit). Ms. Fév., 73.
- Amidon. Propriétés colloïdales : existence
- d’une dissolution parfaite deTamidon (Fouard). CR. 10 Fév.,285. Ammoniaque. Synthèse de 1’ (Wolterack). CR. 20 Janv., 124.
- Azote atmosphérique. Fixation par l’électricité (Blondin). ScE. Janv., 36.
- Brasserie. Divers. Cs. 15-31 Janv., 32-84.
- — Lumière étalon pour l’appréciation des
- couleurs des extraits de malt (Lovibond). IOB. Janv., 2.
- — Chimie biologique de l’orge (Ford id)M.
- — Détermination du pouvoir diastatique par
- la méthode de Lindner (Jones) (id) 9. Carbure d’aluminium. Formation et fabrication (Matignon) ACP. Fév., 276.
- Catalyse. Pouvoir catalytique de la silice et de l’alumine (Senderens). CR. 20 Janv., 125.
- Cacao. Recherches sur le ZaC. 7 Fév., 241. Caoutchouc. Production et préparation.Nature, 30 Janv., 296.
- — commercial. Son évaluation. (Beaghle
- et Stevens). CN. 14 Fév., 73.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15 Janv., 23-75. Chaleur de dissolution des métaux alcalins et chaleur de formation de leurs protoxydes (Rengade). CR. 20 Janv., 129. Céramique (Émaux et couleurs de la) du Moyen âge et de la Renaissance(Fran-chet). Revue Scientifique. 25. Janv.,97.
- — et verrerie aux Etats-Unis. Sprechsaal.
- 16 Janv., 37.
- — Fours électriques en céramique, (id).
- 30 Janv., 67.
- — Calculs de porcelaines, (id.) 13 Fév., 87. Chaleur de formation des oxydes anhydres de
- ' sodium et de baryum (de Forcrand).. CR. 3 Fév., 217.
- Chrome. Sulfates verts condensés (Colson). ScF. 4 Fév., 90.
- Combustion spontanée de certaines laines (Wright). Cs. 15 Janv., 3.
- Condenseur annulaire Bennett et Shears. E. 31 Janv., 168.
- Corrosion du fer et de l’acier (Walker, Cederholm et Bent). CN. 17-24 Janv., 33 40.
- Désinfectants. Les émulsions de (Pickering). Cs. 31 Janv., 88.
- Diamants (Cristaux de) et de carburendumdans l’acier (Tschernoff). RdM. Fév., 79. Empoisonnement par le plomb et le phosphore,
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- 332
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908.
- principalement dans la fabrication des allumettes (Olivier). SA. 14 Fév:, 311.
- Évaporation. Application de la vapeur comprimée. Ri.‘ 15 Fév., 61.
- Fermentation. Influence de la lumière et du cuivre (Purvis et Welks Cn. 14 Fée.,). 79.
- Essences et parfums. Constitution de l’umbel-lulone (Semmler). Cs. 31 Janv., 89.
- — Essences de lavande. Remarques analytiques (Jeanrond et Satre).ScF.5 Fév., 155.
- Divers. Cs. 15 Janv., 36.
- Eau oxygénée. Décomposition par le platine colloïdal; action des courants à haute fréquence (Lebedéff).ScF. 20 Janv.,49. Éclairage. Oxygénite pour lanternes à projections. La Nature. 25 Janv., 115.
- — Uniforme des plans horizontaux (Wohlauer).LE. 8 Fév., 183.
- Égouts (Épuration des eaux d’) par la tourbe (Muntz et Lainé). CR. 13 Janv., 59.
- — Recherches de la station expérimentale de l’Institut technologique du Massachusetts. Distributeurs de filtres arrosés. Technology Quarlerly. Sept., 325. Gaz occlus dans les métaux (Boudouard). RdM. Fév. 69.
- Gazogènes. Johno. Electrochemical, Janv., 22. Graphite. Densité du (2,255) (Le Chatelier et Wologdine). CR. 13 Janv., 49.
- Huiles de lin, son alcoolise (Haller). CR. 15 Fév., 239.
- — de spermacéti. Essais (Dunlop). Cs. 31
- Janv., 63.
- . Houilles. Composition et teneur en Co et Co2, du gaz de leur distillation (Vignon). ScF. 5 Fév., 109.
- Hydrogène pur. Fabrication industrielle. Elec-trochimical. Fév., 55.
- Ionium (F) (Markwal et Keetman). CN. 14Fév., 75.
- Ignifugation des bois et des étoffes (Rousset). RCp. 26 Janv., 31.
- Laboratoire. Dosage du carbone (Pouget et. Chouchack). ScF. 20 Janv., 75.
- — — du sulfure de carbone dans les
- benzols (Bay). CR. 20 Janv., 132.
- — — volumétrique du fer dans les
- dissolutions ferreuses (Muir). CN. 31 Janv., 50.
- Laboratoire. Dosage du titane (Newton). American Journal of Science. Fév., 130. — — électrolytique rapide du zinc, cuivre, argent, cadmium, nickel. Emploi de l’étain comme cathode (Sherwood et Alleman). RdM. Fév., 73.
- — — du fer en présence de ses oxydes.
- Appareil Martin (id). 76.
- — — du zinc en petites quantités (Ber-
- trand et Javillier). ScF. 5 Fév., 1908. — Analyse industrielle des minerais de zinc (Truchot). RCp. 26 Janv., 17.
- — — des ferro-chromes à haute teneur
- de carbone (Caffin et Dhnique Mayer). Ms. Fév., 88.
- — — Electrochimique avec anodes tour-
- nantes (Fairlie et Bone). Electrochemical. Fév., 58.
- — — Analyseurdegaz(BoneetWheeler).
- Cs. 15 Janv., 10.
- — — Densité des vapeurs. Perfectionne-
- ments à l’appareil de Sneyer pour les mesurer (Patterson).'CN. 14Fév.,
- — — Dosage polarimétrique de la
- sucrose. Action de la clarification par l’acétate basique de plomb sur l’activité optique et le pouvoir réducteur des dissolutions sucrées (Watlo et Tempany). Cs.31 Janv., 53.
- — — Dosage [rapide du bichromate de
- potasse dans le lait (Gouebve). CR. 10 Fév., 291.
- — — des phénols dans les eaux de gaz
- et leur distribution dans les différentes parties des épurateurs de gaz (Skirbow). Cs. 31 Janv.. 58.
- Liquides troubles. Flocculations par les sels (Hall etMorison). Cs. 31 Janv., 93. Molybdène. Essai coloré (Bettel).CN. 24 Janv., 40. Nitrites alcalins. Préparation industrielle (Petit et Corni). Ms. Fér.,106. Nitroglycérine et sa fabrication (Nathan et Rantoul). CN. 14 Fév., 74.
- Optique. Théorie du microscope (Beck). SA. 17 Janv., 181. Sensibilité des photomètres. Elé. 8 Fév., 90.
- — Photomètre à sélénium, le. 10 Fév., 67.
- — Rayonnement lumineux aux tempéra-
- tures élevées. E. 31 Janv., 155.
- — Dispersion de la lumière dans l’espace
- interstellaire (Nordmann). CR. 10-Fév., 266.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — FÉVRIER 1908.
- 333
- Optique. Spectre d’absorption des fluorines (Becquerel). CR. 27 Janv., 152; des composés non dissociés (Becquerel). CR. 10 Fév., 257.
- Ordures ménagères. Destruction des. ACE. Janv., 22.
- Papier. Divers. Cs. 15 Janv., 35. Chimie du blanchiment de la pâte de bois. ZaC. 14 Fév., 302.
- — de paille. Pollution des rivières par les-
- eaux résiduaires des fabriques de (Phelps). Technology Quarterly. Sept., 292.
- Pétroles. Divers. Cs. 15 Janv., 16.
- — Détermination du pétrole des distil-
- lats de pétrole et de benzine dans l’essence de térébenthine et ses succédanés (Bohme). Ms. Fév., 129. Phosphore blanc. Transformation de ses dissolutions en phosphore rouge (Colson). CR. 13 Janv., 71.
- Poids atomique. Rapport du Comité international. CN. 24 Janv., 42.
- — de l’hydrogène (Noyés). CN. 31 Janv.,
- 56, 58; 7-14 Fév.', 64, 77.
- Photographie. Divers. Cs. 15 Janv., 37.
- — des couleurs par dispersion (Coustet).
- Revue scientifique, 18 Janv., 68.
- — Action des rayons X sur la plaque
- photographique (Cbanoz). CR. 27 Janv., 172.
- — en ballon et en cerf-volant. Cosmos. 25
- Janv., 93.
- — Axes optiques inclinés en téléphoto-
- graphie (Chaumont). Gm. Janv., 33. Radio-activité. Recherches récentes. E. 7 Fév., * 188.
- Réactions lentes. Méthodes calorimétriques. Application aux (Duclaux). CR. 20 Janv., 120.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 53,1 Janv., 29, 81. Silicium. Protoxyde de (Alonox). Gc. 15Fé(;.,264. Soufre. Action sur les hydrocarbures (Capelle). FcS. 5 Fév., 150.
- Strychnine et Brucine. Séparation (Reynolds .
- et Sutcliffe). Ms. Fév., 126.
- Sucrerie.divers. Cs. 15-31 Janv., 30, 84.
- Dosage polarimétrique de la sucrose (Watts). Cs. 31 Janv., 53.
- Sulfates cuivreux ammoniacal (Bouzat). CR. 13 Janv., 75.
- — glycocolloïdaux complexes. Étude phy-
- sico-chimique (Barker). CN. 24-31 Janv., 37, 51.
- Séchage par le vide(Passburg).RL 25 Janv., 33. Sels complexes de fer, ou le fer est masqué (Bouveault et Blanc). CR. 3-10 Fév., 233. 279.
- Tannerie. Divers. Cs. 31 Janv., 82.
- — Eau contenue dans les peaux et cuirs (Nicolardot). ScF. 5 Fév., 155. 166. Teinture. Constitution des sels de phénol-phtaléine et de quinolphtaléine. Théorie des couleurs du groupe du triphénylméthane (Green et King). Cs. 15 Janv., 4.
- — Divers. Cs. 15-31 Janv., 17, 69, 72. MC. Fév., 52.
- — Indigo, Réduction électrolytique (Chau-mat). Sie. Janv., 13; 3 Fév., 231.
- — Analyse du coton teint (bordeaux et
- grenats). MC. Fév., 45.
- — Matières colorantes nouvelles. Revue des (Reverdin). MC. Fév., 76. Azoï-ques. Leur découverte (Lefèvre). MC. 1er Fév., 33.
- — Produits de condensation de la quini-
- zarine avec les amines aromatiques (Grandmougin). MC. Fév., 37.
- — Noir d’aniline. Récents travaux (Noel-
- ting). BIC. Fév., 41.
- Terbium et dysporium. Composés des (Urbain et Jantsh). CR. 20 Janv., 127.
- Terres rares. Bromatesdes.—Nouvelle méthode de séparation des terres de l’yttrium (C. James). CN. 7 Fév., 61.
- Viandes. Extraitsde. —Application delacréa-tine de Fodin à leur étude (Emmet et Grindley). Cs. 31 Janv., 87.
- Verre. Dépôts de cuivre des solutions aqueu-• ses pour former un miroir brillant (Chattanay). RSL. 13 Fév., 88.
- — Fabrication de verrerie pour lustres Spreeshall. 13 Fév., 89.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Budgetde 1908. SL. Déc., 653; Janv., 137 ; de la Prusse. Ef. 15 Fév., 219.
- — Réforme de la loi des bourses. Rso. 1er Fév., 175.
- Alcool. Monopole en Suisse en 1906. SL. Déc., 678.
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-
- 334
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908.
- Angleterre. Commerce extérieur en 1907. Ef. 5 Fév., 184.
- Apprentissage. Éducation des apprentis. E'.
- 17-31 Janv., 52 ; 14 Fév., 155. Associations patronales. Idéal 'et la pratique (Hubert Valleroux). Rso. 16 Fév., 201.
- Belgique. Industries extractives de la. — Ef.
- 18 Janv., 71 ; Fév., 189.
- Brevets. Réforme de la loi anglaise. E. 31 Janv., 157. (W. Gordon). SA. 31 Janv., 207.
- Cacao. Production et prix. Ef. 15 Fév., 221. Caoutchouc. Production, consommation, prix. Ef. 18 Janv., 73.
- Canada. Commerce avec le. — E'. 14Fév., 169. Congrès corporatif de Crémone (de Rocqui-gny). Musée Social. Janvier.
- Enfance. Protection en Prusse. Rso. 1er Fév., 158.
- Espagne. Programme budgétaire et tributaire. Ef. 8 Fév., 190.
- États-Unis. Production minière et métallurgique. Ef. 15-25 Janv., 75, 115.; 1 Fév., 117.
- — Commerce extérieur en 1906-07. SL.
- Déc., 681.
- — et Canada. Salaires et coût de la vie.
- îé. 10 Fév., 60.
- France. Caisse nationale d’épargne. Ef. 18 Janv., 78.
- — Rudget de 1908. SL. Janv., 1.
- — Sociétés de capitalisation. Loi relative à
- leur surveillance et contrôle.SL. Déc., 573.
- — Absinthes livrées à la consommation. * Décret sur les. (id.), 581.
- — Évaluation du revenu de la propriété
- non bâtie. Projet de loi {id.), 588.
- — Droits sur les alcools en 1906 (376 mil-
- lions) {id.). 398.
- -r- Situation financière des départements en 1904 {id.), 516.
- — Budget de l’Assistance publique à
- Paris, 63.000.000. {id.), 633.
- — Hausse des prix. Caisses principales.
- Ef. 25 Janv., 109.
- — Travail dans les arsenaux de l’État. Ef.
- 8 Fév., 185.
- — Commerce extérieur en 1907. Ef.
- 25 Janv., 112; SL. Janv., 70.
- — Impôt sur le revenu. Complication
- croissante de la fiscalité française. Ef. 15 Fév., 181-217.
- France. Aubaine des plus-values.F/1. 25 Janv.,
- 112.
- — Opérations de la Banque, de France en 1907. Ef. 15 Fév., 228.
- — Rachat des chemins de fer. Ef. 1er Fév., 153.
- — Commerce extérieur en 1907. Ef. 8 Fév., 183.
- — Situation du Midi. Rso. ler-16 Fév., 137, 232.
- — — de notre empire colonial {id.),
- 15 Fév., 224.
- — Vins et cidres. Production en 1907. SL. Fév., 80. •
- Hygiène industrielle (Samuel). SA. 24 Janv.,213. Institutions patronales des usines Mauellot à Saint-Dizier. Rso. 1er Fév., 184. Marchés financiers en 1907. Ef. 18 Janv., 69. Métaux précieux, production dans le monde Ef. 8 Fév., 185.
- Paris. Travail à domicile dans l’industrie parisienne. Ef.. 1er Fév., 147.
- — Régime des eaux. Ef. 1er Fév., 151. Retraites ouvrières et mutualités. Enquête
- américaine. Ef. 25 Janv., 114. Socialisme municipal aux États-Unis. E. 7, 14 Fév., 190, 222.
- Siam {le). (Hillman). SA. 24 Janv., 227.
- Union postale universelle. Convention du 26 mai 1906. SL. Déc., 646.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Caissons (Maladie des). E'. 14 Fév.. 158. Ciment armé. Poutre de l’Improved Constructions C°. Essai. E. 14 Fév., 223.
- — Calcul des pièces et systèmes en. Ac.
- Janv., 10.
- — (Poteaux en). Ac. Fév., 22.
- — Digues et murs de quai en. Le Ciment.
- Janv., 1.
- — Calcul des Silos. Le Ciment. Eév., 4.
- — Béton armé avec barres américaines
- (Aragon). Ac. 15 Fév., 249, 265.
- — Essais de poutres.(Bach. VDI.8Fév.,)228. Chauffage et ventilation. Les plombiers et les appareils de circulation à l’eau chaude. Rc. 18 Janv., 28.
- — des grandes constructions aux États-
- Unis (M'oses). EM. Fév., 741.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —- FÉVRIER 1908.
- 335
- Chauffage et ventilation. Essais préliminaires dans les installations de chauffage et de ventilation, lie. 18 Janv., 29. — Chauffage électrique. Ri. Ier Feu., 51. — Chauffage de plein pied, par le vide. Systèmes de chauffage central. Air respirable et chauffage irrationnes Ri. 15 Fév., 68.
- — Cube d’air exigé pour une bonne venti-' lation. Au moins 50m3 par heure et par tête. Ri. 18 Janv., 30.
- — Écoulement de la vapeur dans les tuyauteries de chauffage à basse pression et leur surface de radiation. Ri. 1er Fév., 49.
- — Thermo-syphon et circulation rapide, puissance comparée. Ri. 1er Feu., 48. Colonnes. Résistance des (Woodsworth). ACE. Janv., 2.
- Constructions. Équation générale d’élasticité et ses applications (B. deFontviolent). IC. Oct., 365.
- — très élevées. Effet des tremblement
- de terre (Chew). ACE. Janv., 8. Incendies dans les grands buildings aux États-Unis. Nécessité d’un service auxiliaire (Freitag). EM. Fév., 735. Palplanches en acier. Ac. Fév., 23.
- Ponts de Blackfriars. Accident. E'. 17 Janv.,68.
- — de chemins de fer. Vibrations des In-
- dicateurs Oske-Kuhne. Bcc. Déc., Janv., 96.
- — tournant de Hull. E. 31 Janv., 146.
- — Fondation de piles par plongeurs dans
- l’Inde (Stoney). E. 31 Janv., 135. Poutres avec armatures annulaires, théorie. Er. 24 Janv., 77.
- Tunnels de l’East River. Ventilation. Gc. 18 Janv., 203.
- Routes empierrées, goudronnage des, influence surlesfrais d’entretien. Gc.15 Feu.268. Remblais. Construction au moyen d’une voie ferrée sur câbles. Gc. 1er Fév., 243. Toiture nouvelle de la gare de Charing Cross. E. 7 Feu., 174.
- Topographie. Application de la chambre noire au levé photographique (Wright), AIM. Janv., 101.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs et piles. Concours de l’Association des industriels de France
- contre les accidents de travail. Ré. 15 Janv., 18.
- Accumulateurs. Diaphragmes séparateurs ligneux Leitner. Re. 15 Fév., 99.
- — Procédé pour augmenter la capacité
- des électrodes empâtés des accumulateurs à électrolyte alcalin (Jungner). Re. 15 Fév., 99.
- Décharge Electrique dans les gaz monoatomiques (Soddj et Mackenzie). E. 31 Janv., 163.
- Distribution à Paris. E. 17 Janv., 87.
- — Coût de l’électricité dans les applications industrielles(Snell). E. 17 Janv. 95.
- — Mise à terre du point neutre dans les
- transmissions à haute tension. Ré. 15 Janv., 23 ; le. 10 Fév., A3.
- — Ligne de la Niagara Lockport C°. Re.
- 15 Fév., 100.
- — Compensateur automatique Berthier.
- LE. 25 Janv., 116.
- — Surélévations de tension et d’intensité
- dans les transmissions à haute tension (Berg). RE. 30 Janv., 50.
- — Régulateurs d’induction Brown Bovery.
- Elé. 1er Fév., 65.
- — triphasées. Fraudes dans les (Herz).
- LE. 1er Fév., 147.
- Dynamos à pôles auxiliaires (Shultz). Re. 15 Janv., 18.
- — à courants continus. Calcul des in-
- duits. Rosskoph. LE. 8 Fév., 181.
- — Détermination de l’écart angulaire des
- alternateurs commandés par machines à vapeur (Ceytre). Re. 15 Janv. ,29.
- — Appareils de synchronisme pour la
- mise en parallèle des alternateurs. le. 25 Janv., 42.
- — Appareils pour mettre en évidence les
- phénomènes de commutation. Re. 15 Fév., 96.
- — Influence de ia vitesse et de la puis-
- sance sur les éléments des dynamos . à courants continus (Hobart et Ellis). LE. 25 Janv., 124.
- — Alternateurs. Courbe et fonctionne-
- ment des. Ri. 1er Fév., 44.
- Marche en parallèle (Bunschke). LE. 8 Fév., 179.
- — Réluctance de l’entrefer (Wall). LE.
- 1er Fév., 152.
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-
-
-
- 336
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908. •
- Moteurs asynchrones. Séparation des pertes dans les. le. 25 Janv., 29.
- — — à accrochage facile pour commutations tournantes Soulier. le. 10 Janv., 59.
- — d’induction. Calcul du courant de court-
- circuit (Oelscblager). LE. 25 Janv., 123 ; Le. 30 Janv., 62.
- — monophasés à collecteurs; dispositif de
- réglage de TA.E. G.LE. 25 Janv., 130. Éclairage. Arc. Poteau de suspension à bascule. Elé. 15 Eév., 102.
- lncanclescencê, jange à fil chaud pourmesurer le degré de raréfaction. Bernat. Re. 15 Janv., 35.
- — Lampe de, sûreté portative de la Société d’Arras. Re. 30 Janv., 68.
- — Soudure des filaments métalliques Westinghouse. Re. 30 Janv'., 69. Électro-chimie.Divers. Cs. 5-31 Janv.,27,80. — Nouveau four à'arc pour recherches de laboratoire (Clerc et Minet). CR. 31 Fév., 227, 314.
- — Réduction électrolytique de l’indigo. (Chaumat). SIC. Janv., 13. Électrodynamique générale. Recherches critiques. (W. Riti). ACP. Fév., 145. Isolants. Essais de Vernis. Elé. 1er Fév., 70. Isolateurs pour 100 000 volts. Re. 15 Fév., 103.
- Magnétisme. Propriétés magnétiques du fer aux basses températures (Stamber). LE. 25 Janv., 120.
- — variation de la résistance du fer sous
- l’influence de l’aimantation longitudinale ^Dumermuth) (id.), 121. Mesures. Application du tube de Braun à l’étude de l’arc, des fers et des diélectriques. Re. 30 Janv., 70.
- — Compteur d’énergie. BI. Elé. 15 Fév., 97. Parafoudres à rouleau (fonctionnement des)
- (Leska). Re. 30 Janv., 54.
- Prise de courant. Bouchon de Meyer. Re.
- 15 Fév., 104.
- Résistances. Échauffement des. Elé. 15 Fév., 103. Soupapes pour courants alternatifs à haute tension. Emploi des flammes (Ca-thiard). CR. 3 Fév., 229.
- Stations centrales. Projet d’une usine hydro-électrique à Genève. LE. 25 Janv., 112.
- — de Bruxelles. Eh 31 Janv., 112.
- Stations centrales. Hydro-électriques suisses, le 10 Fév., 55;
- — de Tusciano, Italie. Gc. 15 Fév., 271.
- — gaz et électricité combinés à Lichten-
- berg. E' 14 Fév., 164.
- Télégraphie sans fils. Expériences de la marine française à Marseille. E.18 Janv., 75.
- — Antenne radiotélégraphique irradiant dans une direction donnée (Montel). LE. 1er Fév., 149.
- — Photolégraphes Belin, Berjonneau, Sen-lenq, Tival. La Nature. 25 Janv., 126. Gc. 1er Fév., 233.
- Transformateurs-moteurs, générateurs et commutatrices. le. 10 Janv., 35.
- HYDRAULIQUE
- Borne-fontaine Questienne. Ac. Fév., 20. Distribution d’eau (petites). Établissement des. E. 31 Janv., 139.
- Filtration. Régulateur de filtre. Didelon. E.
- 17 Janv., 93.
- Forces hydrauliques des Alpes. APC. 1907. V. 88. Jaugeage des cours d’eau, appareil Vorth. Ru. Déc., 299.
- Pompes. Turbo-pompes. Fielding et Platt de 1 600 chevaux. Eh 17 Janv., 67.
- — Diverses. Dp. 25 Janv., 54 ; 8-15 Fév.,
- 88, 103; Ri. 15 Fév., 62.
- — ‘Monte-jus automatique Schutze. Gc.
- 15 Fév., 275.
- — Emulseur Weber, AMA. 15 Janv., 69. Réservoir de la mouche (Moissenet). APc. 1907.
- V. 136.
- Turbines, grandes forces hydrauliques des Alpes. Gc. 18-25 Janv., 200, 209.
- — Compound de 2.000 ch. à Wiesberg.
- Gc. 1er Fév., 245.
- MARINE, NAVIGATION
- Barrage de la High Needle sur la Big Sandy River. E. U. E. 17 Janv., 69.
- Bateau avec roue à l’arrière. Sultan. E. 31 Janv., 149.
- Canaux tubulaires inclinés, Cominda. Ri.
- 18 Janv., 23.
- — traction mécanique (Depouilly). La Na-
- ture, 1er Fév., 131.
- Capacité et consommation du combustible des navires à vapeur. le. Déc., 651.
- Cargo pour minerais de fer Polcirkeln. E. 17 Janv., 81.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- FÉVRIER 1908.
- 337
- Cargo pour pétrole. Mesures de sécurité (De-bos). IC. Nov., 481.
- — charbonnier Everett. E. 7 Fév., 179. Constructions navales dane le monde. E. 24
- Janv., 125.
- Escarbilleur hydrostatique Bouquière et Baze. Ri. 8 Fév., 58.
- Machines marines du transatlantique Cor-sican 9 500 chev. E. 20 Janv., 111.
- — à balancier (Monteagle) Technology Quarterly. Sept., 261.
- — à paraffine Thonycroft pour sous-ma-
- rins. E'. 7 Fev., 146.
- Marines de guerre. Les Dreadnought du monde. FJ. 17 Janv., 60.
- — Anglaise. Cuirassé Lord Nelson. E’. 17. Janv., 69.
- — — torpilleurTartar. Gc. 18 Janv., 205. — Progrès de la torpille. E. 14 Fév., 917.
- - Docks de relevage pour sous-marins.
- La Nature. 25 Janv., 117.
- - Sous-marins : progrès en Italie. E’. 14
- Fév., 162.
- Paquebots à turbines pour la Méditerranée. E. 24 Janv., 126.
- — transatlantiques, leur exploitation E.
- 14 Fév., 221.
- Phares de la Mer rouge E. 21 Janv., 79.
- Ports de Rangoon. E'. 17 Janv., 56. De la gare d’eau de Brimla. APC. 1907, V. I. Roulis Diminution du (Crémieu). CR. 10 Fév., 277.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aviation. Aéroplanes (Kennedy). E. 14 Fév., 120. -Farman. E'. 17 Janv.. 59; CR. 20 Janv., 112. Lilienthal Blériot. Bré-guet. Ram. Déc., 865.
- — Problème du vol. E. 14 Fév., 219.
- — Avion d’Ader. Va. 25 Janv., 49.
- — Rendement des hélices de propulsion dans l’air (Buguet). CR. 20 Janv., 113. — Ballons militaires (Gaudron). SA. 7 Fév., 298; E’. f4 Fév., 175.
- Air comprimé. Compresseur Bedherhood. Ri. 18 Janv., 21.
- — — compound. Essai d’un. VDI. 8 Fév.
- 208.
- — — par la marée à Rockland. AMa. 25
- Janv. 44.
- — Canalisations d’air sous hautes pressions (Leroux). IC. Oct., 332.
- Tome 110. — Février 1908.
- — Ecoulement de l’air dans un tube de
- 3 mm. de diamètre et de 30m de long. (Gundley et Gibson). RSL. 13 Fév., 114. Bascule automatique (Smith) pour minerais. Ri. 1 Fév., 42.^
- — à courbe Tragvon (Roiron). RM. Janv., 5. Chaînes Résistance des. EL 7 Fév., 134. Changements de marche et de vitesse. Belleville,
- Rochet-Schneider, Sears, Hannun Brooks Camp, Reenstruna, Radfort, Rénaux, Humphries, Gruneisen, Sweedlund, Bouchet Levavasseur, Lindsey, Newman Landies Giess, Hig-gens Johnston, Simpson-Strikland, Petersen, Lambert et Waddons, Mun-sing Vernon-Bojo, Smith, Wardell-Richards. Witîys. RM. Janv., 50-90. Chaudières à tubes d’eau (Les). (Strebel). VDI. 18-25 Janv., 99, 129.
- — Kinsman. E’, 14 Fév., 174.
- — Eaux économiques pour chaudières (Guth). EM. Fév., 793.
- — Influence du rapport de la surface de chauffe à la grille sur l’économie des chaudières. LE. 1 Fév., 160.
- — Détartreur Howl et Trauter. Gc. 18 Janv., 205.
- — Explosion de Greenwich. EL 17-24 Janv., 57, 64, 91 ; 14 Fév., 176; E. 24 Janv., 113, 120.
- — Fumivorité. Er. 31 Janv., 109, 117. 118. — Indicateur de niveau d’eau Chalon.
- Pm. Fév., 18.
- — Primage, détermination du (Rosset). Pm. Janv., 14.
- — Soupape de sûreté Maneby. Gc. 15 Fév., 276.
- Courroie Enrouleur Leneveu. Théorie (Dan-ter). Gc. 8 Fév., 258.
- — Monte-courroies Luhn. Elè. 8 Fév., -92. Coussinets à billes Chapman. AMa. 8 Fév., 129. Dynanomètre électrique Garland. AMa. 15 Fév., 163.
- Écrire. Machine à Mignon. La Nature. 1erFév., 143.
- Embrayages divers. Dp. 25 Janv., 52; 1er Fév., 68.
- — Benn. E'. 7 Fév., 146.
- Engrenages. Charge pratique des (Logue).
- AMa. 1er Fév., 95. Hélécoïdaue (Vallée) . Bam. Déc., 813.
- Graissage Le. E. 17 Janv., 86.
- 22
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1908.
- Graissage (Nicholson). AMa. 25 Janv., 46; 1er Fév., 80.
- — des paliers. E'. 17 Janv., 69.
- — Essayeur d’huile Blake. E. 7 Fév., 183. Indicateurs de vitesse Warner Fluschmann. Ré. 30 Janv., 74.
- Levage. Appareils modernes. Dp. 25 Janv., 49; 1-8-15 Fév., 65, 83, 99.
- — Cableways Henderson. Balance câble G0 Bleichert Ferris Mollier, RM. Janv., 91. Whibe à la houillère de Midleton. E’. 14 Fév., 166.
- — Conveyeur à chaînes Hannfstengel. VDI. 25 Janv., 121.
- — .— Babcox Smulders. RM. Janv., 97,98.
- — — à courroies Robins. RM. Janv.. 97.
- — — Etude surles (Fischer). RM. Janv., 9.
- — — à hélice Moret. RM. Janv., 98.
- — — Durer (ici.) 102.
- — — à secousses Suess. RM. Janv., 101. — Crochets de grue. Calcul graphique des
- (Pedersen). AMü. 15 Fév., 170.
- — Derricks delàBenrather. AG. RM. Janv., 103.
- — Freins lamellaires (Pickersgell). Dp. 15 Fév., 97.
- — Grues hydrauliques de la Hydraulic Eng. C. RM. Janv., 204. Armstrong 150 t. (id.), 108.
- — Grue à pivots. Temperly Baader. RM,
- Janv., 105. Roulante du Paris-Or-. léans. Rgc. Fév., 164.
- — Palan électrique Pilling. Elé. S Fév., 81. Machines-outils.» Ateliers Felten et Guillaume. E. 24 Janv., 108.
- — — de Watervliet. E. LT. AMa. 25
- Janv., 37.
- — — du Bulfalo-Rochester Rr. répara-
- tions de locomotives. Re. 30 Janv., 56.
- — — aux États-Unis. Gc. 1er Fév., 238.
- — — Puissance absorbée par les machi-
- nes-outils. AMa. 1 Fév., 91.
- — — Organisation de l’outillerie. AMa.
- 8 Fév., 122.
- — — Défense contre les incendies. Ri.
- 1er Fév., 47.
- - — Détermination du prix de revient.
- (Redding). EM. Fév., 781.
- — — Emploi du pétrole aux chantiers
- de Mare lsland. AMa. 15 Fév., 153 .
- Machines-Outils. Chaînes, Machines à faire les chaînes Renold. AMa. 18 Janv., 16. — Cisaille poinçonneuse Becker. E. 31 Janv., 168.
- — Commande électrique individuelle. Ri.
- 25 Janv., 34; Re. 30 Janv., 56.
- — Fraiseuses raboteuses Helherington. E. U Fév., 207.
- — Marteaux pneumatiques Massy. Essais, E'. 17 Janv., 70.
- — Meule aléseuse Burton, E. 14 Fév., 225. — Microscope. Emploi dans les ateliers. AMa. 1er Fév., 77.
- — Perceuse rapide à billes Allen. AMa. 25 Janv., 72. Ri. 15 Fév., 65. Radiale Archdale. E'. 31 Janv., 120. Pour têtes de goujons. Ri. 1er Fév., 45.
- — Pignons. Machines à ho'bber les. Cincinnati. AMa. 18 Janv., 10.
- — Riveuse à air comprimé pour chaudières. Installations de. (d’Albrée.) AMa. 25 Janv., 56.
- — Raboteuse électrique Niles de 420 tonnes, 200 chevaux, AMa. 18 Janv., 1.
- — — latérale. Ateliers Felten et Guil-
- laume. E. 24 Janv., 111.
- — Tour à revolver. Outillage des. AMa. 18 Janv., 20. A bandages Beyer Pea-cock. E. 31 Janv., 146. A canneler Pollock etMacnab. Ef. 31 Janv., 111.
- — Usinage des cylindres de moteurs à pétrole. AMa. 8 Fév., 113. Des matrices de monotypes, (id.), 117. Des roulements à billes Chapman, (id.). 129.
- — Vis. Machines à Grildey. AMa. 13 Fév.,
- 164.
- — Machines à bois. Équarisseuse électrique
- Ransome.E. 17 Janv., 84.
- Moteurs à gaz. Couplage avec moteurs à vapeur. Station d’électricité de Biarritz. Gc. 1er Fév., 241. Expériences de l’Institution des Mechanical Engineers.E. 24 Janv., 103, 128. Sur les mélanges explosifs fNegel). VDI. 13 Fév., 244.
- — Crossley 700 ch. à 3 cylindres tandem
- simple effet, de 965 x 990, vitesse 105 t. Korting. Réglage. VDI. 15 Fév.j 261.
- — de haut fourneau Premier. E'. 1 Fév.,
- 140. Construction des grands moteurs (Runcorn). E. 14 Fév., 227.
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- 339
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Moteurs à gaz. Gazogènes sans goudrons (Bell.) E. 31 Janv., 1 il ; 7 Fév., 171.
- — à pétrole Diesel. 300ch. Essais.(Eberbe).
- VDI. 1er Fév., 179. Aster. 8 ch. Va. 8 Fév., 90. Esnault-Pelterie extraléger. lk,5 par cheval pour 3h chevaux à 1 300 tonnes. IC. Déc., 610. Thornycroft pour sous-marins. E’. 7 Fév., 146.
- — à alcool. E. 31 Janv., 156.
- Moteurs à vapeur. Demi-fixe Wooff de 500
- chevaux à triple expansion. Ri. 25 Janv., 34.
- — Surchauffée Browelt et Liudley. E\ 7 Fév., 139.
- — Rendementdes. (Sellers). E’. 7 Fév., 149. — Vitesse limite des pistons (Strickland). E. 7 Fév.. 173.
- — Influence des parois. E’. 17 Janv., 63. — Turbines Électra avec condenseur tournant Menth. VDI. 1-8 Fév., 182, 216.
- — —-à basse pression Rateau. E’. 31
- Janv., 107. Installation de la Wisconsin Steel G0. LE. 1er Fév., 162.
- — — Turbines Parsons Brush. E. 14
- Fév., 202.
- — — Mesure de leur puissance par le
- torsiomètre (Gibson). E. 7 Fév., 190. Textiles. Régulateurs de batteurs. Étude sur les (Champion). It. 15 Janv., 29.
- — Boîte à navettes rotative pour métiers à tisser (Walker), D. 15 Fév., 62.
- — dispositif pour arrêter électriquement
- les moteurs à tisser à la fin de chaque cannette (Chaire). It. 15 Janv., 32.
- — Casse-chaîne électrique Chaire. It, 13 Fév., 65.
- — Dynanomètre P.-B. pour tissus et cordages. It. 15 Fév., 69.
- — Poils animaux. It. 15 Fév., 55. Torsiomètre. Application à la mesure des puissances des turbines marines (Gibson). E. IFév., 195.
- MÉTALLURGIE
- Alliages eutectiques. Représentation graphique du refroidissement des (Sauveur). Èlectrochimical. Janv., 18.
- — cuivre-zinc, traitement des métal.
- Muntz (Bengough et Hudson). Cs. 13 Janv., 43.
- --- FÉVRIER 1908.
- Alliages. Les métillures. Alliages à base de siliciures de fer résistant aux acides (Jouve). IC. Déc., 641.
- — Action du mercure sur les alliages (Mallet). RSL. 13 Fév.,83.
- Cuivre. Marché de Londres en 1907. Eam. 18 Janv., 162. Usines de Fundacion. Mexique. Eam. 8 Fév., 303. (Électrométallurgie du). Re. 15 Fév., 105.
- Fer et acier. Application des lois de la physico-chimie à la métallurgie du fer (Juptner von Jonstorff). Electrochimical'Janv., 12.
- — Aciers au vanadium. Types et essais. RdM. Fév., 109. 113. Aciers spéciaux au Salon de l’automobile (Révillon). RdM. Fév. 53.
- . — Aciérie nouvelle de Westphalie, à Bo-chum. SuE. 22 Janv., 113. Forges de Fuederich - Albert à Rheinhausen. VDI. 18 Janv., 91.
- — Hauts fourneaux, turbo-compresseurs pour souffleries de (Langer). SuE. 15 Janv., 73.
- — Appareils de manutention des aciéries (Stauber). RclM. Fév., 92.
- — Laminoir électrique Westinghouse pour plats. AM A. 25 Janv., 51.
- — Lingots : pipage et ségrégation. SuE. 22 Janv., 116.
- — Fonderie. Organisation et prix. E. 17 Janv., 79. Application de la science à la fonderie (Buchanon). SA. 14 Fév., 318. Fontes au manganèse. Constitution (Guillet). CR. 13 Janv , 74. Fusion dans le cubilot (Mac Cormack). Elec-trochimical. Janv., 21. Identité du graphite et du carbone graphitique de recuit dans les fontes (Charpy). RdM. Fév., 75. Solubilité du graphite dans le fer (id.), 79. •
- Electrosidérurgie. Fours Roechling et Roden-hauser. Electrochimical. Janv., 10. Production électrique des aciers fins (Thallner). Electrochimical. Janv., 26. Fours à manchon pour la sidérurgie. le. 25 Janv.,'36.
- — Fabrication des alliages ferreux. E'T 24-31 Janv., 80, 105.
- Or. Broyeur pulvérisateur par voie sèche ou humide. Procédé combiné d’amalgamation, cyanuration et concentration
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- FÉVRIER 1908.
- des minerais d’or et d’argent (De-keyser et Verbeke). Ru. Déc., 283. Or. Procédé Pelatan-Clerici. Eam. 1er Fév., 246.
- Plomb. Calculs métallurgiques (Richards).
- Electrochimical. Janv., 8; 14 Fév., 65. — Raffinage électrolytique à Trail (Wolf). RdM. Janv., 119. Plombs argentifères ; traitement des mattes à Selby, Californie. Eam. 1er Fév., 353.
- Westphalie. Excursion en (Wuiljot). Ru. Déc., 266.
- MINES
- Accidents mortels dans les mines des Etats-Unis (O.Snelling).EM. Fév., 721 ;Eam. 1er Fév.. 259. Catastrophe de Cour-rières (Heuiteau). AM. Oct., 317-427.
- Air comprimé dans les mines. Comparaison entre les hautes et basses pressions (Brimsmade) Eam. 18 Janv., 161.
- Appareils respiratoires (Hi11). E. 17 Janv., 93.
- Argent. Dépôts de Lake Valley. Nouveau Mexique. Leur genèse (Keyes). AIM. Janv., 2. Mine de Promontario. Duran-go. Mexique. (id). 83. District de Mon-térima. Colorado. Eam. 1er Fév., 241.
- Ardoisières des Galles, causes de leur déclin. Eam. 18 Janv., 145.
- Cuivre. Mine de Tye. Vancouver. Eam. 25 Janv., 199. District d’Kvergreen. Colorado (Ritter). AIM. Janv., 33. District de la Nevada (S. Brown). EM. Fév., 763.
- Eclairage électrique dans les mines. Pm Janv., 10. Fév., 22.
- Electricité. Emploi aux mines de Butte. Eam.
- Janv., 97. de Mansfîeld avec moteurs à gaz. Electrochimical. Janv., 14.
- Evaluation d’un gisement minier en prospection. (Brimsmade). AIM. Janv., 61.
- Extraction. Machine de 3.000 chevaux à la Nine Mile point colliery par Robey, Lincoln. E. 17 Janv., 75. Câbles d’extraction. Leur sécurité. Ri. 15 Fév., 65. Machine électrique Ugner (Ha-vlieck). RdM. Fév., 88. Parachutes. Rapport du Transvaal. Eam. 18 Janv., 150 E 14 Fév., 201.
- Fer. Mine du lac Supérieur en 1907. Eam. 11 Janv., 113.
- Or. Mines de Kalgoordie. Eam. 25 Janv., 193. Dans l’Alaska. Eam. 8 Fév., 311.
- Houille. Gisement de Diamondville et du Sud du Wyoming. Eam. 11 Janv., 116-118. Manipulation à la mine de Wherling Valley Eam. 8 Fév., 317.
- — de Midle'sboro. Kentucky. Eam. 18 Janv., 166. Du Northumbei’land. Eam. 25 Janv., 212. De Kyushu, Japon. 31 E. Janv., 158.
- Perforatrices. Keymer. E. 14 Fév., 209. Essais de Johannesburg. E'. 7-14 Fév., 135-156.
- Pérou. Région dii Cerro de Pasco. Eam. 18-25 Janv., 155-206.
- Phosphates au Tennessee. Eam. 18 Janv., 153.
- Plomb. Mines Gwenside, Cumberland. Eam. 8 Fév., 297.
- Préparation mécanique. Trieurs électro-magnétiques. Re. 30Janv., 61.
- Remblayage hydraulique. (Wilders). Ru. Déc. 213.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 107* ANNÉE. MARS 1908.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- Sur M. C. Rossigneux, ancien président du Comité des Constructions et Beaux-Arts, par M. de Ribes-Christofle (1).
- Notre regretté collègue, Charles Rossigneux, président, depuis un grand nombre d’années, du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, vient de s’éteindre à l’âge de quatre-vingt-onze ans, dans ce même appartement du quai d’Anjou, où il s’était installé jeune homme en 1848; il fut un de ces rares artistes complets, pour qui l’art était un palais familial où partout il se trouvait chez lui.
- Ce fut son originalité, et presque un anachronisme à notre époque de spécialisation, que l’universalité de son talent.
- Edmond About le faisait déjà remarquer dans son compte rendu du Salon de 1866, par cette boutade pleine d’humour :
- « Charles Rossigneux, architecte en tous genres, construit la maison, décore l’appartement, dessine le mobilier, esquisse' les vitraux, fait faire sur ses plans la vaisselle, les cristaux, l’argenterie, et même les bijoux de Madame; c’est un artiste invraisemblable et presque ridicule aujourd’hui, parce qu’il n’a voulu s’enfermer dans aucune spécialité, les ayant toutes. »
- Né le 4 février 1818, il fit ses études au lycée Charlemagne, et suivit ensuite les cours de l’École centrale.
- Après s’être essayé dans l’ornementation bibliographique, il inaugura
- (1) Lu en séance, le 13 mars 1908.
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- réellement sa carrière au Caire, de 1849 à 1851, par la décoration et l’ameublement de l’Abbatié, palais du vice-roi d’Égypte, Abbas-Pacha.
- Par la suite, il se lit le collaborateur des industries d’art, quand il n’était pas absorbé par se*s travaux de construction et de décoration. C’est ainsi qu’il fut appelé à la direction artistique de la manufacture de porcelaine de MM. Hache et Pépin-Lehalleur, à Yierzon ; il lui donna une impulsion et lui fît réaliser des progrès qui ont assuré à ses produits la vogue dont ils jouissent.
- Son influence n’a pas été moindre sur la Manufacture des Gobelins à laquelle il appartint plus de vingt ans, comme membre de la Commission de perfectionnement.
- Je ne puis passer sous silence la part considérable qu’il a prise à l’ornementation du livre, en collaboration avec les Hachette et les Gruel.
- Que de splendides reliures des œuvres publiées par la maison Hachette sont dues à son crayon! Combien de délicates vignettes, rinceaux, culs-de-lampe et lettres ornées, il leur a composés pour leurs éditions de grand luxe !
- Je me contenterai de rappeler comme type ce merveilleux Évangile in-folio, dont la maison Hachette demanda l’illustration à Bida pour la figure, et à Rossigneux pour l’ornementation. Il avait à remplir ce programme ardu, d’expliquer le texte à l’aide seule d’arabesques, dont l’idée était tirée du sujet même. 11 a triomphé pourtant avec bonheur de cette grande difficulté sans tomber dans la monotonie, et, tout en variant à l’infini sa composition, il a conservé partout le même style, la même égalité de crayon, le même sentiment religieux qui font de son travail une œuvre toute logique.
- La maison Gruel lui doit également les dessins de superbes reliures. Il savait en varier l’ornementation et l’adapter à l’ouvrage dont elles formaient la gaine luxueuse.
- Dès 1842, il prêtait son concours à cette maison : soixante-six ans après, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, en juin 1907, il lui envoya encore un dessin de reliure qui respirait toujours la jeunesse et l’élégance de ses premières œuvres.
- Enfin, dans le domaine de l’orfèvrerie, dont il me sera permis de parler avec quelque détail, puisque son concours s’est exercé dans la maison Christofle, il a inspiré un grand nombre d’œuvres et, parmi les plus importantes, je citerai :
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- Le surtout, enfants ailés, qui avait été demandé à Ch. Christofle, pour la table privée de l’impératrice Eugénie ;
- La table incrustée d’or et d’argent, commandée par Mme de Païva, pour son hôtel des Champs-Elysées, qui eut sous l’Empire son heure de célébrité ;
- C’est lui qui décora complètement l’hôtel de la famille Hachette où tout, jusqu’aux lustres, torchères et bronzes, fut exécuté d’après ses dessins.
- Enfin, on se rappelle la maison pompéienne que le prince Napoléon fit construire aux Champs-Elysées; ce fut pour Charles Rossigneux l’occar sion de faire valoir sa maîtrise.
- Il en dessina tout l’ameublement, les bronzes et le service d’argenterie que MM. Christofle se chargèrent d’exécuter. Le surtout, qu’il composa sur les documents mêmes rapportés d’Italie par le prince Napoléon, pouvait faire croire à une exhumation d’un trésor pompéien. Les bronzes ornant les portes de l’atrium, les candélabres d’entrée, les statuettes des Muses en sculpture chryséléphantine pour décorer une reconstitution du Par-thénon, tout fut traité avec le même scrupule archéologique.
- Charles Roussigneux fut naturellement appelé à prêter son concours aux diverses Expositions qui se sont succédé pendant son existence.
- Il prit part à celle de 1855 comme architecte et commissaire-adjoint, et y fut décoré de l’Ordre de la Légion d’honneur.
- Il exerça les mêmes fonctions à* l’Exposition de Londres en 1862.
- Membre du Jury à celle de Vienne, il y reçut l’Ordre de François-Joseph.
- Élu membre de notre Société en 1879, entré l’année suivante au Comité des Constructions et des Reaux-Arts qu’il présida si longtemps, il fut l’auteur de nombreux mémoires très appréciés. Tous reflètent les qualités d’examen scrupuleux, de sûreté de coup d’œil, de finesse d’appréciation qu’il apportait dans tout ce qu’il faisait ; mais le cadre de cette notice ne me permet malheureusement que d’en donner l’énumération par ordre de date.
- 1880. — Rapport sur les titres de M. Charles Garnier à la grande médaille de Jean Goujon.
- 1882. — Notice sur la vie et les ouvrages de Gabriel Davioud.
- 1885. — Rapport sur l’impression en relief sur étoffes de MM. Legrand frères.
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- 1885. — Rapport sur le Mémento graphique du Constructeur, de M. Chenevrier.
- 1885. — Rapport sur l’Économiste pratique, ouvrage de M. Émile Cacheux.
- 1886. — Rapport sur le Mégagraphe de M. Gémy.
- 1887. — Rapport sur les titres de M. Rarbedienne à la grande médaille dite de Jean
- Goujon.
- 1887. — Rapport sur l’utilisation des déchets de mica par M. Schlumberger.
- 1888. — Rapport sur l’imitation de bois d’ébène de M. Raillif.
- 1888. — Rapport sur la pyrogravure deM. Manuel-Périer.
- 1889. — Rapport sur le procédé d’agrandissement des dessins par projections optiques
- de M. Manuel-Périer.
- 1890. — Rapport sur les éléments de prix de constructions de M. Mégrot.
- 1890. — Rapport sur la table chromatique de M. Hupé.
- 1892. — Rapport sur les titres de M. Émile Froment-Meurice à la médaille de Jean Goujon.
- Charles Rossigneux fut, dans le cours de sa carrière, le conseil écouté, le collaborateur recherché de tous les fabricants qui rêvaient de faire œuvre durable et de belle tenue dans n’importe quel métier. Du goût le plus fin et le plus châtié, ses modèles, toujours basés sur un style connu, se reconnaissaient à leur élégance et à l’habileté de leur composition ; ils témoignaient de la plus scrupuleuse étude des ressources de chaque industrie.
- Ses collaborateurs et amis se sont fait un devoir de réunir une partie de l’œuvre si variée mais toujours homogène de ce maître décorateur. C’est à ce titre que M. Bouilhet, vice-président de l’Union Centrale des Arts décoratifs, s’est chargé de rassembler ces documents qui réveillaient en lui, pendant qu’il les classait, l’émotion admirative éprouvée lors de leur création.
- Pendant tout le mois de février dernier, l’exposition de ses œuvres, au Pavillon de Marsan, a permis de venir rendre un dernier hommage à l’artiste universel qui laisse de si précieux souvenirs, dont la caractéristique est l’harmonie dans la variété des compositions, l’unité dans la conception, et, par-dessus tout, une allure de distinction qui en est comme la signature.
- F. de Ribes-Christofle.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait, par M. E. Sauvage, au nom du Comité des Arts économiques , sur un appareil a rectifier par meülage, de M. Lemaire.
- L’emploi de petites meules à grain fin a pris une grande importance dans la construction mécanique. Elles permettent en effet d’obtenir l’extrême précision nécessaire pour une foule de pièces, notamment pour la rectification après trempe, qui fait disparaître les légères déformations produites par cette opération. Il existe de nombreuses machines étudiées pour cette rectification par meulage. Le plus souvent, les surfaces à rectifier sont des cylindres pleins ou creux et des plans. Les machines à rectifier sont analogues à des tours, des aléseuses ou des raboteuses, dans lesquelles la meule est substituée à l’outil ordinaire.
- Ces machines sont en général coûteuses ; de plus, elles sont étudiées en vue d’une opération spéciale, à laquelle elles sont bien appropriées et qu’elles exécutent rapidement, mais par suite l’emploi en est limité, et on est conduit à en multiplier le nombre. Aussi cet outillage n’est-il guère accessible qu’aux grands ateliers.
- M. E. Lemaire, constructeur-mécanicien à Levallois-Perret, s’est proposé d’établir un appareil à meuler simple et peu coûteux, pouvant s’adapter à diverses machines-outils, et pénétrer dans les ateliers les plus modestes. Cet appareil se compose (fig. 1) d’un support avec poulie de commande et d’un support de meule réunis par un arbre de transmission flexible.
- La poulie de commande, du diamètre de 6 centimètres environ, reçoit son mouvement par friction d’une poulie de la machine-outil sur laquelle on installe l’appareil, par exemple, d’une des poulies du cône de la poupée fixe d’un tour : ce montage se fait de manière à obtenir la vitesse désirée pour la meule, qui tourne deux fois plus vite que sa petite poulie de commande, et doit faire souvent de 3 000 à 9 000 tours par minute suivant son
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- diamètre (I). 11 faut aussi tenir compte du sens de la rotation, l’arbre flexible devant toujours tourner dans le même sens. La petite poulie de commande est en carton durci ; son axe est porté sur une monture simple articulée, qui se monte très facilement sur le bord d’un banc de tour ou sur une machine-outil quelconque. L’articulation comporte deux axes de rotation perpendiculaires, qu’on peut faire tourner après avoir desserré une
- Fig. 1. — Appareil à rectifier Lemaire monté sur un tour et affûtant une fraise.
- vis. Pour éviter qu’une rotation ne puisse se produire, une fois l’articulation réglée et les vis resserrées, les parties tournantes sont en contact non par des surfaces planes, mais par des surfaces présentant des stries radiales, qui s’emboîtent les unes dans les autres par le serrage.
- L’arbre flexible est spécialement établi avec des enroulements de fils très fins. Une petite tige, non représentée sur la figure 1, supporte cet arbre de manière à éviter les coudes trop brusques et les mouvements vibratoires.
- (1) Les instructions jointes à l’appareil indiquent une vitesse de 3 000 à 3 500 tours par minute pour les meules les plus grandes à employer: de 100 à 110 mm. de diamètre. Cela correspond à une vitesse linéaire à la circonférence de 20 m. par seconde au maximum, qui ne paraît pas exagérée. Les instructions indiquent en outre que le plus petit diamètre est de 15 à 20 mm. et que la vitesse doit être, suivant le diamètre, de 6 000 à 7 000 tours par minute. Des indications plus précises ne semblent pas nécessaires, parce qu’avec les meules de petit diamètre les vitesses à la circonférence sont bien inférieures à la limite admissible de 20 m. par seconde. i J '
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- UN APPAREIL A RECTIFIER PAR MEULAGE.
- Le support de la meule présente également deux axes d’articulation à angle droit, permettant de donner à l’axe de la meule toutes les directions désirables. La rotation de l’arbre flexible est communiquée à l’axe de la meule par un jeu d’engrenages d’angle doublant la vitesse. De plus, on peut faire varier à volonté le sens de rotation de la meule, par le jeu d’un excentrique substituant un pignon à un autre. Ces engrenages sont logés à l’intérieur d’une boîte métallique très peu volumineuse. Ce changement de marche est nécessaire parce que le travail de meulage exige que la meule se meuve en sens contraire de la pièce qu’elle attaque : cette condition exige des rotations de mêmes sens de la meule et de la pièce pour le meulage d’un cylindre plein en M (fig. 2), et de sens contraires pour l’alésage d’un cylindre creux en M' : comme la pièce sur le tour tourne toujours dans le même sens, c’est la meule dont on renverse la rotation.
- Pour le travail d’alésage, au lieu de monter la meule comme on le voit sur la figure 1, on rapporte sur l’axe du support une fusée d’une certaine longueur, qui porte la meule à son extrémité.
- L’appareil se monte avec une égale facilité sur une raboteuse et sur une fraiseuse. Ce dernier montage permet au besoin le meulage suivant gabarit.
- La meule peut aussi être disposée en lapidaire, c’est-à-dire agissant par sa face plane. On peut enfin démonter la patte du support qui se boutonne contre les machines-outils, et lui substituer un manche en bois; on obtient ainsi une meule portative, manœuvrable à la main, utile dans certains cas.
- L’appareil à rectifier de M. Lemaire est ingénieusement étudié dans tous ses détails; il est soigneusement construit; l’axe de la meule tourne dans des douilles de bronze phosphoreux, dont une conique, à réglage longitudinal, qui paraissent de nature à assurer un bon fonctionnement pendant une durée assez longue. Ces appareils ont été fournis à un certain nombre d’industriels; M. Lemaire m’a communiqué une collection de lettres de référence qu’il a reçues de ces industriels. Tous se déclarent
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- satisfaits du fonctionnement de l’appareil ; par exemple, l’un d’eux écrit que « l’appareil fonctionne toujours très bien et donne entière satisfaction pour la rectification de pièces qui auparavant nécessitaient une main-d’œuvre bien compliquée ».
- En résumé, l’appareil que nous a présenté M. Lemaire est bien réussi et répond exactement à sa destination. Il est de nature à rendre de grands services à l’industrie, en permettant l’emploi du meulage dans les plus petits ateliers. 11 se trouve même, par la variété des montages auxquels il se prête, qu’il peut tenir utilement sa place dans les ateliers importants, déjà pourvus de grandes machines à meuler, pour certains travaux que celles-ci ne peuvent exécuter.
- Aussi le Comité de Mécanique vous propose de* remercier M. E. Lemaire de sa communication, et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bïilletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 13 mars h908.
- Signé ; E. Sauvage, rapporteur.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport fait au nom du Comité des Arts mécaniques, par M. Ed. Sauvage, sur un système de joints de tuyaux, présenté par M. J. Gilbert.
- M. J. Gilbert, ingénieur-architecte à Vincennes, a soumis à l’appréciation de la Société un système de tuyau en fonte et en acier avec joint à
- '0, NJ,
- Ni n!
- Fig. 1. — Joint du système Gilbert, pour tuyaux de fonte de 500 mm. de diamètre. Le cercle ponctué, représente la forme initiale d’un anneau de caoutchouc, serré entre les deux tuyaux. Une couronne de plomb est coulée entre le caoutchouc et la face extérieure.
- emboîtement. Ce joint, représenté parla figure 1, comprend une couronne en plomb, coulée entre les deux tuyaux consécutifs, et une bague en caoutchouc serrée entre ces deux tuyaux.
- L’espace rempli par le plomb présente une rainure dans chacun des tuyaux afin que ce métal s’oppose au déboîtement; cette disposition se distingue par là de dispositions anciennes de joints au plomb, où les rainures n’existent pas, ou qui ne présentent qu’une’seule rainure. De même qu’avec ces dispositions anciennes, le plomb, dans le système Gilbert, peut
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- être matté de l’extérieur soit lors de la pose, soit lors des vérifications de joints.
- La bague en caoutchouc dont la sêction primitive est circulaire, est comprimée entre les deux tuyaux; les formes données aux logements de cette bague dans les deux tuyaux qui la serrent sont telles qu’elle ne peut rouler ni être coupée ou arrachée pendant le montage. Cette bague est destinée à assurer l’étanchéité dans le cas où, par suite du déplacement relatif des tuyaux, l’adhérence du plomb à la fonte ou à l’acier viendrait à faire défaut. On a constaté que la coulée du plomb ne brûlait pas le caoutchouc.
- Les dimensions, prévues par M. Gilbert pour les diverses tailles de tuyaux en fonte, sont données par le tableau qui suit :
- Diamètre Epaisseur Poids approximatifs
- du tore en caoutchouc du __ ; — —_
- après tension plomb du du du
- Diamètre Longueur utile sur à l’entrée mètre courant caoutchouc plomb
- ultérieur du tuyau. du tuyau. le bout mâle. du joint. utile. par joint. par joint.
- millim. mètres. millim. millim. kilogr. kilogr. kilogr.
- 40 2 8 8 9 0 013 0 726
- 50 2,5 8 8 11,4 0016 0 829
- 60 2,5 9 8 13 0 021 0 905
- 70 3 10 8 • 16,2 0 024 1 067
- 80 3 10 8 19 0 032 1498
- 90 3 10 8 20,9 0 035 1 623
- 100 3 10 8 23,6 0038 1 759
- 125 3 10 8 30,6 t) 046 2100
- 150 3 11 8 37 0 064 2 440
- 175 3 11 8 44,6 0 073 2 781
- 200 3 11 8 51 0 082 3121
- 250 4 11 8 68 0100 3 836
- 300 4 11,5 9 88 0122 5017
- 350 4 11,5 9 109 • 0149 5 823
- 400 4 11,5 .9 . 129 0170 6 583
- 450 4 11,5 9 157 ifï CO O 7 332
- 500 4 12 9 180 0221 8 093
- 600 4 12 9 246 0 268 9 659
- 700 4 J2 J iu . ..9 311 0313 11168
- 800 4- 13 10 366 0415 13 904
- 900 '4 - 13 11 452 0 466 * 16 945
- 1 000 4 13 11 519 0 525 O P- GO
- 1 100 4 13 11 655 0 571 20 600
- 1 250 4 13 11 ‘ 821 0 659 23 358
- - 1500 4. 13 11 1 095 0 786^ 27 864
- Pour les tuyaux en acier, recouverts ou non de jute (fig. 2), les dimensions sont les suivantes :
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- JOINT DE TUYAUX GILBERT.
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- DIAMÈTRE INTÉRIEUR d. ÉPAISSEUR 6. 40 3 50 3 60 3 70 3 1/4 80 3 1/2 91 3 1/2 101 3 1/2 112 4 120 5 125 5 140 5 149 5 1/2 . 159 5 1/2
- Longueur emboîtement I,. 55 55 55 55 65 65 65 65 65 65 65 67 60
- Diam. intér. - — U. 50 60 69 79 V2 91 102 7 112 124 133 138 153 163 175
- Épaisseur mâle A. 8 8 8 8 y* 8 7 2 8 3/2 9 9 10 10 10 10 72 10 72
- Espace libre B. 3 3 • 3 3 3 7o 3 72 3 72 3 7* 3 Va 3 72 3 72 3 72 3 72
- Diamètre caoutchouc C. 8 8 9 9 10 10 10 10 10 10 10 11 H
- Épaisseur femelle E. 6 Va 6 7-2 6 */a 7 4 8 10 10 12 12 12 12 12
- „ . . . ,, ( Sans jute. 3\25 4k,00 4k,75 6k,00 7k,2o 8k,25 9k,10 llk,50 15k,50 16k, 33 18k,00 21k,00 22k,40
- Poids du mètre. < , . , ( Avec jute. 4M 2 5k,05 6\00 7k,45 8k,90 10k,10 il k,i 5 13k,80 17k,95 I8k,88 20k,80 24k,00 25k,60
- .d
- Nota. — Le bout mâle est exécuté par dudgeonnage intérieur pour les tuyaux de faible épaisseur et par refoulement pour les épaisseurs plus fortes.
- Le système de M. Gilbert a déjà reçu quelques applications, notamment à Pompey, pour une conduite de 300 mètres de longueur et de 100 millimètres de diamètre : à la gare de la Villette de la Compagnie des chemins de fer de l’Est, où une conduite de 110 millimètres de diamètre sert au retour de,l’eau actionnant des cabestans hydrauliques. Cette dernière conduite a été examinée par le laboratoire d’essais du Conservatoire
- Tubes de;#O et 150
- Tubes d& bO â> 20
- longueur utile: û ”
- des Arts et Métiers, et a donné lieu à un procès-verbal, en date du 19 janvier 1907. Ce procès-verbal relate que .la pression normale de 8 mètres d’eau dans la conduite est très fréquemment sujette à des augmentations brusques, s’élevant jusqu’à 8 kilogrammes par centimètre carré, par suite de coups de bélier résultat des conditions de service; que la conduite est enterrée à un mètre de profondeur dans un sol de remblai, supportant le.
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- passage de voitures et de wagons lourdement chargés, et qu’un joint, ayant été découvert, a été reconnu parfaitement étanche.
- Ce système de joints nous paraît bien combiné et mérite des applications assez étendues pour permettre d’apprécier les résultats donnés après un service prolongé dans des conditions variées. La question présente d’ailleurs un grand intérêt pratique en présence des fuites importantes qui existent sur nombre de conduites, des dépenses d’entretien qui en résultent, et même des dangers hygiéniques qui peuvent résulter de l’aspiration éventuelle d’eaux malsaines par de mauvais joints.
- M. le Ministre des Travaux publics a soumis le système de M. Gilbert à une sous-commission des inventions, dont le rapport a été inséré dans les Annales des Ponts et Chaussées (nov. 1907, p. 183). Ce rapport est conçu comme il suit :
- « M. Gilbert, ingénieur-architecte, 2 bis, rue du Midi, à Vincennes, présente un type de conduite métallique (fonte ou acier) formée de tuyaux d’emboîtement, où il a cherché à obtenir un joint plus résistant et plus flexible tout à la fois que celui qui est universellement employé pour l’établissement des canalisations d’eau. *
- « Il réalise l’élasticité en substituant à la corde goudronnée, qu’on place habituellement au fond de l’espace annulaire aménagé entre les abouts de deux tuyaux consécutifs, une bague en caoutchouc, qui s’emboîte en même temps que le bout mâle, en assure le centrageet finalement se trouve comprimée entre deux épaulements obtenus, sans passage au tour, au moment de la fabrication des tuyaux, dont les profils ont été spécialement étudiés à cet effet.
- « Quant à la résistance supérieure du nouveau joint, elle résulte de la présence de deux rainures profondes, de 0m,015 de longueur, obtenues également sans usinage sur l’un et l’autre tuyau, et qui venant, à la pose, se placer vis-à-vis l’une de l’autre, assurent, lors du remplissage en plomb, la formation d’un fort renflement, destiné à s’opposer très efficacement au refoulement de la garniture sous l’effort de la pression intérieure.
- « La bonne tenue du caoutchouc étant démontrée par l’usage qui en est fait pour nombre de joints spéciaux depuis de longues années, il est hors de doute que le résultat de son introduction aux lieu et place de la corde goudronnée doit être satisfaisant, en même temps que la rapidité de la pose serait, par là, incontestablement augmentée.
- a L’effet du renflement de la garniture de plomb est également certain;
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- JOINT DE TUYAUX GILBERT.
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- c’est d’ailleurs un moyen auquel on a eu déjà recours dans des cas spéciaux où l’on avait besoin d’une résistance exceptionnelle ; actuellement, avec les fortes pressions qui tendent à se répandre de plus en plus et à devenir la règle, il y aurait intérêt à le généraliser.
- « On est en droit d’espérer, qu’avec ces dispositions, les ruptures accidentelles, dues aux déboîtements, seraient moins nombreuses; peut-être aussi les fuites si fréquentes dans la plupart des services d’eau, et qui causent des pertes d’eau si considérables, seraient-elles diminuées dans une forte proportion, ce qui constituerait, par ailleurs, un avantage des plus précieux.
- « Les premières applications et les expériences de laboratoire confirment, au surplus, ces appréciations.
- « Et, comme le résultat est obtenu par des moyens simples, qui semblent bien ne pas devoir entraîner d’augmentation effective de la dépense, comme l’indique M. Gilbert, le système de conduites proposé constitue, à notre avis, une amélioration réelle, qu’il serait intéressant de voir entrer dans la pratique courante. »
- Cette appréciation favorable confirme l’opinion de votre Comité de Mécanique; aussi vous propose-t-il de remercier M. Gilbert de sa communication, et d’insérer le présent rapport, avec ses figures, dans le Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 1S mars 1908.
- Signé :E. Sauvage, rapporteur.
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- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté, par M. Lecornu, au nom du Comité des Arts mécaniques,
- SUr l’ALLUMEUR.Lodge.
- L’allumage des mélanges détonants contenus dans les cylindres des moteurs à explosion a été obtenu primitivement au moyen de brûleurs ; actuellement, on n’emploie guère que l’étincelle électrique. Celle-ci est fournie tantôt par une pile ou un accumulateur, tantôt par une magnéto. La magnéto est, pour l’instant, à la mode ; cependant, la bougie actionnée par pile ou accumulateur conserve des partisans. La bougie présente l’avantage de ne nécessiter dans le cylindre aucune partie mobile; par contre, elle expose à des ratés provenant notamment de l’encrassement ou de l’insuffisance d’isolement.
- Sir Oliver Lodge a imaginé de faire jaillir entre les deux pôles de la bougie une étincelle à très haute tension, obtenue par un dispositif remarquable. Le circuit secondaire d’une bobine d’induction est interrompu en un point, à la façon ordinaire, pour permettre la production d’une étincelle. De part et d’autre de cette interruption du circuit, sont branchés, en dérivation, deux fils aboutissant à dpux plateaux P (fig. 1). En regard de ceux-ci sont placés deux autres plateaux P', formant avec les premiers un couple de condensateurs. Les plateaux P' sont réunis d’une part au moyen d’un conducteur C, présentant une assez grande résistance, d’autre part au moyen d’un circuit, que nous appellerons le circuit tertiaire, interrompu au point où l’on veut faire jaillir l’étincelle d’allumage.
- Si l’on fait croître la différence de potentiel aux bornes du circuit secondaire, les plateaux P chargent par influence les plateaux P'. Les électricités repoussées de ceux-ci se neutralisent à travers le conducteur C. Au moment où une étincelle jaillit dans l’interruption du circuit secondaire, ce circuit se décharge, et le condensateur tend à revenir à l’état neutre,
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- l’allumeur lodge.
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- Mais on observe qu’à ce moment, si la résistance du conducteur est suffisante, les électricités contraires des plateaux P', au lieu de suivre la voie offerte par ce conducteur, se recombinent par le circuit tertiaire, en produisant, au passage de l’interruption existant dans ce circuit, l’étincelle à très haute tension dont on a besoin.
- Le choix du conducteur C constitue une question assez délicate. Si sa résistance est trop grande, les plateaux P' ne se chargent pas suffisam-
- -O O
- p
- p
- p1
- c
- p*
- O o
- Fig. 1.
- ment; si elle est trop faible, on risque de voir une partie de l’électricité des plateaux P' se recombiner par cette voie, au détriment du circuit tertiaire. Dans les deux cas, l’étincelle est affaiblie.
- En pratique, on constitue le conducteur par du papier buvard imbibé d’eau et contenu dans un tube.
- Il est nécessaire que la source de courant ait très peu de self induction, sans quoi les ruptures du courant primaire ne seraient pas assez brusques; aussi les piles ou les accumulateurs doivent-ils être préférés aux magnéto.
- On estime que la durée de l’étincelle tertiaire est de l’ordre du cent millionième de seconde, tandis que celle de l’étincelle secondaire est de l’ordre du dix millième de seconde. La tension est tellement grande que la bougie fonctionne même sous l’eau. La décharge est oscillante, et de très
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- haute fréquence, ce qui permet de toucher la bougie sans ressentir de secousse. Grâce à son caractère en quelque sorte explosif, Tétincelle tertiaire est capable d’allumer des mélanges extrêmement pauvres. L’étincelle secondaire, qui jaillit en dehors du cylindre, sert de témoin : tant qu’elle apparaît, on peut être assuré de l’existence de l’étincelle tertiaire.
- M. Fabre qui, dans la séance du 8 novembre 1907, a présenté l’allumeur Lodge à la Société d’Encouragement, résume ainsi les avantages du système : • *
- Suppression des parties mobiles dans les cylindres; suppression des inconvénients de l’encrassement; réglage très précis du temps d’allumage; qualité remarquable de l’étincelle, chaude et détonante; faible consommation d’électricité; entretien nul de l’allumeur et des bougies; augmentation appréciable de puissance; sécurité absolue de l’étincelle, que rien n’arrête.
- Après avoir entendu les explications complémentaires qu’a bien voulu me donner M. Fabre et avoir assisté à diverses expériences qu’il a exécutées devant moi, je suis d’avis que cette invention est réellement intéressante. En conséquence, votre Comité de Mécanique vous propose de remercier M. Fabre de sa communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Lu et approuvé en séance, le 14 février 1908.
- Signé : Lecornu, rapporteur.
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- ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par M. Toulon, au nom du Comité des Arts économiques
- sur UN APPAREIL DE MESURE POUR DES PIÈGES d’hORLOGERIE « LE SÉLO-
- mètre », inventé par M. Maurice Picard.
- M. Maurice Picard, conseiller de commerce extérieur, présente à notre Société un appareil destiné à effectuer rapidement une mesure très utile en horlogerie. Les platines des montres sont évidées et offrent sur leur étendue des dépressions de profondeur variables dans lesquelles doivent se loger les divers rouages. Il est indispensable de déterminer, avec précision, au moment du montage, les profondeurs de ces mesures.
- Avant J’emploi de l’appareil imaginé par M. Picard, il fallait déterminer successivement deux épaisseurs et en faire la différence. Au lieu de ces deux opérations, l’appareil de M. Picard permet de mesurer directement la profondeur d’une mesure; l’opération est plus rapide et évite diverses causes d’erreur.
- Le principe de l’appareil consiste (fîg. 1 et 2) dans l’emploi d’une table horizontale qui peut se déplacer suivant la verticale.
- La platine qui porte les creusures à mesurer, est posée sur cette table, et le plan supérieur de la platine est amené en contact avec une touche fixe à la partie supérieure de l’appareil. Unepointe en con- Fig. - s^iomètre Picard.
- Tome 110*— Mars 1908. 24
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- Fig. 2. — Sélomètre Picard.
- a, boîte. — a' support bc, avec table mobile de, appuyée par un renfort f, sur la touche fixe creuse g, dans laquelle-se déplace la touche mobile hj, rappelée par le renfort i, au ras du bas de g et au zéro des aiguilles p et s que j commande par l, m, n, o. L’aiguille p marque les 1/100° de mm. Sur q et s, les millimètres. Sur t, la roue u, solidaire du spirale v fixé en x sert de frein à o et empêche le battement de ses aiguilles. On agit sur j par k ou par le levier y, pivoté en s et dont le bras / appuie sur le toc 2 de j. 3, pièces dont on mesure la creusure.
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- LE SÉLOMÈTRE.
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- nexion par un train d’engrenages multiplicateur avec l’aiguille d’un cadran gradué, descend dans la creusure et donne la mesure par la position de l’aiguille en face des divisions du cadran. Ces divisions correspondent à 1 /100 de millimètre ;il est possible d’apprécier partie de ces divisions.
- La touche fixe est maintenue en place au moyen d’un écran moleté; diverses formes de la touche fixe peuvent être employées suivant les exigences de la fabrication.
- Cet appareil qui est breveté, et que M. Maurice Picard a désigné sous le nom de « sélomètre », appareil à mesurer les creusures, permet ainsi de déterminer avec rapidité et précision une mesure délicate utile dans l’industrie de l’horlogerie.
- Votre Comité des x4rts économiques vous prie d’insérer le présent rapport dans le compte rendu des séances de notre Société et de remercier M. Maurice Picard de nous avoir présenté son intéressant appareil.
- Lu etapprouvé en séance, le 13 mars 1908.
- Signé : P. Toulon, rapporteur.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. Larivière, au nom du Comité des Constructions et Beaux-A rts, sur le chevalet a repriser de MM. Blin et Blin.
- MM. Blin et Blin, fabricants de drap à Elbeuf, emploient dans leurs
- Fig. 1.
- ateliers des ouvrières pour le « rentrayage des étoffes » ou « stoppage industriel ».
- Frappés par l’attitude défectueuse que prennent ces femmes obligées, par la délicatesse du travail à exécuter, de rapprocher le plus possible de
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- LE CHEVALET A REFRISER.
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- leurs yeux l’étoffe à réparer et de relever leurs genoux d’une façon excessive pour soutenir les pièces de drap comme l’indique clairement la figure 1, MM. Blin ont fait breveter un appareil de leur invention destiné à remédier à cette position anti-hygiénique. Cet appareil se compose (fig. 2) d’un coussin-appui en forme de Y renversé, maintenu par une genouillère
- Fig. 2. — Chevalet Blin.
- articulée en tous sens sur un arceau en fer ou fonte, fixé sur un plateau en bois.
- L’ouvrière place sa chaise sur ce support en bois, adapte l’appareil à sa taille et à sa corpulence, en réglant à l’aide de vis de pression la hauteur et l’inclinaison du coussin, de manière que ses avant-bras appuient sur les branches, et travaille sur la partie médiane. L’arceau supporte donc seul le poids de la pièce à travailler et laisse à l’ouvrière toute liberté des mouvements des membres inférieurs.
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- 362 CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS. --- MARS 1908.
- La forme donnée au coussin-appui permet de manier et de retourner commodément le tissu pour réparer l’endroit et l’envers et de glisser l’aiguille avec d’autant plus de facilité que l’ouvrière travaille dans une atti-
- Fig. -3.
- tude normale, comme l’indique la figure 3, sans être gênée dans ses mouvements.
- Un de ces appareils est exposé au Conservatoire des Arts et Métiers, dans la galerie du Musée de prévention des accidents du travail.
- L’expérience a démontré que cet appareil se pliait à toutes les exi-
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- LE CHEVALET A REPRISER.
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- gences du travail et qu’il remplissait bien le but que ses auteurs s’étaient proposé. Aussi votre Comité vous propose-t-il de remercier MM. Blin de leur intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec les figures qu’il comporte.
- Lu et approuvé en séance, le 13 mars 1908.
- Signé : P. Larivière, rapporteur.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. Larivière, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts sur le « duplicateur ronéo ».
- Depuis plusieurs années on emploie, pour reproduire l’écriture à la machine des appareils connus sous le nom de miméographes, duplicateurs, etc., etc.
- Pour obtenir les clichés destinés à être reproduits par ces appareils, on
- Fig. I. — Duplicateur Ronéo vu de face.
- écrit, dans le cas de l’écriture à la main, à l’aide d’une pointe, sur un papier enduit de cire, en l’appuyant soit sur une plaque d’acier finement grenue, soit sur un carton recouvert d’une fine toile de soie.
- La cire est enlevée sur le papier au contact du style et de la surface rugueuse de l’acier ou de la toile, et on obtient ainsi un cliché perméable à l’encre grasse d’imprimerie dans toutes les parties où la cire a été enlevée.
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- Fig. 2. — Duplicateur Ronéo vu par bout.
- Fig. 3. — Duplicateur Ronéo en-marche.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS. --- MARS 1908.
- Dans le cas de la machine à écrire, on interpose entre la feuille de papier paraffinée et les caractères un mince papier de .soie, pour éviter l’encrassement, et la perforation se produit sous le choc des marteaux, au contact soit d’une simple feuille de papier, soit d’une feuille desoie fine, suivant les. divers types de machines.
- L’encrage du cliché se fait le plus souvent à la main, à l’aide d’un rouleau; la rapidité et la perfection d’exécution sont ainsi subordonnées à l’habileté de l’opérateur.
- Pour obvier à ce grave inconvénient, la Compagnie française du « Néostyle'» a combiné sous le nom de « Duplicateur Ronéo » une machine très
- ingénieuse qui, une fois le cliché mis en place, l’encre uniformément, l’imprime sur papier et sèche les épreuves, le tout automatiquement, à la vitesse de 40 copies environ par minute.
- L’appareil se compose (fig. 1) d’un cylindre creux A, supporté par deux montants BB et actionné par une manivelle G.
- Ce cylindre est recouvert, dans toute l’étendue correspondant au format du cliché, d’une tôle d’acier finement perforée, sur laquelle est tendue une toile destinée à recevoir l’encre. C’est sur cette toile qu’on fixe le cliché. La toile est alimentée d’encre fluide à base de glycérine par un rouleau de caoutchouc contenu dans un réservoir à encre fixe D1.
- Au moyen d’un simple levier D2, ce rouleau, sous l’action des ressorts antagonistes D4D3, est mis en contact avec l’intérieur du cylindre, et un tour de manivelle suffitpour fournir l’encre nécessaire à quelques centaines de copies. Un second rouleau de feutre, placé comme le précédent à l’intérieur du cylindre mais agissant d’une manière permanente, absorbe l’excédent d’encre, l’égalise et la fait pénétrer uniformément jusqu’à la toile et au cliché à travers les trous de la tôle d’acier.
- Le papier destiné à alimenter la machine est placé sur le plateau EE où il est maintenu par un arrêt F est un presse-papier G. A chaque tour de manivelle un cylindre en caoutchouc H, placé au-dessous du cylindre A muni de deux petits rouleaux satellites, est actionné par le train d’engrenage, saisit une feuille, l’introduit entre le rouleau presseur H et le cylindre
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- LE DUPLICATEUR RONÉO.
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- A portant le cliché encré, et la feuille parfaitement imprimée est rejetée automatiquement de l’autre côté de la machine sur un plateau récepteur.
- La tension du ressort II permet le réglage de ces divers organes suivant l’épaisseur et l’état de la surface du papier.
- Le levier porte-came J, en écartant le cylindre H et le plateau porte-papier EE du cylindre A, sert à arrêter l’impression, soit au moment où l’on place le cliché, soit au moment de l’encrage.
- Enfin, en adaptant (fig.3 et 4) la bielle K pour actionner simultanément les deux bras LrL2 et plaçant un paquet de feuilles de papier buvard en MhVl2, les copies obtenues viennent s’encarter entre les feuilles de buvard qui, portant des échancrures placées alternativement aux positions extrêmes prises par ces bras, échappent et tombent au fur et à mesure de la marche de la machine.
- Cette machine ingénieusement conçue fonctionne très régulièrement; aussi, votre Comité des Constructions et Beaux-Arts vous propose-t-il de remercier la Société du « Néostyle » de son intéressante communication et d’insérer le présent rapport au Bulletin avec les figures qu’il comporte.
- Lu et approuvé en séance, le 1S mars 1908.
- Signé : P. Larivière, rapporteur.
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- AGRICULTURE
- LES INSECTICIDES VÉNÉNEUX. ----- LE PÉTROLE INSECTICIDE. ---- LES APPAREILS PULVÉRI-
- SATEURS, par M. Jos. Barsacq, chargé de mission en Russie du Ministère de l’Agriculture.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- Dans les trente dernières années, les invasions en masse d’insectes de toutes sortes ont obligé les cultivateurs à employer, pour la défense des plantes agricoles un procédé bien connu aujourd’hui : la pulvérisation de diverses solutions ou mélanges agissant soit par contact direct avec les ennemis en question, soit par l’introduction de substances vénéneuses dans l’appareil digestif amenant leur mort après un laps de temps plus ou moins limité.
- Ici encore, la chimie, qui a provoqué des changements d’une importance capitale autant en industrie qu’en agriculture, est entrée dans le domaine de la phytopathologie. Un nombre assez élevé de substances les plus.variées ont été préconisées par les entomologistes, les chimistes et bien souvent ont contribué pour une large part à la destruction d’ennemis présentant un danger général et causant dans certaines régions des dégâts se chiffrant à des millions de francs. Le nombre de cos substances s’accroît constamment, des mélanges nouveaux font leur apparition dans le commerce, mais bien souvent aussi, nous devons malheureusement le reconnaître, des affairistes lancent sur le marché des produits plus ou moins actifs et induisent en erreur bon nombre de cultivateurs séduits par une réclame alléchante.
- Le but du présent travail est de présenter, sous une forme accessible à tous, la préparation, l’emploi de quelques produits chimiquement déterminés dans la lutte contre les insectes phytophages et carpophages des plantes agricoles.
- Il m’a semblé qu’une telle étude n’est pas superflue en France où des réglements et des lois spéciales s’opposent à la vente et à l’utilisation de toute une catégorie de composés arsenicaux, mais où, d’autre part, les invasions d’altises dans les vignobles méridionaux, de silphe opaque dans les cultures septentrionales de betteraves et celles des chenilles les plus variées (Hypono-
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- APPAREILS PULVÉRISATEURS.
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- meutes, phalènes, etc.) et des hannetons un peu partout, deviennent chaque année plus menaçantes.
- Il convient en effet d’envisager les choses sous leur vrai jour et de ne point se méprendre sur l’importance de procédés capables de contribuer puissamment à l’accroissement de la fortune nationale. Les préjugés, ici comme ailleurs, doivent faire place aux données scientifiques exactes si l’on veut effectivement sauvegarder les intérêts de notre agriculture en facilitant aux producteurs la lutte contre les multiples ennemis de nos plantes cultivées. En réalité il faut bien se dire qu’une loi promulguée en 1845 ne saurait nous satisfaire entièrement à ce sujet, car dans l’espace de soixante ans les problèmes agricoles changent énormément de physionomie.
- LES COMPOSÉS ARSENICAUX
- Les composés arsenicaux susceptibles d’entrer dans la composition d’insecticides sont assez nombreux, mais nous en retiendrons seulement deux, car les autres ne sont pas pratiquement utilisables à cause du danger qu’ils présentent pour l’opérateur et pour les plantes elles-mêmes. Tous les composés à arsenic soluble doivent être impitoyablement rejetés, même lorsqu’ils entrent dans les préparations en proportions infinitésimales, Il est en effet démontré que 0,0004 p. 100 d’arsenic soluble suffisent à tuer les germes de l’herbe et la Commission américaine, chargée d’étudier les mesures à prendre contre le Bombyx disparate (Ocneria dispar), conclut, après essais comparatifs, à l’influence nuisible de l’arsenic soluble sur le protoplasma des feuilles. Aussi la dernière décision du Conseil d’hygiène de Paris est-elle parfaitement justifiée : l’emploi des composés arsenicaux solubles pour la destruction des insectes nuisibles à l’agriculture est prohibé.
- Nous nous occuperons donc des deux composés insolubles ou peu solubles du plus grand intérêt qu’il y aurait lieu de répandre et qui, employés avec précautions, sont sans aucun danger, autant pour les hommes que pour les plantes : ce sont le vert de Paris ou vert de Schweinfürth et l’arséniate de plomb ou gypsine.
- LE VERT DE PARIS, VERT DE SCHWEINFÜRTH OU ARSÉNIATE DE CUIVRE
- L’emploi du vert de Paris comme insecticide date d’environ 1870; on l’utilisa à ce moment pour combattre les coléoptères qui dévoraient les cultures de pommes de terre dans les Etats occidentaux d’Amérique. En 1873 il fut utilisé pour la première fois sur les pommiers dans l’Illinois. A partir de 1878 il entra dans le domaine de la pratique courante pour la lutte contre les chenilles
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- AGRICULTURE.
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- des arbres fruitiers, particulièrement contre le carpocapse des pommes; mais c’est surtout à partir du moment où l’on perfectionna les appareils à pulvériser que son emploi prit une sérieuse importance. La consommation de vert de Paris aux Etats-Unis dépasse actuellement 2300 tonnes.
- Le vert de Paris est un acétate double de cuivre et d’arsenic qui a pour formule chimique (Cu0As203) — (CuC2H302)2. D’après Ermann sa composition moyenne chimique est la suivante :
- Acide acétique............................ 10,06
- Oxyde de cuivre........................... 31,29
- Anhydride arsénieux....................... 58,66
- 100,00
- C’est une poudre verte qui est ordinairement employée dans la peinture et la coloration des papiers peints, des fleurs artificielles, etc. Dans les pays continentaux on le nomme plus communément vert de Scliweinfürth (Schwein-fürter Grün), mais en Angleterre et en Amérique on a coutume de l’appeler vert de Paris (Paris green).
- Ce corps varie de composition avec les fabriques, mais on s’accorde aujourd’hui à admettre que le meilleur est celui qui porte dans le commerce la marque 707, en ce sens que sa composition est de beaucoup la plus régulière, la plus constante.
- Dans les usines on le prépare en portant séparément à l’ébullition d’une part une solution d’arsenic blanc, d’autre part une solution d’acétate de cuivre ; en mélangeant ces deux solutions à chaud on obtient un précipité vert cristallisé, l’acéto-arsénite de cuivre ou vert de Paris.
- On peut préparer soi-même de l’arsénite de cuivre en versant, dans un récipient contenant 30 litres d’eau, 2 kilogrammes de sulfate de cuivre; ajouter a cette solution quelques litres d’eau contenant 130 grammes d’arsénitede soude. Enfin on ajoute au tout 30 litres d’eau dans laquelle on aura dissous 1 kilogramme de chaux fraîchement éteinte. La bouillie ainsi obtenue pourra, être immédiatement utilisée.
- Le vert de Paris est souvent l’objet de falsifications qu’il est nécessaire de savoir reconnaître pour éviter des déboires. On y arrive de deux façons :
- 1° En versant dans un verre une demi-cuillerée à café environ de vert de Paris et en emplissant le verre jusqu’au quart environ avec de l’ammoniaque. -On mélange ensuite le tout et si la dissolution se produit rapidement et entièrement en donnant un liquide de couleur bleue sans précipité d’aucune sorte, le vert de Paris est pur; si, au contraire, on remarque au fond du verre un dépôt de plus ou moins grande épaisseur, le vert est falsifié ; on pourra même déterminer le pourcentage de la matière étrangère si l’on a eu soin au préalable de peser le vert de Paris.
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- APPAREILS PULVÉRISATEURS.
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- 2° On peut encore utiliser avec avantage l’examen microscopique du vert : ses cristaux sont de belle couleur verte; sous un bon éclairement ils affectent une forme sphérique. Il va de soi que le vert contenant des corps étrangers ne ressemble en rien au vert véritable et que ces corps sont parfaitement reconnaissables au microscope, La proportion à!arsenic libre contenu dans le vert de Paris est assez importante pour occasionner quelquefois des brûlures aux organes foliacés des plantes. Il est de toute nécessité de neutraliser le superflu d’arsenic par une addition de chaux fraîchement éteinte. La quantité généralement adoptée et qui se mesure sous l’aspect de chaux vive est équivalente au double du poids d’arsenite de cuivre; c’est-à-dire que pour rendre 100 grammes de vert de Paris absolument inoffensif pour les plantes, il convient d’y ajouter une portion de chaux vive pesant 200 grammes. La chaux s’ajoute à la bouillie sous la forme de dissolution dans l’eau ou lait de chaux.
- On doit éteindre la chaux environ une demi-heure avant la préparation de la bouillie : on y arrive en versant sur la chaux vive et petit à petit.une certaine quantité d’eau froide que la chaux absorbe immédiatement. La chaux vive doit être absolument dépourvue de toutes matières étrangères et ne pas être trop compacte; elle doit être de couleur blanche; au moment de l’absorption de l’eau elle doit rapidement augmenter de volume, se craqueler avec bruit, dégager une forte chaleur et beaucoup de vapeur d’eau, et enfin se déliter et se réduire en une’poudre fine, blanche.
- 11 est nécessaire de ne pas oublier non plus que le vert de Paris possède une densité supérieure à l’eau, de sorte qu’il se dépose rapidement au fond des récipients qui servent à la préparation et à la pulvérisation de l’insecticide. Avant de l’employer, il faut en premier lieu le moudre, le réduire en poudre impalpable en le pilonnant dans un mortier en fonte ou en porcelaine. De cette façon les particules de vert de Paris sont beaucoup plus légères, étant de beaucoup plus réduites; elles restent ainsi plus longtemps et plus facilement en suspension dans l’eau et, étant plus finement divisées, se répartissent avec beaucoup plus de régularité sur les organes pulvérisés. Avant de pilonner le vert, il est utile de l’humecter légèrement avec de l’eau afin que pendant l’opération les particules ne pénètrent pas dans les yeux ou les organes respiratoires. Le pilonnage du vert doit durer au moins un quart d’heure et être aussi énergique que possible. On peut avantageusement remplacer l’eau par la glycérine. ô Comme complément à cette opération du pilonnage et afin de maintenir l’arsénite de cuivre en constante suspension dans le liquide, j’estime qu’il est nécessaire d’ajouter à la bouillie une certaine quantité d’empois de farine qui joue en même temps le rôle de colle, communiquant au mélange une adhérence à toute épreuve. De tous les matériaux que j’ai expérimentés, l’empois de farine est celui qui m’a donné les meilleurs résultats. Cet empois possède d’autre part
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- un goût sucré.qui attire les insectes, les chenilles; ces dernières, d’ailleurs, le dévorent volontiers lorsqu’il se trouve à la surface des feuilles sans même toucher à ces dernières et meurent rapidement suivant leur développement, leur état biologique (mue), dans un laps de temps variant de trois à huit jours. L’empois de farine se prépare avec de la farine ordinaire tamisée, le son étant susceptible d’engorger le jet des pulvérisateurs; il suffit de jeter cette farine dans un seau ou un baquet et d’y verser lentement la quantité d’eau bouillante voulue, de façon à en obtenir une masse, une pâte uniforme, mais assez claire. L’empois de farine et le lait de chaux doivent absolument être passés à travers un tamis avant d’être versés dans le récipient contenant l’eau destinée à la préparation de l’insecticide. L’empois se verse le premier, puis le lait de chaux et en dernier lieu le vert de Paris préalablement pilonné.
- Me basant sur ma pratique personnelle, je puis recommander, pour la pulvérisation d’arbres à feuilles plus ou moins coriaces (pommier, poirier, etc.), les proportions suivantes qui donnent toujours de magnifiques résultats :
- Eau............................... 100 litres.
- Farine.......................... 1 600 grammes.
- Chaux vive........................ 260 —
- Vert de Paris..................... 130
- Le pêcher qui, d’ordinaire, possède des feuilles très tendres, est extrêmement sensible et ne supporte pas la dose précédente de vert, de sorte qu’il est nécessaire de remplacer cette formule par la suivante :
- Eau.............................. 100 litres.
- Farine..........................1 500 grammes. '
- Chaux vive........................ 200 —
- Yert de Paris.................... 100 —
- Ces doses d’arséniate de cuivre pourront paraître à quelques-uns par trop élevées et certains craindront peut-être de brûler le feuillage de leurs plantes. J’insiste et je reviens sur ce fait que le vert de Paris, convenablement neutralisé par la chaux vive, ne peut amener aucune perturbation dans l’arbre ; son état de division à l’infini est une condition indispensable du succès. Les doses que je recommande et dont je me porte absolument garant, permettent de répandre uniformément sur toute la surface des plantes attaquées une quantité de vert de Paris capable de tuer toutes les chenilles. /
- Il existe cependant une certaine espèce de vert de Paris mise en vente par la maison Blundell et C°, London, Upper Thames street, sous forme de pâte facilement soluble. Ce vert de Paris est spécialement pilonné et aggloméré pour la commodité du transport et l’emploi à la ferme. Son prix est légèrement supérieur à celui du vert ordinaire, mais si l’on se rend compte de l’extrême ténuité de ce produit, on verra que cette augmentation est justifiée. Il est néces-
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- APPAREILS PULVÉRISATEURS.
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- saire de diminuer les doses de ce produit relativement au vert ordinaire à cause de son action beaucoup plus énergique. Le vert de Paris se mélange avantageusement à la bouillie bordelaise dont les propriétés anticryptogamiques sont bien connues. On remplace alors les 100 litres d’eau par 100 litres do bouillie bordelaise normale. Il est utile de rappeler que cette dernière se prépare d’après la formule suivante :
- Eau............................ 100 litres.
- Sulfate de cuivre.............. 1^,200
- Chaux vive..................... . 800 grammes.
- C’est la bouillie qui donne toujours les meilleurs résultats ; pour la bien réussir il est nécessaire de dissoudre le sulfate de cuivre dans l’eau ; on peut y arriver de trois façons :
- 1° En'suspendant un sac en toile ou un panier en osier contenant le sulfate de cuivre de manière que le fond affleure juste au niveau de l’eau; ce sac est suspendu à une barre disposée en travers du baquet ; ce dernier doit absolument être en bois et non en autre métal que le cuivre. Avec le fer et autres métaux le sulfate donne des combinaisons nuisibles aux récipients. Par ce procédé le-sulfate se dissout assez rapidement, mais le meilleur est de suspendre le panier-le soir avec le sulfate pour avoir une forte dissolution concentrée le lendemain matin.
- 2° On peut encore se servir de la propriété que possède l’eau chaude de dissoudre ce corps plus rapidement que l’eau froide; mais il faut,dans ce cas, disposer d’un chaudron et d’un foyer, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser.
- 3° Le sulfate de cuivre ordinaire contient cinq molécules d’eau de cristallisation qui peuvent lui être facilement enlevées lorsqu’on le porte à une température élevée, dans un récipient en cuivre ou en terre : on obtient ainsi une poudre grisâtre qui n’est autre que le sulfate de cuivre anhydre.
- En présence de l’eau, même à la longue de l’humidité atmosphérique, ce sulfate reprend ses cinq molécules d’eau de cristallisation et sa couleur bleue» comme auparavant. La dissolution du sulfate de cuivre a alors lieu instantanément. Avec la chaux on prépare un lait que l’on tamise et que l’on verse ensuite-dans le récipient contenant le sulfate, en ayant soin de ne pas faire le contraire. On obtient ainsi un liquide d’une belle couleur bleu ciel qui est la bouillie bordelaise. Les proportions ci-dessus indiquées sont en général satisfaisantes, mais si l’excès de chaux est inoffensif pour la plante à pulvériser, il n’en est pas de même de l’excès de sulfate qui provoque la destruction du plasma desorganes foliacés. Il ne faut donc cesser de verser du lait de chaux dans le récipient jusqu’à ce que tout l’acide soit neutralisé. On reconnaît qu’on a atteint ce résultat en trempant -dans le liquide une bande de papier bleu de tournesol Tome 110. — Mars 1908. 25
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- tant que le papier deviendra rouge il faudra ajouter de la cliaux et s’arrêter lorsque le papier ne changera plus de couleur, c’est-à-dire lorsqu’il demeurera bleu. La quantité de chaux à ajouter dépend de la qualité de la chaux elle-même.
- Il -va-de soi que, lorsqu’on ajoute du vert de Paris à la bouillie bordelaise, on doit le faire dans le même ordre qu’avec de l’eau ordinaire.
- J’ajouterai que les bouillies à l’arsénite de'cuivre doivent être énergiquement remuées et que pour obtenir un mélange intime de toutes les parties et pour maintenir le vert.de Paris en continuelle suspension dans le liquide, il est nécessaire de munir les appareils pulvérisateurs d’agitateurs qui opèrent un brassage régulier, si possible automatique.
- ARSÉNITE DE PLOMB OU GYPSINE
- La gypsine tire son nom d’un nom anglais gypsy molh, qui sert à désigner un papillon bien connu, le bombyx disparate (ocneria dispar) contre les chenilles duquel l’arséniate de plomb fut utilisé pour la première fois en 1895. Cet insecticide fut découvert par le chimiste américain Mowlton et n’est autre que l’arsénite de plomb ayant pour formule chimique Pb(As04)2. Ce n’est que dans ces derniers temps qu’on a commencé à le mettre en vente tout préparé, car avant les horticulteurs le préparaient eux-mêmes par voie de réaction de l’ar-séniate de soude sur l’acétate de plomb. L’obtention de l’arsénite de plomb par ce procédé peut être représentée par l’équation suivante.
- 3(Pb(C2H302) + 3H20) + 2Na2 HAsO4 + 12(I20 = Pb(AsO)2 + 4NaC2H302 + 2C2H4Oa + 33H20
- Acétate de plomb Arséniate de soude Arséniate Acétate Acide
- cristallisé. cristallisé. de plomb. de soude. acétique. Eau.
- La gypsine se prépare ordinairement en mélangeant l’arséniate de soude avec l’acétate de plomb dans des proportions voulues. Les quantités des deux sels doivent être au préalable déterminées exactement afin que leur combinaison n’amène des brûlures sur les feuilles pulvérisées; on doit veiller également à la pureté des éléments utilisés. L’acétate de plomb qui convient à la préparation de la gypsine doit réunir les conditions suivantes :
- 1° Renfermer jusqu’à 59 p. 100 d’oxyde de plomb. L’acétate contenant 62-66}p. 100 d’oxyde ne peut être employé en ce sens qu’en présence de l’air il se forme du carbonate insoluble de plomb inutilisable en pratique;
- 2° .Etre formé de petits cristaux débarrassés de tous corps étrangers.
- L’arséniate de soude ne doit pas renfermer plus de 3 p. 100 de chlore, si .possible .même moins; les proportions de 4 p. 100, 5 p. 100 sont dangereuses pour la(plante; par contre, l’arséniate doit contenir la plus forte dose possible
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- d’acide arsénieux. L’entomologiste américain Fernald a indiqué la recette suivante qui donne les meilleurs résultats : prendre 320 grammes d’acétate de plomb et les dissoudre dans un peu d’eau; séparément dissoudre 110 grammes d’arséniate de soude également dans de l’eau ; il faut se garder de dissoudre ces composés dans des récipients métalliques; mieux vaut employer dans ce but des cuvettes en terre, en bois ou en verre. On verse ensuite la solution d’acétate dans celle d’arséniate en ayant soin de bien agiter. Lorsqu’on a presque terminé, on prend de temps en temps une goutte du mélange et on l’unit à une goutte d’une solution d’ioduro de potassium. S’il se produit une coloration jaune d’ioduro de plomb, on doit s’arrêter de verser de l’acétate de plomb, mais dans le cas contraire il faudrait continuer à en ajouter afin qu’il ne reste pas d’excès d’anhydride arsénieux, lequel serait nuisible à la végétation. Arrivé à ce point il est nécessaire de laisser déposer le précipité blanc qui se forme pour ensuite décanter.
- La dissolution des éléments indiqués s’opère rapidement, surtout si l’on a soin d’utiliser dans ce but de l’eau de pluie, ce qui est dans tous les cas recommandable. Il est utile également de filtrer les préparations pour les obtenir plus pures. Après décantation, on lave le précipité blanc à deux reprises différentes, puis on décante de nouveau et enfin on le mélange à une certaine quantité de glucose ou de mélasse. Les quantités ci-dessus indiquées suffisent ordinairement pour 650 litres d’eau ; on peut y ajouter 3 ou 4 kilogrammes de mélasse pour communiquer au mélange une adhérence plus intense. Certains entomologistes ont encore proposé d’y ajouter du savon, mais j’estime que toute addition de produits collants est. ici d’une utilité relative, car la gypsine adhère elle-même parfaitement aux feuilles sans leur secours, et sa couleur blanche fait parfaitement distinguer les arbres et les portions d’arbres qui ont été touchés par l’insecticide, ce qui a son importance au point de vue du contrôle.
- Il n’est pas inutile de signaler que le mélange préalable des sels de plomb et de soude à l’état sec ne doit pas être exécuté, vu que la réaction s’opère alors plus difficilement et incomplètement, et qu’il se forme des petites particules qui s’attachent aux parois des appareils pulvérisateurs.
- Le chimiste Smith a proposé de préparer l’arsénite de plomb en remplaçant l’acétate par l’azotate de plomb ; on n’obtient pas ainsi de l’arsénite de plomb, mais un mélange équivalent qui revient beaucoup meilleur marché et qu’on emploie à la dose de 750 grammes par hectolitre d’eau.
- La gypsine présente quelques particularités qui la rendent recommandable aux horticulteurs et aux viticulteurs. .
- 1) Sa densité relativement faible la fait rester en suspension pendant une longue période dans l’eau et d’une manière uniforme. Le défaut contraire s’observe avec l’emploi du vert de Paris, même si l’on a soin d’ajouter à la
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- bouillie une certaine quantité de farine. Si Ton donne à l’arsénite de l’acétate la note 1 comme légèreté, on donnera à l’arsénite de l’azotate qui est de moitié plus lourd 1/2 et à l’arséniate de cuivre 1/20.
- 2) Par suite de sa légèreté, le volume de l’arsenic (vénéneux) se divise à l’infini et couvre par conséquent plus uniformément les parties aériennes des plantes que le vert de Paris.
- 3) La gypsine adhère beaucoup mieux aux organes foliacés que le vert de Paris et de ce fait conserve son activité pendant une période beaucoup plus prolongée. Elle permet d’opérer les pulvérisations beaucoup plus rarement et de réaliser ainsi une économie importante sur la main-d’œuvre et le matériel.
- 4) Même en proportions très élevées, l’arsénite de plomb, s’il est bien neutralisé, comme je l’ai indiqué, ne peut avoir aucune action nocive sur les feuilles.
- 5) Il peut sans danger s’ajouter à la bouillie bordelaise et ces deux préparations ne perdent aucune de leurs propriétés respectives (insecticides et anti-cryptogamiques). On a même remarqué que les propriétés insecticides de la bouillie sont encore plus évidentes lorsqu’on a opéré un tel mélange.
- Le seul inconvénient que présente la gypsine est que sa préparation paraît un peu trop fastidieuse ; il convient cependant de faire remarquer que la préparation des bouillies au vert de Paris demande aussi des soins assez njinutieux. Notons en passant que ces opérations ne doivent pas être confiées à des ouvriers inexpérimentés, attendu que le moindre oubli, le moindre écart, peut avoir des suites funestes pour le feuillage et les fruits. La préparation de la gypsine à la campagne se complique encore de la difficulté qu’on éprouve à se procurer, dans les pharmacies ou les dépôts de produits pharmaceutiques, l’un de ses corps constituants; l’arséniate de soude.
- Dans ces derniers temps, le Comptoir agricole et commercial a mis en vente en France de la gypsine spécialement préparée pour donner une bouillie insecticide instantanée et adhérente : c’est l’arsénite de plomb de Swift provenant, des usines de la Merrimac Chemical Company de Boston (Massachusetts, Etats-Unis).
- Ce produit donne d’excellents résultats et on ne saurait trop en recommander l’usage. Malheureusement son prix est un peu trop élevé (3 fr. 25 le kilo pour 125 litres de bouillie). Mais il faut tenir compte de ce que le flacon renfermant un kilo de gypsine peut facilement être revendu pour 1 franc, de sorte que de cette façon le prix s’en trouve rabaissé à 2 fr. 25 et pour des achats importants il est possible de l’obtenir pour 2 fr. 50, prix en réalité abordable.
- En général on ne saurait trop s’appliquer à lancer dans le commerce des produits déjà préparés qui ne demanderaient pas de connaissances techniques spéciales ou des précautions particulières au moment de leur emploi. Malheu-
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- reusement nous devons constater que trop souvent des affairistes peu scrupuleux se mettent de la partie et leurs produits ne donnent que des déboires; le public se méfie donc en général des réclames trop alléchantes et cela porte tort d’un côté et principalement aux intérêts de l’horticulture et de la viticulture, et d’autre part aux maisons sérieuses délivrant des produits efficaces, authentiques, susceptibles de rendre les meilleurs services.
- CONSIDÉRATIONS SUR LES INSECTICIDES ARSENICAUX
- La valeur des insecticides arsenicaux étudiés plus haut est incontestable et incontestée de nos jours : les insectes les plus divers, principalement ceux appartenant à la catégorie des phytophages, ont pu être avantageusement combattus et réduits pour ainsi dire à néant là où la lutte a été menée rationnellement et surtout opportunément. Le bon marché du vert de Paris et de l’arsénite de plomb en ont facilité dans une grande mesure l’emploi courant dans les exploitations modernes et nul doute que bientôt l’usage en deviendra de plus en plus populaire devant les exigences nouvelles de la culture et les progrès de la science.
- Certaines personnes ne peuvent cependant penser au mot arsenic sans être prises de terreur, ce mot étant effectivement le symbole du poison violent, de la mort horrible, atroce. Les hygiénistes eux-mêmes se sont émus de l’emploi des produits arsenicaux dans les vignobles et les vergers ; l’on s’est agité, des • commissions ont été nommées et la loi elle-même en défend l’iitilisalion courante (1).
- Il est nécessaire de s’arrêter un, instant sur ce point et de rassembler les données scientifiques permettant de se faire une idée exacte de la question.
- La première objection que l’on nous fait est celle-ci: il est dangereux pour les ouvriers de manipuler les composés arsenicaux, lesquels peuvent occasionner des empoisonnements.
- La simple observation des faits nous démontre combien cette objection est peu fondée : tout d’abord le vert de Paris et l’arsénite de plomb ne sont pas plus dangereux à manier que la dynamite et, pas plus qu’on ne confie ce produit au premier venu, on ne doit confier ces insecticides aux personnes inexpérimentées. On tient la dynamite soigneusement a l’écart parce qu’elle peut éclater sous l’influence de causes diverses ; dans le même ordre d’idées, on doit sous-
- (1) Presque dans tous les pays, l’application de ces insecticides s’est heurtée au début à de grandes difficultés par suite de la suspicion des masses. Le savant entomologiste russe S. Molerjetsky, dans les travaux duquel nous avons largement puisé, a eu à combattre nombre de préjugés et d’intérêts particuliers, avant de faire adopter par les horticulteurs criméens ce procédé économique et efficace, auquel ils doivent le bel aspect de leurs cultures.
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- traire les produits arsenicaux de la proximité de personnes non prévenues ou étourdies, parce qu’ils sont dangereux, vénéneux. Il y a une foule de composés, d’objets dont l’emploi, en mains inexpérimentées, deviendrait funeste; ici, comme en toutes choses, il faut savoir à qui l’on donne et ce que l’on donne. Je ne sais jusqu’à quel point cette assertion est justifiée, mais je n’ai jamais ouï dire, cependant, que des accidents de cette nature se fussent produits : j’ai pourtant parcouru beaucoup de régions où l’on emploie depuis longtemps l’arsenic comme insecticide, mais personne n’a pu me signaler un seul cas d’empoisonnement dans les jardins ou les vignobles.
- Il en est de même de l’opinion généralement répandue : que les composés arsenicaux peuvent brûler les organes aériens des végétaux ; j’ai indiqué dans le cours de cette étude les précautions à prendre pour éviter ce danger ; il est si facile de les observer que seule la négligence ou la légèreté peuvent conduire à des échecs.
- Il nous est facile de réduire cette opinion à néant si l’on observe que le sulfate de cuivre insuffisamment neutralisé, est aussi caustique pour les plantes : cependant personne ne songe à l’exclure de la préparation des bouillies, forme sous laquelle il a servi à garantir les vignobles de tous les pays d’Europe contre les attaques des parasites végétaux.
- On a objecté également que, lorsqu’on pulvérise les arbres ou les plantes avec des produits arsenicaux, la proportion d’arsenic qui s’incorpore au sol peut augmenter dans de telles proportions que dans cinquante ou cent ans il ne sera plus possible de cultiver des plantes en ces endroits, vu que les racines peuvent en absorber une grande partie, ce qui ne serait pas sans avoir une répercussion sur la composition et la qualité des fruits. Il est à remarquer qu’en pulvérisant nous utilisons seulement l’arsenic insoluble qui ne peut par conséquent entrer dans l’organisme végétal qu’après être devenu soluble dans le sol. Mais si nous observons les résultats d’analyses entreprises à peu près sur tous les points du globe, principalement en Amérique, nous trouvons qu’aucun ne décèle la présence d’arsenic dans le sol : il y a pourtant des cultures qu’on pulvérise ainsi depuis plus de trente ans, de sorte que c’est une objection analogue à celle que l’on formulait à propos des sels de cuivre et qui n’est basée sur aucune donnée expérimentale scientifique et devient une simple hypothèse. Des analyses récentes de terrains plantés en pommes de terre et pulvérisés depuis de longues années avec du vert de Paris nous montrent une proportion de cuiATe variant de 0,000 3 à 0,000 360 p. 100. L’analyse du même terrain après la pulvérisation contre la maladie de la pomme de terre accuse 0,0004 p. 100 de cuivre, ce qui correspond à 0,0016 p. 100 de sulfate de cuiATe. La quantité ordinairement employée pour les pulvérisations est de 22 Hatcs par acre; pour imbiber un terrain à 0,0004 p. 100 comme celui qui a été pris pour l’analyse,
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- jusqu’à un pied de profondeur, il faudrait, en employant 30 livres de sulfate de cuivre par acre, pulvériser pendant onze cents ans, en admettant que tout. Le sulfate se maintiendra intact et ne sera pas entraîné par les pluies, le: drainage, etc.
- Nous avons, d’autre part, des données absolument affirmatives concernant la pénétration de l’arsenic dans le sol. Le professeur Bailey a publié en 1895 les résultats de ses travaux entrepris dans cette direction à la station expérimentale d’agriculture de Cornell (E. U.) ; il est arrivé à cette conclusion que l’arsenic qui tombe dans le sol demeure à l'état insoluble et pénètre dans les couches plus profondes du terrain seulement sous l’influence mécanique de l’eau.
- A ceux qui, malgré les données scientifiques authentiques, douteraient de ce que le sol ne peut être, à la longue, empoisonné, nous devons dire que ce souci de la destinée des générations futures vouées à la famine s’effacera peu à peu devant les découvertes toujours croissantes de la science. Ce serait une hérésie que de douter des progrès à venir de la pbytopathologie et nous verrons sûrement apparaître — même avant que le sol soit empoisonné- — des produits ou des méthodes encore plus efficaces que la pulvérisation des composés arsenicaux.
- On pourrait cependant encore admettre que les plantes absorbent l’arsenic même à l’état insoluble après un travail préalable nécessairement, mais les expériences de Pfeffer et d’autres savants non moins éminents, vérifiées et confirmées par A. Petermann dans ces dernières années (1902), nous apprennent que l’arsenic du sol n’est absorbé par les plantes qu’en proportions infinitésimales et incommensurables, et que l’empoisonnement du sol par les. composés arsenicaux n’est nullement à redouter.
- Beaucoup de cultivateurs se maintiennent dans cette opinion que les composés • arsenicaux, pulvérisés sur les organes aériens des végétaux, peuvent ensuite entrer dans la composition des aliments avec les feuilles ou les fruits de ces plantes et causer ainsi, sinon des empoisonnements, du moins des désordres assez graves de l’appareil digestif. C’est là, j’en conviens, une question d’hygiène publique, une question qui a ému l’opinion à plusieurs reprises-.. Les périodiques quotidiens ou autres, en quête de nouvelles sensationnelles, ont parfois attiré l’attention du public sur ce point que les fruits venant d’Amérique sont pulvérisés dans leur pays d’origine avec de l’arsenic et du sulfate de cuivre et qu’ils sont par conséquent dangereux pour la santé- des consommateurs. Des bruits analogues furent lancés en France lorsque, grâce- aux efforts de Millardet, la bouillie bordelaise commença à entrer en France dans Le domaine de la pratique courante. L’on objecta que le cuivre devrait se retrouver dans les raisins puis dans le vin et changerait la composition de ce: dernier à
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- tel point qu’il deviendrait très dangereux d’en boire. Il n’en est rien et les analyses de nos savants les plus distingués sont là pour nous prouver qu’une infime quantité de cuivre passe avec les raisins dans le vin, à laquelle il est inutile de prêter attention. Il en a été de même avec les fruits pulvérisés à l’arsenic; la station expérimentale du Massachusetts exécuta dés analyses de pommes pulvérisées trois fois avec un mélange de bouillie bordelaise et de vert de Paris; dans un baril de pommes, on finit par découvrir 0,0005 d’once d’oxyde de cuivre, mais pas de traces d’arsenic. En calculant, on arriverait à trouver qu’il faudrait manger d’un seul coup de neuf à dix barils de ces pommes pour sentir un léger dérangement. Pour éviter tout désagrément ou plutôt toute chance de désagrément, je ne puis que conseiller une chose : s’abstenir de pulvériser les fruits environ un mois avant la cueillette : on verra d’ailleurs dans la pratique qu’à ce moment les pulvérisations deviennent inutiles, car alors les insectes ont, en majeure partie, disparu. Or, les produits arsenicaux, malgré les substances collantes qu’on y ajoute, ne tiennent guère sur les plantes plus d’un ou deux mois : ils sont ensuite entraînés par le vent, la pluie, la rosée, de sorte qu’il n’y a de ce côté rien à craindre. Il en est autrement des plantes à feuilles comestibles qui ne doivent être pulvérisées que préventivement au début de la végétation et à des doses aussi faibles que possible ; mais en aucun cas il ne faudra pulvériser lorsqu’on approche de la récolte de ces feuilles ou des tiges pour la consommation de l’homme ou des animaux.
- Certains agronomes ont craint que l’herbe fauchée dans les vergers-prés, dont les arbres ont été pulvérisés à l’arsenic, ne fût nuisible aux animaux qui la consomment- Nous devons répondre sur ce point que bon nombre d’expérimentateurs ont pu nourrir leurs animaux avec de tel foin, sans que ces derniers en aient été le moins du monde incommodés. J’estime cependant qu’il est plus logique, plus prudent de ne point conduire les animaux à la pâture dans des endroits nouvellement pulvérisés où l’herbe peut encore contenir une certaine proportion de.sels d’arsenic qui n’auraient encore pu être emportés par le vent,, la pluie, etc.
- Dernièrement MM. Andouard et Caries consultés par M. Riche, du Conseil supérieur d’hygiène, ont craint que l’opinion publique, émue de l’utilisation des arsenicaux dans la destruction des insectes de la vigne, ne s’éloigne davantage encore de la consommation du vin. Il est certain que si des journalistes peu au courant de la question, se basant sur des apparences ou des données erronées, tiennent en éveil cette même opinion publique et la dressent par cela même contre l’emploi de ces produits en viticulture, il ne pourra y avoir de progrès possible. Notre viticulture continuera à subir les pertes qu’elle a subies jusqu’à présent, des sommes considérables seront dépensées à des traitements inefficaces sans que les invasions en masse d’insectes en soient dimi-
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- nuées. La viticulture traverse une crise trop aiguë pour que l’on ne songe pas à alléger immédiatement les travaux et les frais des viticulteurs. Du moment que les produits arsenicaux sont inoffensifs — on l’a vu par l’étude qui en a été faite ci-devant — il serait absurde de ne pas profiter de leur bon marché et surtout de leurs propriétés éminemment insecticides.
- C’est de l’initiative des administrations locales ou centrales, des sociétés agricoles et savantes, de l’Etat lui-même que dépend l’avenir de ces précieux produits dont l’emploi pourrait contribuer à la sauvegarde de plusieurs millions que notre fortune nationale paye annuellement en contribution aux trop nombreux ennemis de nos plantes cultivées, Il est du devoir de tous ceux que leur position sociale désigne à la confiance de leurs concitoyens, de répandre, de faire connaître par la parole ou par l’écrit les produits sus-énoncés ; ils feront œuvre d’honnêtes gens et de bons citoyens.
- LE CHLORURE DE BARYUM
- Dans ces dernières années on a commencé à utiliser dans la lutte contre les insectes phytophages un produit possédant des propriétés insecticides assez développées (1) : le chlorure de baryum Ba Cl2. Il présente l’avantage d’être beaucoup moins dangereux pour l’homme et les animaux supérieurs que les composés arsenicaux, tout en donnant, sous forme de pulvérisations, un pourcentage très élevé d’insectes tués. Le chlorure de baryum se présente sous la forme de petites lamelles rhomboïdales dont la composition peut être représentée par la formule Ba Cl2 + 2H20. Il est de couleur blanchâtre et possède une saveur piquante. Un litre d’eau à 15°C. en dissout 435 grammes ; à 104° C. il en dissout 700 grammes. En présence'de la chaleur ce corps perd ses deux équivalents d’eau et, chauffé au rouge, fond sans se décomposer.
- Un des graves inconvénients des bouillies préparées avec le chlorure de baryum, est qu’elles ne laissent sur les plantes pulvérisées aucune trace visible permettant de reconnaître, de. contrôler, pour ainsi dire, la marche de l’opération. D’autre part, au bout de quelque temps, il est difficile de déterminer le moment où l’on doit pulvériser de nouveau, car on ne sait aucunement si le 'chtorure se trouve encore sur les plantes ou s’il a été enlevé par les divers agents atmosphériques. D’autre part les dissolutions de chlorure de baryum adhèrent fort peu d’elles-mêmes aux feuilles et aux fruits des plantes. On se trouve donc dans l’obligation d’ajouter à ces bouillies des produits qui leur donneront une couleur assez nette pour pouvoir distinguer les endroits
- (I) Les premiers essais sur la betterave furent faits par Moravek en Autriche, dans la suite, cette question fut reprise et approfondie par l’entomologiste russe S. Molerjetsky, qui' a employé le BaCl2 contre les insectes des arbres fruitiers et de la vigne.
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- touchés, en même temps qu’une adhérence suffisamment élevée. L’empois de farine que j’ai signalé à propos du vert de Paris semble réunir ces deux avantages assez heureusement pour être d’une utilisation pratique.
- On utilise également à cet effet la soude ordinaire ou cristaux, dans la proportion de un gramme par litre de solution.
- Dans le cas où l’eau renferme une certaine proportion de sels de chaux, les dissolutions de chloure de baryum prennent une couleur blanche assez nette. On peut communiquer à ce genre de bouillie une adhérence suffisante en y versant une dissolution de 15 grammes de colophane dans un demi-verre d’alcool méthylique. Malheureusement le chlorure de baryum ne peut être associé aux bouillies cupriques anti-cryptogamiques qui jouent, en mélange avec les sels arsenicaux, un double rôle. En présence des sulfates, le chlorure de baryum se transforme en sulfate de baryum qui ne possède aucune propriété insecticide.
- Le chlorure de baryum s’emploie ordinairement à la dose de 2 p. 100 dans l’eau et donne de parfaits résultats : en forçant la dose on obtient des résultats beaucoup plus prompts, mais ces doses élevées ne sont pas sans danger pour la plante et surtout... pour la poche. Il faut dire en effet que le chlorure de baryum est d’un prix assez élevé et, vu les proportions dans lesquelles on doit l’employor, il devient de beaucoup moins avantageux que les sels d’arsenic. Pour nous résumer, nous devons reconnaître les propriétés insecticides de ce corps, mais, d’autre part, laisser les praticiens juges des points suivants :
- 1° Difficulté de lui communiquer une couleur nette ;
- 2° Difficulté de lui communiquer une adhérence suffisante.
- Ces deux inconvénients se retrouvent dans l’emploi du vert de Paris.
- 3° Impossibilité de l’associer aux bouillies cupriques, d’où par conséquent :
- 4° Nécessité de traitements en nombre double, ce qui implique une dépense superflue de main-d’œuvre.
- 5° Prix élevé en comparaison des composés arsenicaux.
- ÉPOQUE DES PULVÉRISATIONS DE LIQUIDES VÉNÉNEUX
- C’est pour ne pas sortir du cadre que je me suis tracé dans cette étude que’ je m’interdis de pousser plus avant dans la détermination de l’époque convenable des pulvérisations. Il existe à ce sujet des monographies, des ouvrages-spéciaux qui indiquent clairement le moment propice aux traitements ; il est donc inutile de s’y étendre plus longuement.
- Je me contenterai de répéter ce que j’ai maintes fois écrit dans les périodiques horticoles et viticoles : que tous ces traitements, pour être efficaces et vraiment rationnels, doivent être avant tout préventifs, dans la mesure du possible.
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- LES APPAREILS PULVÉRISATEURS
- Le présent travail ne serait pas complet si, en regard des composés vénéneux étudiés plus haut, nous ne jetions un coup d’œil sur les instruments qui servent à pulvériser les bouillies arsenicales ou autres sur les plantes. Dans®la lutte contre les maladies de la vigne, les constructeurs français se sont appliqués à fabriquer des machines à grand travail, à dos de mulet, ou des pulvérisateurs de moindres dimensions destinés aux exploitations peu étendues. Les appareils qui semblent avoir conquis une réputation universelle sont ceux qui sont munis d’une pompe permettant de pulvériser les bouillies sous une pres-
- sion maximum et constante, car il est bien démontré que plus la pression est élevée, plus les gouttelettes sont fines et plus le liquide devient actif. Les appareils munis d’une pompe se rapportent au type « Eclair » (fig. 1) qui est, sans contredit, et pour cause, le plus répandu.
- Je ne m’étendrai pas davantage sur les appareils destinés à pulvériser les arbres et les arbustes de faibles dimensions : on n’a que l’embarras du choix. Il en est tout autrement lorsqu’il s’agit de pulvériser de grands arbres dans les vergers; dans ce cas nos cultivateurs sont souvent dépourvus d’instruments vraiment puissants et pratiques, capables d’atteindre les cimes les plus élevées. Il y a pourtant, en France, d’assez grandes surfaces couvertes d’arbres fruitiers, dont quelquefois les populations tirent un revenu assez important, lorsqu’elles n’en vivent pas exclusivement. Les plantations fruitières augmentent chaque année, mais les insectes se multiplient aussi rapidement, certains d’entre eux ne craignent pas non plus de s’attaquer aux plus jolis arbres de nos avenues ou
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- de nos parcs (Galeruque de l’orme, Bombyx divers). A ces invasions il faut opposer les pulvérisations arsenicales, mais comment les utiliser? Gomment les projeter à une aussi grande hauteur? Nous’ disposons à cet effet d’un assez
- Fig. 3. —; Pulvérisateur Seneca. Fig. 4. — Pompe Premier.
- grand nombre d’appareils convenant aux exploitations les plus variées. En premier lieu nous trouvons les pompes de Gould; la première, dénommée
- Fig. 5. — Pompe Klémax. Fig. 6. — Pompe Pomona.
- Bordeaux (fig. 2), est une pompe à double effet puisant le liquide par la partie inférieure du cylindre ; le liquide aspiré est projeté avec force par un tuyau en caoutchouc auquel on peut ajouter, pour les grands arbres, un tuyau métallique sur lequel vient se visser un brise-jet en éventail, système Seneca
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- (fig. 3). L’appareil est muni d’un sabot permettant de le maintenir solidement
- Fig. 8. — Pulvérisation des arbres au printemps avec la pompe Pomona.
- avec le pied sur le sol. L’autre pompe, « Premier » (fig. 4), comprend un tuyau
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- d’aspiration plongeant dans le liquide et muni d’un tamis empêchant l’introduction de particules dans le corps de l’appareil, ce qui pourrait amener l’engorgement du brise-jet. Cet appareil convient aux pulvérisations dans les serres et les petits jardins, tandis que « Bordeaux » peut servir à pulvériser des arbres d’une hauteur respectable. Quelquefois ces deux pompes sont vendues montées sur un récipient portatif en fer galvanisé; c’est là une forme beaucoup plus commode à manier.
- Dans les grands jardins on peut encore utiliser la pompe « Klimax » (fig. 5),
- montée sur un trépied en'fer et dont le tuyau d’aspiration en caoutchouc plonge dans un récipient contenant la bouillie. Dans certaines régions, j’ai vu travailler cet instrument sans trépied : il est alors simplement fixé sur une charrette. Il existe des « Klimax » de diverses dimensions avec un ou deux tuyaux d’évacuation ; au moyen d’un Klimax à un tuyau deux hommes peuvent pulvériser 250 grands arbres par jour en moyenne.'
- Une pompe qui mérite l’attention des propriétaires de vergers est la pompe « Po-mona » (fig. 6), qui présente de sérieux avantages : elle est d’abord de construction très solide et très simple ; toutes ses parties actives sont en cuivre et ne peuvent par conséquent être attaquées par les divers composés; elle possède une force de projection très élevée ; elle se monte sur une barrique et devient, de ce fait, transportable d’un point du jardin à l’autre; elle possède un agitateur mécanique formé de deux palettes en bois, ainsi qu’un agitateur pneumatique, qui maintiennent'la bouillie en continuel mouvement: on a vu combien cet avantage est précieux lorsqu’on pulvérise des liquides renfermant des composés plus lourds que l’eau. La pompe « Pomona » est munie de deux tuyaux projecteurs qui permettent de pulvériser deux arbres à la fois. Il existe des « Pomona » pour barriques debout et d’autres pour barriques couchées (fig. 7). Cette dernière disposition doit être autant que possible préférée, car le liquide s’agite beaucoup plus facilement qu’avec la barrique dressée. Ce modèle est aujourd’hui très courant et pour la pulvérisation des grands arbres on utilise des sortes d’estrades du haut desquelles l’ouvrier peut facilement atteindre les sommets (fig. 8). Trois ouvriers avec une « Pomona » peuvent pulvériseï 400
- Fig. 9.
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- arbres par jour. Dans les vergers de grande étendue, il est nécessaire d’employer des appareils plus puissants, permettant un travail parfait et rapide. Parmi eux je dois citer comme étant le plus pratique le modèle « Sentinel » (fig. 9) muni d’une grande chambre à air et de quatre tuyaux projecteurs. Cet appareil, doué d’une force étonnante, projette le liquide à une très grande distance en le divisant à rinfini. On le pose ordinairement sur la plate-forme d’une
- Fig. 10. — Pulvérisation au moyen de la pompe Sentinelle.
- charrette à quatre roues, avec une barrique d’une contenance assez élevée, car ie .débit de la pompe est très élevé (fig. 10). Un homme' seul peut actionner la pompe et quatre autres se tiennent aux tuyaux pour pulvériser. Une pareille équipe peut traiter environ 1 000 arbres de moyennes dimensions par jour. C’est, pour les grandes propriétés, un appareil qui peut rendre de grands services et qui ne demande aucun entretien spécial, si çe n’est un petit nettoyage de temps en temps (1).
- UTILISATION PRATIQUE DU PÉTROLE COMME INSECTICIDE
- Parmi les nombreux insecticides employés jusqu’à ce jour contre les multiples ennemis de nos végétaux cultivés, le pétrole a toujours joué un rôle^
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- (1) On peut se procurer les appareils ci-dessus indiqués chez lhe Goulds Mfg C°, Seueca Falls, New-York (U. S. A.).
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- considérable à cause de ses propriétés destructives, de son action rapide et de son bon marché relatif. Les horticulteurs y ont souvent recours pour la lutte contre les insectes à corps mou, tels que pucerons divers; chenilles, eîc., qui sont rapidement asphyxiés par les vapeurs de ce liquide éminemment toxique. Pour se convaincre de l’action vraiment prodigieuse du pétrole, il suffit de répéter l’expérience désormais classique de MM. Gérard et Chabanne (1) consistant à projeter des cochenilles de serres dans un verre d’eau à la surface duquel quelques gouttes de pétrole forment une pellicule, pour ainsi dire sans épaisseur. Le résultat est édifiant : les insectes, après avoir traversé la couche infime du dissolvant, sont mortellement atteints.
- Cette heureuse particularité a été utilisée dans les régions infestées par les moustiques pour la destruction de leurs larves qui vivent dans les eaux stas-gnantes et qui, continuellement, plongent et remontent à la surface. Ces larves périssent lorsqu’on verse une certaine quantité de pétrole qui s’étend en une très légère couche à la surface de l’eau.
- Le pétrole commença à être employé en horticulture, aux Etats-Unis, vers 1870, principalement par les entomologistes Cook et Gobbard; plus tard, en 1882, le professeur Riley réussit à en faire adopter l’emploi courant pour la lutte contre les invasions en masse d’insectes de toutes sortes. A partir de ce moment l’émulsion de pétrole fut rapidement connue, même en Europe, et est devenue un insecticide des plus répandus. On peut en juger par le nombre de formules qui ont été publiées dans ces dernières années et qui ne diffèrent les unes des autres que par quelques petits points de détail peu importants d’ailleurs. Le pétrole ne se mélange pas à l’eau, car il est plus léger et nage constamment à. sa surface: il est donc de toute nécessité de l’émulsionner dans l’eau savonneuse afin d’obtenir un liquide en contenant une proportion régulière. On utilise à cet effet le savon blanc, le savon noir ou vert ou bien encore, comme en Amérique ; le savon d’huile de baleine (Wail-oil-soap). Ce dernier est de beaucoup le plus pratique, en ce sens qu’il se dissout facilement et donne des émulsions beaucoup plus uniformes, susceptibles de se conserver assez longtemps ; ce n’est pas le cas des autres savons du commerce qui donnent des émulsions prenant au bout de quelque temps une consistance caséeuse. Ordinairement on doit ajouter un excès de ces savons pour obtenir des émulsions convenables.
- La formule américaine la plus couramment employée est la suivante :
- Pétrole . ..................... 10 litres.
- Savon d’huile de baleine.......... 250 grammes.
- (1) Étude expérimentale et raisonnée sur lés divers insecticides employés en horticulture, par Gérard et Chabanne, Lyon, 1903.
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- Les cinq litres d’eau sont versés dans une marmite et portés à l’ébullition ; on y dissout ensuite le savon et immédiatement après on y verse le pétrole par petites quantités; si l’on a soin de bien agiter le mélange au moyen d’un petit balai de brindilles, on obtient une masse blanche, de consistance crémeuse, qui est l’émulsion concentrée. On arrive à ce résultat avec beaucoup moins do peine si l’on dispose d’une seringue au moyen de laquelle on aspire le liquida pour le rejeter ensuite avec violence dans le récipient. L’émulsion concentrée-ainsi préparée est prête à être utilisée, diluée bien entendu dans une proportion voulue d’eau ordinaire. J’ai souvent remarqué, cependant, que lorsqu’on la verse directement dans l’eau froide, le mélange ne s’opère pas intimement : des particules caséeuses restent en suspension dans le liquide, qui nuisent à la répartition régulière du pétrole sur les plantes. On peut obvier à cet inconvénient en versant auparavant la quantité voulue d’émulsion concentrée dans une quantité double d’eau chaude; on verse ensuite le tout dans l’eau froide et mélange. Pendant l’hiver, contre les larves, les chenilles, les chrysalides de-certains insectes vivant sur les arbres dépourvus de feuilles, on dilue cette-émulsion concentrée dans dix à douze fois son volume d’eau; mais pendant l’été une aussi forte proportion ne serait pas sans danger pour les feuilles et l’on doit se contenter de la proportion de 1/18, 1/20.
- Il est à remarquer que l’eau de pluie seule convient à la préparation desémulsions de pétrole : les eaux de rivière, de puits, contenant des proportions plus ou moins élevées de calcaire, il devient nécessaire d’augmenter la quantité de savon de manière à avoir ce dernier én excès. Beaucoup de personnes remplacent dans ce cas.le savon par le lait aigri et utilisent la formule suivante:
- Pétrole........................ 10 litres.
- Lait aigri........'............ 5 —
- Lorsqu’on n’a pas de lait aigri sous la main on peut se servir de lait frais-légèrement acidulé par une addition de vinaigre. L’émulsion avec du lait est prête au bout de cinq minutes, mais doit être utilisée immédiatement; dans le-cas contraire elle se gâte et il devient impossible de la corriger. L’émulsion préparée avec du savon se conserve un peu plus longtemps, mais sa conservation, même dans des récipients hermétiquement bouchés est loin d’être satisfaisante.
- Nous possédons fort heureusement un moyen nous .permettant d’obtenir desémulsions de pétrole permanentes, inaltérables avec n’importe quelle eau quo ce soit. Ce procédé est basé sur la propriété que possède l’extrait de saponino d’émulsionner le pétrole en proportions très élevées ; la saponine peut être-extraite des racines de saponaire ou mieux encore du bois de Panama par-décoction; on fait bouillir la quantité voulue de bois de Panama dans do l’ean ou, ce qui est préférable, on le fait macérer dans de l’alcool pendant quelques-Tome 110. — Mars 1908. 26
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- jours. Le bois de Panama peut émulsionner plus de trente fois son poids de pétrole. La formule suivante est celle qui m’a toujours donné d’excellents résultats:
- Bois de Panama. .................. . 140 grammes.
- Eau chaude.........................
- Pétrole.....................
- s1
- 3 litres.
- Fig. 11.
- Si on voulait préparera l’avance de la teinture de saponine, on remplacerait les trois litres d’eau par 700 grammes d’alcool à 90°. L’émulsion concentrée se
- prépare comme avec le savon en versant le pétrole dans la teinture de saponine et en agitant constamment. Cette émulsion peut se conserver indéfiniment si l’on a soin de l’enfermer dans des récipients hermétiquement bouchés. Au moment de l’emploi on l’étend de dix à douze fois son volume d’eau et l’on pulvérise au moyen d’appareils ordinaires. Il va sans dire que la décoction de bois de Panama doit être passée à travers un tamis .ou un linge à mailles très fines pour éviter l’engorgement des pulvérisateurs.
- La formule que nous venons d’indiquer est en général peu connue, mais elle ne tardera cependant pas à être employée dans tous les établissements où on a le souci de la bonne préparation des insecticides. Je l’utilise moi-même depuis trois ans dans bon nombre de vergers de la Crimée et je puis affirmer que bientôt les émulsions au savon passeront au dernier rang.
- Le pétrole est un insecticide si puissant qu’il devait trouver des applications partout où la lutte contre les insectes s’opère d’une façon consciencieuse et vraiment pratique ; aussi les Américains sont-ils parvenus à perfectionner son mode d’emploi à tel point qu’ils peuvent se passer d’ajouter du savon et du bois de Panama à. l’eau. Des constructeurs ingénieux ont inventé des pulvérisateurs spéciaux qu’on dénomme « kerowater » [kerosene, pétrole; water, eau). Le « kerowater » servant à la pulvérisation des grands arbres (fig. 11) se compose d’une barrique renfermant un cylindre métallique en zinc dans lequel on verse le pétrole ou l’essence de pétrole ; l’eau est versée directement dans la barrique. Le cylindre métallique et la barrique possèdent chacun une pompe du type « Fruital » agissant séparément, l’une avec le pétrole, l’autre avec l’eau. Au-dessus de la barrique est disposé presque horizontalement un levier en fonte, mobile, qui se bifurque à un certain endroit; la partie bifurquée est disposée pour recevoir l’extrémité élargie du manche de la pompe, lequel s’y fixe au
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- moyen d’un boulon ; la baguette de la pompe à eau vient également s’attacher au manche ; la baguette de la pompe à pétrole se fixe en avant de la bifurcation., La bifurcation elle •même est munie de cinq trous correspondant à cinq autres trous du manche et portant les chiffres 5, 10, 15, 20, 25. Au moyen d’un boulon on fixe ainsi la pompe au chiffre voulu qui indique une proportion régulière de pétrole et d’eau correspondant à 5 p. 100, 10 p. 100, 15 p. 100, 20 p. 100 et 25 p. 100 de pétrole. C’est là que réside le caractère vraiment pratique de cet intéressant appareil : on peut, à volonté, modifier le pourcentage
- Fig. 12. — Pulvérisation d’un verger au printemps, au moyen du kerowater.
- de pétrole, sans aucun calcul et sans autre peine que de changer le boulon de place. Le mélange du pétrole et de l’eau s’opère sous une pression telle que le pétrole, projeté à l’extérieur, est déjà émulsionné d’une façon idéale. Il ne peut y avoir, si l’on observe les proportions voulues, ni brûlures, ni autres désagréments, Tous les ennuis de la préparation et de la conservation des émulsions concentrées sont donc écartés. L’émulsion de pétrole sort de l’appareil par deux tuyaux permettant de pulvériser deux rangées d’arbres à la fois. Ces tuyaux en caoutchouc mesurent environ 3™,20 do long chacun, et sont munis â leur extrémité do tuyaux métalliques sur lesquels sont vissés les brise-jets, ordinairement du système « Seneca ». Il serait préférable de remplacer les tuyaux en caoutchouc par des tuyaux en tissus de chanvre qui sont plus commodes, plus faciles à nettoyer et ne s’altèrent pas au contact du pétrole
- Il existe depuis quelque temps seulement des kerowaters de petites dimen-
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- sions qui se portent, comme les pulvérisateurs ordinaires, sur le dos (fig. 13). Ces appareils sont en zinc, mais sont encore loin d’être parfaits comme construction: ils sont établis d’après le type des kerowaters à grand travail, mais il . serait utile de les rendre plus solides et plus commodes à manier. L’ingéniosité
- des constructeurs aura probablement raison de ces inconvénients sous peu, et ils se transformeront rapidement au grand avantage des cultivateurs.
- Il est utile de mentionner pour les petits jardins, les serres, etc., le kero-water monté sur un seau (fig. 14), qui remplit le même rôle que le précédent, mais qui est plus solide en fait de construction : certaines personnes le préféreront probablement pour cette raison (1).
- (1) On peut se procurer les kerowaters dans les maisons suivantes :
- 1° The Gould’s Alfy C°, Seneca Falls, N. Y. (U. S. A.).
- 2° Kaal Platz à Ludwickshafen sur Rhin (Allemagne).
- 3° Heller, 49 Praterstrasse, à Vienne 11/2 (Autriche).
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- DE LA CORRECTION DES RIVIÈRES A FOND MOBILE TELLES QUE LA LOIRE
- par M. Audouin (1).
- Messieurs,
- Je dois d’abord 1 remercier M. le Président de la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale et son dévoué secrétaire de l’honneur qu’ils m’ont fait en me fournissant l’occasion d’exposer devant un auditoire d’élite le nouveau système de correction des rivières à fond mobile, inventé par mon frère, ancien élève de l’Ecole polytechnique, capitaine d’artillerie breveté.
- Je n’ai qu’un regret, c’est que cette conférence n’ait pu être faite par l’inventeur lui-même : il aurait su mieux que moi vous faire saisir toute l’ingéniosité du système et vous convaincre de l’importance des services qu’il peut rendre. Mais une mort prématurée l’a enlevé, il y a quatre ans, à l’affection des siens et à la haute estime de tous ceux qui ont pu l’apprécier.
- Dans le discours ému que M. le général Villien, commandant l’École polytechnique et membre du Comité technique de l’artillerie, prononçait le 24 juillet 1903 aux obsèques de mon frère, son officier d’ordonnance, il s’exprimait en ces termes :
- « Audouin n’était pas seulement un officier d’artillerie complet, il était en même temps un ingénieur des plus distingués, un remarquable polytechnicien. Le métier pourtant si complexe de l’artillerie ne suffisait pas toujours à occuper les journées et aussi les nuits de ce travailleur acharné. Il avait constamment plusieurs chantiers ouverts et c’est ainsi qu’au moment où la maladie est venue le terrasser, il mettait la dernière main à un grand projet, si judicieusement étudié dans les moindres détails que l’exécution semble devoir s’en imposer si l’on veut résoudre enfin une question depuis longtemps à l’étude, qui est celle de la navigabilité de la Loire. Audouin songeait même à employer ses procédés, aussi simples qu’ingénieux, pour débarrasser d’autres fleuves, tels que le Missis-sipi, des sables qui gênent la navigation à leur embouchure. »
- - (1) Conférence du 22 novembre 1907.
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- Encouragé par l’avis favorable d’ingénieurs éminents, mon frère était sur le point, il y a quatre ans, de soumettre à M. le ministre des Travaux publics son projet d’amélioration de la navigabilité de la Loire : il n’en eut pas le temps et mourut avant d’avoir pu faire cette démarche, que j’ai eu l’honneur de faire en son nom.
- Après avis favorable du Conseil général des Ponts et Chaussées, M. le ministre des Travaux publics, par une décision en date du 26 août 1905, autorisait la Société d’amélioration de la navigabilité des rivières à exécuter sur la Loire, à trois kilomètres en amont du confluent de la Maine, un essai de ce nouveau système, conformément au projet dressé par M.'l’ingénieur en chef Chemin, ancien professeur à l’Ecole des Ponts et Chaussées. M. le ministre décidait en même temps que son administration participerait pour moitié à la dépense de cet essai, évaluée à la somme de 22 000 francs. Les départements de Maine-et-Loire, d’Indre-et-Loire, de la Vienne, ont bien voulu contribuer aussi aux frais de cette expérience, dont ils ont compris tout l’intérêt.
- C’est cet essai dont je voudrais vous exposer aujourd’hui les résultats constatés par une série de plans de sondage officiels.
- Mais je désire auparavant vous rappeler brièvement les méthodes employées jusqu’ici pour la correction des rivières à fond mobile, afin que vous puissiez mieux voir sur quels points ce nouveau système leur ressemble et en quoi il en diffère.
- C’est à M. Fargue, inspecteur général des Ponts et Chaussées, que revient l'honneur d’avoir le premier déterminé certaines lois du régime des rivières à fond mobile.
- La principale de ces lois est la loi de la rive concave : sur les rivières à fond n\obile et à cours sinueux, le chenal se creuse naturellement le long de la rive concave; il est d’autant plus profond que la courbure est plus accentuée.
- M. Fargue comprit qu’il fallait mettre à profit cette loi naturelle de la rive concave pour assurer la formation constante de mouilles (ou parties profondes) placées alternativement sur une rive et sur l’autre. Il reconnut que, pour que le chenal fût stable et permanent, il fallait que les rives présentassent des courbures régulières, sans variation brusque. Il s’est appliqué à déterminer les règles du tracé rationnel des rives artificielles destinées à corriger les irrégularités du lit : chaque rive doit offrir une succession d’arcs curvilignes, alternativement concaves et convexes, à courbure graduée, raccordés par des alignements droits à l’inflexion, c’est-à-dire à l’endroit où le courant passe d’une rive à l’autre. Ces règles, auxquelles on a donné le nom de principes du tracé sinusoïdal, n’ont pas été imaginées a priori par M. Fargue, mais dégagées par lui de l’observation des faits.
- En ce qui concerne le relief à donner aux rives nouvelles ainsi tracées, c’est
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- aussi l’expérience que M. Fargue a prise pour guide, ainsi qu’il le dit dans une lettre qu’il m’écrivait dernièrement :
- « Sur la Garonne, on a exécuté surtout des ouvrages du lit moyen et quelques ouvrages du lit mineur (1). Ces derniers n’ont donné de résultats utiles que dans la partie supérieure du fleuve. Dans le département de la Gironde, ils n’ont eu aucun succès. Dans toutes mes études, je n’ai visé que les ouvrages du lit moyen, c’est-à-dire ayant une saillie de 2n,,50 environ au-dessus de l’étiage. Cette hauteur est le résultat de l’expérience, les premiers travaux ont été bien moins saillants, c’était presque le type des ouvrages d’étiage, et c’est peu. à peu que la hauteur actuelle a été reconnue la plus utile. »
- Les avantages d’une régularisation du lit moyen sont les suivants. D’abord une telle régularisation sert avant tout à l’agriculture. C’est ce qu’a fait ressortir m. r ingénieur en chef Robert, en rendant compte des travaux de régularisation de la Garonne, qui, dit-il, ont été entrepris à la fois dans l’intérêt*de l’agriculture et de la navigation :
- « En ce qui concerne la fixation et la régularisation des rives, dit M. Robert, le succès a été complet. On a mis fin aux corrosions considérables et aux déplacements du lit qui troublaient gravement le régime (2). »
- Ainsi ces endiguements longitudinaux, tels qu’ils ont été exécutés sur la Garonne, ont pour premier effet de fixer les rives des cours d’eau, de mettre un terme à leurs divagations qui sont incessantes à l’état de nature et qui ont pour résultat la destruction de terrains fertiles et la production, en échange, de grèves ou de marécages stériles. En Allemagne aussi, c’est pour faire cesser ces divagations naturelles des rivières, si préjudiciables à la culture, que les travaux de régularisation du lit moyen ont été tout d’abord entrepris et ce n’est que plus tard que l’on s’est occupé de la navigation, ainsi que le rappelait, au troisième congrès international de navigation tenu en 1888 à Francfort-sur-le-Mein, M. Schlichting, professeur de constructions hydrauliques, recteur de l’Ecole des hautes études^techniques de Rerlin (3).
- C’est là le premier avantage, et il est considérable, que présente la régularisation du lit moyen. Il en est un autre qui intéresse la navigation. Il est reconnu que la force vive du courant, sa puissance d’affouillement, est bien plus grande en hautes eaux et en eaux moyennes qu’en basses eaux : des ouvrages d’un assez grand relief, disposés de manière à diriger l’action dès eaux,
- (1) On appelle lié moyen l’espace recouvert par les eaux quand le fleuve coule à pleins bords, lit mineur l’espace plus restreint occupé par les eaux basses.
- (2) Rapport présenté au VIIIe Congrès international de navigation de Paris en 1900, par M, l’ingénieur Robert.
- (3) Compte rendu du Congrès international de navigation de Francfort-sur-le-Mein, rapport de M. l'ingénieur en chef Girardon^page 185.
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- ont par suite plus d’influence que des ouvrages bas sur le creusement du fond. Aussi ces endiguements longitudinaux amènent-ils la formation de mouilles profondes le long des rives concaves.
- :/ Mais, dans le passage d’une mouille à l’autre, le courant ne trouve plus où s’appuyer : au lieu de se concentrer, il s’étale, et, par suite, il se forme des dépôts, ce que l’on appelle un.seuil. Le chenal n’y a pas assez de profondeur pour la navigation.
- > Dans une étude sur la largeur du lit moyen de la Garonne, publiée en 1882 dans les Annales des Ponts et Chaussées, M. Fargue a montré que cet inconvénient se produisait particulièrement quand la largeur du lit était plus grande aux inflexions qu’à la hauteur des mouilles. Il est clair que cet élargissement favorise la dispersion du courant, qui n’a plus la force de se creuser un passage profond au travers du seuil. ,
- - Si, au contraire, la largeur du lit moyen est réduite aux inflexions, la passe est bonne, dit M. Fargue, qui a vérifié l’exactitude de ce principe dans ses travaux de correction de la Garonne.
- • ' La plupart des passes de la Garonne ont été améliorées en effet par suite de ces endiguements. Mais il y a lieu de remarquer que cet approfondissement a été obtenu, non seulement par une réduction de la largeur aux inflexions, mais grâce au rétrécissement général du lit produit par les endiguements, et ce rétrécissement a été considérable sur la Garonne : la surface couverte par les eaux de pleines rives a été réduite environ aux trois cinquièmes de la surface primitive.
- Un tel rétrécissement, outre qu’il ne saurait être opéré sans danger sur des rivières sujettes à de grandes inondations comme la Loire, a toujours l’inconvénient de produire un abaissement du plan d’eau par suite d’un dérasement excessif des seuils. C’est ce qui a eu lieu pour la Garonne, ainsi qu’il ressort des .graphiques des passes de la Garonne publiés par M. l’inspecteur général Pasqueau, dans un rapport au cinquième Congrès international de navigation de •Paris en 1892. En moins de dix ans, dit M. Pasqueau, les améliorations, qui avaient été réalisées, ont été presque entièrement annulées. Sur la passe de Castets, l’étiage de 1854 est de 0m,43 au-dessous de celui de 1832, celui de 1870 est encore de 0m,58 au-dessous du précédent. La profondeur, qui était de 2m,20 .en 1851, n’est plus que de 0m,96 en 1857. Sur la passe de Langon, l’étiage de 1854 est de 0m,70 au-dessous de celui de 1832; 'en 1870, l’étiage s’est encore .abaissé de 0m,33. La profondeur, qui était de près de 2 mètres en 1851, tombe en 1857 à 0m,35.
- On dut avoir recours à des dragages pour approfondir de nouveau les passes, mais les résultats de ces dragages ont été plus éphémères encore. M. Pasqueau reconnaît que les sillons ainsi creusés ont été comblés chaque année par les
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- crues. « Les graphiques montrent, dit-il, que les .dragages poussés jusqu’à 3 ou 4 mètres sont effacés presque aussi promptement que les dragages effectués jusqu’à 2 mètres seulement au-dessous de zéro. »
- Sur le Rhône, on a appliqué aussi d’abord le système des digues longitudinales avec resserrement. Mais, au bout de peu d’années, on s’aperçut que la navigabilité du fleuve ne progressait pas et que les améliorations-réalisées sur certains points se trouvaient annihilées par l’aggravation d’autres passages. M. Jacquet, inspecteur général des Ponts et Chaussées, pensa que l’on remédierait à cet inconvénient en régularisant la pente du fond, comme on avait cherché à le faire en Allemagne, au moyen d’épis noyés, c’est-à-dire de barrages transversaux établis assez profondément pour que les bateaux puissent passer par-dessus et il essaya ce procédé sur le Rhône il y a une vingtaine d’années. Dans un rapport au Congrès international de l’utilisation des eaux fluviales tenu à Paris en 1889, M. Jacquet reconnaissait que l’action de ces épis noyés n’avait pas été aussi prompte ni aussi générale qu’on l’espérait pour le relèvement de la pente.
- Vers la même époque, à l’occasion du Congrès international de navigation de Francfort-sur-le-Mein, M. l’ingénieur en chef Giràrdon exposait que le resserrement, en tant que méthode générale pour provoquer l’approfondissement du lit, ne devait être employé qu’avec une très grande réserve, que, sur les rivières dont la pente est forte et coupée par des chutes rapides, la régularisation de la pente, préconisée par les ingénieurs allemands, ne saurait être atteinte et qu’il y avait d’ailleurs tout avantage à ménager prudemment les seuils naturels en cherchant seulement à agir sur leur forme et leur orientation.
- Quelques années après, au Congrès international de navigation tenu à La Haye en 1894, M. Girardpn faisait un exposé magistral de la nouvelle méthode de régularisation qu’il venait d’appliquer sur le Rhône. Je n’ai pas besoin d’entrer dans de longs détails à ce sujet, puisque M. l’ingénieur en chef Cuënot, le disciple de M. Giràrdon, a exposé ici même l’an dernier cette méthode qu’il était en train d’expérimenter sur la Loire.
- En ce qui concerne les mouilles, M. Giràrdon est d’accord avec M. Fargue pour reconnaître la loi de la rive concave, d’après laquelle le chenal va naturellement s’appuyer aux concavités de la rivière, quand elles sont tracées en courbes régulières et progressives. Il constitue aussi la rive concave par une digue longitudinale dont Faction continue est plus favorable à la bonne direction du courant que ne le seraient des ouvrages discontinus comme les épis. Mais il donne à cette digue longitudinale moins de relief. Quant à la rive convexe, M. Giràrdon la consolide ou en constitue l’ossature au moyen d’épis plongeants qui doivent contribuer à concentrer le courant le long de la rive concave.
- Mais il ne suffit pas d’assurer la formation constante des mouilles ; il faut encore, pour que la navigation soit possible, que les bateaux trouvent une pro-
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- l'ondeur suffisante sur les seuils qui séparent les mouilles. Ici M. Girardon se sépare de M. F argue en ce que, voulant éviter à tout prix un dérasement du seuil, qui entraînerait un abaissement du plan d’eau, il s’abstient d’opérer un resserrement à l’inflexion. Il cherche seulement à donner au seuil une bonne orientation et à rapprocher les extrémités opposées de deux mouilles successives, pour que l’inflexion se fasse graduellement sans changement brusque de direction.
- « Quand le tracé des rives, dit M. Girardon, est convenablement choisi et amène l’inflexion suivant une gradation continue du rayon de courbure (ce qui, entre parenthèses, est conforme aux règles de M. Fargue pour le tracé des rives), l’orientation favorable du seuil est facilement obtenue. On peut l’assurer plus complètement encore en donnant au profil en travers la continuité comme au plan. »
- M. Girardon a cherché à dessiner de distance en distance ce profil en travers à l’aide d’épis noyés, établis dans le lit mineur même, à un niveau assez bas pour qu’ils ne gênent pas la navigation. Je ne sais si ce procédé a donné des résultats bien satisfaisants sur le Rhône, dont la navigabilité paraît laisser à désirer, puisqu’on réclame aujourd’hui la construction d’un canal latéral au Rhône. Il ne semble pas que des ouvrages placés si bas puissent avoir une bien grande influence sur la direction du courant. <
- De cet exposé sommaire des principales méthodes employées jusqu’ici pour l’amélioration de la navigabilité des rivières à fond mobile, il résulte que toute la difficulté consiste dans les seuils. On arrive assez facilement à assurer la formation régulière des mouilles grâce à la loi de la rive concave. Mais aucune des méthodes antérieures n’a réussi pleinement à résoudre la partie la plus délicate du problème, qui est la question de savoir comment relier les mouilles entre elles et ouvrir une passe suffisante pour la navigation au travers des seuils sans amener un abaissement du plan d’eau.
- Le nouveau système de correction des rivières à fond mobile inventé par mon frère a surtout pour but de combler cette lacune. La première partie de la méthode préconisée ressemble essentiellement à celle de M. Fargue. Avant tout il faut assurer la formation constante des mouilles et pour cela régulariser les rives et en particulier les rives concaves. Mais pour exécuter ces travaux de rectification des rives, mon frère a imaginé un dispositif plus économique que les digues ordinaires rattachées à la berge naturelle par des barrages transversaux ou traverses, et ce dispositif est le même que celui qui doit servir à ouvrir une passe d’une mouille à l’autre, c’est un barrage oblique à vannes suspendues.
- Ce système repose sur l’observation de ce fait que, dans toutes les rivières à fond mobile, les sables ou graviers, entraînés par le courant, sont charriés pour la plus grande partie sur le fond. Ce fait est bien connu et a été notam-
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- ment constaté pour le Rhône par M. l’inspecteur général Guérard (1). Il a été reconnu aussi par M. Fargue, cpii m’écrivait à ce sujet il y a quatre ans :
- « On sait depuis longtemps que, sur la Loire comme sur toutes les rivières à fond mobile, le débit solide est presque en totalité traîné sur le fond, tandis qu’à la surface on ne trouve que peu ou pas de sable, et seulement les limons les plus ténus. »
- Et M. Fargue ajoutait, à propos du projet do mon frère :
- « Mais ce qui, je crois, est nouveau, c’est le dispositif ingénieux à l’aide duquel l’auteur utilise ce fait pour éviter l’ensablement du chenal navigable.
- Système Audoain
- Plan dressé par l'Administration des Pools el Chaussées (Service spéciat de ta Loire, 4’ section!;
- M. Cuknot, ingénieur en chef ; M. Philippb, ingénieur ordinaire). üota. — Les chlllres placés à côté des courbes de niveau Indiquent Ica profondeurs au-dessous de t'étiage.
- Les grèves s’élevant au-dessus do l'éliagosont Indiquées par un sablé.
- Fig. 1. — Plan de sondage levé avant implantation de l’ouvrage (du 19 au 23 septembre 1903).
- C’est très séduisant, et il est désirable que l’expérience confirme lés espérances qu’on en peut concevoir. »
- Ce dispositif a pour objet de régulariser le fleuve par une décantation automatique, en concontrant dans le chenal les couches supérieures du courant qui sont les plus limpides, tandis que la couche inférieure, passant sous les vannes du barrage oblique, entraîne les sables en dehors du chenal.
- Voici comment ce système a été expérimenté sur la Loire, à 3 kilomètres en amont du confluent de la Maine, en face du village du Port-Thibaut (fig. 1). Le barrage oblique part du point H, sur la rive gauche de la Loire, à 250 mètres
- (1) Rapport présenté au Congrès international de navigation de Paris en 1892, par M". Guérard, inspecteur général des ponts et chaussées.
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- en amont du débouché du bras situé au Sud de l’île aux Dames. Ce bras, qui commence aux Ponts-de-Cé, a une largeur moyenne de 150 mètres et reçoit la plus grande partie du débit de la Loire en temps de basses eaux : par suite, il offre en amont un assez bon chenal. Mais, à sa partie inférieure, il s’élargit d’une manière excessive : la rive gauche, qui, jusqu’au point H, à 200 mètres en amont de la borne 558, présente "une courbure concave assez prononcée pour que le chenal s’y maintienne avec une bonne profondeur, prend brusquement en ce point une direction convexe : de là la formation de dépôts au milieu du lit. Le passage était des plus mauvais avant le commencement des travaux, comme le montre le plan de sondage levé en septembre 1905. La mouille de la
- rive gauche se prolongeait le long de cette rive; d’autre part, une mouille était accolée à la rive droite, le long de la partie inférieure de l’île aux Dames. Le passage de l’une à l’autre ne pouvait se faire, en été, que transversalement, par un coude brusque, avec des profondeurs ne dépassant pas 0m,50 au-dessous de l’étiage. Pratiquement toute navigation était interrompue en basses eaux sur cette section. Cet emplacement de l’essai a été désigné par l’Administration, qui n’a point choisi le plus facile et a eu raison : car l’expérience sera d’autant plus probante.
- Le barrage commence au point à partir duquel se produisait cet élargissement excessif du bras, qui amenait la formation de dépôts au milieu du lit. Il s’éloigne progressivement de la rive gauche, tout en conservant une direction presque parallèle à la rive droite du bras. Il n’y a donc pas, dans l’ensemble, de
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- resserrement, et même l’intervalle laissé entre le barrage oblique et la rive droite du bras est supérieur à la largeur que présente naturellement ce bras sur certains points en amont. Le barrage continue la concavité précédente de la rive gauche ; il a lui-même une direction concave, ainsi qu’on en peut juger par la photographie ci-jointe prise près de l’extrémité amont (fig. 2). Il est donc oblique au courant, qui vient s’y appuyer, s’y concentre et afïouille au pied de l’ouvrage comme le long d’une rive concave. Mais une rive concave naturelle, ou une digue longitudinale ordinaire, concentre à la fois dans une
- Fig. 3. — Vue d’ensemble du barrage.
- seule et même direction tout le débit du cours d’eau, le débit liquide et le débit solide : les sables, que le courant entraîne sur le fond, vont se déposer à l’aval sur le seuil qui se forme à l’inflexion et encombrent le chenal. Si, au contraire, l’ouvrage longitudinal oblique est constitué au moyen de vannes mobiles verticalement et suspendues au-dessus du fond, les sables roulant sur la fond pourront passer sous les vannes et iront se déposer à une distance plus ou moins grande derrière le barrage oblique, c’est-à-dire en dehors du chenal.
- Ce barrage est construit au moyen de pieux robustes, de 0m,30 de diamètre, de 8 mètres de longueur, distants les uns des autres de 2 mètres et enfoncés de manière que leur tête soit à 2m,25 au-dessus de l’étiage. Ces pieux sont
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- réunis en tête par deux cours de moises boulonnées sur les pieux. Un troisième cours de moises sert à soutenir la partie inférieure de glissières verticales. Ces
- moises inférieures, longues de 4m,50, s’appuient sur trois pieux. Ayant été mises en place par des eaux de plus de 2 mètres au-dessus de Pétiage, elles n’ont pu être fixées sur les fpieux au moyen de boulons comme les moises supé-
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- CORRECTION DES RIVIÈRES A FOND MOBILE TELLES QUE LA LOIRE. 403 ri en res : elles sont retenues sur les pieux par des colliers métalliques. Elles
- Fig. 3. — Manœuvre des vannes.
- ont pu etie ainsi descendues a 2 mètres au-dessous des moiscs supérieures, après que Ion eut-fixé sur chacune d’elles les 4 glissières en bois qu’elle était
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- destinée à soutenir. Les glissières, distantes de 1 mètre les unes des autres, ont été ensuite fixées sur les moises supérieures. Elles servent à guider des vannes en bois, larges de 0m,90, hautes de 4 mètres, portant des montants qui permettent de les manœuvrer facilement, à la main, sans engin de levage (fig. 5),
- Le barrage a une longueur totale de 450 mètres et se divise en deux parties : la première, longue de 250 mètres, constitue une rectification de la rive gauche ; la deuxième, longue de 200 mètres, a pour but la formation d’un
- K. 558
- J le aux Dames
- irrsge Système Audoucn
- ées |Service spécial de la Loire, 4* sec(!oa| iodiquent les profondeurs au-dessous de l'étiage, eoloat les grèves ; ces doraiers indiquent U hauteur
- Noia. — Les chiffres placés à côte des cour excepté ceux qui se trouvent dans les parties pc
- Fig. 6. — Plan de sondage levé trois mois après l’achèvement de l’ouvrage (du 14 au 16 août 1906).
- chenal de profondeur suffisante au travers du seuil, au point d’inflexion du courant.
- Les vannes de la première partie ont été mises en place le 29 mars 1906, alors que l’eau était à 2m,25 au-dessus de l’étiage ; celles de la deuxième l’ont été le 16 mai 1906 par des eaux de 1 mètre seulement.
- Le plan de sondage levé par l’Administration des Ponts et Chaussées trois mois après l’achèvement de l’ouvrage, du 14 au 16 août 1906, montre que le chenal s’était déjà creusé le long de la première partie du barrage sur une largeur d’au moins 60 mètres, avec une profondeur de 1™,50 à 2 mètres au-dessous de l’étiage (fig. 6). Le chenal s’écartait ensuite du barrage pour aller rejoindre la mouille située le long de l’île aux Dames et offrait une profondeur de plus d’un mètre au-dessous de l’étiage. Une très grande quantité de sable
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- était passée sous les vannes et était venue se déposer entre le barrage et la rive naturelle, sur une hauteur de plus d’un mètre.
- Des profils en travers dressés à la même époque par l’Administration des Ponts et Chaussées font bien ressortir ce double eff et du barrage oblique à vannes suspendues : creusement le long du barrage', dépôts derrière (fig. 5).
- Tels étaient les effets produits par le barrage trois mois après son achèvement. Pendant l’hiver 1906-1907, les vannes ont été laissées en place, après avoir été soulevées le plus possible : l’ouvrage a ainsi subi l’épreuve des hautes eaux et des glaces et n’a nullement souffert. Cette épreuve des hautes eaux a d’ailleurs été renouvelée depuis, d’une manière plus probante encore, lors des crues extraordinaires qui se sont récemment succédé dans la vallée de la Loire : rien, dans le barrage, n’a été endommagé.
- Un nouveau plan de sondage était levé par l’Administration des Ponts et Chaussées au mois de juin 1907 (fig. 8). Il constate que le chenal suit le barrage sur toute sa longueur, avec la plus grande régularité et avec une
- Profil Ml ''jflpj, S58 U\Q)
- Profils en travers de l’ouvrage
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- profondeur de lm,50 au moins au-dessous de l’étiage, et qu’il se prolonge à l’aval jusqu’à la mouille située près de la rive droite du bras unique entre les bornes 59 et 60.
- La mouille intermédiaire, qui existait précédemment le long de la partie inférieure de File aux Dames, a disparu, comme nous l’avions prévu : le barrage, prolongeant la courbure concave de la rive gauche, devait nécessairement retarder l’inflexion. Cette mouille, intermédiaire entre une mouille de rive gauche et une mouille de rive droite, n’étail qu’une mouille secondaire
- _ ... _—_ jQârrâÿe système. jQudoïun •
- Fig. 8. — Plan de sondage levé les 19 et 20 juin 1907.
- dont la disparition ne devait pas diminuer le nombre des inflexions du courant; il est à remarquer qu’elle s’est comblée d’elle-même, sans emploi d’épis, par le seul effet de la bonne direction donnée au courant.
- Les eaux se trouvent maintenant concentrées au milieu du lit, au travers du haut-fond qui l’obstruait autrefois et qui s’élevait en 1905 au-dessus de l’étiage, Mais ce creusement du seuil ne présente-t-il pas ici le même inconvénient qui s’était produit notamment sur la Garonne? N’a-t-il pas entraîné un abaissement du plan d’eau en amont? Nullement : car il n’y a pas ici, à proprement parler, de resserrement et le seuil n’a pas été complètement dérasé; il s’y est creusé seulement un sillon d’une largeur relativement restreinte, mais bien suffisante pour la navigation. La section d’écoulement n’a pas été sensiblement aug-
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- mentée : elle a seulement gagné en profondeur ce qu’elle a perdu en largeur.
- En somme, ce dispositif permet d’améliorer l’orientation et le profil en travers du seuil, ainsi que le demande la méthode Girardon, et ce résultat a été obtenu d’une manière économique, sans qu’on eût besoin d’avoir recours à aucun dragage. Ce barrage oblique à vannes suspendues a coûté environ 30000 francs. La section ainsi améliorée et offrant désormais un bon chenal a, dans son ensemble, une longueur de plus de 2 kilomètres, ainsi qu’on le voit par le dernier plan de sondage officiel. Sans doute la mouille supérieure était bonne par elle-même, grâce à la courbure favorable de la rive gauche, mais l’effet du barrage s’étend sur-près d’un kilomètre et établit d’une mouille à l’autre un bon passage que les mariniers trouvent commode à tous égards.
- Quant aux sables, ils ont continué à être écartés latéralement : la grève qui s’était formée derrière le barrage en 1906, s’est étendue à l’aval le long de la rive gauche; elle contribue à délimiter le chenal au-dessous du barrage et à lui donner une bonne direction.
- Un ancien ingénieur en chef du service de la Loire appelait spirituellement ce dispositif un piège à sables. Cette expression fait assez bien ressortir un des effets de ce barrage de décantation et cet effet est des plus importants pour la correction des rives qui, nous l’avons vu, intéresse à la fois la navigation et l’agriculture. En effet, le barrage oblique à vannes suspendues permet non seulement de régulariser et de fixer les rives en substituant à la rive naturelle irrégulière une rive artificielle régulière, comme le font les digues longitudinales, mais encore de colmater rapidement l’intervalle entre l’ancienne rive et la rive nouvelle. Et ainsi il a pour effet d’amener le fleuve à reconstituer lui-même en peu de temps d’importantes étendues de terrain qu’il avait précédemment détruites. Il peut ainsi assurer, non seulement la conservation, mais l’accroissement du sol cultivable.
- Il est un autre mode d’emploi des barrages obliques à vannes suspendues qu’il serait utile d’expérimenter, c’est celui qui s’applique au cas où le fleuve se partage en plusieurs bras. La méthode ordinaire consiste à choisir l’un d’eux pour en faire le bras navigable et à barrer les autres bras au moyen de digues basses, submersibles. Ces digues submersibles ont ce grave inconvénient que, si elles concentrent les eaux pendant la période des basses eaux dans le bras réservé à la navigation, par contre elles y concentrent les sables pendant toute l’année. En effet, le débit solide, nous l’avons vu, se trouve surtout dans les couches inférieures du courant, que les digues basses de fermeture écartent des faux bras. Il paraît préférable de fermer les faux bras au moyen de barrages à vannes suspendues, dirigeant les eaux de la surface vers le bras navigable et laissant passer sous les vannes les matériaux charriés par le fleuve. L’essai a démontré qu’un barrage oblique à vannes suspendues avait pour effet de dé-
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- doubler ainsi le courant et de concentrer dans le chenal la quantité utile du débit liquide sans y concentrer en même temps le débit solide. Dans un rapport approuvé par la Chambre de commerce d’Orléans dans sa séance du 9 novembre 1906, l’emploi de ce dispositif pour barrer un bras secondaire est indiqué comme un de ceux qui présenteraient le plus d’avantages.
- On pourrait, dans cet emploi, compléter l’effet du barrage oblique à vannes suspendues et écarter plus complètement du bras navigable les matériaux charriés par le fleuve en établissant, en tête de ce bras, un barrage de fond placé à une assez grande profondeur au-dessous de l’étiage pour laisser un tirant d’eau suffisant. Ce barrage de fond aurait une direction, non pas transversale, mais oblique, de manière à ne pas retarder sensiblement le mouvement des filets liquides du fond. Ces filets liquides seraient ainsi dirigés vers le bras secondaire et le sable qu’ils contiennent ne pourrait pas passer par-dessus cet obstacle mis au fond du lit à l’entrée du bras navigable.
- Un procédé analogue a déjà été employé avec succès jpour écarter d’un cours d’eau les matériaux charriés par le courant. M. de Lagréné, ingénieur des Ponts et Chaussées, dit à ce sujet, dans son Cours de navigation intérieure :
- « Il est nécessaire de se ménager de distance en distance des chambres latérales suffisamment larges et profondes, pour y déverser les matières, soit en y faisant passer le courant momentanément détourné de son lit ordinaire, soit en établissant sur ce dernier un barrage de fond, qui arrête les matières entraînées par le courant et les dirige vers les chambres latérales d’évacuation. »
- Grâce à un barrage de fond établi en tête du bras navigable, les faux bras joueraient le rôle de chambres latérales d’évacuation. On obtiendrait ainsi une décantation automatique, qui préviendrait l’ensablement du bras navigable.
- Il y aurait avantage, à ce qu’il semble, à employer le même dispositif jpour améliorer l’embouchure des fleuves débouchant dans les mers sans marée, c’est-à-dire des fleuves à deltas, tels que le Rhône, le Pô, le Danube, le Mississipi. J’ai eu l’honneur de faire une communication au Congrès international de navigation tenu à Milan en 1905, sur l’application que l’on en pourrait faire en particulier à l’embouchure du Mississipi, d’après l’étude qu’en avait faite mon frère et à laquelle M. le général Villien faisait allusion dans le passage de son discours que je citais tout à l’heure. L’idée parut très ingénieuse à des membres du Congrès des plus compétents, et entre autres à un ingénieur fusse éminent, M. de Timonoff, qui a fait une étude spéciale de l’amélioration des embouchures.
- Ce nouveau système de décantation parait de nature à rendre aussi des services sur les rivières canalisées au moyen de barrages mobiles de retenue, en permettant l’utilisation de la force hydraulique. Car il est une condition pour que cette utilisation soit possible, c’est que l’eau arrive aussi limpide que pos-
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- sible aux turbines, que le sable userait rapidement. Une combinaison de ce genre d’un barrage oblique à vannes suspendues avec un barrage mobile de retenue a été indiquée dans le susdit rapport d’un membre de la Chambre de commerce d’Orléans, comme devant permettre la création à Orléans d’un port en rivière, en eau profonde et calme (1). '
- Les applications que l’on pourrait faire du nouveau système d’amélioration des rivières à fond mobile, qui vient d’être mis à l’essai, sont donc multiples. Au récent Congrès national des Travaux publics français, le président de la section des voies navigables, après avoir entendu l’exposé des résultats obtenus et constatés par les plans de sondage officiels, déclarait que ce système paraissait devoir rendre des services, non seulement sur la Loire, mais sur bien
- (1) Rapport de M. R. Chenesseau à la Chambre de commerce d’Orléans, séance du 9 novembre 1906 :
- « Lorsque les bateaux viendront à Orléans, les quais du canal à construire, augmentés par-l'emploi intermittent de nos quais actuels, suffiront pendant un temps plus ou moins long. Mais il est certain que, grâce au développement des échanges amenés par le canal, un jour viendra où ces installations provisoires seront insuffisantes. Il faudra alors envisager une meilleure et plus constante utilisation de la surface considérable de nos quais.
- « Et, ce jour-là, il faudra revenir au barrage en Loire, préconisé autrefois par la Chambre de commerce, et qui a été rejeté pour des raisons qu’il est inutile de vous rappeler.
- « Seulement, les objections provenant du coût considérable d’un barrage dans toute la largeur du fleuve, ainsi que son ensablement possible, seraient de nouveau mises en avant. On pourrait y répondre en demandant l’utilisation du dhuis avec amélioration par le barrage Audouin.
- « Le système d’une digue longitudinale, diminuant la section navigable du fleuve avec des épis obliques de la digue à la rive gauche pour ramener l’eau sur la rive droite, n’a rien donné comme facilité à la navigation, parce qu’il n’assurait pas une profondeur régulière et suffisante, surtout parce que les épis avec Veau amènent également le sable. La démonstration de cet effet déplorable a été faite cette année d’une manière particulièrement probante. La partie du fleuve entre le dhuis et la rive droite a été tellement obstruée par le sable que les bateaux-lavoirs se sont trouvés à sec et que les bains publics ont dû se créer un bassin artificiel à 30 mètres du rivage.
- « Si nous conservions la digue longitudinale, en supprimant les endroits où elle est interrompue; si, à son extrémité ouest, c’est-à-dire vers la Madeleine, nous établissions un barrage éclusé de la digue à la rive droite, d’une hauteur telle que nous puissions avoir partout, de la Madeleine à l’écluse de la chute du canal, une profondeur minima de 2 mètres; si nous supprimions l’épi transversal de Saint Charles et si nous remplacions celui de l’île Charlemagne par un barrage à vannes montantes, nous obtiendrions certainement l’effet suivant : la majeure partie de l’eau passerait sous le barrage et entraînerait tout le sable dans la section du fleuve comprise entre le dhuis et la rive gauche, tout en fournissant au chenal navigable de la rive droite la quantité restreinte d’eau nécessaire pour maintenir le niveau et compenser les fuites.
- « En résumé, de notre visite au barrage Audouin, j’ai rapporté la conviction qu’il nous sera possible, quand nous voudrons, d’organiser à Orléans un port en rivière, en eau profonde et calme, en renvoyant sur la rive gauche le violent courant actuel et les sables qu’il charrie. »
- « Ce rapport est approuvé à l’unanimité. »
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- d’autres rivières. A l’étranger aussi, ce système a été favorablement apprécié par des ingénieurs des plus compétents, notamment par des ingénieurs américains et belges. Un ingénieur américain, chargé de prendre des renseignements sur ce nouveau procédé, a été très frappé des résultats de l’essai et a été d’avis cfu’il y aurait avantage à l’employer sur certaines rivières des Etats-Unis.
- En Belgique, les plus hautes personnalités de l’Administration des Ponts et Chaussées et le ministre des Travaux publics lui-même ont manifesté le plus vif intérêt pour cette invention dont ils ont paru disposes à tirer parti pour l’amélioration de certaines rivières, et notamment de l’Escaut, aux environs d’Anvers, et de son affluent le Rupel. Un emploi du système en question sur ces rivières offrirait un intérêt particulier, parce quelles sont sujettes à de fortes marées. M. Fargue, consulté sur ce nouveau genre d’emploi, a admis que le système pouvait, moyennant certaines adaptations, s’appliquer aussi sur les parties maritimes des rivières.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules (Jarçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES I
- Généralités. — La nécessité de la bibliographie scientifique et industrielle prouvée par un fait récent. — Quel doit être le développement de la chimie organique? — La photochimie. — xVouvelIes déterminations de quelques températures de fusion, etc. — Four électrique à haute pression. Métalloïdes. — Fabrication de l’hydrogène pur. — Sur la purification de l’hydrogène. — Le protoxyde de silicium. — Sur le carborundum.
- Métaux et alliages. — Le coupage du sodium. — Travaux sur des alliages. —Métillures. — La corrosion de l’acier.
- Combustibles. — Sur la carbonisation du bois. — Sur la composition des charbons. — Le gaz à l*eau. Alcools. — Dosage de l’alcool dans les vins. — Influence de la lumière et du cuivre sur la fermentation.
- Corps gras. — Saponification par l’alcool de l’huile de lin. — Sur les savons. — Théorie de la saponification.
- Explosifs. — Recherches sur les nitrocelluloses.
- Industries textiles. — Inflammabilité des laines artificielles. — Nouvelles réactions des cotons mercerisés. — Nouvelle méthode d’examen des fibres.
- Couleurs et matières colorantes. — Action de l’ozone sur les pigments. — Action des matières colorantes d’aniline sur la diastase. — Sur les encres et leurs essais. — Bleu de platine.
- Industries tinctoriales. — Sur la théorie de la teinture. — Sur le nettoyage à sec. — Sur la cuve d'indigo électrolytique.
- Sur la nécessité de la bibliographie scientifique et industrielle prouvée par un fait récent, voir la dernière des présentes Notes de chimie.
- QUEL DOIT ÊTRE LE DÉVELOPPEMENT DE LA CHIMIE ORGANIQUE
- La chimie dite organique doit, suivant M. G. Ciamician, professeur à l’université de Bologne, se développer dans une direction toute différente de celle qui a été.suivie jusqu’ici (Rivista di Scienza, 1907, d’après la traduction de M. G. Malfitano, in Revue scientifique, 1908, p. 193). La chimie inorganique, grâce à des conceptions nouvelles, entre autres la théorie des ions d’Arrhenius, la règle des phases de Gibbs, le principe de l’équilibre mobile de Van’t Hoff et Le Ghatelier, est assise sur des bases plus larges ; et nos connaissances sur le mécanisme des réactions ont été considérablement accrues. Mais dans le domaine de la chimie organique, dans cet édifice construit tout entier avec une surprenante activité sur la conception géniale de Ivékulé attribuant à l’atome de carbone quatre valences et la propriété de former des chaînes ouvertes ou fermées, susceptibles de se rattacher; puis sur le développement de la conception de Paterno, Le Bel et Van’t Hoff, attribuant à chaque chaînon la forme tétraédrique dans
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- 412 NOTES DE CHIMIE. ----- MARS 1908.
- l’espace, les efforts des savants se sont dirigés plutôt vers la recherche de la structure moléculaire.
- Selon Ciamician, un trop grand nombre de chimistes consacrent malheureusement tous leurs efforts à la synthèse ; car il ne lui paraît pas désirable qu’aux 100000 corps déjà connus, viennent s’ajouter d’autres myriades de corps nouveaux.
- Le but que doivent se proposer les chimistes, c’est de rechercher à expliquer les propriétés des corps connus. Sans doute les formules de structure renseignent sur les fonctions chimiques. Mais une formule ne donne, en somme, que ce qu’on y a mis. Telle, la formule hexagonale de Kékulé explique systématiquement, et d’une façon prestigieuse, les résultats expérimentaux du domaine de l’isomérie ; mais elle est absolument insuffisante pour expliquer les propriétés de la matière. Le pyrrol a la fonction des phénols; jamais sa formule ne l’eût laissé soupçonner.
- La chimie organique doit entrer résolument dans les voies nouvellement ouvertes par la chimie physique, pour arriver à la représentation des propriétés des corps en fonction de leur composition et de leur énergie; en second lieu, elle doit approfondir les phénomènes d’ordre chimique qui se passent dans le monde organisé, et qui s’y obtiennent par des moyens naturels extrêmement autres que ceux utilisés dans les laboratoires. L’étude du rôle de la chlorophylle, de l’hémoglobine, l’étude des actions chimiques dues à la lumière, sont à leur début. Ce n’est pas en employant les moyens brutaux de la synthèse artificielle, mais plutôt l’action de diastases appropriées que l’on arrivera à comprendre les faits essentiels de la vie végétative.
- LA PHOTOCHIMIE
- M. Hans Stobbe expose dans la Zeitschrift für angewandte Chemie, n° du 28 février 1908, p. 388, l’historique et l’état actuel des études sur les actions chimiques produites par la lumière. Elles sont particulièrement importantes pour éclairer le processus des assimilations végétales. Quel est le premier produit de l’assimilation végétale? La photosynthèse du sucre et celle de l’amidon sont-elles sous la dépendance de l’action vitale? L’action de la lumière est-elle nécessaire entièrement ou partiellement à l’assimilation végétale? Celle-ci n’a-t-elle lieu que dans les parties vertes du végétal ? Après avoir exposé l’état de ces diverses questions, M. Stobbe classe les actions chimiques de la lufnière : oxydations, réductions, polymérisations, isomérisations, synthèses, décompositions, en actions réversibles et non réversibles.
- QUELQUES NOUVELLES DÉTERMINATIONS DE TEMPÉRATURES
- MM.C. W. Waidner et G.K. Burgess (Bulletin of the Bureau ofStandards, 1904, p. 109) ont déterminé la température absolue de l’arc électrique par des méthodes pyrométriques. Voici quelques chiffres trouvés par d’autres auteurs :
- Le Chatelier, 4 370°, par la méthode photométrique : Intensité de la lumière rouge.
- Violle, 3870°, au calorimètre : Chaleur spécifique du charbon.
- Wilson et Gray, 3 600°, d’après la radiation totale de l’oxyde de Gu.
- Wanner, 3 700°, 3 900°, au photomètre (loi de Wien).
- Very, entre 3 600° et 4000°, par la longueur d’onde d’énergie Max. ^mT = G.
- Lummer et Pringsheim, 3 750° à 4 200°, par la même méthode.
- Féry, 3 760°, par la radiation totale (loi de Stefan Boltzmann). «
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- QUELQUES NOUVELLES DÉTERMINATIONS DE TEMPÉRATURES. 413
- Fery, 4 150°, au photométrique (loi de Wien).
- Waidner et Burgess, 3 690°, 3 680°, 3 720°, pyromètres Holborn-Kurlbaum, Wanner, Le Chatelier (loi de Wien).
- M. G. K. Burgess (Bulletin of the Bureau of Standards, 1907, p. 345) a déterminé le point de fusion des éléments du groupe*du fer, par la méthode pyrométrique, dans une atmosphère d’hydrogène.
- Le fer a donné 1505°, avec une pureté du métal 99,95. Le chrome, a donné 1 489°, arec une pureté du métal 98,99. Le cobalt, 1 464°, avec une pureté du métal 99,95. Le nickel, 1 435°, avec une pureté du métal 99,95. Le manganèse a donné 1 207°, avec une pureté du métal 98,99. L’erreur, pour le nickel et le cobalt, n’atteindrait pas 5° et serait moindre de 10° pour les autres.
- A la réunion d’automne de 1907 de la Société électrochimique américaine à New-York, M. Olivier Watts a présenté un tableau des points d’ébulütion des métaux; ce tableau a été établi d’après les recherches de Moissan sur la distillation des corps simples (Annales de chimie et de physique, t. VIII, 1906) et d’après celles de MM. Kraft et Bergfeld (Berichte, 1905).
- Le tableau suivant semble donner l’ordre des volatilités à la pression ordinaire observées au four électrique :
- Zinc, 930°; magnésium, 1 025°; plomb, 1 250°; argent, 1 850°; cuivre, 2100°; étain, 2170°; manganèse, 2 200°; nickel, 2 450°; chrome, 2 500°; fer, 2 600°; platine, 2 650°; titane, 2 700°; rhodium, 2 750°; ruthénium, 2 780°; or, 2800°; palladium, 2 820°; iridium, 2 850°; osmium, 2 950°; uranium, 3100°: molybdène, 3 350°; tungstène, 3 700°.
- MM. C. W. Waidner et G. K. Burgess (Bulletin of the Bureau of Standards, 1907, p. 163) estiment à 1 753° le point de fusion du platine ; et à 1 546° celui du palladium, valeurs les plus probables d’après la formule de YVien. Ces valeurs ont été obtenues par trois méthodes : 1° la méthode du corps noir, avec four électrique à iridium et pyromètre optique ; 2° la méthode de radiation en surface ; 3° la méthode thermoélectrique, basée sur l’extrapolation de diverses formules. Dix couples ont été employés, de formules : Pt, 90 Pt — 10 Bh ; Pt, 90 Pt —10 Ir ; 90 Pt — 10 Rh; 80 Pt — 20 Rh ; Ir, 90 Ir — 10 Ru.
- D’après les mêmes auteurs, la température de fusion du tungstène serait 3 200°. Les températures de fonctionnement des lampes à incandescence seraient : Lampe au carbone (3,5 watts bougies) 1 800°-l 850°; lampe au tantale, 2 000°; lampe au tungstène 2 300°.
- Le point de fusion du vanadium serait de 2 000°, d’après Smith (Bulletin of the Institute of Mining Engineers, 1907).
- MM. Waidner et Burgess (Mémoires de la Société française de physique, 1907) donnent pour le point de fusion du tantale 2 910° et pour celui du tungstène 3 080°. L’échelle des températures repérée étant 419° pour celui du zinc, 630°,5 pour celui de l’antimoine, 1 084° pour celui du cuivre ; on recourt à l’extrapolation au-dessus de 1 200°, loi de Wien.
- D’après M. Stein (Z. fur anorganische Chemie, 1907), l’acide silicique subit la fusion pâteuse à 1 600°, et la fusion liquide à 1 750° avec vaporisation nette. Fondent : MgSiO3 à 1 565°, Cu Si O3 à 1 512^, FeSiO8 à 1 500°-1550°, Zn Si O3 à 1 479°, Sn Si O3 à 1287°, Ba Si O3 à 1 368°.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- FOUR ÉLECTRIQUE A HAUTES PRESSIONS
- MM. R. S. Huit on et J. E. Pelavel donnent dans les Philosopliical Transactions of the Royal Society of London (Sériés A, A’ol. 207, p. 421-462), l’étude des réactions produites dans le four électrique à haute pression. Le four décrit et employé par ces auteurs peut supporter la pression de 200 atmosphères ; les formations du carbure de calcium, delà silice fondue, du carborundum, de l’alumine réduite par le charbon, y ont été étudiées.
- Dans le cas de la production du carbure de calcium, la combustion des électrodes de charbon est très faible au four fermé. — A la pression ordinaire, il est très difficile de maintenir à l’état liquide une quantité un peu considérable de silice. Le four à haute pression facilite cette opération en diminuant la volatilisation de la silice.
- FARRICATION DE L’HYDROGÈNE PUR
- A la dernière Assemblée générale, tenue à Dresde, des « Deutscher Naturforcher und Aerzte » le docteur A. Frank, de Charlottenburg, a présenté une nouvelle fabrication de l’hydrogène à partir du gaz à l’eau (d’après Electrochemical industry).
- L’hydrogène, en effet, en dehors de son emploi au gonflement des aérostats, sert de plus en plus pour la soudure des métaux. La flamme du chalumeau oxygène -hydrogène permet, en effet, la soudure autogène du fer. Cette méthode est surtout employée pour la soudure des tôles jusqu’à 15 millimètres d'épaisseur et des petites pièces de machines.
- Pour que l'opération du soudage se fasse avec succès, il faut que la flamme contienne un excès d’hydrogène, de manière à éviter la formation d’oxyde à la surface du métal. Le professeur Franck préfère l’hydrogène à l’acétylène ; bien que ce dernier donne une température incontestablement supérieure, il est susceptible de modifier le métal au voisinage de la soudure, lorsqu’il est en excès dans la flamme.
- Le gaz à l’eau, comme on le sait, contient environ volumes égaux d’hydrogène et d’oxyde de carbone avec quelques impuretés. Le procédé. Franck et Caro consiste à envoyer le gaz à l’eau dans un four contenant du carbure de calcium, de manière à transformer l’oxyde de carbone en graphite ; les auteurs espèrent même arriver au diamant de cette façon. Le gaz qui s’échappe est de l’hydrogène pur, car le carbure réagit non seulement sur l’oxyde de carbone, l’anhydride carbonique et l’oxygène, mais encore sur l’azote avec lequel il donne la cyanamide calcique. Ce procédé est malheureusement peu pratique par suite de la cherté du carbure.
- Fritschi et Beaufils avaient déjà songé à utiliser le gaz à l’eau pour préparer l’hydrogène ; ils envoyaient ce gaz dans une tour d’absorption remplie d’une solution de chlorure de cuivre ; ils ont obtenu du gaz titrant 89 p. 100 d’hydrogène, ne convenant ni pour le gonflement des ballons, ni pour la soudure.
- Frank et Jacobi ont récemment modifié le procédé ; en éliminant l’acide carbonique par un lait de chaux, ils ont obtenu du gaz titrant 89 pour 100 d’hydrogène. Les 11 pour 100 de CO, Az et O, peuvent être alors retenus dans une cornue chargée de carbure de calcium. De cette manière, ils ont obtenu un gaz contenant 99 à 99,6 d’hydrogène avec des traces de méthane et d’azote.
- CJne méthode encore plus simple consiste à liquéfier le gaz à l’eau dans l’appareil
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- LE CARBORUNDUM.
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- bien connu de Linde. L’oxyde de carbone liquéfié a sensiblement le même point d’ébullition que l’azote, savoir — 190°, tandis que le point d’ébullition de l’hydrogène liquide est à — 253°, de sorte que la séparation est, dans ce cas, aussi facile que celle de l’oxygène et de l’azote. L’énergie nécessaire pour la liquéfaction est, d’après le calcul, assez faible pour que l’oxyde de carbone séparé, brûlé dans un moteur à gaz, puisse la produire.
- Les professeurs Franck et Linde construisent un appareil complet, avec son gazogène propre pouvant fournir 10 mètres cubes de gaz à l’eau par heure. Un seul.de ces appareils serait suffisant pour le gonflement des ballons militaires. En dehors du gazogène, les autres appareils sont peu encombrants et ne nécessitent que peu d’attention.
- SUR LA ‘PURIFICATION DE l'üYDROGÈNE
- Les applications du gaz hydrogène, tant dans les laboratoires que dans la technique, ont donné lieu à plusieurs accidents, dont quelques-uns mortels. Ils sont dus à ce que le gaz renferme de l’hydrogène arsénié, si les matières premières qui servaient à sa préparation contenaient de l’arsenic. MM. Rcckleben et G. Lockemann (Z. für ange-wandte Chemie, 1908, p. 433) développent sa purification, au moyen d’agents absorbants : hypochlorite, brome, iode, acide nitrique, bichromate, permanganate, chlorure de mercure, nitrate d’argent, oxyde de cuivre.
- SUR LE PROTOXYDE DE SILICIUM
- Le protoxyde de silicium SiO se prépare en chauffant ensemble de la silice et du silicium, au four électrique,#. N. Potier (American Electrochemical Society, 1907), La réaction commence vers 1 750°-1 800°. Potter se sert d’un four à arc.
- • Ce composé ne fond pas même à 1 750°; à température plus élevée, il se sublime. Sa densité est 2,20. Il se présente sous forme d’une poudre brune ; très mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité., C’est un corps absolument neutre ; il se transforme en silice si on le porte à l’air à haute température.
- Le produit industriel porte le nom de monox. Il a déjà reçu plusieurs applications, comme matière réfractaire, comme anti-retrait dans les argiles destinées aux industries céramiques, comme matière de polissage et comme substance lubrifiante. C’est une substance d’une très grande finesse, d’un grand pouvoir couvrant et épaississant, d’où son emploi soit en peinture sur bois, pierre et fer, soit dans la fabrication des encres d’imprimerie. Une autre application résulte de la propriété qu’a le monox de s’électriser aisément et de conserver la charge; une couche mince de monox ainsi chargé d’électricité négative répandue sur un tissu de coton, reste poreuse pour les gaz, tout en retenant les substances les plus ténues.
- LE CARBORUNDUM
- Sur le carborundum M. J. Escard (La lumière électrique, 7 mars 1908, p. 302) donne une bonne étude d’ensemble. La fabrication par Acheson est exposée avec détails. On en fabrique annuellement près de 3 000 tonnes. On en fait des meules et des molettes ; on s’en sert comme produit réfractaire, ou en sidérurgie pour éliminer les
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- NOTES DE CHIMIE.
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- oxydes. Le carborundum, qui est du siliciure de carbone, a été découvert au cours de recherches entreprises par Acheson, pour reproduire le diamant, dans l’usine d’éclairage électrique de Monogahela en Pensylvanie. Le siloxicon, produit complexe de Si O + C, a été découvert,par hasard dans un four à carborundum insuffisamment chauffé; c’est un corps très réfractaire et très plastique.
- LE COUPAGE DU SODIUM
- Lorsque l’on coupe du sodium avec le couteau de Gattermann, il arrive fréquemment que le métal s’échauffe peu à peu sous l’influence de la friction du couteau et aussi de la chaleur de la main. M. D. P. Mc Donald (Chemical News, 1908, p. 63) conseille, pour remédier à cet inconvénient, de plonger de temps en temps le morceau de sodium dans de l’éther anhydre.
- TRAVAUX SUR DES ALLIAGES
- Les procès-verbaux des séances de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux de l’année 1906-1907 renferment plusieurs communications de M. Emile Vigouroux, professeur à la Faculté des sciences, sur un nouveau mode de préparation de siliciures de nickel et du siliciure de chrome; la réduction des oxydes de chrome; de nouveaux essais de préparation du cuivre pur; les bronzes à base de nickel ; l’action du silicium en excès sur le cuivre en présence d’un autre élément; la siliciuration de l’argent et du cuivre ; les effets du siliciure cuivreux sur les métaux; et trois études de M. F. Ducelliez sur les alliages de cobalt et d’étain.
- MÉTILLURES
- La construction des appareils pour la préparation, la purification ou la concentration des acides, met en œuvre des matières diverses, tels le verre et la porcelaine, le grès et la lave de Yolvic, le platine, le plomb, la fonte, la silice, mais tous ces matériaux ont des inconvénients et depuis longtemps ces industries désiraient un alliage inattaquable. M. Ad. Jouve (Soc. des Ingén. Civils, 1907 p. 641) s’occupe de cette question depuis 1900, et serait arrivé enfin à solutionner ce problème difficile. Cet auteur a eu pour idée directrice la difficulté d’attaque des ferrosiliciums, bien connue dans les laboratoires. Le but à atteindre était d’obtenir un métal industriel, inattaquable par tous les acides et auquel on pût donner toutes formes désirables par coulée, car malheureusement il ne faut pas songer à l’étirer au laminoir, non cacsant, suffisamment résistant et d’un prix abordable.
- Les alliages employés sont des siliciures métalliques, de préférence des siliciures de fer, à teneur élevée en silicium et à l’état de siliciures complexes, le siliciure de fer restant le facteur principal du mélange.
- Ces. ferro-alliages sont préparés aufour électrique, avant leur sortie du four ou pendant leur deuxième fusion ; s’il s’agit d’alliages achetés dans le commerce, il est procédé à une purification absolue, de façon à éüminer les impuretés; cette élimination se fait par line addition convenable pour la formation de produits volatils qui se dégagent.
- Enfin dans la poche de coulée, on (ajoute diverses matières secondaires, variables
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- LA CORROSION DE L ACIER.
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- suivant l’application. Ces métaux sont fondus préalablement dans un creuset chauffé à blanc. Le mélange s’effectue avec un très grand dégagement de chaleur; il ne reste plus qu’à couler le liquide fondu qui se moule parfaitement.
- Ces siliciures à haute teneur en silicium ont été appelés mélillures par leur inventeur. Ils se présentent sous forme d’une fonte blanche très dure, certains alliages même rayent le verre facilement.
- Leur point de fusion est compris entre 1 300° et 1 500°.
- Leur fragilité est un peu plus grande que celle de la fonte et, chose curieuse, elle diminue avec le temps.
- Les métillures se burinent, se tournent et se percent assez facilement, à condition d’employer des aciers spéciaux au tungstène et au tantale.
- Les efforts ont jusqu’à ce jour porté sur les appareils à concentration d’acide sulfurique. et pour la condensation des vapeurs nitriques.
- LA CORROSION DE l’aCIER
- On trouvera dans les Notes de chimie (Bulletin de 1906, p. 532, 671 ; de 1907, p. 299; de 1908, p. 259) des documents nombreux sur cette question de la résistance que l’acier présente aux intempéries, question dont l’importance pratique est si grande.
- La corrosion, dit M. A. S. Cushman (J. of the Franklin Institute, février 1908, p. 111), dépend de ses caractéristiques; or l’on sait combien celles-ci sont variables et combien elles sont modifiées par la présence de très petites proportions d’autres corps. Leur étude est de la première utilité pour l’ingénieur comme pour l’architecte.
- Quelles sont les causes qui peuvent produire cette corrosion, et quels sont les moyens d’élimination ? Quels sont les moyens qui peuvent protéger contre la corrosion même les fers et aciers inférieurs?
- M. Cushman se borne à la première question. La cause initiale de la rouille, dit-il, est l’hydrogène-ion ; et tous les acides, par cela même qu’ils se dissocient en solution avec production d’hydrogène-ions, aident la corrosion du fer; par contre, les alcalis, qui se dissocient en solution avec formation d’hydroxyle-ions, la gênent. L’acide sulfureux et l’acide carbonique, qui se produisent dans les fumées du charbon, détruisent rapidement l’acier, tandis que les ciments, les mortiers, les bétons le protègent, tant qu’ils conservent un caractère alcalin et que l’eau en pénétrant dans l’intérieur n’a pas enlevé la chaux. Dans la production de la rouille, l’oxygène a une action secondaire mais non moins importante que celle de l’hydrogène, parce que, lors de la précipitation de la rouille, les fer-ions sont détruits,sont éliminés delà solution, et la pression osmotique s’abaisse. Ainsi la corrosion du fer lors de la formation de rouille est causée, d’abord par une solution du métal par voie d’échange avec l’hydrogène, et ensuite par l’action de l’oxygène sur la partie dissoute, ces deux actions s’accompagnant d’un transfert et d’une neutralisation des charges électriques sur les atomes réagissants en ions.
- Mais la solution du fer, au fur que la rouille progresse, ne se produit pas uniformément; elle s’active à certains points; elle se ralentit à d’autres; il y a toujours piquage; et ce fait ne peut s’expliquer que par une électrolyse localisée.
- Le fait qu’il y a formation de couples électriques localisés, soit amas de fer-ions à un pôle du circuit et d’hydroxyle-ions à l’autre, se démontre si l’on plonge un barreau d’acier dans un mélange épaissi de phénolphtaléine et de ferricyanure alcalin ; il se produit dans le liquide des centres rouges et bleus.
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- Un des récents bulletins du département de l’Agriculture des États-Unis a relevé les preuves de l’existence de l’électrolyse localisée. Aux points positifs, le métal est mangé au centre, car l’hydroxyde ferrique colloïdal émigre aux points négatifs, qui se gonflent. C’est ce que prouvent les cratères et les cônes décelés par les photomicrogra-phies.
- Il s’ensuit, pour la .pratique, que plus le métal sera fabriqué homogène, moins il sera exposé à la rouille. S’il existe des impuretés métalliques à l’état de solution, manganèse, etc., la corrosion s’accentue. Les vieux fers se rouillaient bien moins qu’actuellement, parce qu’ils étaient plus homogènes.
- En outre, les aciers actuels varient à l’infini. Mais un métal à 0,04 de manganèse peut être moins résistant à la corrosion qu’un métal à 0,50 s’il a été forgé avec moins de soins, le manganèse s’il n’est pas intimement relié et uniformément réparti faisant varier la résistance électrique et la force électromotrice.
- Un moyen d’empêcher la corrosion du fer, c’est de produire la passivité de la surface; par exemple avec les bichromates; et ce semble un paradoxe que d’employer pour empêcher une oxydation des agents éminemment oxydants.
- SUR LA CARBONISATION DU BOIS
- D’après 31. R. Duchemin, secrétaire général des Usines de carbonisation de bois de France (Génie Civil, 1908, p. 290).
- On carbonise en France 000 000 stères qui produisent 3 millions de litres de méthylène, 10 millions de kilos d’acide acétique, 50 de charbon de bois et 16 de goudron. L’hectare de bois-taillis produit 3 stères de bois de chauffage à coupes de révolution de 18 ou 25 années. L’Allemagne carbonise 300 000 stères. Cette industrie a une importance non négligeable pour la prospérité de la propriété forestière, ainsi que M. Duchemin l’expose avec éloquence. Fondée en 1798 par Philippe Lebon, elle prit son essor avec les frères Mollerat, 1823, et leur procédé de préparation de l’acide acétique pur à partir de l’acétate de soude.
- La carbonisation du bois en vase clos donne, par 100 kilos de bois, 50 kilos d’acide pyroligneux brut, 25 kilos de gaz incondensables et 25 kilos de charbon. Les 50 kilos d’acide pyrob'gneux brut renferment 30 kilos d’eau, et un mélange à peu près fixe d’acide pyroligneux ou acide acétique brut : 8 à 10 kilos, de méthylène brut avec acétone : 2 kilos, et de goudron : 8 kilos, qui sont extraits par distillation fractionnée-
- Le goudron est un mélange de brai et d’huiles lourdes et légères. On le brûle sous les cornues, ou bien on le distilie pour séparer les huiles légères qui servent à la préparation de la créosote et de ses composés : carbonate, phosphate (ou phosote), tanno-phosphate (ou taphosote), créosoforme, tannocréosoforme ; et les huiles légères qui servent à préparer le gaïacol liquide et le gaïacol cristallisé et les composés de celui-ci, carbonate, phosphate, gaïaforme, tannogaïaforme.
- L’acide proligneux distillé ou acide acétique brut sert à la fabrication des pyro-lignites ou acétates bruts de plomb, de fer, etc. ; ceux de calcium et de sodium, décomposés par un acide minéral, fournissent l’acide acétique, qu’on préparerait avec difficulté plus grande par distillation appropriée. L’acide acétique pour industrie provient du pyrolignite de chaux; et l’acide acétique bon goût pour conserves et l’acétate de soude. Le pyrolignite de chaux, outre l’acide acétique industriel, fournit l’acétone, utilisé dans la préparation du chloroforme, de l’iodoforme et des diverses nitrocel-
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- SUR LA COMPOSITION DES CHARBONS.
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- ‘luloses. L’acide acétique sert à son tour à préparer les acétates de soude, de plomb, d’alumine. Les pyrolignites et acétates de soude conduisent à l’acétate de cuivre ou verdet.
- Les flegmes méthyliques bruts renferment de l’alcool méthylique, de l’acétone, des •cétones supérieures, de l’aldéhyde, des éthers : acétate et formiate de méthyle, de l’alcool allylique, du furfurol.
- L’alcool méthylique pur s’est obtenu longtemps par distillation sur du chlorure de calcium, ou en éliminant par le chlore les produits cétoniques, dont les dérivés chlorés sont à point d’ébullition élevé. Actuellement-on l’obtient par rectification, et les fractionnements de cœur le donnent à 0,2 p. 100 d’acétone. Celle-ci s’accumule dans les têtes de distillation. Le méthylène pur trouve ses deux principaux usages : 1° dans la fabrication des matières colorantes méthylées ; cette fabrication a eu son origine en France, mais elle a émigré à l’étranger et elle n’emploie plus que 500 à 600 hectolitres d’alcool méthylique ; et 2° dans la fabrication de la formaldéhyde, qui est très réduite. L’alcool méthylique pur n’a pas de débouché à l’étranger, parce que les carbonisateurs américains exportent en Europe à des prix défiant toute concurrence; en 1907: 5 millions de litres de méthylène et 36 millions de kilos d’acétate de chaux.
- Le méthylène acétoné n’a d’application que pour la dénaturation de l’alcool, le dénaturant général est un mélange dè 10 litres de méthylène à 25 p. 100 d’acétone et O1,50 de benzine, qui doivent être ajoutés par hectolitre d’alcool pour l’exempter des 220 francs de droit. En 1907, 4 millions de litres de méthylène ont assuré une consommation de 400 000 hectolitres d’alcool dénaturé.
- Si cet emploi cessait, les usines de carbonisation fermeraient, dit M. Duchemin, et les industries qui emploient l’acide acétique, les acétates, l’acétone, c’est-à-dire celles des teintures et impressions, des cuirs et peaux, de celluloïdes, de poudres sans fumée, etc., deviendraient tributaires de l’étranger.
- SUR LA COMPOSITION DES CHARBONS
- On doit au professeur P. Phillips Bedson d’avoir attiré l’attention il y a une huitaine d’années, à là réunion du North of England Institute of Mining Engineers, sur le pouvoir dissolvant remarquable que la pyridine présente pour le charbon. Son étude a été faite ensuite par MM. J. Baker, C. Anderson, H. Blair. M. P. Bedson a fait de nouvelles recherches qu'il exposa à la réunion du 19 janvier delà Newcastle section delà Society of Chemical Industry (Journal, 1908, p. 141). Il remarque que l’identité dans la composition chimique des charbons va souvent de pair avec une extrême différenciation de leurs propriétés physiques et de leurs réactions chimiques. Ayons à l’esprit le fait cité par Muck, que le charbon obtenu par la calcination, dans un creuset formé de platine, de la cellulose, de l’amidon et de la gomme, diffère, et en aspect, et en propriétés physiques, et même en rendement, la cellulose donnant 6,71, l’amidon 11,30, la gomme 20,42 p. 100 de charbon.
- L’emploi de la pyridine peut donner de précieuses indications sur les premiers constituants des charbons. Déjà en 1894, un rapport de la British Association donnait les résultats de l’action des dissolvants : éther, alcool, benzine, éther de pétrole, aniline .sur un charbon bitumineux. Furent essayés aussi le permanganate, et en 1896 le chlorate'; le chlore aussi par Cross et Bevan; les derniers ont montré que la substance du -charbon peut être modifiée par l’action de l’acide chlorhydrique étendu et d’un chlorate
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- alcalin, au point de devenir entièrement soluble dans les alcalis. Smythe essaya de son‘ côté la benzine, le chloroforme, l’alcool, l’éther éthylique, l’éther de pétrole, l’acétone : la benzine a extrait 3 p. 100, le chloroforme 1,8, l’alcool 2,4.. L’extrait au chloroforme a donné à l’analyse la composition C13H24 0 2, celui à l’éther la composition C14H1802. Les produits de l’oxydation du charbon ainsi extrait par des dissolvants, sont aussi complexes que ceux obtenus avant toute extraction.
- M. H. Blair poursuit ses études avec la pyridine, et elles donnent à espérer que quelque lumière sera projetée sur cette question si utile pour les praticiens, de la connaissance des constituants des charbons.
- LE GAZ A L’EAU
- Deux communications fort intéressantes, parM. J. Thibeau, ingénieur à LaLouvière, et par AI. A.-B. Chantraine, ingénieur à Marcineile, à l’Association des Ingénieurs sortis de.l’École de Liège, reproduites parla Revue universelle des Mines et de la Métallurgie (numéro de janvier 1908).
- On sait que le gaz à l’eau est très employé, pour l’éclairage, aux États-Unis et en Allemagne. En métallurgie, il ne sert que pour des cas spéciaux, comme le soudage des pièces. M. J. Thibeau propose de généraliser son emploi. Par exemple, pour le chauffage au gaz pauvre, où le rendement effectif n’atteint au four Martin-Siemens que 13 p. 100. Le gaz à l’eau d’allure chaude, à la température de combustion de 2 030°, a un pouvoir caloritîque de 2 830 calories (eau, vapeur) par mètre cube.
- M. J. Thibeau étudie les divers systèmes de gazogènes pour gaz à l’eau, ceux à marche continue en gaz à l’eau (gazogène Guénot très employé en France pour le soudage), et ceux à marche intermittente (appareil dit allemand de Dortmund et appareil Dellwick-Fleiseher).
- M. Chantraine insiste sur les avantages considérables que l’industrie recueillera quand on parviendra à remplacer le gaz d’air ou le gaz mixte des gazogènes Wilson par le gaz d’eau, et il préconise le récupérateur continu Gobbe.
- DOSAGE DE L’ALCOOL DANS LES VINS
- MM. Paul Duloit et Marcel Duboux (Archives des Sciences physiques, 1908, p. 62) basent leur nouvelle méthode sur la mesure de la température critique de dissolution. On mesure la température à laquelle le mélange eau-alcool-nitrobenzène, ou eau-alcool-aniline, se trouble. La mesure est plus sensible que celle des densités au picno-mètre, et on arrive ainsi à doser l’alcool dans le produit de la distillation du vin à 0,03 p. 100.
- INFLUENCE DE LA LUMIÈRE ET DU CUIVRE SUR LA FERMENTATION
- L’action delà lumière sur différentes espèces de saccharomyces a été étudiée entre autres par Kay et Lohmann (Duclaux, Traité de Microbiologie, p. 289 ; Kay, Berichte der Botanische Gesellschaft, 1894; Lohmann, Inaugur. Disser., Rostock, 1896).
- Pour le premier, le bourgeonnement du S. cerevisiæ a heu avec la même activité dans l’obscurité ou à une faible lumière de gaz.
- Lohmann étudia l’action de l’arc électrique et de la lumière solaire. Il trouva qu’au-
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- SUR LES SAVONS COLLOÏDES.
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- dessus de 18° la lumière de l’arc électrique exerce une influence retardatrice sur la culture du S. cerevisiæ. La lumière solaire tue la levure en quelques heures. La lumière diffuse même, au bout d’un certain temps, diminue la vitalité des cellules.
- Purvis et Warwick (Proc. Camb. Phil. Soc., XIY. Part I, p. 30) ont étudié l’action de couleurs diverses sur la sporulation du saccharomyces. Ils ont observé que les raies rouges accélèrent la formation de spores plus rapidement que la lumière blanche et que l’obscurité ; que les raies bleues et vertes retardent la sporulation encore davantage ; et que les raies ultraviolettes exercent une influence nuisible avec le temps.
- MM. J. E. Purvis et W. A. R. Wilkes (Chemical News, 1908, p. 79) ont repris cette étude de l’influence de la lumière sur la fermentation normale d’un moût houblonné et d’autres liquides fermentescibles : dans des récipients en cuivre non stériüsés, dans des vases de verre stéribsés, dans des récipients non stérilisés de verre et de cuivre.
- Voici les conclusions de leur travail : .
- 1° Les fermentations dans des vases de verre stérilisés ou non, en lumière blanche ou colorés et dans l’obscurité, ont èu sensiblement la même activité.
- 2° Les fermentations dans des récipients de cuivre donnent, dans les mêmes conditions, des résultats très variables. L’action de la longueur d’onde ne paraît avoir qu’une influence indirecte. Il est probable que le cuivre provenant du récipient, qui passe en solution, détermine surtout la marche de la fermentation. Par exemple les résultats obtenus en lumière bleue, montrent que ces radiations ont pour effet de diminuer l’acidité, donc de diminuer la quantité de cuivre dissous. La lumière rouge et ^obscurité favorisent le développement des bactéries. L’acidité ainsi produite dissout un peu de cuivre dont l’effet se fait sentir sur le rendement. Les températures peuvent jouer un rôle contributif, car la température des fermentations était toujours plus élevée dans l’obscurité et en lumière rouge, et l’action dissolvante de l’acide sur le cuivre était ainsi augmentée. Enfin il faut ajouter que le CO2, qui se dégage, peut dissoudre un peu de cuivre, qui exerce une première influence.
- 3° Un autre fait indiqué par ces expériences, est l’influence de la composition initiale du moût. Dans un bon moût, la levure paraît mieux résister à l’action du cuivre que dans un moût pauvre, caria différence en acidité, etc., est beaucoup moins marquée dans un bon moût que dans un moût pauvre.
- SAPONIFICATION PAR L’ALCOOL DE L’UUILE DE LIN
- M. A. Haller faisant suite aux travaux que ces notes ont analysés en 1906, p. 1002 ; et appliquant sa méthode d’alcoolyse des corps gras à l’élude des huiles de lin, a trouvé (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1908, p. 262), dans ces huiles, outre les glycérides, des acides mypristique, palmitique, oléique, linoléique, linolénique et isolinolénique, deux autres acides de la série saturée : l’acide stéarique, qui existe dans cette huile en quantités appréciables, et l’acide arachique qu’on ne trouve qu’en très petites proportions.
- SUR LES SAVONS COLLOÏDES
- Dans une communication à l’Académie des Sciences (séance du 2 mars 1908), MM. André Mayer, Georges'Schaeffer et E. F. Terroine exposent leurs recherches sur les savons considérés comme colloïdes. Elles offrent un triple intérêt :'d’abord, on Terne 110. — Mars 1908. 28
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- NOTES DE CHIMIE. ----- MARS 1908.
- comprendra mieux, comme l’a indiqué Krafft, un grand nombre des propriétés physiques et chimiques des savons. De plus, ils offrent une série de corps à poids moléculaires croissants qui permet d’étudier le passage de l’état cristalloïde à l’état colloïdal; enfin, ces corps présentent presque tous les exemples de structures ultramicroscopiques et permettent de rechercher les conditions de formation de ces structures.
- D’après les recherches de ces Messieurs, pour un même savon, le caractère colloïdal est d’autant plus marqué qu’on passe de la solution alcaline à la solution neutre, et de cette dernière à la solution acide. Placés dans un champ électrique, tous les savons en solutions aqueuses sont négatifs. On sait que, en solution aqueuse, les acides' gras diminuent plus la tension superficielle que les savons; pour les savons, cette diminution est.d’autant plus grande qu’on déplace davantage l’acide gras par un acide foit, ou que le savon est plus hydrolysé. Pour le valérianate, l’addition d’acide diminue la viscosité, l’addition de hase l’augmente. A partir du c-aproate, c’est-à-dire à partir du moment où l’on a, en solution neutre, une suspension ultramicroscopique, l’addition soit d’acide,, soit de base augmente la viscosité.
- Ainsi que le montre le tableau suivant, la structure des savons est sous la dépendance de la complexité moléculaire et de la réaction du milieu.
- Milieux ______________________
- Alcalin
- Savon?. Acide. Neutre. Eau. Alcool.
- Termes inférieurs (valé- \ Solutions homosènes. '
- rianate inclus). i Empois agglomérés Suspension Gelées Gelées
- Palmitate, oléate. ) dé granules et ) de cristaux en submicroscopique et typiques réversibles par à graines ultra-
- \ milieux visqueux. microscopique. la chaleur. microscopiques
- ' Suspensions Suspensions Suspensions Gelées
- Caproate, caprilate, ' ) microscopiques ultra- amicroniques transparentes.
- laurate. , ) et précipités. microscopiques. mais
- très visqueuses.
- ( Précipité. Suspension Empois Gelées
- Stéarate. \ microscopique. emprisonnant des cristaux.
- TUÉORIE DE LA SAPONIFICATION
- M. Rud. Wegscheider, professeur à l’Université de Vienne (Monatshefte für Chemie, janvier 1908, p. 83), étudie la théorie de la saponification des éthers triglycériques. Après avoir renvoyé à la bibliographie donnée par E. Abel, dans son ouvrage : Chemie der Fette, Berlin, 1906 : il examine le cas delà saponification en dissolutions alcooliques par les alcalis (renvoyant à M. Haller pour le cas de l’action sur les glycérides de l’alcool renfermant de l’acide), et le cas de la saponification en dissolutions aqueuses par les acides étendus où l’eau est l’agent saponifiant. La saponification des éthers de la glycérine, conclut-il, se fait progressivement avec formation de tous les isomères possibles. ' *
- RECHERCHES SUR LES NITROCELLULOSES
- M. Klaye a exposé à la Société Neuchâteloise des sciences naturelles (voir Archives des sciences physiques et naturelles, 1908, p. 83) qu’on ne peut pas affirmer a priori que
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- sur l’inflammabilité des laines artificielles. 423
- le mélange sulfonitrique n’ait pas sur la cellulose une action oxydante ou hydratante en même temps qu’un pouvoir nitrifiant. D’après lui, les celluloses très nitrées dérivent directement de la cellulose et filles ne contiennent que des traces minimes de nitrooxy-cellulose et de nitrohydrocellulose. Les mélanges sulfonitriques concentrés, agissant à froid sur la cellulose, la nitrent sans l’oxyder ni l’hydrater.
- Il a aussi cherché la raison pour laquelle on n’obtient pas avec un mélange sulfonitrique une nitrocellulose dont la" teneur en azote dépasse 13,5-13,6 pour 100. La cause de cette nitration incomplète est due à l’acide sulfurique, car en nitrant avec des cristaux de pentoxyde d’azote (Hoitsema, 'Zeits. für angew. Chemie, 1898, p. 173), on obtient des produits stables à 13,8-14 pour 100. La nitration, comme toutes les éthérifications, d’après M. Klaiye, serait une réaction réversible, et on peut nitrer et dénitrer à volonté avec un mélange sulfonitrique,
- Le dernier fascicule paru (tome XIV, 1907-1908), du Mémorial des poudres et salpêtres, renferme une traduction des mémoires publiés par M. A. Sapojnikoff dans le Journal d’artillerie russe en 1905, 1906 et 1907, sur la Décomposition de la nitrocellulose à des températures inférieures à celle d’inflammation. Cette température d’inflammation varie, selon le degré de nitration, de 180° à 200°. La réaction de cette décomposition s’approche, à mesure que la pression augmente, d’une équation limite, qui est différente pour la pyroxyline insoluble ordinaire (c. endécanitrique) ; C24H29 (NO3) + "09 = 12 CO2 -f 12 CO + 8,5 H2 + 5,5 N2 -f- 6 II20 et pour la pyroxyline moins nitrée ou soluble (c. ennéanitrique) ; C24LI31 (NO3)9 O11 = 6,84 CO2 + 16,51 CO + 0,64 CH4 .-j-7,39 H2 + 4,5 N2-f-4,95 H20, ou pour le pyrocollodion, composé intermédiaire (c. décanitrique) C24H30 (NO3)10 O10. Mais la nitrocellulose commence à se décomposer, quoiqueirès lentement, aux températures de 50° à 60°.
- sur l’inflammabilité des laines artificielles
- Une compagnie de navigation ayant refusé de prendre les laines artificielles dans l’entrepont de ses navires, à cause de leur danger d’inflammation spontanée, des essais comparatifs d’inflammation ont été effectués à la station d’essais de l’École technique de Biélitz,par M. W. H. Schramm (Zeitschrift für angewandte Chemie, 1908, p. 252). Les marchandises qui ont servi de types de comparaison sont le coton, la laine brute et aussi la laine désuintée, qui toutes sont admises dans l’intérieur des navires et dont on connaît bien la manière d’être en dépôt, ou pendant le transport.
- Les trois échantillons de laine artificielle, mis en expérience, ont donné à l’analyse les résultats suivants : eau 10 p. 100 — 10,32 — 9,95. Matières grasses solubles dans l’éther de pétrole 5,12 p. 100 —1,00 — 5,02. — Fibres végétales 2,30p. 100 — 8,10 — 2,46.
- Si on compare à la laine brute, on voit que cette dernière contient de 6 à 21 p. 100 de matières grasses, c’est-à-dire beaucoup plus que la laine artificielle ; la laine lavée tient encore de 2,5 à 3,5 p. 100 de son poids à l’éther de pétrole.
- De même, les laines étrangères contiennent en général une-plus grande teneur en matières végétales que les laines artificielles étudiées.
- Des essais pratiques d’inflammation, il résulte qu’on peut affirmer que la laine artificielle ne présente pas de plus grands dangers d’inflammation que la laine en suint ou le coton brut, et que, par conséquent, on peut la charger dans l’intérieur des navires avec autant de sécurité que ces dernières fibres.
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- NOTES DE CHIMIE.
- MARS 1908.
- NOUVELLE CARACTÉRISATION DU COTON MERCERISÉ
- La caractérisation du coton mercerisé intéresse les ‘industriels, les commerçants, les experts, les agents en douanes. Ces notes ont déjà donné plusieurs moyens de la réaliser. (Voir Notes de chimie, 1907, p. 1085; 1908, p. 103.)
- M. Julius Hubner (Journal of the Chemical Industry, 1908, p. 105) donne un nouveau travail sur ce sujet. Il a remarqué que le coton mercerisé et le coton non mercerisé se comportent très différemment, vis-à-vis d’une solution d’iode dans l’iodure de potassium. La solution 1/10® normale convient très bien pour ces essais.
- ' Si l’on immerge dans cette solution du coton blanchi ordinaire et du coton mercerisé, ce dernier reste coloré en brun foncé, tandis que le coton ordinaire ne conserve qu’une légère teinte brune. La différence est particulièrement nette si l’on sèche rapidement les échantillons.
- L’auteur a étudié le cause de ces phénomènes. Il a remarqué notamment que les solutions de chlorure de zinc contenant de petites quantités d’iode, produisent une coloration marquée sur le coton mercerisé on non, et que la coloration dépend de la force de la solution de chlorure de zinc. Il a étudié également la réaction avec des solutions iodurées d’acide sulfurique, phosphorique, nitrique et chlorhydrique, et avec le chlorure d’aluminium.
- Il résulte de cette dernière étude que la réaction colorée obtenue sur le coton mercerisé, par le chlorure d’aluminium et de petites quantités d’iode, peut très bien servir à caractériser le coton mercerisé. Le réactif se prépare en ajoutant 15 à 20 gouttes de la solution d’iodure de potassium ioduré, dans 100 cc.de solution contenant 46,7 gr. de chlorure d’aluminium. Le coton mercerisé, plongé pendant une heure dans cette solution, a pris une teinte chocolat foncé, tandis que le coton non mercerisé est resté pratiquement blanc.
- L’auteur poursuit cette étude en faisant varier le réactif ioduré; il expérimente notamment les chlorures de calcium, de strontium et de magnésium, l’iodure de potassium, l’acétate de sodium, les composés organiques, etc., il pense qu’un certain nombre de ces réactions seront d’une grande valeur pour caractériser les différentes soies artificielles, et que ces réactions pourront être étendues à d’autres fibres textiles ou entrant dans la composition de la pâte à papier.
- NOUVELLE MÉTHODE D’EXAMEN DES FIBRES
- M. Gaidukov donne, dans la Zeitschrift für angewandte Chemie de 1908, p. 393, un très intéressant exposé de l’apphcation de l’ultramicroscope et du microspectral-photomètre, dans les essais industriels de couleurs et de matières textiles.
- A l’aide de l’ultramicroscope on peut, dit-il, caractériser analytiquement les différentes fibres et éclaircir la recherche de leurs qualités. Avec le spectralphotomètre, on peut faire la recherche des plus petites quantités de matières colorantes, et caractériser qualitativement et quantitativement les fibres colorées, comparer les propriétés tinctoriales des matières colorantes, observer en même temps plusieurs spectres, et comparer l’intensité des colorations obtenues. ;
- ACTION DE l’ozone SUR LES PIGMENTS
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- Si la cause de l’altération des couleurs est une action oxydante, le traitement de ces couleurs par un agent très oxydant comme l’ozone ou le peroxyde d’hydrogène pro-
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- ACTION DE L OZONE SUR LES PIGMENTS.
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- duirà le même effet qu’une exposition prolongée à l’air. Sir William de W. Abney a fait cette étude avec l’ozone, sur des échantillons de papiers peints, humidifiés sur une face. (Proceedings of the Royal Society, 1908, p. 146.)
- L’ozone n’a pas d’effet sur les couleurs que la lumière n’altère pas, à l’exception du vert émeraude. Les couleurs non altérées par l’ozone sont toutes d’origine minérale. Le bleu de Prusse et le bleu d'Anvers, qui ont d’ailleurs la même composition, sont altérés par la lumière, tandis que l’ozone est sur eux sans action. Le vermillon et l’auréoline ne sont pas attaqués par l’ozone, alors qu’à la lumière le premier noircit et le second s’affaiblit un peu.
- Les tableaux suivants permettent de comparer les résultats de l’action de la lumière, etc., et de l’ozone sur les couleurs et sur leur mélange.
- Temps nécessaire pour le blanchiment
- Résistance à la lumière dans
- d’après Abney et Russel (1888). l’ozone humide.
- h. m.
- Non altérées.
- Rouge indien....................... N.
- Rouge de Venise.................... »
- Sienne brûlée...................... »
- Ocre jaune......................... ;>
- Sienne naturelle................... »
- Vert émeraude . ............ 0 45
- Terre verte........................ »
- Oxyde de chrome....... »
- Bleu de cobalt..................... »
- Outremer................... v . »
- Jaune de chrome.................... »
- Altérées.
- Vermillon. . ...................... N.
- Rose de garance.................... 4 0
- Brun de garance.................... 2 10
- Cambodge........................... N.
- Auréoline.......................... »
- Jaune de cadmium................... 4 0
- Jaune de Naples.................... 0 45
- Jaune indien................ 4 0
- Vert olive................... . 1 5
- Indigo...................... 0 40
- Bleu de France.............. 3 30
- Bleu permanent.............. 3 30
- Gris Payne’s......................... 10
- Carmin violet.............. . . 4 0
- Pourpre de garance.......... 0 20
- Sepia.................... 0 50
- Brown pink.................. 0 30
- Brun van Dyck............... 1 15
- Détruites.
- Carmin...................... 0 10
- Crimson lake................ 0 30
- Bleu d’Anvers...................... N.
- Bleu de Prusse .................... N.
- Composition de la couleur d’après Winsor et Newton.
- Variété d’oxyde de fer.
- Sesquioxyde de fer artificiel.
- » ))
- Terre naturelle.
- Acéto-arséniate de cuivre.
- Terre naturelle.
- Sesquioxyde de chrome.
- Alumine colorée par l’oxyde de cobalt. .
- Seconde qualité de lapis lazuli.
- Chromate de plomb.
- Sulfure de mercure.
- Laque de garance.
- » »
- Gomme résine. >
- Nitrite double de cobalt et de potassium.
- Sulfure de cadmium.
- Jaune de cadmium et blanc de zinc.
- « Purree » de l’Inde.
- Jaune indien, ombre et indigo, de la plante.
- Bleu d’outremer artificiel.
- Bleu de France pur.
- Indigo, laque de cochenille et noir de carbone. Laque obtenue avec les racines à’Anchusa tinctoria. Laque » » de garance,
- de la seiche.
- Laque d’écorces de quercitron.
- Terre naturelle.
- Laque de cochenille.
- Bleu de Prusse et alumine.
- Ferrocyanure de fer.
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- MARS 1908.
- 426
- NOTES DE CHIMIE. ------
- Mélanges soumis
- à l'action de l’ozone humide. Temps en minutes. Remarques.
- h. m.
- Carmin + bleu de Prusse . . . 0 15 Bleu seul blanchi.
- — + bleu Leitner .... 0 15 »
- Indigo + Cambodge 0 45 Les deux blanchis.
- — + rouge de Venise . . 0 25 Rouge seul.
- — . + rouge indien .... 0 25 »
- — + Sienne brûlée. . . . 0 10 Sienne seul.
- — + jaune indien .... 0 10 Le bleu passe.
- — + brun van Dyck . . . 0 10 ))
- — + ocre jaune 0 10 »
- Crimson lake + cobalt 0 30 Cobalt seul.
- — -f bleu d’Anvers. 0 20 Bleu seul.
- — + bleu de Prusse. 9 99 »
- Yoici les couleurs clans leur ordre de résistance décroissante à l’ozone humide : rose garance, jaune de chrome, jaune indien, carmin violet, bleu de France, bleu permanent, brun van Dyck, vert obve, Payne’s Grey, Cambodge, sépia, jaune de Naples, carmin, indigo, laque de quercitron, laque de cochenille, pourpre de garance.
- D’autres expériences, effectuées dans l’ozone sec, n’ont altéré en rien les pigments.
- ACTION DES MATIÈRES COLORANTES D’ANILINE SUR LA DIASTASE ET LA PEPSINE
- D’après M.'S. Sato, l’auramine, le violet de méthyle, le rouge de Bordeaux, le vert malachite, le bleu de méthylène, le bleu d’aniline, l’éosine, le méthylorange et la phloxine annihilent l’action saccharifîante de la diastase. De même ces matières colorantes nuisent considérablement à la digestion des albuminoïdes par la pepsine. (Journal de la Société pharmaceutique japonaise. D’après une note du Journal de Pharmacie, 1908, p. 246.)
- SUR LES ENCRES ET LEURS ESSAIS
- M. F.-W. Hinrichsen, de la Kngl. Materialprüfungsant die Gross Lichterfelde, dans le Bericht ueber die Sitzung, du 3 février 1908 de la Yerein zur Beforderung des Gewerbfleisses de Berlin, a donné une conférence sur ce sujet.
- Le dosage de l’acide tannique, celui de l’acide gallique, Faction sur ces acides du séchage, leur proportion en eau, leur perte sous Faction des sels de fer, des gommes, de la glycérine, de l’acide phénique, les détails de leur détermination sont exposés au long.
- L’encre de Schluttig et Neumann qui donne au colorimètre la teinte normale renferme : tannin 23,4, acide gallique cristallisé 7,7, vitriol de fer 30, gomme arabique 10, acide chlorhydrique 2,5, acide carbolique 1, pour 5 litres. Puis vient l’exposé des propriétés d’une bonne encre à écrire, et la recherche de son acidité.
- BLEU DE PLATINE
- MM. K.-A. Hoffmann et G. Bugge (Berichte, 1908, p. 312), en étudiant Faction des sels métalliques sur les nitriles et les isonitriles, remarquèrent que le chlorure de platine disacétonitrile PtCl2(CH3.CN)2, obtenu avec le chloroplatinate de potassium et l’acétonitrile, donne une coloration bleue lorsqu’on le traite par une solution de nitrate
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- SUR LA THÉORIE DE LA TEINTURE. 427
- d’argent. Ils ont isolé le produit coloré et ont reconnu qu’il est la platoacétamide.
- Pour préparer plus facilement ce corps, on remplace le nitrate d’argent par le sulfate et on agite pendant plusieurs heures parties égales de sulfate d’argent et de chlorure de platine disacétonitrile dans cinq parties d’eau. Quand la coloration bleue n’augmente plus, on mélange avec dix volumes d’alcool méthylique, on filtre et on précipite le corps coloré avec un excès d’éther pur. En répétant ce procédé de cristallisation lente dans l’éther, on obtient des cristaux bleu foncé avec, réflexion rouge ; la présence de 0,1 p. 100 d’acide sulfurique libre est favorable.
- La solution bleue est stable en présence de l’acide sulfurique dilué, de l’acide acétique ; de même avec les chlorure, sulfate et carbonate de soude.
- SUR LA THÉORIE DE LA TEINTURE
- Quelques travaux présentés à la Société de Chimie de Lausanne ont paru dans le n° 1 de 1908 des Archives des Sciences physiques et naturelles.
- M. L. Pelet communique ses recherches (p. 61) sur la dissociation des combinaisons de colorants acides et basiques par les substances absorbantes. Telle : une molécule de jaunenaphtol S ou de ponceau cristallisé se combine à deux molécules de fuchsine, de bleu méthylène ou de safranine. Ces produits sont très peu solubles dans l’eau, et sid’on ajoute à la solution aqueuse de ces produits des substances absorbantes telles que la laine, le charbon animal, etc., on obtient les phénomènes suivants :
- « En solution neutre, l’absorbant dissocie la combinaison de colorants et fixe exclusivement l’élément basique, tandis que le résidu acide reste en solution. — En solution alcaline, il y a la différence que, si la concentration NaOH dépasse certaines bmites, le colorant basique subit facilement la réduction. — Enfin, en solution acide, il y a également dissociation des combinaisons de colorants, mais l’absorbant fixe l’élément acide, tandis que la solution reste colorée de la nuance du colorant basique.
- M. Pelet interprète qu’en solution neutre, l’absorbant se charge négativement et par conséquent fixe le colorant positif. En bain alcalin, les ions OH négatifs augmentent la cbarge de l’absorption, il y a toujours fixation du. colorant basique. En solution acide, les ions H positifs chargent positivement la laine ou le charbon animal, et le colorant négatif (acide) est absorbé.
- Cette hypothèse permet, non seulement de comprendre beaucoup de phénomènes de l’industrie de la teinture, mais aussi d’exphquer le rôle et l’emploi du double colorant de Romanowsky ou de Giem sa employé par les micrographes et formé d’une combinaison d’éosine et de bleu de méthylène. Il en est de même pour les réactions cellulaires-éosinophiles, neutrophiles et basophiles décrites par Ehrlich. La neutrophilie et l’amphophilie ne seraient que des cas particuliers de l’éosinophilie.
- MM. L. Pelet et C. Jess (p. 64) ont cherché également les relations qui existent entre l’ascension capillaire et l’absorption. En plongeant des bandes de papier à filtrer dans des solutions de matières colorantes de même teneur (pendant trois heures). Les colorants acides sont les moins absorbés, et s’élèvent beaucoup plus que les colorants basiques; et ces derniers davantage que les colorants directs. Les résultats manquent de précision.
- MM. P. B. Mojoin et L. Pelet (p. 61) ont étudié aussi l’absorption de la safranine, de l’acide picrique et du jaune naphtol S. Les résultats satisfont à l’équation x = Bce, et confirment ceux qui ont été trouvés par Walker, Appleyard etFreunlich.
- Enfin M. Pelet expose la théorie colloïdale dela teinture (p. 65).
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- NOTES DE CHIMIE. ------ MARS J908.
- SUR LE NETTOYAGE A SEC
- Une bonne étude générale du nettoyage à sec est donnée par M. C. F. Gôhring à la séance du 3 février de la Société d’Encouragement pour l’industrie de Berlin (Be-richt, p. 36). Après un historique étendu du lavage et du nettoyage à sec, où le conférencier produit des documents inédits sur les débuts des maisons françaises Jolly Belin et Petitdidier, et l’emploi des huiles minérales pour le nettoyage ; la partie la plus intéressante traite des incendies spontanés dus à l’emploi de la benzine et des moyens proposés pour les prévenir : emploi de l’antibenzinepyrine ; des mécanismes appropriés à ce travail spécial ; de la vaporisation de la benzine ; des substituts de la benzine, etc.
- SUR LA CUVE D’iNDIGO ÉLECTROLYTIQUE
- La- communication de M. Chaumat à l’Académie des sciences, séance du 30 décembre 1907 (voir Notes de chimie de janvier 1908), a suscité, comme il fallait s’y attendre, une réclamation de priorité de M. le docteur Fr. Goppelsrœder. « Je me suis demandé, disait M. Chaumat, dans sa communication du 30 décembre, s’il ne serait pas possible d’utiliser, pour cette réduction de l’indigo bleu, l’hydrogène dégagé dans un phénomène électrolytique. » A notre connaissance, ajoutait-il, une seule tentative sérieuse a été faite dans cette voie par la maison Meister Lucius et Bruning et Cie de Hoechst (brevet'allemand 1902).
- Dans une communication faite ultérieurement par M. Chaumat à la séance du mercredi 8 janvier 1908 de la Société internationale des électriciens (voir son Bulletin, p. 13) : « Je n’ai connu, dit-il, les travaux de Goppelsrœder qu’après ma communication à l’Académie. C’est pourquoi je n’en avais pas fait mention. » Et, dans une nouvelle communication à l’Académie des sciences, séance du 3 février 1908, M. Chaumat dit : « J’ai appris depuis que Goppelsrœder avait déjà réalisé, dès 1882, la réduction de l’indigo par voie électrolytique. Les expériences ont été publiées dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse. »
- Yoici un extrait de la réclamation de priorité de M. le docteur Frédéric Goppelsrœder, directeur honoraire de l’École de chimie de Mulhouse, qui a amené M. Chaumat à reconnaître les droits du savant professeur suisse.
- « La remarque de M. Chaumat m’oblige à rappeler les faits suivants: Après mes nombreuses publications sur la production de colorants par l’électrolyse de différents corps delà série aromatique dès l’année 1875, j’avais déjà en 1882, dans une note sur un nouvel emploi de l’électrolyse dans la teinture et dans l’impression, Bulletins de la Société Industrielle de Mulhouse, tome LU, pages 270-276, dans le chapitre IY page 275, parlé de la cuve d’indigo préparée à l’aide de l’électrolyse, après avoir déposé déjà le 29 mars et le 21 avril 1882 deux plis cachetés, nos 345 et 346, ouverts dans la séance mensuelle du 27 avril.
- « Puis, dans le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, tome LiV, 1884, pages 343-346, se trouve ma note spéciale sur l’emploi de l’électrolyse pour la préparation de la cuve d’indigo... Un échantillon de tissu en coton teint en bleu par la cuve obtenue par voie électrolytique a été présenté à la Société Industrielle de Mulhouse.
- « Ma première note sur la cuve d’indigo électrolytique devance donc celle de M. Henri Chaumat d’un quart de siècle.
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- SUR LA CUVE D’iNDIGO ÉLECTROLYTIQUE. 429
- « Outre les Bulletins de la Société Industrielle de Mulhouse, que j’ai mentionnés en haut, ’avais parlé de mes essais sur la cuve d’indigo électrolytique dans les occasions suivantes :
- « Electricien, tome II, 1881 et 1882; tome VIII, 1884.
- « Dingler’s Polytechnisches Journal 1882, Bd 545. Neue Anwendüng der Elektrolyse in der Fàrberei und Druckerei, sowie 1884.
- « Zeitschrift für Elektrotechnik, Wien 1884 und 1885.
- « Electrotechnische Rundschau 1884.
- « Centralblatt für die Textilindustrie, Berlin 1884: Anwendüng der Elektrolyse zur Dars-tellung der Indigoküpe.
- « Zeitschrift für Ôsterreichs Woll-und Leinenindustrie, 1884 und 1885, Reichenberg : Über die elektrolytische Darstellung der Farbstoffe, sowie über deren gleichzeitige Bildung und Fixation auf den'Fasern mit Hilfe der Elektrolyse (138 Seiten), où je parle dans le chapitre VIII B, pages 68-77, et dans le chapitre IX A, pages 80-83 de mes essais pour changer le bleu d’indigo par Aroie électrolytique en blanc d’indigo, sous forme de cuve.
- « Farbelektrochemische Mitteilungen, avec tableaux (voir page 4 du texte et tableau III) à Mulhouse, chez Wenz et Peters 1881, que j’avais envoyées à l’occasion de la Royal Jubilee Exhibition, avec mes produits électrolytiques et un album d’échantillons sur sa demande à M. le professeur Hummel à l’adresse du Priestley Club à Leeds.
- u Édition à part illustrée de la Electrotechnische Rundschau, Numéros 18 et 19, 1891. Studien über die Anwendüng der Elektrolyse zur Darstellung, zur Verânderung und zur Zerstôrung der Farbstoffe, ohne oder in Gegenwart von vegetabilischen oder animalischen Faseirn. Dans ce travail mes communications sur ce sujet se trouvent pages 2 et 3. Sur l’invitation verbale de la Direction de l’Exposition électrotechnique de Francfort s. M. en 1891, j’avaig exposé mes produits électrolytiques, appareils et tableaux avec des échantillons. Sur l’un de ceux-ci se trouve un échantillon de tissu en coton teint par la cuve d’iudigo préparée à la cathode.
- « Chemikerzeitung, 1893 : Über die Hydrogénation oder sogenannte Reduktion des Indigo-tins zu Indigweiss.
- « Elektrochemische Zeitschrift 1894 : Benutzung elektrochemischer Prozesse auf dem Gebiete der Bleicherei und Druckerei, page 5.
- « Hilfsbuch für Electrotechnik von G. Gravinkel und K. Strecker, funf erste Auflagen, 1887 bis 1898, als Bearbeiter cler §§ 637-87 (siehe speziell § 677). »
- L’exposé de ces faits amène deux réflexions qui s’imposent en toute évidence à l’esprit du lecteur.
- D’abord, autant l’on doit soutenir les intérêts de priorité de ses compatriotes, autant l’on doit aimer, afin qu’autrui nous rende la pareille, à ménager ceux des savants étrangers, surtout lorsqu’une recherche élémentaire permet de les connaître.
- Ensuite, ce que j’écrivais à propos de bibliographie industrielle en tête des Notes d'avril 1906, conserve toute sa force : « N’est-ce pas un grand sujet d’étonnement que de voir un travailleur consacrer des semaines et des mois à diriger le soc investigateur de sa laborieuse charrue à travers un sol parfois bien ingrat, et de se trouver tout à coup, sans qu’il s’en doute, dans un terrain qui ne lui appartient pas ? Ce n’est pas un moindre sujet d’étonnement que de voir un travailleur lutter pendant des mois pour féconder son terrain à l’aide d’instruments quelquefois bien arriérés, alors qu’il existe d’autres instruments perfectionnés qui lui éviteraient presque tout le travail préparatoire. N’est-ce pas ce qui se produit lorsqu’un chimiste fait des recherches sur un sujet spécial sans en étabür une bibliographie soignée, ou qu’il cherche laborieusement à établir cette bibliographie sans connaître les travaux bibliographiques qui s’y rapportent? »
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- NOTES DE CHIMIE.
- MARS 1908.
- En ce qui concerne le sujet de la cuve d’indigo électrolytique, les moyens d’information abondent pour tout travailleur qui veut étudier la question à nouveau et connaître ce qui a été fait. Il faut d’abord recourir aux instruments de recherche bibliographique que j’appellerai d’ordre général ; il doit prendre conseil de nos savants tant français qu’étrangers qui connaissent ce qui touche les matières colorantes et les couleurs ; il doit recourir à l’autorité du Comité de chimie de la Société Industrielle de Mulhouse, qui est la première autorité en cette matière, et dont les communications se trouvent tout'au long insérées dans son Bulletin avec tables détaillées des sujets; enfin, il doit s’aider des instruments bibliographiques appropriés, tout d’abord de la bibliographie de la chimie de Bolton, puisqu’elle existe, et où se trouvent mentionnés les ouvrages de Goppelsrœder. Mais le chercheur a à sa disposition des moyens tout spéciaux particulièrement précieux, puisqu’ils sont de nature à fournir aussitôt l’indication détaillée des travaux antérieurs. Dans le cas particulier, il avait à sa disposition :
- 1° D’abord le Dictionnaire méthodique de bibliographie, technologie et chimie des industries tinctoriales, qui contient vingt-six pages d’une bibliographie de l’indigo. (L’ouvrage est-assez utile pour avoir été jugé digne de recevoir, après les inventeurs des couleurs d’aniline, le savant Hirn, l’inventeur de la peigneuse Hubner, l’École de chimie de Mulhouse, la distinction si enviée d’un prix décennal Dollfus de la Société Industrielle de Mulhouse); ,
- 2° Le Répertoire Analytique Universel des Industries tinctoriales ; la consultation des tables des volumes publiés aurait donné immédiatement les travaux de Goppelsrœder ; ‘ »
- Enfin, tous les traités récents qui traitent de l’indigo exposent les travaux de Goppelsrœder.
- Comment, puisque tous ces moyens d’information si sûrs et si précieux existent, ne pas s’en servir ! . .
- Mes lecteurs voudront bien apprécier ces réflexions, uniquement comme un moyen d’affermir dans leurs esprits, par l’examen d’un fait pris sur le vif, la conviction que les recherches de bibliographie scientifique et industrielle s’imposent de la façon la plus absolue à tout travailleur, et doivent être effectuées d’une façon rationnelle. .
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- FOURS TOURNANTS POUR CIMENT Scllïtlidi (1). '
- La maison Schmidt, de Copenhague, a récemment installé dans l’usine à ciment de
- Fig. 1. — Four tournant pour ciment Schmidt de l’usine de Greenbithe.
- MM. Johnson et C°,à Greenbithe, trois fours à ciment du type figure 1, dont l’ensemble constitue une installation très bien étudiée.
- (1) The Engineer, 28 février, p. 213.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1908.
- Les fours ont 33 mètres de long sur 2m,10 de diamètre extérieur ; ils sont entièrement revêtus d’un garnissage réfractaire de 230 millimètres d’épaisseur à un bout. Les trois fours sont commandés, d’un arbre de transmission actionné par une dynamo de 190 chevaux, chacun par deux courroies, l’une de petite et l’autre de grande vitesse ; une troisième -courroie commande le refroidisseur de scories BC. Les matières tombent dans les fours par les trémies A et descendent en s’échauffant graduellement vers la zone chaude, qui commence à 6 mètres environ de l’autre bout du tube, et où la température peut atteindre 1 700°, tandis que les gaz s’échappent du four dans la cheminée à 280° environ. Le roulement des fours se fait sur des galets, et leur commande par des anneaux dentés, mais reliés au tube, ainsi que les anneaux de roulement, avec-jeux de manière à ne pas souffrir de ses dilatations.
- Le chauffage se fait au charbon pulvérisé en farine impalpable et parfaitement sèche. Ce séchage se fait par une partie de l’air aspiré suivant les flèches par le ventilateur P, au travers du refroidisseur BC des scories, qui y tombent du four en D. Cet air, après avoir déposé ses poussières dans la chambre E, passe partie par C, au ventilateur P, partie, par F, dans la chambre H du sécheur de charbon I, d’où le charbon est élevé à la trémie J, qui le déverse à des broyeurs, dont un à tube K. De ce broyeur, la poudre de charbon est élevée, par les élévateurs LL' et le tuyau M, à la trémie N, d’où la vis O la distribue au tube Q, qui reçoit aussi l’air chaud du ventilateur P, et où elle est soufflée en partie par le petit ventilateur S. On peut ainsi régler très exactement l’afflux de poussier de charbon et d’air froid et chaud injecté en Q d’après l’aspect de la flamme que l’on examine au travers de verres bleus disposés dans le four. La production de ces trois fours est de 1 000 à 1100 tonnes de ciment par semaine.
- compression des lingots d’acier a l’état pateux, procédé Lilienberg (1 ).
- On sait quels graves inconvénients présentent le soufflage, le pipage et la ségrégation des gros lingots d’acier (2) et combien il est difficile d’éviter ces défauts, même en sacrifiant une partie très considérable des lingots. Le procédé proposé par M. Lilienberg a pour objet de résoudre cette'question en soumettant les lingots, très peu de temps après leur coulée, alors que leur intérieur est encore semi-liquide, à une pression suffisamment énergique et prolongée jusqu’à la solidification complète du lingot.
- A cet effet les lingots B (fig. 1), sortis de leurs moules et portés par leurs chariots sont enveloppés de cadres en fonte à parois mobiles, comme en A (fig. 3) puis poussés, toujours sur leurs chariots, dans une longue presse hydraulique A (fig. 1 et 2) dont le détail est donné par les figures 2 et 3.
- Dans cette presse, la pression est donnée par un long coin constitué par une suite de plaques de fonte dure C, roulant sur des cours de galets E et F et pressant les blocs B sur les lingots. Les plaques G, de lm,50 de long sur lm,15 de haut, avancent, sous la poussée d’une presse hydraulique K, à la vitesse d’environ 20 millimètres par seconde, et comme la durée de la compression d’un lingot doit être double environ de celle de sa coulée, le premier lingot à l’entrée de la presse doit être seulement à moitié com-
- (1) Journal of the Franklin Institute, février 1908.
- (2) Bulletin de juin 1907, p. 759.
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- COMPRESSION DES LINGOTS d’aCIER A l’ÉTAT PATEUX.
- 433
- primé quand celui d’avant en sort, de sorte qu’avec une compression de 75 millimètres, la conicité des plaques C doit être d’environ 3 millimètres par lm,50 de longueur. Ces plaques sortent de la presse avec les lingots et tombent, avec eux, dans une fosse, d’où elles sont ramenées à la presse par des grues et reposées sur leurs galets de roulement. C’est le mouvement même du piston de la presse qui, par le
- A
- sra eœ osa ©as era cera
- Fig. 1. — Presse à lingots Lilienberg. Schéma de la manœuvre.
- Fig. 2. — Presse à lingots Lilienberg. Élévation et plan.
- mécanisme à crémaillère indiqué en U (fig. 2), ramène ces plaques dans l’axe de leur roulement. Le dernier de ces coins de serrage est, à la fin de la compression, expulsé par une plaque à faces parallèles avec jeu de 75 millimètres, ce qui permet à des contrepoids I de rappeler les plateaux B (fig. 3).
- La presse hydraulique est à deux cylindres K et pistons L, de 180 millimètres de course sur 610 de diamètre, attaquant un croisillon M, guidé par les tiges N ; la distribution est commandée par une tige à taquets P.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ----- MARS 1908.
- Supposons qu’il s’agisse de traiter des lingots de 18" X 60" (460 -x lm,50) engagés dans la presse un quart d’heure seulement après leur coulée, et exigeant une pression de 2 tonnes par pouce carré (3 kilogrammes par millimètre carré) ou de 18 X 60 X 2 = “2160 tonnes par lingot, soit de 38830 tonnes pour les 18 lingots d’une fournée. Il faudrait exercer, avec une compression de 3 pouces et une course de 52 pieds, une pression de 38 830 X 3
- ou de 93 tonnes, en supposant que les coins glissent sans frottement, ou de 2 x 0,1 x 38 830= 77,76 tonnes, avec un frottement de 0,10, que l’on peut admettre
- comme réduit au 1/4, ou à 428 tonnes, par l’emploi des galets de roulement de 100 millimètres, soit à 856 tonnes pour les deux faces de c. La pression totale à exercer par les pistons de la presse serait donc de 856 + 93= 949 tonnes, auxquelles il convient d’ajouter une cinquantaine de tonnes pour frottements divers, soit-, en bloc, 1000 tonnes, ce qui exigerait, avec des pistons de 610 millimètres, une pression d’eau de 180 kilogrammes environ par centimètre carré. La dépense d’eau, de 2m3,25 par double course et de 2m3,30 X-20 par fournée durant environ 45 minutes, exigerait, avec une pression moyenne de 100 kilogrammes par centimètre carré, une puissance d’environ 215 chevaux. Enfin, M. Lilienberg évalue l’établissement d’une pareille presse à 165 000 francs, ce qui n’est pas exagéré si elle tient ses promesses.
- sur le rendement des compresseurs d’air sec, d’après W. Heilmann (1).
- Les nombreux essais qui' ont été pubüés sur les compresseurs d’air ne donnent qu’une idée imparfaite du travail produit, car les masses d’air aspirées ne sont, en général, calculées que d’après le diagramme et diffèrent de celles réellement aspirées par
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1908, p. 208.
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- SUR LE RENDEMENT DES COMPRESSEURS d’AIR SEC. 435
- Fig 1. — Installation du compresseur Schütz.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1908.
- le compresseur, car le diagramme ne donne que la pression et le volume, et pas la température de l’air dans le cylindre.
- Les essais qui suivent ont été effectués, à l’instigation du professeur Mollier, à l’École technique supérieure de Dresde, pendant l’été 1903.
- La figure l représente l’installation du compresseur construit par la maison G. A. Schütz de Wurzen (Saxe). Il comprend trois cylindres et deux réfrigérants intermédiaires. Le cylindre I (fig. 2) est à double effet avec distribution par robinets des-
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- SUR LE RENDEMENT DES COMPRESSEURS d’âIR SEC.
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- modromiques et soupapes à ressorts. Les cylindres II et III (fig. 8 à H) sont avec soupapes à ressorts. Dans ces essais, on a utilisé seulement les cylindres I et II. L’air est aspiré au travers d’un compteur à gaz et pénètre dans un réservoir d’équilibre où aboutissent les tuyaux d’aspiration des cylindres. L’air comprimé est refoulé dans un réservoir et, de là, soit dans l’atmosphère par le robinet h (fig. I), soit, en fermant
- Jndikator
- Fig. 3. — Cylindre n° II du compresseur Schillz.
- ce dernier robinet et ouvrant </, dans les compteurs. Le cylindre I est disposé de manière à pouvoir travailler en équilibre de pression. Dans ce but, les robinets représentés sur les figures 2 et 4 sont remplacés par ceux à conduite d’équilibre (fig. 5), et le calage de l’excentrique d’admission est modifié en conséquence.
- La température de l’air était mesurée : à l’entrée du compteur (thermomètre a, fig. 1), dans le réservoir d’équilibre (thermomètre b), avant l’entrée dans le cylindre et immé-Tome 110. — Mars 1908. 29
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1908.
- diatement après les soupapes de compression, et enfin, pour une série d’essais, dans le tube de compression (thermomètre c2). L’humidité de l’air aspiré a été déterminée au moyen d’un thermomètre sec et d’un thermomètre humide (6t et b2). Les températures de l’eau de réfrigération ont été prises à l’entrée (cylindre II, thermomètre g), et à la sortie du cylindre (thermomètres f, h, i, fig. 1 et 2). Les températures ont été lues de-5 en 5 minutes. Les indications du compteur d'air et du compteur de tours ont été prises simultanément de 10 en 10 minutes. La durée de l’essai a été en moyenne de 90 minutes. On a fait chaque fois un essai avec une grande quantité d’eau de réfrigération et un autre avec peu d’eau.
- Dimensions des cylindres. — Cylindre /, à double effet: Diamètre, 260 millimètres ; course de piston, 301 millimètres ; Diamètre de la tige du piston, 60 millimètres, sur-
- Fig. 5. — I et II, commencement et lin de l’équilibrage ; — III et IV, commencement et fin de l’aspiration; — V et VI. commencement et fin de l’équilibrage.
- Fig. 4. — I, fin de la compression; — II et 111, commencement et fin de l’aspiration ; IV, ouverture de la chambre de compression.
- face utile du piston 0 m2 03027 ; cylindrée Y = 0 m3 01313 ; espace nuisible s entre le piston et les robinets en p. 100 de la cylindrée : avant 1,85 ; arrière 1,99 ; espace nuisible s, en p. 100 delà cylindrée, entre les robinets et les soupapes : avant 5,18, arrière 5,39 ; espace nuisible s2 du canal d’équilibre, 9,65 p. 100.
- Cylindre II, à simple effet : Diamètre 220 millimètres; course 300,5 millimètres ; surface utile du piston 0 m2 03801 ; cylindrée V = 0 m3 01 142 ; espace nuisible en p. 100 de la cylindrée z — 0,50.
- Dans ce qui suit, Y représente la cylindrée en m3.
- p la pression en kg/cmq dans le réservoir d’air sous pression (contrepression). p0 la pression atmosphérique en kg/cmq. pi la pression moyenne indiquée en kg/cmq.
- V0 le volume horaire en m3 (donné par le compteur).
- Go le poids d’air en kg aspiré par heure, à la pressionp0, température t0. x l’exposant de la transformation adiabatique. pt p2 les pressions en kg/cmq.
- ti 4,... les températures aux points 1... 2,... du diagramme figure 6.
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- SUR LE RENDEMENT DES COMPRESSEURS D AIR SEC.
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- Les pressions en kg. par m2 et les températures absolues sont désignées par les lettres majuscules correspondantes.
- Le rendement volumétrique \i. est le rapport de la quantité d’air contenu dans le cylindre après l’aspiration, moins la quantité d’air de l’espace nuisible, mesurées à la pression d’aspiration, au volume de la cylindrée.
- ---jk—
- D’après la figure 6, on a, pour le cylindre I sans équilibre de pression, et pour le cylindre II
- Si la pression au point 3 est égale à la pression du réservoir d’air, le rendement volumétrique maximum est, pour une détente isothermique : •
- Pis-l + e (l-pPo) (2)
- et, pour une détente adiabatique :
- Had = l + e(l-(£) ) (3)
- Pour le cylindre I, avec pression équilibrée (fig. 7), soient 3 le commencement, 6 la fin de l’équilibre (en même temps début de l’expansion), et 1 la fin de l’aspiration. On a
- V' (1 + e - 8) V - V8 + e2V.
- P°
- Pour l’expansion isothermique 6 à 8, il vient
- Vs=(S)(s + £2 + a)V
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MARS 1908.
- et le rendement volumétrique
- ^=^(1 + £-5)_g(£ + £2 + a) + e2;
- (4)
- Pour l’expansion adiabatique 6 à 8, on a
- V8 = (S)"(£+£2_a)V
- Rapports des pressions
- Rapports des pressions —
- Fig. 8. — Cylindre I sans équilibrage.
- Fig..9. — Cylindre I avec équilibrage.
- et le rendement volumétrique
- P«a = *£(l+e-8)-(^) (e + e2 + «)e + eî (S)
- Le rendement X sera le rapport du volume d’air aspiré par heure au volume des cylindrées par heure.
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- SUR LE RENDEMENT DES COMPRESSEURS d’AIR SEC.
- 441
- Y . Y0 •
- Pour le cylindre I, \ 5 Pour le cylindre II, \ = 6Q wV>
- La différence entre le rendement volumétrique jj. et le rendement \ est due à l’action des parois des cylindres.
- On appelle rendement indiqué y|î le rapport du travail L d’expansion isothermique de l’air aspiré par heure, delà contrepression p à la pression p0 , au travail indiqué du compresseur par heure L; . Ce rendement peut être considéré comme la mesure du travail utilisé pour la compression.
- Pour le cylindre I,
- L = 10 000 XVnl?0 Dolog —
- P O
- et
- Pour le cylindre,II
- et
- Li = 10 000 Vn 120 pi,
- L = 10 000 X Vn 60 p0 log — P°
- d’où, pour, les deux cylindres
- Li = 10 000 Vn 60 pi,
- X — log — . pi &Po
- (6)
- Au sujet des températures de l’air contenu dans le cylindre à la fin de l’aspiration et à la fin de la compression, il faut admettre que :
- 1) L’organe de fermeture (robinet dans le cylindre I, soupape dans le cylindre II) ferme complètement le cylindre au début de l’expansion (point 3, ûg. 6 et 7), de sorte que l’air ne peut refouler du réservoir dans le cylindre ;
- 2) La température de l’air dans le cylindre est, au début de l’expansion, égale à la température de sortie mesurée à la soupape de compression. En outre, dans le cylindre I, la température de l’air, dans l’espace nuisible compris entre le robinet et la soupape, est égale à la température de sortie ;
- 3) La constante du gaz R est la même pour l’air contenu dans le cylindre, quelle que soit la position du piston.
- Comme le poids de l’air qui entre dans le cylindre à chaque course aspirante est connu par le compteur, il en résulte que le poids d’air contenu dans le cylindre est facile à déterminer pour toutes les positions du piston. En même temps, d’après le diagramme de l’indicateur, on peut déterminer le volume et la pression correspondants, et la température se déduit ensuite immédiatement de l’égalité des poids d’air.
- Pour le cylindre I, sans pression équilibrée, on a, à la fin de l’aspiration (point 1, fig. 6), pour le poids de l’air
- P3 eV P0 XV 1 — RTs RT0
- T, =
- foT° (1 + £)
- * + Po T3 £
- à la fin de la compression (point 2, fig. 6) ; le poids d’air est de
- 0)
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- 442
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MARS 1908.
- P o désignant la pression dans l’espace nuisible, entre le robinet et la soupape de pression, avant le retour de l’air dans le cylindre, et la température est de
- i
- T 2
- Va
- V
- P 0
- T»
- k+£(?îs+??
- 1 3 \ Po fo
- (8)
- Pour le cylindre II, Tt et T2 dérivent également des égalités (7) et (8), si l’on pose
- £, = 0.
- D’une manière analogue' on obtient, pour le cylindre I, avec pression équilibrée, d’après le diagramme figure 7, la température à la fin de l’aspiration pour la détente isothermique avec TC=T3,
- Tis ^1 + £ + 82 — 6^
- To
- P g lo / , , \
- l + pofl\S + Z2'raJ
- (9)
- et pour détente adiabatique, avec T6 = T3
- Po
- .Po
- X — 1 X
- T i ad. —
- 1 + £ + £2 — 8
- To
- P o f3
- .(10)
- car, dans tous les essais, on avait pi=p0.
- Si l’on distingue par un accent les grandeurs relatives au côté arrière du cylindre le poids d’air, pour un tour, est, à la fin de la compression (point 2, flg. 7) :
- G2 + G*2 = '
- ' RTo
- UT;
- RI 3
- On obtient ainsi, pour valeur moyenne de la température au point 2 :
- To
- T2m —
- P o
- v2 w
- Y + T
- 2 P3 T? Y pf To V3 ' p0Ts V + p0 T3' V + Po
- To , , To
- £1 Ÿ3 + £1 Y'
- (11)
- Les figures 8 à 10 donnent les résultats des différents essais; les traits gros se rapportent aux fortes réfrigérations et les traits fins aux faibles réfrigérations.
- Les essais démontrent qu’il est impossible de calculer la quantité d’air aspirée par un compresseur d’après le rendement volumétrique; la différence entre la quantité d’air réellement aspirée et celle calculée d’après le rendement volumétrique s’élève à 21 p. 100 pour le cylindre I sans équilibre de pression, à 7 p. 100 pour le cylindre II, et à 34 p. 100 pour le cylindre I avec équilibre de pression.
- Si l’on compare les différents résultats obtenus avec le cylindre I, on voit que la marche avec pression équilibrée diminue le rendement 1 et le rendement indiqué vjt. Il faut noter cependant que le cylindre n’avait pas été construit pour fonctionner de cette manière.
- Les résultats montrent de plus que l’intensité de la réfrigération n’a qu’une très faible influence sur le rendement volumétrique, sur l’exposant de la courbe de compression et sur la pression moyenne indiquée.
- L’utilité d’une forte réfrigération est de diminuer réchauffement de l’air pendant l’aspiration, d’où l’élévation du rendement.
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- MACHINE D’EXTRACTION A RETOUR d’AIR.
- 443
- Le meilleur rendement a lieu à la vitesse de 100 tours par minute, dans le cas du eylindre I sans pression équilibrée. Pour le cylindre II et le cylindre I avec équilibre de pression, le rendement n’atteint sa valeur maxima qu’à des vitesses plus élevées que celles des essais.
- En général, on doit marcher à des vitesses différentes, suivant qu’il s’agit d’obtenir un débit aussi grand que possible ou d’utiliser au mieux le travail indiqué du compresseur.
- Enfin les essais indiquent que les rendements X et *t\i du cylindre I diminuent rapi-
- Fig. 10. — Cylindre II.
- dement pour des pressions croissantes, et que l’emploi de grandes quantités d’eau de réfrigération ne les améliorent que très peu.
- Le meilleur moyen d’augmenter les rendements, notamment dans le cas de compresseurs à double effet avec enveloppe réfrigérante et pressions élevées, est l’emploi de compression en cascade. Le rendement de chaque cylindre est alors meilleur, à part toutefois celui du premier, qui aspire dans l’atmosphère, si l’on comprime en cascade en refroidissant l’air à la température initiale dans les réfrigérants intermédiaires, car le poids d’air par rapport à la capacité du cylindre est plus petit, de sorte que réchauffement pendant l’aspiration est diminué.
- MACHINE d’extraction A RETOUR D’AIR DES CONSOLIDATED GOLD FIELDS, TRANSVAAL (1)
- Le principe du système dit à retour d’air consiste à faire «marcher les moteurs à air comprimé d’une installation par toujours, aux fuites près, le même air circulant
- ^1) Engineering, 13 mars 1908, p. 334.
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- Fig. 1. — Machine d’extraction Fullerton à retour d’air,
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- MACHINE D’EXTRACTION A RETOUR d’AIR.
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- dans un réseau de conduites de distribution qui le ramène au compresseur. On peut ainsi, avec une détente très faible, obtenir un rendement supérieur à celui que permettrait, dans un circuit ouvert, la détente maxima limitée par la formation de glace au sortir des moteurs. Les fuites sont récupérées par un compresseur auxiliaire. Lorsque le circuit comprend des perforatrices, on peut y dériver une partie de cet air, qui y fonctionne sans détente à la pression de retour et s’échappe dans l’atmosphère.
- La machine d’extraction représentée par la figure 1, construite par Fullerton, à Paisley, est un exemple remarquable d’application de ce système. Elle remorque, sur une descenderie à 38° et de 1 050 mètres de long, des charges de 4 900 kilos, dans des bennes de 3 400 kilos, à des vitesses pouvant atteindre 15 mètres par seconde. Durée moyenne d’une ascension 120 secondes. Diamètre du câble en acier 30 millimètres.
- La machine est à deux cylindres de 680 x lm,22, avec deux tambours de 3 mètres X lm,22 de large, embrayables indépendamment. Pression d’admission de l’air comprimé 12 kilos absolus, de l’échappement 6 kilos. La distribution se fait au moyen de robinets Corliss permettant une admission de 2 p. 100 à la totalité de la course, variable par une coulisse, qui sert aussi au changement de marche, et dont le bas commande l’échappement. Des soupapes d’équilibre laissent rentrer l’air d’échappement au cylindre dès que la pression y tombe au-dessous de celle de retour par le fait d’une admission très faible.
- Le graissage y est à huile forcée par une pompe aux cylindres, aux stuffïng boxes semi-métalliques des tiges des pistons et aux axes des robinets.
- Chacun des tambours porte un indicateur de position des bennes, un avertisseur sonne quand elles arrivent à 18 mètres de la sortie de la descenderie, qui est, elle-même, au bas d’un puits de 1200 mètres de profondeur. Les poulies des freins à sabots ont 3“,10 de diamètre et 300 millimètres de large; ces sabots sont serrés par un levier à contrepoids avec cataracte à huile commandé par l’air comprimé admis aux cylindres des freins par un levier dont la réaction sur la main du mécanicien est proportionnelle au serrage du frein.
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- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 28 FÉVRIER 1908
- Présidence de M. Gruner, président.
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires, présentent, avec remerciements aux donateurs, les ouvrages suivants, offerts pour notre bibliothèque:
- M. Hitier.
- De la part de M. Jules Garçon, notre bibliothécaire, deux très importantes brochures, appelées à rendre les plus grands services aux travailleurs en facilitant leurs recherches: ce sont les catalogues de la bibliothèque de la Société, chimique de France; l’un comprenant le catalogue alphabétique des matières et la table alphabétique des auteurs; l’autre, la liste alphabétique et analytique des publications périodiques (Paris, Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain).
- Notre collègue M. René Grenier, ingénieur civil des Mines, président du syndicat de la Meunerie de la Marne, minotier à Pocancy (Marne), nous a adressé une série de notes, rapports et mémoires dont il est l’auteur :
- La plupart de ces études ont trait à la question des blés et des farines: Sélection des blés et farines, le blanchiment des farines, la falsification des farines, etc. ; un mémoire est consacré à une question d’ordre scientifique : Le Mont-Aimé, aperçu géologique et géographique ; un autre rapport a trait aux questions ouvrières, c’est un Rapport sur les retraites ouvrières. Dans toutes ces études on sent que l’auteur ne parle pas a priori, en simple théoricien, mais en industriel qui a vécu les questions qu’il traite : et c’est ce qui en fait le grand intérêt.
- La lutte contre les microbes, par le docteur Étienne Burnet. Un volume in-18 jésus (librairie Armand Colin, rue de Mézières, 5, Paris), broché 3 fr. 50.
- Les études recueillies dans ce livre n’ont pas été groupées au hasard. Elles portent sur différents types de maladies infectieuses ; elles sont assez représentatives des problèmes et des méthodes de la médecine expérimentale. La série, comme le dit fort bien M. le docteur Étienne Burnet, pourrait être intitulée : Ce qu'on cherche aujourd'hui au laboratoire pour lutter contre les microbes.
- Pour donner un aperçu de l’œuvre accomplie en médecine et en hygiène depuis la révolution pastorienne, l’auteur a choisi les principaux types de maladies infectieuses ; et c’est à
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- propos de questions concrètes qu’il expose les méthodes et les résultats généraux de la médecine nouvelle.
- Qu’est-ce qu’un vaccin? Qu’cst-ce qu’un sérum ? Qu’est-ce que le cancer? Où en sommes-nous avec la tuberculose ? Qu’est-ce que cette maladie du sommeil, fléau du continent noir? Gomment ont été découverts et comment agissent les sérums antitoxiques? Qu’est-ce que l’entérite? Répondre à ces questions, c’est exposer ce que font aujourd’hui les savants dans leur laboratoire pour lutter contre les maladies microbiennes.
- Un chapitre sur la variole et la vaccine rattache les découvertes de l’école de Pasteur à la splendide découverte de Jenner, qui en fut la première inspiratrice. On a réimprimé, en appendice, le principal opuscule de Jenner sur la « petite vérole des vaches », —texte bien difficile à se procurer aujourd’hui.
- L’ouvrage du docteur Burnet est un ouvrage de vulgarisation, c’est vrai ; mais voici comment l’auteur comprend la vulgarisation pour en faire une œuvre vraiment utile. « La vulgarisation, c’est le choix. La règle est de laisser dans l’ombre tout ce qui, de la partie technique, ne possède pas une valeur éducatrice ; d’expliquer l’essentiel en des termes que les savants de profession ne désavoueraient pas; de présenter la science en tant que libérale et humaine; de viser plus haut que l’intérêt immédiat de curiosité et d’offrir à ceux que leurs occupations tiennent éloignés du travail scientifique, des idées justes sur la place et le pouvoir de l’homme dans la nature. »
- M. Toulon.
- Précis arithmétique des calculs d’emprunts à long terme et de valeurs mobilières, par
- Henri Sarrette, ancien élève de l’École Polytechnique, inspecteur à la comptabilité générale des chemins de fer de l’Ouest. (Paris, Gauthier-Villars, 1908).
- Cet ouvrage est un exposé à la fois théorique et pratique des calculs d’emprunts et de valeurs mobilières. Il contient des renseignements clairs et précis, accompagnés de nombreux exemples et de tables pour faciliter les calculs. L’auteur y traite en particulier une question toute d’actualité, l’influence qu’aura l’impôt sur le revenu, sur la valeur et le taux des titres d’emprunt. C’est un ouvrage d’une utilité pratique incontestable.
- Appareils pour la production de la force motrice à l’exposition de Liège en 1905.
- .M. Hubert, inspecteur général des Mines, professeur à l’Université de Liège.
- C’est une monographie des appareils qui ont été installés à l’Exposition universelle de Liège en 1905. Les intéressantes descriptions que contient cet ouvrage sont très instructives et constituent un souvenir de cette exposition internationale où la Belgique a su réunir un remarquable ensemble des applications industrielles.
- Chambre de commerce d'Orléans et du Loiret. — Les voies navigables de la France à propos du canal de Nantes à Bâle, par F. Arnodin.
- La Chambre de commerce d’Orléans et du Loiret s’intéresse aux voies navigables, et publie le rapport d’un de ses membres, M. Arnodin, à propos du canal à créer de Nantes à Bâle. Les questions de navigation touchent à des intérêts nombreux et complexes; il est utile que de nouveaux documents viennent à élucider ces difficiles problèmes.
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- Encyclopédie des aide-mémoire. (Paris, Gauthier-Villars).
- Deux volumes nouveaux viennent s’ajouter à l’Encyclopédie des aide-mémoire, section de l’Ingénieur :
- L’un, de M. Pujol, capitaine du génie, traite de la maçonnerie et des matériaux divers.
- L’autre, de M. Vladimir de Vulsich, est intitulé : Les produits industriels des goudrons de houille et leurs applications. Les goudrons de houille offrent un intérêt considérable au point de vue industriel; ce petit ouvrage sera fort utile pour les spécialistes.
- Guide in the search department of the Patent Office library.
- Ce petit manuel est un guide pour les recherches de brevets et un catalogue des ouvrages principaux à consulter à ce sujet dans chaque spécialité et dans tous les pays.
- Enfin la maison Lumière nous a envoyé un agenda qu’elle publie et qui contient les renseignements les plus utiles pour les photographes.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieubs,
- Vous savez que l’application des turbines à vapeur sur les navires présente une grande difficulté de principe : l’obligation de donner à ces turbines une très faible vitesse de rotation pour leur permettre d’actionner directement les hélices à des vitesses compatibles avec un bon rendement de ces hélices. De là, des turbines gigantesques, comme celles que je vous ai montrées sur la Lusitania et la Mauretania; turbines d’une installation coûteuse, se prêtant assez difficilement aux manœuvres. Un ingénieur anglais, M. Mavor, dans une communication présentée au dernier meeting de VInstitution des ingénieurs et constructeurs de navires d’Ecosse, a proposé de remplacer les grandes turbines actuelles par une turbine unique à grande vitesse, de rendement maximum, et commandant une dynamo qui actionnerait à des vitesses variables d’autres dynamos montées sur les arbres des hélices, et réversibles. C’est remplacer la complication des nombreuses turbines à marche lente compound et réversibles par celle de ces dynamos, mais rien ne dit que cette dernière ne soit pas plus simple que la première, et il se peut fort bien que la perte de cette transmission électrique soit compensée par le meilleur rendement de la turbine unique, surtout aux faibles puissances. En fait, l’étude d’un projet de ce type pour une puissance de 17 000 chevaux, avec des hélices de 4m,20 de diamètre marchant à 140 tours par minute, et d’un rendement de 70 p. 100, assurerait d’après M. Mavor la supériorité à l’installation électrique comme rendement, prix d’installation et facilité de conduite. Ce n’est encore qu’un projet/mais qui, en raison de la compétence de son auteur et de l’attention qu’il suscite en Angleterre, méritait de vous être signalé (1).
- Comme complément aux nombreux appareils de levage dont je vous ai fréquemment entretenus dans ces causeries et dans notre Bulletin, je vous demanderai la permission
- (1) Times. Engineering Supplément, 26 février 1908
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- de faire passer sous vos yeux quelques projections de types récents, destinés à vous montrer le progrès incessant de ces appareils dans les applications les plus variées, principalement dans celles aux grandes puissances exigées pour les services des chantiers, des gares et des ports.
- Les derricks, dérivés directement des grues de navires, excessivement simples et rustiques, ont pris, sur certains chantiers, des développements très remarquables : jusqu’à des puissances de 100 tonnes avec volées de 24 mètres (1). On peut accroître encore la mobilité de ces grues en faisant porter leurs appuis sur des chariots roulants. Tel est le cas du derrick que vous montre cette projection, monté sur une base triangulaire à 3 trucks sur voies normales écartées de 10m,50. La charge de 20 tonnes s’enlève à une volée de 21 mètres; cet appareil a rendu les plus grands services dans la construction des quais du port de Douvres (2).
- Le grand derrick de 150 tonnes construit par Cowans-Sheldon pour les ateliers de John Brown, Clidebank, et que vous montre celte projection, peut lever 150 tonnes à la volée de 19m,50, et 30 tonnes à celles de 36 mètres ; hauteur au-dessus du quai, avec la volée de 19m,50, 53 mètres. Le derrick est monté sur 3 cylindres en acier de 3,u,20 de diamètre, foncés à une profondeur de 18 mètres et remplis de béton. Les différents mouvements sont commandés par 4 dynamos de 65 chevaux. La charge de 150 tonnes monte à la vitesse de lm,20 par minute. La projection vous montre ce derrick en train d’enlever l’une des chaudières doubles de la Lusitania.
- La grue hydraulique d’Armstrong, que vous montre cette-projection, est aussi de 150 tonnes, qu’elle peut lever à la volée de 30m,25 par deux crochets mouflés de 75 tonnes. L’inclinaison de la volée, qui peut varier de 30 mètres à 1m,30, est commandée par les cylindres inclinés que vous voyez en arrière des cylindres verticaux de levée. La grue peut faire un tour complet en une minute et quart, et lève ses 150 tonnes à la vitesse de 9 mètres par minute. Elle est installée aux ateliers d’Elswick sur Tyne (3).
- Voici encore un appareil du même genre, aussi de 150 tonnes, installé au port de Hambourg, levant sa charge à la vitesse de lm,50 par minute, et commandé par des dynamos.
- La grue du type « Titan », que vous montre cette projection, ne vous est présentée que comme contraste, en raison de sa grande puissance et de sa lourdeur, avec le type suivant de Mohr Federhaff, à Manheim, remarquable par sa légèreté et la longueur de sa volée de 20m,40, au bout de laquelle il lève une charge de deux tonnes. Sa voie de 3m,60 de large suffit à lui assurer la stabilité nécessaire sans attache d’aucune sorte. Cet appareil très simple peut rendre de grands services pour le déchargement des bateaux sur canaux et rivières en petits ports.
- Le pont roulant des ateliers vous est bien familier; il est facile d’en étendre l’application à des chantiers découverts en le montant sur des chevalets portés par des rails, et l’on est arrivé, comme vous le savez, et comme vous le rappelle cette projection, à leur donner ainsi une très grande importance. Ce pont est installé dans un parc d’aciérie, à Kladno, sur des chevalets roulants écartés de 14 mètres; sa longueur est de 35 mètres et sa hauteur de 8m,50. Sa charge normale est de 25 tonnes, son cha-
- (1) Chantiers d’Avondale. Bulletin de février 1906, p. 280.
- (2) Revue de mécanique, juillet 1904, p. 90.
- (3) Revue de mécanique, janvier 1908, p. 108.
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- riôt en pèse 12. La levée est commandée par une dynamo de 20 chevaux à la vitesse de 2ra,45 par minute ; la translation du chariot est commandée à la vitesse de 20 mètres-par une dynamo de 5 ch. 5, et celle de la grue à la vitesse de 30 mètres. Chacun des chevalets repose sur quatre roues, dont deux motrices, et tous les mouvements sont contrôlés par des freins.
- Si l’on supporte ce pont roulant, non par des chevalets, mais par un ponton, on obtient l’appareil représenté par cette projection. C’est un grand transbordeur flottant de l’arsenal de New-York,d’une force de 100 tonnes,sur ponton de 30 m. x. 18 m. x lm,30 avec cloisons le divisant en trois parties, dont celle du milieu renferme les contrepoids d’équilibrage qui s’y déplacent par un moteur suivant la marche de la charge sur sa poutre. Ce ponton peut porter son transbordeur avec une charge de 100 tonnes, et 300 tonnes d’autres matériaux enlevés par le transbordeur et qu’il flotte ensuite à l’endroit voulu La poutre a 63 mètres de long, et est portée par quatre chevalets, dont deux inclinés, et qui laissent passer, d’un bout à l’autre du ponton, au maximum de la levée, un cylindre de 6 mètres de diamètre. La vitesse de la levée est de 23 centimètres par seconde, celle de la translation du chariot de 35. Hauteur de la levée au-dessus du ponton 19m,50. La vapeur est fournie par deux chaudières de 80 chevaux.
- Les grands appareils de levage flottants ou sur pontons se répandent de plus en plus, surtout en Allemagne, comme vous le savez par notre Bulletin (1), ce qui me dispense d’y insister davantage. Je me bornerai à vous en signaler une application inattendue au déplacement* d’une baraque de quai de 6 x 24 x 13m,50 de haut, à New-York pesant 60 tonnes et qui a été, comme vous le montrent ces projections, déplacée de 45 mètres par deux derricks flottants: un de chaque côté du quai (2).
- Je terminerai en vous présentant deux appareils d’éclairage.
- Le premier est une lampe à arc à charbons à mèche. Je vous ai souvent entretenus de ces charbons, et dit que leur principal inconvénient est leur usure rapide, et qu’on avait, en vain, essayé d’y remédier en mettant leur arc en vase clos, parce que les fumées de cet arc ne tardaient pas à noircir les parois du vase. La lampe Jandus, que vous présente cette projection, a résolu, paraît-il, complètement ce pro- -blême (3).
- A cet effet, l’arc brûle (fig. 1) dans une cheminée en verre enfermée dans un globe clos, et communiquant, par le haut et par le bas, avec deux gros tubes creux. Les poussières de l’arc, entraînées dans une circulation d’air par ces tubes, se brûlent en partie pendant leur repassage sur l’arc, et le reste se précipite, non dans le vase clos, mais dans ces tubes plus froids, qu’il est facile de nettoyer en ouvrant le bas de la lampe.
- Dans cette lampe, le charbon négatif plein est en haut, le charbon positif inférieur est cannelé et contient, dans ses cannelures, la substance chimique de la mèche. Avec un courant de 5,5 ampères et 100 volts, l’arc est d’environ 25 millimètres de long et ne dépense que 0sr,9 environ de sels par heure. Une paire de charbons dure soixante-dix heures.
- Le second appareil d’éclairage est la lampe à pétrole à brûleur Roger, construite par M. Bardeau, 33, rue Dautancourt, Paris.
- (1) Grue flottante Bechem et Keetmann à Dantzig. Bulletin de février 1905, p. 269.
- (2) Engineering News, 10 décembre 1907.
- (3) Construite par Drake et Gorham, 60, Victoria St., London. Engineering, 21 février p. 256.
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- C’est une lampe à pétrole lampant, avec manchon vaporisateur et pétrole refoulé par de l’air comprimé à 2at,5 dans le réservoir qui sert au besoin de socle à la lampe; le principe de son fonctionnement est facile à suivre sur cette projection (fig. 2). Le pétrole chassé par l’air comprimé arrive par une petite canalisation de 2 à 3 millimètres de diamètre, et qui peut avoir jusqu’à 30 mètres de long, dans le vaporisateur A par le
- Fig. 1. — Lampe à arc Jaiidus. Fig. 2. — Lampe à pétrole Bardeau Roger.
- petit trou t duquel il s’échappe dans un bec Bunsen B, et sa flamme s’étale sur une chicane G, percée sur ses bords, de trous par lesquels cette flamme, épanouie et très chaude, arrive au manchon. La partie de cette flamme qui ne va pas au manchon descend, comme l’indiquent les flèches, au chauffeur R du vaporisateur A.
- L’allumage initial se fait en chauffant A par une flamme d’alcool allumée en E, et dont une partie se brûle dans la rampe d’allumage F, dont les petits trous propagent graduellement la flamme jusqu’au manchon.
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- Cette lampe donne, comme vous le voyez, un éclairage stable, silencieux et très bon marché: une lampe de 1 000 bougies ne dépensant qu’un demi-litre de pétrole à l’heure. Une pareille lampe peut éclairer très bien un atelier de 200 mètres carrés et une cour de 10 000 mètres carrés. Elle a déjà reçu de nombreuses applications, parmi les plus intéressantes desquelles je vous signalerai les appareils portatifs pour wagons de secours, tels que celui qui fonctionne sous vos yeux, qui ne pèse que 10 kil. et peut marcher vingt-quatre heures sans interruption en remontant la pression deux fois seulement au moyen d’une petite pompe à air de vélo. On pourrait aussi l’employer très avantageusement en agriculture pour les travaux de nuit.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Bazin, ingénieur-directeur de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur de l’Ouest, présenté par MM. Bérard et Brüll.
- M. Henry d'Allemagne, archiviste paléographe, bibliothécaire honoraire de l’Arsenal, présenté par M. Larivière.
- M. Georges Bordeaux-Montrieux, président de la Commission des ardoisières d’Angers, présenté par M. Larivière.
- M. Ambroise Farcot, ingénieur-constructeur à Paris, présenté par M. Larivière.
- M. André Taille fer, ancien élève à l’Ecole polytechnique, docteur en droit, avocat à la Cour de Paris, présenté par M. S. Pector.
- M. Henri Bocher, ingénieur agronome, inspecteur principal des denrées alimentaires et produits agricoles, secrétaire général de la Société centrale d’Agriculture coloniale à Paris, présenté par M. Tisserand.
- M. Rainai (Jules), fabricant d’instruments de chirurgie, présenté par M. Larivière.
- Conférence. — M. Wallon fait une conférence sur La photographie des couleurs.
- S’associant aux applaudissements répétés de l’auditoire, M. le Président remercie vivement M. Wallon de sa très intéressante communication.
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- SÉANCE DU 13 MARS 1908
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. Frachebourg, 38, boulevard Raspail, dépose un pli cacheté relatif à un appareil de photographie, pli remis au Secrétariat le 11 mars 1908.
- RAPPORTS DES SECRÉTAIRES :
- M. Hitier.
- M. le Ministre de l’Agriculture nous a adressé quelques cartes de circulation pour visiter le concours général agricole de Paris en 1908, qui se tiendra à la Galerie des Machines au Champ-de-Mars, du 18 au 24 mars prochain. Nous prions M. le Ministre de l’Agriculture d’agréer les remerciements de la Société pour cet aimable envoi.
- La Société a reçu de Saint-Pétersbourg une invitation à participer au Congrès international de Navigation, qui se tiendra à Saint-Pétersbourg en 1908, sous le haut patronage de S. M. l’Empereur de Russie. Ce sera le 11e Congrès international de Navigation; le dernier s’était tenu à Milan en 1905, et, auparavant, le Congrès s’était réuni deux fois à Paris en 1892 et en 1900.
- Les organisateurs du 11e Congrès désirant élargir le domaine des questions spéciales à soumettre à l’examen des membres de ce Congrès, ont augmenté le programme de ses travaux par l’introduction dans la première sêction de Navigation intérieure des questions relatives à 1’ « utilisation industrielle et agricole des eaux », et dans la seconde section, celle de la navigation maritime, de questions de la « sécurité de la navigation maritime ».
- A l’occasion du Congrès, des excursions scientifiques s’y rattachant seront organisées pour faire connaître aux congressistes quelques voies fluviales, canaux et ports maritimes de la Russie.
- Nous avons reçu du Comité des Coloniaux français, 18, rue Le Peletier, la communication suivante :
- Le Congrès Colonial Français de 1908 se réunira à Paris, le 1er juin, à l’École des Hautes Études commerciales, 108, boulevard Malesherbes.
- En dehors des travaux des Sections et des Commissions, le Congrès tiendra des séances plénières de l’après-midi, et organisera des conférences publiques du soir, où seront traitées les questions suivantes, qui sont toutes, dans les diverses parties de notre domaine colonial, d’une actualité immédiate :
- A. — Les concessions territoriales et la propriété du sol aux colonies et spécialement en Indo-Chine.
- B. — La question de l’opium.
- C. — La réorganisation des Conseils locaux.
- D. — Le Transafricain français.
- E. — La réorganisation des troupes coloniales.
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- F. — Les sociétés de mutualité et de prêts indigènes.
- G. — Les transports postaux et maritimes avec l’Extrême-Orient,
- H. — Le Conseil supérieur des Colonies.
- I. — La séparation des pouvoirs administratif et judiciaire.
- De plus, une consultation économique et fiscale est instituée par nos soins, auprès des raisons sociales et toutes industries installées ou ayant des intérêts aux colonies. Les résultats de cette consultation seront d’abord résumés dans une séance plénière du Congrès, et ensuite publiés in extenso dans un volume spécial, accompagnés des conclusions pratiques qu’ils auront inspirées. La réalisation de ces conclusions sera poursuivie auprès des Départements compétents par le Comité permanent du Congrès.
- Nous pensons qu’un tel programme, indépendamment des autres questions qui seront traitées dans l’intérieur des sections, est de nature à intéresser tout le public colonial et à l’engager à participera notre œuvre. Les rapports et études concernant les questions qui précèdent devront être adressés au Secrétariat général, 18, rue Le Peletier, par les soins de qui ils seront remis aux Présidents de séance et aux Rapporteurs spéciaux.
- Nous saisissons cette occasion de vous rappeler que, jusqu’à la date du 10 mai, nous acceptons volontiers les rapports qui peuvent relever de l’une quelconque de nos Sections, où ils seront présentés, discutés et, s’il y a lieu, publiés. Nous vous rappelons également que l’adhésion au Congrès donne droit à l’entrée de nos séances, à la réception des rapports imprimés et publications, et à la réduction du prix de passage sur les chemins de fer.
- Parmi les ouvrages offerts à la Société, je vous signalerai : Les Jardins ouvriers, les Habitations à bon marché, par MM. A.-L. Gravier et H. Latière, Paris, chez Lucien Laveur, éditeur, 13, rue des Saints-Pères.
- Analyse chimique industrielle, ouvrage publié sous la direction de G. Lunge, professeur au Polytechnicum de Zurich, avec la collaboration de techniciens et de spécialistes, traduit de l’allemand, par £m. Campagne, ingénieur chimiste. — 2e volume : Industries organiques; in-8° de 904 p., avec 118 ûg: Broché, 27 fr. 50; cart., 29 fr. ; l’ouvrage complet forme 2 vol. in-8°, avec flg. Brochés, 50 fr.; cart. 53 fr. (H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, VI).
- Le traité d’analyse chimique industrielle, dont le second êt dernier volume vient de paraître, est une traduction partielle de l’important ensemble des travaux réunis et publiés par G. Lunge, sous le titre de Chemistetechnische Untersuchungsmethoden, lequel comprend trois volumes formant ensemble plus de 3 000 pages. Les chapitres contenus dans le premier volume de la traduction française étaient extraits des deux premiers volumes de l’édition allemande. Le second volume est extrait du troisième tome de l’édition allemande réservé aux industries organiques.
- Chacune des monographies composant le présent ouvrage est l’œuvre d’un technicien faisant à bon droit autorité dans la spécialité. C’est ainsi que le chapitre Amidon, par exemple, a été écrit par le directeur de la station d’essais pour la culture de la pomme de terre à Berlin; que le chapitre relatif aux matières colorantes organiques a été traité par le professeur R. Gnehm, de Zurich, etc., etc. De plus, le plan général adopté pour chacun des chapitres est complètement différent de celui que l’on observe dans les traités classiques d’analyse chimique. En effet, pour chacune des industries considérées, on envisage successivement les points suivants : 1° Analyse des matières premières; 2° Contrôle des différentes phases de la fabrication; 3° Essai des produits fabriqués.
- Toutes les questions analytiques qui se présentent au chimiste spécialisé dans une industrie particulière sont abordées successivement et résolues par les méthodes les plus récentes, et surtout les plus pratiques. Cet ouvrage est le résultat d’une longue expérience faite pour
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- adapter les méthodes scientifiques au travail du laboratoire chargé de contrôler et de régler la marche des opérations industrielles.
- L’ouvrage de Lunge a obtenu le plus grand succès en Allemagne. On le trouve dans tous les laboratoires industriels au même titre que les ouvrages classiques d’analyse chimique de Fresenius. Nous croyons que le public français réservera un bon accueil à la traduction que M. Campagne, ingénieur-chimiste, ancien élève de l’Institut chimique de Nancy, et très au courant des questions de chimie analytique, a bien voulu en. faire au profit de l’industrie chimique française.
- Enfin,Messieurs,, je vous ai présenté dernièrement un ouvrage intitulé : Le Cinquième Congrès du Sud-Ouest Navigable, compte rendu des travaux, actes et résolutions du Congrès, et puisque, ce soir, il va être question précisément de l’aménagement de nos montagnes et du reboisement, je tiens à vous signaler, parmi les très intéressants rapports présentés à ce Congrès, celui de M. Henry, professeur à l’École nationale des Eaux et Forêts, relatif aux Forêts et aux Pluies.
- Le savant professeur de notre École Forestière, dans ce rapport, établit, d’une façon très nette, les propositions suivantes :
- Dans les plaines des latitudes moyennes, la forêt abaisse le niveau des eaux souterraines. Ce fait, constaté en 1895, par M. Olotzky, dans les forêts qui occupent la région méridionale des terres noires de la Russie, a été confirmé ensuite par les sondages effectués dans les régions septentrionales de la Russie.
- Ces résultats étaient tellement en opposition avec les idées régnantes, qu’il était urgent de les vérifier et de voir si des conditions climatiques différentes, notamment une bien plus forte pluviosité, n’arriveraient pas à modifier, voire à intervertir les rapports obtenus en Russie.
- M. Henry, à l’aide de crédits mis à sa disposition par notre collègue, M. Daubrée, directeur général des Eaux et Forêts, fit des recherches relatives à l’influence des forêts sur les eaux souterraines dans le nord-est de la France. Elles confirmèrent pleinement celles faites en Russie. Le niveau des eaux souterraines est, en toutes saisons, dans le nord-est de la France (forêt domaniale de Menden,près Lunéville, de 3 décimètres au moins plus bas sous bois que hors bois (observations de 28 mois, du 4 mai 1900 au 24 août 1902). C’est que la quantité d’eau évaporée sur les feuilles des arbres est plus grande que celle qui est évaporée par les autres récoltes. Mais, de ce fait, découle une heureuse conséquence. Par suite de cette énorme transpiration des massifs boisés, l’air est plus humide au-dessus des grands massifs boisés. L’observation a été maintes et maintes fois constatée par les aéronautes, entre autres par le colonel Renard.
- Les masses boisées humidifiant et refroidissant l'air au-dessus d’elles jusqu’à une grande hauteur (1 500 mètres), favorisent la condensation de la vapeur atmosphérique, d’où cette nouvelle proposition qu’établit M. Henry : la forêt augmente la pluviosité.
- Dans quelle mesure la forêt augmente-t-elle la pluviosité d’une région? c’est ce qu’étudie ensuite M. Henry, en montrant du reste que, si le reboisement ne peut qu’augmenter la pluviosité, il le fait dans une mesure très variable suivant les courants aériens, suivant la topographie, suivant l’humidité du sol boisé et beaucoup d’autres causes.
- Enfin M. Henry démontre comment, en moutagne, la forêt entretient les sources, pour ces raisons, entre autres, que, dans les forêts munies de leur humus, de leur couverture morte, tout ruissellement même sur les fortes pentes est supprimé, et encore parce que les montagnes boisées ont une action bien plus importante sur les précipitations atmosphériques que les montagnes dénudées.
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- MARS 1908.
- Le rapport de M. Henry : « Les Forêts et les Pluies », est, nous ne saurions trop le répéter, des plus intéressants, et les conclusions auxquelles aboutit l’auteur ne sauraient trop être connues en France, puisqu’elles montrent le rôle bienfaisant si grand que jouent les forêts au point de vue de la distribution des pluies, de la répartition et de la conservation des eaux souterraines, dont l’utilité apparaît chaque jour plus considérable pour l’industrie et l’agriculture.
- M. Toulon.
- Les industries insalubres, établissements classés, par Coreil, directeur de la boucherie
- d’hygiène à Toulon, et Nicolas, chef de bureau à la Préfecture du Var, Paris,
- librairie H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- C’est un ouvrage à la fois technique et administratif,' qui réunit tous les renseignements relatifs aux établissements classés et apporte ainsi une documentation très utile à un grand nombre d’industries,
- La première et la deuxième partie de ce livre traitent de l’historique de la législation en vigueur et de l’examen des différentes formalités préalables à l’ouverture de ces établissements. Dans la troisième partie, on étudie les inconvénients des industries insalubres et les moyens de s’en préserver. La quatrième est consacrée à la réglementation des établissements soumis à un régime spécial. La cinquième est une Monographie des principales industries insalubres comprenant leur description sommaire, leurs inconvénients et les conditions techniques qui leur sont ordinairement imposées. Dans la sixième partie, on expose les dispositions législatives concernant l’hygiène et la sécurité des travailleurs. On reproduit enfin, dans la septième partie, les décrets, ordonnances et instructions s’appliquant à tous les établissements classés.
- L’éclairage électrique économique. Les nouveaux modes d’éclairage électrique, A. Berthier, ingénieur, Paris, librairie H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Il y a cent ans, l’éclairage ne présentait que peu de solutions : l’huile et la cire.
- L’éclairage au gaz, inventé par Lebon en 1801, fut appliqué pour la première fois en Angleterre à l’éclairage des rues; il ne fut employé à Paris que vers 1818. L’arc électrique a été découvert par Davy en 1821, la lampe à incandescence n’est devenue industrielle, grâce aux recherches d’Edison, que vers 1880.
- Aujourd’hui la découverte du docteur Auer de Welsbach est venue transformer l’éclairage au gaz. L’acétylène a eu des débuts particulièrement brillants. Mais de nouveaux et récents perfectionnements permettent d’assurer le premier rang à l’électricité.
- M. A. Berthier a, dans cet ouvrage, passé en revue les combinaisons les plus récentes, en s’attachant plus spécialement à celles qui présentent le meilleur rendement et assurent l’éclairage le plus économique.
- Cette étude comprend cinq parties principales : la première expose les notions générales relatives à l’éclairage et à la photométrie ; la seconde est consacrée aux nouvelles lampes à arc à air libre ou en vase clos; la troisième est relative aux progrès de l’incandescence; la quatrième traite la question de la lampe à vapeur de mercure; enfin la cinquième partie comprend une étude comparative des divers modes d’éclairage électrique.
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- MARS 1908.
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- Notice sur un dispositif d’allumage instantané des lanternes à gaz à incandescence expérimenté à la Compagnie des chemins de fer de l’Est, extrait de la Revue générale des
- Chemins de fer (février 1908), par M. Biard, chef principal du matériel roulant à la
- Compagnie des chemins de fer de l’Est et M. Mauclère, inspecteur du matériel roulant à la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- M. Biard, membre de notre Société, ingénieur principal à la Compagnie de l’Est, a offert à notre Société une note qu’il a rédigée en collaboration avec M. Mauclère, inspecteur à la Compagnie de l’Est, sur un dispositif d’allumage instantané des lanternes à gaz à incandescence. Ce dispositif a été expérimenté sur deux moteurs de la Compagnie de l’Est ; c’est à l’aide d'une machine magnéto-électrique actionnée à la main que l’allumage est obtenu.
- Le système paraît très avantageux pour la conservation des manchons, la rapidité de l’allumage et la réduction des dépenses. La Compagnie de l’Est se propose d’étendre l’application du dispositif imaginé dont tous les détails ont été parfaitement étudiés.
- Premier congrès international de la Route. Aménagements des routes en vue de leur adaptation aux nouveaux moyens de locomotion.
- Dans la correspondance reçue par notre Société, figure une nouvelle qui mérite une mention toute spéciale. C’est l’annonce du premier congrès international de la Route qui sera tenu à Paris, cette année même, en 1908.’
- Ce congrès, provoqué sur l’initiative du gouvernement de la République française, a pour but d’attribuer l’aménagement des routes en vue de leur adaptation aux nouveaux modes de transport.
- Les questions qui résultent de ce programme soulèvent de nombreux problèmes et intéressent d’importantes industries. La France a toujours été fière de ses routes; sans être taxé de chauvinisme, il est permis de constater le soin avec lequel sont construits et entretenus nos chemins, souvent jusqu’aux plus modestes. Peut-être même, le bon état de nos routes a-t-il pu contribuer, au moins pour une modeste part, à favoriser le prodigieux essor qu’a pris depuis quelques années l’industrie automobile dans notre pays.
- La France était donc particulièrement qualifiée pour prendre l’initiative d’une étude générale des nouvelles conditions qu’impose à la route la transformation des modes de transport et pour provoquer la réunion du premier Congrès international de la Route.
- C’est ce qui a été admirablement compris.
- Le Congrès de la Route se présente sous le haut patronage du Président de la République, du président du Conseil, ministre de l’Intérieur, du ministre des Travaux publics, du ministre des Postes et Télégraphes et du ministre des Affaires étrangères.
- Le Comité de patronage a pour présidents d’honneur le Préfet de la Seine, le Préfet de police, le Président du Coi.seil municipal de Paris, le Président du Conseil général de la Seine. Parmi les membres de ce Comité, figure le Président de notre Société, M. Gruner, que nous devons remercier de nous associer à une œuvre éminemment utile et due aux progrès d’une industrie vraiment française.
- La Commission d’organisation du Congrès a pour président :
- M. Lethier, inspecteur général des Ponts et Chaussées.
- M. le baron de Zuylen, président de F Automobile-Club de France.
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- M. Ballif, président du Touring-Club de France.
- Le Secrétaire général est. M. Heude, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Je ne puis vous énumérer toutes les notabilités qui ont donné leur adhésion et apportent leur concours au Congrès.
- Je me bornerai à vous indiquer sommairement comment le Congrès est organisé et quels seront l’ordre et l’importance de ses travaux.
- Le Congrès s’ouvrira le 11 octobre prochain dans les salles du Jeu de Paume sur la terrasse des Tuileries ; sa durée sera d’une semaine.
- Les questions étudiées et soumises à la discussion sont réparties entre deux sections :
- La construction et l’entretien ;
- La circulation et t’exploitation.
- Sans entrer dans trop de détails je peux vous citer les titres de ces questions, afin de vous permettre d’apprécier la variété des problèmes à résoudre ;
- Pour la construction et l’entretien :
- — La route actuelle ;
- — Les procédés généraux d’entretien ;
- — La lutte contre l’usure et la poussière ;
- — La route future.
- En ce qui concerne la circulation et l’exploitation :
- — Los effets des nouveaux modes de locomotion sur les chaussées ;
- — Les effets des chaussées sur les véhicules;
- — Les signaux de la route ;
- — La route et les services de transports mécaniques.
- Le Congrès ne comprend pas seulement la préparation de rapports sur ces diverses questions et leur discussion. Une exposition internationale est annexée au Congrès, afin de montrer toutes les applications industrielles qu’entraîne l’adaptation de la route aux nouveaux modes de transport. Les modèles, cartes, dessins formeront une classe de cette exposition. Une autre classe comprend les matériaux et l’outillage. Enfin, pour la circulation et l’exploitation, une troisième classe de l’exposition contiendra les organes des véhicules dans leur rapport avec la chaussée, et les signaux divers de la route.
- Pour être membre du Congrès,il faut verser une cotisation de 20 francs, qui donne droit aux procès-verbaux et publications des diverses sections. Un versement de 100 francs au minimum donne le titre de membre fondateur. Les personnes de la famille des membres du Congrès peuvent être membres associés avec une cotisation de 10 francs. Pendant toute la durée du Congrès, diverses excursions seront organisées, en particulier un voyage à Nice pour visiter des routes spécialement aménagées. Les membres titulaires et associés du Congrès obtiendront des réductions sur les tarifs de chemins de fer, 50 p. 100 probablement.
- Tels sont, Messieurs, sommairement résumés, le but et l’organisation du Congrès international de la Route, au mois d’octobre prochain, à Paris.
- Nous pensons que l’intérêt présenté par cette grande manifestation engagera de nombreux membres de notre Société à donner leur concours personnel à cette œuvre; le Congrès de la Route vient à son heure et représente l’éclosion de nouvelles méthodes destinées à favoriser à la fois la perfection de nos chemins et le progrès de l’automobilisme, cette industrie dont nous sommes, en France, si justement fiers.
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- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard :
- Messieurs,
- Vous savez tous que notre laboratoire national des Arts et Métiers est actuellement en état de crise; que cette crise dure depuis longtemps et ne paraît pas près de se terminer. En effet, la grande question qui est, paraît-il, de savoir s’il'faut à la tête de ce laboratoire un théoricien ou un praticien semble, ainsi posée, tout à fait insoluble, à moins qu’on ne mette tout le monde d’accord en disant qu’il ne faut pas de directeur, ou que, s’il en faut un, ce directeur devrait être à la fois théoricien et praticien; car, s’il est impossible de saisir toute la portée industrielle d’une question sans être au courant de l’industrie qu’elle intéresse, il semble également impossible d’y rien comprendre et rechercher avec méthode, précision et sûreté sans être guidé par un esprit scientique, c’est-à-dire par une théorie quelconque. Il faudrait, il semble, à la tête de ce laboratoire un homme ayant, non pas le génie, plutôt rare, mais la tournure d'esprit à la fois scientifique et industrielle de lord Kelvin; il se peut qu’il y en ait même parmi nos savants.
- On a, d’autre part,’ beaucoup reproché au laboratoire des Arts et Métiers la baisse de ses recettes, proclamées officiellement comme le critérium de la valeur de ce laboratoire, et c’est à ce propos que je vous signalerai ce qui vient de se passer pour un autre laboratoire, non pas semblable, mais analogue : le National Physical Laboratory de Londres, aussi en crise, non par sympathie avec le nôtre, ni pour des raisons de personnes, mais par suite de réclamations du public, qui trouve, au contraire, qu’il fait ou menace de faire trop de recettes.aiix dépens des ingénieurs conseils et autres, dont c’est le métier, et pas celui de l’État, d’opérer des essais courants de physique, de mécanique et de chimie, pour expertises, contestations et autres affaires, où il est, en général, question plutôt d’intérêts mercantiles que de déterminations scientifiques. A la suite de nombreuses protestations, émanant de particuliers et aussi de grandes institutions, telles que la Société chimique de Londres, reprochant trop vivement peut-être à ce laboratoire de tenir boutique d’expertises, le gouvernement anglais désigna une Commission chargée d’examiner ces réclamations, et cette Commission vient de présenter son rapport (1). Dans ce rapport, elle pose en principe que le laboratoire national de Londres, par le fait seul qu’il est subventionné de l’État, ne doit s’occuper que de recherches d’un intérêt général, que des particuliers ou des institutions privées ne peuvent pas faire aussi bien que lui. La question de gagner de l’argent par ses opérations doit rester secondaire; l’essentiel c’est que les recherches de ce laboratoire soient vraiment utiles à l’industrie anglaise, et non à tel industriel en particulier, ce qui n’est pas toujours la même chose, et elles doivent présenter, pour cela, le caractère à la fois scientifique et pratique exigé pour tous les travaux sérieux relatifs à la technique industrielle de nos jours. Si le laboratoire maintient et justifie sa réputation de conseiller scientifique des industries anglaises, les services qu’il leur rendra suffiront pour que les industriels d’Angleterre et, au besoin, l'État anglais lui assurent largement ses ressources, sinon il ne serait qu’une concurrence officielle et, par conséquent, déloyale (n’oublions pas qué nous sommes en Angleterre), faite avec l’argent de tous à un certain nombre de citoyens anglais, situation difficilement admissible là-bas.
- (1) The Engineer, 6 mars 1908, p. 2-47 et 248.
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- Fig. 1. — Four à cémenter au gaz de Y American Métal Treatment C°.
- Fig. 2. — Four à cémenter au gaz de Y American Métal Treatment C°.
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- Vous voyez comment cette question du rapport en écus d’un laboratoire national arrive à se solutionner de façons tout à fait opposées suivant que l’on est ou non partisan du tout à l’État. C’est à ce titre principalement que je vous signale cette crise du National Laboratory de Londres, d’ailleurs heureusement terminée aujourddiui, car elle montre bien toute la complexité du problème de l’organisation et du fonctionnement d’un laboratoire de ce genre, et combien serait chimérique l’espoir de tout y arranger opportunément de manière à contenter «toutle monde et son père ».
- Vous connaissez le procédé habituellement employé pour la cémentation des pièces de fer et d’acier et qui consiste, essentiellement, à soumettre des pièces, ensevelies dans la matière cémentante (charbon, noir animal, cyanures...)et enfermées dans des caisses de cémentation en fer, à une température et pendant un temps variant avec la nature de leur métal et la profondeur que l’on désire pour la pénétration de la cémentation.
- On a cherché bien des fois à remplacer ce procédé par un autre plus expéditif et régulier, consistant à opérer la cémentation par des gaz carburants ; mais il semble que ces tentatives n’ont guère eu, jusqu’à présent, grand succès; l’ancien procédé, perfectionné d’ailleurs et mieux étudié, s’est presque partout maintenu ; je crois néanmoins intéressant de vous signaler une nouvelle tentative de cémentation par le gaz qui paraît avoir eu plus de chance que les précédentes.
- Il s’agit du four à cémenter de Y American Mêlai Tveatrnent C°, d’Elisabeth, N. J., qui emploie le four tournant représenté par cette projection (fig. 1). La rotation de ce four sur ses galets B est (fig. 2) commandée par la transmission à vis sans fin CD ; les pièces à cémenter y sont enfermées dans un tube de fer entre les deux plateaux à garnitures d’amiante I. Les gaz destinés au chauffage arrivent autour de ce tube par des brûleurs G, au nombre de 5, et les gaz carburants ou cémentants, amenés entre les plateaux I par' le tube L, en sortent par J. A la fin de l’opération, on redresse le four en le faisant tourner autour de sa charnière K, et on décharge les pièces en ouvrant le couvercle H.
- Une fois le four en train, il faut environ quarante minutes pour atteindre la température nécessaire au traitement d’une nouvelle charge. Le four durerait très longtemps ; la cémentation serait très uniforme, facilement réglable, et coûterait deux fois moins qu’avec le procédé ordinaire. Il y a bien un secret: on ne dit pas quel est le gaz carburant; on le .produit en faisant réagir dans un récipient certains liquides ; mais comme on livre la composition de ces liquides à chaque acheteur d’un four, sans autre réserve que le serment de n’en pas dévoiler le secret, il est probable que ce petit mystère sera bientôt dévoilé. J’ai cru devoir vous signaler cet appareil, malgré cette cachotterie puérile, en raison des éloges, justifiés sans doute, qu’en font les journaux techniques américains (1).
- Le four à chaux est l’un des appareils les plus anciens et les plus répandus de la chimie industrielle; c’ëst aussi, presque toujours, l’un des plus primitifs; aussi je crois intéressant de vous signaler un four à chaux nouveau de M. Schmatolla (2) où le chauffage de la chaux se fait, non par du charbon dans le four, mais par du gaz de gazogènes.
- Vous voyez, sur cette projection (fig. 3 et 4) qui représente un four de ce genre d’une production de 50 tonnes de chaux par jour, les gazogènes, en bb, avec leurs
- (1) American Machinist, 7 mars 1908.
- (2) 12, Iledemann St., Berlin, Engineering, 28 février, p. 271:
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- grilles chargées de charbon sur une épaisseur d’environ 0m,60. Leurs gaz arrivent, par le carneau horizontal / et les ouvertures e, au centre de la masse de chaux qui remplit toute la cuve a ; ils s’y brûlent au contact de l’air amené par les ouvertures percées au-dessous de la zone de combustion; mais une partie de ces gaz passe par les canaux verticaux h et les ouvertures g, au-dessus de cette zone, et se brûle au contact de l’air auxiliaire amené par les ouvertures percées dans le four et disposées en
- Fig. 4. — Four à chaux Schmatolla.
- partie au niveau de la zone de combustion dans un espace annulaire entre la maçonnerie extérieure du four et son garnissage réfractaire, qui se trouve ainsi refroidi. La marche des gazogènes et la combustion de leurs gaz se règlent facilement, ainsi que le débit du four, qui peut rester plusieurs jours presque éteint. La chaux, très propre et de qualité uniforme, s’enlève par les ouvertures du bas de la cuve.
- Ces fours consommeraient de 25 à 50 p. 100 moins de charbon que les fours primitifs, et l’on peut employer aux gazogènes des combustibles peu coûteux, tels que des lignites.
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- MARS 1908.
- Notice nécrologique. — M. de Ribes-Christofle donne lecture de sa notice nécrologique sur M. Bossigneux, ancien président du Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports de :
- M. Sauvage, au nom du Comité de Mécanique'. Sur le Joint de tuyauterie de M. Gilbert.
- M. Larivière, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts. Sur le Chevalet à repriser de M. Blin et sur le Multiplicateur Bonéo.
- M. Toulon, au nom du Comité des Arts économiques. Sur le Sélomètre de M. H. Picard.
- Nominations de Memrres de la Société d’Encouragement. — Sont nommés membres de la Société :
- M. Jaunez (Raymond), ingénieur des arts et manufactures, directeur de la Société anonyme de produits céramiques à Pont-Sainte-Maxence (Oise), présenté par M. H. Boulenger.
- M. Théodore Boch, industriel à Lutterbach (Alsace), présenté par MM. Aug. Dollfus et Gruner.
- M. Théodore Schlumberger, manufacturier à Mulhouse, présenté par MM. Aug. Dollfus et Gruner.
- M. de Lacroix (Camille), manufacturier à Mulhouse, présenté par MM. Aug. Dollfus et Gruner.
- M. Alphonse Wehrlin, chimiste à Mulhouse, présenté par MM. Aug. Dollfus et Gruner.
- Société Anonyme des Carrelages céramiques de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), présentée par M. H. Boulenger.
- M. Joseph Vivier, ingénieur à la Société minière Franco-Russe, présenté par MM. Marsy et G. Richard.
- M. Jules Goujon, industriel à Moscou (Russie), présenté par M. Raphaël-Georges Lévy.
- M. Galante, fabricant d’instruments de chirurgie, présenté par MM. le général Sebert et Uvache.
- Communications. — Sont présentées les communications suivantes :
- M. Descombes'. — Aménagement des montagnes.
- M. Michotte. — Le Comité technique contre l'incendie et les accidents.
- M. le Président remercie MM. Descombes et Michotte de leurs intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités d’Agriculture et des Arts économiques.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MARS 1908
- Sarrette (Henri). — Précis arithmétique des calculs d’emprunts à longs termes et de valeurs mobilières. In-8° de 25 x d6, ix-287 p. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13 3 76.
- Cross et Bevan. — Cellulose. An outline of the chemistry of the structural éléments Of plants, with reference to their natural history and industrial uses. 21 x 13, 2d éd., ix-328 p., xii pl. London, Longmans, Green and C°, 1903. 13 377.
- Cross et Bevan. — Researches on cellulose, 1895-1900. 2d éd. — II, 1900-1905. In-8°, 21 x 13. London, Longmans, Green and C°, 1907,-1906. 13 3 78, 13 3 79.
- Union nationale des sociétés photographiques de France. Compte rendu. Session Je Caen, 1907, par M. S. Pector, secrétaire général de l’Union. Pér. 282.
- Borchers (W.). — Les fours électriques. Éd. française sur la 2e éd. allemande. 25 x 16, 244 p. Paris et Liège, Ch. Béranger, 1908, 292 fig. 13 380.
- Minutes of proceedings of the Institution of civil engineers. Vol. CLXX. London, 1907.
- Pér. 189.'
- Revue trimestrielle des travaux de recherches effectués dans les Laboratoires photographiques dirigés par Auguste et Louis Lumière. Février 1908, fascicule X. Pér. 286 bis.
- Hubert (H.). Les appareils pour la production de la force motrice à l’Exposition de Liège en 1905 (ea?-livre d’or de l’Exposition Universelle et Internationale de 1905). Histoire complète de l’Exposition de Liège, 84 p. 13 381.
- Arnodin (F.). — Les voies navigables de France à propos du canal de Nantes à Bâle. Rapport fait à la Chambre de Commerce d’Orléans et du Loiret. Orléans, Hôtel de la Chambre de Commerce, 1908.
- Association française pour l’avancement des sciences. 36e session. — Reims, 1907 (Don de M. Jules Garçon, membre de la Société). Pér. 214.
- Lunge (G.). — Analyse chimique industrielle. Ouvrage publié sous la direction de G. Lunge. Traduit sur la-5e éd. allemande'par Em. Campagne. Tome II : Industries organiques. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 82.
- Gravier (Armand-Léon) et Latière (H.). — Les jardins ouvriers. Les habitations â bon marché. In-16 de 12 X 18, vm-479 p., 230 fig. Paris, Lucien Laveur, 1907. 13 383.
- C orbe il (François) et Nicolas (Léon). — Les industries insalubres. Établissements classés. In-8° de 16 x 25, 778 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 84.
- Berthier (A.). — L’éclairage électrique économique. Les nouveaux modes d’éclairage électrique. Arc, Incandescence, Vapeur de mercure. In-8° de 16 x 25, 270 p., 105 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13385.
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- OUVRAGES REÇUS.
- MARS 1908.
- Bulletin of the Bureau of Standards. — Vol. IV, n° 3. Washington. Government printing Office, 1908. Pér. 61.
- Moreau (Auguste). — Le port de Buenos-Ayres (ex Société des Études Coloniales et Maritimes, 1903, 30 p.).
- Biard (E.) et Mauclère (G.). — Note sur un dispositif d’allumage instantané des lanternes à gaz à incandescence expérimenté à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est (ex Revue générale des chemins de fer, février 1908, 17 p., fig.).
- Houllevigue (L.). — L’évolution des Sciences. In-18. 20 X 13, vi-287 p., 1 carte. Paris, Armand Colin, 1908. 13 3 86.
- Puget (P.). — Cuirs et peaux. In-16 de 9 X 13, vm-352 p., 123 fig. (Encyclopédie Industrielle). Paris, J.-B. Baillière et fils, 1908. 13 3 87.
- Les nouveaux livres Scientifiques ei Industriels. Vol. I, années 1902 à 1907, livraisons 1 à 20. Bibliographie des ouvrages publiés en France du 1er juillet 1902 au 30 juin 1907. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. Pér. 328.
- Lévy-Lambert (A.). — Chemins de fer à crémaillère (in Encyclopédie des Travaux Publics Lechalas). 2e éd. In-8° de 23 x i6,3, 479 p. 133 fig. Paris, Gauthier-Villars [1908].
- 13 388.
- Viallate (Achille). — L’industrie américaine. In-8° de 22,5 x 14, 492 p. Paris, Félix Alcan, 1908. 13 389.
- Rapport de la Commission parlementaire sur la catastrophe de l’Iéna. (Chambre des députés) (ex Journal Officiel, Chambre, Annexer, S. E. 1907, n° 1304, pp. 51 à 260).
- 13 326 b.
- Vinsonneau (Jules). — Notes sur les sables à, mouler et sur leur emploi' en fonderie,
- 2e partie (ex Revue de Métallurgie, 1908, pp. 130-139).
- Guarini (Émile). — Le catalogue international des principales publications périodiques du monde. In-8° de 25 x 17, 76 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat. 13 390.
- Dwelshauvers-Dery (V.). — L’évolution des forces (ex Bulletin scientifique de l’Association des élèves des écoles spéciales. Liège, 1908, 39 p.).
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Les Récents progrès du système métrique. Rapport présenté à la quatrième conférence générale des poids et mesures, 1907 (ex Travaux et Mémoires du Bureau International des poids et mesures, tome XV, 94 p., 4 fig.). Paris, Gauthier-Villars, 1907.
- 13391. Pér. 208.
- Ringelmann (Max). — Génie rural appliqué aux colonies. In-8° de 25 X 16,5, 698 p., 955 fig. Paris, Augustin Challamel, 1908. 13392.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Février au 15 Mars 19Ô8
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag.
- Ac.
- ACE
- ACP.
- A1M.
- AM.
- AMa
- Ap.
- APC.
- Bam.
- BCC..
- BoJ.
- CN.
- Cs..
- Cli.
- Dp. E. .
- EL. Eam. EE.. EU. Ef..
- EM. Fi .
- Gc.. IC..
- le. . I m .
- It. .
- Journal de l’Agriculture.
- Annales de la Construction. American Society of civil Engineers. Annales de Chimie et de Physique. American Institute of Mining Engineers.
- Annales des Mines.
- American Machinist.
- Journal d’Agriculture pratique. Annales des Ponts et Chaussées. Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- Bureau of Standards (Washington). Chemical News (London).
- Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dingler’s Polytechnisches Journal. Engineering.
- The Engineer.
- Engineering and Mining Journal. Eclairage électrique.
- L’Électricien.
- Économiste français.
- Engineering Magazine.
- Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Génie civil.
- Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- Industrie électrique.
- Industrie minérale de St-Étienne. Industrie textile.
- loB. . LE. . Ms.. . MC. :
- PC. . Pm. . RCp .
- RdM.. Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Ru.. .
- SA.. .
- ScF. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. . Va. . VD1. .
- ZaC. . Z 01. .
- Institution of Brewing (Journal).
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes .
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de France (Bull.).
- Société internationale des Electriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Yie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift für ange wandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Archiü kten-Vereins.
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- 468
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1908.
- AGRICULTURE
- Apiculture. La visite du printemps. Ag. 22 Fév., 240.
- Associations agricoles en Belgique. Statistique.
- SMA. Janv., 67. Ag. 29 Fév., 265. Avoine. Sa culture. Ag. 20 Fév., 266. Betterave fourragère nouvelle. Ap. 20 Fév., 241. Démariage (Bajac). SNA. Janv., 35.
- — Essais culturaux de graines riches. Syndicat des fabricants de sucre de France. Ag. 7 Mars, 293.
- Bétail. Épreuves contre la tuberculose bovine à la ferme de Vaucluse (Vincey). SNA. 20 Fév., 883. Bétail norvégien. Ap. 27 Fer., 261.
- Beurre. Concours beurrier de Rouen. SNA. 20 Fer., 874.
- Câprier. Sa culture. Ap. 5 Mars, 294.
- Chevaux. Essais de chapeaux solaires (Lava-lard). SNA. 20 Fév., 880.
- Cuscutes de France. Ag. 29 Fév., 273.
- — Emploi du carbonyle pour sa destruction. Ap. 27 Fév., 274.
- Châtaigneraies. Reconstitution par des châtaigniers exotiques (Bonnier). SNA. Janv., 70.
- Coton en Algérie en 1907. SNA. Janv., 76. Engrais. Nitrate de chaux et cyanamide de calcium (Grandeau). Ap. 20 Fév., 229. — Sulfate d’ammoniaque. Sa production croissante (id.). Ap. 5 Mars, 301.
- — Emploi de nitrate de chaux en couver-
- ture sur les céréales d’hiver (Grandeau). Ap. 12 Mars, 338.
- — Élude des engrais. Ag. 14 Mars, 329. Ferme de Bellevue en Lorraine (Hitier). Ap.
- 27 Fév. 264. 5, 12 Mars, 297, 333. Forêts. Carbonisation des bois en vases clos.
- Importance au point de vue forestier (Duchemin). Gc. 29, 22 Fév., 290, 301. Grêle. Engins grêlifuges(Violle).CR. 2 Mars, 451. Hannetons. Destruction des. Ap., 12 Mars, 341. Insecticides. Choix des sels animaux à employer comme —. Ap., 12 Mars, 328. Irrigations enÉgypte (Brown). SA. 13Mars, 415. Lait. Industrie du laitier moderne {L. M.
- . Douglas).SA. 6 Mars, 399.
- Orge. Prinzess. Ap. 12 Mars, 327.
- Pommes à cidre espagnoles. Importation en France (Truelle). SNA. Janv., 52.
- Pommiers. Nouvelle maladie (Vilmorin). SNA. Janv., 73.
- Porcs limousins. Ap. 5 Mars, 304.
- Vaucluse. Exportation des produits agricoles du. Ag., 22 Fév., 233.
- Vigne. Constitution des pépinières de. Ap.
- 12 Mars, 340.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de Key West. Floride. E'. 21 Fév., 186.
- — Anglais. Situation actuelle. E' 28 Fcv., 280.
- — Indiens. Économie des. E'. 28 Fév., 207. Année 1905.Statistique. Rgc. Mars,216.
- — Suburbains. Avenir des. E'. 21 Fév., 195.
- — de Mandchourie. Élargissement des
- voies. E1. 6 Mars, 237.
- — État belge, son budget. Ef. 29 Fcv., 289.
- — Économiques (Barringlon). BCC. Mars,
- 344.
- — Métropolitain du Strand. Londres. E'.
- 13 Mars 260.
- — Électriques par courant alternatif simple
- en Europe. Thomson-Houston. Elé. 7 Mars, 147.
- — New-York-Hudson et banlieue de New-York (Wilgus). ACE. Fév., 68.
- — En Amérique, progrès de l’alternatif simple, le. 18 Mars 101.
- — Industriel des hauts fourneaux de Mé-
- zières. Rgc. Mars, 234 ; de Rocoux au Luc. (ici.), 241.
- Enregistreur électrique Siemens de la vitesse des trains. Re. 15 Mars, 180.
- Freinage des longs trains de marchandises.
- Expériences Westinghouse de l’État hongrois. BCC. Mars, 360.
- Gares. Grandes stations anglaises. Brandford Midland. EL 28 Fév., 209. Birmingham. 14 Mars, 262.
- Locomotives 4 cylindres non compound. du Great Western. E’. 21 Fév., 188.
- — du London and South Western, (id.),
- 192.
- — à 10 roues et vapeur surchauffée du Ca-
- nadianRr. BCC. Mars, 402.
- — type Pacific du Lake Shore. (id.), 396.
- — Tender du London Brighton. E. 28 Fév.
- 275.
- Stations de locomotives aux États-Unis. VDI. 22 Fév., 290.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1908.
- 469
- Locomotives. Surchauffeur Montcheuil. BCC. Mars, 279.
- Signaux Bonneville sur locomotives. Elë. 7 Mars, 155.
- — et enclanchements aux États-Unis (Jul-
- lien). Rgc. Mars, 173.
- — Signaux répétiteurs (les). BCC. Mars, 333.
- Voie. Éclisses en fonte Marriott. E. 21 Fév., 257.
- — traverses en fer (les). (Haarmann). EL
- 21,28 Fév., 189, 2(6; 6 Mars, 250.
- — Usure ondulatoire des rails. LE. 14 Mars, 332.
- — Composition chimique des rails (Sand-berg). BCC. Mars, 285.
- — Action réciproque des roues et des rails (Mallock). BCC. Mars, 318.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Exposition de Berlin 1907. Dp. 22 Fév., 113.
- — Industriels (les). E1. 13 Mars, 272.
- — Construction des (Lanchester). E. 13 Mars, 352.
- — Camion militaire Armstrong. E'.
- 28 Fév., 228. Pour livraison de la houille à domicile, Rgc. Mars, 211.
- — Electriques. Électrobus de Londres, tic. 22 Fév., 291.
- — au pétrole. Voiture légère F. N. Va.
- 7 Mars, 153.
- — Moteurs à 6 cylindres. Va. 29 Fév., 134. Antoinette de 20, 24 chevaux (id). 138. Ravel. Va. 14 Mars, 173.
- — mise en marche automatique Doué.
- Va. 22 Fév., 121.
- — Pétro-électriques (les). (Gasnier). Sie. Fév. 88.
- — Bandages. Ri. 22 Fév., 75.
- — Freins. Ri. 29 Fév., 82.
- — Châssis. Leur entretoisement. E. 21 Fév. 233.
- — Jante amovible Dunlop. Va. 29 Fév., 141.
- — Pompe automatique à gonfler les pneus
- Durand. Va. 7 Mars, 157.
- — Volant récupérateur Favron. Va. 1 Mars,
- 151.
- — Suppression des bruits. Va. 14 Mars, 166. Tramways électriques en Angleterre, tic.
- 29 Fév., 307; 7 Mars, 329.
- Tome 110. — Mars 1908.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides. Oléique, réduction par électrolyse (Marie). ScF. 20 Fév., 202.
- — Sulfurique, emploi du soufre de Sicile pour la préparation (Oddo). Ms. Mars, 151,
- — Chloroplatinique, préparation en partant des noir de platine par l’électro-lyse (Weber). BoS. Janv., 365.
- — Molybdique ; intervention dans la réduction du zinc (Randall). CN. 6 Mars, 113. — Sulfosalicylique. Action sur le borax (Barthe). CR. 24 Fer., 408.
- Alcool. Études sur les alcoolset eaux-de-vie.
- Erreurs dans les analyses. Études sur l’évaporation des éthers. Composition des eaux-de-vie et appréciation des chimistes (Gardot). Ms. Mars, 145-150. . — Emplois industriels. SNA. 20 Fév., 853. XVisky en tonneau. Altérations du (Cramplon et Tolman). Cs. 29 Fév., 173.
- Amidon pur (Maquenne). CR. 17 Fév., 317.
- ' — Composition du grain d’amidon (Gru-, zevoska). CR. 8 Mars, 540.
- Azote. Extraction de l’air, procédé Franck et Garo. LE. 7 Mars, 314.
- Brasserie. Divers. Cs. 15 Fév., 171.
- Beurres. Réfraction des acides gras non volatils du (Ludwig et Haupt). Ms. Mars, 194.
- — de coco, dosage dans les beurres (Ross
- et Race). CN. 6 Mars, 110. Calorimétrie. Nouveau type de bombe calorimétrique (Rengade). ScF. 20 Fév., 188. Carbonates neutres alcalins et alcalino-terreux (de Forcrand). CR.]9 Mars, 511. Carborundum. Fabrication et industrie (Escard). LE. 7 Mars, 302.
- Catalyse. Pouvoir catalytique de la silice et de l’alumine (Sanderens). ScF. 20 Fév., 197.
- Céramique. Produits réfractaires (les), (Hol-gate). E. 21 Fév., 235.
- — Industrie céramique au xvme siècle
- (Franchet). Revue scientifique. 14Mars, 325.
- — terres réfractaires, leur évaluation (Page
- et Reis). Cs.lSFév., 99.
- — Gomposéschaux, alumine, silice. Fusibi-
- lité des. Cs. 15 Fév., 123.,
- Chaleur de formation des protoxydes alcalins et hydratation des métaux alcalins
- 31
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- 470
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1908.
- (Rengade). ScF. 20 Fév., 190, 194. Densités de vapeurs, détermination par le charbon de bois (Dewar). RSL. 5 Mars, 229.
- Diamant. Conversion en coke dans le vide par les rayons cathodiques (Parsons et Swinton.) RSL. b Mars, 184.
- Chaux et ciment. Divers. Cs. 15, 29 Fèv.-124, 161.
- — Four à chaux au gaz Schmatolla. E.
- 28 Fév., 271.
- — Fours tournants. Usine de Greenhithe.
- E.' 28 Fév., 211. Le Ciment. Fév., 27. Chloimre et iodure d'argent. Séparation (Bau-bigny). CR. 17 Fév., 335. Enseignement de la chimie à l’école technique de Karlsruhe. RCp. 23 Fév., 61. Éléments chimiques (les) (Woodiwiss). CN. 13 Mars, 122.
- Essences et parfums. Cs. 1b Fév., 138, 178.
- — Huile de santal, (id.), 29 Fév., 179.
- — Europium, poids atomique (Jantsh). CR.
- 2 Mars, 473.
- — Essence d’estragon et ses dérivés'
- (Daufresne). ACP. Mars, 395, ScF.
- 5 Mars, 322, 330.
- Fermentation. Influence de la lùmière et du cuivre (Purvis et Wilk). Cs. N. 21 Fév., 87.
- Farines. Stérilisation et blanchiment par l’électricité. Eté. 7 Mars, 145.
- Fer. Oxydation de l’hydrate de fer par l’hydrate en présence de l’ammoniaque (Ellir et Collier). CN., 13 Mars. 121.
- — Rouille du. E. 13 Mars, 329.
- Froid. Emploi des basses températures pour certains problèmes de chimie. Emploi du charbon de bois pour la détermination des densités des vapeurs. Pouvoir rotatoire des substances organiques (Dewar et Jones). RSL. 5 Mars, 229.
- Gaz à l’eau (le). (Thibau et Chantraine). Ru. Janv., 58-114.
- Gaz d’éclairage. Cornues verticales à l’usine de Dessau. J. F. Gasb. 22 Fév. 145.
- — Becs renversés (Wedding). (id.) 7 Mars,
- 193.
- Gaz contenus dans les métaux (B judouard). ScF. 5 Mars, 247.
- — Purification des. — (Nagel). Éleclroche-
- mical. Mars, 102.
- Huiles de coprah, caractères analytiques (Rivais). Ms. Mars, 189.
- Hélium. Solidification (Kamerling, Ohnes). CN. 13 Mars, 121.
- Laboratoire. Réactifs du potassium, acide phosphomolybdique et phosphotug-stique (Schlight et Mayer). Ms. Mars, 173.
- — Quinine, procédé Kerner Weller appli-
- qué directement au bisulfate de quinine (Biginelle). Ms. Mars, 185.
- — Dosage du sodium en présence du sul-
- fate de soude et du thiosulfate (Wes-ton et Jeffrys). CN. 21 Fév. 85.
- — — du soufre dans les matières orga-
- niques (Bay). CR. 17 Fév., 333.
- — — dans le fer et l’acier (Kinder).
- SuE. 19 Fév., 249.
- — — de petites quantités de bismuth
- (Rowell). Cs. 15 Feu., 102.
- — — de l’ammoniaque dans les eaux
- (Ronchèse). PC. 1er Mars, 231.
- — — du sucre dans le lait (Guérin), (id.)
- 236.
- — — de l’acidité des vins (Guérin), (id.)
- 237.
- — — du phosphore dans l’acier. SuE.
- 26Fév., 295.
- — — de l’acide carbonique dans les gaz
- appareil automatique Simmance Abady. RCp. 8 Mars, 79.
- — Analyse complète des matières végétales (Albahary). CR. 17 Fév., 336.
- — — des huiles marines (Prointer et Ben-
- net). Ms. Mars, 195.
- — Polisseur Zemmerschrid pour échantil-
- lons métalliques. RdM. Mars, 149.
- — Densités des vapeurs, méthode de dé-
- termination nouvelle Blackman. CN. 29 Fév.. 102.
- — Séparation quotitative du nickel et du
- cobalt, emploi du B. naphtol (Cha-pin). Ms. Mars, 187.
- Lanthane. Dosage volumétrique comme oxa-late (Duishel). CN. 6 Mars, 111. Linoléum. Fabrication et emploi (Limmer). Ms.
- Mars, 214. La Nature. 7 Mars, 214. Lithium dans les minerais radio-actifs (Gle-ditsh, Ramsay, Cameron). CR. 17 Fév., 331 ; 2 Mars, 456.
- Lutécium et néoytherbium (Urbaiu). CR. 24Fév. 406.
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- MARS 1908.
- 471
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Optique. Projecteur automatique (Massiot). La Nature, 19 Fév . 205.
- — Spectre du magnésium (Brooks). RSL. 5 Mars, 218.
- — — d’absorption des vapeurs de benzine
- (Hartlez). CN. 28 Fév., 97.
- — — de phosphorescence (Becquerel).
- CR. 2 Mars, 440.
- — Images à aspect changeant par l’écran de projection à réseaux lignés (Esta-nave). CR. 24 Fév., 391.
- — Polarisation en quartz compensateur et de sensibilité réglable (Bâtes). BoS. Janv., 461.
- — Détermination de la courbe photométrique et du degré de régularité des sources de lumières artificielles. (Woege). Ré. 15 Mars, 178.
- — Dispositif (spectrophotométrique (Tho-vert). CR. 9 Mars, 534.
- Savotis considérés comme colloïde. Recherches physico-chimiques (Mayer, Schaffer et Terroine). CR. 2 Mars, 484.
- Ordures ménagères (Destruction des). La Nature. 22 Fév., 180.
- Oxybromure de phospore (Berger). CR. 24 Fév. 400.
- Photographie en relief (Lipmann). CR. 2 Mars, 446.
- Ozone. Propriétés acides. Cs. 15 Fév., 122. Platine. Son oxydabilité (Marie). CR. 2 Mars, 475.
- Poids atomiques.Loi de symétrie (Delaunay). CN. 29 Fév., 09.
- — — de 16 éléments (Henrichs). Ms.Mars,
- 155.
- — — du chlore (Noyés et Weber). BoS.
- Jànv., 345.
- Azote. Oxygène. Carbone (Leduc). CR. 24 Fév., 399.
- Radio-activité. Progrès récents (Rutherford). Nature. 5 Mars, 422.
- — Instruments de radiométrie (Coblentz).
- BoS. Janv., 391.
- Stéréochimie. Ses organes (Marve). RCp.
- 8 Mars, 77.
- Synthèse des acides Bibasiques (Blanc). ScF.
- 5 Mars, 286, 292.
- Sulfate d’alumine et de potasse. Réaction avec les bromures et bromates (Gooch et Osborne). CN. 29 Fév., 102.
- Tannerie. Divers. Cs. 15 Fév., 133, 169.
- Teinture. Coton mercerisé. Nouvelles créations caractéristiques (Huber). Cs. 15 Fév., 105.
- — Couleurs d’oxyde de fer. ZAC. 13 Mars, 481.
- — Divers. Cs. 15 Fév., 114, 117, 154, 156; MC. 1er Mars, 80, 93.
- — Enlevage sur indigo par l’hydrosulfite formaldéhyde (Aubert). SiM. Sept., 419, 423.
- — Enlevage sur rouge de thioindigo par hydrosulfîte formaldéhyde et soude caustique (FrossardetFleischer). (id.). 422, 423.
- — Enlevages colorés au sulfoxylate for-maldéhyque aux colorants basiques sur fonds azoïques (Mueller). ScM. Sept., 428, 433.
- — Laine (Étude de la) (Pokorny). MC. 1er Mars, 65.
- — Identification des colorants sur les fibres animales (Green). MC. 1er Mars, 68. — Fixation de l’indigo par vaporisage (Bu-lard). MC. 1er Mars, 78.
- — Teinture de la laine avec le ponceau cristal. MC. 1er Mars, 87.
- Théorie atomique. Son aspect physique (Lar-mor). CN. 6 Mars, 109.
- Thermomètre. Mesure des températures élevées par les couples thermo-électriques. LE. 7 Mars, 299.
- Vanadium. Réduction de l’acide vanadique par le zinc et le magnésium (Gooch et Edgar). American Journal of Science. Mars, 233.
- Verre soluble. Fabrication, propriétés, applications (Lenglen). RcP. 8 Mars, 82.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Apprentis (Éducation des). E'. 28 Fév., 222;
- 13 Mars, 264.
- — Crise de l’apprentissage en France. Gc.
- 14 Mars, 343.
- — Crise de l’apprentissage (Alfassa). Rso.
- 1er Mars, 268; 16 Mars, 339.
- —• Traitement des apprentis. E. 13 Mars, 342.
- Associations pro/e,ssionneWes(Hubert-Valleroux). Rso. Mars, 321.
- Australie. Nouveau tarif douanier. Ef. 7 Mars, 333.
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- 472
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1908.
- Autriche. Transformations économiques et sociales. Rso. 1er Mars, 305.
- Capitales (La vie des grandes). Ef. 22 Fév., 255. Colonies. Développement du self government colonial pendant le xixe siècle (Ber-riedale Keith). SA. 21 Fév., 332. Etats-Unis. Crise financière et industrielle. Ef. 29 Fév., 295.
- — aux Philippines. Ef. H.Mars, 369. France. Impôt sur le revenu. Ef. 22Fév., 252.
- — Congo français. Ef. 22 Fév., 258.
- — Indo-Chine. Ef. 7 Mars, 331.
- — Forces motrices à vapeur et hydrauliques. Ef. 29 Fév., 293.
- — Alcoolisme et mévente des vins (Jean-
- nin). Rso. 1er Mars, 298.
- — Retraites ouvrières et le budget. Ef. 7, 14 Mars, 325, 365.
- — Habitations en France. Ef. 7 Mars, 329.
- — L’État et les constructions navales. Ef.
- 14 Mars, 371.
- Italie. Impôt sur le revenu en (de Spoelberg). Rso. 1er Mars, 259.
- — Troubles agraires dans les Pouilles (La-
- jodice). Rso. 16 Mars, 358.
- Japon. Rendement du riz. Impôts des agriculteurs. Ef. 22 Fév., 260.
- Laine. Production et prix. Ef. 14 Mars, 368. Législation ouvrière nouvelle de la Suisse (Paul-Louis). Musée social. Fév. Monnaie. Projet de conférence internationale monétaire. Ef. 29 Fév., 294. Réglementation du travail. Ef. 22 Fév., 261.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Chauffage et ventilation des écoles. Chauffage central. Air respirable et méthodes irrationnelles de chauffage. Ri. 14 Mars, 108.
- — Chauffage à eau chaude. Ri. 29 Fév., 88; 14 Mars, 111.
- — Consommation des chaudières dans les chauffages domestiques. Ri. 14 Mars, 109.
- — Ventilation par air soufflé aux États-Unis (Brabbée). VDI. 29 Fév., 331. Ciment armé. Essais de Bach. Dp. 22 Fév.,
- 121.
- — Constructions en — (discussion). ACE. Fév., 149.
- Ciment armé. Poteaux d’égale résistance. Gc. 29 Fév., 310.
- — Cheminées en cimentarmé (calcul des).
- E. 13 Mars, 325.
- — Silos (calcul des). Le Ciment. Fév., 24.
- — Emploi dans les constructions améri-
- caines (Matthews). SA. 13 Mars, 429.
- — Détermination graphique des efforts
- réels dans les poutres en ciment armé (Rieger). Gc. 7 Mars, 323.
- Gare de Charing Cross. Ferme nouvelle. E. 21 Fév. 234.
- Ponts tournants de Hull. E. 21 Fév., 239.
- — du Nil, au Caire E'. 13 Mars, 274.
- — des chemins de fer des États-Unis.
- VDI. 29 Fév., 321 ; 7Mars, 367.
- — de Québec (accident du). E. 13Mars, 346. Routes. La route moderne (Vinsonneau). Ri.
- 7 Mars, 98.*
- — (Construction actuelle des), problème
- de la (Hele Shaw et Makensie). SA. Fév., 374.
- Tunnels de New-York. Gc. Fév., 302; 7, 14 Mars, 327, 339.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Alcalin fer-nickel, théorie (Foorster). Re. 20 Fév., 143. Conductibilité électrique des mélanges d’acides ou de bases et d’eau (Boizard). ACP. Mars, 289.
- Convertisseur à mercure pour courants continus Weintraub. LE. 7 Mars, 315. Distribution. Énergie électrique et l’industrie en Angleterre. Elé. 29 Fév., 137. Gc. 7 Mars, 329.
- — Constantes relatives aux câbles et conducteurs magnétiques (Berg). Re. 15 Mars, 170.
- — protection des lignes de transmission
- contre la foudre. Re. 15 Mars, 173. Dynamos. Essais. Comparaison des règlements (Loppé). le. 25 Fév., 79.
- — à courants continus. Utilisation des
- induits (Rostroff). Rc. 29 Fév., 133.
- — Théorie de la commutation (Ruden-berg). LE. 14 Mars, 340.
- Moteurs d’induction puissants. Essai à récupération d’Hopkinson.LE. 7 Mars,310.
- — pour machines à coudre. LE. 7 Mars, 318.
- — monophasé à collecteur de la General
- Electric G0. LE. 14 Mars, 346.
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MARS 1 908.
- Éclairage. Lampe à mercure Cooper He-witt. Forme nouvelle. Elé. 22-29 Fév., 121, 138.
- — Arc. Lampes Jandus à régénérateur. E. 21 Fév., 236.
- — — à la magnétile. le. 25 Fév., 90.
- — Incandescence. Détermination de l’intensité lumineuse horizontale des lampes à —. le. 25 Févr., 91.
- — — Influence des variations de tension
- sur les lampes à incandescence. le. 10 Mars, 106 (Hershauer).Re. 15 Mars, 174.
- — — Filaments de tungstène à pouvoir
- rayonnant constant. Fabrication. Re. 15 Mars, 175.
- Électro-chimie. Fours électriques à haute pression. Réactions des (Hutton et Pétavel). E. 21-28 Fév., 259, 289. Ri. 24 Mars, 104.
- — Four Minet. CR. 2 Mars, 467.
- — Zinc. Dépôt électrolytique pour électrodes rotatives (Price). CN. 21-28 Fév., 89-99.
- — Sulfure de carbone. Fabrication éJec-
- trolytique (Taylor). PL Fév., 241.
- — Divers. Cs. 15-29 Fév., 129, 166.
- — Appareils électriques pour la. décom-
- position de l’eau. Elé. 29 Fév., 140.
- — Électrolyse des dissolutions d’acide
- chlorhydrique pur (Doumer). LE. 14 Mars, 347.
- Interrupteur Albert pour circuits à haute tension. le. 10 Mars, 112.
- Isolants à base de matières organiques (Es-card). Nature et composition. Re. 15 Mars, 184.
- Isolateurs pour hautes tensions. le. 25 Fév.,88. Mesures. Ohmètre Evershed et Vignolles, à lecture directe. le. 25 Fév., 91.
- — Galvanomètre Abraham. Emploi pour
- la mesure directe des différences de phase. Application à la téléphonie (Devaux Charbonnel). Sie. Fév., 65.
- — Potentiomètre pour la vérification des
- voltmètres (Brooks). LE. 7 Mars, 308.
- — Emploi d’un étalon réglable d’induction
- pour la mesure des coefficients d’induction et des capacités (Campbell). LE. 14 Mars, 343.
- — Compteurs à dépassement. Ré. 15Mars,
- 177.
- 473
- Redresseur à trembleur Koch.Re. 29 Fév., 139.
- — Schneider, (id.) 141.
- Stations centrales de la Brillanne sur la Durance. Gc. 22 Fév., 281.
- — de la Sioule, Puy-de-Dôme. Elé. 22-29
- Fév., 113, 129.
- — Hydroélectriques suisses. le. 25 Fév., 77.10 Mars, 108.
- Télégraphie sans fil. Poste de la Telefunken. Gc. 22 Fév., 292.
- — de Cullercoats. Elé. 14 Mars, 170.
- — propriété du Barreter. Recherches expé-
- rimentales (Schmidt). Re. 29 Fév.,l46. — Fonctionnement d'un détecteur électrolytique. Influence de la température (Abraham). CR. 24 Fév., 397.
- — Relais télégraphique Taccani. Elé. 22 Fév., 120.
- — Révélateurs électrolytiques, accroissement de sensibilité sous diverses influences (Branly). CR. 9 Mars, 527. Téléphonie. Duplex, par sons interrompus (Gelty). Re. 29 Fév.-, 148.
- — privée. Installation de. Elé. 14 Mars. 165.
- HYDRAULIQUE
- Conduite d’eau à haute pression pour l'alimentation de Nordhausen. Gc. 14 Mars, 346.
- Chutes de Trollhattan, Suède, 76 000 chevaux.
- Utilisation par l’État. E. 22 Fév., 235. Crues de mars 1907 (la) dans le bassin des rivières Sacramento et San JFoaquin River. ACE. Fév., 99.
- Dessèchement du Zuyder See. E'. 28 Fév., 207. Filtres à sable pour petites distributions à Hamilton. Filtres Copland. E. 6 Mars, 301.
- Forces hydrauliques du Calvados, de l’Eure et de la Manche. Ap. 5 Mars, 307.
- Pompes centrifuges à haute pression. Théorie (Banki). 101. 21-28 Fév., 121, 138.
- — Régulateur Mason. E. 13 Mars, 349. Réservoirs accumulateurs d’eau motrice (Bu-
- dau). 101. 13 Mars, 169.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux. Traction mécanique sur les. E’. 21 Fév., 183.
- Côtes. Érosion des. E'. 14 Mars, 259. Machines marines. A vapeur surchauffée du Pérou. Gc. 14 Mars, 342.
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-
- 474
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1908.
- Machines-marines au pétrole, 400 ch. Wol-seley. E. 21 Fév., 243.
- — — 3b0 ch. Tliornycroft. Ri. 20 Fév., 81.
- Marine de guerre anglaise pour 1908. E.
- 28 Fév., 279.
- — Pinace pour la. E. 13 Mars, 331.
- — Arsenal de Rosyth. E. 13 Mars, 348. Passe d’Aransas (Texas), historique. Fi. Fév., 81. Phare de Fastenet. La Nature. 22 Fév., 177. Port de Blych. E1. 6 Mars, 242.
- Vibration des navires{ Wehmeyer). E. 13 Mars, 35.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aviation. Moteur Renault. Cosmos. 22 Fév., 203.
- — Aéroplane. Équilibre de 1’ (Rodet). RM. Fév .,ï 59. Ellehammer. Cosmos. 14 Mars, 288.
- — Aviateur Philips. E. 28 Fév., 286.
- — Ballon dirigeable Patrie (Voyer). Gm.
- Fév., 105.
- Accouplement par arbres crénelés Lanchester. E. 13 Mars, 337.
- Cames. Frottement des (Wise). AMa. 22 Fév., 196.
- Chaine Renold. E. 6 Mars, 307.
- Chaudières. Association alsacienne de propriétaires d’appareils à vapeur. Rapport annuel. SiM. Sept., 393.
- — à tubes d’eau de la marine française. E.
- 21 Fév., 252.
- — — Hay. Ri. 29 Fév., 84.
- — — (Reeves-Bolton). EM. Mars, 948, 953.
- — Alimentation. Réchauffage par la vapeur
- vive. (Goodman). E. 28 Fév., 265, 287.
- — Importance de l’épuration des eaux
- (Greth). EM. Mars, 929.
- — Explosions (théorie des). E'. 6 Mars, 248.
- — — de Yarmouth. E. 13 Mars, 355.
- — Foyers à charbons pulvérisés. E1. 21 Fév.,
- 196.
- — — Bernent pour chaudières à tubes
- d’eau. E'. 28 Fév., 218.
- — Indicateur de tirage de la Cambridge
- Scientific Instrument C°. E. 13 Mars,
- ' 336.
- — Réparation de chaudières par soudure
- autogène. Dp. 14 Mars, 161.
- — Surchauffe, son réglage. Re. 29 Fév.,i 32.
- — Tuyauteries. Traitement du cuivre
- pour. E. 13 Mars, 355.
- — Vaporisations maxima. E'. 28 Fév., 222.
- Cordages. Résistance des (Ringelmann). Ap. 12 Mars, 339.
- Ecoulement des gaz en minces parois (Muller). VDI. 22 Fév., 285.
- Engrenages hélicoïdaux doubles taillés mécaniquement. E 21-Féu., 1241.
- Fonderie de caractères. AMa. 29 Fév., 227. Horlogerie. Ateliers de la Waltham. Cosmos. 22 Fév., 206.
- Levage. Appareils modernes. Dp. 22Fév., 115 ; RM. Fév., 193; EM. Mars, 965, 1005. — Cabestan électrique Hall. E. 28Fév., 287. — Freins de grues. Dp. 22 Fév., 118.
- — Grue locomotive Peacock pour le chemin de Buenos-Ayres-Rosario. E.
- 21 Fév., 254.
- — — de quai hydrauliques et électriques.
- E. 9 Mars, 313.
- — — du quai du Danube à Vienne. VDI.
- 7 Mars, 361.
- — — de 50 tonnes du port de La Rochelle-
- Pallice. Gc. 14 Mars, 33.
- — — flottante de 140 tonnes Bechem et
- Keetman. VDI. 22 Fév., 281.
- — Basculeurs pour wagons Fielding et
- Platt. E. 6 Mars, 306. Armstrong. E. 6 Mars, 250.
- — Pont roulant électrique (Taylor). RM.
- Fév., 212.
- — — pour parc d’aciéries (Favrot). Gc.
- 29 Fév., 297.
- — Conveyeurs. Étude sur les (Fischer).
- RM. Fév., 144,
- — — à courroies. Dp. 14 Mars, 165.
- — Grappins divers. RM. Fév., 206.
- — Telpherages Buhle. SuE. 26 Fév.,299.
- — — Allemands. Eam. 29 Fév., 449. Machines-outils. Ateliers. Magasin de modèles de la Maryland Steel C°. AMa.
- 22 Fév., 198.
- — — de .Skoda à Pilsen. E. 6 Mars, 297.
- — - de Stokport. Moteurs à gaz. E'.
- 13 Mars, 265.
- — — de Spittlgate. Grantham. E1. 6 Mars,
- 237.
- — Administration des grands ateliers Wes-
- tinghouse (Wharton). EM. Mars, 891.
- — Principes de l’administration économi-
- que des ateliers (Darlington)(ûi.),1029.
- — Puissance des machines-outils. Évalua-
- tion d’achat. EL 13 Mars, 261, 272.
- — Alésoir dresseur Kearns.E'.l 3 Mars, 277.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1908.
- 475
- Machines-outils. Changements de marche pour machines-outils (Burlingham). AMa. 22-27 Fév., 189, 235.
- — Cylindres de moteurs d’automobiles.
- Usinage à Glasgow. AMa. 7 Mars, 268. — Forets en aciers profilés. AMa. 22 Fév., 220.
- — Mesure des angles des outils en Y.
- Àtkins. Ri. 29 Fév., 86.
- — Meule à dresser. Walker. Ri. 29 Fév., 82.
- — — Suspendue Naxos. Gc. 29 Fév.,909-
- — — Emploi des machines à meuler (Li-
- vermore). E. 6 Mars, 295.
- — Scies à métaux sans dents (Harbord)-E'. 21 Fév., 187.
- — Perceuse-taraudeuse Pollard. E. 6 Marsf 319.
- — Tour de 316 millimètres de pointe. Pol-lok et Macnab. Ri. 14 Mars, 102.
- — Usinages. Cylindres de moteurs à gaz. AMa. 22 Fév., 194.
- — Vis (Machines à). Outils de. AMa. 22 Fév., 207 ; 14 Mars, 299.
- — — Ajustage des cames sur les. AMa.
- 7 Mars, 275.
- - — Machines à bois. Fabrication des tarières à l’atelier de Pugh. AMa. 7 Mars, 281.
- Moteurs à gaz. Avenir des. E. 21 Fév., 249. — Recherches des Mechanical Engineers de Londres. RM. Fév., 164.
- — à 2 cylindres Fielding et Platt. E'. 6Mars,
- 252.
- — de hauts fourneaux. Épurateur Sépul-
- chre (Defays Lauser). RdM.Mars, 121. — Allumage. Lodge E'. 28 Fév., 224.
- — Gazogènes. Gaz à l’eau (Thibeau et Chantraine). Ru. Janv., 58, 114. Moteurs à vapeur. 400 chevaux double tandem Yan den Kerkove. Ri. 7 Mars, 93.
- — turbines Parsons à West-Ham.E. 21 Fév.,
- 251.
- — — Parsons diverses. RM. Fév.,172-192.
- — — Belluzo. E. 28 Fév., 270.
- — Pompes à air et condenseurs (Ferguson)-E1. 13 Mars, 278.
- Résistance des matériaux. Résistance d’une maille (Baumann). VD1.29Fév., 337 ; 7 Mars, 376. '
- — Nouvelles méthodes d’essais. Essais au choc (Brenil). RM. Fév., 109.
- — Préservation des fers dans les travaux
- de chemins de fer (Blount).BCC. Mars, 308.
- Textiles. Métiers nouveaux. VD1.22Fév.,296.
- — Métiers annulaires et leurs appareils de
- sécurité. E. 28 Fév., 263.
- — — automatiques. Rt. 15 Mars, 99.
- — Régulateurs de batteurs. Rt. 15 Mars, 96.
- — Tissage des toiles de lin et de jute. Ri.
- 15 Mars, 101.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Plomb-antimoine. Cadmium-zinc Cobalt-cuivre (Konstantinov. Sapos-knekovet Sacharrov). Cs. 15 Fév., 126.
- — Nickeletbisrnuth(Poitevin). RdM.Mars,
- 110.
- — Argent et Al. Bi. Sn Mg Ni. Fe. Co Pal-
- ladium Pb. Thallium Zu. Pt. Etudes au laboratoire de M. Tamman (Poitevin). RdM. Mars, 145.
- Coke. Fours modernes à changement de marche. Gc. 22, 29 Fév., 285, 299.
- — Fours Von Bauer. Electrochemical. Mars,
- 108.
- Cuivre. Électrométallurgie du (Pansert). Rs. 29 Fév., 152.
- — Avenir du (Morrow). Eam. 29 Fév., 460.
- — Fonderies de l’Utah. RdM. Mars, 185. Étain. Raffinage électrolytique. RdM. Mars,
- 190.
- Fer et acier.
- — Aciéries autrichiennes. Skoda-Werkc.
- SuE. 4 Mars, 325 ; E. 9 Mars, 297.
- — Aciers manganésés, propriétés et appli-
- cations. Gc. 22 Fév., 288.
- — — aunickel(Brunck). SuE. 4 Mars, 331.
- Au chrome (Simonis) (id.), 334.
- — Corrosion de l’acier (Cushman). Fi.
- Fév., 111.
- — Compression des lingots pâteux (Li-
- lienberg). Fi. Fév., 121.
- — Constituants des aciers (H. Le Chate-
- lier). RdM. Mars, 167.
- — Industrie sidérurgique dans la vallée du
- YangTséKiang,Chine. Gc.lMars, 321.
- — Hauts fourneaux de Wilkowitz. E1.'
- 21 Fév., 185.
- — — Chargeurs divers. Dp. 14 Mars, 169.
- — Sidérurgie américaine ; état actuel
- (Eckel). EM. .Mars, 881.
- — Électrosidérurgie (F) (C. Le Chatelier).
- RdM. Mars, 85. Fours à induction pour
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- 476
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MARS 1908.
- l’affinage de l’acier (Wedding). LE. 7 Mars, 312.
- Fer et acier. Fonderie. Étude sur les sables à mouler (Vinsonneau). RdM. Mars, 130.
- — Laminoir à commande électrique de
- l’Illinois Steel C°. RdM. Mars, 171.
- — — Commande électrique des. (id.), 179,
- 183.
- - — réversible, travail absorbé (Riecke).
- SuE. 11 Mars, 35a.
- Or à Kalgoordie. Eam. 15 Fév., 346.
- — procédé au cyanure d’ammoniaque
- Mosher Ludlow pour l’extraction des métaux précieux des minerais de cuivre. Electrochemical. Mars, i 29.
- — argent et calculs de métallurgie (Ri-
- chards). Electrochemical. Mars, 112. Zinc. Revue’ de sa métallurgie. Electrochemical. Mars, 99.
- MINES
- Aérage. Rapport de la commission de l’Industrie minérale. District du Nord (Bar-ry). In. 1908, 85.
- Cuivre. Fonderies de l’Utab. RdM. Mars, 185. — Mine de Poderosa, Chili. Eam. 7 Mars, 490.
- Étain eu Tasmanie. Eam. 7 Mars, 487. États-Unis. Statistique minérale enl905-1906. AM. Nov., 509.
- Extraction. Câbles dispositifs de sécurité. Ri. 29 Fév.; 85. E. 13 Mars, 327.
- — Machine à retour d’air, de Sulberton Hodgart et Barclay pour le Transvaal. E. 13 Mars, 334.
- Fer à Sunrise, Wyoming. Eam. 22 Fév., 399. Fonçage. Emploi de la cimentation des terrains dans la traversée du niveau aquifère au puits n° 3 ter de Liévin (Morin). AM. Nov., 493.
- Graphite au Canada. Eam. 15 Fév., 560.
- Grisou. Explosion des hydrocarbures. E.
- 6 Mars, 315.
- — Catastrophe de Courrières (Heurteau).
- AM. Nov., 429.
- Houille en Nouvelle-Zélande. E. 6 Mars, 315.
- — Méthodes paléontologiques pour l’étude
- stratigraphique du terrain houiller (A. Renier). Ru. Janvier, 1.
- — Constituants de la houille (Brisson). Cs. 29 Fév., 147.
- Lignite (Briquettes de) en Allemagne (Schorr). Eam. 29 Fév., 460.
- Manganèse. Dépôts au Brésil (Derby). American Journal of Science. Mars 1908, 213.
- Or. Consolidated Goldfields Afrique du Sud. Eam. 15 Fév., 355.
- — à Kalgoordie. Eam. 22 Fév., 403.
- — Exploitation au Rand, Transvaal. Eam. 29 Fév., 446.
- Perforatrices. Leur remplacement par des frappeurs pneumatiques (Walcott). Eam. 15 Fév., 351.
- — Kegmor. Ri. 7 Mars, 94.
- — Concours de —, au Transvaal. Eam.
- 7 Mars, 492.
- Plomb (Mines de) en Angleterre. E. 9 Mars, 312.
- Préparation mécanique. Séparation électromagnétique. £'. 21 Fév., 184.
- — Triage électro-magnétique (Chevalier et Vervin). CR. 2 Mars, 487.
- Remblayage hydraulique. District du Nord de l’Industrie minérale. Rapport de la commission (Sainte-Claire Deville). Im., 1908. I. 107.
- Respirateur. Garforth. Fam. 15 Fév., 366. Sondage à 900 mètres au Rand. Eam. 11-29 Fév., 398, 439.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 107e ANNÉE.
- AVRIL 1908.
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES par M. Alby, membre du Conseil (1).
- I. -- SOCIETY OF ARTS
- La Society of Arts dont le titre exact est « Society for the encouragement of Arts, Manufacture and Commerce » est Lune des plus anciennes sociétés d’Angleterre. Elle a été fondée en 1754. Seules, la Royal Society et la Société des antiquaires existaient déjà. Son histoire est des plus curieuses. Bien que son activité et ses ressources ne soient pas aujourd’hui en voie do grand progrès et que beaucoup d’autres sociétés disposent de moyens plus importants, elle a joué et elle joue encore un rôle très utile par l’appui qu’elle est toujours prête à donner aux initiatives et aux sociétés naissantes. Son Conseil est constitué par les personnalités les plus éminentes dont la plupart se trouvent également dans les conseils des sociétés scientifiques ou techniques les plus puissantes. Dans une note courte mais très suggestive, sir Henry Trueman Wood, l’éminent secrétaire de la Société, dit avec une juste fierté.
- « Pendant longtemps, la Société a rempli seule la place occupée maintenant par les nombreuses sociétés qui ont été fondées pour le développement des branches spéciales des sciences do l’industrie et de l’art. Elle était, comme elle l’est encore d’ailleurs, à la fois scientifique, technique, industrielle,''Commerciale et artistique.
- « Avant la fondation de la Royal Academy elle tenait des Expositions de
- (I) Communication faite en séance le 10 janvier 1908. Tome 110. — Avril 1908.
- 32
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- LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES.
- AVRIL 1908.
- peinture et donnait, au moyen de prix et de concours, des encouragements aux jeunes gens qui se destinaient à l’étude de l’art. Jusqu’à la fondation de la Royal Agricultural Society, elle a été le principal organe pour le développement de l’agriculture et l’application à l’agriculture des méthodes scientifiques. Elle a précédé l’institution des ingénieurs civils et les autres sociétés d’ingénieurs en matière d’encouragement à l’art de l’ingénieur.
- « Elle a encouragé les recherches chimiques et les applications de la chimie à findustrie avant la Chemical Society et les autres sociétés qui s’occupent des diverses branches de cette importante science. Enfin elle a encouragé le développement des arts et de l’industrie dans les colonies plus d’un siècle avant le Royal Colonial Institute ou l’Impérial Institute. »
- A l’appui de ces paroles, sir Henry Trueman Wood rappelle quelques-unes des œuvres anciennes de la Société.
- Pendant le premier demi-siècle de son existence, la Société a procédé par voie de récompenses pour les inventions les plus utiles, et elle a distribué, de 1754 à 1785, 28434 £, soit plus de 700000 francs.
- A l’époque de sa fondation, le pays était fortement déboisé et une des premières questions mises à l’étude par la Société fut le reboisement. De 1775 à 1781, elle attira F attention du public sur ce point; elle distribua 22 médailles d’or aux propriétaires fonciers et obtint un succès complet, car des milliers d’hectares furent replantés. Enfin la Société encouragea le mouvement industriel et commercial dans les colonies de l’Amérique du Nord et des Indes par l’introduction de machines, de plantes utiles, et par l’importation en Angleterre des produits de ces pays.
- 11 est intéressant de constater le développement considérable de cette institution à une époque bien antérieure à la fondation de notre Société d’Encoura-gement pour l’Industrie nationale, qui ne date que de l’année 1801.
- Mais ce n’est peut-être pas là le point le plus intéressant que sir Henry Trueman Wood signale dans sa note, d’un caractère si hautement philosophique. Depuis fort longtemps, depuis plus de soixante ans, le conseil de la Société s'est avisé que la distribution de prix n’était pas le meilleur moyen d’encourager les inventions intéressantes. L’opinion d’une Commission sur une invention qui n’a pas été appliquée est sujette à erreur; dans le domaine de l’industrie comme dans le domaine des êtres vivants, la règle de la survivance des meilleurs types s’applique rigoureusement. Ce n’est donc pas la possession d’une médaille ou d’un prix plus ou moins heureusement donné qui peut être réellement utile à un inventeur, le plus grand service à lui rendre est de lui fournir les moyens de se faire connaître du public.
- De là, un changement complet dans le mode d’activité de la Société, qui a organisé des réunions pour la lecture et la discussion des rapports sur les non-
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- LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES.
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- Telles inventions et un système de conférences sur les diverses branches de l'industrie, destinés à faire connaître leurs améliorations.
- Un autre trait caractéristique de cette Société est son rôle d’initiatrice. Comme le remarque sir Henry Trueman Wood, lorsque des sociétés spéciales ont été fondées pour s’occuper de diverses branches de la science ou de l’industrie, la Société des Arts a abandonné quelques-uns de ses anciens champs d’activité, mais elle est restée la seule société sans spécialisation, toujours prête à .fournir une arène pour la discussion des sujets en vue qui se sont présentés dans l’étendue de son large domaine (1).
- C’est là un trait vraiment très caractéristique de l’esprit pratique qui anime les associations anglaises.
- Il n’y a ni rivalité, ni conflit, ni double emploi. Si l’ordonnance manque de symétrie, s’il n’est pas toujours très facile de déduire à première vue du titre de la Société et de la lecture de ses statuts, l’objet précis dont elle s’occupe, au moins est-il sur que cet objet est utile et correspond à un besoin du temps présent. Les services rendus par la Society of Arts, grâce à cette méthode de travail peu glorieuse mais efficace, méthode absolument contraire à l’idée superficielle que certains se font de l’esprit de tradition des Anglais, sont innombra-ibles. Sir Henry Trueman Wood cite les Expositions universelles. L’idée en a germé à la Société des Arts dont une Commission a étudié la première Exposition de 1851 et a ensuite, suivant une expression un peu familière, passé la main à une Commission royale.-
- La Société des Arts a joué un rôle considérable dans le domaine de l’éducation technique et artistique. Elle a fondé en 1856 des systèmes d’examens et son -exemple a été suivi par diverses collectivités même des services publics, notamment les « Local examinations of the Universities ». A l’heure actuelle, la Société n’a conservé que la spécialité des examens commerciaux. C’est elle qui a organisé le grand mouvement pour le développement de l’enseignement technique qui a abouti à la nomination d’une Commission royale en 1881. C’est elle qui a provoqué la constitution d’établissements d’éducation technique, tels que le City and Guilds Institute, lequel, d’ailleurs, a pris à sa charge les systèmes d’examens organisés par la Société en matière d’enseignement technique.
- Dans un autre ordre d’idées, elle a soutenu de tous ses efforts, au début, le perfectionnement des Arts décoratifs. Elle a, sous l’impulsion de sir Henry Cole,
- (1) 11 y a maintenant quelque cinquante sociétés scientifiques se réunissant à Londres et -s’occupant des diverses branches de la science. Il n’est pas exagéré de dire que le plus grand nombre de ces sociétés s’occupent des sujets qui ont été, à une époque, dans le programme de la Société des Arts. Beaucoup d’entre elles sont plus ou moins directement nées de la Société des Arts, soit qu’elles aient été créées au cours de ses réunions, soit qu’elles aient -été formées par l’initiative de ses membres les plus actifs.
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- lait une campagne vigoureuse contre la laideur et l’ignorance artistique et réussi, malgré le ridicule, à convertir l’opinion publique. Elle a joué un rôle analogue dans le domaine de l’hygiène, elle a défendu la propriété artistique, obtenu la création des services de colis postaux, l’abaissement des taxes télégraphiques. Le Royal College of Music, de meme que le National training School of Music, ont été fondés sous l’inspiration de la Société.
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- A l’heure actuelle, après s’être portée sur tant d’objets divers, cette activité se manifeste de la manière suivante :
- 1° Réunions ordinaires, lecture et discussion de communications diverses-acceptées par le Conseil.
- 2° Réunion de sections spéciales, au nombre de trois : la section indienne, fondée en 1869; la section étrangère et coloniale, fondée en 1874; la section de l’art appliqué, fondée en 1886.
- 3° Conférences sur les nouveautés scientifiques, dites « Cantor Lectures».
- Il est intéressant de signaler que la Society of Arts n’a pas hésité à consacrer à des conférences les revenus de certaines fondations en principe destinées à distribuer des prix. Ainsi, dans la session de 1907-1908, a t-elle ajouté auv 17 Cantor Lectures :
- 3 Howard lectures sur la production de l’énergie ; 6 shaw lectures sur l’hygiène industrielle; 1 Aldred lecture faite, cette année-ci, par sir William Ramsay.
- 4° Conférences pour la jeunesse.
- 5° Distributions de médailles, Albert medal et Society’s medal.
- 6° Distribution de prix aux élèves des écoles d’arts ou de dessin.
- 7° Examens commerciaux et examens pratiques de musique.
- Parmi les communications annoncées dans la session,plusieurs seront faites-par des Français; une par AL Lucien Hubert, député, sur les colonies Françaises; une seconde par M. Guillaume Gaudron sur les ballons de guerre.
- Chaque année, le Société donne une réunion pour laquelle elle a emprunté cette année les jardins de la Société botanique royale. Cette réunion annuelle ou « conversazione » a réuni, en 1907, 1363 personnes.
- La Société publie un journal hebdomadaire.
- Les examens commerciaux représentent une œuvre considérable. Ces examens, qui sont purement écrits, sont passés le même jour dans un nombre décentrés très considérable, 397 en 1907: le nombre des candidats s’est élevé à 21 723 (1).
- (1) Ils se répartissent en trois catégories ou degrés : supérieur, intermédiaire, élémentaire, de la manière suivante : 4 279, 9 758, 7 692. Dans les deux premiers degrés, il y a deux, classes de certificats; il y en a un pour le degré élémentaire.
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- Généralement, les candidats sont recrutés dans la classe peu fortunée de la population, parmi les élèves des œuvres post-scolaires ou « continuation schools ». La variété des matières est considérable (1).
- Les matières les plus suivies sont la tenue des livres, la sténographie, la dactylographie ; parmi les langues, le français — de beaucoup — ensuite 1 allemand. En musique et en harmonie, il y a plus do six cents compositions.
- La Society of Arts a une charte qui lui a été octroyée en 1847, quatre-vingt-treize ans après sa fondation. Le prince consorta été longtemps le président de Société, à laquelle il portait un très vif intérêt. Son nom est inscrit dans la charte comme celui du premier Président de la Société après son incorporation.
- Le prince de Galles est actuellement son président (2).
- (1) Arithmétique, anglais, tenue des livres, histoire commerciale et géographie, géographie •commerciale, sténographie, dactylographie, économie politique, résumé (précis writing), législation commerciale, comptabilité et banque, huit langues vivantes, écriture et correspon dance, éléments de musique, harmonie.
- Rarement les candidats concourent en plus d’une matière.
- (2) Il nous a paru intéressant de donner quelques détails sur l’organisation intérieure de la Société, qui se préoccupe d’établir, dans la formation de son conseil, un mélange de l’esprit •de tradition et.de progrès au moyen d’un système de renouvellement partiel et automatique.
- Le président est élu cbaque année.
- Il ne peut, dans sa haute situation, s’occuper effectivement du travail de la Société.
- Les vice-présidents sont au nombre de 24, dont 4 sont désignés par le président.
- La Société a deux trésoriers nommés annuellement.
- Le conseil comprend : le président, les vice-présidents, les trésoriers et douze autres membres de la Société.
- Chaque année, le Conseil désigne un chàirman ou président effectif, qui est éligible pendant deux années consécutives seulement : après deux ans de service, il ne peut être élu •qu’après un intervalle d’un an.
- Le Conseil est assisté par un secrétaire, également soumis chaque année à la réélection. Ce secrétaire est appointé, et ne peut être membre de la Société.
- Il peut y avoir un secrétaire-adjoint.
- Le secrétaire a des attributions très étendues. Nomrhé par l’assemblée générale, il ne peut être renvoyé que par elle; le Conseil n’a que le droit de le suspendre. C’est au contraire le Conseil qui nomme le secrétaire-adjoint s’il y a lieu.
- Le secrétaire a la charge de tous les objets appartenant à la Société, — il est l’éditeur responsable du journal. Il mène, sous la haute direction du Conseil, toutes les affaires courantes de la Société. Pour la partie financière, il est assisté par un comptable nommé par le Conseil. Ce comptable est payé, et ne peut être membre de la Société. Chaque mois, les •comptes sont vérifiés par un auditeur professionnel.
- Le Conseil peut nommer des commissions spéciales auxquelles des personnes étrangères à la Société peuvent être adjointes. La Société ne peut être engagée par aucun des actes de commissions sans la ratification expresse du Conseil.
- Le Conseil peut chaque année admettre comme membres perpétuels de la Société cinq personnes marquantes, sans formalité d’élection ni paiement d’aucune cotisation.
- Le Conseil n’a pas de réunions régulières, il est convoqué par le secrétaire sur la réquisition du chairman, d’un trésorier ou de trois membres du Conseil.
- La Société a une assemblée générale annuelle, le dernier mercredi de juin. C’est à cette
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- La Société occupe depuis 1775 un local aux « Adelplii ». Mais elle n’est pas-propriétaire. Ce local comprend une salle de réunion d’environ 400 places,, quelques bureaux et une bibliothèque assez exiguë. Tel qu’il est, il sert non seulement pour les réunions de la Société, mais aussi à beaucoup de sociétés à qui il est prêté. C’est là notamment que se réunit l’Institution of Naval Architects. Le secrétaire estime que l’exiguïté du local, qui ne permet pas de développer la bibliothèque, est un obstacle au développement de la Société.
- Le nombre des membres de la Société, qui était à peu près de 2 000 vers 1853,. a progressé pendant près de vingt ans. Il était de 2 500 environ en 1860, de 3 200 en 1870. Depuis cette époque, il y a eu des fluctuations autour de ce chiffre,. — 3 300 en 1880, 3 123 en 1900. Le chiffre le plus élevé que l’on relève a été,, en 1895, de 3 800 ; il est actuellement d’environ 3 650.
- Le montant de la souscription annuelle est de deux guinées, soit 42 shillings-(52 fr. 50). Les souscriptions perpétuelles sont d’au moins 20 guinées, soit 525 francs.
- Il n’y a pas de droit d’entrée.
- assemblée que le Conseil rend compte de la gestion financière et que se font les élections-des bureaux.
- La forme de ces élections est rigoureusement déterminée. Le Conseil prépare àl’avance, et par voie de scrutin, une liste qui est affichée au moins huit jours à l’avance. Chaque membre a le droit de rayer un ou plusieurs noms de la liste et de lui substituer les noms de personnes-qualifiées.
- Le président peut être indéfiniment réélu.
- La liste des vice-présidents ne peut contenir ni moins de 20, ni plus de 24 perssnnes.. Quatre d’entre elles peuvent être désignées par le président. Vingt doivent être choisies par le Conseil. Les quatre plus anciens vice-présidents ne sont pas compris dans cette liste de-vingt personnes, et trois noms doivent être choisis parmi les membres de la Société qui n’ont, jamais fait partie du Conseil.
- La liste doit contenir encore les noms de douze membres de la Société, dont quatre au. moins ne doivent pas avoir fait partie du Conseil depuis un an. Les noms des deux membres-qui ont montré le moins d’assiduité aux séances doivent être supprimés. Enfin, tout membre de la Société qui appartient au Conseil depuis quatre ans ne peut y être maintenu.
- La liste contient encore les noms des deux trésoriers, qui ne doivent pas avoir plus de cinq, ans de service dans ces fonctions.
- L’admission des membres de la Société se fait en réunions ordinaires, sur la présentation, de trois membres. Les dames peuvent en faire partie.
- Les membres de la Société ont le droit d’assister aux réunions, d’y amener des personnes dans les conditions fixées par le Conseil. Ils reçoivent le journal et ont la jouissance de la. bibliothèque à laquelle ils peuvent, dans certaines conditions, emprunter des livres.
- La Société peut s’associer avec d’autres associations poursuivant des objets se rattachant à ceux dont elle s’occupe.
- La session de la Société commence le troisième mercredi de novembre et finit le dernfer mercredi de juin. Les réunions sont hebdomadaires. On ne peut y prendre de décision sur le mérite des rapports qui y sont lus et discutés, — ces rapports doivent être préalablement acceptés par le Conseil, mais cette acceptation n’emporte pas une approbation quelconque de la part du Conseil.
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- Les comptes de l’exercice 1906-1907 comportaient environ 12 000 livres de recettes, total dans lequel les souscriptions entraient pour 6 381 livres, et les droits d’examens pour 3 332.
- Les dépenses s’élevaient à un chiffre très voisin de 12 000 livres, soit près de 300 000 francs (1).
- La situation de la Société des Arts est absolument prospère. La ligne de conduite quelle a adoptée lui permet de produire à tout instant un effort vigoureux dans la direction où elle peut faire œuvre utile.
- La composition de son Conseil, qui comprend les sommités dans chaque branche de son immense domaine, lui permet d’être éclairée sur les questions à mettre à l’étude et de trouver à tout instant l’emploi le plus judicieux de ses ressources. Ce qui frappe, c’est la faible importance des sommes destinées aux prix ou médailles. La plus grande partie des revenus de ses fondations peut être employée à d’autres objets, et l’est effectivement.
- On est impressionné, en lisant son histoire, de l’œuvre énorme qu’elle a accomplie et de la puissance dont elle dispose pour entreprendre, à la première alerte, une tâche utile aux intérêts nationaux.
- IL --- UNION DES INDUSTRIES MINIÈRES ET MÉTALLURGIQUES (2)
- La plupart des membres de la Société d’Encouragement connaissent au moins de nom le Comité central des Houillères aï le Comité des Forges de France, qui existent depuis de longues années. Ces comités, véritables syndicats pro-
- (1) Les dépenses se décomposent, en chiffres ronds, en 1 300 fivres pour le loyer et les frais généraux concernant le local, — 3 284 livres pour le bureau, y compris 2 327 livres pour les appointements, — 2 515 livres pour le journal et 3 472 livres pour les examens.
- Le reste des dépenses se rapporte à des objets divers, parmi lesquels nous trouvons 511 livres pour la « conversazione ».
- La Société a d’ailleurs un capital important à sa disposition. D’après son bilan, l’excédent de l’actif sur le passif étant de 25 322 livres, somme dans laquelle les fonds placés entrent pour 21 216 livres. Indépendamment de ces capitaux, la Société a à sa disposition des fonds s’élevant à 16 220 livres provenant de donations ou de legs avec ou sans affectation spéciale. L ensemble des capitaux placés dont elle avait la jouissance s’élevait ainsi à près de 37 425 livres, soit 935 000 francs en chiffres ronds.
- (2) Le nombre des associations formées pour la défense des intérêts commerciaux et industriels est considérable.
- Nous pouvons citer parmi ceux qui sont bien spécialisés :
- Le Comité français des expositions à l’étranger, association reconnue d’utilité publique depuis 1901.
- Le Comité de l’Asie et de l’Afrique française.
- Parmi les associations dont l’objet n’est pas spécialisé :
- L’Union du commerce et de l’industrie pour la défense sociale.
- Le Comité républicain du commerce et de l’industrie.
- La Confédération générale de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
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- fessionnels patronaux, qui se sont d’ailleurs transformés et placés sous le régime de la loi de 1884, ont été les prototypes de nombreux autres syndicats des industries qui utilisent et transforment les matières premières produites par les mines et les forges, tels que les constructeurs do charpente, machines, gros et petit matériel, ou dos industries comme celles du gaz et de l’électricité qui consomment en grande quantité les produits miniers ou métallurgiques.
- Ces derniers syndicats, formant comme une famille autour des comités des Houillères et des Forges de France, ont compris l’intérêt qu’ils auraient à grouper leurs efforts et le rôle bienfaisant qu’ils pourraient jouer en s’unissant pour organiser solidement une section importante de l’industrie nationale.
- Une œuvre considérable et féconde était à faire d’abord pour remplir les lacunes laissées par l’insuffisante vitalité des associations techniques dans les questions techniques d’ordre général (d’ordre impérial, comme diraient les Anglais) telles que celles des simplifications des cahiers de charges, d’unifications de types puis aussi, pour atténuer par des ententes les conséquences des luttes commerciales ou des luttes ouvrières poussées à outrance, lesquelles sont de véritables calamités pour le pays.
- De là est née Y Union des industries minières et métallurgiq ues qui groupe à ce jour quinze chambres syndicales : Chambre syndicale de l’automobile; Chambre syndicale des constructeurs de navires ; Chambre syndicale des entrepreneurs de construction métallique ; Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel pour chemins de fer et tramways; Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel de guerre; Chambre syndicale des forces hydrauliques de l’électrométallurgie et de l’électrochimie; Chambre syndicale des mécaniciens chaudronniers et fondeurs de France; Chambre syndicale des métaux; Comité des Forges de France; Syndicat général des fondeurs en fer; Syndicat professionnel de l’industrie du gaz; Syndicat professionnel des industries électriques ; Syndicat professionnel des usines d’électricité; Union des fabricants de limes de France.
- L’Union est fondée en conformité de l’article 5 de la loi de 1884. Les moyens d’action comportent :
- A. Des réunions dans le local du Comité des Forges de France.
- B. Un bureau d’études vigoureusement constitué, groupant, sous la direction des secrétaires de l’Union, des collaborateurs jeunes et actifs travaillant
- L’Association de l’industrie et de l’agriculture française.
- La Société des industriels et commerçants de France.
- Ces associations ont des attaches avec des personnages ou des journaux connus, qui ne permettent pas de séparer leurs noms d’une certaine actio'n politique,— nous les avons, pour cette raison, laissées en dehors de notre étude.
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- dans quatre départements spéciaux d’études statistiques, économiques, techniques et commerciales.
- , C. L’information mise méthodiquement à la disposition des adhérents :
- 1° Sous forme de distribution de documents officiels, documents de statistique spéciaux ou généraux.
- 2° Sous forme d’un annuaire bien rédigé et d’un bulletin d’information bimensuel résumant brièvement les nouvelles d’ordre économique, commercial ou autre, pouvant intéresser les chefs des industries adhérentes.
- 3° Sous forme de subvention à des publications techniques spéciales, telles que la Revue de métallurgie.
- L’œuvre réalisée est considérable.
- Les conversations en commun ont pour effet de développer les ententes -commerciales (dont beaucoup avaient déjà trouvé leur formule avant la création de l’Union dans de nombreux comptoirs) et de préparer la création de nouveaux organismes de vente.
- Une des œuvres propres de l’Union a été la. création . de caisses d'assurances contre la grève, dont l’organisation détaillée sort du cadre de cette étude sommaire, et dont je ne puis qu’indiquer la portée sociale considérable.
- En soumettant l’assuré au contrôle d’un Conseil composé d’industriels de haute compétence et de longue expérience, le fonctionnement de ces caisses crée une garantie efficace contre les grèves « passionnelles » et un frein réel à l’activité si dangereuse des entrepreneurs de grève. Ceux-ci spéculent d’ordinaire sur les erreurs de tactique patronales et la crédulité ouvrière : ces spécialistes seront certainement amenés à réfléchir sérieusement le jour où ils se trouveront en face non plus d’un patron isolé, plus ou moins énervé, mais d’une collectivité de gens réfléchis et avisés, parfaitement de sang-froid et en situation de parler aux pouvoirs publics et de s’en faire écouter.
- Un autre côté de l’œuvre de l’Union est l’action auprès des pouvoirs publics •et des grandes Compagnies soit pour faire écouter la voix des industriels dans les questions de législation pure et de réglementation, soit pour obtenir des améliorations commerciales telles que l’unification du cahier des charges des Compagnies de chemins de fer, une meilleure application des tarifs de transport.
- Ces résultats ont été obtenus par l’organisation de conférences ou de comités permanents ou temporaires constitués selon le but à atteindre :
- Conférence permanente des transports; Comités de contentieux.
- Les ressources de-l’Union sont des cotisations annuelles dont l’importance peut varier chaque année, et, pour les dépenses extraordinaires, des contributions fournies par les syndicats adhérents.
- Le résultat de ces efforts en commun a été tellement satisfaisant pour les
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- Intéressés que le budget des œuvres diverses dont l’Union est le foyer, s’élève à plus de 200 000 francs annuellement.
- III. — FÉDÉRATION DES INDUSTRIELS ET COMMERÇANTS FRANÇAIS
- Le besoin de l’entente et de l’étude en commun en vue d’une action efficace principalement dans l’ordre des questions économiques, commerciales ou sociales, a été très vivement ressenti dans d’autres brandies de l’industrie française ; les syndicats des industries textiles ont également réalisé une puissante union : le mouvement a gagné à peu près toutes les branches de l’industrie nationale, et lorsque la loi de 1901 est venue apporter les moyens de créer des groupements plus étendus que les groupements professionnels, le public de l’industrie était mûr pour écouter l’appel des fondateurs de la Fédération des industriels et commerçants français, qui s’est constituée en 1904.
- Voici comment s’exprime à son sujet le petit bulletin de propagande qui explique l’objet de l’Association:
- « Il existe déjà en France un grand nombre de groupements économiques : Chambres de commerce. Chambres syndicales, Sociétés d’économie politique, Sociétés de géographie, etc., qui travaillent utilement au progrès de l’industrie et du commerce, au développement de la richesse et de la prospérité nationale.
- « Mais ces groupements, créés ordinairement pour représenter les intérêts d’une région ou pour donner de l’impulsion à une branché particulière de l’activité industrielle, sont isolés ; leurs efforts, faute de cohésion, restent souvent inefficaces.
- « La Fédération des industriels et des commerçants français a pour but, sans porter atteinte à aucune association existante, do servir de trait d’union entre elles et de mettre en rapport, les uns avec les autres, industriels et commerçants afin de les entraîner dans une action commune. Elle voudrait pouvoir grouper toutes les forces vives du pays pour les faire concourir au développement de sa richesse.
- « Etrangère aux luttes politiques, elle s’efforce de réunir des hommes de toute opinion. Elle cherche à les arracher à une propension naturelle au particularisme, à leur faire comprendre les avantages qui résultent de l’union des efforts.
- « C’est à l’initiative privée qu’elle fait appel, mais elle -n’hésite pas, quand elle le juge nécessaire, à solliciter l’intervention des pouvoirs publics. Elle entend concentrer son action avec celle des hommes qui ont la lourde tâche des affaires publiques et leur demander un appui efficace. »
- La Fédération, faisant appel à l’universalité des industriels et commerçants
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- de France, a constitué des cadres très importants, comprenant un Conseil général dont le bureau est le Comité directeur de la Fédération.
- Les membres du Conseil, comme ceux du Comité directeur, sont choisis suivant une proportion statutairement fixée entre la province et Paris.
- Des comités régionaux, au nombre de 18, groupent les adhérents dans-chaque région industrielle.
- Pour le travail, cinq sections réunissent les divers intérêts de la manière-suivante :
- Section du commerce extérieur; Section industrielle ; Section de législation et d’éconpmie sociale; Section coloniale; Section de propagande.
- Un secrétaire général assisté par un chef de secrétariat, plus spécialement chargé de la partie administrative, seconde l’action du Bureau en poursuivant personnellement ou en organisant des enquêtes sur les questions mises à l’étude-par la Fédération.
- Les moyens d’action de la Fédération sont les réunions des sections, celles des comités directeurs, des assemblées générales ou congrès, — la publication d’un bulletin mensuel, — des déjeuners mensuels.
- Les déjeuners mensuels sont l’occasion de communications sur des sujets d’intérêt général qui sont très souvent traités par plusieurs personnes particulièrement compétentes, appartenant quelquefois au monde politique et à des opinions diverses : les questions sont ainsi examinées à plusieurs points de vue et il en résulte pour les auditeurs une très profitable leçon. Les déjeuners mensuels peuvent être tenus hors de Paris ; ils sont généralement très suivis et il n’est pas douteux qu’il y ait là un moyen heureusement choisi et très efficace surtout pour préparer une action auprès des pouvoirs publics : le contact fréquent de parlementaires compétents et influents avec le monde des industriels-et des commerçants doit être certainement très fécond en résultats intéressants.
- La Fédération a abordé les sujets les plus divers : dans le courant de l’année-dernière notamment : Autonomie des ports. Impôt sur le revenu. Régime douanier. Repos hebdomadaire. Contrat de travail. Crise américaine.
- Son œuvre ne s’est pas bornée d’ailleurs à des discussions académiquès. Elle a lancé l’idée d’un congrès des industries frigorifiques qui doit avoir lieu cette année. Sous ses auspices, se sont créées diverses institutions :
- Un syndicat de garantie des industriels et commerçants français contre les accidents du travail, destiné à procurer aux industries à faible risque, ainsi qu’au commerce, le moyen de contracter des assurances au meilleur compte.
- Une caisse mutuelle industrielle et commerciale ayant pour but le remboursement des pertes résultant du chômage en cas de grève injustifiée.
- Il s’agit, dans ce dernier cas, d’une œuvre parallèle à^celle qui a'été entreprise par l’Union des industries minières et métallurgiques. Nous ne pouvons
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- entrer dans le détail de l’examen comparatif de ces si intéressantes créations : le but poursuivi est le même, la portée morale identique.
- Enfin la Fédération projette la création d’une banque d’exportation destinée, à l’imitation de certaines institutions allemandes, à favoriser l’expansion de notre industrie.
- La Fédération ne publie pas de comptes rendus financiers; constituée sous le régime de la loi de 1901, comme association simplement déclarée, elle ne peut demander que des cotisations modérées, 25 francs aux sociétaires, 10 francs aux simples adhérents.
- Les débuts ont été un peu plus lents que n’auraient souhaité ses fondateurs; •mais, en raison du rapide accroissement des adhésions, dépassant 3000 à ce jour, l’avenir financier paraît assuré, d’après la déclaration du trésorier à la dernière assemblée générale.
- IV. --- ASSOCIATION FRANÇAISE POUR LE DÉVELOPPEMENT DES TRAVAUX PUBLICS
- L’Association française pour le développement des travaux publics est de -date toute récente, car son assemblée générale constitutive est du 12 août 1904. Cette société est fondée sous le régime de la loi de 1901. Elle a pour but de continuer et de développer l’œuvre des congrès de travaux publics de 1900 et 1903, dont M. Hersent avait été le principal promoteur.
- D’après ses statuts, son but est défini de la manière suivante :
- 1° Poursuivre la réalisation des vœux émis dans le Congrès et faire aboutir tous autres travaux publics susceptibles d’augmenter la richesse nationale.
- 2° Etudier les travaux publics à l’étranger.
- 3° Entretenir des relations suivies entre tous ceux qui s’intéressent au -développement des travaux publics en France.
- Les moyens d’action sont également indiqués par ses statuts.
- L’Association doit s’efforcer d’atteindre son but par des réunions, des conférences, par l’organisation de Congrès nationaux ; par la publication d’un bulletin, de mémoires, par des communications aux Chambres de commerce, par l’examen des projets de loi et propositions de loi, des démarches auprès des pouvoirs publics et tous autres moyens de propagande et de publicité que l’Association jugera utiles.
- Son intérêt particulier réside dans sa composition et dans sa tendance à rechercher la collaboration d’éléments qui restent, chez nous, souvent trop séparés : les ingénieurs de l’Etat et les ingénieurs civils.
- La première manifestation importante de l’activité de l’Association a été la réunion d’un Congrès à Bordeaux au mois d’octobre dernier.
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- Ce Congrès a été l’occasion de la présentation d’un certain nombre de mémoires sur divers sujets, dont l’étude était répartie entre cinq sections:
- Amélioration des ports maritimes ; construction, amélioration et exploitation des canaux et voies navigables ; voies ferrées internationales et raccordement des voies ferrées et des voies fluviales ; alimentation en eau potable et hygiène des villes; la personnalité civile des grandes œuvres d’utilité publique.
- Parmi les questions intéressantes traitées ou abordées dans les sections» •2e, 3e, 4e, je citerai celle que M. Audouin a récemment développée ici même devant vous, et celle de la création de canaux dans la vallée du Rhône, pour compléter l’outillage économique de cette grande voie naturelle française, — le développement des chemins de fer d’intérêt local, — l’union des voies navigables et des voies ferrées, — l’unification des profils et des spécifications techniques, — les magasins et les transports frigorifiques.
- Mais l’intérêt le plus considérable du Congrès a résidé dans le travail des» lre et 5e sections, qui se sont occupées de la situation des porls maritimes et de la question de leur autonomie.
- Cette question avait déjà été abordée par la Fédération des industriels et commerçants français à son congrès du mois d’avril et avait donné lieu à une démarche auprès des pouvoirs publics ; elle avait provoqué le dépôt d'un projet de loi par M. Jules Siegfried; M. Millerand, qui a présidé les travaux des deux:, sections du Congrès de Travaux publics, a été frappé de l’unanimité avec laquelle tous ceux qui ont été appelés à examiner la situation des ports français en sont arrivés à chercher le remède à leur situation actuelle dans la création d’organes autonomes ayant une personnalité distincte de celle de l’Etat, et chargés d’exécuter les travaux aussi bien que d’exploiter les ports» maritimes. *
- La question du développement des installations maritimes, de leur mise en. rapport avec les besoins de la navigation moderne, n’est d’ailleurs pas seulement à l’ordre du jour en France. Dans l’adresse délivrée à l’Institution of Civil Engineers de Londres, le 5 novembre dernier, au moment de son entrée en fonctions comme président, sir William Matthews y consacre de très importants développements.
- Je, ne puis aujourd’hui que vous signaler la manifestation à laquelle cette question a donné lieu au Congrès de Bordeaux, réunissant le sentiment unanime de personnalités appartenant au monde technique, au monde commercial et au monde parlementaire sans distinction de parti.
- En prenant l’initiative d’un Congrès où ont été agitées des questions aussi intéressantes pour notre activité nationale, l’Association française pour le développement des Travaux publics, a donné une preuve de l’utilité de son action, et de sa vitalité.
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- LA SOCIÉTÉ DES ARTS DE LONDRES. ----- AVRIL 1908.
- Elle projette d’en donner une nouvelle par l’organisation de conférences contradictoires sur les sujets les plus importants de l’heure actuelle.
- La justesse des vues de celui qui a fondé ce groupement s’est trouvée démontrée par le succès du Congrès de Bordeaux. Ce Congrès a osé proclamer la nécessité, dans l’intérêt bien entendu du travail national, ce mot comprenant l’universalité des travailleurs, ouvriers ou patrons, de donner en matière de travaux publics, à l’initiative privée organisée, une part d’influence au moins égale à celle de l’État, et osé inviter les pouvoirs publics à se ranger à ces vues, en invoquant à titre d’exemple l’œuvre réalisée par les grandes Compagnies de chemins de fer.
- Les trois associations dont la présente note contient l’esquisse sommaire ont toutes trois des traits communs : elles travaillent dans le champ d’action de notre Société, mais elles ne limitent pas leur action aux questions techniques,
- • elles abordent franchement le côté économique et social du problème industriel -et commercial; toutes trois, bien que s’interdisant les questions politiques, sont en conversation directe avec le monde parlementaire et les pouvoirs publics. La première emprunte à la formule syndicale la puissance particulière que la liberté donnée aux associations professionnelles, au point de vue des ressources, lui accorde. Elle a réalisé des œuvres considérables avec un instrument de travail méthodiquement organisé. Les deux autres agissent davantage par l’éclat -donné à leurs réunions et s’adressent plus directement à l’opinion.
- Dans une étude présentée en 1902 à la Société d’Encouragement, nous avons appelé l’attention sur la richesse, l’autorité et le rôle éminent des associations techniques anglaises, sur le merveilleux sentiment qu’elles ont de l’évolution -et de l’adaptation. Nous avons également attiré l’atthntion sur la puissante et méthodique organisation des associations techniques allemandes.
- Nous avons signalé à ce moment la faiblesse comparative des associations françaises.
- Notre pays ne manque ni d’intelligences ni d’initiatives : chez nous, ce qui fait surtout défaut, c’est la coordination des efforts, leur utilisation méthodique •dans un but d’intérêt supérieur bien défini : nous avons essayé de démontrer -cette lacune en montrant l’exemple contraire chez nos voisins et les résultats •obtenus par eux.
- Il semble qu’une évolution sérieuse commence à se produire chez nous dans les esprits. Le monde du commerce et de l’industrie est de plus en plus convaincu de la nécessité de porter l’esprit et la méthode scientifique dans toutes les opérations industrielles et commerciales et de réclamer des pouvoirs publics le même esprit et la même méthode dans l’examen de toutes les questions •économiques, ouvrières et commerciales.
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- Cette évolution, fruit d’une lente éducation de notre élite pensante, a été annoncée par le grand penseur qu’était Hippolyte Taine.
- Dans une admirable lettre à l’un de ses maîtres, à propos de son premier volume sur la Révolution, il s’exprimait ainsi :
- « Insensiblement, l’opinion changera : elle changera à propos de la Révolution française, de l’Empire, du suffrage universel direct, du rôle de l’aristocratie et des corps dans les sociétés humaines. Il est probable, qu’au bout d’un siècle, une pareille opinion aura quelque influence sur les Chambres, sur le Gouvernement, voilà mon espérance!
- « J’apporte un caillou dans une ornière, mais 10 000 charrettes de cailloux bien posés et bien placés finissent par faire une route. «
- Selon les prévisions de Taine, exclue de la direction politique mais éclairée par les enseignements puisés dans les œuvres d’initiative privée où sont étudiées avec impartialité les sciences sociales, cette élite a commencé à bien comprendre le rôle quelle peut jouer comme « conseiller scientifique d’espèce indépendante et supérieure » et grâce à la liberté d’association elle s’apprête à l’exercer.
- La constitution des trois associations qui ont fait l’objet de la seconde partie de notre communication, leur essor vigoureux, témoignent de la profondeur du besoin ressenti et du puissant courant qui porte les esprits vers les méthodes d’étude et les solutions scientifiques des problèmes industriels et commerciaux.
- Elle marque une étape vers une organisation meilleure de nos intérêts industriels et commerciaux, elle permet d’espérer de voir se créer, au grand profit de ces intérêts vitaux pour le pays, une sorte de contrepoids à l’influence souvent aveugle de la puissance publique mise de plus en plus au service des masses par le suffrage universel.
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- Gaz occlus dans les aciers, par M. G. Belloc, docteur ès sciences, chef des travaux de physique près t’Université de Caen (J).
- I
- HISTORIQUE
- On sait que les produits sidérurgiques, soit à l’état liquide, soit pendant et meme après leur solidification, dégagent des quantités plus ou moins considérables de gaz et peuvent en garder à l’état solide une proportion qui est souvent loin d’être négligeable.
- Nous n’avons pas l’intention de présenter ici un historique développé que l’on peut trouver dans la sidérologie du baron von Jüptner, récemment traduite en français par MM. Poncelet et Delmer (2), et nous ne résumerons que les grandes lignes de la question.
- Les gaz des aciers fondus peuvent se diviser en deux parties : ceux qui s’en vont et ceux qui demeurent. C’est pour ces derniers que Graham a imaginé l’épithète « occlus », laquelle ne fait d’ailleurs que masquer notre ignorance.
- Les gaz qui s’en vont n’auraient pas d’intérêt pratique si, mis en liberté pendant la solidification à l’intérieur d’un lingot qui se solidifie progressivement dans une sorte de vase clos formé par les couches superficielles, ils ne restaient en partie emprisonnés, formant ce qu’on appelle les soufflures. Ces soufflures, sont très gênantes pour les moulages qui doivent être ajustés et même pour les lingots destinés à la forge, du moins quand elles sont assez voisines de la surface pour venir en communication avec l’atmosphère oxydante du four à réchauffer, d’où oxydation superficielle, défauts de soudure et pailles.
- Quant aux gaz gardés occlus par le métal solide, sont-ils combinés chimiquement, dissous ou mécaniquement emprisonnés, dans quelles proportions sont-ils présents, comment sont-ils répartis, dans quelle mesure varient-ils avec les procédés de fabrication et les différentes variables qui interviennent
- (1) Recherches subventionnées par la Société d’Encouragement.
- (2) Paris, Béranger, 1905.
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- dans ccs procédés, quelle est leur influence sur les propriétés physiques et mécaniques des aciers finis ? Autant de points d’interrogation auxquels nous ne pouvons actuellement fournir que des réponses Lien incomplètes, faute de méthodes analytiques à la fois simples, rapides et exactes, comme les laboratoires d’usines en possèdent pour les autres éléments qui entrent dans la composition des aciers.
- Ce fut, tout naturellement, la question des soufflures qui préoccupa d’abord les métallurgistes. Dans les usines, on distingue les aciers mousseux, ainsi nommés parce qu’ils moussent comme du lait dans les lingotières, les aciers remontants à la surface desquels on voit remonter brusquement le métal liquide de l’intérieur après qu’une croûte superficielle est déjà figée, et les aciers tranquilles qui s’affaissent en se solidifiant, sans bouillonnement gazeux. On s’aperçut assez vite, notamment aux aciéries de Terrenoire, que les aciers tranquilles n’ont pas de soufflures et contiennent en général des proportions relativement fortes de silicium. D’où l’addition systématique de ce métalloïde sous forme de ferro-silicium ou de silico-spiegel, alliage triple de fer, silicium et manganèse, le manganèse étant également nécessaire pour la réduction de l’oxyde de fer. On avait ainsi une solution industrielle. Quelle en était la théorie? Plusieurs ingénieurs, M. Pourcel entre autres, admirent que les soufflures étaient dues au dégagement de l’oxyde de carbone résultant de la réaction du carbone du spie-gel sur l'oxyde de fer formé à la fin de l’opération. C’était la théorie de la réaction. Le silicium, dont l’affinité pour l’oxygène est plus grande, à la température de fusion des aciers, que celle du carbone, remplaçait ce dernier dans la réduction de l’oxyde de fer et pouvait à la rigueur décomposer l’oxyde de carbone existant dans le bain, ce qui expliquait facilement l’absence de soufflures. Cependant, le docteur Müller, alors professeur à Osnabrück, recueillant sous l’eau ou sous l’huile les gaz mis en liberté par le foret qui perce un acier, trouva que ces gaz étaient, pour la plus grande part, formés d’hydrogène, avec un peu d’azote et presque pas d’oxyde de carbone. Puis, de nouvelles expériences lui montrèrent que l’oxyde de carbone était abondant dans les gaz qui se dégagent du métal fondu coulé dans une lingotière. En fin do compte, le docteur Müller proposa l’hypothèse suivante :
- A l’état liquide, le métal dissout l’oxyde de carbone, l’hydrogène et l’azote; au fur et à mesure que la température s’abaisse, ces gaz tendent à s’échapper avec une vitesse qui dépend de leur nature : c’est ainsi que l’oxyde de carbone s’échappe tout d’abord, puis c’est le tour de l’azote et, enfin, celui de l’hydrogène. Mais, lorsque ccs deux derniers gaz commencent à se dégager, la solidification se produit, ce qui oblige les gaz à presser sur les parois qui les renferment, d’où les soufflures. Pour expliquer ce retard au dégagement de l’azote et surtout de l’hydrogène, le docteur Müller émettait l’hypothèse de véritables Tome HO. — Avril 1908. 33
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- combinaisons avec le métal fondu, combinaisons dissociables à la température de solidification. Quant au rôle du silicium, il le niait carrément : pour lui, si les gaz ne tendaient plus à se dégager, le fait tenait à la présence simultanée du manganèse qui rendait la combinaison plus stable. En un mot, le docteur Müller opposait la théorie physique de Yabsorptioii à la théorie chimique de la réaction.
- Une polémique s’éleva entre les partisans de Tune et l’autre théorie, mais no fut pas étayée par des recherches systématiques (1). Un peu plus tard, M. Le Verrier proposa l’explication suivante. Le métal fondu maintient dissous, mais en état de sursaturation, l’hydrogène et l’azote ; tant que rien ne vient détruire ce faux équilibre, aucun bouillonnement ne se manifeste ; mais, si un dégagement d’oxyde de carbone se produit par la réaction du carbone sur l’oxyde de fer, si faible soit-il, aussitôt l’équilibre est rompu et les gaz reprennent leur liberté; en empêchant donc la formation d’oxyde de carbone, on a un métal dépourvu de gaz à l’état libre : c’est là le rôle du silicium, remplacé maintenant en partie par l’aluminium. Grâce à cette interprétation, les faits se trouvent expliqués en faisant des emprunts à l’une et l’autre théorie.
- - Quant aux gaz occlus, les premières expériences paraissent être celles du docteur Parry (2) qui fit l’extraction par le vide des gaz de différents produits sidérurgiques. Mais les travaux les plus importants sont ceux de MM. Troost et Ilautefeuille (3), auxquels, depuis plus de trente ans, il n’a pas été ajouté grand’-chose. Ces savants arrivaient aux conclusions suivantes :
- l°Toutes les fois que la fonte est maintenue en fusion au contact de la silice et des silicates, elle dégage de l’oxyde de carbone résultant de l’action du carbure de fer sur la silice.
- 2° La fonte en fusion dissout des quantités notables de gaz hydrogène. Le silicium diminue beaucoup la solubilité de l’hydrogène. Le manganèse l’augmente au contraire dans de fortes proportions.
- 3° L’oxyde de carbone est beaucoup moins soluble que l’hydrogène dans les différentes fontes. La présence du manganèse diminue la solubilité de ce gaz et peut même l’annuler.
- 4° Les fontes, après leur solidification, retiennent des gaz qu’on peut extraire en chauffant à une température qui ne doit pas dépasser 800°; au-dessus de cette température, il se produit des réactions entre les éléments en présence-
- L’hydrogène est en quantité beaucoup plus considérable que l’oxyde de
- (1) Voir à ce sujet un article bien documenté de M. de Billy dans le Génie civil du 26 décembre 1891, XX, 126.
- (2) Journal Iron and Steel Institute, années 1872, 2, 238; 1873, 429; 1874, 93.
- (3) Annales Chim. Phys., (5), VII, 135, 1876.
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- •carbone dans la fonte solide comme dans la fonte liquide; il est plus énergiquement retenu que l’oxyde de carbone. Les fontes manganésifères retiennent plus d’hydrogène que les fontes ordinaires.
- 5° L’acier dissout notablement moins de gaz que la fonte. L’hydrogène y est, comme dans la fonte, en plus grande proportion que l’oxyde de carbone et y est aussi plus énergiquement retenu que ce dernier.
- 6° Le fer doux dissout au contraire plus d’oxyde de carbone qui est retenu .avec le plus d’énergie.
- Il
- BUT DE CE TRAVAIL
- Au cours de mes recherches sur la thermo-électricité du fer et des aciers (1), j’avais été amené à m’occuper de la décarburation spontanée des aciers; en essayant d’élucider les causes de cette décarburation, j’avais trouvé que les gaz occlus, par un mécanisme qui m’échappe encore, étaient les agents nécessaires de la décarburation, mais que cette dernière exige, pour être continuée, l’intervention cl’une énergie auxiliaire soit physique, soit chimique. J’avais trouvé en outre que la résistance électrique diminuait quand on enlevait les gaz occlus.
- MM. H. Le Ghatelier et Osmond ont toujours porté un grand intérêt à cette question des gaz de l’acier. Aussi ont-ils remarqué ce chapitre accessoire de -ma thèse et m’ont-ils engagé à diriger mes recherches de ce côté. Grâce à leur bienveillant appui, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale m’a alloué une subvention pour les frais matériels de ces travaux, et les premiers résultats précis que j’ai obtenus font l’objet de cette communication.
- Avant d’entrer dans le détail des faits, je tiens à remercier M. Osmond de l’intérêt qu’il a porté à mes essais et dos encouragements qu’il m’a prodigués au cours de ces recherches quelque peu ingrates et souvent pénibles.
- J’avouerai tout d’abord que les premiers essais ont été très laborieux, tant pour mettre au point l’outillage approprié que pour m’orienter au travers de résultats quelque peu contradictoires. Aussi, malgré un travail soutenu depuis la mise en chantier, ce mémoire est le premier qu’il m’ait été possible de présenter à la Société d’Encouragement.
- On ne pouvait avoir la prétention de résoudre ni même d’aborder toutes les questions intéressantes qui se présentaient en foule et dont j’ai plus haut énuméré une partie. Il fallait sérier.
- Il a paru qu’il était rationnel de déterminer d’abord : 1° la nature des gaz
- (1) Thèse, Faculté des Sciences de Paris, 1903.
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- 2° les courbes de variation de leur composition en relation avec la température d’extraction et les points critiques du fer et des aciers ; 3° la courbe ou les
- courbes fit, -j-j = 0; 4° comment se modifient ces courbes quand on s’adresse
- aux couches différentes d’un même acier ou aux couches semblablement situées d’aciers différents; 5° la variation des constantes physiques des aciers en cours d’extraction des gaz.
- L’exécution d’un pareil programme exige beaucoup de temps, une seule expérience demande quinze jours de marche ininterrompue et, si un accident vient à se produire, il faut tout recommencer. Je vais décrire tout d’abord les appareils employés et les méthodes d’analyses utilisées.
- III
- APPAREILS
- L’appareil qui a servi à ces essais est quelque peu dérivé de celui employé pour l’étude de la thermo-électricité. Un tube en porcelaine de 0m,60 de long, vernissé extérieurement, est fermé à l’une de ses extrémités ; par l’autre, il est mis en communication avec une pompe à mercure sans robinets, permettant de recueillir les gaz; F extrémité fermée du tube était plongée dans un four électrique dont le rhéostat permettait d’obtenir et de maintenir une température donnée; enfin un thermomètre Le Chatelier donnait la température. Tel est le principe du montage de l’appareil.
- Pratiquement, l’obtention d’un bon vide à la température de 1000° à 1 100° se maintenant quinze à vingt jours ne va pas sans quelques difficultés provenant soit de la porosité des tubes, soit de l’encrassage de la trompe. Au cas où quelques détails techniques intéresseraient, je vais les développer quelque peu. Tout d’abord, j’ai cru que les tubes de quartz résoudraient au mieux la question de fragilité et d’étanchéité ; mais, après une série d’essais, j’ai acquis la certitude (1) que ces tubes deviennent poreux; la partie chauffée devient opaque par suite d’une dévitrification et d’un encellulement de molécules gazeuses; ces observations se sont d’ailleurs trouvées d’accord avec la communication que M. Berthelot a faite devant l’Académie des Sciences (2). J’ai dû reprendre les tubes en porcelaine vernissée; ceux émaillés intérieurement ont été de suite rejetés; sous l’effet du vide et de la haute température, l’émail se boursoufle et le tube se trouve rempli d’une sorte de feutrage analogue à de la crème de lait
- (1) M. Berthelot, Sur les vases de silice fondue; leur perméabilité. G. B. Ac. Sc., 27 mars 1905.
- (2) G. Belloc, Osmose au travers des tubes de silice. C. R. Ac. Sc., 8 mai 1905.
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- cuit; l’émail ayant ainsi .disparu, le tube devient poreux; il ne reste donc plus que les tubes vernissés extérieurement, dont l’émail se comporte bien aux températures élevées; si le tube est bon, il pourra servir pour toute une série d’essais, mais on doit quelquefois en essayer plusieurs avant de tomber sur un de convenable. Il existe cependant un moyen d’atténuer ou de faire disparaître cette porosité native; en effet, cette dernière tient surtout à la différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur; on peut amener cette différence à être de quelques millimètres, en introduisant le tube clans un autre de meme matière mais de plus grand diamètre et mettant l’espace annulaire en relation avec une trompe à eau.
- Pour maintenir le vide aussi longtemps, il est nécessaire d’avoir une trompe marchant automatiquement. Après quelques essais, je me suis arrêté à la îrompe à deux chutes, sans robinets, de la maison Thurneyssen ; une grosse difficulté est le remontage automatique du mercure. Le dispositif de Verneuil, ordinairement employé, a l’inconvénient de salir le mercure et de le rendre humide; au bout cl’un certain temps, la pompe s’encrasse et fonctionne mal. J’ai alors adopté le dispositif suivant :
- Le trop-plein de la cuve à mercure de la trompe se déverse dans une cuve en bois, dans le fond de laquelle peuvent puiser les godets de verre d’une petite noria; le mercure est ainsi remonté proprement sans avoir barboté dans l’air humide; arrivé à la partie supérieure, il se déverse dans une cloche tubulée renversée formant entonnoir et dont la tubulure communique avec le réservoir de la trompe par un caoutchouc fermé par un jonc; en passant au travers de ce jonc, il se filtre et se trouve ainsi propre et sec pour recommencer son cycle. Cette noria est appliquée le long d’une planche verticale ; elle est entraînée par un petit moteur électrique ; comme la marche continue du moteur n’est pas utile, un mouvement d’horlogerie met le moteur en marche toutes les onze minutes pendant 4 minutes, temps suffisant pour remonter tout le mercure tombé pendant le quart d’heure précédent. Je n’insiste pas sur tous les détails de mise au noint; l’appareil sera probablement exposé à la Société de physique. En outre, des appareils de purification du mercure, fonctionnant d’une manière continue, permettaient de remplacer le mercure sali, par d’autre sec et pur. De cette façon la trompe a pu fonctionner pendant deux ans sans aucun avatar.
- IV
- MÉTHODE D’ANALYSE
- Pour analyser les gaz occlus, je me suis inspiré, avec fruit, du traité de AI. Ogier. L’auteur a même eu l’amabilité de m’initier à la pratique des mani-
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- pulations de l’appareil do Doyère; c’est, en effet, la méthode de Doyère qui m’a para la plus convenable à suivre. Comme je ne disposais pas d’une cuve à mercure ordinaire de capacité suffisante pour faire les transvasements, je me suis servi d’une cuve simple de Doyère et les gaz étaient transvasés d’une éprouvette dans l’autre au moyen d’une pipette Ogier; les éprouvettes, tubes mesureurs et eudiomètres avaient été construits spécialement pour aller avec cette cuve; grâce à ce dispositif, j’ai pu éviter l’achat d’une grande masse do mercure, et les transvasements ont été opérés sans perte d’aucune sorte.
- Pour faire l’analyse d’un mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène, deux méthodes peuvent être employées : 1° absorber l’oxyde de carbone par le chlorure cuhTcux en solution chlorhydrique et traiter le gaz restant dans l’eudio-mètre; 2° traiter le mélange dans l’eudiomètre, en ayant soin, après l’étincelle, d’absorber le gaz carbonique par la potasse pour doser l’oxyde de carbone.
- En faisant l’analyse d’un même mélange par les deux méthodes, je n’ai jamais trouvé d’accord; systématiquement, la proportion d’oxyde de carbone était plus petite par la première méthode que par la seconde. J’ai répété les essais avec des mélanges titrés de ces gaz; la seconde méthode m’a donné seule des résultats exacts. Pour découvrir la cause de cette divergence, j’ai repris la première méthode ; seulement, après le passage de l’étincelle, je traitai le résidu par la potassé, et j’eus toujours une absorption provenant d’un peu d’oxyde de carbone qui avait échappé au réactif cuivreux ; grâce à cette correction, la concordance entre les deux méthodes était rétablie. Aussi, dans la majorité des cas, me suis-je servi de la seconde qui est plus rapide ; lorsque la quantité de gaz était suffisante, j’employais aussi la première comme contrôle.
- Pour des raisons que j’exposerai plus loin, les analyses ont porté sur un volume relativement faible, généralement compris entre 1 et 2 centimètres cubes. Les mesures étaient faites dans un petit tube de 16 centimètres de haut et de 1 centimètre de diamètre, calibré en dixièmes de centimètre cube ; en faisant la lecture avec la lunette, on pouvait apprécier le centième, grâce au micromètre. L’eudiomètre employé était celui de Riban ; l’oxygène que l’on ajoutait provenait d’une décomposition éleclrolytique, après contact avec le mercure pour détruire l’ozone.
- Voici comment était conduite une analyse ; je prendrai deux exemples.
- 1er Exemple. — Gaz recueillis à 520°.
- — Transporter l’éprouvette de la cuve de la trompe sur la cuve simple de Doyère;
- — Aspirer les gaz dans une pipette Ogier;
- — Les refouler dans le tube mesureur ;
- — Porter ce tube dans la cuve à mesurer et évaluer le volume, soit lcc,88,;
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- — Reporter sur la cuve simple et aspirer dans la pipette à potasse ;
- — Laisser en contact, agiter et refouler dans le mesureur, en ayant soin de ne pas laisser échapper de licfuide ;
- — Rapporter le mesureur sur la grande cuve et évaluer le nouveau volume, soit 1cc,75 ; 0CC,13 ont donc été absorbés par la potasse correspondant à un volume égal d’acide carbonique ;
- Rapporter le mesureur sur la cuve ordinaire, aspirer dans la pipette à transvaser de l’oxygène ; le refouler dans le mesureur ;
- — Lire sur la grande cuve le volume total, soit 4CC,58 ;
- Reporter le mesureur et transvaser les gaz dans un eudiomètre Riban, non gradué ;
- Transporter l’eudiomètre sur une cuve spéciale, le boucher et bien l’assujettir avec des pinces, faire passer l’étincelle, déboucher ;
- Ramener sur la cuve ordinaire et transvaser dans le mesureur;
- Porter le mesureur sur l’autre cuve et lire le volume, soit 2CC,66, donnant une contraction de lcc,92;
- Ramener sur la cuve ordinaire et transvaser dans la pijoette à potasse, agiter; transvaser dans le mesureur;
- — Ramener sur la cuve à mesurer et lire le volume, soit loc 96 ;
- La différence, 0CC, 70 est de l’acide carbonique provenant d’un volume égal d’oxyde de carbone ;
- — Le volume d’hydrogène est ainsi de
- 2
- 3
- 1,92-^
- lcc,05;
- — En résumé cette analyse donne :
- Co2 = 0,13 Co = 0,10 H = 1,05
- d’où
- Az = 1,88 — 1,88 = 0.
- — Le gaz résiduel est entièrement absorbé dans la pipette à pyrogallate et correspond à tout l’oxygène introduit par excès. Un petit calcul montre bien qu’il doit en être ainsi si l’analyse a été bien conduite.
- En effet, le volume de l’oxygène introduit est 4, 58 — 1,75 = 2, 83 ; la combustion en a brûlé
- ±# + 2# = 0,87
- Il devait en rester : 2 83 — 087 = 196.
- C’est bien le volume du gaz résiduel, absorbé par le pyrogallate.
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- Évidemment, ces diverses manipulai ions sont un peu fastidieuses, surtout au début; mais on s'y fait vite; leur enchaînement, devient quelque peu mécanique, et une demi-heure suffit pour mener une analyse de bout en bout.
- Il y a deux précautions à prendre : dans les transvasements, s’arrêter juste quand les dissolutions viennent former leur ménisque au sommet du tube de la pipette; bien assujettir reudiomètre pour qu’il puisse résister à l’ébranlement. Une cause d’insuccès est à craindre: c’est la rupture de l’eudiomètre ;j’ai eu ainsi 8 analyses manquées.
- 2e Exemple. — Gaz recueillis à 850°.
- Je ne recommencerai pas rénumération des diverses opérations, je me bornerai à transcrire les notes de mon cahier de laboratoire :
- Recueilli......................................3°°,03
- Mis à la potasse.
- Reste........................................3,03
- D’où.......................................... . 0,00 CO2
- Mis de l’oxygène, le volume devient.........4,53
- Fait éclater l’étincelle;
- II reste....................................2,26
- La contraction a été de.....................2,29
- Mis à la potasse;
- Il reste....................................0,33
- D’où........................................ 1,73 de CO
- Mis au pyrogallate;
- Il reste....................................O,33o d’Az
- Le volume d’hydrogène était ainsi :
- ~ A,29 — ^ ) =0,93
- D’on, pour la composition du gaz :
- CO2 = 0,00 c
- CO = 1,73 H =0,95 -
- A, = 0,35
- 0
- 57
- 31
- 12
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- Comme vérification, nous pouvons dire :
- Ox = 4,55 — 3,03 = 1,32 La combustion en a absorbé :
- 1,73
- 2
- 0,95
- = 1,34
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- •qui, retranchés clu volume introduit, donnent 0,18, volume égal à celui qu’a absorbé le pyrogallate.
- V
- MODE OPÉRATOIRE
- Les essais ont porté sur un acier Martin basique extra-doux, qualité tôles à chaudières, obligeamment fourni par M. Wertli, directeur des aciéries de De nain etAnzin.
- L’analyse, faite par le laboratoire dos aciéries, a donné :
- Carbone. ....................... 0,12 p. 100
- Silicium........................ 0,03 —
- Soufre.......................... 0,02 —
- Phosphore...................... . 0,018 —
- Manganèse....................... 0,36 —
- Le choix do ce métal, pour les premières expériences, avait été motivé par les considérations suivantes :
- Gomme Lime des premières préoccupations était de chercher une relation •entre les dégagements gazeux et les points de transformation, il était nécessaire de s’adresser à un acier où ces différents points de transformation fussent bien distincts, c’est-à-dire à un acier se rapprochant autant que possible du fer pur, fondu cependant dans les conditions normales de l’industrie. D’ailleurs, la présence d’une quantité de carbone assez petite pour laisser séparés les points de transformation du fer, et en meme temps assez notable pour faire apparaître le point de récalescence sur la courbe de refroidissement, était plutôt un avantage. On pourrait voir ainsi si les dégagements gazeux étaient liés aux transformations du fer ou à celle du carbone ou aux deux à la fois.
- Cet acier m’a été livré en partie sous forme de barres carrées de 500 x 30 X 30 millimètres, en partie sous forme d’aiguilles carrées de 2 millimètres ùe côté découpées à sec par une fraiseuse dans les barres de précédentes.
- Deux barres ont été réduites en copeaux au tour et à sec. Pour la première toutes les passes ont été recueillies dans le meme flacon : pour la seconde, les diverses passes ont été recueillies successivement dans des flacons numérotés.
- La soudure chaude du pyromètre Le Chatelier, convenablement protégée par des tubes minces de quartz, est descendue tout au fond du tube; tout autour, on tasse 75 grammes de tournure d’acier. Le tube de porcelaine est réuni à la trompe par un tube de plomb et introduit dans le four de manière que la partie renfermant l’acier se trouve juste dans la région centrale du
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- four, on s’est assuré par des expériences préalables que toute cette région se trouve à une température sensiblement uniforme.
- Go montage effectué, on fait le vide dans l’appareil et on le maintient pondant vingt-quatre heures à la température du laboratoire ; au bout de ce temps, on élève la température à 120° et on attend encore vingt-quatre heures en ayant soin de recueillir les gaz; si, au bout de ce temps, on constate que la tension reste constante et que le dégagement gazeux est insignifiant ( ce que l’on voit à l’allure de la trompe), on passe au deuxième échelon de température et. l’on opère de même, de 100° en 100°, autant que possible. Si, au bout de vingt-quatre heures, le dégagement continue encore, on prolonge d’une, deux trois, etc., périodes de vingt-quatre heures, jusqu’à ce que tout dégagement ait complètement cessé. Certaines expériences ont ainsi duré 20 jours consécutifs.
- Les gaz se dégageant peu à peu, on fait des prises aussi répétées que possible, dès que le volume est suffisant pour mènera bien une analyse. Quelques essais ont 8té poussés jusqu’à 1 200°, mais il y a des inconvénients à monter aussi haut; à partir de 800, il peut (1) s’établir des réactions inverses entre l’hydrogène et l’oxyde de carbone; des équilibres s’établissent, qui faussent le résultat des analyses; en outre, le thermomètre commence à se volatiliser, il se soude aux tubes de quartz; l’ensemble des copeaux tend à s’agglutiner pour former une masse unique ; il y a réaction et adhérence entre le tube et le fer, il est nécessaire de briser le tube. Pour éviter cette action de la porcelaine sur l’acier, j’ai mis les copeaux dans un tube de quartz; mais ce dernier éclate, et il en faut un neuf à chaque expérience. Aussi me suis-je arrêté quelquefois à 800° pour éviter ces inconvénients.
- VI
- TABLEAUX ET COURBES
- A titre de spécimen, je donne ci-après les tableaux résumant quelques-unes des expériences faites et les courbes correspondantes; mais, dans les conclusions, je tiendrai compte de toutes les exjiériences ou parties d’expériences consignées dans mon cahier.
- Les courbes de composition ont été tracées en portant successivement sur la même ordonnée, à partir de l’axe des abscisses, les teneurs en acide carbonique, oxyde de carbone, hydrogène et azote, à l’échelle de 1 p. 100 = 1 millimètre. La forme des surfaces obtenues en reliant les points montre clairement comment la disposition varie, dans chaque essai, avec la température d’extraction.
- (1) A. Gautier, Action de H sur GO et réciproquement. C. R. Ae. Sc., 18 juin 1906, CXLII, 1382.
- N
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- GAZ OCCLUS DANS LES ACIERS
- 503
- TABLEAU I
- Copeaux de la lre barrette, toutes passes mélangées. — Poids de l’acier =50 gr.
- COMPOSITION p. 100
- VOLUMES EXTRAITS (u)
- Total.
- Total.
- 2o,43 soit h fois le vol. de l’acier.
- Nota. — Les chiffres soulignés correspondent à des analyses manquées et ont été calculés d’après la moyenne des extractions faites à la même température.
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- Mise en courbes I du tableau 1
- Temp éra ture s
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- TABLEAU II
- Copeaux de la 2e barrette, passes superficielles. — Poids de l’acier = 75 grammes.
- TEMPÉRATURE d’extraction t VOLUMES EXTRAITS (») EX CC. d vjdt COMPOSITION p. ICO EX VOLUMES
- Total. CO- CO il A z Total. CO- CO il Az CO* CO n A z
- 200 0,15 0,10 65
- 310 0,30 0,15 0,03 0,01 50
- 390 0,20 0,08 0,03 0,01 40
- 480 1,05 0,16 0,27 0,62 0,13 0,02 0,03 0,08 15 26 59
- o 20 1,42 0,10 0,17 1,08 0,07 0,35 0,03 0,0i 0,27 0,02 7 12 76 5
- 580 a 1,25 0,13 0,96 0.16 ) 10 77 13
- } 0,30 0,03 0,24 0,04
- b 0,58 0,03 0,48 0,07 5 83 12
- 630 0,60 0,08 0,43 0,09 0,12 0,02 0,09 0,02 13 72 15
- 710 0,80 0,28 0,45 0,07 0,10 0,04 0,06 0,01 35 56 9
- 760 a 1,52 0,84 0,60 0,08 55 40 5
- b 1,20 0,75 0,41 0,04 0,71 0,42 0,26 0,03 63 34 3
- c 0,83 0,50 0,30 0,03 60 36 4
- 800 1,19 0,79 0,34 0,06 0,30 0,20 0,09 0,02 66 29 0
- 11,09 soit 1,15 fois le vol. de l’scier.
- TABLEAU III
- Copeaux de la 2e barrette, passes moyennes. — Poids de l’acier = 75 gr.
- 1 a VOLUMES EXTRAITS (») do,'df. COMPOSITION p. ICO
- ri EN CC. EX VOLUMES.
- p, x K O H 7-j Total. CO* CO H Az Total. CO* CO H Az CO* CO H A z
- U) 460 0,33 0,20 0,06 0,03 60
- 530 1,00 0,19 0,44 0,27 1,10 0,14 0,03 0,06 0,04 0,01 19 44 27 10
- 590 a 3,03 0,88 1,80 0,27 0,08 29 60 9 2
- b' 1,70 0,10 1,16 0,34 0,10 1,03 0,17 0,68 0,14 0,04 6 68 20 6
- c 1,43 0,03 1,10 0.23 0,07 2
- 650 1,03 0,47 0,47 0,09 0,17 0,08 0,08 0,02 46* 46 8
- 700 0,12 0,02
- 800 a b 1,48 1,55 1,00 0,95 0,33 0,52 0,15 0,08 0,80 0,56 0,24 0,06 67 61 23 34 10 5
- 890 a b 1,35 0,80 1,00 0,50 0,33 0,24 0,02' 0,06 0,24 0,17 0,06 0,01 74 62 24 . 30 2 8
- 980 1,32 0,87 0,30 0,15 0,15 0,10 0,03 0,02 61 28 11
- 1 050 1,60 0.98 0,37 0,25 0,23 0,14 0,05 0,04 62 23 15
- 16,74 soit 1,75 fois le volume
- de l’acier.
- (l) Dégagement insignifiant au-dessous de 400°. Les chiffres soulignés correspondent à une analyse manquée et ont été calculés d’après la moyenne des extractions faites à la même température. Entre 700 et 800°, le dégagement n’a réellement commencé qu’à 765°; on a donc pris 3,5 comme dividende pour le calcul des du/d<.
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- Mise en. courbes du tableau II.
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- dv/dt
- Mise en courbes du tableau III.
- Températures.
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- 508
- MÉTALLURGIE.
- AVRIL 1908.
- TABLEAU IV
- Copeaux de la 2° barrette, passes centrales. — Poids de l’acier = 75 gr.
- ë s H .2 S ü VOLUMES E EXTRAITS (o) N CC. dl'/d<. COMPOSITION p EN VOLUMES . 100
- P, ' K pO Total. CO- CO n Az Total. CO2 CO il Az CO- CO il Az
- 210 0,30 0,20 66
- 310 0,70 0,33 0,07 0,04 50
- 410 0,80 0,16 0,08 0,02 20
- 320 a 1,88 0,13 0,70 1,03 0,00 7 37 o6
- b 1,38 0,03 0,27 1,08 0,00 0,37 0,02 0,09 0,26 2 20 78
- c 0,80 0,01 0,05 0,69 0,03 1 7 86 6
- 000 1,00 0,00 0,89 0,11 0,12 0,00 0,11 0,01 89 IL
- 030 0,83 0,20 0,53 0,10 0,17 0,04 0,11 0,02 24 64 12
- 710 790 a b 1,38 1,33 0,84 Analyse 1 1,18 1 0,32 manquée. 0,151 0,02 0,391 0,13 0,26 0,27 0,19 0,07 0,02 87 38 11 47 2
- 11,46 soit 1,20 fois le volume
- de l’acier.
- VII
- POINTS CRITIQUES
- En regard des courbes précédentes, il est bon de mettre celle relative aux points critiques. Pour tracer cette courbe avec précision, j’ai eu recours à la méthode différentielle Robert Austen. Je rappelle brièvement lu principe sur lequel est basée cette méthode : deux niasses aussi identiques que possible sont constituées l’une par le fer ou l’acier à étudier, l’autre par un métal ne présentant aucun point critique, comme le cuivre rouge ou mieux le platine ; dans l’intérieur de ces masses, sont logées les soudures do 2 thermomètres Le Ghatelier, dont le platine rhodié peut être commun aux deux; en reliant les-deux platines purs aux bornes d’un galvanomètre très sensible, les indications de ce dernier seront en relation avec les différences de température de ces deux soudures.
- Echauffons les deux masses : à cause de l’inégale conductibilité thermique des deux métaux, une différence de température se produit, qui se traduit par une déviation galvanométriquc ; cette différence, et par suite cette variationr seront d’autant plus grandes que la vitesse d’échauffement sera elle-même plus-
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- dv/dt
- Mise en courbes du tableau IV.
- Tome 110. — Avril 1908.
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- 510 MÉTALLURGIE. ---- AVRIL 1908.
- grande et inversement; ce sera une méthode très sensible de mesure de cette vitesse, en opérant sur des métaux ne présentant pas de transformations allotropiques. Lorsque le four parvient à sa température maxima, la déviation tend vers 0 ; puis, si on laisse refroidir, le même phénomène se produira mais en sens inverse. Cependant si, au cours de réchauffement ou du refroidissement, une modification, allotropique ou autre, se produit dans l’im des métaux, sa température reste stationnaire, tandis que celle de l’autre continue à varier ; l’effet se traduira par une forte élongation du galvanomètre ; cette dernière tendra peu à peu à reprendre sa valeur normale, à moins qu’un nouveau point se présente, qui amplifie de nouveau la déviation. En reliant, le uouple logé dans le métal à étudier à un galvanomètre taré en températures, l’observation simultanée des deux élongations permettra de tracer la courbe •correspondante.
- C’est ainsi que j’ai opéré. Les deux masses d’acier et de cuivre rouge avaient la forme de demi-cylindres identiques, que l’on séparait par du papier d’amiante. Les fils de platine des deux couples venaient aboutir à un galvanomètre apériodique Hartmann et Braun, ayant une constante de 225 par l’intermédiaire d’un shunt au 1/10; le galvanomètre se trouvait ainsi fermé sur sa résistance critique (9025 w) et par suite dans les meilleures conditions de mobilité. Le couple logé dans l’acier actionnait un galvanomètre ordinaire genre d’Ar-sonval de 200 ohms de résistance, auquel on avait ajouté une résistance auxiliaire de 160 ohms. Les deux galvanomètres placés côte à vote envoyaient leurs images sur une même échelle, portant deux graduations; Lune en demi-millimètres pour le premier galvanomètre, l’autre en degrés centigrades, de 10° en 10°, pour le second.
- Le refroidissement ayant été très lent, et les élongations étant relativement faibles, il est facile d’apprécier le dixième de millimètre.
- À ces nombres, j’ajouterai l’observation suivante : entre 640 et 570°, le galvanomètre a présenté une série de petites oscillations très nettes avec un maximum d’amplitude vers 610°; ces oscillations sont l’indice d’une série de travaux moléculaires qui ont été mis en évidence grâce à la sensibilité de la méthode. Elles coïncident justement avec le principal maximum du dégagement gazeux.
- Les chiffres d’expérience sont mis en courbe sur le diagramme V.
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- Diagramme V.
- Courbe
- refroidissement
- 60
- Ar2
- ArO
- (total de
- 1000
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- 112
- MÉTALLURGIE. — AVRIL 1908.
- TABLEAU DES VALEURS RELEVÉES AU REFROIDISSEMENT
- T S T s
- O O O C5 — 3 600° 17
- 90 — 1 90 15
- 80 — 4 80 19
- 70 + 1 70 17
- 60 + 7 60 17
- 50 + 42 50 0
- 40 49 40 0
- 30 52 30 0
- 20 34 20 1
- 10 59 10 2
- O O O 00 61 500° 2
- 90 64 90 2
- 80 64 80 2
- 70 63 70 12
- 60 63 60 2
- 50 58 50 3
- 40 55 40 3
- 30 52 30 3
- 20 45 20 3
- 10 78 10 3
- 700° 64 O O O 4
- 90 52
- 80 41
- 70 33
- 60 29
- 50 27
- 40 30
- 30 30
- 10 22
- La transformation AS débute à 880°, présente son maximum entre 790 et 760, et rejoint A3 avant d’être terminée.
- A3 débute brusquement à 720°, passe par son maximum à 710° et s’abaisse-rapidement pour se souder h A/, dont le maximum est placé entre 660 et 640°.
- Au-dessous de A/, on observe encore un renflement de la courbe entre 380 et 360 : c’est le point AO de Roberts-Austen, que M. Osmond considère comme le début (ou la lin, suivant que la température est ascendante ou descendante) de l’intervalle A3, c’est-à-dire de la transformation progressive du fer alplia en fer bêta (ou réciproquement).
- Le dégagement de chaleur observé par Roberts-Austen entre 500° et 400° dans le fer électrolytique et attribué par ce savant à un dégagement d’hydrogène ne se retrouve pas ici, d’où l’on peut déjà conclure que l’hydrogène n’est pas au même état dans le fer électrolytique et dans le fer fondu.
- Au chauffage, les expériences de M. Osmond ont montré que la transfor-
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- GAZ OCCLUS DANS LES ACIERS.
- 513
- mation A3 est exactement réversible. La transformation Ai est relevée et se confond avec le maximum de A2. A3 garde à peu de chose près sa position.
- VIII
- CONCLUSIONS
- I. — Les dégagements gazeux sont en relation étroite avec les points critiques du fer, et, à ce point de vue, on peut les diviser en trois parties.
- 1° Le dégagement commence à une température variable et mal déterminée (entre 150 et 400°) : la courbe des dvjdt présente un petit minimum vers 200° et un petit maximum vers 300°, température voisine du bleu, mais le dégagement reste faible en valeur absolue jusqu’au point AO.
- 2° Entre 500 et 600°, la courbe des dv/dt offre un grand maximum qui s’identifie convenablement avec le point A0, puis s’abaisse rapidement, et arrive à un minimum pouvant être voisin de zéro avec la terminaison de A%.
- 3° Le point Ai n’a pas d’influence discernable pour l’acier considéré.
- 4° Le dégagement se relève avec le début de A3, passe par un maximum avec le maximum de A3, puis s’abaisse lentement et semble se relever de nouveau avec la température. En poussant les essais jusqu’à 1 200°, il a été possible d’extraire en gaz onze à douze fois le volume de l’acier. (Voir le diagramme V.)
- En d’autres termes, si l’on adopte l’interprétation de M. Osmond relative à la signification du point A0, on pourra dire :
- 1° Dans le domaine du fer alpha, le dégagement des gaz reste très faible et tend, d’une façon générale, à augmenter avec le température, réserves faites pour les petites irrégularités constatées dans la région du bleu.
- 2° Le début delà transformation du fer alpha en fer bêta est marqué par un dégagement abondant qui va en diminuant au fur et à mesure que cette transformation se poursuit.
- 3° Le dégagement reprend avec la transformation du fer bêta en fer gamma et, après avoir passé par un maximum au cours de cette transformation, parait augmenter avec la température dans le domaine du fer gamma.
- 4° La transformation du carbone de cémentation en carbone de trempe, pour une teneur de 0,12 p. 100, n’a pas d’influence visible.
- IL — Au point de vue de la composition des gaz, on a affaire à des mélanges d’acide carbonique, d’oxyde de carbone, d’hydrogène et d’azote, comme on le savait déjà.
- L’acide carbonique se dégage le premier et forme au début la presque tota-
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- MÉTALLURGIE.
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- lité du volume. Il disparaît vers 550° (point AO), soit qu’il n’en reste plus, soit que, à partir de cette température, il soit réduit par l’hydrogène.
- L’azote commence à apparaître vers 550° (point AO) et persiste à toutes les températures supérieures ; mais la proportion en est faible et reste au-dessous-de 10 p. 100 en moyenne, avec des maximum et des minimum trop peu accentués et trop mal définis sur l’échelle des températures pour que l’on puisse-actuellement le prendre en considération.
- A partir de 400°, l’hydrogène-et l’oxyde ‘de carbone constituent la presque-totalité des gaz. Leurs proportions relatives varient assez brusquement avec la, température et même, à température constante, avec les extractions successives.. Cependant, on peut constater un minimum du pourcentage d’hydrogène correspondant au minimum de la courbe des dv/dt situé entre les deux grands; maximum (point A%) et, dans les limites des expériences, l’oxyde de carbone-domine, à partir et au-dessus du point A3, dans le domaine du fer gamma. Ce; fait peut être le résultat de la réaction secondaire signalée par MM. Troost et Hautefeuillc et par M. Armand Gautier.
- III. —Au point de vue du rapport entre le volume total des gaz et le volume-de l’acier, ce rapporta été beaucoup plus grand (toutes choses égales d’ailleurs), et le dégagement a commencé beaucoup plus tôt (150° au lieu de 400°) dans; la harre I que dans la barre II, les deux barres ayant été fabriquées dans les-mêmes conditions et tirées du même lingot. Cette différence peut tenir à ce que la barre II a été débitée en copeaux plus fins que ta barre I et a pu, pour cette raison, perdre à froid, pendant le tournage, une fraction plus importante-de ses gaz. Ou bien la proportion des gaz varie dans un même lingot suivant la. verticale, De nouvelles recherches sur cos questions sont indiquées.
- IV. — Au point de vue de la répartition, les gaz sont très irrégulièrement distribués. La proportion totale des gaz est beaucoup plus grande dans les couches moyennes de la barre II que dans les couches superficielles et centrales. Le rapport de l’hydrogène à l’oxyde de .carbone varie également beaucoup. Il est possible que la répartition des gaz dans la section droite d’un lingot varie suivant des lois déterminées, comme celle des autres corps étrangers. Sur ce point encore, des recherches plus étendues seraient nécessaires.
- V. — Au point de vue de l’état des gaz dans le métal solide, je me suis attaché à chercher s’il existait une tension de dissociation.
- Lorsque, à une température donnée, l’extraction des gaz est pratiquement complète et que les chutes n’accusent plus qu’un débit insignifiant, la tension se maintient constante, pourvu que la trompe fonctionne régulièrement. Si on
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- ~ ......" ' GAZ OCCLUS DANS' LES ACIERS. 51 <>
- l’arrête, la tension remonte peu à peu, très lentement à la vérité, mais d’une manière continue (quelques fractions de millimètre en dix heures) ; la valeur de cette tension uniforme s’élève avec la température. D’un autre côté, partant de la tension correspondant à une température donnée, j’ai fait baisser cette dernière ; la valeur de la tension n’a pas varié.
- Si, opérant à une température à laquelle le dégagement est maximum et au début de ce dégagement, par exemple à 550°, on rétablit ou interrompt le débit de la trompe à intervalles réguliers, on trouve que la tension diminue au fur et à mesure que le nombre des intervalles augmente, c’est-à-dire que le volume des gaz extraits est plus grand.
- Si enfin, dans l’expérience précédente, on fait des prises de gaz après chaque intervalle, on trouve des pourcentages absolument variables, comme le montre le tableau* suivant, extrait du tableau I, et relatif à la température de 540° main-tenue'àïonstante1 pendant sept jours consécutifs.
- Jours. Volumes. CO*. CO. H. Hz.
- I 2,60 34 52 14 0
- Il 1,50 24 54 22 0
- IlL. 1,95 36 54 8 2.
- IV 0,90 11 60 27 2
- V 1,70 6 65 , 28 1
- VI 1,85 19 60 20 1
- VII 0,60 16 62 13 9
- Ces diverses observations ne sont pas favorables à, l’existence d’une tension de dissociation.
- Les maximum de dégagement aus début de chaque changement d’état suggèrent L’idée que les mouvements moléculaires, conséquence de la transformation,. interviennent tout d’abord* comme mode d’agitation: mécanique, sans, préjudice d’un changement de solubilité brusque ou d’une variation dans la loi de solubilité.
- En somme, les expériences ci-dessus apportent un certain, nombre de faits nouveaux et montrent que la méthode pourra utilement se prêter à l’étude des questions non. encore abordées que soulève l’étude des gaz dans les aciers.
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- HYGIÈNE
- CLOTURE DES TRAVAUX DE LA COMMISSION POUR L’ÉTUDE COMPARATIVE DES PEINTURES AU BLANC DE ZINC ET A LA CÉRUSE (1)
- Dans sa séance du 26 février 1908, la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire a entendu le rapport rédigé par M. Montheuil, au nom do la Commission chargée de suivre les expériences comparatives de peintures au blanc de céruse et au blanc de zine, exécutées à l’annexe de l’Institut Pasteur, 62, rue d’Alleray et devant durer cinq années, de août 1902 à octobre 1907.
- Ce rapport est rédigé dans les termes suivants :
- « A plusieurs reprises, Messieurs, vos préoccupations au sujet de l’emploi du blanc de céruse se sont affirmées dans des discussions animées qu’on relit avec un vif intérêt à plusieurs années de distance. L’une des plus passionnantes, à coup sûr, fut celle à laquelle donna lieu une communication faite par M. Vaillant, le 22 janvier 1902, sur la salubrité du métier de peintre :
- « Puisque vous ne pouvez sérieusement songer à interdire toutes les industries dangereuses ou insalubres, s’écriait notre collègue, n’en supprimez aucune. Montrez à l’ouvrier que le danger de la céruse réside moins dans la matière elle-même que dans son mode d’application ; que des soins de propreté élémentaires, des habitudes professionnelles nouvelles, une discipline sévère les préserveraient contre l’intoxication redoutée. »
- En d’autres temps, notre collègue eût sans doute rencontré parmi vous, Messieurs, l’iinanime approbation qu’il recherchait. « Comment notre Compagnie instituée tout particulièrement, disent des statuts, pour l’étude approfondie et la solution de toutes les questions d’hygiène des professions, se serait-elle refusée à entrer dans les vues de M. Vaillant en étudiant les pratiques manuelles du métier de peintre, les réformes qu’elles comportent dans l’intérêt de la santé de l’ouvrier? » Malheureusement, pour un grand nombre d’entre vous, la critique de la campagne contre le blanc de céruse à laquelle venait de se livrer notre
- (1) Voir le détail des expériences dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, 1902 (2e semestre), p. 690; et le premier rapport annuel, 1903 (2e semestre), .p. 661 ; le 2e rapport annuel, 1904 (2e semestre), p. 816; le 3e rapport annuel, 1905 (2e semestre), p. 1308; le 4e rapport annuel, 1906 (2e semestre), p. 990, et le 5e rapport annuel, 1907 (2e semestre), p. 1261.
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- PEINTURES AU BLANC DE ZINC ET A LA CÉRUSE.
- B17
- collègue, apparaissait, si j’ose me permettre cette comparaison, comme un plat tout à la fois substantiel et exquis cju’on servirait au moment de quitter la table. Une double enquête menée simultanément par les ingénieurs en chef et par le Comité consultatif d’hygiène publique de France venait d’affirmer, d’une part, que la substitution du blanc de zinc au blanc de céruse était tout à fait désirable au point de vue de l’hygiène, de l’autre, que cette substitution pouvait être réalisée sans inconvénient au point de vue technique.
- S’appuyant sur ces conclusions, le ministre des Travaux publics, à la date du 1er juin 1901, avait décidé, par circulaire aux préfets, que dans tous les travaux exécutés pour le compte de l’administration des Travaux publics, il serait désormais interdit de faire usage de couleurs ou enduits à base de blanc de céruse.
- Un certain nombre de municipalités, enhardies par l’exemple ministériel, inséraient dans leurs cahiers des charges de travaux une clause analogue. Ne pas affirmer nettement la nocivité des couleurs à hase de plomb, déclarer, selon le vœu de M. Vaillant, que « l’usage de ces matières n’est pas évitable, qu’il n’est rendu dangereux que par l’ignorance, la négligence et l’inhabileté manuelle, qu’il est indispensable d’apprendre à manier les produits toxiques sans qu’il en résulte d’inconvénients et que la réforme doit porter sur les méthodes professionnelles », n’aurait-co pas été une manière de désaveu des mesures déjà prises par les pouvoirs publics?
- C’est pour éviter toute interprétation de ce genre que fut déposé par M. Montheuil l’ordre du jour suivant, qu’appuyèrent MM. les docteurs Netter et Letulle :
- La Société, convaincue du grave danger que font courir aux ouvriers peintres les couleurs à base de plomb, déclare approuver toutes les mesures prises en vue de diminuer ou de supprimer l'emploi de ces couleurs.
- L’adoption de cet ordre du jour, à l’unanimité des membres présents, moins deux voix, terminait ce débat, du moins pour la question d’hygiène.
- Mais, au cours de la discussion, des doutes avaient été émis sur la possibilité de remplacer le blanc de céruse par un autre produit ; on avait donné à entendre que le blanc de zinc, par exemple, se montrait fort inférieur dans l’application, et que réclamer la substitution de l’un à l’autre, dans les travaux de peinture, était un vœu platonique.
- M. Livache proposa alors, d’accord avec MM. Letulle et Drouineau, que, pour sortir du domaine des théories, une Commission, nommée par la Société, procédât à des expériences sur les avantages ou les inconvénients des deux couleurs rivales, de façon à dire si, oui ou non, il existe un équivalent du blanc de céruse.
- Telle est la genèse des expériences comparatives dont nous apportons ce soir les résultats.
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- HYGIÈNE.
- AVRIL 1908.
- Cet historique vous aura sans doute paru un peu long. Le rapporteur s’en» excuse sur la nécessité de mettre nos nouveaux collègues au courant de lai question et de circonscrire le terrain delà discussion qui va s’ouvrir en rappelant que la Société de Médecine publique et d’Hygiène professionnelle, fidèle h ses origines et à son programme, s’est prononcée, en 1902, pour toutes-les mesures réglementaires prises en vue de diminuer ou de supprimer l’emploi des-couleurs à base de plomb.
- La seule question qu’avait à résoudre, expérimentalement, la Commission! nommée à la séance du 26 mars 1902 était donc la suivante :
- La céruso peut-elle être remplacée?
- Cette Commission était formée de MM. Bartaumieux, Lucas, Vaillant, Dupuy,. Chardon, Dutheil, Expert-Besançon, Livache, Montheuil, Porée et desdocteurs Berthod, Letulle et Netter. M. le docteur Louis Martin y représentait le bureau de la Société.
- Pressentie, la Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture accepta de* faire faire, sous sa responsabilité, les expériences demandées par la Société de médecine publique.
- MM. le docteur Louis Martin, A. Livache, chimiste, Vaillant,-architecte,, pour la Société de médecine publique, Manger, vice-président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture, Wernet, syndic, Rigollot, secrétaire-de la même Chambre, furent chargés de conduire et de surveiller ces expériences. Elles eurent pour champ divers emplacements à l’annexe de l’Institut Pasteur, 62, rue d’Alleray.
- 1° Un mur pignon qui n’avait jamais été peint ;
- 2° Deux persiennes en fer exposées au rez-de-chaussée d’un pavillon d’habitation ;
- 3° Trois panneaux en tôle formant le soubassement d’une grande porte à trois vantaux ;
- 4° Des portes-et poteaux en bois formant deux cabinets adossés sur la rue;.
- 5° A la demande de M. Vaillant, à l’intérieur, dans un endroit sombre, dans-la partie élevée du mur d’un grenier à fourrages, sur la face intérieure du mur.
- Les travaux commencèrent le 20 août 1902 et se terminèrent le 1er septembre.
- Les produits employés furent des produits marchands demandés par le représentant des entrepreneurs de peinture à ses fournisseurs.
- Pour la céruse : un fut Théodore Lefèvre, avec certificat d’origine.
- Pour le blanc de zinc : un fût d’oxyde de zinc dit blanc de zinc broyé n° % de la Vieille-Montagne.
- Pour les liquides : l’huile de lin et l’essence de térébenthine.
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- PEINTURES AU BLANC DE ZINC ET A LA CÉRUSE. 519*
- Pour les siccatifs : la litharge pour les feintes à la céruse, le résinate cle manganèse pour celles au blanc de zinc.
- L’analyse chimique des deux blancs, obligeamment faite par notre collègue,. M. le docteur L. Martin, indique qu’ils étaient purs et accusa, pour leur composition moyenne, les chiffres que voici :
- Pour la céruse broyée :
- Céruse sèche........................................ 85,52
- Huile.............................................. 10,59
- Eau ............................................... 3,89
- 100,00
- Pour le blanc de zinc :
- Oxyde de zinc sec............................... 84,72
- Huile . . .................................... . . 15,28
- 100.00
- M. Livaclie, qui avait demandé ces expériences en assurant à notre Société que le blanc de .zinc, intelligemment employé, peut être substitué au blanc de céruse, avait lui-même fourni les formules des .teintes et enduits à base de blanc de zinc.
- Le 29 octobre 1902, à la première réunion de notre Société qui suivit l’application des deux peintures sur les emplacements de la rue d’Alleray, M. Ri go] lot, secrétaire de la Chambre syndicale, voulut bien nous lire un rapport très complet sur la façon dont on avait procédé, les surfaces couvertes, les résultats comparatifs en poids. Nos collègues, avides de documentation précise, pourront s’y reporter. Nous n’en retiendrons que les conclusions.
- Des observations présentées par deux ou trois de nos collègues, pendant la discussion qui suivit la lecture de la communication sur la Salubrité du métier de 'peintre, il résultait qu’on contestait à la peinture au blanc de zinc :
- Une tenue, une siccativité, une intensité de couverture, une solidité égales à la céruse.
- La Commission des expériences, par l’organe de M. Rigollot et sous la signature de MM. Louis Martin, Diolé, président de la Chambre syndicale des entrepreneurs de pointure, Livaclie, Vaillant, Manger, Vernet, A. Lefèvre et Rigollot, répondait sur les trois premiers points :
- 1° Les teintes et les enduits préparés judicieusement au blanc de zinc se travaillent et s’emploient aussi bien que ceux faits au blanc de céruse ;
- 2° Ils ont un pouvoir couvrant et une siccativité sensiblement égaux.
- La Commission ne pouvait, à ce moment, se prononcer sur la durée et sur-la force de résistance aux agents atmosphériques.
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- HYGIÈNE. --- AVRIL 1908.
- Elle décida de se réunir une fois l’an, pendant cinq années consécutives, pour se rendre compte de l’action des éléments et du temps.
- Chaque année, en effet, à l’automne, elle se rendit sur les lieux afin d’examiner l’état de ces peintures. La Société a été tenue au courant des résultats de ces visites.
- La Commission avait décidé que ces expériences dureraient cinq années. Le délai fixé expirait au mois d’août dernier. Deux mois plus tard, le 15 octobre 1907, la Commission procédait aux dernières constatations — à la vérité, les -seules qui eussent pu être faites — et en dressait ce procès-verbal définitif, à la rédaction duquel M. Expert-Besançon avait déclaré ne point vouloir prendre part :
- 1° Sur le mur pignon à l'extérieur :
- Les deux échantillons peints à l’huile trois couches, l’un au blanc de céruse, l’autre au blanc de zinc, se comportent de la même façon, et l’on peut dire qu’ils rsont également usés.
- M. Vaillant déclare que, pour lui, ils sont également en mauvais état.
- Pour les deux échantillons faits sur enduits gras, l’un au blanc de céruse, l’autre au blanc de zinc, la Commission est d’avis qu’il n’est pas possible de lirer des conclusions de cette expérience, car on a opéré dans de mauvaises conditions.
- 2° A l'intérieur du grenier :
- Les deux échantillons céruse et zinc se comportent également bien.
- 3 * Sur les persiennes en fer :
- Les observations des deux années précédentes se confirment, en ce que la -partie extérieure de la persienne de droite peinte au blanc de zinc est plus fatiguée que celle de gauche peinte à la céruse, observation étant faite que la face extérieure de la persienne de droite au zinc reste plus longtemps exposée à l’air que celle de gauche peinte à la céruse.
- 4° Panneaux en tôle en soubassement de la grande porte :
- Le panneau de gauche peint au minium et à la céruse, et le panneau du milieu peint au gris de zinc et au blanc de zinc se comportent bien tous deux, mais la conservation paraît meilleure pour la céruse.
- Le panneau de droite, peint au blanc de zinc trois couches, laisse percer la rouille d’une façon bien apparente.
- 5° Sur les portes en bois :
- Les deux échantillons, celui de gauche à la céruse et celui de droite au blanc de zinc, sont actuellement comparables comme tenue et comme aspect.
- Telles sont les constatations finales auxquelles aboutissent les expériences ordonnées en 1902 par notre Société. Peut-être vous dira-t-on qu’elles furent mal conduites, que l’une d’elles, celle sur le mur pignon extérieur, n’aurait pas
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- PEINTURES AU BLANC DE ZINC ET A LA CÉRUSE.
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- dû être effectuée clans les conditions où elle l’a été; bref, que ces expériences ne prouvent rien.
- Pour répondre aux deux premiers reproches, s’ils étaient formulés, il nous* suffirait de rappeler que l’exécution de ces expériences résulte d’un accord avec la Chambre syndicale des Entrepreneurs de peinture ; c’est le bureau de cette Chambre qui en traça le programme : c’est sous sa surveillance, sous sa responsabilité, selon l’expression même de son président, et sous le contrôle de représentants de la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire qu’il fut appliqué. Si une erreur professionnelle fut commise au début, elle le fut par des techniciens, par des hommes du métier.
- C’était le devoir de ceux qui contesteraient à présent l’utilité pratique d’une-partie de ces épreuves*de le faire sur-le-champ.
- Mais, Messieurs, alors même qu’il serait admis — pour ma part je n’y vois aucun inconvénient — qu’on a eu tort de se servir d’un mur enduit au plâtre au panier, n’ayant jamais été peint, que prouverait cela?
- Les expériences,dans leur ensemble, ne conserveraient-elles pas leur signification?
- Celle du mur pignon extérieur, défavorable aux deux peintures, s’annulant par ce fait même, ne reste-t-il pas trois échantillons sur quatre, où le blanc de-céruse et le blanc de zinc se sont également bien comportés? '
- Pour le quatrième échantillon, la Commission a reconnu que la partie au blanc de zinc est plus fatiguée que la partie à la céruse; encore doit-on noter expressément cette réserve que la persienne au zinc reste plus longtemps exposée^ à l’air.
- Sur quatre échantillons retenus, il y en a, par conséquent, trois qui ne révèlent aucune supériorité évidente de- l’une ou de l’autre des peintures, employées. Pour le quatrième, l’usure plus grande de la peinture au zinc peut être expliquée par une cause locale.
- Devant ces résultats, la conclusion de la Commission ne pouvait être douteuse. Quel motif vous avait déterminés, en 1902, à procéder à ces expériences comparatives? Cette objection que le blanc de céruse était irremplaçable pour les travaux à l’extérieur (car on n’insistait plus pour l’intérieur).
- Le blanc de zinc, qu’on conseillait de lui substituer, s’employait, prétendaient quelques-uns, moins facilement que la céruse, son pouvoir couvrant et sa siccativité étaient fort au-dessous de ceux de la céruse, sa solidité était moindre.
- Que répondent les expériences? pouvoir couvrant, siccativité, facilité d’emploi sont les mêmes pour les deux peintures; quant à leur solidité, elle est, après plus de cinq années, comparable.
- C’est pourquoi votre Commission vous propose l’adoption de l’ordre du jour suivant :
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- HYGIÈNE.
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- La Société, après avoir enregistré chaque année, depuis 1903, les résultats incertains des expériences au blanc de zinc et au blanc de céruse faitesàVannexe de VInstitut Pasteur, rue d’Aller ay, 62, constate, au terme des cinq années fixé pour leur durée, que' les peintures à chacun de ces produits se sont comportées pareillement, et qu'on ne saurait, en conséquence, en tirer une conclusion favorable à l’un ou l'autre' d’entre eux..
- Dans ces conditions, la Société estime que rien ne s'oppose ci ce que le blanc de zinc puisse être substitué au blanc de céruse.
- Outrepassant un peu le mandat qu-’il a reçu de la Commission, mais sûr de n’en pas recevoir de désaveu, il reste à son rapporteur l’agréable devoir de louer M. Rigollot, secrétaire de la Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture, de l’empressement et de la bonne grâce avec lesquels il' s’est acquitté -dé la tâche de rédiger les procès-verbaux de ces expériences. En le* félicitant, c’est la Chambre' syndicale tout entière que nous félicitons et que nousr remercions pour sa contribution précieuse à l’étude d’un problème posé depuis tant •d’années devant les hygiénistes, les industriels et les ouvriers, et qu’il ne semble pas téméraire de déchirer aujourd’hui résolu.
- Après discussion du rapport de M. Montheuil, la Société de Médecine publique et de Génie sanitaire a adopté l’ordre du jour suivant :
- La Société, après avoir enregistré chaque année, depuis 1903, les résultats incertains-des expériences au blanc cle‘ zinc et au blanc de ceruse faites àiannexe de l’Institut Pasteur, 62, rue d’Aller ay, constate, au terme des cinq années fixé pour leur durée, que les peintures à chacun de ces produits se sont comportées pareillement et qu’on ne saurait, en conséquence, en tirer une conclusion favorable à l'un ou l’autre d'entre eux.
- Dans ces conditions, la Société estime qu’au point de vue technique, rien ne s'oppose à ce que le blanc de zinc soit substitué au blanc de céruse, et qu'au point de vue hygiénique il est désirable que cette substitution soit faite.
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- COMMERCE
- l’impérialisme économique en grande-rretagne,, par M. Maurice Alfassa(l).
- PRÉFACE
- Nous avons simplement cherché dans F « Impérialisme économique en Grande-Bretagne » à apporter une contribution à l’étude de l’un des problèmes -économiques les plus larges qui se soient posés au début du xxe siècle.
- Nous avons tâché de ne pas faire œuvre de polémique et si, peut-être,, au début du livre, le lecteur note certains passages qui peuvent sembler aller à l’encon tre de cette contention, il voudra bien se rappeler la manière dont l’ancien ministre des Colonies du Cabinet que présidait M. Balfour a soumis à F Angleterre les grandes lignes de son projet de Préférence impériale.
- L’abandon du régime du libre-échange et son remplacement par un tarif -douanier différentiel a été prôné par M. Chamberlain à la fois au point de vue économique et au point de vue politique. Mais il est évident, pour tous ceux qui ont tant soit peu étudié la question, que c’est le second qui dominait dans l’esprit des promoteurs de la réforme et que c’est devant une hostilité marquée, à laquelle ils n’étaient pas préparés, qu’ils ont été amenés à en accentuer la face économique. C’est pour tenter de dégager ce caractère nettement politique que nous avons été amenés à insister sur certaines contradictions, des plus frappantes, contenues dans les discours et dans les écrits de l’ancien ministre des Colonies.
- Elles montrent, à n’en point douter, que le mobile principal de M. Chamberlain, en engageant la croisade fiscale à son retour de l’Afrique du Sud, était la réalisation des conceptions impérialistes, au triomphe desquelles il a consacré les dernières années de sa vie publique, et pour lesquelles il n’a pas hésité à renoncer — temporairement il le croyait —aux hautes fonctions qui lui étaient ^confiées.
- Lorsque la Société d’Encouragement à L’Industrie nationale a bien voulu
- .(Il Travail subventionné par la Société d’Encouragement.
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- me confier la tâche très lourde d’entreprendre l’étude de la transformation économique projetée par M. Chamberlain (c’était en 1904), l’émotion causée par le discours du*mois de mai précédent à Birmingham était à son paroxysme. Elle avait gagné tous les pays qui, à un titre quelconque, ont des rapports commerciaux suivis avec la Grande-Bretagne, car la réforme fiscale menaçait d’avoir de profondes répercussions sur le commerce international, soit sur le marché anglais,soit sur les marchés des pays neutres, et de modifier considérablement les conditions de la concurrence mondiale.
- En France en particulier, à cette émotion, s’ajoutait une sérieuse inquiétude, La Préférence coloniale, premier pas dans la voie du protectionnisme, n’était-ellc pas un grave danger pour notre industrie nationale? Ne menaçait-elle pas gravement nos intérêts ; les marchés de l’Angleterre, de notre meilleur client, n’allaient-ils pas se rétrécir pour nos produits, se fermer devant eux peut-être?
- Des hommes autorisés le redoutaient.
- Et c’est pourquoi une étude de la question s’imposait.
- Quel devait en être le caractère?
- Fallait-il procéder à une rapide enquête, élaborer en quelques semaines des conclusions hâtives, ou valait-il mieux, au contraire, approfondir l’enquête, examiner, d’un point de vue économique, les faces du redoutable problème, au risque de prolonger longtemps peut-être l’étude que la Société d’Encourage-ment avait bien voulu nous confier?
- C’est à cette solution que nous nous arrêtâmes dès les premières semaines du séjour que nous fîmes en Angleterre au printemps de 1904.
- Plusieurs raisons nous parurent décisives.
- En premier lieu, il nous fut aisé de constater que les projets de réforme fiscale rencontraient une très vive hostilité, non seulement parmi de notables groupements industriels, les Chambres de Commerce et les milieux financiers, mais parmi les classes ouvrières. Les uns, constatant combien peu les propositions de M. Chamberlain étaient étudiées, combien l'argumentation contenait d’éléments contradictoires et inconciliables soit entre eux, soit avec les faits, redoutaient de s’engager dans une aventure qui leur paraissait d’autant plus dangereuse, qu’une fois les premiers tarifs adoptés, il faudrait poursuivre la politique nouvelle, si préjudiciable qu’elle pût être.
- Qu’ils les considérassent du point de vue politique ou du point de vue économique, les projets de réforme fiscale leur semblaient aller à l’encontre du but poursuivi, et devoir nécessairement conduire à un régime de protection intense.
- Ils redoutaient que le système de Préférence coloniale, en substituant au loyalisme si profond des possessions britanniques pour la Métropole un lien uniquement basé sur l’intérêt, ne conduisît non à la consolidation de l’Empiro
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- mais à sa désagrégation, en favorisant par la force môme des choses certaines de ses parties an détriment de certaines autres.
- Si les colonies purement agricoles ou industrielles pouvaient entrevoir un avantage des taxes modérées frappant les céréales, les produits alimentaires et les produits manufacturés, d’autres au contraire se trouvaient sacrifiées, dont le commerce avec la Métropole consiste exclusivement en matières premières' affranchies de tous droits.
- Le régime de Préférence conduisait donc fatalement à ce dilemme : soit traiter de manière très inégale les différentes colonies, au risque de créer dans certaines d’entre elles un sentiment de jalousie intense vis-à-vis des possessions favorisées et de mécontentement à l’endroit, de la Métropole, — ce qui n’était certes pas le moyen de resserrer les liens impériaux ; — soit accorder des avantages pratiquement équivalents à toutes les colonies, par la taxation de tous les produits étrangers concurrençant les leurs, quelle que fût leur nature, ce qui revenait à sacrifier les intérêts de l’Industrie nationale et, par suite, à détacher la Grande-Bretagne de ses colonies.
- Du point de vue économique propre, l’opposition n’était pas moins sérieuse.
- Tout d’abord, une grande incertitude régnait relativement aux articles semi-manufacturés. Etaient-ils compris dans les produits taxés? Des intérêts divergents s’opposaient. Pour certaines classes d’industries primaires, ils étaient produits manufacturés et, comme tels, devaient être soumis aux droits. Mais pour d’autres, dont le rôle économique est au moins d’importance égale, ces produits sont matières premières et devaient être admis librement.
- C’était là une question fondamentale dans un pays comme l’Angleterre, qui possède de si puissantes industries de transformation. Et les Tariff Reformer s n’étaient pas disposés à se prononcer sur ce point. Cette incertitude redoutable ne contribua pas peu à déterminer une profonde hostilité aux projets de M. Chamberlain.
- En second lieu, les industriels redoutaient une augmentation sérieuse de leur coût de production par les répercussions des droits, et cela avec d’autant plus de raison que, pour longtemps encore, l’Empire n’était pas en mesure de satisfaire à tous ses besoins et que conséquemment les droits joueraient dans leur presque totalité.
- Et alors même, disaient-ils, que l’Empire serait arrivé à la phase où il constituerait pratiquement une entité économiquement indépendante, les droits n’en joueraient pas moins intégralement, car, au point de vue colonial, la Préférence ne serait qu’un leurre dans le cas contraire.
- En troisième lieu, l’hostilité industrielle se fondait sur la conviction que les tarifs modérés proposés par le ministre des Colonies devraient rapidement être Tome 110. — Avril 1908. ’ 35
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- considérablement augmentés et devenir nettement protectionnistes au plus grand préjudice de l’industrie nationale.
- En effet les droits de 2 shillings par quarter sur le blé, de 10 p. 100 sur les produits manufacturés, ne suffiraient vraisemblablement pas à écarter du marché britannique les agriculteurs des Etats-Unis et de Russie, les industriels européens et l’effet de leur concurrence étant d’annihiler, au point do vue colonial, la Préférence, il faudrait logiquement aboutir à une augmentation des tarifs.
- Déplus, une seconde considération aboutissait au même résultat; des industries naîtraient (c’est l’un des buts avoués) qui jusqu’ici n’ont pu vivre sous, le régime douanier de la Grande-Bretagne. Leurs intérêts ne pourraient être négligés, et l’exemple des grandes nations industrielles montre que des augmentations de droits ont dû être concédées et maintenues, qui se produiraient vraisemblablement en Angleterre.
- Enfin, troisième élément concourant : l’un des avantages du système de Préférence doit être, a dit M. Chamberlain, de rendre à l’industrie britannique le pouvoir de négociations commerciales dont l’a privée le libre-échange et de lui permettre d’obtenir à nouveau des conditions équitables de concurrence sur des marchés qui lui sont actuellement fermés. Or ce résultat ne peut être atteint que par un abaissement des droits au profit des pays qui feront des concessions. Avec les tarifs proposés, tout abaissement substantiel aboutit à la suppression de la Préférence coloniale, et comme c’est là le but final de la réforme projetée, il faudra nécessairement avoir un tarif maximum et un tarif minimum, c’est-à-dire arriver à un régime nettement protectionniste.
- De plus, industriels et commerçants redoutaient une action néfaste sur leurs débouchés.
- La Préférence rendait nécessairement plus redoutable la compétition des rivaux industriels de la Grande-Bretagne sur les marchés neutres, qui, soit exclus (c’était la thèse de M. Chamberlain) des marchés britanniques, soit au moins admis dans des conditions plus défavorables, devaient logiquement trouver d’autres débouchés pour leurs produits. Le commerce anglais risquait de plus des représailles nouvelles sur les marchés étrangers, avec cette aggravation que le coût de production britannique allait nécessairement se trouver accru.
- Or les seuls débouchés nouveaux offerts étaient les Colonies. C’était un leurre car, d’une part, c’est déjà un marché britannique et, d’autre part, la Préférence accordée par les Colonies, ou qu’elles sont préparées à donner, ne l’est que sous la réserve qu’aucune des industries actuelles ou éventuelles des possessions britanniques ne risquera d’être entravée dans son développement par les avantages concédés à la Métropole.
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- La Préférence canadienne ne saurait laisser subsister aucune illusion à cet •égard.
- C’est d’autant plus important pour la Grande-Bretagne, qu’avec ces conditions économiques particulières, et la nécessité où elle est d’importer la majeure partie de sa subsistance comme de ses matières premières, il lui est indispensable de posséder de très larges débouchés pour sa production si elle ne veut pas décliner.
- Enfin, dernier argument, M. Chamberlain prônait l’abandon du régime économique du Royaume-Uni en arguant du déclin de l’industrie et du commerce. Il étayait son argumentation de chiffres — qui, nous l’avons montré, — .sont inexacts.
- Et il semblait aux intéressés qu’il fût dangereux de renoncer au libre-échange, dont ils avaient tiré et tiraient tant d’avantages, sous l’empire duquel la prospérité n’avait cessé de s’accroître, et de s’engager dans une aventure dont le succès était pour le moins problématique, eu égard aux, conditions particulières du pays.
- Les propositions de Préférence coloniale ne reçurent pas un accueil plus favorable dans les milieux ouvriers que chez les industriels.
- En vain fit-on miroiter aux yeux des travailleurs que la réforme leur assurerait un travail plus régulier et plus considérable, que les recettes douanières seraient affectées aux retraites ouvrières en même temps qu’à réduire le coût de la vie (promesses qui en fait étaient incompatibles comme tant d’autres), la taxation des denrées alimentaires faisait d’eux des adversaires irréductibles-Le souvenir de l’époque détestée des Corn Laws, des souffrances qu’elles avaient causées aux ouvriers et de la misère qu’elles produisirent, était encore trop vivant, et l’abandon du système des libres importations alimentaires leur parut être mr prix trop élevé pour des avantages dont la démonstration restait à faire.
- Cette hostilité générale se trouvait encore accrue du fait que la dépression de 1901 et 1902 était suivie, au moment même où la campagne fiscale débutait, par une période de très grande prospérité.
- Les mines, les usines, les chantiers ne pouvaient suffire aux commandes. Jamais le' commerce extérieur n’atteignit à un total1 aussi' élevé qu’en 1904, démenti éclatant-aux affirmations deM. Chamberlain, qui fit douter plus encore de l’exactitude de ses conceptions.
- Il était évident — nous* en eûmes* des témoignages collectifs ou individuels •éclatants — que le ministre des Colonies rencontrerait des difficultés considérables dans la campagne qu’il entreprenait et que le succès — s’il venait à couronner ses efforts — ne serait pas immédiat, tant* s’en faut.
- Ces faits nous incitaient à1 faire choix de la méthode que nous avons adoptée, mais ils n’étaient que Lune des raisons qui nous'ont-décidés.
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- Gomme nous l’avons indiqué, les propositions de Préférence coloniale étaient beaucoup plus politiques qu’économiques. Et à cet égard, l’exameu de la, situation politique donnait des indications précieuses et 'précises elles‘étaient nettement défavorables à la réforme fiscale au moment ou elle était suggérée à, l’Angleterre. ’ ’ ' ' r• -> —>
- La législature était plus qu’à moitié écoulée. Le moment était, par cela même, mal choisi pour entamer une œuvre de longue haleine, présentant pour le pays, une importance aussi capitale que l’abandon'du libre-échange, et sur l’opportunité de laquelle on ne pouvait se décider à la légère, v
- L’importance de M. Chamberlain au point de vue ministériel avait été croissant depuis 1895, et en particulier, depuis la retraite de lord Salisbury, il était le véritable chef du gouvernement dont M. Balfour avait le titre de premier ministre. La guerre sud-africaine l’avait mis au premier plan. ' >
- La manière dont ses conceptions impérialistes avaient triomphé aux élections-générales de 1900, faites à un moment grave pour le Royaume-Uni, l’avait convaincu qu’il serait également suivi dans l’exécution des autres phases de la grande œuvre qu’il entendait réaliser. '
- Mais, dès l’origine de sa campagne, des dissentiments graves se manifestèrent chez les Impérialistes et les Unionistes. Le Cabinet se désagrégea et des hommes qui commandaient le respect et l’estime de tous préférèrent abandonner leurs-fonctions plutôt que de voir le ministère s’engager dans une voie qu’ils croyaient dangereuse. Successivement, le duc de Devonshire, qui quitta le parti libéral eir même temps que M. Chamberlain, lord Balfour of Burleigh, M. Rilchie, le chancelier de l’Echiquier donnèrent leur démission. Malgré leur départ, des di vergences d’opinion subsistèrent, si graves que M. Balfour, ami des demi-mesures et temporisateur, chercha à concilier par le système des représailles,, plus indéfendable encore que les projets de Préférence coloniale, et appelé-comme eux à un échec compley.
- Les prévisions du ministre des Colonies étaient déjouées cette fois: il se retira pour retrouver la liberté d’action qui lui était indispensable, dit-il; maison réalité pour reculer l’échéance fatale des élections générales et permettre — grâce à une habileté parlementaire rare dont fit preuve le leader officiel du parti unioniste — à une apparence de gouvernement de subsister encore pendant quelques mois.
- Bien qu’il ne fût officiellement que leader des Impérialistes, M. Chamberlain était en fait le chef de tout le parti conservateur •(!), car les deux fractions de
- (1) Il ne faut pas oublier que M. Chamberlain ne cessa d’exei'cer une influence marquée dans le ministère Balfour, après sa démission, par l'intermédiaire de son fils, Austen Chamberlain qui succéda comme chancelier de l’Échiquier à M. Ritchie, et représenta les idées et la. politique de l’ancien ministre des Colonies.
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- la majorité étant numériquement égales, et l’une d’elles, l’impérialiste, irréductiblement fidèle à son leader, la seconde se trouvait entraînée à adopter la meme ligne de conduite, dans un intérêt politique supérieur, si elle ne voulait pas provoquer une scission inévitable du parti, dont les conséquences seraient vraisemblablement irrémédiables.
- Par suite, le projet de Préférence coloniale devenait ipso facto un programme de parti. C’est là un fait d’importance considérable, auquel on n’a pas toujours prêté toute l’importance qu’il méritait.
- Toute question de premier plan — impliquant comme celle-là une modification profonde de l’orientation politique générale — doit nécessairement à bref délai déterminer une élection générale, et lorsqu’il n’y a pas quelque crainte de complications internationales, c’est , en pratique uniquement sur elle que la bataille se livre, que se joue l’existence du gouvernement aux affaires.
- Or, la campagne fiscale était engagée à un très mauvais moment, elle se produisait beaucoup trop tard : le ministère était usé.
- Il durait depuis 1895 et, en dehors des causes mêmes d’affaiblissement qui dérivaient de sa longévité, l’aventure sud-africaine, une fois que le mouvement jingoë de 1900 se fut calmé, avec les fautes commises, l’insuffisance du War Office et les scandales dont il avait été le théâtre, fut durement reproché au Cabinet. D’autre part, son impopularité allait croissant soit avec la loi de l’Enseignement de 1902, qui lui avait aliéné définitivement les non-conformistes, soit avec sa loi sur les boissons de 1904, soit par le maintien en pleine paix des taxes de guerre, acceptées à titre temporaire, soit encore par sa politique d’hostilité systématique vis-à-vis des syndicats, qui avait déchaîné un mécontentement considérable dans les classes ouvrières.
- Un miracle seul pouvait le sauver, et lui donner une vitalité nouvelle, en rapprochant les partis divisés dans un mouvement de sympathie irrésistible comme celui du Home Rule en 1886.
- Ce n’était certes pas la Tariff Reform de JM. Chamberlain qui pouvait faire ce miracle.
- Imprécise, incohérente même par scs buts et ses tendances inconciliables, qui voulaient satisfaire les intérêts les plus opposés, la proposition du ministre des Colonies était mal présentée.
- Ses partisans eux-mêmes sentaient qu’elle était insuffisamment étudiée, inapplicable sous sa forme actuelle, qu’elle posait a priori des conclusions, que l’on devait chercher à étayer par une large enquête que l’on songeait à peine à entamer. Ils sentaient également que leur argumentation étayée sur des faits particuliers, tendancieusement choisis, et sur des chiffres faux, était loin de paraître probante, encore moins décisive.
- Tous les symptômes politiques marquaient la fin du gouvernement conser-
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- valeur. En dépit de l’autocratie que M. Balfour exerçait sur la Chambre descommunes, le désarroi de sa majorité le condamnait à F inaction.
- L’une après l’autre, les élections partielles témoignaient de la désaffection irréductible du pays, et les majorités libérales ne cessaient d’augmenter.
- L’avènement des libéraux— problématique avant le discours du 15 mai 1903 — était prochain et incontesté dès le milieu de 1904.
- Leur arrivée aux affaires, c’était, sans discussion, le maintien du libre-échange, du moins pour quelques années.
- En troisième lieu, il nous parut qu’il était préférable au point de vue meme des intérêts français, de bien étudier la situation.
- Des craintes avaient été manifestées pour notre commerce d’exportation, au cas où l’Angleterre adopterait un régime douanier protectionniste. Ces craintes étaient d’autant plus justifiées, semblait-il, que la Grande-Bretagne est de-beaucoup le meilleur de nos clients, et que l’abandon par elle du libre-échange risquait de fermer ses marchés à nos produits ou tout au moins de restreindre considérablement nos débouchés.
- Une étude préliminaire du sujet nous avait fait considérer que ces craintes étaient singulièrement exagérées et que, si nous devions concevoir des inquiétudes, elles étaient aussi légitimes et presque aussi sérieuses avec une Angleterre libre-échangiste qu’avec une Angleterre protectionniste.
- Ce n’est pas un paradoxe que nous voulons soutenir, tant s’en faut, car, de tous les pays d’Europe, le nôtre eût été de beaucoup le moins atteint et, croyons-nous, l’eût été dans d’insignifiantes proportions.
- En effet, on peut dire d’une manière à peu près absolue, qu’aiors que toutes les grandes nations manufacturières cherchent à vendre sur le marché britannique des articles qui viennent concurrencer ceux qu’elle fabrique, la quasi totalité des marchandises françaises exportées dans le Royaume-Uni sont complémentaires de la production anglaise, et ne déplacent pas les marchandises nationales : elles comblent un vide.
- Et, alors même que les indications des services des douanes semblent impliquer une manifestation de concurrence, il suffit d’examiner les choses de plus près pour voir qu’il n’en va pas ainsi.
- L’erreur provient de la classification générale très large, qui englobe dans la même désignation des produits très différents.
- Or, il en résulte indiscutablement une situation exceptionnelle pour la France : il ne semble pas, qu’étant donné les raisons pour lesquelles sa production est complémentaire de celle de l’Angleterre, il y ait de grandes chances de voir s’acclimater dans ce pays les industries de fabrique, pour lesquelles le marché anglais nous offre des débouchés si importants.
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- Ces conclusions premières, confirmées par une étude plus approfondie des. faits, nous ont également montré qu’il y avait lieu d’apporter des modifications, sérieuses à nos méthodes d’exportation, si nous voulions, en tout état de cause, non seulement augmenter, mais maintenir le chiffre de nos ventes. Certains de nos concurrents agricoles et manufacturiers nous sont malheureusement bien supérieurs, et leurs progrès sont inquiétants quel que soit le régime douanier-de l’Angleterre.
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- Les événements ont justifié la décision que nous avions prise : d’adopter la. seconde manière de conduire notre enquête.
- Les élections générales de 1906 ont été une véritable déroute pour le parti conservateur.
- La majorité sans précédent des libéraux a montré combien l’Angleterre-était attachée aux doctrines de Cobden et de Bright, et certains ont pu penser que les projets de Préférence coloniale étaient définitivement abandonnés.
- S’il en était ainsi, cette étude ne présenterait guère qu’un intérêt théorique, qu’un intérêt historique.
- C’est, à notre sens, une opinion erronée, et, quelque néfastes que puissent en être les conséquences pour le Royaume-Uni industriel, comme pour l’Empire britannique, économiquement et politiquement, nous pensons que l’adoption du protectionnisme en Angleterre sera réalisée dans un avenir très prochain.
- D’une part, en effet, il ne faut pas se dissimuler que l’effort considérable de propagande en faveur de la Préférence coloniale, poursuivi avec une rare activité et une grande énergie par les Tariff Reformers, n’a pas été stérile, et que, si le nombre des partisans convaincus de la protection n’a pas considérablement augmenté, il n’en est pas de même de leur influence. Leur campagne très habile dans les masses est parvenue à semer le doute sur l’efficacité des méthodes libre-échangistes, et l’argument du dumping, joint à des symptômes précurseurs d’une dépression industrielle qui s’annonce comme sérieuse et à une élévation considérable du prix du blé pendant l’année 1907, semble produire un certain revirement de l’opinion, manifestée en 1906 par les élections générales. Certains qui commencent à souffrir de la situation économique, et qui croient l’avenir menaçant, font montre de la politique de courte vue qui a caractérisé l’Angleterre industrielle moderne, et semblent décidés à s’embarquer dans l’aventure protectionniste : « Bread is dear, things are bad, they cant go worse with a tariff (1) », est une phrase que l’on commence à entendre couramment.
- (1) « Le pain est cher, les choses vont mal, elles ne pourraient aller plus mal avec un tarif. »
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- C’est pour éviter le règne du pain cher que les masses ouvrières sont demeurées fidèles au libre-échange. Il ne l’a pas évité et, avec lui, le chômage s’est aggravé. Il n’y a pas de raison pour ne pas adopter la Protection, qui présente certains avantages, et dont le pire inconvénient devait être le renchérissement de la vie.
- Tel est le raisonnement très caractéristique qui nous a été fait récemment.
- Quelques mots peuvent être utiles pour expliquer la propagande dont nous venons de parler, et dont le succès peut sembler étrange après les indications du sentiment général rapportées au début de cette préface.
- Il y a eu toujours en Angleterre un petit noyau d’agriculteurs et d’industriels protectionnistes, dont le représentant le plus autorisé était M. Chaplin. A diverses époques, soit au Parlement, soit par des manifestations publiques, ils avaient tenté une propagande infructueuse. Les fidèles des doctrines de l’Ecole de Manchester se riaient de ces « hérétiques », et certes la plupart d’entre-eux avaient abandonné toute espérance de succès avant l’intervention de M. Chamberlain. Us ne voyaient pas F événement auquel pourrait être dû un revirement du sentiment populaire. ....... ' :
- Cependant, contre toute vraisemblance, ils ne renonçaient pas.
- Leur état d’esprit peut assez bien être mis en lumière par ce propos que tint un grand manufacturier au cours de notre enquête. Son industrie, très importante, est presque exclusivement une industrie d’exportation et, avec la concurrence particulièrement intense des Etats-Unis, le bon marché des Ratières premières — produits semi-manufacturés qu’elle transforme — est d’importance vitale. Ces matières premières sont incontestablement parmi celles qui doivent être soumises aux droits d’importation. Etant donné ces conditions, nous lui exprimâmes, notre étonnement de le voir se rallier à des projets qui devaient nécessairement se traduire pour lui par un accroissement du coût de production et menaçaient par suite certains de ses débouchés. « C’est parfaitement exact, nous répondit-il, et les petits établissements souffriront ; certains même fermeront, cela est sûr. Mais j’y gagnerai certainement, car mon affaire (my concern) étant parmi les plus importantes, je trouverai compensation et, au delà, de la perte de débouchés résultant de la hausse du coût de production, dans la disparition de concurrents dont la succession m’écherra. »
- C’est, dans une très large mesure, à des mobiles de cet ordre qu’ont obéi beaucoup des manufacturiers qui ont donné leur adhésion.
- Ce sont également des mobiles d’intérêt individuel, non d’intérêt général qui en ont décidé d’autres, qui voient dans la réforme le moyen d’intensifier la concentration industrielle en adoptant les méthodes commerciales des trusts
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- américains ou des cartels allemands, auxquelles le libre-échange' oppose, parfois des obstacles. ' ' y ' ' * ' . , ’ " ' >
- Il en résulte une double conséquence. -
- En premier lieu, la constitution d’un fonds considérable de propagande (puisque les Tariff Reformers sont puissamment riches) qui permet de prendre avantage de tous les incidents (dépression industrielle, chômage, hausse accidentelle des prix des denrées alimentaires) pour ranimer la campagne et l’appuyer par des faits. Conférences, publications, leciflets illustrés ,et tracts, dont les Auglais sont si friands, peuvent être multipliés de manière incessante : une action s’exerce incontestablement dans les masses peu capables, par absence de méthode et d’esprit critique, de juger les informations plus pu moins tendancieuses qu’on leur prodigue. ^ ' ' ’ ” • . ^
- Et en second lieu — c’est un atout très important dans le jeu des protectionnistes et sur lequel ils fondaient de grandes espérances — des appétits individuels ont été éveillés. ’
- Profond psychologue, M. Chamberlain savait quelle puissance ils donneraient à son mouvement s’ils entrevoyaient une éventualité relativement prochaine de succès, et ce fut une habileté considérable, à ce point de vue, que de faire une question politique de parti d’une question nettement économique. '
- Ses partisans ne sauraient désarmer, et leur agitation tend à hâter l’heure de la réalisation. ^ .. .
- D’autre part, il 'ne faut pas oublier que les colonies ne manqueront pas d’exercer une pression considérable en faveur de la réforme, et la dernière conférence tenue à Londres en 1907 est caractéristique à cet égard.
- Elles ont tout à gagner en effet de l’adoption du régime de Préférence.
- Leur politique très habile a consisté à exploiter le sentiment impérialiste -très développé de la Métropole pour obtenir des avantages importants au prix de concessions apparentes. . ! y ,
- Ce ne sont en effet que des concessions apparentes qui ont été accordées par la Préférence canadienne, ou que propose le Commqnwealth d’Australie.
- Si les colonies-consentent à exclure au moyen de tarifs surprohibitifs les pays étrangers au.profit de la Métropole,”—.qui déjà semble avoir acquis sur leurs marchés les débouchés maxima auxquels elle peut prétendre, — ce n’est .pas sans avoir établi de telle sorte leurs, droits qu’ils soient déjà pratiquement prohibitifs pour les produits anglais concurrençant ceux d’industries existantes .ou susceptibles d’être créées par les colonies. Et, à en juger par leur énumération au Canada, ce sont toutes celles de la Métropole.
- Quel bénéfice un pays peut-il tirer en fait d’une Préférence, si élevée qu’elle soit, si la portion des droits qui subsiste est elle-même prohibitive?
- Etant donné la manière dont M. Chamberlain a posé le problème : la néces-
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- s Lté d’une réciprocité si l’on ne veut pas voir se distendre ou se briser les liens-de l’Empire, il est manifeste que l’action des Colonies tend et doit tendre à influencer dans la Métropole tous ceux qui se réclament de l’Impérialisme, et l’enthousiasme pour l’aventure sud-africaine peut servir d’indication de leur-puissance.
- Enfin une troisième raison fait que le problème protectionniste se posera a-nouveau, prochainement, en Angleterre, selon toutes vraisemblances.
- La Préférence coloniale a toujours été par la force des choses une question* politique, une question de parti, qui se trouve aujourd’hui en tête du programme conservateur, et acquiert chaque jour une importance plus grande.
- Or, tout semble indiquer que le gouvernement actuel ne pourra plus se* maintenir longtemps aux affaires, et que certaines difficultés qu’il avait rencontrées dès 1906, lui imposeront de recourir, dans un avenir assez prochain, à la. dissolution de la Chambre des communes.
- Il est une constatation curieuse : les gouvernements auxquels une majorité parlementaire exceptionnellement importante semblerait devoir assurer une* longévité très grande sont précisément ceux qui se trouvent aux prises avec* des difficultés journalières considérables, les condamnant à l’inaction et souvent à la retraite.
- L’immense majorité qu’un courant politique irrésistible groupe autour d’une idée, représentée par un ministère est forcément hétérogène, et lorsque-la bataille a été gagnée, et le péril conjuré — le plus souvent, par une action en quelque sorte négative, par le rejet d’une proposition déterminée — il faut, entamer la réalisation du programme, les divergences des diverses fractions. qui s’étaient trouvées agglomérées dans la lutte électorale se donnent libre-carrière, et c’est plus contre sa propre majorité que contre les partis d’opposition que le ministère doit lutter.
- C’est l’expérience que fait actuellement le Cabinet libéral.
- Ouvriers, radicaux, libéraux, libéraux impérialistes, s’unirent pour assurer,, en 1906 au libre-échangisme un triomphe qu’ils voulurent durables.
- Mais, dès les premiers mois dp 1906, le ministère se trouva aux prises avec-. de sérieuses difficultés.
- Le parti libéral arrivait inopinément aux affaires, à un moment où iL commençait à s’en croire éloigné pour longtemps encore.
- Sans programme, composé d’éléments non homogènes, il n’était pas en harmonie avec sa majorité beaucoup plus avancée dans son ensemble que Jui-même. Il en est résulté — et cela était fatal — une absence d’orientation et de-netteté dans l’action.
- Alors même qu’il est parvenu quelquefois à faire voter des mesures par la.
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- Chambre des communes, l'hostilité de la Chambre des lords a rendu ses efforts-vains, sauf dans le cas de la loi de décembre 1906 sur les conflits industriels..
- Le conflit qui s’aggrave entre les deux Chambres comme entre le gouvernement et une fraction importante de sa majorité (parti ouvrier et radicaux) rend éphémère l’existence du Cabinet et semble présager un retour au pouvoir desconservateurs.
- Les oscillations du pendule électoral prennent une amplitude croissante-pour eux, c’est-à-dire pour l’avènement du protectionnisme.
- Depuis deux ans, les élections ont été mauvaises pour les libéraux.
- Ce fut d’abord leur échec au Conseil de Comité de Londres, auquel on se refusa tout d’abord à attribuer de l’importance, car il pouvait s’expliquer par-d’autres causes.
- Ce sont régulièrement les élections partielles qui, se faisant presque exclusivement sur le terrain de la protection, envoient des conservateurs aux Communes, ou à tout le moins accusent une diminution très marquée de la majorité-de 1906.
- Ces symptômes sont d’autant plus graves que M. Chamberlain a disparu de la scène politique et qu’ils ne peuvent être attribués à son action ou à son ascendant personnels, mais aux progrès de l’idée qu’il a soutenue.
- Et, d’autre part si, comme d’aucuns l’affirment, la retraite de l’ancien ministre est définitive, la Préférence coloniale ne tardera pas à se transformer en une protection non déguisée, car M. Chamberlain était le seul des Tariff Reformers qui eût pu donner et conserver à ses projets leur caractère impérialiste.
- Ses successeurs actuels, qu’ils soient hommes de science comme le professeur-W. Ashley, de Birmingham, ou le professeur S. Hervins, ou qu’ils soient hommes politiques comme M. Chaplin ou M. Bonar Law, sont avant tout desprotectionnistes.
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- * *
- Le earactère de notre travail sur Y « Impérialisme économique en Grande-Bretagne » ne pouvait donc être le même que celui de très nombreux ouvrages-qui ont paru sur cette question en Angleterre. Nous ne devions pas nous borner à une courte étude d’éléments statistiques pour réfuter les arguments des Tariff Reformers, comme nous avions pu le penser tout d’abord.
- Nous devions au contraire reprendre la question à pied d’œuvre, en quelque sorte, étant donné qu’il ne s’agissait pas d’un projet qui pouvait être abandonné rapidement et définitivement, mais d’un projet destiné, parles intérêts politiques-et particuliers qu’il suscitait, à entretenir longtemps encore l’agitation créée par-M. Chamberlain, et, nous le craignons, à aboutir.
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- Tout n’est pas inexactitudes, tout n’est pas illusion dans les affirmations qui ont été apportées.
- L’Angleterre n’a plus et ne peut plus avoir, quoi qu’il arrive, la situation industrielle qu’elle a eue pendant tant d’années.
- Le progrès du Royaume-Uni s’est ralenti, certaines de ses grandes industries, encore très prospères, ont sans doute parcouru le stade le plus brillant de leur carrière.
- Mais de là à conclure comme l’ont fait les Tariff Reformers, il y a loin, et c’est ce que nous avons cherché à montrer.dans la’première partie de cette étude, consacrée à un examen d’ensemble de la situation économique du Royaume-Uni, et à l’étude des perspectives probables au cas de la mise en vigueur de la Préférence coloniale.
- - ' • Cette première partie ne pouvait répondre à la question fondamentale qui. -s’est trouvée posée par M. Chamberlain: a savoir, les causes de ce qu’il a appelé le « déclin de l’Industrie britannique ».
- Pour lui et pour ses amis, ce déclin est uniquement dû au libre-échange : ce régime de libres importations en Angleterre a permis à ses concurrente des pays -protectionnistes d’inonder, particulièrement en temps de crise, le marché du Royaume-Uni de produits des industries primaires qu’ils vendaient, grâce à leurs primes d’exportation, au-dessous du coût de production. C’est le procédé du Dumping qui, en outre de ce qu’il prive les ouvriers nationaux de travail qui logiquement devrait leur appartenir, a cet effet plus grave — que visaient les rivaux industriels de l’Angleterre — de ruiner définitivement les industriés primaires, puis les industries secondaires.
- La panacée qu’il voit est l’adoption de tarifs modérés.
- Pour examiner cette question, nous avons été amenés — et ce but peut-être trop ambitieux explique dans une large mesure le temps qu’il nous a fallu •consacrer à ce travail — à étudier séparément la situation des grandes industries primaires fondamentales : c’est l’objet de la seconde partie.
- Nous ne sommes pas arrivés aux mêmes conclusions que les Tariff Reformers.
- Il nous a paru que le terme même de « déclin » dont ils s’étaient servis est -singulièrement inexact et que l’on doit bien plutôt adopter celui, beaucoup moins frappant mais beaucoup plus conforme aux faits, de « ralentissement du développement économique ».
- Nous avons été amenés aux constatations suivantes: une évolution industrielle s’est marquée de plus en plus dans le Royaume-Uni, amenant la prédominance des industries de transformation sur les industries fondamentales pour une double cause économique: insuffisance de matières indigènes, insuffisance de denrées alimentaires. ;
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- - Cette double insuffisance devait logiquement conduire la Grande-Bretagner qui’est obligée d’exporter des produits en quantités considérables, à .cette situation;' car d’une, part — à une époque de développement économiqûermon-dial de pays neufs comme les États-Unis, la Russie, etc., dont les industries primairès.possèdent'sur les siennes propres des avantages marqués quant aux matières qn’éniières et au taux des salaires — elle trouve plus aisément à. écouler sur les divers'marchés des produits qu’ils ne fabriquent pas, ou dos articles, demandant une main-d’œuvre ou une élaboration de plus en plus-, grandes, pour la manufacturé desquels elle possède des qualités propres, équivalant souvent en fait à des avantages naturels. ‘ U ’ ) -
- D’autre part, cette évolution- industrielle'est une conséquence logique du
- libre-échange et économiquement nécessaire:i ' ‘ -> ---m 9-...» - >
- .-Dépourvuedes matières premières nécessaires aux industries primaires, les importations "pouvaient porter soit sur ces matières premières de poids considérable, et partant d’un fret très coûteux, soit sur les produits semi-manufacturés qui eussent été élaborés comme matières premières des industries de transformation plus juofitables, et d’autant plus que le coût de la matière première était moins élevé. ’ 1 -, i x.i: * cri evoi c..
- C’est là l’un des problèmes constants qui se posent aux chefs d’industrie.. Quant aux conséquences tirées par des Tariff Reformer $ de la soustraction de travail aux ouvriers nationaux, elles sont fallacieuses en ce sens qu’ils se sont orientés vers les industries de transformation et que, en juger d’ensemble par les indications du chômage, comme par les statistiques, il y a eu ainsi grande progression de la demande de main-d’œuvre.
- Et cette première constatation prend une valeur particulière par une observation : les colonies, comme le Canada, comme demain le Sud de l’Afrique, commençant à peine à mettre en exploitation des richesses minérales considérables, ont déjà des industries venant concurrencer sur le marché national les produits primaires de la Métropole. Or, meme avec les projets de Préférence, cette situation ne peut que s’aggraver et hâter l’évolution puisque d’une part les colonies auront toujours libre accès sur le marché anglais et que, d’autre part — leurs déclarations sont formelles sur ce point — elles entendent développer par tous les moyens toutes les branches d’industrie dont elles sont susceptibles. >
- En second lieu, le malaise économique n’est pas dû à une cause, mais à des causes profondes qui diffèrent largement avec les industries.
- C’est ainsi que certaines d’entre elles souffrent d’un conservatisme extrême,, résultant à notre sens, pour une grande part, de la période de haute prospérité de l’Angleterre.
- Dotées d’un outillage moderne qui leur assurait une suprématie d’autant plus
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- incontestée que la concurrence naissait à peine, beaucoup des industries anglaises :se sont tenues en dehors du progrès, soit que la constance des débouchés, par suite de l’élargissement des marchés du monde, ne leur ait pas fait sentir pendant longtemps la nécessité de renouveler leur matériel pour le mettre à la hauteur de celui de leurs rivaux, soit que, persuadés de leur incontestable supériorité réelle pendant la première décade de la seconde moitié du xixe siècle ils se soient figuré que leurs concurrents devraient passer par les mêmes stades •d’évolution économique qu’eux-mêmes et que s’isolant, en quelque sorte, du reste du> monde, ils aient été brusquement surpris et désemparés par l’admirable •organisation et l’outillage de l’Allemagne et des Etats-Unis, qui se révélèrent brusquement à eux par leur redoutable avance.
- On trouve, dans cette catégorie d’industries qui va de la métallurgie aux constructions mécaniques, des types très divers, les uns véritablement anachroniques, les autres de tout premier ordre, mais en moyenne inférieurs, tant comme outillage que comme organisation et direction, aux établissements similaires étrangers.
- D’autres industries par contre, comme celles des constructions navales, ont été dotées de tous les perfectionnements modernes ; aujourd’hui encore, grâce à la supériorité qu’ils se sont acquise par leurs méthodes, leurs modèles, leur rapidité de construction, ils sont à peine égalés et pas dépassés.
- D’autres industries enfin, comme les filatures et tissages du Lancashire, en dépit de toutes les améliorations apportées à leur matériel, des hautes qualités techniques et commerciales de leurs directions, ont subi une période critique au cours des dernières années.
- Et cependant la région de Manchester demeure plus attachée que jamais aux idées de Cobden et de Bright,, car le mal dont elle souffre n’est pas-de ceux que la protection est susceptible de guérir.
- En vain la Tcirïff Commission a-t-elle élaboré le plan des réformes nécessaires, aucune ne saurait aboutir.
- C’est, en effet, d’un* mal tout particulier que souffre Findustrie cotonnière,, non seulement en Angleterre, mais dans tous les pays d’Europe :'de la spéculation sur les cotons qui, en Amérique,, dont cette industrie est tributaire pour 80'p. 100 •environ de- sa- consommation, a revêtir des- formes nouvelles et< des* pluS'redou-tables pour les textiles. C’est moins encore de la hausse considérable que des fluctuations brusques et incessantes, de Finstabilité du marché1 de la-matière première, qui rendait aléatoires toutes les* transactions, que les- manufacturiers ont eu à se plaindre.
- Leurlutte contre le monopole que l’Europe a laissé prendre aux Etats-Unis, -a été stérile parce qu’ils n’ont pas pénétré avec netteté les méthodes américaines, et qu’ils ont trop longtemps cherché à rétablir l’équilibre entre la
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- 'demande et l’offre par une réduction de celle-là, ne s’étant pas rendu compte *que celle-ci était absolument-factice, et qu’ils faisaient le jeu de la spéculation.
- Cette recherche des causes de la crise cotonnière est l’une des parties de ce livre qui nous a coûté le plus d’efforts. Nous serions heureux d’avoir pu réussir .à montrer, à l’aide de certains graphiques que nous avons dressés, le mécanisme des mouvements do la spéculation américaine pour asservir l’Europe et décou-.rager ses tentatives de culture coloniale par des baisses intenses, auxquelles succédaient des hausses plus prononcées, après que ces tentatives avaient été ^abandonnées.
- Il est curieux de constater, en particulier, au point de vue de l’Angleterre, .l’influence néfaste qu’ont eue les doctrines libre-échangistes : c’est pour une très grande part à elles qu’est due la constitution du monopole cultural des États-Unis, ainsi que l’abandon de toute culture rationnelle aux Indes.
- Il est également curieux de noter — et à ce point de vue nous regrettons «que ce travail n’ait pu paraître plus tôt — que ce n’est que tout récemment que •les manufacturiers anglais semblent avoir pris conscience de la nécessité vitale, pour l’industrie, de s’affranchir du monopole américain : c’est la conclusion à laquelle nous avions abouti antérieurement au voyage aux Etats-Unis des délégués de la « Masters’ Spinners Association.», accompli à l’automne de 1907.
- La troisième partie de 1’ « Impérialisme économique en Grande-Bretagne » est consacrée à Xagriculture et aux conséquences qu’aurait pour elle la Préférence coloniale. C’est peut-être l’un des exemples les plus frappants de l’antinomie entre la face politique et la face économique de la réforme proposée.
- D’une part, les droits projetés, par leur modération même, seraient radicale-anent inefficaces et seule une protection très considérable pourrait conduire à •une extension des surfaces emblavées.
- D’autre part, alors même que des tarifs élevés seraient adoptés, l’ouverture •du marché anglais aux produits agricoles coloniaux, ce qui est le propre de la •conception impérialiste du système de Préférence, conduirait nécessairement en dernière analyse l’agriculture britannique à une situation bien moins favorable encore que celle du moment.
- En agriculture, comme dans certains cas pour l’industrie, rattachement aux .anciennes méthodes n’a pas fait réaliser les utilisations les plus profitables, bien qu’une tendance marquée se manifeste actuellement,dans cette direction.
- Nous avons cherché, dans une quatrième partie, à dégager le sens des propositions coloniales et des résolutions adoptées par la dernière conférence.
- Enfin, dans une dernière partie, nous avons étudié les relations commerciales franco-anglaises.
- ' Nous tenons tout d’abord à exprimer notre vive reconnaissance à M. Jean
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- Périer, l’attaché commercial de France à Londres, qui, lors de nos divers séjours en Angleterre en 1904, en 1906, et cette année encore, a bien voulu nous faire profiter de la grande expérience qu’il a de ces questions, et nous fournir de très précieuses indications.
- Tous ceux qui connaissent ses remarquables rapports, comprendront l’aide qu’il a pu nous fournir.
- Nous avons cherché à montrer la nature de nos exportations en Angleterre, nettement complementaires de la production de ce pays, qui nous crée une situation unique en quelque sorte sur le marché anglais.
- Nous avons également examiné les tendances actuelles, et, à côté de certaines constatations dont on ne saurait trop se féliciter, il y en a malheureusement d’autres infiniment regrettables. Nous voulons parler du déclin si considérable do nos exportations de beurres et œufs, et de nos vins, par exemple.
- Nos ventes de beurres, œufs et viandes abattues atteignent à peine 70 millions de francs, alors que celles du Danemark atteignent 400 millions. Pour un seul article : les œufs, en dix ans, le chiffre des ventes françaises est tombé de 28 à 12 millions, accusant ainsi une diminution de 16 millions de francs, alors que lyGS ventes danoises correspondantes augmentaient de 20 millions.
- C’est à des causes particulières, imputables pour la plupart à notre organisation commerciale et à nos méthodes que sont dus ces faits. Et, dans une large mesure, il est possible d’y remédier, pour peu que notre pays le désire. C’est ce que nous avons cherché à montrer en manière de conclusion.
- Si nous donnons à notre organisation commerciale en Angleterre, tant avec le concours de l’État pour la part qui lui incombe, que par l’action de l’initiative privée à laquelle la part la plus large est due, les formes qui conviennent, la France peut envisager l’avenir avec confiance et doit voir largement s’ouvrir à ses produits le marché britannique, quel que soit le sort réservé aux projets de Préférence coloniale ou de protection.
- Nous devons, avant de terminer cette trop longue préface, adresser nos bien sincères remerciements aux personnes qui ont bien voulu nous aider dans la tâche que nous avions assumée. ' .
- f.
- 'Nous voudrions tout particulièrement dire combien nous avons été touchés, de l’accueil qu’ont bien voulu nous faire en particulier M. l’Ambassadeur de France; M. Geoffroy, ministre plénipotentiaire; M. Perier, notre attaché commercial en Angleterre; M. Coste, notre consul à Glasgow, et le Président do la Chambre de commerce française de Londres.
- Nous avons trouvé également de précieux concours parmi les hommes les plus marquants d’Angleterre, dans les milieux politiques et dans les milieux industriels.
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- L’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- Nous devons tout spécialement mentionner the Right lion. James Bryce, ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis, qui a bien voulu faciliter notre enquête, à la fois par les vues qu’il nous a exposées avec une clarté merveilleuse et par des introductions qui nous ont été particulièrement utiles. Qu’il nous permette de lui exprimer bien vive notre reconnaissance.
- Nous devons également tous nos remerciements à lord Rey, lord Leonard Courtney, lord Joicey, le grand propriétaire de mines de bouille, sir Hugh Rell, l’éminent maître de forges, à sir William Matter, de Manchester, le constructeur mécanicien bien connu, à M. Arthur Chamberlain, à M. Runainan, à M. Palors, secrétaire de la Fédération des Armateurs; au col. Denny, M. P., le constructeur do navires de la Clyde ; à feu M. William Jack, de Glasgow, l’un des hommes les plus éminents que nous ayons rencontrés au cours de* notre enquête ; au professeur Ashley, de Birmingham, le théoricien de la Réforme fiscale; au professeur Hervins, à M. Maccara, le président de la Master Spinners’ Association, dont les renseignements et les travaux nous ont beaucoup aidé; à sir Félix Shuster, président de l’Institute of Bankers; à M. C. P. Rail, l’agent commercial du Canada à Birmingham ; à MM. Behenna et Morgan Davies ; à M. Duckworth, secrétaire particulier de M. Austen Chamberlain, alors chancelier de l’échiquier, à tous ceux enfin qui ont bien voulu nous prêter leur concours.
- [A suivre.)
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- Tome 110.
- Avril 1908.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Généralités. — Appareils de chimie historiques. — Sur la préparation des corps simples à l’éta colloïdal.
- Produits minéraux. — Préparation de l’hydrogène pour l’aéronautique. — Sur la fabrication du bisulfure de carbone.
- Industries céramiques. — Les couvertes cristallisées. — Porcelaines pour applications électriques. — Porcelaines à feu. — Émaillage de fontes.
- industries métallurgiques. — Sur la préservation des fers et aciers. — L’industrie du zinc en 1907.
- Produits organiques. — Préparation industrielle de la para-toluidine. — Sur le dosage du tannin.
- Alcaloïdes. — Nouveaux alcaloïdes végétaux. — Progrès récents de la chimie des alcaloïdes.
- Chimie médicale. — Sur l’atoxyle. — Sur la cboline et l’adrénaline. — Sur le véronal. — Saturnisme et phosphorisme.
- Industries tinctoriales.. — Sur la théorie de la teinture. — Documents sur les hydrosulfites.
- APPAREILS DE CHIMIE HISTORIQUES
- Le Musée centennal de l’Exposition universelle de 1900 du groupe de la chimie, présentait plusieurs appareils d’un grand intérêt historique. Dans le même ordre d’idées, je signale d’après la Zeitschrift fur angewandte Chemie, 1908, p. 625, d’autres appareils historiques qui figurent au musée technique de Munich; l’appareil à combustion de Liebig, 1823-1833, l’appareil à refroidir de Weigel, 1771-1773, le photomètre de Bunsen-Roscoë, 1851; l’appareil de Hitorf pour les ions; l’osmomètre de Pfefïer, 1877 ; l’appareil de Borcher pour préparer électrolytiquement le calcium en grandes quantités. Existent aussi un certain nombre de reconstitutions d’appareils de Lavoisier, Gay-Lussac, Faraday, Geber, Priestley, Eerzelius, etc.
- SUR LA PRÉPARATION DES CORPS SIMPLES A 'l’ÉTAT COLLOÏDAL.
- L’étude 'des propriétés colloïdales de la matière est l’une des questions passionnantes du moment. On trouvera dans la Z. für angewandte Chemie, 1908, p. 632, un exposé de M. A. Lottermoser sur la préparation des corps simples à l’état colloïdal. Travaux d’Ostwald, de Carey Lea pour l’argent, de Szigmondy, de Gutbier, de Donau pour l’or.
- PRÉPARATION DE L’HYDROGÈNE POUR L’AÉRONAUTIQUE
- Un exposé étendu de l’état récent des procédés de fabrication de l’hydrogène, fait par M. le lieutenant-colonel G. Hspitallier, se trouve dans les mémoires du IIIe Congrès international d’aéronautique.
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- PRÉPARATION DE l’iIYDROGÈNE POUR l’AÉRONAUTIQUE.
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- 1° La méthode de décomposition de l’eau par voie humide, concomitante à l’action réciproque d’un acide et d’un métal, dont le point de départ fut la méthode des tonneaux du physicien Charles, en 1784, offre de nombreux défauts : encombrement du matériel; marche irrégulière de l’opération, tumultueuse au début, traînante à la fin; perte d’une partie de l’acide, qui finit par être trop dilué pour avoir une action efficace. Ces inconvénients disparaissent lorsqu’on applique la circulation méthodique du liquide acide à travers la masse métalüque. Le premier appareil de circulation dû au capitaine Charles Renard a été organisé en 1875. Giffard s’est également servi d’un appareil à circulation, en 1878, pour le gonflement de son grand ballon captif. L’usine de production d’hydrogène installée par Gaston Tissandier, en 1883, pour le gonflement de son dirigeable, était basée sur le même principe. Aujourd’hui, chaque constructeur déballons possède un modèle d’appareil à circulation.
- 2° La décomposition de l’eau passant à l’état de vapeur sur un corps oxydable chauffé au rouge, fer, charbon, a pour point de départ l’appareil de Coutelle et Coûté, employé en 1794 par les premiers aréostiers militaires, en France. La méthode fut modifiée par II. Giffard en 1878; Hembert et Henry, Strache, Howard Lane, etc.; bien que les derniers procédés présentent des avantages spéciaux au point de vue économique, la méthode n’est guère plus usitée de nos jours.
- Le procédé de Coutelle et Coûté dérivait de l’expérience de laboratoire où Lavoisier, en 1771 décomposait la vapeur d’eau en la faisant passer sur du fer chauffé au rouge. Les aréostiers de la première République effectuaient industriellement cette opération dans un fourneau fixe construit en briques et pourvu de deux foyers au bois, dont la flamme chauffait directement sept cylindres ou cornues en fonte, remplis de limaille de fer soigneusement débarrassée de toute trace d’oxyde. Le procédé a été essayé de nouveau par l’armée anglaise en 1872 et 1873.
- Henry Giffard, pour gonfler le ballon captif de 1872, a substitué à la limaille de fer du minerai de fer oligiste à base de sesquioxyde de fer. Le procédé est assez économique. Il a encore été amélioré par le lieutenant-colonel Yan tden Borren avec l’emploi des hydrocarbures.
- Strache emploie le charbon de bois qui est beaucoup plus pur. Son appareil est utilisé en Allemagne et comprend trois fours cylindriques verticaux.
- Hembert et Henry ont perfectionné la décomposition de la vapeur d’eau passant sur du coke incandescent, en suroxydant le gaz combustible ainsi produit pour le transformer en acide carbonique, et en soumettant une seconde fois celui-ci à la vapeur d’eau.
- 3° La décomposition de l'eau par les métaux, soit par l’antimoine et le zinc (Renard), soit par le zinc cuivré (Renard), soit par un métal alcalin, soit par l’aluminium et la soude caustique. Le procédé a été employé par les aérostiers russes en Mandchourie lors de la guerre russo-japonaise.
- Le lieutenant Nicolardot avait proposé une variante très ingénieuse : l’emploi du sodium renfermé dans des récipients en aluminium; au moment de l’usage, on jette le sodium dans de l’eau; puis, dans la soude ainsi‘produite, on jette le récipient même coupé en petits morceaux.
- A la suite des recherches du colonel Renard, de 1880 à 1885, les aérostiers français ont été dotés d’un réactif solide, la gazéine, qui, sous un faible poids, permet de fabriquer de l’hydrogène;'3 kilos de gazéine produisent 1 mètre cube de gaz. La gazéine Renard se prépare en chauffant à haute température un mélange de glycérine et de
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- NOTES 1)E CHIMIE.
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- soude caustique. Les produits qui prennent naissance varient avec la température de la réaction. Le procédé a été appliqué pendant les manoeuvres françaises de 1880 à 1883.
- 4° Méthodes diverses. — Le colonel Renard a imaginé aussi le procédé dit du salin, qui fut appliqué en 1884 pendant l’expédition du Tonkin. Le salin est un sulfate acide de soude. On le fait agir sur du zinc. L’action réciproque de ces deux corps, en présence de l’eau à froid, détermine la décomposition de cette eau.
- Plus récemment, on a essayé, en Allemagne, divers procédés où l’on fait intervenir la chaux en présence du charbon et du zinc, tel celui du docteur Wilhelm Majert et du lieutenant Richter, de l’armée prussienne.
- Lorsque l’on refroidit suffisamment de l’hydrogène mélangé avec des hydrocarbures et d’autres gaz (oxyde de carbone,azote...), les différents composants du mélange se liquéfient bien avant l’hydrogène. On peut donc ainsi, recueillir' de l’hydrogène pur et sec. M. Yan den Borren applique ce procédé au mélange gazeux obtenu par la décomposition de la vapeur d’eau passant sur les hydrocarbures, donnant du gaz pauvre très analogue au gaz à l’eau.
- 5° Procédés par les hydrures alcalins et alcalinoterreux ; soit l’hydrure de calcium de Moissan, soit l’hydrure debaryum de Guntz, soit l’hydrure de calcium ou liydrolithe de Jaubert.
- 6° La décomposition électrolytique de l’eau fournit le mode le plus parfait pour la fabrication directe de l’hydrogène, car il le fournit très pur.
- C’est l'application de l’expérience historique de Volta. Les premiers essais industriels semblent appartenir à la maison anglaise Taunton, Delmard et Cie.
- La question fut étudiée en 1885 par M. d’Arsonval ; elle a donné lieu aux recherches simultanées de l’ingénieur russe Latchinov et du colonel Renard; le voltamètre industriel de ce dernier est monté à Chalais depuis 1888, mais ses découvertes sont antérieures. Pour le choix des diaphragmes, le colonel Renard expérimentale ponghée, la gaze, la toile métallique, les feuilles de clinquant percées de trous presque capillaires, la toile d’amiante; il s’eSt arrêté à celle-ci, car sa résistance électrique est à peu près nulle. Il existe de nombreux appareils industriels.
- L’électrolyte est (Schmidt, de Zurich) le carbonate de potassium titré au 1/10° et exempt de sulfate; la soude ou la potasse caustique (Garuli, Schuckert, Schoop, Latchinov).
- En résumé, dit M. G. Espitallier, la technique de la fabrication de l’hydrogène semble aujourd’hui bien établie. Les procédés se répartissent en deux grandes classes : les procédés lents et les procédés rapides. Les premiers, dont l’électrolyse est le prototype, ne se prêtent pas au gonflement direct des ballons, mais constituent d’excellentes méthodes pour la fabrication industrielle et continue.
- Les méthodes chimiques permettent dès aujourd’hui d’avoir de l’hydrogène à un prix modéré ; mais le gaz produit est jusqu’ici moins pur que par l’électrolyse.
- Le procédé basé sur le traitement du gaz à l’eau et séparation de ses éléments par l’action des basses températures se présente enfin comme plein de promesses.
- SUR LA FABRICATION DU BISULFURE DE CARBONE
- La fabrication du bisulfure de carbone, ditd/. Ed. R. Taylor (Journal of the Franklin Institute, février 1908, p. 141), est l’une de celles qui causent le plus vite la des-
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- DOCUMENTS .INTÉRESSANT LES INDUSTRIES CÉRAMIQUES.
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- traction des fours électriques. L’auteur donne longuement les résultats de ses essais sur les dimensions des fours électriques à employer, les électrodes, l’utilisation des gaz, la marche de l’opération, le taux élevé de la production.
- DOCUMENTS INTÉRESSANT LES INDUSTRIES CÉRAMIQUES
- Notre bibliothèque a reçu le volume IX des Transactions de l’American ceramic Society; et ce. volume renferme comme les précédents un certain nombre d’intéressants documents parmi lesquels je signalerai: les couvertes cristallisées, de MM. Ross, C.Pardy et J. F. Krehbiel, pp. 319-407; applications électriques pour porcelaines, de M. A. S. Watts, pp. 600-617; porcelaines à feu, de M. L. Bell, pp. 637-645'; types de fontes émaillées pour usages hygiéniques, de M. Fr. H. Riddle, pp. 646-660.
- Le problème des couvertes et glaçures cristalhsées peut être regardé, disent MM. Ross, C. Turdy et J. F. Krehbiel, comme l’un des plus fascinants que l’industriel céramiste ait actuellement à étudier ; et son intérêt est très grand, tant pour l’artiste que pour le cristallographe, le chimiste et le céramiste, celui-ci n’ayant encore que des données bien incomplètes sur leur composition, comme sur les meilleures conditions de réussite. Les expérimentateurs ont fait leurs essais dans le but d’accroître les faits connus scientifiquement, -laissant à l’avenir le soin de déduire les lois précises. Les points qu’ils se sont efforcés d’éclairer sont les suivants : quel est l’effet des alcalis soit seuls, soit mélangés, en quantités variées, sur la production des cristaux? Quelle est la proportion de ZnO qui produit le meilleur développement des cristaux? Quelle est la valeur relative de l’oxyde de zinc, de l’oxyde de manganèse et de l’acide tita-nique dans les couvertes cristallisées ? Quels sont la forme et le caractère des cristaux dus au manganèse? Quelles sont les limites de la proportion d’oxygène permises?
- ' Les nombreux essais réalisés (nous renvoyons à leur exposé, accompagné de jolies photographies, pour le détail des formules) donnent les résultats généraux qui suivent :
- Des deux alcalis, potasse et soude, la dernière s’est toujours montrée plus efficiente pour le développement des cristaux; ceux-ci y sont plus grands, plus agréablement groupés.
- Les proportions du zinc et de l’alcali, les meilleures (sauf pour les couvertes riches en acide titanique) sont de 0,3 à 0,6 ZnO et 0,7 à 0,4 KNaO.
- L’oxyde de manganèse produit les cristaux les plus grands et les plus surprenants. L’oxyde de zinc a tendance à produire de grands cristaux par places. L’acide titanique produit de petits cristaux, également répartis.
- Les limites de la proportion d’oxygène n’ont pas pu être déterminées. Mais il semble que la raison 1/2,8 est préférable à celle de 1 : 4 habituellement employée; c’est d’ailleurs celle trouvée par Schott dans son étude du verre d’Iéna.
- ’ Des essais ultérieurs porteront sur l’action de la chaux, et sur l’influence du chauffage.
- Traitant des porcelaines pour applications électriques, M. A. S. Watts remarque qu’il peut exister une différence de 50° dans les températures des fours, soit lors des essais de laboratoire, soit lors des traitements industriels. Ceci tient à ce que l’introduction de l’air froid à la charge est beaucoup plus sensible pour un petit four de
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- NOTES DE CHIMIE.
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- laboratoire que pour un grand four industriel. En ce qui concerne la composition de RO dans une porcelaine,les résultats ontété bons même avec 0,33K2O et 0,67 CaO ;une proportion élevée de CaO n’est pas bonne ; si la couverte est appropriée, une haute teneur en potasse n’a pas d’inconvénient.
- RO étant introduit sous forme de carbonates, c’est le plomb et le manganèse qui produisent les porcelaines les meilleures au point de vue diélectrique, tandis que le zinc et le fer sont parmi les plus pauvres. Le baryum se rapproche des premiers, la magnésie des derniers. Malheureusement, l’oxyde de plomb se volatilise d’autant plus que le chauffage est prolongé; l’oxyde de manganèse qui semble de tous le meilleur donne une coloration rose. CaO associé à K20 est très bon. Voici une formule qui a donné d’excellentes promesses : 0,2 K20; 0,1 Na20. 1 Al203.4Si02.
- Les essais de température ont été faits sur une formule : K20 0,35 à 0,00; CaO 0,15 à 0,15 ; 1 Al203;5,5 SiO2. Cône 6 à cône 12.'Le maximum de force diélectrique s’obtient sur porcelaines surchauffées.
- Le succès de la fabrication des porcelaines à feu dépend, dit M. L. Bel (dans une thèse présentée à l’École de céramique de New-York, en 1907), du choix de l'argile. Quelles sont les propriétés physiques ou chimiques de l’argile qui règlent cette appropriation? Un article intéressant sur ce sujet a été donné par Bourry dans son Traité des industries céramiques. En France, expose-t-il-, on emploie pour cet objet un corps de composition : 61,61 silice; 30,01 alumine; 1,56 fer; 3,56 chaux; 3,26 potasse ; c’est-à-dire moins siliceux et plus alumineux que pour la porcelaine dure ordi -naire. Ceci revient à : 54,59 argile; 18,01 quartz; 19,27 feldspath; 1,56fer; 3,56 chaux. En accroissant la proportion d’alumine, au moyen d’alundum ou d’hydroxyde d’aluminium, on accroît la résistance à la fracture lors de la plongée à chaud dans l’eau froide, lorsque la proportion d’alundum est de 25 à 40 p. 100, et celle de l’alumine de 21 à 30. Les essais pauvres en chaux furent les meilleurs; au-dessus de 3 p. 100, Ta chaux tend à rendre la porcelaine plus fragile. L’enlèvement de la silice libre ne fournit pas de résultats avantageux.
- En conclusion, l’alumine peut être introduite avec avantage; la chaux ne doit pas dépasser 3 p. 100; il doit exister une petite proportion de silice libre. Il semble nécessaire d’introduire une proportion plus grande d’alumine que celle qui coexiste par la présence d’argile.
- Les caractères auxquels doivent répondre les émaux pour les fontes d'appareils hygiéniques sont les suivants, d’après M. Fr. H. lîiddle: l’émail doit fondre à près de 1000°; il doit mûrir rapidement et s’étendre bien uniment; il doit s’associer exactement au fer; il doit pouvoir supporter des changements brusques de température; présenter une surface vitreuse parfaitement lisse, être insoluble dans l’eau ordinaire ou dans l’eau un* peu acide, enfin présenter un aspect agréable à l’œil.
- Comme le corps du fer reste- constant, l’émail seul peut varier, et autre désavantage de l’émailleur sur fer vis-à-vis du potier, celui-ci laisse refroidir lentement ses pièces, tandis que l’émailleur sur fer, en retirant ses pièces du four, les amène d’une enceinte à température élevée à une enceinte.à température normale.et les expose à. des contractions soudaines et importantes.
- On sait qu’en chauffant la fonte au-dessus de 1000°, elle subit un changement qui l’affaiblit. Les .verres qui se terminent très au-dessous de cette température- doivent
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- être riches en fondants lourds, et, pour ce motif, ils sont coûteux. La fusibilité de l’émail donne donc lieu à deux ordres de considérations, par rapport à la dépense, et par rapport au danger d’affaiblir le fer.
- Les émaux pour les métaux sont, comme tous les céramistes le savent, très rapprochés des glaçures pour la poterie; la plus grande différence est que leurs composants sont surtout des frittes. Ils renferment généralement une proportion élevée de fondants, afin de pouvoir fondre à température relativement basse, et ils sont saturés d’un ingrédient susceptible de produire l’opacité. La substance habituellement employée pour les émaux hygiéniques est l’oxyde d’étain, mais les expériences relatées dans le mémoire montrent que de nombreuses autres 'substances contribuent à procurer l’opacité, et elles permettront d’employer une proportion d’étain moins élevée.
- L’objet des recherches de M. F. Riddle était de déterminer les limites de composition qui permettent aux émaux pour fonte de bien s’étendre. L’émail qui a servi de base répondait à la composition :
- 0,4285 Pb (J 0,2142 BaO 0,1071 Ca Fl2 0,1428 Na20 0,1071 K20
- Cette formule donne 8 p. 100 d’oxyde d’étain dans la fritte. L’auteur fournit les détails voulus sur la préparation de cet émail, sur les différents ingrédients qui y entraient ou y furent ajoutés : PbÜ, BaO, CaO, ZnO, Na20, K20, APO3, SiO2, B203, SnO2; et sur la forme sous laquelle on introduisait ces ingrédients ; sur la préparation de la fritte ; sur le décapage de la fonte soit au jet de sable, soit à l’acide sulfurique étendu; sur le graissage de la fonte dans le but de l’empêcher de s’oxyder autour et dans le but d’assurer l’adhérence de la poudre d’émail : ce graissage se fait avec un verre ou controxyde de borax et un peu d’argile ; enfin sur l’émaillage, vers 980°.
- Cinq séries d’essais furent d’abord réabsés, avec des variations d’un seul ingrédient, ou des substitutions d’un ingrédient à un autre. Quatre autres séries d’essais furent ensuite effectués en prenant comme base la composition que les cinq premières séries avaient révélée la meilleure; soit 0,25 PbO; 0,25 BaO ; 0,0417 ZnO. Les résultats particuliers furent les suivants, pour chaque série :
- Série l : B203, variant de 0,2857 à 0,0769, possède un pouvoir remarquable pour produire une surface voulue, mais il est coûteux et très fusible ;
- Série 2 : l’argile est généralement nuisible ; l’écaillage augmente avec A1203 (variant de 0,0769 à 0,2307) à partir de 0,1932’;
- Série 3 : la proportion 0,25 de PbO est suffisante ;
- Série 4 : la proportion entre les fondants BaO et PbO lourds et les autres CaO, K20, Na20 doit être 1 : 0,6 ;
- Série 5 : les essais avec 0,6921 de SiO2 se fendent; ceux avec 0,8459 non, mais la couleur devient mauvaise, du fait probablement que l’acide dissout une plus grande quantité de substance donnant l’opacité ;
- Série 6 : l’accroissement de l’alumine de 0,0833 à 0,25 en équivalents accroît l’opacité et la blancheur de l’émail ;
- Série 7 : l’accroissement de l’oxyde de.zinc jusqu’à 0,125 aux dépens du baryum n’a pas d’autre effet que de diminuer fort légèrementda teinte jaunâtre ;
- I 0,9186 SiO2 1 0,2857 B2 03
- 0,1071 Al2 03 j 0,1500 SnO2
- I O.R 1:1,66
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- Série 8 : l’accroissement de la silice de 0,833 à 1,25 produit l’écaillage à partir -de 1,00 ;
- Série 9 : l’accroissement de B203 jusqu’à 0,416 pour une SiO2 constante de 0,833 ne produit pas l’écaillage, et la glaçure se fait bien plus unie. Mais la proportion des O ne doit pas dépasser 1 : 2,15. v
- En résumé, peuvent concourir à faire des émaux : les alcalis de 0,2 à 0,6; — les fluorures, à partir de 0,135; au-dessous de 0,083, l’émail n’est plus assez fusible; —le baryum de 0,00 jusqu’à 0,45; d’autant moins qu’il y a plus de plomb; BaO et PbO doivent être aux autres BO comme 1,05 à 1,07 ; — l’acide borique, de 0,05 à 0,30 ; — l’oxyde de plomb de 0,1 à 0,4 ; son excès donne un émail jaune; — l’oxyde de zinc de 0,0 à 0,01 ; il donne l’opacité, mais moins que l’étain; il rend moins fusible; — l’alumine de 0,1 à 0,25 ; — la silice de 0,75 à 0,125 ; la plus haute'proportion pour diminuer l’alcalinité et l’attaque par l’eau; mais pas trop forte, sinon il élève la fusibilité et s’il prévient les fentes il cause de l’écaillage; — l’oxyde d’étain de 0,20 à 0,25; soit 7 à 10 p. 100 du poids de la fritte ; 7,5 p. 100, soit 0,15 en équivalents, est une proportion excellente. — Les proportions de l’acide à la base sont de 1 à 1,5 jusqu’à 1 à 2.
- Une bonne formule sera :
- PbO + Ba O 0,40 \
- K2 O 0,15 J ( SiO2 1,0
- Ga O 0,10 J 0,15 Al2 O3 j B203 0,2
- ZnO 0,05 \ ( SnO2 0,2
- Na20 • 0,25 ]
- avec le moins de plomb et le plus de baryum possible.
- SUR LA PRÉSERVATION DES FERS ET DES ACIERS
- Le meilleur moyen de préservation des pièces en fer et en acier dans les ouvrages de chemins de fer, dit M. B. Blount (Institution of civil Engineers, engineering conférence, 1907, d’après la traduction du Bulletin de l’Association du Congrès international des chemins de fer, mars 1908, p. 308), est à mon avis, pour les charpentes opposées aux intempéries, une préparation bitumineuse quelconque. Le mode usuel est la peinture; on admet que son effet préservatif vient de ce qu’elle empêche dans une certaine mesure le contact de l’eau, de l’anhydride carbonique et de l’oxygène avec le métal, parce qu’une couche d’huile séchée est modérément imperméable. La nature de la couleur employée semble avoir peu d’importance en elle-même, pourvu que ses particules soient assez fines pour être complètement enveloppées d’huile ; les particules de la céruse sont extrêmement fines; de même, celles du minium, s’il est bien préparé; l’oxyde de fer rouge rend de bons services s’il est de bonne qualité. Mais la meilleure peinture est coûteuse, dure peu, et ne protège que modérément ; son effet dépend et du nettoyage préalable du métal et de la façon d’appliquer la peinture.
- Le bitume naturel dure très longtemps, mais il est coûteux. Le goudron, convenablement cuit de façon que l’enduit ne soit ni cassant, ni collant, est presque aussi durable et assez économique.
- Pour les constructions en acier, aucun préservatif ne vaut la chaux, ou le béton de ciment. Ici l’acier n’a plus besoin d’être nettoyé à l’avance.
- Les traverses des rails, Pâme des rails, doivent être protégées par une couche de vernis noir, appliquée à chaud, surtout dans les terrains imprégnés de sel.
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- PRÉPARATION INDUSTRIELLE DE LA PARATOLIUDINE.
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- La discussion qui suivit fît ressortir que le rail perd environ le tiers de sa perte totale par corrosion, et les deux autres tiers par usure, en moyenne; mais la perte par corrosion peut atteindre les trois cinquièmes. La peinture devrait être appliquée sur du fer sec et chaud; aux Indes, avec une longue saison de temps chaud et sec, si un pont est peint dans les conditions voulues, il dure des années sans aucune rouille. La couleur doit être fraîchement broyée. Le goudronnage, pour ne pas donner de mécomptes, sera fait avec du goudron qui a bouilli et qu’on additionnera d’un peu de chaux pour neutraliser les acides. Le graphite est employé aux États-Unis avec un succès croissant; il est inerte, il s’étale sous la brosse avec une moindre peine que la peinture, il a de l’affinité pour le métal. Une méthode économique d’entretien des rails serait de les brosser périodiquement avec un lait de chaux épaissi. Plus de quatre cenls sortes diverses de peintures ont été appliquées à l’acier par l’un des orateurs, et aucune n’a résisté dix-huit mois aux intempéries sans se dissoudre, ni se fissurer, ni s’écailler. Telle peinture fait un usage excellent dans un centre, qui ne rend plus aucun service dans un autre centre. Des essais faits par quinze maisons différentes, en vue d’une importante soumission, avec des couleurs dont les prix allaient comme 1 à 6, ont donné la supériorité aux prix moyens, et de beaucoup à une couleur qui coûtait 15 shillings sur une couleur qui coûtait 88 shillings cweet (41 fr., 30 à 142 fr. 50 les 100 kilogr.).
- On se reportera avec profit au mémoire similaire de M. W. Marriott de 1906, et aux réflexions très autorisées de M. L. Archbutt sur ces deux mémoires.
- On trouvera dans le procès-verbal de la séance de notre Société du 10 avril 1908, de la plume si- autorisée de M. l’ingénieur Gustave Richard, la traduction de l’avis de M. Archbutt.
- l’industrie du zinc en 1907
- Une excellente revue de l’état actuel de l’industrie du zinc a paru dans l’Electroche-mical and metallurgical Industry, n° de mars 1908, p. 99, par M. H. M. Burkey. On y trouvera d’utiles indications sur les meilleurs séparateurs électromagnétiques des minerais de zinc, sur les nouveaux fours à griller et à fusion, sur la fusion électrique, sur l’utilisation des résidus de galvanisation, la fabrication électrolytique du lithopone, le développement aux États-Unis du procédé de shérardisation, enfin sur les principaux mémoires qui ont paru concernant cette industrie.
- PRÉPARATION INDUSTRIELLE DE LA PARATOLUIDINE
- M. J. Walker et miss Beveridge ont décrit un hydrate de paratoluidine dans les transactions de la Chemical Society, 1907, p. 1797. Leroy avait indiqué son existence dans les Berichte de 1886, p. 2728. M. R. J. Friswell (Journal of the Society of Chemical Industry, 1908, p. 258) a préparé cet hydrate dès 1889 par tonnes, car son existence lui a permis d’extraire par refroidissement en présence d’eau la paratoluidine du mélange des diverses toluidines; 4 360 kilos de ce mélange, et une dépense de 3 tonnes de glace, lui ont donné 1 630 kilos de para brute, qui ont fourni à la distillation 1016 kilos -de paratoluidine pure. Le procédé s’est montré dans la pratique extrêmement supérieur au procédé par les dérivés nitrés, à l’ancienne méthode si lente de distillation avec l’acide sulfurique étendu suivi d’un refroidissement, et même au procédé breveté de L. Lévy, qui repose sur la production d’un phosphate de paratoluidine.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- On peut rapprocher ce fait de celui connu pour le phénol; dans la fabrication de celui-ci, on sait que pour extraire le phénol cristallisé, au goudron acide on ajoute de-l’eau. Il se forme un hydrate cristallisé de phénol qui se différencie des hydrates liquides de crésols. Il est naturel de voir la paratoluidine, une amine, former un hydrate, comme c’est le cas pour son type, l’ammoniaque.
- SUR LE DOSAGE DU TANNIN
- il/. G. Metzges donne dans la Chemiker-Zeitung, n° du 1er avril 1908, p. 34o, une nouvelle méthode de dosage du tannin, basée sur l’emploi du courant électrique qui précipite l’acide tannique.
- NOUVEAUX ALCALOÏDES VÉGÉTAUX
- MM. Amé Pictet et G. Court ont étendu leurs recherches sur quelques nouveaux: alcaloïdes végétaux (Archives des sciences physiques et naturelles, 1908, p. 113).
- Les recherches antérieures de MM. A. Pictet et A. Rolschy sur les principes basiques du tabac ont montré que celui-ci renferme, à côté de la nicotine, une série d’autres alcaloïdes. La nicotine passe avec les vapeurs d’eau, et à côté d’elle la nicotine et la nico-telline restent dans la solution, elles en sont ensuite extraites par l’éther.
- La nicotine ainsi obtenue n’est cependant pas pure ; elle contient une petite quantité d’une base isomérique,. la nicotimine, que l’on peut isoler en soumettant le mélange à la distillation fractionnée.
- MM. A. Pictet et A. Rotschy ont retiré deux nouvelles bases, ce qui porte à 6 lu nombre des alcaloïdes du tabac qui ont été isolés jusqu’ici.
- Ces deux nouveaux composés se distinguent par leur grande volatilité ; ils distillent déjà entre 80° et 90°, tandis que la nicotine et la nicotimine ne le font qu’au-des-sus de 240°. Ainsi isolés, ces alcaloïdes se sont trouvés être identiques à deux bases-déjà préparées par voie de synthèse, la pyrrolidine, CHN et la N-méthylpyrroline CHN. Ils constituent les deux alcaloïdes végétaux les plus simples, comme composition et comme structure, qne l’on connaisse actuellement; aussi leur existence dans les feuilles de tabac semble-t-elle venir à l’appui de l’hypothèse que la formation des alcaloïdes dans-les plantes serait due à deux phénomènes successifs : l°la décomposition des matériaux azotés complexes (albumines, nucléines, chlorophylle, etc.), qui forment la partie essentielle des tissus, décomposition qui donnerait tout d’abord naissance à des produits basiques de constitution relativement simple ; 2° la complication de la molécule de-ces produits par le fait de leur combinaison ou de leur condensation avec d’autres substances coexistant dans le végétal.
- « On pourrait, disent les auteurs, voir dans la pyrrolidine et la méthylpyrroline du tabac les premiers représentants de ces proto-alcaloïdes, produits directs de la désassimilation, doués d’une existence éphémère, et destinés à disparaître rapidement pour faire place à des alcaloïdes plus compliqués, dans le cas particulier à la nicotine et à ses congénères. » Voici leurs conclusions :
- Conclusions : « Nous avons montré que les deux bases retirées du tabac sont la pyrrolidine et la N-méthypyrroline et que l’une de celles qui se trouvent dans les feuilles de carotte constitue la pyrrolidine; nous avons, en outre, rendu probable que l’alcaloïde volatil du poivre a la formule CHN et représente une C-méthypyrroline.
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- NOUVEAUX ALCALOÏDES VÉGÉTAUX. 551
- Deux conséquences intéressantes ressortent de cela. La première repose sur le fait que, à l’exception de la daucine, toutes les bases que nous avons isolées donnent la réaction-caractéristique du bois de sapin et renferment par conséquent dans leur molécule le noyau du pyrrol plus ou moins hydrogéné. Cette analogie de constitution chimique semble révéler une communauté d’origine, et indiquer que ces bases devront être-regardées comme-les produits de décomposition d’une seule et même substance dans laquelle préexisterait le noyau pyrrolique. Or les travaux de M. Emile Fischer, ainsi que ceux de Kusser et de Nencki, ont montré que ce noyau fait partie intégrante de la. molécule de deux catégories de substances abondamment répandues dans le règne végétal, les albumines et la chlorophylle. On pourrait donc voir dans l’une ou l’autre--de ces substances la source d’où proviennent les bases en question. Il est probable que, dans la chlorophylle, le noyau du pyrrol est condensé avec un noyau aromatique réduit, de manière à former avec lui un groupement isoindolique. Il paraît peu vraisemblable que ce groupement puisse subir aisément une scission qui donnerait naissance aux alcaloïdes simples que nous considérons. Dans les matières albuminoïdes, au contraire, le noyau pyrrolique est entièrement hydrogéné, et uni au reste de la molécule par une liaison simple, sa séparation semble donc devoir être plus facile. Entre la pyrroline, qui se forme(d’une manière si nette et si constante dans l’hydrolyse de-toutes les albumines, et la pyrrôlidine que nous avons retirée des feuilles de tabac et de carotte, la relation constitutionnelle est du reste trop étroite pour que l’on ne soit pas conduit à assigner aux deux composés une même origine. Nous croyons.donc que ce sont les albumines végétales qui, dans leur désagrégation, engendrent les bases-pyrroliques que nous avons isolées. Nous pensons, de plus, que ces bases doivent être considérées comme les premiers représentants des proto-alcaloïdes destinés à donner naissance par diverses modifications ultérieures (méthylation, condensations, élargissement de leur noyau) aux alcaloïdes plus complexes (nicotine, pipérine, cocaïne, daucine) que l’on rencontre à côté d’eux dans la plante. — En second lieu, il nous paraît digne de remarquer que cinq végétaux, appartenant à des familles différentes et choisis pour ainsi dire au hasard, se soient tous trouvés renfermer, bien qu’en proportion très faible, des alcaloïdes volatils. On serait tenté d’en conclure que la production de-ces bases est un phénomène général, commun à toutes les plantes, et que si la plupart d’entre elles n’ont pas été regardées jusqu’ici comme produisant des alcaloïdes, c’est qu’elles possèdent les moyens voulus pour détruire leurs déchets azotés, tandis'que les autres doivent se borner, à les rendre aussi inofïensifs et aussi peu gênants que possible en les transformant en produits plus compliqués, mais aussi moins toxiques ou. moins facilement diffusibles, et en accumulant ceux-ci dans certaines cellules ou dans certains tissus spéciaux. » .
- On rapprochera du travail et des idées de MM. A. Pictet et G. Court une étude d’ensemble que M. Ernest Schmidt a présentée dans l’Apotheker-Zeitung de 1907 sur les progrès récents de la chimie des alcaloïdes. L’étude est trop riche en indications précieuses pour que nous puissions la résumer. Mais ceux que la question intéresse en trouveront une très bonne traduction dans le Journal de pharmacie de 1908, p. 58; et ils y verront à quel point en sont nos connaissances sur la production des alcaloïdes dans l’organisme végétal, sur la signification de ces bases pour les plantes, enfin surleur synthèse.
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- NOTES DE CHIMIE
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- SUR LA THEORIE DE LA TEINTURE
- Une intéressante étude de MM. G. Halphen et A. Riche (Revue Scientifique, 14 mars 1908, p. 321) sur l’application des phénomènes de teinture aux observations en histologie. Le technicien met en œuvre l’hématoxyline du campêche, la cochenille et des colorants artificiels soit basiques, soit acides. On fait de la coloration élective, ou en procédant directement avec addition de fixateurs variés, ou par voie de régression en enlevant la coloration sur les parties les moins colorées. Ehrlich a observé que les colorants basiques ont une tendance à se localiser dans le noyau cellulaire, et les colorants acides dans le cytoplasma et les substances intercellulaires. Mais, dans la pratique, ces résultats sont modifiés par l’emploi du déshydratant comme l’alcool absolu, et par celui de l’éclaircissant comme le xylol. Les colorants basiques peuvent donner la coloration nucléaire, si l’on acidifie légèrement avec de l’acide acétique, ou si employés en solution aqueuse on fait régresser par l’alcool seul ou acidifié avec l’acide chlorhydrique.
- L’acide carminique, le carminate acide de calcium colorent avec énergie; avec la cochenille, l’acidité du bain a une influence prépondérante.
- Avec les colorants artificiels, les résultats finaux dépendent également de l’état d’acidité ou d’alcalinité du bain. L’alcalinité du bain aide les colorations avec les colorants basiques, contrarie celles avec les colorants acides, et vice versa; l’alcool agit comme produit régressif, en enlevant plus facilement les colorants basiques que les acides (un déshydratant formé de deux volumes éther de pétrole et un volume alcool absolu a un pouvoir absorbant moindre que l’alcool absolu). .Ces constatations expliquent pourquoi l’aniline(corps basique) a été considérée comme jouant le rôle de mordant, dans la solution de Zwaardemaker, en diminuant le temps nécessaire pour la teinture on fuchsine ; elles justifient aussi l’emploi de phénol (qui agit comme acide), dans la formule de Ziehl pour obtenir, avec la fuchsine, une coloration nucléaire précise.
- A titre de confirmation, les résultats ci-dessus énoncés ont été vérifiés en teignant, au lieu de tissus'animaux, une matière azotée unique, se rattachant aux matières albuminoïdes; la gélatine.
- « Ces faits bien établis nous permettent d’aborder maintenant l’étude du mécanisme des phénomènes de teinture. Il est reconnu, par des faits chimiques qu’il serait long de rapporter ici, que la molécule d’un albuminoïde peut être considérée en général comme contenant un radical plus ou moins complexe X, possédant à la fois une fonction alcaline et une fonction acide; nous le représentons par la formule Nil2 — X — COOI1. Dans cette formule, la puissance d’un groupe isolé, qu’il soit basique ou acide, peut varier entre >0 et des quantités plus ou moins grandes, de façon à représenter les états limites et médians suivants :
- Az H 2
- X- COOII.
- X —Az II2.
- X<
- COOII
- Les premiers états, ayant seulement un caractère acide, seront uniquement capables de fixer les colorants basiques avec lesquels ils formeront des sels; les seconds, à •caractère alcalin, s’uniront seulement aux colorants acides, et les troisièmes, selon les
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- DOCUMENTS SUR LES HYDROSULFITES.
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- conditions de la teinture, pourront fixer soit des colorants acides, soit des colorants basiques (ou même tous les deux à la fois si des réactions secondaires interviennent).
- Mais pour que la teinture soit possible, il faut que la fonction active de l’albuminoïde soit assez puissante pour décomposer la matière colorante qui est presque toujours un sel, pour s’emparer de son radical coloré (chromophile) acide ou basique, et c’est ici qu’interviennent un certain nombre de facteurs, dont il est difficile de faire le juste départ. Ce sont en premier lieu les phénomènes d’ionisation.
- G’est ensuite la puissance respective de la base et de l’acide qui forment le sel coloré en couleur mise en expérience. C’est enfin l’état d’acidité ou d’alcalinité du bain de teinture.
- Ces observations, que nous avons développées dans un mémoire déposé à l’Académie de médecine le 20 février 1906, après les avoir indiquées à l’Académie des Sciences en 1905, ont reçu depuis cette époque un certain nombre de confirmations et plusieurs d’entre elles méritent d’être rappelées ici.
- Bethe (Z. Chim. Phys, in Pathol., t. VI, p. 399, 425,5, 1905) dans son important mémoire a relaté que la présence des alcalis favorise la teinture avec les colorants basiques alors que les acides l’entravent.
- Léo Vignon (C.R. 1907, p. 81, Teinture et ionisation) a montré que, dans un bain colorant, la quantité de colorant fixé par la matière albuminoïde animale (laine ou soie) était d’autant plus grande (par rapport à la quantité retenue par l’eau) que la solution aqueuse initiale était plus étendue, et que, par suite, l’ionisation était plus forte, que par conséquent la quantité de colorant soustrait au bain dépendait largement du degré d'ionisation du colorant dans le bain de teinture.
- Pelet, Jolivet et Andersen (C.R. 1907, p. 1340) ont constaté que les teintures se font avec plus d’intensité quand les bains de colorants acides sont acidifiés, et quand les bains de colorants alcalins sont rendus basiques ils expliquent ces faits par l’électrisation de contact.
- Enfin MM. Curtis et Lemoult (C.R. 1905, t. I, 1906), en étudiant les mélanges fuchsine-acide picrique, ont remarqué que l’affinité des colorants sulfo-conjugués des triphénylméthanes était sous la dépendance du nombre de groupes sulfoconjugués présents dans les noyaux des chromogènes, et qu’elle ne commençait à s’affirmer que lorsque trois de ces groupes au moins étaient présents.
- Puisque les différents constituants des tissus, plongés en même temps dans le même bain de teinture, montrent des aptitudes inégales à se colorer, on est en droit d’en conclure, d’après ce qui vient d’être exposé, que ce résultat est dû à ce que ces albuminoïdes possèdent des fonctions acides ou basiques inégalement puissantes, et cette idée pourra sans doute servir de base à la classification chimique des tissus animaux et à la reconnaissance des influences qu’ils subissent à l’état pathologique. »
- DOCUMENTS SUR LES HYDROSULFITES
- Nos prévisions d’il y a une dizaine d’années sur l’importance industrielle des hydro-sulfites ont été pleinement confirmées. Cette importance s’accroît chaque année. Il est donc utile de noter ici les documents intéressants qui paraissent sur ces produits. A ce titre, citons une petite note classant les liydrosulfites commerciaux, qui a paru dans les procès-verbaux du Comité de chimie de Mulhouse, de mars 1908; puis un relevé
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- NOTES DE CHIMIE. ----- AVRIL 1908.
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- détaillé de brevets pris sur les hydrosulfites, que M. Ad. Mohler a publié dans le Bulletin de la Société industrielle du Nord de la France, 1907, p. 217.
- SUR L’ATOXYLE, SUR LA CLIOLINE, SUR L’ADRÉNALINE, SUR LE VÉRONAL
- Le composé d’arsenic nommé atoxyle a donné lieu dans ces derniers temps à un grand nombre de communications. Son efficacité dans le traitement des maladies de la peau, de la syphilis, et de la maladie du sommeil, sa faible toxicité, ont fixé l’attention. Nous résumons son histoire d’après un article de la Zeitschrft für angewandte Chemie, 1908, p. 202.
- L’atoxyle se présente sous forme d’une poudre blanche inodore: il fut d’abord considéré comme un anilide de l’acide méta-arsénique, C6R5.NH.As02, avec 37,69 p. 100 •d’arsenic. Au début de l’année dernière, P. Ehrlich de Francfort annonçait que l’atoxyle devait être considéré comme le sel de sodium de l’acide paraaminophénylarsine qui contient 4 molécules d’eau et 24,1 p. 100 d’arsenic.
- Peu de temps après, M. E. Fourneau (J. de Pharmacie et de Chimie, 4 907, p. 332 et 528) considéra l’atoxyle comme un sel monosodique de l’anilide ortho de l’acide arsé-
- <ONa
- . 2H20 et contenant 29 p. 100 d’acide OH
- .arsénique. D’après M. Fourneau, ce composé serait identique à la combinaison découverte par Béchamp en 1863 (Comptes Rendus, 1863, p. 1172).
- En juillet 1907, parut un article détaillé de P. Ehrlich et A. Bertheim (Berliner Berichte, 1907, p. 3292) dans lequel il est dit tout d’abord que l’orthoanilide arsénique de Béchamp est identique au produit acide obtenu par acidification de l’atoxyle du commerce. D’après ces auteurs, les-deux corps seraient le sel monosodique de l’acide p-aminophénylarsine de formule
- N H2
- Comme les dérivés aminés de la phénylarsine n’étaient pas encore connus, l’atoxyle appartient donc à un nouveau groupement, celui de l’acide p-aminophénylarsine. Par contre, l’anilide arsénique de Béchamp, qui s’est maintenu pendant quarante-quatre ans dans la littérature chimique, devrait disparaître.
- L’acide phénylarsine, lui-même, C6H3.As O (OH)2, qui est en quelque sorte la substance mère de l’atoxyle, a été préparé par La Coste et A.Michaelis (Liebigs Annalen, 1880) et par A. W. Palmer et W. M. Dehn (Berichte, 1901, p. 3594). Ce corps chauffé à 140° se transforme en l’anhydride : C6HsAs02.
- La caractérisation clinique de l’arsenic a fait l’objet de recherches de la part de F. Croner (Chemiker-Zeitung, 1901, p. 948). Cet auteur, après avoir étudié différentes réactions oxydantes, s’est arrêté au mode opératoire suivant : A une solution très étendue d’atoxyle (2 p. 1000) on ajoute quelques gouttes de chlorure de manganèse exempt de ier à 8 p. 100 et 3 gouttes d’ammoniaque à 20 p. 100. Il se produit alors peu à peu, sous
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- SATURNISME ET PHOSPHORISME.
- 5 oo
- l’influence oxydante de l’air, un composé brun qui passe au rouge en présence d’acide sulfurique.
- La choline, base très répandue dans l’économie animale, exerce une influence favorable sur les sécrétions glandulaires; elle augmente à faible dose la quantité et la -qualité des sécrétions salivaire, pancréatique, biliaire et rénale.
- MM. Desgrez et Chevalier (Comptes rendus, 1908) ont montré que la même choline nbaisse la pression artérielle. La choline se comporte comme un antagoniste de l’adrénaline, et on peut, en effet, associer ces deux principes de l’économie en proportions telles que leur influence réciproque sur la pression artérielle se trouve neutralisée. Mais l’action de l’adrénaline sur les parois des artères persiste.
- La choline constitue le premier exemple d’une substance physiologique, c’est-à-dire se produisant normalement dans notre économie, dont la constitution chimique soit hien définie, qui provoque un abaissement marqué de la pression artérielle.
- Ces notes de chimie ont déjà exposé longuement la synthèse de l’adrénaline ou •suprarénine. Les Farbwerke de Hoechstla préparent en faisant agir sur un corps très voisin : la méthylaminoacétipyrocatéchine (I10)2C6H3. CO. GH2NH.CH3, des réducteurs qui la transforment en o-dioxyphényléthanol-méthylamine, qui est l’adrénaline synthétique : (OH)2 C6H3. CHOH. CIPNH. CH3.
- Le véronal est prôné comme l’un des meilleurs remèdes contre le mal de mer et nomme l’un des meilleurs préventifs. Dose: 0gr,5 en une prise dès le début de la traversée ; on peut aller jusqu’à lgr,5 par jour pour les adultes.
- SATURNISME ET PHOSPHORISME
- M. Thomas Oliver (Journal of the Royal Society of Arts, 1908, p. 312) passe en revue les dangers de l’emploi industriel du plomb et de ses composés, en particulier de la céruse, et les moyens préventifs à employer. Il résume également la maladie du phosphore chez les ouvriers qui fabriquent les allumettes Lucifer, au phosphore blanc.
- Le Journal Officiel du 29 avril publie un décret présidentiel, rendu sur le rapport du ministre du travail et prescrivant les mesures d’hygiène à adopter dans les industries où le personnel est exposé à l’intoxication saturnine : métallurgie du plomb, coupellation du plomb argentifère, fabrication d’accumulateurs, cristallerie, fabrication et application des émaux plombeux, décoration de la porcelaine et de la faïence, chromolithographie céramique, fabrication des alliages, des oxydes, des sels et des couleurs de plomb.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- ESSAIS SUR LA VITESSE D’iNFLAMMATION DES MÉLANGES EXPLOSIBLES, Ü’après A. Nligel (1).
- La vitesse d’allumage du mélange gazeux dans les cylindres des moteurs à gaz, présente une importance capitale pour la théorie de ces machines. Les recherches sur cette question sont peu nombreuses, et un petit nombre seulement d’entre elles ont eu en vue cet objet. Les travaux les plus considérables de ce genre, sont ceux de Berthelot et Vieille (Ann. Chirn. et Phys., T. XXXVIII, 1883, p. 289), de Mallard et Le Cbatelier (Ann. Mines, T. VII, 1873, p. 353 et T. IV, 1883, p. 274), et de Dixon (Philos. Trans. of the R. Soc. London, 1884, p. 617; 1893, p. 97; 1903, p. 315; mais ces expériences de combustion ont été effectuées dans des tubes souvent très longs, par conséquent dans des conditions très différentes de celles des moteurs.
- Les travaux de Clerk et de Korting au contraire se rattachaient directement au fonctionnement des moteurs à gaz. Clerk (The gas Engine, 1886) se servait d’un cylindre à explosion de 180 millimètres de diamètre et 250 millimètres de long. Au milieu de l’un des fonds se trouvait l’allumage électrique, à l’autre extrémité était fixé .l’indicateur. Korting (Z. der Ver. deut. Ingenieure, 1886, p. 875 et 1888, p. 261), employait un cylindre de 150 millimètres de diamètre et 125 millimètres de long, muni d’un canal de 100 millimètres de longueur, à l’extrémité duquel se trouvaient la bougie d’allumage et l’indicateur.
- Ces conditions n’étaient pas absolument identiques à celles des moteurs à gaz, elles en différaient notamment par la forme de la chambre d’explosion et la position de l’allumage.
- Les essais qui suivent ont été effectués dans une chambre d’explosion sphérique avec allumage central. L’inflammation d’un mélange gazeux homogène a lieu alors suivant la même loi, dans toute sa masse et se propage suivant une surface sphérique concentrique à la chambre d’explosion. Il en résulte que les particules gazeuses, portées à haute température par la combustion, ne viennent en contact avec la paroi qu’à la fin de la combustion. Jusqu’à ce moment, la combustion est donc exempte de pertes par refroidissement sur la paroi, à condition toutefois de négliger la perte par rayonnement, sur laquelle on ne possède pas encore de données précises. Dans ces conditions,la pression, à la fin de la combustion correspond bien à l’élévation de température due à une combustion sans perte par refroidissement.
- Langen (Z. des Ver. deuts. Ingen. 1903 p. 622) s’est appuyé sur les mêmes conclusions pour déterminer l’élévation de température d’un mélange gazeux par sa combustion dans une bombe sphérique d’après la pression en fin d’explosion.
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1908, p. 244.
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- VITESSE D’INFLAMMATION DES MÉLANGES EXPLOSIBLES.
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- Les essais qui suivent ont été effectués à l’école technique supérieure de Dresde, avec la bombe de Langen modifiée.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — AVRIL 1908.
- La bombe est (fig. 1) une sphère en acier de 400 millimètres de diamètre, d’une capacité de 33^5 et de 26 millimètres d’épaisseur de paroi. Elle est munie d’un couvercle en fer fondu dont la surface interne se raccorde exactement avec la forme sphérique de la bombe. Ce couvercle est fixé par 10 boulons sur un joint en plomb. La bombe est immergée dans un récipient plein d’eau de manière à maintenir une température constante de l’appareil. On peut faire varier la température de l’eau et la porter jusque vers 100° au moyen d’un jet de vapeur. Le tube de vapeur est terminé par un injecteur Korting, pour éviter le bruit et assurer un brassage énergique de l’eau. Un agitateur R, mû électriquement, assure un mélange rapide de l’eau, lorsque l’on n’introduit pas de vapeur.
- Quatre soupapes, dont 3 traversent le couvercle, servent à charger et à vider la bombe, à la relier au manomètre et à faire les prises d’essai. L’étincelle d’allumage
- —ï---
- Fig. 2. — Plan des canalisations électriques.
- jaillit au centre de la sphère entre deux tiges de platine, dont l’une est fixe et isolée dans la paroi inférieure de la bombe; l’autre est formée par la réunion de 3 fils de platine suspendus au couvercle par 3 crochets de laiton. Les extrémités des fils de platine sont respectivement à 2 millimètres au-dessus et à 2.millimètres au-dessous du centre de la sphère.
- L'indicateur doit donner les différentes pressions à. l’intérieur de [la bombe, en fonction du temps. L’indicateur ordinaire à cylindre possède une série de défauts qui ont fait rejeter son emploi.
- L’indicateur employé est du type optique « manographe » construit spécialement par les Electricitatswerken de Strasbourg. Comme ressort, on a employé une membrane d’acier ondulé, de 36 millimètres de diamètre utile et d’épaisseur variable. Cette membrane est placée en contact immédiat avec la bombe et forme en quelque sorte une partie de sa paroi. Cette membrane est fixée d’une manière invariable et étanche entre deux forts anneaux d’acier, l’ensemble est ajusté dans le couvercle au moyen d’un serrage mobile par écrous. La membrane est éloignée seulement de quelque millimètres de la circonférence intérieure de la bombe.
- L’ajutage porte à sa partie supérieure la chambre du manographe qui contient un
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- VITESSE D’INFLAMMATION DES MÉLANGES EXPLOSIBLES.
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- miroir plan de 15 millimètres de diamètre, mobile'entre deux pointes. Le déplacement du centre de la membrane sous l’influence des variations.de pressions dans la bombe, est transmis par une tige au miroir de façon qu’il oscille d’un angle correspondant autour de son axe horizontal de suspension. En même temps, il dévie un rayon lumineux qui inscrit les variations de pressions par un procédé photographique. La source lumineuse est fournie par une lampe à arc. Pour évdter l’action nuisible de la température élevée de l’arc, les pièces en regard de l’arc sont refroidies par un courant d’eau. Le rayon lumineux réfléchi par le miroir est dirigé vers la chambre qui contient de tambour indicateur T avec le papier sensible.
- Cet indicateur s’est montré très suffisant pour ces essais; mais, comme indicateur
- Fig. 3. — Disposition de la tuyauterie.
- de pression, il n’est pas encore parfait. Les étalonnages préalables avec pressions croissantes et décroissantes ont toujours donné des différences sensibles. La cause en est la réaction élastique de la membrane, qui, après avoir subi une pression très élevée, ne revient qu’avec un certain retard lorsque la pression diminue. Mais, lorsque la pression s’élève et s’abaisse brusquement, comme dans une explosion, la membrane .ne subit que très faiblement ce retard.
- Une ordonnée de 100 millimètres, sur le^ diagramme, correspond à une flèche de moins de 1 millimètre de la membrane. Ce faible déplacement, et la faible masse des parties mobiles de l’indicateur rapportée à l’unité de surface de membrane, montrent que, même dans les lignes de combustion les plus ascendantes, il n’est pas utile de faire de correction pour l’inertie de l’indicateur. Pour le diagramme de la figure 4, la correction, dans le cas le plus défavorable, serait de 0,01 atm., différence absolument négligeable.
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- Zc/ ~~ 5.6777/77- -----a— 7a/ =S3’/m/îf
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- NOTES DE MÉCANIQUE
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- Les trois membranes employées ont donné, par atmosphère* des longueurs d’ordonnées de 5, 6, 4 et 3 millimètres.
- Distribution électrique. — La figure 2 représente le schéma général de la distribution électrique employée.
- Tout d’abord, le rayon lumineux doit frapper le tambour un temps très court avant
- Fig. 4. — Expérience n° 1. Pi = 0 atm. 5. u = 0,0956. s = 92 mm. y = 6m,46.
- ? mm - Or 3275 70 s A 7 s A = 3053 77}m
- 75,377777! - û,0256l_SA_: 77.0
- 59,80
- Fig. 5. — Expérience n'
- Pi=l atm. u = 0,0928. s = 78 mm. y = 7m,82.
- 7 SA ~ 3030777/77
- Fig. 6. — Essai n° 3. Pi = 1 atm. 5. u = 0,0935. z = 60mm. y = 8m,62.
- l’allumage, de manière que, pendant ce temps, le tambour n’ait pas encore fait un tour, sans quoi on ne pourrait connaître le nombre des révolutions du tambour. Pour obtenir ce résultat, le passage du rayon lumineux et l’allumage sont commandés par le même appareil électro-magnétique. Le tube enveloppe de la lampe est muni d’un obturateur K, relié par une tige coudée au levier d’un appareil d’allumage de moteur à gaz de Nuremberg. Un ressort maintient l’obturateur fermé aussi longtemps que les bobines ne sont pas excitées. Au moment de l’excitation, l’obturateur s’ouvre et le rayon lumineux passe.
- L’inflammation du mélange gazeux doit être obtenue avec une seule étincelle, de
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- -=*- 7a7~~5,Sm/n
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- manière qu’il n’y ait pas d’indétermination sur le moment de l’allumage. On a employé dans ce but un gros inducteur J, relié à un condensateur C. Le courant primaire de cet inducteur est rendu solidaire de l’appareil d’allumage A, et le trembleur U est interrompu dès que le circuit est fermé. A cet effet, le courant primaire traverse deux godets remplis de mercure, N, et N2, fixés sur l’appareil A, aux deux extrémités du levier duquel sont fixées deux aiguilles d’acier nl et w2, isolées du levier, mais reliées entre elles électriquement. Dans la position de repos, l’aiguille nv plonge dans le godet de mercure N4 tandis que n2 est soulevé. L’inverse a lieu lorsqu’on manœuvre le levier de l’interrupteur. Entre ces deux positions limites, il s’écoule un temps très court pen-
- 1 ? ' C - t -S 7s/r ~ 373V mm Z
- i \ 1 \ i 771
- Diagramm Nr. 4.
- Fig. 7. — Expérience n° 4. Pi = 2 atm. u = 0,0903. z = 67 mm. T = 0“,36.
- 7'sk ~ 3738mm
- Diagramm Nr. 5.
- Fig. 8. — Expérience n° 8. Pi = 2 atm. 5. u — 0,0885. z = 65 mm. y = 0m,80.
- dant lequel les deux aiguilles ni et n2 plongent dans le mercure, et par suite ferment le courant primaire de l’inducteur. Pendant ce temps à peine mesurable, le trembleur U n’interrompt le courant primaire qu’une seule fois. Le courant est fourni par une batterie d’accumulateurs de 40 volts, et passe d’abord dans l’interrupteur principal H. A ce dernier, sont adjointes les trois fiches de courant S.t, S2 et S3; S3 conduit le courant dans la bobine d’induction et l’appareil d’allumage. Sur cette ligne, se trouve encore un commutateur spécial W, formé d’un arbre portant trois leviers à deux bras wu w.v w3, isolés entre eux. Chacun de ces leviers plonge constamment, par une languette médiane, dans un godet de mercure situé au-dessous de son axe, c’est-à-dire dans les godets 1, 4 ou 7.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. --- AVRIL 1908.
- Dans la position I de W (fig. 2), on a les connexions de 1 avec 2, 4;avec 5, 7 avec-8 et 9.
- Dans la position II, au contraire, ces connexions sont supprimées, et les suivantes-sont établies : 1 avec 3, 4 avec 6, 7 avec 10 (hors service).
- Dans la position moyenne de ce commutateur, il n’y a pas de connexion. De la clef 3,. le courant est amené au contact 8. De là, il se ramifie, par le contact 7, dans l’appareil d’allumage, et, par le contact 9, vers le godet Nx du primaire de l’inducteur; à la suite de ces derniers, le courant retourne à sa source. Sur la conduite de retour de l’inducteur, se trouve une clef de sûreté S4, que l’on ferme seulement au commencement de chaque combustion, afin d’éviter toute inflammation prématurée. On voit que, lorsque le commutateur W est placé dans la position I, l’appareil d’allumage est excité, et l’allumage se produit. En même temps, le passage du rayon lumineux est assuré un
- n-Hl-o, «
- — Rotation entre la vitesse d’inflammation-y, en mètres par seconde et la teneur du mélange en hydrogène, à pression constante.
- peu avant l’allumage grâce à la dimension de la tige coudée. Dès qu’on manœuvre le commutateur W, le courant est interrompu aux contacts 7, 8 et 9.
- Il serait difficile d’apprécier sur le diagramme des pressions le moment précis de l’allumage, aussi a-t-on prévu un dispositif qui imprime directement ce point sur les-bandes de diagrammes. Au moment où l’étincelle d’allumage jaillit en Z, une autre-jaillit en F, sur la paroi delà chambre du tambour, et vient frapper le papier sensible par l’orifice d'une lame de platine; on obtient ainsi la ligne d’allumage m (fig. 4). Par suite‘des positions des deux œilletons de la chambre, le véritable point'de départ de l’allumage, sur le diagramme, se trouve à 73,8 mm. en avant du point m. Ce point est désigné par « sur les diagrammes.
- Pour convertir les abscisses du diagramme en unités de Temps, il faut pouvoir mesurer exactement la rotation du tambour pendant la combustion. Dans-ce but, la poulie'de bois du tambour porte un contact en laiton sur lequel glissent deux ressorts f (fig. 1) isolés entre eux. ‘La forme du contact est Telle, qu-une fois par tour, il met les deux ressorts en communication. Ces ressorts reçoivent le courant par la clef Sj (fig. 2) et sont reliés aux contacts du conmutateur W, de sorte que, dans la position :1,
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- l’appareil Morse M, reçoit le courant dès que les ressorts /' sont en communication. Dans la position II du commutateur W, par contre, c’est l’appareil Morse Mj qui est excité dans les mêmes conditions. Les indications de ces appareils Morse sont deux lignes parallèles de petits trous dans une même bande de papier. Dans le cas où les deux appareils sont excités en même temps, les marques se trouvent sur une même ordonnée de la bande. Pendant que cette connexion est établie par le levier n\ du commutateur W, le levier wt est relié à un relais R et à ce même appareil Morse, de sorte que, la clef S2 étant fermée, pour chacune des deux positions de W, l’appareil Morse coupé par f soit actionné par le jeu du relais. Le relais est en communication par ss avec un pendule à seconde, de sorte que les marques de l’appareil Morse indiquent les intervalles d’une seconde. La vitesse de la bande est telle qu'une durée de deux secondes correspond à un déplacement de la bande de 75 mm. environ. Ce dispo-
- JB
- Fig. 10.
- Relations entre la vitesse d’inflammation y et la pression initiale à différentes teneurs d’hydrogène.
- sitif a permis de fixer la vitesse du tambour à 15 tours par seconde avec une complète sécurité. ü
- En marche normale, on ferme l’interrupteur H ainsi que .S1; S3, S0, S4, et on place W dans la position II. Le Morse M1 inscrit les tours du tambour pendant que M2 inscrit les secondes. Au bout de quatre ou cinq secondes, on rejette rapidement W dans la position I. A ce moment, le rayon lumineux passe, et l’allumage se produit. Le rôle des appareils Morse est interverti, de sorte que le moment de l’allumage est indiqué sur les bandes. Pour arrêter, il suffit d’ouvrir la clef H. On doit arrêter avant que les courbes de refroidissement du diagramme soient assez rapprochées pour se confondre.
- Préparation du mélange gazeux. —Le mélange gazeux de chaque essai a été préparé dans le gazomètre G (lig. 3) qui communique par le tube et le robinet hA, avec une cloche à gaz de 50 m3. On a employé du gaz d’éclairage et du gaz de gazogène. Le compresseur K permet d’obtenir des pressions initiales élevées, il fonctionne avec l’aide d’une conduite d’eau sous pression. Le dessécheur T sert à introduire de l’air sec dans la bombe après chaque expérience, pour entraîner les gaz brûlés. Pour les essais, les gaz étaient humides au voisinage de la saturation.
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- Après la combustion, les gaz sous pression sont éliminés de la bombe par le robinet h1t h30 et As étant fermés. On fait ensuite le vide dans la bombe au moyen de la pompe électrique L, qui abaisse la pression à 0,01 d’at. en quelques minutes.
- La mesure de la pression initiale est donnée par deux manomètres à mercure reliés à la soupape ô2 par le robinet à trois voies d2. On emploie l’un ou l’autre de ces manomètres suivant que la pression est inférieure ou supérieure à 1,5 at.
- La pompe à mercure Q, reliée à la soupape b3, sert pour les prélèvements du mélange gazeux dont l’analyse a été effectuée avec la burette de Hempel.
- Marche des essais. — Le premier mélange expérimenté a été celui d’air et d’hydrogène, à 15° G. Les proportions d’H ont été 10, 14, 18, 21 et 24 p. 100, en volumes
- Fig. H. — Relations entre y et Pi avec une différentes teneurs — en gaz d’eclairage et... en gaz rde gazogène, et à des températures initiales de 15 et 75°.
- pour le gaz d’éclairage elles ont été de 8, 11,16 p. 100; pour le gaz de gazogène elles ont été de 30 et 46,5 p. 100. Les essais avec le gaz d’éclairage et le gaz de gazogène ont été effectués aux températures initiales de 15° et 75° pour les différentes pressions initiales.
- Résultats d’expériences. — Sur chaque diagramme photographique des pressions, on a commencé par déterminer l’ordonnée a du commencement de l’allumage, d’après la marque d’allumage m, ainsi qu’il a été dit plus haut (fig. 4).
- Le-point final de l’explosion, marqué par l’ordonnée’ e, ne se distingue pas aussi nettement lorsque le mélange brûle lentement. Le passage de la courbe de combustion à celle de refroidissement est d’autant moins sensible que la première est plus plate à la fin de la combustion. La lenteur de ce passage a probablement sa cause dans le refroidissement par rayonnement, qui a lieu déjà pendant la combustion. Il en résulte
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- que les grandes vitesses d’inflammation, pour lesquelles le refroidissement inévitable est petit, sont déterminées avec beaucoup plus de précision que les faibles vitesses.
- Les figures 4 à 8 représentent les diagrammes des essais nos 1 à 5 en demi-grandeur. Ils ont été effectués avec un mélange d’hydrogène et d’air à 21 p. 100 d'H, à une température initiale de = 15°. La pression initiale du premier essai est Pj = 0,5 atm. abs., elle s’élève de 0,5 atm. pour chacun des es*sais suivants :
- La valeurs de la rotation du tambour, c’est-à-dire de la longueur d’un diagramme, a été déterminée d’après les indications de l’appareil Morse. De la valeur de u, on a tiré
- mm
- Ifersuch Ne 2
- Fig. 12. — Propagation de l’inflammation en fonction du temps. Expériences 2 et 5.
- la valeur en secondes de l’unité d’abscisse du diagramme. La longueurz.de l’abscisse de la courbe de combustion, multipliée par cette valeur, donne la durée S de la combustion. On en tire la vitesse moyenne d’inflammation y, suivant laquelle la combustion se propage sur le rayon R de la bombe : R = 0m,20.
- Dans les combustions d’aif et d’hydrogène, on a fait l’analyse du mélange avant chaque explosion. Même lorsque les variations de la teneur en H sont très faibles, pour une même série d’essais, elles suffisent cependantpour communiquer aux mélanges des vitesses d’inflammation différentes, les autres conditions étant les mêmes. Pour obtenir la relation entre la vitesse d’allumage et la pression initiale absolue, la pression du mélange restant la même, il faut ramener à une même concentration les différents résultats d’expériences. Le procédé d’interpolation employé dans ce but est représenté figure 9. Les vitesses d’inflammation y sont portées en abscisses et les pro-
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- portions d’hydrogène en ordonnées. On a construit les lignes de même pression initiale et, sur ces courbes, on a cherché les points correspondants à une même teneur en hydrogène. On a choisi les proportions d’hydrogène de 0,10. 0,14. 0,18. 0,215 et 0,245. Chacun des points ainsi déterminés a été reporté sur la figure 10, dans laquelle les vitesses d’inflammation sont encore en abscisses, tandis que les ordonnées représentent les pressions initiales.‘Dans cette figure, on a tracé les courbes qui correspondent à une même teneur en hydrogène.
- D’après la figure 9, on voit que les vitesses d’inflammation dépendent avant tout delà proportion du mélange d’hydrogène et d’air. De même on peut, de la courbe à pression invariable, déduire une relation linéaire entre la vitesse d’inflammation et la teneur en hydrogène, dans laquelle l’excès de la quantité d’hydrogène sur celle minima nécessaire à l’inflammation entre comme facteur de proportionnalité. Des courbes de la figure 10, on déduit que, pour un mélange invariable, l’influence de la pression initiale est négligeable lorsque la teneur en hydrogène est inférieure à 10 p. 100.. Pour des teneurs plus élevées, la vitesse d’inflammation croît avec la pression d’autant plus que la proportion dTydrogène est plus forte.
- Il est remarquable que le mélange le plus riche, à 24-p. 100 d’hydrogène, ayant un pouvoir calorifique de 600 calories par mètre cube (1), atteint seulement une vitesse-d’inflammation de 14 m./sec., la pression et la température initiales étant de 2,3 atm. ahs. et de 15°.
- La production de l’explosion dès la teneur de 23,3 p. 100 d’H, ainsi que Berthelot Ta observée dans des tubes, n’a pas été obtenue une seule fois dans les précédents essais.
- Les courbes de combustion du diagramme ne présentent pas d’oscillations pour les teneurs en gaz basses ou élevées, tandis que les teneurs moyennes donnent beu à de fortes oscillations avec, parfois, un sifflement accompagnant l’inflammation. Les explosions des mélanges riches et pauvres se produisaient sans détonations. Pour les teneurs moyennes, on percevait un bruit distinct, un peu après l’iftflammation, d’une durée notablement plus longue que la combustion, ressemblant tantôt à un gémissement (heuleu), tantôt à un sifflement roulé (schrilles pfeifeu).
- Pour les essais avec le gaz d’éclairage et de gazogène, on n’a pas fait l’analyse de chaque charge. Comme la diffusion des gaz dans le gazomètre n’est pas complète, malgré le ventilateur, il en résulte, pour ces résultats, une moins grande précision que pour les essais avec l’hydrogène. Les vitesses moyennes d’inflammation pour les mélanges d’air avec du gaz d’éclairage et du gaz de gazogène sont données dans la figure 11. Les courbes de même teneur en gaz sont en trait plein pour le gaz d’éclairage et en ponctué pour le gaz de gazogène.
- L’allure des courbes montre que, pour les teneurs élevées en gaz, l’influence de la pression initiale diminue, tandis que, pour les basses teneurs, la vitesse d’inflammation diminue sensiblement lorsque la pression initiale P4 croît. Lorsque la pression initiale est assez élevée, cette diminution peut aller jusqu’à empêcher la propagation de l’inflammation dans la masse de gaz. Cette observation a été faite pour une série d’essais avec un mélange à 8 p. 100 de gaz d’éclairage, où la combustion était incomplète. A chaque nouvelle inflammation, une nouvebe combustion partiebe se produisait
- M) On a pris comme unité la quantité de mélange gazeux qui occupe 1 me., à la température de-15% et sous la pression de 1 kg/cmq.
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- sans être complète après plus de 10 allumages. Il faut admettre que l’élévation de la pression ou le mouvement du gaz suffit alors pour empêcher momentanément le reste de la charge de s’enflammer.
- L’élévation de la température initiale de 15° à 75°, pour des teneurs en gaz: moyennes et élevées, comme dans les moteurs à gaz, n’a pas une grande influence sur l’élévation de la vitesse d’inflammation. Pour les basses teneurs en gaz, correspondant à un pouvoir calorifique d’environ 350 cal. par mètre cube, l’élévation de la température de 15° à 75° entraîne une notable augmentation de la vitesse d’inflammation.
- Pour une teneur de 16 p. 100 de gaz d’éclairage, et à t1 = 15°, on obtient en moyenne une vitesse de 3,5 m./sec. ; à tl = 75°, elle s’élève à environ 3,8 m./sec. Avec
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- Fig. 13. — Propagation de l’inflammation en fonction du temps. Expérience 25.
- le gaz de gazogène à 16 p. 100, et pour tl = 15°, la vitesse d’inflammation est de 1,85 m./sec. ; pour = 75°, elle atteint environ 2,1 m./sec.
- Le pouvoir calorifique inférieur du gaz d’éclairage, 4 297 cal./m3. et celui du gaz de gazogène : 1 183 cal. ont été déterminés avec le calorimètre de Junker. D’après ces valeurs, on obtient comme pouvoir calorifique des mélanges les plus pauvres, 343 cal./m3 pour le mélange à 8 p. 100 de gaz d’éclairage et 355 cal./m3 pour le mélange à 30 p. 100 de gaz de gazogène. Il est surprenant que ce dernier mélange ait une vitesse d’inflammation toujours plus grande que le mélange de gaz d’éclairage dont la puissance calorifique est cependant très voisine. Ce fait doit se .rattache! à la haute teneur en méthane du gaz d’éclairage et à la grande dilution d’air.
- Le pouvoir calorifique le plus élevé, de 687 cal./m3 a été obtenu pour le mélange à 46,5 p. 100 de gaz de gazogène. Ici, le mélange de gaz d’éclairage atteint une vitesse d’inflammation sensiblement double, environ 4 m./sec. contre 2 m./sec., tandis que le-
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- -mélange à 24 p. 100 d’hydrogène, d’un pouvoir calorifique de 600 cal/m3, atteint une vitesse d’inflammation d’environ 12 m./sec.
- Ce travail ne doit pas être considéré comme terminé. Il reste à l’étendre de manière ù déduire de bases certaines les lois générales de la vitesse d’inflammation.
- Étude analytique de la propagation de Vinflammation.—Indépendamment du but particulier des présents essais, on a essayé de déterminer analytiquement la propagation de la combustion partant d’un point dans un récipient fermé.
- Faisons l’hypothèse d’une paroi impénétrable à la chaleur. Admettons de plus que l’élévation de température des particules gazeuses du mélange initial, pendant la combustion, ne donne beu à aucun échange de chaleur entre ces particules. On ne s’éloigne ainsi que très peu de la réahté, étant données les faibles conductibilités des gaz et les faibles durées en jeu. Pour déterminer l’augmentation de pression produite par l’élévation de température due à la combustion, on admettra un équilibre instantané des pressions, de sorte que, dans une combustion continue, la pression croît de sa valeur initiale Pt à sa valeur finale P2 d’une manière continue. En un instant donné, soit v la portion d’espace occupée par le mélange gazeux, correspondant à un volume initial Y, tandis que le reste (1 —v) n’est pas encore brûlé. Après sa combustion, le .gaz v occupera un volume 1, et la portion non brûlée 1 — v sera comprimée adiabatique ment au volume 1 — a. Dans ces conditions, la combustion gagne la particule gazeuse suivante. Son état initial de combustion est caractérisé par une pression initiale, plus grande et, par suite de la compression adiabatique précédente, par une température initiale plus élevée.
- Pour effectuer le calcul, on peut supposer que la couche gazeuse en combustion à l’instant considéré brûle tout d’abord à volume constant ; la pression et la température sont alors déterminées par le pouvoir calorifique du mélange gazeux. Comme seconde phase du processus de la combustion, on admettra l’équiübre de pression avec le reste de la charge. Cette dernière portion est comprimée adiabatiquement et, par conséquent, reçoit de l’énergie pendant que la couche de combustible considérée se dilate, pour perdre la même quantité d’énergie dont le reste de la charge s’est enrichi. Cette relation, conduit à l’égalité :
- dans laquelle on a
- TC1 /x ----c) -----7T (l — c'j
- Fl
- P Pl
- P étant la pression variable à chaque instant du diagramme
- rapport des deux chaleurs spécifiques de la charge à volume constant, avant et après la combustion.
- La valeur de et les valeurs de n sont données par le diagramme qui représente la pression P et, en même temps, la valeur de n en fonction du temps t. La valeur
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- de \ obtenue d’après l’égalité pour une valeur quelconque de %, donne, par rapport au volume total Y, la grandeur de l’espace jusqu’à la surface duquel la combustion s’est propagée. Dans le cas d’une bombe sphérique avec allumage central, les espaces 1 et Y sont limités par une surface sphérique concentrique à la paroi de la bombe. On peut dans ce cas, au moyen de l’égalité et du diagramme, déterminer les courbes qui représentent la marche de l’inflammation en fonction du temps. Les figures 12 et 13 représentent ces constructions pour trois essais. La marche de l’inflammation est représentée par la ligne diagonale.
- La considération d’une couche sphérique montre que toutes les particules gazeuses, de cette couche se meuvent vers l’extérieur suivant un rayon, jusqu’à leur combustion. Au moment de la combustion, ils prennent part à la compression du noyau brûlé et ils se meuvent en sens inverse vers le centre.
- Dans les figures 13 et 14, les faisceaux de lignes qui partent à droite et à gauche de la courbe de propagation de l’inflammation représentent le mouvement de ces particules pour différentes couches sphériques. L’inversion du mouvement au moment de l’inflammation est un phénomène de choc; c’est probablement la cause de la détonation que forme l’explosion. •
- La courbe de l’inflammation donne, par sa différentielle, la grandeur de la vitesse d’inflammation totale y*, tandis que la différentielle de la courbe du mouvement des particules avant leur combustion, au point de rencontre avec la ligne d’inflammation, détermine la vitesse d’inflammation y'* avec laquelle le mouvement du gaz aide à la propagation de la combustion. La différence de ces deux différentielles donne finalement la vitesse ych avec laquelle l’inflammation se propage uniquement en raison de l’activité chimique de particule à particule. Dans l’essai n° 25 (figure 13), on a construit les différentes courbes de y, autant que leur tracé a paru certain.'
- Si l'on compare le processus de la combustion de la première et de la dernière particule gazeuse de la charge, il apparaît que la première brûle d’abord et est ensuite comprimée, la dernière est d’abord comprimée puis brûlée. Les températures finales qui sont ainsi produites diffèrent considérablement. Entre ces deux valeurs limites,, les températures T" varient constamment, comme le montrent les courbes T". On voit d’après cela que les différences de température importantes peuvent prendre naissance pendant la combustion d’un mélange gazeux dans une enceinte fermée (1). Cette différence de température, dont les conditions de production sont plus ou moins complètement remplies dans tous les moteurs à gaz, est diminuée en pratique par la dissociation, par la conductibilité et le rayonnement calorifiques. Elle prend une importance particulière pour les déterminations du pouvoir calorifique des gaz à haute température, qui reposent sur l’observation de la pression maxima de combustion,, effectuées par MM. Mallard et Le Chatelier (2), Langen (3) et Hausser (4).
- (1) Comp. Hopkinson,•Explosions of Coal-Gas and Air. Proceedings of the Roy. Soc. of London,, 1906. Séries A, vol. LXNVI1, p. 387.
- (2) Annales des Mines, 8, Série, t. IV, 1883, p. 510.
- (3) Mitleilungen liber Forschiengsarbeiten, Heft 8, p. 42.
- (4) Ibid., fascicule 25, p. 24.
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- recherches sur des moteurs a alcool, d’après M. S. M. Woodward (\).
- Ces essais ont été exécutés, pour le compte du département de l’agricuilture des États-Unis,par MM. Lucke et Woodward, au laboratoire de mécanique delà Columbia University ; ils ont porté sur 7 moteurs de puissances variant de 6 à 40 chevaux.
- Théoriquement, pour qu’un mélange d’air et d’alcool vaporisé se trouve en proportions exactes pour sa combustion parfaite, il faut que le pression de la-vapeur de l’alcool soit de 29 millimètres de mercure; et comme, d’après le tableau ci-dessous cette pression n’est atteinte, pour l’alcool éthylique, qu’à partir de la température de 92°, il en résulte que ce mélange ne saurait exister a des températures inférieures à 22°. Comme l’alcool méthyhque et les gazolines ont des points de vaporisation moins Élevés que l’alcool éthylique, on peut constituer avec leurs mélanges des liquides à points de vaporisation intermédiaires; et, d’autre part, comme l’alcool du commerce renferme toujours de l’eau, cette eau, et aussi celle due à l’état hygrométrique de l’air, retarde la vaporisation de l’alcool, et exige, pour la constitution du mélange parfait, une température plus élevée que 22°. On a donc intérêt à chauffer l’air des carburateurs à alcool, mais sans dépasser la limite à partir de laquelle cette augmentation de température, diminuant le poids de la charge admise au moteur, en abaisse par
- puissance. Tension de vapeur saturée en mm. de mercure.
- Températures. Alcool éthylique. Alcool méthylique. Eau. Gazoline.
- Degrés. 0 12 30 5 99
- 5 ' n 40 7 115
- 10 24 57 9 133
- 15 32 71 13 154
- 20 44 94 17 179
- 25 59 123 24 210
- 30 78 159 32 251
- 35 103 204 42 301
- 40' 134 259 55 360
- 45 172 327 71 422
- 50 220 409 92 493
- 55 279 508 117 561
- 60 350 . 654 149 648
- 65 437 761 r* GO 739
- Les moteurs ont été essayés avec de l’alcool de densité 0,82 à 15°, correspondant à 91 p. 100 d’alcool pur, en poids, et 94 p. 100 en volume, et de composition suivante : carbone 47,6 p. 100, hydrogène 12,7, oxygène par différence 39, 7 p. 100.
- La gazoline essayée comparativement avait une densité de 0,71 à 15°, renfermait 85 p. 100 de carbone et 14,8 p. 100 d’hydrogène; puissance calorifique supérieure il 720 calories, puissance inférieure 10 900 par kilogramme.
- Moteur Nash. — Ce moteur vertical, de 15 chevaux à 280 tours, est à deux cylindres de 165 X 254 millimètres de course, avec distribution à chaque cylindre par 3 soupapes : pour l’admission de la vapeur d’alcool et du mélange, et pour l’échappe-
- (1) Engineering News, 12 mars 1908.
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- RECHERCHES SUR DES MOTEURS A ALCOOL.
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- ment. La soupape d’admission de vapeur d’alcool, que l’on voit en figure 1, est •commandée par la tige de la soupape d’admission du mélange et soumise au régulateur par tout ou rien.
- Le carburateur est à niveau constant, à alcool et eau proportionnés par les ouvertures de leurs aiguilles d’injection, une d’eau et une d’alcool pour chaque cylindre. Comme on le voit dans la coupe GH, l’air passe d’abord au droit de l’injection d’alcool puis de celle de l’eau ; cette injection est juste suffisante pour éviter les allumages anticipés aux hautes compressions. Ce moteur se comporta mieux, aux
- Mater
- Fuel Levet
- Chamber | '
- Overfhw-11
- Section C-D.
- ! Air Escapes !
- D N
- Horizontal Section A-B.
- Section E-F.
- Water Le vel
- Coupe MN
- Coupe GH
- Coupe JK
- Carburateur Nash.
- fortes compressions surtout, avec l’alcool qu’avec la gazoline, qui donnait des explo-' sions trop brutales, et ce avec une mise en train tout aussi facile, sans obligation de chauffer le carburateur autrement que pour assurer une carbonisation parfaite de l’alcool.
- On fit, avec ce moteur, 15 essais, dont 4 à la gazoline. Les six premiers essais furent faits avec le moteur dans son état habituel et des compressions respectives de 67 et 68 livres (4k8',7 et 4kg,76 par centimètre carré) aux cylindres a et b (fig. 2), puis, en ajoutant aux pistons des plaques de 17 et de 30 millimètres d’épaisseur, on réduisit successivement le volume de la chambre de compression de manière à porter •ces compressions à 6 kilogrammes et 6kg,06, 7kg,8 et 7kg;5 pour les quatre derniers
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AVRIL 1908.
- essais (voir les 3 derniers diagrammes de la figure 2). Les diagrammes de ces essais à courbes d’allumage très inclinées proviennent de l’allumage, aux passages à vide, d’un peu d’alcool non brûlé dans l’explosion précédente et resté au cylindre. Le carburateur fournissait alors trop d’alcool. Aux hautes compressions, la pression maxima atteignit 28 kilogrammes sans aucun choc, avec l’alcool.
- D’après ces essais, avec le moteur Nash, on marche aussi bien à l’alcool qu’à la
- 200 Ibs.
- B.H.P.-I6.8
- Fuel - 0.92
- I.Gossolirue.
- 200 ibs.
- B.H.P.-I8.8
- Fuel — 1.41
- 2. Alcôhol.
- B. H.P.-18.3
- Fuel - 1.17
- 3. Alcohol.
- 200 Ibs.
- 76.9 Max.
- Fuel - 1.44 M.E.P.'
- 39.2 Min,
- 13. Alcohol
- _200_lbs. 75.8 Max. 70.6
- 49.0 Mirr^.
- B.H.P.-13.3
- Fuel— 1.21 M.E.P.'
- 14. Alcohol.
- 200 Ibs.
- 84.2 Max. B.H.P.-8.I
- Fuel-1.67 M.E.P.
- 25.9 Min.
- Fig. 2. — Essais du moteur Nash:
- gazoline, avec une puissance maxima plus grande et une compression plus élevée, mais avec une dépense par cheval plus grande avec l’alcool ; dépense minima par cheval-heure effectif 0kg,32 avec la gazoline et 0kg,5 avec l’alcool; cette dépense varie bien plus avec le réglage du carburateur qu’avec la compression. Pression moyenne maxima effective 6kg,3, aussi bien avec l’alcool qu’avec la gazoline, mais ce n’est pas la pression la plus économique.
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- RECHERCHES SUR DES MOTEURS A ALCOOL.
- 573
- Moteur de Y International Harvester C°. — Moteur monocylindrique horizontal de 140 x 230 millimètres de course, faisant 6 chevaux à 300 tours; compression 5W1,10. Réglage par tout ou rien, avec admission fermée et échappement ouvert, aspirant et
- Section A-B.
- Section C-D.
- Section E*F. : 1
- Fig. 3. — Carburateur de la International Harvester C°.
- 28 56 57 Y-
- 30 31
- = ôersoline Fuel
- Alcohol Fuel with Ignition ai ~2A'ocrf Stroke := ” ” ” ” » ~6.9% " ”
- Numbers indicate Test Numbers (Seejablell.)
- Ouverture de l’aiguille.
- Fig. 4. — Moteur de l’International Harvester C°.
- refoulant alternativement les gaz d’échappement pendant les passages à vide. Carburateur du type figure 3, à niveau constant alimenté par une pompe ; la totalité de l’air traverse le carburateur et passe sur le pulvérisateur à aiguille. Le réglage délicat de carburateur et de l’allumage avaient bien plus d’influence que des variations de la compression; ce réglage doit être fait minutieusement, pour chaque compression ; il est plus difficile avec les compressions élevées.
- Tome 110. — Avril 1908.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- AVRIL 1908.
- On fit, avec ce moteur, cinquante-quatre essais, a des puissances différentes, et chacun avec les ouvertures de l’aiguille d’injection maximaet minima correspondantes à la puissance de l’essai, et avec des points d’allumage à 6 millimètres ou à 2,8 p. tOO avant la fin de la course de compression pour la gazoline et à 16 millimètres ou à 6,9 p. 100 avec l’alcool.
- Les principaux résultats de ces expériences sont donnés au diagramme (fig. 4). On voit qu’il faut ouvrir l’aiguille d’injection environ deux fois plus pour l’alcool que pour la gazoline. Avec la gazoline, la combustion reste normale entre des pressions maxima de 17 et 21 kilogrammes; au-dessus, l’explosion devient trop vive; avec l’alcool, ces limites sont de 17 à 20 kilogrammes. Dans les deux cas : alcool et gazoline, les marches les plus économiques ont été obtenues avec les injections les plus
- Puissance au frein.
- Fig 5. — Moteur Weber.
- réduites possible, c’est-à-dire permettant au moteur juste d’entraîner sa charge; cette ouverture de l’aiguille d’injection était presque doublée pour l’alcool. Les pressions maxima et les compressions sont presque les mêmes pour l’alcool et la gazoline. Le réglage est plus facile et souple avec l’alcool qu’avec la gazoline. Dépense minima : 0kg,30 par cheval effectif avec la gazoline et 0kg,550 avec l’alcool, avec une même pression moyenne effective de 6kg,3. Avec l’alcool et la gazoline, on pouvait arriver à doubler la dépense minima, par l’ouverture de l’aiguille, avant d’arriver à l’arrêt du moteur par excès de combustible, et, dans les deux caa, alcool et gazoline, la meilleure économie ne fut atteinte ni avec la compression, ni avec la pression explosive maxima, mais bien loin de ces pressions.
- Moteur Weber. —Semblable au précédent: 6 chevaux à 4 cylindres. A donné des résultats analogues, représentés au diagramme (fig. 5) et par les diagrammes (fig. 6). La pression moyenne varie considérablement d’un diagramme consécutif à l’autre. La
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- RECHERCHES SUR DES MOTEURS A ALCOOL.
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- dépense d’alcool est moindre aux petites qu’aux grandes vitesses; elle augmente avec les injections d’eau et diminue avec l’augmentation de l’avance à l’allumage, surtout pour les mélanges faibles.
- Les autres moteurs ont aussi donné des résultats analogues, et l’ensemble des essais a conduit aux conclusions suivantes :
- Les moteurs à gazoline des types ordinaires peuvent marcher tout aussi bien à
- ________ 200 ]bs.__________
- N.V. -7 Fuel “I.5Ô
- B.H.P.r-2,09 Exp.-116
- ________200_lbs._________
- N.V. - 7 Fuel-1.16
- B.H.P-3.12 Exp.-136
- 200 Ibs._______
- N.V. -6 Fuel-1.46 .B.H.R ~2.I2' Exp--83
- _________200 Ibs,_____4
- ’N.V. - 10 Fuel-1.21 J3.H.P. -5.22 Exp.-I38
- 85.
- Fig. 6. - Essais du moteur Weber.
- l’alcool sans changement notable p les seules difficultés possibles, proviennent de la mise en train et de l’alimentation en alcool, qui doit être bien plus considérable que celle de la gazoline.
- La marche à l’alcool est moins bruyante, sans aucun danger de chocs, et la puissance maxima peut être notablement augmentée en pleine sécurité.
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- L’alcool semble exceptionnellement favorable pour les moteurs d’automobiles à refroidissement d’air, car la température du cylindre peut s’augmenter considérablement sans danger d’allumages anticipés comme avec la gazoline.
- La dépense en alcool ou en gazoline dépend principalement de la charge du moteur et du réglage de son alimentation ; on peut facilement la doubler par un mauvais-réglage ou en abaissant la charge au-dessous de la normale.
- Cette dépense est aussi fonction du point d’allumage, de la compression et de la vitesse du moteur. L’avance à l’allumage doit être considérable. La dépense de l’alcool est moindre aux faibles vitesses. On ne gagne pas grand’chose à augmenter la compression de 5 à 18 kilogrammes. Cette dépense est aussi, pour un moteur donné,, affectée par les refroidissements de son cylindre, le type de l’appareil d’allumage, le graissage du cylindre et du mécanisme, l’humidité de l’atmosphère.
- Avec un bon moteur de petite force, la dépense par cheval effectif peut s’abaisser à 0kg,310 de gazoline et 0kg,5 d’alcool, correspondant à des rendements thermiques-de 17,2 et 18,5 p. 100 de la puissance calorifique inférieure de l’alcool et de la gazoline, ou à 18,5 et 20,7 p. 100 de la puissance supérieure. Les puissances calorifiques inférieure et supérieure de la gazoline essayée sont les 1,78 et 1,85 de celles de l’alcool, dont la dépense en poids est de 1,66 et, en volume, de 1,44 de celle de la gazoline.
- clapets de sûreté pour tuyauteries de vapeur, d’après M. G.-W. Kœhler (1).
- Le Verein deutscher Chemister a chargé, en 1902, M. G.-W. Kœhler d’étudier un-certain nombre de clapets de sûreté. L’auteur nous donne maintenant la description de-sa méthode d’essai et les différents progrès réalisés depuis cinq ans dans ce domaine.
- Toutes les figures représentent des clapets de sûreté de 70 millimètres de diamètre.. La section de l’obturateur automatique est représentée en noir. La vapeur entre à. gauche et sort à droite.
- La conduite d’essai, de 15 mètres sur 70 millimètres de diamètre, part du dôme-d’une chaudière à deux tubes-foyers (fig. 1 et 2). L’orifice vertical de la pièce A reçoit une soupape de sûreté B; la branche horizontale est fermée par une soupape de fermeture N. La soupape à l’essai vient ensuite, sur la conduite G, entourée de plaques-de kieselgur; Du et D/t sont les deux indicateurs avant et après la soupape d’essai.
- Les courbes tracées par ces indicateurs donnent, pour chaque point delà course des soupapes, les tensions de vapeur correspondantes (fig. 3). Avant que le corps de la soupape entre en mouvement, la pression de la vapeur à D atm. est tombée de dv atm.. avant la soupape, et de dh atm. après la soupape. Lamarche de la fermeture automatique nécessitait donc une différence de chute de pressions A = dh — dv\ une plus petite valeur que A était la caractéristique d’une plus grande sensibilité, c’est-à-dire d’un faible excédent de la force antagoniste G, sur la force de fermeture T. La conduite de vapeur est terminée (fig. 1) par un robinet conique F, dont le levier G porte un poids de-20 kilos. Un déclanchement permet de faire tomber ce poids et d’ouvrir ainsi le robinet F avec une grande rapidité. Entre la conduite et le robinet, on peut intro-
- (1) Zeitschrift des Vereines deutscher lngenieure,: 1908, p. 414.
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- CLAPETS DE SÛRETÉ POUR TUYAUTERIES DE VAPEUR.
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- duire une plaque de fonte J, percée de cinq orifices en couronnes, dont les sections p sont de 1,0..0,8..0,6..0,4..0,2 fois celle du tube. Ce dispositif a permis de reproduire les petits accidents qui surviennent aux tubes. La vapeur d’échappement se rend par la pièce conique K dans une forte sirène, qui n’exerce pas la moindre contre-pression, et gagne ensuite l’atmosphère par une ouverture de 120 mm. On règle la vitesse de la vapeur dans la conduite G à environ 20m/sec au moyen de deux ouvertures de 25 millimètres de diamètre, placées dans le robinet F, et que l’on ouvre à volonté.
- La mesure du temps Z, entre l’instant de la rupture du tube et le commencement
- Fig. 1 et 2. — Installation d’essai.
- Fig. 3.
- du mouvement de la soupape, et de la durée T de la fermeture de la soupape ont été effectuées au moyen d’un appareil Morse, dont le déplacement de la bande était de 10 millimètres par seconde. L’erreur sur la mesure de ces temps a été de ±: 1 /40e de seconde. .
- Dans la position de fermeture du robinet F, un contact placé sur le levier G envoie un courant qui trace un trait sur la bande. Ce trait est interrompu pendant le temps Z d’ouverture du robinet (fig. -4). La disposition du couplage électrique est donnée par la figure 5.
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- Fig. 5. — s, au clapet; o, ouvert; f, fermé,
- Fig. G. — Clapet Munstermann.
- Lethuilier el Pinel
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- CLAPETS DE SÛRETÉ POUR TUYAUTERIES DE VAPEUR.
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- Les essais ont porté sur les points suivants : 1° Étude de l’influence de la force antagoniste sur la sensibilité de la soupape, la vapeur étant en repos ou en mouvement.; 2° Variation de la pression de marche, en trois séries, avec des pressions dans la chaudière de D=7 à 8, 5 à6et 3 à 4 atm. ; 3° Possibiüté et sécurité de la fermeture automatique pour les ouvertures de rupture avec (3 égal à 1,0.. 0,8.. 0,6.. 0,4.. 0,2 fois la section du tube; 4° Influence des résistances des soupapes placées avant ou après le clapet de sûreté; 5° Fonctionnement lors d’une ouverture brusque de la soupape de la
- ' 50
- Fig. 15.
- Fig. 16. — Clapet des Losenhausenwerke.
- Fig. 17 et 48. — Clapet Didier et Werneburg.
- chaudière; influence d’une accumulation d’eau dans la boîte, des frottements de la tige de soupape dans ses butées, etc.
- Le clapet de sûreté de la Deutschen Phosphov-bronze Industrie E. v. Münstermann, de Ludwigshütte-Kattowitz (fig. 6), appartient à l’un des plus anciens systèmes ; l’organe de fermeture est dans la direction de la conduite, et c’est le choc de la vapeur qui détermine son fonctionnement. Ces appareils ont l’inconvénient de fonctionner très différemment suivant la pression de la vapeur. Ainsi, la durée totale de fermeture (Z + T) de cet appareil, qui n’est que de 1/3 de sec. pour 1,0 et D= 7 atm., atteint 1 sec. pour D==3,5 atm. On ne peut compter sur un fonctionnement certain, pour toutes les conditions, entre D = 8 atm. et D = 3 atm, que jusqu’à la section d’écoulement ^ =0,6. Dans les cas d’une fermeture rapide et d’une grosse masse de vapeur, le levier revient en arrière ouvrant la conduite pendant une seconde (voir fig. 7). On a
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- observé une paresse très marquée de l’appareil quand le robinet de fermeture N (fig. 1) est ouvert d’un tiers.
- Les clapets de sûreté peuvent rendre des services dans le cas où la soupape de fermeture mue à la main n’est plus exigée. On a réuni à cet effet, dans une même boîte, le clapet de sûreté dans la chambre d’entrée de la vapeur et le clapet de fermeture dans la chambre de sortie. Le choc delà vapeur, dont la vitesse croît, agit alors comme l’indique la figure 8. On a reconnu par l’expérience que le faible poids d’une soupape à disque, qui oscille librement au-dessous de son siège à une distance d’un quart de
- -<$—
- Fig. 19. — Clapet Shaffer-Budenberg.
- Fig. 20. — Clapet Shciff'er Budenberg.
- Fig. 21. — Clapet Nachtigall et Jacoby.
- Fig. 22. — Clapet Klein Schanzlin et Becker.
- Fig. 23.
- son diamètre ne suffît pas pour maintenir la position d’ouverture, pour de grandes vitesses de la vapeur.
- C’est sur ce principe que repose le clapet de sûreté de VArmaluren Fabrik A. Wer-neburg et Co, de Huile (fig. 9). La sensibilité dépend de la positition du cône, que l’on fait varier au moyen de la tige filetée. Sous la soupape, est une chambre de vapeur qui communique avec la conduite par une étroite fente circulaire et plusieurs trous latéraux. Lorsqu’une chute brusque de pression se produit dans la conduite, la vapeur de la chambre se dilate et produit la fermeture automatique. Les essais ont été effectués avec des courses du clapet de 22,17 et 12 millimètres. Le temps de fermeture est très court par suite de l’absence de frottement, mais cet appareil possède quelques
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- CLAPETS DE SÛRETÉ POUR TUYAUTERIES DE VAPEUR.
- défauts. La fermeture rapide ou à distance ne peut s’obtenir qu’avec un robinet auxiliaire placé après le clapet de sûreté.
- Ce dernier inconvénient n’existe plus dans le modèle de la firme Hübner et Mayer de Vienne (fig. 10). Depuis 1902, l’appareil est muni d’un dispositif de réglage qui permet d’élever ou d’abaisser le cône obturateur. Le modèle étudié avait été construit pour une faible sensibilité ; aux essais, il n’a montré de paresse qu’à partir de (3 = 0,1. L’abaissement de la pression au dessous de D = 3,0atm. exerce une influence nuisible sur la vitesse de la course.
- La figure 11 représente le clapet de sûreté de YArmaluren Fabrik Dreyer, Rosen-
- Fig. 24 et 25. — Clapets Hubner et Meyer. • Fig. 26. — Clapets
- Dicker et Werneburg.
- Fig. 27. — Clapet Shaffer
- Fig. 28. — Clapet Schumacher.
- Buclenberg.
- Franz et JJroop de Hanovre, dans lequel l’obturateur automatique, chargé par un contrepoids mobile sur un levier, permet de régler la sensibilité. Le fonctionnement a été suffisant jusqu’à (3 = 0,1 et D = A atm. Lorsqu’on ferme la soupape d’arrêt placée à la partie supérieure, on peut craindre un fonctionnement défectueux du clapet. Les essais démontrent que cela n’a lieu que lorsque la soupape supérieure est ouverte au tiers. Pour les ouvertures plus grandes, cette influence disparaît.
- Dans le modèle de YArmaluren Fabrik Schumann et Co, de Leipzig-Pagwitz (fig. 12), la tige de la soupape porte à sa base un piston chargé par la vapeur, dans le double but d’empêcher une fermeture prématurée et d’obtenir plus de douceur dans lemouve ment de la soupape. On a fait deux séries d’essais avec D = A à 5 atm. et D = 7 à 8 atm. Dans le premier cas le résultat est satisfaisant, bien que la soupape, faute d’un clispo-
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- sitifde réglage, ait cessé de fonctionner pour [3 = 0,2. L’influence nuisible du piston inférieur a été mise en évidence en introduisant la vapeur sous ce dernier. Dans ces conditions,de fonctionnement a été également satisfaisant pour les pressions deD = 7 à 8 atm. comme avec le type bien connu de Lethuillier et Pinel de Rouen (fig. 13).
- Le clapet de la Rkeinischen Maschincn Fabrik Albert Sempell et Co de Munich (fig. 14) est caractérisé par un ressort qui supporte le cône obturateur et rend la fermeture plus rapide. La valeur minimum observée pour (Z + T) fut de 1/4 de seconde. La figure 15 représente ces durées de fermeture pour vingt-quatre essais, en fonction de la pression en atmosphères et de la force antagoniste en kilogrammes. L’influence de la manœuvre de la soupape de fermeture s’est fait sentir pour une ouverture moindre du quart. Le ressort chauffé par la vapeur perd rapidement son élasticité.
- Les appareils qui précèdent peuvent fonctionner indépendamment du robinet d’arrêt; mais, le plus souvent, il y a avantage à les réunir pour gagner de la place.
- \
- Fig. 29. — Clapet Weidner.
- Fig. 30. — Clapet Seybaolh Bumann.
- Fig. 31. — Clapet Rechter Dehne,
- Fig. 32. — Clapet Steinle et Hartung.
- Quelques constructeurs disposent la fêrmeture automatique sur le robinet général* de vapeur. La manœuvre de ce dernier par le'mécanicien assure une vérification constante du clapet de sûreté.
- Le type adopté par la Losenhausenwerk A.-G., de Düsseldorf-Grafenberg, est représenté figure 16, ouvert. L’obturateur, guidé en haut et en bas, repose sur un support; il se ferme automatiquement, en cas de rupture, sous l’influence de la détente de la. vapeur enfermée, et de l’aspiration produite par le jet de vapeur.
- Le modèle de YArmaturen Fabrik Dicker et Werneburg de Halle (fig. 17 et 18) fonctionne comme le précédent, mais l’écrou de la tige filetée est monté sur un levier double articulé. En cas de besoin, on peut obtenir d’un seul coup la fermeture. Trois séries d’essais avec des courses de la soupape de 20, 15 et 10 mm. .ont donné trois-degrés différents de sensibilité ; les pressions de la chaudière variaient de 7 à 7,5 atm., 5,25 à 5,50 et 2.75 à 3atm. Les dimensions du levier de commande interdisent l’emploi de cet appareil sur les navires, dans les mines et partout où la chambre des machines-est exiguë.
- Le troisième représentant de cette classe d’appareils est celui de la Maschinen Fabrik Schaffer et Budenberg G., de Magdebourg (fig. 19). Le double cône, formé de deux parties vissées, embrasse les deux faces du siège, il est maintenu dans la' position intermédiaire au moyen de deux contrepoids. L’avantage de la fermeture dans deux
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- directions est compensé par l’insécurité due aux oscillations du clapet. Ce modèle,, ainsi que la soupape à boulet fig. 20, ne conviennent pas pour les navires. Aux essais,, le fonctionnement a été défectueux pour D = 3,0 atm. et ^ = 0,4. Les ratés s’expliquent par l’action excentrique de-la manivelle intérieure qui amène un grippement des guides sur le siège de la soupape. Le principal défaut réside dans l’inactivité pendant l’ouverture et dans la nécessité de tourner ensuite le volant en sens inverse.
- Le clapet de sûreté de YArmaturen Fabrik und Metallgiesserei Nachtigal etJacoby, de Leipzig-Reudnitz (tîg. 21) est réglable au moyen d’un contrepoids. Pour D = 7,0 à 7,5 atm., la soupape doit être chargée d’au moins 20 kg. (poids propre + contrepoids} pour que la fermeture automatique se produise jusqu’à [3 =0,5. Cet appareil fonctionne plutôt comme une soupape de sûreté contre rabaissement de la pression de la* chaudière au delà d’une valeur donnée, réglable au moyen du contrepoids.
- Le modèle de Maschinen und Armaturen Fabrik. Klein, Schanzlin et Becker, de-
- Fig. 34. — Clapet des Alexanderwerkes.
- Fig. 3o.
- Frankenthal(fig. 22), fonctionne comme la soupape bien connue de Daelenpar l’énergie-de la vapeur. L’excédent de la surface de guidage sur la surface du siège permet à., la vapeur de lancer la soupape dès que l’arrivée de vapeur dans la fente annulaire de 1/2 mm. de large ne suffit pas à remplacer la vapeur échappée. La figure 23 montre la marche de la pression.
- Le clapet de sûreté de la firme Hübner et Mayer, de Vienne (flg. 24), tient compte du danger constant des grosses conduites de vapeur dans les salles de machines-étroites, en ce sens que sa sensibilité croît lorsqu’on ferme la conduite de vapeur. La dilatation de la vapeur sous la soupape en assure la fermeture automatique. De la partie-inférieure de la boîte, part une conduite accessoire qui mène la vapeur à l’appareil d’utilisation (fig. ,25). La chute de pression sous le clapet, lorsqu’on ferme la soupape placée au bout de la conduite, assure la fermeture de la conduite accessoire. Ce dispo—
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- sitif ingénieux nécessite malheureusement, outre le clapet de sûreté, une conduite, deux soupapes accessoires et un robinet d’arrêt. ,
- Dans le modèle de Dicker et Werneburg, de Halle (fig. 26), le poids propre du clapet et la charge de la vapeur sur la face supérieure agissent comme force antagoniste, le jet de vapeur faisant le vide dans le corps creux de la soupape. On règle la sensibilité en faisant varier la hauteur du clapet au moyen de l’excentrique. La fermeture instantanée est obtenue au moyen du levier à contrepoids.
- La figure 27 représente le nouvel appareil de Sdiàffer et Budenberg; le ressort latéral ne permet pas un réglage parfait, Je robinet d’arrêt est séparé.
- Armaturenfabrik de Joli. Schumacher, de Cologne, construit un appareil à piston '(fig. 28). La force antagoniste est fournie par le propre poids de l’obturateur. Le choc de la vapeur contre le canal oblique et la diflérence de pression entre les faces inférieures et supérieures du piston déterminent la fermeture. Il n’y a pas de dispositif de réglage ; les surfaces de contact entre la boîte et le piston sont trop grandes et faci-btent les grippements.
- La figure 29 représente le modèle de la Metallgiesserei Richard Weidner de Leipzig-Sellerhausen. Le clapet à quatre ailettes porte un piston soumis à l’action de la vapeur-admise par une conduite latérale. Il manque un appareil de réglage, et les frottements sont trop nombreux.
- Le modèle du Bureau technique Seybolh, Baumann u. Co de Zwickau est caractérisé (fig. 30) par un clapet creux, dans l’espace annulaire duquel on introduit de la vapeur fraîche au moyen d’un robinet à trois voies. Au moyen de la petite poube à chaîne) on vide l’intérieur du clapet pour produire la fermeture automatique ou vérifier le fonctionnement.
- Dans la soupape Bichter-Dehne de Halle (fig. 31), le clapet repose sur un tube. Le fonctionnement est analogue à celui de la soupape de Hübner et Mayer (fig. 24).
- La figure 32 représente le clapet de sûreté de Steinle et Hartung, de Quedlinburg. Le ressort de réglage, soumis à l’influence de la vapeur, peut subir des variations. Par •contre, dans le modèle de la Maschinenfabrik Franz Seiffert et Co. de Berhn (fig.- 33) le ressort est refroidi par un courant d’air.
- Le modèle de YAlexanderwerk de Remseheid-Vieringhausen (fig. 34) est un perfectionnement de la soupape Klein, Schanzlin et Becker (fig. 22). La pression de la vapeur agit normalement sur la soupape. La sensibihté ne dépend pas de la teneur en eau de la vapeur, car la soupape n’a pas de surface de choc. La figure 35 montre la -disposition des coudes.
- L’auteur conclut qu’il serait désirable d’imposer l’emploi de ces clapets de sûreté pour toute chaudière dont la pression dépasse 5 atm. ou dont la surface de chauffe -excède 40 mètres carrés. Leur fonctionnement devrait être indépendant de la volonté «du mécanicien.
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- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 27 MARS 1908.
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le Président prend la parole en ces termes :
- Notre Société a, depuis notre dernière séance, perdu deux de ses doyens : M. Hector Biver et M. Joseph Farcot.
- Nous ne saurions voir disparaître ces deux hommes éminents sans leur rendre un dernier témoignage de haute estime et sans exprimer à leur famille la part que nous prenons à leur douleur.
- M. Hector Biver appartenait, depuis vingt-trois ans, à notre Comité des Arts-chimiques, il fut pendant de longues années un de ses membres les plus actifs et y apportait la précieuse collaboration d’un homme qui, pendant plus de cinquante années de sa vie d’ingénieur, avait dirigé de grands établissements industriels.
- Successivement ingénieur aux usines de Produits chimiques de Sainte-Marie-d’Oignies, en Belgique, aux usines à plomb et à cuivre de Biache-Saint-Waast, dont il fut l’un des créateurs, directeur de la verrerie de MM. Chance à Londres, il fut appelé en 1851 à diriger la principale usine de la compagnie de Saint-Gobain.
- Cette grande société française doit beaucoup de sa prospérité à M. Biver, qui en fut pendant de longues années le directeur général, avant d’en devenir l’un des administrateurs les plus influents. L’infatigable activité de M. Hector Biver ne se limita pas à cette grande entreprise; président de la Société des fonderies de Biache Saint-Waastr il travailla grandement au développement de cette affaire. Président de la Société des charbonnages des Bouches-du-Rhône, il poursuivit avec une indomptable persévérance l’exécution de cette grande galerie de la Mer, longue de 16 kilomètres, qui a réalisé l’assèchement du bassin houiller de Fuveau, et qui, en même temps, sert de voie d’amenée des charbons dans le port même de Marseille. Les difficultés ont été excessives ; alors que le découragement envahissait plus d’un de ses collègues et collaborateurs, il témoignait d’une-calme et constante persévérance, et ü a eu la joie, dans-les dernières années de sa vie, de voir l’œuvre réalisée, et cette société prendre un développement auquel il avait toujours cru.
- Profondément dévoué au bien-être des ouvriers qu’il avait appris à comprendre et à aimer en vivant au milieu d’eux, il s’occupait avec ardeur d’œuvres sociales et fut en particulier l’un des fondateurs de la Société française des habitations à Bon Marché.
- M. Joseph Farcot laisse un nom universellement connu dans le monde de la construction mécanique. La grande usine de Saint-Ouen, d’où sont parties pendant tant d’années des machines d’une irréprochable perfection d’exécution, fut son œuvre. C’est là qu’il créa et perfectionna le servo-moteur, universellement appliqué pour la conduite des machines à vapeur de grande puissance.
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- Membre de 1886 à 1890 de notre Comité de Mécanique, M. Joseph Farcot ne put malheureusement nous consacrer que peu de moments de sa vie si active, surtout •qu’il se consacrait également à la Société des Ingénieurs civils, dont il fut président.
- Secondé par ses fils, qui sont nos- collègues depuis de longues années, M. Joseph •Farcot n’a cessé, jusqu’à la fin de sa vie, de diriger les établissements qui portent son nom.
- Nous ne saurions nous asseoir sans envoyer à un double titre nos félicitations à notre collègue, M. Lindet. Vous serez heureux avec nous d’apprendre que sa santé se consolide après la grave opération qu’il a dû subir, et vous vous joindrez à tous ses •collègues et amis pour le féliciter de sa nomination au grade d’officier de la Légion d’honneur.
- RAPPORTS DES SECRÉTAIRES
- * M. IIitier.
- Parmi les ouvrages reçus à notre bibliothèque, je vous signalerai :
- 1. P. Puget, Cuirs et peaux, volume in-18. Paris, librairie J.-B. Baillière et fils,
- 19, rue Hautefeuille.
- Cet ouvrage, qui fait partie de l’Encylopédie industrielle, est présenté au public par notre collègue M. Placide Peltereau, membre de la Chambre de commerce de Paris ; dans la préface qu’il a écrite en tête du volume, M. Maurice Peltereau, après avoir analysé rapidement les divers chapitres, conclut ainsi : « C’est avec grand plaisir et en toute confiance que je présente aux lecteurs le travail très intéressant de M. Puget. Je le crois susceptible de faire connaître utilement à tous ceux qui l’ignorent une des industries les plus anciennes et les plus importantes de notre pays. »
- Cette industrie, du reste, voit aujourd’hui ses débouchés s’accroître : car des emplois des cuirs, après être restés un certain temps stationnaires, ont beaucoup augmenté, principalement à,notre époque. M. Peltereau cite comme exemple, la fabrication des antidérapants pour automobiles et des vêtements en peau.
- 2. Achille Viallate, professeur à l’École des Sciences politiques.
- L’Industrie américaine. Paris, Félix Alcan..
- Tous savez, Messieurs, que notre Société avait confié une mission à M. Viallate pour aller étudier aux États-Unis l’industrie américainé, et vous avez présent encore à la mémoire le compte rendu si intéressant que nous a adressé M. Viallate, au retour de son voyage en Amérique.
- L’ouvrage que publie aujourd’hui M. Viallate est divisé en trois parties : 1° l’évolution industrielle et la politique commerciale des États-Unis ; 2° l’organisation industrielle; 3° l’expansion industrielle.
- 3. Notre collègue M. F. de Ribes-Ghristofle, dans le bulletin mensuel, n° 34, de la ^Fédération des industriels et des commerçants français vient de publier un Article sur la crise de Vapprentissage : article dans lequel il résume, avec une très grande clarté, l’état de la question :
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- Nous connaissons tous l’importance exceptionnelle, pour nos industries, de cette question de l’apprentissage : bien des remèdes, bien des réformes, ont été proposés pour conjurer la crise qui va s’accentuant de jour enjour, M. de Ribes-Christolle, avec sa grande autorité, indique ceux réellement pratiques, que réclament les industriels français : modification de la loi de 1900, — contrat écrit d’apprentissage, — diplôme décerné aux meilleurs apprentis, cours complémentaires suivis en dehors de l’atelier.
- Espérons avec M. de Ribes-Christofle que nos législateurs voudront bien entrer dans cette voie où le monde des industriels les suivra avec reconnaissance.
- 4. L’agriculture danoise et ses progrès.
- En 1865, notre éminent collègue, M. Tisserand, publiait au retour d’une mission dans l’Europe du Nord un rapport des plus remarqués et du plus haut intérêt, ayant pour titre : Etudes économiques sur le Danemark, le Sleswig et le Holstein. L’année dernière, en 1907, M. Tisserand était appelé à représenter, à. Copenhague, le ministère de l’Agriculture français à la XIe session de l’Institut international de statistique. M. Tisserand a rendu compte tout dernièrement de la mission qui lui avait été confiée : mais le directeur honoraire de l’Agriculture, qui en 1865 et en 1865 avait longuement séjourné en Danemark et étudié l’agriculture de ce pays, qui depuis n’avait jamais cessé de suivre l’évolution et les progrès de l’agriculture au Danemark, a profité de sa présence à Copenhague pour faire une nouvelle étude sur l’agriculture danoise, pour parcourir le pays et juger de ses progrès.
- M. Tisserand n’a pu résister, écrit-il à M. le ministre de l’Agriculture, au désir de lui faire part des impressions qu’il a éprouvées et des merveilleux résultats qu’il a constatés pendant son dernier voyage; et, voilà comment le Bulletin de l’Office des renseignements agricoles a publié, dans ses numéros de décembre 1907 et janvier 1908, un rapport de M. Tisserand sur Y Agriculture danoise et ses progrès, rapport qui contient, en même temps que les documents les plus précis sur l’Agriculture danoise, des vues générales, et des enseignements du plus haut intérêt, que, comme toujours, M. Tisserand a su, avec une merveilleuse clarté, tirer de l’enquête personnelle à laquelle il s’était livré avec sa profonde connaissance des choses de l’agriculture.
- Le Danemark est un petit pays; sa superficie est de 3 898 460 hectares, elle correspond à 7,22 p. 100 de la surface territoriale de la France; elle est à peine plus grande que notre Bretagne et égale sensiblement celle de la Normandie augmentée du département des Côtes-du-Nord et de l'arrondissement de Saint-Malo ; le Danemark est quatorze fois plus petit que la France : sa population est de 2 588 919 habitants ou de 67 habitants par kilomètre carré; celle de la Normandie s’élève à 2417'665 âmes et celle de la Bretagne à 3 224 000 habitants et cependant le Danemark, tout petit qu’il est, a un commerce international qui'atteint presque 1 milliard et demi de. francs (1 474175 000 francs, moyenne de 1901-1905). Sa marine marchande comprend 3 698 navires jaugeant 461315 tonneaux; son agriculture, et c’est sa grande force, a trouvé le moyen d’exporter en 1905 :
- 29 421 chevaux, autant que la France entière en comprenant les mulets ;
- 122 696 têtes de gros bétail, trois fois plus que la France (45 846) ;
- 110490 000 kilogrammes de. viande de boucherie et de porcs salés, c’est-à-dire dix-huit fois plus que la France ;
- 79 400 000 kilogrammes de beurre,, le quadruple de notre exportation totale et près de 1 million d’œufs par jour, alors que nous sommes tributaires de l’étranger de 128 à 130 millions d’œufs représentant l’excédent de nos importations sur nos exportations l’an dernier.
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- ' La valeur d’exportation, pour le Danemark, de ces cinq articles, a approché en 1905 d’un demi-milliard de francs, savoir :
- 58 800 000 francs pour les animaux exportés ;
- 124290 000 francs pour les viandes fraîches et salées;
- 22ô 500 000 francs pour le beurre ;
- 6 577 000 francs pour la crème et le lait exportés ;
- 35 G88 000 francs pour les œufs.
- Soit un total de 451 347 000 francs.
- . En 1906 ce chiffre s’est élevé à 474 600 000 francs.
- Il n’y a pas de pays qui entretienne relativement autant de bestiaux. Par kilomètre carré, le Danemark possède en effet l’équivalent de 99 têtes de gros bétail, alors que la France n’en a que 54, l’Autriche 55, l’Allemagne 70, les Pays-Bas 88 et le Royaume-Uni 74.
- Pour répondre à l’intensité de la production animale la culture danoise a pris une orientation et uné activité toutes nouvelles.
- Aux dépens des landes, des marais, des dunes de sables, la superficie des terres arables et des prairies s’est accrue en trente ans de 24 p. 100, couvrant aujourd’hui 86 p. 100 de la surface territoriale du Danemark.
- L’Agriculture danoise, en même temps, évoluait ; elle s’orientait déplus en plus vers le développement des cultures fourragères avec emploi d’engrais artificiels, et, suivant M. Tisserand, actuellement :
- On peut dire que plus des deux tiers de la surface cultivée sont consacrés à la production des denrées (grains et fourrages) destinées à l’alimentation animale et cette proportion va en augmentant d’année en année à raison du bas prix des céréales, de la pénurie de la main-d’œuvre et des avantages considérables de la production laitière et de l’élevage de la volaille.
- Mais ce ne sont pas seulement les étendues cultivées qui se sont accrues, les rendements, de toutes les cultures ont augmenté dans des proportions sensibles depuis 1878.
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- Froment...................... 25
- Seigle........................ 7
- Orge.........................11
- Avoine........................17
- P. 100.
- Pommes de terre..............59.
- Racines fourragères...........14
- Prairies temporaires......... 18
- Prés naturels................. 7
- En outre, les produits ont gagné notablement en qualité par suite d’une sélection intelligente des semences; aussi l’agriculture danoise, grâce à toutes ces améliorations, a-t-elle pu, malgré la baisse des .denrées agricoles, non seulement maintenir le taux de sa production annuelle, mais l’élever encore d’une quarantaine de millions de francs depuis vingt an», et on a calculé que si les prix de '4878 s’étaient maintenus de nos jours, la plus-value de la production actuelle serait de 200 millions de francs aumoins.
- Le produit total moyen de toutes les récoltes a été, pendant la période des cinq dernières années, de 591 millions de francs.
- Mais ce n’est pas tout.
- Condition du cultivateur. Émancipation de la moyenne et de la petite propriété. — Pendant que ces progrès s’accomplissaient, la condition des cultivateurs danois subissait de grandes modifications ; leur situation s’améliorait notablement. L’émancipation de la classe des paysans (Boender) que M. Tisserand signalait déjà dans ses études économiques sur le Danemark se poursuivait avec ardeur.
- Drâce à leur prospérité et aux bénéfices croissants qu’ils réalisaient, les paysans ont pu
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- graduellement, sans secousse et sans perturbation sociale, devenir propriétaires de la plus grande partie des terres qu’ils détenaient en vertu de. baux emphytéotiques, soit à perpétuité (arve teste), soit à vie pour eux et leur femme (foeste), moyennant certaines redevances payées h la propriété seigneuriale. Ils ont racheté à beaux deniers comptants et à des prix avantageux pour les grands propriétaires et à la satisfaction de tout le monrle, les servitudes, les corvées, les journées de travail et les produits en nature auxquels ils étaient astreints. Ils sont ainsi devenus libres et indépendants.
- ‘Les ouvriers ruraux qui élaient attachés aux domaines seigneuriaux sous la dénomination) de üusmen ont eux-mêmes participé encore plus largement à ce mouvement d’émancipation.. Liés par des contrats analogues et astreints aux mêmes charges que les boender, les husmen ont, comme eux, racheté-les servitudes, les dîmes et les corvées qui leur étaient imposées;, devenus propriétaires libres de la maison qu’ils habitaient et du champ y attenant, ils ont grossi la classe des petit s paysan s cultivateurs et n’ont pas peu contribué au développement, merveilleux de l’agriculture danoise.
- CAUSES DU DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE DANOISE
- Comment le Danemark est-il arrivé aux résultats remarquables que nous venons d’esquisser à grands traits ?
- d. — LA SCIENCE
- Tout le monde est d’accord, dans ce pays, pour reconnaître que le développement de l’agriculture danoise est dû, avant tout, au mouvement scientifique imprimé à l’exploitation du sol, à la préparation de la population rurale pour le recevoir et aux encouragements incessants donnés aux recherches et aux expériences scientifiques. Dans tous les ouvrages, dans toutes les publications de ce pays, dans toutes les conversations avec les agronomes, aussi bien qu’avec les plus humbles paysans, on est unanime à attribuer la fortune agricole du Danemark à son armée permanente d’hommes de science, lesquels ont heureusement trouvé, pour mettre en œuvre leurs découvertes, une classe de grands et de petits cultivateurs longuement préparés et en état de les appliquer avec intelligence et profit.
- Et M. Tisserand nous montre le rôle des Écoles supérieures populaires, au nombre de 71, distribuant chaque année, en moyenne, à 3 250 garçons et 3 000 filles de paysans leur enseignement.
- A côté, 14 écoles d’agriculture distribuent surtout l’instruction théorique, la pratique s’apprenant dans les fermes.
- Enfin l’Institut agronomique et vétérinaire de Copenhague, qui a marché de développement en développement, pendant cinquante ans de fonctionnement sans interruption a déversé sur le pays une véritable armée d’hommes instruits.
- Les xmies scientifiques étant aussi largement ouvertes, les hommes d’initiative n’ont eu qu’à s’y engager pour entraîner à leur suite les populations rurales, les associations agricoles, le GouAœrnement et le Parlement.
- M. Tisserand nous indique l’œuvre du Parlement, les lois en faveur de l’agriculture : Prêts fonciers aux ouvriers pour constituer'une sorte de bien de famille ; Prêts agricoles ; Création du ministère de VAgriculture avec développement du corps des conseillers techniques, chargés de parcourir le pays pour instruire et guider sur place les cultivateurs dans la Amie des améliorations, conseillers techniques choisis toujours parmi les spécialistes les plus compétents et non d’après les circonscriptions territoriales ; Contrôle permanent du beurre; Examen et expertise des beurres comprenant une exposition permanente des beurres danois; Stations agronomiques, etc.
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- 2. — l’i.\ITIAT1VE privée
- Son rôle prépondérant. — Mais, dans la grande œuvre de rénovation et d’amélioration de l’agriculture danoise, les particuliers et les associations ont, de leur côté, joué un rôle considérable. Ils ont conservé la plénitude de leur liberté et de leur indépendance dont ils ont un soin jaloux; comme tels, ils ont été, on peut le dire, les moteurs du progrès agricole. C’est à eux, c’est à leur initiative inlassable que sont dues les réformes" réalisées et les institutions créées dans l’intérêt de l’agriculture depuis plus d’un siècle. C’est sous leur inspiration et par la manifestation de leurs désirs, de leurs volontés, que le Parlement et le Gouvernement agissent l’un et l’autre, n’abordent de réforme, ne font de loi ou de règlement et ne créent d’institutions d’État que lorsque l’initiative privée ou collective en a démontré, par une expérience prolongée, le caractère d’intérêt général : on peut dire ici que ce n’est, pas le peuple qui attend tout d’un Parlement et d’un Gouvernement providence, que c’est au contraire le Parlement et le Gouvernement qui attendent tout du peuple et les indications de la voie dans laquelle ils doivent s’engager : en aucun cas, les pouvoirs publics ne cherchent à se substituer à l’initiative privée; loin de là, ils encouragent ses tentatives, ils lui viennent en aide au moyen de subventions, d’autant plus importantes que ses efforts sont plus grands et ses sacrifices plus considérables et, quand l’expérience et le temps ont montré que l’heure est venue de transformer en institution d’État l’œuvre utile entreprise par un particulier ou par une association, c’est encore aux sociétés privées que le Gouvernement et le Parlement ont recours pour en assurer le fonctionnement ainsi que pour diriger les services d’amélioration et de contrôle, en leur déléguant les sommes inscrites au budget dans ce but.
- M. Tisserand nous retrace l’œuvre de la Société royale d’Agriculture du Danemark; de la Société des landes du Danemark ; enfin des Sociétés coopératives. C’est là « où l’esprit d’initiative et de solidarité s’est manifesté en Danemark dans tonte sa force, dans la merveilleuse organisation des coopératives ».
- La première société de ce genre a été fondée en 1866 à Chisted (Jutland), et depuis lors il s’en est créé partout. Il n’y a pas une commune où l’idée n’ait pénétré et n’ait été appliquée.
- Ce sont surtout les laiteries coopératives dont le développement a été le plus remarquable; elles ont eu pour conséquence de supprimer totalement la fabrication du beurre dans les fermes, pour la reporter dans de grands établissements munis de l’outillage le plus perfectionné e*t possédant les moyens d’étudier scientifiquement les progrès réalisables dans l’industrie beurrière et de faire.des produits de premier choix.
- La première laiterie coopérative a été fondée en 1882 dans le Jutland. Il y en a actuellement en Danemark 1086, comptant 158170 membres participants. Ils traitent le lait de 900 000 vaches laitières, soit environ 2 milliards et demi de kilogrammes. Cette quantité correspond à 80 ou 82 p. 100 de la production totale du pays.
- A côté des laiteries coopératives, on trouve en Danemark, aujourd’hui, les abattoirs coopératifs ; actuellement (1906) on en compte 34, comprenant 93 300 associés qui ont envoyé pendant l’année aux abattoirs coopératifs 1 134 624 porcs et 15 329 bœufs.
- Les Sociétés coopératives d'exportation des œufs n’ont pas rendu moins de services.
- M. Tisserand termine par ces mots son rapport au ministre : « Ces considérations comportent un enseignement; elles démontrent ce que la science, l’amour de la patrie, une population libre, laborieuse, éclairée, pleine d’initiative et animée d’un esprit bien entendu de solidarité et d’association ont pu faire d’un petit pays. »
- Puissions-nous, Messieurs et chers collègues, faire notre profit du ce précieux
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- enseignement que nous donne le Danemark, et qui nous est transmis par M. Tisserand, par celui qui a rendu et rend toujours tant de services à notre agriculture française, et, nous l’espérons tous, continuera à lui en rendre pendant de longues années encore.
- M. Toulon.
- Chemins de fer à crémaillère, par A. Lévy-Lambert, inspecteur principal au chemin
- de fer du Nord. Deuxième édition (Encyclopédie des Travaux publics). Paris,
- librairie Gauthier-Villars).
- Lorsque M. Lévy-Lambert publiait la première édition de cet ouvrage en 1891, l’ensemble des chemins de fer à crémaillère établis dans le monde entier ne dépassait pas 365 kilomètres. Aujourd’hui leur longueur cumulée atteint 1 296 kilomètres.
- Aussi la nouvelle édition que produit aujourd’hui M. Lévy-Lambert est une refonte complète de son premier ouvrage. Les documents qu’il contient sont nombreux et précis. C’est une monographie complète dans les détails, et bien coordonnée, des chemins de fer à crémaillère, ce mode de traction qui permet d’aborder des rampes exceptionnelles et d’atteindre ainsi, avec des dépenses d’établissement relativement réduites, les altitudes les plus élevées.
- Cet ouvrage bien ordonné contient les renseignements les plus récents et les plus utiles pour les ingénieurs et pour tous ceux qui s’intéressent aux chemins de fer de montagne.
- Après un historique de la question, l’auteur passe en revue, dans une description bien présentée, les différentes lignes qui ont été exécutées avec voies à crémaillère. Il serait trop long de les énumérer. La Suisse, le pays classique, des excursions de montagnes, fournit le plus grand nombre d’exemples de ces installations hardies. Il n’est personne qui ne connaisse les noms des lignes du Rigi, du Mont-Pilate, de Yiège à Zermatt, du Gornergrat, de la Jungfrau, qui doit atteindre une des plus hautes cimes des Alpes. En France, une ligne à crémaillère est exploitée depuis 1887 entre Langres-Marne et la ville de Langres. Bientôt un chemin de fer électrique à crémaillère, dont le projet est dû à M. Duportal, inspecteur général des Ponts et Chaussées, permettra d’atteindre, en partant de Saint-Gervais, le sommet du Mont-Blanc.
- L’emploi de l’électricité produite par la houille blanche vient donner un nouvel essor à ces entreprises audacieuses.
- M. Lévy-Lambert étudie en détail les divers types de crémaillère successivement imaginés, les systèmes Riggenbach, Abt, Strub, Lâcher, etc., et les divers avantages qu’elles présentent. Les divers types de locomotives sont passés en revue et soigneusement décrits.
- Enfin l’ouvrage contient, au point de vue de l’exploitation, une série de documents très utiles. Les prix de revient et les résultats financiers fournissent des renseignements précieux pour l’établissement de nouveaux projets. Il serait désirable de voir les installations de chemins de fer à crémaillère se développer davantage en France, dans nos régions si pittoresques qu’il faudrait faire mieux connaître.
- M. Lévy-Lambert, par la nouvelle édition de son ouvrage, a donc fait une œuvre appelée à rendre de réels services, qui vient enrichir l’Encyclopédie des Travaux publics, cette réunion d’ouvrages si utiles à l’art de l’ingénieur.
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- L’évolution des sciences, par M. L. Houllevigue, professeur à l’Université d’Aix-Marseille.
- (In-18, Paris, librairie Armand Colin).
- Dans un ouvrage facile à lire, M. Houllevigue, professeur à PUniversité d'Aix-Marseille, s’est proposé d’étudier l’évolution des sciences. C’est un livre d’actualité scientifique où l’auteur examine et discute les problèmes que soulèvent les plus récentes découvertes.
- Sans avoir recours à des formules compliquées, et sans abuser du langage mathématique, M. Houllevigue développe les idées nouvelles, qui viennent s’imposer actuellement dans l’étude des sciences, les hypothèses audacieuses qui remplacent aujourd’hui les notions anciennes, acceptées précédemment comme indiscutables et fondamentales. En chimie, de nouvelles tendances se font jour. Les découvertes de M. et Mme Curie, et de Becquerel nous montrent la radio-activité comme un phénomène général;les expériences de Ramsay sur la transmutation des corps simples sont appelées à bouleverser les antiques principes de la chimie, ou tout au moins à les orienter dans des voies nouvelles avec des perspectives qui autorisent les plus audacieuses-espérances.
- L’existence même de la matière, ou tout au moins la notion ancienne que s’en formait notre imagination est mise en doute.
- M. Houllevigue, après la discussion de l’atome et du corpuscule, aborde l’étude. des problèmes que nous dévoilent l’astronomie et l’immensité des espaces stellaires. La hardiesse des conceptions s’appuie sur l’ingéniosité des moyens employés pour découvrir les phénomènes. C’est un tableau grandiose que trace M. Houllevigue des progrès réalisés et des résultats obtenus.
- L’ouvrage se termine par un chapitre intitulé: « Les frontières des sciences», où M. Houllevigue résume en quelque sorte les idées philosophiques qui se dégagent de son magistral exposé.
- Après avoir rappelé que, dans les sciences, la spéciaüsation, poussée à ses dernières, limites, est la loi inexorable du progrès, l’auteur signale les inconvénients de cette spéciaüsation à outrance. Les sciences sont en perpétueUe évolution ; à chaque instant,, il faut refondre les programmes, remanier les enseignements, rompre avec les habitudes acquises. Les anciennes cloisons, qui limitaient strictement chaque science dans sa sphère, se rompent sous la poussée des idées nouvelles. Comme les cellules vivantes se modifient par bipartition, dit M. Houllevigue, les sciences s’accroissent par la création de sciences mixtes.
- C’est ainsi que s’est créée l’astronomie physique ; ce ne sont plus seulement les lois de la mécanique qui servent de base aux spéculations des astronomes. Aujourd’hui, il y a une physique et une chimie des corps célestes, et les investigations modernes par la spectroscopie pénètrent la nature intime des astres les plus éloignés.
- De même, on peut dire qu’il y a une nouvelle science, la physico-chimie, née en France des travaux de Sainte-Claire Deville et de Berthelot. La microbiologie est de date récente, et la physique étudie aujourd’hui l’état colloïdal de la matière. Ce sont autant de branches nouvelles qui germent et croissent aux frontières des diverses sciences.
- M. Houllevigue, préoccupé de perfectionner l’enseignement des sciences et d’assurer leurs progrès, préconise pour l’Université les méthodes d’organisation employées dans l’industrie pour la solution des problèmes complexes; par exemple, dans les-
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- usines métallurgiques, un même acier est étudié concurremment aux points de vue physique, micrographique et chimique. Ces études concordantes devraient être la règle ; on devrait voir le physiologiste travailler avec le physicien, ou le géologue avec le chimiste. C’est ainsi que des synthèses fécondes permettraient de coordonner les expériences et d’élargir l’horizon par des vues plus larges, sans s’arrêter aux limites étroites de l’ancienne classification des sciences.
- Je n’ai pu que vous donner un faible aperçu de l’ensemble des idées qu’expose M. Houllevigue et des réflexions qu’il suggère. Il semble que cet ouvrage méritait de vous être spécialement signalé. Il est le symptôme d’une tendance nouvelle dans nos universités et forme un tableau saisissant de 'l’orientation que paraissent prendre les sciences aujourd’hui.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- La question de la préservation des métaux des ponts et constructions au moyen de peintures et d’enduits est, comme vous le savez (1), des plus importantes et discutée aujourd’hui, principalement lorsque ces métaux sont exposés, comme dans les chemins de fer, à des actions particulièrement corrosives, telles que celles exercées par les fumées des locomotives. Cette question a été récemment, au congrès annuel des Civil Engineers de Londres, l’objet d’un mémoire de M. Blount, fort intéressant, et suivi d’une discussion des plus instructives, publié dans le numéro de mars du Bulletin du. Congrès international des chemins de fer.
- Je crois utile de vous communiquer ici l’avis donné, dans cette discussion, par M. Archbutt, en raison de la compétence toute particulière de cet ingénieur en cette question (2).
- J’ai présenté quelques remarques au cours de la discussion d’un mémoire que M. Marriott-•a lu devant l’Institution il y a un an ou deux (3), et je n’ai pas grand’chose à ajouter à ce que j’ai dit à l’époque; cependant, je voudrais mentionner, qu’en raison même de mes fonctions, je suis souvent appelé à formuler une opinion sur des peintures et que j’ai jugé nécessaire, il y a trois ou quatre ans, d’imaginer un système permettant d’essayer pratiquement ces peintures, car il n’est pas prudent de baser son opinion sur l’analyse. La méthode adoptée consiste à prendre des tôles d’acier d’environ 2 pieds carrés (18 décimètres carrés) de surface, à nettoyer la surface en enlevant autant que possible toutes les particules de battiture et de. rouille au moyen d’un jet de sable, et à appliquer ensuite, avec beaucoup de soin, deux couches successives de peinture, en laissant sécher la peinture complètement après chaque couche, pendant quatre jours aune semaine. Ces tôles sont ensuite fixées contre la paroi d’un gazomètre. J’ai été conduit pour la première fois à faire ceci, parce que c’est à propos de la peinture d’un gazomètre que mon attention fut d’abord attirée sur ce point. Les tôles sont donc fixées contre la paroi d’un gazomètre dans une position telle qu’elles se trouvent tantôt immergées dans une cuve d’eau fraîche, tantôt dans l’air. C’est là une épreuve assez rigoureuse pour les peintures, et nous avons trouvé que cette méthode d’essai était très praticable. J’ai essayé de cette manière dix-neuf peintures, dont certaines font l’objet de beaucoup
- \/l) Bulletin de novembre 1905, p. 1282.
- (2) Auteur, avec M. Decleg, d’un ouvrage classique sur le graissage et les lubrifiants. Paris, Dunod et Pinat (1905).
- (3) Voir Bulletin du Congrès des chemins de fer, n° 6, juin 1906, p. 489 : « Consolidation et entretien des anciens ponts en fer (mémoire et discussion) », par William Marriott.
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- de publicité, mais je n’ai pas l’intention de citer les noms. Je me contenterai de dire en deux mots qu’il fallut, bien entendu, adopter un type quelconque, et pour cet usage je me servis de minium et d’huile de lin. Aucun des produits que fai essayés n’a donné de résultats aussi bons. Le second rang appartint aux peintures de graphite, qui ont déjà été mentionnées. Elles sont très bonnes et ne le cèdent pas beaucoup au minium. Viennent ensuite les oxydes de fer grossiers. Je crois que certains de ceux-ci consistent en minerai de fer micacé. Ils sont très durs sous la brosse et n’ont qu’une très faible capacité enduisante, mais ils semblent très efficaces et se placent au troisième rang. Les peintures plus coûteuses à l’oxyde de fer, qui ont une bien meilleure capacité enduisante et un très bel aspect, telles que celles employées dans la carrosserie, semblent moins bonnes, peut-être à cause des légères traces d’acide sulfurique qui y subsistent. Le siüfate de baryum précipité n’est pas un mauvais produit du tout. J’ai essayé quelques vernis noirs, des marques que l’on connaît par la publicité; tous ceux que j’ai essayés sont bien inférieurs au minium et aux peintures que j’ai mentionnées. Dans tous ces essais, le peinturage a été fait soit par moi-même, soit sous ma direction, de sorte que chaque peinture a été essayée impartialement ; toutes les surfaces ont d’ailleurs été préparées avec soin. En ce qui concerne la préparation de la peinture au minium, nous prenons du bon minium et nous [le broyons avec 10 p. 100 d’huile de lin crue dans un moulin, puis nous le diluons avec de l’huile de lin cuite jusqu’à ce que le mélange soit d’une consistance à pouvoir être facilement appliqué avec une brosse, sans toutefois qu’il soit assez léger pour couler quand on peint une surface verticale. J’ai constaté par des pesées qu’une peinture de ce genre pèse entre 30 et 40 livres par gallon (entre 3 et 4 kilogrammes par litre). Appliquée par des ouvriers habiles, bien étalée avec la brosse et laissée à sécher pendant un temps suffisant, il n’y a pas de peinture beaucoup meilleure pour conserver le fer. II ne faut ajouter aucun siccatif (l’oxyde de plomb est lui-même un siccatif),ni aucune térébenthine. J’approuve absolument les remarques qui ont été faites sur la grande importance de la manière d’exécuter le travail. Je crois qu’elle est, de toute façon, plus importante que la nature de la peinture appliquée. Il est extrêmement important aussi d’enlever toute la rouille et les oxydes de la surface du fer ou de l’acier et d’appliquer la peinture avec beaucoup de soin. On a insisté sur l’importance de l’emploi d’une huile de bonne qualité ; c’est une chose qui va sans dire; mais il est bon néanmoins de rappeler aux ingénieurs que, quand l’huile de lin a séché, l’oxydation n’est pas terminée, et qu’avec le temps elle redevient liquide. C’est pour cette raison que les peintures deviennent visqueuses et qu’aucune peinture à l’huile n’a une durée très longue. En conséquence, il faut que tous les ouvrages protégés parla peinture soient visités périodiquement, et aussitôt qu’on découvre delà rouille fraîche, il faut nettoyer la surface et renouveler la peinture. Je recommande le minium comme couche initiale, deux couches de minium, ensuite une couleur désirée quelconque. En ce qui concerne l’emploi du goudron, je suis d’avis que la meilleure manière de l’appliquer est celle inventée par Angus Smith. Je ne suis pas sûr que ce procédé a toujours été appliqué suivant les intentions de son inventeur. Quant à la conservation des rails dans les tunnels, il me semble qu’une méthode économique consiste à les brosser avec un lait de chaux épais à des intervalles périodiques et que cette méthode constituerait un excellent moyen de neutraliser l’acide sulfurique, qui est la principale cause de la rouille; ce serait plus économique que le minium.
- Les observations de M. Archbutt sont, comme vous le voyez, peu encourageantes pour les innombrables inventeurs de peintures plus ou moins éternelles ; elles méritent néanmoins d’être prises en considération comme l’expression probable de la vérité actuelle en cette matière. •
- Tous les chimistes savent combien il est difficile et long d’obtenir de bonnes émulsions; la petite machine présentée par cette projection (fig. 1) permet de les obtenir très vite et parfaites.
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- Le mélange à émulsionner passe du réservoir A, par B, à une pompe rotative C, qui l’envoie, par F, sous une très forte pression, et par de très petits trous, sur un disque installé en G, au droit du tuyau F de refoulement de C. Ce disque, pressé par un ressort réglable H, est mis en rotation rapide par le pignon L, de sorte qu’à mesure que les globules d’huile de l’émulsion se présentent à sa surface, il les écrase sur le siège formé par le débouché de F. La pression du refoulement se règle pqr la manette J, agissant sur le ressort II (1).
- Fig. 1. — Émulseur Shears.
- Cet appareil, construit par Bennett et Shears (2), est employé dans nombre de laboratoires anglais, et y donne d’excellents résultats.
- Fig. 2.
- Le dispositif qui vous est présenté par cette projection (fig. 3 et 4) est destiné à remplacer les accouplements d’arbres et de manchons par carrelet ou par rainure et languette. En réalité, ce n’est qu’un développement de ce dernier mode d’accouplement par multiplication des rainures 'et languettes, remplacées par des cannelures s’emboî-
- (1) Engineering, 20 mars, p. 365.
- (2) Farrindon St., Shoe Lane, London.
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- tant. Ce dispositif peut aussi remplacer la simple cale, et, dans ce cas, on emploie des cannelures fines et nombreuses, comme en figure S.
- Les cannelures de l’arbre se font à la fraiseuse diviseuse ou sur des machines spéciales, et celles des manchons par des séries de broches, comme celle de la figure 2, qui en agrandissent les dimensions par des passes successives, parfois très nom-
- Fig. 3. — Accouplement cannelé Lanchestei.
- breuses, jusqu’à 70 pour les cannelures très fines. L’emmanchement se fait avec jeu très faible, d’environ 0mm,25 à l’entrée.
- ---TÛ-7Sr-—
- Fig. -4 et 5.
- Cet accouplement est adopté depuis quelques années par la Lanchester Motor C°, de Birmingham, sur ses automobiles, et donne pleine satisfaction ; il est des plus commodes pour le montage des trains balladeurs et différentiels en même temps que d’une résistance à toute épreuve (1).
- Il n’est guère besoin, je crois, d’insister pour vous rappeler l’encombrement déplus en plus inextricable des principales rues de Paris, même lorsqu’il n’y passe aucun cortège en mascarade. Cette congestion des rues n’est pas particulière à Paris, on la retrouve dans nombre de grandes villes, même dans celles en partie toutes neuves,
- (1 Engineering, 13 mars, p. 337.
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- •comme Berlin, car c’est en raison de cet encombrement que l’on va entreprendre, à Berlin, un très curieux mode de transport mécanique des sacs de lettres et autres ballots -de poste, à la vitesse de 40 kilomètres, des bureaux des gares à la poste centrale de la ville afin de dégager d’autant les rues et d’accélérer le service postal.
- Ce transport, étudié parla maisonSiemens (1) serafait aumoyende trains électriques •composés, chacun, d’une locomotive à deux essieux moteurs, traînant trois wagonnets à coffres appropriés, dans des tunnels à double voie de 410 millimètres et qui ont 760 x 1 llim,S0 de large, avec, entre les deux voies, une tranchée permettant le passage d’un homme.
- Les trains prennent leur courant au moyen d’archets frottant sur des conducteurs à la voûte du tunnel ; le courant, alternatif et de 120 volts et 50 périodes dans les tunnels, tombe à 60 volts et 12 périodes au dehors et dans les bureaux. Les trains marcheront tout seuls sans personnel avec des freins électro-pneumatiques serrant automatiquement aux arrivées et des sections de block automatique empêchant les rencontres.
- Le système est actuellement en essai sur une voie expérimentale, »t, s’il réussit, comme tout le donne à penser, il faudra, peut-être, voir s’il ne conviendrait pas à Paris aussi bien qu’à. Ber lin.
- Dans notre séance du 25 octobre dernier (2) je vous ai dit quelques mots du désastre -survenu au pont de Québec le 30 août 1907, et vous ai promis de vous faire connaître aussitôt que je le pourrais les conclusions durapport de la Commission royale désignée pour rechercher les causes et dégager les responsabilités de cet accident. Ce rapport vient d’être déposé, et l’Engineering Supplément du Times d’avant-hier en donne les -conclusions (3).
- Ces conclusions, écrasantes pour les calculateurs non praticiens de ce pont et la direction négligée de son montage, confirment l’hypothèse, devenue une certitude, que la ruine de cet ouvrage est due à la faiblesse des arcs inférieurs appuyés sur la culée de l’écroulement. Ces ârcs, qui travaillaient comme de longues colonnes à compression, étaient théoriquement trop faibles, même en supposant qu’on pût leur appliquer les formules usuelles, et ils l’étaient encore plus pratiquement, parce que ces formules ne leur étaient pas applicables, pour les raisons que je vous exposais le 25 octobre. Bien plus, le calcul général des charges de l’ouvrage était faux au point que le pont était destiné à crouler même si l’on avait pu en terminer le montage.
- Les conclusions de la Commission sont appuyées non seulement sur des considérations théoriques, mais aussi sur des essais exécutés avec des réductions au tiers des éléments d’arcs en question, de sorte que ce rapport constituera, pour les ingénieurs bâtisseurs de ponts, un document à la fois fois théorique et pratique des plus importants. L’une de ses principales conclusions est que nous manquons actuellement des données expérimentales indispensables au calcul des longues colonnes en treillis, de sorte qu’on ne peut guère les employer avec sécurité qu’en les faisant beaucoup trop fortes, et qu’il y a un intérêt de tout premier ordre à exécuter sur des spécimens en vraie grandeur des expériences indispensables pour se procurer ces données.
- (1) Times. Engineering supplément du 24 mars.
- (2) Bulletin d’octobre 1907, p. 1066.
- (3) Voir aussi les n° du 27 mars de YEngineer, p. 326 et 330 et de Y Engineering, p. 403 et celui du •19 mars de YEngineering News, pp. 307 et 317.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1908.
- Nomination de membres de la Société. —: Sont nommés membres do la Société d’Encouragement :
- M. Bouruet-Aubertot, administrateur de l’Est algérien, présenté pan M. Grüner.
- M. le général Basset, administrateur de la Compagnie de Châtillon, Com-mentry et Neuves-Maisons, présenté par M. Grüner.
- M. Emile Teissier du Cros, ingénieur civil des Mines à Paris, présenté par M. Beigbeder.
- M. Victor Bouchon, directeur de la Société d’enrichissement à sec des minerais, 4, passage Violet, présenté par M. Bâclé.
- M. Alphonse Pinard, maître de forges à Paris, présenté par M. Grüner.
- M. Maurice Èssein, industriel à Paris, présenté par M. Grüner.
- M. Joseph Bourdel, imprimeur-éditeur, ancien juge au Tribunal de commerce, présenté par M. Pector.
- M. Lucien Béranger, chimiste, attaché au Classeur centrifuge à Paris, présenté par M. Bichard. •
- M. Louis de Warenghien, président de la Compagnie des Mines de Vicoigne-et-Nceux, présenté par M. Grüner.
- MM. Michel, Armand et Cie, industriels à Marseille, présentés par M. Grüner.
- M. Étienne Hélg-d’Oissel, président de la Société des charbonnages des-Bouches-du-Rhône, à Paris, présenté par M. Grüner.
- M. Charles Verley Bollaert, banquier à Lille, présenté par M. Bollaert.
- • Communications. — Sont présentées les communications de :
- M. Belin, sur La Téléphotographie ;
- M. Frachebourg, sur Le Photochrome.
- M. le Président remercie vivement MM. Belin et Frachebourg de leurs intéressantes communications, qui seront renvoyées aux Comités des Arts économiques et des Constructions et Beaux-Arts.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN AVRIL 1908
- Follet. — La pratique de la désinfection départementale en Ille-et-Vilaine. in-8 de 23 x 14. 136 p., 5 pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 93.
- Claude (Georges). — L’électricité à la portée de tout le monde. 6° éd. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 3 94.
- Francou père (A.). — Sur la nécessité de garantir les routes contre l’usure et les poussières : des moyens à employer pour y parvenir. In-8 de 16 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Transactions of the American ceramic Society, volume IX, 1907. • Pér. 288.
- Dumaine (Paul). — Étudç sur l’industrie du fer dans le Nord des Ardennes françaises (ex Annales des Mines, juillet 1907, 110, p.I pl.).
- Procter (H. R.). — The principes of leather manufacture. In-8 de 24 x 13, xvi-312p., 101 fig. London, E. and F. N. Spon, 1903. 13 395.
- Office du travail de Bruxelles. — Salaires et durée du travail dans les industries des métaux. 31 octobre 1903. Exposé de quelques résultats. In-4 de 27 x 22,34 p. Bruxelles, A. Lesigne, 1907. 13 3 9 6.
- Ganswindt (A.). — Die Technologie der Appretur. In-8 de 24 x 16. vm-319 s., 155 abb. Wien, A. Hartleben, 1907. 13 3 97.
- Séverin (Jules). — Toute la chimie minérale par l’électricité. In-8 de 25 x 16,5. iv-792 p., 60 fig. Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1908. 13 3 98.
- • Bureau of Standards, Washington. — Conférence on the weights and measures of the United States, 1905, 44 p. — Second annual conférence, 1906, 60 p. — The international rnetric System of weights and measures, 15 p. 1906. — Tables of équivalents of the United States custo-mary and rnetric weights and measures 3d ed. In-4, 50 p. 1906.
- IIIe Congrès international d'aéronautique. Milan, 1906. Rapports et mémoires, publiés par les soins de la Commission permanente internationale d’aéronautique. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1907. 13 3 99.
- The light railway and tramway journal, second semestre 1907. (Don de M. Lavalard, membre du Conseil de la Société). Pér. 283.
- Street railway journal. Second semestre 1907 (don de M. Lavalard, membre du Conseil de la Société). Pér. 280.
- Hummel (J.-J.). — The dy’ing of textil fabrics. 2d ed. 16 x 11. xn-534p., 97 fîg. London, Cassell and Co, 1886 (don de M. Jules Garçon, membre de la Société). 13 400.
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- •4300
- OUVRAGES REÇUS.
- AVRIL 1908.
- Procès-verbaux de la commission d’enquête sur les emplois industriels de l’alcool. Journal officiel, Chambre, Annexes, n° 1346, S. E. 1907, pp. 316 à 382. J. O.
- Nicolardot (Paul). — Industrie des métaux secondaires et des terres rares (Bibliothèque des Industries chimiques), vru-433 p., 36 fig. Paris, Octave Doin, 1908. 13 401.
- Pécheux (H.). — Le cuir, les os, l’ivoire, la corne, l’écaille, la nacre et les perles, le corail (Encyclopédie technologique et commerciale). 96 p., 31 fig. Paris, J.-B. Baillière e fils, 1908. ' 13 402.
- Graxdeau (Louis). — L’azote nitrique et l’agriculture. 28 x 23. 80 p., 26 fig., 1 carte. Paris, Librairie agricole [1908]. 13403.
- Hatox delà Gouptllière. — Axes principaux de temps de parcours. 26,3 X 23. 18 p. Paris, Gauthier-Villars.
- Le Soudier (H.). —Bibliographie française. Deuxième série, Tome I, 1900-1904.
- Ordre alphabétique de noms d’auteurs. Ordre alphabétique de titres. Ordre alphabétique -de matières au moyen de mots-souches. Paris, H. Le Soudier, 1908. Pér. 329.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PERIODIQUES REÇUS À LÀ BIBLIOTHÈQUE DE LÀ SOCIÉTÉ.
- Du 15 Mars au 15 Avril 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society ofcivilEngineers. ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining Engine ers.
- AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- BoJ. . . . Bureau of Standards (Washington).
- CA. ... Chemical News (London).
- Cs.Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CIt. , . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp... . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.Engineering.
- E’......................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute
- (Philadelphie).
- Gc.Génie civil.
- IC..Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le.Industrie électrique.
- Im , . , . Industrie minérale ae ôi-Etienne.
- . It.Industrie textile.
- loft. . LE . . Ms.. . MC. .
- PC. . Pm. .
- RCp .
- lidM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. .
- Rmc.. Rso. . RSL. . Ru.. .
- SA.. .
- ScF. .
- Sie. . .
- SiM. .
- SL.. . SNA..
- SuE. .
- Va. .
- VD1. .
- ZaC. .
- 101. .
- Institution of Brewing (Journal) ._
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes .
- Journal de Pharmacie et de Chimie^
- Portefeuille économ. des machines,.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceedings).-
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the). •
- Société chimique de France (Bull.)..
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle-de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de-France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher • lngenieure.
- Zeitschrift fürangewand te Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen* lngenieure und ArchiUktèn— Vereins.
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- 602
- LITJÉ RATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
- AGRICULTURE
- Aspergeriês (Peuplement des). Ap. 9 Avril, 454.
- Bétail. Race bovine tachetée Suisse. Ap. 9 Avril, 461.
- Betterave fourragère. Exigences minérales et fumure (Grandeau). Ap. 9 Avril, 453.
- — Préparation mécanique et fumure du
- sol pour betteraves (Donon) (id.), 467.
- Charges fiscales agricoles et projets financiers. Ap. 19 Mars, 358.
- Chevaux noirs du Nivernais. Ap. 19 Mars, 369. Cuscutes de France. Ag. 21 Mars, 363. Drainage dans le Massachusetts. Ri. 11 Avril, 141.
- Fruits. Culture fruitière dans le Midi. Ag. 11 Avril, 463.
- Forêt. La Serra déboisée et la forêt. Ap. 19 Mars, 361.
- — Économie alpestre. Nouvelles études (Hitier). Ap. 9 Avril, 456.
- Jusquiame (La). Ap. 2 Avril, 432.
- Lait. 3e Congrès de l’industrie laitière. Ap. 2 Avril, 434.
- Machines agricoles au concours de Paris (Rin-gelmann). Ap. 2-9 Avril, 424, 463. Olivier et huile dans le Sud tunisien (Joly).
- Revue Scientifique, 11 Avril, 462. Paille hachée. Utilisation. Ap. 19 Mars, 367. Pommiers. Nouvelle maladie (Pestana). SNA. Fév., 92.
- Topinambour. Sa fumure. Ap. 26 Mars, 391.
- CHEMINS DE FER
- ^Chemins de fer du Queensland. E. 20 Mars, 380.
- — Indiens. Exploitation des. E'. 20 Mars, 289.
- — allemands en 1896 et 1906. Rgc. Avril,
- 304.
- — métropolitain. Paris. Travaux spéciaux.
- Ac. Mars, 34; Avril, 50. '
- — électriques Chamounix-Martigny. E1.
- 27 Mars, 319.
- — — en Suisse en 1907. LE. 28 Mars, 407.
- — — par courants alternatifs en Europe
- (Marchand Thiriar). BCC. Avril, 431. Automotrice à gazoline Brill. E. 10 Avril, 469.
- Frein à vide pour petit matériel. E' 20 Mars,
- . 304.
- Gares. Grandes stations anglaises. Crewe. E’. 27 Mars, 385; 10 Avril, 363.
- — Chariot roulant électrique de 18 tonnes.
- Rgc. Avril, 314. -
- Locomotives. Compound à boggie moteur. État italien. Gc. 21 Mars, 353.
- — à 4 cylindres compound. État bavarois.
- VDI. 11 Avril, 567.
- — à 4 cylindres non compound du London
- and S. W. E. 10 Avril, 371.
- — tender à marchandises à cinq essieux
- couplés. État prussien. Pm. Mars, 34. du North Eastern. E'. 8 Avril, 354.
- — de gare du Great central Ry. E1. 10 Avril,
- 379.
- — Combustion dans les foyers de locomo-
- tives (Brishe et Fry). E. 3 Avril, 427, 450, 454; 10 Avril, 494; EL 3-10 Avril, 351, 376.
- Signaux. Annulation à distance. Aubine et manœuvre de signal (Strasser). Rgc. Avril, 283.
- — sémaphoriques spéciaux pour manœu-
- vres (Weissenbruch et Versagen). BCC. Avril, 414.
- Traverses Virk en ciment armé. Le Ciment. Mars, 40.
- Voie. Raccordement des courbes : nouvelle méthode (Ilallade). Rgc. Avril, 261. Voitures pour les chemins du Natal. E. 20 Mars, 364, 3 Avril, 437.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Leur construction (Lanches-ter). E. 20 Mars, 384.
- — Exposition de Berlin (1907). Dp. 21 Mars,
- 182. 4-11 Avril, 218, 231.
- — Industriels à l’Exposition de l’Olympia,
- Londres. E. 3-10 Avril, 444, 463.
- — Voiturette 4 cylindres. Demeester. Va.
- 21 Mars, 187.
- — — Guillemin. Va. 28 Mars, 202.
- — — Truffant. Va. 220.
- — Autobus à vapeur Darracq-Serpollet. E.
- 10 Avril, 463. Pétro-électrique Greenwood et Batley. E. 27 Mars, 400.
- — Embrayages Coltin-Desgouttes. Va. 21
- Mars, 190 et changements de vitesse électrique. Gc. 11 Avril, 416.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
- 603
- Automobiles. Châssis. Essais cle résistance (Breuil). Technique automobile. Avril, 56.
- — Moteurs à cylindres en V (Favron) (id.), 63. Variations du couple des moteurs et poids du volant (Sauvètre)(wÉ), 59. Théorie du refroidisseur (Goudard) (id.), 57.
- Tramways électriques. Système à récupéra-tion^Raworth). Go. 28 Mars, 372. Vélocipèdes. Travail des pédaliers (Schaefer). Dp. 21 Mars, 186.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides sulfurique. Emploi des minerais de soufre cle Sicile dans sa fabrication. Cs. 16 Mars, 222. Procédé de contact à l’oxyde de fer (Keppeler). ZAC. 20-27 Mars, 532, 537.
- — arsénique, hydrates de 1’ (Anger). CR. 16 Mars, 585.
- Acoustique. Perception de la direction des sons (Myers). RSL. 6 Avril, 260. Alcool. Emplois industriels. Rapport de la Commission. SNA. Fév., 121.
- Beurre de coco dans le beurre. Sa recherche (Carhart). CN. 27 Mars, 151 (Hanus). Ms. Avril, 250.
- Bismuth pentavalent (Hutchens et Lenher). CN. 20 Mars, 133.
- Brasserie. Divers. Cs. 16-31 Mars, 239, 292. — Action de la levure de bière sur les acides amidés (Effront). CR. 6 Avril, 779. Analyse du malt (Bower). IOB. Février, 54.
- Carbure d’aluminium. Préparation (Matignon). ScP. 20 Mars, 355.
- Céramique. Divers. Cs. 16-31 Mars, 227, 282. — Hygiène de la —, Burton. SA. 27 Mars, 494. Fabrication des pierres précieuses. Spreechshal, 9 Avril, 201. Chaux et ciments. Fabriques anglaises. F'. 20 Mars, 294.
- — Divers. Cs. 16-31 Mars, 222, 283.
- — Fours à chaux. Bilan thermique (Schorr), Eam. 21 Mai, 613.
- — Influence de la magnésie sur le ciment cuit jusqu’à vitrification Le Ciment. Mars, 36.
- Chaleur de combustion et de formation des composés organiques (Lemoult). ACP. Avril, 562.
- Chlorure cl’or. Réduction par le charbon de bois (Avery). Cs. 31 Mars, 255.
- Colloïdes. Préparation des éléments à l’état colloïdal. ZAC. 3 Avril, 632.
- Cordes. Encollage et apprêt du chanvre et du jute pour (Bouchonnet). RCp. § Avril, 131.
- Cristaux. Structure intime. Oxyde de titane (Sollas). Rso. 6 Avril, 267.
- Dessiccation des gaz sur sodium divisé (Matignon). ScP. 20 Mai, 358.
- Eaux. Influence des microbes sur leur composition (Roucliy). Pc. 16 avril, 373. Méthodes liydrotimétriques, modifications (Telle) (id.),-380.
- Éclairage. Fabrication de manchons à incandescence utilisant la soie artificielle etl’ammoniure de cuivre comme supports des oxydes (Bruno). Ms. Avril, 268.
- — Combustion, par incandescence, des
- gaz en présence des corps oxydables et des corps non combustibles (Meunier). CR. 6 Avril, 757.
- — Usine à gaz de Iiecklinghausen. J. f.
- Gasb. 28 Mars, 268.
- — Lampes à gaz à manchons, pouvoir éclairant (ici.), 289.
- Égouts. Application de l’essai de clarifica--tion aux eaux d’égout (Fowler, Evans et Oddie). Cs. 16 Mars, 205.
- Essences et Parfums. Essence de Magnolia Kobus (Charabot et Ledoux). ScF. 20 Mars, 381 et de Telranthera(icÉ), 383.
- — Divers. Cs. 16-31 Mars, 244.
- Évaporation (Vitesse d’) et détermination de l’état hygrométrique (Vaillant). CR. 16 Mars, 582.
- Explosifs. Fabrication du fulmi-coton par du chlorure de mercure (J. Moir). CN. 20 Mars, 133.
- — Fabrication de la nitroglycérine (Nathan et Rintoul). Cs. 16 Mars, 193.
- — Divers. Cs. 16 Mars, 247.
- — Platine explosif. Cs. 31 Mars, 285.
- Fluorures de gadolinium, neodymium et proseo-dymium (Popovici). CN. 3 Avril, 157.
- Gomme arabique Notes sur la (Endermann). PC. Mars, 217.
- Hélium. Recherche de faibles quantités dans les minéraux (Bordas). CR. 23 Mars, 628.
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-
-
-
- 604
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
- Laboratoire. Émulseur Shears. E. 20 Mars, 383.
- — Analyse des houilles au point de vue de
- leurs sous-produits, appareil Marchai. Ru. Février, 203.
- — Analyseur continu automatique pour
- gaz Strache. RdM. Avril, 218.
- — Dosage de l’ammoniaque dans les eaux
- (Ronchèse) ScP. 20 Mars 362.
- — — volumétrique du titane (Newton).
- CN. 20 Mars, 134.
- — — électrolytique. Ms. Avril, 264.
- — — Séparation quantitative électroly-
- tique de l’étain d’avec le fer, le manganèse et le chrome (Puschin). Ms. Avril, 262.
- — — des acides vanatique et molybdi-
- que mélangés. (Edgar.). American journal of science, Avril, 332.
- — — du fer par le permanganate de po-
- tasse après réduction par le sulfate de titane (Newton), (ici.). 343.
- — — de la vapeur de mercure dans Pair.
- (Ménière) CR. 6 Avril, 7b4.
- — Analyse du fromage : dosage de la
- graisse (Weibull. Jensen et Plattner), Ms. Avril, 249-232.
- — Emploi de l’étain comme cathode pour
- le dosage quantitatif rapide du zinc, cuivre, cadmium, nickel (Sherwood et Allemand). CN. 20-27 Mars, 137-149. Neo-Erbium (Hofmannet Burger). CN. 27 Mars, 143.
- Nitrification artificielle et nitrières à haut rendement (Muntz et Laîné). Ms. Avril, 228. Optique. Spectres d’absorption des cristaux de terres rares et leurs modifications dans un champ magnétique aux températures de la liquéfaction et de la solidification de l’hydrogène (J. ' Becquerel et Kamerlingh). CR. 23 Mars, 625.
- — Étalons lumineux pratiques (Bond). Fi. Mars, 189. Réalisation d’un (Stein-metz). Re. 15 Avril, 248.
- — Photomètre nouveau Paulus. LE. 28 Mars, 413.
- — Étude spectroscopique de flammes de di-
- verses natures(Hemsaleck et de Watte-ville). CR. G Avril, 748.
- Osmose des liquides. Rôle de l’imbibition (Flu-sin). ACP. Avril, 480.
- Pétrole. Fractionnement. Déllegmateur Henv Cs. 16 Mars, 217.
- Poids atomique du chlore (Noyés et Weber).
- CN. 20 27 Mars, 13 E. 146 3 Avril, 159..
- — — de l’Européum (Jantsh), CN.\0Aviùlr
- 173.
- Papier. Divers. Cs. 16 Mars, 243.
- Paratoluidine. Préparation (Friswell). Cs. 31 Mars, 258.
- Photographie en relief (Chauveau). CR. 6 Avril,.. 725.
- Rayons X bis (Bragg et Madsen). CN- 3 Avril,. 162.
- Radio-activité des minerais d’Uranium (Bolt-wood). American journal of science„ Avril 269.
- Résines et Vernis. Résine des différents conifères, traitement de la gomme des pins (Schkateloff). Ms. Avril, 217-237.
- — Copals Mouille et Pontinak (Coffl-
- gnier). ScF. Avril, 453.
- — Divers Cs. 16 Mars, 234.
- Séchage. Fours de. Electrochemical. Avril, 147. Soies du bombyx mori. Méthodes de caractérisation (Gianoli). MC. Avril, 103. Sucrerie. Détermination des sucres réducteurs par la dissolution de Fehling. (Walts etTempany). Cs. 16 Mars, 191.
- — Divers. Cs. 16-31 Mars, 237, 291.
- — — de sucre de cannes à Formose. E'..
- 27 Mars, 320.
- Tannerie. Constitution de l’acide gallotan-nique et des tannins (Lloyd). CN. 20 Mars, 133.
- — Divers. Cs. 16 Mars, 235.
- Teinture. Divers. Cs. 31,16 Mars, 218, 277.
- — Nouvelles machines à merceriser (Cha-
- plet). RCp. 22 Mars, 103.
- — Procédé pour rendre les noirs d’aniline-
- inverdissables (Jeannan,Oswald). SiM. Nov., 468.
- ‘ — Réserves azoïques et autres sous noir d’aniline (Plurauski). SiM. Nov., 472.
- — Avivage de rouge andrinople dans l’eau.
- sous haute pression (Romann) (Id.),.' 474.
- — Impressions frôlées. Effets nouveaux
- sur tissus lisses ou lainés (Baumann. et Thesmai'). (Id.), 476.
- — Étude de la teinture (Contribution à.
- F) (Pelet, Jolivet). MC. 1er Avril, 97..
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
- 605
- Teinture. Noirs au soufre. Rendement (Bu-ratti). (Id.) 105.
- — Nuances en impression sur laine peignée dite Vigoureux. MC. 1er Avril, 107.
- — Couleurs nouvelles. MC. 1er Avril, 108. — Colorants sulfurés. État de nos connaissances (Muraour). RCp. 5 Avril, 113.
- — Valeur d’un colorant. Son appréciation (Hoffmann). U. 15 Avril, 130.
- Tellure. Mélange deux éléments (Bettel). CN. ' 10 Avril, 169.
- Théorème de Clausius. Son extension (Amagat). CR. 16, 555.
- Valence. Origine de la théorie (N. Friend). GN. 10 Avril, 171.
- — et constitution des sels (NVyrouboff).
- ACP. Avril, 520.
- Viscosité aux. températures élevées (Fawsitt). Rso. 6 Avril, 290.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Algérie. Budget pour 1908. SL. Mars, 269. Allemagne. Commerce en 1907. Ef. 21 Mars, 409.
- — La crise. Ef. 28 Mqrs, 447.
- — Monnayage. SL. Fév., 248.
- — Banque d’Allemagne en 1907. Ef. 11 Avril, 519.
- Angleterre. Variations de la valeur du sol au xixe siècle. Ef. 21 Mars, 407.
- — Commerce extérieur en 1907. SL. Fév., 249.
- — Mouvement des prix. SL. Mars, 374.
- — Monnayage. (Id.), 373.
- — Loi de finances de 1907. (Id.), 364. Apprentissage au Grand, trunk. Rr. Canada.
- E'. 27 Mars, 334.
- — Patronage des apprentis de la ville de
- Grenoble (Vovard). Rso. 1er Avril 423.
- — Éducation des apprentis mécaniciens.
- E'. 10 Avril, 377.
- Autriche-Hongrie. Budget de 1908. SL. Mars, 362.
- Chine et les Chinois (Siegfried). SiM. Nov., 453; Ef. 28 Mars, 445.
- Colonisation et les peuples modernes. Ef. 11 Avril, 524.
- Tome 110. — Avril 1908.
- Danemark. Commerce extérieur en 1905-1906. SL. Mars, 375.
- Éducation technique en Amérique (Preece). SA. 10 Avril, 559.
- Espagne. Commerce extérieur. SL. Mars, 376. Etats-Unis. Organisation industrielle au point de vue ouvrier. EM. Avril, 92. France et Algérie. Industrie minérale en
- 1906. Gc. 21 Mars, 362.
- — Établissements dangereux et insalubres. Révision de la législation. Ef. 21 Mars, 412.
- — Droits sur les alcools et consommation par habitant. Ef. 21 Mars, 414.
- — Contrôle, dans les successions, des valeurs déposées à l’étranger. Projet de loi. Ef. 21 Mars, 415.
- — Titres à l’étranger. Id. 28 Mars, 441. . — Allumettes et tabacs. Exploitation du monopole en 1906. SL. Fév.,172 135. — Revenus de l’État en 1907. SL. Fév., 212.
- — Commerce extérieur. SL. Fév., 222,
- — Opérations de la Banque de France en
- 1907. SL. Fév., 228.
- — Fraudes en matière de succession.
- Projet de loi. SL. Mars, 280.
- — Accidents du travail. Application de la loi (Villemain). le. 25 Mars, 133.
- — Lock-out de la maçonnerie. Ef. 11 Avril, 517.
- — Lois récentes sur le mariage et la famille. Rso. 1er Avril, 387.
- — Contributions indirectes en 1907. SL.
- Mars, 292.
- — Provinciaux à Paris et œuvres provin-
- ciales. Cosmos, 4 Avril, 382-
- — Industries d’État (Les). Èf. 4 Avril,k8i,
- 492.
- — Distribution du travail à domicile dans
- la confection parisienne (de Vissée). Musée Social, Mars.
- — Taxe de fabrication à percevoir par hectolitre d’alcool pur à partir du 1er janvier 1909 (2 fr. 52). SL. Mars, 270.
- Habitation (L’) salubre à bon marché. Ef. 4 Avril, 486.
- Hollande. Situation commerciale. Ef. 21 Man, 485.
- Japon. Colonisation japonaise. Ef. 11 Avril, 521.
- 40
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-
-
-
- 606
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
- Jute. Production"et prix. Ef. 11 Avril, 523. Inde. Progrès des districts indigènes pendant les 40 dernières années (Barr). SA.
- 10 Mars, 454.
- Norvège. Commerce extérieur. SL. Mars, 379. Paris. Son budget. Ef. 28 Mars, 443.
- Pérou central. Transports et prix de la main-d’œuvre. Eam. 21 Mars, 589.
- Retraites ouvrières. Système belge. Ef. 21 Mars, 405.
- — Projet de Napoléon III. Ef. 21 Mars, 415.
- Russie. Résultats définitifs de l’exercice 1906. SL. Fév., 260.
- — Production et exportation du sucre en 1905-1906. SL. Fév.. 267.
- Suisse. Budget pour 1908. SL. Mars, 386. Vieillards (Rôle social des) (Delbet). Rso. 1er Avril, 410.
- Vins, beurres, alcools. Production et consommation dans les principaux pays. SL. Mars, 357.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Chauffage et ventilation des établissements industriels. Elé.28 Mars, 194.
- — à niveau et à circulation accélérée
- (d’Anthonay). Ri. 28 Mars, 128; Il Avril, 148.
- — Chauffage par pulsations Ronqueau.Ri.
- 11 Avril, 148.
- — Consommation des chaudières dans les installations domestiques. Ri. 28 Mars, 129.
- — Appareils à émulsion Granville, à aspiration Leroy, Nersi. Ri. il Avril, 148, 149.
- Ciment armé. Emploi dans les constructions. ACE. Mars, 297.
- — dans les fortifications. Le Ciment. Mars,
- 43.
- Colonnes en acier (Résistance des). ACE. Mars, 257.
- Drague à succion. Coupe-argile du lac Michigan. E. 3 Avril, 432.
- Fondations à air comprimé pour les buildings. Progrès récents (Usina). ACE. Mars, 212.
- Route moderne (La) (Vinsonneau). Ri. 4 Avril, 137.
- Tunnels sous l’Hudson, à New-York (Burr). AIM. Mars, 253.
- Ponts. Renforcement d’un pont de chemin de fer à double voie. E'. 20 Mars, 285.
- — du Nil au Caire. E'. 20 Mars, 286.
- — de chemins de fer américains. VDI.
- 21, 28 Mars, 451, 487; 4, 11 Avril, 529, 579.
- — Accident du pont de Québec. Rapport de la Commission. E. 27 Mars, 405 ; 3 Avril, 433; E'. 27 Mars, 325, 330; 3, 10 Avril, 355, 383 ; Gc. 4 Avril, 393.
- — basculants de Buffalo et de Port Rich-
- mond. Gc. 28 Mars, 374.
- —- transbordeur de Warrington. E'. 3 Avril, 341.
- — en ciment armé de Crewe Parltv E'. 3
- Avril, 346.
- — de Bellows Falls sur le Connecticut
- Montage. ACE. Mars, 202.
- ÉLECTRICITÉ
- Chauffage électrique des voitures. le. 10 Avril, 156.
- Conductibilité électrique dans les mélanges d’acide ou d,e base et d’eau (Boizard). ACP. Avril, 433.
- Coupe-circuit à fusible enfermé pour hautes . tensions de l’A. E. G. Ru. 30 Mars, 217.
- Convertisseur Westinghouse. Application à une machine d’extraction électrique. Elé. 21 Mars, 177. — En cascade (Bloch). Re. 15 Avril, 260.
- Décharges dans le vide (J. Thomson). E. 27 Mars, 410; 10 Avril, 473. Distribution. Retour par la terre des courants industriels, le. 25 Mars, 125.
- — Calcul des lignes à courants alternatifs
- (Blondel). Résumé pratique. LE. 28 Mars, 395.
- — Protection des circuits à haute tension.
- le. 25 Mars, 127.
- — Conduite pour câble du réseau de Bal-
- timore. Re. 30 Mars, 219.
- — Installation du Sud électrique (Desauge).
- Sie. Mars, 125.
- — Arrêté du 21 mars 1908 sur les condi-
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-
- LITTÉRATURE *DES PÉRIODIQUES. ---- AVRIL 1908.
- 607
- tions techniques à remplir par les distributions. le. 10 Avril, 161. Distribution. Prix de revient de l’énergie électrique fournie à l’industrie (Snell). Re. 30 Mars, 209.
- — Perte dans le réseau d’une grande sta-
- tion centrale (Elden). Re. 30 Mars, 215.
- Dynamos. Alternateurs polyphasés. Nouvel enroulement (Pimga). LE. 28 Mars, 41 i.
- — Iglises et Regner à débit constant sous
- vitesse variable. LE. 29 Fév. ; 4., 11 Avril, 267, 327, 39.
- — Échauffement du fer (Schmallz). Re.
- 15 Avril, 252.
- — continues pour turbines à vapeur
- (Pohl), {ici.), 253.
- Moteurs d’induction (Courbes des courants et séparation des pertes dans les) (Voll-mer). Re. 30 Mars, 220.
- — Séparation des pertes dans les moteurs asynchrones (Linke). Id. 221.
- — (Fuites magnétiques dans les) (Eff-
- mund). Le. 28 Mars, 409.
- — Série monophasée Oerlikon. LE. U
- Avril, 41.
- Électro-Chimie. Électrolyse des dissolutions d’acide chlorhydrique (Guilloz). CR.
- 16 Mars, 581.
- — Théorie de l’Electrolyse. Révision (Carhart). CN. 20 Mars, 140; 3 Avril, 160.
- — Plomb. Étain. Antimoine. Bismuth (Jumau). Re. 15 Avril, 266.
- — Divers. Cs. 16, 31 Mars, 232, 288.
- — Fabrication du protoxyde de silicium Potter. Re. 15 Avril, 266,
- — Fours électriques, sous l’action des fortes pressions. Réaction des (Peta-vel). Re. 28 Mars, 123.
- — Applications industrielles (Tucker).
- Cs. 31 Mars, o67.
- — Corrosions électrolytiques. E'. 10 Avril.
- 378. ••
- Éclairage. Incandescence. Les nouvelles lampes et les recettes des stations centrales. le. Z^Mars, 126.
- - à ampoules transparentes et dépolies. Étude comparative (Hyde et Cady). LE. 28 Mars, 412.
- Éclairage. Nouvelles lampes au point de vue chimique (Bohm). Ms. Avril, 270.
- Isolateurs en porcelaine pour 100 000 volts. Elé. A Avril, 2il.
- Mesures. Compensation des erreurs de déphasage dans les appareils de mesure (Sampner). LE. 28 Mars, 416.
- — Potentiomètre pour la vérification des
- voltmètres de précision Mullendorf. Elé. 4 Mars, 209.
- Règles de Maxewell et de Fleeming. Elé. 21 Mai, 186.
- Station centrale. Choix du moteur (Izart) Elé. 21 Mars, 181 ; 3 Avril, 213.
- — Hydro-électriques suisses. le. 25 Mars,
- 132; 10 Avril, 152.
- — des mines de la De Beers. Kimberley
- (Robburs). AIM. Mars, 117.
- — de Colliersville. Ri. 11 Avril, 141. Télégraphie sans fil, transatlantique. E.
- 20 Mars, 377.
- — Détermination de l’heure par la. (Bouquet de la Grye). CR. 30 [Mars, 673.
- — Ondemètre. Elé. 11 Avril, 230.
- — Le télépost, Delany. Fi. Mars, 173. Téléphonie. Installations privées. Elé. 11 Avril, 226.
- Transmissions à haute tension. ACE. Mars, 229.
- Transformateur à tension secondaire réglable. General Electric C°. LE. 11 Avril, 59.
- — Chute de tension et dispersion (Ben-sehke). Re. 15 Avril, 256.
- HYDRAULIQUE
- Canalisation hélicoïdale pour le transport du pétrole. Ac. Mars, 41.
- Compteurs d’eau (Les). Gc. 11 Avril, 420. Déversoirs en minces parois. Théorie del’écom lement (Boussinesq). CR. 12, 30, Mars, 615, 667.
- Forces hydrauliques de Norvège. Ap. 26 Mars, 389.
- Pompes centrifuges et ventilateurs, théo^ rie (Becl). VDI. 21, 28 Mars, 442, 504. nouvelles. Dp. 4 Avril, 215. Ruston Proctor. Ri, 11 Avril, 144,
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1908.
- 608
- Pompes à vapeur verticales. Abbot aux docks de Chatham. E'. 10 Avril, 37?.
- Pulsomètre. Emerson. Eam. 14 Mars, 555.
- MARINE, NAVIGATION
- Bateaux insubmersibles. Goulaeff. E. 10 Avril, 456, 475.
- Canaux de montagne Cammada. Gc. 18 Mars. 376.
- Gyroscope. Schlick pour diminuer le roulis (Wurl). SA. 4 Avril, 546.
- Hélices (Théorie des) Brandt. Dp. 11 Avril, 228.
- — Essais Flamm sur des modèles. E'.
- 3 Avril, 353.
- — modernes (les). E’. 20 Mars, 300.
- Machines marines au pétrole Diesel. Power. 24 Mars, 450.
- — Brooke. E. 3 juillet, 433.
- Marine de guerre. Prix de la vitesse des cuirassés. E'. 20 Mars, 299.
- — Forces navales des cinq grandes puissances. Gc. 28 Mars, 369.
- — Dimensions comparatives des cuirassés.
- — Cuirasse moderne et son attaque (Tresi-dder). E. 10 Avril, 484.
- — Contre-torpilleur Yarrow, pour la marine grecque. E. 3 Avril, 448.
- — Torpilleurs et contre-torpilleurs modernes (Thornycroft). E. 10 Avril, 477, 487.
- Paquebot à turbines du canal. E. 20 Mars.
- — Lusitania. Sa vitesse (Bell). E. 10 Avril, 489.
- Pêcheries. Développement des ports anglais de (Austen). E. 27 Mars, 395. j
- Propulsion électrique des navires. Elé. 11 Avril, | 232. |
- Sauvetage d’un bac charbonnier. E1, 10 Avril, | 382.
- Yacht Alexandra, du roi d’Angleterre. Er,
- 27 Mars, 328.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Abaques d’alignement (Clark). RM. Mars, 238.
- Arbres (Alignement des; par un ül d’acier (Nourse). AMa. 21 Mars, 338. I
- — Oscillations torsionnelles (Wallace). E. I 10 Avril, 481. . ’
- Aérostation. Aéroplane de l’avenir (L’). Va. 21 Mars, 189.
- — Poids utile maximum que peut enlever un aéroplane (Girardville). CR. 6 Avril, 742. Indicateur d'horizontalité (Dorrel). Technique automobile. 15 Avril, 49.
- — Rôle de la torsion positive dans les hélices aériennes et les aéroplanes (Amans). CR. 6 Avril, 791.
- — Moteurs d’aviation. Va. 28 Mars,
- 204.
- —. Conditions d’utilisation des ballons dirigeables actuels (Boutteaux). CR. 6 Avril, 745.
- — Aéronef Malicot. La Nature, 4 Avril,
- 277.
- — Aviation. État actuel (Espitallier). Gc.
- 4,11 Avril, 398, 409.
- Bielles (Déformation des). Calcul (Thonet). RM. Mars, 267.
- Chaînes Renold. Va. 21 Mars, 183. Chaudières (Rendement des). E. 10 Avril, 471.
- — à tubes d’eau Durr. Ri. 21 Mars,
- 118.
- — Alimentation. Réchauffage par la va-
- peur vive. E. 20 Mars, 371. Ri. 21 Mars, 113. •
- — — Épuration. Filtre Dunkelberg. Ac.
- Mars, 45.
- — — Pompes alimentaires Walson. E'.
- 10 Avril, 369.
- — Délartreur de tubes Miles. E’. 27 Mars,
- 323.
- — Cheminée en tôle et briques. Démoli-
- tion. Ri. 11 Avril, 144.
- — Foyers. Réparations par soudure auto-
- gène. Dp. 28 Mars, 200. A sciure Power. 7 Avril, 536. Analyse de gaz. Leur utilité (id.), 530.
- — Surchauffe. Chaleur spécifique de la
- vapeur surchauffée (Thomas). E. 27 Mars, 415.
- — Pertes de chaleur par conductibilité
- avec la vapeur surchauffée (Eberle). VDI. 4-11 Avril, 539, 569.
- — Purgeur Winter Power. 24 Mars, 472.
- — Tuyauteries de haute pression (Fischer).
- Power. 31 Mars, 512.
- — — pour installations industrielles
- (Housman). EM. Avril, 68.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
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- Chaudières. Yaporisalion. Formation de la vapeur (H. Smilh). E'. 27 Mars, 314. Compresseurs. Soupapes Kiebelbach. SvE. 8 Avril, 518.
- Engrenages. Calcul des (Codron). Ct. 15 Avril, 148.
- — rapides Reavell. E'. 10 Avril, 379.
- — turbo Parsons. Gc. 11 Avril, 413.
- — rotatif Jager. Dp. 11 Avril, 225. Graisseur Lefèvre. Pm. Avril, 50.
- Levage. Ascenseurs hydrauliques à haute
- pression. Power. 24-31 Mars, 440, 489 ; 7 Avril, 532.
- — Appareils de manutention (Thomson). EM. Avril, 33.
- — Cableways Bleichert dans la République Argentine. E. 20 Mars, 361 ; 3 Avril, 425.
- — Élévateurs pour cendres et mâchefers (Zimmermann). Bec. Avril, 511.
- — Escaliers .mobiles Reno Wismer 11 or-
- quart. Gc. Mars, 364.
- — Manutentions électriques. Gare de New-
- castle. Rgc. Avril, 308.
- — Pont roulant de 5 tonnes à grue
- valseuse Pickering. E. 20 Mars, 365.
- — Palan électrique Pilling. RM. Mars,
- 320.
- — Verrin hydraulique Cridland. RM. Mars, 305.
- Machines-Outils. Ateliers Àrrol. Construction de ponts. E. 20 Mars, 559.
- — de l’État hongrois. E'. 27 Mars, 313;
- 10 avril, 365.
- — Renolds. AMa. 4 Avril, 416.
- — du Fresco Rr. à Springfleld. Locomo-
- tives et wagons. BCC. Avril, 515. de Burbach. Pm. Avril, 52.
- — Organisation des ateliers. EM. Avril,
- 26-82.
- — Alésage d’un petit cylindre court. AMa.
- 21 Mars, 346.
- — Calibres pour cônes. AMa. 11 Avril,
- 458.
- — Fraiseuse Fosdyck. Ri. 4 Avril, 135.
- Fraisage circulaire (Monnier). Tech-o nique automobile. Avril, 53.
- — Meulage (le) (Norton). E. 20 Mars,
- 372.
- — — des cylindres d’imprimerie Beyer
- Peacock. E1. 20 Mars, 302.
- Machines-outils. Meulage par courroies Blevney. AMa. 4 Avril, 419.
- — Perceuse multiple Stead. AMa. 4 Avril, 414.
- — Presse à ébaucher les roues de wagons laminées. Gc. 28 Mars,'387. Fabrication des. RclM. Avril, 260.
- — Scies à métaux Herbert. Ri. 28 Mars, 121.
- — Tours verticaux spéciaux. AMa. 4 Avril, 433.
- — Vis (Machines à) (Tarauds et fdières pour). AMa. 28 Mars, 379.
- Moteurs à, gaz (Théorie des) (Bock). VD1.
- 4 Avril, 521. Prix de la puissance (Clehorn). Poiver. 7 Avril, 526.
- — Essai d’un moteur Crossley. E1, 20 Mars, '303.
- — Installations américaines. Power. 31 Mars, 478.
- . — Prix approximatif de la puissance des moteurs (Cleghorn). Power. 31 Mars, 479. /
- / — Grands moteurs. Power, 31 Mars, 492.
- — à pétrole Tylor. E. 20 Mars, 370.
- — à vapeur. Coût de la force motrice
- (NVay). Power, il Mars, 406.
- — — Bollinka. Rc. 4 Avril, 133. Greene.
- Power. 7 Avril, 532.
- . — Équilibrage des machines alternatives. (Bourrey). Gc. 21 Mars, 360.
- — Grosses et têtes de bielles (Volk). VDI. 28 Mars, 488.
- — Turbines (Les). Ef. 20 Mars, 293.
- — — Tracé des aubes (Snow). Power.
- 17 Mars, 391.
- — — (Théorie des) (Steinmetz) (id.). 17-
- 24 Mars, 429, 406 (Marmor). RM. Mars, 221.
- — — Essai d’une turbine (Franklin).
- Power. 24 Mars, 438.
- — — Beluzzo Baldwin Mertz Dake Holz-
- warth, Zvonicek. Boyd. Kruesi. General Electric C°. Atkison Hodgkinson Samuelson Wilkinson Piguet. Gradda et Conti Curtis Belliss et Morcom. Parsons. Emle. Stevens Oerlikon. Skodawerke Bassett. Cramp Steinmetz. RM. Mars, 270-304. Curtis. Réglage. Power. 31 Mars, 483. Résistance des matériaux. Pièce comprimée excentriquement. Calcul
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- AVRIL 1908.
- (Thonet). RM. Mars, 264. Essais par barrettes entaillées. Règles allemandes (Ehrensberger). RdM. Avril, 207.
- Serrures. Verrou de sûreté Pashkoff. Gc. 28 Mars, 382.
- Transmission par friction (Goss). Ri. 11 Avril» 140.
- Textiles. Courbure et tension du fil. ballon, au continu à anneaux (Arnould). It. 15 Nov. 1907, 415; 15 Avril 1908, 157. Tissu éponge. Métiers à (id.), 15 Avril, 141.
- MÉTALLURGIE
- Alliages binaires (Revillon). RCp. 22 Mars, 93 ; 5 Avril, 124. D’or. Travaux‘au laboratoire de M. Tammann (Porteviu). RdM. Avril, 182.
- Argent. Cyanuration à Guanajuato. Eam. 4 Avril, 710.
- Cubilot d’urgence Green.-E. 27 Mars, 413.
- Cuivre. Affinage électrolytique. Elé. 28 Mars, 198.
- - — Procédé Dwight-Lloyd. Eam, 28 Mars,
- 649.
- Fer et acier. Nomenclature uniforme pour le fer et l’acier. Alitf. Mars, 227.
- — L’acier et son emploi (Lake). AM A, 21 Avril, 477, 518. Cristallisation et structure (Baycoff). RdM. Avril, 177. Constituant des aciers (Osmond) [id.), 205.
- — Enfourneurs divers. Dp. 28 Mars, 197.
- — Hauts fourneaux (Chargeurs de). Dp. 21 Mars, 177. Loups dans les creusets (Osann). RdM. Avril, 255.
- -----diagrammes de (Bresker). SuE. 18
- Mars, 391.
- -----de Staveley. E. 27 Mars, 389; 10 Avril,
- 459.
- — Laminoir Grey, à Betlehem. SuC. 18 Mars, 400.
- — Fonderie de la Gasmotorenfabrik ûeutz. SuE. 1-8-15 Avril, 459, 513, 547.
- — Électrosidérurgie (Fours d’). Electroche-mical. Avril, 143.
- Fours au pétrole. Arsenal de Mare Island. Gc. 11 Avril, 415. Fours Martin. Cons-
- truction (Gille). RdM. Avril, 230. Fours au pétrole. Corrosion des water jacqueLs des fours (Douglas). AIM. Mars, 179.
- Fours à réverbèreh charbon pulvérisé (Shelby). EaM. 14 Mars, 541.
- Or. Cyanuration au Mexique. Eam. 4 Avril, 703.
- Zinc. Progrès récent de la métallurgie (Johnson). Fc. Mars, 227.
- — Calculs de métallurgie (Richards). Elec-trochemical. Avril, 141.
- MINES
- Australie occidentale. Ressources minérales (Rason). S4- 3 Avril, 533.
- Boisages en acier dans les mines de charbon. Eam. 21 Mars, 602. SuE. 15 Avril, 554.
- Canada. Production minérale en 1907. Eam. 21 Mars, 598.
- Diamant à Mapini, Mexique. Eam. 4 Avril, 718.
- Éclairage électrique. Pm. Mars, 42; Avril, 58.
- Fer chromé. Gisements de Grèce (Habets, Bo-nanos). Ru. Fév., 129, 140.
- Fonçage du puits de Sancy (Beuret). Im. 2cm, (1908), 273.
- Grisou. Explosions récentes. Eam. 14 Mars, 553.
- — Poussières dans les mines anglaises (Brejnaert). AMA. Déc., 532.* Et explosifs : rapport de la commission du Nord (Didier). Im. 2me(1908), 42.
- — Incendie de Ja mine de Homestake.
- Eam. 28 Mars, 633.
- Diamants dans l’Arkansas (Locust). AIM. Murs, 187.
- Houillères de Sagamore. Eam. 21 Mars, 605.
- — Anthracites. Bassin du Sud de Pennsyl-
- vanie. Eam. 28 Mars, 653. Sa récupération des tas. Eam. 4 Avril, 720.
- — Méthodes paléontologiques pour l’étude
- stratigraphique du terrain houiller (Renier). Ru. Fév., 149.
- Mexique. Élévation et dégradation du plateau mexicain (Hill). Eam. 4 Avril, 681.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- AVRIL 1908.
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- Mexique. District de Cliihuahua. (Ici.) 689.
- — Pétrole au Mexique. (Ici.) 697.
- — Caractère et habitudes du mineur mexicain. (Id.) 700.
- Or. Réduction des dépenses d’exploitation au Rand. Eam. 14 Mars, 547.
- — Rendement du Rand. Eam. 21 Mars, 593.
- Pétrole. Découverte du naphte dans le Caucase occidental (Yermoloff). AM. Déc., 511.
- Pétrole. Terres huileuses de la rivière Alha-basca (Canada). AIM. Mars, 157.
- Préparation mécanique. Expérience sur les « Water Jigs « (Hansell). EaM. 28 Mars, 641.
- Remblayage hydraulique. Rapport de la commission du Nord (Sainte-Claire De-ville), Im.,2* (1908), 345.
- Russie. District de Bogoslovsk. AIM. Mars, 197.
- Le Gérant: G. Richard.
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- 107* ANNÉE.
- MAI 1908.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- AGRICULTURE
- l’amélioration des espèces végétales de grande culture, par M. Schribaux,. professeur à Llnstitut agronomique, directeur de la Station d’essais de semences (1).
- Messieurs,
- Il n’est point nécessaire d’être botaniste, agriculteur ou amateur, pour avoir remarqué la merveilleuse transformation qui s’est accomplie, au cours des dernières années, dans la production des espèces végétales cultivées. Les plantes des champs et des jardins, celles des. vignobles et des vergers, tontes en ont bénéficié. Nulle part, mieux qu’à Paris, on ne trouve autant d’occasions de suivre cette évolution : les parterres de nos jardins publics, le commerce des fleurs et des fruits, et, par-dessus tout, les magnifiques expositions de la Société nationale d’Horticulture et du Concours général agricole, en fournissent un témoignage éclatant aux observateurs les moins curieux des choses de la nature.
- On compte au moins 12 000 sortes de roses, 5 000 orchidées ou chrysanthèmes, 4 000 variétés de pommes, autant de poires et plus encore de raisins, etc. Le blé, la pomme de terre, parmi les plantes de grande culture, ne présentent pas une moindre richesse de formes, et chaque campagne, parmi les fleurs surtout, voit encore grossir le nombre des nouveautés. Où s’arrêtera-t-on?
- Ces conquêtes de la culture, disons-le bien haut, nous les devons en presque totalité à des praticiens, à leur esprit d’observation et à leur sagacité. Jusqu’à ces derniers temps, en eff et, l’étude biologique des plantes agricoles ne jouissait pas d’une plus grande faveur auprès des agronomes qu’au près des
- (i) Conférence du 26 avril 1907. Tome 110. — Mai 1908.
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- AGRICULTURE.
- MAI 1908.
- botanistes. Les premiers étaient trop absorbés par les recherches d’ordre chimique; chez les botanistes, serait-ce une manifestation nouvelle du dédain que les savants ont si longtemps professé pour les questions utilitaires, ou bien ont-ils reculé devant les difficultés du problème?
- Par une heureuse réaction, quelques savants, en très petit nombre encore, à la vérité, commencent à l’aborder avec une ardeur et un succè’s auxquels on était certes loin de s’attendre, il y a seulement une douzaine d’années.
- lu cours du xixe siècle, la chimie et la mécanique ont renouvelé la production agricole; au cours de celui qui commence, tout le fait présager, la biologie promet de conduire à des résultats non moins surprenants.
- *
- * *
- Une amélioration quelconque de nos espèces végétales, vous ne l’ignorez pas, a pour point de départ une déviation d’un type donné, une modification des formes existantes. Variations naturelles, à la création desquelles l’homme demeure étranger; variations artificielles, issues de croisements, de greffes ou de mutilations, sont étudiées à l’envi en ce moment, et les méthodes rigoureuses inaugurées dans ces recherches délicates, ont déjà fourni des résultats aussi encourageants qu’imprévus: Dans cette causerie, je désirerais vous exposer,-à grands traits, les nouvelles données acquises à la science, dans ce domaine spécial de la biologie, en m’arrêtant seulement à celles qui sont susceptibles d’une application pratique.
- La création des variétés nouvelles est déjà arrivée à un haut degré de perfection : bon nombre ont été fabriquées pour ainsi dire sur commande.
- C’est le cas, par exemple, du blé Dattel mis dans le commerce par la maison Vilmorin, il y a une vingtaine d’années. Le blé Chiddam à paille rouge, blé' d’origine anglaise, était alors très apprécié, à cause de son beau grain blanc et de la régulari té de ses rendements ; pourtant, les cultivateurs de la région de Paris lui faisaient le reproche d’être de trop petite taille, défaut très sérieux pour ceux qui vendent leurs pailles dans la capitale à des prix très avantageux. M. Henry de Vilmorin est allé au-devant de leur désir : il croisa le Chiddam avec un grand blé, d’origine anglaise également, le Prince-Albert; après six années d’une sélection judicieuse, M. de Vilmorin offrait à sa clientèle un Chiddam à longue paille : c’est le Dattel.
- Je vous citerai encore un exemple topique rapporté par un agronome doublé d’un botaniste,par le professeur américain Bailey. « Il y a quelque deux ou trois-ans, dit Bailey (1), un grainetier important de l’Est des États-Unis eut l’idée
- (1) Bailey, La production des plantes (trad. Itarraca, p. 129).
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- 'd’une nouvelle forme de haricots à cosse, qui se recommanderait de suite à ses clients. Il était si bien convaincu des mérites de sa variété future, qu’il en fit la description et prit un nom pour elle. Il écrivit alors à un cultivateur de haricots connu, décrivant la variété projetée et donnant le nom : « Pouvez-vous me le faire? » demanda-t-il.— « Je vous ferai volontiers ce haricot», répondit le producteur. Le grainetier annonça alors dans son catalogue qu’il introduirait bientôt un nouveau haricot, et, pour conserver la propriété du nom, le publia en même temps que l’annonce. Deux ans après, ajoute Bailey, je visitai le •cultivateur. « Avez-vous obtenu votre haricot? » demandai-je.— « Mais oui, le voilà. » Certainement il l’avait, et le produit répondait très bien au but requis. » Ces faits curieux prouvent la surprenante malléabilité de la matière vivante, et, chez l’éleveur habile, la confiance dans les modifications qu’il parvient à lui faire subir.
- I. — COMMENT PROCÈDENT LES PRATICIENS EN, VUE d’oRTENIR DES VARIÉTÉS NOUVELLES?
- Quels sont donc les procédés employés par l’éleveur de plantes, pour obtenir la profusion étonnante de formes dont la culture dispose actuellement, et arriver à leur faire acquérir les qualités recherchées par le consommateur?
- La machine végétale nous est donnée. L’éleveur n’a pas, comme l’ingénieur, la ressource d’en modifier à son gré le mécanisme ou le fonctionnement, mais il est une force toujours active qui travaille pour lui, quand il sait la diriger et comprendre ses manifestations : je veux parler de la variabilité.
- Avez-vous remarqué qu’on ne rencontre jamais deux êtres vivants entièrement semblables? « Un être nouveau, suivant l’expression do Baudement, n’est pas une épreuve de plus d’une page stéréotypée une fois pour toutes. » Ecartons ies plantes qui se croisent facilement : la betterave, le maïs, les choux, etc., par exemple. Considérons-en une, telle que le blé, à fécondation directe, c’est-à-dire chez laquelle les organes femelles d’une fleur déterminée sont fécondés par les organes mâles de la même fleur. Celle-ci étant fermée à l’introduction de pollen étranger, la consanguinité, si l’on peut se servir de ce terme, quand il s’agit de plantes, est absolue. Un mariage accidentel avec une fleur étrangère peut se produire, nous l’avons constaté au cours de nos expériences; mais ce cas est tout à fait exceptionnel, et pourtant le blé varie. Semez les grains d’une même touffe de blé dans des conditions aussi comparables que la culture le permet, vous relèverez des dissemblances dans les plantes qui en sortent. Procédez scientifiquement. Pour écarter toute cause d’erreur personnelle, portez votre attention sur un caractère assez stable et susceptible de mesure, par exemple sur la longueur moyenne qui, dans l’épi, sépare deux étages d’épillets; portez ces longueurs en abscisses, et en ordonnées le nombre des
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- AGRICULTURE.
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- individus correspondant aux.différentes longueurs, vous obtiendrez une courbe symétrique, avec un seul sommet, lequel correspond aux individus du type moyen. La lignée, la descendance, oscille autour du type moyen, comme le pendule oscille autour de la verticale. Ces variations de faible amplitude, qu’on appelle fluctuantes, — le terme de variations oscillantes serait cependant bien plus expressif, — n’ont pas d’intérêt pour l’édeveur; ce sont les variations accentuées qui deviennent la souche des formes nouvelles. Il est certain que nos ancêtres, les premiers agriculteurs, se sont arrêtés d’abord aux variations extrêmement marquées. A mesure que le coup d’œil devient plus sur, l’analyse plus pénétrante, à mesure que les moyens d’observation se perfectionnent, — aujourd’hui on s’adresse à la balance, à l’analyse chimique, à la loupe, au microscope, on fait appel aux méthodes de représentation graphique, — les variations se révèlent de plus en plus nombreuses, ce qui augmente les chances d’en rencontrer d’intéressantes.
- Plaçons-nous dans la situation d’un agriculteur venant de discerner une* forme nouvelle lui paraissant méritante. Quel parti va-t-il en tirer? Deux cas peuvent se présenter : ou bien la variation se transmet fidèlement à la descendance. D’emblée, elle peut devenir la soùche d’une nouvelle race; il ne resta plus qu’à en éprouver les qualités, afin de s’assurer si elle mérite ou non de prendre une place spéciale parmi ses congénères.
- Envisageons le second cas : en semant les graines de la forme nouvelle, une-fleur double, si vous voulez, on constate qu’une partie seulement des enfants hérite de la plante-mère, demeure fidèle au type, dit le praticien. On ne retient alors comme porte-graines, comme reproducteurs, que les individus possédant, au plus haut point, l’amélioration désirée. Si le sélectionneur est judicieux, il ne mélange pas les semences des pieds conservés ; et suit avec soin les générations successives sorties du même pied; il fait, comme on dit, de la culture généalogique ou de la culture pedigree, pour ne s’occuper que des lignées les plus constantes et les meilleures. Retenez ces expressions de sélection généalogique ou de culture pedigree qui reviendront souvent au cours de cette causerie..
- Lorsque, à chaque génération, on enregistre un progrès continu,la sélection se poursuit pendant plusieurs années, aussi longtemps que l’hérédité n’est pas complète; ce résultat atteint, nous retombons dans le cas précédent.
- Mais l’éleveur n’est pas toujours aussi heureux : il se peut très bien que la sélection, répétée de génération en génération, n’arrive pas à rendre la variation héréditaire. S’agit-il de plantes de grande culture, du blé, des betteraves et autres espèces se multipliant exclusivement de graines, il faut abandonner la partie. M. de Vilmorin et M. Trocim ont découvert un ajonc marin sans épines, lequel aurait pu rendre en Bretagne d’immenses services à la culture fourragère ; il leur fut impossible de le fixer : toujours, il est revenu à la forme épineuse.
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- AMÉLIORATION DES ESPÈCES VÉGÉTALES DE GRANDE CULTURE.
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- L’horticulteur possède plusieurs cordes à son arc. Découvre-t-il, par exemple, sur un rameau de pommier, des fruits supérieurs à ceux des autres parties de l’arbre, par le volume, la saveur ou le coloris? Il se gardera bien d’en semer les pépins, sachant par expérience qu’il obtiendrait ordinairement un sauvageon, produisant des fruits petits, âpres, dont nos ancêtres de l’âge préhistorique pouvaient seuls faire leurs délices. Le précieux rameau sera morcelé en boutures, en greffons, lesquels reproduiront intégralement la varia tion.
- Nos meilleures variétés d’arbres fruitiers, de pommiers, de poiriers, de pêchers, etc., nos plus jolies variétés de fleurs de roses, d’œillets, de chrysanthèmes, de dahlias, d’orchidées, de tulipes, etc., etc., doivent pour la plupart leur origine à des variations instables fixées par la multiplication asexuelle, c’est-à-dire par le greffage et le bouturage.
- En grande culture, deux plantes seulement, la pomme de terre et le houblon, se reproduisent par voie asexuelle. Un tubercule de pomme de terre n’est pas autre chose qu’une bouture. C’est à la multiplication asexuelle qu’il faut attribuer la profusion de variétés que nous possédons, profusion paraissant d’abord d’autant plus étonnante que la culture de la pomme de terre est très récente, remonte chez nous à peine à un siècle.
- On rencontre quelquefois aussi des rameaux panachés, des rameaux pleureurs : ce sont des anémiques, des maladifs; on rencontre également des pommes, des raisins, des oranges sans pépins, des fleurs doubles et stériles, véritables monstres au point de vue’naturel. C’est encore le greffage et le bouturage qui nous les conserveront et les préserveront d’une disparition certaine. L’horticulteur, afin de sauver les types mal armés dans la lutte pour l’existence, fabriquera de toutes pièces le sol de son jardin, modifiera le climat local par rétablissement de serres, d’abris, etc., et, s’il le faut, pratiquera même la fécondation artificielle.
- L’horticulteur, vous le voyez, puise à pleines mains parmi les variations naturelles, sûr qu’il est, le plus souvent, de les perpétuer par la multiplication asexuelle, et par la possibilité de plier le milieu à leurs exigences. L’horticulteur est un artiste, donnant à peu près libre cours à sa fantaisie dans la création de types nouveaux; c’est de plus un privilégié, car une nouveauté fait généralement prime sur le marché. L’agriculteur, au contraire, doit agir en-industriel; pour lui, la plante vivante, le blé, la betterave, le chanvre, le colza sont des machines de transformation, des machines qui fabriquent de la matière vivante avec des matériaux tirés du sol et de l’atmosphère. Il ne s’agit pas d’objets de luxe ; la mode et ses caprices n’ont rien à voir avec la plante de grande culture, avec sa valeur économique, valeur déterminée par le marché universel, ou tout au moins par un marché très étendu.
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- Pour être parfaite, la plante cle grande culture devrait satisfaire, au plus haut degré, aux trois conditions suivantes :
- 1° Etre adaptée au milieu vivant et non vivant. Cette condition, vous le comprenez, domine les autres de très haut. Quel intérêt, en effet, je vous le demande, une plante excellente à tous égards, lorsqu’elle se développe normalement, présenterait-elle, si elle ne résistait pas au milieu vivant et non vivant;; si elle ne résistait pas à la chaleur ou au froid, aux insectes, aux champignons-qui sévissent dans la station où elle est appelée à vivre?
- 2° En second lieu, la plante de grande culture doit être une machine puissante, capable de fournir des rendements élevés.
- 3° Enfin, elle doit livrer des produits de qualité excellente, être très riche en sucre, s’il s’agit de betteraves, en filasse, s’il s’agit de lin, etc.
- L’éducation de la plante, pas plus d’ailleurs que celle de l’homme, ne conduit à la perfection. Le type parfait est pourtant celui que le sélectionneur doit avoir sans cesse devant les yeux, vers lequel il lui faut, sans jamais se lasser, orienter la race à perfectionner. Une nouveauté agricole n’a droit à l’existence que si elle marque, sur les types anciens, un progrès économique appréciable, en d’autres termes, si elle procure au cultivateur un bénéfice plus élevé.
- J1 s’ensuit que toute expérience d’amélioration d’une plante de grande culture comporte une double opération :
- 1° La recherche de variations, en aussi grand nombre que possible ; plus on en possède, plus on a de chances d’en découvrir do bonnes;
- 2° Un essai cultural suffisamment prolonge des nouveaux types, essai opéré en comparaison avec les types anciens, et l’élimination impitoyable des individus qui ne leur sont pas franchement supérieurs.
- L’adaptation au milieu mérite que nous nous y arrêtions. Les plantes de grande culture, étudiées dans les localités où, de longue date, elles sont habituées à vivre, trahissent la double intervention de l’homme et du milieu.
- . Le cultivateur agit en égoïste; au cours des siècles, il a encouragé le développement des parties de la plante qui lui sont particulièrement utiles, do la racine dans la betterave, de l’épi dans le blé, des feuilles dans le chou fourrager; il a pratiqué, avec plus ou moins de méthode et d’esprit de suite, la sélection artificielle ; mais la nature n’abdique jamais complètement ses droits. La plante, elle aussi, a travaillé dans son propre intérêt ; quel est donc l’intérêt supérieur de la plante? C’est d’abord d’assurer son existence et ensuite de perpétuer sa race. Pour elle, le meilleur moyen d’atteindre ce double but, consiste à vivre en bonne harmonie avec toutes les influences ambiantes. Le milieu vivant et le milieu non vivant l’ont façonnée à leur image, sacrifiant sans pitié les individus réfractaires ; les plus malléables et en même temps les plus aptes, les mieux armés pour la lutte, ont seuls survécu et assuré la conservation de l’espèce.
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- AMÉLIORATION DES ESPÈCES VÉGÉTALES DE GRANDE CULTURE.
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- Nos plantes cultivées sont, en définitive, le produit de la sélection artificielle combinée avec la sélection naturelle. L’influence de la sélection naturelle se montre toujours prépondérante; elle a si bien assoupli nos plantes de grande culture, elle'les a si bien ajustées au milieu, que les propriétés de celui-ci étant connues, les propriétés de celles-là le sont également : tel milieu, telle plante.
- Prenons l’exemple du blé. Dans une localité, il existe de riches terres d’al-luvion à côté de terres pauvres ; nous sommes sûrs de découvrir dans les premières des variétés exigeantes et à grands rendements ; dans les autres, des races rustiques, plus précoces, mais aussi moins productives.
- Changeons de climat; transportons-nous par la pensée d’une limite à l’autre de l’aire géographique du blé, du cercle polaire aux tropiques. A la limite septentrionale extrême, à cause des hivers longs et rigoureux, on ne fait que des céréales de printemps. Pendant les jours sans nuit des hautes latitudes, — c’est notre éminent confrère M. Tisserand qui parle, — la machine végétale fonctionne sans subir d’arrêt ; au bout de trois mois, le blé est mur., Il faut bien que le blé se presse, afin d’arriver à maturité et de ne pas être saisi par les premiers froids. Dans l’extrême Sud, où la sécheresse paralyse.de bonne heure la végétation, nous trouvons des blés d’une précocité analogue ; l’adaptation au climat froid dans le Nord, et l’adaptation au climat sec dans le Midi, ont abouti au même résultat.
- En Angleterre, pays à climat doux et régulier, les blés poussent longtemps, sont tardifs, se montrent sensibles aux froids rigoureux et aux sécheresses extrêmes. On devine que les blés de la vallée de la Garonne (Japhet, Noé, Bordeaux, etc.) soient également frileux, sensibles aux attaques de la rouille, du charbon, défauts qu’ils tiennent des conditions climatériques du pays natal. Au contraire, les blés du climat vosgien, comme le blé d’Alsace, par exemple, manifestent une résistance extraordinaire aux rigueurs de l’hiver.
- Le trèfle fut importé, il y a environ un siècle, d’Europe en Amérique ; il nous revient aujourd’hui défiguré, couvert de poils qui en réduisant la transpiration l’aident à supporter les étés secs des Etats-Unis ; il nous revient sensible au froid et aux attaques des champignons. Nous n’aurions pas de peine à multiplier les exemples.
- La notion d’adaptation a rendu et rendra encore des services signalés à la production végétale. Quand, soit par suite de l’introduction de la culture intensive, ou par suite de l’apparition d’insectes, de champignons, le milieu change brusquement, l’équilibre entre celui-ci et les anciennes variétés du pays se trouve rompu ; il faut alors se mettre en quête de variétés habituées de longue date aux conditions nouvelles. C’est ainsi que les anciens blés de la région du Nord ont été complètement supplantés par les blés anglais et par les blés de la vallée de la Garonne.
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- Faut-il rappeler qu’après avoir lutté vainement pendant longtemps par les •insecticides contre le phylloxéra, on s’est résigné à vivre avec lui? On a remplacé alors les cépages français par des vignes américaines, c’est-à-dire originaires Al’une région où les vignes, subissant probablement depuis des siècles les attaques du terrible insecte, s’y étaient adaptées. Les premières vignes américaines importées en France se refusaient à pousser dans les terres calcaires : elles chlorosaient d’une façon désespérante. M. Tisserand envoya en Amérique mon •excellent collègue à l’Institut agronomique, M. Viala, à la découverte de cépages poussant normalement en terres calcaires infestées par le phylloxéra. Ce sont •ces vignes, le Berlandieri en tête et ses dérivés, qui ont résolu le problème.
- La simple substitution de races étrangères aux races locales a joué, au cours des cinquante dernières années, dans le perfectionnement de la flore de nos champs et de nos prairies, un rôle extrêmement utile. Les races nouvelles dont nous sommes si fiers, que nous décorons du nom de variétés améliorées, sont, pour la plupart, le produit du milieu, des variétés adaptives bien plus que le résultat de l’intervention raisonnée du cultivateur. "
- Malheureusement, les importations nouvelles ne furent pas toujours heureuses.
- Les luzernes et les trèfles d’Amérique, par exemple, dont les semences sont recherchées par le commerce depuis une vingtaine d’années, à cause de leur bas prix, se mélangent peu à peu dans nos champs aux variétés indigènes mieux adaptées au climat et plus productives. Le mal est certainement très grave.
- L’Amérique, à laquelle nous devions déjà le phylloxéra, le mildiou de la pomme de terre et de la vigne, le black-rot, pour ne citer que les fléaux les plus redoutables, a soumis notre agriculture à une nouvelle épreuve, en lui envoyant récemment, avec les semences de ses mauvaises légumineuses, de nouvelles espèces de cuscutes à gros grains (Cuscuta suaveolens, Cuscuta arvensis). Arriverons-nous jamais à les extirper complètement de nos cultures ?
- On peut en douter; étant très grosses, pour les éliminer en totalité, il faut, d’abord s’adresser à des machines spéciales et consentir ensuite à faire un déchet considérable qui arrêtera bien des négociants. Pour avoir raison du parasite, je no vois qu’un moyen vraiment efficace : ce serait de défendre la vente de semences cuscutées.
- IL -- ORIGINE DES VARIATIONS NATURELLES
- Je viens de vous exposer, très sommairement, par quelles séries de mesures le praticien est arrivé à tirer des variations naturelles, on peut dire la presque totalité des meilleures variétés do grande culture dont nous disposons aujourd’hui.
- Comment les variations successives qui ont orienté progressivement les races vers leur perfectionnement ont-elles pris naissance? Cette question, qui
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- intéresse au plus haut point l’agriculture, soulève en même temps un des problèmes les plus passionnants que l’esprit humain puisse aborder, le problème de l’origine des espèces vivantes et de leur destinée.
- Si nous arrivions à déterminer exactement les conditions qui, dans la nature, président à la transformation des êtres vivants, nous ne tarderions pas à l’imiter, et le problème si intéressant, d’une portée si haute, de la création expérimentale des formes nouvelles, aurait fait un pas décisif.
- A ce sujet, consultons à la fois les praticiens et les savants.
- Jusqu’à ces dernières années, la conception darwinienne de l’origine des espèces était à peu près généralement acceptée. Pour Darwin (1), vous le savez, les espèces se modifient par degrés insensibles ; elles marchent d’un mouvement lent et continu jusqu’à ce qu’elles atteignent un état d’équilibre correspondant au milieu où elles se trouvent placées.
- Une théorie scientifique est rarement le développement de celle qui la précède : d’ordinaire, elle en est l’antithèse. Nous en faisons l’expérience une fois de plus à propos des variations. A la doctrine darwinienne de l’évolution lente et continue, Hugo de Vries, professeur à l’Université d’Amsterdam, oppose nettement celle des changements brusques et fortuits, il oppose ce qu’il appelle la théorie des mutations [2). Un individu nouveau apparaît tout à coup au milieu de ses frères et de ses compagnons engendrés au même moment dans des conditions identiques ; s il ne se marie pas avec des plantes voisines, sa descendance constitue d’emblée une nouvelle variété.
- Les agriculteurs, les producteurs de blé, de betterave penchent pour la théorie des changements lents ; nous ne devons pas en être surpris : Darwin s’étant surtout inspiré de leurs idées pour édifier sa doctrine.
- Au contraire, les horticulteurs inclinent nettement pour l’apparition brusque des variétés. A priori, je me rallierais à l’opinion des derniers.
- La culture jardinière, en effet, est presque une culture de laboratoire. La faible étendue des surfaces qu’on lui consacre, l’habitude de les travailler à bras, d’isoler les plantes dans les plates-bandes, de les récolter une à une, rendent les comparaisons faciles. Un bon jardinier arrive, pour ainsi dire, à connaître ses choux, ses salades, comme un berger arrive à distinguer les moutons de son troupeau. La comparaison étant facile, ai-je dit, l’esprit d’observation du jardinier se développe nécessairement; il finit par acquérir une sûreté d’appréciation parfois extraordinaire. Pour le stimuler, il y a aussi l’appât du gain résultant de la découverte d’une nouvelle variété.
- Si l’examen individuel des plantes s’impose lorsqu’on veut découvrir des
- (1) Darwin, l’Origine des espèces.
- ,(2) De Vries, Die Mutationstheorie.
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- variations, il faut convenir que le cultivateur de blé, de luzerne, se trouve bien mal placé : dans l’enchevêtrement des chaumes de blé ou des tiges de luzerne, je vous défie de distinguer sûrement les épis d’une même touffe, de ceux de la touffe voisine. Les présomptions, si fortes qu’elles soient, en faveur de l’opinion des jardiniers, ne sauraient pourtant nous satisfaire. Combien de fois les partisans de l’immutabilité de l’espèce n’ont-ils pas répété aux transformistes : « Montrez-nous donc une espèce nouvelle qui se soit formée sous vos yeux? Pour entraîner notre conviction, nous vous demandons de nous en fournir l’histoire authentique et circonstanciée. »
- C’est ce que de Vries, d’un côté, et.Nilson de l’autre, ont fait récemment pour des formes nouvelles issues de variations brusques.
- De Vries, professeur à l’Université d’Amsterdam, poursuit, depuis 1896, aux environs de cette ville, l’étude de l’onagre (Oenothera Lamarckiana), poussant dans un champ de pommes de terre abandonné, c’est-à-dire dans des conditions d’alimentation très exceptionnelles, conditions auxquelles une plante sauvage n’est guère habituée. Il ne fut pas peu surpris de voir apparaître des petites espèces, d’une constance remarquable, possédant des caractères si étranges et si particuliers, qu’il ne pouvait subsister le moindre doute sur leur identité. Pour citer un seul exemple, à côté d’une variété naine de 0m,25 de hauteur, il en a trouvé une autre qui atteint lm,50. La fixité de ces espèces a été vérifiée au Muséum d’histoire naturelle par M. Costantin.
- 1Sattira non fecit saltas, proclament les botanistes classiques. Ce serait donc tout le contraire qu’il faudrait dire.
- A côté de formes stables, de Vries a découvert également des formes instables et des formes affaiblies, mal armées dans la lutte pour l’existence et condamnées à la destruction.
- De Vries a saisi sur le vif le phénomène de mutation : il a assisté'à l’apparition brusque et bien inattendue des diverses sortes de variations naturelles dont l’homme s’empare en vue de faire progresser les espèces utiles.
- D’après la conception darwinienne, pour perfectionner une race donnée, il faudrait, à chaque génération, faire; choix, comme reproducteurs, des individus les plus aptes; il faudrait pratiquer la sélection continue; les améliorations iraient ainsi s’accumulant graduellement; le temps serait, avéc la sélection, le principal facteur du progrès ; l’éleveur devrait s’armer de patience dans la poursuite du résultat désiré.
- Le seigle de Sclilanstedt, pour citer un exemple, entre bien d’autres, a été obtenu après une sélection persévérante de vingt années. De Vries a discuté ce cas particulier dans la Revue Scientifique du 3 mai 1906. L’obtenteur, un agriculteur allemand du nom de Rimpau, opéra de la façon suivante : il est parti d’un certain nombre de très beaux épis, de même apparence, et en mélangea
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- les semences ; il en suivit la descendance, éliminant cliaque année les individus-inférieurs. Le progrès est allé sans cesse s’accentuant. Pour de Vries, les plantes-ne se sont nullement modifiées. Celles qui étaient bonnes à l’origine, seraient restées telles. En dépit de leur similitude extérieure, les épis choisis par Rimpair devaient être de valeur différente ; la sélection prolongée aurait eu simplement pour résultat d’épurer la race, d’éliminer peu à peu, par un triage judicieux, la descendance des épis inférieurs. S’il avait semé les épis séparément,, pratiqué en un mot la sélection généalogique, dans les différentes lignées, if aurait vite discerné la plus-parfaite, et après trois, quatre générations, il auraib obtenu ce qui lui a demandé vingt ans. « C’est, le choix initial qui décide,, déclare de Vries ; toute sélection ultérieure est superflue, voire même impossible. La sélection répétée, continue, si hautement vantée par les agriculteurs-serait une pure illusion. » Comme la plupart des apôtres d’une idée nouvelle,, de Vries tombe certainement dans l’exagération : la sélection a joué et jouera encore un rôle important dans l’amélioration des espèces végétales.
- Il ne semble pas douteux cependant, que les individus apparus brusquement aient été, dans la suite des siècles, la source principale de nos bonnes races ; il n’est pas moins certain qu’à la sélection on a souvent attribué desrésultats auxquels elle n’a pris aucune part. Je vous demande la permission de vous citer une observation personnelle. Depuis cinquante ans, dans nos écoles,, dans nos publications spéciales, on n’a cessé de préconiser la méthode de sélection généalogique rigoureusement appliquée par un agronome anglais, Hallett, aux blés bien connus qui portent son nom.
- Les expériences que j’ai poursuivies à la Station d’essais de semencesr avec la collaboration de M. Étienne, ont prouvé que Iiallett s’est laissé tromper par les apparences. Hallett a eu le grand mérite de deviner la valeur desvariétés sur lesquelles son activité s’est exercée : elles étaient naturellement bonnes, elles sont restées telles. On sait que Darwin s’est empressé de faire état des expériences de Hallett pour étayer sa doctrine. Je suis persuadé que bon nombre des affirmations de l’illustre philosophe, dans l’ordre d’idées qui nous occupe, ne résisteraient pas davantage à l’épreuve de l’expérience.
- La théorie des progrès .brusques, déduite des phénomènes de mutation, a reçu des travaux d’un agronome suédois, Nilson, une nouvelle confirmation.
- A Svalôf, petite localité du sud de la Suède, Nilson dirige, depuis 1892, un établissement agricole, aujourd’hui unique au monde, la Société scientifique pour la sélection des semences, Société qui%est devenue une véritable usine pour la fabrication des plantes améliorées. Après avoir essayé pendant quelques années et sans succès, comme avait déjà fait son prédécesseur, de la sélection en masse, telle que la pratiquait Rimpau, Nilson adopta la sélection généalogique, ce qui l’amena à découvrir ce fait de la plus haute importance
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- chaque variété, que nous sommes habitués à considérer comme une unité végétale, représente, au contraire, un mélange de petites espèces fixes, différentes, d’abord au point de vue morphologique, et, ce qui intéresse davantage le praticien, différentes également au point de vue de leurs propriétés physiologiques, de leurs propriétés utiles. Chaque A^ariété serait une mine, dans laquelle on arriverait à discerner, avec de la persévérance et de la clainmyance, des types répondant aux exigences multiples du cultivateur. Ainsi que de Vries, Nilson aurait, à bien des reprises, découvert des formes nouvelles et stables, qui sont apparues brusquement. Dans le nombre, il est arrivé à en distinguer qui seraient nettement supérieures à la. variété dont elles sont issues. Ces formes nouvelles une fois obtenues, on ne perd plus son temps à les sélectionner. Au champ d’expériences de la Société, on les met en concurrence aArec d’autres ayant fait leurs preuves, afin de juger de leur intérêt pratique. L’épreuve est-elle faATorable, on multiplie la Aariété inédite puis on la met au commerce. Vous devinez la portée pratique de cette découverte, si vraiment les petites espèces accusent entre elles des différences suffisamment marquées au point de Ame de la valeur utile.
- SAmlof possède un état-major de savants spécialisés, l’un dans l’amélioration du blé, l’autre, de l’aAToine ou des plantes fourragères. Chacun d’eux, au cours de la Arégétation et après la récolte, fait une A'éritable chasse aux formes nouvelles intéressantes. C’est de beaucoup la tâche la plus délicate. Toutes les ressources de la science sont mises à contribution, afin d’introduire la précision scientifique dans ces recherches de botanique délicate, Avisant toujours un résultat pratique. L’étude de la corrélation entre les caractères extérieurs et la valeur utile, a été poussée très loin, de sorte que la sélection morphologique permet déjà d’éliminer, du premier coup, avec assez de précision, les espèces de second ordre, et de réduire considérablement le nombre des essais en plein champ, essais toujours longs et coûteux. Des caractères, infimes en apparence, présentent souAmnt un très grand intérêt. Je citerai un seul exemple à l’appui de cette affirmation. Sur la face ventrale d’un grain d’orge, on découvre une petite baguette, plus fine que la plus fine aiguille, portant des poils qu’on aperçoit seulement à l’aide d’une forte loupe : les poils raides dénotent un grain de mauvaise qualité, les poils en tire-bouclion sont l’indice d’une qualité excellente pour la brasserie ; la forme de la base d’attache du grain, soit en biseau, soit en bourrelet, la présence de dents sur les nervures, servent également à distinguer les petites espèces d’orge. &
- Les botanistes systématiques ont tourné longtemps en ridicule ceux de leurs confrères qui s’adressaient à des caractères minuscules dans le classement des formes végétales. Ce sont ces « compteurs de poils », ces « pulvériseurs d’espèces », comme ils les appellent dédaigneusement, qui sont en train derévo-
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- lutionner les méthodes de perfectionnement de nos plantes cultivées et de-jeter un jour inattendu sur révolution des êtres vivants.
- III. -- VARIATIONS ARTIFICIELLES
- Au lieu d’attendre du hasard la naissance de formes nouvelles, nous devons avoir l’ambition d’en provoquer l’apparition?
- Quelles sont donc les notions empruntées à la science et h la pratiquo-qui seraient de nature à nous servir de fil directeur dans la création expérimentale des formes nouvelles ?
- La plante reflète si exactement les caractères du milieu, nous avons insisté sur ce fait il y a un instant, que celui-ci nous apparaît immédiatement comme-le principal agent de transformation des espèces végétales.
- Darwin, après avoir étudié les êtres vivants pendant des années, au cours de ses voyages autour du monde, demanda tout spécialement aux plantes, et aux animaux, à l’état de domestication, les matériaux de sa théorie de l’évolution, parce qu’ils lui ont paru posséder la plus grande variabilité. Nos plantes cultivées ont pour ancêtres des plantes sauvages. Celles-ci furent domestiquées en les transportant dans une terre ameublie, fumée, purgée de mauvaises herbes; dans certains cas, on les a soumises en outre à la taille et à des pincements, etc_ Or, ces opérations, quelles qu’elles soient, convergent directement ou indirectement vers un même but : la suralimentation. Entre toutes les influences du milieu, la suralimentation a joué le rôle prépondérant.
- Voici une mauvaise herbe des terres calcaires, plante annuelle à racines-^ligneuses, petite, sans aucune valeur comestible : il s’agit de la carotte sauvage,, l’ancêtre authentique de toutes nos variétés actuelles. A l’exemple de Louis de-Vilmorin, nous en avons semé les graines dans une terre de jardin. Dès la deuxième génération, la plante « s’affole'», disent les praticiens; dans une même plate-bande, nous avons trouvé à la fois des individus ressemblant au type original (fig. 1), d’autres dont les racines deviennent charnues et bisannuelles (fig. 2)..
- Parmi les dernières, choisissez comme reproducteurs les plus régulières et les plus tardives ; au bout do trois ou quatre générations, vous récolterez des carottes pesant jusqu’à 1 kilogramme et plus, les unes blanches, les autres jaunes,, ressemblant aux grandes races fourragères actuelles. Le Solanum violet et les autres variétés nouvelles de pommes de terre de M. Labergerie (1) et de M. Heckel (2)-dont on parle beaucoup en ce moment, sont également sortis de Solanum tubé-rifères sauvages suralimentés. Il serait facile de multiplier les exemples (3)..
- (1) Labergerie, le Solanum Commersoni et ses variations, 1905.
- (2) Heckel, Sur les Origines des pommes de terre cultivées.
- (3) Schribaux, Nouvelles variétés de pomme de terre (Bulletin de la Société nationale d’Agriculture, décembre 1907).
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- Fig. 1. — Carolle sauvage. l'kuile annuelle à racine ligneuse.
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- Les jardiniers disent couramment : « Dès qu’on a obtenu une ébauche de variation, du jour où la plante est déséquilibrée, affolée, il faut s’attendre à voir surgir d’autres déviations et dans différentes directions. »
- Rapprochons ces notions. Si imprécises qu’elles soient, elles autorisent à penser qu’en maniant convenablement le milieu, en le modifiant brusquement et profondément, alors que la plante est le plus impressionnable, — moment à déterminer par l’expérience directe, qui correspond généralement à la floraison,
- Fig. 2. — Carotte sauvage en voie de transformation à racine charnue, cultivée au jardin de l’Institut agronomique. La plante, devenue bisannuelle, se rapproche de la carotte cultivée.
- — on arrivera à provoquer l’éclosion de la tendance à la variation qui couve dans chaque individu.
- Un jeune savant des plus distingués, M. Blaringhem, a déjà inauguré cette méthode sur une plante très malléable, sur le maïs. Au moment où la croissance de la plante est le plus active, au moment où l’épi mâle est sur le point d’apparaître, et que les ovules des graines futures commencent à se développer, il blesse la plante, tord, incise, fend la tige ou la coupe au ras du sol. Vous trouverez dans la thèse de doctorat de M. Blaringhem (Paris, 1907) le détail de ses curieuses expériences; je n’en veux retenir qu’une seule. Sur cent plantes de maïs, coupées au niveau du sol, ayant survécu à l’opération, 76, soit les trois
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- quarts, ont livré des sujets anormaux. A côté d’anomalies partiellement héréditaires, il en a observé qui sont absolument constantes; pour citer un exemple, il a tiré du maïs de Pensylvanie, qui est très tardif, un maïs très précoce et entièrement fixe.
- Voilà un événement d’une grande importance, qui marquera dans l’histoire des variations provoquées artificiellement. Il n’est plus chimérique de penser que nous allons entrer dans une nouvelle phase : celle de la création expérimentale de nouvelles espèces végétales, autrement que par croisements, autrement qu’en intervenant dans les phénomènes de reproduction.
- Jusqu’alors, et intentionnellement, j’ai passé sous silence les variations résultant de mariages entre individus plus ou moins proches parents. Chez les plantes à fécondation directe (blé, orge, avoine), les croisements ne sont pas aussi rares qu’on serait tenté de le croire. A la Station d’essais de semences de-l’Institut agronomique, en étudiant les différents grains d’un même épi de blé Hunter, nous en avons découvert un qui provenait d’un croisement naturel. De Vries prétend que les croisements ont joué un rôle effacé dans la formation des races agricoles; cette affirmation me paraît hasardée. Si les individus issus de croisements se distinguent d’abord aisément par leur instabilité, au bout d’un temps plus ou moins long, nombre de formes se trouvent fixées, de sorte qu’on est tenté de les attribuer à des mutations.
- Depuis plus d’un siècle, depuis que nous connaissons le mécanisme de la fécondation chez les plantes, les horticulteurs, puis les viticulteurs ont eu recours bien souvent à la fécondation artificielle, en vue de créer des races nouvelles. Au moins jusqu’alors les agriculteurs s’adressentrarementàcette méthode.
- La technique des croisements est assez simple : une loupe, une pince bru-celle, des ciseaux de brodeuse, des sacs de toile ou de gaze et de l’ouate représentent tout le matériel nécessaire.
- Voici, en. deux mots comment on opère: avant la maturité des organes mâles, des anthères, alors qu’elles sont encore vertes, on les enlève avec une pince sûr da: plante qui doit jouer le rôle de femelle. Celle-ci une fois castrée,, on la coiffe d’un sac de gaze très fine, et on ferme l’ouverture avec de l’ouate.. Ces précautions ont pour but de prévenir l’apport de pollen étranger. Quand l’organe femelle, le pistil est mûr, ce qui se reconnaît an liquide visqueux sécrété par le stigmate', on dépose à la surface de celui-ci une ou plusieurs anthères bien jaunes, bien mûres de la plante mâle; les anthères ne tardent pas à éclater et à polliniser la femelle ; le sac de gaze est laissé en place jusqu’à ce que l’ovaire commence à grossir. L’exécution de ce travail suppose une réelle dextérité manuelle,. M. Etienne, préparateur à la Station, réussit, avec le blé et l’orge,' au moins quatre opérations sur cinq; les croisements d’avoinn
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- sont beaucoup plus délicats. Arrêtons-nous à quelques indications fondamentales en les appliquant au blé et à l’orge.
- Faisons remarquer tout d’abord, qu’en matière de croisements, si l’on veut suivre les phénomènes d’hérédité avec quelque précision, il faut envisager l’être vivant comme une juxtaposition, une mosaïque de caractères élémen-
- Blés nouveaux issus de croisements (lre génération).
- taires. D’ordinaire chacun de ces caractères se transmet comme s’il était seul.
- Produits de première génération. — Les produits de première génération se présentent avec une grande uniformité (fig. 3) : -
- En croisant un blé à grains blancs avec un blé à grains roux, nous avons toujours obtenu des grains roux.
- Un blé à paille et à épi rouges, croisé avec une variété à paille Tome MO. — Mai 1908. 42
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- et à épi blancs, nous ont donné des. métis à paille rouge et à épi roux.
- Un blé à épi lâche avec un blé à épi dense fournissent des épis intermédiaires, plutôt lâches que denses.
- Un blé barbu avec un blé sans barbes, livrent des épis sans barbes ou très légèrement barbus, et à la pointe seulement.
- Les caractères qui apparaissent à la première génération, grains roux, paille et épi rouges, épi lâche, épi sans barbes, sont appelés caractères dominants. Ce sont ceux, en effet, qui prédominent toujours dans les générations successives. Voilà déjà une notion intéressante à retenir. Les caractères opposés ou symétriques : grains blancs, paille et épis blancs, épis denses, épis barbus, sont appelés caractères dominés et plus ordinairement caractères récessifs.
- Dorénavant, nous désignerons un caractère dominant quelconque par la lettre d, un caractère récessif par la lettre r.
- Produits de seconde génération. — L’uniformité des métis de première génération laisserait d’abord croire qu’on a obtenu une nouvelle race immédiatement fixée. Le caractère dominant se manifeste seul chez tous les métis de première génération; quant au caractère récessif, il existe cependant, mais à l’état latent ; ce qui le prouve bien, c’est que la descendance des métis varie et reproduit les deux caractères opposés. Le symbole clr est celui qui convient à ces produits de première génération. On dit couramment, l’expression est devenue classique, que chez les métis, la variation désordonnée est la règle. C’est notre ignorance, il faut bien le confesser, qui, dans ces phénomènes, voit le désordre et la confusion.
- Jusqu’à présent, du moins, nous ne saurions, chez les métis des générations successives, rattacher à une formule précise l’apparition de telle ou telle couleur dans le grain ou dans la paille, pas plus d’ailleurs que la densité des épis.
- Si la transmission de ces caractères échappe encore à nos prévisions, il n’en est pas de meme, pour ne citer qu’un exemple, de la présence ou de l’ahsence de barbes. Ces caractères s’héritent, nous allons le voir, suivant une règle mathématique, comportant de très rares exceptions, de sorte qu’en opérant un croisement, on peut annoncer à l’avance ce qui adviendra des barbes dans les générations successives.
- L’épi carré sans barbes, par exemple, croisé avec le Riéti, lequel possède de longues barbes étalées, nous a fourni, pour 100, à la deuxième génération :
- 23 plantes barbues, pour 77 sans barbes ; le croisement inverse a livré 27 individus barbus pour 73 sans barbes, soit à peu près exactement 25 des premiers pour 75 des seconds, ou encore 1 des premiers pour 3 des seconds. Les caractères opposés pour lesquels se vérifie, à la seconde génération, la relation numérique 1 : 3, entre le caractère récessif et le caractère dominant, sont appelés aujourd’hui caractères mendéliens, du nom d’un moine au tri-
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- Père. Mère.
- Blés nouveaux issus de croisements (2® génération).
- Mère. Père.
- Fig.-4. — 25 métis sur 100 possèdent des barbes; 75 p. 100 en sont dépourvus.
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- chien, Mendel, qui fit cette découverte en 1865, découverte fondamentale dans^ l’histoire de l’hérédité et passée inaperçue jusqu’en 1900 (fig. 4).
- 3e Génération. — C’est la troisième génération qui va nous édifier sur le' degré de stabilité des métis de 2° génération. Elle nous apprend que les individus barbus, — on en compte 25 p. 100, avons-nous vu, — reproduisent des individus également barbus; le caractère récessif se trouve fixé. Sur 75 p. 100 d’individus sans barbes, 25 p. 100, 1 sur 3, ne fournissent que des blés sans barbes; chez ces plantes, le caractère dominant se montre héréditaire; 50 p. 100' varient comme ont varié les métis de première génération. D’ordinaire, ces 50 p. 100 se reconnaissent en presque totalité dès la deuxième génération : à la pointe seulement de l’épi, ils portent des rudiments de barbes dont quelques-uns mesurent plus d’un centimètre de longueur. Aux règles que nous venons-de formuler, il y a quelques exceptions, mais elles sont très rares.
- Voici l’interprétation donnée par Mendel à sa découverte géniale.
- Un grain, vous le savez, provient de l’union d’une cellule mâle et d’une cellule femelle; les individus uniformes de la première génération proviennent, de l’union d’un élément, porteur du caractère dominant d et d’un élément porteur du caractère récessif r. A la deuxième génération, pour une raison inconnue, ces caractères se séparent l’un, de l’autre au moment de la formation des éléments mâles et des éléments femelles; ils ne peuvent plus cohabiter dans les memes cellules sexuelles : on dit qu’il se produit une disjonction des caractères.. Lorsque les éléments sexuels s’uniront, il pourra se produire 4 combinaisons
- 1° cl x d~ (kl — d,2.
- 2° r X r = rr = r2.
- 3° cl (mâle) x r (femelle) = clr.
- 4° rf (femelle) x r (mâle) = rd.
- Mais les croisements réciproques livrent des produits similaires, de sorte qu’on peut écrire dr = rd.
- La somme de des quatre combinaisons = d- + r2 + 2 dr =. (d-+ r)2. Quelle est la valeur numérique relative des trois termes r2, d2, 2dr ?
- Il y a des probabilités pour que les éléments porteurs du caractère d se-trouvent en meme nombre que les éléments porteurs du caractère r; il est probable aussi, d’autre part, qu’ils se trouvent en nombre égal dans chacune des combinaisons. Cette hypothèse admise, si nous considérons 8 éléments, sexuels, nous trouverons 4 d et 4 r, et chaque combinaison nous donnera :
- lr x ïr = r2 = une plante chez laquelle le caractère récessif est fixé.
- 1 d x 1 d = cl2= une plante chez laquelle le caractère dominant est fixé.
- ld x 1 r =dr— une plante réunissant les deux caractères, instable, par conséquent.
- 1 r x I d = rd = une-seconde plante réunissant les deux caractères et également instable..
- Dans le cas de nos blés, sur 4 plantes de deuxième génération, nous en
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- trouverons une (25 p. 100) avec barbes, qui ne donnera désormais que des plantes barbues, une (25 p. 100) sans barbes, qui ne donnera désormais que des plantes sans barbes, et deux plantes instables (50 p. 100).
- Diagramme d’un croisement entre un blé barbu (Riéti) et un blé sans barbes (Épi carré D. K.).
- 9 e
- rjr C dr O dr
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- À • • O O O ô
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- _ Légende _ _ .
- O
- dd;.
- Les variations des jinétis instables des générations successives obéissent à la anême règle que celles des métis delre génération.
- d _ Caractère^ dominant; (absence* de- barbe#J . r _ Caractère, récessif' {présence; débandes J.
- Blé barbie, chex, lequel le caractère récessif eslfiocé.
- Blé sans barbes, choc lequel le; caractère; dominant? esbjïœé.
- Blé sans barbes, à; caractères instables.
- Fig. 5.
- La prévision théorique se trouve être entièrement d’accord avec nos expériences.
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- Le diagramme ci-dessus exprime d'une façon plus saisissante la loi d’hérédité. La forme non barbue est représentée par un cercle blanc, la forme barbue par un cercle noir (tig. 5).
- Un croisement d’orge à deux rangs (orge Hanna) avec une orge à six rangs (orge Albert) nous a fourni une nouvelle vérification de la loi de Mendel (fig. 6 et 7) en ce qui concerne le nombre de rangs observés chez les métis..
- Circonstance remarquable : certains métis possèdent parfois des caractères qui ne se rencontraient chez aucun des parents. Deux blés roux croisés entre eux peuvent très bien donner naissance à des individus à grains blancs. Parfois, ce sont des caractères physiologiques nouveaux qui apparaissent. Le croisement des deux orges, Hanna et Albert, nous a fourni des variétés, les unes plus précoces, les autres plus tardives que l'un quelconque des parents, en meme temps que des types intermédiaires, comme précocité, outre ces deux extrêmes.
- La figure 8 nous représente, en regard des ascendants, 4 types de métis.
- Voici à quelle date les uns et les autres sont arrivés à maturité à notre champ d’expériences :
- Hanna. 25 juillet. Métis n° 1.
- Albert. 28 juillet. — 2.
- — 3.
- — 4.
- 28 juillet.
- 2 août. 25 —
- 19 —
- Démarquez, ën outre, que les métis 1, 2, 3 sont plus développés que les ascendants dans toutes leurs parties; ils ont livré de la paille plus longue et des épis plus fournis.
- Il s’ensuit qu’en opérant beaucoup de croisements, et en multipliant les métis sur de grandes surfaces, on a de grandes chances de découvrir des nouveautés intéressantes qui se fixent plus ou moins rapidement. Mais c’est là « une méthode très onéreuse, à la portée seulement des établissements qui dispo-r. seul de ressources importantes.
- Les caractères obéissant à la loi de Mendel sont fréquents, mais il existe bien plus de caractères dont la transmission est capricieuse, pour lesquels les lois d’hérédité, infiniment moins simples, n’ont pas été formulées. A bien des égards encore, le croisement est, comme on l’a dit, « un jeu de hasard qui se joue entre l’homme et la nature ». Nous savons encore très peu sans doute, mais nos connaissances ne tarderont certainement pas à s’étendre et à se pré-* ciser. Ce n’est pas seulement le degré de certitude de l’opération qui augmente, c’est l’amplitude des croisements effectués en ce moment. Imbus des idées de Linné, nous n’osions pas marier des plantes tant soit peu éloignées dans sa classification. Des audacieux ont croisé le^blé et le seigle, croise-
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- Orges nouvelles issues de croisement (lre génération).
- a, b 1 i | Ü : li- a
- Fig. 6. — a. Orges à deux rangs. — b. Orges à 6 rang.
- I. Hanna x Albert. — II. Albert X Hanna.
- Les métis des deux croisements inverses sont tous à deux rangs.
- Orges nouvelles issues de croisements (2e génération).
- Hanna x Albert.
- 7. — 75 p. 100 des métis (ceux de gauche) sont à 2 rangs comme Hanna et 25 p. 100, à 6 rangs comme Albert.
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- ment.n’ayant, il est vrai, qu’un intérêt de curiosité. En Amérique, Burbanck aurait, obtenu, assure-t-on, des fruits inconnus, en croisant le pommier et le poirier, le prunier et l’abricotier, et nombre d’autres aussi curieux. Ce court
- Fig. 8.
- aperçu témoigne que la question des croisements, comme celle de la sélection, est entrée franchement, elle aussi, dans une voie nouvelle qui promet d’être féconde au point de vue pratique comme au point de vue théorique.
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- ' 'IV. -- QUELQUES EXEMPLES d’AMÉLIORATION DES PLANTES DE GRANDE CULTURE
- ‘ *
- Pour terminer, il me paraît indispensable d’entrer un peu dans le domaine de la pratique, de compléter les notions générales que je viens de présenter, en vous signalant quelques exemples d’amélioration de plantes de grande culture : en première ligne, celui de la bettcraye à sucre, de beaucoup le plus remarquable; je vous dirai ensuite quelques mots des céréales et des plantes de prairies, les deux groupes qui ont fait plus spécialement l’objet des travaux de la Station d’essais de semences de l’Institut agronomique.
- Betterave à sucre. — Je choisirai, comme type de plantes améliorées, la plus précieuse de nos plantes industrielles, la betterave à sucre. Entre toutes nos espèces cultivées, c’est celle qui a été l’objet des travaux les mieux raisonnés et les plus persévérants. Il faudrait plusieurs conférences pour l’étudier sous ses'divers asjDects : je me bornerai à quelques indications succinctes.
- Lorsqu’un profane, visité une sucrerie moderne, il est tenté d’attribuer au puissant outillage qu’il a sous les yeux, aux diffuseurs, aux triples effets, etc., l’abaissement extraordinaire du prix du sucre pendant ces dernières années. En réalité, l’hohncur de ce résultât revient en bonne partie à Louis de Vilmorin, à l’initiateur de la création des betteraves riches.
- Si un cataclysme venait à faire disparaître les meilleures races existantes, nos connaissances actuelles nous permettraient d’arriver assez vite à les régénérer. Il faudrait partir do la betterave sauvage qui pousse à l’état spontané sur notre littoral, et la cultiver comme M. de Vilmorin a cultivé la carotte sauvage. En procédant ainsi, M. Hélot, en France, MM. Proskowetz et Scliindler, en Autriche, sont parvenus à produire, au bout de quelques générations, des racines atteignant sensiblement le poids normal des betteraves améliorées, et ne renfermant pas moins de 12 à 16 p. 100 de sucre, plus que les anciennes betteraves cultivées en France avant 1884. N’est-ce pas là un résultat très remarquable ?
- Je suis persuadé que nos meilleures racines industrielles sont plus proches parentes de la betterave sauvage que les betteraves fourragères.
- Voici, Messieurs, deux betteraves sauvages cultivées au champ d’expériences de l’Institut agronomique : la première (fig. 9) a conservé les caracr-tères du type original; elle possède une petite racine ligneuse et monte à graine la première année; la seconde (fig. 10), est en voie de variation; elle est bisannuelle et possède une racine charnue. J’imagine que la célèbre racine originale de Louis de Vilmorin, regardée comme l’ancêtre plus ou moins direct des meilleures races actuelles, racine qu’on nous dépeint comme étant petite et fourchue, ressemblait à celle-ci. Cette racine devait être une plante en voie de régression, retournant à l’état sauvage.
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- Betterave sauvage en voie de transformation, cultivée au jardin de l’Institut agronomique.
- Fig. 9. — Plante annuelle à racine ligneuse, ressemblant au type sauvage.
- Revenons à notre betterave spontanéer amenée par MM. Ilélot, Proskowetz et Schindler à un poids satisfaisant et déjà moyennement riche en sucre; comment opérer pour en augmenter la valeur industrielle? Actuellement, on pratique successivement trois sélections distinctes, une sélection morphologique, une sélection chimique et plus rarement une sélection physiologique.
- La sélection morphologique se poursuit dans le champ même, au moment de l’arrachage des racines ; elle est basée sur les caractères extérieurs de la racine, l’époque de maturité, la résistance aux maladies.
- L’étude prolongée de la betterave a permis de relier très exactement les caractères extérieurs à la richesse sucrière, de-sorte que la sélection morphologique,, opérée avec soin, permet d’écarter déjà avec une certitude presque complète les individus défectueux. Des feuilles abondantes, une racine bien régulière, sans-ramifications, à collet réduit et surbaissé, deux sillons profonds et contournés.en-spirale, une peau rugueuse plutôt que lisse, une chair dure, craquant sous le-couteau, faisant saillie sous la peau, tels, sont les caractères d’une bonne betterave à sucre (fig. 11 et 12).
- La figure 11 vous représente des racines bien conformées, la figure 12, des. racines de forme particulièrement défectueuse.
- J’arrive à la sélection chimique. Chacune des racines conservées est présentée à un foret évidé, tournant à 2000 tours à la minute, foret qui la .traverse de part en part, en réduisant la substance en une-
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- Betterave sauvage en voie de transformation, cultivée au jardin de l’Inslitut agronomique
- Cliché E. Soyez -
- Fig. 11. — Racines bien conformées de J. Hélot.
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- pulpe presque fluide qu’on fait tomber du foret, à l’intérieur duquel elle s’est • emmagasinée, (fig. 13) dans une capsule tarée. La betterave, après avoir reçu un numéro d’ordre, est placée ensuite dans un classeur. La composition de la racine n’étant pas uniforme, il va de soi que le forage se fait toujours au même niveau dans les différentes betteraves.
- Voici un laboratoire d’analyses de betteraves (fig. 14). Une [équipe de femmes, dites peseuses, pèse exactement 4gr,023 de pulpe. La pulpe est versée
- Cliché K. Soyez.
- Fig. 12. — Betteraves de forme défectueuse.
- clans un ballon; on ajoute ensuite de l'eau, et du sous-acétate de plomb. Le sucre diffuse à froid et instantanément; une seconde équipe filtre le mélange. Ce liquide filtré est passé ensuite au polarimètre continu (fig. 15). L’opération marche très vite : un laboratoire de vingt personnes analyse de 5 000 à 6000 betteraves par jour. Les betteraves analysées renfermant moins de 15 à 16 p. 100 de sucre sont éliminées. Ce chiffre varie naturellement d’une année à l’autre; les racines conservées sont classées en différentes catégories, suivant la richesse et le poids, en mères, grand’mères et élites.
- Les moins bonnes, les mères, fourniront directement la graine commerciale; les grand’mères, comprenant les betteraves plus riches, sont ainsi dési-
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- gnées, parce qu’elles livrent les semences commerciales à la deuxième génération. Les racines exceptionnelles appelées élites représentant souvent moins d’un pour 1 000 des racines analysées — la proportion varie d’une maison à l’autre — sont l’objet, chez MM. Hélot et Gorain, drüne sélection généalogique. Parmi les élites, on distingue encore les racines exceptionnelles comme poids et comme richesse; on en dresse l’état civil avec soin, et on les soumet à la sélection généalogique, afin de s’assurer du degré d’hérédité de leurs-
- Cliuiie E. Soyez.
- Fig. 13. — Extraction de la pulpe du foret-râpe.
- caractères. De celles chez lesquelles l’hérédité se montre satisfaisante, on lait des « têtes de famille », c’est-à-dire la souche de nouvelles races.
- Un mot seulement de la sélection généalogique.
- Une betterave n’est pas un individu, mais une colonie, une collectivité ’r chaque bourgeon qui pousse à l’aisselle de chaque feuille, représente l’individu. En voici une preuve; vous voyez sur cette racine (fig. 16) un bourgeon monter à graines la première année, alors que tous les autres se développeront seulement la deuxième année. Afin de pousser aussi loin que possible la sélection des élites, voici comment on opère : les racines, plantées de très bonne heure,.
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- Fig. 15. — Dosage du sucre au polarimêtre continu.
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- dans une serre tempérée, développent des bourgeons (fig. 17); ceux de la périphérie sont détachés séparément; ils fournissent des boutures (fig. 18) qui
- Fig. 16. — Betterave avec un bourgeon annuel.
- sont repiquées en serre dans de la terre très légère; les bourgeons du milieu du collet sont détachés avec une petite gouge et implantés sur une racine
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- décapitée : ce sont les greffes qu’on plante dans des pots laissés en serre jusqu’à la reprise complète (fig. 19). .
- D’une même betterave, on arrive à tirer jusqu’à 30 boutures et 30 greffons, après quoi, la racine mutilée est sectionnée en quatre. Greffes, boutures, quartiers issus de la même mère, sont plantés côte à côte; toutes les familles qui
- Cliché E. Soyez.
- Fig. 17. — Betterave-élite devant fournir des boutures et des greffes;
- manquent d’uniformité sont sacrifiées. Ce procédé, inauguré en France par MM. Gorain et Hélot, permet d’obtenir des races plus stables, et en même temps-de tirer d’une racine d’élite jusqu’à trente fois la quantité de graines livrée par la méthode ancienne (fig. 20) (1).
- (1) J’adresse mes plus vifs remercîments à notre collègue M. Hélot, auquel je suis redevable de la presque totalité des photographies relatives à l’amélioration de la betterave.
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- > On peut, dès lors, conserver beaucoup’moins de racines; et limiter le choix, par conséquent; aux individus de tout premier ordre. /
- Cliché E. Soyez.
- Fig. 18. — De 1 à 20, boutures provenant d’une même betterave-élite. — 21 à 24, quartiers . de la betterave qui a fourni les boutures.- -
- Tome 110. — Mai 1908.
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- Nos betteraves industrielles ont visiblement progressé dans ces dernières années; elles sont devenues, non seulement plus riches en sucre, plus pauvres en sels mélassigènes, mais encore plus régulières sous le rapport de la richesse et de la productivité, beaucoup moins sensibles aux influences extérieures défavorables. Malheureusement, le caractère de richesse ne s’incruste pas dans la variété; il faut répéter la sélection chimique, au moins de deux en deux générations, sous peine de voir la variété rétrograder et perdre le bénéfice d’efforts antérieurs, très longs et très coûteux. Les races actuelles de betteraves ne dérivent donc pas de petites espèces bien définies, comme celles de Nilson
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- Fig. 19. — Greffes de betteraves-éliles laissées en serre jusqu’à la reprise complète du greffon.
- et de de Vries. Découvrira-t-on jamais, soit en partant du type sauvage, soit en partant des variétés cultivées existantes, une forme de mutation assez fixe pour qu’on puisse, sans danger, opérer la sélection à des intervalles assez éloignés? L’avenir nous le dira.
- Céréales. — Bon an, mal an, nous récoltons en France pour 2 milliards do blé. Ce chiffre formidable dit assez toute l’importance du plus petit progrès réalisé dans la.production de cette plante. Nous avons marché à grands pas dans la production du blé depuis vingt, trente ans, principalement dans les régions betteravières du Nord de la France. Aux nouveaux blés, ayant pris la place
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- des variétés de pays, revient une part importante dans cet heureux résultat.
- Pourquoi abandonner les anciens blés de pays, pliés au sol et surtout au climat? C’est que, presque du jour au lendemain, la culture intensive ayant changé la fertilité du sol, les blés do pays, suralimentés, versaient avant la maturité du grain et ne produisaient guère que de la paille. A un nouveau milieu, il fallait de nouvelles variétés.
- On est tout naturellement allé les chercher dans des pays fertiles, principalement en Angleterre et dans la vallée de la Garonne, où, de longue date, les blés étaienl habitués à une copieuse alimentation. Mais on ne change pas impunément les plantes de climat.
- Les blés anglais — à défaut d’expériences directes, le climat du pays d’origine nous l’eûl fait prévoir — souffrent assez souvent des gelées dans la région de Paris ; de plus, le soleil de l’été les échaudé; il ne faut donc pas songer à les cultiver sous le climat vosgien. aux altitudes élevées, pas, plus que dans les régions méridionales. Ceux de la vallée de la Garonne, on le devine, lorsqu’on les transporte dans le Nord, se montrent également sensibles au froid, sensibles à la rouille, aux champignons ; de plus, ils échaudent dans le Midi extrême de la France.
- Les nouvelles créations de blés visenl surtout la quantité et la qualité de la récolte: chose curieuse, on n’a pas songé à corriger méthodiquement les défauts capitaux que je
- Fig. 20. — Aspect d’une betterave
- viens de signaler. C’est vers ce but que greirée lors de la récolte des graines, tendent les expériences culturales actuellement en cours à la Station d’essais de semences de l’Institut agronomique.
- Pour y arriver, nous avons eu recours à la méthode des croisements. Voici, entre bien des opérations, les plus intéressantes (1).
- Le roi des blés anglais comme productivité, le blé DK, à grain blanc, a été croisé, d’un côté avec le blé d’Alsace habitué au froid, en vue de le rendre plus résistant aux hivers rigoureux; d’autre part, avec un blé italien, le Riéti, afin de le rendre plus précoce et moins sensible à l’échaudage.
- (1) Schribaux, Amélioration des blés à grands rendements (Journal d'agriculture pratique, août et septembre 1907).
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- * Le Japliet a été croisé avec le Riéti dans le but de rendre le premier moins sensible aux maladies cryptogamiques.
- Le Roussillon, blé de l’extrême Midi, mais peu prolifique, a été croisé avec le Riéti et le Resplat, dans l’espoir d’en accroître les rendements tout en conservant sa précocité.
- Nous récolterons cette année de 20 à 30 quintaux de ces métis, et si les ressources ne nous font pas défaut, nous les transporterons, afin de les mettre à l’épreuve du climat, les uns dans la montagne, les autres dans le Midi ou dans des stations éprouvées par les maladies cryptogamiques. Quand la sélection naturelle aura fait son œuvre, quand elle aura sacrifié les individus les moins aptes, la sélection artificielle interviendra à son tour, afin de découvrir, parmi les survivants, les individus les plus productifs et de qualité excellente.
- Les propriétés physiologiques se transmettent comme les propriétés morphologiques ; il n’y a pas de raison, si l’expérience se poursuit assez longtemps, et avec toute l’ampleur nécessaire, pour que nous n’atteignions pas le but désiré.
- Jugez des conséquences économiques d’un pareil progrès, dans le cas où nous parviendrions à le réaliser. En 1891, les blés d’origine étrangère et nombre de variétés locales, furent anéantis par les froids de l’hiver. Les blés gelés ont fait perdre cette meme année près d’un demi-milliard à l’agriculture française.
- Moins brutal, mais plus insidieux et plus fréquent, l’écliaudage est aussi dangereux que la gelée, s’il ne l’est pas davantage. Le terrain gagné dans le Nord par les blés précoces de la vallée de la Garonne ne fournit-il pas une preuve éclatante de la nécessité de créer, pour les diverses régions, des races réunissant autant que possible la précocité à la productivité ?
- M. Rommetin a trouvé que, certaines années, le charbon détruit près du dixième de la récolte.
- Ajoutez aux ravages du charbon, ceux de la rouille, de la carie, et vous aurez une idée des heureux résultats qu’entraînerait l’emploi de blés moins accessibles aux maladies cryptogamiques? .
- L’orge et l’avoine ont été également, à la Station, l’objet de croisements méthodiques, en vue de l’amélioration des races existantes. Nous avons croisé notamment une excellente orge de brasserie, à deux rangs, Hanna, avec une variété à six rangs, très prolifique, l’orge Albert, variété d’hiver et de printemps, afin d’augmenter, si possible, la résistance à la verse de la première, la finesse de la seconde et aussi dans le but d’obtenir des orges d’hiver à deux rangs.
- Les avoines noires font prime sur le marché de Paris, de sorte que le cultivateur délaisse souvent, pour cette raison, des avoines blanches bien supérieures aux avoines noires. Nous avons croisé Lune des meilleures avoines blanches,
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- la Ligowo, avec la noire de Brie, afin de changer la couleur de son grain et en augmenter ainsi la valeur marchande.
- Plantes de prairies. — Un siècle, un siècle et demi à peine, quelques années seulement pour plusieurs d’entre elles, nous séparent de l’époque où la presque totalité de nos légumineuses et de nos graminées fourragères, trèfle, sainfoin, ray-grass, fléole, ete., se rencontraient exclusivement à l’état spontané dans les prairies naturelles, les surfaces incultes, le long des chemins ou dans les clairières des bois. Aussi, par leurs qualités économiques, il serait difficile de différencier celles de ces plantes que nous cultivons aujourd’hui,'de leurs parentes poussant à l’état sauvage. Encore en ce moment, le cultivateur doit se déclarer bien partagé, si son fournisseur de semences livre ce qu’il a commandé, s’il n’est pas trompé sur l’origine, la nature, la quantité, la qualité de la marchandise. Grâce aux efforts delà Station d’essais de semences de l’Institut agronomique, d’une part, à la production mieux entendue de certaines espèces, d’autre part, le commerce des semences s’est radicalement transformé ; il est devenu plus moral, plus rationnel. En s’entourant de garanties convenables, l’agriculteur peut se soustraire aux incertitudes du marché, se procurer des semences irréprochables à un prix raisonnable.
- Jusqu’à ces dernières années, l’idée d’améliorer les espèces fourragères n’était venue, je crois, à l’esprit de personne. A la Station d’essais de semences, nous avions constaté la dégénérescence fréquente de nos bons trèfles et de nos bonnes luzernes d’origine française, dégénérescence causée, avons-nous dit, par l’importation, à l’insu des cultivateurs, de légumineuses américaines, mal adaptées à notre climat, mais recherchées par le commerce en raison de leur bas prix. Celles-ci se mélangent souvent à nos légumineuses indigènes.
- Or, ce n’est pas toujours chose facile de découvrir l’origine exacte d’une semence, et, par conséquent, de lutter efficacement contre les mélanges du commerce. Il nous a paru que le meilleur moyen de conjurer le mal, c’était de Tefaire nos bonnes races françaises par une sélection raisonnée, et d’étendre celle-ci aux trèfles de l’Europe septentrionale les plus réputés dans leurs pays respectifs. Comment avons-nous procédé?Les semences des différents lots originaux, après avoir été criblées à outrance, pour ne conserver que les meilleurs grains, furent cultivées en lignes dans des conditions bien comparables, en laissant les pieds isolés sur la ligne, assez loin les uns des autres, afin de pouvoir les étudier facilement. Comme reproducteurs, nous avons retenu les plantes vigoureuses, les plus feuillues (fig. 21), et chez lesquelles le poids moyen d’une tige feuillée était le plus élevé. La proportion de feuilles donne la mesure de la qualité, le poids d’un brin, celle de la puissance productive. Entre deux plantes, livrant* .des brins de meme poids, nous donnons la préférence à celle qui en possède le plus grand nombre. Ces plantes très ramifiées ont l’avantage de
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- combler les vicies de la prairie, vides se produisant trop fréquemment sous l’influence de conditions défavorables..
- Les individus qui se sont montrés intéressants, furent cultivés en culture pédigrée pendant cinq, six ans, toujours en comparaison avec des types marchands de première qualité; d’élimination en élimination, nous sommes arrivés à ne conserver qu’un petit nombre de pieds-mères (1). .
- Avant d’entreprendre nos essais relatifs au trèfle violet, nous avions observé un fait intéressant, passé jusqu’alors inaperçu : la couleur uniforme clos grains d’une même plante, quand les grains sont arrivés à complète maturité.
- .-U v'i.J.ica. ‘1 v.îicU- Ai ViUKii de
- Fi^ 21. — Luzernes’de la Station d’essais de semences.
- De nos plantes sélectionnées, nous avons formé deux groupes: groupe à grains jaunes (fig. 22), groupe à grains violets (fig. 23), de façon à obtenir des races que le cultivateur, grâce à la teinte, puisse distinguer immédiatement des races communes. Ce travail est particulièrement délicat. Enveloppez de gaze une fleur de trèfle, afin d’empêcher les insectes de la visiter : elle reste stérile; la fécondation croisée, la fécondation avec une autre plante est donc la règle. Quelque précaution que nous ayons prise afin que nos races sélectionnées se fécondent seulement entre elles, précautions sur lesquelles je ne puis insister ici, il nous a fallu près de cinq générations pour arriver à une constance presque complète. Mais au cours de la fixation do la teinte désirée, les races
- (I) Schribaux. Contribution à l’amélioration du trèfle des prés (Bulletin de la Société nationale d’Agriculture, 1896).
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- reconnues bonnes ne se seraient-elles pas abâtardies ? Des essais en cours nous l’apprendront, et si les résultats, comme je l’espère, sont satisfaisants, d’ici
- Nouveaux trèfles de la Station d'essais de semences. Série à grains jaunes.
- 3 trèfles du commerce servant de témoins.'
- Jaunes............ 12
- Intermédiaires... 80
- Violettes......... 8
- Fig. 22.
- Trèfles de sélection
- NoS 1 2 3 4 5 6 7 8
- Proportion pour 100 de graines.
- 100 96 91 87 80 75 70 62
- » 4 9 13 16 25 25 25
- » » » » 4 » 5 14
- Au-dessous du 1er trait Liane, à partir de la. base, chaque tube renferme des graines franchement jaunes, entre le premier et le second trait, des graines intermédiaires jaunes violacées, au-dessus du second trait, des graines violettes.
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- peu de temps, la Station sera en mesure de livrer à la culture des trèlles améliorés à grains, les uns jaunes, les autres noirs. - -
- Nouveaux trèfles de la Station d’essais de semences. Série à grains violets.
- Trèfles de sélection
- 3 trèfles du commerce —--------- -------------------------:——— .
- servant de témoins. Nos' 1 '2 3 4’ 5 6 7 8
- servant de témoins. Nos' 1 '2 3 4’ 5 6 7 8
- Proportion pour 100 de graines.
- Violets. ...... 8 95 80 56 46 47 42 33 34
- Intermédiaires... 80 5 20 33 47 53 50 63 64
- Jaunes............ 12 » » 11 7 » ' 8 4 2
- Au-dessous du premier trait à partir de la base, chaque tube renferme des graines franchement violettes, entre le premier et le second trait, des graines intermédiaires, violettes, légèrement jaunâtres, au-Jesius du second trait, des graines jaunes. '
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- AMÉLIORATION DES ESPÈCES VÉGÉTALES DE-GRANDE CULTURE.
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- La môme méthode a été appliquée à l’amélioration cle la luzerne ; mais ici, il nous a été impossible d’obtenir des semences de nuance ou de forme caractéristiques.
- Les bénéfices que procure en ce moment la production du bétail, incitent les
- Fig. 24.
- Ray-grass anglais du commerce. Ray-grass anglais de Châteauvillain
- 20 mai 1903. plus résistant à la sécheresse. i
- 20 mai 1905.
- cultivateurs à créer des prairies rappelant, par leur flore, les prés naturels. Ces prairies, dans lesquelles dominent les graminées, portent, dans certaines régions, le nom expressif de prés de champs. Quel est le principal obstacle à leur
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- 6ï>4 t AGRICULTURE, t— MAI 1908.
- extension? l’in suffisance-d’humidité du sol; il faudrait y semer des races de -graminées assez précoces pour fournir une récolte avant l’arrivée des chaleurs de l’été. ,
- La loi d’adaptation fait prévoir que nous trouverons ces races, sans trop de peine, dans les prairies du Midi exposées aux ardeurs du soleil, ou parmi les plantes sauvages de notre région se développant normalement sur des chemins empierrés, sur des terres légères, bref, partout où la sécheresse se montre particulièrement redoutable. Ces espérances se sont déjà réalisées partiellement: nous possédons à la Station un nouveau ray-grass (1) et un fromental très intéressants pour terres sèches, découverts en nous inspirant simplement du principe d’adaptation (fig. 24). Nous travaillons en ce moment à la sélection d’autres espèces de graminées. Malheureusement, nous manquons à la Station des ressources indispensables ; de longue date, nos recherches ne peuvent se poursuivre que par intermittence, sur de petites surfaces, do sorte que nous avançons très lentement. Il faut le regretter sincèrement, car je suis persuadé qu’une dizaine d’années de recherches persévérantes et assez étendues suffiraient pour doter notre agriculture de graminées de choix, pour réaliser, dans le domaine de la production fourragère, une amélioration comparable à celle dont les variétés de blé ont été l’objet jusqu’à présent.
- Au moment où l’amélioration des espèces végétales de grande culture entre dans une voie qui semble devoir être si féconde, il est à souhaiter que chez nous les milieux agricoles sortent de l’indifférence à peu près absolue manifestée à l’égard de cette question.
- Produire un peu plus de pain, un peu plus de viande, augmenter le bien-être général, sans demander plus d’efforts au cultivateur, c’est une tâche assez belle pour ne rien négliger afin de la mener à bien.
- (1): Schribaux/Nouvelle variété de ray-grass. Bulletin de la Société nationale d'Agriculture,
- 1901.
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- PHOTOGRAPHIE
- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS ET LES PLAQUES AUTOCHROMES
- par M. Wallon (1).
- Messieurs,
- Lorsque, voici trois ans, vous avez décerné à MM. A. et L. Lumière une des hautes récompenses dont vous disposez, et que vous attribuez toujours avec un si parfait discernement, vous engagiez, en quelque sorte, l’avenir.
- Votre rapporteur laissait clairement entendre que vous ne reteniez pas seulement les titres dès lors acquis par vos deux lauréats, les services déjà rendus par eux à l’industrie nationale. Il se portait garant, qu’à un jour prochain, MM. Lumière apporteraient au passionnant problème de la photographie des couleurs une solution enfin complète et vraiment pratique. Et, d’avance, vous portiez à leur compte ce nouveau succès.
- En vous présentant, aux lieu et place des inventeurs qui n’ont malheureusement pu le faire eux-mêmes, les plaques autochromes, j’espère bien vous prouver que votre rapporteur a été bon prophète, que votre confiance était bien placée, que vos espérances sont dès à présent réalisées.
- Jusqu’ici, la reproduction photographique des couleurs n’était, en fait, abordable qu’à quelques-uns d’entre les plus habiles; elle exigeait des opérations compliquées ou délicates, et le succès n’était rien moins que. certain. Aujourd’hui, il nous suffit d’une pose unique, avec les chambres noires et les objectifs dont nous nous servons tous les jours; puis, de manipulations simples, qui sont aussi de celles auxquelles un photographe doit être rompu, qui toutes, sauf la première, s’effectuent en pleine lumière, et qui ne demandent guère au total plus d’un quart d’heure. Et pour réussir il n’est nullement besoin d’une particulière habileté, naturelle ou acquise ; si, pour avoir des épreuves tout à fait bonnes, quelque exercice est nécessaire, du moins obtient-on du premier coup des images satisfaisantes, au prix seulement d’un peu de soin.
- I
- Le temps me manque pour m’arrêter aux considérations théoriques, ou historiques. Je me bornerai donc à vous rappeler que le problème auquel vient ainsi
- (L Conférence du 28 février 1908.
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- d’être apportée une solution nouvelle a été abordé à l’origine même de la photographie, et que deux voies ont été ouvertes qui permettent d’atteindre au but.
- On peut demander aux seules radiations qui cheminent suivant les rayons solaires de nous restituer les effets de coloration quelles produisent dans la nature. C’est la méthode directe : le procédé interférentiel, auquel M. Lippmann a si glorieusement attaché son nom, en est la forme la plus parfaite et la plus élégante. Présentant, à tous égards, un très haut intérêt scientifique, cette méthode directe n’est peut-être pas encore d’une application assez simple et d’une réussite assez sûre pour pouvoir être utilisée dans l’industrie, ou même dans les ateliers des photographes; elle n’est guère, jusqu’ici, sortie du laboratoire.
- Mais on peut, d’autre part, s’adresser aux matières colorantes artificielles pour faire, par une sorte de traduction, renaître les sensations colorées. C’est ce que fait, au moyen d’une double opération, d’analyse et de synthèse, la méthode indirecte, proposée simultanément, en 1869, par Ch.Cros et L.Ducos du Hauron. Des deux inventeurs, l’un est mort aujourd’hui, qui s’en était d’ailleurs tenu aux conceptions théoriques; l’autre, qui a pris, au contraire, à la mise en œuvre du procédé qu’il préconisait, une part considérable, est toujours sur la brèche. Vous lui avez, Messieurs, rendu vous-mêmes justice, il y a quelques années, en lui attribuant un de vos principaux prix.
- Voici, abstraction faite de toute hypothèse, physique ou physiologique, sur quels principes repose cette méthode, dont relèvent immédiatement les plaques autochromes.
- L’observation nous montre — et le fait est depuis longtemps connu — que nous pouvons au moyen de trois couleurs seulement, convenablement choisies, et mélangées en proportions convenables, reconstituer toutes les autres.-
- Dès lors, on est amené à concevoir une couleur complexe quelconque comme un mélange de ces trois couleurs fondamentales, en proportions déterminées. Si nous trouvons le moyen de séparer, par une opération analytique, les trois éléments de la combinaison, puis, par une opération synthétique, de les réunir, nous devons retrouver, finalement, la teinte même d’où nous sommes partis. Si, la séparation faite, nous réussissons à enregistrer isolément, par voie photographique, lés trois éléments, et à utiliser pour la synthèse les empreintes obtenues, nous aurons réalisé la reproduction photographique de la couleur.
- Les couleurs fondamentales sont-elles simples ou complexes elles-mêmes? Voici comment, de façon très nette, les définit M. Ducos du Hauron.
- Il suppose que l’on divise le spectre solaire en trois régions, en s’arrêtant d’une part à la raie du sodium, qui est dans le jaune, et d’autre part à la limite du vert et du bleu ; puis que, dans chacun des groupes ainsi déterminés, on com-
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- pose toutes les radiations élémentaires en une teinte unique, laquelle sera, pour le premier groupe, un rouge orangé, pour le second, un vert, pour le troisième, un violet. M. Ducos du Hauron les appelle couleurs primaires uniré-gionales ; on voit que chacune d’elles est complémentaire de la somme des deux autres, et qu’elles se répartissent entre elles, sans rien prendre en commun, tous les éléments constitutifs de la lumière blanche — tous ceux aussi, par conséquent, d’une lumière quelconque, puisqu’une lumière colorée n’est que de la lumière blanche incomplète. -
- Le mode de division ici proposé n’a d’ailleurs rien de rigoureusement impératif, et les limites que nous venons d’indiquer peuvent être, dans le spectre, plus ou moins déplacées ; c’est ainsi, par exemple, que le rouge orangé choisi par MM. Lumière dépasse très notablement la mie du sodium.
- Voyons maintenant comment pourront s’effectuer les opérations d’analyse et de synthèse que comporte la méthode indirecte. Dans ce qu’on appelle plus particulièrement la méthode trichrome, dont l’importance est deA-enue si considérable dans l’industrie des reproductions photomécaniques, elles doivent se succéder.
- Pour constituer l’appareil d’analyse, il nous faut trois filtres, que nous obtiendrons en teignant do chacune des trois couleurs primaires une lame transparente. On fait, du modèle coloré que l’on veut reproduire, trois photographies distinctes, une à travers le filtre rouge orangé, une à travers le liltre vert, une enfin à travers le filtre violet. Avec nos chambres ordinaires, elles devraient être prises successivement; mais on a construit divers appareils qui permettent de les prendre simultanément.
- 'Onsesert, pour ces photographies, des préparations ordinaires, en ayant soin seulement de choisir des émulsions de sensibilités convenables, et de graduer les temps de pose en tenant compte de ces sensibilités.
- Dans le premier négatif, les éléments du modèle qui envoient à l’appareil, seules ou mélangées à d’autres, des radiations appartenant au groupe rouge orangé, seront représentés par une opacité plus ou moins complète: les autres, par une transparence totale; dans le positif qu’on en tirera, toujours sur préparations ordinaires, les premiers seront conséquemment traduits par une transparence, les autres par une opacité.
- Projetons ce positif sur un écran, en l’éclairant par un faisceau de lumière rouge orangé, qu’arrêteront les parties opaques et que laisseront passer les parties claires (pour cela, nous n’aurons qu’à le doubler du filtre meme qui a servi à obtenir le négatif et à éclairer le tout par de la lumière blanche) ; sur l’image obtenue, les éléments du modèle qui émettaient exclusivement des radiations de ce groupe seront reproduits de façon complète, avec leur intensité relative; ceux qui en émettaient mélangées à d’autres, les jaunes, par exemple, le seront
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- incomplètement, avec une teinte qui n’est pas la leur; ceux, enfin, qui n’en émettaient pas, comme les bleus, seront représentés pas une tache noire. :
- Les memes apparences se retrouveraient, pour le groupe vert et pour le groupe violet, dans le second et le troisième négatifs, puis dans le second et le troisième positifs, enfin dans la seconde et la troisième projections, en éclairant celle-ci par de la lumière violette, celle-là par de la lumière verte.
- Procédons maintenant à la synthèse et, pour cela, superposons sur le môme écran, en les repérant exactement, les trois projections; à l’image des éléments du groupe rouge orangé, les faisceaux vert et violet ne feront subir aucune modification; à celle des éléments jaunes, le faisceau vert fournira le complément qui lui manquait; là, enfin, où faisait défaut l’image des éléments bleus, les faisceaux vert et violet vont venir la former par leurs apports respectifs. Nous reformons ainsi, en chaque point, la couleur du modèle. Pour cela, nous avons utilisé, d’un bout à l’autre, le même triplet de couleurs primaires, réalisant ce que M. Ducos du Hauron appelle la synthèse homéochromatique.
- Il n’en pourrait plus être de même si nous avions voulu superposer matériellement et de façon stable, en les rendant solidaires après un repérage exact, les trois positifs élémentaires — les trois monochromes, pour employer le terme consacré.
- Or c’est à quoi nous sommes amenés, en fait, presque toujours : car le procédé dont nous venons de parler ne nous permet qu’une synthèse passagère et virtuelle, exige à chaque examen un repérage nouveau, et nécessite des appareils spéciaux : lanterne triple pour la projection, chromoscopes pour l’observation oculaire. Il est en défaut s’il s’agit d’obtenir une synthèse permanente et réelle, comme il le faut dans les procédés d’impression photomécaniques, par exemple; ou si nous n’avons pour la projection qu’une lanterne ordinaire; ou encore si, tout simplement, nous voulons pouvoir regarder l’épreuve à l’œil nu.
- Les monochromes doivent alors être successivement traversés par de la lumière blanche : une fois si nous examinons l’ensemble par transparence, ou par projection; deux fois si nous l’avons fixé sur un papier blanc^ Or chacun des monochromes étant, d’après ce. que nous avons vu, opaque pour les radiations qui peuvent traverser l’un des deux autres, c’est partout où se superposeraient deux de ces monochromes, avec une assez grande intensité de couleur, du noir que nous aurions. La synthèse qui se produit ici n’est plus additive, elle est soustractive. Il nous faut donc procédér différemment.
- C’est surtout pour avoir triomphé de cette difficulté, en imaginant ce qn’il a nommé la synthèse antichromatique, que Ducos .du Hauron mérite d’être considéré comme le véritable inventeur de la méthode trichrome.
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- ‘ ’ iNoiis garderons pour l’analyse le triplet rouge orangé, vert, violet; mais noiis nous servirons, pour la synthèse, d’un autre,-dont chaque élément comprend non plus un tiers du spectre, mais deux tiers: ces nouvelles couleurs primaires, dites birégionales, et qui sont le bleu moyen, le jaune, le rouge carminé sont respectivement complémentaires des anciennes.
- Du négatif pris à travers l’écran rouge orangé, nous tirerons un positif, que nous colorerons, de façon permanente, en bleu moyen ; de même nous colorerons en jaune le positif correspondant au filtre violet, en rouge carminé celui qu’a fourni le filtre vert ; on voit qu’ainsi, pour chacune des images élémentaires, la teinte employée pour l’analyse et celle qui sert à la synthèse sont complémentaires l’une de l’autre. Ces trois positifs doivent évidemment être transparents, étant destinés à être vus les uns au travers des autres: ce seront, par exemple, des pèllicules de gélatine bicliromatée, imprégnée d’une matière pigmentaire, de la couleur voulue; après exposition derrière le négatif, et dépouillement, la matière pigmentaire disparaîtra dans les parties correspondant aux opacités complètes du négatif, et donnera aux autres une coloration plus ou moins intense ; c’est ce que nous appellerons une opacité colorée : nous pouvons admettre qu’elle est le complément à l’unité de celle que présente le négatif.
- ’ Les trois positifs étant superposés et traversés par de la lumière blanche, voyons ce qui se passera pour un élément vert, par exemple, du modèle : il n’est figuré que sur le négatif du vert, par une opacité d’argent réduit ; il sera donc représenté sur le positif correspondant, qui est le positif rouge carminé, par une transparence incolore; mais il le sera, dans'les deux autres, par uno opacité colorée complète, jaune ici, et là bleue. Le pinceau de lumière blanche qui traverse, en cet endroit, successivement les trois pellicules, n’est pas altéré parle positif rouge, mais perd, au passage du positif jaune, ses radiations violettes, puis, au passage du positif bleu, ses radiations rouge orangé; il sort donc réduit à scs radiations vertes.
- S’agit-il d’un élément dont la couleur, très complexe, intéresse pour partie les trois régions spectrales? Nous aurons, dans les trois positifs, des opacités colorées, mais incomplètes, capables d’affaiblir certaines radiations, non de les supprimer ; et l’on conçoit que, par ces soustractions partielles, le faisceau incident de lumière blanche qui traverse le système puisse être ramené à la couleur de l’élément. ' •
- En résumé, en opérant une analyse qui se fait toujours de même façon, puis une synthèse qui s’effectue de manière différente suivant que les monochromes positifs doivent être séparément ou successivement traversés par la lumière, nous pouvons, du moins en principe, reproduire fidèlement toutes les couleurs complexes. Notons qu’il n’en est pas de même pour les couleurs simples,
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- dont la traduction peut être plus ou moins inexacte: si nous voulons; par exemple, photographier la raie jaune du sodium, nous en aurons une image rouge orangé; et toutes les couleurs exclusivement composées d’éléments appartenant à une seule et même région spectrale seront, encore que différentes, traduites par une seule et même teinte, la teinte résultante de cette région. Du spectre solaire lui-même, photographié par la méthode trichrome et, plus généralement, par la méthode indirecte, l’image sera réduite à un système de trois bandes, une rouge orangé, une verte, une violette ; et, si les teintes primaires employées sont exactement ce qu’elles doivent être; les trois bandes seront exactement contiguës, et isolément continues., •
- L’analyse a bien été complète, et l’enregistrement fidèle, à supposer que les préparations photographiques aient eu la sensibilité nécessaire ; mais dans la synthèse, pour reconstituer la couleur, nous n’avons plus que trois éléments, isolément complexes ; nous ne pouvons évidemment, avec ces éléments, former aucune combinaison qui soit plus simple qu’eux-mêmes.
- Il faut observer qu’en pratique nous n’avons pas, dans la nature, aff aire à de telles couleurs: cette lacune ne nous est donc pas gênante; elle ne l’est même pas, en fait, dans les applications scientifiques.
- Malheureusement, simple dans son principe, la méthode trichrome présente, dans l’application, de sérieuses difficultés; je ne parle pas de la complication relative des opérations et manipulations que comporte l’établissement d’une épreuve, ni de la dextérité qu’il suppose chez le photographe : le repérage des positifs, par exemple, qui peut sembler très délicat, est en somme peu de chose, s’il suffit de le faire une fois !
- Mais nous avons supposé, entre les éléments de la synthèse, un équilibre parfait ;-il est peu commode de l’obtenir. Qu’un des filtres soit un peu plus ou moins foncé qu’il ne convient, une des trois poses — qui doivent être différentes — trop ou pas assez prolongée, un des négatifs trop ou pas assez poussé au développement, un des positifs trop ou pas assez riche en couleur, et l’équilibre est rompu. Une des teintes primaires va se trouver en excès, ou en défaut, soit dans l’ensemble de l’image, soit seulement dans les ombres ou dans les demi-teintes, soit même localement. Rétablir après coup, par des retouches, par des compensations, par l’addition de positifs supplémentaires, l’ordre exact des choses, est singulièrement malaisé. De là vient qu’à côté d’images magnifiques on nous en montre tant d’imparfaites, ou même de fausses.
- . La méthode- trichrome est, au point de vue industriel, extrêmement précieuse, et son rôle grandit tous les jours ; en dehors même des photograveurs, quelques photographes en tirent un parti remarquable. Mais elle exige beaucoup d’habileté, et, même aux plus exercés, le succès n’est jamais pleinement garanti. Pas plus que la méthode directe, elle n’est faite pour les amateurs.
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- II
- Il était nécessaire de la transformer, en quelque sorte, pour la mettre à notre portée, en simplifiant les opérations, en réduisant surtout les risques d’insuccès.
- La simplification, M. Ducos du Hauron indiquait bien, en principe, comment elle pouvait être obtenue.
- « Enfin, disait-il dans son Mémoire de 1869, il existe une dernière méthode par laquelle la triple opération se fait par une seule surface. Le tamisage des trois couleurs simples s’accomplit non plus au moyen de verres colorés, mais au moyen d’une feuille transparente recouverte mécaniquement d’un grain de trois couleurs. »
- Amené à préciser, dans les pages suivantes, il parle d’éléments géométriques, et insiste sur un dispositif formé de raies fines, parallèles, contiguës, présentant dans un ordre régulier les trois couleurs fondamentales : on trouve là, très minutieusement décrit, le procédé par écran ligné qu’ont depuis proposé en Allemagne le docteur Selle, en Grande-Bretagne M. Jolly.
- MM. A. et L. Lumière se sont-ils inspirés du mot grain, écrit par M. Ducos du Hauron? la chose est vraisemblable; mais ils ont eu l’idée très personnelle d’employer un grain matériel. C’est, en effet, de grains de fécule, colorés de trois couleurs primaires, et juxtaposés exactement, qu’ils ont constitué l’écran unique avec lequel nous pourrons, d’un seul coup, faire l’analyse et la synthèse exigées par la méthode indirecte. -
- Pour que la texture des images fût agréable, il fallait prendre ces grains assez petits pour que l’œil, même aidé d’une loupe, ne pût les distinguer de points géométriques. On a été ainsi amené à limiter leur diamètre à un centième de millimètre environ; et, comme il était aussi besoin d’une régularité très grande, à se fixer comme valeurs extrêmes, autant que possible, 0mm,010 et 0mm,012.
- Dans la fécule, assez irrégulière, les grains de cette taille n’entrent guère que pour deux ou trois centièmes ; il faut donc, tout d’abord, procéder à un triage, que l’on^est parvenu, non sans peine, à réaliser mécaniquement de façon très parfaite.
- Une fois triés, les grains sont divisés en trois lots, dont chacun reçoit, par teinture, une des couleurs primaires uni-régionales. Là aussi on a eu à vaincre de grandes difficultés : il fallait trouver des matières colorantes présentant les teintes exactement nécessaires — l’examen du spectre solaire photographié sur les plaques autochromes montre qu’on y a réussi ; — il était encore indispensable que ces teintures fussent acceptées par la fécule, et que leur stabilité fût suffisante.
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- Tome 110. — Mai 1908.
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- On fait alors un mélange, en prenant clans les trois lots des proportions telles que la poudre obtenue, qui doit être aussi parfaitement homogène que possible, ne présente aucune coloration appréciable.
- Puis cette poudre est étalée, mécaniquement, sur les plaques de verre qui recevront ensuite rémulsion: là les grains doivent être juxtaposés, sans aucune superposition, et sans laisser entre eux d’interstices par où pourrait passer de la lumière blanche; l’étenclage est, paraît-il, relativement facile : pour immobiliser les grains, on a commencé par garnir le verre d’un enduit poisseux. Mais ces grains, étant sphériques, laissent forcément entre eux des lacunes qu’il faut obturer. Au début, MM. Lumière les .bouchaient avec une très fine poussière de charbon; mais la transparence clu système était ainsi clc beaucoup réduite. Ils ont donc pris le parti de déformer les grains par compression, de façon à les rendre jointifs, les sphères étant transformées en prismes polygonaux. On est un peu étonné d’apprendre qu’il faut, pour arriver à ce résultat, une pression considérable, atteignant plusieurs centaines de kilogrammes par centimètre carré. Et le laminage .est rendu singulièrement difficile par ce fait que les grains qu’il faut écraser reposent sur un support de verre, dont la surface est loin d’être un plan géométrique : aussi est-on obligé de procéder par éléments successifs et très petits. Il reste bien encore quelques interstices, que l’on remplit avec des parcelles très fines de charbon ; mais ils sont beaucoup moins nombreux, et la perte de transparence est extrêmement atténuée.
- L’écran ainsi constitué, et qui, vu à l’œil nu, présente une teinte uniforme légèrement grisâtre, est recouvert d’une pellicule de vernis au caoutchouc, qui le protégera contre l’action des bains où la préparation sera ultérieurement traitée ; il ne reste plus alors qu’à étendre sur le tout, en couche mince, une émulsion panchromatique, dont la sensibilité soit pratiquement uniforme dans toute l’étendue du spectre visible; ce n’était pas le plus facile à obtenir.
- N’est-il pas invraisemblable, comme nous le disions au début, qu’on ait pu triompher de tous ces obstacles, et rendre industrielle une pareille série d’opérations? C’est à quoi pourtant est parvenu M. Louis Lumière, qui s’était plus particulièrement consacré à cette lâche.
- La lumière blanche, ou sensiblement blanche, que nous transmet par transparence l’écran polychrome, nous est en réalité donnée par de très fins pinceaux de lumières colorées qui-ont traversé les grains de fécule, et, cheminant côte à côte, ont pénétré jusqu’à notre rétine. C’est là, et là seulement, que se fait la synthèse: l’œil n’ayant pas la--puissance d’analyse nécessaire pour séparer les impressions que produisent les pinceaux monochromes transmis par des grains voisins les uns des autres, ne nous donne qu’une sensation résultante. Pour que cette sensation devienne colorée, il suffira que les pinceaux des trois couleurs
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- PHOTOGRAPHIE DES COULEURS ET PLAQUES AUTOCHROMES. <563
- soient inégalement affaiblis et, pour cela, que les grains des trois couleurs deviennent inégalement transparents. ;
- Cette obturation méthodique des éléments dé l’écran va être obtenue par l’action même de la lumière.
- Supposons que la plaque autochrome soit, dans une chambre noire, exposée à la lumière qui vient de l’objectif, et disposée de telle sorte que les rayons lumineux aient à traverser d’abord le verre et l’écran polychrome avant d'arriver à la surface sensible, l’image réelle se formant sur la face antérieure de l’écran.
- Examinons ce qui va se passer pour un élément de cette image, en considérant d’abord le cas très simple où l’élément correspondant de l’objet émettrait exclusivement des radiations appartenant à l’une des teintes fondamentales, le vert par exemple. Pour les rayons lumineux qui arrivent là, seuls les grains sont transparents; derrière eux, et eux seuls, nous aurons une attaque du sel d’argent : si bien que, après un premier développement, les grains verts seront obturés par de l’argent réduit, tandis que les grains rouge orangé et violets ne le seront encore que par du bromure inaltéré.
- Si, à ce moment, on fixait la plaque dans un bain d’hyposulfite, le bromure se dissoudrait, dégageant les grains rouge orangé et violets, tandis que, derrière les grains verts, l’argent métallique subsisterait; de sorte qu’un faisceau de lumière blanche traversant, dans la région considérée, la plaque ainsi traitée, y perdrait ses éléments verts et prendrait une teinte rouge carminé, complémentaire du vert. Mais employons, au lieu d’hyposulfite, un''bain de permanganate de potassium additionné d’acide sulfurique : c’est l’argent qui se dissoudra, le bromure qui subsistera, les grains verts qui se déboucheront, les autres qui resteront masqués — assez mal d’ailleurs, puisque c’est par une substance médiocrement opaque, et altérable. Ils le seront, au contraire, très bien et de façon stable, si nous soumettons la plaque à un second développement, après l’avoir apportée à la lumière, de manière que le sel d’argent resté d’abord indemne soit, à son tour, impressionné et réduit. Alors, et en supposant que, dans les deux développements successifs, la couche d’émulsion ait été entièrement traversée, les grains verts apparaîtront tout à fait transparents, les violets et les rouge orangé tout à fait opaques; et ce que, d’un faisceau incident de lumière blanche, transmettra la région considérée, se réduira aux éléments verts : nous retrouvons ainsi la couleur primitive.
- Choisissons de même, dans l’objet, une plage bleue ; nous aurons, après le premier développement, derrière les grains verts et les violets, une réduction partielle, rien derrière les grains rouge orangé ; le second développement effectué, ceux-ci seront complètement obturés, ceux-là présenteront une demi-transparence, et la lumière transmise sera formée d’une part de vert et d’une part de violet, donnant à l’œil, par leur composition, la sensation du bleu,-
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- Enfin, s’agit-il d’une couleur intéressant les trois régions du spectre, ou même de gris? Nous obtiendrons finalement, pour les trois types de grains, des opacités partielles et variables qui, si la pose a été juste, réduiront partiellement les éléments de la lumière incidente, dans la proportion exactement nécessaire pour reconstituer la lumière originelle.
- En résumé, d’un modèle coloré quelconque, la plaque autochrome, simplement développée, puis fixée dans un bain d’hyposulfite, nous donnerait, examinée par transparence, une image négative, présentant en chaque point la teinte complémentaire de la couleur vraie; développée, mais non fixée, puis inversée par dissolution, de l’argent réduit et réduction du sel non altéré, elle donnera une image positive avec les couleurs exactes.
- L’analyse et la synthèse ( et si l’on veut bien se rappeler ce que nous avons dit de la méthode indirecte au point de vue général, on constatera que nous avons ici affaire à une synthèse homéochromatique) ont été faites d’un seul coup.
- Les difficultés, les complications n’ont pas disparu, mais le fabricant les a prises à sa charge : pour le photographe, elles sont comme n’existant plus.
- III
- Que lui reste-t-il à faire? C’est ce que nous allons maintenant indiquer sommairement, renvoyant, pour les détails, à la notice que MM. Lumière remettent aux acheteurs de plaques autochromes.
- C’est d’abord, bien entendu, l’exposition. Elle se fait dans un appareil quelconque : il faut seulement que l’objectif soit muni d’un écran jaune, dont le rôle est d’atténuer l’activité, toujours un peu excessive, des radiations bleues et violettes, et surtout d’arrêter celles qui n’appartiennent pas au spectre visible il est au moins prudent d’employer exclusivement à cet usage l’écran dont MM. Lumière ont étudié la nuance et la teinte, celles-ci ne pouvant, la chose est claire, être quelconques.
- Cet écran pourra être disposé soit en avant, soit en arrière de l’objectif; je préfère, en principe, la seconde solution : par leur constitution même et leur mode d’emploi, les plaques autochromes sont exemptes du halo par réflexion totale; mais rien ne les garantit contre cet autre halo qui, trop souvent, vient de l’objectif, et dont un écran placé en avant augmente encore les chances do production, en réduisant, sinon en annulant, l’influence protectrice du parasoleil.
- Dans les châssis, la plaque doit être logée de façon à présenter, à la lumière venant de l’objectif, sa face dorsale: puisqu’il faut que les rayons lumineux traversent, avant d’arriver à l’émulsion, l’écran polychrome, et que celui-ci est interposé entre le verre de support et la couche sensible.
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- Il y a donc lieu de réduire, en général, le tirage de la chambre noire d’une quantité égale à l’épaisseur de la plaque (j’ai trouvé quelle était sensiblement constante et égale à 1 mm. 5). La correction est toujours nécessaire si, au moment de la mise au point, l’objectif était muni de l’écran jaune; elle l’est encore, dans le cas contraire, si cet écran est adapté au parasoleil; mais, s’il doit être, après la mise au point, disposé à l’intérieur de la chambre, on peut s’abstenir de toute correction, car, dans ce dernier cas, la présence de l’écran produit un allongement de la distance focale, et l’on peut admettre qu’il y a compensation.
- La pose est, nécessairement, plus longue que pour la photographie ordinaire, toutes choses égales d’ailleurs : l’écran jaune, puis le filtre polychrome, que doit traverser la lumière, l’affaiblissent naturellement beaucoup ; d’ailleurs, on ne peut étendre la sensibilité des émulsions aux radiations les plus réfran-gibles qu’au prix d’une notable réduction de la sensibilité moyenne. Pour donner une bise d’appréciation, MM. Lumière indiquent comme valeur convenable du temps de pose, pour le cas où vers midi, en été, par belle lumière, on se sert d’un objectif ouvert à / : 8, une seconde. C’est plutôt une limite inférieure; au climat de Paris, il vaut mieux compter une seconde et demie. Les instantanés sont, dans ces conditions, encore possibles, si l’on s’adresse aux objectifs de grande luminosité.
- C’est, à coup sûr, dans l’appréciation du temps de pose qu’il convient d’adopter, suivant les circonstances de lieu, de temps, d’heure, de saison, de sujet aussi, que le photographe éprouvera le plus de gêne : ici, le fabricant ne pouvait vraiment pas se substituer à lui, et les difficultés, à tout prendre, ne sont pas plus grandes que pour la photographie en blanc et noir!
- Je ne crois pas qu’on puisse considérer comme à peu près invariable le rapport de sensibilité des plaques autochromes à un autre type donné, par exemple à la plaque bleue de Lumière : l’influence de la saison, de l’heure, de la coloration des modèles n’est pas la même dans les deux cas. Il faut donc juger directement, et je n’estime pas que la chose en soit rendue plus malaisée; on acquiert très vite l’expérience nécessaire.
- Au début, il était spécifié que le premier développement serait une opération purement automatique, effectuée dans une obscurité complète : la composition du bain, le temps d’immersion étaient fixés une fois pour toutes. A l’user, on a constaté qu’il était avec cette règle des accommodements, et que l’on pouvait, dans une assez large mesure, surveiller et même guider, tout au moins abréger ou prolonger suivant les besoins, l’action du bain révélateur.
- Au sortir de ce bain, le cliché, rapidement lavé, est immergé dans la solution de permanganate acide où doit se dissoudre l’image négative; à partir de ce moment, il no craint plus la lumière blanche; il la demande, au contraire. On quitte donc le laboratoire obscur, où l’on n’aura plus à rentrer.
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- L’action du bain de permanganate acide doit être suivie avec attention: insuffisamment prolongée, elle laisserait dans la couche un voile d’argent réduit, .qui prendrait au renforcement final une importance gênante; mais l’excès contraire est mauvais aussi, pouvant entraîner une altération générale de l’image. Il faut s’arrêter dès que les tons semblent baisser, mais pas avant qu’ils ne paraissent bien dégagés de tout voile trouble.
- Arrêter à ce point les opérations serait assurément une faute : ce que nous avons dit des états successifs de la plaque le fait assez comprendre pour qu’il paraisse inutile d’insister.
- On procédera donc au second développement (diamido-phénol sulfite) : il est nécessaire. Mais, à la rigueur, et bien que seules les opérations suivantes de renforcement puissent donner à l’épreuve toute sa vigueur et tout son éclat, on pourrait s’en tenir là; la couche de gélatine ne contient plus que de l’argent réduit, elle est stable et ne court pas risque de s’altérer ultérieurement. Il est inutile de lui faire subir l’action d’un bain d’hyposulfite ; un lavage suffit.
- MM. Lumière recommandent très vivement d’aller jusqu’au bout du traitement qu’ils prescrivent : voyons-en donc la fin.
- Après avoir passé quelques secondes dans un bain de permanganate acide très étendu, qui a pour but d’oxyder les traces de révélateur restées dans la couche, mais dont l’action trop vive ou trop prolongée pourrait ronger l’image, la plaque sera soumise à un renforcement physique (pyrogallol et nitrate d’argent); s’il se forme là un léger voile dichroïque, le bain suivant, de permanganate neutre, en assurera la disparition.
- Le renforcement entraîne la nécessité d’un fixage : il se fait dans un mélange d’hyposulfite et de bisulfite, où l’image acquiert sa valeur définitive.
- Il n’est pas nécessaire que le renforcement suive immédiatement le développement : on peut, sans nul dommage, s’arrêter provisoirement où nous avons dit, et n’effectuer qu’à une époque. ultérieure les opérations complémentaires.
- Les manipulations successives doivent être séparées par des lavages sommaires : un dernier lavage, très court aussi, aura lieu au sortir du bain de fixage, et l’épreuve sera ensuite sécliée rapidement; après quoi, pour en assurer la conservation, on la recouvrira d’un vernis, qui doit être à base'de benzine et surtout ne pas contenir d’alcool.
- Cet ensemble d’opérations est beaucoup moins compliqué qu’il ne parait au premier abord; il n’exige pas plus de quinze ou vingt minutes, et n’offre pas de difficultés réelles; il faut avoir soin seulement de manier la plaque avec quelque délicatesse, la couche complexe qui constitue la préparation étant mince et fragile; il serait imprudent, par exemple, d’y promener le doigt, un de la heurter
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- avec un corps dur; mais les décollements sont beaucoup moins à craindre qu'on ne l’a dit. Avec les plaques actuellement fabriquées, on ne les observe pour ainsi dire jamais.
- IV
- Ce que peuvent donner les plaques autochromes, l’examen seul des images peut le montrer; la finesse des tons, la puissance des colorations, y sont tout à fait remarquables. La nature est par elles reproduite avec une étonnante fidélité, et cependant il s’en faut que le rendu en soit automatique et impersonnel : il suffit d’avoir vu successivement les épreuves de M. Steichen et celles de M. Personnaz pour être édifié à cet égard.
- Si les savants peuvent compter sur ces préparations nouvelles pour' d’inappréciables documents, les artistes trouvent dans leur emploi des ressources très précieuses et de très vives jouissances ; leur apparition va, sur bien des points, amener dans la photographie une transformation profonde, et sans nul doute féconde.
- Quel profit en peut tirer l’industrie? C’est une question que je ne puis, devant vous, Messieurs, manquer d’aborder.
- La plaque autochrome donne une épreuve unique; et si, au point de vue artistique, c’est chose parfaitement suffisante, il y a là, aux applications industrielles, un très sérieux obstacle.
- La multiplication des épreuves est-elle possible ? On ne peut guère songer à la réaliser par la voie ordinaire, c’est-à-dire en s’arrêtant, pour la première plaque, à l’image négative, à couleurs complémentaires, et en exposant sous ce cliché, par contact, une nouvelle plaque identique, pour y avoir, par un traitement semblable, une image positive à couleurs vraies. Il faudrait, pour cela, une concordance parfaite des grains de même couleur dans les deux écrans polychromes ; et ce que nous avons dit du mode de fabrication de ces écrans montre que la concordance est tout à fait impossible — disons improbable puisque les lois de probabilité président seules à la disposition relative des grains.
- Rien n’empêche, en principe, de reproduire à la chambre noire, soit en vraie grandeur, soit à une autre échelle, la première épreuve positive, en faisant subir à la nouvelle plaque la même série, complète, d’opérations ; dans ces conditions, la concordance, étant données la petitesse des grains et la nature de l’image optique, qui n’a pas une précision géométrique, n’est plus nécessaire. En fait, j’ai vu faire ainsi d’excellentes copies; mais le nombre en est forcément restreint.
- Quant au transport sur papier, MM. Lumière ont exprimé, je crois, l’espoir
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- de l’obtenir; mais il faudrait, pour cela, augmenter de beaucoup la transparence des écrans polychromes : on ne doit pas oublier, en effet, que, dans une épreuve fixée sur papier, la lumière doit faire à travers l’image un double trajet, et que les perles par absorption en sont forcément au moins doublées. On serait par suite obligé de réduire, dans une très forte proportion, l’intensité de coloration des grains, ce qui auraitpour résultat de mélanger aux lumières colorées une certaine quantité de lumière blanche. v
- Jusqu’ici, tout au moins, la multiplication des images obtenues sur plaques autochromes n’a pu être réalisée que par une traduction, cjui n’était pas très fidèle : je veux parler d’une reproduction par la méthode tri chrome.
- • Cette espèce d’association semble pouvoir rendre aux industries photomécaniques de très grands services,et elle est déjà fréquemment utilisée; mais il faudrait, pour qu’elle pût prendre son plein développement, et donner tout ce qu’on est en droit d’en attendre, que la traduction fût fidèle, c’est-à-dire que la méthode triclirome fût elle-même perfectionnée.
- Or il semble bien que, cette transformation nécessaire, les plaques autochromes soient sur le point de la provoquer. Il est extrêmement intéressant de suivre, dans les études que publient les hommes les plus compétents en la matière, le mouvement qui se dessine à l’heure actuelle. « La plaque autochrome, écrit M. von Hübl, est singulièrement féconde en enseignements. »
- Il est incontestable que l’on s’était peu à peu écarté des conceptions originelles de Ducos du Hauron; les merveilleux résultats obtenus par MM. A. et L. Lumière paraissent avoir montré aux techniciens la nécessité d’y revenir; et sans doute, dans la constitution des images, dans l’établissement des écrans de sélection, dans le choix des encres d’impression, va-t-on chercher à tirer parti des enseignements dont parle l’éminent écrivain viennois.
- Par là se trouveront justifiées, une fois de plus, les récompenses que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a successivement attribuées à M. Ducos du Hauron et à MM. Lumière.
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- COMMUNICATION AVEC EXPÉRIENCES, DE E. DllCretet,
- SUR SES APPAREILS DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL.
- Messieurs,
- En avril'1898, à la Société française de.physique, puis, en juillet de la meme année à la Société d'Encouragement, dès le début de la Télégraphie sans fil, j’eus l’honneur de vous présenter les appareils de télégraphie sans fil que j’avais créés en collaboration avec le professeur A. Popoff, et, dans ma communication de juillet 1898, j’insistais tout particulièrement sur divers dispositifs aijant pour effet d'obtenir un certain accord entre les postes et une plus grande.portée des ondes hertziennes dans l'espace (1). •
- Ces dispositifs, ainsi créés par moi et décrits dès 1898, sont, maintenant utilisés avec succès dans tous les postes de télégraphie sans fil: ils ont pour caractéristique l’emploi d’un résonateur du docteur Oudin, à réglage, placé à la partie inférieure de l’antenne « racliatrice et collectrice » ; le réglage par les curseurs mobiles des spires du résonateur assure à l’antenne le maximum de puissance radiante dans l’espace, et on obtient ainsi un certain accord par résonance entre le radiateur et le récepteur. Dans mes notes de 1898, et dans toutes mes notices parues à ce jour, j’insiste sur l’emploi de,ces dispositifs d’accord.
- Ces-dispositifs, qui me sont personnels, vous seront présentés au cours de mes explications, avec expériences, pour lesquelles je sollicite toute votre bienveillante attention.
- Postes d'expériences. —Pour l’essai de nos appareils de télégraphie sans fil, « transmetteurs et récepteurs », il était indispensable de posséder deux postes d’expériences placés à une certaine distance entre eux, avec obstacles interposés, conditions exigeant une certaine énergie électrique et des longueurs d’onde assez étendues, permettant de franchir ces obstacles.
- Nos deux postes installés rue Claude-Bernard et rue Custine, dans Paris, réalisent ces conditions; la distance entre les postes n’est que de six kilomètres, mais l’échange des radiotélégrammes offre de réelles difficultés par suite du pou de hauteur : 4 mètres seulement, qu’ont au-dessus des maisons les mâts qui
- (i) Société d’Encouragement, séance du 8 juillet 1898; Société scientifique de Bruxelles, janvier 1899.
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- reçoivent les antennes de ces postes, et aussi par suite de la position du poésie de la rueCustine, placé bien en contre-bas de Vautre côté delà Butte-Montmartre ; il se trouve ainsi complètement masqué par la Butte-Montmartre, le Sacré-Cœur, le Dôme Dufayel et par tout le massif des maisons de Paris interposé immédiatement entre les postes Claude-Bernard et Custine. En outre, la position des maisons recevant les mâts ne permettait pas de donner à la partie horizontale des antennes la meilleure orientation entre elles, assurant le maximum d’efficacité. Pour franchir la distance qui sépare nos deux postes d’expériences, ainsi disposés très défavorablement comme il vient d’être dit, Vénergie mise en jeu au transmetteur de notre poste est comparable à celle qui est nécessaire pour franchir une distance de 340 kilomètres entre des postes de côtes séparés par la mer, avec portion de terre de quelques kilomètres à chaque poste. La réception, avec nos appareils récepteurs avec relais et Morse enregistreur, est ainsi assurée régulièrement depuis plusieurs années. Cette distance de 340 kilomètres entre deux postes fixes n’est pas à la limite, et elle serait bien augmentée avec la réception au son, la puissance du transmetteur restant la même.
- La longueur totale des antennes de nos postes atteint 50 mètres environ, dont 40 mètres à triples conducteurs éloignés l’un de l’autre de 75 centimètres environ. Les plaques de terre sont à grande surface. Les longueurs d’onde que nous utilisons ont 400 à 450 mètres, notre transmetteur étant disposé en système indirect avec résonateur d'accord, à réglage, et condensateurs « ad hoc. »
- Transmetteurs. — L’énergie électrique est fournie soit par un groupe convertisseur dans le cas du courant continu distribué, soit encore en utilisant directement un alternateur (E. D. 1897) ou le courant alternatif distribué à 110 volts, que l’on survolte à environ 150 volts. Ce premier transformateur à basse tension (A 1’ fig. 1) évite les courants de retour à haute tension sur la ligne de Ici distribution du courant alternatif.
- Le courant alternatif est ainsi amené aux transformateurs à haute tension avec un débit de 15 à 20 ampères. Pour les cas ci-dessus de notre poste d’essai ou d’une distance de 340 kilomètres, comme ci-dessus, un seul transformateur suffit (Tr. fig. 1). Ces transformateurs à haute tension, de nos types T. S. F. à grand isolement, sont de deux genres : soit à circuit magnétique ouvert, soit à circuit magnétique fermé. Les transformateurs à circuit magnétique fermé ont un meilleur rendement; dans le cas du transformateur à circuit magnétique ouvert, pour une même énergie électrique mise en jeu, le voltage aiix bornes du primaire subit une perte qui peut atteindre 40 p. 100.
- Le modèle de transformateur à haute tension à circuit fermé que je vous présente est de notre type à grand isolement et à groupements facultatifs : il donne un ;voltage de,30 000 volts aux bornes du secondaire, le courant alternatif aux bornes du primaire étant à 110 volts seulement. Avec un débit de 23
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- ampères, l'énergie mise enjeu est de 2 kilowatts a utiles. Nous avons des modèles de différentes puissances, suivant celle du transmetteur du poste de T. S. F.
- Le transformateur à circuit magnétique ouvert utilisé à notre poste Claude-Bernard donne 20 000 volts, le courant alternatif à 110 volts étant survolté à 130 volts. Avec un débit de 15 ampères, l’énergie mise en jeu est de 1 kilowatt 7 utile. Dans le circuit du courant alternatif amené aux bornes du primaire des
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- Fig. 1.
- transformateurs à haute tension, on intercale le manipidateur Ma (fig. 1) pour les émissions des trains d’ordres par brèves et par longues du Code Morse, et une bobine de self (Sf) à faisceau mobile:-le réglage du courant alternatif est obtenu par le déplacement du faisceau mobile; lorsqu’il est entièrement plongé dans la bobine de self, le courant utilisé est très faible; il est au maximum d’effet lorsque le faisceau mobile est entièrement placé en dehors de la bobine Sf.
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- Le circuit de décharge des transformateurs à haute tension Tr comprend une batterie de condensateurs Co, un éclateur E et un résonateur cVaccord S (fîg. 1) amené à l'antenne radiatrice Ca. Chacun'de ces organes ayant des dispositifs qui nous sont personnels, je vais brièvement les décrire:
- Suivant les cas d’emploi de nos appareils de Télégraphie sans fil, soit à bord, soit pour les postes de côtes, les condensateurs que nous avons créés sont avec bouteilles de Leyde spéciales ou avec plaques plongeant dans une huile isolante non inflammable (le pétrole est dangereux, nous ne l’employons pas).
- Fig. 2. — Récepteur à relais Ducretet. Fig. 3. — Détecteur
- électrolytique.
- La construction des armatures de notre type de bouteilles de Leyde à grand isolement évite le percement du verre par l’étincelle de décharge au voisinage de la partie supérieure des armatures intérieures et extérieures. Avec les bouteilles de Leyde, le montage en cascade est préférable, mais il exige un nombre d’éléments quatre fois plus grand que le montage en quantité.
- Notre condensateur à plaques est constitué par un ensemble de plaques métalliques fixées à une monture formant cadre ; ces plaques constituent les armatures du condensateur et, entre elles, se trouvent les plaques de glaces qui peuvent être facilement enlevées et remises en place : le tout plonge dans Y huile
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- isolante à l’intérieur cle notre double récipient bois et métal. Cette cuve métallique h poignées rend très transportables nos condensateurs à plaques faits en toutes dimensions appropriées.
- Une batterie composée de deux de ces cuves, ayant dix-neuf plaques métalliques réunies en quantité, donne une capacité de 1/100 de microfarad.
- U éclateur de notre poste ( E fig. 1) est en vase clos et avec larges électrodes
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- & (4.1 «. » H0RS2 PUS
- en aluminium ; pour éviter l'action des vapeurs nitreuses, nous établissons à l’intérieur du vase une circulation d’air, lente et continue. Cette circulation d’air est économiquement obtenue au moyen d’un petit gazomètre à air de dimensions appropriées, avec sonnerie avertisseur. Les procédés varient ; un ventilateur refoulant extérieur est d’un bon emploi.
- Ainsi disposé, Xéclateur en vase clos est d’un très bon fonctionnement, et il supprime le bruit intolérable %des étincelles de décharge fortement condensées.
- La décharge du condensateur Co se fait dans les spires primaires d’un réso~
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- naleur cl'accord (S fig. 1), ainsi que nous l’avons dit et décrit en 1898; les curseurs de réglage permettent d’obtenir, par effet de résonance, le maximum d’énergie radiante de l’antenne amenée à l’extrémité des spires du résonateur. On reconnaît que l’accord le plus convenable est obtenu, par le réglage des curseurs, lorsque les déviations d'un ampèremètre thermique (Th lig. 1) placé dans le circuit antenne, terre ou capacité atteignent le maximum. Une lampe à incandescence peut être utilisée pour ce réglage de l’accord du transmetteur.
- Notre type actuel de résonateur d’accord (S fig. 1) est avec curseur central du capitaine Péri.
- Pendant le fonctionnement du transmetteur de notre poste Claude-Bernard, des étincelles d’induction et de haute fréquence jaillissaient loin du poste au voisinage de conducteurs métalliques, même reliés au sol : ces étincelles
- Fig. 5. — Morse automatique Ducretet.
- n’étaient pas sans danger, elles rappelaient celles observées par le professeur Loclge dans ses expériences sur la résonance électrique. Nous avons pu atténuer l’effet de ces étincelles par l’emploi de rhéotomes liquides à fortes tiges d'aluminium (ED. fig. 1) placés en dérivation aux bornes du primaire des transformateurs à haute tension et à celles d’entrée dp courant alternatif. Ce courant alternatif ne traverse pas ces rhéotomes liquides, mais ils sont traversés par les courants de haute fréquence et de haute tension ainsi amenés à la terre. En 1875, à Y Académie des sciences et, à la Société de physique, à la même date, je présentais ces rhéotomes liquides, et dans ma note de juillet 1888, à la Société d'Encouragement, j’indiquais leur emploi dans les postes de télégraphie sans fil.
- Récepteurs. — La réception des radiotélégrammes, ainsi émis et lancés dans l’espace se fait soit avec le récepteur à relais et Jubé à limaille suivant M. le professeur Branlÿ, soit par la méthode radio-téléphonique créée en 1899 par le
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- professeur À. PopofT. — Notre récepteur à relais très sensible est à tube radio-conducteur en écaille avec limaille d’or ou d’argent, il est hermétique, ses électrodes mobiles assurent un réglage rapide meme pendant la réception des radio-télégrammes. La frappe automatique est suivant celle imaginée en 189o par Popolf ; notre modèle assure tous les réglages ; la figure 2 est celle de ce récepteur à relais Re de notre type pour grandes distances.
- Un réducteur de potentiel (E.D. 1897) amène le courant de la pile au voltage convenable suivant la limaille employée. — Les radio-télégrammes sont enregistrés au Morse et nous avons indiqué le bon emploi, en T. S. F., de notre Morse automatique. Dans la seconde méthode radio-téléphonique, les trains d’ondes, par brèves et par longues, sont reçus par le détecteur électrolytique et
- Fig. 6. — Manipulateur automatique Ducretet.
- les radio-télégrammes sont lus au son, en utilisant non téléphones magnétiques,-à réglage, à grande résistance ; ce type spécial est d’une très grande sensibilité. Notre modèle de détecteur électrolytique (fig. 3), suivant M. le capitaine Ferrié, est avec électrode positive à la Wollaston; son fil de platine, très tin, est scellé à l’extrémité d’un tube de verre; l’électrode négative est à gros fil de platine Ces électrodes plongent dans de l’eau acidulée par l’acide sulfurique pur. Une pile auxiliaire, avec réducteur amenant le courant au voltage convenable, complète ce récepteur au son. Notre modèle fig. 3, avec électrode à la Wollaston démontable et interchangeable, est d’une très grande sensibilité; des essais comparatifs récents faits sur des postes à très grande distance, ont démontré sa sensibilité et ses avantages pratiques dans les postes de télégraphie sans fil. Les récepteurs à relais ou ceux radio-téléphoniques (au son) ne peuvent donner leur maximum d’effet aux grandes distances que s’ils sont munis de dispositifs d’ac-
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- cord les mettant en résonance avec les ondes émises par les postes transmetteurs. Le dispositif par résonateur Oudin, à réglages rapides, Cfue j’ai indiqué dès 1898, donne de très bons résultats : l’onde reçue par l’antenne collectrice est amenée au circuit primaire du résonateur rapidement accordé sur le détecteur connecté avec le résonateur S 2 (fig. 4).
- Au repos l’antenne collectrice Ca doit être mise, par le jeu d’un commutateur (IT fig. 4) sur le plot de décharge à la terre, quel que soit le détecteur employé.
- En 1903, j’ai indiqué un dispositif d’accord (1 fig. 4) avec transformateur d’induction à spirales plates superposées à distance variable et avec réglages mettant en circuit le nombre de spires qui convient au réglage et à l’accord le plus convenable (Comptes Rendus Académie des sciences, 16 juillet 1907).
- En 3 (fig. 4) se trouve notre dispositif d’accord à réglage par transformateur d’induction h trois circuits isolés, avec bobine de self S à curseurs mobiles.
- Ces dispositifs d'accord à réglages me sont personnels, ils sont très efficaces aux grandes distances. Combinés, ils permettent la réception simultanée de radio-télégrammes émis à grande distance par divers transmetteurs. La figure 4 montre plusieurs récepteurs ainsi groupés avec dispositifs d'accord Ducretet. Nos récepteurs à relais et ceux au son permettent la réception secrète de radio-télégrammes émis par un transmetteur placé à plusieurs kilomètres, et cela sans antenne. Il suffit de relier le récepteur à la canalisation « gaz ou eau » d’un immeuble ou de le relier à un simple conducteur intérieur amené très rapidement à une longueur convenable. Dans ce cas, notre récepteur à relais (fig. 2) avec Morse automatique Ducretet (fig. b) à encrage de longue durée, permet d’enre_ gistrer les radio-télégrammes à toute heure sans la présence immédiate du télégraphiste. •
- Pour les postes des phares et des sémaphores, notre modèle de manipulateur automatique (fig. 6) est utilisé pour assurer la sécurité des navires en temps de brume; les navires étant munis d’une antenne et d’un de nos récepteurs radio-téléphoniques au son peuvent toujours connaître la côte la plus voisine de l’endroit où ils se trouvent en détresse momentanée. '
- Ce manipulateur automatique (fig. 6) a été créé par nous suivant les idées de M. l'ingénieur Blondel et celles de M. le capitaine de vaisseau Morilz.
- J’ai terminé, et, avant de procéder aux expériences, je vous remercie, Messieurs, de votre bienveillante attention ; je remercie également mon fils Fernand et M. E. Roger, mes collaborateurs depuis de longues années et bientôt mes successeurs, de leur concours dans la préparation des expériences, qui vont être réalisées.
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- ÉLECTRICITÉ
- COMMUNICATION DE M. R. PériSSé SUR LE CHAUFFAGE ET LA VENTILATION
- PAR L’ÉLECTRICITÉ (1)
- Messieurs,
- L’abaissement du prix de vente de l’électricité permet de songer maintenant à chauffer les habitations et les édifices au moyen de ce fluide si précieux, si facile à répandre dans les moindres coins d’un immeuble, si commode à manier.
- Les appareils de chauffage par l’électricité sont encore peu répandus parce que, dans la plupart des lieux de production, l’énergie électrique a été jusqu’ici d’un prix beaucoup trop élevé pour qu’on puisse penser à son utilisation pour le chauffage.
- Cependant quelques électriciens, prévoyant le développement de l’électricité dans les pays de la. houille blanche, ont recherché, puis construit les appareils de transformation de l’électricité en chaleur, attendant patiemment le moment où tout naturellement les applications deviendraient nombreuses par la diffusion de l’énergie électrique et par rabaissement de son prix.
- Ce moment est arrivé depuis quelques années déjà pour certains pays privilégiés comme l’Allemagne et la Suisse, et il arrive à grands pas pour, la France et pour les villes comme Paris, où ce n’est plus la houille blanche, mais la vraie houille noire, qui doit être employée.
- C’est de l’utilisation de l’électricité au chauffage et à la ventilation, dont je vais avoir l’honneur de vous entretenir, et c’est parce que je me suis spécialisé dans les études de chauffage que M. Lalance, président du secteur de Clichy, m’a demandé de vous faire cette communication en m’aidant à en réunir les^ éléments.
- L’électricité, qui permet d’obtenir un éclairage parfait autant que pratique, réaliseratout aussi bien le chauffage idéal; mais, avant de vous parler d’un appareil qui a permis de faire à Paris une installation parfaite, pouvant servir de
- (1) Communication faite en séance le 14 février 1908. Tome 110. — Mai 1908.
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- ÉLECTRICITÉ.
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- type à bien d’autres, je désire vous dire quelques mots des moyens actuels de chauffage les plus répandus; vous en tirerez vous-mêmes des conclusions toutes naturelles.
- L’habitation et les édifices ont été pendant longtemps chauffés par le calorifère à air chaud. Ce système abandonné presque complètement aujourd’hui à cause de son insalubrité, a été remplacé, par les chauffages à vapeur ou à eau chaude.
- Le chauffage à vapeur, préconisé d’abord par les Américains, s’est répandu en Europe, et en France surtout, alors que d’autres pays nos voisins préféraient les qualités du chauffage à eau chaude en raison de leur climat plus rigoureux que le nôtre.
- Pour être sincère, il faut dire que les chauffages par l’eau se sont perfectionnés depuis six à sept ans, alors que, pendant cette même période, les systèmes employant la vapeur semblent avoir atteint leur apogée. Ils sont cependant bien imparfaits les calorifères de nos habitations ; s’ils sont trop simplement conçus et construits, il est impossible de les modérer au goût de chacun et suivant la température extérieure ; s’ils sont très perfectionnés en vue d’éviter cet inconvénient, ils sont délicats et capricieux.
- Qui donc n’a pas souffert, au théâtre par exemple, d’un excès de chaleur vers la fin de la soirée, alors qu’il avait tout juste chaud au début? Qui ne s’est pas plaint de se lever (dans une maison cependant très bien chauffée) avec 5° dans son cabinet de toilette, alors que le même jour à midi il a étouffé dans sa salle à manger?
- La faute en est à l’imperfection des moyens de réglage ou à leur complication; elle réside aussi dans l’emploi trop généralisé jusqu’ici de calorifères à source centrale de chaleur, qui est la cause des réclamations multiples et contraires des différents habitants d’un immeuble, comme il est cause de l’augmentation des loyers parce que les charges du propriétaire augmentent aussi, sans compter les gémissements de ceux chargés de mettre du combustible dans les appareils.
- On cherche à éviter cet inconvénient en établissant des chauffages à niveau par l’eau chaude à circulation rapide, qui permettent l’autonomie du chauffage par étage ou par chaque appartement; mais ces systèmes de chauffage ne sont pas encore partout applicables.
- L’intervention de l’électricité fait disparaître tous les inconvénients des calorifères à eau ou à vapeur. Avec elle, il y a plus que jamais une source centrale de chaleur, puisque c’est l’usine génératrice elle-même; mais cela n’est pas une imperfection, au contraire, car il suffit d’admettre le courant dans les locaux à chauffer ou de l’interrompre sans avoir à prévenir un chauffeur.
- Dans l’état actuel de l’industrie des calorifères, l’électricité est donc certai-
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- nement le meilleur agent cle transport de calories parce qu'elle est rapide, souple, silencieuse et qu’elle circule sans gêner personne et sans exigences multiples.
- L’électricité permettra d’aller porter la chaleur dans un bâtiment aussi loin qu’on voudra et où on voudra pour la répartir convenablement, alors que, même avec la vapeur, tout n’est pas possible ; la réalisation de certains chauffages exige, en effet, une grande expérience ou bien l’emploi de certains artifices dont l’installateur n’a pas toujours le secret.
- L’électricité surpassera surtout la vapeur par la facilité avec laquelle elle donnera le réglage de la chaleur; toutes les gammes de température seront produites par l’emploi judicieux d’interrupteurs ou d’un tableau de distribution identiques à ceux employés pour la lumière.
- Les appareils destinés à transformer l’énergie électrique en chaleur sont des résistances convenablement étudiées en vue d’obtenir le meilleur rendement possible, la facilité d’installation et, bien entendu, un prix de construction aussi bas que possible.
- Parmi ces appareils, un de ceux qui donnent de très bons résultats, est la plaque chauffante imaginée par l’électricien anglais Grompton il y a plusieurs années déjà. Elle a été introduite en France par M. Lalance, et est construite et exploitée par la Société du Familistère de Guise.
- Cette plaque, dont vous avez sous les yeux un modèle, est en fonte apparente cannelée sur une face, et émaillée sur l’autre (fig. 1).
- La cannelure augmente la surface de radiation de la plaque et aussi son rendement; dans l’épaisseur de l’émail, le fil qui forme résistance est noyé complètement. C’est, comme vous pouvez'le voir dans l’arrachement pratiqué sur ce second modèle, un fil de maillechort extrêmement fin, formant des sinuosités nombreuses de manière à avoir une grande longueur sans donner des dimensions trop grandes à la plaque.
- Le fil est ainsi complètement à l’abri de l’air et par conséquent de l’oxydation qui se produirait à l’air libre et le détruirait rapidement ; il est, de plus, très bien isolé électriquement. Enfin deux oreilles venues de fonte avec la plaque servent de points de suspension ou de fixation, et deux bornes auxquelles aboutissent les deux extrémités du fil fin servent au raccordement avec les deux pôles de la ligne d’amenée du courant électrique.
- L’appareil est donc très simple, mais l’inventeur a eu, pour le construire, de très longues recherches à faire pour constituer un émail bien adhérent à la fonte, très peu fusible, aussi bon conducteur de la chaleur que possible, tout
- Fier. I.
- - Plaque chauffante Crompton.
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- en étant un parfait isolant électrique ; enfin cet émail a le même coefficient de dilatation que la fonte ou à peu de chose près.
- Les plaques Crompton sont construites couramment pour les tensions de 110 et 120 volts et peuvent fonctionner aussi bien sur du courant continu que sur du courant alternatif, elles peuvent être construites aussi .pour d’autres tensions ou disposées pour du courant triphasé.
- Les plaques chauffantes sont construites de manière à consommer 1 hecto-watt par décimètre carré de surface, ce qui donne à cette surface une température de 200 degrés environ.
- Dans ces conditions, une plaque d’un mètre carré rend pratiquement au total, tant par la surface fonte que par le côté émail, environ 6 600 calories à l’heure D’autres plaques destinées aux appareils de cuisine ont une température plus élevée (350°) et rendent environ 12 000 calories à l’heure avec une consommation de 140 watts par décimètre carré.
- Au moyen des plaques Crompton, en faisant varier les dimensions et les modes de suspension ou de support, il est possible de faire toutes sortes d’appareils de chauffage, depuis le simple chauffe-plat jusqu’au four de cuisine, et depuis les poêles calorifères jusqu’au grand appareil de chauffage combiné avec ventilation électrique dont je vous parlerai tout à l’heure.
- Le catalogue des constructeurs est rempli de petits appareils domestiques : réchauds, fer à repas-' scr, etc., sur lesquels je n’insisterai pas pour vous parler seulement des appareils de chauf-
- Fig. 2. — Poêle électrique portatif.
- fage des locaux.
- Voici un poêle relativement léger (fig. 2), puisqu’il pèse de 12 à 30 kilos suivant les modèles. C’est un appareil portatif destiné à chauffer des pièces de dimensions réduites; ses 4 faces sont formés de 4 plaques Crompton réunies au socle et au couronnement par des colonnes d’angles en fonte ornementale. Les pieds sont isolés du sol au moyen de roulettes en corne ou de houles en porcelaine. (
- Les plaques de ce poêle sont alimentées, suivant les modèles, par un seul circuit électrique ou par deux, ce qui est avantageux, surtout dans les plus gros modèles, parce qu’il est ainsi possible de faire varier le nombre de plaques émettant de la chaleur, et par conséquent de ne pas consommer inutilement de l’électricité.
- La consommation du plus petit modèle de ces poêles est de \ 1 hectowatts, il peut chauffer une pièce d’environ 40 à 50 mètres cubes.
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- Le plus grand modèle consomme 35 hectowatts et correspond au chauffage d’environ 100 mètres cubes, sous climat tempéré comme celui de Paris.
- D’autres types de poêles de dimensions plus grandes existent aussi, et l’un d’eux a même été construit pour consommer 300 ampères, si toutes les plaques chauffantes qui le constituent reçoivent le courant; celui-ci peut se répartir à volonté dans dix circuits différents, ce qui permet de faire varier de 1 à 10 la puissance de chauffage de l’appareil.
- Enfin il est construit des plaques chauffantes murales (fîg. 3) extrêmement pratiques pour les cas de manque de place et de pièces de très petites dimen-
- Fig. 3. — Plaque murale.
- Fig. 4. — Radiateur électrique fixe.
- sions, des chauffe-pieds et des radiateurs fixes analogues aux radiateurs à vapeur ou à eau, si répandus maintenant (fig. 4).
- Les radiateurs sont constitués par une ou plusieurs plaques Crompton posées sur un bâti à pieds et entourées d’une enveloppe décorative. Au bas, et dans l'axe de l’appareil, se trouve une lampe témoin rouge. Derrière la plaque, et du côté du mur, est un écran d’amiante, pour forcer l’air chauffé au bas de la plaque à circuler avec vitesse jusqu’à sa partie supérieure. Chaque plaque, s’il y en a plusieurs, est sur un circuit distinct et de plus isolé électriquement, de manière à localiser dans une seule plaque toute irrégularité de fonctionnement.
- L’enveloppe se fixe au mur le long duquel est placé l’appareil, et l’ensemble a l’aspect d’un radiateur ou d’un poêle à vapeur.
- Le secteur de la place Clichy, qui emploie plusieurs de ces radiateurs dans
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- ses bureaux, a fait faire, pour quelques-uns d’entre eux, des enveloppes très artistiques, dont je mets sous vos yeux un des types en fer forgé.
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- Fig. 5. — Plan de la salle des fêtes du Cercle de FUnion Artistique.
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- Puisque je suis amené à vous parler d’enveloppes de radiateurs, j’insiste la facilité avec laquelle le radiateur électrique peut être habillé artistique-
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- Fig. 6. — Salle des fêtes du Cercle de TUnion Artistique. Coupe ABCD (lig. S.)
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- Fig. 1. — Chambre de chauffe. Vue en coupe EF (fig. 5).
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- Fig. 8. — Schéma du tableau de chauffage et de ventilations électriques.
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- ment. C’est une supériorité qu’il a sur les radiateurs à vapeur qui ne sont d’un bon rendement calorifique qu’en étant apparents, et aussi lisses que possible. Les architectes français, qui ont toujours trouvé, et avec juste raison, que les radiateurs en fonte étaient incompatibles avec la décoration d’un appartement, trouveront enfin, dans l’emploi des radiateurs électriques, ce qu’ils demandent depuis si longtemps. Ils pourront faire faire des enveloppes suivant le style qu’ils-auront choisi pour la décoration générale de leur construction, à une seule-condition toutefois, c’est qu’ils la fassent aussi ajourée que possible sur les quatre faces.
- Les radiateurs construits par le familistère de Guise sont de trois ou quatre dimensions différentes, et consomment tous environ 20 hectowatts par plaque, émettant environ 1 700 calories à l’heure, et par conséquent sont suffisants pour le chauffage d’une pièce de 60 à 80 mètres cubes sous le climat de Paris.
- J’arrive maintenant à la description d’une installation de chauffage et ventilation par l’électricité que M. Lalance a étudiée et exécutée au Cercle de lJ Union Artistique, rue Boissy-d’Anglas.
- Il s’agit clu chauffage de la grande salle des fêtes du Cercle, qui sert chaque jour de 4 heures à 8 heures de salle de jeu. Cette salle, dont les figures ci-après-donnent le plan (fig. 5) et la coupe transversale (fig. 6), est éclairée par un plafond vitré au-dessus duquel est un comble vitré. Cette disposition est très-favorable à la conservation de la chaleur, mais défavorable à la ventilation naturelle.
- Le cube de cette salle est de 3 600 mètres. Il s’agissait d’installer le chauffage en le combinant avec la ventilation de manière que la température restât à peu près constante : 18°, quelle que soit la température extérieure, le nombre de membres du Cercle présents et surtout le nombre de cigares allumés.
- La salle étant chauffée dans la journée avant 4 heures, par un calorifère à air, le chauffage devait être interrompu à l’heure de la mise en route des appareils électriques.
- Voici le dispositif qui a été adopté, et qui donne une absolue satisfaction aux membres du Cercle.
- Dans un espace libre (E F du plan) situé entre le mur de la salle des fêtes et le mur mitoyen (côté gauche en entrant) a été aménagée une chambre de chauffe et de ventilation, au moyen de l’installation de 16 plaques Crompton de 0m,50x 0m,50, suspendues au milieu de la chambre, et d’un ventilateur prenant de l’air pur au-dessus du toit de la salle et le refoulant dans la chambre de chauffe, en le forçant à lécher les plaques chauffantes pour le faire ressortir au-dessus d’elles dans une loggia située près du plafond de la salle.
- Les plaques ont été reliées deux par deux pour former huit groupes élec-
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- triques, et le groupement a été convenablement étudié, pour que, quel que soit le nombre de plaques recevant le courant électrique, l’échange de chaleur avec l’air soufflé soit aussi parfait que possible.
- Chaque plaque émet environ 1 600 calories à l’heure pour une consommation, qui a été mesurée plusieurs fois, de 18 hectowatts-heure, et le rendement total des 16 plaques fonctionnant simultanément est de :1 600 X 16 = 25 600 calories à l’heure.
- Le cube de la salle étant de 3 600 mètres, c’est donc une émission de :
- — 7 calories par mètre cube et par heure.
- 3 600 A 1
- Ce chiffre assez faible ne correspond, comme je l’ai dit plus haut, qu’à la déperdition de chaleur pendant les heures d’occupation intensive de la salle des fêtes, celle-ci étant au préalable chauffée par d’autres moyens.
- Du côté droit de la salle, en entrant, c’est-à-dire en faisant face à la scène, ont été disposées, dans le plancher, des bouches d’évacuation d’air vicié comniu-' niquant avec un conduit en tôle accroché au plafond du sous-sol, au bout duquel est un ventilateur d’aspiration envoyant l’air, les poussières et la fumée dans une courette d’aération (C B A du plan).
- Ces bouches d’évacuation, au nombre de six, ont été placées à l’opposé et aussi loin que possible de l’entrée d’air chaud par la loggia supérieure. La disposition de celle-ci a permis de diriger l’air chaud sortant de la chambre de chauffe, non pas directement dans la salle, mais contre la paroi de la loggia qui le divise et en diminue la vitesse avant sa répartition dans le haut de le salle. De cette façon, les courants d’air gênants, produits souvent par les ventilations mécaniques, ont été complètement évités.
- Les ventilateurs ont été calculés pour qu’à leur plus grande vitesse les
- 3 600 mètres cubes d’air de la salle soient largement renouvelés en une heure, et, qu’à la plus petite vitesse, il n’y ait que la moitié du volume renouvelée dans l’heure.
- Cette disposition permet d’abord de ventiler plus ou moins énergiquement, suivant les circonstances, et aussi de rafraîchir la salle pendant l’été; et voici comment :
- L’été, pendant la période la plus fraîche de la nuit, soit entre minuit et
- 4 ou 5 heures du matin, les ventilateurs sont mis en action, toutes les portes étant fermées (les plaques chauffantes inactives, bien entendu), l’air est donc renouvelé quatre ou cinq fois, et la salle est rafraîchie autant qu’il est possible; elle reste ensuite à une température inférieure à la température extérieure pendant la journée et jusqu’au moment où elle est occupée.
- - La figure 7 est la coupe de la chambre de chauffe, et les 16 plaques y sont représentées sans leurs canalisations électriques; on voit qu’elles sont isolées en
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- leur point de suspension. Le courant électrique leur est distribué ainsi qu'aux deux ventilateurs, au moyen d’un tableau analogue aux tableaux d’éclairage.
- La figure 8 est le schéma de ce tableau placé près de l’entrée de la salle à un endroit facilement accessible pour l’électricien chargé de surveiller le chauffage. On y voit les 8 interrupteurs des 8 groupes, les 16 plombs fusibles, les 2 interrupteurs généraux bi-polaires et les 2 rhéostats de démarrage des ventilateurs accouplés ensemble pour en simplifier la manœuvre.
- A la suite d’expériences et d’observations, on a pu dresser une note sur le réglage du chauffage, qui est affichée à côté du tableau. L’électricien, observant un thermomètre extérieur et un thermomètre placé à la sortie de la chambre de chauffe, modifie la vitesse des ventilateurs et le nombre de plaques chauffantes en suivant les indications de cette note et en les interprétant suivant les circonstances ou les désirs des membres du Cercle.
- Voici cette note :
- NOTE POUR LE RÉGLAGE DU CHAUFFAGE
- Températures extérieures.
- Jusqu'à 18 degrés. . De 17 à 14 — . .
- — 13 à 11 — . .
- — 10 à 8 — . .
- — 7 à 6 — . .
- — 5 à 4 — . .
- — 3 à 2 — . .
- — 1 à —1 — . .
- — —2 à —3 — . .
- ----4 à —5 — . .
- ----6 à —9 — . .
- Néant.
- 1 interrupteur tout le temps.
- 2 interrupteurs pendant 1 heure, puis 1.
- 2 interrupteurs tout le temps.
- 3 interrupteurs pendant 1 heure, puis 2.
- 3 interrupteurs tout le temps.
- 4 interrupteurs pendant 1 heure, puis 3.
- 4 interrupteurs tout le temps.
- 5 interrupteurs pendant 1 heure, puis 4.
- 5 interrupteurs tout le temps.
- 6 interrupteurs tout le temps.
- Nota. — Le ventilateur d’admission est prévu sur la touche 2 pour ce réglage.
- L’installation faite au Cercle de l’Union Artistique donne toute satisfaction à ses membres, et peut servir de modèle type à d’autres installations analogues qui ne manqueront pas d’être faites, car la nécessité se fait de plus en plus sentir de bien ventiler les salles de réunion en les maintenant à une température constante.
- Il me reste à vous dire un mot sur le prix de revient du chauffage par l’électricité.
- Pour qu’il ne soit pas plus cher que les autres modes de chauffage, il faut que le courant électrique soit vendu 10 centimes le kilowatt-heure. On le trouve à ce prix dans les régions de la houille blanche et dans les pays charbonniers.
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- Si le kilowatt coûte plus: 1S ou 20 centimes, on peut installer des radiateurs électriques dans certains cas particuliers où le coût du chauffage est peu important par rapport à d’autres frais. Exemple : chauffage de salles de réunion, salles de spectacle ou salles où la ventilation combinée avec le chauffage est absolument nécessaire. C’est le cas d’une salle de bal qui, pendant toute la durée de la fête, et quel que soit le nombre de personnes présentes, peut rester, avec le chauffage et la ventilation électriques, à une même température et sans qu’il soit besoin d’ouvrir des fenêtres momentanément.
- Enfin, si le kilowatt coûte 30 centimes, comme à Paris, le chauffage électrique est très possible dans des cas particuliers de chauffage temporaire : un cabinet de toilette, une petite pièce de réception ou une salle à manger dont on veut élever la température à certaines heures.
- Espérons donc que, dans quelques années, le prix de vente de l’électricité pourra être encore abaissé, et nous verrons immédiatement les appareils de chauffage électrique se répandre partout. Ils sont en bonne voie pour le faire.
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- COMMERCE
- d’impérialisme économique en grande-bretagne, par M. Maurice Alfassa(l).
- PREMIÈRE PARTIE
- CHAPITRE PREMIER I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- LE PLAN DE M. CHAMBERLAIN : SES ORIGINES ET SA JUSTIFICATION
- Le 15 mai 1903, au lendemain de son retour de l’Afrique du Sud, M. Joseph Chamberlain, ministre des Colonies du Cabinet Balfour, esquissa à Birmingham son plan de réformes fiscales : il se déclara partisan d’un système de tarifs préférentiels à établir entre la Grande-Bretagne et ses colonies. Les motifs qu’il invoquait sont de deux ordres : resserrer les liens existants à l’intérieur de l’Empire en accordant sur le marché national aux colonies des avantages équivalents à ceux que certaines d’entre elles ont •déjà accordés et que d’autres sont prêtes à concéder aux produits de la Métropole et, grâce à ces débouchés assurés, donner un essor nouveau à l’industrie britannique dont le développement s’est trouvé et se trouve chaque jour ralenti par les barrières douanières prohibitives dont se sont entourés des pays industriels d’Europe et les États-Unis.
- M. Chamberlain pouvait entreprendre de justifier son plan à deux points de vue différents : soit qu’il considérât la question sous son aspect impérial, soit qu’il envisageât la situation économique de l’Angleterre. Au cours delà campagne qu’il a engagée, c’est alternativement à l’un et à l’autre de ces deux points de vue qu’il a attribué la prééminence suivant les époques, suivant les milieux, suivant les circonstances politiques. Et en fait, à l’heure actuelle encore, certains se demandent si c’est la conception impérialiste qui a fait envisager à l’ancien ministre des Colonies le côté ‘économique de ses projets ou si c’est à celui-ci qu’il faut attribuer celle-là.
- La situation actuelle est en effet fort complexe.
- (1) Voir le Bulletin d’avril.
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- L’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 691
- Les éléments constituant l’Empire ont toujours donné, dans les circonstance s difficiles, des preuves de leur loyalisme, mais d’autre part les Colonies sont tellement jalouses de leur autonomie, de leurs prérogatives que le lien les unissant à la Métropole est des plus fragiles, qu’il pourrait facilement être rompu, en un mot que la séparation est à craindre dans un avenir relativement prochain, à moins qu’on arrive à •établir une union basée sur des intérêts communs durables. Actuellement l’impossi-bihté où seraient les colonies d’assurer par elles-mêmes, sans l’aide de l’Angleterre, la défense de leurs territoires est, en dehors de leur loyalisme très réel à la couronne, le meilleur des liens. Mais au fur et à mesure de leur développement, ce motif d’union perdra de son importance et il faudra quelque autre moyen pour les attacher définitivement à l’Angleterre. Ce moyen M. Chamberlain croit l’avoir trouvé.
- Son désir initial (1896) était rétablissement d’un Zollverein britannique à l’intérieur de l’Empire, qui par ses richesses naturelles, sa fertilité, son étendue, est susceptible de se suffire à lui-même. Mais les colonies sont protectionnistes et ne sont pas disposées à modifier leur régime douanier, soit qu’elles l’aient établi dans un but purement fiscal, soit qu’elles y aient vu le moyen de développer et de fortifier leurs industries naissantes. Cependant, en 1898, le Canada accorda une réduction de droits de 25 p. 100 aux produits britanniques, réduction qu’il porta à 33 p. 100 en 1900; l’Afrique du Sud a également accordé une réduction de 25 p. 100 et le Commonwealth d’Australie semble disposé à entrer dans la même voie. Ces colonies, qui ont concédé spontanément ces avantages à la Grande-Bretagne, seraient peut-être disposées à faire davantage si celle-ci en échange leur donnait sur son propre marché certains avantages de même ordre. Pour cela il faudrait remplacer le régime actuel de Libre-Échange par un système de tarifs préférentiels à l’intérieur de l’Empire. Et ainsi se trouve justifié au point de vue impérialiste le projet de M. Chamberlain, car il établirait des liens commerciaux permanents attachant de façon durable, suivant cette théorie, les colonies à l’Angleterre. Le résultat ainsi obtenu serait tellement considérable que celle-ci ne devrait pas hésiter un instant à adopter ce système,même s’il devait entraîner pour elle des sacrifices qui pourraient être considérables.
- *
- * *
- Bien qu’en consultant les statistiques on constate un développement considérable et constant du commerce extérieur du Royaume-Uni depuis l’adoption du Libre-Échange d’une part, on ne saurait se dissimuler que les faits n’ont pas répondu à l’attente de Cobden et de Bright, que l’adoption universelle de ce régime qu’ils anticipaient ne s’est pas produite, et que, les grandes nations industrielles, au contraire, persévérant dans la voie du Protectionnisme, ont sans cesse accru leurs tarifs douaniers, et d’autre part on ne peut nier que l’accroissement du commerce extérieur de la Grande-Bretagne est proportionnellement inférieur à celui des autres pays. Pour M. Chamberlain,(les droits protecteurs de plus en plus élevés qu’ils ont adoptés en sont la cause : ils ont fermé des marchés nombreux aux manufacturiers anglais qui sont dans des conditions d’infériorité marquée vis-à-vis de leurs concurrents étrangers.
- Leur état d’infériorité se trouve encore augmentée par le Libre-Échange, ou, plus exactement, pour employer l’expression dont fait usage l’ancien ministre des Colonies, par le régime de libres importations que s’est donné l’Angleterre, régime agissant doublement dans ce sens. D’abord l’Angleterre est désarmée contre les agissements
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- COMMERCE.
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- des pays protectionnistes sur leurs marchés nationaux. Leur ayant accordé par avance tous les avantages qu’elle peut leur concéder, elle ne peut plus rien leur offrir en échange de. ceux qu’elle voudrait obtenir et ne peut rien contre eux alors même qu’il est évident, comme dans le cas de la Russie, de l’Allemagne et des États-Unis que les tarifs sont systématiquement dirigés contre ses producteurs. De plus elle est également désarmée dans le cas où ses colonies lui accordant exclusivement certains tarifs spéciaux, un pays étranger voudrait user de représailles contre elles en soumettant leurs exportations au tarif maximum : c’est ce qui s’est produit entre le Canada et l’Allemagne à la suite du tarif préférentiel accordé par cette colonie à la Métropole.
- En second lieu ces pays protectionnistes font une concurrence très sévère et inéquitable aux productions britanniques sur leur propre marché et sur ceux des pays neutres : mais c’est surtout en Angleterre qu’elle s’exerce de la façon la plus redoutable parle dumping. Grâce aux primes directement allouées par l’État aux exportateurs, ou indirectement par l’entremise des cartels (qui, fixant un prix donné à l’intérieur du pays pour certains articles, à l’abri des tarifs douaniers qu’ils ont obtenus, bonifient ces mêmes articles à l’exportation d’une somme telle que les producteurs peuvent les vendre à l’étranger au-dessous de leur coût de production), le marché britannique se trouve inondé d’articles manufacturés vendus à des prix inférieurs à ceux auxquels peuvent ou veulent les livrer les industries indigènes ; c’est ce que l’on appelle le dumping, et par suite de son régime économique la Grande-Bretagne se trouve entièrement désarmée contre cette action, au plus grand détriment de son industrie et de ses ouvriers. Comme ce dumping s’exerce surtout dans la métallurgie, et de façon systématique, affirme M. Chamberlain,dans le but de détruire des industries primaires, il y a là un grave danger au point de vue de l’avenir économique de l’Angleterre et de l’Empire. Et pour y remédier il est indispensable — et c’est la seconde justification de l’ancien ministre des Colonies — de renoncer au régime des libres importations, d’adopter les tarifs préférentiels. Non seulement ainsi s’assurera-t-on la totalité des marchés du Canada, de l’Australasie, du Sud de l’Afrique, etc., dont la possession est si importante pour l’Angleterre, étant donné le développement prochain réservé à ces pays (et ce sera une compensation pour les marchés perdus), mais grâce aux tarifs on aura le moyen d’amener les pays étrangers à composition et de leur imposer des conditions équitables de concurrence, sur tous les marchés, pour les producteurs britanniques.
- APPLICATION
- Ce plan de réformes fiscales de M. Chamberlain doit entraîner à des modifications considérables dans la vie économique du Royaume-Uni et avant de l’adopter il est nécessaire de voir d’une part si la situation industrielle et commerciale exige une transformation aussi radicale du système douanier, et d’autre part si le protectionnisme auquel ne peuvent manquer d’aboutir les projets en discussion, ne risque pas d’augmenter plutôt que d’enrayer la décadence industrielle que craint l’ancien ministre des Colonies. La répercussion des tarifs préférentiels sera considérable, car ils atteignent l’industrie à la fois dans les ouvriers et dans la fabrication. Ils ne peuvent manquer d’augmenter directement ou indirectement le coût de production. En effet ils comportent deuK parties, l’une destinée à accorder certains avantages tangibles aux colonies
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- et l’autre à donner à la Grande-Bretagne les moyens de traiter avec les pays protectionnistes.
- Les colonies autonomes ne fournissant guère, à l’heure actuelle, que des denrées alimentaires à la Métropole, il faut établir un tarif sur le blé, les viandes, etc. M. Chamberlain propose des droits, fort modestes, il est vrai, de 2 sli. par quarter sur le blé et de o p. 100 sur les viandes. Ces droits, peu considérables au début, grèveront do manière importante cependant les budgets ouvriers. En supposant, ce qui ne peut être le cas, que les grandes colonies agricoles comme le Canada, ne majorent pas le-prix de vente de leur blé d’une partie importante du droit de 2 shillings frappant les blés étrangers, les cours ne pourront manquer de s’élever d’une somme sensiblement égale au droit, étant donné qu’actuellement et pour longtemps encore, les-colonies ne sont pas en mesure de fournir plus que le tiers de la consommation totale (1). On ne peut songer sérieusement à soutenir souvent la thèse de l’ancjeir ministre des Colonies, que ce sont les pays étrangers qui payent les droits de douane, et que, par suite, l’incidence de la taxation des denrées alimentaires n’atteindra pas les Ouvriers. Si les salaires n’augmentent pas, comme le pouvoir d’achat en blé de l’argent se trouvera réduit, la productivité de l’ouvrier, fonction de son régime alimentaire, diminuera, et par conséquent le coût de production industriel devra s’accroître. Si, au contraire, ainsi que M. Chamberlain l’a déclaré plus tard, l’adoption de ses projets doit avoir pour résultat une élévation sensible des salaires, le coût de production s’en trouvera également accru, et dans l’une comme dans l’autre de ces-deux hypothèses, il est évident que l’adoption-des tarifs préférentiels ne peut, à première vue, contribuer au développement de l’industrie britannique. Cela, M. Chamberlain le sait bien et il ne le cachait pas à ses auditeurs lorsqu'il leur disait dans son* premier discours : « J’affirme que les hommes d’État anglais doivent faire tout ce qu’ils pourront, même au prix de sacrifices pour ce pays-ci, afin de maintenir le commerce entre les colonies et la Grande-Bretagne, pour l’augmenter, pour le faire naître même, si en ce faisant, notre commerce avec nos rivaux étrangers s’en trouve quelqua peu diminué (2)... » « Cela est nécessaire, même si cela est contraire à nos intérêts, propres, pour consolider un Empire, qui ne peut exister que sur une base d’intérêts-commerciaux communs ajoutés aux rapports de sentimentalisme actuel... Empire capable de se suffire à lui-même et de prospérer en dépit de la concurrence de tous les pays rivaux (3). »
- La seconde partie des projets de M. Chamberlain est-elle de nature à contribuer davantage que la première à donner un essor nouveau à l’industrie nationale? Le droit moyen de 10 p. 100 qu’il propose (4), sur les articles manufacturés, doit avoir un triple effet : diminuer en premier lieu les charges qui pèsent sur la classe ouvrière ; en même temps, — comme il ne s’agit pas d’une taxe purement fiscale, — augmenter les chances-d’emploi des travailleurs en mettant les producteurs nationaux à même de lutter contre la concurrence étrangère, concurrence d’autant plus nuisible au point de vue de la prospérité nationale, qu’elle est encouragée artificiellement par des primes gou-
- (1) Memoranda, statistical tables and charts prepared in the Board of Trade with reference to-various matters bearing on british and foreign trade and industrial conditions, 1903 [cd, 1761, p. 112.]
- (2) Impérial Union and Tariff reform, speeches delivered by the Right lion. Joseph Chamberlain from may lofh to nov 4, 1903, p. 8.
- (3) Ibid., p. 18.
- (4) Ibid., f. 41 et suiv.
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- vernementales, ou des subsides fournis par les trusts et cartels qui assurent un bénéfice sensible, alors même que le prix de vente sur le marché britannique est inférieur ou à peine égal au coût de production. Et enfin ce droit moyen de 10 p. 100 donnera au Royaume-Uni le moyen qui lui manque aujourd’hui, de par son régime de libres importations, d’obtenir des concessions importantes sur les marchés qui lui sont fermés aujourd’hui par des tarifs douaniers pratiquement prohibitifs. Il est actuellement désarmé contre les pays qui, systématiquement, comme l’Allemagne et les États-Unis, ont dirigé contre lui, — M. Chamberlain l’affirme, — leur protectionnisme exaspéré, dans le but de supprimer les effets de la concurrence britannique qui gênait le développement de leur industrie. Ces pays ont pu d’autant plus facilement agir ainsi, qu’ils n’avaient aucune crainte de représailles et qu’ils étaient assurés de trouver toujours en Angleterre un débouché pour le surplus de leur production rendue, nécessaire par l’organisation économique, concentration capitaliste de plus en plus marquée, qu’ils ont adoptée. Si les conséquences de cet état de choses étaient limitées à une concurrence équitable des industries nationales anglaises, le mal pourrait être accepté, mais elles sont autrement graves car elles ne tendent rien moins qu’à la destruction systématique des grandes industries primaires, bases fondamentales de la prospérité britannique. Pour se conserver ce débouché, qui leur est devenu indispensable, les pays ultra-protectionnistes seront amenés à faire des conditions équitables à l’Angleterre, et à abaisser leurs barrières douanières de crainte de représailles : ainsi l’industrie du Royaume-Uni verra sa prospérité s’accroître, non seulement par les débouchés reconquis, tant sur place que sur les marchés d’Europe et des États-Unis, mais encore par ceux qui s’ouvriront aux colonies. Le maintien de la libre entrée de leurs produits dans la Métropole entraînera pour celle-ci des concessions nouvelles et importantes sous forme de réduction de tarifs de douane, concessions d’autant plus précieuses, d’après M. Chamberlain, que les marchés coloniaux sont déjà aujourd’hui, et doivent devenir de plus en plus, les débouchés principaux de l’Angleterre, et que c’est par l’accroissement des exportations qu’elle y fait que le volume de son commerce extérieur s’est maintenu, masquant ainsi la décadence des envois de produits manufacturés britanniques dans les pays étrangers.
- CONTRADICTIONS ET ANTAGONISMES DES TROIS PARTIES DU PLAN
- La théorie est séduisante, niais les adversaires de l’ancien ministre des Colonies affirment que ses conclusions sont erronées sur le terrain des faits, et que si elles peuvent se justifier au point de vue économique, en raisonnant in abstracto (ce qu’ils contestent), elles perdent toute leur valeur quand on entre dans le domaine de la pratique et que l’on se place au point de vue particulier de la Grande-Bretagne en tenant compte des facteurs déterminants de sa puissance économique.
- Ils font observer tout d’abord que l’étude du plan de l’ancien ministre des Colonies comprend trois parties qui sont inconciliables : réserver une préférence aux produits coloniaux, d’exercer en même temps des représailles contre les pays faisant une concurrence déloyale et enfin, frapper les produits manufacturés étrangers d’un droit de douane de 10 p. 100 en moyenne.
- La taxation du blé, des beurres, fromages, articles de basse-cour et viandes, est faite, d’une part, pour assurer un avantage « substanciel » aux Colonies etid’autre part pour permettre d’exercer des représailles. Or, comme la Grande-Bretagne im-
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- porte principalement des pays dont les tarifs protecteurs sont le plus contraires à ses intérêts commerciaux des produits alimentaires représentant les quatre cinquièmes de son importation totale et les deux tiers des matières premières qu’elle emploie, il est clair que si ces pays lui font des concessions, ce sera en échange d’une réduction notable ou de la suppression de ces droits. Mais l’Angleterre se sera interdit de le faire par suite de la Préférence qu’elle accordera à ses colonies, Préférence qui deviendrait purement nominale, du jour où des pays étrangers obtiendraient les mêmes-avantages. D’autre part, la production en céréales des États-Unis et de la Russie est si considérable qu’ils pourraient avoir intérêt à abaisser leurs prix de la valeur du droit imposé, pour conserver leurs débouchés sur le marché britannique, et dans ce cas comme dans le précédent, la taxation des produits alimentaires ne constituerait plus la Préférence promise aux colonies. Par suite, on voit déjà apparaître de façon frappante l’incompatibilité existant entre les deux premières proposition s‘de M. Chamberlain. Elle est encore accentuée quand on considère la troisième, destinée à porter remède à la « stagnation » actuelle de l’industrie. Le droit moyen de 10 p. 100 sur les articles manufacturés doit réserver le marché national aux producteurs nationaux en les protégeant, dans une certaine mesure, contre la concurrence étrangère. Mais forcément cette taxation devra être étendue aux produits agricoles pour deux raisons. Les grands cultivateurs anglais ont manifesté clairement, depuis l’ouverture de la campagne protectionniste, leur intention de n’accepter la taxation des produits manufacturés, que si des avantages correspondants leur étaient accordés. Les mobiles d’intérêt personnel priment ceux d’intérêt général et, que M. Chamberlain l’ait voulu ou non, ces projets ont réveillé des appétits ardents qu’il faudra assouvir, s’il veut obtenir quelque résultat. Du moment où, pour une raison ou pour une autre, la réalisation de son plan de Préférence Coloniale comporte des droits de douane imposés, non dans un but purement fiscal, mais pour défendre certainesindustries qu’il croit menacées, elle tend à l’établissement de la protection. C’est dans un intérêt national que l’ancien ministre des Colonies agit; mais industriels, agriculteurs, financiers, lui donnant leur appui, ne le font que pour en tirer des avantages personnels. Et par suite, les grands propriétaires terriens, voyant que les tarifs préférentiels doivent profiter aux manufacturiers, ne les acceptent qu’à la condition de réaliser eux aussi des bénéfices équivalents.
- Mais il est une autre raison pour étendre la protection aux produits agricoles. Le coût des objets manufacturés de toutes sortes doit normalement s’élever, d’une somme très légèrement inférieure au montant des droits dont les articles similaires de fabrication étrangère seront frappés. Par conséquent, les prix subissant une augmentation, la vie devenant plus chère, il faudra nécessairement accorder une compensation aux cultivateurs. Cela paraît d’autant plus certain que la situation actuelle de l’agriculture britannique est l’objet des préoccupations de M. Chamberlain et de ses amis. Ils estiment que les tarifs préférentiels doivent avoir pour effet de la faire renaître, en incitant les propriétaires anglais à contribuer dans une mesure beaucoup plus large à l'alimentation du pays, dans le but de profiter des avantages que leur donneront les droits de 2 sh. par quarter sur les céréales étrangères.
- S’il en est ainsi, il y a antinomie entre les buts que l’on se propose. La préférence accordée aux colonies peut difficilement se concilier avec le développement de l’agriculture nationale et les représailles devant s’exercer par les droits sur les denrées alimentaires. Dans le premier cas les droits doivent être permanents, dans le second, temporaires.
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- L’industrie comme l’agriculture britanniques sont aujourd’hui en décadence par suite de la concurrence étrangère, disent les Tariff-lieformers. Elles ne peuvent se-développer que par des droits définitivement établis.
- Les supprimer, au cas où les pays protectionnistes viendraient à accorder de meilleures conditions aux producteurs anglais, serait aller contre les intérêts qui se seraient créés à l’abri de ces droits.
- Il y a là un dilemme : ou ils seront supprimés et alors la situation de ragriculture en particulier sera plus mauvaise qu’elle ne l’est aujourd’hui, car il lui faudra renoncer à tout espoir d’une amélioration par les mêmes méthodes, ou bien, voulant lui conserver les avantages acquis — et l’expérience prouve que des droits non purement fiscaux ont toujours un caractère permanent — la solution consistera à augmenteriez taux du tarif général et à accorder un tarif minimum aux pays donnant un régime de faveur aux produits britanniques. L’aboutissant sera l’établissement d’un ensemble do droits protecteurs de plus en plus élevés ainsi que cela a eu lieu en Allemagne, en France, aux États-Unis et en Russie.
- Par suite, il n’y aura pas moyen d’exercer les représailles que demande M. Chamberlain, puisqu’elles nécessitent rétablissement de droits d’un caractère nettement temporaire appelés à disparaître lorsque les avantages cherchés seront obtenus et que les projets de Préférence Coloniale exigent forcément l’établissement de droits permanents.
- l’opposition politique
- Ces contradictions, ces incompatibilités entre les diverses parties du plan que nous venons d’examiner, montrent qu’il y a eu superposition de propositions de caractères et de tendances très différentes sans préoccupation de les concilier, sans idée directrice-nette. Ce n’est pas un édifice d’ensemble, dont toutes les parties ont été calculées en vue d’un but donné : sauver la prospérité menacée d’un grand pays et consolider un vaste Empire, mais une agglomération hâtive de matériaux destinés à élever des édifices différents que l’on ne pouvait fondre en un tout unique et harmonieux. On sent très bien que la préoccupation dominantefde M. Chamberlain est l’Impérialisme et que tout pour lui doit s’effacer devant le noble idéal de sa conception de réaliser l’unité de l’Empire. Il lui semblait sans doute que l’immense majorité du pays partageait ses vues et qu’étant donné l’enthousiasme provoqué en Angleterre par l’aventure impérialiste de la guerre sud-africaine il lui suffirait de dévoiler ses idées pour en assurer le triomphe. Il était convaincu que la Métropole serait prête à tous les sacrifices dans ce but.
- Son attente fut déçue. Les projets de Préférence Coloniale qu’il développa le 15 mai 1903 à Birmingham soulevèrent une émotion sans précédent dans le Royaume-Uni. M. Chamberlain espérait entraîner à sa suite le gouvernement; les oppositions les plus sérieuses se manifestèrent dès le lendemain au sein du ministère. M. Balfour désavouait son ministre à la Chambre des communes et, répondant à ceux qui voyaient dans la Préférence Coloniale un acheminement indiscutable vers la protection, disait qu’il ne saurait être question d’abandonner le régime libre-échangiste.
- La divergence de vues entre les deux chefs réels du Cabinet était grave. Leur union, inaltérable jusque-là avait fait leur force, car ces deux hommes groupaient autour d’eux, les deux fractions numériquement égales du parti conservateur moderne, unionistes et
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- impérialistes. Que l’une des deux se détachât de la majorité, le ministère devait se retirer. Connaissant l’opiniâtreté inlassable en ses desseins de son collègue, M. Bal-four se rendit compte dès l’abord qu’il ne pourrait obtenir de lui l’abandon de son idée, mais il savait aussi que s’il acceptait le projet de Préférence Coloniale, son parti se désagrégerait et qu’il faudrait faire la dissolution. Il fallait renoncer à tout espoir d’établir l’accord sur ce point entre les deux ailes du parti. Recourir à une élection générale était impossible. M. Balfour, étant avant tout chef d’un de§ grands partis politiques, pour éviter un grand malheur chercha à gagner du temps. Ses sympathies l’attiraient vers M. Chamberlain, il leur fit violence et avec son habileté coutumière •chercha à concilier les opinions si différentes de ses collègues. Il crut que l’unité pourrait s’établir sur un projet mixte qui, à son sens, donnait satisfaction à tous. Sentant l’opposition irréductible des masses qui se souviennent encore des souffrances de l’époque des lois sur les céréales à toute idée de taxation des denrées alimentaires, le Premier Ministre développa son projet mixte de représailles : l’Angleterre souffre des tarifs protectionnistes de pays étrangers, les barrières douanières qu’ils ont élevées sont souvent l’équivalent d’une prohibition pour les produits anglais. Il faut les amener à faire des conditions équitables par des représailles, niais en évitant soigneusement de taxer les produits alimentaires. Parla il calmait les inquiétudes du duc de Devonshire, de lord Balfour de Burleigh, de lord G. Hamilton, de M. Ritchie, le chancelier de l’Échiquier, et de leurs partisans, et en même temps il rassurait ceux qui étaient favorables à la Préférence Coloniale, car les droits de représailles permettaient d’accorder des avantages douaniers au Canada, au Çommonwealth australien, à l’Afrique du Sud.
- M. Chamberlain comprit tout le parti qu’il pouvait tirer des suggestions de M. Balfour. Il s’était rendu compte qu’il ne pouvait plus, sans lutte, espérer le triomphe de ses idées. Bans ces conditions, il devait chercher à établir une coopération d’éléments poursuivant des buts très différents et assurer à chacun d’eux, au moins partiellement, les avantages qu’ils souhaitaient. D’où son programme hétérogène.
- Faisons adopter le principe de la Préférence Coloniale, pensait-il, nous verrons ensuite comment concilier les intérêts et comment faire fonctionner la machine.
- Le parti des T’ariff-Reformer s dont il est le chef comprend les Impérialistes proprement dits, les propriétaires terriens, les chefs d’industries. que nous qualifierons d’artificielles, c’est-à-dire d’industries ne trouvant pas en Angleterre un terrain particulièrement propice et qui souffrent beaucoup de la concurrence de pays possédant des avantages particuliers pour ces mêmes industries, et enfin les Protectionnistes.
- Il y a toujours eu en Grande-Bretagne des hommes qui, pour des raisons diverses, étaient adversaires du Libre-Échange, mais qui n’ont jamais pu faire de grands prosélytes tant il paraissait que les théories de Cobden et de Bright étaient indéracinables. Ils ne manquaient aucune occasion de soulever, en des débats au Parlement, la question du protectionnisme, surtout depuis l’ère de prospérité des cartels et des trusts; mais leurs tentatives n’obtenaient aucun succès.
- Aux premiers M. Chamberlain offre la Préférence Coloniale à défaut du Zollverein impérial qu’il rêvait en 1896 et qu’il représentait alors comme devant nécessiter d’importants sacrifices de la part de l’Angleterre, puisque la condition essentielle en était « que la Grande-Bretagne consentira à frapper de nouveau de droits modérés certains -articles que produisent en grande quantité les diverses colonies. Si je l’ai bien coin-
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- pris, ces articles comprennent le blé, la viande, la laine, le sucre et peut-être d’autres articles dont la consommation est considérable dans ce pays et qui sont actuellement produits en quantités considérables dans les colonies. D’autre part, comme je l’ai dit, les colonies, tout en maintenant leurs droits sur les importations étrangères, accepteraient un libre-échange entre les diverses de l’Empire et cesseraient d’imposer des droits protecteurs sur les objets, quels qu’ils soient, incorporant du travail britannique (1)... » Ces sacrifices M. Chamberlain les admettait encore lorsqu’il entreprit sa campagne au mois de mai 1903 (2), mais il ne tarda pas, dans ses discours postérieurs, à les passer sous silence, de peur d’effaroucher les manufacturiers du concours desquels il avait besoin.
- Il chercha à leur faire oublier qu'il avait dit, en parlant de la préférence de 33 et demi p. 100 accordée par le Canada à la Grande-Bretagne en 1900, « que son résultat... est que, en dépit de la Préférence que le Canada nous a donnée, son tarif a frappé et frappe encore avec la plus grande dureté son meilleur client, en même temps qu’il favorise les pays étrangers qui font tous leurs efforts pour exclure les produits britanniques du marché canadien (3). » S’il l’avait répétée, cette déclaration, eût été de nature à effaroucher la deuxième catégorie de ses partisans. 11 s’attacha au contraire à leur démontrer que les colonies étaient les clients les plus précieux de la Métropole et que l’accroissement des exportations anglaises à l’intérieur de l’Empire était seul parvenu à masquer le déclin du commerce extérieur avec les pays protectionnistes et, faisant sienne la théorie des représailles que M. Balfour venait de formuler, il offrait cet avantage à ces partisans. D’où l’incorporation à son plan de cette deuxième partie, incompatible avec la première. . '
- Pour s’assurer le concours des protectionnistes, il proposa de frapper de 10 p. 100' en moyenne les produits manufacturés. Par ce moyen magique tous les maux dont se plaint l’Industrie du Royaume-Uni disparaîtront. Le marché intérieur appartiendra de nouveau aux manufacturiers nationaux; comme conséquence la demande nouvelle de main-d’œuvre sera tellement considérable que le sort de la population ouvrière du Royaume-Uni s’en trouvera très sensiblement améliorée, d’autant plus que la prospérité qui doit fatalement suivre l’adoption de ces droits, déterminera une élévation en valeur absolue du taux des salaires, puisque la taxation proposée des denrées alimentaires ne doit pas majorer le coût de l’existence.
- LA POLITIQUE DES REPRÉSAILLES, SA POSSIBILITÉ ET SON UTILITÉ
- Avant d’examiner très sommairement dans ce chapitre si la situation de l’industrie britannique présente les caractères inquiétants dont parle l’ancien ministre des Colonies et si elle nécessite l’emploi du remède héroïque qu’il propose et quelles pourraient en être les conséquences, il nous paraît utile d’exposer quelques idées sur la politique de représailles et sur les avantages que la Grande-Bretagne tirerait de la Préférence Coloniale.
- Tout d’abord une question préalable se pose à propos des représailles. Est-il néces-
- (1) Discours de M. Chamberlain aux Chambres de commerce de l’Empire, mardi 9 juin 1896. Times du 10 juin 1896.
- (2) Cf. cli. i, p. 3.
- (3) M. Chamberlain. Discours d’inauguration de la conférence coloniale de 1902, Cd. 1299 de 1902, p. 6, 7, 8.
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- saire de bouleverser le régime économique actuel pour exercer des représailles? Oui, répondent M. Chamberlain et M. Balfour.. Pour pouvoir négocier librement avec l’étranger nous connaissons la méthode que propose le premier. Le second déclare qu’il faut apporter des modifications profondes au système fiscal actuel. « Je propose, disait-il à Sheffield (1), de modifier la tradition fondamentale des deux générations précédentes en demandant aux électeurs de ce pays de modifier, d’annuler et de supprimer des règles de sa politique, la doctrine que l’on ne doit jamais établir de taxation que dans un but purement fiscal, c’est-à-dire en vue de revenus budgétaires. J’affirme catégoriquement qu’à mon aAns ce pays n’aurait jamais dû se priver de cette liberté et qu’il a le devoir de rétablir à la face de l’Europe et du monde cette liberté dont il s’est privé...
- Ce pays devrait avoir ce que possèdent tous les autres pays du globe et ce dont aucun autre pays ne songerait à se priver : la liberté de négocier et de quoi négocier... Le troisième des maux est l’insécurité dont souffrent, je le crains, certaines des branches les plus importantes de notre industrie et dont elles souffriront aussi longtemps que nous tolérerons des droits protecteurs, combinés aux trusts, permettant d’inonder notre pays à des prix artificiels des articles qui, sous un véritable régime de Libre-Échange (j’entends un régime tel que chaque pays produirait ce à quoi il est le plus apte), n’auraient jamais pu faire concurrence à nos industries nationales, ni les déraciner... »
- Les libre-échangistes répondent, non sans raison, que si le but final que l’on se propose n’est pas l'établissement du protectionnisme, il n’est point besoin de modifier profondément le régime existant, car les partisans les plus intransigeants de l’École de Manchester (Cobden et Bright eux-mêmes l’auraient fait) sont tout disposés à autoriser une politique de représailles s’il était prouvé : 1° qu’une industrie britannique était mise en péril par des tarifs volontairement hostiles d’une nation étrangère; 2° que les représailles fussent le seul moyen de remédier à cet état de choses funeste; 3° que cette politique ne coûterait pas plus cher qu’elle ne rapporterait (2).
- Mais ils demandent que le Gouvernement sollicite dans chaque cas l’autorisation du Parlement, alors que M. Balfour ne veut pas se prononcer sur la procédure, ce qui permettrait de supposer, en rapprochant son silence sur ce point de ses paroles rapportées plus haut, qu’il désire obtenir une autorisation générale grâce à laquelle il pourrait établir non plus des droits temporaires mais des droits permanents, acheminement vers la protection. D’ailleurs il le laissait bien, entrevoir lorsqu’il disait : « Évidemment cette liberté (de négociation) que je vous demande de rétablir pourra donner heu à des abus ; je n’en doute pas (3). »
- Non seulement le principe est admis par les libre-échangistes mais ils n’ont pas hésité à le mettre en pratique. Lord G. Ilamilton, ministre démissionnaire du Cabinet Balfour affirmait à la Chambre des communes (4) que le Gouvernement était suffisamment armé par la législation existante pour exercer des représailles et que lui-
- (1) Discours de M. Balfour le 1er octobre 1903 à la National Union of Conservative and Constitu-tional Associations.
- (2) Débats de la Chambre des communes du 6 au 13 février 1904. Cf. Hansard. Discours de M. John Morley.
- (3) Discours de M. Balfour, toc. cit. Débats de la Chambre des communes du 6 au 15 février 1904
- (4) Discours de lord G. Ilamilton.
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- même étant ministre des Indes en avait fait usage en frappant de droits très élevés les sucres européens qui, vendus au-dessous de leur coût de production, ruinaient une des industries les plus florissantes de la Colonie.
- Quelle serait maintenant l’efficacité présumable de la politique de représailles? Les pays dont les hauts tarifs, pratiquement prohibitifs pour les produits anglais, portent préjudice à l’essor de l’industrie sont principalement les États-Unis et la Russie. Comme leurs importations en Grande-Bretagne sont presque exclusivement composées de matières premières (échappant à tout projet de taxation) et de produits alimentaires que M. Balfour se refuse à frapper de droits de douane (1), il s’ensuit qu’ils échapperaient -à toute mesure de représailles et par suite l’Angleterre aurait entre les mains une arme dont elle ne pourrait pas faire usage, si elle adoptait des tarifs de Préférence Coloniale; dans ces conditions l’on est amené à conclure que M. Balfour tout comme M. Chamberlain a uniquement en vue l’introduction du protectionnisme en Angleterre dans le but de consolider l’Empire lorsqu’il propose d’adopter la politique de représailles. Puisqu’elle ne saurait s’appliquer aux deux pays qui, suivant les dires de ses partisans, ont volontairement établi des tarifs hostiles à l’Angleterre, il est présumable qu’elle coûterait plus qu’elle ne rapporterait, puisque dans le cas de la Russie les droits n’atteindraient que £ 195 000 de produits manufacturés plus £ 205 000 d’articles •demi-manufacturés (2), soit au total à £ 400000 alors que la valeur des produits manufacturés britanniques entrant en Russie et qui pourraient être surchargés par elle de nouveaux droits de représailles se surajoutant aux droits existants (3) est de £ 14 000 000.
- Dans le cas des États-Unis, l’Angleterre pourrait frapper de droits de représailles £ 14 250 000 (4) d’articles manufacturés ou semi-manufacturés alors qu’elle ex--porte £ 24000 000 de produits britanniques auxquels il faut ajouter £ 19000 000 de produits étrangers et coloniaux réexportés, soit au total £ 43 000 000 qui pourraient •être frappés de droits de représailles à titre de réciprocité (5)..
- (1) Importations de Russie en Grande-Bretagne (1902) :
- Produits alimentaires................................... £ 131:00 000
- Matières premières...................................... 10 000 000
- Produits manufacturés (papier principalement)........... 195 000
- Produits semi-manufacturés.............................. 205 000
- Tous autres articles (déjà taxés à leur maximum)........ 770 000
- £ 25 670 000
- Pourcentage des articles qui pourraient être frappés par des droits de représailles,
- 1 1/2 p. 100.
- Importations des États-Unis en Grande-Bretagne (1902) :
- Produits alimentaires............*....................
- Matières premières (coion surtout)....................
- Produits manufacturés.................................
- Produits semi-manufacturés (cuir surtout).............
- Divers (tabac principalement déjà très lourdement taxé). .
- £ 62 500 000 44 000 000 9 500 000 4 750 000 *6 250 000
- £ 127 000 000
- Pourcentage des articles qui pourraient être frappés par des droits de représailles,
- 11,22 p. 100.
- Ces chiffres sont extraits des statistiques douanières, Gd. 1617 et Gd. 1761 (Custom House Relurn)
- 1903.
- (2) . Qui sont presque totalement les matières premières pour certaines industries britanniques.
- (3) Les droits imposés en Russie sur les produits anglais sont de 131 p. 100 ad valorem (Custom House Return, Cd. 1617 et Gd. 1761) 1903.
- (4) Dans ce total de £ 14 250 000 entrent £ 4 750 000 de produits semi-manufacturés dont le cuir brut forme la majeure partie : c’est à proprement parler une matière première qui devrait échapper à la taxe, le pourcentage réel serait donc 7,48 p. 100.
- (5) Les droits imposés aux États-Unis sur les produits britanniques sont de 73 p. 100 ad valorem {Custom House Returns, Cd. 1617 et 1761).
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- LES PROJETS DE RÉFORME JUGÉS PAR M. CHAMBERLAIN DE 1881 A 1903 LEURS RÉPERCUSSIONS VRAISEMBLABLES
- L’ancien ministre des Colonies n’a pas toujours été partisan de cette politique et les motifs qu’il avait autrefois pour la dénoncer comme dangereuse n’ont eu rien perdu de leur valeur, malgré que son opinion se soit modifiée.
- Les arguments qu’il développait avec force il y a une vingtaine d’années, il les trouvait encore justifiés en 1895, et depuis cette époque le caractère de l’industrie et du commerce de l’Angleterre n’a subi aucune modification qui rendent valables les arguments qu’il condamnait alors et qu’il a adoptés aujourd’hui.
- Voici ce qu’il affirmait autrefois, répondant alors aux Fair-lrciders : « On nous demande d’adopter une politique de réciprocité et de représailles. Mais comment la mettre en pratique... afin de reconquérir le Libre-Échange et le commerce équitable que nous avons perdus. Les vues de l’honorable M. Ecroyd —• et je ne dis pas qu’elles ne sont pas justifiées en apparence — semblent être que nous devons exercer des représailles contre les pays étrangers en imposant des tarifs protecteurs sur leurs produits afin de les inciter à supprimer ceux dont ils frappent nos marchandises. L’honorable M. Ecroyd semble considérer sa proposition comme un expédient temporaire que l’on doit adopter à regret et auquel on doit renoncer le plus rapidement possible. Mais supposez que les pays étrangers ne se décident pas malgré la politique de représailles à supprimer leurs droits de douane. Combien de temps devra se poursuivre l'expérience? sera-ce pendant cinq, dix, vingt ans ou pour toujours que l'on demandera aux classes ouvrières de consentir les sacrifices que cette politique exigera d'elles, ainsi que tous Vadmettent? Sur quels articles devons-nous exercer des représailles ? Quelles sont celles de nos importation,§ que nous devons frapper de droits? C’est un point d’uue importance primordiale sur lequel les avocats de la réciprocité devraient être mais ne sont pas d’accord... Si les pays étrangers frappent nos produits de droits de 40 ou de 50 p. 100, l’honorable M. Ecroyd exercerait ses représailles en taxant de 10 p. 100 leurs articles manufacturés. Cette proposition est inconsistante. A moins que les droits que nous établirons soient les mêmes que ceux nous atteignant, il est clair, il est évident qu’il n’y aura pas d’équité dans les échanges encore que nous ayons renoncé au Libre-Échange... L’Angleterre est le pays le plus vulnérable sur ce chapitre, — c’est-à-dire que, en dépit des tarifs protectionnistes des pays étrangers, ou pour ce motif peut-être, nous exportons chez eux beaucoup plus de produits manufacturés que nous n’en importons... Une guerre de tarifs telle que celle qui nous est proposée nous ferait plus de mal que nous n’en causerions à l’étranger qui pourrait exercer' des représailles, en raison de nos représailles, en prohibant nos produits ou même en élevant encore leurs tarifs sur les articles que nous ne fabriquons pas pour notre propre usage (1). »
- «Ainsi que l’hon.sir John Lubbock l’a montré de façon indiscutable, si nous devons -commencer le jeu des représailles, il faut se rappeler qu’il faut être deux pour y jouer et que nous y aurons un sérieux désavantage. Nos importations d'objets manufacturés et semi-manufacturés représentent seulement £ 35 000 000 alors que nous en exportons pour £ 190 000 000, ce qui laisse une différence de £ 155 000 000 sur laquelle nous devrons sûrement subir de grosses perles au jeu des représailles, et je dois par suite considérer ce procédé comme très aventureux (2). »
- (1) Chamberlain à la Chambre des communes, le 12 août 1881, Hansard 3d sériés, vol. 264, p. 1800.
- (2) ld., le 24 mars 1882, Hansard 3d sériés, vol. 267, p. 1901.
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- Se référant à la taxation des denrées alimentaires que prônait M. Ecroyd, comme l’un des éléments indispensables du système des représailles et, contrairement à ce qu’il soutient aujourd’hui, parce que cela est indispensable au succès de ses projets,. M. Chamberlain disait : « Je ne sais s’il croit que l’on peut taxer les denrées alimentaires sans augmenter leur prix. Je veux tout au moins poser cet axiome en débutant, que cela est impossible et que ce n’est que par une augmentation des prix., "que l’on pourra stimuler le développement et la prospérité des Colonies (1). »
- L’ancien ministre des Colonies affirmait également avec des arguments irréfutables que la Préférence Coloniale que voulaient établir les protectionnistes de l’époque avec leur système de représailles, coûterait très cher au Royaume-Uni, parce qu’il s’écoulerait un très grand nombre d’années avant que l’Empire ne fût en mesure de se suffire àlui-même au point de vue des denrées alimentaires, et que pendant ce temps il fallait craindre que les pays étrangers, contre lesquels des représailles seraient exercées par la taxation des céréales, etc., ne voulussent en exercer à leur tour pour se venger et enfin que l’essor industriel naturel des colonies les empêcherait d’accepter que les payements fussent effectués en marchandises, ce que leurs déclarations récentes confirment de manière indiscutable. Par suite la Préférence devait entraîner la Métropole à des sacrifices pécuniaires importants.
- « Si, disait-il en 1882, M. Ecroyd ne croit pas que ce transfert (fourniture exclusive des denrées alimentaires par les colonies) puisse se faire immédiatement des pays étrangers à nos colonies (2), je désirerais beaucoup savoir ce que nous ferons dans l’intervalle. Si nous devons exercer des représailles contre les pays étrangers en imposant un droit sur les produits alimentaires importés de ces pays en Angleterre, pour les engager à modifier leurs tarifs et pour transférer la fourniture de ces produits aux colonies, je ne vois pas d’où l’alimentation de ce pays devra venir, parce qu’il est impossible que d’ici à un terme d’éloignement raisonnable, nos colonies puissent produire une quantité de denrées alimentaires s’approchant même de loin du total requis. Mais même si elles pouvaient la produire dSms l’avenir il leur serait impossible d’en accepter le payement en articles manufacturés (3). »
- Ce n’est point par attachement aux doctrines de l’École de Manchester que M. Chamberlain condamnait alors la politique de représailles, mais parce qu’il sentait, étant donné la situation économique de l’Angleterre, que sa prospérité en serait gravement atteiiite.il s’attachait alors à la face pratique de la question et, sachant combien les exportations sont indispensables à ce pays, il se plaçait à un point de vue d’égoïsme national, si nous osons employer cette expression, en disant : « La doctrine des représailles vous est présentée par des gens qui ignorent complètement le caractère de votre industrie et de votre commerce. » Ils vous disent : « Les pays étrangers frappent de droits vos produits manufacturés. Qu’y a-t-il de plus équitable pour vous que de frapper les leurs? » Eh bien ! si cela était vrai, je proclamerais, d’accord avec eux, qu’il n’y a aucune injustice dans cette proposition. Nous ne devons rien aux pays étrangers, et si nous pouvions leur faire du tort sans nous en faire à nous-mêmes et que nous eussions ce désir, lat proposition serait parfaitement rationnelle. Mais nous ne pouvons exercer
- (1) Chamberlain à la Chambre des communes, etc., ibid., p. 1891.
- (2) Encore aujourd’hui les colonies ne fournissent guère que 1/5 du total des importations britanniques de denrées alimentaires : £ 43 000 000 sur £ 223 000 000 soit 19,1 p. 100. Chiffres tirés des Trude and navigation returns, december 1902, publiés en 1903.
- 3) Chambre des Communes, J. Chamberlain, 24 mars 1882, Ilansard 3i 2 seines, vol. 261, p. 1901.
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- de représailles contre eux sans courir le risque qu’ils en exercent contre nous, ce qui dépasserait singulièrement par des effets désastreux sur notre pays le mal que nous pourrions leur faire. Malgré leur régime de protection, peut-être même à cause de ce régime, allais-je dire, nous exportons plus d’articles manufacturés dans ces pays qu’ils n’en exportent chez nous. Croyez-moi, s'ils avaient les mains libres, s'ils étaient sages, s’ils dégrevaient totalement leur commerce extérieur, ils seraient des concurrents beaucoup plus redoutables qu'ils ne le sont aujourd'hui (1). »
- LES REPRÉSAILLES JUGÉES PAR M. BALF0UR EN 1896
- Le Premier Ministre, M. Balfour, était de la même opinion que son collègue. Il allait même plus loin que lui, en ce sens qu’il considérait qu’il fallait non seulement ne rien faire — au moyen de représailles ou autrement — contre les pays protectionnistes, mais encore qu'il était indispensable, au contraire, de développer leurs importations pour la prospérité britannique. Car l’ensemble des transactions de l’Angleterre comprend, outre les exportations considérables, visibles, des exportations invisibles non moins importantes, qui sont payées par ses importations. C’est ce qu’il montrait à Sheffîeld en 1896. « Un grand commerce d’exportations à l’étranger comporte nécessairement — cela est une conséquence mathématique — des importations correspondantes. Si l’on désire que les exportations soient importantes, il doit y avoir des importations pour en assurer le payement. On doit nous payer en marchandises, on ne peut nous rembourser autrement ; et non seulement devons-nous être payés en marchandises pour ce que nous exportons, mais encore pour les intérêts de nos capitaux placés à l’étranger. Il serait déraisonnable de s’effrayer du développement des manufactures dans les pays étrangers. Il est inévitable. Que cela nous plaise ou non, nous n’avons pas à grommeler contre ce qui est réellement le résultat de lois inévitables (2). »
- A cette époque d’ailleurs, en 1896, M. Chamberlain était loin de considérer que la concurrence étrangère était néfaste à la prospérité du Royaume et que les importations faites en Angleterre étaient scientifiquement et malicieusement dirigées dans le but de ruiner et détruire ses industries. Quels événements se sont donc passés depuis 1896 qui aient donné naissance à des craintes aussi graves quç celles qu’il a manifestées dans tous ses discours depuis celui prononcé à Glascow le 6 octobre 1903? La nature des importations ne s’est pas sensiblement modifiée depuis l’époque où le commerce entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne était extrêmement satisfaisant, et dans l’ensemble d’une façon croissante en faveur des exportations anglaises. Les vues pessimistes dues au développement commercial de l’Allemagne étaient alors sans fondement : « Il n’y a absolument aucune raison pour avoir une alarme quelconque quant à notre situation, opinion avidement attendue de l’autre côté du Détroit et qui conduit nos amis et concurrents de l’étranger à se faire une opinion totalement inexacte de la puissance et de l’influence commerciales de la Grande-Bretagne (3). »
- Les représailles qui font partie du plan de l’ancien ministre doivent faciliter la réalisation de la Préférence Coloniale: elles ne tendent pas à l’établissement du Protectionnisme auquel il est tout à fait opposé. Il n’y a aucune corrélation et pourtant n’est-ce
- (1) Discours de M. Chamberlain au Birmingham Town-llalt en 1885.
- (2) Lord Brassey, K. C. B. D. C. L. Fifty years of progress and lhe new fiscal policy, p. 49.
- (3) Chamberlain, Discours à la Chambre de commerce de Birmingham, 13 novembre 1896. Times du samedi 14 novembre 1896, p. 12, col. 2.
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- pas lui-même qui disait naguère : « La Chambre des communes a appris de l’honorable M. Ecroyd que la question de savoir si un homme est protectionniste ou non dépend uniquement de ses motifs d’action. Ce n’est pas une question de fait mais d’intention, et si un membre du Parlement vient proposer d’établir un droit de 5 shillings sur le blé pour protéger le fermier, il sera un Protectionniste, mais si un autre demande d’établir ce même droit sur des blés étrangers et qu’il dise suivant les termes mêmes de l’honorable M. Ecroyd qu’il le fait « calmement et pacifiquement pour déterminer le capital et le travail à alimenter abondamment les industries qui seront ainsi développées dans les colonies » et bien que les mêmes résultats doivent être obtenus, que l’action soit similaire et les conditions identiques, dans un cas on devra qualifier la proposition du nom de Protection tandis que dans l’autre le nom de Protection doit être répudié avec indignation. Cela estime question dépassant les limites delà compréhension. C’est un problème de casuistique plutôt que de la politique (1). »
- Il est donc établi par M. Chamberlain lui-même que la politique de représailles, tout comme la Préférence Coloniale, doivent fatalement aboutir au Protectionnisme.il nous affirme aujourd’hui que la Grande-Bretagne jouira, par l’adoption de ce régime économique, d’une prospérité sans précédent, et en même temps que le rêve qu’il a poursuivi de faire l’unité définitive de l’Empire sera réalisé. Mais autrefois, avant l’ère de ses grandes conceptions impérialistes, alors qu’il examinait froidement la situation en se plaçant au point de vue anglais proprement dit, il avait une opinion différente qu’il exprimait avec la plus grande énergie. Il prévoyait les pires résultats si l’on taxait les denrées alimentaires et voyait avec inquiétude le Protectionnisme qui allait faire éclore des industries artificiellement viables, et donner une base précaire à une prospérité plus apparente que réelle, à l’opposé de ce qui existe sous le régime du Libre-Echange.
- A son optimisme actuel, opposons son pessimisme d’autrefois : « La taxation des denrées alimentaires aurait pour résultat, disait-il, une diminution des salaires. Elle boutirait certainement à une diminution de leur valeur productrice ; la même somme d’argent aurait un moindre pouvoir d’achat. Cette taxation aurait même des conséquences plus graves, car elle augmenterait les prix de chaque article produit dans, le Royaume-Uni, et elle déterminerait indubitablement la perte de notre gigantesque commerce d’exportation que l’industrie et l’énergie de ce pays, pouvant se donner libre cours sous le régime d’absolue liberté, ont pu créer (2). »
- Notre prospérité a une base saine parce que, seules, les industries auxquelles les conditions économiques particulières de l’Angleterre conviennent, ont pu s’y développer, « les résultats d’une politique de représailles seront de donner naissance à des industries faibles ne convenant pas à ce pays, telles que celles, par exemple, qui existaient à Coventry et à Bethnal Green; même aux temps de la Protection elles n’avaient qu’une existence maladive et lorsque la période d’expérimentation aura cessé (puisque les droits permettant les représailles ne doivent, avoir qu’un caractère temporaire) elles seraient immédiatement détruites, entraînant la ruine de tous ceux qui y auraient, tentés par cette politique erronée, engagé des capitaux (3). »
- (A suivre.)
- (1) Chambre des communes, J. Chamberlain, 24 mars 1882, Ilansard 3d sériés, vol. 2G7, p. 1884.
- (2) Chamberlain, Chambre des communes, 12 avril 1881, Hansarcl 3d sériés, vol. 264, p. 1803.
- (3) Id., ibid., p. 1800.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — La chimie des sécrétions végétales.
- Hydrocarbures, Combustibles, etc. — Sur la synthèse des terpènes. — Sur la combustion des gaz. Métaux. — Sur la corrosion des fers et aciers.
- Alcools. — Impuretés des alcools.
- Vernis. — La dissolution des copals, par M. A. Livache. — Résistance des vernis à la lumière. Hydrates de carbone. — Sur la composition de l’amidon.
- Papiers. — Pour la conservation du papier parcheminé.
- Albuminoïdes. — Les chloramines-protéines de MM. C. F. Cross, E. J. Bevan et J. F. Briggs. Sucres. — Composition des vinasses de betteraves. — Emploi de l’acide sulfureux en sucrerie. Tannins. — Sur les composés des tannins" et de la gélatine. — Sur les encres.
- LA CHIMIE DES SÉCRÉTIONS VÉGÉTALES
- M. A. Tschirch, de Berne, a exposé dans une conférence à la Société Suisse de Chimie (Archives des sciences physiques et naturelles, 1908, p. 384) les recherches qu’il poursuit depuis plus de vingt ans sur la chimie des sécrétions végétales.
- Les cellules delà couche résinogène ne sécrètent pas la résine, toute formée, mais seulement les substances résinogènes. La résine sécrétée, qui sert de baume à la blessure des végétaux, n’est pas un simple produit de déchet ; en outre, on doit lui attribuer une utilité et un rôle biologiques.
- Les travaux de M. Tschirch et de ses élèves, à partir de l’année 1890, remplissent aujourd’hui sept gros volumes, et il est permis d’en tirer quelques conclusions générales, qui peuvent servir de hase à une chimie physiologique des sécrétions végétales.
- Dans un grand nombre de composés définis qu’il a isolés, M. Tschirch distingue six types :
- «1° Des résinotannols, qui sont des alcools ayant certains rapports avec les tannins, et qui appartiennent indubitablement à la série aromatique, ainsi que le prouve leur transformation quantitative en acide picrique par l’action de l’acide nitrique.
- 2° Des résinols, autre groupe d’alcools bien cristallisés. Les résinols et les résinotannols se rencontrent dans les résines, soit à l’état libre, soit éthériflés par des acides qui rentrent dans le groupe des acides benzoïque et salicylique, ou dans celui de l’acide cinnamique (ombelliférone, acides féruliques, paracoumarique, caféique). L’existence de ces éthers permet d’établir un parallèle entre les résines et les graisses.
- 3° Des acides résiniques, qui donnent au moins en partie (acides abiétique, pira-mique, etc.) être regardés comme dérivant d’unrétène fortement hydrogéné. Ces acides ne possèdent qu’une ou deux liaisons doubles et appartiennent à la série hydroaromatique.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- 4° Des résènes, corps indifférents, encore incomplètement étudiés, et qui sont probablement des oxypolyterpènes.
- 5° Des laclorétines, parmi lesquelles figurent le caoutchouc et la gutta-percha ; ce sont des hydrocarbures dérivant probablement de l’aldéhyde lévulique.
- 6° Des aliphatorétines, résines dans lesquelles se trouvent des composés de la série .grasse (acides succinique et aleuritique, dérivés de l’acide citrique), ou des gluco-cides des acides de la même série comme les glucorétines des résines des convolvulacées.
- En partant des acides succinique et pyrotartrique, et en passant par les acides b-isopropylglutarique, terpénilique et térébique, on arrive aux acides résiniques des conifères, lesquels apparaissent dès lors comme provenant, en dernier ressort, des hydrates de carbone ; ils montrent, d’autre part, des relations avec la phytostérine, laquelle, vu son existence constante avec le plasma, doit jouer un grand rôle dans la chimie physiologique de la cellule végétale.
- Les résines qui dérivent du rétène présentent des rapports avec les terpènes, d’autres avec les tannoïdes. En tous cas les résines ne constituent pas une classe homogène, mais sont des mélanges de substances très diverses. Parmi les matières secondaires qui les accompagnent, il faut placer en première ligne les hémicelluloses. Celles-ci proviennent aussi de la couche résinogène; on les trouve surtout dans les plantes chez lesquelles cette couche est tendre et s’écoule lorsqu’on sectionne l’organe; elles se rencontrent, par exemple, dans les gommes-résines des ombellifères, et cela toujours à l’état d’enzymes. On peut se demander si ces enzymes ne jouent pas un rôle dans la formation des résines, et, vu les réactions du pyrrol et du furfurol qu’elles fournissent toujours simultanément, si elles ne constituent pas un terme intermédiaire entre les -albumines et les hémicelluloses. »
- SUR LA SYNTHÈSE DES TERPÈNES
- MM. W. N. Haivorih et W. H. Per km junior continuent leurs recherches sur la -synthèse des terpènes (Journal of the Chemical Society, 1908, p. 573). L’examen des membres naturels de la série camphre et de la série terpénique a montré que presque toutes ces substances dérivent, directement ou indirectement, de l’une des modifications du méthylisopropylcyclohexane : Me G6H10. GH Me2. Ils ont essayé la -synthèse des terpènes, constitué analogiquement au dipentène, mais contenant un noyau fermé de 5C à la place du noyau à 6G.
- en2 CH-
- Dipenthène GMe^ \CH.CMe : Cil2
- XCH2.C1I2^
- mH.CH2
- -1 méthyl 3 isopropénil A5 cyclopentène CMer^ ^CH.CMe : CH2.
- x—CH2—x
- Ils ont obtenu un carbinol qui est le terpinéol de la série à 5G, puis la terpine
- /CH2. CH2.X .
- HO.CMe( >CH.CMe2.OII
- x—CH2—7
- ,CH2 .CH2n
- -correspondant à la terpine ordinaire HO.CMe/ \CH.CMe2.OH.
- XCH2.IIC2/
- Ils ont réalisé aussi la synthèse d’autres terpènes, terpinéols et terpines dans la
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- SUR LA CORROSION DES FERS ET ACIERS.
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- série du pentane. Tel l’I-méthyl 2 isopropénol A4 cyclopentène, et aussi l’I-méthyl 2 isoproprésyl A4 cyclopentène, qui est à odeur de citrons.
- SUR LA COMBUSTION DES GAZ
- M. JJautriche (C. R. de l’Académie des sciences, 9 mars 1908, p. 535) a étudié l’action des sels alcalins à base fixe sur la combustion des gaz et des poussières •combustibles. Ses expériences montrent que, « pour éviter la combustion des produits de détonation des explosifs à combustion incomplète, il suffit de les surdoser avec de petites quantités de sels de potasse et de soude. L’emploi de ces explosifs dans les mines grisouteuses ne saurait donc être rejeté a priori. D’autre part, les autres matières .ajoutées et, en particulier, les sels alcalinoterreux, n’ont qu’une action restreinte sur la combustion des produits ; d’après les chaleurs dégagées, ils paraissent seulement s’opposer à la combustion de l’oxyde de carbone.
- L’addition des sels alcalins doit être également faite pour éviter l’inflammation des mélanges combustibles qui préexistent dans le voisinage des cartouches (grisou et poussières de houille). La sécurité des explosifs français à base de nitroglycérine, nitronaphtaline et nitrate d’ammoniaque serait beaucoup augmentée par l’adjonction d’une petite quantité de nitrate de potasse et de soude.
- La substitution d’une petite quantité de salpêtre à une égale quantité de nitrate d’ammoniaque est presque sans influence sur la température de détonation. L’addition de salpêtre a donc produit, au point de vue de la sécurité, le même effet qu’un abaissement de température de 300°.
- « En résumé, un nuage formé de poussières de sel quelconque de potasse ou de soude s’oppose à la combustion des gaz et des poussières combustibles ; les sels -alcalino-terreux n’ont qu’une action secondaire. Parmi les applications de la propriété ainsi mise en évidence, on peut citer : la suppression des flammes à la bouche et des retours de flammes dans le tir des poudres sans fumée ; l’amélioration des explosifs et des artifices de mise de feu (détonateurs, cordeaux détonants) pour mines grisouteuses ; des perfectionnements dans le mode d’emploi des explosifs, en vue d’introduire des sels alcalins dans le voisinage des cartouches. »
- Les principes d’une bonne combustion sont étudiés avec détails de nombreuses •expériences dans le bulletin n° 325 de l’U. S. Geological Surcey.
- SUR LA CORROSION DES FERS ET ACIERS
- Les documents utiles se multiplient sur cette question toujours à l’ordre du jour. Le professeur G.Heyn, sous-directeur de laKônigliche Materialprüfungsamt, de Gross-.Lichterfelde Welt, et l’ingénieur O. Bauer, attaché à la Division de la Métallographie, donnent dans les Mitteilungen du Laboratoire d’essais, un long mémoire sur la corrosion du fer par l’acier (1908, p. 1 à 103, 8 tables). Ils étudient successivement l’action de l’oxygène et de l’acide carbonique ; l’influence du contact du fer avec d’autres métaux ; les différentes sortes de fers et d’aciers, l’action de diverses' solutions à la température ordinaire, les variations de la tension électrique entre le fer et les diverses solutions. Le mémoire est accompagné de très nombreuses tables de déterminations.
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- IMPURETÉS DES ALCOOLS
- D’après des essais comparatifs très nombreux de M. A. Gardral (Moniteur scientifique, 1908, p. 302), les impuretés, dans les alcools d’industrie, sont bien moindres, que dans les eaux-de-vie de vin.
- Les mauvais vins du Midi, que l’on conseille d’envoyer à la distillerie, donnent les plus mauvaises eaux-de-vie, renfermant cinq à six millièmes d’impuretés. Les alcools d’industrie n’en renferment que un dix-millième et demi à cinq cent-millièmes.
- la dissolution des copals pour vernis, par M. Ach. Livciche.
- M. Ach. JÀvache (Académie des Sciences, séance du 27 avril 1908, Comptes Rendus, p. 898) vient d’introduire un perfectionnement très important dans la fabrication des vernis. Jusqu’ici, la dissolution directe des copals n’était obtenue qu’à condition de les soumettre, conformément aux indications de Violette, à une pyrogénation préalable, qui leur fait perdre un quart à un cinquième de leur poids, et donne souvent des vernis troubles si les copals sont incomplètement solubilisés, ou des vernis collants et colorés si les copals sont trop fortement pyrogénés. Par l’emploi d’un mélange de dissolvants, le vernis obtenu se trouble néanmoins encore à mesure que le dissolvant le plus volatil s’évapore. M. Ach. Livaclie préconise l’emploi de l’alcool amylique; s’il contient quelques millièmes d’acide nitrique, il dissout les copals les plus purs.
- Pour les vernis gras, une grosse difficulté provient du fait que l’huile est insoluble dans les solutions concentrées de nopal. Dans le but de tourner la difficulté, M. Ach. Livache a cherché à introduire dans le vernis une substance dans laquelle le copal et l’huile pourraient rester simultanément en dissolution, et qui serait capable de se transformer elle-même, en un produit solide, analogue à la linoxime que l’huile fournit en se séchant. Il a obtenu le résultat en employant les acides gras de l’huile de lin, soit 1 partie copal, t essence de térébenthine, 1 partie d’un mélange gras formé de 4 parties d’huile de lin et 6 parties d’acides gras. Ce vernis gras séchant un peu moins vite que les anciens vernis, on y remédie en l’additionnant d’une petite quantité de résinate de manganèse, et en le chauffant pendant quelques heures à 130°-140°.
- RÉSISTANCE DES VERNIS A LA LUMIÈRE
- La résistance à la lumière des peintures et des vernis a déjà inspiré de très nombreuses études. M. Maximilian Tooch, dont ces Notes de chimie ont plus d’une fois relaté les travaux, expose dans le Journal'of the Society of Chemical Industry, 15 avril 1908, p. 311, d’intéressants détails.
- L’action destructive que les rayons du soleil exercent sur lespeintures et les vernis est bien démontrée par le fait que des peintures absolument imperméables à l’eau se désagrègent rapidement lorsqu’elles ont été soumises aux rayons directs du soleil. Une couche d’asphalte pur peut durer trois à quatre ans sur un tuyau de fonte placé à l’obscurité; elle est décomposée en vingt jours sur un plancher éclairé. Les radiations rouges n’ont exercé aucune action en quatre semaines ; ce sont les radiations bleues et violettes qui sont destructives. Du bitume mélangé à 15 p. 100 du mélange d’huile
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- LA COMPOSITION DES VINASSES DE BETTERAVES.
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- d’olive et 5 p. 100 de noir de fumée s’est conservé presque intact au bout de six mois.
- Les bitumes sont probablement des hydrocarbures polyméthyléniques. L’action sur eux des rayons solaires amène une oxydation, puisqu’il y a dépôt de charbon du fait de leur décomposition à la lumière. Les bitumes ne conviennent donc pas pour peintures à l’extérieur ; même en faible proportion, il faut les éviter.
- Le contraire existe avec des glycérides d’acides gras, huiles de lin, de poisson, de-bois de Chine. Ces trois sortes d’huile sont à l’épreuve des actions actiniques, surtout les deux premières. Mais l’huile de lin n’est pas imperméable à l’eau tandis que l’huile de poisson l’est, et encore davantage l’huile de bois; c’est l’inverse pour la résistance à la lumière. Il semhle que la proportion d’oxygène joue un rôle ; moins il y a d’oxygène,, plus la résistance à l’eau est grande, et moindre est la résistance à la lumière.
- Par. conséquent, sur les constructions en bétons et en ciment, ni les peintures aux bitumes et aux asphaltes ne conviennent, puisqu’elles ne tiennent pas à la lumière, ni les peintures à l’huile de lin puisqu’elles sont attaquées par la chaux.
- Ün sait que le lithopone fonce à la lumière, mais il arrive que l’obscurité d’une nuit suffit à lui rendre son éclat et sa blancheur.
- Le vermillon, sulfure mercurique, brunit à la lumière; les oxydes de fer rouge vif brunissent probablement par suite d’une réduction. Le vermillon, s’il est protégé par-une couche de vernis, reste inaltéré. L’huile de lin blanchit aux rayons actiniques qui font virer la verte chlorophylle au jaune pâle.
- LA COMPOSITION DES VINASSES DE BETTERAVES
- La composition des vinasses de betteraves n’est pas suffisamment connue, disent. MM. F. Verbièse et E. Barras- Verbièse (Bulletin de l’Association des Chimistes de sucrerie et de distillerie, 1907-1908, p. 707). Voici, d’après leurs essais, un tableau qui résume les diverses analyses moyennes, pour des vinasses prises au sortir de la colonne.
- Numéro d’ordre de l’usine. 2
- Densité à 15°C........................... 1011,5
- Acidité totale en SO'<TI2 par litre (en
- grammes)..............................2,4
- Matière réduisant la liqueur cuivrique
- après interversion, par litre.......... 0,174
- Extrait sec par litre (en grammes). . . . 21,472
- Cendres par litre ’( — ). . . . 7,516
- Acide sulfurique total par litre en SOiH2
- (en grammes).......................... 2,77
- Azote par mètre cube (en kilog.).. . v . 0,971
- Acide phosphorique par m3 (en kilog.). 0,525
- Potasse 14*0 par m3 (en kilog.)........... 1,595
- Azote par tonne de betteraves (en kilog.). 3,264
- Acide phosphorique ^par tonne de betteraves (en kilog.)...................... 1,764
- Potassepartonnedebetteraves(enkilog.). 5,359
- Azote par hectolitre d’alcool à 100° (en kg.). 1,554
- Acide phosphorique par hectolitre d’alcool à 100° (en kilog.)................ 0,840
- Potasse par hectolitre d’alcool à 100 (en
- kilog.)................................ 2,552
- Tome 110. — Mai 1908.
- 13 17 23 20 28 29
- 1010 1010 1010 1011 1007 1008
- 1,6 1,75 1,95 2,2 1,30 1,9
- traces 0,322 traces 0,195 traces 0,390
- 24,636 22,218 19,566 18,578 14,302 18,062
- 6,044 6,858 6,404 6,158 3,036 3,860
- 2,10 2,392 2,31 2,07 1,47 . 1,47
- 1,114 1,243 0,985 1,012 0,591 1,043
- 0,211 0,309 0,313 0,409 0,345 0,406
- 1,690 1,724 1,668 1,811 0,903 1,344
- 3,60 3,232 2,689 3,142 1,224 1,604
- 0,682 0,804 0,854 1,270 0,714 0,624
- 5,459 4,482 4,553 5,623 1,873 2,066
- 1,894 1,616 1,379 1,366 1,064 1,283
- 0,359 0,402 0,438 0,552 0,621 0,499
- 2,873 2,241 2,335 2,445 1,629 . . 1,65’3
- 47
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- 710
- NOTES DE CHIMIE. ------ MAI 1908.
- On constate tout d’abord que, malgré la différence énorme entre les modes de travail et les qualités de la betterave mise en œuvre, les teneurs moyennes de la vinasse par mètre cube diffèrent moins entre elles qu’on aurait pu le supposer. Ceci provient de ce qu’on tire généralement peu de jus en betteraves riches et beaucoup (beaucoup trop) en betteraves pauvres.
- Malgré ces différences fondamentales, disons-nous, les teneurs moyennes par mètre cube de vinasses se rapprochent assez: l’extrait sec ne varie que de 18 à 25 kilogrammes ; l'azote de 0kg,985 à lkg;,243 (n° 28 mis à part dans le cas présent). C’est sur le chiffre des sels qu’il y a une différence sensible : moins de 4 kilogr. pour la vinasse des betteraves riches et 6 à 7 kilogr. pour celle de betteraves pauvres. Nous avons compté l’élément azote à 1 fr. 50 ; la potasse à 0 fr.40 et l’acide phosphorique à 0 fr. 30. i
- Il existe, dans toutes les vinasses, d’autres éléments précieux qu’il serait extrêmement intéressant de récupérer, la glycérine par exemple. D’après Pasteur, 100 kilogrammes de sucre donnent en poids: Alcool, 51,11; acide carbonique, 48,89; acide succinique, 0,67; glycérine, 3,16; cellulose, graisse et réactif, 1,00. Ce qui correspondrait à environ 5 kilogr. de glycérine par hectolitre d’alcool (à5fr. les 100 kilogr.).
- La vinasse de betteraves renferme encore, outre l’acide sulfurique, d’autres corps intéressants : matières grasses, acides organiques divers, etc., tous corps dont la récupération pourrait se faire, comme celle de l’acide succinique. Les vinasses de betteraves sont loin d’être le résidu sans valeur que beaucoup de personnes s’imaginent.
- Jusqu’à présent les distilleries de betteraves ne retirent que fort peu de choses, de leurs vinasses.
- Pour certaines les vinasses sont surtout une source... d’ennuis et coûtent au lieu de rapporter. Ce sont les distilleries qui n’ont pas de terrains à leur disposition pour l’irrigation ou l’écoulement et à qui, cependant, l’administration refuse, avec raison d’ailleurs, l’autorisation de les déverser dans les cours d’eau sans les avoir préalablement épurées. — Vient ensuite le groupe des distilleries à qui les vinasses ne coûtent rien, mais ne rapportent rien non plus. Elles évacuent leurs vinasses comme elles le peuvent, dans des puits perdus. — Enfin le groupe le plus compact est celui des distilleries ayant une installation d’irrigation bien comprise, et tirant un rapport régulier de leurs vinasses, mais variant beaucoup selon les circonstances : nature des terrains, genre des cultures, conditions économiques locales, etc.
- Les auteurs concluent que la valeur intrinsèque, de la vinasse au point de vue engrais, serait de 3 fr. 50 à l’hectolitre d’alcool pour la vinasse de betteraves riches, et de 6 à 8 fr. pour la vinasse de betteraves pauvres. Cette différence, qui paraît énorme, provient surtout de ce qu’il faut d’un côté 2 000 kilogr. environ à l’hectolitre et de l’autre 1 000 à 1 300 kilogr. seulement.
- EMPLOI DE L’ACIDE SULFUREUX EN SUCRERIE
- M. Gaston Fouquet donne une étude d’ensemble des divers moyens employés pour épurer les jus, sirops et égouts après la double carbonation (Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie, février 1908, p. 733 et suivantes). Il constate que, parmi les réducteurs, c’est l’anhydride sulfureux le plus employé, soit seul^ soit associé à d’autres réactifs.
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- EMPLOI DE L ACIDE SULFUREUX EN SUCRERIE.
- 711
- Les divers traitements d’épuration peuvent être groupés comme suit : anhydride sulfureux seul; métaux réducteurs en poudre (zinc, étain, aluminium) ; anhydride sulfureux en présence de métaux réducteurs; anhydride sulfureux sous forme de bisulfite (bisulfite d’alumine) ; hydrosulfites alcalins ou alcalino-terreux.
- M. Besson a beaucoup préconisé ces temps derniers, pour l’épuration complémentaire, l’aluminium et ses composés, et il a proposé sous le nom de sulfal le bisulfite d’alumine pour éviter l’installation de fours à soufre et introduire sans danger de destruction de sucre l’acide sulfureux. Il a également proposé l’emploi, sous le nom d’antiviscos, de l’aluminate de soude avec gaz sulfureux.
- Tous ces procédés ont été discutés.
- L’extraction du sucre se faisant par cristallisation, les qualités les principales à étudier sont la coloration et la viscosité.
- Les jus se concentrent d’autant mieux qu’ils sont moins visqueux. Les jus et les sirops filtrent d’autant mieux qu’ils sont moins visqueux. Les sirops cristallisent d’autant mieux qu’ils sont moins visqueux.
- L’action de l’acide sulfureux sur les jus carbonatés produit les effets suivants :
- — décoloration;- elle est permanente; — élimination des matières organiques et des sels de chaux; la décoloration et l’élimination se poursuivant pendant la concentration.
- — diminution de la viscosité et augmentation corrélative de la vitesse de cristallisation. Une faible dose d’acide sulfureux (15 grammes de SO2 par hectolitre) suffit pour donner des résultats appréciables. Il est donc à conseiller de pousser la sulfitation le plus possible c’est-à-dire pratiquement jusqu’à la neutralité phtaléique contrôlée au tournesol et par dosage de SO2 à l’iode, puisqu’on ne peut, sans danger, dépasser cette limite.
- Pour opérer la sulfitation en France, on se sert généralement de gaz sulfureux produit par la combustion du soufre ; l’usage de l’anhydride sulfureux liquéfié est répandu en Allemagne. Son emploi, quoiqu’un peu onéreux, présente de réels avantages ; on évite l’installation des fours à soufre, toujours très incommodes. Le gaz sulfureux provenant de l’anhydride sulfureux liquéfié ne contient presque pas d’acide sulfurique, 0,13 p. 100 d’acide sulfureux, tandis que dans le gaz provenant d’un four Quarez dont la richesse en SO2 est de 6 p. 100, on a trouvé -2,6 d’acide sulfurique p. 100 d’acide sulfureux.
- L’anhydride sulfureux liquéfié est livré dans le commerce en cylindres en fer contenant 100 kilogr. de SO2; on le livre également par grandes quantités dans des wagons-citernes spéciaux, dont on peut opérer le transvasement au moyen de l’air comprimé dans des récipients placés à demeure à l’usine. L’emploi des bouteilles exige une manipulation constante, il est de beaucoup préférable d’avoir des récipients où l’on pourra emmagasiner sinon tout l’acide l’anhydride sulfureux nécessaire pour une campagne, au moins 10 000 kilogr., que l’on recevra par wagons-citernes. On évitera ainsi les frais de transport aller et retour des bouteilles, frais qui sont onéreux, la bouteille ayant le même poids que son contenu.
- Le soufre raffiné coûte actuellement 21 fr. les 100 kilogr. rendus. L’anhydride liquéfié peut être fourni sur wagon à 30 fr. les 100 kilogr. rendus. Donc 100 kilogr. d’acide sulfureux utile reviennent: avec le soufre à 15 fr. 30 ; et avec SO2 liquide à 30 fr. ; la dépense pour l’anhydride sulfureux liquide est donc environ deux fois plus grande que lorsqu’on emploie'le soufre. L’anhydride sulfureux vaut actuellement en Allemagne 16 fr. 25 les 100 kilogr. pris en fabrique.
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- NOTES DE CHIMIE.
- MAI 1908.
- SUR LA COMPOSITION DE l’aMIDON
- Mme Gatin-Gruzewska a isolé (G. R. de l’Académie des Sciences, 9 mars 1908, p. 540} l’amylopectine et l’amyloge. On sait que MM. Maquenne et Roux (Annales de Ch. et de phys., tome IX, 1906, p. 179-220) ont démontré que l’amylocellulose des auteurs antérieurs est identique à la substance formant la plus grande partie du grain d’amidon, et ont donné à l’ensemble le nom d’amylose ; en opérant sur l’amidon cuit et rétrogradé, ils ont retiré une certaine quantité de cette amylose qu’ils appellent amidon artificiel. Les empois d’amidon sont composés d’amylose en solution, épaissie par une substance, insoluble dans l’eau et les alcalis, ne paraissant pas bleuir par l’iode et à laquelle ils proposent le nom d’amylopectine. Mme Gatin-Gruzewska, dans une note antérieure (G. R. de la Société de Biologie, t. LXIY, 1908, p. 178), a déjà donné une méthode pour séparer l’amylopectine de l’amylose, par l’emploi d’alcali et d’alcool. L’objet de la nouvelle note est une seconde méthode qui, presque par des moyens physiques, permet une séparation des composés du grain d’amidon. L’amylopectine forme l’enveloppe du grain et l’amylose, la substance interne. Si l’on fait' agir, sur de la fécule de pomme de terre crue, une certaine quantité d’alcali en présence d’une grande quantité d’eau, l’enveloppe se gonfle et la substance intérieure, solubilisée, se déverse au dehors. En neutralisant, on fait se contracter l’enveloppe, ce qui contribue à la séparation des deux substances.
- Dans le grain d’amidon de la pomme de terre, l’amylopectine forme l’enveloppe, composée de sacs successifs.
- Le Bulletin de la Société chimique, numéro du 5 avril 1908, p. 402, renferme un exposé de' M. Fouard, sur les propriétés physico-chimiques de l’amidon, en relation avec son état colloïdal. L’amidon colloïdal de M. Fouard présente la propriété d’une' gélification réversible de ses pseudo-solutions aqueuses.
- Si le colloïde est soumis à l’état de fluidité maxima et en milieu stérile, à la filtration sur sac de collodion, suivant le procédé utilisé pour séparer la partie liquide des particules non fluides d’un milieu colloïdal, le liquide filtré ne vérifie plus les caractères d’un colloïde, mais une solution parfaite d’amidon pur, mais d’une instabilité remarquable.
- M. Fouard en déduit que l’ensemble colloïdal primitif doit être un mélange de molécules d’amidon à des degrés de condensation moléculaires variables, depuis la molécule dissoute jusqu’à l’agrégat solide, système hétérogène en équilibre variable aven chaque facteur d’action.
- A la suite de cette communication, M. Maquenne fit observer que la solution d’amidon décrite par M. Fouard possède toutes les propriétés des solutions d’amylose qu’il a étudiées en collaboration avec M. Roux.
- M. Léger cite la méthode de Mohr, qui consiste à congeler l’empois d’amidon, et et qui permet, après liquéfaction, d’obtenir rapidement, par filtration, une liqueur limpide.
- M. Tilîereau signale qu’en traitant pendant un temps très court l’empois par l’alcool, et en reprenant ensuite par l’eau, oh obtient une solution claire qui filtre assez vite.
- M. Maquenne rappelle qu’il a utilisé aussi le froid pour arriver au même but, et il conclut en énonçant quelques considérations sur la nature de l’empois d’amidon;
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- LES CHLORAMINES-PROTÉINES.
- 713
- d’après lui, cet empois serait constitué par une bouillie de particules semi-solides baignées d’un liquide clair et non colloïdal. Les phénomènes de coagulation apparente seraient causés par l’osmose qui provoquerait le gonflement des particules semi-solides sous l’influence de l’eau et empêcherait ainsi mécaniquement la filtration. Avec des solutions hypertoniques, au contraire (sulfate de soude, eau de chaux), ce phénomène ne se produit pas et les empois se laissent facilement filtrer.
- POUR LA CONSERVATION DU PAPIER PARCHEMINÉ
- Le papier parcheminé n’est pas toujours suffisamment neutralisé de toutes traces d’acide. Si le résidu d’acide sulfurique atteint 1 p. 1 000, le papier sera rapidement détruit. Presque tous les papiers parcheminés renferment 2 à 6 dix-millièmes d’acide, et il semble impossible d’éliminer ces traces par des seuls lavages à l’eau. Aux températures ordinaires, ces traces ne semblent pas avoir grande action, pour l’usage habituel; mais si la température s’élève, si le temps se prolonge, elles ne sont pas sans exercer une influence nuisible. Aussi M. C. Bartsch (in Papier-Zeitung, de 1908, tome XXXIII, p. 582) conseille de neutraliser soigneusement ces traces par un passage en solution étendue d’ammoniaque.
- LES CHLORAMINES-PROTÉINES
- MM. C. F. Cross, G. J. Bevan et J. F. Briggs, les inventeurs de la viscose, ont fait M’intéressantes recherches sur les applications que l’industrie peut attendre de la réaction de la chloramine étendue aux protéines (Journal of the Society of Chemical Industry, 31 mars 1908, pp. 260-265). On sait qu’en faisant agir de l’eau de chlore ou un hypochlorite sur l’ammoniaque, on obtient aisément la monochloramine NH2 Cl, d’après la réaction: NH3 -{- C10M/ = NH2C1 -f HOM'. La chloramine est peu stable; mais dans certaines conditions elle mène à l’hydrazine (NH2)2HC1 ; F. Raschig indique, pour cette transformation, de chauffer 200 centimètres cubes d’ammoniaque à 20 p. 100 de NH3 avec 100 centimètres cubes d’une solution normale d’hypochlorite, en présence d’une petite quantité de gélatine, O81',05, dont le rôle est d’augmenter la viscosité de la solution ; on obtient ainsi 40 à 50 pour 100 de l’hydrazine théorique. De leur côté, Knecht et Milnes, dans leur étude de l’action du chlore sur la laine, ont observé que la laine chlorée conserve la réaction du chlore pendant plusieurs heures, et l’attribuent au chlore libre ou à la production de corps quinoïdiques chlorés.
- Les protéines, sous l’action du chlore et des hypochlorites, donnent des dérivés chloramines. Cette production se fait en proportions constantes et sans actions secondaires destructives.
- Dans le blanchiment du lin, ces dérivés chloramines se produisent sur la fibre dans les bains d’hypochlorites ; ils sont très stables, résistent à un lavage prolongé, et aux traitements acides qui survent. Le chlore actif qui persiste atteint 0,1 p. 100, d’après la réaction sur les iodures ; il est d’autant plus élevé que la quantité d’azote est plus grande dans la matière première (il a une action décolorante moins grande que le chlore libre). En conséquence, il doit diminuer d’autant plus que les amines des protéines constituées s’éliminent. Enfin, les bains de blanchiment peuvent contenir en vieillissant des chloramines chlorées, dont l’action sera nuisible au blanchiment.
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- NOTES DE CHIMIE.
- MAI 1908.
- La réaction de la chloramine donne l’explicatiou de l’odeur persistante qui se produit sur la peau au contact des hypochlorites.
- Cette réaction est assez constante pour donner une méthode de détermination quantitative de la gélatine, et des substances azotées qui se trouvent en solutions. Elle rendra de grands services soit dans les études histologiques des fibres textiles,, soit dans l’étude de l’état colloïdal.
- SUR LES COMPOSÉS DE LA GÉLATINE ET DU TANNIN
- C’est dans un mémoire lu le 4 février 1903 devant la Société Royale de Londres que sir IL Davy fit la première allusion, semble-t-il, à la combinaison qui se produit lorsqu’on ajoute de la gélatine à une solution renfermant du tannin. Pour Davy,. 85 parties de tannin précipitent 100 parties de gélatine; pour Lipowitz, c’est 65 parties de tannin; pour Mulder 135, pour R. Williams 78, pour Procter 50. Il est difficile,, remarque M. J. T. Wood (Journal of the Society of Chemical Industry, 30 avril 1908, p. 384), d’expliquer ces différences énormes. Mais ses recherches lui ont montré que pour obtenir le poids maximum, il faut opérer avec un excès très grand de tannin, soit environ six fois le poids delà gélatine.
- Il a étudié aussi le facteur temps, le facteur concentration, le facteur température. L’équilibre s’obtient en vingt-quatre heures, aussi bien pour les solutions faibles que pour les solutions fortes, et après cette période le précipité semble perdre un peu de tannin. Le précipité est d’autant plus faible que les solutions sont également faibles. La température favorise la précipitation.
- Ce composé de gélatine et de tannin donne dans l’eau bouillante une substance-épaisse qui peut être filée. L’ébullition prolongée la décompose, en réduisant beaucoup son volume.
- Les observations de MM. Lumière et Seyewetz relatives à la nécessité de la présence de l’air et d’un moyen alcalin pour produire l'insolubilisation de la gélatine par le tannin et l’acide gallique ont été vérifiées par M. J. T. Wood en ce qui concerne l’acide gallique ; mais son interprétation est différente pour le tannin, dont le composé avec la gélatine change considérablement de volume à l’ébullition. Le tannin lui semble agir plus vigoureusement en milieu acide.
- La gélatine chromée agit sur le tannin comme la gélatine non chromée. Procter a remarqué que les recherches les plus récentes sur les protéides amènent à considérer la gélatine comme formée de chaînes d’acides aminés reliées entre elles par un carboxyle à un groupe aminé ; il est donc probable que les corps de caractère acide s’attachent aux groupes aminés libres, et les corps de caractère basique aux carboxyles. Ceci expliquerait pourquoi le tannin peut agir sur la gélatine chromée comme sur la gélatine simple, pourquoi les colorants basiques se fixent difficilement sur le cuir .chromé.
- Il reste, d’ailleurs, à élucider le facteur: état colloïdal. Lüppo-Cramer vient de publier un important travail sur la question, où U montre que les oxydes métalliques, peuvent tous tanner la peau s’ils sont à l’état colloïdal, tels les oxydes de cuivre.
- L’auteur conclut qu’il semble se former plusieurs composés successifs. •
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- SUR LES ENCRES.
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- SUR LES ENCRES
- D’après M. C. A. Mitchell (Analysl de 1908, tome XXXIII, p. 80-85), le tannate de fer qui se forme quand une encre ordinaire sèche sur le papier, répond à la formule (CuH909)3Fe.Fe (C14H909)3, et contient 5,53 p. 100 de fer. Les excès du fer ou de l’acide gallotannique sur les proportions qui .découlent de cette formule sont nuisibles à la bonne conservation de l’encre. Les encres des divers fabricants se différencient surtout par la présence d’une matière colorante provisoire, qui peut être le campêche, l’indigo ou une couleur d’aniline. Pour différencier ces diverses encres, l’auteur recourt aux réactifs suivants: acide chlorhydrique à 5 p. 100, acide oxalique à 5 p. 100, chlorure stanneux à 10 p. 100, hydrogène naissant (HCl à 50 p. 100-4- zinc), eau de brome saturée, solution de chlorure de chaux saturée, solution commerciale de chlorure titaneux, prussiate jaune à 5 p. 100 avec 1 p. 100 d’acide chlorhydrique. Les acides chlorhydrique et oxalique agissent sur le tannate de fer seul ; le chlorure stanneux et l’hydrogène naissant décolorent le tannate de fer et réduisent la matière colorante provisoire ; l’eau de brome et le chlorure de chaux agissent en même temps sur le tannate et sur la matière colorante, et produisent une décoloration plus ou moins superficielle; le chlorure titaneux réduit et le tannate et la matière colorante; le prussiate jaune en solution acidifiée ne réagit que sur le fer mis en liberté.
- Une bonne encre fer et noix de galle peut résister 8 à 10 siècles, dans les conditions ordinaires.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- réglage des moteurs a gaz, d’après M J. Atkinson .(1)
- Le réglage des moteurs à gaz s’opère en faisant varier soit la teneur en gaz, ou la •Qualité du mélange moteur, sans changer son volume admis ni sa compressions, soit en -faisant varier ce volume ou la quantité du mélange admis. Le réglage par qualité convient spécialement aux grands moteurs à lourdes masses en mouvement alternatif, où
- Fig. 1. — Régulateur à toc.
- il est nécessaire de maintenir constamment une forte compression pour éviter les chocs provoqués par l’inertie de ces masses au moment de l’allumage. On peut appliquer ce mode de réglage de deux manières : en réduisant graduellement .la teneur en gaz du mélange, mais en la conservant toujours riche aux environs de l’allumage ou en y supprimant complètement le gaz, — méthode du « tout ou rien ». Le réglage par quantité peut opérer de même par étranglement graduel ou par suppression totale de l’admission.
- Le réglage par « tout ou rien » a été très longtemps universellement adopté, et il l’est encore sur les petits et moyens moteurs : il est aussi économique et plus simple
- (1) Institution of Mechanical Engineers. London, 10 avril.
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- RÉGLAGE DES MOTEURS A GAZ.
- 717
- que les autres modes de réglage, et paraît s’imposer pour les marches en faibles charges.
- Les régulateurs agissent ordinairement en faisant ou non manquer le contact de deux butées très étroites, dont l’une solidaire de l’organe d’admission et l’autre soumise au régulateur sans lui opposer aucune résistance capable d’en amoindrir Insensibilité et en n’exigeant, de son manchon, que des déplacements très faibles, pratiquement compatibles avec sa marche en isochronisme. On limite aussi à 2 p. 100 les variations de vitesse, entre pleine et nulle charge, des moteurs à gros volants. Dans la plupart des moteurs, le régulateur est disposé de manière que s’il s’arrête spontanément
- ThrottZe
- sproeraopv
- Total/ COTbsrunptioTv j 1er Ttovj
- Puissance au frein, en chevaux. Fig. 2.
- pour une raison quelconque, sa prise de gaz reste automatiquement fermée, précaution indispensable pour les moteurs abandonnés à eux-mêmes dans une salle fermée. Dans le type figure 1, la lame a, qui commande le poussoir b de la soupape d’admission, soumis au régulateur en c, est guidé par une glissière fixe en V d avec un jeu qui lui permet de tomber toujours droit dans les dentelures de b, ce qui évite toute usure inutile de a et de b, ainsi que toute réaction de a sur le régulateur.
- Le diagramme figure 2 des dépenses de gaz de moteurs à réglage par tout ou rien, et par étranglement (Throttle) montre que les dépenses totales par heure sont représentées sensiblement par des droites, comme dans les bonnes machines à vapeur.
- Les limites entre lesquelles on peut faire varier la teneur en gaz dans le réglage par qualité, sans en compromettre l’allumage et la combustion, sont assez resserrées, de sorte que ce mode de réglage ne convient qu’aux moteurs dont la charge varie peu. On
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- NOTES DE MÉCANIQUE. --- MAI 1908.
- fait souvent agir le régulateur simultanément et en sens contraire sur la prise de gaz: et sur celle de l’air, équilibrées de manière à diminuer leur résistance au régulateur; et, sur les petits et moyens moteurs, on complète ce réglage par l’addition d’une seconde-prise de gaz, sur laquelle un régulateur de tout ou rien vient agir dès que la charge du moteur tombe au-dessous de la moitié de sa valeur normale.
- Principalement pour les grands moteurs, le réglage par qualité du mélange, en variant le moment de l’ouverture de la prise de gaz pendant l’admission, se répand déplus en plus. Avec ce mode de réglage, le dosage du mélange reste toujours, aux envi-
- Fig. 3. — Réglage Crossley.
- tons de l’allumage, suffisamment riche pour assurer à cet allumage la vigueur nécessaire à une combustion complète du mélange stratifié (théorie d’Otto, actuellement admise par tous les praticiens).
- Dans sés nouveaux moteurs de 500 chevaux à deux cylindres à simple effet en tandem, la maison Crossley a adopté le dispositif représenté par la figure 3, où l’air arrive par B et le papillon C, fixé une fois pour toutes à une ouverture réglée d’après la composition du gaz, qui vient par D et le robinet E, réglé de même. Dès le commenr cernent de la course d’aspiration, la soupape F, à ressort de rappel G, s’ouvre, puis la soupape du gaz H, à piston I, qui communique avec l’atmosphère par un tiroir J, soumis* au régulateur, et dont la course est limitée à 13 millimètres entre les marches à vide et en pleine charge. Dès que F s’ouvre, le ressort K, buté sur l’écrou M, fixé à la tige de F„
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- RÉGLAGE DES MOTEURS A GAZ.
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- tend à abaisser et ouvrir H, qui suit ainsi les mouvements de F d’autant plus exactement que J est plus ouvert, et cesse de s’ouvrir quand J est fermé. Lorsque F se referme, l’écrou M et son gros ressort L remontent le piston I, et H, jusqu’à sa fermeture, facilitée par le reniflard N. On obtient ainsi, en charge réduite, une admission d’air suivie ^d’un mélange riche plus ou moins abondant. Un indicateur O fait voir la marche du piston I. La conduite des petits tiroirs équilibrés J n’exige du régulateur qu’un effort insignifiant, et tout le mécanisme est bien abrité du gaz, des poussières et des goudrons .
- D’après un rapport d’essai du docteur Nicholson, la vitesse d’une de ces machines..
- Ibs.
- Mecuv Pressure 68Zbs.
- X&ea/vjft'essure SS-G Ibi
- Line
- Fig. 4. — Diagrammes de moteur Crossley à réglage du type figure 3.
- a varié de 119,4 à 121,4 tours par minute, ou de 1 2/3 p. 100, en passant de 600 à? 50 chevaux: la distribution fonctionne(fig. 4) très bien une fois réglée, sans allumages anticipés et sans-bruit. On pourrait encore réduire cette irrégularité en multipliant les ouvertures des tiroirs J, mais sans grande utilité. Avec du gaz à l 390 calories inférieures, à 0° et 760 millimètres, on a dépensé, à la puissance de 559 chevaux., effectifs, lra3,47 par cheval-heure, ou 2 050 calories, soit un rendement thermique de 31,32 p. 100, très élevé pour un moteur de ce type.
- La figure 5 représente l’application de ce genre de distribution à des moteurs de moindre puissance.
- Les dispositifs représentés par les figures 6 et 7 effectuent le réglage par. quantité. A cet effet, le mélange est amené à la soupape principale au travers.d’une soupape-conique à plusieurs sièges, avec piston relié à l’atmosphère par une ouverture soumise au régulateur et qui ferme la soupape auxiliaire d’autant plus que le régulateur ouvre davantage son petit tiroir. Comme le montre le diagramme figure 8, eiii
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- faibles charges, le vide est très élevé dans le cylindre à la fin de l’aspiration, puis, au retour du piston, la charge est recomprimée jusqu’à la pression atmosphérique en reparcourant la courbe d’aspiration, et la compression finale est moindre qu’en pleine charge. On voit, en figure 9, que la détente explosive de ces faibles charges s’étend plus près de la pression atmosphérique, ce qui en explique le bon rendement, comme on le voit au diagramme figure 2 qui donne le rendement de deux moteurs identiques marchant alternativement par ce réglage en quantité et par le réglage en tout ou rien. Deux moteurs à 4 cylindres de 450 chevaux, actionnant des alternateurs en
- Gcverrwr Shaft
- amaaamajiamImI
- MAMMAAMJ
- j-ifGXi,
- '.SEGTIOK C.D.n
- Fig. 5. Fig. 7.
- parallèle et réglés ainsi en quantité, n’ont varié de vitesse que de 1 p. 100 en variations de charges très étendues.
- Le réglage par étranglement est assez répandu sur les moteurs verticaux à plusieurs eylindres, en faisant agir l’étranglement sur l’entrée du tuyau d’alimentation commun à tous les cylindres, de sorte qu’un raté à l’un d’eux risque de provoquer des contre-.allumages dans ce tuyau. Pour les éviter, la maison Crossley fait (fig. 10) arriver l’air et le gaz séparément par des tuyaux à valves d’étranglement indépendantes. Chaque cylindre porte un robinet de gaz qui permet de le régler indépendamment. Les valves d’étranglement du gaz et de l’air sont sur un même axe — et celles du gaz ont quatre entrées, dont deux augmentées pour la marche au gaz pauvre — à laquelle on peut passer ainsi sans arrêter le moteur, par une simple mise enjeu de ces entrées.
- Dans bien des cas, on complète le réglage par étranglement par un réglage à tout ou
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-
- O
- RÉGLAGE DES MOTEURS A GAZ. 721
- rien permettant d’employer (fig. Il à 13) l’étranglement jusqu’aux très faibles charges, ce qui diminue le rendement du moteur, mais lui permet, par exemple, d’entretenir, même en très faibles charges, le feu de son gazogène d’aspiration, ce qui compense la diminution du rendement du moteur.
- La Gasmotorenfabrik de Deutz règle par étranglement en faisant varier la levée de soupape d’admission du mélange par le déplacement d’un levier roulant,' qui exige un régulateur puissant.
- Tous les réglages par quantité présentent l’inconvénient d’exiger des ressorts puis-
- FuJLLocuL Ejchausb StroTcç.
- ’Eigh&LoauL Ezchcu&et StroTce-
- Fig. 8. — Diagrammes de moteur Crossley à pleines et faibles charges.
- -360
- -230
- -200
- -120
- Fig. 9.
- sants aux soupapes d’aspiration et de refoulement, parce que le vide aux cylindres y atteint facilement 0 kil. 6.
- Le réglage des moteurs avec un coefficient d’irrégularité donné exige, outre l’étude du régulateur, celle des forces d’inertie des pièces en mouvements alternatifs et des volants en fonction des diagrammes, du nombre des cylindres, du calage des manivelles, etc., et l’on peut se servir, pour cette étude de courbes, telles que celles des figures 14 et 15, représentation des cycles de pressions correspondant aux différents cas de la pratique. Toutes ces courbes se rapportent à des cylindres à 4 temps et simple effet de 18 pouces X 2 pieds de course (460 x 610) avec le même diagramme (fig. 16) à
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- O
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- MAI 1908.
- pression moyenne de 88 livres, 2 (6 kil. 20) compression de 180 livres (12 kil. 6), compression moyenne de 37 livres, 2 (2 kil. 60), ce qui donne une pression moyenne effective, sur chaque piston, de 88,2 X 37,2 = 123 livres, 4 par pouce carré, ou un travail de 88 X 254 5 x2
- -------------- = 20,04 pieds-tonne par course motrice. Chacun de ces moteurs est
- supposé pourvu de volants susceptibles d’emmagasiner 30 fois cette énergie, ou
- Cous
- Air
- YoüLve
- Fig. 10.
- 30 x 20,04 = 601,2 pieds-tonne à 180 tours : poids des pièces alternatives W= 1020 livres, rayon des manivelles r = 1 pied.
- Si l’on désigne par l la longueur de la bielle (Z = 5 pieds), v la vitesse tangentielle du bouton de manivelle en pieds par seconde (v = 18, 85 pieds), a la surface du piston = 254,5 pouces carrés, les pressions et p2 sur le piston, équilibrant l’inertie de W, au commencement et à la fin de la course motrice, sont données par les formules :
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-
- RÉGLAGE DES MOTEURS A GAZ.
- 723
- W v2 f r
- ~n I 1 H- T g 2 v l
- Pi
- W w2 f r — X — 1 — y
- fl r V *
- = 53,07 livres par pouce carré,
- 35,38.
- Avec une bielle de longueur égale à 5 fois la manivelle, la vitesse v égale celle du piston lorsqu’il a parcouru 45 p. 100 de sa course, ce qui, avec le calcul de pl et de jo2i donne 3 points des courbes d’inertie représentées au diagramme (fig. 16) pour un moteur simple. Avec des cylindres opposés ou en vis-à-vis, les obliquités des bielles se
- § §
- | 3
- t I
- fX. §20 Rj su
- fcq $
- * -S"
- b a
- a. ^
- .à 6
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- f' if/ y
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- • • A
- i y
- ^ Cji Fb.-p, r-B.Jf \our- f-
- JBraJce Horse Power.
- Fig. 11. — Réglage par étranglement entre 35 et 90 chevaux.
- Fig. 12. — Diagramme en demi-charge (fig. 11).
- compensent, et la courbe se réduit à une droite coupant la ligne atmosphérique au
- W v2
- milieu de la course et d’ordonnées extrêmes égales à ±-;--, W étant le poids des
- pièces alternatives aux deux bouts du moteur.
- Les courbes figures 14 et 15 donnent, en ordonnées, les efforts tangentiels d’après les diagrammes. Les horizontales pointillées au-dessus de la ligne atmosphérique donnent l’effort tangentiel moyen correspondant au travail effectif et aux résistances du moteur obtenu, dans le cas d’un cylindre à simple effet et à 4 temps, par la formule :
- 14,0375 livres par pouce carré. Les aires au-dessus et au-dessous de ces droites
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- 4
- donnent l’excès ou le manque de puissance correspondant à l’énergie absorbée ou restituée au moment de ces courbes par le volant. Dans le tableau ci-dessous, la
- Lbs.
- JMecùv Pressure/
- JSIecuv Pressure
- létue
- Fig. 13. — Diagrammes en pleine et demi-charges (flg. 11).
- Efforts tangentiels sur le bouton de manivelle en livres par pouce carré du piston. Cylindre unique.
- 2 cylindres en tandem.
- 3 cylindres verticaux.
- 100\
- Cylindre unique avec embrayage.
- S1'!3'—-----------4*i\'Stro~ker-A
- Fig. 14.
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-
- RÉGLAGE DES MOTEURS A GAZ.
- 725-
- colonne 1 donne les types de moteurs, la colonne 2 les aires des variations des efforls-tangentiels, en prenant pour unité celle correspondant au cylindre unique à simple
- Efforts tangentiols sur le bouton de manivelle en livres par pouce carré du piston.
- 4 cylindres double tandem.
- 6 cylindres verticaux.
- 2 cylindres en tandem avec embrayages.
- Ibs.
- 4-^Sùvke—J
- effet et à 4 temps. La colonne 3 donne la pression moyenne, en livres par pouce carré, qui fournirait le travail équivalant à ces variations. La colonne 4 donne le coefficient
- maximum-minimum
- de régularité des vitesses ---- ------------ avec un volant capable d'absorber
- iiiu y ciiiic
- l’énergie moyenne de 30 courses motrices. La cinquième colonne donne l’écart angulaire ou, en degrés, l’avance ou le retard du volant par rapport à son semblable, tournant uniformément à la vitesse moyenne.
- 1 2
- Monocylindrique. ... 1
- Yis-à-vis..................... 1,29
- Tandem....................... 0,836
- Double tandem................ 0,129
- A 3 cylindres................ 0,716
- A 6 cylindres................ 0,144
- Tome 110. — Mai 1908.
- 3 4 5
- 1
- 103,3 49,9 10,8
- 138 1 38,5 2,33
- 83,6 1 59,7 0,75
- 13,75 1 383,3 0,06
- 76,17 1 69,5 0,42
- 15,5 1 338,3 0,014
- 48
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- MAI 1908.
- Pour le moteur monocylindrique, l’aire de la courbe au-dessus de la ligne de puissance moyenne est, pendant la course motrice, sous une pression moyenne de 66,67
- livres par pouce carré, de —’—-ÿ---— 106,3 pieds-livre par pouce carré du piston et
- par unité de longueur de la manivelle, soit, pour un moteur de 18 x 2 pieds de course,
- de------—ocT) a~---' = 24,13 pieds-tonne, qui s’ajoutent à l’énergie cinétique du volant.
- En ajoutant ou retranchant la moitié de ces 24,15 pieds-tonne, ou 12,075 pieds-tonne, à l’énergie moyenne de 601,2 pieds-tonne, on obtient les valeurs maxima et minima de l’énergie cinétique en jeu pendant un cycle du moteur, soit 613,275 et 589,125 pieds-tonne. La vitesse du volant variera proportionnellement aux racines carrées de
- (Single OylùuLenEngine. [Tkfiee „ „
- 99 99
- VLs-às-Vi& Engine. flWo CylinderThnclertu \DouMeTwo Cyl.TcuuJemj. '
- Fig. 16.
- ces énergies, ou dans le rapport de 24,764 à 24,273, de moyenne égale à 24,518, et de
- différeüce égale [à 0,491, de sorte que le coefficient d’irrégularité
- maximum-minimum,
- moyenne
- , 0, 491
- n p--------------
- 24,518 ’49,95
- = -g-Q-. L’écart angulaire moyenne du volant, pendant ces
- 720
- 4 courses d un cycle, correspondant à une rotation de 720°, est de ---------—-= 1°,8,
- 49, 90 X 2 X 2
- c’est-à-dire que, pendant ces 4 courses, le volant avance alternativement, puis recule de 1°,8 par rapport à son semblable animé d’un mouvement de rotation rigoureusement uniforme.
- Les irrégularités des autres types de moteurs se calculent de même. Pour le type en vis-à-vis, il faut aussi prendre la période de 4 tours, ou de 720°, car l’accélération s’y prolonge aussi pendant deux tours: pour les autres types, on prend le quotient de 720° par le nombre des cylindres. Toutes ces machines étant supposées pourvues d’un volant de même puissance, ou capable d’emmagasiner l’énergie de 30 courses motrices, les résultats de ces calculs sont comparables. Les chiffres des colonnes 4 et 5 varient en raison inverse de cette puissance du volant.
- Lprsqu’il s’agit de commander des alternateurs, il faut tenir compte plutôt du
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- LA SURCHAUFFE DANS LES MACHINES MARINES.
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- moment où se produisent les variations cycliques maxima de la rotation du moteur que de son coefficient d’irrégularité. Le type double tandem, avec 4 cylindres à simple effet sur 2 manivelles, donne (fig. 15) une régularité extrêmement remarquable.
- Les courbes des efforts tangentiels sur la manivelle permettent de résoudre facilement certains problèmes. C’est ainsi que, dans bien des cas, l’accouplement d’un moteur se fait par un embrayage que l’on débraye pour la mise entrain, avec, entraînée par cet embrayage, une poulie à gorges d’inertie égale au tiers par exemple, de celle du volant. Les courbes des figures permettent, dans ce cas, de calculer facilement la
- Fig. 17. — Frein Nicholson.
- puissance maxima de l’embrayage, dont la poulie doit récupérer le quart des irrégularités de l’effort tangentiel. Dans les figures 14 et 15 du bas, on a représenté en pointillés le quart de l’effort tangentiel transmis à cette poulie, pour tenir compte de ces irrégularités, et les courbes en traits pleins, au-dessus de ce pointillé, donnent la puissance développée par le moteur pour son travail effectif et ces irrégularités. Avec le moteur monocylindrique, la puissance maxima de l’embrayage serait de 3, 4 fois sa puissance moyenne, et de 2 fois pour un moteur à 2 cylindres à simple effet.
- Le frein employé par M. Nicholson dans ses essais est représenté par la figure 17 avec son levier compensateur qui permet de le serrer et desserrer instantanément. Ce frein, à jante percée de 30 trous de 5 millimètres pour assurer le mouillage de ses blocs de bois, peut absorber pendant six heures des puissances de 600 chevaux sans s’échanffer.
- LA SURCUAUFFE DANS LES MACHINES MARINES, d’après M. F.-T. Godard (1).
- M. Godard fit, il y a quelques années, des expériences comparatives d’emploi de vapeur saturée, puis surchauffée de 0 à 120°, avec une machine à triple expansion à
- (1) Institution of naval architects. London, 9 avril 1908. '
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- 4 cylindres de 200, 330, 370 et 370 millimètres de diamètre, sur 290 de course, marchant à 440 tours et 300 chevaux, avec une admission de 0,7 au petit cylindre et une détente totale de 9,8. Le diagramme figure 1 représente les résultats de ces essais : en A, avec échappement à l’atmosphère; en B, avec échappement au condenseur.
- En A, on a dépensé, par cheval-heure effectif, 8 k. 85 de vapeur saturée à la pression d’admission de 12 k. 8, et 5 k, 70 de vapeur, à la même pression et à 320°, c’est-
- à-dire surchauffée de 120°, ce qui correspond aune économie de
- 8,85-5,70
- 8,85
- = 35,5 p. 100
- de vapeur.
- En B, avec échappement au condenseur et de la vapeur à la pression de 15 kil.r saturée puis surchauffée de 120°, on a dépensé, respectivement, 7 k. 15 et 4 k. 85, ce qui correspond ù une économie de 32 p. 100.
- La dépense de vapeur diminuait donc, à mesure que la surchauffe augmentait,.
- d’environ 1 p. 100 par 4° de surchauffe, et ce résultat se retrouve couramment sur desmoteurs de terre convenablement adaptés à la surchauffe, par l’adoption de distributions à soupapes, garnitures métalliques, graissage soigné, etc.
- Les applications de la surchauffe aux machines marines se sont moins répandues, malgré les bons résultats obtenus en Angleterre, dès 1900, par MM. Wilson, de Ilill (1).
- En 1906, la Compagnie générale Transatlantique fit construire, aux chantiers de Saint-Nazaire, deux cargos identiques, la Garonne et la Rance, de 91 X 12m,20 X 7m,75, de 6m,70 de tirant d’eau et de 2 700 tonneaux, avec machines à triple expansion à cylindres de 584, 914, lra,498 sur lm,066 de course, marchant l’une avec de la vapeur saturée à 12 k. 60 et l’autre à distribution par soupapes Lentz, avec de la vapeur surchauffée de 190 à 270°, ou de 80°, à la pression de 12 k. 54 aux essais.
- Cette vapeur était fournie par des chaudières cylindriques au nombre de deux sur chaque navire avec, pour les deux navires, 8m2,4Ô de grille et 90m2,42 de surface de chauffe ordinaire, pour les chaudières de la Garonne, tandis que celles de la Rance-avaient 90m2,42 de cette chauffe et 73,n2 de surchauffeurs Piélock (2).
- Aux essais, aux pressions et surchauffes précitées, à des vitesses respectives de 73,3 et 75,37 tours par minute, et avec des puissances indiquées de 1 104 et 1.304 chevaux,
- (1) Bulletin de juillet 1907, p. 923. Revue de mécanique, février 1901, p. 200. Novembre 1907, p. 453..
- (2) Bulletin de février 1907, p. 188.
- J
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- LA SURCHAUFFE DANS LES MACHINES MARINES.
- 729
- la Garonne a dépensé, par cheval indiqué, 511 grammes de charbon, et la Rance 408 grammes, soit une économie de 20,1 p. 400, accompagnée d’une augmentation de puissance de 18,1 p. 100. Depuis un an, en services identiques, l’économie de charbon s’est maintenue-à 18 p. 100 en faveur de la surchauffe, sans aucun accident aux machines ni aux surchauffeurs, dont la conduite n’exige aucune attention particulière.
- Encouragée par ces résultats, la Compagnie Transatlantique a installé le surchauffeur Piélock et la distribution Lentz sur un paquebot : le Pérou, et sur un cargo : le Honduras.
- Le paquebot Pérou, de la ligne des Antilles, a 131 X 15u\86 x 10m,50, avec un tirant d’eau de 6m,60 et un tonnage de 6 800 tonneaux. Ses machines, à triple expansion, ont des cylindres de 685, lm,06 et lm,$28 x lm,219 de course. Les chaudières cylindriques, à vent forcé Ilowden et au nombre de 6, ont 346m2 de grille, 932m2,70 de chauffe et 302m2 de surchauffe; timbre, 13 kil.
- Aux essais comparatifs avec un paquebot: la Guadeloupe, identique, mais avec de la vapeur saturée à 192° sur la Guadeloupe et de la vapeur surchauffée à 238° sur le Pérou, à la même vitesse (88,2 et 88,47 tours), les puissances indiquées ont été, respectivement, de 6 585 et 6 750 chevaux, et les vitesses de marche de 16,60 et 16,95 nœuds, soit un gain de 0m,35 en faveur du Pérou.
- La température de la vapeur surchauffée reste remarquablement constante; les variations extrêmes de la mise en train à la pleine marche ne dépassent pas 20°, résultat qui montre la possibilité d’appliquer la surchauffe aux grandes turbines marines, sans crainte d’en exagérer les dilatations; on y est encouragé parce que, à terre, des surchauffes modérées, de 60 à 70°, ont permis, avec les turbines, de réaliser des économies de combustible de 10 à 12 p. 100, au taux de 1 p. 100 environ par chaque 6° de surchauffe.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA S O CIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 10 AVRIL 1908
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le Président fait part du décès de C. Gnénot, ingénieur civil des mines, ancien directeur de la maison des coffres-forts Ficliet, et membre de la Société d’Encouragement. Il se fait auprès de la famille de M. Guénot l’interprète des regrets unanimes qu’il laisse parmi nous.
- Rapports des Secrétaires :
- M. Hitier.
- Parmi les ouvrages offerts à notre bibliothèque, je vous signalerai aujourd’hui, tout d’abord, nous venant d’Amérique :
- 1. — Glaciers of the Canadian Rockies and Selkirks (Smithsonian Expédition of 1904),
- par M. William Hittell, Sherzer.
- Ouvrage des plus intéressants pour ceux qui s’intéressent aux questions géologiques, et qui est illustré de magnifiques photogravures faisant comprendre admirablement le texte qui les accompagne.
- 2. — Toute la chimie minérale par l’électricité, par Jules Séverin, chez H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris.
- 2 bis. — Le cuir, les os, l’ivoire, la corne, de M. H. Picheux, dans l’Encyclopédie technique et commerciale de notre collègue M. Baillière.
- 3. — Industrie des métaux secondaires et des terres rares, par le capitaine d’artillerie Paul Nicolardot (Bibliothèque des Industries chimiques de l’Encyclopédie scientifique, Toulouse). Paris, Octave Doin, 1908.
- M. le capitaine Paul Nicolardot est bien connu de la Société qui, à plusieurs reprises déjà, a été heureuse de signaler et d’encourager ses travaux toujours originaux et d’une grande portée pratique. Le nouvel ouvrage de M. le capitaine Paul Nicolardot est des plus remarquables, écrit avec une grande clarté, et, à chaque page, on sent la compétence spéciale de l’auteur sur les sujets qu’il traite.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1908.
- 731
- Dans ce livre, l’auteur, après avoir mis rapidement le lecteur au courant de l’électro-métallurgie et de l’alu mi nio-th errai e qui ont permis de préparer des alliages avec les métaux réfractaires si souvent employés aujourd’hui en sidérurgie, et après avoir traité de la fabrication des filaments utilisés dans l’éclairage, aborde l’étude du tungstène, du molybdène, du vanadium, du titane, de l’uranium, du zirconium, de l’yttrium, du thorium, du cérium, de l’osmium, du colombium et enfin du tantale. Pour chacun de ces corps, l’histoire de sa découverte, l’étude de sa diffusion et l’exposé des préparations du métal précèdent la description de ses propriétés physiques et de ses principales propriétés chimiques. Après cette partie purement théorique, l’auteur aborde l’étude industrielle qui depuis la description des minéraux, minerais, gisements et mines, nous conduit à la mise en œuvre du métal ou de ses composés. La variation des cours est indiquée avec soin. Enfin la chimie analytique est exposée avec assez de détails pour que le lecteur n’ait pas à recourir trop souvent aux grands traités classiques. Le capitaine Nicolardot a laissé, ainsi qu’il le dit dans sa préface, aussi souvent que possible la parole aux auteurs et aux inventeurs qui, mieux que n’importe qui, peuvent se faire comprendre.
- 4. — Génie rural appliqué aux colonies, par M. Max Ringelmann, ouvrage contenant
- 955 figures, dont 525 gravées d’après les dessins de l’auteur. Paris, Augustin Chal-
- lamel, éditeur, 17, rue Jacob.
- Notre collègue du Comité d’Agriculture, M. Max Ringelmann a bien voulu faire hommage à notre Société du nouvel ouvrage qu’il vient de faire paraître : Génie rural appliqué aux colonies, cours professé à l’École nationale supérieure d’agriculturq coloniale.
- Depuis plus de vingt ans, M. Ringelmann, qui a fait une étude approfondie du génie rural à tous les âges et dans toutes les régions, s’était beaucoup occupé de ses applications aux exploitations des colonies; il avait eu l’occasion, bien des fois, de recevoir des indications comme de donner des renseignements à des personnes qui s’installaient dans diverses colonies; enfin, il avait pu procéder, en sa qualité de professeur à l’Institut agronomique et directeur de la station d’essais de machines, à des recherches et à des expériences sur un certain nombre de machines et d’appareils destinés aux cultures et aux traitements à faire subir aux produits récoltés dans les pays chauds. Aussi, lorsque, dès la fondation de l’École supérieure d’agriculture coloniale, on lui proposa d’y professer un cours de génie rural appliqué aux colonies, notre collègue n’eut-il qu’à coordonner les nombreux matériaux qu’il possédait et dont beaucoup étaient inédits.
- L’ouvrage qu’il vient de publier, et dans lequel est condensée la substance de ce cours, constitue un traité complet sur la matière, conçu de la façon la plus pratique.
- Au reste, nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici l’introduction même que. M. Ringelmann a écrite entête de cet ouvrage, et dans laquelle il indique comment il a compris ce que devait être un enseignement du génie rural appliqué aux colonies.
- Le Génie Rural est le titre d’un enseignement qui date de la fondation de l’Institut National Agronomique de Versailles, en 1848 ; il s’occupe des applications de VArt de l’Ingénieur à VAgriculture, par analogie avec le Génie Militaire, le Génie Maritime et le Génie Civil, qui signifient les applications de l’Art de l’Ingénieur aux travaux et aux constructions militaires, maritimes et civils (travaux publics).
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- PROCÈS-VERBAUX.
- AVRIL 1908.
- L’enseignement du Génie Rural (constructions, hydraulique, travaux et machines agricoles) est donné à Paris à l’Institut National Agronomique, dans les trois Écoles nationales (Grignon , Montpellier, Rennes) et à l’École d’Agriculture de Tunis.
- Le Génie Rural a été appliqué dès que l’homme est devenu sédentaire; on le retrouve dans les temps anciens comme chez les populations actuelles qualifiées de primitives (nous publions chaque année, depuis 1903, des chapitres successifs de notre Essai sur VHistoire du Génie Rural dont nous avions réuni les documents dès 1880).
- Pour ce qui concerne les colonies, nous avions plusieurs façons de comprendre notre enseignement :
- Le Génie Rural colonial peut être conçu comme l’examen et l’étude des méthodes et procédés employés par les indigènes dans telle ou telle colonie ; cela serait certainement très intéressant, mais comme on ne parle bien que des choses qu’on connaît, il nous faudrait préalablement aller sur place étudier séparément chaque région. On ne peut généralement pas se fier aux relations des voyageurs et des explorateurs! qui manquent trop souvent de connaissances techniques : ils se livrent à un genre de sport, font beaucoup de kilomètres, passent à côté de choses du plus haut intérêt sans s’en douter, et leurs récits décèlent un tempérament d’aventuriers et de chasseurs. On ne peut que souhaiter de voir se multiplier les missions scientifiques, qu’on semble enfin développer aujourd’hui.
- Il nous a paru plus intéressant de donner à nos élèves des notions de Génie Rural applicable aux colonies, c’est-à-dire comment on doit procéder pour adapter à nos possessions les principes du Génie Rural professé en France.
- Certes, il nous serait commode de supposer qu’on importe de la métropole tout ce qui est nécessaire : il n’y aurait donc qu’à étudier le choix judicieux à faire des matériaux et du matériel à prendre. Les difficultés des communications et le prix élevé des transports obligent à limiter ce matériel à ce qui est indispensable, en s’exerçant à tirer parti des ressources locales. Dans les conditions les plus défavorables, celles où nous nous placerons souvent, il-convient de supposer qu’on est privé de tout objet d’usage courant en France; cela (revient, pour ainsi dire, à combiner une nouvelle édition scientifique du fameux roman de Robinson Crusoë dans son île.
- L’exécution de ce programme exige de grandes qualités de la part du colon, de l’initiative, beaucoup de méthode, de logique et surtout des idées de simplification; il ne lui faut pas un parti pris de formes, d’éléments, de matériaux ou de procédés; il doit bien connaître non seulement la technique, mais ce qu’on appelle les trucs ou les ficelles du métier afin de tirer parti, le plus avantageusement possible, de tout ce qu’il trouve sur place.
- A leurs débuts tous les peuples étaient chasseurs et nomades ; ils ne se préoccupaient que de manger, se vêtaient à peine et vivaient au jour le jour. Longtemps après, ils commencèrent à faire des réserves et purent devenir relativement stables (peuples pêcheurs et pasteurs), puis ils cultivèrent quelques plantes alimentaires (peuples agriculteurs). Dès que l’homme est devenu agriculteur, il est resté sédentaire, la plante demandant des soins, des travaux et nécessitant un certain temps pour son évolution, mais l’homme pouvait amasser des provisions et assurer sa subsistance; il a alors goûté une tranquillité relative, les premières Sociétés se sont organisées, et la civilisation commença en se manifestant par un certain sentiment artistique qui se traduisit par des ornements, plus ou moins rudimentaires, mais voulus, souvent appliqués aux objets d’usage courant.
- Lorsque nous rencontrons ces symptômes chez les indigènes, ou populations que le public qualifie volontiers de sauvages, nous sommes sûrs qu’ils sont dans un certain état de civilisation et, par suite, qu’ils sont susceptibles d’observations, de traditions et de raisonnements. C’est l’expérience séculaire qui les a conduits à cultiver certaines plantes avec telle méthode, à employer certains genres de constructions, etc. En un mot, iis sont arrivés, d’une façon empirique et lente, à réaliser une harmonie en trouvant la résultante générale de toutes les conditions naturelles de leur pays. Les matériaux, les outils, les procédés, les formes qu’ils emploient, sans d’ailleurs savoir souvent pourquoi, sont quelquefois bizarres, et c’est à
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- l’homme intelligent de chercher à en démêler les motifs; son instruction scientifique doit lui permettre de remonter facilement de l’effet aux causes.
- Ainsi, dans une colonie quelconque, il y aura donc lieu, avant tout, d’étudier d’une façon rationnelle ce qui existe, en chercher la raison d’être; on est alors à même d’améliorer rapidement et avec succès. On doit éviter, au moins pour les choses courantes, une importation brutale de matériel ou de procédés qui, n’étant pas placés dans des conditions appropriées, réussissent mal tout en dépensant inutilement du temps, de l’activité et de l’argent.
- Quand, par contre, on importe de la main-d’œuvre européenne avec le matériel, ce que nous venons de dire diminue d’intérêt, mais ce cas est très rare et nous doutons qu'il puisse être généralisé. L’Européen ne travaille pas manuellement dans les pays chauds; il faut lui demander de ne s’occuper que de direction, d’organisation, de surveillance, mais non de faire des ouvrages pénibles; les habitudes, l’alimentation, la température, tout est contre lui, puis... il lui semble si facile et plus agréable de laisser travailler ses frères inférieurs ! — Cependant, avec le matériel, il convient d’importer des Européens comme moniteurs; les esclaves noirs venant de la Réunion ou de Madagascar ont appris autrefois à cultiver le coton aux Etats-Unis, et aujourd’hui ils chauffent les chaudières des bateaux, conduisent les locomotives et font tous les ouvrages comme les blancs, mais il est bon de cantonner les indigènes dans un genre de travail bien spécialisé, qu’on doit s’ingénier à montrer et à rendre aussi simple que possible.
- En Égypte, on introduit beaucoup de machines anglaises très perfectionnées; au bout de peu de temps les mécaniciens, qui sont venus de l’Angleterre avec le matériel, se font remplacer par des fellahs; la même chose se passe dans l’Inde.
- On ne peut donc compter que sur la main-d’œuvre locale. Les indigènes, comme tous les hommes, appliquent la règle du moindre effort, et ne savent pas ou ne veulent pas apprendre à travailler tant qu’ils n’en ont pas besoin pour leur existence ; comme ils vivaient avant l’arrivée de l’Européen, ce dernier, au grand profit de l’Industrie et du Commerce de la métropole, est donc obligé de leur créer des besoins nouveaux, soit par la gourmandise (aliments, boissons, et c’est le cas de dire qu’aux colonies l’alcool est le moteur par excellence), soit par la coquetterie (étoffes, colliers, etc.), de sorte qu’une exploitation rurale doit comporter une petite factorerie ou comptoir commercial.
- Il faut, avant tout se loger, s’occuper de l’alimentation en eau des hommes, des animaux et des plantes, puis, enfin, procéder aux travaux nécessités par les cultures et la préparation des récoltes. Ces considérations nous indiquent les grandes lignes de notre pi’ogramme. et leur ordre, bien que certains chapitres s’enchevêtrent les uns dans les autres :
- 1° Constructions;
- 2° Hydinulique ;
- 3° Machines.
- Enfin, nous supposons qu’on connaît les sciences fondamentales : Mécanique, Physique, Chimie, Géologie, etc., et notre enseignement de l’Institut National Agronomique. Notre cours à l’école de Nogent est donc une série de notes pratiques relatives à l’application du Génie Rural dans nos possessions; elles résultent de raisonnements, d’observations et surtout de correspondances que nous entretenons depuis longtemps avec beaucoup de nos anciens élèves établis dans diverses colonies françaises et étrangères.
- 5. L’azote nitrique et l’agriculture, par M. Louis Grandeau. Paris, librairie agricole de la Maison rustique, 16, rue Jacob.
- L’azote est un élément essentiel de la vie des plantes et des animaux; il joue un rôle prépondérant dans la production végétale.
- Toutes les plantes de la grande culture, sauf les légumineuses, aptes à emprunter l’azote gazeux de l’atmosphère par voie microbienne, puisent leur azote dans le sol. Quelle que soit l’origine de l’azote du sol (matières organiques, engrais miné*
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- raux, etc.), c’est de l’acide nitrique, combiné à la chaux, que les végétaux tirent presque tout l’azote qui les nourrit.
- C’est ce que rappelle, en ces termes mêmes, M. Grandeau, qui s’est décidé à rédiger pour répondre, nous dit-il, au désir exprimé par un grand nombre d’amis de l’agriculture, la notice ci-jointe, dont le double objet est :
- 1° Résumer, sous une forme aussi brève que possible, tout ce qui touche à l’emploi des nitrates en agriculture ;
- 2° Présenter, pour répondre à l’appel que lui ont adressé beaucoup d’agriculteurs et d’ingénieurs, un historique succinct des procédés Birkeland-Eyde, de leur application à la fabrication du nitrate de chaux, enfin exposer l’état actuel et l’avenir prochain de la production des usines de Norvège.
- Ici même, oiit été exposés les merveilleux procédés de Birkeland et Eyde, qui ont abouti, dans ces dernières années, à la production par voie électrique de l’acide nitrique, à l’aide des éléments gratuits et inépuisables qu’offre l’atmosphère.
- La consommation mondiale du nitrate du Chili s’élève aujourd’hui, par an, à 1 700 000 tonnes. Sans doute le développement de l’industrie de Nottoden, quelque rapide qu’il soit, et aboutît-il à produire, en 1910, 100 000 tonnes de nitrate de chaux, comme il y a tout lieu de le penser, ne pourra faire une redoutable concurrence au nitrate de soude du Chili, mais tout au moins la production nouvelle, par voie élec trique, de l’acide nitrique à l’aide des éléments de l’air compensera l’accroissement de consommation du nitrate en agriculture.
- Et, dans tous les cas, le procédé de Birkeland et Eyde, s’il n’est de nature à porter ombrage à l’industrie du Chili, fait disparaître pour toujours les craintes de l’agriculteur et de l’industriel de voir se tarir la source de l’acide nitrique et des nitrates.
- « Quand arrivera, ajoute M. Grandeau, l’épuisement des gisements de l’Amérique du Sud, la production du nitrate de chaux, à l’aide des forces hydrauliques incommensurables du globe, aura sans doute atteint un développement qui compensera la disparition du nitrate de soude. D’ici là, nous ne pouvons qu’insister auprès des cultivateurs, pour qu’ils aident de plus en plus à l’augmentation de la production du sol par l’emploi croissant des fumures nitratées. »
- « Quant à l’industrie, elle est désormais assurée de trouver dans les acides nitriques et nitreux d’une pureté parfaite, qu’on obtient par les procédés de Notodden, des matières premières irréprochables pour la fabrication des matières colorantes, des explosifs, etc. »
- Vous connaissez tous, Messieurs, quel est le talent d’exposition de notre savant collègue M. Grandeau, combien sa parole d’apôtre du progrès agricole sait trouver les termes exacts qui frappent et convainquent. Toutes ces qualités, vous les retrouverez dans ce nouveau travail de M. Grandeau, d’autant plus intéressant que la question traitée est d’importance capitale pour l’agriculture, pour l’humanité entière, est-il plus juste de dire, puisque que celle-ci vit des produits de l’agriculture.
- M. Toulon.
- Dans la séance du 13 mars dernier, je vous ai fait connaître le but et le programme du premier congrès international de la route qui doit avoir lieu cette année à Paris. Le président de notre Société, M. Grüner, est membre du Comité de patronage du congrès.
- Votre Comité des Constructions et Beaux-Arts a examiné quelle part notre Société devait prendre à cette manifestation si intéressante pour un grand nombre d’indus-
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- tries. Votre bureau a, dans sa dernière séance, voté, une somme de 200 francs dans ce but.
- M. Lethier, inspecteur général des Ponts et Chaussées, président de la commission d’organisation du congrès, vient, par une lettre du 2 avril courant, d’informer notre Société que notre souscription de 200 francs permettrait de délivrer deux cartes de membres donateurs contre la carte qui a été remise à notre président à titre de membre du Comité de patronage.
- Vous aurez donc à désigner deux membres de nofre Société pour la représenter, avec notre président, au Congrès international de la route.
- Troisième Congrès international d’aéronautique, Milan, 22-28 septembre 1906 ; 1907.*
- Rapports et mémoires.
- Cet ouvrage contient les .rapports et mémoires tpii ont été présentés et discutés au troisième Congrès international d’aéronautique, à Milan, en 1906.
- L’aéronautique est une science qui a pris naissance en France, et c’est en France que sont apparues les applications les plus nouvelles et les plus audacieuses. Il suffit de rappeler le premier ballon dirigeable dû au colonel Renard.
- Aujourd’hui, la question intéresse tous les pays, mais la lecture des rapports du congrès de Milan montre quelle part importante occupent les travaux et les études des savants et des ingénieurs français. Ces rapports concernent l’aérostation, les ballons dirigeables, la résistance de l’air, l’aviation, les appareils scientifiques pour la détermination du point en ballon et les levers de plan, le gaz nécessaire au gonflement des aérostats, la météorologie.
- Notre Société n’a jamais cessé de s’intéresser au progrès de l’aéronautique ; vous avez tous gardé le souvenir des savantes et lumineuses conférences de M, le commandant Renard.
- Au point de vue des recherches scientifiques, je rappelerai, qu’en 1898, notre Société a mis au concours la détermination des coefficients nécessaires au calcul numérique d’une machine aérienne. Sur la proposition du Comité des Arts mécaniques, vous avez décerné un prix à M. l’abbé Le Dantec, pour ses études sur cette question.
- Les documents fournis par le troisième Congrès international de Milan viennent contribuer utilement aux progrès de l’aéronautique, qui paraît appelée à de nouvelles et fécondes transformations.
- Axes principaux du temps de parcours, par M. Haton de la Goupillière,
- membre de l’Institut.
- Notre éminent collègue, M. Haton de la Goupillière, membre de l’Institut, adresse à notre bibliothèque un mémoire de mécanique théorique intitulé « Axes principaux du temps de parcours. »
- ' Nous remercions M. Haton de la Goupillière d’avoir enrichi notre bibliothèque delà savante étude qu’il a composée ; c’est l’œuvre nouvelle d’un maître auquel nous rendons un respectueux hommage.
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- Revue de la Quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- La question de savoir jusqu’à quelle température il convient de pousser la distillation des charbons dans la fabrication du gaz d’éclairage est des plus importantes pour cette industrie. Il semble qu’on ait, a priori, tout intérêt à élever le plus possible cette température, car le rendement en gaz augmente avec elle; mais, à mesure que cette température s’élève, les frais d’établissement et surtout d’entretien des fours et des cornues augmentent, en même temps que baisse la qualité du gaz et des sous-produits. Il y a donc une balance à établir entre les avantages et les inconvénients des deux procédés de distillation à basse et à haute température, et c’est cette balance que M. Lewes a tenté d’établir dans une conférence qu’il vient de faire à la Société des Arts de Londres, le 23 mars dernier.
- D’après le bilan dressé par M. Lewes, el qui résume une très vaste et multiple enquête, le prix de revient net du gaz distillé à basse température (400°) serait d’environ la moitié de celui du gaz à haute température (900°) : saAmir de 4d.66 au lieu de IOd.52 les 1000 pieds cubes rendus au gazomètre (0 fr. 16 au lieu de 0 fr. 35 par mètre cube). La puissance calorifique du gaz à basse température est aussi plus élevée, parce qu’il contient moins de soufre et plus d’hydrocarbures saturés : 60 p. 100 au lieu de 34,2 p. 100. Le coke de basse température constitue, avec ses 15 p. 100 environ de méthane, un combustible bien supérieur au coke de haute température, et ses goudrons donnent à la distillation des essences que l’on peut employer dans les moteurs.
- Prix du charbon à 11’ 6d la tonne.........
- — de l’épuration.........................
- Salaires..................................
- Gages.....................................
- Entretien.................................
- A déduire les sous-produits...............
- Coke à 12s 3d la tonne....................
- Goudron............................. . . .
- Produits ammoniacaux......................
- Prix des 1000 pieds cubes.................
- Puissance lumineuse en bougies............
- calorifique en calories par m3. . Soufre par m3.............................
- Prix de revient par 1000 pieds cubes de gaz à : Haute température. Basse température
- 100 kil. 13d,30 200 kil. 26d,50
- 0,50 0,50
- 0,54 0,54
- 2,25 2,25
- 3,43 2,21
- 20,04 32,90
- 40 kil. 6,11 120 kil. 17,24
- 0 gallon 9- 1,30 4 gallon 6 6,90
- 2,11 2,80
- — ?,52 — 27,34
- 10,52 4,66
- 14 20
- 52 70 66 70
- 1 gr. 0sr,4
- La conclusion très nette de M. Lewes méritait de xmus être signalée en raison de la. compétence de son auteur et de l’actualité de la question qu’elle semble trancher pour le moment (1).
- Voici (fig. 1) un petit appareil de notre collègue M. Ringelmann, qui permet de mesurer rapidement et avec une grande précision le poids de pétrole de gazoline ou d’alcool dépensé par un moteur pendant un essai.
- (1) Engineering, 27 mars, p. 410.
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- Dans une expérience, ce jaugeur est placé à côté du'moteur, au même niveau que le réservoir ordinaire fourni par le constructeur ; de cette façon, on ne modifie pas la charge sur le carburateur et on reste dans les conditions normales de fonctionnement de la jna-chine.
- Le jaugeur est raccordé au carburateur par le même tube de cuivre (diamètre et lon-r gueur) que celui qui le relie au réservoir du constructeur.
- Par un collier en bronze et des vis de pression, un robinet à pointeau est fixé au jaugeur et se raccorde avec le tube d’alimentation du carburateur.
- La partie supérieure du flacon jaugeur se termine par un tube de petit diamètre et un entonnoir en verre ; ce dernier est fermé par un simple couvercle en laiton.
- Le jaugeur est gradué par fractions de 250 centimètres cubes à partir d’un niveau supérieur représentant le zéro marqué sur le tube au-dessous de l’entonnoir.
- On remplit le jaugeur et on met en route le moteur; quand ce dernier est en bon état de régime comme température, vitesse, puissance, etc., on peut commencer les constatations. C’est alors que, sans arrêter la machine, on remplit le jaugeur jusqu’au trait zéro, et on note le temps.
- Après un certain temps, une heure par exemple (ou moins), sans avoir besoin d’arrêter le moteur, on refait le plein du jaugeur avec un ou plusieurs récipients contenant le combustible et pesés, chacun, avant et après leur vidange; — le zéro du jaugeur étant marqué dans un tube très étroit, on voit que les causes d’erreurs sont réduites au minimum.
- M. Ringelmann adopte la méthode par pesées, bien plus éxacte que la mesure en volumes: d’ailleurs, il est facile de passer de l’une à l’autre évaluation en déterminant la densité du combustible prise à la température de 15 degrés centigrades.
- En cours d’essais, on peut faire des vérifications en notant le temps nécessaire pour la consommation d’un certain volume de combustible ; c’est pour ce motif que le jaugeur a été gradué par 250 centimètres cubes.
- Un thermomètre qu’on plonge dans le jaugeur indique la température du combustible pendant l’essai ; il donne ainsi la température du liquide à son arrivée au carburateur (1).
- Fig. 1. — Jaugeur Ringelmann.
- .Vous avez certainement encore présent à l’esprit l’ingénieux télépliotographe que M. Belin nous a présenté avec tant de clarté et de talent lors de notre dernière séance; c’est certainement l’appareil qui, actuellement, résout avec le plus de perfection ce problème si intéressant de la téléphotographie ; mais, en raison de son intérêt même, ce problème est actuellement poursuivi par de très nombreux chercheurs, bien que dans des voies sensiblement parallèles. Parmi ceux de ces chercheurs qui méritent de vous être signalés, à côté de MM. Korn et Belin, dont les recherches vous sont déjà connues, je vous désignerai aujourd’hui un inventeur belge, dont on a déjà beaucoup parlé, mais dont les recherches viennent, selon toute apparence, de prendre tout récemment une tournure véritablement industrielle; il s’agit de M. Carbonelle, de Bruxelles.
- (1) Construit par M. Manoncourt, 76, boulevard Saint-Germain.
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- Json appareil est fondé sur un principe connu, celui de l’appareil de l’abbé Caselli, précurseur de bien d’autres, mais appliqué d’une façon extrêmement simple. Imaginez au poste émetteur un cylindre animé d’un mouvement hélicoïdal et tournant au-dessous d’une pointe métallique qui en parcourt ainsi toute la surface et se trouve intercalée avec lui dans le circuit d’une pile; il est bien évident que, si l’on enroule sur ce cylindre un dessin tracé sur un papier non conducteur, avec une encre conductrice, et ce, d’autant plus que les traits sont plus rapprochés, plus noirs, l’intensité du courant dans le circuit variera en fonction de ce dessin, de sorte que, si l’on dispose, au poste récepteur, un second cylindre tournant en synchronisme avec le cylindre du poste émetteur, et affleuré par la pointe d’un microphone intercalé dans, le circuit, cette pointe, qui se mettra à vibrer en fonction de l’intensité du courant, retracera, en pointillés de photogravure, sur ce second cylindre, le dessin enroulé sur le premier. C’est donc, théoriquement, la simplicité même, et vous voyez que cet appareil, reproduit le dessin envoyé non par la photographie, mais par la gravure -qu’effectue la pointe du microphone récepteur.
- Reste à voir quels résultats a donnés l’application de cette idée si simple et ingénieuse; je puis vous le faire voir aujourd’hui grâce à l’obligeance de M. Blondin, qui a bien voulu me confier, pour vous les montrer, les plaques ainsi télégravées qu’il a présentées à la dernière séance de la Société de physique. Ces plaques ont été télégravées au travers d’une ligne réelle de Bruxelles à Anvers, aller et retour. Yoici d’abord le portrait du roi des Belges, gravé sur une plaque de plomb, et d’autres essais sur des plaques de celluloïd ou de gélatine, les uns reproduisant des dessins au trait et les autres des photographies, puis une lettre de M. Blondin à l’inventepr, gravée sur celluloïd, et dont vous pouvez constater la finesse. J’ajouterai que la reproduction de cette lettre, assez longue, s’est faite très rapidement : en quatre-vingts secondes, ce qui permet d’entrevoir la possibilité d’expédier ainsi un journal entier.
- Ces résultats, qui n’enlèvent rien au mérite de M. Belin, incontestable et reconnu de tous, méritaient de vous être signalés, d’autant plus que l’appareil de M. Carbonelle .n’en est qu’à ses premiers essais d’application pratique.
- Je ne puis vous dire qu’un mot de l’appareil de téléphonie sans fil l’Audion de
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- ;Fig. 2. — Audion. Lee de Forest. — V, I, E, antenne avec primaire I, du transformateur It M, à secondaire Io, faisant partie du circuit C; D, ampoule en verre où l’on a fait le vide, avec filament F de platine incandescent relié en série à la pile A ; b, plaque de platine; a, fil de platine ; B, pile du circuit récepteur à téléphone T, relié en 3 et 4, à F et à b ; G et Ci condensateurs.
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- M. Lee de Forest, actuellement en essai entre la tour Eiffel et Villejuif, car les détails n’en ont pas encore été publiés; en voici le principe, tel que l’a fait connaître son auteur même (4).
- Le récepteur consiste essentiellement (fig. 2) en une sorte de lampe à incandescence que vous voyez indiquée sur cette projection, et le filament F de cette lampe à circuit de pile est en face d’un enroulement a et d’une plaque b, en platine ou compris entre deux plaques de platine placées à 2 millimètres du filament.
- Sous l’influence des ondes qui traversent le circuit de F, le filament et son champ électrique deviennent le siège d’un phénomène d’ionisation analogue à celui qui se manifeste dans les arcs chantants, et tel que, si l’on branche sur le circuit de ce filament et de l’une des lames de platine un circuit à pile B et téléphone T, ce téléphone répétera les paroles prononcées au poste émetteur.
- On pourrait, paraît-il, en réglant convenablement le voltage des piles et la distance du filament aux lames de platine, arriver à synthoniser ces appareils de manière à empêcher l’interception de leurs téléphonies.
- Ce que je vous dis là est très vague; mais les phénomènes dont dépend le fonctionnement de ces appareils sont encore mal élucidés, et ne sauraient s’exposer en cinq minutes ; et, d’autre part, aucun détail précis n’a encore, à ma connaissance du moins, été révélé. J’ai cru néanmoins utile de vous en dire le peu que j’en sais en raison de l’actualité de cette question depuis que l’inventeur est venu répéter à Paris ses essais de New-York (2).
- Nominations de membres de la Société. — Est nommé membre de la Société :
- M. Paul Faucon, membre du Conseil supérieur de l’agriculture, présenté par M. Hitier.
- Conférence. — M. Gr. Hersent fait une conférence but notre outillage maritime, sa mise au point en raison des progrès de Varchitecture navale.
- M. le Président remercie vivement M. Hersent de sa très intéressante communication.
- (1) Scientific american Supplément, 20 novembre et 7 décembre 1907, et brevet anglais 1427 de 1908.
- (2) A consulter, sur ces phénomènes,les travaux de MM. Blondel, Duddel-Poulsen, Mosler, Lorenz, Weinberg, Revue électrique, 15 mars et 15 août 1907; YÉclairage électrique, 9 novembre 1907, pp. 140, 85 et 210.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1908.
- SÉANCE DU 8 MAI 1908
- Présidence de M. Grimer, président.
- M. le Président fait part du décès de M. J. Demany, architecte expert, membre de la Société d’Encouragement ; il présente à la famille de M. Demany les sincères condoléances de notre Société.
- •Rapports des secrétaires :
- M. Hitier.
- Notre nouveau collègue, M. M. Le Couppey de la Forest, ingénieur des améliorations agricoles, a eu l’amabilité d’adresser, pour notre bibliothèque, toute une série d’ouvrages et d’études dont il est l’auteur. Parmi ces publications très intéressantes et qui font grand honneur à M. Le Couppey de la Forest, je vous, signalerai notamment les études sur Y alimentation en eau potable dans les campagnes, sur la source de Fontaine-VEvêque ( Var) et sur les filtres à sable de la Compagnie des eaux de la banlieue de Paris à Nanterre, etc.
- Dans ce même ordre d’idées, nous avons reçu, de la bbrairie Dunod et Pinat, un volume intitulé : Filtre à sable non submergé, par Louis Baudet, député d’Eure-et-Loir, secrétaire de la commission d’hygiène publique de la Chambre des députés.
- M. H.-L. Besson, lauréat de notre Société, nous a adressé une note intitulée : des Forces hydrauliques dénommées houille verte; vous savez avec quel zèle M. Besson poussait son enquête sur cette importante question dans tous nos départements français. * '
- De l’éditeur Lucien Laveur (rue des Saints-Pères), nous avons reçu deux nouveaux volumes de la collection de l’Agriculture au xx° siècle.
- Le lait hygiénique; par Anton in Rolet. •— Notions élémentaires dagriculture, par MM. Eugène Morel et H.-L.-A. Blanchon.
- M. Jos. Depierre, qui fut lauréat de notre Société en- 1892, nous adresse un volume relatif à Cernay (Alsace). Dans ce nouvel ouvrage, M. Jos. Depierre s’est attaché à retracer l’histoire de Cernay et, en particulier, nous donne, sur l’industrie et le commerce de cette ville les détails les plus complets : cet ouvrage, si vous le permettez, sera soumis à l’examen du Comité de Commerce.
- Je vous prierai également de renvoyer, suivant le désir des auteurs, au Comité de Chimie, le Traité d’analyse chimique, industrielle, commerciale, agricole, par MM. Georges Bourrey et Eugène Marquet. Cet ouvrage est, du reste, précédé des préfaces de M, C. Matignon et de nos collègues du Conseil, M. L. Lindet et L. Guillet (librairie Octave Doin).
- Enfin, Messieurs, dans le grand mouvement d’opinions qui, aujourd’hui, fort heureusement se fait jour, pour la conservation et Y aménagement de nos richesses forestières, il y a lieu, plus que jamais, pensons-nous, d’attirer l’attention sur les publications qui paraissent sur le sujet et sont susceptibles de rendre de réels services.
- Tel est le cas de ce petit traité d’économie sylvo-pastorale, assez connu pour être
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- PROCÈS-VEI1BAUX.
- MAI 1908.
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- à la portée de tous, assez complet pour être un guide sérieux et sûr, que vient de publier M. A. Fron, inspecteur-adjoint des eaux et forêts, dans l’Encyclopédie des connaissances agricoles, et intitulé : Forêls, Pâturages et Prés-Bois, un volume in-16,. cartonné, 1 fr. 50. Hachette et Cie, Paris.
- Dans « Forêts, Pâturages et Prés-Bois », l’auteur parle successivement de la forêt (rôle, utilité, produits, règles de sylviculture); des pâturages de montagnes et des prés-bois (état actuel, réglementation de la dépaissance, règles pour assurer la stabilité des pentes); des friches et des terres incultes (état actuel, mise en valeur par l’herbe et le bois, pépinières, boisements); de la conservation des terres en montagnes et sur les pentes, de la correction des torrents, etc. ; il illustre son texte d’images caractéristiques; il indique au maître ou au conférencier, par des astérisques, les parties du texte auxquelles peuvent s’appliquer les vues les plus utiles à projeter devant un auditoire.
- Nous ajouterons que, du reste, M. Fron a précisément constitué toute une série de vues à projections forestières des plus caractéristiques et des plus instructives, que-l’on peut demander pour des conférences au musée pédagogique, rue Gay-Lussacr Paris.
- Notre bibliothécaire, M. Garçon, a bien voulu rédiger la note suivante sur un important ouvrage, offert à notre bibliothèque.
- Bibliographie française, par AJ. H. Le Soudier, 2e série, par périodes quinquennales.
- Tome I (1900-1904).
- Dans un premier volume d’une nouvelle série, M. H. Le Soudier, le libraire bien connu du boulevard Saint-Germain, relève l’ensemble des ouvrages parus en France depuis le 1er janvier 1900 jusqu’en 31 décembre 1904. Ce relevé forme une seule liste alphabétique. L’alphabet comprend trois espèces de mentions : 1° les noms des auteurs ; 2° les titres mêmes des ouvrages; 3° les matières. Mais, bien entendu, les trois espèces de mentions se distinguent l’une de l’autre par un heureux choix de caractères typographiques, caractères gras pour les auteurs, caiactères romains suivis du nom d’auteur pour les titres des ouvrages, caractères romains espacés pour les mots-souches ou mots typiques, avec italiques pour les subdivisions.
- Nous ne pouvons trop louer l’idée qui a inspiré l’auteur. Tout nouvel organe bibliographique est appelé à rendre d’éminents services, s’il vise à être complet, et à donner le maximum de renseignements avec le minimum de travail pour le chercheur. La. conception de cet organe de bibliographie française donnant l’universalité des ouvrages publiés, et, en même temps, les trois indications que nous avons notées plus haut, ces indications se suivant et se chevauchant, mais se différenciant avec assez de netteté dans une seule et unique liste; cette conception, dis-je, répond bien aux desiderata de principe.
- L’exécution est très remarquable ; ce n’était pas une mince tâche que de se débrouiller dans les cent mille titres que le volume comprend, et de faire entrer dans un seul volums des mentions dont le nombre est tout simplement formidable.
- Il y a cependant deux points sur lesquels nous différons de sentiment bibliographique, et que nous souhaitons voir perfectionnés dans les volumes ultérieurs. D’abord, lorsqu’un auteur donne son prénom en entier, le bibliographe doit le relever en entier.
- Les inconvénients multiples de se borner à la première lettre du prénom, ont été si Tome 110. — Mai 1908. 49
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- vivement appréciés par les Anglais et par les Américains, que, depuis quelque temps, en principe, pas un auteur de livre ou d’article qui ne donne en entier au moins un prénom, et le plus souvent deux prénoms.
- Le second point, qui est beaucoup plus délicat à réaliser, c’est la répartition des mentions sous les mots typiques. Là, il s’est produit, fatalement, des déviations et disparitions ; mais il fallait s’y attendre d’une façon absolue, car le concours de savants et d’encyclopédistes à l’œuvre n’était pas possible. Au fond, l’on peut s’étonner, qu’avec de simples répartiteurs des mentions sous les mots-souches, il ne se soit pas produit un plus grand nombre d’erreurs ou de lacunes.
- L’ouvrage de M. H. Le Soudier synthétise d’une façon remarquable ses autres publications bibliographiques : son Mémorial de la Librairie française et son Bulletin mensuel des Nouvelles publications françaises. Il rendra de très grands services aux libraires et à tous les travailleurs. Il serait à souhaiter que cette œuvre remarquable eût un pendant en ce qui concerne le dépouillement des articles de périodiques français, car l’intérêt d’actualité des articles devient pressant pour les industriels.
- M. Toulon.
- Formulaire de l’électricien et du mécanicien, par M. C. Hospitalier. 22e édition.
- Masson et Cie, éditeurs.
- L’édition nouvelle du formulaire de l’électricien et du mécanicien (année 1908) débute par une notice sur Edmond Hospitalier par M. Ch. Guillaume.
- Hospitalier a été brusquement enlevé l’année dernière aux siéns, à ses amis, à son œuvre scientifique. Il a laissé d’unanimes regrets. Dans toutes les applications de l’électricité, son labeur ininterrompu, son activité féconde ont laissé des traces durables ; c’était un des plus actifs pionniers, un de ceux qui ont le plus contribué aux progrès incomparables qu’a faits l’industrie électrique depuis vingt-cinq ans.
- . Parmi ses publications si nombreuses et ses études toujours si utiles, Hospitalier aimait tout particulièrement son formulaire, nous dit M. Guillaume; « il le voulait sans cesse plus complet, plus utile ; il avait concentré en cet ouvrage tout son besoin de clarté, tout son sens pratique, toute sa vision nette des réalités. »
- M. Gaston Roux, directeur du bureau de contrôle des Installations électriques, s’est chargé de préparer le nouveau formulaire de l’électricien et du mécanicien. Il a réalisé une idée chère à Hospitalier, et, réunissant les documents qu’ü avait amassés, a transformé le « Formulaire de l’électricien » en « Formulaire de l’électricien et du mécanicien ». Le nouveau formulaire contient onze parties, tandis que les éditions antérieures n’en avaient que cinq.
- Le nouvel ouvrage, par les utiles développements qu’il comporte, est donc appelé à rendre les plus utiles services.
- La technique pratique des courants alternatifs, par M. Giuseppe Sartori, 2e édition, traduite par J. A. Montpellier. Dunod et Pinat, éditeurs.
- L’ouvrage dont M. Montpellier a fait une traduction française a pour but l’exposé élémentaire de la théorie des courants alternatifs.
- Cet ouvrage est donc un utile instrument de vulgarisation en vue des applications tous les jours plus nombreuses des courants alternatifs.
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- Préparation mécanique des minerais, par M. Ratel, ingénieur des arts et manufactures.
- Dunod et Pinat, éditeurs.
- C’est un véritable traité de la question spéciale de la préparation mécanique des minerais.
- Après un exposé du problème au point de vue financier, M. Ratel donne des détails techniques étendus sur les divers modes de préparation mécanique, le lavage sur tables, le lavage dans l’air, les ateliers d’enrichissement mécanique et électro-mécaniques.
- Deux nouveaux volumes sont venus enrichir l'Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du docteur Toulouse par la maison d’édition Octave Douin. Ils sont «lassés dans la partie de l’Encyclopédie qui est intitulée « Bibliothèque de mécanique appliquée et génie », et dont la publication est dirigée par M. d’Ocagne, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- L’un de ces volumes a pour titre : Phares et signaux maritimes. Il est dû à M. Ch. Ribière, ingénieur en chef des ponts et chaussées du service central des phares et balises. L’étude et la construction des phares et balises est un des problèmes les plus attachants de l’art de l’ingénieur ; les questions à résoudre exigent des connaissances étendues, l’application des théories les plus complètes de la physique, et des méthodes de construction les plus hardies et les plus perfectionnées. Il suffit de rappeler le nom de Fresnel, dont les vues géniales ont reçu une éclatante consécration pratique dans .l’établissement des phares.
- M. Ribière, par sa haute compétence, était en mesure de mener à bien un ouvrage sur les phares et signaux maritimes. Ses travaux et ses études personnelles, dirigés suivant une rigoureuse méthode scientifique, ont été récompensés par l’Académie des •sciences. Aussi son livre est-il un exposé clair et complet de toutes les questions que soulèvent l’étude et l’établissement des phares et signaux maritimes. Un index bibliographique donne toutes les sources auxquelles l’auteur a puisé. Cet ouvrage sera hautement apprécié en raison de l’autorité de son auteur, M. Ribière, et de la valeur des théories et renseignements qu’il contient.
- L’autre ouvrage de l’Encyclopédie scientifique . est intitulé : Ponts métalliques, méthodes de calcul ; il est dû à M. Pigeaud, ingénieur des ponts et chaussées.
- Ce livre résume, en un exposé clairet précis, l’ensemble des méthodes de calcul des ponts métalliques. Il était utile de réunir des théories et des formules qui trouvent un emploi journalier dans l’art de l’ingénieur.
- L’index bibliographique qui accompagne l’ouvrage permet de retrouver les noms des auteurs dont les travaux ont enrichi cette partie si importante des applications scientifiques.
- Le livre de M. Pigeaud est donc appelé à rendre de réels services.
- Méthode de calcul du béton armé avec barèmes pour en déterminer les dimensions,
- par M. Nivet, ingénieur E. C. P.
- M. Nivet donne, dans cet ouvrage, une méthode de calcul des ouvrages en ciment armé avec de nombreuses tables fournissant des données immédiates pour diverses applications.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- La question de la limite des pressions admissibles dans les locomotives est posée, cela va sans dire, depuis l’origine des chemins de fer, et cette limite a été se reculant
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- sans cesse à mesure que l’emploi de métaux plus résistants, de constructions mieux établies, de moyens de graissage perfectionnés, ainsi que l’adoption du compoundage ont permis d’atteindre des pressions plus élevées et de mieux en utiliser la détente ; mais, malgré son vif intérêt, cette importante question n’avait jamais, à ma connaissance du moins, été l’objet d’une étude expérimentale méthodique et suffisamment étendue pour permettre de fixer cette limite, non pas définitivement, mais à une époque donnée de l’état général de la construction des locomotives. Cette lacune vient d’être comblée par la publication d’un ouvrage des plus intéressants de M. F. M. Goss, intitulé: « High steam pressures in locomotive service », publié par la « Carnegie Institution » de Washington.
- Ce volume, pas bien gros, de 140 pages, mais des plus substantiel et suggestif, renferme la description et la discussion des expériences exécutées par M. Goss, de 1903 à 1908, dans le célèbre laboratoire de l’Université de Purdue, sur deux locomotives du type « Shenectady » n° 1 et n° 2, avec des pressions variant de 8k=,40 à 17 kilogrammes, et des vitesses variant de 30 à 80 kilomètres.
- Ges deux locomotives étaient du type simple, sans particularités exceptionnelles, c’est-à-dire qu’elles représentaient le type moyen des locomotives express actuelles, non compound,de sorte que les résultats obtenus peuvent bien être considérés comme applicables aux locomotives usuelles.
- Tout d’abord, on constata ce fait, bien connu d’ailleurs, qu’avec des pressions ne dépassant pas 10 kilogrammes, la durée de la locomotive est extrêmement prolongée ; après six années d’essais, la locomotive n° 1, à cette pression, ne présentait aucune trace de détérioration, n’avait exigé aucune réparation, tandis que la n° 2, à la pression de 14 kilogrammes, se détériorait rapidement. A la pression de 17 kilogrammes, avec l’eau moyennement bonne dulaboratoire, les tôles se criquaient, lesinjecteurs, encrassés par les dépôts, refusaient de fonctionner ; il fallait marcher à l’eau distillée ; les fuites nombreuses devaient sans cesse être réparées.
- D’autre part, le rendement de la chaudière est sensiblement indépendant de la pression; entre 8 et 17 kilogrammes, la vaporisation ne baisse guère que d’environ 0,kil5 par kilogramme de charbon, et la température de la boîte à fumée n’augmente, à vaporisation égale, que de 3,5 p. 100 environ ; elle est par contre de 310° avec une vaporisation de 20 kilogrammes par mètre carré de chauffe et par heure, et de 455° avec une vaporisation de 70 kilogrammes. La vaporisation par kilogramme de charbon est donnée approximativement, entre ces limites de 8 et 17 kilogrammes de pression, et pour les locomotives essayées, par la formule E = llk°,305 — V, dans laquelle V est la vaporisation par mètre carré de chauffe et par heure, le tout ramené à 100°. Quant à l’économie d’eau et de charbon par cheval-heure indiqué, elle varie, entre ces mêmes limites de pressions, comme l’indique le tableau ci-dessous :
- _________ ^au ------- Économie de charbon
- par cheval-heure par kilogramme Charbon par cheval P. 100.
- Pressions. indiqué. de charbon. indiqué. en passant d’une
- Kil. Kil. Kil. Kil. pression à la suivante,
- 16,8 13 9,10 1,3 1,8
- 15,4 13,7 9,06 1,52 1,8
- 14 14 9,03 1,55 2
- 12,6 14,4 ‘ 8,99 1,58 2,5
- 11,20 14,6 8,94 1,60 4,8
- 9,80 15 8,85 * 1,70 5,8 .
- 8,4 16,2 8,73 1,8
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- - La conclusion est que, avec les locomotives actuelles non compound, il n’y a aucun intérêt à dépasser une pression de 14 kilogrammes, aucune raison d’aller jusqu’à 17 kilogrammes. Pour accroître la puissance delà locomotive, il faut augmenter non la pression au-dessus de 14 kilogrmames, mais la capacité de la chaudière.
- Bien que ces conclusions ne s’appliquent rigoureusement qu’aux locomotives essayées, il y a lieu de les étendre pratiquement aux types analogues, encore en très grande majorité; on peut même en déduire, qu’avec le compoundage et la surchauffe, on ne pourrait guère, dans l’état actuel de la construction des locomotives, dépasser notablement ce chiffre de 14 kilogrammes sans s’exposer à perdre, par l’usure rapide et l’augmentation des dépenses d’entretien, le bénéfice d’une certaine économie de charbon et d’eau.
- Je ne quitterai pas ce sujet des Locomotives sans vous apprendre une bonne nou-
- Fig. 1. —Machine de laminoir Allis et Chalmers de 25 000 chevaux.
- velle. M. A. Mallet, lauréat de notre Société, a reçu tout récemment, du Franklin Insti-tute, la médaille Elliott Cresson, pour ses locomotives compound articulées, dont j’ai eu, bien des fois, l’honneur de vous entretenir.
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- Voici la machine de laminoir actuellement la plus puissante. C’est une machine construite par Aliis et Chalmers pour les forges de South Sharon (Pennsylvanie), appartenant à la compagnie Carnegie. Elle est du typecompound double tandem, c’est-à-dire constituée (fîg. \) par deux machines compound en tandem accouplées sur manivelles à 90°. Les deux cylindres à haute pression ont lul,07 x 1“\37 de course et ceux de basse pression tm,30 X lm,37 ; pression d’admission 10ks,50 ; vitesse 200 tours par minute, puissance en pleine admission 25 000 chevaux ; poids 550 tonnes.
- La marche est réversible, avec distribution Marshall (fig. 2) à un seul excentrique, et deux tiroirs cylindriques à chaque cylindre de basse pression, un seul à chaque cylindre de haute pression.
- L’encombrement de la machine est de 16m,85 x 7m,80 et 5m,40 de haut ; elle
- Fig. 2. — Machine de laminoir Allis et Chalmers. Distribution Marshall à un seul excentrique pour
- 3 tiroirs. Avec le levier de changement de marche en Mi, l’extrémité Ri,de la|bielle d’excentrique, décrit l'ovale S avec une composante verticale Ri R? trop petite pour déterminer une admission de vapeur. Lorsque M est en M2 ou M3, Ri décrit, dans un sens ou dans l’autre, l’ovale AV avec une composante active R3 R.t suffisante pour la conduite des tiroirs en marches avant ou arrière.
- «
- repose sur des plaques de fonte de 30 centimètres d’épaisseur, solidement reliées entre elles, d’un poids total de 350 tonnes, et fixées par 42 boulons de 75 millimètres à une fondation en un bloc de ciment de 1 300 mètres cubes. La glissière et la crosse de chaque côté de la machine sont d’une seule pièce pesant 105 tonnes et présentant une grande rigidité ; les cylindres peuvent glisser sur la plaque de fondation dans des rainures qui en assurent l’alignement, tout en leur permettant de céder à leurs dilatations.
- Dans une pareille machine, avec son énorme vitesse de|200 tours, dont la puissance varie très rapidement de l’entrée à la sortie de chaque passe, et à chaque renversement, les efforts d’inertie sont des plus violents, et il a fallu, pour les vaincre, donner aux pièces en mouvement alternatif la plus grande solidité et la plus grande rigidité possible ; éviter les porte-à-faux dans les axes des distributions, etc. Les tiges de basse • pression, en acier coulé, sont creuses, les boutons de manivelles sont établis de manière à pouvoir supporter des efforts allant jusqu’à|180[kilogrammes par centimètre carré (1).
- Les automobiles ordinaires, et même les locomotives routières, sont faites pour circuler sur des routes ou, tout au moins, des terrains’ assez durs et pas trop accidentés ; mais, dans certains cas, pour le service des armées notamment, il serait intéressant de pouvoir appliquer l’automobiUsme à des tracteurs capables de passer à
- (1) Power, 21 avril.
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- peu près n’importe où à travers champs. Ce problème est depuis longtemps en étude, et l’on en a proposé des solutions très ingénieuses, parmi lesquelles il convient de citer celle de M. D. Roberts, directeur de la maison Hornsby.
- Le principe de l’autotracteur de M. Roberts n’est pas nouveau; il consiste, en effet, à substituer, comme on l’a bien souvent proposé, au sol même sur lequel doit circuler la machine, une sorte de sol fictif constitué par une espèce de bande sans fin se déroulant entre le sol véritable et les roues de la machine qui entraînent cette bande. On répartit ainsi la charge sur une grande surface, de manière à empêcher là'
- Fig. 3. —Tracteur Chenille Hornsby.
- machine de sombrer dans les terres molles, et on met en partie son mécanisme à l’abri des chocs et réactions trop brutales provenant des inégalités du sol ; le tout est de
- Fig. 4. — Tracteur Chenille Hornsby.
- constituer ce chemin artificiel de manière qu’il dure et se prête aux circonstances les plus, accidentées. i\I. Roberts y est parvenu en le constituant, comme vous le montrent ces projections (fîg. 3 et 4) par deux cours de chaînes, disposées de chaque côté du tracteur, et commandées par des roues A et R, toutes deux motrices ou, comme sur la figure 3, avec l’une d’elles seulement motrice et l’autre, B, servant de tendeur réglable.
- Chacune de ces-chaînes est constituée de mailles principales D1 renfermant les tasseaux en bois par lesquels la chaîne attaque le sol, et de mailles auxiliaires D2, en prise avec la roue motrice en D1. Les mailles sont butées en D3 de façon que la chaîne ne puisse se pber que dans un sens, et constitue, dans ses parties qui touchent le sol, une sorte de poutre en voûte appuyée sur des galets réglables C. Quant à la direction, on l’obtient en relevant les deux chaînes de chaque côté du tracteur par un différenliel à
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- freins sur lequel on agit, par le volant F, de manière à imprimer à ces chaînes des vitesses différentes ; on parvient ainsi à faire tourner complètement le tracteur dans l'espace de sa longueur.
- Le tracteur Hornsby se présente donc sous l'aspect d’une sorte d’énorme chenille, dont les mille pattes seraient remplacées par les tasseaux des chaînes, et les projections que je vous fais passer en ce moment vous montrent (fig 5) avec quelle facilité cet animal étrange franchit les obstacles les plus inabordables en apparence. Ce tracteur de 35 chevaux, au pétrole, du poids de 3 800 kg., a pu facilement remorquer un camion chargé de 5 tonnes, dans un terrain défoncé, où 5 chevaux étaient incapables de tirer un camion de 3 tonnes, et ces mêmes chevaux purent ensuite traîner facilement le tracteur avec, en plus, une charrette à deux roues de 1 500 kilogr.
- Ce tracteur, actuellement à l’essai par l’armée anglaise, méritait de vous être si-
- Fig. 5. — Tracteur chenille Hornsby de 35 chevaux franchissant une butte d’argile molle de 6 mètres
- de haut en rampe à 45°.
- gnalé en raison de son originalité, bien qu’il n’ait pas encore été soumis à des épreuves d’assez longue durée pour permettre d’en affirmer le succès définitif (1).
- Vous connaissez tous l’appareil appelé, du nom de son inventeur, un Dudgeon, et qui sert à mandriner et sertir les tubes dans les tôles de chaudières. Ce dudgeonnage accompli, en général, par des roulements de galets qui épanouissent et rabattent l’extrémité du tube, suffit pour la grande majorité des cas; mais il s’est montré insuffisant pour certaines chaudières exceptionnellement actives et sujettes à des coups de feu, qui déboîtent les tubes ainsi fixés et déterminent des fuites de vapeur parfois mortelles. Il faut, pour éviter ce déboîtage et le réparer lorsqu’il se produit, employer un moyen plus énergique, qui consiste, après son dudgeonnage, à évaser le bout ou collet du tube sortant de sa tôle en l’épanouissant sous la forme d’un cône de 30° environ.
- L'appareil que je vous présente aujourd’hui, dû à M. Passât, mécanicien principal
- (1) Automotor, 25 avril et brevet anglais 16345, du 23 juillet 1904.
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- Fig. 6. — Évaseur Passât. Échelle 1/2.
- de première classe de la marine, permet d’exécuter cette opération automatiquement, très vite — de 2 à 3 tubes par minute — sans risque de décoller ni de cliquer les tubes ou les tôles.
- Cet appareil se compose (fig. 6 et 7) d’un coin tronconique en acier trempé et percé d’un trou conique et affectant, à sa partie supérieure, la forme d’une embase. Ce coin est sectionné en six parties rayonnantes autour de l’axe du trou. Il est maintenu par son embase dans une boîte b.
- La partie inférieure de cette boîte est fermée par une pièce vissée qui vient s’appuyer sur la plaque de tête. Le jeu laissé ne permet, aux différentes parties du coin, que de se déplacer perpendiculairement à l’axe du trou. Une broche conique c s’emmanche exactement, par sa partie inférieure, dans le trou conique ménagé au centre du coin. La partie supérieure de cette broche est vissée dans le piston hydraulique d. Un ressort e tend à maintenir constamment ce piston en haut de sa course. Ce piston, de 36 millimètres de diamètre, se meut dans un cylindre f, la boîte b est vissée à la partie inférieure du cylindre. Une tubulure permet l’arrivée et le l’etour d’eau ou d’air sous
- Fig. 1. — Évaseur Passai. Détail des coins.
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- pression, l’évacuation. se faisant sous l’influence du ressort parla purge de la pompe.
- Une vis à filet rapide, avec écrou mobile, permet (fig. 8) d’appuyer l’appareil en face du tube pour le maintenir dans l’axe.
- Le tuyau d’arrivée d’eau est muni d’un joint à rotule spéciale permettant à l’appareil de tourner. Dans les collecteurs inférieurs, un support tournant maintient l’appareil au centre du collecteur. L’axe du support porte deux bras a et b (fig. 8) qui maintiennent l’appareil tout en lui permettant de glisser. De plus, l’axe est creux, pour livrer passage au tuyau d’arrivée d’eau sous pression. L’appareil étant ainsi équilibré, l’homme n’a aucun effort à faire pour le présenter en face du tube.
- L’appareil étant dans le collecteur, l’ouvrier présente l’extrémité des coins en face du tube à évaser et engage ceux-ci en desserrant l’écrou mobile. Il crie alors : « Paré! »à l’homme
- Fig. 8. — Évaseur Passai en fonctionnement.
- placé à la pompe, qui donne vivement quelques coups de piston pour faire monter la pression à 18 kilogr. Cette pression atteinte, l’évasement est produit. Le piston, en effet, a poussé la broche qui a écarté les différentes parties du coin, lesquelles, appuyant sur le bord du tube, l’ont obligé à s’évaser. Sitôt les 18 kilogr. atteints, on purge immédiatement la pompe,
- Sous l’influence du ressort e, le piston revient à son poste. L’eau est chassée et retourne par le tuyau d’arrivée. L’appareil se trouve prêt pour un nouvel évasement.
- Quant aux résultats, aux essais officiels, les tubes évasés par l’appareil Passât ont résisté à des efforts de déboîtage allant jusqu’à 7 500 kilogr., pour des tubes de 25/30 millimètres, tandis qu’aveede •-siinplefdudgeohnage cette résistance ne dépasse guère 3 500 kilogr. En outre, l'appareil*est-très robuste." Un seul a été employé pour les 24 chaudièrestdu piiMontcalmu) eL deux pour celles du « Dupuy-de-Lôme », sans trace de fatigue.
- L’appareil représenté par la projection que vous avez maintenant sous les yeux (fig. 9) permet dé donner le sertissage avec bourrelet interne et évasement extérieur, pour les tubes de chaudières locomotives notamment, et ceux des condenseurs et des radia-
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- teurs, et, dans ce cas, pour éviter le coincement du cône très allongé des coins, le-ressort de l’appareil précédent a été remplacé par la pression de l’eau ou de l’air comprimé qui rappelle le piston, auquel le fluide moteur est distribué par un tiroir. Le premier de ces appareils, qui a déjà fait largement ses preuves, est actuellement
- Fig. 9. — Sertisseur rasscit.
- adopté par la marine, elle second ne peut manquer de réussir; ils méritaient donc, tous deux, de vous être signalés.
- Je vous ai signalé, dans notre séance du février 1907 (1) les très [remarquables trompes de 31. Taylor, à propos de l’installation de 5 000 chevaux des mines de Victoria ; je vous signalerai aujourd’hui une nouvelle application très^ intéressante de ces
- (1) Bulletin de février l90~, p. 208.
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- trompes à l’utilisation de la puissance des marées, et que l’on est en train d’établir à Rockland, aux États-Unis.
- Cette installation, dont vous pourrez voir les dessins dans la Revue de mécanique d’avril dernier, se compose d’un grand bassin de marée aboutissant à un sas d’écluse de 60 X 12 X 8m,40 de profondeur, de chaque côté duquel sont disposés des couples de puits d’une soixantaine de mètres de profondeur, les uns pour l’entrée, les autres pour la sortie de l’eau, les puits d’entrée étant reliés chacun à son puits de sortie par des chambres creusées, comme eux, dans le roc, et analogues à celles de la mine Victoria.
- L’eau admise aux puits d’entrée y entraîne de l’air par les I 500 petits tubes diffuseurs de 13 millimètres d’une trompe Taylor; ce air comprimé se sépare de l’eau entraînée dans les chambres, d’où elle remonte, par les puits de sortie.
- L’air des chambres, sous une charge d’eau d’environ 59 mètres, variant un peu avec la hauteur de la marée, sera amené par des colonnes montantes de 355 millimètres, à une conduite générale de 760 millimètres, qui le conduira à une chambre de réserve.
- Les hauteurs maxima, moyenne et minima des marées sont de 3m,20, 2m,80 et 2m, 40, correspondant à des puissances de• 5 000, 4 000 et 3 000 chevaux, en air comprimé susceptible d’être transporté, par des tuyaux de lu,,20, à une distance de 16 kilomètres, avec une perte évaluée à 0k8',2.
- La dépense d’installation est évaluée à 500 francs par cheval, prix assez élevé, et qui n’a pu néanmoins être établi que grâce à la présence d’un immense bassin de marée naturel d’environ 2 kilomètres carrés 6, fermé par une digue aboutissant au sas des trompes.
- Si, comme tout le donne à penser, cette installation réussit, on aura enfin réalisé, mais dans des conditions exceptionnellement favorables, cette vieille idée de T utilisation de la puissance des marées, qui a vainement, jusqu’ici, préoccupé tant d’inventeurs, et ce au moyen' d’un compresseur d’air des plus anciens et des plus simples, longtemps dédaigné.
- Rapports des Comités. — Sont lus et approuvés les rapports présentés par M. Bertin, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les chaudières de MM. Meurisse et Ch. Bourdon.
- Nominations de membres de la Société. — Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. Jules [Juré, ingénieur civil des mines à Paris, présenté par M. Bâclé.
- M. Jules Deschamps, ingénieur civil, ancien élève de l’Ecole polytechnique, présenté par M. G. Richard.
- M. Leguiz-amon, docteur en chimie à Buenos-Aires (République Argentine), présenté par M. G. Richard.
- M. Reiié Chabert, gérant de la Société Garnier, Thiébaut et Cic à Gérardmer, présenté par M. Garçon.
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- Communications. — Sont présentées les communications de :
- M. le colonel Braive sur les cheminées en ciment ai'mé de M. Monnoyer. M. le commandant Janvier sur les Automobiles à six roues.
- M. le Président remercie MM. Braive et Janvier de leurs intéressantes communications, qui sont renvoyées aux Comités des Constructions et Beaux-Arts et des Arts mécaniques.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN MAI 1908
- Graffigny (Henry de). — Le diamant artificiel; 18,5 x 12,89 p. Paris, J. Rousset, 1908.
- 13 406.
- Hospitalier (E.). — Formulaire de l’Électricien et du mécanicien, 22e année, 1908, par 'Gaston Roux. Paris, Masson et Cie. 13 407.
- N[vet (A.). — Méthode de calcul du béton armé, avec barêmes pour en déterminer les , dimensions. In-8 de 25,5 x 16,5. 168 p., 98 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13408.
- Sartori (Giuseppe). — La technique des courants alternatifs. 2e éd. française. Tome I. .Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 09.
- Baudet (Louis). — Filtres à, sable non submergé. In-8 de 25,5 x 16,5. 46 p., vii pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 1 0.
- Linsel (Edouard). — Herstellung der Zahnrader. 15 x 11.77 S., 39 fig. Berlin, Der IMechaniker, 1908. 13411.
- Dwelsiiauvers-Dery. — Georges Duçhesne [ex Revue de mécanique, mars 1908, 12 p.).
- Martel (E.-A.) et Le Gouppey de La Forest. — Étude sur la source de Fontaine-L’Evêque (Var). [ex- Annales du Ministère de l’Agriculture, Direction de l’hydraulique, fas--cicule 33, 1905, 66 p., 46 fig., 1 carte).
- Le Couppey de La Forest. — Alimentation en eau potable dans les campagnes [ex Pre-, mier Congrès international d’assainissement, 1904,12 p.). — Sur la construction, la conduite et la surveillance rationnelles des filtres à sable [ex Revue d’hygiène, avril 1904, 30 p.). — Sur la disparition des ruisseaux superficiels et des sources dans l’Yonne [ex Bull, de la S. des ^Sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 1904, 21 p.). — L’école de culture des prairies de Siegon (Westphalie [ex Annales du Ministère de l’Agriculture, 1105, 20 p.). — Les filtres -à sable de la Cie des eaux de la banlieue de Paris (ex Revue d’hygiène, juillet 1906, 20 p., 2 fig., 1 pl.).
- Direction du travail. — Rapports sur Vapplication des lois réglementant le travail en 1906. ^Paris, Imprimerie Nationale. . Pér. 211.
- Bourrey (Georges) et Marquet (Eugène). — Traité d’analyse chimique industrielle, -commerciale et agricole. Grand in-8 de xxxin-99G p., 184 figures, 52 photogravures. Paris. «Octave. Doin, 1908. 13 4 1 2.
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- OUVRAGES REÇUS. --- MAI 1908.
- 755
- Pigeaud (G.). —Ponts métalliques. Méthodes de calcul (Encyclopédie scientifique «du Dr Toulouse). 422 p., 75 flg. Paris, Octave Doin, 1908. 134 1 3.
- Ribière (C.). :—Phares, et signaux maritimes (Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse). 405 p., 161 fig. Paris, Octave Doin, 1908. 13414.-
- Bresson (H. L.). —Des forces hydrauliques dénommées houille verte (ex Association française pour l’avancement des sciences, Congrès de 1907, 10 p.).
- Ratel (C.). —Préparation mécanique des minerais. In-8 de 25 x 16.5. 574 p., 190 fig., xi pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13415.
- Lokhtine (W.). — Phénomènes de la congélation des rivières. Causes de la formation de la glace intérieure fluviale. In-4 de 24 x 18. 41 p. Saint-Pétersbourg, Imprimerie russo-française, Paris, Bérenger, 1907. - 13 4 1 6,
- Morêl Eugène et Blanchon (H. L. A.). — Notions élémentaires d’agriculture (in L’agriculture au xxe siècle). 304 p., 17 fig. Paris, Lucien Laveur. ^ 13 417.
- Rolet Antonin. — Le lait hygiénique (in L’agriculture au xxe siècle), vni-384 p., 112 fig. 'Paris, Lucien Laveur. 13 418.
- Blancarnoux (Paul). -— L’ingénieur des Arts et Métiers. Sa situation dans le monde technique, 17 x 11. 132 p. Paris, Audot. 13 419.
- Robson Philip (W.). — Power gas producers. Their designand application, In-8 de 22,5 x 14, vi-247p., 105 ill. London, Edward Arnold, 1908. 13430.
- The Hill kinkhooks. Compiled by F. II. Colvin and F. A. Stanley. — In-16 de 16 x 105., London and New-York, Ilill publishing, 1907, 1908.
- Press tool kinks. 13 421.
- Jig and fixture kinks. 13 422.
- Milling machine kinks. 13 423.
- Screw machine kinks. 13424.
- Drill press kinks. 13 425.
- Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires, tome XV, fascicule 4. Paris, Imprimerie Nationale, 1907. Pér. 38.
- Les fermes expérimentales. Rapports pour 1903. Annexe au rapport du Ministre de l’agriculture. In-8° de 24,5 x 16,5, 444p. 0 Hawa, 1904 (Don de M. Truelle). 13426.
- Depierre (Joseph). — Cernay, son passé, son présent. In-8° de 24 x 16, 456 p., 281 fig. Cernav, A. Kohler. 1907 (en 4 fascicules). 13427.
- New-York State, Department of labor. — Twenty fourth annual report of the bureau of labor statistics, 1906. ^ Pér. 128.
- New-York State, Department of labor.— Sixth general report. Factory inspection. Médiation and arbitration, 1906. Pér. 128.
- Exposé des travaux de la Chambre de Commerce d’Alger. Année 1906-1907.
- Pér. 148.
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- OUVRAGES REÇUS.
- MAI 1908.
- Puiseüx (P.). — La terre et la lune. Forme extérieure et structure interne. In-8° de 25 x 16, 176 p., 51 fig., n pl. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13428.
- Dovvson (J.). Emerson and Larter (A. T.). — Producer gas. 2e édit. In-4 de 23x15, xvi-304 p., 74 fig. London, Longmans. Green and G0, 1907. 13429.
- Kongress fiir gemerblichen Bechtsschutz. Düsseldorff, 1907. Verhandlungsberichte. n-4 de 27 x 19,226 S. " 13430.
- Graffigny (II. de). — Construction pratique et application des bobines d’induction.
- n-12 de 19 x 12, 163 p., 83 fig. Paris, H. Desforges. 13341.
- Clayery (Edouard). — La situation financière du Japon. In-8 de 25 X 16,5, vi-77 p. Paris, Berger-Levrault et Cie, 1908. 13 4 32.
- Gautier (E. F.). — Sahara algérien. Tome I. In-8 de x-371 p., 65 fig., 96 pbototypies, Il cartes. Paris, Armand Colin, 1908. '13432.
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- LITTÉRATURE
- * DES
- PERIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Avril au 15 Mai 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES
- Ag. ... Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engineers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique.
- A1M.. . . American Institute of Mining Engineers.
- AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. , . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- BoJ. . . . Bureau of Standards (Washington). CN. . . . Chemical News (London).
- Cs.........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cil. •. . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E.......................Engineering.
- E’.....................The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal. EE.. . . . Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc......................Génie civil.
- IC.Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le. . . . Industrie électrique
- lm . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- It................Industrie textile.
- Tome 110. — Mai 1908.
- DES PUBLICATIONS CITÉES
- loU. . . . Institution of Brewing (Journal)..
- LE ... . Lumière électrique.
- Ms........Moniteur scientifique,
- MC. . . . Revue générale des matières colorantes.
- PC. . . . Journalde Pharmacie et de Chimie.
- Pm. . . . Portefeuille économ. des machines..
- RCp . . . Revue générale de chimie pure-et appliquée.
- RdM. . . . Revue de métallurgie.
- Rgc. . . . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Ré .... Revue électrique.
- Ri ...*-. Revue industrielle.
- RM. . . . Revue de mécanique.
- Rmc.. . . Revue maritime et coloniale
- Rso. . . . Réforme sociale.
- R SL. . . . RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Ru........Revue universelle des mines et de
- la métallurgie.
- SA........Society of Arts (Journal of the).
- ScF. . . .'Sociétéchimique de France (Bull.).
- Sie.......Société internationale des Électri-
- ciens (Bulletin).
- SiM. ... Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- SL.. . . . Bull, de statistique et de législation.
- SNA.. . . Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- SuE. . . . Stahl und Eisen.
- Va. . . .La Vie automobile.
- VDl. . . . Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- ZaC. . . . Zeitschrift fürangewandteChemie.
- ZOI. . . . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und- Archittkten-Vereins.
- 50
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- MAI 1908.
- AGRICULTURE
- Avoines cultivées en France. Ag. 25 Avril, 219. Betterave fourragère. Relation de^a fumure avec la teneur en matières azotées (Grandeau). Ap. 16 Avril, 485.
- — Repiquage des. Ap. 23 Avril, 518. Bétail. Bœuf de Salers et son habitat. Ap. 16 Avril, 488.
- — Race bovine normande. Ag. 25 Avril, 530.
- — Race garonnaise. Ap. 7 Mai;590. Campagne d'Antibes. Ap. 7 Mai, 582. Champignon de couche et fumier d’aliments mélassés. Ap. 30 Avril, 550.
- Charrues. Ap. 14 Mai, 619.
- Cheval. Élevage en Camargue. Ap. 30 Avril, 557.
- — Cheval auvergnat. Ap. 14 Mai, 628. Cuscutes de France. Ag. 9 Mai, 594.
- Engrais. Sels de manganèse. Valeur fertilisante. Ag. 18 Avril, 489.
- — Engrais minéraux. Ag. 18 Avril, 491.
- — Emploi des engrais potassiques en cou-
- verture au printemps. Ag. 18 Avril, 502.
- — Froid, retard à la végétation et emploi des nitrates (Grandeau). Ap. 30 Avril, 549.
- — Utilisation des ordures ménagères. SNA. Mars, 147.
- — Fertilité de la terre' (Rousset). RCp.
- 3 Mai, 157.
- Ferme de Chauvincourt. Vexin Normand. Ag. 16 Mai, 617.
- Irrigations en Égypte. E'. il Avril, 399. Insecticides végétaux pour chenilles, essais comparatifs. Ap. 30 Avril, ^65.
- Lait. Association allemande pour la vente du (Scholhammer). SQI. Janvier, 39. Lumière électrique dans la ferme (Martin). SNA. Mars, 173.
- Machines agricoles au Concours général de Paris (Ringelmann). Ap. 16, 23 Avril, 492, 522. Gc. 9 Mai, 19.
- Maïs fourrage (Donon)'. Ap. 14 Mai, 620. Œillets d’Antibes. Ap. 14 Mai, 616.
- Osier (l’) en Provence. Ap. ‘23 Avril, 533. Porcs. Élevage et principales maladies. Ap.
- 16-30 Avril, 490, 555, 7 Mai, 584. Prairies irriguées dans les Vosges (Olry). Ap. 7-13 Mai, 593, 623..
- Riz. Culture en Camargue.
- Salaires agricoles. Augmentation et rareté de la main-d’œuvre. Ap. 16 Avril, 486. Vigne. Influence du greffage. Ag. 2 Mai, 556. — Station viticole de Cognac. Ap. 7 Mai, 587.
- Vins. Maladies bactériennes. Ap. 23 Avril, 532.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer Indiens (Économat des). E1. 1 Mai, 445.
- — nouveaux des Alpes autrichiennes.
- Gc. 2 Mai, 1.
- — Français (Législation des). E. 8 Mai, 821. — Rachat de l’Ouest (Maurice). Gc. 16 Mai, 36.
- — des États-Unis au 30 juin 1905. Rgc.
- Mai, 353.
- — du Canada. Rgc. Mai, 361.
- — Conventions internationales pour le transport des marchandises (Colmar). BCC. Mai, 616.
- — Métropolitains Paris. Traversée de la Seine par la ligne n° 4. Gc. 25 Avril, 449.
- — — Ligne circulaire n° 2 Sud. Ac. Mai,
- 63.
- — électriques. New-York.-New-Haven. Gc.
- 18 Avril, 437.
- — — AuxÉtats-Unis(Uytbork). BCC. Mai,
- 559.
- — — Moteurs à courant alternatif simple
- employés en Allemagne le. 25 Avril, 178.
- — — Métropolitain de Paris. Systèmes
- à unités multiples (Jacquin). lie. 15 Mai, 342.
- — — Électrification des chemins de fer
- (Gisbert Kapp). Re. 30 Avril, 308. Automotrice à pétrole pour inspection N. E. Ry. E'. 1er Mai, 460.
- Bandages en acier. Causes des défauts et avaries (Norris). Bcc. Mai, 646. Déraillement de Schrewsbury. E'. 24 Avril, 425, 429.
- Éclairage des trains par l’actylène dissous. La Nature. 23 Avril, 333.
- Gares. Grandes gares anglaises. Crewe. E1.
- , 17 Avril, 392. Ileading (id.). 1er Mai, 430. Edimbourg (id.). 15 Mai, 500.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- 759
- Xiocomotives compound du Great Central. EL 24 Avril, 417.
- — anglaises et étrangères. EL Ier il/ai, 456. — Foyers (Combustion dans les). EL 1er Mai,
- 461.
- — — Chargeur mécanique Hayden. Bcc.
- Mai, 679.
- — Pompe alimentaire Drummond. EL 15 Mai, 503.
- Plaques tournantes modernes. Bcc. Mai, 662. •Quadricycle sur rails Contai. Gc. 9 Mai, 25. Ressorts en lames pour wagons particuliers. EL 24 Avril, 554.
- Signaux électriques sur les chemins de fer allemands. Elé. 2 Mai, 279.
- Trafic intensif. Mesures prises par la Compagnie du Nord, pendant les périodes de (Sartiaux). Bgc. Mai, 325.
- Voie. Courbe rationnelle (Rivière). Bam. Fév., 124.
- — Traverse en acier « Américan » BCC. Mai, 662.
- — Rail du Pennsylvania Rr. E. 8 Mai, 628. — Calage des rails sur ponts mobiles.
- Appareil Waever. Rgc. Mai, 369.
- — Coinçage des voies à coussinets par coin métallique (Chateau). Bgc. Mai, 343. Wagon pour plaques de blindages du Cale-donian Ily. E' Avril, 435.
- — de grande capacité pour l’Inde. E.
- 8 Mai, 605.
- — pour charbons de 28 tonnes de la
- Leeds Forge C°. EL Mai, 505.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. A l’exposition de Berlin. Dp. 18 Avril, 25.
- — Automobiles industriels. E. 18 Mai, 569. 607.
- — Automobiles de tourisme, prix d’achat
- et d’entretien en France. Gc. 18 Avril. 435.
- — Omnibus pétro-électrique de Londres.
- Elé. 18 Avril, 241.
- — Avenir de l’autobus. Va. 25 Avril, 265;
- 9-16 Mai, 302, 315.
- — à pétrole. Moteur à puissance constante
- Eudelin. Va. 18 Avril, 241.
- — — Voiturette Lion. Va. 2 Mai, 277.
- — — à courroies Truffault. Gc. icr Mai, 13.
- — — De Dion 1908. Va. 9 Mai, 293.
- Automobiles. Mors 1908. Va. 16 Mai, 309. Camion Berliet. Gc. 16 Mai, 33.
- — A alcool. Va. 16 Mai, 313.
- — Bandage automatique Ducasble. Va. 25
- Avril. 263.
- — Roue élastique (la). Va. 18 Avril, 253.
- — Suspension Renault. Va. 25 Avril, 269. Motocyclettes (les) (Koch). Dp. 16 Mai, 312. Tramways électriques de France par départements. Elé. 14, 28 Mars, 11, 18, 25 Avril.
- — Trolly Molténi. Elé. 25 Avril, 260.
- — Entretien des collecteurs des moteurs. Rc. 15 Mai, 356.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide azotique. Réactions avec cuivre, bismuth et argent (Stansble). Cs. 30 Avril, 365. Acoustique. Le gramophone (Reddive). SA. 8 Mai, 633.
- Ammoniaque chaude, action sur les métaux (Henderson et Galletly). Cs. 30 Avril. 386.
- — et acide cyanhydrique, synthèse (Wol-
- tereck) CR. 4 Mai 929.
- Azote atmosphérique. Extraction à Notodden.
- La Nature, 18 Avril, 311.
- Baryum. Sa recherche dans les sels de strontium (Caron et Raquet). ScF., 20 Avril, 483.
- Brasserie. Divers. Cs. 15, 30 Avril, 349, 415,
- — Influence des couleurs du spectre sur
- la vitalité des levures (Purvis et War-wick). IoB. Avril, 214.
- Caoutchouc. Divers. Cs. 15 Avril, 346.
- Cellulose. Action des acides nitrique et sulfurique (Bassow). ZaC. 17 Avril, 737. Céramique. Composition de l’argile rouge (Clarke). CN. 16 Avril, 185.
- — Divers. Cs. 30 Avril, 405.
- — Microstructure de la porcelaine (Pleus-
- ke). Sprechsall. 14 Mai 271. Application de la zircone du Brésil comme substance réfractaire, (id.), 16 avril, 214.
- — Chamottes. Résistance à la compression.
- RdM. Mai, 316.
- — Silicates et aluminates de chaux dans
- le ciment Portland (Schott). RdM. Mai, 362.
- Chaux et Ciments. Influence de la proportion d’eau, sur la résistance à la com-
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- 760
- MAI 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- pression des ciments et mortiers. E'. 15 Mai, 503.
- Citrate d’ammoniaque. Action sur le phosphate de chaux (Barillé). Pc. 1er Mai, 437. Combustion explosive des hydrocarbures (Bône).
- CN. 24 Avril, 196, 1er Mai, 212. Cyanamide de calcium. Fabrication industrielle. le. 25 Avril, 176.
- — Recouvrement des composés cyanurés dans la distillation des charbons (Grossmann). Cs. 30 Avril, 393. Distillation dans le vide ; appareil pour recevoir les fragments de (Vigreux). ScF. 10 Avril, 479.
- — Application des cultures pures dans la distillerie (Schidrawilz). loB. Av ril,26Y. Eau-de-vie de vins, flegmes et alcools d’industrie. Composition, comparaison au point de vue de l’hygiène (Gardrat). Ms, Mai, 302, 307.
- Eclairage par manchons et combustion sans flamme (Meunier). CR. 21 Avril, 864.
- — au gaz domestique (Nirmann et Dubois).
- J. F. Gasb. 25 Avril, 341.
- — Analyses des eaux d’usines à gaz. (id.)
- 2 Mai, 381.
- — Mesures photométriques dans la fabri-
- cation du gaz. (id.), 2 Mai, 387. Égouts. Valeur des septic tanks dans le traitement du sewage (Thomson). Cs. 15 Avril, 316.
- — de Boston,purification parseptictankset
- par filtres arrosés(Winslow et Phelps). Technology Quartely. Décembre, 387.
- — Épuration des eaux Vial. Ac. Mai, 78. Évaporation de l’eau et des solutions sulfuriques (Vaillant). CR. 13 Avril, 811. Encres anglaises. Composition et emploi (Hut-chell). Cs. 15 Avril, 327. Entrainement de corps solubles par certains précipités (Frion). CR. 4 Mai, 925. Essences et parfums. Divers. Cs. 15, 30 Avril, 353-418.
- Farines. Force des (Baker et Hulton). Cs. 30 Avril, 368. Action des ferments protéolytique et amylolytiques et la valeur de panification (Ford etGufhrie). Cs.. 30 Avril, 389.
- Fer. Dépôts de certains sels de fer (Conroy). Cs. 30 Avril, 367. .
- Ferropyrophosphates. Pouvoir réducteur (Pascal). CR. 21 Avril, 862.
- Grillage des pyrites. Emploi des fours tournants. (Hartmann et Benker). Ms. Mai, 337,
- Jais. Origine du (Sperlmann). CN. 10 Avril, 181. Hélium. Recherche dans les minerais d’urane (Bordas). CR. 27 Avril, 896. Hyposulfite de soude. Action sur les dérivés nilrés. Carbures dénitrés (Sejewtz et Noël). Scf. 20 Avril, 497.
- Indium. Séparation du fer et de Y (Mathers). CN. 8 Mai, 217.
- lonium. Nouvel élément radio actif (Boltwood).
- American Journal of Science. Mai, 365.
- Laboratoire. Analyse des minerais de zinc (Truchot). Rcp. 19 Avril, 147.
- — — quantitative électrolytique (Gaspa-
- rini). Cs. 15 Avril, 340.
- — — des gaz. Études sur Y (de Voldere),.
- 'Ms. Mai, 289.
- — — Électrolytique avec anode rotative
- (Langnoss Frary). RaM. Mai, 311.
- — — des substances organiques. Emploi
- d’un nouveau catalyseur (Carases et Belloni). Pc. 16 Mai, 469.
- — Laboratoire de sidérurgie. Organisation (Wencelius). SuE. 13.il/at, 686. — Appareils nouveaux de laboratoires (S. Jones). Cs. 15 Avril, 303.
- — Détermination de la valeur d’iode. Liqueur de Wij (Ingle). Cs. 15 Avril, 314.
- — Dosage du phosphore (Chesneau). RdM. Mai, 237. Dans les matières organi-dues (Bay). CR. 13 Avril, 814.
- — — Volumétrique du zinc (Keen). CiV.
- 24 Avril, 201, 1er Mai, 215.
- — — de l’oxyde de carbone dans la
- fumée de tabac (Marcelet). ScP. 5 Mair 556.
- — — et séparation de l’antimoine et de-
- l’arsenic. (Weber). RdM. Mai, 305.
- — Mesures de petits angles et petites longueurs (Rhodin). E'. 24 Avril, 417. Lithine. Action de la chaleur sur les sels de-(Dr Forcrand). CR. 13 Avril, 802. Magnésium. Séparation des alcalins par le carbonate d’ammoniaque (Gooch et Eddy). American journal of science. Mai, 444.
- Nitrification intensive (Muntz et Lainé). Ms-Mai, 308.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- 761
- Optique. Télescope à commande électrique Gerrish. Elé. 17 Avril, 214.
- — Spectres de flammes du fer (Hemsalegh et de Watteville). CR. 21 Avril, 859.
- — Stéréoscope monoculaire, son mécanisme (Chauveau). CR. 21 Avril, 846.
- — Photomètre universel Sharp et Millar. Elé. 9 Mai, 295.
- Ordures ménagères. Utilisation des (Parsons). Cs. 30 Avril, 376, en Amérique et en Angleterre (Hering Pether-stone). (id.), 380.
- — Utilisation agricole. SNA. Mars, 147. Destructeur Hernan. Cs. 30 Avril, 383. Destructeur de, 'et cette production d’électricité à Greenoclc. 29 Mai, 471.
- •Ozoné, Décomposition par la chaleur (Perman). RSL. 5 Mai, 353.
- Papier. Coloration inégale des deux faces. Papier parcheminé. Cs. 15 Avril, 352.
- — Divers. Cs. 30 Avril, 417.
- Phases. Règle de Gibbs, démonstration (Muller). CR. Avril, 866.
- Poids atomiques.Tellure (Baker). CN. 1 eTMai, 209.
- — Radium (Thorpe). RSL. 5 Mai, 298.
- Réaction formant des systèmes monovariants.
- Conditions de possibilité (Matignon). ACP. Mai, 5.
- .Résines et vernis. Action de la lumière solaire (Toch). Cs. Avril, 311.
- — Emploi direct des copals dans la formation des vernis sans pyrogénation probable (Livache). CR. 27 Avril, 896.
- — Divers. Cs. 15-30 Avril, 345, 411.
- Rubidium. Bichromate de (Scortenbeker). ScF. 20 Avril, 481.
- Savon transparent. (Richardson). Cs. Avril, 344.
- Soude à l’ammoniaque, pratique de sonindustrie (Jurih). Ms. Mai, 344.
- Strontium (Préparation des sels du) exempt de baryum (Caron et Raquet). ScF. 20 Avril, 493..
- Sulfates. Tensions de vapeur des (nouvelle méthode de détermination) (Russ). Cs. 17 Avril, 532.
- Tannerie. Divers. Cs. 15-30 Avril, 348, 413.
- — Analyse des matières tannantes. Acidité des jus de tannerie (Brunett et Wilkmann). — Détermination des solutions dans l’analyse des matières tannantes (Parker et Brunett).—Ana-
- lyse des jus de chrome dans le procédé de tannage au bain (Procter et Mac Candlish). Ms. Mai, 321, 335. Tannerie. Échantillonnage des cuirs etpeauxr (Nicolardot). ScF. 20 Avril, 513.
- — Composés de gélatine et de tannin
- (Wood). Cs. 30 Avril. 384.
- — Tannerie et chimie colloïdale (Stiasny).
- G's. 30 Avril, 413.
- Teinture. Déshydratation des mordants d’alumine de fer et de chrome (Mantz). SiM. Janv., 25.
- — Réserve blanche sous bleu des violet
- alizarine vapeur (Bloch) (id.), 43.
- — Réserves et conversions colorées sous
- couleurs diazoïques (Pluzanski). (id.), 50.
- — De la soie. Préparation et emploi du chlorure d’étain anhydre (Spei’ry). Cs. 15 Avril, 312.
- — Divers. Cs. 15-30 Avril, 327, 329, 398;
- MC. 1er Mai, 143.
- — Dérivés azoïques de l’acide salicylique
- (Grandmougin etGuisan). MC. IerMai, 129.
- — Teinture despoilset fourrures (Beltzer).
- MC. 1er Mai, 137.
- — Teinture delà soie artificielle (Jentsh).
- (ici.), 152.
- — Teinture et apprêt des cuirs-laine et
- draps communs (Hofmann). 1t. 15 Mai, 168.
- — Effets de conversion sur flanelle grattée
- obtenus en imprimant un dessin avec une couleur basique contenant excès de tanin et supprimant avec un colorant acide (Pokorny). SiM. Fév., 61.
- — Emploi des rouges azoïques dans la fabrication de l’article indigo, rouge et blanc (Schweitzer et Ebersol). SiM. Fév., 68.
- Terres rares. Séparation des (James). CN. 1er Mai, 205.
- Tellure. Poids atomique (Baker). CN. 1er Mai, 209.
- Thallium. Alliage platine-thallium (Hackspill). CR. 13 Avril, 820.
- Thermo-chimie. Calcul des constantes de (Red-grove). CN. 16 Avril, 153.
- Thorium. Combinaisons sulfurées. CR. 13 Avril, 815.
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-
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- 762
- MAI 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail. Extension de la législation des, à l’agriculture (P. Doin). Rso. 16 Mai, 600.
- Allemagne. Industrie du charbon en. Ef. 9 Mai, 681.
- Angleterre. Goût de la vie en. Ef. 2 Mai, 639. Apprentissage. Sa crise (Roguenant). Rso. 16 Avril, 475. (Besson). IC. Fév., 193. — Éducation des apprentis au London and North Western à Crewe. E'. 9 Mai, 471. Assistance publique à Paris (Méline). Musée social. Avril.
- Bien de famille et l'ouvrier agricole. Ap. 23 Avril, 528.
- Canada. Développement industriel. Ef. 18-25 Avril, 561, 602.
- Charbons. Prix du semestre d’été 1908. Ef. 18 Avril, 563.
- — Industrie en Allemagne. Ef. 9 Mai, 681. Danemark. Commerce extérieur en 1906. Ef. 18 Avril, 568.
- Espagne. Commerce extérieur en 1906. Ef. 2 Mai, 644.
- t Familles. Monographies de (Pierret). Rso. 16 Avril, 457.
- France. Lock out de la maçonnerie. Ef. 18 Avril, 557.
- - Situation au Maroc. Ef. 25 Avril, 597. — Sociétés de secours mutuels et régime du bon plaisir. Ef. 24 Avril, 603.
- — Droit de sortie sur les minerais de fer.
- Projet de (Aguillon). AM. Janv. 5.
- —. Syndicalisme et la Confédération générale du travail. Ef. 2-9 Mai, 637,677. — Autonomie des ports. Ef. 9 Mai, 683.
- — Petite propriété et maisons à bon marché (loi sur les). SL. Avril, 395.
- — Exercices 1897 à 1906. Recettes et dépenses (id.), 413.
- — Taxes municipales et octrois en 1907. {id.), 440.
- — Commerce extérieur, indices économiques. (id.), 450, 452.
- — Impôt sur les opérations de bourse, (id.), 454.
- — Monnaies frappées à Paris et la circulation monétaire, (id.), 458.
- Franklin Institute. Histoire et avenir (Frazer). Fi. Avril, 255.
- Immigration asiatique. Problème impérial de T (R. Jebb). SA. 24 Avril, 585. Ingénieur pionnier (P) (Shelford). E'. 9-15 Mair 469, 495.
- Japon. Importation et fabrication des objets en fer (Ivawara). EM. Mai, 161. Métaux. Prix et consommations. Cuivre et plomb. Ef. 18 Avril, 559.
- — Zinc. Etain. Aluminium. Nickel. Efr 24 Avril, 599.
- Paris. Espaces libres à (Rivière). Rso. 16 Avril. 449.
- — Recettes des théâtres en 1907. SL. Avrils 468.
- — Budget pour 198. (id.), 464.
- Révolte du travail. E. ler-15 Mai, 587, 654. E1, 1er Mai, 455.
- Roumanie moderne (la) (Stend). SA. l°r Mair 616.
- Socialisme. Syndicat ouvrier anti-socialiste en Belgique (Rutten). Rso. 16 Mai, 579. Tunisie. Peuplement. Rivalité de races (Marti-nier). Rso. ler-16 Mai, 552, 612. Vieillards. Leur rôle social. Rso. 16 Avril, 483. Vin. Bière. Alcool. Consommation dans les-différents pays. Ef. 2 Mai, 647.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Arc semi-circulaire en maçonnerie, théorie-(Lindeau). ACE. Avril, 327.
- Balayeuses arroseuses automobiles de la ville de Paris. Ge. 18-24 Avril, 425. 457. Barrage de Cabarast (Australie). E. 24 Avril, 537 ; EL 24 Avril, 419.
- Bétons étanches. E. 1er Mai, 590. —Le Ciment. Avril, 59.
- Caissons en béton armé pour fondation de murs de quai, à l’air comprimé (Herzog). APC. Nov., 95.
- — du phare de Baltimore, culbute et re-
- dressement. E. 8A/ai, 608.
- — Maladie des caissons à air comprimé.
- Gc. 18 Avril, 434.
- Chauffage et ventilation. Contrepression dans les chauffages par vapeur d’échappement (Whilli). Power. 12 Avril, 570.
- — Consommation des chaudières dans les
- chauffages domestiques. Ri. 25 Avril, 168; 9 Mai, 188.
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- • LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- 763*
- Chauffage et ventilation. Chauffage à basse pression (Tellinghast). Ri. 25 Avril, 169.
- — Chauffage à la vapeur par le videLavau et Mac Ilreevy. Ri. 9 Mai, J 90. Ciment armé. Ferme du bureau télégraphique de Budapest. Ge. 24 Avril, 461.
- — Colonnes creuses en ciment armé dans les constructions maritimes. Le Ciment. Avril, 49.
- — Pilotis en ciment armé. E'. 9 Mai, 476. Draguages (Refoulement des produits de) en conduites fermées. Remblaiement des mai’ais de Bordeaux (Vidal et Kauf-fmann). APC. Nov., 4.
- Exposition franco-anglaise à Londres. F. 15 Mai, 646.
- Fosses d’aisance. Vidange pneumatique Mer-ryweather. E. 1er Mai, 595.
- Grands Buildings. Effet des tremblements de terre (Itern). ACE. Avril, 391. Maçonneries. Effet des variations de température (Gowen). ACE. Avril 316.
- Pont de Quebec. Chute du. E1. 17-24 Avril, 407, 435; 1-13 Mai, 463, 514; E. 1er Mai, 580, 592.
- — de Bellows. Montage (Worcester et
- Snow). ACE. Avril, 394.
- — de Toulouse en ciment armé. Le Ci-
- ment. Avril, 53.
- — de Blakwell New-York. E'. 9 Mai, 478. Routes et automobilisme. Ef. 2 Mai, 642 ; E.
- 15 Mai, 655: £'.15 Mai-, 509.
- — La route moderne (Vinsonneau). Ri.
- 9 Mai, 485.
- Théâtre de Kiel. VDI. 18 Avril, 610; 2 Mai, 695.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au nickel Jungner. Re. 15 Mai, 340.
- Décharge dans les gaz (Thomson). E. 17 Avril, 519.
- Dynamos. Églésis-Regner à débit constant sous vitesses variables. Sie. Avril,
- 191.
- — Alternateurs. Rendements et essais
- (Goldsmith). Re. 30 Avril, 319.
- — à courants continus série et shunt au
- point de vue de la rapidité d’amorçage (Girault). CR. 4 Mai, 918.
- Dynamos. Moteurs protégés contre le grisou-(Felten et Guillaume). Re. 30 Avril,_ 303.
- — — Monophasésà collecteurs. Influence des courants sur les balais sur le-décalage (Osnos). Re. 30 Avril, 304.
- Dysprosium. Propriétés magnétiques (Urbain).. CR. 4 Mai, 922.
- Électricité positive. E. 17 Avril, 518. Éclairage. Lampes à mercure Weintraub.
- Huguenin. EE, 18 Avril, 71. Incandescence. Filaments métalliques et de-carbone (Bainville). Elé. 25 Avril, 257.. Électro-chimie. La galvanisation: protection des métaux par le zinc. Electro-chemical. Mai, 189.
- — Divers. Electrochemical. Mai, 202; Gs. 30-Avril, 409.
- — Électrolyse des chlorures alcalins (Brochet). ScF. 5 Mai, 532.
- — Nickelage. Impuretés (causes des) principalement au point de vue du fer-(Calhane et Gammage).yicLIf. Mai, 325. Interrupteur Wehnelt. Amortisseur du bruit.
- Renz. EE. 18 Avril, 80.
- Isolateurs. Inlluence des effluves sur leur résistance d’isolement (Niger). CR. 21 Avril, 859.
- — Anfosse pour très hautes tensions. Gc,.
- 2 Mai, 11.
- Joints mécaniques et électriques. le. 25 Avril, 183.
- Mesures. Pont de compensation Nadir. EE.. 18 Avril; 81.
- — Wattmètre de précision à lecture-directe Chauvin et Arnoux. Elé..
- 2 Mai, 273.
- — Facteurs de puissance d’un système
- triphasé. Sa détermination par deux wattmètres (Bylinski) Re. 30 Avril,. 317. (Lulofs), id., 317.
- — Voltamètre à argent (Smith Mather et-Lowry). Re. 30 Avril, 322.
- — Mesures des courants alternatifs (Sum—
- per). RSL. 5 Mai, 310.
- — Emploi du galvanomètre différentiel en-. métallurgie (Portevin). RdM.Mai, 295.
- — Appareils divei's exposés par la Société
- de physique. Re. 15 Mai, 258.
- Relais Brown Bovery pour courants alternatifs. Elé. 9 Mai, 289.
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-
- 764
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- Stations centrales de la Rentalsperren. Gesi VDI. 18 Avril, 606; 9 Mai, 748.
- — de Rio-de-Janeiro. Gc. 9 Mai, 28.
- — Allemandes, statistiques. Re. 15 Mai, 341.
- — de Greenock avec destructeurs d’or-
- dures ménagères. E'. 9 Mai, 471.
- — Rapport de la chaulfe à la'grille dans stations centrales (Finlay). Re. 13 Mai, 336.
- Télégraphie. Morse-Bogni. le. 23 Avril, 183. — Protection des lignes contre les courants monophasés. EU. 18 Avril, 243. — Divers. Re. 30 Avril, 315.
- — Sans fil par ondes non amorties. E. 24 Avril, 555. Bellini etTosi, dirigée, La Nature. 2 Mai, 346.
- — Phototélégraphie (la) (Armagnat). Revue Scientifique, 18 Avril, 492. Téléphonie privée. Installation dé: EU. 18 Avril, 245.
- Transformateurs pour lampes à incandescence.
- le. 10 Mai, 197. Weissmann. EU. 2 Mai; 277.
- — Montage de Berry pour réduire les pertes sur les installations d’éclairage. EU. 9 Mai, 297.
- — Calcul des (Alm). Re. 15 Mai, 337.
- HYDRAULIQUE
- Compteurs Yenturi Ferranti Ledoux(Les). RM. Avril, 399.
- Cours d’eau. Évaluation du débit, méthode hydraulique (Louis). Bam. Fév., 136. Écoulement de l’eau par un orifice sans frottement. Expériences dé Judd et King. /{il/. Avril, 400.
- Nappes d’eau des sources souterraines du bassin de la Tamise (Beadle). SA. 15 Mai, 656; E1. 15 Mai, 496. Maréomoteur Taylor. RM. Avril, 393.
- Pompes diverses. Dp. 18-25 Avril, 241, 267; 1 Mai, 281.
- — à purin Japy. Ag. 16 Mai, 630.
- — prix du pompage. RM. Avril, 407.
- — distribution d'eau de Brighlon Kidder-
- menster, Zwartkoppes. RM. Avril, 417.
- — de Dive, Inde. E’. Mai, 499.
- — directes Worthington, Weir. RM. Avril,
- 408.
- Pompes centrifuge à haute pression, Allen. E’. 9 Mai, 484.
- — à pistons Homersham. Thwaites, Mer-
- rywexther, Carbett et Kilpatrick, De Laval, Wilcox-Turner./y/. Avril, 412.
- — arrêt Hathorn. Davey. RM. Avril, 414. — Clapets Korting. Weir. (id.), 416.
- — Clapets annulaires. Théorie (Klein). Dp.
- 16 Mai, 305.
- Turbine de rendement maximum (Bonnifet). RM. Avril, 321.
- Tube de Pitot. Delabrosse. Gc. 9 Mai, 29.
- MARINE, NAVIGATION
- Canots de sauvetage. Manutention sur les paquebots (Welin).Ei. Avril, 299. Compas marin actuel. Son évolution (Dobbie). E’. 24 Avril, 424.
- Constructions navales. Nouveau type de bateaux (Ischerwood). EL 17 Avril, 395. — Bassin d’essai des carènes de la marine française à Paris. La Nature, 18 Avril, 305. Essaissur modèles ( Wellen Ramp). E. 24 Avril, 542, 582.
- Cotes. Érosion des. EL 15 Mai, 511.
- Hélices. Essais sur les (Froude). E. 24 Avril, 546, 1er Mai, 602. EL 9 Mai, 482. Longitudes en mer. Détermination par la télégraphie sans .fil (Guyon). CR. 13 Avril, 800.
- Machines marines. Turbines et hélices. E.
- 17 Avril, 517.
- — de la Lusitania (Bell). E. 17 Avril, 503.
- — auxiliaires des machines à pistons (Par-
- sons). E. 17 Avril, 502, 511. EL 17 Avril, 403.
- — Facteurs de sûreté des (Arnold). E. 24
- Avril, 543, 1er Mai, 598.
- — Rôle de la surchautfe dans les machines
- marines (Godard). EL 17 Avril, 396. E. 24 Avril, 545.
- — à pétrole Collis. EL 15 Mai, 516.
- Marine de guerre. Cuirasse et canon, état
- actuel. (Trezidder). EL 17 Avril, 407.
- — anglaise, cuirassés Agamemnon et Re-
- doutable. EL 24 Avril, 434. Naufrage du croiseur Gladiator. E1. I01’ Mai, 458. E. 15 Mai, 652, programme des destroyers, EL 9 Mai, 485.
- — torpilles et anti-torpille, armement. EL
- 24 Avril, 430.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- 7H5
- Paquebot Lusitania, sa marche (Bell). E. 17 Avril, 503.
- — à turbines Héliopolis et Caire. E. 24
- Avril, 560, 8 Mai, 616.
- Remorqueurs pour la Tamise. E'. 15 Mai, 512. Sauvetages. (Bateaux de) eu Angleterre. E'. 17 Avril, 391.
- Signaux sous-marins. Ri. 9 Mai, 183. Sous-marin pour la pêche des éponges, E'. 15 Mai, 513.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Accidents. Appareils de sûreté dans les textiles. E. 17 Avril, 499.
- — Musée des — au Conservatoire des Arts et Métiers (Boyer). EM. Mai, 209.
- Air comprimé. Joints et tuyauteries pour air à haute pression. AMa. 9 Mai, 633. Aviation. Résistance de l’air. Expériences de la tour Eiffel. E'. 17 Avril, 389.
- — État actuel de l’aviation (Espitallier).
- Gc. 18, 24 Avril, 429, 455.
- — Problème du vol. E. 24 Avril, 559, 8-
- 15 Mai, 614, 659.
- — Planement des oiseaux (Marcel Deprez).
- CR. 13 Avril, 797.
- — Hélicoptère Cornu. La Nature, 2 Mai, 337. Bielles. Proportions des têtes de. Power, 28
- Avril, 649.
- Chaînes. Résistance des, calcul. E'. 15 Mai, 497. Chaudières à tubes d’eau avec accélérateur. Adamson. E'. 1er Mai, 462.
- — Alimentation. Réchauffage par vapeur
- vive ou d’échappement (Reeve Howard). EM. Mai, 175, 178.
- — Installations nouvelles de chaudières
- (Eberle). VD1. 2-9 Mai, 687,735. Comptabilité des installations de force motrice. Power. 28 Avril, 669.
- — Avertisseur de niveau. Power. 14, Avril,
- 585.
- — Explosions en Amérique, E. 1er Mai,
- 592, d’une tuyauterie à Lynn. Power. 28 Avril, 673.
- — Épurateurd’alimentationBartlett.Poioer.
- 28 Avril, 679.
- — chauffées au gaz Babcox Wilcox aux
- forges de Staveley. E. 7 Avril, 509.
- — Cheminée en briques de ciment armé
- Mason. Power. 14 Avril, 592.
- — Foyer au gaz Hislop. E1. 24 Avril, 433.
- Au gaz naturel. Power. 21 Avril, 627.
- Chaudières. Réchauffeur d’air Dean. Power, ïk Avril, 501.
- — — Rapport S./G. de la surface de
- chauffe à la grille dans les stations centrales (Finlag). Re. 15 Mai, 336.
- —- — Rendement du foyer. E'. 24 Avril, 430, Ie1' Mai, 456.
- — Tuyauteries non isolées. Condensation dans les. Power. 14 Avril, 563.
- — — prise de vapeur équilibrée Shaeffer
- Budenberg. E'. 24 Avril, 436.
- — — Assèchement des conduites de va-
- peur Nouailhetas. Bam. Février, 113. — Joint Rapieff. AMa. 9 Mai, 640. Compresseurs. Théorie des. Power. 28 Avril, 653.
- — Turbo compresseur Rateau. -RM. Avril, 387.
- — à robinet Corliss (Conrad). Power. 14
- Avril, 564.
- — à soupapes Bury. Eam. 18 Avril, 809. — Nodberg Norton Daw Brotherhood Mar-
- sicado Hill. Allan Reavell, Bring. RM. Avril, 372.
- Disques tournants. Théorie des (Leon). ZOI. 1-8 Mai, 289, 307.
- Engrenages à chevrons. Essais. (Bach). VDI. 25 Avril, 661.
- Graissage. Action de la vapeur surchauffée sur les pétroles pour graissage des cylindres (Woirall etSouthcombe). Cs. 15 Avril, 308.
- Horlogerie. Montres compliquées. Cosmor 2 Mai, 479.
- Levage. Ascenseui’s hydrauliques à haute pression (Baxter). Power. 14, 21, 28 Avril, 576, 608, 647.
- — Bigue de 40 tonnes. Ri. 2 Mai, 176.
- — Convéyeurs divers. Dp. 18 Avril, 247.
- De Kleinfontein, Transvaal. Eam. 2 Mai, 807.
- — Chargeur de minerai Hamilton. Eam.
- 18 Avril, 814.
- ' — Élévateur basculeur à charbons de New-port. Gc. 9 Mai, 17.
- — Grues marteau électrique Bechem et
- Ivetmann. E'. 24 Avril, 432. Double Muskée. E'. 24 Avril, 436. Magnétiques. Ri. 9 Mai, 184.
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-
-
- 7 66
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- ..Levage. Ponts roulants pour aciéries. Dp. 2-16. Mai, 275, 309.
- — Treuils de Nuremberg. Milward. RM. Avril, 397.
- IMachines-outils. Ateliers. Administration des Knoeppel. Bailey Webner. EM. Mai, 227, 231. (Evans) AMa. 25 Avril, 568. 2-9 Mai, 610, 645.
- — De la Simplex automobile G0. New-York. AMa. 2 Mai, 599.
- •— De voitures et wagons de Burbach. Rgc. Mai, 376.
- - Alésoir fraiseur Richards. E'. il Avril,
- 407.
- — Bobineuses pour dynamos. EE. 18 Avril, 75.
- — Cisaille hydraulique pour profdés Smith et Konning. E'. 17 Avril, 406.
- — Compteur de temps Card, pour ma-
- chines-outils. AMa. 2 Mai, 595.
- — Engrenages. Taille sur étau-limeur Cin-
- cinnati. AMa. 9 Mai, 642.
- — Fraiseuse Brown et Sharpe. Pm. Mai,
- 66.
- — Mandrineur Passât. Bam. Fév. 119.
- - Meules à dresser Welmarth Morman.
- AMa. 19 Avril, 550.
- — Outils, fabrication dans un grand atelier. AMa. 25 Avril, 564.
- — Perceuse radiale Haworth. E'. 8 Mai,
- 629.
- -— Raboteuses Niles de 400 tonnes. E. 17 Am/,525. . ‘
- — Tours et raboteuses. Mesure des biseaux et V des barres. AMa. 9 Mai, 650. Tour vertical revolver Bullard. Ri. 9 Mai, 181.
- — à bois. Machine Jossé à débiter les pavés
- de bois. La Nature. 18 Avril, 308. iMoteurs à gaz. Rendement (Atkinson). E.
- 17 Avril, 521, 527 (Hopkinson), 8, 15 Mai, 630, 665.
- — Réglage (Atkinson). E. 17 Avril, 521, 527.
- — Composition du mélange et balayage des gaz brûlés. Leurs actions (Hopkinson). E. 17 Avril, 521 ; 24 Avril, 558 ; 8 Mai, 630.
- — Température d'allumage des mélanges
- gazeux (Falk). Cs. i^> Avril, 324.
- — à gaz de hauts fourneaux de 900 ch.
- Nuremberg. E'. 1er Mai, 459.
- Moteurs â gaz. Westinghouse aux aciéries Edgar Thomson. Power, 28 Avril, 639.
- — Riverside. Power. 5 Mai, 683.
- — à pétrole. Combustion explosive des
- hydrocarbures (Bone). CN. 24 Avril, 196 ; 1er Mai, 212.
- Moteurs à vapeur. L’œuvre de G. Duchesne (Dwelshauvers-Dery et Henry). RM. et Ru. Mars, 213, 225.
- — de 4 000 chevaux. Yan den Kerchove,
- pour la station électrique de Bruxelles. E. 1er Mai, 578.
- — Prix du cheval dans les petites installations (Snow). EM. Mai, 168.
- — Vitesse des pistons. E'. 17 Avril, 404.
- — Turbines utilisant la détente des moteurs à pistons (Parsons). E. 17 Avril,
- 502, 511.
- — — De la Lusitania (Bell). E. 17 Avril,
- 503.
- — — Brush. Parsons. Ri. 18 Avril, 153.
- — — Rateau. E. 15 Mai, 699.
- — Détente de la vapeur. Diagrammes d’énergie (Reeve). Power. 21 Avril, 613.
- — Condensation dans les cylindres. E1. 9 Mai. 714.
- — Condenseurs à surfaces. Influence de Pair (Morison). E. 17 Avril, 507, 533.
- — — Réfrigérants à cheminée Balcke. Gc.
- 2 Mai, 9.
- — Distribution Pulnam. Power. 14 Avril, 557.
- — Diagramme Zeiper. Power. 21 Avril,
- 621.
- — Irrégularité des moteurs à piston. Sa
- détermination (Loppé). le. 25 Avril, 173.
- Résistance des matériaux. Essais des métaux par barrettes entaillées. Règles allemandes. Gc. 18 Avril, 432.
- — Duromètre électromagnétique Hughes.
- Ail/A.25 Avril, 357, Jackman, Brinell. E. 15 Mai, 661.
- — Théorie des essais de dureté (Meyer).
- VDI, 25 Avril, 645 ; 9 Mai, 740.
- — Essais à la bille Brinell (Revillon).
- RdM. Mai, 270.
- — Résistance des cornières à la traction
- (Mac Kibben). Technology Quarterly. Déc., 479.
- p.766 - vue 782/1612
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- MAI 1908.
- 767
- 'Résistance des matériaux. Nouvelles méthodes et machines d’essai (Breuil). RM. Avril, 345.
- — Fatigue admissible. E. 15 Mai, 653.
- 'Textiles. Dispositif automatique Vélin donnant une vitesse variable dans les métiers à filer continus. It. 14 Mai, 180.
- — Cardage de la laine (Rapplé). (id.) 186. — Machine à dérailler les tissus, Bouillat (id.), 100.
- ''Transmission par friclion. Ri. 18, 25 Avril, 158,163.
- — par courroies (Kobes). 101. 17 Avril,
- 253. (Niethammer et Grepek). VDI. 25 Avril, 668.
- — —; (graphique des) (Carlej. Power.
- 21 Avril, 604.
- 'Trompe. Taylor. RM. Avril, 393.
- 'Ventilateurs. Sirocco. Power. 28 Avril, 680.
- — Green. RM. Avril, 392.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d’aluminium (Portevin). RdM. Mai,
- — 274. Cuivre et magnésium (Russ). Cs.
- 15 Avril, 337.
- — Analyse planimétrique des alliages et structure du cuivre phosphoreux (Huntington et Desh). F. 1er Mai, 589.
- Aluminium. Industrie. État actuel. Cs. 30 Avril, 407.
- — Poudre d’aluminium et charbon. Réactions (Weston et Ellis). CN. 8-15 Mai, 219, 233.
- Argent. Cyanuration au Mexique. Eam. 18 Avril, 802.
- Cuivre électrolytique. Installation des Rari-tan Copper Works. Electrochemical. Mai, 181.
- — Hauts fourneaux: pratique du Canada (Shelhy). Eam. 25 Avril, 841.
- — Machine à couler le cuivre des conver-
- tisseurs. Eam. 2 Mai, 903.
- — Prix de revient au lac Supérieur et au Montana (id.), 856.
- Evaluation des minerais (Erreurs des). i8 Avril, 806.
- Per et acier. Aciers. Étude des éléments rentrant dans la composition des aciers. Ri. 25 Avril, 165.;
- — Aciers au vanadium (Rey. Maréchal). RdM. Mai, 319.
- — Austénite (T) (Maurer. L. Chatelier).
- CR. 13 Avril, 822, 824.
- — Éléments constitutifs des aciers (Blum). Ri. 9 Mai, 182.
- — Aciéries de la Colorado Fuel and Iron C°. VDI. 9 Mai, 729.
- — Enfourneuses diverses. Bp. 25 Avril, 263.
- — Fontes au nickel et au manganèse (Guillet). Rdm. Mai, 306.
- — — Cubilot d’urgence. Green. E’.
- 15 Mai, 513.
- — — Métallographie de la fonte. Gc.
- 16 Mai, 41.
- — Hautsfourneauxde Stavelay. E. il Avril, 509. ler-15 Mai, 573, 643.
- — Chargeurs nouveaux. SuE. 6-13 Mai, 663, 693.
- — Laminoirs (Origine des) (Fremont). CR. 21 Avril, 868.
- — — Machine de 25 000 chevaux. Allis
- et Chalmers. Power. 21 Avril, 599.
- — — Électrique de la Georgesmarien-
- hutte. SuE. 29 Avril, 609.
- — —‘ universel Kennedy. Pm. Mai, 79.
- — — à tôles Lamberton. E. 15 Mai, 663. — Électrosidérurgie. Four électrique Stas-
- sano et ses produits (Osann). SuE. 6 Mai, 654.
- — — Considérations sur l’électrométal-
- lurgie de l’acier (Trasenter). Ru. Mars, 252.
- Métallurgie. Son évolution. Influence des recherches scientifiques (Guillet). Revue scientifique. 18 Avril, 481.
- Plomb. Traitement électrolytique de la galène (Kern et Auerbach). RAM. Mai, 351.
- — (Industrie du) aux États-Unis, histo-
- rique (Engalls). (ül.), 353.
- Z inc. Four électrique continu (Cote et Pier-ron). Cs. 15 Avril-,-3^2.
- — Calculs métallurgiques (Richards). Elec-
- trochemical. Mai 194.
- MINES
- Aérage par ventilateur. Turbine Sirocco à Ellsworth. Eam. 11 Avril, 769. .
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- 768
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- MAI 1908.
- Angleterre. Production minérale et métallurgique en 1906. AM. Janv., 110. Argent. Mine de Durango, Mexique. Eam. 11 Avril, 756.
- Cobalt (Minage du). Eam. 2 Mai, 905.
- Cuivre en 1907. £'. 17 Avril, 405.
- — et étain, dépôts de Katanga, Congo.
- Eam. 11 Avril, 747.
- — à Cerro dePasco, Pérou. Eam. 17 Avril,
- 760.
- Eclairage électrique dans les mines (Denis). Pm. Mai, 74.
- Fer. Réserves)* de minerais de (Brough). IC. Fév., 281.
- Grisou. Explosion! de Monongah. E. 1er Mai, 591.
- Houillères. Nouveau bassin de Doncaster, E'. 17 Avril, 397.
- — Exploitation par panneaux. Eam. 2 Mai,
- 892.
- — Méthodes paléographiques pour l’étude
- stratigraphique du terrain houiller (Renieer). Ru. Mars, 294. Houillères. Electricité dans les charbonnages belges. Ru. Mars, 330.
- Mica. Industrie au Canada. Eam. 18 Avril, 801. Mines métalliques. Exploitation. Problèmes non résolus (II. Louis). E. 18 Mai, 596, 632. Or. Draguages aurifères dans le monde, principalement dans les Guyanes (Del-vaux). IC. Fév., 210.
- Perforatrices. Graissage des. Eam. il Avril, 764.
- — Fleurets démontables Firth. E. 1er Mai,
- 583.
- Pétrole en Roumanie (Aron). AM. Janv., 110. Prix du minage (Finlay). Eam. 18 Avril, 795. Préparation mécanique. Concentration par l’huile. Electrochemical. Avril, 185.
- — Table de.Wilfley(Richards). Technology
- Quarterly. Déc., 433.
- — Séparateur Vibraeone. Eam. 5 Mai, 902.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 107e ANNÉE.
- JUIN 1908.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Bertin, au nom du Comité de Mécanique, sur les Chaudières a lames d’eau de M. Charles Bourdon.
- La chaudière à lames d’eau de M. Charles Bourdon constitue un modèle entièrement original, auquel je ne connais qu’une analogie lointaine avec une vieille chaudière anglaise, mise en service sur l’aviso Y Actif vers 1863, et depuis longtemps abandonnée : c’est la chaudière à lames d’eau. Elle est composée (fîg. 1 à 5) d’une série de lames , comme les chaudières tubulaires se composent d’un faisceau de tubes ; l’ensemble des deux volumes consacrés l’un à l’eau, l’autre à la flamme, est enfermé dans une simple enveloppe en tôle.
- Les lames d’eau de la chaudière Bourdon sont verticales et établies au-dessus du foyer, ce qui serait la position idéale pour un faisceau de tubes si la circulation de l’eau pouvait y être établie. Dans des lames de large section, la difficulté de circulation n’est plus la même; M. Bourdon compte que les courants parallèles de descente de l’eau et de montée de la vapeur s’établiront naturellement, sans se contrarier de façon nuisible. Un léger courant de circulation générale analogie à celui des tubes de la chaudière Fièld est obtenu à l’aide de tubes S (fig. 1) plongeant dans les lames, à leur partie arrière, près de l’autel. Le but de ce courant n’est point de faciliter le dégagement de la vapeur, mais seulement d’entraîner, vers un Tome i 10. — Juin 1908.
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- Fig. 1. — Chaudière Bourdon de 40 mètres carrés de chauffe, construite par les anciens établissements Cail àDenain. Coupes ABCD (lig. 2) et demi-vue en bout
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- Fig. 2. — Chaudière Bourdon de 40 mètres carrés de chauffe. — Coupe GH (fig. 1).
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- ARTS MÉCANIQUES
- JUIN 1908
- déjecteur ou détartreur, tous les dépôts qui, sans cela, se déposeraient dans le bas des lames, à l’endroit le plus dangereux.
- Les lames d’eau sont formées de deux tôles ondulées à génératrices
- i ^—i*
- •4’- ^ ^
- Fig. 3. — Chaudière marine Bourdon. — Groupe de quatre chaudières de 200 mètres carrés de chauffe. — Vue de côté. — Grilles de 3m2,73 par chaudière. — Volume d’eau par chaudière : 3m3,20.
- horizontales réunies par des entretoises dans les parties étranglées ; elles sont en contact dans les renflements. Par cette disposition, une voûte
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- LES CHAUDIÈRES A LAMES D’EAU
- 773
- continue est établie au-dessus du foyer; les flammes sont ainsi renvoyées dans une chambre de combustion, d’où elles reviennent horizontalement
- j T 1T 1 ; ; T-rttm
- Fig. 4. — Groupe de quatre chaudières marines Bourdon (fig. 3). — Vue de face,
- à la boîte à fumée en traversant les canaux compris entre quatre demi-renflements de lames d’eau. La circulation de la flamme est donc très exactement la même que sur les chaudières tubulaires à retour de flamme,
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- COUPE LONGITUDINALE
- Ü2 COUPE SUIVANT A.B 1/2 COUPE SUIVANT C D Vue de l'avant vers l'arrière Vue de l'arrière vers l'avant
- 1/2 COUPE SUIVANT E F 1/2 COUPE SUIVANT G H. Vue de l'avant vers l'arriére Vue de l'arrière vers l'avant
- 1/2 COUP? SUIVANT I J. Vue de l'arriére vers l’avant
- Fig. IJ. — Locomotive à chaudière Bourdon.
- Dimensions principales. — Poids delà machine à vide (approximatif), 80300 kilog. — Contenance des caisses à eau, 13 mètres cubes. — Contenance des soutes à combustible, 4 000 mètres cubes. — Eau dans la chaudière, 5m3,18. — Poids de la machine en service, .103 tonnes. — Charge sur le bogie avant, 17 tonnes. Poids adhérent, 48 tonnes. — Charge sur le bogie arrière, 38 tonnes. — Timbre, de la chaudière, 15 kilog. — Surface de chauffe totale, 180 mètres carrés. — Grillo totale, 2m2,50.
- __Grillo totale de vapeur, 2m3,560. — Diamètres dos cylindres H P, 0"',350. — Diamètres des cylindres B P, 0m,550. — Course dos pistons, 0m,640. — Diamètre des
- roues motrices, lm,750. — Empattement rigide, 3m,000. — Empattement total, 12ra,130. — Longueur totale de la machine, 14m,780. — Largeur totale de la machine, 2m,900. — Effort maximum théorique de traction Compound, 10327 kilog. — Effort maximum théorique do traction en admission directe, 13 385 kilog.
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- LES CHAUDIÈRES A LAMES D EAU.
- 776
- dites chaudières type main. Grâce à un allongement sur le bas des deux lames d’eau latérales du faisceau et à l’établissement d’une lame supplémentaire, indispensable pour le fonctionmement du déjecteur, à l’arrière de la boîte à feu, les flammes sont entourées d’eau de toutes parts et sur tous leur parcours, comme dans les chaudières rectangulaires ou cylindriques (box boilers ou chaudières à coffre d’eau), ce qui est aussi favorable que possible à l’utilisation de la chaleur.
- Il est à noter que la sécurité de la chaudière dépend de la tenue d’un système d’entretoises ; les entretoises sont d’ailleurs étudiées avec soin.
- L’ensemble des volumes d’eau et de flamme se présente sous la forme d’un parallélipipède rectangle qui donne le maximum d’utilisation de l’espace.
- Les détails de construction révèlent l’étude d'un spécialiste exercé : admission d’air par un registre dans la boîte à feu, qui permet d’obtenir la meilleure fumivorité possible ; établissement d’un surchauffeur 11 (fig. 1) dans le triangle de la boîte à feu, où le courant de flamme laisse un espace disponible. La construction ne présente pas de difficulté, avec les moyens d.e faire la soudure autogène dont on dispose aujourd’hui. La conduite des feux sera commode et le ramonage particulièrement facile, comme sur les chaudières tubulaires à retour de flamme. Les démontages se feront de la manière la plus simple.
- M. Bourdon envisage trois modèles de chaudières différant entre eux par l’épaisseur des lames d’eau, qui ont (fig. 6) 120 mm., 90 mm., ou 60 mm. seulement hors tôle, aux renflements. La surface de chauffe par mètre carré de grille croît en raison inverse de l’épaisseur des lames, et, par suite, l’utilisation de la chaleur sera d’autant meilleure que l’on emploiera des lames plus minces. La pratique seule peut déterminer quelle épaisseur minimum de lame le système de chaudière proposé exige, pour des motifs de sécurité tels, par exemple, que le parfait fonctionnement des tubes d’évacuation des dépôts. La situation est la même que pour les chaudières tubulaires dont les modèles divers exigent des diamètres de tubes différents, en étant d’ailleurs d’autant plus parfaits, en thèse générale, qu’ils permettent l’emploi de tubes plus petits.
- Les premières expériences de vaporisation paraissent avoir été faites avec une chaudière à lames de 120 millimètres de largeur. La combustion était de 80 kilogrammes par mètre carré de grilles., K tirage étant faible. La vaporisation a été de 8 kilogrammes à 9ks, 20 de vapeur sèche, à 10 kilo-
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- .. .
- Fig. 6. — Chaudière E. Bourdon. — Éléments de 120, 90 et 00 mm. présentant les particularités données par le tableau ci-dessous. — Timbre 10 kil.
- SURFACE DE CHAUFFE d’un élément de 2 m. NOMBRE d'éléments pour lm,20 de largeur. SURFACE DE CHAUFFE totale. SURFACE DE CHAUFFE pour lm2 d’eneombrrinent. POIDS par KLKMKNT. POIDS i par m2 DE SURFACE de chauffe. SECTION DE PASSAGE des tubes de, fumée. SURFACE de GR1LLR. RAPPORT de surface DE CHAUFFE à grille. RAPPORT SURFACE de grille à section de fumée.
- Élément de 120 mm 5m2,78 10 57m2,78 20m2,00' 436k 75k 0m2,38 lm2,92 30 0
- Élément de 90 mm 3m2,68 13 73m2,80 25m2,70 344k 60k 0m2,38 2m2,10 31 0,6
- Élément de 60 mm 5m2,52 20 110m2,40 38m2,80 255k 46k 0m2,39 2ro2,40 46 6
- Observation. — Dans les 3 types d’éléments les entretoises d’un même conduit formant tube de fumée sont chevauchées.
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- LES CHAUDIÈRES A LAMES d’eAU.
- 777
- grammes de pression, avec eau d’alimentation froide et charbon donnant 8 p. 100 de cendres. C’est un résultat très encourageant.
- La production de vapeur était, dans cet essai, de 16 à 18k“,20 par mètre carré de chauffe. M. Charles Bourdon estime que cette vaporisation pourrait être dépassée au tirage forcé. C’est probable; mais alors, pour que le rendement par kilogramme de vapeur ne diminue pas, il faudrait nécessairement adopter les lames minces.
- Sans rien préjuger au sujet de l’emploi du tirage forcé, on peut, dès & présent, affirmer que la chaudière système Charles Bourdon se présente sous les aspects les plus favorables.
- M. Charles Bourdon a joint au plan de sa chaudière le croquis d’un condenseur constitué de lames analogues à celles des lames de la chau- -dière. Le vide est à l’intérieur des lames, dont les entretoises sont remplacées par quelques tubes s’étendant dans le sens perpendiculaire aux génératrices.
- Les avantages qui apparaissent en faveur de ce, condenseur seraient dans sa forme rectangulaire, qui utilise mieux l’espace, et dans certaines facilités de démontage.
- En conséquence, votre Comité de Mécanique vous propose de remercier-M. C. Bourdon de son intéressante communication, d’approuver le présent rapport, et d’en ordonner l’insertion au Bulletin.
- Lu et approuvé en séance le 8 mai 1908.
- Signé : Bertin, rapporteur,
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-
-
-
- ARTS MÉCANIQUES
- Rapport présenté par M. Bertin, au nom du Comité de Mécanique, sur la Chaudière a tubes d’eau Meurisse, présentée par M. Mon gin.
- La chaudière Meurisse, présentée par M. Mongin, appartient à la classe . -des appareils à circulation rapide, propres à supporter des tirages forcés intenses et des combustions très actives en conservant une utilisation convenable; dans cette classe, elle se rapproche des deux modèles connus d’Allest et Haythorn. Elle a (fig. 1 à 3) sur le dernier modèle d’Allest, l’avantage de présenter des tubes de forme beaucoup plus simple et d’une visite beaucoup plus facile, ce qui semble compenser largement l’inconvénient de.présenter deux lames d’eau rectangulaires au lieu d’une seule. Elle a sur l’appareil Haythorn l’avantage principal d’un moindre encombrement dans le sens de la profondeur. Elle est pourvue d’un surchauffeur •dans le réservoir supérieur.
- Le principal perfectionnement introduit par l’inventeur consiste dans la simplicité de forme des tubes, tous courbés suivant des arcs de cercle •concentriques, et dans la disposition de leurs deux aboutissements en face d’un bouchon autoclave. Chaque tube peut être visité par ses deux extrémités dès que la chaudière est vide. Chaque tube peut être facilement enlevé ,par la façade et remplacé sans qu’on ait à toucher à aucun des tubes voisins. C’est là un avantage important par rapport au modèle d’Allest,"* qui ne se rencontre pas au même degré sur le modèle Haythorn, et qui fait entièrement défaut sur les modèles Du Temple, Normand, et leurs nombreux dérivés à réservoirs cylindriques.
- L’inconvénient à mettre en regard de cette supériorité, par rapport aux -chaudières genre Du Temple? est dans l’emploi de réservoirs à section •rectangulaire, dont la résistance à la pression intérieure n’est assurée que par des entretoises. La chaudière Meurisse, de même que les chaudières •d’Allest et Haythorn, ne peut pas être considérée comme inexplosible au même degré que les modèles dérivés de Du Temple.
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-
-
- CHAUDIÈRE MEURISSE
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- Tous les détails relatifs à la circulation de-l’eau, du séchage de la
- h* kh *$•
- Fig. 1. — Chaudière Meurisse de 2 500 kil. de vapeur A 1‘heure.
- A, réservoir d’eau et de vapeur. — B, lame d’eau verticale AY. — C, lame d’eau horizontale æ. — D, collecteur de boue. — E, faisceau tubulaire formant écran. •— F, faisceau tubulaire générateur. — G, boîte à fumée. — II, retour d’eau. — 1, chambre de combustion. — J, faisseau tubulaire de fumée. — K, communication du réservoir d’eau avec la lame d’eau verticale AY.
- - -vapeur dans le réservoir cylindrique supérieur d’eau et de vapeur, à la
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-
-
- G
- A, réservoir d’eau et de. vapeur. — B, lame d’eau verticale AY. — C, lame d’eau Horizontale Æ. -JD, collecteur de boue. — E, faisceau tubulaire formani écran. — F, faisceau tubulaire générateur. — G, boîte à umée. — H, retour d’eau. — I, chambre de combustion. — J, faisceau tubulaire de fumée. — K, communication du réservoir d’eau . avec la lame d’eau verticale AY.
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- Fig. 3. — Chaudière Meurisse pour torpilleurs,
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- 782
- ARTS MÉCANIQUES. — JUIN 1908.
- disposition des chicanes dans le parcours de la fumée, sont bien étudiés et révèlent des praticiens exercés. Le bon fonctionnement paraît assuré, dès la simple inspection du plan. .
- M. Mongin présente les résultats d’essais de vaporisation exécutés dans des conditions offrant les garanties désirables.
- 1° Essais faits par le service de surveillance de la Marine, avec des briquettes d’Anzin, en corrigeant pour ramener l’eau d’alimentation à 25°.
- Combustion de charbon Eau vaporisée par kil. de charbon.
- par mètre carré de grille. ---------—— ----------------
- et par heure. Résultat brut. Après correction.
- fÿ " 80 kil...................• 8\650 8\813
- { 130 —.............. 8k,928 9k,096
- ? 276 —. ................. 8k,490 8k,650
- Ce sont là des chiffres très satisfaisants, d’autant plus que, sur la chaudière essayée, le rapport de la surface de chauffe à la surface de grille était de 34,3 seulement, tandis qu’il atteint 41,2 sur le modèle étudié pour oOrpilleurs.
- La vapeur était parfaitement sèche.
- 2° Essai fait par les soins du bureau Veritas.
- La vaporisation brute a été de 8ks,828, pour une activité de combustion de 135kg,87 par mètre carré de-grilles et par heure, ce qui concorde bien avec le résultat des essais faits par la marine.
- En conséquence, le Comité de Mécanique vous propose de remercier M. Mongin de son intéressante communication et d’ordonner l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Lu et approuvé en séance le 8 mai 1908.
- Signé : Bertin, rapporteur.
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- ARTS CHIMIQUES
- «i
- Rapport de M. Aeh. Livache, au nom du Comité des Arts Chimiques,
- sur les « Recherches sur les cuirs et sur les peaux » par M. le
- capitaine Nicolardot.
- M. le capitaine Nicolardot, chef du Laboratoire de la section technique de l’artillerie, docteur ès sciences, a eu fréquemment l’occasion de constater les difficultés qui se présentent lorsqu’on veut appliquer les méthodes ordinaires d’échantillonnage et d’analyse aux cuirs obtenus par les divers procédés de tannage. Il s’est proposé d’étudier cette question au double point de vue du laboratoire et delà pratique, et c’est la première partie de cette étude qu’il soumet aujourd’hui à l’examen de la Société d’Encoura-gement.
- M. Nicolardot a tout d’abord cherché comment devait être pris l’échantillon qui servira aux différents essais de résistance et au dosage de l’eau.
- Actuellement, d’après le Cahier des Charges adopté par le service de l’artillerie, cet échantillon est prélevé près de la raie du dos, dans la partie admise comme étant la plus riche en fibres élastiques et, par suite, la plus résistante. Mais on comprend facilement que cette manière de faire détériore la peau qui a été ainsi découpée dans sa partie médiane, ce qui constitue une perte importante pour le vendeur, dans le cas où sa fourniture n’est pas admise.
- M. Nicolardot s’est demandé si on ne pourrait pas prélever cet échantillon dans des parties voisines des bords de la peau, de manière à ne porter aucun préjudice ni aux dossets ni aux croupons et il a exécuté de nombreux essais comparatifs en vue de voir s’il existait des différepces notables au point de vue de la résistance et de' l’allongement.
- L’examen des chiffres obtenus montre que, conformément aux travaux de M. Boulanger, la résistance de la peau est plus grande dans la région de l’estomac que dans le collet ou la culée. De plus, la résistance des éprouvettes prélevées parallèlement à la raie du dos est, en général, plus grande que celle des éprouvettes découpées dans le sens perpendiculaire, à l’inverse de ce qui a lieu dans le collet.
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-
-
-
- 784
- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1908.
- Ces résultats sont certainement très intéressants , la prise d’échantillon ainsi faite ne causera pas de dommage sensible et l’essai de la résistance sera à l’avantage du vendeur. Les analyses, néanmoins, ne sont pas encore assez nombreuses pour établir s’il existe un rapport constant entre les différentes régions de la peau, justifiant, au besoin, l’adoption d’un coefficient suivant la région de la prise d’échantillon et M. Nicolardot compte les continuer. Mais, dès maintenant, on peut supposer que rien ne s’opposera à ce mode d’échantillonnage favorable à l’acheteur et au vendeur.
- Le second point que cherche à résoudre M. Nicolardot est relatif au dosage de l’eau.
- La méthode, actuellement en usage dans le service de l’artillerie, consiste à peser l’échantillon avant et après dessiccation dans le vide sulfurique pendant 48 hernies, sans s’inquiéter si, après ce laps de temps, la dessiccation est complète.
- Cette méthode est sujette à beaucoup moins d’inconvénients que la dessiccation à l’étuve, mais elle est longue et ne donne pas un résultat absolu, surtout si les cuirs sont riches en matière grasse. M. Nicolardot s’est alors proposé de voir si l’extraction directe et préalable de la grais&e ne faciliterait pas le départ ultérieur de l’eau. Dans ce but, renonçant à l’emploi de l’éther ou mieux d’un mélange d’alcool et d’éther, généralement indiqués, il a fait usage de chloroforme, liquide plus maniable et enlevant rapidement la matière grasse et une partie de l’eau ; l’eau restant dans la peau dégraissée pourra être rapidement et sans difficulté chassée à 110°; un tenant compte de la matière grasse extraite par le chloroforme, on aura, par différence, la teneur en eau.
- Les nombreuses analyses comparatives fournies par l’auteur donnent des résultats très intéressants montrant que pour les cuirs à l’eau et, surtout, pour les cuirs hongroyés, les cuirs en suif et les cuirs en plein suif la perte d’eau est toujours plus forte lorsque l’analyse a été faite par traitement au chloroforme.
- M. Nicolardot estime donc que, vu les avantages de la méthode qu’il préconise, il y aurait lieu de l’adopter sous la réserve d’appliquer une correction au Cahier des Charges actuel. L’écart pour la teneur en eau est en moyenne de 2 p. 100 ; il propose donc de tenir compte de cet écart de 2 p. 100 pour fixer la limite maximum d’eau d’un cuir prescrite par le Cahier des Charges.
- Nous avons voulu nous rendre compte des conséquences qu’entraînerait,
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-
-
-
- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
- 785-
- pour le vendeur, l’application de ce coefficient aux divers lots analysés par M. Nicolardot et nous avons obtenu les résultats suivants:
- Excédent d’eau qui sera déduit Soit
- du poids de la fourniture. par unité.-
- Pour les 6 cuirs à l’eau :
- Maximum adopté actuellement pour la teneur
- en eau — 15 p. 100 29 kil. 4,83
- Maximum corrigé = 15 + 2 =17 — 28,5 4,7t>
- Pour les cuirs hongroyés :
- Maximum adopté actuellement. . . =10 — 91 6,50
- Maximum corrigé = 10 + 2 = 12 — 97 6,92.
- Pour les 70 cuirs en suif :
- Maximum adopté actuellement. . . = 7 —. 399 5,70
- Maximum corrigé Pour les i 08 cuirs en plein suif : =7+2 = 9 — 372 5,3*
- Maximum adopté actuellement. . . =7 — 355 3,28-
- Maximum corrigé . —7 + 2 — 9 — 403 3,73
- Il nous semble que ces chiffres permettent d’accepter la méthode plus-rapide et plus exacte préconisée par M. Nicolardot sans qu’il soit porté-préjudice au vendeur ; c’est, du reste, ce qui nous a été confirmé par plusieurs industriels.
- En résumé, ces premières études amènent à des résultats pratiques très intéressants ; elles sont faites avec une grande conscience par un savant autorisé qui cherche surtout, en s’appuyant sur des recherches scientifiques^ à concilier les intérêts de l’État,, dont il a la garde, et les intérêts des industriels. Votre Comité des Arts chimiques qui, récemment, a demandé à la Société d’Encouragement de témoigner de tout l’intérêt qu’elle prenait à la poursuite des travaux de M. le capitaine Nicolardot sur les cuirs, a. l’honneur de vous proposer de voter l’inserlion du présent rapport et du mémoire présenté par M. Nicolardot dans le Bulletin de la Société.
- Lu et approuvé en séance le 12 juin 1908.
- Sicpw : A. Livache, rapporteur.
- Tome 110. — Juin 1908.
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- ARTS CHIMIQUES
- Recherches sur les cuirs et sur les peaux, par le capitaine Nicolardot, chef du Laboratoire de la Section technique de l’artillerie, docteur ès sciences.
- INTRODUCTION
- La peau ou dépouille des animaux, transformée en cuir par tannages les plus divers, forme un ensemble tellement hétérogène qu’il est impossible de lui appliquer les procédés ordinaires d’échantillonnage1 et qu’il est souvent très difficile de l’analyser par les méthodes classiques. On a d’ailleurs proposé les modes opératoires les plus divers, et, à l’heure actuelle, il semble qu’il ne soit plus possible de trouver ni procédé nouveau, ni' essai original! J’ai pensé qu’ibserait intéressant d’étudier les diverses méthodes proposées pour analyser les cuirs, de les comparer et de rechercher quelles sont, dans les divers-cas-, les meilleures et, à valeur égale, les plus rapides.
- Le consommateur tient, en. effet, à savoir quelle est la proportion réelle de peau dans le croupon qu’il achète ; il ne peut, en effet, accepter de payer comme cuir de l’eau, de la graisse, des extraits, de l’alun ou des sels de chrome pour ne parler que des surcharges avouables.
- De son côté, le fournisseur, avant de faire des prix d’adjudication qui lui permettent de livrer une marchandise loyale, a aussi grand intérêt à connaître les essais auxquels seront soumis ses cuirs afin dé n’éprouver ni déceptions, ni* pertes.
- Pour trouver une application immédiate à mes recherches, je me suis d’abord occupé des cuirs mis en œuvre par lœ service dé Lartillèrie : cuirs tannés de" bœuf ou de vache en suif ou en plein suif, cuirs hongroyés, basanes et cuirs de veau à l’huile. J’ai cherché*ensuite à généraliser* les conclusions- obtenues au cours de ce premier travail en étudiant les cuirs chromés qui, demain, seront adoptés?par le service de l’artillerie et les cuirs verts, dontM. Boulanger, le savant industriel de Lille, nous a si bien appris à connaître les précieuses qualités.
- A cause de l’importance de la question, mes premières études ont porté sur le dosage de l’eau et de la graisse dans les cuirs; et, quoique je me sois tracé à l’avance un plan de travail, je devrai m’en écarter souvent pour résoudre
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- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
- quelques-uns des problèmes, qui se poseront au cours de mes essais et dont la solution présentera un intérêt plus"immédiat. C’est ainsi qu’avant de chercher à élucider la question du tannage, j’ai dû déterminer la teneur normale dë la peau et des' cuirs en eau et en matières minérales', l’influence des acides et des bases sur les cuirs et sur la peau..., etc.
- Enfin, je me suis efforcé de compléter les études chimiques et les essais mécaniques par l’examen microscopique' des différentes parties de la peau et des cuirs.
- Echantillonnage
- Avant de procéder à toutes recherches physiques ou chimiques, il importe de savoir sur quel échantillon il convient d’opérer. Avec la plupart des produits industriels, il est, sinon facile, du moins toujours possible, d’arriver à préparer un échantillon qui en représente bien la composition moyenne, Avec les cuirs rien de semblable.
- La peau n’est pas en effet un simple revêtement, protégeant la chair de l’animal contre les actions extérieures ; elle est un véritable organe dont la composition chimique se modifie en ses différents points, tout autant que sa texture physique. Transformée en cuir, elle reste un ensemble hétérogène.
- Une première opération consiste à grouper les cuirs par espèces, par épaisseurs en lots aussi semblables que possible par leur aspect, leur degré de souplesse, de nourriture, etc. Dans chacun de ces lots, on prélève au hasard un croupon, sur lequel on doit choisir les échantillons destinés aux essais mécaniques et chimiques.
- Pour ce faire deux méthodes ont été proposées :
- 1° Prendre en un point déterminé des peaux, dossets ou Groupons, et,, toujours le même, les échantillons, destinés aux. essais.
- 2° Prélever plusieurs morceaux en divers, points,, dans la culée, le collet,, les flancs, etc., les réduire en fine poussière et les. mélanger intimement.
- Le premier mode de prélèvement fournit évidemment un échantillon dont la composition ne représente pas la composition, moyenne de la peau-entière mais l’erreur commise est systématique. Les résultats obtenus permettent de comparer entre eux les divers cuirs, à moins de blessure ou de maladie, localisée dans cette partie, auquel cas, il y aurait lieu de prélever un échantillon symétrique par rapport à la raie du dos. Le grave inconvénient de ce procédé est d’inciter à la fraude ; mais celle-ci peut être mise facilement en évidence en prélevant d’autres échantillons, comme je le montrerai plus loin.
- La seconde méthode, plus séduisante a priori, est pratiquement de beaucoup inférieure à la précédente. Elle exigerait en effet, pour être exacte ou même
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- ARTS CHIMIQUES.
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- seulement pour fournir des résultats comparables d’un essai à l’autre, que la même proportion de cuir soit enlevée aux mêmes points. Enfin elle conduit à détériorer beaucoup plus le croupon examiné. Y
- Aussi, le premier mode de prélèvement doit-il, à mon avis, être seul adopté pour toute grande administration, recevant régulièrement des fournitures de cuirs, d’après un Cahier des Charges. Il reste encore à déterminer Remplacement où seront prélevés les divers échantillons. A priori, il semble difficile de modifier le choix du service de l’artillerie. Comme l’indique la figure 1, l’échantillon R, destiné aux essais de traction, est prélevé près de la raie du dos, dans la partie la plus riche en fibres élastiques et par suite la plus résistante, suivant les idées admises; à côté se trouve Remplacement de l’échantillon A sur lequel sont
- Echantillon R
- Echantillon A
- Fig. 2.
- exécutés les dosages d’eau et de graisse. C’est aussi sur ce dernier échantillon que l’on procède à l’examen du tannage. Or, cet échantillon A provient d’une région oùle cuir assez serré n’absorbe pas en trop grand excès la nourriture.
- Un tel choix, tout à l’avantage du fournisseur, met encore à l’abri d’une autre cause accidentelle d’erreur. On sait en effet que la peau d’un animal n’offre pas la même résistance suivant qu’on prélève des échantillons sur le côté où il se couche ou sur le côté opposé. De tels avantages compensent en partie le déchet dû au prélèvement des échantillons pour les cas où la fourniture est'refusée.
- Mais il est possible, à mon avis, de choisir un emplacement qui permet d’apprécier tout aussi bien la valeur du cuir sans déprécier autant la peau essayée. M. Boulanger a, en effet, établi par ses intéressantes recherches, publiées dans les mémoires de la Société d’Encouragement (1), que la peau ou le cuir possède sa résistance la plus grande dans la région de l’estomac. Or, les euirs sont livrés sous trois formes: peaux entières, dossets, Groupons courts et longs.
- (1) Bull, de la Soc. d’Encouragement, janvier et juillet 1905, page 851.
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- (Dans la figure 2, un dosset correspond à la partie couverte de hachures et les croupons sont délimités par deuxtraits et un trait pointillé.)
- On pourrait par suite prélever les échantillons A et R à la suite l’un de l’autre, sous la forme d’une bande ayant 20 millimètres de large et une longueur suffisante, à hauteur de l’échantillon réglementaire R de l’artillerie, comme je l’ai marqué en A (fig. 2). De cette manière, les dossetset les croupons ne seraient pas abîmés ; ils augmenteraient même de valeur puisque la partie qui reste
- Fig. 4.
- est celle qui est la plus estimée. On pourrait même, en vendant le kilogramme •de cuir plus cher compenser la perte due à la chute d’une bande.
- Il conviendrait naturellement de prélever cette bande à 2 ou à 5 millimètres •du bord du dosset ou du croupon pour éviter que les éraflures, les coutelures résultant du travail ne diminuent la résistance des éprouvettes qui doivent être soumises aux essais de traction. i
- Un autre emplacement, marqué A'(fig. 2), permettrait d’apprécier aussi la valeur des cuirs; mais son choix me paraît moins heureux parce que les peaux •ou les dossets seraient beaucoup plus abîmés, et que, dans les croupons courts, cet échantillon ne pourrait pas être prélevé.
- Pour pouvoir prendre des conclusions fermes et déterminer, s’il y a lieu, la valeur du coefficient de transformation, il sera nécessaire de prélever dans les diverses régions de la peau et sur des cuirs de tannages différents, un très
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- ARTS CHIMIQUES.
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- grand nombre d’éprouvettes. Des recherches que j’ai commencées sur ce point depuis fort longtemps, je puis extraire les résultats obtenus avec une peau de bœuf,, tannée à l’écorce de chêne et corroyée au suif, pour montrer que le choix du nouvel emplacement favorisera encore les fournisseurs ; mais je ne crois pas devoir formuler encore des conclusions fermes.
- Dans le collet, le flanc et la culée de cette peau de bœuf, j’ai prélevé, comme l’indique la figure 3, des éprouvettes semblables à celles qu’utilise depuis fort longtemps le service de l’artillerie et dont les dimensions sont indiquées plus loin (fig. 4). Les éprouvettes désignées par des lettres ont été découpées parallèlement à la ligne du dos, alors que les éprouvettes, marquées par des numéros, sont perpendiculaires à la même direction. On a indiqué pour chaque essai l’épaisseur de l’éprouvette mesurée en trois points, la résistance en kilogrammes par millimètre carré de section et l’allongement p. 100 au moment de la rupture.
- TABLEAU I
- h Eh
- H K H - H £
- RÉGION W H ÿ « a o % RÉGION CO O d . A g «L H 5* •
- a O S D o S H o
- de LA PEAU. a r£ < § EPAISSEUR. E-i ri S “ * u 25 P. VH K A O ^ 1 - de LA PEAU. <y A < ' 3 EPAISSEU R. Eh d S 22 * t. -a s ^ A O ^ g fc O M hJ
- <!
- Kif. Kil.
- 1 4,9 5,0 5,0 3,32 56,0 n 6,4 6,6 6,8 2,98 51,5
- 6 5,6 5,8 5,9 3,23 70,0 Culée. . . t 6,4 6,3 6,2 2,78 43,4
- \ 7 5,0 5,0 5,0 3,10 50,0 / u 7,0 6,9 6,9 2,93 43,2
- Collet. . ./ 12 4,8 4,9 4,8 2,94 52,5 a 6,6 6,4 6,1 3,45 49,1
- 1 a 5,5 5,5 5,6 3,59 64,9
- / f 4,6 4,7 4,8 2,86 70,0
- g 5,0 5,0 4,8 2,83 66,0 1 6,0 5,2 4,8 2,09 66,0
- 1 l 5,0 4,7 4,7 2,91 64,4 2 6,1 5,8 5,4 2,28 117,4
- 7 4,5 4,9 5,2 2,74 84,4
- 12 4,9 4,8 4,6 2,49 88,4 1
- 1 6,5 6,4 6,5 2,89 48,5 13 5,1 4,6 4,5 2,5 103,2
- 2 6,7 6,8 6,9 2,76 56,2 l 13 6,5 6,3 6,2 2,67 92,8
- t 6 7,7 7,5 7,4 2,54 45,0 1 20 6,2 7,0 6,7 1,85 50,0 '
- 7 7,9 ' 7,‘8 7,8 2,42 44;8 23 6,5 6,6 6,8 2,54 103,6 :
- 14 8,0 7,7 7,7 2,66 59,4 Flanc. . . ( 26 6,3 6,2 6,0 2,55 79,0 i
- 15 6,4 M 6,2 3,45 49,2 29 6,0 6,2 6,2 2,54 95,5
- Culée. . . ( 21 6,8 6,7 6,7 2,63 42,8 a 4,6 4,6 4,7 3,18 56,0
- 22 6,3 6,6' 6,6 2,73 62,0 1 e 5,7 5,7 5,7 3,41 43,7
- 28 5,8 6,5 6,1 2,83 48,4 : g 5,0 4,4 4,1 3,68 .37,2
- a 7>2 7,2 7d 2,74 46,4 , i 7d 6,7 6,8 3,4 34,6 ,
- g 6,1 6,2 6,2 2,98 57,4 m 5,9 5,8 .5,8 3,89 37,3
- h 7,2 7,2 7,2 3,77 50,0 1 t 7,15 7,2 7,2 3,17 69,5
- \ m I ' 6,8 6,9 7,3 3,4 57,5 s 7,3 7,3 '7,4! 3,49 86,5
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- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
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- Des résultats consignés-clans le tableau précédent, on «peut déduire'la'résistance-moyenne-en'kilogrammes par-millimètre carré et rallongement moyen du cuir .dans -des régions différentes de 'la peau et pour les deux genres -d’éprouvettes :
- ! Éprouvettes parallèles à> la.raie dudos. . . .
- .
- Éprouvettes perpendiculaires à la raie du dos.
- ! Éprouvettes parallèles à la raie du dos. . . . Éprouvettes-perpendiculaires-à la raie du dos.
- !,Éprouvettes parallèles à la raie diudos. . . .
- Éprouvettes perpendiculaires à la raie du dos.
- Résistance moyenne. 3k,05 Allongement moyen. 59 p. 100 Résistance moyenne. 3k,2 Allongement moyen. 66,6 p. 100
- Résistance moyenne. 3k,14 Allongement moyen. 49,8p. 100 Résistance moyenne. 2k,77 Allongement moyen.. 50.7 p. 100
- Résistance moyenne. 3k,5 Allongement moyen. 52 p. 100
- Résistance moyenne. 2k;5 Allongement moyen. 95 p. 100
- Ces-chiffres (moyens établissent que le nouvel emplacement que je .-propose (A, fig. 2) favorisera de fournisseur ; dis,confirment en outre l’une des conclusions de M. Boulanger, en montrant que la résistance de la peau est la plus grande.dans la région nie l’estomac. .Enfin ils mettent en lumière un fait nou-•veau des plus intéressants sur la constitution de la peau. Alors que la-résistance, des. éprouvettes prélevées parallèlement à' la raie clu-clos.est en .général -plus grande que celle des éprouvettes découpées clans le sens perpendiculaire; d’inverse a lieu.clans le.collet. Je reviendrai-sur ceipoint.
- 'RATURE DE L'’EAU CORTERUETDANS LES PEAUX ET LES CUIRS
- .Si étrange que la chose,puisse paraître, on ne connaît pas la teneur.en eau normale des peaux ou des cuirs. ..Alors que le conditionnement des soies a préoccupé depuis longtemps producteurs et consommateurs, rien m’a été fait pour les cuirs. Le kilogramme cle cuir coûte, il est vrai, beaucoup moins cher que celui cle soie panais il convient cle se .rappeler que Lindustrie clu cuir et les industries connexes occupent le .troisième,rang clans .notre industrie nationale ,et correspondent à un chiffre d’affaires .voisin de trois milliards. Dès lors, on comprend quel intérêt .il y aurait à. connaître la teneur, exacte en .eau des différents cuirs.
- On doit.avouer quiil .est .très difficile de,déterminer exactement le rôle etda proportion cle l’eau dansda peau ou clans .le.cuir et en général.dans.les produits organiques. La question.cle la nature et du .rôle .de d’eau, déjà si complexe clans les corps cristallisés, devient des plus délicates quand on aborde l’étude des
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- ARTS CHIMIQUES.
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- .combinaisons colloïdales définies. Dans le cas des cuirs, elle paraît insoluble.
- Les résultats que j’ai obtenus, encore trop peu nombreux à mon gré, me permettent cependant de préciser un peu les notions fort vagues, admises par tout le monde, mais que l’on évite de discuter, sur les différents rôles de l’eau clans la peau ou dans le cuir.
- A mon sens, on doit distinguer dans les cuirs trois sortes d’eau :
- 1° Eau d’imbibition ou de charge;
- 2° Eau d’hydratation ou d’absorption;
- 3° Eau de constitution.
- La première est celle qui est parfois ajoutée intentionnellement pour augmenter le poids, mais qui existe normalement dans la dépouille fraîche ou clans la peau soumise à l’action des différents bains (chaux, pis, etc.) utilisés dans le tannage. Cette eau remplit la peau comme elle remplirait une éponge et elle s’élimine très rapidement par simple dessiccation à l’air. On peut estimer qu’au bout de quinze jours à un mois, suivant les saisons, la peau ou le cuir a perdu toute cette eau. Je tiens à ajouter que je ne parle ici que de la peau .morte et non de la peau vivante, où cette eau n’est plus de l’eau d’imbibition, mais où elle joue un rôle des plus importants, qui est clu domaine de la chimie biologique et non plus de celui de la chimie industrielle.
- L’eau d’hydratation ou celle que l’on est convenu d’appeler ainsi, peut être de l’eau absorbée ou bien jouer un rôle analogue aux hydrates salins. La teneur varie entre certaines limites suivant l’état hygrométrique, la pression cle l’atmosphère ou la température ambiante. Y a-t-il continuité dans l’élimination cle cette eau sous l’action du vide? Dans ce cas, il y aurait simple absorption (à moins qu’on ne se trouve en présence d’un mélange complexe d’hydrates organiques). La question sera des plus difficiles à résoudre; car, ces hydrates organiques ont pris naissance à la température et sous la pression ordinaires puisque, pendant la vie de l’animal, ils doivent se modifier avec une grande •souplesse, et sont peut-être très facilement détruits.
- Quoi qu’il en soit, sous l’action du vide et beaucoup plus rapidement sous l’action de la chaleur, cette eau est éliminée; mais quand l’action du vide ou de la chaleur cesse, au contact de l’humidité atmosphérique, ces hydrates se reconstituent et, au bout d’un temps plus ou moins long, la peau ou le cuir ont repris la même quantité d’eau. Il est probable qu’à la longue cette eau pourrait être éliminée dans une atmosphère rigoureusement sèche.
- L’eau de constitution est celle qui reste encore dans la peau (élastine, coriine... etc.) quand la peau ou le cuir ont été desséchés à poids constant dans le vide ou à 110°. Si on élève la température, ou à 110°, mais au bout d’un temps très long, de l’eau est encore éliminée ; les éléments constitutifs de la peau sont alors altérés. Ils ne reprennent plus la même quantité d’eau quand on les expose
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- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
- ensuite à l’action de l’humidité atmosphérique. La peau et le cuir sont brûlés ; ils sont devenus cassants. Plongée dans l’eau, la peau brûlée ne se gonfle plus.
- On peut représenter à l’aide d’un graphique la différence qui existe entre ces trois sortes d’eaux. Les teneurs en eau, indéterminées d’ailleurs, sont portées en ordonnées, les temps en abscisses. Dans l’air, on obtient d’abord la perte de l’eau d’imbibition (zone 1) puis, sous l’action du vide et plus rapidement par. la dessiccation à 110° la perte de l’eau d’hydratation ou d’absorption (zone 2); la
- éa l'air
- zone 1 < dans le vide Vpar la chaleur
- Reprise a l'air
- VA;
- Perte à l'air
- dans le vide
- zone 2
- zone 3.au dessus de 110° avec ou sans le vide
- Fig. 5.
- limite est la même. En élevant la température, avec ou sans l’action du vide, on élimine encore de l’eau ; mais la peau est altérée et ne reprend plus la .même quantité d’eau (fig. 5, région 3).
- La teneur en eau qu’il -est intéressant de connaître au point de vue industriel est celle qui est délimitée par les zones 1 et 2.
- DOSAGE DE L’EAU
- En l’absence de tout renseignement précis sur la teneur normale en eau de la peau et des cuirs, on peut s’attendre à trouver quelques contradictions dans les conditions imposées par les cahiers des charges des différentes administrations. C’est ainsi que, dans celui du service de l’artillerie, on indique les tolérances suivantes :
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- ARTS CHIMIQUES.
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- }DIFFÉRENTES.ESPÈCESîDE CUIRS. MATIÈRES EMPLOYÉES. MINI M A. MAXIMA.
- Cuirs en plein suif. ... . . • Suif. 20 p. 100 28 p. 100
- Eau. 1 0 7 * —
- Cuirs en suif Suif. : 10 — 18 —
- Eau. 0 7 —
- Cuirs.à l’huile • Dégras. 12 — 20 —
- Eau. 0 7 —-
- Cuirs à l’eau Eau. 0 15 —
- Suif. 25 — 33 —
- Cuirs hongroyés Sel marin. 0 5 —
- : Alun. 10 — 15 —
- Eau. 0 10 —
- Le service de la cavalerie a adopté à peu près les mêmes tolérances ; au contraire, le service de l’Intendance, la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. et d’autres administrations tolèrent jusqu’à 21 p. 100 d’eau dans les cuirs étirés ou à l’eau.
- La question ne se pose pas ici de savoir comment et pourquoi ces teneurs maxima ont été choisies pour l’eau, mais bien de quelle manière on la dosera. Les limites fixées par le Cahier des Charges de l’artillerie et de la cavalerie n’ont -en effet rien de prohibitif. Il n’est d’ailleurs pas possible de trouver un cuir en suif ou en plein suif contenant aussi peu d’eau que le maximum imposé; tous les cuirs en renferment plus et beaucoup plus. Mais si les cuirs de bonne qualité, au point de vue de la résistance et du tannage, sont toujours acceptés malgré l’excès d’eau ou de matières -grasses, l’excédent est déduit du poids (de là fourniture.
- En d’autres termes, les services de l’artillerie et de la cavalerie ne paient •plus comme cuir l’eau ;au-dessus d’une ‘.certaine -teneur. Il importe (donc de savoir comment on déterminera la proportion d’eau.
- Trois méthodes ont été proposées et employées f une directe et deux indirectes.
- Dans la première, on évalue l’eau par différence, après avoir dosé dans le ,c,uir tous les . élément s qui s’y trouvent : graisses, cendres, azote, soufre, acide 'Sulfurique, tannin, :sel, etc.
- . Dans les deux autres, on .pèse une (prise d’essai, puis on l’amène à poids constant, en la chauffant à 100°-110°, ou en la maintenant dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique. La différence des deux pesées permet de-déterminer la teneur du cuir en eau.
- Intéressante comme moyen de contrôle des deux autres, la première
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- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
- méthode ne peut pas être adoptée comme procédé normal de dosage. Elle exige en effet une analyse qualitative et quantitative complète du cuir, alors que la teneur en eau est seule cherchée. Il serait même peu prudent de l’employer seule, en particulier dans les contre-analyses.
- La dessiccation des cuirs à 100° poussée jusqu’à poids constant, permet dç ne doser que l’eau ; mais, ce mode opératoire, toujours long, présente dans certains cas de graves inconvénients. Il ne peut être appliqué sans complications qu’aux cuirs à l’eau ou peu nourris. Avec les cuirs en suif ou en plein suif et .surtout avec les cuirs à l’huile, il faut opérer en capsules tarées, pour éviter des pertes d’huile ou de graisse. Dans le cas des cuirs hongroyés, une autre cause d’erreur a été signalée. Le sulfate d’aluminium se dissocie et l’acide mis en liberté peut réagir sur les chlorures alcalins employés dans le tannage ; il y a alors départ d’acide chlorhydrique. Pour toutes ces raisons, cette manière d’opérer n’a jamais été adoptée par certaines grandes administrations, et en particulier par le service de l’artillerie, qui analyse en moyenne, par an, un nombre de cuirs variant entre 5.000 et 7.000.
- C’est par dessiccation dans le vide sulfurique que l’on détermine la teneur en eau des cuirs fournis au service de l’artillerie. Je me suis assuré, par un certain nombre d’essais poussés jusqu’à obtenir un poids rigoureusement constant, qu’il était nécessaire, pour doser intégralement l’eau par ce procédé, de maintenir Je vide pendant plusieurs jours et quelquefois pendant plusieurs semaines. Pour être exact, le procédé cesse donc d’être pratique. Aussi a-t-on le soin de peser les cuirs au bout de quarante-huit heures, sans chercher à s’assurer s’ils sont arrivés ou non à poids constant. Dans de telles conditions, on ne dose que 80 à 90 p. 100 de l’eau totale. Les résultats obtenus ne sont donc qu’approximatifs ; ils ne sont pas toujours comparables d’une espèce de * cuir à une autre.
- En résumé, on ne connaît pas de méthode exacte pour doser l’eau, s’appliquant d’une manière pratique à toutes les espèces de cuirs.
- Il m’a semblé que l’on pourrait doser plus rapidement, et surtout plus exactement l’eau en épuisant d’abord les cuirs au chloroforme pour les débarrasser des matières grasses ajoutées au corroyage, puis en les séchant à poids constant à 105°-110°. De nombreux essais m’ont permis de constater que :
- 1° Le chloroforme est complètement éliminé à cette température ;
- 2° Dans les cuirs tannés et hongroyés (1) le chloroforme ne dissout que la graisse et des traces à peine dosables de sel ;
- (1) Dans certains cuirs chromés, le chloroforme dissout un peu de sels de chrome; mais la teneur des cendres n’atteint jamais 0,5 p. 100.
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- 3° Les cuirs hongroyés ne laissent pas échapper d’acide chlorhydrique pendant leur dessiccation ;
- 4° Les cuirs à l’eau, les cuirs verts, la peau elle-même après épuisement au chloroforme, abandonnent beaucoup plus rapidement leur eau que quand on les dessèche dans leur état naturel.
- On peut trouver à ce dernier fait deux explications : l’une, d’ordre chimique, tient à ce que le chloroforme'enlève toutes les matières grasses et élimine en même temps une partie de l’eau. Dès lors, le départ de l’eau est facilité. L’autre, d’ordre biologique, provient de l’action des anesthésiques sur les colloïdes; au contact des anesthésiques, les colloïdes provenant des êtres vivants et même les colloïdes en générasse rétractent et abandonnent d’eux-mêmes lapins grande partie de leur eau d’absorption ou d’hydratation.
- Le nouveau procédé tient à la fois des méthodes directe et indirecte, puisque de la perte totale à l’étuve il est nécessaire de retrancher le poids de la graisse.
- Pour vérifier son exactitude et comparer aussi les résultats obtenus avec ceux fournis par l’ancienne méthode au vide, j’ai opéré sur un très grand nombre de cuirs.
- Dans les tableaux suivants, j’ai groupé les résultats obtenus depuis un an, de manière à faire ressortir soit l’influence de la graisse, soit celle du tannage. Les essais mécaniques ne sont indiqués que pour les cuirs tannés et hongroyés, parce que ce sont les seuls sur lesquels on ait prélevé des échantillons à remplacement prévu parle Cahier des Charges de l’artillerie.
- Cuirs tannés.
- TABLEAU IL — cumâ a l’eau
- NUMÉROS. MATIÈRES EAU. ÉCART. ÉPAISSEURS RÉSISTANCES.
- GRASSES. VIDE. ÉTUVE. EN MILLIMETRES.
- 1 . . . . 0,3 9 13 4 5,2-6,2 kil. 3,0 —2,77
- 2 0,o 14 14,5 0,5 4,8—4,6 2,36—1,81
- 3. . . . 0,5 14 15 1 5,8—6,7 2,49—2,42
- 4. . . . 2 IJ 15 4 7,2—7,1 2,36—1,99
- 5. . . . D 11 12 . 1 4,7-5,2 3,81—3,82
- 6. . . . 7 12 13 1 6,5—6,6 4,6 —4,3
- p.796 - vue 812/1612
-
-
-
- TARLEAU III.
- CUIRS EN SUIF
- NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES P. 100 3 > lU. a > p | ÉCART. | ÉPAISSEUR en millim. RÉSISTANCE EN KILOGR. par m2.
- 1 * 10 ' 10 12 2 4,4—4,8 5,3 —5,2
- 2 10 11 12 1 5,3—5,8 3,55—3,3
- 3 10 12 13 1 3,3—3,5 3,1 —3,15 ~
- 4 10 14 15 1 3,6—4,0 4,08—3,85
- 5 10 io 16 1 3,8—3,2 3,6 —3,05
- 6 10 20 21 1 4,3—4,2 3,43—3,41
- 7 11 9 11 2 4,0-4,4 4,00—3,88
- 8 11 10 11 1 4,9—5,1 3,56—3,97
- 9 11 11 13 ' 2 5,0-5,0 3,56—3,33
- 10 11 13 14 1 4,2—4,1 4,13—3,34
- 11 11 14 17 3 3,8—4,2 3,5 —4,00
- 12 12 9 13 4 4,5—4,5 3,57—3,41
- 13 12 12 14 2 3,7—3,9 4,00—4,1
- 14 12 13 15 2 2,7—2.8 4,05—3,23
- 15 12 13 14 1 4,5—4,9 3,56—3,49
- 16 12 14 15 1 4,0—4,2 4,15—3,57
- 17 13 11 ,13 2 4,7—4,5 3,58—3,35
- 18 13 12 14 2 4,6—4,7 3,44—3,58
- 19 13 12 14 2 4,6—4,6 3,6 —4,07
- 20 13. 14 15 1 3,9-4,0 4,3 —4,47
- 21 13 14 17 3 4,7—4,8 4,53—3,75
- 22 13 16 18 2 3,7-3,7 3,62—3,32 .
- 23 13 16 18 2 4,3—4,4 3,72—3,84
- 24 14 8 9 1 3,5—3,6 3,81—4,11
- 25 14 9 12 3 5,0—4,5 4,15—3,57
- 26 14 10 14 4 4,5—4,5 3,6 —4,7
- 27 14 10 12 2 4,3—4,1 3,88—4,65
- 28 14 11 14 3 4,9—4,6 3,56—3,91
- 29 14 13 14 1 5,0—4,3 3,48—3,08
- 30 14 14 15 1 4,7—4,9 4,05—4,35
- 31 14 14 16 2 4,3—4,4 4,8 —4,27
- 32 14 15 16 1 5.1—4,8 3,75—4,43
- 33 14 15 17 2 4,4—4,4 3,79—3,26
- 34 14 18 19 1 4,2—4,5 3,79—3,61
- 35 15 8 12 4 4,6—4,7 4,43—3,97
- TANNAGE.
- Mauvais.
- Médiocre.
- Très mauvais.
- Mauvais.
- NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES P. 100 VIDE. ) M V > U. > D H -W ÉCART. ÉPAISSEUR EN MILLIM. RÉSISTANCE EN KILOGR. en m2. TANNAGE.
- 36 15 9 10 1 5,0—4,9 2,88—2,76
- 37 15 11 13 2 5,2—5,1 3,58—3,6
- 38 15 12 13 1 3,6—3,2 5,11—3,87
- 39 15 13 14 1 4,6—4,7 4,71—3,36 Médiocre.
- 40 15 14 15 1 4.6—4,5 4,34—3,87
- 41 15 15 16 1 4,1—4,1 5,48—3,69
- 42 15 16 17 1 3,9-3,8 3,76—4,04
- 43 15 16 18 2 4,6—4,9 4,46—3,14
- 44 16 9 12 3 4,6—4,6 3,38—3,48
- 45 16 10 12 2 4,0—3,7 3,13—3,38
- 46 16 H 13 2 4,2—4,1 3,82—4,53
- 47 16 11 12 1 3,0—3,0 2,78—2,27 Médiocre.
- 48 16 14 15 1 4,3—4,3 3,1 —4,0 «
- 49 16 16 18 2 4,5—4,6 2,96—3,36 Mauvais.
- 50 16 16 18 2 4,6—4,5 4,4 —4,1
- 51 16 17 18 1 4,8—5,1 5,02—4,12
- 52 17 10 11 1 4,2—4,2 4,33—3,83
- 53 17 12 14 2 3,8—3,7 4,41—4,93
- 54 17 13 14 1 6,1—5,9 2,95—3,11
- 55 17 14 16 2 4,7—4,7 3,9 —4,15
- 56 17 15 17 2 4,3—4,6 4,22—3,95
- 57 18 9 11 2 3,6—3,6 4,2 —4,32
- 58 18 10 12 2 3,6—3,5 3,7 —4,2
- 59 18 11 13 2 4,2—4,0 3,3 —3,8
- 60 18 12 14 2 4,8—5,0 3,68—2,93
- 61 18 15 16 1 4,9—5,1 3,67—3,7 Très mauvais.
- 62 18 16 18 2 4,2—4,0 3,78—3,7
- *63 18 18 19 1 5,3—4,8 3,58—3,65
- 64 19 8 9 1 4,9—4,8 3,68—4,2
- 65 19 9 11 2 4,8-4,5 3,21—2,96
- 66 19 10 12 2 4,4—4,3 3,72—3,98
- 67 19 10 12 2 3,0—3,0 3,65—3,2
- 68 19 15 15 0 4,5—4,6 2,8 —3,28
- 69 19 16 18 2 4,4—4,6 3,82—4,2
- 70 19 17 18 1 5,0—5,2 3,0 —2,31
- Médiocre.
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-
-
-
- TABLEAU IV.
- CUIRS EN PLEIN SUIF
- NUMÉROS. MATIÈRE^ GRASSES P. 100. VIDE. ) ' ^ ( > U. > P H •a | ÉCART. ÉPAISSEUR EX MILLIM. RÉSISTANCE EN KILOGR. par m2. TANNAGE. NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES )>. 100. E.A 3 > U. a P H' | ÉCART. ÉPAISSEUR EN MILLIM. •RÉSISTANCE EN KILOGR. par m*. TANNAGE.
- ; i 20 8 10 2 2,0—2,0 3,63—3,26 55 27 ii 15 4 3,9—3,8 3,42—2,99»
- 2 20 9 10 1 3,2—3,2 2,91—2,08 56 27 h 15 4 2,9—2,7 2,3 —2,47 Mauvais.
- 3 20 9 il 2 4,4—4,b 3,78—3,2 57 27 12 14 2 3,5—3,5 3,56—3,72
- 4 20 9 12 3 4,8—5,0 2,78—3,21 Mauvais. 58 28 9 13 4 2,8—2,6 2,22—1,54
- 5 20 10 11 1 4,7—4,2 3,86—4,62 59 28 10 12 2 4,4-4,5 3,73—3,13
- 6 20 11 12 1 4,8—4,6 .3,62—3,64 60 28 10 13 3 4,3—4,5 2,56—3,11
- 7 20 12 14 1 5,7—5,7 3,45—2,81 61 28 11 13 2 4,6—4,4 3,4 -3,73
- 8 20 13 15 2 4,7—4,9 3,36—3,85 62 28 12 14 2' 2,9—3,2 3,1 —3,09.
- 9 20 14 16 2 5,0—5,0 2,8 —3,34 63 29 8 9 1 5,3—5,9 2,4 —2,51
- 10 20 15 16 1 5,8—5,6 2,87—3,56 64 29 9 12 3 2,3—2',4 , 2,58—2,28
- 11 20 17 18 1 0,2 3,1 —2,84 Médiocre. 65 29 10 12 2, 4,7-4,8 , 3,35—3,12
- 12 21 8 11 3 2,3—2,4 3,53—3,47 66 29 10 13 3 3,7—3,5 i 2,98—3,12
- 13 21 10 12 2 5,5-5,3 3,45—3,95 67 29 12 14 2' 3,1—3,1 i 3,08—2,11
- 11 21 13 14 1 4,0—3,2 4,02—3,3 68 30 8 11 3 2,9—2,6 2,46—1,62
- 15 ; 21 14 16 2 3,9—3,9 3,83—3,98 69 30 9 12 3 3,4—3,2 i 3,05—2,8
- 16 21 15 17 2 4,3—4,3 4,00—3,78 70 30 10 13 3 6,6—6,3 1 3,01—3,13
- 17 21.' 17 19 2 4,9—4,9 3,81—3*,78 71 30 10 13 3 3,1—3,1 3,29—3,01
- 18 22 10 12 2 4,5—4,3 3,41—3,19 72 30 14 17 3 ! 4,4—4,5 3,17—2,53
- 19 22 10 13 3 5,2—4,8 ‘ 3,38—3,32' 73 31 8 10 2 2,0—2,0 3,11 —2,98 -
- 20 22 11 14 3 3,6—3,5 ! 3,16—3,56' 74 31 9 11 2: 5,0—5,0 2,37—2.46
- 21 22 12 14 2 5,2—5,0 3,56—3,81 Mauvais. 75 31 9 11 2 3,5—3,6 2,76-3,02
- 22 22 13 15 2 4,3—4,3 4,05 — 4,5 76 31 10 13 3 3,7—3,5 2,05—2,46
- 23 23 8 10 2 4,2—4,6 . 4,38—5,1 77 31 11 13 2 4,1—4,0 3,23—3,02
- 24 23 8 11 3' 5,7—5,4 ' 2,89—3,15 78 31 13 14 i 3,4—3,2 4,23—3,84
- 25 23 9 12 3 4,8—4,9 i 4,00—3,74 Mauvais. 79 32 8. 9 i 1,7—1,7 2,9i —2,43
- 26 23 10' 11 1 5,0—5,2 3,54—3,55 80 32 8 10 2 1 4,6-4,9 2,48—2,65
- 27 23 11 13 2: 5,7—5,3 3,38—3,62 81 32 9 13 . 4 2,9—2,7 2,85—2,08
- 28 23 12 12 0 3,7—3,7 3,5 —3,4 82 32 9 15 6 3,6—3,5 2,67—2,42
- 29 23 14 16 2 4,7—4,9 * 3,69—3?,88 83 32 10 13 3 3,7—3,6 3,0; —3,23 Mauvais.
- 30 23 16 17 1 5,1—5,2 . 3,82—3,46 84 32 11 13 2 5,0—4,7 2,64—3,2
- 31 24 8 9 1 5,0—4,9 ! 3,3 —4,03 85 32 12 13 1 3,1—3,3 2,9 —3,2
- 32 24 8 11 3 1,8—1,7’ ! 1,4 —3,11 86 32 12 14 2 3,2—3,4 4,39—3,67.
- 33 24 9 12 3 4,7—4,5 3,53—3,6 87 33 8 11 3 2,1—2,0 1,49—1,40
- 34 24 10 12 . 2: 4,9—4,3 , 2’, 7 7—2,89:* 88 33 9 11 2 1,8—2,0 3,56—3,80
- 35 24 11 14 3 1,8—2,0 1,56—2,3 89 33 10 14 4 3,5—3,5 3,24—3,01
- 36 24 12 12 0 : 4,8—4,9 ' 3,01—3,18 90 33 12 ' 13 1 3,1— 3,0 3,42—3,02
- 37 21 13 14 1 2,8— 2,9 2,0 —2,7 91 34 8 9 1 2,1—2,0 3,24—3,23
- 38 25 8 10 ' 2 4,4—4,2 2,8 —2,6 92 34 9 12 3 3,1—3,2 3,00—3,29
- 39 25 8' 12 4 3,0—3,0 3,7 -4,29; 93 34 9 12 3 3,4—3,5 2,36—2,17
- 40 25 9 12 3 2,7— 2,7 2,69—1,87 94 34 10 12 2 2,1—2,4 3,74—3,15
- 41 25 9* 13 4 5,2—5,5 , 3,08—2,91 ; Mauvais*. 95 34 12 14 2 4,2—4,2 2,59—3,09
- 42 25 10 13 ? 2,4—2,5 2,97—3,49 96 35 8 9 1 2,5—2,5 2,82—1,63
- 43 25 il 13 * 2 2,2—2,0 2,12—1,7 * 97 35 8 10 2 2,1—2,2 1,36—2,42
- 44 25 12 14 2 4,5— 4,5 3,42—2,99 98 35 9 12 3 3,8—3,7 3,6 —4,17
- 45 25 13 15 2 2,7—3,0 1,43—2,05 99 35’ 10 13 3 4,7—4,8 2,51—1,93
- 46 26 9 11 2 2,6—2,8 3,16—3,8 100 35 10 13 3 3,8—4,1 4,37—3,33
- 47 26 9 11 2 4,6 2,3 101 36 8 10 2 2,0-2,17 1,93—1,65
- 48 26 10 13 3 4,8-4,9 3,01—3,6 102 36 8 11 ! 3 3,6—3,2 2,59—3,16
- : 49 26 12 14 2 3,5—3,5 3,4 —3,7 103 36 9 12 3 3,1—3,3 2,3 —2,2
- i 50 26 13 14 1 : 4,5—4,3 3,61—3,38 104 36 10 14 4 3,6—3,3 2,91—2,06
- ; 51 26 13 16 3 4,4—4,3 2,22—2,79 105 37 8 10 . 2 2,1-2,2 1,36—2,42
- i 52 27 9 12 3 4,3—4,2 2,85—3,1 106- 37 9 11 2 2,4—2,3 1,6 —1,82
- ; 53 27 10 11 1 ! 4,2—4,2 3,53—3,24 107 38 8 10 • 2 1,7-1,7 1,43—1,73
- ' 54 ! 27 11 12 1 4,3—4,1 3,35—3,6 108 38 8 10 2 1,3—2,2 1,36—1,64
- p.798 - vue 814/1612
-
-
-
- 799
- RECHERCHES SUR LES CUIRS ET LES PEAUX.
- TABLEAU V. — coirs hongroyés
- NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES P. 100. FJ a ( d ETUVE. ] • | ÉCART. ÉPAISSEUR EN MILLIM. RÉSISTANCE EN KILOGR. par m2. SEL MARIN p. 100. w O ai -a a ? MATIÈRES GRASSES P. 100. VIDE. K LU. a > D H *a | ÉCART. ÉPAISSEUR EN MILLIM. RÉSISTANCE EN KILOGR. par m2. SEL MARIN p. 100.
- 1 13 15 17 2 6,7—6,4 2,3 —2,57 4 8 25 13 15 2 4,2—3,8 2,97—3,09 ' 3,4
- 2 20 ! 15 47’ 2 4,0-4,1 3,0—3,87 ! 3 9 26 7 9 3 2 4,2—4,3 3,1 —3,3 • 3,5
- 3 21 13 16 3 4,7—4,8 , 4';73—4,46; 3,5 10 26 ? 16- 18 . 2 4,6—4,4 3,3 —3,6 3,4
- 4 21 17 20 3 4,2—3,8 2,97—3,09 3,4 11 27 12 '15 3 4,1—4,1 4,3 —3,8 3
- 5 21 13 16 3 4,7—4,9 2,84—2,48 3 12 27 14 16 2 4,2—4,3 3,44-3,58 3
- 6 21 17 20 3 5,6—5,7 2,69—2,91 3,5 • 13 28 12 14 2 4,8-5,2 ,4,1 -3,87 3,5
- 7 23 5 17 2 4,8—4,6 3,2 —2,98 3,5 14 28 * 12 15 ' ? 4*0—4,0 3,94—3,81 3,5
- TABLEAU VI. — cuirs chromés TABLEAU VIL — cuirs verts
- NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES P. 100 EA à & > U. H ' > i £ H •a i ÉCART. NUMÉROS. MATIÈRES GRASSES P. 100 VIDE. i ( P \ Lt> U. a > . O' h •a ÉCART.
- 1 9 . 13 , 18 t 3. ! 1 0,4. 1.7,5 i 18,1 ; 0,6
- 2 12 14 15 1 2. 0,45- 1.7,5 18,0 0,5
- i 3 12.. 15 , 18 3, ) 3 0,5 ; 18 ^ 19 L
- 4 13 : 12' 13 1 L s 4 • 0,5. 17,5 18 s 0,5-
- 5. 13 ? 12, 13- ! 1 * 5 0,5 18 1 20 ' 2 -
- 6 14 14 16 2 6 0,5 18* ‘ 21 : g.
- 1 7 15 • 14 17 i 3’ 7 ! 1 18 ! 22 i 1 4'
- ' 8 17 12 ! ir * 8 1 5 1T 20 3
- 9 f 17 i 19 : 21 2 9 . 1 18 18,5 0,5
- De l’examen de ces* tableaux, il? résulte que la- teneur en eau,, trouvée avec le-nouveau procédé-, est- toujours supérieure à celle fournie par* la dessiccation; dans* le vide sec pendant quarante-huit. heures. iL’écart moyen est voisin de % p. 100. La nouvelle méthode est plus;précise.; elle est siirtoutÿlus rapide\ kxx&sï J- aurait-il intérêt, à- l’employer à L’avenir; mais pour éViter des réclamations-très, justifiées, iL conviendra; que toute* administration qui? la substituera* à* l’ancienne méthode au vide, relève de 2 p. 100 au moins les maxima des teneurs en eau imposés par les cahiers, des charges pour les cuirs tannés* en suif ou plein suif et pour les cuirs hongroyés.
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- ARTS CHIMIQUES
- LA LUTTE CONTRE LE GRISOU ET CONTRE L’OXYDE DE CARBONE DANS LES MINES DE
- houille (1) par M. G-réhant, professeur au Muséum.
- Mesdames, Messieurs,
- Dans le vaste domaine des sciences expérimentales, on n’arrive à des résultats nouveaux qu’à la condition de travailler d’une manière continue ; quel plus bel exemple puis-je vous citer que celui du président du Conseil supérieur du Muséum d’histoire naturelle, Marcellin Berthelot, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, membre de l’Académie de médecine pendant quarante-quatre ans (1863-1907). Nous allons projeter un portrait ressemblant de l’illustre chimiste, qui a travaillé, on peut le dire, jusqu’au moment de sa mort dramatique causée par une immense douleur.
- Elève du collège Henri IV, Berthelot obtint au concours général le prix d’honneur de dissertation française en philosophie; il avait fait ses études avec Charles d’Almeida, qui était son meilleur ami, et il avait suivi les leçons d’un excellent professeur de physique Edouard Desains qui, plus tard, était fier de son élève, et qui résumait dans ses cours les travaux successifs de synthèses admirables qu’il suivait avec le plus vif intérêt.
- Le professeur Berthelot avait pour Claude Bernard la plus haute estime et la plus grande affection, et j’ai souvent entendu, dans le Laboratoire de médecine du Collège de France, la conversation de ces deux grands hommes.
- Il m’est impossible de résumer l’œuvre scientifique de Berthelot qui était d’une érudition extrême; un jour il me disait que, parmi les travaux d’Archimède, il existe un chapitre sur la vis si difficile à comprendre qu’il faudrait le génie de Newton pour l’expliquer : je fais projeter un beau portrait de l’illustre savant anglais que le regretté directeur de l’Observatoire, M. Lœwy, m’a permis de faire photographier. Nous nous servons constamment de l’Agenda du chimiste et, pour les caractères eudiométriques des gaz combustibles, nous utilisons le tableau dressé par Berthelot, qui excellait dans l’analyse des gaz et dans
- (1) Conférence faite, le dimanche 8 mars 1908, dans le grand amphithéâtre du Muséum d’histoire naturelle.
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- LUTTE CONTRE LE GRISOU ET L’OXYDE DE CARBONE.
- l’art de l’expérimentation. Ici, je m’occuperai seulement de cinq gaz : l’hydrogène, l’oxyde de carbone, le formône, l’éthylène et l’acétylène.
- Nous allons les faire détoner dans des tubes à essai : nous avons composé à l’avance des mélanges ; 1° de 20 centimètres cubes d’hydrogène avec 10 centimètres cubes d’oxygène (gaz de la pile) ; 2° de 20 centimètres cubes d’oxyde de carbone avec 10 centimètres cubes d’oxygène; 3° de 20centimètres cubes de formène avec 40 centimètres cubes d’oxygène ; 4° de 20 centimètres cubes d’éthylène avec 60 centimètres cubes d’oxygène; 5° de 20 centimètres cubes d’acétylène avec 50 centimètres cubes d’oxygène ; nous avons introduit dans chacun des tubes à parois minces 25 centimètres cubes de chaque mélange; à l’aide d’un inllammateur à fil de platine que nous faisons rougir par un courant électrique d’accumulateurs, nous obtenons une série de détonations de plus en plus violentes; avec l’acétylène, dans l’expérience faite au Laboratoire, le tube a été brisé, les fragments de verre et la violence des ondes explosives ont déterminé la rupture en plusieurs morceaux du bocal extérieur à parois épaisses, c’est une expérience que je me garderais bien de répéter ici.
- Défions-nous donc de l’acétylène, gaz découvert par Berthelot qui détone avec une telle violence que, si on l’emploie pour l’éclairage, je conseille une canalisation aérienne et non souterraine.
- Nous verrons bientôt qu’il est possible d’analyser et de doser l’acétylène dans une cloche eudiométrique ou dans mon eudiomètre-grisoumètre, à la condition d’employer un très petit volume de ce gaz. J’ai hâte, Mesdames et Messieurs, d’arriver à l’étude du formène qui est le principal gaz combustible du grisou, car d’après M. Le Chatelier il en constitue souvent les 90 centièmes.
- La figure 1 représente mon eudiomètre-grisoumètre, instrument que j’ai simplifié autant que possible, en supprimant le robinet pointeau des grisoumôtres : il se compose d’une ampoule cylindrique de verre et d’un long tube gradué en centimètres cubes et en cinquièmes ou dixièmes de centimètre cube; dans l’ampoule, le constructeur M. Leone a fait souder une spirale d’un fil de platine ayant 3 ou 4 dixièmes de millimètre de diamètre : les extrémités du fil soudées dans le verre pénètrent dans des tubes courts et courbés que l’on remplit de mercure sur lesquels on fixe avec des tubes de caoutchouc des fils idc cuivre soudés à des bornes de laiton qui reçoivent les pôles d’un courant de 10 accumulateurs que je fais charger avec un moteur à gaz et une dynamo, appartenant à mon Laboratoire. L’eudiomètre grisoumètre renferme 75 centimètres cubes ou 100 centimètres cubes, j’ai fait avec cet instrument la série des essais suivants Tome 110. — Juin 1908. 53
- d i o m è t r e
- grisoumètre Gréhant avec son support à cupule.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- qui sont de la plus grande importance et que j’engage tous les chimistes qui doivent employer cet instrument à répéter, en se plaçant dans les mêmes conditions que moi. Analyse du formène préparé'par Vacétate de soude sec et la chaux sodée : (manipulations de chimie du professeur Jungfleisch).
- Dans une cloche de verre cylindrique graduée de 80 centimètres cubes pleine d’eau,on introduit 12cm3,6 de formène 25 centimètres cubes d’oxygène et de l’air jusqu’à 56 centimètres cubes, on agite vivement les gaz pour obtenir un mélange homogène ; on fait pénétrer dans la cloche un inflammateur à fil de platine à deux tiges parallèles et on maintient fortement la cloche à l’aide du support spécial à capsule que j’ai inventé et qui est représenté par la figure 2 ; on fait passer une fois le courant : il se produit une forte détonation avec flamme, le volume se réduit à 29cm3,8; et après la potasse à 17,4; la réduction totale est égale à 56 centimètres cubes — 17cm3,4 = 38cm3,6 ; le tiers de ce volume est égal à 12,8,,nombre si voisin de 12,6 que l’on peut affirmer que le formène est absolument pur.
- Emploi de /’eudiomètre-grisoumèlre :
- 1° Air qui reçoit un centimètre cube de formène.
- On ajoute à. ..... ........................ 85 cc. 5 d’air
- 1 cc. formène et on agite
- 8G cc. 5
- 200 passages du courant portant le fil de
- platine au rouge blanc donnent. . . . 85,4
- Potasse ou KOH. ........................ 84,8
- Réduction.
- 200 passages du courant........
- KOH............................
- 200 passages (600 en tout). . . . KOH............................
- • . 1,7
- le tiers de 1,7 est égal à 0,566 formène. . . 83,7
- . . 83,7
- 84,8 — 83,7 = 1,1 dont le tiers est 0,366 . . 83,7
- . . 83,6
- 0,1 dont le tiers est 0,033
- Somme : 0,965
- Nous voyons, et c’est un fait incontestable, que le formène brûle difficilement et que sa combustion complète exige le passage six cents fois répété du courant dans une anse de platine, les deux nombres 1 centimètre cube et 0cm3,965 étant très voisins, la conclusion qui s’impose est celle-ci ; toutes les fois qu'on a dosé le formène dans les différents grisoumètrès, on a obtenu un dosage incomplet et lorsqu'on a trouvé 1 ou 2 p. 100 de formène, il y en avait peut-être le double dans l'air puisé dans les mines.
- 2° Air qui a reçu 2 centimètres cubes de formène pur :
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- LUTTE CONTRE LE GRISOU ET l’oXYDE DE CARBONE.
- 200 passages et KOH 200 —
- 200 —
- au lieu de 2, résultat excellent. 3°
- 200 passages et KOH
- 200 —
- 200 —
- 200 -
- 200 passages et KOH 400 —
- 600 * —
- 800 —
- 1 000 —
- 84 cc. 6 air
- 2 cc. formène
- 86,6
- 83,0
- 81,8
- 80,8 86,6 — 80,8 = 5,8
- 3,8 . AO
- — = 1 cc. 93
- 80 cc. 4 air
- 3 cc. formène
- 83 cc. 4
- 78.6 83,4 — 74,7 = 8,7
- 8 7
- 76,0 = 2 cc. 9 au lieu de 3
- 75.2
- 74.7
- 79 cc. 4 air
- 4 cc. formène 83 cc. 4
- 75.8
- 73.2
- 72.2 83,4 — 71,6 = 11,8
- 71.8 i^-8 = 3,93 71,6
- On a trouvé 3cra3,93 au lieu de 4 centimètres cubes, résultat très satisfaisant, et qui démontre que pour brûler complètement le formène par une spirale de platine portée au rouge blanc il est nécessaire de faire passer le courant à l’aide du levier de Du Bois-Reymond jusque 1 000 fois, toutes les molécules du mélange gazeux devant passer sur une surface incandescente fort petite.
- Ces dosages sont absolument exacts, mais j’ai fait tous mes efforts pour accélérer la méthode d’analyse, et j’y suis arrivé par l’usage du gaz de la pile dont j’ai déjà conseillé l’emploi dans mon volume les Gaz du sang de l’Encyclopédie des aide-mémoire Leauté, en 1894.
- Usage du gaz de la pile. — Je prépare ce gaz à l’aide d’un appareil semblable à celui de Bunsen (méthodes gazométriques) que j’ai légèrement simplifié (fig. 2) : les deux lames de platine qui servent à décomposer l’eau sont maintenues écartées par de petites tiges horizontales de verre, le tube abducteur a été supprimé et les gaz, 2 volumes d’hydrogène et 1 volume d’oxygène, résultant de la décomposition de l’eau fortement acidulée par l’acide sulfurique se rendent directement au centre d’une petite cuvette pleine d’eau; il n’y a pas d’espace nuisible.
- J’indiquerai les résultats des expériences suivantes qui ont été faites dans une cloche cylindrique de verre de 130 centimètres cubes dont je conseille
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- ARTS CHIMIQUES.
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- l’emploi à tous les chimistes qui s’occupent de l’analyse des gaz combustibles ; chaque analyse a duré dix minutes environ :
- 1° 99 cc. air.........] . . . . . . .
- 1 cc. formène pur , f Vive,agitation : mélange homogène.
- 30 cc. gaz de la pile. ] . ,
- 98,5...............^ Détonation et flamme par un seul passage du
- KOH 96,6....................) courant.
- 100 — 96,6 — 3,4 dont le tiers est 1,1 formène.
- chiffre très voisin de 1 centimètre cube.
- 2°
- 3°
- 4°
- 5°
- 6°
- KOH
- 98 cc. air.
- 2 cc. formène.
- 30 cc. g. p. (gaz de la pile). 130 '
- 97 cc. détonation et flamme.
- 93 cc. air. Réduction : J00 — 93 = 7 dont le tiers est 2,3 formène.
- 97 cc. air......... 100 — 90,5 = 9,5 réduction.
- 3 cc. formène.
- 9 5
- 30 cc. g. p......... -7j- = 3,16 formène.
- 90 cc. air......... 100 — 88 = 12 réduction.
- 4 formène.
- 12
- 30 cc. g. p. . . . .. . —= 4, exactitude parfaite.
- 95 cc. air......... 100 = 85,7 = 14,3 réduction.
- 5 formène.
- 14 3
- 30 cc. g. p......... —^— = 4,9 au lieu de 5.
- 94 cc. air. . . . . : 100 = 81,8=18,2
- 6 formène.
- 18,2
- 30 cc. g. p......... —^—=6,06 au lieu de 6.
- 93 cc. air.
- 7*cc............... 100 — 74,6 = 20,6.
- 20 6
- 30 cc. g. p......... -j- = 6,9 au lieu de 7.
- En se plaçant dans les conditions indiquées, en ajoutant toujours à K)0 centimètres cubes d’air dépouillé d’acide carbonique et renfermant du formène (grisou) 30 centimètres cubes de gaz de la pile, ou voit que ce procédé très simplifié exigeant à peine 10 minutes de travail donne une exactitude absolue ou presque absolue, tout à fait satisfaisante dans la pratique ; on peut donc multiplier beaucoup les analyses pendant la journée et même pendant la nuit des gaz puisés dans les galeries de mines dans des flacons de verre d’un demi-litre que l’on remplit à l’aide de 20 manœuvres d’un petit soufflet d’appartement dont la tuyère est introduite au milieu du flacon, fermé ensuite avec un bouchon de caoutchouc.
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- Ces flacons sont remontés jusqu’au niveau du sol dans le laboratoire qui doit être installé dans chaque exploitation de mine.
- Pendant l’année 1907, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, qui s’est tenu au mois d’août dans la ville de Reims qui rappelle tant de souvenirs glorieux, j’ai fait connaître la manœuvre et l’emploi de mes appareils pour le dosage du formène dans les mines et j’ai été secondé par un professeur de physique du Lycée, M. Dixsaut, habile expérimentateur, üe là, je suis parti pour Bruxelles; j’ai reçu, à l’Institut Solvay, de MM. Ileger etDemoor, directeurs de cet admirable Institut, une courtoise hospitalité, et j’ai pu démontrer en cinq séances à des savants belges et à un inspecteur général des mines, avec l’aide de M. Dony et du personnel de l’Institut, l’emploi de mes procédés eudiomé-triques et grisoumétriques.
- De retour à Paris, après les vacances, j’ai repris activement la série des recherches dont je viens de résumer les plus importants résultats.
- Il me reste, Mesdames et Messieurs, à vous parler de l’oxyde de carbone, qui se produit mélangé avec l’acide carbonique dans les houillères dont une partie du charbon entre en combustion, et ce gaz toxique a produit aussi de nombreux accidents mortels. J’ai tant travaillé la question de l’oxyde de carbone, qu’il m’est impossible de donner ici un résumé de mes longues recherches qui ont été publiées en partie dans un volume intitulé : l'Oxyde de carbone, de l’Encyclopédie Léauté (1er janvier 1903) ; je me contenterai de vous donner les résultats d’une expérience que j’ai faite spécialement pour cette conférence, expérience qui a duré 4 heures et qui est très significative, car elle démontre avec quelle rapidité l’intoxication a lieu dans un mélange d’air et d’oxyde de carbone à 1 p. 100, et en combien de temps la respiration d’oxygène pur chez l’animal fortement empoisonné fait disparaître complètement l’oxyde de carbone du sang (résultat d’une importance extrême dans la pratique).
- Il faut que je vous rappelle tout d’abord, Mesdames et Messieurs, que c’est Félix Leblanc, élève de l'illustre chimiste Jean-Baptiste Dumas, qui a démontré que dans la vapeur du charbon c’est l’oxyde de carbone et non pas l’acide carbonique qui est toxique. Mon éminent maître, Claude Bernard, a expliqué le mécanisme de cet empoisonnement de la manière la plus claire :
- Si l’on agite avec de l’oxygène du sang privé de gaz à l’aide de la pompe à mercure à 40°, comme je vous le montre, et j’ai choisi du sang d’un animal de l’espèce porcine, le sang rouge foncé devient rouge vif, on trouve que 100 centimètres cubes de sang ont absorbé 20 centimètres cubes d’oxygène: si
- Fig. 2. — Appareil de Bunsen pour la préparation du gaz de la pile mo-. difié par M. Gré-hant.
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- arts Chimiques. — juin i908..
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- l’on agite 100 centimètres cubes de sang oxygéné avec 50 centimètres cubes d’oxyde de carbone, l’analyse montre que l’oxygène a été déplacé par 20 centimètres cubes d’oxyde de carbone.
- C’est Claude Bernard qui a démontré le premier que ce dernier gaz a plus d’affinité pour l’hémoglobine du sang que l’oxygène dont il prend la place.
- Expérience du professeur N. Grehant. Empoisonnement par l'oxyde de carbone, suivi de l'élimination du poison gazeux dans l'oxygène.
- 1° Je prépare 200 litres d’un mélange renfermant 198 litres d’air et 2 litres d’oxyde de carbone pur, à l’aide d’un gazomètre à rainure (système du docteur de Saint-Martin) ; ce mélange est injecté dans un grand sac de caoutchouc entoilé :
- Chez un animal carnassier, on découvre une artère carotide et on aspire un échantillon de sang à l’aide d’une seringue de physiologie ; selon le vœu de Claude Bernard, qui me demandait d’extraire exactement les gaz de dix centimètres cubes de sang, vœu qui est depuis longtemps réalisé dans mon laboratoire, on aspire seulement 10 centimètres cubes de sang qui est injecté dans un ballon vide immergé dans l’eau à 40°, le gaz obtenu par les manœuvres de la pompe à mercure est analysé sur le mercure, l’acide carbonique est absorbé par la potasse ; on passe la cloche graduée sur l’eau et on mesure le volume restant qui contient de l’azote et de l’oxygène : on ajoute un volume triple d’hydrogène; l’inflammateur à anse de platine est introduit dans ce mélange rendu homogène par l’agitation ; la cloche eudiométrique est fixée par un support dans un bocal plein d’eau, fermé par une planche et un poids : un seul passage du courant produit une forte détonation et le tiers de la réduction fait connaître exactement le volume d’oxygène qui a été fourni par le sang; j’ai complètement abandonné le procédé d’analyse de l’oxygène par le pyrogallate de potasse qui salit la cuve à mercure et les mains.
- 2° Je fais respirer, à l’aide d’une muselière de caoutchouc et de soupapes hydrauliques le mélange à 1 p. 100 d’oxyde de carbone, on note le temps et on observe l’animal : après une période d’agitation, on cesse de faire respirer le mélange toxique au bout de 16 minutes; entre la quinzième et la seizième minute, on aspire un second échantillon de sang dont le volume est égal à 20 centimètres cubes, qui est traité comme le premier à 40°; ce sang renferme beaucoup moins d’oxygène comme le montre l’analyse eudiométrique, mais il contient une forte proportion d’oxyde de carbone que l’on obtient en ajoutant au sang privé d’oxygène par la pompe un volume égal d’acide pbosphorique trihydraté, (ne coagulant pas l’albumine) qui décompose à 100° la combinaison de l’hémoglobine avec l’oxyde de carbone.
- Aussitôt que le sang a été pris dans le vaisseau, on fait respirer à l’animal de l’oxygène pur remplissant un Sac de caoutchouc de 300 litres, et après une
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- Oxygène
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- heure et deux heures de respiration on prend encore un troisième et un quatrième échantillon de sang.
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- Les résultats de l’analyse des gaz ramenés à 0° et à la pression de 760 millimètres, calculés pour 100 centimètres cubes de sang, sont représentés par les lignes brisées que j’ai construites; sur la ligne des abscisses XY (fig. 3), j’ai pris des longueurs indiquant le temps en minutes, 16 minutes, une heure et deux heures après l’empoisonnement, le carnassier respirant de l’oxygène.
- Sur les ordonnées perpendiculaires à la ligne des abscisses, chaque centimètre cube de gaz oxygène ou oxyde de carbone occupe une longueur égale à 4 millimètres.
- L’examen de ces graphiques est très instructif; il montre qu’avant l’empoisonnement, 100 centimètres cubes de sang artériel renferment 23cm3,2 d’oxygène; aussitôt que ranimai respire le mélange d’air et d’un centième d’oxyde de carbone, la proportion de l’oxygène baisse immédiatement dans le sang, et au bout de seize minutes, elle tombe à 4cm3,5 (d’autres expériences ont démontré que l’animal meurt en vingt minutes dans un pareil mélange).
- En môme temps, l’oxyde de carbone est absorbé par le sang avec une grande rapidité, et on trouve au bout de seize minutes, 19cm3,t de ce gaz dans 100 centimètres cubes de sang.
- Dès que l’on fait respirer de l’oxygène pur, à la fin de l’empoisonnement partiel, le tracé montre que l’oxygène augmente dans le sang, et au bout d’une heure il atteint 23cm3,9 dans 100 centimètres cubes de sang,- tandis que l’oxyde de carbone, éliminé en nature, descend à 2cm3,6 dans 100 centimètres cubes de sang.
- Pendant la seconde heure de respiration de l’oxygène, le volume de ce gaz s’élève jusqu’à 27 centimètres cubes (chiffre qui mesure exactement la capacité respiratoire du sang si bien définie par Paul Bert.
- L’échantillon de sang pris à la fin des deux heures ne renferme plus trace d’oxyde de carbone; le poison a été complètement éliminé.
- Cette expérience démontre que dans tous les cas d’empoisonnement par la vapeur de charbon ou par l’oxyde de carbone, le meilleur traitement consiste à faire respirer des centaines de litres d’oxygène ; il me paraît donc nécessaire de pourvoir, dans les villes, les pharmacies et les postes de secours de récipients à oxygène comprimé, que nous utilisons maintenant presque tous les jours dans notre Laboratoire, et qui contiennent chacun 2 mètres cubes d’oxygène.
- A défaut de ce gaz, l’air vital par excellence, il faut recourir au procédé des tractions rythmées de la langue de mon regretté collègue de l’Académie de médecine, le docteur Laborde, qui a sauvé la vie à tant de personnes asphyxiées par l oxyde de carbone ou par submersion dans l’eau. Dans plusieurs cas, les tractions ont été continuées deux et trois heures et ont obtenu une véritable résurrection.
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- LUTTE CONTRE LE GRISOU ET L’OXYDE DE CARRONE.
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- QUELQUES APPLICATIONS DE MES PROCÉDÉS d’aNÀLYSE
- Dosage de /’acétylène dans mon eudiomètre-grisoumètre. — J’introduis dans mon eudiomètre-grisoumètre. plein d’eau 60 centimètres cubes d’air, et j’ajoute lcm3,5 d’acétylène préparé par le carbure de calcium introduit dans une petite cloche de verre à robinet pleine d’eau, mesuré dans un tube gradué divisé en dixièmes de centimètre cube, le gaz combustible est mélangé avec l’air, et on trouve 61cm3,,5 de gaz : je fais passer 400 fois le courant dans la spirale de platine, puis 200 fois encore, et après l’action de la potasse, je trouve 56cm3,2; la réduction est égale à 61,5—*56,2 = 5,3 : en divisant ce nombre par 3,5, on obtient lcm3,5, exactement le chiffre de l’acétylène ajouté à l’air.
- On opérera de la meme manière, si l’on veut analyser de l’éthylène; après l’addition de 2 centimètres cubes de ce gaz à 60 centimètres cubes d’air, l’agitation nécessaire pour obtenir un mélange homogène peut faire absorber un peu d’éthylène par l’eau ; la lecture des volumes indiquera le volume de cette absorption, et le volume d’éthylène restant qui sera brûlé par la spirale de platine,portée au rouge 600 fois; le résidu total doit être divisé par 3.
- Ainsi, mes procédés eudiométriques et grisoumétriques peuvent être appliqués à l’analyse de l’air des gaz combustibles peu solubles dans l’eau, et je conseille à tous les expérimentateurs appartenant à l’enseignement supérieur, à l’enseignement secondaire et à l’enseignement primaire supérieur, d’employer mes appareils qui sont aussi simplifiés et aussi exacts que possible.
- Pour les applications à l’analyse des gaz des mines ou des ateliers, je reçois des lettres de l’étranger et je signalerai en particulier la question suivante qui a été adressée à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, par M. Couade, ingénieur, directeur de la Société du Donetz, à Dvoujkovka, gouvernement d’Ekaterinoslaw (Russie).
- « Y a-t-il des appareils pratiques indicateurs ou avertisseurs de l’oxyde de carbone? Qui construit ces appareils? Quel est celui que recommanderait la Société d’Encouragement? Il s’agit de préserver en temps voulu les ouvriers qui travaillent dans des bâtiments contenant des moteurs à gaz de hauts fourneaux ou dans des bâtiments contenant les appareils d’épuration pour ces gaz. »
- Mon ami, M. Richard, agent général de la Société d’Encouragement, m’écrit : « Voici une demande a laquelle vous pouvez répondre mieux que personne : où peut-on se procurer vos appareils? » Je n’ai qu’un désir, c’est de rendre service à l’humanité; aussi je suis, dans mon Laboratoire, à la disposition des ingénieurs ou des chimistes qui voudraient se familiariser avec l’emploi de mes procédés, pour éviter des catastrophes comme celles de Courrières, de Fairmont (Etats-Unis), et celles plus récentes qui ont eu lieu dans une mine charbonnière à H'anna (Wyoming), le 29 mars 1908 (70 victimes).
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- ARTS CHIMIQUES.
- JUIN 1908.
- Avant de terminer cet exposé de mes recherches, je tiens à rendre un nouvel hommage à mes maîtres de renseignement secondaire et de l’enseignement supérieur; c’est ce que j’ai déjà fait dans un livre de vulgarisation scientifique, La Santé par /’ Hygiène, que j’ai publié en 1907, à la librairie Delagrave, où j’ai donné un certain nombre d’esquisses biographiques.
- Aujourd’hui, je regarde comme un devoir de rendre un hommage de reconnaissance et de respectueuse affection à mon excellent maître Victor Duruy, qui non seulement nous a enseigné l’histoire au lycée Napoléon, dans de brillantes leçons que nous n’avons pas oubliées, mais qui, devenu inspecteur général de l’Instruction publique, puis grand'maître de F Université, a fondé l’Ecole pratique des Hautes Etudes, qui a contribué puissamment aux progrès des sciences, de l’histoire et des lettres dans notre pays.
- Le même ministre, en l’année 1868, a demandé à l’illustre Claude Bernard, dont j’étais le préparateur à la Sorbonne, de quitter la Faculté des Sciences, pour remplacer l’illustre Flou rens au Muséum d’Histoire naturelle. Claude Bernard y consentit, et je devins aide-naturaliste au Muséum, et en 1869 je fus nommé chef des travaux de physique et de chimie, au Laboratoire de Physiologie générale de l’École des Hautes Etudes. M. Balhiani fut nommé chef des travaux histologiques, et M. Armand Moreau, chef des travaux physiologiques. -
- Notre laboratoire fut agrandi et convenablement doté. J’ai toujours conservé une grande reconnaissance pour M. Duruy, et une grande admiration pour ses œuvres capitales, Y Histoire des Rom,ains et Y Histoire des Grecs; je suis heureux de projeter devant vous l’éminent membre de l’Académie française, de l’Académie des Inscriptions et de l’Académie des Sciences morales et politiques, dont le portrait m’a été obligeamment prêté par son fils, M. . George Duruy, professeur d’histoire et de littérature à l’Ecole polytechnique.
- Je dois aussi, Mesdames et Messieurs, exprimer ma reconnaissance et mon affection à notre actif et aimable directeur du Muséum, M. Edmond Perrier, membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine, qui a charge de tous les travaux qu’exige une administration compliquée et difficile et qui vient de fonder une Société des Amis du Muséum, semblable aux sociétés des Amis du Louvre et des Amis de l’Université.
- Votre présence ici, en si grand nombre, démontre de la manière la plus évidente combien le Muséum national d’Histoire naturelle compte d’amis; je souhaite que cette création nouvelle nous permette d’accroître de plus en plus la richesse de nos collections et le nombre et l’importance de nos recherches expérimentales.
- J’adresse mes hommages respectueux et reconnaissants à mes savants collègues de F Académie de Médecine, MM. Empis, Marty, Béclère, qui sont venus
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- LUTTE CONTRE LE GRISOU ET l’oXYDE DE CARBONE. 8 U
- spontanément représenter ici une savante Académie à laquelle je suis heureux d’appartenir.
- Il me reste, Mesdames et Messieurs, à vous remercier de votre bienveillante attention et du vif intérêt que vous portez aux progrès de la science de la vie.
- ANNEXE
- Après avoir terminé la rédaction de cette conférence qui m’a donné tant de satisfaction, j’ai continué mes recherches au Laboratoire et j’ai fait une observation qui va augmenter beaucoup l’emploi de mon eudiomètre-grisoumètre : l’expérimentation nous ménage toujours des surprises. .
- Je vais compléter la lecture que j’ai faite le 9 juin 1908 a l’Académie des Sciences sur les sujets suivanls : 1° Anatyse exacte du gaz des marais; 2° Dissolution de plusieurs carbures d'hydrogène obtenue dans Veudiomètre-grisoumètre.
- Pour obtenir le gaz des marais, rien n’est plus facile : dans une prise d’eau de forme rectangulaire située à l’entrée principale, 3, place Valhubert, dans un des jolis sites de notre jardin national du Muséum, je fais introduire une cloche à bouton pleine d’eau, maintenue par un long bâton, et descendue à l’aide d’une corde et d’une poulie jusqu’au niveau du fond du marais ; une longue tige de bois est enfoncée dans la vase et le gaz qui se dégage est recueilli dans la cloche, qui est relevée et immergée dans un seau plein d’eau qu’on rap-poi’te au Laboratoire.
- L’analyse du gaz des marais faite par mes procédés eudiométriques et grisoumétriques a donné, pour 100 centimètres cubes de gaz lcc., 5 d’acide carbonique et 67cc.,7 de formène.
- Le grisou et le gaz des marais ont la même origine, ils proviennent de la décomposition des végétaux dans l’eau, aussi je ne puis trop conseiller aux chimistes chargés de doser le grisou ou le formène dans les mines de houille de s’exercer d’abord à doser ces gaz dans le gaz des marais dont divers.échantillons, comme je l’ai reconnu, peuvent contenir des proportions variables de gaz combustibles.
- 2° En faisant passer, dans trois eudiomètres-grisoumètres de mon invention, 60 centimètres cubes de formène pur, 60 centimètres cubes d’éthylène et 60 centimètres cubes d’acétylène, on obtient, par 600 passages du courant portant la spirale de platine au rouge vif, des résultats curieux et très différents :
- Le formène double de volume, il y a dissociation non accompagnée d’un dépôt de charbon; par suite, l’hydrogène se sépare en partie d’un autre carbure d’hydrogène dont la composition devra être étudiée.
- L’éthylène donne un dépôt de gouttelettes de goudron parfaitement reconnaissable à son odeur et à sa couleur, et un faible accroissement du volume du gaz.
- L’acétylène s’enflamme'dès le premier passage du courant et donne un dépôt de charbon qui se fixe solidement sur la spirale et sur les parois de l’ampoule; on observe une diminution de volume du gaz.
- Il est évident que ce nouvel emploi de mon eudiomètre-grisoumètre permettra d’étudier facilement les phénomènes de dissociation qui ont fait l’objet de tant de travaux de M. Marcellin Berthelot, soit que l’on opère sur des carbures gazeux, soit que l’on opère sur des carbures liquides volatils.
- Gomme application, je citerai l’exemple suivant : Prenons deux échantillons de gaz servant à l’éclairage : l’un gaz d’eau obtenu en faisant passer de la vapeur d’eau sur du charbon chauffé au rouge, composé de volumes égaux d’oxyde de carbone et d’hydrogène, l’autre gaz de la houille contenant de l’hydrogène 45,6, de l’oxyde de carbone 6,6, du formène 34,9.
- En faisant passer un courant continu dans la spirale de platine pendant un quart d’heure dans 100 centimètres cubes de gaz de l’eau, on n’observe aucun changement de volume. Dans le second gaz de la houille, on observe un accroissement dé volume de 35 centimètres cubes, qui est dû à la dissociation du formène par le passage du courant porté au rouge vif.
- Il est très facile, par ce procédé, de distinguer les deux gaz et, pour établir leur composition exacte, il faut en outre recourir aux analyses eudiométriques en utilisant mes procédés.
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- ÉTUDE SUR LA FABRICATION DES VERNIS AU COPAL, par M. Ach. LÛVache.
- Le brillant d’un vernis et sa résistance aux agents atmosphériques sont d’autant plus grands que le copal employé présente une plus grande dureté; mais, dans la fabrication des vernis, on se heurte à une sérieuse difficulté due à l’insolubilité, au moins partielle, des copals durs dans les divers dissolvants ordinairement employés. On est alors obligé, pour rendre les copals complètement et facilement solubles, de les soumettre à l’action d’une température élevée, de manière à produire une décomposition partielle qui, comme l’a montré Violette, leur fait perdre de 20 à 25 p. 100 de leur poids. Il en résulte que cette opération, pratiquée empiriquement, non seulement cause une perte importante, mais fournit des copals soit incomplètement solubilisés, d’où des vernis troubles, soit, au contraire, des copals trop fortement pyrogénés, d’où des vernis colorés et collants.
- Les vernis au copal se distinguent en vernis volatils et en vernis gras, pour lesquels je me propose d’exposer les divers modes de fabrication les plus récents et, en particulier, un procédé de préparation que je viens de publier dans les comptes rendus de l’Académie des Sciences (avril 1908).
- VERNIS VOLATILS
- Les vernis volatils au copal sont obtenus en dissolvant un copal dans un dissolvant volatil, approprié de manière à obtenir, après évaporation du dissolvant, une couche de copal dure et brillante. Mais, comme je l’ai dit, il faut soumettre d’abord ce copal à une pyrogénation d’autant plus forte qu’il est plus dur, ce qui diminue sa dureté et son éclat.
- Tous les efforts des fabricants ont porté sur la dissolution directe du copal non pyrogéné, et l’on peut citer les essais de MM. Sahnée frères qui réussirent à dissoudre complètement les copals-durs dans de l’alcool à 90e en les broyant sous l’eau et en les laissant, à l’état de poudre impalpable, exposés à l’air pen-
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- ÉTUDE SUR LA FABRICATION DES VERNIS AU COPAL.
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- dant un temps qui dépassait quelquefois une année. Mais le procédé était peu pratique.
- Andès avait constaté que l’essence de térébenthine oxydée attaquait les copals, et que l’on pouvait même avoir une dissolution complète, en faisant une série de traitements successifs; mais les résultats, pour être complets, demandaient trop de temps et manquaient de constance.
- Je ne rappellerai que pour mémoire l’addition de copals tendres aux copals durs qui facilitaient la dissolution de ceux-ci, mais donnaient finalement une couche trop tendre supprimant tout l’intérêt de l’emploi du copal dur.
- On avait ensuite pensé à employer plusieurs dissolvants dans l’ensemble desquels les copals durs pouvaient être dissous, mais il est facile de comprendre que la solution obtenue, parfaitement limpide au début, se troublera rapidement, à mesure que les dissolvants plus volatils s’évaporeront, puisque les éléments du copal qu’ils maintenaient en dissolution ne seront plus solubles dans les dissolvants dont l’évaporation ne se produira que plus tard.
- Il était donc surtout intéressant de chercher à dissoudre les copals durs dans un dissolvant unique, sans leur avoir fait subir aucun traitement susceptible de les modifier.
- A ma connaissance, le seul procédé véritablement nouveau indiqué dans ces dernières années est celui de MM. A. Tixier et L. Rambaud (Brevet 334430, 5 août 1903), basé sur l’emploi du terpinéol. On peut préparer, dit le brevet, un vernis volatil, en dissolvant les gommes non fondues dans ce liquide ou dans un mélange de ce liquide avec de l’essence de térébenthine, de la benzine et de l’alcool. Les gommes tendres et demi-dures se dissoudraient en général avec la plus grande facilité à froid ou en chauffant modérément dans le terpinéol, cependant « certaines gommes demi-dures et les gommes dures se dissolvent plus difficilement, il est avantageux de pulvériser finement ces gommes au préalable et de chauffer en vase clos. Vers 210-220°, la dissolution s’effectue rapidement sous une pression très faible, si on emploie le terpinéol pur qui bout à 218°. » (.Moniteur Quesneville, 1906, p. 580.)
- En présence de ces résultats un peu incertains, j’ai cherché un dissolvant capable de dissoudre directement, à froid, les copals durs et demi-durs, et, après de nombreux essais, je me suis arrêté à l’alcool amylique qui, d’après Vogel, serait un dissolvant très actif dans lequel les copals se gonfleraient rapidement et se dissoudraient complètement à l’ébullition.
- Cette remarque, qui est vraie pour certains copals, ne l’est cependant pas pour les copals les plus durs; j’ai constaté qu’une fraction importante restait insoluble, même après un contact d’une année. Mais, si l’on emploie de l’alcool amylique contenant quelques millièmes d’acide, de l’acide nitrique par exemple, et si l’on y laisse se gonfler le copal très finement pulvérisé (soit 4 parties
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- ARTS CHIMIQUES.
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- d’alcool pour 1 partie de copal), on obtient une dissolution complète après un laps de temps qui n’excède pas une vingtaine de jours pour les copals les plus durs.
- L’opération qui, au besoin, peut être accélérée par l’agitation ou la chaleur, se l'ait d’autant mieux que le copal est broyé plus finement. En effet, des expériences de W. Ostwald, confirmées par celles du chimiste américain G. Hulett, ont démontré que la solubilité d’un corps solide dans un solvant, ne dépend pas seulement de la température, mais est aussi en rapport avec la dimension des particules solides qui sont en contact avec la solution, et est plus grande pour les particules extrêmement fines que pour les grains dépassant une grosseur déterminée. Ces expériences ont été confirmées par celles de M. Chesneau. [Revue de Métallurgie, 1906, p. 315.)
- Quant à l’explication à donner de l’action de traces d’acide, je crois que l’on ne doit pas l’attribuer à l’alcoolyse, mais, plus simplement, à l’attaque d’un élément existant dans le copal en très petite quantité mais qui, insoluble complètement dans l’alcool amylique, faisait obstacle à la pénétration de ce dernier.
- .Les copals qui ont servi à nos expériences étaient d’origine certaine, et ils m’avaient été choisis avec la plus grande obligeance par un des négociants les plus compétents, M. Migault. J’avais donc à ma disposition des copals durs de Zanzibar, de Madagascar, de Benguela et des copals demi-durs Kourie, manille dur et manille Makassar; les premiers ne se dissolvent complètement que dans l’alcool amylique acidulé.
- Parmi les nombreuses expériences que j’ai exécutées, je donnerai la suivante, à titre d’exemple, pour bien montrer les diverses phases de cette dissolution :
- Je pulvérise très finement 10 grammes de copal Zanzibar que je mets dans une fiole avec 40 grammes d’alcool amylique additionné de 2 gouttes d’acide nitrique (ce qui représente de l’alcool amylique à 1,55 d’acide nitrique par 1 000).
- Au début, le copal se gonfle et on a une masse très épaisse, ayant pris une couleur violacée.
- Le 5e jour, la masse commence à se fragmenter quand on agite la fiole fortement inclinée.
- Le 10e jour, plus de grumeaux fragmentés; on a un liquide bien homogène, semblable à du miel très épais; en agitant la fiole, on emprisonne de nombreuses bulles d’air qui se dégagent très difficilement.
- Le 12e jour, la fluidité augmente; les bulles se dégagent en quelques heures.
- Le 14e jour, la fluidité est presque complète; les bulles se dégagent très facilement; les petits grains de copal non encore dissous ont presque complètement disparu.
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- Le 17e jour, la dissolution est complète; la fluidité est telle que les bulles d’air, que l’on y emprisonne par agitation, se dégagent en quelques instants. Il se dépose, par le repos, au fond de la fiole, des impuretés sous forme pulvérulente, ne dépassant pas quelques milligrammes.
- . Cette dissolution, d’une limpidité absolue, a une couleur jaune légèrement orangée ; mais ’en l’agitant quelques instants avec une petite quantité de carbonate de baryte, l’action de l’acide sur la matière colorante est neutralisée et la dissolution a une belle couleur jaune citron clair.
- Des résultats identiques ont été obtenus avec les autres copals, d’autant plus facilement et plus rapidement que le copal était moins dur.
- Le copal étant ainsi dissous dans l’alcool amylique, on pourra, par distillation, concentrer la dissolution à tel degré qu’on voudra, sans qu’il se produise aucun trouble ni aucune précipitation, et l’on obtiendra finalement un vernis épais, d’un beau jaune citron, qui ne se sera pas coloré, lors de la concentration, si on a eu le soin de neutraliser l’acide par du carbonate de baryte délayé dans un peu d’alcool amylique.
- Si, dans la dissolution précédente, avant concentration, on ajoute-de l’essence de térébenthine, on peut chasser l’alcool amylique par la chaleur et on obtiendra une dissolution complète et limpide du copal dans l’essence de térébenthine aussi concen.tré qu’on le désirera.
- Enfin, à un vernis formé de copal dissous dans l’alcool amylique et excessivement concentré, on peut rendre une fluidité convenable en ajoutant de l’alcool éthylique, à la condition qu’il y ait une quantité d’alcool amylique suffisante pour empêcher toute précipitation au moment du mélange; on aura ainsi un vernis volatil qui séchera avec une très grande rapidité.
- En résumé, on pourra préparer, à froid, des vernis volatils par dissolution de copals durs ou demi-durs, n’ayant subi aucune modification au point de vue de leur composition et de leurs propriétés, dans l’alcool amylique, l’essence de térébenthine ou un mélange d’alcool éthylique et d’alcool amylique.
- Lorsque l’on soumet ces vernis à l’évaporation, on obtient une couche de copal dure et brillante. Il y a cependant lieu de faire une remarque; après un temps plus ou moins long, la couche brillante se recouvre d’une légère efflorescence blanche, en couche excessivement mince, qui s’en va sous le doigt, et qui est analogue à celle qui ne tarde pas à recouvrir la cassure fraîche, d’abord brillante, d’un fragment de copal naturel. Cette substance, très soluble dans les divers dissolvants ainsi que dans l’eau, a une réaction acide et se volatilise par la chaleur, ce qui explique qu’elle n’apparaisse pas avec les copals py.ro-génés. Il suffit d’ajouter, avec précaution, une trace de dissolution de potasse dans l’alcool amylique pour empêcher cette efflorescence d’apparaître.
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- VERNIS GRAS
- L’inconvénient que présentent les vernis volatils est de donner, après évaporation du dissolvant, une couche trop dure, tendant à se craqueler lorsque l’objet, sur lequel ils sont appliqués, se dilate ou se contracte. Pour donner de la souplesse à cette couche, on a recours à l’introduction d’une huile siccative, l’huile de lin en général, qui, en s’oxydant à l’air, se transforme en un corps solide et élastique, la linoxine.
- Vernis gras à l'essence. — Les vernis gras à l’essence sont composés de copal, rendu soluble par pyrogénation, d’huile de lin cuite et d’essence de térébenthine; mais le mode actuel de fabrication, dans des matras chauffés directement, cause une perte de 20 à 25 p. 100 de copal lors de la pyrogénation et une perte d’essence de térébenthine qui peut s’élever à 7 et 10 p. 100 quand on effectue le mélange.
- Le premier, Schützenbenger a proposé de chauffer à l’autoclave, vers 300°, le mélange des trois corps, copal, huile et essence. Plus tard, Violette a entrepris des essais dans la même voie en chauffant également à l’autoclave, à 350-400°, atteignant ainsi une pression d’environ 20 atmosphères. Mais la dissolution des copals était généralement incomplète elle procédé n’entra pas dans la pratique.
- Plus récemment, le procédé a été repris par Lippert [Chem. Rew. Fett and Harzlnd., 1901, p. 177), mais n’a pas donné de meilleurs résultats pratiques.
- On est donc revenu à la recherche d’un dissolvant direct des copals non pyrogénés et plusieurs procédés ont été publiés.
- En 1895, un brevet Flemming, pris à Cologne, s'appuyait sur les propriétés des chlorhydrines delà glycérine et, principalement, la di-et l’épichlorhydrine. L’auteur, qui opérait sur la gomme Kaurie, la pulvérisait et l’humectait avec un poids égal du dissolvant indiqué, et, après un moment, ajoutait 2 parties d’alcool, puis chauffait jusqu’à dissolution. Finalement, on ajoutait 10 à 15 p. 100 d’huile de lin et l’on obtenait un vernis séchant rapidement. (Journal of the Chemical Industry, 1896, p. 364.)
- En 1903, MM. A. Tixier et L. Rambaud prirent un brevet (Br. 334430, 5 août 1903) pour employer comme dissolvant le terpinéol. Les vernis, comme nous l’avons indiqué précédemment en parlant des vernis volatils, seraient préparés en dissolvant les gommes non fondues, directement dans ce liquide ou dans un mélange de ce liquide avec de l’essence de térébenthine, de la benzine ou de l’alcool. L’huile siccative que l’on ajoute ensuite ne doit pas être de l’huile corsée par chauffage qui, d’après M. Tixier, n’est admise qu’en très faible proportion pas les gommes nature ; l’huile crue est préférable et, mieux
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- encore, l’huile oxydée (Essai sur les vernis, par A. Tixier, Moniteur Quesne-ville, 1905, p. 576).
- En 1904, M. H. Terrisse, à Vernier, près Genève, prenait un brevet (D. R.P. 165008, 3 juin 1904). Il dissolvait la résine dans la naphtaline, en chauffant sous pression, de 250 à 290°, puis ajoutait de l’huile de lin et chassait la naphtaline par distillation ; on étendait ensuite la solution ainsi obtenue avec de l’huile siccative et de l’essence de térébenthine.
- Enfin, MM. Hecht et Poulenc ont pris un brevet qui consiste à chauffer les-gommes pulvérisées avec les acides gras de Wood-oil, jusqu’à 250° ; dans ces conditions, les gommes se dissoudraient complètement. M.Jaubert, qui a repris-les expériences (Revue de Chimie de M. Jaubert, 1907, t. X, p. 93) n’a pas obtenu de résultats avec la gomme de Madagascar. En essayant avec le Kaurier il a constaté que. celui-ci a fondu, après l’avoir maintenu tlix minutes à 250°,. puis laissé refroidir à 170°; mais en essayant de traiter directement par l’essence r sans adjonction d’huile de lin, la gomme a été immédiatement précipitée dans sa solution. En répétant l’expérience, puis en ajoutant de l’huile de lin après fusion de la gomme, M. Jaubert a obtenu un vernis convenable. Ce procédé,, dans certaines conditions d’expérience, semble donc avoir donné des résultats qui méritent d’appeler l’attention ; néanmoins on se heurte souvent à une difficulté due à ce que les acides gras de Wood-oil ou d’Elœococca cristallisent et blanchissent en séchant.
- Les essais que j’avais entrepris et qui m’avaient permis de dissoudre directement les copals durs ou demi-durs à froid, comme je l’ai indiqué en parlant des vernis volatils, semblaient devoir permettre d’arriver facilement à la solution du problème. J’avais réussi, en effet,'à obtenir, sans pyrogénation et sans décomposition, une dissolution de copal dans l’essence de térébenthine et il suffisait d’introduire dans cette dissolution de l’huile de lin,, qui est soluble dans-l’essence de térébenthine, pour constituer un vernis gras.
- Mais, dès le début, je me suis heurté à une difficulté sérieuse. En vue de la préparation des vernis gras, j’avais’pris des dissolutions de 1 partie de copal dans 2 parties d’essence de térébenthine ; or, quand j’ai ajouté à ces dissolutions de l’huile de lin, celle-ci n’entrait pas en dissolution dans l’essence de térébenthine contenant le copal et il était impossible d’avoir une couche transparente après évaporation de l’essence. Si l’on augmentait la proportion d’essence de térébenthine, on obtenait bien une dissolution claire, mais il y avait précipitation lorsque, par évaporation d’une partie de l’essence, la solution avait pris une certaine concentration.
- J’ai alors cherché à introduire dans le vernis une substance en présence de laquelle le copal et l’huile pourraient rester simultanément en dissolution et qui serait capable de se transformer, ultérieurement, en un produit solide analogue Tome 110. — Juin 1908. 34
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- à la linoxine que fournit, en séchant, l’huile cle lin. J’ai pu obtenir ce résultat en employant les acides gras de l’huile de lin dans lesquels le copal et l’huile de lin sont solubles et qui, finalement, se transforment en linoxine. J’ai pu, dans ces conditions, obtenir une dissolution complète, ne se troublant pas, même après évaporation totale de l’essence.
- Si, par exemple, on prend un vernis volatil formé de 1 partie de copal en dissolution dans 2 parties d’essence de térébenthine et dans lequel on introduit ordinairement 1 partie d'huile de lin pour avoir un vernis gras, il suffira de remplacer cette dernière par 1 partie d’un mélange composé de 2/5 d’huile de lin et 3/5 d’acide gras de l’huile de lin.
- Si l’on veut un vernis plus gras, soit à 2 parties de matière grasse, le mélange gras précédent peut être parfaitement employé; mais si, au contraire, on se propose de préparer un vernis moins gras, la proportion d’acides gras par rapport à l’huile doit augmenter dans le mélange gras afin que la quantité d’huile de lin, moindre que dans les cas précédents, soit maintenue en dissolution en présence de la quantité relativement plus forte de copal. C’est ainsi que pour avoir un vernis gras composé de 1 partie de copal, 2 parties d’essence et 0,5 partie de mélange gras, ce dernier doit être formé de 1 partie d’huile de lin et 4 parties d’acide gras.
- En résumé, la proportion d’acides gras devra donc croître, .pour 1 partie d’huile de lin, de 1,5 partie à 4 parties suivant que la quantité de mélange gras introduit dans le vernis à 1 partie de copal passera de 1 partie à 0,5 partie.
- Théoriquement, on pourrait supprimer l’huile de lin et employer uniquement des acides gras, mais la présence de l’huile de lin active notablement la siccativité.
- On aura avantage à faire un essai préliminaire pour les divers copals mis en œuvre, car, dans certains cas, on peut diminuer la proportion d’acides gras par rapport à l’huile de lin, ce qui donne des vernis séchant plus rapidement, surtout si l’on ajoute une petite quantité d’un siccatif tel que le résinate de manganèse.
- Les vernis gras ainsi préparés sèchent moins vite que les vernis fabriqués par les procédés habituels et présentent, pendant quelque temps, un peu de rêche, mais ils sont complètement incolores et, appliqués en couche épaisse, ils sèchent dans toute la profondeur de la couche, sans se rider, ce qui est intéressant, car avec les vernis très gras actuels, on voit, au début, se former un pellicule solide et, par suite de l’évaporation difficile et retardée du liquide de la couche sous-jacente, cette pellicule se ride.
- On peut augmenter facilement la rapidité de dessiccation en chauffant pendant quelques heures, à 130-140°, le mélange gras additionné d’une petite quantité de résinate de manganèse, dans un récipient présentant une large
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- surface exposée à -l’air pour f-acilitèr l'oxydation ; ce mélange-, dans ces conditions, s’épaissit et devient rapidement siccatif. Une précaution à indiquer est de décomposer -l’iiuile de lin saponifiée avec de l’acide chlorhydrique, de préférence à l’acide sulfurique, pour éviter qu’en cas de lavage insuffisant, il ne reste des traces d’acide sulfurique qui coloreraient fortement les acides gras lors du chauffage ultérieur à 140°.
- En opérant comme je viens de le dire, j’ai obtenu dos vernis qui renfermaient de 0,5 à 2 parties de mélange gras pour 1 partie de copal, avaient une coloration très faiblé et séchaient aussi rapidement que les vernis gras préparés par les procédés actuels, en donnant des couches minces complètement incolores, qui, après dessiccation, avaient la même composition, c’est-à-dire un mélange de copal et de linoxine.
- Dès que la proportion de mélange gras atteint 1 partie, on n’a pas à se préoccuper de l’efflorescence que j’ai signalée en parlant des vernis volatils; la * linoxinô est en quantité suffisante pour l’empêcher de se dégager; au-dessous de cette proportion, on voit quelquefois se former cette efflorescence qui disparaît sous le frottement du doigt et que l’on peut empêcher d’apparaître comme je l’ai dit, en ajoutant à la dissolution de copal une trace de potasse dissoute dans l’alcool amylique.
- Dans certains cas tout spéciaiix, lorsque l’on prépare des vernis très gras destinés à être appliqués par des froids intenses, on pourra avoir avantage à employer, non les acides gras totaux de l’huile de lin, mais seulement l’acide liquide séparé des acides solides par refroidissement, ce qui est une opération industrielle courante-, de façon à éviter toute crainte de cristallisation au mo1 ment de l’application ; mais ce sont des cas tout à fait exceptionnels.
- Vernis gras à l'alcool amylique. — Si l’addition d’acides gras suffit pour maintenir en dissolution l’huile et lé copal, il était à .prévoir que les acides gras, étant solubles dans l’alcool amylique, y maintiendraient l’huile en dissolution, et que l’on pourrait fabriquer directement des vernis gras à base d’alcool amylique sans être obligé de passer par l’essence de térébenthine.
- L’expérience montre qu’il en est bien ainsi. Si, par exemple, aune dissoluf tion de 1 partie de copal dans 2 parties d’alcool amylique, on ajoute un mélange gras composé d’huile de lin et d’acicles gras d’huile de lin, on obtient un vernis qui sèche avec une rapidité beaucoup plus grande que les vernis gras à l’essence. La seule précaution à prendre est de forcer un peu la proportion d’acides gras. On prendra, par exemple, un mélange de 1 partie d’huile de lin et 2 parties d’acides gras, là où l’on prenait 1 partie d’huile de lin et 1,5 partie d’acides gras. De même pour les autres mélanges de 1 partie d’huile jusqu’à 4 parties d’acides gras. Si l’on n’agissait pas ainsi, on s’exposerait à voir, à un certain moment, le vernis blanchir par suite de l’insolubilité de l’huile dans
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- l’alcool amylique ; dans ce cas, ce n’est qu’une question d’équilibre entre les: corps en présence, car, au fur et à mesure que les dernières traces d’alcool amylique disparaissent, la couche reprend toute sa transparence.
- Correction d’un vernis gras défectueux. —Parmi les défauts que présentent les vernis fabriqués par les procédés actuels, il y en a deux qui se produisent assez souvent.
- Dans certains cas, le vernis se recouvre d’une légère efflorescence due, comme je l’ai indiqué, à un principe très volatil qui est reste dans le copal insuffisamment chauffé ; ce défaut est, du reste, très fréquent pour les vernis-fabriqués avec des gommes tendres qui n’ont subi aucune pyrogénation. J’ai pu souvent y remédier en agitant le vernis avec une très petite quantité de potasse-dissoute dans l’alcool amylique.
- Dans d’autres cas, le vernis, en séchant, présente un certain louchissement dans toute sa masse; ce phénomène est dû à une précipitation partielle de l’huile. J’ai réussi, dans plusieurs cas, à corriger ce défaut en ajoutant au vernis une petite quantité d’acides gras de l’huile do lin dissous dans l’essence.
- CONCLUSION
- 11 est désormais facile de dissoudre, à froid, dans l’alcool amylique ou dans l’essence de térébenthine, tous les copals sans exception, sans leur faire subir une pyrogénation préalable qui modifie leurs propriétés ainsi que leur composition et cause une perte importante. Il y a donc là une nouvelle orientation do la fabrication des vernis qui mérite d’appeler l’attention des industriels.
- La préparation des vernis gras à l’alcool amylique, donnant finalement une couche de copal et de linoxine identique à celle que fournissent les vernis gras à l’essence, est beaucoup plus rapide et plus économique.
- La possibilité de ne plus pyrogéner les copals, de ne plus soumettre les-huiles à une cuisson à très haute température et de ne plus faire de mélange à chaud, permettra d’éviter le dégagement d’odeurs fort désagréables et le danger d’incendie.
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- ARTS CHIMIQUES
- "NOTE PRÉLIMINAIRE SUR LA CONDUCTIBILITÉ CALORIFIQUE DES MATÉRIAUX RÉFRACTAIRES,
- par M. S. Wologdine.
- La Société d’Encouragement m’a chargé d’une étude d’ensemble sur les propriétés des matériaux réfractaires comprenant la détermination de leur conductibilité calorifique, de leur porosité et de leur perméabilité aux gaz.
- La première partie de cette étude, relative aux conductibilités calorifiques, ést suffisamment avancée pour qu’il soit possible de donner une idée d’ensemble des résultats obtenus.
- Les expériences ont été faites sur des plaques réfractaires d’une épaisseur uniforme de 50 millimètres. On a mesuré le flux de chaleur à travers ces dalles pour des températures de la face inférieure variant de 500 à 1 000°. On mesurait simultanément la quantité de chaleur cédée à l’extérieur, au moyen d’un calorimètre à circulation d’eau appliqué sur la surface supérieure du corps à •étudier. On mesurait, en même temps, la température à l’intérieur du four, immédiatement sous la surface réfractaire, et la température en deux points intérieurs de la masse, distants l’un de 5 millimètres de la face inférieure et l’autre de 5 millimètres de la face supérieure, c’est-à-dire écartés l’un de l’autre de 40 millimètres. On avait ainsi la relation entre le flux de chaleur et la loi de variation de la température à l’intérieur de la masse solide, ce qui permettait de calculer le coefficient de conductibilité, c’est-à-dire la quantité de •chaleur, exprimée en calorigrammes, traversant en 1' une section de 1 centimètre carré, pour une variation de 1° par centimètre linéaire. Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus pour la température intérieure du four de
- 1000°. . *
- Briques ordinaires non réfractaires.............. 0,0037
- Briques rouges — 0,0029
- Autres briques rouges............................ 0,0033
- Terre réfractaire ordinaire cuite à 1 000°...... 0,0030
- Pâte à carreaux (Compagnie parisienne du Gaz) . . . 0,0031
- Autre pâte à carreaux .......................... 0,0033
- Pâte à cornue (Compagnie parisienne du Gaz).... 0,0040
- Creusets de verrerie cuits à 1200°. . ......... 0,0020
- — — cuits à 1 600°. .......... 0,0047
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- 822 ARTS CHIMIQUES. ---- JUIN 1908.
- Beauxite................................... . 0,0030
- Briques de silice cuites à la montre 9 .... 0,0033
- — — cuites à plus basse température. . . 0,0019
- Magnésie ......................... . . . . 0,0058
- Fer chromé.................................. 0,0054
- Graphite.................................. 0,0145
- Carborundum................................. 0,0150
- Il résulte de ces premiers résultats que toutes les pâtes argileuses moyennement cuites, réfractaires ou non, ont sensiblement le. même coefficient cfe conductibilité : 0,003. Les briques réfractaires très cuites ont une conductibilité une fois et demie aussi grande : 0,0045.
- Les briques de silice, ont une conductibilité analogue à celle des, briques d’argile au moins tant qu’elles n’ont pas, été semi-vitrifiées par une, cuisson pm-longée. Le carborundum et le graphite, ont unç. conductibilité 5. fofs plus grande que, Fargile.
- Bien entendu, il existe des différences notables, entre clés, échantillons, différ rents de matières analogues, ces différences doivent se rattacher- aux \arfa-tions «fans, la porosité, les recherches; en cours permettront de trancher cette question.
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- INDUSTRIE
- la crise de l’apprentissage, par M. de -Ribes-Christofle (1). '
- Aux époques comme la nôtre, l’esprit est absorbé par mille soucis, au point qu’il ne semble plus rester place pour les préoccupations d’ordre général ; cependant de graves problèmes surgissent qui reparaissent sans cesse au premier plan et demeurent vraiment obsédants tant qu’on ne les a pas résolus.
- La préoccupation de l’heure présente dans le monde industriel, c’est la crise de l’apprentissage: le discrédit où il est tombé entretient une sensation de malaise et donne l’anxiété du lendemain.
- Chaque jour, les journaux et les revues, à la suite du Parlement, jettent leur cri d’alarme, et proposent un remède à la situation. Récemment les Présidents de plusieurs des Chambres Syndicales les plus importantes ont appelé l’attention du nouveau ministre du Commerce sur ce problème qui avait tant occupé ses prédécesseurs.
- Désigné il y a deux ans par la Fédération pour approfondir ce grave sujet, nous l’avons exposé dans les deux études que nous lui avons alors présentées (2).
- Depuis, nous avons suivi attentivement tout ce que l’on a écrit : nous n’y avons découvert ni idées originales, ni arguments nouveaux : preuve évidente que le sujet est épuisé, et que les vœux émis par la Fédération sont plus que jamais de grande actualité. Le moment nous semble venu de résumer l’état de la question. Nos législateurs vont tenter de lui donner une solution : il importe de leur soumettre l’opinion des intéressés, dont nous nous faisons ici l’écho.
- Dans quelle mesure l’avenir de la plupart de nos industries est-il subordonné à la restauration de l’apprentissage ; — pourquoi l’apprentissage a-t-il disparu presque entièrement de nos ateliers; —sous quelle forme pourrait-on le faire revivre? Voilà ce qu’il importe de rappeler aux pouvoirs publics pour que leur intervention soit efficace.
- Tant que les corporations ont imposé aux apprentis leur dur mais salutaire
- ({) Fédération des industriels et commerçants français. Bulletin. Mars 1908.
- (2) L’Apprentissage et l’Enseignement en France, mars 1905; et De l’Obligation dans renseignement professionnel, février 1906.
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- INDUSTRIE.
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- enseignement, la France a pu créer des styles et produire des chefs-d’œuvre qui resteront un objet d’éternelle admiration. Grâce à- la tradition transmise do-maître à apprenti, ces styles se conservaient purs, incarnant l’un après l’autre la pensée dominante de leur époque. L’enseignement professionnel en a gardé les canons inflexibles, et s’est perpétué jusqu’à la Révolution qui balaya toutes les institutions de l’ancien Régime, l’apprentissage comme les autres.
- Après avoir vécu de souvenirs jusqu’à la fin du premier Empire, grâce aux ouvriers formés par les anciennes maîtrises, l’art et l’industrie tombèrent dans le mauvais goût de la Restauration et du règne de Louis-Philippe.
- Le second Empire entreprit de reconstituer l’apprentissage ; promulgua la loi de 1851, qui aida l’industrie à; reconquérir la place prépondérante qu’elle a toujours gardée jusqu’à ces derniers temps. Pourquoi cette loi, toujours en vigueur, est-elle aujourd’hui sans effet? Les causes sont multiples. Le machinisme a supprimé l’apprentissage dans toutes les industries où la machine a pris la place de la main-d’œuvre intelligente. La création de foyers industriels dans les '‘régions tributaires de notre pays depuis un temps immémorial a créé une concurrence qui force les chefs d’industrie à recourir à toutes les sources d’économie pour soutenir la lutte ; les difficultés croissantes de l’existence et l’augmentation des besoins factices portent les parents à tirer le plus vite possible parti de leurs enfants.
- Toutes ces causes ont, chacune pour sa part, contribué à la diminution de l’apprentissage. Malgré tout, diverses industries, notamment celles exigeant une main-d’œuvre artistique ou une précision mathématique, continuaient à faire des apprentis.
- Le dernier coup, devant lequel rien n’a résisté, a été la loi de 1900, réduisant la durée de la journée des adultes à celle des apprentis du môme atelier, — n’y en eût-il qu’un seul contre des centaines d’ouvriers ! Les patrons ne voulant plus garder dans leurs ateliers cet obstacle au travail : l’apprenti, n’en ont plus formé, et l’apprentissage a, pour ainsi dire, disparu. Nous en sommes là. Mais, si l’on a paré ainsi aux besoins du moment, l’avenir n’en est que plus menaçant. Quand nous parlons de l’avenir, c’est déjà le présent qu’il faut dire ! Le temps a marché, des vides se sont produits dans les rangs des vieux ouvriers et n’ont pu être comblés; aussi est-ce un cri unanime, qu’on ne trouve plus d’ouvriers sachant leur profession.
- La pénurie de bons ouvriers se fait sentir dans tous les métiers, même dans les plus courants. On se dispute les anciens praticiens à la hauteur de leur tâche: des maçons observant dans la construction les éléments de la géométrie, ûlevant des murs qui ne croulent pas à la première bourrasque et des maisons qui ne s’abattent pas avant d’être achevées, comme cela s’est vu même en plein Paris ; des menuisiers capables de calculer le travail du bois ; des couvreurs
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- sachant faire les toitures qui abritent au lieu de servir de tamis à la neige et aux averses... Partout, chacun .peut déplorer la même fragilité, la même absence de connaissances techniques; et c’est devenu un dicton courant qu’zV n'y a plus d'ouvriers, mais des manœuvres.
- Le mal n’est donc pas restreint aux industries de luxe; le désarroi est général. Il faut à tout prix nous ressaisir et nous relever de cette décadence. Il n’y a plus un moment à perdre si nous voulons combler à temps les vides qui se produisent chaque jour dans les rangs des bons ouvriers.
- Voyons quels obstacles il faut supprimer pour déblayer la voie, et ensuite quelle organisation créer pour assurer l’instruction professionnelle.
- Parmi les causes de décadence de l’apprentissage, il en est qu’il suffit d’atténuer ; d’autres, qu’il faut supprimer radicalement.
- Disons cependant que l’apprentissage n’est plus indispensable dans tous les corps de métiers. Dans ceux ou l’intelligence créatrice s’est incarnée à l’état permanent dans une machine qui remplace l’intelligence individuelle, l’apprentissage n’a plus de raison d’être : tel est le cas, par exemple, des industries textiles. Cette réserve faite, l’apprentissage doit être rétabli partout ailleurs.
- La première réforme à accomplir, c’est de modifier la loi de 1900 ; il ne peut plus y avoir aujourd’hui sur ce point la moindre hésitation : c’est à elle que nous devons cette armée de jeunes oisifs, terreur de nos rues et de nos campagnes.
- Les causes de décadence susceptibles d’atténuation sont les intérêts exagérés ou mal compris des parents et des patrons. Amenons les uns et les autres à sacrifier un peu de leur intérêt temporaire en faveur d’un intérêt supérieur qui portera ses fruits plus tard !
- Pour les parents, le moyen de les décider à mettre leurs enfants en apprentissage est tout trouvé. Dans la pratique courante, suivie ces derniers temps, non seulement on ne demande plus aux parents de longs sacrifices pécuniaires, mais on paie l’apprenti proportionnellement à son habileté. Il semble donc facile de faire comprendre aux parents que, s’ils gagnent un peu moins à mettre leurs enfants en apprentissage qu’à les engager comme manœuvres, ils y gagnent encore, et surtout font leur devoir, en assurant l’avenir de leurs enfants.
- Pour les patrons, le sacrifice est plus lourd; car, d’ordinaire, le produit qu’ils retirent de leurs apprentis ne compense pas les frais que représentent leur paye, le travail gâché, et la perte de temps des contremaîtres. Aussi, pour que tous acceptent de sacrifier dans une certaine-mesure le présent à l’ayenir, est-il juste qu’ils soient assurés de mener jusqu’au bout la tâche entreprise
- On ne peut leur donner cette garantie que par le contrat écrit, et, sur ce point, nous approuvons sans réserve la disposition du projet de loi en suspens.
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- INDUSTRIE.
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- Le contrat verbal, qu’on a tant préconisé comme un moyen terme, liest meme pas un pis aller, mais un leurre. Il est clair, qu’en cas de conflit, chacun interprète différemment une convention verbale, au mieux de ses intérêts; le juge même ne peut pas les départager, n’ayant rien de positif pour asseoir son jugement.
- Grâce au contrat écrit, l’apprenti commencera son stage avec l’assurance qu’il* ne dépendra que de lui d’aller jusqu’au bout, pour apprendre toutes les; ressources de son métier, et devenir un artisan habile, maître de son avenir.
- Quant au patron, le contrat lui ôtera la crainte de perdre le bénéfice de ses sacrifices par le départ hâtif de ses apprentis.
- Il convient de donner au contrat, sobre de détails, une réglementation; pourvu qu’elle fasse respecter le principe de la bilatéralité et l’égalité de durée de toutes les conventions d’un même corps de- métier, elle devra laisser les* intéressés s’arranger pour le reste à leur guise, toute restriction pouvant empêcher la conclusion des contrats.
- Pour en assurer la fidèle exécution, nous admettons une surveillance, mais nous repoussons énergiquement le contrôle qui nécessiterait l’intrusion d’étrangers dans l’usine. Un atelier est un domicile privé, qui a ses secrets à garder ; un patron doit rester maître chez lui: son- autorité ne peut pas être affaiblie par une commission d’enquêteurs, toujours suspects- de partialité. D’ailleurs, le Comité de surveillance, comme le lieu du contrôle, ne sont pas à créer puisqu’ils existent : c’est le Conseil des prud’hommes siégeant dans ses bureaux. Nul besoin d’envoyer- sur place* dès délégations pour recueillir des plainte» qui peuvent lui être présentées directement. C’est donc à son bureau» que* l’apprenti, ses parents ou ses camarades devront se rendre s’ils ont des plaintes à formuler. C’est là que le patron viendra demander la résiliation du contrat mal observé. Mais, sous aucun prétexte, répétons-le encore*, dansl’intérêt même de l’apprentissage, il ne faut admettre de*visite à l’atelier; ce serait s’exposer* à ce que le patron coupât court à ces mesures inquisitoriales- en supprimant chez lui l’apprentissage.
- L’observation rigoureuse du contrat ainsi garantie, reste à couronner l’œuvra par la sanction du résultat final.
- L’ancien régime avait le « chef-d’œuvre » qui consacrait artisan l’apprenti de la veille. Nous ne pouvons pas rétablir le « chef-d’œuvre », mais on a pensé qu’un diplôme décerné en fin dfàpprentissage’ donnerait la même garantie. L’apprenti passant cet examen final1 avec un plein succès aurait seul droit au diplôme; quant aux ouvriers moins habiles* qui n’auraient pu* l’obtenir-, ils travailleraient aux prix plus réduits que comportent certains travaux, et que les exigences de la vente ne permettent pas de dépasser.
- Rien n’empêcherait d’autoriser*ces derniers à se représenter plus tard'devant
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- les examinateurs: il faut toujours laisser chacun libre d’améliorer* son sort, s’il en a l’intelligence et le courage ;• par là, le niveau du savoir professionnel irait toujours en grandissant pour le plus grand bien de tous.
- Reste à décider la compositiop du comité d’examen. Le bon sens l’indique : il nous semble que, formé d’un noxgbre égal de patrons et d’ouvriers de la coiv poration, il donnera toute garantie de compétence et d’impartialité.
- C’est ici le lieu de nous demander si, de nos jours, l’enseignement de batelier peut être suffisant. Jadis, quand le temps était moins précieux et que les conditions de l’apprentissage faisaient de l’apprenti le commensal du patron, son instruction professionnelle se complétait à la table de famille et pendant les veillées. Aujourd’hui, les conditions sont bien, différentes : de là, la nécessité de compléter l’instruction pratique de l’atelier par un enseignement puisé au dehors. L’un ne peut pas aller sans l’autre, car, si la pratique est l’incarnation de la théorie, la théorie est l’âme de la pratique. Deux facteurs doivent donc concourir à la formation de l’apprenti moderne : le contremaître elle professeur.
- Ce n’est pas qu’on n’ait songé à se contenter d’un seul de, ces éléments d’instruction. Qn pensait ayoir trouvé la solution de la crise de l’apprentissage par la formation exclusive de l’ouvrier moderne dans des écoles professionnelles. L’essai, tenté depuis des années dans les écoles professionnelles: de la Ville de Paris, pour ne citer que celles-là, avec un zèle et une persévérance auxquels on ne peut que rendre hommage, n’a malheureusement donné que des résultats médiocres, tout à fait hors de proportion avec la somme d’argent et d’efforts dépensés. Et, cependant, faire mieux ne paraît pas possible : c’est donc que le système ne. vaut rien.
- La première; de. toutes les raisons qui le rendent impraticable, est qu’il nécessiterait des ressources incalculables, qu’on ne peut raisonnablement pas. demander à l’Etat, ni attendre, des particuliers.
- Pour se faire une idée de l’énormité des frais qu’entraînerait la formation des apprentis par les seules écoles professionnelles, nous pouvons nous baser sur ce que coûtent celles qui fonctionnent actuellement. Chaque, élève revient annuellement à 300 francs environ. Si l’on estime à 600 000 le nomhre d’appren-tis qu’il faudrait instruire chaque* année, nous arrivons à la somme* annuelle de 180 millions, rien que pour*l’es frais courants; mais auparavant, que d’établissements à construire, et à installer pour* organiser ces écoles ! Q.uelle somnae énorme représenterait le chiffre d’amortissement de ces frais de premier établissement! Ce serait la danse des millions en route vers le milliard.
- Et, dire encore que* ces formidables dépenses seraient à peu près, peine perdue, car* l’enseignement de ces écoles,, tous les industriels l’ont constaté, a fait* fausse route et n’a pas atteint le h,ut proposé. Les élèves., formés trop en dehors de la pratique courante, ne peuvent devenir autre chose que des chefs
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- d’atelier. Que fera-t-on de tous les autres? Des déclassés, incapables de gagner leur vie. On aura créé une armée d’officiers sans soldats.
- Pour réduire la durée de l’apprentissage, on a imaginé un autre expédient. Nous ne dirons pas qu’il ait fait ses preuves, il n’en a été tenté qu’un essai embryonnaire; on ne peut donc le juger d’après son peu de succès. Nous persistons à croire que l’idée était bonne, et nous souhaitons qu’on en fasse l’application sur une base plus large : c’est l’addition à l’école primaire d’une année complémentaire qui servirait de préparation à l’atelier. A un autre point de vue, cette année supplémentaire aurait une action moralisatrice considérable, et, dût le succès en être faible, elle aurait toujours, son utilité. Notre enseignement élémentaire présente une lacune dans la première éducation du jeune ouvrier, une vacance pleine de dangers entre la fin des études primaires et l’entrée à l’atelier. Cette période d’inaction est la véritable source du vagabondage : elle pourrait s'appeler l’école de la rue.
- L’État et les municipalités se sont donc préoccupés de combler cette lacune, en retenant l’enfant une année de plus, consacrée à un enseignement préparatoire de l’atelier. Cet enseignement serait-il peu profitable, qu’il en resterait toujours au moins quelque chose, et qu’il servirait surtout de préservatif contre les dangers de l’inaction !
- A son entrée à l’atelier, l’apprenti ne serait déjà plus un étranger; il prendrait tout de suite goût à un travail qui lui serait apparu à l’école comme un amusement pratique.
- Abordons maintenant la véritable solution trouvée pour l’enseignement professionnel moderne : elle n’est plus à chercher, car elle a été longuement expérimentée. Elle réside dans les cours complémentaires suivis en dehors de l’atelier.
- Notre pays est loin d’en avoir la primeur : il a même beaucoup à faire pour gagner l’avance prise par nos voisins.
- Dès le début, ces cours ont été donnés le soir exclusivement, après la journée terminée. C’était le moyen de respecter l’intégrité du travail. Il est encore bien des cas où ces cours du soir sont les seuls pratiques. Reconnaissons qu’ils ont incontestablement rendu des services considérables, tant au point de vue de la moralité qu’à celui de l’instruction, et plus encore dans les campagnes, où la vie s’éteint avec le jour, que dans les villes où elle bat son plein jusqu’à une heure si tardive.
- A côté de leurs qualités, les cours du soir ont leurs défauts, qui autorisent ii ne les considérer que comme une transition. Ces cours, en effet, ne reçoivent que des auditeurs déjà fatigués de. leur journée; ils prennent une part d’un sommeil si indispensable au jeune âge; ils ne peuvent attendre des enfants qu’une attention distraite et une assiduité douteuse.
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- Ces graves désavantages ont fait chercher une autre solution qui nous paraît la plus pratique, c’est celle des cours complémentaires do jour; nous allons voir que leur généralisation non seulement est possible, mais ne sera vraisemblablement qu’une question de temps, car les difficultés qu’ils rencontrent sont faciles à surmonter.
- Les apprentis n’ont aucun sacrifice à faire : ils ne perdent rien de leur salaire, ils n’éprouvent aucune fatigue, puisque les cours sont diurnes et pris sur les heures de travail de l’atelier. Dans ces conditions, on a le droit d’exiger d’eux assiduité et attention, et le succès peut être considéré comme assuré.
- Aux patrons, ces cours réclament le sacrifice de quelques heures de travail par semaine, il est vrai; mais ne peuvent-ils pas espérer trouver une large compensation à cette perte de temps dans l’utilisation plus prompte de leurs apprentis et l’exécution plus intelligente de leur travail?
- Qu’il nous soit permis ici de dire deux mots de l’obligation d’assister à ces cours, inscrite dans le projet de loi : nous nous sommes suffisamment étendus sur cette question dans une précédente étude pour n’y pas revenir. Nous tenons cependant à répéter qu’il est dangereux de vouloir la maintenir, car cette obligation serait de nature, à elle seule, comme la loi de 1900, à faire définitivement sombrer Vapprentissage.
- Il nous reste à envisager le côté pécuniaire des cours de jour. C’est ici que nous pouvons demander à l’Etat son concours, qui constituerait une charge annuelle très acceptable, loin d’être ruineuse comme dans le cas des écoles professionnelles.
- Puisqu’il s’agit ici d’un enseignement surtout théorique, il n’est besoin ni d’un local spécialement aménagé, ni d’un outillage compliqué. La première salle venue, à la mairie ou à l’école, offerte deux fois par semaine, fera l’affaire ; quelques bancs et de la lumière, c’est tout ce que coûtera le local. Il ne reste plus qu’à trouver les honoraires des professeurs; mais ces honoraires ne représenteront pas évidemment une grosse somme pour quelques heures par semaine. L’arrondissement et la commune pourront bien d’ailleurs, comme le propose le projet de loi, prendre à leur compte une part de dépenses.
- Plus nous y réfléchissons, plus nous trouvons que cette solution est la plus pratique à tous les points de vue. Elle demande le minimum de sacrifices et produira le maximum de résultats ; nous avons tout lieu d’espérer que nos législateurs voudront bien entrer dans cette voie, où le monde industriel les-suivra avec reconnaissance.
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- COMMERCE
- L IMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE, par M. Maurice AlfaSSa(l).
- II. — LA SITUATION ÉCONOMIQUE
- Nous avons principalement examiné jusqu’ici le côté théoriqüè dè la question, en recherchant quelles pourraient être d’une façon générale les répercussions des prôjèts de M. Chamberlainj Nous,voulons maintenant considérer très sommairement dans ce premier chapitre trois autres points.
- La situation actuelle de l’A,ngleterre présente-t-elle des caractères inquiétants de nature à justifier la modification de son régime économique?
- Dans ce cas, eu égard aux conditions particulières de cè pays, les méthodes préconisées sont-elles de natufe à remédier au mal?
- Et enfin quel sera l’effet, au point de vue de l’unité impériale, des projets de Préférence Coloniale?
- LA PROGRÉSSION DU COMMERCE EXTÉRIEUR , -
- Que l’on s’en tienne purement et simplement aux indications brutales fournies par les statistiques ou qu’on cherche à interpréter ces données en tenant compte des multiples facteurs, tels que hausse oubaisse des prix, événements politiqüês cm aütrès qui modifient fréquemment les conclusions auxquelles clonnéht lieu les comparaisons des chiffres tels qu’ils apparaissent à une lecture rapide, on arrive à la même constatation première : le commerce extérieur de la Grande-Bretagne n’a cessé de Croître de façon continue depuis le milieu du siècle dernier.
- Le développement de sa prospérité est indéniable ; quelques chiffres permettront de s’én rendre mièùx compte.
- La première année à partir de laquelle on puissè fâirè dés comparaisons d’énsëmblë est 1854, Auparavant les statistiques des douanes, non plus que ëèlles dü Bôàfd of Trade, ne mentionnaient que les chiffres à l’exportation ; aussi ne mentionnerons-nous la valeur des exportations en 18.46 qu’à titre de simple renseignement documentaire.
- (1) Voir le Bulletin d’avril.
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- l’jMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- Commerce
- Importations. Exportations. total Remarques et événements importants (1).
- Années. 1846 1849 1853 Millions do £. Millions de £. 58 (5) 64 99 Millions de £. Abolition du droit des céréales dont l’entrée en vigueur n’eut lieu qu’en 1849. Abolition de la loi sur la navigation. Réduction du tarif britannique et de divers tarifs étrangers.
- 1854 152 97 249
- 1860 210 136' 346 Traité de commerce avec la France.
- 1861 217 125 332 Mise en vigueur du système de libre-échange. •
- 1804 275 160 435
- 1872 1873 355 256 611 / Payement de l’indemnité de guerre par la France j à l’Allemagne.
- 371 255 626 \ Période de développement industriel.
- 1874 370 239 609 Abolition des droits sur les sucres.
- 1884 : 390 233 623 Accroissement du tarif russe.
- 1885 ’ 371 213 584 Élévation du tarif allemand.
- 1890 ' 421 264 685 Tarif Mac Kinley et élévation du tarif russe.
- 1894 408 216 624 Guerres de tarifs et traités de commerce.
- 1897 451. 234 685 Tarif Dingley. Dénonciation par la Grande-Bretagne des traités anglo-belge et anglo-• allemand. - ;
- 1899 485 255 740 Guerre Sud-Africaine.
- 1900 523 283 806
- 1901 522 280 7 83 Droit d’exportations sur le charbon.
- 1902 528 28.3 805 (2) Nouveau droit sur les céréales, aboli en 1903.
- 1903 543 290 833 (3)
- Le commerce extérieur de la Grande Bretagne est en 1903 à peu près (4) trois lois et demi ce qu’il était en 1854, et les chiffres fournis pour la dernière année dont les résultats soient connus, c’est-à-dire pour 1903, dépassent considérablement ceux de n’importe laquelle des années précédentes^ D’après les résultats très sommaires qui précèdent, on pourrait conclure déjà que dans son ensemble l’industrie britannique est loin de montrer les signes de décadence que M. Chamberlain a vus. Par suite il n’y aurait pas de raison valable pour renoncer à un régime économique qui a contribué à établir une prospérité aussi évidente ; un simple examen sommaire des chiffres ci-dessus montre en effet que, dès les premières années qui ont suivi l’adoption du libre-échange par l’Angleterre, le commerce extérieur s’est considérablement développé. Partant de 337 milbons en 1861 il atteint 435 millions de £ trois ans après, puis s’élève à 611 millions dans les dix ans qui suivent. Il ne progresse pas pendant la période suivante, ou du moins pas d’une façon sensible, puisque l’augmentation de 14 milbons de £ est pratiquement insignifiante ;-puis l'augmentation reparaît, dépasse môme considérablement celles des périodes précédentes, puisqu’elle atteint le chiffre considérable de 209 milbons de £ (5).
- (1) Nous avons voulu établir une comparaison décennale, l’intervalle entre les deux derniers
- chiffres cités n’est que de neuf ans. Les chiffres en italique sont en référence avec des années présentant une importance particulière (d’après le Libre Bleu cd 1761). -
- (2) Chiffres des Custom House and Board of trade returns.
- (3) Chiffres du Monthly Account for trade and Navigation, déc. 1903.
- (4) Exactement 3,489.
- (5) Dans les exportations ne figurent pas les navires.
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- COMMERCE.
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- Ces résultats sont particulièrement remarquables, si l’on songe que. depuis l’année 1900,une dépression industrielle généralisée sévit en Europe, que l'Allemagne a traversé une crise des plus graves dont elle commence à peine à entrevoir le terme. Les États-Unis eux-mêmes, qui avaient pendant les deux premières années connu une prospérité sans précédent, et qui s’étaient trouvés en dehors de l’onde de dépression qui s’était étendue sur l’Europe, commencent à éprouver certaines perturbations économiques, prélude vraisemblable d’une ère de prospérité décroissante. Et cependant, au cours le la dernière période décennale, malgré la situation économique peu prospère de l’Europe, le commerce extérieur de la Grande-Bretagne s’est accru de la somme de 200 millions de livres sterling. On pourrait objecter que ce résultat, portant sur l’ensemble de la période, n’est pas suflisamment concluant, et que la dépression industrielle que nous signalions, s’étant produite après 1900, les chiffres des années suivantes seuls, donnent quelque indication. En se reportant au tableau A, on constate que le commerce extérieur s’est élevé de 793 millions de livres en 1901, à 803 millions en 1902, et 839 en 1903, soit donc un accroissement de 36 millions.
- Ce chiffre est d’autant plus significatif que, pendant les années 1901 et 1902, à cause de la guerre du Transvaal, les résultats réels avaient pu être marqués, par suite des exportations de matériel de guerre et de toutes espèces, nécessitées par ces événements. Mais l’année 1903 aurait dû être une année de dépression, si, comme l’affirme l’ancien ministre des Colonies, il y a un déclin relatif, ou une stagnation de l’Industrie Britannique. Or, en fait, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte, jamais à aucune époque l’ensemble des importations et des exportations du Royaume-Uni n’a atteint à un total aussi considérable.
- L’année 1872 que M. Chamberlain a prise pour base de comparaison (nous montrerons pourquoi) avait produit 611 millions de livres sterling contre les 829 millions de 1903.
- LE MOUVEMENT DES EXPORTATIONS. — EXPOSÉ PAR LES TARIFF REFORMERS
- Ges chiffres d’ensemble, les partisans de la Protection ne les contestent pas, mais ils ne veulent pas admettre les conclusions logiques que nous en tirions. Ils prétendent qu’on ne peut y trouver une indication sérieuse de l’état de prospérité de l’Angleterre. Pour eux la seule théorie admissible est celle de la Balance du Commerce, et le fait que les importations continuent à dépasser largement les exportations, malgré leur constant accroissement,est une cause de sérieuses inquiétudes. Ils y voient des signes non équivoques d’une situation industrielle grave, d’autant plus que la proportion d’objets manufacturés à l’importation augmente chaque année, et qu’ils comprennent un grand nombre d’articles que l’Angleterre produit également. Mais ce n’est pas la seule cause de leurs alarmes. D’après leurs théories, c’est dans la variation des exportations que l’on doit chercher les indications certaines de la prospérité économique d’un pays; or, disent-ils,si, prenant pour point de départ d’une comparaison, portant sur trente années (espace de temps suffisant pour que les causes extrinsèques influençant les résultats aient pu vraisemblablement se neutraliser), l’année 1872, nous constatons deux faits qui justifient pleinement les modifications que nous voulons apporter au système douanier actuel.
- En premier lieu, après l’introduction du Libre-Échange et même depuis l’abolition du droit sur les céréales, l’Angleterre a eu une période de prospérité induàtrielle tout
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- à fait satisfaisante : cela, persQnne ne le conteste, et à ce moment le Libre-Échange-était indéniablement le régime convenant le mieux à ce pays. Les exportations croissant, de façon constante, confirment pleinement cet état économique. Elles traduisent exactement l’évolution qui s’est produite, et elles peuvent être considérées-comme le thermomètre de la situation industrielle. De 58 millions de livres en 1846,,. date de l’abolition des droits sur les céréales, elles s’élèvent par une progression ininterrompue à 256 millions de livres en 1872.
- Mais à partir de cette date, la situation se modifie, non seulement elles cessent de -croître, mais elles diminuent de façon inquiétante ainsi qu’on peut s’en rendre facilement compte par le tableau suivant donnant les valeurs des exportations de dix ans en *
- dix ans.
- Exportations.
- Années. Millions de £.
- 1872................................................ 256 (1)
- 1882................................................. 342
- 1892............................................... 227
- 1899,.............................................. 2Ô6
- 1902............................................... 278
- Il faut arriver en 1899 pour retrouver le chiffre de 1872 à un million de livres près-et en 1902 les exportations atteignent 278 millions.
- Ainsi donc, dans cette période de trente années l’accroissement constaté est seulement de 23 millions de livres sterling. Il est pratiquement inexistant, et puisque c’est là. le thermomètre de la prospérité économique d’un pays, on est fondé à dire que l’Industrie britannique est en stagnation et même qu’elle montre des signes de déchu, relatif -par rapport à celles des pays protectionnistes, Allemagne et États-Unis principalement. Mais, dit M. Chamberlain, les résultats réels sont encore beaucoup plus inquiétants. La situation, telle qu’elle ressort des indications statistiques, est loin d’être satisfaisante, mais on ne saurait se fonder sur elle pour se prononcer sur la prospérité du pays, car elle ne traduit pas l’état exact quand on considère seulement les chiffres globaux des exportations. S’ils dépassent en 1902 ceux de 1872 de quelques millions de livres, il ne faut pas oubüer que cela est dû uniquement à ce que les Colonies Britanniques achètent de plus en plus de produits à la Métropole et qu’elles sont ses meilleures clientes. Sans elles, on constaterait une diminution sérieuse, car il est un fait absolument évident, les exportations anglaises à l’étranger déclinent chaque année.,. Depuis 1890 elles ont diminué en valeur absolue de 18 millions de livres, tandis que celles faites aux^ colonies se sont accrues pendant la même période de 17 millions délivrés. C’est grâce à cette modification dans la direction de notre commerce extérieur que ce déclin inquiétant se trouve masqué à première vue. Les causes en sont les tarifs -douaniers hostiles : elles sont permanentes et leurs effets ne peuvent que s’accentuer. Si la Grande-Bretagne veut conserver sa situation actuelle et chercher à reprendre le -rang qu’elle occupait.jadis parmi les populations industrielles du globe, c’est vers.-l’extension du commerce à l’intérieur de l’Empire que ses efforts doivent tendre. Les Colonies y sont favorables-» Il faut que l’Angleterre réponde à leurs désirs nettement" exprimés. Elles ont déjà spontanément fait des sacrifices en réduisant leurs tarifs de douane pour les produits britanniques. C’est aupays de leur montrer qu’il apprécie leur-
- (1) Chiffres des Custom House and Board of Trade returns. Tome 110. — Juin 1908.
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- tentative de rapprochement commercial en entrant dans la voie de la Préférence, seule susceptible de développer le commerce à l’intérieur de l’Empire. Si l’on compare le pourcentage des exportations faites par la Grande-Bretagne dans les pays étrangers et les colonies, on constate que celles-là sont tombées de 65 à 58 p. 100 en douze ans, de 1890 à 1902, tandis que celles-ci s’élevaient de 35 à 42 p. 100 pendant la même période. Et d’ailleurs l’augmentation globale des exportations entre 1872 et 1902 est aussi plus apparente que réelle, puisque pendant qu’elles s’accroissaient de 7 1/2 p. 100 seulement, la population s’augmentait de 30 p. 100.
- Encore que cette méthode d’apprécier la prospérité d’un pays en se basant uniquement sur les exportations soit vicieuse (elle ne tient pas compte de facteurs très importants, le développement du commerce intérieur par exemple), suivons les Tariff Reformer s sur le terrain où ils se sont placés.
- l’année 1872
- M. Chamberlain arrive à ses conclusions pessimistes en prenant pour termes extrêmes de la période de, trente années dont il compare les exportations, les années 1872 et 1902. Ce n’est pas par hasard qu’il les a choisies, et si, comme le constatent ses adversaires, il avait pris pour points de départ et d’arrivée 1871 et.1901, les résultats eussent été différents. Il aurait également eu à sa disposition une période de trente années pendant laquelle, ainsi qu’il le dit fort justement, les causes extrinsèques exer-çantune influence sur les résultats de telles ou telles années se neutralisent. Le tableau comparatif suivant montre clairement que s’il n’avait pas fait choix des années 1872-1902 sa théorie du déclin de l’Angleterre aurait été détruite ipso facto.
- # EXPORTATIONS
- Millions de livres. Millions de livre:
- 1871 . . . . .... 223 1872 .... .... 256
- 1881 . . . . .... 234* 1882 . . . . .... 242
- 1891 . . . . .... 247 1892 ' . . . .... 227
- 1901 . . . . .... 271 1902 . . . . .... 277
- Ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte, il y a eu progression constante de la valeur des exportations si l’on compare les chiffres de la colonne de gauche dont les deux années extrêmes montrent un accroissement de 48 millions de livres, tandis qu’il y a eu décroissance pendant les vingt premières années de la période commençant en 1872. Par suite, suivant que l’on se réfère à l’une ou à l’autre des deux colonnes de ce*tableau, on peut affirmer que, pour la même* période, la prospérité de l’Angleterre s’est accrue de façon satisfaisante ou qu’elle a décliné de manière inquiétante. Tout dépend du point de départ que l’on se donne. Mais alors que les conclusions découlant de la colonne de gauche donnent une indication relativement exacte du mouvement réel des exportations, celles tirées de la colonne de droite sont erronées parce que la base même de la comparaison est vicieuse.
- « Je n’ai pas choisi cette période, dans un dessein sinistre » (1), affirpiait M. Chamberlain dans son discours de Greenock, le 7 octobre 1903. « J’ai pensé que trente années
- (1) Impérial Union and Tariff Reform. Speeches delivered from May 45V1 to nov. A 4903, by lhe Right Hon J. Chamberlain. Londres, Grant Richards, p. 50.
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- constituaient un laps de temps suffisamment long pour qu’une comparaison donnât des résultats exacts; mais j’invite mes contradicteurs à choisir une autre période, peu m’importe laquelle. » Ce n’est probablement pas dans un noir dessein, mais c’est certainement à dessein que M. Chamberlain a fait choix de l’année 1872 comme point de départ des statistiques dont il a fait usage. « Dans la controverse que j’inaugure, ajoutait-il, je me sers de chiffres à titre d’illustration. Je ne prétends pas qu’ils aient une force probante (1). » Soit, mais encore faut-il que les chiffres que l’on emploie ne soient pas en contradiction absolue avec la thèse soutenue, et c’est pourquoi l’ancien ministre des Colonies devait fatalement se baser sur ceux de 1872 ou de 1873, car tous ceux des années précédentes auraient démontré péremptoirement l’inexactitude de son argumentation sur le déclin relatif de la prospérité britannique. Il ne faut pas oublier que les années 1872 et 1873 ont été des années de prospérité absolument sans précédent dans l’histoire économique de l’Angleterre : « Dans la période 1870-74, disait sir Alfred Bateman, Comptroller General du Board of Trade, les chiffres des exportations du Royaume-Uni furent considérablement gonflés par des circonstances tout à fait exceptionnelles, telles que la guerre entre la France et l’Allemagne, le payement de l’indemnité de la France à l’Allemagne, et le prodigieux développement de nos industries houillères et du fer à une époque où la construction des chemins de fer à l’étranger était particulièrement intense. Celles-ci et d’autres causes contribuèrent'à établir des prix exceptionnellement élevés (2). »
- Cette période 1872-74 est tout à fait sans précédent, et la prendre pour base vicie toutes les comparaisons que l’on peut faire. La guerre franco-allemande eut pour conséquences un ralentissement très considérable sinon un arrêt de l’industrie française pendant plus d’une année. Par suite, non seulement les exportations industrielles françaises cessèrent, mais pour répondre aux besoins du marché intérieur il fallut avoir recours dans de grosses proportions aux manufactures étrangères, et comme à cette époque les États-Unis étaient un pays neuf, ne se suffisant pas à lui-même, que l’Allemagne n’existait pas encore comme grand pays industriel, et, l’eût-elle été, la guerre, dans laquelle elle était engagée, eût arrêté sa production, l’Angleterre était l’unique source à laquelle il était possible de s’approvisionner de produits manufacturés et de houille. Mais une autre raison de même ordre contribuait également puissamment à donner à l’Angleterre une prospérité inaccoutumée : à la suite du payement de l’indemnité de guerre de cinq milliards et demi de francs par la France, l’Allemagne entreprit de se constituer en une grande nation industrielle; des usines de toutes sortes se montèrent pour lesquelles un outillage considérable de machines était nécessaire. C’est à l’Angleterre qu’elle dut s’adresser,car seule elle était en état de le lui fournir. En même temps la construction des chemins de fer prenait un grand essor dans le nouvel Empire, ainsi que dans la plupart des pays de l’Europe, et c’est encore à l’Angleterre qu’il fallait s’adresser pour les matériaux nécessaires à ces grandes entreprises de transport. Et de ce fait encore, son industrie métallurgique et celle des constructions prirent un essor inconnu ; de plus, sa prospérité se répercuta sur les autres industries complémentaires de celles-ci, contribuant ainsi à créer une situation exceptionnelle de ce pays.
- Pendant cette même période la France dut reconstituer, elle aussi, en grande partie
- (1) Impérial Union .and Tariff Reform... etc.
- (2) Mémorandum of the Board of Trade laid before Parliament in 1897.
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- son outillage national (nous faisons usage de ce mot dans son acception la plus large), et comme la vie économique n’y reprenait que fort lentement, c’est l’industrie britannique qui bénéficia encore de ces commandes tout à fait exceptionnelles. Le prix de la fonte seule s’éleva à 6 £ par tonne (1).
- Voici les chiffres des exportations de fer et d’acier pendant la période 1870-1876 :
- Exportations franco-bord (millions de £).
- Années. Eer et acier. Machines.
- 1868 ............................ 17,6 4,7
- 1870 ............................ 24,0 5,3
- 1872 (2). ....................... 06 8,2
- 1874 ............................ 31,2 9,8
- 1876 ............................ 20,7 7,2
- Il ne faut pas oublier que les statistiques des exportations ne sont fonction que delà valeur totale des exportations et non des quantités de matières exportables, et que,, en dehors de l’accroissementde valeur correspondant à un accroissement de même sens des quantités, il y a une autre partie notable de cette augmentation de la valeur constatée pendant cette période imputable uniquement à une élévation des prix due à des circonstances, particulières et nullement proportionnelle à l’accroissement des quantités. C’est ainsi, par exemple, que, étant donnée la demande considérable de charbon, il se produisit à cette époque en Angleterre une véritable famine houillère au cours de-laquelle les prix s’élevèrent de 300 p. 100, accroissant d’autant, à quantités égales, la valeur des exportations de cet article. Et par suite, en négligeant ce facteur extrêmement important des prix, M. Chamberlain aboutit à des conclusions erronées. Mais ce n’est pas uniquement sur le charbon que cette variation de prix se manifesta; les prix du fer, du coton, de la laine brute et des produits dont ils sont les matières premières s’élevèrent également considérablement, et la valeur des exportations,, pendant les années 1872 et 1873 en particulier, sont ainsi artificiellement gonflées, en. quelque sorte.
- Il était impossible de supposer que la progression des exportations constatée entre 1870 et 1872 pouvait se maintenir.
- Pour concrétiser notre pensée reprenons le cas de la métallurgie. Il était évident que l’Allemagne et la France, l’une constituant, l’autre reconstituant leur industrie du fer, devaient réduire considérablement leur demande de ces produits anglais. Non-seulement leurs propres établissements allaient très rapidement être en mesure de leur fournir une notable partie des matières premières telles que fonte et acier, mais encore elles devaient — il fallait le prévoir — manufacturer elles-mêmes une grande-partie des machines dont ils avaient besoin, soit pour euxmêmes, soit pour outiller et équiper des entreprises nouvelles. La guerre franco-allemande était un fait exceptionnel ayant eu des conséquences exceptionnelles dont l’Angleterre avait été seule à profiter : la situation qui en était résultée^était également exceptionnelle, et par suite-on ne saurait prendre les résultats de la période 1870-1874 comme base d’une compati) Elle ne valait que 4 £ en 1902.
- (2) Bien que les exportations de fer et acier représentent 36 millions £ en 1872 et seulement 29 millions en 1902, on ne peut en inférer que les quantités exportées aient décru par suite de la baisse des prix de 6 à 4 £ par tonne pendant cette période. La production de fonte en Angleterre qui n’était que de 6 700 000 tonnes en 1872 a passé en 1902 à 8 700 000 tonnes.
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- raison destinée à vérifier la prospérité économique de l’Angleterre,sans vicier d’avance les conclusions. En se reportant au tableau ci-des'sus, il est facile de voir, en nous en tenant pour l’instant à l’exemple de la métallurgie, qué si l’on néglige les années exceptionnelles de la guerre franco-allemande, la progression est normale. Les résultats se voient encore mieux dans le tableau suivant :
- .Exportations de fer et acier.
- Années. Millions de £
- 1864 . .................... 15
- 1868 ............................. 17,6
- 1876 20,7
- 1880 ............................. 28,4
- montrant la progression régulière des exportations de fer et acier pendant la période 1864-1880 indépendamment des années exceptionnelles.
- Nous voyons donc qu’en nous plaçant sur le même terrain que M. Chamberlain c’est-à-dire en mesurant uniquement la prospérité de la Grande-Bretagne par les exportations — par la valeur de ses exportations devrions-nous écrire — nous aboutissons à des résultats différents, parce que nos points de départ ne sont pas les mêmes. Il n’y a aucune raison valable pourpréférer l’année 1872 à l’année 1870, ou à 1871 pourvu que les comparaisons portent sur des périodes de même durée. Et au contraire, ainsi que nous venons de le démontrer, il ne fallait pas prendre pour point de départ l’année 1872, si l’on voulait tirer des indications générales sérieuses de comparaisons statistiques grossières, puisque, dans l’un comme dans l’autre cas, nous nous sommes jusqu’ici abstenu, non seulement d’interpréter les chiffres dont nous nous sommes servi mais même de les éclairer en nous servant d’indications et de faits connus.
- Plus tard, à Newcastle M. Chamberlain se rendit compte qu’il ne pouvait continuer -sa campagne, avec quelques chances de succès, qu’en renonçant à prendre pour termes de comparaison les résultats d’années isolées choisies à dessein. Les libre-éehangistes avaient montré combien son argumentation était artificielle et fallacieuse de mesurer la prospérité d’un pays d’après les résultats d’une année aussi exceptionnelle que 1872. Si,lui disait-on, au lieu de prendre la période où la valeur des exportations a été jnaxima par suite de causes véritablement extrinsèques à la situation générale ordinaire, causes forcément temporaires, il avait pris une année normale, le déclin relatif n’aurait pas apparu. Il aurait même obtenu des résultats absolument contraires si par exemple il avait pris comme origine soit l’année 1862, caractérisée parla famine cotonnière ruineuse pour le Lancashire, soit l’une des années suivantes de dépression.
- EXPORTATIONS
- Années. Millions.
- 1870 ............................ 200 Guerre franco-allemande.
- 1875 ........................... 223 Réaction suivant la période d’inflation
- précédente marquée par des faillites nombreuses.
- 1876 ........................... 201 Commencement de la baisse de l’ar-
- gent. Ère d’avilissement des prix.
- 1877 ........................... 199 Guerre turco-russe. Famine aux Indes :
- réduction des exportations dans cette colonie.
- 1878 ........................... 193 Faillite de la City of Glascow Bank.
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- LES COMPARAISONS DES PÉRIODES QUINQUENNALES
- Se rendant compte qu’il ne pouvait justifier par aucune raison sérieuse la base qu’il avait prise, M. Chamberlain y renonça en faveur des moyennes quinquennales. « Je veux, disait-il (1), comparer des périodes quinquennales. Si au lieu de.prendre des années isolées vous prenez des périodes de cinq années, cela m’est encore plus favorable que ne le montrait mon argumentation de Glasgow. D’après un travail deM. Ben jamin Kidd, l’une des personnes qui font autorité en cette matière et celles connexes, la moyenne totale des exportations pour les cinq années terminées en 1900 est de sept millions et demi inférieure à celle des cinq années terminées en 1875; et si, au beu de considérer les exportations d’ensemble, vous vous confinez dans ce qui était la substance de mon argumentation — c’est-à-dire aux produits manufacturés que nous envoyons aux pays protectionnistes — vous verrez que la différence est encore plus considérable que je ne le supposais. »
- La même cause d’inexactitude dans l’appréciation des résultats, que nous avons signalée lorsque l’année 1872 avait été prise pour point de départ, subsiste encore dans son intégralité. M. Chamberlain tient à démontrer le bien fondé de sa thèse, et pour cela il lui est indispensable de partir d’une situation sans précédent. A une année exceptionnelle, il substitue une période exceptionnelle dans laquelle sont comprises précisément les années 1872-1873. Puis, pour second terme de comparaison il prend la période 1896-1900, choisie également à dessein afin de ne pas faire entrer dans la moyenne l’année 1902 dont les résultats sont aussi favorables que ceux de 1872, mais la période de trente années qui lui semblait indispensable se trouve réduite de deux années. Cependant en nous reportant aux données statistiques officielles nous arrivons à des résultats très différents pour la période qu’il a choisie, puisque, au lieu de la différence en moins de 7 milbons qu’il signale, nous trouvons une augmentation de 10 milbons. Voici en effet les chiffres.
- 1871-1876 .... Moyenne des exportations. 239 millions.
- 1896-1900.-. . . — 249 — (2)"
- Si, au beu de prendre pour second terme de comparaison les exportations totales de la période 1896-1900, nous prenons celle de 1898-1902 nous constatons qu’elles s’élevaient à 263 mülions de moyenne annuelle au beu de 259 en 1871-1875, soit donc un accroissement de 24 milbons de bvres sterbng.
- M. Chamberlain, lui,a fait usage pour ses comparaisons quinquennales non des valeurs totales des exportations, mais des valeurs des exportations de produits manufacturés et semi-manufacturés, et c’est ainsi qu’il établit cette différence en moins de sept milbons en se servant des résultats encore plus favorables à sa thèse, ainsi qu’il le disait à Newcastle, que ceux obtenus par des comparaisons sur l’ensemble.
- La moyenne pour la période 1871-1875 était de 215 milbons de £, dit-il, elle est tombée à 209 milbons en 1896-1900.
- (1) Impérial Union and Tariff Refqrm. Speeches delivered frorn May 15lh to Nov. 4 1903, by the Right Hon.J. Chamberlain.ks answer to sosie objections.Discours fait à Newcastle le 20 octobre 1903, p. 183. London, Grant Richards.
- (2) Ges moyennes sont établies avec les chiffres extraits des Çastom House of Trade Returns (publications officielles).
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- Pourquoi l’ancien ministre des Colonies n’a-t-il pas pris la période 1898-1902 dont les résultats officiels avaient été publiés? Pourquoi la période de trente années, indispensable lorsqu’il s’agissait de comparer des années isolées, ne l’est-elle plus lorsqu’il s’agit des périodes quinquennales? Serait-ce parce que dans ce cas la diminution de 6 millions disparaîtrait et qu’à sa place on constaterait une augmentation de 2 millions dans la moyenne annuelle, puisque la valeur moyenne des exportations entre
- 1898-1902 est de....................... 217 millions.
- Contre, entre 1871-1875.............................. 215 —
- LES CAUSES D ERREUR
- « M. Chamberlain, a dit M. Asquith (1), semble vaguement reconnaître que l’année 1872 conduit à des conclusions erronés quand il dit gentiment qu’il prendra une autre année pour base. Mais le fait-il? Avec une grande apparence de générosité dans l’argumentation il prend une période de cinq années. Il prend 1871-1875 comme point de départ et 1896-1900 comme terme extrême. Pourquoi? je me le demande. On vous a dit que l’année 1872 vicie toutes les comparaisons; pourquoi alors lui substituer une période de cinq années comprenant 1872 et 1873 encore plus trompeuse?
- Longueur de la période entre dates extrêmes de prix de périodes quinquennales.
- 25 ans.
- Périodes.
- 1871-1875
- 1896-1900
- 215
- 209
- Valeur moyenne des exportations de produits manufacturés dans les pays protectionnistes. Millions de £ (1).
- Différences.
- En moins. 6 millions.
- 27 ans. IL ( 1871-1875 215
- ( 1898-1902 217
- 30 ans. III. l 1868-1872 191
- ( 1898-1902 217
- 30 ans. IV. ( 1866-1870 173
- j 1896-1900 209
- 32 ans. v-l ; 1866-1870 191
- ! 1898-1902 217
- v,.| ' 1873-1877 200
- 25 ans. 1898-1902 217
- En plus.
- En plus. 26
- 200 )
- > En plus. 17 —
- Observations.
- Période de M. Chamberlain dont la base renferme les années exceptionnelles. Le terme extrême ne comprend pas l’année 1902 très favorable.
- Base de M. Chamberlain, mais changement de terme extrême.
- Second terme extrême normal.
- Les deux termes extrêmes sont normaux. Pas d’inflation des prix.
- Il est facile de manipuler les chiffres ainsi. Le résultat est que nos exportations
- (1) Discours du 24 octobre 1903 à Newcastle on Tyne; cf. Trade and the Empire. M. Chamberlain’s proposais examined in four speeches and a prefatory Note by the Right Hon H. H. Asquith k. c. M. P. 1 vol., 96 p. Mèthuen and Ca, London, p. 41 et p. 96.
- (2) Ces moyennes sont établies d’après les chiffres officiels fournis dans le Memoranda statistical tables and Charts du Board of Trade [cd. 1761], 1903, lac. cit., Exports to protected and unprotected markets : Table III. Exports of articles manufactured or partly manufactured in the United Kingdom'.
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- ..avaient une valeur de 215 millions de £ pendant la première période, qu’elle n’était plus que de 209 pendant la seconde, et que nous avions subi une perte de 6 millions.
- . Je pourrais également manipuler les chiffres. Je vous donnerai, de préférence, une .autre comparaison que je crois beaucoup plus exacte. Au lieu des cinq années terminées en 1875, prenez celles s’achevant en 1870, période normale sans inflation de prix; qu’en résulte-t-il? 172 millions pour la première période contre 209 dans la seconde, soit une augmentation de 37 millions.au lieu de la diminution de 6 millions -annoncée. Or, si comme période finale auuis prenez 1898-1902, la comparaison se fait entre 172 et 217 millions, montrant un gain annuel net de 45 millions sterling. »
- Ces comparaisons ont leurs résultats très nettement mis en lumière dans le tableau précédent.
- Aucune démonstration n’est plus évidente que le rapprochement des chiffres de ce tableau que même en se plaçant sur le terrain le plus favorable, c’est-à-dire en comparant les valeurs brutales des exportations de produits manufacturés dans les pays protectionnistes sans tenir compte des causes extérieures influençant ces valeurs, M. Chamberlain ne peut arriver à ses conclusions pessimistes que par un choix tout à fait arbitraire des termes de comparaison, en incorporant dans l’un une période tout à fait exceptionnelle, en se refusant à introduire une période de même caractère dans la seconde, en réduisant enfin l’intervalle des termes extrêmes de trente à vingt-cinq ans.
- Entre 1866 et 1902, toute comparaison de périodes de vingt-cinq ou trente ans, •en prenant même l’un des deux termes extrêmes choisis par l'ancien ministre des Colonies, fournit des conclusions différentes n’autorisant pas une vue pessimiste de la situation, bien au contraire.
- On peut voir d’ailleurs, d’une façon plus générale, par des chiffres portant sur d’ensemble des exportations britanniques, que les conclusions sont essentiellement variables suivant la durée de la période de comparaison. C’es.1 ce que M. L. G. Chiozza Aloney a montré ainsi d’une manière frappante (1) :
- ACCROISSEMENT DES EXPORTATIONS BRITANNIQUES EN Trente «nS.
- 1902 .............................£ 217 000 000
- 1872 ............................ £ 256 000 000
- Accroissement..........£ 21000 000
- ACCROISSEMENT DES EXPORTATIONS BRITANNIQUES EN Vingt ailS.
- 1902 .............................£ 277 000 000
- 1882 .............................£ 241 000 000
- Accroissement..........£ 30 OOO OOl)
- ACCROISSEMENT DES EXPORTATIONS BRITANNIQUES EN Dix ftnS.
- .1902 ...............:.........£ 277 000 000
- 1892 .............................£ 227 000 000
- Accroissement..........£ 50 000 000
- « En se servant, dit-il, de tableaux tels que ceux-ci, exacts cependant tous trois et •cependant grossièrement trompeurs pour les conclusions qu’on peut en tirer, on peut
- (1) Eléments of the fiscal problème by L. L. G. Chiozza Money, membre de la Royal statistica .Society, 1 vol., 271 p., Londres, 1903. P. S. King and Son, ch. xx, the past, the présent and the future, p. 196.
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- conter à un auditeur populaire des histoires plausibles, ayant des caractères entièrement divergents. Les exportations britanniques se sont accrues de 50 millions en dix ans seulement. C’est merveilleux ! Elles se sont accrues de 36 millions en vingt ans. C’est lent! Elles ne se sont accrues que de 21 millions en une génération. C’est grave, il faut procéder à une enquête. »
- En 1881, M. Chamberlain protestait énergiquement contre la méthode des protectionnistes d’alors consistant à prendre précisément pour base la période tout à fait exceptionnelle de 1871-1875 dans des comparaisons destinées à mesurer la prospérité de l’Angleterre par ses exportations. Les résultats de la comparaison entre la période en question et la suivante, disait-il, sont inexacts, parce que vous faites entrer en ligne de compte les années 1872 et 1873, pendant lesquelles nos exportations atteignirent temporairement à des valeurs sans précédentes, par suite d’événements extraordinaires qui ne se reproduiront plus. Et avec l’autorité particulière que lui donnait sur cette question sa situation de président du Board of Trade, il ajoutait :
- « La réduction citée est uniquement une réduction en valeurs et, comme pendant cette même période il y a eu une baisse générale des prix d’au moins 20 p. 100, la valeur véritable de notre commerce d’exportations s’est accrue pendant cette période de 14 p. 100 (1). »
- l’influence de la baisse des prix
- Ce qui était vrai pour M. Chamberlain en 1881, alors que la baisse des prix était de 20 p. 100 l’était encore davantage en 1904 quand elle dépasse 30 p. 100. Alors il voulait que l’on tînt compte de ce facteur important parce qu’il corroborait la thèse de la prospérité croissante qu’il défendait. Il ne veut pas en tenir compte dans la controverse actuelle, parce que ses arguments s’effondreraient : mais cependant, pour se donner quelque apparence d’impartialité dans sa jonglerie de chiffres, il est un fait extérieur différent dont il lient compte : l’accroissement de la population. Pour lui, l’une des causes d’inquiétudes est que l’accroissement en valeur absolue des exportations n’est que de 7 1/2 p. 100,'alors que celui de la population atteint 30 p. 100.
- M. Chamberlain ne peut pourtant pas ignorer l’effet de la baisse considérable des prix qui s’est produite depuis 1881. Même s’il n’avait pas été amené à faire des recherches particulières sur ce sujet avant de dénoncer au pays les signes affolants de la décadence industrielle (2), il ne pouvait pas avoir perdu le souvenir des déclarations si catégoriques et si rassurantes faites par M. Gérald Balfour, comme président du Board of Trade. La question du déclin relatif des exportations britanniques ayant été soulevée en juin 1903 à la Chambre des communes par l’ancien ministre des Colonies et ses partisans, M. Gérald Balfour (3) faisait remarquer dans sa réponse du 12 août que si l’on évaluait les exportations aux prix pratiqués pour les marchan-
- (1) Débats de la Chambre des communes, discours de Chamberlain, Ilansard, op. cit., vol. 267.
- (2) Si M. Chamberlain a négligé de se documenter sur ce point, que penser de la valeur de ses arguments économiques? Ce serait un tel manque de sens critique et de probité scientifique, que toute personne de bon sens devrait repousser son plan sans autre examen. Il entraînerait l’Angleterre vers l’inconnu tout au moins, sans hésitation aucune.
- (3) Débats de la Chambre des communes. Times du 13 août 1904.
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- dises en 1873 on constatait (la baisse totale ayant été de près de 50 p. 100) (1), en ne considérant que les valeurs, que l’accroissement réel n’était pas de 23 millions ou 7 1/2 p. 100, mais de 153 millions ou 55 p. 100, alors que l’augmentation s’élève pour la population à 30 p. 100. Par conséquent, en n’évaluant la prospérité de l’Angleterre que par la valeur des exportations, sans tenir compte des quantités, nous constatons un accroissement réel de 55 p. 100, ce qui est loin de justifier une inquiétude quelle qu’elle soit au sujet du développement économique de la Grande-Bretagne.
- Pour montrer de façon plus sensible encore toute l’importance qu’il y a à tenir compte de la variation des prix, prenons un exemple concret entre des cas nombreux : ils nous feront voir également de façon très saisissante que, même en n’attachant comne nous le faisons, qu’une valeur indicative aux statistiques générales, il est nécessaire, pour que leurs indications puissent servir d’une manière quelconque comme point de départ, de les interpréter à l’aide de renseignements connus, même s’ils n’entrent pas dans leur élaboration.
- Les exportations des tissus de coton, par exemple, vont nous fournir un exemple concret.
- On constate que la valeur des exportations de ces articles a passé entre 1872 et 1902, de 63 406 000 liv. st. à 65 559 000 liv. st. L’accroissement très faible de 1 593 000 liv. st. ne représente que 2 1/2 p. 100. On conclurait, par la méthode de M. Chamberlain, que l’industrie du coton n’a fait aucun progrès pendant cette période. Et pourtant la vérité est toute différente : on n’arrive à ce résultat qu’en négligeant le facteur extrêmement important de la baisse des prix : c’est-à-dire en ne faisant pas figurer dans la statistique les quantités à côté de la valeur des exportations. Si l’on tient compte de cet élément, la conclusion est évidemment inverse, car on constate qu’elles ont passé de 3 547 000 000 yards en 1872 à 5 331 000 000 en 1902 (2), accusant une augmentation en volume de 50 p. 100 contre 2 1/2 p. 100 en valeur. Les indications fournies parle nombre de personnes employées confirment cette seconde conclusion.
- Leur nombre s’est élevé de 508 715 à 592 119 (3) entre 1871 et 1902, soit en augmentation de 14, 4 p. 100. Dans ce cas cependant, deux causes étaient de nature à modifier le sens de cette dernière indication.: en premier lieu, le perfectionnement de l’outillage réduisant la demande de main-d’œuvre dans des proportions difficiles à déterminer mais notables, en second lieu, la crise actuelle (1902-1903-1904) de l’industrie cotonnière due à la cherté de la matière première. D’ailleurs une diminution de 4, 6 p. 100 s’est produite dans le nombre des personnes occupées depuis 1891, qui doit être attribuée à ces deux causes.
- (1) EXPORTATIONS DE PRODUITS BRITANNIQUES ET D’ARTICLES MANUFACTURÉS
- Valeurs fournies Valeurs basées
- par les Trade Returns. sur les prix de 1873.
- Millions de £. Millions de £.
- 1873 ............!............................... 255 255
- 1883 .............................................. 240 295
- 1893 .............................................. 218 329
- 1902 .............................................. 278 416
- Accroissement de 1902 par rapport à 1873. ... 23 153
- (2) Facts versus fiction, op. cit., p. 41.
- (3) Census Reports, 1861-1901. Summary tables showing total Number of people in England and Wales, occupied in tlie under mentionned groups of industries.
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- On a soiwent pris l’habitude, chez les partisans de M. Chamberlain, de mesurer la prospérité par la moyenne des exportations totales par habitant. Mais la comparaison établie par eux se trouve viciée par les mêmes causes que les précédentes, à savoir que la période initiale est encore 1870-1874 et que l’on ne tient pas compte des variations des prix. De plus, le terme final choisi est la période 1894-1899, qui fut assez peu satisfaisante dans leur ensemble.
- Nous nous bornerons, dans le tableau suivant, à mettre en regard des valeurs mentionnées dans les Custom House and Trade Returns, celles obtenues en tenant compte de la baisse des prix (1).
- EXPORTATIONS PAR HABITANT
- Valeurs fournies Valeurs basées
- par les Trades returns. sur les prix de 1873.
- £ s d £ s d
- 1870-74..................................... 773 773
- 1880-84..................................... 6 13 2 8 2
- 1890-94..................................... 6 2 11 9 3 11
- 1893-99..................................... 5 19 5 937
- 1898-1902............................ 6 5 1 11 8 3
- L’un des gros arguments de M. Chamberlain, dans sa campagne fiscale actuelle, est que l’accroissement relatif des exportations des pays protectionnistes, France, Allemagne, États-Unis, est considérablement plus important que celui constaté en Angleterre. Bien qu’une comparaison de cet ordre, basée sur les valeurs, ne puisse donner, que des indications peu comparables entre elles, à cause des différentes manières d’évaluer les exportations dans les divers pays et que ces évaluations comprennent parfois, — c’est le cas de l’Allemagne, — des éléments (valeurs des navires) ne figurant pas dans d’autres (Angleterre), le tableau suivant est probant. Il montre que, si l’on fait abstraction de la période d’inflation exceptionnelle 1870-74, les exportations britanniques ont crû autant en valeur absolue que celles des pays protectionnistes, les États-Unis exceptés :
- EXPORTATIONS PAR HABITANT
- Moyenne annuelle
- des périodes. Royaume-Uni. France. Allemagne. États-Unis.
- £ S d £ S d £ S d £ s d
- 1875-1879 6 0 0 3 14 11 3 3 0 2 16 3
- 1880-1884 . 6 13 2 3 13 5 3 8 8 3 5 11
- 1885-1889 . 6 3 8 3 9 3 3 5 6 2 11 6
- 1890-1894 . 6 2 11 3 11 4 3 2 9 2 19 0
- 1895-1899 . 5 19 5 3 14 2 3 7 2 2 18 4
- 1900-1902 . 6 15 1 4 4 0 4 1 8 3 16 2
- Accroissement. . * 15 1 9 9 18 8 19 11
- « On voit, écrivait sir Alfred Baleman (2) dans le Mémorandum du Board of
- (1) Nous nous sommes servis des coefficients employés par M. Gérald Balfour dans la séance de la Chambre des communes du 12 août 1903. -
- (2) Complroller general du Boarcl of Trade.
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- Trade (1), que les exportations, par habitant clu Royaume-Uni, dépassent de beaucoup celles de la France et de l’Allemagne, et encore davantage celles des États-Unis. Depuis 1895, ces exportations par tête sont demeurées presque stationnaires dans ces pays, de telle sorte qu’aucun d’eux n’a pris d’avance sur les autres à ce point de vue. Je parle de 1875, parce que dans la période 1 870-74 les chiffres, pour le Royaume-Uni, ont été fortement grossis par des circonstances tout à fait exceptionnelles, telles que la guerre entre la France et l’Allemagne, le payement de l’indemnité de la France à l’Allemagne et le boom de notre industrie houillère ainsi que de notre métallurgie en un temps où la construction des chemins de fer était particulièrement active en Europe. Ces circonstances, et d’autres encore, ont contribué à faire des prix exceptionnellement élevés. »
- (1) Tratle and the Empire, loc. cit., p. 94.
- (2) Sir Alfred Bateman ne tenait pas compte de la période 1900-1902.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Gnéralités. — La fonction valence. — Le tétrachlorure de carbone.
- Produits minéraux. — Acide sulfurique. — Nitrite de sodium. — Phosphates.
- Métaux et métallurgie. — Production et poids des métaux. — La vie du radium. — Le scandium. — Sur la corrosion du fer,
- Combustibles. — Purification du gaz d’éclairage.
- Distillerie. — Vœux du Congrès.
- Couleurs et matières colorantes. — Indigotine. — Jaune de métanile en acidimétrie.
- Papiers. — Divers.
- Tannage. — Tannage aux hydroquinones.
- Explosifs. — Les picrates métalliques. — Azoture d’argent.
- Hygiène alimentaire. — Laits, beurres et fromages purs. — Pain blanc et pain bis".
- Hygiène médicale. — Eau fluoroformée sans ftuoroforme. — Désinfection par le formol.
- LA FONCTION VALENCE
- L’histoire delafonction valence a été l’objet d’un intéressant exposé de M. J. Newton Friend, dans les Chemical News, n° du 10 avril 1908, p. 171-173. Les premières notions dues à Dalton 1808, puis à Frankland, 1852, furent développées par Couper 1858 et Kékulé la même année. La variabilité de la valence dans un même élément (travaux de Frankland et Kolbe, Kékulé, Thorpe, Baker, Kolbe, Mendeleefï, Abegg, Nef, Werner), la valeur de la valence de l’élément carbone (travaux de Williamson et Kay, Kékulé, Nef, Gomberg), les théories de Thile de la valence partielle, de Bayer de la valence complète, de Bulow de la valence cachée, de Werner de la valence principale et de la valence auxiliaire ; les théories électrochimiques (Berzélius, Abegg et Bodlânder, Spiegel, Arrhenius, Friend) y sont rappelées d’une façon récapitulative.
- LE TÉTRACHLORURE DE CARBONE
- Le tétrachlorure de carbone est un excellent dissolvant des corps gras; il peut trouver son emploi aussi bien dans l’industrie de l’extraction de l’huile des grignons d’olive et des tourteaux de graines oléagineuses, que dans celle du dégraissage des étoffes, tissus et vêtements, qui s’opère dans une multitude d’ateliers grands ou petits au moyen soit de la benzine, soit de l’essence de pétrole.
- M.E. F. Cote (dans les Annales de la Société d’Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon, 1907, p. 289-320) constate que le tétrachlorure de carbone n’a pourtant pas été accueilli par les industries du dégraissage avec l’enthousiasme auquel on pouvait s’attendre, bien qu’il doive nécessairement arriver à remplacer les autres dissolvants,
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- car il est très volatil et parfaitement incombustible au point de se comporter comme un extincteur sur un foyer incandescent.
- Il faut considérer qu’à la production d’une tonne d’alcali correspond le dégagement d’un poids presque égal de chlore gazeux à absorber. Or la seule utilisation pratiquement possible du chlore gazeux lie réside à l’heure actuelle que dans sa combinaison à la chaux pour former de l’hypochlorite.
- L’emploi de la soude est illimité et il s’en consomme en France environ 180 000 tonnes par an. Mais l’hypochlorite de chaux n’est guère employé que pour le blanchiment de la pâte à papier et de tous les végétaux et pour la désinfection des locaux insalubres; son emploi est restreint, 20 000 tonnes en France. Dans ces conditions, une usine électrolytique qui produirait de 8 000 à 10 000 tonnes de soude par an, trouverait à peine à elle seule à écouler tout son chlore. Le procédé Leblanc qui donne comme sous-produit l’acide chlorhydrique et le procédé à l’ammoniaque qui produit en résidu du chlorure de calcium sont affranchis de cet impédimentum.
- Un nouvel emploi du chlore doit donc favoriser le développement de ces usines. Parmi ceux étudiés, celui du tétrachlorure de carbone intéresse beaucoup. Le tétrachlorure de carbone contenant 95 p. 100 de carbone, son prix de revient dépend essentiellement du prix du chlore.
- Le tétrachlorure de carbone constitue donc un trait-d'union du plus haut intérêt entre les deux industries : celle du chlore électrolytique qui manque de débouchés et celle de l’extraction des corps gras qui peut lui en ouvrir un.
- M. Cote fait suivre cet aperçu préliminaire d’un exposé très détaillé des propriétés, des applications et de la fabrication du tétrachlorure de carbone.
- Voici d’abord une comparaison entre les diverses propriétés du tétrachlorure, du sulfure et de la benzine.
- Densité à 15° i....................
- Densité de vapeur..................
- Tension de vapeur à 15°............
- Chaleur spécifique................
- Chaleur latente de vaporisation. .
- Température d’ébullition............
- Chaleur totale de condensation. . .
- CCH. CS2. CeH6.
- 1,600 1,244 0,899
- 5,340 2,640 2,701
- 7,00 25,00 6,60
- 0,131 0,137 0,201
- 46,6 79,9 92,3
- 76,7 46,5 80,4
- 54,2 84,9 117,5
- Les chiffres obtenus en faisant les produits (pour le tétrachlorure : 1 600 X 54,2== 86 720 calories; pour le sulfure : 1 244 X 84,9 = 105 615 calories ; pour la benzine : 0,899 X 11,7,5 = 105 632 calories), montrent qu’il faut, en employant du tétrachlorure de carbone 8 p. 100 en moins de charbon et d’eau de condensation qu’en utilisant les autres dissolvants. Cet avantage est contre-balancé par le fait qu’étant donné la plus grande densité du tétrachlorure, ce dissolvant exigera à volume égal, l’emploi d’un poids relativement plus grand que dans le cas du sulfure de carbone et de la benzine. Un kilogramme de ces divers corps occupe en effet les volumes suivants : 01U,623 pour le tétrachlorure de carbone; 0m,788 pour le sulfure de carbone et lut,13i pour la benzine.
- Les pertes sont par contre bien plus faibles avec le tétrachlorure qu’avec le sulfure et la benzine; on constate que les pertes qui ont lieu dans la récupération des quantités du produit employé sont, pour 100 kilos d’huile extraite, respectivement de : lkg,600 avec le tétrachlorure; 4kg,550 avec le sulfure; lkg,200 au moins avec la ben-
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- LE TÉTRACHLORURE DE CARBONE.
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- zine. Mais en regard de ces chiffres, il faut placer la réduction des primes d’assurances nouvellement consenties, et qui de 30 p. 100 tombent à 3; soit pour la valeur assurée (200 000 francs) d’une usine qui extrait par épuisement 500 tonnes d’huile par an, l’économie 6 000 — 600 = 5 400 francs.
- Puisque tels sont ses avantages, pourquoi le tétrachlorure n’est-il pas très employé? il y a plusieurs raisons : d’abord son prix presque prohibitif de 90 francs les 100 kilogrammes.
- Ensuite il y a eu quelques déboires à Marseille, pour essais d’épuisement de tourteaux de graines oléagineuses, mais on s’était servi d’appareils construits en vue de l’épuisement par le sulfure de carbone et de tétrachlorure d’une pureté douteuse. Le bruit fait autour de ces malencontreux essais a détourné à peu près toutes les huileries, au moins dans le midi de la France, de tentatives nouvelles.
- Dans le Nord au contraire on a procédé d’une façon plus rationnelle à des essais en grand aussi d’épuisement des tourteaux et des grignons, des os et cretons, des laines et cotons en nature ou en déchet. Les résultats sont on ne peut plus concluants au triple point de vue de l’économie d’emploi du nouveau dissolvant, de la qualité des huiles ou graisses extraites et des produits résiduaires, enfin de la bonne conservation des appareils.
- La question de la résistance chimique des métaux qui doivent entrer dans la composition des appareils est ici très importante. Elle n’était pas étudiée quand on fit les premiers essais de dégraissage au tétrachlorure. Le tétrachlorure de carbone pur, en l’absence d’eau, n’attaque pas les métaux usuels, 'sauf le fer assez faiblement et le cuivre d’une manière peu appréciable, cela après une durée de contact dè plusieurs mois et à la température d’ébullition. Mais en présence de l’eau et à chaud, ce qui est le cas intéressant pour la pratique, le tétrachlorure attaque plus ou moins certains métaux usuels. L’expérience prouve que sur 100 kilogrammes après 750 heures de contact, le fer perd 645 grammes, la fonte 420, le cuivre 138, le plomb 72, le zinc 13 à 18 et l’étain une quantité qui est à peine mesurable. Il ne peut donc pas être question de construire des appareils d’utilisation en fer ou en fonte ; mais on peut sans inconvénient employer de la tuyauterie en cuivre et plomb et de la robinetterie en bronze, car les tuyaux et les robinets ne sont pas en contact permanent avec le liquidé. Les parois intérieures des appareils d’épuisement doivent être en tôle de fer galvanisé ou préférablement en cuivre étamé dans les parties qui reçoivent les matières grasses à traiter. Voir le tableau de l’action de tétrachlorure de carbone sur divers métaux, dressé par M. V. Frehse, sous-directeur du Laboratoire municipal de Lyon, en mars 1903.
- En ce qui concerne la préparation du tétrachlorure, il y a d’abord les procédés basés sur l’action directe; le chlore se combine, d’une part au soufre du sulfure de carbone en donnant du chlorure de soufre et, d’autre part au carbone en donnant naissance au tétrachlorure de carbone : CS2 + 6C1 = S2C12 + CCI4. Les points d’ébullition du chlorure de soufre et du tétrachlorure de carbone étant assez éloignés,, on sépare facilement., à quelques centièmes près, ces liquides par distillation ou rectification ; on purifie ensuite le tétrachlorure par des lavages alcalins.
- Il y a ensuite la méthode indirecte ; formation du chlorure de soufre d’abord et, ensuite, action de ce dernier sur le sulfure de carbone en présence d’un corps de contact; le chlore du chlorure s’unit au carbone du sulfure duquel le soufre libéré se dissout dans le tétrachlorure au fur et à mesure de sa formation : CS2 + 2S2C14 = CCI4 -f 6S. Le soufre cristallise à froid et l’on recueille le tétrachlorure par simple décantation.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- A côté de ce procédé se place celui de MM. E.-F. Côte et P. Pierron; Brevet français n° 316, 971 du 13 décembre 1902. Les substances employées sont: le chlorure manganeux pour combiner le chlore au sulfure de carbone, et le sulfure de fer, pour transformer le chlorure de soufre en tétrachlorure par le sulfure de carbone.
- Un autre procédé fort ingénieux, imaginé par M. Combes et breveté en France sous le n° 312 046 (22 juin 1901) reprend la méthode directe pour obtenir un appareil unique de tétrachlorure de carbone à partir du chlore et du charbon en les faisant réagir l’un sur l’autre dans une cornue au rouge.
- Si on arrive à réduire les prix de revient à une limite assez basse pour pouvoir livrer au commerce à 60 francs les 100 kilogrammes, l’industrialisation des emplois du tétrachlorure de carbone sera vite obtenue.
- ACIDE SULFURIQUE
- Un très important mémoire de M. Giuseppe Oddo, professeur à l’Institut de chimie générale de l’Université de Pavie, Gazetta chimica italiana, 1908, p. 430-488, sur l’emploi direct des minerais de soufre delà Sicile pour la préparation de l’acide sulfurique. On sait que l’industrie soufrière est la plus importante des industries minières de l’Italie. En 1905, il y avait 743 mines en activité employant 32 830 travailleurs, et produisant 3 760 534 tonnes de minerai valant, sur le carreau delà mine, 42 828 381 fr.
- En 1906, ces nombres étaient tombés respectivement à 609, 29206, 3 273 901, 36 910 901. Sur les pyrites, l’emploi direct du minerai de soufre présente les avantages de fournir un courant de gaz sulfureux plus pur, plus concentré et plus chaud, par conséquent une économie qui équivaut à un tiers de la pyrite.
- NITRITE DE SODIUM
- Le nitrite de sodium est un produit devenu important pour la fabrication de toute une série de matières colorantes et pour celle d’autres produits.
- Sa préparation, dont nous avons déjà parlé dans ces notes de chimie, très au long, a fait l’objet d’une communication, le 4 mars dernier, à la London section de la Society of Chemical Industry. (Voir son Journal, n° du 30 mai, p. 483.)
- PHOSPHATES
- La consommation mondiale en phosphates a passé en milliers de tonnes de 15 en 1850, à 50 en 1860,175 en 1870, 600 en 1880, 1 400 en 1890, 2 750 en 1900,4 657 en 1907. La production pour 1907 se répartit comme suit : 1 917 tonnes pour l’Amérique, 1 365 pour l'Algérie et la Tunisie, 375 pour la France, 300 pour le Pacifique, 280 pour les autres pays.
- PRODUCTION ET PRIX DES MÉTAUX
- Voici la production et le prix des métaux, d’après le cours de M. H. Le Chatelier ; en tonnes [ex Revue Scientifique).
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- SUR LA CORROSION DU FER. 849
- Fontes, fers et aciers. . 40 000 000 1 75 fr. la fonte. ( 100 fr. le fer.
- Plomb 800 000 350
- Zinc 500 000 500
- Cuivre 400 000 1 500
- Étain 80 000 2 500
- Aluminium 15 000 2 500
- Nickel 7 000 5 000
- Argent 6 000 175 000
- Antimoine 5 000 ' 2 000
- Mercure ..... 4 000 6 500
- Or -500 3 450 000
- Cadmium 10 10 000
- Platine . 4 3 630 000
- LA VIE DU RADIUM
- La vie du radium! M. B. Boltivood, de la Yale University, in American journal of science, juin 1908, pages 493 à 508, remarque que Rutherford a estimé de 800 à 1500"’ années le temps nécessaire pour que le radium se désagrège, pour moitié, en d’autres-substances (Philosophical transactions, 1904). Ou même à 2600 années (Philosophical magazine, 1906). Cameron et Ramsay (Journal of the Chemical Society, 1907) l’ont évalué au nombre beaucoup plus faible de 163 années, d’après la proportion d’émanation que fournit 1 gramme de radium.
- M. Boltwood s’est donné pour objet de déterminer expérimentalement la vitesse de désagrégation du radium, en étudiant la formation du radium à partir de l’uranium' en passant par un intermédiaire, l’ionium; il a trouvé pour constante de cette désagrégation 3,48.KPn-1, où n est le nombre d’années.
- LE SCANDIUM
- La scandie est une des terres rares les plus rares. Elle a été séparée de l’ytterbie; en 1879, par Nilson. Su* William Crookes (Proceedings of the Royal Society of London, vol. 80, sériés A, p. 516) a trouvé que la wiikite en renferme plus de 1 p. 100,. tandis que des nombreux autres minéraux examinés, seuls l’auerlite, la cérite, la-keilhanta, la mosandrite, l’orangite, l’orthite, le pyrochlore, la thorianite et la thorite. en renferment, mais toujours moins de 0,01 p. 100.
- La composition de la wiikite est : acide titanique et zircone 23,36; silice 16,98;-acide tantalique 15,91; oxyde ferreux 15,52; terres du groupe yttrium 7,64; terres dir groupe cérium 2,55 ; oxyde uranique 5,83 ; thorine 5,51 ; scandie 1,17 ; eau et gaz 5,83 ;. calcium, manganèse, étain, soufre, etc., 1,97. Le poids atomique du scandium dépasse 44,1.
- SUR LA CORROSION DU FER
- La corrosion des fers et aciers, sujet toujours d’actualité, a fait l’objet de l’adresse-présidentielle de M. C. F. Burgess, professeur à l’Université de Wisconsin, à la réunion de l’American electrochemical Society tenue à Albany en mai dernier-Tome HO. — Juin 1908. 56
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUIN 1908.
- A M. Burgess succédait pour 1908 M. E. C. Acheson, des Niagara Falls, deux noms bien connus.
- La dépréciation des constructions en acier, a fait remarquer M. C. F. Burgess, varie entre 1 à 20 p. 100 par an. Whitney a étudié la corrosion comme phénomène électrochimique, et plus récemment Walker et Cushman. Le fer se corrode lorsqu’il est en anode, ce qui ne veut pas dire qu’il ne se corrode pas en cathode. M. Burgess croit qu’il peut s’y corroder, et qu’alors une pellicule protectrice est éliminée et met le fer à nu, comme c’est le cas pour l’aluminium en cathode, qui voit alors sa pellicule d’oxyde disparaître.
- Cette corrosion électrolytique des fers et aciers peut être due à des courants extérieurs ; le cas le plus fréquent en pratique est celui des courants électriques des tramways passant dans les eaux souterraines ou le long des conduites d’eau ou de gaz. Quand le courant quitte ainsi une conduite en fer, le fer est en anode et se corrode. La terre joue-t-elle alors le rôle d’un électrolyte parfait, ou celle d’un conducteur pour' faibles courants ?
- Le fer peut aussi se trouver en couple galvanique avec d’autres métaux, tel le cuivre, et alors il y a un circuit électrique. De même, nous avons couples galvaniques avec fer et charbon, fer et soufre.
- Le fer recouvert de graphite Archeson ne se corrode pas.
- Les barres tordues se corrodent plus facilement aux points des efforts mécaniques. M. Burgess a fait des expériences concluantes et les coupes micrographiques le montrent en toute évidence. Tout effort exercé sur l’acier augmente sa facilité à corrosion. Près des trous percés dans les plaques pour chaudières à vapeur, la corrosion est plus grande, et se propage suivant des lignes irradiant à partir du trou. Les efforts inégaux portant dans la trempe de l’acier ont aussi leur influence. L’ont encore la température, et la pression de la vapeur.
- PURIFICATION DU GAZ D’ÉCLAIRAGE
- Le gaz d’éclairage, préparé par distillation de la houille, renferme 8 à 10 p. 100 d’oxyde de carbone, auquel est due presque exclusivement la toxicité du gaz. Or l’on sait que les canalisations perdent de 5 à 20 p. 100 du gaz transporté; l’on voit donc que la toxicité exerce constamment son influence néfaste.
- M. Léo Vignon, directeur de l’Institut de chimie appliquée de Lyon, a recherché (communication à l’Académie des Sciences, séance du 18 mai, Comptes rendus p. 1033) les méthodes pouvant être employées pour éliminer l’oxyde de carbone du gaz de houille, en totalité ou en partie. Trois méthodes lui semblent industriellement applicables : 1° la méthode de transformation de cet oxyde de carbone en méthane par hydrogénation au moyen du nickel à 250° (procédé Sabatier et Sanderens); 2° la transformation en acide carbonique par passage sur oxydes de fer ; 3° l’absorption directe au moyen du chlorure cuivreux.
- DISTILLERIE
- Le deuxième congrès international de sucrerie et des industries de fermentation, tenu à Paris en avril 1908 à l’Hôtel de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, a adopté les vœux suivants :
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- INDIGOTINE.
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- 1° De voir les chimistes mettre à l’étude un procédé de dosage ou même d’appréciation approchée des doses des composés fluorés introduits dans les vins comme matières fermentescibles;
- 2° Que, sans les priver de l’acquit blanc, les vins avariés soient autorisés à être traités par des procédés licites en présence du service de la régie, avant distillation ;
- 3° Étant donné les grandes variations des éléments constitutifs du non-alcool des eaux-de-vie de vin, que, pour décider de la falsification, l’avis d’une commission de dégustation soit joint à celui du chimiste analyste;
- 4° Que le gouvernement belge retire l’article 3 du projet de loi déposé le 14 janvier 1908 par M. le ministre des finances de Belgique ;
- 5° De voir adopter l’alcoomètre centésimal, poinçonné par le Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, par toutes lés administrations intéressées et qu’elles admettent également, pour la pesée des alcools, une tolérance de deux dixièmes de degré ; • *4
- 6° Considérant que les eaux-de-vie françaises ont une teneur supérieure à 3 grammes par litre d’alcool supérieur, de voir le gouverne ment belge modifier sa réglementation, afin que les produits naturels ne soient pas mis en interdit en faveur de préparations artificielles ;
- 7° Considérant que lorsqu’on additionne au moût un volume d’alcool susceptible de produire un degré donné, il se produit, par suite de contraction et modification moléculaire, une diminution de volume de degi;é alcooobque réelle, que les services administratifs de tous pays en tiennent compte à la fabrication et à la réception en douane ;
- 8° Qu’une méthode à la fois plus rationnelle et plus scientifique de dosage des homologues supérieurs dans, les spiritueux soit mise à l’étude dans les laboratoires officiels ;
- 9° Considérant qu’il y a nécessité pour obtenir les résultats exacts,et comparables, à mesurer à la température normale légale de 15°, le volume des vins à mettre dans l’alambic de titrage, que le dosage pondéral soit substitué, en tout pays, au dosage volumétrique ;
- 10° Considérant que la loi du 19 septembre 1880 a inexactement assimilé les moûts concentrés de raisins frais au glucose, dont l’emploi est interdit en vinification par l’article 32 de la loi du 31 mars 1908; considérant que cette interdiction anormale porte préjudice à la viticulture et au commerce français par la suppression de la pratique bcite rationnelle consacrée par l’usage à l’étranger, qu’elle favorise; considérant qu’il serait conforme aux lois naturelles et de l’équité que les moûts concentrés de raisins frais français exactement dénommés, munis de feuilles de mouvement appropriées, puissent en circonscrivant leur élaboration et leur emploi à leur crû et région originelles à déterminer par les règlements d’administration publique actuellement en étude, concourir à la chaptalisation des moûts et des vins correspondants, au même titre que le sucre, le Congrès émet le vœu que la législation et les règlements d’administration publique actuels soient modifiés dans ce sens.
- INDIGOTINE
- MM. O. Miller et J. Smirnoff, chimistes de la manufacture Trois-Montagnes Procho-roff de Moscou, ont présenté à la Deutsche Ghemische Gesellschaft de Berlin (Berichte,
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUIN 1908.
- 1908, p. 1363) une communication sur le mode d’action de l’indigotine vis-à-vis du permanganate, susceptible d’applications variées dans le domaine de l’impression. En voici les conclusions : l’indigotine possède bien la composition C16H10N2O2 donnée par Dumas. Dans son oxydation en solution sulfurique par le permanganate de potasse, 100 parties d’indigotine sont oxydées par 42,26 parties de permanganate; la molécule fixe 28 d’oxygène.
- JAUNE DE MÉTANILE EN ACIDIMÉTRIE
- Le jaune demétanile a été proposé comme indicateur acidimétrique, voir E. G. Bal-land, 43d alcali report. M. E. Linder (J. of the Society of Chemical industry, 1908, p. 485) a fait des recherches sur cette application.il permet, dit-il, d’identifier un acide minéral associé en mélange gazeux avec l’anhydride sulfureux, le chlore, l’hydrogène sulfuré ou l’acide acétique, puisque l’acide minéral donnera seul une tache violette sur le papier; il permet de.différencier avec certitude l’acide fluorhydrique,rdont le composé violet vire au jaune en quelques heures, des acides nitrique et chlorhydrique qui donnent une tache permanente pendant une semaine, et de l’acide sulfurique dont la tache persiste plusieurs mois.
- Les vapeurs du chlorhydrate d’ammonium ne produisent rien. En solution aqueuse, le papier au jaune de métanile est sensible à l’acide sulfurique au vingt-millième. Il sera très utile pour l’examen des vinajgres. *
- PAPIERS
- Les Mittheilungen aus dem Kgl. material-prüfungsamt de Gross-Lichterfelde renferment de très intéressantes notes de M. le professeur Herzberg sur l’essai des papiers. Je signale en particulier, 1907, p. 119, l’avenir des papiers à imprimer; 1908, p. 105, la sauvegarde des monuments de l’esprit humain, où l’on trouvera les essais de 435 papiers, de l’an 1489 à 1907; la proportion de cendres qui était de 1 à 3 p. 100 dans les papiers tout lin des xve, xvie, xvne et xvme siècle, monte jusqu’à 24 p. 100 dans les papiers mélange lin et coton, parfois avec bois et paille; 1908, p. 146, une note sur les papiers normaux.
- TANNAGE AUX QUINONES
- MM. Louis Meunier et Alphonse Seyewetz ont présenté à la séance du 11 mai de l’Académie des sciences (Comptes Rendus, p. 987 ; voir aussi leur brevet n° 385 057 du 25 février 1907) une communication sur une nouvelle méthode de tannage auxhydro-quinones. Les fibres s’insolubilisent, si on soumet de la peau épilée à l’action d’une solution d’hydroquinone, et conditions indispensables au contact de l’air et en présence d’un alcali, pour faciliter l’oxydation de l’hydroquinone, on constate que la fibre dermique se colore successivement en rose tendre, rose violacé, violet, et enfin en brun. Lorsque la fibre a atteint la coloration brune, elle est absolument insolubilisée et résiste d’une façon parfaite à l’action de l’eau bouillante.
- Il est bien évident que les phénomènes de tannage susceptibles d’être produits par l’hydroquinone au contact de l’air seront activés chaque fois qu’on se placera dans des conditions favorables à l’absorption de l’oxygène, et l’on peut utiliser les travaux de
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- LES PICRATES MÉTALLIQUES.
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- Bertrand sur l’action de la laccase (Bull. Soc. Chim., t. XIII, p. 362), de Job surl’action des acétates de cérium, de lanthane, de manganèse (Comptes Rendus, t. CXXXYI, p. 45), de Dimroth sur l’action de l’acétate de mercure (Berichte, t. XXXY, p. 2823), de Woolf sur les peroxydiastases artificielles (Comptes Rendus, CXLYI, p. 781), etc., pour activer l’insolubilisation de la fibre dermique.
- Au lieu de déterminer l’insolubilisation lente de la fibre dermique par les produits d’oxydation de l’hydroquinone se formant petit à petit au contact de l’air, on peut soumettre directement cette fibre à l’action de solutions de quinhydrone et de quinone, qui sont les produits qu’on obtient par l’action des divers oxydants sur l’hydroquinone. On voit alors la peau passer successivement par la gamme des couleurs signalées précédemment, c’est-à-dire rose, puis violette et enfin brune. Lorsque la peau a subi d’une façon uniforme dans son épaisseur l’action graduée d’une liqueur de quinone contenant seulement 1 p. 100 du poids de la peau en quinone, la fibre a été insolubi-lisée et transformée en un cuir dont la résistance à l’action de l’eau, des alcalis et des acides est supérieure à celle de tous les cuirs connus jusqu’à ce jour, cuir au chrome compris.
- L’action de la quinone sur la fibre est très rapide si la peau présente une réaction alcaline ; elle est plus lente etpeut même ne'pas se produire si la peau présente une réaction acide. La présence du borax dans la solution de quinone empêche toute réaction.
- Il résulte donc de là qu’une partie de la quinone a été réduite par la fibre et ramenée à l’état d’hydroquinone, la fibre a donc subi une oxydation en même temps qu’elle est insol ubilisée.
- Les phénomènes que nous venons d’exposer pour l’hydroquinone se vérifient d’une manière aussi nette pour tous les phénols donnant par oxydation des quinones ; ils sont moins accusés avec les autres phénols; cependant, on observe toujours un tannage plus ou moins rapide, chaque fois qu’un phénol agit sur la substance dermique dans des conditions favorables à son oxydation.
- La peau tannée à la quinone présente une grande affinité pour les colorants acides et pour les colorants basiques.
- Les teintures avec les couleurs d’alizarine, ainsi que les teintures aux bois, s’effectuent également avec la plus grande facilité.
- LES PICRATES MÉTALLIQUES
- D’un travail sur les picrates métalliques dû h MM. O. Silberrad et H.-A. Phillips (Journal of the Chemical Society, 1908, p. 474-489)1 effectués au Laboratoire de l’arsenal royal de Woolwich, nous extrayons les données suivantes, relatives aux températures d’explosion. Les picrates explosifs sont les corps les plus anhydres.
- Le picrate de Li C6H2(N02)3.0Li Explosion moyenne à 318°—323°
- — Na C6II2(N02)3 .ONa — faible à 310°—31o°
- — K C6H2(N02)3.0K ' — moyenne à 300°—315°
- — Cs C6H2(N02)3. OCs — moyenne à 272°—277°
- — Am — Hydrazine G6H2(N02)3. ONH4 C6II2(N02)3 .OHN2H4 se volatilise sans détonation.
- — Ag G6II2(N02)3.0Ag Explosion faible à 336°—341°
- — Gu [C6H2(N02)3 : 0]2Cu — violente à 282°—287°
- — Mg [C6H2(N02)3.0]2Mg — très faible à 367°—372»
- — Ga [C6H2(N02)3.0]2Ca — violente à 323*—328°
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- 854 NOTES DE CHIMIE. — JUIN 1908.
- Le picrate de Sr [C6Il2(N02)3.0]2Sr, II20 Explosion assez violente à 340°—345°
- — Ba [G6II2(N02)3.0]2Ba — moyenne à 333“—337»
- — Zn [C6H2(N02)3.0]Zn — violente à 330°—353°
- — Cd [C6H2(N02)3.0]2Cd — violente à 336“—341“
- — Hg [C6II2(N02)3.0]2Hg, Hg(OII)2 Se volatilise sans détonation.
- — Al [C6H2(N02)3.0]A1, 4H20 — —
- — Th [C6!I2(N02)3. OT1 Explosion faible à 273°—275°
- — Zr [G6H2(N02)3.0]4'Zr — faible à 317“—322“-
- — Ce [G6H2(N02)3.0j3Ce — violente à 306“—313“
- — Pb [C6H2(N02)3.0]2Pb — violente à 270“—275“
- U diffère des autres picrates en étant extrêmement sensible au choc ou au frottement.
- — Mn [C6II2 (N O2)3.0] 2Mn Explosion violente à 325“—330“
- — Fe [C6II2(N02)3.0]2Fe — faible à 315“—320“
- — Go [CGH2(N02)3.0]2Co — moyenne à 320“—325“
- — Ni [C6H2(N02)3.0]2Ni — moyenne à 335“—340“
- AZOTURE D’ARGENT
- Des produits d’usage courant peuvent donner lieu théoriquement à des accidents graves. Qui n’a frémi à la pensée de ce qui peut se produire par la proximité de flacons renfermant, soit de la teinture d’iode et de l’ammoniaque, soit de l’eau de javelle et du sel ammoniaque, soit certains oxydes métalliques et de l’ammoniaque.
- Et pourtant les accidents sont bien rares. Il vient cependant de s’en produire un à l’École de Sèvres, au cours de M. C. Matignon (Société Chimique, 1908, p. 618). Une solution d’oxyde d’argent ammoniacal avait été abandonnée à elle-même vingt-quatre heures dans un verre à expériences ; quand une élève voulut reprendre le verre le lendemain, il se produisit une violente explosion, due à une formation d’azoture d’argent ou argent [fulminant du Berthollet, qui s’était déposé sur la paroi du verre, et dont la partie supérieure put se dessécher par suite de l’évaporation du liquide. Le procédé d’argenture Martin utilise le même réactif, mais il n’a jamais été l’objet d’un accident, parce que les diverses solutions ne sont mélangées qu’au moment de les utiliser, et que l’oxyde d’argent ammoniacal formé est aussitôt réduit par la solution sucrée.
- LAIT. — BEURRE. — FROMAGE
- Le IIIe Congrès national d’industrie laitière, tenu à Paris en mars 1908, a formulé quelques définitions de produits agricoles.
- Le bon lait, en l’état actuel des choses, et sous réserve de précisions scientifiques souhaitables, est le produit intégral non adultéré et non altéré de la traite totale et ininterrompue d’une femelle laitière bien portante, bien nourrie et non surmenée.
- Le lait pur est celui qui'a une origine nettement déterminée et n’a subi ni altération, ni retranchement, ni mélange pouvant changer ou modifier ses propriétés essentielles.
- Le beurre pur est le mélange de matières grasses que l’on obtient par le barattage du lait pur ou de la crème issue du lait pur, acidifiés par des ferments lactiques.
- Le fromage pur est le produit que l’on obtient en coagulant, par la présure ou par la fermentation lactique, la caséine du lait mélangée à une quantité variable de matières grasses exclusivement empruntées au lait.
- L’œuf frais est celui qui, au mirage, ne décèle aucune déperdition d’eau et aucune trace de décomposition.
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- DÉSINFECTION AU FORMOL.
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- PAIN BLANC ET PAIN BIS
- M. Balland (séance de l’Académie de médecine) remarque combien est fausse l’opinion populaire qui croit que la qualité du pain est proportionnelle à sa blancheur, généralement acquise par un blutage exagéré de la farine. Le meilleur pain n’est ni le pain très blanc, ni le pain bis, ni surtout le pain dit « complet », mais le pain intermédiaire, qui répond à un blutage de 70 à 72 p. 100. C’est le pain de nos ménages, le pain ordinaire vendu au poids à Paris; ce n’est pas le pain dit « de luxe », trop riche en amidon, et où un blutage exagéré a séparé une bonne partie de la matière azotée ou gluten ; dans le pain bis et surtout dans le pain dit « complet », une partie ou la totabté de l’enveloppe de l’amande persiste et communique à ce pain une moindre assimilabilité, une acidité plus grande et une tendance à exagérer le péristaltisme intestinal, condition qui diminue encore l’utilisabilité et l’assimilation de ces pains. Enfin, le bon pain doit contenir, selon M. Balland, un tiers de croûte et ne pas avoir plus de 34 à 35 p. 100 d’eau d’hydratation.
- EAU FLUOROFORMÉE SANS FLUOROFORME
- Le fluoroforme est très en vogue contre la coqueluche ; on le donne sous forme d’eau fluoroformée à 2,8 p. 100. M. Auger (séance delà Société chimique du 22 mai) a constaté qu’un échantillon ne contenait que de très petites quantités de gaz, mélange d’air, de GO2 et de CO, et pas trace de fluoroforme. Comme ce médicament provient d’une usine allemande qui a pris deux brevets, en 1899, sur la préparation du fluoroforme, M. Auger a revu ceux-ci, et il a constaté que l’un d’entre eux, le dernier en date, ne fournit pas de fluoroforme, bien qu’il ait été pris tout spécialement en vue de la préparation de ce gaz, « exempt d’air, pur, et avec un rendement quantitatif ». La méthode consiste dans l’emploi de fluorure d’argent et dïodoforme mélangés à part avec du sable, et mis en couches successives dans un Appareil à dégagement de gaz. Onintroduit.de l’eau qui dissout le fluorure d’argent; celui-ci, mis en contact avec l’iodoforme, l’attaque aussitôt : on termine en chauffant à 40° environ. En répétant cette préparation dans les conditions les plus variées, mais toujours en'présence d’eau, on constate qu’il se forme surtout de l’oxyde de carbone d’après l’équation : CHI3 + 3AgFl + H20 = CO + 3Agl + 3HF1.
- DÉSINFECTION DES LOCAUX AU FORMOL
- Voici commentd/M. Hubert et Bickel (d’après le Journal de pharmacie et de chimie, 16 mars 1908, p. 305), indiquent de procéder par la chaux et le formol. Pour désinfecter un espace de 50 mètres cubes, on met dans un récipient de bois ou de métal 3 kilogrammes de chaux vive, 9 litres d’eau bouillante, 3 litres de formol : au bout de quelques minutes, la chaux s’éteint en produisant une vive infervescence ; une partie de formol est détruite, le reste est volatilisé avec l’eau;au bout de six heures, on peut ouvrir la pièce. Comme dans les procédés usuels, on peut supprimer l’odeur du formol par de l’ammoniaque, en plaçant dans la pièce un second récipient contenant 1 kilogramme de chaux vive, 3 litres et demi d’eau bouillante, un demi-litre d’ammoniaque.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUIN 1908.
- Ce mode de désinfection semble moins coûteux que la désinfection à l’autane qui, elle •aussi, n’exige aucun appareil. L’autane, préconisé par Wesemberg et Eichengrün (Ztschr. für angev. Chemie, 1906, n° 33) est un mélange pulvérulent de métaformaldéhyde et de peroxydes alcalins ou alcalinoterreux. Arrosé d’eau, il dégage en quelques secondes de la vapeur d’eau et de la formaldéhyde. Pour produire l’ammoniaque, -après l’ouverture de la pièce, il suffit de verser du chlorhydrate d’ammoniaque dans le résidu de la réaction. Pour un espace de 50 mètres cubes, il faut 1 kilogramme d’au--tane. La désinfection des vêtements dans une armoire d’un demi-mètre cube, •demande 50 grammes d’autane et 45 d’eau.
- M. G. Carteret (Comptes Rendus de l’Académie des Sciences, 13 avril 1908, p. 819) remarque que les réactions connues de l’action des peroxydes et des sels de peracides métalliques sur l’aldéhyde formique en solution à l’état polymérisé /{trioxyméthylène où paraformaldéhyde) sont ou très vives, quelques-unes même -explosives, comme celle du peroxyde de sodium, ou très lentes comme celle du bioxyde de baryum. Il les a remplacées par une réaction d’une pratique facile en employant le chlorure de chaux.
- A sec le mélange de ce chlorure et d’aldéhyde formique polymérisée ne donne rien. Mais si à un mélange constitué, par exemple, par une partie en poids de paraformaldéhyde avec deux parties en poids de chlorure de chaux, on ajoute trois parties d’eau, une légère agitation pour assurer le mélange provoque après quelques minutes une ébullition très vive se propageant dans la masse et donnant lieu à un abondant dégagement de vapeurs blanches de formaldéhyde. La température de la masse s’élève en général à 108°.
- Le gaz produit ne renferme que des traces de chlore et n’altérerait aucun objet soumis à son contact, sauf les couleurs d’aniline altérées par l’aldéhyde formique. Le pouvoir bactéricide est très énergique.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ, d’après M. B. HopkiïlSOn (1).
- Ces recherches ont eu pour objet principal l’étude de l’influence exercée sur le rendement thermique des moteurs à gaz par le dosage du mélange d’air et de gaz et par les passages à vide ; elles ont été exécutées sur un moteur Crossley à quatre temps de 40 chevaux, à cylindre de 292 x 533 millimètres de course et rapport de compression de 6,37, vitesse 180 tours, commandant une dynamo. On a employé les appareils et méthodes décrits dans le précédent mémoire de M. Hopkinson sur la puissance indiquée des moteurs à gaz (2).
- Le tableau ci-dessous donne les résultats des expériences sur l’effet de la richesse
- ® =*Light loflucL * = FulL toaxù
- Fig. 1.
- 500----
- du mélange, et le diagramme (fig. 1) la pression moyenne effective au'cylindre en fonction de la dépense de gaz par course motrice. La puissance calorifique du gaz était de 5 350 calories par mètre cube (600 B T U par pied cube).
- Pressions moyennes
- Pieds cubes P. 100 du contenu effectives en livres Rendement
- par course. du cylindre. par pouce carré. p. 100.
- 0,1273 11 102\2 32,3 pleine charge.
- 0,1147 10,00 98,4 34,7 .
- 0,1003 8,63 90,2 36,5
- , 0,1273 9,3 108,4 34,5 faible charge.
- 0,1140 8,3 101,6 36,1
- (1) Institution of mechanical engineers, London, 10 avril.
- (2) Bulletin de novembre 1907, p. 1282.
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- Rondement p. 100.
- 858
- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1908.
- Le tableau ci-dessus et le diagramme figure 3 donnent le rendement thermique en .pleine charge en fonction de la richesse du mélange, en prenant, pour température à la fin de l’aspiration, 100° en pleine charge et 30° aux faibles charges, après passages à vide. Les mélanges les plus faibles renfermaient en volume .8,65 p. 100 de gaz, ou 9,5 d’air pour 1 de gaz ; ils donnaient (fig. 2) un allumage, par magnéto, très énergique; les mélanges les plus riches tenaient 7,5 d’air pour 1 de gaz ; au delà de ces limites, l’allumage ratait et la combustion était incomplète, et, aussi entre ces limites, le rendement diminue avec la richesse du mélange. Cette baisse est de 4,5 p. 100 en passant du mélange le plus riche au plus pauvre, ou de 12 p. 100 de la puissance effective.
- -"Cette diminution de rendement avec la richesse du mélange, et toujours à combus
- — From djuxgrajns
- ®= Front, hraJce.
- Fig. 3.
- 0,001 -
- tion complète, provient en partie de l’augmentation de la chaleur spécifique des gaz avec leur température, de sorte que la pression d’explosion augmente moins vite que la chaleur fournie par la combustion de la charge.
- Le rendement idéal, c’est-à-dire celui qui ne tient pas compte des pertes par les parois et suppose une combustion complète et instantanée, peut se calculer d’après l’énergie interne du mélange, supposée connue en fonction de sa température; et, sans connaître complètement cette énergie, on en sait assez pour permettre de préciser l’influence de la richesse du mélange sur ce rendement idéal. Le diagramme figure 4 donne, en ordonnées,l’énergie, en pieds-livres par pied cube (4 kilogrammètres 94 par mètre cube), nécessaire pour élever, à volume constant, un pied cube des gaz brûlés de 100° aux températures portées en abscisses, d’après les données de Langen pour les chaleurs spécifiques de l’acide carbonique, de l’eau et de l’air entre 1 500 et 1900° et celles d’Austin et de Holborn pour les températures plus basses. Les rendements théoriques calculés d’après ces courbes (voir l’annexe p. 86) et correspondant à des teneurs de 8 et de 11,4 p. 100 de gaz, sont de 42,4 et 39,4 p. 100, puis, pour,les autres teneurs, ce rendement suit sensiblement la droite pointillée de la figure 3. Les deux droites de ce diagramme, indéfiniment prolongées, coupent l’axe de dépense nulle de gaz aux rendements respectifs de 50,6 et 52, 6 p. 100. D’autre part, le rendement idéal
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- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 859
- de ce moteur marchant à l’air serait de 52,2 p. 100, ce qui veut dire que, si l’on pouvait employer des mélanges de plus en plus faibles, sans changer les lois des rendements thermiques et théoriques, ces rendements tendraient à s’égaliser avec une dépense de gaz extrêmement faible.
- Ces courbes montrent, en outre, que la variation des chaleurs spécifiques ne suffit pas pour expliquer l’augmentation du rendement aux faibles teneurs du mélange. Le rapport du rendement thermique réel au rendement idéal passe de 83 à 87 p. 100 lorsque la teneur en gaz tombe de 11 à 8,5 p. 500, de sorte que, à mesure que cette teneur baisse, le rendement réel, non seulement s’élève, mais se rapproche du rendement idéal, fait que l’on doit attribuer en partie à la diminution de la perte par les parois pendant la détente, diminution suffisante pour compenser le gain dû, avec les mélanges riches, à la rapidité de leur allumage.
- Gomme l’a montré M. Clerk, l’évaluation de température de l’eau de circulation est inexacte, car une partie de la chaleur de cette eau repasse aux parois après l’échappement, et doit être crédité à l’échappement. Le véritable bilan thermique du pioteur doit s’établir entre l’énergie thermique des gaz à la fin de leur détente et le travail indiqué, la perte à l’échappement s’en déduisant par différence.
- L’énergie des gaz à la fin de la détente est en partie thermique et en partie chimique, du fait des gaz non brûlés. Pour calculer l’énergie thermique, il faut connaître la température des gaz à la fin de la détente et le poids des gaz présents, ainsi que leur énergie interne en fonction de leur température. Le volume des gaz est donné par la température et la pression d’aspiration, soit 0,6 pied cube par explosion, avec une température moyenne de l’enveloppe de 70°. L’énergie interne est donnée par la figure 1. La température des gaz à la fin de la détente se déduit de la pression en ce point, donnée par un indicateur particulièrement sensible. Le tableau ci-dessous donne les résultats moyens d’une série d’expériences exécutées avec des teneurs de gaz de 0,1 et de 0,13 pied cube par explosion alternativement.
- A
- B
- Mélange pauvre. Mélange lâche.
- Gaz par explosion en pieds cubes....................
- Gaz en p. 100 du contenu du cylindre................
- Pression absolue au commencement de l’échappement. — à la fin de la détente. ........
- Température absolue à la fin de la détente..........
- 0,1007 0,12
- 8,4 11
- 52 liv. 57
- 45 49,5
- 1 180 1 290
- La pression d’échappement est celle donnée par l’indicateur à l’ouverture de la soupape d’échappement, qui se produit à 45° avant la fin de la course motrice; entre ce point et la fin de cette course, le volume augmente dans le rapport de 1,11. La pression à la fin de l’échappement est celle qui aurait eu lieu à la fin de la détente supposée prolongée jusqu’au bout de la course; elle est évaluée à 87 p. 100 de la pression d’échappement, d’après la formule pv1>3* = constante. La température en ce point se calcule en admettant 100° pour la température à l’aspiration et une contraction de 3 p. 100. La pression atmosphérique, très sensiblement celle de la fin de l’aspiration, était de 1 kil.05 (14 liv, 17 par pouce carré).
- D’après ces données et les courbes d’énergie interne (fig. 1), et avec un volume de mélange admis de 1,06 pieds cubes, l’énergie calorifique présente à la fin de la détente complète était, dans les deux cas, de, respectivement, 24 et 29 B T U. (unités thermiques anglaises de 0 calorie 252) par pied cube de la charge. La puissance calorifique
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUIN 1908.
- du gaz de houille, mesurée à ces essais, était de 604 B T ü par pied cube, de sorte que l’on fournissait au moteur 57,5 B TU par explosion avec les faibles charges, et 74 avec les plus fortes. Les quantités de chaleur présentes aux fins des détentes étaient de 42 et 39 p. 100 des chaleurs fournies.
- L’analyse très exacte des gaz de l’échappement a donné, en pleine charge, avec des admissions de 0,1 et 0,13 pieds cubes de gaz par explosion, des proportions de gaz non brûlés variant de 0,2 à 1,2 p. 100, quantités négligeables, de sorte que le bilan thermique s’établit en pleine charge comme il suit :
- A B
- Mélange pauvre. Mélange riche.
- Puissance indiquée d’après la courbe (fig. 3)............ 37 33
- Chaleur dans l’échappement d’après la pression au
- commencement de l’échappement.......................... 42 39
- Perte dans la détente (par différence)................... 2* 28
- 100 100
- L’excédent de travail : 12 p. 100, effectué par les mélanges faibles doit être attribué vraisemblablement pour une moitié à la moindre chaleur spécifique des gaz
- BILANS THERMIQUES.
- SS ë
- p. c.
- 0,094
- 0.122
- 0,118
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- RENDEMENT THERMIQUE DES MOTEURS A GAZ.
- 861
- brûlés et, pour l’autre moitié, à la moindre perte à l’explosion et pendant la détente.
- Il est intéressant de comparer les pertes pendant la détente, déterminées comme ci-dessus, avec la chaleur emportée par l’eau de refroidissement. Cette chaleur a été mesurée et trouvée, pour des admissions de 0,1 et 0,13 pied cube de gaz, équivalente à 15,5et 24,5 B TU par cycle, avec de l’eau 'sortant à 70°. On doit y ajouter les pertes par rayonnement : de 3 à 4 p. 100, ou de 2,5 B T U par cycle. Les pertes par compression et détente sont de 21 p. 100, ou de 12 B T U, pour les mélanges faibles, et de 28 p. 100, ou de 21 BTU, pour le mélange fort. Les gaz, après l’échappement anticipé et pendant la course d’échappement, n’emportent que 3,5 BTU dans les deux cas.
- Les vingt-cinq essais dont les données figurent au tableau p. 860 ont donné des résultats parfaitement concordants avec des bilans exacts à 1 p. 100 près en général. Des essais avec l’eau de l’enveloppe à 70 et à 40° ont montré qu’elle enlevait, à 40°, de 100 à 150 BTU par minute de plus qu’à 70°, toutes choses égales,ou de 2 à 3 p. 100 de la chaleur fournie en pleine charge. Comme les changements de la température de l’eau de refroidissement n’affectent en rien les diagrammes de l’indicateur, la différence de ces pertes ne saurait être attribuée qu’aux variations du rayonnement, et comme il y a encore un faible rayonnement à 40°, il semble que ce rayonnement doive bien être, à 70°, de 3 p. 100 de la chaleur fournie.
- En marche faible, avec de nombreux passages à vide, la température à la fin de l’admission tombe à 50°, au heu de 100° en pleine marche, de sorte que, à charge égale de gaz, la richesse du mélange diminue en raison de l’augmentation de-la densité de l’air admis ; ainsi, avec une admission de 0,11 pied cube de gaz par aspiration, la teneur en gaz tombe de 9,6 à 8,2 p. 100, et le rendement monte de 35 à 37,5 p. 100 (fig. 3) en passant de la pleine charge à la faible; la pression moyenne baisse de 5 p. 100 comme on le voit au tableau 1. D’autre part, la combustion est souvent incomplète après les passages à vide, avec des proportions de gaz non brûlé d’environ 4,5 p. 10Q,, correspondant à un déficit du bilan thermique d’environ 433 BTU par minute sur 3740 BTU fournies à l’explosion, avec les trois quarts de ces explosions suivies d’en passage à vide.
- ANNEXE
- Mesure de la température d'aspiration. — D’après des mesures à l’anémomètre, avec une température de l’enveloppe d’environ 70° et en pleine marche, le volume d’air et de gaz aspiré à chaque course est de 0,85 fois le volume de la cylindrée, A' la pression de 760 millimètres et à 15°, ou à 288° absolus, ce volume, ramené à 0°, ou à 273° absolus, est de 0,85 X 273/288 = 0,805 fois la cylindrée. Le volume de la chambre de compression est dé 0,187 fois la cylindrée, et la pression à l’ouverture de l’échappement de 52 livres par pouce carré (3kil,65). Le volume occupé par le mélange est alors de 0,90 fois le volume total du cylindre. En supposant que la température à l’échappement soit, avec une température d’aspiration de 100°, égale à 1190° absolus, la détente jusqu’à la pression atmosphérique, qui s’accomplit aussitôt après l’ouverture
- de l'échappement, l’abaisse de
- en prenant y = 1,35, ou à 860° absolus, de
- sorte que, si cette température ne varie pas sensiblement pendant l’échappement, la chambre de compression renferme 273/960 X 0,187 = 0,06 du volume de la cylindrée, ramenée à 100°, et que le volume des gaz renfermés dans tout le cylindre à la fin de
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- l’échappement, et ramené à 760 et 100°, serait de 0,865 fois la cylindrée. Gomme le volume qu’ils occupent est de 1,187 fois cette cylindrée, leur température est'de 1,187/0,865 x 273 = 375° absolus, ou 102° ordinaires. Ce calcul est suffisamment exact, bien que la soupape d’admission s’ouvre un peu avant la fermeture de la soupape d’échappement.
- En faible charge, la température à la lin de l’aspiration est sensiblement la même que si le moteur marchait sans allumage. Mesurée au thermo-couple électrique, et en enveloppe froide, cette température est d’environ 40°; avec l’enveloppe chaude, et grâce à la chaleur du piston, elle s’élève, avec un allumage tous les cinq ou six coups, à 50° environ.
- Calcul du rendement idéal. — Avec du gaz d’une puissance calorifique de 600 BT U par pied cube et des produits de la combustion refroidis à 100°, on suppose, à la fin de l’admission, le cylindre rempli de son mélange additionné de 7 p. 100 de ces gaz brûlés, le tout à 100° et à la pression atmosphérique, comprimé adiabatiquement, allumé instantanément, brûlé complètement et détendu aussi adiabatiquement. Le rendement est calculé, pour deux mélanges A et B, suivant les données ci-dessous :
- A B
- Volume de gaz aspiré par course à la température et à la pression de
- l’atmosphère en pieds cubes........................................ 0,1 0,13
- Pour 100 de gaz dans le mélange aspiré........................ 9,4 12,2
- — . — — au moteur................................. 8,8 11,4
- Produits de la combustion par pied cube du mélange de vapeur d’eau. . . 0,123 0,162
- — — — — d’acide carbonique. 0,053 0,069
- — — — — azote et oxygène. . 0,793 0,732
- Total. . .'.......................... 0,971 0,964
- - Les courbes de l’énergie interne (fig. 4) ont été calculées en partant de ces compositions et en prenant les valeurs suivantes pour les chaleurs spécifiques sous volume constant, exprimées en pieds-livres par pied cube étalon des gaz aux températures de 800, 1 400 et 1 900°, .exactes à 3 p. 100 près probablement.
- Températures.................... 800 1 400 1 900*
- Air............................. 19,9 22 23,5
- Eau............................. 26 31 39,6
- Acide carbonique................ 35,2 41,4 46,1
- Le pied cube type ou étalon, à 100° et à la pression atmosphérique, du mélange, renferme à la fin de l’admission 0,805/0,865 d’air et de gaz, et le reste en produits de la combustion. Pendant sa compression adiabatique, de 6,37 fois son volume, la température s’élève à 373 X 6,3704 = 780° absolus, ou de 407°, avec un travail de compression de 19 x 7 407 = 7 700 pieds-livres, sa capacité thermique étant d’environ 19 pieds-livres par pied cube. C’est l’énergie interne du mélange à la fin de la compression, où la pression est de 14,7 x 6,27 = 190 livres par pouce carré.
- Avec le mélange riche à 12,2 p. 100 de gaz de houille dans le mélange aspiré et à 12,2 x 0,93=11,4 après son mélange avec les gaz brûlés, la puissance calorifique du pied cube étalon de ce mélange est de 0,114 x 600 x 773 = 53 000 pieds-livres; en y ajoutant le travail de la compression : 7 700, il vient, pour l’énergie interne après l’explosion, le total de 60 7000 pieds-livres.
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- TURBINE A VAPEUR RATEAU.
- 863
- Après cette explosion, le pied cube étalon du mélange est devenu 0,964 pied cube de gaz brûlés, dont l’énergie interne est de 60 700/0,964 = 63 000 pieds-livres par pied cube à 100°. D’après la courbe fîg. 4, la température correspondante est de 2 210°, ou
- 2 480
- 2 480° absolus, de sorte que la pression-est de 0,965 x == ^00 livres absolues.
- C’est par tâtonnements qu’on est parvenu à déterminer l’exposant 1,20 de la courbe de détente pv1,20 = constante, bien qu’en réalité, en raison des variations des chaleurs spécifiques avec la température, cet exposant doive varier aussi le long de la courbe, ce qui donne, pour la température à la fin de la détente 2 480/6,3T0/20 = 1 713° absolus ou 1 440° ordinaires. La chute de température, pendant la détente, est de 767°, correspondant à un travail de détente de 38,7 x 767 = 29 700 pieds-livres par pied cube étalon du gaz brûlé, soit 29 700 X 0,965 = 28 600 pieds livres par pied cube du mélange primitif, car il se trouve 0,965 pied cube de gaz brûlés par pied cube de ce mélange. Comme le travail net du cycle est de 20 900 pieds-livres, et que la puissance calorifique du gaz est de 53 000 pieds-livres, le rendement est de 39,4 p. 100.
- Pour le mélange faible à 0,094 de gaz on trouve, par la même méthode :
- Pieds-livres par mëtre cube du mélange à 100°
- Travail de compression comme précédemment.......................... 7 700
- Chaleur des gaz 0,094 x 0,93 x 778................................. 40 700
- Énergie interne après l’explosion.................................. 48 400
- 48 400
- Energie par pied cube de gaz brûlés..................... 1T973 = 49 800
- Température correspondante d’après la courbe 1940°, ou 2210° absolus.
- Prenant pour équation de la courbe de détente pvuu, la température finale est de 1418° absolus (1145° ordinaires) et l’énergie correspondante, d’après la courbe, de 24 000 pieds-livres.
- Perte d’énergie........................................................ 25 800
- Travail de détente 32,3 x 792..................................... 25 600
- Travail de détente par pied cube étalon du mélange 25 600 X 0,975. . . 24 950
- Travail net............................................................ 17 250
- .Chaleur fournie....................................................... 40 700
- Rendement.............................................................. 42,4 p. 100.
- TURBINE A VAPEUR RATEAU (1)
- La turbine Rateau de 600 kilowatts représentée par les figures 1 et 2 marchant à 3 000 tours, est construite par Frasers et Chalmers, à Erith, en Angleterre ; elle est du type compound à impulsion, c’est-à-dire où la puissance est produite par la force vive seule du jet, avec détente dans les roues, détente qui se fait en plusieurs étages ou chutes de pression, depuis l’entrée de la vapeur en A (fig. 2) en passant successivement au travers de chacune des 14 roues séparées les unes des autres par des diaphragmes à directrices fixes B, dans lesquelles s’effectuent les détentes successives. La vapeur arrive en A à la pression absolue de 11 kilos, et tombe, dans les directrices A, à la pression de 90 kilos en acquérant, par cçtte détente, une vitesse de 225 mètres envi-
- (1) Engineering, 15 mai.
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- 864 NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1908.
- ron par seconde, qu’elle perd dans la première roue, puis qu’elle reprend par sa détente en B, et ainsi de suite, perdant et regagnant alternativement sa vitesse, jusqu’à sa sortie au condenseur, Dans la première partie de la turbine, cette vitesse est de
- Fig. 1 et 2. — Turbine Raleau de 600 kilowatts. Ensemble du groupe électrogène et détail de la turbine.
- 225 mètres environ, puis de 270 dans la partie intermédiaire, et de 300 dans la dernière partie.
- Chacune des roues est en deux disques d’acier-nickel de 5 millimètres d’épaisseur, rivées sur un tourteau d’acier doux calé sur l’arbre (flg. 2), construction très résistante et légère. Les aubes sont estampées dans de l’acier-nickel de (flg. 3 à 5) lmm,5 à
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- TURBINE A VAPEUR RATEAU.
- 865
- 2 millimètres d’épaisseur, et fixées (fig. 2) à la roue par les rivets de leurs fourches, au nombre de 2 et de 4 millimètres de diamètre (fig. 6 et 7). Les disques des roues sont percés de gros trous destinés à assurer l’égalité des pressions de chaque côté des roues et à éviter ainsi toute poussée axiale de ce fait. Dans cette turbine, la poussée axiale, réduite à celle provenant du frottement des aubes, ne dépasse guère une centaine de kilogrammes, de sorte qu’il n’y faut pas de pistons d’équilibre. L’entrée seule des aubes est meulée en une arête aiguë (fig. 5). Comme il faut faire, pour réduire l’action de ventilation, les aubes de haute pression très courtes, on a incliné leur fourches comme en figure 3, de manière à moins fatiguer leur métal. Une fois en
- Fig. 3 et 4. — Turbine Rateau. Détail des aubes. * Fig. S. — Turbine Rateau. Détail d’une aube.
- place, les aubes sont cerclées comme en figure 2. Leur pas varie des 0,5 aux 0,526 de leur largeur axiale. Les angles d’entrée et de sortie sont de 30°.
- Les trous que l’on voit au haut de la figure 6 ont été percés pour l’équilibrage de la roue, dont le balourd est mesuré en six positions , différentes sur un appareil spécial, ce qui permet de déterminer exactement la grandeur et la position des trous nécessaires pour réaliser l’équilibre statique de la roue.
- Les diaphragmes (fig. 8) sont en deux pièces, et appuyés par la pression de la vapeur sur leur joint avec l’enveloppe. Leur nervures sont masquées par des tôles d’acier qui en diminuent les frottements sur la vapeur, et elles portent sur l’arbre par des man-' chons en bronze au plomb, antifriction qui ne présente aucun danger de grippage, avec cannelures disposées de manière à réduire les fuites. Le jeu de ces cannelures varie de 0mm,15, à la haute pression, à 1 millimètre à l’échappement au condenseur. Le jeu entre les aubes des roues et les directrices fixes est de 2mm,5.
- A l’entrée, la vapeur ne pénètre que par le sixième de la périphérie du diaphragme A, puis cette admission partielle s’accroît en allant vers l’échappement, pour devenir presque totale dans les derniers diaphragmes. Les directrices sont en laiton et groupées en segments comme en figure 9, où elles se calent à l’orientation voulue et ces Tome 410. — Juin 1908. 57
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — JUIN 1908.
- segments sont emmanchés dans les encoches correspondantes (fig. 8) du diaphragme,
- Fig. 7. — Turbine Raleau. Roue vue d’arrière.
- puis le tout est convenablement fixé par des couvercles vissés sur la jante des diaphragmes. ' . '
- La garniture de l’arbre du côté de la haute pression est (fig. 10) comme celle de
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- TURBINE CA VAPEUR RATEAU.
- 867
- basse pression (fig. 11) double, avec, à l’extérieur, deux anneaux de fonte C, en six segments (flg. 12) à languettes, et serrés par des ressorts, maintenus entre les joues A et B, et graissés par B. Le joint intérieur est en labyrinthe formé par deux manchons en U, l’un fixé à l’enveloppe, et en bronze au plomb, et l’autre sur l’arbre, et en acier doux en deux parties; ces deux manchons se frôlent par des cannelures circulaires.
- Fig. 8. — Turbine Rateau. Diaphragmes.
- Fig. 9. — Turbine Ralèau. Segment de directrices.
- Les paliers sont lubrifiés au graissage forcé, alimenté, ainsi que le relais du régulateur, par une pompe rotative et un réservoir de charge à 6 mètres de hauteur.
- Une dérivation permet d’admettre de la vapeur de la chaudière directement aux roues de basse pression en cas de coup de collier.
- L’arbre de la turbine attaque celui de la dynamo par l’accouplement fig. 13, dont les plateaux sont reliés par 196 tiges d’acier à flexions limitées par des tocs ; cet accouplement peut transmettre 1000 chevaux à 1 500 tours.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUIN 1908.
- Le diagramme de M. Rateau (fig. 14) permet de déterminer facilement le rendement des turbines d’impulsion aux différentes vitesses. Dans ce diagramme, a0 désigne la vitesse de la vapeur au sortir d’un anneau de directrice, vitesse qui est prise pour unité. On trace sur l’horizontale OX les points correspondant à des fractions 0,2 0,3... de cette vitesse. Si l’on joint l’un de ces points : 0,3 par exemple, à A, on obtient la droite w°, représentative de.la vitesse relative de la vapeur par rapport à la roue.
- Fig. 10. Fig. 11.
- Fig. 14.
- Fig. 10 à 14. — Turbine Rateau. Détails et diagramme.
- Tirons, de ce point 0,3, la droite w', inclinée de 30° sur EX, elle donne la direction de l’écoulement de la vapeur au sortir de la roue, réduite à 0,Qw° par le frottement de ses aubes. Joignant l’extrémité de v° tu' à o, la droite v' donne la vitesse absolue de la vapeur au sortir de la roue. Aux différentes vitesses de la.roue, iv' change, mais le rapport w’jio0 reste constant, de sorte que le lieu des extrémités de w' est, entre les limites de la pratique, une droite IJ, que l’on peut tracer une fois pour toutes, et graduer en fonction des rapports £ de la vitesse de la roue à celle de la vapeur. Si on
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- TURBINE A VAPEUR PARSONS-TOSI.
- 869
- mène, de l’extrémité de io', une perpendiculaire bE sur la ligne de base EX, et, de A, la perpendiculaire AX, la longueur EX représente la variation totale de la quantité de mouvement de chaque kilogramme de vapeur traversant la roue par seconde, de sorte que le travail effectif est de W : g S x EX par seconde, W étant le poids de vapeur passé par seconde, et S la vitesse de la roue. L’énergie entrée dans les aubes pendant ce même temps est de Wu° : 2g, v° étant la vitesse à la sortie des directrices. Le rendement de la roue, égal au rapport de ces deux énergies, est de •/] = 2 x EX/OA x s. Avec W7?e° = 0,6, et en négligeant les pertes par frottement et tourbillonnements, la meilleure valeur de £ est de 0,35 ; mais, en tenant compte de ces pertes, d’environ 8 p. 100, il faut prendre £ de 0,3 à 0,32.
- TURBINE A VAPEUR PARSONS-TOSI DE 12 000 CHEVAUX (1)
- Cette remarquable turbine, construite dans les ateliers Tosi, à Legnano, est l’une des trois semblables destinées à la station centrale électrique de Buenos-Ayres ; elle peut, à la vitesse de 750 tours par minute, développer normalement 12 000 chevaux, et
- Fig. 1. — Turbine Parsons-Tosi de 12 000 chevaux. Ensemble d’un groupe éleetrogène.
- 14 200 pendant deux heures. La vapeur, à la pression de 12 kilos, est surchauffée à 300°. La turbine commande (fig. 1 et 2) directement une dynamo triphasée à 25 périodes, 12 000 volts. Poids de la turbine, de son condenseur et de la dynamo 375 tonnes.
- La turbine est du type Parsons, avec équilibrage Fullagar(2). L’enveloppe, en fonte spéciale, est (fig. 3) en deux parties, chacune de deux pièces, dont la plus lourde pèse 19 tonnes; poids total de l’enveloppe : 50 tonnes. Cette enveloppe ne renferme aucun
- (1) Industriel, 10 mai; The Engineer, et Engineering, 22 mai.
- (2) Revue de mécanique, mars et juillet 1905, février 1908, pp. 264, 41 et 183.
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- 870 ' NOTES DE MÉCANIQUE. — JUIN 1908.
- conduit de vapeur venu de fonte avec elle; ils sont remplacés par des tubes avec joints laissant toute liberté aux dilatations de l’enveloppe. Avant son alésage final, l’enveloppe
- Fig. 2. — Turbine Pàrsons-Tosi de 12 000 chevaux. Ensemble d’un groupe électrogène.
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- TURBINE A VAPEUR PARS0NS-T0S1.
- 871
- a été recuite à haute température de manière à en éviter toute déformation par suite des efforts moléculaires. Cette enveloppe est entourée d’une garniture isolante facile à
- Fig. 3. — Turbine Parsons-Tosi. Coupe longitudinale verticale.
- 4—65-5-
- Fig. 4. — Turbine Parsons-Tosi. Détail de la butée de gauche (fig. 3) et du réglage.
- enlever, et qui réduit au minimum les pertes par rayonnement et ses variations de température.
- L’arbre du rotor, en acier forgé, est en deux pièces; celle de gauche (fig. 3), du côté de l’admission, emmanchée à chaud dans le rotor, et celle de droite, du côté de l’échappement, emmanchée dans un plateau en acier coulé, fretté dans le rotor. Ce
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUIN 1908.
- rotor est en une seule pièce d’acier forgé, fournie par les ateliers Cockerill. Le jeu^ radial des aubes est de 0mm,18. Les paliers sphériques sont à graissage forcé, sous une
- Fig. 5.
- ------? •
- Z820 —
- -----11Z7-----
- Fig. 6.
- Fig. S et 6. — Turbine Parsons-Tosi. Détail de la butée de gauche (fig. 3) et du réglage.
- pression de lkil,5, au travers d’un serpentin refroidis se ur. Une petite pompe à vapeur indépendante assure ce graissage forcé aux paliers pendant le démarrage de la turbine. La prise de vapeur A est commandée, du régulateur R (fig. 6 et 7), par l’huile de
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- ser
- Fig. 7. — Turbine Parsons-Tosi. Détail du réglage.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ------ JUIN 1908.
- graissage, que ce régulateur admet sous le piston B, par les renvois E F G I H et le robinet D, à quatre ouvertures d’admission et d’échappement de cette huile,correspondant aux ouvertures d’une valve M, que le piston B commande par le renvoi P Q. Les deux valves N et M tournent dans une chambre M, qui reçoit l’huile sous pression par le haut et la laisse échapper par le bas. Lorsque la turbine se ralentit, D laisse entrer de l’huile sous pression sous B, de manière à soulever la prise de vapeur, puis cette même levée de B referme, par M, l'admission d’huile dès que la turbine a repris sa vitesse normale. Ce réglage est très rapide, puissant et sensible en raison de la grandeur des ouvertures de M, de l’équilibrage de D, et de la grande surface de B. En outre, l’arbre excentrique de G, constamment en rotation par un pignon hélicoïdal de l’axe du régulateur, entretient un petit mouvement oscillatoire continuel des mécanismes de réglage, qui en empêche le collage et en diminue les frottements.
- À son extrémité de gauche (fig. 3) l’arbre de la turbine porte un piston à garniture
- Fig. 8. — Turbine Parsons-Tosi. Pompe à air.
- annulaire U (fig. 4), avec jeu de 0mm,05, et recevant en T de l’huile sous pression par laquelle on équilibre la pohssée 1 du rotor; puis, dès que le rotor se déplace sous cette poussée 2 de l’huile, la poussée 1 l’emporte de nouveau, grâce aux fuites de la garniture U, et le rotor revient à sa position primitive. Aux essais, le rotor se déplaçait sous une poussée 2 de 64 kilogrammes, pratiquement insignifiante pour ses paliers de butée.
- Le condenseur à surface, cylindrique, de 2m,50 de diamètre, a 1 300 mètres carrés de tubes en laiton, au nombre de 3 770, de 3 mètres X 22 millimètres extérieur, et 19 millimètres intérieur; l’eau y circule en sens contraire de la vapeur, qui les parcourt en deux étages. La vapeur entre au condenseur par une ouverture de lm,60 X 2 mètres; il en passe 42 mètres cubes par seconde. Le condenseur repose sur 3 balanciers, qui équilibrent en partie la pression exercée par l’atmosphère sur l’entrée de la vapeur.
- La pompe à air est (fig. 8) à deux cylindres agissant chacun comme un compresseur à deux étages ; lorsque l’un des pistons monte, il aspire directement la vapeur du
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- INFLUENCE DE LA VITESSE DU PISTON. 875
- condenseur, quïl refoule par ses clapets, au-dessus de lui, dans sa descente, pour la refouler directement à sa seconde montée. Le rendement volumétrique est excellent. L’eau aspirée par la pompe en assure l’étanchéité. Cette pompe, à pistons de lm,17 x 275 de course, est commandée par une dynamo de 80 chevaux, à 145 tours par minute. Les pompes centrifuges de circulation, en parallèle, débitent, à 495 tours, 425 litres par seconde ; elles sont actionnées par une dynamo de 90 chevaux. Ces pompes fonctionnent sur une tuyauterie en siphon de manière à n’avoir à vaincre que la résistance intérieure des tubes du condenseur, et l’air qui s’accumule au point le plus élevé de ce siphon est aspiré par le haut de la pompe à air au travers d’un petit clapet de retenue.
- Un régulateur de sûreté ferme la valve de prise de vapeur à la main dès que la vitesse de la turbine dépasse de 15 p. 100 sa vitesse normale, et, dès que la turbine s’arrête, une valve automatique en ouvre l’échappement à l’atmosphère, puis cette valve se referme automatiquement dès que la turbine reprend sa marche normale.
- INFLUENCE DE LA VITESSSE DU PISTON SUR L’ÉCONOMIE DES MACHINES A VAPEUR,
- d’après M. R. L. Weighton.
- Les essais de M. Weighton ont été exécutés, au laboratoire de l’Armstrong College, à Newcastle, sur deux machines; l’une, à quadruple expansion, à cylindres de 180, 267, 393 et 585 x 457 millimètres de course,’et l’autre, à triple expansion, avec cylindres de 267, 393 et 585 x 457 millimètres de course. Pression d’admission 9kg,8, vide au condenseur 622 millimètres; pas d’enveloppe de vapeur; réservoirs intermé-
- Fig. 1.
- diaires constamment drainés à la main dans la bâche. Admission coupée, en quadruple expansion à 313, 265, 265 et 265 millimètres et.,, en triple expansion, à 150, 265 et 265 millimètres. Machines verticales du type pilon marin. On a procédé en ne faisant varier que la vitesse.
- Les résultats des essais sont donnés par les diagrammes (fig. 1 et 2) pour la quadruple expansion, 3 et 4 pour la triple.
- Dans les limites des essais, entre 100 et 230 tours par minute, le poids W de vapeur dépensé par heure est donné, en fonction du nombre de tours R par minute, par les formules, pour la quadruple expansion - W livres = 6,1 R + 439
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — JUIN 1908.
- OU
- et pour la triple expansion ou
- W kil. = 2,76 R + 200 W livres = 7,16 R + 678
- W kil. = 3,26 R + 305
- La dépense W varie donc proportionnellement à R -f- une constante fonction de la
- R (REVOLUTIONS PER MINUTE)
- Fig. 2.
- ro, iso ko no isc
- R( REVOLUTIONS PCR MINUTE)
- machine et représentative des pertes par condensation initiale aux cylindres, frottements, fuites et diverses. Il en résulte que la dépense w, par tour, diminue à mesure que la vitesse R augmente.
- On a, pour la quadruple expansion
- 7 32
- w livres = 0,102 + -jy-
- ou
- et pour la triple
- 3 35
- w kil. = 0,045 + -jr
- 11,3
- w — 0,119 +
- 5
- w kil. = 0,055 +
- Cette diminution provient, en grande partie, de la diminution de la durée de l’ad-
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- INFLUENCE DE LA VITESSE DU PISTON.
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- mission au cylindre de haute pression quand R augmente, et aussi de la diminution de la condensation sur ses parois.
- La pression moyenne indiquée au cylindre de basse pression IMP (flg. 1 et 3) baisse quand R augmente, et plus vite que cette augmentation, en raison de la diminution corrélative de la dépense de vapeur et de l’augmentation de la résistance opposée par la distribution au passage de la vapeur. Si cette résistance n’augmentait pas, la pression moyenne resterait sensiblement constante ; mais il faudrait, pour cela, augmenter les tiroirs, ce qui diminuerait le rendement organique, de sorte qu’on ne gagnerait pas grand’chose.
- La puissance au frein (BMP, fig. 1 à 4) baisse plus vite, avec l’augmentation de la vitesse, que la puissance indiquée (IMP), ce qui indique une augmentation des frotte-
- « -ÿ- 16
- /Æ> )ko 7£& 77d 1
- R [REVOLUTIONS PZ* MINUTE)
- ments du moteur avec la vitesse. Cette résistance est donnée par l’écart vertical des courbes des IMP et des BI1P, elle est sensiblement proportionnelle, pour la quadruple expansion, à R, et moins importante avec la triple expansion.
- La puissance indiquée croît avec la vitesse, mais de plus en plus lentement, de sorte qu’elle atteindrait probablement son maximum un peu au-dessus de la vitesse de 220 tours ; ce maximum est atteint, en ce qui concerne la puissance au frein (BHP) à 220 tours avec la triple expansion et à 212 avec la quadruple.
- La dépense minima de vapeur est atteinte, par cheval indiqué, aux environs de 172 tours, pour les deux machines, et, par cheval effectif, à 147 tours pour la quadruple expansion et à 158 pour la triple.
- En conclusions :
- Dans les machines dont on fait varier la puissance en changeant la vitesse du piston, cette vitesse atteint une limite correspondant à la puissance maxima de la machine, au delà de laquelle cette puissance diminue; il existe, de même, une vitesse correspondant à la dépense minima de vapeur. Dans les machines essayées, cette vitesse a été de 2m,25 par seconde pour la quadruple expansion et de 2m,37 pour la triple, avec des rendements organiques de 0,856 et 0,87. L’économie maxima et la vitesse correspondante croissent avec le rendement organique. La puissance et la vitesse d’économie maxima sont considérablement plus élevées par cheval indiqué que par cheval effectif, de sorte qu’il ne faut pas adopter comme vitesse la plus économique celle correspondant à la puissance indiquée.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 22 MAI 1908
- Présidence de M. Grimer, président.
- RAPPORTS DE AIM. LES SECRÉTAIRES
- M. Toulon.
- La Terre et la Lune, par P. Puiseux, astronome à l’Observatoire de Paris
- ( Gauthier-Villar s).
- L’important ouvrage que M. Puiseux vient de publier sur la Terre et la Lune contient une étude comparée de notre planète et de son satellite.
- L’auteur résume dans les sept premiers chapitres l’état actuel de nos connaissances sur le relief et la constitution interne du globe terrestre. De nombreuses et remarquables photographies des divers aspects de la Lune permettent de déterminer les principaux traits de son histoire par l’interprétation du relief détaillé que nous pouvons apercevoir.
- L’autorité scientifique de M. Puiseux est un sûr garant de la valeur et de l’intérêt de cet ouvrage.
- Le Sahara algérien, t. I, Gautier, chargé de cours à Alger (Armand Colin).
- M. Gautier nous envoie le premier volume de l’étude qu’il a faite sur le' Sahara algérien.
- Notre Société, ainsi que le rappelle M. Gautier, a donné son concours à l’œuvre qu’il a entreprise, et lui accorda une subvention de'3 000 francs sur la proposition de M. Le Chatelier. Les études géologiques faites sur le Sahara ont fait l’objet d’un rapport de M. Adolphe Carnot visant particulièrement les recherches de la houille au Sahara; ce rapport a été publié dans le Bulletin de notre Société du mois de mars 1907.
- L’ouvrage que nous adresse aujourd’hui M. Gautier est une étude très documentée, sur la géologie du Sahara et son relief. De nombreuses photographies illustrent le texte.
- Nous espérons que M. Gautier ne tardera pas à compléter son œuvre ; l’ensemble constituera une source précieuse de documents précis, et contribuera au progrès des études géologiques et à la-connaissance pratiquement si nécessaire du sol de notre domaine algérien. .
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1908.
- 879
- La situation financière au Japon, Ed. Clayery, consul de France (Berger-Levrault).
- M. Clavery, consul de France, a fait hommage à notre Société de l’étude qu’il vient de publier sur le situation financière du Japon.
- Les progrès du Japon sont semblables, toutes proportions gardées, à la croissance rapide des États-Unis d’Amérique, avec cette différence qu’il s’agit, au Japon, d’une ancienne civilisation qui se transforme et qui adopte avec une hâte fébrile les méthodes industrielles les plus modernes.
- Ce qui doit peut-être le plus étonner dans les progrès récents du Japon, plus encore peut-être que leurs succès mibtaires dont l’éclat a été retentissant et que tout le monde voit, c’est ce que l’on ne voit pas, ou ce qui échappe à une observation superficielle, c’est l’essor prodigieux de leurs finances, malgré l’effort d’une guerre qui paraissait devoir épuiser ou tarir passagèrement leurs ressources. L’ouvrage de M. Clavery met puissamment en relief cet accroissement rapide de toutes les branches de l’activité commerciale et industrielle. Les renseignements donnés et les chiffres cités sont particulièrement éloquents.
- Ainsi, le tonnage comparé de la marine marchande en 1894 et 1906, donne les chiffres suivants :
- Voiliers. Vapeurs.
- 1894........................ 46 000 tonnes 273 000 tonnes
- 1906..................................... 353 000 — 1 033 742 —
- Les recettes du budget ont passé de 93000000 de yensen 1897 à 138000 000 enl906.
- Désireux de montrer les progrès qu’il a réalisés, le Japon se propose de convier le monde civilisé à une Exposition universelle qui aura heu à Tokio en 1912.
- M. Clavery a fait une œuvre d’actualité très utile, en nous présentant un tableau bien documenté de la situation financière du Japon, et nous le remercions de nous avoir envoyé son ouvrage.
- Nous avons reçu deux thèses en langue hollandaise présentées devant l’Université de Delft : l’une de M. Yan Gelden sur le triage des minerais par la force centrifuge, l’autre de M. Koomans, sur la self induction dans les téléphones.
- Un congrès sur la protection des droits professionnels a eu lieu à Dusseldorf en septembre 1907. Le compterendu de ce congrès, en langue allemande, contient les discussions sur les droits des brevets et ceux des marques de fabrique.
- M. Lokltine, ingénieur des ponts et chaussées à Saint-Pétersbourg, nous a envoyé une étude très originale et très intéressante sur la congélation des rivières. Cet ouvrage publié en français contient le résumé d’une série d’expériences et d’observations entreprises pour résoudre la question de formation de la glace au fond des rivières. M. Lokltine arrive à des conclusions nouvelles: contrairement à ce que l’on croyait généralement, la glace qui se produit parfois au fond des rivières provient d’aiguilles formées à la surface qui, dans certaines circonstances particulières, vont s’attacher à des objets dans le lit des courants.
- Le travail de M. Lokltine résout par des expériences conduites et démontrées scientifiquement un problème dont la solution était demeurée jusqu’à ce jour fort incertaine.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1908.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- La question de l’aménagement des fleuves et rivières pour en éviter les débordements, améliorer leur navigation et utiliser leurs chutes est partout à l’ordre du jour; aussi crois-je intéressant d’attirer un instant votre attention sur un très remarquable projet qui vient d’être présenté à l’Inland Waterways Commission de Washington par M. O. Leighton, chef hydrographe du Geological Survey des États-Unis, pour l’amélioration de l’Ohio.
- Dans son projet, M. Leighton propose d’améliorer l’Ohio par l’établissement, le long de son cours et de ses affluents, de réservoirs destinés à absorber seulement ies excédents des grandes crues, que les levées actuelles ne peuvent contenir. Ce système de régularisation par réservoirs, appliqué dès la plus haute antiquité sur le Nil puis, dans les temps modernes, sur la Volga, le Mississipi et d’autres fleuves des États-Unis, aurait, d’après M. Leighton, dans son adaptation à l’Ohio, l’avantage de coûter relativement très bon marché : 125 millions de dollars seulement, et, même avec une dépense de 200 millions de dollars, ou d’un milliard, l’exécution du projet Leighton serait des plus rémunératrices.
- Tout d’abord, elle éviterait des pertes énormes, comme, par exemple, celle de 100 millions de dollars, évaluation des désastres causés par les inondations de janvier et mars 1907, puis la navigation serait très notablement améliorée parla régularisation de ces cours d’eau, et, enfin, la force.motrice rendue disponible sûrement du fait de cette même régularisation et des chutes aux réservoirs, et que l’on évalue à 3 millions de chevaux, rapporterait de très grosses sommes, estimées à 50 millions de dollars par an, lorsqu’on aurait, ce qui ne paraît guère lointain, dans une contrée \aussi industrieuse que celle traversée par l’Ohio et ses affluents, trouvé l’utilisation de cette énorme puissance, utilisation dont les bienfaits seraient eux-mêmes incalculables.
- Je ne puis vous en dire plus sur l’étude de M. Leighton, mais j’engagerai vivement ceux d’entre vous qui s’intéressent spécialement à ces questions à en prendre connaissance soit dans le résumé qu’en a publié l’Engineering News du 7 mai, soit dans les publications mêmes de l’Inland Waterways Commission. Il s’agit d’une très belle œuvre, que le gouvernement fédéral seul peut mener à bien en raison de sa grandeur, dont on se préoccupe vivement aux États-Unis, et qui méritait certainement de vous être signalée bien qu’encore à l’état de simple avant-projet.
- Voici le résultat de quelques expériences qui ont été exécutées au National Labora-tory de Londres sur la conservation de l’acier doux dans le ciment armé, et qui viennent d'être publiées par le directeur de ce laboratoire, M. Glazebrook (1).
- Les essais ont été exécutés sur trois barreaux d’acier doux : l’un de 25 millimètres de diamètre et 200 de long, tourné d’un bout à l’autre, et les deux autres de 200 de long, coupés dans un carrelet de 40 millimètres de côté et laissés avec leurs écailles. Ces barreaux furent enfouis, le 21 décembre 1900, dans des blocs de ciment de Portland
- (1) Times Engineering, supplément 20 mai.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- MAI 1908.
- 88f
- de 300 x 190 x 490, recouverts d’eau plusieurs fois par semaine pendant une année,, puis laissés, pendant trois mois, en plein air.
- Le 20 avril dernier, on en retira les barreaux sans aucune altération ; le barreau» tourné était aussi brillant qu’à l’origine ; les écailles des autres barreaux n’étaient pas altérées. Le barreau tourné, poli et attaqué à l’acide, présenta, au microscope, absolument la même structure qu’à l’origine, sans aucune trace d’attaque par le ciment,, après ces 16 mois d’immersion. On poursuit ces essais en immergeant d’autres blocs-de ciment, avec les mêmes barreaux, pendant six mois dans de l’eau chaude.
- L’innocuité des actions du ciment armé sur les fers est bien connue, les expériences du National Laboratory sont néanmoins intéressantes parce qu’elles viennent la^ confirmer d’une façon indéniable.
- On sait que l’une des principales causes de la production de la fumée est le refroi-^ dissement trop rapide des gaz des foyers au contact des tôles des chaudières ou destubes, avant leur combustion complète, et que l’on a très souvent cherché à y remédier en garnissant les foyers et les chambres de combustion de matières réfractaires-
- Le dispositif de M. Smallwood (l)que vous voyez sur cette projection (fig. 1) appar-
- ___24 ' • 2'
- — 27 '• 8 *
- [Fig. I. — Fumivore Smallwood.
- tient à ce genre d’appareils. Il est constitué, au cas figuré de son application à une-chaudière à foyers intérieurs, par deux tubes de matières réfractaires allant presque depuis le pont ou l’autel du foyer jusqu’au bout des tubes foyer, et les divisant par deux cloisons de manière à obliger les gaz du foyer à parcourir, comme l’indiquentr les flèches, trois fois la longueur de leurs parois, rapidement portées à une température très élevée.
- Ce dispositif a donné d’excellents résultats sur des chaudières et aussi sur des' foyers de fours à cimenter et à recuire ; il peut facilement s’adapter sur une chaudière existante, et paraît ne pas devoir exiger un entretien onéreux; en outre, il ne complique en rien la conduite du feu.
- (1) Exploité par la Incandescent Heat C°, Smethwick, The Engineer, 8 mai.
- Tome 110. — Juin 1908. 58-
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- MAI 1908.
- Je vous ai, dans notre séance"du~6 décembre 1907, dit quelques mots du scléro-scope de Shore et Héroult (1) qui se répand de plus en plus aux États-Unis (2) et permet
- Fig. 2. — Duromètre Jackman.
- d’évaluer la dureté des plus petites pièces avec une précision des plus remarquables ; voici un autre appareil : le duromètre do M. Jackman (3), qui permet aussi d’exécuter très rapidement un essai de dureté, mais d’après un principe différent, celui de la bille de Brinell.
- Ce principe consiste, comme vous le savez, à mesurer la pénétration, dans le métal
- (1) Bulletin de décembre 1907, p. 1491. Construit par la Shove instrument and manufacturing C°, 226. West 22th s1 2 3. New-York.
- (2) American Machinist, 16 mai 1908, p. 675. *
- (3) Engineering, 15 mai, p. 661.
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- dont on recherche la dureté, d’une bille d’acier de diamètre et de charge donnés. Dans la machine de M. Jackman, cette bille se trouve en k (fig. 2 et 3), à l’extrémité d’un piston hydraulique. La pièce à essayer est placée sur un support s, de hauteur réglable par une manette r, de manière à amener la bille au contact du métal; après quoi l’on ferme la soupape v, qui fait communiquer librement le cylindre à huile du piston de k avec son réservoir, et l’on donne, au moyen d’une petite pompe à main, la pression voulue, déterminée par le contrepoids p de la traverse e, et-enregistrée par
- Fig. 3. — Duromètre Jackman.
- un manomètre. Après un temps donné, d’environ 13 secondes pour le fer et l’acier et d’une demi-minute pour les métaux moins durs, on enlève la presse en rouvrant v et en abaissants. Un ressort ramène à sa position primitive le piston de k, sans garniture, et qui ne frotte presque pas. Les petites fuites d’huile, recueillies en d, sont ramenées par t au réservoir.
- Un microscope ni permet d’apprécier à 1/20 de millimètre le diamètre des empreintes de la bille sur la pièce. Cette bille, de 10 millimètres, permet d’exercer des pressions de 500 à 3 000 kilogrammes.
- Dans une autre machine, la bille est de 19 millimètres et permet des pressions de 3 à 50 tonnes.
- Une table donne les duretés en fonction du diamètre de la pénétration ainsi opérée, sous des charges et au bout de temps convenus, c’est-à-dire dans des conditions qui en rendent les effets comparables.
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- Je vous ai fréquemment signalé d’évolution des locomotives actuelles vers des types de plus en plus puissants (1) et qui ne s’arrêtera que le jour où ces machines auront atteint les limites imposées par la largeur et la résistance de la voie et des ouvrages d’art. Il semble que cette limite soit, dès maintenant, abordée du' côté
- £
- Fig- 4. — Locomotive « Pacific » du Pennsylvania Rr.
- ;
- Fig. 5. — Locomotive « Pacific » du Great Western Ry.
- des locomotives à marchandises par les machines articulées de Mallet, dont le poids atteint 180 tonnes et la surface de chauffe 493 mètres carrés.
- Cette question a repris une actualité plus vive chez nous à propos de l’adoption, par la Compagnie de l’Ouest (2), du type de locomotive express dit « Pacific » analogue à
- (1) Bulletin de mars 1907, p. 342.
- (2) Les caractéristiques principales des machines ‘de l’Ouest, compound à 4 ‘cylindres- de 400 et
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- s:o"
- PROCÈS-VERBAUX.
- MA] 1908.
- 885
- celles en service depuis plus d’un an sur le Pennsylvania Rr, dont cette projection vous montre le formidable ensemble. C’est, comme vous le voyez (fig. 4), une machine à 12 roues, dont quatre porteuses sur bogie à l’avant, deux en arrière, et 6 motrices accouplées au milieu, ou, comme on dit en langage symbolique, du type 4-6-2. Son poids est de 120 tonnes, dont 79 adhérentes, avec des charges allant jusqu’à 27 tonnes sur le premier essieu moteur; chauffe 410 mètres, carrés dont 19 au foyer, à grille de 5m2,76. Les tubes en fer, au nombre de 313, ont 57 millimètres de diamètre extérieur sur 6m,35 de long. Diamètre maximum de la chaudière 2m,30.
- La pression de marche est de 14kil,5. Les roues motrices ont 2m,03 et les cylindres 610 X 660 millimètres de course, ce qui correspond à un effort de traction de 14 300 kilogrammes environ. La distribution est faite par des tiroirs cylindriques avec mécanisme Walchert.
- La hauteur de la cheminée minuscule est de 4m,56 au-dessus du rail. Le tender, sur
- ,Mr____m
- Total SS Ù~
- Fig. 6. — Locomotive « Pacific » du Great Western Ry.
- deux bogies à 4 roues, porte 35 mètres cubes d’eau et 11 tonnes de charbon : poids en service 62 500 kilos, soit 183 tonnes environ pour l’ensemble, machine et tender, dont la longueur totale est de 23m,10.
- Ces machines font un excellent service sur les rails de 55 kilogrammes du Pennsylvania, mais il serait évidemment imprudent de les admettre sur des voies un peu faibles, et il est bien certain que, même sur les meilleures voies, de pareilles masses lancées au voisinage de 100 kilomètres à l’heure, doivent y déterminer des usures et des fatigues dont une pratique assez longue permettra seule d’apprécier l’importance.
- Sans atteindre de pareilles dimensions, la locomotive 4-6-2 du Great Western anglais, que nous montre cette projection (fig. 5 et 6) est aussi des plus remarquables, avec son poids de 96 tonnes, dont 60 adhérentes, sa chauffe de 316 mètres carrés, dont 14,7 au foyer et 50,6 au surchauffeur. Les cylindres sont au nombre de 4, de 380 X 660 de course, avec tiroirs pistons de 200 millimètres de diamètre, et sur manivelles à 90°, correspondant, avec une pression d’admission de 16 kilos, à un effort de traction de 13 000 kilos environ. Les tubes de fumée ordinaires, au nombre de 141, ont 63 X 6m,90;
- 660 X 600 sont les suivantes : Roues motrices de lm,94 ; timbre, 16 kil. ; effort .de traction, 12*,67 ; poids adhérent, 53*,5, soit 17*,5 par essieu moteur. Poids total, 90 t. Tubes de 55 intérieur x 6 m., au nombre de 283, chauffe 269 m2. Foyer de 14 m2. Grille de 4 m2. Tender de 57 tonnes, avec 24 m3 d’eau et 9 tonnes de charbon. Longueur : machine 13m, 12 (empâtement 10m,o7), machine et tender 21 mètres.
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- les 84 tubes du surchauffeur, logés dans 21 tubes à feu de 120 millimètres de diamètre, ont 35 millimètres de diamètre. La voûte réfractaire du foyer, à grille de 3m2,9 est supportée par quatre tubes à eau de 95 millimètres de diamètre. La chaudière a 7m,90 x lm,80 de diamètre. L’empattement des roues motrices est de 4m,20.
- Le tender, également sur deux bogies à quatre roues, tient 16 mètres cubes d’eau, 6 tonnes de charbon, et porte une écope lui permettant de prendre de l’eau en route dans les bacs d’entre-rails. La longueur totale de la machine et du tender est de 21m,70.
- NOMINATIONS DE MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
- Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- Le Syndicat de là Boulangerie de Paris, 7, quai d’Anjou, présenté par M.Ringelmann.
- AI. le docteur Frédéric Bordas, 58, rue Notre-Dame-des-Champs, présenté par AI. Fontaine.
- M. Gabriel Bertrand, chef de service à l’Institut Pasteur, présenté par MAI. Troost et Haller.
- M. le Président de /’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie de France, présenté par M. Lindet.
- DÉCLARATIONS DE VACANCE.
- Sont déclarées les vacances suivantes : Une au Comité des Arts chimiques ; une à la Commission des fonds; deux au Comité des Arts économiques; trois au Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Conférence. — M.Taffanel fait une conférence sur VOrganisation des recherches en vue d'améliorer les conditions de sécurité du travail dans les mines, à la suite de laquelle AI. le docteur Tissot présente son appareil de sauvetage dans les milieux irrespirables.
- M. le Président remercie vivement MM. Taffanel et Tissot de leurs très intéressantes communications, qui seront reproduites au Bulletin.
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- SÉANCE DU 12 JUIN 1908
- Présidence de M. Grimer, président.
- Sont présentés et enregistrés les plis cachetés suivants :
- De M. Barthes, André, 6, place du Grand-Marché à Bordeaux, un pli intitulé : Etudes sur de nouveaux emplois de toutes sortes de métaux. Reçu le 25 mai 1908.
- De M. Le Play, Pierre, 12, place Vendôme, un pli intitulé : Procédé pour empêcher la congélation de la nitroglycérine et des composés de celle-ci. Reçu le 27 mai.
- De M. Tollet, 40, rue Condorcet, un pli intitulé : Pli cacheté pour dépôt d'antériorité. Reçu le 2 juin.
- RAPPORTS DE MM. LES SECRÉTAIRES
- M. Hitier.
- Les Comptoirs de vente en commun, par J. Carlioz, ingénieur des Arts et Manufactures,
- ancien contrôleur de comptoirs. Nevers, Marcron frères, éditeurs, 41, rue du Commerce.
- « Le comptoir de vente en commun est un accord conclu entre les producteur d’une même marchandise en vertu duquel chacun d’eux s’engage à ne la vendre que par l’intermédiaire d!un vendeur unique, appelé comptoir, qui n’est autre que la collectivité des producteurs eux-mêmes.
- « Les industriels forment entre eux une société anonyme à personnel et capital fixes ou variables, qui prend le nom de « comptoir de... » et dont les actions leur sont distribuées proportionnellement à l’importance de la fabrication de chacun. Cette société se trouve ainsi composée des producteurs eux-mêmes et d’eux seuls; ils en ont l’administration et chacun lui vend, par marché, la totalité de sa production.
- « Le comptoir possède dès lors la totalité de la production de toutes les usines contractantes ; seul il a le droit de la vendre ; si tous les fabricants font partie du comptoir, le comptoir est maître du prix de vente, jusqu’à un maximum qui est égal au prix auquel les produits similaires étrangers peuvent venir concurrencer, sur notre marché, nos propres produits. »
- Telle est la définition du comptoir d’après M. J. Carlioz, qui nous en indique le but dans les termes suivants :
- « Le comptoir a pour but d’empêcher la baisse exagérée des prix de vente et de les maintenir rémunérateurs dans les prix de disette en supprimant la concurrence et en réglant la production suivant les besoins de la consommation; d'éviter, dans les mo-
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- jnents favorables, une élévation brusque et immodérée des prix, l’expérience ayant montré que cette élévation des prix a de fâcheuses conséquences.
- « Son but est encore, par conséquence immédiate, de régulariser la fabrication, Rassurer la stabilité du personnel et le maintien des salaires en tendant à la suppression des chômages. Sans doute, l’importance de la production variera encore d’un moment à l’autre, mais l’amplitude de ses oscillations sera diminuée, et l’on ne voit pas [pourquoi elles ne seraient pas complètement supprimées, si tous les produits de l’industrie nationale étaient vendus par des comptoirs qui ne s’écarteraient pas de leur Lut. »
- C’est la situation nouvelle de l’industrie et du commerce, situation universelle et universellement impérative, qui a créé les trusts aux États-Unis, les cartells en Allemagne et, en France, des comptoirs de vente en commun.
- C’est le fait, la conséquence d’un développement industriel général, ayant amené, chez tous les producteurs, une surproduction entraînant, par la concurrence, l’avilissement des prix au-dessous des prix de revient et acculant à la ruine les industries les moins bien outillées ou les moins sagement administrées.
- M. Carlioz analyse avec une très grande précision les différences qui existent entre le trust et le comptoir de vente en commun.
- Le trust est une association de sociétés, réunion sous une direction unique de toutes les usines et sociétés faisant partie de l’association, ou mieux le trust est la fusion -de toutes ces usines et sociétés en une seule société avec un seul comité de direction.
- C’est la concentration industrielle poussée à la dernière limite ; mais le trust, possible dans un pays neuf où l’industrie est jeune, où n’existe pas ou rarement dans la même usine la diversité des fabrications, où ne règne pas entre patrons et ouvriers, -entre le chef de la maison et les clients un vieil esprit de tradition, ne l’était pas en France.
- Aussi,lorsque l’entente s’est imposée en France, comme ailleurs, entre les industriels producteurs, « elle y a pris la forme qui a conservé à chaque associé sa personnalité » ; voilà pourquoi nous avons préféré le comptoir qui n’arrête à peu près jamais .aucune usine, au trust qui n’en fait généralement marcher que quelques-unes ; le -comptoir qui s’intéresse en même temps aux producteurs, en cherchant à assurer la vie de tous, et aux consommateurs, ep se contentant d’un bénéfice raisonnable, au drust dont le but unique est généralement de faire, le plus vite possible, le plus de bénéfices possible; le comptoir, qui laisse à l’usine son nom, sa marque, sa clientèle et lui ,donne, en la débarrassant du souci de vendre ses produits, plus de temps à consacrer -aux importantes fonctions d’administration et de fabrication.
- Légalité des comptoirs, organisation et fonctionnement des comptoirs, inconvé-.niens et abus des comptoirs à côté de leurs avantages, fédérations de comptoirs, etc., .exemple de statuts, etc., etc., tels sont quelques-uns des principaux chapitres du livre, particulièrement intéressant que nous a adressé M. Carlioz, qui avait, du reste, toute .l’autorité et toute la compétence que l’on pouvait souhaiter pour écrire un tel ouvrage.
- Méthodes américaines d’éducation générale et technique, par Omer Buyse.
- Paris, Dunod et Pinat, 1908.
- Les États-Unis sont connus dans leurs méthodes Industrielles et commerciales et ,4ans leurs ressources économiques. M. Omer Buyse, conservateur du musée provin-
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- cial de l’enseignement technique du Hainaut, directeur de l’École industrielle provinciale supérieure de Charleroi, dans un ouvrage des plus documentés, résultat d’une minutieuse enquête aux États-Unis, nous apporte aujourd’hui des données très complètes sur la part qui revient à l’école de tous les degrés et au régime d’apprentissage dans le développement des qualités qui caractérisent la nation américaine.
- « Déposer dans les cerveaux des enfants et des adolescents le germe de la volonté ; leur donner, dès le jeune âge, le goût de l’action persévérante ; hâter chez eux le passage de l’état de dépendance à l’esprit d’indépendance ; préparer, par une éducation scolaire appropriée, les enfants des classes les plus modestes à se subvenir à eux-mêmes, à ne compter que sur eux-mêmes, au « self-support », telle semble être la plus grande préoccupation des écoles primaires et moyennes.
- L’éducation ouvrière par l’école industrielle et professionnelle use à l’extrême de l’expérimentation pratique.
- Les professeurs considèrent que l’enseignement en général, et spécialement l’enseignement scientifique, ne saurait être fécond si les élèves ne sont pas exercés à trouver eux-mêmes des vérités, à résoudre des questions scientifiques.
- L’enseignement des sciences pures ou appliquées est pénétré des principes de la méthode de la « redécouverte » (rediscovery),. pratiquée dans les laboratoires et dans les ateliers. L’élève doit arracher aux appareils et au matériel d’expérimentation le secret des phénomènes et des lois qui les régissent.
- C’est cet esprit propre aux écoles américaines que M. Orner Buyse s’est efforcé de mettre en relief dans son ouvrage, mais en même temps il y montre la libre organisation des écoles américaines.
- De l’autre côté de l’Atlantique, aucune pression extérieure ne cherche à mouler les écoles dans des formes immuables. La spontanéité et la variété sont les dominantes de leur organisation; elles sont nées là où elles étaient utiles. Aucun organisme central ne les réglemente : les lois des divers États se bornent à formuler les conditions minima à remplir pour participer aux subsides : elles laissent toute latitude aux autorités publiques et aux corporations privées dans l’organisation des études.
- Le bureau d’éducation et les organismes officiels ou privés, tels que « l’association nationale des professeurs » qui est la vraie créatrice de l’École nationale américaine, agissent tous dans l’esprit de liberté le plus large ; ils n’entravent en rien la libre évolution des méthodes, ni l'action des initiatives locales, ni l’expansion mutuelle des personnalités ; ils apportent, de tous les coins du monde, des matériaux dont le professeur pourra se servir librement dans ses travaux scolaires.
- Les écoles industrielles et professionnelles relèvent moralement des Bureaux de travail. Ces organismes ne possèdent pas non plus de pouvoir exécutif ; ils stimulent l’ardeur des hommes de bien dans la création, le perfectionnement, le parachèvement des œuvres d’instruction technique, sans prescrire des systèmes ni imposer des méthodes ; ils laissent aux nécessités locales et régionales et au génie des promoteurs, protecteurs et professeurs le soin et la responsabilité de régler leur enseignement. La spontanéité, la variété et la richesse d’idées des méthodes d’enseignement général et technique sont extraordinaires ; les solutions au problème si passionnant de la formation ouvrière sont surprenantes d’ingéniosité, d’imprévu et de bon sens.
- « En écrivant ce livre, notre unique souci, nous dit M. Orner Buyse, est de mettre sous les yeux du lecteur des faits marquants dont se dégagent la physionomie et le caractère de l’instruction aux États-Unis. »
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- Loin de sa pensée donc de vouloir prôner la copie servile des méthodes américaines : car, M. Orner Buyse le rappelle fort bien, le régime d’éducation et d’instruction d’un pays est dominé par des influences sociales, économiques et historiques. Il s’appuie, dans une certaine mesure, sur les mœurs et les traditions de la nation.
- Mais, en Belgique comme en France, souhaitons avec M. Orner Buyse que les professeurs, les administrateurs d’écoles et les autorités publiques usent des matériaux qu’il leur apporte, d’après les nécessités et possibilités locales et suivant l’éclectisme de leur formation personnelle, qu’ils les utilisent dans leurs cours, qu’ils les réalisent dans leurs travaux et les traduisent dans les règlements et programmes, dans la mesure qu’ils jugeront utile pour faire progresser l’éducation scolaire et stimuler son rendement.
- Méthodes américaines d’éducation générale et technique est un livre à lire, à méditer, nous ne saurions trop remercier M. O. Buyse de l’avoir écrit et de nous l’avoir si aimablement adressé.
- Sans nul doute, un tel ouvrage est bien fait pour aider à « orienter les méthodes scolaires vers le développement de l’énergie par des exercices et des travaux requérant à chaque instant l'initiative, cette vertu morale qui fait accepter allègrement des tâches difficiles et imprévues, la persévérance, sans laquelle il n’y a pas de force que n’arrêtent pas les obstacles ».
- M. Toulon.
- Législation du bâtiment, par Louis Courcelle, avocat et J. Lemaître, licencié en droit.
- Paris, Dunod et Pinaf.
- La librairie Dunod édite depuis quelques années une série de publications conçues suivant un programme bien défini et destinées à résumer l’ensemble des connaissances nécessaires dans le service des Ponts et Chaussées. L’ouvrage de MM. Courcelle et Lemaître fait partie de cet ensemble, qui constitue la Bibliothèque des conducteurs de travaux publics et qui est publié sous les auspices de MM. les ministres des Travaux publics, de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie, de l’Instruction publique, de l’Intérieur, de la Guerre et des Colonies.
- La législation du bâtiment comprend beaucoup de détails, d’usages pratiques, de documents d’ordre législatif ou administratif qu’il est souvent difficile de retrouver et qu’il était utile de grouper dans un ouvrage bien coordonné et mis au courant des réglementations les plus récentes.
- C’est cette œuvre qu’ont réalisée MM. Courcelle et Lemaître, œuvre d’un grand intérêt pratique, qui est bien à sa place au milieu des soixante et un volumes déjà parus de la bibliothèque du conducteur de Travaux publics.
- Revue de la Quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Contrairement à ce que paraissent penser la plupart des hommes, les ressources naturelles de toute sorte, dont dépend l’existence de l’humanité, sont loin d’être inépuisables, et, même dans les contrées où elles s’offrent avec le plus d’abondance, c’est un véritable crime que de les gaspiller. Cette vérité vient d’être rappelée au peuple des
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- États-Unis par une réunion solennelle qu’a présidée, le 13 mai dernier, M. Roosevelt entouré de ses ministres et de la Cour suprême des États-Unis.
- A cette réunion, assistaient les gouverneurs de tous les États confédérés et leurs délégués, des sénateurs et des députés au nombre de 400 ; ils avaient été invités par le Président à étudier les mesures à prendre pour « la conservation des ressources naturelles des États-Unis ».
- Je ne puis malheureusement vous dire que quelques mots des discussions de cette conférence, point de départ d’un mouvement de réaction des plus justifiée contre le gaspillage des richesses des États-Unis, et qui se traduira, sans doute par toute une série de mesures législatives qu’il nous faudra connaître, car, sans en être au même sans gêne que les Américains, nous aussi nous gaspillons, moins en grand il est vrai, des ressources plus rares.
- Voici quelques faits saillants, tirés de ces importants débats, sur lesquels vous trouverez des détails plus étendus dans Y Engineering News du 21 mai, et, probablement bientôt, dans nos journaux d’économie politique (1).
- La consommation et le gâchage de la houille aux États-Unis dépassent tout ce que l’on peut imaginer ; en 1907, la consommation a dépassé 450 millions de tonnes, soit plus de 5 tonnes par tête de la population évaluée à 88 millions. Depuis l’origine des États-Unis, on a consommé dIus de 7 500 000 000 de tonnes de charbon, et gâché, c’est-à-dire laissé perdre dans la mine, plus de 9 milliards de tonnes, de sorte que, si rien ne change dans ce gâchage ni dans l’accroissement de la consommation, la réserve totale de la houille disponible dans les gisements des États-Unis, évaluée à 2 000 milliards de tonnes, sera totalement épuisée dans moins de deux cents ans: peu de chose dans la vie d’un peuple. Et, dans cette exploitation sauvage de la houille, on ne gâche pas seulement du charbon, mais aussi des vies humaines, qui semblent ne rien valoir; plus de 9 000 tués et blessés en 1907, et le nombre de ces accidents croît plus vite encore que la production.
- La consommation de minerai de fer a été, en 1907, d’environ 53 millions de tonnes, soit 540 kil. par tête d’habitant, et la contenance des gisements des États-Unis est évaluée à 10 milliards détonnes ; si la progression de l’extraction continue, en doublant à chaque décade, elle sera de 100 millions de tonnes en 1928, de 200 en 1938 et de 400 en 1948, avec la moitié des gisements entièrement épuisés. Il faut, à tout prix, enrayer cette accélération et-M. Carnegie indique, pour cela, entre^autres, deux moyens : la suppression des droits protecteurs qui interdisent l’introduction des fers étrangers et le développement du magnifique réseau des voies navigables des États-Unis, de manière à substituer le plus possible le transport par eau à celui par chemins de fer, parce que, à tonnage égal, la voie d’eau exige quatre fois moins de fer en bateaux et machines, et réduirait d’environ 70 pour 100 la dépense de charbon, sans compter les avantages immenses que présenteraient pour l’agriculture l’aménagement et la régularisation de ces cours d’eau. Ce même aménagement amènerait encore une autre économie importante de charbon en permettant de mieux utiliser les puissances hydrauliques de ces cours d’eau pour la mécanique, la métallurgie et l’électricité (2).
- (1) Voir aussi dans l'Engineering News du 9 avril, p. 385, le rapport de M. H. Wilson au nom du Geological Survey.
- (2) M. Putman estime que l’on pourrait porter ainsi à 150 millions de chevaux la puissance hydraulique disponible aux États-Unis {Power, 26 mai, p. 834). Actuellement on y utilise 26 millions de chevaux-vapeur, 700 000 par moteurs à gaz [et 3 millions par [forces hydrauliques. Voir aussi p. 880 du présent Bulletin.
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- A côté du gâchage du charbon, il faut encore citer celui du gaz naturel,' brûlé en pure perte au taux, d’après M. White, de l’équivalent de 35 000 mètres cubes de charbon par jour.
- Et l’agriculture même décline ou plutôt fait fausse route aux États-Unis. D’après M. Hill, il ne resterait plus de disponible, en terres facilement cultivables, que 80 millions d’acres environ et on en a affermé 21 millions en 1907, de sorte que le tout sera bientôt occupé; et ces terres, cultivées sans assolements et sans engrais, rendent très peu; en moyenne 13,5 boisseaux de blé par acre (12 hectolitres par hectare) au beu de 20 en France, 27,6 en Allemagne et 32 en Angleterre. Néanmoins, en 1907, la production agricole des États-Unis a produit la somme énorme de 7 milbards 412 millions de dollars, plus de 37 milliards, dont on exporte le quart environ. Mais cette exportation cessera bientôt si la population des États continue à s’accroître comme de nos jours; cette population serait en effet, dans ce cas, de 130 milbons en 1925 et de 200 mblions en 1950. Les forêts sont véritablement saccagées par un gâchage prodigieux, celui des journaux notamment (1), et par des incendies qui, d’après M.Will (2), dévastent, en moyenne, 6 mblions d’hectares de forêts par an.
- On voit que, contrairement à ce que l’on croit en général, le problème de l’agriculture se pose, aux États-Unis, d’une façon des plus menaçantes dans un avenir très prochain, comme le prédisait déjà Macaulay, ü y a une cinquantaine d’années.
- Tant que vous aurez, disait Macaulay aux Américains, des étendues sans borne de terres fertiles et inoccupées, votre population laborieuse se trouvera bien plus à l’aise que celles du vieux monde; mais un temps viendra où les salaires seront aussi bas et aussi variables chez vous que chez nous. Alors, vos institutions seront mises à l’épreuve. Partout, la détresse fait du travailleur un mutin mécontent et l’incline à écouter favorablement les agitateurs qui lui disent que c’est une iniquité monstrueuse qu’uu seul homme puisse avoir des millions quand d’autres n’ont pas de quoi manger. Le jour viendra où vos multitudes affamées choisiront une législation, et il n’y a pas de doute possible sur leur choix, ce sera une législation spoliatrice ; cette spoliation augmentera la misère, et cette misère engendrera de nouvelles spoliations.
- La civilisation ou la liberté périra. Un César ou un Napoléon saisira les rênes du gouvernement d’une main forte, ou votre république sera aussi saccagée et dévastée par les barbares du xxe siècle que le fut l’empire romain par ceux du ve siècle (3).
- M. le président Roosevelt n’exagérait pas en disant, à l’ouverture de cette conférence, qu’on allait y traiter les questions les plus importantes que l’on ait abordées, aux États-Unis, depuis la proclamation de leur constitution.
- Vous connaissez les très remarquables progrès accompbs presque chaque jour par l’électrométallurgie, et en particulier par celle du fer ou de l’acier ou l’électrosidé-rurgie (4). C’est un de ces progrès que je vous signale aujourd’hui dans la personne du four électrique à haut voltage de M. Igewski, de Kieff (5).
- (1) Bulletin de février 1908, p. 317. D’après M. Will (Franklin Institute, mai 1908, p. 343) un seul des journaux de New-York, tirant à 800 000 exemplaires de 80 pages, consomme, en papier de bois, l’équivalent de 9 780 arbres de 18 mètres de haut sur 230 mm. de diamètre, qui, plantés à 12 mètres les un des autres, couvriraient une étendue de plus de 140 hectares. Voir aussi le Mémoire de M. Kellog, « The drain of forest », Railroad Gazette, 22 mai, p. 710.
- (2) Journal of the Franklin Institute, mai 1908, p. 349.
- ^3) Cité par M. Hill.
- (4)-Voir la communication de M. Matignon sur l’électro-métallurgie au Bulletin de la Société' internationale des électriciens de mai 1908.
- (3) Iron and Steel Institute, 14 mai et Engineering, 22 mai, p. 699.
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- Ce four se différencie de la plupart des autres : Héroult, Stassano, Kjellin... parce qu’il emploie, au lieu de courants de basse tension ne dépassant guère une centaine de volts, des courants de haute tension avec, comme conducteurs, dans le four, la magnésie, les silicates de chaux et leurs colloïdes, qui deviennent conducteurs aux températures élevées. La projection que vous avez sous les yeux (fîg. 1) vous montre le principe de ce genre de fours, et comment le courant amené par les fils bb se propage au-dessus du bain, à la surface de la voûte aaa du four, constituée en ces matières. Mais, au bout d’un certain temps, si l’on n’y prenait garde, les courants ne tarderaient
- Fig. 1.
- Fig. 4.
- Fig. 2.
- Fig. 3.
- Fig. 1 à 5. — Four électrique Igewsky. Dessins schématiques.
- pas à se différencier, c’est-à-dire, au lieu de rester uniformément distribués à la surface de la voûte, comme en figure 2, à se concentrer, suivant les passages de moindre résistance de cette voûte, comme en figure 3, puis, définitivement, en un seul passage étroit, comme en figure 4.
- C’est pour éviter cet inconvénient que M. Igewsky a constitué son four pour traitement des aciers, comme l’indique la figure 5, de briques a, formant autant d’électrodes séparées, et disposées en un cylindre permettant de réaliser un four tournant à. la vitesse d’environ 20 tours par minute, afin d’égaliser le plus possible la température des différentes briques passant alternativement dans le bain et au-dessus; en outre, ces briques, automatiquement mouillées parla scorie, en deviennent plus conductrices. Le courant triphasé est amené au four par des collecteurs e et b, comme on le voit mieux sur les détails de la figure 6.
- Les principales dimensions du four sont les suivantes. Diamètre intérieur, 175 mil
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- limètres, largeur 215, capacité 5 lit.l 7, mais la charge initiale de métal ne dépasse guère 10 kilogrammes, ou 2 litres. On marche soit en triphasé, ce qui est préférable, soit avec un courant continu de 250 volts et de 50 à 60 ampères, ou de 12 à 15 kilowatts. Après avoir chauffé convenablement le four par une flamme de Bunsen, on y verse un peu de potasse hydratée, et on met en rotation le four, qui devient rapide-
- Fig. 6 à 9. — Four électrique Igewsky
- ment conducteur, puis on ajoute de la soude et, quand le four est au rouge, du carbonate de soude. Ce chauffage du four doit se faire assez lentement pour ne pas craquer» les briques.
- Une fois le four bien au rouge, on y ajoute de la fonte puis des riblons, mais lentement, dans la crainte qu’il ne se forme, par le refroidissement du four, une croûte métallique c (fîg. 7) provoquant un court circuit. Avec ce four de faibles dimensions, il faut employer des briques en terre réfractaire, ou celles de Dinas, de préférence à
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- celles en magnésie, trop conductrices. Les électrodes b, insérées (fig. 8) entre les briques, ne fondent que très peu, bien qu’elles soient en tôle, parce qu’elles sont bientôt entourées, en c, de scories ou même de métal fondu très conducteur; elles sont au nombre de 24, distantes de 23 millimètres, et comme le courant ne travaille que dans le haut du four, qui se trouve hors du bain, la différence de potentiel entre les 24 électrodes de cette partie du four est de 230/7 ou de 35 volts environ, de sorte qu’il se
- Fig. 12. — Appareil de trempe automatique Muclford.
- produit entre les collecteurs des étincelles déterminant souvent des arcs, comme en a'b! (fig. 9), trajet offrant une moindre résistance que les briques. Il suffirait de réduire l’écartement des électrodes à 12 millimêtres, ce qui ferait tomber leur différence de potentiel à 17,5 volts, pour rendre impossible la formation de ces arcs; mais on peut y arriver par d’autres moyens, bien connus des électriciens.
- On a pu obtenir avec ce four des aciers très variés, de résistances allant de 57 kilogrammes par millimètre carré, avec un allongement de 20 p. 100, à 85kil,6, avec un allongement de 3 p. 100 seulement, et très homogènes.
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- Voici une nouvelle méthode, très ingénieuse, proposée par M. Stanton, attaché au National Laboratory de Londres, pour l’essai de l’acier des rails, en le soumettant,
- comme l’est le rail même en service, à des efforts simultanés de compression, de traction et d’abrasion par roulement des charges
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- Le principe de cette méthode est de découper dans le rail un anneau de métal que
- Fig.. 14 — Machine Lejeune vue du côté opposé à la fig. 13.
- l’on dispose, comme vous le voyez sur cette projection (fig. 10), entre 3 galets, dont celui du haut chargé d’un poids W, de sorte que cet anneau se trouve pressé, dans-Tome 110. — Juin 1908. 59
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- 3 directions à 160e, par des charges W, qui y déterminent les tensions et compressions indiquées sur cette projection. Si l’on fait tourner le galet supérieur, il entraîne, par l’anneau, les deux autres, de sorte que ces tensions et compressions circulent sur toute sa surface comme au passage d’un train sur un rail.
- La machine imaginée pour l’application de cette méthode vous est montrée par cette projection (flg. 11), où vous voyez que les deux galets inférieurs portent sur des
- A
- Fig. 15. — Machine Lejeune vue arrière (fig. 14).
- galets de rotation analogues à ceux de la machine d’Atvvood, de manière à en réduire considérablement le frottement et à en assurer l’entraînement sans glissement sous les plus fortes charges. Les galets sont en acier d’outil et meulés au même diamètre. Le galet supérieur est entraîné par un arbre moteur à joint d’Oldham, et la charge lui est appliquée par un levier sur couteau, indiqué au bas de la figure, et qui tire par des bielles sur les chapeaux des paliers de l’arbre de ce galet.
- Des essais exécutés avec des anneaux de 250 millimètres de diamètre extérieur; sur
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- 185 et 175 intérieurs et 63 millimètres d’épaisseur, sous des charges de 270 à 370 kilogrammes, déterminant, entre tension et compressions extrêmes, des variations d’efforts de 57 à 63 kilogrammes par millimètre carré, ont montré que les rails les plus durs n’étaient pas toujours les plus résistants, et que la ductilité contribuait plus à
- Fig. 16 et 17. — Machines Lejeune vues de côté.
- cette résistance que la ténacité. Après quelques milliers, de rotations à la vitesse d’environ 300 tours de l’anneau par minute, la surface de l’anneau commence à se désagréger avec apparence de petites criques parallèles à son axe, et qui se développent jusqu’à la rupture, et la marche de l’essai permet de préjuger avec plus d’exactitude qu’on ne l’a pu jusqu’ici de la manière dont le rail se conduira en service (1).
- (1) lron and Steel Institute, 14 mai 1908 et Engineering du 22 mai.
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- Le petit dispositif que vous représente cette projection (fig. 12), dû à M. Mudford et construit par MM. Taylor et Hobson, de Leicester, permet d’apprécier avec une approximation peut-être suffisante pour la pratique si un morceau d’acier a bien acquis sa température de trempe, voisine de celle où les aciers au carbone cessent d’être magnétiques, et c’est sur cette dernière propriété qu’est fondé l’appareil. Il se compose simplement d’un aimant en fer à cheval dans les pôles duquel sont insérées deux tiges d’un acier spécial qui, magnétisées par ces pôles, soutiennent à leur extrémité le petit objet à tremper, et que l’on chauffe au chalumeau. Dès que la température de trempe est atteinte, les tiges laissent tomber automatiquement l’objet dans son bain de trempe (1).
- Je suis heureux de pouvoir vous présenter aujourd’hui une fort ingénieuse machine de M. Lejeune, qui en a déjà inventé bien d’autres (2) et qui est destinée à per-
- Fig. 18. — Machine Lejeune, poupée fixe.
- mettre d’affûter automatiquement et avec précision les fraises hélicoïdales au moyen desquelles on taille les pignons de vis sans fin ou hélicoïdaux (3).
- Ainsi que vous le voyez par ce type que je fais passer sous vos yeux, et que vous reverrez en montage (figé 13 et 14) sur la machine de M. Lejeune, ces fraises peuvent être considérées comme dérivant de la taille, en denture appropriée, d’une vis en prise avec le pignon taillé par cette fraise, et vous voyez de suite que, pour en affûter exactement les dents, la meule devra pouvoir prendre automatiquement et successivement divers mouvements.
- La meule devra d’abord [tourner autour de son axe, puis avancer sur cette fraise jusqu’au fond des dents suivant un rayon de cette fraise; puis, comme les faces radiales des dents sont disposées suivant des hélices sur la fraise, il faudra que cette fraise tourne en se déplaçant devant la meule au pas de ces hélices, et enfin, il faudra, pour passer d’une rangée de dents à l’affûtage de la suivante, que cette fraise pivote sur son axe d’une division de sa denture.
- (1) Engineering, 22 mai, p. 693.
- (2) Revue de mécanique, novembre 1903, p. 487 ; avril 1905, p. 376.
- (3Ï Construite par les établissements Lejeune. Paris, 1, rue du Moulin Joly.
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- Voici comment ces différents mouvements sont obtenus par la machine de M. Lejeune.
- Le porte-meule A, à billes, est monté (fig. 15, 16 et 19) sur un support B, pouvant pivoter autour de son axe de façon que la meule ait la même inclinaison que l’hélice suivant laquelle elle doit affûter la fraise. La rotation de la meule est commandée par
- Fig. 19. — Machine Lejeune. Détail du chariot porte-meule.
- courroie et renvoi d’équerre inclinable. Le serrage sur la semelle D se fait, au moyen de la manette C, par un excentrique intérieur.
- Le chariot sur lequel est fixée la semelle D coulisse perpendiculairement à l’axe de la fraise sur une console F, qui possède un mouvement alternatif de translation. Le déplacement du chariot E s’obtient à la main au moyen de la vis e, ou automatiquement par la vis sans fin f, son rochet et le système de bielles et leviers commandés par la butée g à chaque mouvement du chariot porte-meule. Le débrayage se fait automatiquement, en un point quelconque de la course,par la butée h, qui fait déclancher la bascule portant la vis e.
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- Le mouvement de translation alternatif de la console F est à vitesse constante; il est obtenu au moyen d’une came G (fig. 15) d’un tracé approprié, par l’intermédiaire d’un levier L, dont le point de pivot est variable pour obtenir la course voulue.
- La rotation delà fraise est obtenue, comme dans les machines à rayer les canons, par une pente H, d’inclinaison réglable au pas des dents de la fraise et commandant un
- pignon I par une crémaillère J. Ce pignon I est (fig. 18 et 21) fixé sur un porte-cliquet K, qui entraîne le diviseur, fixé sur l’arbre portant la fraise à affûter.
- Sur cet arbre, est,calé un pignon sur lequel s’enroule un ruban (perforé de manière à éviter tout glissement)'commandé par une friction M, fixée sur l’arbre inférieur N, (fig. 20). Pendant le travail de la meule, cette friction glisse puisque l’arbre porte-fraise est immobilisé par le cliquet K ; mais, lorsque la meule arrive à l’extrémité de sa course, au point où la division doit se faire, la came P, fixée sur l’arbre inférieur, soulève le cliquet K du diviseur au moyen de la bague conique R et du levier S (fig. 21). A ce,
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- moment, l’arbre obéit à la friction ; mais la levée du cliquet K ne dure qu’un instant, et il retombe dans le premier cran du diviseur.
- Cette division se produit à chaque aller et retour de la meule, et, l’avancement se faisant automatiquement, il n’y a à intervenir que lorsque l’affûtage est terminé, pour remettre une autre fraise.
- La machine de M. Lejeune vient de partir pour l’exposition de Londres, où nous lui souhaitons avec confiance un grand succès.
- Fig. 21. — Machine Lejeune. Rotation de la fraise.
- Voici maintenant, toujours dans le domaine de nos machines-outils françaises,une application très ingénieuse et hardie du fil hélicoïdal au sciage d’un immeuble, faite par M. Fromholt, dont notre Société a déjà reconnu l’ingéniosité par deux grandes récompenses (1).
- Je ne saurais mieux faire que de reproduire ici la note même par laquelle il a bien voulu me permettre de vous donner la primeur de ce très intéressant travail :
- L’usine électrique de la Société parisienne de distribution électrique, rue Saint-Roch, n° 26, reçoit de l’usine située quai de Jemmapes du courant continu à 500 volts, courant qui est
- (1) Médaille de platine et médaille d’or. Bulletins d’août 1894 et de juin 1898. Rapports de MM. Tresca et Barbet.
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- régularisé par des batteries d’accumulateurs. Celles-ci occupent quatre étages de l’immeuble qui se trouve de ce fait chargé à raison de 1000 kilos par mètre carré de surface.
- Il est pratiquement impossible d’augmenter le nombre des accumulateurs et, les demandes des abonnés affluant continuellement, il a fallu se résoudre à amener à l’usine de la rue Saint-Roch du courant alternatif à haute tension pour le convertir en courant continu par des transformateurs rotatifs. Ces appareils, qui seront placés au sous-sol, au rez-de-chaussée et au premier étage, occasionneraient des trépidations aux immeubles voisins.
- Ona songé à séparer l’usine électrique des maisons voisines et à supprimer tout contact
- Fig. 22. — Sciage d’une maison au fil hélicoïdal. Chariot moteur.
- avec celles-ci. La construction est en charpentes de fer, reposant sur des piles en pierre dure de Villebois. La façade, qui a 16 mètres de hauteur, est en pierre de même provenance.
- Ces travaux sont dirigés par M. Friézé, architecte du chemin de fer métropolitain.
- Le problème a résoudre était le suivant : enlever à la façade, entre les murs mitoyens et l’usine électrique, une dalle de S centimètres d’épaisseur, en faire autant aux piles latérales qui supportent la charpente, sans arrêter le service du courant électrique aux abonnés et sans pénétrer aux étages supérieurs!
- Le mérite d’avoir entrevu la possibilité de réaliser ce travail mécanique à l’aide du fil hélicoïdal, revient à M. Alfred Vanelle, directeur de l’entreprise Lemoüé; c’est lui qui a confié
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- l’étude et l’exércution des appareils spéciaux qui fonctionnent en ce moment rue Saint-Roch, à la maison Fromholt et Cie, 4, cité de Phalsbourg, à Paris.
- Le travail se divise pour chaque côté de l’immeuble en deux parties :
- 1° Le sciage des piles dans le sous-sol;
- 2° Le sciage de la façade.
- Les travaux préparatoires ont été assez importants. Il a fallu, de chaque côté de l’usine,
- w V\\' vvx.\' v\ '
- Fig. 23.
- dresser une sapine allant jusqu’au faîte et jeter depuis ces sapines, par-dessus le toit, deux passerelles destinées à porter les chariots tendeurs et les moteurs du fil hélicoïdal. On a creusé dans la rue deux puits de 6m,20 de profondeur, allant jusqu’à la naissance des fondations, et on a percé dans chaque pile, sous les semelles en fer qui portent les charpentes, un trou de 30 millimètres de diamètre pour le passage des deux brins du fil.
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- Le chariot tendeur C (fig. 22) composé d’un cadre eh bois.de chêne, porte deux paires dn roues roulant sur rails. Ce chariot porte le moteur électrique de 4 chx M, qui actionne le fil hélicoïdal, en passant par deux arbres intermédiaires N et O, qui réduisent la vitesse de la poulie de commande P à 180 tours à la minute, et donnent au fil de sciage une vitesse linéaire de 6m,500 à la seconde. „ • .
- Un treuil T et deux poulies de renvoi permettent de tendre le chariot à l’aide du câble D-
- V
- Fig. 24.
- qui descend dans la cour de l’usine. Ce câble est tendu par des contrepoids A (fig. 23) pesant 200 kilos. .Ces contrepoids, grâce au treuil T, sont toujours maintenus à faible distance d’un amortisseur formé de sacs de sable pour éviter un choc trop violent en cas de rupture du fil hélicoïdal.
- Les montants cle sciage sont assez semblables à ceux dont il est fait usage pour les appa-
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- reils de chantier. Un chariot S (flg. 26) coulisse entre deux fers U parallèles, reliés entre eux aux extrémités par des entretoises et vers le milieu par un étrier. C’est ce chariot qui porte la poulie de sciage X, qui a 400 millimètres de diamètre, et qui sert, suivant le cas, à appuyer sur le fil hélicoïdal ou à assurer son retour. Un treuil et un câble métallique donnent au chariot et à la poulie un mouvement de montée et de descente. Le montant placé dans le.
- Fig. 25.
- Fig. 26.
- puits creusé à l’extérieur de l’immeuble porte un chariot S', avec deux poulies X' et X" pour le retour du fil.
- Pour scier les piles du sous-sol le fil hélicoïdal venant du moteur est guidé par la poulie B (fig. 24) descend au montant placé dans le puits, puis dans le trou de 30 millimètres pratiqué dans la façade et dans les trous semblables de chaque pile du sous-sol; il revient, en s’enroulant sur la moitié de la poulie du dernier montant, pour passer sur la poulie (X") du montant extérieur et remonte le long de la face pour être renvoyé par la poulie (B') à la poulie motrice.
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- En avant, de chaque pile, et à la hauteur du brin inférieur du fil, on amène un filet d’eau qui entraîne avec lui du grès. C’est ce dernier qui use la pierre, le fil hélicoïdal ne servant qpe de véhicule à la matière rodante.
- Au fur et à mesure du sciage, on fait descendre les poulies X en agissant sur les manivelles du treuil, le chariot tendeur assure au fil une tension constante.
- La descente en marche normale a été de 0m,12 à l’heure; exceptionnellement, cette descente a été doublée. Le câble de sciage, qui a environ 100 mètres de longueur, s’use assez vite, surtout parce que le deuxième brin est obligé de repasser dans le trait fait par le premier.
- On peut admettre que le fil de sciage doit être remplacé après vingt heures de travail, ce qui correspond, dans le cas particulier, à Um2,36 de surface sciée; chaque longueur de fil de 100 mètres coûte environ 7 fr. 50.
- Dans le béton formant la base des piles, la descente est réduite à 0m,08 pour onze heures de travail et ceci en raison du manque d’homogénéité de la masse, et surtout à la présence des cailloux de silex qui entrent dans sa composition.
- Le premier trait étant terminé, il a fallu remettre les poulies au point de départ et scier horizontalement sur une profondeur de 50 millimètres avant de descendre verticalement. On a, à cet effet, déplacé les poulies de 0m,05 sur leur axe, et placé de distance en distance des barres de fer scellées au plâtre pour forcer le fil à pénétrer horizontalement.
- Ce moyen a très bien réussi et, en moins d’une heure, les deux brins avaient pénétré de la quantité voulue dans la pile pour permettre de commencer le sciage vertical du deuxième trait.
- Actuellement, les piles d’un côté de l’immeuble (côté de l’Opéra) sont sciées et on a attaqué la façade.
- Le sciage de la façade se fait en deux fois. Le fil restant disposé comme pour le sciage des piles du sous-sol, on a ajouté au premier dispositif un montant horizontal portant une poulie de sciage X"' (fig. 25) destinée à forcer le fil à pénétrer progressivement vers l’intérieur, dans l’épaisseur du mur. On arrivera ainsi à faire un premier trait oblique qui intéressera la moitié de la hauteur de la façade.
- On ramènera ensuite la poulie X"' à sa position primitive, et on procédera dans le sous-sol de la même façon pour obliger le fil à attaquer la partie inférieure, le retour se faisant par la poulie X"". Enfin, on fera avancer graduellement la poulie X"' vers l’intérieur de l’immeuble jusqu’à ce que le brin sciant soit vertical, moment où le trait sera terminé.
- On procédera de la même façon pour le deuxième trait.
- Selon toutes probabtlités le sciage d’un côté de la façade ne demandera pas plus de huit jours.
- Il y a tout lieu d’espérer que l’autre côté de l’usine (côté des Tuileries) dont on va commencer le sciage le 10 courant, sera terminé pour la fin du mois.
- NOMINATIONS DE MEMBRES DU CONSEIL
- Sont nommés membres du Conseil, au Comité des Arts économiques :
- M. Amagat, membre de l’Institut.
- M. Armengaud jeune, ancien élève de l’Ecole polytechnique.
- Au Comité des Arts chimiques : M. Gabriel Bertrand, chef de service à l’Institut Pasteur.
- Au Comité des Constructions et Beaux-Arts : M. Georges Hersent, ingénieur des Arts et Manufactures.
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- M. Joseph Bourclel, ancien juge au Tribunal de Commerce.
- M. Henry d’Allemagne, bibliothécaire honoraire de l’Arsenal.
- A la Commission des Fonds : M. Eugène Biver, ingénieur dès Arts et Manufactures.
- NOMINATIONS DE MEMBRES CORRESPONDANTS
- Sont nommés membres correspondants, au Comité d’Agricidture :
- M. de Monicault, ingénieur agronome à Paris.
- Au Comité de Commerce : M. Maurice Alfassa, ingénieur civil des Mines. M. Georges Risler.
- M. Paul Favre.
- Au Comité des Arts chimiques : M. Charpy, ingénieur, directeur de l’usine Saint-Jacques.
- NOMINATION d’üN MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ
- Est nommé membre de la Société d’Encouragement :
- M. Pierre Le Play, administrateur de la Société la Dynamite, présenté par MM. Alby et Pèreire.
- Rapports des comités. — M. Livache présente, au nom du Comité des Arts chimiques, un rapport sur les Recherches sur les cuirs et peaux de M. le capitaine Nicolardot, dont les conclusions sont adoptées.
- Communication. — M. Pillet fait une communication sur les procédés de photosculpture de M. C. Cardin.
- M. le Président remercie vivement M. Pillet de sa très intéressante communication, qui sera reproduite au Bulletin.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN JUIN 1908
- Koomans (N.). — Over den invloed der Zelfinductie in Telefoongeleidingen. (Sur l’influence de la selflnduction dans les circuits téléphoniques). (Proefschrift van Doctor Hoogeschool te Delft). In-8, 85 p. J. Waltman jr. 1908. 13 404
- Van Gelder (J.-K.). — Over de toepassing van de Gentrifugaalkracht voor de scheiding en zuivering van ertsen en Kolen'(Sur l’emploi de la force centrifuge pour la séparation et la purification des minerais et des charbons). Proefschrift van Doctor Hoogeschool te Delft). In-8, 133 p., III pl. S’Gravenhage, de Swart en Zoon, 1908. 13405
- Delacroix (Georges). —Maladies des plantes cultivées. (Encyclopédie agricole). In-18 de xii-420 p., 58 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1908. 13 4 34
- Danguy (J.). — Constructions rurales (Encyclopédie agricole). In-18, de xm-506 p., 303 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1908. 13 4 35
- Œuvres complètes d’AüGUSTiN Cauchy, publiées sous la direction scientifique de l’Académie des sciences et sous les auspices de M. le Ministre de l’Instruction publique, lre série, tome II. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13 436
- Bibliographie annuelle des travaux historiques et archéologiques publiés parles Sociétés savantes de la France, 1904-1905. Pér. 271
- Wernicke Karl. — Die Isoliermittel der Elektrotechnik. In-8 de 22 X 14, iv-184 S., 54 fig., I Taf. Braunschweig, Fr. Vieweg und Sohn, 1908. 13 437
- American Society of hechanical engineers. Transactions, volume 28. Pér. 200
- Chesneau (G.). — Étude sur le dosage pondéral du phosphore dans les fers, fontes et aciers, sous forme de phosphomolybdate d’ammoniaque (ex Revue de métallurgie, 1908, pp. 237-269).
- Buyse Omer. — Méthodes américaines d’éducation générale technique. In-8. de 25 X 16, 744 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. ; 13438
- Ministère de l’Intruction publique et des Beaux-Arts. Caisse des recherches scientifiques. Année 4901. Rapport annuel. Melun, Imprimerie administrative, 1908. Pér. 292
- Association française pour l’avancement des sciences. 36e session, Reims, 1907. Notes et Mémoires (don de M. Jules Garçon, membre de la Société). • Pér. 214
- Guillet (Léon). — Urbain Le Verrier. L’influence des recherches scientifiques sur l’évolution de la métallurgie (ex Revue scientifique, 1908, 29 p. in-8). 13439
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- OUVRAGES REÇUS.
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- Goss William (F. M.). — High steam-pressures in locomotive service. 25 x 17. €-144 p. Washington, Carnegie Institution, publication n° 66, 1907. 13 440
- Tableau synoptique des Lois et Règlements actuellement en vigueur dans les divers pays concernant les brevets d’invention, marques de fabrique, Dessins et modèles industriels, Modèles d’utilité (m Bulletin de la propriété industrielle et Commerciale, 1908, p. 4 à 7).
- Courcelle (Louis) et Lemaître (J.). — Législation du bâtiment (Bibliothèque du conduc leur de travaux publics), 996 p. Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1908. 13 441
- Décret du 9 octobre 1907 portant règlement pour les appareils à vapeur à terre. Paris, Association des propriétaires d’appareils à vapeur, 58 p., 1908.
- The institution of mechanical engineers. Proceeclinqs, 1907, parts 3-4. London, 1908.
- Pér. 114
- Bret (E.). — Balayeuse-Arroseuse automobile de la Ville de Paris {ex Le Génie Civil, 27 p., I pl., 1908).
- International catalogue of scientific literature. —B. Mechanics. Fourth annual issue, mate-rial received between sept. 1904 and august 1905. Fifth annual issue, material received between august 1905 and july 1906. Pér. 317
- Fortin (Pierre). — Nécessité des conservateurs chimiques du beurre. In-8 de 25, 5 x 16,5, 118 p. Caen, Charles Valin, 1908. 13 4 42
- État de la question des conservateurs du beurre aux points de vue législatif et judiciaire, avril 1908. In-8 de 25,5 x 16.5, 86 p. et 15 photographies de documents étrangers. Caen, Charles Valin, 1908. 13 4 43
- 'Carlioz (J.).— Les comptoirs de vente en commun. In-8 (22,4 x 14) de v-223 p. Paris, Guillaumin et Cie, 1905. 13 4 44
- Bierman (Ch.). — La vallée de Conches en Valais {in Bulletin de la Société Vaudoise •des Sciences naturelles, n° 158, mars 1907, p. 39 à 176, pl. I-XXIV).
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- «>
- Du 15 Mai au 15 Juin 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture. loB.
- Ac. . . . Annales de la Construction. LE .
- ACE , . . American Society of civil Engineers. Ms..
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. MC.
- A1M.. . . American Institute of Mining En-
- gineers. PC.
- AM. . , . Annales des Mines. Pm.
- AMa . . . American Machinist. RCp
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. MM.
- Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et Rgc.
- métiers. Ré .
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international Ri .
- des chemins de fer. RM.
- BoJ. . . . Bureau of Standards (Washington). Rmc.
- CN. . . . Chemical News (London). Rso.
- Cs.. . . . Journal of the Society of Chemical RSL.
- Industry (London). Ru..
- Clt. . . . Comptes rendus de l’Académie des
- Sciences. SA..
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal. ScF.
- E. . . . . Engineering. Sie..
- E\. . . . The Engineer.
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal. SiM.
- EE.. . . . Eclairage électrique.
- EU. . . . L’Électricien. SL..
- Ef.. . . . Économiste français. SNA.
- EM. . . . Engineering Magazine. •
- Fi . . . . Journal of the Franklin Institute SuE.
- (Philadelphie). Va.
- Gc.. . . . Génie civil. VD1.
- IC.. . . . Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin). ZaC.
- le.. . . . Industrie électrique. Z 01.
- Im . . . . Industrie minérale de St-Étienne.
- lt. . . . . Industrie textile.
- institution of Brewing (Journal).
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes.
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proeeedings).
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de France (Bull.).
- Société internationale des Electriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Yereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschrift fürangewandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Architikten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES, t— JUIN 1908.
- AGRICULTURE
- Bétail. Taux des primes de réassurances dans les Fédérations de mutuelles-bétail. Ap. 21 Mai, 649.
- — Collargol contre l’avortement épizootique. Essais de l’ataxil. Ap. 21 Mai, 631.
- — Types de bergeries (Ringelmann). Ap. 21 Mai, 654.
- — Bœufs de la Camargue. Ap. 28 Mai, 678. Cheval postier breton. Ap. 11 Juin, 752. Dromadaire. Utilisation en Tunisie. Ag. 30 Mai, 684.
- Beurres italiens. Ag. 23 Mai, 645.
- Crédit agricole en France et à l’étranger (Dufourmantelle). Rso. 1er Juin, 641. Engrais. Cyanamide de calcium. E. 12 Juin, 790. Relations avec l’air et les bactéries (Grandeau). Ap. 21 Mai, 645. Transformation de son azote dans les sols cultivés (kl.). 4 Juin, 709.
- — Conservation des fumiers. Ag. 23 Mai, 652, 13 Juin, 744.
- — Divers. Cs. 30 Mai, 513.
- — Valeur fertilisante de la neige (Shutt).
- CNï. 22 Mai, 243.
- Écoles agricoles de Rennes. Ap. 11 Juin, 743.
- Entomologie. Importance économique de l’étude des insectes (Duneau). SA. 22 Mai, 628.
- Forêts et cours d’eau aux États-Unis (Will). Fi. Mai, 345.
- — françaises. Conservation et reconstitu-
- tion Ef. 13 Juin, 879.
- Fourrages et poudres alimentaires. Ag. 30 Mai, 678.
- — Plan d’approvisionnement en fourrages
- verts (id.). 682.
- Graines et fruits oléagineux (Régime douanier des). Ag. 23 Mai, 638, 6 Juin, 716. Labours. Défoncements par treuil à vapeur (Ringelmann). Ap. 4 Juin, 713.
- Lait. Point de coagulation. Moyen d’en découvrir les fraudes (Alkins). CN. 22 Mai, 241.
- — Action des acides sur sa congélation
- par les présures végétales (Gerber). CR. 25 Mai, 1111.
- — Statistique. Ag. 6 Juin, 723‘;
- — Prix de revient du lait en Autriche. Tome 110. — Juin 1908.
- 913
- SNA. Avril, 224; et en Alsace-Lorraine (id.). 237.
- Luzerne et graminées. Ap. 4 Juin, 711.
- Lumière électrique. Influence sur la végétation. SNA. Avril, 267.
- Manioc et pommes de terre. Ag. 23 Mai, 648. Machines agricoles, des Assyriens et Chaldéens (Ringelmann). Ap. 11 Juin, 716. Moissonneuse à sache poche. Ap. 4 J uin, 717. Prairies détériorées. Ag. 6 Juin, 721.
- Vigne. Essai d’inculture. Ap. 28 Mai, 681.,
- — maladies bactériennes des vins. Ap. 28
- Mars, 683.
- Vins. Mouillage des vins (Détermination du). (Hubert). Ms. Juin, 361.
- — Traitements arsenicaux (ChuardL Ag.
- 13 Juin, 757.
- —• Rôle des levures et des cépages dans la formation du bouquet (Rosenthiel). CR. 9 Juin, 1224.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer d’Alsace-Lorraine. Ef. 16 Mai, 724.
- — de l’Inde. E'. 22 Mai, 523, 12 Juin, 609.
- — Anglais et l’État. E1. 12 Juin, 605.
- — Allemands. Statistique 1905. Rgc. Juin,
- 408.
- — de l’Ouest. Son rachat. Ef. 23 Mai, 757;
- 6 Juin, 833; E. 6 Juin, 756.
- — du Japon. Rgc. Juin, 415.
- — du Pérou, (id.). 417.
- — Russes. E. 29 Mai, 726.
- — Suisses. Ef. 13 Juin, 881. De montagne
- de l’Oberland bernois (Amilhaud). APC. Janvier, 2.
- — Métropolitains. Capacité de débit et
- espacement des trains (Brecht). BCC. Juin, 743.
- — Électriques. Locomotive monophasée
- des chemins prussiens. LE. 19 Mai,
- 211.
- — — Heysban More and Lancaster Ry.
- E!. 12 Juin, 610.
- — — New-York New-Haven. VDl. 23-
- 30 Mai, 821, 878; ACE. Mai, 484. New-York central. E. 15 Juin, 436.
- — — Rochester-Avon à 11 000 volts. Ic.
- 10 Juin, 245.
- — — interurbain Ohsdorf-Hombourg. Re.
- 15 Juin, 430.
- 60
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- 914
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1908.
- Automotrice à vapeur sur les chemins palatins (Giesler). BCC. Juin, 770.
- Frein Maximus. E. 29 Mai, 728, 6 Juin, 758. Gares à marchandises aux Etats-Unis (Blum et Giesc). BCC. Juin, 748.
- — Grandes gares anglaises. FJ. 12 Juin, 601.
- Grandes vitesses dans les courbes. BCC. Juin, 792. • -
- Locomotives du London and S. W. 16 Mai, 193.
- — britanniques en 1907 (Rous Marten).
- BCC. Juin, 689.
- — Type « Pacific » de l’Ouest. Ri. 6 Juin, 224.
- —^ Chauffage au pétrole. BCC. Juin, 786. — Réchauffeur d’eau d’alimentation Gaines. Eqc. Juin, 427.
- — Régulateur équilibré Zara. Gc. 13 Juin, 117.
- Rails (Usure des). AME. Mai, 447.
- — (Ruptures de) (Coes). EM. Juin, 417. Succession des trains (Intervalle de) les plus
- courts. Sa détermination (Pfeil). BCC, Juin, 730.
- Voies. Théorie et pratique des voies futures (Schlussel). IC. Mars, 933.
- — à quai des gares à voyageurs. Graphique
- de l’État belge pour l’utilisation des) (AVeissenbruch et Verdeven). BCC. Juin, 707.
- Voiture restaurant du Lancashire Ry. E. 29 Mai, 729.
- T K A N S P O K T S DIVERS
- Automobiles. Stations d’essai de l’Automo-bile-Club de New-York. Technkque automobile. 15 Mai, 71.
- — Puissance d’un moteur d’automobile
- (Camus). Bam. Mars, 193.
- — Les grandes épreuves (Vinsonneau). Ri.
- 6 Juin, 222.
- — Autobus. Son avenir, Va. 13 Juin, 381.
- — industriels (Concours des). Gc. 13 Juin,
- 105.
- — à vapeur. Camion Mann. E1. 6 Juin,
- 592.
- — à pétrole et à benzol. Comparaison
- (Grebel). Gc. 13 Juin, 113.
- — — Panhard de 1908. Va. 23 Mai, 325.
- — — Charron 1908. Va. 30 Mai, 337.
- Automobiles. Grégoire 16 ch. Va. 6 Juin, 358.
- — — 40/60 chev. Deutz. VDI. 6 Juin, 919.
- — — Fiacres de Paris (Périssé). IC. Mars,
- 433.
- — Changements de vitesse par leviers oscillants. Va. 6 Juin, 360.
- — Freinage et mise en vitesse (Ravi-gneaux). Technique automobile, 15 Juin, 81. Choix des paliers dans les boîtes à vitesse (Garnier), (kl.), 91. Vitesse des pistons des moteurs, iid.), 85.
- — Thermosiphons. Va. 6 Juin, 353.
- — Mise en marche automatique Panhard. Va. 13 Juin, 374.
- — Variations du couple des moteurs (Sau-vètre). Technique automobile. 15 Mai, 74.
- — Tuhes et brancards cloisonnés. Essais Breuil). Technique automobile. 15 Mai, 77.
- — Motocyclettes. Dp. 23-30 Mai, 329, 345 ; 6 Juin, 362.
- — — Alcyon. Va. 6 Juin, 362.
- Tramways. Voiture du type w Payer en montant ». Rgc. Juin, 420.
- — Dépôt des tramways urbains de Vienne. Rgc. Juin, 423.
- — Frein et chasse-corps Thomson Houston. Ri. 30 Mai, 218.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Alimentation. Présence des glucosides cyano-géniques dans les aliments végétaux (Henry et Auld). Cs. 15 Mai, 428. Acétylène. Ateliers de la Tliorne Hoddle ace-tylene C°. E. 29 Mai, 712.
- Alcool et le métylène dénaturant. Commission permanente de F (Ducliemin). Rcp. 14 Juin, 209.
- Acides iodiques et bromiques (Phénomènes d’oxydation produits par les) (Bau-bigny). CR. 25 Mai, 1097.
- — gras (Hydrate des), d’après la viscosité
- de leurs solutions (Trakalotos). CR. 1er Juin, -1146.
- Air liquide. Extraction de l’oxygène de (Linde). E. 6 Juin, 761.
- — aux mines de Witkowitz. Gc. 13 Juin,
- 116.
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- JUIN 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Air liquide. Fabrication et applications (Claude). Revue Scientifique. 13 Juin, 737.
- Aluminothermie. (Alliages de calcium pour T) (Watts et Brekenridge). Electrochemi-cal. Juin, 237.
- Amidon. Propriétés en rapport avec sa forme colloïdale (Fouard). CR. il Mai, 978. Ammoniaque (Nitrate d’). Changements polymorphiques (Behn). RSL. 25 Mai, 444. Argon et Hélium. (Indice de réfraction et dispersion de lalumière dansl’) (Burton). RSL. 23 Mai. 390.
- Azote atmosphérique (Fixation de 1’). Le cya-. namide. E. 12 Juin 790.
- Blanchiment électrolytique (Betzer). RCp. 14 . Juin, 220.
- Brasserie. Divers. Cs. 13-30 Mai, 461, 514. ' —• Analyse biologique des levures (Stock-hausen). Cs. 15 Mai, 462.
- — Carbohydrates de levure (Mergen et Sprong). Cs. 30 Mai, 514.
- — Eaux employées en brasserie. Qualités requises (Scyfert). Cs, 30 Mai, 515.
- — Emmagasinage du houblon (Richardson) {id.). 367.
- — Houblon mâle. Sa valeur (Salmon et Amos). IoB. Mai, 309.
- — Températures efficaces pour la pasteurisation de la bière (Hoffmann). Cs. 15 Mai, 463.
- Cellulose. Action des acides nitrique et sulfurique anhydres (Rassow et Bouge). Cs. 30 Mai, 522.
- Céramique. Divers. Cs. 30 Mai, 503.
- — Porcelaine. Nature physico-chimique.
- Cs. 15 Mai, 448.
- — Le bleu de Sèvres (Franchet). Revue
- Scientifique. 13 Juin, 751.
- Chaux et Ciments. Divers. Cs, 30 Mai, 505.
- — Influence de l’huile sur le mortier de
- ciment. Le Ciment. Mai, 75.
- —- Aptitude des liants hydrauliques à la décomposition par l’eau de mer. Évaluation par méthode accélérée (Feret). APC. Janvier, 121. Addition de pouzzolanes aux mortiers en prise à l’eau de mer (Vetillard et Feret). (id.). 121. Chloroazoline de phosphore. Action de l’ammoniaque (Besson et Rosset). CR. 1er Juin, 1149.
- Chlorure et iodure diargent. Séparation.
- 915
- Chrome (Oxyde de) et de cuivTe-chrome. Dissociation (Wohler). Cs. 30 Mai, 500.
- Combustion des gaz par incandescence et faits de cohésion gazeuse (Meunier). ScF. 20 Mai, 569.
- Cryoscopie aux , très basses températures (Duvar). E. 12 Juin, 792.
- Cuivres et laitons (Industrie du) et les chimistes (Lewis). Cs. 30 Mai, 479. Dysprosium. Spectre ultra-violet et propriétés magnétiques (Urbain). CN, 12 Juin, 277.
- Eaux potables (Désinfection des). Nouveau procédé (Paterno et Cingolani). RCp. 31 Mai, 199.
- Égouts de Twickenham, E'. 6 Juin, 590. Éléments (Dégradation des). (Ramsay). Ms. Juin, 411.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 30 Mai, 517.
- — Chimie en 1907 (Jeancard et Satre).
- RCp. 17 Mai, 174.
- — Essence de roses. Ses fraudes. Cosmos. 30 Mai, 608.
- Éther (L’) (Lodge). CN. 29 Mai, 255.
- Explosifs. Les nitroglycérines (Will). Cs. 30 Mars, 523.
- Fer. Protection contre les corrosions (Heckel). Fi. Juin, 44’9.
- Gaz d’éclairage. Élimination de l’oxyde de carbone (Vignon). CR. 18 Mai, 1033,
- — (Détermination de la benzine dans le)
- (Dennis et Mac Carty). CN. 12 Juin, 282.
- — Usine de Cologne, cornues verticales. J. F. Gasb. 23 Mai, 442.
- Gaz des marais. Analyse exacte (Gréhant). CR. 9 Juin, 1199.
- Gomme d'amandier (Huerre). Pc. 16 Juin, 561.
- Huiles végétales japonaises. Cs. 15 Mai, 454. Hygiène. Enlèvement des poussières et fumées des ateliers (Haldanne). SA. 22 Mai, 676.
- Indium. Composés nouveaux (Maters et Schne-derberg). CN. 22 Mai, 244.
- Iode. Action de l’acide hypoiodeux sur les acides non saturés. Lactones iodés (Bougault). ACP. Juin, 143. lodomercurâtes de thorium et d’aluminium (Duboin). CR. 8 mai, 1027.
- Lithopone (le) (Lehme). Cs. 15 Mai, 456.
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- JUIN 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —-
- 916
- Laboratoire. Laboratoire d’aciérie. Organisation d’un (Wencelius). SuE. 27 Mai, 767.
- — Jaune de métanel. Emploi comme réactif (Linder). Cs. 30 Mai, 485.
- — Analyseur du gaz Ross et Leather. Cs. 30 Mai, 491.
- — Chauffage électrique au laboratoire. lie. 30 Mai, 380.
- — . Laboratoire d’essai de charbons à
- Zurich. E'. 12 Juin, 618.
- — Recherche du fer et du cuivre (Delé-pine). Sch. 5 Juin, 652.
- — Analyse d’un minerai contenant du cuivre, du bismuth, du plomb, de l’argent, du calcium, du fer et du quartz (Chwala et Macri). Ms. Juin, 372.
- — — qualilative des phosphates et autres
- sels solubles en milieu acide (Caron et Raguet). ScF. 5 Juin, 622.
- — Creusets en iridium (Crookes). RSL. 10 Juin, 505.
- — Dosage du phosphore dans l’élain (Giemmel et Archbutt). Cs. 15 Mai,
- . .427.
- — — volumétrique des clilorates(Knecht)
- Cs. 15 Mai, 434.
- — — de l’acide tartrique dans les tartres et lies (Pozzi Escot). CR. 18 Mai,
- 1 031. .
- — — du nickel et séparation du cobalt,
- par le dicyandiamide (Grossmann et Sehuck). Eam. 23 Mai, 1044.
- — — de l’antimoine, de l’étain, et de
- • l’arsenic (Weber). RdM. Juin, 409.
- — — de l’acide carbonique dans les gaz
- de foyer. Appareil Auto. E. 13 Juin, 785.
- — Pipette de Hempel. Dispositif d’emploi (Studer). Cs. 30 Mai, 483. iAïqucs japonaises (Miyamo). Cs. 15 Mai, 456. Mouvements browniens et agitation molé-• culaire (C. Perrin). C/L. 18 Mai, 967. Etude cinématographique (V. Henri). C/L 18 Mai, 1024.
- Nitrite de sodium. Fabrication (Morgan). CS. 30 Mai, 483.
- Optique. Spectre du fer dans la flamme du chalumeau oxhydrique (Hemsaleck et de Watleville). CR. 11 Mai, 962.
- — Indice de réfraction et dispersion ar-
- gon, hélium, acide azoteux, acide . sulfureux/sulfure de mercure, phosphore gazeux. (Burton. .Cuthberson. Metcalf.) RSL. 25 Mai, 390-411. Oxydation spontanée du soufre et des sulfures (Pollacci). il/s. Juin, 373. .
- Papier. Influence de l’amidon sur . sa qualité (Lulz). Cs. 15 Mai, 466.
- — Divers. Cs. 30 Mai, 517. Papiers modernes, leur essai. ZAC. 29 Mai, 1134.
- Panamas. Préparation des pailles de. Cs. 15 Mai, 444.
- Pétroles. Essais des. E'. 22 Mai, 540.
- — roumain, composition. Cs. 15 Mai, 438.
- Utilisation des résidus de raffinage à Bakou, (id.), 439.
- Photographie (trames de) théorie. (Calmels et Clerc). CR. il Mai, 965. Plaques autochromes. Nouveaux modes de développement (Coustet). Revue Scientifique. 6 Juin, 718.
- Piment rouge. Falsification de la poudre de (Grandmont). PC. 1er Juin, 522.
- Poids atomiques. Leur commensurabilité (Hin-richs). C/L 11 Mai, 971.
- Polonium (le) (Marskwall). CN. 12 Juin, 277. Préparation, propriétés (Gisel). CN. 22 Mai, 202.
- Pression osmotique des dissolutions compressibles (Porter). RSL. 10 Juin, 457, et tension de vapeur des dissolutions concentrées (Callendar). (id.), 466.
- Rayons X (parcours des) (Ducane) CR. 11 Mai, 958.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15-30 Mai, 456, 511.
- — La térébenthine d’Autriche et d’Amé-
- rique. Ms. Juin, 376, 372.
- — Colophane d’Amérique, (id.), 386.
- — Emploi du sulfate de méthyle pour
- reconnaître et doser les huiles de goudron mélangées à celles de résine et minérales. (Valenta). Ms. Juin 387.
- Scandium (le) (Crookes). RSL. 10 Juin, 516.
- Sclcniure d’argent. Combinaisons avec les séléniures d’arsenic, d’antimoine et de bismuth (Pelahon). CR. 11 Mai, 975.
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- JUIN 1908.
- 917
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----
- Silicium, et palladium composés définis (Le-beau et Jolibois). CR. 18 Mai, 1028. — Protoxyde de silicium et ses emplois. E. 29 Mai, 722.
- — du commerce (analyse du — et des
- composés du). RdM. Juin, 396. Siliciure de tungstène et de molybdène (Defacqz). ScF. 20 Mai, 577.
- — de calcium nouveau (llackslill). ScF.
- 5 Mai, 619.
- Soie artificielle (Lamy). IC. Mars, 316. Spartéinc (la) (Moreau et Valeur). ScF. 5 Juin, 674, 703.
- Stéréochimie. Ses origines (Marre). RCp. 17 • Mai, 173.
- Stéarinerie. Transformation en bougies (Lew-kowitsh). Cs. 30 Mai, 489.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15 Mai, 460.
- — 2e congrès international des industries
- de sucrerie et de fermentations. RCp. 31 Mai. 185.
- Tannerie. Nouvelle méthode de tannage (Meunier et Seyewelz). CR. Tl Mai, 987.
- •— Divers. Cs. 15-30 Mai, 458, 512.
- — Cuirs hongroyés (Nicolardot); ScF. 20 Mai, 596.
- Teinture. Divers. Cs. 15-30 Mai, 442, 497.
- — Coton mercerisé, effet du séchage (Knecht). Cs. 15 Mai, 442.
- — Teinture et apprêts des cuirs-laine (Hof-mann). It. 15 Juin, 211.
- — Simplification des noms commerciaux des matières colorantes (Lefèvre). RMc. 1er Juin, 161.
- — Poils et fourrures (teinture des) (Bel-tzer). Rime. 1er Juin, 164.
- — Noirs Cassella. Rmc. 1er Juin, 172, 173,
- 174. Noir thiogène. M. liquide, (id.),
- 175.
- — Machine à teindre Macelli. (id.), 188. Terres rares (Bromates des) (James). Cs.
- 30 Mai, 518.
- Thermochimie. Chaleur de combustion et de formation des composés organiques (Lemoult). ACP. Juin, 184.
- — Calcul des constantes de (Redgrove).
- CN. 29 Mai, 253.
- Thermométrie. LPyromètre Tliwing. Fi. Mai, 363.
- Thiosulfocarbonates métalliques (Delépine). CR. 11 Mai, 981.
- Thorium (Oxytluorure et fluorure de) (Chauvenet). CR. 11 Mai, 973.
- — Industrie du (Bobm). Ms. Juin, 392. Tungstène. Dosage de l’acide tungstique. Sa séparation par l’emploi du mélange chlore et chlorure de soufre (Bou-rion). CR. 23 Mai, 1102. .
- Vanadium. Acide hypovanadique et ses composés (Gain). ACP. Juin, 224.
- — Dosage stannométrique des vanadates alcalins (Waryski et Wdevani). ScF. 5 Juin, 626. .
- Vins (Rôle des levures et des cépages sur le bouquet des) (Rosensthiel). CR. 9 Juin, 1224.
- Yirium (Terres d’) (Lenher). CN. 12 Juin, 278.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail en Agriculture. Ap.
- 21 Mai, 658. ' ,
- Amérique centrale. Ses républiques ; leur avenir. Ef. 23 Mai, 763. '
- Argentine (Situation de T). Ef. 16.il/ai, 720. Amiante. Production et emplois. Ef. 30 Mai, 803.
- Autriche-Hongrie. Ses rapports économiques avec la France. Ef. 23 Mai, 764. Allemagne (Industrie du fer et de l’acier en). Ef. 6 Juin, 835.
- Caoutchouc (Industrie du). Ef. 16 Mai, 722. Canada et commerce anglais. E. 29 Mai. 723. Chili (le). Ef. 6 Juin, 845.
- Crédit agricole (Dufourmantelle). Rso. 16 Juin, 718.
- Cuivres laitons (industrie des) et les chimistes (Lewis). Cs. 30 Mai, 479.
- Éducation familiale (L. F. Faure). R'so. 16 Juin, 709.
- Enfants (Travail des) (Adler). SA. 12 Juin,
- 758.
- Enseignement ménager dans les orphelinats (Cheysson). Rso. 1er Juin, 669.
- — technique dans les écoles publiques. E. 12 Juin, 789.
- États-Unis. L’industrie américaine. Ef. 23 Mai,
- 759. Crise des chemins de fer. (id.),
- . 30 Mai, 801 ; 6 Juin, 837.
- Fer et acier. Industrie en Allemagne. Ef. 30 Mai, 799.
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- 918
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1908.
- France. Impôts1 sur les recettes ou.sur les dépenses. Ef. 16 Mai, 719.
- — Monopole des tabacs en 1906. (ül.), 726. — Journée de 8 heures dans les mines. Ef. 23 Mai, 760.
- — Taxation des fonds publics. Ef. 30 Mai, 797.
- ----Admission temporaire de la paraffine.
- SNA. Avril, 250.
- — Loi du repos hebdomadaire dans la pratique. Ef. 6 Juin, 840.
- — Budget de 1909 et situation générale. Ef. 13 Juin, 873.
- — Conservation et reconstitution des forêts françaises. Ef. 13 Juin, 879.
- Grandes villes aux xixe et xxe siècles. Ef. 13 Juin, 875.
- Inde (La vie dans 1’) (Lamington). SA. 5 Juin, 720.
- Italie. Situation financière. Exploitation des chemins de fer par l’État. E. 30 Mai, 804.
- Grèves en Angleterre. E'. 22 Mai, 535, 530. E.
- 29 Mai, 721. .
- Ingénieur pionnier (!’). E1. 22-29 Mai, 528, 549.
- Maroc. Expansion sociale des Espagnols en Oranie (Lorin). Musée Social. Mai. Seychelles (les). Ef. 23 Mai, 769.
- Sucres (Régime des) en Russie (Belom). Gc. 22-30 Mai, 55, 70.
- Syndicat ouvrier anti-socialiste. Rso. 1er Juin, 681. .
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Chauffage. Ventilation. Progrès des petits chauffages. Chauffage à vapeur atmosphérique. 23 Mai, 209.
- Chauffage à la vapeur et ventilation d’un temps aux États-Unis. Ri.& Juin 229.
- — Consommation de combustible dans les
- chauffages domestiques. Ri. 6 Juin. 228.
- Ciment armé. Application à la construction de l’hôtel des publications Lafitte. Gc.
- 30 Mai, 68.
- — Colonnes creuses en. Le Ciment. Mai,
- 66. ;
- Débarcadère en ciment. Power. 2 Juin, 845.
- Digues en maçonnerie. Efforts dans les. E. 2.2 Mai, 692.
- Exposition Franco-Anglaise à Londres. E. 22.
- 29 Mai, 679, 712. E'. 22, 29 Mai, 530, 556.
- Fondations pneumatiques pour édifices. ACE. Mai, 521.
- Ponts de Québec. Accident du. E'. 22, 29 Mai, 540, 569.
- — de Bellows Falls. Discussion. ACE.
- Mai, 468.
- — Tournant de Liban. VDI. 6, 13 Juin, 913, 953.
- — Remplacement des travées métalliques du pont du chemin de fer à Magde-bourg. Gc. 6 Juin, 89.
- — Restauration du pont du Cateau (Ta-vera). APC. Janvier, 135.
- Poutres. Flexions des. Calcul. (Wallace). E. 12 Juin, 782.
- — Moment fléchissant maximum d’une poutre sur deux appuis et sous une surcharge mobile (Mayer). APC. Janvier, 100.
- Route moderne (la). (Yinsonneau). Ri. 23 Mai, 204.13 Juin, 236.
- Vent. Pression du. Nature. 28 Mai, 79.
- ÉLECTRICITÉ
- Arcs entre tiges de fer (Régime des) (Buisson et Fabry). CR. 1er Juin, 1143 Cables à haute tension. le. 10 Juin, 252. Capacité de surcharge des câbles à fonctionnement intermittent. Re. 15 Juin, 421.
- — à longue portée : supports. Re. 15 Juin,
- 428.
- Condensateurs pour basse tension. Fabrication (Soulier). le. 10 Juin, 249. Distribution. Capacité de surcharge des câbles en service intermittent. (Apt). LE, 16 Mai, 207.
- — Régulateur de tension Thury. Elé. 30
- Mai, 337.
- — Comparaison des groupes moteurs-gé-
- nératrices et des coinmutatrices principalement pour la transmission à longues distances (Lincoln). Re.
- 30 Mai, 382.
- — Conduites. Camp en céramique vitri-
- fiéer^Re. 15 Juin, 428.,
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1908.
- 919
- Conduites. Décret établissant jje cahier des charges type d’une distribution publique d’énergie électrique. Ri. 30 Mai, 398.
- Dynamos. Profil des masses polaires (Girault). CR. 18 Mai, 1008.
- — Auto-excitation d’un alternateur triphasé au moyen de soupapes électriques (Limb). (id.). 1014.
- — Alternateur asynchrone 1’ (Watter). Re. 30 Mai, 375. Auto-excités. Stabilité de marche en parallèle (Dumoulin). CR. 1er Juin, 1141.
- — Moteurs asynchrones. Modes d’essai. (Boulardet). Re. 30 Mai, 393.
- — électriques et l’industrie à domicile
- dans la région Lyonnaise (de Bois-sière). Rso. ler16-Juin, 655, 731. Électro-chimie. Divers. Cs. 15 Mai, 452, 509.
- — Réunion de l’American electrochemical Society. Electrochemical. Juin, 227. Éclairage. Arc. Lampe Régina. Clé. 13 Juin, 377. Lampes à faible dépense de charbon. J. F. Gasb. 23 Mai, 451.
- — Incandescence. Régime de fonctionnement des lampes à filaments métalliques (Pecheux). LE. 16 Mai, 199. E. 22-29 Mai, 685, 714.
- — Lampes Stearn à éléments multiples.
- le. 10 Juin, 251. Elé. 13 Juin, 379.
- — Éclairages électrique et au gaz. Comparaison. J. F. Gasb. 30 Mai, 471. Fusibles (les). Schwartz et James. LE. 16 Mai, 208.
- Isolateurs pour hautes tensions. le. 25 Mai, 231.
- Mesures. Étalons de force électro-motrice (Armagnat). Re. 30 Mai, 388. Régulateurs Thury. Elé. 6 Mai, 353.
- Rhéostat portatif pour laboratoires. Elé. 23 Mai, 330.
- Stations centrales Suisses en 1907. LE. 16 Mai, 204.
- — Nord de France à Wasquehal. Gc. 23
- Mai, 49.
- — Engelberg-Lucerne. le. 25 Mai, 221.
- — à vapeur et hydro-électriques (Jackson).
- Power. 19 Mai, 767.
- — pour charbonnages (Ivusten). Ru.
- Avril, 1.
- — Rayon des sous-stations à courants
- alternatifs (Lefèvre). Re. 15 Juin, 416.
- Télégraphie sans fil. Pare-étincelles Branly. La Nature, 23 Mai, 396.
- — par-dessus l’Atlantique (Marconi). Re-
- vue scientifique. 23 Mai, 641.
- — militaire aux armées (Simon). Gm.
- Mai, 393.
- — auto-mixte avec phare des télégra-
- phistes du génie d’Anvers. le. 25 Mai, 232.
- Téléphonie. Installations privées. Elé. 23 Mai, 322. 13 Juin, 369.
- Téléviseur J. Armengaud. La Nature, 23 Mai, 390.
- Transformateurs de fréquence (le) (Heyland). Re. 30 Mai, 380.
- HYDRAULIQUE
- Barrage en acier de Hauser Lake. Construction et rupture. Ce. 30 Mai, 65. Béliers hydrauliques (Ringelmann). Ap. 28 Mai, 687.
- Forces hydrauliques des Alpes (Mouginié). APC. 1908, n° 14.
- Pompes. Fonctionnement des clapets. (Sie-glershmitt). VD1. 16 Mai, 780.
- — Odie Barclay rapide. E. 5 Juin, 750.
- — Korting. Gasmotoren-Deutz. Dp. 23 Mai, 327. Klein, Schwade.Dp. 30 Mai, 340. Flade, Balcke, Bopp et Reuther. (id.) 6 Juin, 360.
- — De Preville. RM. Mai, 514.
- — centrifuges. De Laval, Gwynne et Sar-
- geant, Degen, Rees, Jaegger. RM. Mai, 514.
- — à segments, Sperry. AMa. 6 Juin,
- 811.
- Roues tangentielles. Réglage des (Loewy). Dp. 13 Juin, 369.
- Turbines. Installation de la Southern Power C° Caroline (Hemmeler). VDl. 30Mai, 862.
- — mixtes à grande vitesse. Construc-
- tion en série (Lafitte). Gc. 6 Juin, 96.
- — Théorie des (Loewy). Z01. 12 Juin.
- 386.
- — Installations américaines (Hemmeler).
- VDI. 13 Juin, 960. .
- Tuyauteries. Résistance des coudes à l’écoulement de l’eau (Schoder). ACE. Mai, 416.
- p.919 - vue 935/1612
-
-
-
- 920
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1908.
- MARINE, NAVIGATION
- Chantiers de navires Ilarland et Wolff. Belfast. £.12 Juin, 791.
- Chauffage des transatlantiques (Wallace). £. 12 Juin, 798.
- Canal de l’empereur Guillaume (extension du). E. 29 Mai, 724.
- Calcul des navires (Abell). E. 6 Juin, 766. Glace. Formation dans les rivières. Nature. 4 Juin, 103.
- Croiseur douanier de l’État danois. Ri. 13 Juin. 233.
- Hélices. Piquage des. E'. 22 Mai, 535-559.
- — ajustable Douglas. E. 12 Juin, 784.
- — pour turbines. E'. 12 Juin, 615. Navigation intérieure en France. Son réveil
- (Rangères). Gc. 30 Mai, 74; C. 12 Juin, 92-110.
- Pêcheries. Ports de pêche anglais (Austen). E. 22 Mai, 671.
- Ports du Havre nouveau. E'. 29 Mai, 554. 6 Juin, 578.
- — et docks (Wagoner). ACE. Mai, 446.
- — Grands ports français, leur autonomie (Hersent). IC. Mars, 373.
- Voies navigables (les) (Haupt). Fi. Mai, 325.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aérostation et aviation. Problème du vol. E. 22-29 Mai. Cqi. 715, 6 Juin, 748.
- — Planement stationnaire des oiseaux (Deprez). CR. 18 Mai, 1 003.
- — Virage des aéroplanes (Renard). CR. 18 Mai, 1 005.
- — Gyroplane Bréguet-Richet (Volumard). Bam. Mars, 215.
- — Aéroplanes (les) (Kaemmerer). VDI. 13 Juin, 956. Wright. Va. 30 Mai, 343. Ferber (id.), 6 Juin, 363.
- — La navigation aérienne E. 29 Mai, 725
- (Moedebeck). VDI. 6 Juin, 901. Accouplement. Hendershot. Gc. 22 Mai, 62. Accidents. Musée américain des (Wade). EM. Juin, 329.
- Abaques. Construction des (Peddle). AMa. 30 Mai, 753. D’alignement (Clark). RM. Mai, 45T.
- Air comprimé. Compresseur à volume variable de la Canadian Rand C°. AMa. 16 Mai, 679’.
- Air comprimé. Trompe Taylor. Théorie (Goupil). Ram. Mars, 231.
- Billes. Roulements de. Facteur de sûreté (Rennerfelt). AMa. 23 Mai, 720. Chaudières expérimentale en verre (Lister). Cs. 15 Mai, 433.
- — verticale tubulaire Clyde. E. 6 Juin,
- 770.
- — à tubes d’eau. Essais à la station cen-
- trale de la Nouvelle-Orléans. Power. 2 Juin, 872.
- — solaire Shuman. RdM. Juin, 418.
- — Chaufferies américaines (Koster). VDI. Juin, 941.
- — Foyers au bois. Power. 26 Mai, 805.
- — — pour gaz à l’eau, Dumm. Power.
- 2 Juin, 583.
- — Épurateur réchauffeur Paterson. E. • 5 Juin, 747.
- — Filtre Holmen de 130m3 à l’heure. Power.
- 2 Juin, 885.
- — Nettoyeur de tubes Wilcox. E. 5 Juin, 766.
- — Tuyauteries.Calcul des débits (Sickler) Power. 26 Mai, 810. Drainage des (id.), 818. Dilatations des (id.), 2 Juin, 858.
- Courroies. Pertes des transmissions (Niel-hammer et Czepeh) LE. 19 Mai, 211.
- Chaînes. Transmissions par (Feck) AMa. 30 Mai, 748.
- Changement de marche. Hesse. E. 12 Juin, 797. Engrenages hélicoïdaux à billes (Colliers) Ri. 16 Mai, 195.
- Excavateurs anglais et américains. Dp. 13 Juin, 374.
- Froid (Distribution du) par tuyaux (Hart). EM. Juin, 412.
- Frottement entre solides. Influence de l’atmosphère ambiante (Charron). CR. 18 • Mai, 1013.
- Horloge à cadran de 12 mètres AMa. 6 Juin, 783.
- — Pendule électrique Féry. le. 10'Juin,
- 257.
- Levage. Chariot transbordeur électrique. Ri.
- 16 Mai, 198.
- — Chaînes et câbles de levage : usure des
- (Heckel). SuE. 10 Juin, 828.
- — Cableway dans les mines des Asturies.
- E'. 22 Mai, 327.
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-
-
-
- JUIN 1908.
- m
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Levage. Escalier mobile de la gare du Quai d’Orsay. Rgc. Juin, 389.
- — Estacade à combustible de la gare de Tourcoing. Gc. 30 Mai, 73.
- — par électro-aimants. Dp. 23 Mai,
- 321.
- — Manutention des charbons. Molir et Fe-
- derhaff (Buhle). VDJ. 23 Mai, 831. Joint Cai'dan élastique Va. 13 Juin, 383. Machines-outils. Ateliers. Administration des. EM. Juin, 345, 387. Renold. Fabrication de chaînes de transmission. E. 22, 29 Mai, 674, 703. Herbert à Edgwick. E. 12 Juin, 773. De constructions de locomotives en Amérique (King). EM. Juin, 363.
- — à l’Exposition franco-britannique (Hor-
- ner). E. 5 Juin, 741.
- — Acier à outils rapides : rôle du chrome
- et du tungstène (Edwards). E. 29 Mai, 716.
- — arbres coudés (usinage des). AMa. 13
- Juin, 833.
- — Etau limeur Queen City. AMa. 23 Mai,
- 737.
- — Fraiseuse Brown et Sharpe. Ri. 16 Mai,
- 194.
- — — Knight et ses montages. AMa. 23
- Mai, 722.
- — — pour rainer les têtes de vis Taylor
- et Fenn. Ri. 6 Juin, 221.
- — Frappeur pneumatique Baril. RM. Mai,
- 42.
- — Matriçage et découpage. RM. Mai, 473,
- 497!
- — Niveaux de précision pour le dressage
- des machines-outils. AMa. 16 Mai, 669.
- — Pignons. Machine à tailler les — Cin-
- cinnati. AMa. 16 Mai, 703. Fraisage des (Codron). It. 15 Juin, 225.
- — — Pedersen. E. 6 Juin, 75.
- — — <• Taille sur étau limeur Mill. Ri. 23
- Mai, 203.
- — — Taille par fraise hélicoïdale coni-
- que. AMa. 6 Juin, 804.
- — Perceuse pour diviseurs. AMa. 30 Mai,
- 750. Radiale à plateau Nilos. AMa. 6 Juin, 814.
- — Presse à emboutir pour chaudières des
- Atlas Engine Works. AMa. 16 Mai, 682.
- Machines-outils. Raboteuse latérale Buck-ton. E. 12 Juin, 779.
- — Tour double pour axes Groenne. AMa. 23 Mai, 707.
- — — à lunettes Bogert pour portées (ûk).
- 6 Juin, 786.
- — — Alésoir vertical. Smith et Coventy.
- E'. 29 Mai, 564.
- — — ses accessoires. AMa. 23 Mai, 723.
- — — Détermination des roues de file-
- tage (Marchand). Bam. Avril, 330.
- — — Revolver Pond, (id.) 6 Juin, 794.
- — — à copier Ransome. E'. 12 Juin, . 623.
- — — à charioter Shellenbach. AMa. 13
- Juin, 827.
- Tréfilage. Fabrication des filières. AMa. 23 Mai, 728.
- — Vis machine à Spencer. AMa. 16 Mai, 703.
- — à bois. Scieries américaines. Séchage
- du bois (Oudet). RM. Mai, 437. Moteurs à gaz Letombe de 1000 chevaux. Ri. 30 Mai, 213. 13 Juin, 237.
- — Interprétation des diagrammes et vérification du réglage (Mathot). RM. Mai, 444, 449.
- — Balayage des gaz brûlés (Johnston). Power. %Juin, 850.
- — Allumage. Bougie Luthi. Va. 23 Mai, 333. Gazogènes Grice. E'. 29 Mai, 551. Letombe. Rc. 30 Mai, 213. A pétrole. Roche. Va. 30 Mai, 345. Ivoerting. Ri. 6 Juin, 222.
- — Carburation et carburateurs (Lauret).
- Technique automobile, Octobre et Décembre 1907, 15 Février, 15 Mars 1908, 27, 79.
- — Mise entrain Doué. Gc. 23 Mai, 58. Moteurs à vapeur. Dans les manufactures
- de Londres. E. 29 Mai, 703.
- — vertical triple expansion Allen Wes-
- tinghouse. E. 12 Juin, 781.
- — à échappement intermédiaire (Eberlé).
- Ri. 13 Juin, 234.
- — Condensation dans les cylindres. Er. 29
- Mai, 550, 5, 12 Juin, 577, 621.
- — Diagrammes des compound. Power, 26
- Mai, 831.
- — Détente. Sa chromodynamique (Heck).
- Power. 26 Mai, 801.
- p.921 - vue 937/1612
-
-
-
- .LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUIN 1908.
- Turbines Parsons Tosi. de 12 000 chevaux Industriel. E. 22 Mai, 680. E'. 22 Mai, 524.
- — — Westinghouse détail de la construc-
- tion. Power. 19 Mai, 761.
- — — Mehno Pfenniger de 500 kilowatts,
- essai. E. 6 Juin, 763.
- — Régulateur volant américain Eryma C°. Power. 19 Mai, 801'.
- — Vapeur d’échappement, son utilisation. E'. 22 Mai, 536.
- Poulies à câbles Résistance des (Bauer). Dp. 13 Juin, 377.
- Résistance des matériaux-. Résistance de rupture et limite d’élasticité. E. 6 Juin, 755.
- — Dureté des aciers. Leurs variations (Shore). AMa. 26 Mai, 675.
- — La dureté et sa mesure (Meyer). VDI. 23 Mai, 835.
- — Moulin d’usure Derrbon. Technique automobile. 15 Mai, 65.
- — Essai par flexions répétées Santon. E. 20 Mai, 669, 697.
- — Colonnes. ACE. Mai, 477. Théorie d’Euler (Lorentz). VDI. 23 Mai, 828. (Jen-sen). E. 29 Mai, 715.
- — Travaux du laboratoire de l’arsenal de
- Watertown sur l’acier (Howard). AMa. Mai, 427.
- — Duromètre Shore (de Fréminville). RclM. Juin, 329.
- Ressorts. Coefficient de frottement des lames (Hallard). Rgc. Juin, 400.
- Textiles. Machines nouvelles. VDI. 26 Mai, 11$. >
- — Cardage de la laine llapplé. It. 15 Juin,
- 217.
- — Dentelles. Industrie moderne (Isemon-
- gev). SA. 29 Mai, 702.
- — Gazage électrique des fils. It. 15 Juin,
- 220.
- Trisection de l’angle (Marchand. Ram. Avril, 330.
- Ventilateurs électriques. Essais. le. 25 Mai, 229.
- — Fonctionnement des. Power. 19 Mai, 776.
- MÉTALLURGIE
- Alliages de cuivre (Poitevin). Juin, 361.
- — de cobalt et de plomb (Ducellier). ScF.
- 5 Juin, 621.
- Antimoine. Procédé Chatillon. Eam. 16 Mai, 991.
- Argent. Cyanuration et bocardage à Montana Tonopah. Eam. 9 Mai, 959.
- Bronze nouveau pour machines et navires. Zol. 29 Mai, 356.
- Cuivre. Usine de Cobar, Australie. Eam. 9 Mai, 950.
- — électolvtique. Usine des Rantan Copper
- Works. Electrochemical. Juin, 245. Électrométallurgie (!’) (Matignon). Sce. Mai, 237.
- Fer et acier. Éléments entrant dans les aciers. Ri. 23 Mai, 201.
- — Structure de l’acier (Iluston). Fi. Mai, 371.
- — Traitement mécanique des aciers (York). E. 29 Mai, 734.
- — Aciers phosphoreux (de Kryloff). RdM.
- Juin, 355; Wust (id.). 403.
- — Pipage des lingots. AMa. Mai, 395.
- — Fabrication des lingots d’acier pour les arbres de couche des navires. RclM. Juin, 421.
- — Influence de l’azote sur les propriétés des aciers (Grabs). RdM. Juin, 353.
- — Four à coke Koppers. J. F. Gasb. 30 Mai,
- 1 465.
- — Siemens Martin. Sa thermotechnique (Mayer). SuE. 20-27 Mai, 717, 736; 8 Juin, 802.
- — Haut fourneau pratique du (Bolling).
- Eam. 16 Mai, 989. Charbon et coke pour (Sweetzer). AMa. Mai, 303.
- — Fonderie. Cubilots en Amérique. SuE.
- 20-27 Mai, 727, 771.
- — Emploi de la fonte dans les industries
- chimiques (Derby), E. 22 Mai, 670, 695. Moules métalliques pour tuyaux (Custer). Fi. Juin, 427.
- Électrosidérurgie (!’) (C. Le Chatelier). RdM. Juin, 396.
- — Fours électriques Ischewski. SuE. 20
- Mai, 726; E. 22 Mai, 699. Rockling. Gc. 13 Juin, 117. Fours divers. E. 5-12 Juin, 739, 775.
- Or. Cyanuration et bocardage à Montana Tonopah. Eam. 9 Mai, 959.
- Pérou central. District minier du. Eam. 16 Mai, 997..
- Plomb. Production aux États-Unis en 1907. Eam. 9 Mai, 967.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUIN 1908.
- 923
- 7Anc. Calculs de métallurgie (Richards)-. Elec-trochemical. Juin, 250.
- — Four électrique Gin. Eam. 6 Juin, 1153.
- MINES
- Cuivre. Mines anglaises. E. 6 Juin, 757.
- — Gisements de Californie. RdM. Juin,
- 413.
- Eaux volcaniques (Hastings). AMa. Mai, 346. Électricité aux mines de Claustlial. Eam. 6 Juin, 1129.
- Houillères. Exploitation par longues tailles en Angleterre. Eam. 6 Juin, 1145.
- — Électricité danslescharbonnagesbelges. Ru. Avril, 94.
- — Méthodes paléontologiques pour l’étude . stratigraphique du terrain houiller (Renier). Ru. Avril, 63.
- — Stations centrales d’électricité pour
- charbonnages (Kersten). Ru. Avril,
- 1.
- — Bassin du Nord de la Belgique (Four-
- marier). Revue Scientifique. 23 Mai, 651.
- — dans le comté de Kent. Sondages. Gc.
- 6 Juin, 99.
- Locomotives minières à accumulateurs, le. 10 Juin, 257.
- Machine d'extraction commandée par une roue Pellon. Eam. 6 Juin, 1137.
- Or. Conditions actuelles au Rand (Leggett). A Ma, Mai, 289.
- — Historique des mines d’or (Garrisson).
- Eam. 30 Mai, 1095.
- — Drainage en Californie. Eam. 30 Mai, 1083.
- Pegmatite. Son origine (Hastings). ACE. Mai, 319.
- Perforatrices à piston et à frappeur (Wes-ton). Eam. 16-23 Mai, 1002, 1045. (Rice) (id.). 23 Mai, 1035.
- — Aiguiseur de fleurets Dunstan. Eam. 23
- Mai, 1048.
- Préparation mécanique. Séparation magnétique (Essais pour). Eam. 16 Mai, 1008.
- — en Sardaigne (Ferraris). AMa. Mai, 363.
- (Minette d’Oulhage). Ru. Avril. 36.
- — Table Foust. Eam. 30 Mai, 1089.
- Plomb et zinc. Concentration des minerais à
- Rosas, Sardaigne. Eam. 9 Mai, 945.
- — Broyage à Oronago, Mo.! Eam. 23 Mai,
- 1039.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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-
-
-
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-
-
-
- 107e ANNÉE.
- JUILLET 1908.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport fait par M. Lafosse, au nom de la Commission des Fonds,
- SUR LES COMPTES DE L’EXERCICE 1907
- Messieurs,
- J’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des Fonds, conformément*à l’article 31 de nos Statuts, le résumé des comptes de l’exercice 1907.
- ire PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR
- 1° Subvention du Ministre
- de l’Agriculture........... 3 000 »
- 2° Cotisations des membres de la Société (602 cotisations à 36 francs)......... 21 672 »
- 3° Abonnement au Bulletin de la Société.......... 5 184 »
- 4° Produit de la vente an numéro du Bulletin de la Société...................... 1 396 »
- 5° Locations diverses . . .11 275, 75
- 6° Intérêts de fonds. . . 635, 82
- A reporter. . . 43,163 57
- DEBIT
- 1° Prix, médailles et récompenses diverses........ 3 963, 85
- 2° Bulletin : frais de rédaction, d’impression et d’expédition.................. 31 676,45
- 3° Impressions diverses:
- Annuaire, Comptes rendus. . * 4 390,70
- 4° Bibliothèque : traitement des agents, acquisitions, abonnements,reliures,
- fiches.................... 6 689,90
- 5° Agence et Économat : traitement des agents et
- employés, frais divers. . . 17 353,58
- 6° Jetons de présence. . 4 820 »
- A reporter. . . 68 894, 4S
- 61
- Tome 110. — Juillet 1908.
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-
-
-
- 026 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.------JUILLET 1908.
- AVOIR
- Heporl.. ..... 43-163,57
- 7° Arrérages de rentes
- 3 p. 100................. 60 686,23
- 8° Vente de volumes et mémoires................. .2284,50
- DÉBIT
- Report.............
- 7° Hôtel de la Société : A. Aménagement, entretien, 1 réparations. 13 714,40 j Z?. Mobilier. . . 1 223,85 f
- C. Chauffage, éclairage et. >
- eau........ 5 557,65 1
- D. Contributions,assurancesj
- et divers. . 4 941,05 j
- 8° Expériences, conférences. ...............
- 9° Allocation pour le fonds de réserve.... 10° Pensions. .... . . 11° Divers.............
- 68 894,48
- 25 436, 95
- 5122,50
- 1 500 » 3 400 »
- 233,30
- 106 134,32
- Les dépenses s’élèven t à. .... ................. 104 587,23
- 11 ressort un excédent de recettes sur les dépenses deé ...... 1 547,09
- 104 587,23
- Les recettes qui étaient de 100 813 fr. 64 en 1906, se sont élevées, cette année à 106 134 fr. 32, en augmentation de 5320 fr. 68. L’accroissement es! dû en partie à la vente des Bulletins au numéro, dont le produit élevé (1 396 fr.) témoigne de l’intérêt de plus en plus marqué qui s’attache à notre Bulletin, intérêt que justifient parfaitement les remarquables qualités de sa Direction et de sa rédaction. La subvention que le ministère de l’Agriculture nous accorde chaque année n’avait pu être encaissée en 1906. Le chiffre en a été élevé en 1907 de 1 700 à 3000 francs. La diminution du nombre des sociétaires, que nous remarquons depuis quelques années, a persisté en 1907 ; de 613 à la fin de 1906, le nombre des membres de la Société se trouvait réduit à 602 au 31 décembre dernier. Mais nous sommes heureux de constater que ce mouvement de décroissance a pris fin ; grâce au concours dévoué des membres de la Société, des membres du Conseil et principalement des membres du bureau, les adhésions nouvelles nous arrivent cette année de plus en plus nombreuses et nous ne doutons pas que, sous l’in-fluenca de l’heureuse impulsion qui ne cesse de lui être donnée, la prospérité de notre Société ne fasse que s’accentuer.
- Malgré une augmentation de frais de 4865 francs pour l’entretien de
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. — JUILLET 1908.
- 927
- riiôtel, occasionnée surtout par les travaux de réparation de la toiture, nos dépenses sont inférieures de 2372 fr. 77 à celles de 1906, qui montaient à 106960 francs.
- Les comptes de • l'exercice' présentent un excédent de recettes de 1547 fr. 09, qui a été versé au fonds de réserve qui s’élève maintenant à 8581 fr. 60.
- «e PARTIE
- FONDATIONS, DONS ET COMPTES SPÉCIAUX
- 1° Fonds de réserve de la Société.
- La création d’un fonds de réserve a été décidée par le Conseil d’administration dans sa séance du 2 mars 1901. Constitué au moyen des sommes précédemment affectées au Grand Prix de la Société, qui a été supprimé, il est alimenté par le prélèvement d’une annuité de 1500 francs sur les fonds généraux. En outre, les années où les fonds généraux présentent un excédent de recettes, le solde créditeur est reporté au fonds de réserve.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1906 . ....... 5534,51
- Annuité versée par les fonds généraux. . . .‘. . . 1 500,00
- Solde créditeur de l’exer- : • cice 1907................... 1 517, 09
- 8 581,60
- Néant.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1907 : 8 581 fr. 60.
- 2° Fondation destinée à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Une somme de 100 000 francs, prélevée sur les legs du comte et de la comtesse Jollivet, doit, aux termes d’une délibération du Conseil d’administration, en date du 9 juillet 1882, être réservée et immobilisée en rentes sur l’État 3 p. 100, les arrérages devant être capitalisés pendant 50 ans. À l’expiration de cette période, le chiffre de cette capitalisation sera mis à
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-
-
-
- 928
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- la disposition de la Société et la somme de 100 000 francs immobilisée continuera à être affectée à des capitalisations identiques.
- La première période de 50 ans expire en 1933.
- Capital au 31 décembre 1906 : 7 791 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1906............... 6 040,20
- Arrérages.............. 8 009, 50
- Achat de 376 francs de rente 3 p. 100 . . . . . . . 11 885, 13
- 14 049, 70
- Excédent des recettes sur les dépenses : 2 164 fr. 57.
- Le capital de cette fondation se trouve porté à 8167 francs de rente 3 p. 100.
- 3° Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But : récompenser tous les six ans, par un prix de 12000 francs, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France n’aurait point encore atteint la supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant au prix des objets fabriqués.
- Legs primitif : 40 000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 2 000 francs.
- Le prix a été décerné en 1904. , ,
- AVOIR
- Report des. fonds déposés
- à la Caisse des Dépôts . . . 6 457,61
- Solde créditeur au 31 décembre 1906 ............... . 4 000 »
- Arrérages................. 2 000 »
- Intérêts. ................ 229,81
- 12 687,42
- Néant.
- DÉBIT
- Les sommes disponibles au 31 décembre 1907 s’élèvent à 12687 fr. 42.
- 4° Legs Bapst.
- Legs primitif : 2160 francs de rente 3 p. 100, applicable jusqu’à concurrence de 1 565 fr. 20 (lrc Fondation) à des secours en faveur d’inventeurs
- p.928 - vue 944/1612
-
-
-
- ÉTAT FINANCIER I>E LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 929
- malheureux et destiné, pour le surplus, soit 594 fr: 80 (2e Fondation) à favoriser les découvertes.
- lre Fondation. -— But : venir en aideaux inventeurs malheureux. Capital : un titre de 1565 fr. 20 de rente 3 p. 100. Le capital primitif n’a subi aucun accroissement.
- AYOIR
- DÉBIT
- Solde de 1906 Arrérages. .
- 814, 70
- 1 565, 20
- 2 379,90
- Secours et divers .
- 2 000 »
- Reste disponible dans la caisse de la Société : 379 fr. 90.
- 2e Fondation. — But : aider les inventeurs dans leurs travaux et recherches.
- Capital : La fondation primitive (594 fr. 80 de rente) ne pouvant remplir qu’imparfaitement le but du légataire, le Conseil d’Administration a décidé d’en capitaliser les revenus jusqu’à ce qu’elle ait atteint le chiffre de 1800 francs de rente. — Le capital dépasse aujourd’hui cette somme; il est actuellement représenté par un titre de 3 094 fr. 80 de rente 3 p. 100.
- AVOIR
- Solde de 1906......... 1 651,45
- Arrérages............. 3 094,80
- 4 746,25
- DEBIT
- Annuités de brevets et
- secours. ,................ 720 »
- Subvention au Conservatoire des Arts et Métiers . . 1 000 »
- 1 720 »
- Reste en recette, pour cette année, 3 026 fr. 25 dans la caisse de la Société.
- 5° Fondation Christofle pour la délivrance des premières annuités de brevets.
- Legs primitif : 10 000 francs.
- Capital : 1 036 francs de rente 3 p. 100.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906........... 714,15 Annuités de brevets. . . 910 »
- Arrérages............... 1 036 »
- 1 750, 15
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 840 fr. 15.
- p.929 - vue 945/1612
-
-
-
- 930
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ..----- JUILLET 1908.
- 6° Fondation de la princesse Galitzinè.
- But : servir un prix à décerner sur la proposition du Comité des Arts économiques.
- Legs primitif : 2000 francs.
- Aucun prix n’ayant été décerné avant 1907, les intérêts de la fondation se sont capitalisés.
- Capital actuel : 20 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906............ 1 387,41 Prix décerné...................1500 »
- Arrérages ............... 288 »
- 1675,41
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 173 fr. il.
- 7° Fondation Carré.
- But: analogue à celui de la fondation précédente.
- Legs primitif : 1000 francs.
- Jusqu’ici les intérêts ont été capitalisés en attendant une destination spéciale.
- Capital actuel : 8" obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1906 ............. 548,01
- Arrérages. . ............. . 115,20
- DEBIT
- Néant.
- 663,21
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 663 fr. 21.
- 8° Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux ayant rendu des services appréciés dans l’industrie des cuirs.
- . Legs primitif : 5143 francs.
- Capital actuel : 37 obligations 3 p. 100 de l’Est, 3 des Ardennes, 11 du Midi.
- AVOIR
- Solde de 1906. Arrérages . .
- 499,56 734,40
- DEBIT
- Subventions diverses.
- 750
- 1 233,96
- Reste en recette dans la caisse de la Société ; 483 fr. 96,
- p.930 - vue 946/1612
-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 931
- 9° Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Même but que la précédente, à part la différence des industries Legs primitif : 25 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 81 obligations 3 p 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906 2 999, 45 Arrérages 1166,40 Subventions. ....... 900 «
- 4165,85
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 3 265 fr. 85.
- 10° Fondation Christofle et Bouilhet.
- But : venir en aide à des artistes industriels malheureux. Legs primitif : 21 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 30 obligations 3 p 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT • (
- Solde de 1906 298,34 Arrérages 432 » Remboursement de 3 obligations Est 1 475,85 2 206,19 Secours 150 » Achat de 3 obligations Est. 1 293,57 1 443,57
- Reste en recette dans la caisse de la Société : T62 fr. 62.
- 11° Fondation de Milly (industrie de la stéarine).
- But: secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie qui sont malheureux ou ont contracté des infirmités dans l’exercice de leur profession.
- Legs primitif : 10 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Capital actuel : 50 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906 2 358,95 Arrérages 720 » 3 078, 95 Allocation 300 »
- Reste en recette dans la caisse de la Société ; 2778 fr. 95.
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- 932
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 12° Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie. . : ’ '
- Legs primitif: 1100 francs.
- Capital actuel : 11 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- DEBIT
- Secours divers.
- 300 »
- AVOIR
- Solde de 1906............ 477,10
- Arrérages................ 158,40
- 635, 50
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 335 fr. 50.
- 13° Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- But : créer un prix annuel de 1 000 francs pour récompenser un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- Capital: 1 titre de 1 000 francs de rente 3 p. 100. - - • .
- AVOIR
- Arrérages,
- 1 000 »
- DEBIT
- Prix décerné en 1907 .
- 1 000
- 14° Fondation Ménier (industrie des arts chimiques).
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers malheureux ou infirmes de cette industrie.
- Legs primitif : 1 455 francs. , .
- Capital actuel : 12 obligations 3 p. 100 et 2 obligations 5 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Solde de 1906...........
- Arrérages. . . .........
- Remboursement d’une obligation. Est................
- 630,56 220,80
- 491,95
- DÉBIT
- Achat d’une obligation Est. 431,20
- 1 343, 31
- Reste en recette dans la caisse delà Société : 912 fr. 11.
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-
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-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ------ JUILLET 1908. 933
- 15° Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- (Fondation faite sur l'initiative de M. Roy.)
- But: encourager les développements et les progrès de l’industrie cotonnière en France et dans les colonies françaises.
- Legs primitif : 13169 fr. 85.
- Capital actuel : 43 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Report des fonds déposés à la Caisse des Dépôts. .... 2 655,33
- Arrérages.................... 619,20
- Remboursement de 2 obligations Est. .................... 983,90
- Intérêts. . ........ 39,18
- 4 297,61
- Excédent des recettes sur les dépenses : 1 564 fr. 96.
- 16° Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 (génie civil et architecture).
- (Fondation faite sur l’initiative de M. Klphège Baude.)
- But: décerner tous les cinq ans un prix à l’auteur des perfectionnements les plus importants au matériel ou aux procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- Legs primitif: 2315 fr. 75.
- Capital actuel : 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le prix n’a pas été décerné depuis 1890.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906.............. 1 105,24 Néant.-
- Arrérages............ 244,80
- 1 349,95
- Beste en recette dans la caisse de la Société : 1 349 fr. 95.
- 17° Legs G-iffard.
- But : la moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6 000 francs pour services signalés rendus à l’industrie française ; l’autre moitié, à distribuer des secours.
- Legs primitif : 50000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 1949 francs..
- Le prix a été décerné en 1896.
- DÉBIT
- Solde en dépense de 1906. 870,27
- Subvention............... 1 000 »
- Achat de 2 obligations Est. 862,38
- 2 732,65
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-
-
- 934
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- AVOIR
- Report de fonds à la Caisse
- des Dépôts.................. 3 966,78
- Arrérages............... 1 949 »
- 3 915,78
- DEBIT
- Solde en dépenses de 1906. 3 622 »
- Allocation de secours. . . 1 000 »
- 4 622
- Excédent des dépenses sur les recettes : 1 293 fr. 78.
- 18° Fondation Meynot.
- But : création d’un prix de 1 000 francs qui sera décerné alternativement :
- 1° A une petite culture dans un des départements de la région du Sud-Est, sous certaines conditions.
- 2° A l’exploitation agricole de petite ou moyenne étendue, de France, de l’Algérie ou des colonies, qui présentera le meilleur type d’installation mécanique pouvant être cité comme un exemple à suivre.
- Le prix pour installation mécanique dans une exploitation agricole sera décerné, s’il y a lieu, en 1908.
- Le prix pour petite culture sera décerné en 1909 dans la Drôme.
- Legs primitif : 20000 francs, représentés par un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs.
- Capital actuel : un titre de rente 3 p. 100 de 730 francs et 20 obligations 3 p. 100 de l’Est. . , >
- AVOIR
- Solde de 1906............; 2 554,84
- Report des fonds déposés à
- la Caisse des Dépôts......... 4 821,68
- Arrérages................1 018 »
- Intérêts............ . . . . 162,09
- DEBIT
- Subvention..............1200
- 8 556,61
- Excédent des recettes sur les dépenses : 7 356 fr. 61
- 19° Fondation Melsens.
- But : création d’un prix triennal de 500 francs pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène,
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 935
- Legs primitif: 5 000 francs, représentés par 13 obligations 3 p. 100 de l’Est. Capital actuel : 15 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- Le prix n’a pas été décerné depuis 1899.
- AVOIR
- Solde de 1905. Arrérages.. .
- 913, 35 216 »
- DEBIT
- Néant.
- 1 129, 35
- Reste dans la caisse de la Société : 1129 fr. 35.
- 20° Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- (Fondation faite sur l’initiative du baron Thénard.)
- But : création d’un prix à décerner à l’auteur du perfectionnement le plus important apporté dans le matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 6 326 fr. 14.
- Capital au 31 décembre 1906 : 24 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR
- Arrérages.
- '95,20
- Vente de 7 obligations Est. 3 300 »
- 5 395,20
- DEBIT
- Solde débiteur de 1906.
- 3 606,95
- Excédent des dépenses sur les recettes : 11 fr. 75.
- Le capital se trouve réduit à 17 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- 21° Prix Parmentier fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- (Fondation faite sur l’initiative de M. Aimé Girard.)
- But: création d’un prix triennal de 1 000 francs destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Don primitif : 9 846 fr. 75, représentés par un titre de 335 francs de rente 3 p. 100 qui constitue le capital actuel de cette fondation.
- AVOIR
- Solde de 1906. . . . . . .1 404,90
- Arrérages................. 335 »
- 1 739, 90
- DEBIT
- Subvention. ....... 1 745,50
- Excédent des dépenses sur les recettes ; 5 fr. 60,
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-
-
- 936
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. ---- JUILLET 1908.
- 22° Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- But: création d’un prix.
- Don primitif : 2 556 fr. 30.
- Capital actuel : 8 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- La fondation est restée sans emploi en 1907.
- AVOIR DEBIT
- Solde de 1906........... 723,18 Néant.
- Arrérages............... 115,20
- 838,38 ,
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 838 fr. 38.
- 23° Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- But : secourir des ouvriers malheureux appartenant à cette industrie. Don primitif: 400 francs.
- Capital actuel : 1 obligation 3 p. 100 de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906............ 209,77 Néant.
- Arrérages ....... 14, 40 -
- 224,17
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 224 fr. 17. s
- 24° Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- But : création d’un prix.
- Don primitif: 3869 fr. 85.
- Capital actuel : 12 obligations 3 p. 100 de l’Est.
- DÉBIT
- 699,59 Néant.
- 172,80
- 872, 39
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 872 fr. 39.
- AVOIR
- Solde de 1906. . . Arrérages .........
- 25° Fondation de Sa!verte.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des Beaux-Arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 francs
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-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 937
- à un ouvrier français appartenant à la corporation du bâtiment, habile, âgé de 60 ans au moins, père d’une famille nombreuse qu’il aurait bien élevée.
- Don primitif : 1 000 francs, qui ont été employés à l’achat de 29 francs de rente 3 p. 100.
- La fondation remonte à 1896 et le prix n’a pas encore été décerné.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde de 1906 Arrérages. .
- 300.35 29 »
- 329.35
- Néant.
- Reste en recette dans la caisse de la Société : 329 fr. 35.
- 26° Fondation des exposants de la classe 75 à l’Exposition universelle de 1889
- (viticulture).
- But : prix à décerner à celui qui indiquera un moyen pratique de se débarrasser des insectes ennemis de la vigne : l’altise ou la cochylis.
- Don : 1000 francs.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906........... 1 140,05 Néant.
- Intérêts. .............. 26,50
- * 1166,55
- La somme disponible au 31 décembre 1907 s’élève à 1166 fr. 55.
- 27° Fondation des exposants de la classe 64 à l’Exposition universelle de 1900
- (métallurgie).
- But : subventionner des travaux et recherches intéressant la métallurgie. Don : 5560 francs versés en. 1901 et 1902.
- La fondation est restée sans emploi en 1907.
- Il reste actuellement dans la caisse de la Société : 1 058 francs.
- 28° Fondation des exposants de la classe 38 à l’Exposition universelle de 1900.
- But : recherches agricoles.
- Don : 2 400 francs versés en 1902.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906.......... 254,50 Subvention.............. 254,50
- Les recettes égalent les dépenses.
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-
-
-
- 938
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 29° Fondation André Massion.
- Voulant perpétuer la mémoire de son fils, ingénieur mécanicien, M. Massion, notaire à Paris, a fait donation en 1903, à la Société, d’une somme de 30 000 francs.
- But : le revenu de cette somme devra être appliqué à encourager des recherches « en vue de la construction d’un moteur à puissance spécifique très élevée sous le poids minimum » ou, à défaut de ce motif, « à des recherches de mécanique ».
- Capital : les 30 000 francs versés en 1903 ont été employés à l’achat de 64 obligations 3 p. 100 du chemin de fer de l’Est.
- AVOIR DÉBIT
- Solde de 1906........... 2 932,20 Néant.
- Arrérages............... 921,60
- 3 853,80 -
- Reste en caisse : 3853 fr. 80.
- 30° Donation Lamy.
- But : encouragements à l’industrie nationale. •
- Don : 1 000 francs employés à l’achat d’une inscription de rente de 30 francs.
- AVOIR
- Solde de 1906 Arrérages... .
- 120 » 30 »
- 150 »
- Néant.
- DÉBIT
- Reste en caisse : 150 francs.
- . 31° Fondation Gilbert.
- But : M. Gilbert, fabricant de crayons à Givet, a légué à la Société d’Encouragement une somme de 20 000 francs « pour être employée de la façon que la Société jugera la plus favorable à encourager l’industrie française ».
- Les 20 000 francs versés en 1904 ont été employés à l’achat d’une inscription de rente de 611 francs.
- p.938 - vue 954/1612
-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- 939
- AVOIR
- Solde de 1906 (déduction fai te d’une dépense de I 270 fr. effectuée au titre de cet
- exercice)..................... 398, 20
- Arrérages................ 611 »
- 1 009,20
- Reste en caisse : 209 fr. 20.
- DÉBIT
- Subvention.............. 800 »
- 32° Fondation Danton.
- M. Danton, ingénieur civil des mines, a légué à la Société en 1907, une somme de 5000 francs pour prix à décerner en 1910, à l’auteur qui aura réalisé le procédé pratique le meilleur poùr isoler les éléments de l’eau : l’hydrogène et l’oxygène, de manière à les utiliser ensuite isolément ou en les recombinant.
- La somme versée a été en partie employée à l’achat de sept obligations Est.
- AVOIR
- DÉBIT
- Versement
- Arrérages.
- 4 235 » Achat de sept obligations
- 50,40 Est............................... 3 300 »
- 4 285,40
- Reste en caisse : 985 fr. 40.
- 33° Souscriptions perpétuelles et à vie.
- AVOIR DÉBIT
- Souscriptions encaissées. . 4 000 '> Solde débiteur de 1906 . . 454,79
- Achat de 63 francs de rente 3 p. 100. . ................ 1 989,60
- 2 444,39
- Il reste actuellement dans la caisse de la Société 1555 fr. 61.
- Le capital constitué par les souscriptions perpétuelles et à vie comprend 2827 francs de rente 3 p. 100.
- 34° Recherches sur la fragilité des aciers.
- But : impression de travaux relatant des expériences déjà faites ou à faire sur la fragilité des aciers.
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-
-
-
- 940
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ.
- JUILLET 1908.
- AVOIR
- Solde de 1906. . . Vente de volumes.
- 1 691 » 780 »
- 2 471 »
- Reste en caisse : 1 471 francs.
- DEBIT
- Subvention.
- 1 000
- AVOIR
- Solde de 1906............. 503
- En caisse : 503 francs.
- 35° Dons spéciaux.
- Néant.
- DEBIT
- 36° Table décennale du Bulletin.
- AVOIR DÉBIT
- Solde créditeur de 1906. . 900 » Néant.
- Annuité versée par les fonds généraux.................. 300 »
- 1 200 »
- Reste en caisse : 1 200 francs.
- Votre Commission a constaté l'exactitude et la parfaite régularité des comptes que nous venons de vous présenter et vous propose de les approuver.
- Elle tient à vous signaler le zèle entendu, le soin scrupuleux et la compétence éclairée qu’apporte dans la gestion de nos Finances notre dévoué Trésorier. Dans la tâche qu’il a bien voulu assumer, M. Alby n’a pas tenu seulement à continuer les traditions de sage administration de son regretté prédécesseur, M. Goupil de Préfeln ; il a pris aussi à cœur de réaliser des simplifications et des améliorations des plus profitables aux intérêts de notre Société. *
- Assurée d’être l’interprète fidèle des sentiments de tous les membres du Conseil, votre Commission vous propose d’adresser à M. Alby de chaleureux et affectueux remerciements.
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-
-
-
- Tome 110. .— Juillet 1908.
- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1907
- ACTIF
- PASSIF
- Immeuble de la Société. . . Portefeuille de la Société . .
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la
- Société...................................................
- Valeurs des fondations.....................................
- 600.000
- 2.124.304,56
- 724.304,56
- 926.328,70
- Portefeuille des fondations...........
- Portefeuille du fonds d’accroissement
- Sommes provenant des fondations, classes et comptes spéciaux versées dans la Caisse de la Société, qui en est débitrice.
- 926.328,70
- Jollivet
- 2.164,57
- Caisses, Banquiers
- 81.331,35
- 12.687,42
- Bapst (A. Bapst (J.) Chris toile Galitzine Carré . . Fauler. .
- 379,90
- Débiteurs divers,
- 663,21
- 483,96
- 3.265,85
- Christofle et Bouilhet De Milly. ......
- Baccarat..........
- Menier. ........
- Roy...............
- 762,62
- 1.564,96
- Bande (classe 65. Exposition 1867)
- Gilfard.....................> .
- Meynot..........................
- Melsens.....................
- 1.293,78
- 7 356,61
- 1.129,35
- 838,38
- 21 (1889)
- 63 (1889)
- De Salvcrte....................
- Classe 64 (1900)...............
- Massion ........................
- Lamy...........................
- Gilbert.........................
- Danton..........................
- Souscriptions perpétuelles et à vie
- 1.058
- 3.853,80
- 209,20
- 985,40
- Réserve de la Société
- 8.581,60
- Réserve de la classe 75 (1889) Réserve table décennale . . .
- Dons spéciaux................
- Subventions à régler........
- Fragilité des aciers........
- Créanciers divers..........
- 1.200
- 2.300
- 1.471
- Total de l’actif. . .
- Total du passif
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- Rapport présenté par M. Lucien Bordet, au nom des Censeurs, sur les
- comptes de l’année 1907.
- Messieurs,
- Les comptes qui vous sont présentés par la Commission des fonds pour l’exercice 1907 montrent que la situation financière de la Société est satisfaisante ; nous pensons toutefois qu’on devra s’efforcer d’accroître la réserve dans une large mesure.
- L’année dernière, on avait dû lui prendre 6146 fr. 36 pour combler le déficit de l’exercice 1906 ; cette année, on lui restitue 1 547 fr. 09, montant de l’excédent de recettes de 1907 ; elle s’élève ainsi, au 31 décembre, à 8580 fr. 60. Ce chiffre nous paraît tout à fait insuffisant, en raison de l’importance de notre budget annuel et des dépenses imprévues que peut exiger notre immeuble.
- En ce qui concerne les fondations, nous voyons encore cette année, grâce au legs Danton, augmenter le total des sommes dont la gestion nous est confiée. De grands efforts sont faits pour employer ces sommes dans les conditions imposées par les donateurs, mais souvent le programme est limité à un domaine tellement étroit que l’on ne peut aboutir et quelques fondations restent très longtemps inutilisées.
- Nous vous proposons, Messieurs, d’approuver les comptes dè l’exercice 1907 et nous nous associons aux remerciements adressés à notre trésorier, M. Alby, dont le dévouement mérite toute notre reconnaissance.
- Signé : Lucien Boudet, censeur.
- Lu et approuvé en séance le $6 juin 1908.
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- PHYSIQUE
- l’optique et l’acoustique au théâtre, par M. Alfred Lacour (1).
- Lorsque nous allons au spectacle, nous voulons voir et entendre. Cette double prétention n’a rien cle très exagéré; et encore y a-t-il une certaine différence entred’une et l’autre, car si, à la rigueur, nous nous résignons à ne pas bien voir ce qu’on nous montre, nous voulons, de toute nécessité, entendre et comprendre ce qui se dit.
- Mais il ne suffit pas seulement d’entendre à peu près et de voir, en gros, ce qui se passe sur la scène, il faut encore que l’oreille saisisse toutes les nuances de la parole ou de la musique et qu’en même temps l’œil soit satisfait ; en un mot, que la vue commente l’action.
- l’acoustique
- De là une double étude : celle de l’acoustique et celle de l’optique. Ces études sont intimement liées l’une à l’autre, mais pour la facilité de l’exposition je les traiterai successivement. Je commencerai par l'acoustique.
- L’audition résulte de l’impression des ondes sonores sur nos organes ; il faut donc considérer à la fois les lois physiques de la transmission de ces ondes et les lois physiologiques qui régissent ces impressions.
- Les lois physiques de l’acoustique, au moins celles qui peuvent jouer ici un rôle prépondérant, sont très simples et parfaitement connues.
- Le son se transmet à travers l’air, au moyen d’ondes alternativement dilatées et condensées. Elles parcourent environ 330 mètres par seconde. Elles se réfléchissent, elles peuvent aussi se diffracter, c’est-à-dire contourner les obstacles qui leur sont opposés, mais elles ne se réfractent pas au moins dans les limites usuelles ; cela tient à leur grande longueur par rapport à la dimension de nos organes auditifs. Lorsqu’elles rencontrent un corps élastique, par exemple une corde tendue, un gaz renfermé dans un espace limité ou même une cloison de bois mince, elles peuvent lui transmettre une partie de leur énergie, de sorte que ce corps, vibrant à son tour, émet des ondes parasites quelquefois très nuisibles, d’autres fois utilisables, nous aurons plusieurs fois occasion d en parlez.
- (1) Conférence du 22 mars 1907.
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- PHYSIQUE.
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- Les lois physiologiques sont moins précises, car elles dépendent de notre état sensitif. Au cours de cette étude, je développerai les considérations capables d’élucider cette question.
- On a souvent dit que les salles de théâtre ont des sonorités variant baucoup de l’une à l’autre : les unes seraient bonnes, les autres médiocres ou mémo tout à fait mauvaises. On ajoute qu’il est impossible d’en connaître les raisons et l’on croit aussi remarquer des anomalies inexplicables.
- Les salles de théâtre ne sont, en somme, jamais tout à fait mauvaises; mais, il faut bien le dire, il n’en est pas de même des salles de réunion. S’il y en a de bonnes, il yen a de médiocres, il y en a même de détestables. J’en expliquerai la cause.
- Je commencerai par l’étude des théâtres antiques.
- Les Grecs, avec leur finesse intellectuelle et leurs instincts artistiques si extraordinaires, sont arrivés à construire des théâtres pour ainsi dire parfaits, en tant du moins que correspondant à leur climat et à leurs mœurs. Les Romains n’ont eu qu’à les imiter et, devenus les maîtres du monde, ils ont construit à Rome et dans toutes leurs provinces, des théâtres destinés à leurs amusements. Ils les faisaient aussi servir à leurs cérémonies publiques, aussi étaient-ils souvent fort vastes, puisqu’ils pouvaient contenir jusqœà 30 000 personnes; on en construisit aussi en bois, mais les plus riches, en tout cas, ceux dont nous pouvons étudier les ruines, étaient en pierre et fort solidement établis.
- Les spectateurs s’asseyaient sur de nombreux gradins situés autour d’un espace semi-circulaire, appelé « orcliestrum ». En Grèce, cet espaça était employé pour les musiciens, mais à Rome, il avait, peu à peu, été envahi par les personnages importants de la cité. -
- Suivant la ligne diamétrale de l’édifice, se plaçait le « proscenium », lieu où les acteurs accomplissent l’action; il était limité à l’arrière par une construction grandiose désignée sous le nom de « scena » ; elle correspond donc aux toiles de fond de nos théâtres modernes, et pour éviter toute confusion, je la désignerai sous le nom de « mur de fond ».
- Le proscenium occupait toide la largeur du théâtre, mais il était très peu profond. Le théâtre était à cieLouvert; on y tendait habituellement un vélum, pour garantir les spectateurs du soleil ou du vent. Les représentations n’avaient lieu qu’à certaines époques de l’année déterminées par les fêtes religieuses, et ces dates étaient choisies pendant la belle saison ; aussi ces immenses foules enserrées dans un espace limité étaient-elles moins incommodées par les mauvais temps que par la chaleur et par l’air plus ou moins vicié. Pour combattre les inconvénients qui pouvaient en résulter, on projetait une fine rosée d’eau rafraîchissante que parfois l’on mélangeait de parfums. Cette précaution
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- l’optique et l’acoustique au théâtre. 94!)
- n’était pas toujours inutile, car d’après Tertullien : « Les caniveaux destinés à faire écouler les eaux pluviales exhalaient certaines odeurs résultant de l’incontinence de beaucoup de spectateurs, cpii soulevaient librement leur tunique comme s’ils avaient été devant une amphore de carrefour. » Si nos théâtres modernes ont perdu au point de vue de l’acoustique, on ne peut nier que les convenances sont mieux observées. On rapporte même que les substructures de ces théâtres étaient occupées par de petits réduits où se tenaient de jeunes personnes de mœurs faciles; ces demeures hospitalières étaient désignées par des emblèmes que la décence nous empêche de nommer, je dirai seulement qu’ils étaient amplifiés dans d’énormes proportions, afin que personne n’en pût ignorer.
- Les acteurs entraient et sortaient par trois portes ouvertes dans le décor architectural du fond. La porte du fond était réservée aux Dieux, aux Rois, aux grands chefs; celle de droite servait aux personnages censés venir de la ville, et celle de gauche à ceux qui venaient de la campagne; mais là ne se bornait pas uniquement l’appareil décoratif; les Romains savaient peindre des toiles représentant des forêts, des rochers, la mer, etc., etc. De chaque côté du théâtre on plaçait ordinairement une sorte de décor mobile nommé « périacte » ; c’était un prisme à trois faces, pouvant tourner autour d’un axe vertical sur lequel on plaçait des toiles ou des parchemins représentant les lieux de l’action. On a attribué à ces machines des qualités spéciales de résonance acoustique, et on a pensé qu’elles avaient été inventées et construites spécialement dans ce but. Je ne crois pas que ces périactes aient pu avoir tant d’importance; leur objet était spnplement d’indiquer le lieu de l’action; ils jouaient un peu le rôle des écriteaux dans les pièces de Shakespeare. On pense du reste, qu’en outre des périactes, à Rome, on faisait parfois de vraies débauches de machinerie et de décors, lorsqu’on représentait des sortes de féeries à trucs; mais, dans les grandes solennités, c’était l’architecture du fond qui formait la vraie et belle décoration.
- Les qualités acoustiques de ces théâtres s’expliquent facilement. Les acteurs étaient placés sur le proscenium face au public. Les cothurnes dont ils étaient chaussés les grandissaient, les costumes dont ils étaient vêtus leur donnaient de l’ampleur et de la majesté. Mais ce qui augmentait surtout la puissance de leur parole c’était le masque dont la bouche largement ouverte se projetait au dehors par une sorte de porte-voix. L’acteur ainsi équipé déclamait avec emphase des vers épiques et les sons en étaient réfléchis par le sol du proscenium et surtout par le mur du fond qui, orné de fortes saillies architecturales, peut renforcer les ondes sonores, mais sans faire écho, ce qui arriverait s’il était trop uni.
- On comprend, dès lors, comment il était possible de se faire écouter par des milliers de spectateurs, puisque tout contribuait à renforcer la voix elle-même de l’acteur, tandis qu’elle arrivait nette et pure jusqu’aux plus hautes places ; il n’y avait ni écho ni résonance puisque le tronc de cône sur lequel s'étageaient
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- Fig. 1. — Reconstitution du théâtre de Marcellus, à Rome.
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- les gradins des spectateurs était évasé et n était fermé que par un vélum empêchant l’agitation de d’air, mais qui était trop léger pour répercuter le son. Les gradins auraient déterminé des échos fâcheux s’ils n’avaient été largement garnis de personnages, donc cet inconvénient ne pouvait exister. Enfin les sujets des pièces elles-mêmes prêtaient à ces grandioses auditions; elles étaient tirées de légendes connues et toujours symboliques, elles prêtaient donc à une déclamation enflée et grandiloquente.
- Les pièces plus humaines telles que les comédies de Térence et surtout de
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- Fig. 2. — Plan d’un théâtre antique. Théâtre de Marcellus.
- Plaute, étaient réservées pour les théâtres restreints, mais les immenses constructions telles que le théâtre de Marcellus et surtout celui de Pompéi étaient consacrés exclusivement aux jeux scéniques de caractère officiel et religieux.
- On peut remarquer à droite et à gauche du proscenium deux renfoncements latéraux, ils servent de refuge aux choristes avant d’entrer en scène, car à Rome le proscenium, beaucoup plus vaste que dans les théâtres de la Grèce, (‘tait rempli par une nombreuse figuration. Ces renfoncements avaient toute la hauteur de l’édifice et on pense généralement que cette espèce de vaste tuyau a pu jouer un rôle notable dans l’acoustique ; c’est, au moins, l’opinion de M. Gailhard, qui s’est
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- toujours livré avec ardeur aux études d’audition. Il estime qu’il y avait là une caisse d’harmonie produisant une sonorité spéciale qui n’était ni l’écho ni la résonance proprement dite, mais qui déterminait une sorte d’accompagnement en sourdine très favorable. On sait que les logettes qui avaient été construites sur la scène dans l’Opéra de la rue Lepeletier ont été conservées par Garnier, et on peut les regarder comme l’équivalent de ce qui existait dans les théâtres anciens ; les personnes compétentes, M. Gailhard notamment, estiment qu’elles sont avantageuses au point de vue acoustique. On a quelquefois critiqué leur effet artistique, c’est une erreur ; elles ont un aspect archaïque qui n’a rien de désagréable, mais elles ont un grand inconvénient pour l’éclairage et sont cause de nombreux échecs dans les effets lumineux. M. Gailhard a fait un projet complet de salle, dans laquelle, à l’imitation des théâtres antiques, il ménage à droite et à gauche de la scène deux emplacements séparés des coulisses proprement dites, où se tiendraient les chœurs et les orchestres devant jouer hors de la scène. Des registres s’ouvriraient plus ou moins, de façon à obtenir des effets de lointain, de marche, etc. Des essais de ce genre seraient assurément du plus haut intérêt surtout avec les tendances modernes de la musique.
- Les Grecs avaient, dit-on, un procédé tout particulier pour renforcer l’audition dans leurs théâtres. C’est Vitruve qui nous l’apprend dans un chapitre de son traité d’architecture intitulé : « Vases de théâtre ».
- « Suivant les principes et à l’aide des proportions géométriques, on fait des vases d’airain en rapport avec la grandeur du théâtre ; on les fabrique d’une telle façon que, quand on les frappe, ils sonnent à la quarte ou à la quinte l’un de l’autre et parcourent ainsi toutes les autres consonances jusqu’à la double octave; ces vases doivent être placés d’après les règles de la proportion musicale, dans de petites chambres pratiquées entre les sièges du théâtre et de manière qu’ils ne touchent point aux murailles mais qu’ils aient tout autour d’eux, et par derrière, un espace vide. Il faut aussi qu’ils soient inclinés et que, du côté qui regarde la scène, ils soient élevés et soutenus à la hauteur d’un demi-pied au moins par des coins. Les petites chambres doivent avoir dés ouvertures d’environ deux pieds de large sur un demi-pied de haut. »
- Vitruve donne ensuite de nombreux détails sur la manière de répartir ces vases dans les gradins du théâtre d’après la note qu’ils rendent. Puis il ajoute :
- « On pourra peut-être objecter que, dans la quantité de théâtres que l’on construit tous les ans à Rome, on ne voit pas mettre ces moyens en pratique, mais il faut remarquer que tous ces théâtres sont construits en bois avec de nombreuses planches, ce qui les rend naturellement sonores, et c’est ce que les musiciens nous font connaître lorsque voulant chanter sur les tons les plus hauts, ils se tournent vers les portes de la scène pour donner à leur voix plus
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- Fig. 3. — Théâtre d’Herculanum.
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- de retentissement; mais quand les théâtres sont construits avec des matériaux solides, avec de la pierre ou du marbre qui ne retentissent point, il faut observer toutes les règles que j’ai indiquées.
- » Si on demande quels sont les théâtres où les règles ont été appliquées, il est certain qu’on n’en voit point à Rome; mais on en voit dans plusieurs villes d’Italie et en Grèce. C’est ainsi que Mummius, après avoir fait abattre le théâtre de Corinthe, appo'rta à Rome les vases d’airain qui s’y trouvaient et les dédia avec d’autres dépouilles dans le temple de la Lune. Beaucoup d’architectes ayant construit des théâtres dans de petites villes qui ne pouvaient pas faire de grandes dépenses, se sont servis de vases de poterie, et ont parfaitement réussi. »
- L’idée de ces vases résonnant ainsi à l’unisson do la voix est assurément très ingénieuse et les Grecs, gens fort avisés, peuvent bien l’avoir eue et meme l’avoir essayée; mais il est probable qu’elle n’aura donné aucun résultat. Ne met pas qui veut en vibration un volume d’air confiné dans des espaces clos. On peut meme se demander quel effet produiraient ces sons amphoriques issaiit d’ouvertures ménagées sous les sièges des spectateurs. D’ailleurs, en dehors do Vitruve, nous ne trouvons nulle autre indication sur ce sujet ; lui-même avoue qu’il n’en n’a jamais vu dans les nombreux théâtres que l’on construit tous les ans à Rome. « Il est vrai, dit-il, que ce sont des théâtres en bois. » Ces théâtres on bois, dont on construisait une si grande quantité, ne devaient pas être bien importants, il est probable que ce n’étaient que des baraques foraines, mais il y avait, déjà à Rome des théâtres considérables et il serait Lien étonnant que l’exemple des Grecs n’ait pas été suivi puisqu’on les primait, pour modèles. Il est probable que Vitruve a été trompé par de vagues amphores trouvées par hasard, et son imagination lui a fait prendre de vulgaires pots pour des vases d’harmonie.
- Cette idée de transformer ainsi tout le théâtre en une vaste ‘table de résonance a toujours séduit les écrivains. Elle a même été reprise par des architectes modernes. C’est ainsi que, dans un projet de salle d’Opéra populaire, MM. Bour-dais et Davioud, en 1875, proposaient d’entourer la salle de colonnes creuses dans lesquelles l’air vibrerait comme dans les vases de Vitruve; je ne crois pas qu’on eût rien obtenu de bon si le projet des architectes de la salle duTrocadéro eût été exécuté
- Le théâtre antique que nous connaissons le mieux est, celui d’Oraugc, où l’on a donné de nombreuses représentations dont le succès a toujours été considérable. Caristic en a fait une reconstitution parfaitement étudiée. Dans ce travail, il a établi un plafond au-dessus du proscenium. Cette partie de l’édifice est douteuse. La plupart des auteurs ne l’admettent pas. Il est bien évident qu’elle préserverait, les artistes dés autans et qu’elle serait, favorable à l’audifion; mais on n’en comprend pas bien le système de construction.
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- La forme géométrique des théâtres antiques a pour conséquence une extrême sensibilité dans leurs qualités acoustiques, aussi les circonstances les plus fortuites suffisent-elles pour les modifier profondément ; on l’a bien éprouvé par les représentations d’Orange. Il suffit quelquefois d’un pan de mur renversé, d’une restauration mal faite, d’un décor placé à contresens, ou même d’une végétation intempestive, non prévue par l’architecte, pour altérer les sons. On a pu aussi se rendre compte du rôle important que jouait le vélum qui empêchait l’agitation de l’air. Cet abri protecteur manquait dans les représentations modernes, et l’audition s’en ressentait d’une manière parfois terrible.
- Fig. 4. — Reconstitution par Caristie du théâtre d’Orange. (Bibliothèque de l’Opéra.)
- Malgré tous les avantages des théâtres antiques, il faut bien reconnaître que les paroles n’arrivaient pas toujours très nettement aux spectateurs ; mais il y avait alors une ressource incomparable chez les anciens et dont nous sommes privés, ou du moins dont nous n’usons que dans des conditions bien différentes et tout à fait.restreintes, c’est celle du mime. On sait combien cet art de la mimique était cultivé et combien les artistes qui s’y livraient étaient appréciés et recherchés.
- « Qu’y a-t-il, a dit Cassiodore, de pins apte à faire la joie du public? je m’en rapporte à vous... La pantomime ! c’est le nom que l’on a donné à cette partie de l’art musical d’où la parole est exclue. Je veux dire que l’acteur font en fermant la bouche parle véritablement avec les mains, et, par certains gestes, fait comprendre ce qui serait à peine intelligible par la parole ou par l’écriture...
- « Dès que, par des applaudissements, celui qu’on appelle Pantomime entre en
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- scène, les chœurs, d’accord avec lui, l’assistent par divers moyens, il explique alors les poésies par les gestes.
- « On croit y lire l’aspect véritable des objets, tantôt Hercule lui-même, puis Vénus ; il montre une jeune femme et une matrone, il fait un roi et un militaire, il rend un vieillard et un jeune homme, on croit qu’il y a plusieurs hommes en un seul, tant il varie ses imitations. »
- Je citerai encore un passage de Lucien assez caractéristique : « Un célèbre pantomime qui voulait convaincre un philosophe cynique de la beauté de son art lui demanda de ne pas le condamner sans l’avoir vu. Il représenta devant lui les amours de Mars et de Vénus, exprimant le soleil qui les découvre, Vul-eain qui leur dresse des embûches et qui les prend dans ses filets, les Dieux accourant au spectacle, Vénus toute confuse, Mars suppliant... « Le philosophe avoua qu’il n’avait jamais si bien compris la fable et qu’il lui semblait voir les choses elles-mêmes. »
- Voilà bien des choses exprimées uniquement par le geste ! On peut se demander quel rôle le costume jouait dans ces métamorphoses des antiques Fre-goli. S’ils ne se dépouillaient pas complètement de leurs vêtements à chaque transformation , au moins peut-on supposer que le grand art de la draperie, porte alors à un degré qui est bien inconnu aujourd’hui, contribuait puissamment à leurs effets de mimique. Quoi qu’il en soit, cet art est réduit chez nous à d’infimes proportions et c’est dommage!
- Les représentations en plein air auxquelles on nous convie fréquemment depuis quelques années soit dans les ruines des théâtres antiques, soit dans les théâtres de verdure, nous initient à ce qu’elles pouvaient être à l’origine. Nous savons combien ce plein air, surtout la nuit, ajoute à la finesse de l’audition. Il faut, bien entendu, que l’air soit calme et qu’il n’y ait pas de vibrations para-, sites ; celles-ci peuvent avoir une double origine : ou bien elles viennent de l’extérieur sous forme de bruissement inconscient, ainsi que cela.a lieu au milieu d’une ville populeuse ; ou bien elles sont la conséquence d’éclios et de résonances, ces deux grands ennemis de toute bonne audition.
- C’est surtout dans les salles de réunion fermées et les théâtres modernes que nous allons étudier ces phénomènes.
- Dans une enceinte close, un auditeur perçoit trois sortes de vibrations; l’onde directe, l’onde réfléchie qui forme écho, enfin les ondes adventives qui constituent les résonances. L’éçlio renforce le son à condition de se confondre presque avec lui; il ne faut pas qu’il y ait plus de 1/15 de seconde d’intervalle. Quant à la résonance, elle doit être amortie très rapidement, au plus en quelques dixièmes de seconde; mais ici la règle est moins précise, on comprend que cet effet varie beaucoup suivant la nature de la déclamation.
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- Fig. 6. — Théâtre d’Orange. —- État actuel,
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- Il semblerait, a priori, que la question de la plus ou moins bonne sonorité devrait être plus facile à résoudre dans les salles de réunion que dans les théâtres : pas de mise en scène, pas d’ensembles vocaux répartis sur un espace plus ou moins vaste ; un seul orateur parlant toujours du même point, aucun souci de l’élégance ou même du simple confortable pour le public, on ne voit pas où peuvent se trouver les difficultés, et pourtant) dans la réalité, combien peu sont bonnes et combien sont exécrables. On se rappelle la salle qui avait été construite à l’Exposition de 1900 pour la tenue des Congrès. Elle était do forme rectangulaire, les murs et le plafond étaient en plâtre blanc sans ornements ni tentures, le plancher horizontal'était parqueté et n’avait reçu aucun tapis. C’était le type de la mauvaise salle sonore et résonnante. Lorsque l’orateur élevait la voix, les syllabes se prolongeaient de telle façon qu’il était impossible de comprendre ; en vain essayait-il de parler lentement, chaque mot empiétait sur le suivant, il aurait fallu que chaque syllabe fût isolée de la suivante, mais le caractère du discours en eût été singulièrement modifié. Ce qu’il y avait de mieux à faire c’était de ne pas élever la voix; au moins les auditeurs rapprochés pouvaient comprendre ce qui se disait : les autres, qui n’entendaient pas, avaient la ressource des comptes rendus.
- On connaît aussi les aventures de la salle construite récemment pour l’Académie de médecine ; lorsqu’on l’inaugura, ce fut un toile général tant l’audition était mauvaise. La résonance était surtout aggravée par un immense plafond vitré. On est parvenu à l’améliorer en la capitonnant dans la mesure du possible. La salle du Trocadéro a aussi bien mauvaise réputation. Ces résonances ont pour origine le plafond et surtout les grandes fenêtres vitrées qui donnent de la lumière pendant les cérémonies de jour. Pour se faire entendre, il ne faut pas parler trop. fort. C’est ainsi, dit M. Marage, que l’on comprend la voix de M. d’Arsonval; tandis que le clairon de M. Jaurès se fait mal entendre.
- Le fâcheux c’est que l’expérience ne profite pas toujours; certaines salles, toutes nouvelles, sont très médiocres. Les murs blancs, sans ornements, déterminent des échos, le plafond vitré surtout est détestable et si, avec cela, l’orateur est placé dans un renfoncement, comme cela arrive souvent, on n’entend rien du tout.
- Les salles de cours de la Sorbonne au contraire, en gradins fortement inclinés, sont très bonnes. Elles sont généralement aclairées par des fenêtres latérales qui valent beaucoup mieux que les plafonds vitrés. Dans l’amphithéâtre de physique on peut fermer les fenêtres par des volets afin de faire l’obscurité, et il est facile de constater que l’audition en est améliorée.
- Un professeur de Vienne, le docteur Sigismond Exner, a fait, sur ce sujet, des expériences pour déterminer d’une façon scientifique la nature et l’intensité de ces résonances. Afin d’avoir un son toujours identique, il utilise la détona-
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- tion de capsules de fulminate de mercure exactement pesées, puis il place un microphone à l’endroit de la salle qu’il veut étudier. Ce microphone est relié à un téléphone silué dans une pièce isolée et il introduit des résistances jusqu’à ce qu’il cesse de percevoir le bruit de la détonation. Il cherche ainsi les formes géométriques des salles qui favorisent la production des résonances ou celles qui les affaiblissent jusqu’à les annihiler. Il a constaté que le son était renforcé lorsque l’écho en était séparé par moins d’un quinzième de seconde ; .si l’espace était plus grand, le son n’était pas renforcé et l’audition était troublée.
- D’autres expériences ont été faites également en Allemagne par MM. Siewc-king et Bœhm. Us ont pris comme source un diapason (ut2=264), ce diapason était excité à intervalles très rapprochés par un électro-aimant dans lequel on lançait un courant instantané très fort ; comme récepteur on se servait d’un autre diapason semblable. On mesurait l’amplitude des vibrations de ce second diapason au moyen d’une petite sphère creuse en verre argenté fixée à l’une de ses branches. Pour augmenter l’amplitude, la petite boule était fixée à l’extrémité d’une.tige de verre filé dont la période vibratoire était la même que celle de la branche du diapason qui la supportait. Cette amplitude était mesurée soit au moyen du microscope, soit par la photographie ; une formule permet d’en déduire le rapport des intensités vibratoires dans deux opérations successives. Dans les premières expériences, celles d’Exner, le son était instantané ; dans celles-ci, il est continu et ne varie ni de hauteur ni d’intensité; toute réilexion, de quelle que nature qu’elle soit, viendra donc s’ajouter au son primitif. On évalue ainsi l’intensité globale et on ne peut en déduire les effets physiologiques de l’audition qui s’applique à des sons variant continuellement. Mais ces travaux ont néanmoins donné de précieuses indications sur les corps isolants et les matières absorbantes. On a constaté, contrairement à ce que l’on suppose ordinairement, que le feutre, l’ouate, les tentures de laine sont d’assez mauvais isolants à moins d’être mouillés ou fortement comprimés, le bois est médiocre, la maçonnerie pleine vaut mieux, mais le meilleur isolant est le liège grossièrement pulvérisé et malaxé avec une matière agglutinante. Malheureusement ces résultats n’ont pas un très grand intérêt parce que, presque toujours, l’emploi des matériaux d’isolement est commandé par l’usage qu’on en fait.
- L’étude de l’extinction des sons par absorption a, au contraire, une importance capitale, puisque nous avons bien démontré que, presque toujours, le mal provient des échos ou résonances.
- En prenant pour unité l’absorption d’une fenêtre ouverte, on a trouvé :
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- Gradins garnis de femmes............... 98
- Gradins garnis d’hommes. ..... 96
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- Bourres de crin.................. 76
- Tapis............................20 à 30
- Linoléum ....................... 12
- Linoléum en pin ou chêne......... 0,6
- Verre................ 0,21
- Ainsi, line fenêtre ouverte, qui ne réfléchit aucun son, est excellente pour éviter les résonances, mais, à défaut d’ouverture de plein air, on peut chercher à avoir des salles pleines d’auditeurs, ce qui est tout bénéfice; les femmes absorbent un peu plus que les hommes, à cause du costume; mais ce que l’on doit surtout remarquer, c’est le faible coefficient d’absorption, et par conséquent le grand pourvoir réflecteur du bois et surtout du verre. Celui-ci étouffe près de cinq cents fois moins que l’unité choisie, c’est pourquoi les vastes surfaces vitrées et surtout les plafonds sont si mauvais.
- Les expériences ont été reprises en France par M. Murage. 11 a employé pour cela sa sirène à voyelles, qui permet de produire les notes de la gamme sur les différentes voyelles, et il s’est attaché à mesurer la durée du prolongement du son par résonance, ce qui est le vrai problème. Il a aussi examiné six salles différentes : quatre amphithéâtres à la Sorbonne, la salle de F Académie de médecine et la salle du Trocadéro; partout il a trouvé des résonances, mais d’intensité très variable; le Trocadéro tient le record; il est impossible d’empêcher les réflexions sur les vastes parois circulaires qui ramènent forcément les ondes sonores vers leur point de départ. L’orateur, pour se faire entendre, doit parler très lentement et sans élever la voix. Cette manière de parler est la ressource des mauvaises salles, mais alors la voix ne porte pas sur les rangs éloignés et les vastes espaces n’ont pas de raison d’être.
- Le célèbre fabricant d’instruments, M. Cavaillé-Coll, avait proposé jadis, pour améliorer l’acoustique, de tendre des fils; il demandait que l’on employât du coton pour assourdir les résonances, tandis que, pour les auditions musicales, on aurait fait usage de fils de laiton plus ou moins tendus, qui auraient vibré harmoniquement. Il faisait ainsi une sorte d’application des vases de Vitruve, mais la pratique n’a pas répondu aux idées du constructeur d’orgues; ce ne sont pas quelques fils qui peuvent assourdir un son réfléchi. Il faut de véritables trames, sous forme de tentures épaisses. Quant aux fils métalliques il faudrait un dispositif des plus complexes pour un résultat douteux.
- Il est bien vrai que, dans une salle d’audition, la fraction d’énergie utilisée par les organes auditifs est infiniment petite par rapport à la totalité du travail produit, mais qu’y faire? On a toujours cherché à récupérer ainsi ce que l’on pouvait de ces ondes sonores au bénéfice des auditeurs; on n’a jamais réussi convenablement. Au fieu de renforcer, on a troublé et l’on est à peu près convaincu aujourd’hui que le mieux est d’étouffer tout ce qui n’arrive pas directe-
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- ment à l’oreille; le reste est parasite et destructeur de la pureté des sons ou de leur harmonie.
- Fig. 7. — Théâtre de BayreuLh.
- Étudions maintenant les théâtres modernes.
- Ils résultent d’une conception artistique bien différente do ceux de l’antiquité. Il suffit, pour s’en rendre compte, de jeter un coup d’œil sur les, plans des uns et des autres. Si on. examine le plan de l’Opéra, par exemple, on est Tome 110. — Juillet 1908. 63
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- frappé de voir combien la salle, qui pourtant parait majestueuse lorsqu’on y est installé, occupe peu de place dans l’enseVriblo. On a le sentiment que tout est concentré autour de cet emplacement pour en faire une sorte de sanctuaire réduit et consacré.
- C’est qu’en effet nous n’en sommes plus à la formule simpliste du théâtre antique, nous ne nous contentons plus de fictions symboliques telles que pourraient nous les présenter les acteurs couverts de leur masque, mais nous cherchons la représentation même de la vie dans un décor qui nous en donne l’impression. Nous n’avons plus devant nous des abstractions, mais des personnages réels, et nous voulons voir comment ils vivent, parlent, agissent, comment leurs sentiments s’expriment par leurs paroles, se trahissent par leurs gestes, se reflètent sur leurs physionomie; il faut pour cela que le public occupe un espace relativement restreint, afin d’être, autant que possible, en communication intime avec les personnages de la scène. De là sont nées les salles modernes, billes varient à l’infini dans leurs proportions et leurs détails, mais elles ont toutes ce caractère essentiel d’être closes et de dimensions restreintes. On peut les ramener à trois types :
- 1° La salle profonde en forme d’U, visitée surfont en Italie;
- 2° La forme circulaire de nos salles françaises;
- 3° La forme en éventai! du théâtre de llayreuth.
- La première salle vraiment complète, et qui conserve encore sa réputation de grandiose et de bonne qualité acoustique, est la Scalade Milan terminée en 1776. Elle a été longtemps une des plus grandes de l’Europe et reste le type des salles d’Opéra en Italie. Au-dessus d’un parterre (platea) presque horizontal, s’élève sept rangées de loges toutes semblables, étagées verticalement. Ces loges ne sont pas découvertes,, de sorte que le spectateur peut voir sans être vu. L’aspect est un peu triste et froid, mais l’acoustique de la Scala et do toutes les salles' construites sur le même modèle est excellente. Cette supériorité s’explique par diverses raisons : d’abord elles sont silencieuses, tous les spectateurs étant pour ainsi dire enfermés dans leur loge, les bruits individuels, les conversations particulières, qui pourtant ne chôment pas, ne se font pas entendre et n’ont aucune répercussion gênante. De plus, ces deux cent cinquante loges ou alvéoles, qui tapi ssent toute la salle, forment un excellent étouffoir, faisant disparaître les résonances. Le parterre seul est sacrifié, il est trop has et trop horizontal. Les habitudes en Italie sont différentes des nôtres. La loge qui est presque toujours une propriété individuelle, meublée et décorée par son propriétaire, devient un salon intime; c’est là que règne la vie élégante; le parterre est disqualifié.
- Il faut dire que, pour le chant surtout, l’audition est parfaite, même dans les loges supérieures qui, à la Scala, sont pourtant fort éloignées de la scène.
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- Le plan horizontal des salles italiennes représente à peu près une demi-ellipse. On attribuait jadis une grande importance à cette forme géométrique, mais on se méprenait sur leurs propriétés acoustiques. Il est bien vrai qu’un son produit à l’un des foyers de l’ellipse se répercute en se concentrant à l’autre foyer, mais rien de semblable ne se produit ici. La scène ne peut être assimilée à un foyer de l’ellipse, et les auditeurs sont reportés sur la courbe elle-même. Il n’y a donc pas lieu de chercher la marche des ondes sonores. Néanmoins cette forme allongée est rationnelle en ce sens qu’il n’y a pas de contre-courbe comme dans les salles circulaires françaises, et il est plus facile de tracer le plan des loges, de façon que tous les spectateurs puissent bien voir ; de plus, il est assez naturel de compenser par plus d’éloignement l’avantage d’être de face.
- En France, les premiers beaux théâtres ont été construits par Gabriel, l’architecte de la place de la Concorde, et par Louis qui, en 1780, édifia le théâtre de Bordeaux, chef-d’œuvre de goût et do riche décoration. Garnier s’est inspiré du vestibule de ce théâtre pour l'ordonnance de l’escalier de l’Opéra; il en a beaucoup augmenté la magnificence, mais peut-être alourdi un peu trop les motifs ornementaux.
- Au lieu de la demi-ellipse profonde des salles italiennes, les architectes français cherchèrent des formes plus élégantes, et en adoptant la forme d’un cercle dont un segment serait enlevé pour l’ouverture de la scène. De plus, on a ajouté la galerie découverte, désignée aujourd’hui sous le nom de « balcon » et qui, avec les loges découvertes, donnent à nos théâtres un air de fête et d’élégance que n a aucune autre salle.
- La scène, jadis, se prolongeait dans la salle, formant ainsi un vaste proscenium, de là le nom d’« avant-scènes » donné aux loges correspondantes. On tend de plus en plus à réduire cet espace qui contrarie les effets décoratifs et est néfaste pour l’illusion scénique.
- Cette disposition des salles françaises est assurément moins conforme aux exigences de la vision, car, à partir du diamètre transversal, la courbe est à contresens et tout le monde sait combien, même dans nos meilleurs théâtres, certaines places sont défectueuses. Mais, en ce qui touche l’acoustique, elle ne parait pas être nuisible; elle égalise, autant que faire se peut, les distances des spectateurs, et, pour les œuvres lyriques surtout, elle présente un aspect très convenable.
- L’ancienne salle d’Opéra de la rue Le Peletier était réputée non seulement pour sa belle architecture, mais aussi pour sa bonne acoustique. On attribuait généralement cette qualité à ce que, à l’exception du gros œuvre, elle était construite en bois ; on prétendait qu’elle renforçait le son comme une caisse de résonance; pour un peu on l’aurait comparée à une boite de violon. Cette com-
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- paraison a été effectivement produite par différents écrivains. Je crois qu’il faut faire justice de ces hypothèses. Une salle de spectacle doit se contenter de ne pas présenter de défauts. Ses qualités doivent être essentiellement négatives. On ne peut demander qu’une chose aux sons, c’est d’arriver purs à l’oreille, ils ne peuvent être renforcés, c’est-à-dire être réfléchis utilement que par des surfaces très rapprochées ou de l’artiste, ou du spectateur; le plancher de la scène, par exemple, ou des décors fermés donnent ainsi un peu de sonorité ; l’on sait combien l’acoustique est bonne lorsqu’on se trouve'aux places supérieures. De même certaines places accolées aux parois bénéficient, sans conteste, d’un renforcement des voix.
- Garnier, dans le nouvel Opéra, a adopté le même plan et les mêmes divisions générales en les agrandissant d’après le programme qui lui était imposé. Il a conservé notamment ce vaste rez-de-chaussée qui, partant de l’orchestre des musiciens, s’élève jusqu’aux premières loges, absorbant ainsi le balcon; les places qui y sont installées, toutes admirablement situées pour la vue de la scène, permettent de jouir du coup d’œil vraiment féerique du théâtre le plus grandiose et le plus artistique qui existe. Ces rangs largement étagés diminuent les proportions verticales de l’édifice, établissent la continuité dans l’emplacement des spectateurs, évitent l’horreur de certaines places enfouies sous des galeries trop proéminentes et forment un ensemble aussi harmonieux pour le coup d’œil que favorable pour l’attrait du spectacle.
- Dans son ensemble, la nouvelle salle a hérité des qualités acoustiques de l’ancienne ; pourtant, au début, on lui faisait quelques reproches et l’on attribuait ses défauts à la différence des matériaux employés ; on avait, par une mesure assez logique de sécurité, proscrit, autant que possible, le bois ; mais, en somme, les surfaces n’ont pas changé beaucoup de nature, c’est l’ossature elle-même dont la composition a été modifiée en ce sens que le bois a été remplacé par le fer et par la pierre; le bois, il est vrai, jouit parfois de propriétés spéciales qui le font rechercher pour les instruments de musique; étant en contact immédiat avec le corps sonore, il entre en vibration synchrone ou harmonique et, de cette façon, augmente l’intensité du son et modifie avantageusement le timbre de l’instrument; mais une salle de théâtre ne peut pas se comparer à un violoncelle, pas même à une contrebasse, et malgré l’emploi aussi général que possible de parois vibrantes on n’aura jamais que des effets locaux et, ne pouvant obtenir l’harmonie des vibrations secondaires, ce qu’il y a de mieux à faire c’est de les éteindre. La salle actuelle de l’Opéra, décorée d’ornements très en relief, avec son parterre fortement incliné, ses loges profondes, ses vastes galeries supérieures, forme un vaisseau où les ondes se meuvent sans trouble et arrivent à l’oreille sans mélange. Le plafond seul serait critiquable; constitué par des plaques de cuivre formant une concavité trop unie, il
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- Fig. 8. — Plan général de l’Opéra. (Garnier. Bibliothèque de l’Opéra.)
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- peut réfléchir et concentrer les sons. Ce n’est, un secret pour personne que de certaines places des fauteuils d’orchestre on perçoit des échos fâcheux.
- Quelques auteurs ont recommandé dans les théâtres des plafonds lisses et concaves justement pour obtenir cette sonorité spéciale, je crois qu’ils se sont trompés. Un plafond orné de caissons d’une tonalité claire, qui donnerait de la lumière et de l’air à la salle, serait plus avantageux qu’une décoration constituée par des peintures, fort belles sans doute, mais que leur situation ne rend pas faciles à contempler et qui, d’ailleurs, ne tardent pas à être obscurcies par la fumée et la poussière. En regardant le plafond de l’Opéra, on 11e peut s’empêcher de regretter le mauvais emploi de si belles choses.
- Si l’Opéra a semblé médiocre ou même mauvais au début, cela tenait, d’abord, à ses grandes dimensions; d’autant plus, qu’après l’incendie, les représentations se sont données pendant assez longtemps dans la salle Ventadour, de médiocre importance. Cela tient aussi à une autre cause spéciale : le gaz était alors en usage, et pour mettre l’éclairage en rapport avec la somptuosité du monument on avait fait une vraie débauche de lumière ; toutes ces il a mines éblouissaient et de plus déterminaient des agitations dans l’air, dont les artistes se plaignaient fort; les mouvements de l’air entraînent les ondes sonores et on a cherché à tirer parti de ce phénomène en établissant des courants allant de la scène vers la salle. Ces courants ne sont pas faciles à régulariser. Ce qu’il faut, en somme, c’est le calme.
- Il faut ajouter encore une chose assez singulière mais certaine, c’est que les salles deviennent meilleures en vieillissant; les ors sont moins brillants, les surfaces moins lisses, les tentures plus molles ; la poussière qui finit par tout imprégner forme une sorte de tampon amortisseur. Quoi qu’il en soit, la salle de l’Opéra peut être comptée aujourd’hui parmi les meilleures au point de vue acoustique, de même qu’elle est la plus belle et la plus artistique par sa décoration.
- Si de la salle nous passons à la scène, nous nous trouvons en face de dimensions peu ordinaires. De mur à mur elle a, exactement, 53 mètres do largeur et sa profondeur, y compris le proscenium, est de 28 mètres. Pour donner une idée de ces dimensions, je dirai que le monument total de l’Opéra-Comique tiendrait sur cette scène, il resterait même de la place pour loger les chœurs et la figuration. J’ajouterai que le cadre de la scène a 17 mètres d’ouverture et les draperies du manteau d’Arlequin sont à huit et même à dix mètres au-dessus du plateau.
- Il faut bien dire qu’une aussi vaste scène présente quelques difficultés pour la phonation. L’artiste ne trouve là aucun des secours qui font la merveille des théâtres antiques. A droite et à gauche, la voix se perd dans les coulisses et les tas (on nomme ainsi les cases remplies de décors en réserve et qui à
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- 1 Opéra sont sur deux rangs de chaque'côté). Quant aux toiles de fond et aux fermes, il no faut pas davantage y compter. Tout au plus le pourrait-on dans les dééors dits fermés, c’est-à-dire limités par dé toute part des châssis, et, en effet, un certain calme relatif de rambiance semble être favorable à la délicatesse des effets. Le plancher seul cle la scène sert de réflecteur. Mais ce n’est pas négligeable, on peut s’en rendre compte dans les places supérieures. Les sons y arrivent un peu affaiblis par la distance, mais très purs. Si, en outre des inconvénients qui proviennent du monument lui-même, on ajoute l’influence de décors compliqués, d’un personnel nombreux, etc., etc., on ne s’étonnera pas des grandes difficultés qui se présentent à l’Opéra et que ne soupçonnent même pas les théâtres plus restreints.
- A côté do la scène, se trouve l’orchestre. La situation qu’il occupe dans les théâtres est pour ainsi dire de tradition depuis l’antiquité, puisque, dans l’espace semi-circulaire situé devant le proscenium, les Grecs avaient installé des chœurs et des musiciens. Les Romains avaient d’abord suivi leur exemple, puis bientôt cet espace avait été peu à peu envahi par les gens de qualité, mais il avait conservé son nom d’« orchestrum » qui s’est transmis jusqu’à nous. Malgré cette tradition, on peut se demander si cet emplacement est aussi judicieusement choisi que possible et si l’usage général qui l’impose n’est pas un peu routinier. Ce qui permettrait de le supposer c’est que nombre de personnes, et des plus compétentes, sont d’un avis opposé. Déjà, il y a un peu plus de cent ans, Grétry, dans son livre intitulé Essai sur la musique, écrivait:
- « Je voudrais que la salle fût petite et contienne au plus mille personnes, qu’il n’y eût qu’une sorte de places partout. Point de loges ni petites ni grandes, je voudrais que l’orchestre fût voilé et qu’on n’aperçut ni les musiciens, ni les lumières des pupitres du côté des spectateurs. L’effet en serait magique et l’on sait que, dans tous les cas, jamais l’orchestre n’est censé y être. »
- Choron, dans le Manuel de musique, s’exprime ainsi: « La présence d’un orchestre exécutant sous les yeux des spectateurs avec lesquels il se trouve confondu est pour le moins aussi choquante que le serait la vue des machines et des individus au service de la scène. »
- Au commencement du siècle, dans un projet de théâtre, un architecte italien nous montre l’orchestre placé sous une sorte de voûte que surplombe le proscenium, d’autres projets encore indiquent les mêmes tendances ; mais il appartenait au grand réformateur de l’art musical, à Richard Wagner, de mettre à exécution avec hardiesse cette idée cent fois conçue. Voici ce qu’il dit dans la préface de XAnneau du Niebelung : « Pour compléter l’impression d’une représentation théâtrale, je trouve très important que l’orchestre soit invisible, ce qu’on peut obtenir par une disposition architecturale appropriée à la salle du spectacle, L’importance de cette disposition ne saurait manquer de frapper ceux
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- qui suivent nos opéras avec l’intention d’y trouver l’impression véritable de l’OEuvrc dramatique et qui se sentent transformer en témoins involontaires et définitifs des auxiliaires mécaniques que deviennent les musiciens, leur chef, leurs instruments et tout leur manège technique qui devraient rester cacliés avec presque autant de soin que les fils, ficelles, poutres, planches et décors qui, vus des coulisses, produisent pour l’illusion théâtrale une illusion destructive bien connue... Et si on a eu, une fois, l’expérience de la' clarté, de la pureté du son, de l’absence totale de toute immixtion de bruits non musicaux pouvant troubler l’émission instrumentale que présente un orchestre entendu derrière un rideau protecteur, qu’on se représente d’autre part tous les avantages que donne au chanteur le fait de n’avoir personne entre lui et le public, que l’on se rende compte combien sa diction portera mieux, et dès lors on n’hésitera pas à admettre la nécessité de la disposition architecturale que nous préconisons. »
- Il ne faut pas croire, au reste, que tout cela soit si nouveau. Un théâtre construit en Saxe au milieu du xvne siècle avait son orchestre sous la scène, et, à Philadelphie, un directeur de théâtre, M. Harrod, l’a appliqué en 1872 avant la construction du théâtre de Bayreuth, qui eut lieu en 1876.
- Le principe de Wagner a été suivi un peu partout, mais timidement et avec hésitation. A l’Opéra, on avait considérablement enfoncé l’orchestre, puis on l’a relevé (1), mais en tout cas il no pénètre pas sous le proscenium comme à Bayreuth et comme le voudraient tous les théoriciens, surtout en Allemagne. A l’Opéra de Buda-Pesth, on a adopté une solution assez originale, ce théâtre est machiné au moyen d’ascenseurs hydrauliques qui permettent d’élever ou d’abaisser des portions de la scène de façon à supprimer autant que possible l’usage des praticables. L’orchestre lui-mcme jouit de la même mobilité, de sorte que, selon l’effet voulu, on peut enfoncer tels instruments trop sonores ou exhumer-des profondeurs de la fosse d’harmonie ceux dont la douceur à besoin de voir le jour.
- Malgré toutes les dispositions que l’on peut imaginer pour adoucir les sons et pour cacher les musiciens, il n’en est pas moins vrai que c’est toujours par devant que ceux-ci se trouvent placés.
- Les ondes sonores qui en proviennent arrivent donc aux oreilles avant celles des voix. L’orchestre forme pour ainsi dire un paravent phonique devant la scène ; combien l’effet serait plus satisfaisant si l’orchestre jmuvait être en arrière. On se heurterait, pour la réalisation de cette idée, à de grandes difficultés techniques. Pourtant, lorsqu’on songe aux effets qu’on obtiendrait-si les voix des acteurs pouvaient remplir la salle, appuyées par les ondes sonores de
- (1) La nouvelle direction, pour témoigner du désir qu'elle avait d’apporter quelques modifications à l’ancien état de choses, l’a abaissé de trente centimètres. On n’est pas bien fixé.
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- l’orchestre, au lieu d’être pour ainsi dire balayées par elles au moment où elles franchissent la rampe, on n’hésite pas à chercher les moyens pratiques d’arriver à ce résultat. Les auditions des grands concerts ne font pas autrement : affranchi des obligations scéniques, on a tout naturellement placé en avant l’ensemble vocal. On y arrivera également, il n’en faut pas douter, pour les représentations théâtrales.
- En dehors des deux principaux types, la salle italienne en demi-ellipse ou la salle circulaire française, on s’est ingénié à inventer des théâtres fournissant d’idéales propriétés acoustiques.
- Un projet qui a eu son moment de célébrité est celui d’Adolphe Sax. On comprend qu’habitué a tirer un parti remarquable des vibrations de l’air dans les savantes combinaisons de ses instruments, il ait pensé que certaines formes géométriques pourraient donner à une salle des qualités de sonorité extraordinaires.
- Les propriétés de la courbe nommée parabole la désignaient pour ce but. En la faisant tourner autour de son axe, on obtient un paraboloïde. C’est la forme qu’il donne à la salle de son invention. Il la ferme ensuite par une autre surface semblable mais plus aplatie. L’axe des deux surfaces est incliné d’environ 35° sur l’horizon. La salle a donc la forme d’un œuf dont le petit bout situé par en bas serait sectionné et remplacé par la scène. Les gradins s’étagent dans le monument le plus haut possible, dépassant même la verticale.
- Sax avait fait breveter son invention, mais elle n’a jamais été appliquée. Il y a pour cela plusieurs raisons ; celle qui prime toutes les autres réside dans la grande difficulté de construction. Aujourd’hui, avec l’emploi, très général, que l’on fait du ciment armé, cette objection perdrait beaucoup de son importance. Dans une notice remarquablement rédigée qui accompagne les tableaux représentant ses projets, Sax énumère longuement les avantages de son système, et sans doute qu’il y aurait avantage à tenir compte de ses observations. Le malheur c’est qu’on ne construit pas souvent des salles de cette importance et, lorsque le cas se présente, on hésite à exécuter une réforme aussi radicale sans être parfaitement assuré du succès; quoi qu’il en soit, les projets de Sax constituent une des études les plus intéressantes qui aient été faites sur ce sujet à l’époque moderne.
- Parmi les lois physiologiques de l’audition, il faut mettre au premier rang l’influence de l’éclairage.
- Tout le monde sait combien, pendant la nuit, l’oreille est plus attentive aux sons extérieurs, aussi fait-on de plus en plus une demi-obscurité pendant le jeu. Les Allemands font même l’obscurité complète et la salle n’est éclairée que par le reflet de la scène. M. Gailhard, fort compétent dans ces questions, pense que les ondes lumineuses contrarient les ondes sonores. Il cite une expérience
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- [Art du théâtre, 1898) qui consiste à produire un son très léger, la vibration d’un diapason, par exemple, dans une salle obscure d’abord, qu’on éclaire vivement tout à coup. On cesse d’entendre le diapason. L’expérience est juste, mais si on la répète avec un bandeau sur les yeux elle ne réussit plus. Ce n’est donc pas la lumière qui trouble le son, mais c’est elle qui nous empêche de le percevoir. Il en est de même pour la rampe, ce ne sont pas les ondes lumineuses qui apportent une perturbation dans les ondes sonores, mais soit par le mauvais éclairage, soit par l’agitation de l’air, elle a incontestablement un effet fâcheux sur l’audition.
- Il peut arriver, au contraire ; qu’un rayon de.lumière favorise l’audition, ainsi M. Gailhard me citait aussi une curieuse et intéressante observation. Etant à la campagne, le chanteur Lassalle et lui occupaient deux villas ayant vue l’une sur l’autre, mais assez distantes. La plupart du temps, chaque artiste pouvait étudier isolément sans s’entendre réciproquement, mais si, par un jeu de miroir, un rayon de soleil était projeté entre les deux fenêtres ouvertes, de suite les sons parvenaient très intenses.
- On peut d’ailleurs observer quelques phénomènes assez singuliers : ainsi, à travers un grand espace, on se fera mieux entendre en projetant un faisceau lumineux sur la personne interpellée, mais c’est uniquement une affaire d’attention, car il suffit de provoquer cette attention en allumant une lampe par un fil conducteur. L’acoustique est, pour forte part, une question de tension nerveuse ; nous prêtons l’oreille et cela nous coûte plus que d’ouvrir l’œil ; aussi l’acoustique est liée à l’éclairage, et, selon l’usage que l’on fera de la lumière, on pourra nuire à l’audition ou lui être utile. Il faut que le spectateur soit complètement absorbé par le spectacle : les effets lumineux doivent concourir à concentrer son attention et non à la distraire; nous allons en étudier les moyens et les procédés. »
- l’optique au théâtre
- Dans l’acoustique, on ne s’occupe que de la manière dont les sons produits arrivent à l’oreille; l’étude de l’origine même de ces sons constituerait à la fois l’art musical et l’art delà déclamation, sujets pour ainsi dire indéfinis.
- Mais pour l’optique il y a lieu d’examiner les conditions dans lesquelles nous pouvons voir la scène, puis la manière dont elle nous est présentée. En un mot, l’optique se divise en deux parties : la vision et l’éclairage.
- La vision correspond donc au problème de l’audition, puisqu’il s’agit de voir avec l’œil par rintermédiaire des ondes lumineuses comme en acoustique d’entendre avec l’oreille par l’intermédiaire des oncles sonores. Mais bien différents sont les deux modes d’action mécanique, et combien le premier est plus simple
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- i/optique et l’acoustique au théâtre.
- que le second. La lumière se transmet par l’intermédiaire de l’éther avec une vitesse de 300 000 kilomètres à la seconde, avec des longueurs d’ondes de l’ordre du millionième de millimètre. Nous pouvons donc avoir des rayons lumineux, tandis que le son, qui se transmet à travers l’air avec des longueurs d’ondes de l’ordre du mètre, ne peut nous donner des rayons sonores. Nos organes sont appropriés à ces doux genres de propagation : l’œil est une chambre noire où des images réelles impressionnent la rétine, tandis que le tympan de l’oreille est un récepteur d’ensemble. Le problème de la vision dans un théâtre est donc théoriquement très simple; il se réduit à tracer un plan de telle sorte que le champ visuel de chaque spectateur embrasse l’ensemble de la scène.
- Si cette seule considération devait régler l’édifice, la solution serait immédiate. Les théâtres semi-circulaires de l’antiquité nous la donnent complète et absolue. Dans ces monuments, chefs-d’œuvre d’art et de bon sens, de tous côtés, les rayons visuels convergent vers la scène et les gradins, très étagés, permettent aux spectateurs de tout voir sans se gêner les uns les autres. Mais ces édifices ont disparu avec les civilisations qui les ont vus naître, et, sauf quelques exceptions, ce sont les salles fermées dont l’usage est aujourd’hui à peu près exclusif.
- La forme générale que nous leur connaissons est consacrée par l’usage, mais i] est bon de remarquer que la forme en éventail, telle que celle de Bayreuth, correspond assez bien au desideratum voulu. C’est la profondeur de la scène, nécessitée par les effets décoratifs cherchés, qui a forcé à restreindre l’angle des parois latérales. Cette dimension des scènes a peut-être été exagérée, notamment à l’Opéra de Paris ; elle est rarement employée en totalité, et l’on a de fort-beaux effets de décoration lorsque des toiles de fond la limitent aux deux tiers ou même à la moitié.
- Une fois la scène tracée, les architectes n’ont plus qu’une préoccupation : faire tenir le maximum de monde dans un espace aussi restreint que possible. C’est de l’exagération de ce principe que vient tout le mal; mais au contraire, limiter le nombre de places à l’espace qui leur est consacré rend la solution facile; De nombreux ouvrages d’architecture traitent la question, je ne m'y arrêterai pas.
- En même temps que les théâtres se fermaient de plus en plus, la nécessité de remplacer la lumière du jour par des lumières artificielles s'imposait-, et, faire l’historique de l’éclairage c’est faire l’histoire du théâtre lui-même.
- Le goût de la fiction scénique semble bien inné dans la nature humaine, aussi voyons-nous, dès l’aurore des civilisations occidentales,le théâtre prendre au moyen âge une importance considérable et se transformer peu à peu en spectacles grandioses.
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- On peut (lire que la renaissance de l’art dramatique ne fut tout d’abord qu’une extension de la liturgie. C’est devant le porche des églises que les confréries mettaient en action le drame mystique qui se déroulait sur l’autel sacré. Au dehors, la lumière du jour suffisait aux acteurs profanes pour être vus de la foule assemblée ; mais à l’intérieur du temple, aux rayons tamisés des vitraux venait s’ajouter la lumière vacillante des cierges consacrés par.la dévotion. Dans les sombres églises de l’architecture chrétienne, jamais ce moyen d’ornementation n’a été négligé ; il s’accorde harmonieusement avec le caractère symbolique d’une religion plus obscure que lumineuse, et dont les aspirations sont plutôt dirigées vers les étoiles du firmament que vers la lumière du jour.
- Avec le temps les mystères finirent par devenir indépendants de l’Église et on les vit se réfugier dans des salles employées occasionnellement. C’élait, au début, eu plein jour qu’avait lieu la représentation. Il y avait eu de bonnes raisons pour cela ; l’industrie ne fournissait pas alors les moyens d’obtenir un éclairage artificiel suffisant, et de plus l’obscurité des voies publiques n’engageait guère les citoyens à errer hors de leur logis une fois la nuit arrivée. D’ailleurs ces représentations des mystères prenaient souvent un développement considérable. Elles formaient une série de tableaux tirés des Écritures, mais assez librement interprétés, dans lesquels la comédie humaine se mélangeait à l’épopée divine; si l’action principale se passait sur la terre, on voyait toujours l’Enfer d’un côté et le Paradis de l’autre. Dans l’enfer, les damnés étaient précipités à travers la gueule d’un monstre, tandis que les élus montaient au ciel avec des échelles. Les places des spectateurs situées à ce niveau s’appelaient elles-mêmes le paradis, et le nom leur en est resté. Il y a peu de temps encore, ces places mal tenues, et auxquelles on n’arrivait que par des escaliers raides et étroits, avaient reçu de leur clientèle habituelle le nom de poulailler, mais, peu à peu, les progrès de l’éclairage, l’architecture plus judicieuse, l’observation plus rigoureuse des lois de l’acoustique et enfin les règles hygiéniques de l’aération des salles de théâtre conduisirent à beaucoup mieux les apprécier, et il est bien possible que, par la suite, ce soit un vaste amphithéâtre luxueux et confortable qui soit véritablement le paradis des théâtres de l’avenir.
- Les représentations de ces pièces semi-religieuses semi-profanes étaient souvent fort longues. Elles avaient beau commencer à huit heures du matin, il arrivait que la nuit survenait avant la fin; force alors était d’allumer quelques chandelles que l’on plaçait au fond de l’estrade servant de théâtre, maison s’avisa bientôt que leur lumière pourrait être mieux utilisée et éclairer à la fois les acteurs et les spectateurs si on les plaçait sur le devant. Dès lors la rampe était créée.
- En même temps, on plaçait une torche de résine au milieu de la salle; c’était l’origine du lustre.
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- Quelque rudimentaire que soit cet éclairage, il contenait en résumé le principe de celui qui nous règle encore aujourd’hui.
- Le goût du théâtre se révèle chez les'diverses nations, selon leurs aptitudes et leur tempérament. Les productions qu’il inspire éclatent tout à coup, lorsqu’un génie surgit âu milieu d’une demi-barbarie.
- C’est ainsi qu’en Angleterre apparut, au milieu du xvie siècle, dans un milieu où rien ne pouvait lè faire pressentir, l’immortel poète, le grand magicien de l’art théâtral que fut William Shakespeare.
- On pense généralement que la plupart de ses pièces avaient déjà un canevas et qu’il ne fit que les retoucher en y ajoutant le prestigieux éclat de sa poésie. Quoi qu’il en soit, on sait, qu’avec la troupe de comédiens où il s’était engagé, il les jouait dans une salle étroite, malpropre, située dans Blackfriars; ce quartier, pas très brillant encore aujourd’hui, devait être infect à cette époque, et le public qui s’asseyait sur des bancs de bois, devant une scène éclairée par trois lampions fumeux, n’était rien moins que choisi. Quelle bonne volonté ne fallait-il pas pour voir apparaître les poétiques figures de ses tendres héroïnes au milieu de ces taudis! Et pourtant c’est peut-être grâce à la simplicité des moyens qu’il lui fut possible de donner libre cours à son imagination ; il n’était pas gêné par la difficulté de la mise en scène ni par les rappels à l’économie de son directeur, et quand le bonhomme Montaigu témoigne de sa joie exubérante pour la belle fête qui se donne dans son palais en criant : « Des lumières ! des lumières! » deux valets s’avancent en tenant chacun un chandelier (en bois) à trois branches, et ces six bougies de cire, à trois pence la livre, ravissent le public bénévole.
- Mais bientôt le théâtre de Blackfriars ne suffit plus, il s’installe dans un faubourg de l’Est et organise le célèbre théâtre du Globe. C’était d’ailleurs ‘une assez modeste construction, ayant la forme d’un octogone; la scène, occupant un des côtés, avançait jusqu’au milieu du parterre. Tout autour, se trouvaient des loges ou des galeries abritées, mais le centre était à ciel ouvert et les spectateurs se trouvaient ainsi exposés à toutes les intempéries du ciel, qui n’est pas toujours très clément à Londres, même pendant l’été. Afin de combattre la mauvaise humeur qu’auraient pu causer ces désagréments du plein air et pour chauffer l’enthousiasme, on installait un tonneau de bière où chacun pouvait se désaltérer à sa fantaisie. Elle allait quelquefois un peu loin, cette fantaisie, et les entr’actes étaient souvent tumultueux ! Mais bientôt l’écriteau annonçait que l’action allait se dérouler sur le forum romain, dans un somptueux palais ou dans un jardin enchanté, et alors le public enthousiasmé ne voyait plus que les héros qui le charmaient. Ces représentations du Globe avaient lieu pendant la saison d’été et en plein jour. Ni la salle, ni la scène n’avaient donc besoin de lumières artificielles.
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- Un peu plus tard, en France, sous Louis XIII, il y eut à la Cour de belles fêles avec représentations théâtrales, qui donnèrent lieu à de brillantes illumi-
- nations. C’étaient surtout les ballets qui étaient fort du goût de l’époque. Nous en avons une description dans un livre rare (Bibliothèque nationale) : « Balet
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- comique de la Reyne, fait au nom de M. le duc de Joyeuse et de Mademoiselle de Vaudumont, par le sieur de Beaujoyeux, valet de chambre du Roy et de la Reyne sa mère. »
- Malgré l'éclat des milliers de bougies de cire qui répandaient une telle clarté que, disent les contemporains, en pénétrant dans la salle on ne savait pas « si le jour était déjà fini ou si le soleil s était levé de nouveau », ces fêtes n’étaient pas, à proprement parler, le vrai théâtre ; celui du public continuait à n’ètro guère éclairé. Le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, construit dans la rue Mauconseil, sur les dépendances de l’hôtel de ce nom, avait été édifié spécialement pour la représentation des Mystères, et le privilège en avait été accordé aux confrères de la Passion ; ce genre de gpectacle exigeait une mise en scène compliquée et il réunissait souvent un grand nombre de personnages sur la scène, aussi celle-ci était-elle très vaste. Pourtant le goût des Mystères comme distraction théâtrale commençait à diminuer, et l’on jouait des farces ou des pièces du genre italien. Les représentations avaient lieu, en principe, pendant la journée; mais, malgré les édits qui, au nom de la sécurité et de la morale, imposaient cette obligation, la tendance était do retarder de plus en plus l’heure du spectacle (on a calculé que ce retard se produit à raison d’une heure tous les cinquante ans), et bientôt c’était vraiment le soir que les Turlupin, Gros-Guillaume et autres, débitaient leurs lazzis, souvent salés.
- La scène était alors réduite par des tapisseries. On plaçait par-devant une rangée do chandelles de suif. De temps en temps, un personnage passait rapidement devant la rampe; armé de mouchettes, il enlevait dextrement le lumignon fumeux et odorant et ravivait l’éclat faiblissant. Ce moucheur de chandelles était devenu un type caricatural; le costume dégagé, le nez en avant, le geste satisfait, il amusait le public qui l’applaudissait ou même le huait, selon la manière plus ou moins élégante dont il remplissait sa fonction.
- En plus de cette rampe, on avait placé au milieu de la scène, au-dessus des acteurs, une sorte de porte-flambeau auquel était attachées de grosses bougies de cire au nombre de quatre, six ou huit (les jours de gala). Les couloirs et les escaliers étaient éclairés par quelques lampes à huile : quant à la salle qui était très vaste, puisqu’elle pouvait contenir deux mille personnes, elle ne recevait de lumière que celle du jour finissant par des lucarnes servant aussi pour l’aérage, et comme, à condition de prendre son billet, on avait le droit de pénétrer dans la salle une heure « devant que les chandelles soient allumées », cette obscurité ne favorisait que trop les mauvais sujets et les filous qui pullulaient et qui ne cherchaient que des occasions; aussi ce théâtre obscur, où des braves gens se hâtaient d’accourir pour avoir les meilleures places, était un lieu d’élection pour leurs méfaits. Un édit du roi ordonna d’éclairer le parterre et les galeries par quelques lampes et chandelles.
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- Que l’on substituât la bougie de cire à la chandelle, que l’on suspendit quelques lustres devant la scène comme le faisait Molière dans son théâtre, il n'en résultait jamais qu’un moyen d’éclairage que l’on pourrait qualifier de passif, c’est-à-dire sans recherche de la possibilité qu’il y aurait à faire concourir la lumière à l’effet scénique. Pourtant les salles deviennent plus luxueuses et prennent au xvine siècle leur forme définitive. A la rampe, on avait remplacé les chandelles par des lampions ; c’était un progrès, car on n’avait plus besoin de les moucher aussi souvent, et la flamme se maintenait à un niveau plus constant. Molière en avait garni la scène de son théâtre, mais pour le roi il mettait des bougies de cire. Le lampion avait aussi permis d’établir un rudimentaire éclairage dans les décors et de former une sorte de herse en les alignant sur une latte suspendue; on évitait ainsi la cire ou le suif coulant sur les acteurs ; mais ils risquaient de recevoir un lampion tout entier.
- En 1725, le célèbre financier Law se chargea d’entretenir l’Opéra de bougies, mais pour les lustres de la salle seulement. La rampe était encore constituée par des lampions de suif. Un jour, ce suif s’étant fondu, il se répandit et s’enflamma sur toute la ligne, on le remplaça alors par de l’huile de pied de bœuf. Chacun des 60 lampions avait 8 becs, ce qui faisait 480 mèches brûlant une huile nauséabonde, aussi les actrices se plaignaient-elles de la mauvaise odeur.
- C’est à ce moment qu’un chimiste nommé Argand eut l’idée de faire brûler la flamme des lampes à huile dans une cheminée de verre. On sait que Quin-quet, s’emparant de l’idée d’Argand, eut l’adresse de l’exploiter et d’en tirer parti en lui donnant son nom. Argand en devint fou et, disent ses biographes, mourut clans la misère et l’obscurité (ce qui est le comble de la malchance).
- Ces quinquets, tout imparfaits qu’ils fussent, ont été les premiers instruments de l’éclairage tel que nous le comprenons aujourd’hui. Ils ont permis d’organiser des portants sans trop de danger d’incendie, et c’est avec les quin-quets que L’on établit les premières rampes convenables en plaçant un réflecteur derrière chaque llannne, et permettant, en général, de jouer un acte entier sans trop d’accidents. Mais la brillante apparition du gaz allait bientôt éclipser la pâle clarté de l’huile. C’est en 1822 que l’Opéra, reconstruit rue Le Peletier, employa le gaz pour la première fois dans une pièce dont on ne doit le souvenir qu’à cette circonstance : Aladin ou la lampe merveilleuse. Il présentait de tels avantages sur l’huile que.tous les théâtres s’empressèrent de l’adopter; excepté pourtant le Théâtre-Français, et l’on ne sera peut-être pas peu étonné d’apprendre que la rampe de la Comédie était encore éclairée avec des quinquets il y a une trentaine d’années.
- Mais le gaz avait un immense inconvénient, celui du danger d’incendie. Jamais on ne vit autant de théâtres consumés par les flammes, et l’on se rap-
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- pelle qu’une jeune danseuse de l’Opéra, Emma Livry, en préparant le ballet de la Muette de Portici, s’étant approchée trop près de la rampe du gaz, fut tout à coup entourée de 11 animes et périt dans d’atroces souffrances. On conserve pieusement, au Musée de l’Opéra, les lambeaux calcinés de son léger costume à côté du buste où sont fixés les traits de son gracieux visage.
- Malgré ces dangers, la clarté plus franche, la facilité de réglage, la simplification des services imposaient ce nouveau mode d’éclairage. Une seule amenée de gaz était concentrée en un point central et, de là, il était distribué dans tout-le théâtre par une série de tuyaux rangés devant le gazier chef qui en réglait le débit par des robinets qu’il avait sous la main. Ce sont ces rangées de tuyaux que la ressemblance avait fait désigner par le nom de jeu d'orgue, dénomination qui a été conservée pour l’appareil où se fait, la distribution de l’électricité, quoiqu’on n’y voie plus que des manettes et des fils de cuivre.
- Dès que l’électricité devint d’un usage courant par l’emploi de la lampe Edison, elle conquit le théâtre; scs avantages sur le gaz étaient trop éminents pour qu’il n’en fut pas ainsi : pourtant au début, il s’y était présenté quelques obstacles; on avait eu des courts circuits, cause d’accidents graves, et l’électricité était moins maniable que le gaz pour les jeux de lumière.
- L’éclairage de la salle se fait comme jadis au moyen du lustre et des girandoles qui, avec l’électricité, s’éclairent comme par enchantement.
- Lorsqu’on était obligé de descendre le lustre pour l’allumer, cétait un travail et un danger; il arriva un jour que le lustre du Palais-Royal, au moment où il venait d’être remonté après rallumage, s’effondra tout à coup au milieu du parterre; heureusement il n’y avait encore personne dans la salle.
- L’emploi des girandoles donne de la gaîté aux salles, mais elles ne doivent être employées qu’avec modération, on connaît l’iiahitude italienne qui consiste pour les galas, à éclairer a giorno par des lumières réparties tout le long des rangées de loges, c'est plus brillant qu’agréable, car tout cet éclat éblouit sans éclairer et son excès môme empêche de voir.
- L’emploi du gaz et surtout do l’électricité ont donné une tout autre orientation à l’éclairage de la scène. Tant que l’on n’a eu à sa disposition que les moyens primitifs que pouvaient fournir le suif, l’huile ou même la cire, on ne se préoccupait que d’une chose : avoir de la lumière, ou plutôt des lumières. Dans la salle aussi bien que sur la scène, on s’évertuait à ce que le public fut ébloui par leur profusion, sans tenir compte de leur usage plus ou moins judicieux; aujourd’hui, ce que l’on cherche, c’est au contraire l’éclairage et non pas la lumière elle-même. Les choses sont pour ainsi dire retournées. Jadis, tout élément lumineux devait être vu du public et concourir à la fête; aujourd’hui la préoccupation du décorateur est de dissimuler le point éclairant afin d’en Tome 110. — Juillet 1908. 64
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- user pour donner l’illusion de la vie et de la réalité à l’action qui se déroule sur la scène.
- Lorsque les représentations avaient lieu au grand jour et en plein air, c'était le soleil Jui-même qui s’en chargeait. Tout était donc éclairé comme dans la nature ou plutôt, c’était la nature elle-même. Mais cette représentation de la nature était forcément limitée, et c’est une erreur de croire, comme certains auteurs l’ont exprimé, que cet éclairage réel était favorable au naturel de l’action . Le théâtre, qu’il soit ouvert au jour ou fermé, 11e vit jamais que d’illusion; selon les temps, les lieux, les ressources de l'industrie nous devons chercher à l’obtenir par tous des moyens possibles, mais ce n’estpas toujours la matérialité des objets qui nous la donne. U11 acteur qui parlerait sur la scène comme dans la vie réelle manquerait de naturel quoique cela puisse sembler paradoxal. De même, dans la décoration, c’est la réalité crue qui nous semblerait artificielle.
- Nous allons voir sommairement quels sont les moyens dont nous disposons aujourd’hui pour l’ensemble des ell'ets scéniques.
- Trois éléments principaux y concourent : les herses, les portants et la rampe.
- Les herses éclairent d’en haut et les portants latéralement, mais aussilôt qu’011 a dépassé le faite, il faut avoir recours à la fâcheuse rampe. Heureusement qu’une longue accoutumance nous rend ces défauts moins sensibles sans cela comment accepter rineonséqueuce de cette lumière qui vient de dessous terre, qui illumine les jambes plus que la tête, qui éclaire la ligure par en dessous, enlaidit les plus jolis visages et rend grotesques les personnages sérieux. Nous sommes habitués à ces effets et notre imagination sait reconstituer la nature, mais on peut se rendre compte de ce que la rampe produit de déformation en photographiant un personnage éclairé de cette façon.
- Si, au début, l’électricité avait présenté quelques difficultés dans l’éclairage des théâtres elles ont été bientôt surmontées, et les anciens procédés bien surpassés.
- On en jugera par une description sommaire de l’éclairage de l’Opéra si bien organisé par l’intelligent luminariste M. de Ceris, qui préside avec autorité et compétence au fonctionnement de ses 10 000 lampes. C’est à son amabilité que je dois les détails qui vont suivre. Je ne puis ici faire la description complète de cet admirable ensemble, je me contenterai en quelque sorte d’en établir le programme.
- Les lampes'sont de trois couleurs: blanches, rouges, bleues. Les lampes blanches sont au nombre d’environ7 000, réparties dans la salle, les couloirs, les services, les loges, etc,, etc. De plus, la loggia est éclairée par des lampes à arc représentant 200 ampoules. Sur la scène chaque organe se compose de trois jeux de lampes blanches, bleues, rouges. On trouve 9 herses à trois rangées de 72 lampes chacune, 60 portants à trois rangées de 8 lampes. Enfin la rampe, toujours avec les trois couleurs, contenant 360 lampes. Tout cela jusqu’ici est très simple, mais il faut que ces organes puissent être allumés isolément ou tous ensemble avec la teinte voulue et que leur intensité varie de zéro jusqu’à leur maximum ; et que toutes ces opérations s’effectuent lentement ou rapidement, toujours sans secousse, sans erreur et sans accident.
- C’est dans un réduit situé sous l’avant-scène, devant le trou du souffleur, que se concentre tout le mécanisme de cette merveilleuse installation, et tout est si bien réglé qu’un seul électricien qui communique par des porte-voix avec les chefs de service produit au moment voulu les magiques effets qui contribuent à charmer les spectateurs.
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- En outre des lampes dont je viens de parler, M. de Ceris a établi au-dessus du cintre, sur
- Fig. 10. — Un jeu d’orgue à l’Opéra.
- les ponts, un jeu de projecteurs avec des lampes à arc, qui répandent une belle lumière blanche sur la scène; puis, aux cinquièmes loges, deux puissants projecteurs qui viennent
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- ajouter leur éclat quand il en est beeoin. Dans les loges latérales du proscenium se trouvent les boîtes à lumière destinées aux effets spéciaux.
- La lumière par projecteurs a souvent quelques défauts ; on a sur la scène un cercle trop lumineux entouré d’un halo. Mais M. de Ceris emploie pour ses projecteurs des lentilles à foyer assez long, de façon que la source lumineuse ayant dépassé le foyer principal, le cercle de lumière est élargi, et il est facile, par un écran, d’arrêter le halo. De plus, il choisit la couleur du verre donnant une lumière tamisée qui s’allie à celle des lampes à incandescence
- L’électricité se prête particulièrement à ce que l’on peut appeler les trucs. Bien avant que son usage se soit généralisé, les théâtres à grands spectacles savaient diriger un rayon de lumière électrique sur l’apparition fantastique d’un diable ou d’une fée. L’Opéra possédait une batterie de cinquante éléments Bunsen, et, avec la vieille lampe Dubosc, on produisait des apparitions ou de jolis effets de lune. Dans ces projections, on colore la lumière avec des feuilles de gélatine qui ont l’avantage de ne pas se briser, mais elles fondent quelquefois lorsqu’elles sont trop rapprochées du foyer incandescent. Mais au théâtre, le truc proprement dit n’est pas très intéressant, même pour ceux qui dépendent de la lumière.
- Je ne puis énumérer ici tout ce que l’intelligence inventive des décorateurs arrive à produire de gracieux, de sombre ou d’impressionnante grandeur. La brosse du décorateur a des moyens limités, mais l’action du luminariste peut en varier, pour ainsi dire indéfiniment, les effets. La seule chose qui limite le résultat de nos efforts est, en somme, l’intensité de la lumière ; mais au théâtre, comme ailleurs, tout est relatif, et c’est un usage judicieux que nous en ferons, plutôt que son augmentation indéfinie qui satisfera notre sentiment artistique. Nous ne ferions pas mieux en allant toujours plus loin et nous risquerions de nous fatiguer, nous sommes comme dans les théâtres italiens éclairés à giorno. « Sous prétexte d’avoir plus de lumière, dit Charles Regnaud, ne cherchons pas à décrocher le soleil, au bout de six mois, nous ne verrions plus clair. »
- Laissons donc l’astre du jour où il est, et contentons-nous du fluide électrique, plus modeste mais plus serviable.
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- COMPTE RENDU DES PROGRÈS RÉALISÉS DANS l’ÉTUDE ET L’iNDUSTRlE DES HUILES
- essentielles, par MM. A. Haller et H. Gault.
- Nous avons, dans de précédents articles (1), passé rapidement en revue les intéressantes recherches effectuées par de nombreux expérimentateurs sur les principes constituants des essences végétales. Nous nous proposons aujourd’hui de compléter ce bref exposé par une étude, nécessairement très brève elle aussi, des principales huiles essentielles et des travaux les plus importants concernant leur constitution chimique et leurs propriétés caractéristiques. Cette description systématique à laquelle il est d’ailleurs impossible d’assigner un autre ordre que l’ordre alphabétique, formera l’objet de cet article et des articles suivants.
- Essence d'absinthe. — M. Charabot, dans ses intéressantes recherches sur la formation et la distribution des principes odorants dans un certain nombre de végétaux, a fait à ce point de vue l’étude de l’absinthe. Nous renvoyons à ce sujet aux mémoires originaux parus dans les bulletins de Roure et Bertrand (2).
- Certaines essences d’absinthe possèdent une composition assez éloignée de la composition normale déterminée (3) depuis, plusieurs années. Alors que les éssences normales renferment comme élément constituant principal de la thuyone, quelques échantillons provenant du Midi de la France et analysés dans les laboratoires de la maison Roure et Bertrand (4) n’en contiennent au contraire que de faibles quantités (3 à 8 p. 100), leur composant principal étant l’alcool thuyilique à l’état libre ou combiné.
- Essence d’achillea nobilis. — M. Echtermeyer (5) a étudié l’essence d’achillea nobilis préparée pour la première fois par M. Bley en 1835. L’essence
- (1) Bulletin de la Société d’Encouragement, fév. 1907, 138 ; juin 1907, 699.
- (2) Bull. Roure, oct. 1900; 10 oct. 1901, 11.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1897, 48. — Gildemeister et Hoffmann, les^Huiles essentielles, p. 844. — Bull. Soc. chirn., III, 23 (1900), 474.
- (4) Bull. Roure et Bertrand, avril 1906, 36.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1903, 9.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- distillant entre 170° et 265° présente les constantes suivantes : dl&°, 0,9363 Ten en éthers (C10HnO — CO — CH3) avant acétylation: 18,2 p. 100— après acétylation : 34,3 p. 100. Alcool libre (C10H8O) 13,1 p. 100.
- Il a été impossible d’y déceler la présence d’aldéhydes ou de cétones, non plus que de cinéol. La déshydratation de l’alcool libre donne naissance à un mélange de terpènes qui distillé sur du sodium se scinde en deux fractions passant respectivement entre 153°-161° et 171-177°. La première renferme du camphène, l’autre un terpène inconnu. M. Echtermcyer a pu en outre mettre en évidence la présence de bornéol et d’un autre alcool possédant l’odeur du lina-lool sans toutefois donner de ci Irai par oxydation. Le résidu obtenu après séparation de ces alcools renferme du camphène et un hydrocarbure (C10H1(Î)„ bouillant entre 240°-245°. En dernier lieu, l’auteur a décelé dans cette essence des acides tels que l’acicle formique, l’acide acétique et caprique.
- Essence d'acore ou de calamus. — MM. Schimmel (1) avaient, il y a quelques années, observé dans un résidu de rectification de l’essence d’acore un dépôt de petits cristaux lamellaires qui, recristallisés dans l’alcool, fondaient à 167° et auxquels ils avaient attribué une constitution analogue à celle d’un] hydrate de sesquiterpène. MM. von Soden et Rojalm (2) retrouvant ce même produit dans une essence provenant de la Galicie lui reconnurent la formule Cl3H2604 sans toutefois poursuivre plus loin leurs recherches.,MM. Thoms et Beckstroem (3) reprirent cette étude et, après avoir vérifié l’exactitude de la formule proposée, démontrèrent que ce produit désigné sous le nom de camphre de calamus et auquel ils donnèrent le nom de calaméone n’est ni un alcool ni une cétone et se rapproche par sa constitution du cinéol. Traité par le sodium, il fournit un alcoolate monosodique et par ébullition avec de l’acide sulfurique à 50 p. 100 donne naissance par élimination de deux molécules d’eau à un hydrocarbure C13H22 (P. E. 144° sous 15 millimètres) dno : 0,9324—(a)f0 : 11° 31), le cala-mène (4).
- Le calaméone se transforme par oxydation à température ordinaire en un acide monobasique C13H2i04 + H20 (P. F. = 153°) qui, anhydre, fond à 138°. Le brome réagit facilement en donnant successivement les combinaisons C15H21Br, C13H.)0Br2,C13H18Br et l’acide chlorhydrique en donnant un produit d’addition. Le calamène s’oxyde sous l’influence du permanganate en donnant naissance à un mélange d’acides. Le brome réagit en donnant le composé Cl3H21Br2.
- Des eaux-mères du calaméone, MM. Thoms et Beckstroem purent en outre isoler une grande quantité d’un produit fondant à 61° qui n’était autre que de
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1899, 9.
- (2) Pharm. Ztg, 46 (1901), 243.
- (3) Ber., 34 (1901), 1021.
- (4) Apoth. Ztg, 16 (1901), 688, Beckstroera, Inaug^Dissert,, Berlin, 1902,
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- l’industrie des huiles essentielles.
- l’asarono et prouvèrent que la combinaison odorante à laquelle l’essence de calamus doit son parfum est un produit intermédiaire d’oxydation de l’asa-rone (1). La proportion d’asarone contenue dans l’essence de calamus, atteint 7,5 p. 100 et, comme MM. Bencdikt et Grussner (2) l’avaient déjà fait comprendre, ceci explique lors de la détermination de l’indice de méthyle les chiffres élevés que l’on obtient, puisqu’en dehors de faibles quantités'd’eugéno.l et d’aldéhyde asarylique, cette essence ne contient pas d’antre méthoxyle. M. Beckstroem (3) déduit de ce fait que le dosage de l’asarone peut être utilisé comme essai méthodique de l’essence de calamus.
- Essence cl’acore du Japon. — Les racines de la plante fournissent (4) par distillation à la vapeur environ 3 p. 100 d’essence jaunâtre à*odeur désagréable et de saveur amère (d15o : 0,976 ; a^10 4- 23° à + 25°; nl 2u3 4 5 6 7° : 1,513; I. S. O. I. S. après acétylation 17 ; teneur en méthoxyle 9,299 p. 100).
- La plus grande partie de l’essence distille entre 250° et 280°. Elle ne renferme pas de terpène C10Hlc, mais contient du méthvleugénol (caractérisé par oxydation en acide vératrique) et probablement un sesquiterpène.
- Essence d'herbe d'Ajowan. — L’essence retirée du Carnm ajowan provenait uniquement jusqu’à présent des fruits de la plante. MM. Schimmel (5) ont récemment soumis Lherbe elle-même à la distillation. Le rendement s’est élevé à 0,12 p. 100 et l’essence obtenue d’une couleur brun clair possédait les constantes suivantes : d^„ [0,8601 — (*)„ : 0° 4L, et se dissolvait dans environ six volumes d’alcool à 90° en donnant lieu à un abondant précipité de paraffine. Contrairement à l’essence des fruits, l’essence d’herbe d’ajowan ne renferme qu’une très faible proportion de thymol (1 p. 100). Un essai préalable a fait déceler parmi les autres constituants de faibles quantités de phellandrènc.
- Essence d’alpinia malaccensis. — Le rhizome frais de Y Alpinia malaceensis Boscoe fournit par distillation environ 0,25 p. 100 d’une essence incolore d’odeur agréable (6) dont le poids spécifique à 27° varie entre 1,039 et 1,047. Cette essence faiblement dextrogyre (a : + 0° 25' à + 1° 5' — tube de 200 millimètres) se solidifie presque complètement par un faible abaissement de température. Le dépôt cristallin qui se forme n’est autre que du cinnamalc do méthyle. D’autres recherches plus récentes (7) ont fourni pour cette essence les constantes suivantes : Bendement 0,16 p. 100 — du 1,02—(a)D -t- 6°,5', cinna-
- (1) R. Beckstrœm, Cher die Bestandtheile des Calamus-Ocl. —Inaiig. Dissert, Berlin, 1902. — Ber., 35 (1902), 3187 et 3195.
- (2) Chem. Ztg, 13 (1889), 1088.
- (3) Ber., 12 (1902), 266.
- (4) M. Asahina, Apotheker Z tg, 21 (1906), 987.
- (5) Bull. Schimmel, octobre 1903, 82.
- (6) V. Romburgh, Kôninglijke Akad, v, Welenschapen te Amsterdam, 1898, 550,
- (7) Ibid,, 1900, 445,
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- mate de méthyle 75 p. 100. Le résidu liquide obtenu, soit par saponification, soit par simple entraînement à la vapeur d’eau du cinnamate de méthyle est en grande partie constitué par du pinène, comme le démontrent son analyse et l’élude de.ses propriétés caractéristiques.
- Essence de graines d’ambrette. — L’eau distillée d’ambrettc fournit par des cohobalions répétées une huile brunâtre plus lourde que l’eau et dans laquelle MM. Schimmel (1) ont pu constater la présence de furfurol. Les auteurs ajoutent : « Ici, comme dans les autres cas où sa présence a été constatée, sa formation est due à l’action simultanée de la chaleur et des acides en présence de l’eau, sur la matière cellulaire et les autres hydrates de carbone contenus dans la matière première employée. »
- L’essence de graines d’ambrettc est, comme on le sait, solide à température ordinaire, grâce à l’acide palmitique qu’elle paraît contenir. MM. Schimmel (2) ont eu l’idée do l’éliminer par un traitement préalable et l’huile essentielle sortant de leurs laboratoires se maintient liquide à toute température, se dissout facilement dans l’alcool à 80° en donnant une solution limpide et possède les constantes suivantes : d : 0,909 — (a) + 1° 10' — Ind. d’acide 2,4 — Ind. d’éther 180,5.
- Notons enfin que le parfum d’ambrette (3) peut être employé en parfumerie comme adjuvant des teintures de musc et en général comme fixateur de l’odeur de musc.
- Essence d’ambrosia artemisiaefblia. — L’essence recueillie jusqu’à présent provenait uniquement des feuilles fraîches et fleuries (4). En s’adressant au contraire aux plantes récoltées avant floraison, on obtient une essence verte d’odeur aromatique agréable, qui se dissolvant à volume égal dans l’alcool à 90° en donnant une solution limpide se trouble toutefois par addition ultérieure d’alcool. Elle possède les constantes suivantes : dl„, 0,876 — (x)D, — 1° — I. E., 7,94.
- Essence d’amomum mala. — La distillation des fruits concassés (graines et enveloppes) de VAmomum mala, Zingiberacée très répandue dans l’Afrique orientale allemande, fournit une essence brun jaune (5) avec un rendement d’environ 0,76 p. 100. Cette essence se rapproche par scs propriétés et sa composition des essences de cardamome. Un examen préliminaire a permis d’y déceler une assez grande quantité de cinéol, ainsi que de terpinéol, Un échantillon de cette essence se dissolvait dans 1 à.1,5 volumes d’alcool à 80° et pos-
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1899, G.
- (2) Ibid., octobre 1902, 9.
- (3) Ibid., octobre 1900, 8.
- (4) Ibid., avril 1904, 102.
- (b) Ibid., avril 1905, 85.
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- sédait les constantes suivantes : 0,9016 — (x)D 10° 54' I.A., 3,5 —I.E., 1,7
- — I.E. après acétylation, 67,05.
- Essence d’amorpho, fructicosa L. —D’après M. Yittorio Pavesi (1), les feuilles-et les fruits de "cette plante, soumis à la distillation à la vapeur d’eau, ont fourni avec des rendements respectifs de 0,5 à 0,8 p. 100 et de 1,5 à 3,5 p. 100 des essences de teinte pâle et de saveur amère possédant les propriétés sui-
- vantes :
- Essences de feuilles fraîches. . 17,5 n D 1,80083 18,5 n D 1,50928
- — — vieilles . . n 1,30036 n 1,50892
- Essence des fruits verls .... n 1,49951 d • 0,9019
- — — mûrs .... n 1,50036 d 0,9035
- L’essence de feuilles contient, dans la portion passantentre 150° et 220° sous 750 millimètres, un terpène qui n’a pu être caractérisé. Dans uno fraction moins volatile distillant entre 250° et 265° (di5o 0,91661 /?U°, 1,50559), M. Pavesi a pu déceler le cadinène, mais la plus grande partie de cette portion semble être constituée par un sesquiterpènè {dVi«, 0,9160—n1 2’4, 1,5065) voisin du clovène ou du sesquiterpène découvert récemment par M. Wallach à côté du cadinène. Il n’est pas impossible d’ailleurs que l’on ait eu affaire à un nouveau sesquiterpène que M. Pavesi propose de désigner sous le nom d’amorphène.
- Essence de feuilles d'aneth. — L’essence d’aneth obtenue par distillation des feuilles diffère notablement, par toutes ses propriétés de l’essence normale d’aneth provenant de la distillation des fruits. Les constantes déterminées par MM. Schimmel (2) sur un échantillon d’origine espagnole, insoluble dans l’alcool à 80°, mais donnant au contraire une solution limpide avec cinq volumes d’alcool à 90° étaient les suivantes : c/13o, 0,9282 (x)D + 45° 47'—1,49638. Un premier essai permit d’y déceler une notable proportion de pliellandrène, un titrage au moyen do chlorhydrate d’Jiydroxylamine n’indiquant au contraire que 16 p. 100 de carvone (au lieu de 40 à 50 p. 100). En soumettant le même échantillon à la distillation fractionnée, il fut possible de constater que les 4/5 de l’essence étaient constitués presque exclusivement par du phellandrène à côté de quelques autres terpènes. Après distillation d’une portion peu importante possédant faiblement l’odeur de carvone, on obtient un liquide peu volatil et plus dense que l’eau, qui rectifié passe entre 155° et 156° sous 8 millimètres, en abandonnant comme résidu une matière cireuse soluble dans l’alcool bouillant. Le produit distillé fut identifié avec l’apiol d’aneth par sa transformation en isoapiol d’aneth.
- (1) Extrait de VAnmiario délia Soc. chimica di Milano, H (1904), 3.
- (2) Bull. Schimmel, avril 1903, 10.
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- On peut conclure de ces recherches que, l’essence d’aneth retirée exclusivement des fruits ne contenant pas trace de phellandrène, les essences où cet hyd rocarbure peut être décelé doivent provenir de la distillation d’un mélange des fruits et de l’herbe d’aneth.
- Essence Æécorces d’angusture. — Nous avons eu déjà l’occasion de signaler les travaux de MM. Beckurts etTraeger (1) qui avaient isolé de l’essence retirée des écorces de Cusparia trifoliata un sesquiterpène C15H2l auquel ils avaient donné le nom de galipène. Les mêmes auteurs (2) ont reconnu depuis que cet hydrocarbure n’était autre que du cadinène. Par contre, la constitution de l’alcool galipénique ou galipol qui se trouve dans cette essence à raison de 13 à 14 p. 100 n’a pu être déterminée. Enfin MM. Beckurts et Traeger ont isolé à côté de petites quantités d’un terpène C10 H1C (probablement du pinène), un sesquiterpène inactif d’ailleurs mal caractérisé et pour lequel ils proposent le nom de galipène.
- Essence d’anis. — Depuis quelques années les progrès réalisés dans l’extraction de l’anéthol ont permis au composé synthétique de soutenir avantageusement la lutte contre l’essence naturelle. Plusieurs pharmacopées l’ont d’ailleurs adopté (Allemagne, Suède, Belgique), en lieu et place de l’huile essentielle en indiquant les constantes suivantes: droB, 0,984 à 0,986 — (a) D it 0° — P. E., 233°-234° — P. F., 20°-21°. Soluble dans deux parties d’alcool.
- Dans des recherches datant de 1896, MM. Bouchardat et Tard y (3) avaient cru déceler dans l’essence d’anis la présence d’une certaine quantité de fénonc. M. Tardy (4), en reprenant plus récemment cette étude, s’est rangé à l’avis de MM. Schimmel et a vérifié que ses conclusions primitives avaient été faussées en ce qui concerne la fenone par l’emploi d’une essence d’anis falsifiée à l’aide d’essence de fenouil.
- La cétono anisique découverte par MM. Bouchardat et Tardy fut par contre définitivement caractérisée dans l’essence d’anis et l'auteur rejetant l’opinion admise par MM. Schimmel (5) relativement à l’identité de cette cétone avec la cétone étliylanisique de M. Wallach (6) lui attribue la formule CG1f (OGI.L) CH2.COCH3 en la rapprochant au contraire de la paramétlioxyphénylacétone de MM. Behal et Tiffeneau (7) (P. F. des oximes 72°) et delà cétone de M. Taeu-nies (8), CG 114 (OGHj) C1I2 — GOCH,, obtenue.à partir de l'anélhoL Les cons-
- (1) Arch. der P h arm.’ 235, 518, 634.
- (2) Ibid., 236, 392.
- (3) C. R-, 122 (1896), 198.
- (4) Thèse de.doctorat d’LJniversité, Paris, 1902,
- (5) Bull. Schimmel, avril 1896.
- (6) Ber., 28 (1895), 2714.
- (7) Bull. Soc. chim., 25 (1901), 275.
- (8) Ber., 20 (1887), 2984,
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- tantes indiquées par M. Tardy à propos de cette cétone sont les suivantes :P. E. 263°—d0, 1,095— P. F. de la semicarbazone 82°. Elle se combine au bisulfite et se convertit par oxydation au contact de Pair en acides acétique et anisique.
- Essence d’apopine ou de schu-yu. — On recueille dans les districts du centre et du nord-est do Formose une huile essentielle à odeur camphrée désignée primitivement par les indigènes qui remployaient à la falsification de Fessenco de camphre sous le nom de Schù-yu. (essence fétide), puis appelée essence d’apo-pine du lieu de production. Bien que les renseignements fassent défaut en ce qui concerne la plante elle-même, il semble certain qu’elle appartient à la famille des Fauracées. M. Keimazu (1) a fait des recherches sur cette essence et nous donnons le résumé de ses observations qui ont paru presque en totalité dans les.bulletins de Schimmel.
- L’essence d’apopine se présente sous forme d’un liquide limpide incolore brunissant à l’air. Ses constantes sont les suivantes: dl&0, 0,9279 — (a)D 17°06' à 17°19' (tube de 100 mm.). En soumettant cette essence à la distillation fractionnée, on obtient plusieurs fractions réparties principalement entre les températures de 190° et 213°. Dans un premier travail, M. Keimazu parvint par des rectifications réitérées do la portion 195°-210° à isoler des cristaux de camphre qu’il identifia plus complètement par l’étude des oximes avec le camphre des Lauraeées, originaire du Japon. Dans les portions supérieures, l’auteur put déceler l’eugénol et le safrol. Enfin les fractions passant au-dessus de 195° contenaient du cinéol et un terpène, le dipentène.
- A la suite de recherches plus approfondies, M. Keimazu (2) conclut à la présence dans l’essence d’apopine de formaldéhyde et do pinène dextrogyre (il est toutefois bon de remarquer que la formaldéhyde peut aussi bien provenir du mode de préparation de l’essence que delà matière première elle-même). Enfin, en analysant de plus près la portion 195°-205°, l’auteur put isoler une fraction passant entre 197° et 199° et possédant les constantes suivantes: dl8„ 0,8942 aD, + 6° 4' (tube de 100 mm.) Ce liquide incolore et transparent présente l’odeur caractéristique de l’essence d’apopine et répond à la formule C10II,8O. Oxydé au moyen du mélange cliromique, il donne une huile qui se combine au bisulfite et qui n’est autre que du citral comme le prouvent l’analyse élémentaire et sa transformation en acide a, citryl [B naphtocinclioninique. On peut conclure de là que le principe constitutif de l’essence’d’apopine est un alcool terpénique. Bien que certaines de ses propriétés (Pt. d’ébullition, oxydation) le rapprochent du linalool, d’autres (pouvoir rotatoire, acétate correspondant) l’en font différer à un tel point que M. Keimazu s’est résolu à le considérer comme un isomère
- (1) Journ. of the Pharm. Soc. of Japon, 253 (1903).—Bull. Schimmel, octobre 1903, 10*
- (2) Ibid., 258 (1903). — Bull, Schimmel, avril 1904, 11,
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- de la série du géraniol et lui a donné le nom à' apopinol ! Toutefois .la préparation de quelques dérivés de l’apopinol (alcoolate, dérivés alcoylés, uréthane) n’a fourni à l’auteur que des résultats peu favorables et qui ne peuvent constituer une preuve concluante de l’existence de cet alcool.
- Essence d'aralia nudicaitlis. — D’après M. Alpers (1), le rhizome d’Aralia nudicaulis qui se rencontre depuis lé Canada jusqu’au sud des Etats-Unis et qui est connu sous le nom de Salsepareille sauvage, fournit par distillation à la vapeur 0,04 à 0,12 p. 100 d’une huile essentielle d’un jaune clair et douée d’une odeur aromatique agréable qui rappelle les jeunes carottes. Elle se compose principalement d’un sesquiterpène CJS H2i bouillant à 270°, d’une densité de 0,9107 à 18°, nD, 1,49936 —(a)D— 7° à —8° en solution benzénique. L’auteur n’ayant pas réussi à obtenir de dérivés solides de ce carbure avec l’acide chlorhydrique, le brome ou l’acide nitreux en vue d’une identification avec les sesquiterpènes connus, lui a donné le nom d'araliène.
- Outre ce carbure, l’essence renferme encore un composé oxygéné qui, en raison de son point d’ébullition élevé, semble appartenir à la classe des alcools sesquiterpéniques.
- Essence d'artemisia variabilis. —- La maison Schimmel (2) a eu l’occasion d’analyser une essence obtenue des sommités fleuries de Y Artemisia variabilis Ten. Cette huile, de couleur brune possède une odeur rappelant celle de l’essence de petit-grain. Ses constantes sont les suivantes : </13« 0,9115 (a)n — 9°20'
- — I. A., 1,7 — I. S., 15,5— 1. S. après acétylation, 49,1. Elle est complètement soluble dans l’alcool même absolu et on peut en conclure que cette huile essentielle est particulièrement riche en terpènes ou en sesquiterpènes.
- Essence d'artemisia vulgaris. (Essence d'armoise du Japon, d'Yomugi.) — Cette'essence de provenance japonaise (3) est douée d’une couleur vert clair et répand une forte odeur de cinéol. Elle est incomplètement soluble dans l’alcool et possède les constantes suivantes : o?15„ 0,9101 — (a)D — 13° 16’ — I.A., 1,56
- — I.E., 29,81.
- MM. Schimmel ont décelé le cinéol dans cette essence comme dans l’essence européenne par sa combinaison avec l’iodol et y considèrent comme probable la présence de thuyone. En ce qui concerne l’espèce botanique de l’essence, les avis sont partagés. Tandis que d’après M. Rein (4), Yomugi est le nom de Y Artemisia vulgaris, l’essence d’après les renseignements plus, récents proviendrait des plantes de chrysanthème désignées sous le nom de Kiku par les
- (1) Amer. Journ. of Pharm., 71 (1899), 370. — Bull. Schimmel, novembre 1899, 8.
- (2) Bull. Schimmel, avril 1902, 74.
- (3) -Ibid., octobre 1903, 82.
- (4) Bull. Schimmel, avril 1904, 100. — J. Rein, Japan, nach Reisen u. Studien, Leipzig, 1880, IT, 160.
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- indigènes. La première opinion semble la plus vraisemblable d’après ce.que l’on connaît des essences de kiku, déjà étudiées dans les laboratoires de Schim-mel (1).
- Essence d’artemisia lierba cilla. —M. Grimai (2) a soumis à la distillation à la vapeur d’eau l’herbe fraîche non fleurie à’Artemisia herba alta Asso, plante très répandue en Algérie. Il en a retiré avec un rendement d’environ 0,3 p. 100 une huile essentielle jaune verdâtre d’odeur très agréable possédant les constantes suivantes: c/ls„ 0,9456 — n^°° 1,47274 — (a)„° — 15°38' I.A., 6,46 —
- I. E., 89,23. — Teneur en éther (CH., — COOC10 H17) 31, 15 p. 100 correspondant à 24,48 p. 100 d’alcool C10HJ8 O — LE. après acétylation, 135,38. Alcool libre 12,65 p. 100. L’essence est facilement soluble dans 2 à 5 parties d’alcool à 70°; refroidie jusqu’à — 12°, elle ne se solidifie pas. Par rectification dans le vide, l’auteur a pu isoler le camphène L, le citiéol et le camphre. Les fractions supérieures par traitement à l’anhydride phtalique d’après la méthode de M. Haller ont fourni une petite quantité d’un alcool non déterminé. Enfin de la solution alcaline résultant de la saponification de l’essence, M. Grimai a pu précipiter un mélange d’acides gras contenant de l’acide caprique ou caprylique.
- Essence d'artemisia anima. — MM. Schimmel (3) ont. obtenu à partir de l’herbe fraîche à?Artemisia annaa et avec un rendement de 0,29 p. 100 une essence de couleur jaune citron et d’odeur agréable rappelant de loin celle du basilic. Ses constantes sont les suivantes : dy60, 0,8912 — (a)u — 1°18' — LA., 3,8 — I.E., 19,2 I. E. après acétylation, 44,5. L’essence se dissout dans 1 à 1,5 vol. d’alcool à 80°. Un excès d’alcool trouble la solution obtenue par suite d’une forte précipitation de paraffine.
- Essence d'artemisia frigida Wild. — M. Rabak (4) a publié un premier • travail sur quelques nouvelles essences d’armoise dont il se réserve d’ailleurs l’étude plus détaillée. En ce qui concerne l’essence d'Artemisia frigida, la plante fraîche distillée à la vapeur d’eau fournit 0,41 p. 100 d’une essence verdâtre possédant une odeur analogue à celle du cinéol. Ses constantes sont les suivantes : 4,0, 0,927 — (a)D—24°48'— I.A., 1,2 — I.E., 31,8— I.S., 33, O. L’herbe sèche ne donna au contraire que 0,07 p. 100 d’une essence de couleur plus foncée : d22o, 0,930 — I.A., 4,7 — I.E., 40 I.S., 44,7. L’épuisement à l’éther de l’eau recueillie pendant la distillation fournit un troisième échantillon d’essence également foncée : d22„ 0,196 — I.A., 5,3, — LE. 25 — I.S., 30,3.
- Essence d’artemisia leudoviciana Nuit. — L’herbe fraîche (5) donne 0,38
- (1) Gildemester et Hoffmann, les Huiles essentielles, p. 838.
- (2) Bull. Soc. chim.j 31 (1904), 694.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1905, 87.
- (4) Pharmaceut. Review, 23 (1905), 28.
- (5) Pharmaceut. Review, 23 (1905), 28.
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- p. 100 d’une essence jaune verdâtre douée d’une forte odeur aromatique : cl2.2o 0,929 — (a.)D — 16°14' — I. A.,4— I.E., 10 — I.S., 14.
- Essence d'arlemisia caudata Mich.— L’herbe fraîche fournit 0,24 p. 100 d’une essence jaune à odeur douceâtre qui permet de conclure à la présence d’estragol ou d’anéthol : d22o, 0,920 — (a)D —12°30' —I.A., O —I.E., 17,0.
- M. Rabak (1) a poursuivi l’étude de ces trois dernières essences et a publié récemment le résultat de ses dernières déterminations.
- Essence d'asarum arifolium. — M. Miller (2) a dirigé ses recherches sur l’huile essentielle d 'Asarum ari folium provenant des feuilles et surtout des racines de cette plante. L’essence qu’elle fournit avec un rendement de 7 à 7,5 p. 100 possède une odeur agréable rappelant celle du sassafras et une saveur amère assez prononcée ; elle est incolore, plus lourde que l’eau, et sous l’in-lluence de l’air se colore peu à peu en jaune rougeâtre. Comme l’essence de sassafras, l’essence d’asarum arifolium se colore en rouge intense au contact de l’acide sulfurique concentré. L’acide nitrique concentré l’attaque vivement avec formation d’un liquide rouge et d’une résine ; le brome réagit violemment. Scs constantes varient entre les limites suivantes : d, 1,0585 à 1.0643 — (a)D — 2° 55' à 3° 7' — nf0, 1,531065 à 1,531875. Elle distille sous 22 mm. entre 55° et 179° et se dissout dans presque tous les dissolvants usuels. Son principal constituant est le safrol, caractérisé par l’analyse et ses produits d’oxydation. Elle renferme également du pinène L, de l’eugénol et, en petite quantité, un autre phénol colorant le perchlorure de fer en vert. Enfin M. Miller y a également décelé la présence du méthyleugénol, du méthylisoeugénol et de l’asarone.
- Essence d'asarum Blumei Duch. — L’herbe d'Asarum Bluniei Duch (connue sous le nom de to-ko) renferme 1,4 p. 100 d’huile essentielle jaunâtre à odeur de sassafras (c/13° 1,0788; [a] D + 5°3'; I. A. et I. S.±0. M. Asahina (3) qui l’a étudiée y a décelé l’eugénol, le safrol et un produit analogue aux terpènes.
- Essence d'aspic.— L’essence d’aspic est sujette à de fréquentes falsifications de la part de certains producteurs, qui utilisent le plus souvent à cet effet l’essence de térébenthine française et l’essence de romarin. MM. Scliimmel (4), pour déceler le premier de ces produits, distillent une partie aliquote de l’essence à essayer et mesurent la rotation de la partie distillée (environ 10 p. 100). Quelque minime que soit la proportion de l’essence de térébenthine ajoutée, elle est immédiatement caractérisée par la rotation gauche qu’elle entraîne. L’essence de romarin, moins employée d’ailleurs par les falsificateurs, par suite de la faible différence de prix qui existe entre les deux essences, est
- (1) Pharrn. Review, 24 (1906), 324.
- (2) Arch. der Pharm., 240 (1902), 371.
- (3) Journ. of the pharm. Soc. of Japan, 1907, 362.
- (4) Bull. Sehimmel, octobre 1898, 10.
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- plus difficile à reconnaître. AI. Umney (1), s'appuyant sur des conclusions de MM. Schimmel (2), constatant qu’une essence d’aspic renfermant plus de 30 p. 100 d’essence de romarin, ne donne plus après acétylation que 15 p. 100 de principes alcooliques, propose d’acétyler le mélange suspect et de rejeter toute essence qui, dans ces conditions, indiquerait une teneur en alcools inférieure à 30 p. 100.
- Une essence d’aspic normale doit satisfaire aux conditions suivantes : poids spéc. au moins égal à 0,005, rotation à droite, -solubilité dans 3 parties d’alcool à 70 p. 100.
- L’essence d’aspic a été également étudiée au point de vue des essais par A1M. Parry et Bennett (3), et plus récemment par M. Birckenstook (4), au point *dc vue des différences de constitution que présentent les essences suivant leur origine.
- Essence d'année. — L’essence retirée de la racine d’année (Inula Helenium) renferme une substance cristallisable appelée helénine, par Dumas et Gerhardt et dédoublée ensuite par A1M. Kalleii, Bredt et Posth en deux produits désignés respectivement sous le nom d'alantolaclone (P.F. 76°) et d'helénine (P. F. 115°). M. Sprinz (5) a repris l’étude de ce dernier composé peu connu, et a trouvé que, répondant à la meme formule que l’alantolaetono (C13H20O2), il en possédait tous les caractères lactoniques, et pouvait être considéré comme une isoa-lantolactone sans qu’il ait pu toutefois jusqu’à présent la transformer en son isomère l’alantolactone. Chauffée pendant cinq à six heures avec une lessive de soude, l’isoalantolactone se transforme en sel de l’acide isoalantolique qui se précipite par addition d’acide chlordhyrique et se transforme à son tour par simple fusion en isoalantolactone. Cet acide donne des sels, des éthers et un ami de (P.F. 237° — 239°). Réduite par l’amalgame de sodium, l’isoalantolac-tone se transforme en liydroisoalantolactone C13H2,02 (P.F. 166°) qui, sous l’influence de la soude, fournit de l’acide hydroisoalantolique.
- En présence d’éther, l’isoalantolactone fixe d’une manière analogue une molécule d’acide chlorhydrique, en donnant un monochlorhydrate qui, réduit par l’amalgame de sodium, se transforme en hydroisolantolactone. En présence d’alcool, l’isoalantolactone fixe au contraire deux molécules d’acide chlorhydrique pour donner une combinaison incristallisable qui ne peut être qu’un dichlorhydrate, obtenu d’autre part soit à partir de l’hydroisoalantolactone, soit de son monochlorhydrate. D’ailleurs, une ébullition prolongée de ce dichlo-
- (1) Chemist and Druggist, octobre 1894, 63.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1894, 63. *-
- (3) Mon. Scientifique de Quesneville, mai 1906.
- (4) Chem, and Drugg., 63, 1011.
- (3) Arch: der Pharm., 239 (1901). 201.
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- rhydralc avec do l’alcool le fait repasser à l’état de monochlorhydrate, puis d’isoalanlolactone. Tous ces faits tendent à démontrer dans l’isoalantolactone la présence d’une double liaison.
- Enfin M. Sprinz, en étudiant l’action de l’acide nitrique sur l’isoalantolac-tone, a obtenu un dérivé nitré qui, réduit, s’est montré susceptible de diazotation et a dégagé par distillation sur de la poudre de zinc une odeur marquée de naphtaline. On peut en conclure que l’isoalantolactone renferme un noyau cyclique..* . •
- Essence d'ayapana. — L’essence d’ayapana (1) (Eapatorium triptinerve Vahl) possède les constantes suivantes : ° 0,9808; [a] D + 3°80'; I.E. 8,0; LE. après
- acétylation 23,4. Elle est entièrement soluble dans 11/2 volume d’alcool à 90°, presque complètement insoluble dans l’alcool à 80°. Elle bout en dehors d’une première fraction peu importante, entre 104° et 105° sous 3,5 mm. Par oxydation, 25 p. 100 de cette essence seulement sont transformés, ce qui semble indiquer qu’elle est en grande partie formée d’un corps homogène.
- Essence de backhonsia citriodora. — Cette essence a été étudiée par MM. J.-C. Umney et C.-T. Bennet (2), elle possède les constantes suivantes : ^« 0,895 à 0,896; [«.Jk + O0 ou très faible à gauche; aldéhydes (surtout du citral), 94 à 95 p. 100. Soluble dans 1/2 à 3 vol. d’alcool à 70°, l’essence distille presque entièrement entre 215° et 230°. Elle renferme de très faibles quantités do terpènes et semble, par contre, contenir d’autres produits odorants dont les auteurs se proposent de poursuivre l’étude.
- Essence de badiane. — Certaines différences observées dans les essences de badiane ont amené M. Umney (3), à la suite de renseignements obtenus de M. Simon de Paris, à conclure que les essences offrant ces particularités n’étaient pas extraites des fruits, mais des feuilles et des rameaux. Nous avons déjà eu l’occasion d’appeler l’attention sur des produits semblables dans notre dernière revue. •
- Ce sont les indigènes du district de Po-Se qui, les premiers, ont fabriqué cette essence dont la production semble régulièrement augmenter. Quelques-unes de ces essences de feuilles qui diffèrent peu de celles de fruits au point de vue de leur odeur, avaient comme densité 0,9878 à 15°,5 et un pouvoir rotatoire de +1°. La grande différence réside dans le point de solidification, les essences normales restant quelquefois encore liquides à+ 8°.
- La distillation fractionnée a montré que ces essences renfermaient une plus grande proportion d’aldéhyde anisique, laquelle ne se forme dans les essences
- (1) Bull. Schimmel, avril 1907, 17.
- (2) Chemist and Druggist, 68 (1906), 738.
- (3) Chem, and Drug., 54 (1899), 323.
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- d’anis et de badiane qu'au bout d’un temps assez long, par l’oxydation de l’anéthol, ce qui occasionne alors un abaissement du point de solidification.
- M. Tardy (1) a publié récemment dos recherches détaillées sur l’essence de badiane. En partant d’une matière première en grande partie privée d’anéthol, il a pu, à côté des corps connus, pinène droit, pliellandrène gauche, estragol, éther éthylique de l’hydroqninonc, aldéhyde et acide anisique, déceler la présence d’une cétone (acétone anisique), d’un corps indéterminé fondant à 212°, d’un sesquiterpène avant un pouvoir rotatoire (a), — 5° et enfin du terpinéol(?). Par contre, M. Tardy n’a pu constater la présence de safrol.
- Essence de badiane du Japon. — On sait que l’essence retirée des feuilles et des fruits de Ylllicum religiosum, connu sous le nom d’essence de badiane du Japon est tout à fait différente de celle de Chine.
- L’essence de feuilles a été examinée par M. Eykmann (2) qui a pu y caractériser un terpène, de l’eugénol et du safrol.
- L’essence de fruits a été étudiée par M. Tardy (3) qui la préparait en*traitant successivement par l’éther de pétrole, l’alcool et l’eau les fruits desséchés et réduits en poudre. Les extraits obtenus à l’aide de l’eau et de l’alcool étaient constitués par des masses amorphes, l’extrait éthéré par une huile qui, rectifiée, déviait à gauche le plan de polarisation (a,—lo50'). Par agitation avec une lessive de potasse, l’auteur put isoler de l’eugénol à côté de petites quantités d’acides gras. Parmi les fractions supérieures de cette huile, la portion 170° —177° se trouve être presque complètement constituée par du cinéol. La portion 220°—230° fournit par oxydation une faible quantité d’acide anisique, ce qui tendrait à prouver l’existence d’anéthol ou d’estragol. De la portion 230°—235°, M. Tardy put, par des traitements appropriés, isoler de l’acide pipéronylique (P.F., 228°), ce qui lui permit de conclure à la présence de safrol. Enfin, tandis que les portions les plus élevées consistaient principalement en sesquiferpènes, le résidu de distillation abandonne par saponification do l’acide palmitique.
- Essence de basilic. — M. Homburgh (4) a effectué d’intéressantes recherches sur les essences retirées de diverses variétés de YOcimum basilicum L. désignée, par les indigènes, sous les noms de Selasihitam, Selasih hidjau, Selasih mekah ou besar.
- La première variété à feuillage vert foncé n’a fourni qu’une quantité insignifiante d’essence, insuffisante pour en faire l’étude.
- La variété hidjau à feuillage clair fournit, par distillation à la vapeur d’eau
- (1) Thèse de doctorat, Paris, 1902. — Bull. Soc. chim., 27, 562.
- (2) Rec. trav. chim. des P. B., 4 (1885), 32, — Ber., 18 (1885), Ref. 281.
- (3) Loc. cit.
- (4) Bull. duJard. bot. de Bidtenzorg (1898), 28, (1900), 7. — Akad. Wetenschaffen (1900), 46.
- Tome 110. — Juillet 1908, 65
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- cl avec un rendemenl d’environ 0,2 p. 100, une essence possédant une odeur voisine de celle du fenouil, passant en majeure partie de 211° à 218°, et dont la densité est de 0,948 à 25°. Elle renferme principalement de l’eslragol et une petite quantité d’anéthol. L’huile récemment distillée dévie le plan de polarisation d’un angle (x) 0°35'. En recueillant séparément les différentes fractions
- passées à la distillation, on constate que le premier dixième produit une déviation à droite de 5°, tandis que l’ensemble des autres portions dévie de 0o67. Ce résidu jouit de propriétés optiques remarquables. En le'chauffant à pression ordinaire jusqu’à son point d’ébullition (213°) et en le refroidissant cusuite, il devient dextrogyre et dévie le plan de polarisation de +- 2°. En le maintenant à une température plus élevée pendant un certain temps, la déviation croît jusqu’à un angle maximum de 3°4/. En distillant au contraire le produit dans le vide, on ne peut- isoler qu’un produit beaucoup moins actif. Aucune explication n’a été jusqu’à présent donnée de cet intéressant fait expérimental qui fera l’oWjet de recherches ultérieures.
- La variété à grandes feuilles Selasih besar fournit à la distillation et avec un rendement de 0,18 à 0,32 p. 100 une huile répondant aux constantes sui vantes : (x)jf‘—22°3’ — oLGo 0,890 à 0,940. Celle essence renferme de 30 à 46 p. 100 d’eugénol et un liquide huileux inactif, bouillant à 73°-74° sous 21 mm. [d.n« 0,794 — 0,815 nD 1,4861). Ce corps, ainsi que l’indiquent l’ana-
- lyse et la détermination de sa densité de vapeur et en général toutes ses propriétés, est un terpène oléUnique auquel M. Romburgh donne le nom d’ocimène. 11 se distingue par l’avidité avec laquelle il absorbe l’oxygène en se résinifiant. En le chauffant à pression ordinaire, son point d’ébullition s’élève de 176°-178° à 195° en meme temps que croissent sa densité et son indice de réfraction. L’ocimène présente une grande analogie avec le myrcène, mais il.en diffère suffisamment pour qu’on ne les puisse considérer comme identiques. M. Enklaar (1) a repris celle étude, et en réduisant l’ocimène par le sodium et l’alcool, a obtenu un dihydroocymène qui, par fixation de brome, donne un dérivé bronié cristallisé; le dihydroocimèno n’a pu être identifié avec le dihydromyrcènc de M. Sommier dont il diffère entre autres par le poids spécifique .
- MM. Gharabot et Ilebert ont fait l’étude du développement des principes constitutifs du basilic aux divers stades de la végétation. Nous renvoyons, pour l’ensemble de ces recherches, aux mémoires originaux.
- Essence de basilic d'Algérie. —• Les chimistes de la maison Roure et Bertrand ont fait l’étude de l’essence algérienne de basilic. L’échantillon examiné (dis° : 0,8959 — (a)u —11°287 — I.S. 12,3; — éther p> 100 en acétate de linalylc, 4,3;
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1904, do.
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- I.S. après acétylation, 138,1; — alcool p. 100 calculé en linalool, 42,4 p. 100 soluble clans 2 volumes d’alcool à 70°) soumis à la distillation fractionnée sous lo mm. a fourni du cinéol, du linalool et de l’estragol.
- Essence clebay (myrcia). — MM. Schimmel (1) ont décelé dans les eaux de cohobation de l’essence de bay la présence d’alcool méthylique, de furfurol et de diacétyle, fait observé déjà dans d’autres essences. On no peut faire que des hypothèses sur l’origine de ces trois composés qui pourraient provenir d’une décomposition de la cellulose des matières premières pendant la distillation. Toutefois si cette hypothèse semble plausible en ce qui concerne l’alcool mé-thylique et le furfurol, elle est beaucoup moins satisfaisante pour le diacétyle.
- La distillation de l’essence de bay était jusqu’à présent presque uniquement localisée dans les Indes occidentales. Des essais ont été effectués récemment dans la province de Victoria (Cameroun) et semblent avoir été couronnés de succès. L’essence obtenue par distillation des feuilles vertes de Pimenta acris(2) possède un arôme agréable et est pour ainsi dire identique à l’essence de liay de Saint-Domingue, comme en témoignent les constantes suivantes : af15. 0,9753 — (a) —3° — Teneur en phénol, 64 p. 100. Soluble dans l’alcool à 90° avec opalescence persistante par addition d’alcool.
- La qualité des essences de bay diffère naturellement suivant le lieu de production et surtout la partie de la plante à laquelle on s’adresse. Un échantillon d’essence provenant des baies de Pimenta acris des îles Bermudes répondait aux constantes suivantes dK„ 1,0170 — (<*)„ — 7° 3'*—Teneur en phénol 73 p.100 — Soluble dans 1,5 volumes d’alcool à 70°, la solution obtenue se troublant par addition de plus de quatre volumes d’alcool. Soluble dans 0,5 vol. et plus d’alcool à 800°. Les phénols sont constitués principalement par de l’eugénol. Les parties non phénoliques contiennent une grande quantité de phellandrène gauche, tandis qu’elles semblent absolument exemptes de myrcène.
- Essence de benoîte. — D’après les observations de MM. Bourquelot et Her-rissey (3), l’essence à odeur de girolles que l’on obtient à partir des racines de benoite (Geum urbanum L.) est en majeure partie composée d’eugénol qui se forme à partir d’un gldcoside contenu dans la planle sous l’action d’un ferment spécial. En effet en épuisant à l’alcool froid un-lot de racines séchées et pulvérisées, les auteurs ont isolé ce glucoside de la solution alcoolique, l’enzyme correspondante insoluble dans l’alcool à 95 restant au contraire dans la poudre de racines.
- Le glucoside obtenu se dissolvait dans l’eau et la solution dégageait nettement l’odeur d’eugénol par addition de la poudre de racines contenant Te fer-
- (1) Bull. Schimmeli avril 1901, 12.
- (2) Ibid., octobre 1903, lb.
- (3) Journ. de Pharm. et de Chimie, 18 (1903), 369.
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- ment. Cette réaction ne se produit naturellement pas lorsque ce ferment a été préalablement chauffé à 100° en présence d’eau. De même l’extrait alcoolique et la poudre distillés séparément ne donnent que des distillais absolument inodores. D’autre part, la solution aqueuse de l’extrait alcoolique ne réduit que partiellement la liqueur de Fehling et son activité optique est faible tandis que ses propriétés s’exagèrent considérablement après addition de la poudre de racines. On peut expliquer ceci par la mise en liberté dans ces conditions d’un sucre correspondant au glucoside. Enfin divers essais effectués en vue de produire l’odeur d’eugénol dans la solution de l’extrait sous l’influence d’autres ferments, émulsine invertine, etc., n’ont donné que des résultats négatifs. On peut conclure de toutes ces observations que la racine de Geum urbanum renferme un glucoside qui, sous l’action d’un ferment spécial se trouvant également dans la racine se dédouble en donnant de l’eugénol.
- MM. Bourquelot et Hérissey ont isolé ce glucoside à l’état cristallisé et proposent de le désigner sous le nom de géine, le nom de géase étant réservé à l’enzyme correspondante.
- Essence de berce, — L’ombelle sèche d'Eeracleum sphondylium L. fournit (1 ), par distillation et avec un rendement de 0,08 p. 100 une essence jaune brunâtre possédant les constantes suivantes : dro. : 0,9273; [x]D— 0° 48'; I. A. 16,2; I. E. 148,6; I. E. Après acétylation 195,9; soluble dans 1,1 vol. d’alcool à 80°. Cette essence est sensiblement différente de l’essence obtenue par distillation des fruits de l’Heracleum sphondylium L.
- Essence de bergamote [zestes]. —MM. von Soden et Rojahn (2) ont isolé des résidus de distillation de l’essence de bergamote une combinaison cristalline (P. F. 59°,5) qui y existe en quantités relativement importantes et à laquelle ils ont donné le nom de bergaptine. Ce produit jouit de propriétés analogues à celles du bergaptèno. Il fixe facilement le brome et par hydrolyse au moyen de potasse alcoolique, se transforme en un acide qui n’est susceptible d’exister qu’à l’état de sel et repasse spontanément à l’état de bergaptine dès qu’on tente de le mettre en liberté par de l’acide sulfurique. On peut conclure de là que la bergaptine possède une chaîne fermée analogue à celle de la coumarine; par contre, elle ne renferme ni hydroxyle, ni méthoxyles libres.
- MM. Burgess et Page (3) ont déterminé dans l’essence de bergamote, à côté des principes déjà connus de l’acide acétique, un octylène, du pinène, du cain-phèneet du limènc. L’acide acétique proviendrait d’après les auteurs de la décomposition de l’acétate de linalyle, mais il est bon de faire remarquer que
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1900, 14.
- (2) Pharm. Zlg, 46 (1901), 778.
- (3) Journ. chem. Soc., 85 (1904), 1327.
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- l’essence de bergamote contient de petites quantités d’acide libre (I.A. 1,5 à 3). L’octylène trouvé en très petite proportion à côté du pinène dans les fractions les plus volatiles serait identique à l’octylène obtenu déjà par les . mêmes auteurs dans l’essence de citron. Le pinène et le camphène ont été caractérisés respectivement dans les fractions 157°-158° et 164°-165°par leur transformation, le premier en chlorhydrate correspondant, le second en isobornéol. Enfin, le limène, sesquiterpène- retiré par MM. Burgess et Page (l)de l’essence de limette, a été décelé dans les portions les moins volatiles.
- Essais de l'essence de bergamote. — MM Soldaini et Berte (2) ont proposé de soumettre les essences de bergamote à la distillation fractionnée et de déterminer les pouvoirs rotatoires des fractions d’égal volume. En répétant ces essais sur des essences additionnées de proportions connues d’essence de térébenthine ou de citron, ils ont pu rapprocher les résultats obtenus et dresser des tableaux comparatifs. Pratiquement on peut se contenter de distiller un tiei's de l’essence, et do mesurer l’activité optique de cette fraction et des résidus. MM. Bornéo et Moricca (3) rejettent cette méthode et recommandent de distiller 30 centimètres cubes d’essence de bergamote par fractions de 5 centimètres cubes et d’en déterminer le pouvoir rotatoire. Dans les essences pures, l’activité de la première fraction dépasse celle de la deuxième; dans les essences falsifiées, c’est l’inverse qui se produit.
- Les auteurs sont enfin d’avis d’accorder plus de crédit aux méthodes habituelles de mesure qu’aux procédés précédents.
- MM. Ogston et Moore (4) ont publié des observations recueillies pendant plusieurs années sur les essences de Sicile. Il résulte de leurs indications qu’il existe une relation constante entre le pouvoir rotatoire, le poids spécifique et la teneur en éthers d’une essence de bergamote pure, de sorte qu’un écart si léger soit-il entre ces rapports peut servir d’indice de falsification. De plus, les propriétés d’une essence varient considérablement avec les saisons pendant lesquelles elle a été préparée.
- Si les falsifications habituelles de l’essence de bergamote pure par addition d’essences de térébenthine, de citron ou de bergamote préalablement distillée se laissent facilement déceler par l’examen des propriétés physiques, il est possible de constituer des mélanges frauduleux où ces simples mesures deviennent insuffisantes. M. Gulli (5) en ajoutant à l’essence de bergamote une essence de térébenthine saturée d’acide chlorhydrique lui communique un indice d’acide
- (1) Journ. chem. Soc., 85 (1904), 414.
- (2) Bolletino chimico farmaceutico Milano, 1898.
- (3) Sull’ analisi délia essenza di bergamotto, Messine, 1905.
- ,(4) Pharm. Ztg, 46 (1901), 778.
- (5) Chemist and Druggist, 59 (1901), 38J
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- correspondant à 18 à 20 p. 100 d'acétate do iinalyle, ce résultat provenant uniquement du chlorhydrate de pinèno ou du dichlorhydrate de dipontcne formé. On peut ainsi introduire de 5 à 10 p. 100 d’essence de térébenthine dans une essence de bergamote sans que cette addition en modifie sensiblement les constantes : l’abaissement le plus considérable que l’on ait observé en ce qui concerne la teneur en éthers est d’environ 1 à 2 p. 100. M. Gulli recommande doue de tenir compte à l’avenir de ce procédé de falsification et de rechercher le chlore dans d’essence de bergamote. Le moyen le plus simple consiste d’après lui à introduire quelques grammes de l’essence suspecte dans une capsule de platine avec de la potasse alcoolique ; on fait bouillir, on évapore et on calcine ; après refroidissement, on reprend à l’eau, on acidulé à l’acide nitrique et on traite par le nitrate d’argent. Il est naturellement nécessaire d’essayer au préalable la potasse que l’on emploie.
- Essence de bergamote (Feuilles). — D’après M. Gulli (1), la distillation de cette essence qui s’effectue de février à avril est tout à fait restreinte et ne donne qu’un rendement de 0,15 p. 100. L’essence pure a un poids spécifique d’environ 0,870-0,873. Son pouvoir rotatoire est de + 25° à + 26°. Elle est soluble dans son volume d’alcool et renferme 32 à 34 p. 100 d’éther calculés en acétate de Iinalyle, ainsi que de l’éther méthylanthranilique. Cette essence se rencontre d’ailleurs très rarement à l’état de pureté et est elle-même employée à la falsification des essences de Néroli et de Portugal.
- Essence de bétel. — L’essence de bétel (2) renferme à côté du chavibétol un autre phénol dont la constitution a pu être déterminée par les chimistes de la maison Schimmel. Ce phénol que l’on peut extraire du résidu de'la distillation du bételpliénol est contenu dans la portion passant entre 137°-139° sous 4 millimètres. Après purification, il bout à 139° (4 mm.) et fond à 48°-49°. Il est soluble dans l’eau et sa solution alcooliqmrse colore en vert foncé par le perchlo-rure de fer. On prépare facilement ses combinaisons diacétylées et dibenzoy-lées et par méthylation à l’aide de sulfate de méthyle on le transforme en éther méthylique de l’eugénol (caractérisé d’une part par oxydation en acide véra-trique et d’autre part par bromuration. Cette réaction démontre la constitution de ce phénol qui ne peut être autre que l’allylpyrocatéchine.
- Comme autres principes constituants de l’essence de bétel, les mêmes chimistes ont pu déceler le cinéol, l’éther méthylique de l’eugénol et le caryo-phyllène.
- Essence de boldo. — M. Tardy (3) a fait une étude détaillée de l’essence retirée des feuilles de boldo. L’huile obtenue par distillation des feuilles sèches
- (1) Chemist and Driiggist, 60, (1902), 995.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1907, 19.
- (3) Journ. Pharm, chim., 19 (1904), 132.
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- avec un rendement d’environ 2 p. 100 était colorée en vert brunâtre, son poids spécifique était 0,876 et son pouvoir rotatoire (a)D — 6° 30’. Par agitation avec une solution de potasse caustique, il obtint de l’eugénol en faible quantité tandis que la solution de bisulfite do soude lui permit d’isoler de l’aldéhyde cuminique. Le pouvoir rotatoire droit pour les portions les plus volatiles diminue et devient gauche pour les fractions supérieures. La déviation diminue de nouveau d’ailleurs en valeur absolue, mais en gardant le meme sens pour les portions les plus élevées. Entre 155° et 173° passent deux hydrocarbures ter-péniques qui furent identifiés par l’auteur avec le pinène et le dipentèno. La fraction 215°-220° contient du terpinéol et le résidu assez considérable bouillant au-dessus de 223° est composé principalement de sesquiterpènes passant entre 265° et 275°.
- Plus récemment les chimistes de la maison Schimmel (1) ont étudié une essence de boldo répondant aux constantes suivantes : driû 0,9567 [a]t) + 0° 28'; n20<> . 1^47928; soluble dans 8 à 9 vol. d’alcool à 70° ; I. A. 2,4 ; I. E. 11,2; distille entre 40° et 105° (sous 30 mm.). Son odeur rappelle colle de l’essence d’ansérine vermifuge et elle semble renfermer comme principe constituant le meme composé C10H16O2 isolé précisément dans l’essence d’ansérine. L’essence de feuilles de boldo est en résumé composée principalement de cymène, do cinéol (au total environ 30 p. 100) et de ce composé encore indéterminé C10H16O2. D’après cela l’essence de fouilles de boldo pourrait être utilisée comme vermifuge au même titre que l’essence d’ansérine.
- Essence de bourgeons de bouleau. — Préparée pour la première fois par M. Hansel (2), cette essence obtenue avec un rendement de 4,3 p. 100 a été étudiée par MM. von Soden et Elze (3). Elle bout entre 265° et 295° en se décomposant avec formation d’acide acétique et de résine. Elle répond aux constantes suivantes : d15o 0,975 — (a)D, — 2° — I.A., 2,1—I. E., 67,2, correspondant à 31,44 p. 100 d’acétate d’un alcool sesquiterpénique C15H2i.O—I. S., après acétylation, 177,8 correspondant à 47,4 p. 100 d’alcool Cl5H2V0 libre, auquel les auteurs ont donné le nom de bélulol. L’essence refroidie à — 10° abandonne de petits cristaux fondant à 50° et qui sont probablement constitués par de la paraffine. Le bétulol a été obtenu à l’état pur par l’intermédiaire de son éther acide phtalique. Ses constantes sont les suivantes : d15„ 0,975—(a)D — 35°P. E. 138°-140° sous 4 millimètres — 287°-288° sous 743 millimètres (décomposition partielle) — soluble dans trois parties d’alcool à 70°. L’acétate correspondant bout à 142°-144° sous 4 millimètres.
- Essence de bruyère. — Cette essence de provenance australienne possède
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1907, 22.
- (2) Centralbl. (1902), II, 1208.
- (3) Ber., 38 ( 1905), 1630.
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- un arôme agréable et présente une couleur bleu verdâtre (traces de cuivre). Elle est soluble dans 4,5 volumes et plus d’alcool à 90°. Son poids spécifique à 15° est 0,8587; son pouvoir rotatoire + 2° 44'. MM. Scliimmel qui ont examiné celle essence n’ont rien découvert en ce qui concerne la plante qui la produit.
- Essence de bncco. —- Dans un travail remontant à 1896, M. Bialobrzeski (1) avait trouvé que l’essence de bueco se composait d’au moins trois combinaisons, un carbure bouillant à 174°-176°, auquel il attribuait la composition C10H18, une cétone à odeur de mentlione, et du diospliénol. MM. Ivondakow et Bachts-chiew (2) ont repris ces recherches et ont vérifié que le carbure de M. Bialobrzeski répondait en réalité à la formule C10Hlc et apparlenait de ce fait à la série terpénique. Il est d’ailleurs constitué parun mélange de limonène gauche en majeure partie, et de dipentènc, comme le démontre la formation simultanée sous l’influence du brome, de tétrabromure de limonène actif et d’un autre bromure à point de fusion plus élevé mais moins actif et qui ne peut être que le tétrabromure de dipentènc impur.
- La cétone Cl0HlgO, comme on pouvait le supposer, est de la mentlione gauche, mais il est à remarquer que par réduction au moyen do sodium et d’alcool, elle fournit du menthol droit alors que, d’après les recherches de Beckmann, on devrait obtenir du menthol gauche.
- M. Edward Sage (3) a obtenu une nouvelle essence à partir des feuilles de Bucco « Karoo Buc/iu » (Diosma succidenta, var. Bergiana). La quantité d’huile recueillie était trop faible pour qu’elle pût être soumise à un examen approfondi. Elle semble cependant se rapprocher, par sa qualité, de l’essence extraite des feuilles de Barosma betulina. A demi solide, elle possède une odeur forte rappelant celle de la menthe et donne une faible coloration rouge avec le perchlo-rure de fer.
- Essence de bystropogon origanifolius. — MM. Scliimmel (4) ont étudié une essence produite par le Bystropogon origanifolius l’Herit. (Labiées) et provenant des îles Canaries. Ils y ont successivement caractérisé, dans des portions passant à différentes températures, le limonène, la pulégone et la mentlione.
- Essence de café. — M. Erdmann (5), en soumettant le café grillé à la distillation à la vapeur, en a retiré, avec un rendement de 0,0557 p. 100, une essence de couleur brune à forte odeur de café et possédant un poids spécifique de 1,0844 à 16°. Celle essence distille à la pression ordinaire en se décomposant, entre 150° et 230°. A côté de traces d’acide acétique, elle renferme jusqu’à 42 p. 100
- (1) Pharm. Zeitschr. f. Russl., XXXV (1896), 22-28.
- (2) Journ. f. prakt. Chem., Il, 63 (1901), 49. *
- (3) Chemist and Bruggist, 65 (1904), 306, 717.
- (4) Bull. Scliimmel, octobre 1902, 81.
- ('.')) Ber., 35 (1902), 1846.
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- d’acide valéricjue. La fraction séparée des acides bout entre 169° et 171° et est constituée par de l'alcool furfurylique et du furfurol. Enfin les portions supérieures contiennent une petite quantité d’huile distillant à 93° sous 13 millimètres et possédant à un haut degré l’odeur du café.
- Essence de cajeput. — MM. Schimmel (1) ont reçu d’Australie plusieurs essences de cajeput très différentes de celles actuellement connues et provenant de plantes indigènes sur lesquelles les renseignements font d’ailleurs défaut.
- M. Umney et M. Parry ont successivement étudié les propriétés physiques de l’essence de cajeput et nous renvoyons pour les détails de leurs recherches aux mémoires originaux.
- Plus récemment MM. Schimmel (2) ont fait l’étude succincte de l’essence provenant des feuilles de Melaleuca linariifolia, essence répondant aux constantes suivantes : 0,9109; soluble dans 1,5 vol. et plus d’alcool à 80° ; ils ont
- pu y déterminer une proportion très notable de cinéol et en retirer par le bisulfite une aldéhyde probablement identique au citronellal.
- MM. Baker et Smith (3) ont déterminé les constantes de cette même essence. Rendement 1,214 p. 100, dra0, 0,9129; [*]„ + 2,5°; nf, 1,4741; I. S. G, 4; l.E. après acétylation 40,3; insoluble dans 10 vol. d’alcool à 70°, soluble dans 1 vol. d’alcool à 80°. L’essence brute de couleur jaune pâle passe à distillation entre 175° et 183° (52 p. 100) et entre 183° et 250° (23 p. 100). Elle contient de petites quantités de cinéol et ne renferme ni pinène, ni pliellandrène. Les premières portions renferment une faible proportion d’aldéhydes et la partie alcoolique de l’essence semble se rapprocher du bornéol.
- De même, MM. Baker et Smith (4) ont également étudié l’essence provenant des feuilles de Melaleuca thymifolia Sm. L’huile essentielle obtenue avec un rendement de 2,28 p. 100 est très riche en cinéol et est tout à fait comparable à une essence d’eucalyptus de bonne qualité ûfj5„; 0,9134 ; [a]^1 2 3 4 5° + 2, 1° ; nf°, 1,4665 ; I. S. 3, 1; I. E. après acétylation 33,6; insoluble dans 10 vol. d’alcool à 70°, soluble dans 0,5 d’alcool à 80°. Elle bout entre 172° et 183° (86 p. 100). Elle renferme 53 p. 100 de cinéol et de très faibles quantités d’aldéhydes ; elle ne contient ni pinène ni pliellandrène. Enfin l’alcool contenu dans l’essence semble identique à celui de l’essence de M. linariifolia.
- Essence de calamintha nepeta. — L’essence provenant de cette plante et désignée improprement sous le nom d’essence de marjolaine dans le Midi de la France a été étudiée par MM. Genvresse et Chablay (5) qui avaient cru y recon-
- (1) Bail. Schimmel, avril 1904, 103.
- (2) Chem, and Drugg., 63, 723. — 63, 783.
- (3) Bull. Schimmel, octobre 1096, 16.
- (4) Proceed. of the Linn. Soc. of N. S. W., 40 (1906), 60. — Bull. Schimmel, avril 1907, 18.
- (5) C. R. 136 (1903), 387.
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- naître une cétone nouvelle C16H10O distillant à 208°-209° et qu’ils avaient appelée Calaminthone. MM. Schimmel(l) ont repris l’étude de cette cétone et en traitant la portion 208-209° par le bisulfite ils ont reconnu que cette fraction était constituée par un mélange de deux cétones, l’une sans action sur le bisulfite ni sur le sulfite neutre et qu’ils identifièrent avec la 1. menthone, l’autre au contraire donnant une combinaison bisulfitique régénérant par décomposition de la pulé-gone caractérisée par sa semi-carbazone. Il semble résulter de là que la calaminthone est un mélange de pulégone et de menthone.
- Essence de callitris quadrivalvis. — M. Grimai (2) par distillation à la vapeur de la sciure provenant des loupes odorantes du Callitris quadrivalvis Vent. (Thuya articulata Vahl) a obtenu 2 p. 100 d’une essence brun rouge à odeur phénolique. Soluble en toute proportion dans l’alcool, sa solution alcoolique dévie le plan de polarisation à gauche et a une densité de 0,991 à 15°. Elle distille entre 230° et 306° en laissant un résidu résineux et renferme encore 5 p. 100 de phénols constitués par du carvacrol et de l’hydrothymoquinone. En outre, M. Grimai a pu y déceler la présence de tliymoquinone.
- Essence de camomille. — M. E. E. Biaise (3) est parvenu à démontrer, fait douteux jusqu’à présent, que l’acide tiglique n’est pas un principe constitutif do l’huile essentielle de camomille. En saponifiant l’essence à température ordinaire, il a obtenu d’une part un mélange d’acides constitué en majeure partie par de l’acide angélique et par de l’acide métacrylique polymérisé et par de l’acide isobutyrique ; d’autre part, la portion neutre renfermait de l’alcool isoamylique, de l’alcool hexylique actif, de l’anthémol et de l’alcool butyliquc normal (contrairement aux observations deM. Kôbig (4) qui croyait avoir reconnu l’alcool isobutylique). L’acide tiglique trouvé dans l’essence de camomille provient donc d’une transformation de son isomère, l’acide angélique.
- Essence de camphre. — L’industrie des huiles essentielles de camphre dans l’île de Formose et au Japon est, après celle du camphre, entièrement passée depuis quelques années aux mains du gouvernement nippon (Loi du 17 juin 4903) (5). L’introduction d’un nouvel intermédiaire entre le producteur et le consommateur a eu pour conséquence inévitable, d’une part une élévation immédiate des cours et d’autre part un ralentissement considérable du commerce des essences et des produits qui en dérivent. Aussi cherche-t-on de différents côtés à faire une concurrence active au monopole japonais. Bien que la fabrication synthétique du camphre sorte du domaine des conjectures, la
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1906, 16.
- (2) C. R., 139 (1904), 927.
- (3) Bull. Soc.- chim., 29 (1903), 327.
- (4) L. Ann., 195 (1879), 97.
- (”>) Moniteur officiel du Japon, 17 juin 1903,
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- lutte paraît devoir s'engager sur d’autres bases par la mise en exploitation de plantations de camphriers en différents points du globe. Des essais ont étér effectués avec succès dans quelques régions tropicales, entre autres dans l’île de Ceylan et dans certaines colonies allemandes.
- M.Nikazom Sugiyama (1) a exposé devant la Société japonaise de Pharmacie de Tokio un travail sur la préparation du safrol à partir de l’essence de camphre. L’essence de camphre se présente sous trois formes: l’essence brute, l'essence blanche et l’essence rouge.
- Esseitce de camphre brute. — On l’obtient par distillation des copeaux de camphre avec de l’eau. Le camphre cristallisé ayant été séparé mécaniquement après refroidissement, il reste une huile transparente variant du jaune au brun, mobile et d’odeur pénétrante. Son poids spécifique varie selon l’origine et Page des arbres, mais est compris entre 0,95 et 0,995.
- Essence de camphre blanche. — L’essence blanche est obtenue par distillation fractionnée de l’essence brute après séparation du camphre. C’est un liquide incolore, limpide, mobile, d’odeur pénétrante rappelant le camphre. Refroidie à — 20°, elle ne donne lieu à aucun dépôt, bien^que par une distillation minutieuse on puisse encore isoler une petite quantité de camphre. Elle bout entre 150° et 195° et est constituée par du pinône, du phellandrène, du cinéol et du dipentène. Elle possède des propriétés voisines de celles de l’essence de térébenthine et peut lui être substituée dans un grand nombre de cas.
- Essence de camphre rouge. — On l’obtient par fractionnement des résidus de distillation de l’essence blanche. C’est un liquide transparent, de couleur brune et possédant une faible odeur camphrée. Elle bout entre 225° et 270°, son poids spécifique varie de 1,00 à 1,035“et elle est constituée presque uniquement par du safrol à côté de petites quantités de camphre et d’eugénol. Pour extraire le safrol, on fractionne à nouveau l’huile obtenue et l’on recueille les portions à poids spécifique élevé que l’on-fait cristalliser par refroidissement. Les cristaux de safrol ainsi obtenus sont purifiés par des cristallisations répétées et possèdent les constantes du produit normal.
- Au cours de leurs recherches sur les principes constitutifs de l’essence do camphre, MM. Schimmel (2) ont vérifié de nouveau l’existence d’une petite quantité d’eugénol (3) et ont déterminé successivement la présence de carvacrol et d’un phénol bouillant de 94° à 99°. Une portion (environ 3 p. 100) soluble dans le carbonate de soude dilué était constituée par un mélange d’aeides où prédominait l’acide caprylique à côté d’un acide de la série oléique répondant à la formule CyHjgO.,. De même, tandis qu’il n’avait pas été possible d’isoler
- (1) Journal of the Pharmac. Soc. of .Tapan, 242, avril 1902.
- (2) Bull. Schimmel, oct. 1902, 22.
- (3> Ibid., avril 1880, 5,
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- jusqu’à présent le terpinéol caractérisé depuis plusieurs années dans l’essence ,do camphre (1), MM. Schimmel (2) ont pu récemment y parvenir en éliminant le camphre à l’état de camphoroxime dans une fraction bouillant entre 98° et 103°, c’est-à-dire exempte de safrol.Lc terpinéol obtenu est, comme l’indique l’examen de ses propriétés physiques, du terpinéol gauche. Comme complément à ce travail, M. Zadigde Malino (3), au cours de recherches effectuées également dans les laboratoires Schimmel, est arrivé par transformation en isobornéol à établir la présence du camphène à côté du pinène dans la fraction 161°-164° de l’essence et à déceler en outre le cinéol dans les portions voisines dé 170° au moyen de la réaction à l’iodocinéol.
- Plus récemment les mêmes expérimentateurs ont* en éthérifiant par l’anhydride phtalique une fraction de l’essence bouillant entre 210° et 222° démontré que le bornéol se rencontre également dans l’essence de camphre.
- Essence de camphorosma Monspekaca. — M. Cassan (4) a extrait du Cam-phorosma Monspeliaca, arbrisseau du Midi de la France remarquable par son odeur camphrée agréable, une huile essentielle à odeur d’amandes amères et d’une couleur jaune verdâtre rendant impossible la détermination du pouvoir rotatoire (Pds. spéc.17o, 0,970 — n^0,. 1,3724— Se fige a + 4°). Par distillation avec une solution étendue de potasse, la plante fournit de la propylamine. L’étude chimique détaillée de cette essence reste à faire.
- Essence de cannelle de Ceylan. — MM. Schimmel (5) ont fait une étude approfondie de l’essence de cannelle de Ceylan et y ont caractérisé à côté des principes antérieurement découverts (aldéhyde cinnamique, phellandrène, eugénol) toute une série de corps intéressants.
- L’essence obtenue avec un rendement de 11,73 p. 100 a été rectifiée soigneusement, d’abord à pression ordinaire, puis sous pression réduite. Les trois premières fractions (32°-lG3°) ont fourni de la méthyl. n. amylcétone identique à celle précédemment trouvée dans l’essence de girofle (6). Les fractions supérieures ont permis de caractériser successivement les aldéhydes benzoïque, cinnamique, hydrodynamique (?), cuminique et nonylique. En rectifiant à nouveau le mélange de méthylamylcétone et de benzaldéhyde, et on faisant* réagir la solution de chlorhydrate d’aniline dans l’aniline sur les deux fractions 95°-165° et 165°-180°, les auteurs obtinrent une intense réaction de furfurol. Ils purent également déceler, dans différentes portions de l’essence, le pinène,
- (1) Bail. Schimmel, avril 1888, 9; avril 1889, 8.
- (2) Ibid., octobre 1903, 17.
- (3) Ibid., octobre 1903, 18.
- (4) Thèse de doctorat, Montpellier, 1901.
- (5) Bull. Schimmel, avril 1902, 11.
- (61 Ibicl., avril 1897, 50.
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- le pliellandrène et enfin le cymènc. De môme, en rectifiant une seconde fois les fractions débarrassées des aldéhydes par agitation avec une solution de bisulfite de soude, il leur fut possible d’isoler par des traitements appropriés le caryopliyl-lène, le linalool et l’eugénol, ce dernier ayant été d’ailleurs depuis longtemps caractérisé dans l’essence de cannelle. En dernier lieu, MM. Schimmel sont arrivés à conclure à la probabilité de la présence d’isobutyrate de linalyle dans une fraction bouillant entre 80° et 111° sous une pression de 67 millimètres.
- Dans leur bulletin d’octobre 1904, MM. Schimmel (1) font une fois de plus remarquer que lorsque l’on cherche à apprécier la valeur d’une essence de cannelle de Ceylan, il ne faut pas se laisser guider par la teneur en aldéhyde cinnamique, puisque contrairement à ce qui a lieu pour l’essence de cannelle de Chine, ce sont précisément les principes non aldéhydiques qui influent le plus fortement sur l’arome délicat de cette essence. Une essence normale de Ceylan doit titrer 70 à 75 p. 100 d’aldéhyde cinnamique.
- Essence de feuilles de cannelier. — De nombreuses recherches ont été effectuées sur l’essence de feuilles de cannelier. On y avait trouvé jusqu’à présent de l’eugénol (2), de l’aldéhyde cinnamique (3), du safrol, de l’aldéhyde et de l’acide benzoïque (4). MM. Schimmel (5), au cours de leurs travaux sur l’essence de cannelle de Ceylan, ont ou l’occasion de faire une étude sommaire de F huile de feuilles. L’échantillon sur lequel ils ont opéré présen tait les constantes suivantes : di&0, 1,0479 — (a.)„ — (MO7 — I.S., 40,2. Après avoir été débarrassée d’eugénol, l’essence fut soumise à la distillation dans le vide et passa complètement entre 3t et 110° sous 12 millimètres. Les fractions voisines de 71° (9 millimètres) étaient principalement constituées par des terpènes et de la benzaldéhyde. La fraction voisine de 90° était lévogyre, possédait l’odeur caractéristique du linalool et donnait du citral par oxydation. Les fractions supérieures contenaient de notables quantités de safrol.
- Essence de cannelle de Chine. — La valeur d’une essence de cannelle de Chine dépend de sa teneur en aldéhyde cinnamique. Différentes méthodes de dosage de cette aldéhyde ont été proposées, la plus employée étant la méthode au bisulfite. M. Hanus (6) décrit un nouveau procédé très exact reposant sur la séparation quantitative et la détermination d’aldéhyde cinnamique sous forme de semi-oxamasone.
- Au sujet de la différenciation de l’essence de cannelle de Chine de l'essence
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1904, 18.
- (2) L. Ann., 95 (1855), 163.
- (3) Bull. Schimmell, avril 1892, 45; octobre 1892, 47.
- (4) Arch. der Pharm., 230 (1892), 232.
- (5) Bull. Schimmel, oct. 1902, 26.
- (6) Zeitschrift f. Untersuchung des Nahrungs u. Genusmittel, 6 (1903), 817.
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- de cannelle de Ceylan, M. Billon (1) préconise une réaction colorée basée sur l’emploi d’une solution d’arsénite de sodium ou de potassium. MM. Schimmel ont contrôlé cette réaction et constaté qu’elle n’offrait pas de garanties sérieuses.
- Essence de cannelle du Japon. —Cette essence, retirée avec un rendement de 0,2 p. 100 des feuilles etdesjeunes rameaux ducannelier du Japon, présente une teinte jaune clair et possède une odeur agréable rappelant le citral et l’essence de cannelle de Ceylan (2b Elle répond aux constantes suivantes: c/,5, 0,9003 — (a)D — 8° 43' — I. A., 3,01 — I. E. 18'6. Elle est, soluble avec une certaine opalescence dans 2 à 2,5 volumes et plus d’alcool à 70°, soluble en un liquide clair dans son volume et plus d’alcool à 80°. L’essence contient 27 p. 100 d’aldéhydes constituées en majeure partie par du citral. Les portions non aldéhydiques renferment du cinéol et jusqu’à 40 p. 100 de linalool.
- Contrairement à Ge qui a été constaté pour une essence retirée de l’écorce de la racine du même arbre, l’huile de feuilles et de jeunes rameaux ne contient pas d’aldéhyde cinnamique.
- Plus récemment, M. Keimatsu (3) a dirigé ses recherches sur les essences des feuilles, du tronc et des racines du Cinnamomum loureirii Nees croissant au Japon. Il a pu déterminer dans l’essence des feuilles le citral, constituant principal, et de petites quantités d’eugénol ; dans l’essence de tronc, l’aldéhvde cinnamique comme principe essentiel ainsi que de faibles quantités d’eugénol ; enfin dans l’essence de racines, de l’aldéhyde cinnamique comme composant principal ainsi que du camphène, du cinéol et du linalool.
- Essence de caparrapi. — On désigne sous ce nom en Colombie l’huile essentielle (4) provenant d’une Laurinée, le Nectandra Caparrapi. Le procédé d’extraction de l’essence est identique à celui de l’essence de térébenthine. On pratique une profonde incision dans l’écorce de l’arbre et on recueille l’huile qui s’en écoule. On l’emploie comme substitut du baume de Copahu. L’essence renferme un acide monobasique C13H2G03 fondant à 84°,5 et, en dehors de cet acide, est en majeure partie constituée par un alcool sesquiterpénique ClsH2cO, le capar-rapiol qui se déshydrate facilement en un sesqui terpène C13Hn, le caparrapène. Il est bon de noter que l’alcool et le terpène se résinifient tous deux avec la plus grande facilité.
- Essence de capucines. — Tandis que M. Hofmann considérait cette essence comme uniquement constituée par le nitrile de l’acide phényiacétique, les recherches plus récentes de M. Gadamer (5) prouvent, au contraire, qu’elle
- (1) Pharm. 7Ag, 49 (1901), 107.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1904, 100*
- (3) Journ. Pharm. of Japan, 1906, 10o; Bull. Schimmel, octobre 1906, 21.
- (4) B. F. Tapia, Bull. Soc. Chim., 49 (1898), 638.
- (5) Arch. d. Pharm., 237 (1899), 111.
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- renferme un sénevol benzylique provenant du dédoublement par un ferment spécial d’un glueoside contenu dans la plante. Le ferment et le glueoside étant d’ailleurs renfermés dans des cellules dillérentes, le sénevol ne prend naissance qu’à condition de broyer préalablement le tissu cellulaire pour mettre les deux corps en contact. Si l’on ne prend pas cette précaution, le ferment est détruit lors de la distillation avant d’avoir pu réagir sur le gducoside, et ce dernier se dédouble simplement en cyanure de benzyle, d’où les conclusions erronées de M. Hofmann.
- Essence de cardamine amara. — M. Feist (1) a fait l’étude de l’huile essentielle obtenue par distillation de la plante fraîche broyée avant floraison de Cardamine amara L. Par action de l’ammoniaque alcoolique, cette essence fournit la thiourée du sénevol butylique secondaire qui, d’après M. Feist, serait contenu dans la plante dans la proportion de 0,0357 p. 100.
- Essence de cardamome. — M. Parry (2), clans un mémoire sur l’essence de cardamome du Malabar, indique qu’il a préparé et étudié l’essence de deux sortes de fruits, l’une de Ceylan-Malabar, l’autre de Ceylan-Mysore. Leur odeur et leurs propriétés sont d’ailleurs sensiblement identiques; toutes deux contiennent 5 à 10 p. 100 de cinéol et du limonène, sans que l’on ait pu, au contraire, y caractériser le terpinènc. Enfin, la portion bouillant à 160°-170° sous 17 mm. (?) renferme clu terpinéol caractérisé par sa combinaison avec l’isocyanate de phényle. Il est bon de remarquer que les essences étudiées par M. Parry ne pouvaient, à l’époque où il effectuait ses recherches, être comparées aux essences commerciales provenant en général d’une autre variété de cardamome.
- M. Vallach (3) a récemment découvert, dans l’essence de cardamome de Geylan, un hydrocarbure qu’il a reconnu être identique au sabinène (caractérisé par oxydation en acide sabinénique).
- Essence de car line. —L’essence de carline a été étudiée par MM. Semmler (4) et par M. Gadamcr (5). L’essence de carline renferme, entre autres produits, un sesquiterpène monocyclique, le car Une ne Ci;Hn (P.E. 139°-141°, sous 20 mm.;
- ' d23>Se, 0,8733; nD, 1,492 et de l’acide palmitique. Le principal constituant de l’essence est l’oxyde de carline CI3H10O (P.E, 167°-168° sous 20 mm.; d"l, 1,066; nh, 1,586; [a]n:±: 0°. Cet oxyde se transforme par oxydation en*acide benzoïque ; par réduction au contraire, il fournit un dérivé tétrahydrogéné C13HuO, que l’oxydation transforme à son tour en acide ÿ-phénylbutyrique CGfL.CH2.CH2.
- (1) Apotheker Ztg, 20 (190b), 832.
- (2) Pharm. Journ., 63 (1899), 105.
- (3) Nachr. k. Ges. Wiss. Gôttingue, 1907, 20 juillet.
- (4) Ber., 39 (1906), 726.
- (b) Arch. dej• Pharm., 241 (1903), 44.
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- CH2.C001I (P.F. 52°). Les propriétés' de ce dérivé tétrahalogéné permettent do lui attribuer la constitution d’un 1. phényl. 3. a. iiirylpropane :
- HC-----CH
- Il II
- C6 Hs. CH2.CH2.CH2. C CH
- O
- La synthèse de cette combinaison effectuée par condensation de l’acétophé-nonc et du furfurol au moyen de potasse caustique et réduction du produit de condensation démontre la réalité de cette hypothèse. Il résulte de là que l’oxyde de carline doit répondre à la formule de constitution suivante :
- HC-----CH
- I! . Il
- CetL. CH = C=:CH —C CH
- O
- Essence de carvi. — De même que dans la distillation de l’essence de girofle (1), il est facile de constater la production d’alcool méthylique et de furfurol, de même on a pu vérifier ce fait (2) pour l’essence de carvi, bien que dans ce dernier cas la proportion de ces deux composés soit notablement plus faible. D’autre part, alors qu’autrefois on expliquait la coloration jaune que possèdent toujours les premières portions de l’eau distillée de l’essence par la production d’une aldéhyde, il semble actuellement plus plausible d’admettre la présence de diacétyle comme cause immédiate de cette coloration.
- MM. Schimmel (3), au cours de recherches sur la préparation de la carvone pure, ont pu isoler de l’essence de carvi les nombreux corps suivants : 1° une petite quantité d’une base à odeur narcotique; 2° de la dihydrocarvone (P.E. 221° — dK„ 0,9297 — [a]u, — 16°18' n*°°, 1,47107); 3° du diliydrocarvéol (P.E. 100°-102° sous 7 à 8 mm. dm, 0,9368 — [«,]„,— 6°14' 1,48364). La présence de cet
- alcool fut vérifiée plus complètement par sa transformation en dihydrocarvone à l’aide de l’acide chromique en solution acétique.
- Dosage de la carvone dans l'essence de carvi. — Comme suite à des recherches antérieures sur un procédé de dosage de la carvone dans les huiles essentielles fondé sur la formation de carvoxie, M. Kremers (4) indique, dans un mémoire détaillé, les conditions dans lesquelles il est nécessaire d’effectuer les opérations pour réduire au minimum les causes d’erreur. Bien que cette méthode soit
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1896, 53; avril 1897, 50.
- (2) Ibid., octobre 1899, 13.
- (3) Ibid., avril 1905, 22.
- (4) Phann. Arch.,, 2 (1899), 81. — Journ. of tlie Soc. of chèm. indust., 20 iqootj, 16.
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- l’industrie dés huilés essentielles.
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- extrêmement loin d’être rigoureuse, elle peut être appelée toutefois à rendre des services dans certains cas.
- Se basant également sur l’emploi d’hydroxylamine, M. Val ter (1) détermine la richesse de l’essence de carvi en carvone, en chauffant au bain-marie un poids connu de cette essence avec un excès de chlorhydrate d’hydroxylamine et en titrant ensuite l’hydroxylamine non combinée par l’iode en présence de bicarbonate de soude.
- Essence de cascarille.—- L’essence de cascarillo dont M. Fendler (2) a déterminé la composition possède les constantes suivantes : dVi„ — 0,914 — [a]D — 4°81'. Elle renferme environ 2 p. 100 d’acides libres, volatils ou cristallisés. La portion volatile est constituée par un isomère de l’acide undécylénique, Y acide cascarilliqae, ChH20O2 bouillant à 270°, fondant à— 18° et possédant une densité de 0,9324 à 20°. Le résidu cristallisé fond à 58° et n’est autre qu’un mélange de 80 p. 100 d’acide palmitique et 20 p. 100 d’acide stéarique. L’essence/privée de ses acides libres et agitée avec une lessive de potasse, abandonne environ 3 p. 100 d’eugénol.
- Enfin, tandis que les portions les plus volatiles (155°-157°) renferment à défaut de pinène, du cymène et une petite quantité de limonène L, les portions les moins volatiles (2o5°-300°) contiennent-deux sesquiterpènes bouillant à 255°-257° et à 260°-265°, et un alcool bouillant de 280° à 290°. Aucun de ces trois composés n’a fourni de dérivés caractéristiques.
- Essence de fleurs de cassie. — 1° Essence de fleurs (YAcacia Farnesiana Willd : L’étude de cette essence faite dans les laboratoires Scliimmel (3) a donné les résultats suivants : en dehors du salicylate de méthyle dont la présence dans cette essence était connue depuis longtemps, on a pu y caractériser l’alcool benzylique dans les portions bouillant à basse température et, dans la fraction passant entre 120° et 145° sous 12 mm, une cétone à odeur très agréable de violettes, donnant des combinaisons cristallisées avec la phénylhvdrazine et la p. bromophénylhydrazine.'Le point d’ébullition exact de cette cétone semble, après purification, être situé vers 133° sous 15 mm. Dans des recherches plus récentes (4), MM. Schimmel ont pu successivement démontrer dans l’essence de cassie la présence probable de linalool et de géraniol, ainsi que par traitement au bisulfite de différentes portions obtenues à la distillation d’aldéhydes décylique, benzoïque, anisique et peut-être aussi cuminique. Toutes ces aldéhydes ont été identifiées de façon certaine, sauf l’aldéhyde cuminique, par leurs dérivés habituels, en particulier par leurs semi-carbazones. Enfin, par saponifi-
- (1) Chemikcr Ztg. liepert. 23 (1899), 264.
- (2) H. Thoms, Apolheker Ztg., 14 (1899), 562. —G. Fendler, Arch.d.Pharm., 238 (1900), 671.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1901, 17. .
- (4) Bull. Schimmel, avril 1903, 19.
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- 'cation de l’essence, les auteurs ont pu déterminer en outre, à côté du salicylate de méthyle, l’existence de p. crésol.
- Nous nous bornons à renvoyer pour les détails de ces intéressantes recherches aux mémoires originaux, et pour terminer ce qui concerne l’essence d’acacia l'arnesiana, nous nous contenterons d’indiquer les constantes physiques : di5o — 1,0475— [a]Ddr O — nf°= 1,51331 — I.S. 176.
- 2° Essence à?Acacia cavenia Hook. et Arn., Essence de cassie romaine :
- MM. Schimmel ont également dirigé leurs recherches (1) sur cette essence préparée dans le midi de la France par extraction des fleurs au moyen de l’éther de pétrole. En la traitant par la soude, ils obtinrent une solution de produits acides constituée par environ 75 p. 100 d’eugénol et 25 p. 100 d’acide salycilique provenant de salicylate de méthyle. La portion de l’essence insoluble dans la soude a pu être fractionnée en quatre parties principales : a) 40°-60°; b) 70°-80°; c) 75° 95°; d) 95°-105°. La fraction a contenait de la benzaldéhyde, caractérisée par sa semi-carbazone. La fraction b était, en majeure partie constituée par de l’alcool benzylique, puis par du linalool et de l’aldéhyde décylique. La fraction c a fourni un mélange d’alcools constitué principalement par du géraniol et un peu d’alcool benzylique et par de l’aldéhyde anisique caractérisée par oxydation en acide anisique. Enfin, la fraction d renfermait, à côté d’eugénol, du méthyleugénol, de l’aldéhyde anisique et des traces d’une cétone à odeur de violette, peut-être l’ionone ou l’irone. Les auteurs annoncent, d’ailleurs, qu’ils poursuivent leurs études à ce sujet.
- Essence de cèdre de l’Atlas. —M. Trabut (2) a préparé par distillation dubois du Cedrus atlantica Man. (variété de cèdre du Liban) une essence nouvelle constituée par un liquide visqueux brun clair, d’odeur aromatique à laquelle il a donné le nom d’essence de cèdre du Liban et qui répond aux constantes suivantes.: 6/0,9517— [a]D= + 48°16’— = 1,51487. Soluble dans 3 à 4 parties d’alcool à 90°, mais se troublant par addition ultérieure d’alcool. Après acétylation, l’indice de saponification est de 40,6, ce qui correspond à 16,6 d’un alcool CI3H260. Cette essence a été employée avec succès par l’auteur en lieu et place de l’essence de santal.
- M. Grimai (3) a repris l’étude de cette essence; elle possède une odeur particulière provenant principalement d’une cétone, C9HuO, et ses propriétés physiques sont les suivantes : (/ = 0,9508 — ^Oo= 1,51191 ; [a]u°° = + 69°32/. Soluble dans 8,5 parties d’alcool à 90° et dans 115 parties d’alcool à 70°. LA. 1,16 — I.S. 6,92 — I.S. après acétylation 33,84. A la distillation, 80 p. 100 de l’essence passent entre 270° et 295°. Les premières portions contiennent de
- (1) Bull. Schimmel, octobre 1903, 20,
- (2) Bull. Schimmel, avril 1901, 58.
- (3) C. R135 (1902), 582 et 1057.
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- petites quantités d’acétone et une fraction bouillant entre 180° et 215° qui renferme la cétone CuH90. Les portions à point d’ébullition élevé sont presque uniquement constituées par du cadinène-c? possédant les propriétés suivantes : P.E. 273°-276° — ^ = 0,9224— ri^a = 1,5107 — [a]!00 — 48°7'. Ce sesquiterpène qui n’avait pu, jusqu’à ce jour, être isolé à l’état de pureté, fournit un chlorhydrate et un bromhydrate d’où il est facile de le régénérer.
- MM. Schimmel (1) ont eu récemment l’occasion d’analyser une essence provenant d’une variété mal définie d’un bois de cèdre de Haïti. L’hüile obtenue par distillation avec un rendement de 4,33 p. 100 possède une couleur jaune citron et est douée d’une odeur analogue à celle de l’essence de juniperus' vir-giniana L. Elle en diffère toutefois par ses propriétés physiques (dl&0, 0,9612, [a]D — 14°58' et une teneur plus forte en composants alcooliques (I.E. après acétylation 64,0; LA. 2,7; LE. 5,0. L’essence n’est pas complètement soluble dans 10 vol. d’alcool à 90°, mais se dissout en toutes proportions dans l’alcool à 95°.
- Essence de cédrat. — Les essences de citron et de cédrat sont très souvent confondues, bien que ne pouvant à aucun point de vue être considérées comme identiques. L’essence de cédrat uniquement retirée par expression d!écorces du fruit du cédratier Citrus medica Risso a été étudiée par M. Burgess (2). Elle est généralement mélangée d’essence de citron, voire même parfois de petites quantités d’essence de rose. Elle répond aux constantes suivantes : dVa0 — 0,8513 [a]D, + 80° 13' — ni00—1,4750 et renferme du citral (environ 6 p. 100) et du limonène contenant probablement un peu de dipentène. Enfin la masse résineuse obtenue en laissant déposer l’essence, fournit par dissolution et recristallisation dans le chloroforme une combinaison cristalline Cl8H180G fusible à 145° et peut-être identique au citraptène.
- • M. Gulli (3) a dirigé également ses recherches sur l’essence de cédrat et en particulier sur la nature des différents cédratiers d’où elle est extraite. On distingue on effet en Sicile et en Calabre entre
- 1) Le Citrus medica var. vidg. Risso, connu sous le nom de cedro;
- 2) Le citrus medica var. gibocarpa ou citrea Risso, appelé cedrino;
- 3) Le Citrus medica var. rhegina Pasquale, désigné sous le nom de cedrone.
- Alors que le commerce ne distingue généralement pas entre les essences
- obtenues à partir de ces différentes variétés de cédratiers, il semble au contraire nécessaire d’établir une distinction très nette entre les essences provenant des cedri [d — 0,8706 — [<*]„=+67°) ou au contraire des cedrinis comme celle étudiée par M. Burgess puis plus récemment par M. Gulli. D’après ceci, la détermination du poids spécifique et du pouvoir rotatoire n’est plus suffisante pour
- (1) Bull. Schimrnell, avril 1906, 18.
- (2) The Analyst, 26 (1901), 260.
- (3) The Chemist and Drugg., 60 (1903), 19; 62 (1903), 22.
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- établir la pureté d’une essence de cédrat. Les chimistes de la London Essence Company (1) proposent pour reconnaître les falsifications de fractionner l’essence par distillation en plusieurs portions de volume donné et de déterminer les constantes physiques de chacune de ces fractions. Enfin, comme caractéristique de l’essence de cédrat non falsifiée il faut également citer le dépôt cristallin qui se forme déjà peu de temps après sa préparation.
- Les conclusions des travaux de M. Burgess et de M. Gulli rendent donc nécessaire l’adoption de nouvelles dénominations pour les essences de cédrat. Il y a lieu de conserver jusqu’à nouvel ordre le nom d’essence de cédrat pour Tessénce provenant des cedri, le nom d’essence de cedrini étant au contraire réservé à l’essence extraite de la variété correspondante.
- Essence de cerfeuil. — M. Gutzeit avait, il y a quelques années, signalé la présence d’alcool méthylique et éthylique dans les produits de distillation des fruits du cerfeuil, anthrisius cerefolcum hoffm. avant maturité. Plus récemment MM. Gharabot et Pillet (2) ont obtenu par distillation do ces mêmes fruits mûrs une huile essentielle jaune clair, d’une odeur anisée rappelant celle de l’estragon. Le rendement atteint 0,0118 p. 100. Au bout d’un certain temps, il se dépose des cristaux qui paraissent être de la paraffine, La majeure partie de l’essence est constituée par du méthylchavicol, caractérisé par sa transformation en anéthol, puis en aldéhyde anisique.
- Essence de champaca. — L’essence de champaca (3) se retire des fleurs de mi-chelia longifolia (fleurs blanches) et miche lia champaca (fleurs jaunes). On distille le mélange des deux espèces de sorte que l’essence est constituée elle-même par un mélange, formé d’ailleurs en majeure partie d’essence àemichelia longifolia.
- MM. Schimmel ont entrepris l’étude de cette essence sur un échantillon possédant les constantes suivantes : d& 0,8861 ; [*]„ —11° 10'; I. A. 10,0 ; I. E. 21,6; I. E. après acétylation 150,1 ; soluble dans 2 volumes d’alcool à 70°; l’essence commence à distiller sous 8 mm. au-dessous de 35°, mais la plus grande partie passe entre 68° et 83°; cette fraction est presque entièrement uniquement constituée par du linalool (caractérisé par sa phényluréthane et ses propriétés physiques). Les portions supérieures (70° à 165° sous 5 mm.) renferment du géraniol (caractérisé par son oxydation en citral) et probablement du méthyleu-génol (caractérisé par oxydation en acide vératrique). Les fractions inférieures sont constituées par des éthers de l’acide rnéthylacéthycétique, vraisemblablement les éthers méthylique et éthylique. L’acide libre y est également contenu. Enfin la fluorescence bleue de l’essence semble indiquer la présence d’anthranilate de méthyle.
- (1) The Chemist and Drugg., 62 (1903), 57.
- (2) Bull. Soc. chim., III, 21 (1899), 368.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1897, 14 ; octobre 1906, 23; octobre 1907, 36.
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- l’industrie des huiles essentielles.
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- Essence de chione. — Le bois et plus particulièrement l’écorce de Chione glabra que l’on rencontre uniquement dans les Indes occidentales possèdent une odeur aromatique, légèrement fécale, qui par exposition à l’air disparaît d’ailleurs presque complètement. Par distillation à la vapeur, on obtient, d’après MM. Paul et Cownley (1), environ 1,5 p. 100 d’une huile essentielle jaune clair, plus lourde que l’eau et qui par refroidissement à — 20° se prend en une masse, cristalline. Cette huile qui possède l’odeur de l’écorce a été étudiée par MM. Dunstan et Henry (2). Elle est principalement constituée par une partie liquide cristallisant à basse température (P. E. 160° sous 64 mm.— d[l° = 0,850) et répondant à la formule C8H80,. D’après ses propriétés, on peut supposer que ce produit n’est autre que de l’orthooxyacétophénone C6HrOH[2J.CO.GH^1] et cette hypothèse se trouve d’ailleurs entièrement confirmée par la comparaison avec la cétone obtenue synthétiquement. En dehors de cette combinaison, l’huile renferme encore un corps cristallisé qui n’a pu être analysé et des traces de produits azotés sans qu’il soit toutefois possible d’y caractériser l’indol.dont l’odeur pouvait faire soupçonner la présence.
- Essence de chrysanthème. — M. Perrier (3) a obtenu par distillation des feuilles dQ' Ch'ysanthemnm japonienm thog., une essence de couleur verdâtre (clV6o= 0,932 — = 1,4931) à odeur de camomille et de menthe. Elle se dis-
- sout complètement dans 10 parties d’alcool à 90° et par refroidissement à —15°, laisse déposer une substance amorphe semblable à la paraffine. Un abaissement de température plus considérable la solidifie complètement.
- Elle commence à bouillir à 160° et possède un indice de saponification de 8,61. Les eaux-mères de saponification neutralisées par l’acide chlorhydrique bussent déposer un produit solide ayant l’odeur de l’acide angélique.
- Essence de cinnamomum pedatinerviam. — M. Goulding (4) a fait l’étude de l’essence retirée de l’écorce d’un arbre indigène des iles Fidji (Cinnamomum pe-dalinerviam). L’éçorce pulvérisée a fourni par distillation à la vapeur 0,92 p. 100 d’une huile brune, d’odeur aromatique agréable (P. E. 180°-255° [a]D = — 4° 96' — niDs“ = 1,4963 — I. S. 4,4 correspondant à 1,5 p. 100 d’acétate de linalyle — I. S. après acétylation, 115,8 correspondant à environ 30,75 p. 100 d’alcool C10HlgO — (0CH3) p. 100, 1,16.
- L’examen chimique de l’essence a montré que le principal constituant est le safrol (environ 50 p. 100). Elle contient en outre environ 30 p. 100 de linalool et 10 à 20 p. 100 de terpènes inconnus, 1 p. 100 d’eugénol, et environ 3 p. 100
- (lj Pharm. Journ., IV, 7 (1898), ol.
- (2) Journ. Chem. Soc., 75 (1899), 66.
- (3) Bull. Soc. chim.j III, 23 (1900), 216.
- (4) The constit. of the volatile oil of the bark of Cinnamomum pedatinervium of Fiji. Dissertation, Londres, 1903,
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- de méthyleugénol. La fraction contenant les terpènes distillait entre 167° et 172° et possédait les constantes suivantes : ^15„ = 0,8659—[a]D = 17°72\
- Essence de cinnamomum pedunculatum. — L’essence de Cinnamomum pedunculatum Nees a été étudiée par MM. Keimazu et Asahina (1), et par MM. Schimme] (2). Elle renfonne entre autres du pliellandrène, de l’eugénol, du méthyleugénol et probablement du linalool.
- Essence de cistus monspeliensis. — Cette essence (3) obtenue avec un rendement de 0,015 p. 100 répond aux constantes suivantes : dV6o= 0,9786 — [a]D = + 1° 40'— LA. = 15,7 — LE. = 31,51. Elle possède une coloration brun clair et une odeur d’ambre assez prononcée. Maintenue à la température de 20°-25° elle laisse déposer une forte proportion de paraffine fondant à 64°.
- Essence de cistus salvifolins. — On l’obtient (4) avec un rendement de 0,024 p. 100. Elle possède les constantes suivantes 6/13„ = 0,9736 — [a]r,= + 17° 20’ — I. A. 16,86 — I. E. 22,73, est douée d’une coloration vert clair et se comporte comme la précédente en ce qui concerne la séparation de paraffine.
- Essence de citron. — MM. Umney et Swenton (5) en distillant dans le vide une grande quantité d’essence de citron de Messine y ont déterminé la présence de 35,7 p. 100 d’éthers calculés en acétate de géranyle. Le produit aqueux résultant de la saponification renfermait de l’acide acétique tandis que l’huile saponifiée contenait du géraniol et du linalool gauche.
- M. Burgess (6) a retiré des terpènes provenant de la distillation fractionnée de l’essence de citron au moyen de bisulfite un produit aldéhydique à odeur comparable à celle de l’huile de noix de coco (P. E. 80-85° sous 15 mm. — Oxime, P. F. 35°) et s’oxydant en un acide huileux. De même, en extrayant d’abord le citral de l’essence de citron au moyen de sulfite de soude et de bicarbonate de soude, puis en distillant le résidu dans le vide et en le traitant de nouveau par le bisulfite, MM. von Soden et Rojahn (7) ont obtenu, comme M. Burgess un mélange d’aldéhydes constitué par de l’aldéhyde nonylique et vraisemblablement de l’aldéhyde octylique.
- D’un autre côté, M. Burgess en traitant l’essence de citron par un mélange d’acétone et d’eau dans des conditions déterminées, a obtenu un produit cristallisé (P. F. 145°) donnant un dibromure également cristallisé et s’oxydant en acide oxalique et acide carbonique. Ce stéaroptène est évidemment identique à
- (1) The oriental Druggist, 1 (1906), Yokohama.
- (2) Bull. Schimmel, octobre 1907, 38.
- (3) Bull. Schimmel, octobre 1903.
- (4) Bull. Schimmel, octobre 1903, 81.
- (o) Pharm. Journ., 61 (1898), 196, 370.
- (6) Chem. Ztg., 25 (1901), 602; Chem. Soc., 17, 171.
- (7) Ber., 34, 2809.
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- l’industrie des huiles essentielles.
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- celui isolé par M. Theulier (1) clans les résidus de distillation de l’essence de citron. M. Schmidt (2) a donné le nom de citroptène à ce composé qui paraît être identique à la limettine retirée par MM. Tilclen et Beck (3) de l’essence de limette et se présente après purification sous forme d’aiguilles incolores brillantes et fusibles à 146°-147° communiquant à leurs solutions une magnifique fluorescence bleue violette. L’auteur dans le cours de ses recherches (4) est parvenu à déterminer la constitution de ce citroptène. La potasse caustique le transforme en effet en phloroglucine, et le brome en un dibromure fusible à 250°-260°. L’analyse permet de lui assigner la formule ChHi0O4 et révèle la présence de deux méthoxyles et M. Schmidt a pu conclure de ses observations cpe le citroptène n’est autre qu’une dioxycoumarine méthylée répondant à la formule de constitution suivante :
- H-----O CH3
- CHsO
- L’auteur a d’ailleurs vérifié plus rigoureusement ses conclusions en préparant cette dioxycoumarine méthylée à partir de la phloroglucine. Le produit synthétique s’est montré parfaitement identique au citroptène naturel.
- Enfin, indépendamment du citroptène, M. Schmidt a pu déceler dans les résidus de distillation de l’essence de citron d’autres produits parmi lesquels nous citerons en particulier un phénol fusible à 89°.
- MM. Burgess et Child ont pu caractériser à nouveau le pinène sous sa forme lévogyre dans l’essence de citron et bien que les propriétés physiques de la fraction qui le contenait-ne se soient pas montrées identiques à celle du pinène, les auteurs maintiennent leurs conclusions en s’appuyant sur la transformation de leur produit en un chlorhydrate fondant à 125°.
- MM. Scliimmel (5) ont à leur, tour démontré dans l’essence de citron la présence de la méthylhepténone et du terpinéol fondant à 35°. Les mêmes auteurs font remarquer à juste titre (6) que si l’on élimine les terpènes de l’essence de citron afin en particulier de la rendre plus soluble dans l’alcool, il serait logique de la débarrasser également du sesquiterpène qu’elle contient. Dès lors, étant donné qu’une des conditions requises pour une essence déterpénée (au sens vrai du mot) était jusqu’à présent d’être lévogyre, il est nécessaire d’insister sur ce
- (1) Rev. gén. de Chim. pure et appl., 3 (1000), 16S.
- (2) Apoth. Ztg., 16 (1901), 619.
- (3) Chem. News, 65, 116.
- (4) Arch. d. Pharm., 242 (1904), 288.
- (5) Bull. Schimmel, oct. 1902, 36.
- (6) Ibid., avril 1903, 33. '
- CH = CH O-CO
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- point qu’une essence privée do terpènes et de sesquiterpènes sera optiquement inactive ou faiblement dextrogyre, (d150, 0,886 à 0,900 — [a]D,légèrement adroite jusqu’à 6° 30'. Teneur en aldéhyde 30-70 p. 100. Soluble dans 6 à 15 vol. d’alcool à 60° et dans 1 a 3 vol. d’alcool à 70°), du fait meme de la disparition do ce sesquiterpène dont MM. Scliimmel ont déterminé les propriétés physiques P. E. 125-127° sous 8 millimètres — dx> 0,8843 — [«.]„—42°-—id^°= 1,49034.
- La présence de camphène-1, soupçonnée, puis vérifiée par MM. Scliimmel (1) a été également démontrée par les chimistes de la London Essence Co. Dans une fraction [d— 0,869 — [a]D =—22° — m*8o=: 1,4470) bouillant à 164° (759 mm.) ils ont pu déceler le camphène par transformation en isobornéol.
- MM. Burgess et Page (2) en étudiant les portions les plus volatiles de Tes-sence de citron ont réussi à mettre en évidence la présence d’un hydrocarbure C8Hlc (c/=0,7275 — [xjuitO — =1,-4066 — P. E. 123°-124°) qui se transforme
- par oxydation en acide butyrique. Les auteurs en concluent qu’il s’agit d’un octylène.
- Enfin nous citerons également un travail très développé de MM. Burgess et Child (3) sur la préparation, la constitution et l’essai de l’essence de citron ainsi que des recherches de M. Berté (4) sur la falsification de cette essence.
- Dosage du titrai dans l'essence de citron. — Nous avons, dans le paragraphe consacré aux procédés généraux de dosage des aldéhydes, brièvement exposé plusieurs méthodes appliquées précisément à l’origine au dosage du citral dans l’essence de citron. Tel est le procédé dû à MM. Soldaini et Berté (5) fondé sur l’emploi de bisulfite de potassium et modifié par MM. Kremers et Brandel (6). De meme la méthode préconisée par M. Sadtlcr, vérifiée également par MM. Kremers et Brandel et reposant sur la formation d’acide citraldihydrosul-tonique et la modification introduite par M. Burgess permettant de l’utiliser comme méthode uniquement volumétrique.
- M. Walther (7) avait proposé il y a quelques années un procédé de dosage du citral dans l’essence de citron reposant sur la transformation du citral on citraloxime sous l’influence de l’hydroxylamine. Il suffisait, d’après ses observations, de titrer après réaction l’excès de chlorhydrate•d’hydroxylamine au moyen de soude 1,10 normale. Les chimistes des laboratoires Schimmel ont repris cette étude et ont constaté que, dans tous les cas, la méthode de
- (1) Bull. Schimmel, oct. 1902, 36 ; oct. 1903, 32.
- (2) Jonrn. Chem. Soc., 85 (1904), 1328. •
- (3) Jouni. Soc. chem. ind., 20, n° 12.
- (4) Boll. chim. farm., 43, 709.
- (5) Ibid., 38 (1899), 337, 10 (1904); Chem, and Brug., 63 (1903), 732.
- (6) Pharm. liedeiv, 22 (1904), 13, 72.
- (7) Pharm. Ccntralhallc, 40 (1899), 621; Bull, Schimmel, avril 1900, 22,
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- M. Walther donne des résultats trop forts. Ceci provient, selon toute apparence, de l’action du bicarbonate de soude employé dans la réaction, lequel sous l’in-lluence de la chaleur se décompose avec dégagement d’acide carbonique et production de carbonate neutre. Ce dernier réagit sur le chlorhydrate d’hydroxy-lamine en mettant une certaine quantité de base libre en liberté, ce qui correspond naturellement à une augmentation du pour cent de citral dans l’essence.
- M. Berté (1) avait an cours de recherches sur les principales falsifications de l’essence de citron proposé d’évaluer la richesse en aldéhydes en déterminant successivement les pouvoirs rotatoires de l’essence avant et après élimination des aldéhydes qui s’y trouvent renfermées. La différence des pouvoirs rotatoires devait d’après l’auteur permettre le calcul de la proportion d’aldéhydes. Différents expérimentateurs se sont à différents intervalles prononcés contre l’utilisation do cette méthode et M. Berté lui-même semble la rejeter dans un grand nombre de cas.
- M. Bornéo (2) expose à son tour un autre procédé de dosage du citral basé sur ce fait que le citral réagit sur ryie solution de sulfites neutre et acide de soude en donnant du citral trihydrotrisulfonate de soude. Nous renvoyons pour les détails de la méthode aux mémoires originaux en faisant remarquer la similitude de ce procédé avec celui de M. Sadtler.
- Pour terminer ce qui concerne l’essence de citron, nous indiquerons les résultats contradictoires de recherches effectuées respectivement par M.Parry (3) et par MM. Guilli et S.tavenhagen (4) sur la proportion de citral que renferme l’essence de citron. D’après le premier de ces auteurs, la quantité de citral est au plus égale à 7 p. 100 tandis que les derniers au contraire l’estiment au moins à 7 et 7,3.
- Essence de citronnelle. — MM. Schimmel avaient, il y a quelques années (o), constaté des différences notables dans les propriétés physiques de divers échantillons d’essence de citronnelle de provenance certaine. Afin de vérifier si ce fait ne provenait pas de l’emploi h la préparation de l’essence de deux variétés d’Andropogon Nardus L. connues d’après M. Winter (6) sous le nom de Lana Batu et de Maha Pangiri, MM. Schimmel .(7) ont entrepris des recherches approfondies sur l’essence de citronnelle en commençant par l’essence de Lana
- (1) Chem. 7Ag., 29 (1905), 805; Chemist ancl Drug., 66 (1905), 682; Bull. Schimmel,
- ' octobre 1905, 27 ; Chemist and Druggist, 66 (1905), 713, 744.
- (2) Un nuovo metodo di determinazione quantitativa del citral, Messine, 1905.
- (3) Chemist and Druggist, 63 (1903), 277, 341,
- (4) Ibid., 63 (1903), 401.
- (5) Bull. Schimmel, octobre 1898, 21.
- (6) Chemist and Drug., 52 (1898), 646.
- (7) Bull. Schimmel, oct, 1899, 17. .
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- Batu. Ses propriétés sont les suivantes: [<x]f0o =#— 9°36' 0,908 —
- Solution limpide clans 1 vol. d’alcool à 80° se troublant par addition de 4 vol. et plus — I. S. après acétylation 190,8 ce qui correspond à 61,1 de géraniol. En ce qui concerne la marche des essais nous ne pouvons que renvoyer au mémoire original et nous contenter de citer les principaux résultats obtenus :
- Recherches qualitatives : Les portions les plus volatiles renferment du camphène liquide, déjà découvert par MM. Bertram et Walbaum (1) (c/15o = 0,8642 [a]n3“ = — 62° 3' — n»a 1,46367 — P.E. 159°-161°), du dipentène (memes auteurs) et du limonène. Les autres portions contiennent environ 0,01 p. 100 de linalool, du bornéol gauche, du méthyleugénol, un sesquiterpène probablement acyclicjue et un autre sesquiterpène dextrogyre. Par contre, les auteurs n’ont pu constater trace de citronellol contrairement aux indications de MM. Flateau et Labbé.
- Recherches quantitatives : Les auteurs ont dosé le géraniol séparément, renonçant clans ce cas à leur méthode d’acétylation qui détermine à la fois le citronnellal et le géraniol. Ils ont dans ce but éthérifié par l’anhydride phtalique et dosé l’acidité du produit cle la réaction..Le mode opératoire était le suivant: On chauffe au bain-marie clans un ballon environ 2 grammes d’anhydride phtalique et 2 grammes de l’essence considérée avec 2 grammes de benzène. Au bout cle deux heures on laisse refroidir et on agite pendant 10 minutes avec 60 centimètres cubes de solution demi-normale de potasse. Le ballon doit être bouché pendant tout ce temps avec un bouchon à émeri. L’anhydride phtalique est cle cette façon entièrement transformé en phtalate neutre de potasse et l’éther acide du géraniol en éther neutre. On titre alors l’excès cle potasse avec une solution demi-normale d’acide sulfurique. Le nombre de centimètres-cubes trouvé est multiplié par 0,028, ce qui donne la quantité d’alcali non utilisé.En retranchant cette dernière de la quantité d’alcali correspondant à l’anhydride • phtalique mis en œuvre, on obtient la quantité d’alcali équivalente au géraniol qui s’est uni à l’acide phtalique ce qui permet cle calculer facilement la richesse en géraniol. En retranchant du pour cent trouvé le pour cent total obtenu par la méthode d’acétylation, on obtient le pour cent de citronnellal. Quant au méthyleugénol, il a été dosé par la méthode cle Zeisel et se trouvait clans l’essence analysée à raison de 8 p. 100.
- En ce qui concerne l’essence cle Maha Pangiri ou essence de Java, également étudiée par MM. Schimmel (2), elle possède les propriétés suivantes : d =0,894 — [a]D = — 3°. Plus soluble clans l’alcool à 80° que l’essence de Lana Batu. L’essence de Java, au contraire de l’essence de Geylan, contient du citronnellol
- • (1) Journ. f. pract. Chem., 49 (1894), 16.
- (2) Bull. Schimmel, avril 1900, 13.
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- droit (P. E. 109° sous 7 millimètres — d15„ = 0,8619 — [a]D + 2°32' —n^= 1,45671) et ceci donne raison aux affirmations de M. Dodge (1) et de MM. Flateau et Labbé (2). MM. Schimmel ont pu le caractériser, après séparation du géraniol, en particulier par le sel d’argent du phtalate acide de citronellol. Il résulte de ceci que c’est la première fois que le citronnellol droit a été décelé dans un produit naturel. En dehors de cet alcool, l’essence de Java contient, pour une même proportion de géraniol que l’essence de Ceylan, un taux de citronnellal environ 1,5 fois plus fort et une plus faible quantité de méthyleu-génol.
- M. Parry (3) fait observer que la solubilité des essences de citronnelle varie généralement avec leur densité, les essences de faible densité étant plus solubles que les essences de densité élevée. Il attribue ce fait à la teneur plus grande en sesquiterpènes des essences lourdes.
- De plus, tandis que toute essence pure de citronnelle est soluble dans l’alcool à 81°-83°, les essences additionnées de pétrole ne le sont pas même dans l’alcool à 85°.
- Dans le même ordre d’idées, MM. Parry et Benett(4) signalent la falsification de l’essence de citronnelle au moyen d’huile de résine. Ils proposent (5), en se basant sur la possibilité de séparer le produit d’addition par simple fractionnement, d’exiger que les dix premiers centièmes de l’essence passant à la distillation fractionnée sous 20°-40° millimètres aient comme densité minimum 0,858 et que leur indice de réfraction à 20° ne soit pas inférieur à 1,4570. En outre, les essences de citronnelle doivent fournir à température de 20° une solution limpide ou au plus opalescente avec 10 vol. d’alcool à 80°.
- M. Bamber (6) a publié une méthode permettant de déterminer pondéra-lement la matière étrangère (insoluble dans l’alcool) introduite dans l’essence. On mélange 2 centimètres cubes d’huile de coco exempte d’acides et 2 centimètres cubes d’essence de citronnelle; on agite ensuite avec 20 centilitres d’alcool à 83 p. 100 en poids en se maintentant à 29°-30° dans un récipient cylindrique convenablement gradué. On imprime ensuite à l’instrument un mouvement de rotation. Dans ces conditions, l’essence de citronnelle reste dissoute tandis que l’huile de coco se sépare en entraînant avec elle les impuretés solubles dont on mesure la proportion par augmentation de volume de l’huile qui apporte le ferment nécessaire à la production de l’essence. MM. Schim-
- (1) Amer. chem. Joarn., 11 (1899), 459.
- (2) C. R., 126 (1898), 1726.
- (3) Chem, and Drug., 59 (1901), 142.
- (4) Chem, and Drug., 62 (1903), 88.
- (o) Chem, and Drug., 62 (1903), 408.
- (6) Proc, chem. Soc., 19 (1903), 292,
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- mel (1), en distillant la plante fraîche sans addition de farine de moutarde de coco. Bien cpie ce procédé ait donné de bons résultats, on ne peut toutefois en tirer dans tous les cas des conclusions certaines sur la pureté d’une essence.
- Enfin, MM. Pafry et Benett (2) signalent une falsification de l’essence de citronnelle au moyen de l’alcool. 11 était intéressant d’attirer l’attention sur cette sorte de fraude impossible à découvrir, soit par l’essai Schimmel, soit par l’essai Bamber. •
- Essence de cochlearia. — L’impossibilité de préparer l’essence de cochlearia en toute saison avait suggéré à M. Gadamer (3) l’idée d’employer la plante sèche additionnée de farine de moutarde ont constaté que le procédé' le plus rationnel de préparation consistait à distiller directement, mais en ayant soin de bien diviser la matière première.
- D’après les recherches de Hofmann, l’essence de cochlearia renferme prin-
- cipalement du sénevol butylique secondaire SCN.CH;
- CIL,
- .«C
- elle possède une
- densité de 0,94179 à 20° et un indice de réfraction de 1,4932 à 22°. Elle distille presque sans résidu (environ 5 p. 100) entre 150° et 162° et, comme le faisait prévoir l’existence dans sa molécule d’un atome de carbone asymétrique, est douée d’un pouvoir rotatoire [a]D = + 55°27'. La butylthiourée obtenue par action de l’ammoniaque sur l’essence et la butylamine secondaire à laquelle donne naissance le butylséncvol secondaire droit sont toutes les deux actives. M. Gadamer a en particulier démontré que dans le cas de la butylamine, ce fait n’est pas dû à une modification du groupement moléculaire asymétrique et il lui a suffi de préparer synthétiquement et de comparer aux produits naturels le butylsénevol secondaire d., et les butyl— et dibutylthiourées d.. L’identité s’est montrée absolument complète.
- Enfin, M. Urban (4) a effectué des essais en vue de préparer l’essence et l’alcoolat de cochlearia au moyen de la semence do Cochlearia officinalis. Nous renvoyons au mémoire original pour les détails de ces recherches.
- Essence de baume de copahu. — Les chimistes de la maison Schimmel ont eu l’occasion d’elfectuer d’assez nombreux essais d’essences de baume de copahu de provenances diverses. Nous ne pouvons que renvoyer aux articles parus dans les bulletins publiés par cette maison.
- De même MM. Van Itallie et Niewland (5) ont soumis à un examen approfondi le baume de copahu provenant de Surinam. Les auteurs en ont déter-
- (1) Chem, and Drug. (1903), 1061.
- (2) Arch. de Pharm., 237 (1899), 92; Bull. Schimmel, avril 1899, 15.
- (3) Bull. Schimmel, avril 1900, 15.
- (4Î Arch. de Pharm., 241 (1903), 691.
- (5) Arch. de Pharm., 242 (1904), 539.
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- miné les propriétés physiques et proposent la réaction suivante comme très caractéristique du baume de Surinam: si l’on ajoute au mélange d’une goutte de baume avec 1 centimètre cube d’anhydride acétique, une goutte d’acide sulfurique, la solution prend une belle couleur bleue. La teneur en essence du baume de Surinam varie entre 41 et 72 p. 100; l’essence obtenue par distillation à la vapeur d’eau est constituée par un liquide assez épais, clair, incolore au début, plus tard faiblement coloré en jaune ; if0,9030 à 0,9052 a’3— 7° 37' à 10° 13' ; I.A. O; I. S. 6,7 — I. E. de l’essence acétylée 28,4. La plus grande partie (75 p. 100) passe à la distillation fractionnée sous pression ordinaire entre 254 et .270°. MM. Van Itallio et Niewland ont pu y déceler la présence d’un alcool sesquiterpènique fondant à 113-115°, de petites quantités de cadinène et d’un mélange de probablement deux sesquiterpèncs.
- Essence de copal de Manille. — jCetto essence étudiée par M. Tschirch est obtenue par distillation à la vapeur de la résine de copal (1); elle constitue un liquide très mobile, d’odeur agréable, bouillant entre 165° et 170° et possédant un poids spécifique de 0,840 à 15°.
- M. Tschirch a également étudié l’builc.de copal du kauri de la Nouvelle-Zélande (2). Par repos prolongé dans un endroit frais, cette essence abandonna des aiguilles cristallines, longues et fines, lesquelles, recristallisées dans l’alcool faible, fondent à 168° et dont l’analyse élémentaire conduit à la formule CHO.
- Essence de cresson. — M. Gerber a retiré de l’extrait éthéré de cresson de Para par distillation à la vapeur d’eau, une huile essentielle dans la proportion de 0,27 p. 100 possédant les propriétés physiques suivantes : d 0,847 — +1,85 ;
- P. E. 135-190 sous pression de 35 millimètres. La fraction principale (145-155) se compose surtout d'un hydrocarbure C15 H30, le spilantène, qui, purifié, bout à 135°-138° sous 25 millimètres. Cet hydrocarbure fournit avec le bromure un dibromure C2H30Br15.
- (1) Arch. de Phcirm., 240 (1902), 202.
- (2) Tifese Berne, 1901.
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- COMMERCE
- l’impérialisme économique en grande-bretagne, par M. Maurice Alfassa (1).
- LES ELEMENTS DE LA MESURE DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE
- On se rend donc compte que, même en adoptant la méthode de M. Chamberlain pour mesurer la prospérité de l’Angleterre, et de quelque manière que l’on examine les exportations (totales, produits manufacturés seuls, ou par tête d’habitant), on ne peut constater de signe apparent de décadence. Nous avons déjà exposé combien ce procédé nous paraissait peu scientifique, et nous n’y voulons point revenir. Cependant, avant de terminer les considérations d’ordre général portant sur ce point, il nous semble nécessaire d’indiquer certaines des causes d’erreur qui résultent de l’appréciation de la situation économique d’un pays par ses seules exportations.
- En 1901 et 1902, elles furent inférieures en Angleterre à celles de 1900. En 1903, par contre, elles furent beaucoup plus considérables. D’après M. Chamberlain,'il faudrait conclure que la.prospérité a été plus grande en 1903 qu’en 1901 et 1902. Et pourtant ce n’est pas exact, car si, en 1902, les exportations n’augmentèrent pas de façon appréciable, cela tient à la guerre du Transvaal. La grande demande de matériel de guerre augmenta la proportion du commerce intérieur : la proportion des chômeurs diminua les diverses entreprises ayant un débouché pour leurs marchandises sur le marché britannique, qui nécessitait une plus grande part de leur production, ne purent chercher à développer leurs exportations. En 1903, au contraire, les exportations augmentent, mais la situation du marché intérieur fut loin d’être aussi satisfaisante qu’en 1902. v
- Il serait possible de trouver des indications plus conformes à la réalité des faits, par des comparaisons statistiques basées sur l’ensemble du commerce extérieur. Cependant, il ne faut pas perdre de vue, en recourant à cette méthode, que les résultats obtenus n’ont qu’une exactitude relative pour plusieurs raisons.
- L’observation que nous venons de faire s’applique à l’ensemble du commerce extérieur comme aux seules exportations, encore que dans une moindre mesure, car il est indispensable de tenir compte de la situation du marché intérieur. En second heu, on ne considère, dans ce cas comme dans le précédent, que des valeurs et nullement des
- (1) Voir les BulUlim d’avril, mai et juin 1908.
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- l’impérialisme ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1019
- quantités. On peut être amené ainsi à des conclusions qui s’éloignent très sensiblement de la vérité. De plus, une cause d’erreur, assez sérieuse dans certains cas, est l’introduction, dans les statistiques d’ensemble, de certaines marchandises en transit, c’est-à-dire envoyées en Angleterre pour y être vendues, mais n’ayant pas encore d’acquéreur. Elles demeurent en entrepôt pendant des périodes de durée assez variable, et, par ce fait, les résultats d’ensemble peuvent se trouver modifiés dans une certaine mesure. Il y a des différences très accentuées dans les diverses manières d’évaluer des valeurs, tant des exportations que des importations. Les premières sont calculées au lieu d’origine, c’est-à-dire franco-bord au port d’embarquement, augmentées seulement par les frais de transport par chemin de fer. Les secondes au contraire sont données C.if c’est-à-dire, pour traduire cette expression en langage vulgaire, qu’au coût, au port d’embarquement, s’ajoutent les frais d’assurance et le fret, grevant parfois de façon appréciable la valeur des articles importés. Cette augmentation de la valeur est surtout sensible dans le cas où les marchandises voyagent par terre et sont obligées de traverser en transit certains pays. Nous faisons ici allusion, par exemple, au cas d’articles en provenances de pays continentaux, comme la Suisse.
- Toutes ces causes n’agissent pas dans le même sens, elles ont tendance à se neutraliser, sauf la première, et l’on peut enfin de compte, avec une approximation assez grande, faire fond sur les comparaisons du commerce extérieur total, pour avoir une indication quant à la prospérité commerciale d’un pays. Cependant on ne peut en tirer de conclusions fermes. Pour cela il est indispensable d’étudier les variations du commerce intérieur. C’est un problème ardu, parce que les renseignements statistiques directs font défaut. Mais les méthodes d’investigation ne manquent pas, qui permettent, par des moyens détournés, d’obtenir une solution suffisamment approchée. C’est d’abord la possibilité de compléter les indications fournies par les statistiques du commerce extérieur proprement dit.
- Si, pour certains pays, il suffit d’additionner les exportations et les importations (1) afin d’obtenir une approximation suffisante, il n’en est pas de même pour la Grande-Bretagne, car aux transactions visibles, enregistrées par le service des douanes, il est indispensable d’ajouter les exportations invisibles jouant un rôle très important dans sa prospérité.
- L’Angleterre n’est pas uniquement une nation industrielle : elle est au moins autant, on pourrait presque dire surtout, une nation commerciale de premier ordre et si elle n’a plus sa suprématie d’antan au premier point de vue, elle est parvenue à la maintenir au second. Par le Libre-Échange, qu’elle pratique depuis près d’un demi-siècle, grâce aux ports francs ouverts sur toutes ses côtes au trafic international, elle est devenue l’entrepôt du monde, et à l’heure actuelle encore elle est le principal marché d’une foule d’articles qu’elle ne produit pas. Ces marchandises entreposées sont pour elle une source de gros profits : elles exigent certaines manipulations à titre onéreux qui ajoutent, d’une façon difficile à mesurer, à la richesse nationale et se répercutent dans des directions diverses. C’est d’abord les commissions qu’elle prélève, les traites quelle escompte, les remises faites des places étrangères aux places anglaises, en un mot, les multiples services de banque qu’elle assure. Soit directement, soit indirectement par les transactions qu’ils entraînent, ils sont une source de prospérité et constituent ce que l’on désigne sous le nom générique d’exportations de services.
- (1) Nous n’entendons pas parler uniquement des valeurs, mais aussi des quantités.
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- 1020 COMMERCE. —^ JUILLET 1908;
- ' Le rôle de Commissionnaire qu’a joué le Royaume-Uni a beaucoup contribué au développement de sa marine de commerce. Sa situation insulaire, la nécessité où il se trouvait de faire traverser .les océans aux produits dont il avait besoin ou qu’il exportait, avaient encouragé les constructions navales.
- L’importance obligée de son commerce extérieur lui permit d’établir des frets très inférieurs à ceux des autres pays, en même temps qu’il put assurer des services réguliers et fréquents entre les différentes régions du globe.
- Non seulement tout le commerce extérieur de la Grande-Bretagne et celui de ses '.colonies se font par sa flotte de commerce, mais encore une notable partie de celui des pays étrangers emprunte les navires anglais de préférence souvent aux navires nationaux, à cause de la rapidité plus grande du transport et des frais moindres. Il y a une source importante de profits dans ces exportations de services, et des calculs d’origines diverses montrent qu’elles sont considérables, puisque l’on estime les bénéfices nets des armateurs et assureurs maritimes à 90,000,000 £ par an.
- Il faut aussi ajouter les intérêts des capitaux placés à l’étranger, s’élevant annuellement à une somme équivalente.
- Il y a donc là un facteur très important au point de vue de la prospérité du Royaume-Uni. Et ces exportations invisibles sont facteur que l’on ne saurait négliger quand on veut employer la méthode du commerce extérieur.
- II.faut encore tenir compte d’autres éléments importants également permettant d’apprécier la situation de ce pays et fournissant de précieuses indications relatives au commerce intérieur.
- En première ligne, il faut mentionner les variations dans les revenus, —particulièrement dans ceux provenant du commerce — que donnent avec exactitude les statistiques de Ylncome Tax et dans le même ordre d’idée les mouvements constatés d’afflux ou de retraits de capitaux dans les Saving Banks ou caisses d’épargne.
- Un signe intéressant aussi est la variation du taux de l’escompte.
- Des renseignements exacte peuvent également se déduire du pourcentage des chômeurs, du nombre des pauvres, etc.
- LES CONDITIONS DES CLASSES OUVRIÈRES
- L’un des éléments les plus importants, il ne faut pas l’oublier pour apprécier sainement la situation économique d’un pays, est la transformation de la condition des classes ouvrières.
- En Angleterre, depuis le milieu du siècle dernier, il est incontestable que le niveau de l’existence des travailleurs s’est considérablement élevé. Il y a eu une très notable augmentation du taux des salaires, non seulement en valeur absolue mais en valeur relative. Par ces mots, il faut entendre que la somme d’argent reçue par les ouvriers des diverses professions est aujourd’hui très supérieure à ce qu’elle était il y a trente ans, il y a vingt ans et même dix, et, en second lieu, que la baisse des prix a rendu cette élévation des salaires encore plus sensible — et c’est ce que nous entendons par valeur relative, puisque, pour une somme donnée, on peut acquérir aujourd’hui une quantité de marchandises de 30 à 50 p. 100 supérieure à ce qu’elle était autrefois. Cette augmentation se manifeste de façon indéniable de deux manières différentes. Si l’on considère la quantité de blé importée et consommée en Grande-Bretagne par tête d’habitant, on constate que, depuis 1871, elle s’est accrue
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- L’IMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1021
- de 64 p. 100 et que, depuis 1891, période au cours de laquelle se seraient manifestés les signes de décadence visible, la quantité de blé consommée par tête s’est encore élevée de 13,9 p. 100. En 1901, les consommations de viandes de bœuf et de mouton dépassent respectivement de 43,7 p. 100 et de 97,7 p. 100 celles atteintes en 1871. Nous citons ces chiffres seulement, encore qu’une progression analogue existe pour tous les articles d’alimentation, parce que c’est principalement par les quantités de blé et de viandes consommées que l’on a l’habitude de mesurer la condition de bien-être des classes ouvrières. .
- Dans le cas de la population anglaise, ce bien-être peut se mesurer encore d'une autre manière qui contredit une fois de plus les affirmations de l’ancien Ministre des Colonies. On sait qu’il aime à faire porter ses comparaisons sur la situation et la prospérité relatives de l’Angleterre et de l’Allemagne. On constate, à cet égard, deux faits intéressants. De 1878-81 à 1897-1901 le coût de l’alimentation a baissé de 28,37 p. 100 dans le premier des deux pays et seulement de 12 p. 100 dans le second ; ce qui vaut d’autant plus la peine d’être relevé que le prix du blé, par exemple, est très inférieur dans le Royaume-Uni à ce qu’il est en Allemagne. Le second fait porte sur l’augmentation relative des salaires dans les cinq grands pays industriels : Grande-Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, France et Italie. Si l’on prend pour base les salaires de l’année 1900, on voit, par le tableau ci-dessous, que l’accroissement a été plus rapide en Grande-Bretagne que dans les autres pays. Sans doute, pour l’Allemagne, la différence n’est-elle pas très sensible mais elle l’est bien davantage pour les autres.
- Royaume-Uni. États-Unis. Allemagne. France. Italie (1).
- 9 Professions soumises
- Principales Toutes aux assurances Professions Textiles
- Années. professions. professions. obligatoires. moyennes. et métallurgie.
- 1886 . . . 81,1 90,7 81,14 87,5 (1885) 92
- 1887. ...... . . . 81,5 92,4 78,7 » 92
- 1888 . . . 83,6 93,4 79,3 » 94
- 1889 ... 86,9 94,3 80,8 )) 96
- 1890 . . . 90,1 95,5 84,4 » 98
- 1891 . . . 91,1 96,7 84,8 » 97
- 1892 . . . 89,3 96,8 84,3 » 97
- 1893 . . . 89,5 96,0 84,8 ). 97
- 1894 . . . 88,7 94,8 84,9 » 98
- 1895 . . . 88,2 94,6 85,9 .) 98
- 1896 . . . 89,2 94,7 88,6 96,0 98
- 1897 . . . 90,1 95,7 90,9 » 99
- 1898. ..... . . . 92,6 95,6 94,4 . » 100 .
- 1899 . . . 95,1 98,2 96,8 » 100
- 1900 . . . 100 100 100 100 100
- Il est également instructif de jeter un coup d’œil sur le tableau suivant, donnant les salaires en valeur absolue, par semaine, dans quatre de ces pays. Encore qu’il faille tenir compte des différences notables de valeur réelle représentées par les chiffres ci-dessous, il est impossible de méconnaître qu’un pays dans lequel la situation des travailleurs est tellement supérieure à celle des ouvriers des autres régions de
- (1) Tableaux extraits des Memoranda, statistical tables and Charts du Roard of Trade [cd. 1761] 1903. Ch. NX, p. 275. Les professions agricoles ne sont pas comprises dans ce tableau.
- Tome 110. — Juillet 1908.
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- COMMERCE.
- JUILLET 1908.
- l’Europe est loin de présenter des symptômes généraux inquiétants de décadence industrielle (1).
- MOYENNES DES SALAIRES HEBDOMADAIRES DE QUINZE PROFESSIONS QUALIFIÉES (2).
- A. Nombre de taux de salaires sur lequel Royaume-Uni. États-Unis. Allemagne. France.
- des résultats ci-après sont basés 470 141 104 248
- B. Moyennes ( Capitales 42 sh. 0 d. 75 sh. 0 d. 24 sh. 0 d. 36 sh. 0 d.
- hebdomadaires (2). I Villes de province. 36 sh. 0 d. 69 sh. 4 d. 22 sh. 6 d. 22 sh. 10 d.
- C. Pourcentages. Salaires | Capitales 100 179 57 86
- du Royaume-Uni = 100. / Villes de province. 100 193 63 63
- D’autres éléments que nous ne faisons que mentionner ici, car nous y reviendrons, nous fournissent également de précieuses indications pour apprécier la situation d’ensemble du Royaume-Uni. Ils peuvent se grouper en cinq catégories :
- Chemins de fer ; navigation ; production de charbon, production de fer ; émigration ; paupérisme.
- CHEMINS DE FER
- Nous devons les considérer à deux points de vue différents : celui des voyageurs kilométriques transportés et celui des recettes.
- De 1854 à 1871, le nombre de voyageurs s’est accru de1 2238 p. 100 et, de 1871 à 1901, de 212 p. 100. Les recettes ont suivi une progression analogue et encore faut-il tenir compte que les tarifs, aussi bien pour le transport des voyageurs que pour celui des marchandises, ont subi des réductions considérables : les résultats ressortent de façon très nette dans -le tableau suivant, dont les chiffres sont empruntés aux statistiques officielles anglaises :
- Recettes. 1854 1871 1901
- £ £ £
- Voyageurs . . 10,2 20,6 46,6
- Marchandises . . 10,0 26,5 53,0
- 22,2 47,1 99,6
- Accroissement p. 100
- 1854-1871. . . . 112
- 1871-1901....................... 109
- NAVIGATION
- Nous avons déjà eu recours à la navigation comme source de renseignements à propos des exportations invisibles, et nous avons vu le rôle important qu’elle jouait. Il est possible de se rendre compte, encore autrement, de son action dans la vie éco-
- (1) Il faut évidemment rapprocher ces chiffres des données antérieures ; en particulier des prix des denrées alimentaires et des qualités consommées.
- (2) Cf. Memoranda statistical tables and Charts (cd 1761), loc. cit., ch. XXI, p. 289. Il n’est pas tenu compte de la durée du travail, supérieure en Europe à ce qu’elle est en Angleterre.
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- L’iMPÉRTALlSME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- nomique du Royaume-Uni; en même temps, nous verrons que le développement des constructions navales pour compte national, que le rajeunissement et la modernisation de la flotte sont autant de présomptions sérieuses en faveur d’une situation d’ensemble prospère.
- Le nombre de tonneaux enregistrés en Grande-Bretagne a passé de 3,515,000 en 1850 à 5 600 000 en 1871 et à 9 608 000 en 1901. Il a presque triplé en cinquante ans. Si.l’on veut bien penser que ces navires sont utilisés à des transports dont l’Angleterre tire une source de profits considérables, car ce n’est pas pour parcourir des centaines de milles en vue de primes à la navigation qu’ils sillonnent les mers, on a une présomption sérieuse qu’il n’y a pas de décadence industrielle à redouter actuellement. Cette présomption se trouve encore corroborée par le fait de la modernisation, chaque année plus considérable, de la flotte marchande, en dehors même de toute considéra, tion sur son développement. Non seulement le nombre de voiliers a décrû relativement à celui des vapeurs, mais il a diminué en valeur absolue de 78 000 tonnes depuis 50 ans, alors que le tonnage des vapeurs construits pour possesseurs britanniques s’élevait de 660 000 tonnes environ. De cela on peut déduire de façon presque indiscutable que la prospérité du pays n’a pu que se développer, car les voiliers autrefois en service ont disparu et ont été remplacés par des types plus modernes. Quand on compare les prix de construction, on se rend facilement compte que l'excès des prix des seconds sur ceux des premiers, même à tonnage égal, représente une somme considérable, qu’il a fallu engager dans les entreprises de navigation : ce qui n’a lieu que dans des cas de prospérité certaine, non seulement d’une industrie en particulier, mais d’ensemble. Cette considération prend encore beaucoup plus de force quand on songe que la transformation ne s’est pas faite tonne pour tonne mais dans la proportion de 8 tonnes 46 de navires-vapeur pour chaque tonne de voilier supprimée (1).
- Le développement considérable des constructions navales ne s’est pas limité aux navires pour possesseurs nationaux : les prix étant inférieurs de 25 à 33 p. 100 à ce qu’ils sont en Allemagne, en France, aux États-Unis, les nations étrangères ont également eu recours aux chantiers britanniques, et, de 1879 à 1901, leurs acquisitions ont augmenté de 49 à 207 000 tonnes par an. En vertu de la solidarité de fait existant entre les grandes industries d’un pays, on se rend compte de la répercussion qu’a eue la prospérité indéniable des constructions navales : deux chiffres le feront bien comprendre. On estime que, dans le coût d’un navire, 45 p.lOO représentent le montantpayé pour travaux de construction proprement dits, 45 p. 100 le montant payé aux aciéries, forges, etc. ; les 10 p. 100 restants sont le profit du constructeur. On peut admettre que, sur les 45 p. 100 représentant le prix de l’acier, etc., une partie assez considérable échappe à l’industrie britannique par suite du Dumping, mais néanmoins on peut estimer que les 3/4 de cette somme vont aux métallurgistes anglais et contribuent à la prospérité générale, le reste agissant dans le même sens cependant, encore qu’en moindre proportion et ne s’appliquanFqu’aux constructions navales proprement dites.
- LA PRODUCTION DE CHARBON ET DE FER
- Dans les considérations générales que nous exposons au cours du présent chapitre, et plus particulièrement dans cette partie, nous devons nous limiter à voir
- (1) L’augmentation est encore beaucoup plus considérable parce que, à cause de la plus grande rapidité des transports, une tonne de navire à vapeur correspond à trois tonnes de voilier,
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- COMMERCE.
- JUILLET 1908.
- quelles indications peuvent nous être fournies au point de vue de la situation du marché intérieur par les éléments dont nous nous occupons. Nous reprendrons cette étude dans les chapitres suivants en tenant compte, pour chacun d’eux, d’un grand nombre de facteurs que nous devons négliger ici pour ne pas perdre de vue notre but. Laissant de côté, par conséquent, tout ce qui touche au développement relatif de ces deux industries en Angleterre et dans les autres grands pays producteurs, nous nous bornerons à considérer les variations de la production.
- Pour le charbon, elle est aujourd’hui 3,37 fois plus importante qu’en 1834, et si nous nous reportons à l’année 1871, nous constatons en 1901 un accroissement de 87 p. 100 en même temps que le nombre des ouvriers employés s’est élevé progressivement de 74 p. 100. Voici les chiffres dont l’éloquence se passe de commentaires :
- Années. Nombre d’ouvriers.
- 1871 ......... 315398
- 1881 ............. 383 570
- 1891.............. 519144
- 1901 ............. . 648 944
- Accroissement des salaires.
- 15,6 p. 100
- L’industrie de la fonte s’est développée parallèlement bien que moins rapidement. En 1901, la production est 2,8 fois ce qu’elle était il y a 50 ans et depuis 30 ans plus particulièrement elle a progressé de 50 p. 100.
- Il n’est pas possible de fournir d’indication exacte relativement aux ouvriers employés, car les statistiques britanniques n’ont pas réparti les ouvriers de hauts fourneaux en une catégorie spéciale : producteurs de fonte, ouvriers des aciéries sont confondus, mais de ce groupement sont exclus les forgerons et les mouleurs. Toute estimation de la progression ne repose que sur des .suppositions très difficiles à vérifier. Les seuls chiffres sur lesquels on peut se baser comprennent l’ensemble de la Métallurgie c’est-à-dire que l’intitulé englobe à la fois forges, aciéries, mécanique et constructions navales. L’accroissement en 30 ans a été de 176 783 personnes, soit 48p. 100.
- L’examen des deux dernières catégories ne pourra que confirmer les indications que nous ont fournies les trois premières.
- l’émigration
- En effet l’émigration décroît très sensiblement, non seulement par rapport à la population, mais aussi en valeur absolue. Les trois années 1854, 1871 et 1901 nous fournissent les résultats suivants :
- Années. Nombre d’émigrants. Population. Pourcentage.
- 1854 ......................... 267 000 (1) 27 525 000 0,97
- 1871 . ....................... 192 000 29 538 000 0,65
- 1901 ......................... 171 000 40 714 000 0,42
- Différences. . . —96 000 * + 13 289 000
- LE PAUPÉRISME
- Ce résultat déjà significatif devient particulièrement probant contre la théorie de M. Chamberlain, lorsqu’on le rapproche des variations du nombre des pauvres pendant la même période.
- (1) Chiffres tirés du Memoranda, statistical Abstracts and Charts du Board of Trade, toc. cit.
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- L’IMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE en GRANDE-BRETAGNE. 1025
- Voici en effet le tableau correspondant au paupérisme :
- Nombre
- Années. ' de pauvres secourus. Population. Pourcentage.
- 1846 ............... 1 300 000 (1) 15 714 000 7
- 1871 ............... 1 037 000 29 538 000 4,2
- 1901 ............... 781 000 40 714 000 2,2
- Différences. . . —519 000 + 25 000 000
- La diminution de l’émigration aurait pu avoir pour résultat — encore que cela ne fût pas probable — une augmentation de la misère, puisque, dans la généralité des cas, les classes qui émigrent sont peu fortunées et en général constituées par des ouvriers sans travail. La diminution pouvait s’expliquer par deux hypothèses, soit que des restrictions aient été apportées à l’émigration : c’est-à-dire que l’on ait supprimé la gratuité des passages, que les pays d’immigration aient exigé de leur population nouvelle des petits capitaux, afin de s’assurer une mise en valeur réelle de leur sol, ou certaines garanties. En second lieu, la diminution pouvait encore s’expliquer par un développement satisfaisant de l’industrie et du commerce en Grande-Bretagne, par une prospérité croissante en un mot.
- C’est à cette seconde hypothèse, nous semble-t-il, qu’il faut attribuer la diminution si marquée que nous relevons dans l’émigration : si cette diminution était due à la première hypothèse, elle eût été accompagnée par une recrudescence de la misère, par un accroissement marqué du nombre des pauvres à la charge des pouvoirs publics. Le second tableau de la page précédente nous montre de la manière la plus incontestable qu’il n’en a pas été ainsi, et, alors que le nombre des émigrants décroissait de 96 000 en valeur absolue, entre 1854-1901, celui des pauvres était réduit de 519 000 malgré un accroissement de population de plus de treize millions.
- Et, encore une fois, nous ne prétendons pas que les chiffres dont nous venons de faire usage aient une valeur probante indiscutable, nous ne cherchons pas dans ces considérations premières à mesurer la prospérité de la Grande-Bretagne, mais uniquement à trouver, par une série d’indications partielles, une indication générale. Leur concordance même est pour nous une présomption que le cri d’alarme poussé par l’ancien ministre des Colonies ne se trouve pas justifié par la situation économique du pays.
- Nous allons maintenant, toujours avec les réserves que nous avons formulées sur les statistiques et les causes d’erreur qui s’y attachent, examiner comment le commerce extérieur total du Royaume-Uni a varié depuis un demi-siècle, et en particulier depuis 1870 ; nous serons également amené à examiner la proportion des importations aux exportations et par là à l’étude de la^question des importations. Puis, documentés^ sur ces points, nous chercherons à déterminer l’influence de ces divers éléments dans la vie économique du pays et commentles projets de Préférence Coloniale de M. Chamberlain agiront vraisemblablement. Nous verrons quel accueil leur a réservé l’Angleterre, commentles Colonies sont disposées à leur endroit,et dans une conclusion rapide nous chercherons à dégager leSjSymptômes de transformation du commerce extérieur et intérieur de la Grande-Bretagne, leurs raisons particulières, et nous verrons si les remèdes préconisés n’auraient pas plutôt pour résultat d’aggraver le mal que de l’enrayer.
- (lj illemoranda, statistical Abstracts..., toc. cit,
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- COMMERCE.
- JUILLET 1908.
- LES VARIATIONS DU COMMERCE EXTÉRIEUR v
- Nous avons déjà montré (1) la progression du commerce extérieur de la Grande-Bretagne depuis 1854. Nous avons constaté qu’il était, à la fin de 1903, 3 fois 1/2 plus considérable qu’à cette époque. C’est uniquement par des comparaisons portant sur des moyennes de périodes quinquennales ou décennales qu’il est possible de se guider. Tout autre procédé, notamment faire des rapprochements entre les résultats d’années isolées, conduit à des appréciations forcément inexactes. Suivant que l’on est protectionniste ou libre-échangiste, on sélectionnera des années anormales comme premier terme de la comparaison, soit exceptionnellement bonnes, soit exceptionnellement mauvaises, dans le but de démontrer le bien fondé de sa thèse, et l’on ne tiendra pas compte des événements extrinsèques qui ont pu influencer sur les transactions.
- En agissant ainsi, on ne se préoccupe que de la démonstration que l’on veut faire, on ne cherchera pas à se rapprocher de la réalité.
- Nous avons déjà constaté le caractère artificiel des comparaisons uniquement basées sur les exportations, ce caractère existe également, à un moindre degré, dans celles fondées sur le commerce extérieur, car on ne tient pas compte de deux facteurs importants : la situation du marché intérieur et la situation des marchés étrangers-Ils peuvent agir dans le même sens et fausser complètement les conclusions auxquelles on arrive. Si, avec un outillage donné, un pays traverse une période de prospérité, la proportion des articles à exporter doit forcément diminuer; si à ce fait vient s’ajouter une ère'de dépression des marchés étrangers, les exportations diminueront encore davantage, et en ne considérant que le résultat global, on conclurait à une situation contraire.
- Cette observation est encore applicable, au cas où il n’y aurait aucune dépression à l’étranger, mais où la situation serait meilleure dans le pays considéré, car les exportations ne se développant pas ou peu, le résultat global ne traduirait pas exactement les faits réels qui nous occupent.
- C’est pourquoi, dans cette partie du premier chapitre, nous ne ferons aucune comparaison entre des années isolées ; nous ne nous occuperons que de moyennes. Quel sera notre premier terme ? Il est toujours un peu arbitraire. Nous croyons cependant que le meilleur moyen d’échapper à ce reproche sera de partir de l’année 1854. C’est, en effet, la première année pour laquelle les statistiques britanniques donnent à la fois les exportations et les importations. Nous le choisissons donc dans un esprit d’indépendance absolue de la controverse qui se déroule actuellement entre protectionnistes et libre-échangistes.
- Nous groupons les chiffres dans les tableaux suivants, dont l’un contient les moyennes quinquennales, et l’autre les moyennes décennales. Dans la première des cinq colonnes, sont inscrites les périodes pour lesquelles a été établie la moyenne ; dans la deuxième, les importations ; dans la troisième, les exportations. La quatrième est réservée au total. Nous devons faire remarquer que dans Dévaluation des valeurs inscrites dans ce tableau, il y a deux causes d’erreùrs qui se compensent dans une certaine mesure. Dans la deuxième, colonne, à la valeur des articles, on ajoute
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- l’impérialisme ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1027
- l’assurance el le fret ; tandis que, dans la troisième, la valeur est calculée au port d’embarquement; de plus, ces valeurs d’exportation sont diminuées, parce qu’on n’y fait pas figurer les navires nouveaux construits pour le compte de Compagnies étrangères. Donc inflation des valeurs pour les premières, diminution pour les secondes, se neutralisant en partie au total. Nous avons, dans la dernière colonne, porté les pourcentages des différences entre les totaux des diverses périodes.
- COMMERCE EXTÉRIEUR TOTAL (1). — MOYENNES ANNUELLES PAR PÉRIODES QUINQUENNALES
- Importations c. i. f. (2) Exportations f. o. b. (3) Total. Variations
- Périodes. Millions de £ Millions de £ Millions de £ p. 100
- 1834-1858 163,8 109,6 273,4
- 1859-1863 216,7 132,4 349,1 + 27,70
- 1864-1868 282,2 175,2 457,4 + 31,00
- 1869-1873 330,8 224,8 555,6 + 21,46
- 1874-1878 376,4 210,4 586,8 + 5,55
- 1879-1883 402,2 226,0 628,2 + 7,28
- 1884-1888 372,2 222,8 595,0 — 5,30
- 1889-1893 422,4 241,0 663,4 + 11,49
- 1894-1898 437,8 229,8 667,6 + 0,63
- 1899-1903 520,2 275,2 795,4 + 19,14
- Ainsi qu’il est facile de le constater par le tableau ci-dessus, le commerce extérieur de la Grande-Bretagne n’a pas cessé de progresser depuis cinquante ans ; la dernière moyenne quinquennale est 2,90 fois plus considérable que la première; la seule période pendant laquelle la variation change de sens est celle de 1884 à 1888 ; la moyenne est de 5,37 p. 100 inférieure à ce qu’elle était au cours de la période précédente. Cette dépression est, d’ailleurs, de courte durée, puisque, dès la période suivante, il y a une augmentation très marquée (11,49 p. 100), même par rapport à 1879-1883 (5,61 p. 100). Cette dépression entre 1884 et 1888 marque-t-elle une période critique dans la situation britannique, et doit-elle faire naître quelque doute relatif au développement continu de la prospérité de l’Angleterre? Nous ne le croyons pas ; il y a eu, ainsi que nous le montrerons tout à l’heure, des causes extrinsèques générales qui l’expliquent admirablement; et, de plus, laissant de côté le relèvement si marqué constaté dès la période quinquennale suivante, — et qui ne s’est pas démenti, — nous constatons que cette dépression n’apparaît plus, si la comparaison porte sur des moyennes de périodes décennales. Or, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, les indications tirées de ces dernières comparaisons fournissent les renseignements les plus exacts dans une étude générale de la situation d’un pays, parce que les causes de variations temporaires qui faussent les résultats ne se font plus sentir quand la période de comparaison est assez longue, et que, seules alors, les causes permanentes exercent leur influence. C’est ce que montre le tableau ci-contre dans lequel nous avons adopté les mêmes dispositions que dans le précédent :
- (1) Chiffres des Custom House and Board of Trade Returns.
- (2) c, i, f, = valeur plus assurance plus fret.
- (3) f, o, b, = valeur au port d’embarquement non compris la valeur des navires neufs exportés.
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- COMMERCE.
- JUILLET 1908.
- COMMERCE EXTÉRIEUR TOTAL. — MOYENNES ANNUELLES PAR PÉRIODES DÉCENNALES (1)
- Importations Exportations
- c. i. f. f. o. b. Total. Variations
- Périodes. Millions de £ Millions de £ Millions de £ p. 100
- 1854-1863 ......... 190,250 121.0 311,250
- 1864-1873 ......... 306,0 200,0 506,0 + 62,56
- 1874-1883 ......... 388,3 218,2 606,5 + 19,86
- 1884-1893 ......... 397,3 231,9 629,2 -f 3,74
- 1894-1903 ......... 479,0 252,5 731,5 + 16,29-
- Ainsi que nous le faisions remarquer tout à l’heure, la dépression constatée lorsque nous comparions les périodes quinquennales, n’apparaît plus dans ce tableau; au contraire, nous voyons que les variations sont toutes dans le môme sens, et celle de la période 1894-1903 (16, 29 p. 100) est loin de faire présumer l’ère de décadence industrielle dont parle M. Chamberlain.
- Nous devons maintenant exposer les motifs de la dépression qui s’est manifestée entre 1884 et 1888 ; elles sont des plus simples, et ne sont nullement propres à l’Angleterre ; elles ont affecté de façon analogue les autres pays. De 1884 à 1888, toutes les nations du centre de l’Europe ont élevé leurs tarifs douaniers; c’est, en 1884, la Russie, augmentant encore ses droits déjà très protectionnistes depuis son tarif de 1881-1882 et la Suisse se protégeant sérieusement.
- L’Allemagne, l’année suivante, accroît également son tarif protectionniste de 1879. L’année 1886 est marquée par une dépression commerciale intense et générale ; c’est le point culminant de la crise pour l’Angleterre : la moyenne de son commerce extérieur pendant ces trois ans est de 589 millions sterling, accusant une baisse de 6,13 p. 100 par rapport à la période précédente, alors que pour la période quinquennale totale la baisse est seulement 5,3 p. 100. C’est alors qu’auraient dû se manifester les signes d’inquiétude, car la situation, si elle avait duré, pouvait devenir sérieuse; mais il était facile de se rendre compte que les causes de dépression étaient temporaires et extrinsèques, en ce sens que celle-ci était due en partie aux élévations de tarifs, réduisant considérablement la demande de produits britanniques, jusqu’à ce que se fût établie la période de tassement et de roulement normal, et en partie aussi au découragement qui s’était emparé des producteurs, en constatant la dépression industrielle nationale qui se produisit au môme moment, et qu’ils n’avaient pas prévue, malgré qu’elle fût dans la logique des faits, après plus de douze années de prospérité ininterrompue. Les manufacturiers britanniques sont d’autant plus prompts à se laisser abattre par la mauvaise fortune, qu’ils y sont moins accoutumés; et lorsqu’ils traversent des crises, ils sont complètement désemparés. Ils ne se rendent pas compte des progrès réalisés dans les autres pays, de la transformation opérée dans les méthodes commerciales, comme conséquence de la concurrence internationale, non plus que de la nécessité inéluctable de se plier aux besoins actuels, aux caprices mêmes du consommateur; ils s’isolent du reste du monde pendant les périodes de prospérité, et ce n’est que contraints par des circonstances spéciales, telles que celles auxquelles nous nous référons, qu’ils abandonnent les méthodes routinières et anciennes auxquelles ils sont si attachés.
- (1) Voir notes ci-dessous,
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- Il ne faut pas perdre de vue que, dans là question des échanges internationaux, il y a, pour l’ensemble des transactions, un lien étroit et indissoluble entre les importations et les exportations et qu’en lin de compte le solde payé en argent représente une part infime du total : on doit se souvenir de cet axiome que les marchandises s’échangent contre des marchandises. Il peut arriver, dans le processus général, que les produits qu’un pays déterminé doit donner en payement des produits provenant d’un second pays n’aillent pas directement dans ce pays, qu’ils s’arrêtent dans un troisième dont le second est débiteur ou qu’ils soient, ce qui est le cas général, la cause déterminante d’échanges pour valeurs équivalentes entre le deuxième et le troisième pays ; il ne faut pas oublier que, en pratique, le mécanisme est beaucoup moins simple qu’il n’apparaît dans un exposé théorique.
- Ce point acquis, le mal dont nous avons observé les manifestations au cours de la première partie de la période 1884-1888 devait trouver son remède en soi. Le protectionnisme de plus en plus accentué, qu’adoptèrent à cette époque les principaux pays du centre de l’Europe, devait par le fait même qu’il était destiné à encourager le développement de leurs propres industries augmenter leur puissance exportatrice, d’autant plus que, particulièrement dans le cas de la Russie, ce sont des matières premières et des denrées alimentaires qui constituent de beaucoup la majeure partie de leurs exportations. La diminution du commerce extérieur de la Grande-Bretagne devait fatalement diminuer la capacité d’importation de ce pays au détriment des nations protectionnistes. Celles-ci pouvaient bien mettre en réserve leurs matières premières, mais pour les denrées alimentaires essentiellement altérables de par leur nature même, elles ne pouvaient espérer faire de même. Il leur fallait de toute nécessité trouver des débouchés, d’où la recrudescence du commerce extérieur se manifestant en Angleterre dès 188.7, d’autant plus que, malgré leurs progrès industriels et leurs droits protecteurs, ils trouvaient encore avantage à importer certains articles pour lesquels la Grande-Bretagne avait sur eux une supériorité incontestable, soit en qualité soit en prix, à cause de l’avance quelle avait prise pendant les deux premiers tiers du xix° siècle. Aussi, pendant les deux dernières années de la période, la valeur moyenne du commerce extérieur s’accroît-elle de 10,86 p. 100 par rapport à celle de 1884-1886 : elle atteint presque la valeur de la période suivante (1) et cela malgré de nouvelles augmentations des droits de douane de la Russie —qui arrivent à 133 p. 100 en 1840 et sont déjà pratiquement prohibitifs, ainsi que de ceux de l’Allemagne et de l’Italie.
- Des débouchés se ferment incontestablement pendant cette période agitée de 1884-1888. Certains définitivement, d’autres pour un temps seulement; mais la situation est la même dans tous les pays : elle est peut-être même meilleure pour l’Angleterre qui jouit partout de la clause de la nation la plus favorisée. Précisément au cours des années qui suivent, pendant que se poursuivent les guerres de tarifs ruineuses entre l’Allemagne et la Russie, la France et la Suisse, la France et l’Italie, le commerce extérieur continue à prospérer. Gela ne satisfait point M. Chamberlain, ses partisans, et le Premier Ministre lui-même. Sans doute, disent-ils, il y a accroissement, mais combien lent, combien inférieur à celui qui se manifeste chez nos voisins protectionnistes. Ce n’est pas l’augmentation en valeur absolue qu’il faut regarder, mais l’augmentation relative, et, à ce point de vue, l’Angleterre n’a point
- (1) Nous n’attachons qu’une faible importance à cette indication, car la moyenne est établie sur une trop courte période pour prendre une grande signification,
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- COMMERCE.
- JUILLET 1908.
- la première place. Si l’on compare les valeurs du commerce extérieur à 25 ans.de distance, on constate qu’elles se sont accrues de :
- 26,77 p. 100 en Angleterre.
- Contre 52,37 — aux États-Unis.
- Et 64,30 — en Allemagne.
- Mais l’on néglige de parler de la France, où l’accroissement a été seulement 4,62 p. 100.
- Doit-on accorder une grande importance à cette comparaison des pourcentages? Donne-t-elle une indication sérieuse de la prospérité relative des différents pays les uns par rapport aux autres?
- Oui, nous disent aujourd’hui l’ancien Ministre des Colonies, M. Yince et leurs partisans.
- Cela leur est un argument indispensable pour soutenir leur thèse de la Préférence Coloniale : « La prospérité d’un pays se mesure par l’accroissement des exportations et au besoin par celle du commerce extérieur. Plus le pourcentage (1) augmente, plus la prospérité est grande. Par conséquent la situation d’un pays ne peut être considérée comme satisfaisante que si le pourcentage des augmentations s’élève plus vite et plus que celui des nations rivales. »
- Ce postulatum étant admis, la transformation du régime économique, prônée par M. Chamberlain, s’impose sans discussion. En effet le commerce extérieur des pays protectionnistes, États-Unis, Allemagne, a cru eu pourcentage beaucoup plus que celui de la Grande-Bretagne bbre-échangiste, donc la Protection, ou la préférence douanière sont indispensables à la prospérité d’un peuple.
- C’est un raisonnement simpliste, qui n’est pas toujours parfaitement logique. Les propositions ne se déduisent pas nettement les unes des autres ; elles se superposent, s’accolent plutôt. Le postulatum de base doit être admis sans discussion : c’est un article de foi.
- Les protectionnistes en sont satisfaits et n’en demandent pas davantage : tout leur est bon pour réabser leur idéal : ils sont conséquents avec eux-mêmes, et à quelque époque que l’on remonte, on retrouve ce même raisonnement dans leur bouche.
- Leur chef actuel, M. Chamberlain, était loin autrefois de partager leurs opinions;il n’admettait pas que la prospérité d’un pays pût se mesurer par la variation de valeur des seules exportations, et il affirmait avec énergie que si l’on voulait chercher une indication sans tenir compte du marché intérieur il était nécessaire de faire porter la comparaison sur l’ensemble du commerce extérieur. Il s’exprimait ainsi il y a quelques années à la Chambre des communes :
- « Mais quels qu’aient été nos progrès, on nous dit que nous devrions encore être insatisfaits parce que d’autres pays en ont fait encore de plus grands. C’est un état de choses que les Fair Traders (2) sont absolument incapables de voir avec satisfaction. Pour ma part, je doute beaucoup que d’autres pays aient aussi bien réussi que nous au cours des dix dernières années. Mais s’il en était qui eussent progressé plus vite que nous, je répondrais qu’on n’en peut tirer aucun argument en faveur de la
- (1) On ne tient pas compte de l’augmentation en valeur absolue.
- (2) On désigne sous ce nom des protectionnistes honteux qui n’ont pas encore ouvertement e complètement rompu avec l’école de Manchester.
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- l’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- Protection ou contre elle, parce qu’en traitant de ce sujet il faut avoir présente à la mémoire la multiplicité des facteurs qu’il faut considérer pour évaluer les progrès relatifs des autres nations par rapport aux nôtres. Il nous faudrait tenir compte de l’accroissement de la population, du développement des moyens 'de communication et de bien d’autres choses encore, en dehors des effets des systèmes douaniers. Un pays dont la population augmente beaucoup verra sa production grandir beaucoup plus vite que celle d’un pays de population stationnaire.De plus si,pendant la période dont nous faisons choix pour notre comparaison, un pays se trouve dépourvu de moyens de communication suffisants, et qu’il en soit doté par la suite, nous devons nous attendre à ce que son accroissement de production soit supérieur à celui de vieux pays où ces moyens de communication existent depuis longtemps. Il faut également faire entrer en ligne de compte des facteurs tels que, guerre, famine, mauvaise récolte, etc.,affectant l’industrie et le commerce à des époques données dans des pays donnés. En dernier lieu, il faut tenir compte — et ceci a une importance particulière quand on considère la différence entre la réalité et les résultats apparents fournis par un calcul de pourcentages — de la condition initiale du pays avec lequel vous voulez établir une comparaison. En d’autres termes, si vous comparez un pays ayant un volume commercial de £ 1 000 000 à un autre dont le volume commercial est de £ 10 000 000, et que, pour tous les deux, l’accroissement se trouve être de £ 10 000 000, il est bien évident que l’accroissement est le même dans les deux cas; mais si l’on fait les pourcentages, il est pour le premier de 1 000 p. 100 et pour le second seulement de 100 p. 100. L’augmentation est la même dans les deux cas ; mais la proportion est dix fois plus considérable dans l’un que dans l’autre. Je prétends que la véritable mesure de la prospérité d’un pays est de prendre à la fois exportations et importations (1 ). »
- (1) Chamberlain à la Chambre des communes, vendredi 24 mars 1882, 3 séries, Hansard, vol. 267, p. 1897.
- (A suivre.)
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- CONCOURS
- POUR LA .FABRICATION RATIONNELLE DES ÉLÉMENTS DE CONDUITS DE FUMÉE
- Les règles de l’art en ce qui concerne la construction des conduits de fumée des maisons n’ont jamais été définies. La condition de ces exutoires des foyers de nos logis est méconnue de tout le monde : des fabricants, des constructeurs, des usagers, des juges. De nombreux procès ont surgi depuis l’usage des appareils de chauffage à combustion lente, grands producteurs d’oxyde de carbone.
- Dans un intérêt général, et aussi dans leur intérêt bien entendu, les constructeurs se sont attachés à l’étude de la question. Ils ont reconnu que les conduits de fumée en maçonnerie, qui sont nécessairement poreux et perméables, même sous une pression inférieure à moins de un millimètre de colonne d’eau, ne pouvaient être utilisés que pour les foyers dépensant avec leurs fumées assez de calories pour que le tirage dans les tuyaux ne soit jamais compromis par les variations météorologiques et les avaries accidentelles et d’usage. Ce qui les a amenés à conclure que, quelle que soit la qualité normale des éléments de conduits de fumée, ils ne pourraient jamais servir aux appareils à combustion lente.
- Sur ces prémisses brièvement exposées, la Société centrale des architectes français, les Chambres syndicales des entrepreneurs de maçonnerie et de fumisterie organisent, en ce moment, un Concours pour la fabrication rationnelle des éléments de conduits de fumée dont voici le programme :
- Programme du Concours.
- Article 3. — La liberté la plus entière.est laissée aux concurrents sur le choix delà matière et des formes à employer pour les divers éléments qu’ils présenteront.
- Article 4. — Le jury se borne à indiquer, à l’exclusion de toute prescription sur la nature et les dimensions des poteries, les conditions que devront remplir les produits envoyés, et qui sont les suivantes :
- a) Les éléments seront destinés à construire des tuyaux desservant les foyers de chauffage ordinaires des appartements, à l’exclusion des appareils à combustion lente.
- b) Pour les conduits incorporés dans les murs, les éléments devront être capables d’une résistance à l’écrasement de 150 kilogrammes par centimètre carré correspondante à celle de la brique de Vaugirard.
- c) La conductibilité calorifique de la matière composant chaque élément devra être très faible.
- cl) Sa résistance à la déformation par l’action de la chaleur devra au contraire être aussi élevée que possible. Le tuyau devra pouvoir supporter la température du rouge sombre et un brusque refroidissement sans éclater ni se fendre.
- e) L’élément du tuyau devra également pouvoir supporter la percussion par le clou sans se fendre.
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- CONCOURS.
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- f) La section du tuyau, de quatre décimètres carrés, devra être invariable dans les différentes parties du trajet vertical ou oblique, droit ou courbe du couduit. L’atténuation des courbes, quels que soient les changements de direction, devra être obtenue par la forme des éléments.
- g) Les faces intérieures des parois seront telles et de telle dureté que le détachement de la suie par le ramonage soit assuré dans toute la section du conduit, prise à n’importe quel endroit du tuyau.
- h) Le système d’assemblage des éléments sera organisé, d’un côté pour que le lutage des joints soit facile, de l’autre pour que le remplacement des éléments avariés puisse se faire aisément. •
- Le liaisonnement des pièces accotées les unes contre les autres et avec le mur qui les comprend, sera réalisé par un artifice convenable.
- *') Qu’il s’agisse de conduits devant être incorporés dans les murs ou de tuyaux adossés à ces murs, les éléments essentiels devront avoir une hauteur permettant leur liaisonnement avec les éléments maçonnés de ces murs.
- j) 11 sera tenu compte de la facilité d’emploi, qui dépendra de la simplicité des formes proposées et du petit nombre d’éléments de types différents devant entrer .dans la confection d’un tuyau.
- Article 5. — Les essais, qui seront exécutés au Laboratoire d’essai du Conservatoire des Arts et Métiers, seront pratiqués sur les produits envoyés et porteront sur les points suivants :
- a) Résistance à l’écrasement;
- b) Détermination de la conductibilité calorifique et du degré de porosité;
- c) Résistance à la température du rouge sombre suivie d’un brusque refroidissement;
- cl) Analyse de la matière composant les éléments.
- Article 6. — Ils feront l’objet de procès-verbaux constatant les résultats obtenus et délivrés par le Laboratoire d’essais.
- Article 7. — ...
- Le concours ouvert depuis le 1er juillet sera clos le 30 avril 1909.
- Le Règlement, comprenant le programme, l’indication des pièces à fournir et les conditions générales du concours, est à la disposition des intéressés soit 8, rue Danton, soit 3, rue de Lutèce, aux sièges des sociétés organisatrices.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — Le mécanisme de la filtration. — Quelques données de chimie analytique.
- Composés minéraux. — La cyanamide.
- Métaux. — Sur la corrosion des fers et aciers. — Le bronze d’aluminium.
- Chaux, ciments et mortiers. — Mortiers avec pouzzolanes.
- Industries céramiques. — Le bleu de Sèvres.
- Combustibles et éclairage. — Gaz Blau. — Le benzol en automobilisme.— Sur l’alcool en automobilisme.
- Hydrates de carbone. — Éthers cellulosiques.
- Couleurs et pigments. — Progrès récents dans la fabrication des matières colorantes.
- Matières albuminoïdes. — Insolubilisation de la gélatine.
- Varia. — Métaux. Hygiène.
- LE MÉCANISME DE LA FILTRATION
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- C’est le titre d’une communication faite par M. Emil Hatschek à la London Section de la Society of Chemical Industry (voir son Journal, n° du 15 juin 1908, p. 534 et sq.) La filtration est la séparation des particules solides contenues dans un liquide d’avec ce liquide, au moyen d’une cloison présentant des pores de telle grandeur qu’elles ne laissent pas passer les particules solides tout en laissant un libre écoulement au liquide. Ce phénomène, si connu soit-il, n’a pas encore été analysé dans tous ses détails, dit M. Hatschek. Celui-ci se borne à considérer quelques cas très simples, mais assez typiques, pour permettre d’expliquer de nombreuses particularités de. la tiltration.
- Soit un filtre dont les pores sont de forme circulaire, et soit des particules sphériques dans le liquide à filtrer. La filtration, ou si l’on veut le dépôt de différentes couches de particules solides, dépendra tout d’abord de la grandeur des particules, de la grandeur des pores et de la distance entre les pores. Le problème de la structure des dépôts solides est un problème de stéréométrie fort complexe.
- Supposons le filtre formé de parties sphériques ou cylindriques. Les ouvertures de la surface filtrante auront la forme de triangles circulaires (spandrils), dont la surface de chacun est 0,162 R2. Comme il y a deux de ces triangles par chaque ouverture circulaire, la surface totale des ouvertures est 0,093 de la surface totale du filtre. Supposons des particules solides dont le diamètre soit tel qu’elles puissent, en se mettant au centre des triangles circulaires,rester en contact entre elles; elles se mettront dans cette position sous l’action de l’écoulement du liquide. Six particules se placeront sur les six triangles qui entourent chaque cercle du filtre, et une septième particule au centre des six ; en sorte que la surface de chaque triangle circulaire est couverte à un degré assez grand. En supposant que la surface obstruée par chaque particule est égale au cercle que le filtre embrasse sur la particule, cette surface égale 0,0744 R2; et
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- LE MÉCANISME DE LA FILTRATION. 1035
- la surface restant libre égale 0,0876 R2. La surface restant libre des couvertures qui était au début 0,093 de la surface totale, n’est plus que 0,050; c’est-à-dire qu’elle a diminué de près de moitié dès le dépôt de la première couche. Les couches qui se suivront n’auront plus la même disposition, car les particules solides se placeront dorénavant en piles de boulets, laissant non découverts la moitié des passages entre les particules de la première couche. Ainsi l’examen de ce cas très spécial et très simple montre que l’obstruction du filtre est due surtout à la première couche du dépôt. Le degré d’obstruction dépend de la texture du filtre et de la grandeur des particules se déposant. Dans certains cas, l’écoulement du liquide devient très pénible dès le début, et ceci explique la nécessité d’une forte pression dans certaines filtrations. Dans la plupart des cas, les ouvertures libres au passage du liquide dans chacune des couches du dépôt ont une valeur plus grande que celle des ouvertures laissées libres dans le filtre lui-même. La surface en contact avec le filtre est plus humide quand le filtre est plus poreux.
- De très nombreuses circonstances interviennent pour modifier la filtration. L’irrégularité des particules amène un effet d’égalisage dans des dépôts qui renferment plusieurs milliers de couches (un dépôt de sulfate de baryum de un pouce d’épaisseur renferme 5 000 à 7 000 couches). Les particules, qui n’ont pas la fbrme de sphères ou de polyèdres réguliers, tendent à s’aligner suivant des directions qui dépendent de la vitesse de l’écoulement et de la forme des particules, de façon que celles-ci offrent le minimum de résistance. Dans beaucoup de cas, la disposition des particules ne correspond pas à leur maximum ponr un espace donné ; ce maximum ne se produit mathématiquement que si on les secoue pendant un temps suffisant. Ainsi dans les dépôts obtenus par filtration sous pression, les vides sont remplis de la liqueur mère, et toute cause qui diminue la proportion des vides fait apparaître le liquide ; le dépôt devient humide. Ainsi un dépôt sec de sulfate ou de carbonate de calcium, si on le brise, peut redevenir presque liquide par de simples secousses. Les particules non rigides, telles que celles du ferrocyanure de cuivre, de l’alumine, de la silice hydratée forment un précipité pelliculaire ; mais si l’écoulement est rapide, les précipités se dissocient même avant de toucher le filtre, et comme les particules finales sont très fines, elles passeront à travers le filtre; tel est le cas du bleu de Prusse, si la pression de début est forte; avec une pression faible, seulement, on pourra effectuer une filtration; avec une pression moyenne, les particules boucheront très vite tous les pores du filtre.
- La grandeur des particules intervient aussi. On comprend aisément que plus les particules sont grandes, plus épais sera le dépôt formé sous une même pression ; ou bien, si l’on préfère, il faut une pression d’autant plus grande pour opérer la filtration que la grandeur de particules similiformes est plus réduite. Lorsqu’un précipité contient des particules de différentes grandeurs, ce sont les plus petites qui obéissent le plus vite au courant, et qui atteignent d’abord la surface du filtre. Comme tout précipité contient généralement un lot de particules plus petites que la généralité, on voit souvent le liquide couler un peu trouble au début. On comprendra aussi que ce n’est pas tout le filtre qui filtre, mais bien les couches successives du dépôt.
- Le premier effet de la pression qu’on exerce est de produire l’écoulement du liquide, à travers le filtre et les couches successives du dépôt. La vitesse d’écoulement croîtrait comme le carré de la pression, s’il n’y avait pas les frottements qui absorbent une partie de la pression. Ces frottements sont dus aux surfaces des pores du filtre, aux
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- surfaces du filtre, aux surfaces des particules, et les derniers augmentent à mesure que le dépôt s’épaissit ; l’épaisseur peut être telle que l’écoulement s’arrête. Si l’on porte les pressions d’écoulement sans frottement en abscisses et les vitesses en ordonnées, on obtient une courbe parabolique, qui présenle toujours un point d’inflexion ou de maximum. Si l’on expérimente successivement avec de l’eau pure, et de l’eau renfermant un précipité de sulfate de baryum, suffisant à produire une couche épaisse de 0,3 — 0,6 — 0,9 millimètres, on voit que la vitesse est réduite au cinquième. La vitesse d’écoulement croît avec la pression jusqu’à un maximum ; jusqu’à ce que ce maximum soit atteint, on peut justifier un accroisse aient de pression pour économiser le temps ou la surface filtrante, mais il est douteux que ce soit économique au point de vue de la dépense. L’effet de la pression sur la structure du dépôt est souvent méconnu; on croit généralement que plus la pression est forte, plus le dépôt est dur et sec, spécialement quand on filtre en espace fermé, par exemple dans la chambre d’un filtre-presse ; on croit qu’une augmentation de pression diminue les vides, et rapproche les particules. Ces idées sont bien erronées, car la pression ne peut que fixer les particules dans la position qu’elles ont prise, et ne les rapproche pas s’il s’agit de particules rigides. Différent est le cas des particules flexibles ou plastiques, paraffine, etc. ®
- La nature du filtre est à considérer. Des matières poreuses, la pratique n’a retenu qu’un nombre limité. Les filtres sont eux aussi ou rigides, à parties soit isolées : sable, gravier, etc., soit agglomérées : porcelaines poreuses, etc. ; ou flexibles, à parties soit non reliées, soit reliées : tissu, papier. M*. Hatschek étudie chacune de ces sortes de filtres, et constate que les cloisons poreuses à ouvertures constantes présentent le plus grand nombre des avantages.
- La conclusion de cette étude est que, pour étudier complètement le processus de la filtration, il faut faire l’étude microscopique des précipités que l’on rencontre le plus communément dans les industries chimiques. Aucun traité de chimie ne donne la grandeur et la forme des particules de ces précipités, et c’est pourtant la donnée qui présente la plus grande importance au point de vue de la filtration. Le mémoire reproduit les photomicrographies d’un certain nombre de précipités avec une étude détaillée de la précipitation du sulfate de calcium. Beaucoup de précipités prennent des formes différentes, à grandeurs différentes, suivant le mode de précipitation, le degré déconcentration des solutions réagissant, leur température. La détermination du précipité le mieux qualifié pour se prêter à une filtration industrielle ne peut être résolue que par des essais comparatifs et des examens microscopiques.
- Finissons par quelques exemples.
- Les traités de chimie sont unanimes à établir que le carbonate de calcium précipite sous forme cristalline ; ces cristaux étant exclusivement de l’aragonite au-dessus de 70°, un mélange d’aragonite et de calcite entre 70° et 30°, et exclusivement de la calcite au-dessous de 30°. M. Hatschek a examiné un grand nombre de précipités, et il a trouvé que beaucoup sont amorphes. Au moment même de la précipitation, le carbo-* nate de calcium est gélatineux, mais cet état ne dure pas. Deux échantillons précipités à 15° étaient des globules, avec une très faible proportion de cristaux. Deux autres échantillons étaient de l’aragonite avec une faible quantité de calcite. Un précipité obtenu à l’ébullition par action du carbonate d’ammonium sur le chlorure de calcium était formé de rhomboèdres, c’est-à-dire de calcite.
- Le chlorure de plomb formé par l’action de l’acide chlorhydrique sur l’acétate de
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- LA CYANAMIDE.
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- plomb est en cristaux très petits; celui précipité dans l’action de l’acétate étendu sur le chlorure de calcium étendu est en cristaux très grands. *•
- Un dépôttiltré de carbonate de magnésium renfermait plus de 72 p. 100 d’humidité. La raison n’en pouvait être due qu’à une structure des particules. La microscopie a montré que le précipité consistait en particules agglomérées en forme de tubes, qui rappelaient la structure de la terre à infusoires, bien connue pour sa porosité.
- QUELQUES DOCUMENTS DE CHIMIE ANALYTIQUE
- Le numéro du 30 juin 1908 du Journal de la Société de chimie industrielle de Londres renferme quelques documents concernant la chimie analytique, qu’il semble utile de signaler ici exceptionnellement : ce sont: calcul de la falsification du lait, par M. J. P. Liverseege, p. 604-605 ; autolysateur, appareil pour la détermination automatique de l’acide carbonique, p. 608-612, par MM. Ch. A. Keane et H. Burrows ; l’analyse des huiles de térébenthine, p. 613-616, par MM. F. W. Richardson et J. L. Bowen; l’analyse de la bière, par M. Joseph Race, p. 544-547.
- LA CYANAMIDE
- Le docteur Albert Frank a donné à la Faraday Society, séance du 9 juin (voir Chemical News, 1908, p. 289), une lecture sur l’utilisation de l’azote atmosphérique pour la production de la cyanamide. Voici quelques nombres extraits de sa lecture. L’Angleterre a produit en 1907, 316 000 tonnes (196 000 en 1898) de sulfate ammoniacal au prix de 11 livres 15 shillings et demi, et elle a consommé 87 500 tonnes. L’Allemagne a produit 235 000 tonnes en 1906 (98 000 en 1898), dont 197 000 venant du coke et 38 000 tonnes des usines à gaz.
- La production de salpêtre du Chili a été de 1 741 000 tonnes en 1907, dont 340 000 sont allées en Europe (22 p. 100 aux fabriques de produits, 78 p. 100 à l’agriculture). Mais l’épuisement est prévu à date prochaine, peut-être à une quarantaine d’années, et les prix se sont déjà élevés de 35 p. 100, entraînant l’élévation des prix de tous les autres engrais azotés.
- Heureusement l’atmosphère contient une réserve d’azote, pratiquement inépuisable. On l’évalue à 4 041 200 000 000 000 tonnes, soit 31 000 tonnes par acre de terrain. Cet azote est absorbé directement par les plantes. Priestley (1775) a montré qu’on peut l’unir à l’oxygène sous l’influence de l’étincelle électrique. Le procédé a été essayé industriellement, suivant les perfectionnements de Bradeley et Lovejoy, aux chutes du Niagara; et avec succès, grâce aux progrès de Birkeland et Eyde, et au bon marché de l’énergie hydro-électrique, en Norvège; le salpêtre de Norvège semble seul pouvoir lutter avec le salpêtre du Chili; des perfectionnements sont dus à Schônbein et à la Badische Anilin und Soda-Fabrik. De leur côté Townes et Young ont montré qu’on peut unir l’azote au carbone pour en obtenir du cyanogène, procédé étudié par Bunsen et Playfair ; de ce cyanogène on peut obtenir l’ammoniaque ; malgré les perfectionnements de Marguerit et Sourdeval, puis de Ludwig Mond, le procédé n’est devenu ''praticable qu’avec l’emploi récent de l’énergie électrique, Thomas L. Wilson et Moissan, 1894.
- La genèse des travaux de son père, le professeur Adolph Frank, est longuement exposée parle conférencier. Dans un mémoire publié en 1895 sur la préparation de l’acétylène et la production ultérieure de l’alcool, Adolph Frank prônait l’utilisation de Tome 110. — Juillet 1908. 68
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- ce carbure, par union avec l’azote atmosphérique, pour préparer les cyanures et les amides, d’où sortit sa méthode de préparation des cyanures, des cyanamides, de l’ammoniaque, etc. Le procédé ici est exothermique, tandis que la combinaison de l’azote et de l’oxygène est endothermique, et réclame trois fois plus de chaleur.
- Les premières recherches de Frank et Garo, 1895, portèrent sur le mélange de carbure de calcium et de carbonate de sodium. Mais le rendement fut meilleur avec le carbure de baryum, que l’on peut obtenir plus facilement, et ‘qui absorbe avec avidité l’azote entre 700° et 800°. Frank et Garo transformaient le cyanure de baryum en cyanure de potassium, d’où le prussiate jaune ; leurs efforts portèrent sur l’amélioration industrielle de cette transformation. Ils trouvèrent que l’azote absorbé par le carbure de baryum ne donne pas seulement naissance au cyanure Ba(CN)2, mais encore à la cyanamide BaCN2 d’après la réaction BaC2 -f- 2 N=BaGN2 4- G. Le résultat final était un mélange de 30 parties de cyanure, 45 de cyanamide, avec de l’oxyde et du carbone. La cyanamide se transforme aisément en cyanure si on fond la masse avec de la potasse ou de la soude. Reprenant le carbure de calcium, ils trouvèrent qu’en le traitant sans flux on arrivait directement au cyanamide de calcium. Ce fut à ce moment que MM. Franck et Caro, avec la firme Siemens et Halske et la Deutsche Bank de Berlin fondèrent la Cyanid Gesellschaft de Berlin.
- Le conférencier expose ensuite les avantages de l’emploi de la cyanamide en agriculture où elle est connue sous le nom de nitroline ou chaux azotée, son rôle dans la végétation, ses applications diverses à la préparation de-sels d’ammoniaque, de sels de guanidine, de la dicyandiamide à 66,6 p. 100 d’azote : CNNH2, de l’urée, de la sul-fourée, etc. La dicyandiamide sert dans la fabrication des matières colorantes, et comme retardeur des températures de combustion de certains explosifs, la cordite, la filite, etc. Le conférencier termine en donnant des détails sur la fabrication industrielle de la cyanamide.
- Depuis trois ans, c’est-à-dire depuis que les recherches sur ses emplois agricoles ont donné des résultats concluants, les usines se sont construites. La Cyanid Gesellschaft de Berlin s’est unie à deux importantes compagnies italiennes intéressées à la fabrication du carbure de calcium, et au Cav. Morani pour fonder la Societa generale per la cyanamide di Roma; sa première usine a été établie il y a deux ans et demi à Piano d’Orta, près de l’Adriatique, pour une production annuelle de 4 000 tonnes ; puis de 10 000 tonnes. D’autres usines s’installent, l’une à Terni, l’autre à Saint-Michel dans la vallée d’Aoste; d’autres à Sebenico, et à Almissa, Dalmatie, et à Fiume, Istrie. En France, la Société française des produits azotés a installé une usine à Notre-Dame-de -Briançon pour 4 000 tonnes ; en Suisse, la Société suisse des produits azotés en a installé une dans la vallée du Rhône ; en Allemagne, les usines de Westeregeln et de Brühl-on-Rhine produisent 10 000 tonnes, celle de Bromberg 2 500 tonnes; celle de Alz-Fluss en Bavière, 15 000 tonnes. Aux États-Unis, celle des Niagara Falls, rive du Canada, produit 5 000 à 6 000 tonnes, et est prévue pour 40 000 tonnes. En Angleterre, celle de Oddapeut donner dès maintenant 15 000 tonnes, et dans l’avenir 50 000 tonnes; elle possède la plus grande pompe Linde qui existe, à rendement de 375 mètres cubes par heure.
- L’usine d’Odda dépense 5 000 à 6 000 kilowatts pour 2 500 tonnes de cyanamide; l’usine de Notoddem, en Norvège, en dépense 25 000 pour nitrate de calcium à équivalence d’azote. Enfin, une usine se crée au Japon, dans l’île de Kinkszu, pour 4 000 tonnes. La production de la cyanamide est évaluée à 45 000 tonnes pour 1908.
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- SUR LA CORROSION DES FERS ET DES ACIERS.
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- SUR LA CORROSION DES FERS ET DRS ACIERS
- On ne se plaindra pas de la pénurie de documents sur la corrosion des fers et aciers. M. Geo. B. Heckel,h la réunion du 9 avril du Franklin Institute de Philadelphie, (son Journal, n° de juin 1908, p. 419), a traité des diverses méthodes proposées pour prémunir contre cette corrosion.
- Jusqu’ici elles se rattachent presque exclusivement à la protection par voie d’isolement. Ou bien on interpose une couche de peinture entre la surface du fer et l’atmosphère, ou bien on dépose sur le fer une couche d’un autre métal non oxydable.
- Le dépôt de zinc métallique peut protéger de longues années, pourvu que la couche ne soit pas trop mince. Le procédé électrolytique et celui par shérardisation semblent les meilleurs.
- Les constructeurs de sky-scrapers mettent les fondations d’acier en contact avec une masse de zinc, qui, jouant le rôle d’élément électro-négatif, doit être attaqué d’abord.
- La surface de l’acier vue au microscope n’est pas régulière. Deux forces doivent maintenir une peinture contre cette surface; la force d’attraction avec les irrégularités de cette surface; amplifiée par les agrippements de la couche de peinture avec les anfractuosités de ces irrégularités microscopiques et la force de cohésion sous l’action de la pression atmosphérique. Le coefficient de dilatation de l’acier est relativement très élevé par rapport à la peinture ; il faut que celle-ci compense par son élasticité. Enfin la couche de peinture doit être imperméable aux agents extérieurs de la corrosion, c’est-à-dire aux vapeurs et aux gaz. Une peinture sur bois peut manquer d’élasticité, une peinture sur métal ne le doit pas.
- M. R. S. Perry, comparant une peinture à un mortier, a énoncé l’idée que la peinture devrait renfermer des particules de différentes grosseurs afin de remplir toutes les ouvertures. C’est d’autre part le véhicule seul qui fournit l’élasticité, et il doit toujours être en excès.
- Le Bureau des améliorations de l’Association américaine des fabricants de pigments a donné, sous la direction de M. R.-S. Perry, de très utiles déterminations, entre autres celle de la grandeur des particules de couleurs sèches. En voici quelques-unes :
- Blanc de plomb (hydrocarbonate)................ 000 07
- Blanc de plomb (plomb sublimé)................. 000 03
- Plomb zinc.................................... 000 04
- Oxyde de zinc................................. 000 02
- Noir de charbon............................... 000 07
- Noir de fumée.................................. 000 09
- Brun minéral................................... 000 06
- Plomb rouge.................................... 000 06
- Silice......................................... 000 24
- Carbonate de calcium........................... 000 12
- Barytes........................................ 000 08
- Gypse.......................................... 000 32
- Asbestine...................................... 000 16
- Terre de Chine................................. 000 01
- 0 033 uniforme
- 0 007
- 0 007 0 008 0 016 0 016 0 005 0 019 0 032 0 028
- Le mémoire de Job, paru il y a quelques années dans la même revue, a illustré brillamment la nécessité de mettre en poudre aussi ténue que possible les pigments de toute peinture destinée à protéger les fers et les aciers.
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Autrefois les constructeurs de navires en acier avaient l’habitude de plonger l’acier dans un bain d’buile de bnà chaud. Ce procédé n’empêchait pas la rouille, mais causait beaucoup d’ennuis pour arriver à l’enlever.
- Dans un grand nombre d’ateliers de constructions mécaniques, la coutume est de donner d’abord à toutes les pièces une couche de peinture à l’huile de Un et au plomb rouge. Cette pratique est bien meilleure, car elle ménage un excellent fond pour la peinture ultérieure. Il faut seulement veiller à employer toujours cette première peinture le plus fraîchement préparée possible.
- Nous arrivons maintenant à un fait extrêmement curieux, qui pourrait peut-être procurer la solution du problème d’empêcher toute production de rouille. C’est la découverte faite en 1905, par le docteur Allerton S. Cushman, du Département de l’Agriculture, qu’un traitement par l’acide chromique ou par un chromate soluble empêche la corrosion de l’acier au moins pour un temps. Il y aurait là un cas de passivité. On trouvera la théorie du docteur Cushman dans le Bulletin n° 30 de l’Ofûcedes routes publiques du Département de l’Agriculture. Ce qu’on doit au docteur Cushman, c’est d’avoir montré que l’acide chromique et ses composés empêchent la corrosion des aciers à l’humidité ; que le fer passe en solution dans l’eau pure; enfin que la présence de certains chromâtes dans l’eau où plonge l’acier empêche l’oxydation. Les composés de chrome qui sont sur le marché varient beaucoup d’action. Le plus actif est le chromate de zinc; puis viennent le vermillon américain, l’orangé de chrome, le jaune de chrome, etc. Sont mauvais le jaune de chrome moyen, le vert de chrome, le rouge de chrome, et surtout le jaune citron de chrome. M. Cushman attribue ces différences à la présence d’impuretés dans les pigments; c’est ainsi que dans le jaune de chrome citron, il doit persister des traces de composés qui ont été ajoutés lors de la fabrication, dans le but de maintenir la réaction acide au cours de la fabrication.
- M. Heckel a demandé à M. Gardner, de la section scientifique de l’Association des fabricants de peintures, de faire toute une série d’essais, sur des éprouvettes d’acier de 1,5" x 1" immergées dans une série de liquides. Voici le tableau des pertes :
- Eau distillée bouillie . . . . 0,0482 Avec passage de courant électrique de 1,5 volts. 0,0870
- Eau distillée oxygénée . . . . 0,0601 0,1211
- Eau distillée ozonée , . . . 0,0768 0,1155
- Air sec :0 + N . . . . 0,0492 0,0911
- Air sec avec Ntl3.. . . . . . 0,0406' 0,0758
- Air sec avec GO2 . . . . 0,1030 0,1941
- Air sec avec NH3 + GO2 . . . . . . . . 0,0921 0,1876
- On voit que le passage d’un courant électrique de faible voltage aide la corrosion. M. Gardner a constaté que si deux éprouvettes d’acier plongées dans l’eau distillée sont réunies extérieurement par un fil de cuivre, la corrosion est facilitée.
- Dans tous ces essais, si l’on ajoute une solution de bichromate à 1 p. 100, la corrosion n’apparut pas, même après un mois, même en présence du courant électrique. C’est la confirmation des idées de M. Cushman.
- M. Dudley a remarqué que des parcelles de manganèse dans les aciers jouaient le rôle de centres de corrosion électrolytique. On sait que les aciers faibles en manganèse, en carbone, en silicium, se corrodent bien moins que ceux riches en ces éléments.
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- LE BRONZE d’âLUMINIUM.
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- Si l’on mélange du fer et du manganèse finement pulvérisés, en ajoutant de l’eau, il y a électrolyse puisqu’ü se produit de l’hydrogène.
- Des tournures d’acier mises dans l’eau distillée se rouillent ; mais dans une solution à 2 p. 100 de bichromate de potassium elles ne rouillent pas.
- Sahin a montré depuis longtemps qu’une couche de vernis tough appliqué chaud sur les tuyaux de fer empêche la rouille à un degré remarquable ; Toch, que des barreaux de fer noyés dans du mortier sont bien faiblement rouillés même au bout d’un long temps. On a observé aussi que de l’oxyde de zinc, du noir de fumée, d’autres pigments finement divisés sont d’excellents protecteurs contre la rouille. Une peinture au chromate de plomb basique est deux^ fois meilleure protectrice que toute autre peinture.
- De tous les faits connus, il semble résulter que trois conditions sont nécessaires pour protéger l’acier contre la rouille : 1° mettre à l’abri de l’humidité et des agents atmosphériques, ce qui implique une peinture moins perméable que l’huile de bn seule, suffisamment élastique, et bien adhérente. La pulvérisation très poussée des pigments, l’addition d’huile de bois de Chine, dégommés, peut-être d’une huile minérale neutre donnera peut-être la solution; 2° mettre à l’abri de toute action électriqué ; 3° immuniser contre la rouille par la présence de substances protectrices ; il faut éviter les mauvais pigments.
- M. Heckel a suggéré la substitution à la formule de Scott (40 parties vermillon d’Amérique, 10 plomb rouge, 5 rouge de Venise, avec huile d’olive et siccatif), d’une formule à chromate de zinc 40, vermillon d’Amérique 10, oxyde de fer fin, avec un peu de vernis à la gomme Kauri, et d’huile de bois"de Chine.
- Deux points à noter; c’est que presque tous les noirs de charbon renferment du soufre, qui se transforme facilement à l’air en acide sulfurique; seuls le graphite pur, le noir d’acétylène mettent à l’abri de cette cause de rouille presque constante, car l’on sait que le nuançage des couleurs se fait avec du noir et du blanc (oxyde de zinc). Secondement, le vermillon d’Amérique ou chromate basique de plomb varie continuellement en composition. M. Cushman propose de remplacer le noir de fumée par du bleu de Prusse. Le gypse, comme constituant du rouge de Venise, est bien dangereux, à cause de la possibilité de produire un acide du soufre.
- En dehors du chromate de zinc, le chromate de baryum, d’après M. Cushman, pourrait être un’bon protecteur. M. Heckel suggère un mélange des deux, ou un chromate double de plomb et de zinc. Pour le vert, un mélange de bleu de Prusse et de jaune de zinc précipité sur une base de silicate ou de sulfate de baryum.
- LE BRONZE D’ALUMINIUM
- M. Henry Le Chateliet, dans la chronique qu’il publie en tête de sa Revue de métallurgie,^ de juillet 1908, p. 411, constate combien le bronze d’aluminium à 10 p. 100 est un métal intéressant. Voici quelques extraits textuels de cette chronique.
- Depuis que H. Sainte-Claire Deville a montré que ce métal était comparable, au point de vue des propriétés mécaniques, à l’acier fondu, on l’a appliqné à la confection de fusils et même de canons; on l’a essayé pour de nombreuses pièces de machines et on l’a employé même sur une grande échelle aux usages domestiques. Sa très grande inaltérabilité aux agens chimiques avait été reconnue dès cette époque. Il réunit à la fois des propriétés mécaniques remarquables, une très grande résistance aux agents chimiques et une jolie couleur se rapprochant de l’or,
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Aujourd’hui son prix de revient ne dépasse guère celui du cuivre, et il coûterait plutôt moins cher que le nickel, tout en ayant un plus joli aspect. Le discrédit dans lequel cet alliage est tombé bien à tort tient d’abord à ce que plusieurs fabricants de bronze d’aluminium ont mis en vente un alliage à 5 p. 100 se vert-de-grisant comme le cuivre, et ont employé la soudure à l’étain au beu du rivetage. Il tient surtout à la difficulté d’obtenir avec cet alliage des lingots sains.
- Il semble que, aujourd’hui, la principale application du bronze d’aluminium à 10 p. 100 concerne les constructions à la mer. Il conviendrait pourtant pour les usages domestiques, casseroles, plats, fourchettes, etc. On peut voir encore aujourd’hui dans les familles des anciens amis de Sainte-Glaire Deville des ustensiles en bronze d’aluminium en service depuis cinquante ans et aussi brillants que les premiers jours.
- MORTIERS AVEC POUZZOLANES
- MM. H. Féret, Chef du Laboratoire des ponts et chaussées de Boulogne-sur-Mer, et H. Vetillarf, Inspecteur général des ponts et chaussées pubbent (Annales des Ponts et Chaussées, 1908, pp. 121 à 134) une note sur l’influence qu’a l’addition de pouzzolanes aux mortiers en prise à l’eau de mer. L’emploi de pouzzolanes dans les mortiers, concurremment avec les liants hydraubques usuels, paraît accroître la résistance et retarder notablement, dans un grand nombre de cas, la désagrégation par l’eau de mer ; l’emploi de la gaize légèrement torréfiée, à 2 parties en poids pour 4 parties de ciment portland, est particulièrement recommandé ; il faut avoir soin toujours que le durcissement du mortier pouzzolanique s’effectue en présence de l’humidité.
- LE BLEU DE SÈVRES
- Le bleu de Sèvres donne beu à une contrefaçon intense. Les faux Sèvres émaillés en faux bleu pullulent, et l’on doit être reconnaissant à M. Léon Franchet de nous avoir rappelé quelques principes (Revue scientifique, 1908, p. 752).
- Le bleu de Sèvres est obtenu avec l’oxyde de cobalt; le cobalt se rencontre dans la nature, principalement sous forme d’arséniate de cobalt (érythrine) et d’arsenio-sui-fure de cobalt (cobaltine).Les gisements les plus renommés se trouvent en Saxe.
- L’oxyde de cobalt possède une très grande puissance de coloration et résiste bien aux très hautes températures. Il devint, à Sèvres, la base de la décoration au grand feu, et la manufacture en usa (quelquefois même en abusa) à tel point que le nom de bleu de Sèvres fut définitivement adopté. Ce n’est donc pas, comme le croient et le disent beaucoup de personnes, parce que Sèvres est le seul étabbssement où l’on possède le secret de cette belle couleur (A. Brongniart, en 1844, puis M. Lauth, en 1887, ont pubbé tous les procédés relatifs au bleu de Sèvres); car l’industrie privée l’a obtenue avec la même perfection de nuance.
- Notre manufacture nationale se sert des formules suivantes ; pegmatite broyée, 75 —80— 85; oxyde de cobalt, 25 — 20 —15.
- Il y a trois procédés pour apphquer ce bleu sur la porcelaine: sur le dégourdi; sur dégourdi et sous une couverte (transparente après cuisson) que l’on étend sur le bleu; sur la porcelaine émaillée et cuite. C’est ce dernier procédé qui donne le bleu le plus remarquable.
- Les accidents qui se produisent parfois sont: les bouillonnements, les retirements,
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- les métallisations et le ton noir. M. Lauth, pendant qu’il était administrateur de Sèvres, a fait de nombreuses recherches pour en déterminer les causes.
- La manufacture ne prépare plus comme autrefois son oxyde de cobalt ; car la Saxe fournil aujourd’hui un produit de très bonne qualité. La meilleure marque est celle qui est désignée par les lettres FFKO; elle correspond à un oxyde gris qui est du protoxyde de cobalt; mais Sèvres possède également ce bleu, identique comme nuance, non comme fusibilité, pour ses autres types de porcelaines : la porcelaine nouvelle cuisant à 1.290° et la porcelaine tendre cuisant à 1130°.
- Pour la porcelaine dure, faite de feldspath, de kaolin et de quartz, la pâte est très plastique, se travaille très bien, et le déchet après cuisson est peu important. La porcelaine tendre, au contraire, se travaille mal, étant peu plastique par suite de la faible proportion d’argile qui entre dans sa composition faite d’argile, de quartz, et de craie et d’un verre spécial. La véritable porcelaine tendre de Sèvres, dit encore M.Franchet, la seule qui soit recherchée, ne se rencontre pas dans l’industrie, et les amateurs en exigent absolument ; aussi donne-t-on de grossières imitations. Les vieux Sèvres authentiques sont parfaitement connus, on ne peut en trouver que dans des collections publiques et quelques rares collections privées.
- Quand on vend à un amateur une pièce de Sèvres, il doit exiger une facture portant : porcelaine de Sèvres ; et non pas porcelaine décorée en gros bleu de Sèvres ou décor de Sèvres, ce que certains marchands ne manquent pas d’inscrire.
- GAZ BLAU
- En matière de gaz comprimés pour l’éclairage on a eu coutume jusqu’ici, remarque le professeur William Hallock à la New-York section de la Society of Chemical Industry (voir son Journal, n° du 15 juin, p. 550), d’user de gaz ou de mélanges gazeux qui restent gazeux même sous haute pression. Cette condition réduit beaucoup le nombre des hydrocarbures utiüsables, et amène à éliminer les plus riches en carbone, c’est-à-dire ceux qui auraient la plus grande valeur pour le chauffage et pour l’éclairage.
- M. Blau a cherché à obtenir un liquide qui soit un mélange de composants volatils aisément à la température ordinaire, puis d’y comprimer de grandes quantités de gaz dits permanents. Par exemple, des hydrocarbures comme le propane, le butane, l’isobutane, les pentanes, le propylène, le butylène se liquéfient aisément, et à l’état liquide ils peuvent dissoudre de grandes proportions de gaz permanents, hydrogène, méthane. Il faut, pour que lu produit soit utilisable commercialement parlant, que le gaz permanent ne s’échappe pas d’abord, puis la vapeur du liquide. La solution comprimée doit répondre à ce desideratum que le gaz permanent, en s’échappant, entraîne avec lui une proportion constante de vapeurs, de façon que la constitution du gaz d’éclairage reste constante.
- Dans les méthodes habituelles de préparation d’un gaz d’éclairage, on porte la distillation à de hautes températures afin de dissoudre les hydrocarbures élevés à forte teneur de carbone, et d’obtenir ainsi une proportion supérieure de gaz permanents. Blau renverse la proposition ; il réalise la distillation à des températures plus basses, soit 600° à 700°, afin d’obtenir une proportion plus grande de gaz aisément liquéfiables et une proportion moindre de gaz plus permanents. Le mélange est purifié à l’ordinaire, puis fortement comprimé ; les gaz les plus lourds se
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- liquéfient, et le liquide se sature de gaz permanent. L’excès est utilisé pour la machinerie, compresseurs, etc. La solution est mise dans des cylindres en acier, de 0,5 à 25 kilogr. Un cylindre moyen, à 15 cents par kilo, coûterait 1,5 dollar et pourrait alimenter un brûleur à incandescence de 50 c. p. pendant 480 heures, soit 4 mois à 4 heures par jour. Un brûleur à kérosène demanderait 120 litres.
- La densité du gaz est 1,105 (pour air = 1); celle du liquide est 0,59 (pour eau = 1). L’équivalent thermique par kilo est 12 318 calories; donc le litre donne 15 calories 349. La consommation par heure du gaz Blau est de 17, 29, 98 litres pour une intensité lumineuse de 50, 100, 500 H. K. Les limites d’explosion dans l’air sont 4-8 p. 100 ; celles du gaz de charbon et del’acétylène sont respectivement 7-9 p. 100, et 2-49 p. 100. Il faut se rappeler que de nombreux travaux récents ont démontré l’économie énorme des sources de lumière à températures élevées.
- LE BENZOL EN AUTOMOBILISME
- Dans le numéro du 13 juin du Génie Civil, M. A. Grebel compare l’utilisation du benzol et celle de l’essence de pétrole pour les automobiles. Le concours de mai 1908 de véhicules industriels amis en relief l’importance du benzol. L’industrie du raffinage du pétrole suffit à peine aux demandes d’essence ; sa consommation pour automobiles atteint en France 500 mètres cubes par jour, l’essence pesant 715-730 et jusqu’à 760, au lieu des 680-700 d’autrefois. On sait qu’elle provient des pétroles américains et roumains et de ceux récents de Sumatra ; les pétroles russes et galiciens n’en fournissent pas.
- L’essence, de 26 fr. 50 l’hectolitre en gros, est montée à 37 fr. 50.
- Le benzol est, comme on le sait, un mélange de benzène, de toluène et de xylène; 84,15 et 1 p. 100. On trouvera dans le mémoire de M. Grebel de nombreuses indications sur sa production et sur son utilisation pour les moteurs.
- l’alcool en automobilisme
- D’une communication de MM. R. Duchemin et J. Mauger au dernier Congrès international de sucrerie et des industries de fermentation (Bull, de l’Association des chimistes, mai 1908, p. 954), sur l’attaque des appareils moteurs fonctionnant à l’alcool dénaturé, nous extrayons les conclusions.
- De la série des essais effectués, il résulte que ce sont bien les impuretés de l’alcool : aldéhyde, acétate d’éthyle, ainsique l’acétate de méthyle renfermé dans le méthylène, qui présentent des inconvénients sérieux pour cet emploi. On doit donc donner la préférence aux flegmes à haut degré, dans lesquels les produits de tête et de queue sont dilués dans l’alcool bon goût qu’ils renferment, plutôt que d’employer des alcools mauvais goût dans lesquels s’accumulent toutes les impuretés. Ces alcools pourraient être réservés pour d’autres usages, la fabrication des vernis par exemple.
- LES ÉTHERS CELLULOSIQUES
- Un mémoire très important de MM. E. Berl et Watson Smith, publié dans le n° du 15 juin 1908 du Journal de la Society of Chemical Industry de Londres (pp. 534 à 538) étudie plus particulièrement la décomposition alcaline des dérivés nitrés de lacgllulosg
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- et des autres hydrates de carbone, amidon, lévulose et glucose. C’est le développement de la communication parue en 1907, p. 273.
- La première partie du travail avait pour objet d’éclaircir la question importante de connaître le nombre exact des hydroxyles libres dans la molécule de la cellulose, qui sont susceptibles de substitution par des radicaux acides. On a trouvé qu’il était impossible d’introduire plus de 12 groupes substitués dans la molécule C24H40O20. Ost (Zeitschrèft fur angewande Chemie, 1906, p. 992) ; Green et Perkin (Journal of Chemical Society, 1906, p. 811), sont arrivés au même résultat.
- Mais la dodécanitro-cellulose (à 14,16 d’azote) n’a pu être préparée à l’état pur, à cause de son instabilité. Le produit nitré le plus élevé que l’on ait eu pur est à 13,72 p. 100 d’azote, et il est probablement un mélange d’endécaet de dodéca. Berl et Klaye considèrent la nitration comme une réaction réversible :
- C24H40O20 -f- nHNO3 ^ C24H40-nO20-n (0N02)n + wH20.
- Les expérimentateurs ont trouvé que les nitrocelluloses préparées avec un mélange d’anhydride acétique et d’acide nitrique et une trace d’acide sulfurique ont un pouvoir explosif plus considérable que les nitrocelluloses préparées avec le mélange de nitration ordinaire, bien que le pourcentage d’azote puisse être le même. Avec le mélange d’acide sulfonitrique et d’anhydride acétique, il faut avoir soin d’opérer lentement et à froid si l’on veut éviter une réaction si violente qu’elle va jusqu’à l’explosion. Si l’on dissout la nitrocellulose dans l’anhydride acétique, puis qu’on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique, la réaction peut être si violente que le composé cellulosique soit complètement détruit ; il faut donc refroidir, et en variant le temps de l’action, on obtient des produits très variables de composition. Les solutions de ces dérivés nitro-acétylés dans le chloroforme et l’alcool-éther donnent par évaporation des dépôts pulvérulents, tandis que les solutions dans l’éther acétique et l’acétone donnent des pellicules transparentes. Quoique ces éthers renferment 3 à 4 p. 100 d’azote, ils ne semblent pas plus inflammables que les acétates. L’action de l’acide glacial acétique, dans les mêmes conditions, est fort lente.
- Les travaux de Brown et Morris et de Fenton et Gosling, etc., conduisent à cette conclusion que les différentes formes de cellulose renferment un ou plusieurs noyaux identiques avec ceux renfermés dans la lévulose, c’est-à-dire des groupements à caractère cétonique que l’on rencontre aussi dans les amidons et les dextrines ; mais ces groupements ne représentent qu’une petite partie de toute la structure. MM. Berl et Smith sont arrivés aux mêmes conclusions en étudiant l’action de la soude caustique en solution alcoolique sur les dérivés nitrés de la cellulose et de la lévulose; les produits obtenus sont les mêmes osazones, fondant à 145°-146°. Ils ont confirmé le fait que la cellulose renferme un résidu glucose, car les dérivés nitrés de la cellulose et du glucose fournissent, par le même traitement, de l’acide oxypyruvique. Enfin les nitrates d’amiçlon conduisent au même acide.
- Notons, au cours de leur travail, que la tétranitrocellulose leur semble constituer une phase intermédiaire dans la décomposition de la nitrocellulose par les alcalis, les termes ultimes étant surtout l’acide oxalique et l’acide formique. Sa formule serait C24H36016(N03)4 à 5,33 p. 100 d’azote; mais l’azote n’y est pas tout entier à l’état d’acide nitrique.Cette tétra, par action de l’anhydride acétique, avec addition de quelques gouttes d’acide sulfurique concentré, donne un produit blanc, pulvérulent, facilement soluble dans l’alcool, l’acétone, l’éther acétoacétique, le chloroforme, et qui serait un mélange
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- d’endéca - acétyl- mononitro et de dodéca-acétylcellulose : G2*H2808(OCOCH3)11NO!J -hC24H2808 (OCOCH3)12.
- Parmi ces nitrocelluloses ainsi étudiées, citons :
- par l’action de 50 grammes d’anhydride acétique + 10 grammes d’acide nitrique avec une trace S04H2; une nitrocellulose à 12,58 d’azote (12,78 = C24H30OI0(NO3)10), difficilement soluble dans S04H2 concentré et dans le chloroforme.
- par l’action de 40-45-45 grammes anhydride acétique + 40-45-45 grammes acide glacial acétique + 30-20-15 grammes acide nitrique, des nitrocelluloses à 12,97-13,69 -13,13 d’azote (12,78 = C24H30O10(NO3)10 13,50 = G24H29O10(NO3)11), difficilement soluble dans Palcool-éther.
- par l’action une journée, de 32-24-20 grammes du mélange sulfonitrique (à 40,66 S04H2 + 43,85 N03H + 15,49 H20) et 8-16-20 grammes anhydride acétique, des nitrocelluloses à 11,16-8,91-0 (cellulose non changée), soit C24H30O10 (N03)90 COCH3 diffici-. lement soluble dans le chloroforme, C24H3,011 (NO3)7 (OCOCH3)2.
- par l’action, 30 minutes-1-2-4-12 heures, de l’anhydride acétique avec addition de 2 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré, des nitrocelluloses à 4,19-3,97-4,54-4,86-2,64 d’azote, soit C24H31011(N03)3(OC0CH3)6 à 4,19 d’azote, aisément soluble dans l’éther acétoacétique et dans l’acétone.
- PROGRÈS RÉCENTS DANS LA FABRICATION DES MATIÈRES COLORANTES
- M. Herbert Robson (Dyer and Calico Printer, 1908, p. 4) a passé en revue les progrès récents de cette industrie, caractérisés surtout par le développement des colorants sulfurés.
- UAktien Gesellschaft für Anilin-Fabrikation a obtenu quelques nouveaux colorants ortho-oxyazoïques, par l’action de l’hydrosulfite de calcium sur les monoazo dérivés de l’acide picramique. Son procédé de teinture des fourrures avec l’orthoamidoparani-traniline est également digne d’attention ; il consiste à oxyder l’amine sur la fibre par le peroxyde de sodium.
- La BadUche Anilin und Soda-F'abrik a préparé de nouveaux colorants des hydroxy-anthraquinones et dérivés substitués, par traitement avec la formaldéhyde, et un sulfite en présence d’alcali en excès. Ces colorants teignent le coton sur mordant métallique. L’hexahydroanthraquinone est connue sous le nom de bleu anthracine WR extra.
- Les dérivés halogénés des composés thioindoxyliques peuvent être transformés en colorants sulfurés qui teignent le coton, dans la cuve hydrosulfitique.
- Cette firme prépare de nouveaux dérivés du triphénylméthane qui teignent la laine sans mordant, du jaune au brun, passant au bleu et au vert après chromatage.
- La copulation de la 2 nitro-4 chloraniline avec le B-naphtol donne un excellent colorant substantif orange, pour coton.
- La B. A. et S. F. utilise les résidus de la fabrication de la pulpe de bois au sulfite, pour la préparation d’une pâte d’indigo blanc, très stable.
- Enfin il faut mentionner un nouveau mode de teinture avec les colorants sulfurés. L’addition d’une matière fermentescible, comme le son, à la cuve alcaline, diminue la sensibilité à la chaleur et à la lumière et l’unisson s’obtient sans difficulté.
- La firme Leoioold Cassella und Co et la Manufacture lyonnaise de matières colorantes ont apporté quelques nouveautés dans la classe des colorants monoazoïques. Les chimistes de l’usine de Francfort ont perfectionné la fabrication des colorants
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- - PROGRÈS DANS LA FABRICATION DES MATIÈRES COLORANTES. 1047
- sulfurés, par la fusion de la métatoluylène diamine 'et de la paraphénylène diamine avec du soufre. Les nuances sont très solides à la lumière et au lavage, et conviennent très bien pour les teintures en khaki.
- Les Chemische Fabrick Griesheim Elektron produisent de nouvelles matières colorantes sulfurées par traitement à chaud avec les polysulfures alcalins, des indophénols, p-amidophénol, ou a-naphtyl-a-sulfamides, en présence de cuivre. Un nouveau colorant azoïque très solide à la lumière sur laine s’obtient par combinaison des diazo des dérivés chlorés d’acide o-aniline sulfonique avec l’acide 4-sulfophényl-5-pyrazolone-
- 3- carboxylique, ou avec l’acide l-phényl-5-pyrazolone-3-carboxylique. Un colorant très voisin est obtenu également par cette maison par combinaison du 1-2-diazonaph-tol-4-acide sulfonique , avec les m-oxydiphénylamines. La teinture est plus solide après.
- Les Farbenfabi'iken vormals Friederick Bayer und Co. ont découvert de nouveaux colorants quinoniques sulfonés qui teignent la laine en bain acide. Les tons obtenus qui vont du bleu au vert sont d’une grande solidité. Ils produisent également de nouveaux colorants anthracéniques par l’action de la soude caustique sur un mélange d’a-aminoanthraquinone et d’acétone ou sur un mélange de dérivés acétylés d’anthraqui-nones secondaires a-alkyl-amino. Le premier procédé donne des bruns sur laine et des rouges violets sur coton; le second des violets rouges sur laine et coton mordancé au tannin.
- Les Fabwerke vormals Durand, Huguenin et Co. ont produit l’année dernière un nouveau bleu sur laine très solide, appliqué sur mordant de chrome et vaporisé. C’est un produit de condensation des gallacyanines avec des mono ou polyamines en présence de poudre de zinc et d’acide chlorhydrique.
- Les Farbwerke vormals Meister Lucius und Bruning ont développé leur activité vers les colorants sulfurés. Ils ont obtenu des teintures à la cuve pour laine et coton, de différentes teintes. L’usine de Hœchst a trouvé que, si l’on tamise la pâte d’indigo dans un courant d’air chaud, la poudre ainsi séchée reste très poreuse, de sorte qu’elle absorbe l’eau avec avidité. La copulation du 2-diazonaphfalène-l-acide sulfonique avec l’acide 2-3-oxynaphtoïque, fondant à 216°, donne un colorant monoazoïque dont les laques bleu rougeâtre sont très utiles pour l’impression des livres et du fer-blanc et pour les couleurs à l’huile. Le rendement est très grand, les tons sont très purs et très solides.
- La firme Kalle und Co a donné l’une des plus importantes découvertes de l’année, celle du thio-indigo, obtenu par condensation moléculaire de l’a-oxythionaphtène ou de ses sels haloïdes avec l’a-isatine ou ses dérivés. On obtient à la cuve des teintures bleu et violet, très solides sur coton et sur laine. La maison Kalle und Co prépare également un autre colorant sulfuré, qui donne à la cuve des teintures bleues, très solides au lavage et à la lumière. Ce colorant provient de la sulfuration de l’a-naphtylamine-
- 4- 6-8 acide trisulfonique.
- La Société pour Vindustrie chimique de Bâle, en traitant l’indirubine par le brome, a obtenu un nouveau colorant substantif qui teint le coton en violet très solide à la lumière et au lavage. Cette firme a trouvé également que la diazotation des colorants tétrazo et le développement du colorant résultant sur la fibre avec du naphtol, conduit à des tons orange à rouge très solides aux acides et au lavage.
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- INSOLUBILISALION DE LA GÉLATINE
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- MM. A. L. Lumière et A. Seyewetz ont étudié d’une façon générale les phénomènes de précipitation et ceux d’insolubilisation de la gélatine. Leur mémoire (Bulletin de la Société chimique, 1908, p. 743) fourmille de faits susceptibles de réflexion et d’application pour les industriels, photographes, teinturiers, tanneurs, fabricants de fibres artificielles.
- 4° Quels sont les corps qui précipitent la gélatine?
- Si dans une solution de gélatine à 10 p. 100, on ajoute des solutions aqueuses à 5 p. 100 (allant jusqu’à 50 p. 100, en cas d’insuccès), on constate que :
- L’acide phosphotungstique, l’acide phosphomolybdique l’eau chlorée, l’eau bromée, les sels ferriques (sauf les tartrates et les citrates), les sels manganiques, vanadiques, cériques, uraniques, le permanganate de potasse, le chlorure aurique, le chlorure pla-tinique sont les seuls des composés minéraux qui précipitent la gélatine.
- On voit que tous les composés minéraux qui en solution diluée précipitent la gélatine sont des oxydants ; mais tous les oxydants minéraux ne possèdent pas cette propriété.
- Certains carbonates alcalins-(K, Na), sulfates (Am, Na, K à 40 p. 100), nitrates (Am, Na, K), le sulfite, le bisulfite et l’hyposulfite de sodium précipitent la gélatine en solutions concentrées, faiblement à partir de 15 pour 100; mais la gélatine, ainsi précipitée par les solutions concentrées de divers sels alcalins, se redissout dès qu’on ajoute une quantité d’eau suffisante.
- Si l’on passe aux composés organiques solubles dans l’eau, les expérimentateurs ont trouvé qu’en dehors des alcools et des acétones dans lesquels la gélatine est insoluble, les seuls composés qui leur ont paru précipiter la gélatine parmi les corps étudiés sont : phénol, résorcine, orcine, hydroquinone, pyrocatéchine, acide gallotam nique, acide pyrogallique, acide paranitrophénol, chlorophénol, acide picrique, mo-nochlorhydroquinone, acides R, G, S; c’est-à-dire des phénols solubles et leurs produits de substitution nitrés, halogénés ou sulfoconjugués à l’état d’acides (et non de sels). Les phénols peu solubles, les napbtols, les dioxynaphtalines, les amines et les aminophénols, même solubles, ne précipitent pas.
- 2° Quelle est la composition de la gélatine précipitée? Est-elle différente de celle de la gélatine initiale?
- Dans ce but, les expérimentateurs ont préparé les diverses gélatines précipitées, en additionnant une solution de gélatine à 10 p. 100, d’un excès de réactif, puis ils ont tenté de purifier la gélatine ainsi précipitée en la réduisant en petits fragments qui ont été soumis à un lavage très prolongé à l’eau courante. Ils ont dosé l’azote dans chacune de ces gélatines comparativement à cette même gélatine soumise à un traitement identique, mais non insolubilisée. Ils ont enfin déterminé le point de géüfication des gélatines qui sont restées solubles dans l’eau chaude en opérant sur des solutions à 80 p. 100. Dans les produits précipités par des composés minéraux, ils ont recherché et dosé, en outre, le cas échéant, les éléments minéraux fixés.
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- Teneur en azote et principales propriétés de la gélatine après traitement par divers réactifs
- qui précipitent les solutions de gélatine.
- ASPECT DE LA GÉLATINE. TENEUR EN AZOTE pour 100 grammes de la gélatine sèche. Moyenne de plusieurs analyses. ÉLÉMENTS MINÉRAUX' provenant du réactif. Teneur pour 100 grammes de gélatine sèche. POINT DK GÉLIFICATION des gélatines solubles dans l’eau chaude (solution à 8 p. 100).
- Gélatine initiale lavée en couche mince sur place Transparente incolore 17,7 25°
- Noms des réactifs. Eau bromée Transparente incolore • 16,65 grammes. 3,75 brome. Ne fond pas.
- Eau chlorée 16.53 0,92 chlore. Ne fond pas.
- Acide phosphotungstique — — 16.29 Pas de phosphore. 25°
- Perchlorure de 1er — brun rougeâtre .... 16,30 6,45 fer. Ne fond pas, mais les morceaux s’agglomèrent. Ine fond pas, mais les morceaux s’agglomèrent. Ne fond pas.
- Nitrate d’urane — ' jaune clair 16,10 6,4 uranium.
- Sulfate cérique — jaune brunâtre .... 16,28 5,4 cérium.
- Chlorure d’or — jaune par transparence violacée par réflexion. 16,59 5,54 or. Ne fond pas.
- Chlorure de platine 16,57 0,84 platine. Ne fond pas.
- Bichlorure de mercure — incolore 16,16 3,00 mercure. 26° la gélification n’est
- Permanganate de potassium Carbonate de potassium à 30 p. 100 . . . Opaque brun noir. 16,65 6,7 manganèse. pas très nette. Ne fond pas.
- Transparente incolore. . 17,10 Néant. 25°
- Sulfate d’ammonium à 50 p. 100 16,45 — 25°
- Sulfate de soude, solution saturée. . . . 16,73 — 25“
- Bisulfite de soude commercial à 40 p. 100. 17,40 25“
- Hyposulfite de soude à 50 p. 100 — — .... 17,15 — 25“
- Phénol .... 16,40 — 25“
- Bésorcine 16,50 — 25“
- Hydroquinone — brunâtre 14,37 . — 25“
- Pyrocatéchine. 16,14 ' 25“
- Acide gallotannique — grisâtre 16,37 — 25“ (1)
- — pyrogallique — brunâtre 16,20 — 25“
- Paranitrophénol — brun clair 16,70 — 25“
- Acide picrique — incolore 17,59 . 25“
- Monochlorohydroquinone (adurol). . . . — brunâtre 16,66 — 25“
- Acide B — rougeâtre . 16,47 — 25“
- Acide G — brun foncé 16,37 25“
- (1) La gélatine en couche mince se comporte différemment de la gélatine dissoute. La première, immergée pendant très longtemps dans une solution do tannin (acide
- gallotannique) conserve sa fusibilité initiale, tandis que le précipité obtenu en mélangeant une solution de gélat ne avec une solution de tannin, se ramollit par l’eau
- chaude mais no se redissout pas.
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- Principales propriétés de la gélatine rendue insoluble dans l’eau bouillante par les diverses substances
- qui ne précipitent par ses solutions.
- NOMS DES SUBSTANCES ASPECT de la TENEUR EN AZOTE STABILITÉ DE LA GÉLATINE INSOLUBILISÉE PLUS PETITE QUANTITÉ DE RÉACTIF NÉCESSAIRE pour insolubiliser la gélatine en solution. Quantité correspondante à 100 grammes de gélatine sèche.
- «SOLUBILISANTES. GÉLATINE inso- lubilisée. 100 gr. de gélatine inso-lubilisée. Action des acides à froid. Action des alcalis dilués à froid. Action" de l’eau à l’ébullition.
- Sels de sesquioxyde de chrome. Verdâtre. 15,7 Décomposée avec formation de sels de sesquioxyde de chrome. Décomposée. Non décomposée. 2 gr. d’alun de chrome, soit 0sr, 304 Cr2O3.
- Formaldéhyde Incolore. 17,6 Décomposée avec régénération de formaldéhyde. Décomposée. Décomposée avec élimination de formaldéhyde. 0sr,8 deCII20, soit 2 grammes de formaldéhyde commerciale à 40 p. 100.
- Quinone ordinaire et ses homologues Brun clair. 17,5 Non décomposée. -Non décomposée. Non décomposée. 1 gramme pour solution au-dessus de 10 p. 100 de gélatine. 4 grammes pour solution à 5 p. 100 de gélatine.
- Quinhydrone Brun. 17,3 Non décomposée. Non décomposée. Non décomposée. Idem.
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- INSOLUBILISATION DE LA GÉLATINE.
- 1051
- Les résultats de ces essais sont consignés dans le tableau suivant :
- 3° Quels sont les corps qui sans précipiter les solutions de gélatine donnent avec celles-ci des combinaisons qui, après la prise en gelée de la solution, ne peuvent être refondues dans l’eau chaude?
- Le nombre des composés jouissant de cette propriété a été limité pendant longtemps aux sels de sesquioxyde de chrome et à la formaldéhyde. Les expérimentateurs ont montré (Bulletin Société chimique, t. 35, p. 377; 1906) que cette propriété était commune à un grand nombre de produits provenant de l’oxydation à l’air des phénols en présence des alcalis et notamment à des corps bien définis comme les quinones, la quinhydrone, la quinone-chlorimide.
- Les principales substances définies qui insolubilisent la gélatine sans la précipiter sont indiquées dans le tableaucp. 1034, avec les propriétés caractéristiques de la gélatine ainsi insolubilisée.
- Voici les conclusions textuelles des auteurs :
- « La précipitation de la gélatine par les substances minérales et organiques est donc un phénomène qui peut donner lieu à la production de deux classes de substances bien distinctes :
- 1° Les substances qui sont solubles dans l’eau chaude et dans lesquelles on retrouve les propriétés et la composition de la gélatine initiale ;
- 2° Celles qui sont insolubles et dans lesquelles ces propriétés et cette composition paraissent notablement modifiées.
- Les substances minérales qui donnent naissance à la première classe de précipités sont peu nombreuses et sont toutes des sels alcalins, sauf pourtant l’acide phospho-tungstique (ou le mélange d’acide phosphorique et de tungstate de soude), l’acide phos-phomolybdique (ou le mélange de molybdate d’ammoniaque et d’acide phosphorique).
- Le mode d’action de ces composés paraît différent de celui des sels alcalins, puisque * ces derniers ne produisent la précipitation qu’en solution très concentrée, tandis que l’acide phosphotungstique et l’acide phosphomolybdique agissent également en solution diluée. De plus, la gélatine précipitée par ces substances ne se dissout pas en diluant la solution, tandis que dans le cas des sels alcalins la gélatine se redissout par simple dilution froide.
- Les substances organiques qui donnent avec les solutions de gélatine des précipités solubles dans l’eau chaude appartiennent toutes à la classe des phénols ou de leurs produits de substitution : phénol, résorcine, hydroquinone, pyrocatéchine, orcine, acide pyrogallique, monochlorhydroquinone, acide picrique, chlorophénol, acides naphtolsulfoniques et ont tous des propriétés acides. (Les sels des phénols et des acides naphtolsulfoniques ne précipitent pas les solutions de gélatine.)
- Les substances qui transforment la gélatine en un composé'insoluble dans l’eau chaude paraissent présenter entre elles la propriété commune de pouvoir fournir de l’oxygène soit directement soit en présence de l’eau.
- Dans la classe des composés minéraux produisant des précipités gélatineux insolubles dans l’eau chaude, nous trouvons les composés suivants : chlore, brome, sels ferriques, sels uraniques, sels manganiques et permanganate, chlorure aurique, chlorure platinique.
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- NOTES DÈ CHIMIE.
- JUILLET 1908.
- Parmi les substances organiques nous n’avons trouvé que l’acide gallotannique (tannin) qui soit susceptible de donner avec les solutions de gélatine un précipité ne pouvant être redissous dans l’eau chaude.
- Les composés qui rendent la gélatine insoluble dans l’eau chaude sans la précipiter sont les suivants: parmi les composés minéraux, sels de sesquioxyde de chrome; parmi les composés organiques : formaldéhyde, quinone, quinhydrone, quinone-chlo-rimide et produits d’oxydation plus ou moins définis des phénols suivants : pyrocaté-chine, hydroquinone, acide gallique, acide pyrogallique, monochlorhydroquinone.
- Dans le cas des sels minéraux, on remarque que l’insolubilisation de la gélatine ne paraît pas être seulement un phénomène d’oxydation, mais la gélatine fixe ensuite une certaine quantité de l’oxyde du sel qui produit l’insolubilisation. Cet oxyde ne se fixe sur la gélatine, comme l’a montré Lüppo Cramer (Zeitschrift für Chemie und Industrie der Kolloïde 1907, Heft 12) que s’il peut se former à l’état colloïdal.
- Avec les substances organiques, l’oxydation de la gélatine paraît être accompagnée de la fixation du résidu organique. Dans le cas de l’insolubilisation par la formaldéhyde, par exemple, on sait qu’on peut régénérer la formaldéhyde en faisant bouillir avec Peau la gélatine insolubilisée par cette substance, mais aucune autre expérience probante ne permet d’affirmer que la fixation du résidu organique a lieu, dans l’insolubilisation par les quinones et leurs dérivés, car ces corps ne peuvent être régénérés et la composition centésimale de la gélatine insolubilisée ne permet de tirer aucune conclusion à ce sujet. »
- VARIA
- Métaux. —L’argent et l’or ont la propriété de devenir transparents en feuilles minces, aux températures de 400°-450°. On peut rêver de vitres transparentes. — L’or fulminant est une triamine, J. Jacobsen (G. R. 1908). — Dans la séparation du nickel et du cobalt au moyen du nitroso-b-naplitol, le cobalt se précipite à l’état de Go (G16H9ONO)3. — Le plus important gisement de vanadium serait celui d’anthracite vana'difère de Llacsacocha au Pérou. Le minerai fournit 2 p. 400 de cendres à 43-71 centésimanx d’acide vanadiquei — Le sodium divisé est l’un des meilleurs dessiccateurs de gaz, Rosenfeld 1901. — Sur l’industrie du thorium, voir R. Bôhm, in Chemische Industrie (traduit in Mon’. Sc., 1908, p. 392).
- Hygiène. — L’iode est la base du procédé Revel et Mathieu pour la conservation des viandes, soit: iode 3 parties, iodure de potassium 15, eau 1000. On plonge les viandes dans ce mélange pendant quelques minutes, puis on les fait sécher dans un fort courant d’air. —L’eau oxygénée constitue le meilleur dentifrice, pourvu qu’elle ne soit pas acide. Soit: eau oxygénée 180, alcool 75, teinture de ratanhia 5, menthol 1, thymol 1. — Les paralysols employés comme des désinfectants sont formés de 75 parties d’un mélange de méta et de para-crésol-potassique, 15 savon sodique, 10 talc, et coumarine pour le parfum. — Des boissons hygiéniques sans alcool se préparent soit en enlevant l’alcool par un courant d’air, soit en faisant agir des ferments non alcooliques sur des jus sucrés, puis en gazéifiant avec l’acide carbonique. — L’acide citrique, à 0,6 p. 100, serait un excellent stérilisateur de l’eau, Riegel. — Le formol à 40 p. 100 du commerce est un excellent insecticide. Formules contre les piqûres d’insectes: formol 15, acétone 4, xylol 5, baume du Canada 1; contre l’urticaire: formol 5, glycérine 10, eau de Cologne 500; antipédiculaire : formol 10, acide acétique 5, eau de Cologne 150. Le meilleur tue-mouches et tue-moustiques est une solution de formol au dixième, qu’on mel dans quelques assiettes placées dans la chambre. —On augmente la solubilité du phénol en Punissant à la résorcine 2 parties, Fr. Réverdin.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- SOUDURE DES ACIERS AU CUIVRE (1
- Ce mode de soudure consiste à placer le long de la ligne de soudure un fil ou une bande de cuivre, à entourer le tout d’un composé réducteur, et à porter la pièce à une température d’environ 1200°. Il se forme ainsi une soudure dans laquelle le cuivre disparaît presque, et qui est plus solide que l’original.
- Les figures]! et 2 représentent l’application de ce procédé à la soudure d’un car-
- -lu-'. J
- Fig. 1 et 2. — Soudure au cuivre.
- relet d’acier rapide dans un barreau d’acier outil ordinaire. On y voit le fil de cuivre retenu, en fig. 1, sur le joint de soudure par un autre fil, et, en fig. 2, le résultat de cette soudure.
- Ce procédé est appliqué par la Metals Fusion C°, 56, Victoria St. London.
- POMPE POUR PUITS DE PÉTROLE LEINWEBER (2)
- Cette pompe est une application de la vieille pompe à corde: elle se compose, fig. 2, d’une bande en tissu poreux circulant dans le puits et passant, au jour, entre des galets qui la pressent et en font sortir le pétrole imbibé.
- (1) Engineering, 19 juin, p. 823.
- (2) Engineering News, 28 mai, p. 595.
- Tome HO. — Juillet 1908.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1908.
- Au gisement de Kryg, en Galicie, dans un puits de 520 mètres de profondeur et de 230 millimètres de diamètre, une bande de 75 millimètres de large sur
- Fig. 1 et 2. — Pompe Leinweber.
- 7 mm. 5 d’épaisseur, marchant, à la main, à la vitesse de 0 m. 20 par seconde, permit d’extraire environ 4 500 litres par heure ; avec une bande commandée à la vitesse d’un mètre par seconde, on aurait pu extraire environ 28 mètres cubes à l’heure.
- Avec des bandes en tissus métallisé, on pourrait descendre jusqu’à 1 500 mètres.
- BROYEUR I1UNT (1)
- Ce broyeur d’un type bien connu (2) est remarquable par ses énormes dimensions. Construit par la Power and mining machinery C°, de Mihvaukee, pour les usines à ciment de la Compagnie Dixie, à South Pittsburg, ce broyeur, de 5 m. 70 de haut et (fig. 3) de 6 mètres de diamètre à l’embouchure de sa trémie, pèse 193 tonnes et peut recevoir des blocs de pierre de 0 m. 90 x 1 m. 50 x 3 m. ; il les casse, au taux de 800 tonnes par heure, en morceaux dont 60 p. 100 ont 100 millimètres de côté et le reste 50 millimètres et au-dessous.
- La noix et les parois du moulin sont en fonte trempée ; la noix est ondulée et la garniture du moulin en trois rangées de plaques au nombre total de cinquante-quatre, fixées par une coulée de zinc. Pour les granits et le quartz, ces plaques et celles de la noix sont en acier manganésé. La trémie et la cuve sont en deux pièces réunies par quatorze boulons de 130 millimètres. Chaque moitié de cette trémie, avec la partie correspondante de la cuve, pèse 26 tonnes; le socle, d’une seule pièce, pèse 33 tonnes. Le grand pignon, en acier coulé, a 2 m. 13 de diamètre et des dents de 300 millimètres de long sur 100 de pas; l’excentrique de sa portée tourne dans un bain d’huile à circulation. L’arbre moteur est commandé par une poulie de 1 m. 67 x 810 millimètres de large, sans aucun dispositif de sûreté, en général inutiles. L’arbre de la
- (lï Engineering News, 4 juin, p. 597.
- (2) Bulletins de janvier 1897, p. 110 et novembre 1904, p. 896.
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- COMPTEUR DE PÉTROLE,
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- noix, de 760 millimètres au milieu, pèse 15 tonnes; la noix de 1 m. 65 au bas et de 2 m.[05 de haut, pèse 14 t. 5; elle peut exercer, au bas, une pression d’écrasement de 680 tonnes.
- La puissance nécessaire, qui est de 29 chevaux en marche à vide, varie de 56 à 153 chevaux en marche en charge, suivant la vitesse et la finesse du broyage.
- La suspension de l’arbre de la noix doit être particulièrement étudiée. Lafîg. 4 (l) donne le détail du type adopté par M. Capen, de la maison Allis et Cbalmers, à Milwaukee. L'arbre 1 repose, par l’écrou 5, sur une rondelle 4, à sphère d’appui sur le manchon 2 décrite du point A, centre du cercle d’appui de 1 sur 2., et 2 est évasé à partir de ce plan de manière à permettre le mouvement giratoire de l’arbre 1.
- COMPTEUR DE PÉTROLE CHAUVIN ET ARNOUX (2)
- Ce compteur a pour objet de permettre de vérifier sans fraude possible, à l’octroi, la dépense d’essence ou de pétrole d’une automobile entre un aller et un retour. L’excentrique m (fig. 5), commandée très lentement par le moteur, actionne un
- (1) Brevet américain 867 557 de 1907.
- (2) Brevet anglais 27 536 de 1907.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- JUILLET 1908.
- piston b, qui, sous le rappel du ressort k, refoule l’essence au carburateur par g, en môme temps qu’il en aspire, en a, du réservoir, par f; au retour, commandé par In, le cuir de ce piston laisse l’essence passer librement de a en a'.
- Le train de m commande un compteur o, qui donne le parcours de l’automobile
- ou le nombre de tours de son moteur, et la tige q commande, par le Dobo s, un indicateur u des courses de b ou de l’essence dépensée pendant le parcours indiqué par o, de sorte que les indications de o et de « se contrôlent et que la clôture de a empêche toute fraude.
- Cet ingénieux appareil a donné d’excellents résultats.
- MACHINES RANSOME A FAIRE LES TONNEAUX DE CIMENT (t)
- La machine représentée par la figure 6 reçoit les piles de douves dans un magasin A, d’où elles passent aux couteaux affranchisseurs à écartement réglable B et C, puis sous le tambour imprimeur D, à 9 barreaux de types pouvant chacun porter un mot différent. Cette machine peut marquer et araser, par minute, 90 douves de 100 millimètres de large.
- Après ces opérations, les douves sont amenées au sécheur par des chaînes que commandent les poulies F; Ce sécheur, chauffé par des copeaux et débris de bois, assure un séchage uniforme et peu coûteux.
- (1) Engineering, 26 juin, p. 845.
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- rm*
- 0 o ou O
- Fig. 6 et 7. — Marqueuse de douves et tonneleuse Ransome.
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- 1058 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- JUILLET 1908.
- Du séchoir, les douves peuvent passer directement à la tonneleuse fig. 7 et 8, où elles sont disposées en cercle sur un plateau de presse hydraulique B, dans la cloche trousseuse en deux parties A, puis poussées dans cette cloche, dans les gorges C de
- Fig. 8. — Tonneleuse Ransome.
- laquelle se trouvent les cercles de fer retenus par des électro-aimants D de manière qu’ils ne dépassent pas de ces gorges pendant l’enfoncement des douves. On peut ainsi trousser et cercler environ 30 barils de 200 kil. par heure.
- COMPTEUR D’EXPLOSIONS ET DE COMPRESSIONS G RA RAM (1).
- Le fond du cylindre de moteur à gaz est en communication, par L (fig. 9), avec un
- Fig. 9. — Compteur d’explosions et de compressions Graham.
- (1) Engineering, 26 juin, p. 861.
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- EMPLOI DL' PÉTROLE POUR LES CHAUDIÈRES MARINES. 1059
- raccord d’indicateur, et par 00, avec deux soupapes HH, actionnant, par les renvois MT deux compteurs C et E. Le ressort Q correspondant à G est chargé, par le chapeau R, de manière à céder aux compressions, que le compteur E enregistre, tandis que le ressort correspondant à E ne cède qu’aux explosions.
- Ce compteur est construit par Schaffer Budemberg à Manchester.
- EMPLOI DU PÉTROLE POUR LES CHAUDIÈRES MARINES (1)
- On sait l’intérêt que présente cette question de l’emploi du chauffage au pétrole pour les chaudières marines : cet intérêt est d’autant plus considérable pour nous, qu’actuellement, toutes les marines de guerre, pourvues, à l’exception de la nôtre, dans leurs nouveaux bâtiments, de chaudières à petits tubes, plus économiques, plus légères, et plus souples que celles à gros tubes, se préoccupent de ce chauffage au pétrole, déjà en marche sur nombre de torpilleurs. C’est à ce titre que nous reproduisons ici les renseignements donnés par Y Engineering du 19 juin dernier sur les essais de la Walsend Slipway and Engineering C° de Newcastle et de la Compagnie John Brown, de Sheffield.
- TABLEAU I
- Caractéristiques des chaudières cylindriques. Essais. Nos 1 à 5. Essais. N» 6.
- Diamètre . . 3m,85 3m,66
- Longueur. ..... 3m,35 3”,35
- Nombre des foyers.. 2 2
- — des tubes. . 262 148
- Diamètres extérieurs des tubes. 57 mm. 95 mm.
- Surface de chauffe totale. . . . 157m- 112“2
- — de grille. . . 3m2,71 4m2
- Pression. ...... TABLEAU II 8k,40 9k,8
- Numéros des essais. 1 2 3 4 5 6
- Type de brûleur. » Rusden et Eeles. à air expérimental Korting Korting Korting
- Tirage Naturel Naturel Naturel assisté par l’air du brûleur à une pression de 90mn Naturel Forcé Aspiré
- Pression du vent Température de l’air à l’entrée des >î » a s 00 V* 15mm
- foyers 7° 10° 65° aux brûleurs 5° 20° 132»
- Pression du pétrole aux foyers. . . » 0k,35 3k,9 4k,2 9k,8 7k,4
- Température du pétrole aux brûleurs. » 12° 99“ 100» 43° 72°
- Combustible Bon charbon Mickley Pétrole brut de Bornéo Pétrole brut de Bornéo. Texas Texas Texas
- Pression de la vapeur 8k 8k 8k,4 . 8k 7k,4 9k,8
- Température de l’eau d’alimentation. 12° 21° 27° 10» 42» 66»
- Vaporisation par heure . 3 430k 3 490k 3 110k 3107k • 2 650k 495k
- Combustible — 442k 281k 248k 254k 554k 372k
- Vaporisation parkil. de combustible. 7,76 12,4 12,57 12,23 12,23 13,31
- Durée des essais (1) Engineering, 19 juin. 6 heures 3 h. 9 h. 3 h. 4 h. 6 h.
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- 1060 NOTES DE MÉCANIQUE. -------- JUILLET 1908.
- L’un des premiers brûleurs essayés à la Walsend est celui de Rusden et Eeles (fig. 10), à nappes alternées de pétrole et de vapeur, qui échauffait le pétrole avant sa sortie dans le foyer ; puis vinrent ceux (fig. 11) à diaphragme percé de trous obliques et (fig. 12) ceux avec admission tangentielle du pétrole, en 1894. Mais tous ces brûleurs dépensent une grande quantité de vapeur, qu’il faut remplacer, aux chaudières, par de l’eau distillée.
- En 1900, la Walsend essaya le brûleur fig. 13, marchant avec de l’air comprimé sans vapeur, et qui donna les résultats satisfaisants consignés aux tableaux ci-dessous. L’air comprimé était fourni par un ventilateur Roots, qui dépensait beaucoup de vapeur pour son moteur.
- En 1902, la Walsend essaya le brûleur Korting (fig. 14), qui donna d’excellents . résultats, même au vent forcé maximum à 100 mm. de pression, avec une fumivorité absolue. Ces brûleurs ont aussi donné de bons résultats aux essais de la Compagnie John Rrown, de Sheffield (colonne 2 et 6 des tableaux I et II).
- Dans ce système, le pétrole, chauffé à une température fonction de son débit et filtré, est (fig. 15) refoulé aux brûleurs au travers d’un second filtre. Au taux de 130 kil. de pétrole par brûleur et par heure, la température du pétrole doit être d’environ 100° et la pression d’injection au foyer, 4 kil. 2; au taux de 220 kil. par heure, la pression doit être de 10 kil. et la température du pétrole de 05°; la température tombe à 43°, avec la même pression et un débit de 276 kil. par heure. La pression augmente et la température décroît.
- Le pétrole est injecté sous la forme d’une nappe conique de pulvérisation qui s’enflamme à 150 ou 200 mm. du brûleur, et cette flamme circulaire chauffe, dans le cas d’un tube foyèr, uniformément toute la surface de ce tube, de sorte que la circulation se fait mieux qu’avec le chauffage au charbon, parce que le bas du foyer s’échauffe plus vite avec le pétrole ; la manœuvre du brûleur est très simple et se fait sans ouvrir les portes des foyers.
- Il est essentiel que le pétrole ne renferme pas d’eau qui en trouble la combustion et dont il faut le débarrasser par des réservoirs de décantation, où il faut, pour assurer cette séparation, le porter à une température de 83° au moins par des serpentins de vapeur. On emploie à bord deux de ces réservoirs, dont l’un fournit son pétrole déshydraté pendant que l’autre déshydrate son pétrole. L’emploi de ces réservoirs a permis de loger le pétrole dans le water ballast d’anciens navires non pourvus d’une installation spéciale sans être gêné par la présence inévitable d’un peu d’eau. On reconnaît ces réservoirs sur la figure 15, qui représente une installation type de brûleurs Korting pour chaudières tubulaires, avec trois pompes, l’une pour les brûleurs, l’autre pour les réservoirs de déshydratation, et la troisième de rechange pour l’une ou l'autre des deux précédentes.
- La figure 16 représente l’installation d’un brûleur Korting sur une chaudière à tubes - d’eau.
- TOUR A ROUES DE LOCOMOTIVES SELLERS (1)
- Ce tour est un excellent exemple de l’application des outils rapides au tournage des bandages; il se construit en 3 types, pour roues de lm,20 à 2m,20 de diamètre,
- (1) Railroad âge gazette, S juin American machinist, 20 juin et Brevet américain 881 709 de 1908.
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- TOURS A ROUES DE LOCOMOTIVES SELLERS. 1061
- Celui des figures 17 et 18 peut enlever, sur des roues de 2m,13 de diamètre, des coupes
- n
- Fig. 10. — Brûleur à pétrole Rusclen et Eeles.
- Fig. 14. — Brûleur Korting
- Fig. 11 et 12.
- Fier. 13.
- de 13 millimètres de pénétration sur 13 d’avance, avec une pression sur l’outil d’environ 25 tonnes, ce qui, avec une vitesse de coupe de 8 centimètres par seconde,
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ----. JUILLET 1908.
- correspond à une puissance de 27 chevaux à la pointe de l’outil. Diamètre des pla teaux 2m,30, écartement maximum 3m,20.
- Le tour est commandé par une dynamo Westinghouse de 27 chevaux à 500 tours, attaquant par des trains réducteurs l’arbre A, qui commande à des vitesses de
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- Fig. 16.
- Tour à bandages Setters, plan et élévation
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- JUILLET 1908.
- 0,375 à 1,5 tours par minute les deux plateaux, par deux trains aboutissant chacun à un pignon en prise avec un engrenage intérieur du plateau, presque dans le plan même de l’outil, dont l’effort n’occasionne ainsi presque aucune réaction sur les axes des plateaux. Les pointes sont réglées par les manettes X, à écrou et contre-écrou, et serrées par un cône fendu, qui en rattrape les usures, et le plateau de droite peut s’ajuster par rapport à celui de gauche, pour la prise des essieux à manivelles,
- El.
- Fig. 18. — Tour Sellers, vue par bout.
- to /£ 8 /o
- Fig. 19. — Tour Sellers, détail d’un toc.
- en désengrenant le pignon B par la manivelle C. Une petite dynamo, commandant la vis D par une friction E, permet d’avancer et de reculer la poupée de droite, puis de serrer sa pointe sur l’essieu en travail avec une pression limitée par l’adhérence de la friction élastique E.
- Pour éviter tout broutement, les roues sont entraînées, non par leurs rais, mais parleurs jantes, au moyen des tocs représentés par les figures 19 à 21, dus à M. S. Vold. Le levier 1 de chacune de ces pinces pivote autour de l’axe radial 32, dans un bloc 3, monté sur l’axe 5, normal à 32, pivoté dans les joues 12 du support 4, fixé dans les rainures du plateau, et 5 peut jouer dans 12 perpendiculairement à 32, de.manière
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- TOURS y\ ROUES DE LOCOMOTIVES SELLERS.
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- à faciliter l’auto-ajustement de 1 par le serrage du bandage B entre sa vis 8 et le couteau 10 du bloc 3. Une clavette 7 permet de serrer plus ou moins la tête 19 de 5 sur 12.
- Fig. 22. — Tour Sellers. Outils dégrossisseur du corps du bandage : dégrossisseur et finisseur
- du boudin et de la jante.
- Au desserrage, le bras l est maintenu dans les sens x et y par le cliquet 14 et le toc 16. Pour le serrer, on tourne le plateau jusqu’à ce qu’il soit dans une position telle que la pesanteur tende à l’amener de la position figure 19 à celle figure 21, où il s’arrête
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- JUILLET 1908.
- lorsqu’on lâche 14, par sa butée sur le toc 21 de 4, puis on serre 8. Lorsque le plateau tourne ensuite, en entraînant le bandage B, la résistance de ce bandage poussant le bras 1 dans le sens de la flèche figure 20, accentue son serrage proportionnellement à la pression de l’outil.
- Les deux chariots à revolver ont leurs avances commandées, comme d’habitude, par des rochets de courses variables, et chaque revolver peut porter cinq outils, ligure 22, dont le dégrossisseur traversant l’axe du revolver. La rotation du revolver
- Fig. 23. — Tçur Sellers, détail du revolver.
- est commandée par un levier enclanchant son axe en A; une fois le revolver tourné à l’orientation voulue, on l’enclanche par le cliquet indiqué à gauche de la figure 23, et on tourne le levier, déclanché de A, de manière que sa came conique B, folle sur l’axe, serre le revolver par sa pression sur le cône C. Le réglage des outils se fait automatiquement par des tocs micrométriques disposés sur les revolvers et leurs chariots.
- On peut tourner une paire de roues de 2 mètres à bandages, de 160 millimètres de large, en 38 minutes, y compris le montage et le retrait de l’essieu monté. La vitesse de coupe, qui varie de 60 à 75 millimètres par seconde, pourrait être portée à 120 millimètres, si l’on trouvait un acier capable d’en supporter la température (1). .
- (1) Voir Bulletin de janvier 1907 les tours à bandages de Niles et de Tangye.
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- OUVRAGES REÇUS A’ LA BIRLIOTHÈQUE
- EN JUILLET 1908
- Armengaud jeune. — Le problème de l’aviation et sa solution par l’aéroplane. In-8 (25 x 16,5) de vii-86 p., 25 fig. — Paris, Ch. Delagrave, 1908. 13 4 45
- Clavery (Édouard).— Le développement économique du Japon et la concurrence en Extrême-Orient. In-8 (25x16,5) de 30 p. (ex Bulletin de la Société Franco-Japonaise de Paris). 13 446
- Michel (Hugo). — Les inventions industrielles à, réaliser. L’éd. française. In-8 (25 x 16,5) de 42 p., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 47
- Bel (Jean-Marc). — Mission au Congo français. Gisements miniers du bassin du Niari et projet de chemin de fer de Brazzaville à l’Océan (ex Bulletin de la S. des études coloniales et maritimes), mars 1908; 16'p., I carte.
- Annexe : Projet de chemin de fer et mise en valeur des gisements miniers du Congo française, donné à l’Union coloniale française (ex Quinzaine coloniale, avril 1908, 28 p.).
- The national physical Laboratory. — Report for the year 1907. Pér. 62
- The national physical Laboratory. — Collected researches. Yol. III, iv, 1908. Pér. 62
- Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Inventaire général des richesses d’art de la France. Province. Monuments civils, tome VIII. 13448
- Dussol (Aimé). — Les grandes compagnies de navigation et les chantiers de constructions maritimes en Allemagne. In-8 (25 x 17), vm-229 p., 8 fîg., IX cartes. Paris, A. Pédone, 1908. 13 4 49
- International Catalogue of scientific lilerature. D. Chemistry. Fourth annual issue, sept. 1904-déc. 1905. Part I : Author catalogue. Part II : subject catalogue. Pér. 317
- Nadal (Joseph). — Locomotives à, vapeur, (in Encyclopédie scientifique du D1' Toulouse). 315 p., 71 fig. Y gr. Paris, Octave Doin, 1908. 13 450
- Rendu (Ambroise) et Cacheux (Emile). — Congrès international des habitations à bon marché de Londres, août 1907. In-5 (28 X 22,5) de 84 p. Orléans, Auguste Goût et Cie, 1908.
- 13.451
- Compte rendu des séances du 31e Congrès des Ingénieurs en chef des Associations de Propriétaires d’appareils à vapeur, tenu à Paris en 1907. Pér. 317
- Durvelle (J.-P.). — Nouveau guide du parfumeur, 2e éd. In-18 de 20 x 13. 439 p. Paris, II. Desforges, 1908, 13452
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- OUVRAGES REÇUS.
- Juillet i908.
- Kerstex (IL). — La construction en béton armé. Guide théorique et pratique. Traduit d’après la 3e édition allemande par P. Poinsignon. Deuxième partie : Application à la construction en élévation et en sous-sol. Paris, Gauthier-Villars, 1908. 13.453
- Conseil supérieur du travail. — 17e session. 1907. Compte rendu. Pér. 295
- Department of commerce and labor. — Bulletin of the bureau of labor, n° 73, n° 74.
- Pér. 35
- Smithsonian miscellaneous collections. — Vol. 4, n° 1780, partof vol. 41, n° 1791.
- Bouchart (Georges). — Introduction à, l’étude desmatières grasses. — (22 x 16,5) 111p. Paris, It.Dunod etE.Pinat, 1908. Bibliographie de l’examen des principes constitutifs,p. 89-109.
- 13.454
- Frois (Marcel). — Captage, évacuation et utilisation des poussières industrielles.
- (95 X 16,5), xxi-326 p., 160 Pig. Paris, Société d’éditions techniques, 1908. 13.455
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- LITTÉRATURE
- DES
- PERIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juin au 15 Juillet 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag.
- Ac.
- ACE
- ACP
- A1M.
- AM.
- AMa
- Ap.
- APC.
- Bam.
- BCC..
- BoJ.
- CN.
- Cs..
- CR.
- Dp. E. . E\. Eam. EE.. EU. Ef.. EM. Fi .
- Gc.. IC..
- le. . Im , It. .
- . Journal de l’Agriculture.
- . Annales de la Construction.
- . American Society of civil Engineers.
- . Annales de Chimie et de Physique.
- . American Institute of Mining Engineers.
- . Annales des Mines.
- . American Machinist.
- . Journal d’Agriculture pratique.
- . Annales des Ponts et Chaussées.
- . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- . Bureau of Standards (Washington).
- . Chemical News (London).
- . Journal of the Society of Chemical Industry (London).
- . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- . Engineering.
- . The Engineer.
- Engineering and Mining Journal.
- . Eclairage électrique.
- . L’Électricien.
- . Économiste français.
- . Engineering Magazine.
- Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- . Génie civil.
- . Ingénieurs civils de France (Bulletin).
- . Industrie électrique , Industrie minérale de St-Étienne. . Industrie textile.
- loB. . LE . . Ms.. .
- MC. .
- PC. . Pm. . RCp .
- MM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Ru.. .
- SA.. . ScF. . Sie. . .
- SiM. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . Va. . VD1. .
- ZaC. .
- 101. .
- Institution of Brewing (Journal).
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes.
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. desmachines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceeding.")
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Société chimique de France (Bull.).
- Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique etde législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- Zeitschrift für ange wandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und ArchiU kten-Vereins.
- Tome HO. — Juillet 1908.
- 10
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- 1070
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908. *
- AGRICULTURE
- Bananes. (Importation des). Ag. 27 juin, 813. Bétail. Assurance mutuelle en Haute-Marne. Ap. 18 Juin, 784.
- — Fièvre aphteuse. Influence des foins pressés sur sa propagation (Vassi-lière). SNA. Mai, 343.
- — Bétail cliarolais-nivernais. Ap. 9 Juillet, 48.
- Betteraves à sucre (Études sur la) (Soullard). Ag. 27 Juin, 807.
- — Culture intensive. Ap. 16 Juillet, 71. Beurre. Séparateur Swiftsure. E. 10 Juillet,
- 34.
- Céréales (Moisson des) (Bénard). Ap. 18 Juin, 776'.
- Chemins ruraux (Amélioration des petits). Ap. 16 Juillet, 88.
- Chevaux. Races demi-sang. Ap. 9 Juillet, 41. Engrais. Fumiers. Traitement. Ag. 11-18 Juillet, 47, 79.
- — — Expériences sur leur conservation.
- Ag. 20 Juin, 789.
- — Cyanamide de calcium par l’azote atmosphérique. Emploi en agriculture (Frank). CN. 19 Juin, 289.
- — Transformation dans le sol. Ap. 25 Juin, 805.
- Famille agricole dans l’Aude. Ag. 18 Juillet, 73.
- Fourrages verts (Plan d’approvisionnement en). Ag. 18 Juillet, 84.
- Fruits et graines oléagineuses. Régime douanier. SNA, Mai, 291.
- Groseillier (Maladie du) (Fron). SNA. Mai, 318. Labour à la houe en Biscaye. Ap. 23 Juin, 808. Laonnais (Agriculture dans le). Ag. 20 Juin, 779.
- Lait. Calcul des‘falsificatio.ns (Liverseege). Cs. 30 Juin, 604.
- Lande bretonne. Son recul. Ap. 9 Juillet, 39. Marais (Assainissement des) de l’Aiguillon. Ap. 25 Juin, 810.
- Moisson économique par les machines. Ag. 18 Juillet, 86.
- Moteurs agricoles au pétrole Saunderson. E. 10 Juillet, 35.
- Moto-batteuse Pilter. Ap. 25 Juin, 808. Remembrement du territoire (Grandeau). Ap. 16 Juillet, 69.
- Syndicats agricoles. Constitution et fonction*-
- nement. Projet de loi. Ag. 11 Juillet, 40.
- Tubercules et racines. Développement comparé (André). CR. 26 Juin, 1420.
- Orges (Hybrides d’) (Blaringhen). CR.. 15 Juin, 1293.
- Pissenlit (Le) (Wagner). SNA. Mai, 343. Pressoirs à serrage automatique. Ag. 4 Juillet, 15.
- Vente des produits agricoles (Méthode de) en Côte-d’Or (Martin et Martenot).Musée social, Juin.
- Vins. Acide malique en vinification. Fermentations malo-lactiques (Mestrerat). Pc. Juillet, 13.
- — Influence de la température de stérilisation du moût et de la fermentation sur le bouquet des vins (Rosenstiehl). CR. 29 Juin, 1407.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer indiens. E'. 19 Juin. 641.
- — français. Leur nationalisation. E1.3 Juil-
- let, 13.
- — angiais de 1850 à 1906. Rgc. Juillet, 36.
- — américains (Administration des). E'.
- 10 Juillet, 42.
- — belges en 1906. Statistique. Rgc. Juillet,
- 29.
- — du Hedjar. Rgc. Juillet, 42.
- — du monde en 1906 et 1907 (ici.), 45.
- — métropolitains. Paris. Ligne circulaire
- N° 2 Sud. Ac. Juin, 81.
- — Berlin. VDI. 4 et 11 Juillet, 1091, 1119.
- •— électriques sur le continent. E. 17 Juillet
- 8).
- — — Lancaster-Morecamb. Rg. 19 Juin,
- 636.
- — — suburbain de Melbourne. BCC.
- Juillet, 847.
- — — monophasés en Amérique. Ru.
- Mai, 204.
- — — leur développement (Eicliberg). Re.
- 15 Juillet, 26.
- Éclairage électrique des trains de la G. Z. L.E. 26 Juin, 846.
- Frein à vicie et jeux (Luard). E. 17 Juillet, 84. Funiculaire électrique de Pau. Ge. Juillet, 177. Gares de marchandises nouvelles à Glasgow E'. 26 Juin, 659.
- — de triage de Wath. Rgc. Juillet, 55.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -—
- Locomotives articulée Mallet pour le Central brésilien. E. 19 Juin, 814.
- — américaines pour l’exportation. E'. 26
- Juin, 670.
- .— Atlantic de l’État prussien. Rgc. Juillet, 61.
- — de banlieue de l’Ouest. Rgc. Juillet, 57 ;
- Ri. 11 Juillet, 275.
- — Pacific de l’Ouest. E!. Juillet, 55.
- — Tender du delta égyptien. E. 10 Juillet,
- 38.
- — Nettoyeur de tubes Alexander. Rgc.
- Juillet, 62.
- — Chauffage au pétrole Neely. BCC.
- Juillet, 863.
- Rails. Appareil profiteur. Ri. 4 Juillet, 262.
- — (Corrugations des) (Wilson).E. 17 Juillet,
- 90.
- — Glissement longitudinal des rails. Résis-
- tance opposée par les éclisses renforcées et les coussinets à coins d’acier, des chemins de fer de l’État. Rgc. Juillet, 8.
- Signaux. Avertisseur à détonation Cousin. La Nature, 20 Juin, 33.
- — Appareils de sûreté aux chemins de fer
- de Java (Dufour). BCC. Juillet, 829. Voie Rambacher. Gc. 27 Juin, 150.
- — Voies principales nouvelles de la com-
- pagnie P.-L.-M. aux environs de Paris (Morard). Rgc. Juillet, 3.
- — Aiguilles Jenkins. E'. 17 Juillet, 84.
- — Déraillement aux croisements de tra-
- versées.- BCC. Juillet, 881.
- — Fourrures pour éclisses usées (Edels-
- tein). BCC. Juillet, 840.
- Wagons à primeurs nouveaux et wagons à marchandises de 20 tonnesduP.-L.-M. Rgc. Juillet, 15.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Avenir militaire. Va. 20 Juin, 385.
- — Automobilisme et la législation. Ef. Il
- Juillet, 47.
- — Concours d’Écosse.E. 26 Juin, 856; des
- véhicules industriels. Technique automobile. 15 Juillet, 111.
- — Grand prix de 1908. Va. 11 Juillet, 441.
- — électriques. Voiture Silvertown. Elé. 20
- Juin, 397.
- JUILLET 1908. 1071
- Automobile (Progrès des) (Muller). Re. 15 Juillet, 28.
- — à pétrole 9 chevaux Brouhot à courroies.
- Va. 20 Juin, 389.
- — — Échelle d’incendies Merryweather.
- E1. 3 Juillet, 21.
- — — Échappement libre facultatif Eude-
- lin. Va. 27 Juin, 411.
- — — Jaugeage des réservoirs cylin-
- driques (Ravignaux). Technique automobile. 15 Juillet, 97.
- — — Carburation et carburateurs (Lau-
- zet). (id)., 105.
- — Roue élastique Trannoy. Pm. Juin, 87.
- — Garage du marché Saint-Honoré. Gc.
- 20 Juin, 121.
- — Locomotive routière Marshall. E. 3
- Juillet, 19. Robey. E'. 17 Juillet, 60.
- — Motocyclettes (Koch). Bp. 20, 27 Juin. 393, 404; 4, 11 Juillet, 421, 440. Tramways électriques de banlieue. Londres. E1. 17 Juillet, 68.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides phosphoriques : hydrates des (Giron). C. B. 15 Juin, 1270.
- - iodiques et bromiques (Phénomènes d’oxydation produits par les) (Bau-bigny). ScF, 5 Juillet, 767.
- Acoustique. Enregistrement photographique des vibrations sonores (Laudet). CR. 22 Juin, 1311.
- Alcools, Décomposition sous l’influence catalytique de la braise (Lemoine). CR. 29 Juin, 1360.
- — dénaturé. Règlement aux États-Unis.
- Cs. 15 Juillet, 703.
- — Alcools primaires. Action des oxydes
- métalliques (Sabatier et Mailhé). CR. 6 Juillet, 16.
- — Aldéhyflcation de l’alcool, rôle des le-
- vures (Trillat et Sauton) (id). 77.
- Air liquide. Fabrication et application (Claude).
- Revue scientifique, 20 Juin, 775. Azote atmosphérique. Extraction. Usine de Notoden (Grandeau). Ap. 18 Juin, 773.
- — Son utilisation pour le cyanamide de
- calcium (Frank). CN. 19,26 Juin, 289, 303. . -
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- 1072
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908.
- Azote desrésidus de distillerie. Son utilisation (Effront). Ms. Juillet, 429.
- Azotate d'argent. Synthèse et détermination du poids atomique du soufre (Hein-richs). Ms. Juillet, 454.
- Brasserie. Analyse de la bière. Application du réfractomètre de Pulfrich au dosage de l’alcool. Distinction des bières de tout malt et de leurs substituées (Race). Cs. 15 Juin, 544, 547.
- — Le Stout, bière anglaise. IoD. Juin, 454.
- — Fermentation par les levures. Estimations (Slator). Cs. 15 Juillet, 653.
- — Le Malt (Étude (sur) (Bernier Pankrath) (id), 700.
- — Substances colorantes des malts (Mathews et Lott). IoB. Juin, 298.
- — Divers. Cs. 15, 30 Juin, 584, 636. 15 Juillet, 700.
- Celhdose. Développement récent de sa chimie (Walker). Ms. Juillet, 461.
- — Acétate et tétra-acétate de (Ost) (ld.), 465, 471.
- Calculs de physique et de chimie (Réforme des) (Haussen). CN. 26 Juin, 301.
- Catalyse. Actions catalytiques du chlorure d’aluminium (Bœdtker). ScF. 20 Juin, 726.
- Camphres. (Chimie des) (Rochussen). ZaC. 10 Juillet, 1501.
- — Acides camphrolique et isocamphro-lique; transformation directe du bornéol (en) (Guerbet). CR. 6 Juillet, 70.
- Céramique. Divers. Cs. 15 Juin, 562, 15 Juillet, 686.
- — Fabrication des briques (Wuillol). Ru. Mai, 198.
- — Fusibilité des mélanges de silice alumine et chaux (Riek). BdM. Juillet, 480.
- — Émaux sanitaires pour vases en fer. Cs.
- 15 Juin, 565.
- — Vernis de terres cuites (Parmelse). Cs.
- 15 Juin, 567.
- — Briques émaillées. Essais (Cobb). RdM.
- Juillet, 475.
- Chaleurs de combustion et de formation des composés organiques, composés azoï-ques (Lemoult). ACP. Juillet, 289.
- Chaleurs d’échauffemcnt de la barytine, de la
- Withérite et de la chaux fondue (Latschenko). CR. 6 Juillet, 59. Chaux et Ciments. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 566, 629, 15 Juillet, 686.
- — Usine d’Ethlingborough. PI. 18 Juillet, 39.
- — Four tournant Morgan. E. 3 Juillet,
- 22.
- — Préparation et étude-des poudres plus fines que les tamis dans les produits hydrauliques. RdM. Juillet, 533. Chimie organique. Progrès en 1907 (Wedeking et Weisswange). ZaC. Juillet, 1491. Chloroiridrates et chloroidrites alcalins (Delé-pine). CR. 15 Juin, 1267. (Veres) (Ici.), 29 Juin, 1392.
- Chlorure d’arsenic ammoniacal (Besson et Rosset). CR. 15 Juin, 1266.
- Chrome. (Oxydes magnétiques du) (Suckoff). CR. 29 Juin, 1396.
- Crème de tartre. Présence du plomb (Tatlock et Thomson). Cs. 15 Juin, 590. Cristallisation explosive (Weston). CN. il Juillet, 27.
- — Orientation des cristaux par le champ magnétique (Coton et Mouton). CR. G Juillet, 51.
- Cyanogène. Tautométrie de ses dérivés (Guille-mard). AcP. Juillet, 311.
- Éclairage. Gaz Blau (Hallock). Cs. 15 Juin, 550.
- — Principales sources de lumière au point de vue de l’hygiène de l’œil (Broca et Laporte). Sie. Juin, 277.'
- — Lampe à pétrole à incandescence Lux. Paris. Ri. 11 Juillet, 273.
- Égouts. Installation de Twickenham. E1. 19 Juin, 630.
- Éléments (Énergie potentielle des) (Rankin). CN. 26 Juin, 302.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15-30 Juin, 589, 640, 15 Juillet, 708.
- Éthers benzolacétiques. Préparation (Wahl). CR. 6 Juillet, 72.
- Explosifs. Poudres sans fumée. E. 10 Juillet, 44.
- — Explosions dans les usines d’explosifs
- (Gutmann). Cs. 25 Juillet, 669.
- — Transport aux États-Unis (id.), 712.
- Fer. Action de l’eau et des dissolutions
- aqueuses (Heyn et Bauer). Cs. 15 Juin, 569.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- JUILLET 1908.
- 1073
- Fer. Préservation (Weigelin). Sue. 15 Juillet,
- 1022.
- — Propriétés chimiques et magnétiques
- des sels (de) (Pascal). CR. 6 Juillet, 56.
- Filtration. Son mécanisme (Hatschek). Cs. 15 Juin, 538.
- — Vitesse de l’eau dans les matières fil-
- trantes (Clifford). Cs. 15 Juillet, 658. Fractionnement sous pression réduite (Dispositif pour) (Steinkopf). Scf. 5 Juillet, 763.
- Fours à griller les sulfures (Pipereaut). RCp. 28 Juin, 233.
- Gaz de la houille. Élimination de l’oxyde de carbone (Vignon). Scf. 5 Juillet, 793. Gélatine. Phénomènes de précipitation et d’insolubilisation (Lumière et Segewelz). ScF. 20 Juin, 743.
- Gluten. Modification de ses propriétés en présence de l’acide sulfureux (Degast). CR. 15 Juin, 1287.
- Graisses. Hydrates des acides gras (Tsakolatos).
- CR. 15 Juin, 1272. j
- Hélium et radio-activité dans les minerais rares et communs (Winson et O’Dell). R SL. 20 Juin, 548.
- lodure d'argent. Solubilité dans l’ammoniaque (Baubigny). CR. 15 Juin, 1263. Scf. 5 Juillet, 772.
- Jus et extraits alcooliques do fruits destinés à la fabrication des confitures, sirops, liqueurs (Chauvin Joulin et Canu). Ms. Juillet, 449.
- Laboratoire. Analyses des gaz industriels.
- Appareil Ilahn. Gc. 20 Juin, 130.
- — — Aulolysateur Keatie et Burrows. Cs.
- 30 Juin, 608.
- — — qualitative des. éléments communs
- (Noxes Bray et Spear). Groupes Al et Fe. Béryl, Uranium, Vanadium, Titane, Zirconium, Thallium. CA. 3,10, 17 Juillet, 6,’16, 32.
- — — des huiles de térébenthine (Richard-
- son et Bowen). CR. 30 Juin, 613.
- — — de l’alumine (Bollenbach). Sprech-
- saal. 18, 25 Juin, 340, 351.
- — Dosage de l’azote (Richmond). Cs. 15 Juin, 595. ,
- gravimétrique du tellure ( Lenher et Homberger). CA7. 19 Juin, 293. de la benzine dans le gaz d’éclai-
- rage (Dennis et Mac Carthy). CN. 19 Juin, 293.
- Dosage du plomb dans les alliages (Elborn et Warren). ON. 3 Juillet, 1.
- — — des phénols, procédé Messinger et
- Vortman. Séparation de l’acide salicylique (Bougault). CR. 29 Juin, 1403.
- — — du fer et du vanadium en présence
- l’uïi de l’autre (Edgar). American journal of Science. Juillet, 70.
- — — du fer et du chrome par le chlo-
- rure de titane (Jatar). Cs. 15 Juillet, 672.
- — — du chrome comme chromate d’ar-
- gent (Gooch et Weed) (Id.), 85.
- — — du cœrium en présence des autres
- terres rares, par le ferrocyanure de potassium (Palmer) [Id.)t 83.
- — — du soufre dans les fers et aciers
- (Orthey), ZaC. 26 Juin, 1393.
- — — du cobalt et du nickel, indépen-
- damment l’un de l’autre, dans une solution (Pozzi Escot). ScF.
- 5 Juillet, 776.
- — — Molybdate d’ammonium comme
- réactif du nickel (Pozzi Escot). ScF. 5 Juillet, 775.
- Lithium. Fabrication de la lithine, en parlant de la lépidolite (Schreffelin et Cap-pon). Cs. 15 Juin, 549.
- Mouvements browniens. Influence des milieux (V. Henri). CR. 6 Juillet, 62. Nitrocelluloses diverses américaines. Courbes de décomposition (Wilcox). ZaC. 26 Juin, 1407.
- Nitrification intensive (Muntz et Lainé). Ms. Juillet, 435.
- Optique. Dispersion apparente de la lumière dans l’espace interstellaire (Lebedew). CR. 15 Juin, 1254.
- — Photomètre pour lumières colorées Grudnochowsky. le. 10 Juillet, 297.
- — Raies ultimes des métalloïdes : tellure, phosphore, arsenic, antimoine, carbone, silicium, bore (de Gramont). CR. 15 Juin, 1260.
- — Photomètre à intégration. J.-F. Gasb. 4 Juillet, 600.
- Oxygène. Fabrication industrielle. E’. 26 Juin, 663.
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-
-
- 1074
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908.
- Oxulate double de potassium et d’ammonium (Barbier). ScF. 20 Juin, 725.
- Papier. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 587, 639. 15 Juillet, 707.
- — résinifiés. Action de la chaleur humide
- (Klemm). Cs. 15 Juin, 588.
- Phosphore (Oxybromure de) (Berger). ScF. 20 juin, 721.
- Photographie (Chimie de la). E. 10 Juillet, 46.
- — des couleurs (Jaubei’t). Rcp. Juillet, 265. — Franges d’interférence (des) (Rothé).
- CR. 6 Juillet, 43.
- Potasse. Extraction des roches feldspathiques (Cusham et Hubbard). Cs. 15 Juin, 560.
- Poids moléculaires des acides phospho-riques déterminés par la cryoscopie (Pélabon). CR. 29 Juin, 1397.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 578, 633. 15 Juillet, 694.
- — Gommes. Propriétés et emplois. Cs. 15 Juin, 583.
- Savons. Conceptions modernes de leurs constitutions (Lewkowitsh). Ms. Juillet, 484. Sucrerie. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 581, 634. 15 Juillet, 696.
- — Détermination volumétrique du réducteur (Ling et Jones). Cs. 15 Juin, 581, 582.
- — Progrès en 1907. Dp. 27 Juin, 408. 4 Juillet, 425.
- — coopérative de Morigny. Ap. 2. Juillet,
- 10.
- — Station d’essais pour l’industrie sucrière à Java (Kobns). ZaC. 26 Juin, 1399. Sulfate de baryum colloïdal (Recoura). CR. 15 Juin, 1274.
- Tannerie. Divers. Cs. 15 Juin, 580. 15 Juillet, 696.
- Teinture. Divers. Cs. 15, 30 Juin, 558, 621. 15 Juillet, 679, 683.
- — Brevets divers. Ms. Juillet, 89. Mc.
- 1er Juillet, 204, 221.
- — Conversion par impression de phényl-
- hydrazine sur des dérivés diazotés de-la paramidobenzaldéhyde copulés avec des acides naphtosulfonides (Brandt). ScM. Mars, 104.
- — Dégommage simultané de 18 mordants
- métalliques (Sheurer et Silbermann).
- (Id.). 108.
- —• Mordants doubles obtenus par la super-
- position deux à deux de 18 mordants métalliques (Id.), 119. Teinture. Laine. Affaiblissement des fibres par la teinture (Kapff).MC. 1er Juillet, 217.
- — Réactions colloïdales et mécanisme du mordançage (Larguier de Bancels). MC. 1er Juillet, 193.
- — Rouge -thionoindigo (Rosenberg). MC. 1er Juillet, 217.
- — Réserves blanches et coloriées sous couleurs au soufre (Schwartz). (Id.). 201. - — Absorption du bleu de méthylène et du ponceau cristallisé par diverses laines (Pellet-Jolivet et Andersen). MC. 1er Juillet, 201.
- — Affaiblissement du coton pendant le flambage causé par la présence de sels de magnésium dans l’apprêt du tissage. BIC. 1er Juillet, 203.
- — Teinture à sec, procédé Larrell et May. MC. 1er Juillet, 208.
- — Qninonoïdes (Les) (Wilstrater et Pic-card). Cs. 30 Juin, 621.
- — Séchage. Effet sur l’affinité du coton ordinaire et mercerisé pour les matières colorantes (Knecht). BIC. 1er Juillet.
- — Coton mercerisé. Sa détermination (Knecht, Knages). MC. Ier Juillet, 214. Titane. Iodure TiP (Defagz et Copaux). CR. 6 Juillet, 65.
- Tungstène. Séparation de la silice et de l’anhydride tungstique (Defacqz). CR. 22 Juin, 1319.
- Tellure (Homogénéité du) (Lehner). CN. 17 Juillet, 27.
- — (Action des chlorures sur le) (Lenher).
- CN. 3 Juillet, 4.
- Tellurures d’arsenic et de bismuth. Constante cryoscopique du tellure (Pélabon). CR. 29 Juin, 1397.
- — Tellure et sélénium. Action sur l’arsine
- et la stibine (Jones). CN. 10 Juillet, 13. Tétrachlorure de carbone. Fabrication et applications (Lemaire). Revue Scientifique. 4 Juillet, 16.
- Usines modernes de produits chimiques (Gut-mann). Cs. 15 Juillet, 667.
- Vanadium. Réduction'de l’acide par le zinc et le magnésium (Gfûch èt Edgar). CN.
- 3 Juillet, 2.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908.
- 1075
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Abattoirs et commerce des viandes. Ef. 11 Juillet, 49.
- Accidents (Congrès international des) à Francfort. E. 19 Juin, 824.
- Apprentis (Éducation des). E'. 10 Avril, 35^ Assurance ouvrière en Hongrie. Ef. 19 Juin, 920.
- — patronale contre la grève. Ef. 27 Juin,
- 935.
- Commerce et émissions publiques des principaux pays en 1907. SL. Mai, 594, 397. Cuirs (Industrie des). Ef. 4 Juillet, 6. Enseignement professionnel (L’). Ef. 20 Juin, 913.
- — économique et social dans les écoles
- techniques (Belom). Gc. 4-11 Juillet, 170, 180.
- États-Unis (Éducation de la jeune fille aux) (Madelin). Rso. 1er Juillet, 85.
- — Nouvelle loi sur la circulation fidu-
- ciaire. Ef. 4 Juillet, 7.
- — Élection présidentielle. Ef. il Juillet, 45. Fer-blanc. Production et emplois. Ef. 27 Juin,
- 961.
- France. Budget de 1909 et situation financière générale. Ef. 20 Juin, 913. Dettes au 1er janvier 1907. SL. Juin, 629, 630, 631. Découverts du Trésor. Revenus de l’État. Commerce extérieur. Indices économiques. Caisses d’épargne en 1906. (Id.). 634-646.
- — Dépopulation. Ef. 20-27 Juin, 917, 923,
- 957, 963 ; Rso. 1er Juillet, 5, 39, 62.
- — Rachat de l’Ouest. Ef. 20 Juin, 925 ;
- 4-11 Juillet, 1,51.
- — Tarifs postaux pour journaux et pério-
- diques. Loi du 28 avril 1908. SL. Mai, 501.
- — Droit sur lès boissons. SL. Mai, 580.
- — Retraites ouvrières. Ef. 27 Juin, 950; 4-11 Juillet, 12, 41.
- — Morcellement de la propriété (Gran-
- deau). Ap. 2 Juillet, 9.
- — Colonies françaises. Commerce en 1906.
- SL. Juin, 667. Régence de Tunis. (Id.) 659.
- — Consommation de l’alcool et natalité
- en Bretagne (Choleau). Rso. lev Juillet, 99.
- France. Fonctionnaires (Statistique des). Ef. 4-11 Juillet, 4, 43.
- Inde. Provinces d’Angra et d’Oudh (J.-D. La .Touche). SA. 19 Juin, 757.Commerce extérieur en 1907. SL. Juin, 707. Italie. Commerce extérieur en 1907. SL. Mai, 619.
- — Industrie minérale en 1906. AM. Fév.,
- 211.
- Japon. Budget. Commerce extérieur en 1907. Ef. 27 Juin, 959.
- Logements ouvriers avec ateliers annexes de la Société philanthropique (de Bois-sières). Rso. 1er Juillet, 69.
- Or. Production de 1882 à 1907. SL. Mai, 600. Population (Problème de la) en Belgique — et le divorce. — Influence du travail à domicile sur l’affaiblissement de la race, et les lois successorales. Rso. Ier Juillet, 39, 62.
- Retraites ouvrières. Systèmes anglais, belge et nouveau français. Ef. 27 Juin, 953. Russie. Monopole des spiritueux. Commerce extérieur. Recettes des chemins de fer. SL. Juin, 699-745.
- Sucres (Régime des). Convention de Bruxelles des 28 août et 19 décembre 1907. SL. Mai, 507.
- Union postale universelle en 1906. SL. Mai, 592.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Arcs à tirant rigide (Birault). Gc. 20 Juin, 127. Campanile de Saint-Marc. Reconstruction. Gc. 4 Juillet, 161.
- Chauffage et ventilation. Chauffage et ventilation à la vapeur d’un temple aux États-Unis. Ri. 20 Juin, 248.
- — Chauffage d’une piscine à Pittshurg.
- Ri. 20 Juin, 249.
- — d’une salle de tribunal. Ri. 4 Juillet,
- 269.
- — Chauffage à basse pression. Ri. 4 Juil-
- let, 268.
- — Soupape Marsh pour purger d’air les
- conduites d’eau, (id;). 269.
- Ciment armé (Colonnes en) dans les constructions navales. Le Ciment, Juin, 81. Égout pour maison d’habitation. Ri. 27 Juin, 255.
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- 1076
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Excavateurs à vapeur anglais et américains.Dp. 20 Juin, 387. Wilson,E. 1er Juillet; 14.
- Pieux en béton Raymond. Gc. 27 Juin, 147.
- Pont de Liedena en ciment armé. Gc. 4 Juillet, 169.
- Poutres continues. Détermination des moments fléchissants aux appuis (Smith). E. 26 Juin, 830.
- — (Flexion des). E. 26 Juin, 863.
- Rehaussement et déplacement du bâtiment des recettes de - la gare d’Anvers-Dam (Morglia). Re. 15 Juillet, 28.
- Route moderne (La). Vinsonneau. Ri. 20 Juin, 24b.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs et leurs électrolytes (Vi-cary). Re. 30 Juin, 472. Acier, fer, nickel (Foerster). Re. Juillet, 16.
- — Blanchon, Peretmere et Roger. Re. 30 Juin, 473.
- Bobines en aluminium Singer. le. Juillet, 298.
- Commutatrices nouvelles (Stone). Re. 15 Juillet, 15.
- Câbles à haute tension (Davis). Re. 30 Juin, 474.
- Conjoncteur disjoncteur pour batteries d’accumulateurs. Bonne. Re. 30 Juin, 477.
- Distributions. Tarification de l’énergie électrique. le. 10 Juin, 278; Re. 30 Juin, 475.
- — Emploi du courant du jour. Rapport du syndicat professionnel. Re. 15 Juillet, 21.
- — Protection des circuits à haute tension. Élé. 27 Juin, 401.
- — Transmission des chutes du 'Rhône à Paris. le. 10 Juillet, 302.
- Dynamos. Commutation, compensation et pôles auxiliaires (Menger). Re. 30 Juin, 458. ‘ •
- __ Iglésis à intensité constante sous vitesses variables. Re. 15 Juillet, 12.
- — Réglage de la tension des générateurs à courants alternatifs (Seidner). Re. 30 Juin, 461.
- __ sans collecteurs Limb. CR. 6 Juillet, 48. '
- i — Alternateurs. Régulateur Thury. Elé. 20 Juin, 393.
- • _ Groupe égalisateur à puissance constante d’Oerlikon. Re. 4 Juillet, 2.
- — Profil des masses polaires. le. 10 Juin. 282. •
- --- JUILLET 1908.
- Dynamos. Régulateur Tirill (Swaeger). Re. 30 Juin, 463.
- Éclairage dans les églises. Elé. 20 Juin, 385. Arc alternatif. Stabilité en fonction du poids atomique des métaux électrodes (Guye et Bron). CR. 6 Juillet, 49.
- — Incandescence. Fabrication des filaments métalliques, le. 10 Juin, 274. Effet sur la vente du courant. le. Juillet, 299.
- — — Lampes à filaments de tungstène.
- Elé. 4 Juillet, 11.
- — — Lampe u viol. (Hahn). ZaC. 3 Juil-
- let, 1441.
- — Combinaison du wattmètre et du photomètre donnant directement la consommation spécifique (Paulus). Re. 15 Juillet, 30.
- Électrisation cle contact et phénomènes de Boso (Guillaume et Perrin). CR. 6 Juillet, 53, 55.
- Électro-chimie. Divers. Cs. 15-30 Juin, 575, 630.
- — Galvanisation à basse température. Cowper Coles. 'Nature, 18 Juin, 159. Hystérésis (Perte d’) dans les alliages de fer sous très faibles forces magnétiques (Winson et O’ Dell). RSL. 20 Juin, 548.
- Pile au bichromate Menden. Rc. 30 Juin, 471.
- — au cadmium. Influence de la tempéra-
- ture sur leur force électro-motrice (Jouaust). CR. 6 Juillet, 42.
- Poteaux de lignes aériennes en cas de rupture des fils (Kaller). LE. Il Juillet, 46. Redresseurs de courants à vapeur de mercure (Polak et Hahn). Rc. 30 Juin, 465. Mesures. Rhéographe Abraham-Carpentier pour la projection des courbes des courants alternatifs. CR. 29 Juin, 1371-1373.
- — Mesure méthodique du potentiel des
- électrodes (Kestrakowski). Re. 15 Juillet, 32.
- — de courants alternatifs faibles (Pillier).
- le. 10 Juillet, 295.
- — Mesures électro-capillaires par la mé-
- thode des larges gouttes (Gouy). CR. 29 Juin, 1374.
- Mesures. Répétiteur autobalistique Guillet. CR. 6 Juillet, 45.
- Résistivité des métaux aux très basses températures (Nicolai). Re. 15 Juillet, 33.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908.
- 1077
- Stations centrales. Marche des petites stations (Robins). Power. 9 Juin, 916.
- — — de Bernan, Suisse. Rc. 20 Juin. 244.
- — — de Berlin, de 1902 à 1908 (Datterer).
- VD1, 11 Juillet, 1101.
- — du canal de la vallée du Rhin. LE. il
- Juillet, 27.
- — Contrôle de la chauffe (Izart). Elé. 11
- Juillet, 27.
- Télégraphie. Duplex réalisable par des appareils télégraphiques ordinaires le. 10 Juin, 281.
- — Relais Rochefort. Elé. 11 Juillet, 24.
- — Détecteurs sensibles d’ondes électriques basés sur les phénomènes chimico-électriques (Tissot). RC. 6 Juillet, 37. — Application des courants oscillatoires harmoniques aux télégraphes imprimeurs. Télégraphie multiple Merca-dier. LE. 11 Juillet, 35.
- Téléphonie privée (Installation de) (Montpellier). Élé. li Juillet, 17.
- HYDRAULIQUE
- Conduites de petit diamètre (Calcul des) (Daries). RM. Juin, 525.
- Filtres en grès Lentz. Gc. 27 Juin, 249. Intégrateur Jacob. CR. (S Juillet, 33.
- Pluies et régime des cours d’eau (Garrigou Lagrange). CR. 22 Juin, 1353. Pompes Hathorn Davey à Zwartlcopfer Essan. E. 10 Juillet, 37.
- — Diverses. Dp. 3, 21 Juillet, 419, 443.
- — centrifuges Hathom, Davey, Alvord,
- Clifford, Degen de Laval, Escher,Wiss, Crelpke etKugel, Gwynne etSergeaut, Jaegger, Klein, Lang, Neumann, Reis, Rossiter, Rateau, Sulzer, Schwartz. Roff, Webber, Weiss et Mouske. RM. Juin. 601-622.
- — Emulseurs (id.). 623. Noria Caruelle et Chene (id.). 625.
- — Béliers (Ringelmann). Ap. 9-16 Juillet, 44, 73.
- Roues tangentielles : réglage (Loewy). Dp. 20 Juin, 385.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux et rivières. Commission royale des E1. 26 Juin, 656.
- Canaux et rivières. Canal de Panama, progrès. E'. 5,10, 17, Juillet, 4, 27, 58.
- Canots à vapeur pour la marine argentine E. 10 Juillet, 42.
- Constructions navales. Nouveau type de coque Islienvood. E. 19 Juin, 830. Croiseur-pilote indien. E. 17 Juillet, 87.
- Dock Royal Edouard à Avorrmouth. E. 26 Juin, 857. 3 Juillet, 5. Ef, 5, 10 Juillet 7. 33. E1. 17 Juillet, 70.
- Halage électrique sur les canaux. Essais méthodiques. Elé. 27 Juin. 404.
- Machines marines à gaz. E. lftr Juillet, 15. Navigation fluviale en France, son réveil (Ran-gères), Gc. 20, 27 Juin, 124, 139. Navires de guerre. Croiseurs (problème des). E'. 26 Juin, 667.
- — anglais (progrès des). E. 18 Juillet, 325. — Durée des constructions en France. Gc.
- 27 Juin, 145.
- — Tourelles Armstrong, tuyauterie hydraulique. E. 3 Juillet.
- — américains. Rapport de l’Amirauté. E'.
- 10-17 Juillet, 49, 77.
- Paquebots. « Mauretania». Traversées récentes. E. 19 Juin, 820ç
- — en acier. Fatigues par gros temps et
- résistance à la rupture par échoue-ment (Hoyaux). Ru. Mai, 162.
- Port de Bristol. E1. 10 Avril, 41.
- Yacht à turbines « Alexandra». E. 19 Juin, 82.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Abaques. Calcul des (Sainturat). Technique automobile. 15 Juillet, 102. Aéronautique. Problème du vol. E. 19, 26 Juin, 812, 860. 10 Juillet, 49.
- — Planementdesoiseaux(Amans, Deprez). CR. 15, 22 Juin, 1296, 1299. Gc. il Juillet, 188.
- — Poids utile des aéroplanes (Sorreau). CR. 6 Juillet, 34.
- — Aviation et aéroplanes (Esnault-Pelte-rie). ScM. Mars, 81.
- Accouplement flexible Loxley. E'. 19 Juin, 646 ; — à friction B.A.M. VDI. 27 Juin, 1030-Air comprimé. JointsMékarski pour tuyaux. Pm. Juin, 96.
- Arbres. Calcul graphique (Barr). AMa. 27 Juin, 900.
- ! Changements de vitesse. Dieterich. E. 19 Juin.
- I 829.
- * Chaudières. Accidents. Revue périodique
- I (Walckenaer). AM. Fév., 113.
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-
-
-
- 1078
- LITTÉRATURE DÈS PÉRIODIQUES.
- Chaudières. Accumulateur thermique Halpin (Izart). RM. Juin, 558.
- — Alimentation. Régulateur automatique.
- E. 10 Juillet, 51.
- — Chauffage au pétrole. C. 19 Juin, 805. Poivcr. 16 Juin, 933.
- . — — au bois. Power. 16, 23, 30 Juin, 954. 980, 1015.
- — Clapet d’arrêt. Bello. E. 19 Juin, 829.
- Clapets équilibrés. Power. 9 Juin, 895.
- — Explosions de chaudières. Er. 26 Juin,
- 668.
- — Grille mécanique Dunn. Power. 9 Juin, 926, et à main. Essais comparatifs. E-10 Juillet, 58.
- — Production de la vapeur (Pritchard).
- Cs. 15 Juillet, 663.
- — Soupape directe Thornycroft. E. 26 Juin,
- 865.
- — Surchauffe (la) (Deny). Ram. Juillet, 401. Action sur la vapeur humide (Greith). Power. 7 Juillet, 13.
- Effets dynamiques diverg (Goupil). Bam. Juillet, 485.
- Frein hydraulique pour essais de turbines. Power. 30 Juin, 1025.
- Frottement des émulsions gazeuses (Biel). VDI. 27 Juin, 1035.
- Graisseurs. Acheson, Andersoni, Balley, Bel-liss et Morcom, Brady, Bryant, Ghris-tensen Grouvelle et Arquenbourg, Fraser et Chalmers, Hoghesand, Fried-mann Hertle, Elling, Laos, Rogers. Ross, Zowden, Maybach, Mille, Manuel, Mac-Cullough, Paxman, Peder-sen, Dubrulle, Taylor, Hessketh et Thomas, Shultz Smuldei’s, Steiger, Tilston, Yon Planke, Evans. RM. Juin, 564-600.
- — Graissage et viscosité (Mabery et Ma-
- thews). Cs. 15 Juillet, 678.
- Horlogerie. Pendule électrique. Ferry. Elé. 20 juin, 391.
- Levage. Transporteurs à trolly (Tourtelier). Pm. Juin, 82.
- — Bac à cabestans ( White) pour le déchar-
- gement des charbons. E. 26 Juin, 850.
- — Basculeur à charbons du port de Leith.
- Gc. 26 Juin, 137.
- — Gableway des mines de Sauta-Eulalia*
- Mexique. Eam. 11 Juillet, 33.
- — JUILLET 1998.
- Levage. Culbuteur de minerais ( Lamorelle). Bam. Juillet, 507.
- — Élévateur pour bananes.Gc. 4 Juillet,ili.
- — Grues . hydrauliques de l’Albert dock
- Hull. E1. 19 Juin, 649.
- — — électriques sur toiture Appleby.
- Ri. 27 Juin, 253.
- — Grues électriques. Dp. 11 Juillet, 437. Levages par électro-aimants Kranos. EL 17 Juillet, 64.
- — Transport et manutentions dans les
- aciéries(Stauber).SwE. 15 Juillet,] 009. Machines-outils. Ateliers du Creusot. AMa. ZOJuin, 857. Lucas à Gleveland. AMa. 11 Juillet, 974. Brotherhood. E. 17 Juillet, 63. Harland et Wolff à Sou-thampton, E'. 17 Juillet, 61.
- — Ateliers de locomotives européens
- production et méthodes (King). EM. Juillet, 519.
- — Alésage des cylindres d’automobiles
- (Monnier). Technique automobile. 15 Juillet, 206.
- — Prix de revient. Administration (Emer-
- son Webner). EM. Juillet, 529, 591.
- — Équerre d’atelier.* AMa. 4 Juillet, 929.
- — Cisaille pour têtes d’entretoises. Pm.
- Juin, 86.
- — Fraiseuse pour cames de machines à
- vis Brophy. Ama. 27 Juin, 902.
- — — raboteuse double Bement-Miles.
- AMa. 29 Juillet, 979.
- — — horizontale verticale Ingersoll.
- AMa. 29 Juin, 918.
- — Marteaux à air comprimé et à vapeur.
- Prix de revient. E’. 17 Juillet, 72.
- — Meule universelle Leblond, Wilmarth,
- et Morman. AMa. 20 Juin, 888, 890.
- — — Évacuation des poussières. RdM.
- Juillet, 523.
- — —r affûteuse pour forets, Schlesin-
- ger. VDi. 27 Juin, 1021.
- — Montages divers. AMa. 4 Juillet, 933.
- — Perceuse pour châssis de locomotives
- Harrington. AMa. Juin, 886.
- — Pignons. Taille hélicoïdale (Groenne). AM a. 27 Juin, 897.
- — Poinçonnage des disques d’armatures.
- AMa. 4 Juillet, 946.
- — Presses Bliss. E’. 19 Juin, 632.
- — — à tubes Wagas. SuE. 1er Juillet, 949,
- — — pour découpage et matriçage à
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET. 1908.
- 1079
- l’Exposition franco-anglaise. E. 10 Juillet, 29.
- Machines-outils. Tours Chouanard. Rc. 20 Juin, 241.Colchester G°.E. 19 Juin, 810.
- — — Hulse. AMa. 27 Juin. 909. Vertical
- Stirck. E. Juillet, 72.
- — — Tournages à la main. AMa. 4 Juil-
- let, 938.
- A bois. Machine pour modeleur. E'. 19 Juin. 645.
- Moteurs à gaz. 800 chevaux Mather et Platt. E. 19 'Juin, 827.
- — Rendement des (Schrotter). VDi.20Juin,
- 997.
- — pour la marine. E. 3 Juillet, 15.
- — à gaz de hauts fourneaux et de fours à
- coke. RdM. Juillet, 510.
- — Allumage Lodge. Ri. 27 Juin, 254. A
- basse tension (Garnier). Technique automobile. 15 Juillet, 1909.
- — Gazogènes. Fonctionnement et analyses
- en marche (Strache). VDI. 27 Juin, 1040.
- — — Causes d’insuccès (Chistopher). Po-
- wer. 30 Juin, 1022.
- — — (Wendt). (Korting). RdM. Juillet,
- 486-491..
- — — Grossley à récupération d’ammo-
- niaque. RdM. Juillet, 489. à pétrole. Carburateur [Lauret. CR. 22 Juin, 1324.
- — à vapeur. Accidents. Revue périodique
- (Walckenaer). AM. Fév., 194.
- — Installations américaines (Goster). VDI.
- 20 Juin, 988.
- — Compound Lentz. E'. 10 Juillet, 44. Ha-niel et Lueg, essai. VDI. 11 Juillet, 1111.
- — Condensation aux cylindres. E', 19, 26
- Juin, 643, 646, 669, 672. 3, 10 Juillet, 18, 48.
- — Condenseurs (Fuites d’air aux) (Mac Bridge). E. 26 Juin, 825; (les) E1. 3 Juillet, 14.
- — — réfrigérants Balke à la station élec-
- trique d’Essen. Ru. Mai, 199.
- — Distribution Wrigtt. Poioer. 7 Juillet, 1
- — — par soupapes réversibles Robey.
- E'. 17 Juillet, 60.
- — Prix de la puissance (Webber). EM. Juillet, 562.
- — rotatif Austin. Poiver. 23 Juin, 1010.
- Moteurs à vapeur. Turbines (poids des) pour navires. E1. 19 Juin, 643.
- — — Westinghouse. Power. 16. Juin, 931.
- Zoelly. E. 3 Juillet, 1,
- — — et machines à pistons. le. 25 Juin,
- 269.
- — — Action de la centrifuge sur la
- vapeur dans les aubes (Foster). F/. Juillet,56.
- — Planimètre Weber Kern.BCC. Juillet,878. Résistance des matériaux. Essais au choc.
- E. 19 Juin, 803.
- — Essais au choc. Barreaux entaillés
- (Breuil). RM. Juin, 537.
- — Essaisdesalliages(Parker).E. Jm7IeG53.
- — Essais de matériaux de construction
- appareil Nivet. Le Ciment. Juin, 87.
- — — par pliages répétés (Schuchart).
- SuE. 1er Juillet, 915.
- — Efforts combinés (résistance aux). Loi
- de Guest. E. 10 Juillet, 27.
- Textiles. Comptabilité d’une filature de coton : prix de revient (de Prat). It. 15 Juillet, 243. Décoration des tissus d’habillement, id. 265.
- — Cardage de la laine. It. 15 Juillet, 259.
- — Anneau de rechange avec bague de
- retenue flexible pour métiers continus Martinot et Galland. It. 25 Juillet, 263.
- Tuyaux en fer et en acier. Ri. 27 Juin, 257.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Cuivre, zinc, nickel. Constitution des (Tafel). Métallurgie. 8 Juillet, 375.
- — électro -métallurgiques. Applications
- nouvelles; les métilures (Jouve). E. 3 Juillet,. 26. CN. 10 Juillet, 15.
- — Cuivre aluminium (Guillet). RdM. Juil-
- let, 413. (Carpenter et Edwards) (id.), 425.
- — Métal Muntz, traitement thermique
- (Bengougn et Hudson). Cs. Juillet, 654. Antimoine. Son industrie (Haward). Ms. Juillet, 485.
- Cuivre. Fonte au réverbère à Anaconda (Ot-ferhaus). Eam. 13,20 Juin, 1189, 1234.
- — Four à cuve de Cananea pour les pyrites.
- Gc. 27 Juin, 143.
- — Prix de production dans l’Arizona (Finlay). Eam. 11 Juillet, 37.
- Fer et acier. Changement des propriétés
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- 1080
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- JUILLET 1908.
- magnétiques aux points critiques de l’acier (Boylston). Electrochemical, Juillet, 273.
- Fer et Acier. Aciers au chrome et wolfram (Knove). SaE. 8 Juillet, 984.
- — Alliages fer et carbone (Charpy). ScF. 5 Juillet.
- — Fer-blanc. Fabrication (Clement). SuE. Ier Juillet, 937.
- — Four à coke Slieldon. RdM. Juillet, 483. — Bessemer basique. Procédé Dudelange (Flolir). SuE. 8 Juillet, 162.
- — Moules pour lingots d’acier (Water-house). E. 17 Juillet, 77.
- — Hauts fourneaux. Utilisation des laitiers (De Schwartz). E. 26 Juin, 369.
- •— — de Shenango à Sharpoville, Penn. RdM. Juillet, 529.
- — — Manutention électrique (Schie-
- beler). SuE. 4 Juillet, 977.
- — Fonderie. Nouveautés de. SuE. 17 Juin, 865.
- — — Moulage au trousseau. RdM. Juillet,
- 540.
- — — Fontes d’acier. Points durs et phé-
- nomènes de diffusion (Scott). Electrochemical. Juillet, 281.
- — — Fabrication mécanique des boîtes
- à noyaux. AMa. 11 Juillet, 982.
- — Soudure de l’acier au cuivre. E. 19 Juin,
- 823. Oxyacétylénique (Von Brussel). EM. Juillet, 545.
- — Électrosidérurgie et le ferro-silicium.
- E. 10 Juillet, 45, Production des fers fondus (Osann). SuE. 15 Juillet, 1017. Or. Cyanuration. Emploi de chaux grosses et fines (Sharwood). Cs. 15 Juillet, 687. Plomb. Traitement électrolytique de la galène (Kern et Auerbach). Ms. Juillet, 473. Zinc. Condensation des vapeurs de, et de mercure (Richards).Electrochemical. Juillet, 275.
- MINES
- Argent. Mines de Santa Eulalia. Mexique, Eam. 20, 27 Juin, 1229, 1283.
- — Raffinage de 1’, aux mines de cuivre de
- Raritan. Electrochemical. Juillet, 277. Baureite aux Etats-Unis. Cs. 30 Juin, 626. Boisage en acier pour galeries. Eam. 13 Juin, 1196.
- Chine. Production minérale en 1907. Eam. 27 Juin, 1296.
- Cuivre. District de Copper River, Alaska. Eam. 27 Juin, 1273.
- Cycles et récurrences en géologie (Lohest). Ru. Mai, 125.
- Baveuses Jeffrey. Eam. 11 Juillet, 24. Houillères. Exploitations anglaises. Eam. 13 Juin, 1203.
- — Emploi des couloirs oscillants pour le transport du charbon dans les tailles (Lestelle et Hyve). M. 1908, 3, 545.
- — Éclairage des houillères à l’étranger. Rapport de la commission de l’éclairage (G. Jarrige), district du Nord. {id.). 639.
- — Sauvetage. Extraits du dossier de la commission de. District du Nord (de Chambure). (id.). 389.
- — Exploitation des couches moyennes. Eam. 20 Juin, 1247.
- — Mine de Big Stone Gap, Kentucky. Eam. 27 Juin, 1287.
- — Remblayage hydraulique; ses avantages. Eam. 4 Juillet, 1. — Poussières, causes d’explosions (Payne). Eam. 11 Juillet, 9.
- — Exploitation d’une couche épaisse (Poole). Eam. 11 Juillet, 15.
- — Exploitation par dépilage (Nelms) (id.).
- 17 ; par longues tailles (Mayer) (id.). 19.
- — Emploi de l’électricité. Ses dangers
- (Hosler). Eam. Il Juillet, 29.
- Lampes de mines. Appareil d’essai Hailwood. E. 17 Juillet, 76.
- Or. État actuel au Rand. Eam. 20 Juin, 1239. Plomb argentifère. Coût et profits de l’extraction (Finlay). Eam. 27 Juin, 1279. Préparation mécanique. Tubes Macquisten. Eam. 11 Juillet, 23.
- Suède. Mines et développement industriel (Leigh). EM. Juillet, 497.
- Vetnilateurs de mines Capebb.E.17 Juillet,76.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- 107' ANNÉE.
- OCTOBRE 1908.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- NAVIGATION
- MISE AU POINT DE NOTRE OUTILLAGE MARITIME — PORTS ET CANAUX
- par M. G. Hersent, membre du Conseil.
- INTRODUCTION
- Il n’est pas exagéré d’employer le mot de révolution économicpie, pour caractériser le gigantesque mouvement de transformation commerciale et industrielle qui s’est accompli dans le monde entier depuis cinquante ans.
- Et cependant, pour qui cherche à voir clair dans l’avenir aussi bien que dans le passé, cette révolution semble bien n’être encore qu’à ses débuts. Il s’agit là, en effet, d’un phénomène pour ainsi dire fatal : le formidable outillage économique actuellement en voie de création ou d’achèvement, aura pour conséquences inévitables de nouvelles transformations encore plus considérables dans le nombre et le coût des échanges ; tout le profit sera donc pour les pays les mieux outillés. On a pu s’en rendre compte après l’apparition dès-chemins de fer et des grandes lignes de navigation; les premiers pays dotés de ces avantages se sont développés beaucoup plus rapidement que les autres et dans une plus large mesure. Il n’est donc pas douteux que le fait ne se vérifie de plus en plus dans l’avenir.
- Cette situation nouvelle a créé à son tour de nouveaux besoins ; les premières transformations en firent désirer d’autres : il a fallu creuser le canal de Suez et percer des tunnels à travers les plus hautes montagnes. Le Mont-Cenis a amené le Gothard et le Simplon, il amènera bientôt le Loetschberg et peut-être après le Mont-Blanc.
- Tome 110. — Octobre 1908.
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- Ce qui a contribué encore à accélérer ce mouvement, c’est l’effort que certains pays n’ont cessé cle faire, depuis quelques années, pour accaparer à leur profit les grands courants de transit. D’une part, la concurrence entre les lignes transatlantiques a entraîné l’abaissement des frets, la réduction de la durée des transports, et d’une façon générale, un développement plus considérable de l’architecture navale. D’autre part, les installations maritimes ont dû être transformées, agrandies, approfondies et mieux outillées.
- A l’intérieur des continents, des phénomènes analogues se sont produits. On a bien vite compris le parti merveilleux que l’on devait tirer des voies ferrées, à condition d’organiser des réseaux suffisamment denses pour assurer des communications rapides et faciles entre les divers centres de production ou de consommation et leurs débouchés naturels.
- Mais une fois que les chemins de fer eurent fait leurs preuves et que l’on eut bien mesuré les services qu’on en pouvait attendre pour la mise en valeur des pays qu’ils desservaient, il fallut les compléter et parfois même les remplacer par des voies plus économiques et mieux appropriées au transport de toute une catégorie de marchandises. Bref, on dut en arriver, dans les pays les plus avancés, à la création de nouvelles voies d’eau à l’intérieur, à la régularisation des rivières, à l’organisation de tout un système de canaux, pour relier plus étroitement les régions industrielles ou commerçantes aux points stratégiques du commerce extérieur.
- 11 fallut enfin relier ces différent^ moyens de transport jusque-là concurrents, et les faire coopérer à F amélioration de la vie économique générale.
- Tout ce programme, dont la réalisation a été; poussée très activement, et que l’on perfectionne chaque jour dans certains pays, n’est au contraire qu’à peine ébauché dans d’autres.
- La valeur de son outillage est cependant, pour chaque nation, une question véritablement capitale., Pour produire beaucoup et à bon marché, il ne suffit, pas du génie commercial ou industriel des individualités d’un pays,, il ne suffit pas non plus que ce pays soit riche par son agriculture et par son industrie ou même par ses ressources minières, il faut encore que l’outillage commun, qui* sert à transporter les- marchandises jusqu’aux points- d’échange, soit aussi perfectionné que possible ; il faut, en somme, que le transport ne vienne pas augmenter d’une manière démesurée le prix de ces marchandises et grever ainsi les matières de première nécessité. Il arrive, en effet,, un moment où la réduction du prix de transport, par terre ou par eau,, devient le facteur le- plus important de la production à bon marché..
- Tel est le rôle de ce qu’on peut appeler l’outillage d’un pays. Qu’on ne vienne plus-nous dire-qu’une grande nation peut encore aujourd’hui s’isoler économiquement et se confiner, à l’abri de barrières douanières,, dans la répartition
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- MISE AU POINT DE NOTRE OUTILLAGE MARITIME.
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- de ses seules richesses, pour la satisfaction de ses propres besoins. C’est un paradoxe qui n’est plus soutenable. Ne sommes-nous pas notamment tributaires de l’étranger, pour une somme de 400 millions de francs, rien qu’en ce qui concerne notre consommation annûelle en charbon?
- L’amélioration de la vie matérielle a créé de nouveaux besoins, et ces besoins ne peuvent plus se satisfaire avec les seuls produits d’une région forcément limitée. Les nations font, de plus en plus, partie d’un ensemble où chacune prend une valeur relative, proportionnellement à son développement moral, intellectuel, agricole, industriel ou commercial.
- Les ententes internationales des Compagnies de chemins de fer, les syndicats des Compagnies de Navigation des divers pays, les Cartells des producteurs mondiaux d’un même article, prouvent assez que, pour avoir sa part dans la lutte, il faut être en mesure de lutter à armes égales. Quant aux syndicats de vente et d’achat, on sait qu’ils enserrent et commandent actuellement toutes les grandes industries et tous les grands marchés.
- Il est donc urgent, pour nous, de chercher à jouer, dans cette lutte mondiale, le rôle'brillant que doivent nous réserver notre passé et notre situation géographique privilégiée. Dans cet ordre d’idées, nous devons surtout éviter l’éparpillement de nos efforts, et tâcher, au contraire, de les concentrer sur les véritables ceuvres d’utilité publique.
- Un simple coup d’œil sur la carte de France nous montre d’abord un certain nombre de grandes voies naturelles de transit qu’il importe, avant tout, de mettre en pleine valeur.
- C’est, en première ligne, la vallée du Rhône, -qui' s’impose véritablement comme la voie de sortie la plus directe et la plus avantageuse pour tous les produits de la France de l’Est et de l’Allemagne Centrale. Il n’est pas besoin d’ajouter que sa liaison avec Marseille, ainsi que l’agrandissement de notre grand port méditerranéen sont indispensables, si nous voulons lutter avantageusement contre les ports de la mer du Nord ou contre Gênes qui détournent à eux une grande partie de notre trafic.
- C’est aussi, du côté de la Manche, une meilleure utilisation de cette merveilleuse voie commerciale que devrait être la Seine, avec Paris, Rouen et Le Havre comme points de concentration de toute la vie économique des régions Avoisines. Le HaAœe, en particulier, doit devenir le grand port transatlantique français, et redevenir le grand marché de denrées qu’il fut jadis, avant que les ports d’Anvers, Hambourg et Rotterdam ne soient venus lui disputer et lui nwir sa prépondérance.
- Du côté de l’Atlantique, nous devons examiner quelles sont nos meilleures portes de sortie et distinguer entre celles qui intéressent les relations interna- * fionales, et celles qui ne servent qu’à un trafic local, de manière à mieux pro-
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- portionner les efforts et les sacrifices au véritable but envisagé. En particulier, les vallées de la Loire et de la Garonne ne pourraient-elles pas, dans un avenir prochain, jouer un rôle économique plus important, pour peu qu’on les dotât de voies d’eau vraiment appropriées? -
- Quant à nos grands réseaux de chemins de fer qui ont, jusqu’ici, beaucoup contribué à notre développement économique, s’ils paraissent avoir atteint, dès maintenant, leur maximum de densité et d’étendue, il est hors de doute qu’ils sont encore susceptibles de bien des perfectionnements. Certaines grandes artères doivent être doublées, d’autres quadruplées ; il faut développer le réseau des chemins de fer d’intérêt local et multiplier les points de contact de ces lignes secondaires avec les lignes principales.
- Enfin, il serait urgent que nos voies ferrées fussent mieux reliées à nos voies fluviales et à nos ports, et que les points de suture fussent multipliés au profit d’un mouvement général à meilleur marché, et d’un'transit plus rapide des marchandises et des voyageurs.
- Nous ne devons, en effet, jamais perdre de vue que nos voies ferrées et nos voies de navigation sont destinées à collaborer et non à se faire concurrence, puisqu’elles intéressent des trafics et des marchandises d’un ordre différent. Il ne faut donc pas chercher à développer les unes au détriment des autres; bien au contraire, nous devons les relier entre elles de la façon la plus étroite, de manière à détourner à notre profit les grands courants de transit qui, par notre faute, se sont trouvés accaparés par des voisins plus habiles.
- En résumé tous ces problèmes relatifs à la meilleure organisation et à la transformation de notre outillage national, intéressent au plus haut point la prospérité de notre pays. Aussi ont-ils attiré l’attention de nos principaux groupements industriels et commerciaux, qui. suivent depuis longtemps les progrès de l’étranger et s’inquiètent à juste titre de notre infériorité croissante.
- Devant la paralysie où se trouvent réduites chez nous les initiatives privées, malgré toutes les preuves qu’elles ont pu donner de leur valeur à l’étranger ; devant l’impossibilité où se trouve aussi l’Etat d’accomplir l’effort financier qui s’impose finalement, on comprend la nécessité de rechercher une meilleure méthode de travail qui proportionne mieux les initiatives aux responsabilités.
- C’est ce que viennent de mettre en relief, il y a quelques mois déjà, les travaux du troisième Congrès National des Travaux Publics et ceux de la Fédération des Industriels et Commerçants français; c’est aussi ce que recherche la Ligue Maritime. Dès idées excellentes et fécondes y ont été émises et discutées ; le moment semble donc particulièrement bien choisi pour les faire pénétrer jusqu’au public, car il importe, en pareille matière, d’avoir l’assentiment et la sympathie de tous ceux qu’intéresse la prospérité de notre pays.
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- MISE AU ROINT DE NOTRE OUTILLAGE MARITIME.
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- Nous consacrerons cette étude, d’une façon toute spéciale, à la question des grands ports de commerce et de transit. Assurément leur développement et leur prospérité sont étroitement liés au perfectionnement de notre réseau de chemins de fer et de voies navigables, ainsi qu’au développement de notre armement ; il est donc bien difficile de les étudier séparément, puisqu’ils ne sont en somme qu’un élément de la question des transports. Nous ne parlerons que peu, ici, de la question des chemins de fer, qui constitue un sujet plus spécial, mais par contre, nous serons naturellement amenés à aborder en terminant le problème de nos voies navigables. Il semble toutefois qu’à l’heure actuelle, il y ait beaucoup plus à faire en ce qui concerne les ports; ils doivent donc retenir tout particulièrement notre attention.
- Pour mieux préciser les idées, il nous a paru nécessaire de procéder tout d’abord à une classification des différents ports.
- On peut les diviser, suivant leur destination en : ports de pêche, ports de cabotage, ports de commerce international, ports de transit pour les voyageurs, ports militaires. Quelques-uns ne rentrent que dans une de ces catégories; d’autres, au contraire, parce qu’ils répondent à des nécessités diverses, peuvent être rangés sous plusieurs ou même sous la totalité de ces rubriques.
- Le programme Freycinet, dont l’élaboration remonte à 1878, c’est-à-dire à trente ans déjà, a eu pour objectif d’améliorer tout notre système de ports, petits et grands. Il répondait alors aux besoins du moment, puisqu’on avait jusque-là très peu fait pour nos installations maritimes. Il nous suffira, pour montrer son importance, de rappeler que l’ensemble des travaux qu’il comportait, correspondait à une dépense d’environ 400 millions, répartis sur soixante-seize ports. On a, depuis, vivement critiqué cet éparpillement de nos ressources, sans songer qu’un pareil programme se justifiait par les intérêts très divers auxquels il était alors urgent de donner satisfaction. Tout au plus pourrait-on regretter que la part de nos deux ou trois grands établissements maritimes n’ait pas*été plus large dans cette répartition.
- L’erreur véritable est postérieure à ce projet. Elle consiste dans l’inaction où l’on s’est reposé après sa réalisation, sans songer aux nécessités toujours nouvelles du commerce et à son accroissement normal, en même temps qu’aux transformations continues de notre outillage maritime. Le grand tort est de n’avoir pas complété assez à temps le programme Freycinet, par un programme nouveau, mûrement étudié et pleinement adapté aux circonstances et surtout aux besoins nouveaux,
- Pendant que nous restions ainsi l’arme au pied, les autres nations n’ont cessé d'améliorer leur outillage ; nous les avons vues créer de grands porls
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- modernes qui, en attirant à eux les principaux courants du trafic, ont d’autant mieux fait ressortir la situation fâcheuse où nous a jetés cette trop longue période d’inaction.
- On a bien essayé depuis de remédier à cette infériorité trop manifeste en votant, en décembre 1903, le programme Baudin ; mais le chiffre seul des travaux qui fut adopté, soit 86 880 000 francs répartis sur 10 ports, suffit à montrer l’insuffisance de cet effort, surtout si on le compare aux efforts analogues tentés en ce moment chez toutes les grandes nations, ainsi qu’aux nécessités nouvelles qui, depuis lors, se sont déjà fait jour chez nous.
- Le but de cette étude étant l’examen de la situation présente et future de nos grands ports de commerce ou de transit international, nous allons être amenés à discuter les questions suivantes, qui formeront tout naturellement le cadre de ce travail.
- 1° Un grand port ayant pour principal objectif d’abriter les navires qui lui sont destinés, l’on est logiquement amené à étudier tout d’abord les dimensions des grands navires modernes et à supputer celles qu’ils atteindront dans un avenir prochain.
- A ce propos, il importe également de passer en revue toutes les mesures déjà prises ou en préparation à l’étranger, dans le but de satisfaire à ce nouvel état de choses.
- 2° Quelles conditions doivent remplir aujourd’hui de grands ports pour satisfaire, d’une part aux exigences du commerce international, et d’autre part à celles, non moins impérieuses, d’une architecture navale sans cesse en progrès. Et, puisque tout programme d’exécution pour des travaux de cette nature doit forcément se répartir sur une période de huit à dix ans, cette deuxième partie du problème doit être complétée de la façon suivante.
- Quelles sont les conditions que l’on doit entrevoir dès à présent comme indispensables pour les grands ports d’ici quinze à vingt ans, afin qu’une fois réalisées, ces diverses améliorations ne soient pas déjà démodées?
- 3° Quels sont les ports français que leur situation géographique et leurs conditions naturelles prédestinent à ce rôle prépondérant?
- 4° Quel paraît être le moyen pratique de réaliser ce programme en tenant compte des nécessités urgentes de notre situation économique, en même temps que des ressources limitées dont semblent actuellement disposer nos budgets?
- Ou bien encore ;
- Disposons-nous des ressources nécessaires pour un pareil programme et sa réalisation serait-elle vraiment profitable aux intérêts économiques du pays?
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- MISE AU POINT DE NOTRE OUTILLAGE MARITIME.
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- 5° Quel devrait être, dans cet ordre d’idées, le moyen de. régir dorénavant nos grands ports, de manière à leur constituer une vie propre et véritablement autonome, directement liée aux intérêts régionaux et nationaux auxquels ils doivent satisfaire?
- Quel est, en somme le moyen de les mettre à" même de se développer progressivement, au fur et à mesure de leurs nouveaux besoins?
- 6° Enfin, comme corollaire indispensable de la transformation de nos ports, que manque-t-il à notre réseau de voies navigables pour le compléter et lui donner également une organisation commerciale, ainsi qu’une existence véritablement autonome?
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- CHAPITRE PREMIER
- LES PROGRÈS DE L’ARCHITECTURE NAVALE ET LEURS CONSÉQUENCES
- Étudions d’abord la première question, et voyons dans quelle mesure les 'dimensions des navires diffèrent aujourd’hui de ce qu’elles étaient autrefois.
- Personne n’ignore les transformations capitales qui se sont accomplies dans l’architecture navale au cours du dernier siècle.
- Si nous remontons de quatre-vingts années en arrière, nous constatons qu’en 1828, le plus grand vapeur à flot, alors l’étonnement du monde, était un bateau à aubes de 500 tonneaux, muni d’une machine de 200 chevaux; il faisait un service entre Londres et Leith.
- Dix ans plus tard, en 1838, le Great Western, de 1 340 tonneaux de registre, démontra pour la première fois la possibilité d’un service à travers l’Océan Atlantique. Il fit durant de longues années le service de Bristol à New-York, en quatorze jours,
- Enfin en 1845, on vit apparaître le Great Britain, do 2984 tonneaux de registre, qui fut le premier grand transatlantique en fer de la marine marchande. Il était muni d’une hélice et marquait, à son tour, un progrès très important sur le passé.
- Mais ce n’est que plus tard et particulièrement depuis une trentaine d’années, que les progrès de l’architecture navale ont suivi une marche en quelque sorte accélérée, pour aboutir dernièrement aux dimensions colossales des deux bateaux à turbines de la ligne Cunard, le Lusitania et le Maurctania, dont les principales caractéristiques sont les suivantes :
- Longueur....................
- Largeur.................
- Tirant d’eau en pleine charge. .
- Déplacement en pleine charge.
- Tonnage de registre.........
- Vitesse.....................
- Puissance en chevaux indiqués
- 800 pieds, soit : 232 mètres. 88 — — 27 —
- 37 — — tl,30
- 39 000 tonnes.
- 33 000 —
- 24 à 23 nœuds 68 000 chevaux.
- Il suffit, pour se convaincre de la rapidité des transformations, d’examiner le tableau dans lequel on a mis en relief les caractéristiques d’un certain nombre de navires considérés comme les plus modernes à l’époque de leur construction.
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- GRAPHIQUE DES PLUS GRANDS NAVIRES depuis le début de la navigation transatlantique à vapeur.
- Années 1M0
- 185Q 1860 1820 1880 1890 1900 1310 1920
- 2 150-
- - 3Z
- 300
- 250
- 200
- 150
- 100
- 50
- 0
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- Caractéristiques des
- depuis le début la navigation
- NAVIRES ET COMPAGNIES. DATES de MISE en service. LONGUEUR entre PERPENDICULAIRES LARGEUR de la COQUE. CREUX. TIRANT d’eau.
- m. m. m. m.
- Gréai Western (G. W. Navigation C°). . 1838 65 10,77 7,08 5,08
- Britannia (Cunard) 1840 63,20 10,45 6,80 ))
- Hibernia — 1843 64 10,90 7,35 »
- America — 1848 76,50 10,70 8 ))
- Asia — . 1850 81 12,20 8,30 )>
- Arabia — 1852 87 12,40 8,85 »
- Per sia — 1855 114,50 13,80 9,60 »
- Great Eastern (E. St. Navigation C°). . . 1859 207,50 25,30 17,70 9,15
- Washington (C. G. T.) 1864 105 13,40 9,31 7
- Amérique — 1865 120 13,40 11,67 7,30
- Oceanic (White Star) 1871 128 12,41 9,45 »
- Britannic — 1874 139 13,70 10,10 7,15
- Arizona (Guion) 1879 137 13,77 11,43 6,70.
- Urnbria (Cunard) . . . CO CO 152 17,35 12,19 ))
- Champagne (C. G. T.) 1885 150 15,70 11,70 7,30
- Touraine — .1890 157 17,10 11,80 7,53
- Campania (Cunard) 1893 183 19,80 12,65 7
- Kaiser Wilhem der Grosse (Norddeufsch. Lloyd). 1897 191 20,10 13,10 8,55
- Oceanic (White Star) 1899 209 20,80 13,50 9,91
- Baltic — 1904 216 23,01 16 10
- Provence (C. G. T.) 1906 183,50 19,80 11,65 8,15
- Lusitania (Cunard) 1907 232 26,80 18,40 11,30.
- plus grands navires
- transatlantique à vapeur.
- TONNAGE BRUT. PUISSANCE en chevaux indiqués. VITESSE MOYENNE. PROPULSEURS. OBSERVATIONS.
- tx nœuds.
- 1 340 750 )) Roues. Construit en bois.
- 1 150 740 8 — — j
- 1 422 1 040 9 — — :
- 1 825 2 000 10 — — j
- 2 226 2 400 12 — ;
- 2 400 3 250 ^ 13 — — :
- 3 300 4 000 13 — Construit en fer.
- » » 12 Roues et 1 hélice. —
- 3 300 3 000 . 13 1 hélice. —
- > 4 000 3 400 12,50 — —
- 3 600 3 000 14,50 — — :
- 5 000 5 500 15 — N ~
- 5 147 '6 300 16 — — ;
- 8 000 14 300 18,50 — Construit en acier.
- 7 277 7 000 16 — —
- 8 600 12 000 18 2 hélices. . —
- 12 900 30 000 20,50 — 1 •
- 14 349 28 000 21,20 — 1
- 17 274 27 000 17 — — !
- 23 876 24 000 17 — u
- 13 750 30 000 21 . - — . :
- 32 500 70 000 24 4 hélices. Turbines Parsons. j
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- Caractéristiques des plus grands paquebots
- NOMS. NATIONALITÉ. DATE de CONSTRUCTION. ARMATEURS.
- Kaiser Wilhelm der Grosse Allemand. 1897 Norddeutscher Lloyd.
- Oceanic Anglais. 1899 White Star.
- Deutschland Allemand. 1900 Hamburg America.
- Cellic Anglais. 1901 White Star.
- Kronprinz Wilhelm Allemand. 1901 Norddeutscher Lloyd.
- Cedric Anglais. 1903 White Star.
- Kaiser Wilhelm-11 . Allemand. 1903 Norddeutscher Lloyd.
- * Arabie. . . Anglais. 1903 White Star.
- Baltic Anglais. 1904 White Star.
- Amerika Allemand. 1905 Hamburg Amerika.
- Kaiserin Augusia-Victoria Allemand. 1905 Hamburg Amerika.
- Caronia Anglais. 1905 Cunard.
- Carmania . Anglais. 1905 Gu nard.
- Adriatic Anglais. 1906 White Star.
- Nieuw-A msterdam Hollandais. 1906 Holland Amerika.
- La Provence Français. 1906 G. G. T.
- Lusitania Anglais. 1907 Cunard.
- Mauretania Anglais. 1907 Gunard. ,
- Kronprinzessin Cecilie Allemand. 1907 Norddeutscher Lloyd.
- actuellement en service (fin 1907).
- TONN 1SRUT. AGE. NET. LONGUEUR. LARGEUR. CREUX. TIRANT d’eau. DÉPLACEMENT. PUISSANCE. VITESSE.
- - tx. tx. m. ni. m. m. t. chx. nœuds.
- 14 34 9 5 521 191 20,12 11,89 8,55 20 500 30 000 21,5
- 17 274 6 917 209 20,80 13,54 9,91 28 000 27 000 18
- 16 502 5 196 201,5 20,50 12,27 8,84 23 200 36 000 22,3
- 20 904 13 449 207,5 23,94 13,44 10 30 000 » 17
- 14 908 5 162 194 20,19 11,96 8,84 21 000 36 000 21,75
- 21 035 13 520 207,5 22,94 13,44 10 30 000 » 17
- 19 361 6 353 208,5 22,02 12,24 8,84 25 500 38 000 22
- 15 801 10 062 183 19,94 14,48 10 )> » 17
- 23 876 15 295 216 23,01 16 10 35 500 24 000 17
- 22 225 13 381 204 22,63 14,53 10 35 000 24 000 17
- 24 581 - 14 847 206,5 23,55 15,29 10,05 35 500 24 000 17
- 19 687 10 306 . 198 .22 12,24 10,14 30 200 20 000 17,5
- 19 524 9 982 198 22 12,19 10,15 ' 30 200 20 000 17,5
- 24 541 15 638 216 22,99 16 11,30 35 500 24 000 17
- 16 967 10 7.14 183 20,96 10,82 » » )) 16,5
- 13 753 3 834 183,5 19,81 11,66 8,15 19 150 30 000 21
- 32 500 )> 232 26,82 18,40 11,30 38 000 70 000 24,5
- 32 500 » 232 26,82 18,40 11,30 38 000 70 000 24,5
- 19 400 6 400 215,34 21,94 12,25 9,20 27 000 40 000 22
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- L’examen de ce tableau permet aussi d’entrevoir les transformations nouvelles auxquelles on peut s’attendre d’ici quinze à vingt ans, si toutefois l’architecture navale continue la même progression, et si, de leur côté, les ouvrages maritimes suivent un développement parallèle à ce mouvement.
- Proportionnellement, les dimensions des très grands navires vers 1920 ou 1925, seraient ainsi d’environ 300 à 350 mètres de longueur, 30 à 35 mètres de largeur, et 13, — peut-être même 15 mètres de tirant d’eau.
- Cette progression aura forcément une limite, car il n’est pas douteux qu’un pareil développement dans les dimensions et le tonnage des navires ne puisse être continué indéfiniment. Les imités navales devenant plus coûteuses, il pourra s’ensuivre un temps d’arrêt dans leur construction. Mais il ne faut pas oublier non plus que nous sommes, en ce moment, à peine au début d’une période de grandes transformations dans l’architecture navale. L’apparition des moteurs à turbines permet, en effet, d’envisager des puissances de propulsion auxquelles on n’avait pas songé jusqu’ici avec l’emploi des machines à cylindres.
- Soixante et un navires étaient déjà munis de ces nouveaux moteurs vers le milieu de 1907 ; et, selon toute vraisemblance, ils se généraliseront rapidement, en raison même des avantages qu’ils présentent, et surtout du moindre encombrement qui résulte de leur faible volume (1). Cette première transformation paraît devoir à son tour en amener d’autres, en ce qui concerne les dimensions futures des' grands navires, et plus particulièrement l’augmentation du tirant d’eau, ce qui permettrait de mieux utiliser la force propulsive et d’obtenir de grandes vitesses à meilleur compte.
- Enfin, il y a lieu de noter que si, jusqu’ici, les grands courriers de l’Amérique du Nord ont toujours tenu la tête du mouvement dans la modernisation et, parallèlement; dans l’augmentation des dimensions et de la vitesse, il s’est créé à côté un courant très marqué pour la construction de toute une classé de paquebots transatlantiques de fort tonnage et de grand tirant d’eau, mais d’une vitesse moyenne ne dépassant pas IG ou 17 nœuds. Ce type de navire, dont YAdriatic de la White Star représente le plus récent spécimen, se généralisera certainement dans l’avenir, en raison de l’économie d’exploitation qu’il assure. Il ne faut donc pas oublier qu’en s’occupant actuellement de nos grands ports au point de vue des navires transatlantiques rapides, on tend par le fait même à satisfaire aux conditions des grands navires de commerce de demain.
- Brèf, le problème est posé ; il ne peut pas être résolu par la négative uniquement à cause des surprises ou des embarras qu’il pourrait susciter, ou même en raison des difficultés qu’on pourrait rencontrer dans sa réalisation.
- Il n’en est pas moins vrai que ces prévisions ne datent pas d’aujourd’hui et qu’elles ont été déjà signalées à plusieurs reprises.
- (1) On en compte actuellement près cle 150, en exploitation ou en construction. (Juillet 1908.)
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- MISE AU POINT DE, NOTRE OUTILLAGE. MARITIME.
- Nous pouvons citer particulièrement à ce sujet l’opinion de M. Elrner L. Cor-thell, ingénieur nord-américain, d’une autorité pour ainsi dire universelle en cette matière. Il a justement publié, à l’occasion du dixième Congrès interna--tional de Navigation tenu à Milan en 1905, un rapport des plus intéressants sur cette question, où il rappelle un travail analogue déjà lait par lui en 1900.-
- Dans des tableaux: basés, sur les dimensions des vingt plus grands navires du monde à différentes époques depuis 1848 jusqu’en 1903, et prolongés hypothétiquement jusqu’en 1923 et 1948, il avait, en effet, cherché à résumer pour ainsi dire l’histoire passée et future de l’architecture navale pendant un siècle.
- Ses prévisions de 1900', qui paraissaient alors quelque peu audacieuses, ont cependant été dépassées dès 1903, et les dimensions de navires qu’il indiquait alors pour 1923, se trouvent atteintes et meme dépassées aujourd’hui.
- Voici d’ailleurs ses conclusions sur les dimensions probables des navires en 1948 ; on peut les résumer ainsi :
- Longueur:. 1 000 pieds,, soit 305 m..;
- Largeur : 100 pieds, soit 30,50 m. ;
- Tirant d’eau: 33 pieds,, soit 101 m. ;
- Tonnage : 30 000 tonnes.
- Or, ces soi-disant exagérations d’hier sont, comme on le voit, presque des réalités aujourd’hui, puisque le tonnage,, la largeur et la profondeur, prévus-pour dans quarante ans, se trouvent actuellement réalisés à peu de chose près dans le Lusitania et le Maure tarda, dont la longueur seule est inférieure auxr prévisions.
- Notons également l’opinion de sir William H. White, ancien directeur des-Constructions Navales en Angleterre, qui est, sans- contredit, l’un des hommes les plus compétents à ce sujet.
- Dans un discours qu’il prononçait en 1903, comme président de^ Y Institution of Civil Engineers de Londres, sir W. H. White signalait en effet déjà que l’une des causes principales de l’insuffisance des ports provenait du manque absolu d’entente et de collaboration entre les constructeurs de navires et les constructeurs de ports.. L’accroissement des dimensions et de la puissance des unités navales qu’il entrevoyait alors lui donnait la certitude qu’à très bref délai les- installations maritimes deviendraient insuffisantes. Son cri d’alarme eut pour effet de jeter dans le désespoir les administrations des- ports; celles-ci se sentent, en effet,, chaque jour de plus en plus gênées par le développement trop rapide des navires. '
- Il ajoutait d’ailleurs, qu’en raison de l’augmentation demandée dans la vitesse, il était devenu, bien, plus urgent d’accroître le tirant d’eau des navires que de chercher à faire de nouveaux progrès au point de vue de la longueur et de la largeur.
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- Sans vouloir entrer clans les détails, nous devons ajouter - cependant qu’à son avis, un grand port de tout premier ordre devrait déjà être outillé en vue de recevoir des navires jusqu’à 305 mètres de longueur, 30m,50 de largeur et 10m,70 de tirant d’eau. Il est curieux do noter que ce sont là précisément les conclusions auxquelles M. Corthell arrivait, il y a huit ans, mais pour 1948. Les progrès ont donc été beaucoup plus rapides qu’on n’aurait pu le penser alors.
- Si, d’ailleurs, l’on recherche quelles sont les préoccupations qui dominent dans les grands centres maritimes, on rencontre partout des courants d’idées tout à fait analogues et des projets d’agrandissement correspondants.
- Le Canal de Suez, par exemple, qui fut inauguré en 1869, et dont le tirant d’eau autorisé était de 7 mètres à l’origine, a dû depuis être approfondi et élargi à plusieurs reprises. Son tirant d’eau autorisé qui, jusqu’à ces temps derniers, était encore de 8m,23 pour une profondeur réelle de 9 mètres, vient ainsi d’être porté à 8m,50 depuis le 1er janvier 1908, avec une profondeur de mouillage de 9m,50.
- M. Alhy, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, dans un très intéressant mémoire sur le port de Marseille, publié à l’occasion du Congrès des Travaux publics qui s’est tenu à Bordeaux en octobre dernier, fait justement ressortir l’importance des transformations futures dans le tirant d’eau des navires, en constatant qu’à l’heure actuelle on travaille déjà à réaliser sur le canal de Suez un mouillage de 10m,50 qui laisserait pour le tirant d’eau une profondeur effective de 9 mètres au minimum. Ce programme semble devoir être accompli dans un délai de cinq années.
- « D’ailleurs, ajoutait-il, ce n’est là qu’une étape à laquelle succédera vraisemblablement une nouvelle étape plus considérable encore. Il n’est donc pas exagéré de prévoir l’éventualité d’un canal de Suez livrant passage à des navires de 12 mètres de tirant d’eau, et cela dans un avenir qui ne serait pas très éloigné. »
- Douter que les navires n’utilisent pas une telle faculté serait une dangereuse illusion. Il suffit, pour se convaincre du contraire, de rappeler l’empressement avec lequel le monde maritime a toujours mis à profit l’approfondissement progressif du canal, ainsi que l’impatience avec laquelle il attend sans cesse de nouvelles transformations.
- La mise on service de plus grosses unités correspond, en effet, a une très grande économie dans le prix des transports. Il est donc naturel que les intéressés s’empressent do réaliser cette économie, dès qu’elle deviendra possible.
- Avant de quitter la Méditerranée, il faut encore citer le futur bassin Victor-Emmanuel du port de Gênes, que l’on construit actuellement avec une profondeur de 12 mètres d’eau (Planche VII).
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- MISE AU POINT DE NOTRE OUTILLAGE MARITIME.
- 109?
- De quelque côté que l’on regarde, on aperçoit, d’ailleurs, le même mouvement. Rien ne saurait donner une idée plus nette de son ampleur que les nouvelles qui viennent du canal de lviel. Il y a un peu plus de dix ans que le canal « Kaiser Wilhem » a été mis en exploitation. Sa largeur, au plafond, était alors de 22 mètres, son mouillage de 9 mètres, et l’on donnait aux écluses de Brunsbüttel et de Holtenau 150 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur,, et respectivement 10 mètres et 9m,60 de mouillage.
- Or, ces dimensions vont être agrandies et dans quelle mesure ! Les écluses vont être aménagées en Ame du passage de bateaux de 300 mètres de longueur et mesureront 330 mètres entre buses; elles auront 45 mètres de largeur et leur mouillage sera de i3",77 sous le niveau de flottaison moyen du canal, ce qui correspondra à un mouillage minimum de 12 mètres en temps de flottaison minima..
- De son côté, le profil transversal du canal \ra être réalisé avec 44 mètres de largeur au plafond pour 11 mètres do mouillage sous niveau de flottaison moyen, et la largeur au niveau de flottaison sera de 101m,75. Ce nouveau profil .est d’ailleurs déjà prévu comme pouvant être majoré dans la suite, si le besoin s’en fait sentir et son mouillage porté à 13m,50 ou 14 mètres sans conduire à des dépenses exagérées.
- Le devis estimatif des travaux est de 221 millions de marks. Ils seront exécutés dans un délai de sept à huit ans.
- La réalisation de ce programme ferait ainsi du canal de'Kiel la A7éritables porte d’entrée de la Baltique, puisque les hauts-fonds du Sund, en dessous de Copenhague, n’offrent qu’un mouillage de 23 pieds sous zéro ou 7 mètres. On peut aisément concevoir l’impatience avec laquelle le Gouvernement allemand doit attendre la solution de cet important problème, qui le rendra un jour, pour ainsi dire, maître de la Baltique.
- De son côté, le nouveau projet d’agrandissement du port d’Anvers (projet de la Grande Coupure) comporte la création d’un'immense bassin-canal dont les écluses auraient au moins 300 mètres de longueur, 33 mètres de largeur et 11 mètres de profondeur (Planches Y et YI). Quant à Seebruges, le port en eau profonde de la Belgique, inauguré il y a peu de temps, il possède déjà des quais accostables avec 10m,50 d’eau sous basse mer (.Planche IV).
- La même préoccupation attire également aujourd’hui l’attention des personnes chargées de l’administration du port de Rotterdam. On comprend dès maintenant la nécessité urgente d’un nouvel effort ayant pour but de porter à 10 mètres, à marée haute moyenne, la profondeur de son chenal d’accès, afin que le port dé Rotterdam ne se trouve pas, au point de vue de l’entrée, dans un situation inférieure à ses rivaux : Hambourg, Anvers, Bremerhaven et Amsterdam. Iloek von Holland, l’avant-port de Rotterdam, est d’ailleurs déjà relié à la mer par des fonds qui, à marée moyenne, ne sont nulle part Tome H0. — Octobre 1908. 72
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- inférieurs à 10,n,20; il constitue en fait un excellent port de vitesse en eau profonde à l'embouchure de la Meuse. Pareillement, Ymuyden, le port extérieur d’Amsterdam, jouit déjà d’une profondeur de 10m,50 à mi-marée. Et l’on peut dire que, lorsque les travaux d’amélioration du Canal du Nord seront terminés, le port d’Amsterdam se trouvera en possession d’une excellente voie d’accès avec 9 mètres de tirant d’eau.
- Il n’en est pas moins vrai que l’amélioration de tous ces ports de la mer du Nord, en vue de l’accroissement continu du tirant d’eau des grands navires, peut rester un problème extrêmement inquiétant pour l’avenir commercial de ces ports. La plupart, en effet, construits loin de la mer, et en bordure de grands fleuves, ne sont déjà que des ports de marée; quant aux autres, établis vers l’embouchure des mêmes cours d’eau, ils seront toujours très gênés par l'insuffisance d’eau et les énormes difficultés qu’entraîne l’approfondissement de leur chenal d’accès, dans une mer peu profonde.
- Si nous considérons à présent ce qui se passe dans le même ordre d’idées chez nos voisins d’outre-Manche, il est impossible de n’être pas frappé de la grande importance qu’ils donnent à cette question.
- Le discours prononcé le 5 novembre dernier par sir William Matthews,j président de Vinstitution of Civil Engineers, n’a d’ailleurs fait qu’accentuer la vive préoccupation où l’on se trouve en ce moment dans le Royaume-Uni, de faire très rapidement tout le nécessaire pour ne pas entraver le développement normal des grands navires', tout en maintenant à l’Angleterre la situation prépondérante de ses ports. C’est ainsi qu’on a créé de toutes pièces le nouveau port de Douvres avec sa grande rade artificielle assurant un mouillage de 12 m. sous zéro (Planche III).
- L’approfondissement à 35 pieds sous zéro, c’est-à-dire à 10“,70 du chenal d’accès au port de Southampton et l’achèvement prochain de ce travail à 40 pieds, c’est-à-dire 12“,20, la construction d’un nouveau bassin en eau profonde et notamment la mise en service, en 1905, d’une grande cale de radoub de 260 mètres de longueur, montrent bien les efforts considérables que l’on fait dans ce port pour y attirer et y retenir les grands paquebots transatlantiques anglais et allemands.
- Ces améliorations ont déjà amené la Compagnie do la White Star à choisir, à partir du mois de juin 1907, le port de Southampton comme tête de ligne de ses services rapides sur New-York.
- Enfin, si l’on s’en rapporte à une communication toute récente de M. Anthony George Lyster, qui préside, dans une large mesure, aux destinées du port de Liverpool, on voit que, depuis 1899, on a dragué plus de 40 000 000 de mètres cubes, pour approfondir le chenal extérieur du port. Les fonds ainsi obtenus sont aujourd’hui de 28 pieds à marée basse d’équinoxe, ce qui représente 42 -
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- pieds ou 12m,70, au-dessous du niveau moyen de la mer. Depuis, l’administration du port vient de faire construire une très puissante drague suceuse, •d’une capacité de 10 000 tonnes, susceptible de draguer jusqu’à 40 pieds sous basse mer de vives eaux.
- M. Lyster termine d’ailleurs sa communication en déclarant que: « eu égard A l’accroissement continu dans les dimensions des navires », il a sollicité et obtenu, dans la session de 1905-1906, l’approbation du Parlement pour un grand programme d’ensemble comportant notamment la création de nouveaux •docks et l'amélioration du chenal d’entrée; tout cela, dit-il, en. prévision de navires de 1 000 pieds de longueur et de 40 pieds de profondeur. Nous voyons là une nouvelle confirmation des prévisions que nous avons formulées eu •commençant (Planche II).
- La création, à l’embouchure de la Tamise, d’un chenal profond de 30 pieds •de large, allant jusqu’à Gravesend et son prolongement jusqu’au Royal Albert Dock, et.même ensuite jusqu’au Surrey Commercial Dock, en sont une autre •confirmation.
- Enfin, avant de quitter l’Angleterre, nous devons ajouter que l’on y rencontre •déjà sept grands bassins de radoub dont la longueur dépasse 250 mètres, parmi lesquels celui de Liverpool atteint 282 mètres; en plus, l’on y projette déjà, à Newport sur le canal de Bristol, une nouvelle forme de radoub dont les dimensions seraient: longueur 305 mètres, largeur42 mètres à l’entrée, hauteur d’eau à marée basse 13,n,40.
- L’examen de ce qui se passe en Amérique et particulièrement aux Etats-Unis n’est pas moins concluant.
- C’est ainsi que les autorités chargées du port de New-York ont décidé, en 1899, l’approfondissement d’une des voies d’accès autrefois connue sous le nom de Chenal de l’Est, et que l’on appelle aujourd’hui Y « Ambrose Channel », avec un mouillage de 40 pieds (12m,20) à marée basse, et 2 000 pieds, soit 610 mètres de largeur. Cet énorme travail, qui s’étend sur 7 milles de longueur, comporte l’enlèvement de 42 500 000 mètres cubes (Planche I).
- Au mois de juillet dernier (1907), ce nouveau chenal était déjà suffisamment aménagé pour assurer un mouillage de 35 pieds soit 10m,70,t à marée basse, •et il put ainsi livrer passage au Lusitania, lors de son premier voyage. Ces travaux sont d’ailleurs, en ce moment, aux deux tiers exécutés et il en résulte déjà une économie de temps d’une heure et demie pour les navires qui empruntent l’« Ambrose Channel » à la place de l’ancien chenal Gedney.
- Quand on rapproche la profondeur qu’aura bientôt ce chenal, c’est-à-dire 12n,,20 sous basses eaux, do la profondeur de 23 pieds 7 pouces, soit 7m,19, que présentait l’entrée du port de New-York avant 1884, onjpeut juger de l’importance des progrès réalisés.
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- De son côté, la Commission du canal do Panama s’est arrêtée aux mêmes-dimensions de navires pour la construction des écluses et a adopté notamment la profondeur de 40 pieds soit 12n,,20. Il paraît même que quelques-uns de-scs membres se sont ravisés dernièrement pour démander que la largeur des écluses soit portée à 120 pieds, soit environ 38 mètres.
- Si l’on veut enfin jeter un coup d’œil vers l’Amérique du Sud, on voit que les nouveaux grands ports de l’Argentine, de l’Uruguay et du Brésil, sont presque tous étudiés ou en voie do réalisation avec le souci de leur assurer dès à présent au moins 9m,50 à 10 mètres d’eau sous zéro.
- Après le résumé que nous venons de faire des différents travaux en cours d’exécution ou en préparation, il ne semble plus y avoir de doute possible sur la première question que nous nous étions posée. Les dimensions des navires et leurs progressions normales ne permettent plus de projeter aujourd'hui des améliorations, dans les ports de grand transit international, sans tenir compte de rimportance des navires qu'ils devront abriter prochainement, c'est-ci-dire d'ici 15 à 20 ans. Et à ce sujet les différentes autorités maritimes paraissent avoir admis unanimement pour les dimensions des navires les chiffres que nous venons de citer, c’est-à-dire:
- 300 à 350 mètres pour la longueur.
- 30 à 35 mètres pour la largeur.
- 12 à 13 mètres de tirant d'eau.
- A peine est-il besoin d’ajouter qu’un certain nombre de ports et de baies-naturelles, tels que le port d’Halifax et la baie de Delaware dans l’Amérique du Nord, le port de Queenstown en Irlande, ceux de Plymouth et de Douvres en Angleterre, les rades de Brest et de Cherbourg en France, offrent déjà des conditions naturelles largement suffisantes pour de pareils navires.
- Les rades intérieures de New-York, avec des profondeurs de 15 à 18 mètres-et celles de Liverpool avec 15 mètres, montrent bien aussi que, de ce côté, rien ne s’opposera à l’accroissement des dimensions des grands navires dans les» conditions que nous avons envisagées, notamment pour les lignes desservant les Etats-Unis de l’Amérique du Nord.
- Il est vrai que les plus importants progrès dans l’architecture navale se sont surtout manifestés sur les lignes dont nous venons de parler. Sans suivre une progression aussi rapide, il n’est pas moins évident que nos grands ports de-l’Atlantique ou de la Méditerranée auront à recevoir, eux aussi, des bateaux chaque jour de plus en plus grands. Cette progression suivra nécessairement l’approfondissement du canal de Suez pour ce qui concerne Marseille. Mais en somme elle se manifestera sans aucun doute, et d’une manière pour ainsi diim fatale; il importe donc que nous nous y préparions assez à l’avance.
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- CHAPITRE II
- CONDITIONS QUE DOIT REMPLIR UN GRAND PORT MODERNE
- Après avoir examiné les récents progrès de l’architecture navale et -escompté, dans une certaine mesure, son développement prochain, nous sommes naturellement amenés à étudier les conditions que devront présenter les grands ports de l’avenir.
- Une remarque préliminaire s’impose tout d’abord, afin de ne laisser subsister aucune méprise. Ce que nous avons dit au début de cette étude pourrait, en effet, laisser croire qu’en nous occupant des ports en eau profonde, nous n’avons eu en vue que le développement des ports extérieurs plus particulièrement destinés à la navigation transatlantique.
- L’exemple de certains ports étrangers nous montre, au contraire, qu’il existe un lien intime entre le développement, et par conséquent la prospérité des ports intérieurs et des ports extérieurs. Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe, complète le port de Hambourg placé à 110 kilomètres de la mer du Nord. Il en est de même de Bremerhaven pour Brême, et la création du port de See-bruges, sur la mer du Nord, en est un nouvel exemple en faveur d’Anvers.
- Ces ports, que l’on a appelés d’une façon si heureuse « ports conjugués », oîit en quelque sorte chacun leur rôle spécial pour attirer la marchandise, les passagers et les navires. Le port extérieur est alors plus spécialement chargé do recevoir les grands courriers postaux, les marchandises chères et pressées, aussi bien à l’importation'qu’à l’exportation. C’est aussi le point de transit des passagers toujours désireux d’abréger les diverses étapes de leur voyage, afin ff’en diminuer la durée totale, ce qui ne peut être obtenu qu’avec des bateaux de plus en rapides et par conséquent de plus en plus grands.
- De son côté, le port intérieur sera évidemment toujours le plus économique pour les marchandises- et cela d’autant mieux qu’il sera placé plus avant dans l’intérieur du pays ; mais ses facultés maritimes et commerciales seront forcément proportionnées au tirant d’eau qu’il présentera et au tonnage des navires qu’il pourra recevoir. . '
- La voie d’eau n’est-elle pas manifestement plus avantageuse que la voie ferrée, surtout lorsqu’il s’agit de matières pondéreuses et encombrantes, telles que la houille, les bois, les minerais et les fers? A ce point de vue spécial des ports conjugués, on peut dire que la France se trouve merveilleusement orga-
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- nisée, puisqu’elle possède déjà Le Havre. Rouen et Paris sur la Seine, Saint-Nazaire et Nantes sur la Loire. Bordeaux n’est apparemment pas aussi bien complété par Pauillac, mais la création d’un avant-port à l’embouchure de la Gironde comblerait facilement cette lacune. Marseille même, qui semble aujourd'hui isolé, n’aurait-il pas beaucoup à profiter du développement de Lyon, comme port intérieur de batellerie?
- Il est profondément regrettable que nous ayons méconnu si longtemps,, chez nous, l’immense profit que l’on pouvait tirer de cette heureuse situation. Les rivalités qui, jusque dans ces dernières années, divisaient encore nos ports conjugués et, en général, tous les éléments vitaux de notre organisation maritime, -ont malheureusement trop nui au développement normal des uns et des autres.
- Grâce aux nécessités imposées par une lutte commerciale de jour en jour plus âpre, ce fâcheux état de choses semble enfin disparu. On peut donc espé-. rer que l’entente actuelle se transformera bientôt en une véritable collaboration pour le plus grand profit du développement économique du pays tout entier..
- L’aménagement des grands ports extérieurs étant généralement plus complexe et leurs exigences techniques plus nombreuses, c’est pour eux plus spécialement que nous allons chercher à préciser les conditions que doit remplir un grand port moderne. Mais il reste bien entendu que la majeure partie de ces conditions sont généralement applicables aux ports intérieurs dans les limites du tirant d’eau que peut permettre l’approfondissement de leurs chenaux d’accès..
- Ceci posé, si l'on veut obtenir des résultats vraiment appréciables et éviter tout mécompte dans un avenir prochain, le programme de la transformation de nos grands ports doit, à notre avis, être envisagé dès aujourd’hui dans toute-son ampleur. 0
- Dans ces conditions, le problème se présente sous le triple aspect
- 1° Des dispositions physiques et des conditions techniques qu’un port doit remplir ;
- 2° De l’aménagement générai, qui doit en faire un organisme vraiment industriel, d'une exploitation tout à fait économique ;
- 3° D’une organisation et d’une direction commerciale bien comprises, tendant par tous les moyens à attirer les marchandises ef à faciliter les transactions.
- Considérés au premier de ces points de vue, les grands ports de l’avenir doivent avant tout être situés en eau profonde ou le plus près possible des grands fonds, soit dans de vastes baies à grand mouillage, soit à l’extrême-embouchure des rivières, soit en emprise sur la mer, à d'abri de jetées suffisamment éloignées de la côte pour que les navires puissent, en tout temps, y évoluer avec assez d’eau sous leur quille.
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- Ils doivent d’abord être pourvus, autant que possible, de grandes rades abritées d’une manière naturelle ou artificielle, où les navires puissent accéder à toute heure de marée avec des fonds de 10 à 15 mètres, ou bien ils doivent posséder des chenaux d’accès présentant les mêmes avantages.
- Il faut, d’autre part, qu’une fois entrés dans le port, les navires puissent se placer immédiatement le long d’un quai et à proximité d’une gare maritime, de manière à supprimer toute perte de temps et toute incommodité pour les voyageurs.
- Certains quais d’escale transatlantique sont, dès à présent, en projet ou même construits avec 10 ou 12 mètres d’eau à leur pied. Mais, en vue des nécessités d’un avenir prochain, il ne semble pas qu’on doive en fonder aujourd’hui à moins de 14 ou 15 mètres, de manière à être en mesure de satisfaire largement aux tirants d’eau d’environ 13 mètres envisagés déjà dans l’architecture navale.
- En dehors d’un quai d’escale, indispensable au service des lignes transatlantiques, un grand port doit être muni de toute une série d’autres quais appropriés aux divers genres de navigations et de trafics. La partie de ces quais destinée aux grands paquebots doit, autant que possible, être accessible à toute heure, afin que les navires ne s’y trouvent pas emprisonnés jusqu’à ce que la marée haute leur permette d’évoluer. D’autres parties du port doivent, au contraire, être disposées pour le cabotage et la batellerie fluviale.
- Il est, en outre, indispensable que tous ces quais soient munis de l’outillage nécessaire à la manutention rapide et facile des marchandises, tel que grues, pontons-mâtures, cabestans et transbordeurs électriques, ainsi que de chaussées et voies ferrées permettant l’accès de toutes ses parties, sans oublier les hangars, magasins, entrepôts, gares de triage, etc. Un grand port doit aussi posséder un bassin spécial suffisamment isolé, pour la réception du pétrole et, d’une façon générale, de toutes les marchandises dangereuses.
- Il doit également être pourvu d’installations convenables pour la réparation et la visite des navires, et, si l’on considère de grands paquebots de 300 à 330 mètres de longueur, de 30 à 35 mètres de largeur et de 12 à 14 mètres de tirant d’eau, on se rend aisément compte de l’importance que peuvent prendre de pareilles installations. Les bassins de radoub sont, en effet, indispensables à l’existence des navires et partant à la vie d’un port. Cette considération provoque d’ailleurs en ce moment, et de tous côtés, une vive inquiétude, par suite du retard où l’on se trouve dans beaucoup de ports, en ce qui concerne les moyens de réparation des nouveaux navires.
- D’autre part, pour être exploités pratiquement, les cales ou appareils de radoub ne doivent pas être prévus avec de trop faibles profondeurs, car ils ne deviennent alors utilisables qu’au moment de la haute mer, ce qui, en cas
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- d’avaries graves à un navire, peut devenir quelquefois extrêmement dangereux. Si leur accès à toute heure de marée peut entraîner certains inconvénients, tels qu’une exagération dans la profondeur qui peut nuire à leur bonne utilisation, tels surtout qu’une dépense exagérée, il semble tout au moins prudent d’adopter, pour la cote du seuil, un terme moyen entre la marée haute et la marée basse, de manière à en prolonger l’utilisation, même dans le nas de nouveaux progrès dans l’architecture navale.
- Il faut enfin que les programmes d’ensemble soient toujours conçus sur un plan suffisamment vaste, — on pourrait même dire trop vaste, — au point de vue des emprises et des grandes lignes, sauf à les exécuter seulement au fur et à mesure des ressources et des nécessités; il faut surtout que ces programmes d’ensemble prévoient toujours la possibilité de nouvelles extensions, si l’on ne veut pas être constamment en retard et dépenser doublement.
- Dès que la structure physique et les conditions techniques du port ont été bien prévues et fixées de manière à satisfaire à toutes les nécessités présentes et prochaines de la grande navigation, il reste alors à envisager le problème à son point de vue industriel et économique.
- A ce point de vue, un port moderne n’est en réalité qu’une véritable usine cle manutention, un organisme de suture entre les voies ferrées et les voies de navigation intérieure d’une part, et les grandes routes maritimes de l’autre. La valeur de cet organisme ne réside pas seulement dans la possibilité de recevoir les plus grands navires, mais aussi et surtout, dans la disposition même des installations, dans le perfectionnement de l’outillage, et dans la rapidité de toutes les opérations de transit, qu’il s’agisse de marchandises ou de voyageurs.
- Cette nécessité de rapidité est d’ailleurs rendue de plus en plus urgente par les conditions économiques de la navigation. Chaque grand vapeur d’aujourd’hui représente un capital beaucoup trop important et des dépenses journalières beaucoup trop élevées pour qu’il puisse rester longtemps inactif. Sa raison d’être est dans le voyage, et sa rémunération dans le fret. Le temps de l’escale doit donc être réduit au minimum, aussi bien dans l’intérêt de l’armement qu’au profit du commerce, qui peut ainsi espérer de meilleures conditions. C’est aussi l’intérêt du port lui-même qui, mieux organisé et plus puissamment outillé, pourra suffire aux opérations d’un même tonnage en un temps plus court et, de ce fait, gagner en production annuelle sans augmenter ses dépenses de premier établissement.
- Bref, une organisation industrielle bien appropriée procurera sans aucun doute au commerce et à l’armement des avantages de .toutes sortes; elle permettra même, dans certains cas, d’abaisser les tarifs du port et d’attirer ainsi un plus grand courant de marchandises.
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- Les port en rivières, comme Anvers et Lisbonne, pourvus cle quais profonds, disposés en bordure d’un fleuve ou d’une large rade, présenteront pour l’accostage et le départ rapide des navires, des facilités beaucoup plus grandes que ceux, comme Cardiff ou Londres, dans lesquels les nécessités locales ont obligé de créer des bassins de marée avec des pcrtuis éclusés. Les grands ports de l’Amérique du Nord, avec leurs rives hérissées de wharfs contre lesquels les navires viennent directement s’embosser dès leur arrivée, offrent eux aussi des avantages considérables. Si l’on considère, d’autre part, certains ports à bassins trop exigus, où les navires ne peuvent évoluer qu’à grand renfort d’aides, d’amarres et de remorqueurs, on est forcé de constater leur évidente infériorité par rapport aux premiers.
- Le service des grands paquebots nécessite, comme on l’a vu, des quais en eau profonde, accessibles à toute heure de marée et directement reliés avec les grandes lignes de chemin de fer avoisinantes. Il nécessite, en outre, des installations complémentaires pour faciliter le transit des voyageurs et des émigrants: gares maritimes, postes de désinfection pour les bagages, etc., en résumé, tout ce qu’il faut pour que ces opérations puissent s’effectuer avec toutes les facilités désirables et dans le plus court délai possible. La plupart de ces conditions sont aujourd’hui parfaitement réalisées dans certains ports, et notamment chez nous, pour ce qui concerne les relations avec l’Angleterre, comme à Calais, Boulogne ou Dieppe. Elles sont partiellement assurées au Havre, mais on doit ajouter qu’à Marseille et à Bordeaux surtout, rien ou presque rien n’a été tenté pour favoriser le transit des voyageurs, qui constitue cependant un important élément de richesse pour la France.
- Si l’on considère ensuite la zone plus particulièrement commerçante du port, où. se font les opérations d’embarquement et de débarquement des marchandises, pourquoi ne pas rechercher une solution plus pratique dans la disposition des wharfs américains, tout en donnant peut-être à la construction de ces wharfs un caractère moins précaire? Cette disposition, quand elle est applicable, présente la grande supériorité de procure)' un plus grand développement de quai pour une même longueur de rive ; elle a d’ailleurs été récemment adoptée dans le projet d’agrandissement du port d’Anvers. Le navire profite alors d’une grande simplification dans Lune au moins de ses manœuvres, soit à l’arrivée soit au départ, si l’on donne à ces wharfs une certaine obliquité vers l’entrée du port. Il en résulte aussi, et tout naturellement, de très grands avantages dans la disposition des voies ferrées par la suppression des plaques tournantes, toujours fort incommodes, et leur remplacement par des courbes accessibles aux wagons par rames complètes (Planche V).
- Pour favoriser les opérations des navires aussi bien à l’embarquement qu’au -débarquement et éviter l’encombrement, il faut aussi prévoir, en arrière des
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- quais, des surfaces de terre-pleins suffisamment larges. On admet, en général,, dans cet ordre d’idées, que l’on doit pouvoir disposer, pour un travail intensif,, d’une largeur d’au moins 70 mètres pouvant atteindre jusqu’à ISO mètres, rien que pour les quais, voies ferrées, magasins, dépôts à ciel ouvert et chaussées..
- Une autre préoccupation, tout à fait capitale dans l’étude de l’aménagement industriel d’un port, doit également consister dans l’accès facile de chacune de ses parties. Il importe en effet de leur assurer autant que possible une indépendance respective, au point de vue de la circulation par voie ferrée ou par voie charretière, afin d’éviter tout encombrement et d’obtenir ainsi une séparation systématique des principaux courants de marchandises.
- La liaison entre le navire et la voie ferrée ne doit pas exister seulement sur le papier et pour la forme, comme c’est malheureusement souvent le cas il faut que ce soit au contraire une liaison vraiment effective et intime qui permette d’assurer le mouvement des wagons par trains complets. Il ne s’agit pas simplement d’une ou deux voies placées le long d’un quai, mais bien d’un véritable réseau, qui, si l’on y comprend les voies d’opérations et de stationnement, les voies d’évitement, de garage et de circulation, les voies de triage et les voies de grues, peut facilement représenter 10 à 20 kilomètres de voies-ferrées par kilomètre de quai, lorsqu’il s’agit d’une installation outillée pour-un trafic très important (Planche YI).
- Le manque d’unité de vues qui existe trop souvent entre les divers services, de l’administration d’un port, présente l’inconvénient grave de ne permettre-l’étude de son aménagement et de son outillage qu’une fois sa construction achevée. Il semblerait cependant indispensable d’adapter, dès le début, la disposition des installations à leur destination véritable. L’aménagement d’un port à minerai, comme Bilbao, n’a rien de commun, par exemple, avec celui de Marseille, où passent des marchandises de toutes catégories et beaucoup de-voyageurs. Les ports à céréales des grands lacs de l’Amérique du Nord ou ceux de l’Argentine, sont disposés tout autrement que. des ports à charbon comme Cardiff ou Newcastle. En résumé, il faut approprier chaque port, et souvent meme chaque partie du port, au rôle économique qu’on veut lui faire remplir, de manière à toujours assurer aux opérations le maximum de rapidité et d’économie.
- Si l’on passe maintenant à l’examen des moyens de carénage ou de réparation des navires, il semble que l’on devrait toujours chercher à réunir dans,, une même partie du port les bassins ou appareils de radoub, les cales inclinées,, les quais d’armement avec leur outillage spécial, enfin les ateliers de réparations qui eii sont le complément indispensable.
- En continuant à considérer le même point de vue industriel, on se convainc très vite qu’un grand port moderne, toujours en voie de transformation et
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- nécessitant des dépenses de plus en plus considérables, ne peut plus être conçu comme autrefois. Sans aucun doute, les ouvrages extérieurs, directement exposés à la mer, doivent être construits avec toute solidité et d’une manière définitive; ils constituent, en effet, la base même de l’édifice et sa principale garantie de sécurité. Mais il n’en est pas de même des‘installations intérieures qui, en raison de leurs transformations constantes, pourraient très bien présenter un caractère plus provisoire et surtout plus économique. Du moment qu’il ne s’agit plus d’ouvrages destinés à défier les siècles, certains procédés industriels plus simples et moins coûteux ne sont peut-être plus à écarter d’une manière aussi absolue. Toute installation maritime n’est en somme qu’une usine de manutention, dans laquelle on doit s’efforcer avant tout de pouvoir assurer le trafic le plus intense, au plus bas prix possible. Le port de New-York, où l’Etat s’est simplement chargé des grands travaux extérieurs, c’est-à-dire des canaux d’accès, du balisage et de l’éclairage, et où, par contre, toutes les autres installations n’ont qu’un caractère pour ainsi dire provisoire, faites aux frais des intéressés, moyennant une redevance à l’Administration du port, n’en est pas moins aujourd’hui le plus grand port du monde entier.j
- A cet effet, la formule de la mise au concours des ouvrages sur des programmes d’ensemble, qui adonné des résultats si intéressants à l’étranger, en permettant de mettre à profit l’expérience et l’initiative des constructeurs, pourrait assurément présenter les mêmes avantages chez nous.
- Mais, pour produire des résultats véritablement importants, raménagement technique et industriel d’un port doit être complété par un certain nombre de mesures qu’il est utile de ne pas négliger.
- Commercialement, Vadministration d’un grand port est un problème très-complexe, puisque tout doit concourir à y attirer un plus grand courant de marchandises, soit par les bas prix de la manutention, du magasinage et du transit, soit par la rapidité même des opérations, soit par les facilités douanières ou de-toutes sortes que les marchandises peuvent y rencontrer.
- A ce point de vue, on doit tout d’abord tenir compte du genre de transactions et d’opérations qui s’effectuent dans chaque port, de la nature des marchandises qui y transitent ou y sont entreposées, et aussi, dans une large mesure, des conditions et habitudes locales. On doit, d’autre part, y prévoir le classement méthodique des marchandises à leur arrivée et à leur départ, autant que possible par nature et par catégories, afin de diminuer ' les contrôles onéreux et les pertes de temps quand il s’agit de manipulations importantes. Il faut aussi chercher à y simplifier les rapports administratifs entre les services de la douane, ceux de l’exploitation et le public.
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- Cette organisation doit, en somme, avoir pour but de faciliter les demandes et déclarations dos capitaines, pilotes et agents du port, en môme temps que celles des consignataires des marchandises ou agents maritimes ; elle doit permettre l’acquittement des taxes, autant que possible, à proximité du lieu meme du dépôt do la marchandise et éviter tout transport ou allée et venue inutiles.
- Il faut également que les navires puissent accoster à quai, dès leur arrivée, et qu’ils soient en mesure de commencer aussitôt leur chargement ou leur déchargement, afin de se trouver libres d’en repartir dès que leurs opérations sont terminées. Il faut enfin que la « libre pratique » leur soit accordée durant un temps aussi long que possible, afin d’éviter toute perte de temps à l’arrivée comme au départ, et qu’elle puisse même être donnée à toute heure de nuit, lorsqu’il s’agit des grands courriers postaux.
- La réalisation de toutes ces conditions, qui doivent concourir à l’amélioration de la vie commerciale d’un grand port, ne serait cependant pas suffisante pour atteindre le but envisagé. A ce point de vue, l’on doit aussi tenir compte du rapport intime qui existe nécessairement entre le fret et la prospérité du port. Le développement cl’un port n’est-il pas directement lié au bon marché du fret? Et pour qu’un fret soit bas, ne faut-il pas que les navires puissent opérer sur des cargaisons complètes? S’ils sont obligés, au contraire, d’entrer dans plusieurs poids pour y prendre ou y déposer des cargaisons de faible tonnage, ils doivent forcément augmenter leur fret, en compensation des frais d’escale. 11 est donc bien évident que, si les navires ont le choix entre plusieurs destinations, ils se rendront de préférence aux points où iis pourront opérer sur des cargaisons plus importantes. De son côté, le commerce choisira toujours, d’instinct, les ports où des départs fréquents lui assurent une prompte et économique expédition de ses marchandises. D’où il suit qu’un port relié par des services nombreux et réguliers à tous les marchés du monde, deviendra lui-même, par la force des choses, un des plus grands marchés.
- Il semble donc, à première vue, que tout dépende des Compagnies de navigation auxquelles il appartient d’établir des lignes régulières. Encore faudrait-il, dans ce cas, que les ports satisfassent, tout d’abord, aux conditions que la marine marchande est en droit d’exiger d’eux. Mais, à tout bien considérer, bon se rend vite compte que la solution du problème des frets et des grands marchés n’est pas uniquement une question d’armement.
- 11 faut surtout, pour qu’un port progresse, que les marchandises puissent y affluer de tout l’hinterland qu’il dessert, ou bien, inversement, y pénétrer avec des conditions de transport véritablement bon marché. Il faut, en définitive, qu’il soit desservi vers l’intérieur par des voies d’eau bien aménagées jpour le transport économique des matières lourdes, encombrantes ou de peu
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- de valeur, qui ne sauraient que difficilement payer la dépense plus élevée d’un transport par voie ferrée, tandis que, sous le rapport des marchandises chères-et des passagers, il n’est pas moins intéressant que le port soit le point d’aboutissement de tout un réseau de voies ferrées permettant, au besoin, d’attirer à son profit.le grand transit international.
- Pour que certains ports deviennent de grands marchés de fret et de marchandises, il semble également que l’on devrait y faciliter l’application du régime des « zones franches ». Ce régime, qui a très souvent été confondu-avec celui des ports francs, ne vise, en réalité, que certaines marchandises entreposées en viie de leur réexportation et pouvant, dans ces enceintes, être-arnéliorées, transvasées, mélangées ou divisées, afin d’être mises sous une forme plus commerciale.
- La création de pareilles zones devient, d’ailleurs, très facile, dès que l’on-admet le principe de la fermeture de chaque port ou partie de port, au moyen d’une clôture ou grille empêchant toute communication directe entre leurs-terre-pleins et la ville. Ces zones franches existent, du reste, dans beaucoup de ports à l’étranger, sous le couvert des règlements ou de certaines facilités douanières, sans même que le nom en soit prononcé ; elles y favorisent toujours la création de grands courants d’échanges ou de dépôts de marchandises, qui, sans ces facilités, n’auraient aucune raison de rechercher ces ports.
- Il existe enfin un autre élément de prospérité qu’il faut bien se garder d& négliger. C’est l’apparition incessante et le développement constant des industries de toutes sortes, intéressées à venir se grouper au point d’aboutissement de toutes les voies terrestres, fluviales et maritimes. Ces industries bénéficient ainsi d’un minimum de frais de transport, aussi bien à l’importation qu’à l’exportation. C’est le cas des chantiers de constructions navales, des industries de transformation traitant des matières premières importées, telles que aciéries, huileries, raffineries de pétrole ou de sucre ; c’est aussi le cas des usines d’en-, grais chimiques, des tuileries, des usines de briquettes et des dépôts de charbon ou de bois. Ces agglomérations industrielles sont toujours des plus favorables au développement d’un port, puisqu’elles constituent un des éléments principaux de son trafic et, par le fait, concourent à l’abaissement du fret. Il semble donc tout naturel qu’on apporte le plus grand soin à favoriser la création, l’essor et le développement de ces industries, en mettant au besoin à leur disposition des bassins spéciaux, comme cela s’est pratiqué quelquefois à l’étranger, ou bien même en facilitant la création des installations maritimes, indispensables à leur développement. On pourrait aussi mettre à la disposition des industries nouvelles certains terrains conquis par le creusement ou l’agrandissement des ports.
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- Toutes ces conditions multiples sont souvent très difficiles à réaliser, surtout lorsqu’il s’agit d’améliorer un port déjà ancien, ce qui est généralement le cas chez nous. On se trouve alors en présence d’habitudes acquises que l’on doit ménager, ou de constructions existantes qu’il faut respecter et utiliser tant, bien que mal. Aussi ne réalise-t-on finalement que des demi-mesures qui, partant, ne produisent que des demi-effets.
- En outre, il faut presque toujours satisfaire en même temps plusieurs administrations indépendantes, nouvel écueil non moins dangereux que le précédent, car chacune d’elles, au lieu d’envisager le problème, dans son ensemble, n’y cherche quelquefois que le moyen d’affirmer sa prédominance. Le manque d’unité de vues dans les services de la construction et de l’exploitation constitue, en fait, une infériorité très grande, puisqu’il supprime toute initiative et toute responsabilité dans le fonctionnement économique du port. Les fâcheux effets de cette situation ne se font malheureusement que trop sentir dans bien des cas.
- En présence de la nécessité du développement de nos installations maritimes, devenu aujourd’hui si urgent, il semble donc qu’une des premières réformes devrait consister dans l’octroi d’une plus large indépendance aux services intéressés, de manière à mieux proportionner les initiatives aux responsabilités. Mais nous n’en dirons pas davantage, pour le moment, sur cette question capitale, nous réservant de la traiter dans une autre partie de ce travail.
- Pour conclure, l’emplacement d’un grand port doit, avant toutes choses, présenter le maximum de facilités pour ce qui concerne le mouillage et l’accès. Au point de vue des dispositions intérieures, il faut aménager le port d’une manière tout à fait pratique et industrielle, afin de favoriser, autant que possible, les opérations rapides des navires, le transit à bas prix des marchandises, et le débarquement ou.l’embarquement prompt et facile des voyageurs. Un port doit enfin être dirigé comme un grand organisme commercial, qu’il est en réalité, et ceux qui président à son administration doivent avoir le souci constant d’y faire affluer des marchandises de toutes sortes, en aussi grande quanti té et à un prix aussi réduit que possible.
- Tous les travaux d'aménagement, toutes les transformations, tous les agrandissements, qui sont aujourd’hui devenus partout indispensables, entraîneront forcément des dépenses considérables. Si donc la France tient à reconquérir et ensuite à conserver, au point de vue maritime et commercial, une situation véritablement en rapport avec ses ressources et le rôle économique qu’elle joue dans le inonde, elle n’a pas un instant à perdre: il faut qu’elle sache prévoir, dès maintenant, l’amélioration de ses principaux ports et qu’à
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- bref délai, elle soit en mesure de les munir d’un outillage approprié et tout à fait moderne.
- 11 n’est pas inutile de répéter ici que, 'pour être efficace, ce programme doit être envisagé au triple point de vue dont nous avons parlé, en escomptant dès à présent les nécessités et les exigences de l'armement pour une période de quinze à vingt ans, et également les accroissements du tonnage de marchandises dont chaque port est susceptible durant la même période, afin de ne pas être constamment en retard et afin surtout d'éviter des dépenses importantes sans aucun proft durable.
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- CHAPITRE III
- LES GRANDS PORTS FRANÇAIS
- L’étude que nous venons de faire des conditions actuellement nécessaires pour les grands ports de commerce et de transit, va nous permettre de rechercher quels sont les ports français qui peuvent prétendre à ce rôle.
- Pour mieux préciser la situation respective de nos ports au point de vue de leur mouvement maritime, et mettre en relief l’importance particulière de certains d’entre eux, il est indispensable de faire appel aux chiffres du tonnage de jauge de ces différents ports depuis un certain nombre d’années. Ces chiffres se trouvent réunis dans un des tableaux ci-joints.
- Il nous a paru également utile de compléter ce premier tableau par celui du mouvement des marchandises à l’entrée et à la sortie. Cet examen fait ressortir que certains de nos ports, tels que Cherbourg et Boulogne, ont pris tout récemment une grande place dans le mouvement transatlantique, tandis que d’autres, comme Rouen et Dunkerque, font plutôt preuve d’une activité commerciale des plus importantes.
- Nous serons ainsi amenés à examiner tout d’abord ceux de nos ports qui sont destinés à recevoir des paquebots transatlantiques de très grandes dimensions. Nous passerons ensuite en revue nos principaux ports commerciaux auxquels leurs conditions naturelles ne permettent pas de recevoir à toute heure les plus grands courriers, mais qui sont cependant appelés à jouer un rôle important dans notre commerce extérieur.
- Au point de vue de la grande navigation transatlantique, c’est-à-dire en ce qui concerne les services, réguliers assurés par des navires do très grandes dimensions, on se rend compte que certains de nos ports n’ont aucun rôle à jouer, du moins quant à présent. Les seuls d’entre eux qui aient pu, jusqu’ici, prendre part à ce mouvement sont : Marseille, sur la Méditerranée ; Bordeaux, La Pallice et Saint-Nazaire sur l’Océan; Brest, Cherbourg, Le Havre et Boulogne, sur la Manche ou à son entrée.
- Mais les conditions nouvelles, auxquelles les grands ports transatlantiques, devront satisfaire sous peu, imposent, dès à présent, un examen sérieux du problème, ainsi qu’une seconde sélection. Ces conditions ont déjà été énumérées plus haut. Elles exigent notamment un tirant d’eau de 12 à 13 mètres pour
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- Tome 110. — Octobre 1908.
- Mouvement maritime des principaux ports français.
- TONNAGE DE JAUGE A L’ENTRÉE
- 1869 1880 1890 1900 1905 1906 1907 (1) PROGRÈS p. 100 depuis 1890
- Marseille 2 218 000 3 636 000 4 871 000 6 164 000 7 824 000 7 974 000 5 444 903 73
- Le Havre. .... 1323 000 2 267 000 2 877 000 2 875 000 3 883 000 4 183 000 4 427 000 54
- Cherbourg. . . . 163 000 490 000 223 000 1 822 000 1 879 000 2 594 000 3503000 1 470
- Boulogne 334 000 562 000 851 000 1 514 000 1 995 000 2 142 000 2 464 000 189
- Dunkerque.... 427 000 849 000 1 453 000 1 612 000 2 071 000 2 285 000 2 278 000 56,7
- Bordeaux 772 000 1 604 000 1 956 000 2 088 000 1 905 000 2 212 000 2 196 000 12 2
- Rouen 284 000 726 000 992 000 1 306 000 1 312 000 1 645 000 1 759 000 77
- Cette 750 000 938 000 1 161 000 1 032 000 1 010 000 932 000 1 032 000 — 11,1
- Saint-Nazaire. . . 271 000 519 000 757 000 953 000 921 000 890/112 947081 25
- La Rochelle . . . La Pallice .... 173 000 )) 257 000 » 698 000 738 000 888 000 925 000 941 000 35
- Calais 334 000 556 300 597 000 819 000 869 000 856 000 813 471 36
- Nantes 275 000 329 000 413 000 578 000 682 000 760 000 765 000 85,5
- Dieppe 324 000 505 000 485 000 494 000 459 000 495 936 520 000 7,25
- (1) Les chiffres de 1901 ont été fournis par les Chambres de commerce et ne sont que provisoires
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- MOUVEMENT MARITIME DES PRINCIPAUX PORTS FRANÇAIS
- Tonnage des Marchandises à- l’Entrée et à la Sortie.
- Renseignements extraits du Tableau général du Commerce et de la Navigation pour 1907 [chiffres communiqués par l’Administration des Douanes).
- 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907
- Marseille /Entrée ' | Sortie 3 795 000 2 426 000 4 057 000 2 293 000 4 013 834 2 474 233 4 382 854 2 676 560 3 822 500 2 432 163 3 880 000 2 712 000 4 122 000 2 738 000 4 445 668 2 850 694
- ' Total 6 221 000 6 350 000 6 488 067 7 059 414 6 254 003 6 520 000 6 860 000 7 296 362
- Le Havre .... , Entrée. ...... ^ Sortie 2 386 000 1 073 000 2 276 000 1 029 000 2 155 280 1 020 418 2170 112 1 042 689 1 189 360 1 057 872 2 386 027 1 073 476 2 430 000 1 216 000 2 673 206 1 271 861
- ( Total. . . '. . . 3 459 000 3 305 000 3 175 698 3 212 801 3 197 232 3 459 503 3 646 000 3 945 067
- Rouen, i . . . . I Entrée ) Sortie 2 345 000 336 000 2 113 634 349 000 2 003 478 318 186 2 077 741 345 244 2 142 791 445 339 2 358 000 429 000 3 332 000 401 000 3 449 579 401 251
- [ Total 2 681 000 2 462 634 2 321 664 2 422 985 2 588 130 2 787 000 3 733 000 3 850 830
- Bordeaux .... / Entrée ) Sortie 1 868 000 1 163 000 1 786 861 1 051 571 1 733 928 960 690 1 682 633 1 125 459 1 701 091 880 359 1 799 000 1 098 000 2 033 000 1 037 000 2 299 359 1 145 929
- ' Total 2 851 000 2 838 432 2 694 618 2 808 092 2 581 450 2 897 000 3 070 000 3 445 288
- Dunkerque . . . / Entrée ) Sortie 2 028 000 872 000 1 923 900 995 803 1 798 709 917 871 1 915 861 860 457 1 827 689 932 094 1 999 000 997 000 2 481 000 909 000 2 420 847 954 849
- ' Total 2 900 000 2 919 703 2 716 580 2 776 318 2 759 783 2 996 000 3 390 000 3 375 696
- Saint-Nazaire . . , Entrée \ Sortie 1 398 000 357 000 1 268 811 350 541 1 157 536 329 981 1 038 166 319 709 928 501 353 059 883 000 368 000 1 103 000 370 000 1 223 535 339 065
- \ Total 1 755 000 1 619 352 1 487 517 1 357 875 1 281 560 1 251 000 1 473 000 1 562 600
- |
- Nantes. . . 1 Entrée ) Sortie 882 000 180 000 925 907 157 286 922 297 164 446 957 023 185 820 1 034 109 172 679 1 167 000 152 000 1 322 000 150 000 1 287 777 169 145
- 1 Total. 1 062 000 1 083 193 1 080 743 1 142 843 1 206 788 1 319 000 1 472 000 1 456 922
- Cette /Entrée | Sortie . 616 000 216 000 653 184 210 549 598 980 223 272 709 051 239 822 745 009 252 437 588 000 206 000 569 000 196 000 603 274 201 777
- ' Total. 832 000 803 733 822 252 948 873 997 506 794 000 765 000 O O CO
- Boulogne . . . . / Entrée. ...... ) Sortie . 444 000 335 000 398 014 319 676 367 886 297 606 318 557 296 831 341 921 359 315 319 000 287 000 454 000 284 000 530 251 269 117
- ' Total 779 000 717 690 055 492 615 388 701 236 606 000 738 000 799 368
- La Rochelle . . . La Pallice. . . . / Entrée ’) Sortie 597 000 109 000 573 041 108 707 609 989 106 597 601 298 121 015 558 815 136 206 585 000 145 000 654 000 132 000 664 106 129154
- ' ’ Total 706 000 681 748 716 586 722 903 095 021 730 000 786 000 793 260
- Calais / Entrée ) Sortie ........ 368 000 191 000 271 480 141 258 311 742 176 478 342 606 154 328 327 092 142 903 261 000 137 000 543 000 135 000 487 577 120 499
- ' Total. . . . 559 000 412 738 488 220 496 934 469 995 398 000 678 000 608 076
- Dieppe 1 Entrée 1 Sortie 505 000 124 000 470 353 122 954 353 486 143 928 390 783 . 129 192 350 467 131 088 245 000 126 000 416 000 141 000 479 793 116 437
- 1 Total. . . . 629 000 593 000 497 414 519 975 481 555 471 000 557 000 596 230
- Cherbourg. . . . p Entrée | Sortie 127 000 157 000 143 071 190 862 142 614 196 599 156 457 186 362 160831 165 794 144 000 156 000 149 000 146 000 155 201 134 449
- 1 ( Total 284 000 333 933 < A 339 213 342 819 326 625 300 000 295 000 289 650
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- NAVIGATION.
- OCTOBRE 1908.
- un avenir très prochain. Il faut donc rechercher quels sont ceux d’entre ces ports qui pourraient être bientôt en mesure de remplir ces conditions.
- Sur la Méditerranée, Marseille offre tout d’abord, du côté de l’Ouest, un accès très facile, avec des fonds de 15 à 20 mètres (Planche VIII).
- D’autre part, le nouveau bassin de la Pinède et le futur bassin de la Madrague, dont les plans sont déjà arrêtés, peuvent facilement être aménagés pour recevoir à quai de grands steamers de 12 à 13 mètres de tirant d’eau, puisqu’ils présentent dans certaines parties des profondeurs naturelles très supérieures à ce chiffre. On peut donc considérer le problème de l’établissement *d’un port méditerranéen de grand tirant d’eau comme d’ores et déjà résolu, ou du moins comme pratiquement réalisable.
- Il n’est d’ailleurs pas douteux que cet état de choses n’ait dans l’avenir une très grande importance, au point de vue du développement de notre situation maritime dans le bassin de la Méditerranée. Comme tête de ligne ou comme port d’escale des lignes d’Extrême-Orient, Marseille peut donc facilement se trouver en avance au point de vue de l’accroissement possible dans les dimensions des navires qui fréquentent le canal.de Suez, et cela à bref délai et pour une assez longue période.
- Dans sa concurrence avec Gênes, qui se présente comme son rival le plus-sérieux dans son mouvement d’expansion vers l’Amérique, cette situation n’est pas moins heureuse. Mais le port de Gênes offre, lui aussi, de réelles facilités d’accès pour les grands navires ; son extension prochaine comporte également des bassins à grande profondeur.
- Cependant, pour que Marseille puisse tirer un plus large profit de sa situation privilégiée, il est indispensable que la liaison entre les navires et les voies ferrées y devienne plus étroite et plus parfaite, de manière à réduire au minimum l’encombrement des marchandises ainsi que les pertes de temps pour les voyageurs.
- A ce propos, l’encombrement du bassin de la Joliette, où tous les navires sont entassés normalement aux quais, sans pouvoir être desservis par des moyens économiques et rapides, est un exemple.frappant de l’insuffisance de l’outillage-de nos ports. Le transport des marchandises s’y fait encore dans la plupart des cas par camions, faute d’une installation appropriée et suffisamment moderne des voies ferrées. Que de pertes pour le commerce, par suite de ces manutentions trop coûteuses et trop lentes! Ces pertes, dans le seul bassin do la Joliette se chiffrent par 1 million ou 1 million et demi par an, puisque les 1 200 000 tonnes de marchandises manutentionnées dans ce bassin, en 1907, ont coûté chacune au moins 1 franc de plus que le prix normal.
- Il est également regrettable d’être obligé de constater qu’en ce qui concerna
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- les voyageurs, la seule ligne régulière qui ait pu obtenir l’organisation de « trains transatlantiques » venant embarquer et débarquer les passagers, soit une Compagnie anglaise, la « Peninsnlar and Oriental Company ».
- Pendant que nous nous occupons de Marseille, il est bon d’ajouter que son véritable avenir réside dans la création prochaine d’un canal latéral au Rhône, dont la construction actuelle du canal de Marseille à Arles ne peut être considérée que comme la première phase. Il deviendrait alors le véritable débouché de toute la vallée de la Saône et de l’Allemagne du Sud. Mais, en prévision d’un pareil trafic et des besoins toujours croissants de la grande navigation moderne, ne de vrait-on pas, dès à présent, prévoir des projets plus vastes que celui du bassin de la Madrague ?
- Il n’est pas sans intérêt de noter, en passant, que Toulon, notre grand port militaire sur la Méditerranée, se prête parfaitement aux tonnages croissants de l’architecture navale et à l’augmentation du tirant d’eau des navires jusqu’à 12 et 13 mètres.
- Sur l’Atlantique, le problème est plus complexe. Jusqu’ici la grande navigation s’est plus ou moins répartie entre Bordeaux, La Pallice et Saint-Nazaire. Bordeaux est la tête de ligne de la Compagnie des Messageries Maritimes vers l’Amérique du Sud et la Côte Occidentale d’Afrique, ainsi que de plusieurs autres compagnies. Mais un certain nombre de navires ne remontent souvent que jusqu’à Pauillac, ou du moins sont obligés d’y relâcher pour s’alléger ou compléter leur chargement. La Pallice, au contraire, n’est qu’un port d’escale, qui n’a guère été utilisé jusqu’ici, au point de vue où nous nous plaçons, que par les paquebots de la « Pacific S team Navigation C° ». Enfin Saint-Nazaire est le point de départ des services de la Compagnie Transatlantique vers l’Amérique Centrale.
- L’accès de la Gironde par les grands paquebots qui fréquentent le port de Bordeaux, et dont les dimensions n’approchent cependant pas de celles des navires en service sur les lignes de New-York, est actuellement assez irrégulier ; la montée ne peut, en effet, se faire la plupart du temps qu’au moment de la marée haute.
- Si l’on considère, d’autre part, que le programme en cours d’exécution consiste à obtenir jusqu’à Bordeaux un tirant d’eau de 4 mètres à marée basse, ce qui à marée haute moyenne donne 8 mètres environ, on comprend aisément qu’il ne peut être question d’envisager le problème de la grande navigation future jusqu’à Bordeaux même. L’arrivée et le départ des courriers transatlantiques y resteraient malheureusement toujours subordonnés au niveau de la marée, et le tirant d’eau de ces navires s’y trouverait ainsi limité à ce qu’il est aujourd’hui. C’est donc à l’embouchure de la Gironde qu’il faut se transporter pour faire l’examen des conditions hydrographiques qui nous occupent.
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- NAVIGATION.
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- Nous ne nous arrêterons pas à l’étude des facilités que pourraient présenter la rade et les appontemenls de Pauillac situés à 50 kilomètres de l'embouchure. Le tirant d’eau du chenal d’accès n’est pas suffisant; les installations de Pauillac, bien que fort coûteuses, n’ont donc pas résolu la question, et l’on peut exprimer ici le regret que cet ouvrage, relativement récent, n’ait pas été fait plus en aval. .
- Le véritable point d’atterrissage est, en effet, Le Yerdon, en amont de la pointe de Grave, près de la Cliambrette, où l’on pourrait établir à peu de frais, semble-t-il, les. installations indispensables à la grande navigation de l’avenir, avec des fonds de 12 à 13 mètres sous basses mers (Planche IX).
- Loin d’être insurmontable, le seul inconvénient actuel réside dans l’isolement du Yerdon et dans la nécessité de remanier entièrement et de compléter la ligne de chemin de fer du Médoc, par la création d’un chemin de fer de ceinture qui la relierait aux lignes du Midi. Des trains transatlantiques à grande vitesse pourraient ainsi y circuler, et des relations directes et rapides seraient alors assurées entre Paris et Le Verdon, via Bordeaux.
- Il .serait d’ailleurs contraire aux intérêts français de chercher à dissimuler plus longtemps les conditions absolument désavantageuses dans lesquelles se trouvent aujourd’hui les passagers transitant par le port de Bordeaux’. Aucune amélioration n’y a été accomplie/depuis vingt-cinq ou trente ans, dans l'intérêt des voyageurs qui, soit à l’embarquement, soit au débarquement, sont toujours obdigés de perdre de longues heures, souvent une journée entière, dans une attente inutile et fort préjudiciable aux intérêts non seulement de Bordeaux, mais du pays tout entier. Cet état d’infériorité est d’autant plus fâcheux qu’il a fait perdre à notre armement un monopole de fait qu’il détenait encore, il y a vingt ans à peine ; une grande partie du transit supplémentaire vers l’Amérique du Sud s’est trouvée ainsi accaparée à notre détriment par des lignes anglaises, allemandes ou italiennes.
- D’autre part, Bordeaux se voit obligé de lutter aujourd’hui contre la concurrence de Lisbonne, qui, grâce aux facilités accordées récemment à la grande navigation (1), est en train de devenir le véritable port de vitesse de l’Europe, pour les lignes sud-américaines en provenance ou à destination de la Manche et de la mer du Nord.
- D’après l’examen des cartes, Boyan off rirait des conditions non moins favo-
- (1) Création d’un Sud-Express quotidien depuis le 1er janvier 1907 ; d’où, pour les voyages en Amérique du Sud, économie de trente-six heures dans le trajet via Lisbonne, sur le trajet actuel via Bordeaux. Atténuation des mesures douanièi’es et sanitaires qui rendaient autrefois le débarquement pour ainsi dire impossible. Entrée des navires, à toute heure, dans le Tage, et octroi de la libre pratique jusqu’à minuit, tandis qu’à Bordeaux elle n’est accordée que jusqu’au coucher du soleil.
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- râbles ail point de vue des fonds pour la création d’un port transatlantique à l'embouchure de la Gironde, mais son abri par certains vents serait moins sûr, et par suite les travaux à y effectuer seraient plus coûteux.
- Par contre, sa situation serait plus avantageuse au point de vue de la rapidité des communications, puisque la distance, par voie ferrée, deRoyan à Paris, n’est que de 565 kilomètres, tandis que la distance du Verdon à Paris via Bordeaux atteint 682 kilomètres, ce qui représente une différence d’au moins une heure et demie. D’ailleurs le trajet rapide Royan-Paris se fait déjà dans d’excellentes conditions.
- Mais l’accès de ces deux points : Le Verdon et Royan, comme du reste l’accès de toute la Gironde, se trouve commandé par le seuil de la passe Nord, ou barre de la Mauvaise. Ce seuil présente, en effet, une barre sous laquelle il ne reste que 9 mètres d’eau à marée basse, ce qui permettrait l’entrée des navires de 11 mètres en tout temps, sauf pendant quelques heures aux grandes basses mers de vives eaux. (La mer reste, aux basses mers de morte eau, à 2 mètres au-dessus de zéro, et seulement à 1 mètre en vi\7e eau ordinaire.)
- Peut-être serait-il possible d’éviter cet inconvénient au prix de quelques dragages, comme cela s’est fait pour d’autres barres. Mais il faudrait, dans ce cas, baliser d’une manière très précise, la route des navires.
- Il est bien entendu que ces considérations sur l’opportunité de la création, au Verdon, d’un avant-port en eau profonde, accessible à toute heure de. marée, aux très grands transatlantiques d’aujourd’hui et de demain, ne doivent ralentir en rien l’exécution des projets à l’ordre du jour pour améliorer le port de Bordeaux, de manière à lui assurer des conditions meilleures que celles dont il dispose actuellement.
- Si l’on remonte maintenant la côte de l’Atlantique jusqu’à La Pallice, pour •examiner les conditions nautiques du bassin qui porte ce nom, on se rend immédiatement compte de l’insuffisance absolue du port actuel pour les futurs navires de grand tirant d’eau, qui seuls nous occupent ici (Planche X).
- Mais, en revanche, ce port jouit du privilège de posséder une rade extérieure toujours accessible et bien abritée, avec un mouillage de 12 à 13 mètres sous zéro. Ces avantages capitaux justifieraient donc le choix que l’on pourrait faire de La Pallice et les améliorations qu’il y aurait lieu d’y apporter. Mais il faut reconnaître, pour être équitable, que le port de La Pallice est loin de présenter, au point de vue de l’arrière-pays qu’il dessert, des avantages aussi marqués que s’il se trouvait placé au point d’aboutissement d’une grande voie naturelle, comme la Garonne ou la Loire.
- Par, sa situation à l’extrême embouchure de la Loire, Saint-Nazaire semblerait, à première vue, devoir remplir les conditions d’un port de vitesse pour Mantes et le centre de la France. Ses installations maritimes ont d’ailleurs été
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- récemment l’objet d’améliorations importantes. Malheureusement, il présente l’obstacle très grave de la Barre des Charpentiers. Le seuil de cette barre, qui n’a que 5 mètres sous zéro, et les seuils qui lui succèdent jusqu’à Saint-Nazaire, ne permettraient pas d’y assurer à toute heure l’entrée des navires à grand tirant d’eau. Saint-Nazaire n’en constitue pas moins un très bon port d’avenir, mais seulement un port à marée pour les grands transatlantiques, dans les conditions actuelles.
- En résumé, l’examen comparatif de nos grands ports de l’Atlantique nous amène à retenir seulement La Pallice et Le Verdon, comme susceptibles d’être aménagés pour la grande navigation, telle qu’elle semble devoir se développer d’ici une quinzaine d’années. La Pallice offre incontestablement une supériorité sensible au point de vue nautique, puisque sa rade est accessible aux plus grands navires, mais son chenal et toutes les installations actuelles de son bassin seraient à approfondir, ce qui, en terrain rocheux, pourrait présenter quelques difficultés, et serait, en tous cas, fort coûteux.
- Le Verdon semble, au contraire, à dépenses égales, beaucoup mieux approprié. à jouer ce rôle prépondérant sur l’Atlantique. Il est, d’ailleurs, incontestable qu’en devenant notre port d’atterrissage en eau profonde sur l’Océan, Le Verdon-contribuerait puissamment à servir les intérêts de Bordeaux, dont il ne pourrait que favoriser le trafic commercial, et développer le mouvement de transit.
- Il nous reste à procéder à l’examen comparatif de nos grands ports du Nord. Au point de vue de la navigation transatlantique, ce choix ne peut se faire qu’entre Brest, Cherbourg, Le Havre et Boulogne.
- La situation de Brest, à la pointe la plus occidentale de notre territoire, l’indique, à première vue, pour l’atterrissage des grands courriers. C’est, en effet, avec Lisbonne, le port continental le plus rapproché de New-York. Il offre, en outre, une entrée très vaste et bien protégée, d’où l’on peut accéder facilement jusqu’aux fonds de 12 mètres de la rade-abri. Mais ces avantages sont fortement amoindris par l’isolement où se trouve ce port, sans arrière-pays prodùcteur, et sans moyens de communications rapides avec Paris et l’Europe Centrale.
- Au point de vue nautique, Cherbourg présente des conditions non moins favorables ; grâce à des fonds de 13 mètres sous zéro, sa grande rade est accessible, à toute heure, aux navires de toutes dimensions, jusqu’à un tirant d’eau de 14 mètres. Au surplus, l’accès d’un navire à marche rapide, obligé d’atterrir aussi vite que possible, sera toujours plus facile à Cherbourg qu’à Brest, où de nombreux récifs, des brumes fréquentes, et l’agitation de la mer traversée par des courants assez violents peuvent souvent rendre l’atterrissage plus délicat (Planche XI).
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- La situation géographique de Cherbourg est d’ailleurs de tout premier ordre. Il se trouve situé sur la route môme des paquebots en provenance ou à destination de la Mer du Nord, qui tous, ou presque tous, y font aujourd’hui escale. Quant à sa distance de Paris, elle n’est que de 370 kilomètres, et six heures et demie suffisent pour la franchir. Brest, au contraire, est à 625 kilomètres de Paris, ce qui représente un trajet d’au moins dix heures, par les trains actuels les plus rapides.
- Malgré tout, ce parcours de 370 kilomètres, qu’il faut six heures et demie pour accomplir, est encore bien long, si on le rapproche du trajet Paris-Boulogne, 254 kilomètres en trois heures et quart, ou Paris-le Havre, 228 kilomètres en deux heures trois quarts (1).
- Cet éloignement relatif de Paris et l’absence d’un hinterland producteur et consommateur sont, en somme, les raisons pour lesquelles Cherbourg ne deviendra vraisemblablement jamais tête de ligne des grandes compagnies de navigation. Cela ne l’a cependant pas empêché de devenir, par la force même des choses, notre plus grand port d’escale pour les lignes étrangères sur l'Amérique qui, dans ces derniers temps, l’ont presque toutes adopté comme « port de vitesse » pour le transit des voyageurs.
- Le même examen devient beaucoup plus complexe en ce qui concerne le Havre. Il est presque superflu de rappeler ici les très grands avantages que lui procure sa situation géographique. Placé à remboucliure de la Seine, c’est-à-dire au débouché d’une magnifique voie de pénétration, et à proximité même de Paris, le cœur de la France, le Havre commande une de nos régions les plus importantes et les plus riches. Il coopère au développement de Rouen, son industrielle et active voisine. Il dessert toute la Seine, et surtout l’agglomération parisienne qui constitue notre plus grand centre de consommation et de production. L’amélioration de la Basse-Seine a déjà considérablement développé Rouen ; la canalisation du fleuve a créé, d’autre part, un moyen de transport des plus économiques au profit de Paris (Planche XII).
- Mais la création au Havre d’un énorme port moderne en ferait forcément l’entrepôt de tout le Nord, de l’Est, et même du centre de la France. Du même coup lui serait rendu le marché des frets que la concurrence des ports belges, hollandais et allemands lui a aujourd’hui presque entièrement enlevé. Il importe, en effet, de rappeler qu’une grande partie des marchandises françaises, bien que produites ou fabriquées dans la zone du Havre, sont cependant, malgré l’éloignement, drainées jusqu’à Anvers par des conditions de fret plus avantageuses et sont ainsi exportées par cette voie au détriment de nos ports et de notre armement (Planche XIII).
- (I) Tous ces chiffres sont naturellement relatifs aux trains actuels les plus rapides.
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- Le Havre est aussi le port d’attache d’une de nos plus grandes lignes de navigation : la Compagnie Générale Transatlantique. Celle-ci, depuis plus de vingt ans, lutte vaillamment contre la redoutable concurrence des lignes étrangères ; elle a su même, à maintes reprises, détenir à notre profit le record de la vitesse et du confort, en ce qui concerne les voyages entre l’Europe et New-York. Il ne faudrait pas, aujourd’hui, qu’elle se trouvât embarrassée ou même paralysée dans son développement normal, par suite d’erreurs ou d’imprévoyances dont la responsabilité ne pourrait remonter qu’au régime sous lequel sont administrés nos ports.
- A l’heure actuelle, les différentes compagnies transatlantiques ont à satisfaire au transport d’un nombre de passagers et d’émigrants de plus en plus important. Il en résulte une lutte à outrance dans laquelle le port du Havre, malgré tous ses agrandissements successifs, est malheureusement resté trop en arrière. Il constitue, en somme, une véritable entrave aux progrès normaux de !architecture navale, puisque les nouveaux types de grands navires français, en ce moment à l’étude, bien que très inférieurs en dimensions aux autres grands paquebots déjà à flot, tels que le « Lusitania »,ne pourraient ni y entrer ni en sortir à toute heure de marée. Ajoutons, ce qui est plus grave, que ces navires n’y trouveraient pas de cales sèches assez grandes pour y être carénés et se verraient ainsi obligés d’aller jusqu’à Southampton pour cette opération.
- Pour remédier à ce fâcheux état de choses, un projet d’agrandissement et de transformation du port du Havre est en ce moment soumis au Parlement. En raison du grand intérêt que présente la question à notre point de vue français, il nous a paru nécessaire d’étudier ici ce projet avec une attention toute spéciale et d’entrer même dans quelques détails et considérations techniques au sujet des travaux qu’il comporte. La situation vraiment exceptionnelle dû Havre et l’importance de l’effort qu’il est urgent d’y faire, justifient, d’ailleurs, suffisamment cet examen plus approfondi.
- L’avant-projet en question prévoit notamment l’établissement d’un port à marée construit entièrement en emprise sur la Seine et complètement distinct, par conséquent, du port actuel, mais dont l’entrée aurait lieu par le même avant-port. Ces installations comporteraient en ontre l’emplacement de plusieurs formes de radoub, dont une première, de grandes dimensions, serait construite immédiatement. On y joindrait, sur une longueur de 1 000 mètres, un quai d’accostage pour grands paquebots, ayant à son pied 12 mètres d’eau sous zéro. Le reste du bassin, les pertuis d’entrée et le chenal d’accès dans l’avant-port seraient creusés seulement à 6 mètres sous zéro. On voit donc qu’aucune disposition n’est encore arrêtée pour assurer aux grands navires modernes la possibilité d’entrer et de sortir à toute heure de marée et de pouvoir ainsi atteindre
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- l’objectif si important des « départs à heure fixe » déjà organisés à New-York et dans certains ports du continent européen.
- L’exécution rapide de ces travaux constituerait déjà, sans aucun doute, une amélioration notable sur le passé. Mais le but de cette étude étant de rechercher si le Havre peut présenter les conditions requises pour donner accès aux plus grands navires modernes avec les dimensions qu’ils atteindront vraisemblablement d’ici une vingtaine d’années, il faut malheureusement reconnaître que le projet actuel est loin d’y satisfaire. S’il était réalisé dès aujourd’hui, il apporterait assurément un concours très précieux à nos services transatlantiques. Mais à l’époque encore lointaine de son achèvement probable, c’est-à-dire dans huit ou dix ans, tout porte à croire que l’on y constatera des lacunes et des insuffisances comparables à celles que M. Charles-Roux, l’éminent Président de la Compagnie Générale Transatlantique, et ses services techniques ont déjà dû. signaler au sujet des travaux actuellement en voie de parachèvement et qui cependant n’ont pas encore été livrés au service public.
- L’écueil auquel on se heurte depuis plus de trente ans au Havre semble résider dans la conception erronée que l’on s’est faite du rôle de notre grand port de la Manche. On a beaucoup trop envisagé, à propos du Havre, les intérêts strictement locaux qu’il est appelé à servir. A ce point de vue, les crédits lui ont toujours été parcimonieusement discutés, par suite du déplaisir que la plupart de nos législateurs ne manquent pas de témoigner chaque fois qu’il s’agit d’affecter des sommes relativement élevées à un intérêt particulier, quand ce n’est pas celui de leur circonscription.
- On a oublié de mettre en relief la véritable valeur du Havre au point de vue national. Gomme marché de fret et comme entrepôt de la région du Nord, — comme port d’embarquement et de transit des voyageurs, — comme point de convergence des grands courants de marchandises qui transitent actuellement dans la Manche, à proximité, presque en vue de l’estuaire de la Seine, — le Havre mérite bien cependant une attention toute particulière. Devant consacrer une partie de cette étude au rôle économique de nos grands ports et aux avantages considérables que le détournement d’une partie du courant des marchandises peut procurer au pays au profit duquel il se produit, nous n’insisterons pas davantage sur ce point pour le moment ; qu’il nous suffise de dire ici que, considéré au point de vue national, le programme actuel du port du Havre n’est pas assez vaste, et qu’il ne semble d’ailleurs accepté des principaux intéressés que comme un pis aller, dans des conditions analogues à celles où le-l'ut le précédent projet. On y sent partout la préoccupation de ne pas oser faire grand, ni même projeter un plan d’ensemble progressivement réalisable, de peur d’effrayer. Si l’on regarde, au contraire, chez nos voisins, soit à Douvres ou à Li ver pool, soit à Anvers, soit à Rotterdam ou à Hambourg, on ne rencon-
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- tre chez eux aucune hésitation à faire des projets énormes qu’ils exécutent ensuite tout d’un coup ou peu à peu, suivant leurs besoins économiques et suivant leurs ressources financières.
- Pour répondre au programme que nous envisageons et faire du Havre un grand port ouvert à .toute heure, il faudrait que le chenal d’accès aujouiv d’hui dragué à 4m,50 ou 5 mètres sous zéro, fût approfondi tout de suite jusqu’à 10 à 42 mètres sous zéro.
- Dans ce cas, l’on est presque fatalement amené à protéger l’entrée de ce chenal et à créer une rade à l’abri de digues construites sur les « hauts de la rade ».
- Pour éviter l’inconvénient bien souvent signalé du comblement de la rade par les alluvions de l’estuaire, on devrait prévoir des ouvertures peu nombreuses vers l’estuaire et favoriser au contraire l’arrivée dans la rade des-eaux claires du large. On pourrait ainsi ne faire que trois pertuis dans les jetées de la rade, l’un de petite dimension pour le cabotage près de F ancienne passe du Sud-Ouest, l’autre de plus grandes dimensions à l’emplacement du grand chenal actuel; enfin, une autre entrée très large devrait être réservée vers le Nord, près de la pointe de laHève, avec une disposition spéciale pour assurer en même temps la protection de cette pointe, que tout le monde s'accorde à réclamer.
- Quant à l’emprise sur la Seine, — puisqu’on s’est enfin décidé à la faire, — elle devrait, semble-t-il, être effectuée moins timidement, de manière à réserver de suite une surface beaucoup plus large, et être ainsi en mesure de prévoir des installations maritimes mieux appropriées, non seulement aux nécessités -d’aujourd’hui, mais encore et plus particulièrement aux évolutions des grands navires do demain. Il est intéressant de comparer, à ce propos, les derniers relevés des services de la navigation de la Seine qui représentent l’état de l’embouchure du fleuve, vers le milieu de 1906 et en 1907, avec les résultats de la dernière reconnaissance faite par les Ingénieurs hydrographes de la Marine en 1894. On constate ainsi que les endiguements de la Seine avaient eu pour effet de maintenir tout d’abord, à peu près dans les mêmes conditions de profondeur, la passe principale entre le banc d’Amfard et celui du Ratier tandis que maintenant (1907), le chenal principal emprunte la passe Sud, entre le banc du Ratier et Villerville. Les atterrissements vers le nord ont été, d’autre part, assez considérables, et le seuil du faux chenal au nord du banc d’Amfard se trouve aujourd’hui très sensiblement relevé.
- En réalité, l’embouchure de la Seine maritime dans son état actuel est beaucoup trop large pour permettre d’y maintenir et d’y fixer un chenal suffisamment profond.
- En partant de ces considérations, dont une partie des effets ne peuvent vraisemblablement que s’accentuer avec le prolongement des endiguements de
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- la Basse-Seine tels qu’ils sont prévus, on en arrive à se convaincre que le faux chenal du Nord est à peu près destiné à se combler naturellement, à moins qu’on ne cherche à le maintenir artificiellement. On ne saurait donc plus opposer aucune objection de principe à faire une emprise sur la Seine d’environ 1500 mètres au large de la digue Saint-Jean. Ajoutons que la création d’un vaste avant-port, dont l’accès se ferait seulement par eau claire, aurait l’immense avantage de séparer une fois pour toutes et très nettement le problème du Havre de celui de la Basse Seine. On peut consulter à ce sujet B avant-projet schématique qui se trouve plus loin et qui réunit toutes ces idées (Planche XIII).
- La seule objection à un pareil projet vient malheureusement de la disposition de l’avant-port actuel (programme 1895), car l’insuffisance de son étendue serait d’autant plus aggravée que la nouvelle emprise serait plus importante. Il ne faut cependant pas que les erreurs passées, dues, comme on le sait, à l’extrême modicité des crédits, fassent renoncer définitivement à la création d’un grand port transatlantique au Havre.
- Les avantages d’une grande rade abritée s’étendant jusqu’aux hauts de la rade satisferaient d’ailleurs un double intérêt : celui de la navigation transatlantique et celui de notre marine de guerre, à condition que cette rade puisse être creusée sur une certaine étendue à 10 ou 12 mètres sous zéro (1).
- En ce qui'concerne le port lui-même à créer en emprise sur la Seine, du moment que cette emprise serait augmentée, il n’y aurait plus alors aucun inconvénient à disposer les quais sous forme de wharfs inclinés et à élargir les terre-pleins. L’accès deviendrait ainsi plus facile, aussi bien pour les navires que pour les voies ferrées, et toutes les manœuvres seraient alors rendues plus économiques et plus rapides. -
- Un projet établi sur ces bases doterait assurément le Havre d’une installation maritime des plus modernes. Il n’est pas douteux que ses destinées, comme notre grand port sur la Manche, ne soient en rapport avec le grand effort financier qu’il y aurait lieu, dans ce cas, d’envisager dès à présent à son profit.
- Il faut, en effet, qu’il puisse offrir, avant dix ans, clés facilités au moins égales à celles des plus grands ports du monde et notamment à celles de New-York. Si cet effort considérable ne pouvait pas être accompli sur le Havre, l’on devrait alors le faire peser sur Cherbourg ou sur Boulogne. La situation géographique de Cherbourg, à l’extrémité d’une longue presqu’île, n’est malheureusement pas comparable à celle du Havre, en ce qui-concerne les
- (1) Il n’est pas sans intérêt de rappeler ici que certains de nos établissements maritimes d’Algérie, de Tunisie et même du Sénégal, sont dès maintenant pourvus de rades-abris artificielles, avec 10 mètres au moins et souvent même 16 mètres d’eau. C’est le cas, notamment, des ports d’Alger, Oran, P h i 1 i pp evi lie, Bizerte et Dakar.
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- bénéfices commerciaux qui pourraient en résulter pour le pays tout entier (1).
- Quant à Boulogne, à côté d’avantages appréciables que nous devons signaler, il ne saurait non plus satisfaire aux mômes conditions commerciales. Boulogne est assurément privilégié, si l’on tient compte qu’il n’est qu’à trois heures de Paris, à trois heures de Londres, à cinq heures de Bruxelles, à douze heures de Bâle et qu’il se trouve, de plus, directement placé sur le passage de tous les grands vapeurs qui se dirigent vers la mer du Nord ou qui en reviennent. C’est, d’ailleurs, cette situation exceptionnelle qui lui a valu, depuis quelques années, l’escale régulière d’un grand nombre de Compagnies transatlantiques étrangères (Planche XIV).
- Pour compléter les installations maritimes du port de Boulogne et réduire encore la durée du passage des voyageurs et des marchandises entre le navire et la voie ferrée, de nouvelles améliorations sont en ce moment à l’étude: on y projette notamment de relier directement le port extérieur avec la Compagnie des chemins de fer du Nord, au moyen d’un tunnel qui déboucherait vers l’enracinement d’un wharf. Cette disposition permettrait de faire gagner une demi-heure aux passagers qui éviteraient ainsi de traverser la ville. Si plus tard la voie ferrée pouvait être amenée sur la jetée Carnot, jusqu’auprès du mouillage des transatlantiques, à un endroit où l’on pourrait établir un appontement spécial, on imagine sans peine les avantages qui en résulteraient pour les voyageurs.
- Enfin, la construction d’un ou de plusieurs wharfs et d’une gare maritime dans l’avant-port serait un complément très utile pour améliorer nos relations directes avec l’Angleterre.
- Quant au prolongement de la jetée Carnot et à l’approfondissement subséquent du mouillage, ce sont des travaux d’une importance relativement faible, mais qui pourraient cependant améliorer considérablement les conditions actuelles en assurant 12 mètres d’eau presque à toute époque.
- Pour conclure, sur la Méditerranée, c’est sur Marseille que doivent se concentrer nos efforts, afin d’en faire un port à grand tirant d’eau, capable de rendre au commerce national tous les services qu’on est en droit d’attendre de sa situation exceptionnelle. Mais il importe aussi de préparer son port au rôle beaucoup plus considérable qu’il est appelé à jouer le jour où, définitivement relié avec le Rhône, et plus tard, par un canal latéral, avec Lyon et la Saône, il sera enfin devenu le débouché nécessaire de toute la vallée du Rhône et même de l’Allemagne Centrale.
- (1) Il faut mentionner ici la construction, à Cherbourg, d’un grand bassin de radoub ayant 245 mètres de longueur, 36 mètres de largeur à l’entrée, et 11 mètres de profondeur sous mer moyenne. >
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- Du côté de l’Atlantique, Le Verdon semble tout indiqué pour devenir l’avant-port de vitesse de Bordeaux, mais il faudrait naturellement pour cela le doter d’un outillage approprié et le relier directement à Bordeaux et Paris par des trains plus rapides.
- Sur la Manche, il est évident que nos deux seuls ports de vitesse sont Cherbourg et Boulogne. Ils offrent l’un et l’autre un atterrissage facile aux plus grands navires, à toute heure de marée; d’où leur grande supériorité. Il est, d’ailleurs, curieux d’en arriver, après plus d’un siècle d’intervalle, aux mêmes conclusions que Dumouriez, qui, chargé en 1777 d’étudier la défense de nos côtes de la Manche, s’arrêtait finalement au choix de l’un de ces deux ports. Comme, en outre, leurs conditions nautiques sont susceptibles d’être encore améliorées, on est ainsi assuré d’avoir toujours de ce côté toute satisfaction, même en tenant compte, dans une large mesure, des progrès de l’architecture navale.
- Quant au Havre, sa position le désigne pour un rôle beaucoup plus considérable. Il ne doit pas seulement prétendre à être un port de transit pour les passagers d’Amérique. 11 faut surtout en faire notre grand entrepôt commercial pour tout le bassin de Paris. A ce titre, le concours de toutes les régions directement intéressées à son développement ne doit à aucun prix lui faire défaut. II semble donc y avoir urgence à adopter, sans retard et surtout sans parcimonie, un vaste programme répondant pleinement à toutes les nécessités présentes et futures, pour qu'à /’achèvement des premières améliorations, c’est-à-dire dans hait ou dix ans, le Havre soit enfin pourvu, pour une période au moins égale, de tous les avantages dont on aura voulu le doter.
- Si nous examinons ensuite nos autres grands établissements maritimes qui complètent en quelque sorte ceux dont nous venons de parler, nous sommes amenés à considérer successivement Dunkerque, Rouen, Nantes et Bordeaux.
- Malgré le développement toujours croissant de son mouvement maritime et commercial, Dunkerque ne semble pas, en effet, devoir prétendre au rôle particulier de grand port transatlantique pour les paquebots à passagers. Il doit cependant être développé au fur et à mesure de l’accroissement dans les dimensions des grands navires de commerce. C’est ainsi, d’ailleurs, que les projets d’agrandissement prévoient déjà un avant-port avec des fonds de 8 mètres sous zéro. Mais est-ce bien suffisant? Son développement commercial n’est, en somme, qu’à son début, si l’on pense à ce qu’il pourrait devenir une fois relié atout le système des canaux et voies navigables de la France, de la Belgique et de l’Allemagne.
- Quant à Rouen, Nantes et Bordeaux, ils ont, de leur côté, tout à gagner dans la création d’avant-ports profonds au Havre, à Saint-Nazaire et à l’embouchure
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- de la Gironde, mais Ton doit aussi améliorer et approfondir de plus en plus leurs voies d’accès à la mer et compléter leurs installations maritimes. Bref, il faut, par tous les moyens, y favoriser l’afflux des marchandises venant de la mer, au meilleur marché possible. Ces « ports conjugués » doivent aussi être mieux desservis par les voies ferrées et les voies de navigation intérieure qu’ils ne le sont aujourd’hui. En somme, tout leur aménagement et toutes leurs dispositions doivent être mis au point et modernisés dans les conditions que nous avons indiquées au cours du précédent chapitre.
- En résumé, notre effort doit porter principalement sur nos cinq grandes portes de sortie : Marseille et le Rhône ; Bordeaux et la Gironde; Nantes, Saint-Nazaire et la Loire; le Havre-Rouen et la Seine; enfin Dunkerque que devra seconder le réseau des canaux du Nord.
- Il s’agit là d’un effort d’au moins 500 à 600 millions, pour ce qui concerne exclusivement nos ports (1). Mais il importe surtout de ne pas en retarder indéfiniment la réalisation et, une fois la décision prise, d’agir vite, car cet effort deviendrait insuffisant et même partiellement inutile, s’il devait être échelonné sur un trop grand nombre d’années.
- Ce programme peut, d’ailleurs, être comparé à l’effort tenté, il y a une cinquantaine d’années, lorsqu’il s’est agi de la création de notre réseau de voies ferrées. Mais, par contre, il aura l’immense avantage de développer notre mouvement maritime et commercial au profit du pays tout entier et de nous mettre enfin dans une situation privilégiée vis-à-vis de ceux de nos voisins dont les ports débouchent dans la mer du Nord. Ce serait une belle revanche commerciale à laquelle, ainsi que nous venons de le voir, nous pouvons et par conséquent nous devons nous consacrer entièrement.
- (1) Ainsi que nous le montrerons dans le chapitre VI, la dépense nécessaire à la mise au point de notre réseau de voies navigables, atteindra vraisemblablement de 800 à 1 200 millions. Le chiffre total sera donc de I 300 à 1 800 millions, peut-être même 2 milliards, pour peu que l’on comprenne enfin la nécessité de faire des projets d’ensemble prévoyant suffisamment l’avenir.
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- CHAPITRE IV
- ETUDE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU PROBLÈME
- Après avoir précisé l’importance de l’effort à accomplir nous sommes amenés-à envisager les deux questions suivantes :
- Disposons-nous réellement des ressources nécessaires à de telles dépenses?
- Celles-ci seraient-elles véritablement profitables au pays?
- A considérer nos budgets, il est clair qu’après le paiement de la dette, des-charges militaires et de l’instruction publique ainsi que celles des autres administrations qui deviennent toutes de jour en jour plus insatiables, il reste fort peu de chose pour les travaux neufs concernant les ports maritimes et les voies de navigation.
- Une somme de 26500 000 francs seulement leur est affectée pour 1908. Qu’est-ce à côté des centaines de millions largement distribués par ailleurs, et surtout à côté de ce qui paraît indispensable à la réalisation du programme que nous venons d’envisager pour les ports et que nous compléterons plus loin pour ce qui concerne les voies de navigation.
- Si l’on ajoute à ces charges actuelles, celles non moins lourdes de la « Prévoyance Sociale» qui menacent de grever de plus en plus nos budgets avenir, on se rend compte qu’il serait chimérique de vouloir accomplir cet énorme effort de la mise au point de notre outillage maritime avec les seules ressources votées annuellement par le Parlement.
- Recourir à un emprunt direct de l’Etat serait bien un moyen de trouver les sommes nécessaires, mais il ne semble pas que cela corresponde aux intentions présentes du Gouvernement. Pour tous les travaux neufs du programme Baudin, on a posé, il est vrai, devant le pays, le principe de la participation des intéressés pour moitié dans toutes les dépenses. Il en résulte donc que l’effort demandé à l’Etat pourrait à la rigueur être réduit de moitié.
- Un autre procédé beaucoup plus souple et plus élastique, au point de vue de la dépense à engager, consisterait à recourir au système des annuités s’échelonnant sur une période de trente ou quarante ans ; ce procédé aurait d’ailleurs l’avantage de ne rien innover. N’est-ce pas grâce à lui que l’on a pu mener à bonne tin l’exécution des chemins de fer d’intérêt général et d’intérêt local, ainsi que la construction des établissements scolaires ou autres travaux de même ordre?
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- Il y aurait bien encore un autre moyen de favoriser la réalisation d’un pareil programme : ce serait d’accorder l’autonomie aux grands services d’utilité publique, tels que ports et canaux. Dans ce but, il faudrait alors créer des consortiums ou syndicats qui seraient chargés de l’administration de ces services. Ces organismes nouveaux jouiraient de la personnalité civile et pourraient par conséquent emprunter. L’Etat, de son côté, devrait leur accorder son concours sous la forme d’une garantie d’intérêt et d’amortissement du capital.
- Ce seraient des organisations évidemment neuves chez nous, et sur lesquelles nous reviendrons plus loin pour en expliquer le fonctionnement. Qu’il nous suffise de faire ressortir pour l’instant les avantages d’une pareille combinaison, non seulement pour l’Etat, mais aussi pour le pays tout entier.
- De semblables administrations autonomes, qui auraient naturellement la perception de toutes les taxes afférentes aux services qu’elles assureraient, y trouveraient par là même, croyons-nous, et cela dès le début, la rémunération d’environ la moitié du capital à engager; la part de l’Etat se trouverait donc réduite d’autant. Si l’on fait état, en outre, de ce que l’exécution de tous ces travaux s’échelonnerait vraisemblablement sur une période de dix à quinze ans, on se rend facilement compte que la garantie annuelle de l’Etat, — même pour une dépense totale de quinze cents millions à deux milliards, — ne serait guère supérieure à la somme actuellement inscrite au budget des Travaux Publics pour les ports maritimes et les voies navigables.
- Il existe enfin un autre procédé qui consisterait à recourir à l’initiative privée sous forme de concession de certains services publics. En admettant, d’une part, le principe de la garantie d’intérêt, très justifié en l’espèce, puisqu’il s’agit là de grandes œuvres d’utilité publique, et en admettant comme contre-partie le principe du partage des bénéfices avec l’État, il semble qu’un tel système devrait produire d’excellents résultats et satisfaire tous les intérêts en jeu.
- Ce premier point éclairci, il importe de prouver que l’appel aux capitaux français nécessité par un pareil effort financier ne risquerait pas de rester sans réponse.
- Il suffira pour cela de montrer quel est à peu près l’accroissement de la richesse annuelle de notre pays, en l’évaluant d’après les estimations les plus modérées. On se rendra compte alors que ces capitaux, s’ils étaient employés en France, favoriseraient bien davantage le développement de notre richesse générale que lorsqu’ils s’en vont au dehors aider nos rivaux à s’outiller et à nous concurrencer.
- Certes, si l’on se borne à considérer nos balances commerciales depuis quarante ans, on voit que l’excédent de notre importation sur notre exportation se chiffre par un déficit de 3 milliards et demi pour les dix dernières années, et
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- l’on serait peut-être tenté, de dire avec les anciens économistes qui considéraient la balance commerciale d’un pays comme l’expression même de son enrichissement ou de son appauvrissement, que la France se ruine.
- Notre prospérité économique est cependant reconnue partout, elle a même fait de nous, dans ces dernières années, les banquiers du monde. C’est d’ailleurs grâce à elle que, durant la récente crise monétaire des Etats-Unis, qui s’est répercutée si durement sur les différents marchés d’Europe,.nous avons pu venir en aide à plusieurs grands pays, sans en subir nous-mêmes le contrecoup d’une façon trop sensible.
- Ce n’est donc plus à la balance commerciale qu’il faut nous adresser pour apprécier la richesse d’une nation, mais bien à ce qu’on appelle la balance économique.
- Il faudrait alors, en considérant la France comme une entité, supputer les sommes qu’elle reçoit de l’étranger chaque année, celles qu’elle lui paye et en déduire l’accroissement annuel de sa richesse.
- Une semblable étude est trop complexe, elle comporte un trop grand nombre d’éléments qui nous échappent, pour qu’on puisse prétendre à l’approfondir d’une manière rigoureuse, surtout dans un travail aussi restreint que celui-ci. On peut cependant se borner à en rechercher les éléments principaux avec la contre-partie que chacun d’eux comporte.
- Nous abordons ici des questions qui pourraient paraître tout d’abord étrangères à notre sujet et qui empiètent en apparence sur le terrain des économistes ; mais il ne faut pas perdre de vue, qu'en examinant ces questions nous allons justement établir le lien qui existe entre les sources de notre richesse et le moyen de les développer.
- Les premiers chiffres qui doivent figurer à la balance économique sont les importations du côté des dépenses et les exportations du côté des recettes. Il s’ensuit qu’en 1907, la France ayant importé pour 6047 millions de francs de marchandises et en ayant exporté pour 5 542 millions, elle aurait subi un déficit de 505 millions de francs. Or ce chiffre est loin d’être rigoureusement exact : en effet, les marchandises qui entrent sont généralement des marchandises pondéreuses qu’on ne peut guère dérober au contrôle douanier. Nous exportons au contraire un grand nombre de marchandises de luxe, marchandises légères qui sortent souvent dans les malles des voyageurs et échappent ainsi à tout contrôle. Si l’on pouvait en tenir compte, il y a tout lieu de croire que ce déficit de 505 millions se trouverait singulièrement diminué.
- Si nous passons en effet à l’examen des principales sources de recettes de notre balance économique, en dehors du mouvement commercial proprement dit, nous sommes alors conduits à envisager successivement les deux questions suivantes :
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- 1° Quelle est l'importance du revenu des capitaux français placés à l'étranger, en en défalquant les revenus des capitaux étrangers placés en France ?
- 2° Quelles sont les sommes dépensées annuellement en France par les étrangers, sous déduction des dépenses faites en dehors par nos compatriotes ?
- D’après les évaluations de M. Edmond Théry, directeur de Y Économiste Européen,le portefeuille français possédait au 31 décembre 1905 pour 35 milliards de valeurs étrangères, ce qui représenterait 1 200 millions de revenu. Le meme économiste estime d’autre parties capitaux étrangers placés en France à 7 milliards et leur revenu annuel à 200 millions.
- M. Paul Leroy-Beaulieu, directeur de YÉconomiste Français, évalue de son côté à 49 milliards l’ensemble des capitaux français placés à l’étranger, et des valeurs françaises tirant leur revenu de l’étranger. Le revenu de ces capitaux serait alors d’environ 1800 millions (1).
- Pour être plus exact, il faudrait y ajouter les dépôts d’argent français placés dans des banques à l’étranger et dont le chiffre doit être assurément très grand, mais il faudrait d’autre part retrancher des sommes ci-dessus, le revenu des capitaux étrangers placés en France.
- Ces deux corrections se balancent à peu de chose près d’après les données sur lesquelles nous nous sommes appuyés. On voit donc que les estimations pour cette première source de richesse peuvent varier entre 1200 et 1800 millions; arrêtons-nous au chiffre moyen de 1 500 millions.
- Pour apprécier la seconde source de richesse, c’est-à-dire celle que nous apportent annuellement les étrangers, il faut d’abord les répartir en deux catégories ; ceux qui constituent pour la France une recette et ceux qui sont pour elle une dépense.
- Les premiers se répartissent à leur tour en :
- a) Etrangers habitant la France et y vivant de leurs revenus qu’ils tirent du dehors ;
- b) Etrangers de passage en France, voyageurs ou touristes.
- Le recensement de 1901 a dénombré 1 037 778 étrangers habitant la Franco (Tables de recensement publiées par le Ministère de Travail). Quant aux
- (1) Voici, en effet, d’après le même auteur (Économiste français du 20 août 1904 et du 20 mai 1906) comment se subdivisent les valeurs étrangères possédées par le Portefeuille-
- français :
- Fonds publics autres que les fonds russes.......... 15 milliards.
- Fonds publics russes............................... 9 —
- Valeurs de Chemins de fer.......................... 2 1/2
- Valeurs diverses ................................. 11/2
- 28 milliards.
- Il faut de plus ajouter que : sur 64 milliards de valeurs, dites françaises, au moins un tiers, soit 21 milliards, tirent leurs revenus de l’étranger, ce qui ajouté aux 28 milliards ci-dessus fait en totalité 49 milliards.
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- résultats du recensement de 1906, ils ne sont pas encore entièrement connus.
- Sur ce nombre d’étrangers, 600 070 exercent une profession : industriels, commerçants, ouvriers, médecins, professeurs, etc. Si l’on tient compte de ce qu’un certain nombre d’entre eux ont femme et enfants, on en arrive à estimer ù 900 000 environ le nombre des étrangers vivant en France du produit de leur travail, il resterait ainsi 138 000 étrangers vivant chez nous de leurs revenus. Ce chiffre concorde d’ailleurs, à peu de chose près, avec l’estimation de M. Edmond Théry qui évalue leur nombre à 150 000 environ.
- En admettant que chacun d’eux ait un revenu moyen de 10 000 francs, ce qui est très peu élevé si l’on tient compte du grand nombre de riches familles étrangères établies en France et surtout à Paris, on voit que notre pays réalise de ce chef une recette d’ordre extérieur de 1 milliard et demi environ.
- Mais il faut en retrancher, d’une part, les dépenses faites par les Français voyageant à l’étranger et estimées par certains économistes à 250 millions par -an, et d’autre part, les économies envoyées dans leur pays d’origine par les ouvriers étrangers résidant en France, évaluées à 350 millions. On arriverait alors à une déduction totale d’environ 600 millions. Il est vrai que pour être plus exact l’on devrait aussi tenir compte des sommes envoyées en France par nos ouvriers, contremaîtres, industriels ou commerçants vivant ou travaillant à Ji’étranger et dont les bénéfices reviennent finalement en majeure partie chez nous.
- En résumé, si l’on tient compte de tons ces divers éléments, il ne semble pas exagéré de dire que les étrangers vivant d'une manière permanente en France y apportent au moins un milliard par an, toutes déductions faites.
- Quant à l’évaluation du profit que nous laissent les étrangers de passage, touristes ou voyageurs, elle est un peu plus délicate à établir, mais elle n’en est pas moins importante.
- Pour 1905, l’Annuaire statistique de la Ville de Paris donne le chiffre de 1 730 000 voyageurs dont 416 000 étrangers, dans les hôtels et maisons meublées de Paris. En admettant un séjour moyen d’un mois et une dépense moyenne de 50 francs par jour, on arrive ainsi pour Paris seulement à environ 600 millions (1).
- (1) Ce chiffre de 30 francs pourrait paraître tout d’abord exagéré ; mais il faut bien considérer que tous ces hôtels récents et somptueux du quartier des Champs-Elysées ont une clientèle exclusivement étrangère qui dépense sans compter. Certains de ces hôtels ont jusqu'à 300 chambres et ne désemplissent pas depuis le début de mai jusqu’à fin octobre.
- Ce fait compense largement le chiffre de dépenses journalières des touristes du genre de ceux que, pilote l’agence Cook», qu’on serait tenté de mettre en opposition avec celte riche clientèle de nos grands hôtels.
- Enfin, il faut ajouter que ce chiffre de 416 000 étrangers ne vise que les hôtels et maisons .meublées de Paris et ne tient aucun compte des pensions de famille si nombreuses dans le quartier de l’Étoile, où de riches étrangers séjournent durant de longs mois.
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- Il faut naturellement y ajouter les dépenses faites par les étrangers séjournant sur la côte d’Azur, à Nice, à Cannes, à Menton, par ceux qui villégiaturent à Pau, Bayonne et Biarritz, enfin par ceux qui passent l’été sur nos plages.ret dans toutes nos villes d’eaux. 250 à 350 millions ne paraissent pas exagérés pour représenter cette dépense d’après les renseignemente fournis parles principaux intéressés qui en bénéficient.
- Il faut en plus y ajouter les dépenses de voyages sur nos chemins de feiy qui ne peuvent être inférieures à 80 ou 100 millions.
- Il est enfin une source de profits pour ainsi dire toute spéciale à notre pays r c’est la contribution que l’étranger paie à notre bon goût, à notre élégance, an luxe de nos magasins en y achetant quantité d’objets de toute nature. Ce sont plus spécialement des bijoux et des objets que la douane ne peut contrôler à l’exportation puisqu’ils sortent avec les voyageurs eux-mêmes, tels que articles de Paris, vêtements, lingerie, objets d’art, etc., dont la valeur, au dire de-certains de nos grands commerçants de la rue de la Paix, est excessivement élevée.
- Le montant total des dépenses effectuées en France par les étrangers de passage peut donc être estimé au bas mot entre 1 milliard et 1 milliard et demi.
- La récapitulation de ces différentes sources de profits venant du dehors s’élèverait ainsi à 1 500 millions pour les capitaux et à 2 milliards ou 2 milliards et demi pour les étrangers séjournant d’une manière continue ou passagère chez nous, soit au total 3 milliards et demi à 4 milliards (1).
- Le déficit de notre balance commerciale se trouve donc plus que largement compensé, puisque notre balance économique se solde finalement par un excédent annuel de plus de 3 milliards. Or il faut remarquer quhm prélèvement annuel, à notre profil, durant douze à seize ans, de 5 p. 100 seulement de ces capitaux, qui vont s'employant au delà de nos frontières, serait largement suffisant pour faire face à toutes les dépenses envisagées ici, puisqu il permettrait d’affecter à la mise au point de notre outillage maritime (ports et canaux) une-somme d'environ 2 milliards (2).
- L’analyse que nous venons de faire des différentes sources de richesse qui
- (1) Ces chiffres se trouvent contrôlés dans une certaine mesure par ceux de notre épargne- ' annuelle, qui, au dire de plusieurs économistes, a permis, en dehors de ses emplois en France,, de prêter à l’étranger 2 milliards et demi par an, durant ces dernières années.
- (2) Rappelons que le chiffre probable des dépenses, si l’on veut enfin faire le nécessaire-et prévoir l’avenir, atteindrait 5 à 600 millions pour les ports, 800 à 1200 millions pour les voies navigables, soit au total de 1 300 à 1800 millions, peut-être même 2 milliards, suivant l'ampleur du programme envisagé.
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- font pencher la balance économique en notre faveur, fait ressortir aussi les véritables éléments de prospérité de notre pays, puisque c’est grâce à eux que la France peut disposer annuellement de sommes aussi importantes.
- Tout d’abord nous venons de voir que l’un des facteurs de cette prospérité provient des capitaux français placés au dehors. Mais le principal élément de prospérité nous vient, comme nous l’avons montré, des étrangers, soit qu’ils aient choisi définitivement notre sol pour venir s’y fixer, soit qu’ils y soient attirés d’une façon plus ou moins passagère.
- La plupart d’entre eux sont attirés chez nous par simple curiosité : ce sont les touristes ; d’autres y viennent pour leurs affaires, et ils sont plus nombreux qu’on ne le suppose. Ne sommes-nous pas le vrai marché des capitaux, et aussi celui de toutes les industries de luxe?
- Beaucoup y viennent pour leur plaisir, pour leurs études ou simplement par suite d’une affinité de caractère; d’autres enfin y viennent pour jouir du charme de notre climat, soit pour raison de santé, soit tout simplement à cause de ses avantages.
- Mais une clientèle non moins importante de nos ports et de nos chemins de fer y afflue aussi à titre purement temporaire, traversant à la hâte notre territoire pour gagner leur destination définitive ou leur port d’embarquement et raccourcir ainsi la durée de leur voyage.
- C’est par exemple le cas d’un grand nombre de voyageurs anglais des lignes d’Extrême-Orient qui s’embarquent ou débarquent soit à Brindisi, soit à Marseille et traversent ainsi la France. Il en est de même de ceux à destination ou en provenance soit de l’Amérique du Sud, soit de l’Amérique Centrale, qu’ils passent par Saint-Nazaire, par Bordeaux ou par Lisbonne.
- C’est aussi le cas des passagers qui vont aux Etats-Unis ou qui en reviennent en passant par Cherbourg, le Havre ou Boulogne. C’est d’ailleurs ce qui se pratique depuis déjà un certain nombre d’années et sur une échelle de plus en plus grande pour les courriers postaux desservant les mêmes régions et qui arrivent à raccourcir ainsi de plusieurs jours la durée de leur trajet.
- Bref, on peut dire que la France est devenue un vrai centre d’attraction, le véritable rendez-vous des étrangers riches, en même temps qu’elle est un vaste carrefour que les voyageurs de toutes nationalités traversent dans tous les sens.
- Il suffit d’habiter ou même de traverser certains quartiers de Paris et de visiter certaines villes d’eaux pour se rendre compte de la quantité d’étrangers qui y séjournent. On peut aussi apprécier l’importance de leur nombre en jetant un coup d’œil sur le tableau qui représente le mouvement des passagers dans nos grands ports.
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- Mouvements des passagers dans les ports français de 1900 à 1906.
- (départs et arrivées réunis)
- Pays de destination ou de provenance. 1900 1902 1901 1906
- Angleterre 834 000 730 000 808 000 951 000
- Amérique ' 171 000 173 000 182 000 238 000
- Extrême-Orient, Afrique du Sud. 66 000 57 000 53 000 58 000
- Algérie, Tunisie, Égypte, Levant. 192 000 221 000 224000 223 000
- (Ces renseignements sont tirés du « Tableau général du Commerce et de la Navigation », Année 1906, publié par la Direction générale des Douanes.)
- Si ces résultats peuvent'paraître satisfaisants à première vue, il faut avouer cependant, qu’ils sont très inférieurs à ce qu’ils pourraient être, grâce à la propension qu’ont tous les étrangers à venir chez nous et grâce surtout à la disposition de notre frontière maritime, largement ouverte sur trois mers différentes. Quel parti merveilleux l’Etat ne pourrait-il pas tirer cependant de l’amélioration de nos grands ports, et d’un développement plus considérable de nos grandes compagnies de navigation? N’aurait-il pas tout intérêt à les soutenir dans leur lutte avec leurs concurrents étrangers en facilitant la construction de navires plus modernes et plus grands ; ne serait-ce pas là le vrai moyen d’accroître l’importance du mouvement des voyageurs en même temps que de développer notre prestige commercial au dehors?
- Après l’étude d’ensemble que nous venons de faire il ne paraît pas qu’il soit utile de discuter plus longtemps la nécessité, pour notre pays, de faire l’effort que réclame la mise au point de notre outillage maritime. Beaucoup d’autres pays, pour accomplir un effort du même ordre, n’hésitent pas à recourir à des emprunts, car ils savent très bien qu’il s’agit là de dépenses d’intérêt général, qui, en développant leur vitalité industrielle et commerciale, contribuent par le fait même à l’accroissement de la prospérité nationale. -
- Pour la France notamment, on peut facilement se rendre compte de ce qu’a été l’augmentation des perceptions de l’Etat, grâce, en majeure partie, à l’accroissement du mouvement des ports de commerce, par l’examen du tableau ci-çlessous qui fait ressortir une augmentation de 100 millions sur les mêmes perceptions, annuelles, d’il y a vingt-cinq ans.
- Il suffît, d’autre part, de jeter les yeux sur les chiffres publiés par la Direction générale des Douanes, pour voir que les taxes perçues par cette administration pour le commerce spécial d’importation ont notablement augmenté depuis vingt ans. Elles ont, en effet, passé durant cette période de 353 millions en 1887, à 502 millions en 1907.
- Cet accroissement de recettes, dû en grande partie à notre outillage maritime, est certainement très supérieur au service de l’intérêt des sommes que l’Etat a employées à cet usage. Le profit matériel qui en est résulté pour lui est
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- donc loin d’être négligeable. Douter que cette progression ne devienne plué rapide après la réalisation du programme que nous avons en vue serait nier l’évidence et la logique des faits.
- Accroissement des perceptions douanières et du tonnage d’entrée
- dans nos grands ports.
- PORTS. 1880 1890 1900 1906
- TONNAGE d’entrée. PERCEPTIONS douanières. TONNAGE d’entrée. PERCEPTIONS douanières. T 0 N N A G E d’entrée. PERCEPTIONS douanières. TONNAGE d’entrée. PERCEPTIONS douanières.
- Marseille. . . 3 523 000 43 806 000 4 671 000 61141000 6 100 000 46 681 000 7 950 000 60 275 000
- Le Havre. . . 2 267 000 33 895 000 2 877 0(0 54 982 000 2874 000 76 254 000 4183 000 82 786 000
- Dunkerque. . 849 000 4 713 000 1 453 000 10 607 000 1612 000 16 353 000 2 285 000 18 733 000
- Bordeaux . . 1 601000 28 956 000 1 956 000 28 191000 2 088 000. 28 024 000 2 212 000 26 874 000
- Rouen. . . . 726 000 14 735 000 924 000 27 329 000 1 306 000 40 746 000 1 645 000 39 072000
- St-Nazaire. . 519 000 1 343 000 757 000 2 460 000 953 000 3 899 000 890 000 2176 000
- Nantes. . . . 328 000 19 871000 413 000 16 780 000 57S 000 19 704 000 759 000 15 000 000
- Totaux. . 9 816 000 147 319 000 13 051 000 201490 000 15 511 000 231 661000 19 924 000 244 916 000
- Total des perceptions opérées par le service des Douanes.
- (commerce spécial d’importation)
- (En milliers de francs.)
- Droits d’importation — de statistiques — de navigation Divers et recettes accessoires 1887 334 520 6 723 8178 5 155 1897 432 775 7163 7 758 5 636 1907 477 697 9 497 10 064 5 423
- A déduire : Drawbacks et remboursements. 354 876 1 540 453 332 711 503 681 1 624
- 353 336 452 521 502 057
- (Non compris les taxes de consommation sur les sels, de fabrication des huiles brutes, qui sont perçues par la Douane à litre accessoire.)
- (Documents annuels publiés par l’Administration des Douanes.)
- Une plus grande activité économique est d’ailleurs pour l’État la source d’autres profits indirects bien plus considérables encore, qu’il 'trouve chaque année dans l’augmentation des perceptions fiscales de toute nature. Si donc il peut paraître, en principe, désirable pour l’État de rechercher les garanties clés nouveaux capitaux à engager dans un supplément de ressources qui proviendraient directement des améliorations réalisées, nous croyons cependant qu’il ne doit pas s’en faire une règle rigoureuse, et qu’il pourrait fort bien subvenir à des insuffisances de ressources, puisque, l’outil une fois créé ou aîné-
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- lioré, l’État se trouverait par le lait même assuré de profits indirects beaucoup plus importants cpie ses subventions.
- Mais l’intérêt général d’un pareil programme ne s’arrête pas là. A la mise au point de notre outillage maritime, doit correspondre évidemment un abaissement dans les prix de transport. Une fois nos ports approfondis et lorsqu’ils seront aménagés d’une manière plus conforme aux exigences modernes du commerce et de l’industrie, en môme temps que mieux reliés à l’intérieur du pays par des voies de navigation économiques, ils deviendront, par la force même des choses, de plus grands marchés.
- Il s’ensuivra alors un abaissement des frets maritimes ainsi que des prix de transport dans l’intérieur du pays. Ces améliorations entraîneront à leur tour une recrudescence de notre activité économique sous toutes ses formes, d’où nouvelle augmentation des recettes fiscales et douanières au profit de l’État.
- Comme conséquence d’un pareil programme, on doit aussi noter qu’un abaissement des prix de- transport serait une compensation directe à l’élévation actuelle des salaires: 11 en résulterait la possibilité d’augmenter ainsi notre production qui, sans cela, risquerait de se voir fermer certains débouchés, par suite de l’augmentation même du prix de revient des marchandises.
- Ce serait en outre le moyen d’assurer, sur tout notre territoire, du travail à notre population ouvrière, au lieu d’aller porter nos économies au dehors où elles vont ainsi alimenter une main-d’œuvre étrangère.
- Il ne faut pas non plus oublier les avantages exceptionnels que nous tirons du grand nombre d’étrangers qui viennent en France. Le mouvement des voyageurs dans nos ports, si on le compare au développement qu’il a pris dans les ports allemands, anglais et italiens durant ces dix dernières années, et l’essor des grandes compagnies étrangères de navigation vers les États-Unis et vers l’Amérique du Sud, montrent bien que nous sommes loin de tenir la place à laquelle notre passé nous donnait droit.
- Il semble donc naturel que nous apportions dorénavant tout le soin possible à favoriser le transport et le transit des étrangers par nos compagnies de navigation, par nos ports et par nos chemins de fer. Il faut en somme qu’ils puissent trouver chez nous les mêmes commodités de transport et de transbordement qu’ils sont déjà habitués à rencontrer par ailleurs.
- Toutes ces'raisons deviennent de plus en plus pressantes, si l’on songe que tous les autres pays ont considérablement amélioré leur outillage dans ces dernières années, grâce, en majeure partie,-à l’argent que nous leur avons prêté. Le statu quo ne pourrait donc être qu’un désastre économique à brève échéance ; et puisque nous disposons des moyens de transformer notre outillage maritime, nous devons sans tarder modifier le régime de nos ports, car c’est la condition indispensable à la réalisation d’un programme d’expansion commerciale.
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- CHAPITRE V
- NOUVEAU RÉGIME DE NOS PORTS
- Il semble superflu cl’entrer ici dans le détail des critiques qui ont été faites-de divers côtés sur les inconvénients du régime actuel de nos ports.
- Dès 1888, M. Le Cour Grandmaison s’était occupé de cette question et avait déposé une proposition de loi tendant à modifier ce régime.
- Depuis lors, en raison des transformations considérables qui se sont produites dans la navigation et, il faut bien le dire, en raison surtout des efforts-importants qu’ont faits tous nos rivaux pour favoriser leur commerce maritime, l’idée a fait son chemin. Tout le monde, en France, semble à présent convaincu non seulement de l’insuffisance de notre organisation, mais encore de l’impossibilité où nous nous trouvons, dans les conditions actuelles, de pouvoir fournir un effort suffisant pour regagner le terrain perdu.
- D’ailleurs il ne s’agit plus aujourd’hui de chercher seulement à égaler nos-voisins. Notre véritable but, plus difficile à atteindre, doit en effet consister à nous assurer un outillage. approprié à toutes les exigences d’un avenir de-quinze ou vingt ans.
- A plusieurs reprises le Congrès national des Travaux Publics français a signalé l’opportunité et l’urgence d’une pareille réforme, et cela d’une façon-encore plus formelle dans sa session d’octobre dernier, qui s’est tenue à Bordeaux sous la présidence de IM. Charles Prevet, sénateur, et à laquelle M. Mil-lerand, ancien ministre du Commerce, avait bien voulu apporter le concours de sa haute autorité.
- De leur côté les grandes Compagnies de Navigation, par l’organe de-MM. Charles-Roux et André Lebon plus particulièrement, ont dû, les unes et les autres, attirer l’attention" des pouvoirs publics sur les énormes difficultés qu’elles rencontrent et meme sur les pertes qu’elles subissent du fait de l’insuffisance de nos grands ports. M. de Rousiers, secrétaire général du Comité des Armateurs, s’est fait alors, en maintes circonstances, l’interprète de tout l’armement français pour réclamer la transformation du régime actuel. Divers économistes ont ’ également étudié la question d’une manière plus théorique pour rechercher le moyen d’accorder la personnalité civile aux grandes œuvres-d’utilité publique en se plaçant plus particulièrement au point de vue de l’autonomie des ports.
- Enfin, la Fédération des Industriels et des Commerçants français vient de-
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- discuter très sérieusement et très longuement ce problème avec le concours des représentants des Chambres de Commerce maritimes pour aboutir, elle aussi, à •un vœu de transformation.
- Toutes ces manifestations d’ordres très divers semblent dès à présent devoir' sortir du domaine de la discussion purement théorique, où elles s’étaient tenues jusqu’à ces dernières années. Les différents groupements de commerçants, d’armateurs et d’industriels, et en particulier la Ligue Maritime, paraissent .en effet décidés à y consacrer toute leur activité. D’ailleurs un projet de loi sur l’« Autonomie, des ports de Commerce » a été déposé par M. Jules Siegfried, le 7 mai 1907.
- De son côté, le gouvernement lui-même semble se rendre compte des nécessités urgentes sur lesquelles repose ce mouvement d’opinion, puisqu’il a chargé dernièrement M. Bourgougnon, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées du port de Marseille, d’aller étudier sur place l’organisation du Consorzio de Gênes, en vue de la réforme du régime administratif des ports français.
- L’ensemble de ces travaux résume en somme toute la question, tant au point .de vue des critiques que l’on peut opposer à l’état de choses actuel, qu’en ce (fui concerne les desiderata qu’on s’accorde à formuler.
- Il en ressort que les inconvénients dont nous souffrons peuvent se ramener .aux principaux chefs suivants :
- 1° Dispersion des efforts sur un trop grand nombre de ports.
- 2° Manque d'un programme prévoyant le développement de chaque port pour un avenir de quinze à vingt ans au moins.
- 3° Lenteur dans la fixation et dans l'exécution du programme de travaux, par suite de /’insuffisance des crédits.
- 4° Coût trop élevé des travaux, en raison même du manque d'un programme cl'ensemble et de la lenteur d’exécution.
- 5° Défaut d'un réseau de voies de navigation intérieure assez développé permettant de desservir les principaux ports d'une manière plus économique.
- 60 Absence d'une autorité unique réunissant toutes les initiatives et les responsabilités, seule capable en effet de sauvegarder tous les intérêts en jeu et de favoriser le développement non seulement d’une localité, mais de toute une région.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler également ici que cinq ministères interviennent dans l’administration de chacun de nos ports.
- Les critiques générales une fois formulées, et avant de chercher le remède .qu’il y aurait lieu d’appliquer, on est naturellement conduit à examiner les différents régimes sous lesquels sont administrés les grands ports étrangers.
- Cette étude se trouve faite d’une manière fort remarquable dans le rapport
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- do mission de M. Bourgougnon, publié au Journal Officiel du 17 décembre dernier.
- Rappelons ici, d’une façon sommaire, les différents régimes que l’on peut envisager.
- Certains ports appartiennent à des sociétés privées qui les ont construits de toutes pièces avec leurs propres ressources. C’est un régime très en faveur en Angleterre, où il s’est implanté il y a fort longtemps, en raison même du grand développement commercial du pays, à une époque où le gouvernement ne pouvait assumer la très lourde tâche de satisfaire lui-même à ces exigences. C’est en somme le résultat d’initiatives privées, qu’il est très à propos de développer dans un pays où l’Etat ne peut s’intéresser personnellement à toutes les installations de ce genre.
- Il est pratiqué également dans beaucoup de pays neufs, aux Etats-Unis par exemple et dans l’Amérique du Sud, où nombre de Compagnies de Chemins-de fer ont construit leurs propres installations maritimes. Il ne semble cependant pas que l’on puisse l’imposer d’une manière intégrale à des habitudes-anciennes, comme c’est le cas chez nous.
- D’autres ports sont concédés à des sociétés privées et nous n’avons pas-besoin d’aller à l’étranger pour en trouver des exemples. C’est, en effet, le cas des ports de Tunisie, des appontements de Pauillac, des Docks et Entrepôts de Marseille et de plusieurs autres installations maritimes.
- Ces concessions sont du reste assez répandues en dehors de chez nous et c’est le cas notamment de beaucoup de ports étrangers en Angleterre, sur la Méditerranée, en Afrique et en Amérique.
- Bien que ce régime ne semble pas être en faveur chez nous pour le moment,, il n’en présente pas moins de très réels avantages pour un gouvernement qui ne désire pas prendre la responsabilité financière de la mise au point d’installations maritimes souvent très coûteuses ; il en est de même dans le cas où certaines installations sont surtout destinées à la mise en valeur d’une région neuve; on peut enfin en dire autant, chaque fois qu’il s’agit de l’exploitation d’industries spéciales au profit desquelles les pouvoirs publics ne peuvent pas consentir des dépenses particulières. Des concessions totales ou partielles d’un port faites dans ces conditions peuvent donc être très profitables aux intérêts généraux du. pays.
- On trouve aussi à l’étranger des ports qui dépendent de municipalités, comme Anvers, Rotterdam, Amsterdam; d’autres dépendent des provinces. Bien que leur organisation ne puisse être reproduite entièrement chez nous, elle n’en présente pas moins de très sérieux avantages sous le rapport de 1’unité de vue des services, grâce aux commissions locales qui les administrent.
- Certains ports sont confiés à des corporations, comme Liverpool ou Glasgow.
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- Ils vivent à la faveur d’une loi spéciale pour chacun d’eux. Mais on leur reproche généralement chez nous un régime trop indépendant et trop conlraire 4 nos habitudes de centralisation. Nous croyons cependant qu’à certains points de vue et notamment pour l’adoption des grands projets de travaux, nous aurions intérêt à nous en rapprocher, en faisant voter par le Parlement, pour chacun de nos ports, de vastes programmes d’ensemble, comportant toutes les améliorations pour une période de quinze ou vingt ans, comme cela se pratique en Angleterre, de manière à supprimer les recours continuels au Pouvoir Législatif pour l’approbation des projets et l’obtention des ressources indispensables.
- Il existe encore d’autres modes d’administration des ports, tels que les « Juntes » des grands ports espagnols qui, bien qu’ayant un rôle plutôt finan-•cier, ont permis de réaliser des progrès très appréciables, notamment à Barcelone et à Bilbao.
- À Copenhague, au contraire, on peut constater que le port est soumis à des régimes très variés : son administration possède une partie seulement des quais ; d’autres quais appartiennent à l’Etat ou à la Ville; enfin le complément, c’est-à-^ dire près de la moitié, à la Compagnie du port franc et à des particuliers.
- Signalons aussi des systèmes mixtes, qui répartissent les attributions du port entre l’Etat et les particuliers ou sociétés intéressées. C’est ce qui se passe généralement aux Etats-Unis et particulièrement à New-York où l’Etat conserve à sa charge l’exécution des grands ouvrages tels que création, amélioration et entretien des voies d’accès, abris extérieurs, etc., le service des phares, le bali-.sage et le pilotage. Tous les intéressés: Compagnies de chemins de fer, Compagnies de navigation, industriels, etc., y exécutent au contraire leurs propres installations à leurs risques et périls, et sous la seule réserve de se conformer à certaines réglementations générales.
- Enfin en Italie, le gouvernement s’est occupé depuis une dizaine d’années de réorganiser l’administration de ses ports ; il a d’abord créé dans cet ordre d’idées des Commissions permanentes qui n’ont d’ailleurs qu’un mandat purement consultatif. Elles comprennent généralement, sous la présidence du Préfet de la province, l’ingénieur en chef du port, le capitaine du port, le directeur Mes Douanes, un représentant de la Municipalité, un représentant de la Chambre de Commerce, un représentant de l’Inspection des chemins de fer, et un représentant de la Compagnie de Chemins de fer qui dessert le port.
- Une de ces commissions fonctionne encore à Venise où elle a réalisé, paraît-il, quelques améliorations qui ne semblent cependant pas suffisantes, puisque l’on y réclame en ce moment l’octroi du même régime qu’à Gênes.
- La loi du 12 février 1903, qui a organisé le nouveau régime du port de Gênes, définit notamment le rôle du Consorzio ou Commission administrative du port,
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- qui se trouve chargée de l’exécution des ouvrages, ainsi que de la gestion et de la coordination de tous les services.
- Cette commission, composée de vingt-sept membres, est malheureusement trop nombreuse pour agir efficacement, ce n’est en somme qu’un Conseil consultatif dont les pouvoirs sont délégués à un Comité exécutif de onze membres, qui se réunit tous les dix jours.
- Sans entrer dans tous les détails de ce régime, qu’il nous suffise de rappeler que M. Bourgougnon a terminé son rapport sur cette question en déclarant que la « réforme du régime administratif de nos ports pourrait, non pas être calquée sur l’organisation du Consorzio de Gènes, mais s’en inspirer sur bien des points, pour ce qui concerne notamment le rouage directeur (Comité exécutif) et ses attributions essentielles, les ressources mises à la disposition des ports autonomes et la composition du personnel ».
- L’étude comparative de ces différentes organisations a conduit certaines personnes à préconiser chez nous la création de syndicats pour l’exploitation des ports. Telle est l’idée essentielle du projet de loi de M. Siegfried, dont l’exposé des motifs est d’ailleurs rédigé de main de maître. Ce projet de loi détermine la composition de ces syndicats, dans lesquels entreraient des membres de la Chambre de Commerce locale, des représentants des armateurs, de la Municipalité, du Département et des grandes Compagnies de chemins de fer exploitant les réseaux en relations directes ou indirectes avec le port intéressé, et au besoin d’autres membres désignés en raison de leurs fonctions et de leur compétence spéciale. Ajoutons que, dans l’esprit de M. Siegfried, la majorité devrait toujours appartenir, en fin décompté, aux représentants de la Chambre de commerce.
- Le syndicat autonome du port, tel que le comporte cette proposition, est un établissement public, jouissant de la personnalité civile; il organise F exploitation du port et délibère les projets de travaux, qu’il a même le droit d’exécuter sans autorisation, s’ils comportent une dépense inférieure à 500 000 francs. Les recettes de son budget sont constituées principalement par le produit des droits de navigation, de péage, de statistique, et extraordinairement par les produits des emprunts. Le syndicat est, d’ailleurs, soumis au contrôle de l’Etat, qui le fait inspecter par ses fonctionnaires compétents, et peut annuler les délibérations contraires aux lois, règlements et statuts du syndicat.
- En résumé, ce projet ne comporte pas la remise pure et simple de l’administration de certains de nos ports aux Chambres de Commerce, comme on l’avait parfois proposé. Celles-ci ne semblent d’ailleurs pas susceptibles de jouer un tel rôle, en raison des attributions essentiellement consultatives pour lesquelles notre législation les a prévues. Une Chambre de Commerce n’est, en
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- somme, qu’une représentation purement locale, à laquelle, selon l’expression même de M. Bourgougnon, « il semblerait irrationnel de confier exclusivement un organisme d’intérêt national ».
- Partant de l’ensemble de ces considérations, il nous a paru tout d’abord intéressant de faire observer que Y autonomie dont on s’occupe, pour nos grands ports, ne doit pas, semble-t-il, être considérée comme une autonomie absolue, sous forme séparative, et qu’il serait même dangereux d’abuser de ce mot si, par suite d’une fausse interprétation, il devait conduire à une restriction des facultés libérales du nouveau régime et par suite à une atténuation des avantages qui en sont attendus.
- Ceci posé, tout le monde semble admettre que le nouveau régime doit avant tout s'appuyer sur un concours effectif du commeree, de l'industrie et de l'armement non seulement de la localité d'un port, mais bien de la région entière qui se trouve directement liée à son développement.
- D’autre part, il n’apparaît pas que cette autonomie puisse être réalisée, en raison du grand effort envisagé, sans le concours financier de l’Etat, principal intéressé à l’augmentation des perceptions douanières et à la prospérité générale du pays qui seront la conséquence naturelle d’une amélioration de nos grands ports.
- Il ne semble pas non plus qu’une loi d’autonomie puisse être autre chose qu’une loi générale de principe, fixant les bases du nouveau régime dont pourront bénéficier les groupements d’intéressés qui en feront la demande au Gouvernement. Chaque décret d’autorisation devrait alors être adapté aux nécessités spéciales et aux conditions particulières des requérants.
- Pour satisfaire à ces desiderata d’ordres divers, on en arrive presque naturellement pour chacun de nos grands ports à la constitution d’un Consortium ou Commission administrative, appelé syndicat par d’autres, et composé plus ou moins des éléments suivants :
- Trois délégués de la Chambre de Commerce locale, dont ferait partie de droit le Président de cette Chambre ;
- Un représentant de la Municipalité ;
- Un ou deux délégués des Chambres de Commerce des grands centres maritimes, industriels ou commerçants, directement intéressés au développement du port en question (par exemple Rouen et Paris pour le Havre ; — Lyon pour Marseille ; — Toulouse pour Bordeaux, etc.) ;
- Un délégué pour l’ensemble des Conseils généraux de la région intéressée
- Un représentant des armateurs et des grandes Compagnies de navigation françaises, dont les navires fréquentent régulièrement le port en question ;
- Un représentant des Compagnies de chemins de fer de la région ;
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- Un représentant de l’administration des voies de navigation intérieure de la région ou du service des voies d’accès au port ;
- Un représentant du ministère des Travaux Publics, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ;
- Un représentant du ministère des Finances;
- Le directeur des Douanes de l’endroit;
- Le capitaine du port ;
- Deux personnes d’une compétence reconnue soit en matière de commerce maritime, soit en matière de construction ou d’exploitation de ports, soit en matière de navigation ou de constructions navales.
- Le Consortium ou commission administrative comprendrait ainsi en totalité 15 ou 16 membres.
- Il constituerait dans une certaine mesure l’équivalent du Conseil d’administration d’une société et il devrait se réunir au moins une fois par mois.
- On peut s’étonner de ne pas nous voir préciser le choix du Président du Consortium, mais nous l’avons fait à dessein afin d’en remettre le soin à l’assemblée elle-même qui sera certainement le meilleur juge en cette matière.
- Il semble en effet que le développement commercial d’un port n’aurait rien à gagner à ce que la présidence de son conseil se trouve dévolue, comme à Gênes, à une personnalité politique, ou bien même à un président de Chambre de Commerce dont la situation n’est que momentanée.
- Pour la direction effective, il semble que l’on devrait alors créer un « comité exécutif » de trois personnes, composé du président du Consortium, du directeur de l’exploitation et de l’ingénieur-directeur des travaux, qui respectivement se répartiraient les charges d’administration générale, du service d’exploitation et du service de la construction et de l’entretien.
- Suivant l’importance relative de chacun de ces services, et une fois chaque port mis en état de travailler normalement, les fonctions du directeur de l'exploitation et celles de l’ingénieur-directeur des travaux pourraient, à la rigueur, être confiées à une seule et même personne.
- Les situations du président et des deux directeurs demanderaient nécessairement des connaissances administratives et techniques assez étendues, un grand sens pratique et commercial et un travail considérable joint à beaucoup d’énergie et de responsabilité. Elles devraient donc être largement rémunérées, de manière à permettre le maintien dans chaque port d’un personnel d’élite, et aussi de manière à y créer des postes dignes en tout point des personnes qui, par leur expérience, seront appelées à en assumer la charge.
- Les trois chefs de service, dont le président serait assimilable à un directeur d’une Coriipagnie de chemin de fer, auraient, en somme la responsabilité de l’organisation et du fonctionnement des services rentrant dans leurs attributions, Tome 110. — Octobre 1908. 75
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- tout eu se conformant aux indications et dispositions générales arrêtées par la commission du port.
- ' Ces situations, dont nous trouvons pour ainsi dire partout des analogies dans la grande industrie et dans les chemins de fer, se rencontrent déjà dans plusieurs organisations de grands ports à l’étranger, où elles ont presque toujours permis la mise en valeur de personnalités de premier ordre.
- Cette organisation aurait d’ailleurs le grand avantage d’attacher à chaque port des personnalités d’une compétence spéciale qui trouveraient là des situations avantageuses et durables, en compensation des services qu’on serait en droit d’attendre d’elles. On trouverait, croyons-nous, dans cette mesure un élément de succès non moins grand pour la prospérité du port et de la région.
- Afin d’obvier aux nombreux inconvénients du formalisme administratif qui engendre souvent de si fâcheux retards dans les décisions, il semble indispensable d’établir en outre un point de contact et une liaison directe entre la Commission administrative du port et le ministre des Travaux Publics, au moyen de l’institution d’un Comité consultatif des ports qui, siégeant à Paris, centraliserait toutes les questions relatives à ces services et en faciliterait la prompte solution.
- On pourrait objecter à cette organisation qu’elle rappelle d’un peu trop près celle du port de Gênes, dont les derniers résultats ne paraissent pas avoir été aussi brillants qu’on l’espérait. Mais si l’on examine les choses de près, on se rend compte que, malgré les apparences, les différences sont importantes et nombreuses. Le conseil dont nous parlons ne comprend que 16 membres, au maximum, et non 27 ; encore quelques-uns n’y figurent-ils qu’à titre purement consultatif. De même, le Comité de direction n’est composé que de 3 membres, au lieu de 10. Bref, l’organisation que nous préconisons correspond, en fait, à une formule vraiment industrielle et commerciale, et n’a rien ou presque rien de commun avec ce petit parlement qu’est en réalité le port de Gênes, à la tête duquel se trouve, d’ailleurs, une personnalité purement politique.
- L’organisme du port ainsi défini, il reste à envisager de quelle manière les grands travaux pourraient être exécutés et au moyen de quelles ressources. A ce sujet, il semble que l’on aurait tout avantagea ne s’adresser au Parlement qu’à de rares intervalles et seulement pour obtenir l’approbation des grands projets d’ensemble. Il serait donc utile que chaque port, en même temps qu’il demanderait le bénéfice de la loi d’autonomie, soumît un projet d’ensemble de ses améliorations pour une période de quinze à vingt ans, et ne fût en somme obligé de revenir devant le Parlement qu’après ‘l’exécution de ces projets, quand il aurait, de nouveau, besoin de les compléter.
- Le vote de ces travaux n’engagerait en réalité les Pouvoirs publics que pour
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- une garantie d’intérêt nettement limitée ; celle-ci n’aurait d’ailleurs à fonctionner généralement que dans la période du début et, dans une mesure forcément restreinte, puisque le port disposerait, au profit de ses emprunts, de tous les excédents de recettes de l’exploitation.
- Dans le cas où les ressources du port dépasseraient ses charges et permettraient ainsi d’engager de nouvelles dépenses sans avoir recours à la garantie d’intérêt, il semble qu’alors les projets devraient pouvoir être soumis directement à l’approbation du ministre des Travaux Publics, sans passer par le Parlement, puisqu’ils ne comporteraient pas de nouveaux engagements de la part de l’État.
- On pourrait tout au plus reprocher à cette formule, que l’État devrait pour voir récupérer, à un moment donné, les avances qu’il aurait consenties sous forme de garantie d’intérêt. Mais,1 étant donné que ces charges ne dépasseraient vraisemblablement pas celles figurant actuellement chaque année au budget sous forme de dépenses directes et que d’autre part l’Etat bénéficierait certainement d’un sensible accroissement dans ses recettes douanières et fiscales, il est peu probable qu’il songerait alors à entraver ce développement.
- Enfin, il faut ajouter que si nous nous sommes étendu davantage sur la forme d’autonomie, c’est pour étudier la manière de la rendre aussi pratique que possible, au cas où les pouvoirs publics seraient disposés à la faire aboutir. Mais bien que ce système semble à l’heure actuelle à l’ordre du jour, en France, nous ne croyons pas que l’on doive l’appliquer d’une manière exclusive.
- Le régime d’exploitation des ports sous forme de concession à des Compagnies privées, avec ou sans garantie d’intérêt et avec partage de bénéfice avec l’Etat, semble aussi présenter de son côté de très grands avantages pour la mise en valeur d’un port et de sa région.
- Ce régime met à profit l’initiative privée et, à ce titre, il mérite, croyons-nous, de retenir l’attention des pouvoirs publics pour être appliqué, sinon complètement^ du moins partiellement, dans les cas où l’État ne serait pas disposé à intervenir personnellement. N’est-ce pas en effet l’intérêt même de l’Etat et de notre expansion commerciale de favoriser le développement et la transformation de nos ports, chaque fois que l’initiative privée peut en offrir l’occasion?
- Il est aussi une autre forme d’initiative que l’on devrait, croyons-nous, favoriser davantage chez nous en simplifiant les formalités qui l’accompagnent : c’est celle des installations maritimes indispensables à certaines industries, dont le développement intéresse le pays tout entier, et qui cependant, dans l’état actuel des choses, se trouvent presque toujours entravées.
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- On voit donc qu’il était indispensable de bien montrer que notre organisation actuelle n’est plus en rapport avec nos besoins économiques"!
- Tous nos rivaux s’outillent, en prévision d’un .nouvel accroissement dans l’architecture navale, et aussi en prévision d’un développement économique que chacun entrevoit déjà comme plus intense. Nous ne pouvons donc rester seuls inactifs dans ce mouvement de progrès, sous peine de perdre la situation que nous tenons actuellement dans le commerce mondial. En ce moment où les charges publiques ne cessent de s’accroître, du fait des réformes humanitaires et sociales qui se réalisent ou se préparent, et où, comme répercussion, l’on constate chaque jour une augmentation dans le prix de revient de tous les produits indispensables à la vie, ne semble-t-il pas, que l’on devrait parallèlement rechercher les meilleurs moyens de contre-balancer de pareils effets par l’adoption d’un programme apte à développer la richesse, publique en diminuant le prix des transports sous toutes leurs formes. Notre organisation actuelle et l'insuffisance de nos ressources budgétaires ne permettant pas à l’Etat d’accomplir l’effort nécessaire, c’est donc aux représentants de l’industrie, du commerce, et des grandes Compagnies de navigation, qu’il incombait d’étudier et de faire aboutir une réforme qui servira puissamment tous les intérêts nationaux.
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- CHAPITRE VI
- NOTRE RÉSEAU DE NAVIGATION INTÉRIEURE NOUVELLES VOIES INDISPENSABLES
- Les ports maritimes, dont nous nous sommes occupés jusqu’ici, no constituent à vrai dire que l’un des éléments de l’important problème des transports. Ils ne sont en effet que des points de transbordement, des organismes de suture entre les voies ferrées ou les voies de navigation intérieure d’une part, et les grandes routes maritimes de l’autre. Il était donc non seulement intéressant, mais nécessaire de compléter ce travail par une étude spéciale de notre réseau de voies navigables.
- La première moitié du xix° siècle fut, à ce point de vue, une période do grande activité: on élabora un vaste programme de canaux et de voies navigables, qui devaient favoriser les transports sur tout notre territoire et compléter, dans une certaine mesure, le réseau de nos routes nationales. Rappelons, à titre d’indication, que Louis XVIII fit dresser un plan d’ensemble pour l’amélioration de nos voies navigables, comportant 2760 kilomètres de canaux à terminer et 11 000 kilomètres do voies nouvelles; la dépense était évaluée à 1 milliard. Il est presque superflu d’ajouter qu’une très faible partie des travaux projetés a été mise à exécution (1).
- Par contre, les premières années du Second Empire amenèrent une réaction très accusée au détriment des voies navigables. On était alors tout aux chemins de fer dont on attendait une transformation radicale de l’ancien régime des transports, et poussant à l'extrême ces dispositions, on en était même arrivé à préconiser la suppression pure et simple de certains canaux.
- Dès 1860, on reconnut cependant la nécessité d’apporter un contrepoids au monopole des Compagnies de Chemins de fer et l’opinion publique réclama de nouveau l’amélioration de notre réseau de navigation intérieure. Le Gouvernement fut ainsi amené à lui donner partiellement satisfaction en décidant d’entreprendre pour 200 millions de travaux.
- Au début de la Troisième République, le rôle des canaux et des rivières dans le développement de notre richesse nationale fut, une fois de plus, exposé d’une manière magistrale par M. Krantz, alors rapporteur du budget des Travaux
- (1) Rapport de M. d’Hénouville, chef de la division de la navigation au Ministère des Travaux Publics. — XIe Congrès international de Navigation, 1908.
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- Publics pendant plusieurs années consécutives. Il l’a même défini d’une manière particulièrement précise dans la séance de l’Assemblée Nationale du 13 juin 1874 : « Les canaux et les rivières, disait-il, ont une puissance de transport presque indéfinie, ils peuvent, à un moment donné, faire face aux plus sérieux encombrements, les dissiper, et enfin transporter à des prix très bas, quand ils sont bien établis. Non seulement ils peuvent faire office de modérateur par le bon marché, mais encore de régulateur par la fixité de leurs prix. »
- D’aussi justes idées ne pouvaient pas rester stériles ; elles prirent corps dans un vaste projet de loi présenté par M. de Freycinet, en novembre 1878. Il s’agissait alors, dans l’esprit du ministre des Travaux Publics, de faire approuver un programme d’ensemble pour l’amélioration et l’achèvement de notre réseau de voies navigables, « de manière à créer en France tout un système de transports par eau, comparable au système de transports par voies ferrées » (1); ce programme était naturellement destiné à être réalisé au fur et à mesure des ressources dont le pays disposerait.
- L’une de ses particularités consistait dans la division de ces voies navigables en « lignes principales » et « lignes secondaires ».
- Les premières devaient présenter au minimum les dimensions suivantes :
- Profondeur d’eau............................ 2 mètres.
- Largeur des écluses......................... 5m,20
- Longueur.................................... 38m,50
- et elles devaient pouvoir livrer passage à des bateaux de 300 tonnes au moins. Quant aux lignes secondaires, elles pouvaient avoir des dimensions moindres.
- .Ce programme comprenait l’amélioration de 4 000 kilomètres environ de rivières, l’achèvement ou l’aménagement de 3 600 kilomètres de canaux anciens et la construction de 1400 kilomètres de canaux nouveaux. La dépense totale était estimée à 850 millions pour les canaux et les voies navigables, et l’on prévoyait un délai d’environ dix ans pour l’exécution de tout cet ensemble de travaux.
- Mais, au bout de quelques années, après une nouvelle évaluation plus précise, et quand on eut tenu compte de tous les besoins qui s’étaient fait jour depuis 1878, on dut. reconnaître que la dépense totale atteindrait finalement près de 2 milliards.
- Le Gouvernement résolut alors d’ajourner une partie des travaux, si bien que le coût total de tous ceux qui ont été effectués jusqu’en 1901 est seulement de 1 211 501 053 francs (2).
- (1) Exposé des motifs du projet de loi du 4 novembre 1878.
- (2) Ces chiffres figurent dans l’exposé des motifs du projet de loi sur l’outillage national présenté par M. P. Baudin, le 1er mars 1901 ^
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- C’est à cette époque (1901) que fut élaboré par M. P. Baudin, ministre des Travaux Publics, un nouveau programme dont la raison d’être se trouvait ainsi formulée dans l’exposé des motifs : « Le projet de 1878, pour complet qu'il ait été, ne saurait être considéré comme définitif : c'est seulement une étape vers le progrès. »
- Mais tel qu’il a été voté, le 22 décembre 1903, le programme Baudin, dont l'exécution se poursuit actuellement, ne comprend que :
- Pour l’amélioration des voies navigables existantes...... 29170 000 fr.
- Pour la création de nouvelles voies. . . . ,............. 130 900 000 —
- Soit au total............................ 170070000 —
- au lieu de 497 millions que prévoyait le projet de loi.
- Les deux éléments les plus importants du programme voté sont, d’une part le canal du Nord, qui doublera les communications par eau entre Paris et toute la région industrielle du Nord, et d’autre part, le canal de Marseille au Bhône, dont la nécessité n’est plus à démontrer.
- Le projet primitivement présenté par M. Baudin était, comme on vient de le voir, beaucoup plus ample : il comprenait notamment l’exécution des canaux du Nord-Est, de la Loire au Rhône et de Moulins à Sancoins qui, les uns et les autres, faisaient déjà partie du plan Freycinet.
- Enfin, l’une des particularités du programme de 1901 fut de demander aux intéressés leur participation financière pour la moitié au moins des dépenses envisagées.
- En somme, cette nouvelle étape vers la création du grand réseau de voies navigables dont la France a si absolument besoin, nous-laisse malheureusement encore très loin du but à atteindre.
- Remarquons en outre que si le plan Freycinet prévoyait pour les lignes principales la possibilité de faire circuler des bateaux de 300 tonnes, cette préoccupation, pour importante qu’elle était il y a trente ans, n’est peut-être plus suffisante aujourd’hui. •
- En raison même des progrès réalisés presque partout, ne devrait-on pas donner à toutes les nouvelles grandes voies d’eau les dimensions nécessaires à des bateaux de 600 tonnes au moins, qui sont plus économiques, à tous points de vue, que ceux de 300 tonnes? Il n’y a d’ailleurs là rien d’exorbitant, si l’on songe aux bateaux qui sont en usage sur le Rhin et dont beaucoup jaugent déjà 1 500 et même 2 500 tonnes. Sans aller si loin, il ne faut pas oublier que les nouveaux chalands qui fréquentent la Seine atteignent déjà couramment 1 000 tonnes.
- Bref, la crise des transports que nous traversons semble avoir suffisamment
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- démontré que nos voies de communication intérieure sont radicalement insuffisantes. Notre commerce et notre industrie en souffrent. Il faut donc sans retard enrayer le mal et en chercher le remède.
- Ce remède ne peut évidemment pas consister seulement dans l’augmentation du matériel des Compagnies de chemins de fer ou dans la multiplication de leurs voies. Notre réseau de voies ferrées, cependant si dense et si actif, ne semble pas en effet pouvoir satisfaire à toutes les exigences. Pourquoi donc ne pas le compléter par tout un ensemble de voies navigables empruntant les vallées de nos quatre grands cours d’eau?
- Ce serait le moyen non seulement de favoriser le développement de notre agriculture et de notre industrie par des transports plus économiques, mais encore de donner plus de vie à notre armement, par suite de l’inévitable accroissement de trafic qui en résulterait. Ce serait surtout le moyen de diminuer la distance entre l’Europe Centrale et nos grands ports de batellerie, comme Paris, Lyon et tels autres points de notre territoire, placés pour ainsi dire aux nœuds stratégiques du commerce international.
- Mais ici, nous nous trouvons immédiatement arrêtés par un vieil obstacle : la mauvaise volonté des Compagnies de chemins de fer et le refus qu’elles ont toujours opposé de prendre contact avec les voies d’eau. Cependant cette collaboration ne pourrait être qu’infiniment profitable aux intérêts généraux du pays et même à ceux des Compagnies, si elles savaient mieux apprécier l’importance des nouveaux courants de marchandises, dont elles bénéficieraient certainement.
- Ce problème si capital du « raccordement des chemins de fer aux voies d’eau », qui se trouve à la base même des transports à bon marché, est en ce moment soumis aux pouvoirs publics. M. Audiffred, sénateur de la Loire, avait déposé à ce su jet une proposition de loi en février 1907, et depuis, M. Bar-thou, ministre des Travaux Publics, a présenté un projet de loi tendant au même objet. Il y a donc tout lieu de croire que cette grave question sera bientôt résolue d’une manière favorable.
- Le soi-disant préjudice qu’une pareille liaison pourrait causer aux Compagnies de chemins de fer est d’ailleurs démenti partout où l’expérience en a été faite ; il est hors de doute, au contraire, qu’une fois la collaboration bien établie, les services commerciaux des Compagnies sauront eux-mêmes en tirer parti dans une large mesure.
- . Mais, si l’on veut aboutir à des résultats vraiment profitables au pays, il est indispensable de s’occuper en même temps de l’élaboration de « nouveaux tarifs de transbordement et de transit ».
- C'est, en effet, par la combinaison des tarifs de la batellerie et des chemins de fer, que l’on peut arriver à créer de véritables courants de transit au profit
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- de la France. Ne trouverions-nous pas ainsi le moyen de renverser à notre profit une situation véritablement anormale qui nous rend en ce moment tributaires de certains ports étrangers de la mer du Nord ?
- Nous avons l’avantage de posséder de merveilleuses portes de sortie faisant front sur trois mers et pouvant suffire à un trafic considérable. Encore faut-il les relier à l’intérieur du pays en développant les moyens de transporta bon marché. Dans ce but, il serait également à désirer que notre Administration des douanes consentît à accorder des facilités nouvelles, et que nos ports de batellerie fussent en état de profiter, dans une certaine mesure, d’avantages analogues à ceux que l’on réclame depuis si longtemps sous le nom de « zones franches », pour nos grands ports de commerce.
- M. Papelier, ancien député, a fort clairement exposé les éléments de cette question dans un intéressant rapport intitulé: « Union et solidarité de la marine, des ports, des voies navigables et des chemins de fer. » Il y conclut en demandant instamment que nos voies ferrées et voies d’eau soient reliées entre elles, en tête des réseaux, — que les tarifs d exportation, qui régissent nos ports maritimes, soient appliqués également aux ports fluviaux de l’intérieur,— enfin, qu’une étude impartiale soit ouverte entre les chemins de fer et la navigation, pour créer des tarifs mixtes de transbordement, tenant compte des kilomètres parcourus sur les deux voies.
- C’est de cette manière, dit-il, que ces deux modes de transport pourront défendre les intérêts commerciaux du pays et que certains de nos ports fluviaux jouiront de tarifs de transbordement établis sur les mêmes bases que ceux existant en Allemagne.
- Ces desiderata ont d’ailleurs été discutés et repris sous forme de vœux au dernier Congrès des Travaux Publics qui s’est tenu à Bordeaux en octobre 1907.
- . Le même problème a, d’autre part, été étudié avec beaucoup d’autorité dans les travaux si documentés que M. Louis Laffitte, professeur à l’Ecole Supérieure de Commerce de Nantes et depuis secrétaire général de la Chambre de Commerce de Nancy, a publiés depuis'une dizaine d’années. M. Laffitte a su, en particulier, mettre en relief d’une manière claire et saisissante l’heureuse influence du développement récent des voies navigables de l’Allemagne sur l’expansion économique de ce pays (1).
- D’ailleurs il ne faut pas oublier qu’en dehors de l’accroissement du trafic international, la collaboration intime des voies navigables et des voies ferrées ne peut que favoriser les industries existantes. A coup sûr la création de voies
- (I) L’organisation commerciale de notre réseau de voies Iluviales (Louis Laffitte, 1901). — L’expansion économique de la France par l’amélioration et le développement de ses moyens de transports (Louis Laffitte, 1904). — Étude sur la navigation intérieure en Allemagne publiée sous les auspices de la Société « la Loire Navigable, »
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- navigables nouvelles aura aussi pour conséquence la naissance d’industries nouvelles, qui auront, à leur tour, pour effet d’augmenter l’activité de nos moyens de transports. Il y a là un enchaînement de faits et de conséquences économiques dont on ne saurait nier l’heureuse influence.
- Il n’est pas sans intérêt, pour fixer les idées, de rappeler ici les caractéristiques principales de la situation actuelle de notre réseau de navigation intérieure, d’après les dernières publications officielles.
- État du. réseau fluvial en 1906
- LONGUEURS CLASSÉES. LONGUEURS FRÉQUENTÉES EN 1906.
- Flottables. Navigables. Ensemble. Flottables. Navigables. Ensemble.
- Ivil. Kil. Kil. Kil. Kil. Kil.
- Fleuves, rivières, lacs. 2 931 8 826 11 757 493 6 732 7 225
- Canaux. ...... )) 4 942 4 942 )) 4 857 4 857
- 2 931 13 768 16 699 493 11 589 12 082
- État comparatif des voies navigables
- AYANT AU MINIMUM 2 METRES DE MOUILLAGE ET DES ÉCLUSES DE 38m,50 DE LONGUEUR UTILE
- SUR 5m,20 DE LARGEUR
- SITUATION EN 1878. SITUATION EN 1906.
- Kilomètres. Kilomètres.
- Fleuves et rivières 996 2,106
- Canaux 463 2 700
- Ensemble . 1 459 4 806
- Tonnage des marchandises embarquées en 1906
- Fleuves et rivières . . .............. 13813947 tonnes.
- Canaux................................ 18 329 726 —
- , Sur tout le réseau fluvial. . . 34 143 673 tonnes.
- dont environ un tiers (10 660103 tonnes) en combustibles minéraux et un autre tiers (12029 771 tonnes) en matériaux de construction et minerais*
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- Mouvement des principaux ports fluviaux
- PARIS (Seine et canaux) : Embarquements . . Débarquements.. . Trafic local .... Transit...............
- Tonnes.
- 2 490 238 ] 6 273 610 ) 371008 ) 1 390 280 )
- 8 763 848 1 761 288
- Mouvement total
- 10525136
- Tonnes de marchandises embarquées et débarquées
- Rouen (Seine, 8e section).................. 2 403 515
- Dunkerque (canal de Bourbourg)............. 1 222 520
- Ablon (Seine, 4e section).................. 1138137
- Villeneuve-Saint-Georges (id.)............. 1 115 449
- Veudin-le-Vieil (canal de la Deule, lre section). 915 060
- Vigneux (Seine, 4e section)................. . 888 326
- Bordeaux (Garonne)......................... 791 582
- Béthune (canal d’Aire) ..................... . 737883
- Denain (Escaut, 2e section)................ 753 504
- Lyon (Rhône et Saône)...................... 732 402
- Montceau-les-Mines (canal du Centre) . . . 627 479
- Beuvry (canal d’Aire)...................... 560 031
- Dombasle (canal de la Marne au Rhin) .... 541257
- Violâmes (canal d’Aire). . . .............. 524 714
- Maries (canal d’Aire)...................... 478 000
- Harnes (canal de Lens)...................... 450 000
- Lille (canal de la Deule). ................ 440 000
- Roanne (canal de Roanne à Digoin).......... 428 000
- Draveil (Seine, 4e section).......'. . . . 407 000
- Nancy (canal de la Marne au Rhin).......... 380 000
- Bleu (Liévin) (canal de Lens).............. 376 000
- Montluçon (canal du Berry)................. 361 000
- Reims (canal de l’Aisne à la Marne)........ 355 000
- Roubaix (canal de Roubaix) . . ............ 351 000
- Alfortville (Seine)........................ 339 000
- Clichy (Seine)............................. 332 000
- Bas Vignons (Seine)........................ 325 000
- Douai Gayant (Scarpe)...................... 324 000
- Aubry (canal de la Deule).................. 315 000
- Chauny (canal de l’Aisne à la Marne)....... 303 000
- Il y a en outre :
- 21 ports dont le tonnage varie de 200 à 300 000 tonnes. 56 - — 100 à 200 000 —
- 96 — — 50 à 100 000 —
- 442 — — 10 à 50 000 —
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- Tous ces chiffres, très intéressants en eux-mêmes, sont cependant très inférieurs à ce qu’ils devraient être. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que la majeure partie de ces ports sont des installations privées, fort bien outillées, dépendant de mines et houillères, d’établissements métallurgiques et de grandes industries, alors qu’au contraire, les ports ouverts aux services publics sont très insuffisants et ne comportent pour ainsi dire pas d’outillage.
- On doit ajouter d’autre part que les progressions de tonnage de nos ports fluviaux sont relativement très faibles si on les compare à celles des ports allemands, tels que Ruhrort, Duisbourg, Cologne, Mayence, Ludwigshafen et Manheim, dont le trafic a souvent plus que quintuplé depuis trente ans.
- Il nous reste à examiner ce que devrait être notre réseau de voies navigables qui, on ne saurait trop le répéter, est intimement lié au développement et à la prospérité de notre armement, de nos ports et de nos voies ferrées.
- Un simple coup d’œil sur la carte de France nous montre que les principales de ces voies doivent forcément emprunter les vallées mêmes de nos grands cours d’eau, prolongées artificiellement et reliées entre elles; mais il faudrait y joindre une grande artère navigable desservant notre frontière de l’Est.
- En d’autres termes et pour préciser davantage, il semble que l’on doit surtout s’attacher à construire un canal latéral au Rhône, entre Lyon et Arles, pour faire suite au canal de Marseille au Rhône, — à relier le Rhône à la Loire, — à organiser tout le système navigable de la Loire (c’est-à-dire un canal latéral de Briare à Nantes ou Angers, suivant les résultats obtenus sur la Loire, le canal de Moulins à Sancoins, et la transformation à grande section du canal du Berry). Joignons-y enfin le canal du Nord-Est dont on comprend facilement l’utilité, et l’on aura ainsi constitué dans ses grandes lignes le réseau des principales voies intérieures indispensables à notre expansion commerciale.
- Si l’on passe maintenant en revue ces différentes voies de navigation, on se rend compte qu’elles ont déjà presque toutes figuré dans les programmes Freycinet et Baudin ; mais, pour plus de précision, nous allons successivement en rappeler les caractéristiques principales.
- Canal de la Chiers. — Compris dans le programme Freycinet comme ligne secondaire; déclaré d’utilité publique par une loi du 26 juillet 1881.— Longueur : 85 kilomètres. — Dépense probable (estimation du projet Baudin) : 40 millions. — Estimation du trafic par la Chambre de commerce de Dunkerque : 1 million de tonnes.
- Canal de VEscaut à la Meuse. — Compris dans le programme Freycinet comme ligne principale; — déclaré d’utilité publique par une loi du 8 juillet 1882. — Longueur : 154 kilomètres (dont 112 à construire et 12 à emprunter au canal de la Sambre à l’Oise). — Différence de niveau à racheter : 220 mètres. — Dépense probable ; 80 millions. — Estimation du trafic : 2 300 000 tonnes.
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- Le canal de la Chiers et le canal de l’Escaut à la Meuse constituent ce qu’on appelle généralement le Canal du Nord-Est.
- Canal latéral à la Loire, de Combleux-Orléans à Nantes. — Le programme Baudin rappelle qu’un avant-projet de canal latéral entre Briare et Nantes, qui atteignait le chiffre de 120 millions, fut écarté comme trop coûteux. Il préconise l’amélioration de la Loire, entre l’embouchure de la Maine et Nantes (84 km) pour compléter les études poursuivies par la Société « La Loire Navigable » en vue de l’obtention d’un mouillage minimum de lm,20. Dépense prévue : 14 millions dont la moitié à la charge de l’État et l’autre moitié à la charge des départements intéressés : Loire-Inférieure, Maine-et-Loire, Sarthe et Mayenne.
- Ce premier travail améliorera sans doute le débouché du groupe angevin de cours d’eau (Mayenne, Maine, Oudon, Sarthe, Loir), mais il ne résoudra pas la question beaucoup plus importante de l’union complète de la Loire maritime, c’est-à-dire de Nantes et de Saint-Nazaire, avec les canaux du Centre de la France, avec les canaux de l’Est et de l’Allemagne Centrale, avec la Seine, Paris, Rouen et le Havre, enfin avec la vallée du Rhône, Lyon et Marseille, en passant par le centre industriel et houiller de Saint-Étienne. Le problème de la navigation, sans transbordement, de chalands de 300 tonnes au moins, mais généralement de 600 tonnes, entre Nantes et le centre de la France, reste donc entièrement à résoudre.
- Canal de Moulins à Sancoins. — Destiné à alimenter le canal du Berry avec les eaux de l’Ailier et préconisé dès 1847. Dépôt par l’Administration, en 1882, d’un projet de loi autorisant la création d’une rigole à grande section, qui fut voté à la Chambre, mais ajourné par le Sénat comme trop coûteux. Ce projet fut repris dans le programme Baudin, et la dépense, estimée en 1882 à 14 millions, serait aujourd’hui de 16 millions. Longueur : 49 kilomètres.
- Ce canal, s’il est construit pour chalands de 300 tonnes, nécessitera le remaniement du canal du Berry.
- Canal du Berry. — La transformation de ce canal était inscrite au programme Freycinet. Il est actuellement insuffisamment alimenté et utilisable seulement par des péniches de 65 tonnes. — Nécessité de transformer les 2 branches de ce canal. — Longueur totale : 285 kilomètres. — Dépense probable : 26 millions (évaluation de M. Audiffred, proposition de loi du 8 février 1906).
- Canal de la Loire au Rhône. — Compris comme ligne principale dans le programme Freycinet. — Plusieurs avant-projets dressés de 1882 à i894, pour la partie comprise entre Roane et la Fouillouse; — Nouvelle étude d’ensemble prescrite en 1898. — Longueur : 130 kilomètres. — Différence de niveau à racheter : 557 mètres. — Exécution difficile. — Dépense probable : 110 millions (évaluation du projet Baudin). — Estimation du trafic par la Chambre de commerce de Saint-Étienne : 600000 tonnes.
- Canal latéral au Rhône. — Les travaux d’amélioration du Rhône entre Lyon et la mer furent déclarés d’utilité publique par la. loi. du 13 mai 1878 qui a fixé la dépense à 45 millions. — Dépenses effectuées à ce jour : environ 50 millions. — Résultats : lm,60 de tirant d’eau pendant 300 jours. —Par très basses eaux, on aurait voulu obtenir
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- lm,25, mais ce résultat n’a pas été atteint partout. Les travaux exécutés ont bien fixé le lit du fleuve et amélioré la protection des rives, mais au point de vue de la navigation, tout le monde aujourd’hui semble s’être rallié à l’idée d’un canal latéral. Les courants du Rhône sont trop violents pour permettre une navigation régulière et économique. D’autre part, l’eau du fleuve paraît susceptible d’une meilleure utilisation, si on l’envisage au triple point de vue de la navigation, de la force motrice et de l’irrigation.
- Longueur approximative du canal, de Lyon à Arles : 300 à 350 kilomètres. — Différence de niveau : 160 mètres. — Coût probable des travaux : 300 millions.
- Canaux du Midi. — Après les travaux actuellement en cours, il y aurait lieu de mettre le canal du Midi au profil du canal latéral à la Garonne en lui donnant 2 voies sur les 45 kilomètres où il est à voie unique. — Dépense probable : 13 millions (estimation du projet Baudin).
- En outre, il serait nécessaire de transformer à bref délai ces canaux classés depuis longtemps comme lignes principales, de manière à permettre la circulation des chalands de 300 tonnes au minimum, à moins qu’on ne reconnaisse, dès à présent, l’avantage d’une transformation plus complète, en vue de la navigation de chalands de 600 tonnes, ce qui paraîtrait plus rationnel.
- Tout ce programme représente le réseau rationnel dès voies navigables dont la France a besoin; aussi l’accord est-il aujourd’hui à peu près complet sur la nécessité de le réaliser au plus tôt. Tout au plus pourrait-on ajouter à cette énumération le canal de la Loire à la Garonne; bien que l’avant-projet en reste encore à faire.
- L’ensemble de ce programme, si l’on s’en rapporte aux chiffres tirés des documents officiels, correspondrait à une dépense de 800 à 1200 millions qui peut être portée à 1 400 millions en prévision de certaines modifications d’études ou d’exécution.
- Ce chiffre, bien qu’il puisse paraître énorme à première vue, ne doit pas être un obstacle à la prise en considération d’un tel programme, car les avantages qui résulteraient de sa réalisation compenseraient largement les sacrifices consentis.
- Mais il en est de ce vaste plan comme de celui relatif à nos ports, l’effort qu’il nécessite ne peut porter sur nos budgets déjà trop surchargés ; il ne faut pas, d’autre part, compter sur le concours direct de l’Etat; c’est donc à l’initiative privée que l’on doit s’adresser, sans hésiter, pour obtenir la prochaine réalisation de cet organisme économique.
- Du reste l’apparition, dans plusieurs grands centres, de groupements et de syndicats pour l’amélioration des voies navigables, est un fait des plus significatifs. Ces groupements qui réunissent déjà des représentants des Départements, des Villes, et des Chambres de Commerce, ainsi que les plus éminentes personnalités du monde industriel ou commerçant de la région, montrent bien à
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- quel point l’on est, à l’heure actuelle, décidé à poursuivre la solution de cet important problème.
- On peut notamment citer à ce propos le « Syndicat d’initiative pour l’aménagement du Rhône » qui comprend tous les principaux intéressés de la vallée du Rhône depuis Lyon jusqu’à Marseille.
- Tous les travaux d’endiguement, d’approfondissement et de fixation du lit de ce fleuve, poursuivis depuis trente ans, paraissent avoir produit aujourd’hui le maximum de résultats que l’on pouvait en attendre. Mais il n’en reste pas moins vrai « qu’un grand torrent, quelque régulier qu’il soit, sera toujours inférieur, comme voie de transport, à une rivière canalisée, et surtout à un canal latéral présentant un tirant d’eau constant sans courant sensible, et pouvant offrir à la batellerie les mêmes avantages à la montée qu’à la descente (1). »
- La fixation du lit du fleuve qui représente la première étape du problème se trouve aujourd’hui à peu près résolue. Il reste la question de l’emploi d’une partie des eaux du Rhône pour l’irrigation (projet Dumont) et l’amélioration de la navigation.
- On comprend aisément que, dans ces conditions, tout le monde en soit arrivé à demander l’aménagement du Rhône au triple point de vue de la navigation, de la production de la force motrice et de l’irrigation.
- En ce qui concerne la navigation, l’idée d’un canal latéral répond actuellement aux desiderata de tous les intéressés. Grâce aux intelligents et patients efforts de l’Office des Transports du Sud-Est, si bien dirigé par M. R. Tayer-nier, on est arrivé à comprendre toute la vitalité et toute la force de production que pourrait apporter à ces provinces la création d’une grande voie de pénétration desservant non seulement la région lyonnaise, mais toute l’Allemagne centrale par la Saône et le Rhin.
- Le groupement de la « Loire Navigable, » qui comprend lui aussi des personnalités éminentes, n’est pas moins actif; il a su en effet attirer l’attention des Pouvoirs Publics sur l’amélioration de la Loire jusqu’à Angers. Mais le problème capital, en ce qui concerne Nantes et Saint-Nazaire, n’est-il pas surtout de relier la partie navigable du fleuve au centre de la France, par un canal exploitable économiquement et en tout temps? C’est là, croyons-nous, le but qu’il faut poursuivre, sans se laisser détourner vers une solution partielle, et par conséquent insuffisante pour l’intérêt général. •
- La jonction de la Loire au Rhône est, elle aussi, très ardemment poursuivie par les groupements industriels de Saint-Etienne qui trouveraient dans le débouché vers le Rhône des facilités et des économies de production très considérables.
- (1) Charles Lenthéric, Inspecteur général des ponts et chaussées : « Le Rhône, Histoire d’un fleuve. » 1905.
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- Ne devrait-on pas également, dans l’intérêt de Bordeaux et de tout le Sud-Ouest, améliorer au plus tôt le canal latéral de la Garonne et le canal du Midi, de manière à y assurer la circulation de bateaux de 300 tonnes? Ce chiffre n’a rien d’exagéré si l’on songe que l’on en est encore, pour les écluses, aux modestes dimensions du temps de Riquet. D’autres transformations sont d’ailleurs également poursuivies par le Comité du « Sud-Ouest Navigable » dont il faut louer ici la persévérance et l’activité.
- Nous ne parlerons que pour mémoire du canal du Nord-Est; il est aujourd’hui abolument nécessaire pour relier nos établissements métallurgiques de Longwy et de Briey aux centres houillers du Nord. Selon l’expression même de M. Pierre Baudin, « il est chez nous le trait d’union indispensable entre le pays de la houille et le pays du minerai. Il y a des hauts fourneaux dans le Nord, qui ont du coke sur place et attendent le minerai de l’Est, et il y a des hauts fourneaux dans l’Est, qui ont le minerai sur place et appellent le coke du Nord. Ne faites pas le canal: le Nord fera venir le minerai de l’étranger, et l’Est le coke de l’Allemagne. » Il y a plus, l’exécution de ce canal ne saurait être ajournée plus longtemps sans nuire gravement aux intérêts généraux du jjays, et'sans priver notamment Dunkerque d’un fret d’exportation qui lui est naturellement destiné.
- Tout ce programme d’ensemble de l’achèvement de nos grandes voies navigables ne peut évidemment être réalisé tout d’un coup. Certains projets demandent à être remis au point, d’autres restent encore à étudier presque entièrement. Ces études complémentaires suffiraient d’ailleurs à échelonner l’exécution des travaux. Il faut d’autre part prévoir un certain temps pour que les groupements intéressés puissent se constituer définitivement en vue d’assurer les voies et moyens.
- Il importerait cependant que l’on décidât sans tarder le principe de l’exécution de ce programme, de manière à pouvoir le réaliser dans une période qui ne dépasserait pas vingt ans, en commençant naturellement par les voies, les plus indispensables. Ce serait le moyen d’en arriver à un véritable programme d’exécution au lieu de se contenter d’un simple programme de classement.
- Mais le problème ne consiste pas seulement à creuser un magnifique réseau de voies navigables et à les faire communiquer entre elles. Nous aurions beau réaliser ce réseau aussi vaste et aussi complet que possible, nous aurions beau choisir partout les emplacements les plus favorables, une telle œuvre, si considérable soit-elle, resterait frappée de stérilité, si nous ne donnions pas à nos voies navigables l’organisation commerciale qui leur fait aujourd’hui totalement défaut.
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- CARTE DES VOIES NAVIGABLES DE LA FRANCE
- Situation actuelle en 1908. — Programme complémentaire
- Lotterdi
- -/////;
- Légende
- Rivières navigables de 2me Catégorie Canaux existants de lre Catégorie Canaux existants de Catégorie Canaux nouveaux ou à améliorer en exécution Canaux nouveaux ou à améliorer en projet
- HAVRE
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- PARIS
- .NANCY
- •ou. ,r leluiL Marc
- 'h orientx
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- Carcassoim!
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- L. Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris
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- A ce sujet, l’on peut lire, dans \a Revue de Paris du 15 mai dernier, un intéressant article de M. Louis Marlio, où les défauts de notre navigation intérieure sont résumés en des termes frappants: « Manque de cohésion entre la voie, le véhicule et le moteur; — mauvais rendement du matériel ; — insuffisance des moyens de traction; — liaison incomplète avec les chemins de fer; —enfin, absence de ressources propres. »
- Notre réseau actuel est, en effet, comparable à une ligne de chemin de fer où l’on aurait construit la voie seulement, sans s'occuper d’y adjoindre des stations, et où ,1a traction serait effectuée au gré de chacun, sans même être réglementée au point de vue de la vitesse.
- Compléter notre réseau pour l’exploiter dans les mêmes conditions, serait absolument inutile. Toute la question des transports par eau revient donc à organiser l’exploitation commerciale de nos voies navigables.
- Dans cet ordre d’idées, ne faut-il pas tout d’abord régler les mouvements des chalands, d’une manière analogue à ce qui se pratique pour les trains sur les lignes de chemins de fer? L’essentiel n’est-il pas d’éviter tout encombrement sur les voies, et d’assurer à chaque unité son maximum de puissance de transport? On en arrive alors naturellement à la transformation du halage par chevaux, beaucoup trop lent, en un moyen de traction mécanique, comme cela existe déjà sur le canal de la Deule et en Allemagne^
- Il importe aussi de créer des station s et des points de raccordement sur tout notre réseau de navigation intérieure en organisant des gares d’eau ou ports de transbordement. Ces ports de batellerie doivent être aménagés dans les mêmes conditions que nos grands ports maritimes, pourvus de quais, de bassins et de tout un outillage: voies ferrées, magasins, entrepôts, cabestans, grues, etc.
- Mais rien de semblable n’existe encore chez nous, et les principaux ports de Paris : Ivry, Bercy, Javel, Saint-Ouen, se trouvent dans un état d’humiliante infériorité vis-à-vis des puissantes installations des ports fluviaux de l’Allemagne, qui pourraient souvent rivaliser avantageusement avec nos plus grands ports maritimes.
- 11 faudrait également considérer les raccordements des voies ferrées avec les gares d’eau, comme des raccordements industriels, et concéder l’exploitation de ces gares à des particuliers, des groupements industriels, des sociétés privées, des Chambres de commerce, ou des Municipalités intéressées à l’amélioration des transports économiques de leur région.
- Enfin une meilleure utilisation-des chalands, par suite de l’augmentation de leur tonnage, do l’accélération de leur marche et de la réduction de leur durée de séjour dans les ports, n’aurait-elle pas aussitôt une répercussion considérable sur l’abaissement des frets?
- Tome 110. — Octobre 1908.
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- Mais pour arriver à une exploitation vraiment rationnelle et profitable de notre réseau de navigation intérieure, il ne suffit pas d’organiser et de mieux réglementer la batellerie, de créer de nouveaux canaux, des gares d’eau puissamment outillées et bien raccordées aux voies ferrées; il faut surtout lui donner une vie propre, avec une administration autonome pour chacune de ses parties.
- Cette organisation a été préconisée dans l’exposé des motifs du programme Baudin (mars 1901) et il est fort regrettable que le Sénat n’ait pas cru devoir sanctionner cette partie du projet qui en constituait cependant l’innovation la plus heureuse (1). Tout reste donc encore à faire de ce côté-là, comme pour l’organisation du nouveau régime de nos ports.
- Ce qu'il faut surtout envisager ici, c’est le point de vue financier. Si l’on s’en rapporte aux dispositions actuelles de l’Etat qui n’accepte de participer aux dépenses que pour la moitié, mais à la condition que les intéressés en assument eux-mêmes l’autre moitié, on en arrive à la nécessité de confier cette charge à des organismes nouveaux pourvus de la personnalité civile.
- Dans le cas oit cette fonction ne serait pas confiée à des particuliers ou des sociétés privées, il faudrait alors en charger des syndicats, corporations ou consortiums. Ces organismes seraient composés de représentants des Chambres de Commerce, des Départements, des Villes, des Compagnies do chemins de fer, des industriels ou commerçants de la région, peut-être aussi des représentants de la batellerie auxquels seraient ad joints naturellement des représentants, du pouvoir central. Ils devraient être gérés par un Comité de direction, et se tenir en rapport direct avec le ministre des Travaux Publics par l’intermédiaire du Comité des voies navigables, de manière à supprimer ainsi toutes lenteurs dans les rouages administratifs.
- Mais sur quelles ressources les intéressés pourraient-ils gager les emprunts nécessaires ? Il faut indiquer, comme premier élément de recettes, le rétablissement des péages d’ailleurs déjà admis pour les canaux nouveaux ; joignons-y le bénéfice de la traction mécanique représenté par les produits de l’exploitation directe ou par une redevance que verserait le concessionnaire; enfin n’oublions pas de mentionner les produits de l’exploitation des ports intérieurs, s’ils sont créés et exploités par des collectivités chargées de la gestion de chacune de ces voies, ou bien les redevances payées par ces ports, s’ils sont concédés.
- Une autre source de revenus non moins importante pourrait provenir à
- (1) Rappelons ici que dès 1899, M. Yves Guyot, minisire des Travaux Publics, avait déposé un projet de loi dans le but de compléter les dispositions législatives réglementant en France la navigation intérieure; une des parties de ce projet préconisait notamment la création de Chambres de Navigation. Ce fut une tentative très remarquable qu’il importait de signaler.
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- , notre avis de la participation financière des ports maritimes directement intéressés au développement du trafic intérieur,, ainsi que des villes et des départements auxquels les nouvelles voies seraient susceptibles d’apporter un sensible accroissement de prospérité.
- Malgré la réunion de tous ces concours et malgré l’urgence de certains travaux, il se peut fort bien que l’on se trouve au début avec des ressources éventuelles insuffisantes pour gager les emprunts nécessaires. C’est ici, croyons-nous, que l’Etat, — premier intéressé au développement général du pays, par l’augmentation des recettes fiscales et douanières qui doit forcément en résulter, — aurait à intervenir au moyen de la garantie d’intérêts, comme il le fait pour les chemins de fer. Il y a tout lieu de croire que les charges, qui eu résulteraient finalement pour lui, ne seraient d’ailleurs que momentanées et en tous cas très inférieures à l’accroissement de ses perceptions. Il va de soi que, dans cette hypothèse, la part contributive de l’Etat aux dépenses de premier établissement devrait aussi pouvoir être capitalisée sur la base de l’annuité afférente aux travaux qu’il inscrirait à son budget, de manière à ne pas prolonger trop longtemps l’exécution du programme, et à ne pas le grever ainsi d’intérêts intercalaires et de frais d’administration beaucoup trop lourds.
- Les conséquences économiques de cette transformation de nos moyens de transport sont trop évidentes pour qu’il soit utile d’y insister. Pour n’en citer que les principales, n’est-il pas clair que l’abaissement des tarifs intérieurs donnerait immédiatement à notre industrie et à notre commerce une impulsion des plus vives et un regain de prospérité qui compenserait largement le renchérissement actuel de la main-d’œuvre?
- D’autre part, que de campagnes encore sans engrais, faute d’un fret .à bon marché, et que de débouchés actuellement interdits pour la même raison à nos produits agricoles ! Sur ce point aussi la transformation serait complète. Lavoie du Rhône, par exemple, ne serait-elle pas la voie de pénétration tout indiquée pour la plupart de nos produits de l’Algérie qui prennent actuellement la route de Gibraltar pour venir dans le Nord de la France?
- Que dire enfin du transit international qui se trouverait ainsi presque irrésistiblement attiré vers nos voies ferrées, nos canaux et nos ports? Au lieu d’aller payer aux armateurs étrangers, sous forme de fret, un tribut considérable, ne serait-ce pas au contraire une source importante do bénéfices pour nos chemins de fer et notre armement ?
- Pour terminer par un chiffre éloquent, rappelons qu’en 1900 la France a payé pour 300 millions de fret aux armateurs étrangers, et qu’elle fournit en plus chaque année un tribut important aux Compagnies de chemins de fer et aux ports étrangers de la mer du Nord. N’est-ce pas suffisant pour prouver l’ur-
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- gence du programme de travaux et de réformes que nous venons d’exposer, en faveur de nos voies navigables ? .
- Un simple coup d’œil sur ce qui se passe à l’étranger montre d’ailleurs que nous avons atteint l’une des étapes normales de l’évolution de l’outillage chez les grandes nations. Après l’utilisation rudimentaire des cours d’eau, qui ont servi de moyens de pénétration, l’on en est venu aux routes, puis aux voies ferrées et l’on revient maintenant à l’aménagefnent rationnel de ces voies navigables si méprisées durant quelques années. L’exemple de l’Allemagne, de la Hollande et de la Belgique est là pour nous montrer le rôle important .qu’elles peuvent jouer dans la mise en valeur d’un pays. Ne perdons pas de vue cet exemple.
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- CONCLUSION
- Nous avons, en somme, essayé de montrer, au cours de cette étude, ce qu'il y a lieu de faire pour mettre nos ports et nos voies navigables à la hauteur des exigences de notre expansion commerciale.
- Nous avons considéré tout d’abord les progrès de l’architecture navale ; et, puisque aucun de nos porls n’est en mesure de profiter des avantages que présente l’exploitation de gigantesques navires, tels que le Lusitania et le Mauretania, et encore moins de ceux qui les suivront, nous avons été naturellement amenés à une conclusiombien nette : c’est qu’il s’agit pour nous, non seulement de mettre nos porls en état de- satisfaire aux nouvelles exigences de l’armement, mais surtout de les aménager en vue des « grands navires de demain ». Or, selon toutes probabilités, les grands paquebots de la ligne de New-York atteindront, avant peu d’années, les dimensions de 300 à 350 mètres pour la longueur, 30 à 35 mètres pour la largeur et 13 mètres environ pour le tirant d’eau.
- Nous avons, d’autre part, fait ressortir l’urgente nécessité de concevoir et d’outillé]* nos établissements maritimes d’une manière plus pratique. Il faut, en effet, y faire affluer, au plus bas prix possible et en très grandes quantités, des marchandises de toutes provenances ; il faut en faire de véritables organismes de suture entre nos différents moyens de transport ; il faut, en somme, y faciliter le transit des marchandises et des voyageurs, ainsi que la naissance et le développement des industries locales.
- Au lieu d’éparpiller nos efforts, ne devrions-nous pas au contraire les concentrer sur les points véritablement stratégiques de notre commerce extérieur? Ces points ont à peine besoin d’être désignés ; ce sont, de toute évidence : Marseille sur la Méditerranée, Bordeaux et un avant-port en eau profonde à l’em-bouchure de la Gironde, Saint-Nazaire et Nantes sur l’Atlantique; du côté de la Manche, le groupe Le Havre-Rouen-Paris, enfin Dunkerque sur la mer du Nord.
- Mais, pour mettre en pleine valeur nos grands établissements maritimes, il ne suffît pas de les ouvrir très largement du côté de la mer ; il faut aussi les relier a l’intérieur du pays par tout un réseau de voies navigables bien aménagées. Ne doit-on pas chercher, par tous les moyens, à favoriser le transport des marchandises lourdes, encombrantes ou de peu de valeur, pour lesquelles les voies ferrées offrent des tarifs souvent trop élevés? Ne doit-on pas surtout,
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- grâce à la collaboration des voies de fer et des voies d’eau, attirer dans nos ports le transit international qui manque presque totalement à notre armement, tandis que nos marchandises vont, au contraire, enrichir les armateurs des ports étrangers? L’avenir, de ce côté, est dans la création, à l’intérieur du pays, de grands ports fluviaux dans lesquels se concentrerait tout le transbordement des marchandises en transit.
- A ce propos, un simple examen de la carte de France fait nettement ressortir quelles sont nos véritables voies naturelles de pénétration. Ce sont les vallées de nos quatre grands fleuves, le Rhône, la Gironde, la Loire et la Seine, auxquels if faut joindre le canal du Nord-Est, afin de compléter ce réseau par une voie artificielle remplaçant le Rhin, le long de notre frontière belge et allemande.
- Mais, pour tirer parti de ces grandes artères fluviales, il faut aménager les rivières ou les doubler d’un canal latéral ; il faut relier entre eux les différents bassins; donner en somme à tout ce réseau la cohésion qui lui manque. Il faut aussi lui assurer une vie propre et une organisation industrielle et commerciale afin de faire disparaître l’« anarchie actuelle » qui y règne, la voie seule ayant été construite, mais rien n’ayant encore été fait, ni pour la traction rapide, ni pour le transbordement économique.
- Un pareil programme nécessite évidemment des sacrifices énormes. Il faut bien compter 500 ou 600 millions pour les ports, 800 à 1 200 millions pour les voies navigables, soit, au total, 1 300 ou 1 800 millions, peut-être même deux milliards suivant l’ampleur du programme relatif aux voies navigables.
- Or il suffit de rapprocher ces dépenses de celles qui sont engagées couramment dans le même but à l’étranger, pour se rendre compte qu’un pareil programme n’a rien d’exagéré, surtout si l’on songe à l’importance du but économique qu’il s’agit d’atteindre.
- Mais comment trouver une pareille somme ?
- Il faut bien reconnaître qu’il est impossible, dans les conditions actuelles, de la demandera l’Etat sur son budget annuel : 26 millions seulement y sont affectés aux travaux neufs, ports, rivières et canaux, pour l’exercice 1908. Avec de pareils crédits, si l’on en déduit les dépenses nécessaires à d’autres travaux, moins urgents peut-être, mais cependant utiles, il faudrait quarante ou cinquante ans pour réaliser le programme dont nous parlons, même en ne comptant pour l’Etat, suivant la proportion admise, que la moitié de la dépense.
- Dans ces conditions, mieux vaudrait y renoncer tout de suite, car tous les ouvrages seraient complètement démodés avant même d’avoir été achevés.
- Si l’on songe, d’autre part, que les charges de la Prévoyance sociale vont devenir chaque jour plus écrasantes pour nos budgets, il semble impossible que l’Etat puisse s’imposer un pareil sacrifice suivant la formule actuelle.
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- Mais alors pourquoi ne pas s’adresser à l’initiative privée qui peut revêtir les formes les plus diverses, ou au système des« annuités » et de la « garantie d’intérêts » appliqué avec succès dans tant d’autres cas ? L’affectation dans le budget, comme annuité, d’une somme de 35 millions par exemple permettrait de gager un emprunt d’un milliard, représentant la participation pour moitié de l’Etat dans le cas où les travaux atteindraient le chiffre maximum de deux milliards.
- Quant aux emprunts représentant la participation des tiers intéressés, emprunts qui auraient comme garantie directe les taxes d’exploitation, ne devraient-ils pas, eux aussi dans certains cas, être garantis par l’État, qui ferait ainsi bénéficier ces tiers de son crédit et diminuerait ainsi leurs charges durant la période de construction?
- Il n’est pas douteux, croyons-nous, que sur ces bases", l’épargne française ne fournisse facilement les sommes nécessaires à la transformation et à la mise au point de notre outillage maritime.
- La réalisation d'un pareil programme en douze ou seize ans ne demanderait d’ailleurs pas plus de 5 p. iOO des sommes que Pépargne française place annuellement à l'étrangerj puisque nous avons prêté, en moyenne, hors de chez nous, deux milliards et demi de francs par an, durant ces dernières années.
- Dans ces conditions, l’hésitation ne semble plus permise et tout retard serait même gros de'conséquences pour notre industrie, notre commerce et notre armement. Il ne faut pas oublier, en effet, que chaque année est mise à profit par nos concurrents.étrangers pour s’outiller, s’organiser, et s’armer davantage en vue de la lutte économique, et que cela se réalise en grande partie avec nos propres deniers.
- Mais, si l’on veut arriver à ces réformes, il faut tout d’abord renoncer à cette conception erronée qui consiste à considérer un port ou un canal comme des œuvres d’intérêt purement local ou régional. Au contraire, quelles conséquences pour le développement de la richesse nationale, quelles augmentations dans les perceptions fiscales et douanières ne résulteraient pas de la transformation de notre outillage maritime ? L’Etat n’a-t-il pas alors tout intérêt à favoriser cette transformation ?
- Il nous reste donc à rappeler comment le problème, ainsi posé, peut être résolu.
- Une fois admis le principe des « annuités » et de la « garantie d’intérêts », il faut étudier le « nouveau régime de nos ports ».
- Il est facile de se rendre compte des vices de notre organisation actuelle où cinq ministères interviennent dans l’administration du même organisme, si bien qu’il en résulte d’incalculables lenteurs et d’énormes pertes de temps.
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- Les travaux en voie d’achèvement au Havre ont demandé dix-sept ans pour être exécutés, depuis l’époque où on les a reconnus indispensables: aussi sont-ils déjà démodés et insuffisants avant même d’avoir servi.
- On pourrait multiplier les exemples, mais il faut surtout en conclure 'pour l'avenir à la nécessité cl'avant-projets pais vastes, et de programmes plus extensibles, prévoyant mieux les exigences et les progrès constants de la navigation ainsi que du commerce ; il faut enfin se convaincre sur la nécessité d'une exécution beaucoup plus rapide des travaux. •
- Si l’on passe maintenant en revue les différents modes d’organisation et d’administration des ports étrangers, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique et en Italie, on en arrive à conclure que le régime de nos ports doit être entièrement réformé de manière à mieux coordonner les initiatives et les responsabilités, en confiant la construction et l’exploitation de chaque grand port à une société privée ou à un organisme spécial chargé aussi de son administration financière. Il serait superflu de revenir ici sur la première de ces deux formes ; l’exemple de nos concessions de chemins de fer et de beaucoup de ports étrangers en faciliterait l’organisation pratique. Répétons seulement, au sujet de la seconde, qu’un pareil organisme, jouissant de la personnalité civile, et susceptible par conséquent d’emprunter, pourrait comprendre des représentants de tous les intérêts locaux et régionaux engagés dans la prospérité du port (municipalités, départements), des représentants de l’industrie et du commerce de la localité et des villes intéressées (Chambres de commerce), des représentants des grandes Compagnies de navigation, canaux et voies ferrées aboutissant au port, enfin des représentants du- Pouvoir Centrai (ingénieurs en chef des Ponts et Chaussées, inspecteurs des Finances, directeur des Douanes de la localité, capitaine du port). Cette commission jouirait d’une large indépendance ; pour tout dire, elle réaliserait pratiquement ce que, de toutes parts, on réclame aujourd’hui sous le nom d’ « autonomie des ports ».
- Un régime analogue, nous l’avons dit, serait d’ailleurs applicable aux différentes parties de notre réseau de voies navigables. 11 serait basé financièrement sur le rétablissement des péages, sur la création et l’exploitation de ports intérieurs, ainsi que sur les produits de la traction mécanique. Là aussi, les représentants des divers intérêts se trouveraient groupés pour participer en commun au contrôle et à la gestion de cet instrument de leur prospérité.
- Somme toute, la réalisation d’un pareil programme de travaux et de réformes, conçu tout entier dans le but de favoriser les intérêts généraux du pays, ne peut plus être ajournée sans danger.
- Le moment est, au contraire, particulièrement propice pour réaliser une transformation complète qui aurait pour effet de contre-balancer l’élévation des
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- prix do la main-d’œuvre par un abaissement du prix des transports et, par conséquent, do fournir à notre industrie la possibilité de se développer, d’ouvrir à notre agriculture des débouchés nouveaux et d’assurer à notre armement du fret en plus grande quantité.
- N’est-ce pas aussi le moyen de fournir à notre initiative privée et à l’épargne française, qui savent si bien s’employer à l’étranger, l’occasion de faire une fois de plus leurs preuves, mais, cette fois, sur notre territoire et pour le plus grand profit du pays lui-même?
- On‘peut encore prévoir bien d’autres avantages qui se chiffreraient par des sommes énormes:
- Détournement à notre profit d’une grande partie du transit international qui recherche toujours la voie la plus directe et la moins coûteuse ;
- Accroissement du mouvement des voyageurs étrangers, qui contribuent si largement à notre prospérité, puisqu’ils dépensent actuellement en France environ deux milliards et demi par an ;
- Enfin, diminution des sommes considérables que nous payons chaque année à l’étranger sous forme de fret, et dont bénéficieraient désormais nos armateurs.
- Un semblable programme n’est-il pas, d’autre part, la contre-partie nécessaire des récentes lois ouvrières et sociales qui entraînent forcément un renchérissement de tous les produits et, par conséquent, de la vie en général?
- Son application n’aurait-elle pas justement pour effet d’abaisser le prix des matières les plus indispensables à l’existence, et de nous mettre en état de lutter contre la production à bon marché de tous nos concurrents étrangers?
- Avec notre population stationnaire et l’impossibilité où nous sommes de la surcharger indéfiniment d’impôts nouveaux, n’est-ce pas à une meilleure organisation des transports et, par conséquent, à un abaissement de leurs prix, que l’on doit demander une plus grande production industrielle, minière ou agricole, c’est-à-dire, en somme, le supplément de ressources indispensable à nos budgets de demain ?
- Bref, dans la lutte économique mondiale qui se livre actuellement, la France est appelée à jouer un rôle important, si elle sait tirer parti de ses avantages naturels. Mais toute hésitation de sa part serait une faute dangereuse, tout retard compromettrait gravement son succès. Elle doit donc consacrer tous ses efforts, toute son énergie, et une partie de ses ressources financières à l'œuvre nationale dont dépend son avenir économique, à la mise au point de son outillage maritime.
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- TABLE DES MATIÈRES
- INTRODUCTION.........................1081
- CHAPITRE PREMIER
- Les progrès récents de l’architecture navale et leurs conséquences
- Accroissement des dimensions des navires dans le passé, et dimensions pré-
- vues d’ici 15 à 20 ans. Graphique et tableaux...........................1088
- Travaux en cours d’exécution dans les différents centres maritimes, en vue
- des grands navires de demain........................................ 1096
- CHAPITRE II
- Conditions que doit remplir un grand port moderne
- Dispositions physiques et conditions techniques...........................1102
- Aménagement industriel................................................... 1104
- Organisation commerciale et administration................................1107
- CHAPITRE III
- Les grands ports français
- Considérations générales................................................. . 1112
- Tableaux du tonnage de jauge et du tonnage des marchandises.................1113
- Ports transatlantiques :
- Marseille............................................................. 1116
- Embouchure de la Gironde.................................................1117
- La Pallice. ........................................................... 1119
- Saint-Nazaire 1119
- Brest..........................................• -. . .................. 1120
- Cherbourg.............................................................1121
- Le Havre..............................................................1121
- Boulogne................................................................ 1126
- Détermination de ceux de ces ports qui sont destinés à jouer un rôle
- prépondérant .........................................................1126
- Autres ports de commerce : Dunkerque, — Rouen, — Nantes, — Bordeaux . 1127
- Conclusion..................... .........................................1128
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- CHAPITRE IV
- Étude économique et financière du problème
- Insuffisance du budget de l’État. Moyens d’y suppléer............... H29
- Ressources disponibles du pays et leurs diverses provenances. . ....1130
- Notre balance commerciale et notre balance économique...............1131
- Revenu des capitaux français placés à l’étranger................_ 1132
- Sommes dépensées chez nous par les étrangers.................... H32
- Importance des capitaux français placés annuellement à l’étranger...1134
- Mouvement des passagers dans nos ports..............................H3G
- Augmentation des perceptions douanières et profits indirects de l’État. . . . H37 Conséquences économiques......................................1137
- CHAPITRE V
- Nouveau régime de nos ports
- Inconvénients du régime actuel de nos ports......................... 1139
- Examen des différents régimes appliqués à l’étranger.................. 1141
- Proposition de loi Siegfried sur V « Autonomie des Ports de Commerce »... 1143
- Transformation du régime administratif des grands ports français....1144
- CHAPITRE VI
- Notre réseau de voies navigables. — Nouvelles voies indispensables
- Exposé historique................................................. 1149
- Avant la Troisième République.......................................1149
- Programme Freycinet................................................ 1130
- Programme Baudin................................................... 1151
- Ea crise des transports; raccordement des voies ferrées aux voies d’eau;
- tarifs mixtes de transbordement; le transit international.........1151
- Renseignements statistiques sur la situation actuelle de notre réseau de navigation intérieure.................................................. 1154
- Programme d’achèvement de notre réseau de voies navigables............1156
- Régime d’exploitation qu’il conviendrait de leur appliquer............1160
- Conséquences économiques.................................... 1163
- CONCLUSION
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- TABLE DES PLANCHES
- Planche I. — Port de New-York.
- — • II. — Port de Liverpool.
- — III. — Port de Douvres.
- — TV. — Port de Zeebruges.
- — V. — Port d’Anvers. — Projet de la « Grande Coupure ».
- . — VI. — Quais de l’Escaut. — Aménagements du quai d’IIerboüville.
- — VII. — Port de Gênes.
- — VIII. — Port de Marseille et canal de Marseille au Rhône.
- — IX. — Embouchure de la Gironde. — Le Verdon et Royan.
- — X. — Port de La Pallice.
- — XI. — Port de Cherbourg.
- — XII. — Estuaire de la Seine. — Relevés hydrographiques de 1891, 1906
- et 1907.
- — XIII. — Port du Havre. — Projet d’agrandissement présenté à l’approba-
- tion du Parlement. — Projet d’ensemble décrit au chapitre III.
- — XI.V. — Port de Boulogne.
- — XV. — Port de Dunkerque.
- Carte des voies navigables de la Frauc<e. — État de notre réseau en 1908. — Programme complémentaire (voir p. 80-81
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- ARTS MÉCANIQUES
- voitures automobiles a six roues/ par le commandant Janvier (1).
- La question de la voiture à six roues est en ce moment à l’ordre du jour dans le monde automobile, parce que, convenablement résolue, elle satisferait à des desiderata dans deux ordres d’idées différents : le transport des voyageurs en commun, le transport des marchandises de poids considérable.
- Au premier examen, on peut trouver étrange l’idée d’adjoindre à un véhicule deux roues supplémentaires, alors que les roues, ou du moins leurs bandages, sont une cause permanente de dépenses importantes.
- On n’y découvre d’abord qu’un avantage, d’ordre général ; il est la conséquence de la réduction de la charge par roue qui peut résulter de l’augmentation du nombre des roues : cet avantage c’est une meilleure conservation de nos routes. Il est moins précieux sans doute aux yeux do l’automobiliste qu’à ceux du service des Ponts et Chaussées, mais il y a lieu cependant d’en tenir compte, étant donné que, dans le but de réduire les frais d’entretien du macadam, on a parlé de limiter, avec la vitesse des voitures lourdes, leur charge par essieu : on doit noter qu’une pareille limitation pourrait être ruineuse pour des transports sur véhicules à quatre roues et ne toucher en rien ceux qui utiliseraient six roues.
- Économie de bandages
- Cet emploi de six roues comporte d’autres avantages économiques plus directement sensibles : on sait, en effet, que, par kilomètre parcouru par un autobus à quatre roues, à Paris comme à Londres, les frais de remplacement du caoutchouc des bandages de roue sont fort élevés; pour un autobus d’un poids de 6 tonnes environ en charge, ils atteignent 24 centimes par kilomètre-voiture, soit en moyenne 6 centimes par roue. On serait donc tenté de conclure que, si on adapte à ce même autobus un train de six roues, la dépense
- (1) Communication faite, en séance du 8 mai 1908, à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, par le commandant Janvier.
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- Il 74 AllTS MÉCANIQUES, --- OCTOBRE 1908.
- de remplacement des bandages deviendra six fois 6 centimes, soit 36 centimes par kilomètre-voiture, au lieu de 24 centimes.
- Il n’en est pourtant pas ainsi, comme on va le voir, à cause de la diminution de la charge individuelle des roues, quand on en prend six : cette charge passe de 6/4 de tonne ou 1,5 tonne, pour rautobus, à 6/6 de tonne ou 1 tonne seulement pour l'omnibus à six roues de même poids. Or, l’expérience a montré que toutes les autres circonstances, vitesse, nature de la route, manière de conduire et de freiner, etc., restant les mêmes, l’usure d’un bandage en caoutchouc n’est pas proportionnelle à la charge supportée par la roue, mais qu’elle augmente plus rapidement que cette charge et même que le carré de cette charge : l’usure est donc multipliée par un facteur supérieur à 4, carré de 2, quand la charge sur la roue est multipliée par 2. Si donc, par roue, nous passons de la charge de 1 tonne (dans le cas de six roues) à la charge de 1,5 tonne (dans le cas de quatre roues), charges qui sont dans le rapport des nombres 2 et 3, l’usure passera de la valeur 4 à la valeur 9 pour le moins, c’est-à-dire sera multipliée au moins par 9/4; or nous venons de voir que, pour les autobus, elle cause une dépense kilométrique de 6 centimes par roue, dans le cas de six roues, elle conduira donc à une dépense moindre, au plus égale aux 4/9 de 6 centimes, soit 8/3 de centime ; pour le train complet des six roues, les frais d’entretien kilométrique seront donc six fois 8/3 de centime,soit /6 centimes.
- On voit qu’ils seront inférieurs de 8 centimes, soit SS p. iOO, aux frais d'entretien kilométrique des quatre bandages d'un autobus ordinaire.
- Donc, pour le parcours journalier de 150 kilomètres d’un autobus, c’est une économie de 1H francs par voiture que procurera l’adoption du système à six roues, rien que pour les bandages et sans compter la réduction des réparations aux divers organes de la voiture, réduction amenée par une réduction énorme des trépidations : car le mode de suspension étudié pour la voiture à six roues, tout particulièrement souple, atténue ces trépidations, comme on va le voir, dans une très forte mesure.
- Souplesse.
- Cette suspension permet d’abord aux roues de suivre toutes les irrégularités de la route, les essieux étant libres de s’incliner individuellement, de monter ou de descendre selon ces inégalités; néanmoins, la bonne direction de la voiture n’en est nullement troublée, car le pivot vertical de chaque roue directrice (ici les quatre roues extrêmes sont directrices, et les roues médianes sont motrices/ est maintenu à une distance rigoureusement constante de l’essieu médian, et, en outre, reste perpendiculaire au plan moyen des irrégularités du sol : le polygone formé par les six points de contact des roues et du sol non
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- VOITURES AUTOMOBILES A SIX ROUES.
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- plan restera donc aussi invariable que possible, et, dans les virages en particulier, sur un pareil sol les actions orientantes des quatre roues directrices resteront aussi concordantes que possible.
- Liaison entre les essieux.
- On obtient ce résultat en reliant chaque essieu extrême à l’essieu médian à l’aide de deux longerons rivés sur le premier, mais tournant sur le second ; on forme ainsi deux rectangles accolés, dont les angles sont maintenus constants par une diagonale et qui ont l’essieu médian pour côté commun et pour charnière. La figure 3 montre, en perspective cavalière, ce dispositif de liaison, ainsi
- Fig. 1. — Élévation latérale. — 1. Ressorts d’essieu;
- lanciers; — 3. Équerres fixées au châssis 12.
- de ce ressort.
- Fig. 3. — Chaîne souple. Perspective cavalière schématique.
- que l’organisation de la suspension, dont la figure 1 est une élévation latérale et
- la figure 2 une vue en bout.
- Liaison entre les essieux et le châssis.
- Le châssis est relié à l’essieu d’une façon rigide, comme c’est nécessaire pour la transmission, aux roues de cet essieu, de l’effort de propulsion provenant du moteur; cette liaison rigide supporte seule les efforts horizontaux qui s’exercent entre le châssis et les roues, soit par suite de la propulsion ou du
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- 1176 ARTS MÉCANIQUES. ---- OCTOBRE 1908.
- freinage, soit par suite d’un choc horizontal subi par une roue quelconque. Les divers organes de la suspension ne subissent nullement ces efforts horizontaux et ne sont soumis qu’à des actions verticales.
- Chaîne souple des ressorts et balanciers.
- Cette suspension, matelas élastique interposé entre les essieux et le châssis, se compose d’une chaîne souple de ressorts et de balanciers ou ressorls-balan-ciers qui fait tout le tour de la voiture ; cette chaîne souple est formée alternativement : — 1° des six ressorts d’essieu 1, portant chacun sur son essieu et pouvant tourner autour de lui comme axe au lieu de lui être fixé ; — 2° de balanciers 2, reliant les ressorts d’essieu sur les côtés delà voiture, et de ressorts-balanciers transversaux 4; jouant le même rôle à chaque extrémité de celle-ci.
- Aucun des ressorts d’essieu ne touche au châssis ; seuls, par leur partie médiane, les balanciers ou ressorts-balanciers supportent le châssis par l’intermédiaire d’équerres rivées, à raison de deux sur chaque côté (3) et d’une à chaque extrémité du châssis (6) soit six équerres en tout.
- Cames.
- Pour éviter que la chaîne souple ne soit en équilibre instable, chaque balancier, au lieu de tourner autour d’un pivot fixé au châssis, roule sous la
- Fig. 4. — Balancier et sa came. — 1. Ressort d’essieu; — 2. Balancier; — 3. Game;
- — 7. Boîte de balancier; — 8. Fond de la boîte de balancier.
- face inférieure de l’équerre correspondante ; cette face est taillée en forme de came de profil combiné avec la profil de la face supérieure du balancier, de façon à réaliser, dans des conditions déterminées choisies à volonté, le retour de ce dernier à sa position d’équilibre, lorsque le jeu des ressorts qu’il relie l’en a momentanément écarté. Ce retour tend bientôt à s’effectuer (fig. 4) par suite du roulement qui rapproche le point de contact entre ces deux pièces de l’extrémité du balancier soulevée par le ressort actuellement prépondérant, cette
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- tendance existe dès que le bras de levier de ce dernier a été assez réduit, et que le bras complémentaire de levier de l’autre ressort a été assez accru pour que les moments dos actions de ces deux ressorts suivie balancier soient devenus égaux.
- Le balancier s’équilibre donc de lui-même, sans qu’on soit forcé de recourir pour cela à un artifice, consistant par exemple à asservir deux balanciers voisins l’un à l’autre, comme il est indispensable de le faire lorsque les balanciers tournent autour d’un axe; une pareille liaison est onéreuse, sujette à accidents, et nuit à la souplesse de la suspension : l’emploi des cames, entre autres avantages, a celui do la rendre inutile.
- Chaque balancier ne peut prendre d’autre mouvement qu’un mouvement, de roulement sans sa came : pour cela, il est enfermé dans une boîte fixée à l’équerre et entre les parois latérales de laquelle il peut être serré à volonté. A titre de précaution peut-être exagérée, étant donnée l’absence d’efforts horizontaux, une denture de l’équerre et du balancier peut être employée (fig. -4) pour interdire à ce dernier tout glissement sous sa came, ou bien, dans le même but, la face inférieure de celle-ci peut être prise légèrement creuse, comme le montre la partie droite de cette figure et comme l’indique la figure 3 ; le balancier est alors bombé.
- COMPARAISON DE LA CHAINE SOUPLE AVEC LA SUSPENSION ORDINAIRE
- A. — Passage cVun obstacle par une roue
- 1° Avec la suspension ordinaire, où les ressorts d’essieu sont reliés directement au châssis : le ressort d’une roue qui rencontre une pierre et doit la franchir s’aplatit d’une quantité égale à la hauteur de la pierre ; le surcroît de tension du ressort qui en résulte est appliqué sans atténuation à la partie correspondante du châssis, qui est brutalement soulevée pendant que la partie diagonalement opposée tend à s’abaisser en pesant lourdement sur le ressort correspondant : d’où, pour la voiture, brusque tendance à la fois au roulis et au tangage, et, pour la roue, réaction sur l’obstacle franchi violente et de nature à exagérer l’usure du bandage ; ce dernier effet, l’influence de l’inertie de la roue étant mise à part, est proportionnel à la hauteur de l’obstacle.
- 2° Avec six roues et la chaîne souple : la roue antérieure droite, par exemple, est soulevée et soulève le ressort correspondant ; celui-ci soulève, sans recevoir un grand surcroît de tension, vers l’arrière, le bout antérieur du balancier avant de droite qui roule sous sa came en la soulevant un peu plus, et, s'inclinant vers l’arrière, au abaisser le bout antérieur du ressort médian ; ce ressort, un peu plus tendu, tourne sur son essieu et va incliner A*ers l’arrière le balan-Tome HO. — Octobre 1908. 77
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- cier arrière, qui soulève un peu plus sa came tout en tendant et inclinant vers l’avant le ressort d’essieu arrière. Ce dernier soulève l’extrémité droite du balancier transversal arrière, qui soulève légèrement plus la came arrière du cliàssis et pèse un peu plus sur le ressort postérieur gauche.
- On verrait de même que, par l’intermédiaire du ressort balancier antérieur, la tile de gauche des éléments de la chaîne souple transmet également une action abaissante au bout antérieur du ressort postérieur gauche, en soulevant légèrement plus l’équerre antérieure et les deux équerres de gauche, les balanciers de gauche s'inclinant vers l’arrière.
- Donc le soulèvement d’une roue unique par un obstacle de la route n’a violemment aplati aucun ressort, mais a légèrement surtendu chacun des huit ressorts de la chaîne souple, la différence de flèche de chacun d’eux étant comparable à 1/8 de la hauteur de l’obstacle. Sous cette action, la chaîne souple a on meme temps :
- 1° Soulevé légèrement le châssis (en tous ses points), par toutes ses équerres, une très légère montée du châssis, égale seulement à 1/8 de la hauteur de l’obstacle, devant très vite annuler l’action soulevante, déjà fort réduite, de chaque balancier, c’cst-à-diré réduire à rien la vitesse verticale et l’enlevée du châssis ;
- 2°Augmenté légèrement T appui de chaque roue sur le sol, l’obstacle lui-meme ne subissant pas, do la part de la roue qui le franchit, un violent surcroît d’eftort, dont la réaction serait offensive pour le bandage.
- Il convient de noter dès maintenant cette absence complète d’efforts violents due à l’emploi delà chaîne souple, dont tous les ressorts réunissent leurs flexibilités individuelles pour adoucir lo passage d’un obstacle, et de rappeler les conséquences économiques, déjà énoncées plus haut, qui en découlent en ce qui concerne non seulement la route et les bandages, mais aussi le chargement et les mécanismes de la voiture, à laquelle la chaîne souple assure une très grande douceur de suspension.
- B. — Passage d'un caniveau.
- Nous admettrons que les roues antérieures, ayant rencontré une dépression brusque, y sont rapidement descendues, et nous examinerons ce qui en résulte pour les deux genres de suspension.
- 1° Suspension ordinaire à quatre roues : les ressorts antérieurs qui supportaient précédemment la moitié II du poids total 2 II de la voiture, sont détendus brusquement par la descente des roues et cessent de supporter l’avant delà voiture ; les ressorts arrière supportent encore l’autre moitié II du poids. Le centre de gravité va donc descendre avec une accélération A erticale égale à la
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- moitié de l’accélération g de la chute libre, et un mouvement de tangage va se produire autour d’un axe passant par le centre de gravité, le moment du couple correspondant étant actuellement égal à II X D, si 2 D est la distance entre les essieux, l’empattement.
- Pour une voiture de poids 2 II =4,5 tonnes, ayant un empattement ^ P = S mètres, le centre de gravité descendrait avec une accélération 9 ~ lmj90 et le moment du couple produisant le tangage serait 2250 X 2,5 = 5625 kilogrammètres.
- 2° Voiture à six roues à chaîne souple, de même poids, de même empattement total, à suspension équivalente.
- Si la dépression (fig. 5) a une profondeur de 12 centimètres, le calcul montre
- Fig. 5. — Elévation latérale, les roues antérieures dans un caniveau.
- que les roues antérieures, qui y sont descendues, y prennent un appui do 540 kilogrammes, alors que les roues médianes, sensiblement soulagées ainsi que les roues postérieures, appuient sur le sol respectivement avec 1160 kilogr. et 1 180 kilogr. : c’est un total de 2880 kilogs s’opposant à la chute d’une masse de 4500 kilogr. ; l’accélération du centre de gravité sera donc :
- ---45ÔÔ----X^=IMÜX ^7= 0,36 <7 = 3,52 métrés,
- notablement inférieure à l’accélération 4,90 m. que donne la suspension ordinaire : elle en est les 5/7 seulement.
- Quant au couple produisant le tangage, on l’obtiendra comme plus haut, en prenant le moment des forces précitées par rapport au centre de gravité, situé à l’aplomb de l’essieu médian, la voiture étant supposée symétrique; ce moment a pour valeur (1180 — 540) X 2,5 = 640 X2,5 = 1 600 kilogrammètres. Le rapport de ce couple de tangage au couple de tangage de la suspension ordinaire
- . , 1 600 9<î„ 1 a quatre roues est = = jpijï •
- Ainsi, au passage d’un caniveau assez sérieux, avec la chaîne souple, les
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- déplacements Arerticaux de la voiture ne sont plus qu’une fraction, des mêmes
- déplacements produits parla suspension ordinaire; c est un premier avantage de la chaîne souple, mais il est de peu d’importance, étant donnée la faible
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- valeur de ces déplacements qui, habituelle ment, ne dépassent pas quelques millimètres, aux vitesses ordinaires.
- L’autre avantage, celui de réduire dans la proportion énorme de 3,51»à 1 le tangage qui, lui, est considérable et fort gênant, constitue pour la chaîne souple une supériorité très marquée sur la suspension ordinaire.
- On peut s’expliquer facilement que la chaîne souple réussisse mieux que tout autre système, grâce à ses cames, à réduire l’amplitude des mouvements de la voiture. 11 y a lieu de remarquer, en effet, que, lors du franchissement d’un caniveau, grâce à l’emploi des cames et à l’allongement de bras de levier qu’elles procurent à leur balancier, du côté des roues qui' descendent, ces roues sont poussées au fond du caniveau sans que le châssis les suive dans une forte mesure : la figure 5 le montre pour les roues antérieures; pour les roues médianes (fig. 6) les résultats sont les mêmes : si on arrête la voiture au
- Fig. 6. — Élévation latérale, les roues médianes dans un caniveau.
- moment où les roues du milieu sont au fond d’un caniveau de 25 centimètres de profondeur, un vrai fossé, on constate que le châssis ne s’est abaissé que de 79 millimètres, soit de moins du tiers de la profondeur; ce faible abaissement étant égal à la quantité dont les essieux extrêmes se rapprochant verticalement du châssis pendant la descente, on en conclura qu’il n’est pas nécessaire d’éloigner beaucoup chacun do ces essieux du dessous du châssis pour éviter tout choc entre eux et le châssis, lors du passage d’un pareil obstacle : la voiture pourra donc être tenue assez basse, ce qui est*un précieux avantage.
- C. — Franchissement d'un trottoir.
- Ce qui précède constitue un examen de la question, surtout au point de vue statique; on en a fait également l’étude au point de vue dynamique, toujours en comparant les deux systèmes de voitures. Pour cela, on les a prises encore toutes deux de même poids, de même empattement total, les centres de gravité placés de même, les suspensions de flexibilité équivalente, c’est-à-dire donnant une môme dépression aux deux châssis sous une même surcharge.
- On leur'a fait aborder do front le même trottoir de 15 centimètres de hauteur à la même vitesse ronde de 10 mètres par seconde, ou 36 kilomètres à l’heure, soit à peu près la vitesse limite qu’on peut donner à des autobus.
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- Cette étude ne peut se faire directement dans le cas général par l’analyse
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- mathématique, la question étant trop complexe pour cela; c’est pour cette rai-
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- son qu’on a considéré un cas particulier concret, pour lequel on à fait les calculs numériques nécessaires, en fractionnant le temps par centièmes de seconde, pour obtenir les trajectoires caractérisant le mouvement de chaque voiture.
- Le résultat de cette étude, qui a exigé des calculs très pénibles, dont l’exactitude a été vérifiée par des tracés graphiques, se lit sur les deux épures de la figure 7 ; il est parfaitement net et peut s’énoncer comme il suit :
- En admettant un instant que ses roues, ses ressorts et son châssis puissent
- Fig. 8. — Plan du châssis, virant à droite. — f, g, f g', pivot des roues directrices; F, G, F', G' barre d’accouplement.
- résister aux efforts énormes, voisins de 10 000 kilogrammes, auxquels ils seraient soumis dans cette épreuve, la.voiture à quatre roues bondirait à une hauteur considérable, supérieure à 1 mètre, toutes ses roues en l’air, en exécutant en outre des mouvements de tangage désordonnés.
- Au contraire, la voiture à six roues franchit le trottoir sans secousses elle a son arrière soulevé doucement en môme temps que son avant, son centre de gravité s’élève sans bonds et ne dépasse sa hauteur normale que de quelques millimètres; le tangage est peu considérable; deux seulement des six roues quittent un instant le sol et montent à 13 centimètres; la valeur maxima de l’effort auquel est soumis le ressort le plus éprouvé n’atteint pas 1 800 kilogrammes, alors que ce ressort résisterait facilement à 2 500 kilogrammes.
- Donc cette épreuve, destructive pour la voiture à quatre roues, serait très supportable pour la voiture à six roues à chaîne souple.
- Ces résultats dynamiques sont, on le voit, en accord complet avec les considérations exposées plus haut, et corroborent les conclusions déjà tirées en ce qui concerne la suspension à chaîne souple.
- Cette suspension a encore d’autres avantages, fort appréciables, en particulier une bonne répartition, sous le châssis, des points par lesquels celui-ci est supporté, et la constance de l’effort soulevant en chacun de ces points, à peu près réalisée, quelles que soient les inégalités de la route : il résulte de cette
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- double propriété que, par exemple, dans un grand omnibus, si l’on construit les polygones funiculaires des efforts verticaux exercés sur le châssis en sens contraire par le chargement de la voiture d’une part, et par la suspension d’autre part, on obtient deux tracés qui se recoupent sans s’écarter beaucoup Fuji de l’autre; ce faible écartement indique que le moment fléchissant des forces auxquelles est soumis le châssis n’est pas grand, et que ce châssis n’a pas besoin d’avoir une résistance considérable.
- On pourra donc en réduire les dimensions, c’est-à-dire le poids et le prix, diminuant ainsi en même temps le poids mort de la voiture : toutes conditions éminemment favorables.
- RÉSUMÉ
- En résumé, la suspension à chaîne souple appliquée à une voiture à six roues (1) présente les propriétés suivantes :
- Tous les ressorts de la chaîne souple s’entr’aident : c’est le total de leurs flexibilités individuelles qui agit quand une roue seulement est soulevée ou abaissée au passage d’une irrégularité de la route.
- Pas d’efforts locaux violents sur le châssis.
- Pas de tendance sensible au roulis ou au tangage.
- Au passage d’un obstacle, mouvement vertical général très atténué, donc impossibilité d’oscillations de grande amplitude, celles-ci étant inévitables dans les suspensions douces ordinaires, qui comportent forcément des ressorts très flexibles à longue course.
- Amortissement naturel des faibles oscillations, les seules qui puissent se produire, grâce au frottement l’une sur l’autre des lames de tous les ressorts, et, si c’est nécessaire, par le frottement dûment réglé de chaque balancier dans sa boîte.
- Passage facile, même à grande vitesse, d’obstacles sérieux.
- Bonne répartition sous le châssis et constance de la valeur en kilogrammes des appuis du châssis sur la suspension.
- Grande réduction de l’usure des bandages des roues et de tous les organes de la voiture.
- DLIÎUCTION
- Dans la voiture à six roues, les roues extrêmes sont directrices : ce dispositif évite le dérapage.
- Quand la voiture tourne à droite ou à gauche, ce mouvement doit s’exécuter autour d’une verticale sur laquelle tous les axes de roue viennent converger : c’est la condition nécessaire pour qu’aucune roue ne subisse un mouvement latéral qui
- (1) Cette suspension peut également être adaptée à une voiture à quatre roues : la douceur et la souplesse n’ont qu’à y gagner.
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- ne peut être qu’un glissement toujours nuisible. Cette verticale doit rencontrer l’essieu médian sur son prolongement, puisque les fusées de cet essieu sont fixes.
- De là découlent les règles qui lient entre elles les déviations azimutales des roues directrices, pour que le tournant soit correct, sans aucun dérapage.
- Dans les automobiles ordinaires, le système de liaison généralement adopté entre les roues antérieures directrices n’obéit qu’approximativement à ces règles ; cependant, et bien qu’on ait étudié un nouveau système de liaison, assez simple et tout à fait exact, on n’examinera ici que le système courant.
- On sait que, dans ce système, chaque fusée de roue directrice (fig. 8) porte, outre son pivot vertical f, g, un bras horizontal / F, g G, dirigé à peu près vers le centre de la voiture; une barre d’accouplement, F G, généralement placée en arrière de l’essieu avant, est articülée à ses extrémités F G, avec le bout des bras de fusée et les asservit l’un à l’autre. La fusée droite, ou bien, comme on commence à le faire depuis quelque temps pour les voitures de ville, la fusée gauche porte un levier sur lequel on agit à l’aide du volant de direction pour produire le pivotement des roues, c’est-à-dire le virage de la voiture.
- Si l’on étudie le trajet de la barre d’accouplement lors du pivotement de chacune des roues directrices autour de son pivot /, g, on découvre que, le bout de chacun des bras correspondants décrivant un cercle autour de ce pivot, le milieu M de la barre (fig. 8) décrit une courbe assez complexe mais qui présente cette particularité qu’on peut, sans inconvénient mécanique, lui substituer, dans sa partie utile, une circonférence qui s’en écarte très peu et a son centre I près du milieu de l’essieu antérieur. Rien n’empêche de matérialiser le rayon de cette circonférence, sous forme d’un levier articulé enl sur l’essieu et en M sur le milieu de la barre d’accouplement ; c’est sur ce levier I M que l’on agira pour produire le pivotement simultané des deux roues antérieures directrices.
- Dans la voiture à six roues, pareil levier I' M' commande le mouvement azimutal des roues directrices postérieures.
- On obtiendra dès lors la direction correcte de la voiture à six roues en reliant convenablement entre eux les mouvements de ces deux leviers.
- Si la voiture est symétrique, c’est-à-dire si l’essieu médian est équidistant des essieux extrêmes, le problème est géométriquement des plus simples : dans les virages, une roue directrice antérieure doit pivoter du même angle que la roue directrice postérieure du même côté, mais en sens inverse 1 donc, les leviers IM et FM7 doivent, dans ce cas simple, recevoir des déplacements angulaires égaux et de sens contraire; les fusées d’essieu des quatre roues directrices iront alors converger quelque part sur le prolongement de l’essieu médian, ce qui est la condition requise.
- Dans le cas d’espacements inégaux, eel e', entre l’essieu médian, d’une part, et les essieux antérieur et postérieur, d’autre part, la condition d’une bonne
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- direction étant toujours la convergence des axes des quatre roues directrices en un point du prolongement de l’essieu médian, on a rempli approximativement cette condition en commandant chaque levier IM par son extrémité K, reliée à une bielle EK qu’actionne la manivelle DE calée sur l’arbre longitudinal XY porté par le châssis (fig. 8) : on a pris les deux longueurs IK et l'K' dans le , é
- rapport —.
- On produit le déplacement simultané des deux leviers en faisant tourner l’arbre
- Fig. 9. — Liaison entre les roues directrices. — IMNR, I'M'N'R', renvois à trois b’-as;
- LL', NN', câbles souples.
- XY autour de son axe : il porte à cet effet un secteur denté avec lequel engrène la vis sans tin do l’arbre du volant de direction.
- Un autre mode de liaison entre les roues directrices antérieures et postérieures s’obtient (fig. 9) en reliant les deux leviers IM et EM', à l’aide de deux câbles souples croisés, attachés à deux bras latéraux que l’on fixe à chacun de ces leviers, le transformant ainsi en un renvoi à trois bras; les longueurs respectives des bras latéraux d’avant et d’arrière doivent être dans le rapport inverse des écartements des essieux. Les câbles souples sont guidés à leur passage sur
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- l’essieu médian, de telle sorte qu’ils restent toujours tendus, quelles que soient les déformations que les inégalités de la route fassent subir au cadre des essieux ; ces inégalités ne peuvent donc troubler en rien l’harmonie établie entre les orientations individuelles des quatre roues directrices : c’est la réalisation d’une condition essentielle énoncée au début de cette étude.
- CONCLUSIONS
- L’adoption d’un châssis à six roues à suspension à chaîne souple a pour conséquences :
- a) Suppression de tout effort violent pendant la marche, donc réduction de la résistance demandée à la voiture, c’est-à-dire :
- b) Réduction du poids mort;
- c) Réduction considérable de l’usure :
- 1° de l’ensemble des parties constituantes de la voiture : carrosserie, agrès, moteur et mécanismes divers, grâce à l’accroissement de la douceur ;
- 2° des bandages de roue, tant par la réduction de la charge par roue que grâce à la douceur ;
- 3° du macadam de la route.
- d) Confort pour les voyageurs ou bonne conservation des marchandises transportées.
- e) A même charge par roue , grande capacité de transport, réalisable grâce à l’augmentation du nombre des roues et des dimensions du véhicule.
- f) Absence de dérapage.
- g) Grande maniabilité, caractérisée par la possibilité de faire tourner une voiture à six roues aussi court qu’une voiture à quatre roues deux fois moins longue.
- APPLICATIONS
- La voiture à six roues à chaîne souple trouve une application naturelle immédiate :
- 1° Aux transports ordinaires et en commun en raison : de l’économie énorme de bandage réalisée; de sa douceur, d’où confort et réduction des réparations puis de la durée des indisponibilités; de sa grande capacité, d’où bon rendement économique; de sa maniabilité.
- 2° Au transport des poids lourds en raison : de l’économie de bandages et la réduction des réparations et du temps qu’elles font perdre; de sa longueur de tablier et de sa douceur, s’il s’agit d’objets encombrants ou fragiles ; de sa capacité pour les fortes charges, due au nombre de ses roues et à la réduction du poids mort; de sa maniabilité, lui permettant l’accès des voies étroites ou encombrées.
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- la fabrication de la nitroglycérine, d’après une communication de MM. le lieutenant-colonel Sir F. L. Nathan et W. Rintoul à la Society of Chemical Industry de
- Londres (son Journal, 1908, pp. 193 à 205) (1).
- Les mémoires de l’Académie royale des Sciences de Turin contiennent, à la date du 21 février 1847, un travail du professeur Ascanio Sobrero, intitulé: « Sur quelques nouveaux composés explosifs obtenus par l’action de l’acide nitrique sur les substances végétales organiques. » La première partie de ce travail résume ce qu’il avait publié l’année antérieure sur la nitromannite, etc., et il y déclare que: « l’oxydabibté de la glycérine est très grande ; l’acide nitrique réagit violemment sur la glycérine et produit de l’acide oxalique, quoiqu’il semble probable que ce soit seulement le terme ultime de l’oxydation auquel elle parvient en traversant des stages intermédiaires qui correspondent à des substances plus compliquées..Quoi qu’il en soit, lorsque de l’acide nitrique, ou un mélange de deux volumes d’acide sulfurique à 66° Baumé et un volume d’acide nitrique à 43° Bé, est ajouté à de la glycérine concentrée jusqu’à consistance d’un sirop épais, il se produit une oxydation immédiate et tumultueuse, avec émission copieuse de vapeurs nitreuses. Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier les produits de l’oxydation. Si toutefois, au lieu de verser le mélange acide dans la glycérine, l’opération est renversée, en prenant la précaution de tenir les acides à plusieurs degrés au-dessous de zéro grâce à un mélange réfrigérant, il se produit une réaction tout autre. La glycérine se dissout lorsqu’elle vient en contact avec les acides, et sa solution est facibtée si l’on secoue le vase qui la contient. Lorsque la solution est terminée, on verse rapidement le liquide dans de l’eau à température ordinaire, et aussitôt il se précipite au fond du vase une quantité considérable de gouttelettes liquides. Ces gouttes se réunissent pour former une couche, qui par repos se sépare complètement de l’eau. Ces gouttes constituent la nouvelle substance, que j’appellerai pyroglycérine. » Sobrero trouva que la pyroglycérine possédait à un haut degré un pouvoir explosif, mais il n’en fut pas fait d’application pendant de nombreuses années.
- Au cours de la guerre de Crimée (1855), on employa des mines et des torpilles chargées de nitroglycérine pour protéger les environs de la forteresse de Cronstadt, et.
- (1) Cette communication a été autorisée par.une décision spéciale du Directeur général de la Manufacture royale de poudres de Waltham Abbey, Angleterre. Elle se rapporte à des perfectionnements considérables introduits depuis quelques années dans la fabrication de la nitroglycérine par MM. F. L. Nathan, J. M. Thomson et W. Rintoul. Ces perfectionnements ont fait l’objet de brevets (brevets anglais, n° 15 983 de 1901 et n° 3 020 de 1903). Ils sont employés à Waltham Abbey exclusivement depuis 1904; dans deux autres fabriques anglaises depuis 1905; d’autres fabriques, entre autres l’une de nos usines françaises, sont en train de les adopter. (Note du traducteur.)
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- leur existence aurait empêché la flotte anglaise. Il ne semble pas néanmoins que quelques-unes de ces mines aient produit des effets explosifs.
- C’est en 1863 qu’Alfred Nobel introduisit en Norvège, comme agent explosif, la pyroglycérine qu’il nomma nitroglycérine. On l’employa d’abord à l’état liquide, et on la faisait exploser au moyen de petites charges de poudre à canon, ou au moyen de capsules à percussion renfermant du fulminate de mercure (brevet anglais du 20 juillet, 1864). Son usage se répandit rapidement, mais à la suite de plusieurs accidents, son emploi fut prohibé par plusieurs gouvernements. Pour permettre de transporter sans danger lamitroglycérine liquide, Nobel la dissolvait dans différents solvants, mais il fallait l’en séparer pour s’en servir, et ce mode n’eut pas de succès.
- La nitroglycérine pure se solidifie facilement vers 8°, et dans cet état elle offre beaucoup plus de sécurité pour le transport. Cette propriété fut appliquée en Amérique par G. M. Mowbray qui construisit en 1868 une fabrique de nitroglycérine destinée à établir le tunnel Hoosac dans le Massachusetts. Cette fabrique produisit de grandes quantités de nitroglycérine qui furent employées avec succès comme explosif pour l’établissement de ce tunnel et pour d’autres travaux; on la transporta dans tous les États-Unis à l’état solidifié sans qu’il résultât d’accidents sérieux, et l’emploi de la nitroglycérine solidifiée se continua en Amérique pendant plusieurs années.
- Cependant Nobel, après une longue série d’expériences remontant probablement à 1863 (brevet anglais du 24 septembre 1863 : Mélange de la nitroglycérine avec la poudre à canon, le nitrate de sodium ou un mélange de charbon et de soufre), réussit à trouver une substance qui pût absorber de très grandes quantités de nitroglycérine, et par ce moyen il se bbéra des difficultés et des dangers inhérents à l’emploi de la nitroglycérine liquide. La substance qu’il employa fut le kieselguhr ou terre à infusoires; et au produit ainsi obtenu il donna le nom de dynamite (brevet anglais du 7 mai 1867). Nobel réussit à remplacer le kieselguhr par une substance absorbante déjà explosive elle-même, et en 1875 il brevetait la gélatine explosive, dont la forme la plus puissante consiste en un mélange de nitroglycérine 93 parties et nitrocellulose soluble et gélatinisée 7 parties (brevet anglais du 2 décembre 1875).
- La dynamite et la gélatine explosive sont des explosifs qui conviennent seulement pour charges brisantes. En réduisant considérablement la proportion de la nitroglycérine, en augmentant celle de la nitrocellulose soluble, Nobel est arrivé à un explosif doué de propriétés balistiques qu’il breveta sous le nom de ballistite (brevet anglais du 31 janvier 1888). Cependant le Comité des poudres d’Angleterre travaillait à produire un explosif sans fumée, combinaison de nitroglycérine avec du coton-poudre ou de la nitrocellulose insoluble, et il arrivait à breveter la cordile (brevet anglais du 24 mai 1890).
- Aujourd’hui la nitroglycérine entre dans la composition d’un grand nombre d’explosifs de charge et de rupture.
- Fabrication de la nitroglycérine. — On commença par ne produire que de petites quantités en chaque opération: l’appareil employé était le plus simple possible, la quantité produite était de 100 grammes. La plus prospère des premières fabriques fut, sans doute, celle bâtie en 1868 par G. M. Mowbray à North Adams. L’air comprimé y était utilisé pour assurer le mélange des acides et l’enlèvement des vapeurs nitreuses.
- Les vases à nitrification en pierre étaient au nombre de 116; ils étaient placés dans des boîtes en bois remplies d’un mélange de glace et de sel. La charge en mélange acide était, pour chacun, de 8 kilogrammes.
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- (Le conférencier entre dans quelques détails sur les dispositifs utilisés au début. On en trouvera l’exposé complet dans l’ouvrage classique de 0. Guttmann : «The manufacture of explosives. »)
- Les proportions des acides sulfurique et nitrique dans le mélange acide, la proportion de celui-ci par rapport à la nitroglycérine ont varié avec le temps, et avec les différentes fabriques. Sobrero dans son laboratoire avait employé deux volumes d’acide sulfurique de densité 1,842 et 1 volume d’acide nitrique de densité 1,424 ; à ce mélange, il ajoutait la moitié de son volume de glycérine. Les mêmes proportions d’acides furent suivies au début dans la pratique industrielle ; mais la proportion de glycérine varia de un huitième à un sixième. Actuellement, on emploie un mélange de 5 parties en poids d’acide sulfurique à 1,842 et de 3 parties d’acide nitrique à 1,5 ; la nitrification s’opère sur 1 partie en poids de glycérine pour 8 parties du mélange acide.
- Théoriquement, 100 parties de glycérine doivent donner 246,74 parties de nitroglycérine ; mais la pratique industrielle n’atteint jamais ce rendement. Au début, le rendement de 200 pour 100 était tout ce qu’on pouvait atteindre ; ensuite, pour une période de huit années à la Royal Gunpowder Factory il a été de 214,25 pour 100. L’introduction d’un perfectionnement qui sera décrit plus loin a permis d’élever ce rendement, pour deux ans, à 220,18 pour 100.
- Lorsqu’on se sert pour la nitrification du mélange acide indiqué plus haut, et de glycérine commerciale pure, la réaction est pratiquement quantitative. Elle est à l’abri des réactions secondaires, telles que l’oxydation du radical de la glycérine, à laquelle Sobrero s’est rapporté. En supposant qu’il n’y a pas de perte mécanique et que les résidus acides ne renferment pas de nitroglycérine, l’équation symbolique de la réaction est la suivante :
- Glycérine + Mélange acide — Nitroglycérine Résidu acide.
- ( SOR12 480,0 ( SOMI2 480,0
- C3H8(OII)3 + N03II 273,0 = C3fI3(N03)3 + J NO3II 67,6
- ( H20 47,0 ( H20 105,7
- 100 + 800,0 = 246,7 + 653,3
- Le mélange acide qui sert à la nitrification renferme, on le voit, 47 parties d’eau qui réapparaissent dans le résidu acide, et n’ont pas de fonction utile. Il m’a semblé que, vu cette condition et vu le prix raisonnable auquel on peut acquérir actuellement l’acide de Nordhausen, celui-ci pouvait servir à se débarrasser de cette eau. Calculant donc ces 47 parties d’eau en équivalent de résidu acide, et en faisant la déduction dans les deux termes de l’équation qui précède, on arrive à l’équation suivante qui donne la composition d’un acide de nitrification libre d’eau :
- C3HB(OH3) + t SOMl2 ( N O3 II 246,6 242,9 C3H“(N03)3 + ( SOHI2 NOMI ( H20 266,6 37,5 58,7
- 100 + 509,5 = 246,7 + 362,8
- En usant d’un acide de nitrification libre d’eau, il est donc possible de réduire la quantité de résidu acide pour une même quantité de glycérine traitée de 653,3 à 362,8, soit une économie de 290,5. L’expérience a montré, et la pratique industrielle a confirmé que ce résidu acide, de composition constante dans les deux cas, absorbe 3,7
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- pour 100 de son poids de nitroglycérine. En éliminant l’eau, dans l’acide de nitrification, on augmente de 10,75 pour 100 le rendement en nitro-glycérine.
- Ni les considérations théoriques, ni les résultats d’expériences ne donnent à penser que l’emploi d’un mélange acide serait plus dangereux que celui d’un acide renfermant 4 à 5 p. 100 d’eau; mais, dans toute fabrication industrielle et dans celle des explosifs plus particulièrement, toute modification dans un procédé doit être poursuivie avec la plus grande prudence, et si possible peu à peu. C’est pourquoi nous n’avons pas introduit d’un seul coup l’emploi du mélange bbre d’eau, mais nous avons commencé par un acide de Nordhausen tel qu’il permit de réduire le rapport mélange acide : glycérine, de sa valeur 8 : 1 à une valeur réduite 6,13 :1. Les résultats obtenus en fabrique pendant une durée de deux ans oyit fait passer le rendement de 220 à 229 p. 100 et ont confirmé la valeur du raisonnement. En outre de cette augmentation de rendement, le nouveau mélange acide a encore l’avantage d’accroître la capacité de production de rétablissement et de diminuer la perte en acides, puisqu’il y a une moindre quantité relative de résidus acides à traiter pour la dénitrification et la récupération.
- Après avoir réussi ainsi à réduire la quantité de nitroglycérine absorbée par les résidus acides, en restreignant la quantité de ceux-ci, attention a été donnée à la composition de ces derniers. Ne connaissant pas qu’une étude complète ait été faite sur leurs propriétés absorbantes, on pouvait penser qu’une recherche dans ce sens donnerait d’utiles indications. Les premières expériences fournirent des résultats tout àfait inattendus. Nous savions bien que l’addition d’eau aux résidus acides de composition habituelle causait l’absorption des globules de nitroglycérine qui pouvaient être présents ; mais nous fûmes surpris de trouver que si on employait un acide de nitrification renfermant les acides sulfurique et nitrique dans l’ancien rapport de 5 : 3, et pas d’eau libre, l’absorption ne se produisait plus; au contraire, si on ajoutait à ce résidu acide un peu d’eau, il se produisait une séparation de nitroglycérine. En conséquence, il y a certaines limites dans lesquelles le résidu acide absorbe d’autant plus de nitro-. glycérine qu’il renferme moins d’eam
- Dans le but de déterminer la courbe représentative des absorptions de la nitroglycérine dans le résidu acide, on prépara des mélanges synthétiques de différentes compositions et on détermina leur pouvoir d’absorption. Les mélanges acides étaient préparés comme il suit. On prépara d’abord des acides sulfurique et nitrique purs, renfermant respectivement 100 p. 100 de S04H2 et de N031I. On en pesait séparément les poids voulus, et on les mélangeait à des poids voulus d’eau, en prenant les précautions nécessaires pour empêcher toute perte d’acide nitrique et toute production d’acide nitreux. Ce mode de procéder fut trouvé plus convenable qu’un mode analytique. Quant au pouvoir absorbant, voici comment il fut déterminé : 100 centimètres cubes du mélange acide étaient introduits dans un flacon de 200 centimètres cubes, muni d’un long col et d’une tubulure avec robinet d’arrêt à sa base; on introduisait ensuite 1 gramme de nitroglycérine, c’est-à-dire une quantité supérieure à celle nécessaire pour saturer l’acide. Le flacon est placé dans un thermostat fixé sur un appareil à secousses. Lorsque la saturation est jugée terminée, on cesse d’agiter, et on laisse en repos jusqu’à ce que toute la nitroglycérine soit montée à la surface, en laissant l’acide en dessous parfaitement clair. Le flacon est enlevé et placé quelques instants dans de l’eau à 19°. Si la saturation est terminée, il se produit une faible opalescence qui disparaît en portant la température à 20°. La couche acide claire est décantée au moyen du robinet d’arrêt, et on laisse la glycérine en contact avec quel-
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- que s dixièmes de gramme d’acide, puis on ajoute rapidement 50 centimètres cubes d’eau froide et onagite. L’acide dissous est neutralisé en ajoutant une solution de carbonate de sodium, et la nitroglycérine est éliminée au moyen de l’éther. Cette solution éthérée est ensuite lavée, séchée, distillée, et la nitroglycérine restant est pesée après dessiccation. Pour s’assurer si la nitroglycérine ainsi récupérée n’a pas subi quelque changement lorsqu’on l’a agitée avec de l’acide, on détermine à intervalles rapprochés son contenu en azote, celui-ci a été trouvé constant. Après 5, ou 8, ou 15 heures d’agitation, la proportion de nitroglycérine absorbée a été trouvée respectivement 3,23 — 3,25 — 3,25 p. 100.
- En discutant cette question d’absorption de la nitroglycérine par le résidu acide de composition synthétique, il est utile de considérer l’état dans lequel peut se trouver cette nitroglycérine absorbée. Lorsqu’on agite de la nitroglycérine avec un mélange d’acide sulfurique, d’acide nitrique et d’eau, il entre en jeu au moins deux phénomènes avant que l’équilibre ne soit établi. D’abord, la nitroglycérine se dissout dans l’acide sans changement chimique ; mais dès que cette dissolution a commencé, il entre en jeu une réaction secondaire qui résulte de la décomposition d’une portion de la nitroglycérine dissoute. Cette décomposition secondaire est due à une réaction qui a lieu entre l’acide sulfurique et la nitroglycérine, et qui donne naissance à une formation de sulfoglycérine et d’acide nitrique. Un examen plus approfondi de cette décomposition révèle que cette réaction secondaire est incomplète même en présence d’un grand excès d’acide sulfurique. Si l’on laisse la solution en repos jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de changement, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’équilibre se soit établi, il coexiste de la nitroglycérine, de l’acide sulfurique, de la sulfoglycérine et de l’acide nitrique. Il y a là un cas de réaction réversible, que l’on peut représenter comme suit, en supposant que la trisulfoglycérine est le seul éther formé :
- C3H3(ONOa)3 + 3S04H2 (S04H)3C3R3 + 3NOaH
- mais l’équation réversible est bien plus complexe, car il se forme d’autres éthers inférieurs ou complexes.
- Les recherches ont été poussées plus loin, dans le but de savoir si l’interprétation sus-énoncée est correcte. Dans le cas d’une réaction réversible, l’addition d’acide sulfurique à la solution en étal d’équilibre doit produire une formation de sulfoglycérine et d’acide nitrique, tandis, que l’addition d’acide nitrique doit causer une ré-nitrification et une formation d’acide sulfurique. Ces deux essais ont été réalisés et ont confirmé la vue théorique. Sans produire ici d’autres données, il suffit de se reporter aux diagrammes numéros 1 et 2. Les courbes représentant le rapport entre la nitroglycérine dissoute et la nitroglycérine décomposée montrent que la présence de quantités croissantes d’acide sulfurique tend à augmenter la proportion de la nitroglycérine décomposée; c’est-à-dire produit une formation de sulfoglycérine; l’augmentation de l’acide nitrique cause une re-nitrification et formation de nitroglycérine. Les courbes analogues du diagramme numéro 3 représentent l’influence sur la réaction d’accroissements égaux dans la concentration des acides sulfurique et nitrique ; on y voit combien l’influence du premier est plus grande. Enfin, la réaction procède bien comme la théorie des équilibres homogènes l’indique, car l’expérience suivante montre que la décomposition delà nitroglycérine dans les résidus acides est bien une action réversible. Ajoutant d’une part 3,8 pour 100 de nitroglycérine à un mélange
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- acide de composition semblable à celle du résidu acide, dissolvant d’autre part une quantité de glycérine égale à ces 3,8 dans de l’acide sulfurique et l’ajoutant à une quantité de mélange acide telle que les radicaux réagissants présents fussent les mêmes dans les deux cas, on a trouvé dans les deux cas, après une attente à 13° qu’un équilibre se fût établi, que la nitroglycérine dissoute était 1,90 et 1,87, et par différence la nitroglycérine décomposée 1,90 et 1,93.
- La base de la méthode qui a servi à déterminer le rapport de la nitroglycérine potentielle à la nitroglycérine en solution dans un acide est le fait que le chloroforme enlève rapidement la dernière sans affecter directement la première et sans être lui-même attaqué par les acides. L’enlèvement de la nitroglycérine dissoute par le chloroforme affecte cependant l’équilibre, car la re-nitrification cesse et recommence jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre se soit établi. Pour ce motif, il est nécessaire d’employer un volume de chloroforme relativement grand, et de réaliser l’extraction dans le temps le plus court possible. Même avec ces précautions, les résultats ne sont pas absolus; mais comme les erreurs se balancent, les résultats peuvent être considérés comme suffisants (d’une part, de la nitroglycérine se forme pendant l’extraction, au début, parce que la vitesse de la re-nitrification est plus grande à ce stage ; — et d’autre part, l’extraction, même avec un grand volume de solvant, n’enlève pas la totalité de la nitroglycérine en solution).
- L’acide résiduaire renferme trois parties principales, qui sont l’acide sulfurique, l’acide nitrique, l’eau. De quelle manière et à quel degré chacune de ces parties influence-t-elle la quantité de nitroglycérine nécessaire pour saturer l’acide? Les résultats de trois séries d’expériences y relatives sont donnés dans les figures 1, 2 et 3 (série 1), le rapport H20 : N03H est constant = 1:1; l’acide sulfurique est variable, (série 2) SOlH2 : H20 = 5:8; l’acide nitrique est variable, (série 3) S04H2: N03H = 10:4; l’eau est la variable. Dans la série où l’acide sulfurique varie, une portion des courbes représentées l’est en lignes nuancées; parce que, en essayant de saturer les acides dans cette zone, l’oxydation du radical de la glycérine s’est produite, et les résultats ont été viciés. On fut amené, en conséquence, à étudier l’action de l’acide sulfurique à divers degrés de concentration sur la nitroglycérine ; la figure 4 en donne les résultats. On y voit qu’il existe une zone dangereuse, celle qui correspond à l’acide sulfurique renfermant entre 50 et 85 p. 100 de S04H2. En ce qui relate l’acide nitrique de diverses concentrations, jusqu’à 45 degrés, on ne trouva pas d’action, mais au delà l’oxydation se produit. La limite supérieure de cette zone de décomposition est en dessous de l’acide nitrique à 90 p. 100; mais le danger de voir la réaction devenir trop tumultueuse ou même explosive a empêché de faire l’examen de près. En somme, il est prouvé que la nitroglycérine est miscible en toutes proportions avec l’acide nitrique à 100 p. -100 de N03H, et qu’une solution de ce genre renfermant 10 p. 100 de nitroglycérine peut être portée à une température élevée sans qu’il y ait décomposition. '
- Si nous nous reportons aux figures 1, 2 et 3, nous voyons que pour chaque variable il existe un point d’absorption minimum de nitroglycérine, et pour les trois variables ce minimum est plus bas que pour l’absorption dans le résidu acide ordinaire. Il est donc probable que la composition actuelle de ce résidu acide peut être améliorée, et nous avons à rechercher, dans le nombre infini de mélanges possibles, quel serait le plus économique au point de vue industriel.
- Après avoir déterminé, théoriquement, la composition d’un mélange acide qui
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- donne un résidu de la force ordinaire tout en employant moins d’acide pour la même proportion de glycérine, nous décidâmes d’utiliser dans ce but un acide de Nordhau-sen ne présentant aucune difficulté en pratique. L’acide à 20 p. 100 de SO3 est liquide
- 10 B 25 Î3 » M » M. «3 CS fl îï £5
- Acide sulfurique p. 100.
- Fig. 1. — Action de l’acide sulfurique sur la saturation de la nitroglycérine.
- Acide nitrique p. 100.
- Fig. 2. — Action do l’acide nitrique sur la saturation de la nitroglycérine.
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- Eau p. 100.
- Fig. 3. — Action de l’eau sur la saturation de la nitroglycérine.
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- 2 S
- O
- O IO 20 30 40 SG GO TO 90 90 WO
- Acide sulfurique p. 100.
- Fig. 4. — Action de l’acide sulfurique à divers degrés de concentration.
- Dans les figures 1, 2, 3, 4 : A nitroglycérine totale absorbée, B nitroglycérine décomposée,
- G nitroglycérine dissoute.
- à la température ordinaire, et son usage n’a offert aucune difficulté... en le mêlant avec de l’acide nitrique obtenu par le procédé Yalentiner, qui le fournit libre d’acide nitreux... Il est bon d’avoir deux réservoirs pour ce mélange, afin d’en laisser un en repos, pendant plusieurs jours, et que le mélange puisse déposer toute impureté Tome 110. — Octobre 1908. ~8
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- solide, et fournir un acide de nitrification fort clair. C’est un point de grande importance, car notre expérience a prouvé que la clarté de l’acide de nitrification exerce une influence sur le temps que demande la nitroglycérine à se séparer du résidu acide. Un acide de nitrification trouble prolonge de beaucoup la durée de cette séparation. Un autre avantage à préparer ces mélanges en grand et quelque temps avant leur mise en usage, est qu’on peut les analyser, et que, s’ils ne sont pas corrects, on les ajuste aisément en ajoutant ce qui est nécessaire d’acide sulfurique ou d’acide nitrique.
- L’acide de nitrification, et la glycérine, sont mesurés et non pesés...
- Nitration. — Le plan adopté au début par Nobel pour la production en grand de
- Fig. 5. — Dispositif de nitration dit de Nobel, adopté en 1890 à la Royal Gunpowder Factory.
- A tuyau d'entrée de l’acide, B premier laveur, C nitriticateur-séparateur,
- D réservoir à glycérine, E réservoir à eau,
- du tuj’au à trois voies, F conduit à l’appareil de dilution, G aux réservoirs intermédiaires des résidus acides.
- la nitroglycérine destinée à la fabrication de la dynamite a été suivi jusqu’en ces derniers temps, avec quelques modifications seulement. Nous décrirons d’abord cette disposition telle qu’elle existait en 1890 à la Royal Gunpowder Factory [fig. 5), et nous la comparerons avec la disposition à présent adoptée, aussi bien dans ce pays que dans les autres (fig. 6).
- L’ancien appareil-type de nitrification était un grand réservoir de plomb, de forme cylindrique, à fond convexe. L’intérieur renfermait des serpentins à circulation d’eau froide et des tuyaux pour l’introduction de l’air comprimé. Le réservoir était surmonté d’un couvercle en plomb en forme de dôme, soudé, et muni de regards en verre. Les tuyaux à air, le tuyau d’amenée de l’acide, les tuyaux d’entrée et de sortie de l’eau passent par des trous dans ce couvercle ; au centre du couvercle, est un trou d’homme
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- luté à l’acide, et au centre du trou d’homme est une ouverture par où passe l’injecteur de glycérine ; quand cet injecteur est enlevé, on bouche cette ouverture avec un tampon de plomb doux. Le couvercle porte encore un tuyau à vapeurs, qui est pourvu d’un cylindre de verre, afin de pouvoir observer la couleur des vapeurs. Le fond du réservoir était muni de deux robinets en grès, servant à l’enlèvement de la charge; l’un d’eux permettait d’envoyer le contenu de l’appareil à nitrification dans le réservoir de séparation, par un ajustage mobile en plomb. L’acide de nitrification ayant été mis dans l’appareil, on introduit l’injecteur à glycérine dans l’ouverture que porte à cet effet le trou d’homme, et on injecte une rosée de glycérine sous la surface de l’acide,
- Fig. 6. — Dispositif de nitration, type actuel, généralement adopté.
- Atelier de postséparation.
- Atelier
- de nitrification.
- Atelier
- do séparation.
- Atelier Atelier Atelier
- de lavage. de mélanges. des eaux.
- W. A. Réservoir à résidus acides.
- A. S. Bouteilles de postséparation.
- M. A. Réservoir à mélange acide.
- G. Réservoir à glycérine.
- N. Nitrificateur.
- S. Séparateur. S. T. Réservoir de sûreté.
- D. T. Appareil de dilution.
- W. T. Appa- F. T. Filtres. W. W. S. Réser-reil à lavage. \y Balances voir do dépôt dos D. T. Appa- ' eaux de lavage,
- reil de dilution.
- N. T. Appareil do dilution.
- P, W. Premier laveur.
- par le moyen de l’air comprimé. Durant la nitrification, on fait circuler de l’eau froide dans le réfrigérant, et on tient tout le contenu de l’appareil en agitation au moyen de l’air comprimé. L’arrivée de la glycérine est réglée de façon à ne pas laisser la température de la charge monter au delà de 22°. Quand toute la charge de la glycérine a été introduite, on enlève l’injecteur, on fait refroidir la charge à lo° et on l’envoie dans le séparateur.
- Séparation. — L’appareil à séparer la nitroglycérine est un réservoir carré en plomb; la partie inférieure est disposée de fa.çon à mener les quatre surfaces du fond à une ouverture centrale, garnie d’un cylindre vertical en verre. Un tuyau horizontal était ajusté à ce cylindre, avec branches dans quatre directions, chaque branche munie d’un robinet en grès. Sous le séparateur, était un réservoir en bois revêtu de plomb, pour recueillir le contenu, si pour quelque cause le cylindre en verre venait à se briser. Le séparateur était pourvu d’un couvercle en vitrine, dont les côtés vont se réunir à un tuyau pour le départ des fumées ; ce couvercle laisse passer les tuyaux à air. L’une des parois du séparateur porte un regard en verre ; et une autre paroi un robinet
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- en grès, qui se trouve à i" en dessous de la surface de la nitroglycérine lorsque celle-ci se trouve séparée de l’acide; dès que cette séparation est terminée, la masse de la nitroglycérine était envoyée, par le robinet en grès de la paroi du séparateur, dans un premier laveur. Le résidu acide était envoyé, par l’une des branches du tuyau de fond, à la chambre de post-séparation. Aussitôt qu’on apercevait le reste de la nitroglycérine qui se rendait dans le cylindre en verre, on fermait le robinet en grès conduisant à la chambre de post-séparation, et on ouvrait celui conduisant au premier laveur où se rendait le reste de la nitroglycérine. Des deux autres robinets au fond du séparateur, l’un servait pour envoyer le dépôt bouéux à la chambre de repos, et l’autre mettait en communication avec le réservoir de dilution.
- Dans quelques usines, au lieu d’un séparateur clos, on se sert encore d’un réservoir à air libre recouvert de plomb. La nitroglycérine est enlevée à la main, à mesure qu’elle se sépare du résidu acide, à l’aide d’une écumoire en métal, et on la transporte petit à petit dans le premier laveur.
- L’appareil ainsi décrit comporte l’existence de plusieurs robinets en grès ; ces robinets existaient récemment encore dans toutes les fabriques de nitroglycérine. Mais ils ont toujours été regardés comme une source de danger, vu la possibilité de frottements entre le corps du robinet et la clef, lorsqu’on manœuvre celle-ci et qu’il y a en présence quelque substance graveleuse. Lorsqu’on a seulement à soutirer de la nitroglycérine d’un récipient, on peut se servir de ces robinets en grès, mais il n’en est pas de même lorsqu’on a affaire aux acides ou à la nitroglycérine en présence d’acide. À la Royal Gunpowder Factory, nous avons rejeté les robinets en grès dans tout le dispositif qui suit la séparation; mais ils sont restés jusqu’en 1901 dans l’appareil de nilri-licalion et dans le séparateur.
- En janvier 1901, le danger de ces robinets s’y révéla d’une façon éclatante; on venait de décharger l’appareil de nitrification, lorsqu’une explosion se produisit dans l’un , des robinets qui conduisaient au réservoir de dilution. Gomme on ne se servait pas du robinet au moment où se produisit l’explosion, elle fut due probablement à ce qu’une tracé de nitroglycérine acide s'était logée dans une dépression de la clef. Si l’appareil avait encore renfermé la charge, il se serait produit à coup sûr un accident sérieux. A la suite de cette explosion, la nécessité s’imposa d’éliminer tous robinets en grès pour tout passage de nitroglycérine, et l’idée nous vint que ce serait facile à réaliser si nous pouvions arriver à enlever la nitroglycérine, qui, une fois sa nitrification complétée, se sépare à la surface de l’acide, par le haut de l’appareil au lieu de faire cet enlèvement par le fond. Le moyen le plus simple d’y arriver consistait à élever le contenu total du récipient, de façon que la nitroglycérine pût s’écouler par le couvercle au moyen d’un ajutage approprié et se rendre grâce à son seul poids dans le premier laveur. La meilleure méthode pour élever ainsi le niveau de la nitroglycérine une fois séparée consiste à introduire sous elle un liquide inerte, et le liquide le plus convenable à ce but nous sembla être le résidu acide provenant d’une charge antérieure ; l’appareil qui réalisa ce principe est représenté figure 5. Nous allons décrire son fonctionnement.
- Nous l’avons appelé nitrificateur-séparateur. Il consiste en un vase cylindrique de plomb, à fond incliné dans une direction; ce vase renferme les tuyaux des réfrigérants et les tuyaux d’air ; ces tuyaux entrent et sortent par les parois latérales ; juste en dessous du niveau où arrive la surface de l’acide nitrifiant. L’eau de refroidissement est amenée au moyen d’un tuyau unique sous le contrôle d’un seul robinet. Les supports pour les réfrigérants sont en plomb, au lieu d’être en fer recouvert de plomb; on les
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- dispose sur les tours du serpentin de façon à supprimer tout interstice où pourrait ne loger quelque trace de nitroglycérine ou de sulfate. Le couvercle est conique; et soudé sur la portion cylindrique. Il se termine en un. cylindre de petit diamètre ouvert au sommet et portant un regard de verre ; la seule autre ouverture que le couvercle présente est celle par où passe le thermomètre. Sur la paroi du cylindre est fixé un tuyau sur lequel est branché un autre tuyau pour évacuer les fumées; un jet d’air produit une succion. Outre le tuyau à fumées, le tuyau qui vient du cylindre ouvre sur une gouttière qui conduit'au premier laveur. Au contraire, pénètrent dans le fond de l’appareil le tuyau d’amenée de l’acide de nitrification, ou du résidu acide pour le déplacement de la nitroglycérine ; ce tuyau arrive verticalement le long de l’appareil et en dehors pour entrer au-dessous du fond, puis remonte jusqu’à ce fond, de façon à empêcher la nitroglycérine de pouvoir pénétrer dans le tuyau qui amène le mélange d’acide frais. Ce tuyau a deux branches, toutes deux munies d’un robinet en grès; l’une conduisant au réservoir de dilution, l’autre au réservoir des résidus acides. Le robinet du réservoir de dilution est contrôlé au moyen d’une longue tige que l’on fait agir du haut de la plate-forme de travail ; un quart de tour ouvre le robinet et fait couler toute la charge de l’appareil dans le réservoir de dilution. A la clef du robinet à dilution sont reliés deux autres robinets, l’un pour le tuyau à air comprimé du. réservoir de dilution, l’autre pour le tuyau d’amenée de l’eau, de sorte qu’en tournant la roue de commande de ce robinet, non seulement on ouvre le robinet à dilution, mais encore on fournit l’air comprimé au réservoir de dilution, et on amène l’eau. Ce réservoir est maintenu toujours plein d’eau; il est muni d’un trop-plein, de façon à renouveler constamment l’eau pendant le traitement de la charge. Ce mode de dilution a pour lui l’avantage de la simplicité, et l’arrivée continuelle d’eau froide empêche l’élévation de température qu’occasionnerait le mélange d’un grand volume d’acide avec l’eau ; elle permet enfin l’emploi d’un réservoir de dilution plus petit.
- Le résidu acide d’une charge antérieure ayant été envoyé en dehors de l’appareil, on ouvre le robinet du réservoir de l’acide nitrifiant, et on fait couler cet acide dans le nitrificateur-séparateur en ouvrant le robinet du tuyau d’amenée de l’acide. Aussitôt que tout l’acide a été introduit, ces deux robinets sont fermés. Lorsque l’acide de nitration a été amené à la température voulue au moyen des serpentins du réfrigérant, on insère l’injecteur dans l’ouverture du sommet de l’appareil, et la nitrification de la glycérine commence. Il faut régler la température de l’eau qui coule dans le réfrigérant de façon que la durée totale de la nitrification pour une charge donnée soit la même, dans d’étroites limites, aussi bien en été qu’en hiver, et pour arriver à ce résultat, on refroidit l’eau si c’est nécessaire. Les avantages dus à l’emploi d’eau ainsi refroidie sont que la nilrifica-ion peut s’effectuer même en été dans un laps de temps raisonnable, que la perte d’acide nitrique par vaporisation est réduite au minimum, enfin que la constance de la durée de nitrification en toutes saisons permet de conduire d’une façon systématique toutes les opérations de la fabrication. L’acide nitrique vaporisé se rend à une tour de Guttmann, pourvue d’une circulation liquide ; on condense ainsi toutes les vapeurs d’acide nitrique, avec un rendement d’environ 8 kilogr. 163 d’acide de densité 1,320 par tonne de nitroglycérine produite. Lorsque la nitrification est terminée, on enlève l’injecteur, et on laisse la nitroglycérine se séparer pendant quelques minutes. Puis on ouvre le robinet du réservoir à acide destiné à déplacer la nitroglycérine, et on laisse ce résidu acide entrer dans l’appareil par le fond, en ouvrant le robinet du tuyau d’amenée de l’acide. On peut régler l’arrivée de l’acide destiné au déplacement
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- de la façon la plus délicate, de façon à laisser la nitroglycérine couler par la gouttière dans le premier laveur, au fur et à mesure qu’elle se sépare. La ligne de démarcation entre la nitroglycérine claire et l’acide s’observe par les regards en verre.
- Cette séparation de la nitroglycérine dans le nitrificateur-séparateur présente plusieurs avantages ; la nitroglycérine s’enlève aussitôt qu’elle se sépare ; les serpentins-réfrigérants, qui n’existent pas dans les anciens séparateurs, constituent une grande sauvegarde contre tous les risques dus à une élévation de température, qui ne pouvait être combattue autrefois qu’en étendant la charge ; enfin la matière floconneuse qui se sépare de la charge est ici repartie dans la masse entière de la nitroglycérine, au heu de former une couche de boue épaisse entre la nitroglycérine et le résidu acide. Lorsque la séparation est terminée, on voit aux regards la ligne de démarcation bien nette entre la nitroglycérine et le résidu acide.
- On laisse l’appareil rempli de ces résidus acides jusqu’à ce qu’on l’utilise pour la nitrification d’une nouvelle charge. Il en résulte qu’aucune partie n’est exposée à l’intérieur à l’action de vapeurs acides, et la durée de l’appareil est augmentée dans une portion notable. Dans les anciens appareils, il était nécessaire d’enlever le couvercle et les réfrigérants au moins tous les trois mois pour les réparer. Notre nouvel appareil a pu fonctionner deux ans et demi sans être ouvert; au bout de ce temps, on estima désirable d’enlever le couvercle pour faire un examen ; tout l’intérieur, aussi bien que les serpentins du réfrigérant, que les tuyaux à air, furent trouvés en état de neuf, et on ne fut obligé de faire aucune réparation. Chaque semaine, on prend la précaution d’essayer le serpentin, en comprimant de l’air ; la moindre fuite serait décelée.
- Premier lavage. — L’ancien premier laveur était muni de deux robinets en grès; le supérieur pour l’amenée des eaux de lavage, l’inférieur pour évacuer la nitroglycérine sur l’atelier de lavage. Le tuyau à air pour l’agitation de la charge durant ce premier lavage reposait librement sur le fond, et un second tuyau allait le long de la paroi intérieure. Ce bac du premier lavage était à air libre.
- Le premier laveur actuel n’a pas de robinets. Il a un couvercle fixe en plomb, avec une ouverture fermée d’une petite pièce de caoutchouc. Le couvercle possède un tuyau d’évacuation des vapeurs. Les eaux de lavage s’écoulent au moyen d’un tube flotteur en caoutchouc pur, percé de nombreux trous, et dont l’extrémité supérieure se développe en un entonnoir muni d’une poignée, aussi en caoutchouc, de façon que l’ouvrier puisse abaisser le tube graduellement, et laisser l’eau de lavage couler sur les bords de l’entonnoir puis le long du tube ; ce tube va au labyrinthe où la masse de la nitroglycérine contenue dans l’eau de lavage se sépare. Cette nitroglycérine est prise dans un vase en caoutchouc pour retourner au premier laveur. Le fond du premier laveur est relié à un tube en caoutchouc qui reçoit de l’air comprimé, de façon à assurer le lavage des traces de nitroglycérine qui pourraient se trouver dans ce tube. Quant au tuyau à air comprimé, il ne se trouve pas à l’intérieur, mais bien soudé sous le fond à l’extérieur, et les perforations traversent ce fond et sont garnies d’ébonite pour prévenir l’usure. Les avantages de ce genre de tuyau à air sont qu’il élimine tout risque de frottement entre le tuyau et le fond du laveur, assure la netteté des surfaces et prévient les grains de sulfate ou d’autre impureté solide de se loger dans des cavités, enfin facilite le nettoyage du laveur entre les charges.
- Le premier de ces lavages préliminaires se fait avec de l’eau seule ; on emploie une solution de soude pour le dernier de ces lavages préliminaires afin de rendre la nitroglycérine alcaline avant de l’envoyer à l’atelier de lavage. Lorsque la charge est prête
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- pour cela, on relève l’extrémité du tuyau d’écoulement en caoutchouc et on la fixe sur la première partie de la gouttière menant à l’atelier de lavage. Cette gouttière est à l’air libre, mais pour empêcher toute prise de nitroglycérine pendant les temps froids, la gouttière est pourvue d’une enveloppe à circulation d’eau chaude (voir fig. 7). La gouttière au heu d’être recouverte d’un A en bois, l’est d’un tissu fixé sur l’un de ses bords et ajusté sur l’autre de façon qu’on puisse sans difficulté le relever et procéder au nettoyage. Dès que la charge y a passé, on essuie la gouttière avec une flanelle dans le sens de l’atelier de ,lavage, de façon à enlever toute trace de nitroglycérine.
- Lavage. — L’ancien réservoir à lavage était en bois revêtu de plomb, avec des robinets, l’un au fond pour enlever la nitroglycérine, l’autre ou plusieurs autres pour l’écumage à des niveaux différents. On eut ensuite un disposition forme de saucière relié à un tube de caoutchouc, qui allait des parois du laveur jusqu’à la gouttière ; ce dispositif était d’abord en plomb, et supporté à l’aide d’une corde et d’un contrepoids; on le fit ensuite plus léger, une feuille de laiton recouverte d’une feuille de caoutchouc. Il supprimait les tuyaux d’amenée de l’eau, mais le tuyau de sortie au fond pour la nitroglycérine restait. Le laveur, en usage actuellement à la Royal Gunpowder Factory est tout en plomb, sans aucun bois, sans aucun robinet. Le tuyau à air est placé au-dessous, d’après les mêmes conditions que celui du premier laveur; l’usure des ouvertures est si petite qu’il a été regardé comme inutile de les recouvrir d’ébonite. L’arrosoir est entièrement eh caoutchouc, et semblable à celui du premier laveur. La nitroglycérine circule par un tube en caoutchouc comme dans le premier laveur. Les eaux de lavage sont envoyées dans un labyrinthe. La nitroglycérine est renvoyée par une gouttière à enveloppe d’eau jusqu’à l’atelier de filtrage et de mélange. Les dispositifs de dilution sont les mêmes que ceux décrits pour l’atelier de nitrification. L’appareil à laver est muni d’un capuchon de tissu de caoutchouc, avec une cheminée également en caoutchouc passant par une ouverture du plafond; un injecteur à air est disposé dans cette cheminée, pour entraîner toutes les vapeurs de l’atelier. Le réservoir porte une échelle, afin de permettre à l’ouvrier de savoir exactement combien il faut introduire d’eau et quand il faut l’enlever; autrefois on se servait d’une règle mobile.
- Au moment où l’on va amener la charge du premier laveur, on envoie une solution de soude chaude par la gouttière de l’atelier de nitrification. Cet envoi est suivi immédiatement de la charge de nitroglycérine, et celle-ci est suivie, elle aussi immédiatement, d’un nouvel envoi de solution chaude de soude. La purification de la nitroglycérine se fait dans le laveur, au moyen d’une faible solution de soude chaude, tout en brassant la masse tout le temps au moyen d’air comprimé. Pour éliminer le mieux possible le carbonate de soude, on fait les deux derniers lavages au moins avec de l’eau chaude.
- L’eau est fort dure à la Royal Gunpowder Factory, et avec le temps l’intérieur du laveur montre une tendance à se couvrir d’un dépôt extrêmement dur consistant principalement en carbonate de chaux. Pour empêcher la formation d’un dépôt aussi regrettable, on adoucit l’eau par avance, et on la filtre avec grand soin. On épure ainsi et on filtre toute l'eau employée pour le lavage, et toute l’eau épurée et filtrée, ainsi que les solutions de soude, sont fournies à tous les ateliers à la température convenable, par un atelier de charge. Cette disposition dispense de préparer les solutions de soude et de chauffer l’eau dans chaque atelier.
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- Un point important à considérer pour le lavage est la profondeur des laveurs. Plus cette profondeur est grande, plus est grand le temps que la nitroglycérine met à se séparer des eaux de lavage. On a fait deux séries d’expériences à des intervalles différents pour éclairer ce point en variant la profondeur du liquide pour une môme proportion de nitroglycérine par rapporta l’eau : la profondeur était dans un cas 27 pouces 25, dans un autre 18 pouces 50. Avec la grande profondeur du liquide, le temps que mit la nitroglycérine à se séparer fut dans la première série de 34 minutes et demie, et dans la seconde série de 28 minutes et demie; avec la moindre profondeur du liquide, le temps moyen de cette séparation, pour premiers lavages, fut*10 minutes et 9 minutes et demie.
- Filtration. — La filtration de la nitroglycérine est généralement effectuée, à l’atelier de lavage, dans un réservoir en bois doublé de plomb. Ce réservoir est muni d’un couvercle, avec un cylindre ouvert aux deux bouts; le fond du cylindre est fermé par le moyen d’une toile métallique attachée à un solide anneau de métal, et elle supporte un sac de flanelle rempli de sel. La nitroglycérine s’écoule à travers le filtre en sel dans le corps du réservoir, l’humidité est absorbée par le sel, et toute la matière floconneuse est retenue par le sac. La nitroglycérine se rend par un robinet en grès dans des vases convenables placés sur des balances pour peser la charge. Le cylindre, la toile métallique avec l’anneau, le sac sont nécessairement mobiles, et après le travail, chaque jour, ou plus souvent s’il est nécessaire, on renouvelle le sac de sel, et on fait dissoudre le sel dans de l’eau chaude pour récupérer la nitroglycérine qu’il peut renfermer.
- A la Royal Gunpowder Factory l’appareil de filtrage est un réservoir tout en plomb, avec un faux fond percé de trous; sur ce faux fond, est une couche d’éponges cousues dans une flanelle placée sur le faux fond. La nitroglycérine coule à la surface des sacs spongieux, à travers lesquels elle filtre. Les éponges retiennent l’humidité et la matière floconneuse. On enlève les éponges aussi souvent qu’il est nécessaire, et on les tord à la main, pour extraire l’eau et les traces de nitroglycérine. Quant à l’élimination de la nitroglycérine, on emploie pour elle le tube ordinaire en caoutchouc. Au lieu d’user de vases mobiles sur balances, on envoie la nitroglycérine dans une burette de plomb, fixe et munie au sommet d’un orifice très étroit pour permettre une mesure précise. La charge ainsi mesurée est enlevée de la burette au moyen d’un tube en caoutchouc, et versée dans des sacs en tissu recouvert de caoutchouc qui renferment un poids déterminé de coton-poudre. Ces modèles de bac à filtrer, de burette, de sac en caoutchouc, remplacent les dispositifs mobiles, et rendent beaucoup plus sûre la manipulation de la nitroglycérine pure. La substitution du filtre-éponge au filtre-sel réduit à un minimum la* proportion du sodium dans l’explosif final, et ce n’est pas sans influence sur la luminosité de sa flamme.
- On échantillonne au sortir du bac à filtrer. L’échantillon est puisé au moyen de petites bouteilles en gntta, vers le milieu de la charge, en ayant soin que l’échantillon soit absolument pur.
- L’essai de résistance à la chaleur est le plus important de ceux auxquels on soumette la nitroglycérine. D’anciennes expériences ont montré que cet essai est très influencé par les traces de carbonate de sodium qui peuvent rester dans la nitroglycérine; les résultats sont fort instructifs, et en voici le résumé : l’essai à 82° a donné 88 kilos et 70 kilos pour la nitroglycérine sortant du bac à filtrer, 57 et 66 après séchage au dessiccateur (carbonate retenu), 21 et 18 après filtration au papier. Pour
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- obtenir un bon essai, il faut donc, auparavant, débarrasser complètement l’échantillon du carbonate de sodium. On fait aussi l’essai d’humidité, celui d’alcalinité, et le dosage de l’azote.
- Eaux de lavage. — Toutes les eaux de lavage sont envoyées par des gouttières en plomb dans un grand bac en bois à l’atelier de retenue, en les brassant par un courant continu d’air comprimé. A la fin de la journée, on arrête l’air, et on laisse reposer ; la nitroglycérine qui peut être présente se rassemble ; on la retire au moyen du tuyau ordinaire en caoutchouc dans* des baquets, et on la retourne au premier laveur. A la fin de chaque semaine, on enlève du bac la boue qui consiste surtout en sulfates renfermant une certaine proportion de nitroglycérine, et on la met sur des filtres en flanelle suspendus au-dessus d’un petit bac en plomb; la nitroglycérine y est lavée à l’eau chaude et à la solution de soude. Ge traitement a pour avantages d’enlever la nitroglycérine, de rendre cette boue alcaline et de convertir les sulfates en carbonates, ce qui rend la boue beaucoup moins apte à se décomposer. Les analyses ont montré que cette boue renferme 80 p. 100 de sulfate de plomb, qui se trouve converti en totalité en carbonate de plomb. La boue est ensuite tordue dans la flanelle pour enlever toutes traces de nitroglycérine, puis mélangée à la paraffine et brûlée.
- L’adoption de labyrinthes dans l’atelier de nitrification et dans celui de lavage pour le passage des eaux a réduit de beaucoup la quantité de nitroglycérine qui trouve le moyen d’arriver au réservoir des dernières eaux. Autrefois, on y récupérait une quantité de glycérine qui atteignait 4,5 p. 100 de la fabrication; aujourd’hui, cette quantité est tombée à 1,5. Un meilleur repos assuré à l’acide de nitrification, l’emploi d’eaux épurées ont amené une grande diminution des boues finales; autrefois, on en recueillait 0,50 p. 100 de la nitroglycérine ; aujourd’hui on n’en a que 0,25 p. 100.
- Séparation finale. — L’atelier de post-séparation contenait de grands vases en plomb avec sommets coniques pourvus au centre d’un petit cylindre de séparation en verre. Les petites quantités de nitroglycérine qui se séparent des résidus acides étaient enlevées de temps en temps avec un petit skimmer, et étendues dans un petit bac à lavage plein d’eau. En dehors du fait que la nitroglycérine acide présentait à l’occasion des décompositions, cet atelier était dispendieux à installer comme à maintenir, et il demandait une surveillance constante tant qu’il y avait quelques résidus acides. La quantité de nitroglycérine récupérée était loin de répondre au travail et à la dépense.
- A la Royal Gunpowder Factory, on a supprimé cet atelier depuis quelque temps. Pour y obtenir cette suppression, on s’est appuyé sur le fait qu’une addition d’eau aux résidus acides non seulement empêche la formation ultérieure de nitroglycérine, mais encore absorbe la nitroglycérine existant à l’état de division extrême dans ces résidus acides. Aux températures du travail normal, soit 10° à 15°, l’addition de 2 p. 100 d’eau suffisait à empêcher la séparation de la nitroglycérine dans les résidus acides emmagasinés. Un accident qui suivint à une fabrique d’acides en janvier 1906, avec un tonneau de résidus acides provenant de la nitroglycérine, porta à faire dans cette voie de nouvelles expériences. On travailla des résidus acides provenant de la nitrification en cours ; on les maintint pendant de longues périodes à des températures variées en les additionnant, ou non, de 2 et de 5 p. 100 d’eau. Les résultats démontrèrent que si delà nitroglycérine se séparait, la quantité séparée variait en raison inverse de la température ; que 2 p. 100 d’eau n’empêchait pas cette séparation d’une façon absolue en dessous de 10°; et qu’avec 5 p. 100 d’eau, la nitroglycérine ne se séparait pas, même si les acides étaient maintenus à 0°. Des expériences faites par addition de
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- nitroglycérine à des résidus acides renfermant des pourcentages variés d’eau, à diverses températures, firent ressortir le fait que le pouvoir d’absorption des acides croissait avec les pourcentages d’eau, et avec la température. Ces dernières expériences expliquaient la cause du phénomène observé au cours de la fabrication industrielle et que nous avons rapporté plus haut.
- L’étude de l’influence des additions d’eau aux résidus acides a conduit à abandonner leur traitement par séparation finale dans un atelier spécial, et à le remplacer par un traitement plus simple et moins coûteux. On laisse ces résidus acides dans le nitriflcateur-séparateur jusqu’à ce qu’on en ait besoin pour une autre opération, et la nitroglycérine qui s’en sépare pendant cette attente est envoyée à l’ordinaire au premier laveur. On aide cette séparation en refroidissant les résidus acides. Quand on doit remplir le nitrificateur,on enlève toute trace de nitroglycérine à la surface de l’acide; la quantité de résidus acides nécessaire au déplacement d’une autre charge de nitroglycérine est alors envoyée au réservoir de l’acide pour déplacement. A ce qui reste de résidus acides dans l’appareil de nitrification, on ajoute 2 p. 100 d’eau, tout en brassant vivement le contenu de l’appareil par le moyen de l’air comprimé. Les résidus acides sont alors envoyés au réservoir de résidus acides qui se trouve dans l’atelier de nitrification. Comme précaution supplémentaire contre une séparation possible de nitroglycérine, tout le résidu acide est tenu à 15°.
- Le système de fabrication que nous venons de décrire est représenté en détails dans les figures 6 et 7. La figure 6 est le type de nombreuses fabriques en Angleterre et dans les autres pays. La figure 7 est l’ensemble des dispositions adoptées à la Royal Gunpowder Factory et par quelques fabriques anglaises et étrangères. Les deux plans se rapportentà la nitrification d’une charge de 1 320 livres anglaises de glycérine.
- Le plan de la figure 7 diffère de celui de la figure 6 par les points suivants : l’élévation totale du sommet du nitrificateur à la base du réservoir des eaux finales est réduite de 33 pieds 50 à 16 pieds; soit de 6m,70 à 3m,60; la surface occupée est moindre: on se le représentera en voyant que dans le plan 6 il y a 5 gouttières réunissant des ateliers spéciaux, tandis que le plan 7 ne comporte que trois gouttières; en sorte que les surfaces respectives sont 5 et 3. Pour une limite de 5000 livres anglaises de nitroglycérine, la longueur de chaque gouttière mesurée d’extérieur à extérieur doit être, suivant les règlements, de 51 yards; — il n’y a plus d’atelier de séparation; — il n’y a plus d’atelier de post-séparation; — les appareils sont plus simples. Pour la nitrification et la séparation, le plan 6’ comporte 5 vases et le plan 7 n’en comporte que 2 ; — tous les robinets sont supprimés, excepté deux seulement pour amener et emmener l’acide au nitriflcateur-séparateur; —les acides, la glycérine, la nitroglycérine sont mesurés, au lieu d’être pesés ; — il y a des labyrinthes pour toutes les eaux de lavage ; — le plan général est simplifié.
- Le dispositif adopté à la Royal Gunpowder Factory tend à augmenter la sécurité pour les motifs suivants. — L’absence des robinets en grès élimine tous les risques que leur usage entraîne, et qui sont : la présence de substances étrangères pouvant occasionner un frottement, la présence de traces de nitroglycérine acide sujette à décomposition, la congélation de la nitroglycérine, le défaut de roulement de la clef; — la nitroglycérine ne reste plus en contact avec l’acide dès qu’elle s’en sépare ; — les serpentins du réfrigérant assurent la séparation dès l’appareil de nitrification; — enfin, on évite de faire circuler le mélange de nitroglycérine et d’acides dans des gouttières plus ou moins exposées, de l’atelier de nitrification à celui de séparation. Enfin, le
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- nombre des ouvriers est moindre, et tous les appareils étant clos et pourvus de dispositifs spéciaux pour l’élimination des vapeurs acides, le travail est bien plus plai-
- Fig. 1. — Dispositif perfectionné de la Royal Gunpowder Factory.
- Atelier Atelier Atelier Atelier de filtrage Atelier de dépôt
- de charge. de nitrification. de lavage. et de mélange. des eaux.
- M. A. Réservoir G. Réservoir à glycérine. AV. T. Appareil F. T. Filtre. AV. AV. S. Réservoir
- à mélange acide. N. S. Nitrificateur- de lavage. B. Burette. de dépôt
- D. A. Réservoir de l’acide pour déplacement. E. Réservoir intermédiaire des résidus acides. séparateur. D. T. Appareil de dilution. P. AV. Premier laveur. L. Labyrinthe. L. Labyrinthe. D. T. Appareil de dilution. des eaux de lavage.
- sant et plus hygiénique. Le rendement est augmenté d’au moins 15 p. 100; il y a bien d’autres avantages qu’il est inutile d’énumérer.
- En conclusion, les auteurs font remarquer qu’ils ont réduit dans une grande proportion le nombre des outils et ustensiles nécessités par la fabrication. Comme plusieurs accidents récents ont été attribués à des buttages ou à des chutes, ou à des chocs contre de lourds ustensiles, tout ustensile ou outil susceptible d’amener un accident par suite d’un choc devrait être absolument proscrit des ateliers.
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- COMMERCE
- l’impérialisme économique en grande-rretagne, par M. Maurice Alfassa (1 ).
- COMPARAISON DU COMMERCE EXTÉRIEUR DES GRANDES NATIONS INDUSTRIELLES
- Celte critique très exacte de la théorie des protectionnistes de 1882 fait admirablement ressortir les points faibles de leur argumentation et notamment l’erreur considérable commise, en traduisant uniquement les variations du commerce extérieur des différents pays en pourcentages, sans tenir compte d’aucun des éléments importants dont fait mention la longue citation que nous venons de faire. C’est certainement dans les discours anciens de M. Chamberlain que se trouvent les meilleures réfutations des propositions dontil se fait aujourd’hui le champion.
- Examinons donc, en tenant compte des observations qu’il formulait en 1882, quelle est, à l’heure actuelle, l’augmentation relative du commerce extérieur des quatre grands pays industriels, Angleterre, Allemagne, États-Unis, France (2). Nous ferons porter notre comparaison sur trois points dont les résultats figurent dans les tableaux suivants. Nous chercherons d’abord sans tenir compte de la population, quelles-sont les valeurs des augmentations dont nous avons donné les pourcentages. Puis nous tiendrons compte des augmentations de population. Nous examinerons enfin, dans une période donnée, quelles ont été les variations observées dans les différents pays.
- Tenant compte de remarques que nous avons déjà eu occasion de faire, nous prendrons pour termes de comparaison non les résultats d’années données, qui peuvent être faussées par des circonstances particulières, mais les moyennes de périodes quinquennales. Notre premier terme sera la période de 1880-1884 et le dernier 1900-1902, pour les trois premiers tableaux; il nous a semblé inutile de remonter plus haut puisque,en 1882, d’après les déclarations de M. Chamberlain que nous venons de rapporter, il était douteux que d’autres pays eussent, non pas mieux, mais aussi bien réussi que la Grande-Bretagne.
- (1) Voir les Bulletins d’avril, mai, juin et juillet 1908.
- (2) Nous ne parlons pas de la Belgique parce que dans les statistiques de son commerce extérieur on fait figurer, tant à l’exportation qu’à l’importation, toutes les marchandises en transit à destination de l’Allemagne, de la Suisse, etc., et que l’on ne peut faire le départ entre le commerce vrai et le commerce total.
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- l’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- Nous avons pris les chiffres fournis par les statistiques officielles des pays dont nous examinons les variations du commerce extérieur, chiffres reproduits dans le mémorandum du Board of 7'rade publié à la fin de 1903.
- Années.
- 1881-84.
- 1900-02.
- VARIATIONS DU COMMERCE EXTÉRIEUR
- Grande-Bretagne. Millions do £.
- 628,2
- 795,4 et 867 644 (i)
- Allemagne. Millions de £.
- 309 777 508 972 (1)
- États-Unis. Millions de £. 304 742 464 327 (2)
- France. Millions de £. 329 235 344 464 (2)
- AUGMENTATIONS
- + 167,3 et + 239 444 + 199 195 + 159 585 + 15 229
- ou 26,77 «/o + 38 11 % ou 64,3 % ou 52,37 o/0 ou 44,62 «/„
- La difficulté d’établir des comparaisons statistiques sérieuses et probantes entre pays différents apparaît nettement dans le tableau ci-dessus. Le lecteur remarquera que nous avons dû porter deux valeurs pour le Commerce extérieur de la Grande-Bretagne pendant les années 1900-1902 : cela est indispensable faute de quoi les résultats seraient complètement faussés eu égard à la manière dont sont dressées les statistiques.
- En Angleterre, les chiffres dont nous avons fait usage jusqu’ici représentaient les valeurs des exportations et du commerce extérieur, déduction faite des navires construits pour compte d’armateurs ou de compagnies étrangères; mais^ lorsqu’il s’agit d’étudier la progression relative d’un pays par rapporta d’autres,.il est nécessaire que les termes des comparaisons soient de même ordre, c’est-à-dire que l’on ne néglige pas poür l’un certains éléments compris dans les statistiques des autres. C’est ainsi, par exemple, que la valeur des navires figurant dans les statistiques allemandes, il faut également l’incorporer dans celles de l’Angleterre.
- Aussi devons-nous procéder à deux rapprochements : d’une part celui du commerce extérieur du Royaume-Uni (y compris la valeur des navires exportés) et du commerce extérieur des autres pays, afin de voir à quelles augmentations, en valeurs absolues comparables, correspondent les pourcentages que nous avons donnés, puis d’autre part, les exportations de navires des États-Unis et de la France étant milles ou pratiquement négligeables, établir le même rapprochement, déduction faite de la valeur des navires exportés par l’Angleterre.
- Accroissement du commerce extérieur Pays. de 1880-84 à 1900-1902. (3)
- Pourcentages. Valeurs absolues.
- Grande-Bretagne................ 38,11 £ 239 444 000 (4)
- Allemagne...................... 64,3 199 105 000
- États-Unis..................... 52,37 ' 159 585 000
- France......................... 4,62 15 229 900
- (1) Y compris les navires et les Veredelungsverkehr. Nous ferons observer que pendant la période précédente, le commerce extérieur de l’Allemagne s’élevait à 421 139 000 £; il y a donc eu un accroissement brusque de 77 500 000 £ depuis l’année 1900, précisément dû en partie notable à l’inclusion de Veredelungsverkehr.
- 2)'Y compris les navires. Cf. Statistical Abstract for the United Kingdom [cd 1727] 1903, p. 55.
- (3) Commerce spécial.
- (4) Non'compris les exportations des navires neufs.
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- COMMERCE.
- OCTOBRE 1908.
- • Nous constatons que bien qu’en pourcentage la progression du commerce extérieur de l’Allemagne et des Etats-Unis dépasse respectivement de 26,19 et de 14,26 celle de l’Angleterre, il en va tout autrement en valeur,et que dans ce cas, l’accroissement du commerce extérieur britannique surpasse respectivement de 40 249 000 liv. st. et de 79 859 000 liv. st. ceux de ces deux pays. Donc nous voyons que, en nous basant sur cette méthode qu’indiquait M. Chamberlain en 1882, la situation de la Grande-Bretagne n’est pas inquiétante et que malgré la progression plus rapide du pourcentage de ses concurrents, elle continue à conserver la première place, tant par le chiffre global de son commerce extérieur, que par son accroissement en valeur.
- C’est aux mêmes conclusions qu’aboutit indiscutablement le second rapprochement que nous venons de mentionner :
- Accroissement du commerce extérieur (commerce spécial) de 1880-84 à 1900-1902.
- Pays. Pourcentages. Valeurs absolues.
- Grande-Bretagne (3)............ 26,77 £ 167 400 000 (1)
- États-Unis . . . . •........... 52,37 159 585 000
- France......................... 4,62 15 229 000
- Pour une augmentation double en pourcentage, les États-Unis ont un accroissement en valeur de plus de 7 1/2 millions de liv. st. inférieur à celui de l’Angleterre.
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- * *
- Si maintenant nous comparons les accroissements en populations aux accroissements en valeurs, nous remarquerons que l’Angleterre prospère beaucoup plus vite sous ce rapport que les nations rivales et que, à ce point de vue, encore loin de montrer quelque signe de déclin, la comparaison est toute à son avantage. C’est ce que démontrent les deux tableaux suivants :
- Accroissement en valeur Accroissement en valeur
- Accroissement Accroissement ' par million d’habitants par habitant
- de population entre total en valeur de la population de la population
- Pays. 1880-84 à 1900-02. du commerce extérieur. £ augmentée. £ augmentée. £ sh d
- Grande-Bretagne. 6 300 900 l 167 200 000 (2) 24 952 000 24 191/2
- ou 17,89 o/o 1 239 444 000 (3) 38 000 000 38 0 1
- Allemagne. . . . Il 113 000 ou 24,61 o/o 199 195 000 17 892 000 17 17 10
- États-Unis. . . . 26 137 000 ou 52,09 o/0 159 585 000 6 106 000 6 2 1
- France . 1 292 000 ou 3,16 o/0 15 229 000 11 864 000 1117 3
- (1) Différence des moyennes quinquennales.
- (2) Non compris les exportations de navires neufs.
- (3) Y compris les exportations de navires neufs.
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- l’impérialisme ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1207
- On voit li és nettement que, même en prenant l’augmentation du commerce extérieur du Royaume-Uni par million d’augmentation de population, sans tenir compte des exportations de navires neufs, elle est très supérieure à l’augmentation correspondante en Allemagne, en France et aux États-Unis. Cette constatation est extrêmement importante : la constatation de l’accroissement du commerce extérieur pour chaque augmentation de i million d’âmes dans la population est l’une des bases les plus exactes pour établir des comparaisons de prospérité relative de divers pays, car les termes employés sont nettement comparables entre eux.
- Dans les comparaisons globales des totaux on pourrait être amené à trouver des résultats donnant des indications fausses si on ne tient pas compte des augmentations respectives du nombre d’habitants. C’est là un des éléments primordiaux de développement dans les pays industriels et l’on comprend sans peine que des pays comme l’Allemagne ou les États-Unis, dans lesquels la population s’est élevée en vingt ans de plus de 11 millions pour le premier et de plus de 26 millions pour le second, aient un accroissement de commerce extérieur proportionnellement plus considérable que l’Angleterre où cette élévation n’est que de 6 millions, ou la France (1 million).
- AUGMENTATION DU COMMERCE EXTÉRIEUR (COMMERCE SPÉCIAL) (1)
- PAR TÈTE D’HABITANT ENTRE 1880-84 ET 1900-1902
- Commerce extérieur par habitant.
- Pays. 1880-84. 1900-190?. Augmentation
- £ sh d £ sh d £ sh d
- Grande-Bretagne. . . . . . 17 1611 20 18 1 (2) 3 12
- 19 3 4 (3) t 5 5
- Allemagne . . 6 1611 9 0 7 (3) 2 3 8
- France 8 14 9 8 16 10 0 2 1
- États-Unis 6 16 6 1 7 0 0 1
- 11 est très remarquable qu’un pays surpeuplé, comme l’est le Royaume-Uni, puisse encore à l’heure actuelle tenir la première place dans le monde, en présence de pays jeunes, avec une superficie décuple de la sienne comme les États-Unis (4) possédant des richesses naturelles immenses et travaillant avec activité à les mettre en valeur. Il est à prévoir que dans un avenir relativement peu éloigné, si la progression de la population se maintient, et augmente ainsi considérablement les forces vives de la nation, les États-Unis devront prendre la première place dans le monde et que, toutes choses égales d’ailleurs, leur commerce extérieur devra dépasser celui des autres nations. Mais s’ensuivra-t-il que la situation des autres pays Européens présentera des signes de décadence par ce seul fait ? que leur prospérité risquera d’être détruite par celle de leurs concurrents transatlantiques ? Cela semble peu probable si l’on considère
- (1) Y compris la valeur des navires neufs.
- (2) Non compris la valeur des navires neufs.
- (3) Chiffres du Memoranda, statistical tables, etc., op. cil. [cd. 1761], 1903, XXXI. Comparative statistics. Table I. lmport and export trade of certain foreign countries, — d’après les statistiques officielles des pays étrangers, p. 476-480.
- (4) La superficie des États-Unis est de 597 333 miles carrés, celle de l’Angleterre 57 668 miles carrés.
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- COMMERCE,
- OCTOBRE 1908.
- la progression du commerce extérieur par tête d’habitant au cours des vingt dernières années. On voit que pour les États-Unis elle est absolument négligeable et qu’il leur faudrait une progression 524 fois supérieure pour arriver à la situation de l’Allemagne, toujours en admettant — ce que l’on peut faire pour une première approximation — que le commerce extérieur soit une indication exacte de la prospérité d’un pays.
- Ainsi donc, quand on considère la question du commerce extérieur sous sa forme la plus simple, on constate non seulement que la situation du Royaume-Uni est des plus satisfaisantes, en valeur absolue, mais aussi par rapport aux États-Unis et à la France, quel que soit celui des deux chiffres que l’on considère dans la dernière colonne.
- La comparaison avec l’Allemagne est également rassurante, toutes choses égales d’ailleurs, c’est-à-dire en ayant soin de faire figurer dans les statistiques des deux pays les mêmes éléments. L’augmentation par habitant au cours des vingt dernières années en Grande-Bretagne est supérieure de 17 sh. 6 d. à celle constatée en Allemagne, et le raisonnement que M. Chamberlain faisait à la Chambre des Communes en 1882 s’applique avec la même force dans le cas actuel. Il démontre de façon indiscutable combien la seule comparaison des pourcentages est une cause de profonde erreur dans l’estimation de la prospérité relative de deux pays. En effet, car malgré la différence sensible que nous venons de mettre en lumière, au profit de l’Angleterre, on constate que les comparaisons de pourcentages nous amèneraient à des conclusions très différentes : pendant que pour l’Angleterre l’augmentation en valeur de 3 £ 1 sh. 2d. p. 100 correspond seulement à 17.13 p. 100, pour l’Allemagne une augmentation de 2 £ 3 sh. 8 d. inférieure de 17 sh. 6 d., équivaut en pourcentage à 32 p. 100. C’est-à-dire qu’en nous fiant à cette dernière indication nous conclurions que l’augmentation de commerce extérieur est en Allemagne 1,808 fois supérieure par habitant à ce qu’elle est en Angleterre, alors qu’en fait, en valeur, elle est seulement le 71.37 p. 00 en Allemagne de ce qu’elle est en Angleterre:
- Donc, sous quelque aspect que soit envisagée la question du commerce extérieur, que les comparaisons portent uniquement sur les variations dans lé Royaume-Uni ou sur les progrès relatifs des quatre grands pays industriels — qu’elles soient en valeur absolue, sans tenir compte des éléments pouvant exercer une influence sur les résultats, ou eu égard à la population — les conclusions ne se modifient pas et il est impossible de constater quelque signe sérieux de décadence de l’industrie britannique.
- Mais il y a pjus. Nous constatons que les variations relevées dans le commerce extérieur de la Grande-Bretagne se sont produites parallèlement dans les autres pays industriels et que les causes ayantinflué sur celui-là ont également influé sur ceux-ci. La dépression que nous avons signalée pendant la période 1884-1889 en Angleterre et dont nous avons exposé les motifs (1), se manifeste à la même époque en France et aux États-Unis, elle y est même proportionnellement plus accentuée.
- Il n’y a donc pas lieu d’en inférer, comme le font certains des partisans de M. Chamberlain, quelque signe précurseur d’une décadence redoutable.
- (1) Cf. p. 40 et s. Période pendant laquelle les droits de douane s’accroissent et au cours de laquelle ont lieu des guerres de tarifs.
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- L’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
- 1209*
- Il peut être intéressant pour le montrer de grouper en un tableau les variations du; commerce extérieur de ces différents pays au cours des vingt dernières années.
- COMMERCE EXTÉRIEUR (1). — MOYENNES ANNUELLES PAR PÉRIODES QUINQUENNALES (2).
- Grande-Bretagne. Allemagne. États-Unis. France.
- Différences Différences Différences Différences*
- Périodes. Valeurs (3). p. 100. Valcur^(3). p. 100. Valeurs (3). p. 100. Valeurs (3). p. 100.
- 1853-1859 . . 273,4 » )) » 112 006 » 145 045 »
- 1860-1864 . . 1865-1869 . . 349,1 (4) 457,4 + 27,7 + 31 [ Il n’yapas de chiffres | d’ensemble avant 1880 97 731 (5) 119 052 — 12,73 + 22,64 188 045 (5) 239 027 + 29,31 + 27,11
- 1870-1874 . . 555,6 -F 21,46 )) 207 135 (7) + 75,66 271 936 (6) + 13,76
- 1875-1879 (8). 586,S + 5,55 » » 218 894 + J-,66 298 094 + 9,62
- 1880-1884 . . 628,2 + 7,78 309 777 304 742 + 39,21 329 235 + 10,44
- 1885-1889 . . 595 — 5,3 316 170 + 2,06 284 072 — 6,78 298 243 — 9,41
- 1890-1894 . . 663,4 + 11,49 357 426 + 13,08 347 400 + 22,38 305 560 + 2,43
- 1894-1899 . . 667,6 + 0,63 421 139 (9) + 17,82 358 151 + 3,09 308 013 + 0,8
- 1900-1902 . . ( 795,4 l 867,CU (9) + 19,14 .+ 29,96 508 640 (9) + 20,85 40 4 327 + 29,92 344 464 + 11,88 »
- Nous avons souligné dans le tableau ci-dessus, les chiffres correspondants à certaines périodes, afin de mieux faire ressortir le parallélisme tout à? fait remarquable des variations. Les causes générales, que nous signalions dans la période 1875-9, affectent les trois grandes nations industrielles pour lesquelles nous avons des statistiques, le& États-Unis sont le plus fortement atteints par la baisse de l’argent et les autres événements, puis la France et enfin l’Angleterre, mais, ainsi qu’il est facile de le constater, c’est l’Angleterre qui en a le moins souffert, puisque l’accroissement en valeur est de 35,2 millions sterling contre 11,759 et 16,158 dans les deux autres. Puis, c’est la dépression de 1885-9 se faisant également sentir dans tous les pays, et enfin le ralentissement entre 1894-9 auquel succède la reprise très sensible 1900-1902.
- Les constatations auxquelles nous venons d’arriver sont loin de satisfaire M. Chamberlain et ses partisans ; elles sautent aux yeux des moins clairvoyants et détruisent l’un de leur principaux arguments pour justifier les mesures qu’ils prônent.
- Comme nous le disions au début de ce chapitre, l’ancien Ministre se rendit compte que l’argument impérialiste faisait long feu. Il vit que si le rapprochement plus étroit qu’il prônait avec les Colonies impliquait un sacrifice, ainsi qu’il le disait à Birmingham (10),
- (1) Commerce spécial.
- (2) Les chiffres relatifs à l’Allemagne, aux États-Unis et à la France sont ceux des statistiques officielles de ces pays. Cf. Memoranda Statisticcil Abstracts, etc. op. cit., [cd. -1761] 1903, NXXI. Comparative statistics X Import and Export trade of certain foreign countries, pp. 476-480.
- (3) En millions de livres sterling.
- (4) Traité de commerce de la France et de l'Angleterre.
- (5) Guerre de Sécession.
- (6) Guerre franco-allemande.
- (7) Les èxportations dépassent les importations.
- (8) Au cours de cette période la progression baissa partout par suite des causes générales : Baisse de l'argent. Guerre russo-turque, Tarif protectionniste de l’Allemagne.
- (9) Y compris les exportations de navires.
- (10) Impérial Union and Tariff Reform, op. cit., pp. 8 et 18.
- Tome 110. — Octobre 1908.
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- COMMERCE.
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- jamais la population britannique ne consentirait, avec son sens pratique des affaires, à supporter une diminution sensible de son bien-être, à subir une hausse non justifiée du coût de l’existence pour atteindre à un idéal dont la réalisation était problématique.
- C’est alors que, cherchant comment il pourrait grouper les concours nécessaires, il eut recours à son second argument : Accorder une préférence aux Colonies est loin de constituer un sacrifice.
- Cette politique, au contraire, sera profitable à la Métropole au point de vue économique, car sous le régime des concessions mutuelles ainsi institué, le commerce intercolonial ne peut que se développer.
- Or, déjà à l’heure actuelle ce sont les transactions à l’intérieur de l’Empire qui sont les plus profitables à la Métropole : c’est dans cette direction que doivent tendre tous les efforts, si la Grande-Bretagne veut conserver son rang dans le monde. En effet sa prospérité a déjà reçu des atteintes; des signes incontestables de décadence se manifestent.
- Et à l’appui de cette thèse M. Chamberlain montrait la stagnation des exportations depuis trente ans, en prenant pour premier terme l’année exceptionnelle 1872. Nous avons montré précédemment que cette thèse était inexacte quand on examinait les chiffres d’un peu près et quand on tenait compte de la baisse des prix, mais il1 est incontestable' que l’argumentation de l’ancien Ministre des Colonies pouvait produire une grande impression sur les masses, qui n’ont pas le-temps ou le moyen d’examiner dans tous leurs détails les questions qu’on leur soumet. ‘
- Aussi est-il aisé de comprendre combien les comparaisons basées sur l’ensemble du commerce extérieur gênaient les partisans de la Préférence Coloniale. Les résultats en étant indiscutables, quelles que soient les périodes choisies, ils ne pouvaient ni les révoquer en doute, ni les ignorer.
- Ils ont trouvé une solution originale pour sortir de l’impasse où ils se trouvaient. Puisque la thèse de la décadence de l’industrie britannique ne peut être défendue par la méthode des comparaisons basées sur l’étude du commerce extérieur et que la thèse doit nécessairement être vérifiée, c’est la méthode qui est mauvaise.
- C’est ce que M. Vince, secrétaire général de YImpérial Tariff Committee institué par M. Chamberlain, veut démontrer par le raisonnement suivant. Parlant du commerce extérieur il écrit : « Ces chiffres sont obtenus en ajoutant les exportations aux importations et le résultat reçoit le nom de « commerce évalué à » tant... Ajouter les exportations aux importations est toujours une absurdité, et conduit généralement à des conclusions inexactes. On emploie communément ce procédé pour déguiser des arguments fallacieux. Si un homme qui par exemple a gagné l’année dernière £ 600 et en a dépensé 500, additionnait ces deux sommes, il arriverait ainsi à £ 1 100 ; son opération serait excellente au point de vue arithmétique, mais le résultat dépourvu de sens (1). »
- Cette réfutation est des plus amusantes. Elle réédite la vieille théorie économique de la fin du xvine siècle que les exportations correspondent à l’Avoir et les importations au Doit. Par conséquent si celles-ci augmentent plus vite que celles-là-le pays s’appauvrit, puisque pour les payer il doit prendre sur son capital accumulé et, si elles viennent à leur être supérieures,, la ruine ne se fera pas longtemps attendre.
- (1) C. A. Vince. M. A. M. Chamberiain’s proposais : what they mean and -what we shall gain by them. — Londres, Grant Richards, 1903, ch. vu, p. 44".
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- L’iMPÉRIALlSME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
- 1 tl 1
- Or, les Protectionnistes britanniques ne devraient pas faire usage de cet argument qui les condamne ; ils ne se rendent pas compte qu’il est à double tranchant. S’il leur sert, pour expliquer la décadence prétendue de l’industrie depuis quelques années, il se retourne contre eux, car depuis le milieu du siècle, et notamment pendant la période de prospérité qui a suivi l’adoption du régime de Libre-Échange, les importations ont considérablement dépassé les exportations: la proportion moyenne depuis 1854 est de 172,03 p. 100.
- LES INDICATIONS DE L’iNCOME TAX
- Si l’excès des importations est une cause d’appauvrissement, l’Angleterre devrait être singulièrement appauvrie depuis cinquante ans. Or, si l’on consulte le rendement de l’Income Tax (1), on constate qu’il n’a cessé de croître. L’accroissement des revenus globaux depuis 1854 montre que la richesse nationale n’a pas cessé de progresser d’une façon régulière : de 308 millions de £ en 1854 ils se sont élevés à 902 millions en 1902.
- S’il en est ainsi, disent les chamberlainistes, cela tient uniquement aux placements des capitaux, de plus en plus importants, faits à l’étranger et cela ne porte pas du tout atteinte à notre théorie.
- Non seulement le revenu global du Royaume-Uni a progressé sans interruption d’une moyenne annuelle de £ 12 375 000 depuis le milieu du siècle dernier, mais les revenus industriels se sont augmentés pendant cette période de 395 millions, soit les 07 p. 100 de l’accroissement total.
- L’industrie britannique est en stagnation, affirme l’ancien Ministre des Colonies, la décadence est proche.
- Ce n’est pas l’impression qui se dégage d’une comparaison des revenus en provenant entre 1872 et 1902, pour prendre les dates extrêmes qu’affectionnent les Protectionnistes. Leur moyenne a passé de 210 millions de livres à 463 milüons, augmentation de 120,49 p. 100, qui ne peut guère expliquer les cris d’alarme que nous avons entendus.
- A coup sûr la nécessité impérieuse d’abandonner le Libre-Échange reste encore à démontrer, et si, au cours des trente dernières années, les exportations sont;demeu-rées à peu près stationnaires en valeur, c’est que — les indications données par l’Income Tax le prouvent — pendant le même temps le marché intérieur prospérait considérablement et absorbait une part de plus en plus importante de la production.
- Non seulement les revenus industriels ont augmenté en valeur, mais leur ‘proportion par rapport aux revenus globaux s’est élevée de 42,85 à.53,52 p.100, ce qui prouve qu’ils se sont élevés plus vite que les autres catégories de revenus. Il y a une conséquence assez importante à tirer de ce fait : d’abord que les capitaux se sont portés de préférence sur les entreprises industrielles dont les profits étaient plus rémunérateurs ; ils l’étaient parce que la situation économique du pays était satisfaisante et que les progrès ne se démentent pas.
- Si la prospérité de l’Angleterre était menacée, si certaines des industries primordiales montraient quelques symptômes de décadence, les capitaux n’afflueraient pas dans ces placements comme ils le font, ainsi que le démontre la part de plus en plus importante des revenus d’origine industrielle dans le revenu total du pays. L’accrois-
- (1) Cf. Memoranda, etc., loc. cit. (cd 1761), 1S)03, p. 444 et s.
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- COMMERCE.
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- sement de 120 p. 100 que nous avons mentionné prouve que non seulement les placements ont un rendement supérieur en moyenne à celui des autres, mais encore que,, le taux de l’intérêt ayant considérablement baissé depuis trente ans, l’accroissement des revenus résulte surtout d’un considérable accroissement des capitaux investis dans ces entreprises.
- Nous avons groupé dans le tableau suivant les moyennes quinquennales des revenus de l’industrie, celles de l’ensemble des revenus et enfin dans une dernière colonne nous avons inscrit la proportion des premiers aux seconds.
- TABLEAU DE L’ACCROISSEMENT ANNUEL DES REVENUS (1).
- MOYENNES ANNUELLES DE PÉRIODES QUINQUENNALES.
- Périodes. Revenus industriel
- Millions de livres
- 1854-1839 .... ... 90
- 1860-1864 .... . . . 101 + 11
- 1863-1869 .... . . . 155 + 54
- 1870-1874 . . . . . 210 + 55
- 1875-1879 .... ... 263 + 53
- 1880-1884 .... ... 268 + 3
- 1885-1899 .... ... 292 + 24
- 1890-1894 .... . . . 354 + 62
- 1895-1899 .... . . . 379 + 25
- 1000-1902 . . . . . 463 + 84
- Pourcentage des revenus industriels Revenu total. au revenu total.
- Millions de livres.
- 317 28,39
- 351 + 34 28,77
- 420 + 69 36,90
- 490 + 70 42,85
- 575 + 85 45,74
- 601 + 26 44,59
- 634 + 33 46,05
- 703 + 69 50,35
- 744 + 41 50,94
- 865 + 121 53,52
- La rentrée de l’income tax s’effectue très facilement, et dans leur quarante-sixième rapport les Commissioners of H. M. Inland Revenue (2) s’exprimaient ainsi : « Nous avons noté avec la plus vive satisfaction que malgré le taux élevé de 1 sh. 3 d.par livre le rendement de cette taxe, par penny, présente une avance très marquée par rapport aux années précédentes. »
- On peut facilement s’en rendre compte en jetant les yeux sur le petit résumé suivant :
- INCOME TAX. RENDEMENT PAR PENNY 1893-1902.
- 1893 .................. £ 2 240 000
- 1894 ....................... 2 191 000
- 1893 . .................... 1 982 000
- 1896 ....................... 2 033 000
- 1897 ....................... 2 099 000
- 1898 ................. £ 2 188 000
- 1899 ............... . 2 284 000
- 1900 ..................... 2 333 000
- 1901 ...................... 2 473 000
- 1902 ..................... 2 570 000
- On pourrait montrer de bien d’autres manières l’inexactitude du raisonnement de M. Vince pour prouver que l’accroissement des importations est un signe d’appauvrissement,mais nous croyons qu’il est inutile d’insister après les conclusions fournies par la simple comparaison des revenus industriels. Nous pourrions avoir recours aux méthodes que nous énoncions en commençant l’étude de la situation de la Grande-Bretagne par les variations du commerce extérieur, nous arriverions toujours au même résultat. Mieux vaut, croyons-nous, examiner maintenant la question des importations et chercher à dégager leur influence sur la prospérité de l’Angleterre.
- (1) Memoranda statistical tables and Gharts, op. cil., XXXII. Comparative trade statistics, VI, profits and capital, p. 454-433.
- (2) Équivalents des Trésoriers Généraux.
- (A suivre.)
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- iGénéralités. — Les nouveaux gaz de l’atmosphère.
- Produits chimiques. — Soude au silicate. — Sur le sulfure de zinc.
- Métaux et métallurgie. — Sources actuelles du vanadium.
- Combustibles, éclairage. — Nouveaux systèmes de distillation de la houille. — Le gaz à l’eau. Produits organiques. — Le bornéol et l’acide campholique.
- Matières albuminoïdes. — Coagulation du sang.
- Industries textiles. — Le sténosage des soies artificielles.
- Industries tinctoriales. — Noir d’aniline perfectionné.
- Industries agricoles. — La végétation et les fumées industrielles. — Sur la couleur des raisins. — La fermentation du vin. — Vins provenant de vignobles arseniqués. — Analyse des vins. — Antiparasites.
- LES NOUVEAUX GAZ DE l’aTMOSPUÈRE
- Sir William Ramsay a prononcé, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences, qui s’est réuni cette année à Clermont-Ferrand au début du mois d’août, un discours sur les gaz qu’il a découverts dans l’atmosphère. Ce discours est des plus intéressants, autant pour ce qui concerne l’histoire de ces découvertes, que comme présentation des idées du savant anglais. Comme il a été reproduit par plusieurs revues (Moniteur scientifique de septembre, Revue scientifique du 19 septembre), nous ne le donnons pas ici; mais nous citons plus particulièrement l’histoire de la découverte de Yargon par lord Rayleigh et sir William Ramsay; celle de la découverte de Yhélium par sir Ramsay et M. Matthew s; celle de la découverte du crypton par sir Ramsay et M. Morris Travers; enfin celle de la découverte du néon et du xénon par les mêmes.
- Voici le tableau résumant les propriétés de ces gaz inertes.
- Argon. . Hélium . Crypton. Néon . . Xénon. .
- Densité
- Poids Point
- il u gaz. du liquide. atomique. d'ébullition.
- 19,96 1,812 39,22 — 186° 1
- 1,98 0,3 3,96 9
- 40,78 2,155 . 81,56 — 151» 7
- 9,96 1 19,92 . ?
- 64 3,52 130 — 109»1
- Point Température Pression indice de
- de fusion. critique. critique. réfraction
- — 187» 9 — 117» 4 40““,2 0,968
- 9 ? 9 0,124
- — 169» — 62° 5 41““,24 1,450
- 9 ? ? 0,235 .
- — 140 + 14»75 43““,5 2,868
- On sait que l’azote bout à — 195°,6 et l’oxygène à — ISO0,8..
- Un tableau bien intéressant est celui qui montre la position des gaz inertes de l’atmosphère dans le système périodique des éléments. Les différences des poids ato-
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- 1214 NOTES DE CHIMIE. ------- OCTOBRE 1908.
- miques entre les éléments des rangées horizontales sont représentées par les chiffres entre parenthèses.
- I II III IV V VI VII
- Az = 14 (17) P = 31 (46) As = 75 (45) Sb = 120 (44) = 164(44) Bi = 208
- 0=16(16) S = 32(47) Se = 79 (49) Te = 128(42) = 169 (42) ?= 212
- Fl = 19(16,5) 01 = 35,5(44,5) Br = 80(47) . I = 127(44) = 171(44) ? = 215
- He = 4(16) Ne = 20 (ilO) Ac = 40 (42) Kr = 82(46) Xe = 130(44) = 174(44) ? = 218
- Li =7(16) Na = 23 (16) K = 39 (46,5) Rb = 85,5(47,5) Cs = 133(44) = 177(44) ? = 221
- Be = 9(15,5) Mg = 24,5 (15,5) Ca = 40(47,5) Sr= 87,5(50) Ba = 137,5(44,5) = 182(44) Rd = 226
- En considérant ce tableau, on voit que les éléments de la colonne VI manquent, et_ que les seuls représentants de la colonne Yllsont Bi et Rd. Il doit donc exister un élé ment entre Sb et Bi, deux après Te, deux après I, deux après Ne, deux après Cs, et un entre Ba et Rd. L’examen des résidus de la distillation de plus de 100 tonnes d’air liquide, correspondant à 771 millions de litres d’air, offerts par M. Claude, a conduit sir William Ramsay et M. Moore à conclure que la proportion des autres gaz inertes encore inconnus n’excède pas deux cinq-milliardièmes de l’air. D’après sir Ramsay-, ils constituent les émanations du Rd, du Th, de l’actinium.
- Il est probable que les éléments qui manquent dans les colonnes VI et Vil sont les produits de transformation des éléments radioactifs, les Ra. A. B, C ; les Th. N, Act.X, UX, et ainsi de suite.
- Sir Ramsay expose sommairement l’histoire des émanations : et les travaux, poursuivis par lui et par M. Soddy sur l’émanation du Rd et sa transformation en He et en Ne; sur l’émanation du Th et sa transformation en He; sur l’émanation de l’Act; sur la transformation du Cu en Li sous l’influence de l’émanation du Rd; etc.
- N’est-il pas bizarre, termine-t-il> de trouver chez les anciens des pensées comme celles indiquées dans les vers suivants de Lucrèce :
- Nunc igitur quoniam certissimi corpora, qiiædcun Sunt quæ conservant naturam semper eamdem.
- Quorum aditu, aut abitu, mutatoque ordine mutant Naturam res, et converlunt corpora sese.
- Peut-on attribuer cette fonction aux électrons?
- SOUDE AU SILICATE
- M. I). Crispo, directeur du laboratoire de l’État à Anvers, a reparlé de sa soude au siücate à la Société chimique de Belgique. Il distingue entre les deux silicates que le commerce produit: 1° un polysilicate à 3 molécules de silice pour une de soude, qui est presque insoluble dans l’eau; il s’y dissout sous pression en un liquide sirupeux très épais, dont le commerce se sert surtout pour savons à bas prix. A la connaissance de M. Crispo, il n’y a qu’une fabrique en Europe qui le produise, en faisant réagir le sable sur le sulfate de soude. Entre ce polysilicate et la craie, il n’y a aucune réaction. Mais 2° le métasihcate préparé en dissolvant sous pression de la poudre de silex dans la soude caustique, réagit sur la craie, d’une façon très simple et très rapide, pour donner du carbonate de soude. M. Crispo n’a pu arriver à le préparer en partant du chlorure de sodium, mais il indique un procédé industriel, à partir du sulfate de sodium. Seulement l’usure des fours est très rapide, puisqu’ils ne durent que quelques jours.
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- SOURCES ACTUELLES DU VANADIUM.
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- SUR LE SULFURE DU ZINC
- M. L.-W. Mac Cay (American Chemical Society, journal de mars 1908) appelle l’attention sur des faits rarement cités dans les ouvrages. Le sulfure de zinc et le sul-fhydrate, obtenus par précipitation de solutions alcalines de sels de zinc, par le moyen du sulfhydrate de potassium ou de sodium, sont solubles dans un excès de ces réactifs; obtenus par précipitation au moyen du gaz acide sulfhydrique, ils se dissolvent lorsqu’on laisse agir le gaz quelque temps sur les solutions. Julius Tbomsen en 1878 (in Berichte), A. Villiers (Comptes Rendus, CXX), Lottermoser, Winsinger (Ac. des Sciences de Bruxelles, 2e série, XIV) ont déjà examiné ces faits. La solution du sulfure de zinc est colloïde, puisqu’elle ne traverse pas le papier parchemin. Ces sulfures agissent donc comme les oxydes correspondants. Quant au sulfure double de zinc et d’alcab, il doit être fort instable, car si on ajoute à sa solution une solution concentrée d’un sel minéral, il s’en sépare peu à peu au repos du sulfure de zinc. Ces notions, en dehors des analystes, peuvent être utiles aux fabricants de lithopones et de blancs de zinc.
- SOURCES ACTUELLES DU VANADIUM
- Sous ce titre, M. S. Kent Smith de Pittsburg a présenté au meeting de 1907 de l’American Institute of mining engineers (voir ses Transactions, vol. XXXVlI,p. 698), un exposé des principaux gisements du vanadium et de ses applications en métallurgie. Le vanadium ne doit pas être considéré comme un corps rare ; il est très répandu dans la nature; il entre dans la constitution de la plupart des argiles. Et dans ces deux dernières années, la découverte d’un gisement très riche en sulfure de vanadium, au Pérou, a donné un nouvel ébranlement au développement commercial de ce préçieux corps.
- Le minerai sulfuré du Pérou a la composition suivante : sulfure de Vd, 39,84; de Fe 4,07; de Mo 1,57 ; de Ni 1,49; de As, Cu, Mn, 0; soufre 30,57; Ph, 0; silice 13,60 ; alumine 2,46 ; eau et CO2,5 ; chaux, magnésie, potasse, soude, etc., 1,40. Sa calcination est aisée; elle lui fait perdre 45 p. 100 de son poids. Le minerai calciné a pour composition : oxyde de Vd205 58,08; de Fe 4,98; de Mo 2,62; de Ni 2,24; silice 25; alumine 2,56; chaux, etc. 2,56.
- L’exploitation du gisement est facile, car il est relié sur le parcours total par un chemin de fer direct avec le port de Callao. Les daims s’étendent sur 6 kilomètres de long et 2,5 kilomètres de large. L’oxyde de vanadium semble avoir imprégné une grande partie de la masse. On y a relevé cinq veines, celle en exploitation a une largeur de 50 mètres; elle est inclinée à 65° et on l’a ouverte sur plus de 600 mètres.'
- Auparavant le vanadium se retirait surtout de minerais de plomb espagnols. Ceux-ci n’en renfermaient que 4 à 5 p. 100, et on les concentrait par choix jusqu’à 12 p. 100 d’oxyde vanadique. L’analyse de la vanadinite donne : acide vanadique 11,49; oxyde de Pb 34,15; de Fe 13,17; de Mn 0,77 : de Zn 0,62; sulfure de Pb 1,43 ; calcaire 0,74; silicates 35,65; argent 100 grammes à la tonne. Certains autres minerais renferment Cu, As et Pb, et parfois le cuivre en proportion élevée, telle la chileite : oxyde de Vd 13,50; de Pb 59,90; de Cu 14,60; de As 4,60; chlorure de Pb 0,30; acide phosphorique 0.60; sable et calcaire 2; peroxyde de Fe, alumine 3,50: chaux 0,50; perte au feu 2,70. Un autre minerai beaucoup plus rare, la descloizite, renferme une
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- NOTES DE CHIMIE.
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- proportion élevée de Mn au lieu du Cu; oxyde de Yd 22,46 ; de Pb 54,70 ; de Mn 11,32 ; de zinc 2,04; de Cu 0,90; de Fe, alumine, etc., 1,50:’sable et calcaire 3,44; perte au feu, 2,20.
- On voit, en comparant ces analyses, combien le minerai sulfuré l’emporte sur les autres, par sa richesse et par sa facilité relative d’extraction.
- Le point de fusion du vanadium est au-dessus de 2 000°, au-dessus donc de celui du platine. L’alliage de une partie Yd pour deux parties Fe, qui est la forme commerciale la plus habituelle, fond à 1 375°. c’est-à-dire à 100° au-dessous de l’acier de fonte soudable.
- Le gisement du Pérou appartient à l’American vanadium C° de Pittsburg, qui peut fournir par jour une tonne de l’alliage vanadium-fer.
- ' NOUVEAUX SYSTÈMES DE DISTILLATION DE LA HOUILLE
- M. H. Marquisan a exposé à la séance du 1er mai 1908 de la Société des Ingénieurs Civils de France (voir son Bulletin, 1908, pp. 573 à 659) les nouveaux systèmes employés pour la production du gaz d’éclairage par distillation de la houille. Ils excitent un intérêt tout particulier, puisque le déficit en 1907 de la houille atteint pour notre pays 18 000 000 de tonnes.
- La consommation du gaz atteint 900 000 000 de mètres cubes, et exige près de 3 500 000 de tonnes de houille. L’Angleterre qui distille 15 millions de tonnes, l’Allemagne 5 millions et demi, les États-Unis, la Suisse, la Belgique, la Hollande, peuvent réduire leur consommation de charbons à gaz, en mélangeant le gaz de houille avec 20 à 30 pour 100 de gaz à l’eau carburée ; mais en France, l’emploi de ce mélange n’a guère obtenu droit de cité.
- Voici, extraites presque textuellement, quelques données marquantes de ce bel exposé.
- Les nouvelles méthodes de distillation delà houille'correspondent, d’une part, à l’emploi de cornues verticales, d’autre part, au système de distillation en grandes masses dans des fours à chambres plus ou moins analogues aux fours à coke.
- De la houille, nous ne connaissons encore que la composition élémentaire.
- Voici, d’après Schafer, la composition moyenne centésimale du gaz de fabrication courante, densité = 0,41, avec un rendement de 300 mètres cubes à la tonne.
- Volumes. Poids.
- Hydrogène. . 49 8,2
- Méthane 34 45,3
- Oxyde de carbone 8 18,7
- Ethylène, propylène, etc. . . 4 9,3
- Benzol. . . 1 6,5
- Acide carbonique 2 7,3
- Azote . 2 4,7
- 100,00 100,00
- Si l’on considère les pouvoirs éclairants de divers carbures de gaz à égalité de volume, on trouve entre eux les proportions suivantes en bougies-heures Hefner ou en carcels, pour 150 litres de gaz :
- Méthane........................ 6 bougies ou 0,552 carcels.
- Ethylène............................. 68 — 6,25 —
- Acétylène............................ 240 — 22,08 —
- Benzol............................... 420 — 38,64 —
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- NOUVEAUX SYSTÈMES DE DISTILLATION DE LA HOUILLE.
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- C’est le benzol, dont le rôle dans le gaz d’éclairage a été étudié de la façon la plus complète par M. Sainte-Claire Deville qui donne au gaz la majeure partie de son pouvoir éclairant ; car l’acétylène ne s’y rencontre qu’en très faible quantité, contrairement aux résultats d’anciennes analyses.
- Les chiffres suivants montrent l’influence de la température sur le rendement et la qualité du gaz produit : pour 100 kilogr. de charbon, on a, au rouge sombre (environ 700°), 23,3 mètres cubes, soit 20,5 bougies ou 1,88 carcels; au rouge clair (900°), 27,5 ; soit 17,8 B ou 1,63 C ; enfin, au rouge orange (1,100°), 3-4 mètres cubes, soit 15,6 B ou 1,43 C.
- C’est vers 1885 que M. André Coze, directeur du gaz de Reims, actuellement président de la Société Technique et du Syndicat de l’Industrie du gaz en France, trouva, avec la cornue inclinée, une solution élégante et simple pour le chargement et le déchargement mécanique des cornues. Le four Coze fut l’un des grands progrès réalisés dans l’industrie du gaz. Au cours des dernières années, on a réalisé de tels progrès dans les machines à charger, notamment par l’emploi des machines lanceuses de Brower, Sautter-Harlé, Cabrier combinées avec les défourneuses et les entraîneurs de coke, que la cornue horizontale en a été rajeunie.
- Un chimiste anglais M. Harold Colman a fait à l’Association des gaziers anglais, à Manchester, en novembre 1907, une analyse de la marche de la distillation dans les cornues horizontales et inclinées, comparativement avec les cornues verticales continues et discontinues : « La forme actuelle de la carbonisation, conclut-il, ne donne pas la solution définitive du problème. Ce que l’on cherche, c’est une méthode dans laquelle le charbon soit chauffé à une'haute température', sans qu’en même temps les gaz et les vapeurs produits soient exposés à une chaleur trop élevée. C’est le désir d’atteindre ce but qui a conduit, durant ces dernières années, plusieurs chercheurs à adopter la cornue verticale. »
- En ce qui concerne ceUe-ci, il y a à distinguer : la cornue verticale dans laquelle le chargement et le déchargement s’effectuent comme dans les cornues actuelles horizontales ou inclinées, seulement avec des charges plus fortes et une durée de distillation plus longue. C’est le type créé par le docteur Bueb de Dessau et que l’on peut appeler la cornue allemande, intermittente ou discontinue. C’est eUe qui est rentrée réellement dans la pratique. Puis la cornue verticale continue, dans laquelle le chargement de la houille s’effectue à des intervalles très rapprochés, par petits paquets, et dans laquelle le coke est évacué également d’une façon continue.
- Ce système a été essayé en France. Mais c’est en Angleterre qu’il a été surtout l’objet de recherches suivies, qui ont abouti à des résultats remarquables, avec la ^ cornue de M. Woodall-Duckham ; mais il est loin d’avoir reçu les applications étendues du système Dessau.
- Dans toutes les cornues verticales, en Allemagne comme en Angleterre, les inventeurs se sont préoccupés soit d’introduire dans la cornue la vapeur produite par l’extinction du coke, soit d’y injecter de la vapeur, afin de produire du gaz à l’eau au contact du coke rouge ; le gaz à l’eau vient s’autocarburer dans la cornue, facilite l’entraînement du gaz de houille, augmente le rendement total du gaz; mais s’il y a excès, c’est aux dépens de sa qualité et il contribue également à l’accroissement de la Teneur en ammoniaque.
- On peut rappeler que les premiers appareils employés par Murdoch, en 1800, étaient suspendus verticalement au-dessus du foyer ; mais il les abandonna pour la cornue horizontale après avoir essayé également la disposition inclinée.
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- Un nombre considérable de types de cornues ont été imaginés, décrits, brevetés. (Voir une nomenclature bibliographique sur la cornue verticale, Journal of Gas Ligh-ting 1906, vol. IV p. 374.) Cette bibliographie n’a fait depuis que s’accroître.
- Le principe de la cornue verticale à chargement et déchargement intermittente du docteur Bueb se trouve dans unbrevet pris en Angleterre, dès 1892, par la Compagnie continentale de Dessau et par le docteur Bueb.
- Voici la comparaison pour une houille anglaise, des compositions centésimales du goudron, en cornue verticale et horizontale; eau ammoniacale 2,17 et 3,50; huile légère 5,85 et 3,10 ; huile moyenne 12,32 et 7,68; huile lourde 11,95 et 10,15 ; huile anthracénique 15,86 et 11,54; brai 49,75 et 62,00 ; pertes 2,00 et 0,03. Le gaz d’éclairage renferme moins de naphtaline que le gaz ordinaire.
- Les résultats favorables fournis par la cornue de Dessau furent jugés suffisamment sûrs pour qu’à la fin de 1906, il y eut en construction 71 fours, soit 710 cornues, parmi lesquelles celles de Zurich, Dortmund, Cologne, cette dernière avec 24 fours.
- C’est le type de 4 mètres de haut qui a été généralement adopté ; le cinquième mètre est défavorable au pouvoir éclairant, mais avec les nouveaux modes d’éclairage par incandescence, le pouvoir éclairant n’a plus qu’une importance secondaire.
- Pendant qu’en Allemagne on s’attachait au problème de la cornue Verticale, avec le chargement et le déchargement intermittents, en France plusieurs tentatives ont été faites pour la distillation continue des petites charges. Dans les dernières années, nous citerons celles de MM. Verdier et Teulon, ingénieurs à l’usine à gaz de Marseille; les recherches de M. Young, sur les cornues à schiste, avec l’observation intéressante que le rendement en huiles augmente quand la cornue est remplie, et qu’in versement c’est le rendement en gaz qui croît, quand la cornue n’est remplie que partiellement ; la cornue Young et Glover, 1906, la cornue verticale continue de MM. Woodall et Duckham qui marche sans espace libre. On peut dire que le vieux rêve de la distillation continue a été réalisé.
- La tendance de l’industrie du gaz en Allemagne vers l’accroissement des charges avec durée de distillation prolongée, a amené les ingénieurs de Munich formés à l’école de Déminent gazier Schilling à étudier la fabrication du gaz dans des conditions se rapprochant de celles employées pour la production du coke métallurgique.
- L’idée de remplacer le four à cornues par le four à coke pour la production du gaz d’éclairage, a été plus particulièrement poursuivie en Amérique. En France, le four Pauwells avait été imaginé pour répondre à ce desideratum. Le docteur Bueb avait étudié la question à l’usine d’Everett, près Boston, où l’on produisait le gaz d’éclairage dans des fours à coke.
- On sait que c’est en France, en 1856, que fut construit par Knabe, à Commentry, le premier four à coke à récupération de sous-produits. Ce four, amélioré par Carvès, fut ensuite employé à Saint-Étienne et plus tard, en 1873, dans le Gard. Ce n’est qu’en 1881 que la récupération fut appliquée en Allemagne où elle a pris le développement que l’on sait. En Amérique, la première application avec des fours Semet-Solvay fut faite, en 1893, à Syracuse. D’autres installations du même système ou du système Otto-Hoffmann suivirent dans l’ouest de la Pensylvanie.
- A côté du goudron, du benzol, de l’ammoniaque, le gaz devenait, avec les fours à
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- LE GAZ A L’EAU. . Î^IO1
- récupération, un sous-produit dont on devait chercher l’emploi pour la partie non consommée pour le chauffage des fours.
- En 1898, la New England gas and coke Company mettait en service à Everett, près Boston, une grande installation de 100 fours Otto-Hoffmann. En septembre 1902, au Congrès des ingénieurs gaziers anglais tenu à Glasgow à l’occasion de l’Exposition, dans une communication sur les installations déjà créées aux Etats-Unis (2 211 fours Otto-Hoffmann ou modifiés, à cette époque) ou en voie de construction avec application du gaz à l’éclairage, comme à Boston, ou aux usages industriels, M. Hunt, de Birmingham, rappela qu’en 1895 et 1896, ü avait fait des essais analogues avec des fours Semet-Solvay aux usines de la Brymbo Stebl Company, dans le Pays de Galles, et avait constaté qu’on pouvait arriver à obtenir, dans les fours à coke du gaz d’aussi bonne qualité qu’avec les cornues, mais ü signalait l’intérêt pour l’industrie du gaz, dont le but est avant tout de produire du gaz, de chauffer, les fours d’une autre façon qu’en consommant une partie du gaz. Sur la question du rendement en gaz, le docteur Schneiwind reconnaissait qu’il était moindre que celui obtenu dans les cornues ; ü fallait compter environ 800 pieds cubes de moins par tonne; cette différence résultait de la température moins élevée du four à coke, mais on retrouvait la contre-partie du côté du goudron, de l’ammoniaque et du pouvoir calorique du gaz.
- La même question des fours à coke revenait en 1902 au Congrès de Dusseldorf, dans la communication de M. Hingenstock, de Dahlhausen.
- Il conclut qu’on peut obtenir, même avec des charbons pauvres en gaz, un gaz dont la composition moyenne .est à peine inférieure à celle de beaucoup d’usines à gaz.
- Gaz de four à coke. Gaz d’usines municipales de Wrestphalie.
- Acide carbonique . . 1,4 p. 100 1,70 p. 100
- Oxygène » — 0,60 —
- Oxyde de carbone 6,6 — 7,10 —
- Hydrocarbures lourds. . . . 3,2 — 3,0 —
- Méthane . . 25,0 — 28,62 —
- Hydrogène 56,4 — 52,72 — ^
- Azote . . 7,4 — 6,11 —
- Il conclut aussi que les usines à gaz doivent s’inspirer de ce qui a été fait dans les fours à coke. Aux États-Unis il n’y a que' 33 millions de mètres cubes ainsi produits, sur 1 933 millions de mètres cubes qui y sont consommés.
- « Pendant quarante ans, les cornues à gaz ont servi de modèle aux fours à coke ; c’est l’inverse aujourd’hui qui doit se produire. »
- A la suite des essais de Munich et de l’organisation de ce système dans l’usine à gaz de cette ville, d’autres installations de fours à chambres furent mises en construction en Allemagne. Telle à Hambourg une batterie de 10 fours de 5 000 mètres cubes; à Leipzig, une installation de 6 000 mètres cubes; enfin en France, la Compagnie du gaz de la banlieue procède, dans l’usine de Gennevilliers, à la construction de deux batteries de 30000 mètres cubes chacune.
- LIS GAZ A L’EAU
- M. Em. Lemaître, ingénieur à la Société anonyme de Yedrin, a fait une étude critique du gazogène à l’eau discontinu de M. Thibeau, devant l’Association des Ingé-
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- NOTES DE CHIMIE.
- OCTOBRE 1908.
- nieurs sortis de l’École de Liège (voir la Revue Universelle des Mines, n° de juillet 1908, p. 1 à 30). M. J. Thibeau estimait à 33 p. 100 l’économie de combustible réalisée dans son gazogène.
- On peut admettre comme composition moyenne centésimale en volume des gaz couramment obtenus dans .'les gazogènes Siemens: CO 24,3; CO2 4,4; H2 6,8; N2 62,1 ; CH4 2,4. Pour le gaz à l’eau produit par du coke, on peut admettre la composition moyenne : CO 40; CO2 3,5 , H2 51 ; N2 43 ; C2H4 0,7 ; O2 0,5. La connaissance de la composition en volume du gaz à l’eau permet d’en écrire la formule de combustion suivante en admettant un excès d’oxygène de 10 p. 100 environ :
- 40 CO + 51 H2 + 0,8 C2 H''" + 3,5 CO2 + 4,3 N2 + 0,5 O2 -f 52 O2 -f 208 N2 Gaz à 0° Air secondaire.
- = 44,9 CO2 + 52,4 H2 O + 4,9 O2 + 211,3 N2.
- Fumées.
- Le pouvoir calorique inférieur, correspondant à l’équivalent moléculaire en grammes, de cette formule est de 5 958,7 calories. La composition du gaz à l’air, donné ci-dessus pour les gazogènes Siemens, permet de conclure que la température des gaz à la sortie de ces gazogènes y est d’au moins 800°. On peut déterminer la formule moléculaire du gaz à l’air à 800°, donnant également 5978,7 calories par sa combinaison avec l’air froid.
- 41,6 CO + 12,9 II2 + 4,55 CH'" + 8,35 CO2 + 117,8 N2 + 42,5 O2 + 170 N2
- Gaz à 800° Air secondaire à 0°
- = 59 CO2 + 22 II2 O + 3,9 O2 + 287,8 N2 + 5 958,7 calories.
- De ses calculs, M. Lemaître conclut que l’appareil discontinu préconisé, utilisant des combustibles crus courants et destinés au chauffage de fours munis de chambres, de récupération pour l’air secondaire seul, paraît loin de devoir donner l’économie de 33 p. 100 de combustible sur les bonnes installations actuelles au gaz à l’air.
- En résumé, dit l’auteur, l’emploi du gaz à l’eau produit dans un appareil discontinu pour le chauffage à haute température de fours munis de chambres de_ récupération pour l’air, présente les avantages suivants : par suite de la température plus élevée qui permet d’atteindre, pour une même dépense de calories, le rendement calorique du four est meilleur que dans les procédés actuels. L’installation du four est simple par suite de la suppression des chambres de récupération pour les gaz. Toutefois, cet avantage est compensé, au moins partiellement par la complication de l’installation des gazogènes discontinus (chaudières, gazomètre, etc.). La température étant plus élevée, le métal obtenu serait vraisemblablement de meilleure qualité. Le grave défaut réside dans le rendement défectueux du gazogène. Il faut également tenir compte de ce que, par suite de la température plus élevée, la construction de ce four nécessitera l’emploi de matériaux réfractaires de qualité supérieure.
- La possibilité de produire économiquement le gaz à l’eau d’une façon continue marquerait un progrès sensible. A ce sujet, l’appareil continu avec récupérateur continu étanche de M. Gobbe, décrit dernièrement par M. Chantraine à la section de Charleroi, mérite d’attirer toute notre attention.
- M. J. Thibeau a répondu à cette communication en faisant observer que le four Sie-
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- COAGULATION DU SANG.
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- mens, tout perfectionné qu’il est, est loin de résoudre convenablement le problème du chauffage, avec son rendement de 13 p. 100 effectifs, car depuis le brevet de Frédéric et William Siemens de 1861, il n’a plus fait un pas en avant.
- Delwicke Fleicher garantit 2m3,3 de gaz à l’eau par kilogramme de carbone; il donnerait un rendement sde 76 à 80 p. 100 (en tenant compte de la vapeur nécessaire). C’est un fait acquis, dit M. Thibeau, et il l’oppose à M. Lemaître, et l’emploi du gaz à l’eau au chauffage des fours donnerait de sérieuses économies de combustibles.
- M. A.-B. Chantraine, ingénieur à Marcinelle, est venu appuyer les idées de M. Lemaître, et la supériorité, pour lui, sur les appareils intermittents, des gazogènes continus, c’est-à-dire de Gobbe.
- La conductibilité des matériaux réfractaires décroît très rapidement si la température croît. M. A. Rômer donne, pour la fonte, 0,13 calorie à 200°, et 0,25 à l’état liquide. M. Euchène, directeur technique du gaz à Paris, donne, pour le coke, 0,19 calorie à froid, 0,35 au rouge vers 1 000° et 0,46 à plus haute température. Au contraire, la radiation lumineuse croît avec la température; d’après M. Rômer, 4 p. 400° (air ambiant 200°), 1 800 pour 1 200° (air 1 000°), 834 000 pour 2 000° (air 1 800°).
- LE BORNÉOL ET L’ACIDE CAMPHOLIQUE
- M. Marcel Guerbet (séance de l’Académie des Sciences du 6 juillet 1908, C. R., p. 70) a réalisé la transformation directe du bornéol en acides campholique et isocampho-lique. Il est parti d’une observation personnelle qui lui avait montré la formation d’une petite quantité d’acides œnanthylique et formique au cours de la condensation de l’alcool caprylique avec son dérivé sodé, et de la démonstration générale due à Dumas et Stas que les alcools primaires, chauffés à 250° avec la soude, se transforment en sels de soude des acides correspondants. En conséquence, il était à présumer que ces acides œnanthylique et formique provenaient d’une oxydation analogue effectuée sur l’acide caprylique G8H180.
- Si on traite de même le bornéol Cl0II18O à 250°-280° en tubes scellés, avec la potasse récemment fondue, on le transforme presque intégralement en acides campholique et isocampholique suivant la relation: C10H18O + KOH = C10H17KO2 4- H'2. Cette transformation est probablement celle qui fournit l’acide campholique dans les divers modes de préparation décrits jusqu’ici.
- COAGULATION DU SANG
- On sait que le sang, additionné d’un citrate alcalin en proportion convenable, perd la propriété de coaguler spontanément. Le mécanisme de ce phénomène est demeuré ohscur. Pour certains auteurs, par exemple Sabbatani, les citrates agissent comme décalcifiants ; pour d’autres, ils exercent une action proprement physique, tel Arthus. M. J. Larguier des Bancels (Séance de l’Académie des Sciences du 27 juillet 1908, C. R., p. 266) s’est demandé si les citrates n’agissaient pas, par opposition à la précipitation des colloïdes négatifs, en stabilisant tel constituant du sang. Et en effet, d’autres électrolytes, fonctionnellement comparables aux citrates, tels le ferrocyanure de potassium et le ferricyanure, introduits in vitro dans le sang en petite quantité, retardent
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- NOTES DE CHIMIE.
- OCTOBRE 1908.
- sa coagulation naturelle dans une mesure considérable. Il suffit de t/60 m en ferro-Vyanure et 1/70 m en ferricyanure pour que l’incoagulabilité soit définitive.
- « En résumé, l’addition au sang ou plus généralement à une liqueur fibrinogénée, d’une petite quantité d’un électrolyte comportant un ion négatif, plurivalent, fait obstacle à la coagulation spontanée ou provoquée de cette liqueur. »
- noir d’aniline perfectionné
- 31. A. G. Green, l’inventeur des couleurs dites de primuline ou ingrain, c’est-à-dire des premières couleurs à développement, a breveté (brevet français, n° 386361) un procédé perfectionné de noir d’aniline, pour éviter l’altération de la fibre. La question •a son importance, car une grande partie du coton, tant comme articles de bonneterie que comme tissu, est teint en noir d’aniline.
- L’affaiblissement du coton au cours de sa teinture en noir d’aniline est dû à deux •causes, dit le brevet : 1° à l’action oxydante exercée par les acides du chlore produits on partant du chlorate qui tend à convertir le coton en oxycellulose; 2° à l’action destructive de l’acide chlorhydrique ou autre minéral libéré de sa combinaison avec l’aniline.
- « Le procédé, dit le brevet, se caractérise parce qu'il n’exige pas la présence d’un oxydant dans le mélange de foulardage ou dans la pâte d’impression, l’oxydation de d’aniline s’effectuant par l’oxygène de l’air. La possibilité de se dispenser d’un oxydant •et d’éviter ainsi l’affaiblissement des fibres, dû à la formation d’oxycellulose, dépend de cette découverte que l’addition d’une petite quantité d’une paradiamine ou d’un para-amidophénol à un mélange contenant de l’aniline et porteur d’oxygène convenable, sel de cuivre par exemple, active beaucoup l’oxydation de l’aniline par l’oxygène •atmosphérique. En outre, alors que, dans les procédés ordinaires de production d’un noir à oxydation, la quantité d’acide minéral employé ne peut pas être matériellement réduite au-dessous de la proportion d’un équivalent d’acide pour un équivalent de base, on peut, dans ces nouvelles conditions, employer un mélange qui est basique avec des résultats satisfaisants pour le but que. l’on se propose. Enfin, l’acide minéral peut être remplacé par un acide organique, soit par l’acide formique, sans nuire à la qualité du noir obtenu. Ainsi l’affaiblissement des fibres par un acide minéral mis en liberté pendant l’oxydation ou par la vaporisation, est évité, même lorsque •ces opérations sont prolongées outre mesure. L’action de la paradiamine ou du para-amidophénol est supposée être une action catalytique, attendu que la quantité employée n’a besoin que d’être faible en proportion de l’aniline et qu’elle peut varier dans de larges limites.
- Comme porteurs d’oxygène convenables, ceux qui donnaient les meilleurs résultats •étaient les chlorures de cuivre, sous la forme de sels cuivreux. On additionne le mélange de chlorure de cuivre ou d’un autre sel cuivrique avec un sulfite en quantité rsuffisante pour réduire le sel cuivrique à l’état cuivreux, et d’une quantité suffisante d’un chlorure soluble, comme le chlorure de sodium, de potassium ou d’ammonium, pour maintenir le chlorure cuivreux en solution. Les mélanges ainsi préparés sont -tout à fait stables et restent clairs et sans couleur lorsqu’on les exposera à l’air pen-.dant un temps considérable.
- Ces mélanges sont appliqués sur les fibres textiles et tissus de la manière ordinaire, •notamment au foulard ou par impression. Dans ce dernier cas, le mélange est épaissi
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- LE STÉNOSAGE DES SOIES ARTIFICIELLES.
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- au moyen de l’un quelconque des épaississants connus. Le noir est alors développé en exposant la matière à l’air, soit en la faisant passer à travers l’appareil ordinaire à oxyder et à vaporiser en continu, soit en l’étendant dans une atmosphère humide, soit en la traitant par la vapeur. Finalement on lave et on fait sécher, ou bien on peut soumettre à une oxydation finale au moyen d’un bichromate, ou bien à un arrière-traitement applicable à un noir d’aniline; à oxydation, avec l’intention de développer ou modifier la teinte ou de rendre le noir inverdissable.
- Parmi les divers paradiamines ou para-amidophénols qui conviennent, on peut spécialement mentionner la paraphénylène-diamine, la paraphénylène-diamine-sulfonique et la -carboxylique, la paratoluylène-diamine, le para-aminophénol. On peut aussi employer les corps intermédiaires qui, dans les conditions observées, donnent naissance aune p-diamine ou à un p-aminophénol; comme la quinone monoimine ou diimine, le paranitrosophénol, etc.
- Voici un exemple d’application. Le mélange pour l’imprégnation au foulard est préparé en ajoutant une solution composée de 48 parties de chlorure de cuivre (sel cuivrique), 140 parties de sel ammoniac, et 14 parties de bisulfite de soude dans 500 parties d’eau froide à une solution composée de 50 parties d’aniline, 2 parties de paraphény-lènediamine, 15 parties d’acide chlorhydrique (à 300 p. 100 HCl) et 15 parties acide formique (90 p. 100) dans 1 500 parties d’eau.
- LE STÉNOSAGE DES SOIES ARTIFICIELLES
- M. X. Eschalier de Lyon (Revue générale des matières colorantes, n° de; sept. 1908, p. 249) étudie le sténosage des soies artificielles, c’est-à-dire lé procédé qui permet de lutter contre le défaut capital que les soies artificielles ont de perdre toute solidité par le contact de l’eau.
- Le principe de ce sténosage consiste dans l’action que présentent, sur les fils et les .tissus en soie artificielle, les aldéhydes., et en particulier les formaldéhydes appliquées dans certaines conditions bien déterminées. En dehors de ces conditions, les aldéhydes n’ont aucune action sur les celluloses qui constituent les soies artificielles. Cette action des aldéhydes s’exerce : en milieu acide, constitué soit par des acides, soit par des sels à réaction acide; en présence d’agents de déshydratation; et surtout, à la fois en milieu acide et en présence d’agents de déshydratation.
- Voici un mode opératoire qui donne de bons résultats : Les écheveaux de soie artificielle (soie de viscose), sont imprégnés du bain suivant, formé pour 100 parties, de : formaldéhyde à 40 p. 100, 15 ; acide lactique à 80 p. 100, 5 ; alun de potasse, 4 ; eau, 76. Les fils imprégnés sont essorés de manière à garder leur poids de ce bain. Les écheveaux sont ensuite disposés dans un récipient clos, étuve, à fermeture étanche, au-dessus d’acide sulfurique, employé comme agent de déshydratation. L’étuve est chauffée vers 55° — 65° pendant cinq à six heures. Les fils sont enfin lavés à fond et séchés.
- En application industrielle, les écheveaux imprégnés et essorés, sont placés sur un tourniquet analogue aux tourniquets d’oxydation, usités dans la teinture en noir d’aniline. Le mouvement du tourniquet a pour but de régulariser la dessiccation, et par conséquent l’action des réactifs sur le fil. Relativement à la théorie du sténosage l’auteur estime qu’il; y a polymérisation de groupes hexéniques. Il remarque que l’on peut comparer les soies artificielles, à des celluloses, qui auraient été desséchées avant d’être arrivées à un degré suffisant de maturité.
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- LA VÉGÉTATION ET LES FUMÉES INDUSTRIELLES
- De nombreux travaux ont déjà paru sur les dommages que la proximité des usines cause à la végétation. Mais on doit une attention toute particulière à celui de M. Per-siflor Frazer, présenté au meeting d’avril 1907 de l’American Institute of mining engi-neers, et qui vient de paraître dans ses Transactions, vol. XXXVIII, pp. 498 à 555, parce qu’il contient une bibliographie chronologique et analytique des plus intéressantes, pp. 520 à 555, des travaux sur les dommages causés par les gaz et les fumées de foyers industriels ; 46 travaux y sont résumés de 1846 à 1905. On sait que l’action nuisible est surtout due à la présence de gaz sulfureux, et cette présence dans l’air, comme dans les végétaux, se décèle le mieux par un dosage à l’état d’acide sulfurique.
- Dans l’air, on expérimente avec des morceaux de tissus libres de toute trace de soufre et qu’on expose à l’air pendant plusieurs jours. M. Frazer a trouvé que les dommages occasionnés par les vents soufflant en dehors du quadrant où se trouvent les usines, peuvent être négligés.
- SUR LA COULEUR DES RAISINS
- M. J. Laborde, de Bordeaux indiqua récemment qu’il est facile d’obtenir la coloration rouge du vin en opérant de la façon suivante : si l’on prend des raisins verts de cépages rouges ou blancs et qu’on traite leurs éléments soüdes par de l’eau chlorhydrique à 2 p. 100 d’acide, à l’autoclave à 120°, pendant trente minutes, on obtient un liquide coloré en rouge vineux; les parties insolubles du mélange renferment encore une grande quantité de couleur qu’on peut extraire par l’eau alcoolisée.
- MM. Philippe Malvezin et Samier (séance de l’Académie des Sciences du 17 août 1908, p. 384) sont arrivés aux conclusions suivantes :
- 1° Maumené cueillait des raisins noirs quelques jours avant l’apparition de la couleur, lorsqu’ils sont encore franchement verts; les séchant à l’air par un temps chaud et sec, il les voyait se colorer en peu de temps et devenir tout à fait noirs après la dessiccation complète. Faisant la même épreuve en plaçant les raisins dans le vide, ils se dessécheront en gardant leur couleur verte pure.
- Duclaux n’a jamais admis la présence de plusieurs matières colorantes, mais bien d’une seule se transformant continuellement. C’est une unique matière chromogène qui, dans les expériences de M. Malvezin, s’est transformée uniquement sous l’influence simultanée de l’air, de la chaleur et probablement aussi de la lumière et qui, dans la nature, se transforme sous les mêmes influences mises en œuvre par la présence de diastases appropriées.
- 2° La production de couleur rouge, qui est possible avec les grains de cépages blancs, est impossible dans la nature, probablement à cause de l’absence dans ces cépages des diastases spécifiques.
- 3° La substance chromogène semble exister déjà dans les feuilles et les rameaux, mais encore insuffisamment parfaite pour se transformer sous l’influence des agents chaleur, lumière et oxydation.
- 4° Enfin la matière colorante rouge peroxydée, cassée, peut se redissoudre par élé-•vation de température en rendant à sa solution sa couleur rouge brillante primitive, mais cette possibilité cesse au bout de quelques alternatives d’oxydation et de redissolution.
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- VINS PROVENANT DE VIGNOBLES ARSENIQUÉS.
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- LA FERMENTATION DU VIN
- M. Auguste Rosensthiel (séance de l’Académie des sciences du 13 juillet 1908, C. R., p. 150) a montré antérieurement que les levures ne sont pas seulement les facteurs de la fermentation alcoolique, mais qu’elles agissent encore sur un principe immédiat, propre au raisin, caractéristique de chaque cépage, et le transforment en produits parfumés. Il s’est occupé aussi de la fermentation malique au cours de la vinification, signalée en 1903 par Mœlinger dans la Zeitschrift für Untersuchung der Nah-rungsmittel et qui donne lieu à une production d’acide lactique : C4H603 = GO2 -f C3H603). C’est l’œuvre d’une bactérie, d’après Alfred Koch, le micrococcus malolacticus Seiffert. Le travail de M. A. Rosenstiehl porte sur les métamorphoses de l’acide malique dans les vins provenant de moûts stérilisés ; elles montrent le rôle qui revient à l’acide carbonique, dont l’acide malique est la source, dans la conservation et le vieillissement du vin.
- La bactérie vient toujours de l’extérieur. Il y a nécessité, pour bien conduire un vin à sa perfection, de connaître la proportion d’acide malique qu’il renferme et de surveiller sa disparition successive.
- « On voit donc que le vin n’est pas le produit de la seule fermentation du sucre contenu dans le jus de raisin. Deux autres principes immédiats subissent une transformation profonde; l’acide malique, ainsi que Mœlinger l’a signalé et la substance authopliore, dont M. A. Rosenstiehl a démontré la présence dans le jus de raisin et le rôle dans la vinification... Nous savons bien arrêter l’action des bactéries du type micrococcus malolacticus par la pasteurisation, mais nous ne savons ni mettre en œuvre, ni régler cette action. Si cette lacune dans nos connaissances était comblée, termine M. A. Rosenstiehl, une des grandes difficultés de la vinification serait vaincue. »
- VINS PROVENANT DE VIGNOBLES ARSENIQUES
- Ces notes ont relevé l’emploi des composés de l’arsenic comme insecticides en agriculture. Cet emploi est légalement interdit par l’ordonnance du 23 octobre 181(3, mais il s’est établi une tolérance de force, car l’extension de cet emploi l’avait rendue nécessaire. L’Académie de médecine, consultée sur ce point, a nommé utffe Commission qui chargea M. Pierre Rreteau de faire quelques analyses; on en trouvera l’exposé dans le Journal de pharmacie du 16 août 1808, p. 154-158.
- « Jusqu’ici on ne possédait que les chiffres suivants : MM. Imbert et Gély ont trouvé 0mgr,030 d’arsenic par litre, pour un vin provenant de vignes traitées par une solution arsenicale contenant 150 grammes d’arsénite de potassium par hectolitre. — MM. Bertin-Sans et Roos ont trouvé 0mgr,002, 0U1ST,001, 0ingT,030, 0mgT,040 d’arsenic par litre, pour des vins provenant de vignes traitées par des solutions arsenicales contenant respectivement 130 grammes, 150 grammes, 200 grammes, 150 grammes, d’arséniate de sodium par hectolitre de bouillie cuprique. — MM. A. Gautier et Glaus-mann ont trouvé, dans des vins provenant de vignes n’ayant subi aucun traitement arsenical, 0mgr,0089 et 0msr,0027 d’arsenic par litre. »
- Les quantités de un et deux dixièmes de milligramme d’arsenic, par litre, trouvées par M. Pierre Breteau, dans certains vins, doivent être rapportées, non au traitement de la vigne, mais certainement au traitement ultérieurement subi par le vin : acide sulfurique, bisulfite, etc.
- Tome 110. — Octobre 1908.
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- NOTES DE CHIMIE. ------OCTOBRE 1008.
- Étant donné, conclut M. Breteau, que le vin provenant de vignes n’ayant subi aucun traitement arsenical peut par litre contenir près de 1 centième de milligramme d’arsenic, l’emploi de l’arsenic et de ses composés pour la destruction des attises ne paraît apporter que moins de trois centièmes de milligramme d’arsenic dans un litre de vin. Chiffres indiqués précédemment par MM. Imbert et Gély, Bertin-Sans et Roos.
- ANALYSE DES VINS
- MM. Paul JJutoit cl Marcel Duboux préconisent la méthode physicochimique pour l’analyse des vins (séance de l’Académie des sciences du 10 août 1908, voir le Compte Rendu, p. 351).
- Les recherches deM. D. Berthelot avaient déjà abouti à la méthode des conductivités électriques pour titrer les acides et les bases, même très faibles ou en solution très diluée. MM. Duloit et Duboux ont, de leur côté, établi autrefois que, lorsqu’il s’agit de mélanges d’acides ou de bases, l’analyse de la courbe de neutralisation renseigne sur la proportion et la force des composants.
- S’appuyant sur ces travaux, ils appliquent la méthode des conductivités à l’analyse des produits de distillation du vin; les résultats sont plus complets que par Tacidi-métrie.
- ANTIPARASITES
- M. O. Quibell (J. of the Soc, of chem. Industry, 1907, p. 1266) passe en revue les différents parasites des moutons et les différents remèdes capables de les détruire.
- La pommade mercurielle a l’inconvénient d'être absorbée par la peau et des intoxications parle mercure se sont souvent produites. L’oléate de cuivre a été également employé dans le même but. On a essayé ensuite de plonger l’animal dans un bain arsenical. Ce procédé a donné de bons résultats en Australie. Voici une formule type : anhydride arsenieux 21,90 p. 100, alcali 2,86 p. 100, eau 6,70 p.100, soufre 67,54 p. 100. On étend d’eau pour l’usage, à raison de 1 kilog. pour 70 d’eau. Une solution de phénol additionnétd’alcali et d’huiles lourdes a donné également de bons résultats.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- la liquéfaction de l’hélium, d’après M. F. Hyndman (1).
- La liquéfaction de l’hélium a été réalisée en juillet 1908 par M. Kamerlingh Onnes, dans le laboratoire cryogénique de Leyde; il a réussi à liquéfier 60 centimètres cubes de ce gaz à la température de 4°,5 absolus, et, sous une pression d’un centimètre de mercure, la volatüisation se faisait à 3 degrés absolus, sans solidification de l’hélium. C’est actuellement la plus basse température réaüsée. L’air hquide bout à 78 degrés absolus (—191°) et l’hydrogène à 20.
- L’appareil employé par M. Onnes est représenté par la figure ci-contre :
- Fig. 1. — Appareil Kamerlingh Onnes à liquéfier l’hélium.
- La bouteille en verre non argentée Ile, destinée à renfermer l’hélium liquide, porte, au fond, le bulbe en argent T' d’un thermomètre à hélium T1 2. Au-dessus, se trouve la quadruple spirale d’un liquéfacteur Hanpson G (2) surmonté d’un récipient en argent renfermé dans la chambre à vide en verre contenant de l’hydrogène hquide et relié, en e, à la circulation de cet hydrogène. Le récipient en verre argenté d, rempli d’hydro-
- (1) Engineering, 28 août, 261.
- (2) Bulletin d’avril 1899, p. 617.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. -— OCTOBRE 1908.
- gcne liquide, l’envoie dans_le tube à vide en verre H. De l’air liquide arrive, par w, dans un récipient de verre et à vide, entouré d’alcool maintenu au-dessus de zéro par un récliaufîeur z. L’hydrogène liquide du récipient en verre avec vide a passe au récipient en verre et vide c, immergé dans l’air liquide de son enveloppe en verre argenté. L’hélium, enfermé dans les bouteilles O sous une pression de 100 atmosphères, entre dans l’appareil par le purgeur A, entouré d’air froid pour congeler son humidité, et passe, des serpentins B, entourés de l’échappement d’hélium et de vapeurs d’hydrogène, aux tubes C, renfermant du charbon de bois et immergés dans de l’air liquide, où il se débarrasse des gaz étrangers, notamment de l’hydrogène, qu’il pourrait renfermer. Cet hélium, ainsi purifié, passe par les tubes D et F, immergés, respectivement dans l’air liquide, les vapeurs d’hydrogène et l’hydrogène liquide, bouillant, sous la pression réduite, à — 268°, puis au liquéfacteur G et en He.
- Une partie de cet hélium se liquéfie en He, le reste s’échappe par H, au gazomètre à huile I et aux pompes K et L, qui le compriment dans les cylindres P.
- Il a fallu, pour liquéfier les 60 centimètres cubes d’hélium, mettre en circulation 200 litres d’hélium à raison de 1 400 litres par minute, dépenser 75 litres d’air liquide et 20 d’hydrogène, mais on arrivera facilement à diminuer de beaucoup cette dépense, à réduire, par exemple celle de l’hydrogène de 4 litres par heure dans une condensation continue de l’hélium.
- Pendant l’expérience, on observe le point d’ébullition de l’hydrogène en jeu par le thermomètre à hélium N', dont la boule d’argent plongée dans le liquide communique avec le manomètre à mercure N2. On maintenait ainsi la température en N' à 15 degrés absolus.
- D’après M. Kamerling Onnes (1) :
- L’expérience a commencé le 10 juillet à 5 h. 45 m. du matin, 75 litres d’air liquide ayant été préparés d’avance, à l’aide de la cascade de cycles à régénérateurs du laboratoire. A 1 h. 30 m., 20 litres d’hydrogène liquide étaient prêts. A 4 h. 20 m., l’hélium commençait à circuler. A 7 h. 30 m., l’hélium liquide fut observé pour la première fois. La formation de la première quantité a échappé à l’observation; mais, après, on a vu la surface du liquide se déplacer sous le souffle de l’hélium sortant du robinet et le liquide s’accumuler.
- La surface du liquide transparent et incolore était rendue bien visible par réflexion en l’éclairant d’en bas. La surface, une fois observée, ne fut plus perdue de vue. On la voyait traversée par les fils du couple thermométrique. En regardant à travers les trois verres, on voyait à la fois les ménisques de l’air liquide, de l’hydrogène liquide et de l’hélium liquide. La différence de ce dernier liquide exceptionnel avec les autres sautait aux yeux. La capillarité de l’hélium est extrêmement petite ; la surface de l’hélium liquide s’applique contre les parois comme la lame d’un couteau. Elle ressemble, tout à fait à un ménisque d’acide carbonique dans un tube Cagniard de la Tour ; seulement, dans le cas présent, le diamètre du tube était de 5 centimètres.
- L’hélium est resté à l’état liquide pendant plus de deux heures. Lorsqu’il y en avait encore 60 centimètres cubes, on a recueilli séparément le gaz qui s’en dégageait. La densité du liquide a été trouvée de 0,154. Le point d’ébullition, déterminé avec un thermomètre à hélium, fut trouvé 4°,3. Il faut encore y appliquer les corrections à l’échelle Kelvin (températures absolues K) à l’aide de l’équation d’état de l’héliüm, ce qui fera probablement environ 4°,5 K. A part quelques points de différence importants, les propriétés de l’hélium ressem-» blent d’une manière frappante à l’image que M. Dewar, en se fondant sur différentes sup-
- (1) Comptes rendus, 24 août 1908.
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- RÉGULATEUR GLOGKER-WHITE POUR TERRINES HYDRAULIQUES. 1229
- positions, en a donnée clans son adresse de 1902. Le rapport de la densité du liquide à celle de la vapeur est de 11 à 1. On peut en déduire que la température critique n’est pas beaucoup au-dessus de 5°K et la pression critique pas beaucoup au-dessus de 2 atm.,3. Des isothermes on déduit plutôt une pression d’environ 3 atmosphères, encore bien plus petite que celle des autres corps. Il s’ensuit qu’en soumettant l’hélium à de hautes pressions on peut travailler avec des pressions réduites bien plus hautes qu’on ne les peut réaliser avec d’autres substances. Ce qu’on peut obtenir sous ce rapport en appliquant une pression de 5 000 atmosphères à l’hélium surpasse ce qu’on atteindrait en soumettant l’acide carbonique, par exemple, à 100 000 atmosphères.
- L’hélium ne s’est pas solidifié lorsque la pression de vapeur a été diminuée. La communication avec la grande pompe à vide n’était pas assez bonne cette fois, mais il est certain que je suis allé jusqu’à 1 centimètre, peut-être même jusqu’à 7 millimètres. Le liquide, à cette température, était encore extrêmement mobile.
- S’il se comportait comme le pentane, il ne deviendrait solide que vers 1° K. Pour la force de cohésion a de van der Waals, on a trouvé la valeur .extrêmement petite de 0,00003 par un calcul provisoire. Toutes ces mesures et tous ces calculs sur les propriétés de l’hélium liquide ne sont naturellement que provisoires.
- Les principales caractéristiques de l’hélium liquide sont données dans le tableau ci-dessous en comparaison avec celles de l’hydrogène :
- Poids moléculaires du gaz....................
- Point d’inversion (températures absolues). . .
- Point de Boyle...............................
- Point critique k.............................
- Point d’ébullition à la pression atmosphérique
- Point de congélation.........................
- Pression critique p..........................
- Pression du point triple.....................
- Rapport
- P
- vapeur liquide. Densité liquide
- Densité
- à la pression atmosphérique
- Hydrogène. Hélium
- 2 4
- 190“ 310“
- 107 20
- 30 5
- 20 4,5
- 14“ < 3“
- 12ltœ,2 2atm,3
- 49mm < 7mm
- 2,S 2,1
- 1 1
- 65 11
- 0,07 0,15
- RÉGULATEUR GLOCKER-WI1ITE POUR TURBINES HYDRAULIQUES (1)
- Les masses centrifuges de ce régulateur sont (fig. 2 et 3) constituées par des bras creux en deux parties a et b, reliées par le canal c et l’ouverture e du robinet d. Un canal d’air f permet le libre passage du mercure de a en b par e. Le robinet e permet de faire varier la sensibibté du régulateur. Ces masses agissent par des couteaux et osselets j et k sur le manchon i, qui tourne sur un axe fixe h, séparé de celui g, entraîné par ia turbine,, et qui commande le régulateur.
- Le manchon i attaque, par le levier a, les pistons bb de 20 millimètres de diamètre (fig. 4) d’un relais qui reçoit, entre bb, de l’huile sous une pression de 18 kilogrammes. Lorsque b s’abaisse, par une augmentation de vitesse de la turbine, cette huile passe, par de sur le piston c, et s’échappe du dessous de c par fg, de sorte que c s’abaisse, et avec lui la valve h, qui laisse alors l’huile de / s’échapper pari, ce qui permet au
- (1) Power, 22 août 1908.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
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- poids de la valve de vannage de la faire descendre avec le piston k et de se fermer du degré permis par le relais. L’inverse a lieu par admission d’huile sur k lorsque la turbine ralenti!.
- L’action ser co-motrice du relais s’opère par le renvoi u ts (fig. 5) de k à l’articulation
- Fig. 2. — Régulateur centrifuge Glocker White.
- s de a qui ramène b à sa position neutre (fig. 4) dès que le vannage s’est ouvert ou fermé de la quantité ainsi déterminée par l’amplitude du mouvement du manchon du régulateur, et le réglage de ce servo-moteur, ou de la vitesse de régime de la turbine, peut se faire .par le petit volant t v,
- Lorsqu’on veut commander le vannage à la main, il suffit d’ouvrir le robinet m (fig. 4) qui paralyse l’action du régulateur en faisant communiquer par l les deux
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- RÉGULATEUR GLOCKER-WRITE POUR TURBINES HYDRAULIQUES. 1231
- extrémités du piston c. La manœuvre du vannage se fait alors par le volant n (fig. 5) et le renvoi o p q r.
- Ce régulateur a été appliqué à quatre turbines Morris de 15R00 chevaux du Nia-
- Fig. 3. — Masse centrifuge du régulateur fig. 3. Fig. 4.—Régulateur Glocker White,
- Distribution du relais.
- gara (1), avec vannages d’un poids de 6 800 kilogrammes sous une charge de 45 mètres d’eau. Avec le robinet d fermé (fig. 3) la vitesse du régulateur passait de 450 à 550 tours par minute entre ses positions extrêmes, tandis qu’elle n’est que de 505 à 495 avec une ouverture convenable de d.
- (1) Revue de mécanique, juillet 1908, p. 101.
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- Fig. 5. — Régulateur Glocker White pour turbines hydrauliques. Élévation et coupe verticale.
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- APPAREIL POUR MESURER LA FLEXION DES ÉPROUVETTES CHARGÉES. 1233 APPAREIL TOUR MESURER LA FLEXION DES ÉPROUVETTES CHARGÉES, d’après M. C. A. Smith (1)
- L’appareil employé par M. Smith, auquel il a donné le nom de Sphingomètre, est (fig. 6 et 7) fixé à l’éprouvette A par six vis B, dans des plans à 120°, et dont les supports C portent des tubes P et B. Le tube B est fixé au support supérieur C par l’anneau II, et porte un micromètre KL, sur lequel est appuyé par un ressort N un
- tube U, que la clavette rainurée O empêche de tourner, et auquel est fixée une bande de bronze phosphoreux R, tordue, moitié à droite moitié à gauche. L’autre bout de cette double hélice est fixé par P au supporte inférieur,et son milieu porte un miroir S, indiqué en D sur la figure 1. La graduation de l’appareil se fait en mesurant la déviation de l’un des rayons réfléchis pour une rotation donnée de son micromètre. Cet instrument permet de mesurer le raccourcissement de A sous la charge, et aussi sa flexion par les écarts des rayons des trois miroirs.
- Pour s’assurer une charge exactement axiale, on presse l’éprouvette, terminée par deux manchons (fig. 8) entre deux billes d’acier.
- On voit que cet appareil permet de mesurer facilement, et avec une grande exacti-
- EI
- tude, les éléments de la formule d’Euler P = tt2 —2, qui donne la charge limite P d’une colonne de longueur L, de moment d’inertie I et de module d’élasticité E.
- ê
- (1) Institution of mechanicul engineers, 29 juillet 1908.
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- 1234 NOTES DE MÉCANIQUE. ----- OCTOBRE 1908.
- O
- MACHINE A VAPEUR SURCHAUFFÉE Schmidt (1)
- Cette machine, construite par les ateliers de Breitfeld-Danek à Prague est (fig. 9) compound à deux cylindres de 360 et 750 millimètres X 700 de course, et fait 140 chevaux avec de la vapeur à 11 atmosphères à et 320°. Le piston différentiel P (fig. 10) reçoit le vapeur de haute pression en II et celle de basse pression dans l’espace annulaire L. Cette vapeur vient du réservoir intermédiaire constitué par le creux de B et l’avant R du cylindre. La vapeur passe de II en R par la soupape du bas de H. La ma-
- Fig. 9. — Machine à vapeur surchauffée Schmidt.-.
- chine fonctionne pratiquement en simple effet, car le travail de détente et compression en R n’est guère que le dixième de sa puissance totale.
- La distribution de cette machine, du type Schivabe, est des plus simples, ainsi que l’ensemble de sa construction. Chacune des deux parties du piston différentiel est excentrée de manière qu’elles ne touchent leur cylindre que par le tiers inférieur de leur circonférence; les garnitures assurent l’étanchéité.
- Le graissage des paliers est assuré par une circulation d’huile à pompe centrifuge, et celui des cylindres par une injection d’huile par pompe à piston.
- L’injection de l’eau au condenseur se fait par une valve à cône divergeant réglable de la plate-forme.
- (1) Engineering, 28 août, p. 272.
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- MACHINE A VAPEUR SURCHAUFFÉE.
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- Le diagramme (fig. 11) est celui d’une machine de ce genre, double, à cylindres de 500 et 1050 x 900 millimètres de course, marchant à 98 tours, avec de la vapeur à
- a
- Fig. 10. — Machine à vapeur surchauffée Schmidt. Détail de la distribution Schwabe.
- 11 kilogr. et 321° à l’admission, développant, aux cylindres de haute et de basse pression : à droite 136,4 et 91,4 chevaux,à gauche 158,5 et 91,4, avec 27 et 30chevaux aux réservoirs intermédiaires correspondants, soit, au total, 535 chevaux. Dépense de vapeur garantie 4kil,2.
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- OCTOBRE 1908.
- NOTES DE MÉCANIQUE. —
- quelques extincteurs d’incendies, d’après M. G. Dana (1).
- Ces appareils se sont beaucoup répandus aux États-Unis, où les incendies détruisent pour environ près d’un milliard par an, et où les maisons à trentaine d’étages sont inaccessibles aux jets des pompes.
- L’idée des extincteurs arroseurs automatiques est due à il/. J. Cary (1806), mais ils ne se sont répandus que depuis 1878. L’un des premiers est (fig. 12) celui de Parmelee constitué par une turbine en communication avec une tuyauterie d’eau sous pression,
- Fig. 12. — Extincteur Parmelee. Fig. 13. — Extincteur Grinnell.
- enfermée dans une capsule A, soudée en B à la conduite. .Dès que la chaleur du feu fait fondre cette soudure B, la capsule A saute sous la pression de l’eau, que la turbine pulvérise et projette en tournant. La soudure A fond à 70°, mais pas assez vite en raison de son contact avec la tuyauterie pleine d’eau. La composition de la soudure est de bismuth 4, plomb 2, cadmium 1, étain 1. Les alliages plus fusibles renferment du mercure et se détériorent avec le temps. D’autre part, lorsqu’on chauffe ces alliages au voisinage de leur point de fusion, ils s’écoulent partiellement, de sorte qu’il est bon de prévoir une marge d’une trentaine de degrés entre la température normale maxima de la salle et celle de la fusion de l'alliage de ses extincteurs.
- Chacun des extincteurs est censé protéger une surface de plancher d’environ 9 mètres carrés, de sorte que leur écartement ne dépasse guère 3 mètres. Il faut, pour
- (1) Technology Quarlerly, juin 1908.
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- QUELQUES EXTINCTEURS D’iNCENDIES.
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- desservir 1, 2, 3 et 5 extincteurs, des tuyaux de respectivement 20, 25, 30 et 40 millimètres de diamètre. Les extincteurs doivent être de 80 à 250 millimètres au-dessous des plafonds, et disposés, aux encoignures, de manière à ne jamais être séparés de plus de 1m,50 d’un point en feu.
- L’extincteur de Grinncll (1882) est l’un des plus employés.
- Fig. 14 et 15. — Extincteurs Grinnell.
- Fig. 16. — Extincteur Rockwood.
- Quand (fig. 13) la soudure E fond, laissant tomber le support G de la valve A, cette valve tombe sur les redans P et G, et laisse l’eau sous' pression de B s’échapper en s’épanouissant sur le déflecteur de A.
- Dans le type figure 14 (1890), la soupape est constituée par une boule de verre
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- OCTOBRE 1908.
- maintenue sur l’orifice d’un diaphrame par un appui en 3 pièces soudées; l’avantage réside dans l’inoxydabilité du verre.
- Lorsque les tuyauteries sont exposées à geler, on emploie des extincteurs à air comprimé écartant l’eau jusqu’à l’ouverture de leur valve. Tel est le cas de l’extinc-
- priminc_watEKI ^
- Fig. 17. — Extincteur de Y International Sprinkler C°.
- teur Grinnell représenté parla figure 15, avec valve A chargée, en L, d’air comprimé venant de P, sur une surface 8 fois plus grande que celle de A, de sorte que la pression de l’air peut être huit fois moindre que celle de l’eau. Le cliquet B maintient la valve une fois ouverte de manière à éviter les marteaux d’eau, et l’admission de l’eau sous pression en K fait partir une sonnerie d’alarme.
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- QUELQUES EXTINCTEURS D’iNCENDIES.
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- L’extincteur de Iiockwood a, de même, sa valve D (fig. 16) chargée d’air en I et d’eau en J . Elle pivote en F, et est retenue ouverte par le déclic KE.
- Dans le type de VInternational Sprinkler C°, de Philadelphie, la soupape à air 13 (fig. 17) est, comme dans le type précédent, recouverte d’eau formant joint hydraulique et reliée à un contrepoids 6 par un système de levier 7, 8, 6, 9, qui ouvre brusquement la soupape d’eau dès que la pression de l’air cesse de s’exercer sur 13.
- Les débits de ces extincteurs varient avec la pression et le diamètre de leur tuyau ; par exemple, ils sont, avec un tuyau de 13 millimètres, de 50, 95, 135, 230 et 260 litres par minute, sous des pressions respectives de 0 k. 35, 1 kilogramme, 2 k. 10, 5 k. 12 et 7 kilogrammes.
- Fig. 18. — Avertisseur Grinnell.
- Les avertisseurs qui font partir une sonnerie dès que l’extincteur correspondant fonctionne sont évidemment indispensables, ne serait-ce que pour arrêterl’inondation occasionnée par un faux départ. Ils doivent être constitués par des organes robustes ne se dérangeant pas. Le type de Grinnell (fig. 18) est l’un des meilleurs. Il est constitué par une large valve B, fermant en G une rainure D, par laquelle l’eau, dès que B s’ouvre, passe en F, puis à l’interrupteur d’un circuit de sonnerie.
- Dans le type de VInternational C°, dès que la valve 3 (fig. 19) de l’extincteur s’ouvre, l’eau passe par C sur la soupape différentielle 7, qui l’ouvre en grand par D, à l’interrupteur électrique 11 et au moteur hydraulique 13, qui fait partir les marteaux 15 de la sonnerie 20.
- L’eau doit être fournie par au moins deux sources indépendantes : eau de la ville ou réservoirs, qui atteignent jusqu’à 1 000 mètres cubes, en acier ou en ciment armé. Si la pression ou la hauteur manquent, on emploie des accumulateurs d’eau sous air comprimé, dont la capacité atteint jusqu’à 40 mètres cubes. La Macy Department
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- OCTOBRE 1908.
- Store, de New-York, a 11000 extincteurs desservis par 6 réservoirs de 40 mètres-cubes et 6 accumulateurs de 27 mètres cubes.
- Le système constitué par les extincteurs, leur tuyauterie et leurs réservoirs et accumulateurs est pourvu de circuits de contrôle électriques qui avertissent de la fermeture intempestive d’une de leurs valves, de la vidange ou de l’approche de congélation de leurs réservoirs ; ces appareils sont complétés par des indicateurs de pres-
- Fig. 19. — Avertisseur de Y International Valve C°.
- sion et des thermomètres permettant d’assurer automatiquement le bon état permanent du système.
- A Boston, il y a 175 bâtiments pourvus de ces extincteurs dans lesquels, en 1906, il s’est déclaré 30 feux, avec une perte totale de 5 723 dollars seulement, soit de 1 000 francs par feu en moyenne. D’après la National Fire Protection Association, pendant ces dix dernières années, sur 5 000 feux déclarés dans des bâtiments à extincteurs, 93 p. 100 furent arrêtés immédiatement. La General Fire Extinguising C°, de Providence, a installé plus de 10 millions d’extincteurs, et estime à plus .de 25 millions le nombre total aux États-Unis, ce qui correspond à une dépense d’installation d’environ 380 millions.
- utilisation de la tourbe, d’après M. H. B. Sankey (1).
- On peut tirer de la tourbe contenant encore 60 p. 100 d’eau un excellent gaz pour moteurs, et ces moteurs peuvent être employés à fournir de l’électricité à un prix environ 3 fois moindre que par l’emploi des chaudières et machines à vapeur.
- (1 British Association, 7 septembre 1908.
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- UTILISATION DE LA TOURBE.
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- La tourbe renferme naturellement jusqu’à 95 p. 100 d’eau, et cette teneur peut être ramenée à 65 p. 100 par séchage à l’air libre.
- Extraite à la main, la tourbe, ainsi séchée, revient, en Irlande, à environ 7 fr. 50 la tonne rendue au gazogène. On peut aussi traiter la tourbe extraite à la main par des presses analogues à celles de Dolberg et Anrep (fig. 20), où la tourbe, brisée puis refoulée par un jeu de deux hélices malaxeuses tournant en sens contraires, est découpée en briquettes sur une toile sans fin, et l’on fait ensuite sécher ces briquettes; on pourrait ainsi, en Irlande, réduire à 5 francs le prix de la tonne de tourbe sèche. A Varel, Oldenburg, une presse de Dolberg, desservie par 12 hommes et commandée par une locomobile, débite, par jour, 1500 tonnes de tourbe à 90 p. 100 d’eau,
- Fig. 20. — Presse à tourbe Dolberg el Anrep.
- pour faire 30000 briquettes; après un séchage de 6 jours à l’air, ces briquettes ne tiennent plus que 60 p. 100 d’eau.
- Des excavateurs tels que ceux de Strenge permettent, avec une chaîne à godets avançant et reculant d’environ 3 mètres, d’excaver la tourbe à 2m,50 environ de profondeur sur un front d’environ 140 mètres en 12 heures. Cette tourbe est convertie par une presse de Dolberg, en une sorte de boue que des conveyeurs étalent à la surface du marais en une couche de 25 millimètres environ d’épaisseur et de 45 mètres de large. Une locomobile de 38 chevaux commande la marche et l’avancement de l’excavateur et du conveyeur au moyen de câbles. L’ensemble est desservi par une quinzaine d’hommes. Après une semaine environ, ce gâteau de boue est assez consistant pour pouvoir être découpé par des charrues à disques et câbles commandées par un petit moteur à pétrole, traîné par un cheval, en bandes longitudinales découpées ensuite à la main en morceaux d’environ 0'n,30, de côté, qui sont mis en tas.
- Deux de ces machines fonctionnent à Elizabethfehn, près d’01denburg,pour la fabrication de briquettes à charbon de tourbe. Chacune de ces machines peut traiter Tome HO. — Octobre 1908. 81
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- i242 NOTES DE MÉCANIQUE. ------- OCTOBRE 1908.
- 90 tonnes de tourbe à 90 p. 100 d’eau en douze heures, teneur minima au-dessous de laquelle les boues deviennent trop consistantes. Ces machines seraient trop coûteuses pour desservir des gazogènes ; en outre, elles ne peuvent fonctionner que pendant un temps assez court : du 1er mai au 1er juillet au cas actuel, mois en dehors desquels les boues sont trop humides ou trop sèches.
- On peut aussi extraire la tourbe au moyen de grues avec grappins en coquilles montées sur Irucks ou sur un bateau, comme à Schelecken, près de Kœnigsberg, où des grappins à charges de 500 kilogrammes déposent la tourbe dans les wagonnets sur voie de 460 millimètres remorqués par une locomotive électrique à trolley, qui les amène à une presse Dolberg à 1 600 mètres de la tourbière. De cette presse, la boue est répandue, par les bennes d’un monorail tirées par un cheval, sur une aire à l’épaisseur de 10 centimètres. Des herses à chevaux de 1nî,80 de long, avec des dents écartées de 100 milümètres, divisent cette masse par des raies longitudinales (fig. 21) et,
- S3
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- En
- 21.
- Semaines. Fig. 22.
- au bout de trois à quatre jours, le dessèchement fait craqueler la croûte, comme en figure 21, en morceaux à 60 p. 100 d’eau. Le prix de revient est d’environ 5 francs la tonne, et se réduirait à 3 fr. 75 en Irlande, où l’on pourrait travailler presque toute l’année. Ce mode d’extraction semble le meilleur pour l’utilisation en gazogènes, comme susceptible de fonctionner en tout temps excepté pendant les fortes gelées, et permettant d’extraire la tourbe sous l’eau. La presse Dolberg aurait pour effet de réduire l’eau de la tourbe à 80 p. 100 environ et, pour éviter le séchage long en hiver, on pourrait faire, en été, une réserve de tourbe à 25 p. 100 d’eau, que l’on mélangerait, l’hiver, avec celle à 90 p. 100, de manière à constituer un tout à 60 p. 100.
- Dans sa tourbière de Dumfries, M. Lennox dispose la tourbe, dès son extraction, sur des tréteaux en bois superposés six par six, et où l’air circule de manière à sécher rapidement la tourbe ; on réduit ainsi considérablement l’étendue des aires de séchage.
- Le docteur Ekenberg chauffe la tourbe à 150°, ce qui la carbonise en partie et permet d’en réduire l’humidité, par compression, à 35 p. 100, en formant)des briquettes utilisables comme combustible, et dans les gazogènes. On pourrait ainsi, en une heure, réduire 1 humidité delà tourbe sortant du marais à 60 p. 100 au prix de 3 fr. 75 la tonne de tourbe sèche. Ce procédé exige de la chaleur, et, pour la produire, une dépense égale au tiers environ de la tourbe extraite; mais, dans le cas d’une production d’électricité, on pourrait employer à cet effet l’excédent de production des gazogènes pendant les périodes de baisse diurne.
- Le diagramme (fîg. 22) donne, en semaines, le temps nécessaire poui le séchage à
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- UTILISATION DE LA TOURBE.
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- différents degrés et en différentes saisons. Le pourcentage de l’eau primitive qu’il faut enlever à la tourbe pour réduire son humidité de p à q p. 100 est donnée par la for-
- p — q
- représentée par la courbe (fig. 23) pour p = 90 p. 100; mais ce
- mule 10 000 ,.AA , p (100 — q)
- pourcentage n’est pas proportionnel à la difficulté et à la durée du séchage, qui augmentent avec la siccité de la tourbe. C’est delà facilité de ce séchage à 60 p. 100 que dépend presque entièrement le succès de l’emploi de la tourbe dans les gazogènes.
- Il existe un grand nombre de gazogènes à tourbe, mais, en général, de puis-
- P. 100 d’eau après séchage.
- Fig. 23.
- sances trop faibles pour que l’on puisse se préoccuper de la récupération des sous-produits. Ces gazogènes, semblables à ceux pour charbons bitumineux, emploient des briquettes de tourbe à 25 et 30 p. 100 d’eau. Aux ateliers Pintsh, près de Berlin, il en existe une installation de 500 à 600 chevaux. M. Pintsh se propose d’employer une partie de la chaleur des gaz d’échappement des moteurs à dessécher de 60 à 25 p. 100 de la tourbe placée dans une trémie chauffée par cet échappement. Le gaz fourni par les gazogènes à tourbe de Korling présente la composition suivante CO 15 p. 100; H 10, CH4 14, CO214, Az 57; puissance calorifique inférieure 10 500 calories par mètre cube.
- Le gazogène de Crossley (fig. 25) avec récupération de l’ammoniaque en sulfate donne des gaz de CO 12 p. 100 ; Cll4 2, 8; H 24, CO2 18; Az 43,2, avec une puissance calorifique de 12 100 calories (1).
- (1) Revue de mécanique, décembre 1907, p. G07.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. — OCTOBRE 1908.
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- On évalue à 5 francs par tonne la valeur du sulfate d’ammoniaque ainsi récupéré, alors que le prix de la tourbe n’est que de 3 fr. 75. On peut en récupérer, au maximum, un poids égal aux 132/28 ou à quatre fois environ celui de l’azote présent dans la tourbe. En réalité, d’après l’expérience de MM. Crossley, on en extraierait 64 kilogrammes par tonne d’une tourbe à 2,2 p. 100 d’azote, ou 60 p. 100 du maximum théorique, ce qui, pour une installation de 5 000 kilowatts, consommant 65 000 tonnes de tourbe par an, donnerait 3 000 tonnes de sulfate. Mais certaines tourbes ne renferment que 1 p. 100 d’azote.
- On devrait employer, pour cette installation, des moteurs à gaz de dimensions mo-
- D
- Gus to Works
- Fig. 2i. — Gazogène à tourbe Crossley.
- dérées ; 500 à 1 000 kilowatts, d’une marche plus sûre et guère plus coûteux d’établissement que les très gros moteurs, et se prêtant mieux aux variations du travail de la station.
- Avec de la tourbe à 4 800 calories par kilogramme sec, un rendement de 75 p. 100 au gazogène et de 30 p. 100 en chevaux effectif au moteur, le rendement thermique total s’élèverait à 22,5 p. 100, de sorte que la dépense serait de 0kil,6 environ de tourbe sèche par cheval effectif, ou de 0kil,19 par kilowatt-heure, avec un rendement de 90 p. 100 à la dynamo, soit une dépense de 0 centime,31 par kilowatt avec de la tourbe à 3 fr. 75 la tonne. En marche avec, en moyenne, 70 p. 100 de la puissance totale, cette dépense s’élèverait à 0 c. 34 et à 1 kilogramme de tourbe par kilowatt, au lieu de 0 c. 70 avec des gazogènes à charbons bitumineux à 11 francs la tonne,- et de 1 c. 50 avec des machines à vapeur.
- Quand on récupère les sous-produits, la dépense de tourbe augmente; avec les appareils de Crossley, il faut compter une tonne de tourbe par 1 000 chevaux-heure à 70 p. 100 de la pleine charge, soit, une dépense de 0 c. 5 par kilowatt, sans compter le bénéfice des sous-produits.
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- UTILISATION DE LA TOURBE.
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- Un hectare de tourbière, de 6 mètres de profondeur, fournirait 60 000 tonnes de tourbe à 90 p. 100 d’eau et comme une tonne de tourbe sèche, ou 10 tonnes de tourbe mouillée, donne 1 000 chevaux-heure, on voit, qu’avec une dynamo à rendement de 90 p. 100, cet hectare de tourbe fournirait environ 4 millions de kilowatts-heure.
- Dans le procédé de fabrication du coke de tourbe par la méthode de M. Ziegler, à Beurberg, près Munich, la tourbe, séchée à 30 p. 100 à l’air en été, doit être portée à 25 p. 100 d’eau seulement par un courant d’air à 75° chauffé par les gaz des fours à coke. Ces fours sont de deux' types : 1° en forme de cornue fermée, chauffée extérieurement par les gaz de la distillation de la tourbe ; 2° ceux où ce chauffage se fait par les gaz des fours du premier type passés à l’intérieur des fours du type II. On peut, dans ces derniers fours, carboniser complètement la tourbe, et employer leurs gaz au séchage à 25 p. 100 d’eau (1).
- Les gaz combustibles distillés des fours du premier type peuvent être employés à
- Air SoUuraiing Tower*
- Fig. 25. — Gazogène Crossley avec récupération de^l’ammoniaque.
- vaporiser les dissolutions d’acétate de chaux et de sulfate d’ammoniaque, et, en se refroidissant, ces gaz déposent l’asphalte qu’ils renferment dans des chambres que l’on vide tous les six mois. Ces fours peuvent marcher sans interruption pendant au moins trois ans ; la température n’y dépasse pas 1200°. Les gaz passent ensuite dans des condenseurs à surface qui achèvent cette épuration et les laissent à point pour être brûlés dans les foyers des fours du premier type. Ces gaz brûlés sont alors refoulés par des ventilateurs électriques dans la tourbe des fours n° II à 400°, chargés de tourbe par le haut, et dont on retire le coke au bout d’une heure.
- L’eau de goudron, qui renferme de l’ammoniaque, de l’alcool méthylique et de l’acide acétique, est distillée dans des appareils chauffés par de la vapeur à 120°, et l’eau de chaux forme, avec l’acide acétique, de l’acétate de chaux séparé et concentré; puis on repasse à l’appareil distillâtoire l’eau qui ne renferme plus que de l’alcool méthylique et de l’ammoniaque. On fixe l’ammoniaque par une dissolution faible d’acide sulfurique et l’on amène, par une redistillation, l’alcool méthylique à la densité de 96°. Cet alcool renferme des traces d’acétone et de créosote. Le goudron, distillé dans une cornue spéciale, produit du gaz d’huile, de la paraffine et du graphite bon pour la
- (1) Engineering, 15 novembre 1907.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- OCTOBRE 1908.
- fabrication des charbons des lampes électriques. On a récemment trouvé le moyen de transformer les goudrons en une graisse pour wagons supérieure, paraît-il, à la graisse ordinairement employée.
- Le gaz de distillation de la tourbe présente la composition suivante CO215,5 p. 100 ; 01,1 ; GO 20,4 ; GH412,4 ; Az2 21,9 ; H 28,6.
- Le coke, dense et dur, est très employé en métallurgie, où l’on considère comme favorable sa faible teneur en soufre, il présente la composition suivante :
- Demi-coke Coke •
- Puissance calorifique. 6670 Puissance calorifique 7 200
- Carbone............. 73,89 p. 100 86 p. 100
- Azote.................... 1,49 — 1,3 _
- Soufre.............. . 0,20 — 0,3 —
- Hydrogène................ 3,59 — 0,9 —
- Oxygène................. 14,52 — 5,2 —
- Cendres. . .............. 2,50 — 3 _
- Humidité............ 3,8 — 43 __
- On peut, actuellement, traiter, à Beurberg, 35000 tonnes de tourbe par an donnant les produits suivants : coke 13 800 tonnes; paraffine 230;huiles 1 380 ; sulfate d’ammoniaque 184; alcool méthylique 92 ; acétate de chaux 270.
- Dans la discussion de ce mémoire. M. Rugby, ingénieur de la maison Crossley, donna la description d’une installation de gazogènes à tourbe avec récupération de l’ammoniaque. Les gazogènes (fig. 26), plus larges et profonds que pour le coke, sont chargés de tourbe par le haut. Des ventilateurs Roots soufflent de l’air dans la tour de saturation à l’encontre de l’eau chaude et descendante du lavage et du refroidissement des gaz, qui se refroidit en saturant cet air à 75°, puis il va se sursaturer à 85° dans des saturateurs auxiliaires en refroidissant les gaz des gazogènes au-dessous de 450°, point de décomposition de leur ammoniaque. De ce surchauffeur d’air, le gaz passe dans un condenseur à eau qui en extrait l’ammoniaque, C’est la même eau qui refroidit le gaz et recueille l’ammoniaque,' de sorte qu’elle doit renfermer un peu d’acide sulfurique. Il faut vaporiser de 5 à 7 tonnes de cette eau par tonne de sulfate d’ammoniaque dans des évaporateurs à vide, pour les grandes installations.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN AOUT, SEPTEMBRE, OCTOBRE 1908
- Debesson (G.). — Le chauffage des habitations. In-8 (26 x 17,5), de xvi-668 p., 711 fig. "Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 56.
- Baltet (Charles). — Traité de la culture fruitière, commerciale et bourgeoise. 4e édit. (19,5 X 13)xv-725 p., 502 flg. Paris, Librairie agricole, 1908. 13 4 57.
- Guarini (Émile). — Les merveilles de l’électrochimie, son avenir au Pérou. In-8 (25,5 X 15) de 152 p., 99 flg. Paris, H. Dunod et E. Pinat. 13 458.
- Yallot (H.) et Bernard (G. J. M.). —Les chemins de montagne (34 X 16) (exhn Montagne, Revue du Club Alpin), juin-juillet 1908, 40 p.
- Schribaux. — L’amélioration des espèces végétales de grande culture (ex Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, mai 1908, 46 p., 24 flg.).
- Zeiss (Carl). — Microscopes et appareils accessoires. 33e éd. (27 x 18) 114 p., 45 flg.
- 13461.
- Discours prononcés à l’inauguration du monument élevé à Eugène Risler par ses
- élèves et ses amis le 24 mars 1907. 26 X 18.
- British Engine Boiler and electrical Insurance Chief Engineers’s Report for 1907.
- In-4 (25 x 19), de 99 p., 42 flg. Manchester, Head Office. 13459.
- Commission Permanente Imcernationale d’Aéronautique. — Procès-verbaux et comptes rendus des travaux de la Session extraordinaire tenue à Bruxelles du 12 au 15 septembre 1907. In-8 (26 x 17), de 200 p., flg. et pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- 13 460.
- Gros (C.). — De l’abandon des campagnes et du meilleur moyen d’y remédier. In-8 (18 X 12) de 40 p. Rodez, E. Carrère, 1908. 13 462*
- Guarini (Emile). — Le passé, le présent, l’avenir de la télégraphie sans fil. In-8 (25,5 X 17) de 192 p., 366 flg. Paris, H. Dunod et E. Pinat. 13 463.
- Exposition Internationale de Milan, 1906. Section française. Rapport du groupe 83 (Photographie). Classe 12. Charles Mendel (27 x 19,5) 144 p., xlvii planches. Paris, Comité français des expositions étrangères, 1907. 13 4 64.
- Le Chatelter (Henry). — Leçons sur le carbone, la combustion, les lois chimiques,
- professées à la Faculté des Sciences de Paris. In-8 (26 x 17), xiv-456 p., 53 flg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 65.
- Sauvage (Édouard). — La machine locomotive. Manuel pratique donnant la description des organes et du fonctionnement de la locomotive à l’usage des mécaniciens et des chauffeurs. 5e éd. 1908, petit in-8 (19,5 x 13), de xvi — 388 p., 310 flg. Paris, Ch. Béranger.
- . 13 466.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1908.
- Taris (Étienne). — L’automobile et les armées modernes. In-8 (22,5 x 15), 352 p., 144 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 6 7.
- Barolin (Johannes C.). — La lutte organisée contre les ennemisde la paix (24 x 15,5). 13 p. Paris, Y. Giard et E. Brière, 1906.
- Rosset (Georges). —L’accumulateur au plomb ordinaire et allotropique. In-8 (26 x 17) de 408 p., fig. Paris, Ch. Béranger, 1908. 13 468.
- Baroltn (Johannes G.).— Importmuseen (20 x 14), 60 p.Wien, Akademischer Verlag, 1907.
- 13469.
- Barolin (Johannes G.). — Proposais for electional and parliamentary Reform.
- Devotedto xvn universal peac-e Co igress and the league of universal brotherliood and native races association. In-8, 16 p. Vienna, Joseph Eberle, 1908.
- Adam (Paul). — Rapport sur les opérations du service d’inspection des établissements classés pendant l’année 1907. Suivi du Résumé de la période 1898-1907. Présenté à M. le Préfet de police. In-4 (28 x 23) de 94 p. Paris, Chaix et Cie, 1908. 13 470.
- Sothern (J.-W.). — Les turbines à vapeur marines. Traduit d’après la 2e édition anglaise, par J. Izart. In-8 (2o x 16) de vm-76 p., fig., n pl. Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1908.
- 13 471.
- Monier (E.). — La télégraphie sans fil et la télémécanique à la portée de tout le monde. 4e éd. In-16 (16 x 12) de vm-178 p., 22 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 472.
- Marchis (L.). —La vapeur d’eau surchauffée. (Leçons faites en 1907-1908 à la Faculté des Sciences de l’Université de Bordeaux.) In-4 (26,5 x 21) (Lithographié) de 733 p., 343 fig. Paris, IL Dunod et E. Pinat, 1908. . 13473.
- IIobart (Henry M.) et Achard (F.). — Génératrices électriques à, courant continu. In-4 (28 x 19) de 275 p., 141 fig. Paris, IL Dunod et E. Pinat, 1908. 13 474.
- Dictionnaires techniques illustrés en six langues. Vol. III : Chaudières, machines et turbines à vapeur, publié sous la direction de Wilhelm Wagner (18,5 x 12), xn-1 322 p., 3 500 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. - 13 475.
- Graffigny (IL de). — Guide Manuel pratique de l’Ouvrier électricien. 3e éd. In 8
- (20 X 14) de vn-515 p., 341 fig. Paris, H. Desforges, 1908. . 13 4 76.
- Berthier (A.). — La téléphonie et la télégraphie sans fil. In-8, vi-256 p., 104 fig. Paris, H. Desforges, 1908. 13 4 74.
- Boullanger (E.). Industries de fermentation. — Distillerie agricole et industrielle.
- Encyclopédie agricole, xi-554 p., 106 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1909. 13478.
- Statistique des stations centrales de distribution d’énergie électrique existant en France et aux Colonies en 1908. IIe édition. Nü 403 du 10 octobre 1908 de l’Industrie électrique, pp. 433 à 500. Pér. 74.
- Bret. — Premier Congrès international de la route, Paris 1908, n° 41, 3e question : Nettoiement et arrosage. Rapport. Paris, Lahure, 1908. 16 p., I pl.
- Mager (Henri). — Les radiations des corps minéraux. Recherche des mines et des sources parleurs radiations. In-l (31 x 21), de 72 p., 66 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 4 79
- Sauvage (Édouard).— Jules Fleury, ingénieur et économiste, 1839-1906. In-8 de 35 p. Paris, Gh. Béranger, 1908.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1908.
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- Turpin (Eugène). — Spoliation, Persécution et haute Trahison. Pour Ja patrie. Plainte aux pouvoirs publics, septembre 1908. In-8 de 128 p. Pontoise.
- Comptes rendus des travaux delà Chambre de Commerce de Paris, année 1907. Pér. 148.
- International catalogue of Scientific littérature. Paris, lî. Mechanics. Sixth annual issue, 1908 (Material received between july 1906 and july 1907). Pér. 317.
- Smithsonian Miscellaneous Collections, volume V, part. I,n° 1792. Pér. 27.
- Bulletin of the Bureau of Standards, vol. 4, n° 4. Washington, 1908. Pér. 61.
- Congrès des Sociétés Savantes. — Discours prononcés à la séance générale du Congrès, le 24 avril 1908 par Henri Cordier et Gaston Doumergue. Paris, Imprimerie Nationale, 1908.
- Pér. 239.
- Association amicale des élèves et anciens élèves de l’École spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie. Annuaire de 1908. Pér. 331.
- Smithsonian contributions to Knowledge vol. XXXIV, n° 1739 contents, Washington, Smithsonian Institution 1907. Pér. 40.
- Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires, concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics. 2e série, tome XIV, année 1903. Paris, Imprimerie administrative centrale, 1908. Pér. 144.
- Annuaire international de l’acétylène, édité par MM. R. Granjon et P. Rosemberg, 1908. (Bibliothèque de l’Office central de l’acétylène.) Pér. 92.
- Smithsonian Miscellaneous Collections, part of volume 41, n°1791. — Thé development of the american Alligator, by Albert Reesse. Washington, 1908. Pér. 27.
- Smithsonian Miscellaneous Collections, part of volume 41, n° 1807. — Smithsonian exploration in Alaska in 1907, in Seareh of pleistocene fossil vertebrates by Charles W. Gilmore. Washington, 1908. Pér. 27.
- Smithsonian Miscellaneous Collections, part of vol. 443, nos 1804, 1805. — Cambrian geo-logy and paleontology, 2 vol. 1804-05. By Charles D. Walcott, Washington, 1908.
- Pér. 27.
- Smithsonian Miscellaneous Collections, part of volume 41, n° 1803. — The taxonomy of the muscoidean flies, including descriptions of new généra and species, by Charles H. T. Townsend. Washington, 1908. Pér. 27.
- Smithsonian institutions Bureau of American ethnology, Bulletin 35. — Antiquities of the upper Gila and sait River Valleys in Adrizona and New Mexico, by Walter Hough, Washington, 1907. Pér. 2&.
- Office-National du Commerce Extérieur. — Exercice 1907. Extraits des Rapports. Paris, L. Marcel Fortin et Cie, 1908. Pér. 106.
- Transactions of the American Institute of Mining Engineers. Vol. XXXVIII. New-York, 1908
- Pér. 201
- Minutes of Proceedings of the Institution of Civil Engineers. Volume CLXXI. London, Great George Street, Wesminster, 1908. Pér. 189.
- Bulletin du Laboratoire d’essais du Conservatoire National des Arts et Métiers, n° 14 : Essais de torsion, par Pierre Breuil, 15 p.,-1 pi. Paris, Ch. Béranger, 1908. Pér. 308.
- Association Lyonnaise des Propriétaires d’appareils a vapeur. Exercice 1907. Lyon, A. Rey et Cie, 1908. Pér. 213.
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- OUVRAGES REÇUS.
- OCTOBRE 1908.
- Conseil Supérieur du Travail. 41e Session, novembre 1907. Compte rendu. Paris, Imprimerie Nationale, 1908. Pér. 295.
- Direction Générale des Douanes. Tableau général du Commerce et de la Navigation. Année 1907, 1er volume. Commerce de la France avec ses Colonies et les puissances étrangères. Paris, Imprimerie Nationale, 1908. Pér. 34.
- The Minerai Industry, during 1907,edited by Walter Renton Ingalls editor ofthe Engineering and mining Journal. Volume XVI, 1908. Pér. 198.
- Transactions of the Institution of Naval Architects. Volume L, 1908. Pér. 222.
- Ministère de l’Agriculture. Annales. Direction de l’hydraulique et des améliorations agricoles. Documents officiels. Fascicule 34. Paris, Imprimerie Nationale, 1906. Pér. 9.
- Transactions of the American ceramic Society, volume X. Pér. 288.
- Caisse des Recherches scientifiques. Année 1907. Rapport annuel. Pér. 292.
- Société Industrielle d’Amiens. Table générale des bulletins de la Société, 1893 (don de M. Jules Garçon, membre de notre Société). Pér. 82.
- Catalogue général de la Bibliothèque de la Société Industrielle de Rouen, 1892 (don de M. Jules Garçon, membre de notre Société). 13 480.
- ADDITION AU MÉMOIRE DE M. HERSENT
- La date de publication de cette étude permet d’ajouter que la White Star Line C° vient de commander aux chantiers Harland & Wolff, à Belfast, deux énormes transatlantiques, YOlympic et le Titanic, dont le tonnage dépassera celui des plus grands navires aujourd’hui à flot.
- D’autre part, nous apprenons que la London <$• South Western Railway C°, qui possède et exploite les docks de Southampton, doit mettre incessamment en construction une nouvelle forme de radoub destinée justement à l’exploitation des deux^navires ci-dessus et dont la longueur serait au moins de 1 000 pieds, soit 330 mètres.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 25 JUIN 1908
- Présidence de M. Gruner, président.
- MM. Amagat, Armengaud jeune, G. Bertrand, G. Hersent, J. Bourdel,
- H. d'Allemagne et E. Biver, nommés membres du Conseil; De Monicault, Alfassa, G. Bisler et P. Fabre, nommés membres correspondants, remercient le Conseil de leurs nominations.
- RAPPORTS DE MM. LES SECRÉTAIRES
- M. Hitier.
- I. Le Développement économique du Japon et la concurrence en Extrême-Orient, pla^ quette grand in-8°, par Édouard Clavery, consul de France. Marcel Rivière, éditeur, 31, rue Jacob. Paris, VIe, 1908. Prix : 1 franc.
- Quel que soit l’essor qu’aient pu prendre, dans ces derniers temps, certaines industries occidentales au Japon, ce pays n’en garde pas moins, jusqu’à présent, et certainement gardera longtemps encore, un caractère avant tout agricole et maritime. Tel est le fait simple mais essentiel, pourtant trop souvent ignoré ou perdu de vue, que M. Édouard Clavery met en pleine lumière dans sa nouvelle étude. Actuellement, dans l’Empire du Soleil Levant, la population tirant son existence des travaux des champs représente 60 p. 100, et celle vivant des métiers de la mer, 13 p. 100 du total.
- D’autre part, M. Édouard Clavery montre, par des données précises, quelle a été la hausse des prix et surtout des salaires au Japon depuis dix à quinze ans. Là encore, les conditions qui se présentent ne répondent en aucune façon à ce que semblaient attendre ceux qui, tant de fois, ont annoncé et annoncent encore le prétendu « péril jaune » comme conséquence du bon marché de la main-d’œuvre en Extrême-Orient. Heureusement, ce « péril » paraît déplus en plus reculer dans le futur contingent.
- II. Mission au Congo français. (Extrait du Bulletin de la Société des Études coloniales
- et maritimes; mars 1908.)
- M. Jean-Marc Bel nous fait hommage, sous ce titre, d’une conférence qu’il a faite récemment sur les gisements miniers du bassin du Niariet un projet de chemin de fer de Brazzaville à l’Océan.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- OCTOBRE 1908.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Les nouveautés signalées dans cette Revue ont été décrites dans les Noies de mécanique du Bulletin de juillet.
- NOMINATIONS DE MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ
- »
- Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. le baron Louis Thénard, présenté par MM. Liébaut et Tisserand ;
- il/, le comte de Brigade, maître de verreries à Folembray, présenté par MM. Biver et Bordet;
- M. Pierre Fortin, président du Syndicat Français du Beurre Pur à Vire, présenté par M. Geisenheimer.
- RAPPORTS DES COMITÉS
- M. Lafosse, au nom de la Commission des Fonds et M. Bordet, au nom des Censeurs, présentent leurs rapports sur les comptes de l’exercice 1907, qui sont approuvés à l’unanimité.
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Juillet au 15 Octobre 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engineers. ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A1M.. . . American Institute of Mining Engineers.
- AM. . . . Annales des Mines. _
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam.. . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- BoJ. . . . Bureau of Standards (Washington). CN. . . . Chemical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- Cli. : . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal.
- E........Engineering.
- E’.........The Engineer. -
- Eam. . . . Engineering and Mining Journal.
- EE.........Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi ... . Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.........Génie civil.
- IC.......Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le.......Industrie électrique
- Im ... . Industrie minérale de St-Étienn« It.......Industrie textile.
- loB. . LE. . Ms.. .
- MC. .
- PC. . Pm. . RCp .
- RdM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. . Rmc.. Rso. . RSL. . Ru.. .
- SA.. . ScF. . Sie.. .
- SiM. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. . Va. . VD1. .
- ZaC. . Z 01. .
- . Institution of Brewing (Journal).
- . Lumière électrique.
- . Moniteur scientifique,
- . Revue générale des matières colorantes.
- . Journal de Pharmacie et de Chimie.
- . Portefeuille économ. desmachines.
- . Revue générale de chimie pure et appliquée.
- . Revue de métallurgie.
- . Revue générale des chemins de fer et tramways.
- . Revue électrique.
- . Revue industrielle.
- . Revue de mécanique.
- . Revue maritime et coloniale
- . Réforme sociale.
- . RoyalSocietyLondon(Proceedings)
- . Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- . Society of Arts (Journal of the).
- . Société chimique d< France (Bull.).
- . Société internationale des Électriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique et de législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- , La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
- . ZeitschriftfürangewandteChemie.
- . Zeitschrift des Oesterreichischen lngenieure und Archittkten-Vereins.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- AGRICULTURE
- Agave textile (1’), (Lanel). It. 15 Août, 263. Agriculture danoise (Tisserand,Pluchet). SNA. Juin, 376.
- — en Corse. Ap. 8 Oct.. 457.
- — du Pas-de-Calais. Ag. 22 Août, 239.
- — anglaise. Domaine de Babrahan. Ap.
- 10 Sept., 332.
- Aliments purs. Définition du Congrès de Genève. Ap. 24 Sept., 402; 2 Oct., 440. Apiculture. Bonnes et mauvaises ruches. Ag. 8 Août, 174.
- Arboriculture fruitière en Californie. Ap. 10 10 Sept., 340.
- Bétail. Appréciation des animaux par la mensuration et le pointage. Ap. 23 Juillet, 118.
- — Race bovine au point de vue des tarifs. SNA. Juin, 438.
- — — de FAfrique occidentale française
- (Dechambre). SNA. Juillet, 502.
- — — Parthenaise. Ap. 8-15 Oct., 468,490.
- — Commerce des veaux dans le Loiret.
- Ap. 3 Sept., 303.
- — Moutons bizets. Ap. 3 Sept., 308.
- — Porc. Élevage et maladies. Ap. 20 Août,
- 234.
- — Alimentation du bétail. Emploi des
- pulpes desséchées. Ag. 3-10 Oct., 426, 457.
- — Bétail en Angleterre (Vacher). SNA. Juillet, 489.
- — Élevage du Southdown et du Durham
- à Babrahan. Ap. 17 Sept., 374; 2 Oct., 431.
- — Porc. Son élevage, principales mala-
- dies (Moussu). Ap. 30 Juillet, 140; 6-12 Août, 175, 234.
- Blés. Rendement. Expériences d’Orchies. Ap. 20 Août, 240.
- — et rivières navigables (Chittendem).
- AGE. Sept., 925.
- — Rachat des— à l’étranger. Ag. 17 Sept.,.
- 361.'
- — leur dégénérescence. Ap. 1er Oct., 429. Brise-tourteaux (Ringelmann). Ap. 24 Sept.,
- 401.
- Cerisier. Culture dans le centre de la France. Ap. 8 Oet., 464.
- Charrues universelles. E'. 28 Août, 210.
- — à disques. Ap. 8 Oct’., 463.
- Châtaignes. Dessiccation des. Ap. 27 Août, 278. Chien cle berger de Beauce. Ap. 6 Août, 180. Chênes. Effets de l’oïdium quercinum (Bureau). Blanc de (Griffon et Maublanc Bouclier). CR. 24-31 Aout\ 28 Sept., 437 461, 571 ; CR. 28 Sept., 571.
- Cheval. Avantages du travail chez le jeune cheval. Ap. 13 Août, 217.
- Cochylis et Eudemis. Défense contre. Ag. 15 Août, 204.
- — Colchicacées utiles. Cosmos, 19 Sept..
- 316.
- Coopératives agricoles. Patente des (Worms). SNA. Juillet, 494.
- Électricité. Emploi dans les fermes (Bâtes). Fi. Juillet, 47.
- Engrais. Fixation de l’azote atmosphérique en cyanamide. Nature, 23 Juillet, 273.
- — Usine de Notre-Dame-de-Briançon. Ap.
- 3 Sept., 298.
- — azotés et nitrate de chaux. Emploi.
- (Grandeau). Ap. 27 Août, 265.
- — Nitrates et superphosphates. Ag. 25
- Juillet, 107.
- — Emploi des superphosphates. Expé-
- riences (Malpeaux). Ap. 24 Sept.,. 396.
- — Emploi de la tourbe pour la fabrica-
- tion des engrais, des sels ammoniacaux et des nitrates (Rousset). RCp. 13 Sept., 305.
- — Distributeur de matières pulvérulentes
- Lefèvre. Ap. 30 Juillet, 150. L’express. Ap. 17 Sept., 364.
- — Engrais manganésés. Ag. 1er Août, 151.
- — Valeur comparative de l’azote sous
- forme nitrique, cyanamidique et ammoniacale (Grandeau). Ap. 6 Août, 169.
- — Fumure du froment (la). Ap. 17 Sept.,
- 366.
- — Fertilisation naturelle pour céréales et
- prairies. Ag. 19 Sept., 365.
- — Fosse septique avec utilisation agricole
- pour habitations rurales. Gc. 10 Oct., 400.
- Forêts. Invasion du blanc de chaux (Mangin). Ap. 23 Juillet, 108.
- — Aménagement des montagnes. Congrès
- de Guéret. Ap. 6 Août, 170.
- — Situation en France (Grandeau). Ap.
- 13-20 Août, 202, 233.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OGTORRE 1908.
- 1255
- Forêts. Défrichement et exploitation en France, projet de loi. Ap. 3 Sept., 297.
- — Rachat par l’Étal, (id.). 10 Sept., 329.
- — Blanc du chêne (Griffon et Maublanc).
- CR. 24 Août, 437; 28 Sept., 371. (Bou-dier). CR. 31 Août, 461.
- Fourrages verts en culture dérobée ou intercalaire. Ap. 13 Août, 204.
- Fours industriels. Dégâts causés par leurs gaz à la végétation. RdM. Sept., 672.
- Grêle. Orage du 21 mai. SNA. Juin, 339, 423. Pendant la saison chaude (id.), Juillet, 513.
- Graines et fruits. Développement des (Lubi-menko). CR. 24 Août, 435.
- Houblon. Culture et emperchement. Ag. 26 Sept., 400.
- Insectes auxiliairés. SNA. Juin, 369.
- Irrigations dans l’Afrique du Sud. E'. 18 Sept., 301.
- Lait. Pasteurisateur Mazé. Ag. 25 Juillet, 111. Ap. 8 Oct., 466.
- — Statistiques laitières (Cardot). SNA. Juin, 354.
- — Prix de revient (Paisant). SNA. Juillet, 513.
- Lotières (les). (Lapland). Ap. 30 Juillet, 138. Méteil. Farine de — et les fraudes. Ap. 10 Sept., 330.
- Meunerie. Machinerie de la. E. 4-18 Sept.,294, 366; 2 Oct., 429.
- Maremne toscane (la). Ap. 20 Août, 245. Morbihan. Culture et bétail. Ag. 26 Sept., 406.
- Morilles. Mode de végétation (Matruchot). CR. 24 Août, 431.
- Mutualité familiale en agriculture.Ef. 22 Août,. 277; 5 Sept., 351.
- Orangers et rosiers du Malvan. Ap. 27 Août, 267.
- Organisation du personnel dans une grande exploitation agricole (Grandeau). Ap. 24 Sept., 395; 1er Oct., 427.
- Pétrins mécaniques. La Nature. 22 Août, 180. Pêcher dans le Midi. Ag. 15 Août, 207.
- Poirier (Rouille du). Ap. 13 Oct., 496.
- Pomme. Produits de la. Fabrication et analyse (A. P. Sy). Fi. Oct., 249.
- Pommes de terre (Trieurs de), (llingelinann). Ap. 20 Août. 241.
- Prairies de montagnes. Ap. 24 Sept., 409.
- Pressoir électrique Simon. Ap. 23 Juillet, 116
- — Champenois. La Nature, 26 Sept., 259. Remembrement du territoire en Meurthe-et-
- Moselle (Grandeau). Ap. 23-30 Juillet, 107, 137.
- Revenu des propriétés non bâties, évaluation. Ag. 25 Juillet, 101.
- Syndicats agricoles. Projets de loi. Ag. 8 Août, 170.
- Seigle. Amélioration dans sa culture. Ap. 20 Août, 236.
- Var agricole (le). Ap. 10 Sept., 326.
- Vignes. Fermentation de l’acide uralique.
- Son rôle dans la vinification (Rosen-tiehl). CR. Juillet, 150.
- — Vignoble de la Loire-Inférieure. Ap.
- 23 Juillet, MO.
- — Le manganèse et les vins. SNA. Juin, 414.
- — Acides tartriques naturels et ajoutés aux vins. Recherche des (Astruc et Mahoux). ScF. Juillet, 840.
- — d’Australie. La Nature, 8 Août, 145.
- — Destruction de l’Urbec dans l’Yonne. Ap. 2 Oct., 430.
- — Teneur en arsenic des vins provenant de vignes traitées par les composés de l’arsenic (Breteau). Pc. 16 Août, 154.
- — Grands crus de la Touraine, leur délimitation. Ap. 15 Oct., 503.
- — Greffage de la vigne. Ag. 29 Août, 272. — Emploi du carbolinium dans les vignobles allemands. Ap. 10 Sept., 344. Yucca. Plante filamenteuse. Ap. 17 Sept., 372.
- CHEMINS DE FEIl
- Chemins de fer des Alpes bernoises. Gc. 18 Juillet, 197.
- — Suisses fédéraux en 1907. Rgc. Aoûtr
- 117.
- — Américains. Accidehls. E'. 28 Aoiit,
- 222.
- — Autrichiens en 1906. Réseaux privés et
- de l’État. Rgc. Sept., 194.
- — Canadiens. Er. 24 Juillet, 86.
- — Chinois de Chang Si. Gc. 22-29 Août,
- 281, 301.
- — Français en 1907. Ef. 25 Juillet, 125;
- 1er Août, 165. Rgc. Août, 97.
- p.1255 - vue 1269/1612
-
-
-
- 1256
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- Chemins de fer de l’État français. E. 7 Août, 180.
- — — Rachatde l’Ouest.Loi.SL. 1er Juillet.
- — — Tonnage des marchandises expé-
- diées et reçues en P. Y. par voie de fer et par voie d’eau sur le réseau du Nord en 1906. Rgc. Sept., 196.
- — Allemands d’intérêt local en 1907. Rgc. Août, 110.
- — Anglais en 1906. Statistique. Rgc. Sept., 175. E. 2 Oct., 447.
- — — Accidents en 1907. E. 18 Sept., 382,
- Rgc. Sept., 175.
- - Métropolitains. Paris. Ligne n°o de la gare du Nord au pont d’Austerlitz. Ac. Juillet, Août, Sept. Oct., 104, 114, 130, 146.
- — Pont Saint-Michel. Rgc. Août, 69.
- —: Londres, tunnel de Rotherhite. VDI. 8 Août, 1266.
- Électriques. Munster à la Schlucht. Elc. 18 Juillet, 33.
- — Suédois. Station expérimentale. E. 21 Août, 248.
- — monophasés (Eichberg). VDI. 18 Juillet,
- 1145. Calcul des moteurs. Rendement (Rougé). Re. 15 Oct., 271.
- — — en Europe. Système de l’A. E. G.
- Eté. 1er 8-15-22 Août, 76,83,98,118.
- — — à 15 000 volts de Seebach-Wittin-
- gen. le. 10 Août, 345.
- — — en Amérique. Ru. Juin, 316, VDI.
- 29 Août, 1381. Baltimore-Annapolis. Re. 15 Oct., 274.
- — — du New-York Central et de l’Érié à
- 11 000 volts. Rgc. Sept., 208.
- — — Comparaison avec la vapeur. Rgc.
- Août, 118. BCC. Oct., 1167.
- — — suburbain de Melbourne. E. 2 Sept.,
- 357.
- — — de Blankenese-Ohlsdorf. VDI. 3-10
- Oct., 1581, 1641.
- — Triphasé 6 000 volts. Rochester-Erie (Smith). BCC. Août, 938.
- Attelages automatiques aux États-Unis. BCC. •Oct., 1269.
- Automotrices pétro-électriques du chemin de Vp fer d’Arad Csanad (Hongrie). Oc. 12 Sept., 332.
- — à vapeur de l’American Locomotive C°.
- Ri. 10.Oct., 401.
- Éclairage électrique des trains en Allemagne. Ri. 25 Juillet, 298.
- Frein à vide automatique pour trains de mar-. chandises. E. 24 Juillet, 103. Hardy. Essais sur les chemins de fer autrichiens. BCC. Sept., 1015. Freins continus pour (Doyen). BCC. Oct., 1143.
- Funiculaire de Heidelberg. VDI. 19 Sept., 1501.
- Graissage forcé des fusées (Riches). E. 31 Juillet, 140.
- Locomotives articulées Mallet pour le Nord chinois. E. 31 Juillet, 141.
- — — pour le Central brésilien. Gc. 8
- Août, 249 ; Ri. 8 Août, 313.
- — — Henschel. VDI. 10 Oct., 1630.
- — — Compound (Demoulin). BCC. Oct.,
- 1151.
- — Tender 6 couplées du chemin d’intérêt local Luxcy-Mont-de-Marsan. Rgc. Août, 87.
- — — 4 couplées du North-Eastern. E'. 2
- Oct., 359.
- ' — — à bogie du North Staffordshire. FJ.
- 21 Août, 187.
- — 4 cylindres compound Elat danois. EL.
- 18 Sept., 293.
- — Express modernes (Dumoulin). E'. 28 Août, 209.
- — 4 couplées South Eastern and Cha-
- tham. E'. 4 Sept., 243.
- — type « Pacific » de l’Ouest français.
- BCC. Sept., 1032; Pm. Sept., 130, Rgc. Sept., 149. État badois (id.), 215.
- — (Puissance des) en fonction de leurs
- principales dimensions et de la vitesse (Frank). BCC. Août, 913.
- — Surchauffeur Churchward. BCC. Août, 1007.
- — — Schvvartzkopff. VDI. 15-22-29 Août,
- 1301, 1353, 1386.
- — — application des hautes surchauffes
- (Garde). BCC. Sept., 1038.
- — Tubes. Nettoyeur Henschel. E. 4 Sept., 305.
- — Chargeur mécanique Hayden. Rgc. Août, 125.
- Résistance des trains (Carus Wilson). BCC. Août, 909.
- Signaux de pleine voie employés en Grande-Bretagne (Wilson). BCC. Août, 951.
- — à la station centrale de Glasgow. E'. 11
- Sept., 266. D’entrée de gare en Aile-
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- 125?
- magne (Forderrenther). BCC. Oct., 1240.
- Signaux à manœuvre par transmissions funiculaires dans des tuyaux remplis d’huile (Dufour). BCC. Sept., 1032. Station d’Egmore à Madras. E'. 9 Nov., 370. Voie. Joint à rail auxiliaire et usure des traverses (Barschall). BCC. Août, 903.
- — Traverses en acier moulé Leahy. BCC.
- Oct., 1251.
- — Contacts et coefficient de frottement
- entre la roue et le rail (Fowler). La roue de wagon et sa relation avec le rail (Bush). BCC. Oct., 1198, 1212, 1220.
- — Semelles élastiques intercalées entre les différents éléments de la voiè. Résultats (Muller). BCC. Oct., 1237.
- — Entretien des voies dans les courbes (Henbach). BCC. Sept., 1090.
- — Rails nouveaux du Pennsylvania et du
- Can^dian Pacific. BCC. Août, 999-1005.
- Voitures nouvelles de l’Orléans. Tige. Août, 80.
- — Ventilation et chauffage (Thompson). BCC. Sept., 1099.
- Wagon frigorifique de la Société française des wagons aérothermiques. Gc. 3 Oct., 384.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles. Grand prix de 1908. Gc. 18 Juillet, 193.
- — (Industrie des) en Amérique. LaNaturc.
- 8 Août, 154.
- — pour l’armée. E. 24 Juillet, 111, 116.
- — — Charrue automobile militaire Ries-
- ter pour le défoncement des tranchées. Gc. 8 Août, 254.
- — Emploi du benzol (Guibel). IC. Mai, 799.
- — Concours des 2 000 miles. E. 14 Août, 216.
- — Courses de vitesses. Technique automobile. 15 Août, 113.
- — Fiacres automobiles à Paris. Va. 1er Août, 487.
- — Camion à vapeur des Saint-Pancras Ironworks. E1. 9 Oct., 386.
- — Autobus. Son avenir. Va. 18-25 Juillet, Tome 110. — Octobre 1908.
- 462, 478. de Londres. Va. 22 Août,. 538.
- Automobiles. Électrobus sans rails (Fox). E.. 18 Sept., 391.
- — électriques (calcul des) (Àctken). AMa.-
- 1er Août, 86.
- — à pétrole. Siddelay. E. 28 Août, 267-
- (Moteurs des) (Warsehauer). ZaC. 17 Juillet, 1537.
- — — Essais de moteurs à l’Automobile
- Club d’Écosse. E. 31 Juillet, 134.
- — — Fabrication et fonctionnement. E..
- 28 Août, 262.
- — — Cames (les) (Delage). Va. 22 Août,
- 529.
- — — Mise en train automatique Saurer.
- Gc. 1er Août, 216. Renault. Va. 15 Août, 518.
- — — Vitesses des pistons. Technique au-
- tomobile. 15 Août, 117.
- — Freinage et mise en vitesse (Ilavigneux)-Technique automobile. 15 Sept., 149,
- — Pontarrière Vigneaux. Va. 22 Août, 540. — Bandages en caoutchouc plein pour automobiles industriels (Girardault). Gc. 25 Juillet, 216, ler-8-15 Août, 244,, 251,274.
- — Pneumatiques Michelin pour poids lourds. IC. Avril, 521.
- — — à cordes. Va. 12-19 Sept., 577, 578-— Jantes amovibles Éclair. Gc. 19 Sept.,.
- 356.
- — — Gonfleur Gypta. Va. 3 Oct., 630.
- — Roue à double enrayage Boulanger. Gc..
- 8 Août, 261.
- Motocyclettes diverses. Dp. 18-25 Juillet, 460-, 475, 1er Août, 491.
- — Usure et entretien des automobiles-(Royce). E. 18 Sept., 394.
- — Suspension (Patois) Bans. Août, 881-Granieri. Va. 26 Sept., 615. Tramways à vapeur. Va. 25 Juillet, 472.
- — électriques de Marseille. lie. 15 Oct.,
- 277. Construction des lignes aériennes en chaînette (Lyford). ACE. Aoûty 540.
- — — Appareils de protection contre leur
- rupture. Gc. 5 Sept., 321.
- — Frein de secours Pringhe. LE. 25 Juillet, 122.
- — — de tramways (Les). le. 10-25 Août~
- 341-376. Freud. E'. 2 Oct., 361-.82
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908.
- 1258
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides. Phospliorique (Giran). ACP. Août, . 565.
- — sulfurique. Remplacement des pyrites
- par le minerai de soufre de Sicile dans sa fabrication. Gc. 19 Sept., 354.
- — — Action de la lumière sur sa forma-
- tion (Goehn). Ms. Oct., 670.
- — — Oxydes d’azote et procédé des
- chambres de plomb (Lunge et Berl. (ici.), 672.
- — formique. Sa recherche dans les ali-
- ments (Woodman et Burrell). Technology Quarterly. Mars, 1.
- Alcool. Décomposition sous l’influence catalytique de la braise (Lemoine). Cs. 5 Oct., 935.
- — dénaturé industriel (Herrick). Tech-
- nology Quarterly. Mars, 4.
- — primaires. Action des oxydes métal-
- liques (Sabatier et Mailhe). CR. 13 Juillet, 106.
- — de la série aromatique, préparation
- synthétique (Guerbet). Cs. 5 Oct., 942.
- Ammoniaque. Vapeurs d’ — (Mollier). VDI. 15 Août, 1315.
- — Préparation par l’air atmosphérique et la tourbe (Woltereck). CA. 2 Oct., 163.
- Amidon, propriétés colloïdales (Fouard). ScF. 20 Juillet, 836.
- Analogie (1’) dans les phénomènes de la physique (Northrup). Fi. Juillet, 1.
- Air atmosphérique. Analyse de ses gaz non liquéfiables dans l’air liquide (Bordas et Touplain). CR. 5 Oct., 591. — Ses gaz inertes et leur dérivation de l’émanation des corps radio-actifs (Ramsay). Ms. Oct., 641.
- — Spectre des constituants légers (H. E.
- Watson). RSL. 27 Août, 181.
- — Constituants lourds (R. B. Moore), (ici.), 195.
- Amines racémiques. Dédoublement par les acides camphoramiques (Freylon). ACP. Sept., 141.
- Atome. Sa structure (Oliver Lodge). Cs. 31 Juillet, 731.
- Beurres. Recherche de l’acide benzoïque (Halphen). PC. ietSept., 20R
- Brasserie. Divers. Cs. 15 Août, 823; 13-30 Sept., 912-953.
- — Bénéfices bruts (Maynard). IoB. Août, 522.
- — Le maltage (Ling). IoB. Août, 494. Briquettes de charbon. Leurs agglutinants (Hills). Cs. 15 Sept., 887.
- Cacao et chocolat. Examen microscopique des poudres de (Collin). PC. 1er Oct., 295. Camphres. Chimie des—. Progrès (Rochussen). ZaC. 17 Juillet, 1 507.
- — Acides ou camphoramiques (Freylon). ACP. Oct., 278.
- Caoutchoucs. Divers. Cs. 30 Sept.., 960. Capillarité. Théorie (Wittaker). RSL. 31 Juillet, 21.
- Carbures de calcium. Action sur les acétones (Bodroux et Tabourg). ScF. 20 Juillet,
- . 829.
- — Fabrication (Rosenthal).EE.29 Août,263. Celluloïde et viscoses. État actuel de leur industrie (Beltzer). Ms. Oct., 648-659. Celluloses (Constantes des). Dosage de l’eau d’hydratation. MC. 1er Oct., 297-298. Céramique moderne. Ses débuts (Franchet). Revue Scientifique. 1er Août, 129.
- — Outillage moderne (Benfey). Dp. 19 Sept., 602.
- Céruse. Procédé Bisc.hof. Ms. Oct., 665.
- Chaleur de combinaison des oxydes acidiques avec l’oxyde de sodium et chaleur d’oxydation du chrome (Mixter). American Journalof Science. Août, 125. Chaleurs de formation des protoxydes alcalins (Rengade). ACP. Août, 539.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 31 Juillet, 751 ; 15 Sept., 900.
- — Four Perpignani Candlot. Le Ciment.
- Juillet, 99.
- Chloroiridates et chloroiridites alcalins (Delé-pine). ScF. 20 Août, 901.
- Cobalt. Action du chlorure d’arsenic et de l’arsenic (Ducelllier). CR. 24 Août, 424.
- — Composé volatil du (Mond. Hirtz et
- Cowap). CN. 2 Oct., 165.
- Colloïdes. Soufre colloïdal (Raffo). Cs. 31 Juillet, 747.
- — Influence des colloïdes sur la solubilité
- de l’acide carbonique dans l’eau (Findlay). CN. 2 Oct., 163.
- — Chimie colloïdale (Procter). CN. 25
- Sept., 152, 2-9 Oct., 167, 175.
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- i 259
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908.
- Combustibles, leur avenir (Lewe's). SA. 17-24-31 Juillet, 820, 833, 847; 7 Août; 861.
- Cristallisation, formes de — et constitution chimique des dérivés picriques (Jérusalem et Pope). CN. 21 Août, 88.
- Cyanàmides. Aromatiques monoatomiques. (Pierron). ACP. Oct., 143.
- — par fixation de l’azote atmosphérique.
- Nature. 23 Juillet, 273.
- Décomposition de certains minerais et produits industriels par le peroxyde de so dium et les sulfures métalliques (Waltou et Scholz). CN. 7-14 Août, 61, 76.
- Densités des gaz (Guye). CN. 31 Juillet, 53.
- Dissociation de l'ammoniaque et de l’oxyde de carbone : température de (Wolte-reck). CR. 31 Août, 460.
- Dissolutions aqueuses. Hydrolyse. Hydronation comme déterminants des propriétés des dissolutions (Armstrong et Wheeler). RSL. 11 Août, 95.
- — Influence des sels sur l’hydrolyse et détermination des valeurs d’hydratation (Armstrong et Crockers). (ici.), 102.
- — Changements produits par l’interférence mntuelle du sucre de canne et d’autres substances en dissolution (Caldwell et Whymper). (id.) 117.
- Distillation dans le vide des liquides fermentés (Girard-Truchon et Laroche). Ms. Août, 497.
- — Appareils évapor atoires à vapeur(Nagel).
- Electrochemical. Août, 334.
- Déshydratation catalytique des composés organiques (Senderens). ScF. 20 Juillet, 823.
- Eau oxygénée. Dosage dans les tissus (Scheu-rer et Vernet). SiM. Avril, 187. Et bioxyde de magnésium obtenus par la réaction du bioxyde de sodium sur le sulfate de magnésium, (ici.), 184.
- Égouts. Épuration des eaux (Rolants). Revue Scientifique. 25 Juillet, 104.
- — Rapport de la commission royale. E.
- 11-18 Sept., 348, 384. E1. 25 Sept,, 323, 325; 2-9 Oct., 342, 368.
- Essences et parfums. Divers. Cs. 15-30 Sept., 917, 956.
- — Purification des éthers et influence des agentscatalytiquessur leur formation (Phelps Tillotson et Eddy). American
- Journal of Science, Sept., 253, 296.
- Essences et parfums. Citronnelle : culture et préparation à Malacca (Carie). Pc. 1er Août, 117.
- Evaporation. Théorie et pratique de P (Sad-ter). Fi. Oct., 291.
- Explosifs. Addition de charbon aux poudres à base de mtrocellulose et de nitroglycérine (Monne). Ms. Août, 536.
- — Utilisation des sels de l’acidb azothy-drique comme explosifs (Darapsky). (ici), 539.
- — Recherche du mercure dans les explosifs (Hargreaves et Groves) (ici.), 544.
- — Confection des charges explosives à hase de trinitroluène (Escales) (id.), 545.
- — Bureau des explosifs des États-Unis, BCC. Août, 972.
- — (Transport des) aux États-Unis. Règle-
- ments. Cs. 15 Août, 919.
- — Rapport des inspecteurs du gouvernement anglais pour 1707. Cs. 30 Sept.. 959.
- Fermentation alcoolique (Facteurs influençant la) (Slator). CN. 9 Oct., 175.
- Fers et aciers. Corrosion. Cs. 30 Sept., 941.
- Formation clés composés dans les solutions d’acide tartrique et de molybdate de sodium (Quinet). CR. 20 Juillet, 203.
- Gaz inactifs : nouveaux éléments (Ramsay).
- . RSL. 27 Août, 178.
- Gaz d’éclairage. Procédés de distillation nouveaux (Marquisan). IC. Avril, 573.
- — — Progrès dans sa fabrication
- (Holgate). E. 18 Sept., 365.
- — — Cornues inclinées et manuten-
- tion du coke à Bristol (Stagg).
- E. 31 Juillet, 154.
- — — Cornues verticales en Allemagne.
- Cs. 31 Juillet, 740.
- Gaz à l’eau (Le) (Lemaître). Ru. Juillet, 1.
- Gaz dangereux. Déceleur électrique Heinrick. EU. 26 Sept., 203.
- Gélatine. Insolubilisation par la formaldéhyde (Lumière et Seyewetz). RCp. 30 Août, 295.
- Glace. Sa viscosité (Deeley). RSL. 11 Sept., 250.
- Graisses diverses. Cs. 15 Août, 819; 15 Sept., 906.
- .Hélium dans les minéraux salins et sa liaison
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-
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-
- 1260
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- probable avec le potassium (Strutt). RSL. U Sept., 278.
- Hélium. Extraction du radium (Dewar). (kl.) 280 (Ramsay). CN. 10 Oct., 188.
- — Propriétés optiques de l’hélium élec-
- trisé (Nutling). BoS. Mai, 511.
- — Liquéfaction (Onnes). CN. 24 Juillet,
- 37; CR. 24 Août, 421; E. 28 Août, 261.
- Huile de sésame. Réactions colorées avec les aldéhydes aromatiques et divers sucres (Freig). Cs. 5 Oct., 984, 992. Hydrocarbures. Décomposition thermique (Bone et Coward). Cs. 15 Sept., 886. Hydrogène pur : fabrication par la décomposition de l’eau au moyen de l’aluminium (Mauricheau Beaupré). CR. 3 Août, 310.
- Hydrogène sulfuré. Action sur les dissolutions alcalines de sels de zinc (Maclay). CN. 24 Juillet, 40.
- Isomérisme dynamique. CN. 23 Sept., 133. Laboratoire (Appareils de) (Green). CN. 31 Juillet, 49.
- — Appareils volumétriques en verre.
- (Essais des) (Osborne et Veary). BoS. Mai, 563.
- — iodométrie, acidimétrie et alcalimé-
- trie : comparaison des acides succi-niques, arsénieux et du chlorure d’argent comme étalons (Phelps etWeed). American Journal of Science. Août, 143-138.
- — Indications quantitatives fournies par les spectres de dissociation. Argent. CR. 3 Août, 307.
- — Réactions microchimiques de l’arsenic applicables en médecine légale (De-nigès). CR. 5 Oct., 596.
- — Réfrigérant aspirateur. Vigreux. ScF. 5 Août, 855, 858.
- — Dispositifs pour la volumétrie gazeuse à chaud (De Saporta). RCp. 13 Sept., 351.
- — Analyse qualitative des éléments communs. Groupe du fer et de l’aluminium. Berylium. Uranium. Vanadium. Titane. Zircone. Thallium (Noyés. Bray. Spear). Technology Quarterly. Mars, 14-126. CN. 24, 31 Juillet ; 41-55.7, 14, 28 Août, 71-80-107; 9 Oct., 181
- Laboratoire. Analyse d’une solution contenant un mélange de sulfures, sul-fhydrates, polysulfures et hypo-sulfîtes (Dliuique Mayer). RCp. 26 Juillet, 273.
- — — du beurre de cacao (Hapfen). PC.
- 16 Oct., 348.
- — — physico-chimique des vins (Dutoit
- et Duboux). CR. 13 Juillet, 134.
- — — thermique. Méthode d’obtention des
- courbes de refroidissement (Bur-gess). Electrochemical. Sept., 366.
- — — volumétrique. Emploi de l’hydro-
- sulfite de soude (Bollenbach). Ms. Oct., 692.
- — — physico-cliimique des vins (Dutoit
- et Duboux). CR. 10 Août, 351.
- — — des ferrocyanures (Colman). Cs. 15
- Août, 806.
- — — des bronzes (Dinam). Ms. Sept.,
- 690.
- — — des matières tannantes (Procter
- et Bennett). Ms. Sept., 690, 918., 623. •
- — — du peroxyde de sodium (Lescher).
- Ms. Sept. 628.
- — — Nouvelles méthodes d’analyse ap-
- pliquées à l’affinage électrolytique du cuivre (Kock). RdM. Sept., 653.
- — — électrolytique. Séparation rapide
- des métaux(Sand). CN.2 Oct., 163.
- — — «.des objets en ébonite (Thaï). Ms. Oct., 695.
- — Dosage du nickel par le molyhdate d’ammonium (Grossmann). ScF. 20 Août, 894. et du chrome dans l’acier (Campbell et Arthur). CN. 24 Juillet, 38. Nouvelle méthode. Séparation du fer, de l’aluminium, du zinc et» du cobalt (Grossman et Schuck). RdM. Sept., 649. Ms. Oc., 698.
- — — de l’ammoniaque urinaire. (Ron-
- chise). ScF. 29 Juillet, 840.
- — — iodométrique de l’acide urique
- (Repiton). SCp. 26 Juillet, 285.
- — — du graphite (Browne). CN. 31 Juil-
- let, 51.
- — — du plomb dans ses mattes et mi-
- nerais (Ericson). Eam. 25 Juillet, 178.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Laboratoire. Dosage de l’azote dans le fer et l’acier (de Osa). IidM. Août, 493.
- — — de l’acide succinique dans les vins
- et liqueurs fermentées en présence d’acides frais (Pozzi Escot). CR, 10 Oct., 600.
- — — des sels mercuriques en solution
- aqneuse(Liversedge). Pc. 1 erAoût,
- 119.
- — — du beurre, des huiles de coco et
- de palme dans le beurre de cacao (Strube). (if/.) 123.
- — — de l’airelle dans les vins rouges
- (Plahl). (ici.) 124.
- — — des acides fixes et volatils dans les
- vins (Pozzi Escot). CR. 27 Juillet, 245.
- — — de l’ozone, du bioxyde d’azote et
- de l’eau oxygénée dans les mélanges gazeux (Keiser et Mac Master). CN. 7 Août, 65.
- — — du vanadium, molybdène, chrome,
- dans l’acier (Campbell, Wood-hans, Bell). Cs. 15 Sept., 902.
- — — quantitatif des émanations du
- radium dans l’atmosphère (Ash-man). American Journal of Science. Avril, 119.
- — — de petites quantités de barium dans
- les roches (Langley) (ici,), 123.
- — — des phénols. Procédé Messinger et
- Wortman. PC. 16 Août, 145.
- — — de l’azote. Modification de la mé-
- thode de Kjeldahl (Hepburn). Fi. Août, 81.
- — — delapotasse dans les solsparlamé-
- thode cobalt-nitrite (Drushel). American Journal of Science. Oct., 329.
- — — du plomb dans les minerais (Low).
- CN. 28 Août, 105.
- — — du manganèse. Séparation' du fer
- (R. Moore et I. Miller). CN. 28 Août, 105.
- — — des acides chromique et vanadique
- en présence l’un de l’autre (Edgar). American Journal o'f Science. Oct., 333.
- — — polarimétrique du sucrose (Watts
- et Tempaug). Ms. Sept., 611.
- — — du cuivre dans les métaux précieux.
- Emploi de l’acétylène ((Erdmann
- --- OCTOBRE 1908. 1261
- et Makowa). RdM. Sept., 650. Laboratoire du fer dans les minerais.Titration par le procédé Reinhardt. In-iluence des métaux étrangers (Kinder). RdM. Sept., 652.
- — — des acides minéraux libres dans
- les vins rouges (Astre). ScF. 20 Août, 928.
- Lithium dans les minerais radio-actifs (Hart-ley). CN. 25 Sept., 151.
- Matières plastiques. Caoutchouc. Cuirs artificiels (Beltzer). Ms. Août, 529. Mouvement brownien et pression osmotique (Duclaux). CR. 13 Juillet, 131.
- — et loi de Stokes (Perrin). CR. 7 Sept.,
- 475.
- — Son origine (Perrin). CR. 21 Sept., 530. Nickel. Action du trichlorure d’arsenic (Vigou-
- roux). CR. 24 Août, 428.
- Nipponium. Élément nouveau découvert dans la thoranite (Ogawa). Cs. 31 Juillet, 753.
- Ordures ménagères. Évacuation et utilisation (Berges). Gc. 26 Sept., 369.
- Optique. Spectres des Ilammes de calcium (Hemsalech et Wal te ville). CR. 20 Juillet, 188.
- — Variations des franges des photochro-
- mies du spectre (Rothé). (ici.) 190.
- — Biréfringence magnétique etélectrique de la nitrobenzine : variation avec la longueur d’onde (Cotton et Mouton). CR. 20 Juillet, 193.
- — Microscope d’atelier Stead. E. 2 Oct., 452, 456.
- — Aberration des lentilles obliques et leur adaptation aux télescopes de grossissement inégal dans des directions perpendiculaires (Lord Rayleigh). RSL. 30 Juillet, 26.
- — Constantes optiques du gypse à diffé-
- rentes températures et les expériences de Mitscherlich (Tutton). RSL. 30 Juillet, 40.
- — Spectre ultra-violet du silicium (de Gramont et de Watteville). CR. 27 Juillet, 242.
- — Détermination du pouvoir rotatoire optique (Coldwel et Whymper). RSL. 11 Août, 112.
- — Propriétés électro-optiques des liqueurs mixtes (Chaudier). ACP. Sept., 67.
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- OCTOBRE 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Optique. Télescopes à mouvement d’horlogerie (Grub). E. 18 Sept., 370. Oxalate de plomb. Décomposition par les solutions salines (Cantone etMauri). CN. 5 Oct., 929.
- Papiers. Examen microscopique (Collin). Revue Scientifique, 22 Août, 225. Blanchiment ds la cellulose au sulfite , (Sclrwabbe). ZaC. 28 Août, 1842.
- — Divers. Cs. 15 Sept., 915.
- Permanganate de potassium comme oxydant (Michael). Ms. Août, 558.
- Pétrole et ses emplois (Redwood). Cs. 15 Août, 779. Formation (Engler). ZaC. 24 Juillet, 1585.
- — Divers. Cs. 30 Sept., 932.
- Photographie des couleurs (Jaubert). RCp. 26 Juillet, 275. (Carpentier). IC. Juin, 962. Pellicules ininflammables pour cinématographe! ZaC. 14 Août, 1729. — Emploi de l’hyposulfite d’ammoniaque pour le fixage des plaques et papiers photographiques (Lumière et Sege-wetz). RCp., 30 Août, 300.
- — (Revue de) (Granger). Ms. Août, 504. Phosphore dissous (Transformations du) (Col-
- son). ACP. Août, 554.
- Potassium (Sulfates acides de) (Azzalier). CR. 13 Juillet, 129.
- Poids atomiques (Absence de rapports exacts entre les) et l’indeslructibilité de la matière (Comstock). CN. 9 Oct., 178.
- — des acides phosphoriques (Gizan). ACP.
- Août, 565.
- — du plomb (Baxter et Wilson). CN. 7-14
- Août, 64, 78.
- — du chlore (E. C. Edgar). RSL. 27 Août,
- 216.
- — (Rapport du comité des). CN. 16 Oct.,
- 192.
- Radio-activité (La) (Markwald). Ms. Sept., 569, 587.
- — Le grissonaleur et son emploi en ra-
- diographie. LE. 25 Juillet, 113.
- — Spectre de l’émission du radium (Ca-
- meron et Rainsay). RSL. 27 Août,
- 210.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15 Août, 819; 15-30 Sept., 908, 949.
- Acide arsenique dextrogyre (Schkate-’off). Ms. Août, 548.
- Résines et vernis. Résines de scammonée.
- Analyse (Guigues). ScF. 5 Août, 872. — Essence de térébenthine américaine (Expériences sur F) (Long), [id.) 548,. 553.
- — Gommes ammoniaques du Maroc et de la Cyrénaïque (Stapf). PC. 1er Août, 118.
- Série aromatique (Composés sulfurés et sélé-niés dans la) (Taboury). ACP. Sept.,5. Soies artificielles Dérivées des solutions cu-pro-ammoniacales. État actuel de l’industrie (Chaplet). RCp. 30 Août, 289.
- — (Sthénosage des) (Eschalier). MC.
- 1er Sept., 249.
- Soude (Carbonate de). Réaction nouvelle pour sa production (Crispo). Ms. Oct., 690.
- Soufre. Colloïdal (Raffo). Cs. 31 Juillet, 747.
- — Hydrogène bisulfure et trisulfuré (Hohn). Cs. 31 Juillet, 748.
- Spartéine (La) (Mouren et Valeur). PC. 16 Sept.., 241 ; 16 Oct., 347.
- Strontiane et baryte (Hydrates de) (de For-crand). CR. 20 Juillet, 165.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15 Août, 821 ; 15-30 Sept., 912, 951.
- — Procédés nouveaux (Staft). Dp. 10 Oct.., 648.
- — Nouveau sucre cristallisé, le perseulose
- à 7 atomes de carbone (Bertrand). CR. 20 Juillet, 201. •
- — Moulin à cannes à 11 cylindres Fletcher.
- E. 14 Août, 209.
- — (Usines de) (Dawson). E'. 21-28 Août,
- 203, 229.
- Sulfate cV ammoniaque et gaz : extraction de la tourbe. ZaC. 24 Juillet, 1597. Tannerie. Divers. Cs. 15 Août, 820; 15 Sept., 909.
- — Tannage au chrome. État actuel (Abt).
- Ms. Oct., 663.
- — Préservation, désinfection et soin des
- peaux (Seymour Jones). Cs. 15 Sept., 909.
- — Analyse des matières tannantes (Proc-
- ter et Bennett). Ms. Sept., 618, 623. Teinturerie. Divers. Cs. 31 Juillet, 743. MC; ler-15 Août, 241, 799; 15-30 Sept., 891, 895, 935, 937; MC. 1er Oct., 292, 363.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908. 1263
- Teinturerie. Matières colorantes nouvelles (Reverdin). MS. Sept. 588.
- — Teinture de la laine. Action des corps susceptibles, par vaporisage, d’augmenter les capacités tinctoriales de la laine (Pokorny). SiM. Avril, 184.
- — Apprêts soyeux du colon (Cbaplet). llCp. 13 Sept., 314.
- — Production de réserves blanches ou colorées sur noir d’aniline et rouge de paranitraniline (Kœrngsberg). SiM. Avril, 182.
- — Résolution mathématique des gammes et ombres (Saget). lt. 15 Oct., 391.
- — . Emploi du chromate de potasse dans la
- iixation des mordants de fer (De-pierre). (id.) 197. .
- — Absorption des colorants acides et du tannin par la soie (Sisley). ScF. 20 Août, 919.
- — Analyse physique des couleurs (Kallab). ZAc. 31 Juillet, 1637.
- — Vaporisage. Aéromètre pour la détermination de l’air dans les cuves de (Scheurer). SiM. Avril, 201.
- — Détermination de l’air et de la vapeur d’eau en présence dans les fixages à haute température, (kl.), 204.
- — Teinture au chromate de plomb. Proposition de loi-pour l’interdire. MC. 1er Oct., 281.
- — Indigo (Question de 1’). Nature, 30 Juillet, 296.
- — Rongeant diazo sur teintures ron-geables au chlorate prussiate. SiM. Juillet, 241.
- — Absorption des colorants acides et du tannin par la soie (Sisley). MC. 1er Août, 225.
- — Noir d’aniline sur les fibres et les tissus. Procédé de production Green, (id.) 228.
- — Bleu foncé par combinaison de naph-tindone et d’alizarine (Justin Muel-ler (id.), 230.
- — Solidité des colorants à la lumière. Re-
- cherches (Bolis). MC. 1er Oct., 289.
- — Couleurs nouvelles. MC. 1er Août, 231;
- 1er Sept., 268.
- Teinturerie. Draps d’uniforme. (Couleurs et teintures pour). MC. 1er Août, 234.
- Teinturerie. Analyse du coton teint. Recherche du colorant (Capron). MC. 1er Sept., 251.
- — Noir d’aniline (Produit secondaire violet, rouge, formé dans la teinture en). MG. 1er Sept. 272.
- — Paille (Effets à deux couleurs sur la).
- (Pearson). MC. 1er Sept., 274.
- — Photochimie des teintures (Strobe). Cs. 15 Sept.. 892.
- — Jaunes monoazoïques nouveaux de la série du pyrazolone. MC. 1er Sept., 279.
- Tellure. Essai des minerais de (Borrowan) CN. 9 Oct., 180.
- Tétrachlorure de carbone. Fabrication électrochimique (Cote). Ms. Oct., 677. Thermométrie. Corrections des couples thermoélectriques (Offerhaus et Fischer). Electrochemical. Sept., 362.
- Thermite. Nouvelles réactions. Golclsmith.
- Electrochemical. Sept., 360.
- Tube de Pitot. Applications (Bosset). Pm. Juillet, 106 ; Août, 126.
- Tungstène. Séparation de la silice et de l’acide tungstique (Defacqz). ScF. 20 Août, 892.
- Titane. lodure Til2 (Defacqz et Copaux). ScF. 20'Août, 899.
- Vanadium. Réduction de l’acide vanadique par l’ioclure de potassium en présence des acides acétique et chlorhydrique (Wazynski et Mdivani). Ms. Août, 527. Verre. Décomposition du(Mylius). Cs. 15 Sept., 899.
- — Recouvrement métallique des miroirs
- par électrolyse (Monge et Arzano). Cs. 30 Sept., 947.
- — Action de la lumière solaire sur les
- verres incolores (G ortner).CJV. 28 Août, 100.
- Volumes moléculaires (Théorie des) (Le Bas). CN. 21 Août, 85.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents du travail. E. 31 Juillet, 145. Afrique occidentale française (Travaux publics en). Ef. 3 Oct., 495.
- Allemagne. Procédés de son industrie (Cam-bon). IC: Avril. 533.
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- 1264
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- Allemagne. Commerce extérieur et colonial. Ef. 19 Sept., 413.
- — Coût de la vie. Ef. 23 Juillet, 124.
- — Syndicat de l’acier. E1, 21 Août, 193.
- ..Angleterre. Commerce extérieur du 1er semestre, 1908. Ef. 8 Août, 200.
- — L’ouvrier anglais. Le « I.abour Party » (Bardoux). Musée social. Août.
- — Banques en 1907. SI-,. Août, 190.
- — Congrès des Trade-Unions. E. 18 Sept., 381.
- Apprentissage (Bourses municipales d’) de la ville de Bordeaux (Vovard). Rso. 1er Oct., 431.
- Argent et le faux monnayage en Espagne. Ef. 10 Oct., 521.
- Argentine moderne. Relations commerciales avec la Belgique (Lambo tle). Ru. A oût, 131.
- Assurances sur la vie. Compagnies françaises en 1907. Ef. 23 Juillet, 131.
- — contre les risques de transport par
- eau et par terre. SiM. Avril, 143 -173. Australie. Situation économique ' et sociale. Ef. 19 Sept., 424.
- Belgique. Population depuis 1873 (Van der Smissen). üso. 1er Oct., 389.
- Brésil et la valorisation du café. Ef. 1er Août, 161.
- Brevets. Nouvelle loi anglaise. E. 4 Sept., 247. Chine. Commerce extérieur en 1907. SL. Juillet, 101 ; Ef. 12 Sept., 377.
- — Dette extérieure, (id.) 108.
- Congo (État indépendant du). Sa transformation. Ef. 22 Août, 269.
- Contrat collectif en Allemagne et en Italie. Ef. 1er Août, 163.
- Enseignement économique et social dans les écoles techniques. Ef. 18 Juillet, 88-7. Gc. 18 Juillet, 202.
- — Les écoles techniques à l’exposition franco-anglaise (Horner).E. 31 Juillet, 127; 7-14 Août, 182, 198.
- — technique aux États-Unis. E1. 7 Août,
- 144, et universités en France (H. Le Chatelier). IldM. Oct., 791.
- États-Unis. Commerce extérieur, 1907-1908. Ef. 13-29 Août, 237, 309.
- — Loi sur la circulation fiduciaire. SL. Août, 218.
- France. Caisses d’épargne ordinaires. Opérations en 1906. Ef. 26 Sept., 437.
- France. (Chômage en) de 1900 à .1907. Ef. U* Août, 171.
- — Colonies. Expansion et commerce en
- 1907. Ef. 18 Juillet, 86.
- — Région lyonnaise. Industrie. Ef.
- 12 Sept., 373.
- — Crise du travail. E'. 31 Juillet, 121.
- — Excès du syndicalisme, incohérence du
- gouvernement. Ef. 8 Août, 197.
- — Alcools, production et consommation
- en 1906-1907. SL. Juillet, 14. '
- — Fonctionnarisme et dépopulation. Ef.
- 1er Août, 170.
- — Impôt sur le revenu et les bénéfices
- commerciaux et industriels. Ef.-8 Aoiit, 200.
- — Industrie minérale en France. Ef. 3 Oct.,
- 491.
- — Nomades étrangers et leurs dépréda-
- tions. Ef. 1er Août, 167.
- — Cadastre (Révision du) (Gilles Desper-
- rières). SNA. Juillet, 363.
- — Caisses de retraites des compagnies de
- chemins de fer (Lemercier). Rso: 1er Sept., 293.
- — Commerce extérieur 1er semestre 1908. Ef. 8 Août, 199.
- — Dépopulation Ef. 8 Août, 208; 3-19-
- 26 Sept., 347, 420, 439.
- — — et le divorce (H. Joly). Rso.
- 1er Août, 129.
- — — Propagande malthusienne. L’œuvre
- maçonnique de la dépopulation (Bérenger, Allais, Pierret). (id.) 161,172.
- — — Causes politiques (Lacomta). (id.)
- 224.
- — — Dépopulation d’une commune ru-
- rale (Touraud). Rso. 1er Oct., 424.
- — — Dépopulation dans la Creuse (Clé-
- ment). Rso. 1er Sept., 261.
- — — Problème de la dépopulation dans
- leconomie nationale (Schwied-land). (id.) 280.
- — — sous l’ancien régime dans les
- classes sociales (des Cilleuls). (id.) 310.
- — — Dépeuplement des campagnes (Ma-
- rin). (id.) 317.
- — Propriété rurale. Variations de sa valeur depuis 1831. Ef. 8 Août, 202 — Répression des fraudes: bières^ cidres.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- 1265
- vinaigres, liqueurs, denrées alimentaires. Décrets. SL. Aoilt, 124, 136. ^France. La Dombes, sa population et ses étangs (de Boissieu). Rso. 1er Aoilt, 191:
- — Législation sur les syndicats. Nécessité de sauvegarder l’intérêt social et les droits individuels. Ef. 13 Août, 233. — Taxe des lettres à 10 centimes. Résultats. Ef. 15 Août, 243.
- — Congrès colonial français de Paris.
- Juin 1907. Im. 1908 (N° 4), 5.
- — Conseils consultatifs du travail. Ef.
- 13 Août, 212.
- — Constructions navales (Durée des) en France. Ef. 22 Août, 278.
- — Métallurgie en 1907. Ef. 22 Août, 272. — Rachat de l’Ouest (Loi du). SL. Juillet, 1.
- — Application des lois ouvrières. Ef. 19 Sept., 418.
- — Tarif protecteur pour les machines-outils françaises. AMa. 26 Sept., 374. — Valeur locative du sol d’après les baux des hospices. Ef. 25 Sept., 437.
- — Repos hebdomadaire (Loi sur le) et inspection du travail. Ef. 3 Oct., 493, Grèves et sabotage. Ef. 25 Juillet, 120, 123. Habitations ouvrières. Législation italienne (Beaujean). Rso. 1er Aoilt, 141.
- — à bon marché en 1907. Ef. 29 Aoilt,
- 307; 5 Sept., 343; SNA. Juillet, 330. Japon. (Ateliers et main-d’œuvre au) (Kawara). EM. Août, 752.
- — Situation économique. Ef. 26 Sept., 453 ; 3 Oct., 489.
- — (Marine du). E. 14-21 Août, 199, 234. Ligues sociales d’acheteurs. Congrès de Genève;
- travail à domicile. Ef. 3 Oct., 485. Maroc. Situation et conduite à tenir par la France. Ef. 29 Août, 305.
- Paix monétaire. Ef. 22 Août, 212.
- Paris (Port de). Ef. 15 Août, 233.
- — (Espaces libres à). Musée social. Juillet. Parlementarisme. Sa dégénérescence. Ef.
- 18 Juillet, 81.
- Prix (Mouvement des) depuis cinquante ans. Ef. 26 Sept., 449.
- Russie (Banques de commerce en). Ef. 12 Sept., 379.
- — Peuplades primitives et l’alcool (Sliar-
- runky). Rso. 1er Oct., 405.
- Russie. Budgets 1907-1908. SL, Août, 207, 214. Saisie-arrêt des salaires et petits traitements, Ef. 8 Août, 205.
- Salaires et main-d’œuvre en Allemagne et en Angleterre. E. 14 Août, 213. Statistique mathématique en Angleterre. Loi d’erreur d’Edgeworth (Francken et Maliain). Ru. Juin, 219.
- Transvaal (Les Chinois au) (Lane Carter, 2). AIM. Sept., 653.
- Turquie. Sa transformation. Ef. 5-12 Sept., 341,373.
- Uruguay. Son commerce. Ef. 26 Sept., 3 Oct., 497.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Campanile de Saint-Marc. E'. 18 Sept., 285. Chauffage et Ventilation des écoles.
- Power. 4 Août, 185; Ri. 29 Août, 350.
- — Chauffage à l’air chaud d’un dortoir à trois étages. Ri. 18 Juillet, 288.
- — — d’une maison sans cave. Ri. 15 Août,
- 329; 10 Oct., 410.
- — — Drummond. (kl.) 26 Sept., 389.
- — Chauffage et ventilation par l’électricité. Ri. 18 Juillet, 290.
- — Chauffage à eau chaude à niveau et à
- circulation accélérée(Danthonay).IC. Mai, 11 G.
- — — avec force motrice. Power. 23 Août,
- 305; 1« Sept., 354.
- — Chauffage des appartements particuliers
- (Rivoalen). Ac. Juillet, 110; Août,
- 122.
- — — de l’Académie de musique de
- New-York. Ri. 29 Août, 348 ; 26 Sept., 388.
- — Chauffage par chaleur perdue des mo-
- teurs à gaz. Power. 4 Août, 177.
- — Radiateurs. Coefficient de transmission.
- Ri. 10 Oct., 408.
- — Ventilation à fermeture automatique
- Thompson. Ri. 15 Août, 330.
- Ciment. Emploi et abus (Sisley). Fi. Août,
- 131.
- Ciment armé (Atelier en) au Canada. EL 9 Oct., 367.
- — Réservoir de 50000 mètres cubes à
- Mexico. Gc. 18 Juillet, 205.
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-
- 1266
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- Ciment armé. Accidents inopinés. Le Ciment. Sept., 143.
- — (Tubes en). (Machine Siegwart à dresser
- les). E. 31 Juillet, 151.
- — Économie du ciment armé (Faber). E. 7-14 Août, 163, 197.
- Colonnes (Sphingomètre Smith pour mesurer le fléchissement des). E'. 14 Août, 158; E. 21 Août, 253.
- Couvertures en tuiles plates. Ap. 10 Sept., 341. Égouts. Chariot Codora pour leur curage automatique. Ac. Sept., 141.
- Escaliers. Armatures métalliques pour marches. Ac. Oct., 158.
- Ferme-porte automatique Paccard. Ac. Août, 125.
- Fondations (Résistance des terrains de). Ac. Sept., 142.
- — sur pilotis en ciment Simplex à la gare
- du Roi P.-L.-M. (Colomband). Rgc. Sept., 133.
- Fosse septique avec utilisation agricole. Gc. 10 Oct., 400. Fixes et mobiles. Ac. Oct., 150.
- Maçonneries. Effet des variations de température. AIC. Août, 616.
- Murs de soutènement. Théorie (Mohr). ZOI. 9 Oct., 661.
- Poutres droites (Calcul des) (Pailla). Gm. Août, 97.
- Ponts de Québec. E!. 28 Août, 221.
- — de Colesberg au Cap. Reconstruction,
- 265.
- — sur le Walney Channel, à Barrow. E.
- 24 Juillet, 95 ; 7-21 Août, 172, 231 ; E' 24-31 Juillet, 89, 111.
- — Pont de Passy pour le métropolitain.
- Gc. 25 Juillet, 209; 1er Août, 241.
- — — en béton de la Connecticut Avenue,
- Washington. Gc. 5 Sept., 313.
- — en métal armé du canal du Midi à Tou-
- louse (Pendanes). RdM. Août, 509.
- — empierres de taille Tavernier. Le Ciment,
- Juillet, 103.
- — tournant de Libau (Russie). Gc. 8 Août,
- 260; Rc. 8-15 Août, 314, 32P.
- — — de Littlebampton. E'. 14 Août, 174.
- — en acier au nickel (Waddell). ACE.
- Sept., 726-923.
- — en maçonnerie à plusieurs arches.
- (Calcul des) (Losier). Gc. 15 Août, 268.
- Ponts. Articulations dans les ponts. Le Ciment. Sept., 129.
- Pylône extensible Delagneux. Gc. 22 Août, 293. Routes. (Entretien des). ACE. Août, 661 ; Sept.„ 998.
- — Goudronnage (Vinsonneau). Va. 12-26 Sept., 588, 620.
- Tunnels du Lotschberg E. 31 Juillet, 247. Accident. VDI. 12 Sept., 1479.
- — .de Rotherhilhe sous la Tamise. Gc.
- 26 Sept., 361.
- Vestiaires, lavabos et bains pour ateliers. Gc. 5 Sept., 318.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs. Extension de leur emploi.
- Fi. Juillet, 46; EM. Sept., 843; Oct., 23. Traitement des plaques avant leur mise en service (Brown et Sayers). Re. 15 Oct., 262.
- — Application à la régulation des systèmes à courants alternatifs (Woocl-bridge). EE. 19 Sept., 362. Chargeur automatique Bouchet, fte.15 Oct., 264.
- — (les). E1. 31 Juillet, 124.
- Accidents dus à l’électricité eh Autriche et en Suisse, le. 10 Oct., 394.
- Aimants (Aciers pour) (Hannack). SuE. 26 Août, 1237.
- Bobine de résistance. Calcul de l’enroulement (Weiss). Re. 15 Oct., 271.
- Câbles de haute tension. Contact tournant pour l’essai des (Berthoud-Borel). Elé. 15 Août, 97.
- Commutatrice pour 2 000 ampères. Elé. 12 Sept., 165.
- Condensateurs en éléments électrolytiques à électrodes d’aluminium (de Modze-lewski). LE. 8 Août, 187.
- Conductibilité électrique. Particularités. (Es-card). le. 25 Août, 367.
- Distributions. En France et aux colonies au 1er janvier 1908. le. 10 Oct., 435.
- — Réseau du Sud électrique. Gc. 25 Juillet,
- 218 ; Re. 30 Sept., 220.
- — de Londres. E. 21 Août, 245.
- — delà North East-Coast (Merz). E. 29 Oct.,
- 458, 463, 490.
- — Exploitation commerciale des réseaux
- de distribution de force motrice (Wildt). lie. T5 Août, 104.
- p.1266 - vue 1280/1612
-
-
-
- OCTOBRE 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Distributions. Régulateur d’intensité constante Hugershoff. Elé. 25 Juillet, 59.
- — — Ternill, théorie (Schwarger). LE.
- 25 Juillet, 117.
- — Réglage des groupes éleclrogènes (Routin). LE. 26 Sept., 389.
- — Instructions sur le montage des installations électriques. Elé. 5-12 Sept., 153, 167.
- — Pylônes en acier Milliken pour lignes à haute tension. Gc. 8 Août., 258.
- — Calcul des réseaux de distribution. Centres de répartition (Churchod).^ LE. 29 Août, 259; 26 Sept., 387.
- — Canalisations électriques. Dangers et précautions à prendre, le. 10 Août, 347.
- — Tableau des Barrow Steel Works (Yerity). E. 21 Août, 240.
- — Transmission à haute tension de la vallée d’Urf. Re. 15 Août, 96.
- — Lignes de haute tension en fil de fer galvanisé. le. 25 Août, 365.
- —t . Distribution.de Marseille. Elé. 22 Août, 113; 12-19 Sept., 161, 177.
- — du réseau méditerranéen (Brilinsky).
- Re. 30 Août, 126-156.
- — Socles métalliques pour poteaux en
- bois. le. 25 Août, 372.
- — Cahier des charges type pour la conces-
- sion d’une distribution publique pour l’Etat français. Décret du 20 août 1908. Re. 15 Sept., 201. Dynamos à courants continus, sans décalage (Voisin). Elé. 25 Juillet, 52.
- — monophasés. Développement moderne.
- LE. 25 Juillet, 119.
- — Thermomètres sur collecteurs (Le-
- conte). LE. 1er Août, 131.
- — Marche en parallèle des alternateurs
- Dumoulin. Hermann. LE. 1er Août, 142, 143.
- — Réaction d’enduit dans les dynamos
- continues (Swyngedann). Sic. Juillet,
- 351.
- — Durée d’auto-excitation des dynamos
- •(Swyngedann). CR. 3 Août, 301.
- — Moteurs d’induction à vitesses mul-
- tiples au moyen de couplages en cascade (Specht). LE. 29 Août, 271.
- — — d’induction. Influence des masses
- 1267
- en mouvement dans le cas de-commande des machines par les moteurs d’induction (Ivallir). Re.. 30 Juillet, 61.
- Dynamos d’induction. Influence du moment d’inertie sur les variations du' couple (Bouju). Ri. 18 Juillet,. 284.
- — — Série compensé monophasé. Dia-
- gramme (Slichter). Re. 30 Juillet,. 56.
- — — à répulsion Déri (Jacquin). Re.
- 30 Sept., 225.
- — — de laminoir. Démarreur Felten et
- Guillaume. Re. 30 Sept., 233.
- — — Moteurs à collecteur (Dispersion
- magnétique dans les) (Rogowski et Simons). LE. 8 Août, 185.
- — — hermétiques.(Puissance des) (fsam-
- bert). LE. 5 Sept., 291.
- — — de 2 000 chevaux Felten et Guil-
- laume pour soufflure (Bessemer).. E. 25 Sept., 405.
- — — Commande électrique desmachines
- à impression de la maison Heil-raann. SiM. Juillet, 213. Echauffement des conducteurs par le courant.
- Recherches expérimentales (Roy). LE. 25 Juillet. 99; lcr-8 Août, 134,. 163.
- — en service intermittent. le. 10 Sept.,.
- 389.
- Éclairage. Arcs à magnétite. LE. 18 Juillet,. 80.
- — — entre une électrode solide et un.
- liquide (Athanasiadis). ÇR. 3 Août,. 304.
- — Incandescence. Lampe « Britisli Metal-lite ». Elé. 23 Juillet, 56.
- — — Lampe Philips. Elé. 8 Août, 81. 9
- — - à filaments métalliques (Henry).,
- Elé. 5 Sept., 149.
- — — Lampes Nerst. (Radiations sélec-
- tives des) (Coblen.tz). BoS. Mai. Électro-aimants à courant monophasé. Commande des trains (Krœmer). Re.. 30 Juillet, 63.
- Interrupteurs AVelmelt (Bary). CR. 28 Sept.,. 570.
- — électrolytiques. LE. 18 Juillet, 77.
- — et parafoudres Maljournal et Bourron.,
- le. 25 Juillet, 326.
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-
-
-
- 1268
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- Isolateurs de haute tension. (Essai des) (Izart). Elè. 29 Août. 134.
- — en porcelaine (Haworth). RSL. il Sept.,
- 221.
- Institut clectrotechnique de l'université de Grenoble. le. 25 Sept., 427.
- Électro- chimie. Production directe des plaques, tubes et fils de cuivre (Cowper Colis). E. 31 Juillet, 138 ; 7 Août, 168, 192.
- — Au Congrès de l’Exposition de Marseille. RCp. 27 Sept., 321.
- Obtention électrolytique de l’hydrogène. Applications. Re. 30 Juillet, 70.
- — Propriétés électrolytiques des solutions diluées d’acide sulfurique (Whethani et Paine). RSL. 30 Juillet, 38; CN. 4-11 Sept., 118, 127.
- — Divers. Cs. 31 Juillet, 756; 15Août, 816; 13-30 Sept., 903, 945.
- — Électrozincage Lafond. Elé. 8 Août, 87.
- — Électrochimie par courant direct (Weid-mann). Métallurgie, 8 Sept., 502.
- -— Protoxyde de silicium. Fabrication au four électrique (Masselon). le. 23 Août, 374.
- — Limitation de l’emploi des fours électriques à résistance par le (phénomène de pincement (Hering). RdM. Sept., 662.
- — Raffinage électrolytique de l’or, de l’argent et du cuivre à la monnaie de San Francisco. Electrochemical. Sept., 355.
- Limiteur de courant André. le. 25 Août, 378.
- .Mesures directe du décalage au moyen du wattmètre et mesure de la puissance sans emploi du point neutre en triphasé équilibré (Miet). le. 25 Juillet, 317.
- — Appareil étalonneur pour la mesure des volts, des ampères et des watts (Norlhrup). Fi. Août, 101.
- — Phasemètres et indicateurs de facteur de puissance. Elé. 15 Août, 105.
- — Ponts en seleno-aluminium (Minchin). RSL. 30 Juillet,9.
- — Détermination de la forme des ondes de flux magnétique (Lloyd et Fisher). BoS. Mai, 467.
- — Electromètre capillaire. Emploi avec
- les voltages alternatifs (Lloyd), (id.) 525.
- Mesures. Protection des compteurs contre la foudre. le. 10 Sept., 392.
- — Résistance coupe-circuit pour voltmètres électrostatiques.Elé. 26 Sept., 203.
- — Calibrage électrique des conducteurs. Modification de la méthode Carev Foster. Elé. 26 Sept., 205.
- P ara foudres électrolytiques. EE. 19 Sept., 335.
- . Piles Basset. Re. 15 Août, 103.
- — Daniell nouvelle (Strachan). CN. 28 Août, 102.
- — Noyau. Re. 30 Sept., 223.
- Poteaux pour lignes aériennes. le. 23 Sept., 425.
- Protecteurs des lignes de transmission (Gros-selin). Re. 15 Sept., 173.
- Stations centrales de Tusciano. Elé. 17-23 Juillet, 40, 49; d’Arène (Marseille), fie. 15 Oct., 255.
- — de Berlin 1902 à 1908 (Datterer). VDI.
- 18-25 Juillet, 1154, 1200.
- — du canal intérieur de la vallée du Rhin.
- LE. 18 Juillet, 68.
- — d’Arles. Re. 30 Sept., 214.
- — de Brillame (Villeneuve). LE. 1er Août,
- 138.
- — de la People’s Power C° à Moline, Illi-
- nois. Poioer. 28 Juillet, 131.
- — deRedondo (Californie). Power. 15 Sept.,
- 427; Ri. 3-10 Oct., 394, 405.
- — de l’American Locomotive C° avec mo-
- teurs à gaz. (id.), 146.
- — de Castelnuovo Valderno. EE. 8-22
- Août, 173, 200.
- — de Campocologne. Gc. 29 Août, 297.
- — anglaises. Statistique. Re. 15 Août, 89.
- — de l’Urft. E. 21 Aoiît, 229.
- — de la région méditerranéenne, fie. 30
- Août, 126.
- — de Sélessin, pays de Liège, fie. 30Sept.,
- 209.
- — (Contrôle de la chauffe des) (Izart).Elé.
- 25 Juillet, 60 ; 1er Août, 73. Synchronisme (Appareils de) et leur utilisation (Couade). IC. Juin, 940. Télégraphie sans fil (Armagnat). Revue Scientifique. 18 Juillet, 65.
- — Emploi de détecteurs sensibles d’oscil-
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-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- OCTOBRE 1908.
- 1269
- lations électriques basés sur les phénomènes tliermo-électriques (Branly). CR. 13 Juillet, 124.
- Télégraphie et téléphonie Poulsen. le. 25 Juillet, 321.
- — Appareils de sécurité contre les étincelles (Branly). CR. 20 Juillet, 185.
- — Emploi de l’arc alternatif pour la production des hautes fréquences (Peu-kert). Re. 30 Juillet, 67.'
- — Détecteur en tantale (Walter). RSL. 30
- Juillet, 1.
- — --à pointes de tellure et de tellu-
- rines (Branly). CR. 3 Août. 301.
- — — à variations de résistance et
- thermo-électriques (Tfissot). CR. 27 Juillet, 237.
- — Imprimeurs. Application des courants ondulatoires harmoniques, multiplex Mercadier. LE. 25 Juillet, 105.
- — Application de la superposition sans confusion des petites oscillations électriques dans un même circuit (Mercadier). CR. 10 Août, 349.
- — Appareils rapides (Histoire des) (Tur-pain). Re. 15-30 Sept., 183, 235. Téléphone Blagdon Philips, haut parleur. Elé. 25 Juillet, 59.
- — à batterie centrale à Paris. Gc. 3 Oct.,
- 377.
- — Fréquence des courants téléphoniques (Devaux Charbonnelle). EE. 12 Sept:, 323.
- — Condenseurs téléphoniques (Fabrication des) (Manbridge). Re. 30 Juillet, 65.
- — Croisement anti-inductif des circuits téléphoniques aériens, Sartiaux et Aliamet. Elé. 10 Oct., 226.
- — Transmission téléphonique Sabatier. LE. 12 Sept., 330.
- — Utilisation des canalisations indus-
- trielles pour la téléphonie et la télégraphie. Elé. 22 Août, 126. Téléphotographie (La) (Cerbeland). IC. Juin, 925.
- Téléphote Armengaud. Cosmos. 19 Sept., 311.
- — La télévision (Blum). Ri. 3 Oct., 393. Transformateurs à courants alternatifs et moteurs à collecteurs (Dispersion dans les) (Rogowsky et Simons). Re. 30 Juillet, 47.
- Transformateurs. Influence de la forme de Fonde sur la perte au fer des transformateurs (Lloyd). BoS. Mai, 477.
- HYDRAULIQUE
- Chutes d’eau (Utilisation des) aux États-Unis (Schon). EM. Sept., 825.
- — des Andes. E'. 25 Sept., 313.
- — Conservation et utilisation (Von Shon). EM. Oct., 8t.
- Compteur d’eau Détroit. Power. 4 Août, 210.. Débit d’un cours cl’eau. Détermination par une méthode chimique (Louis). Bam. Juillet, 721.
- Distributions d'eau. Château d’eau de Lune-bourg. Ac. Juillet, 100.
- — de Selhy. E'. 28 Août, 216.
- — de Hanovre. VDI. 5 Sept., 1421. Filtratiofis des eaux de Bamford. E. 24 Juillet,
- 100.
- Hydrologie. Loi de Minard et Belgrand. CR.
- 10 Oct., 606.
- Joints pour tuyaux. Pm. Août, 128.
- Marteaux d’eau (Les). E1. 2 Oct., 354. Piézomètres divers. Power. 18 Août, 286. Pompes diverses. Dp. 25 Juillet, 471, 1-8-15. Août, 483, 503, 519.
- — à vapeur directe Warmor. E. 31 Juillet,
- 138.
- — à pétrole Weir. E. 2 Oct., 361.
- — Centrifuges à haute pression (Banlci) RM. Juillet, 43.
- — Fonctionnement des clapets (Lindwer). VDI. 29 Août, 1392.
- — (Garnitures de). Power. 1er Sept., 346. — Béliers (Les) (Ringelmann). Ap. 30 Juillet, 146.
- Puits au Sénégal (Sabatier). Gc. Sept., 193. Roues Pelton à Nordhausen. VDI. I01' Août, 1224.
- Sources. Théorie des • (Ringelmann). Ap., 15 Oct., 498.
- — Hiay, Pitman. RM. Juillet, 101. Tuyauteries courbes. Résistance à l’écoule-
- rnenl. ACE. Sept., 1036.
- — Valve d’incendie de la Worcester Five
- Extinguishing C°. Ri. 3 Oct., 398. Turbines Morris de 15 000 ch. RM. Juillet, 101.
- — du Niagara. A1C. Août, 565.
- — de la Great Northern Power C°. Poiver.
- 11 Août, 213.
- p.1269 - vue 1283/1612
-
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-
- 1270
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908.
- Turbines de la station de Bâte. ZOI. 9 Oct., 637.
- — Houille blanche. Emploi rationnel
- (Marchand Bey). Dam. Juin, 602.
- — Régulateurs Ellicot, Riva Monneret, Giesler. RM. Juillet, 102. Glocker-White. Power. 4 Août, 201 ; Rice (ici.), 13 Sept., 453.
- — — Réglage des turbines (Bail), (id.),
- 104.
- — Surchargeur Herschel. RM. Juillet, 111.
- — Usure et corrosion (Buffet). Power.
- 4 Août, 180.
- MARINE, NAVIGATION
- Ascenseur pour canaux d’Anderton. Réfection. E1. 24 Juillet, 82.
- JBassins d’expériences allemands. E'. 21 Août, 183; 4 Sept., 237, 285; 2-9 Oct., 343,383.
- Bassin d’épargne économisant 50 p. 100 d’eau. Ri. 19 Sept., 377.
- Canaux. Accident au canal de Cornwall. E'. 34 Juillet, 90.
- — Canal de l’État de New-York (Watt). E. 11 Sept., 334.
- — — de Gand à Bruges. Emploi du sys-
- tème de revêtement Villa. Ac. Sept., 133.
- — Canal de drainage de Chicago et les grands lacs (id.), 109.
- — Panama (Progrès du). E'. 7 Août, 134. — Canal de la Marne à la Saône. Gc. 10 Oct., 396.
- Constructions navales. Théorie et pratique (O. Neil). E'. 24 Juillet, 100.
- Docks d’Àvonmouth. E'. 24 Juillet, 95.
- — de Metbil. E. 14 Sept., 299.
- — delà Smith’s dock C°, South bank on
- Tees. E. 2 Oct., 433.
- — flottant de Wilhelmshaven. VDL 8 Août,
- 1261.
- — — de Callao. EL 28 Aoilt, 220.
- — (Commission royale anglaise des). E1.
- 31 Juillet, 107.
- Distillateur d’eau de mer Andrews et Came-ron. E'. 7 Août, 150.
- Ferry boats pour la traversée du Pas de Calais (Legrand). IC. Juin, 973. Japon. Progrès de sa marine marchande. E. 14-21 Aoilt, 199, 234.
- Jetée de Scarborough. E'. 7 Août, 148.
- Hélices des canots automobiles (Dovel). Technique automobile. 15 Sept., 131. Hyclroplanes (Les) (Izart). Va. 26 Sept., 649. Machines marines turbo-électriques (Dur-tnall). E. Juillet, 85.
- — Turbines dans la marine américaine. E. 4 Sept., 312; et propulseurs. E'. 9 Oct., 379. •
- —• à triple expansion des cuirassés Aga-memnon et Lord Nelson. E. 4-25 Sept., 293, 421.
- — à gaz du Rattler. E. 2 Oct., 450. Marines de guerre. Les gros cuirassés. E'.
- 7 Août, 143.
- — fraif^aise. Cuirassés. E. 24 Juillet, 113.
- — — Contre-torpilleurs nouveaux. E'.
- 21 Août, 191.
- — Américaine. EL 31 Juillet, 119.
- — — Corvette à turbines Chester. E.
- 21 Août, 255.
- — Autrichienne. Canonnière à faible tirant. Yarrow. E. 24 Juillet, 119.
- — Brésilienne. Cuirassé Minas Geraes. E.
- 11 Sept., 352. EL 11 Sept., 260.
- — Bulgare torpilleurs du Creuzot. E. 31 Juillet, 139.
- — Russe. Croiseur Rurik. Essais. E. 11-18 Sept., 346, 389. EL 2 Oct., 347.
- — Anglaise. Le croiseur Indomitable. E. 7 Août, 179. EL 7 Août. 145.
- — — Cuirassés Agamemnon et lord
- Nelson. E. 4-25 Sept., 293, 421.
- — — Nouveaux contre-torpilleurs. EL
- 25 Sept., 326.
- — Cuirassés et cuirasses. E. 14 Août, 215. Navigation fluviale. Niger. Gc. 22 Août, 285.
- — et conservation des forêts (Ghitten-
- den). ACE. Sept., 924.
- Paquebots à turbines du service de l’île de Man. E. 14 Août, 200.
- — Heliopolis. Gc. 12 Sept., 329.
- — Tenyo Maru. E. 2 Od., 444.
- — Transatlantiques (Construction des). EL 9 Oct., 380.
- Ports du Havre. Amélioration. E/\25 Juillet, 127.
- — de Calais (id.), 10 Oct., 527.
- — de Bombay. EL 14 Août, 157.
- — de Glasgow, EL 4 Sept., 238.
- — de Whitey. EL 4 Sept., 240.
- — de Swanseau EL 2 Oct., 341.
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-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- 1271
- Propulsion électrique. F. 24 Juillet, 95. Renflouage du croiseur Gladiator. E. 9 Oct., 474.
- Sondeur Garwood. RSL. Il Sept., 243.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Abaques. Théorie et applications (Sainturat), Technique automobile, 15 Août, 120.
- — Applications (Peddle). Ailla. 19 Sept., 335.
- Air comprimé. Explosion de compresseur. Power. 25 Août, 297, 335.
- — Compresseur rapide. Gc. 18 Juillet, 205,
- — — Tilghman. E!. 14 Août, 166.
- — — Allis et Chalmers. Power. 8 Sept.,
- 398.
- — — Aux grandes altitudes (Redfield).
- Poiver. 6 Oct,, 563.
- — — théorie des distributions (Buer).
- Bp. 5-19 Sept., 565, 599.
- Air raréfié. Pompe à vide Gaede. le. 35 Juillet, 319. Fieuss. E'. 14 Août, 177. Aéronautique. Lois du vol (Lanchester). EL 18-25 Sept., 303, 329. E. TôSept., 421. — Vol plané sans force motrice (Esclan-gon). CR. 14 Sept., 496.
- — Problème du vol. E. 24-31 Juillet, 117,
- 151, 7-14-21-28 Août, 185, 206, 229, 271; 4-11-25 Sept., 306, 343, 410, 2 Oct., 441.
- — Aéroplanes. Divers. La 'Nature. 12 Sept.,
- 230. Wright. E. 14 Août, 216. La Nature, 5 Sept., 214. Farman, La Nature, 29 Août, 200.
- — — Lancement des (Groupil). Bam.
- Août, 959.
- — Ballons militaires. E. 24 Juillet, 94.
- — — dirigeables (les) (Zeppelin). VDI.
- 25 Juillet, 1181; E. 31 Juillet, 130.
- — — République. La Nature. 19 Sept.,
- 246.
- — Moteur pour aviation Dufaux. Gc. 29 Août, 304.
- — l’hélice aérienne. Essais (Boyer Guil-
- lon). RM. Sept., 242.
- — Danger des grandes vitesses par des
- déformations des voitures (Groupil). Bam. Juin, 624, 662.
- Arbre. Détermination de son angle de torsion. le. 25 Juillet, 324.
- Billes d’acier (Essais de) (Breuille). Technique automobile, 15 Août, 115.
- Changements de vitesse. Baush. Centrip. AMa. 25 Juillet, 66, 69.
- — — Russell. AMa. 1er Août, 91.
- — — Dickinson et Burne. EL 21 Août,
- 200.
- Calcul. Machine à calculer. Emploi au chemin de fer du Nord (Bernard). Rgc. Sept., 168. Burrough. Fi. Sept., 177. Chaînes de transmission Renold. Gc. 8 Août, 257.
- — de Gall.Little pour norias. Gc. 15 Août,
- % 276.
- — Résistance des maillons. VDI. 29 Août, 1400.
- Chaudières nouvelles (Arnold). SnE. 7 Oct., 1456.
- — (Évolution de la) (Mallet). IC. Août, 235.
- — Mixte Mac Nicol. Ri. 25 Juillet, 293.
- — à tubes d’eau pour bâtiments de guerre.
- Bam. Juillet, 769. Maxim. Power, 11 Août, 252. Breitfeld, Danek. E. 28 Août, 273. Meurisse. Ri. 19 Sept., 373. Badenhausen. Power. 22 Sept., 506.
- — Chaleur totale d’un combustible (Coes).
- Poioer, 11 Août, 232.
- — Chaleurs perdues. Utilisation. E. 2 Oct.,
- 449.
- — Alimentation des stations centrales
- (Howard). EM. Sept., 384.
- — Désincrustant. Apexior. E. 11 Sept.,
- 350. Golsdorf. Pm. Oct., 153.
- — Détendeur Rosenkranz. Gc. 29 Août,
- 308.
- — Contrôle scientifique de la dépense
- de charbon (Armstrong). E. 9 Oct., 493.
- — Foyers (Dépense et économie des)
- (Ennis). Power. 14 Juillet, 50.
- — — réfractaire Co. Power. 21 Juillet,
- 127.
- — — Tubulaires. SnE. 23 Sept., 1390.
- — — au pétrole. Power. 28 Juillet,
- 166; 22 Sept., 481; dans l’eau. Brunler. Cs. 15 Août, 783.
- — — au gaz Stanley. Power. 18 Août, 2T1.
- — Grilles Roney. Power. 21 Juillet, 126.
- Reagan (id.), 1er Sept., 380.
- — Injecteur Holden. E. 11 Sept., 353.
- Penberty (O. Leary). Poioer. 6 Oct., 585.
- p.1271 - vue 1285/1612
-
-
-
- 1272
- OCTOBRE 1908.
- LITTÉRATURE DES PERIODIQUES. -----
- Chaudières. Nettoyeur de tubes Henschel. EL 25 Sept., 333.
- — Purgeur Geipel. E. 21 Août, 237.
- — Régulateur d’alimentation Berry. Power.
- 28 Juillet, 168.
- — Séparateur d’huile Brunnez etBuhring.
- Gc. 15 Août, 277. Patterson. E'. 4 Sept., 250.
- — Surchauffeurs Longbotham. E1.24 Juil-
- let, 99. Heine. Power. 18'Août, 294.
- — — Vapeur surchauffée. Théorie en te-
- nant compte de la variabilité de la chaleur spécifique à pression constante (Thonet). RM. Juillet, 5.
- — — Chaleur spécifique. Power. 4 Août,
- 190.
- :— Tuyauteries de chaudières. Power. il Août, 227; 22 Sept., 467 Ri. 29 Août, 349.
- — — en fer et en acier, corrosion com-
- parative. Eam. 19 Sept., 363.
- — Vidange Boby. E'. 14 Août, 174. Compteur de vapeur Parenty. E’. Tl Sept.,
- 265.
- Courroies (Les) (Chase). Ri. 29 Août, 345.
- — (Kammerer). VDI. 5 Sept., 1443. Engrenages. Trains épicycloïdaux. AMa.
- 25 Juillet, 39.
- — (Résistance des) (Logue). Ailla. 8 Août,
- 114. A
- — hélicoïdaux (Tracé des) (Gerlacli). VDI.
- 8 Août, 1270.
- — (Théorie des) (Vidéky). Z01. 4 Sept.,
- 579.
- Fixator. Embrayage logarithmique. Ri. 5 Sept., 354.
- Graissage des cylindres à vapeur surchauffée (Warrall et Southcombe). E1. 14 Juillet, 89.
- — Des machines (Bertrand). Bam. Juillet,
- 738
- — Analyse des huiles. E. 31 Juillet, 146.
- — Essais des huiles au frottement (Breuil).
- Technique automobile. 15 Sept., 133.
- — graissage d’un atelier de machines-
- outils à la Standart tool C°. AMa.
- 26 Sept., 371.
- Horlogerie. Horloges électriques de l’A. E. G. le. 25 Juillet, 331.
- — Montages pour platines de montres (Stanley). AMa. 8 Août, 118.
- Horlogerie. La montre Howard. AMa. 29’ Août, 229.
- — Théorie et pratique de l’horlogerie
- (Cunynghame). SA. 11-18-25 Sept., 927, 941, 955 ; 2-9 Oct., 969, 993. Indicateur de vitesse. Diaphason strobosco-pique. LE. 15 Août, 213.
- Imprimerie. Linotype et electrotypographe. Gc. 15 Août, 265.
- Levage (Appareils de) à l’exposition mari-me de Berlin. Dp. 29 Août, 549; 5-12-15 Sept., 561, 582, 397.
- — Ascenseurs hydrauliques à haute pres-
- sion (Baxter). Power. 18-25 Août, 271,. 327; 8-15-22-29 Sept., 396, 441, 501, 529.
- — Ascenseurs modernes (Deros). Dp. 3-
- 10 Oct., 625, 641.
- — Basculeurs de charbons Walker. E1. 14
- Août, 177.
- — Cableway. Bullevent à la mine de
- Barnsley. E'. 21 Août, 199.
- — Électro-aimants Cutler Ilammer. EL 28 Août, 229.
- — Grues électriques. Frein de sûreté Nuremberg. EE. 25 Juillet, 120.
- — — Équipement des. Poiver. 4 Août,
- 173.
- — — pour escarbilles et scories. Pm.
- Août, 117.
- — — flottante de 150 tonnes Benratlu
- E. 9 Oct., 471.
- — Manipulations des charbons aux États-Unis. EM. Sept., 892.
- — Monte-projectiles Armstrong. E. 28-Août, 285.
- — — cendre et, mâchefers (Rogers).
- Power. 1er Sept., 351.
- — — charges de la gare de Manheim.
- Rge. Août, 122.
- — palan à chaînes Windhoff. Dp. 1er Août,
- 481.
- — pont tournant, transbordeur au dépôt
- d’Albany. Ri. 5 Sept., 353.
- — transporteurs dans les aciéries (Stau . ber). SuE. 29 Juillet, 1088; 5 Août, 1142.
- — — de hauts fourneaux (Von Hauffs-
- tengel). Dp. 12-25 Sept., 580,
- 617.
- — — de briquettes Mohr. Gc. 8 Août,
- 261.
- p.1272 - vue 1286/1612
-
-
-
- 1273
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908.
- Levage. Divers (Miclienfelder). VDI. 12-19-26 Sept., 1461, 1611, 1553; 3 Oct., 1594.
- — — pour charbons. Station centrale de
- Coventry. E'. 18 Sept., 306.
- — — pour chantiers de navires (Laas).
- VDI. 10 Oct., 1622.
- Machines-outils. Ateliers (Organisation des) (Neuhaus). VDI. 18-25 Juillet, 1141, 1190. EM. Août, 661, 748 (Webner). Niederer Emerson, Stilson-Webner (id.). Sept., 837, 868, 906,909; Oct., 33, 76.
- — — Etablissement des prix de revient
- (Ragot). E1. 25 Sept., 332; 2 Oct., 357.
- — — Commande par l’électricité (Meade).
- Power. 6 Oct., 1209.
- — — du Great Western Ry à Swindon.
- E1. 14 Août, 165: de locomotives américains et européens (Iving). EM, Août, 709.
- — — Newark and Victoria Works Bath.
- E1. 7 Août, 146.
- — — de réparation du Clyde Trust, Ren-
- frew. E'. 11 Sept., 261 ; de constructions navales Vulcan à Stettin. E1. 25 Sept., 316.
- — Alésoir Newton. AMa. 15 Août, 174.
- — — Herbert. AMa. 5 Sept., 255.
- -- Bouteilles à acide carbonique liquide, fabrication Erliardt. Gc. 5 Sept., 323. — Calibres indicateurs Muntz. AMa. 22 Août, 206. Perrigo (id.) 5 Sept., 271. Koch (id.) 12Sept., 303.
- — Chaînes (Fabrication des) (Krause). SuE. 23 Sept., 1377.
- — Chucks à air comprimé. AMa. 8 Août, 109.
- — Étaux limeurs Walcolt et Wood. AMa. 18 Juillet, 28.
- — — Rockford. AMa. 15 Août, 117.
- — Fileter, appareil à Revett Dock. Ri. 10 Oct., 404.
- — Forges avec aspiration de fumée. Pm. Juillet, 105.
- — Fraiseuses. Noyés. AMa. 1 eeAoiît, 79.
- — — Raineuse double Pratt Whitney,
- AMa. 18 Juillet; 1er Ri. 29 Août. 341.
- — — Raboteuse Bernent. AMa. 25 Juillet
- 37.
- Tome 110. — Octobre 1908.
- Machines-outils. Fraiseuse Universelle Millwaukee. A Met. 22, Août, 213.
- — — pour rails, lli. 22 Août, 338.
- — — Fraisages circulaires. AMa. 18 Juil-
- let, 32.
- — - Courbes (Herbert). E1. 11 Sept..
- 278.
- — — Calcul graphique du harnais. AMa.
- 5 Sept., 279.
- — — Emploi des verniers (Doughty).
- AMa. 1er Août. 106.
- — — pour cames Fay. AMa. 25 Juillet,
- 67.
- — — aléseuses De Fries. E. 25 Sept.,
- 421.
- — — renforcées Becker Brainard. AMa.
- 25 Juillet, 71.
- — — Cincinnati. AMa. 3 OcC,401.
- — Frappeurs pneumatiques Beckwith,
- Fordgee, Shaw, Vaugli, Mac Coy, Boyer, Barth (Baril). RM. 30 Sept., 221-241.
- — Horlogerie. Outils de la Howard Watcli
- G0. AMa. 1 ™ Août, 73. '
- — Marteaux pneumatiques nouveaux.
- VDI. 22 Août. 1341 ; et à vapeur (Massey). E'. 9 Oct., 372.
- — Meulage. Meule affûteuse Struck pour forets. Ri. 18 Juillet, 281. Selig So-menlhal. E. 21 Août. 236. Olney. AMa. 12 Sept., 321.
- — — Accidents-.leurs causes (Schleiffer).
- AMa. 19 Sept., 335.
- — — Machines à meuler Guest. E.
- 14 Août, 203. Divers (Lebert). VDI. 15 Août, 1307.
- — — Meule à platGardner. AMa.22Août,
- 202.
- — Montages. Emploi des maîtresses
- plaques dans la construction des matrices (Crosby). AMa. 22 Août, 191.
- — — pour platines de montres (Stanley).
- AMa. 8 Août, 122.
- — — Localisation des trous obliques
- (Goodrich). AMa. 126 Sept., 361. —. — Aux ateliers du Chicago-Alton. AMa. 3 Oct., 413.
- — Outils rapides. Fabrication et emploi (Valentine). AMa. 18 Juillet, 6; Ri. 29 Août; 347-5 Sept., 358.
- — — ti-empe au chlorure de baryum
- (Becker). EM. Août, 728.
- 83
- p.1273 - vue 1287/1612
-
-
-
- 1274 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- OCTORRE 1908.
- Maçhines-outils. Outils rapides à la Standard Tool C°, Cleveland. AMa. 19 Sept., 327.
- — — Brayshan. ÀMa. 15 Août. 147.
- — Pignons hélicoïdaux. Tracé des fraises (Larson). AMa. il Juillet, 13; 5 Sept., : 263.
- — — Pignons à vis conique (Bruce).
- AMa. 22 Août, 208.
- — — Taille à la fraise hélicoïdale. Ma-
- chine Grant (1880). AMa. 18 Juillet, 15.
- i— — Usinage d’un grand pignon en 7 segments. AMa. 10 Oct., 437.
- — — historique de la taille des pignons
- (Humpage). E. 7-14 Août, 169, 188, 223.
- 4 — — Machines à tailler Spencer et Spiers.
- ' AMa. 22 Août, 198. Loewe. AMa.
- 12 Sept., 325.
- -• — Perceuses multiples Baush. AMa. 18 Juillet, 26.
- — — taraudeuse Dorman. AMa. 22 Août,
- ' 218.
- — — forets hélicoïdaux, tracé (Weston).
- E1. 19 Sept., 289.
- — Presses à forger Aude, Davey et Holmes
- Watt. RM. Juillet, 90.
- '— — à découper. AMa. 15 Août, 160,167.
- ( Monkomeller. E. 4 Sept., 317.
- .— Haineuse portative Ryerson. AMa.
- ' 15 Août, 179.
- — Scie à bande pour métaux Holrojd. E.
- 11 Sept., 337 A
- — Soudure électrique (la). Ailla. 12 Sept.,
- 291.
- — Tour avec montages Ames. AMa. 29
- Août, 221.
- — — rapide Morris. Ri. 26 Sept., 381.
- — — à arbres Pollock et Mac Nab. E.
- 18 Sept., 378.
- — — d’horlogerie Mehl. RM. Sept., 294.
- — — Revolver Loewe. Ri. 5 Sept., 353.
- — — Vertical à bandages Smith et Co-
- ventry. E. 9 Oct., 471.
- — Tubes à gaz étirés : fabrication (Bousse),
- RclM. Oct., 774.
- — Vis. Laminoir à Manville. E. 4 Sept.,
- 252.
- — — Machines à outils pour. AMa. 12
- Sept., 301.
- — à bois. Raboteuse, perceuse, mortai-
- seuse Ransome.E. 31 Juillet, 132. Machines-outils. Scie à ruban horizontal.
- Sagar. E1. 28 Août, 228. Moteurs à gaz. Étude dynamique de (Witz). CR. 3 Août, 293.
- — Westinghouse. Station centrale de la
- Western New-Vork and Pensylvania Go. Power. 14 Juillet, 41 ; RM. Sept., 299 de 750 chevaux. E'. 7 Août, 151.
- — — Riverside. RM. Sept., 299.
- — Letombe de 1 000 ch. Essais (François).
- Ru. Juin, 267.
- — Dubois. Power. 8 Sept., 383.
- — Dudbridge 90 ch. E'. 2 Oct., 360.
- — Korting. RM. Sept., 302. Campbell,
- Morgan et Gifford, {'id.), 305. Griffiths {ici.), 307. Huber et Lostalot, Dubois et Uzac, Peugeot, Tuckerman [id.), 109.
- — Turbines à gaz Ferranti, Deutz,
- Holzwarth et Junghans, Schmick, Esnault-Pelterie. RM. Sept., 311.
- — à gaz de hauts fourneaux. Aciérie de
- Gazy. Power. 22 Sept., 495.
- — Résistance passive. Évaluation par le
- volant (Witz). EE. 5 Sept., 291.
- — Températures dans les cylindres (Max
- Ensslin). Dp. 25 Juillet, 465.
- — Théorie (Clerk). E. 4 Sept., 319.
- — Rendement organique et thermique
- (Marks). E. 24 Juillet, 121.
- — Utilité de la compression (Lecornu).
- RM. Sept., 261.
- — Mesure de la puissance totale. EL
- 7 Août, 144. .
- — Enregistreur de diagrammes Ravi-
- gneaux. Technique automobile.15 Sept., 136.
- — Allumages électriques. Krieger et Bra-
- zier. Fuller et Moore, Bosk, De Lama-Thomson Houston. RM. Sept., 320; double Nieuport. Va. 17 Oct., 667.
- — — à basse tension (Garnier). Technique
- automobile. 15 Août, 125.
- — — par compression Léon. RM. Sept.,
- 316.
- — Vitesse d’inflammation des mélanges
- gazeux. E. 28 Août, 278.
- — Explosion des mélanges gazeux. (Clerk
- et Hopkinson). E. 11-25 Sept., 326, 360, 427.
- — Gazogènes les (Dowson). E. 12 Sept.,
- p.1274 - vue 1288/1612
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1008.
- 1275
- 354. Mond. de 2000 chevaux. E'. 7 Août, 151.
- Moteurs à gaz. Emploi dans les mines à Joplin. Eam. 15 Août, 327.
- — — à tourbe (Sankey). E. 11 Sept.,
- 329, 355.
- — — Économie des(Robson). E. 1 ['Sept.,
- 329, 338.
- — — Gaz à l’eau (le) (Lemaitre). Ru.
- Juillet, 1. (Thibeau. Chantraine) (ici.), Août, 176, 182.
- — Gaz naturel dans le district de Joplin. Eam. 19 Sept.. 568.
- Moteurs à, pétrole. Rendement des (Walker). Power. 1er Sept., 361.
- — Boudreaux Yerdet. Va. 5 Sept., 572.
- — Gardner pour navires. E'. 11 Sept., 276. Parsons marin 100 chevaux. E. 18 • Sept., 377.
- — Diesel 300 ch. Essai. Ru. Juillet, 80.
- — Moteur à cylindres tournants. Adams. AMa. 18 Juillet, 10.
- — Carburateurs.Essais. Clark. Ilopkinson et Morse. RM. Juillet, 66.
- — — Types de Belleville, Bellet et Baron.
- Daimler, Fiat, Grouvelle et Arquen-bourg, Lamplough, Kershaw, Bradley, Japy, Lauret, Martin et Lethimo-nier, Niclausse, Brasier, G.abe, Sche-bler, Wolseley, Brown et Barlow,
- Claudel, Cook, Cottrel, Davis, Faucon, Lausure, Shiels, Léon et Brillié. RM. Juillet, 70-89.
- — à alcool (White). EM. Août, 739; Sept.,
- 873.
- Moteurs à vapeur. Ancienne Corliss. Power. 14 Juillet, 58.
- — rapides. Essais de. Power. 14 Juillet,
- 68.
- — Dujardin à distribution par piston
- valves. Pm. Juillet, 98.
- — Breitfeld, Danek., 280 chevaux à
- vapeur surchauffée. E. 28 Août, 272.
- — Demi-fixe à vapeur surchauffée Lentz.
- VDI. 12 Sept., 1472.
- — Locomobiles Wolf. Dp. 26 Sept., 611 ;
- VDI. 3 Oct., 1590.
- — Accidents aux (Longridge). E. 4 Sept.,
- 309.
- — Installation centrale de la compagnie Yogt. Power. 18 Août-Sept., 255, 387.
- Moteur à, vapeur. Évolution de la machine à vapeur (Mallet). IC. Août, 235.
- — Condensations et fuites aux cylindres
- des. E'. 14 Aoilt, 159, 163.
- — Condenseurs : fuites d’air aux. (Mac
- Bridge). Power. 14 Juillet, 74.
- — — à surfaces (les) (Orrok). Power. 11
- Août, 218; à refroidissement d’eau par jets. Power. 14 Juillet, 84 ; tours de refroidissements (les) (Sangster). Power. 28 Juillet, 137; pompesàair Leblanc. Gc. Ier Août, 239. E. 28 Août, 287. Mise en train (Gibron). Power. 6 Oct., 599. Contraflo Morrison. E. 2 Oct., 444.
- — Distributions Reynolds. Poioer. 11
- Août, 221. Stephenson. Théorie graphique (Merrill). Power. 6 Oct., 568.
- — — Dugar. Power. 29 Sèpt., 553.
- — — tracé d’un tiroir (Merrill). Power.
- 22 Sept., 482.
- — Équilibrage des moteurs alternatifs
- (Weber). Power. 6 Oct., 561.
- — Garnitures automatiques (Saunders).
- Power. 8 Sept., 389.
- — Pistons. Segments de résistance uni-
- forme (Tuckermann). Ama. 18 Juillet,
- 20.
- — Régulateurs à force d’inertie tangen-
- tielle (Busset, Schiller). Sic. Juillet, 319.
- — Turbines (les) (Marmor). RM. Aoilt,
- 137.
- — — Progrès récents (Storay). IL 11
- Sept., 325.
- — — Auxiliaires des. Power. 14 Juillet,
- 54.
- — — Parsons double de 1 000 kw. VDI.
- 22 Août, 1346; de la Lusitania combinées avec machines à pistons. Parsons Tosi de 12 000 chevaux. RM. Août, 169, 173, 190.* (ici.) Accumulateur de mise en train. 196.
- — — Ramsay (1791). Power. Ier Sept.,372.
- — — Turbines Zoelly de 850 kw. RM.
- Août, 177; VDI. 5 Sept., 1429.
- — — Rateau de 600 kw. (id.), 186.
- — — Réglage des turbines de basse pres-
- sion (id.), 199.
- p.1275 - vue 1289/1612
-
-
-
- 1276
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- OCTOBRE 1908,
- Moteurs à vapeur, de Laval-marine (ici.), 175 .
- — — Auxiliaires de l'AEG. (id.),
- 175.
- — — Wagner (id.), 198.
- — — Curtis de 5 000 kw. Westinghouse
- General Electric, Callan, Jung-gven, Rice, Brown Bovery, Fraser et Chalmers, Belliss et Morcom, Bartou. RM. Sept., 276.
- — — de faible puissance de Y AEG. le.
- 10 Sept., 391.
- — — ^Calibre pour aubes Thornycroft
- et Donaldson. E. 21 Août, 237.
- — — Labyrinthe théorie du (Faber).
- Power. 8 Sept., 400.
- — — Résistance des roues (Brown). E.
- 18 Sept., 381 ; 2 Oct., 440. Meunerie. (Machinerie de la). E. 4-18 Sept., 2; Oct., 294, 366, 429.
- Palier rigide ajustableKupfer. AMa. 25 Juillet, 65.
- Pompe à vide. Gaede. Gc. 29 Août, 307.
- Presses à coton Leeming et Greenhalg. RM. Juillet, 99.
- — pour huileries Krupp et Schneider. RM.
- Juillet, 98.
- — pour très hautes pressions Huber. (id.),
- 100.
- Résistance des matériaux. Essais par barrettes entaillées (Thallner). SuE. 29 Juillet 1081; 13-19 Août, 1167, 1209; (Breuil) RM. Juillet, 25.
- — par billes. Brinnel (Kurth). RM. Sept.,
- 250; VD1. 3 Oct., 1608.
- — Propriétés mécaniques des bronzes
- (Gil). Bam. Juin 537.
- — Calcul graphique des sections profilées
- (Cyran) VDI. 26 Sept., 1567.
- — Dureté des alliages: détermination op-
- tique, application au système fer-soufre (Ziegler). RdM. Sept., 565.
- — Dynamomètre d’essai Giliard. Pm. Oct.,
- 146.
- — Moulin d’usure des métaux Dehiron.
- Gc. 12 Sept., 341.
- — Machines à essayer Avery. E. 25 Sept.,
- 403; par torsions renversées (ici.), 9 Oct., 473.
- — Étude des ruptures (Rosenhain). E.
- 11 Sept., 331, 340.
- Résistance des matériaux. Essais des fers et aciers par corrosion (Frémont). RdM. Oct., 649.
- — Bois. (Conservation des) pour constructions (Winslow). EM. Août, 700.
- — — Valeur comparative des antisepti-
- ques (Lemaire). Gc. 19 Sept.,
- 351.
- — — durs d’Australie. E'. 21 Août,
- 190.
- Ressorts à boudin. Calcul graphique (Nicker-son). AMa. 22 Août, 228.
- Roidements sur billes (Bauschlicher). VBI. 25 Juillet, 1185; 1er Août, 1236. (Lauret). Va. Oct., 646.
- Textiles. Métier Stafford. AMa. 10 Oct., 445.
- — Tissage des toiles de lin et de jute. It. Sept., 338.
- — Casse-chaîne automatique Mather et Platt. lt. Sept., 348.
- — Etoffes artificielles. La Nature. 1er Août, 138.
- — Fil recouvert. Fabrication. It. Sept., 337.
- — Appareils de sécurité dans les métiers à coton. E. 7 Août, 165; — à capter les poussières des cardes au débourrage Paxion. It. Oct., 371.
- — Grill-Box (Théorie du). E. Sept., 329.
- — Courbure et tension du fil ballon au continu à anneaux. It. 15 Août, 296.
- — Rouleaux étireurs de la filature de coton (ici.), 300.
- — Cardage de la laine. Étude théorique et pratique (Rapplé) (id.), 298, 334.
- — Gazage électrique des fils. Bam. Juillet, 701.
- Tuyaux en fer et en acier doux. Corrosions relatives (Thomson). RdM. Août, 638.
- Trummcls. Les (Dreyer). Dp. 12-19-26 Sept., 577, 593, 610; 3-10 Oct., 628, 645.
- Ventilateurs à turbines Hodges. EL 14 Août, 173.
- — Essai d’un ventilateur de 890 millimètres (Chase). (Power). 29 Sept., 518.
- MÉTALLURGIE
- Alliages de fer (Portevin) RdM, Août, 543.
- — de manganèse (Portevin). RdM. Oct.,
- 762.
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-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — OCTOBRE 1908. 1277
- Alliages solides (Mesure des variations des) (Bengough). Cs. Juillet, 752.
- — Soufre-cobalt (Friedrich). RcUI. Août,
- 563.
- — Etude de la constitution des alliages,
- Méthode- Tamann (Portevin). Ru. Juillet. 63.
- Aluminium. Calculs électrométallurgiques. (Richards). Elcctrochemical, Août, 322.
- Argent. Théorie de l’amalgamation (Vondra-cek). RdM. Sept., 678.
- — Filtration des slimesàEl Oro (Mexique. Eam. 5 Sept., 458.
- — Cyanuration au Mexique. Gc. Sept.,
- 335; à GuanajuatOi Eam. 26 Sept., 615.
- — à Pachuca (Mexique). Eam. 3 Oct.,
- 648.
- Briquettes de charbon. Fabrication aux Etats-Unis. RdM. Oct., 753,
- Bronzes (Règlement des fonderies de). Cs.
- 31 Juillet, 753; E. 7 Aoîit, J 44.
- Coke. Fours à récupération Coppée et Bernard (Fiesehi). Eam. 22 Août, 378.
- Cuivre. Manipulation des bouillons aux mines de Selby .Eam. 11 Juillet, 85.
- — Production mondiale et prix (Finlay). Eam. 25 Juillet, 165.
- — — Prix de production (Townsend).
- Eam. 19 Sept., 555.
- — Alumine dans les hauts fourneaux à cuivre (Shelby). Eam. 8 Août, 271.
- — Condensation électrique des fumées des fours, procédé Cottrill. Eam. 22 Août, 375.
- — Recuit et dilatation (Turner et Lévy). RdM. Sept., 655.
- — Procédé Westby Sorensen. Eam. 29 Août, 418.
- — Industrie au Ja*pon (Paul). Métallurgie. 8 Sept., 495.
- — Usines de Tinyahuarco Pérou (Biche-roux. Ru. Août, 195.
- — Machine Kelley à couler les mattes. Eam. 26 Sept., 611.
- Fer et Acier., Traitement thermique des aciers à teneur moyenne en carbone. Influence de la vitesse de refroidissement sur les propriétés mécaniques (Campbell). RdM. Août, 569.
- — Propriétés élastiques des aciers, com-
- position chimique et traitement thermique (Waurrensk). RdM. Août, 574.
- Fer et acier. Diagramme fer-carbone (Howe). AME. Juillet, 461-529.
- — Aciers trempés. Étude métallogra-
- phique (Kourlatoff). RdM. Oct., 704.
- — Trempe et revenu du fer et de l’acier
- (Maurer) (id.), 711.
- — Gaz occlus dans un acier au nickel spé-
- cial (Belloc). CR. 27 Juillet, 244; RdM. Sept., 571.
- — Retassure et ségrégation dans les lin-
- gots (Howe). RdM. Août, 579.
- — Aciéries Frédéric Albert à Rheinhausen.
- RdM. Sept., 599. Bolckow Yaughan. E. 2 Oct., 438; de Rothe Erde (id.)-680 ; de la Cargo Fleet Iron G0 Middles-borough. SuE. 16 Sept., 1347. Britan-nia et Clarence à Middlesborough. E. 25 Sept., 408, 409, 1197. RdM. Cet., 714.
- — Chaleurs spécifiques des fers (Ober-
- hauffer). VDI, 15 Juillet.
- — Bessemer à air sec. E'. 31 Juillet, 120.
- — — Revêtement des convertisseurs
- (Dangel). RdM. Août, 596.
- — Cémentation au four, à gaz Machlet.
- 52, 9 Oct., 4731 (Koettgen). E. 9 Oct., 564.
- • — Laminoirs électriques. RdM. Août. 596; à la Georgmarienhutte. (id.), 610; aux Victoria Works Middlesborough. E'. 25 Août, 320.
- — — Manutentions hydrauliques en An-
- gleterre (Rummel). SuE. 14 Oct., 1480.
- — Haut fourneau. Utilisation des laitiers (Schwartz). Ri. 25 Juillet, 293.
- — — Forme des (Howe). Eam. 12 Sept.,
- 507.
- . — — Théorie graphique (Mathésius). SuE. 5 Août, 1121.
- — — Avantages de la marche lente
- (Miles). AIM. Sept., 769.
- — — ovale Samuelson. E. 28 Août, 225.
- — — Manutention des (Von Hauffsten-
- gel). Dp. 12 Sept., 580.
- — — Pouvoir calorifique des gaz de.
- Sa détermination (Ehrenwerth). RdM. Sept., 654.
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-
- 1278
- OCTOBRE 1908.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. —
- Fer et acier. Effets du zinc renfermé dans les minerais de fer (Porter). RdM. Sept., 676.
- — Enfourneurs et transporteurs de lingots (Stauber). SuE. 29 Juillet, 1088. — Nomenclature uniforme pour le fer et l’acier. RdM. Oct., 791.
- — Fonderie. Prix de revient et conduite systématique (Knoeppel). EM. Oct., 89.
- — — de tuyaux avec moules permanents.
- Custer). E. 24 Juillet, 123; Ri. 16 Août, 323.
- — — Moulage d’un anneau de turbine.
- AMa. 25 Juillet, 50.
- — — Fonctionnement des cubilots(Osan),
- SuE. 7-14 Oct., 1449, 1497.
- — — Métallographie de la fonte (Heyn
- et Bauer). RdM. Août, 565.
- — — Fusion et laitiers de cubilots (Au-
- bié). Bam. Août, 986,
- — — Préparation du sable de fonderie.
- Installation de la Schwingelfa-brik Hainholz. RdM. Août, 603; SuE. 13 Août, 1174.
- — — Fours à réverbère pour la fusion
- de la fonte. Pm. Août, 114,
- — — Fonderie Erhardt et Schmer. Saar-
- bruck. SuE. 29 Sept., 1265, 1311.
- — — Machines à mouler (les) . (Avaurieu).
- RM. Août, Sept., 113, 265.
- — Sidérurgie du Clevèland (Hawdon). E.
- 2 Oct., 460.
- — Trempe de petites pièces. Four à gaz.
- AMa. 25 Juillet, 42.
- — Troostite (la). (H. Le Chatelier). RdM.
- Sept., 640
- Électrosidérurgie. État actuel (Solier). LE. 15 Août, 195; Kershaw. EU. 29 Août, 136.
- — — Fours Stassono. Electrochemical.
- Août, 315; RdM. Sept., 575. Roli-ling-Rodenhausers. SuE. . 12-19 Août, 1161, 1202.
- — — Expériences sur des fours élec-
- triques (Farnsworth). (id.), 326.
- — — Déphosphoration et désulfurisalion
- dans les fours électriques. E. 4 Août', 205; E1. 4 Sept., 249.
- — Four à une seule électrode et à Sole conductrice Dumuis. RdM. Oct., 758.
- Or. Cyanuration à Parral (Mexique). (Rice). Eam. 18 Juillet, 120.
- — Pratique nouvelle du Rand. Eam. 15 Août, 323.
- — Usine de 600 tonnes de la Goldfield Consolidated C°. Eam. 5 Sept., 467.
- — Argent et cuivre. Raffinage électrolytique à la monnaie des États-Unis. Electrochemical. Sept., Oct:, 359. 409.
- Plomb. Grillage calcaire des minerais (Prost). RdM. Août. 623.
- — et zinc en Silésie. Eam. 8 Août, 255.
- — argentifère. Prix de revient de la fonte
- (Ingalls). Eam. 15 Août, 315.
- — Filtrage des gaz à Selby. Eam. 5 Sept., 451.
- Zinc (Ferrites de) (Wells). Eam. 29 Août. 420.
- MINES
- Accidents récents. Eam. 15 Août, 332.
- Appareils respiratoires (Mingramm). AIM. Juillet,561.
- Argent. Mines de Parral (Mexique). Eam. 8 Août, 276. '
- — — de Pérrolès. (id.), 15-22 Août, 309,
- 373.
- — — de Zacatecas. (id.), 29 Août, 401.
- — de Pachuca et Real del Monte, (id.),
- 12 Sept., 519.
- — — de Guanajuato. (id.), 3 Oct., 669. Australie. Mines en 1908. Eam., 18 Juillet,
- 143.
- Belgique. Modification de la législation minière. Ef. 18 Juillet, 84.
- Carrières (Exploitation des). Gc. 26 Sept., 371.
- Congo français. Richesses minérales (Bel). Ru.
- Juin, 291. * *
- Cuivre. Prospection au Sud de l’État du Michigan, Mexique (Bigot). IC. Mai, 843.
- — dans les colonies américaines (Wherry).
- Fi. Oct., 309.
- École royale des mines de Londres (Breynaert). AM. Mars, 219.
- Épuisement. Aux mines de Joplin. Eam. 1er Août, 214.
- Extraction (Machines d’) Koepe (Kaufhold). RM. Août, 160.
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- OCTOBRE 1908.
- 1279
- Fer. Agglomération des minerais pulvérulents. SuE. 19 Août, 1193 : Gc. 25 Juillet, 219; RclM. Août, 586.
- — Nettoyage mécanique des minerais
- (Ilutchmsou). E. 2 Oct., 456.
- — (Minerais de) dans le monde et mise en
- valeur du bassin de Briey (Couroux). IC. Mai, 745.
- — Genèse des minerais d’bémati tes brunes.
- Une nouvelle source de soufre (Chance). AIM. Sept., 791.
- — Traitement magnétique des minerais
- au pays de Sieg. Fers spathiques (Bartsh). Ru. Août, 93.
- — Mines d’hématite du Cumberland. Eam.
- 22 Août, 357.
- — — d’Ilsede Hutte (Mayer). AUI. Sept.,
- 775.
- — Origine pyritique des minerais (Chance).
- Eam. 29 Août, 408.
- Fonçage du puits E. Agache, à Anzin, par cimentation des assises aquifères (Sa-clier). AM. Avril, 347.
- — Emploi de la cimentation en terrains
- aquifères (Fagnier, Lombois). Im. 1908 (N° 4), 81, 109.
- — Boisage des puits inclinés. Eam. 26 Sept.,
- 513.
- France. Industrie minérale en 1907. AM. Avril, 283.
- Houillères. Lutte contre le feu dans lés mines d’anthracite (Devers). Eam. 11 Juillet, 87.
- — Anthracite du Sud de la Pensylvanie.
- Eam. 5 Sept., 475.
- — du Staffordshire. Méthode d’exploita-
- tion. Eam. 3 Oct., 673.
- — Déhouilieuses mécaniques (Emploi des)
- (Lynch). Eam. 19 Sept., 530.
- — Exploitation des couches minces (Stov).
- Eam. 18 Juillet, 135; 8 Août, 284.
- — Éclairage. Verres de lampes d’Iéna
- (Chesneau). AM. Mars, 229.
- — — de Carmeaux. Eam. 19 Sept., 574.
- — Explosions etcombustions sans flamme.
- E. 4 Sept., 311.
- — — (Dans les). Influence de l'humidité
- (Scholz). AIM. Juillet, 551.
- — Emploi des explosifs en présence du
- grisou et des poussières (Schmerber). Gc. 15-22-29 Août, 272, 288, 303 ; 5-12 Sept., 316, 339.
- Houillères. Laverie à Dawson, Nouveau Mexique. Eam. 25 Juillet, 182.
- — — Contrôle chimique des laveries
- (Bolling). Eam. 29 Août, 424.
- — Installations électriques. Charbon-
- nages de Laura et Vereening (Ge-nart). Ru. Juillet, 31.
- Roches ignées (Distribution des éléments dans les) (Washington). AIM. Sept., 889.
- Roulage. Tracé des courbes (Tiffany). Eam. 1er Août, ’220.
- Manganèse. Mines aux États-Unis. Cs.15 Sept., 903.
- Mexique. Chihuahua ouest (Lamb). Eam. 25 Juillet, 159.
- — District de Cochite (Barbour). (id.), 25 Juillet, 173.
- —• — de Nacozari. Sonora. (ici.), 3 Oct., „ 657.
- — (État actuel des mines au) (Smith).
- Eam. 3 Oct., 655, 665.
- — Dépôts de Magdalena(Nouveau Mexique). Eam. 22 Août, 366.
- Nickel. Constitution des minerais (Borne-mann). RclM. Oct., 730.
- Or. District nord de Cœur-d’Alene. Eam. 11 Juillet, 65.
- — — Altar. Sonora, Mexique, (id.),
- 71.
- — — Mine d’El Rago, Santa Barbara
- Mexique, (id.)., 78.
- — — Arizona en 1907. Eam. 29 Août,
- 422.
- — — Gisements de quartz, aurifère pyri-
- te-ux (Minage de) (Finlay). Eam. 12 Sept,., 512.
- — — Profits et pertes au Witwatersrand.
- Eam. 29 Sept.. 565.
- — — Dragage dans les rivières Choco,
- Colombie (Granger). AIM. Sept., 839.
- Pérou (Industrie minérale au) (Adams). AIM. Juillet, 571.
- Pétrole. Sources et emplois (Redxvood). E. 24 Juillet, 118.
- Plomb et zinc en Missouri. Eam. 26 Sept., 605.
- — Mines de Mechernich, Prusse (Mayer).
- Eam. 25 Juillet, 169.
- — argentifère à Sahta-Barbara, Mexique,
- Eam. 1er Août, 207,
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- 1280
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. -----
- Préparation mécanique. Échantillonnage des minerais par machines (Church). Eam. 18 Juillet, 113.
- — Table de concentration Hennig. Eam.
- 18 Juillet, 134; Wilfley (Richards). AIM. Sept., 683.
- — Glissement et éhoulement des maté-
- riaux en grains; leur entraînement par l’eau (Babonneau). Gc. 19-26 Sept., 347, 366; 3 Oct., 386.
- — Rocard à matelas d’air Holman. Eam.
- •1er Aoilt, 213.
- —' L’échantillonnage mécanique. Eam. 29 Août, 431.
- OCTOBRE 1908.
- Préparation mécanique. Recherches sur les trieurs (Jarvis). AIM. Sept. 697, 760.
- — Trieur et pulsateur Richards. Eam.
- 26 Sept., 621.
- Suède. Mines et industrie (Leigh). EM. Août, 678.
- Zinc. Mines anglaises. E. 24 Juillet, 112.
- — Mines du district de Joplin. Prépara-
- tion mécanique. Eam. 18 Juillet, 123.
- — et plomb aux États-Unis. Eam. 18 Juil-
- let, 129.
- Trous cle mines. Sautage électrique.. Pm. Juillet, 118; Sept., 134; Oct., 134; Eam. 12 Sept., 528.
- Le Gérant : Gustave Richard.
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- Planche 3
- Maritime
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- Planche 4
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- Planche 5
- Inc. fort/Liefkensh
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- Nouveau lit de l’Escaut et "bassins projetés
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- Mise au point de notre Outillage Maritime
- Planche 6
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- Mise au point de notre üuum
- Outillage Maritime
- Les cotes sont exprimées enmètres Observatoire delaMarine | lat. ï4® 2S’9”3‘ JNT (SureauHydrographique) |iorixj- 6*35" 5” E
- Courtier
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- ^
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-
- Mise au point de notre Outillage Maritime
- Planche 8
- PORT DE MARSEILLE
- d'après la Carie du Service Hydrographique de la Marine (1907)
- lies cotes sont exprimées en mètres
- ie zéro est à. au-dessous du zéro normal du nivellement
- cpénéral de la "France
- L- Courtier, &3, rue de Dunkerque. Fan
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- Mise au point de notre Outillage Maritime
- .Planche 9
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- 5’
- 3°
- EMBOUCHURE DE LA GIRONDE
- (Le Verdon et Royan) d’après la Carte du Service Hydrographique de 1902
- les cotes sont exprimées en mètres
- Unité Hauteurs dans les marées moyennes
- MARÉES Etabli de Monte eau Vue eau
- Hauteur PM BM P.M. BAL
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- LaCoubre Ilte'" Royan J 2^36 5PH) 0^
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- 200,000
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- BORDEAUX
- LA GARONNE ET LA DORDOGNE
- DU BEC D’AMBÈS A BORDEAUX ET LIBOURNE
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- L. Courtier. 43, rue de Dunkerque, Paris
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-
- Mise au point de notre Outillage Maritime
- Planche 10
- K®
- E-'ûubye
- Phare
- haitsrie
- PORT DE LA PALLICE
- d’après la Carte du Service Hydrographique de la Marine de 1903
- Les cotes sont exprimées en mètres et rapportées
- au niveau des plus basses mers
- MAREES Etatü? Unité de Haut? Hauteurs dans les marées
- Vive eau-------^ — inoyennes
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- P|L B.M. PJ£. B.M.
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- I Ponm 3?2â’23” Ouest
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- L.. Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris
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- Mise au point de notre Outillage Maritime
- Planche 11
- 1*381
- ;c :.
- PORT DE CHERBOURG
- d’après la Carte du Service Hydrographique de ia Marine en 1906
- les cotes sont exprimées en mètres et rapportées an zéro ctn maré graphe.
- v Qteni - , rn v tr • lat-________"49 038’3ï"23T.
- 151,se S ' tomte 1 aerbOTIî ‘\ 3 * 52-33-5 O.
- Echelle
- 10.000
- MARÉES
- Unité Hauteur dans lesmaréesmoyennes
- u£ Hauteur Vive eau Morte eau
- r.M. K. 31. F.M. B.IVL
- 2^8 a 6^ CF?S 2,m3
- L. Courtier, 43, rue de Dunterque, Paris
- pl.11 - vue 1305/1612
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-
- ESTUAIRE DE LA SEINE
- Echelle
- 100.oco
- Mise au point de notre Outillage Maritime
- i L
- 5K
- L
- j L
- ;ok
- -J
- Planche 12
- RELEVÉS HYDROGRAPHIQUES DES PONTS ET CHAUSSÉES (M. BABIN, Ingénieur en Chef)
- Juin à Septembre 1906
- Juin à Septembre 1907
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-
-
- Mise au point de notre Outillage Maritime
- PROJET DU SERVICE DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Présenté à l’approbation du Parlement en 1907
- rum uu n mv nt
- Nouveau port en eau profonde
- PROJET D’ENSEMBLE
- Décrit Chap. III
- Planche 13
- CARTE EXECUTEE D’APRÈS LE RELEVÉ du Service Hydrographique de 1894
- les cotes sont exprimées en mètres.
- MAREES
- Hauteur d’eau dans les marées moyennes
- Morte eau PM BM
- 6®-15 m 52
- Vive eau
- PM BM
- 2^68 0mS8
- Origine des coordonnées
- %9?30'£3”5 JS. \ 2*16' 7 "O O
- L. Courtier, A3, rue de Dunkerque, Paris
- 0116387945
- pl.13 - vue 1307/1612
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-
-
- Mise au point de notre Outillage Maritime
- Planche 14
- L. Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris
- pl.14 - vue 1308/1612
-
-
-
- Mise au point de uotre Outillage Maritime
- Planche 15
- L. Courtier, 43, rue de Dunkerque. Paris
- 9999999999999
- pl.15 - vue 1309/1612
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-
- 107* ANNÉE.
- NOVEMBRE 1908.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- PHOTOSCULPTURE
- Rapport présenté, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, par M. J.-J. Pillet, professeur à l’École des Beaux-Arts et à l’École polytechnique, sur les procédés' de piiotosculpture imaginés par M. Cardin, sculpteur (de Nantes) (1).
- I. -- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- 1) Objet de Vinvention. — L’invention a pour but, en se servant uniquement de photographies convenablement prises d’après un objet quelconque en relief (ornement, statue, être vivant...), d’en réaliser ce que l’on nomme la mise au point sculpturale, précise, sur une matière quelconque (terre, cire, bois, pierre, marbre...), c’est-à-dire, en définitive, de reproduire, dans cette matière, le relief de l’objet qui aura été photographié. Cette reproduction pourra, à volonté, être faite soit à la même grandeur que l’original, soit amplifiée, soit réduite dans un rapport déterminé.
- 2) En quoi consiste la mise au point sculpturale. — Étant donné un nombre quelconque de points, que nous nommerons les points originaux,
- (1) M. Cardin a bien voulu accepter de M. Monnory, directeur des Etudes à l’École centrale des Arts et Manufactures et de moi quelques conseils d’ordre scientifique, qui donnent à sou invention un caractère de certitude mathématique et dont rend compte le présent rapport.
- (Note du rapporteur J. P.)
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- ou plus simplement les originaux, A, B, C... (%. 1) pris à la surface de l’objet choisi comme modèle, la mise au point a pour but de faire apparaître dans le bloc de matière sculpturale adoptée (terre, cire, etc.) un même nombre de points A'B'C'... dits les homologues des points A,B,C... et tellement placés que, si on'joignait de toutes les manières possibles par des lignes droites les poinls A, B, C, D... du modèle et les points A'B'C'D'... de la copie, les figures géométriques ainsi constituées sur le modèle et sur la copie soient ce que l’on nomme en géométrie des figures semblables. Sur ces figures, les angles a et a7.— (3 etff— 9 etcp7... formés par les lignes homologues sont égaux et, de plus, les rapports des longueurs de ces lignes sont
- 3
- T>2,
- N-,
- - O3
- M'
- *02,
- O, °\
- [DT6xqu£tfce] [CopûeJ
- Fie. 2.
- Fig. 3.
- AB AC AD BC CC
- égaux. On a = ÂV'= iVlÿ = jVC'= CÏÏ'’ et°' 0n resume cela en
- disant que :
- « La copie reproduit les angles et conserve les rapports du modèle. »
- 3) Le modelage ou la sculpture succèdent à la mise au point. — On peut, en multipliant suffisamment le nombre des points originaux choisis sur le modèle et reproduits ensuite, en homologues, sur la copie, faire que cette copie se rapproche du modèle avec une approximation constamment croissante. Lorsque le Praticien (ainsi se nomme la personne qui exécute les opérations) a fait apparaître des points en nombre suffisant, il travaille ensuite la matière entre eux, mais alors au sentiment ; c’est à ce moment qu’il doit utiliser l’expérience et le talent acquis par lui comme sculpteur-artiste.
- 4) Procédés modernes de mise au point. — Les procédés modernes, qui semblent être les mêmes que les procédés anciens, sont tous fort ingénieux ; ils sont inspirés de la géométrie. Le plus simple et le plus employé est celui des trois centres, dit des coordonnées trilinéaires. Sur le modèle, en cire, terre ou plâtre (mais non vivant), que l’on nomme maquette, on
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- choisit 3 points 0i02 et 03 dits centres (fig. 2). Cela fait pour définir la position d’un point M quelconque du modèle, on mesure (ou on prend avec 3 compas), les distances 1\, i\ et rz de ce point M aux 3 centres. En réalité, ce point M serait à l’intersection de 3 sphères qui auraient pour centres les 3 centres Oi 02 et 03 et pour rayons les longueurs 1\ , r2 et r3.
- Après quoi, sur le bloc solide dans lequel la copie sera sculptée, on fait paraître (fig. 3) trois centres Oh Oh et 0'3 qui sont les homologues des premiers. Il suffit, pour cela, que le triangle 0'i02/0/3 soit ou égal ou semblable au triangle Oi 02 03. Dans ce dernier cas, on aura une copie qui sera soit une réduction soit une amplification, dans un rapport donné, delà maquette, et, au lieu de se servir d’un compas ordinaire, les praticiens emploient un compas de réduction dont la figure 4 indique le schéma. En y faisant varier en 1 le point d’articulation des deux branches, on fait
- aussi varier comme on le veut le rapport ~ des deux branches et aussi
- a!
- celui tl°s extrémités. Une fois que les trois centres 0', Oh 0'3 sont mar-a b 1
- quôs sur le bloc-copie, pour trouver en M' l’homologue du point M de la maquette, on enlève, avec les outils voulus, de la matière du bloc, s’il est en bois, pierre, marbre, ou bien on en ajoute s’il est en cire, et cela jusqu’à ce que, en plaçant les premières pointes des 3 compas aux centres homologues Oh Oh Oh, les deuxièmes pointes viennent à se rencontrer en un môme point M', qui est l’homologue de M.
- 5) Nota. — 1° 11 est facile de comprendre que, lorsque l’on a déjà placé quelques points, ces derniers peuvent, à leur tour, servir de centres pour en avoir d’autres. 2° Ce procédé par coordonnées trilinéaires nécessite l’existence préalable d’une maquette en relief. Il ne se prête pas à l’emploi de photographies, comme le fait celui de M. Cardin, que nous allons expliquer, et qui fait appel à des coordonnées bilinéaires, soit projectives soit perspectives, dont nous allons d’abord donner le principe.
- 6) Principe des coordonnées projectives, dites encore '.projections orthogonales. — Étant donné (fig. 5) trois axes de coordonnées rectangulaires OX, OY, OZ formant un trièdre trirectangle, comme seraient les 3 arêtes d’un cube, et, dans ce trièdre, un point M, on peut définir la position de ce point M de l’espace de la manière suivante.
- Du point M, on abaisse une perpendiculaire Mm sur le plan horizontal
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- XOY, on prend son pied m, et la longueur M m, sera la hauteur z, du point M.
- De m, on abaisse la perpendiculaire mm! sur l’axe OX; elle est aussi perpendiculaire sur le plan vertical de face XOZ, et la longueur mm', sera la profondeur y, du point M, tandis que om' sera la largeur x, du point M. Les trois longueurs x (largeur) y (profondeur) et z (hauteur)
- Les 4 relations algébriques entre les 3 coordonnées projectives x, y, z du point M et ses 4 coordonnées perspectives a, \b, c, c' sont les suivantes.
- y _ i
- seront les trois coordonnées projectives (dites encore orthogonales) du point M. Quand on les connaît en nombres, on peut retrouver M dans l’espace.
- 7) Principe des coordonnées perspectives dites projections coniques. -—-En I, prenons sur l’axe OY, à une distance d=0\, un premier point de vue; menons le rayon visuel ou lumineux IM, et prenons en M' son intersection avec le plan de face XOZ ; M' sera la perspective de face de M. Cette perspective M' aura une hauteur apparente M'M,i=c et une largeur appa-rente OMi = «.
- En I', sur l’axe OX, à une distance ^' = 01', prenons un deuxième point. de vue; menons le rayon visuel LiVI et prenons en M" une nouvelle perspec-
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- tive du point M sur le plan de profil, c' sera la hauteur appcü'enle de profil du point M et b sera sa profondeur apparente.
- Si, grâce à deux appareils photographiques dont les objectifs seraient en 1 pour l’un et en X pour l’autre, on peut connaître les deux perspectives M' et M" du point M de l’espace, il suffira de mener ce que l’on nomme les deux rayons visuels inverses MM et M"I' pour, à leur rencontre dans l’espace, retrouver en M le point lui-même. Le procédé Cardin est basé sur cette remarque.
- 8) Relations algébriques entre les 3 coordonnées vraies (ou orthogonales), x, y et z, et les 4 coordonnées apparentes (ou perspectives) a, b, c et d d’un même point.
- La figure 5 permet d’établir facilement les quatre relations ou équations ci-après.
- a d
- x
- d'
- l
- b
- « ~a
- Il y en a 4 et l’une d’elles est une conséquence des 3 autres.
- 9) Moyen de déduire les coordonnées orthogonales des coordonnées perspectives et inversement. — On pourra résoudre trois de ces équations ; mais les calculs numériques, quoique bien simplifiés par l’usage de tableaux, sont assez longs. Il vaut mieux opérer graphiquement en se servant du nomogramme ci-contre (fig. 6) construit d’après les méthodes de M. dOcagne.
- 10) Nomogramme de transformation (fig. 6).
- AX, BY et CZ sont 3 droites parallèles graduées : les deux premières de gauche à droite -* et la troisième de droite à gauche
- Sur AX, on portera, ou on trouvera, les largeurs vraies x, ou apparentes a.
- Sur BY on portera, ou on trouvera, les profondeurs vraies y, ou apparentes b.
- Sur CZ on portera ou on trouvera les hauteurs vraies ou apparentes c et d.
- La lie convergente AD' irait, prolongée, rencontrer BY à la distance d!.
- La 2e convergente BD irait, prolongée, rencontrer AX à la distance d.
- Enfin CA et CB sont la lrc et la 2e divergentes.
- 11) Application et usage du nomogramme. — Supposons que l’on ait : c/ = 353min,5 d' = 353,5 a = 60 4 = 80 c= 40 c'=37.
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- On veut trouver æ, y et z.
- Sur AX, on prend a= 60 ; on joint au point B, ce qui donne, par recoupement avec la convergente AD', un point /'.
- Sur AY, on prend b = 80. On joint au point A, ce qui donne, par recoupement avec la convergente BD, un point f.
- K—
- --OC --
- 4o î 5o
- deo X et&ea OU
- \\ /1
- i So 90 -'joo etdcô ë
- Mg. 6. — Xomogramme de transformation.
- On joint //', ce qui, par recoupements avec AX et B Y, donne sur AX : x = 47,3 et sur BY: y =68,2.
- Pour avoir Z, sur OZ, on prend c==40. On joint au point a — 60 et on prend, en g, le recoupement avec la divergente CA. On joint g au point déjà trouvé x — 47,3, et, par prolongement, 011 trouve, sur OZ, le point de hauteur z — 33,1. Cette dernière construction résulte de l’équation (3).
- Comme vérification indispensable, en utilisant l’équation (4), sur OZ, on prend c' = 37. O11 joint au point £ = 80 et on prend en g' le recoupement avec la divergente CB. On joint g' au point déjà trouvé y = 68,2 et, par prolongement, on doit retrouver sur OZ le point de hauteur 2 = 33,1.
- Nota. -—La construction est réversible; c’est-à-dire qu’en se donnant g et 2, coordonnées vraies, on en peut déduire, en la prenant en sens inverse, les coordonnées perspectives, a, b et c.
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- Il estintéressant de remarquer que l’on résout ainsi le problème de la perspective linéaire.
- 12) Construction du nomogramme sur glace dépolie. — Dans la pratique des procédés de M. Cardin, on peut avoir à transformer, pour un même travail, les coordonnées d’une centaine de points. On a gravé le nomo-gramme répondant aux distances d et d' (généralement égales entre elles) à l’acide fluorhydrique sur une glace finement dépolie. Pour un même point, on trace les lignes de construction avec un crayon tin et dur. Après quoi on efface les lignes de crayon avec une éponge mouillée, et le nomo-gramrne se retrouve libre pour un autre point. Le calcul pour un point demande une minute au plus. La transformation de tous les points (100) exigera deux heures au plus pour un buste, ce qui est insignifiant eu égard au reste du travail à accomplir.
- II. — APPAREILS DE POSE PAR QUATRE CHAMBRES NOIRES
- 1) Schéma des quatre appareils de pose. — On voit (lig. 7) sur le plan en O le modèle qui pose, et en b b b b les objectifs de 4 appareils photographiques absolument identiques entre eux comme objectifs et comme chambres : b , donnera line vue de face ; L , une vue de gauche ; 13, une vue d’arrière; b une vue de droite. Les axes optiques b et I3, I2 et b des objectifs, qui se regardent, sont rigoureusement dans le prolongement l’un de l’autre. Tous ces axes optiques sont dans un même plan horizontal. Ils sont rigoureusement perpendiculaires les uns sur les autres, et, enfin, les distances Ob ? OL, Oï3 et014sont égales entre elles et à cl. Il est facile de fabriquer 4 chambres et 4 objectifs identiques. Les conditions de position s’obtiennent en montant les chambres sur des vis de réglage verticales et horizontales, comme il est dit ci-après. Le système de vis employé n’a rien de particulier; on ne le décrira pas.
- 2) Cage de réglage des chambres noires (fîg. 8) (Schéma). — MM et NN sont deux madriers à angle droit l’un sur l’autre et reposant à plat sur le sol. Ils sont reliés par des goussets F, F, F, F, à 45°. Aux extrémités M et N des madriers, sont assemblés les pieds de 4 tables T4 (Ti n’est pas représentés, afin de dégager la figure) T2T3T4, bien égales entre elles, et, sur ces tables, sont les 4 chambres noires b (celle-ci non figurée) b b b- Des vis de réglage (non figurées) permettent d’imprimer de légers déplacements dans tous les sens aux chambres.
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- A a, YSb, Ce, Dd est une cage h 4 montants verticaux soit en fer creux léger, soit en bois. La cage est couronnée par une plaque de tôle ou de zinc formant plafond A,B,C,D, et, sur ce plafond, on a tracé très rigoureusement un carré avec son centre O et ses deux axes à angle droit XX' et YY'.
- Enfin, cinq fils à plomb pendent des points O (fil central) X, X', Y et Y'. Le fil central porte en O' une petite boule et en L et L' deux autres, à égale distance de O'. La boule centrale O' est à la hauteur des centres
- <££eocxtLou/
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- Fig. 7. — Schéma des quatre appareils de pose.
- optiques Iil2l3I4 des objectifs; ou plutôt, les centres optiques, grâce aux vis de réglage, devront être amenés au niveau de O'.
- 3) Réglage des appareils à l'aide des vis de réglage. — 1° Les chambres sont munies de leurs glaces dépolies. Soit à régler les chambres I2 et I4, qui se regardent. On voit apparaître sur chaque glace le fil central et la boule centrale O', les deux fds de largeur XV et Xx, et aussi l’obturateur, ou plutôt la bonnette de l’objectif situé en face. Il faut amener les 3 fils O, X et X' à coïncider et, de plus, l’image de O' à se faire sur celle de la bonnette ; et c’est tout. Sur les glaces dépolies (fîg. 9) on a tracé les axes, les diagonales, et on en a détruit le centre; l’image O' de la boule centrale doit se faire sur ce centre, et cela sur chaque glace dépolie.
- 2° Pour être assuré que les distances LO' — f20'... au point central O',
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- sont les mêmes, on avance ou on recule les chambres jusqu’à ce que l’image LL' de la ligne des petites boules ait la même longueur sur tous les verres dépolis.
- 4) Repérage des châssis à négatifs. — Une fois bien établi le repérage
- 3 ' Y’ C
- -/-------
- Fig. 8. — Montage et réglage des chambres no res.
- précédent, on met une glace sensible dans les 4 châssis et on tire un négatif de chaque chambre. On doit voir s’y faire toutes les coïncidences précédentes.
- Alors (tig. 9) sur ces négatifs, on trace les axes, savoir : zz' (coïncidant avec les 3 fils superposés) et xaJ, perpendiculaire et passant par l’image 0'
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- du centre de la boule. On a, au préalable, bordé l’intérieur de la feuillure du châssis par un petit cadre hh... en papier noir mince, collé sur cette feuillure; on remet la glace négative à sa place primitive daus la feuillure et, sur le cadre hh..., on marque soit par une entaille, soit autrement, les extrémités x, x', z et z' des axes du négatif.
- De cette façon, pour toutes les poses que Ton fera ensuite, les négatifs qui en résulteront porteront l’image de ces entailles ; il en sera de même de leurs positifs et, plus tard, pour la mise au point sculpturale, qui se fera d’après ces positifs, on connaîtra les axes de coordonnées nécessaires. (V. plus haut 1-7.)
- 5) Position du modèle devant les objectifs. — Une fois le réglage terminé et toutes les vis bien serrées, on n’a plus besoin de toucher aux chambres ; on enlève la cage de réglage et on met à sa place le siège sur lequel le modèle doit s’asseoir. S’il s’agit d’un buste, il faut que l’axe vertical de la tète du modèle coïncide sensiblement avec le fil à plomb central (si ce fil avait été maintenu) et que le menton soit à peu près au niveau des objectifs.
- 6) Pose. — Chaque objectif est muni d’un obturateur â volet ou à rideau, lis sont tous reliés par des tubes de caoutchouc de même longueur à une poire centrale que tient l’opérateur. De cette façon, la durée de pose est rigoureusement la même pour toutes les chambres.
- 7) Quadrillage du modèle pour faciliter la mise au point. — Il est assez difficile, surtout lorsqu’il s’agit du visage, de reconnaître sur les deux vues à combiner quels sont les points qui se correspondent. Sur le derrière de la tête, sur les oreilles, partout enfin où il y a des détails bien accentués, il n’y a pas de difficulté. C’est pourquoi (v. fig. 7) en S, à côté de l’appareil qui prend la face, et le plus près possible de lui, au-dessus par exemple, on place un petit appareil à projections, très rudimentaire, éclairé soit à l’électricité, soit, mieux encore, au magnésium, dont la lumière est très actinique, et, pendant la pose, même en plein jour, on projette sur le modèle soit un réseau de lignes blanches sur fond noir, soit, mieux encore, un réseau de lettres À, B, C, D... Ce réseau projeté se voit très peu, mais suffisamment cependant pour permettre de très bien reconnaître les points.
- 8) Grandissement des positifs. — On tire les positifs sur papier au gélatino-chlorure, en les grandissant d’autant plus que l’on veut obtenir un relief du modèle à échelle plus ou moins grande.
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- Avec les dispositions ci-dessus (4 chambres identiques) le grandissement sera le même pour les quatre clichés, ce qui simplifie considérablement le matériel. Dans ce cas, on a deux grandisseurs, opérant à la lumière du jour : un pour les bustes grandeur nature et l’autre pour les bustes demi-nature.
- Nota. — Avec l’appareil à une seule chambre et à trois miroirs qui sera décrit plus loin, chaque cliché doit être grandi dans un rapport différent. C’est une légère complication et cela exige un appareil à grandissement un peu plus coûteux et difficile à installer et à manœuvrer.
- tu. -- APPAREILS DE POSE A TROIS MIROIRS ET UNE SEULE CHAMBRE
- AVEC CHASSIS POLYGONAL
- 1) Schéma de la disposition d'ensemble (fig. 10). — En Ch, représenté par un cercle épais, est le modèle qui pose, ou plus exactement la cage de réglage ci-dessus, avec ses 5 fils à plomb; elle servira à régler la position des 3 miroirs, savoir : M2qui donnera la vue de gauche, Al4 celle d'arrière, M3 celle de droite. La vue de face est donnée directement par la chambre.
- En I, est le centre optique de la chambre unique, dont le châssis polygonal reçoit les 4 glaces sensibles distinctes, 0'4 0'3 Oh Oh, dont nous apprendrons tout à l’heure à déterminer les emplacements. La vue de face est obtenue directement en Oh par la chambre. Elle répond à une distance ^ = IOi.
- Soit I02 la direction suivant laquelle nous voulons, par une réflexion dans le miroir M2, recevoir la vue de gauche.
- Voici le tracé pour obtenir la position de ce miroir. On prend en J2 l’intersection de 102 avec l’axe XX et le miroir; M2 est la bissectrice de l’angle 04 J202. L’image gauche de 04 se fait en O*, en prenant J202 = J2 04. Elle est renversée, et elle a pour distance r/2 —102. Pour la vue de droite, tracé analogue. Soit I03, la direction suivant laquelle on veut recevoir l’image. Le miroir M3 est la bissectrice de l’angle O^Oa, et, prenant J303=J30i, on a en 03 l’image. Ellé est renversée et sa distance est dA = 103. Pour l’image arrière 04, on procède ainsi. Soit 104 la direction suivant laquelle on veut la recevoir. On prend en J" son intersection avec le miroir M3. — On double de a en a! l’angle M3J/;04, ce qui donne en J" O" l’image de la direction I04 dans le miroir M3. On prend en J4 son intersection avec l’axe IY, et.le miroir .1, \14 est la bissectrice de l’angle J"J4Y. On prend J40"=J4 04, ce
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- qui donnerait en O" l’image intermédiaire de Oi dans le miroir M4, et, finalement, J//04 = J//0" donne l’image arrière en 04, par double réflexion dans i\l4 et ensuite M3. Elle est redressée, sa distance est ^4 = I04. Le châssis
- Fig. 10.
- polygonal a ses faces 0^ 0'2 (y3 0'4 perpendiculaires aux directions J2 J3 et
- r.
- 2) Epreuves positives grandies. — O11 voit que les distances varient beaucoup, presque du simple au double, entre dx et d± et, de plus, que les images 02et 03sont renversées. Il en résulte, d’une part, que, pour le grandissement des positifs, il faudra, pour 02 et 03; placer la pellicule à contre-
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- sens, et, d’autre part, qu’il faudra faire varier le tirage de l’appareil amplificateur. On l’aura réglé une fois pour toutes, dans ses quatre tirages, en se basant sur l’image du fil central LL' de la cage de réglage (v. fig. 8). Cette image devra posséder la même longueur sur les 4 positifs d’essai que l’on aura faits au préalable.
- IV. — SELLE DE MISE AU POINT DITE « PERSPECTIVE »
- 1) La selle et le compas articulé (fig. 11 et plus loin fig. 13 bis). —La selle-est un prisme à base carrée soit en bois, soit en pierre, soit en métal. La matière à travailler est solidement fixée sur le milieu de la base
- supérieure T (fig. 11) ; on ne l’a pas figurée. Des rainures assez profondes sont ménagées près des côtés /', /', /', de cette base supérieure; par leur ensemble, elles doivent former un carré parfait.
- Dans ces rainures, pourront glisser une planche ou un cadre bien plans G, et la rainure doit être assez profonde pour guider le cadre et le maintenir exactement vertical.
- C’est sur ce cadre G que sera collée la grande photographie, laquelle sera parfaitement repérée, par ses axes, sur les axes du cadre. Un verrou automatique arrête le cadre dans la rainure lorsque son axe vertical zz, coïncide avec l’axe .V'V' du dessus de la selle. Bien dans l’axe de chaque face de la selle, est scellée un v plaque P, épaisse, en métal, percée de trois trous, 1, 2, 3, dans lesquels s’engageront trois tiges, U, 2', 3;, de la pla-
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- line Cf (fig. 12) du compas articulé que nous allons décrire. Ce compas pourra donc être enlevé, mais ces 3 tiges permettront de le remettre exactement en place.
- 2) Principe du compas .articulé (fig. 13). — Soit PQRS un parallélogramme articulé en ses sommets. Supposons que, RS restant fixe, le parallélogramme prenne la position RSP'Q'. Imaginons qu’une droite AB s’appuie sur les points A et B des côtés venus, après la rotation, en A'B'. La
- Fi". 13 bis.
- droite A'B' ira recouper l’axe RS en un meme point I que AB en vertu de la théorie des figures semblables. Si on suppose enfin que cet ensemble soit mobile autour de l’axe RS, il en résultera que la droite AB, formant sonde, peut aller atteindre un point quelconque M de l’espace, mais qu’elle ne cessera jamais de converger vers le point 1, lequel, bien entendu, est le point de vue de la perspective.
- 3) Fonctionnement du compas articulé. — On prend un point de la manière suivante (fig. 13 bis) : 1° Lé cadre portant la photographie est amené dans l’axe de la selle; — 2° La platine du compas est fixée à la place que
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- KZ
- lui assignent- les 3 tiges l/2/3/ (fig. 12) et bien maintenue par des verrous; — 3° Les vis du compas sont desserrées et, en inclinant le parallélogramme ou en le faisant tourner autour de l’axe RS, la sonde, qui peut glisser dans une douille dont, sur le schéma (fig. 11 et 13) A B seraitl’axe, arrive à toucher par sa pointe M/ le point choisi sur la photographie. Cela fait, on serre toutes les vis du compas. La sonde reste libre, à frottement doux, dans sa douille; — 4° On agit de même avec le compas appartenant à la face contiguë de la selle, et, avec la pointe de sa sonde, on touche le point correspondant de la photographie de cette face. A ce moment, le point est pris.
- Alors on dégage les deux cadres. S’il n’y avait rien sur la selle, en faisant glisser les deux sondes dans leurs douilles, leurs pointes devraient se rencontrer en un point qui serait celui que l’on a en vue. Si la matière sculpturale (cire, bois, pierre...) est sur la selle, on la travaille jusqu’à ce que les deux pointes des sondes se rencontrent à sa surface.
- 4) Cadres indépendants et selle-témoin. — On simplifie ces opérations et
- on les rend plus précises en se servant d’un matériel auxiliaire qui, une fois établi, sert toujours. Il se compose de cadres indépendants et d’une selle-témoin.
- Les cadres indépendants sont au nombre de 4. Ils sont, à poste fixe, placés sur un mur (fig. 14). Ils portent une plaque P, identique, avec ses trois trous 1, 2 et 3, a celles qui se trouvent sur les faces de la
- selle.
- C’est sur ce cadre fixe que l’on vient placer le compas pour prendre le point. Le compas, ses vis bien serrées, sera reporté ensuite sur la selle de mise au point dite : selle de travail, mais d’abord sur la selle-témoin. La selle-témoin est identique à la selle de travail : elle porte les 4 plaques percées de 3 trous, comme elle. Sa seule différence est qu’elle reste libre, sans matière sculpturale.
- Sur cette selle-témoin, on peut donc vérifier que les pointes des deux
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- sondes se rencontrent, ce qui prouve que l’opération est juste. On peut même conserver le point avec un trusquin d’ajusteur.
- 5) Avantages. — 1° La selle de travail n’a plus besoin de rainures puisque les cadres n’y seront plus jamais placés.
- 2° On s’assure, nous venons de le dire, que le point est bien pris.
- 3° On peut, pour la selle de travail, ne se servir que d’un seul compas et de sa sonde. Il suffit, pour cela, que cette sonde soit munie d’un taquet à vis t (fig. 15) que l’on vient fixer contre la douille D quand la selle-témoin a prouvé la justesse de la prise. Dès lors, sur la selle de travail, on agit sur la matière jusqu’à ce que le taquet vienne buter sur la douille ; alors la pointe S est bien au point voulu sur la matière.
- Ce procédé est surtout commode quand on travaille directement sur le marbre. Alors, avec une perforatrice électrique à main, ou même avec les perforatrices de dentistes manœuvrées au pied, on creuse le marbre jusqu’à ce que la pointe de sonde atteigne le fond du trou, et le point est ainsi placé au fond de ce trou ; cela se fait vite et bien.
- Y. — SELLE DE MISE AU POINT DITE « PROJECTIVE »
- 1) Description. — S (fig. 16) est la selle proprement dite, en pierre ou en bois épais et lourd. La figure 16 n’en fait voir que l’angle.
- A, B est un cadre en fer étiré fixé à une certaine distance de la selle; il joue le rôle d’un rail de glissement. Il doit être exactement sur plan carré.
- Z, Tige verticale, en fer plat, rivée par le bas à deux flasques c et cj, qui lui permettent de glisser sur. le cadre.
- D, Chariot pouvant glisser sur la tige verticale Z, et comportant une douille venue de fonte avecD; dans cette douille, peut glisser la sonde P. Des taquets à vis savoir : T sur la sonde, T' sur la tige verticale Z et T" sur le cadre, permettent d’arrêter tous ces organes en des points voulus. La tige Z, la sonde P et le cadre A portent chacun un point de repère, marqué zéro, convenablement placé.
- 2) Usage de l'appareil. — Les largeurs x (v. 1-7) se mesurent sur le cadre, les hauteurs z sur la tige, et les profondeurs y sur la sonde.
- Nous avons vu que, par un nomogramme on pouvait déduire des photographies perspectives les coordonnées vraies x, y et z de chaque point. On peut placer les taquets aux points voulus pour que la pointe
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- LES PROCÉDÉS DE PHOTOSCULPTURE.'
- de la sonde possède ces trois coordonnées x, y et s. La mise au point s’ensuivra.
- 3) Selle-témoin. — Analogue à celle déjà décrite (IV-4) et servant aux mêmes usages. Elle est moins indispensable, car le nomogramme fîg. 6 permet, ainsi qu’il a été dit, de calculer une seconde fois la hauteur 2 en se servant de l’équation (4) (fig. 5) au lieu de (3) ; et, si on trouve la même valeur, c’est que la prise du point est exacte.
- 4) On voit que, par cet appareil, un seul porte-sonde est nécessaire. Les
- Fig. 16.
- photographies grandies ne servent qu’à mesurer les coordonnées perspectives, a, b, c et c' : après quoi le nomogramme les transforme en coordonnées vraies; c’est un simple travail de bureau, facile à faire faire par un employé.
- Comme application des procédés de M. Cardin nous montrons ici (fig: 17) quatre photographies prises avec l’appareil à trois miroirs sur le châssis polygonal (fig. 10) d’un même appareil; on voit que les photographies sont à des échelles différentes ainsi qu’il a été dit. Par des grandissements et des redressements convenables, elles ont été ramenées à la même échelle. Après quoi, à l’aide de la selle perspective (fig. 13 bis) on en a déduit, d’abord en plastilme et ensuite, par un moulage en plâtre, le buste figure 18.
- Tome 110.— Novembre 1908.
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- PIIOTOSCUEPTURE.
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- VI. — RÉSUMÉ. CARACTÉRISTIQUES DE L’iNYENTION
- L’invention de M. Cardin présente les caractères distinctifs suivants :
- 1° La mise au point sculpturale précise, sur une matière quelconque,
- Fig. 17.
- pour la reproduction d’un objet quelconque, en partant de photographies prises dudit objet, chaque point étant en quelque sorte matérialisé par ce que l’on nomme, en géométrie, les coordonnées perspectives ou les coordonnées orthogonales permettant de faire apparaître le point de l’objet sur le bloc solide,
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- 2° Pour la prise des photographies, soit l’emploi de quatre objectifs distincts et absolument identiques, soit l’emploi d’un seul appareil, dont le fond est constitué par des miroirs disposés suivant les lois de l’optique.
- 3° Pour la réalisation de la mise au point à l’aide de ces photographies, les appareils des deux types décrits et présentés, c’est-à-dire, d’une part, les selles à sondes perspectives et, d’autre part, les selles à sondes projectives, ces dernières utilisant les cordonnées orthogonales.
- 4° Les dispositifs spéciaux donnés aux sondes et aux porte-sondes.
- Avantages et utilisation des procédés. — a) Possibilité de saisir instantanément un mouvement ou une expression sur un modèle vivant et de préparer à coup sur et sans faire poser le modèle une masse modelée et déjà suffisamment poussée pour que l’artiste n’ait plus, avec le modèle devant les yeux, qu’à lui donner le caractère artistique qui lui est personnel. Plus de fatigue pour le modèle.
- b) Possibilité de reproduire des pièces de musée sans en faire le moulage préalable et sans les sortir des galeries.
- c) Possibilité de faire des grandissements ou des réductions.
- d) Possibilité, avec la selle projective, de faire un bas-relief d’après un plein relief. Il suffit, en conservant les largeurs x et les hauteurs z, de réduire les profondeurs y à 1/10 ou 1/15.
- Signé : J.-J. Pillet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le 12 juin 1908.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport fait, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, par M. Mesnager, sur un système de cheminées industrielles en béton armé, de M. Monnoyer.
- M. Braive, 2, rue Gounod, Paris, représentant à Paris de la Société
- Fig. 1. — Cheminée à Louvain.
- Léon Monnoyer et fils, a exposé devant la Société d’Encouragement, dans la séance du 8 mai 1908, les particularités du système de cheminées indus-
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- Fig. 2. — Cheminée avec réservoir en béton armé aux mines d’Ànderny-Chevillon
- (Meurthe-et-Moselle).
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- trielles en béton armé imaginé par tes ingénieurs-conseils de cette Société et exploité par elle.
- La cheminée en béton armé présente comme avantages, par rapport à la cheminée en briques, la légèreté et l’économie. La construction en béton armé, en effet, à égalité de volume, ne coûte pas tout à fait le double
- Fig. 3. — Cheminée en construction aux moulins Lavignette à Louvain (équipe de quatre hommes).
- de la construction en briques, mais, grâce à la liaison réalisée par les armatures longitudinales, on peut obtenir la stabilité au vent avec un poids qui n’atteint pas la moitié de la cheminée en briques. Car, d’une part, à égalité de résistance, le moment de stabilité serait sensiblement double par le fait que la construction peut résister à l’extension, et, d’autre part, dans une construction en béton armé, on peut admettre sans danger des pressions par centimètre carré supérieures à celles qu’on admet dans
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- CHEMINÉES INDUSTRIELLES EN BÉTON ARMÉ.
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- les constructions en briques. Grâce à la diminution du poids de l’ensemble, on peut, en outre, réduire la fondation.
- Aussi, des essais de cheminée en béton armé ont-ils été faits à plusieurs
- Fig. 4. — Plan d’un demi-claveau.
- reprises. Jusqu’à ces derniers temps, on avait suivi les procédés généralement employés pour les travaux en béton armé, c’est-à-dire que le béton avait été pilonné dans un moule. Ce moule, par raison d’économie, n’embrassait qu’une petite partie de la longueur du fût de la cheminée et était remonté à mesure de l’avancement des travaux. Ce procédé présente
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS.
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- Finconvénient de ne se prêter qu’à l’exécution de cylindres. Tout au plus, peut-on changer le diamètre par échelons successifs et en petit nombre. Généralement, on conserve au fût extérieur un diamètre constant, on fait seulement varier son épaisseur. C’est ainsi qu’un certain nombre de
- — Coupe cd (fig. 4).
- Fig. 5. — Élévation d’un rentrant vu de l’intérieur de la cheminée.
- cheminées ont été exécutées en Amérique. Cette forme est peu satisfaisante dès que la hauteur est un peu grande.
- Le système Léon Monnoyer permet :
- 1° d’exécuter un fût ayant la conicité admise avec l’emploi de la brique (fig. 1 et 2) ;
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- CHEMINÉES INDUSTRIELLES EN BÉTON ARMÉ.
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- 2° de se passer d’échafaudage (fig. 3).
- La fondation et le soubassement sont construits suivant la pratique ordinaire du béton armé. Mais le fût est constitué (fig. 4 à 8) par des claveaux en béton de 25 centimètres de hauteur, armés de petites tiges d’acier de façon à pouvoir être bardé sans danger. On les exécute sur le sol, aux
- . 8. — Détail du couronnement.
- abords, un peu à l’avance, dans des moules en fonte. Il faut au plus trois types de moule pour une cheminée de 45 mètres, et un seul suffit pour une cheminée de 18 mètres. Les claveaux sont en nombre variable suivant le diamètre de la cheminée; par suite, le nombre des nervures qui les limitent varie également. Ce nombre est déterminé de façon que le poids de chacun des claveaux ne dépasse pas 80 à 100 kilogrammes.
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- CONSTRUCTIONS ET REAUX-ARÎS. — NOVEMBRE 1Ô08.
- Chaque assise présente à sa partie supérieure une rainure dans laquelle vient se loger une armature horizontale formant frette. On la noie dans le joint. Dans l’axe de la cannelure, se loge un fer vertical qui se trouve également noyé dans le joint vertical de deux claveaux successifs d’une même assise. On peut faire varier progressivement le diamètre de la section en agissant sur la largeur de ces joints verticaux. Les nervures sont aux extrémités droites des claveaux d’une assise et aux extrémités gauches de ceux de la suivante de façon à découper les joints. De petits étriers horizontaux complètent la liaison des armatures verticales avec l’ensemble.
- Les auteurs font remarquer que la position des armatures verticales est favorable à la bonne conservation delà construction. Celles-ci sont placées dans une région où l’influence de la variation de tempéra ture des gaz dans l’intérieur de la cheminée doit être relativement faible. Bien que la conductibilité du métal des armatures soit très différente de celle du
- (1) Voici les caractéristiques de quelques applications des cheminées Moimoyer construites en France et en Belgique.
- Diamètre Hauteur intérieur de fût. au sommet, mètres. mètres.
- Ateliers métallurgiques, Ni-
- velles...................33,GU 1,6(1
- Ciments Buda llaren ,
- Bruxelles . ............. 52,00 1,80
- Moulin La Vignette, Louvain. 36,00 1,35
- Usine M. Rouge , Solre-le-
- Château (Nord)........ 22,00 0,70
- Usines Totte-Milch et Cle,
- Denain (Nord)..........40,00 1,30
- Usine Pathé,Forest,Bruxelles. 30,50 1,34
- Brasseries Bavaro - Belges,
- Bruxelles............. 44,00 1,75
- Filature Nord , Wasquehal
- (Nord)................ 34,00 2,50
- Usine Freud'homme ,
- Bruxelles............. 23,00 1,00
- Papeteries de la Hulpe ,
- Bruxelles............. 45,00 2,00
- Charbonnages de Monceau
- (Belgique)............ 26,00 1,85
- Anderny-Chevillon (Aciéries de la Marine, fig. 3L . . . 55,00 2,40
- Aciéries de Longwy (Réfrigérant)...................... 32,00 8,00
- Chemin de fer du Nord,
- Saint-Martin. ....... 1.3,06 0,70
- Largeur Pression
- de maxim a
- Soubassement. Fondation. semelle. Poids. par cm-
- mètres. mètres.
- 1,40 2,60 5,40 160 000 1 kil.
- 3,00 4,50 0,00 260 000 1 kil.
- 4,00 2,50 4,00 170 000 pieux.
- 4,00 2,00 3,00 150 000 2 kil. 7
- 4,50 3,00 5,00 170 000 pieux.
- 4,50 4,45 4,00 155 000 pieux.
- 6,00 3,25 5,50 •> pieux.
- 6,00 2,30 6,00 210 000 1 kil.
- 2,00 1,00 3,00 » 1 kil.
- 5,00 3,80 8,30 300 000 1 kil. 08
- 4,00 2,80 6,80 66 000 1 kil.
- 2,00 3,80 (b 2 kil.
- » 2,50 13,00 270 000 0 kil.860
- « „ 2,50 30 000
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- CHEMINÉES INDUSTRIELLES EN BÉTON ARMÉ.
- béton, celles-là ne peuvent jamais être portées par l’effet de cette conductibilité à des températures notablement différentes de celle du béton qui les environne, ce qui pourrait devenir une cause de désorganisation.
- Le montage est effectué rapidement par des ouvriers placés (fîg. 7) à l’intérieur de la cheminée.
- L’aspect de l’ensemble est satisfaisant, les cannelures contribuant à donner une apparence à la fois légère et robuste à la construction.
- Ce système paraît se recommander par son bon marché, sa facilité d’exécution et son aspect satisfaisant. Les problèmes d’exécution ont été résolus d’une façon ingénieuse, qu’il nous paraît intéressant de signaler. Aussi proposons-nous de remercier M. Braive de son intéressante commu-# nication et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé : Mesnager, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance, le ù23 octobre 1908.
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- COMMERCE
- l’impérialisme économique en grande-bretagne, par M. Maurice Alfassa (1)
- CONSIDÉRATIONS RELATIVES A UNE ILE IMAGINAIRE
- Dans le cours de la croisade protectionniste si ardente, M. Chamberlain et ses amis, comme M. Balfour dans son pamphlet (2) ayant un but en vue, ont fait des raisonnements abstraits quand ils ont voulu exposer leurs plans de réformes. Ils n’ont pas, voulu tenir compte des circonstances particulières inhérentes au pays, et c’est pourquoi ils énoncent souvent des théories qui pourraient en soi être parfaitement acceptables, mais qui, appliquées à l’Angleterre, auraient des effets désastreux : ils perdent de vue la situation spéciale du pays au point de vue géographique et climatérique.
- On peut très bien concevoir un pays ou une île, imaginaire, pouvant par soi-même satisfaire à tous ses besoins, sans être obligée d’avoir recours, de quelque façon que ce soit, aux autres nations du monde. On peut supposer que la nature lui a prodigué toutes ses faveurs et qu’elle réunisse des conditions exceptionnelles de climat, de population, de superficie, de richesses minérales de toutes sortes lui permettant, grâce au développement de son agriculture et de son industrie, d’assurer une prospérité sans cesse croissante à ses habitants, qui pourraient demeurer chez eux comme en une tour d’ivoire sans sé préoccuper du reste de l’univers. Se suffisant pleinement à eux-mêmes ils n’ont pas besoin de faire des échanges avec les autres pays. Si donc dans ce pays quelque importation trouvait son chemin, comme par hypothèse la production nationale correspond à la consommation, il faudrait pour la payer prélever une parcelle de la richesse accumulée et, si au lieu que ce fait fût l’exception, il devenait la règle et que la proportion des importations augmentât de façon régulière, il est bien évident que la théorie de M. Vince serait d’une scrupuleuse exactitude. Indiscutablement notre île imaginaire s’appauvrirait et s’approcherait de la ruine.
- Mais qu’un seul des éléments indispensables à son existence économique vienne à lui faire défaut, que les mauvaises saisons la privent des récoltes, que certaines des matières premières s’épuisent, que la population s’accroisse plus rapidement que les
- (1) Bulletin d’avril, mai, juin, juillet, octobre 1908.
- (2) Economie Notes on Insular Free Trade by the llight lion. Arthur J. Balfour, Londres. 1903, Longman and Green.
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- l’impérialisme ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
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- moyens de subsistance ou qu’ellq^diminue dans de telles proportions que l’agriculture ou l’industrie.ne puissent plus recruter la main-d’œuvre suffisante, que l’un quelconque, mais un seul de ces événements s’accomplisse, et la situation de cette île va se trouver complètement bouleversée. Elle ne sera plus à même de se suffire. Elle ne pourra plus ignorer, comme elle l’avait fait jusqu’ici, le reste de l’univers. Il lui faudra se procurer en quelque autre contrée ce dont elle manque.
- Comme pour cette raison même elle va être moins prospère qu’auparavant, elle ne saurait songer à payer ses acquisitions par des prélèvements successifs sur sa richesse accumulée. Ne pouvant plus la reconstituer comme par le passé, elle entrera dans la voie des échanges de produits et offrira à ses créanciers ceux de ses objets manufacturés ou celles de ses matières premières qui leur font également défaut.
- Si maintenant nous supposons que l’industrie se soit, par exemple, particulièrement développée dans cette île et que grâce au génie particulier de la race elle ait acquis, en général ou dans une branche particulière, une supériorité incontestable sur les autres pays, il est clair qu’elle tendra par tous les moyens à favoriser son essor. Par le fait delà supériorité qu’elle possède dans cette direction, l’emploi des forces vives de la nation dans cette industrie ou dans cette branche d’industrie, donnera le maximum de profit et contribuera à augmenter la richesse nationale. Puisque l’île est entrée par la force des choses dans la voie des échanges internationaux, elle tendra, puisqu’elle a pris ainsi une avance sur les autres pays, à payer ses importations avec les produits qui lui sont le plus profitables, et si la matière première vient à lui manquer, elle cherchera à s’en procurer, augmentant ainsi, il est vrai, le total de ses importations. Mais dans ce cas on ne saurait prétendre que ce soit une cause d’appauvrissement pour elle, puisqu’elle va en tirer un profit important en ce sens que, grâce à une fraction de ce qu’elle achète à l’étranger, elle va payer la totalité.
- On peut encore imaginer, toujours dans le même ordre d’idées, que cette matière première soit transformée en articles consommés sur le marché intérieur, ce ne sera pas non plus un signe d’appauvrissement, puisque ces articles sont indispensables aux besoins de la Nation et que celle-ci ne peut se les procurer que par ce moyen. Leur acquisition est, au contraire, une source de richesse puisqu’elle permet de fournir du travail aux classes ouvrières et qu’elle active la circulation, accroissant ainsi les échanges tant intérieurs qu’internationaux.
- Dans le champ si vaste des hypothèses, nous pouvons encore, pour mieux préciser notre pensée, faire choix d’autres exemples. Puisque notre île imaginaire n’est plus, pour une cause quelconque, l’île intégrale que nous l’avions supposée au début, nous pouvons admettre que c’est par le climat qu’elle est le moins favorisée et que tel produit de culture destiné à être transformé industriellement ne pousse pas en quantité suffisante pour répondre aux besoins. On arriverait peut-être cependant à satisfaire la consommation locale, mais non la demande des autres pays. Cette demande considérable s’explique par le fait que le climat précisément, s’il est mauvais pour la culture du produit en question, répond admirablement par contre aux nécessités de sa transformation industrielle et donne à ce point de vue un avantage sérieux et incontesté à notre île sur les pays étrangers.
- Admettons que pour les satisfaire non par désintéressement et esprit de solidarité internationale, mais en vue de réaliser un profit important pour le service rendu, cette île tout imaginaire se décide à importer ce produit, des régions dont le climat est favorable à sa culture, pour le transformer industriellement. Il est indiscutable que dans
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- COMMERCE.
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- ce cas encore les importations.ne détermineront pas un appauvrissement et que, tout au contraire, elles seront cause d’une prospérité d’autant plus marquée que les quantités de ce produit seront plus grandes.
- Il en sera encore de même si le monopole de fait dont jouissait notre île par suite de son avance sur les autres pays vient à disparaître et si certains de ceux-ci à leur tour se mettent à fabriquer l’article, qui jusque-là leur avait été fourni. Le jeu de la concurrence veut que pour profiter des débouchés exislant dans des contrées qui ne sont point arrivées au même stade de développement industriel, il faille abaisser les prix. Le bénéfice par unité sera considérablement réduit, mais le bénéfice d’ensemble, toujours considérable, sera d’autant plus important que les quantités de produits finis le seront davantage, et pour que cette source de prospérité se maintienne et s’améliore il faudra que les importations s’accroissent.
- Il en est encore d’autres dont, au premier abord, on pourrait penser qu’il y aurait intérêt à les restreindre, car elles ne semblent pas rentrer dans la catégorie des matières premières. Ce sont des produits ayant déjà atteint à un certain degré d’élaboration et pouvant, à un certain point de vue, être considérés comme produits finis par des industries données. Mais, si l’on considère le cycle des transformations depuis le moment où la matière première entre en traitement jusqu’à celui où elle est livrée au consommateur individuel sous forme d’article d’usage immédiat, il y a un certain nombre de cycles partiels parcourus par la matière : cycles dont chacun forme un tout complet, mais dont le produit fini n’est en réalité que la matière première pour le cycle suivant. Il arrive fréquemment que l’article livré au public a dû parcourir plusieurs de; ces cycles successifs. Peut-on considérer que l’importation de produits intermédiaires, c’est-à-dire produit fini d’un cycle, mais matière première du cycle suivant soit une cause d’appauvrissement, alors même que le pays dont nous nous occupons peut en fabriquer?
- On ne peut par avance répondre d’une façon catégorique, car deux cas peuvent se présenter.
- Ou l’île imaginaire possède suffisamment de la matière première initiale et une main-d’œuvre assez abondante pour pouvoir, par elle-même, alimenter toutes les entreprises où se réalisent les cycles suivants, et en particulier les dernières élaborations. Dans ce cas, il est aisé de le comprendre, importer des produits intermédiaires serait, jusqu’à un certain point, une cause réelle d’appauvrissement : on acquerrait par ces moyens ce que l’on possède déjà en abondance, on fabriquerait plus que la quantité de produit fabriqué dont on a besoin, et le stock, accumulé ainsi, aurait pour résultat de rompre l’équilibre, que nous avons supposé établi, entre l’offre et la demande. .
- Cependant il est possible de concevoir, même dans cette hypothèse, que la théorie de M. Yince soit en défaut pour deux raisons. L’importation de produits intermédiaires aura indiscutablement pour conséquence de ménageries matières premières indigènes, puisqu’elles étaient assez abondantes pour que la demande totale d’articles en dérivant fût satisfaite, il est clair que si on n’en emploie qu’une partie (les 2/3, la 1/2, etc.), la réserve de matières premières se trouvera proportionnellement plus considérable et sa durée prolongée, tandis que les pays exportateurs s’appauvriront, eux, en richesses naturelles. De plus, l’importation ne se produira que si leur prix est inférieur à celui sur le marché national, et comme les profits réalisés sont, d’une façon générale, d’autant plus considérables que le degré d’élaboration du produit est plus grand, il y
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- aura dans cette opération plutôt une source de richesse qu’un appauvrissement. Toujours dans ce même ordre d’idées il est présumable que si, par ce moyen, le coût de production vient à être diminué, une couche nouvelle d’acheteurs se révélera, nécessitant un accroissement de production avec cette conséquence inéluctable d’une augmentation du nombre des personnes occupées dans les cycles postérieurs, entraînant évidemment une prospérité plus accentuée qu’auparavant.
- Le second cas que nous avons à examiner est celui où, pour une raison quelconque, la matière première serait en quantité insuffisante dans notre île imaginaire. On peut imaginer que les articles finis, que nous avons en vue, soient indispensables à l’existence nationale, et même que, par suite de certaines circonstances, l’île ait acquis une supériorité incontestable sur les autres pays dans cette industrie. La demande à laquelle elle aura à faire face sera la demande intérieure à laquelle s’ajoutera la totalité ou partie de celle des pays étrangers. En présence de l’insuffisance de matières premières, deux modes d’action sont possibles : soit fimiter la production d’après les ressources, soit acquérir les matières nécessaires pour qu’elle se maintienne à son niveau antérieur au moins, ou qu’elle progresse comme elle le faisait.
- Personne même, parmi ceux des protectionnistes que l’importation de produits élaborés désespère, ne songe à préconiser la première.
- D’une part, si une industrie a pris un développement donné, c’est qu’elle répondait à des besoins existants et qu’elle réalisait certains profits plus ou moins considérables, auxquels il n’est pas désirable de renoncer, d’autant plus qu’en fait, l’industrie en question n’est pas condamnée par la force des choses à déchner, puisqu’on peut lui fournir, par ailleurs, les éléments qui lui sont nécessaires. D’autre partj ce mode d’action aurait pour résultat un appauvrissement national, puisque la diminution de la production amènerait à réduire le nombre des ouvriers occupés, et partant augmenterait le chômage. La répercussion en serait très étendue, car non seulement la privation de travail atteindrait directement les personnes que cette industrie faisait vivre, mais elle diminuerait ainsi leur puissance de consommation; elle déterminerait d’une façon générale, par ce fait même, un ralentissement de toute l’activité économique du pays, ou tout au moins une crise très sérieuse et durable.
- Aussi n’est-ce point à cette solution que les protectionnistes eux-mêmes auraient recours. Du moment où l’industrie, manquant de matières premières de source indigène, peut être abmentée par ailleurs, c’est à cette méthode qu’il faudra recourir.
- Mais deux procédés s’olfrenl : importer soit les matières premières brutes, soit dos produits partiellement élaborés.
- 11 semble, au premier abord, que le premier moyen soit le meilleur, et qu’aucun appauvrissement, même relatif, ne soit à craindre. Tous les cycles de fabrication seront conservés dans le pays : tous les ouvriers continueront à avoir du travail, tout comme si nous nous retrouvions dans notre hypothèse originale de l’île imaginaire pouvant subvenir à tous ses besoins. Il serait donc préférable d’agir ainsi. Tout autre procédé serait moins satisfaisant.
- Cependant, en examinant la question de plus près, on est amené à voir que l’importation de produits partiellement élaborés peut être plus avantageuse, et que, même dans ce cas, la théorie de l’importation-appauvrissement est en défaut.
- Il importe surtout de maintenir à son niveau l’industrie des articles finis, puisque c’est dans les derniers cycles de fabrication que les profits sont les plus importants : or, les matières premières nécessaires sont, en fait, les produits finis des cycles précédents.
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- Par quelque procédé que se fasse leur alimentation, le résultat sera obtenu, puisque, in fine, cette industrie pourra satisfaire à la demande. Les ouvriers, que la suppression en tout ou en partie des premiers cycles priverait de leur emploi, seront-ils forcément réduits au chômage?
- Gela n’est rien moins qu’évident si, la réduction du coût de production ayant été obtenue, la demande croît par suite de l’augmentation du nombre des consommateurs : après une courte période de tassement, nécessitée par l’adaptation à une occupation nouvelle, la main-d’œuvre nécessaire devenant plus importante, les ouvriers des premiers stades d’élaboration trouveront à s’embaucher pour les transformations effectuées dans les derniers. Et la question n’est plus que celle d’un simple déplacement de main-d’œuvre.
- Ce point étant acquis, et le but à atteindre pour l’industrie étant de conserver ses débouchés et d’en acquérir de nouveaux, il est évident qu’elle y parviendra d’autant plus facilement qu’elle pourra diminuer son coût de fabrication et, — toutes choses égales d’ailleurs en ce sens que les salaires et les frais généraux demeurent sans changement, — que le prix de la matière première sera plus bas. Or, du moment où il faut se résoudre à l’importer, on aura plus d’avantage à prendre des produits déjà partiellement élaborés.
- En effet, nous pouvons admettre deux hypothèses justifiant toutes deux ce que nous venons de dire. En premier lieu, nous pouvons supposer que le coût d’élaboration de la matière première initiale soit le même au lieu d’origine que dans notre île. Il y aura cependant intérêt à importer les produits de préférence à la matière première, car leur fret sera moins coûteux. Dans toute transformation industrielle, il y a déchet de matières. Or, il faudra payer pour le transport d’une quantité qui se réduira parfois de moitié, au cours des opérations préliminaires, tandis que si l’on importe des produits ayant été élaborés partiellement déjà, on n’aura plus à transporter de substances inertes comme dans le cas précédent, mais uniquement des substances utiles pour lesquelles le déchet, au cours des opérations qu’elles ont à subir, sera proportionnellement insignifiant. Et à moins, ce qui n’arrive pas, que le fret soit pour elles supérieur au double de ce qu’il est pour les matières premières, le coût sera sensiblement inférieur à ce qu’il serait, si toutes les transformations avaient été accomplies dans cette île.
- Nous venons de nous supposer dans le cas le plus défavorable, puisque nous avons admis que la fabrication du produit intermédiaire à importer revenait aussi cher dans le pays d’où provient la première matière qu’au lieu de destination. Nous pouvons maintenant concevoir qu’il en soit autrement, et que, pour des causes naturelles ou artificielles, le pays d’origine soit à même de le livrer à un prix inférieur au coût de production dans notre île imaginaire. Aux avantages que nous venons de noter s’ajoutera encore l’économie sur le produit en question, cela augmentera d’autant les conditions favorables où sont les manufacturiers insulaires, qui, avec un coût de fabrication sensiblement réduit, peuvent ainsi donner satisfaction à la demande. Ils seront même en mesure d’aller vendre leurs articles sur des marchés où ils n’avaient pas accès, jusqu’alors, à cause de leur coût de production plus élevé.
- Dans ce cas encore, bien qu’il s’agisse de produits manufacturés, et non de produits bruts, il est bien évident que les importations n’ont pas pour résultat un appauvrissement, mais au contraire un accroissement de prospérité.
- On peut résumer d’une façon assez claire ce qui vient d’être dit sur ce point particulier.
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- Une industrie donnée est établie dans un pays au génie duquel elle convient admirablement; mais la matière première vient à manquer. Si l’industrie disparaissait pour ce motif, ce serait un désastre.
- Admettons qu’il est possible d’importer soit la matière première brute, soit des produits partiellement élaborés. Si le coût de ces derniers est inférieur aux prix d’achat de la matière première augmentée des frais de fabrication pour l’amener au même point, il est clair qu’il y aura avantage d’ordre général à prendre les produits partiellement élaborés, et leur importation n’aura pas, bien au contraire, pour effet d’appauvrir le pays.
- D’autres hypothèses se présentent encore pour cette île.
- Nous avions tout d’abord admis que l’agriculture s’y développait parallèlement à l’industrie et que les habitants pouvaient y récolter toutes les céréales nécessaires à leur consommation, que l’élevage y donnait des résultats satisfaisants, en un mot que tous les articles d’alimentation y existaient en abondance.
- Il nous est possible de concevoir certaines circonstances venant modifier cet état de choses.
- Nous avions admis au début que, pour des causes temporaires : de mauvaises récoltes successives, par exemple, notre île pouvait être amenée à importer une partie plus ou moins importante de sa subsistance. Mais il peut se faire qu’à ces causes temporaires viennent s’ajouter des causes permanentes. Plusieurs facteurs peuvent agir dans ce sens, indépendamment ou simultanément : population, régime de la propriété, climat, etc., etc.
- Au point de vue du facteur population, deux hypothèses doivent être envisagées.
- La superficie emblavée est suffisante pour produire les céréales et autres articles d’alimentation pour nourrir abondamment les habitants de l’île à une époque donnée. Par suite de la prospérité de l’industrie, une immigration importante se produit : il faudra pourvoir à l'alimentation de cette population nouvelle. S’il est possible de mettre en culture une superficie plus grande, on peut admettre qu’avec le temps cette île imaginaire parviendra à se suffire de nouveau à elle-même; mais en attendant il lui faudra importera titre permanent. Comme elle y sera contrainte par suite d’une prospérité croissante, on ne peut voir dans ce fait un appauvrissement.
- Si au contraire toute la superficie à emblaver était déjà mise en valeur avant le moment de l’immigration, et nécessaire pour assurer la subsistance de la population préexistante, on ne pourrait songer à nourrir la nouvelle sur la production existante, puisque, par suite de la prospérité, la consommation individuelle aura plutôt tendance à augmenter qu’à se réduire. Il faudra donc, de toute nécessité, se résoudre à faire venir des pays étrangers, à titre définitif, tous les articles d’alimentation pour la population nouvelle.
- On peut encore imaginer une autre cause à l’insuffisance de la-subsistance que l’île peut fournir. L’industrie se développant plus vite que l’agriculture, les salaires des ouvriers des manufactures étant, toutes choses égales d’ailleurs, très supérieurs à ceux que paye l’agriculture, et la population n’augmentant pas en proportion de la main-d’œuvre supplémentaire qu’exige l’industrie, l’exode des travailleurs des champs peut et doit se produire vers les villes. La prospérité générale sera accrue par ce fait, mais il est évident, d’autre part, que la production agricole sera très inférieure à la consommation. Comme les profits industriels sont de beaucoup plus importants que ceux dérivés de la culture, il y a, nous le rappelions plus haut, avantage à cette répartition Tome 110. — Novembre 1908. 86
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- de la main-d’œuvre : elle oblige par contre à importer les denrées alimentaires en quantités d’autant plus importantes que la prospérité ainsi obtenue sera plus grande.
- L’exode est souvent motivé par d’autres causes qui concourent au même résultat, et notamment par le régime de la propriété terrienne. Si le paysan abandonne parfois son lieu de naissance auquel tant de liens puissants de famille, d’habitude, etc., l’attachent, pour se rendre à la ville, alors même qu’il possède quelque lopin de terre, sa transplantation est beaucoup plus facile encore lorsqu’il n’est que fermier ou tenancier d’un grand seigneur terrien.
- Les difficultés de l’existence, les aléas de la culture, les mauvaises récoltes, le fermage qu’il faut payer à date fixe, le plus souvent au représentant intransigeant d’un propriétaire que l’on ne connaît pas, tel est le sort du paysan. Combien lui semble-t-il misérable, par rapport à celui de l’ouvrier des villes. Pour celui-ci, la vie est facile; il n’a pas à se préoccuper du temps, du soleil, de la gelée, son travail se fait régulièrement à l’abri des intempéries, un salaire connu d’avance vient le récompenser de ses efforts, et il est assuré qu’il ne peinera pas en vain. Il trouvera toujours tous les articles dont il aura besoin, et les hauts salaires qu’il obtient lui permettent une vie meilleure. Il semble au cultivateur que l’hésitation ne saurait être permise dans ces conditions, et que, s’il va à la ville, il assurera son bonheur.
- Sans doute, autrefois dans les pays de grands domaines, la situation était différente. Les revenus de terres n’étaient qu’une portion relativement faible des ressources sur lesquelles le propriétaire pouvait compter : il lui était possible de patienter en cas de mauvaise récolte, et même de remettre au paysan tout ou partie des redevances en retard; mais aujourd’hui un grand nombre de seigneurs terriens vivent uniquement dé leur domaine ; ils exigent les fermages échus sans se préoccuper des circonstances, car il leur faut vivre, et cela d’autant plus que partout la rente du sol a baissé en valeur. En outre, si la culture n’a pas un rendement suffisant, ou qu’il soit trop irrégulier, les propriétaires n’hésitent pas à y renoncer.
- Peu leur importe, au moins dans certaines contrées — nous pouvons nous figurer qu’il en est ainsi dans notre île — ce que vont devenir les populations qui résidaient sur leurs terres. Si l’emblavement n’est pas profitable, on le remplacera par l’élevage plus rémunérateur et causant moins de souci. Et même parfois, renonçant à tout effort, on laissera le sol en jachères, et le domaine ne servira plus qu’aux chasses.
- Dès lors, les populations agricoles sont contraintes d’aller s’établir à la ville, et la subsistance nationale ne peut plus être assurée que par une importation de plus en plus grande de produits agricoles.
- L’industrie cependant se développera et son essor sera facilité par la main-d’œuvre abondante qui lui permettra de pousser sa production pour le plus grand profit de la collectivité, puisque, dans l’hypothèse que nous envisageons actuellement, notre île s’est acquis une espèce de suprématie industrielle qui a été l’une des causes déterminantes de l’exode des populations rurales vers les villes.
- D'ailleurs, même crise plaçant dans le cas le plus général et en admettant que, dans notre, île il y ait eu jusqu’à ce moment développement parallèle de l’agriculture et de l’industrie, les événements que nous venons d’examiner ont pour conséquence, soit la réduction du salaire agricole, si les propriétaires terriens ont exigé le payement des' fermages sans vouloir tenir compte des circonstances ; soit sa suppression intégrale s’ils ont laissé leurs terres se transformer en jachères ou s’ils en font des pâturages. Dans ces deux cas, l’émigration des habitants des campagnes" vers les villes était
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- fatale et, par ce fait, l’industrie se trouvait avantagée par la main-d’œuvre abondante.
- Son développement en était la conséquence, car la concurrence devait avoir pour effet de causer une baisse dans les salaires des ouvriers précédemment employés dans les manufactures. Le prix de revient ainsi diminué non seulement en valeur absolue, mais aussi par rapport à celui des pays rivaux où de tels événements ne se sont pas produits, tend à augmenter les débouchés aussi bien sur le marché intérieur que sur le marché international. La demande croissant par suite, le nombre des ouvriers nécessaires est plus considérable, et, la proportion des sans-travail étant ainsi réduite, un relèvement des salaires doit en résulter, largement compensé, in fine, par l’abaissement du coût de production réduit par le plus grand développement de la fabrication. Et, la.période de transition passée, on peut penser que les forces disponibles trouveront un emploi certainement plus rémunérateur que la profession agricole puisque, ainsi que nous l’avons déjà dit, là où les terrains n’ont pas été abandonnés à eux-mêmes ou transformés en pâturages, les salaires n’ont pas augmenté en proportion, par suite de l’exigence des propriétaires. Il est donc possible d’admettre que la moyenne générale des salaires est plus élevée qu’elle ne l’était dans la période précédant le dépeuplement des campagnes, car si, d’une part, il y a eu diminution des salaires, au moins à titre temporaire, payés aux meilleurs ouvriers industriels, ceux des anciens travailleurs des champs sont devenus bien supérieurs. Par conséquent, le bien-être moyen de la population est plutôt en augmentation et partant la prospérité.
- Dans toute la partie qui précède, notre île imaginaire a été dotée d’un climat convenant à tous les genres de culture alimentaire et nous avons étudié l’effet exercé par des causes extrinsèques.
- Mais il peut arriver que les conditions climatériques ne soient pas celles que nous avons supposées. Il est permis de concevoir que les céréales par exemple, bien que venant dans ce pays, y poussent dans des conditions défavorables par rapport aux autres régions du globe. Avant les moyens de transports rapides, il y avait un intérêt primordial à ce que l’île fût à même de produire entièrement sa subsistance, car il était difficile de transporter le blé d’un pays à l’autre et de plus les prix n’étaient pas réglés par la concurrence internationale. La cherté du coût de l’existence eût été la conséquence nécessaire de l’importation. Aujourd’hui les circonstances sont autres : à peine la récolte est-elle faite que les prix se trouvent fixés pour le monde tout entier : les craintes de famine sont devenues presque chimériques, des étendues immenses sont tout entières emblavées et, alors même que de mauvaises récoltes se feraient dans quelques-unes d’entre elles, les autres sont suffisantes pour que la disette ne soit pas à redouter. De plus, comme nous le montrions tout à l’heure, le coût des céréales importées, même après y avoir ajouté le fret et les frais de transports, est souvent inférieur au coût de production dans notre île. Aussi est-il possible qu’il y ait avantage pour ce motif à laisser décliner l’agriculture surtout si c’est en faveur d’une industrie trouvant des éléments de prospérité incontestables dans les conditions particulières du pays,- soit que le climat lui soit convenable, soit que certaines des matières premières se trouvent en abondance, soit encore que le génie particulier de la race s’adapte complètement au travail industriel, que ses caractéristiques soient certaines qualités spéciales naturelles, une habileté ne se retrouvant qu’à un moindre degré chez les autres peuples. Grâce à cet ensemble de faits exceptionnels, notre île pourra' prendre une grande avance au point de vue manufacturier.
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- En dehors des céréales proprement dites, un grand nombre d’autres cultures alimentaires, de consommation somptuaire (la vigne par exemple), peuvent, à cause du climat, ne pas s’implanter dans la région. Des plantes, d’où dérivent les matières premières d’industries llorissantes, ont besoin de températures tropicales pour pousser et quels que soient les efforls tentés en vue de les acclimater dans cette île, on doit aboutir à un échec.
- Et pourtant elles sont indispensables pour assurer la vie matérielle à défaut de la vie économique.
- Peut-on prétendre, que dans aucun des cas que nous venons d’envisager, l’importation des produits agricoles tende à un appauvrissement et que la ruine doive en résulter si ces importations, ayant un caractère permanent, se développent ? En aucune façon : pour les articles d’alimentation en particulier cette théorie est contraire à la vérité.
- Si un pays renonce à la culture des céréales et à la production des articles d’alimentation, c’est que, d’une part, d’autres régions peuvent les lui fournir à des prix inférieurs à ceux auxquels il lui sera possible de les obtenir par culture directe et que les populations agricoles trouvent à s’employer plus favorablement dans l’industrie qu’au travail de la terre. 11 y a par suite des présomptions que le bien-être général est plus grand que si une partie de l’activité nationale était consacrée à l’agriculture : on peut donc penser que, pour cette seule raison, l’appauvrissement ne se produira pas. Ce qui tend encore à confirmer cette manière de voir, c’est que la consommation de produits alimentaires constitue au premier chef l’élément indispensable de la prospérité économique d’un pays. En effet elle repose sur la situation des classes ouvrières, en ce sens qu’elle dépend étroitement de leur activité, de leur force, de leur puissance de travail. La prospérité tendra à s’accroître dans chacune des catégories d’industries qualifiées, d’autant plus que la productivité individuelle augmentera, car en fin de compte quels que soient les perfectionnements mécaniques adoptés réduisant l’importance relative de la main-d’œuvre, il faut que celle-ci apporte sa contribution. De purement manuelle qu’elle était autrefois, elle tend de par les progrès modernes à se transformer, à devenir plus intellectuelle. Mais que l’on fasse appel à la force purement brutale de l’homme ou à son cerveau, il est clair que l’on obtiendra des résultats d’aulant' meilleurs que sa forme sera meilleure et que des ouvriers sains et vigoureux auront un rendement bien supérieur à celui d’êtres faibles ou rachitiques. Il faut donc pour la prospérité d’un pays que la race soit forte et elle le sera d’autant plus que sa nourriture sera plus abondante et de meilleure qualité.
- Si notre île imaginaire n’était pas en état de fournir la subsistance nécessaire à sa population pour l’une quelconque des raisons que nous avons envisagées, il y aurait affaiblissement des classes ouvrières, principalement, si elle n’importait pas des produits alimentaires. Et par suite c’est la non-importation qui déterminerait un appauvrissement parce qu’elle causerait une diminution de la force de travail et partant de la productivité.
- Meilleur marché seront les denrées alimentaires, plus leur consommation se développera dans la population ouvrière, plus sa puissance productive sera considérable, et conséquemment plus la prospérité s’accroîtra : elle tendra à augmenter encore leur consommation et à développer les importations. On est amené ainsi à cette conclusion d’apparence paradoxale que, loin d’être un signe d’appauvrissement, les importations de céréales et autres articles d’alimentation sont une cause d’enrichissement et
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- que leur augmentation est une indication sérieuse d’un état de prospérité, d'autant plus satisfaisant qu’elle est plus grande.
- Il faut bien remarquer que, dans toutes les pages précédentes, nous ne nous sommes pas préoccupés de la question des droits de douane sur les produits alimentaires; nous avons préféré examiner la question dans toute sa généralité.
- Si importants que soient les derniers facteurs dont nous avons parlé, on pourrait penser que nous avons poussé les choses à l’extreme et que nous avons fait choix de cas extrêmes pour les besoins de notre démonstration. Nous pourrions faire observer que, si des effets aussi prononcés que ceux que nous avons admis sont improbables, ils ne sont toutefois pas impossibles et que nous nous mouvions en somme dans l’abstraction. Mais, en outre, il faut bien reconnaître, et c'est ce qui nous importe, que si l’une de ces causes, n’importe laquelle, aurait eu pour résultat de produire des résultats de cet ordre, — cependant nïoins accentués, — leur ensemble, — agissant toutes dans le même sens, — tendrait à amener la situation que nous avons décrite; cependant l’influence exercée soit par la migration de population de la campagne vers les villes, soit surtout par l’accroissement considérable du nombre des habitants, subsiste entièrement et suffirait à elle seule pour justifier nos conclusions.
- On peut parfaitement concevoir un pays pouvant se suffire à lui-même entièrement et s’isolant d’une façon absolue du reste du monde. C’est une bypotbèse que nous faisons et nous ne prétendons point qu’il serait sage ou fou, si elle était réalisée, de le faire, ni que cette politique serait la meilleure pour assurer sa prospérité.
- Ce pays peut vivre dans les conditions que nous supposons parce qu’il y a harmonie parfaite entre sa production et ses besoins, que la répartition des ouvriers entre les différentes branches d’activité économique est faite de telle sorte qu’il y ait équilibre entre l’agriculture et l’industrie, en un mot que la production de l’une soit suffisante pour alimenter tous ceux que l’autre occupe, et en revanche que la prospérité et le bien-être résultant de cette répartition idéale assurent les débouchés nécessaires (à l’industrie.
- Cet état de choses se prolongera tant que l’cquilibre subsistera, c’est-à-dire tant que la population augmentant — la population notamment, — il y aura un assez grand nombre de personnes occupées aux travaux des champs pour assurer la production de toutes les denrées alimentaires nécessaires (céréales, légumes, bétail, etc.) etsuitout tant qu’il restera des terres à emblaver. L’équilibre venant à être rompu, ce pays favorisé ne pouira plus se passer des nations étrangères qu’il a pu ignorer jusqu’alors.
- On peut admettre, par exemple, que la population ait tellement augmenté que, malgré que toutes les terres cultivables aient été mises en valeur, la subsistance totale ne puisse être produite par le pays lui-même, sans cependant que, pour ce motif, sa prospérité ait cessé de grandir. Le développement des importations de produits alimentaires ne pourra dans ce cas être un signe d’appauvrissement puisque le pays est absolument incapable de fournir la production nécessaire et que, même en cherchant à développer son agriculture à l’aide de procédés artificiels, il ne pourrait arriver à se rapprocher de façon appréciable du tolal nécessaire. Il semble donc, au moins théoriquement, qu’il soit préférable de diriger les activités et les forces productives dans une voie plus profitable, plutôt que de s’obstiner dans de vains et inutiles efforts.
- Si le maximum d’habitants auquel un pays peut assurer une subsistance convenable
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- est de 20 000 000 par exemple, on ne peut espérer lui voir produire des denrées alimentaires pour une population double, quels que soient les sacrifices auxquels il se résoudrait pour arriver à ce résultat. On n’aboutirait qu’à augmenter en- fait le coût de l’existence sans avantage aucun pour la collectivité.
- Pour préciser un peu notre pensée, ramenons la question à des termes plus simples: la superficie cultivable, de bonnes terres arables, est supposée divisée en deux portions équivalentes: l’une étant emblavéé et l’autre en prairie. La production des céréales est très insuffisante, c’est notre hypothèse, pour satisfaire à la consommation, elle n’en' représente qu’un sixième, par exemple. En mettant en blé la seconde portion équivalente à la première, on pourrait arriver à assurer les 2/6 de la subsistance du pays. Il faudrait cependant continuer à importer la majeure partie des grains. Mais, pour atteindre à ce résultat, il serait par contre absolument nécessaire de renoncer aux terres de prairie et par suite à l’élevage des bestiaux, plus rémunérateur que la culture du blé. En effet la valeur des céréales qu’il serait possible de récolter sur la seconde moitié de la surface du pays, à supposer qu’on l’emblavât, ne représenterait guère que les 69 p. 100 du produit total fourni directement et indirectement par les prairies, sous forme de bétail, beurre, lait, fromage, etc. Le chiffre de 69 p. 100 est obtenu en nous plaçant dans l’hypothèse la plus favorable au blé, c’est-à-dire en supposant qu’il y a équivalence entre les quantités produites pour les céréales et les autres articles d’alimentation.
- Il est facile, en tout état de cause, de se rendre compte que Elle s’appauvrirait bien davantage en important une moindre quantité de blé et une plus grande proportion des autres articles de subsistance qu’elle ne le fait sous le régime que nous avions admis.
- Avant de terminer, en la justifiant par des arguments quelque peu abstraits, la réfutation de la théorie archaïque soutenue par M. Yince dans sa brochure, nous croyons devoir revenir une fois encore sur l’inexactitude de cette affirmation : que les importations sont une cause d’appauvrissement, en nous attachant tout particulièrement aux denrées alimentaires. Nous avons montré dans les pages précédentes pourquoi, au point de vue général, les importations de céréales étaient en fait un signe d’enrichissement dans un pays plus industriel qu’agricole. On peut, quelque paradoxal que cela puisse paraître, dire qu’elle n’est pas défavorable à l’agriculture elle-même, capable même d’une plus grande quantité de blé, lorsque cette importation est la conséquence d’une modification de culture donnant de plus grands profits, par exemple si elle tend à développer l’élevage, auquel les conditions du pays sont favorables.
- On peut encore, et ce sera notre conclusion sur ce point, dire que, les céréales mises à part, les importations de viandes, de fruits, de légumes, etc., loin d’être un signe d’appauvrissement sont, au contraire, en proportion directe de la prospérité. Elles seront d’autant plus considérables que la situation d’enseiiible du pays sera meilleure. L’explication de cette affirmation est simple. Les articles alimentaires, les céréales exceptées (1), ne sont pas indispensables à l’existence des masses, et la preuve en est faite par les populations des régions particulièrement misérables du Nord de l’Allemagne et de l’Irlande. La consommation de viande fraîche ou salée est ordinairement considérée, parmi les classes agricoles de tous les pays, comme un luxe, —très relatif il est vrai, —que l’on ne peut s’offrir que par exception. En user fréquemment,
- (!) Et aussi les pommes de terre.
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- plusieurs fois par semaine par exemple, est une indication d’un certain bien-être dans les familles ouvrières.
- Le degré de bien-être peut se mesurer par les variations delà quantité de viande consommée par tête (1) : c’est môme l’un des moyens les plus sûrs employés pour avoir des indications sérieuses sur la situation du marché intérieur d’un pays. Par suite, si notre île imaginaire ne peut produire toute la viande nécessaire à la subsistance de ces habitants, l’importation ne portant préjudice en aucune mesure à son agriculture, — le mot étant pris dans son sens le plus large, — contribuant au contraire au développement de ses activités économiques, de ses forces productives, lui sera incontestablement profitable. Plus la situation sera prospère, plus il y aura d’individus capables de s’offrir une alimentation carnée et plus grande sera la quantité que chacun pourra acheter. Ces deux éléments, nombre croissant d’acheteurs, et quantités plus considérables acquises par chacun, contribueront d’une façon indiscutable à une augmentation très notable de la consommation qui ne peut être réalisée que par un accroissement considérable des importations, ce qui n’est possible que si la situation s’améüore, que, en un mot, grâce à une prospérité croissante.
- SIMILITUDES ENTRE LA SITUATION DE L’ANGLETERRE ET CELLE DE L’ÎLE IMAGINAIRE
- Nous avons parlé jusqu’ici d’une île imaginaire : nous l’avions tout d’abord supposée dotée de toutes les richesses naturelles et d’un climat lui permettant toutes les espèces de culture; île qui, par suite, pouvait être ignorante du reste du monde, vivre dans un isolement splendide. Puis nous avons examiné quelques hypothèses, arbitrairement choisies, l'obligeant à en sortir et la rendant dépendante dans une certaine mesure des autres régions du globe et même presque totalement pour sa subsistance, puisque nous avons admis en dernier lieu qu’elle ne pouvait, en aucune façon, produire plus du tiers des céréales indispensables à sa consommation Nous avons pu constater qu'alors même que les importations étrangères s’y élevaient, elle pouvait néanmoins avoir une prospérité croissante.
- Cette île imaginaire, dira-t-on, est une pure abstraction, c’est une chimère, et ce qui peut être vrai dans le domaine des conceptions spéculatives, ne le sera plus lorsque l’on reviendra à la réaüté.
- Un pays qui ne possède point d’agriculture, qui s’est presque exclusivement adonné à l’industrie, mais qui manque d’une partie aussi importante des matières premières que celle admise dans les hypothèses, ne peut jouir que d’une prospérité artificielle : la suprématie qu’il s’est acquise, dans ses manufactures, est éminemment précaire; elle pourra se maintenir par suite de circonstances exceptionnelles, mais elle ne saurait durer plus de quelques années. D’autres pays, ayant des éléments de prospérité plus réels, ne peuvent manquer de se développer, de déposséder cette île imaginaire de la situation qu’elle a usurpée et de la ramener au rang que lui assignait la mise en valeur normale de ses richesses économiques.
- (1) Si pour les viandes de mouton et de bœuf, d’un prix relativement élevé, on peut prétendre, ce qui n’est vrai que dans une certaine mesure, que les ouvriers ne contribuent que faiblement à la consommation assurée en réalité par les classes bourgeoises, il en va tout autrement pour celles qui sont bon marché et en particulier pour les viandes de conserve, le porc et le lard. C’est à ces dernières que nous nous attachons tout particulièrement parce qu’elles constituent la consommation de la population ouvrière la moins favorisée.
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- En raisonnant ainsi, on fait abstraction d’un grand nombre de facteurs très importants. On ne tient compte ni du génie de la race, ni de l’habileté professionnelle que se sont acquise les ouvriers depuis que l’industrie naturelle a pris naissance, c’est-à-dire depuis que l’origine de l’exploitation des matières premières que renfermait cette île et de leur traqsformation en produits de plus en plus perfectionnés. On néglige également l’avance, parfois considérable, sur les nations rivales, acquise par une pratique plus longue de certaines industries, avance qui peut se conserver en cherchant à introduire sans cesse des perfectionnements dans l’outillage et les méthodes. On néglige également, pour certaines industries, des avantages précieux, qui constituent à vrai dire une richesse naturelle, — un peu spéciale cependant, — tels que ceux fournis par le climat, la nature des eaux, etc.
- On ne se préoccupe pas non plus des questions douanières, qui peuvent exercer une influence décisive sur le sort d’un pays, et l’on ne songe pas que tel régime, convenant merveilleusement à l’un des stades du processus économique, serait désastreux dans le suivant. On ne tient pas compte davantage de circonstances exceptionnelles dues à la position géographique de l’île et qui ont pu, en l’amenant à donner un prodigieux essora sa marine de commerce, contribuer au développement particulièrement rapide de son industrie, en la mettant par ses moyens de transports rapides et économiques à même d’avoir un coût de production inférieur, malgré l’obligation où elle est d’importer ses matières premières, à ceux réalisés dans les pays où elles sont en abondance, alors que ces circonstances lui permettent en un mot, dans des conditions normales, de leur faire concurrence sur leurs propres marchés.
- D’autres circonstances encore peuvent, malgré l’absence de certaines richesses naturelles, contribuer à créer à un tel pays une situation au moins aussi favorable, toutes choses égales d’ailleurs, que celles d’autres contrées devenues à leur tour industrielles et possédant les avantages qui lui manquent.
- Nous venons de parler de l’importance qu'une avance marquée sur ses rivaux pouvait avoir pour un pays à une époque donnée. Cette avance peut contre-balancer certains désavantages réels ainsi que nous le montrions. Or si, à une époque de civilisation donnée, divers pays sont engagés dans des guerres ou dans une conflagration générale et que, pour des motifs quelconques, certaines régions jouissent de la paix pendant la même période (1), il est clair que l’industrie et le commerce seront gravement atteints dans les premiers tandis qu’ils progresseront normalement, dans la pire des hypothèses, dans les seconds et, la paix rétablie, alors que ceux-ci continueront leur marche ascendante et augmenteront encore l’avance qu’ils ont prise, ceux-là auront non seulement à reconstituer une industrie au moins en partie délruite, mais encore à rattraper l’avance que nous signalons. Ils devront, en même temps, dans ces conditions défavorables, chercher également à progresser aussi vite que leurs rivaux, dont le calme économique n’aura pas été troublé. Et si l’on admet que, pendant un intervalle de quelques années, les guerres aient été fréquentes pour les pays auxquels nous faisons allusion, il pourra leur falloir plus d’un quart de siècle pour rattraper l’avance des autres, avance réalisée non seulement par des perfectionnements techniques et commerciaux, mais encore par la prise de possession de débouchés, qui peu-
- (1) On peut même supposer que certaines d’entre elles soient également entraînées dans ces guerres, mais que par suite de leur situation géographique elles soient à l’abri de l’invasion. La vie économique y sera peut-être ralentie, mais elle est notablement arrêtée chez les premiers.
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- vent leur demeurer définitivement acquis. Cette avance deviendra particulièrement importante si les conflagrations se sont produites à un moment où une découverte (machine à vapeur, appareils mécaniques, électricité) est venue révolutionner les procédés de fabrication. Ce seront des outillages nouveaux à installer à grands frais, pour les pays dont la paix aura été troublée alors qu’ils sont affaiblis, que l’argent est peu abondant, et l’avantage restera aux concurrents plus heureux. Ayant pu continuer à amortir leur matériel pendant la guerre, ils pourront abaisser leurs prix lorsque leurs concurrents recommenceront la lutte et ils seront à même, grâce aux bénéfices réabsés pendant cette période, de renouveler leur outillage si quelque perfectionnement survient alors que pour ceux-là ce serait la ruine.
- Ce n’est point une hypothèse, mais une réalité, et l’on ne peut s’empêcher de reconnaître que de telles circonstances équivalent bien, pour un pays, à la possession de richesses naturelles abondantes.
- l’évolution industrielle
- L’île imaginaire dont nous avons étudié la situation n’est pas un mythe. Les hypothèses que nous avons faites n’ont pas été choisies arbitrairement (1). C’est l’histoire du Royaume-Uni, ou, plus exactement, celle des causes de ses importations que nous avons étudiée.
- En effef, la Grande-Bretagne n’a pas toujours été le pays de grande industrie prédominante que nous connaissons et que son nom seul évoque devant nous.
- Au temps où sa population était inférieure à vingt millions d’habitants, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande constituaient bien le pays capable de subvenir entièrement à ses propres besoins et qui, au point de vue théorique, eût pu exister sans se préoccuper du reste du monde. L’agriculture et l’industrie avaient, vers le milieu du xvme siècle, eu des développements parallèles et, ni l’une ni l’autre, n’avait acquis une situation prépondérante. Les richesses naturelles métalhfères très abondantes, comme fer, comme plomb, comme or, avaient permis l'établissement d’industries naturelles prospères. L’abondance de la houille, ses gisements nombreux — à proximité des centres et des ports — leur donnaient des avantages marqués sur les autres régions de l’Europe, dont les unes, comme l’Espagne et l’Italie, avaient des richesses minérales et pas de charbon, et dont les autres, comme le Harz par exemple, avaient des gisemenfs très multiples, très divers et très pauvres. Les facilités de communication étaient plus grandes en Grande-Bretagne que dans les autres pays. D’autre part, sa situation insulaire, le développement naturel de sa marine de commerce, favorisé encore par le Navigation Act de Cromwell, le développement commercial en résultant, la mettaient mieux à même que les autres pays de se procurer les matières premières, le coton par exemple, qu’elle employait dans ses manufactures.
- D’autre part, on peut dire, qu’au xvine siècle, le Royaume-Uni est le seul pays dont l’unité politique ait été définitivement réalisée, dont la constitution ait fini d’évoluer. Cette situation politique devait contribuer puissamment à favoriser son développement économique en valeur absolue et aussi, principalement peut-être, en valeur rela-
- (1) Sauf une cependant, puisque nous avions admis, en commençant, que, grâce à son climat, l’île était capable de subvenir entièrement à ses besoins, ce qui n’est pas exact en ce sens que certaines matières premières, le colon par exemple, ne sauraient y être cultivées.
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- tive. A cette époque, le Royaume-Uni était le plus vaste territoire civilisé d’un seul tenant, si l’on peut s’exprimer ainsi : il n’était point de barrières intérieures nuisant à son développement commercial, comme celles existantes en France par exemple; pour lui, point de crises révolutionnaires telles qu’en France, de tyrannie royale et féodale, de luttes entre princes d’États indépendants, comme en Autriche.
- Grâce à l’extension que prenait la métallurgie du fer en Angleterre, les autres industries du pays prenaient un ecsor magnifique ; l’ingéniosité des inventeurs se don- , nait libre cours, créant des appareils, métiers à tisser et autres, réalisant des progrès très marqués au point de vue de la fabrication.
- L’Empire colonial déjà si vaste, qu’elle s’était constitué vers le milieu du xvme siècle, devait favoriser doublement l’industrie de la Grande-Bretagne : les dépendances transocéaniques lui fournissaient les matières premières qu’elles produisaient en abondance et qu’elles n’auraient su utiliser, tandis que, par suite de sa plus grande civilisation, elle était à même de les transformer; et par les cotonnades manufacturées par exemple, qu’elle leur renA oyait, elle était en mesure de payer le coton brut dont elle avait besoin pour son usage.
- Parallèlement à ce mouvement industriel, l’agriculture se développait de façon satisfaisante et, jusque A*ers 1750, l’Angleterre produisait non seulement assez de blé' pour sa propre consommation, mais elle en exportait de façon appréciable. C’est dans la seconde moitié du xvme siècle qu’elle commença à en importer, mais en quantité insignifiante, puisque Adam Smith, qui rapporte le fait, — nous ne le signalons qu’à titre purement documentaire — dit que l’importation n’atteignait que 1/570 de la consommation.
- Avec l’invention de la machine à vapeur, une véritable réA-olution dans l’organisation industrielle se produisit et le Royaume-Uni, grâce à la paix intérieure dont il avait joui, devint dès lors le premier pays industriel du globe.
- L’avance acquise au cours des aimées précédentes, les avantages dont nous avons parlé, l’aidèrent puissamment. C’est vers cette époque que les constructions de machines prirent leur grand développement, que se constitua cette branche de plus en plus florissante de l’industrie qui? à l’heure actuelle encore, forme l’une des principales richesses de l’Angleterre. Non seulement l’industrie eut à-faire face à la demande du marché intérieur, mais à celle des pays étrangers.
- L’industrie prit une activité considérable dans tous les pays, après l’invention de la machine à vapeur : les outillages durent être constitués ou reconstitués.
- Les guerres de l’Empire avaient empêché les progrès de se réaliser simultanément sur le continent et en Angleterre et, lorsque la paix fut rétablie, après la Restauration, c’est aux constructeurs anglais qu’on dut faire appel pour les machines nécessaires. Leur prépondérance était incontestée. Ils s’étaient acquis un quasi-monopole de fait et l’industrie commença à occuper une place prépondérante. L’agriculture, sans décliner, ne progressait plus : la population augmentait, il est vrai, mais pour pouvoir conserver encore ses exportations de blé, il fallut que l’Angleterre importât des céréales et David Hume constatait qu’elles atteignaient un vingtième de la consommation totale.
- La prospérité cependant augmentait en dépit de ce fait. Voyant les profits considérables réalisés dans l’industrie, les grands propriétaires fonciers commencèrent à se désintéresser de la terre et à s'adonner aux manufactures et au commerce. La population augmentait rapidement par les immigrations étrangères, les naissances; les
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- villes se peuplaient considérablement au détriment des campagnes. Bientôt les importations de céréales atteignirent puis dépassèrent notablement la production nationale jusqu’à en représenter, comme actuellement, les quatre cinquièmes. Et cela était d’autant moins une cause, d’appauvrissement, pour la Grande-Bretagne que son climat n’était pas des meilleurs au point de vue agricole et que les conditions infiniment plus favorables dans d’autres contrées à la culture des céréales lui permettaient, grâce aux importations, de voir le prix du blé bien inférieur au coût de production intérieur, pendant que la population des campagnes installée à la ville trouvait dans l’industrie un emploi beaucoup plus rémunérateur pour son activité, et le bien-être général s’accroissait.
- Nous avons déjà fait allusion au prodigieux développement de la métallurgie. Les causes en était, d’abord, la demande de plus en plus grande pour les usages normaux d’un pays qui progresse et où s’opèrent les transformations dues aux perfectionnements incessants : constructions de chemins de fer et de ponts, usines, etc. En outre, les constructions mécaniques ne pouvaient suffire aux commandes qui leur étaient faites. Non seulement il leur fallait équiper lès nombreuses usines nouvelles qui se montaient dans le pays, et assurer les transformations d’outillage des manufactures déjà établies, mais les pays étrangers s’adressaient également à elles. Ils cherchaient à développer leurs industries, et, voulant profiter des progrès réalisés, c’est à l’Angleterre qu’ils demandaient les machines nouvelles dont ils avaient besoin, ne fut-ce que pour pouvoir en fabriquer à leur tour. Et ces demandes 11e se limitaient pas à telle ou telle catégorie d’outillage, mais étaient généralisées :
- Il s’agissait pour le monde de se constituer une Industrie.
- Enfin la demande de produits métallurgiques pour les constructions navales augmentait sans cesse. Chaque année, la marine marchande britannique s’accroît de cen-1 aines dp mille de tonnes de navires nouveaux pour lesquels il faut du fer et de l’acier. De plus, par suite de leur énorme production, les chantiers de la Clydc, comme ceux de la Tyne et des autres centres de construction, ont pu réduire leurs prix à un taux bien inférieur à celai des chantiers des autres pays : aussi les commandes pour compte de réfranger continuent-elles à être chaque année plus nombreuses.
- Les quantités de fonte, de fer et d’acier nécessaires pour subvenir aux besoins du marché dépassent, à l’heure actuelle, de beaucoup celles que la Grande-Bretagne peut produire en partant des matières premières que lui fournit son sol. Force a donc été, pour assurer le développement d’une industrie florissante, source de gros profits, d’importer les matières premières faisant défaut.
- Au début, ce fut principalement du minerai, puis peu à peu la nature des importations se modifia sous l’action de facteurs divers, encore que le minerai continue à avoir une importance prépondérante.
- Comme nous le faisions remarquer plus haut, la nature de l’industrie du fer et do l’acier s’est transformée depuis une trentaine d’années, et tend de plus en plus à se -transformer. Sans renoncer à la grosse métallurgie, à la production de fonte et d’acier bruts qui continue à se développer, la Grande-Bretagne tend de plus en jilus à la fabrication des produits plus fins dans lesquels est incorporée une plus grande quantité de travail, tels par exemple que les machines, les navires, etc. C’est une tendance incontestable, qu’il serait d’une sage politique de contribuer à accentuer, car d’autres pays gont maintenant en situation de fabriquer la fonte et l’acier aussi bien, et souvent à meilleur compte que le Royaume-Uni. Les Etats-Unis, l’Allemagne, le Canada, pour
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- nous limiter à ceux-ci, possèdent certains avantages naturels pour ces produits premiers, dont l’élaboration ne nécessite pas une main-d’œuvre particulièrement qualifiée. Leurs richesses naturelles, leurs stocks pratiquement inépuisables de minerais, de fondants séparés par quelques centaines de mètres à peine — au Canada et aux États-Unis — des gisements houillcrs, loin- permettent, non seulement de subvenir entièrement à leurs propres besoins, mais encore de pouvoir disposer d’un surplus de fabrication considérable à un prix sensiblement moins élevé que celui de la Grande-Bretagne. Par conséquent, l’intérêt bien entendu de ce pays n’est pas de s’obstiner dans la fabrica-' tion de ces produits grossiers en vue du commerce extérieur. Ses exportations sont stationnaires ou en diminution quanta eux, tandis que la demande de ces pays continue à être considérable et même à croître pour les articles des cycles postérieurs de fabrication, nécessitant une main-d’œuvre hautement qualifiée, que possède la Grande-Bretagne et qui lui assure des avantages très sérieux sur ces pays et qu’elle peut maintenir.
- IMPORTANCE DES INDUSTRIES SECONDAIRES
- Cette digression semble sortir de notre sujet, mais elle était nécessaire pour bien faire comprendre les modifications qui se sont effectuées dans la nature des matières premières importées.
- Puisque ce sont les industries secondaires, c’est-à-dire celles dont la matière première est constituée par les produits finis des cycles précédents qui sont surtout précieuses à développer, il importe qu’elles puissent se procurer en abondance et au meilleur compte possible tous les produits qui leur sont nécessaires. Par suite, il sera de leur intérêt— et partant profitable à la communauté — de s’approvisionner là où elles trouveront les conditions les plus avantageuses, puisque la règle générale de succès de toutes les entreprises est de parvenir à abaisser le coût de production.
- Or il est clair, toutes choses égales d’ailleurs, que du jour où il devient nécessaire, pour l’alimentation de ces industries secondaires, de recourir aux importations de matières premières, la fonte produite en Angleterre avec des minerais de provenance étrangère reviendra plus cher que celle fabriquée au lieu d’origine, par suite du poids mort considérable à transporter, dans le premier cas, sous forme de gangue, etc. Cela est tellement évident d’ailleurs que, depuis fort longtemps, dans la petite métallurgie, pour le cuivre, par exemple, et pour d’autres métaux, on importe en Angleterre une proportion toujours croissante de mattes cuprifères produites au lieu d’origine, et il n’est que bien peu d’usines partant à l’heure actuelle du minerai même, enrichi mécaniquement. Ce qui est vrai pour le cuivre, le plomb, l’étain, l’est également pour le fer, et dès le cycle producteur d’acier, il est plus avantageux de recourir à la fonte qu’au minerai.
- De plus, une autre raison milite en faveur de ces importations. La conséquence de la politique protectionniste adoptée par les pays riches en minerai de fer les incite à exporter des produits à un degré d’élaboration relativement très avancée, à cause du l’importance des primes directes ou indirectes.
- Les pays industriels jeunes, comme les États-Unis, le Canada et .l’Allcinagne, dont le développement a été extrêmement rapide, se sont couverts, en quelques années, d’usines à très forte production, établies parfois un peu inconsidérément, c’est-à-dire sans tenir compte que la demande du marché intérieur était anormalement élevée, et
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- qti’après l'achèvement des chemins de fer, des ponts et des constructions qui absorbaient toute leur production, les grands débouchés intérieurs leur feraient défaut. A la période de grande prospérité, — d'autant plus grande que la concurrence étrangère était exclue par les tarifs protecteurs, — devait forcément succéder une période de dépression et de crise. ,
- C’est principalement dans ces périodes qu’il importe de réduire au minimum le coût de production, et par suite, au moment où la demande est la plus faible, d’avoir le maximum d’utilisation du matériel et la plus forte production.
- C’est donc sur les marchés extérieurs que les manufacturiers cherchent alors à se créer des débouchés; il leur faut Aendre à tout prix, même sans bénéfice; les primes à l’exportation facilitent leur tâche. Mais un nouvel élément entre en jeu. A l’abri des barrières douanières, des trusts ou des cartels se sont formés qui, maîtres des prix sur les marchés intérieurs, s’assurent un bénéfice tel sur les ventes qui y sont faites qu’ils sont capables d’exporter sans y perdre au-dessous du coût de production.
- 11 ne rentre pas dans le cadre de ce chapitre d’examiner si cette politique commerciale est ou non favorable au pays qui la pratique; nous avons cru utile d’en résumer brièvement le mécanisme, afin de mieux faire comprendre l’intérêt général des pays où ces produits sont envoyés à importer des articles partiellement manufacturés au lieu des matières premières.
- Le résultat de ces importations est-il un enrichissement ou un appauvrissement?
- 11 paraît évident tout d’abord que ce doit être une cause de prospérité, puisque la matière première est obtenue à prix beaucoup plus bas que celui auquel le pays pourrait la fabriquer lui-même et que, d’autre part, le prix de vente n’étant pas abaissé (1) tout au moins de façon sensible, le profit est accru de toute la différence dans le prix de la matière première.
- Mais les protectionnistes affirment que les pays qui achètent ces produits au-dessous du coût de production, loin de s’enrichir, s’appauvrissent d’une façon définitive et ne tendent à rien moins qu’à détruire leur existence industrielle; car, disent-ils, vous privez de leur emploi, et partant de leurs salaires, une foule d’ouvriers qui auraient été occupés à fabriquer ces articles ce qui est déjà une cause d’affaiblissement, et de plus vous ne voyez pas que les pays étrangers n’ont qu’un but : faire disparaître d’abord certaines des industries primaires, — principaux éléments de AÛtalité de ce pays, — ce qui leur permettra de détruire les autres.
- C’est un argument spécieux et d’une valeur très contestable. Tout d’abord il pèche par la base, car il n’est pas prouvé que les pays étrangers qui vendent à l’Angleterre leurs fontes et leurs aciers au-dessous du coût de production agissent ainsi dans le but nettement arrêté de ruiner son industrie métallurgique. Ce n’est pas tant en vertu d’une politique préconçue et mûrement délibérée que poussés par les conditions relativement peu satisfaisantes de leur marché intérieur qu’ils le font. Et, si tant est que dans son ensemble, la métallurgie grossière ait à en souffrir en Grande-Bretagne, — ce dont il est permis de douter pour des raisons que nous dirons tout à l’heure, — leur
- (1) Ainsi en 1902 la Grande-Bretagne a importé 155 595 tonnes de fonte à £ 2 13 sh. par tonne.
- et elle a exporté 1 102 835 — 3 4 — 9 d. —
- Elle a également importé 281013 d’acier brut à 5 0 — 8— —
- et exporté 301 331 — à 9 11 — 4— —
- Cf. Leaflet n° 152 du Cobden Club « Rnined industries ». The Iron and Steel Industry by James Gox, nov. 1903.
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- propre industrie en est également sérieusement atteinte. On peut constater qu'il y a recrudescence de ces ventes au-dessous du coût de production précisément lorsque la situation du marché intérieur laisse à désirer, et qu’il ne peut pas absorber les disponibilités. Il y a, coïncidence curieuse à observer, des usines très importantes qui sont obligées de fermer leurs portes au cours de ces périodes, lorsque la situation se prolonge, tandis que les exportations en Angleterre diminuent dès que la demande nationale s’élève et qu’une ère de prospérité est revenue. On l’a bien vu en Allemagne et aux Etats-Unis, où, à la tin de 1902 et au cours de 1903, le trust de l’acier s’est vu obligé de mettre de nombreux hauts fourneaux hors feu et de congédier une partie de son personnel.
- Ainsi ([ne M. Ilugli Bell, l’un dos plus grands métallurgistes britanniques, l'a montré dans un fort remarquable article publié par Y Indépendant Revieiu (I), et qu’il nous le disait au cours d’une fort longue conversation, un pays quel qu’il soit ne peut pas impunément vendre pendant longtemps ses produits au-dessous de leur prix de revient. Il ne tarde pas à en souffrir bien davantage que celui dont il entend, suivant les affirmations protectionnistes, ruiner l’industrie. Cette tactique commerciale lui est imposée parce qu’il ne peut trouver des débouchés suffisants sur son propre marché et que, d'autre part, il serait ruineux pour ses usines de réduire leur production à la moitié ou au tiers de celle pour laquelle elles ont été construites. Mais cela n’est possible, pour les manufacturiers, qu’après entente et fixation préalable du cours des marchandises sur leur propre marché à un prix de beaucoup supérieur au coût de fabrication augmenté du profit réalisé en période normale. Ils veulent bien ue pas réaliser de bénéfice sur l’ensemble de leurs ventes tant intérieures qu’extérieures, afin de ne pas réduire la production, mais, par contre, ils ne veulent pas travailler à perte.
- Admettons, pour un instant, que le régime auquel ils soient arrivés consiste à écouler la moitié de la production sur le marché intérieur, et l’autre à l’étranger, au-dessous du prix de revient. La situation pourra se prolonger ainsi quelque temps. Cependant les cours qu’ils ont établis sur le marché intérieur ont forcément pour conséquence de réduire la demande à un moment où les affaires sont mauvaises, et le surplus qu’ils doivent écouler à l’étranger se trouve augmenté de la quantité que n'a pas absorbée la demande nationale : l’équilibre de la combinaison est rompu, et ils sont obligés de vendre à perte jusqu’au jour où, la crise s’accentuant, quelques usines fermeront, ramenant ainsi la production vers la normale. C’est causer un grand préjudice à l’industrie nationale, risquer de la désorganiser; en tous cas c’est l’atteindre très sérieusement. 11 est difficile d’admettre qu’un pays qui veut favoriser sa propre industrie en détruisant celle d’une nation rivale, adopte une méthode dont le résultat indiscutable est précisément de mettre mal en point son industrie qu’il désirait favoriser.
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- Nous ne nous préoccupons en aucune façon de la répercussion exercée par ce procédé sur l’activité économique du pays. Elle ne peut évidemment être développée par un renchérissement de produits servant de matières premières à d’autres industries. Les autres objections des protectionnistes sont-elles beaucoup plus justifiées?
- (1) Hugh Bell, Dumping : Indépendant Review.
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- Elles peuvent se synthétiser dans le Dumping'.
- Le Dumping (c’est le terme consacré à ces importations d’articles au-dessous de leur coût de production) a pour conséquence de ruiner l’industrie à laquelle il s’attache, il réduit la main-d’œuvre qu’elle aurait employée s’il ne s'était pas produit, et partout il appauvrit le pays on augmentant le chômage ; ce qui se traduit par une réduction de la puissance de consommation absolue du pays.
- Les prémisses memes de cette objection sont inexactes. Les partisans de M. Chamberlain. 'voyant que, sur le terrain économique proprement dit, ils ne pouvaient parvenir à faire des prosélytes, ont cherché à faire vibrer la corde patriotique et chauvine.
- Les pays étrangers veulent détruire la prospérité britannique en détruisant ses industries primaires : c’est leur premier acte d’hostilité. Ce but atteinl, ils s’attaqueront à l'Empire. D’où leur fameux argument du Dumping qui ruine les industries primaires naturelles.
- Nous sommes ici obligés de nous arrêter pour chercher la définition d’une industrie primaire naturelle. Étymologiquement, il nous est facile de trouver une réponse. Une industrie primaire est celle qui, partant de la matière première stricto sensu, la transforme eu produits au premier degré d’élaboration, que d’autres industries transformeront à leur tour en articles d’usage courant. Pour que cette industrie primaire soit naturelle, il faut que le pays produise les éléments qu’elle mettra en œuvre en quantité assez abondante pour répondre à tous les besoins, si étendus soient-ils, et que cette industrie ne soit pas dans un état d’infériorité vis-à-vis de celles des autres pays.
- 11 nous semble que cette définition étymologique est trop étroite du point de vue économique et que telle industrie, même si la matière première est un produit déjà élaboré, peut être, en fait, assimilée à une industrie primaire naturelle d’un pays, même s’il ne possède pas les richesses minérales nécessaires en abondance, pourvu qu’il ait, par son génie national, les capacités et l’habileté de ses ouvriers, l’ingéniosité de ses inventeurs, les aptitudes générales de son peuple, des avantages indéniables sur les pays rivaux, lui assurant une supériorité marquée sur eux.
- On peut parfaitement comprendre au point de vue de l’Angleterre que son industrie cotonnière, ses constructions navales, ses constructions mécaniques sont autant, sinon plus, des industries primaires naturelles pour elle que la métallurgie de la fonte. Cependant, pour les premières, les matières ne proviennent pas de son sol, tandis qu’elle les produit en partie, mais pas totalement, pour la dernière.
- C’est la métallurgie du fer que le Dumping doit détruire, nous ditM. Chamberlain. Tout d’abord la métallurgie du fer est-elle une de ces industries primaires naturelles de l’Angleterre, est-elle d’importance primordiale au point de vue de sa prospérité?
- Elle l’a été. Notre définition étymologique pouvait lui être appliquée vers le milieu du xixe siècle et dans les quelques années qui suivirent : à cette époque l’Angleterre possédait des réserves de minerai suffisante (les merveilleux gisements liouillers sont toujours aussi riches et ne montrent par de symptômes d’appauvrissement) pour satisfaire à une production toujours croissante. Grâce à l’outillage tout moderne de ses usines, l’Angleterre n’avait pas de rivaux à craindre; elle exerçait une véritable suprématie sous ce rapport et notre seconde définition elle-même s’appliquait également.
- C’est précisément, bien que cela puisse paraître paradoxal, à cause de cette suprématie que la métallurgie du fer a cessé d’être véritablement une industrie primaire naturelle, en ce sens que par suite de la demande croissante, nationale et étrangère, la
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- production do lu fonte est arrivée aujourd’hui à dépasser très notablement les capacités naturelles en minerai du pays.
- Conséquemment, à l’heure actuelle, la.progression du développement de la fabrication de la fonte ne présente plus l’intérêt primordial d’autrefois, alors qu’il s’agissait de mettre en valeur des richesses naturelles. Nous dirions même qu’elle 11e présente plus qu’un intérêt relatif, un intérêt secondaire.
- Nous entendons par là, qu’étant donné les circonstances, ce 11’est pas tant à la production de la fonte en elle-même que visent ceux qui ont des intérêts dans la métallurgie, qu’à employer leurs activités et leur intelligence dans des entreprises, rémunératrices bien entendu, mais tendant surtout à développer la prospérité industrielle et économique de la Grande-Bretagne. Par suite, c’est maintenant vers le développement de celles des industries métallurgiques cou venant le mieux aux aptitudes du pays que tendent les efforts et notamment des constructions de machines et des constructions navales.
- Ce sont elles qui sont devenues véritablement les industries primaires naturelles.
- Il faut les encourager, et c’est à elles que s’attache l’intérêt principal. C’est une évolution qui s’est produite à la suite de la mise en valeur des richesses incalculables en minerai de fer des États-Unis et du Canada. Ces pays sont aujourd’hui dans des conditions beaucoup plus favorables que la Grande-Bretagne pour la production de la fonte. Quelques efforts qu’elle fasse, sa situation à ce point de vue sera toujours désavantageuse vis-à-vis de la leur, ainsi que nous le montrerons ultérieurement.
- Ainsi, nous arrivons à cette double conclusion que le Dumping n’est pas dirigé contre une industrie britannique, mais qu’il est la traduction d’un état de choses dû à la production moderne et d’autre part que la production de la fonte ne constitue pas une industrie primaire naturelle.
- Recherchons maintenant comment, aux dires des Chamberlainistes, cette industrie est menacée? Il est difficile de le comprendre car, si l’on examine les statistiques, on constate que la production n’a cessé de croître de façon sensible depuis le commencement du xixe siècle jusqu’à la fin de 1903 et que le total de cette année est supérieur à celui des précédentes. II faudrait reconnaître que si les Allemands et des Américains ont voulu ruiner cette industrie par le Dumping, ils ont bien mal réussi.
- Le déclin, disent les protectionnistes, est un déclin relatif, la progression est moins rapide que dans le cas de l’Amérique, dont la production à l’heure actuelle dépasse celle de l’Angleterre : c’est le début de la décadence.
- Affirmation admirable, qui dispense de répondre à l’argumentation des contradicteurs; c’est toujours la méthode, que nous avons signalée : partir d’un cas théorique dans lequel on suppose tous les avantages à un pays, et, ayant raisonné in abstraclo, appliquer les conclusions auxquelles on aboutit à un pays réel, sans vouloir tenir compte des conditions particulières où il se trouve, qui peuvent être en antinomie absolue avec celles que l’on a supposées: en l’espèce c’est ne pas tenir compte des richesses naturelles relatives on minerai de l’Angleterre et des Étals-Unis, de leurs superficies, de leurs populations.
- Arrivons maintenant au grief tiré de ce que le Dumping introduisant en Angleterre , des produits qu’elle était susceptible de fabriquer, prive de leur emploi et de leurs salaires des milliers d’ouvriers.
- Gela paraît très grave; mais, pour les motifs que nous avons indiqués plus haut, c’est plus apparent que réel. En effet, il n’y apas débauchage d’ouvriers, puisque, il faut
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- retenir ce fait, malgré le Dumping ou peut-être à cause de lui, la production de fonte étant en augmentation régulière (1) il y a plus de main-d’œuvre employée chaque année dans cette branche de la métallurgie. On ne saurait donc prétendre que le Dumping, — comme les perfectionnements mécaniques, les transformations d’outillage ou les modifications de méthode — produise un déplacement de main-d’œuvre : les chiffres sont probants.
- L’argument est alors que, en nuisant au développement de la fabrication delà fonte, il empêche la demande nouvelle de main-d’œuvre qui aurait lieu si l’Angleterre produisait elle-même toute la fonte et l’acier employés dans les industries dites secondaires.
- L’argument est spécieux et inexact, ainsi que nous ne tarderons pas à le voir.
- On ne peut même pas prétendre que le Dumping empêche les futurs ouvriers de trouver dans la spécialité qu’ils ont choisie une occupation rémunératrice : il y a tout simplement diversion des activités, aiguillage des forces vives dans des directions parallèles. Le Dumping favorisant les constructions de machines et les constructions navales, il se produit dans cette voie une forte demande de main-d’œuvre et les jeunes ouvriers trouvent à s’y embaucher au lieu de s’employer aux hauts fourneaux. Peu leur importe en fin de compte, puisqu’il n’y a pas déplacement de main-d’œuvre affectant les ouvriers adultes, d’entrer dans telle ou telle branche de la métallurgie, surtout si celle qui s’ouvre à eux est plus rémunératrice que celle qu’on se lamente de ne pouvoir leur offrir.
- LE DUMPING ET LES INDUSTRIES SECONDAIRES
- Étudions maintenant les effets du Dumping sur les industries dites secondaires, car avant de déterminer son action néfaste ou heureuse, il nous faut savoir quels sont ses résultats sur la prospérité générale du pays.
- Les industries dites secondaires, dans la métallurgie, sont actuellement les plus précieuses pour l’Angleterre: leur essor suif une progression rapide et la demande tant sur le marché intérieur que sur le marché extérieur ne cesse de croître. Et, bien que le pays ne puisse suffire à la production des matières premières, on ne peut dire que ce soient des industries artificielles. Leur développement résulte surtout des avantages particuliers que le Royaume-Uni s’est acquis, par l’avance qu’il a prise depuis longtemps dans ces branches, et de l'aptitude de ses ouvriers pour ce genre de travail. Leur habileté, le soin qu’ils apportent, leur grande habitude, les prédisposent mieux que d’autres à réussir.
- En somme, on peut dire qu’à défaut des richesses naturelles, il y a des avantages naturels également précieux. Ils se traduisent par une double conséquence : qualité supérieure des produits finis et prix inférieur à celui auquel les nations rivales sont en état de les fournir.
- Il ne faut pas oublier que, si précieuses que soient ces industries dites secondaires, elles ne constituent pas des monopoles, comme par exemple le pétrole pour les États-Unis ou la Russie. Il n’y a pas de raison théorique pouvant empêcher d’autres pays de réussir également dans ces mêmes industries ; mais avant d’atteindre au même degré de perfection que l’Angleterre, il leur faudra beaucoup de temps, non seulement pour monter leur usines, mais pour former un personnel ayant l’habitude professionnelle
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- nécessaire qui ne peut s’acquérir que par un long apprentissage. Il leur faudra également beaucoup d’argent.
- Et pendant la période de création, la Grande-Bretagne verra cette industrie prospérer chez elle, non seulement parce que c’est à elle qu’il faudra s’adresser pour des machines de telle ou telle branche d’industrie en attendant que le pays qui veut l’établir soit à môme de les produire lui-même, mais encore parce qu’elle fournira l’outillage des usines qui se monteront pour fabriquer ce genre d’outillage. De plus, les causes subsistent qui ont assuré le développement de ces industries, dites secondaires : ce sont l’ingéniosité des constructeurs et les aptitudes du personnel d’une part et le moindre coût de production du à la très forte demande d’autre part. Pendant que les nations rivales cherchent à atteindre au même degré, il ne dépend que de la Grande-Bretagne de conserver par de nouveaux progrès réalisables l’avance qu’elle a prise (1).
- Actuellement, malgré leurs tarifs protectionnistes élevés, des pays comme les États-Unis, l’Allemagne, la Russie continuent à importer d’Angleterre, des machines ainsi que dos navires. Malgré qu’ils en produisent eux-mêmes, ils trouvent avantage à s’approvisionner en Angleterre à cause de l’énorme différence des prix entre les fabricants de ce pays et les leurs propres. Le bas prix de revient, en Angleterre, provient, en dehors de la très grande fabrication, du fait que la matière première y est moins chère qu’aillours. Il est donc de l’intérêt général du pays de chercher à obtenir sa matière première au plus bas prix possible, car les débouchés augmentent d’autant plus que le prix de vente des articles s’abaissera davantage. A ce point de vue, il est clair que le Dumping favorisera le développement de ces industries dites secondaires puisqu’il leur assure les éléments indispensables de fabrication, non seulement au-dessous de leur prix de revient en Grande-Bretagne, mais même au-dessous de celui des pays qui jouissent de conditions plus favorables au point de vue de la production.
- Le Dumping est donc une cause de prospérité générale, non d’appauvrissement. Nous ne prétendons point que des intérêts .particuliers, fort respectables, ne soient pas atteints par lui, et que les producteurs de fonte, par exemple, n’aient pas à en souffrir, tout au moins relativement, parce que, si le Dumping n’existait pas, ils auraient eu à fournir toute la fonte requise.
- Mais nous croyons qu’on aurait tort de s’exagérer l’importance de leurs plaintes, et il nous sëmble que si l’on cherchait à leur donner satisfaction en prohibant ces importations au-dessous du coût de production, leur sort ne serait pas sensiblement amélioré, et il serait porté un préjudice grave à la prospérité de ces industries dites secondaires, qui sont si précieuses pour le Royaume-Uni.
- Leur développement qui assure un travail rémunérateur à un nombre d’ouvriers croissant chaque année, se trouverait arrêté par toute augmentation du prix de vente : il y aurait même mouvement rétrograde, car toute diminution marquée de la différence entre les prix de l’article fabriqué, en Grande-Bretagne et aux États-Unis par exemple, qui réduirait l’écart à une somme minime, aurait pour résultat que le consommateur s’adresserait de préférence au producteur indigène. Conséquemment, si, pour donner satisfaction aux maîtres de forges, on supprimait le Dumping, le prix de la fonte s’élèverait sensiblement puisqu’il s’établirait aux environs du coût de production en Angleterre, c’est-à-dire à un niveau notablement supérieur au niveau actuel influencé par le' Dumping.
- (1) Nous reviendrons sur ce point qui est fort important,
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- La proportion clés commandes qui échapperait aux industries dites secondaires serait vraisemblablement considérable; — il est difficile d'indiquer un pourcentage même approximatif, — et partant le gain réalisé par les maîtres de forges des plus problématiques. Il suffit d’une différence de quelques shillings sur le prix de l’article fini, en plus ou en moins, pour acquérir ou perdre un débouché, et nous avons vu (1) qu’il y avait dos différences très considérables pour la matière première produite en Angleterre ou qui y entre par le Dumping, elles atteignent 11 shillings par tonne pour la fonte, et 1 livres sterling, 10 shillings, 8 deniers pour l’acier brut. Suivant que l’on emploiera le produit indigène ou non dans la fabrication, le prix de revient des objets finis sera très différent et, par suite, les commandes pourront échapper de manière définitive peut-être.
- Voici un exemple typique à titre d’illustration.
- Une grande usine se montait dans le Nouveau Monde, en 1903-1904, et avait besoin cl’un assez grand nombre de tuyaux de fonte : elle préférait, étant donné la meilleure qualité et le fini du travail, les faire venir d’Angleterre que d’Allemagne ou de Belgique, même au risque de les payer environ une demi-livre sterling de plus par tonne. Mais le fondeur écossais, auquel l’affaire fut proposée, répondit qu’il ne pouvait accepter la commande qu’à 1 livre sterling de plus par tonne que les Allemands ou les Belges, à cause du prix très élevé de la fonte en Angleterre. Le courtier en métaux qui agissait pour compte de l’usine américaine, apprit du fondeur que, si on voulait lui livrer de la fonte à 1 livre sterling ou une demi-livre sterling de moins par tonne, il pourrait traiter dans ces conditions, en réalisant lui-même un bénéfice très honorable. Le courtier télégraphia alo^s à ses correspondants du Canada, d’Allemagne, etc., pour leur demander à quel prix ils vendraient leur fonte en Angleterre. Ils firent connaître leurs prix, inférieurs de 1 livre sterling à ceux des maîtres de forges britanniques. Ceux-ci, auxquels on aurait préféré donner la. commande très importante, s’ils avaient seulement réduit leur prix de 10 shillings par tonne, se refusèrent catégoriquement à le faire, de crainte, disaient-ils, d’effondrer les cours/encore qu’il leur eût été affirmé que la commande en question était à destination de l’étranger, et qu’il leur serait loisible de veiller à ce qu’il n’en fût pas même distrait une tonne pour être vendue en Angleterre.
- Devant ce refus, il n’y avait que deux solutions : ou se refuser à exécuter l’ordre de la firme américaine et perdre un beau bénéfice, ou acheter la fonte hors d’Angleterre. On adopta cette dernière solution et la commande de fonte fut passée au Canada qui expédia à la métropole' la matière première qui lui fut retournée comme produit manufacturé.
- . Les protectionnistes crièrent au scandale, à l’antipatriotismè, quand ils connurent le fait; on a dérobé, dirent-ils, des centaines de livres de salaires aux ouvriers de hauts fourneaux, en achetant la fonte hors du Royaume-Uni.
- C’est parfaitement inexact, nous disait le courtier, homme des plus considérables, et ancien membre du Parlement, qui avait conduit l’affaire. Les ouvriers de hauts fourneaux devaient fatalement ne pas gagner les salaires de fabrication de cette fonte, puisque leurs employeurs se montraient intransigeants sur les prix. Si nous nous étions obstinés à employer de la fonte britannique, pour que nos ouvriers de hauts fourneaux bénéficiassent de l’affaire, la commande de tuyaux nous eût échappé : il y aurait eu perte pour le pays, puisque nous étions à même de l’accepter et qu’elle a fourni du travail à des centaines d’ouvriers fondeurs, grâce au Dumping. S’il ne m'avait
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- pas été possible de m’approvisionner de fonte au-dessous du prix de rrente de l’Angleterre, c’est l’Allemagne ou la Belgique qui auraient eu à fabriquer les tuyaux de fonte.
- On peut dire que cette politique des pays protectionnistes profite singulièrement plus à la Grande-Bretagne libre-échangiste — dont ils veulent, nous dit M. Chamberlain, détruire l’industrie — qu’à eux-mêmes. En effet, grâce à la fonte qu’ils nous vendent à perte,-nous avons été à même, sur le marché international — et ce n’est pas un cas unique, tant s’en faut — d’obtenir une commande qu’ils briguaient, parce que nous avons pu vendre le produit fini moins cher qu’eux. Malgré leurs primes à l’exportation, la différence du coût de la matière première dont ils nous inondent à bas prix, tandis qu’ils la payent le prix fort, nous assure un très sensible avantage de prix, et nous avons de plus la qualité pour nous.
- A supposer, — ce qui n’est pas, — que le Dumping étranger soit supprimé par les droits protectionnistes que propose l’ancien ministre des Colonies, l’industrie britannique continuerait à être mise en péril, pour adopter sa thèse.
- A l’heure actuelle, le Canada commence à envoyer, sur les marchés britanniques, des quantités déjà considérables de produits sidérurgiques déjà élaborés, et, par suite de son régime protectionniste poussé à l’extrême, il les vend au-dessous de leur coût de production déjà naturellement inférieur à celui de la Métropole. Le développement industriel rapide du Dominion fait présager, avec grande vraisemblance, que ce Dumping ne pourra que s’accentuer. Contre lui, la Métropole est complètement désarmée, et le sera sans esprit de retour, si la Préférence coloniale de M. Chamberlain est adoptée. En effet, la base même du projet de M. Chamberlain est de garantir aux colonies le statu quo en augmentant encore les avantages q\j’il leur offre déjà, par la taxation des produits en provenance des pays étrangers.
- C’est sacrifier délibérément les intérêts de ceux qui sont intéressés dans les industries primaires, en faveur desquelles l’Angleterre abandonnerait son système actuel de Libre-Échange. Ce n’est pas une des moindres contradictions dont fourmille le projet de l’ancien ministre des Colonies. Elle s’explique par la nécessité où doivent être les intérêts particuliers de s’effacer devant les intérêts généraux collectifs. Mais si telle est la thèse, combien plus profitable, au point de vue .delà prospérité générale, est le système actuel du Dumping sans restriction.
- IV. — LES IMPORTATIONS
- Les considérations que nous avons été amené à exposer en nous plaçant sur le terrain théorique n’auront pas été inutiles comme prémisses à l’examen de la question très complexe des importations, que nous allons entreprendre.
- Nous devons tout d’abord rappeler la remarque que nous formulions lors de l’étude des exportations, que pour établir les comparaisons intéressantes, susceptibles de fournir des indications dont on puisse tirer non des conclusions fermes, mais dos présomptions ; il ne suffit pas de rapprocher les chiffres d’années isolées qui peuvent être influencés de façon très sérieuse, par des circonstances intrinsèques exceptionnelles. Il faut étudier les variations sur des moyennes de périodes quinquennales ou décennales. C’est la méthode que nous emploierons. Notre base de comparaison aura son origine en 1854, première année pour laquelle les statistiques britanniques nous donnent les éléments du commerce extérieur.
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- Lorsqu’on examine les statistiques des importations, on est immédiatement frappé par deux faits : l’augmentation considérable des importations depuis cinquante ans, beaucoup plus grande que celle des exportations, et leur rapport très élevé aux exportations.
- On remarque en effet que les importations se sont accrues de 350,65 p. 100, passant de 152 à 543 millions de livres sterling, alors que pour les exportations, passant de 97 à 290 millions, l’augmentation est de 291,75 p. 100. Il faut noter encore que cet accroissement en pourcentage des importations est d’autant plus à retenir que leur valeur initiale était considérablement plus élevée que celle des exportations. Cet accroissement est donc absolu et non pas seulement relatif comme ceux dont nous nous étions occupés jusqu’ici dans les comparaisons que nous avions faites entre les exportations respectives de divers pays ou l’ensemble de leur commerce extérieur.
- Le second fait qui mérite de retenir notre attention, est celui de leur proportion aux exportations. Elle est extrêmement élevée, et à une tendance marquée à s’accroître puisque de 1 49,45 p. 100, chiffre qu’elle atteignait pendant la période quinquennale 1854 à 1859, ou de 157,19 si l’on prend la moyenne de la période décennale 1854-1863, elle passe à 189,02 p. 100 ou à 189,62 p. 100, suivant que l’on prend pour dernier terme de comparaison l’une ou l’autre des périodes 1899-1904 ou 1894-1903.
- Si la théorie de M. Vince est vraie que les importations, si elles dépassent les exportations, appauvrissent un pays, l’Angleterre devrait être singulièrement près de la ruine pour avoir, depuis plus de cinquante ans, vécu sous ce régime; nous pourrions même dire sous la pire forme de ce régime puisque, comme nous venons de le voir, la proportion des importations aux exportations n’a cessé de croître d’une manière régulière et très notable. La ruine devrait même être à la A’eille de se réaliser, quand on se rappelle l’augmentation des importations au cours de cette même période. Pendant ce demi-siècle, en effet, elles se sont accrues de 251,09 p. 100, et les importations sont 189,02 p. 100 fois plus considérables que les exportations.
- Nous avons montré, au point de vue théorique, pourquoi M. Vince faisait erreur, et nous avons eu occasion également de constater, en examinant sommairement les variations de l’mcome tax, que la richesse publique n’avait pas cessé de se développer d’une façon constante. Tous les autres moyens que nous avons employés nous ont fourni des indications toutes concordantes, et démontrant de manière probante la prospérité de la Grande-Bretagne.
- D’ailleurs M. Chamberlain et ses partisans n’ont pas tardé à abandonner cette théorie qu’il était trop facile de réfuter, et après avoir justifié le cri d’alarme qu’ils avaient poussé, en affirmant que la situation industrielle était inquiétante, parce qu’elle demeurait depuis trente ans en état de stagnation, et que la progression était négligeable au point de vue exportations, ils ont cherché à prouver la nécessité de la réA'o-lution économique qu’ils proposent en se basant, non sur le chiffre total des importations, mais sur l’augmentation des importations de produits manufacturés.
- C’était un procédé beaucoup plus habile que celui de M. Vince : il pouvait amener beaucoup d’industriels et un grand nombre des ouvriers à la cause de la Préférence coloniale, alors qu'ils étaient irrémédiablement opposés à la protection. C’était semer les germes de l’inquiétude dans la masse du pays, si fier de sa puissance industrielle, que de lui dire : Par votre régime de libres importations, car vous n’avez jamais possédé le Libre-Écliange, vous vous affaiblissez; vous permettez à des étrangers de venir chez vous vous déposséder de votre gagne-pain, de vous envoyer des articles manu-,
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- facturés dont vous avez eu, et dont vous devriez conserver pour votre pays le monopole de fabrication, et de priver ainsi votre population ouvrière, qu'elle réduit au chômage, de milliers de livres sterling de salaires. Allez-vous tolérer que des nations rivales — qui veulent détruire les industries indispensables à votre prospérité, — inondent la Grande-Bretagne d’objets fabriqués qu’ils vendent ici au-dessous de leur coût de fabrication?
- L’ancien ministre des Colonies, par cet argument destiné à frapper la masse en plein cœur, comptait amener une grande partie du pays à adopter son plan, le décider à accepter la taxation des denrées alimentaires pour éviter les malheurs irréparables qu’il prophétisait et dont déjà, suivant lui, dos symptômes très graves se manifestaient.
- - Ni lui ni ses amis ne pensaient que les classes ouvrières chercheraient à contrôler ses affirmations et à examiner d’un peu près comment les importations se divisaient et quels ôtaient les produits manufacturés acquis dans dos pays étrangers.
- Il n’est pas suffisant de venir déclarer que des producteurs étrangers veulent ruiner telle ou telle est industrie d’un pays, il est nécessaire de prouver que l’industrie en question est atteinte, de montrer que la concurrence étrangère ta prive de débouchés auxquels elle pouvait légitimement prétendre.
- M. Chamberlain a négligé systématiquement dans ses déclarations de faire, pour les importations, le départ entre les produits que la Grande-Bretagne était susceptible de fabriquer dans les conditions actuelles fie son industrie et ceux qu’elle a dû renoncer à produire, si tant est qu’elle les ait jamais produits, parce que certaines circonstances inéluctables s’y opposaient pratiquement, parce que, par exemple, ils dérivent des industries que l’on ne pourrait implanter et faire vivre que par des moyens tout à fait artificiels, et qui pourraient tout au plus végéter à l’abri de tarifs douaniers extrêmement élevés.
- Or cette question est du plus haut intérêt et domine tou fie problème actuel. Aussi faut-il avant tout examiner en détail les importations et étudier la proportion des divers éléments qui les constituent, après en avoir nettement établi les différentes catégories, et fait les distinctions capitales entre les produits susceptibles d’être manufacturés sur place et ceux qui en sont complémentaires. Certes, si les premiers augmentent en valeur absolue et proportionnellement beaucoup plus rapidement que le reste des importations et si, sans nuire en rien à la prospérité d’ensemble du pays les usines britanniques étaient à même de les fabriquer, il y aurait lieu de chercher à enrayer les progrès du mal, et à prohiber pratiquement le Dumping ; mais pourvu que le remède ne soit pas pire que le mal, c’est-à-dire que pour sauvegarder les intérêts d’un petit nombre de citoyens il 11e soit pas porté un préjudice grave à ceux de la collectivité. '
- Nous chercherons d’abord dans cette étude que nous allons entreprendre, après avoir montré la progression des importations, à séparer les diverses catégories et à voir leurs variations au cours dos dernières années. Nous nous attacherons tout particulièrement ans: produits d’origine germanique, car c’est incontestablement eux que visent les déclarations très nettes de M. Chamberlain.
- LE PROGRÈS DES IMPORTATIONS
- Comme nous le rappelions tout à l’heure, les importations iront cessé de se développer en Grande-Bretagne depuis un demi-siècle. Nous nous sommes attaché dans les
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- deux tableaux suivants à montrer leur progression d’après les moyennes quinquennales et décennales, mais sans établir de distinction entre les divers éléments dont elles se composent. Nous avons pensé qu’il était également intéressant de montrer, — c’est le rôle de la dernière colonne de ces tableaux, — l’accroissement dans la proportion des importations aux exportations.
- Mais avant d’examiner les indications qu’ils fournissent nous tenons à faire remarquer une fois de plus combien les comparaisons qui portent sur des années isolées peuvent amener à des conclusions erronées, par suite d’influences que l’on ne saurait dégager. Nous avons déjà longuement insisté sur ce point, mais nous croyons qu’il peut être utile d’appeler l’attention sur les différences entre les pourcentages extrêmes, suivant que les périodes sont quinquennales ou décennales, en un mot, suivant que les causes extrinsèques ont eu plus ou moins le temps de se neutraliser.
- Le double tableau suivant donne les résultats globaux en valeur des importations depuis cinquante ans.
- IMPORTATIONS GLOBALES EN VALEUR
- MOYENNES ANNUELLES PAR PÉRIODES QUINQUENNALES
- Pourcentage
- Totaux. des importations
- Périodes. Millions de- £ aux exportations.
- 1834-1858. . . ............ 163,8 149,45
- 1859-1863 ............................ 216,7 163,67
- 1854-1868 ........................... 282,2 161,07
- 1869-1873 ............................ 330,8 147,15
- 1874-1878 ............................ 376,4 177,94
- 1879-1883 ........................... 402,2 177,96
- 1884-1888 ............................ 372,2 167,05
- 1889-1893 ............................ 422,4 175,26
- 1894-1898 ......... . '437,8 191,22
- 1899-1903 ............................ 520,2 189,02
- MOYENNES ANNUELLES PAR PÉRIODES DÉCENNALES
- 1854-1863 ............................ 190,2 157,19
- 1864-1873 ............................ 306,0 153
- 1874-1883 ............ . . . 383,3 177,95
- 1884-1893 ............................ 397,3 171,75
- 1894-1903 ............................ 479,0 189,62
- Outre la progression qu’il montre dans les totaux, le tableau ci-dessus nous permet de faire une constatation intéressante : il n’y a aucune relation, ou plus exactement aucune loi permettant d’établir la relation entre l’augmentation des importations et le rapport des importations aux exportations.
- On ne peut dire qu’il y a parallélisme, ni antiparallélisme entre les deux mouvements, car les variations ne se correspondent pas. Parfois entre deux périodes consécutives de comparaison 1859-G3 — 1864-68, par exemple, ou 1854-63 — 1864-1873 des accroissements considérables en valeur des importations soit 56 millions et 116 millions sterling correspondent, non à une augmentation proportionnelle de la proportion des importations aux exportations, comme l’on aurait pu s’y attendre, mais à une réduction atteignant 2,.60 p. 100 pour les comparaisons entre périodes, quinquennales et 3,81 p. 100 pour celles entre périodes décennales.
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- Une augmentation de 48 millions sterling correspondant même à une diminution de 14 p. 100 entre 1864-68 et 1869-73 alors (pie pour 56 millions elle était de 2,60 p. 100 tandis que dans l’intervalle suivant la même augmentation en valeur des importations se traduit par une élévation de 20,80 p. 100 dans la proportion des importations aux exportations. Parfois encore (entre 1874-78 et 1879-83) une augmentation de 26 millions ne motive aucun changement.
- Et si dans la dernière comparaison que l’on peut établir entre moyennes décennales un accroissement d’importations de 82 millions de livres se traduit par 18 p. 100 d’augmentation dans la proportion des importations aux exportations, on voit qu’en comparant les deux dernières périodes quinquennales, la même augmentation se traduit par une baisse de 1,80 p. 100.
- Que conclure, sachant surtout que pendant ce demi-siècle les exportations n’ont pas cessé de croître et que la situation intérieure a été prospère sans interruption?
- On pourrait penser qu’il n’y a que des rapports très vagues entre les importations et les exportations, ce qui amènerait à croire, en poussant cette idée jusqu’à l’extrême, que les importations de la Grande-Bretagne ont un caractère particulier et tout à fait exceptionnel, qu’elles servent uniquement en un mot aux besoins intérieurs du pays, à assurer en quelque sorte son alimentation et que, par conséquent, leur accroissement très marqué assurerait un excès de la richesse nationale permettant de développer les exportations, jnais sans corrélation obligatoire.
- Sans être absolument exacte dans tous ses détails cette conception l’est cependant dans son ensemble. C’est ce que montre très clairement la division des importations par catégories.
- Pour l’année 1902, qui est à ce point de vue une année normale, voici la répartition à laquelle on arrive :
- 382 838 100
- 528 390 990
- DIVISION DES IMPORTATIONS
- Il apparaît dès l’abord deux grandes catégories d’importations : les produits alimentaires et matières premières absolument indispensables pour la vie matérielle et économique de l’Angleterre et les produits à un degré d’élaboration plus ou moins avancé qui pourraient ou qui peuvent concurrencer les industries du pays et partant dont l’importation ne contribue pas forcément a priori à augmenter la richesse nationale.
- L’importance de ces deux catégories est très différente : alors que la première qui ne suscite aucune alarme chez M. Chamberlain et les Tariff lie former s atteint en valeur le total de 382 468100 livres et représente les 72,45 p. 100 de l’ensemble des importations, les secondes qui sont pour eux un sujet d’angoisses patriotiques et impériales, suivant le mot qu’ils ont mis à la mode, atteignirent 146 552 890 livres sterling soit les 27,55
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- Ils s’en montrent absolument effrayés et la somme en question leur paraît terrifiante par son importance, mais iis ne se sont pas souciés d’analyser les divers éléments constituant cette deuxième catégorie ; ils auraient vu, en effet, qu’elle pouvait se subdiviser en deux groupes à peu près d’égale importance constitués l’un par les produits semi-inanufacturés et articles totalement manufacturés sur lesquels doivent se concentrer leurs inquiétudes et le second par des objets de haut luxe dont les consommateurs britanniques, qui appartiennent tous aux classes aisées, s’approvisionnent à l’étranger parce qu’ils estiment, à tort ou à raison, que les pays dont ces objets proviennent ont soit plus de goût que leurs producteurs nationaux, soit certains avantages qu’ils se sont acquis par une longue pratique de cette fabrication d’objets de luxe.
- Il est impossible de prétendre que les importations classées dans ce groupe peuvent causer un appauvrissement de la Grande-Bretagne, car leur accroissement est au contraire le signe d’un état de prospérité se développant et il faut bien remarquer qu’étant donné les consommateurs qui s’approvisionnent de ces articles à l’étranger, la grande majorité d’entre eux persistera à les acquérir, si élevés que soient les droits protectionnistes dont ils pourraient être frappés. Il n’y a pas là, à proprement parler, une concurrence faite aux industries britanniques, car les produits en question n’y ont jamais été ou n’y sont plus fabriqués depuis un grand nombre d’années.
- Le premier groupe de cette seconde catégorie comprend les produits semi-manufac-turés et les objets manufacturés.
- Pour M. Chamberlain et ses partisans, son développement est un signe de décadence de l’Industrie nationale car l’importation des produits soit manufacturés soit scmi-manufacturés appauvrit le pays, à tout le moins par les salaires qu’elle fait perdre aux ouvriers qui auraient pu être employés à les fabriquer. Gela peut être vrai au point de vue théorique, mais il faut pour cela qu’il soit prouvé que le pays importateur était en mesure de produire les articles pour lesquels il s’est adressé à des pays étrangers et, de plus, il faut également montrer qu’il y a perte dans le pays, d'une part parce que des établissements qui auraient pu être occupés à celte fabrication ont chômé et que le personnel a été privé de travail, et d’autre part que ces importations n'ont pas stimulé, quand il s’agit do produits scmi-manufacturés, l’activité d’industries pour lesquelles ils servent de matières premières, industries qui n’auraient pas pu sans cela donner les résultats satisfaisants obtenus ; enfin, pour les objets manufacturés, il faut également établir qu’ils pouvaient être fabriqués avec profit dans le pays.
- Gela, les promoteurs de la Préférence coloniale se gardent bien de le rechercher : ils se laissent hypnotiser par les mots magiques de produits manufacturés qui sont pour eux synonymes d’appauvrissement voire même de ruine de l’Industrie nationale.
- Les uns se refusent à examiner les divers éléments constituant ce groupe de peur de constater que leurs craintes sont chimériques,les autres vont droit à un article déterminé, les machines par exemple, et demeurent épouvantés à l’idée que leur pays en a acheté pour -4 260 000 livres sterling, dont il a gardé pour son usage personnel 3 050 000 livres sterling. Ils ne.rechercheront pas les raisons qui ont pu motiver cette importation quelque peu surprenante au premier abord. Pour eux il y a seulement un fait brutal et anormal, légitimant toutes les inquiétudes. Peu leur importe que l’acquisition de ces machines, étrangères doive avoir pour résultat de permettre à l’Angleterre une fabrication nouvelle, qu’elle n'avait pu tenter jusqu’à ce jour; peu leur importe que celte acquisition ait pour conséquence de dispenser leur pays d’acheter annuellement à
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- l’étranger des produits représentant une valeur considérable, et qu’il sera en mesure de fabriquer à l’avenir. Peu leur importe que cette importation, qui constitue une amélioration de l’outillage national et partant une source nouvelle de richesse, ait aussi pour résultat de réduire la dépendance économique du pays, de fournir du travail peut-être à des centaines d’ouvriers : elle doit fatalement appauvrir puisque c’est une importation de produit manufacturé et qu’en principe, comme il s’agit de machines, les industries du Royaume auraient pu la faire Ils partent d’un postulatum que l’on ne saurait discuter, à leur sens : l’Angleterre est le premier pays du monde pour la fabrication des machines; ses articles sont supérieurs à ceux de toutes les autres nations, par conséquent c’est folie que de s’adresser à des constructeurs étrangers; ce ne peut être que le signe d’une sérieuse décadence industrielle.
- C’est toujours la même façon de raisonner in abslracto que nous avons si souvent signalée : partir d’un principe vrai, sous certaines conditions, et le généraliser sans vouloir tenir compte des faits qui peuvent ne pas permettre son application et qui constituent souvent de simples dérogations.
- C’est ainsi que, pour nous en tenir sur le terrain des machines, il est incontestable qu’à l’heure actuelle, tant par l’intensité que par la qualité de sa production, la Grande-Bretagne est au premier rang et qu’elle dépasse de beaucoup ses concurrents dans cette Aroie. Mais les plus chaînons et les plus protectionnistes parmi les Anglais ne pourraient justifier la prétention pour leur pays d’exercer un monopole dans la construction : ils savent bien que dans une industrie comme celle-là une nation ne saurait posséder d’avantages naturels comme pour le pétrole, mais seulement des avantages acquis, résultant par exemple de l’habileté manuelle ou des capacités particulières du peuple pour cette fabrication, qui pourra toujours être égale ou supérieure à celle des concurrents.
- Mais il ne saurait en découler logiquement que tous-les perfectionnements’doivent fatalement être réalisés en Angleterre et que des inventeurs étrangers ne montreront pas plus d’ingéniosité, que les leurs propres, qu’ils ne construiront telle machine appelée à faire progresser ou à créer une certaine branche d’industrie, à laquelle on ne songeait pas en Grande-Bretagne. Dans ce cas, l’importation de machines étrangères est 'manifestement une cause de richesse et non d’appauvrissement puisqu’elle tend à perfectionner ou à créer une branche nouvelle dans la production nationale.
- Gela, personne aujourd’hui ne songe sérieusement à le contester, mais hypnotisés parleur idée fixe de la décadence industrielle imminente, les protectionnistes britanniques se refusent à entrer dans le détail des importations et à Amir quelle est la nature des machines achetées dans les pays étrangers. C’est non l’importation en soi mais sa nature qui doit justifier les inquiétudes qui se manifestent, ou en montrer le néant.
- Et pourtant il est bien évident que dans certains cas les machines de fabrication étrangère présentent des avantages marqués sur celles produites en Angleterre, précisément parce qu’elles sont la réalisation de dispositifs mécaniques nouveaux et ingénieux auxquels on n’aAudt pas encore songé. Par leur intensité plus grande de production, elles permettent d’obtenir un coût moindre de production, et de réduire par conséquent l’importation d’objets manufacturés étrangers.
- Or, ce résultat est celui que A'oudraienfc les protectionnistes, et pour lequel ils proposent leur fameux plan de tarifs préférentiels coloniaux, mais ils ne sauraient
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- admettre qu’il puisse être réalisé par l’importation de machines. Et fait curieux à noter, ce 11’est pas parce que ces machines réduisent le nombre des ouvriers nécessaires pour accomplir un certain travail qu’ils s’inquiètent. Malgré (pie, pour inciter la Grande-Bretagne à accepter les droits de douane qu’ils proposent, l’un de leurs idéals soit de protéger l’ouvrier contre la concurrence des travailleurs étrangers, ils se déclarent avant tout partisans de l’introduction d’un outillage de plus en plus perfectionné, même s’il doit causer un déplacement de main-d'œuvre, se traduisant par une extension de chômage pendant plusieurs années. .
- Ils ne voient que des avantages à acquérir la licence d’exploitation d’un brevet étranger pour la construction d’un type nouveau de machines, et qui, tout bien considéré, constitue une importation qui prive les inventeurs nationaux d’un profit auquel aucune raison de principe ne les empêchait de prétendre. Il y a là, disent-ils, une source de richesse nationale future, car l’amélioration de l’outillage qui en résultera permettra de lutter contre la concurrence étrangère; mais par contre, ils n’ont pas assez d’anathèmes pour flétrir l’importation de quelques-unes de ces machines qui pourront être ultérieurement construites dans le pays.
- Peu importe que ces importations soient exceptionnelles, qu’elles ne représentent que les 0,8 p. 100 du total : elles doivent être une cause d’appauvrissement et comme telles devraient être supprimées.
- C'est fort bien, toujours du point de vue théorique, mais en pratique l’inverse peut se produire, et il peut être urgent — en attendant que l’industrie nationale se soit outillée pour l’exploitation d'un brevet — d’importer des machines fabriquées afin d’arrêter les progrès des importations d’objets manufacturés que des pays étrangers sont à même, toutes choses égales d’ailleurs, de livrer à un prix très sensiblement inférieur à celui des objets.similaires de fabrication nationale, précisément parce que ces pays ont un outillage plus perfectionné.
- Il est des cas où il ne saurait être question d’un retard même de quelques mois au remplacement des machines, car la clientèle se désaffectionne rapidement des produits indigènes lorsqu'elle en trouve d’autres, même de qualité moins bonne, à un prix sensiblement inférieur. Il faut, dans ces cas d’urgence, arrêter l’exode des commandes, de crainte de perdre des débouchés qu’il est parfois impossible de reconquérir dans des conditions normales. Pour éviter un mal temporaire — celui de l’introduction de quelques machines étrangères — on s’expose à un pire la perte d’un marché, peut-être définitivement et en tous cas pour longtemps.
- Il se passera un fait analogue à celui qui a lieu dans les guerres de tarifs. Les exemples récents des conflits douaniers entre la France et l’Italie, la France et la Suisse, l’Allemagne et la Russie, montrent que les débouchés, une fois perdus, ne s’ouvrent pas aisément à nouveau et que, lorsque la paix se rétablit, la compétition est beaucoup plus vive, car il faut lutter également contre les concurrents étrangers qui ont pris la place occupée, et même après un laps de temps de plus de dix ans, l’on ne peut pas toujours reconquérir la situation antérieure au plus grand détriment des producteurs et ouvriers que l’on voulait défendre.
- C’est un phénomène analogue qui se manifeste sur le marché national. 11 faut le protéger, dit-on, par des tarifs douaniers, qui permettront aux manufacturiers déporter leur outillage au point nécessaire de perfectionnement, mais il faut pour cela établir des droits prohibitifs et être prêt à subir toute leur répercussion sur les autres branches de l’activité nationale et leurs aléas, alors qu'il y a parfois un autre moyen —
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- l’importation temporaire de quelques'machines— toutes choses étant égales d’ailleurs — d’arriver au même résultat (1).
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- Ces quelques considérations montrent toute l’importance qu’il y a à faire le départ entre les divers éléments constituant le chapitre dos importations d’ohjets manufacturés au point de vue des conclusions que l’on peut tirer des comparaisons statistiques. Pour revenir à la question des machines, il ne nous semble pas qu’il y ait de symptôme inquiétant dans l’importation notée, [tour les raisons que nous avons exposées. D’autre part, les exportations continuent à progresser dans leur ensemble, malgré un fléchissement de 2 millions de livres sterling entre 1900 et 1901 ; d’ailleurs, en 1903, la valeur atteint le maximum maximorum, dépassant 20 millions de livres sterling.
- La situation de l’industrie des constructions mécaniques n’aurait justifié les alarmes des partisans de l’ancien ministre des Colonies que si, d’une part, les importations constituaient un phénomène nouveau et que, d’autre part, leur augmentation coïncidait avec une dépression marquée et persistante, non seulement des exportations, mais de la consommation intérieure des articles de fabrication indigène.
- Or, les importations de machines ne sont pas de date très récente, mais M. Chamberlain avait beau jeu pour le laisser entendre aux masses ignorantes des questions de commerce extérieur, car c’est en 1890 que, pour la première fois, les statistiques britanniques leur consacrent un intitulé spécial. Jusque-là elles figuraient sous la rubrique : objets manufacturés en fer et acier (non énumérés).
- On n’a donc, jusqu’à cette époque, aucune notion de la valeur qu’elles représentaient, mais il est permis de supposer qu’elle ne devait guère être beaucoup inférieure au chiffre actuel. Eu tous cas, ces importations ne sont pas d’origine aussi récente que M. Chamberlain voudrait le faire croire, elles remontent certainement à une quinzaine d’années.
- Meme en supposant, ce qui n’est pas exact, qu’elles ne se soient pas produites avant 1890, elles ne lui paraissaient pas alor» de nature à susciter d’inquiétudes. Parlant de la situation respective à cette époque de l’Allemagne et de l’Angleterre, Aroici en effet comment il concluait son discours : « Rien n’est de nature à faire dresser sur sa tête les cheveux de M. Chantrill. Il faut que nous n’ignorions pas ce'développement de l’Allemagne, mais il n’y a aucune raison d’envisager avec alarme notre position actuelle. Rien ne justifie une telle opinion. »
- Les importations de machines étrangères coïncident-elles avec une moindre prospérité de l’industrie des constructions mécaniques dans le Royaume-Uni, et si oui l’un des phénomènes pourrait-il être la conséquence de l’autre? Nous ne le croyons pas.
- Malgré que les importations aient passé de 2 081 131 livres sterling en 1897, à 3 196 750 livres sterling en 1900, les exportations se sont élevées pendant cette même période de 16 255 602 livres sterling à 19 619 781 livres sterling, ce qui ne paraît pas être un signe de décadence de cette industrie.
- (1) C’est ce qui s’est passé en particulier pour l’industrie delà chaussure, dans laquelle de 1901 à 1903 les importations ont décru de 521056 paires, depuis l’introduction de machines américaines, que l’on s’est mis depuis à fabriquer en Grande-Bretagne. Cf. Accounls relating to Tracte and Navigation of the United Kingdorn, décembre 1903. I Imports and consumptions, Lealher, quantities, p. 88. Si on comparait les valeurs, on serait trompé par suite de la hausse considérable des prix du cuir depuis 1901 : malgré la diminution du nombre de paires, la valeur des importations a augmenté sensiblement.
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- Mais les protectionnistes triomphent en prenant les résultats des deux années suivantes, montrant qu’en 1901 et 1903 les importations s’élevant respectivement, pour les machines, à 3 963 023 livres sterling et 4 761 108, les exportations s’abaissaient à
- 17 812 344 en 1901. Si l’on passe par contre au chiffre de 1902, on voit qu’elles se relèvent déjà de près de 1 million de livres sterling et atteignent 18 754 815 livres sterling: ce qui montre que la diminution n’était que temporaire et sans doute due à des circonstances extrinsèques, c'est que, en 1903, nous voyons le phénomène inverse se produire, qui ruine la thèse de M. Chamberlain. Les importations ne sont plus que de 4 448 963 livres sterling contre 4 761 108, tandis que les exportations montent de
- 18 754 815 livres sterling en 1902 à 20 065 916 livres sterling en 1903, valeur la plus élevée qui ait jamais été enregistrée.
- Les fluctuations entre 1900 et 1903 dans les exportations sont-elles dues à une dépression industrielle de ce métier? ou leur diminution peut-elle s’expliquer par une augmentation de la consommation intérieure ? Nous n’avons pas de statistiques officielles nous renseignant directement sur la situation réelle de cette industrie, mais nous pouvons cependant trouver une indication très importante par un procédé indirect en quelque sorte. .
- Le mémorandum du Board of Trade (1) dressé en 1903, par ordre du gouvernement britannique, après que les projets de l’ancien ministre des Colonies avaient été rendus publics, comprend une partie intitulée : occupations des ouvriers où, pour chaque profession, on a groupé en un tableau le nombre de personnes employées à différentes époques.
- Pour la construction des machines, qui nous intéresse actuellement tout particulièrement, nous constatons que depuis un demi-siècle, il y a une augmentation constante du nombre de personnes employées, progressant de 79 891 ouvriers adultes en 1851, à 172 326 en 1871 et à 289 037 en 1891. Comme pendant cette môme période les progrès techniques réalisés dans l’outillage réduisaient la main-d’œuvre nécessaire pour une opération donnée, il en résulte que l’augmentation considérable de personnel, ci-dessus indiquée, a été la conséquence d’une prospérité croissante et incessante.
- Les statistiques officielles s’arrêtent précisément en 1891 : une classification nouvelle ayant été récemment adoptée, par le Board of Trade, les chiffres n’ont pu être publiés pour 1901 dans ce mémorandum. Mais nous pouvons les reconstituer, sinon avec une rigoureuse exactitude, du moins avec une approximation très suffisante, de la façon suivante. Si l’on se reporte aux rapports du Syndicat des Mécaniciens (2), on remarque, en comparant le nombre total de membres au total des ouvriers employés dans la profession, qu’il y a une proportion constante précisément depuis 1851. Cette constatation permet, par simple proportion d’arriver à une évaluation très suffisante, du nombre d’ouvriers en 1901, en 1902 et en 1903, pour voir dans quel sens se sont produites les variations.
- Or, nous trouvons en opérant ainsi les chiffres suivants :
- 1891 ......... 289 037 » Chiffres du Board of Trade.
- 1901 ............. 369 073 + 80 000 Chiffres calculés.
- 1902 ............. 376 456 + 7 000
- 1903 ............. 384 738 + 8 000
- (1) Mémorandum, Statislical Tables and charls, op. cit. (Éd. 1761), 1903. XIV, Occupations of Ike people. Machine making and shipbuilding, p. 364.
- (2) Amalgamated Society of Engineers 53lh Annual Report, Annual Income,Expenditure,etc.,p.xL.
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- En admettant même, ce qui est absurde, que la proportion qui nous permet d'arriver à ce chiffre et qui s’est maintenue constante pendant quarante ans, se soit soudain modifiée sous l’empire de causes qui nous échappent, et que nous ayons des causes d’erreur modifiant de 50 p. 100 les écarts que nous trouvons entre deux résultats successifs (il est probable, en fait, que s’il y a erreur, elle n’est guère que de 2 à 3 p. 100), le sons général ne se trouve pas modifié, et l’indication qui découle du tableau ci-dessus est que, pendant que les exportations décroissaient en 1901 et 1902, le nombre des ouvriers employés ne cessait d’augmenter. Par conséquent, la consommation intérieure a crû plus vite que les moyens de production pendant cette période, et la situation de l’industrie n’a pas cessé de s’améliorer pendant que les importations croissaient.
- Si, maintenant que nous avons vu combien peu sont justifiées sur ce point les alarmes de M. Chamberlain, nous étudions par chapitre les variations en valeurs des importations, au cours des vingt dernières années, nous constatons, et le tableau ci-dessous le montre très nettement, que les importations d’objets manufacturés ont sensiblement décru depuis le début du xxb siècle.
- (v4 suivre.)
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- la chimie colloïdale, par M. H. R. Procter (1)
- On peut dire que la chimie colloïdale a commencé avec le travail de Graham, paru vers 1861 ; mais déjà les chimistes connaissaient des colloïdes, et Faraday (Philoso-phical Transactions, 1857, I, p. 145) avait préparé et décrit des solutions d’or colloïdal. Graham fit ressortir le premier les différences radicales qui existent entre l’état cristalloïdal et l’état colloïdal ; on lui doit l’introduction de la plupart des noms spéciaux aujourd’hui en usage, tels que sol et*gel employés pour définir une solution apparente et un précipité ou une gelée ; on lui doit aussi la distinction des différents milieux liquides par les préfixes hydro, alco, etc. Il serait impossible de rappeler en détail tous les travailleurs qui ont contribué aux progrès de cette science ; mais on peut mentionner les points suivants comme des pas marquants dans la voie du progrès. Wiedemann (Verhandlanger der physikalische Gesellscliaft zu Berlin, 1884, p. 44) montra que l’absorption de l’eau, par les colloïdes solides est, dans son premier stage, accompagné d’un dégagement considérable de chaleur; que la solution ainsi que la fusion des gelées sont accompagnées d’une absorption de chaleur, fandis que dans la gélatinisation la chaleur se dégage. Il publia ensuite des recherches concernant l’osmose électrique et la cataphorèse, qui eurent une grande influence sur la théorie colloïdale. Le travail de Yan Bemmelen, 1888 et seq. sur les gelées colloïdales et les précipités, conserve de la valeur, et sa théorie de la structure cellulaire des gelées a été généralement acceptée même récemment, quoique à mon avis son insuffisance soit évidente. En 1889, Carey Leaa publié des recherches étendues sur l’argent allotropique ou colloïdal (Silliman’s Journal), et en 1892 le travail de Picton et Linder sur la solution et la pseudo-solution (Chemical News et Journal of the Chemical Society) a ouvert des aperçus nouveaux sur la nature de la solution colloïdale, et peut-être même de la solution en général.
- En 1893, Siedentopf etZsigmondy, s’appuyant sur un travail plus récent de Tyndall relatif à la dispersion et à la polarisation de la lumière par des milieux non homogènes, inventèrent l’ultra-microscope, dans lequel, grâce à un modus spécial d’éclairage sur fond obscur, les particules qui étaient trop petites pour donner une image au microscope ordinaire sont rendues visibles comme points lumineux. Par ce moyen, la matière suspendue dans de nombreuses solutions colloïdales fut rendue visible, et l'on put déterminer le nombre et la grandeur des particules colloïdales.
- Puisque les chlorures de sodium et de potassium ont été obtenus sous forme colloïdale dans les solvants organiques, la distinction entre colloïdes et cristalloïdes n’est plus admissible, mais seulement celle entre Y état colloïdal et Yétat cristalloïde.
- (1) Mémoire lu au meeting de Dublin, 1908, de la British Association for the advancement of arts and sciences. — Voir fa remarque en tête des notes de chimie publiés dans notre même Bulletin.
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- Dans la solution type cristalloïde d’un électrolyte, le corps dissous est séparé en ses molécules, et pour une grande proportion en ions individuels, tandis que dans le sol colloïde, les unités de distribution sont ou de grandes molécules, souvent conjuguées, ou plus fréquemment de petites parlicules composées de molécules unies par cohésion. Il est fort douteux que ce soit là un principe étroit; les limites de ces conditions s’atténuent plutôt entre elles, par degrés insensibles, mais la distinction est bien nette dans les cas typiques. Puisque la pression osmotique et tous ses effets sont proportionnels au nombre des molécules dissoutes, et par conséquent pour un poids donné de substance inversement proportionnel à la masse des molécules ou des particules, ces effets physiques sont presque manquants dans le sol colloïde ; et dans la plupart des cas, la diffusion, l’abaissement du point de congélation, l’élévation du point d’ébullition, a fortiori la conductibilité éleclrique qui demande une dissociation ionique, sont à peine perceptibles ou pas du tout ; on peut les attribuer aux traces d’électrolyte qui semblent essentielles au moins pour une solution d’un colloïde inorganique. Dans de nombreux cas de colloïdes organiques à haut poids moléculaire, les déterminations des points d’ébullition et de congélation ont fourni des nombres se raccordant avec l’idée que les particules sont de simples molécules. Tandis que les corps cristalloïdes ne peuvent ordinairement être séparés de la solution que par l’évaporation ou la congélation du solvant, ou par voie de changement chimique, les sols colloïdes sont instables; et spontanément ou sous une faible influence, comme l’addition d’un électrolyte, un changement de température ou de concentration, leur séparation s’opère en un précipité amorphe ou gel et en le solvant pratiquement pur. Tandis que les solutions cristalloïdes sont homogènes optiquement, tous les sols colloïdes montrent, à un degré plus ou moins prononcé, la propriété de disperser et de polariser la lumière: et dans la plupart de ces sols, de ténues particules en suspension sont décelées par le microscope. Le rapport qui existe entre les sols colloïdes, les suspensions mécaniques de solides très finement pulvérisés, et les émulsions de liquides non mélangeables. est très étroite ; il dépend peut-être uniquement de la grondeur des particules.
- Beaucoup de sols sont opalescents ; ceux à très petites particules peuvent être transparents ; les sols métalliques sont souvent très colorés, ceux d’or le sont du rouge sombre au violet bleuâtre.
- Les sols colloïdes organiques diffèrent à beaucoup d’égard des inorganiques, et se rapprochent souvent de très près des véritables solutions ; comme ce sont ordinairement des corps à poids moléculaire élevé et peu sujets à la dissociation électrolytique, leurs solutions doivent posséder le plus grand nombre des propriétés des colloïdes. En effet, de grandes molécules peuvent diffracter et polariser la lumière, et être vues à l’ultra-microscope. Les sols organiques sont habituellement plus stables que les inorganiques ; ils flocculent ou précipitent par un grand nombre de causes. Il est donc naturel de reporter leur étude après celle des sols inorganiques ou colloïdes en suspension, d’allure plus simple et mieux connus.
- Les sols de colloïdes inorganiques sont toujours des suspensions de substances extrêmement divisées dans des milieux où elles sont extrêmement insolubles. Wei marri-a montré (Zeitschrift fur Chemie und Industrie der Kolloïde, 1907, II, p. 76) que les corps crystalloïdes même les mieux définis peuvent être obtenus en sol colloïdal ou gélatinisé si on le produit dans des solutions où ils sont extrêmement insolubles. Un
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- précipité commun tel que le sulfate de baryum, par la combinaison des ions, se forme d’abord en cristaux très petits, mais ceux-ci sont assez solubles dans l’eau pour s’unir rapidement entre eux et former des cristaux qui croissent rapidement en grandeur en absorbant les plus petits éléments cristallisés. Il est bien connu en chimie analytique, que ces précipités passent d’abord par le filtre, mais ils deviennent bientôt, par l’influence du temps et de la chaleur, susceptibles d’être retenus. Si on accroît l’insolubilité de ces cristaux à un point suffisant par un grand excès d’un ion commun, ou en les produisant dans un milieu où les sulfates sont extrêmement insolubles, comme l’alcool méthylique, alors les molécules ne peuvent plus se réunir sous forme cristalline, et l’on a un sol colloïdal. On arrive ainsi à obtenir à l’état colloïdal même les chlorures de sodium et de potassium, par la double décomposition de leurs composés organiques dans des milieux organiques où leurs sels sont suffisamment insolubles. Quoique les sols inorganiques soient précipités par l’addition d’un électrolyte, la présence d’ions libérés par dissociation en petites quantités semble nécessaire pour la formation et l’existence des sols inorganiques. Si on dialyse une solution de chlorure ferrique à travers une membrane colloïde dans l’eau, l’acide chlorhydrique formé par hydrolyse passe dans l’eau, laissant l’acide ferrique dans le dialyseur comme sol colloïde, et il en est ainsi jusqu’à ce que le sol soit pratiquement libre de chlore ; mais si on écarte absolument les dernières traces, l’oxyde ferrique floconne et précipite. Nombre de sols d’oxydes ou d’hydroxydes peuvent être obtenus en lavant l’hydroxyde précipité jusqu’à ce qu’il soit suffisamment libre d’électrolytes, ou en redissolvant l’hydroxyde précipité et lavé par ébullition avec une très petite quantité de sel neutre ou d’acide libre, et le précipité passe peu à peu en solution colloïdale. Ce procédé de peptonisation (peptisation, Aenatzung) a été étendu à la solution colloïdale d’oxydes en poudres fines mécaniques, sous l’action de petites quantités d’acides ou de sels. Kuzel (brevet du 12 décembre 1905) l’a appliqué pour mettre les oxydes métalliques en état plastique et les utiliser comme filaments de lampes à incandescence, à la place des filaments de charbon. Les sols colloïdes se forment souvent en étendant des sels • sujets à la dissociation hydrolytique, spécialement les sels d’acides organiques faibles qui, à cause de leur faible dissociation électrolytique, ne causent pas aisément la précipitation. Mais même le chlorure ferrique à la dilution de 1/125 000 est entièrement dissocié à froid aù bout de vingt-quatre, heures et des solution? bien plus fortes souffrent une dissociation partielle spécialement en chauffant. C’est la cause de la couleur sombre des solutions ferriques à chaud. Les acétates hydrolysent encore plus aisément, particulièrement à l’ébullition qui volatilise de l’acide acétique libre. Nombre de solutions d’hydroxydes dans les alcalis sont colloïdales ; celles dans l’ammoniaque sont des sels très complexes. On obtient des solutions colloïdales avec les sulfures des métaux, comme l’arsenic, l’antimoine, dont les oxydes sont solubles dans l’eau, en précipitant avec H2S, et il ne se forme dans la réaction que de l’eau et le sulfure. Les sols métalliques d’or, d’argent, de platine et d’autres métaux nobles se forment en réduisant leurs solutions étendues, de préférence avec des agents réducteurs organiques. Beaucoup de sols peuvent aussi se faire en précipitant en présence de colloïdes protecteurs organiques, qui empêchent la précipitation par les électrolytes: tels les halogènes de l’argent s’obtiennent en solution colloïdale en présence de gélatine, et l’on connaît tout le parti qu’en ont tiré la photographie et la médecine. Un point intéressant est que, dans bien des cas, la nature d’un solpeut être changée par oxydation, réduction ou substitution, sans détruire son caractère colloïdal.
- Tome 110. — Novembre 1908.
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- Une méthode importante de production des sels métalliques est celle de Bredig (Zeitschrift für angewandte Ghemie, 1898, p. 951), qui diffère, à beaucoup d’égards, de celles décrites jusqu’ici. Il emploie le métal comme cathode d’un arc électrique formé sous l’eau, laquelle forme un sol avec les particules projetées de la cathode. Svedberg a appliqué la même méthode (Berichte, 1905, p. 1316) à la production de sols dans l’éther, l’alcool isobutylique, et autres liquides organiques et à celle des sols du carbone, du silicium, du soufre, du phosphore dans l’eau (Berichte, 1906, p. 1713). Bredig et Haber (Berichte, 1898, p. 4741) ont aussi montré que dans certaines conditions les sols peuvent être produits par électrolyse, spécialement en solution alcaline.
- L’emploi de l’ultra-microscope de Siedentopf et Zsigmondy (Zur Erkenntniss def Kolloïde, Jena, 1905) a permis d’étendre considérablement notre connaissance des détails des sols de colloïdes grâce à leur observation directe. A l’ultra-microscope, aucune lumière ne peut parvenir à l’observateur que celle provenant des particules éclairées, qui apparaissent comme des étoiles dans le champ d’un puissant télescope. Il est possible de compter, et même de mesurer ces particules. Le diamètre des plus petites particules visibles dans un microscope ordinaire, même sous un agrandissement de 2 250 en diamètre, est de 140 jxjx (p.p. = mm. x 10-G) ; Zsigmondy a observé à l’ultra-microscope dans les sols d’or, des particules de 20 à 80 jxjx ; (sous-microns ou ultra-microns). 11 existe encore des particules plus petites ou amicrans qui dispersent et polarisent la lumière, mais qui ne peuvent être distinguées séparément, et que Zsigmondy estime entre 1, 7 et 3 p.p. (0,000 000 17 à 0,000 0003 millimètre). Ostwald (Grundriss, p. 82) attribue à la molécule d’hydrogène de poids moléculaire 2 la grandeur 0,16 p-p.. Gomme il existe certainement des substances organiques ayant un poids moléculaire de plusieurs milliers, il semble probable que plusieurs pourraient être vues à l’ultra-microscope. Vanim et Hart (Berichte, 1906, p. 1696) ont montré que si on ajoute une petite quantité d’un sol d’or récemment formé à une solution d’un sel d’or avec un agent réducteur, les particules colloïdales se mettent à agir comme autant de noyaux pour réduire l’or, et il est ainsi possible de bâtir, sur des édifices de sous-microns, des édifices d’amicrons que l’on peut ainsi voir et compter. Une action analogue se produit probablement dans le verre coloré en rubis par l’or ; Zsigmondy a montré qu’il doit cette couleur à des particules d’or colloïdal, lesquelles peuvent rester incolores jusqu’à ce que, si on chauffe, les germes d’or se développent en absorbant des amicrons ou en réduisant les sels d’or.
- D’antres sols métalliques et inorganiques semblent renfermer des particules du même ordre de grandeur que les sols d’or, mais les différents sols varient considérablement, et un sol renferme un mélange de particules de diverses grandeurs.
- L’ultra-microscope fait voir encore que les particules ne sont pas en repos, mais se trouvent en mouvement constant de vibration rapide ; suivant Zsigmondy, les particules d’or ont aussi un mouvement de translation. Ce mouvement de vibration, qui joue certainement un rôle dans la physique des sols colloïdes, est identique au mouvement brownien, commun à toutes particules ténues suspendues dans un liquide ; mais il est plus marqué dans l’ultra-microseope car il croît inversement avec la grandeur des particules. Ce mouvement croît avec la température ; il diminue avec la viscosité du liquide, mais il reste inaltéré par le temps et, semble-t-il, par les variations dans la chaleur rayonnante et la lumière. En conséquence, toutes les théories qui attribuent l’énergie de cet état à des influences extérieures s’excluent; mais il faut remarquer qu’il
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- est impossible d’observer le phénomène sans lumière ; et au point de vue de l’ultra-microscopie, sans lumière très intense ; en sorte que l’idée suggérée par Regriauld (Journal der Pharmacie [3] XXXIV, 1857, p. 141), qu’il est dû à réchauffement des particules par la chaleur rayonnante, ne peut pas être entièrement négligée. Sir W. Ramsay (Chemical News, LXV, 1898, p. 90) a suggéré que le mouvement était le résultat direct d’une vibration calorifique des molécules d’eau, bien qu’il pense qu’il soit nécessaire de considérer des molécules d’eau à grande complexité pour amener un trouble dans des particules solides beaucoup plus lourdes. Einstein (Annalen der Physik [4] XVII, 1905, p.549, et 1906, XIX, p. 2) et Smoluchowski (XVII, IC05, p.756) ont donné la discussion mathématique du phénomène à deux points de vue physiques entièrement différents, et ils ont obtenu des résultats qui non seulement montrent une concordance inattendue entre eux, mais encore avec les faits observés. Le travail expérimental de Svedberg (Arkiv for Kemi, 1907, II, n° 34) vient aussi à l’appui en dehors de toute discussion mathématique, qu’il semble fort logique de regarder le mouvement comme une conséquence directe et évidente de la théorie cinétique de la chaleur. On peut remarquer que, si on exclut les sources extérieures d’énergie, le mouvement calorifique semble le seul en cause, puisque toute l’énergie renfermée dans le frottement intérieur du liquide est convertie en chaleur diffuse, qui ne peut pas être retransformée en une autre forme d’énergie.
- Si un courant électrique de force suffisante passe dans une solution aqueuse élec-trolysable, dans laquelle l’anode et la cathode sont séparées par un diaphragme de terre poreuse, le liquide traverse le diaphragme vers la cathode jusqu’à ce qu’il se soit établi une certaine pression d’équilibre. Le phénomène est connu sous le nom d'Osmose électrique ou de cataphorèse. Il a été observé dès 1809 par Reuss, il a été étudié pour la première fois d’une façon systématique par Wiedemann (Annalen der Physik [2] LXXXVII, 1852, p. 321 ; Die Lelireder Elektrizitât, 1893,1, p. 993). L’auteur montra qu’à différence constante de pression, la quantité de liquide qui passe par le diaphragme est proportionnelle à la force du courant et indépendante de la surface ou de l’épaisseur de la plaque poreuse ; et que la pression atteinte, lorsque l’équilibre est obtenu, est proportionnelle à la différence du potentiel entre les deux côtés du diaphragme. Quincke (Annalen der Physik [2] CXIII, 1861, p. 513), en substituant un tube capillaire au diaphragme, confirma ces lois, et montra que la pression d’équilibre croît en raison inverse de la grandeur de l’ouverture et de la surface de capillarité ; et non seulement la pression, mais la direction de l’écoulement dépendent de la nature de la substance capillaire employée et de celle du liquide; l’huile de térébenthine coule vers l’anode dans un verre capillaire, et en sens inverse si le verre est recouvert de soufre. Il est douteux, néanmoins, que l’action s’exerce entre la surface du üquide convoyant le courant électrique et la surface capillaire, et que si le liquide était fixé et la surface capillaire libre de se mouvoir, elle se déplaçât dans un sens opposé au mouvement du liquide. Ce serait le cas avec des particules suspendues ; l’on a observé depuis longtemps que les particules en suspension sont portées dans un sens ou dans un autre suivant leur nature et celle du liquide ; le plus grand nombre vont vers l’anode dans l’eau, vers la cathode dans la térébenthine, avec une vitesse proportionnelle à la force du courant, mais indépendante de leurs distances respectives et de la force électromotrice. Quincke pense que les particules possèdent des charges électriques différentes de celles du liquide, et ordinairement négatives par rapport aux
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- solutions aqueuses; en sorte que, dans le courant, la particule négative tend à se mouvoir vers une région de potentiel positif plus élevé, c’est-à-dire vers l’anode. Le rapport de ces faits avec la théorie du contact et le phénomène du frottement électrique est évident; un courant de liquide forcé à travers une voie capillaire de potentiel différent doit nécessairement donner naissance à un courant électrique, si cette voie est munie de conducteurs appropriés.
- Helmholtz a appuyé et agrandi l’hypothèse de Quincke(Annalen der Physik [3], vu, 1879, p. 337). Suivant lui, les surfaces limites de deux corps de caractère électrique opposé forment une double couche ;la charge positive de l’une de ces couches égale exactement la charge négative de l’autre couche, et ainsi il n’y a pas d’effet extérieur. Sous l’influence d’une chute du potentiel, la couche liquide tend à se mouvoir au-dessus de l’autre, et par le frottement elle communique son mouvement au liquide adjacent. Billitzer (Wiener Berichte, CXII, 1903, p. 95) suppose que la couverture liquide des deux couches communique sa charge par diffusion au reste du liquide, et comme cette charge se renouvelle constamment par action de contact, le liquide et les particules prennent des charges permanentes en sorte que les dernières agissent, en un certain sens, comme des ions libres. Il est possible, ou même probable, que les particules doivent leurs charges originales au rattachement des ions libres par leurs affinités résiduelles. Il n’est pas nécessaire de supposer que lorsque deux ou plusieurs atomes s’unissent pour former une molécule, leurs affinités sont quantitativement saturées; mais dans certain cas, l’affinité résiduelle peut être impuissante à rattacher un autre atome. Dans ce cas il est probable qu’une masse de molécules peut être capable de retenir des ions additionnels d’une manière identique à ce qui se passe dans le phénomène connu sous le nom d’adsorplion, et ces ions viennent affecter la charge de la masse. On reviendra sur l’action qui peut en résulter sur le phénomène de la flocculation.
- Le phénomène de la cataphorèse électrique a été étudié d’abord avec de fines suspensions mécaniques; on l'a employé en tehnologie pour clarifier des liquides troubles, et récemment pour sécher des mélanges pâteux, tels que la pâle d’alizarine,la tourbe pulvérisée ; on utilise des courants de haut potentiel. Le phénomène est très marqué dans les sols colloïdes ; il ressemble beaucoup à l’électrolyse. Spring (Bulletin de l’Académie royale de Belgique, [3] xxxv, 1898, p. 780), Lottermoser (Anorganische Kolloïde, p. 76), et d’autres donnent la liste suivante concernant le status des particules dans les sols aqueux:
- ( + ) Se rendent à la cathode : hydroxydes métalliques, violet méthyle, bleu méthylène, rouge de Magdala, acide titanique, silice en solution alcaline;
- (—) Se rendent à l’anode : métaux à l’état colloïdal, sulfures métalliques, combinaisons halogénées de l’argent, soufre, sélénium, bleu d’aniline, indigo, éosine, fuchsine, mastic (?).
- Un grand nombre de colloïdes organiques, et quelques colloïdes minéraux, comme l’acide silicique, se rendant à l’anode en solution alcaüne, et à la cathode en solution acide, tandis que certaine? substances neutres en solution aqueuse, et beaucoup d’autres en solutions variées d’eau et d’alcool, sont indifférentes électriquement. Une charge déterminée en rapport avec le milieu n’est donc pas essentielle à l’état col- ' loïdal, bien qu’il semble être une flocculation électrolytique.
- De ce qui vient d’être dit, on peut conclure que les solutions colloïdales doivent • posséder une sorte de conductibilité pseudo-électrolytique; en tous cas, elle est si
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- faible qu’il est difficilè de décider si elle dépend des particules colloïdales, ou de traces résiduaires de l’électrolyte dont il est impossible de débarrasser entièrement les sols ; mais elle ne peut que faiblement surpasser celle de l’eau la plus purifiée. Sans doute, les particules doivent apporter leurs charges; mais les charges sont petites, et le mouvement est lent, et le nombre des particules en mouvement est fort petit si on le compare à celui des ions dans un électrolyte ordinaire. Il est aussi douteux si les particules se déchargent aux électrodes, quoique à l’occasion les particules'semblent être repoussées des deux pôles, et se rassemblent au milieu du liquide, ce qui peut être dû aux particules qui atteignent l’électrode et recevant une charge contraire, reviennent alors en arrière, et rencontrent, et attirent des particules déjà chargées et allant dans un sens opposé.
- Tous les sols inorganiques sont flocculés et précipités par addition d’électrolytes, quoiqu’ils varient en sensibilité. Les sols organiques sont beaucoup moins sensibles à cet égard, mais ils sont souvent flocculés par l’addition de solvants organiques comme l’éther ou l’alcool, auxquels les sols inorganiques sont habituellement indifférents. Le précipité porte ordinairement le nom de gel, qu’il ne faut pas confondre avec celui de gelée, dont beaucoup de gels sont peu rapprochés. Les gels peuvent être réversibles, et retourner aisément à l’état de sol si on rétablit les conditions originales, telles que 'enlèvement des électrolytes ajoutés; mais souvent ils ne sont pas réversibles, c’est-à-dire que les sols ne peuvent pas être restaurés sans entraîner des opérations compliquées.
- Le phénomène de la flocculation est en apparence fort semblable dans les sols organiques et inorganiques; il diffère souvent dans les causes, car les sols inorganiques sont étroitement reliés aux charges1 électriques des particules, et les sols organiques, par contre, présentent des effets osmotiques qui possèdent probablement une influence prépondérante; ces eflets seront examinés dans leurs rapports avec les propriétés des gelées. Les sols organiques qui ont reçu des charges électriques définies agissent ordinairement avec les électrolytes comme les sols inorganiques.
- Spring a noté que la coagulation (flocculation et précipitation) se produit en deux stages, les deux pouvant marcher simultanément. Dans le premier, les particules lloc-culent ou se réunissent en larges agrégats; dans le second, elles se précipitent ou se déposent sous l’influence de la pesanteur. La rapidité de la seconde phase est influencée par la grandeur et le poids des agrégats, et par la viscosité du liquide, tandis que la première phase est plus marquée par le commencement du trouble ou de l’opalescence ; et bien qu’elle ne soit pas instantanée habituellement, elle convient mieux à l’observation.
- De nombreux essais ont montré que pour produire la flocculation, la concentration de l’électrolyte doit atteindre une certaine valeur minimum, qui varie avec l’électrolyte et avec le sol. En dessous de cette valeur, la prolongation du temps ne produit pas de changement; mais une fois que le temps est passé, le sol est précipité lentement ou rapidement. Dans chaque cas, l’ion de l’électrolyle qui porte la charge opposée aux particules du sol, possède l’effet déterminant, qui s’accroît rapidement avec sa valence. Il a été établi qu’avec les ions divalents et trivalents, il est proportionnel au carré et au cube de celui du mpnovalent; et Whetham (Philosophical Magazine [5] XLvm, p. 474) a montré que ce rapport peut être considéré, d’après la théorie des probabilités, comme corrélatif à la charge électrique demandée pour la coagulation; mais
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- la concordance des nombres observés les uns avec les autres, et avec ceux demandés par la théorie, n’est pas suffisamment nette pour permettre une spéculation de cette importance.
- Il est aussi évident que la proportion variera avec la valeur numérique prise pour l’ion monovalent. Peut-être plus importante est l’observation de Hardy (Proceedings of Royal Society, 1899, LXVI, p. 110), que les conductibilités spécifiques (dissociation ionique) des solutions acides exerçant des pouvoirs coagulants équivalents sur les colloïdes négatifs et des solutions alcalines sur les colloïdes positifs, sont des constantes voisines ; tandis que les solutions acides sur les colloïdes positifs et les solutions alcalines sur les colloïdes négatifs ont des valeurs fort différentes. Ceci signifie probablement que les ions H fibres et OH fibres ont des valeurs de précipitation constantes pour les colloïdes de signe opposé, tandis que les ions acides et basiques agissent suivant leur nature et leur valence.
- Springa établi (Recueil des travaux chimiques des Pays-Bas, 1900, XIX, p. 204, et autres) que l’influence supérieure des ions polyvalents n’était pas due directement à leur valence, mais à la dissociation hydrolytique de leurs sels habituellement plus grande; et quoiqu’on y ait contredit, il n’est pas probable que la différence dans la concentration ionique produite par l’hydrolyse soit sans influence. Jordis considère que l’état colloïde et son phénomène sont dus à des composés chimiques complexes (Zeitschrift für Elektrochemie, 1904, X, p. 509; Sitzungsberichte der Physik.-medic., Soc. Erlangen, 1904, XXXVI, p. 47; et Kanter, Zeitschrift für anorganische Chemie, 1903, XXXV, p. 16).
- Lorsqu’un sol colloïde est précipité par un électrolyte, le gel qui en résulte contient toujours une quantité faible et apparemment déterminée de l’ion précipitant de signe opposé aux particules, qui ne peut pas être enlevé par un lavage sans rétablir le gel à la condition de sol ou sans détruire son caractère colloïdal. Cette quantité est proportionnelle au poids équivalent de l’ion précipitant ; et peut, dans beaucoup de cas, être substituée par un autre ion de même signe, en lavant avec un sel approprié (Sinder et Picton, Journal of the Chemical Society, 1895, LXVII, p. 63). Dans chaque cas, une quantité équivalente de l’ion non précipitant est mise en liberté, et dans le cas d’acides et de bases plus fortes on peut l’estimer dans le liquide résiduaire par titrage. Ces phénomènes ne sont pas limités aux colloïdes inorganiques, mais ils sont fort marqués dans un grand nombre de précipitations de colloïdes organiques, et apparemment les mêmeslois sont également bonnes dans le cas de nombreuses pseudo-solutions, comme celles de l’argile ou de la gomme-mastic dans l’eau, qui sont généralement regardées comme de simples suspensions mécaniques. Le phénomène de la rétention d’une portion de l’ion précipitant avec le précipité est bien connu dans beaucoup de réactions ioniques, et il est habituellement nommé coprécipitation ou adsorption. En réalité, il est commun à tous les corps de surfaces étendues, et aux gelées, quoique la question de savoir si dans le dernier cas il est de surface, ou s’étend dans la substance, sera traitée plus tard. Même avec les solides, c’est encore, à un certain point, une question ouverte à la discussion (1).
- (1) Davis (Transactions of the Chemical Society, 1907, xci, p. 1666) a montré que dans J’adsorption de l’iode par le carbone, il s’établit un équilibre avec l’action de surface en quelques heures, mais l’adsorption se poursuit pendant des semaines et des mois, et Davis la considère due à une solution solide. La quantité de substance absorbée ou adsorbée varie avec la concentration de la solution avec laquelle elle est en équilibre ; elle prend relativement davantage aux faibles solutions qu’aux
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- Les sols inorganiques sont souvent, coagulés par le refroidissement ou l’évapora-ration ; c’est souvent dû à des traces d’électrolytes, toujours présentes dans les sols, qui se concentrent dans le liquide résiduaire jusqu’à ce qu’ils atteignent le minimum nécessaire pour la flocculation.
- Les sols colloïdes ne sont pas seulement flocculés par les ions de charge contraire,
- plus fortes. Les lois qui régissent le phénomène montrent des relations étroites avec celles des équilibres de solution, et le. phénomène peut être décrit avec une certaine probabilité comme solution superficielle. Si un corps peut être amené en contact avec deux solvants non miscibles, il se répartit lui-même entre eux selon un rapport qui est, suivant la loi de Henry et autant que sa condition moléculaire reste la même dans les deux solvants, une fraction constante dépendant du rapport de sa pression superficielle dans les deux solvants ; si Ca et Cb représentent la concentration dans ces deux solvants a et b, et g une constante, on a : C«= g C&. Si cependant le poids moléculaire dans le
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- solvant b est n fois plus grand que dans le solvant a, l’équation prend la forme : C« = . Générali-
- sant, x étant le poids de la substance absorbée, et m celui de l’absorbant, C& étant la concentration
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- de la solution, l’équation devient : —= Ca = g C^(l), où g et p sont des constantes à déterminer
- expérimentalement; l’équation représente approximativement les équilibres d’absorption. 11 est évident que p ne peut pas représenter le poids moléculaire dans son sens ordinaire, puisqu’il est rarement un nombre entier, et qu’habituellement il indique une complexité plus grande dans le solvant que dans l’adsorbant, ce qui est impossible lorsque, comme dans le cas de la plupart des électrolytes dans des solutions fort étendues, le corps dissous n’est pas simplement monomoléculaire, mais presque entièrement ionisé (Cf. Walker et Appleyard, transactions of the Chemical Society, 1896, LXIX, p. 1334). La signification physique de p reste donc à préciser, mais dans le cas d’une action de surface,^ est une expression arbitraire, qui est proportionnelle pour un adsorbant dans un état uniforme
- de division, mais qui ne donne pas d’indication absolue de la surface en jeu. Même si la surface est monomoléculaire, comme c’est le cas probable pour les gelées, nous n’avons qu’une faible connaissance de la perplexité des molécules. On peut à peine douter que l’adsorption dépende des mêmes forces que la solution, puisqu’elle est évidemment sélective et qu’elle est influencée par les relations chimiques des substances adsorbées et adsorbantes, et que dans quelques cas elle précède la combinaison chimique.
- (1) Le caractère exponentiel d’une courbe de résultats expérimentaux est aisément confirmé en faisant intervenir les logarithmes, naturels ou communs. Si les log de l’équation (1) sont pris, nous obtenons : log Ga'= log ^ + logCft’ + -
- Ensuite, si nous faisons intervenir les concentrations logarithmiques expérimentales de la solution en abscisses et celles de la substance adsorbée en ordonnées, nous devons obtenir une ligne droite si la réaction est bien expo-
- nentielle, et l’inclinaison de cette ligne (tangente) est ^ , et elle coupe la ligne verticale, passant par l’origine
- log Cj = 0 (ou Cj = 1) au log g. 11 ne faut pas oublier en faisant intervenir les log que dans les nombres fractionnaires les indices sont —, tandis que les mantisses sont toujours +. Les courbes exponentielles s’élèvent d’abord très vite, puis beaucoup plus lentement, et enfin deviennent presque droites.
- Freundlick (Ueber die Adsorption in Losungen, Habilitationschrift, Leipzig, 190(ï) a suggéré une formule empirique un peu différente de celle donnée ci-dessus pour exprimer l’adsorption ; pour une concentration variable do la solution adsorbée, c’est-à-dire pour le rapport entre a la substance dissoute et v le volume de la solution, on a la
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- formule dite formule À : 7. =
- a
- , où « et n sont des constantes dépendant seulement de la température et
- \ v j
- do la nature de la substance dissoute ; pour une concentration donnée à l'origine, X est constant et prend la place de la constante g dans l’équation donnée plus haut et exprimant la loi de Henry. La formule X a été fort critiquée par Bain (Transactions of the Chemical Society, 1907, XCI, p. 1683), qui montre que dans certains cas elle conduit à dos résultats tout à fait anormaux. Freundlich adopte l’idce de Lagergreen (Bihang t. Svenska Vet. Ak. llandl., 1899, XXIV, N° 4, p. 49: et Zeitschrift für physikalische Chemie, 1900. XXXII, p. 174), que l’adsorption est due à une tension superficielle, et il note qu’un corps dissous qui abaisse cette tension entre la solution et le solide doit se concentrer sur cette surface. Il n’y a pas de doute que ce soit un facteur agissant dans l’adsorption ; mais notre connaissance n’est pas suffisante pour calculer sa grandenr ; et il semblerait en résulter que l’adsorption fût indépendante do quelque relation directe entre le corps adsorbé et la substance adsorbante, ce qui ne paraît pas pouvoir être. Il se peut, néanmoins, que les relations chimiques entre le solide et la substance dissoute exercent leur influence sur les tensions superficielles de solides à liquides, et en conséquence affectent les résultats.
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- mais aussi par d’autres sols. Les deux colloïdes se précipitent ensemble suivant un mode qui ressemble beaucoup à une réaction ionique; et sans doute un grand nombre de précipitations, telles celles du tannin et de la gélatine, du tannin et des couleurs basiques, des couleurs basiques et de nombreuses couleurs acides, possèdent ce caractère. Si les deux sols sont exactement dans les proportions voulues, la précipitation est complète, et le précipité de composition presque constante ; mais si l’un est en excès, aucun des deux ne précipitecomplètement. Probablement dans ce cas, comme dans celui de la flocculation par les électrolytes, il y a un minimum de concentration au-dessous duquel la précipitation n’a plus lieu. La cause qui rend nécessaire cette concentration minimum n’est pas claire, mais elle semble indiquer qu’il faut vaincre une résistance initiale, probablement reliée à la tension superficielle entre les particules et le liquide, ou peut-être à la stabilité de la double couche électrique, avec laquelle la tension superficielle est si étroitement reliée, comme le montre le travail de Quincke et Lippmann. La résistance aux électrolytes est affectée par la manière de les introduire; elle est plus grande lorsque leur addition est lente ou en petites quantités, que lorsqu’on met en une seule fois la quantité nécessaire.
- On peut difficilement douter que la flocculation par addition d’un électrolyte ou d’un autre colloïde, dépende de la neutralisation des charges des particules. Dans le cas d’électrolytes, les ions, dont les charges sont bien plus grandes que celles des particules, agissent probablement comme des noyaux autour desquels les particules viennent s’agréger. Ainsi la plus grande efficacité des ions polyvalents peut donc dépendre des agrégats plus grands que leurs charges, plus grandes aussi, peuvent neutraliser, et qui naturellement tombent plus vite sous l’influence de la pesanteur et de la cohésion. Comme les particules doivent probablement leurs charges aux ions attachés, la flocculation et l’absorption sont toutes les deux en un sens des réactions chimiques. Comme un seul ion neutralise probablement de nombreuses particules, la quantité entraînée dans le gel est relativement fort petite.
- L’action des colloïdes protecteurs a déjà été mentionnée ; elle est généralement plus marquée lorsque des colloïdes organiques agissent sur des sols inorganiques, mais certains sols inorganiques la présentent aussi. Blitz (Berichte, 1902,xxxv, p. 4431) a trouvé que l’hydroxyde de zirconium exerce une action protectrice sur les sols d’or, même plus forte action que celle de la gélatine ; et Ruer (Berichte, 1905, xliii, p. 85) a trouvé que les sols de ziieonium et ferrique contenant des traces de chlore ne donnent pas de précipité avec le nitrate d’argent, le chlorure d’argent restant en solution colloïdale. Kuspert a aussi produit des sols d’or et d’argent par réduction en présence de gelées de silice. L’efficacité des colloïdes protecteurs s’étend aux sols positifs et négatifs, quoique ordinairement à des degrés divers ; elle est marquée dans un grand nombre de colloïdes organiques, dont beaucoup sont amphotériques et prennent des charges différentes suivant l’acidité ou l’alcalinité du milieu. Ainsi la gélatine et ses peptones sont parmi les plus puissants en ce qui regarde les sols d’or, et moins d’un milligramme suffit à protéger un litre de sol d’or contre la précipitation par le sel, tandis qu'il faut 80 milligrammes pour exercer un effet protecteur égal sur un sol de bisulfure d’arsenic, de concentration beaucoup plus forte. La plupart des autres colloïdes sont moins puissants dans leurs effets et 10 à 20 milligrammes d’albumine d’œufs, une quantité un peu plus grande de gomme arabique, 0,6 à 2 milligrammes de dextrine ou d’amidon sont nécessaires pour produire sur le sol d’or un effet égal à
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- celui de 1 milligramme de gélatine. Zsigmondy a utilisé cette différence d’effet à la caractérisation des colloïdes dans les mélanges (Zeitschrift für analytische Chemie 1900, xl, p. 897). Et il appelle « valeur d’or » le nombre de milligrammes d’un colloïde qui protègent 10 centimètres cubes d’un sol d’or stable renfermant 0,0053 à 0,0058 p. 100 d’or contre l’action précipitante de 1 centimètre cube d’une solution de sel à 10 p. 100.
- La cause de cette action protectrice n’est pas entièrement expliquée. Elle n’est pas due à la viscosité du colloïde, puisque l’effet est produit par des quantités trop petites pour avoir une influence appréciable sur la viscosité du liquide ou sur le mouvement pédétique. Elle ne semble pas être causée non plus par une action directe sur les charges des particules, puisque beaucoup de colloïdes protègent tout à la fois des sols positifs et des sols négatifs. Elle est due plus probablement à une couverture protectrice des particules du sol. Bechholt l’attribue à la tension superficielle (Zeitschrift fiïr physikalische Chemie, 1904, xlviii, p. 385). Quincke a montré que dans un système de liquides non miscibles A, B et C, si la somme des tensions superficielles entre A-B et B-C est moindre que celle entre A-C, B doit être répandu entre A et C en formant une couche intermédiaire (Annalen der Physik, 1888 [4j, xxxv, p. 580). Bechhold démontre numériquement que c’est le cas du système eau, gomme, mastic, et que les particules de la gomme doivent se recouvrir d’une couche de gélatine qui agit comme colloïde protecteur à une suspeûsion de mastic. Il est certain que, puisque les particules recouvertes de gélatine ont une attraction plus grande pour l’eau et moindre l’une pour l’autre que celle du mastic, elles auront moins de tendance à se réunir. On peut supposer aussi que la gélatine forme une double couche permanente au sens électrique, et que par suite la neutralisation des particules par des ions de charge opposée est rendue difficile ou impossible.
- Les sols de platine et d’or exercent une forte action catalytique, similaire à celle du noir de platine et de la mousse de platine qui décompose le peroxyde d’hydrogène, qui produit l’union de l’oxygène et de l’hydrogène, et autres effets semblables. Ceux-ci semblent dus simplement à un développement de la surface et à une division extrême des métaux, et ils se rapportent plutôt à la théorie générale de la catalyse qu’à celle de l’état colloïdal. Néanmoins, les sols métalliques ont été nommés ferments inorganiques à cause de l’analogie de leur action avec celle des agents catalytiques, qui sont aussi des colloïdes, et produisent des réactions similaires. Comme pour eux, l’action des sols métalliques est favorisée par la chaleur; et dans le cas du peroxyde d’hydrogène par de petites additions d’alcali, tandis que des quantités plus grandes les ralentissent ou même l’empêchent. Dans les deux cas, certaines substances, tels l’acide sulfhydrique, l’acide cyanhydrique, exercent quelque effet de toxicité ou d’inhibition sur l’agent catalysant, qui s’en revient lentement de cet effet. Mais on ne sait s’il y a là plus qu’une analogie.
- La couleur des hydrosols métalliques est souvent intense, et varie avec leur condition, surtout lorsqu’ils s’approchent de la flocculation. La couleur de l’argent varie du brun foncé au violet brun et vire au vert intense avec la flocculation. Les hydrosols d’or varient du rouge intense au violet bleu ; ils prennent la dernière teinte avant d’être précipités par les électrolytes, bien que plusieurs sols d’or bleu soient stables. Le changement delà couleur ne dépend pas de la grandeur des particules, mais apparem-
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- ment de leur agrégation. Kirchner et Zsigmondv (Annalen der Physik, 1904, [4], XV, p. 573) ont trouvé qu’un sol d’or rouge rendu stable par la gélatine devient bleu si on l’évapore à siccité, et au microscope il montre des masses d’une coloration intense d’ultra-microns dans un milieu incolore. Si on les humecte ou si on les redissout, ils se répartissent à nouveau, et la couleur rouge est rétablie. Planck (Annalen der Pliysik, 1900, j"4] I, p. 69) a montré que la lumière absorbée par les petites particules, lesquelles agissent comme des résonateurs optiques pour les ondes électro-magnétiques, doit rougir, et la lumière transmise bleuir lorsque les particules se rapprochent. Vues à l’ultra-microscope, les particules d’or réfléchissent habituellement de la lumière jaune.
- J’ai déjà dit que les gels précipités des colloïdes inorganiques ne sont pas, à mon avis, identiques en structure avec les véritables gelées inorganiques, mais au moins dans un grand nombre de cas ils possèdent avec eux des points de grande ressemblance, et vu leur état d’extrême division, ils conservent nombre des propriétés des colloïdes, surtout lorsqu’ils sont réversibles. Ordinairement ils retiennent de l’eau avec une grande’obslination, de sorte que cette eau a été souvent prise à tort pour une véritable eau d’hydratation chimique. Dans quelques cas, cependant, les sols peuvent être de vrais hydrates, qui retiennent de l’eau d’addition par attraction superficielle. Van Bemmelen, Bütschli et d’autres supposent dans les gels gélatineux des structures variées, réticules, cellules et micelles; elles doivent avoir jusqu’à un certain point une existence réelle, quoique l’extension de la théorie aux véritables gelées organiques soit de portée douteuse. Von Weimarn (Zeitschrift fur Chemie und Industrie der Kol-loïde, 1907, II, p. 76) a montré que des précipités gélatineux s'obtiennent si l’on mélange des solutions concentrées de cristalloïdes qui réagissent l’un sur l’autre pour produire un composé fort insoluble dans le milieu liquide; par exemple, si l’on agite ensemble des solutions concentrées de thiocyanate de baryum et de sulfate de manganèse. Ces gelées peuvent être tout à fait claires et transparentes et consister en gouttes de l’une des solutions entourées d’une pellicule mince d’un précipité colloïdal qui empêche l’agrégation et toute réaction ultérieure avec le liquide environnant. J’ai observé un effet semblable lorsqu’on mêle une solution concentrée de phosphate de calcium dans l’acide chlorhydrique avec de l’ammoniaque concentrée ; le mélange, quoique sentant fortement l’ammoniaque, peut encore contenir du phosphate de calcium acide en excès, lequel se décompose fort lentement par la diffusion de l’ammoniaque dans les gouttelettes isolées (1 ). Les particules colloïdes sont extrêmement insolubles dans leurs milieux, et lorsque la précipitation se produit par le mélange d’une solution précipitante, le gel prendra telles formes cellulaires dont les dimensions dépendent des conditions de la précipitation. Dans d’autres cas où la précipitation est plus grande, les particules adhèrent aux masses amorphes libres en présentant une surface très grande au liquide, et il est probable que là où des. solutions colloïdes étendues coagulent, avec une tension superficielle considérable entre les particules et l’eau, elles adhèrent à un réseau plus ou moins moléculaire qui se contracte pour amoindrir la surface et la rompre en masses tlocculentes, entraînant avec elles toutes les particules suspendues dans le liquide, comme l’albumine le fait. Bütschli (Untersu-
- (1) Von Weimarn considère que la seule différence entre l’état cristalloïde et l’état colloïde est l’extrême insolubilité des petits éléments cristallins qui se forment d’abord, ce qui les empêche dé s’unir pour former des cristaux plus grands, et il regarde toute la masse comme étant cristalline en puissance.
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- chungen iiber mikroskopische Schaume und das Protoplasma, Leipzig, 1892. Verhand-lungen des natur.-med. Vereins zu Heidelberg, 1892, 1894, 1896) a trouvé que beaucoup de gels montrent des structures réticulées sous le microscope avec des grossissement d’environ 2 000 en diamètre, lorsqu’ils sont convenablement traités, et il a décelé une structure semblable dans la gélatine lorsqu’elle est durcie avec l’alcool ou l’acide chromique ; mais comme la gélatine non durcie semble tout à fait sans structure, il est fort probable que les cavités étaient produites par le procédé de durcissement et on peut noter que la gélatine rapidement durcie par des agents déshydratants est toujours plus ou moins opaque et non homogène.
- Le séchage des gels est un phénomène continu, qui se poursuit avec rapidité lorsque les tensions de vapeur ne sont pas inférieures à celle de l’eau, qui redevient peu à peu plus lent, et la tension de vapeur s’abaisse d’autant que l’on se rapproche de la siccité. Vu la structure du gel, il faut quelque temps (des jours ou des semaines) pour que la masse atteigne son état d’équilibre avec une tension de vapeur déterminée. Si l’on compare la courbe des tensions de vapeur aux pourcentages d’eau, cette courbe, quoique continue, n’est pas régulière, et elle ne semble pas exponentielle ; le phénomène n’est habituellement pas réversible avec les gels inorganiques, ce qui indique un changement permanent de l’état, bien que dans certains cas on puisse le rattacher à la tension superficielle, comme dans celui de la gélatine gonflée séchant dans la vapeur d’eau saturée. La silice en gelée, qui a été étudiée fort soigneusement par Yan Bemmelen (Zeitschrift für anorganische Chemie, 1896, XIII, p. 233) peut être prise comme exemple. Si l’on sèche le - gel frais à une température de 15°, à laquelle l’eau a une tension de vapeur de 12,7 millimètres, dans une série de dessiccateurs renfermant de l’acide sulfurique étendu à des tensions de vapeur connues, jusqu’à ce que l’équilibre soit établi, la chute de la tension de vapeur est d’abord graduelle, mais elle devient plus marquée à 11 millimètres pour une proportion d’eau de 3,7 par gramme de SiO2. A une tension de 5 millimètres pour une proportion d’eau de 1,5, le gel, qui était jusque-là transparent, devient opalescent, et finalement blanc de porcelaine, et la courbe se poursuit horizontalement ; c’est-à-dire que la tension de vapeur reste constante jusqu’à ce que la proportion d’eau soit 1. Cette constance dans la tension indique qu’un changement chimique ou physique se produit à ce point, et si les proportions sont équivalentes aux molécules, il correspond à la décomposition du produit (Si02)20H2 pourjune tension de 5 millimètres, ou à un changement de forme avec une affinité moindre pour l’eau. L’opacité pourrait correspondre aussi à un changement déterminé, en sorte que pendant que la courbe est horizontale le gel serait un mélange non homogène de deux substances ou de deux formes. En dessous de 5 millimètres, le gel redevient homogène et transparent. Yan Bemmlen suppose qu’à ce point il s’est produit une coagulation avec contraction du gel et production d’espaces remplis d’air. Jusqu’à ce moment la courbe n’est pas réversible; c’est-à-dire que le gel n’absorbera pas l’humidité de la même manière, mais seulement une quantité beaucoup moindre dans de la vapeur d’eau saturée. Il est probable qu’auparavant la tension superficielle entre l’eau et la silice était différente de l’attraction de surface pour la vapeur d’eau, et le changement indiqué par l’état opaque ne semble pas lui aussi être réversible. En dessous de 4 ou, 5 millimètres de pression, le séchage est réversible, et son caractère est commun à toutes les substances poreuses ou finement divisées. Le séchage de l’hydroxyde ferrique a un caractère très semblable, mais sa courbe n’offre pas de partie horizontale, et il est entièrement a-réversible. Quelques
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- similitudes peut-être plutôt chimériques avec les courbes de l’hystérésis magnétique du fer ont fait donner au phénomène le même nom.
- La plupart des colloïdes organiques semblent différer grandement des sols et des gels inorganiques qui ont été décrits jusqu’ici. En beaucoup de cas, leurs solutions, quoique possédant des propriétés colloïdales, se rapprochent plutôt des vraies solutions de corps à hauts poids moléculaires. Elles offrent une analogie plus grande avec les émulsions de liquides non miscibles qui deviennent miscibles à des températures plus élevées, plutôt qu’avec les suspensions de particules solides comme les sols métalliques, et c’est pourquoi on les a appelées émulsions colloïdales. Leurs sols présentent habituellement l’effet de Tyndall, et, souvent, mais pas toujours, des ultra-microns sont visibles à l’ultra-microscope ; mais ces deux caractères peuvent disparaître avec l’élévation de la température ou l’addition d'un solvant commun. Ils ne sont pas ordinairement sensibles à de petites additions d'électrolyte, et lorsqu’on les sale fortement l’eflet semble plutôt osmotique qu’électrique. En certains cas, pourtant, lorsque le colloïde acquiert une charge définie positive ou négative (ionique), il devient beaucoup plus sensible aux électrolytes, et lorsque les sols organiques se précipitent mutuellement, la présence d’une trace d’électrolyte est probablement nécessaire pour fournir les charges. Il a été établi que la gélatine libre de tout constituant inorganique ne donne qu’une faible opalescence avec le tannin, et dans les cas ordinaires, la présence des sels rend sa précipitation plus rapide et plus complète.
- Un grand nombre de solutions aqueuses de colloïdes organiques sont flocculées par des additions d’alcool, d'éther, etc., et de même les solutions alcooliques par des additions d’eau, qui n’ont pas d’action habituellement sur les sols inorganiques. Ces effets sont probablement de nature osmotique, et dépendent de la solubilité de la substance dans les divers milieux, mais ces additions changent souvent la charge électrique du solvant.
- Dans la plupart des cas, les sols organiques sont simplement des liquides visqueux, qui, en se concentrant, deviennent de plus en plus visqueux jusqu’à ce qu’ils atteignent une forme solide sans qu’il y ait rupture de continuité ; d’autres, ordinairement lorsque la température varie, passent à l’état semi-solide de la gelée. Cette solidification se produit souvent d’une façon soudaine; elle est parfois irréversible ; mais le plus souvent les gelées ont des points de fusion déterminés un peu plus faibles que leurs points de solidification, un peu variables avec la concentration des solutions, mais n’atteignant toute leur valeur que quelque temps après que la solidification ait apparu, comme c’est le cas pour les points de fusion des corps gras. Comme pour la cristallisation également, le passage à l’état solide est accompagné d’un dégagement de chaleur, et la liquéfaction d’une absorption.
- Inversement, les colloïdes organiques à l’état solide sont susceptibles d’absorber l’eau ou un autre solvant, parfois en repassant à l’état visqueux, mais le plus souvent avec un maximum d’absorption ils conservent l’état de gelée. Par exemple, la gélatine se dissout directement en une solution visqueuse au-dessus de 55° ou 30°, mais elle se gonfle en gelée au-dessous de ces températures, et la gelée fond si l’on chauffe. La cellulose, un grand nombre de ses dérivés, un grand nombre de tissus animaux et végétaux gonflent, mais ne se dissolvent pas sans hydrolyse ou sans un changement chimique, et on peut les considérer comme des gelées irréversibles. Ainsi, la teinture,le tannage, d’autres industries peuvent être regardées comme des branches de la chimie colloïdale.
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- L’absorption du solvant est accompagnée d’un gonllement ou d’un accroissement de volume, mais dans les premiers stages il y a contraction marquée de la somme des volumes du solvant et du colloïde avec un dégagement considérable de chaleur ; inversement, il y a absorption de chaleur dans la déshydratation. En conséquence, le froid aide le gonflement (distinct de la solution) et la chaleur a l’effet contraire, bien que % darrs les gelées diluées que l’on peut soumettre seulement à une petite échelle de températures ces effets ne soient pas fort nets et qu’ils soient souvent masqués par d’autres influences, telles que la fermentation bactérienne. Comme exemple, on peut mentionner que la gélatine se dissout d’une façon très rapide et très satisfaisante, pour les desseins culinaires, en la gonflant à l’eau froide que l’on peut jeter avec les impuretés dissoutes, et en fondant ensuite la gelée gonflée en mettant le vase qui la contient dans l’eau chaude.
- L’absorption de la vapeur d’eau par la plupart des colloïdes organiques solides est un phénomène cyclique et réversible, le colloïde retourne par l’évaporation à son premier état, et il s’ensuit que les équations de Clausius peuvent être appliquées à ce cas aussi bien qu’à l’expansion des corps par la chaleur. Rodewalt (Zeitschrift fur pliysikalische Chemie, 1897, XXIV. p. 193) l’a fait pour le cas de l’amidon, et il a tiré des résultats par le calcul, la pression intérieure, qu’il a trouvée varier entre 2073 kilos et 561 kilos par centimètre carré de l’amidon sec à l’amidon saturé de vapeur d’eau. Il a aussi déduit de la tension de vapeur le poids moléculaire à l’état solide, 4370, qui correspond à vingt-sept fois la formule empirique C6I11005. Cette méthode intéressante est applicable aux autres colloïdes solides.
- Les pressions exercées dans les premières phases du gonflement sont très grandes, quoiqu’elles deviennent presque inappréciables lorsqu’on se rapproche du maximum. L’usage ancien de coins de bois sec, puis mouillé, sont un exemple, et il faut citer que des pierres d’un trilithe, à Baalbec en Syrie, pesant plus de 1 000 tonnes, ont pu être fendues par ce moyen. L’effet est ordinairement attribué à la force capillaire, mais une simple considération montrera que, la capillarité ne peut pas produire d’effets d’expansion. Une pile de plaques minces (verres de microscope) est comprimée et ne subit pas d’expansion si l'eau se glisse entre elles par capillarité. L’effet est nécessairement de nature moléculaire et osmotique, le liquide arrive dans la sphère des attractions moléculaires, et met en liberté pour l’expansion une portion de ces énormes pressions intérieures qui viennent d'être mentionnées (plus de 1 500 atmosphères dans le cas de l’amidon).
- Le point du gonflement maximum, dans un liquide ou une vapeur, est sans doute un point d’équilibre bien défini, qui est atteint lorsque l’attraction du colloïde pour le liquide ou la vapeur se' trouve contre-balancée par les attractions internes du colloïde et du liquide. Le liquide et le colloïde sont en complet équilibre osmotique, et par conséquent, suivant une loi bien connue, ils sont tous deux en équilibre avec la vapeur. E. von Schroeder attire l’attention sur une exception apparente à cette loi, qui est d’une importance considérable, mais pour laquelle il se déclare incapable de donner une explication satisfaisante (Zeitschrift für pliysikalische Chemie, 1903, xlv, p. 75) ; il a trouvé que des gelées d’agar et de gélatine sont gonflées dans une proportion très grande lorsqu’elles sont plongées dans l’eau et le sont moins si elles sont plongées dans la vapeur saturée, et si la gelée saturée par immersion est suspendue dans de la vapeur saturée, puis séchée jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau en équilibre avec la vapeur, il y a mise en évidence d’une tension de vapeur supérieure
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- à celle de l’eau liquide avec laquelle elle était en équilibre osmotique. Il trouva néanmoins que si la gelée est gonflée avec une solution à N/100 000 d’un sulfate au lieu d’eau, il n’y a pas contraction, mais un faible gonflement, tandis qu'une solution à N/1000 000 diminue, mais n’empêche pas l’évaporation (British Association, 1908). La solution à N/103 peut être regardée comme entièrement ionisée, et contenir 3 ions par 2 x 108 centimètres cubes‘ et exercer à 0° une pression osmotique de 350 dynes par centimètre cube. Ceci représente un travail de 350 ergs par gramme d’eau enlevée, et correspond à la pression d’une colonne d’eau de 0,344 centimètres de hauteur; mais von Schrœder a pris des précautions spéciales pour éviter des différences de niveau. Si néanmoins une portion de l’eau est enlevée de la masse, la surface s’étend et le travail fait est de 370 ergs (en supposant la forme sphérique). La tension superficielle serait moindre et la pression osmotique supérieure, à la température du laboratoire (environ 365 dynes à 20°), en sorte que l’énergie de la. tension superficielle s’accorde bien avec celle trouvée pour produire l’effet, et elle est une cause suffisante.
- Les exemples sont peut-être moins importants lorsqu’ils montrent une anomalie apparente que s’ils illustrent la petitesse des forces mises en jeu dans les énormes changements de volumes, près du point de gonflement maximum. Le rapport de la tension superficielle du séchage des sels consistant d’agrégats de particules, comme l’est celui de la silice, peut être rappelé ici. Si la tension commune entre les surfaces des particules est moindre que celle de l’eau, comme c’est forcément le cas pour les gels, ils retiendront une forte proportion d’eau par attraction superficielle, et sa tension de vapeur sera égale ou inferieure à celle de l’eau liquide selon la ténuité de la pellicule.
- A mesure que l’eau est enlevée par évaporation, les particules adhéreront par leur attraction mutuelle, et si cette attraction de cohésion est supérieure à la différence entre l’attraction des particules pour l'eau et celle de l’eau pour elle-même (c’est-à-dire entre la tension de l’eau et celle de la surface commune), l’eau ne se répandra plus entre les particules et le séchage ne sera pas réversible comme aux premiers stages de la gelée de siüce.
- La vitesse de l’absorption des liquides par les colloïdes solides a,été étudiée par Hofmeister (Archiv für exper. Pathologie und Pharmacie, 1890, XXVII, p. 395) et plus récemment par Pauli Pascheles (ibid., 1895, XXXVI, p. 100). Le dernier a montré, et par le calcul et par l’expérience sur l’agar et la gélatine, que si Q est le degré de gonflement, M la masse, la vitesse de gonflement dQ/dt à un temps donné t est égale à C(M-Q'), différence entre le gonflement actuel et le gonflement maximum multiplié par une constante qui varie avec la substance et probablement avec la‘température. C’est une loi commune à de nombreux changements physiques et chimiques, mais elle est compliquée dans ce cas par l’épaisseur croissante du colloïde gonflant. Pour des plaques très minces, entre les temps ti et l, la constante C = 1 {trl) en (M-Q) : (M-QJ; pour l’agar C = 9,5 X 103.
- Le gonflement de la gelée de gélatine est influencé largement par les acides et les alcalis, qui tous deux augmentent beaucoup sa proportion et sa rapidité. L’action des sels neutres sur la gélatine a été examinée par Hofmeister (ibid., 1891, XXVIII, p. 210); leur action sur les températures de fusion et de gélatinisation par Pauli (Pfluger Archiv, 1898, LXXI, p. 1), et l’action sur la viscosité par Schrœder. Tous ces effets sont parallèles; les sels qui diminuent le gonflement élèvent le point de fusion de» gelées et
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- accroissent la viscosité des sols. L’effet semble s’ajouter à celui des allions et des cations, mais on n’a pu établir de loi définie. Par ordre d’action, on a les sulfates qui élèvent le plus le point de fusion, puis les citrates, tartrates, acétates, l’eau, les chlorures, chlorates, azotates, bromures, iodures comme anions, et le potassium, le calcium, le sodium, le strontium, le magnésium comme cations; ceux placés avant l’eau élèvent, et ceux placés après abaissent le point de fusion. On ne sait si l’ordre reste le même pour d’autres colloïdes que la gélatine, mais les effets sans doute dépendent considérablement des affinités spécifiques du sel et du colloïde.
- Le gonflement, bien qu’il soit un pur effet osmotique, est influencé par la cohésion solide de la gelée, et il est fort probable qu’au moment du dépôt il se forme un réseau, moléculaire ou plus gros, qui reste intact tant que la gelée persiste. Des essais faits par l’auteur montrent que le volume de la gelée au moment du dépôt a un effet énorme sur le maximum du gonflement, bien que des gelées concentrées après le séchage gonflent dans l’eau davantage et se diluent moins que leur volume primitif. Une solution renfermant à l’origine 23 grammes d’eau réabsorba 14,5 grammes; une solution de 11 grammes réabsorba 7,8 grammes, et une de 5 grammes, 6 grammes, par gramme de gélatine sèche. Si des gelées faibles sont essorées mécaniquement, une quantité considérable de liquide peut être enlevée, surtout de l’eau, et ceci peut être un argument en faveur de la structure cellulaire des gelées. Il est certain, néanmoins, que proche le gonflement maximum, ce doit être possible, puisqu’il a déjà été montré que des changements considérables de volume peuvent être produits par des changements de la pression osmotique équivalents à moins de 1 centimètre d’eau.
- Le phénomène de la demi-perméabilité est fréquemment présenté par les gels colloïdes et les gelées ; en fait, toutes les membranes semi-perméables sont colloïdales. Ainsi que les solides se dissolvent dans un solvant, et non dans un autre, de même les gelées sont sélectives pour les liquides qu’elles absorbent. Le caoutchouc absorbe les hydrocarbures, et pas l’eau; la gélatine et l’agar absorbent l’eau, et pas les hydrocarbures ni l’alcool : et le processus de transfusion par une membrane semi-perméable n’est pas simplement une filtration mécanique d'ordre ténu; mais une absorption et une solution par un côté de la membrane; et une solution et une diffusion de l’autre côté; il est intimement relié au caractère chimique de la membrane et à sa charge ionique. Les gelées colloïdes ouïes membranes sont ordinairement imperméables aux autres colloïdes, tandis que la plupart des sels dissous s’y diffusent avec une rapidité presque aussi grande que dans l’eau pure, quoiqu'ils soient quelquefois semi-perméables à ceux renfermant un ion connu. Dans les gelées étendues, néanmoins, il peut se produire quelque diffusion de colloïdes finement divisés, et Bechhold (Vortr. Yereins der Naturf. und Aerste, 1906, p: 78) s’est servi de gelées étendues (sous pression, et supportées sur un milieu plus gros) pour la distillation fractionnée de solutions colloïdales.
- La gélatine et les membranes gélatineuses sont semi-perméables à l’alcool, lequel exerce une pression osmotique considérable dans une cellule de gélatine, et la gelée se déshydrate facilement dans l’alcool absolu, jusqu’à ce qu’elle renferme moins que son propre poids d’eau, fort peu d’alcool diffusant dans la gelée. D’autre part, si l’alcool est mêlé avec une solution chaude de gélatine, en quantité insuffisante pour causer la précipitation, et qu’on le laisse reposer, la gelée montrera beaucoup plus que son gonflement normal maximum quand elle est trempée dans l’eau, à cause de la pression osmotique de l’alcool renfermé qui ne peut s’en aller. Cette observation
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- prouve clairement que la contraction n’est pas due à une action chimique de l’alcool, mais à de simples causes osmotiques. Des effets similaires se produisent avec les gommes, la dextrine et la plupart des autres colloïdes solubles dans l’eau. Avec l’albumine d’œufs, la coagulation n’est pas réversible, mais dans le plus grand nombre de cas, la réversibilité se produit en substituant de l’eau.
- Les acides et les alcalis étendus élèvent de beaucoup le maximum du gonflement de la gélatine et de tous les tissus animaux gélatineux, tels que la peau. La gélatine française avec une absorption maximum de sept à huit fois son poids d’eau, absorbera plus de cinquante fois son poids dans l’acide chlorhydrique à 0,0003 grammes-molécules par litre, et à cette concentration le gonflement atteint un maximum, puis il diminue graduellement jusqu’à vingt fois à 0,4 grammes-molécules par litre, l’essai ne pouvant être continué à cause de la solution de la gelée dans l’acide. Des effets semblables ont lieu avec d’autres acides qui peuvent subir une concentration suffisante sans causer de solution. La concentration de l’acide dans la gelée gonflée est toujours plus grande que dans la solution extérieure, croissant d’abord très vite (tout au moins dans le cas de la gélatine), jusqu’à ce que le gonflement maximum soit atteint, puis restant presque constant pour 0,002 à 0,003 molécules par litre; tandis que la quantité totale d’acide absorbé par gramme de gélatine croît presque exponentiellement. Tout l’acide chlorhydrique peut être estimé par titrage avec l’alcali caustique en présence de phénolphtaléine, mais seulement une portion avee le méthyl-orange, ce qui montre qu’une partie de l’acide existe dans un état moins ionisé que l’autre. La gelée gonflée ne peut plus être déshydratée par l’alcool absolu, ce qui montre que la pression osmotique de l’eau dans la gelée est plus grande que dans l’alcool; mais une partie de l’acide, correspondant à celui qui est décelé par le méthyl-orange, peut être enlevé par des traitements répétés à l’alcool. La gelée est encore perméable aux solutions acides et salines, bien que probablement elle le soit dans une proportion moindre que la gelée neutre, et il est hors de doute qu’une portion de l’acide se trouve en quelque sorte combinée avec la gelée, tandis qu’une autre est absorbée osmotique-ment.
- Il est évidentqu’on ne peut tirer de conclusions nettes tant qu’on ne peut distinguer ces portions par quelque moyen ; mais on peut supposer que l’acide absorbé dans le gonflement avait la même concentration que celui de la solution extérieure; la portion la moins ionisée et la plus constante, qui peut être nommée acide fixé, est déterminée en soustrayant la valeur calculée de l’acide dans le liquide absorbé de l’acide total trouvé dans la gelée. Le résultat montre que l’acide fixé atteint rapidement un maximum qui coïncide avec la concentration des gonflements maxima, après quoi il reste à peu près constant, la faible déclivité de la courbe étant probablement due à l’inexactitude de l’hypothèse que la force de la solution absorbée est égale à celle extérieure, ou, ce qui revient au même, que toute l’eau dans la gelée existe comme solution extérieure absorbée. Avec une petite correction dans ce sens, la proportion de l’acide fixé obtenue de cette manière correspond à celle que la phénolphtaléine ne décèle pas, et elle est incapable d’être enlevée par l’alcool. L’examen des courbes montre que la somme de l’acide par gramme de gélatine est du type exponentiel, mais le caractère de l’acide fixé suggère vivement une combinaison chimique compliquée de dissociation ou d’hydrolyse ; et la courbe du gonflement, après son maximum, prend le caractère hyperbolique.
- Si, comme la formule empirique le rend probable, le poids moléculaire de la géla-
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- tine est 1,8000 ou un multiple, il correspond à la fixation de deux molécules d’acide chlorhydrique pour une de gélatine.
- L’action des sels sur la gélatine non acidifiée a été déjà mentionnée ; le sel commun cause un accroissement de gonflement bien petit si on le compare à l’eau, et même les solutions saturées n’ont pas d’effet déshydratant. Si néanmoins du sel est ajouté à la gelée gonflée avec de l’acide chlorhydrique, le gonflement est aussitôt réduit et une déshydratation se produit, très puissante par rapport à celle de l’alcool absolu, sous l’action de solutions de sel saturées en présence de la quantité d’acide nécessaire à l’effet maximum de gonflement. En même temps, l’acide total dans la gelée diminue, mais l’acide fixé croît graduellement, quoique faiblement. Il est probable que si la proportion de* l’acide chlorhydrique pouvait augmenter jusqu’à être égale à celle du sel sans amener de solution, il se produirait une déshydratation égale, et il est difficile d’échapper à cette conclusion que le gonflement est dû à l’ion de chlore dans la gélatine acide, et qu’il est réprimé osmotiquement par l’accroissement du même ion dans la solution.
- D’autres acides produisent le même effet par leurs sels neutres. Le fait qu’une déshydratation semblable est produite par d’autres acides, l’acide sulfurique par exemple, en union avec le chlorure de sodium et probablement avec d’autres sels, n’est pas en contradiction avec la conclusion que c’est l’anion commun qui agit, puisque dans le cas envisagé il résulterait un équilibre de sulfate de sodium et de gélatine. La cause générale de l’influence gonflante des acides doit être en relation avec leur ion-hydrogène commun, et celle des alcalis, qui est également puissante, avec leur ion-hydroxyle. Le gonflement alcalin n’est pas arrêté par le chlorure de sodium, même s’il est causé par l’hydrate de sodium ; mais il est arrêté par une concentration suffisante de l’ion-hydroxyle dans la solution extérieure. Tels sont résumés les résultats d’une recherche que l’auteur a poursuivie depuis quelque temps. Il faut remarquer que la déshydratation des tissus gélatineux acidifiés a une application importante en technologie pour la préservation des peaux de mouton en les salant avec du sel et de l’acide sulfurique, et sa portée est également importante dans les nombreux tannages où du sel est employé en même temps que des aluns et autres composés à réaction acide. Comme la gélatine est nettement amphitérique, et qu’elle est capable d’amener la décomposilion de nombreux sels en solution, il est tout à fait possible que quelques-uns des effets complexes des solutions de sel non acidifiées soient dues à une absorption partielle de l’acide du sel et à l’effet osmotique du reste sur le composé formé.
- Il faut laisser de côté la discussion détaillée de la coagulation des diverses albumines par la chaleur et les agents précipitants ; importante au point de vue physiologique, elle ne fournit pas beaucoup de faits que l’on puisse expliquer à la lueur des principes généraux. Les albumines, soigneusement débarrassées des électrolytes parla dialyse, sont électriquement neutres et incomplètement coagulées par la chaleur ou par les précipitants qui ne communiquent pas en même temps une charge électrique. L’addition d’une trace d'acide donnantune charge positive les rend aptes à se coaguler entièrement parla chaleur, et bien plus sensibles à l’action des électrolytes; mais de plus grandes quantités d’électrolytes empêchent la coagulation, peut-être en produisant des albumines acides solubles. Des traces d’alcali, en apportant une charge négative, ont un effet semblable, quoique la précipitation soit habituellement moins complète; et un excès empêche ou ralentit la précipitation..
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- La coagulation par la chaleur n’est pas ordinairement réversible, et de même par l’alcool, quoique les zymases soient précipitées par ce dernier sous une forme réversible (soluble). Les sels des métauxlourds, même en petites quantités, produisent une coagulation non réversible, probablement rebée à la combinaison ou à la précipitation colloïdale avec un composé colloïdal du mêlai. Un excès du précipitant empêche souvent la précipitation, probablement par suite de la formation de nouveaux composés complexes. Il est possible qu’il y ait une connexion entre ces phénomènes et les effets (tannage) non réversibles de quelques solutions métalbques sur les tissus gélatineux. Ces solutions sont habituellement des sels basiques contenant des oxydes mé-talbques dissous colloïdalement. Les précipitations d’albumines par les sels alcalins, spécialement en solution neutre , sont généralement réversibles. L’ouvra'ge de Cohnheim, Chemie der Eiweiskorper, 1904, et le travail dePaub et Spiro, in Beitrage für Chemische Physiologie und Pathologie, 1903, sur ces sujets semblent mériter une attention spéciale.
- Les rapports de la chimie colloïdale avec l’industrie sont nombreux. Les industries du caoutchouc, de la gutta, des gommes, des.colles et gélatines, de la dextrine, des dérivés de la cellulose sont toutes des industries colloïdales, et il est probable qu'un grand nombre de réactions qui ont été décrites comme chimiques sont en réabté des industries de composés d’adsorption. Particulièrement le tannage et la teinture se rattachent aux précipitations mutuelles de colloïdes ou par des réactifs inorganiques, et dans ces industries la distinction entre les réactions physiques et chimiques est extrêmement difficile dans un cas donné ; cette difüculté est encore augmentée par le manque d’une méthode qui permette de séparer les colloïdes, comme la cristallisation ou même la distillation fractionnée.
- Au nombre des industries qui reposent sur les colloïdes inorganiques, on peut mentionner celle toute récente delà fabrication de filaments colloïdaux de métaux difficilement fusibles pour lampes électriques; les industries céramiques, les industries électriques dépendent aussi des propriétés'des suspensions colloïdales. L’industrie du verre est aussi une industrie colloïdale, et les couleurs récentes sont souvent des précipités colloïdaux et des laques colorées.
- En terminant, M. Procter paye son tribut de reconnaissance à l’ouvrage du docteur Arthur Millier (Allgemeine Chemie der Kolloïde, 1907) avec une bibliographie développée; et au Zeitschrift für Chemie und Industrie der Kolloïde, édité par le docteur Wolfgang Ostwald.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TKAVEKS SCIENCES ET INDUSTK1E* CHIMIQUES :
- Généralités. — Chimie colloïdale. — La chimie dans Marco Polo. — L’état dissimulé en chimie minérale. u
- Chimie minérale. — Les hydrates siliciques. — L’extraction actuelle du diamant au Cap. — Le fei pur.
- Industries chimiques. — Travaux de T American ceramic Society.
- Combustibles. — Purification du gaz à l’eau.
- Industries textiles et tinctoriales. — Le coton hydrophile. — Les colloïdes en teinture. — Les plastiques artificiels.
- Photographie. — Étude sur l’emploi de la thioürée.
- Hygiène. — Purification de l'eau potable. — Miels artificiels.
- CHIMIE COLLOÏDALE
- Les notes de chimie ont donné les extraits de la conférence faite par M. Duclaux (voir notre Bulletin, n° de mars 1905, p. 367); et le présent numéro du Bulletin publie la traduction presque intégrale d’un long mémoire de M. H. Procter sur la chimie colloïdale, lu à la réunion de la British Association for the advancement of sciences, et présentant l’exposé d’un grand nombre de travaux de savants allemands et anglais ; mais pas un seul travail français n’y est mentionné. Pour y suppléer, on trouvera un exposé spécialisé dans l’ouvrage : Les ultra-microscopes et les objets microscopiques de A. Cotton et H. Moutton, 1904 ; un exposé plus général dans l’étude de RI. J. Perrin sur les solutions colloïdales publiée par le Journal de Chimie physique en 1905; enfin on trouvera les travaux de MM. J. Duclaux, J. Perrin, Langevin, Y. Henry, etc., dans les Comptes rendus de notre Académie des Sciences ou dans ceux de la Société de Biologie. Il vient de paraître de Lautermôser, un mémoire : Ueber der Kolloïde, dans la Zeitschrift für Elektrochemie, où il traite surtout des applications, et ce d’une façon intéressante. Comme documents étrangers, citons entre autres : d’Arthur Müller, Die Chemie der Kolloïde, 1906; du docteur Wo. Ostwald,Die Kolloïd-chemie; enfin la Zeitschrift für Chemie und Industrie der Kolloide, dirigée par le docteur Wo. Ostwald.
- Il peut être utile pour les non-initiés de rappeler ici qu’un liquide colloïdal se différencie d’une solution véritable parce qu’il diffuse très lentement, qu’il ne traverse pas en général les membranes dialysantes, qu’il ne présente qu’une pression osmotique très faible et possède en conséquence les points de congélation et d’ébullition du solvant pur, qu’il présente une conductibilité électrique faible, qu’il diffracte comme une suspension les rayons lumineux, qu’il se coagule, c’est-à-dire se sépare en col-
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- loïde et solvant, sous l’action d’électrolytes ou de corps radio-actifs, qu’il possède des propriétés actives et se modilie en évoluant pour ainsi dire.
- Notons avec insistance que lorsque nous employons le terme de solution colloïdale, il doit être entendu que nous le faisons soit parce que nous.citons un auteur qui emploie ce ternie, soit parce que ce terme est encore universellement employé. Mais il faut admettre avec M. 11. Le Chatelier (Revue de Métallurgie, novembre 1908, p. 879) que les solutions dites colloïdales n’existent pas, en tant que solutions; ce sont de simples suspensions de particules très fines dans un liquide.
- Ainsi que le remarque M. Fouquet, les colloïdes ne peuvent pas bien se définir par les deux propriétés spéciales que Graham a indiquées : l’absence de diffusion et l’inaptitude à traverser les membranes. En effet, le coefficient de diffusion peut varier d’une façon continue des cristalloïdes aux colloïdes ; et d’autre part telle membrane peut se laisser traverser par certains colloïdes, et être imperméable pour certains cristalloïdes. Mais toutes les solutions colloïdales possèdent la propriété de diffuser la lumière et (réaction de Tyndall) de rendre visible le rayon de lumière qui les traverse, comme si leur structure était analogue à celle d’une suspension de fines particules (granules ou micelles) dans le liquide intermicellaire. « L’état colloïdal est donc intermédiaire entre l’hétérogénéité invisible des solutions vraies et l’hétérogénéité évidente des poudres très fines en suspension. Le microscope accuse les particules des suspensions ayant plus de 0,3 g; les solutions colloïdales ne sont résolubles qu’à l’ultra-mi-croscope ( la molécule d’il a 0,00014 g). La forme de leurs granules peut être irrégulière. Les plus petits granules mesurés à ce jour ont encore un diamètre cent fois supérieur à celui d’H, c’est-à-dire qu’ils sont un million de fois plus gros — ajoutons que des recherches récentes de MM. Çotton et Mouton font entrevoir que par des procédés basés sur l’électromagnétisme, on arrivera à saisir le passage entre les molécules des solutions vraies et les particules colloïdales les plus fines.
- Les propriétés des solutions colloïdales sont donc les suivantes :
- 1° Il y a indépendance entre les granules et le liquide, et les propriétés physiques de celui-ci ne sont guère touchées; la congélation, sa tension de vapeur, sa tension superficielle, sa pression osmotique, sa conductibilité électrique-persistent sensiblement-
- 2° Sous l’action du courant électrique, les granules se transportent à l’un des pôles et en général se coagulent.
- 3° Les solutions colloïdales précipitent par addition d’un électrolyte.
- Le pouvoir coagulant de cet électrolyte dépend du radical de signe opposé au colloïde, et de la valence de ce radical. Et deux colloïdes de signe opposé se précipitent mutuellement.
- Les colloïdes organiques sont stables; ils ne précipitent totalement ni par la chaleur, ni par addition d’un sel métallique, mais la chaleur les trouble. Les colloïdes inorganiques sont instables, et ils précipitent complètement par addition même très faible d’un sel métallique; la chaleur ne les modifie pas.
- Les granules colloïdaux peuvent concentrer autour d’eux la substance dissoute ; ce cas particulier de l’action des soüdes sur les liquides porte le nom d'adsorption. L’ad-sorption d’un électrolyte par un colloïde dépend de la nature de la substance dissoute; de la charge électrique de l’ion; enfin, mais dans des limites faibles, de la concentra-
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- l’état dissimulé en chimie minérale. * 1365
- lion et de la température. L’adsorption d’une solution de colloïde par un colloïde aggloméré ou en flocons est très sensible à l’action des électrolytes, qui l’augmentent ou la diminuent.
- Les colloïdes agissent souvent comme agents catalyseurs; c’est le cas pour les métaux colloïdaux ou ferments inorganiques de Bredig.Les diastases ne seraient que des colloïdes particuliers. Voir sur ce sujet la thèse récente de MUe Philoche. Cette action catalysante des colloïdes, de môme que l’action diastasique, dépend de l’intensité de l’adsorption, et par conséquent de la surface des granules et de la présence d’un électrolyte qui agit sur cette face, sur les alcalis gonflant, les acides retrayant.
- Enfin les colloïdes possèdent des propriétés d’ordre biologique, et leurs solutions se transforment d’elles-mômes. Voir sur ce sujet le travail des Américains Euxton et ïeague.
- M. G. Fouquet, à qui nous avons emprunté une partie de ce résumé des propriétés des colloïdes (in Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie, n° de juin 1908, p. 1046), insiste sur l’intérêt qu’elles peuvent avoir pour les industries de la sucrerie et encore davantage pour celles de la distillerie.
- LA CHIMIE DANS MARCO POLO
- Le professeur Edmond O. von Lippmann (dans la Zeitschrift fur angewandte Che-mie du 21 août 1908, pp. 1778 et seq ) donne un exposé curieux des faits intéressants concernant le domaine des sciences chimiques que l’on rencontre dans les relations de vingt-quatre ans de voyages du célèbre Marco Polo dictées en 1298 à Gênes et republiées en français en 1308 (d’après l’édition du sinologue Pauthier de 1865 à Paris, la traduction anglaise de Yule. reprise par Cordier à Londres 1903, et la traduction allemande de Lemke à Hamburg 1907). Les matières rapportées sont : 1° les métaux: or, argent, cuivre, étain, zinc, fer et acier, plomb, mercure; 2° les pierres précieuses: diamant, rubis, etc., perles, corail; 3° les minéraux: sels, sel amer, amiante, porcelaine, cinabre, houille; 4° les parfums, etc. : poivre, épices, camphre, safran, bois .d’ébène, de santal; encens, ambre; 5° les boissons fermentées: vin, koumis, lait conservé ; 6° les produits technologiques : pétroles; produits tinctoriaux : bois rouges, indigo, kermésine, encre de Chine ; coton, soie, fils, cuirs, papier, bambou.
- l’ÉTAT DISSIMULÉ! EN CHIMIE MINÉRALE
- Le chlorure de méthyle, le sulfate acide d’éthyle, l’acide glycérophosphorique ne précipitent respectivement ni parle nitrate d’argent, ni par le chlorure de baryum, ni par le nitromolybdate d’ammonium, comme le font les chlorures, sulfates et phosphates alcalins. On traduit cette façon de se comporter des éléments ou radicaux Cl, SO3, P205 en disant qu’ils sont à l’état dissimulé. C’est le cas aussi pour certains cyanures simples ou complexes, tels que les ferro-, les ferri-, les platinocyanures. Mais la notion de l’état dissimulé, remarque M. Marcel Delépine, professeur à l’École supérieure de pharmacie de Paris, est une notion bien conventionnelle (Revue Scientifique, n° du 24 octobre 1908, p. 520), et si l’on produit la formation du sulfate du potassium en faisant agir non plus de l’acide sulfurique sur de la potasse, mais de l’anhydride sulfureux sur du peroxyde de potassium, ou de l’oxygène sur du sulfure
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- de potassium, il ne vient à l’esprit de personne de dire que c’est un sulfite ou un sulfure dissimulé.
- M. Delépine distingue plusieurs classes de composés présentant parfois l’état dissimulé. — D’abord ceux qui, formés à partir d’un acide et d’une base ne fournissent plus les réactions ordinaires, soit de cet acide, soit de cette base, et parfois des deux. Tels le sulfate vert du sesquioxyde de chrome, le chlorure chromique sel vert, certains composés du platine, de l’iridium ; le chlorure de molybdène de formule Mo3 CD Cl'2 dont un tiers seulement du chlore est substituable et précipite par le nitrate d’argent. — Ensuite certains sels doubles, tels un sulfotungstate de soude S2W (SNH4)2, les nombreux iodomercurates, chloromercurates, chloroplatinates, chlo-roiridates, sulfomolybdates, phospholungstates, silicotungstates, etc., dont on se contente d’écrire jusqu’ici les formules brutes ou juxtaposées parce qu’on ne connaît guère leur constitution réelle. — Ensuite certains composés d’addition des sels, en particulier des sels ammoniacaux, où l’état dissimulé peut atteindre à la fois le métal, l’ammoniaque et l’élément acide; tel le chlorure purpuréocobaltique.
- En général, ces composés, s’ils sont très stables en milieu acide, sont décompo-sables parles alcalis, et réciproquement. L’état dissimulé ne persiste que dans des conditions données de temps, de réactifs, de température, de relativité. Une seule règle paraît jusqu’ici se détacher; c’est que les métaux alcalins et alcalinoterreux ne se laissent guère masquer, tandis que la plurivalence est la meilleure condition. Dans ces combinaisons, il y a manque d’ionisation; ainsi l’acide chloroplatinique PtCl6H2ne présente plus que (PlCl6) et 2H; soit 3 ions, aujieu de ses 9. L’état dissimulé est caractérisé par l’absence de réactions.
- LES HYDRATES SILICIQUES
- L’existence d’hydrates de la silice est admise par la plupart des chimistes. M. Henry Le Chatelier, dans une communication à l’Académie des sciences (séance du 19 octobre 1908, Comptes rendus, p. 660), expose que l’on ne trouve aucun fait expérimental pouvant servir de base à ces affirmations. M. Yan Bemmelen a montré que, suivant les conditions où l’on se place (tension de la vapeur d’eau atmosphérique, température, * cycles antérieurs), toutes les proportions d’eau, depuis un dixième de molécule jusqu’à 200 molécules, se rencontrent dans la silice. De plus, l’état gélatineux serait unique pour un hydrate minéral. Enfin d’après Van Bemmelen, la densité de la matière qui forme le réseau micellaire des gelées de silice doit être notablement supérieure à 8,3 qui est celle du quartz. « Dans tous ces faits, dit M. Le Chatelier, il n’y a pas une seule preuve expérimentale de l’existence d’hydrates de la silice, à moins d’admettre également que le charbon de bois humide est une combinaison chimique d’eau et de carbone, ce que personne n’a songé à faire jusqu’ici. » En chauffant de la gelée de silice pendant six heures en tube scellé à 320°, la gelée conserve exactement la même apparence, bien qu’elle ait dépassé la limite où les hydrates perdent leur stabilité.
- « La silice perd toute son eau par dessiccation à 100° sous la pression atmosphérique ou dans le vide à la température ordinaire. Ses hydrates, s’ils existent, sont donc très peu stables. On sait, d’autre part, qu’nn hydrate dans les conditions de température où il est stable, a une tension d’efflorescence inférieure à la tension de vapeur de l’eau pure; mais cette tension de vapeur croît plus vite que celle de l’eau, et à une certaine température, d’autant moins élevée en général que l’hydrate est moins
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- h EXTRACTION ACTUELLE DU DIAMANT AU CAP.
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- stable, ce corps et l’eau ont exactement la même tension de vapeur. Au-dessus de cette température, l’hydrate n’est plus stable ; il se détruit nécessairement, même au sein de l’eau liquide. Ce phénomène se produit par exemple pour le sulfate de soude à 32°, pour le sulfate de chaux à 130°. Il devrait se produire également pour les hydrates de silice à une température relativement peu élevée. »
- La silice, conclut M. Le Chatelier, ne forme pas d’hydrates, mais existe toujours à l’état anhydre ; tel l’acide chromique. On est donc conduit à la considérer, non plus comme un corps soluble dans l’eau, mais comme un corps rigoureusement insoluble, dont l’insolubilité même expliquerait l’extrême finesse. L’existence de cette silice anhydre est mise en évidence par le fait qu’on a poli facilement du bronze en employant de la silice gélatineuse,
- L’EXTRACTION ACTUELLE DU DIAMANT AU CAP
- La séparation des diamants se fait actuellement, dans l’Afrique australe, de préférence sur tables graissées, après pulvérisation du minerai au broyeur à boulets. M. Grosclaude en a donné dans le Temps (nos des 15 et 17 septembre) un exposé instructif.
- C’est en 1867 qu’un enfant Boer trouva sur les bords de l’Orange une pierre qui fut reconnue être du diamant; elle pesait 21 carats, et figura à l’Exposition de Paris. Le bruit de cette découverte amena un flot d’immigrants. Dès 1867 on découvrit l’Étoile du Sud. En 1870, on commença à exploiter à Kimberley, qui deux ans après comptait 30 000 diggers.La fusion de ces diggers commença en 1888; en 1891, était constituée définitivement la De Beers Consolidated mines, au capital de 112 millions, qui depuis lors a servi à ses actionnaires plus de 500 millions de francs de dividende ; c’est la De Beers qui possède la mine de Kimberley, dont l’immense cuvette est exploitée à ciel ouvert. On peut lui comparer comme richesse la mine la Premier Diamond au Transvaal, qui fut concédée en 1902, qui est exploitée également à ciel ouvert, et d’où a été extrait le plus gros diamant connu, le Cullinan offert en 1908 par le Gouvernement au roi Édouard VII et qui pèse 3 028 carats.
- Le conglomérat, ou terre bleue, dans lequel se trouvent les diamants, et qui remplit des espèces de cheminées verticales, était exposé autrefois à l’air pour amener sa désagrégation. Aujourd’hui, à la dernière mine, on le concasse aussitôt dans des broyeurs à boulets; le broyage ne brise pas les diamants si on l’effectue sous l’eau. Les boues diamantifères sont envoyées aux pulsateurs; plateaux métalliques percés de trous au travers desquels sont lancés des jets d’eau saccadés et qui constituent des appareils de vannage hydraulique. Les graviers diamantifères, après le passage au pulsateur, sont repris par une courroie sans fin et transportés sur des tables en pente, imprégnées de graisse, animées d’un mouvement d’oscillation et parcourues par un courant d’eau. Les diamants adhèrent à la graisse; deux fois par jour, on la racle et on la lave à l’eau bouillante.
- M. Grosclaude expose que les deux compagnies rivales, après avoir souscrit une entente, ont repris leur lutte. Elles peuvent traiter chaque année, la De Beers environ 650 000 mètres cubes et la Premier Diamond 700 000. Le carat revient h la De Beers à U francs environ avec un prix de vente de 62 fr. 50 ; et à la Premier 10 francs avec un prix de vente de 22 fr. 50; les qualités des pierres sont évidemment différentes.
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- LE FER PUR
- Du fer chimiquement pur a été préparé par il/. H. Kreusler (Société allemande de physique, mémoires, 1908, n° 9), en précipitant du fer à l’état d’oxalate, le transformant en oxyde, le réduisant par l’hydrogène, le redissolvant dans un acide, et lui faisant subir à nouveau les traitements précités, enfin pour le débarrasser de toute trace de soufre, le faisant fondre dans l’arc électrique jaillissant autre deux électrodes de fer purifié et recueillant dans le mercure les gouttelettes de fer fondu.
- La couleur du fer pur est blanc de platine. C’est un corps très ductile. Il n’est plus attaqué par l’acide chlorhydrique, L’hystérésis magnétique, la conductibilité électrique sont augmentées.
- TRAVAUX DE L’AMERICAN CERAMIC SOCIETY
- Le volume des Transactions de l’American ceramic Society renferme les mémoires lus au meeting de Columbus de 1908. Parmi eux, citons : four électrique à résistance de carbone, de MM. A. Coggeshall et A. V. Bleininger; nouvelles glaçures cristallines, de M. J. Kœrner ;la composition des frittes,'*de M. H. F. Staley; la finesse des matières premières dans les industries céramiques; l’influence du bore dans les formules pour couvertes, de M. Ch. F. Binns; les recherches sur les couvertes cristallines, de M. W. Pukall; l’influence de la finesse sur les propriétés des ciments Portland, de M. Ira A. Williams; le rôle de l’alumine dans les couvertes cristallines, deM. W. G. Worcester; l’influence de la forme du calcium comme fondant, de M. A. S. Watts; enfin une discussion sur les porcelaines électriques, entre MM. A. S. Watts et M. E. Orton.
- Les couvertes cristallisées ont, dans les dix dernières années, fixé tout particulièrement l’attention des céramistes, mais la bibliographie en est encore minime. On trouvera des documents intéressants dans les Transactions de l’American ceramic Society, vol. IV, p. 37; V, 50; VI, 186; VII, 42; VIII, 336; IX, 319 et 782. Le nouveau document que nous analysons est du docteur Kœrner {p. 60), le directeur du Sprechsaalet l’ancien directeur de la fabrique allemande de Cadinen. Il a observé que l’uranium, combiné avec le plomb, a une forte tendance à produire un verre analogue à l’aventurine; en remplaçant le plomb par le bismuth, il obtenait des cristaux d’une forme spéciale; il a observé aussi que l’acide tungstique porte à la formation de cristaux, s’il y a peu d’alumine. M. G. W. Worcester (p. 450) a étudié l’influence de l’alumine pour la production des cristaux. Les formules des Français et des Américains l’excluent, tandis que les Allemands l’emploient, généralement à 0,05 d’alumine. Seger, Langenbeck disent que l’alumine obvie à la dévitrification. De ses essais, l’auteur conclut que l’argile s’est montrée la meilleure source de l’alumine; on l’ajoute brute à la couverte. L’usage de l’alumine ne semble pas accélérer la production des cristaux; mais elle agit pour arrêter l’action de la chaleur sur les couvertes, et on doit recommander une addition d’argile brute pour maintenir les couvertes par un long feu ou un feu ardent. Le docteur W. Pukall (p. 183-215) donne un long exposé de ses essais personnels et des résultats qu’il a obtenus. Il n’est pas utile, dit-il, de fritter l’acide titanique ou 1e. rutile, ni en général les oxydes métalliques. Les couvertes qui renferment du cuivre et de l’oxyde de manganèse seuls ou mélangés sont celles qui fournissent les meilleurs résultats. Les cristaux se forment au mieux aux températures comprises entre les montres 4 et 7. De petites quantités d’acides molybdique, vanadique et tungstique
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- PURIFICATION DU GAZ A L EAU.
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- aident le développement des cristaux, mais chacun de ces corps dans des cas spéciaux; de même pour l’oxyde de fer. Il est avantageux d’user d’une fritte très fusible, et de la charger fortement d’oxydes métalliques. Pour produire de jolis cristaux au titanium, il en faut élever rapidement la température. Enfin on obtiendra des effets tout spéciaux par des traitements aux vapeurs.
- D’après M. C. F. Bimms (p. 183) le borejoue dans les couvertes une fonctionbasique, et il n’obéit à la loi des bisilicates que si on le regarde comme une base.
- Le degré de finesse auquel on réduit les roches dans la fabrication des ciments de Portland a comme on le sait une action directe sur les qualités du produit. Aux travaux qui se multiplient dans cette voie, M. Clifford, Richardson (p. 140), M. Ira A. Williams (p. 244) joignent leurs contributions. Les particules les plus petites possèdent une activité hydraulique, mais où est la limite qui sépare cette activité de l’inertie? où est aussi la limite de rendement économique?
- M. A. S. Watts (p. 265), étudiant les différents fondants calciques dans la fabrication de la porcelaine, conclut que l’addition d’un fondant calcique cause aisément des changements; qu’une petite addition peut améliorer la couleur; mais qu’une seule substance ne présente pas toutes les vertus désirables, chacune demande en plus un traitement spécial.
- PURIFICATION DU GAZ A L’EAU
- Théoriquement le gaz à l’eau, H20 + C = C0-t-H2, renferme moitié volume d’hydrogène et moitié d’oxyde de carbone. Pratiquement, sa composition est: hydrogène 45, oxyde de carbone 45, anhydride carbonique 7, azote 3. Pour débarrasser le gaz d’eau de son oxyde de carbone, on a, dit M. I. Bay dans le numéro de novembre du Moniteur scientifique, p. 727, l’action du carbure de calcium ; la séparation physique, par application des lois de l’endosmose; le refroidissement; enfin l’action de l’oxyde de fer.
- Le principe du procédé au carbure de calcium consiste à faire passer le gaz à l’eau, préalablement desséché, sur du carbure de calcium chauffé à une température supérieure à 300°. L’oxyde de carbone et l’anhydride carbonique, en réagissant sur le carbure de calcium, donnent heu à la formation de chaux, de carbonate de chaux et de carbone libre, tandis que l’azote s’unit au carbure pour former de la cyanamide calcique: 2CaC2-f 2CO + C02=:Ca0 + G03Ca + 6G. CaC2 + Az2 = CaCAz2 + C.
- Afin d’alléger le travail demandé au carbure, on élimine au préalable la plus grande partie de l’anhydride carbonique et de l’oxyde de carbone, par passages successifs dans un épurateur à chaux et dans une solution de chlorure cuivreux.
- La séparation physique au moyen des lois de l’endosmose (Brevet n° 372,045, de MM. Jouve et Vautier du 3 décembre 1906), est basée sur la différence de viscosité moléculaire des gaz à séparer et sur l’utilisation de leur rapidité plus ou moins grande de passage à travers un orifice étroit ou une ou plusieurs plaques poreuses. La quantité d’oxyde de carbone peut être ramenée de 45 à 8 p. 100.
- Un troisième procédé comsiste à refroidir suffisamment le gaz à l’eau pour liquéfier l’oxyde de carbone.
- Enfin, le procédé à l’oxyde de fer (Brevet n° 375,164, du 1er mars 1907, par la C'13 du gaz de Lyon) fait passer le gaz à l’eau, en même temps que de la vapeur d’eau, à une température de 400° à 500° sur de l’oyde de fer provenant du grillage des pyrites :
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- NOTES DE CHIMIE.
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- Fe203 -f 4CO + H20= 4C02 + H2 + 2Fe. On obtient dans un seul passage : hydrogène 62,2 ; oxyde de carbone 6,9 ; anhydride carbonique 27,1 ; azote 3,8. On élimine la forte proportion d’anhydride carbonique par dissolution dans l’eau. On arrive finalement à la composition suivante : hydrogène 85,4; oxyde de carbone, 9,4 ; azote 5,2. Ce gaz ne présente plus d’inconvénienlsde toxicité du gaz à l’eau primitif, et a de plus l’avantage d’une densité moindre avec un pouvoir calorifique à peu près égal, à quelques calories près, quand on le rapporte au mètre cube, et bien supérieur à celui du gaz à l’eau, quand on le rapporte au kilogramme.
- LE COTON HYDROPHILE
- Depuis que, tout au début de ces Notes de chimie, nous avons présenté le travail documenté de M. Fréd. B. Kilmer (notre Bulletin, 1905, p. 144), il n’a été publié que peu de chose sur la question, qui excite cependant l’intérêt d’un si grand nombre d’industriels, à cause de ses usages médicinaux, de ses emplois dans la fabrication des différents éthers de la cellulose (les nitrates entre autres), et de la soie artificielle: nous avons donc un plaisir d’autant plus vif à signaler le travail de M. H. Tamin, paru dans la Revue des matières colorantes, n° du 1er novembre, p. 313, et où il résume des recherches entreprises dans le but d’obtenir du coton hydrophile par débouillissage en cuve ouverte. Nous en extrayons les données principales.
- Tous les teinturiers en coton savent que l’on facilite beaucoup le mouillage de ce textile, ce qui favorise l’unisson et la pénétration des teintures, par l’emploi d’huiles sulfonées solubles, telles que les sulforicinates et les sulfooléates alcalins ou leurs succédanés. Ce§ matières émulsionnantes n’agissent que mécaniquement, et le coton ainsi traité, tout en possédant la faculté de se mouiller facilement, n’est aucunement épuré ni propre aux usages auxquels on destine le coton hydrophile. Par contre, le coton épuré à fond, constitué par de la cellulose pure, est toujours hydrophile. Car la structure poreuse de la cellulose, exempte d’impuretés, favorise tout spécialement les phénomènes d’osmose.
- « La préparation du coton hydrophile, c’est-à-dire la purification de la matière brute jusqu’à l’obtention d’un résidu de cellulose pure, est une opération assez simple, puisqu’elle consiste à éliminer des impuretés naturelles qui ne constituent que 5 à 6 p. 100 de la matière à traiter, mais elle exige des traitements énergiques,
- « Le coton est constitué, en majeure partie, de cellulose ; les impuretés qu’il s’agit d’éüminer dans les opérations de débouillissage et de blanchiment sont :
- 1° Une matière grasse composée d’un mélange d’acides gras, semblables comme propriétés et réactions aux acides stéarique et palmitique : ces substances s’éliminent facilement par saponification alcaüne ;
- 2° Une matière résineuse communément appelée la cire de coton, qui se dissout plus difficilement ;
- 3° L’acide pectique, matière organique se rencontrant en quantité plus ou moins grande dans toute substance qui est le résultat d’une végétation quelconque ;
- 4° Deux matières colorantes naturelles différentes, toutes deux destructibles par les agents oxydants.
- Les opérations principales du procédé de blanchiment du coton consistent en traitements alcalins énergiques, qui ont pour but de saponifier ou dissoudre les éléments autres que la cellulose,
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- LES COLLOÏDES EN TEINTURE.
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- Pour la fabrication du coton hydrophile, le traitement alcalin s’opère toujours en autoclave à une pression variant entre 2 et 3 atmosphères, qui permet d’obtenir une température correspondante de 120° à 130°, et habituellement pendant cinq à dixheures, avec une solution de soude caustique titrant de 2° à 4° Baumé.
- L’oxydation qui fait suite se pratique exclusivement au moyen des hypochlorites. Il est préférable d’employer l’hypochlorite de soude, qui est plus soluble que celui de chaux. On emploie des bains titrant l°à 1°,5 chlorométriques, habituellement de trois à quatre heures.
- Les débouillissages, comme les chlorages, doivent toujours être suivis de rinçages copieux, à l’eau chaude. Les chlorages sont eux suivis d’unacidage, pour décomposer l’hypochlorite restant, avec l’acide sulfurique à raison de un demi-gramme par litre de bain ; d’un déchlorage avec l’hyposulfite ou le bisulfite de soude, à un demi-gramme par litre. L’emploi de l’hyposulfite de soude présente l’inconvénient de donner lieu à une précipitation du soufre, qui jaunit et ternit.
- Comme conclusion de ses essais, M. Tamin admet que la fabrication du coton hydrophile ne nécessite pas absolument l’emploi de chaudières autoclaves permettant le débouillissage à une température supérieure à 100°. La condition essentielle pour obtenir l’hydrophilité est d’employer en même temps que l’agent alcalin de débouillissage, un agent solubilisant la cire du coton, et dechoisir ce produit tel qu’il ne puisse pas nuire à l’action de la soude caustique, et qu’il soit soluble dans cet alcali. La résine remplit ces conditions mieux que tout autre ingrédient.
- M. H. Tamin recommande donc le procédé suivant: 1° Débouillissage quatre heures dans un bain bouillant contenant par litre 60 grammes de soude caustique en plaques et 5 grammes de résine ; 2° Rinçage ; 3° Rinçage à l’eau bouillahte additionnée de 2 grammes de carbonate de soude ou 1 gramme de soude caustique par litre; 4° Chlorage : immersion pendant 4 heures dans un bain d’hypochlorite de soude à 1° ou l°,o chlorométrique ; 5° Rinçage ; 6° Acidage ; 7° Rinçage : 8° Bisulfitage ; 9° Rinçage.
- LES COLLOÏDES EN TEINTURE
- Les solutions de matières colorantes sont assimilées tantôt à des solutions colloïdales, tantôt à des électrolytes. L’étude des conductibilités moléculaires à 25° et l’examen à l’ultra-microscope amènent MM. L. Pelet-Jolivet et A. Wild (Académie des sciences, séance du 19 octobre 1908, C. R. p. 683) à croire, avec Miolati et Hantsch que les solutions de matières colorantes basiques sont des électrolytes; en solution suffisamment diluée, on doit admettre leur dissociation complète en deux ions, l’ion inorganique Cl, et l’ion organique relativement heaucoup plus gros, formé du reste de la molécule ; — et avec L. Vignon, que les colorants acides constituent également des électrolytes ; — et de même certains colorants directs' pour coton. En résumé, les matières colorantes existent à l’état dissocié ; quelques-unes affectent en même temps l’état colloïdal. L’addition d’électrolytes favorise le passage de la solution colorante à l’état de fausse solution. Les ions disparates doivent jouer un rôle en teinture. En somme, les solutions décolorants formeraient les termes de passage intermédiaires aitre les solutions salines ordinaires et les solutions colloïdales. Ce serait des électrolytes à ions disparates.
- MM. L. Pelel-Jolivet et N. Andersen (séance du 2 novembre ; C. R. p. 808J appliquent ces données à la fixation des colorants en teinture, qui jouent en présence de lq
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- 1372 NOTES DE CHIMIE. ------- NOVEMBRE 1908.
- laine ou d’un adsorbant le rôle d’un électrolyte, et le colorant se fixe suivant les règles de l’électrisation de contact (voir J. Perrin, in Journal de chimie physique, t. TI, p. 650, et t. III, p. 80). Les ATues de Freundlich et de Loser (Zeitschrift für physika-lische Chemie, 1907) sont ainsi confirmées.
- LES PLASTIQUES ARTIFICIELS
- D’une étude récapitulatrice de M. Fr. J. G. Rellzer sur les matières plastiques artificielles, dérivées de la cellulose (in Moniteur scientifique, 1908, p. 648-662), nous extrayons quelques détails récapitulatifs concernant ces industries spéciales.
- Ces matières plastiques sont : — Le celluloïd, dont on a importé, en 1907, en France 316 600 ldlogs en brut, et exporté à peu près une quantité égale. C’est un mélange de nitrocellulose de coton 100 parties, camphre 50, alcool 50; ou camphre 20 et toluène 40. De nombreux brevets ont été pris pour obtenir son ininflammabilité, ou pour substituer au camphre des produits moins chers, par l’emploi d’huile de ricin, de gélatine, d’acétate de cellulose, de naphtaline, de dérivés suîfoniques, éthers acétiques et phos-, phoriques des phénols et naphtols, urées4 cétones solides, bornéol, chlorure ferrique, bromure de calcium, acide borique, dérivés acétÿlchloro d’amines, amidines, sulfate de magnésie, amidon et formol.
- Le celluloïd de la Société pour la fabrication de matières plastiques (brevet français 1900) est formé de nitrocellulose 10, naphtaline 1, alcool 6, acétone 5.
- Les Sociétés les plus importantes qui fabriquent et exploitent le celluloïd sont : la Compagnie française du celluloïd, la S. A., l’Oyonnithe de Monville près Rouen, la British Xylonithe Co à Swansea, la Deutsche Celluloïd Fabrik à Leipzig, la Compagnie Rhénane Cellutine, la Société générale pour la fabrication des matières plastiques, la Société'industrielle de Cellulose avec ses usines à Villetanneuse, Ivry-la-Bataille, Oyonnax et Berlin, l’Oyonnaxienne dans l’Ain. Le celluloïd brut est consommé surtout en France à Saint-Claude, Oyonnax, Ëzy, Chars, Dieulefit. — Soit les dissolutions cupro-ammoniacales de cellulose : crins et pellicules des Vereinigte GlanztofF Action, crins artificiels et crinols utilisés en grand pour tresses; — soit les dissolutions de xanthate de cellulose ou viscose : crins Chorier en âme de coton ou lin ou ramie avec une gaine de viscose; et en âme de fil mercerisé pour stores; crins de viscose pure par sténosage ; pellicules de viscose; viscolithe ou pierre de viscose massée et comprimée de la Société française de la viscose. Le sténosage seul au formol dans des conditions déterminées donne la résistance à l’eau. Les objets en viscolithe, dont le prix brut n’est que de 2 à 3 francs le kilogramme, atteignent une consommation considérable. — Les sulfoacétates de cellulose, solubles dans l’acétone; excellents diélectriques, mais peu utiles pour fils et crins, car ils ne teignent pas uni. — Le Zellitli de Ilei-chengrün, Elberfeld, ou mélange d’un acétylcellulose soluble dans l’acide acétique avec du camphre; non inflammable; excellent pour apprêt, vernis, pellicules, fils et crins, vases. — Enfin le formiate de cellulose de Bemberg.
- ÉTUDE SUR l’emploi DE LA Tl! IOURÉE EN PHOTOGRAPHIE
- MM. A. el L. Lumière et Seyeivelz, à qui l'on doit déjà un si grand nombre d’intéressantes études sur les produits employés en photographie, ont recherché des succédanées de l’hyposulfite pour les virages-fixages combinés. Leur but était d’obvier à
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- MIELS ARTIFICIELS.
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- l’instabilité de l’hyposulfite de soude en présence des acides les plus faibles et à la nécessité d’éliminer complètement toute trace do ce composé pour être à l’abri de l’altération ultérieure des épreuves qu’on y fixe.
- Pour être utilisables, ces succédanés doivent : 1° dissoudre facilement le chlorure d’argent, sans altérer la gélatine; 2° réduire le persel d’or à l’état de protosel; 3° former avec les sels haloïdes d’argent solubles des composés facilement éliminables par lavage à l’eau et non dissociables avec un grand excès d’eau.
- En dehors de l’hyposulfite de soude, aucune des substances minérales qui dissolvent facilement le chlorure d’argent, telles que l’ammoniaque, le cyanure de potassium, le sulfocyanure d’ammonium, ne réalise ces conditions. Quant aux composés organiques, les seuls connus jusqu’ici qui dissolvent le chlorure d’argent sont des composés sulfurés, tels que la thioürée : AzH2— CS—Aztl2 et la thiosinamine : AzH2 — CS — AzH — C3H3 ou allythioürée déjà signalée par Liesegang. La thioürée et la thiosinamine sont les seuls dérivés sulfurés organiques qui puissent être utilisés, mais sans avantage bien appréciable. Les divers produits de substitution de la thioürée, monoéthyl et diéthyl-thioürées, les monophényl et diphényllhioürées, les phénylmonoamido et phényldia-midothioürée, les monoarnido et diamidotliioürée, ont été essayés, et aucune de ces substances ne dissout des*quantités suffisantes des sels haloïdes d’argent pour permettre son emploi dans le fixage et par suite dans le virage-fixage.
- PURIFICATION DE L’EAU POTABLE
- Pour purifier l’eau potable en campagne, M. J. Laurent (Journal de pharmacie, 1908, t. II, p. 392) modifie le procédé connu dit au permanganate, et utilise l’action réductrice exercée sur le permanganate de potassium, en solution diluée, par l’hypo-sulfite de soude ajouté en léger excès. La totalité du manganèse est précipitée à l’état de sesquioxyde hydraté insoluble, dont la sédimentation s’effectue rapidement.
- Dans la pratique, on additionne l’eau d’un excès de permanganate de potassium en présence d’alun ordinaire, soit par litre : 0gr,03 de permanganate de potassium, et 0,06 d’alun ordinaire pulvérisés. On agite, on laisse agir pendant cinq minutes, puis on élimine l’excès de caméléon en ajoutant: 0s'r,03 d’hyposulfite de sodium cristallisé et 0,06 de carbonate de soude sec du commerce. La réduction est presque instantanée et après une dizaine de minutes, on obtient, par simple filtration sur coton hydrophile, une eau limpide, dépourvue de toute saveur désagréable, très améliorée au point de vue bactériologique.
- Quand il s’agit d’eaux très impures, les doses doivent être doublées ou triplées.
- MIELS ARTIFICIELS
- On sait que les classes. populaires anglaises font une grande consommation de solutions très concentrées ou sirops épais de glucose et de lévulose ou sucres intervertis qui forment autant de succédanés du miel : ce sont les table syrup, golden syrup, treacle. Pour préparer ce sucre interverti, voilà comment on opérera : on commence par faire dissoudre à chaud i 000 grammes de sucre cristallisé dans 300 grammes d’eau ; on ajoute peu à peu le jus d’un demi-citron (soit 1 gramme d’acide citrique ou tartrique, ou une cuillerée" à café de vinaigre), et on chauffe en faisant bouillir et en remuant jusqu’à ce que le sirop devienne jaune doré (soit environ quarante minutes). Le sucre est alors inverti; et le sirop refroidi a l’aspect du miel, on peut lui en donner l’arome en ajoutant un peu de miel de bruyère.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- RÉSEAU ÉLECTRIQUE DE LA COTE NORD-EST D’ANGLETERRE, d’après M. C. H. Merz (1).
- La mise en exploitation de ce très important réseau, qui dessert l’une des régions les plus industrielles de l’Angleterre, a permis de réaliser les avantages suivants :
- 1° Une grande économie de combustible et réduction de la fumée. On ne brûle plus, actuellement, sur la Tyne, de charbon que dans les usines génératrices d’électricité et dans les fabriques de produits chimiques ; les ateliers de constructions maritimes de la Tyne ont adopté exclusivement l’électricité comme force motrice.
- 2° Grande facilité d’adaptation de l’électricité à tous les emplois pratiques. Le trafic suburbain de Newcastle en a été développé d’une façon exceptionnelle. On compte, dans la région, quatre laminoirs actionnés par l’électricité.
- 3° Établissement de nouvelles industries uniquement en raison du meilleur marché delà force motrice.
- 4° Utilisation des chaleurs et gaz perdus de la région; l’électricité peut s’y développer d’une façon exceptionnellement avantageuse par l’utiüsation des sous-produits de la fabrication du fer et du coke.
- Le tableau ci-dessous donne une idée des principales industries de la région et de leur grande importance.
- Charbon Fabrication Minerai Constructions
- Population extrait 1906 du coke do fer navales,
- 1901. tonnes. 1906. extrait 1906 Fonte 1906. tonnage 1906
- Côte du Nord-Est. a 2 015 00T • 52 097 377 7 830 000 6 126 324 3 628 051 630 872
- Grande-Bretagne. b 41 458 721 251 067 628 19 296 536 15 500 406 10109 453 1 156 771 . '
- a Rapport p. 100. 4,8 o/0 20,7 o/0 39,5 o/o 39,5 o/o 367 54,5°/o
- Sur la rive nord de la Tyne, les ateliers de constructions maritimes empruntent 95 p. 100 de leur puissance aux usines d’électricité ; les 5 p. 100 restant leur sont fournis par des moteurs à gaz isolés ; sur la rive sud, les progrès de cette utilisation sont très rapides. Dans le bassin de la Tees, où l’électricité n’est distribuée que depuis janvier 1907, elle ah mente déjà plus de 20 000 chevaux.
- Les applications de l’électricité aux mines s’étendent avec rapidité ; on l’emploie dans des mines dont l’ensemble de l’extraction atteint 8 millions de tonnes par an, avec, entre autres, des machines d’extraction électrique de 1 600 chevaux. Le débit des mines du Cumberland et du Durham a été, en 1906, de 52 millions de tonnes, dont 7 à 8 p. 100 dépensées à la production de leur force motrice. Le cinquième de ce charbon est transformé en coke, de sorte que ces mines brûlent pour leurs besoins environ
- (1) Iron and Steel Instituiez 30 septembre 1908.
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- LES COUPS D’EAU DANS LES TUYAUTERIES DES CHAUDIÈRES. 1375
- 2 500000 tonnes par an, et l’on pourrait réduire cette dépense des trois quarts en empruntant la force motrice à de grandes stations centrales, c’est-à-dire économiser ainsi, par an, 1 700 000 tonnes de charbon et 25 millions de francs.
- Actuellement, les trois compagnies électriques de la région fournissent le courant à 130 kilomètres de chemins de fer, quatre réseaux de tramways, l’éclairage à des villes d’une population totale de 700 000 habitants, 85 000 chevaux de force motrice, et 12 000 chevaux aux industries chimiques.
- Les chaleurs actuellement perdues dans les fours à coke, pourraient, avec des fours perfectionnés et des moteurs à gaz, fournir environ 300000 chevaux, et les hauts fourneaux du Gleveland 61 000. Mais les fours à coke sont dispersés loin des centres industriels, de sorte que le meilleur moyen d’en utiliser les gaz semble être celui de les fournir à des compagnies d’électricité auxquelles on prendrait l’électricité nécessaire aux usines et aux mines. On n’est pas, en effet, alors obligé, comme dans une installation privée, de prévoir, pour assurer le service en toutes circonstances, des machines et installations de réserve considérables, et la station, qui marche toujours à pleine puissance de ses unités, c’est-à-dire dans les conditions les plus favorables, peut livrer l’électricité à meilleur compte qu’elle ne reviendrait à l’installation privée. Il en est de même pour une usine à fer ne comprenant que des hauts fourneaux ; mais, si cette usine est doublée d’une aciérie, il y a souvent avantage à employer les gaz des hauts fourneaux à des moteurs actionnant leurs souffleries, les machines et l’éclairage de l’aciérie. C’est ainsi que, dans l’aciérie que la United States Steel Corporation monte actuellement à Gary, toute l’aciérie est actionnée par l’électricité avec des dynamos commandées par des moteurs à gaz de hauts fourneaux; mais, comme on a prévu, en outre, des chaudières chauffées au charbon, avec moteurs à vapeur, en cas de défaut des moteurs à gaz, le prix d’installation par cheval est, dans cette aciérie, très élevé, double au moins de ce qu’il aurait coûté en s’entendant, si cela avait été possible, avec une compagnie d’électricité.
- Dans la région de la côte Nord-Est, le réseau de transmissions électriques qui enserre tout son territoire permet d’utiliser au mieux les chaleurs perdues ainsi fournies aux stations centrales disséminées au mieux de cette utilisation. Actuellement, les trois compagnies électriques ont cinq de ces stations, dont trois sur fours à coke et deux sur hauts fourneaux.
- On peut encore citer comme moyen de récupérer des chaleurs perdues, l’emploi des turbines à basse pression fonctionnant avec de la vapeur d’échappement accumulée.
- LES COUPS d’eau DANS LES TUYAUTERIES DE CHAUDIÈRES
- Comme le savent nos lecteurs (1), les coups d'eau provoquent souvent, dans les tuyauteries des chaudières, des accidents très graves, parfois difficiles à expliquer et, par conséquent, à prévoir. C’est à ce titre que je crois intéressant de signaler ici le compte rendu d’un certain nombre d’explosions dues à ces coups d’eau, d’après le dernier rapport de M. Longridge à la « British Engine Boiler and electrical Insurance C° (2).
- (1) Bulletin de mars 1905, p. 256. fi) P. 84-91, 12 King St., Manchester.
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1908.
- Dans le cas figure 1, d’une tuyauterie de 75 mètres de long, nouvellement posée, l’explosion se produisit au point indiqué lorsqu’on ouvrit la valve B. De l’eau s’était accumulée dans la partie basse de la tuyauterie pendant l’arrêt, avant la fermeture de A, B et C ; le purgeur D, encrassé, n’avait pas fonctionné. On a eu tort de compter sur ce purgeur pour assécher un tuyau nouvellement posé.- On aurait dû disposer la tuyauterie comme en fig.-2, avec une colonne verticale en contre-bas et pourvue d’un robinet indicateur de niveau ou d’un (lotteur. Ces robinets indicateurs doivent être très petits, et ne rester ouverts que très peu de temps, sous peine de déterminer un
- mouvement dans l’eau de la partie horizontale et de provoquer eux-mêmes des coups d’eau. La colonne verticale se terminerait, au bas, par un gros robinet de purge, à n’ouvrir, ainsi que B, qu’après avoir abaissé le niveau de l’eau au-dessous du tuyau horizontal.
- En figure 3, après deux jours de repos, l’eau s’était accumulée, comme indiquée, malgré le purgeur. L’explosion se produisit où le montre la figure lorsqu’on ouvrit la valve d’admission au moteur après celle de la chaudière. Mêmes observations qu’au cas précédent.
- En figure 4, pendant le nettoyage de la chaudière, de l’eau s’était accumulée comme indiquée, malgré le purgeur d, légèrement ouvert. La rupture se produisit lorsqu’on
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- LES COUPS D’EAU DANS LES TUYAUTERIES DES CHAUDIÈRES.
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- ouvrit d en grand sans avoir fermé les valves raccordant la tuyauterie à toutes les chaudières. Dans ce cas de plusieurs chaudières, il faut disposer la tuyauterie comme en fig. 5 ou, si la hauteur du plafond ne le permet pas, drainer tous les branchements par de gros tuyaux sans robinets ni valves aboutissant à un collecteur transversal (fig. 6) relié à chacune des chaudières par un robinet de manière que, en cas d’arrêt d’une d’elles, son branchement se vide dans les autres chaudières.
- En fig. 7, après un long repos, avec le surchauffeur S plein d’eau jusqu’au niveau du draine/, B fermée et G ouvert, la rupture se produisit en B lorsqu’on ouvrit A,
- raccordant la tuyauterie à d’autres chaudières que la numéro 9, sans avoir fermé G. Les valves B et G fuyaient ; de là, l’accumulation d’eau en S. On aurait dû fermer C avant d’ouvrir A, jusqu’à la mise en pression de la chaudière 9, placer un purgeur au point le plus bas de la tuyauterie, puis purger S par la vapeur de cette chaudière.
- En fig. 8, avec les chaudières 1, 2 et 3 en marche et 4 vide depuis un mois, d légèrement ouvert, l’eau s’accumula comme indiquée par insuffisance de d, et la rupture se produisit quand on ouvrit la valve à droite du réducteur de pression. Mêmes observations qu’au cas de la figure 2.
- En fig. 9, pendant le dîner, on avait laissé l’eau s’accumuler par condensation de vapeur dans une tuyauterie de 230 à 150 millimètres de diamètre et de 27 mètres de long, non isolée, avec A et d fermés. Lorsqu’on ouvrit A, le tuyau vertical fit explosion violente.il aurait fallu d’abord fermer le robinet de la chaudière et purger en ouvrant d Un robinet indicateur ou un flotteur aurait averti du remplissage du tuyau vertical.
- Tome 110. — Novembre 1908. 90
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- NOTES DE MÉCANIQUE.
- NOVEMBRE 1908.
- En fig. 10, avec la chaudière N° 56 vide, B et d fermés, la rupture se produisit lorsqu’on ouvrit d sans couper la vapeur du collecteur A. Le purgeur d aurait dû être relié aux autres chaudières comme en figure 6.
- En figure 11, avec A et d fermés, et la colonne montante de 76 millimètres remplie
- Fig. 11.
- Fractures
- A-Fractured
- 1.--------
- Pumps
- - -35-6 - -
- ---+- - -
- - - 63-0
- Fig. 14.
- Fractured
- Boiter
- Fig. 15.
- de vapeur condensée à basse température, après avoir ouvert d de manière que le niveau de l’eau descendît environ eh ad, on ouvrit A, ce qui détermina la rupture indiquée. On aurait dû disposer A juste au-dessous du collecteur.
- En figure 12, C et D ouverts ainsi que A, on ferma D, ouvrit d èt C; et la fracture se produisit en d et b. Ori aurait dû fermer ië raccordëmënt àh£ chaudières supérieures avant d’ouvrir C, où, pbüf évitër cèttë siiggestion, disposer auprès de C une colonne verticale' formant puisard avec purgeur, robiiiet dvërtissëùr où lldttëùr.
- Eh figuré 13, âvëc A fermé à ldO mètres dë la clihüdiè'rê aiij dur,-flâné line mine, la rüpthfë se produisit quand on ouvrit la prisé dé vapeur des pompés A, âvàüt de
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- LES COUPS D’EAU DANS LES TUYAUTERIES DES CHAUDIÈRES. 1379
- fermer le robinet de la chaudière au jour. Le coup d’eau était presque inévitable, même dans ce cas parce que le niveau du siège de A était dans l’axe de a. Il aurait fallu remplacer A par une vanne verticale et lui adjoindre un tube vertical puisard avec flotteur.
- En figure 14, avecA d et d2 fermés, eL et Rouverts, ainsi que le robinet de la chaudière, lorsqu’on entr’ouvrit A et d&, il se produisit un coup d’eau qui rompit la tuyau-
- terie au point indiqué, à 60 mètres en arrière de l’accumulation d’eau. Il aurait fallu, en ce point le plus bas, installer une colonne verticale avec flotteur.
- En figure 15, avec moteur au repos depuis quelques heures, A, B, C et d fermés, les fuites par A et B se condensèrent comme indiqué. La rupture se produisit en ouvrant d et entr’ouvrant B. On aurait dû ne pas ouvrir d avec des fuites en A et B, ni ouvrir B avant la purge totale du tuyau.
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- Tous ces accidents se sont produits par la présence d’une large surface d’eau dans des tuyaux horizontaux ou inclinés, et dans lesquels cette eau pouvait se déplacer sous l’influence de l’ouverture d’une valve ou d’un drain, ce qui montre, qu’en cas de possibilité d’une pareille accumulation d’eau, il est dangereux de drainer le tuyau sans avoir d’abord fermé la vapeur. Les tuyaux verticaux peuvent se drainer ainsi sans danger parce que l’eau qui repose sur le fond de ces tuyaux ne peut se mettre en mouvement. L’installation d’un flotteur dans ces tuyaux de purge serait des plus utiles pourvu que ces flotteurs fussent peu coûteux et sans articulations ni garnitures, susceptibles d’en paralyser le fonctionnement. Ce flotteur pourrait être constitué, comme en figure 16, par un cylindre creux en cuivre, capable de supporter la pression de.la vapeur et libre dans un raccord en bronze avec regards en verre diamétralement opposés permettant d’en observer facilement la position avec une lumière derrière l’un de ces regards. Le flotteur fig. 16 a 50mm X 150 milbmètres de long; il n’a pas de robinets de manière qu’on ne puisse le paralyser en les fermant; on pourrait lui adjoindre un avertisseur par sonnerie électrique, à charge de ne pas oublier d’entretenir ses piles.
- fabrication des réflecteürs paraboliques, d’après M. Sherard Cowper Coivles(i).
- Ces miroirs sont constitués par un dépôt électrolytique d’argent puis de cuivre sur une forme* ou moule parabohque en verre.
- Ces moules se construisent en partant d’une forme convexe parabohque en fonte polie, sur laquelle on moule une cuvette en terre réfractaire. Sur cette forme, on pose une plaque de verre d’environ 25 millimètres d’épaisseur, et on chauffe l’ensemble dans un four à la température nécessaire pour que le verre s’applique sur le moule sans fondre. Ce verre est ensuite poli, sur sa surface convexe seulement, par des meules à l’émeri marchant au gabarit, puis retouché au moyen de tampons au rouge, procédé très laborieux, qui exige deux ou trois mois de travail pour leé grands réflecteurs.
- Avant de procéder à l’argentage de cette forme en verre, on la nettoie et dégraisse complètement avec une pâte de peroxyde de fer et par un lavage en une dissolution d’ammoniaque à 50 p. 100. L’argentage se fait en employant deux dissolutions, l’une du sel d’argent, l’autre d’une préparation de glucose. On ajoute à une dissolution d’azotate d’argent de l’ammoniaque jusqu’à formation d’un précipité, et redissolution de ce précipité, que l’on reprécipite par de la soude caustique et redissout dans l’ammoniaque, puis on y ajoute la dissolution de glucose. On plonge le moule face en bas dans cette dissolution aussitôt après son nettoyage ; au bout de 5 à 6 minutes, l’argent commence à se déposer sur le verre, et la dissolution passe du rouge au noir. Au bout d’une demi-heure, la couche d’argent a une épaisseur d’environ 0mm,000085, correspondant à un poids d’environ 0§r,0001 par centimètre carré. Ce dépôt d’argent est plus uniforme si l’on plonge le moule en verre dans une dissolution de protochlorure d’étain et le lave avant l’argentage. On lave ensuite ce dépôt d'argent, le sèche et le brunit en employant de la ouate et du peroxyde de fer fraîchement précipité d’une dissolution faible de sulfate de fer. Le prix de revient de cet argentage varie de 8 à 15cen-
- (1) Engineering, 23 octobre.
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- FABRICATION DES RÉFLECTEURS PARABOLIQUES.
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- times par centimètre de diamètre. Pour son lavage, le moule en verre est (fig. 17). posé sur une ventouse en caoutchouc B, dans laquelle on fait le vide par la pompe D. Après
- Fig. 18 et 19.
- ce nettoyage, qui se fait sur la face convexe en l’air, on retourne la vis D sur G, comme en figure 17, et on plonge le moule F dans le bain d argentage B.
- Le verre, ainsi argenté et lavé, est ensuite posé sur 1 anneau métallique D (fig. 18),
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1908.
- articulé par son croisillon D'à la tige E, montée, en F, sur la console G. Au-dessous du moule, au fond du baquet K, se trouve une anode en cuivre de même courbure reliée par les conducteurs I' à l’anneau de mercure L, qui constitue l’un des pôles du courant; l’autre est constituépar la boîte à mercure J, formant cathode parED'D. Lorsqu’on
- Fig. 20.
- Fig. 21.
- abaisse le moule, il faut éviter de faire passer de suite la totalité du courant au travers de la couche d’argent seule, et, à cet effet, on incline le moule sur E, que l’on descend graduellement par le treuil M de manière qu'il plonge dans le bain d’abord par une fraction de son bord, sur laquelle il se forme un dépôt de cuivre, puis on termine la descente du moule, remis horizontal, et que l’on fait immédiatement tourner par la
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- FABRICATION DES RÉFLECTEURS PARABOLIQUES. 1383
- dynamo de G et la poulie de E. Au bout de quelques minutes, la tension du courant tombe de 9 à 4,5 volts. La vitesse delà rotation varie de 5 à 10 tours par minute, suivant l’intensité du courant, qui est, en général, de 0 ampères 02 par centimètre carré. Si celte rotation est trop lente, il se forme à la surface des miroirs des granulations et des rais, que l’on évite au moyen d’anneaux isolants A, disposés par C sous l’anneau métallique D.
- Lorsque la couche de cuivre a atteint l’épaisseur voulue, on plonge le moule en
- I I I l u .[
- Fiiï. 22.
- Fig. 23.
- verre dans de l’eau tiède, que l’on porte graduellement à 50° de manière que sa couche de cuivre argentée s’en détache par dilatation. Après lavage de l’argent avec du cyanure de potassium, on pose ce miroir métallique dans un vase en poterie A (fig. 20) au-dessous d’une anode B, en platine ou en palladium, agitée mécaniquement, par le renvoi CD, dans un bain de chlorure double de platine et d’ammoniaque dissous dans une solution concentrée bouillante de citrate de soude; il suffit d’un dépôt de 0sr,5 par décimètre carré pour recouvrir l’argent d’une couche protectrice très dure et qui ne se ternit pas. On obtiendrait une couche protectrice encore plus dure et brillante en employant un alliage d’argent et de cadmium.
- Pour repolir un miroir endommagé, on le soumet, sur un tour (fig. 21), à l’action
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- 1384 NOTES DE MÉCANIQUE. — NOVEMBRE 1908.
- de meules guidées par un gabarit paraboloïdal. L’appareil dont on se sert pour le tracé de ces gabarits est fondé sur ce que la somme de la distance d’un point quelconque de la parabole à son foyer et de l’abscisse de ce point est égale au double de la distance du foyer à l’origine de la parabole. Le bloc G (fig. 22) coulissé dans B, porte une coulisse D, perpendiculaire à BB, avec style E, que l’on actionne par le bouton F. Ce style entraîne une petite poulie G, sur laquelle passe un fil d’acier attaché en B et passé sur le galet H de G. Ce fil est tendu par un contrepoids en I. Lorsqu’on déplace le style
- SECTIONAL ELEVATION.
- KT. L.7.
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- IBoarcL
- Pianp
- Fig. 24.
- dans C, il décrit, sur la surface au-dessous du cadre A, une parabole dont le paramètre varie avec la position de J sur K.
- Le miroir, retiré du bain et lavé à l’eau bouillante, est peut-être monté sur un anneau à joint d’amiante (fig. 23) sur lequel il est serré par l’arête F d’un anneau de fixation en aluminium.
- La figure 24 montre la disposition d’un atelier de fabrication de ces miroirs.
- Les pouvoirs réflecteurs des surfaces de platine et de palladium sont égaux à 74 et 64 p. 100 de celui de l’argent; le palladium résiste parfaitement à la chaleur de l’arc-des projecteurs à miroirs, tandis que l’argent se ternit très rapidement. D’autre part, le pouvoir réflecteur du palladium pour les rayons chimiques est plus considérable que celui de l’argent, de sorte qu’il çst plus avantageux pour la photographie stellaire.
- Ges miroirs, qui n’exigent aucune retouche, résistent très bien à la chaleur de l’arc
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- Revf perMùit Btv’.perMuu
- COMMANDE DE LAMINOIRS PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- 1385
- et à la pluie, même à l’eau salée. Des miroirs de projecteurs de 0m,90 de diamètre, au palladium, ont supporté des arcs de 175 ampères pendant six heures, au bout desquelles la température de leurs bords dépassait 400°. A bord des navires, ils supportent parfaitement le choc atmosphérique des gros tirs de canons. En disposant au foyer d un de ces réflecteurs un cornet acoustique à tube flexible, on peut reconnaître 1 endroit d’où part un son en temps de brouillard, par l’orientation qu’il faut donner au miroir pour l’entendre au mieux.
- commande des laminoirs par l’électricité, d’après MM. Koetgen et Ablelt (1).
- La commande des laminoirs par l’électricité permet de mesurer facilement les variations de leur travail pendant leurs passes au moyen d’un ampèremètre gradué en chevaux ou en kilowatts et la puissance exigée par équipe ou par jour par un intégro-mètre. Les diagrammes (fig. 25 et 26) relatifs au laminage d’une tôle, ont été obtenus
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- Me&rv foirer 36 S jTKT
- Sans
- résistance
- intercalée.
- Avec la résistance maxima.
- Fig. 25 et 26.
- ainsi. On peut aussi se rendre compte, par ces relevés journaliers, du nombre de kilowatts-heure exigés par tonne de lingot transformé en rails, fers à T, cornières, tôles... nombre qui varie suivant la section et le poids du lingot, et le profil du fer, cette énergie est, par exemple, de 136 kilowatts-heure par tonne d’un fer à T de 42mm,5 X 30mm,4 tiré d’un lingot de 130 X 130, d’un poids de 50 kilos, et de 38 kw,3 pour une barre de 30 millimètres de diamètre, tirée d’une billette de lm,330 X 130.
- Ces constatations permettent de déterminer la puissance exigée par un laminoir à installer. C’est ainsi que, si l’on a constaté qu’il faut, par exemple, dépenser 41,8 kilowatts-heure par tonne pour le laminage d’un rail de 12 kilos au mètre, tiré de billettes de 130 X 145 millimètres, et pesant de 250 à 340 kilos, avec une production de 135 tonnes par jour, on voit que ce laminoir exigera, par journée de dix heures, une énergie de 5 640 kilowatts-heure, avec une puissance moyenne de 564 kilowatts à sa dynamo, soit, en tenant compte de son rendement, d’environ 700 chevaux-, et, en réalité, en raison des inégalités de la résistance du laminoir, un moteur de 1 200 che-
- (1) Iron and Sleel Instilule et Engineering, 30 octobre 1908.
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- 1386
- , NOTES DE MÉCANIQUE. ---- NOVEMBRE 1908.
- \ vaux. On voit, en effet, d’après le diagramme ûg. 26, se rapportant à un laminoir à tôles, que la puissance maxima exigée du moteur a été de 650 kilowatts, pour une puissance moyenne de 368 kilowatts, ou de 810 chevaux pour une moyenne de 460.
- L’emploi des volants permet de réduire considérablement ces variations du travail du moteur à la condition que la dynamo ralentisse au moment de la résistance maxima du laminoir de manière à permettre au volant de l’aider au mieux de sa force vive.
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- Fig. 27.
- Ce ralentissement s’obtient, avec les dynamos à courant continu, par un enroulement compound et avec les triphasées par l’introduction, dans le circuit du rotor, d’une résistance augmentant son glissement, comme on le voit en figures 25 et 26.
- Les figures 27 AB C D E se rapportent à un moteur de 1 200 chevaux triphasé directement accouplé sur un laminoir trio pour rails de faible section, avec un volant d’un moment d’inertie de 17,5 mètres-tonne. En figuré E, le tracé pointillé est la reproduction de celui A, tandis que le tracé plein donne la puissance totale réellement absorbée par le laminoir, obtenue en ajoutant ou retranchant l’énergie cédée ou absorbée par le volant, suivant le tracé D. On voit que, dans,ce cas, le volant a permis
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- COMMANDE DE LAMINOIRS PAR L’ÉLECTRICITÉ. 1387
- de réduire de 1 980 à 1 200 chevaux la puissance maxima à exiger du moteur, avec des variations de vitesses extrêmes de 163 à 152 tours, ou de 7 p. 100 seulement.
- L intervention du volant est particulièrement efficace lorsque la résistance maxima du laminoir ne dure que très peu de temps; lorsque cette durée se prolonge, comme dans certains dégrossisseurs où les passes durent plusieurs minutes, il est presque impossible d’obtenir une égalisation utile avec des volants même très lourds. Parfois aussi, les passes se succèdent avec une telle rapidité que le volant n’a pas, entre elles, le temps d’accumuler l’énergie nécessaire à une bonne régularisation, de sorte que la vitesse se ralentit graduellement jusqu’à la reprise de passes moins chargées. Le volant doit pouvoir atténuer non seulement les variations de chaque passe, mais récupérer toute l’énergie qu’il a dû céder pendant les ralentissements, comme pendant les passes 1 à 5 du tracé B (fig. 27) du dégrossissage, dont les variations d’énergie sont données au tableau ci-dessous.
- Énergie
- Tours par minute. en chevaux-seconde Différences b — a.
- fournie regagnée
- par le volant par le volant
- Numéros au eommemcnt à la fin pendant entre
- des passes. des passes. des passes. la passe a. les passes b.
- Dégrossissage.
- 1 . . 163 159 1 700 300 » — 1400
- 2 . . 160 157 1150 200 »> 950
- 3 . . 157,5 154 1 450 650 »> 800
- 4 . . 155,8 153 1100 200 » 900
- 5 . . 153,6 152 600 2 950 + 2 350 »
- 6 . . 159 156,5 1 050 1 450 2 350 900
- Finissage.
- 1 . . 160 157 1 300 750 »> — 550
- 2 . . 159 158 200 750 + 550 »
- 3 . . 160,3 159 300 650 350 »
- 4 . . 160,5 159,5 450 950 500 »
- 5 . . 162 » >; » » »)
- On voit, d’après ce tableau, que si, pendant la passe la plus dure, le volant n’eut à restituer que 1 700 chevaux-seconde, il a dû, pendant les 5 passes du dégrossissage, en raison'de la diminution de sa vitesse, céder 4 050 chevaux-seconde à cause de l’impossibilité de reprendre sa vitesse entre les passes, Comme la puissance du volant est proportionnelle au carré de sa vitesse, on conçoit que, si cette vitesse vient à diminuer notablement avant le passage d’une passe dure, il ne puisse l’effectuer qu’en perdant encore une fraction considérable de sa vitesse, de sorte qu’il importe d éviter les grandes chutes de vitesse à la suite de passes trop rapprochées.
- Avec les dynamos triphasés dont on fait varier la vitesse par des résistances dans le circuit du rotor, cette introduction entraîne une perte de puissance correspondante , cette perte ne se produit pas avec les dynamos compound à courant continu qui, en conséquence, permettent des variations de vitesse plus grandes avec un volant moins lourd. La résistance à introduire utilement dans le circuit des tiiphasés se détermine en tenant compte à la fois de la perte de travail et du surcroît de prix du volant qu’elles entraînent, surcroît d’autant plus grand que la résistance est plus grande. Quant à l’introduction automatique de ces résistances dès que 1 intensité
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- 1388 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ NOVEMBRE 1908.
- du courant dépasse une certaine limite, elle ne procure qu’une économie tout à fait insignifiante en pratique dès que les variations de puissance sont fréquentes et considérables, mais elle peut être au contraire très utile si elle se borne, avec une prise de courant sur une distribution générale, à empêcher l’intensité au moteur de dépasser une limite dangereuse ; elle permet en outre au volant de reprendre plus rapidement sa vitesse pendant les périodes de travail réduit.
- Presque toujours, le remplacement de sa machine à vapeur par une dynamo augmente la production du laminoir parce que sa vitesse reste sensiblement invariable quel que soit son travail. C’est ainsi que la production du laminoir à rails auquel se
- Fig. 28.
- Fig. 29.
- rapportent les figures 27, a pu passer de 100 à 150 tonnes par jour; sa vitesse a passé de 100 à 140 tours par minute et, néanmoins, l’enlèvement des rails se faisait beaucoup plus facilement à cette grande vitesse en raison de sa régularité, et ce, au point que les lamineurs, qui étaient payés aux pièces, firent porter la vitesse à 163 tours. Dans les passes très dures, la machine àrvapeur s’arrêtait presque, tandis que la vitesse de la dynamo variait d’à peine 10 p. 100. Cette régularité tient à la plus grande élasticité de la dynamo, sensible aux moindres variations de travail, et dont la puissance passe sans grande diminution de rendement, par exemple, de 700 à 2 000 chevaux pour une moyenne de 1 000. Dans une machine à vapeur, il faut au moins, et quelle que soit la vivacité de son régulateur, un intervalle d’un tour pour qu’elle arrive à donner, dès l’entrée du lingot, sa puissance maxima, tandis que la dynamo prend immédiatement sa surcharge de 180 p. 100.
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- LAMINOIR LAMBERTON.
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- Les dynamos à entrefer très réduit, comme les triphasés, doivent, pour atténuer l’usure de leurs paliers, attaquer le laminoir par un accouplement flexible. Dans le type (flg. 28), la puissance se transmet par des tiges d’acier coniques A, solidement fixées au plateau B, et à joints sphériques sur C, avec support intermédiaire en D. Ces accouplements peuvent supporter, sur des trains réversibles, des variations de puissances passant presque instantanément de 0 à 6 000 chevaux. Dans le type flg. 29, les boulons de l’accouplement attaquent le plateau A par des garnitures en cuir. Ces deux types d’accouplement présentent l’avantage d’un retraitfacile des tiges et boulons coniques, ce qui permet d’enlever la dynamo verticalement sans être obligé de la glisser.
- Pour la commande de certains laminoirs, tels que les réversibles à billettes, dont les à-coups incessants passent par des valeurs extrêmes de zéro à la puissance maxiina, de 10 000 chevaux par exemple, on ne peut guère songer à régulariser l’action des moteurs du laminoir par l’introduction de rhéostats directement montés sur le circuit, et qui absorberaient une puissance énorme, abaissant d’autant le rendement du système, sans compter les à-coups correspondants sur le régime de la station centrale et de l’ensemble de son circuit. Aussi, a-t-on recours à des commandes indirectes par transformateurs égalisateurs, tels, par exemple, que celui d’Ilgner, fréquemment employé sur les machines d’extraction électriques, également soumises à de grandes variations (1).
- Ce système consiste, en principe, à faire commander le laminoir par une ou plusieurs dynamos à courant continu A, qui reçoivent leur électricité, non pas du circuit général même, mais d’une autre dynamo B, commandée par une troisième dynamo C, triphasée ou autre, rebée à ce circuit. Entre les dynamos B et C, se trouve monté le volant, et le réglage de la dynamo A s’opère en faisant, au moyen d’un petit rhéostat d’excitation bien à la main du lamineur, varier le voltage aux bornes de son induit suivant l’allure du laminoir. La position du levier de ce rhéostat détermine, à chaque instant, en sens et en grandeur, la vitesse de la dynamo A et du laminoir. Quant au transformateur moteur B-G, son réglage se fait automatiquement par un rhéostat commandé par l’intensité du courant dans le stator de son moteur C, et qui, dès que cette intensité dépasse la valeur moyenne prévue, y introduit des résistances, en laissant au volant la tâche de fournir à la dynamo B l’excès de puissance nécessaire pour franchir la passe ; puis, lorsque la résistance du laminoir diminue, et que l’intensité du courant baisse d’autant en C, le rhéostat de C rétablit cette intensité à sa valeur moyenne, de sorte que G reprend sa vitesse normale, ainsi que le volant, dans lequel s’emmagasine la force vive nécessaire pour le prochain à-coup. On peut ainsi arriver à conduire ces laminoirs avec des variations de vitesses ne dépassant pas 15 à 20 p. 100, et d’une façon très avantageuse, surtout si l’on règle les passes de manière que leur résistance, mais non, bien entendu, leur travail, reste sensiblement constante pendant toute h durée d’un laminage (1).
- laminoir a toles Lamberlon (2).
- Ainsi que le montrent les figures 30 et 31, le principe de ce laminoir consiste à remplacer le trio ou les deux trains duo réversibles ordinaires disposés dans le prolonge-
- (1) Voir Engineering, 10 mai 1907, p. 627, le mémoire de M. Selby « Electric power in iron and Steel works » et American Machinist, 23 janvier 1908, la description du laminoir de l’Illinois Steel G° à Chicago.
- (2) Brevet anglais 8 415 de 1906. Iron and Sleel Instituée, 14 mai 1908 et Engineering, 15 mai, Mémoire de M. Lamberton.
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- Fig. 30. — Laminoir Lamberton vu parkbout,
- Fig. 31. — Laminoir Lamberton, plan.
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- LAMINOIR LAMBERTON.
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- ment l'un de l’autre par deux duos en tandem et non réversibles, le dégrossisseur C D un peu au-dessous du finisseur A B, conjugués par les engrenages G DH K, et avec réglages NM.
- On commence par passer le lingot au dégrossisseur CD, les cylindres du finisseur AB étant écartés pour laisser passer librement la tôle et les chemins O se soulevant
- Fig. 32. — Laminoir Lamberton des aciéries de Wishaw.
- alternativement pour la renvoyer, puis on desserre CD, serre les cylindres A et B, et opère le finissage comme précédemment le dégrossissage.
- La figure 32 représente un de ces laminoirs installé aux forges de Glasgow, à Wishaw, commandé par une machine compound horizontale-verticale à cylindres de 1m,07 X lm,70 X lm,W de course, pression d’admission onze kilos avec condensation centrale au vide de 620 millimètres. Le renversement de la marche se fait en
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- manœuvrant par un seul levier les soupapes d’admission des deux cylindres, leur fermeture simultanée provoquant une compression qui accélère ce renversement. Les cylindres du laminoir ont 760 X 1111,9S de table, et leurs transmissions sont telles que les finisseurs marchentde 15 p. 100 plus vite que les dégrossisseurs. On peut, avec ce laminoir, laminer en deux minutes une tôle de 125 X 760 X 0U1“,5 et en produire 400 tonnes en 10heures; on en produirait,aussi en 10 heures, 130 tonnes de 125 X 760 X 4inm,7. en partant de lingots de 100 à 115 millimètres de côté et de 750 kilogrammes.
- Les avantages de ce type de laminoir sont de simplifier les mécanismes et le travail, notamment le travail des finisseurs, dont les surfaces se conservent mieux, d’accélérer la production, en même temps qu’on égalise les travaux pendant le finissage et le dégrossissage, et enfin de diminuer l’encombrement par exemple de 21m,35 à 12m,80 dans le cas du laminoir de Wishaw.
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- PROCÈS-VERBAUX
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 23 OCTOBRE 1908
- Présidence de M. Gruner, président.
- M. le Président fait part des pertes éprouvées par la Société d’Encourage-ment pendant ses vacances.
- Au cours des vacances qui viennent de finir, notre Société a perdu deux des membres les plus éminents de son Conseil qui, tous deux, appartenaient au Comité des Arts économiques.
- Mascart et Henri Becquerel ont siégé l’un pendant vingt-cinq et l’autre pendant vingt-deux ans dans ce Comité, auquel ont appartenu déjà tant de physiciens illustres.
- Peu de nos collègues ont pris une part plus active que Mascart à la vie de notre Société, qu’il a présidée de 1895 à 1897.
- Une notice spéciale vous dira en détail ce qu’a été l’œuvre scientifique de ce travailleur infatigable, fils de ses œuvres dans la plus belle acception du mot, qui perfectionna l’étude du spectre et poursuivit de patientes recherches sur la réfraction et la dispersion dans les gaz, qui fut l’un des organisateurs les plus actifs du Congrès d’électricité de 1888, et, depuis lors, l’un des membres les plus infatigables du Congrès international d’électriciens.
- Directeur pendant de longues années du Bureau central météorologique, il contribua grandement à l’organisation du vaste réseau des stations météorologiques.
- Appelé successivement à présider des commissions techniques les plus diverses, il donna partout l’impulsion la plus vive aux travaux, qu’il s’agit du Comité consultatif des Arts et Manufactures, de la Commission des substances explosives au ministère de la Guerre, du Comité international des Poids et Mesures. A la Compagnie des Mines de la Grand’Combe, qu’il présida pendant de longues années, il laisse également la trace de son passage par l’impulsion donnée aux applications de l’électricité à l’art des Mines.
- Esprit net et précis, Mascart intervenait souvent dans les discussions au sein de notre Conseil, et ses observations ont bien des fois fait apparaître la solution la plus heureuse et la plus opportune.
- Tome HO. — Novembre 1908.
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1908.
- Notre Société eût voulu pouvoir dire un dernier adieu à son ancien président sur sa tombe. Nous avons dû nous incliner devant sa volonté fermement exprimée.
- Aujourd’hui au moins, nous tenons à envoyer un souvenir ému à la mémoire do ce savant infatigable, qui fut l’un des présidents les plus actifs de notre Société.
- C’est en pleine jeunesse qu’Henri Becquerel, nommé quelques semaines auparavant secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, était enlevé à l’affection des siens.
- L’œuvre accomplie au cours des dernières années par l’illustre savant faisait espérer beaucoup de la continuation de ses travaux.
- Pourquoi faut-il que notre pays ait eu à déplorer, à si peu de mois de distance, la disparition, en pleine force, de savants tels que Becquerel, que Curie, que Moissan.
- Absorbé par tant de travaux et de recherches, Henri Becquerel ne prit qu’une part restreinte aux travaux de notre Société, qu’avait présidée son illustre père ; mais notre Comité des Arts économiques n’en était pas moins fier de le compter au nombre de ses membres, et nous pouvions espérer qu’un jour’ viendrait où quelque circonstance nous procurerait une collaboration plus active. Sa disparition est une perte immense pour la science française, alors qu’il poursuivait l’élude de ces radiations dont on n’entrevoit encore qu’au travers de bien des nuages l’origine et les effets.
- Parmi nos membres, nous avons perdu M. Canet, dont vous connaissez tous la brillante carrière et M. A. Cochot, ingénieur mécanicien, — le plus ancien membre à vie de notre Société — dont le nom ne quittera pas notre annuaire car son fils, M. G. Cochot, va se présenter dans un instant à vos suffrages.
- J’ai enfin le regret de vous annoncer la mort de M. Joseph Million, ancien concierge de notre hôtel, et qui, pendant vingt-deux ans, a été, pour notre Société, un fidèle et dévoué serviteur.
- M. Baldenberger, à Saint-Dié (Vosges), dépose un pli cacheté intitulé appareil à mouvement automatique.
- MM. Armengaud et Hersent remercient le Conseil de leurs nominations comme membre du Conseil et membre correspondant.
- Rapports des secrétaires :
- M. Hitier
- Parmi les ouvrages offerts à notre Société, je vous signalerai :
- 1. Traité de la culture fruitière bourgeoise (et commerciale par Charles Baltet,
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- PROCÈS-VERBAUX.
- NOVEMBRE 1908.
- 1395
- 4e édition, 1er vol., in-12 de 726 pages avec 501 figures dans le texte (Masson et Cie, éditeur).
- Cette cinquième édition,, entièrement refondue et augmentée, trouvera auprès du public le succès des précédentes éditions publiées par le savant horticulteur qu’est M. Baltet.
- 2. Les Radiations des corps minéraux : Recherche des mines et des sources par leurs radiations, par M. Magis (Dunod et E. Pinat, éditeurs).
- 3. Captage, évacuation et utilisation des poussières industrielles, par Marcel Frois, ingénieur civil des Mines, inspecteur du travail dans l’Industrie (Paris, Société d’éditions techniques).
- M. Marcel Frois, par ses études antérieures, par sa situation personnelle, était tout à fait à même de traiter cette question si complexe de l’hygiène industrielle : le captage des poussières. Après avoir présenté, au début de son ouvrage un exposé théorique du problème à résoudre et rappelé, sur les ventilations notamment, des notions précises, M. Frois aborde le domaine de la pratique en s’attachant avant tout à décrire les procédés qu’il a pu examiner à loisir ou étudier lui-même de près, mettant en évidence tous les perfectionnements réalisés ou susceptibles de l’être.
- Enfin M. Frois a pris soin de signaler la façon de mettre en valeur les poussières et déchets dont on a pu débarrasser les locaux de travail, ce qui fait qu’en résumé, comme le dit M. Paul Razous dans sa préface, les constructeurs, les ingénieurs et directeurs d’usine, les inspecteurs du travail, les inspecteurs des établissements classés et tous ceux que préoccupe l’hygiène trouveront dans l’ouvrage de M. Frois un guide précieux, qu’ils consulteront souvent avec fruit, et dans lequel ils glaneront toujours avec profit.
- Introduction à l’étude des matières grasses, Exposé et examen des principales méthodes
- d’analyse, par M. Georges Bouchard. In-8° de lit p. Paris, H. Dunod et E. Pinat,
- 1908. M. Garçon a bien voulu rédiger sur cet ouvrage la note suivante :
- M. Georges Bouchard, fabricant de savons à Dijon, docteur ès sciences physiques de l’Université de Grenoble, constate avec la plus grande justesse, au début de sa préface, que tout travail de chimie expérimentale se fonde avant tout sur des données de chimie analytique. Mais la chimie analytique des matières grasses est particulièrement éloignée de présenter les caractères d’une technique sûre ; car l’on est loin de savoir séparer ou même doser leurs constituants immédiats, ou même isoler quantitativement les divers acides gras. Les travaux fort nombreux publiés à ce sujet sont contradictoires, et en général leurs auteurs seuls se déclarent satisfaits des résultats qu’ils obtiennent. Gela tient surtout à ce que les méthodes de séparation sont presque toujours conçues et étudiées pour des cas particuliers, et ne sont pas susceptibles d’être généralisées.
- Pour faciliter les recherches qui doivent 'amener la solution du problème, M. Georges Bouchard s’est donné comme but de mettre de l’ordre dans les méthodes proposées pour l’analyse des matières grasses ; et nous trouvons dans son ouvrage le résultat des essais qu’il a poursuivis sur les indices de saponification des acides gras, sur le dosage de la glycérine, sur le caractère illusoire des méthodes proposées jus-
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- qu’à ce jour pour doser les anhydrides et les lactones, sur la séparation par la méthode de Twitchell des résines d’avec les acides gras, etc. On ressent une impression bien agréable à voir un industriel doublé d’un savant analyste poursuivre ainsi le but de « dégager de tout un amas de procédés surannés, de réactions douteuses, de monographies partout reproduites, un petit nombre de connaissances importantes et de procédés généraux d’analyse ». CJne bibliographie étendue, pp. 89 à 109, portant seulement sur la détermination des principes constitutifs des matières grasses, termine cette intéressante thèse.
- Enfin, voici un ouvrage de notre éminent collègue, M. Henry Le Ghatelier, sur lequel vous me permettrez d’appeler toute votre attention.
- Leçons sur le carbone, la combustion, les lois classiques professées à la Faculté des Sciences de Paris (Paris, Dunod et Pinet, éditeurs; A. Hermann, éditeur).
- Cet ouvrage marquera une date dans l’enseignement de la chimie parce que, dans ses leçons sur le carbone, M.H. Le Chateber a modifié profondément la méthode suivie dans les ouvrages classiques d’enseignement. Dans la préface de son ouvrage, M. H. Le Ghatelier indique précisément les raisons qui l’ont conduit à s’écarter systématiquement des traditions établies, pourquoi il fait, par exemple, la part si grande aux lois de la Mécanique classique, qu’ « il met en évidence à l’occasion de chaque réaction chimique, de chaque méthode d’analyse décrite de façon à les infuser au lecteur à son insu et même malgré lui ».
- M. H. Le Chatelier, dans cette même préface, explique comment la préoccupation d’enseigner la chimie comme science industrielle a été le point de départ aussi de modifications dans l’exposé classique de la chimie :
- « L’enseignement supérieur des sciences n’a plus aujourd’hui exclusivement pour but de former de futurs professeurs, la grande majorité des élèves des facultés des sciences occuperont plus tard dans la vie des positions tout à fait étrangères à l’enseignement ; il y aura des médecins, des agriculteurs, des industriels, même des rentiers. L’enseignement donné dans les universités doit donc être orienté de façon à mettre leurs élèves à même de s’acquitter au mieux, tant au point de Ame de leur intérêt personnel que de celui de leur pays, des fonctions qu’ils auront à remplir. »
- M. Toulon.
- Notre bibliothèque s’est enrichie depuis notre dernière séance d’assez nombreux ouvrages.
- Cinq d’entre eux concernent l’électricité. Ce sont les suivants :
- La téléphonie et la télégraphie sans fil, par A. Bertiiier, ingénieur. Librairie Dunod.
- G’est un exposé complet de cette question tout à fait actuelle; l’ouvrage contient les recherches et les études les plus récentes qui ouvrent la \mie à de nouveaux progrès.
- L’accumulateur au plomb, par Georges Rosset, ingénieur A. M. 1908.
- Librairie Gh. Béranger.
- M. Georges Rasset a fait une monographie de tout ce qui se rapporte aux accumulateurs. G’est une œuvre des plus utiles, et qui précise et définit le rôle et l’avenir de ces appareils. . .
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- Générateurs électriques à courant continu, Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908, par
- Henry M. Hobart et F. Aciiard, ingénieur à la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Cet ouvrage contient des données pratiques et des applications variées de la théorie à la construction des générateurs à courant continu. A titre d’exemple, les auteurs donnent les calculs détaillés de dix-huit générateurs de types variés. Ce sont des données précieuses et des renseignements fort utiles pour guider l’ingénieur et le constructeur dans l’établissement des dynamos à courant continu.
- L’ouvrier électricien, guide manuel pratique, par H. de Graffigny, 3° édition.
- Paris, H. Desforges, 1909.
- La télégraphie sans fil et la télémécanique, par Monier, 3e édition.
- Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- C’est la 3e édition de ces deux ouvrages qui, sous forme de manuels de petite dimension, résument d’utiles renseignements.
- Quatre des ouvrages reçus à notre bibliothèque sont relatifs aux diverses applications de la vapeur.
- La vapeur d’eau surchauffée, par Marcuis, professeur à Bordeaux. Lithographié.
- Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- L’ouvrage de M. Marchis est le résumé autographié des leçons très complètes qu’il a professées à Bordeaux sur l’intéressante question de l’emploi de la surchauffe dans les machines à vapeur. L’auteur, après un exposé des propriétés de la vapeur surchauffée, indique les divers modes de construction des surchauffeurs et en discute les avantages et les inconvénients. Un chapitre spécial est consacré aux locomotives. Dans un dernier chapitre sont donnés les résultats de divers essais. Les conclusions de l’ouvrage permettent de déterminer quelles sont les conditions qui justifient l’emploi de la surchauffe et les limites du profit qui peut être ainsi obtenu.
- Locomotives à vapeur, par Nadal, ingénieur en chef des Mines, ingénieur en chef
- adjoint du matériel et de la traction aux chemins de fer de l’État. In Encyclopédie
- Scientifique du Dr Toulouse. Paris, O. Doin, 1908.
- Ce manuel résume toutes les notions essentielles sur les locomotives à vapeur; il fait partie de l’encyclopédie du docteur Toulouse, et vient accroître la valeur de cette utile collection.
- La machine locomotive, par Sauvage, ingénieur en chef des Mines.
- Paris, Ch. Béranger, 1908.
- C’est la 5e édition de l’ouvrage si connu et si apprécié de notre savant collègue M. Sauvage.
- Les Turbines à vapeur marines, par J. W. Sothern, de Glasgow.
- Traduction de Izart, ingénieur civil des Mines. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Les turbines à vapeur ont pris un essor considérable depuis peu d’années. En particulier les applications maritimes se développent avec une rapidité remarquable. Les
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- premiers essais de Parsons, sur un modeste bâtiment de 30 mètres, la Turbinia, datent de moins de quinze ans. Aujourd’hui les turbines sont employées sur des navires géants tels que Lusitania et Maureiania, avec une machinerie de 80 000 chevaux de puissance.
- L’ouvrage de M. Sothern traduit de l’anglais par M. Izart, est donc tout à fait d’actualité. Le traducteur a complété l’œuvre par des données intéressantes sur les nouvelles turbines marines, notamment les turbines Rateau et Curtis.
- Les auteurs ont tenu à rester dans le domaine pratique et s’adressent particulièrement aux mécaniciens de la marine et aux ingénieurs des constructions navales ; ce volume est une introduction précieuse aux traités généraux sur la turbine à vapeur, tels que l’ouvrage de Stodola.
- Sur l’aviation et l’aéronautique, deux ouvrages nous ont été adressés :
- Le problème de l’aviation, par Armengaud jeune. Paris, Ch. Delagrave, 1908.
- M. Armengaud jeune nous a vivement intéressés dans la communication qu’il nous a faite sur le passionnant problème de l’aviation; nous le remercions de nous avoir adressé l’ouvrage illustré qu’il a publié sur cette question et qui résume les données théoriques et les résultats acquis jusqu’à ce jour.
- Procès-verbaux de la session de la Commission permanente internationale d’aéronautique, à Bruxelles en 1907. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- . Ces procès-verbaux contiennent divers mémoires sur les divers problèmes dont la solution est recherchée dans l’aéronautique.
- Divers autres ouvrages nous sont parvenus :
- L’automobile et les armées modernes, par Étienne Taris.
- Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1908.
- Cet ouvrage traite l’importante question de l’emploi des automobiles dans les armées modernes. Il y a là une application qui paraît appelée à se développer et précieuse pour l’avenir de cette industrie.
- Chauffage des habitations, par Debesson. Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1908.
- Le chauffage des habitations intéresse l’hygiène et préoccupe à bon droit les constructeurs. En particulier, les systèmes de chauffage en commun reçoivent des applications sans cesse plus nombreuses : M. Debesson, dans un ouvrage très étendu, traite cette question d’une manière complète et fournit aux architectes et aux ingénieurs des renseignements et des données très utiles.
- La construction en béton armé, par Kersten, professeur à Berlin, 2e partie.
- Traduit par Poinsignon, ingénieur E.C.I. Paris, Gauthier-Villars, 1908.
- Cet ouvrage vient ajouter de nouveaux renseignements sur les diverses applications du béton armé dans les genres de construction les plus variés.
- M. Lindet. — Le livre que j’ai l’honneur de présenter à la Société de la part de M. Boullanger, fait partie de l’encyclopédie agricole publiée sous la direction de M. Wéry. Les circonstances dans lesquelles ce livre a vu le jour sont les meilleures garanties de sa valeur scientifique et pratique. Il y a quelques années, en effet, M. Boullanger écrivit pour cette encyclopédie un livre intitulé: Industries agricoles de
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- fermentation. Ce livre eut un tel succès que les éditeurs décidèrent de le détripler, de le faire essaimer, pardonnez-moi cette comparaison, de façon que chaque essaim se rende chez les divers industriels où il pouvait avoir son maximum d’effet utile. Le premier de ces trois ouvrages, intitulé : Brasserie, a été déjà présenté à la Société en 1907. Voici le second, dont le titre est Distillerie agricole et industrielle; le troisième qui sera écrit par M. Warcollier, directeur de la station pomologique de Caen, traitera de la pomologie et de la cidrerie. Et voilà comment le public des lecteurs, qui est notre grand juge, sait apprécier un livre et solliciter des éditeurs son développement. On retrouve dans ce traité les qualités que nous avons eu déjà l’occasion de faire apprécier parla Société. Pour fabriquer l’alcool, il faut connaître la matière première, savoir par quel procédé chimique et microbiologique on la transforme; M. Boullanger, qui est à la fois ingénieur agronome, chimiste et microbiologiste a pu, mieux que tout autre, exposer les procédés en usage dans les distilleries de betteraves, de mélasses, de grains et de pommes de terre.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- J’aurai bien des choses à vous dire sur les événements techniques qui se sont passés pendant ces trois mois de vacances, mais je ne veux pas abréger le temps que méritent les deux intéressantes communications que vous attendez, et vous trouverez d’ailleurs, dans les notes de mécanique du bulletin que vous recevrez en même temps que le compte rendu de cette séance, presque tout ce dont j’aurais pu vous entretenir aujourd’hui.
- Vous savez que, dans le domaine de la mécanique, ce trimestre s’est signalé par un événement des plus sensationnels: le succès inattendu et retentissant des aéroplanes (Blériot, Voisin, les frères Wright...) Ces essais ne sont pas encore terminés et vous sont d’ailleurs bien connus. Je ne vous en parlerai pas, parce je n’ai pas la compétence nécessaire pour cela et parce que je suis heureux de pouvoir vous annoncer que, le 11 décembre, M. le commandant Renard, dont vous connaissez tous le talent, la compétence et l'impartialité, nous fera sur ce sujet palpitant une conférence que vous ne manquerez pas de venir applaudir.
- Un autre sujet, moins excitant, mais aussi des plus importants est, comme vous le savez, la question du traitement des eaux d’égout et de leurs résidus : le sewage, comme disent les Anglais. C’est une question tout à fait à l’ordre du jour, urgente à solutionner pour bien des villes, Paris notamment, et sur lequel l’accord est loin d’être fait entre les docteurs du malade. Vous trouverez, dans les dernières années de notre bulletin, de nombreux et très intéressants travaux qui vous montrent bien toute la difficulté de ce problème. Je vous signalerai à ce propos un très remarquable travail : le cinquième rapport fait au gouvernement anglais par la Commission nommée pour l’étude de cette question, il y a une dizaine d’années, par la reine Victoria. Il serait impossible de résumer ici ce travail de 230 pages serrées, bourrées de faits, et dont les conclusions, comme il fallait s’y attendre, sont loin d’être générales et péremptoires en raison de l’extrême complication du sujet. C’est un travail que doivent consulter tous ceux qui s’occupent de cette question ; nous l’avons à notre bibliothèque, et ceux qui hésiteraient à en aborder la lecture in extenso en trouveront un excellent compte rendu dans 1 ' Engineer des 25, 29 septembre.et 16 octobre,
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- Je crois utile d’attirer tout spécialement votre attention sur un très remarquable mémoire de M. Waddell, publié dans le bulletin de Y American Society of civil t'ngi-neers sur l’emploi de l’acier au nickel dans la construction des ponts.
- Cet emploi n’est pas nouveau, mais le mémoire de M. Waddell, qui résume une enquête commencée en 1903 sur l’ensemble de la question, donne à ce sujet une foule de résultats d’expériences et de calcul permettant de spécifier nettement le métal qui convient à tel ou tel ouvrage, et des spécifications raisonnées de ces ouvrages, d’où il résulte, qu’au prix actuel des aciers,l’emploi de l’acier au nickel devient avantageux, même pour de petites portées de-10 mètres, et qu’il s’impose pour les grandes portées, en permettant, par exemple, d’établir une travée de 550 mètres au même prix qu’une de 180 avec l’acier ordinaire. Aussi n’a-t-on pas hésité à y recourir pour le grand pont suspendu en construction à Blackwell (New-York) en admettant, pour cet ouvrage, des charges de 27kff,l par millimètre carré au lieu de 17 kilogrammes avec les aciers ordinaires.
- 'Dans l’établissement de ses prix, M. Waddell a tenu compte, non seulement de la valeur marchande de l’acier au nickel, mais aussi de la plus grande difficulté de le travailler, et, afin de réduire au minimum cette difficulté, il spécifie, pour les tôles, une teneur limite de 3,5 p. 100 de nickel, tandis qu’il l’élève à 1,25 p. 100 pour les barres, avec une résistance à la rupture allant jusqu’à 90 kilogrammes par millimètre carré. Mais cette limite de 3,5 p. 100 de nickel, avec une résistance ne dépassant guère 80 kilogrammes, pourrait être dépassée avec des procédés d’usinage mieux entendus, notamment avec la suppression du poinçonnage des tôles remplacé par un forage au moyen de perceuses multiples, comme pour les tôles de chaudières. Ce perçage doit se faire avec des outils en acier auto-trempeur ou rapides, l’acier à outils ordinaire ne résistant pas au travail de rabotage et de perçage des tôles d’acier au nickel un peu dur. Au rabotage, la profondeur de la coupe doit être à peu près moitié de celle de l’acier ordinaire, et le poids de copeaux abattus par les outils pneumatiques est aussi, dans le même temps, moitié moindre. En moyenne, et pour les types de ponts usités aux États-Unis, les frais d’usinage et d’assemblage s’élèveraient, par kilogramme d’acier, à 9 centimes avec l’acier ordinaire au lieu de 10 cent. 5 avec l’acier au nickel, ce qui n’empêcherait pas, grâce à la diminution du poids de l’acier au nickel, de permettre de réaliser, par son emploi, des économies allant parfois jusqu’à 30 p. 100 du prix de l’ouvrage.
- Je ne puis vous en dire davantage sur le mémoire de M. Waddell tout de chiffres, diagrammes et tableaux, sinon qu’il renferme des résultats d’essais très curieux sur les colonnes et autres pièces chargées en bout, pour lesquelles l’acier au nickel présente de très notables avantages, tant que leur longueur ne dépasse pas une cinquantaine de fois leur rayon de gyration, et que son étude ne saurait être trop recommandée aux bâtisseurs de ponts.
- Voici une très curieuse application du ciment armé, qui n’est pas nouvelle, car les premiers essais de M. Gabellini datent de 1897, mais qui, après de nombreux succès, tend à se répandre et à entrer véritablement dans la pratique-; il s’agit dé la construction de bateaux en ciment armé, non encore, bien entendu, de grands navires, mais, par exemple, de bateaux de rivière de 100 à 150 tonneaux.
- L’armature en barres de fer de ces bateaux est recouverte d’une enveloppe en métal déployé destinée à solidariser les éléments de l’armature, à mieux y lier le ciment
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- et à augmenter l’élasticité de l’ensemble de manière à lui permettre de supporter mieux les chocs. C’est sur cette carcasse, à laquelle on donne facilement, et sans moules, les formes du navire, que l’on pose le ciment, qui se trouve ainsi emprisonné dans ses mailles, et à la surface duquel on donne un très beau poli. Cette coque en ciment armé, dont l’épaisseur est. d’environ 25 millimètres, ne pèse pas plus que sa pareille en bois ou en fer, coûte moins cher, et résiste parfaitement à l’eau de mer et aux eaux acides de certaines rivières.
- Encouragé par des essais des plus convaincants, le gouvernement italien vient de commander à M. Gabellini une demi-douzaine de bateaux en ciment armé, d’une centaine de tonneaux, avec doubles parois et cloisons étanches.
- On voit.immédiatement avec quelle rapidité ce système peut aussi s’appliquer à toute espèce de construction flottante : caissons, docks, pontons, et son inventeur songe même à l’appliquer à l’établissement des cuirasses constituées par des couches alternées de quadrillages en fer et ciment, qui économiseraient, d’après lui, à résistance égale aux projectiles, de 30 à 50 p. 100 du métal; mais ceci n’est encore qu’un projet (1).
- NOMINATIONS DE MEMBRES DE LA SOCLÉTÉ
- Sont nommés membres de la Société d’Encouragement :
- M. G. Cochot, ingénieur des Arts et Manufactures, à Paris, présenté par MM. Appert et Gruner.
- M. Pitaval Robert, ingénieur civil des mines, présenté par M. Bâclé.
- La Société des Produits azotés, présentée par MM. Hitier et Wèry:
- RAPPORTS DES COMITÉS
- M. Mesnager présente, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, un rapport sur les cheminées en ciment armé de la Société L. Monnoyer et fils, dont les conclusions sont adoptées.
- COMMUNICATIONS
- Sont présentées les communications de :
- M. Pellet sur l’hélice malaxeuse de MM. Mastain et Delfossc.
- M. Gabreau sur un conjoncteur disjoncteur.
- M. le Président remercie MM. Pellet et Gabreau de leurs intéressantes communications qui sont renvoyées aux Comités de Chimie et des Arts économiques.
- (1) Timei. Engineering, Supplément, 14 octobre.
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- SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1908
- Présidence de M. Grimer, président. Rapports des Secrétaires :
- M. Hitier.
- Messieurs,
- Grâce à l’activité et au dévouement de notre bibliothécaire, nous recevons de plus en plus d’ouvrages vraiment intéressants pour les travailleurs qui viennent, de plus en plus nombreux, chercher à la Société d’Encouragement les documents dont ils peuvent avoir besoin. Ces travailleurs, du reste, trouvent à notre bibliothèque non seulement les ouvrages, les revues, les articles spéciaux qu’il est difficile de se procurer dans d’autres bibliothèques, mais ils trouvent surtout, auprès de M. Richard et de M. Garçon, les renseignements les plus précieux qui leur facilitent leurs recherches et leur font éviter bien des pertes de temps.
- Le nombre des ouvrages que j’ai à vous présenter aujourd’hui est tel que vous me permettrez, pour beaucoup, une simple indication des titres avec le nom des éditeurs qui ont bien voulu en faire hommage à la bibliothèque de notre Société :
- Encyclopédie scientifique du docteur Toulouse. Paris, J.-B. Baillière et fils.
- Pierres et matériaux artificiels de construction, par M. Albert Granger.
- Chronométrie, par M. J. Andrade. ^
- L’eau dans l’industrie, par M. Georges Bourrey.
- L’Agriculture au XXe siècle. Paris, Lucien Laveur.
- Culture des plantes oléagineuses et textiles, par M. J. Fritsch.
- Le cheval de demi-sang. Races françaises, par M. Alfred Galtier.
- Le porc, races, élevage, maladies, par M. H.-L.-A. Blanchon.
- Leçons élémentaires de microbiologie, par M. Emm. Pozzi-Escot. Paris, Jules Rousset, 1909. "
- La ferrure de course, par M. Ed. Curot. Paris, Lucien Laveur, 1908.
- Encyclopédie industrielle, J.-B. Baillière et fils.
- Manuel pratique de galvanoplastie et de dépôts électro-chimiques, par M. André Brochet.
- Aux amateurs ou praticiens qui veulent se faire la main aux procédés de galvanr-plastie, aux industriels, le manuel de M. A. Brochet rendra les plus grands services, c’est notre éminent collègue M. A. Haller qui nous l’assure, ayant tenu à présenter lui-
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- même au grand public ce livre de M. A. Brochet, qui, du reste, possède une compétence toute spéciale en la matière. Le volume est divisé en six parties comprenant : la première, théories et généralités; la seconde, l’installation de l’atelier; la troisième, les dépôts électro-chimiques; la quatrième, la galvanoplastie; la cinquième, des éléments de chimie analytique et la sixième, enfin, la réglementation.
- Élevage des vers à soie sauvages, par M. E. André. Paris, Gustave Ficker.
- Cet ouvrage renferme, en outre des généralités sur l’élevage des chenilles produisant de la soie, des renseignements spéciaux sur chaque espèce : nourriture, époques d’éclosion, patrie, parasites, qualités de la soie, tentatives d’acclimatation, etc.
- Il s’adresse donc aux sériciculteurs, aux entomologistes, aux filateurs et à toutes les personnes qui s’intéressent aux progrès delà sériciculture.
- Le volume de 256 pages, format 17 x 25, est orné de 113 figures, dont 80 photogravures représentant, en grandeur naturelle, des papillons, cocons et chenilles séri-cigènes choisis dans la collection de l’auteur.
- Les gazons, par M. J. C. N. Forestier. Paris, Lucien Laveur, 1908.
- Ce petit ouvrage de notre confrère est l’œuvre, avant tout, d’un délicat artiste : en le parcourant, on comprend mieux quel rôle peut jouer le gazon pour embellir le grand parc comme le plus modeste jardin : c’est que le gazon, la pelouse est le canevas sur lequel sont réalisés tous les effets architecturaux et paysagers du jardin.
- Si quelques-uns s’arrêteront aux jolies gravures qui illustrent d’une façon si gracieuse et si saisissante l’ouvrage de M. Forestier, d’autres s’arrêteront en même temps à la lecture des pages que l’auteur consacre à rétablissement des gazons, à leur entretien, de façon à mettre à profit les excellents conseils donnés par M. Forestier.
- Air liquide, oxygène, azote, par M. Georges Claude.
- Paris, H. Dunod et G. Pinat, 1909.
- M. G. Claude est un spécialiste dans cette importante question, qu’il n’a cessé de travailler et de creuser, encouragé dans cette tâche ardue par des hommes tels que MM. Potier et d’Arsonval. L’ouvrage de M. G. Claude est essentiellement original en ce sens qu’on y trouve constamment l’exposé même des théories de l’auteur et les résultats pratiques auxquels il a abouti.
- Après l’avoir lu, on sent mieux la vérité de cette parole de M. d’Arsonval: « La liquéfaction industrielle de l’air n’est pas seulement une évolution scientifique, c’est aussi et surtout une révolution économique et sociale. »
- Annuaire pour l’an 1909 publié par le Bureau des longitudes.
- Paris, Gauthier-Villars.
- La librairie Gauthier-Villars (t>5, quai des Grands-Augustins) vient de publier, comme chaque année, 1 ’Aïinuciii'e du Buveau des Lonc/itudes pour 1909. Suivant 1 alternance adoptée, ce volume, de millésime pair, contient, outre les données astronomiques, des tableaux relatifs à la physique, à la chimie, à l’art de l’ingénieur. Cette année nous signalons tout spécialement les hotices de^ M. G. Bigourdan . Les étoiles
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- variables, et celle de M. Ch. Lallemand : Mouvements et déformations de la croûte terrestre, in-16 de plus de 950 pages avec figures et planches: 1 fr. 50 (franco, 1 fr. 85).
- Enfin voici une série d’ouvrages exlrêmement intéressants et pour lesquels AI. Garçon a bien voulu rédiger les notices ci-jointes.
- Code des. couleurs, par MM. Paul Klixcksieck et Tu. Valette. Paris, Paul Klinck-
- sieck, 1908 (Prix : 12 fr. 50).
- Les questions d’optique physiologique ont une importance que nous avons déjà fait ressortir longuement dans notre Bulletin, à propos du Répertoire de chromatique de Ch. Lacouture (n° de décembre 1904, pp. 1014-1016). Aussi est-ce plaisir que de signaler une addition à notre liste antérieure des ouvrages qui ont donné, ou plutôt qui ont essayé de donner des solutions pratiques aux problèmes des couleurs, toujours d’une actualité si vivante. Aux ouvrages de Grégoire, P. Syme, M. E. Clievreul, J. Sol, H. Helmholtz, O.-N. Rood, E. Guichard, A. Itosenstiehl, Ch. Henry, H.-W. Hake, Ch. Lacouture, Rob. Steinheil, Praug, d’Udine, M. Saget (dont notre bibliothèque possède quelques-uns), l’ouvrage de MAL Paul Klincksieck et Th. Valette vient dignement s’ajouter. L’un des auteurs est un savant naturaliste et l’autre occupe les fonctions mêmes que Chevreul a illustrées à la manufacture nationale des Gobelins. Les 720 échantillons de couleurs renfermés dans leur travail sont classés d’après la méthode de Chevreul simplifiée, et ils forment un code des couleurs à l’usage des naturalistes, artistes, commerçants et industriels. Il renferme, sur les 14 400 tons de Chevreul, 720 échantillons dont 600 à partir des trois couleurs simples et des trois couleurs binaires, c’est-à-dire les six couleurs du spectre, et 720 de tons clairs supplémentaires. A chacune des six couleurs fondamentales, correspondent quatre couleurs normales, intermédiaires, et, pour chacune d’elles, quatre autres couleurs éclaircies à moitié moins de couleur que la précédente, enfin, pour chacune de ces vingt couleurs quatre autres séries de vingt couleurs chacune qui représentent les rabattues de chacune des vingt couleurs additionnées de 10, 25, 75 et 100 de noir pour 1 000. Les tons clairs supplémentaires viennent obvier à la pauvreté de ce code en tons clairs et sont obtenus en prenant comme point de départ chaque rabattue à 25 p. 1 000 de noir, et en l’éclaircissant successivement. Chacune de ces couleurs est identifiée par un numéro d:ordre allant de 0 à 720. La réalisation de ces types a été faite sur papier, au moyen de produits dont nous regrettons l’absence d’indication par l’intermédiaire de couleurs à la colle, et les échantillons ont été reportés sur papier simili-japon. Bien entendu, l’ouvrage est accompagné d’une mirette.
- Nouveau manuel du fabricant de couleurs, par M. Cu. Coffignier, Paris, Bernard Tignol.
- M. Ch. Coffignier, directeur de l’usine des couleurs et vernis Astral, bien connu par son Manuel du fabricant de vernis et par ses études sur les vernis parues en ces dernières années, publie un nouveau Manuel du fabricant de couleurs. Il s’y est attaché surtout à traiter avec détails les couleurs véritablement commerciales.
- Une première partie examine les propriétés générales des couleurs et leurs procédés de' fabrication généraux. Deux chapitres plus nouveaux étudient les laques et les couleurs laquées.
- La seconde partie, consacrée à la fabrication spéciale des différentes couleurs, blanc, bleu,
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- rouge, jaune, vert, violet, brun, noir, fournit de nombreux détails sur deux couleurs* relativement nouvelles, le lithopone et le sulfure de zinc.
- Une troisième partie contient tout ce qui a trait à la prépaz’ation due à l’emploi des couleurs, des pastels, des couleurs pour l’aquarelle, etc.
- Guide pratique du chimiste et de l’essayeur, par M. L. Campredon. Paris, Ch. Béranger, 1909. (2e édition, augmentée. Prix : 30 francs.)
- C’est en 1897 que M. L. Campredon faisait paraître la première édition de ce guide renommé ; et une nouvelle édition augmentée paraît aujourd’hui avec la collaboration de son frère M. G. Campredon. Cette nouvelle édition est précédée d’un rapport sur cet ouvrage présenté par M. Ad. Carnot, à notre Société, et l’on sait que l’ouvrage a obtenu une de nos récompenses. La deuxième édition mérite encore davantage que la première les termes élogieux que M. Ad. Carnot lui consacrait. M. L. Campredon a réuni sous une excellente forme une série de renseignements utiles pour l’essai ou pour l’analyse des minerais et des métaux les plus usuels, des combustibles, des gaz de foyers, etc. Il donne la description d’un grand nombre d’appareils de laboratoires ; il signale les précautions à prendre, et souvent il ajoute aux détails déjà connus d’excellentes observations personnelles. Il s’attache d’ailleurs à décrire les procédés les plus satisfaisants, en les accompagnant d’observations directes utiles au chimiste praticien.
- Le plan général est resté. Après des données générales sur le prélèvement des échantillons, les appareils et les réactifs, les essais des combustibles, des gaz, des matières réfractaires, des eaux industrielles, le Guide traite de l’analyse des métaux en les donnant par ordre alphabétique et de celle des alliages. Il finit par quelques tableaux de données numériques et par un index bibliographique.
- Il est à noter que, dans cette nouvelle édition, tout ce qui concerne les essais qualitatifs a été éliminé. Par conséquent, les regrets que M. P. Mahler avait exprimés : que l’auteur n’ait pas traité la mesure des hautes températures, les épreuves à la corrosion et les méthodes micrographiques, n’ont pas eu de suite. L’ouvrage est un guide d’essais quantitatifs, et le meilleur que nous ayons pour les essais métallurgiques.
- Le fer.en Lorraine. Le sel en Lorraine, parM. E. Gréau. Paris, Berger-Levrault et Cie,
- 1908. (Prix : 5 francs et 3 fr. 50.)
- M. E. Gréau, directeur de la Banque de France à Nancy et membre correspondant de la Chambre de commerce de Meurthe-et-Moselle, a consacré deux monographies très développées à deux questions industrielles d’un intérêt tout particulier pour sa région. En effet, c’est le département de Meurthe-et-Moselle qui, en France, est incontestablement le plus favorisé eu égard à l’existence des minerais de fer, et la métallurgie de ce métal y a pris dans les dernières années un prodigieux développement. D’autre part, c’est aussi en Lorraine que se trouve le centre de gisements de sel gemme le plus important de France. La Lorraine était donc mieux quahfiée que toute autre région pour servir à l’étude que M. Gréau a faite de ces deux industries.
- Après avoir éclairé son sujet, le sel, de quelques indications bibhographiques fort intéressantes, M. Gréau lui consacre deux parties. Dans la première, le sel sous l'ancien régime, il passe en revue l’historique des principales sabnes, leur exploitation par monopole ou par ferme, la vente des produits, et finit pai un coup d oeil sui la
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- gabelle. — Dans la deuxième partie, l'exploitation moderne, il traite successivement de la découverte des mines de sel gemme, de leur exploitation par concession, du mode industriel d’exploitation, des divers emplois du sel, de la vente des produits.
- En ce qui concerne le fer, M. Gréau expose l’évolution de sa métallurgie. Après quelques indications bibliographiques et un rapide historique de cette métallurgie en général, il étudie le riche bassin minier de la Lorraine, les procédés d’extraction du minerai, les méthodes employées pour retirer du minerai le fer, la fonte et l’acier, et enfin les differents traitements que l’on fait subir à ces métaux pour les transformer en produits industriels, par corroyage, forgeage, laminage, tréfilerie, moulage ; il termine en exposant l’utilisation des déchets et la vente des produits, enfin le comptoir métallurgique de Longwy.
- Ces monographies ont une haute valeur, et les nombreuses gravures, les nombreux tableaux de statistique industrielle et commerciale, les cartes minières et métallurgiques qui accompagnent le texte, viennent lui donner un intérêt très grand d’utilisation pratique.
- M. Toulon.
- L’art de bâtir, par M. P. Planat. Cours de Constructions civiles. Paris, Librairie de La Construction moderne, 13, rue Bonaparte.
- M. Planat, directeur de la « Construction moderne », périodique bien connu des architectes, vient d’ajouter, aux volumes déjà parus et formant un cours de constructions civiles, un fort important ouvrage en cinq volumes intitulé :« l’Art de bâtir ».
- A la fin du xvm8 siècle, Rondelet, membre de l'Institut, le collaborateur de Soufflot à la construction du Panthéon, écrivait sous ce même titre : l’Art de bâtir, un vaste Traité où il résumait toutes les connaissances de son temps. L’œuvre de Rondelet est remarquable pour ses tendances scientifiques ; de nombreuses observations, d’utiles expériences lui avaient permis de formuler des règles pratiques dont plusieurs ont conservé leur intérêt et leur valeur.
- L’œuvre de M. Planat s’inspire d’idées analogues et développe en 5 volumes, comprenant dix-huit parties, les différentes questions relatives à tous les genres de constructions.
- Bibliothèque Omnia de L. Baudry de Saunier.
- Construction et réglage des moteurs à explosions, par M. Louis Lacoin.
- L’art de bien conduire une automobile, par M. L. Baudry de Saunier.
- L’allumage dans les moteurs à explosions, par M. L. Baudry de Saunier.
- Ces trois volumes, publiés par la Bibliothèque Omnia, se rapportent aux moteurs à explosion et à la conduite des automobiles.
- L’ouvrage de M. Louis Lacoin sur la construction et le réglage de ces moteurs, conçu dans un but pratique, entre dans les détails les plus complets sur les diverses parties de la machine. Cet ensemble de renseignements, bien exposés et discutés, montre quelles études importantes et nombreuses ont nécessitées les moteurs à. explosion pour parvenir au degré de perfection qui explique les rapides progrès de l’industrie automobile.
- M. Baudry de Saunier a écrit un ouvrage important sur l’allumage dans les moteurs à explosion. Ce volume, dû à un spécialiste des plus compétents, nous fait connaître
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- tous les détails d’une des opérations les plus délicates : l’allumage, qui exige des soins attentifs et des dispositions bien comprises pour éviter les mécomptes.
- Sous une forme moins savante, mais essentiellement pratique, le même auteur, dans son ouvrage sur l’art de bien conduire une automobile, donne de très utiles conseils à tous ceux qui sont appelés à diriger ces nouveaux véhicules ; il faut souhaiter que ces conseils soient écoutés et suivis.
- Traité théorique et pratique des brevets d’invention et de la contrefaçon, par M. Eugène
- Pouillet, 5e édition refondue par MM. André Taillefer et Charles Claro. Paris,
- Marchai et Billard, 1909.
- La cinquième édition du traité théorique et pratique des brevets d’invention et de la contrefaçon, par Eugène Pouillet, a été refondue et mise au courant par MM. Taillefer et Claro. C’est une œuvre très documentée et très complète, dont la place est marquée dans la bibliothèque de notre Société ; les inventeurs y trouveront de précieux conseils et de précieux renseignements pour défendre leurs intérêts et sauvegarder leurs droits.
- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Voici déjà bien longtemps (1869) que M. Warsop a proposé, pour améliorer le rendement des machines à vapeur sans condensation, des locomotives notamment, d’injecter dans la chaudière de l’air échauffé préalablement par sa compression et par son passage dans un serpentin en contact avec les gaz de la combustion (1). On espérait diminuer ainsi l’action condensante des parois sur la vapeur au point de regagner bien plus que le travail dépensé à la compression de l’air.
- Bien que les appareils de M. Warsop n’aient guère eu grand succès final (2) son idée vient d’être reprise, sous une forme un peu différente, par MM. Field et Morris, et appliquée sur quelques locomotives duNorthBritish Ry parla New Century Engine C°, de Londres (3). L’air comprimé par des compresseurs installés à l’avant de la locomotive est refoulé dans la vapeur pendant son passage au surchauffeur installé dans la boite à fumée, et, d’après des expériences et un service de deux ans sans interruption, les résultats seraient des plus satisfaisants, auraient procuré des économies de charbon de 15 à 20 p. 100. C’est un chiffre bien gros, que je vous donne sous toutes réserves, mais cette reprise d’une ancienne idée, avec toutefois la différence que l’injection d’air se fait dans la vapeur au surchauffeur et non dans la chaudière même, méritait néanmoins de vous être signalée. Il se peut en effet que cet air comprimé à une température plus élevée que celle de la vapeur en augmente économiquement la surchauffe.
- On sait que les mélanges d’air et de combustibles très divisés, comme les poussières de charbon, de farine ou de bois, peuvent, dans certaines circonstances, occasionner de très graves accidents en s’enflammant, à propos de presque rien, avec une
- (1) Couche, Matériel roulant, vol. VIII, p. 200..
- (2) Times, 3 février 1870, Institution of Mechanical Engineers, London, novembre 1870 et British Association, 1873, mémoires de M. Eaton.
- pî) The Engineer, 6 novembre, p. 49 i.
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- rapidité d’explosion (1). On a émis, à ce sujet, de nombreuses théories, plus ou moins contradictoires et toutes appuyées d’expériences les plus probantes, et la pratique se charge, de temps en temps, de montrer, par des catastrophes plus saisissantes encore, que le danger de ces poussières est bien plus grave qu’on ne le croit en général.
- C’est à ce titre que je vous signalerai l’explosion d’un élévateur à grains survenue, le 7 octobre dernier, à Richfort, aux États-Unis.
- Cet élévateur, d’une capacité de 210 000 hectolitres répartis dans 80 silos en bois, fît explosion, suivie d’un incendie général extrêmement violent ; l’explosion tua quinze personnes employées dans l’élévateur et deux femmes qui se trouvaient sur la voie du chemin de fer à côté des bâtiments ; elle détruisit complètement un grand magasin et le bâtiment des machines et chaudières, ainsi que des wagons du chemin de fer; des débris de la toiture furent projetés jusqu’à 800 mètres, et le terrain fut couvert de ruines dans un rayon de 30 mètres tout autour de l’élévateur.
- L’élévateur était rempli de grain nouveau et avait été soigneusement nettoyé de fond en comble, puis fréquemment en partie, en ayant soin de rejeter les balayures dans un local isolé dans un coin de l’élévateur. Dans un autre coin de l’élévateur, se trouvait un petit moulin d’essai avec deux cylindres et une paire de meules.L’explosion vint-elle de ce moulin ? D’après les témoins, il se serait produit deux explosions : une petite.* suivie d’une grande et de l’embrasement général une demi-minute après.
- Ce fut donc un sinistre terrible, à signaler aux propriétaires d'élévateurs et autres magasins à grains, et qui montre bi en la nécessité d’éviter rigoureusement toute cause d’incendie en un point quelconque de l’immeuble (2).
- Le transport du pétrole se fait, comme vous le savez, des puits aux raffineries et aux ports d’embarquement, en grande partie par des lignes de tuyaux ou « Pipe Lines » mais on ne se fait pas, en général, une idée juste de l’importance et du bon marché de ce mode de transport; voici, à ce sujet, quelques renseignements curieux, fournis par le Times du 4 novembre.
- Aux États-Unis, ces Pipe Lines ont débuté, en Pensylvanie, vers 1865, par de petits tuyaux de 25 millimètres de diamètre et de faible longueur, mais, en 1879, le diamètre des tuyaux atteignait 130 millimètres, et l’une de ces lignes, de Hilliard’s Mills à Cleve-land, avait 160 kilomètres et était alimentée par quatre stations avec pompes à vapeur. Actuellement, la ligne de Oklahoma à New-York, par Chicago, a 2 240 kilomètres, et l’énorme production de pétrole des États-Unis, qui s’élevait, en 1907, à environ 31 millions de mètres cubes, est, en très grande partie, transportée par des lignes de tuyaux.
- Les réseaux les plus importants de ces lignes appartiennent, cela va de soi, à la Standard Oil C°. Ses cinq lignes delà région des Apalaches à la mer débitent, à elles seules, environ 19 000 mètres cubes par jour. Le prix du transport des Apalaches à New-York, Baltimore, Philadelphie..., par ces lignes, ne dépasse guère trois cents par baril, ce qui, avec un amortissement en quatorze ans et un intérêt de 5 p. 100 sur le prix des lignes, porte le coût total du transport à onze cents par baril, soit à environ 3 francs le mètre cube. La longueur du réseau de lignes de la Standard Oil qui dessert les puits des Apalaches, de l’Indiana, de l’Illinois, est d’environ 65 000 kilomètres, ou; à 15 000 kilomètres près, deux fois le tour de la terre. Pour le pétrole que ne peuvent
- (1) Bulletin de février 1906, p. 216.
- (2) Engineering News, 22 octobre 1908, p. 444.
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- transporter ses lignes de tuyaux, la Standard Oil emploie un matériel spécial de 2 000 wagons-citernes.
- Les lignes secondaires sont en tuyaux de 50 à 100 millimètres de diamètre, posés à fleur du sol ou à une faible profondeur ou même sur des chevalets. Elles débouchent soit dans des réservoirs, soit directement dans les lignes principales de, souvent, 300 millimètres de diamètre, alimentées par des stations de pompes espacées de 50 à 110 kilomètres. La pose de ces tuyaux en fer ou en acier est toute une affaire de nivellements très précis et d’ajustage rigoureux, mais une ligne bien établie, et fonctionnant sous une pression ne dépassant pas soixante-dix atmosphères, peut durer vingt-cinq ans. On a avantage à augmenter le plus possible leur diamètre parce que leur débit croît, à pression effective ou charge égale, comme la puissance 5/2 du diamètre, c’est-à-dire plus vite que proportionnellement à la section, en raison de la diminution du frottement avec le diamètre, et vous savez comment On peut réduire encore ce frottement par l’emploi de tuyaux rayés (1).
- Ces Pipe Lines ne se rencontrent pas seulement aux États-Unis ; on les retrouve dans toutes les grandes exploitations de pétrole, notamment dans la région de Bakou, dont l’une des lignes, qui franchit le Caucase, a une longueur de 960 kilomètres. Elles procurent, toutes les fois que le débit des puits en vaut la peine, le mode de transport le plus sûr et le plus économique du pétrole.
- Vous connaissez toutes les perforatrices classiques à percussion employées dans les mines, tunnels, carrières... et dont le principe consiste à lancer contre la pierre une masse considérable constituée par le fleuret percutant et son piston. L’importance de cette masse entraîne, pour en supporter les réactions, l’obligation de donner à ces perforatrices une masse correspondante, de les établir, elles et leurs supports, d'une solidité, d’un poids et d’un encombrement tels que leur maniement est difficile et pénible. C’estpour éviter ces inconvénients que l’on a, depuis quelques années, cherché à remplacer ces perforatrices par des marteaux perforateurs construits sur le principe des burins pneumatiques, et qui consiste, comme vous le savez (1), à frapper d’une petite masse vibrante, non pas directement la matière que l’on attaque, mais l’extrémité du fleuret dont le tranchant est simplement appuyé sur cette matière, et l’on est arrivé à réaliser ainsi des sortes de perforatrices beaucoup plus légères et maniables (types d’Ingersoll, François, Gordon, Keymer, Sullivan).
- Ces marteaux commencent à se répandre en France et en Belgique, et des renseignements intéressants ont été fournis à ce sujet, par M. Saux, représentant des marteaux François, dans la séance du 25 mai dernier de la Société de Y Industrie minérale, et par MM. Stassart et Ledouble, ingénieurs des mines, dans le volume XII des Annales des mines de Belgique.
- Ces marteaux sont de différents types; les plus répandus actuellement sont ceux portatifs et à la main, simplement percutants, dont le poids ne dépasse guère 8 à 10 kilogrammes, et très utiles dans les travaux secondaires. Mais, pour les travaux importants et pour les percements au-dessus de l’horizontale, où le maniement des marteaux à la main devient très fatigant, on a établi des marteaux avec avancement automatique, auxquels on a bientôt ajouté un mouvement de rotation automatique du fleuret. On espère que ces appareils arriveront à remplacer, dans les roches feuilletées
- (1) Bulletin de décembre 1906, p. 789 et Railroacl Gazette, 7 juin 1907, description de la ligne rayée de Delano-Porta Costa, de 300 kilomètres.
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- notamment, les perforatrices rotatives; ils semblent avoir complètement détrôné, pour le fonçage des puits, les perforatrices sur trépied.
- Si les Américains sont restés longtemps en retard sur l’Europe en matière de Moteurs à gaz, ils sont en train de se rattraper à vive allure ; témoin, entre autres, la magnifique installation actuellement en montage à l’Illinois Steel C°, dans son aciérie de Gary.
- Cette aciérie comprendra 16 hauts fourneaux débitant, en vingt-quatre heures, 1270000 mètres cubes de gaz, équivalents à 500 000 chevaux en moteurs. On en emploiera 30 p. 100 au chauffage du vent, 7,5 p. 100 à des chaudières, 5 p. 100 à des auxiliaires divers, 12,5 p. 100 aux moteurs à gaz des souffleries et 45 p. 100 aux moteurs de la centrale électrique.
- Les seize souffleries deshuithauts fourneaux actuellement établis sont commandées par autant de moteurs double tandem horizontaux à cylindres de 1m,09 x 1111,37, et de 2 500 chevaux; chacun de ces moteurs, construits moitié par Westinghouse moitié par Allis et Chalmers, commande directement deux cylindres à air pouvant aspirer, par minute, 850 mètres cubes d’air refoulés à la pression de lk^,3, pression qui peut aller jusqu’à 2ks,110.
- La centrale électrique comprend actuellement dix-sept moteurs double tandem, avec cylindres à double effet de lm,25 X lm,53, faisant 4 000 chevaux à 83 tours; diamètre de l’arbre aux portées 760 millimètres; volant de 6“,90, pesant 90 tonnes; poids total du moteur 770 tonnes. Constructeurs Allis et Chalmers. Deux de ces moteurs commandent directement des dynamos à courant continu de 250 volts; les 15 autres commandent des alternateurs triphasés à 25 périodes sous 6 600 volts. L’électricité engendrée par ces moteurs commande toutes les machines de l’aciérie, y compris les laminoirs, dont plusieurs à dynamoteurs de 6 000 chevaux, fournis par la General Electric C°. Une immense batterie d’accumulateurs assure constamment une réserve d’électricité et régularise l’utilisation de la puissance des moteurs indépendamment des variations du travail des laminoirs et des machines.
- C’est donc une puissance d’environ 120 000 chevaux, qui sera portée à 250000 avec les 16 hauts fourneaux, et à laquelle est confiée toute la marche de cette colossale aciérie (1) qui, au grand complet, pourra fabriquer plus de quatre millions de tonnes d’acier par an, et 4 000 tonnes de rails par jour.
- NOMINATION DE MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ
- Est nommé membre de la Société d’Encouragement :
- M. Georges Bouchard, présenté par M. Garçon.
- CONFÉRENCE
- M. Abt fait une conférence sur des Recherches chimiques et biologiques relatives à la fabrication du cuir.
- M. le Président remercie vivement M. Abt de sa très intéressante conférence qui sera reproduite au Bulletin.
- (1) Railrond Gazelle, 23 octobre, p. -1207.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1908
- Ministère des Travaux Publics. — Nivellement général de la France. Répertoire des Résea.ux de troisième ordre et de quatrième ordre. Zone O: deuxième fascicule ; zone S, premier fascicule et deuxième fascicule; Polygone G : deuxième fascicule; Polygone Y : deuxième fascicule et troisième fascicule. (Envoi de M. l’ingénieur en chef Ch. Lallemand, directeur du service du nivellement général de la France).
- Dahlerus (C.-G.). — Exposé de l’industrie minière et métallurgique de la Suède. In-L (21,5 x 31) de 157 p., fîg., I carie, Stockholm, P. A. Norstedt et Soner, 1905. 13 481
- Pozzi-Escot (M.-Emm.). Leçons élémentaires de microbiologie générale, professées à l’Ecole Nationale d’Agriculture et de Médecine Vétérinaire du Pérou. In-8 (23 x 17) de 336 p., 100 fig. Paris, Jules Rousset, 1909. 13 4 82
- Broquelet A. et Brégeault (Léon). — Manuel complet de l’imprimeur lithographe à la presse à bras et à la machine, ln-18 (19 x 13) de vm-360 p., 110 fîg. Paris, Garnier frères, 1908. 13 4 83
- Granger (Albert). — Pierres et matériaux artificiels de construction (Encyclopédie scientifique du docteur Toulouse), vm-312 p., 55 fig. Paris, Octave Doin, 1908. 13484
- Baudin P., Leroy-Beaulieu P., Millerand, Rou.ue, Thierry J., Allix E., Charpentier J.-C., Peyerimhoff H. de Bousiers P. de, Zolla Daniel. — Les forces productives de la France. (Conférences organisées à la ,Société des Anciens Elèves de l’École libre des Sciences politiques). ln-18 (19,5 x 13) de 252 p. Paris, Félix Alcan, 1909. 13 485
- Étude du retour parla terre des courants industriels. Expériences exécutées entre Lancey et Grenoble en 1906-1907. In-4 (33 x 25,5), de xv-147 p., 40 fig. Grenoble, Allier Frères, 1908. 13 4 86
- Gréau (E.). — Le fer en Lorraine. (Chambre de Commerce de Meurthe-et-Moselle). In-8 (26 x 17,5) de xxix-210 p., 63 fig., îv cartes. Paris, Berger-Levrault et Cie, 1908. 13 487
- Gréau (E.). — Le sel en Lorraine. (Chambre de Commerce de Meurthe-et-Moselle). In-8 (26 X 17) vui-112 p., 26 fig. I carte. Paris, Berger-Levrault et Cie, 1908. 13 4 88
- Lacoin (Louis). — Construction et réglage des moteurs à explosions. (Bibliothèque Omnia). In-8 (25 x 19) de 424 p., 180 fig. Paris, L. Baudry de Saunier, 1908. 13 4 90
- Coffignier (Ch.). — Nouveau Manuel du fabricant de couleurs (Bibliothèque des actualités industrielles n° 132). In-8 (19 x 17) de 340 p., 25 fig. Paris, Bernard Tignol. 13 491
- André (E.). — Élevage des vers à soie sauvages. In-8 (17 x 25) de 256 p., 113 fig.
- (ex Bulletin de la Société d’histoire naturelle de Mâcon). Paris, Gustave Fickliner. 13489
- Codex medicamentarius Gallicus, Pharmacopée française, rédigé par ordre du Gouvernement, décret du 17 juillet 1908. In-i (25,5 x 18) de 999 p. Paris, Masson et Cie, 1908.
- 13492
- Planat (P.). — L’art de bâtir. Cours de constructions civiles. 5 vol. grand in-8 (27,5 x 19). Paris, Société de La Construction moderne, 13, rue Bonaparte. 13493-13497
- Aragon (Ernest). — Ponts et ouvrages en maçonnerie. (Bibliothèque du Conducteur de Travaux Publics). Grand in-16 (12,5 X 19) de xii-562 p., 350 fig. Paris, H. Duno'd et E. Pinat, 1909. 13 4 98
- André (G.).— Chimie agricole. Chimie végétale. (Encyclopédie agricole). In-16 (13x20) de xii-560 p., 10 fig. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1909. 13 4 99
- Royal Commission on Sewage disposal. — Fifth report. Methods of treatings and disposing of sewage. In-8 (35 X 22) de xn-238 p. London, Wyman and Sons Limited, 1908^
- Curot (Ed.). — La ferrure de course du galopeur et du trotteur au haras et à l’entraînement. In-8 (26 x 17,5) dé xiv-200 p., 42 fig. Paris, Lucien Laveur, 1908. 13 501
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- OUVRAGES REÇUS.
- NOVEMBRE 1908.
- Forestier (J.-C.-N.). — Les gazons, lii-18 (20,5 x 15) de 121 p., fig. Paris, Lucien Laveur, 1908. 13 502
- Fkitsgh (J.).— Culture des plantes oléagineuses ettextiles. (L’agriculture au xxe siècle). 176 p., 14 fig. Paris, Lucien Laveur. 13 503
- Gallier (Alred). — Le cheval de demi-sang. — Races françaises. (L’agriculture au xxe siècle). 332 p. Paris, Lucien Laveur. 13 504
- Blanchon (H. L. A.). — Le porc. Races, élevage, maladies. (L’agriculture au xxe siècle). 224 p. Paris, Lucien Laveur. 13 505
- Pascal (Teodoro. —Tintura délia Seta. Studio chimico-Lecnico (Manuali Hœpli). xiv-432 p., Milano, Ulrico Hœpli, 1892 (don de M. Jules Garçon, membre de la Société). 13 506
- Savorgnan d’Osoppo (M. A.). — Piante tessili. Cou un dizionario delle Industrie tessili (Manuali Hœpli). xi-475 p., 72 fig. Milano, Ulrico Hœpli, 1891. (idem). 13 507
- Desplats (V.) — Zoologie, comprenant l’anatomie, la physiologie et la classification conformément aux programmes officiels du 2 août 1880 (classe de philosophie). In-8 (15 x 22) de vi-657 p., 533 fig. Paris, Charles Delagrave, 1883 (idem). 13 508
- Campredon (L.). — Guide pratique du chimiste métallurgiste et de l’essayeur,
- 2e éd. ln-8 (25 X 16) de xii-859 p., 159 fig. Paris, Ch. Béranger, 1909. 13 510
- Brochet (André). — Manuel pratique de galvanoplastie et de dépôts électrochimiques. (Encyclopédie industrielle), vii-416'p., 148 fig. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1908.
- 13511
- Picard du Chambon (René). — Théories des phénomènes électriques avec extension à la chaleur, l’optique et l’acoustique et de la mécanique basées sur l’influence. In-8 (23 x 14,5) de 140 p., fig., Paris, H. Desforges, 1908. 13 512
- Claude (Georges). — Air liquide, oxygène, azote. In-8 (26 X 17,5) de 399 p., 149 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1909. 13 513
- Baudry de Saunier (L.). — L’art de bien conduire une automobile. Recueil des connaissances, des principes et des tours de main que doit posséder un conducteur pour tirer le meilleur parti possible de sa voiture (Bibliothèque Omnia). In-8 (21 x 15), 286 p., 37 fig. Paris, L. Baudry de Saunier. 13 514
- Baudry de Saunier (L.). —L’allumage dans les moteurs à explosions. (Bibliothèque Omnia). In-8 (23,5 X 16) de 476-xii p., 300 fig. Paris, L. Baudry de Saunier. 13 515
- Pouillet (Eugène). — Traité théorique et pratique des brevets d’invention et de la contrefaçon, 5e éd., refondue par André Taillefer et Charles CLARO.In-8 (23 X 15) xl-127 p. Paris, Marchai et Billard, 1909. 13 516
- Audrade (J.). — Chronométrie. (Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse), xvi-382 p., 193 fig. Paris, Octave Doin, 1908. _ 13 517
- Bourrey (Georges). — L’eau dans l’industrie. Applications. Épuration. (Encyclopédie scientifique du Dr Toulouse), xxiv-464 p., 57 fig. Paris, Octave Doin et Fils, 1909. . 13 518
- Klincksieck (Paul) et Valette (Th.). — Code des couleurs à l’usage des naturalistes, • commerçants et industriels. In-8 (20,5 x 13) de 86 p., 720 échantillons de couleurs classées d’après fa méthode Chevreul simplifiée. Paris, Paul Klincksieck, 1908. 13 519
- Berge (René) et Laurent (Félix). — Au pays du lait. A travers le Holstein, le Danemark et la Suède. Rapport présenté à M. le Ministre de l’Agriculture. In-8 (25 x 17) de x-150 p., 14 fig. 1908. 13 5 20
- Annuaire pour l’an 4909, publié par le Bureau des longitudes, avec des notices scientifiques. Paris, Gauthier-Villars. Pér. 124
- Minutes of Proceedings of the Institution oe Civil Engineers. — Volume CLXXII, London, Great Georges Street, 1908. Pèr. 189
- Manchester, Liverpoôl, and district Tanners’ Fédération, Year Book, 1908. (Don de M. Abt.)
- Répertoire de Pharmacie, archives de pharmacie et journal de chimie médicale réunis, par C. Crinon, novembre 1904, 1905, 1906, 1907, 1908. Paris, Crinon. (Don de M. Truelle.)
- Annual Report of the Commissioner of Patents, for the year 1906. — Washington Government Priting Office, 1908. Pér. 108
- Bulletin de la Société libre d’émulation du commerce et de l’industrie de la Seine-Inférieure. Exercice 1907. Pér. 6
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Octobre au 15 Novembre 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l’Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engineers. ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique. A IM... . . American Institute of Mining Engine ers.
- AM. . . . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique. APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées. Bam. . . . Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
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- SuE. . Va. .
- 7aC. . Z 01. .
- Institution of Brewing (Journal).
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes.
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuilleéconom. desmachines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
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- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
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- Zeitschrift des Vereines Deutscher lngenieure.
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- 1414
- LITTÉRATURE UES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1908.
- AGRICULTURE
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- Betteraves montées en graines. Ag. 14 Nov., 616.
- Blé. Semailles du. Ag.INov., 584.
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- (Vaucluse). Ag. 14 Nov., 621. Champignons de couche. Emploi du fumier d’aliments mélassés dans sa culture. Gc. 17 Oct., 420.
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- Cheval Ardennais. Ap. 5 Nov., 596.
- Chêne (Oïdium du), (tlariot). CR. 2 Nov., 816. Commerce agricole on 1907. Ag. 3! Oct., 553. Égypte (Gultui’es en). Ag. 17-31 Oct., 493-563. Electrocullure. Essais pratiques. Elé. 24 Oct., 267.
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- — Ordures ménagères. Re. 24- Oct.., 427.
- — Dosage de la chaux combinée aux matières humiques. Ap. 29 Oct., 554.
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- Fleurs. Culture à Nice. Ap. 22 Oct., 524. Highlands d’Écosse (Agriculture dans les). Ap. 12 Nov., 625.
- Irrigation dans l’Afrique du Sud. E. 16 Oct. 516.
- Lait. Écrémage spontané. Erreurs auxquelles il peut donner lieu (Galimard). PC. 1 Nov., 397.
- — Gobelet hygiénique Taylor pour le
- transport du lait et de la crème. Ap. 5 Nov. 594.
- — Laiterie de Saint-MicIrel-en-lTlerm.
- Api. 12 Nov., 632.
- Luzernes et trèfles :] fumures hivernales. Ag. 14 Nov., 619.
- Ortie commune comme plante textile. Ag. 12 Nov., 625.
- Pêcher (Culture du). Ag. 17 Oct. 496.
- Pomme (Fabrication et analyse des produits de la). (Sy). Fi. Nov., 521.
- Pommier (Chématobie du). Ag. 7 Nov., 591. Suisse. (Bénéfices agricoles en). (1901-1906).
- (Bonhomme). Ap. 23 Oct., 537.
- Vins. Débourbage des moîits en vinification champenoise. Ag. 24 Oct., 529.
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de l’État. E. 16 Oct., 528
- — de l’État français en 1907. Statistique.
- Ilgc. Oct., 256.
- — du Sud africain. Bcc. Nov., 1336.
- — de la Nouvelle-Galles du Sud. E. 30 Oct.,
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- — Anglais. Situation actuelle. E'. 6 Nov., 481 ; E. 13 Nov., 659.
- — de Milan. E'. 13 Nov., 507.
- — économiques en Angleterre. Rgc. Oct.,
- 264.
- — Métropolitain de Paris. Ligne V. Ac. Nov., 162.
- — suspendu à Berlin. RCC. Nov., 1317.
- — Électriques. Midland By. monophasé.LE. 17 Oct. 71.
- — — Blankenèse-Olilsdorf. VDI. 17 Oct.,
- 1079 ; Gc. 7 Nov., 1.
- — — New-York central. BCC. Nov.,
- 1257.
- — — Richmond and Chesapeake Bay
- Ry. Rgc. Oct., 266.
- — — Heysham-Morecambe. Élé. 14 Nov.,
- 305.
- — — à Heidelberg (Funiculaire). Gc. 24
- Oct., 441.
- — — LocarnoPontebrolla.Bignasco.BCC.
- Nov., 1265.
- — — Villefranche à Bourg - Madame.
- Groupe électrogène dimorphique. le. 25 Oct., 512.
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- bert). LE. 14 Nov., 195.
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- — Locomotives nouvelles (Erb). Dp. 14 iVou.,
- Bagages. Enregistrement nouveau au P.-L.-M, Rgc. Oct , 252,
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- littérature des périodiques.
- NOVEMBRE 1Ü08.
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- — à marchandises du Caledonian Rr. E.
- 23 Oct., 546.
- — Pacific du Paris-Orléans. E'. 30 Oct.,
- 471.
- — Transcontinental canadien. EM. Nov.,
- 240.
- — du Saint-Gothard. VD1. 14 Nov., 1821.
- — à vapeur surchauffée (Demoulin). Rgc.
- Oct,, 221.
- — Aéro-vapeur Field et Morris. E'. 6 Nov., 494.
- — Chargement (des) en charbons. Dp. 6
- Oct., 609 ; 7-14 Nov., 705, 724.
- — Lavage des chaudières à l’eau chaude.
- Rgc. Oct., 270.
- — Vidange des cendres au chemin de
- ceinture de Chicago. Rgc. Oct., 273. Traction. L’appareil de (Stucke). BCC. Nov., 1277.
- Traverses en ciment armé. E1. 16 Oct., 410. Voie. Joints des rails. (Étude des). (Pellarin). APC. Mai, 98.
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- — Ballast. Atelier de préparation. Pm.
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- — Enclanchement des signaux et aiguilles
- par le Holt lock (Arkenhurgh). BCC. Nov., 1312.
- Voitures en acier du Pensylvania. BCC. Nov., 1332.
- Wagons de grande capacité pour chemins à voie large del’Eude (Kehvay Bamber). BCC. Nov., 1294.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles industrielles. Leur progrès. (Parry). EM. Nov., 226.
- — avec moteurs à gaz pauvre. Va. 31 Oct.,
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- — à pétrole Bugatli-Deutz. Gc. 7 Nov., 9.
- — Diagramme d’Iwatt. Technique automo-
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- — Napier Thornycroft. 18 chev. E. 13 Nov., 652; Brooke (id.), 654.
- — — Moteurs Auzani. Va. 31 Ocd.,698.
- Automobiles. Siddely. 20 chevaux. E. 6 Nov., 613.
- — — Knight. Va. 14 Nov., 729.
- — — Vitesse des pistons. Technique auto-
- mobile. 15 Oct., 147; 15 Nov., 169.
- — — Pont à engrenages. E. 5-13 Nov.,
- 603-641.
- — Éclairage par Dynamos Phi. Va. 7 Nov. i 711.
- — Essieux (Marchessau). Technique automobile. 15 Oct., 154.
- — Freinage et mise en vitesse. (Ravi-
- gnens.) .Technique automobile. 15 Oct., 145.
- Tramways électriques. Rome-Civita Castel-lona. Re. 15 Nov., 339. Equipements à unités multiples Sprague Thomson. LE. 31 Oct., 150.
- — Frein de danger Pringle. Elé. 14 Nov.,
- 314.
- Boues de voitures (Construction des). Va. 24 Oct., 679.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acide hypoioden naissant. Action sur les acides non saturés (Bougault). ACP. Nov., 296.
- — sulfurique, purification de l’arsenic et
- du sélénium (Crovvther). Chambre de plomb Gaillard. Cs. 31 Oct., 2018.
- — picrique. Sa chaleur de neutralisation
- par diverses bases aromatiques en milieu benzoïque. (Vignon et Evieux). ScF. 20 Oct., 1019.
- Acétate de chaux commercial. Son analyse (Fresenius et Grunhut). Cs. 20 Oct., 1012.
- Amidon. Propriétés colloïdales et unité de constitutions (Fouard). %CR. 2 Nor., 843.
- Atmosphère. Extraction des gaz rares (Claudo). CR. 12 Oct., 624.
- Ammoniaque. Action sur les métaux à chaud (GaileIy). RdM. Nov., 807.
- Bismuth. Composés avec les acides alaphati-ques hydroxydes (Telle). Cs. 31 Oct., 1040.
- Brasserie. Divers. Cs. 15-20 Oct., 993-1033. — Bières anglaises. Formules de leur fabrication (Schronning). Cs. 31 Oct., 1035.
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- 1416
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1908.
- Caoutchouc. Protéines dans le para et le composé insoluble et oxygéné de Weber (Spence). Ms. Nov., 731.
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- — Briques réfractaires de métallurgie (Havard). Eam. 24 Oct., 802.
- Chaleur. Équivalent mécanique. Nouvelle détermination (Crémieu et Rispail). ÇR. 2 Nov., 793.
- Charbons (Matière volatile des). (Porter et Ovilz). Eam. 10 Oct., 720.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15-31 Oct. 982-1020.
- — Ciment Portland (Le). (Bamber). E. 30 Oct., 590.
- — Essais des ciments. (Mode de durcissement le plus favorable pour les.) Le Ciment. Oct., 149.
- — Mélangeurs et silosà ciment. E'. 13 Nov.,
- 5,8.
- Corrosion relative du fer et de l’acier (Howe et B. Stougliton). RdM. Nov., 80.
- Eaux potables en campagne. Procédé de purification (Laurent). PC. 1 Nov., 392-
- — usées. (Épuration des) (Michel). APC’
- Mai, 144; (Kurgass). Ri. 7 Nov., 445' — Stérilisation par l’ozone. Elc. 7 Nov.’ 289.
- Egouts (Rapport de la commission royale sur les). E1. 10 Oct., 393.
- Essences et jMrfums. Divers. Cs. 15-31 Oct., 996,1037.
- Evaporation. (Théorie et pratique de 1’). (B. Sadter). Fi. Nov., 395.
- Ferrocxjanure colloïdal. (Phénomènes oxydasi-ques provoqués par le). (Wolff). CR. 26 Oct., 745.
- Graisses et huiles. Divers. Cs. 31 Oct., 1027. Hydrogène. Préparation au moyen du gaz à l’eau (Bay). Ms. Nov., 727. Laboratoire de chimie Morton à l’Institut technologique Stevens (Favre). RCp.
- 8 Nov., 355.
- — Réactions colorées de l’hypobromure
- de soude (Dehn et Scott). CN. 24 Oct., 200.
- — Pouvoir calorifique des gaz : détermi-
- nation et enregistrement automatique. (Fabre). RCp. 23 Oct., 309.
- Laboratoire. Analyse des eaux et minerais.
- Influence de la porphyrisation sur la teneur en eau et en fer (Hillebrand). CN. 24-30 Oct., 205-215.
- — — • Emploi du bioxyde de sodium en
- analyses qualitatives (Calhane). CN. 24 Oct., 206.
- — — qualitative îles éléments communs
- (Noyés, Bray et Spears). CN. 24-30 Oct., 208, 219; 6-13 Nov., 228-239.
- — — des matières alimentaires, graisses
- et huiles. (Utz). Ms. Nov., 748,
- — — du beurre (Dominikiewicz) (id.).
- 754. Dosage du beurre, de la cellulose, des pentosanes dans le cacao (Kirscher Ludwig Segin) (kl.), 759-762,
- — — électrochimiqne rapide sans élec-
- trodes rotatives (Frary). il/s. Nov,, 740,
- — — complète des bronzes (Hall). Elec-
- trochemical. Nov., 444.
- — Dosage électrolytique du bismuth. (Metzger et Beans). CN. 24 Oct., 202.
- •— — de l’arsenic. Azotate mercureux: réactif microchimique (Denigès). CR. 26 Oct., 744.
- — — du zinc. Électrochimique rapide
- (Frary). Ms. Nov., 736.
- — — de l’acide sulfurique par la benzi-
- dine (Friedheim et Nyarger). RdM. Nov., 801.
- Matières alimentaires. Action des agents de conservation (Belm et Segen). Ms. Nov., 772.
- Molybdates de nickel et de cobalt (Pozzi-Escol). ScF., 20 Oct., 1012.
- Optique. Construction des réflecteurs paraboliques (Cowper Coles). E. 23 Oct., 558.
- — Lentilles. Contribution à leur étude.
- (Malteros). CR. 26 Oct., 120. 9 Nov., 850.
- — Couches transparentes d’argent et au-
- tres métaux (T. Turner). RSL. 9 Nov., 301.
- — Formules de dispersion optique (Ile.
- Maclaurin). RSL. 9 Nov.,367.
- — Spectre de l’arc. Elfet de la pression
- (G. Dudfleld). RSL. 9 Nov., 378.
- — Télémètre à base courte (Taylor). E. 13
- Nov., 639.
- p.1416 - vue 1445/1612
-
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-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Pantogène. Poids atomique (Hinzchs). CR. 1 Nov., 797.
- Papier. Progrès de sa fabrication (Haussner). Dp. 17-31 Oct., 060, 675, 695. 14 Nov.> 729.
- — Divers. Cs.15-31 Oct., 995,1037 ; 7 Nov., 715.
- Percklorure de fer. Son hydrolyse: influence des sels neutres (Malfetano et Michel). CR. 2 Nov., 803.
- Photographie. Emploi de la^thioürée et de la liosiamine comme succédanés de l’hyposulfite de soude dans les virages fixages combinés (Lumière et Sege- wetz). Ms. Nov., 725.
- Phosphore. Fabrication au four électrique. Ms.. Nov., 745.
- — Phosphures de zinc (P. Jolibois). CR.
- 2 Nov., 801.
- Poids atomiques. Méthode de calcul (Du-breuil). CR. 12 Oct., 629.
- — de l’argent, d’après les expériences de
- Stas (Dubreuil). CR. 9 Nov., 856.
- — Tellure. Ytrium. Lutécium.Radium. CN-24 Oct., 204.
- Radium présent, dans la « Tufa », dépôt des sources chaudes de l’Arkansas. Détermination électrolytique (Schlundt). CN. 24 Oct., 199.
- Rayons Rôntgen. Émissions et transmissions.
- (G. Kaye). RSL. 9 Nov., 337.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 15, 20 Oct., 988, 1028.
- Scandium. Son spectre et sa relation avec le spectre solaire (A. Fowber). RSL. 9 Nov., 335.
- Silice précipitée (H. Le Chatelier). CR. 19 Oct., 660.
- Soufre. Point d’ébullition au thermomètre à air et à pression constante (Eurnor-phopoulos etGallendar). RSL. 9 Nov., 339, 363.
- Sucrerie. Divers. Cs. 15-31 Oct., 992, 1033.
- — Nouveautés diverses. Dp. 24 Oct., 680. Tensions de vapeur et pression osmotique
- dans une dissolution volatile (L. Cal-lendar). RSL. 9 Nov., 336.
- Tannerie. Divers. Cs. 15-31 Oct., 989, 1020.
- — Solubilité ' des extraits de tannin.
- Détermination (Paessler et Veit). Cs. 15 Oct., 989.
- — État des matières colorantes en disso-
- --- NOVEMBRE 1908. '1417"
- lution (Pelet-Jolivet. et Wild). CR. 19 Oct., 683.
- Tannerie. Tannage au chrome (Strasny). Cs. 31 Oct., 1030.
- Tantale. Propriétés, métallurgie et emploi.
- (Breuil). Gc. 7, i't Nov., 1, 25. Teinture. Divers. Cs. 15-20 Oct., 974, 976, 1013, 1016. MC. 1er Nov., 340.
- — Coton hydrophile. Obtenu par débouillissage en cuve ouverte (Tamin). MC. 1er Nov., 313.
- — Appareil Krigenbiehl pour nettoyer en marche les rouleaux imprimeurs de tissus. MC. 1aT Nov., 320.
- — Analyse du coton teint. Recherche de la nature du colorant, analyse qualitative (Capron). MC. lei( Nov.,,326.
- — Titane. Fabrication des préparations de — et applications à la teinture. (Erban). Ms. Nov., 777,
- — Teintures de cyanine. Constitution (Von-gerichten et Hofchen). Cs. 20 Oct., 1013.
- — Fixation des dérivés d’un même colorant et explication de la teinture (Jolivet et Andersen). CR. 2 Nov., 808.
- — Lustre soyeux. Son explication. It. 15
- Nov., 410.
- — Résolution mathématique des gammes et ombrés, JC 15 Nov., 436. Thermo-chimie de l’azote (Thomlinson). CN. 6 Nov., 226.
- Thermomètres à gaz. (Nouvelles mesures avec les) (Day et Clément). American Journal of Science. Nov., 405-464. Tungstène Séparation de l’acide tungstique et de la silice (Nicolardot). CR. 2 Nov., 795.
- Verre. Divers. Cs. 15-31 Oct., 982, 1019.
- — Fours. Siemens. Dp. 7 Nov., 713. Yterbium. Décomposition en ses éléments.
- (Auer). CN. 6 Nov., 223,
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Accidents. Assurances ouvrières en Angleterre. E. 30 Oct., 588.
- Allemagne. Banques d’émission depuis 1880. SL. Sept., 297.
- — Commerce extérieur en 1907. (ici.) 301. Angleterre. Les sans-travail. E'. 30 Oct., 463.
- p.1417 - vue 1446/1612
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-
- 1418
- Autriche-Hongrie. Dépenses et recettes 1896-1906. SL. Sept., 302.
- — Dettes publiques. Impôts directs, (id.) 304, 306.
- — Nouvelle loi sur l’industrie. Rso.
- 1er Nov., 530.
- Brevets (Exploitation des). Ri. 31 Oct., 438. Bulgarie (la). Ef. 31 Oct., 637.
- Canada. Commerce extérieur en 1907. Recettes et dépenses. SL. Sept., 315, 318. Chèque barré en Angleterre et en France. Ef. 17 Oct., 565.
- Civilisations asiatiques et occidentales. Rso. 1er Nov., 560.
- Contrats collectifs de travail (Seilhac). Musée Social. Oct.
- Coopérative. Organisation des « rouleurs de Calais ». Rgc. Oct., 243.
- Difficultés industrielles et la politique sociale (Rostand). Rso. 16 Nov., 629.
- Egypte. Commerce extérieur en 1907. SL. Sept., 315.
- Espagne. Commerce extérieur en —, 1er semestre 1908. SL. Sept., 307. États-Unis. Après une année de crise. Ef. 24 Oct., 601.
- Froid. (Congrès international du) à Paris. Gc. 24 Oct., 442; E. 23 Oct., 543 ; E'. 23 Oct., 421.
- France. Fiscalité nouvelle. Ef. 17 Oct., 557.
- — Conventions avec les compagnies de
- l’Ouest et de l’Orléans. Ef. 7 Nov., 669.
- — Loi du 10 avril 1908 relative aux habi-
- tations à bon marché. SL. Sept., 221.
- — Contributions indirectes pendant les
- premiers semestres 1907 et 1908. (id.) 239.
- — Caisse nationale des retraites pour la
- vieillesse en 1907. (id.) 286.
- — Dépopulation. Causes professionnelles
- (March). Rso. 10 Oct., 433.
- — — Population de l’Isère depuis le
- commencement du xix° siècle. (Helly). Rso. Ie1' Nov., 530.
- — — Natalité à Dunkerque (Reumaux).
- Rso. 16 Oct., 479.
- — Dépopulation du département de l’Yonne (P. Douin). Rso. 16 Nov., 617.
- — Droits sur les successions. Retour à la
- confiscation. Ef. 24 Oct., 597.
- --- NOVEMBRE 1908.
- France. Situation industrielle et commerciale de la région de Marseille (id.) 599.
- — Philanthropie officielle. Loi d’assistance aux vieillards et infirmes. Ef. 31 Oct., 633.
- — Budget du département de la Seine. Ef. 31 Oct., 635.
- — Situation industrielle et commerciale de la région du Havre. Ef. 31 Oct., 639.
- — Excès des dépenses et les formalités budgétaires. Ef. 7 Nov., 671.
- — Travail féminin à domicile. Son influence sur l’affaiblissement de la race (Leroy Liberge). Rso. 1er Nov., 546.
- — Placements à Paris, dans certaines professions, depuis la loi de 1904. Ef. 7 Nov., 674.
- — L’État industriel. Allumettes, tabac, téléphones. Ef. 14 Nov., 705.
- — Observations de la Cour des Comptes sur le budget de 1906.E. 14 Nov., 715. Froid. Applications et leur répercussion industrielle. Ef. 14 Sept., 713.
- Italie. Banques d’Italie en 1907. Ef. 17 Oct., 563.
- — La prévoyance en Italie. Ef. 24 Oct.,
- 605.
- — Industries minière et métallurgique (Nicou). 1m. Oct., 339.
- Logements ouvriers insalubres (Œuvre des villes anglaises contre les) (A. Renoir). Rso. 16 Nov., 592. '
- — Intervention patronale (Cheysson).
- Rso. 16 Oct., 467.
- — et les familles nombreuses. Ef. 14 Nov.,
- 709.
- Retraites des employés. Ef. 17 Oct., 560.
- Serbie (la). Ef. 14 Nov., 712.
- Suisse. Monopole de l’alcool en 1907. SL. Sept., 315.
- Siveating System (le) (Cheysson). Rso. 16 Nov., 581.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Bétonnière Roll. Ac. Nov., 166.
- Chantiers de travaux publics en province : nécessité d’un outillage nouveau (Jac-quinot). Gc. 14 Nov., 22.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- p.1418 - vue 1447/1612
-
-
-
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- NOVEMBRE 1908.
- 14 J 9
- Ciment armé. Application aux travaux hydrauliques (Muller). Le Ciment. Oct., 155.
- — Ateliers Siemens et Halskeen. Gc. 14
- Nov., 29.
- Chauffage et ventilation des ateliers. E'.
- 16 Uct., 414. Ventilation des tissages Stearns et Green. Ac. Nov., 174.
- — à air chaud d’une maison sans cave.
- Ri. 24 Oct., 428.
- — par stations centrales. Ri. 24 Oct.,
- 428.
- — à la vapeur d’une maison d’habitation.
- Ri. 24 Oct., 430; 7 Nov., 448.
- — à eau chaude à basse pression. Calcul.
- (Mathieu). Ri. 7 Nov., 450.
- — d’une pièce par l’eau chaude. Ri.
- 7 Nov., 449.
- Dunes. Berges et talus. Protection par briques en ciment Decauville. Ri. 24 Oct., 421.
- Immeubles salubres et à bon marché à Paris. Gc. 14 Nov., 17.
- Fondations sur massif de béton immergé dans des caissons sans fond reposant sur un lit d’enrochements dans un courant rapide (Armand). APC. Mai, 136.
- — de la caserne Chabran à Avignon. Gm.
- Oct.,-289.
- — pneumatiques du Singer Building
- New-York (Thomson). ACE. Oct., 1081.
- Palplanches métalliques. Ac. Nov., 170.
- Fonts de la Wear. à Sunderland. E. 23 Oct., 333.
- — transbordeur de Bizerte transporté à
- l’arsenal de Brest. Gc. 31 Oct., 449.
- — en ciment armé de France. E'. 30 Oct.,
- 450.
- Route (Congrès de la) à Paris. Gc. 31 Oct., 457; Ri. 31 Oct., 438; E. 13 Nov., 663.
- Théâtre. Cirque de Francfort-sur-Mein. Gc. 7 Nov., 13.
- Toitures vitrées (Joints pour). Ac. Nov., 172. Tunnels. Cintres Jackson pour. Ac. Nov., 175.
- ÉLECTRICITÉ
- Accidents dus au courant électrique en 1907. Elé. 31 Oct., 284. •
- Bobine de Ruhmkorff. Recherches expérimentales (Corbino). EE. 17 Oct., 75. Commutateur à haute tension de la General Electric C°. E. 16 Oct., 506.
- — Ferranti. E. 23 Oct., 541 ; Ri. 7 Nov., 443.
- — Reyrolle. E. 6 Nov., 611.
- — à 7 500 volts Edison. Gc. 14 Nov., 27. Condensateurs pour télégraphie et téléphonie.
- Elé. 17 Oct., 245.
- Conductibilité des métaux et des alliages. E. 30 Oct., 586.
- Distributions. Conducteurs aériens. Protection en cas de rupture (Daguerre). le. 25 Oct., 505.
- — Réglages des groupes électrogènes
- (Routin). LE. 31 Oct., 134; 14 Nov., 203.
- — Prix de revient de l’électricité en fonc-
- tion du prix d’établissement (Walker). E'. 13 Nov., 523.
- — Retour à la terre. Elé. 14 Nov., 310. Rayon d’action des sous-stations à courant alternatif (Lefèvre). Re. 15 Nov., 337.
- Dynamos unipolaires et à courant continu collecteur (Schulz). EE. 17 Oct., 79.
- — à courant continu fournissant deux
- tensions différentes (Woodbridge). EE. 17 Oct., 83.
- — Alternateurs à faible tension Fielding et Platt. Essai.'le. 25 Oct., 516.
- — —• monophasés. Progrès modernes
- (Watars). Re. 30 Oct., 303.
- — Balais de charbon Morgan et porte-
- balais pneumatique. LE. 14 Nov., 213. — Moteurs asynchrones. (Réducteurs de vitesse des). Siemens. le. 25 Oct., 511. Éclairage. Progrès récents (Flesh). Elé. 24 Oct., 267 ; 7 Nov., 298.
- — Lampes à filaments métalliques, le. 25 Oct., 518; Elé. 31 Oct., 276.
- — — à arc Régina. Elé. 31 Oct., 286. Électrochimie. Divers. Cs. 13-20 Oct., 986,
- 1025.
- — Soude électrolytique. Procédé à cloche, théorie (Brochet). CR. 19 Oct., 674.
- — Affinage électrolytique de l’étain (Steine). Ms. Nov., 741.
- — Nickelage. Recherches récentes. Gc.
- 7 Nov., 11.
- Induction électromagnétique. Énoncé correct de sa loi (Hering). Re. 30 Oct., 315.
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-
-
-
- 1420
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMRRE 1908.
- Installations électriques de la Société Locliam-mer. VDl. 7 Nov., 1789.
- Mesures. Conférence internationale des unités et étalons électriques. E. 10 Oct., 519. Re. la Nov., 353.
- — Thermo-wattmèlres (les) (Van Cauwen-bergue). LE. 31 Oct., 131.
- — Electromètres et électroscopes à compensation (Ilurmurescu). CR. 2 Nov., 788.
- Plomb fusible à magasin Arness Denny. E. 10 Oct., 511.
- Réducteurs économiseurs Erlaclicr et Ilesso. EU. 31 Oct., 273.
- Stations centrales. Éducation professionnelle du chauffeur dans les (Izart). Elé. 17 Oct., 250.
- — du Cap Pinède (Marseille). Rc. 30 Oct.,
- 298.
- — de Koolenay (Colombie britannique).
- E'. 6 Nov., 481.
- — de Redonso. 17 Oct., 418.
- — de Sclessin (Izart). Elé. 24 Déc., 257.
- - de Brusio (Suisse). EM. Nov., 179.
- — de Wasquehal (Nord). le. Nov., 329. Télégraphie sans fd. État actuel. Gc. 17-24-
- 31 Oct., 415,433, 453.
- — Rapport de la commission de la télégraphie sans Fil à l’Académie des Sciences. CR. 2 Nov., 819.
- — Appareils pour la réception des si-
- gnaux horaires radio télégraphiques à bord des navires (Tissot et Pellin). CR. 2 Nov., 791.
- — Phototélégraphie Senelecq et Tival.
- Re. 24 Oct., 425.
- Téléphone. Origine et évolution (Turpain). Re. 15 Nov., 345. sans fil Majorama. La Nature, 14 Nov., 383.
- — Monotéléphone à note réglade (Blondel). CR. 9 Nov., 852.
- Soudure électrique par l’arc (Henry). Elé. 17 Oct., 241.
- Transformateurs monophasés. Montage en V de deux transformateurs monophasés alimentés par des courants triphasés (Nouguier). EE. 17 Oct., 07.
- HYDRAULIQUE
- Coups de bélier. Expériences avec modèle en verre (Stromeyer). E1. 10 Oct., 413.
- Distribution d’eau et égouts de Monterey (Mexique). E'. 0-13 Nov., 480, 510.
- — Philadelphie. Filtration (Trautwine). Fi. Nov., 303.
- — Installations privées à Londres. E. 13 Nov., 047.
- Ecoulement de Veau par les orifices de jaugeage (Winkle). Power. 15 Oct., 000. Houille verte dans la région normande. Re. 30 Oct., 300.
- Pompes à pistons. F. Pearn. E. 10 Oct.,507.
- — de Kemplon Park, Londres. E1. 23 Ocl.,
- 424.
- — centrifuges Lea. Degers. Power, 13 Oct.,
- 037.
- — à eaux d’égout. Dumontant. Ri. 14
- Nov., 450.
- — à vapeur directe Blake. Power, 3 Nov.,
- 7G1.
- — Fonctionnement des clapets (Korner). VDI. 14 Nov., 1842.
- — Béliers hydrauliques (Ringelmann). Ap. 23 Oct., 530.
- Transports par eau en France. Leur développement possible. Gc. 24 Oct., 439. Turbines. Installations d’essais à la Techn. Hochschule de Berlin. VDl. 14 Nov., 1835. '
- — Théorie des (Bartl). ZOI. 13 Nov., 739.
- MARINE, NAVIGATION
- Canaux de la Marne à la Saône. Travaux d’étanchement. Réservoirs de Ville-gusien et de Charmes (Jacquinot). Gc. 17 Oct., 409.
- — Canaux d’estuaires et leur traitement
- (Cunningham). E. 30 Oct., 507.
- — de Bourgogne. Réfection de la rigole
- de Charilly au moyen de chappes en béton armé (Hegly). APC. Mai, 88. Compas de grand moment magnétique. Emploi des (Dunoyer). CB. 9 Nov., 834. Dock flottant Vulcan pour sauvetages des sous-marins. VDI. 24 Oct., 1713. JE'. 30 Oct., 400.
- Hélice. Soudure d’une aile. E. 0 Nov., 030. Machines marines. Rendement des. E'. 13 Nov., 503.
- — à gaz. E'. 10 Oct., 407 ; G Nov., 497.
- — Vitesse des navires et les mécaniciens.
- E. 13 Nov., 057.
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- LITTÉRATURE UES PÉRIODIQUES. ------ NOVEMBRE 1908.
- 1421
- Machines marines. Turbines et hélices. E'. 16 Oct., 408. 6 Nov., 496..
- — — et dynamos. E'. 6 Nov., 488. Marines de guerre française. Accidents.
- E'. 23 Oct., 43b. Budget. E'. 13 Nov., 509.
- — anglaise: état actuel et avenir. E. 6
- Nov., 621.
- — sous-marins torpilleurs. E. 13Nov., 503. Ohio. Amélioi'ation de F (Sibert). ACE. Oct.,
- 1174.
- Paquebot à turbinesTengo Maru. VDI. 17 Oct., 1662. E. 30 Oct., 592.
- Port de Saint-Nazaire. Nouve lie entré (Mallat). APC. Mai, 13.
- — de Fremantle. Gc. 7 Nov., 5. Renflouement du croiseur Gladiator. Gc. 17
- Oct., 417.
- MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Abaques. Applications mécaniques (Peddle). AMa. 14 Nov., 625. (Sainturat). Technique automobile, 15 Nov., 163. Aéronautique. Aéroplanes Wright. AMa. 27 Oct., 473. Va. 14. (Note sur les) (Goupil). Bam. Nov., 721. Sept., 1042.
- — Problème du vol. E. 23-30 Oct., 556,
- 591; 6-13 Nov., 615, 650.
- — Ballons dirigeables. Arrêt et stabilité contre un vent violent (Goupil). Bam. Sept., 1083.
- Air comprimé. Compresseur hydraulique Mac Farlane. Eam. 10 Oct., 716.
- — Compresseurs nouveaux (H. Wimder-lich). VDI. 31 Oct., 1743.
- Bascule Merrick pour convoyeur à courroie. Ri. 14 Nov., 454.
- Chaudières. Nouvelles (Arnold'. SnE. 21 Oct., 1536; 4 Nov., 1615.
- — d’agriculture. (Inspection des). E. 12
- Nov., 649.
- — Accidents en Angleterre. E. 6 Nov., 623. E'. 6 Nov., 491, 13 Nov., 521.'
- — Installation de l’usine de la Western Electric C°. Chicago Power. 27 Oct., 681.
- — Marines. Moyen de reconnaître Feau de mer dans l’eau d’alimentation (Buze-nac). Bam. Sept., 1013.
- — Coups d’eau. E. 23 Oct., 565. E1. 23 Oct., 436, 440, 441.
- Chaudières. Foyers au pétrole carbogène. E. 6 Oct., 522.
- — — pour chaudières à tubes d’eau
- (Woolson). Poiuer, 13 Oct., 613.
- — — Analyse des gaz. Power, 27 Oct.,
- 712.
- — Grille mécanique « Universal ». Power,
- 20 Oct., 677.
- — Monte-cendres (Wandesteben). Dp. 24 Oct., 673.
- — Rendement (Coes). Power, 3 Nov., 744.
- — Surchaulfeur Jankowsky. Gc. 31 Oct.,
- 460. •
- — Tuyauteries dilatables. Poiver. 20 Oct., 644.
- — — Explosion à Workinton. E. 6 Nov.,
- 634.
- Engrenage hélicoïdal Bindley. AMa. '27 Oct., 480.
- —- Module pour la résistance d’une dent (Cantelou). Bam. Sept., 1142. Excavateurs (les) (Richter). VDI. 24-31 Oct., 1701, 1765.
- Frein à lame agissant dans les deux sens (Louis). Bam. Sept., 1136.
- Froid. Congrès international du. E. 16 Oct., 520; Gc. 24 Oct., 442.
- Horlogerie. Théorie et pratique (Cunynghame).
- SA. 16-30 Oct., 999, 1025.
- Points universels. E1. 13 Nov., 520.
- Levage. Ascenseurs modernes (Drews). Dp. 17 Oct., 657.
- — — hydrauliques (Baxter). Power, 13-
- 20, 27 Oct., 616, 652, 691 ; 3 Nov.,
- 731.
- — Cableway Bleichert d’Upulungos à Ghilicito (Argentine) (Gibaud). Im. Oct., 233.
- — Conveyeurs nouveaux (Buhle). ZOI. 23 Oct., 689.
- — — pour sables et graviers Ruble. Eam.
- 7 Nov., 903.
- — Élévateur de Rosario (Barbet). RM. Oct., 321-343.
- — ÉJectro-aimants pour levage. AMa. 14 Nov., 619.
- — Grue flottante de 100 et 60 tonnes Smulders. E. 12 Nov., 665.
- — transporteurs pour chantiers de marine
- (Laas). VDI. 17-24 Oct., 1068, 1723.
- — — pour coke Hamilton. E'. 30 Oct,,
- 469.
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-
-
-
- NOVEMBRE 1908.
- 1422 LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Levage pour locomotives (Charbons) (Lutz), Dp. 31 Oct., 689; l^Nov., 703.
- — — A. Bleichert. VDI. *31 Oct., 1753;
- INov., 1797.
- — — à cableways pour chantiers mari-
- times. VDI. 14 Nov., 1829. Machines-outils. Ateliers. Réparations et détérioration (Darbishire). E. 23 Oct., 537, 502; 0 Nov., 624.
- — Administration des. E'. 30 Oct., 471; 12 Nov., 508; EM. Nov., 170.
- — de constructions navales de la Srnith’s
- dock C°. E. 10 Oct., 6 Nov., 433, 605. — Appareillages et montages. RM. Oct., 372, 394.
- — — pour fraisage circulaire. AMa.
- 7 Nov., 587.
- — Fraiseuse verticale Loewe. AMa. 27 Oct., 488.
- — — à vis Holroydt. AMa. 24 Oct., 517.
- — — raboteuse scieuse Newton. Ri.
- 7 Nov., 441.
- — Marteaux à pilons à air comprimé. Pm. Nov., 170.
- — Meules. Affûtage des fraises. Ri. 24 Oct., 424.
- — — Arrosage des meules, tracé des
- ajutages. AMa, 14 Nov., 045.
- — Perceuse radiale Mac Kendrick. E.
- 30 Oct., 470.
- — Pignons. Machines à tailleries. Holroyd. E. 16 Oct., 325; Ri. 31 Oct., 433
- — — Buenot. Buronfosse. E. 6 Nov., 607. — Raboteuse. Essai de rigidité d’une.
- AMa. 31 Oct.. 545 ; dressage (kl.)
- 7 Nov., 581.
- — Soudure autogène Schaap. AMa.
- 31 Oct., 555.
- — — Emploi pour la réparation des
- chaudières marines (A. Le Cha-telier). RdM. Nov., 816.
- — Taraudeuse Landis. AMa. 27 Oct., 503. — Vis. Machine à. Brown et Sharpe. AMa. 27 Oct., 500.
- — — Brunot Buronfosse. E. 30 Oct., 574.
- — — à fileter Holroydt. Ri. 14 Nov., 450. — Machines à bois. Scies à rubans et raboteuse Panhard-Levassor. E. 13 Nov., 641.
- Meunerie. Machinerie de la. E. 16 Oct., 504. Moteurs à gaz. Brands moteurs aux Étals-Unis. FJ. 10 Oct., 394,
- Moteurs à gaz. Clerlc de 100 chevaux. E'. 13 Nov., 522.
- — à hydrogène (Warren). EM. Nov., 255. — Allumages Lodge Anderson Bellamy,
- Crossley, Dudbridge Daimber Hall, Jack, Panhard-Levassor, Delalande, Bosh, Martyn, Macquaire. RM., Oct., 394.
- — Distributions Bellamy, Clift, Duryea, Deulz, Dunsmore, Lentz, Meller, Pfaender, Loutzky, Engler, Letombe, Ottesen, (Sprado, Scwehm, Wiegler Fielding, Housum et Norton, Lan-ehester, Pieper, Muller, Ilaslam, Southwark Foundry. RM. Oct., 401. — Température des parois des cylindres (Coker).E. 16 Oct., 497.
- — Gazogènes pour charbons bitumineux (Harvey). Power, 3 Nov., 742. Installation de Fairbanks Morse à Belort. États-Unis. Power, 27 Oct., 694.
- — — Wild (id.), 720.
- — à pétrole. 22 chevaux Price. E. 30 Oct.,
- 575.
- — — à l’exposition de Prague, péLroles
- lourds. E. 13 Nov., 642.
- — — puissance des. Sou évaluation. E.
- 13 Nov., 60 t.
- — Carbuiation et carburateurs (Lauret). Technique automobile. 15 Nov., 193.
- — — Aéromèlre Negrette et Zambra
- pour moteurs d’automobiles. E. 30 Oct., 589.
- Moteurs à vapeur. Rapide Sisson. AMa. 7 Nov., 590.
- — Aéro-vapeur Field-Moriis. FJ. 6 Nov.,
- 494.
- — Condensation dans les cylindres. E'
- 6 Nov., 491, 496.
- — Distribution Corliss Wisconsin. Power.
- 27 Oct., 718.
- — Pompe à air sèche Brackett. E'. 16 Oct.,
- 413.
- Pesage automatique pour convoyeurs Merrick. E. 39 Oct., 578.
- Plumes métalliques. . Fabrication aux États-Unis. AMa. 7 Nov., 595.
- Résistance des matériaux. Loi de Gurst pour les efforts composés. E. 16 Oct.
- — Acier au nickel pour ponts. E. 16 Oct.,
- 515.
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-
-
- LITTÉRATURE UES PÉRIODIQUES.
- Résistance des matériaux. (Essais à la bille (Martens'et Heyn). VDI. 24 Oct., 1719. — Loi de Guest. E. 23 Oct., 555; 6-13 ÎVou., 613, 651.
- — Essais des métaux à l’usure. Saniter. Ri. 31 Oct., 434.
- — Essais de dureté (Meyer). APC. Mai, 165.
- — — de chaînes. Machines Rorsig. AMa.
- 7 Nov., 583.
- — Fatigue et résistance des plaques (Bach) VDI. 7 Nov., 1781.
- — Résistance des.colonnes cylindriques à bouts arrondis (Lilly). E. 13 Nov.. 670. Roulement su?’ billes New Departure. AMa. 31 Oct., 578.
- Textiles. Tapis d’Orient. Leur antiquité (Birdwood). SA. 6 Nov., 1041.
- — Gazage électrique des fils. Gc. 14 Nov., _ 24.
- — Force et élasticité des tissus de coton (Gegauff). It. 15 Nov., 414.
- — Métier à filer Self-Acting delà Société ~ verviétoise. It. 15 Nov., 420.
- — Tissus mixtilignes. It. 15 Nov., 410.
- MÉTALLURGIE
- Alliages d’aluminium. Le Magnalium. AMa. 24 Oct., 521.
- — de plomb et d’étain. Recherches eu-
- tectiques (W. Rosenhein). RsL.
- 9 Nov., 331.
- — de nickel. Travaux sur les. au labora-
- toire de M. Tammann. RdM. Nov., 837.
- — de fer spéciaux pour la métallurgie
- (Houghton). RdM. Nov., 822.
- Argent. Cyanuration à El Oro Mexique. Eam. 17 Oct., 760.
- Cuivre. Convertisseurs d’Anaconda. Eam. 17 Oct., 747.
- — Action de la température sur l'élec-
- trolyse du (id.). 755.
- — Etablissement d’une usine de 100
- tonnes (Christensen). Eam. 31 Oct., 847.
- — Usine de précipitation et récupération
- du cuivre à Desbec. Arizona; (id.). 853.
- — Affinage et extraction électrolytique, le.
- 10 Nov., 535,
- —- NOVEMBRE 1908. 1423
- Cuivre. Fours à réverbère et régénérateurs (Leas). Eam. 7 Nov.. 898.
- Métaux rares. Cobalt. Vanadium. Molybdène tantale, tungstène, uranium, leur importance pour la métallurgie de l’acier (Ilaenig). RdM. Nov., 841.
- Or. Raffinage électrolytique (Wohlwill). Electrochcmical. Oct., 450.
- — Agitation à l’air Brown. Eam. '1 Nov., 901.
- Plomb. Enlèvement des agrégations dans les creusets des fourneaux à plomb (Goddard).
- — Métallurgie. Eam. 17 octobre, 763.
- — à Broken Hill. Nouvelle-Galles du Sud.
- Eam. 7 Nov., 893.
- Zinc. Four tournant Weltengel. Electrochemi-cal. Oct., 457.
- Fer et acier. Influence du silicium sur le fer (Jouve). E. 16 Oct., 530.
- — Ferrosiliciums. Nouvelle méthode.
- d’attaque (Nicolardot). CIl. 19 Oct., 676.
- — Cémentation. Étude microscopique
- (Stern). SuE. 21 OcL, 1 542.
- — Aciérie de Burbacher Hutte. SuE. 11
- Nov., 1641.
- — Coke. Fabrication parla chaleur interne
- (Chantraine). Ru. Nov., 276.
- — Hauts fourneaux à vent froid. E1.
- 16 Oct., 408; à NVarwick. Eam. 24 Oct ,810.
- — — Chargeurs de. Z01. 30 Oct., 705.
- — Laminoirs : commande électrique
- Koetgen et Ablett). E. 30 Oct., 597.
- — - Trio des aciéries de Mossend. E.
- 13 Nov., 666.
- — Lingots. Presse Ilermet (Osann). SuE.
- 4 Nov., 1601.
- — Fonderie. Sables de — et leur emploi
- (Vinsonneau). Ri. 17-24 Oct., 415, 423.
- — Machines à mouler (Avaurieu). RM. Oct.,
- 343.
- — — systématique : prix de revient
- (Ivnoeppel). EM. Nov., 211.
- — — Consommation de coke dans les
- cubilots (Bureck).'RdM. Nov., 813-
- — Électrosidérurgie. Four Rochling. Ro-
- denhauser. le. 10 Nov., 540; RdM. Nov., 870.
- — — Divers (C. Le Chalelier). RdM. Nov.,
- 857,
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-
-
-
- 1424
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- NOVEMBRE 1908.
- Fours de grillage. (Nagel). Electro-chcmical. Oct., 455.
- MINES
- Argent. Plomb-zinc. Mines de Broken IIi 11. Egm. 24 Oct'., 793.
- — Mines de Guanajuato. (kl.). 800. Canada. Production minérale en 1997. AM. Juin, 531.
- Cobalt. Dans l’Ontario. État actuel. Eam. 31 Oct., 855.
- Électricité. Emploi dans les mines. Signaux. Pm. Nov., 165.
- Extraction. Machine d’. Signaux Westinghouse par air comprimé. Eam. 31 Oct., 857.
- Fonçage. Tubages modernes pour houillère (Barnes). E'. 23 Oct., 422.
- — Cuvelage dans les charbonnages mo-
- dernes (Barnes). fit. 7-14 Nov., 441,
- . 458.
- Grisou. Recherches sur le — et les explosifs.
- Verres de lampes nouveaux de Baccarat. La lampe Muller. Rapports de la Commission permanente (Ches-neau). AM. Mai, 435, 440.
- — Rapport au Geological Survey sur les
- moyens d'éviter les accidents de. Eam. 31 Oct., 860.
- Houillères de Seaton Délavai. Méthodes d’exploitation. Eam. 17 Oct., 765.
- — Exploitation en Silésie. Eam. 7 Nov.,
- 887.
- Houillères. Explosion de poussière à La Gardanne (Rigaudias). AM. Mai, 379.
- — Feux souterrains. Lutte contre les
- (Aron). AM. Juin, 465.
- — Poussières. Leur traitement dans les
- mines. Eam. 2i Oct., 814, 819. Latérisation. Ses relations avec la genèse de quelques minerais d’aluminium et de fer et de certains gîtes aurifères des contrées tropicales (Chautard et Lemoine). Im. Oct., 305.
- Or. Australie de l’Ouest (S. Brown). EM. Nov.,
- 200.
- — Production et état actuel de l'industrie
- en Russie (Gortbatschew). Ru. Sept.) 205.
- Pérou. Industrie minière (Pillour). AM. Mai, 450.
- Pétrole en Roumanie (Aron). AM. Mai, 416.
- — en Russie en 1907. E. 13 Nov., 668.
- —• en Argentine. E. 30 Oct , 567.
- Philippines. Ressources minérales. Eam. 10 Oct., 706.
- Platine. Draguage dans l’Oural (Tovey). Ealn. 10 Oct., 801.
- Préparation mécanique par adhésion de lames liquides (Stovers). Eam. 31 Oct., 839.
- — Laboratoire expérimental de concen-
- centration des minerais (Davis). Eam. 7 Nov., 904.
- Roulage électrique. E'. 23 Oct., 430.
- Turquoise. Mine du Burro. Nouveau-Mexique. Zinc et plomb. District de Meami. Oklahoma. Eam. 7 Nov., 910.
- Le Gérant: G. Richard.
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- DÉCEMBRE 1908.
- 107^ [ANNÉE.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Rapport présenté par M. J.-J. Pillet, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, sur le filtrage de l’air, système Combemale.
- A. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- On connaît le rôle extrêmement nuisible des poussières de l’air, aussi bien en ce qui concerne la santé publique qu’en ce qui regarde de nombreuses industries. Supprimer aussi complètement que possible les poussières de l’air est un problème dont la solution est réclamée de plus en plus, surtout depuis dix ou quinze ans, par les hygiénistes et par les industriels.
- De nombreuses tentatives ont été faites pour arriver à ce résultat; elles sont presque toutes basées sur le filtrage de l’air au travers de tissus à mailles suffisamment larges pour laisser passer l’air, mais suffisamment étroites, ou suffisamment garnies de cils flottants, pour arrêter au passage et emmagasiner les poussières; le molleton est le type de ces genres de tissus. Ils ont tous l’inconvénient : 1° à cause du faible passage qu’ils donnent à l’air, de réduire considérablement sa vitesse et d’obliger, pour obtenir un même débit, d’augmenter la pression soit pulsive, soit aspira-trice; 2° de se feutrer très vite et d’obliger à des changements et à des lessivages fréquents.
- On sait depuis longtemps, après les expériences de Tyndall et de Pasteur Tome 110. — Décembre 1908. 93
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- et après le succès des pansements clos, à la ouate, imaginés par Lister et Alp. Guérin, que le coton, en bourre très peu serrée, est le plus efficace de tous les filtreurs d’air et on a imaginé des appareils, en forme de tubes ou de conduits, que l’on remplissait d’ouate et que l’air était obligé de traverser de part en part pour s’épurer.
- La solution n’était que très incomplète pour les raisons suivantes : 1° Des épaisseurs, même petites, de ouate très peu tassée, remplissant complètement un tuyau, opposent une très grande résistance au passage de l’air et obligent à forcer beaucoup la pression ; 2° Cette pression a pour effet le tassement du coton sur lui-même, lequel finit par former une sorte de bouchon presque impénétrable et 3° les dépôts des poussières, qui se font sur les couches d’ouate, suivent une sorte de progression géométrique décroissante, de sorte que celles qui sont rencontrées en premier sont presque totalement feutrées par les poussières, alors que les dernières sont à peine atteintes. Le principe de ce système est : la circulation forcée au travers d’un milieu complètement ouaté.
- B. DESCRIPTION DU SYSTÈME (fig. 1)
- M. Combemale se sert aussi de l’ouate comme élément filtrant, mais il part d’un principe tout à fait différent de celui qui a inspiré les tentatives précédentes.
- On pourrait définir celui dont il est l’auteur : le principe de la circulation libre dans des chambres successives dt épanouissement et il le réalise comme suit à l’aide de ce que nous nommerons une caisse filtrante. Un appareil complet comporte une caisse et des filtres régu-
- Fig. 1.
- lièrement logés dans son intérieur.
- La caisse est un prisme rectangulaire en carton, de 0,40x 0,45 de côté et de 0111,10 de profondeur. (Il en fait aussi sur d’autres dimensions.) Elle est destinée à loger, parallèlement entre eux et à 0ra,02 de distance les uns des autres ce qu’il nomme les filtres. Ce prisme est ouvert à ses deux extrémités.
- Un filtre se compose essentiellement d’une feuille rectangulaire, mince, d’ouate bien légère, percée de trous ayant 5 à 6 millimètres de diamètre et disposés en quinconce, à 16 millimètres les uns des autres.
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- LE FILTRAGE DE l’AIR.
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- Cette feuille d’ouate est maintenue plane et en quelque sorte rigide par une armature rectangulaire en tîl de fer galvanisé, ayant les dimensions intérieures de la caisse et aux quatre angles de laquelle sont soudés des tasseaux, constitués par une petite lame de zinc repliée en forme de prisme triangulaire.
- Ces tasseaux ont 15 millimètres de hauteur et c’est par leur intermédiaire que les filtres se logent les uns à côté des autres dans le cadre, ce qui assure à la fois leur parallélisme et la constance de leur écartement.
- Les côtés, en fil de fer, de l’armature, sont réunis par un réseau en ficelle fine, formant des mailles carrées de 35 millimètres environ de côté. Cette ficelle a été enduite d’une matière agglutinante qui fait que, d’une part, les fils sont fixés les uns aux autres à leurs points de croisement et que, d’autre part, en y posant, presque sans pression, la feuille d’ouate, cette dernière se trouve collée sur les fils.
- Pour terminer nous dirons (cela est très important et constitue une des base de l’invention) que les trous des filtres impairs, 1, 3, 5... par exemple, correspondent aux pleins des filtres pairs, 2, 4, 6... Il est essentiel, pour le montage des filtres dans les caisses, de tenir compte de ces différences.
- A l’entrée de la caisse, celle par laqnelle Pair doit arriver, au lieu d’un filtre on place une simple toile perforée comme les filtres. Elle a surtout pour fonction de garantir les filtres forcément très fragiles, situés après elle, de certaines causes de détérioration qui existent au dehors, coups de plumeaux ou autres, lesquelles n’existent pas du côté intérieur, celui par lequel soH l’air filtré (1).
- C. THÉORIE DU FONCTIONNEMENT
- Cela posé, on comprend facilement comment agit une batterie de filtres situes dans une caisse.
- L’air vicié entre par les trous de la toile d’entrée, avec une certaine vitesse; comme les trous du premier filtre ne sont pas en face de ceux de la. toile (on dit qu’ils sont en chicane), l’air est obligé de s'épanouir, en
- (1) L’expérience a montré que cette toile d’entrée joue aussi un rôle d’épuration; certaines poussières lourdes et visqueuses, telles que la poussière de crottin de cheval, viennent s’agglutiner d’elles-mêmes sur sa face extérieure et ne pénètrent pour ainsi dire pas dans la caisse filtrante.
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- quelque sorte, pour gagner les trous du 2e plan. De plus, il trouve entre cette toile et ce premier filtre une sorte de chambre cl'épanouissement où il perd beaucoup de sa vitesse ; dès lors les poussières tendent à se déposer et elles se déposent en partie sur les cils flottants de l’ouate du premier filtre.
- Entre le premier et le deuxième filtre le même effet se produit dans une deuxième chambre d’épanouissement, et ainsi de suite jusqu’au dernier filtre.
- Les trous des filtres ont leur section calculée pour qu’à eux seuls ils puissent, sans qu’on soit obligé d’augmenter la pression impulsive de l’air, débiter tout le volume nécessaire. Il est bien évident que d’une chambre d’épanouissement à l’autre il passe un peu d’air au travers de l’ouate des filtres; mais ce n’est pas sur lui que l’on compte; l’ouate pourrait être feutrée presque complètement que la circulation de l’air ne serait pas contrariée; seulement le dépôt de la poussière ne se ferait plus : il faudrait alors changer les filtres.
- Le principe de M. Combemale est donc bien réalisé : a) Circulation libre, car les trous des filtres ne sont jamais oblitérés; b) Dépôt des poussières sur les parois ouatées des chambres d’épanouissement dans lesquelles l’air s’y repose, presque sans vitesse.
- Nota. — L’ouate et la toile employées sont ignifugées.
- D. AVANTAGES PRATIQUES DU SYSTÈME
- Les caisses filtrantes décrites ci-dessus sont très légères ; lorsque les filtres placés dans la caisse sont encrassés, rien n’est plus facile et plus prompt que de les changer. •
- Les caisses peuvent, en les maintenant sur les rayons très espacés d’une sorte de bibliothèque en menuiserie (V. plus loin fig. 2, coupe AB) former comme une espèce de muraille filtrante de 16 centimètres d’épaisseur et de dimension quelconque en largeur et hauteur. Les interstices entre les caisses sont calfeutrés par de l’ouate.
- Dans les applications importantes, par exemple pour l’alimentation en air filtré d’.une installation centrale de chauffage (air chaud, eau chaude, vapeur à basse pression...), on dispose généralement deux murailles de ce genre, accolées face contre face. Lorsque la première muraille, celle d’entrée, est encrassée, on enlève ses caisses et on met à leur place celles de la muraille de sortie, qui sont bien plus propres; dans cette dernière on place ensuite des caisses neuves. L’ouate encrassée est ensuite brûlée.
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- LE FILTRAGE DE l’AIR.
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- E. APPLICATIONS PRINCIPALES
- Les principales applications sont relatives au chauffage et à la ventilation. Dans un cas comme dans l’autre il s’agit de purifier l’air, soit chaud en hiver, soit frais en été, qui doit être envoyé dans les locaux habités.
- Deux cas se présentent : 1er cas, le filtrage se fait au siège central d’où partira, dans toutes les directions, tout l’air envoyé ; 2e cas, le filtrage se fait par éparpillement à la sortie de chacun des émissaires d’air dans les locaux; 3e cas, le filtrage se fait pour Y air ambiant d’une pièce.
- a) Filtrage central (fig. 2). Que l’on ait affaire à un appareil central de chauffage ou à un centre de ventilation mécanique, il faut toujours puiser l’air au dehors. Dans ce cas, cet air est reçu directement du dehors dans une chambre de filtrage bien close de tous les côtés si ce n’est par celui où doit se faire la prise d’air extérieur, et dont les autres parois sont formées par des murailles filtrantes, construites comme il a été dit plus haut (fig. 2).
- Après avoir traversé les filtres il se rend soit dans la chambre de chaleur des calorifères, de laquelle il passe dans les conduites d’adduction de l’air chaud, soit dans des chemises entourant le radiateur, soit, quand il ne s’agit que de ventilation, dans les ventilateurs rotatifs qui aspirent et refoulent l’air pur.
- b) Dans le cas du filtrage éparpillé, on place, dans chaque pièce de l’édifice, une boîte de filtrage à la sortie des bouches de chaleur.
- M. Combemale a réalisé, pour cet objet, des appareils plus ou moins décoratifs, qui n’enlaidissent pas les locaux où on les place.
- c) Le filtrage ambiant se fait sans préoccupation de chauffage ni de ventilation, mais simplement pour purger de ses poussières l’air ambiant. Dans ce cas, dans un petit meuble ou même dans une armoire fermée, on place une batterie de caisses filtrantes, et à côté d’elles un petit ventilateur électrique. Ce dernier aspire l’air de la pièce par une ouverture d’entrée pratiquée dans une des parois de l’armoire et le renvoie filtré, dans la pièce, par une ouverture de sortie. De cette façon l’air de la pièce est à la fois brassé et purifié. On peut ainsi filtrer l’air d’une pièce de 80 à 100 mètres cubes en dix ou quinze minutes.
- Cette application, d’une réalisation très facile, convient pour une foule d’industries (vernisseurs, batteurs d’or, etc.), qui craignent les poussières pour elles-mêmes, à cause du grenu qu’elles entraînent. Il convient aussi, en médecine, pour les salles d’opérations chirurgicales.
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- CONSTRUCTIONS, ET BEAUX-ARTS.
- DÉCEMBRE 1908.
- Les applications du système de M. Combemale sont déjà très nombreuses; nous nous contenterons de décrire, en quelques mots, celle qui,
- Coupe CD .
- Coupe AB.
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- Fig. 2. — Batterie filtrante à la prise d’air d’un calorifère.
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- cet exemple on voit trois a
- filtrantes juxtaposées. Ue 4 ,
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- murailles filtrantes juxtapo plus souvent deux suffisent.
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- sur une très vaste échelle, a été faite au grand hôtel Majestic construit récemment, avenue de Kléber, par M. l’architecte Sibien.
- L’appareil fdtreur est installé sur la terrasse du sixième étage. 11 est
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- LE FILTRAGE DE l’AIR.
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- logé dans une grande cage vitrée, de 3 mètres sur 4 mètres environ et de 3 mètres de hauteur qui ne dépare en rien la terrasse sur laquelle les habitants de l’hotèl iront prendre le frais, en été (1).
- Il comporte 364 caisses filtrantes réparties dans des murailles filtrantes convenablement disposées. De là il descend dans l’hôtel par une courette vitrée de 4 mètres superficiels, qui règne sur toute la hauteur de l’édifice et même jusqu’aux caves, courette complètement close en haut et sur les côtés; de cette sorte de grand tuyau, ayant environ 2 mètres de largeur, il se répartit, à chaque étage, dans les locaux voulus. Cette répartition ne se fait pas d’elle-même; elle est produite artificiellement soit par l’appel d’air des calorifères, quand il s’agit de chauffage, en hiver, soit par l’aspiration des ventilateurs électriques quand il s’agit, en été, d’envoyer dans les locaux de l’air purifié et même rafraîchi.
- En résumé le système de M. Combemale est très judicieusement et très simplement conçu. Il est très efficace et son installation est peu coûteuse. Il est facile à surveiller et à entretenir en parfait fonctionnement.
- Nous demandons, en conséquence, de vouloir bien approuver le présent rapport et en ordonner l’insertion au Bulletin.
- Signé: J.-J. Pillet, rapporteur.
- Lu et approuvé en séance le 27 novembre 1908.
- (1) On prévoit même que ces habitants éprouveront une certaine satisfaction morale à voir que leur santé est entourée de tant de sollicitude et qu’on réalise les moyens les plus efficaces pour lutter contre le grand ennemi des temps modernes : le microbe pathogène.
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- ARTS CHIMIQUES
- Rapport de M. C. Vincent, au nom du Comité des Arts chimiques, sur I’Hélice malaxeuse continue de MM. Mastain etDelfosse.
- OBTENTION INSTANTANÉE DU SUCRE ET DE LA MÉLASSE PRODUCTION DU SUCRE BLANC ET DE LA MÉLASSE EN UN SEUL JET
- Pendant de nombreuses années, on a obtenu le sucre de la betterave au moyen de plusieurs cristallisations successives. En général, on procédait à trois cristallisations donnant ainsi les sucres de 1er jet, de 2° jet et de 3° jet.
- Le sucre de premier jet, s’obtenait après quelques heures de refroidissement de la masse cuite.
- Le sucre de 2e jet était récupéré après quelques jours de cristallisation de la cuite de 2° jet (de 15 à 30 jours); et enfin le sucre de 3e jet était recueilli de la masse cuite de 3° jet mise en empli pendant deux, trois et quatre mois.
- L’égout séparé du sucre était la mélasse.
- Depuis quelques années, on a cherché à obtenir la mélasse épuisée beaucoup plus rapidement et differents procédés ont été indiqués pour y parvenir avec plus ou moins de succès.
- On peut dire cependant que les procédés qui permettent d’obtenir la mélasse en un seul jet sont rares et imparfaits.
- Le plus souvent, on a supprimé le second jet, et, par des rentrées successives des égouts dans les cuites de premier jet, on a abaissé la pureté de ces dernières, et l’on a pu avoir des cuites de deuxième jet, donnant la mélasse plus ou moins bien épuisée, après plusieurs jours de cristallisation dans des appareils refroidisseurs spéciaux.
- Par ce mode de travail, on arrive à un meilleur résultat lorsqu’on applique bien les lois de la cristallisation, et que le contrôle chimique est parfaitement établi.
- En pratique, il en est autrement, et on peut constater que des mélasses
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- l’hélice malaxeuse continue.
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- dites épuisées présentent des compositions très variables d’une sucrerie à 1 autre ou, dans la même usine, d’un moment à un autre, ce qui prouve l’irrégularité des résultats obtenus.
- En outre, on arrive, par ces méthodes, à rentrées, à produire un volume de masse cuite aux 100 kilos de betteraves, qui est parfois considérable, et augmente la dépense de combustible dans une proportion sensible.
- L’hélice de MM. Mas tain etDelfosse, au contraire, permet l’obtention de la mélasse pour ainsi dire instantanément toujours au même degré d’épuisement, cela avec une très grande facilité d’abord, et enfin avec un appareil peu volumineux si on le compare au volume correspondant des malaxeurs nécessaires pour le travail ordinaire.
- Voici la description de l’hélice malaxeuse de MM. Mastain et Delfosse.
- L’appareil se compose (voir figure 1 à 5) d’une hélice e tournant à l’intérieur d’une auge à double enveloppe c, dans laquelle on peut faire circuler de l’eau amenée à la température voulue. L’arbre de l’hélice est actionné par la roue dentée, calée sur lui et commandée elle-même par la vis sans fin de l’arbre moteur. L’hélice est munie de palettes, qui font avancer la masse à malaxer dans le sens voulu, vers la sortie de l’auge. On dispose, à l’intérieur de l’auge, une série de cadres creux que traverse l’arbre de l’hélice et à l’intérieur desquels on peut faire circuler de l’eau à la température voulue. La circulation de l’eau est assurée par les tuyaux d’arrivée k et de retour m, disposés de part et d’autre de l’appareil et communiquant respectivement avec les orifices des cadres, par l’intermédiaire des tuyaux d’accouplement.
- L’eau du tuyau k, entre dans les cadres, et en sort par m. D’autre part, l’eau circulant dans la double enveloppe de l’auge, entre par le tuyau du bas fig. 5, et va se déverser ensuite par o dans les nochères^. Lorsque l’auge est rempbe de masse cuite, spécialement préparée en vue de malaxage, on actionne l’hélice et on amène la masse à la température convenable par refroidissement au moyen de la circulation d’eau.
- La fig. 4 représente la coupe d’un nouveau modèle avec circulation méthodique suivant les flèches b.
- On obtient, d’une façon continue, du sucre et de la mélasse.
- Yoici quelques détails sur une hélice fonctionnant dans une sucrerie :
- 1° Longueur totale, 11 mètres ;
- 2° Capacité utile, 26 h. 5 ;
- 3° Surface intérieure de l’auge, 17in2,45;
- 4° Surface des 52 cadres de refroidissement (52 X 0,49), 25m2,48, de surface ;
- 5° Total de la surface de refroidissement 43m2,93 ou lm2,6 par hectolitre de capacité utile. Soit dix fois plus que dans les appareils ordinaires;
- 6° Débit 30 hectolitres à l’heure ;
- 7° Force exigée, 7 chevaux.
- 8° Nombre de tours de l’héhce 7 tours à la minute.
- 9° Eau consommée, 8 litres à la seconde.
- Les figures 4 à 6 représentent l’ensemble d une installation de sucrerie avec helice malaxeuse.
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- Fig. 1. — Hélice malaxeuse Maslain et Delfosse. Élévation hors la cuve.
- Marche de l’hélice. — La masse dos bacs intermédiaires ee' arrive en a, se trouve en contact direct avec les'cadres refroidisseurs bb et les parois de la double enveloppe c. La marche continue de l’arbre f sur lequel sont fixées les fausses vis sans fin ee munies des palettes dd, produit un avancement de la masse. Cette masse est coulée à une température do 75 à 80° et à un brix d’environ 92 à 93. C’est vers'CO0 que la cristallisation do cette masse commence. L’avantage du procédé est d’obtenir le plus do grains possible et de les nourrir fortement sur tout le reste du parcours'; on y parvient par le déplacement du grain au moyen non seulement des tôles palettes dd, mais par des bras agitateurs gg fixés sur chaque fausse vis sans fin.
- La température de la masse à la sortie h varie suivant l’épuisement que l’on veut obtenir. En règle générale elle est d'environ 20°.
- L’eau pour le refroidissement arrive en i réglable en débit par la soupape j, passe dans le collecteur k et par les tuyaux U dans les cadres bb à circulation chicanée; elle s’évacue ensuite par le collecteur do vidange m. Une prise d’eau réglable par la soupape n fournit l’eau nécessaire au refroidissement de la double enveloppe e. Cette eau s’évacue par débordement par les tuyaux oo dans les collecteurs de vidange pp.
- La même circulation peut s’opérer avec de l’eau chaude et dans les cadres et dans la double enveloppe ; il suffit d’introduire ces eaux en ouvrant les soupapes g et r.
- Une conduite s dite à mélasse est placée du côté do la sortie do la masse pour alimenter celle-ci d’une certaine quantité de propre mélasse, pour faciliter le lavage du grain et le débarrasser de la gangue qui l’entoure. Cotte mélasse peut être rentrée en plusieurs endroits en t et en u. Par suite do cette addition de mélasse, la masse devient jflus fluide et son passage à la filtration se trouve facilitée. v
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- l’hélice malaxeuse continue.
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- APPLICATION DE l’hÉLICE MALAXEUSE
- 1° Production du sucre roux et de la mélasse épuisée.
- L’opération est excessivement simple :
- On rentre en fin de cuite de 1 jet une certaine quantité d’égout de
- Fig. 2. — Coupe transversale.
- turbine pour abaisser la pureté de la cuite, de façon à obtenir un égout de turbine ayant environ 75 de pureté apparente.
- Cet égout est directement concentré, jusqu’à un degré Brix de 91-92, et le produit est passé à l’hélice malaxeuse, qui donne, après quelques minutes, une masse cristallisée que l’on refoule dans des filtres-presses, qui retiendront le sucre en petits cristaux, et la mélasse épuisée sera directement évacuée, ayant environ 60 degrés de pureté apparente.
- Le sucre recueilli, sous forme de tourteaux, sera remis en dissolution
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- I 11IJ-.À
- Fig. 3. — Ensemble d’une installation de sucrerie avec hélice malaxeuse Mas tain et Delfosse.
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- l’hélice malaxeuse continue.
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- dans du jus carbonaté, et renvoyé avec les sirops pour produire la masse cuite de 1er jet.
- C est la méthode dite à un échelon.
- 2 Pour produire du sucre blanc, on doit employer de préférence la
- Fig. 4. — Coupe A B C D (fig. 3). Fig. S. — Coupe E F (fig. 3).
- Description de l'installation (fig. 3). — Los égouts do turbines refoulés dans un bac d'attente a sont aspirés par la soupape b dans un concentrateur c où ils subissent un relèvement de Brix et sont ensuite coulés par la vanne d dans les bacs à double enveloppe ee' où circule do l'eau chaude, pour maintenir la température de la masse. Ces bacs sont obligatoires par le fait de la marche discontinue du concentrateur, et de la nécessité de l’écoulement continu du produit dans l’hélice. Ils ne servent que d'intermédiaires. L’écoulement continu est assuré par une vanne ou trappe spéciale placée à la partie inférieure de ces bacs et au-dessus de la nochère f, qui conduit la masse à l'hélice // dans laquelle s’opèrent, par son mouvement hélicoïdal et la constitution de ses parois et de ses cadres où circule un courant d’eau froide, l’avancement et le refroidissement de la masse. A la sortie de l’hélice, cette masse se déverse par la nochère h dans l’un ou l’autre des délayeurs n' où, par la conduite k, arrive d’un bac j, placé en surélévation de la mélasse appauvrie par le délayage de la masse. Cette mélasse ajoutée ne sert qu’à permettre au grain de se laver et à préparer la niasse à la filtration.
- Cette masse ainsi préparée est aspirée par la pompe l et refoulée par la conduite m dans les filtres nn où s’opère la séparation du sucre et de la mélasse. Les tourteaux de sucre sortant des filtres-presses tombent par les entonnoirs ss dans un délayeur t où arrive du jus d’usine pour opérer la refonte des tourteaux de sucre; le tout s’écoule par débordement par la nochère u dans un mélangeur réservoir v servant à l’alimentation des cuites 1er jet.
- La mélasse s’écoule par les robinets o o dans les nochères p et de là par la conduite q q en communication avec le collecteur r se rend dans le bac à mélasse épuisée s; après dilution au degré commercial la mélasse est expédiée.
- méthode dite à deux échelons. Pour cela, on prépare de la masse cuite de premier jet sans rentrée, et l’égout de turbine, y compris le clairçage du sucre blanc, peut avoir une pureté totale de 80 à 82.
- Cet égout, dont le degré Brix est faible, est concentré à 85-87 et envoyé
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- ARTS CHIMIQUES. ---- DÉCEMBRE 1908.
- dans une hélice malaxeuse qui permet d’obtenir rapidement une masse cristallisée, qui, envoyée aux filtres-presses, fournit d’un côté des tourteaux de sucre ayant 87 à 88 de pureté, et un égout ayant 75 de pureté.
- Cet égout recuit à 91-92 Brix sera traité comme le précédent, et comme s’il s’agissait du travail en sucre roux; cela dans une seconde hélice malaxeuse. On aura ainsi la mélasse épuisée et le sucre en tourteau qui, refondu au moyen du jus de deuxième carbonatation, rentrera
- Fig. 6. — Coupe du cadre nouveau modèle.
- avec le sirop pur pour donner la cuite de premier jet, qui aura une pureté un peu plus faible que la pureté du sirop vierge.
- Une hélice suffit au travail de 750 tonnes de betteraves, en faisant le sucre roux.
- Pour le sucre blanc, il en faut deux semblables.
- Deux filtres-presses de 100 mètres carrés de surface filtrante suffisent pour une hélice malaxeuse.
- MARCHE DE LA CRISTALLISATION ET DE LA TEMPÉRATURE DANS L’HÉLICE MALAXEUSE
- Plusieurs essais ont été exécutés. Il suffira d’en rappeler deux pour montrer la marche de la cristallisation (1).
- premier essai (courbes n° 1) (fig. 7)
- On a prélevé des échantillons à divers, points de l’hélice en fonction, et noté les températures correspondantes.
- (I) Nous avons extrait ces résultats d’un travail publié par M. Léon Pellet sur l’hélice-maxaleuse de MM. Mastain et Delfosse en février 1907.
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- l’hélice malaxeuse continue.
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- Endroits Pureté
- de prélèvement. • Température. de l’eau mère.
- Entrée .... 75° 174,1 ) p
- à 0m,50 .... 67“ 174,1 )
- à lm,90 . . . . . . '. 56° 70,8
- à 3m,50 .... 51° 67,5
- P' 00 ^B O .... 40° 61,4
- à 10m,70 (sortie) ..... 27° 58,2
- Pureté de la masse.
- Si l’on examine les deux courbes de chute de pureté et de chute de température, on voit qu’elles sont à peu près régulières et se correspondent sensiblement. Les courbes ont été construites en portant en abscisses une longueur proportionnelle à celle de l’hélice et en élevant aux points correspondants à la prise des échantillons des ordonnées proportionnelles soit aux puretés soit aux températures.
- deuxième essai (courbes n° 2) (fig. 7).
- On a noté les températures à chaque distance de 1 mètre et pris les échantillons à partir du quatrième mètre. Voici le tableau résumé des analyses :
- Endroits Pureté
- de prélèvement. Température. do l’eau mère.
- Entrée................................ 83° 76,2 Pureté de la masse.
- 1 mètre............................... 78° »
- 2 mètres............................. 71° »
- 3 — 66° »
- 4 — 62° 73,5
- 5 — 59° 66,4
- 6 — . . ........................ 54° 64,2
- 7 — 50° 64,2
- 8 — 47° 63,8
- 9 — 42“ 63,6
- 10 — 40° 62,8
- 11 — 38° 60,3
- D’après les courbes correspondantes, on voit que, dans ce cas, le refroidissement a été en avance sur la cristallisation, puisqu’une brusque désursaturation a eu lieu, corrélative d’une chute de pureté considérable.
- Tous ces phénomènes s’expliquent très simplement. L’égout concentré à sa sortie du concentrateur a une température d’environ 85°. De là, il tombe dans un ballon malaxeur, qui sert simplement à avoir un certain volant de matière à filtrer. On comprend alors que, suivant la marche du travail, l’égout entrera dans l’hélice à une température variant de 75° à 82°. Dans le premier cas, le refroidissement commence lentement dans le ballon et le travail de cristallisation se produit régulièrement dès l’entrée dans l’hélice. Au contraire, dans le deuxième cas, la haute température d’entrée permettra une sursaturation considérable de l’égout, sursaturation qui finit naturellement par cesser brusquement, lorsque la température continue à baisser. Mais quoi qu’il en soit, on arrive toujours à avoir une eau mère épuisée à l’extrémité de l’hélice.
- Ainsi donc, la mélasse provenant des betteraves travaillées à un moment donné peut, en moins de dix-huit heures, être envoyée à la distillerie.
- Dans les essais indiqués; la chute de pureté a été de 1G8 points en moyenne; mais
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- ARTS CHIMIQUES.
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- on peut obtenir plus. C’est ainsi, qu’avec des égouts de pureté plus élevée, on est arrivé à 189 points de chute,en partant alors de 92,G Brix, pour arriver à delà mélasse à 59,4 de pureté.
- On a pu également, ce qui est tout aussi intéressant, épuiser des produits d’une
- Courbe. M^î.
- pureté relativement faible. Par exemple un produit à 70,G de pureté concentré à 91,20 Brix a pu donner du GO,5 de pureté en le refroidissant seulement à 32°. Ceci est d’une grande importance, car on peut ainsi épuiser d’une façon excessivement rapide et économique des produits qui, cuits au filet, et mis à l’empli, mettraient ainsi trois mois ou plus à s’épuiser.
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- l’hélice malaxelse continue.
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- AVANTAGES DU PROCÉDÉ
- Los avantages du procédé se résument ainsi :
- 1° llapidité très grande du travail;
- 2° Simplicité du travail;
- 3° Diminution de la quantité de masse cuite;
- 4° Production de masses cuites, riches, très pures;
- 5° Obtention de sucres extra-blancs primés;
- G0 Amélioration de la qualité des produits ;
- 7° Diminution de leur coloration;
- 8° Production de mélasse très épuisée;
- 9°,Diminution de la quantité de jus à évaporer;
- 10° Diminution des pertes par chauffage;
- 11° économie de combustibles.
- APPLICATION DE l’i IÉLICE M ALAXEUSE AUX PRODUITS DE SUCRERIE DE CANNES
- L’hélice malaxcuse peut naturellement être employée de la meme façon pour les produits de cannes que pour les produits de betteraves; mais les puretés auxquelles on arrivera correspondront à celles des produits de cannes, c’est-à-dire, par exemple, partir de 83-84 de pureté apparente des masses cuites, pour arriver en deux échelons à la mélasse à 38 pureté apparente. Étant donnée la diversité des compositions de produits de canne, on ne peut évidemment donner des chiffres fixes.
- Des essais spéciaux sont nécessaires.
- L’appareil de MM. Mastain et Dclfosse permet de simplifier considérablement l’extraction du sucre et d’en diminuer beaucoup la durée des opérations, en permettant de réaliser une grande diminution dans les frais de main-d’œuvre et de consommation de combustible.
- En conséquence, votre Comité des Arts chimiques vous propose de remercier MM. Mastain et Dclfosse de leur très intéressante communication, d’approuver le présent rapport, et d’en ordonner l’insertion au Bulletin avec les ligures mentionnées.
- Lu et approuvé en séance, le 27 novembre 1908.
- Signé : C. Vincent, rapporteur.
- Tome 110. — Décembre 1908.
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- STÉRÉOGRAPHIE
- NOTE SUll LE TÉLÉ-STÉRÉOGRAPIIE, pui* M. E. Beiill (1).
- APPAREIL POUR LA TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE DE TOUS DOCUMENTS GRAPHIQUES
- Le télé-stéréographe est un appareil qui a pour but de transmettre et île reproduire par voie photographique tous les documents graphiques présentant un relief quelconque, si faible soit-il. D’où le nom de stéréographe.
- La possibilité de reproduire le trait dans des conditions particulières de rapidité et de simplicité entraîne, comme conséquence celle de reproduire aussi les images tramées destinées à la simili-gravure.
- Le « télé-stéréographe » comme tout appareil de transmission, comporte un poste transmetteur et un poste récepteur; le même dispositif servant à F un ou l’autre but par la simple commande d’un commutateur.
- Les deux postes sont commandés, simultanément, par un dispositif électrique assurant leur synchronisme, et rappelant d’une manière générale les systèmes le plus souvent employés en télégraphie.
- DESCRIPTION DE L’APPAREIL
- 1° Poste transmetteur. — Dans le « télé-stéréographe » le principe de la transmission est base sur l’emploi des reliefs que présente, môme après séchage, une couche photographique de gélatine hichromatée, insoléc et développée, ou toute autre préparation photographique susceptible de donner une image en relief. En raison des propriétés de la gélatine bichromatëe, l’image terminée présente des creux et des saillies tels que les blancs de l’épreuve sont les creux les pins profonds et les noirs, les saillies les plus fortes. Toutes les demi-teintes sont traduites par des hauteurs intermédiaires et rigoureusement proportionnelles à leurs valeurs.
- L'épreuve ainsi obtenue est collée sur un cylindre qui tourne devant un style terminant le petit bras d’un levier (2). Le grand bras de ce même levier est terminé par une roulette qui peut aller et venir sur un rhéostat minuscule
- (1) Communication élu 27 mars 1908.
- (2) Bail?tin de novembre 1907, p. 1484.
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- NOTE SUH LE TÉLÉ-STÉKÉOGUAN1E.
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- formé de lu mes d’urgent isolées pur du mica de manière que rensemble des pièces n’ait pas une épaisseur totale supérieure à 2mm,5. Gliu([uc lame du rhéostat est relice à une barre séparant deux bobines d’une série analogue à
- celles (jue l’on emploie dans les laboratoires. La première de ces bobines représente la ligne et les autres sont calculées de manière que le courant qui les traverse décroisse régulièrement avec leur inlercalalion successhe dans le circuit-.
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- STGUÉOGRAPIllE.
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- Lo stylo explore la surface du cylindre transmetteur suivant une spire et le tout est établi do manière que les raies ainsi formées soient distantes de 1/G, 1/5 ou 1/4 de millimètre, la substitution d’une division à l’autre se faisant par une simple commande mécanique.
- Le diamètre et la longueur du cylindre ont été choisis de manière à pouvoir y fixer une épreuve photographique 10 X 14.
- 2° Poste récepteur. — Le poste récepteur du « télé-stéréographc » se compose essentiellement (lig. 1) :
- 1° D’un oscillographe Blondel chargé de traduire des variations du courant de ligne très rapidement et de manière rigoureusement proportionnelle aux intensités. L’équipage de cet oscillographe termine la ligne ;
- 2° D’une boîte rectangulaire dans laquelle tourne le cylindre récepteur de memes dimensions que le cylindre transmetteur. C’est là qu’est fixé la pellicule ouïe papier photographique chargé d’enregistrer l’image transmise. La boîte est percée, contre la préparation sensible, d’une ouverture circulaire de un sixième, un cinquième ou un quart de millimètre suivant la division employée ;
- 3° D’une lampe Nernst munie d’un condensateur faisant converger ses rayons sur le miroir de l’oscillographe ;
- 4° D’une lentille aplanétique faisant converger sur la surface sensible les rayons réfléchis par le miroir. Celle lentille est calculée de manière que le miroir d’une part et le point de concours d’autiu part, soient deux foyers conjugués;
- 5° D’une gamme de teintes mobiles et placée devant la lentille.
- FONCTIONNEMENT
- Lorsque l’appareil est en mouvement, les reliefs de l’image du poste transmetteur impriment au stylet et, par suite, à la roulette placée à l’extrémité du levier, des déplacements continuels.
- Lorsque, par suite de ces déplacements, la roulette est à l une des extrémités du rhéostat, toutes les lames se trouvant du meme côté, aucune résistance n’est ajoutée à celle de la ligne et l’intensité du courant est maxima. Pour la position contraire de la roulette, toutes les résistances s'ajoutent à celle de la ligne et l’intensité est minirna. Pour toutes les positions intermédiaires, enfin, le courant prend une intensité fonction de cette position, et toutes les variations ainsi produites sont rigoureusement proportionnelles aux variations du relief, proportionnelles elles-mêmes aux diverses intensités de l’image originale. L’appareil possède donc, par ce dispositif, et en l'absence de tout agent capricieux, comme le sélénium, une précision mathématique incontestable.
- A l’arrivée, les variations du courant de ligne ont pour conséquence d’im-
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- NOTE SUR LE TÉLÉ-STÉRÉOGRAPI1E.
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- piimci au miroir de 1 oscillographe des déviations successives très rnpides mais toujours proportionnelles aux intensités électriques.
- Par suite de ces déviations, le faisceau lumineux réfléchi oscille, lui-même, de droite à gauche, du centre cm bord de la lentille, en rencontrant la gamme de teintes dont le rôle est de réduire plus ou moins l’intensité lumineuse (1).
- Puisque la pellicule sensible est au foyer conjugué du miroir par rapport à la lentille, le trou est continuellement éclairé. Par conséquent, lorsque le faisceau lumineux réfléchi tombe au centre de la lentille, la transparence absolue de la gamme ne produit aucune extinction cl, l’impression lumineuse étant maxima, on obtient un noir photographique. Lorsque le faisceau lumineux réfléchi tombe au bord de la lentille, l’opacité absolue de la gamme produit une extinction complète et l’on obtient un blanc photographique.
- Enfin, pour toutes les positions intermédiaires du faisceau réfléchi, une extinction convenable par la gamme de teintes produit l’effet photographique voulu et la série complète de ces extinctions ou do ces illuminations produit à l’arrivée une image entièrement conforme à celle de départ, et possédant tous les détails de cette dernière, égaux ou supérieurs à un sixième, un cinquième ou un quart de millimètre.
- Il est bien évident que, si la gamme de teintes a une exacte gradation d’opacités (ce que l’on obtient par divers moyens mathématiquement précis) et si la sensibilité de l’oscillographe est convenablement choisie, la reproduction doit être entièrement conforme à l’original. Cependant, en élargissant ou en rétrécissant le faisceau lumineux incident, on diminue ou l’on augmente les oppositions de l’épreuve.
- Le simple examen schématique du récepteur permet d’arriver aux conclusions suivantes :
- 1° Suivant la position du faisceau avec la droite ou avec la gauche de l’axe principal, et suivant le sens dans lequel est tournée la gamme de teintes, un même document original fournit à l’arrivée, augre du destinataire, une épreuve positive ou une épreuve négative.
- 2° Si, pour une même largeur du faisceau, l’épreuve exacte est fournie par la gamme normale, il est évident :
- A. Qu’une gamme trop heurtée fournit une épreuve d’arrivée plus heurtée que celle de départ et que le document original se trouve ainsi renforcé;
- B. Qu’une gamme insuffisamment heurtée fournit une épreuve d’arrivée moins poussée que celle de départ et que le document original se trouxe ainsi affaibli.
- (1) Il est important de ne pas dire : d’un bord à l’autre de la lentille, car l’intensité lumineuse, maxima sur l’axe principal, décroît rapidement dans les régions marginales. Il faut tenir le plus grand compte de cette décroissance si l’onAeut assurer l’exacte dégradation de la lumière.
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- STi::ni::oGnApniE.
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- Il a été dit, plus haut, que le trou percé dans la 'boite du récepteur devait se trouver contre la préparation sensible. Celle condition, de la plus haute importance, est indispensable à la netteté (les épreuves.
- En effet, puisque le trou est très tin, la lumière, très puissante en ce point, donnerait lieu à des phénomènes de diffraction qui auraient pour conséquence le recouvrement partiel des lignes. Mais si le trou est en contact intime avec la préparation, il se comporte lui-même, comme le détail d’un cliché photographique,' et d’impression se produit, non plus par projection au travers d’une ouverture étroite mais par contact. Tout phénomène de diffraction se trouve ainsi supprimé.
- Dans le plus grand/ nombre dos cas, le récepteur est supposé de memes dimensions que le transmetteur. Cependant, si les organes essentiels : vis-mère, cylindre et diamètre du trou étaient plus grands, l’épreuve d’arriver serait, elle-même, une fois plus grande, mais avec cette particularité que le trou étant toujours contre la préparation, l’agrandissement serait aussi net que l’original. Col; avantage n’existe pas pour la photographie courante, où l’agrandissement se fait toujours par projection.
- Il va de soi que l’on puisse, également, faire des épreuves en réduction. Notons enfin que l’appareil fonctionne sous un très faible voltage, ce qui peut être, pour l’exploitation, un avantage de la plus haute importance.
- EMrr.oi de l’appakeil POUR LE trait, . l’écriture, et LA SI MILI- O lî A V U P» E
- Ainsi qu’il est dit au début de cette note, le Télé-Stéréographe a, non seulement, pour but de reproduire, à distance, les photographies, c’est-à-dire les images à demi-teintes pleines, mais aussi tous les documents graphiques au trait, qu’il s’agisse d’écriture proprement dite, de dessin hachuré (gravure sur bois, etc.) ou de simili-gravure, pourvu que l’original ait un relief quelconque.
- Dans ce cas, l’appareil subit une légère modification.
- 1° Le levier du poste transmetteur, la roulette, le rhéostat et les bobines disparaissent pour faire place à un interrupteur de précision commandé par les reliefs du document. C’est, en somme, un manipulateur Morse commandé automatiquement.
- 2° Au récepteur, la gamme de teintes disparait également et l’on place seulement, devant la lentille,un diaphragme percé d’une étroite fente.
- Cela posé, on règle le transmetteur de manière à laisser le courant fermé pour l’exploration du fond de l’imago et à ne le rompre qu’au passage des reliefs. De cette façon, et c’est essentiel pour les traits, les effets sont les mêmes, quelle que soit la hauteur du relief considéré.
- Au récepteur, ou règle le spot lumineux de manière à le maintenir sur la
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- NOTE SUR LE TÉLÉ-STÉRÉOGRAPHE.
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- fonlc en temps normal et à l’en écarter à chaque rupture tlu circuit. Ou bien on fait l’inverse par une simple manœuvre de l’oscillographe.
- Dans le premier cas, sur l’épreuve réceptrice, les traits apparaissent en blanc sur fond noir; dans l’autre cas, ils apparaissent en noir sur fond blanc. On choisit ces etlets suivant le but cherché et aussi suivant le sons do rotation du cylindre, ce dernier point permettant d’inverser ou non le sens du tracé.
- Il va de soi, sans autre démonstration,que, lorsque l’appareil, ainsi employé, sert à la transmission de tracés par simple ouverture ou fermeture de circuit, son fonctionnement est, en tous points, assimilable à celui des télégraphes. Il fonctionne donc, alors et s’il est nécessaire, avec un relais et avec une lerre, voire meme sans fil. En un mot, scs conditions d’emploi sont celles de la télégraphie actuelle.
- Différents systèmes avant été proposés, depuis quelque temps, qui dérivent tous de l’invention de Casolli et de celle do Ileyor, il est indispensable de bien remarquer que le Télé-Stéréograpbe est tout à fait nouveau. Plus n’est besoin do faire le tracé avec une encre isolante ou une feuille métallique ou métallisée. Il suffit de faire le tracé avec une encre spéciale et séchant rapidement sur \m papier quelconque que l’on tend facilement, sur le cylindre transmetteur, à l’aide d’un dispositif spécial et des plus simples.
- Le Télé-Stéréograpbe peut donc être considéré comme un appareil de télégraphie universelle puisqu’il transmet, à volonté l’écriture, les dessins ou (racés au trait et la photographie ou tout document en demi-leinles pleines (lavis, etc.).
- APP ENDICE.
- Après la réalisation du premier appareil, expérimenté en 1907 et destiné, seulement, à la démonstration du nouveau procédé, des appareils définitifs en postes séparés, à la fois transmetteurs et récepteurs, munis d’un dispositif synchrone, etc., ont été construits pour réaliser des expériences d’application définitive. Il a donc fallu non seulement prévoir la transmission de la photographie et sa reproduction, mais aussi les conditions accessoires de tout échange en postes éloignés, c’est-à-dire adapter, sur les appareils mêmes, des signaux pour l’appel, et la réponse à ces appels, enfin, indiquer le moment de la mise en route de l’un des postes ainsi que son arrêt à la fin de la transmission.
- A cet efïet, un système de sonnerie est établi, commandé par le même relais que le synchronisme, et un système commutateur dirige la ligne sur l’appel ou sur la photographie, répondant ainsi au même but que le contact à crochet mobile des appareils téléphoniques.
- A moins de modifications dans l’avenir, la convention suivante est proposée par l’inventeur :
- |° Le demandeur appelle le poste récepteur par une sonnerie prolongée.;
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- STÉUÉOG RAPIIIE.
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- L2° Le récepteur répond au demandeur ou transmetteur par une sonnerie de trois coups successifs. Ce signal correspond, en somme, au « allô » du téléphone.
- Cela fait, le transmetteur attend que le récepteur ait chargé son cylindre et c’est pour cette raison que c’est ce dernier poste qui partie premier. La mise en route se traduit au transmetteur par des coups de sonnette répétés. A chaque tour de cylindre, ces coups de sonnette vont en s’accélérant avec la marche du moteur, et donnent au transmetteur une idée de la AÛtesse à laquelle il doit se mettre. La commande de son commutateur lui permet dès lors d’actionner son dispositif synchrone en supprimant le bruit du timbre.
- La photographie passe alors sur la ligne et, lorsque la transmission est terminée, on coupe le circuit, l’aiguille de l’ampère-mètre s’arrête, et les deux postes sont ainsi informés de l’achèvement du travail. Si l’un ou l’autre poste oubliait d’observer cette aiguille, il n’y aurait d’autre inconvénient que de laisser marcher le moteur, puisque les appareils sont construits de telle manière, qu’arrivés en fin de course, les cylindres tournent sur eux-mêmes, sans se déplacer.
- Les appareils sont”munis de parafoudres et de fusibles. Les fusibles peuvent être facilement changés et choisis pour telle intensité que l’on veut. Ils sont placés sous les appareils, à l’arrivée même de la ligne, de manière à protéger les organes en cas d’accident sur la ligne, et la ligne elle-même, en cas d’accident ou de fausse manœuvre sur les appareils.
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- ARTS CHIMIQUES
- LES RECHERCHES CHIMIQUES El' BIOLOGIQUES SUR LA FABRICATION DD CUIR,
- par M. G. Abt (1).
- Le temps n’est plus où la tannerie restait entièrement étrangère au mouvement qui, dans la plupart des industries, s’efforçait d’offrir à un empirisme adroit, mais aveugle, l’appui de connaissances et le contrôle de méthodes scientifiques. Le progrès accompli depuis une quinzaine d’années est considérable, et les applications de la chimie à la tannerie font aujourd’hui l’objet d’an enseignement, organisé dans tous les grands pays. Cet enseignement porte surtout sur les méthodes applicables soit à l’analyse des produits employés soit, dans la mesure du possible, au contrôle de la fabrication. Mais il a aussi pour idéal l’intelligence du mécanisme intime des diverses opérations; il vise à en dégager le principe, à en trouver des règles fondées sur des connaissances scientifiques. C’est ainsi que se sont précisés un certain nombre do problèmes de fabrication, qu’il faudra résoudre avant que l’on puisse mettre fin à l’èrc des tâtonnements.
- Malheureusement, le chimiste est particulièrement désarmé a l’égard de la tannerie, et vis-à-vis du tanneur. D’un côté, notre connaissance des éléments histologiques et chimiques de la peau, do la constitution des tanins, des pro priétés physiques des solutions tannantes végétales et minérales, est encore trop rudimentaire pour nous permettre d’analyser des effets, dont le résultat global tombe pourtant sous les sens : comme si les réactions se produisaient entre des corps trop complexes, présentant des différences trop subtiles, pour la portée do notre savoir présent. D’autre part le tanneur qui, malgré ses déboires, produit un cuir satisfaisant, exige avec raison du chimiste qu’il réussisse au moins aussi bien. 11 est toujours difficile de fabriquer scientifiquement, mais lorsqu’il s’agit do cuir, les conditions sont particulièrement défavorables. C’est qu’il est impossible d’apporter une modification aune quelconque des opérations, sans ajuster plus ou moins toutes les autres; à tel tannage convient tel traitement dans les confits, ou les pelains, ou les trempes, peut-être même tel choix de la matière première. Si bien qu’une expérience a
- (1) Conférence du 13 novembre 1908. Travail subventionné par la Société d’Encouragement sur l’initiative du Comité des Arts chimiques.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- toutes les chances d’écliouer, si l’on n’a pas le talent, ou pas le loisir, de faire une mise au point qui en dépasse de beaucoup les limites.
- Malgré ces difficultés, les travaux des quelques chimistes qui se sont spécialisés dans la tannerie ont apporte déjà des enseignements dont l’industrie peut profiter, ht où ces travaux n’ont pas encore abouti, du moins les connaissances acquises nous permettent-elles de mieux apercevoir les problèmes, et de pressentir la voie qui conduirait à leur solution. C’est ce que je voudrais montrer dans ce travail, en choisissant quelques exemples.
- Je rappellerai brièvement la suite des opérations que le tannage comporte, dans le cas le plus général * de la peau en poil au cuir fini. C’est d’abord le trempage ou reverdissage pour laver les peaux et leur rendre, si elles sont sèches ou salées, la teneur en eau et la consistance do la peau fraîche ; les pelains, pour préparer par l’action do la chaux ou d’autres substances la chute du poil et la pénétration des matières tannantes, Y ébourrage et V écharnage, pour enlever le poil du côté que les tanneurs appellent la fleur, et les débris de graisses et démuselés du côté qu’ils appellent la chair; les confits, solutions acides ou liquides fermentés, pour enlever la chaux et réduire le gonflement qu’elle avait produit, Enfin vient le tannage proprement dit, suivi de la sèche et du finissage. Celle dernière partie comporte, pour les cuirs dits nourris, l’incorporation de matières grasses.
- LE RÔLE DE LA PEAU ET CELUI DES MATIÈRES TANNANTES
- Le cuir fini a pour éléments essentiels la peau et les matières tannanlos; mais quel est le rôle respectif de chacun, les propriétés qu’il donne au cuir? Quoique la peau ne représente dans certains cuirs corroyés que 30 p. 100 du poids total, c’est elle qui fait la solidité du cuir, sa résistance à la traction, et meme à i’usure par le frottement. Les matières tannantes protègent les fibres con tre la putréfaction, Faction dissolvanle de l’eau chaude, des acides et alcalis dilués; elles leur conservent leur souplesse en les isolant, tandis que leur tendance naturelle serait d’adhérer les unes aux autres en faisceaux rigides. Le tannage, en un mot, fixe seulement les qualités de la peau fraîche.- Aussi moins un cuir contient de matière tannante, pins il est résistant. Comparons, par exemple, des courroies tannées à l’alun, au chrome et aux tanins ; l’alun s’est fixé très peu sur la peau, le chrome dans une proporlion peut-être de 5 à G p. 100, les tanins végétaux jusqu’à 30 et 40 p. 100. Or ces courroies, d’après une expérience d’Eitner, cèdent à des tractions de 8k,350 par millimètre carré do section pour l’alun, 7k,400 pour le chrome, 2k,830 pour les tanins (1). La peau parcheminée, ou simplement imprégnée d’huile, est encore plus résistai!le. Il est
- (1) Kituer, Gcrhcr, 19 mars 1900.
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- RECHERCHES PU» LA FABRICATION DU CUIR.
- Mol
- vrai que plus il y a de matière tannante, moins le millimètre carré de section contient de fibres. Mais le tannage parait agir directement sur les fibres. La commission anglaise, instituée en 1905 pour étudier les causes de la détérioration des reliures en cuir, a trouvé que les cuirs anciens les mieux conservés étaient les plus légèrement tannés. Llle a d’autre part exposé à des agents délétères, les fumées du gaz d’éclairage et la lumière solaire, des cuirs les uns bruts, les autres lavés pour enlever une partie du tanin; ces derniers ont le mieux résisté à l’épreuve (1). D’ailleurs, il y a pour chaque tannage une limite à la quantité de matière que la peau peut supporter. Pour le cuir au chrome, celte quantité ne peut guère dépasser 7 à 8 p. 100, calculés en Cr2On ; et encore ce chiffre relativement élevé no s’applique-t-il qu’à des cas spéciaux. La peau est capable cependant de fixer des quantités de chrome beaucoup plus considérables ; mais ce qu’on obtient n’est plus du cuir. La proportion de tanins végétaux peut aller dans le gros cuir jusqu’à 40 et 50 p. 100. Au delà, le cuir aux tanins deviendrait également dur et cassant. C'est ainsi que lorsque les extraits décolorés aux bisulfites ont commençai à être employés, certains tanneurs ont obtenu des cuirs cassants, et attribué ce défaut à la production d’acide sulfureux, puis sulfurique, dans les liqueurs. Lu réalité, trompés par la couleur de l’extrait, ils surtannaient.
- Le tannage n’est d’ailleurs pas seul, dans la fabrication du cuir, à diminuer la solidité de la matière première. La peau est constituée par une multitude de fibrilles, sinueuses et enchevêtrées ; c’est une sorte de tissu, qui ne saurait traverser intact toutes les opérations de la tannerie. Les coupes de M. Boulanger n’ont-clles pas montré qu’au sortir de la chaux beaucoup do Unes fibrilles, qui formaient la trame réunissant les grosses fibres, sont disjointes, recroquevillées, coupées ? Après le tannage, lorsque avec des outils et machines variées on rase, on gratte, on meule le côté chair pour lui donner une apparence unie et un toucher doux, on prive le cuir du soutien d’une couche fibreuse particulièrement tenace. On brise encore les fibres dans tous les traitements au tonneau-foulon, lavages, tannage, nourriture, teinture ; aussi pour obtenir des courroies résistantes, doit-on éviter l’emploi du tonneau. Pour sécher certains cuirs, on les cloue sur des cadres ; comme ils sont tendus et se rétractent encore à la dessiccation, les fibres au lieu de rester sinueuses sont étirées, aplaties et allongées; elles sèchent dans cette position qui en détruit le feutrage. Il est évident tpie toutes ces opérations se justifient par leur luit; et je ne pense pas que l’affaiblissement des tissus qui en résulte ait préoccupé l’industrie. Mais il serait si naturel de chercher, en faisant du cuir, à préserver la peau, que j’ai voulu signaler ce paradoxe de la fabrication.
- (I) Report of the Committee on leather for bookbinclinr/, IGOR.
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- ARTS CHIMIQUES.
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- LA PRÉPARATION AU TANNAGE
- C’est un propos courant en tannerie qu’on fait son cuir dans les trempes, les pclains et les confits. En effet les défauts du cuir les plus fréquents et les plus difficiles à éviter ont leur origine dans cette période. C’est qu’on y met en œuvre bien des inconnues. La principale est les microbes, qui arrivent avec les peaux dans les trempes et les suivent jusqu’aux liqueurs tannantes, emportant avec eux la menace do la putréfaction: j’entends'putréfaction dans son sens le plus large de destruction de matière protéique, qu’elle soit limitée à la fleur ou envahisse des portions du derme. Cependant ces microbes si dangereux sont des auxiliaires indispensables dans les pclains, et les agents principaux des confits. L’idée devait certainement venir de chercher à les discipliner, de manière à n’en conserver que les races et les effets utiles. Mais, si intéressants que soient les travaux de Villon et de Sclimifz-Dumont sur les pelains, de Popp et Becker et de Wood surtout sur les confits, on ne peut pas dire qu’ils aient conduit à des solutions pratiques. La bactériologie de toute la préparation au tannage est un chaos, où l’on n’apportera un peu de lumière qu’en isolant d’abord les principales espèces microbiennes, puis en étudiant avec détail leur physiologie, leurs conditions d’existence et leur action chimique. 11 faudrait donner à ce travail une large base en suivant les microbes à travers les opérations successives; on ferait en un mot l’histoire bactériologique des peaux. La comparaison des espèces rencontrées dans différentes tanneries et l’examen des conditions dans lesquelles elles se développent respectivement apprendraient sans doute.à ménager des fermentations électives: ce serait le meilleur moyen d’assurer, dans des conditions aussi défavorables, la pureté relative des cultures (1).
- Une autre inconnue, ce sont les changements qui surviennent dans les tissus de la peau, chute de l’épiderme mise à part. Les deux questions d’ailleurs se tiennent, car les microbes sont les agents de ces modifications. Ils vivent aux dépens de la peau, très probablement do la matière protéique déjà solubilisée, ou facilement liquéfiable. Y a-t-il des éléments plus solubles ou plus faciles à liquéfier? Et quel est leur rôle dans l’organisation des tissus, leur importance pour les qualités finales du cuir? Qu’cst-co qui disparait quand on vide la peau, ou qu’on la « dégraisse »,.ou qu’on la creuse? Sont-ce les mêmes cléments qui sont attaqués dans les pelains, et dans les confits? Depuis les travaux de Rei-mor, on admet que le derme contient entre les fibres une substance interstitielle amorphe, la coriine, soluble dans les alcalis. Cette matière, qui se trouve dis-
- (1) V. G. Abt. Le rôle des microbes dans la putréfaction de la peau en poil et en tripe, et dans les confits. Bullet. Syndicat yen. des cuirs et peaux, nov. 1908. .
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- soûle dans les pclains, est-elle le siège des fermentations? Ou les microbes attaquent-ils les fibres? Faut-il la conserver ou la détruire? D’ailleurs divers auteurs doutent de son existence; on peut dissoudre petit à petit, par l’action prolongée de la chaux, toute la substance des fibres ; la coriine n’en serait ainsi qu’un premier produit d’hydrolyse. En somme, peut-on par l’analyse immédiate séparer dans la peau divers éléments, et en suivre la fortune à travers les diverses opérations; peut-on, d’autre part, à l’aide d’une technique histologique appropriée, différencier les tissus et observer des changements dans leur structure? Ce sont deux méthodes qu’il s’agit de perfectionner, et qui fourniraient les moyens, jusqu’ici absents, de contrôler non seulement la préparation au tannage, mais la fabrication entière.
- Enfin les pclains ont un rôle important à remplir: c'est de gonfler la peau Pour que les matières tannantes puissent pénétrer et se distribuer uniformément dans toute l’épaisseur des tissus, il faut qu’ils soient divisés en fibrilles très fines, disséqués en quelque sorte. Ce résultat est obtenu par le gonflement, qui fait éciater les faisceaux fibreux, créanl peut-ctre môme des divisions artificielles. Lorsqu’il est ensuite réduit dans les confits, des espaces virtuels subsistent entre les fibrilles, préparant la place aux matières tannantes. Or s’il est relativement facile de libérer le poil dans les pelains, il est beaucoup plus difficile de produire le gonflement approprié. 11 doit être suffisant, pour que le tau-nage pénètre bien, que le cuir ait l’épaisseur voulue; mais s’il était excessif, le cuir deviendrait mou, spongieux; les fibres seraient brisées. De plus, il doit être convenablement réparti entre la fleuret le dorme proprement dit; car si la fleur est trop gonflée, elle sera fixée dans cet état par les premières liqueurs tannantes et conservera un grain grossier. C’est un effet donné qu’il faut obtenir, variable selon la classe de cuirs.
- Le gonflement de la peau, ou de la gélatine qui se comporte à peu près comme la peau, est une question de chimie physique, digne de tenter un spécialiste. Quelles en sont les lois, à quelles influences obéit-il, comment pourrait-on s’en rendre maître dans tous les milieux? La gélatine sèche absorbe huit à dix fois environ son poids d’eau. Dans les solutions acides ou alcalines très diluées, elle en absorbe quarante-cinq à cinquante fois son poids. Le gonflement maximum est obtenu avec des solutions à peu près centième normales, c’est-à-dire contenant 0,4 p. 1000 pour la soude et environ 0,5 p. 1000 pour l’acide sulfurique, il diminue quand la concentration augmente. La teneur en acide est plus élevée dans la gelée que dans le liquide extérieur, ce qui est le signe d’une combinaison au moins partielle avec la gélatine. Lorsqu’on a gonflé avec un acide quelconque, chlorhydrique, sulfurique, acétique, formique, etc., et que l’on ajoute une quantité suffisante de chlorure de sodium, le gonflement, disparaît. Avec une solution de sel saturée, il peut ne rester dans la gélatine
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- que mie fois et demie son poids d’eau. La peau retient pourtant plus d’aeide que s’il n’y avait pas eu do sel, et elle semble profondément modifiée; on peu! la sécher et la conserver sans qu’elle s’allère; c’est une espèce de cuir blanc, qui parait avoir subi un véritable tannage. Si on la plongeait dans l’eau, elle gonflerait et serait attaquée, à moins que l’on n’ajoute au liquide un sel neutre en quantité suffisante, ou qu’on ne neutralise l’acide avec un alcali faible (bicarbonate de soude, craie, alun rendu basique par addition de soude). On utilise cette influence combinée de l’acide et du sel sous le nom de pieklagc; le pie-klage se pratique après le confit, et quelquefois à sa place, soit pour conserver la peau en tripe, soit pour préparer certains tannages. Eu ell’et la peau picklée se prèle particulièrement à la pénétration des matières tannantes et de la nourriture; elle passe pour fournir un cuir souple, avec une texture serrée e( une Heur très line. L’acide disparaît pendant le tannage, déplacé par les tanins ou lavé après dissociation de la combinaison.
- La propriété de réduire le gonflement acide est commune à la plupart des sels neutres. D’après les idées de lvorner (1), Procter (2), l’absorption de l’eau serait duc à la différence de la pression osmotique dans la peau et le liquide extérieur, conséquence de la fixation de l’acide sur la peau. Le phénomène inverse se produirait lorsque, en ajoutant un sel neutre possédant un ion commun avec l’acide, on diminue l’ionisation de ce dernier. Mais, outre (pie tous ces facteurs devraient être soumis à des mesures exactes, cette théorie soulève bien des difficultés. Entre autres, l’analyse devrait confirmer les hypothèses que l’on peut faire sur les cas tels que celui de l’acide formique avec le chlorure de sodium: l’ion commun résulte-t-il d’une double décomposilion? quel est l’acide qui se fixe et l’ion qui empêche le gontlemenl? 11 no semble pas que la peau retienne de l’acide chlorhydrique ; car si on la mouille après qu’elle a été séchée, elle ne gonfle pas comme une peau qui contient de l’IICl. La plus grave objection, c’est que le gonflement produit par les alcalis'n’est pas soumis aux mêmes lois? Le chlorhydrate d’ammoniaque abat la peau gonlléc par l'ammoniaque, mais le chlorure de sodium n’a pas d’influence sur le gontlemenl par la soude. Lue élude approfondie de tous ces faits en fournirait peut-être une interprétation satisfaisante, et ferait apparaître beaucoup de particularités inconnues. Des conséquences pratiques pourraient en résulter; nous verrons quel rôle considérable jouent les acides dans le tannage; des sels neutres sont toujours présents en même temps, et ne peuvent manquer d’exercer une influence, que l’on ne songe ni à utiliser, ni à éviter.
- Dans les pelains, c’est du gonflement par les alcalis qu’il s'agit. Stiasny (M), de
- (1) Küriier. 'lie il nï<je zur wissenschaftlichen Grundlaye der Gerberei. Freiberg, 1899.
- (2) Procter, Griuciples of leather Manufacture, 1903, p. 73-92.
- (3) (ierber, 13 jiiillet-13 octobre I90G.
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- 1 Institut de recherches de Vienne, a étudié expérimentalement la valeur à cet égard de la chaux, la soude et l’ammoniaque. La chaux est la base des pelains. La soude est souvent ajoutée, pour accélérer l’action de la chaux, soit directement sous la l’orme d’hydrate, soit sous la forme de sulfure, qui produit par réaction avec la chaux de la soude et du sulfhydrate de calcium. L’ammoniaque apparaît dans les vieilles chaux, produite peut-être par action de la chaux sur la peau, en tous cas aussi par la fermentation bactérienne-. Ainsi les trois alcalis ont un intérêt pratique. Or l’absorption de l’eau, mesurée par l'augmentation de poids, est beaucoup plus considérable avec la soude qu’avec la chaux, avec la chaux qu'avec l’ammoniaque. Pour des solutions vingtième normales et au bout de six jours, les chiffres respectifs sont de 37,4, 12,4 et 4,6 p. 100. Le gonflement diminue à partir du cinquième jour pour la soude,, dès le second pour l’ammoniaque. D'autre part l’alcali fixé par la peau est en quantité plus considérable pour la chaux que pour la soude, pour la soude que pour l’ammoniaque Y a-t-il dans l’action de la chaux une réaction spéciale sur la peau, avec production de corps acides qui fixent de l'alcali? Les quantités de substance dissoute sont à peu près les mêmes pour la soude et l’ammoniaque, beaucoup plus faibles pour la chaux. Enfin la soude ne détaclie le poil qu’avec une solution cinquième normale. L’ammoniaque épile au contraire très bien, la chaux assez bien, en solution vingtième normale. Mais le mélange de chaux et d’ammoniaque n’agit pas comme les bases séparées; la diminution du poids n’apparaît pas dès le second jour comme avec l’ammoniaque seule, et l’épilage n’est pas facilité. Ces différences que présentent les alcalis sont surprenantes, et comportent quelques applications. Ainsi l’ammoniaque accumulée dans les vieux pelains n’aiderait pas à l’épilage, dont les seuls facteurs seraient la chaux et les microbes. Par contre, elle nuit au gonflement, que la putréfaction empêche de son côté. C’est donc avec raison que l’on titrerait rammoniaque, pour juger si un vieux pelain doit être rejeté. L expérience montre qu’il devient dangereux lorsque l’alcalinité s'élève à 7 centimètres cubes d’acide dixième normal pour 10 centimètres cubes de solution, alors que 10 centimètres cubes de chaux seule en exigeraient 5 centimètres cubes environ. Quant à la soude, c’est un auxiliaire précieux pour produire le gonflement; mais elle peut aussi dépasser l'elfet désiré. Dans ce cas, en ajoutant du chlorure de calcium, on la convertit en chaux qui gonfle moins. Un mélange à poids égaux de sulfure de sodium ci de chlorure de calcium, ajouté à la chaux, épile bien sans faire monter la fleur. Tel est précisément l’effet que l’on demande, pour le chevreau glacé, à l’emploi du sulfure d’arsenic. Depuis longtemps, les chimistes ont montré que l’arsenic, se précipitant dans des combinaisons insolubles, n’intervenait pas, et que le sulfbvdrale de calcium lorme dans le mélange était 1 agent actif. Mais les tanneurs de leur côté n obtenaient pas sans le sulfure d arsenic une peau
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- aussi lisse et une fleur aussi brillante. Peut-être la méthode <juc je viens d’indiquer aurait-elle plus de succès. Toujours est-il que,si Ton cherche un substitut à la chaux, ce n'est pas seulement de son pouvoir dépilant qu’il faut se préoccuper. La chaux a pour elle l’avantage d’un maniement facile; les solutions, à cause de sa faible solubilité, ne peuvent pas être trop concentrées. Mais elle a scs désavantages. Si les peaux imprégnées de chaux sont exposées à l’air quelque temps, il se précipite à la surface et dans la couche superficielle du carbonate; la (leur perd son brillant. Ou si Ton introduit dans les liqueurs tannantes des peaux encore chargées de chaux, comme c’est le cas pour le cuir à semelle, la chaux sert de mordant pour la matière colorante du tanin. Celle-ci se fixe avidement sur la fleur et forme des taches jaune citron d’abord, puis noires; le tannatede chaux s’oxyde en effet très rapidement à l’air, en donnant des composés très foncés. Il y a donc des fabrications où un nouvel agent, qui n’aurait ni ces inconvénients, ni ceux de la soude et des sulfures, serait bien accueilli.
- Pour en finir avec la chaux, les quantités employées dans les pelains, et considérées comme nécessaires, sont déconcertantes. Bien des tanneurs comptent 5 kilogrammes et plus par grosse peau. Il ne peut s’en dissoudre dai^s la quantité de liquide ajoutée qu’un dixième, ou moins. Lue partie est fixée par les peaux, mais au plus 1500 gr. par grosse peau (on a trouvé dans la peau de veau, au sortir du pelain, 2,001 p. 100 de chaux; dans le bœuf 3,700 p. 100; dans la chèvre jusqu’à 5,778 p. 100) (1). Pourquoi ces différences ? Une partie de la chaux est aussi précipitée comme carbonate, une autre combinée à des produits d’hydrolyse de la peau, lixéc sur le poil,: tous ces facteurs réunis, et pour lesquels il serait intéressant de fixer des chiffres, sont loin d’atteindre à la somme employée. Les dépôts de chaux, qui forment, avec les matières précipitées, les amas microbiens, des boues au fond des pelains, sont une source de dangers.. Est-il réellement nécessaire de les entretenir? Comment un pelain peut-il être plus fort qu’une solution constamment saturée?
- ce tanxagi: végétal
- En passant des traitements préparatoires au tannage végétal, nous retrouvons les acides et leur action sur la peau. Si l’on veut produire un cuir plein et lourd, comme le cuir à semelle, il faut maintenir les peaux gonflées. On peut les gonfler avec un acide avant de les introduire dans les jusées; ou bien on y conserve de la chaux, du moins dans l’épaisseur du derme, et Ton emploie des liqueurs tannantes plus acides; la chaux se neutralise peu à peu pendant le tannage, et les peaux n’ont pas le temps de tomber avant que les tanins s'y
- (I) Procter, Lcalher Industries Laboralorij buok, 1908, p. 102.
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- deposeul. Pour les cuirs souples, il faut au contraire cpio les peaux soient abattues. Elles arrivent des confits neutralisées et dégonflées; les liqueurs tan-nanles sont d’antre part moins acides. Il faut pourtant ménager un certain gonflement, variable selon l'épaisseur que l’on veut donner au cuir. Mais la question est plus complexe, car les acides ont une influence sur la pénétration et sur la précipitation des tanins dans la peau. Les tanins ne sont pas dos corps cris-tallisables ; ils forment des solu tions colloïdales, plus ou moins instables, qui précipitent sous les influences les plus diverses. La présence d’acide favorise la précipitation, tandis que celle d’alcali la retarde, sans doute parce qu’il se lorme des tanna les alcalins plus solubles. Aussi les solutions tannantes légèrement alcalinisées peuvent-elles traverser la peau sans y déposer beaucoup de tanin. Les extraits additionnés de sulfite de soude, pour solubiliser des tanins peu solubles, se comportent dans une certaine mesure comme des tannales alcalins : si bien que leurs propriétés tannantes ne sont pas forcément en rapport avec la richesse en tanin. D’autre part, les solutions tannantes diffusent très mal, très lentement à travers la peau. Il faut ménager cette diffusion soit en employant au début des liqueurs très faibles, soit en commençant le tannage par des tanins plus diffusibles, comme celui du gambier. Les acides assistent certainement, par une action directe sur la peau sans doute, la pénétration des tanins. Le mécanisme de cette collaboration est fort obscur. Quoi qu’il en soit, les acides semblent agir dans deux directions opposées, puisqu’ils font pénétrer et précipitent, et l’on comprend que, pour obtenir un tannage donné, il faille ajuster très exactement les proportions d’acide et de tanin. C’est un fait que, si l’on augmente la concentration en tanin, pour le gros cuir, il faut aussi augmenter celle des acides. Les quantités respectives d’acide et de tanin employées sont tout empiriques, et varient certainement d’une tannerie à l’autre. Le rendement du cuir en poids, et probablement d’autres qualités, en sont affectées. Pour le cuir à semelle, il semble qu’on oscille en général autour de 2 grammes par litre, calculés en acide acétique, pour les premières jusées, et 4 grammes, 4?r,5, et jusqu’à 6 grammes pour les dernières. Pour le cuir à dessus, les proportions sont bien incertaines; ce serait un travail fort utile que de les fixer expérimentalement.
- L’acide nécessaire peut être introduit dans les liqueurs au fur et à mesure des besoins, sous la forme d’acide acétique, ou lactique, ou formique, selon les préférences des tanneurs. Mais on compte aussi pour le produire sur la fermentation des sucres et principes hydrocarbonés apportés par les matières tannantes : du moins cette source est-elle plus économique, puisque la dépense est nulle. Les fermentations acides dans les liqueurs tannantes ont été étudiées par Andreasch(I).
- (1) Gcrber : Gührungserscheinungen in rien Gerbbràhen, 189o-1897.
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- Elles sont cle deux types : fermentation acétique, en deux temps, c’est-à-dire production d’alcool par des levures, qui est transformé en acide acétique par des bactéries ; et fermentation lactique, dans laquelle peuvent intervenir une levure lactique, et une vingtaine de bactéries différentes. La fermentation acétique se rencontre plutôt dans les liqueurs fraîches ; la fermentation lactique exige une nourriture azotée, et aussi phosphatée plus abondante. Ces aliments lui sont fournis en majeure partie par la substance peau dissoute; ils no se rencontrent donc que dans les vieilles liqueurs. Aussi lorsqu’on ensemence les jusées avec de vieilles liqueurs, il y a de grandes chances pour que ce soit la fermentation lactique qui se développe. 11 n’est d’ailleurs pas certain que les deux acides produisent exactement le môme effet Les matières tannantes riches en sucre, l’écorce de pin, le sumac, les myroba-lans sont plus favorables à la fermentation acétique. On peut l’activer en ajoutant un peu d’alcool. De même si l’on veut pousser la fermentation lactique, on peut ajouter du sucre, et en meme temps de l’azote et du phosphate de potasse ou d’ammoniaque: le sucre seul ne suffirait pas. Tous ces renseignements pourraient être utilisés pour régler la production d’acide, qui crée quelquefois au tanneur de grandes difficultés. La question des races microbiennes a aussi son importance; il est probable que lorsqu’on n’arrive pas à produire une acidité assez élevée, cela tient à ce qu’il s’est développé un microbe qui ne supporte pas un- milieu très acide. Existe-t-il dans les tanneries de bonnes et de mauvaises races, et peut-on favoriser et perpétuer les premières? Y aurait-il avantage, soit à cause d’une action spécifique sur le tannage, soit à cause d’une plus grande régularité dans le développement, à produire de préférence l’acide acétique ou l’acide lactique? Telles sont les conclusions pratiques qu’il faudrait déduire des investigations très étendues d’Andreasch.
- Les matières tannantes aussi sont un vaste sujet d’études. Je ne veux pas parler de leur constitution chimique, des divers tanins et des combinaisons dans lesquels ils doivent être engagés ; ni de l’analyse qualitative des mélanges de matières tannantes, pour laquelle, malgré les efforts de Procter et d’autres, les méthodes sont encore bien imparfaites ; ni de la recherche de nouvelles matières tannantes, à laquelle les travaux récents de M. Meunier sur le tannage à la qui-none ouvrent peut-être des perspectives imprévues. Au point de vue pratique du tannage, les qualités des diverses matières tannantes pourraient être bien mieux précisées. Youl et Griffith (1), à l’Institut Ilerold de Londres, ont donné un exemple du travail qui répondrait à ce besoin. Ils ont comparé une dizaine de matières tannantes sous le rapport de la quantité de tannin qu’elles abandonnent à la peau, les solutions ayant la même richesse en tanin; sous le rapport du
- (1) Youl et Griffith, Soc. of Chemical Industry, 31 mai 1901.
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- rendement en poids de cuir, dans lequel interviennent également les non-tanins; sous le rapport de la vitesse de la pénétration, facteur important si Ion vise au tannage rapide; de la perte de poids au lavage, ce qui permet de distinguer entre le tanin réellement fixé, et celui qui est retenu mécaniquement ; de la quantité de nourriture que le cuir peut porter; de la pénétration du cuir à l’eau; de sa résistance à la traction; de sa valeur marchande. Ions ces points sont en effet très importants, et devraient être envisagés, avant que le choix du tanneur ne se fixe sur tel ou tel matériel. C’est ainsique l’écorce de chêne, et l’extrait de quehracho abandonnent à peu près la même quantité de tanin ; mais le gain en poids est plus élevé de G p. 100 avec l’écorce de chêne. Par contre, la perte au lavage est beaucoup plus considérable avec l’écorce, et le tannage est de tous celui qui procède le plus lentement; on sait d’autre part que la valeur marchande du cuir tanné au quehracho est inférieure. Les myrobalans fixent beaucoup moins de tanin, mais produisent beaucoup d’acide ; ils fournissent un cuir très peu perméable à l’eau, mais sur lequel les moisissures s’installent facilement. Le cuir tanné à l’extrait de châtaignier est le plus résistant à la traction... L’emploi simultané ou successif de diverses matières tannantes permettrait probablement de combiner avec méthode les qualités de chacune, de les grouper de manière à donner sûrement à chaque cuir les caractères cherchés. C'est bien à ce résultat que l’on vise dans la pratique ; mais combien ne serait-il pas plus facile à atteindre, si l’on possédait pour toutes les matières tannantes un dossier précis, complet, et bien contrôlé.
- J’aurais volontiers soulevé, à propos du tannage végétal, d’autres questions, telles que celle de la valeur en tannerie des tanins peu solubles, les rouges dans la série du mélèze, l’hemlock, le quehracho, l’écorce de mimosa, etc., et l’acide cllagique dans la série de la valonée et des myrobalans. Mais je préfère m’arrêter un moment sur le tannage au chrome, parce qu’il est, parmi les moyens de produire du cuir, le plus intelligible et le plus instructif.
- LE TANNAGE AU CHROME
- On peut tanner avec tous les métaux qui forment des sels basiques, le cuivre, le plomb par exemple. En fait, le groupe du fer, du chrome et de l’aluminium a seul eu jusqu’ici une importance pratique, et encore le tannage au fer n’a-t-il jamais rencontré de succès industriel. Les sels normaux de cette série, c est-à-dire ceux dans lesquels le radical acide et le métal se saturent réciproquement, ont la propriété de s’hydrolysor en solution diluée. La liqueur devient acide, tandis qu’il se précipite un sel basique, mélange, en proportions plus ou moins définies selon les cas, de sel normal et d’hydrate. Jusqu’au moment où ce sel précipite, on peut considérer 1 hydrate comme maintenu en solution par 1 acide
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- libéré d’autre part. Si l’on neutralise cet acide au carbonate de soude, le précipité se produit, à partir d’une limite variable selon le métal ; il peut être retardé par la présence de substances, organiques surtout, apparemment étrangères aux réactions. Tels sont les faits principaux qui trouvent leur application dans la préparation des liqueurs tannantes : il s’agit d’amener un sel à un état tel qu’il reste en solution assez longtemps pour diffuser dans toute l’épaisseur du cuir, puisqu’il abandonne à la surface — et peüt-ôtrc dans l’épaisseur des fibres — un précipité basique. La dissociation du sel est facilitée par l’affinité de la peau pour les acides. L’acide libéré dans l’hydrolyse se fixe le premier, entraînant, comme s’il était neutralisé, la précipitation du sel basique correspondant; l’équilibre de la solution est alors détruit, et se rétablit par une nouvelle dissociation en acide et soi basique. Il est bien difficile de dire ensuite si l’acide et l’hydrate qui restent dans la peau sont fixés séparément, ou sont combinés, du moins intégralement. On ne peut, en effet, les doser que sur la cendre; on calcule l’acide d’une part, l’oxyde de chrome Cr203 de l’autre, sans pouvoir affirmer s’ils formaient un sel. Néanmoins, la proportion des deux éléments est caractéristique d’un tannage : il est plus ou moins basique selon que le rapport de l’acide au chrome est plus faible ou plus élevé. D’ailleurs, l’expérience inclinerait à penser que l’acide est partiellement libre et partiellement combiné. La réaction de la peau,, avec les tannages les plus basiques, est toujours acide, et le lavage à l’eau enlève une grande partie de cette acidité. Il est même nécessaire d’ajouter au lavage une neutralisation par un alcali faible, la craie, le borax, le silicate de soude par exemple, pour éviter que l’acide laissé dans le cuir ne l’altère. Il est vrai que le lavage continue à dissocier le sel dans la peau, tant qu’il en reste des portions solubles. D’autre part, si l’on traite le cuir au sortir du bain tannant par un alcali fort, et pendant assez longtemps, on décompose le sel basique précipité, et l’on peut alors enlever tout l’acide au lavage, sous la forme de sol de soude ou de potasse. Mais le cuir, qui se trouve tanné à l’oxyde, n’est plus utilisable; il est dur, cassant: preuve que pour obtenir un tannage satisfaisant c’est bien un sel basique qu’il faut précipiter dans la peau.
- . Le problème pour le tanneur est d’obtenir un sel assez acide pour qu’il pénètre uniformément dans toutes les parties de la peau, et assez basique pour qu’il dépose une quantité suffisante de sel insoluble. Avec un sel trop acide, le cuir est vide et plat, il sèche dur et foncé, mais s’assouplit beaucoup au travail mécanique. Un sel basique donne un cuir plus plein. Mais pour peu que la basicité soit excessive, il précipite surtour sur la fleur, qui craque à la moindre flexion; le milieu du cuir est au contraire insuffisamment tanné. Avec un sel acide, le cuir ne contient que 2 à 3 p. 100 d’oxyde de chrome ; avec un sel basique, il peut en contenir 7,8 et jusqu’à 10 p. 100.
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- Ces principes se rapportent aussi bien au 1er qu’à l’aluminium et au chrome. Mais les sels basiques de fer sont moins solubles que ceux de chrome, qui sont moins solubles que ceux d’aluminium. Pour tanner au fer, il faudrait donc employer un sel très acide, peut-être aciduler le sel normal: d’autre part le précipité qu’on obtient est très basique, de sorte que le cuir souffre à la fois d’un excès d’acidité de la solution, et d’une basicité trop forte du sel qui se dépose. Pour l’alumine, on emploie généralement l’alun ou le sulfate normal, dont l’hydrolyse sépare un sel très soluble. La conséquence est que l’on fixe dans la peau très peu de sel, et que ce sel s’en va entièrement au lavage ; le cuir tanné à l’alun ne résiste pas à l’eau. On pourrait se servir avec avantage, pour certains buts, de solutions plus basiques. Quant au chrome, on emploie des solutions de basicité variable selon les tannages; il est indispensable, pour réussir, qu’elles soient convenablement ajustées.
- La nature de l’acide n’est pas indifférente. Pour une meme proportion d’acide et de métal, les chlorures sont plus solubles que les sulfates. Le tannage par les chlorures a donc les caractères que nous avons attribués aux tannages acides. Le cuir est plus pauvre en chrome qu’avec les sulfates. Il est plat, la fleur est décollée. Ce devrait être une règle de ne tanner qu’avec des sulfates; et ce sont eux qui ont été le mieux étudiés.
- Le sulfate normal ou l’alun de chrome peuvent tanner, mais le cuir est plat,
- SO'-
- et sèche raide. Le sulfate que j’appellerai deux tiers basique Cr2 < , c’est-
- à-dire celui dans lequel une valence du chrome est saturée par le radical acide et deux par les oxhvdriles, est tout à fait insoluble. Les sels utilisables se placent donc entre ces deux limites. D’après Eitner, à qui l’on doit la plupart des notions scientifiques sur le tannage au chrome (1), le plus favorable serait,
- g(P
- d’une manière générale, le sulfate un tiers basique Cr < , dans lequel deux
- valances du chrome correspondent à SCP et une à OH. Le sel fixé dans la peau peut d’ailleurs être différent du sel préparé dans la solution. Il ne le serait sans doute pas si la liqueur était parfaite, ou du moins la composition tle la liqueur ne changerait pas pendant le tannage; dans la peau on trouverait seulement ensuite un peu moins d’acide, la différence correspondant à ce qui serait enlevé au lavage et à la neutralisation. Mais si la liqueur employée est trop acide, il est possible qu’elle abandonne relativement plus d’acide que de chrome; et si elle est trop basique, elle précipite au contraire le chrome sous un état plus voisin de l’hydrate. En général, les liqueurs courantes s’acidifient plutôt à la fin du tannage. Ce serait une preuve qu’elles sont trop basiques. Mais en discutant la composition des liqueurs, nous tombons dans le cas particulier du tannage
- (I) Gerber, 1900, 1901, 1902 et 1906.
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- dit à un bain. Je voudrais auparavant parler du tannage à deux bains, plus simple dans l’application, quoique plus obscur dans les principes.
- Le sel do chrome est produit, dans le tannage à deux bains, par une voie indirecte. Dans un premier bain, on traite la peau par le bichromate do potasse ou de soude, et l’acide chlorhydrique en général. L’acide cliromique formé se lixe sur les libres, où il sera réduit dans le second bain. A vrai dire, il pourrait être réduit par la peau elle-même, mais à ses dépens. On n’évite jamais entièrement l’attaque do la peau par l’acide cliromique; Eitner estime la perte à 0,5 p. 100. Parmi les produits formés figure l’acide formique, qui peut se combiner au chrome, et donner un tannage au formiatc de chrome. C’est ce qui se passe selon Eitner, lorsqu’on expose quelques semaines à la lumière de la peau imprégnée de bichromate. Inutile de dire que ce mode de réduction n’est, pas à recommander. On emploie universellement, pour réduire l’acide cliromique, l'hyposulfite de soude, additionné d’acide chlorhydrique mais de manière à avoir toujours un excès d’hyposulfite. Les réactions sont complexes. L’acide cliromique est d’abord réduit en dioxyde de chrome brun: puis il se forme du sulfate de chrome, aux dépens de l’acide sulfurique qui provient, par oxydation, de l’hyposulfite. Enfin le sulfate est rendu basique par la combinaison avec les oxhydriles, fournis par l’hydrolyse d’hyposulfite en excès. On voit que, par ce chemin détourné, c’est encore à la production d’un sulfate basique que l’on aboutit. Le sel fixé dans la peau est du sulfate pour 98 p. 100, et du chlorure pour au plus 2-p. 100, bien que l’acide chlorhydrique ait été employé pour aciduler le mélange. Quant à la basicité du sel, elle est très variable, selon la quantité d’hyposulfite en excès, ou, si l’on veut, selon la quantité d’acide ajoutée au second bain. Quel est le sel qu’il faut chercher à obtenir? Il semble que le cuir puisse être satisfaisant avec un sel presque normal, ou environ un tiers basique, ou notablement plus basique. La quantité de chrome est plus élevée lorsque le sel n’est ni trop acide, ni trop basique. S'il est trop basique, il y a moins de chrome, et pourtant le cuir devient raide. La question mérite de nouvelles recherches, car il serait intéressant de remédier à la minceur des cuirs tannés à deux bains en introduisant le plus de chrome possible, sans rendre pour cela le produit cassant. Il ressort toutefois des observations recueillies que le second bain est plus important que le premier. Pour le premier bain, les proportions de 5 p. 100 de bichromate et 2,5 p. 100 d’acide chlorhydrique du commerce sont très convenables. Il y a un excès de bichromate qui, produisant un effet de picklagc, empêche l’acide de gonfler. Eitner préfère employer 4 p. 100 de bichromate et 4 p. 100 d’acide chlorhydrique. La peau gonlle bien, et le cuir obtenu est plus épais, plus plein; mais il est un peu moins souple; et la fleur est moins fine. Si l’on acidulait trop peu, le bichromate, restant à l’état de sel, ne se fixerait pas; il s’écoulerait hors des peaux.
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- Pour le second bain, il faut employer, selon les peaux, 12 à 15 p. 100 d’hypo-sulfite do soude, et 6 à 7,5 p. 100 d’acide chlorhydrique. Il est essentiel d’opérer la réduction très lentement, et d’ajouter l’acide par petites portions, cinq à huit par exemple, à intervalles d’une heure ou plus. Une réduction rapide produit un tannage trop acide, partant une perte en chrome. Enfin on augmente la quantité de sel de chrome, en l’empêchant de s’en aller au lavage ultérieur, par un séjour de douze heures clans le bain, après la réduction; pour éviter un dépôt excessif de soufre sur la fleur, on peut préparer un bain frais d’hyposulfite à 2,5 p. 100. Si l’on pickle les peaux au préalable, ce qui donne à la fleur un toucher très doux, on peut additionner le premier bain de chlorure de sodium, ou mieux en supprimer l’aciclc : celui qui reste dans la peau suffit à décomposer la bichromate. Mais il faut surtout commencer la réduction sans aciduler le second bain, et diminuer la quantité totale d’acide introduite dans ce bain. L’addition d’alun au premier bain, souvent pratiquée, est totalement inutile; le milieu est trop acide pour que l’alun puisse avoir une action sur la peau.
- Le cuir tanné à deux bains est souple, a une fleur fine, mais il est mince et pauvre en chrome, Avec le tannage à un bain, le produit est plus plein. La quantité de chrome fixée est plus élevée, sans que l’aspect du cuir en souffre; le cuir à un bain supporte une plus forte proportion do chrome sans devenir cassant. Cette proportion varie d’ailleurs avec la basi cité du sel, et aussi la nature du radical acide. Les radicaux organiques, qui paraissent entrer avec de l’acide sulfurique dans la composition de sels doubles, permettent d’introduire sans inconvénient une quantité de chrome pour ainsi dire supplémentaire. Préparer un sel double de ce type, à radical acide lourd, tel est le problème actuel du tannage à un bain. On emploie en effet dans la pratique diverses liqueurs. Dans la plus simple, on ajoute à une solution d’alun de chrome du carbonate de soude, soit 28,6 de cristaux de soude pour 100 d’alun si l’on opère à chaud, 35 p. 100 si l’on ne chauffe pas. Cette préparation est bonne pour le gros cuir; pour le cuir à dessus, le veau, elle ne remplit pas assez. En effet, une des difficultés du tannage à un bain est qu’il faut employer des liqueurs différentes pour les diverses catégories de cuir. Les solutions du type de la liqueur glucosée de Procter donnent déjà un cuir plus plein. Dans ces liqueurs, on réduit de l’acide chromique par le glucose,'ou la glycérine, ou l’acide lactique, en présence d’un excès d’acide qui redissout le précipité. On emploie par exemple 6 p. 100 de bichromate, 5 d’acide sulfurique concentré et 7 de glucose, et l’on chauffe légèrement au début pour faire partir la réaction. L’excès d’acide dissout environ la moitié du chrome. Le reste est soit engagé dans des sulfates basiques, soit combiné à des acides organiques, produits par l’oxydation du glucose. Il est possible que des aldéhydes résultent aussi de cette oxydation, et tannent de leur côté, comme tous les corps de la série.
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- Le boxcalf est généralement tanné en Angleterre avec cette liqueur. Mais elle ne convient pas encore à la petite peau, à la chèvre ou au chevreau. Eitner a préparé et livré au commerce clés liqueurs appropriées aux divers cuirs; il les appelle Cromast, Cromul et Cromar. Le Cromast doit être employé pour le cuir à semelle genre buffle, la vache, le cuir à courroies, comme l’alun de chrome alcalinisé. Le Cromul convient pour le veau, le mouton, comme les liqueurs glucosécs. Le Cromar est destiné au veau couleur, à la chèvre, au chevreau; il cou lient sans doute moins d’acide sulfurique et plus d’acide organique que la liqueur do Procter; comme si tout le chrome provenant de la réduction de l’acide chroniique était dissous par un acide organique. Le tannage que l’on obtient est sans doute le meilleur qui existe pour la petite peau, avec le chrome. Le principal inconvénient de ces liqueurs est leur prix élevé; elles sont très judicieusement préparées, et peuvent servir de modèles.
- Les liqueurs basiques concentrées sont nombreuses dans le commerce. A part la Chromalin, qui ressemble aux liqueurs glucosées, elles sont en général obtenues en précipitant de l’hydrate de chrome et redissolvant dans l’acide chlorhydrique. Elles contiennent donc presque toujours des chlorures, ce qui leur permet detre plus concentrées; et le rapport de l’acide au chrome risque fort d’y être très variable. Du moins 11’est-il pas toujours indiqué au tanneur. Il faudrait n’employer une liqueur commerciale qu’après dosage du chrome et' de l’acide. Il existe des méthodes rapides, et suffisantes dans la pratique, pour effectuer ces analyses.
- En général, ces liqueurs contiennent aussi de l’alun, et souvent du sel; beaucoup de tanneurs qui préparent eux-mêmes leurs liqueurs les additionnent de l’un ou de l’autre. Il semble que le rôle de l’alun dans le tannage soit à peu près nul. Quant au sel, il a pour effet de diminuer la quantité de chrome fixée, à moins que la liqueur 11e soit plus acide que n’est la solution d’alun de chrome; dans ce cas seulement, qui d’ailleurs 11c se présente jamais dans la pratique, la présence de sel augmente la quantité de chrome absorbée. Les tanneurs se servent de l’alun, vraisemblablement, parce que le tannage à un bain 11e donne pas toujours une fleur très fine. Mais si l’on veut alors que l’alun corrige ce défaut, il faut faire avant le tannage au chrome un véritable tannage à l’alun, la farine et le jaune d’œuf. On peut aussi produire un pick-lage léger avec un bain d’alun et de sel; ce dernier agit par l’acide sulfurique, l’alun se dissociant partiellcmënt en acide libre et sulfate basique, au contact do la peau. Certains tanneurs emploient avec succès un véritable picklage ; mais il faut alors dépickler avant de tanner, ou employer une liqueur plus basique : car l’acide apporté par les peaux changerait complètement la composition de la liqueur.
- Quelle que soit d’ailleurs la préparation adoptée, il faut l’employer avec
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- ménagement; graduer la force des bains comme pour un tannage végétal, et les prolonger assez longtemps : 8 cuves et 8 jours ne seront pas de trop pour le cuir à courroies. 11 peut être utile do faire varier la basicité au cours du tannage. On commence par exemple par une liqueur un peu acide, ou bien l’on introduit les peaux légèrement picklées ; puis on ajoute de la liqueur un tiers basique, et de la craie pour neutraliser l’acide laissé par la première ; on augmente la quantité de craie peu à peu, jusqu’à neutralisation complète, en continuant les additions de liqueurs. L’avantage de cetlc méthode est que le tannage acide du début pénètre bien et prépare le tannage progressivement basique. On peut essayer aussi do combiner les méthodes à un et deux bains. On commence par un tannage à la liqueur glucosée, en diminuant d’un quart les proportions de bichromate et d’acide. Vers la fin du tannage, on introduit ce dernier quart, plus un léger excès. Ap rès le temps voulu, on réduit à l’hv-posuUite. 11 est probable que l’effet de la combinaison est surtout de provoquer dans la fleur un dépôt de soufre qui lui donne un toucher plus doux.
- LE RÔLE DES GRAISSES EN TANNERIE
- Le cuir tanné au chrome, lavé et neutralisé, a encore besoin d’une préparation spéciale ; il faut y faire pénétrer une émulsion de matières grasses, que l’on appelle la fat-liquor, pour qu’il conserve sa souplesse en séchant. C’est encore une question très étendue que celle des rapports de la peau et du cuir avec «les matières grasses. Je ne ferai que la signaler : certaines huiles, utilisées en chamoiserie, produisent un tannage particulièrement souple. C’est, semble-t-il, le résultat d’une vraie combinaison, car l’huile ne peut plus être extraite avec un dissolvant, ni même saponifiée par la soude. Au contraire, une huile qui ne tanne pas, comme l’huile do lin, est lavée par le carbonate de soude. Cette propriété de tanner paraît spéciale à certaines huiles do poisson, bien que l’emploi d’huiles artificiellement oxydées soit, dit-on, un secret de fabrication d’une importante tannerie allemande. On réalise un phénomène différent avec les émulsions dont la fat-liquor est le type, ou dans l’habillage delà mégisserie. Grâce à son état de fine division, la matière grasse contracte pour les fibres une adhérence particulière; elle reste d’autre part émulsionnée, de sorte qu’elle ne donne pas au cuir une apparence graisseuse. Eitner a fait à cet égard une expérience intéressante. On prépare des cuirs, genre « cuir couronne, » en traitant la peau par un mélange dont les élémens principaux sont la farine et l’huile. Le gluten de la farine émulsionne l’huile et lui permet d’adhérer à la peau. On peut dégraisser ce cuir et le nourrir à nouveau; mais si on enlève le gluten, en traitant par une solution faible de carbonate de soude, l’huile que l’on cherche à réintroduire se sépare en gouttelettes à la
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- torsion du cuir; celui-ci est d’aspect gras et de couleur foncée. Mais toutes les huiles peuvent-elles être employées sous cette forme d’émulsion? D’après Eitner, les huiles de poisson ne conviennent pas pour la fat-liquor destinée aux cuirs chromés; elles assouplissent trop, et dégagent une mauvaise odeur; au contraire les huiles d’olive, de pied de mouton, et les huiles minérales sont bonnes, ainsi que les dégras de chamoiserie. Enfin les graisses employées comme nourriture pénètrent simplement entre les interstices des libres, où elles sont retenues mécaniquement. Mais le cuir ne doit pas paraître trop gras, et, pour obtenir ce résultat, il faut choisir les graisses appropriées, la température convenable, et maintenir l’humidité voulue. Ce dernier point est très important. La pénétration des matières grasses est en effet réglée par leur tension superficielle, qui est moindre au contact de l’eau qu’au contact de l’air : c’est pourquoi le cuir doit être humide, pour bien prendre la nourriture. 11 existe une méthode de corroyage dans laquelle on verse rapidement la graisse très chaude sur le cuir sec; ou bien <>n plonge le cuir très sec dans la graisse à 80° ; mais il faut ensuite tremper le cuir dans l’eau tiède, jusqu’à ce qu’il soit souple. D’ailleurs tout ce qui facilite le mélange de l’huile et de l’eau, facilite la pénétration de la première dans le cuir humide : ainsi l’élévation de la température, la dissolution de savon dans l’eau, et peut-être bien d’autres facteurs. On n’a jamais étudié sur ces principes le pouvoir pénétrant des graisses. 11 y a d’ailleurs des huiles dites grasses, comme l’huile de pied de bœuf, ou maigres, comme celles de ricin, d’olive, do sésame; avec les premières, le cuir ne donne pas au toucher l’impression d’être parfaitement sec. A quoi tient ce caractère? Il y a des tannages qui portent la graisse, comme le gambier, et d’autres qui no la portent pas, comme les myrobalans. 11 y a des huiles qui se distribuent de telle façon quelles ne sont pas apparentes, d’autres qui se séparent des tissus, et se montrent, l’huile'de sésame en particulier peut être incorporée dans la proportion de 25 p. 100, sans que le cuir paraisse nourri. L’expérience a révélé aux tanneurs la plupart de ces faits. Mais ils ne sont pas à l’abri d’erreurs dans le choix de leurs graisses, et peut-être pour certaines d’entre elles des applications intéressantes sont-elles tout à fait ignorées. Ici encore une étude méthodique rendrait des services.
- Tous ces problèmes, comme on a pu le voir, doivent être étudiés à la fois dans le laboratoire et dans la tannerie. 11 est très difficile de disposer en même temps de ce double champ d'expérience; et c’est pourquoi je suis très recon- naissant à la Société d’Encouragement de vouloir bien user de sa situation privilégiée pour me faciliter l’accès d’une voie où je serai heureux de m’en-
- gager.
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- AGRONOMIE
- LA FKCULER1E HOLLANDAISE COMPARÉE A LA FÉCULERIE FRANÇAISE, PAR R. StailtOIl,
- ingénieur agronome (1).
- Le prix de la fécule en France est en moyenne de 30 à 32 francs les 100 kilogrammes. En Hollande,cette meme fécule revient à 22 ou 23 francs; le droit d’entrée est de 12 fr. 50, ce qui porte son prix, en France, à 34 fr. 50 ou 35 fr. 50. Nos féculeries ne peuvent donc pas vendre au-dessus de ce prix sous peine de se voir concurrencer par la Hollande. Malgré ce droit énorme, cette concurrence s’est déjà produite sur les marchés du Nord, et on a vu vendre la fécule hollandaise, il y a quelques années, 34 fr. 50 rendue franco à Roubaix, alors, qu’en France, ce prix était à peine rémunérateur.
- Comment peut-on produire en Hollande une fécule en tous points semblable à la fécule française et pourtant d’un prix de revient bien inférieur?
- Ce n’est pas dans l’usine hollandaise qu’il faut chercher la raison de cette différence de prix. 11 n’y a pas, pour extraire la fécule, de méthode différente, ni do tours de main inconnus en France. La cause se trouve dans les conditions économiques de la production de la fécule et, là, est la supériorité incontestable de la Hollande.
- Il y a plusieurs siècles, toute la région comprise entre la ville de Groningen et la baie du Dollart et s’étendant au Sud dans la province de Drenthe (fig. 1) n’était qu’un bras de mer. Par la construction de digues gigantesques et le creusement de grands canaux, on put reconquérir sur la mer un vaste terrain; seule la petite baie du Dollart resta submergée. Une tourbière immense recouvrit longtemps tout le sable reconquis et ne fut exploitée pour la tourbe qu’au siècle dernier. En extrayant cette tourbe, on rejetait dans les fossés d’exploitation, au fur et à mesure qu’ils étaient épuisés, les débris végétaux provenant des couches supérieures.
- On créa ainsi des terrains composés de sable et de débris végétaux en décomposition. Il fallut assainir ces terrains en les drainant par un système de petits
- (1) Ce rapport a été fait à la suite d’une mission, donnée à M. Stanton parla Société d’En-couragement, sur l’initiative du Comité d’Agriculture.
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- AGRONOMIE
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- canaux creusés à 70 mètres d’intervalle et perpendiculaires aux grands canaux de navigation. Il fallut aussi les rendre fertiles en y mettant de grandes quantités d’engrais, la potasse et l’acide phosphorique manquaient totalement. Dans ces conditions, ces terrains ainsi drainés et engraissés se prêtaient admirablement à la culture de la pomme de terre; on vit alors le pays se couvrir do
- Fig. 1.
- champs consacrés à ce tubercule et, de plusieurs côtés, des féculeries importantes s’établirent, au centre même de la production agricole.
- Actuellement, on compte dans la province de Groningen 12 féculeries coopératives et 50 non coopératives, dans la province de Drenthe 3 coopératives et une non coopérative, dans l’Overysscl une de chaque genre, enfin dans la Fries-lande 3 féculeries non coopératives; soit, dans toute la Hollande, 71 usines, dont 16, sont des coopératives.
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- LA FÉCULER1E HOLLANDAISE COMPARÉE A LA FRANÇAISE.
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- Comme nous l’avons dit, ces usines hollandaises se trouvèrent au milieu de leur région d’approvisionnement, en France, au contraire, on doit souvent apporter les pommes de terre de régions éloignées afin d’en avoir une quantité suffisante pour alimenter le travail. Une usine du centre de la France est obligée d’en faire venir de plus de 100 kilomètres.
- Cette difficulté d’approvisionnement en matières premières, jointe à l’obligation de n’utiliser que de faibles cours d’eau, ont déterminé les industriels à créer des usines de dimensions fort modestes, même dans la région la plus favorisée, c’est-à-dire celle des Vosges.
- Dans la région de la Hollande qui nous occupe, toute la terre est utilisée; l’assolement pommes de terre-céréales existe partout, et le rayon d’approvisionnement de l’usine se trouve très réduit tout en restant très abondant.
- Grâce aux canaux qui bordent les champs, le transport est extrêmement simplifié et c’est encore un avantage pour l’usine hollandaise : pas de charrois coûteux et encombrants. Les champs compris entre deux canaux n’ont qu’une largeur de 70 mètres. Sur chaque canal, circulent des bateaux qui reçoivent la récolte ; le transport sur terre n’est doue que de 35 mètres au maximum. Chaque' bateau amène d’énormes charges à l’usine, charges qui nécessiteraient un grand nombre do chariots et produiraient un encombrement considérable.
- Le bateau arrive directement au quai de l’usine, qui est toujours bâtie contre un des grands canaux de navigation. Ces arrivages sont réglés de façon qu’il y ait toujours un bateau en déchargement. Les pommes de terre sont conduites à l’usine aussitôt après leur arrachage ; on supprime ainsi le travail de l’ensilage, et l’on économise à l’usine la construction de hangars, qui sont nécessaires dans nos féculeries. Les pommes de terre no sont plus exposées à la pourriture.
- Les conditions culturales sont tellement simplifiées, dans ce sol si meuble, qu’un seul cheval suffit pour cultiver une superficie d’environ 20 hectares: ce seul cheval suffit également pour amener la récolte à l’usine.
- A coté de tous ces avantages, il y a pourtant quelques inconvénients pour le cultivateur hollandais. Dans ce terrain artificiel, la pomme de terre ne peut produire une aussi grande quantité de fécule que dans un terrain normal. Le Hollandais a paré à ces inconvénients en créant des variétés extrêmement riches en fécule de façon que leur exploitation dans ces terrains soit rémunératrice, et en soignant particulièrement ces variétés pour empêcher la dégénérescence qui se produirait rapidement. Chaque cultivateur a son jardin d’essai. Il cherche à obtenir par des hybridations de nouvelles variétés et à conserver intactes les espèces qu’il croit bonnes. En ce moment, la pomme de terre Paul Kruger et l’Excelsior sont les plus cultivées ; la rouge américaine et la Richters Imperator, actuellement en faveiir en France, sont abandonnées depuis longtemps.
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- Grâce à la facilité de transport et de production de la matière première, le féculier hollandais l’obtient à un prix très réduit. En France, F usine ne peut guère employer à sa fabrication que des pommes de terre à 3 fr. 30 et meme à K fr. 30 1 es 1Ô0 kilogrammes : en Hollande, des pommes de terre do meme qualité, moins chargées de terre grâce à la nature du sol et demandant, par conséquent, un lavage plus sommaire, valent 80 à 88 centimes l’hectolitre, c’est-à-dire, 1 fr. 65 à 1 fr. 90, soit environ 2 fr. 70 les 100 kilogrammes en moyenne. La moyenne est donc, en Hollande, do 1 franc de moins par quintal métrique, et comme il faut râper 600 kilogrammes de pomme de terre environ environ pour produire 100 kilogrammes de fécule, on peut dire que le prix de revient du quintal de fécule est, en Hollande, inférieur de 6 francs à ce qu’il est en France dans les années moyennes.
- 1903.
- fr.
- !Seine-ct-Oiso. . . . 3,50
- Centre.................... 3,50
- Vosges............. 3,.j0 a 4,50
- Hollande.................. 3,00
- 1904. 1905.
- fr. fr
- 4,50 3,50
- 4 à 4,50 3 à 3,50
- 4,50 3,50 à 4,00
- 2,70 2,70
- Mais le fabricant hollandais possède encore sur le fabricant français d’autres avantages qui ne sont pas négligeables. Un de ces avantages réside dans la nature du combustible employé. Le Hollandais se sert presque exclusivement de la tourbe, qu’il trouve sur place et qu’il amène à l’usine par le canal. Ce combustible lui revient ainsi à un prix infime et il est d’un grand pouvoir calorifique.
- Un autre avantage lui est offert par l’abondance et la qualité de l’eau; celle-ci, qui est exclusivement de beau de pluie, est puisée dans les petits canaux et se prête très bien au travail. En France, les Vosges sont très favorisées sous le rapport de la pureté de l’eau, mais les autres centres féculicrs sont souvent obli gés de faire usage soit d’eau de puits, soit d’eau do fleuve plus ou moins polluée. Une usine du centre de la P1rance a dû adopter le système dit de dépôt en mouvement pour travailler plus rapidement et parer aux inconvénients d’une eau chargée de matières organiques.
- . On constate encore, chez les fabricants hollandais un avantage précieux, quand on considère les dépenses souvent considérables qu’il convient de faire en France pour se débarrasser des eaux résiduel les. L’usine hollandaise déverse tout simplement l’eau résiduelle dans le grand canal qui l’entraîne len tement à la mer.
- Ces conditions exceptionnelles, avantageuses seulement pour les grandes usines, ont amené le Hollandais à traiter journellement de très importantes quantités de pommes de terre; comme ces usines ont pu vendre leurs produits à bon compte, elles se sont développées cl multipliées. En P’’rance, au contraire, une grande usine du centre, montée il y a peu de temps, a dû cesser de travailler et, dans la Haute-Saône, une usine qui avait été montée en prévision
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- d'une augmentation de production n’a pu encore utiliser que ses deux râpes.
- C’est l’importance môme de ces usines hollandaises qui, en diminuant le prix de revient de la fécule, en favorise la production.
- Les fabricants des Vosges sont dans de bonnes conditions économiques s’ils se contentent d’une petite usine qui peut s’approvisionner facilement, et à laquelle suffit le cours d’eau voisin, tant pour la force motrice que pour la fabrication proprement dite. Ces petites usines produisent une fécule excellente et qui, par son prix de revient, défie toute concurrence que pourrait tenter une grande usine française môme bien montée et bien dirigée. C’est donc la petite usine qui domine le marché en France, niais elle ne pourra jamais lutter à armes égales avec la grande usine hollandaise.
- Quelques chiffres pourront nous donner un aperçu de ce que sont les usines hollandaises. Une usine coopérative créée en 1904 a coûté pour son installation, 480 000 marks, environ 600 000 francs. Ce n’est pas une exception. Elle fabrique les quantités suivantes.
- Années. Pomme de terre. Pécule produite.
- 1903.................... 15 670 000 kilos 2 709 200 kilos
- 1904 ................... 26 830 000 — 5 132 500 —
- 1903 ................... 30 460 000 — 5 869 000 —
- 1906 ............... 35 220 000 — »
- Cette usine produit trois qualités de fécule, ce qui est l’habitude en Hollande. Les prix pour 100 kilos bruts ont été :
- Années. Supérieure. Prima sccunda. Secunda.
- 1903- 1904 ................. 11 florins 445 9 florins 28 8 florins 93
- 1904- 1903 ................. 11 — 37 10 — 58 7 — 22
- 1905- 1906 ................. 10 — 49 8 — 53 7 — 19
- Voilà donc une usine quia travaillé 30 000 000 kilos do pommes de terre par an et qui a vendu plus de 60 000 sacs de fécule à un prix moyen de 22 francs, 18 francs et 15 francs. Une seconde usine, qui appartient à un particulier et qui travaille depuis près de vingt ans, râpe 430 000 kilos de pommes de terre par jour Une des plus grandes usines françaises travaille 220 000 kilos par jour, soit environ la moitié, et une usine des Vosges n’en prend que 15 000 kilos, soit environ un trentième de ce que traite l’usine hollandaise.
- On trouve donc en Hollande tout ce qui est nécessaire à la création et à la prospérité d’une grande usine et à la production d’une fécule concurrente de la nôtre. Une de ces grandes usines ne pourrait pas exister en France pour toutes les raisons que nous avons déjà exposées.
- L’assolement, en Hollande, est pommes de terre-céréales. Le cultivateur vend sa pomme de terre à la féculerie, mais encore faut-il qu’il se débarrasse du
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- AC U ON OMI R. D KG EAU! HE 1908.
- grain et de la paille. Le grain, va par bateau à Groningen, (jni constitue uil des grands'mareliés hollandais.
- Le paysan ne peut utiliser la paille, car il n’a pas de bêlai 1 ; celni-ci no pourrait vivre sur ce sol de tourbière. Aussi a-t-on vu une industrie nouvelle se créer et grandir avec la féculerie pour utiliser celle paille; c’est celle de la fabrication do la pale à papier. Celle pii le est expédiée en Angleterre.
- Lu terminant ce rapide exposé des causes qui ont fait de la féculerie hollandaise l’industrie florissante d’aujourd’hui, il serait intéressant de donner un aperçu de l’intérieur d’une usine.
- L’usine est toujours bâtie sur un des grands canaux de navigation et possède un quai le long de ce canal, auquel viennent s’amarrer les bateaux. Dans la paroi de ce quai, et parallèlement à lui, est creusé un long canal à pente très douce, dans lequel coule constamment un fort courant d’eau. Les hommes placés le long du bateau en déchargement jettent les pommes de terre dans la portion du canal qui se trouve en lace d’eux; perpendiculairement à ce canal, est creusé sous terre un caniveau qui communique avec les laveurs de l’usine, et constitue un transporteur hydraulique semblable à ceux de nos sucreries; l’eau en!raine donc directement les pommes de terre du bateau à la féculerie. Les bateaux sont ainsi rapidement déchargés, ce qui est indispensable pour alimenter économiquement l’usine. Arrivées à l’intérieur, les pommes de terre sont élevées par une vis d’Archimède où elles subissent un premier lavage. Do là, elles passent sur une table secouante arrosée d’eau, dont les mouvements font tomber le gravier qui pourrait rester à la surface des pommes de terre, elles lombent ensuite dans un bac laveur ordinaire qui les envoie sur une bascule automatique. Enfin un second bac laveur et une chaîne à godets recevant des jets d’eau terminent ces lavages successifs.
- Dans les usines françaises, bien que les pommes de lcrro soient moins propres, on se contente souvent d’un seul bac laveur.
- C’est maintenant le tour des râpes de grand diamètre tournant à 1 000 tours. Il sort de ces râpes une pulpe très fine, qui est immédiatement submergée, précaution indispensable pour éviter toute oxydation et par suite toute coloration de la fécule. Une pompe envoie cette pulpe sur un double tamis plan de faibles dimensions (1 mètre sur 2 environ), animé de mouvements alternatifs brusques. Au moyen d’une pluie d’eau qui tombe sur ce tamis, la fécule est séparée du reste de la pulpe qui est portée dans de grands bassins. L’eau chargée do fécule passe dans un tamis cylindrique rotatif à toile fine. La fécule est ensuite déposée sur des plans inclinés en bois, larges de 0,30, et longs de 10 mètres environ. La fécule subit plusieurs délayages, puis on la laisse se déposer do
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- LA FÉCULER1E HOLLANDAISE COMPARÉE A LA FRANÇAISE.
- 1473
- nom eau et on l envoie dans une turbine où elle est essorée à 40 p. 100. De là, elle passe dans un séchoir à toiles sans fin qui l’amènera à 20 p. 100 d’eau, hnfin un blutoir divise les grumeaux formés. La fécule est alors ensachée ; un plan incliné verse les sacs dans un bateau qui les amène sans transbordements à Amsterdam ou à Rotterdam.
- La méthode de travail est donc la mémo qu’en France. Ce qui frappe en Hollande, c'est le caractère industriel de l’usine entière, la bonne disposition des batteries de râpes et de tamis. Aucune place n’est perdue, et il n’y a pas d’encombrement. De longues rangées de cuves de délayage bordent les plans oii se dépose la fécule.
- Une fois la campagne terminée, dès que les premières gelées commencent, on s’occupe de la pulpe accumulée dans les grands bassins. Cette pulpe a fermenté et les cellules désagrégées laissent plus facilement échapper leur fécule. On en retire d’abord une fécule de seconde qualité, c’est la « Prima-secunda ». Une troisième fois on traite cette pulpe, mais l’année suivante seulement, et on en retire la fécule « secunda », produit de qualité inférieure aux deux autres. Après ces traitements successifs, la pulpe ne vaut plus rien.
- Le Hollandais a avantage à extraire de la pulpe tout ce qu’elle contient, car n’ayant pas do bétail, il ne saurait utiliser un résidu qui pourrait avoir encore quelque valeur nutritive.
- En résumé, si la fécule hollandaise prise à l’usine vaut G francs de moins par 100 kilos que la fécule française, c’est pour les raisons suivantes :
- — Exploitation d’une région qui, par son système de canaux et de champs étroits, a permis la création d’usines sur place.
- — Simplification et économie des moyens de transport grâce à ces mômes canaux.
- — Prix modique des pommes de terre rendues à l’usine.
- — Culture de variétés extrêmement riches en fécule.
- — Emploi d’un combustible excellent et d’un prix très réduit.
- — Abondance d’eau sur place très propre à ce travail et déversoir naturel des eaux résiduelles.
- — Importance, des usines qui peuvent travailler sur de grandes quantités de matières premières.
- __ Outillage excellent et installation méthodique do l’usine.
- __ En lin extraction aussi complète que possible de toute la fécule contenue
- dans les pommes de terre.
- Tome 110. — Décembre 1908.
- 90
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- COMMERCE
- l’impérialisme économique en grande-]{retagne, par M. Maurice Alfassa(/1).
- ANALYSE DES IMPORTATIONS
- L’analyse dus importations tello ([n'ellu ressort de la classilication que nous avons adoptée après le Board of Trade , permet de constater dès l’abord que la situation économique du Royaume-Uni est très différente de celle des autres pays industriels du monde, en voyant que les importations d’objets manufacturés ( et nous groupons sous ce titre les catégories VIII et IX de notre tableau) sont non seulement exceptionnellement peu importantes par rapport au total, — puisque dans leur année de maximum elles n’en représentent guère que 21 p. 100, alors qu’elles sont normalement supérieures à 10 p. 100 en Allemagne, 32 p. 100 en France, 93 p. 100 aux États-Unis, — mais encore qu’elles sont inférieures de beaucoup aux importations de matières premières brutes, métaux non inclus, dont elles représentent les 77 p. 100, et à celles de denrées alimentaires de toutes sortes dont elles atteignent à peine en valeur les -48 p. 100.
- C’est pour lutter contre ces importations de produits manufacturés, menaçantes pour la prospérité nationale, que les protectionnistes britanniques veulent abandonner le système qu’ils qualifient de système des libres-imp or talions et non do libre-échange, et qu’ils proposent de créer des taxes préférentielles en faveur des colonies.
- Ces taxes répondront-elles aux désirs de leurs promoteurs, c’est-à-dire, seront-elles de nature, en admettant qu’elles enrayent l’accroissement qui les inquiète, à profiter à l’ensemble de l’industrie britannique, ou ne risqueront-elles pas plutôt de lui nuire?
- 11 est permis de le croire, car il y-a une équivoque, habilement cachée par les partisans de M. Chamberlain, et sur laquelle ils ont échafaudé leur raisonnement : elle leur a été suggérée par le Board of Trade, qui s’est fait très involontairement leur complice sur ce point, par la façon dont il a établi sa rubrique de produits manufacturés.
- Les alarmes des patriotes-jingoes, car la question du protectionnisme, a depuis les
- (1) Voir les Bulletins d’avril, mai, juin, juillet, octobre et novembre 1908.
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- Variations des importations par catégories.
- 1 ANNÉES. 1 ANIMAUX V I V A N T S pour alimentation. A. — articles d'alimentation et de boisson non soumis aux droits. II B. — ARTICLES d’alimentation et do boisson soumis aux droits.
- £ £ £
- 1883. . 11978 996 149 342 241 27 932 275
- 1884. . 10 524 875 123 286 694 25 647 727
- 1885. . 8 735 392 124 039 026 25 066 653
- 1886. . 7 143 430 109 760 749 25 282 320
- 1887. . 6 149 066 116 930 359 25 780 979
- 1888. . 7 727 307 124 281 097 24 958 798
- 1889. . 10 360 087 134 870 525 26 210 774
- 1890. . 11 216 333 136 422 110 26 216 864
- 1891. . 9 246 398 148 510 208- 27 004 982
- 1892. . 9 362135 149 093 760 26 348 086
- 1893. . 6 351 704 144 267 798 24 726 172
- 1894. . 9 089 883 139 450 469 24 285 525
- 1895. . 8 966 252 140 242 879 25 058 700
- 1896. . 10 438 699 147 000 115 25 568 086
- 1897. . 11 380 092 151543 901 26 697 681
- 1898. . 10 385 676 166 913 341 26 817 470
- 1899. . 9 515 005 169 141 098 25 990 407
- 1900(1). 9 622 319 156 090 088 49 230 529
- 1901. . 9 426 803 163 061 878 47 527 326
- 1902. . 8 269 175 168 189 842 42152 288
- 1903(2). 9 755 185 174 859 917 43 712 711
- III IV V VI VII VIII IX
- PRODUITS
- MÉTAUX. CHIMIQUES. Teintures PÉTROLES premières premières PRODUITS DIVKKS TOTAUX.
- et produits et huiles. pour pour MANUFACTURÉS. ET COLIS
- pour l’industrie industries postaux.
- TANNAGE. TEXTILE. DIVERSES.
- £ £ £ £ £ £ £ £
- 17 668 091 9 729 359 7 279 133 84 761 705 45 332 243 52 881 468 15778 819 425 603 932
- 16 806 054 9 545 227 6 497 796 86 302 302 40 982 405 53 264 334 14140197 389 774 549
- 16 287 059 8 797 536 6 787 921 70 219 118 38 808 577 53 418 152 14 344 321 370 404 314
- 15 039 5 48 7 952 148 6 049 148 72 163 832 34 804 319 54 439 988 12 964 027 349 381 036
- 16 618148 7 728 884 6 088 246 77 838 508 33 396 046 54864190 13131 318 361 935 011
- 23 242 958 8 114 439 6 432 871 80 468 675 36 722 501 57 793 604 14 387 23 4 386 950 802
- 22 084 845 8 635 378 7 122 998 91 367 086 43 694 671 64 263 411 15 071 742 427 595 442
- 23 710 901 8 190 389 6 991 653 85 239 289 41 626 155 63 218 167 14 510 885 420 885 695
- 23 030 124 7 314 337 7 339 994 89 215 655 40 035 435 65 082 129 15 496 617 435 691 279
- 21 099 684 6 680 539 7 076 462 77 711 558 41 923 702 65 440 280 15 419 232 423 793 882
- 20 629 506 6 335 119 7 400*905 68 007 487 40 988 806 65 854 296 16 577 203 404 688 178
- 19 050 718 6 319 594 7 505 504 70 626 057 43 091'405 68 924 636 16 528 763 408 344 810
- 18 656 042 6 558 813 8111850 70 769 684 44 024 597 75 601 193 15 345 732 416 889 658
- 20 492 024 6 776 920 8 459 394 74757178 47 241 991 81 379 534 15 342 932 441 808 904
- 21277 294 5 998 549 7 624 915 70 065 745 52 094 641 85 134 440 15 145 448 451 028 960
- 21 852 381 5 484 420 8 336 405 71 268 713 52 226 006 87 076 479 16 110 682 470 378 583
- 28 304 450 5 768 374 9 690 576 65 971 462 56 677 299 91 310 487 17 055 865 485 035 583
- 33 195 391 5 560 793 11 033 320 77 3 47 363 65 079 691 93 225 005 18 891 247 523 075 163
- 38 038 052 1 27 209188 9 060 580 13 533 233 78 708 282 63 712 104 68 798 163 79 536 027 23 535 147 521 990 198
- ; 37 494 072 | 26 520 717 9 026 584 14 263 579 78 803 325 1 Go 678 o8i 73 143 950 85 115 305 25 787 264 528 391 274
- 37 990 942 î 23 962 128 1 8 846 688 13 731 381 80 496 492 67 484 6 44 72 804 857 87 333 671 27 006 731 542 906 325
- TABAC.
- 2 899 602
- 2 776 936
- 3 900 559 3 781 577 3 409 267
- 2 821 318
- 3 973 925 3 512 949 3 415 400 3 538 444 3 549 182 3 472 256
- 3 353 916
- 4 352 031
- 4 066 354
- 3 887 010
- 5 1 10 560
- 4 799 417
- 4 745 888
- 5 792 353 4 177 944
- (1) Les chiffres relatifs aux années 1883 à 1900 inclus sont extraits du : Brilish and Foreign Trade mémorandum : Board of Trade : Mémorandum of the comparative statistics of Population, Industry and Commerce in the United Kingdom and some leadiny foreign countries [Cd. 1199] 1902. Table 11. Imports into the United Kingdom Classified — from Trade and Naoigalion Accounts, p. 49, dccember 1903.
- (2) Pour les trois années 1901, 1902, 1903 nous avons extrait les chiffres des Accounts relating to Trade and Navigation of the United Kingdom for each inonth of tho year 1903. December 1903, 26, XI, p. 1 à 90. Le fascicule do décembre donne les importations et exportations totales pour les douze mois dè l’année en cours et des doux précédentes. Mais la classification n’étant pas identique à la précédente, nous avons dû la refaire. Nous avons indiqué deux valeurs dans les colonnes III et VIII suivant quo l’on fait ou non rentrer dans la rubrique métaux les objets métalliques manufacturés. Les chiffres en italiques se correspondent pour la mémo année.
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- COMMERCE.
- DÉCEMBRE 1908.
- premiers jours, été transportée parles Tariff-lleformcrs du terrain économique sur le terrain politique, sont motivées d’abord par l’accroissement en valeur des produits manufacturés, mais surtout par son augmentation rapide depuis vingt ans : elle s’est élevée de 08 millions de livres sterling à H t millions de livres sterling. C’est un phénomène inquiétant par sa persistance, disent-ils, et la puissance industrielle de la Grande-Bretagne se trouve menacée par le fait qu’elle ne pont pas subvenir à tous ses besoins d’articles fabriqués.
- Tout d’abord il faut faire observer à la base même du raisonnement une première erreur qui en vicie les conclusions : les partisans de M. Chamberlain se gardent bien, et pour cause, de dire comment se décomposent ces importations, ce qui est de la plus grande importance.
- La Grande-Bretagne n'est par l’ile imaginaire que nous avions supposée au début de notre étude sur les importations, capable de* produire tous les objets dont elle peut avoir besoin. Certaines industries, aujourd’hui disparues, n’avaient pu s’y acclimater qu’aux temps de la Protection, à l’abri des tarifs douaniers extrêmement élevés. Ce sont* d’une façon générale les industries dites de luxe, d’autres — fantaisies diverses
- — n’ont même jamais pu y être implantées. Par conséquent, si l’augmentation des importations est due précisément aux produits de ces industries, le raisonnement des Chamberlainistes s’effondre, car elle ne risque par de porter atteinte aux intérêts des producteurs nationaux qu’elle ne concurrence pas et, d’autre part, comme elle porte sur des articles de luxe elle est un signe de prospérité.
- Cette première ereur volontaire a grande importance, car les importations d’articles de luxe représentaient, en 1902, près du quart des importations de produits manufacturés (25 millions sur 1H, soit 22,7 p. 100); mais l’équivoque grave sur laquelle a été édifiée toute la théorie de la Préférence coloniale au point de vue économique a été de prendre le terme produits manufacturés— entête d’une division des statistiques
- — dans son sens littéral, c’est-à-dire d’objets ayant déjà subi toutes les transformations nécessaires pour qu’ils puissent être directement livrés au consommateur pour son usage personnel. D’oii l’argument, sur lequel les protectionnistes comptaient beaucoup, que ces articles privaient les ouvriers nationaux d’une somme de travail qu’ils auraient pu incorporer dans ces articles, si on en avait fait venir la matière première, au lieu de les acheter déjà manufacturés.
- Or le terme produits manufacturés est employé dans les statistiques du BoardofTrade dans un sens extrêmement général et beaucoup plus étendu que le sens grammatical ou étymologique.
- PART DES PRODUITS SEMI-MANUFACTURES
- Liant donné la classification adoptée en trois grands groupements : denrées alimentaires de toutes sortes (céréales, viandes et animaux de boucherie, liquides, etc.), matières premières et produits manufacturés, ce dernier comprend non seulement les produits manufacturés au sens propre du mot mais également les produits partiellement élaborés et constituant la matière première d’un' grand nombre d’industries au maintien et à la prospérité desquelles l’Angleterre est très intéressée.
- Pour que le raisonnement des partisans de M. Chamberlain fût concluant il leur aurait fallu faire le départ entre les produits totalement élaborés et ceux qui ne le sont que partiellement ; puis, cette première classification établie, rechercher si parmi ces
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- L IMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1477
- derniers il n’en était pas qui pussent être produits en Grande-Bretagne — en partant ( es inatieies piemières, importées au besoin, — à un prix comparable à celui de ces memes articles semi-manufacturés et importés, c'est-à-dire à un prix tel que les industries employant ces articles comme matières premières, ne se trouvassent pas de ce l<dt dans de plus mauvaises conditions, comme coût de production, qu’à l'heure actuelle.
- Lt c est alors quils auraient dû rechercher si ces importations de produits manufac-tiués et scmi-manufacturés, qui auraient pu être fabriqués en Grande-Bretagne, avaient augmenté et dans quelle proportion.
- -Mais étant donné leur raisonnement basé, nous 1 avons dit, sur les chiffres globaux des produits manufactures, tels qu’ils ressortent des statistiques, leurs conclusions risquent singulièrement d’être contraires à la vérité.
- C’est ce que faisait observer, dans un mémorandum (1) publié un an avant que ne fut inaugurée la controverse fiscale, sir Alfred Bateman, Comptroller general du Board of Trade, lorsqu’il écrivait :
- « Il est évident..., que les importations de produits dits manufacturés dans le Royaume-Uni se sont considérablement accrues : de 53 millions sterling en 1883-4 à 88 millions en 1896-1900. De plus, dans ce cas, l’accroissement a été sensiblement continu pendant toute la période. La majeure partie en incombe au cuir, à la machinerie, à la soie, aux tissus de laine, mais il y a eu des augmentations de moindre importance pour les cotons, les objets de verre, non détaillés (y compris les bouteilles) et les articles manufacturés de fer et d’acier. Ilnous faut faire observer tout d'abord que le cuir est une matière première, en second lieu que, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, nos exportations de machines ont tendu à augmenter et non à diminuer au cours de cette période, et troisièmement, pour notre industrie lainière, à. laquelle des tissus importés pourraient faire concurrence, que le Royaume-Uni maintient sa prééminence par ses exportations dépassant annuellement de 5 millions de livres sterling ses importations, malgré une diminution de 2 millions de livres sterling par an occasionnée par la mise en vigueur du dernier tarif protectionniste si hostile des États-Unis. Les tableaux statistiques en question nécessitent une observation importante : les produits manufacturés, même à un degré d'élaboration très avancé, sont le plus souvent les matières premières d'autres industries. Ces chiffres nous font constater un progrès incontestable des manufactures à l’étranger, encore qu'ils ne puissent, en aucune façon, justifier l'inférence que Von a voulu en tirer que notre Industrie nationale en soit déplacée... »
- L’importance et l’intérêt des déclarations de sir Alfred Bateman sont indiscutables; il apporte l’appui de son autorité aux conclusions évidentes que nous avions tirées de l’examen des chiffres et des indications générales, notamment au sujet des constructions de machines. Nous avons cru qu’il importait de souligner sa phrase relative aux produits classés sous la rubrique « produits manufacturés » et qui, constituant à proprement parler des matières premières, ne devraient pas logiquement y figurer.
- Nous avons, dans le tableau suivant, groupé, pour les trois dernières années dont les résultats sont connus, ces produits semi-manufacturés qui constituent une part très importante du total de la colonne VIII du dernier tableau. Nous nous sommes servi de la liste donnée par sir Alfred Bateman en note de la citation que nous avons reproduite.
- (1) British and foreign trade mémorandum, op. cit. [Cd. 1199], 1902, p. 19.
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- 1478
- COMMENCE.
- DÉCEMItltE 1908.
- Produits semi-manufactures figurant sous lo titro : Produits manufacturés.
- Fers partiellement ouvrés.....................
- Narres d’acier................................
- Tôles d’acier pour navires, ponts, etc. (1). . . Tôles d’acier pour plaques de 1/8 de pouce (P. .
- Fils de fer et d’acier........................
- Essieux et bandages...........................
- Etain (2)..................................... )
- Zinc ... ..................................... j
- Pièces de pendules et de montres..............
- bois (partiellement manufacturés)................
- Cotons — — (:>)........
- Lainages — — ............
- Soieries — — ............
- Pailles — — ............
- Cuir — - ............
- Verres — — ............
- Papier brut — — ............
- Divers — — ............
- 1901. 1902. 1903.
- £731912 £ 1 081013 £ 1 113 720
- „ » 932 019
- „ » 377 232
- „ » 173 028
- n » 155 506
- 30 170 35 218 05 615
- 180 200 189 554 550 310
- 45 383 43 810 50 530
- 1153759 1145154 1 177 270
- » 1 757 131 2 076 119
- 0 105 350 G 182 050 0 280 560
- 8 790 921 10 453 932 7 974 091
- 111879 106 609 195 298
- 8 050130 8 748 849 8 719 805
- 1 208 520 1 289 703 1 292 864
- 3 920 923 3 992 100 4 338 882
- 1 790 771 1 998 780 2 114 992
- 31071330 30 388 372 48 193 793
- Ainsi <[u’il est facile de le constater par un examen rapide des chiffres qui précèdent, les classifications incomplètes des années antérieures à 1903 ne permettent de se rendre compte qu’avec une approximation extrêmement grossière de l’importance de ces produits scmi-manufacturés : cependant malgré que ne figurent pas dans les totaux des années 1901 et 1902 certains articles dont la somme est importante, il est facile de so convaincre que la proportion des articles totalement manufacturés est singulièrement réduite, et nous devons faire observer que nous n’avons pas fait de départ entre les produits susceptibles d’être fabriqués en Grande-Bretagne et ceux qui ne le sont pas.
- Nous rapprochons ci-dessous les totaux des produits semi-manufacturés que nous venons d’établir de ceux des produits manufacturés tels que les donnent les statistiques, afin de dégager en valeur les produits importés totalement manufacturés.
- Nous voyons que :
- 1902. 1903.
- +2 85 lis 50b £ 87 333 071
- 30 388 372(1) 18 493 793
- 48 720 933 (2) 38 839 878
- Mature des importations. 1901.
- Produits manufacturés (chiffres globaux des
- statistiques)..............................£ 79 530 027
- Articles semi-manufacturés.................... 34 071 330 (4)
- Produits manufacturés réels.................. 45 404.097 (5)
- Nous remarquons que, même en admettant trime part — ce qui n’est pas exact — que les valeurs des produits manufacturés réels, données par ce tableau, en 1901 et 1902 ne dépassent pas effectivement les chiffres vrais, et, d’autre part, que tous ces produits aient pu se manufacturer en Angleterre, les affirmations de AI. Chamberlain
- (1) Non divisés avant 1903, figurent sous la rubrique générale, pas de catégorie.
- (2) Pour mémoire, car nous n’avons pu faire un départ exact entre les importations rentrant dans cette catégorie et celles du groupe 111.
- (3) Non divisés avant 1902.
- (4) Chiffres inférieurs à la réalité, calculés par défaut.
- (5) Valeurs en excès.
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- fliiant u leur accroissement sont inexactes puisque de 1901 à 1903 elles ont très sensi-) ement décrû. Par conséquent les signes de décadence de l’industrie britannique qu i prétend faire ressortir des comparaisons de ces chiffres, n’apparaissent pas dans c tableau, ci-dessous. Et c est pourquoi les protectionnistes se sont toujours refusés à faire 1 analyse des importations et en particulier des produits manufacturés.
- Non seulement d’ailleurs il y a diminution en valeur absolue entre 1901 et 1903, mais diminution en pourcentage, ainsi qu’il est facile de le voir en établissant la proportion.
- 1701. 1902. 1903.
- Proportion des produits manufacturés réels aux
- produits manufacturés et semi-manufacturés. 58,4 o/0 57,2 % 44,4 °/o
- Il est encore un autre motif pour lequel les protectionnistes n’ont pas voulu faire le départ entre les éléments que le Board of Trade fait rentrer dans la catégorie produits manufacturés, c’est que leur valeur est tellement faible vis-à-vis des importations totales qu’ils ne peuvent guère, quand on considère leur diversité, porter sérieusement préjudice à une quelconque des industries britanniques. Il n’est pas suffisant, en tout état de cause, qu’un article figure sous une rubrique générale, comme tissus de laine par exemple, ou machines pour que l’on puisse sans hésitation affirmer qu'il aurait pu être fabriqué dans le pays parce que l’industrie dont il dérive (tissage ou construction) y existe, et que, par suite, l’importation a eu pour résultat de priver des ouvriers d’un travail qu’ils auraient pu accomplir.
- PRODUITS MANUFACTURÉS NÉCESSAIRES A L’INDUSTRIE
- Sans revenir sur le cas, déjà envisagé, où l’importation nécessitée parce que la limite de puissance productrice actuelle du pays est déjà atteinte, ne concurrencerait pas par le fait l’industrie fabriquant ces mémos articles, surtout si elle n’a pas un caractère permanent, il faut envisager une face nouvelle de la question.
- Il y a parfois une différence totale entre des articles portant le même nom générique : les uns étant fabriqués dans le pays et les autres ne l’ayant jamais été pour diverses raisons.
- Nous avons déjà eu occasion de préciser cette idée lorsque nous procédions à un examen sommaire des importations de machines et de rappeler notamment ce qui s’était passé dans l’industrie de la chaussure que l’importation de machines américaines toutes construites, faite au moment opportun, avait aidée à sortir de la situation difficile où elle se trouvait par suite précisément de la concurrence effrayante que lui faisaient les chaussures américaines vendues au-dessous du coût de production anglais. Or c’étaient bien une importation de produits manufacturés, indiscutable, que rien théoriquement n’empêchait l’industrie anglaise de faire et qui la concurrençait directement ; cependant, en fait, au moment où elle se produisait, elle ne portait nullement préjudice à l’industrie des constructions de machines qui, non outillée pour ce genre de machines, n’aurait pu les manufacturer. Bien qu’il s’agît en l’espèce de produits manufacturés, l’importation était utile, indispensahle môme et, contrairement a la théorie Chamber-lainiste, elle fut — cela paraîtra paradoxal — profitable aux constructeurs eux-mêmes puisqu’elle les amena à fabriquer, contre leur gré souvent, des machines nouvelles pour les besoins d’une industrie qui sans cela était sur son déclin et même en a oie de disparaître.
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- Los automobiles peuvent également se classer dans cette catégorie. Encore que la valeur des importations se soit sensiblement élevée, passantde 1 103 065 livres sterling en 1902 à 1 988 138 en 1903, on ne peut dire qu’elles aient un caractère permanent, ni qu'elles fassent précisément une dangereuse concurrence aux producteurs nationaux. Nous entendons par ces mots une concurrence dangereuse parce qu’elle aurait pu être évitée; ce n’est pas le cas étant donné d’une part que l'Angleterre est l’un des pays qui s'est le plus tardivement engagé dans la fabrication des automobiles pour diverses raisons, dont les restrictions mises par le gouvernement britannique à la circulation; et d’autre part que les nations connue la France et l’Allemagne avaient déjà atteint à un degré de grande perfection due à l’avance qu’elles avaient prise. De plus, comme il s’agit d’articles de luxe que seules peuvent acquérir les personnes jouissant d'un grand superilu, les importations devaient se maintenir, surtout à cause de l'importance du cooeflicient mode, engoùment pour une marque, caprice, etc. Comme nous le disions plus haut, ces importations ont contribué au développement de cette industrie britannique, ont augmenté la rapidité de son éclosion parce que les constructeurs ont voulu rivaliser avec les modèles étrangers et se sont efforcés de rattraper l’avance de leurs concurrents.
- La même remarque pourrait encore être faite, et c’est également l’industrie de l’automobile qui la suggère, aux importations de certaines machines-outils américaines presque exclusivement employées dans cette fabrication. Il n’y a pas précisément, dans ce cas, concurrence faite aux constructeurs nationaux parce que ces machines constitueraient dans nos pays une spécialité peu répandue qu’il faudrait instituer et dont le prix de revient serait beaucoup plus élevé que celui des articles importés. Leur fabrication a pris, aux Etats-Unis, une extension incomparablement plus grande que celle qu'elle serait susceptible de prendre en Europe. Le coût extrême de la main-d’œuvre en Amérique, son insuffisance relative comme quantité, ont amené cette nation industrielle à pousser beaucoup les perfectionnements mécaniques de manière à obtenir des machines-outils dont la précision et le fini de travail puissent supprimer en grande partie l’ajustage des pièces produites dont le rôle est si important dans nos pays. Par suite de la demande locale si considérable, les prix de revient de ces machines aux États-Unis sont relativement si faibles qu'il serait anti-économique pour un autre pays, dont les besoins de cet article sont forcément limités à ceux de cette industrie, de monter des ateliers spéciaux pour leur construction. L’avantage qu’on en dérive disparaîtrait et, par suite, on emploierait des machines moins parfaites comme travail, exigeant plus de main-d’œuvre et nuisant à l’essor de l’industrie qui les utilise.
- Nous pourrions citer encore bien d’autres exemples aussi concluants, mais ces développements nous entraîneraient très loin. — Cependant pour ne pas nous limiter uniquement à la mécanique, citons les industries de la laine. On remarque que la Grande-Bretagne exporte sous forme de tissus manufacturés pour 15 801 254 livres sterling palan environ, mais elle en importe, principalement de France (4 420 697 livres sterling)... 5 030 796. Il semble, dans ce cas, que ces importations soient manifestement contraires à son intérêt, qu’elles doivent concurrencer sa propre industrie : les statistiques n’établissent pas de différenciations entre ces produits — cela leur serait à peu près impossible, — et pourtant, bien que classés sous la même rubrique, ces tissus diffèrent essentiellement. Tandis que l’Angleterre fabrique surtout des tissus' d’apparence grossière, solides et unis ou chinés, comme ses serges, ses chevioltes, certains draps, elle achète à d’au!res pays des articles de luxe, complémentaires de* sa production,
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- comme nos draps d’Elbeuf ou ,1e bouviers, articles de fantaisie qui valent surtout par ICIL nuances fines, le goût et le choix du dessin, toutes choses pour lesquelles nos industriels ont une supériorité indiscutée sur les leurs et pour lesquelles nous garderons pom ongtemps encore, sinon pour toujours, pour peu que nous persévérions, notre prééminence.
- Par les réflexions qui précèdent, nous voyons maintenant toute l'importance qu'il j a «i établii le départ entre les diverses sortes d’articles manufacturés réels, au point de auc de la concurrence qu’ils font à l’industrie britannique et aussi pourquoi les cliamberlainistes ignorent volontairement ces faits qui vont à l’encontre de toute leur argumentation.
- Comment pourraient-ils soutenir leur théorie de la menace que'les importations de produits manufacturés font courir à l’industrie britannique s’ils venaient dire : Il faut tout d abord déduire des chiffres fournis par les statistiques pom- cet intitulé plus de àO p. 100 représentant des articles semi-manufacturés, — matières premières d’industries llorissantes, — qui y sont incorporés à tort. Puis, du chiffre obtenu (1) — 88 839 878 livres sterling (en 1903) — soit environ les 7,15 p. 100 des importations totales, il faut encore retrancher environ 50 p. 100 de produits qui ne sauraient être fabriqués dans le pays et c’est par suite les 3,57 p. 100 de nos importations totales, soit 19 118 939 livres sterling (2) qui justifient nos craintes et montrent l’impérieuse nécessité de bouleverser notre système fiscal [mur aller vers l’inconnu.
- PART DES PRODUITS MANUFACTURÉS
- Parmi les hommes qui se sont embrigadés sous la bannière des Tariff Reformer s quand on leur exposait que près de 90 millions de livres sterling de produits, environ un cinquième de leurs importations, qu’ils auraient pu fabriquer, venaient les concurrencer chez eux, les privant eux et leurs ouvriers de près de 30 millions de profits et salaires, et dont la croissance est un signe menaçant.de décadence industrielle, combien nombreux sont ceux qui n’auraient pas abandonné leurs convictions économiques, ne se seraient pas détournés de leurs coreligionnaires politiques pour se rapprocher d’hommes à toutes les idées desquels ils sont hostiles, s’ils avaient su que les fameuses importations de produits manufacturés réels n’atteignaient que 19 millions de livres sterling environ, soit les 3,57 p. 100 du total.
- Ils ont fait crédit, pour ses affirmations, à l’ancien ministre des Colonies, ne croyant pas qu’il pouvait les entraîner dans une aventure, dont les conséquences sont aussi sérieuses, sans être absolument sûr des faits et des chiffres qu il citait.
- Nous avons montré que, ni par les indications que fournit sur leurs tendances 1 analyse par catégories, ni par leur importance en valeur et en pourcentages, les importa-
- Produits Pourcentage des produits
- Années. manufacturés réels. Importations totales. manufacturés réels.
- /j\ 1901 .............. 45 464 676 521 990 198 8,7
- 4902 ............... 48 726 933 528 391 274 9,22
- 1902. ........... 38 839 878 542 906 325 7,15
- (2) M. Chiozza dans son livre Eléments of lhe fiscal problem,op. cil., affirme que dans les produits manufacturés réels en 1902, il y avait pour 28 610 000 £ d’articles de luxe qui n’auraient pu etre produits en Grande-Bretagne. Par conséquent nos chiffres doivent être considères comme donnant les valeurs sensiblement par excès.
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- tions de produits manufacturés réels ne constituaient un danger pour l'industrie britannique et que les craintes qu’elles font naître sont chimériques.
- IMPORTATONS AMÉRICAINES DE PRODUITS MANUFACTURÉS
- 11 n’est pas sans intérêt de remarquer en outre qu’il n’est pas de pays — si avantagé qu’il soit comme richesses naturelles, si élevés qu’aient été établis les tarifs protectionnistes, par lesquels il a voulu favoriser sa propre industrie en prohibant quand cela lui a paru nécessaire les produits qui la concurrençaient, si jaloux qu’il soit de se suffire à lui-même — qui n’importe pas une proportion notable de produits manufacturés.
- C’est ainsi, par exemple, que les États-Unis malgré le tarif Cingle y qui avait pour but d’empêcher les importations de produits manufacturés, ontvu, après une réduction assez notable, un fort mouvement de reprise se produire qui de 1898 à 1903 est marqué par une augmentation de près de 100 p. 100.
- Il faut même noter un fait important : c’est que l’augmentation a été la même pour les diverses catégories de produits manufacturés, ainsi que le tableau suivant le montre.
- Et, phénomène assez curieux, le total des produits manufacturés importés aux Etats-Unis est supérieur à celui relevé en Grande-Bretagne au cours des dernières années puisqu’il dépasse 100,9 millions sterling en 1903, chiffre officiellement donné parle service des douanes américaines et en réalité 116,9 millions contre à peu près 90 millions en Grande-Bretagne.
- Cependant les Etats-Unis ne croient pas leur puissance industrielle menacée par ces importations et loin de désirer une élévation nouvelle des tarifs protecteurs, on peut le constater à l’heure actuelle, les Américains commencent à souhaiter une politique économique moins intransigeante : un fort courant populaire se dessine en faveur d’une réduction du tarif et de la conclusion de traités de commerce.
- Nous avons ajouté au tableau des importations américaines d’articles manufacturés, dans une dernière colonne, les importations britanniques de même nature, pendant les cinq années écoulées depuis 1898 :
- IMPORTATIONS AMÉRICAINES DE PRODUITS MANUFACTURES
- Classification officielle du U. S. A. Bureau
- Millions de £. Valeurs franco-bord au port d’embarquement. Importations britanniques. Millions de £.
- Années Produits manufacturés employés Articles prêts Importations totales de produits manufacturés Droits Valeur Valeurs des importations franco- augmentée bord
- financières dans à être Objets • aux de des droits plus fret et
- au 30 juin. l’industrie. consommés. do luxe (1). États-Unis. douane. de douane. assurance,
- 1898. . . 11,6 18,8 11,5 41,9 15,8 57,7 87
- 1899. . . 12,0 22,0 13,9 47,9 18,9 66,8 91,3
- 1900. . . 16,0 26,0 16,1 58,1 22,3 80,4 93,2
- 1901. . . 14,8 27,0 16,8 58,6 21,4 80,0. 79,5
- 1902. . . 18,2 30,1 19,5 67,8 24,9 92,7 85,1
- 1903. . . 22,9 34,0 21,0 79,6 29,0 106,9 87,3
- (1) Pour établir une comparaison avec les statistiques britanniques nous avons extrait de celte catégorie les valeurs des importations de liquides et de tabac.
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- LES MÉTHODES D’ÉVALUATION
- -Mais si intéressant que soit ce rapprochement, qui nous montre la progression régulière des importations aux Etats-Unis dépassant en valeur les importations britanniques tandis que celles-ci ont sensiblement décru depuis 1900 en valeur absolue encore qu'elles recommencent leur mouvement ascensionnel, il ne peut être concluant au point de vue de la valeur réelle de ces produits manufacturés dans les deux pays étant donné les méthodes d évaluation différentes dont font usage leurs directions des douanes.
- Alors ([ue les Custom House Returns du Royaume-Uni donnent les valeurs des importations c. i. f. c est-a-dire coût du produit, accru de l'Assurance et du fret, les American Custom houses les portent f. o. b. c’est-à-dire seulement franco-bord ou au coût de l’objet dans le pays d’origine.
- Or les résultats de ces deux méthodes sont très différents ; les valeurs fournies par la seconde ne sont que les 38,8 p. 100 de celles de la première. 11 nous faut donc, pour pouvoir comparer les valeurs des importations de produits manufacturés aux États-Unis et en Angleterre, les évaluer dans les deux cas de la même manière, par exemple c. i. f. C’est ce que nous avons fait dans le tableau suivant en partant des chiffres officiels pour les deux pays.
- IMPORTATIONS DES PRODUITS MANUFACTURÉS
- Coût, assurance et fret.
- Grande-Bretagne.
- Années • Valeurs
- grégoriennes. Millions de £.
- 1898 .............. 87
- 1899 ........ 91,3
- 1900 ................. 93,2
- 1901 ................. 79,5
- 1902 .............. 85,1
- 1903 .............. 87,3
- M. Chamberlain et ses amis ont coutume de dire que pour se rendre compte de la situation réelle de la Grande-Bretagne il ne suffit pas de comparer entre eux à des époques différentes les éléments différents de son activité économique, de voir pour les exportations, ce fut Eiui des principaux arguments, les variations, mais qu’il faut considérer ces phénomènes par rapport aux autres pays.
- Nous avons montré comment, [tour arriver à établir leurs conclusions pour les exportations, ils avaient été amenés à ne faire que des comparaisons en pourcentages, et à négliger systématiquement les accroissements totaux en valeurs.
- mats-unis.
- Années financières Valeurs,
- au 30 juin. Millions de £.
- 1898 ........................ 02,9
- 1899 ........................ 72,7
- 1900 ........................ 87,6
- 1901 ........................ 87,3
- 1902 ...................... 101,1
- 1903 ...................... 116,9
- IMPORTATIONS AMÉRICAINES ET BRITANNIQUES
- Tout en maintenant toujours les réserves que nous avons laites quant au bien fondé des comparaisons statistiques basées uniquement sur les valeurs — sans tenir compte ni des quantités, ni des variations dans les prix — appliquons la méthode qu’ils préconisent aux importations relatives des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
- Nous aboutirons à dos constatations qui ne sont pas dépourvues d intérêt et qui
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- contredisent singulièrement lu thèse du M. Chamberlain à savoir que les importations do produits manufacturés sont nuisibles au développement de l’industrie et que si elles augmentent, elles sont un signe de décadence. On sait quïl aime à citer l’exemple des États-Unis, pays dont les progrès se mesurent par « bonds », pour faire usage d’une expression chère aux Anglo-Saxons.
- Instruit par l’expérience acquise à ses dépens, l’ancien ministre des Colonies n’emploie plus, aujourd'hui, les chiffres qu’à titre d’illustration de son argumentation : il aime à mettre en regard les chiifres des importations globales du Royaume-Uni et des États-Unis. Combien les seconds sont-ils plus en voie de s’enrichir que les premiers puisqu’ils n'achètent à l’étranger que 150 millions sterling de produits (moyenne annuelle de la période triennale 1898-1900) contre 191 millions (moyenne de la meme période pour l’Angleterre) : quel contraste, quelle leçon! Mais le député de Birmingham se garde bien de dire qu’alors que de 1900 à 1903 les importations britanniques ont augmenté do 51,5 millions soit de 9,18 p. 100 celles des États-Unis se sont accrues de 55,1 millions sterling ou 20,86 p. 100.11 laisse également prudemment dans l’ombre l’indication si précieuse tirée de la comparaison des importations de produits manufacturés, car toute sa théorie s’effondrerait par un simple rapprochement de chiffres, — tout à l’avantage des États-Unis cependant puisque les évaluations ne tiennent pas compte de l’assurance et du fret pour ce pays.
- Malgré cela le rapprochement est des plus intéressants :
- Importations Pourcentages
- Moyennes annuelles Importations de produits des importations
- de la période totales. manufacturés. de produits
- 1898-1900. Millions de £. Millions de £. manufacturés.
- Grande-Bretagne..................... 491,4 (1) 90,5 (1) 18,4
- États-Unis.......................... 150 (3) 68,3 (2) 45,53 •
- Année 1903.
- Grande-Bretagne..................... 542,9 (lj 87,3 (1) 16,8
- États-Unis.......................... 205,1 (2) 106,9 (2) 52,12
- Tandis que les importations de produits manufacturés en Angleterre — inférieures en valeur absolue à celles des États-Unis — qui représentaient 18,14 p. 100 du total en 1890-1900 se sont abaissées à 16,8 p. 100 en 1903, celles des États-Unis se sont élevées de 45,53 à 52,12 p. 100 pendant la même période (-4). Ce tableau donne un argument sérieux contre les projets de tarifs préférentiels de M. Chamberlain : il montre la nation la plus riche du monde — dont l’industrie peut rivaliser avec celle de n’importe quel pays d’Europe, — l’impuissance des droits de douanes, même prohibitifs (73 p. 100), pour enrayer la marche ascendante des importations de produits manufacturés.
- Dans un pays tel que l’Angleterre dont la puissance économique repose sur les importations de matières premières et qui, avec une population déjà trop dense, ne peut espérer beaucoup étendre dans l’avenir le champ de son activité, ni augmenter encore
- (1) Chiffres extraits du Mémorandum of the comparative statistics of population industry and commerce, op. cit., [cd 1199] 1902, p. 49 et Trade and navigation accounts december 1903, op. cit., p. 4 à 96 et tableau p. 91 bis de ce chapitre.
- (2) Tableau p. 76.
- (3) Mémorandum of comparative statistics, op. cit., p. 21.
- (4) Chiffres officiels des États-Unis, Cf. Chiozza Money. Eléments of the fiscal problem, p. 6.
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- sensiblement la diversité de ses industries, comment — avec des droits de 10 p. 100 sui les importations de produits manufacturés — peut-on prétendre obtenir des résultats auxquels les Etats-Unis se sont vus obligés de renoncer?
- Ce serait une politique de folle aventure que colle dont M. Chamberlain s’est fait le champion, car en vue d’un bénéfice problématique qui porterait pour les importations sur une somme intime, la Grande-Bretagne s’exposerait à des conséquences, certainement graves, mais dont il est impossible de prévoir toute la portée.
- Sans doute les partisans de la Préférence coloniale affirment-ils, avec une superbe admirable, leur certitude — qu’ils espéraient communiquer aux masses — d’écliap-per aux représailles des pays que le Protectionnisme de l’Angleterre léserait dans leurs intérêts commerciaux
- Ils ont besoin de notre marché, répètent-ils sans cesse, pour écouler le surplus de leur production et M. Balfour, pour la simple menace d’un tarif de douanes, pour M. Chamberlain, sa mise en œuvre, les amèneront à faire des conditions meilleures aux articles de production britannique.
- C'est toujours la même façon de raisonner : prendre comme fait acquis l'hypothèse que la Grande-Bretagne ou môme la Plus Grande-Bretagne, c’est-à-dire, l’Empire est en mesure de satisfaire à tous ses besoins comme denrées alimentaires — ce qui ne peut être exact que dans un avenir encore fort éloigné comme nous le Verrons plus tard — et que par conséquent toutes choses sont égales entre elles et les pays concurrents.
- Mais jusqu’à ce jour lointain le Royaume-Uni dépend en très grande partie pour sa subsistance des deux pays dont les tarifs lui sont le plus nuisibles. La partie n’est pas égale pour les joueurs, car sans se nuire à eux-mêmes, les États-Unis et la Russie, sans augmenter leurs droits si élevés, pourraient exercer de terribles représailles contre l’Angleterre en frappant par exemple leurs céréales d’un droit à l’exportation : venant s’ajouter au droit préférentiel de M. Chamberlain il grèverait lourdement le coût de l’existence pour l’ouvrier britannique.
- C’est là une éventualité que les Protectionnistes se refusent à examiner, car — ils le laissent entendre — lorsque le pays aura accepté le principe, si les droits qu’on lui propose ne sont pas suffisants on les élèvera et un jour arrivera où les autres nations céderont.
- On ne se préoccupe pas de la situation pendant la période de transition : qu’importent pour des économistes de VÉcole dure, encore qu’ils s’en défendent, la misère d’une période — négligeable devant l’infini des siècles. L’optimisme dans le succès final est leur caractéristique.
- Raisonnant avec l’absolutisme anglo-saxon et le sentiment personnel si marqué qu’ils ont en toutes choses, ils se placent uniquement à leur propre point de vue ; ils se refusent à admettre que les États-Unis et l’Allemagne puissent user de représailles. Car, nous disait-uu Chambcrlainistc des plus marquants, ce serait folie de leur part. C’est pour eux un axiome que le marché britannique est indispensable aux autres nations industrielles et qu’elles ne sauraient s’en passer. „
- Ils oublient que dans les guerres de tarifs, si fréquentes dans les dernières années du xixe siècle, la considération du marché'nécessaire n’a jamais retenu les intransigeants, que c’est précisément en vue de se l’assurer qu’ils emploient cette arme, même avec l’expérience des échecs antérieurs, et, d’autre part, qu’il n’est point, à proprement parler, de marché indispensable.
- Ils passent volontairement sous silence un exemple qu’ils ont vécu: celui des
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- exportations «I»; fer-blanc. .Lorsqu’on 1877 le tarif .Mac Kinley cl les suivants leur fermèrent les Etats-Unis, faisant tomber leurs exportations de 301 à 05 000 tonnes, ils trouvèrent le moyen, bien que les autres régions lussent déjà saturées suivant ce que l’on répétait alors, d’acquérir de nouveaux débouchés dont la demande s’éleva de 94 à 210 000 tonnes pendant la meme période.
- Ils oublient surtout un fait extrêmement important, c'est qu'étant donné sa situation absolument particulière, la Grande-Bretagne est obligée d’exporter, que c'est pour elle une nécessité inéluctable, tandis que ce n'est pour les autres qu’une faculté doid dépend souvent racornissement de leur prospérité, mais non leur existence.
- Lorsque l'on étudie la répercussion que peut exercer telle ou telle transformation d'ordre économique, il faut avant tout se pénétrer des conditions propres du pays dont on veut s’occuper : il faut, pour résumer notre pensée d’un mot, avoir sans cesse ses caractéristiques présentes à la mémoire.
- LA SITUATION PARTICULIÈRE DE LA GRANDE-BRETAGNE
- Or celles de la Grande-Bretagne sont tout à fait spéciales : c'est un pays uniquement industriel, et, en même temps, dépourvu de moyens de subsistance propres et sufli-sants. 11 lui est indispensable d’importer en blé les 78 p. 100 de la quantité consommée, puisque la production nationale n’est actuellement que de 0 740 000 impérial quarlers sur une consonunationtotale 30 680 000 quarters. Et nous ne tenons pas compte des autres céréales importées eu quantités proportionnellement aussi considérables. Par conséquent, il faut que le pays puisse payer ces importations de produits alimentaires et rien qu'à ce point de vue il est contraint à exporter.
- De tous les pays industriels du monde l'Angleterre est le seul à se trouver dans une dépendance quasi absolue de l’étranger [tour sa subsistance. Depuis plus de vingt ans, en effet, les Etats-Unis n'ont pas cessé d'être un pays exportateur de céréales. La France occupe un rang à part parce que, dans les années de bonnes récoltes, ses importations sont pratiquement négligeables tandis que lorsque le temps n’a pas été propice elles atteignent 25 p. 100. L’Allemagne qui, elle non plus, ne produit pas assez de céréales pour sa propre consommation, n'est obligée de recourir à l'étranger que pour environ 30 p. 100 de sa subsistance.
- Il y a donc là pour la Grande-Bretagne une situation absolument spéciale, due à celte dépendance des pays étrangers où elle se trouve par la force des choses. Même si l’on supposait remis en culture les 3 070 698 acres, dont le blé a disparu entre 1852 et 1902, et que la récolte atteignît celle de cette année 1852, qui fut un maximum, c'est-à-dire 11 575 000 impérial quarlers, la Grande-Bretagne aurait encore à faire face à un déficit de 19 105 000 impérial quarlers, soit 61,88 p. 100 de sa consommation totale. Et si l’on admettait ipic les Colonies continuassent à pourvoir de céréales la métropole dans la même proportion,il faudrait encore avoir recours à l'étranger pour 12 094 000 impérial quarters, soit 39,28 p. 100.
- Cette seule particularité suffirait à prouver que l’Angleterre occupe une situation absolument spéciale dans le monde; elle aide à comprendre également pourquoi ce pays devait nécessairement, en dehors de toutes les conditions favorables y existant, tourner toutes ses forces productives A'ers l’industrie et le commerce; il lui fallait de toute nécessité trouver des ressources suffisantes pour payer ses importations de denrées alimentaires et il ne pouvait les trouver que dans les manufactures et le négoce.
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- J1 } lut puissamment aide, ainsi que nous l’avons vu dans l’étude théorique que nous a\ ons laite d une île imaginaire dont les conditions que nous avions initialement supposées \enaient a varier dune part par les richesses naturelles de son sol et par sa position insulaire d'autre part.
- La puissance industrielle de la Grande-Bretagne n'est pas chose nouvelle et déjà à latin du xvme siècle les manufactures jouaient un rôle important. Les gisements si étendus et si riches de houille, les minerais de fer abondants et riches du Cornouaille, du Noid de 1 Angleterre et d’Écosse, la laine des moutons élevés en grand nombre, avaient, même a 1 époque où l’agriculture occupait une place prépondérante dans la vie de la nation, donné une vive impulsion aux industries du fer, du tissage et du peignage.
- Les applications de la vapeur, tentées dès les dernières années du xvme siècle généralisées au début du xix°, bien avant que l’usage de cette force motrice se répandît sur le continent, la longue période de paix intérieure, dont la Grande-Bretagne bénéficia pendant que les autres pays de 1 Europe étaient troublés par les guerres de la Révolution et de l’Empire, contribuèrent à donner une activité exceptionnelle à son industrie et a bâter son développement que n’inquiétait point une concurrence, inexistante en fait.
- Aussi, notamment pour la Métallurgie, l'essor pris dans toutes les brandies, — les plus grossières comme les plus spécialisées : hauts fourneaux, forges, aciéries, constructions navales, machines, coutelleries, — était-il si considérable, l’avance sur les autres nations si incontestable, la demande toujours croissante, que, lorsque se posa la question de l’abandon du Protectionnisme en faveur du Libre-Échange, dont ou devait attendre un développement plus grand encore de l’industrie, le pays se déclara favorable à la modification du régime économique sans se préoccuper du sort réservé à l’agriculture. D’autre part, les faits ayant répondu à l'attente et la production nécessaire s’élevant suivant une progression très rapide et ininterrompue, il arriva que les matières premières indispensables (minerai) du pays devinrent insuffisantes pour la consommation et que force fut de s’en approvisionner à l’étranger. Et cela, comme nous l’avons expliqué précédemment, malgré que d’autres pays fussent entrés à leur tour dans la phase des manufactures.
- Cette situation n’était pas particulière à la Métallurgie et les autres industries, textiles, bois, etc., suivaient un mouvement parallèle d’autant plus caractéristique que certaines — dont l’industrie cotonnière, l’une des sources de profit les plus considérables de la Grande-Bretagne, — sont des industries artificielles, en ce sens que toute la matière première sans exception doit être importée et que le pays où elles se sont développées, n’avait aucun avantage naturel sur les autres et n’avait aucun indice lui permettant de supposer qu’elles devaient s’y acclimater mieux qu’ailleurs.
- Aussi, pour cette raison, doit-on remarquer à l’heure actuelle que toutes lès industries de la Grande-Bretagne, — étant donné qu’elles dépendent toutes soit pour la totalité, soit pour une partie très notable de leur alimentation, des pays étrangers, — présentent toutes un caractère très net de précarité . 1 Angletene a déjà peidu, en effet, la plupart des avantages qu’elle possédait sur les pays susceptibles de lui faire concur-rence et ceux-ci sont devenus nettement industriels, eux aussi, et entendent le rester et profiter de tous les avantages, naturels ou autres, qu’ils peuvent avoir.
- L’Industrie Britannique, si elle veut conserver la diversité actuelle des entreprises, la production des produits les plus grossiers, comme de ceux où des quantités de travail
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- do plus ou plus considérables sont incorporées, ne pool, dans l’évonlualité la plus fa.vora.ldo pour ello, plus espérer suivre la. marche ascendante si rapide dos premières années de la seconde moitié du xixc siècle, mais tout au plus se maintenir dans sa silnation actuelle grâce à la vitesse acquise, aux habitudes prises par sa clientèle.
- Ce n'est point une boutade que cette opinion et des hommes parmi les grands manufacturiers et les politiciens marquants, en sont convaincus. C’est ainsi que sir William Malher, l’un des chefs de la Compagnie de constructions de machines bien connue, Malher et Plaît, de .Manchester, nous disait :
- « Quand on compare la situation respective de la Grande-Bretagne et des États-Unis, on est bien obligé de reconnaître, pour peu que l'on ne se refuse pas systématiquement, par jingoïsme, à voir les faits les plus évidents, que nos concurrents transatlantiques ont sur nous des avantages naturels, que l’on ne saurait exprimer en chiffres, et auxquels nous n’avons pas de compensation.
- Comment pour la. grosse métallurgie du fer, par exemple, l’Angleterre pourrîiit-elle rivaliser avec les États-Unis pour sa production en quantité et en prix? Celle-là est déjà arrivée depuis longtemps à son maximum naturel en ce sens que le minerai national est insuffisant pour satisfaire à la production et qu'il faut en importer des quantités croissantes chaque année, tandis que celle-ci, tout en ayant autant de charbon qu’elle, a des gisements métallifères pratiquement inépuisables, beaucoup plus riches comme teneur eu fer que les mines britanniques.
- De plus, dans la région du Lac Supérieur, les couches géologiques permettent un mode d’exploitation beaucoup plus économique : les affleurements 11e sont pas encore épuisés et, le seraient-ils, que, la. profondeur d'extraction étant bien moindre qu’en Grande-Bretagne, les frais seraient même dans ce cas bien inférieurs. Et il faut encore ajouter d’autres avantages résultant soit des instruments employés, soit des économies réalisées sur le transport tant par eau sur les grands lacs que par voie ferrée, étant donnés les tarifs extrêmement réduits des Compagnies de chemins de fer(l). Tels sont en quelquojsorte les avantages naturels que les États-Unis ont sur la Grande-Bretagne. Il en est encore d’autres venant s’y ajouter, découlant de la constitution des trusts.
- Comment ne pas être frappé par l’évidence ? Comment pouvoir prétendre un seul instant que le Royaume-Uni puisse conserver pour ces industries primaires, où la main d’œuvre et son habileté ne jouent qu’un rôle secondaire, la première place qu’il s’était acquise? Comment ne pas se rendre compte qu’à l’heure actuelle la production britannique a atteint à son apogée et qu’elle peut tout au plus se maintenir? Logiquement même elle doit décroître, car il ne faut pas oublier que l’Angleterre est un pays exportateur de fontes et d’aciers et qu’elle ne saurait plus prétendre développer ces industries, étant donné les avantages américains que nous venons d’examiner.
- Ce qui est vrai pour le fer l’est également pour les autres métaux, cuivre, zinc, étain, etc. Alors que toutes les mines continentales et celles de l'Angleterre, connues et exploitées depuis longtemps, ont donné déjà leur rendement maximum insuffisant pour la demande puisqu’il faut importer des quantités toujours plus importantes, il y a aux États-Unis des gisements d’une richesse incalculable, en exploitation ; en outre les richesses géologiques et minérales de ce pays sont encore mal connues. Chaque jour, presque, des mines nouvelles sont découvertes et préparées dont la production est con-
- (1) Un quart environ des tarifs européens.
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- .'R oi o c t ès aujourd lmi, depuis longtemps déjà d’ailleurs’, les quantités de minerais e ce petits métaux dont disposent les Etats-Unis sont, dans leur ensemble, tellement supeiiemes aux disponibilités du Vieux Monde que ce sont eux cpii sont maîtres du marché et dictent des cours à l’Europe.
- 11 est dans 1 évolution nécessaire, fatale, que les vieux pays industriels passent au second rang et s effacent complètement devant l'Amérique du Nord. Leur infériorité, pio\enant de 1 insuffisance ou de l’absence des matières premières, est trop manifeste pour qu ils puissent prétendre lutter sur ce terrain avec quelque chance de succès.
- Quelle que soit l’industrie primaire que l’on envisage, la situation est la même.
- Jamais cependant la toute-puissance économique du Nouveau Monde n’a-t-elle mieux apparu que pour le coton. Aujourd'hui, malgré l’appoint important que donnent a la Grande-Bretagne ses colonies de l’Inde, l’Australasie, l’Égypte, elle achète aux États-Unis entre 71 et 77 p. 100 de sa matière première et en dépend ainsi d’une façon absolue, bit par la, pour les tissus grossiers ou de qualité moyenne tout au moins, les
- Etats-Unis se trouvent posséder un très grand avantage sur l’Angleterre : ils manipulent les cours et les manufacturiers britanniques doivent accepter les conditions qui leur sont faites. Us no peuvent s'y soustraire et alors que leur prix de revient, ainsi artificiellement élevé par le jeu effréné de New-York sur les cotons bruts, rend leur situation d'exportateurs plus difficile, les Américains qui montent sans cesse de nouvelles entreprises cotonnières, souvent même au voisinage des plantations, se réservent — et ils le pourraient en tout état de cause puisqu’ils évitent le double fret d’aller et de retour — le marché intérieur. Peut-être est-ce le cas le plus frappant de l’infériorité dans laquelle se trouve l’Angleterre vis-à-vis des États-Unis au point de vue des industries primaires.
- Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de la situation très spéciale du Royaume-Uni pour les denrées alimentaires. Il nous suffira de mettre en parallèle l’agriculture des deux pays, dont l’un est forcément et sera toujours importateur, tandis que l’autre est depuis p’us de vingt ans constamment exportateur.
- La Grande-Bretagne ne saurait donc plus maintenir son rang de première puissance industrielle pour les produits grossiers : de simples considérations élémentaires le montrent d’une façon indiscutable, nous venons de le voir.
- Il faut bien se rendre compte qu’une évolution, modifiant profondément les conditions économiques, s’est produite dans le monde par la naissance à la vie industrielle et le développement très rapide de pays de richesses naturelles incalculables comme les États-Unis, ou particulièrement industrieux comme l’Allemagne.
- Par conséquent, c’est vers le développement de celles des industries pour lesquelles des aptitudes existent, ou plus exactement, qui ne sont pas antinomiques du génie propre ou des conditions naturelles, que chaque pays doit tendre. En particulier pour la Grande-Bretagne, la progression si considérable et si rapide des industries de grosse métallurgie tant pour le marché intérieur que pour 1 exportation, a été en grande partie duc au développement des industries dérivées où elle s’était acquis une prépondérance,longtemps indiscutée, par suite de 1 habileté de la main-d oduaio incoi-poréc en quantités de plus en plus grandes avec le degré défini de la pioduction. C’est vers ces industries, vers leur perfectionnement, vers leur amélioration et leur extension que devraient tendre les activités, car le rôle joué par la matière première — bien souvent, déjà, un produit partiellement manufacturé — est d’autant moins important qu’il y aura plus de travail incorporé dans l’élaboration du produit que 1 on
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- doit obtenir. Pour ces industries ce que l’on a coutume d’appeler avantages ou richesses naturels perd singulièrement de son importance, car la valeur delà matière n’est qu’un des éléments de moindre importance du prix.
- C’est dans cette direction, et dans celle-là seulement que l'Angleterre aurait dû s’engager (1) si elle voulait continuer à voir son industrie et partant sa prospérité se développer.
- Le champ ouvert à son activité était considérable : d’une part, l’habileté très réelle de la main-d’œuvre pour ces travaux exigeant beaucoup de soin et de fini, d’autre part l’outillage perfectionné absolument moderne et de tout premier ordre encore en 1875, lui assuraient des avantages incontestables qu’il ne tenait qu’à elle de se conserver si elle avait persévéré dans ses innovations mécaniques. Mais, cependant, il ne pouvait être question d’un monopole général de fait pour ces industries. Les avantages que nous venons de rappeler n’appartiennent pas en propre au génie britannique ; l’Angleterre n’était assurée, du jour où ses rivaux entreraient dans la môme voie, que de son avance qu’elle avait le moyen de maintenir ; car l’habileté manuelle du personnel ouvrier peut s’acquérir progressivement et à son défaut, ou pendant la période de transition, les inventions mécaniques, les dispositifs ingénieux appliqués aux machines qui leur font exécuter les opérations les plus diverses et les plus précises, permettent dans une large mesure d’y suppléer.
- C’est ce que montrent les exemples des États-Unis et de l’Allemagne. Ils ont profité, pour s’outiller, des écoles faites en Grande-Bretagne, des progrès et des perfectionnements réalisés et ont eu ce très grand avantage de pouvoir établir, avec leurs dépenses premières, des installations sur le modèle des meilleures, alors que- les nécessités d’amortissement dans les vieux pays ne permettaient pas à tous les manufacturiers d’exécuter les transformations nécessaires. Et ce fut un avantage qui compensait dans une certaine mesure l’avance prise par l’Angleterre. Puis — sentant toute l'importance d’avoir un personnel ayant des connaissances techniques sérieuses et comprenant qu’avec les progrès modernes le rôle de l’ouvrier s’est modifié et que l'atelier ne suffit plus pour lui donner la maîtrise nécessaire de sa profession aujourd’hui, que grâce aux extensions du machinisme il n’a plus tant à fabriquer de ses mains qu’à guider la machine — ces deux pays sont résolument entrés dans la voie de l’enseignement technique, non pas mus par un sentiment démocratique, mais parce que les industriels ont senti qu’il était de leur intérêt de le faire. Et, pendant ce temps, en partie par routine et par conviction qu’elle ne saurait être égalée par aucune autre nation, justifiant sa confiance aveugle dans l’avenir par ses succès du passé, en partie aussi parce qu’elle s’isolait du reste du monde et ne voulait pas regarder ce qui se passait en dehors de son île, la Grande-Bretagne ne progressait pas. Elle continuait à marcher en vertu de la vitesse acquise, sans se rendre compte que ses rivaux, allant plus vite qu’elle, après avoir pris la suprématie que leurs richesses naturelles leur réservaient, ne tarderaient pas à la menacer'dans ce qu’elle considérait comme des fiefs que personne ne s’aventurerait à lui disputer.
- Malgré cette stagnation indiscutable dans les procédés manufacturiers, — stagnation qui souvent a duré plus de vingt-cinq ans, encore qu’auj ourd’hui les producteurs
- (1) Nous n’entendons pas par là que la Grande-Bretagne devait renoncer aux industries primaires, mais qu’elle ne devait pas chercher à les développer par des moyens, forcément artificiels, dans le but de conserver le rang qu’elle occupe, au risque de voir ses profits se réduire considérablement, eu égard aux conditions relativement défavorables où ces industries sont placées par la force des choses.
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- commencent a sentir la réalité des faits — l'Angleterre occupe cependant une situation li es considérable au point de vue des objets manufacturés, d'élaboration très avancée, bt cependant elle n est pas dans la position à laquelle il ne lui serait pas impossible de pi étendre pourvu qu’elle consentit à abandonner les méthodes traditionnelles de fabrication, les procédés archaïques et qu'elle entrât avec décision dans le mouvement où 1 ont précédée 1 Allemagne et les États-Unis, mouvement rendu nécessaire par l’évolution industrielle.
- Nous aurons occasion de revenir sur ce point dans une autre partie de ce livre. Nous avons seulement cherché maintenant à faire comprendre pourquoi et en quoi la situation du Royaume-Uni était particulière, que l’on se plaçât au point de vue industriel ou agricole et comment, en un mot, une prospérité très réelle avait été obtenue par des méthodes artificielles, si nous pouvons nous permettre d'employer cette expression peut-être un peu forte.
- La répartition de l’activité du pays entre les diverses branches industrielles n'avant pas été déterminée par des causes naturelles inéluctables, nous avons cherché à montrer pourquoi les conditions premières venant à se modifier, la direction dans laquelle cette activité nationale est canalisée doit également changer.
- Nous croyons que ces considérations ne sont pas inutiles pour faire comprendre que même si une décroissance s’était produite dans l'Industrie Britannique, si elle se trouvait menacée comme le dit M. Chamberlain, les droits protectionnistes qu’il propose ne sauraient apporter un remède à cette situation.
- Si les perspectives d’avenir de l’Angleterre, au point de A'ue industriel, ne sont pas aussi brillantes qu’elles le furent à une certaine époque, cela tient non pas tant au développement des autres nations, qu’à des causes propres à ce pays, à l’insuffisance des matières premières et ce n'est pas le tarif préférentiel de M. Chamberlain qui augmentera la quantité de richesses naturelles dont il peut disposer par lui-même ; il n’empêchera pas davantage le coût de fabrication des produits bruts cl’ètre grevé par des frais de transport considérables pour amener les matières premières de leur lieu d’origine au lieu où elles seront transformées.
- Tout au plus peut-on admettre qu’à ce point de vue et en se plaçant dans l’hypothèse favorable où les pays étrangers ne feraient pas usage de représailles, qui pourraient leur être préjudiciables — sous forme de droits à l’exportation par exemple — la situation ne serait pas modifiée. Ce sont des causes profondes que l’on ne peut espérer faire disparaître par l’application d’un tarif, tel que celui de l’ancien ministre des Colonies.
- V. — LE COMMERCE A GAGNER
- Nous avons eu occasion de voir sur quelle faible proportion des importations les droits qu’il propose pourraient s’exercer : moins de 20 p. 100 si l’on considère la classification des statistiques du Board of Brade et de 8 à 9 p. 100 seulement si l’on tient compte des produits manufacturés réels. Les profils que peuvent espérer les industriels britanniques sont donc bien faibles, ainsi que ceux que réaliseraient les ouvriers employés à la fabrication en admettant qu elle lût possible en Angleterre.
- (I) Impérial reciprocily, op. cit., p. 37.
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- Avant d’examiner brièvement quelle pourrait être vraisemblablement la répercussion de ces projets, au point de vue général en un mot, peut-être ne serait-il pas inutile do rechercher quel est le commerce à gagner pour l’Angleterre en s’engageant dans la voie de la préférence coloniale.
- On sait que M. Chamberlain, — sc préoccupant uniquement des exportations, puisque, pour lui, elles constituent le seul moyen de sc rendre compte de la prospérité d’un pays, — est arrivé à la conclusion que les pays protectionnistes d’Europe et d’Amérique achètent de moins en moins de produits à la Grande-Bretagne et que depuis 1871 la valeur de ces produits est en décroissance.
- Si, dit-il, la diminution n’apparaît pas quand on regarde les résultats globaux, c’est parce qu’elle se trouve masquée par l’exportation de produits britanniques aux Colonies. Les colonies sont de beaucoup notre meilleur client : si, en effet, l’on rapproche les chiffres des exportations, en excluant le charbon, en 1872 et en 1902 on constate que pendant que les exportations européennes passent de 100 800 000 livres sterling à 75 700 000 livres sterling c’est-à-dire décroissent de 25 100 009 livres sterling, celles faites aux Colonies s’élèvent de 60 à 105 1/2 millions sterling, accusant une augmentation de 45 1/2 millions.
- Par conséquent, — laissant de côté toutes les raisons qui du point de vue impérialiste militent en faveur d’une union douanière étroite entre la Métropole et les Colonies, — il faut bien reconnaître que les tarifs préférentiels s’imposent, même en se cantonnant exclusivement sur le terrain commercial et industriel.
- Tel est le plus gros argument, l’argument capital en quelque sorte, en faveur de l’abandon du Libre-Échange.
- Immédiatement deux remarques s’imposent :
- En premier lieu, pour arriver à la conclusion qu’il s’était imposé de démontrer, l’ancien ministre des Colonies, —voyant le peu de chances de succès de l’argument impérialiste auprès des masses, — a dû se cantonner sur le terrain économique et pour établir' sa démonstration il s’est vu dans l’obligation de ne pas comparer des exportations étrangères totales aux exportations coloniales, mais de rapprocher uniquement les exportations européennes des exportations coloniales.
- En second lieu, pour arriver à une démonstration, frappante en apparence, M. Chamberlain est obligé de négliger les exportations de charbon, faites principalement en Europe et qui amèneraient les exportations européennes à sc balancer au cours de la période. De plus, ainsi que nous avons déjà eu souvent jusqu’ici l’occasion de le montrer, les comparaisons des Tariff Iteformers ne sont possibles que parce qu’elles ont pour point de départ 1872, année d’extraordinaire inflation.
- Si, pour être logique, il avait voulu comparer deux années de maximum 1872 et 1900, par exemple, M. Chamberlain aurait abouti à une augmentation de 7 millions sterling environ dans les exportations européennes et s’il avait comparé à l’année 1903 les résultats auraient encore été plus défavorables à sa théorie.
- Comme nous l’avons déjà fait observer à diverses reprises, et si obsédante que cette répétition puisse paraître, il faut toujours se rappeler que, dans toute son argumentation, l’ancien ministre des Colonies persiste à se placer sur le terrain théorique et à supposer que la Grande-Bretagne se trouve dans les mêmes conditions économiques que les États-Unis, qu’elle jouit d’une indépendance relative, — en ce sens qu’en bornant ses besoins elle serait à même de se passer des importations des autres pays quelle que soit leur nature, — alors qu’en fait l’Angleterre se trouve au contraire, pour sa
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- subsistance tout au moins, dépendre dans une très large mesure de pays d’outre-mer, et que quels que soient le tarif préférentiel impérial ou les droits protecteurs par lesquels 1 agriculture nationale doit être encouragée, il est matériellement impossible que le pays puisse jamais se subvenir en denrées alimentaires et en céréales. Il n’y a pas de péréquation imaginable entre la surface cultivable et le population se déAreloppant : c’est pour le Royaume-Uni considéré isolément le triomphe de la théorie de Malthus.
- Mais ces constatations, M. Chamberlain se refuse à les faire parce qu’il sent bien que tout son plan s’écroulerait à l’instant même.
- Nous voyons déjà que les arguments dont il se sert ne sont pas bien probants.
- ullions
- Poi/s et Colonies protection/ustes Autres pans et colonies
- Légende
- f'at/s ct/ af/pcsS protection/uslc* Autres pxu/s ètoempcos
- ----moisis les //u£cs___
- 1900 ftürâ 160
- 1900 1902
- Fig. 1.
- Recherchons quelle est, en réalité la valeur conmcrciale des colonies au point de vue exportations. Certains des tableaux publiés par le Board of Trade, dans ses Memoranda Siatistical Tables and Charts nous fournissent de très précieux renseignements à ce point de vue.
- Nous en reproduisons le graphique ci-contre :
- Les deux premières courbes donnent les exportations totales de produits britanniques : la première dans les colonies et pays étrangers protectionnistes, la seconde dans les pays étrangers et colonies non protectionnistes. La courbe 3 montre les expor-
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- tâtions dans lus pays étrangers protectionnistes, et la courbe 4 celles faites dans lcspàys étrangers non-protectionnistes.
- Un examen très sommaire du graphique permet de voir que les quatre courbes ont uil point culminant très marqué en l’année 1872, plus accentué cependant sur les courbes 1 et 3 que sur les deux autres. Pour la courbe 1 notamment, on constatera que les exportations passent de 105 millions sterling en 1870 à 149 millions en 1872 pour revenir à 115 trois ans plus tard en 1875.
- On remarque également pour les quatre courbes, que jusqu’en 1900 les variations sont parallèles et simultanées, et que, depuis cette date, elles le sont encore pour les courbes 1 et 3 (pays protectionnistes).
- Une étude un peu plus détaillée du graphique nous fait voir, pour l’ensemble des exportations britanniques dans tous les pays et colonies, qu’il y a en 1902 augmentation sur 1872 (278 millions sterling contre 261 millions), et que le déclin de la Grande-Bretagne, au point de-vue industriel, ne se manifeste pas dans les exportations.
- LA VALEUR DES MARCHÉS
- Mais nous remarquons également qu’il y a diminution en valeur (par rapport à 1872 mais non par rapport à 1870 ou 1875) dans les exportations faites dans les pays et colonies protectionnistes, tandis qu’il y a augmentation de plus de 50 millions sterling pour celles faites dans les pays et colonies non-protectionnistes.
- Et dès à présent nous voyons combien la méthode de M. Chamberlain est artificielle et inexacte.
- 11 nous affirme que les exportations dans les pays étrangers ont diminué et que, s’il n’y avait pas celles faites aux colonies, les statistiques accuseraient de notables diminutions, alors qu’en réalité le problème se pose autrement : il y a diminution des exportations aux pays protectionnistes (étrangers ou colonies sans distinction), tandis qu’il y a accroissement de celles faites sur les marchés non protégés.
- La différence est immense; elle suffit pour faire des projets de l’ancien ministre des Colonies qui eussent pu se trouver justifiés dans le premier cas, si le marché interimpérial était suffisant comme débouché à l’industrie métropolitaine, une mesure tout à fait inopportune et mauvaise.
- Et cela se trouve complètement confirmé, quand on considère les courbes 3 et 4 des exportations dans les pays étrangers seulement, protectionnistes ou non.
- La courbe 3, relative aux pays étrangers protectionnis tes est rigoureusemen t parallèle, et particulièrement depuis 1895, à la courbe des pays et'colonies protectionnistes, ce qui tend à démontrer incontestablement que les colonies protectionnistes ne sont pas pour l’Angleterre un meilleur marché que les pays étrangers et que la diminution constatée tient pour beaucoup, sinon pour la totalité, au système économique qu’ils ont adopté. Cela est d’autant plus important, que ces colonies protectionnistes comprennent le Canada et Victoria et que, par conséquent, la fameuse préférence canadienne, (ant prônée par les partisans du nouveau régime fiscal, n'a pratiquement eu aucun avantage-pour l'Industrie Britannique. Ce sont des concessions de cet ordre, — M. Chamberlain est on ne peut plus affirmatif sur ce point, — qui doivent rendre au Royaume-Uni la situation économique qu’il est en tri in de perdre, et c’est au développement de son commerce avec les colonies, résultant de tarifs préférentiels, que doivent tendre tous les efforts. Les résultats ne sont guère mcourageants, qui ont été obtenus jusqu'ici avec
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- los Gûlomes protectionnistes et ne justifient guère les sacrifices que l’on demande à la c îopo e de faiie en faveur de ces éléments de son Empire. Les impérialistes le savent Jien, aussi se sont-ils gardés, au cours de toute la controverse, de présenter les arguments sous cette forme, et de diviser les exportations britanniques en exportations dans les pays et colonies protectionnistes et exportations dans les pays non protectionnistes, car cela eût par trop dévoiler les arrière-pensées : c’eût été avouer que le plan de 1 ancien ministre des Colonies n’a d’économique que les dehors, et qu’il a uniquement pour but de resserrer les liens qui se relâchent dans l’Empire, sans préoccupation de ce qu'il en adviendrait pour l’Angleterre elle-même.
- Nous constatons, si nous examinons les variations des exportations sur les marchés non protégés une augmentation considérable depuis 1872, et, si nous nous reportons à la courbe 4 — exportations dans les pays étrangers seulement — nous remarquons que, bien que ces débouchés aient également crû, l’augmentation a été plus prononcée grâce aux débouchés des coloniaux.
- Cela semble, tout d’abord, être favorable à la thèse de l’ancien ministre des Colonies; mais nous devons faire observer qu’il s’agit de marchés protectionnistes sur lesquels aucun avantage fiscal n’est accordé à l’Angleterre et que, par conséquent, point n’est besoin pour elle de consentir à des sacrifices pour se les conserver et les développer. Il suffit de poursuivre la même politique de libre-échange, dont les résultats ont été si satisfaisants, pour conserver la place acquise.
- D’autre part, il faut encore noter que de toutes les colonies, celle dont la progression dans les achats faits en Angleterre est de beaucoup la plus considérable au cours des dernières années, (37 millions en 1890 contre 60 en 1900) est l’Inde : or elle n’est pas, à proprement parler, une colonie, dans le sens généralement admis quand il s’agit de l’Empire Britannique, mais bien plutôt une dépendance très étroite de la Métropole, qui lui impose ses volontés, sans se préoccuper des entraves qu’elles peuvent apporter à son développement économique et industriel. L’Inde est une province que l’on traite en pays conquis: il est même permis de penser que l’on ne devrait pas faire figurer ses transactions avec l’Angleterre au commerce extérieur, et qu’elles devraient être incorporées dans le commerce intérieur.
- Si l’on admet notre raisonnement et que l’on retranche du total des exportations dans les pays et colonies non protégés celles faites aux Indes, il est facile de constater à la simple inspection de la courbe représentative 5 que nous avons dressée a cet effet, d'après les résultats, de cinq en cinq ans, que l’allure est très sensiblement parallèle à la courbe 4 des exportations dans les pays étrangers non protégés. Par conséquent, même dans ce cas et en dépit des affirmations contraires de M. Chamberlain, les marchés coloniaux, quels qu’ils soient, sont loin d être les meillouis poui la Giande-Bretamic, et il est permis de douter qu’il soit de son intérêt bien compris de chercher à les° développer par tous les moyens possibles au risque de compromettre les débouchés croissants ou stationnaires qu’elle a su établir sur les marchés étrangers des pays non protégés.
- Il ne faut pas perdre de vile, en effet, lorsqu’on s’occupe] de la question des exportations que l’Angleterre n’ayant pas de monopole de fait au point de vue industriel, pourrait être supplantée sur ces marchés non protégés par d'autres nations qui se développent et cherchent de nouveaux débouchés et que la raison de la preference de la clientèle de ces marchés à s’adresser aux Anglais, tient presque exclusivement à son réo-ime fiscal de Libre-Échange ou de libres^importations seulement comme on voudra
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- lo prendre, grâce auquel le Royaume-Uni a, pendant une fort longue période, été le marché général du monde ou plus exactement son entrepôt. C’est parce que les pays étrangers étaient assurés de trouver en Angleterre toutes les marchandises sans exception, dont ils avaient besoin, depuis les produits bruts les moins élaborés iusqu’aux produits finis les plus délicats, qu’ils lui réservaient leurs commandos, pour le plus grand profit de ses industriels et commerçants.
- C’est un point de vue que négligent systématiquement les protectionnistes anglais; pour eux la prospérité de l’Angleterre est un phénomène naturel incontestable, au même titre que la lumière ou la chaleur : il n'en faut point rechercher les raisons, en analyser les causes, voir si parmi elles toutes ont un caractère permanent, s’il n’en est point d’importantes — ayant joué à un moment un rôle prépondérant — qui soient précaires par leur nature même, et dont les effets 11e doivent pas toujours se renouveler.
- Cela, les partisans de la Préférence Coloniale n’en ont cure : sentiment et raisonnement ne marchent point d'accord. C’est par politique, par sentimentalisme impérialiste qu’ils prônent la réforme fiscale; il ne faut point que l’étude économique des faits puisse aller à l’encontre des conclusions que l’on veut faire adopter au pays. Aussi 11e la fait-011 point.
- S’ils parlent, par hasard, de l’influence qu’a eue le commerce sur la prospérité britannique, — comme M. Chamberlain dans son discours du mois de janvier 1904 au Guildliall, — c’est pour la minimiser, pour vouer aux gémonies cette branche de la prospérité nationale, dont la prépondérance sur l’industrie devient une cause de ruine, comme ce fut le cas pour la Hollande et l’Espagne.
- Paroles et rhétorique, mais non raisonnement, que ces rapprochements. Nous employons ce mot à dessein, car ce ne sont pas des comparaisons, encore qu’il le prétende, qu’a faites le ministre des Colonies, quand il a cité ces exemples : il n’a pris que des faits isolés semblables comme le développement de l’activité commerciale de divers peuples, sans tenir compte de ce qu’il y avait de dissemblable dans la situation de ces peuples, sans se préoccuper des conditions particulières à chacun d’eux.
- De ce que la Hollande et l’Espagne, grandes nations à une certaine époque, n’ont pu, en dépit de leur exclusif développement commercial et de la prospérité réelle, encore que très apparente, en résultant à cette époque, conserver leur rang, l’on en conclut que pareil sort est réservé au Royaume-Uni, s’il tend à laisser prédominer le commerce sur l’industrie. Mais ce mot seul suffit à montrer la différence essentielle de situation. Alors que la prospérité de la Hollande et de l’Espagne était fondée uniquement sur leur commerce, sur leur rôle conmisde sionnaire du monde et sur un vaste empire colonial, celle de l’Angleterre repose sur deux fondements distincts, l’industrie et le commerce, dont les effets résultants — par une aide mutuelle, des actions concomitantes et convergentes — se surajoutent : lorsque les Libre-Échangistes parlent de l’importance du facteur commerce, ils n’entendent point par là que le facteur industrie, production de richesses, soit négligeable, et qu’il ne faille pas chercher à le développer également, mais ils entendent que tout développement motivé par la création de certaines industries de serre chaude ou les encouragements qu’on leur prodiguerait dans le but de les fortifier par des moyens artificiels certaines catégories de production qui ne sauraient jamais, et sous aucune condition, vivre de leur vie propre en Grande-Bretagne, serait non une augmentation de la puissance nationale, mais une diminution et une cause d’appauvrissement. Tel 11’est pas le dessein des protectionnistes nouveau-
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- L IMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE.
- n '°S en OLL'ii c. Jls veulent seulement donner une vigueur nouvelle aux industries na nie es pai l égalisation des chances entre elles et leurs concurrents nationaux, en meme temps qu ils assureront au Royaume les marchés coloniaux si précieux.
- LES MARCHÉS COLONIAUX
- Voyons donc ce que représentent ces marchés à l’heure actuelle :
- Le Canada. Ln 1901 les colonies, l’Inde non comprise, ont importé au total 123 734 000 libres sterling, dont 39 p. 100, soit 49.669 000 livres sterling des pays étrangers . il faut noter que pour sa part le Canada seul a acheté à l’étranger, aux États-Unis principalement, pour 12 888 000 livres sterling de produits, et cela malgré la Prélérence de 33 p. 100 accordée par lui à la Grande-Bretagne.
- Par conséquent, en mettant les choses au mieux pour M. Chamberlain et en admettant que la totalité de ces 49 millions ait pu être fournie par l’Angleterre, elle aurait à gagner au maximum 14 p. 100 de ses exportations totales de 368 millions en 1901. Si l’on tient compte des réexportations, et cela en supposant, ce qui semble très problématique, que les droits préférentiels dont le Royaume-Uni frapperait les produits manufacturés étrangers n’aient pas pour conséquence quelques représailles déterminant une réduction très considérable des exportations dans les pays étrangers. Il faut encore envisager le cas où les tarifs britanniques auraient pour résultat d’accentuer un mouvement dont on commence seulement à percevoir les toutes premières manifestations : c’est-à-dire de transférer en d’autres régions le marché mondial de tel ou tel objet, avec pour répercussion une diminution dans la demande étrangère, non seulement de cet objet, mais encore des autres produits. Si la Grande-Bretagne entre dans la voie du protectionnisme, l’une des principales raisons qui en avaient fait le centre commercial du monde, c’est-à-dire l’entrepôt de toutes les marchandises, le lieu où le producteur les envoyait, qu’il eût ou non un acquéreur, parce qu’il était sûr d’y en trouver un, aura disparu.
- Ce sont là des faits qu’il y a lieu de mettre en balance avec les prétendus avantages si considérables qui résulteront de la préférence coloniale et, en tout état de cause, l’on voit que le plan de M. Chamberlain présente bien des points noirs, même quand on l’examine sous l’aspect le plus favorable que son auteur en donne.
- Nous aidons admis tout à l’heure que les 47,7 millions sterling que les Colonies autonomes achètent aux pays étrangers auraient pu leur être livrés par la Grande-Bretagne. C’était uniquement une hypothèse pour nous rendre compte du maximum qu’elle pouvait être amenée à gagner grâce à la politique des tarifs préférentiels. Il n’est pas sans intérêt de prendre le détail des importations étrangères du Canada. On sait que ce pays très agricole tend également à développer chaque jour davantage son industrie afin de profiter des richesses naturelles de son sol. Quoi qu’il en soit à l’heure actuelle, elle est relativement peu importante, encore qu’il ait pu commencer en 1902 et 1903 à exporter de la fonte et de l’acier et que le gouvernement de la Dominion encourage ses manufactures à le faire par l’allocation.de primes importantes.
- Comment les importations étrangères au Canada se subdii isent-elles ?
- Tout d’abord : ' ' , „ n ,
- Livres et journaux pour 1300000 $. Ce sont là des articles dont 1 Angleterre ne
- peut espérer avoir le monopole étant donné que rien qu’au point de vue des journaux français le Canada dépense annuellement plus de 100 000 $ et que, d autre part, ses
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- COMMERCE.
- DÉCEMBRE 1908.
- relations d’affaires considérables avec les Etats-Unis exigent pour lui des acquisitions importantes de journaux, livres, revues et périodiques. Soit donc pour ce chapitre que
- rAngleterre ne peut espérer gagner................................. 1 300 000 f<î
- En second lieu, les denrées alimentaires : La Grande-Bretagne étant un pays importateur ne peut pas prétendre diminuer en rien ces importations s’élevant à...........................................I l 000 000 $
- 3) Le charbon. Bien que chaque année les chargements de houille du Royaume-Uni s’accroissent considérablement il ne lui est pas permis d’espérer supplanter les États-Unis d$ms leurs exportations par suite de la distance si réduite des mines aux lieux de destination de l’autre côté de la frontière et du faible prix de transport. Toute augmentation, et celle qui résulterait de la fourniture par l’Angleterre ne pourrait manquer d’être sensible (1), se traduirait par une réduction notable de la consom-
- mation. Soit encore d’intangible..................................... 14 000 000 $
- 4) Il est surprenant de voir que la Dominion achète sur le Marché Britannique qui l’importe, une grande partie de son café. Les producteurs
- directs lui fournissent.............................................. 130 000 $
- 5) Le Canada tout comme l’Angleterre achète son coton, aux États-Unis et la métropole doit renoncer à l’espoir de les supplanter. Soit
- encore....................................’.......................... 6 000 000 $
- 6) Produits chimiques et teintures, même observation............. 2 700 000 $
- 7) 11 en est encore de même pour les fruits et poissons.......... 3 500 000 $
- 8) Ainsi que la gutta-percha et la gomme-caoutchouc.............. 1 600 000 $
- 9) Et pour les peaux, tannées ou non, que la Métropole achète également en pays étrangers............................................. 2 600000 $
- 10) La Grande-Bretagne ne produisant plus actuellement assez de métaux et minéraux pour son propre usage il est évident que ce n’est
- point chez elle que le Canada peut s’approvisionner des..............10 200 000 $
- dont il a besoin.
- 11) L’observation faite pour les livres s’applique encore pour les
- tableaux et même bien davantage...................................... 500 000 $
- 12) Les pétroles (cf 5e) . ...................................... 2 000 000 $
- 13) Provisions venant exclusivement des États-Unis, produits de son
- sol.................................................................. 2 500 000J
- 14) Vêtements d’émigrants : ce sont en partie, si l’on veut, des importations ou réexportations britanniques, mais ce n’est pas à cette catégorie
- que doit penser M. Chamberlain....................................... 3 800 000 $
- 15) Les graines et arbustes fruitiers ne pourraient être que difficilement fournis par la Grande-Bretagne car il s’agit surtout d’espèces qu’elle no
- cultive pas................. . . .................................... 2 230 000 $
- 6) Vins et liqueurs venant de France...........:................ 860 000 $
- 17 et 18) Le sucre et le tabac dont l’Angleterre est acheteur, et non
- vendeur figurent respectivement pour................................. 6 200 000 $
- 18 bis) Fourrures............................................... 2 100 000 $
- (1) Car aux dépenses de fret maritime il faudrait ajouter le transport par routes ou chemins de fer jusqu’aux points de livraisons, ce qui grèverait de beaucoup le prix.
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- l’iMPÉRIALISME ÉCONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE. 1499
- 19) Lus légumes qui no sauraient souffrir un long transport sur nier
- doivent également échapper aux prétentions de la Métropole............. 370 000 fi
- 20) Étant une grande importatrice de bois l’Angleterre ne peut point espérer, quels que soient les droits préférentiels établis, fournir au
- Canada les........................................................... o 700 000 fi
- dont il a besoin.
- 21) 11 en va do meme pour la laine............................... 3 030 000 fi
- 22) et les divers, pour environ.................................. 3 000 000 fi
- 89 440 000 fi
- Soit environ 18 millions de livres sterling sur un total de 29 millions de produits étrangers. Et, par conséquent, le marché que la Grande-Bretagne pourrait gagner au Canada est seulement de 10 000 000 de £, c’est-à-dire pratiquement négligeable quand on rapproche cette somme du total des exportations.
- En détaillant de même façon les importations des antres colonies autonomes, on arrive à des résultats essentiellement comparables aux précédents dont le tableau ci-dessus donne une idée très nette.
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- NOTES DE CHIMIE
- Par M. Jules Garçon
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES :
- Généralités. — L’industrie chimique et ses rapports avec les autres industries. — Constitution chimique et action physiologique.
- Métaux et Métallurgie. — Carbures métalliques. — L’industrie de l’acier aux États-Unis. — Soudure autogène.
- Matières cellulosiques. — Sur l’essai des papiers. — Sucre de bois. — L’hydrocellulose.
- Matières albuminoïdes. — L’acide fluorhydrique comme hydrolyseur des matières protéiques. Explosifs. — Sur la fabrication de la nitroglycérine. — Sur le coton nitré. — Les explosifs antigri-souteux.
- Hygiène, Aliments. — Fraudes sur le pain. — La saccharine. — Les poudres tluentes.
- l’industrie chimique et ses rapports avec les autres industries
- Dans les premières de ces Notes de Chimie au Bulletin de janvier 1905, p. 153, j’ai fait ressortir le rôle si considérable que joue la Société d’industrie chimique de Londres: « Society of Chemical Industry »; j’ai insisté plus particulièrement sur les discours d’entrée de ses présidents ; sur le nombre si grand de ses membres ; sur les sections qu’elle a essaimées non seulement en Grande-Bretagne, mais encore en Amérique, et même en Australie ; sur la valeur de ses publications. Après avoir relevé les principales Sociétés de Chimie qui existaient au début du xxe siècle, je concluais que s’il y a des Sociétés de chimie industrielle dans un grand nombre de pays, en Autriche, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, au Japon, il n’y en a guère en France.
- Je remarquais encore que presque tous les discours d’entrée des présidents de la Society of Chemical Industry ont appuyé sur le principe, qu’il n’est pas possible de séparer la science de l’industrie. Rien ne paye mieux que des recherches originales, a dit Stanford, et il sépare les hommes en deux classes: ceux qui vont de l’avant et qui font quelque chose, et ceux qui restent à se demander pourquoi ça ne s’est pas fait autrement. W. H. Nichols a appuyé, au cours de son adresse présidentielle de 1904, sur Futilité qu’il y avait à mettre les étudiants chimistes, dès le début de leur éducation technique, non pas dans des laboratoires élémentaires, mais dans des laboratoires complets, et aies laisser voler un peu de leurs propres ailes. Notons que 700 élèves' environ travaillaient à ce moment dans les laboratoires de l’Université Columbia à New-York.
- Il serait injuste de ne pas donner des éloges sans réserves aux esprits éminents qui ont soutenu en France la même cause de la vulgarisation des sciences chimiques et de leur enseignement pratique; parmi lesquels il faut placer au premier rang les fonda-
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- h INDUSTRIE CHIMIQUE ET ^AGRICULTURE.
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- tcuisou directeurs des Ecoles et Instituts de chimie de Paris, de Lyon, de Nancy, de Roubaix, et nombreux autres savants.
- En ce qui concerne la Society of Chemical Industry, elle vient d'instaurer une nouvelle série de conférences, dans le but de constituer par leur réunion un traité de technologie chimique, sur tous les sujets de l'industrie et de la mécanique chimique. Ces mémoires et conférences, auxquelles seront conviés les spécialistes les plus éminents dans chaque partie, doivent traiter d’abord-des groupes industriels au point de vue général ; puis des industries spéciales appartenant à chacun de ces groupes ; et finalement des branches particulières et de leurs détails spécifiques. Toutes les sections de la Société seront invitées par le Conseil à donner leur concours à l’exécution de ce plan, qui prendra sans doute un certain nombre d’années.
- Je rappelle que la Society of Chemical Industry possède les sections suivantes : en Angleterre, celles de Londres, d’Ecosse, de Birmingham, du Yorkshire; en Amérique, celles de New-York, du Canada, de la New England; en Océanie, celle de Sydney. Le nombre de ses membres, en juillet 1908, était de 4 550.
- Pour revenir aux conférences industrielles, la première a été faite par le professeur allemand Adolf Frank, à la réunion de la section de Londres du 5 novembre 1908, et elle a porté sur les Rapports de l’industrie chimique avec l’agriculture. C’est un éloge à la gloire de l’engrais chimique. On y retrouvera avec détails l’histoire de la cyana-mide, que ces notes de chimie ont déjà donnée. Aussi je me bornerai à extraire quelques renseignements statistiques sur la production des sels de potassium, sur celle des nitrates, enfin sur la nécessité de recouvrer le plus possible l’azote des résidus et d’utiliser le mieux l’azote atmosphérique.
- La production mondiale des phosphates a été de 2 800 000 tonnes en 1900 et de 3 800 000 tonnes en 1905 ; 1 515 000 et 2 000 000 tonnes représentent la production relative aux États-Unis, respectivement en 1900 et en 1905. Les exportations de l’Algérie et de la Tunisie entrent dans ces nombres pour 440 000 tonnes et 800 000 tonnes. Cette masse de phosphates naturels a exigé 3 000 000 de tonnes d’acide sulfurique pour leur conversion en superphosphates plus assimilables. Mais à cette masse, il faut encore "ajouter (pour 1907) 2 700 000 tonnes de phosphates Thomas renferment 18 à 20 pour 100 d’acide phosphorique ; on estime à 400 kilos la quantité de cet engrais suffisante pour remplacer, par hectare, l’acide phosphorique qu’enlève la récolte du blé.
- Passons à la production de la potasse, l’engrais qui vient en second lieu pour son importance dans la culture. Les avantages de la fumure aux cendres de bois sont connus depuis fort longtemps, mais la diminution des forêts ainsi que l’accroissement des besoins de l’industrie en potasses rendaient cette source tout à fait insuffisante. Des essais faits par Ward, en Grande-Bretagne, pour tirer la potasse des feldspaths, n’ont pas amené de résultats commerciaux. Il est vrai qu’en France et en Écosse on a obtenu du chlorure et du sulfate de potassium comme sous-produits du traitement des plantes marines (le varech) en vue de 1 obtention de 1 iode et du brome, mais les quantités ainsi produites ont toujours été fort petites. L une des sources les plus abondantes de potasse se trouve dans la racine de betterave, qui en extrait du sol une grande pro-, portion que l’on retrouve dans les mélasses. Ces mélasses renferment beaucoup de sucre, mais elles sont impropres à la consommation à cause de leur goût trop salé , on produit avec ces mélasses de l’alcool par fermentation, et après avoir retiré 1 alcool par distillation, on obtient la potasse par évaporation et en calcinant les liqueurs résiduaires. Une bonne récolte de betteraves peut enlever du sol 250 kilos de potasse par hectare.
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- NOTES DE CHIMIE. -- DÉCEMBRE 1008.
- En conséquence, on peut obtenir des quantités considérables de potasse en cultivant de la betterave; efTeclivement, les quantités de potasse ainsi produites dans le district de Madgebourg seul s’élevaient à 4 500 tonnes par année. Mais ce n’est là qu’un gain apparent, vu la disparition des sels de potassium nécessaires à la nutrition des betteraves; la fertilité du sol, malgré d’abondantes fumures avec le guano et les superphosphates, diminue avec une telle rapidité, que l’existence même de l’industrie du sucre de betterave est mise en jeu. ‘A ce moment critique et précisément à l’époque où Balard et Merle terminaient leurs longues études sur la production des sels de potasse à partir des eaux mères des marais salins, s’ouvrit l’ère des mines de sel deSlassfurt, en 1857. On sait que ce fut en 1852, en perçant un puits pour l’exploitation du sel de roche à Stassfurt, que l’on découvrit des couches énormes de sels impurs qui se trouvaient au-dessus du dépôt de sel de roche. Ces surcharges renfermaient de fortes proportions de chlorure de potassium, de chlorure et de sulfate de magnésium. Ces sels amers, colorés, étaient tout à fait impropres à être utilisés comme sel de roche ; ils furent appelées d’abord sels résiduaires (Abraumsalze), et on jeta en bloc aux résidus tout ce qu’on enlevait avant d’arriver au gisement du sel de roche.
- « A ce moment, j’étais chimiste, dit M. A. Frank, dans une fabrique de betterave à Stassfurt ; et comme un disciple fervent de Liebig, mon esprit était rempli de pensées concernant la décroissance des récoltes, en quantité et en qualité. C’est pour cela que j’entrepris l’étude de ces sels de potasse utilisables aussi bien en agriculture que par l’industrie. Après avoir surmonté un grand nombre d’obstacles et de difficultés, je parvins, en 1861, à établir la première fabrique de sels de potasse ; elle ne pouvait travailler que 5 tonnes de sels par jour. Cette fabrique fournit les engrais potassiques, et du chlorure de potassium destiné à la fabrication du nitrate. Avant cette réalisation pratique, je n’avais trouvé que peu d’assistance ; mais le travail prospère de ma fabri-quefut bientôt connu; il m’amena plus de crédit que jen’en désirais, sous la forme de nombreuses autres usines qui s’établirent rapidement. A la fin de 1862, quatre fabriques de sels de potasse s’élevaient déjà à Stassfurt, parmi lesquelles celle de Yorster et Grü-neberg, et celle de Leissler-Townsend. Ces fabricants possédaient de grands capitaux, une grande expérience de la fabrication du salpêtre et de la potasse ; et ils imprimèrent une avance considérable à la nouvelle industrie. Le nombre des nouvelles usines était déjà de 18 en 1864, travaillant 139 000 tonnes de matières. Ce fut au cours de cette année, que fut ouverte lamine de sel de Leopoldshall, appartenant au duc d’Anhalt. En 1872, on travailla 500 000 tonnes de sels bruts dans 33 fabriques de sels de potasse.
- L’industrie des mines de sels fut d’abord monopolisée par les gouvernements, mais elle fut déclarée libre par la loi sur les mines de 1865, et les capitaux privés commencèrent à s’y intéresser. Le grand succès financier obtenu dès le début excita de nombreux forages, et l’ouverture de nouveaux dépôts. On avait cru d’abord que les dépôts de sels étaient limités à un petitcanton, le districtde la vallée de Magdeburg-llalberstadt: • mais on trouva qu’il s’étendait au Hanovre, au Mecklenbourg, à la Thuringe ; et lorsqu’on eut la preuve qu’il s’étendait même dans le Sud, l’Allemagne connut une période de spéculations et de constitutions de Sociétés qui avait beaucoup de points de similitude avec la fièvre de l’or dans d’autres pays. En suite de cette spéculation excessive, et d’une surproduction ruineuse, la liberté des mines de sels de potasse a été abolie de nouveau en Prusse l’an dernier, et le gouvernement prussien s’est réservé à lui-même tous les gisements de sels qui n’étaient pas encore passés en propriété privée (de même que tous les gisements de charbon qui n’avaient pas été ouverts). Le nombre des mines
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- L INDUSTRIE CHIMIQUE ET l'aGRICULTURE.
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- de sels de polasse privées constituées de 187^ à 1907 s’est monté à 50; 26 autres affaires ont commencé à percer des puits ; 500 nouvelles compagnies ont fait des sondages avec plus ou moins de succès.
- La production et la vente des sels bruts de potasse a monté de 514 000 tonnes en 1872 à 5129000 tonnes en 1905, représentant une valeurde 106 millions de francs.Les sels extraits sont travaillés, en partie, par des usines appartenant aux mines pour produits raffinés; chlorure, sulfate, carbonate de potassium, sels de magnésium, brome; et en partie ils sont vendus à l’état brut pour engrais. Presque toutes les mines de sels de potasse se sont réunies en un syndicat qui fixe la production, alloue les quotc-parts à chacun des membres du syndicat, détermine le prix de chaque produit, fait de la propagande en faveur des engrais potassiques, donne des encouragements aux recherches scientifiques, enfin établit des agences dans les divers pays.
- Le nombre d’usines traitant en Allemagne les sels bruts de Stassfurt était de 50 en 1907. De la production des sels bruts de potassium, en 1905, 5 129 000 tonnes, ayant une valeur de 106 millions de francs, les seize centièmes seulement vont aux industries chimiques, les quatre-vingt-quatre autres centièmes vont à l’agriculture, en partie pour la culture de la betterave en Allemagne même. Cette culture enlève, par hectare et par récolte, 250 kilos de potasse. En 1907, l’Allemagne a produit 14186 000 tonnes de racines de betteraves, avec un rendement de 1 tonne de sucre par 6 tonnes 2/3 de betteraves, et une production totale de 2 242 000 tonnes de sucre brut, dont la moitié environ est exportée.
- Si les besoins de l’agriculture mondiale en ce qui concerne l’acide phosphorique et la potasse trouvent dans les principales sources de ces deux engrais et dans quelques sources accessoires leur satisfaction complète, il n’en est pas de même des besoins en ce qui concerne l’azote. Les deux principales sources d’azote étaient le sulfate d’ammoniaque, sous-produit de la distillation du charbon de terre, et les nitrates de sodium naturels du Chili. La Grande-Bretagne a produit 293 000 tonnes en 1906 de sulfate d’ammoniaque; l’Allemagne vient après avec 235 000 tonnes, provenant surtout des fours à coke; l’ammoniaque n’est là qu’un sous-produit. Quant aux nitrates du Chili, leur exploitation commença en 1830, mais jusqu'en 1860 ils n’eurent d’utilisation que dans les industries chimiques. L’exportation de nitrates.de soude a atteint en 1906 1 600 000 tonnes, dont 1 200 000 tonnes sont prises par l’Europe; l’agriculture en absorbe 960 000 tonnes, soit les quatre cinquièmes. L’Allemagne en 1906 a importé 590 000 tonnes ; puis vient la France ; la consommation de la Grande-Bretagne est très petite. Les États-Unis ont absorbé 364 000 tonnes en 1906. Le prix du nitrate du Chili est passé depuis six ans de 155 francs à 250 francs la tonne, ce qui fait que l’industrie et l’agriculture de l’Europe payent pour l’importation du nitrate de sodium 300 millions de francs chaque année. C’est le marché du nitrate de sodium qui règle le prix des autres engrais azotés; aussi le sulfate ammoniacal est-il monté de 250 francs à 312 fr. 50 la tonne.
- Les dépôts du Chili seront presque épuisés dans une quarantaine d’années, et deviendront alors d’un rendement aussi faible que le sont devenus actuellement les dépôts de guano du Pérou.
- On comprend que le grand chimiste Sir William Crookes ait jete un cri d alarme sur le danger qui menacerait la race humaine si elle venait à manquer de 1 engrais azoté, cet agent indispensable de la fertilité du sol. Dès 1897, Crookes montrait que la production du blé, base de l’alimentation humaine, ne pouvait croître en proportion
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- de l’augmenlation du nombre d’êtres humains que si la fertilité du sol s’accroissait dans la même proportion, c’est-à-dire l’abondance de l’engrais azoté. Avant Crookes, de nombreux chercheurs avaient examiné le moyen de lutter contre ce danger.
- Depuis qu’en 1772 Rutherford trouva que l’atmosphère renferme en majeure partie de l’azote, les essais n’ont pas manqué pour utiliser ce stock gigantesque, qui, en supposant le poids de l’air de 100 000 tonnes par hectare, représente un total dlenviron -4 000 000 000 000 de tonnes d’azote, c’est à-dire quatre milliards de mille tonnes. En 1775, Priestley trouva que l’azote do l’air, sous l’influence de l’étincelle électrique, se combine avec l’oxygène pour donner l’acide nitrique. Berthelot en 1869 a observé la formation de l’acide cyanhydrique, quand on soumet ,un mélange d’acétylène et d’azote à l’étincelle électrique. Ensuite, Eownes et Young, et aussi Bunsen et Playfair, ont montré qu’il se forme du cyanogène et de l’ammoniaque si l’on fait passer de l’azote sur un mélange de charbon et d’alcali porté à une température élevée. Marguerite et Sourdeval, puis Solvay, et plus particulièrement Ludwig Mond, ont fait de nombreuses expériences pour utiliser cette réaction, mais elles échouèrent faute de construire un appareil capable de résister à la température.'•
- Le problème a été résolu grâce aux progrès de l’électrotechnique, et au four élec-triqus des Siemens. ‘ / .* '
- Après les remarquables travaux de Moissan et Wilson en 1891 sur la production de carbure de calcium au four électrique, je trouvai (mémoire présenté à la Yerein fürGewer-bfleiss,en 1895) la possibilité de produire des cyanures etdes amides avec les carbures ; et dès 1895, je pus avec le docteur N. Caro, prendre les brevets relatifs à ce mode d’utilisation de l’azote atmosphérique. De nombreuses difficultés durent être surmontées avantd’arriver à établir sur des bases stables lanouvelle industrie delà cyanamide,—et le conférencier les relate avec détails. Il finit par citer cette vieillepensée de Dean Swift : L’homme qui fait pousser deux tiges de blé ou deux touffes d’herbe là où il n’en poussait auparavant qu’une seule, cet homme est un grand bienfaiteur pour son pays. Le .marquis de Salisbury disait de son côté : Si les fermiers fumaient leurs terres avec leurs cervelles, comme le peintre fait ses peintures, on parlerait bien moins de dépression pour l’agriculture.
- La conférence a été suivie d’une discussion où nous relevons des choses fort intéressantes. Le président Meldola a insisté sur son accord entier avec le conférencier qu’il s'écoulerait probablement encore une longue durée de temps avant qu’un procédé purement chimique pût rivaliser avec l’action des organismes vivants pour la fixation de l’azote atmosphérique, soit dans les nodules des légumineuses, soit dans les masses poreuses des nitrières. il/. C. Revis a fait remarquer que les cultures de ces bactéries sont employées avec succès dans certaines parties du Canada et des Etats-Unis.
- Les réflexions de Sir William Ramsay sont à citer tout au long. Il rappela que le professeur Guye est venu il y a quelques années exposer devant la Société un point qu’il faut faire ressortir, parce qu’il permettrait d’entreprendre simultanément la fabrication delà cyanamide de calcium et la combinaison de l’azote et de l’oxygène. Le procédé du docteur Frank pour la production de la cyanamide nécessite une grande quantité d’azote et perd l’oxygène ; par contre, pour la combinaison de l’azote avec l’oxygène, telle qu’elle se poursuit dans le procédé Birkeland-Eyde, il est fort utile pour le rendement que les gaz à leur arrivée sur l’arc électrique soient plus riches en oxygène que
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- CONSTITUTION CHIMIQUE ET ACTION PHYSIOLOGIQUE.
- ne 1 est 1 air , en sorte que si l’on faisait travailler les deux procédés simultanément, ils pourraient utiliser les sous-produits l’un de l’autre.
- ir William Ramsay cita ensuite quelques expériences qu’il poursuit et qui lui ont onné un résultat bien curieux. On sait que l’hydrogène et l’azote se combinent ensemble à partir d’une certaine température ; et que si l’on fait passer une étincelle électrique dans un mélange d’azote et d’hydrogène, il se forme une petite quantité d ammoniaque ; s’il y a de l’eau additionnée d’acide sulfurique en présence pour absorber cette ammoniaque, la combinaison peut se produire jusqu’à ce que tout le mélange soit converti en ammoniaque. Mais la proportion de l’ammoniaque présente est toujours extrêmement petite par rapport à la proportion de l’azote et de l’hydrogène qui restent non combinés. On a fait dernièrement des expériences à Karlsruhe, et l’on a trouvé que la combinaison reste la plus grande à température élevée ; que si la température s’abaisse, une proportion plus grande d’ammoniaque se forme; mais si la température s’abaisse en dessous de 500°, l’azote et l’hydrogène cessent de réagir l’un sur l’autre, ou réagissent si lentement que dans la pratique on peut ne pas en tenir compte. En présence de l’émanation du radium, cette source d’énergie, non seulement l’ammoniaque se décompose rapidement, mais l’hydrogène et l’azote se combinent rapidement. On ne peut savoir si l’émanation du radium agit comme catalyseur et graisseur de roues, ou si l’énergie qu’il développe contribue aux phénomènes ; la combinaison de l’azote et de l’hydrogène est exothermique. Si d’autres substances pouvaient réagir de la même façon* le problème serait résolu.
- - M. A. H. Lymn remarqua combien l’industrie du sulfate d’ammoniaque est une industrie anglaise. Il y a 15 ans, le docteur Mond récupérait le sulfate ammoniacal du charbon à 35 kilogr. par tonne. La tourbe, autre source d’ammoniaque, a été gazéifiée parla Power-Gas Corporation de Londres, et parM. Lymn en 1903 à Stockton-on-Tees avec récupération de l’ammoniaque ; la compagnie ensuite fit un établissement en Allemagne. Le procédé Mond est le mieux combiné pour utiliser cette matière. M. Lymn obtenait de 35 à 70 kilogr. de sulfate d’ammoniaque par tonne de tourbe sèche, le gaz devient là le sous-produit. La tourbe séchée à l’air renferme encore 25 à 30 p. 100 d’humidité.
- CONSTITUTION CHIMIQUE ET ACTION PHYSIOLOGIQUE
- Le désir de produire l’anesthésie locale avec des agents moins toxiques que la cocaïne a dirigé les efforts dans la sphère des éthers aminoalkyles substitués, à noyau
- : N. C.C.CO. R. C’est dans cette voie qu’ona trouvé la stovaïne, l’alypine,la novococaïne
- Quelques nouveaux éthers aminoalkylés ont été décrits par M. Frank Lee Pyman à la Çhemical Society de Londres (son Journal,novembre 1908, p. 1793 et s.). Plusieurs ont aussi une action anesthésique locale ; mais ils sont ou irritants, ou toxiques, et leur emploi n’est pas pratique, mais il est intéressant de voir dans quel sens s effectuent les efforts des chercheurs.
- • Comme l’atome du carbone, dans la cocaïne, est relié directement à un groupe alkylé Me, et indirectement par deux chaînes méthylène à un groupe alcoolique secondaire benzoylé, ü a donc paru intéressant de préparer les, ^-dibenzoyloxyméthyldié-thylamine et l’oxytriéthylamine correspondante. On a réalisé cette préparation en benzoylant les aminoalcools correspondants. Le dérivé méthylé ne possède pas d ac-Tome 110. — Décembre 1908. ' 98
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- tion anesthésique locale, elle dérivé étliylé en a une très faible. Mais à d’autres égards, il y a entre les deux composés des différences très marquées. Chez le lapin, le dérivé éthylé cause une dépression respiratoire et cardiaque et le dérivé méthylé non ; mais le dérivé méthylé cause des convulsions des muscles extenseurs analogues à celles qu’occasionne la strychnine à faible dose; chez la grenouille, le dérivé méthylé cause la paralysie des centres cervicaux, tandis que le dérivé éthylé cause d’abord la paralysie des centres spinaux.
- Puis on a introduit deux groupes benzoyliques : jBydibenzoyloxydiméthylpropy-lamine,... diéthylpropylamine,... oxy-l-propylpipéridine. Ces substances possèdent une action aneslhésique locale considérable, mais elles ont une réaction acide, elles sont toxiques et irritantes. Ici, encore, le dérivé diéthylé a une action déprimante sur le cœur, et non le dérivé diméthylé. Tous deux agissent sur les centres nerveux des mammifères. Le méthobromure du dérivé diméthylé est beaucoup moins toxique que l’hydrochlorure.
- Comme le brevet allemand n° 175080 de E. Schering attribue à certains benzoates dialkylaminoéthyl des propriétés d’anesthésie locale, il a semblé intéressant àM.Pyman de préparer le pipéridiéthylbenzoate, et le s-di-^-benzoyloxy-1:4-diéthylpipérazine, en benzoylant les aminoalcools correspondants. Le premier est faiblement anesthésique, mais irritant ; son méthobromure n’est ni anesthésique, ni irritant. Le second est nettement anesthésique, mais très toxique ; 50 milligrammes par kilogr. tuent le lapin, avec décomposition de l’hémoglobine.
- On a aussi remplacé le groupe benzoyl par le groupe phtaloyl ; le diélhylamino-éthylphtalate chloruré n’a présenté ni pouvoir anesthésique, ni propriétés irritantes.
- CARBURES MÉTALLIQUES
- iV. J.-N. Pring (Proceedings of the Chemical Society, n° 347, p. 240) a cherché de réaliser l’union directe du carbone avec les éléments; l’aluminium, le silicium, le fer, le magnésium, en l’absence de toute impureté solide ou gazeuse, et sous une pression inférieure à 0,01 mm.
- L’union directe du silicium pur avec le carbone commence dans le vide entre 1250° et 1300°; la présence du fer ne semble pas aider la réaction; ni l’oxvde de carbone exercer quelque action dans les limites de pression comprises entre 760 et 0,03 millim.
- L’union directe de l’aluminium avec le carbone pur se fait dans le vide au point de fusion de l’aluminium 650°; il se produit le carbure APC3. La réaction voit sa vitesse augmenter avec la température ; elle est rapide au-dessus de 1400°.
- Le fer s’unit directement avec le carbone vers 700° et sous une pression de 0,5 mm.
- Le magnésium semble former un nouveau carbure en dessous de 600°; ce carbure fournit des hydrocarbures saturés sous l’action décomposante de l’eau ou des acides.
- L’INDUSTRIE DE l’acier AUX ÉTATS-UNIS
- M. Andrew Carnegie vient d’écrire un article (n° de décembre de Century) qu'il a intitulé : « Mon expérience et mes idées sur le tarif » ; il y prône l’abolition de tous droits sur l’acier. Les fabricants d’acier des États-Unis n’ont plus besoin, dit-il, d’être protégés, parce que nous produisons aujourd’hui l’acier à un prix inférieur à n’importe quelle nation, malgré le taux plus élevé de nos salaires. Les États-Unis ont
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- sur l’essai des papiers.
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- produit lan dernier plus d’acier que l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et la Belgique ensemble. Et dans quelques années, les usines en construction porteront la pioduction au-dessus de ce que le monde entier peut produire. L’industrie de l’acier aux États-Unis ne peut plus être affectée par ce qui se passe dans les autres pays, et la république américaine est devenue le home de l’acier. M. Carnegie rappelle avec un légitime orgueil quil y a contribué. Le roi de l’acier est maintenant âgé de soixante-treize ans.
- SOUDURE AUTOGÈNE
- A la séance du 14 octobre dernier du Comité de mécanique de la Société industrielle de Mulhouse, M. Kammerer a rendu compte d’un rapport de M. Tourtellier sur. la soudure autogène. M. Kammerer signale le développement important de la soudure électrique dans la fabrication des chaînes qui, actuellement, ne sont plus guère soudées à la main, les appareils électriques en usage permettant de souder 400 et 500 maillons à l’heure pour de petites chaînes, tandis qu’autrefois un ouvrier en soudait à la main une vingtaine dans le même temps. Ce mode de soudure est employé en grand aussi dans la fabrication de la vaisselle et batterie de cuisine en tôle.
- Les dangers de l’acétylène gazeux au transport sont très vrais, mais l’acétylène dissous est livré dans des bouteilles remplies de pierre ponce ou de corps poreux, qui excluent tout danger d’explosion.
- « Tous les fers ne peuvent être soudés ; il faut un métal exempt de phosphore, exempt de silice, mais contenant du manganèse. La composition chimique du fer ou de l’acier joue donc un rôle important dans la question.
- Quant à la résistance de la soudure, M. Kammerer fait remarquer que de récentes expériences ont permis de constater que, si une bonne soudure fait perdre 20 à 30 p. 100 de résistance à la traction, elle fait perdre 50 à 80 et parfois 100 p. 100 à l’allongement. Cela semble résulter essentiellement du fait qu’à l’endroit de la soudure, et par suite de la haute température de la flamme d’acétylène qui atteint 3 000°, le fer est surchauffé; dès que la température du métal dépasse 1 000° ce fait se produit; il faut donc rester au-dessous de cette limite pour éviter des inconvénients graves. On peut jusqu’à un certain point remédier à cette diminution d’allongement en procédant à un recuit de la soudure à l’aide du chalumeau même. Néanmoins les inconvénients signalés sont de telle nature qu’il ne faut employer la soudure autogène qu’avec une extrême réserve et prudence pour les travaux des chaudières. »
- sur l’essai des papiers
- L’application du microscope à l’analyse des papiers a été l’objet de travaux récents extrêmement intéressants, dit M. Eug. Collin (Bulletin de la Société chimique, 1908, p. 1080), en Allemagne, en Autriche, en Angleterre. Il donne d’utiles renseignements sur la technique de cet examen microscopique. On distingue les papiers selon qu’ils sont préparés avec des poils végétaux, des fibres libériennes, des pailles, enfin des bois résineux traités ou chimiquement, ou mécaniquement. M. Collin termine par un exposé des caractères microscopiques des diverses pâtes à papier: papier de coton, de fin, de chanvre, de chiffons, de mûrier, de ramie, de mitsumata, de jute, de paille de bois.
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- SUCRE DE ROIS
- La formation de l’alcool à partir des matières cellulosiques est l’objet d’un article d’ensemble de Théo Koerner dans la Zeitschrift für angewandte Chemie, n° du 13 novembre 1908, p. 2353 à 2359. Après avoir rappelé le travail original de Bracon-not, 1819, puis ceux de Vogel 1820, Arnould 1851 (Dingler’s pol, Journal, 1.134, p. 219), Pettenkofer 1855 (Bayer. Kunst. und Gewerbe-blatt, 1855, p. 136), la fabrication éphémère due à Pelouze en 1855, les recherches de Payen sur la cellulose 1867; le brevet de Simonsen de Christiania 1894, à un rendement de 60 grammes d’alcool par kilogramme de cellulose (voir Z. für angew. Chemie, 1898, p. 195); le brevet du docteur Al. Classen, brevet allemand n° 118868 du 15 février 1899; brevets du 12 mai 1900, n° 118542-4, du 17 octobre 1900, n° 121869). Classen emploie l’acide sulfurique; Gotzen et Roth (brevet allemand n° 147 844 du 26 mai 1901) l’ozone.. Reiferscheidt, en 1904, donna, pour les meilleures conditions à introduire dans le procédé Classen, une proportion d’acide sulfurique à 57° Baumé de 8,5 à 9,5 p. 100, de sucre de bois; une durée d’une heure; une température de 140°-150°; une pression de 4 à 5 atmosphères. Le brevet anglais d’Arno Bôrnen du 8 juin 1905 emploie les alcalis.
- Les rendements indiqués en sucre et en alcool ont été en diminuant. Braconnot en 1817 obtenait 23er,3 de sucre avec 20?r,4 de lin; Arnould en 1854 trouvait encore 110 grammes de sucre pour 100 grammes de bois. Mais Basset ne trouve plus que 32 centimètres cubes d’alcool par 100 grammes de bois, Ludwig 41 centimètres cubes; Payen en 1867 basait sur 21"r,3 de sucre par 100 grammes de bois; et pour finir, en 1898, Simonsen 60 grammes d’alcool par kilogramme de bois.
- Simonsen a trouvé que la proportion d’alcool calculée d’après le sucre et celle de l’alcool obtenu par voie de fermentation n’étaient pas identiques, mais dans le rapport 21,6 à 20. M. Théo Kœrner, dans ses divers essais, a trouvé des différences semblables, entre l’alcool calculé du sucre réduit et l’alcool obtenu par fermentation directe : pour la sciure de bois traitée par 0,5 d’acide sulfurique, 5,21 et 5,290; pour la sciure de bois traitée de même, mais après un premier traitement à la vapeur d’eau, 7,39 et 6,83; pour la cellulose de sulfite traitée à l’acide sulfurique avec addition-de 2 pour 100 d’eau oxygénée 16,08 et 14,64; pour la paille de bois ayant subi le dernier traitement 8,51 et 8,36; pour la sciure de bois traitée à l’acide sulfurique avec augmentation d’acide sulfurique 9,56 et 5,52; pour la cellulose de sulfite à l’acide sulfurique et bouillie à 8 atmosphères 10,94 et 8,43; pour la paille de bois de même, 8,52 et 5,4; et avec addition d’une aldéhyde 7,66 et 2,12. Simonsen avait déjà observé l’action du furfurol.
- M. Kœrner a fait porter ses recherches comparatives sur la formation de sucre dans la sciure de bois, la cellulose au sulfite, la paille par l’action de l’acide sulfurique étendu sur l’action de l’acide sulfureux; sur l’influence des moyens d’oxydation : eau oxygénée, bichromate de potassium, persulfate de potassium, ozone. Nous récapitu-
- Ions les données numériques dans le tableau suivant. Cellulose Sciure de bois. au sulfite. Paille. Hydrocellulose.
- Cellulose 49,05 81,64 68,90 )> -
- Alcool obtenu avec 0,5 p. 100 SOiH2. 6,02 12,83 9,56 17,95
- et préaction de 2 p. 100 II202 . . . 9,05 14,64 10,26 .»
- - Cr^CHK2. . 3,23 2,34 3,23 »
- — K2S208.. . 4,22 7,32 2,57 ))
- — d’ozone . . 6,61 à 0,35 1,42 )) )> *
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- 4 HYDROLYSEUR des matières protéiques. 1509
- hois spc confîrment les îendements de 6 grammes d’alcool pour 100 grammes de , q , Slmonsena donnés pour le glucosage des matières cellulosiques. Le plus 6n alC°01 corresPond à la plus haute proportion en cellulose, soit - Vn a C0° ^0ur grammes de cellulose; mais comme le bois ne renferme que 50 p. 100 de cellulose, il s’ensuit la preuve certaine que le sucre produit provient de la cellulose, et non de la lignine, comme Payen l’avait supposé.
- L’addition de l’acide sulfurique apporte, à l’encontre des revendications du brevet de Classen, un obstacle à la formation du sucre.
- L addition des moyens d’oxydation entraîne dans la plupart des cas une diminution dans la production du sucre; seule l’addition du peroxyde d’hydrogène peut produire une augmentation du sucre, jusqu’à 50 p. J 00 dans le cas du bois. De ces résultats, on peut déduire quun oxydant faible met la cellulose sous forme d’un composé ayant une meilleure aptitude pour la formation du sucre. De ce que le rendement en alcool de 1 hydrocellulose atteint 17,95 pour 100, on peut déduire que l’eau oxygénée doit changer une partie de la cellulose en hydrocellulose. Les autres oxydants expérimentés, le bichromate, le persulfate, l’ozone, sont des agents trop violents, et ils oxydent la cellulose en des substances qui diffèrent de l’hydrocellulose.
- L’addition d’ozone brevetée par Roth et Gentzen donne un résultat absolument opposé, car, la diminution du rendement est proportionnelle à la quantité d’ozone.
- En général, le rendement en alcool dû à l’hydrolyse du bois eêt très faible puisque, théoriquement, on doit obtenir 56,91 grammes d’alcool avec 100 grammes de cellulose. En sorte que, même dans les cas les plus favorables, l’hydrolyse ne fait obtenir au plus que 25 p. 100 de la proportion d’alcool calculée. Il faut donc conclure qu’il n’y a dans la molécule complète (G6H10O3):E qu’une partie d’atteinte et transformée en sucre.
- Hydrocellulose. — L’hydrocellulose, qui fut étudiée pour la première fois en 1879 -par Aimé Girard, l’un de nos anciens secrétaires généraux, fait l’objet d’un mémoire de M. G. Butiner, dans la Zeitschrift für angewandte Chemie, 1908, n° du 25 décembre,
- p. 2609.
- L’ACIDE FLUORHYDRIQUE COMME HYDROLYSEUR DES MATIÈRES PROTÉIQUES
- Les procédés suivis actuellement pour l’hydrolyse des molécules protéiques, qu’on l’effectue par l’action des ferments digestifs, des diastases microbiennes, ou de réactifs appropriés, laissent beaucoup à désirer. Dans les cas les plus favorables, les 40 à 50 p. 100 des constituants de chacune des matières examinées, échappent à l’action de ces réactifs hydrolysants. L’action des alcalis et de la baryte, utilisée par Schützenberger (Annales de Chimie et de Physique, 5e série, XYI, p. 334), est incomplète ' elle décompose certains constituants et racémise les autres. L acide sulfurique à 25 ou 30 p. 100, adopté par Emil Fischer, Kossel et Kutscher dans des cas particuliers présente une action trop destructive, et U occasionne des carbonisations et des oxydations secondaires. L’action de l’acide chlorhydrique à 25 p. 100 de HCl, inaugurée par Habermann et employée par Fischer et ses élèves dans la majeure partie des cas si elle est poussée pour être complète, carbonise les matières. MM. L. Hugou-neno et A. Morel (Journal de pharmacie, 1908, tome II, p. 486), proposent l’acide fluorhydrique commercial étendu d’eau; on sait que l’industrie le livre à bas prix à 40 ou 50 pour 100. Cet acide présente un pouvoir hydrolysant très énergique et ne dégage pas de corps oxydants en se décomposant. C’est en observant l’énergie avec
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- laquelle IIF1 attaque et désorganise la peau sans la charbonner qu’ils ont eu l’idée d’employer cet acide à l’hydrolyse des matières protéiques.
- Les avantages de ce procédé d’hydrolyse sont nombreux. Il mélanise beaucoup moins que les acides chlorhydrique et sulfurique ; il ne brûle pas les matières azotées avec rétrogradation de l’azote à l’état d’ammoniaque, comme l’acide sulfurique à 25 p. 100; il réalise une désagrégation profonde, sans polypeptides sirupeuses, si gênantes à séparer ; il permet l’extraction très simple par cristallisation fractionnée de la majeure partie des acides amidés; il respecte les acides diamidés et rend l’étude des groupes plus facile ; il permet la séparation qualitative et quantitative des bases puri-ques; il permet l’étude des constituants hydrocarbonés presque impossible avec les autres réactifs, puisque l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique à 25 p. 100 détruit les sucres, avec mise en liberté de corpsfurfuroliques ; enfin, il présente sur l’hydrolyse sulfurique l’avantage de supprimer l’emploi de la baryte hydratée, réactif coûteux, et qui, s’il n’est pas absolument pur, introduit dans les liquides de la soude, presque impossible à éliminer par la suite.
- SUR LA FABRICATION DE LA NITROGLYCÉRINE
- La traduction du mémoire de M. le lieutenant-colonel sir F. L. Nathan et W. Rintoul de la Manufacture royale de poudre Waltham Abbey, sur la fabrication de la nitroglycérine, a excité l’intérêt de nos lecteurs au delà des prévisions. Il y a eu malheureusement une interversion dans les légendes des figures 5 et 6, pages 1194 et 1195, qui doivent être substituées l’une à l’autre.
- La légende de la figure 5 doit être donc lue ; dispositif de nitration maintenant en usage à la Royal Gunpowder Factory. C’est le dispositif perfectionné à nitrateur-sépa-rateur, effectuant dans un seul appareil les deùx opérations qui auparavant s’effectuaient dans des ateliers différents.
- La légende de la figure 6 doit être lue : dispositif de nitration telle qu’il existait en 1890 à la Royal Gunpowder Factory. (En suite à cette interversion, il faut lire, p. 1194,lignes 12 et 4 (fig. 6 et fig. 7).
- SUR LE COTON NITRÉ
- M. le docteur C. Piest, chimiste militaire à la fabrique de poudres de Hanau, traite dahs la Zeitschrift für angewandte Chemie du 4 décembre 1908, p. 1497, d’une question qui a soulevé bien des discussions : à savoir quelle est la proportion en azote la plus élevée que le coton nitré peut atteindre. Le taux le plus fort que l’on ait atteint jusqu’ici est 13,7 à 13,8 p. 100 d’azote (d’après Lunge, in Z. für angewandte Chemie, 1901, p. 514; Guttmann, in Die industrie der Explosivstoffe, 1895, p. 372 ; Eder, in Berliner Berichte, 1880, p. 169: Hoitsema, in Zeitschrift für angewandte Chemie, 1898, p. 173 ; K. Rassow et W. von Bongé, 1908, p. 732 ; Vieille, in Bulletin de la Société chimique, XXXIX, p. 527).
- Mais si l’on tient compte que le coton-poudre le plus nitré renferme encore de la cellulose non nitrée, on peut admettre un taux de 14,17 p. 100, qui correspond à la formule C12H10 (OH)4 (ONO2)6.
- Mais pourquoi ne peut-on pas atteindre un taux encore plus élevé?
- Cross, Bevan et Jenks (Berliner Berichte, 1901, p. 2496) n’ont pas seulement vu
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- SUR LE COTON NITRÉ.
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- dans 1 action que possède l’acide sulfurique du mélange acide au cours de la nitration,, un moyen de déshydratation, mais ils ont eu l’intuition que le premier produit est un éther mixte d’acide nitrosulfurique, qui se transforme par l’action de l’eau en éther simple nitrique. D’après K. Kullgron (Chemiker-Zeitung, 1908, p. 306), l’acide sulfurique agit en décomposant les produits d’hydratation de Kiister et Kremann (Zeitschrift fur anorganische Chemie, 1904, p. 1) de l’acide nitrique (N03H+II20 et N03H-{-3IPO) et en reproduisant le monohydrate (N03H)3 qui est le seul agent actif dans le nitration de la cellulose. L’addition de l’acide sulfurique a donc pour but d’empêcher le plus possible que l’acide nitrique ne se dilue au cours de la nitration. Il y a donc lieu de favoriser la nitration par la formation des éthers mixtes d’acide nitrosulfurique et d’empêcher l’action oxydante de l’acide nitrique sur la cellulose. (Berl et Watson Smith jor (Berliner Berichte, 1908, p. 1837). Dans ce but, on ajoute de l’acide phosphorique anhydre, H. Martinon (Chemiker-Zeitung, 1907, p. 269), et de l’anhydride acétique à l’acide nitrique ou au mélange acide.
- D’après Ilausermann (Zeitschrift für ges. Schliesse und Sprengstoffwesen, 1908, p. 121), si l’on traite la cellulose par de l’acide nitrique de poids spécifique 1,1 à 1,45, il se forme des produits d’addition qu’un lavage à l’eau froide débarrasse de l’acide. Le produit lavé semble être l’hydrate de cellulose de Knecht qui se forme par substitution de molécules d’eau aux molécules d’acide nitrique. Si on traite la cellulose par de l’acide nitrique de poids spécifique supérieur à 1,45, il se forme un produit d’addition, qui par l’action d’un excès d’acide perd plus ou moins d’eau et se transforme en éther. Berl et Klaye (Zeitschrift für g. S. und’Sprengstoffen, 1907, p, 403) ont remarqué qu’au cours de la nitration, l’acide sulfurique et aussi l’acide nitrique tendent à détruire l’éther nitrique, et qu’en conséquence l’éthérification de la cellulose n’atteint pas son maximum, ou si l’on préfère le plus haut taux d’azote, mais que la proportion d’azote ne dépasse pas 13,50 p. 100.
- La question se pose maintenant si le coton nitré ne subit pas déjà une hydratation par les traitements préalables avec la solution de soude, le chlorure de chaux, les acides étendus, et si ceux-ci ne contrarient pas le processus de la nitrification, ou si par action de l’eau de l’acide nitrique il ne se forme pas de l’hydrocellulose ou de l’oxy-cellulose. La nitrification serait alors tout simplement une hydrolyse.
- Pour éclaircir cette question, Berl et Klaye (Zeitschrift für d. ges. Schliess und Sprentgsofïwesen, 1907, p. 381) ont soumis à la nitration, dans des conditions similaires, delà cellulose pure, de l’hydrocellulose et de l’oxycellulose, et ils ont comparé, tant au point de vue chimique et physique, les éthers nitriques qui se produisirent. Ils vinrent à la conclusion que la cellulose fortement nitrée, préparée à la température de la chambre, est à 13,5 p. 100 d’azote, comme l’éther nitrique de la cellulose pure; ce résultat concorde avec ceux obtenus par Lunge et Bebie (Zeitschrift für angewandte Chemie, 1901, p. 511).
- La question reste indécise de savoir si les nitrocelluloses à faible pourcentage d’azote sont des éthers nitriques de l’hydrocellulose. H reste également à rechercher si lors du traitement du coton avec la solution de soude il ne se produit pas une mercérisation, qui fasse ressortir les cuticules et gonfler les tubes aplatis. Le lavage a fond produirait une hydratation de la cellulose, C. Schwalbe (ibidem, 1907, p. 2166). II. Wichelhaus et W. Vieweg (Berliner Berichte, 1907, p. 441), Cross et Bevan (Re-searches, 1895-1900, p. 80) regardent le changement delà cellulose dû à la mercérisation comme d’ordre chimique. Schwalbe croit que la puissance plus grande de réaction
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- que possède le coton mercerisé est en relation avec une augmentation de la surface réagissante, et ne serait donc qu’un procédé d’ordre physique.
- L’hydrate de cellulose obtenu par l’action des alcalis ne possède qu’un pouvoir réducteur faible. Et la proportion d’oxydule de cuivre produite avec la liqueur de Fehling est bien moindre qu’avec la cellulose pure.
- Au contraire, l’hydrocellulose produite par l'action des acides, et l’oxycellulose produite par celle des oxydants (Vieweg, Chemiker-Zeitung, 1908, p. 329) possèdent un pouvoir réducteur prononcé. C’est sur cette différence d’action que l’on différencie les celluloses :
- 1. L’hydrate de cellulose C12H20O10,IPO, ou coton mercerisé, Schwalbe (Berliner Berichte, 1907, p. 4525);
- 2. L’oxycellulose 6C6H10O:i + H20, Schwalbe (Berliner Berichte, 1907, p. 4525) ;
- , 3. L’oxycellulose 4 C6H10O5 + C6H10O6, Nastukoff (Berliner Berichte, 1900, p. 2237).
- Le coton employé pour la nitration provient pour la plus grande partie des déchets de filature ou de chiffons effilochés. Outre les impuretés naturelles du coton, il renferme des graisses et des saletés. On opère son nettoyage avec une solution de carbonate de soude étendue, parfois sous pression. 11 se produit d’abord une épuration des graisses et des cires, mais il faut ménager le traitement afin de ne pas atteindre la fibre du coton. La même réserve s’imposelors du blanchiment. Quelques fabriques emploient la soude caustique. D’après les recherches de W. Vieweg (Berichte, 1907, p. 3876) et de O. Miller (Berichte, 1907, p. 4903), les celluloses ainsi traitées avec des solutions étendues d’alcali ne. prennent que des proportions insignifiantes d’alcali. Il reste à chercher s’il se produit de l’oxycellulose lors du blanchiment au chlorure de chaux, et s’il se produit de l’hydrocellulose par le lavage subséquent aux acides étendus. On sait que toutes deux possèdent un pouvoir réducteur prononcé. Schwalbe (Berichte, 1907, p. 1347) a nommé chiffre de cuivre (Kupferzahl) (Berichte, 1907, p. 1347) la quantité de cuivré que 100' grammes de cellulose sèche précipitent dans la liqueur de Fehling. Si le procédé de blanchiment est normal, le chiffre de cuivre reste peu important. (Pour l’estimation de ce coefficient, voir Schwalbe, ibidem, 1907, p. 4523.)
- M. G. Piest donne un tableau d’essais sur des cotons de différentes origines, et soumis à différents traitements préalables. Le chiffre de cuivre s’élève ou s’abaisse, selon que le coton est plus ou moins blanchi, c’est-à-dire qu’il y a plus ou moins de cellulose transformée en oxycellulose. Le traitement de purification avec une solution de carbonate de soude chaude et étendue n’a que peu d’influence sur le chiffre de cuivre.
- L’oxycellulose préparée avec le chlorure de chaux se dissout faiblement dans la solution de carbonate de soude étendue (Berichte, I960, p. 2237), et en la chauffant longtemps avec de l’acide sulfurique à 5 p. 100 elle peut se transformer en sucre (Berichte, 1901, p. 720). La proportion d’azote fixée par l’oxycellulose est moindre que par la cellulose pure, à traitement égal avec un même mélange acide (Z. für d. ges. Schiess und SprengstolYwesen, 1907, p. 381); il semble que le blanchiment trop prononcé du coton à nitrer soit peu propice à obtenir une fixation d’azote élevée.
- EXPLOSIFS ANT1GR1SOUTEUX
- M. Charles François,_y ingénieur aux charbonnages de Charleroi, discute dans les Publications de l’Association des ingénieurs de l’École de mines des Mons, 1908, II, p. 233, les résultats qui découlent des essais faits au laboratoire de Frameries sur les
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- EXPLOSIFS ANTIGRISOUTEUX.
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- explosifs antigrisouteux. On sait qu’à la suite de ces essais, l’emploi des explosifs officiels a été substitué à celui des types brisants et des types dits desûreté, cette substitution étant imposée en Belgique d’office aux exploitants qui sont pris en délit d’inobservance des prescriptions réglementaires.
- En 1888, la poudre noire était presque exclusivement utilisée pour le coupage des voies. En 1889, furent publiés les travaux de la Commission française des explosifs dont les conclusions principales étaient que les explosifs brisants peuvent seuls donner une sécurité relative. On arrivera à une sécurité plus satisfaisante en ayant recours, au lieu de dynamite seule, à des mélanges appropriés de nitrate d’ammoniaque soit avec la dynamite, soit avec la naphtaline nitrée, la benzine nitrée, le coton nitré, etc.
- Les produits de la détonation de tels explosifs ne doivent renfermer aucun élément combustible et les températures d’explosion ne doivent pas dépasser 1 300° dans les travaux en couche et 1900° dans les travaux au rocher.
- Il en résulta l'introduction dans les mines d’explosifs binaires: grisoutines (nitroglycérine et nitrate d’ammoniaque) et grisounites (trinitronaphtaline et nitrate d’ammoniaque). Ces dernières constituaient le type Favier.
- En même temps apparurent les explosifs de sécurité selon la formule allemande, caractérisés par l’emploi d’explosifs brisants dont la température de détonation est abaissée par l’addition d’un sel volatil ou à forte teneur d’eau de cristallisation; de ce principe les grisoutites et les wetterdynamites.
- La combinaison des deux formules donna des types mixtes dont l’antigrisou Favier est un exemple. ^
- Nous pouvons donc établir trois grandes périodes dans l’emploi des explosifs : — Première période (jusqu’en 1895). Caractérisée par l’utilisation presque complète d’explosifs lents, avec très peu d’explosifs brisants. — Seconde période (1896-1905). Diminution de l’emploi de la poudre noire à laquelle se substituent les explosifs brisants et de sécurité. — Troisième période (à partir de 1905). Apparition des explosifs antigrisouteux officiels.
- Le service des accidents miniers et du grisou range jusqu’en 1905 les explosifs en trois classes : 1° Poudres lentes dont le type est la poudre noire; 2° Explosifs brisants soit du type dynamite, soit au nitrate d’ammoniaque (Favier 1 et 3, densité A, nitrofer-rite n° 2, yonckite n° 0, etc.); 3° Explosifs de sûreté (antigrisou Favier n° 2, grisoutite, dahméhite A.
- M. François donne la liste des explosifs admis de sécurité pour l’application de la circulaire ministérielle du 27 octobre 1900, avec leur composition. Mais aux essais de Fraineries, ils ont tous — sauf la grisoutite — été éliminés ; il leur donne l’étiquette « de sécurité » pour les distinguer et des explosifs brisants, dont ils font réellement partie, et des explosifs ayant satisfait aux essais, lesquels seront dénommés antigrisouteux.
- Les statistiques relatives à l’emploi des explosifs dans les mines de houilles de Belgique montrent que la poudre noire lente reste en faveur dans les mines non gri-souteuses. Le poids total d’explosifs consommés, après avoir diminué de 1893 jusqu’en 1897, montre un relèvement dû à l’échec des tentatives faites pour introduire le coupage des voies par des moyens mécaniques, et à l’emploi plus grand d’explosifs de sécurité moins puissants.
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- notes de chimie. — décembre 1008.
- La statistique des accidents donne les nombres suivants :
- Asphyxies par dégagements instantanés. .
- — — normaux . . .
- Iriflammations de grisou :
- par causes indéterminées................
- par lampes..............................
- ... , par explosifs........................
- 1881 à 1890. 1891 à 1900. 1901 à 1904.
- 0,51 0,48 0,25
- 0,19 0,l,‘l 0,22 0,01 0,14
- 0,48 1,63 »
- 2,13 • 0,45 0,39
- La proportion d’ouvriers tués est donc tombée de 2,43 à 0,45 et 0,39. La régression des inflammations par les explosifs n’est pas due, ainsi que les essais de Frameries en font foi, à la plus grande sécurité des explosifs, mais à la diminution des poudres lentes reconnues comme, éminemment dangereuses, et surtout à l’amélioration du régime de ventilation de toutes les mines : disparition des derniers volumogènes ; installation de puits d’aérage, de ventilateurs plus puissants, etc.
- Malgré cette amélioration, le Gouvernement belge établit à Frameries un labora* toire d’essais des lampes et des explosifs, et dès 1905, des circulaires ministérielles donnèrent la liste des explosifs agréés à titre d’antigrisouteux.
- Ces essais firent d’abord rayer et rejeter tous les antigrisouteux antérieurs, sauf la grisoutite (nitroglycérine 44, cellulose 12, sulfate de magnésium 44). Plusieurs des anciens types antigrisouteux ne purent même satisfaire aux essais avec la charge dérisoire de 30 grammes. Immédiatement les fabriques essayèrent d’obtenir des explosifs à charge limite plus élevée.
- Actuellement, la charge limite est la charge pour laquelle 10 essais successifs n’ont pas déterminé sans bourrage l’inflammation du grisou, dans une atmosphère non poussiéreuse, avec une teneur de 8 p. 100 de grisou, à 20°-25°. La puissance est mesurée par la méthode du bloc de plomb, ayant les dimensions adoptées par le Congrès de chimie appliquée de Berlin, avec comme élalon de comparaison une charge de 10 grammes de dynamite n° 1 à 75 p. 100 de nitroglycérine. La charge maximum s’obtient en ajoutant 200 grammes à la charge limite.
- . On peut ranger les antigrisouteux agréés en Belgique de 1905 à 1907 en cinq classes :
- 10 grisoutite s, résultant de l’addition à la dynamite d’an sel à fort pourcentage en eau de cristallisation ;
- 2° grisoutines, ayant pour base un mélange de nitrate d’ammoniaque et de dynamite;
- 3° grisouniles, composés de nitrate d’ammoniaque, qu’on rend sensibles au choc par adjonction d’un composé nitré plus impressionnable ;
- 4° carbonites, caractérisés par un mélange de nitroglycérine et d’un nitrate alcalin avec une proportion notable de farine de blé ou de bois ;
- 5° cheddites,' explosifs à base de chlorates ou de perchlorates.
- 11 est intéressant de se rendre compte des modifications (apportées aux explosifs admis autrefois comme de sécurité, puis non agréés à Frameries, pour les amener à un état plus satisfaisant. La charge limite fut relevée par l’addition de sels refroidissants et la diminution du. pourcentage de matières explosives.
- Notons à ce point de vue, dans les grisoutites, la substitution au sulfate de magnésium du sulfate de sodium qui renferme 10 molécules d’eau d’hydratation au lieu de 7.
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- FRAUDES SUR LE PAIN.
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- ans les grisounites, 20 sel ammoniac au lieu de 7,4. Dans les densités, la substi-ution des nitrates de potassium et de sodium à celui de strontium ; pour la wallonite, a ce m d ammonium. Du sécurophore I (charge limite 125 grammes) au sécurophore II (250 giammes), on est passé par une simple addition de 9,09 p. 100 de chlorure de sodium avec une réduction équivalente des constituants primitifs.
- M. François cite ensuite les essais faits à la galerie de Gelsenkirchen, par M. Bey-ling. Ils ont démontré, comme M. Chesneau l’avait fait ressortir, que la densité de chargement A, ou rapport du volume occupé par l’explosif au volume du fourneau dans lequel on le loge, intervient dans les résultats. C’est ainsi que la charge-limite, pour la nobélite renforcée, passe de 0,405 à 0,760. Pour les grisounites, la charge limite s élève avec les densités de charge ; soit pour la roburite 11,309 et 550 grammes pour A=0,40 et 0,761. De même, pour les grisoutines.
- Les expériences de Gelsenkirchen démontrent aussi que des explosifs très sûrs en présence du grisou peuvent donner des inflammations de poussières à des charges dérisoires. L’ammoncarbonite s’est montrée étonnamment dangereuse en présence de poussières. Les grisoutines, par contre, ont fait preuve d’une étonnante sécurité.
- Il faut espérer que la galerie d’essais de Liévin viendra mettre de la clarté dans une question où il reste encore bien des obscurités.
- Dans les numéros de novembre et dé décembre de la Revue, M. Charles François continue cet intéressant exposé par l’examen des réglementations relatives à l’emploi des explosifs, en France, en Espagne, en Russie, en Angleterre, en Autriche, en Allemagne, aux Pays-Bas, etc. On trouvera en annexes des tableaux intéressants auxquels nous renvoyons.
- FRAUDES SUR LE PAIN
- M. A. Balland, pharmacien principal de l’armée, dont les travaux sur les denrées alimentaires sont si nombreux, traite, dans la Revue scientifique du 21 novembre, p. 650, des falsifications dupain. Onle falsifie surtout par l’addition de farines étrangères, par l’emploi de vieilles farines, et principalement par une hydratation exagérée. Les farines de riz, la fécule apportent une blancheur exagérée ; les farines de seigle et de sarrasin une teinte plus bise ; les farines de maïs et de fèves une odeur et une saveur spéciales. Pour satisfaire à des habitudes locales, on tolère dans certaines régions l’addition de 1 à 2 pour 100 de farine de fève qui facilite le travail de la pâte. L’emploi de vieilles farines donne au pain un aspect défavorable; pour le combattre, on ajoutait autrefois en Angleterre de l’alun, qui servait aussi à augmenter le rendement et à donner une plus grande blancheur. Liebig dit dans ses Lettres sur la chimie qu’il a vu en Écosse dans une fabrique des monceaux d’alun en poudre fine destinés à la boulangerie de Londres. M. Balland n’a pas observé cette addition, condamnable même à faible dose, dans les livraisons de pain faites à l'armée. -
- Mais lafraude la plus connue vient de l’eau. On peutfaire rendre à la farine de 126 à 148 pour 100 de pain, par une simple variation de la proportion d’eau de 6 pour 100 dans la farine et 7 pour 100 dans le pain, c’est-à-dire selon que la farine renferme 13 ou 19 p. 100 d’eau, et le pain 35 à 42 p. 100. C’est ainsi que, de temps immémorial, on a employé, dans certaines régions de la France, de 1 eau de son, la méthode, généralisée par de La Jutais en 1770, puis modifiée par Parmentier en 1789, fut brevetée en
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- NOTES DE CHIMIE. -- DÉCEMBRE 1908.
- 1833 par Herpin de Metz. Au lieu du lavage des sons, on a proposé de pétrir la farine de blé avec du riz cuit à l’eau, qui peut absorber jusqu’à cinq fois son poids d’eau. Il a été pris un grand nombre de brevets pour des moyens à l’aide desquels on peut faire ainsi absorber à la farine une forte proportion d’eau et diminuer le prix de revient.
- Mais c’est donner de l’eau pour du pain. Le rendement dans les manutentions militaires doit être de 140; la bonlangerie de Paris admet 128 kgr. de pain p. 100 de farine.
- Rappelons que la croûte ne contient en moyenne que 28 p. 100 d’eau, tandis que la mie en renferme 43. M. Balland a remarqué depuis longtemps que le rapport de la croûte à la mie tient essentiellement à la forme des pains, à leur dimension, à la température du four, etc.
- La détermination de l’eau dans le pain est une opération très délicate, M. Balland s’étonne que le Ministre qui vient de rendre obligatoires, pour les essais des farines, les méthodes employées au laboratoire du Comité de l’intendance, ne mentionne pas le dosage de l’eau pour l’examen des pains. Au lieu d’opérer sur quelques grammes seulement comme le conseillent certains auteurs classiques, il est nécessaire de prendre des segments de 100 à 150 grammes, allant du centre des pains à leur partie extérieure, de façon que la croûte et la mie s’y trouvent dans une proportion rationnelle.
- SUR LA SACCHARINE
- Les législations de presque tous les pays ont interdit l’emploi de la saccharine dans les aliments.Et pourtant la production des fabriques allemandes croît sans cesse. En 1896-97,4 labriquesproduisaient 34 682 kilos; en 1899-1900 6 fabriques produisaient 146 206 kilos; en 1900-1901, 189734 kilos.La saccharine s’introduit partout frauduleusement, M.'S. L. Jlaschkovitsch, directeur de l’Institut sanitaire de Saint-Pétersbourg, a exposé quels modes elle emploie pour s’introduire en Russie, dans un mémoire présenté au Congrès international pour la répression des fraudes alimentaires. La frontière de la Finlande a été choisie de préférence, malgré le droit d’entrée de 180 francs par kilo. On n’acquitte pas le droit d’entrée, on attend la vente aux enchères publiques et on rachète la saccharine à relativement bon compte.
- En Angleterre, la saccharine et tous les produits en contenant, acquittent .un droit de 5 centimes le gramme. La contravention est punie d’une amende de 1250 francs. — En Allemagne (loi du 7 juillet 1902), le Conseil Fédéral donne des autorisations de fabriquer ou d’emporter dans des cas séparés. Amende de 1 800 francs et prison en cas de contravention.— En France (loi du 30 mars 1902) l’emploi est défendu, sauf dans un but pharmaceutique ou technique. Amende de 100 à 1 000 francs. — En Belgique (loi du 21 août 1901), la saccharine est interdite sous peine d’un emprisonnement de 4 à 12 mois, et d’une amende de 1 000 à 5 000 francs. »
- M. Raschkovitch mentionne que sur 945 analyses de produits sucrés faites en 1898-1899, 250 échantillons, soit 27,4 p. 100, ont été reconnus renfermer de la saccharine. — Au laboratoire de l’Institut, d’octobre 1907 à juin 1908, sur 311 échantillons de boissons, 30 soit 9 p. 100; sur 155 échantillons de vins, 14 soit 9 p. 100 ont été reconnus additionnés de saccharine.
- « La saccharine est actuellement produite en quantité considérable aux usines de Fahlberg et List, près de Leipzig, Heyden près Dresde, Friedrich Bayer à Elberfeld, Monnet et Cartier, à Lyon, etc. Il y a une fabrique en Russie dans le bourg de Pabia-nits, prèsLodz.
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- LES POUDRES FLUENTES.
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- « Les analyses de IL Meyer ont démontré que la saccharine en vente contient jusqu à 70 p. 100 d’anhydride ortho sulfimido-benzoïque, une matière vénéneuse n’ayant pas de goût sucré. Sur ces indications et sur notre]proposition, M. Dayn, licencié en pharmacie, a effectué au laboratoire de l’Institut polytechnique de Kieff, une analyse chimique complète des quatre espèces de saccharine en vente, de la maison de commerce Heyden; il a été constaté que l’espèce n° 1 est 300 fois plus sucrée que le sucre, 1 espèce n° 2, 330 fois, que les deux espèces contiennent une teneur considérable de substances secondaires (de 14 à 15,7 p. 100 d’acide para-sulfamido-benzoïque, tandis que les espèces n° 3 « crystallose » et n° 4 présentées comme 400 fois plus douces que le sucre peuvent être considérées comme de la saccharine pure.
- « Nous avons fait toute une série d’essais en 1899, 1900 et 1901 â l’effet d’éclaircir les propriétés physiologiques de la saccharine et, à cette occasion, les caractères antiseptiques, antifermentescibles et diurétiques ont été déterminés.
- Les résultats ont été que l’effet antiseptique de la saccharine pure est presque égal à celui de l’acide salicylique. La saccharine a une influence retardante sur les ferments de l’appareil digestif; et dans les essais faits sur l’alimentation des lapins, le poids des bêtes a diminué, tandis que la sécrétion urinaire et particulièrement celle des chlorures augmentait. Avec la gelée de l’agar-agar tiré des régions transcaspiennes, qui autrefois n’avait d’application que dans les travaux bactériologiques, on prépare maintenant une marmelade, avec addition de saccharine. — La douceur intense de la saccharine, dit encore M. Raschkovitch, rend possible de supprimer le goût fortement aigre de l’éther et c’est grâce à la saccharine que l’ivrognerie par l’éther amenant les conséquences les plus pernicieuses a pris un si grand développement dans le sud-ouest du pays. En outre, les essais de Jean Bourgy ont démontré que les brasseurs mélangent la bière devenue aigre, avec la saccharine. On considérait-cette détérioration de la bière comme irrémédiable, auparavant, et la bière elle-même perdue. Cette bière, très nuisible à la santé, se vend maintenant grâce à la saccharine.
- LES POUDRES FLUENTES
- Ce sont des poudres dont les particules adhèrent entre elles aussi peu que possible, et s’étalent aisément sur les surfaces mais se mouillent très difficilement. Elles doivent cette propriété à la présence d’un nombre considérable de bulles d’air entre les particules de la poudre ; soit que les particules présentent des effets en relief qui retiennent l’air, comme c’est le cas des spores de la poudre de lycopode; soit que des particules plus grosses se garnissent comme revêtement de particules plus petites qui emprisonnent l’air, comme c’est le cas d’un mélange de grains d’amidon et de grains de carbonate de magnésium.
- Le Journal du pharmacie donne (n° du 16 décembre 1908, p. 550) la composition de deux poudres fluentes fondamentales qui peuvent servir d’excipient pour toutes les autres, d’une part la poudre de lycopode et d’autre part le mélange : fécule 98, cire de Carnauba 1, carbonate de magnésium léger 1. Additionné soit d’une solution d’éosine, soit d’une solution d’ichtyol à 1 p. 100, soit de poudre d’oxyde de zinc, il constitue une poudre pour le visage, rose, jaune, ou blanche. Pour les affections cutanées, on remplace le carbonate de magnésium par de 1 alun, du tannin, de 1 oxyde de zinc, etc.
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- NOTES DE MÉCANIQUE
- les essais de résistance des métaux au choc, d’après MM. E. Stcinton
- et L. Bairstoiü (1).
- On fît, dans les expériences de MM. Stanton et Bairstow, au National Laboralory de Teddinglon, des essais comparatifs par rupture d’un seul coup ou par chocs répétés, sur les fers et aciers du tableau ci-dessous.
- ça i NATURE a a m TÀ 'À AUX ESSAIS STATIQUES.
- NUMÉRO DES ESSA DES MÉTAUX. Y o « a < o Y < o Y. < a o w ,'V a o m o m o Limite d’élasticité. j Tension J de rupture \ par mm2. [ Allongement 1 p. 100 sur 50 millim.
- 1 Fer au bois de Suède 0,039 trace trace trace 0,018 K il. 23 31 48
- 2 Acier Bessemer commercial. 0,160 0,640 0,007 0,000 0,061 38 47 37
- 3 Acier Bessemer suédois.. . . 0,165 0,310 0,017 0,056 0,022 42 49 27
- 4 Tôle de chaudière acier doux. 0,170 0,570 0,040 0,019 0,050 26 45 80
- 5 Fer forgé anglais de lre qualité. 0,195 0,005 0,086 0,030 0,054 28 36 41
- 6 Acier Bessemer suédois. . . 0,206 0,290 0,009 0,011 0,020 34 43 38,5
- GA » . . . 0,170 0,100 0,021 0,016 0,013 38 44 32
- 7 » ... 0,270 0,250 0,027 0,012 .0,023 48 58 28
- 8 » ... 0,414 0,320 0,036 0,012 0,017 50 65 24,5
- . 8 À » ... 0,446 0,370 0,058 0,012 0,028 44 69 24,5
- 9 > ... 0,604 0,190 0,022 0,012 0,016 61 70 22
- 9 A )) ... 0,645 0,260 0,062 0,010 0,028 47 75 20,5
- 10 Tôle de chaudière 0,311 0,415 0,018 0,033 0,020 26 49 ’ 34
- On employa, pour les premiers essais, deux machines : la machine d’Izod, dont le principe est indiqué en figure 1, agissant par pliage d’un barreau entaillé sous le choc d’une masse pendulaire, et la machine figure 3, dans laquelle une masse T, guidée par des galets RR sur les colonnes G, frappe la tête d’un piston P, qui transmet ce choc à une éprouvette vissée dans une plaque C, mobile sous le choc, et dans le bâti BP. Ce qui reste d’énergie dans la masse T après la rupture de l’éprouvette est absorbé par les
- (1) Institution of mechanical Engineers, London, 20 novembre 1908 et Engineering, 27 novembre et 4 décembre.
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- ESSAIS DE RÉSISTANCE DES MÉTAUX AU CHOC. 1519
- ressorts SS de la plaque SP, et l’on mesure cette énergie par la hauteur, donnée par l’index S, à laquelle ces ressorts renvoient la masse T.
- Les éprouvettes employées avec cette machine avaient, au corps, 25mm,4 de long sur6mm,35 de diamètre; le diamètre des parties filetées était de 13 millimètres. On
- Fig. 1 et 2. — Machine lzocl pour essai par choc et pliage et dispositif pour essai au pliage statique.
- Fig. 3. — Machine pour essai par choc unique en traction.
- essayait, comme comparaison, des éprouvettes 'semblables à la traction sur une machine ordinaire. Quant aux éprouvettes entaillées de], la machine figure 1, l’essai statique comparatif se faisant en les soumettant, par paires saisies comme en figure 2, dans l’étau d’une machine à compression, à la poussée lente du piston de cette machine.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1908.
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- L’essai par pliage en chocs répétés se faisait au moyen de la machine figure 4, dont la masse, soulevée puis lâchée par une came tournante, frappe sur le milieu de l’éprouvette entaillée par une gorge et retournée automatiquement de 180° après chaque choc. Les éprouvettes, de 114 millimètres entre couteaux d’appui, avaient 12mm,7 au corps et
- Fig. 4. — Essais par choc de pliage ou Üexion répétés.
- Fig. 5 à 7. — Essais par chocs alternativement en tension et en compression.
- 10 millimètres à la gorge en V ; la masse pesait 2kil,13 et sa chute pouvait se régler de 0 à 89 millimètres ; vitesse maxima 100 coups par minute, ce qui rend ces essais très lents. La rupture se produit par le développement d’une crique à la gorge, et qui peut s’étendre, avant rupture, presque jusqu’au centre, dans les essais par petits chocs nombreux : 50 000 par exemple, et presque sans déformation permanente avant rupture, sinon dans les essais rapides, avec rupture sous moins de 100 coups.
- Dans la machine figure 5, correspondant à celle figure 3, l’éprouvette est vissée dans
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- Charge en livres.
- ESSAIS DE RÉSISTANCE DES MÉTAUX AU CHOC.
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- (leux manchons S° et S' ; la masse T frappe d’abord sur les tiges PP du manchon S', passées dans S°, appuyé sur 11', et donne ainsi un choc de tension, puis la machine retourne l’ensemble S°S', comme de figure 6 à fîg. 7, de sorte que la masse donne alors un choc de compression. Ce retournement se fait par les cames AA, qui, par les tiges BB, guidées en gg, soulèvent le croisillon c de manière à dégager S° de R, puis par la came a et la manivelle de C, qu’elle fait tourner de 180°. La masse est levée, puis lâchée par la came à galet GD ; la chute peut varier de 25 à 84 millimètres. La machine est commandée par un moteur d’un sixième de cheval, qui s’arrête automatiquement après la rupture de l’éprouvette.
- Les essais de rupture par un choc unique ont été exécutés sur des éprouvettes en
- 2 Oins.
- Fléchissements en pouces.
- Fig. 8. — Essais statiques de pliage sur éprouvettes entaillées.
- acier Bessemer suédois de teneur en carbone variant de 0,16 à 0,6 p. 100, avec les machines figures 1 et 3, et comparés aux essais statiques.
- Les diagrammes figures 8 et 10 donnent les principaux résultats de ces essais : travail de rupture en fonction de la teneur en carbone. On voit que ce travail est beaucoup plus élevé dans, les ruptures au choc que dans les essais par tension statique (fig. 10), ce qui est dû à l’absorption d’une partie de l’énergie de la masse par les organes transmetteurs de son choc à l’éprouvette ; mais les allures des courbes des essais de choc et par rupture statique n’en concordent pas moins d’une f(içon très remarquable dans les deux cas (fig. 9 et 10) de sorte que les essais statiques signalent aussi bien les faiblesses de l’éprouvette que les essais par choc unique ; conclusion d’accord avec celles de MM. Hatt et Breuil.
- Les résultats des essais de rupture par chocs de flexion répétés, exécutés sur barreaux entaillés avec la machine fig. 4, sont donnés par le diagramme fig. 11, Tome 110. — Décembre 1908. 99
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- 1522
- NOTES DE MÉCANIQUE. — DÉCEMBRE 1908.
- remarquable par l’identité de l’allure de ses différentes cordes, dont la variation, pour un même métal et différentes éprouvettes, ne dépassait guère 3 p. 100 ; cette uniformité est confirmée par le diagramme figure 12, représentatif d’essais exécutés sur 30 éprouvettes d’un même acier doux.
- Les diagrammes fig. 15 et 16 donnent l’énergie nécessaire pour rompre l’éprouvette, d’un seul coup, puis après 10,. 100, 10 000, 100 000 coups, suivant sa teneur en carbone. On y voit que l’allure de ces courbes reste comparable à celle de la rupture d’un seul coup (fig. 13)? jusqu’à 750 coups, nombre à partir duquel la résistance élastique des aciers les plus carburés augmente au point, qu’après 10 000 coups, l’allure
- > ICO
- Teneur en carbone p. 100.
- Fig, 9, __ Essais au choc par pliage d’un seul coup et pliage statique.
- Teneur en carbone p. 100.
- Fig. 10. — Essais de tension statique et par rupture au choc d’un seul coup.
- des courbes est intervertie, les sommets prenant la place des creux des' courbes précédentes.
- On eut beau diminuer l’importance des chocs, aller jusqu’à un million avant la rupture, on ne put jamais arriver à déterminer cette rupture par un petit choc sans criques de l’éprouvette, tandis que, dans les essais avec chocs alternativement de traction et de compression (machine fig. 5) ce résultat se produisait après environ un million de chocs alternés. Pour arriver à déterminer néanmoins la limite de résistance des éprouvettes aux chocs répétés, on coupait l’une d’elles par sa gorge, après un grand nombre de chocs, 120 000 par exemple, et on examinait au microscope sa tranche polie et attaquée à l’acide. Si l’on y découvrait une crique assez profonde, on la mesurait, et on opérait de même sur une autre éprouvette, soumise au même nombre de chocs légèrement diminués, et ainsi de suite, de manière à pouvoir tracer un diagramme des longueurs des criques en fonction de l’énergie des chocs qui les produisent (fig. 15). Comme la résilience limite R, ou le travail maximum que le métal peut absorber en efforts de pliage ou de traction, par unité de volume, sans
- t-
- dépasser sa limite d’élasticité est proportionnel à W, f étant la limite d’élasticité
- h
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- ESSAIS DE RÉSISTANCE DES MÉTAUX AU CHOC.
- 1523
- réelle du métal et E son module d’élasticité, on put, en parlant des valeurs de f et de E déterminées par les méthodes habituelles, établir que les valeurs de R, pour les quatre métaux du diagramme fîg. 15 ; fer et aciers à 0, 2 0,4 et 0,6 p. 100 de carbone, étaient entre elles dans les rapports de 1 à 0,92, 2,5 et 2,7, tandis que les valeurs des énergies limites de rupture aux chocs étaient dans les rapports de 1. 092.1,3 et 1,5, c est-à-dire croissaient dans le même ordre que R, mais moins vite avec la teneur en carbone. Cette différence tient peut-être à l’extrême difficulté de déterminer les très petites criques de 2 à 3 millièmes de pouce de profondeur.
- Les essais exécutés sur éprouvettes non entaillées, et sur les mêmes fers et aciers
- Fig. 11. — Essais par chocs de flexion répétés au moyen delà machine figure 4. Les distances entre les lignes verticales représentent 10 000 chocs.
- SfiOO 10,000 ISflOi
- Nombre des chocs pour la rupture.
- Fig. 12. — Essais au choc sur 30 éprouvettes entaillées d’un même acier doux.
- que les éprouvettes entaillées, ne se sont pas, en raison de la lenteur de la machine fig. 5, étendus au delà de 50 000 coups. Leurs résultats sont donnés par les courbes du diagramme figure 16, et sont semblables à ceux des essais statiques de tension et compressions lentes alternées ; ces deux genres d’essais conduisent à des limites de résistance concordantes avec celles données par les éprouvettes entaillées à la flexion au choc.
- Pour étudier l’effet des chocs répétés sur la microstructure de ces métaux, on détermina, sur le milieu des éprouvettes figure 6, légèrement réduites en ce milieu pour y mieux localiser les strictions, une petite face plane bien polie, parallèle à l’axe de l’éprouvette puis attaquée par les acides, et qu’on examinait ensuite au microscope après un certain nombre de chocs alternativement de traction et de com-
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1908.
- 1524
- pression. Les figures 17, 18 et 19 représentent l’aspect de ces micrographies pour des
- B LOWS
- SLOWS
- <t 0-6X O
- Teneur en carbone.
- Fig. 13. — Essais sur éprouvettes entaillées.
- 100,000 BLOWS
- 10,000 BLOWi
- Ï50 BLOWS
- 1,000 BLOWS
- Teneur en carbone.
- Fig. 14. — Essais sur éprouvettes entaillées.
- éprouvettes en fer de Suède chauffées à 1000° et refroidies lentement après 8 400, 12 000 et 29 000 coups; on y voit se développer graduellement un réseau de deux séries 'de
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- ESSAIS DE RÉSISTANCE DES MÉTAUX AU CHOC. 1525
- lignes de glissement perpendiculaires entre elles. Avec de l’acier à 0,6 p. 100 de carbone, après 6 000 coups (fig. 20) la crique se propage par la ferrite de la section, puis (fig. 21) après 18 000 coups, par la perlite. La ferrite semble la principale cause d’affai-blissement de métal.
- Ces lignes n’étaient que très superficielles ; elles disparaissent au polissage ; mais, dans la rupture par un choc brusque unique sur du fer de Suède (fig. 22) les raies, divisées en trois systèmes, dont le principal horizontal sur la figure 22, le second à 30° et le troisième perpendiculaire au premier, ne disparaissent plus au rèpolissage. Ces lignes, dites de Neumann, sont dues probablement à des changements moléculaires le long de plans de clivage de la structure cristalline du métal. En rupture par
- g 002
- Profondeur des criques en pouces.
- Fig. 15. — Détermination de la résistance aux essais de choc.
- Milliers de chocs déterminant la rupture.
- Fig. 16. — Résistance aux chocs sur éprouvettes non entaillées.
- fatigue, les criques résultent du développement de ces lignes, dans la rupture par choc comme dans celle par efforts statiques alternés lentement.
- D’autre part, il résulte d’un certain nombre d’essais préliminaires que le nombre des chocs nécessaires pour déterminer la rupture est indépendant de l’acuité de l’entaille en V, pourvu que ce nombre soit assez grand, et dépend du rapport du diamètre au corps à la profondeur de l’entaille et de l’écartement des points d’appui, de sorte que, pour obtenir des résultats comparables avec des éprouvettes de dimensions différentes, elles doivent être géométriquement semblables.
- Pour vérifier cette assertion, on a fait une série d’essais avec des éprouvettes de dimensions dans le rapport de 1 à 1X2, des masses dans le rapport de 1 à 21X2, de sorte, qu’à hauteur de chute égale, leur énergie, par unité de volume de l’éprouvette, fût la même et les résultats ont montré, après 3000 coups, que la résistance spécifique des petites éprouvettes était un peu plus grande que celle des éprouvettes étalons, de sorte que la règle de similitude pourrait, sans doute, s’appliquer en pratique.
- Des essais comparatifs exécutés sur des éprouvettes entaillées d’up. acier normal
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- Fig. 17 après 8 400 coups.
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- Fig. 18 après 12 000 coups.
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- Fig. 10 après 29 000 coups.
- Fig. 17, 18 et 19. — Essais au choc (fig. 5). Fer de Suède chauffé à 1 000° et refroidi lentement. Grossissement 120 diamètres.
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- Travail des choes des plein-i rc
- ESSAIS DE RÉSISTANCE DES MÉTAUX AU CHOC.
- 1527
- puis martelé au rouge sombre de manière à porter sa charge de rupture statique de 43 à 72 kilogrammes par millimètre carré et sa limite d’élasticité de 28 à 41 kilogrammes ont donné les résultats indiqués sur le diagramme figure 24, en comparaison avec ceux fournis par des éprouvettes tirées d’une mauvaise tôle de chaudière. On voit que l’acier cassant et la mauvaise tôle, très faibles par rapport à l’acier normal aux chocs intenses, résistent mieux aux faibles chocs, qui les doucissent.
- D’après les auteurs, il résulte de leurs essais qu’il faut, pour déterminer la fragilité
- Nombre des coups.
- Fig. 23. — Essais par chocs sur éprouvettes entaillées d’aciers cassant, normal et faible.
- Nombre des coups.
- Fig. 24. — Essais de chocs sur éprouvettes entaillées de bronze à 9,9 et 7,4 p. 100 d’aluminium.
- et la faible résistance élastique d’un métal, faire deux essais distincts, suivant qu’il s’agit de révéler l’un ou l’autre de ces défauts : de résistance plastique ou de résistance élastique, ce qui s’explique par la considération qu’il faut dépenser sur l’éprouvette, pour déceler le premier de ces défauts, une énergie environ trois cents fois plus grande que dans le second cas. L’expérience a définitivement démontré que les métaux qui résistent aux essais par efforts alternés résistent d’autant aux chocs qu’ils sont appelés à subir dans les mécanismes.
- En ce qui concerne les essais au choc, ceux sur barreaux entaillés semblent les plus sûrs et les plus faciles. En raison de l’extrême importance de connaître la fragilité des aciers, l’épreuve par choc unique sera la plus fréquemment employée, mais, pour l’étude de la valeur constitutionnelle de l’acier, il faudra avoir recours aux méthodes par chocs répétés et d’intensités variables, comme, par exemple, pour les essais exécutés sur deux alliages de cuivre-aluminium à, respectivement, 9,9 et 7,4 p. 100 dont le diagramme figure 24 fournit tous les renseignements pratiques nécessaires sur la résistance de ces alliages aux chocs alternés, d’accord avec ceux obtenus par les méthodes ordinaires et la loi de similitude f/E, en les comparant avec des éprouvettes d’acier.
- Enfin, il résulte de ces essais, et de bien d’autres, que l’acier n’est pas un métal si hétérogène et capricieux qu’on le dit souvent, car il ne donnerait pas de résultats aussi concordants aux essais par éprouvettes entaillées, les plus sensibles à tout défaut d’homogénéité.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1908.
- évolution de l’éclisse, d’après J/. Leod Thomson (1).
- Les premières éclisses, en 1855 (fig. 25), ne servaient qu’à réunir les rails sans les soutenir. En 1865, l’éclisse intervient comme soutien du rail, mafs elle reçoit la pression de la tête du rail par un élément incliné de 60° environ sur l’horizontale, et déterminant des efforts de traction excessifs sur les boulons; peu à peu, cette inclinaison s’abaissa aux valeurs actuelles de 13 à 15°, ce qui permit de donner à ce type d’éclisse une rigidité d’environ 20 p. 100 de celle du rail.
- L’augmentation des charges des rails conduisit, vers 1870, à l’adoption de la forme (fig. 25), d’une rigidité de 30 p. 100 de celle du rail. Le tracé pointillé indique,
- sur cette figure et sur les suivantes, la déformation de l’éclisse sous l’action d’une charge verticale, et l’on y a aussi représenté par des droites pointillées les axes neutres horizontal et vertical. On voit que les fibres extrêmes du patin de l’éclisse ne travaillent que très peu, bien qu’elles soient les plus éloignées de l’axe neutre, de sorte que le métal n’y est que médiocrement utilisé.
- La forme de 1875 permit de réaliser une rigidité de l’éclisse égale à 75 p. 100 de celle du rail, et même, à force de métal, de la même rigidité que le rail, mais le métal y est encore mal utilisé, car l’axe neutre vertical sort du corps vertical de l’éclisse. Il en résulte, de par la charge même du rail et par la réaction de la semelle de l’éclisse sur le ballast dur et gelé, une tendance à rester déformée comme l’indique le tracé, pointillé, avec des tractions excessives sur les boulons. Ce même défaut subsiste dans le type de 1885, dont le patin replié n’a d’autre effet que de
- <7
- (1) Railroad Age Gazelle, 6 février 1907, p. 1284.
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- ÉVOLUTION DE l’ÉCLISSE. 1529
- s’opposer à cette déformation permanente et présente de grandes difficultés de fabrication.
- La forme de 1895 ramène l’axe neutre dans la partie verticale de l’éclisse et change le sens de la déformation, qui ne compromet plus le serrage de l’éclisse. On put ainsi réaliser sans grand excès de métal des éclisses d’une rigidité égale à celle du rail. La forme de 1900, avec une partie verticale très épaissie et l’axe neutre vertical passant par son milieu, était meilleure encore que la précédente, mais présentait de grandes difficultés de fabrication.
- Les formes suivantes permirent de réduire encore le métal en assurant à l’éclisse
- Fig. 26. Fig. 27.
- Fig. 28.
- une grande rigidité, tout en diminuant le plus possible les difficultés de fabrication. Des essais ont démontré que l’on pouvait réduire à 5 et 10 les épaisseurs des lames inclinées inférieures et supérieures de ces formes sans nuire à leur efficacité, et en améliorant même par une certaine souplesse le roulement des rails.
- Le moment d’inertie de l’éclisse (fig. 26) est de 1,5 fois celle de sonraü; elle est destinée à une voie où l’on exige, coûte que coûte, une extrême rigidité des joints; l’éclisse (fig. 27), au contraire, très légère, car son poids ne devait pas dépasser celui des éclisses ordinaires, assure une rigidité de 70 p. 100 de celle du rail.
- Le' type (fig. 28), avec partie centrale du type de 1898 (fig. 25), a une rigidité de 104 p. 100.
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- NOTES DE MÉCANIQUE; — DÉCEMBRE 1908.
- ESSAIS DE FRAISEUSES ET FRAISES À DENTS RAPPORTÉES POUR GRANDES VITESSES,
- d’après MM. de Leeuw, Lewis et H. Taylor (1).
- : • 1 - ï. r
- Ces essais ont été exécutés-avec des fraiseuses de la Cincinnati Milling Machine C° des types anciens et du type nouveau à grande puissance ët dèux machines d’une autre marqua* sur des blocs de 457 x 140 x 140 mm., en acier à 0,16 p. 100 de carbone, d’une résistance à la rupture de 37 kO. par millimètre carré, limite d’élasticité 31 kilogrammes, allongement de rupture 50 p. 100, striction 54 p. 100. On employait
- 6 7
- Avances en pouces par minute.
- Fig. 29. — Volume de métal enlevé par cheval-minute avec des pénétrations variant de : 0,2 à 0,06 pouces et des vitesses de coupe de 3m,60 et 9m,60 par minute.
- 0.15 -
- 10 11 12 13 14 15 10
- S 9
- Avances en pouces par minute.
- Fig, 30. — Volume de métal enlevé par cheval-minute à des pénétrations de 0,2 et 0,025[pouces et à la vitesse de coupe de 13m,50 par minute.
- une fraise hélicoïdale de 150 millimètres de long x 89 de diamètre, calée sur un arbre de 38 millimètres, et en acier rapide. Les fraiseuses étaient commandées par une dynamo attelée sur leur courroie, dont on lisait la puissance sur ampèremètre et voltmètre. Le volume d’acier débité, ou son poids, par minute, était donné par le produit de la section de la coupe (largeur x profondeur) par la longueur de l’avance par
- (1) American Society of mechanical Engineers, décembre 1908.
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- ESSAIS DE FRAISEUSES. 1531
- minute, relevée directement ou calculée d’après les rapports de transmission et la vitesse de rotation de la poulie mesurée au tachymètre.
- Les profondeurs de coupes, ou pénétrations, étaient successivement de lmtn,6, 3mra,2, 4mm,7, 6mm,3 et 9mm,5 sans réafïutage de la fraise pendant une série d’essais, et les vitesses d’avancement augmentaient progressivement jusqu’au refus de la courroie.
- Les diagrammes figures 29 à 32 donnent les principaux résultats de ces essais. La
- Avances en pouces par minute.
- Fig. 31. — Volume de métal enlevé par cheval-minute à différentes pénétrations et avec des vitesses de coupe de 20m,15 et 45 m. par minute.
- 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 160
- Vitesse de coupe à pieds par minute.
- Fig. 32. — Métal enlevé par cheval-minute à différentes vitesses de coupe, avec des pénétrations de 0 pouce 120 et 0 pouce 06 et des avances de 1 3/8 à 9 1/2 pouces par_minute.
- puissance à dépenser pour enlever un volume donné d’acier : un pouce cube (1 c3,4) dans l’espèce, varie considérablement avec la vitesse de la coupe, sa pénétration et l’avance de la table, et diminue à mesure que la section du copeau se rapproche de celle d’un carré. En outre, toutes les fraiseuses ont un rendement très inférieur à celui des tours, ce qui importe peu, car leur principal avantage est de se prêter au façonnage exact des profils les plus variés.
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- NOTES DE MÉCANIQUE. ---- DÉCEMBRE 1908.
- Dans les fraiseuses, la commande de l’avance de la table absorbe un grand travail, jusqu’à -10 p. 100 de la puissance totale, soit de 3 ch.,5 par exemple pour une fraiseuse Cincinnati n° 4, ce qui, avec une avance de 20 pouces (507 millimètres) par minute, conduirait, en ne tenant pas compte de ce travail ou des frottements du mécanisme de la table, à une pression de 31 tonnes environ sur l’outil, et de 62 tonnes pour une avance de 10 pouces par minute. Or, une fraiseuse ne dépensant que 6 chevaux sur l’outil même et 8 sur le mécanisme de rotation de la fraise, en dépenserait 11,5 pour l’avance de sa table, ce qui donnerait, avec une vitesse de coupe de lm,20 par minute
- Fig. 33. — Détermination du rendement des fraiseuses.
- à la circonférence de l’outil, une pression de 2 200 kilos environ sur cette circonférence, ce qui est loin des 72 tonnes.
- Pour déterminer la véritable résistance de l’avance de la table et le rendement de son mécanisme pour différentes pressions sur la fraise, M. de Leeuw employa le dispositif représenté par la figure 33, dans lequel la fraise est remplacée par la roue d’un frein hydraulique dont on peut faire varier la’résistance avec précision. La table est attelée à une chaîne reliée à un dynamomètre Weston calibré jusqu’à une traction de 8 000 livres (3 620 kil.), de sorte qu’on put, pour chaque vitesse de l’avancje, employer des tractions de 1 000, 2000, 3 000, 4 500 et 6 000 livres; la différence entre le travail total correspondant de la dynamo et celui du frein hydraulique permettait de déter-
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- ESSAIS DE FRAISEUSES.
- 1533
- miner la puissance absorbée par la table et son mécanisme. Les courbes du diagramme fig. 34 montrent que le rendement des mécanismes de l’avance, qui croissent avec la vitesse de cette avance, et varient considérablement d’un type de fraiseuse à l’autre, sont toujours très faibles, n’atteignant jamais 20 p. 100. C’est certainement le point
- 1U 11 12
- 13 14 15 16
- 1T 1S IP
- Avances en pouces par minute.
- Fig. 34. — Rendement en fonction des avances.
- Chevaux nets.
- Fig. 34. — Courbes de rendement des différentes fraiseuses.
- faible de ces fraiseuses, car tout ce travail perdu est, en somme, employé en frottement et en usure des mécanismes.
- Pour déterminer le rendement du mécanisme de commande de la fraise, on employa le dispositif représenté par la figure 35, consistant dans l’accouplement des deux fraiseuses identiques par un arbre reliant leurs broches. Ces fraiseuses étaient découplées des mécanismes de leurs tables ; l’une d’elles était commandée par une dynamo et
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- 1534 NOTES DE MÉCANIQUE. ------ DÉCEMBRE 1908.
- l’autre entraînait une dynamo de rendement connu, de sorte que la différence des puissances dépensées et absorbées par ces deux dynamos permettait d’évaluer le ren-
- Fig. 35. — Détermination du rendement du harnais des fraiseuses.
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- Vitcsso do la broche en tours par minute.
- Fig. 36. — Rendement des fraiseuses Cincinnati n° 4 avec des charges de 100 à 70 ampères sur la dynamo de l’appareil fig. 35.
- dement des mécanismes fraiseurs. Les courbes du diagramme figure 36 donnent les résultats de ces essais et montrent que le rendement de ce mécanisme varie peu avec sa charge.
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- ESSAIS DE FRAISEUSES.
- 1535
- On peut bien améliorer le rendement mécanique des fraiseuses en y évitant tout effort en porte à faux, en réduisant la vitesse et le nombre des engrenages..., mais de
- 2°Clearance
- • Fig. 37.
- très peu ; c’est sur la fraise même qu’il faut agir pour diminuer le travail à dépenser par unité de volume abattu. Une fraise hélicoïdale a abattu 0,48 pouces cubes (9c3,5) d’acier doux par cheval minute net, tandis qu’une fraise de front à dents rapportées abattait 10,5 centimètres cubes, ou 33 p. 100 de plus, et la fraise figure 37, 15,7 centi-
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- 1536
- NOTES DE. MÉCANIQUE. --- DÉCEMBRE 1908.
- mètres cubes, comme aussi celle figure 38, c’est-à-dire 100 p. 100 de plus. Les dents de ces fraises avaient leurs faces d’avant tangentes à un cercle concentrique à là broche de manière à donner un dégagement de 15° à leur tranchant; l’angle de dépouille est de 7°. On voit que les fraises en bout avec dégagement permettent d’abattre une fois plus de métal que les fraises hélicoïdales, à puissance égale dépensée,
- Fig. 39. — Fraise à 18 dents en lames hélicoïdales rapportées de 200 x 90 mm. de diamètre.
- i-
- Fig. 40. — Lame de fraise courbée en hélice et traitée au procédé Taylor White avant son insertion dans la fraise.
- et l’on pourrait, en modifiant ces fraises d’une manière que M. Leewes ne décrit pas, arriver à abattre jusqu’à 19 centimètres cubes par cheval-minute.
- Les fraises à dents rapportées de M. Peck sont (fig. 39) constituées par l’insertion de lames hélicoïdales (fig. 40) dans les rainures correspondantes d’un cylindre d’acier où elles sont maintenues par un alliage spécial, indiqué en noir sur la figure 41, coulé entre les lames et les faces opposées des rainures, puis refoulé. Les lames sont, au préalable, courbées en hélice (fig. 40) dans une machine spéciale, assez rapidement pour qu’elles ne se refroidissent pas au-dessous de leur température de forgeage pendant
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- ESSAIS DE FRAISEUSES.
- 1537
- 1 opéiation. Le pas de l’hélice est de neuf fois le diamètre, ce qui lui donne une inclinaison d environ 20°. Plus le centre de pression du copeau se rapproche du tranchant, plus la chaleur se concentre sur ce tranchant et il faut augmenter la dépouille clearence (fig. 41) afin d’éviter que la chaleur dégagée par le frottement de la lame ne fasse gripper le copeau sur son tranchant. C’est pour éviter ce grippement, qu’avec les lames droites, on incline légèrement leur front d’avant ou d’attaque sur le rayon R (fig. 43) de manière à lui assurer un dégagement grâce auquel le tranchant peut cliver (fig. 42) le copeau et en réduire le frottement sur le front de l’outil.
- En figure 43, le taillant L (Lip, fig. 41) est incliné de 20° sur le plan axial R, et ce dégagement reste constant sur toute la longueur de la lame.
- Fig. 42.
- CLEARANCE —I_IP ANGLE
- Fig. 41.
- En figure 44 le taillant {Lip, angle fig. 41) varie en croissant de R' à R2, où le front de la lame est incliné de 20° sur le plan axial, R2, condition qui limite la longueur des lames.
- En figure 45, la lame part d’un dégagement nul, en R', pour aboutir, en R2, en raison de son enroulement en hélice, à un dégagement S, de sorte que ce dégagement varie de R' à R2, ce qui modifie en conséquence l’allure de son attaque et provoque des vibrations et broutements de la lame; en outre, la hauteur de la lame s’annule en B, ce qui limite la longueur de la lame et diminue son adhérence au corps de la fraise, dont le diamètre doit alors être relativement grand par rapport à la longueur de la lame, de sorte que, pour une grande longueur, il faut faire ces lames en deux étages, comme en figure 4G, et dont les extrémités se recouvrent en projection.
- Il importe de graisser abondamment la fraise en faisant tomber de l’huile directement sur l’attaque du tranchant. On peut ainsi augmenter de 33 p. 100 la vitesse de coupe avec l’acier, et de 15 p. 100 sur la fonte. L’huile doit être uniformément dis-Tome 109. — Décembre 1908. 100
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- tribuée sur toute la longueur de la fraise par des ajutages écartés de 100 millimètres.
- On a pu, en des essais sur une fraiseuse de Bernent Miles commandée par une dynamo de 40 chevaux, avec une fraise en acier rapide Taylor Newbold, à 18 lames rapportées de 200 de diamètre X 460 millimètres de long, faisant 42 tours par minute
- Fig. 44.
- et travaillant sur de l’acier machine, enlever jusqu’à 6 kilogrammes par minute, avec une avance de la table de 180 millimètres par minute, et une pénétration de coupe de 9 millimètres. Puissance totale 93 chevaux, au tauxO cheval-minute 12 par centimètre cube d’acier enlevé.
- outils de tour sans dépouille, d’après M. J. Hcirtness (1).
- Pour permettre l’emploi d'un outil de tour sans dépouille, il faut imprimer à cet outil un mouvement d’oscillation autour de la pointe de son tranchant, mouvement qui ne change pas la position de cette pointe, mais qui permet aux faces de l’outil de pivoter autour de "son arête de manière à s’adapter à la face du métal en coupe. On peut ainsi employer un tranchant d’angle de coupe plus aigu de façon à diminuer l’effort de coupe et à équilibrer les pressions latérales sur l’arête coupante de l’outil et à éviter le broutement latéral.
- On admet, en général, que l’angle de coupe le plus résistant aux grandes vitesses est celui de 75° et que celui de moindre frottement est de 60° d’après les essais de
- (1) American society of mechanical Enyineers. décembre 1908.
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- OUTILS DE TOUR SANS DÉPOUILLE.
- Nicholson (1). Avec les outils sans dépouille, cet angle peut s’abaisser jusqu’à 30° suivant la nature du travail.
- Ces outils ont été essayés sur des tours ne dépassant pas 50 centimètres de hauteur de pointe et des pièces de 200 à 250 millimètres de long sur 100 à 125 de diamètre, ou de 60 à 90 centimètres de long sur 20 à 90 millimètres de diamètre. Ces pièces
- (1) Revue de mécanique, novembre 1903, juillet 1904, juin 1905, pp. 490,46 et 577.
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- SECTION B-B
- SEOTION A-A
- Fig. 49. — Porte-outil indiquant les éclisses du serrage de l’outil.
- SECTION B-B
- Fig. 51 et 52. — Variantes du porte-outil iig. 50.
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- Fig. 53. — Outil sans dépouille en vraie grandeur montrant l’abrasion des deux côtés du taillant avec, à droite, diminution de l’angle de coupe et, à gauche, augmentation plus grande de cet angle
- Fig. 55. — 2° vue du porte-outil fig. 54.
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- étaient : soit simplement chukées, soit chukées et appuyées, soit tenues entre deux pointes avec ou sans appuis intermédiaires. Elles étaient en acier machine à 0,2 de carbone.
- Dans l’outil oscillant et sans dépouille, son avant appuie sur la pièce en travail, de sorte que la pointe est très bien supportée par son talon. Dans ces outils, l’angle de coupe est, par suite de la suppression de la dépouille, égal à celui même du taillant (Lip des Anglais), ce qui, pour un outil d’une forme donnée, augmente ce taillant de
- 5 à 10°. On a, en outre, obtenu d’excellents résultats en donnant au-dessus de l’outil un dégagement latéral de 10 à 15°.
- On a pu ainsi prolonger notablement la durée des outils ; augmenter le débit des machines par l’usage d’angles de coupe plus aiguë, qui diminuent les e'fforts de coupe et d’avance.
- Les figures 48-55, 57 et 58 qui s’expliquent d’elles-mêmes, montrent quelques modes de fixation de ces outils dans leurs porte-outils. On voit qu’avec le dispositif des figures 50 et 58, le copeau rencontre, à son dégagement de l’outil, un rabatteur qui le brise sur la mâchoire du porte-outil ; on évite ainsi la reproduction de longs copeaux parfois très gênants.
- TUYAUX EN CIMENT ET AMIANTE à'OttO et Scfllosser (1).
- Ces tuyaux sont fabriqués en soumettant à la force centrifuge un mélange d’amiante, de ciment et d’eau renfermé dans un moule cylindrique tournant avec une grande vitesse autour de son axe : de 300 à 1 500 tours par minute.
- L’amiante, préalablement bouillie, est imbibée d’une dissolution de silicate qui en augmente la densité. La matière est introduite par les extrémités du moule, que l’on ferme ensuite. On commence par une rotation très rapide de ce moule, qui ne laisse pas à l’amiante le temps de se séparer du ciment avant de s’appliquer sur le moule par la force centrifuge. L’eau, moins dense, presse à l’intérieur de ce tube de ciment en formation et aide à sa régularité. Après une rotation d’environ un quart d’heure, on enlève le moule et on le laisse en repos pendant deux jours, au bout desquels on en retire le tube' de ciment en ouvrant ce moule ; on laisse ensuite le tube de ciment sécher pendant un mois à l’air.
- Le principe de la machine dans laquelle on fait tourner les moules est indiqué par la figure 56 (2). Le moule F est supporté dans des coussinets r, qui roulent chacun sur deux paires de trois galets e, ajustables par des vis de manière à permettre de centrer exactement ces coussinets. Dans chacun de ces coussinets, le moule est porté à ses extrémités sur les articulations x de trois paires de leviers uu', articulées en y à un anneau s, monté sur le coussinet r, et que l’on peut orienter par la vis l de sorte que les serrages x centrent automatiquement le moule dans ses coussinets. Pour retirer le moule, on le fait porter sur des galets m, appuyés sur le moule par le renvoi ih.
- Lorsqu’on veut armer le tube, on dispose dans le moule un tube en métal déployé maintenu à une distance donnée des parois du moule par des couronnes de tasseaux et on procède comme précédemment. Pour les tubes destinés à supporter des pressions très élevées, on emploie deux ou trois de ces armatures.
- Lorsqu’on veut en obtenir des tubes coniques, le moule doit être incliné sur l’hori-
- (L) A Meissen, Saxe.
- (2) Brevet anglais Otto Schlosser 2935 du 19 novémbre 1908.
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- <ll llllML
- Fig. 56. — Machine Otlo et Schlosser pour la fabrication des tubes de ciment.
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- zontale avec sa petite base vers le bas de manière à compenser, par cette inclinaison, la tendance de la matière à s’accumuler du côté de la plus grande basé où la force centrifuge est plus énergique et à obtenir, malgré cette tendance, une épaisseur uniforme.
- Ces tuyaux, très résistants, imperméables, mauvais conducteurs de la chaleur et de l’électricité, inattaquables par les organismes animaux et végétaux, peuvent être rendus inattaquables aux acides en recouvrant leur intérieur d’enduits ad hoc. Ils se travaillent comme du bois au tournage, sciage, polissage et se prêteraient ainsi à de' nombreuses applications (1).
- (1) The Eng'meer, 4 décembre, p. 600.
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- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1988
- Présidence de M. Bertin, vice-président.
- Rapport des secrétaires :
- M. Hitier.
- Au pays du lait : A travers le Holstein, le Danemark et la Suède, par MM. René Berge et Félix Laurent.
- «Au pays du lait», tel est le titre queMM. René Berge et Félix Laurent ont heureusement choisi pour l’ouvrage dans lequel ils ont réuni les renseignements recueillis au cours d’un récent voyage à travers le Ilolstein, le Danemark, la Suède. Ces régions ont depuis quelques années transformé leur agriculture d’une façon tout à fait remarquable, notamment au point de vue de la laiterie. Le Holstein, le Danemark, la Suède sont devenus des pays d’une importance exceptionnelle, pour la production du lait, l’industrie laitière proprement dite, et la vente des produits de cette industrie. Ces pays donnent des exemples qu’on ne saurait trop étudier et faire connaître. Cette année même, j’ai eu l’occasion de vous signaler déjà, à propos du Danemark, le magistral rapport de notre collègue M. Tisserand, et de vous en montrer le haut intérêt. Je me permets simplement aujourd’hui d’appeler toute votre attention sur le rapport de MM. R. Berge et Laurent, me proposant, dans les notes d’Agriculture devant bientôt paraître dans notre Bulletin, de revenir sur ce sujet en me servant des précieux renseigne-mens recueillis par ces savants agronomes.
- Cours élémentaire d’Agriculture, par MM. Barillot et Sagourin.
- Belin frères, éditeurs, Paris.
- Rien n’est difficile, vous le savez, Messieurs, comme d’écrire un livre de science élémentaire, surtout peut-être quand il s’agit d’agriculture. Ou bien l’auteur donne un résumé de notions abstraites que le lecteur ne pourra comprendre, ou bien, sous prétexte de composer un traité élémentaire d’agriculture, il décrit purement et simplement les diverses opérations de la pratique agricole, et il n’apprend rien aux lecteurs de te campagne à qui de tels livres sont censés destinés ; ces lecteurs, fils d’agriculteurs,
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- savent depuis longtemps comment on attelle un cheval, qu’est-ce qu’une faucille, une faux, etc., et comment on doit s’en servir.
- MM. Barillot et Sagourin ne sont pas tombés dans de tels écueils. Du reste, le cours élémentaire d’agriculture en est à sa dix-septième édition; mais, à vrai dire, c’estpresque aujourd’hui un livre nouveau que nous offre M. Sagourin, et c’est pourquoi j’ai tenu à vous le présenter. Tout en lui conservant les qualités de précision scientifique et de clarté d’exposition qui ont contribué au grand succès de l’ouvrage, M. Sagourin Ta complété de la façon la plus heureuse en tenant compte des connaissances récemment acquises et des progrès accomplis en agriculture.
- Tel qu’il est aujourd’hui, ce petit ouvrage nous paraît un excellent guide pour les instituteurs et pour les fils d’agriculteurs ayant reçu une certaine instruction. En le lisant, leur attention sera appelée sur les seuls points vraiment intéressants pour eux, ils y apprendront ce que la simple pratique agricole n’aurait pu leur enseigner (composition et mode d’emploi des engrais, composition et mode d’emploi rationnel des aliments, avantages, économie des machines, etc., etc.) ; — enfin, des lectures fort bien choisies terminent chacun des chapitres de l’ouvrage et les agriculteurs trouveront là, en même temps, l’indication des ouvrages spéciaux qui leur permettront sur tel ou tel point particulier de compléter leur éducation agricole.
- Enfin, nous avons reçu toute une série de volumes des travaux qui ont été présentés au premier congrès international du Froid, ces travaux et rapports nous viennent non seulementdeFrance, mais d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, de la République Argentine.
- Encyclopédie agricole. G. André. Chimie agricole. Chimie végétale.
- Paris, J.-B. Baillière et fils.
- M. Müntz. — J’ai l’honneur de présenter à la Société, de la part de M. G. André, professeur à l’Institut agronomique et qui fut pendant longtemps collaborateur de M. Berthelot, un ouvrage qui a trait à la chimie agricole et plus spécialement à la chimie végétale.
- Cet ouvrage est publié dans l’Encyclopédie agricole, que dirige avec tant de distinction M. Wéry, sous le haut patronage de M. le docteur Regnard. La Société a eu souvent la bonne fortune d’être entretenue de cette publication importante, dont de nombreux volumes sont, déjà parus, traitant des questions si multiples qui regardent l’agronomie. Cette publication-fait le plus grand honneur à l’Institut agronomique, dont elle est une émanation, et joue un rôle prépondérant dans la diffusion des connaissances précises qui sont indispensables à l’agriculteur dans les branches variées de son activité. C’est pour moi une véritable satisfaction de-rendre un hommage mérité à ceux qui dirigent cette œuvre, comme aux collaborateurs si compétents qu’ils ont su s’attacher. Le volume que j’oifre aujourd’hui à la Société ne dépare pas cette collection, je n’hésite pas à dire qu’il en est un des plus importants et des plus utiles.
- Il renferme l’étude de tous les phénomènes qui influent sur la production végétale, c’est-à-dire sur l’obtention des récoltes ; toutes les questions de l’alimentation des plantes y sont traitées de main de maître. Il faut particulièrement signaler le chapitre relatif à la nutrition azotée des végétaux, dont la connaissance est fondamentale, et qui, dans ces dernières années, a été l’objet de travaux d’une haute portée pratique et philosophique. Nos idées ont été complètement modifiées sur ce sujet et il appartenait à un savant de la compétence de M. André de mettre la question au point; il l’a fait d’une façon magistrale.
- D’autres chapitres encore méritent d’être mis en relief. Celui qui concerne la chlorophylle-et les pigments colorés, qui règlent l’assimilation et la production des principes immédiats, est d’un haut intérêt. Il en est de môme des chapitres qui traitent de l’élaboration et des
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- transformations des substances chimiques dans les diverses phases de la vie de la plante, de influence des agents extérieurs, de l'accumulation des aliments de réserve et de la maturation des grains et des fruits.
- Le livre de M. André est une œuvre scientifique dans toute l’expression du terme ; mais c est aussi une œuvre de vulgarisation mettant à la portée des agriculteurs les connaissances précises des phénomènes qui président à l’obtention des récoltes. Il aura une heureuse influence sur la diffusion des notions acquises par la science moderne et je le crois destiné à un légitime succès.
- M. Toulon.
- Les moteurs, par Léon Letombe, ingénieur des Arts et Manufactures.
- Librairie Baillière, 1908. »
- Les moteurs à explosion, par leurs progrès si rapides et leurs applications si étendues, suscitent sans cesse de nouvelles publications. M. Léon Letombe, ingénieur des Arts et Manufactures, a résumé, dans un ouvrage de petit format, tout ce qui est néces: saire pour initier l’industriel et l’ingénieur aux notions les plus essentielles sur cette question. Il débute par un exposé complet de la théorie fondée sur là thermodynamique; il confirme le plus possible ses démonstrations par des observations pratiques.
- L’étude de M. Letombe s’étend aux divers types de moteurs modernes, aux systèmes de distribution et aux principaux dispositifs d’allumage. Il termine par l’indication des méthodes qui servent à déterminer la puissance et la consommation des machines.
- Les explosifs et leur fabrication, par Rodolfo Molina ; traduction de la deuxième édition italienne, par J.-A. Montpellier. Dunod et Pinat, 1909.
- L’ouvrage de M. Molina est un exposé complet sur la composition et la fabrication des explosifs. Il a eu en Italie un succès justifié, M. A.-J. Montpellier a fait une œuvre utile en nous donnant une traduction de cette œuvre.
- Depuis l’invention de la poudre, due, suivant les chroniques assez incertaines du moyen âge, au légendaire moine de Fribourg, Berthold Schwarz, et depuis l’apparition des premiers canons, au xive siècle, les explosifs ne firent aucun progrès jusqu’à l’époque contemporaine. C’est il y a moins de cinquante ans que l’ingénieur suédois Nobel trouva le moyen pratique d’utiliser la nitroglycérine récemment découverte, et inventa la dynamite.
- C’est plus récemment encore que M. Vieille, l’ingénieur français, à la suite de travaux remarquables, a pu réussir à créer une poudre sans fumée, la poudre si justement nommée la poudre Vieille.
- Les recherches se sont multipliées et, aujourd’hui, nombreuses sont les variétés d’explosifs et de poudres sans fumée. M. Molina donne la composition, le mode de fabrication, les essais nécessaires pour les divers explosifs; c’est un ensemble de renseignements bien exposés et utiles dans beaucoup d applications.
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- Revue de la quinzaine, par M. G. Richard.
- Messieurs,
- Je vous ai, dans notre séance du 23 octobre (1), entretenus, très sommairement, des bateaux en ciment armé de M. Gabelüni; voici une démonstration nouvelle, et fort intéressante, de cette facilité avec laquelle le ciment armé se prête à la construction rapide et économique des structures llottantes; il s’agit de son application à la construction et au flottage des énormes blocs en béton avec lesquels on construit actuellement les jetées et digues des ports de mer.
- Ce procédé est mis en œuvre par la maison Clark et Slanfield, qui s’est fait depuis longtemps une spécialité de la construction des docks flottants, et qui étudie en ce moment, pour les travaux du port japonais de Kobe, un de ces docks capable de recevoir des blocs de 36 x 4m,80 X 12m,30 de haut, spécialement disposé pour pouvoir recevoir d’un chantier, non pas des blocs massifs de ce volume, mais des blocs creux en ciment armé suffisamment légers pour être déposés en mer après avoir été retirés du chantier par ce dock, puis flottés d’eux-mêmes à destination.
- Arrivés à destination, ces blocs, divisés en nombreux compartiments, sont coulés en remplissant ces compartiments d’eau, et, une fois ainsi déposés sur place, on vide successivement ces compartiments, puis on les remplit de béton.
- Les travaux du port de Kobe emploieront 76 de ces blocs, et on espère les déposer tous en trois ans et demi, avec un seul de ces docks spéciaux, tandis qu’il aurait fallu employer cinq docks ordinaires, c’est-à-dire dans lesquels on aurait édifié l’enveloppe de ciment armé, longue à sécher, au lieu de l’établir sur des chantiers en charpente, où le dock spécial vient les prendre une fois séchés (2).
- La ville de Seattle, au bord d’une rade magnifique du Pujet Sund, tête de 7 lignes des voies du Northwest Pacific, en plein accroisssement (sa population est passée en vingt ans [de 30 000 à 300 000 habitants) est destinée à devenir le port le plus important des États-Unis sur le Pacifique, mais son sol est vallonné en ondulations qui atteignent jusqu’à 90 mètres de haut, dirigées vers la côte, et dont les dénivellations s’opposent à l’extension de la cité. Aussi a-t-on pris la résolution de ravaler ou niveler tout cela. Il s’agit, en tout, de niveler une étendue de 207 hectares et un volume de 12 200 000 mètres cubes, avec 207 kilomètres de rues à tracer, et l’on espère en sortir par une dépense d’environ 17 500 000 francs. Voici comment.
- lime fallait pas songer aux procédés ordinaires par excavateurs et autres dragues, si puissants fussent-ils; on abattra cette immense masse de terrains par le procédé de minage hydraulique des exploitations californiennes, dont le principe consiste à attaquer le terrain par de puissants jets d’eau qui le dépiottent et en entraînent les boues et débris.
- La section de ces travaux commencée depuis le 8 mai 1907, et qui doit être terminée fin 1909, celle de Jackson St, couvre une étendue de 50 hectares, avec 8 kilomètres de rues, 26 millions de mètres cubes d’excavation et 19 millions de remblais.
- (1) Bulletin de novembre, p. 1400.
- (2) Times, Engineering supplément 28 octobre.
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- L attaque se fait par 6 jets de 100 millimètres de diamètre, abattant 110 000 mètres cubes en vingt-quatre heures, et le prix forfaitaire est de 2 575 000 francs.
- On emploie moitié d’eau salée, prise à la mer, à 1 800 mètres du centre des travaux, et moitié d’eau douce, prise aux réservoirs de la ville. L’eau salée est refoulée par deux paires de pompes turbines Worthington à 5 roues, commandées directement par des dynamos Westinghouse de 650 chevaux, biphasées, à 2 000 volts, et capables, chacune, de refouler, par vingt-quatre heures, 27 000 mètres cubes sous une charge de 105 mètres, à 690 tours par minute. L’électricité est fournie par la station de Snoqual-mie Falls (1) sous 27 000 volts, ramenés à 2 000 par des transformateurs. L’eau de ces pompes se décharge dans une canalisation en bois de 600 millimètres de diamètre (2) dont on retire, chaque dimanche, l’eau salée, pour éviter qu’elle ne soit piquée par les termites. C’est sur cette conduite que sont branchées quatre lances articulées, dont le diamètre peut varier de 60 à 100 millimètres, et dont l’eau arase le sol à 0m,30 environ de son nivellement définitif. Le terrain se compose d’environ 60 p. 100 d’argile bleue, d’argile jaune, de sable et graviers, avec quelques roches et puddings. Les couches inférieures d’argile bleue exigent la mine; les graviers sont les plus difficiles à enlever par l’eau seule, et les roches s’enlèvent séparément à la main. L’eau, chargée d’environ 20 p. 100 de terres, graviers et sables, est évacuée par des tuyaux en bois avec semelle inférieure renouvelable à mesure qu’elle s’use.
- La mise en pratique de cette gigantesque opération comporte nombre de détails sur lesquels je ne puis insister ici, me bornant à vous signaler un emploi très original de ce procédé de minage hydraulique, qui rappelle celui même par lequel se sont naturellement étendues nos plaines, creusés les lits des fleuves et nos vallées (3).
- Les Américains n’ont pas de chance avec leurs ponts. Vous vous rappelez certainement la catastrophe du pont de Québec, dont je vous ai entretenus dans notre séance du 25 octobre 1907 (4). Voici un autre pont, celui de l’île de Blackwell, à New-York, de 1 055 mètres de long, avec deux portées principales de 355 et 295 mètres, 18 mètres de large entre encorbellements, quatre voies de chemin de fer au tablier supérieur, quatre voies de tramways et une route au tablier du bas, ouvrage gigantesque, et ce pont, d’après un rapport très détaillé de deux ingénieurs chargés de le calculer, après exécution, MM. Hodge et Burr, nous apparaît comme encore plus dangereux que gigantesque et hardi.
- D’après ces messieurs, dont le rapport est publié par Y Engineering News du 12 novembre, « il est évident que l’ouvrage ne peut supporter sûrement les charges prévues ». On avait admis des tensions maxima de 17 kilos par millimètre carré de section des poutres en acier, et d’après les calculs des experts, cette tension serait dépassée de 25 à 30 p. 100 sur bien des points; elle atteindrait jusqu’à 35 kilos par millimètre carré pour des barres en acier au nickel dont la limite d’élasticité est de 33 kil.5. Conclusions : les charges roulantes de ce pont, qui pèse 45 500 kilogrammes par mètre courant, ne pourraient dépasser 4 000 kilogrammes par mètre ; il faudra, et
- (1) Bulletins d’août 1896, p. 1892 et février 1899, p. 319.
- (2) Bulletin de janvier 1901, p. 145.
- (3) Engineering News, 12 novembre 1908.
- (4) Bulletin d’octobre 1907, p. 1066.
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- sous la restriction d’en espacer les trains d’au moins 100 mètres, n’admettre que 2 au lieu de 4 voies au tablier supérieur.
- Autre conclusion, — moralité, si l’on veut, — les ingénieurs européens ont peut-être raison de calculer, et avec des coefficients prudents, leurs ponts avant et non après leur construction.
- La question delà résistance et delà sécurité des rails devient, comme vous le savez (1), de plus en plus difficile à mesure que s'accroissent la vitesse des trains et les charges par essieu des locomotives et des wagons, et, à côté de cette question de la résistance des rails aux charges et aux chocs, il y a celle de leur usure plus ou moins rapide par le frottement des bandages de plus en plus chargés et durs. C’est à ce propos que j’attirerai votre attention sur les résultats curieux, signalés par YEngineer du 20 novembre (p. 544) et obtenus par l’emploi de rails en acier coulé manganésé, c’est-à-dire renfermant jusqu’à 11,73 p. 100 de manganèse, 1,12 de carbone, 0,07 de phosphore, et 0,04 p. 100 de soufre.
- De ces rails ont été installés sur une section de l’Elevated de Boston, à très nombreuses courbes raides, de 25 mètres de rayon, et à trafic intense, de jusqu’à 1 700voi-tures ou 62 000 tonnes par jour. L’usure des rails extérieurs de ces courbes était extrêmement rapide : leur durée ne dépassait pas deux mois pour les rails en acier Bessemer ordinaire, 3 pour ceux en acier au nickel, 8 mois et demi pour ceux en acier dur très carburé; les rails en acier manganésé y ont duré au contraire plus de 76 mois. D’autre part, ces rails manganésés coûtent très cher : environ 80 francs le mètre, en longueurs de 6 mètres, mais leur entretien annuel ne coûte, avec une du rée de 8 années, que 130 francs par mètre de voie, au lieu de 600 francs avec des rails Bessemer se renouvelant 50 fois en huit ans.
- Il est certain que l’usure des rails, sur cette partie du métropolitain de Boston, est tout à fait exceptionnelle et tient surtout à ce que les bogies des voitures ne sont pas adaptés aux rayons des courbes qu’elles franchissent, et on peut se demander si le gain obtenu par la moindre usure des rails manganésés ne se retrouve pas dans l’usure plus grande des bandages, qui n’en continuent pas moins à frotter sur ces rails; mais le fait de la durée de ces rails manganésés n’en est pas- moins remarquable et digne d’attirer l’attention de nos ingénieurs de chemins de fer et plus encore, peut-être, celle de nos ingénieurs de tramways, sur le parcours desquels on rencontre fréquemment des passages exceptionnellement fatigués (2).
- NOMINATION DE MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ
- Est nommé membre de la Société d’Encouragement :
- il/. Combemale (Marcel), directeur de la Société de l’air filtré à Paris, présenté par M. Pillet.
- (1) Bulletin de juin 1907, p. 759.
- (2) On a essayé, également à Boston, de diminuer l’usure qui se répartit presque tout entière sur les rails extérieurs des courbes en munissant les rails intérieurs d’un contrerait graissé, sur lequel vient appuyer le boudin du bandage correspondant, en diminuant d’autant le frottement du boudin du bandage conjugué'sur le rail extérieur. A citer les rails en acier manganésé « Era » deM. Hadfield. Voir aussi Railroad Age Gazette, 11 décembre 1908, p. 1536, une note sur les rails manganésés de la Manganèse Steel Rail C°, de Ilillburn. NY, laminés au lieu des coulés.
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- RAPPORTS DES COMITÉ^
- M. Pillet présente, au nom du Comité des Constructions et Beaux-Arts, un rapport sur le Filtrage d’air système Combemale.
- COMMUNICATIONS
- M. Stanton fait une communication sur Y Industrie de la féculerie en Hollande.
- M. Gabreau fait une communication sur son Four électrique.
- M. le Président remercie MM. Stanton et Gabreau de leurs intéressantes communications, 'qui sont renvoyées aux Comités d’Agriculture et des Arts économiques.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN NOVEMBRE 1908
- (Don de M. Alby, membre de la Société)
- Premier Congrès international de la route, Paris, 1908.
- Première section : Construction et Entretien.
- Rapports généraux; pièces nos 1 à 7.
- lre question : La route actuelle; pièces nos 8 à 21.
- 2e question : Procédés généraux d’entretien ; pièces nos 22 à 32.
- 3e question : Lutte contre l’usure et la poussière ; pièces nos 33 à 39. 13 521
- 4e question : La route future ; pièces nos 96 à 70. ‘ 13 522
- Deuxième Section : Circulation.et Exploitation.
- Rapports généraux; pièces nos 71 à 74.
- 5e quest. : Effets des nouveaux modes de locomotion sur les chaussées; pièces nos 75 à81. 6e question : Effets des chaussées sur les véhicules ; pièces nos 82 à 85.
- 7e question : Les signaux de la route ; pièces nos 86 à 92.
- 8e question : La route et ses services de transports mécaniques; pièces nos 93 à 98.
- 13523
- Exposition annexée au Congrès. Catalogue et notices relatives aux objets exposés. In-8, 185 p. Paris, Lahure, 1908. 13 524
- Carpenter Rolla C. and Diederichs (H.). — Internai combustion Engines, their theory, construction and operation (24 x i6) 597 p., 379 fîg. London, Croshy Lockwood and son, 1908.
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- Lemoine (Georges). — L’unité de la matière et la détermination des poids atomiques (ex Revue des questions scientifiques, juillet 1908, 36 p.).
- Premier Congrès international du froid, à Paris, 1908. —État actuel et desiderata de l’industrie du froid en France par les Comités régionaux du 1er Congrès. In-8 (25 X 17) de 306 p., fig. et photographies. Paris, Secrétariat général, 1908. 13 5 28
- Premier Congrès International du froid, à Paris, 1908. —L’industrie frigorifique en Italie. Rapport du Ministère Royal de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce d’Italie. In-8 (26 x 19) de 70 p., 16 fig. Rome, Jean Berthero et Ci0, 1908. 13 529
- République Argentine. — Bulletin du Ministère de l’Agriculture. Rapports présentés au premier Congrès international des industries frigorifiques de Paris par le Comité national argentin. In-8 (23 x 16) de 211 p., grav. Buenos-Aires, ateliers de publication du Bureau météorologique argentin, 1908. 13 5 30
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- OUVRAGES REÇUS. --- DÉCEMBRE 1908.
- 1553
- , ^ Industrie du froid en Hongrie. La portée économique de ses applications. Les etablissements frigorifiques de Hongrie. Rapport présenté au Ier Congrès international du roid, Paris 1908, par le Comité hongrois. In-8 (29 x 21,5) de vm-86 p., 24photogravures. Budapest, 1908. . 13 531
- Die wirtschaftliehe Sedeutung der Deutschen Kâlte-Industrie im Jahre 1908
- Fur den ersten internationalen Kongress der Kâlte-Industrie, Paris, 1908. ln-4 (32 x 24,5), de 23 p., 53 fig., 1 Karte, München und Berlin, R. Ileldenbourg, 1908. 13 5 32
- Schwarz Alois. — Fetschrift für den Intertationalen Kongress für Kâlte-Industrie, Paris, 1908. In-4 (34 x 27) de 118 p., 102 fig. Wien, Verlage des Komitees, 1908. 13 5 33
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- Letombe (Léon). — Les moteurs (Encyclopédie industrielle). 437 p., 130 fig. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1909. 13 5 34
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- Espitallier (G.) et Durand. — Ponts improvisés, Ponts militaires et Ponts coloniaux
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- Jacob (L.). — Résistance et construction des bouches à feu (Encyclopédie scientifique), 370 p., 137 fig. Paris, Octave Doin et fils, 1909. 13 5 39
- Asbrink (Gustaf). — La France et la Suède, 36 p.,2 phot. Upsal. Almavist et Wiksell, 1908.
- Exposition Universelle Internationale de 1900 à Paris. — Musée Centennal de la classe 94. L’orfèvrerie française. Livre Ier : xvme siècle. Rapport du Comité d’installation, M. Henri Boutliiet, rapporteur. In-8 (80 X 21) de xv-279 p., fig., 1908. 13 5 40
- Dictionnaire technologique illustré en six langues.. Vol. II, Électrotechnie, par
- Kinzbrunner (C.). xii-2100 p.,4000 fig., Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1908.^ 13541
- Lescardé (F.). _L’œuf de poule. Sa conservation par le froid. In-8 (26 x 15) de vi-
- 134 p. Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1908. 13 5 42
- Solar Piivsics Committee. — Monthly mean values of barometric pressure for 73 se-lected stations over the earth’s surface. In-4 (30 x 26) de iv-9i-vi p., xxx pl., London, Wyman and Sons, 1908. 13 543
- Alverny (André d’). — Les Hautes Chaumes du Forez. In-8 (27 x 17,5) de 77 p., I pl. Paris, Lucien Laveur, 1907. 13 544
- Tome 110. — Décembre 1908.
- 101
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- 1554
- OUVRAGES REÇUS.
- DÉCEMBRE 1908.
- Barillot (V.) et Sagourin (P.). — Cours élémentaire d’agriculture, 17e éd. In-12 (19 X 12) de 431 p., 191 fig. Paris, Belin frères, 1909. 13 545
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- Hinard (G.). — Analyse des laits (Encyclopédie scientifique des aide-mémoires Leaulé). 190 p. Paris, Gauthier-Villars. 13 547
- Mallet (M.-A.). — Évolution pratique de là machine à vapeur (ex Mémoires de la Société des ingénieurs civils de France, août et septembre 1908), 302 p., vin phot., 160 fig. Paris, 1908. 13 548
- Ciiastin (J.). — Les trusts et les syndicats de producteurs. In-8 (22 x 15) de vm-304 p. Paris, Félix Alcan, 1909. 13 549
- IIaton de la Goupillière. — Surfaces nautiloïdes. In-8 (20 x 17) vi-177 p. (ex Annaes da •Academia Polytechniae do Porto, tome III, Coïmbra, 1908). 13 5 50
- Haton de la Goupillière. — Application aux mouvements planétaire et comètaire de la recherche du centre de gravité et des axes principaux du temps de parcours
- (ex Journal de l’École Polytechnique, 25 p., 1908).
- - Viallate (Achille). —La-vie politique dans les deux mondes. Première année : 1er octobre 1900-30 septembre 1907. In-8 (24x15) de xv-696 p. Paris, Félix Alcan, 1908.
- 13551
- Résal (Jean). — Cours de ponts métalliques. (Encyclopédie des Travaux publics Lecha-las.) Tome I : In-8 (26 X 17) de vn-664p., 368 fig. Paris, Ch. Béranger, 1908. 13 5 52
- Décennal index of the Journal of the Society of Chemical Industry. Vol. XV to XXIV, 1896-1905. Parts I and II. Index of names and subjects, compiled by F. W. Renaut. London, Vacher and sons, 1908. Pér. 315
- The Institution of mechanical engineers. Proceedings, 1908, parts 1-2. Pér. 114
- Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales for 1907. Vol. XLI.
- Pér. 29
- Minutes of proceedings of the Institution of civil engineers. Vol. CLXXIII. Pér. 189
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- LITTÉRATURE
- DES
- PÉRIODIQUES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ
- Du 15 Novembre au 15 Décembre 1908
- DÉSIGNATIONS ABRÉGÉES DES PUBLICATIONS CITÉES
- Ag. . . . Journal de l'Agriculture.
- Ac. . . . Annales de la Construction.
- ACE . . . American Society of civil Engineers.
- ACP.. . . Annales de Chimie et de Physique.
- A1M.. . . American Institute of Mining Engineers.
- AM. . , . Annales des Mines.
- AMa . . . American Machinist.
- Ap. . . . Journal d’Agriculture pratique.
- APC.. . . Annales des Ponts et Chaussées.
- Bam.. . ’. Bulletin technologique des anciens élèves des Écoles des arts et métiers.
- BCC.. . . Bulletin du Congrès international des chemins de fer.
- BoJ. . . . Bureau of Standards (Washington). CIV. . . . Chemical News (London).
- Cs........Journal of the Society of Chemical
- Industry (London).
- CH. . . . Comptes rendus de l’Académie des Sciences.
- Dp. . . . Dingler’s Polytechnisches Journal. E. . . . . Engineering.
- E’.The Engineer.
- Eam. ... Engineering and Mining Journal, EE.... . Eclairage électrique.
- Elé. . . . L’Électricien.
- Ef.. . . . Économiste français.
- EM. . . . Engineering Magazine.
- Fi .... Journal of the Franklin Institute (Philadelphie).
- Gc.. . . . Génie civil.
- IC........Ingénieurs civils de France (Bul-
- letin).
- le.Industrie électrique.
- Im ... . Industrie minérale de St-Étienne. It....Industrie textile.
- IoB. . LE. .
- Ms.. . MC. .
- PC. . Pm. .
- RCp .
- RdM. . Rgc. .
- Ré . . Ri . . RM. .
- Rmc.. Rso. . RSL. .
- Ru.. .
- SA.. .
- ScF. .
- Sie. . .
- SiM. .
- SL.. .
- SNA..
- SuE. .
- Va. .
- ZaC. .
- ZOI. .
- Institution of Brewing (Journal).
- Lumière électrique.
- Moniteur scientifique.
- Revue générale des matières colorantes.
- Journal de Pharmacie et de Chimie.
- Portefeuille économ. des machines.
- Revue générale de chimie pure et appliquée.
- Revue de métallurgie.
- Revue générale des chemins de fer et tramways.
- Revue électrique.
- Revue industrielle.
- Revue de mécanique.
- Revue maritime et coloniale
- Réforme sociale.
- RoyalSocietyLondon(Proceedings).
- Revue universelle des mines et de la métallurgie.
- Society of Arts (Journal of the).
- Sociétécchimique de France (Bull.).
- Société internationale des Electriciens (Bulletin).
- Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse.
- Bull, de statistique etde législation.
- Société nationale d’Agriculture de France (Bulletin).
- Stahl und Eisen.
- La Vie automobile.
- Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure.
- Zeitschrift für ange wandte Chemie.
- Zeitschrift des Oesterreichischen Ingenieure und Architekten-Vereins.
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- 1556
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- DÉCEMBRE 1908.
- AGRICULTURE
- Barrière de Tocqueville. Ap. 2G Nov., 08G. Bétail. Utilisation des aliments. Yaleurfécule des fourrages(Grandeau). Ap. 19Nov., 650.
- — Coefficient de digestibilité et valeur
- fécule des aliments (Grandeau). Ap. 2G Nov., G82.
- — Tuberculose du bétail. Nouvelles mé-
- thodes de diagnostic (Moussu). Ap. 10 Déc., 7G2.
- — Organisation du service des épizooties
- (Lambert). SNA. Oct., 592.
- — Prix du bétail et de la viande. SNA.
- Oct., G64.
- Chevaux. Essais d’œillères. SNA. OcG, 645. Crin végétal. Ap. 26 Nov., 693.
- Cytises. Empoisonnements par les. Ap. 2G Nov., G94.
- Engrais. Cyanamide de çalcium. Emploi agricole (Muntz et Nottin). CR. 16 Nov., 902.
- - Fosse à fumier et citerne à purin. Ap. 10 Déc., 7b6.
- — Industrie chimique et agriculture (A. Frank). Cs. 30 Nov., 1093.
- Ferme de Chantemerie et main-d’œuvre dans les grandes fermes delTle-de-France. Ap. 10 Déc., 750.
- Force motrice en agriculture. Gc. 5 Déc., 83. Fruits et primeurs (Transport des) (A. Du-mazet). Ap. 26 Nov., 685.
- — et inondations. ACE. Nov., 1290. Graines fourragères (Contrôle des) (Boret).
- Ag. 5 Déc., 723.
- Irrigations. Élévation des eaux par moteurs (Rabaté). Ap. 19 Nov., 634.
- Lait. Dosage colorimétrique de la formaline dans le (Jones). CN. 20Nov., 247. Maïs dans le Midi. Ag. 2SNov., 688.
- — Moissonneuse (Attelage pour) (Bénard).
- SNA. Oct., 642.
- Marrons (Commerce de). Ap. 19 Nov., 652. Meunerie. Boulangerie coopérative rurale. Ap. 26 Nov., 691.
- Mulets. Production en France. Ag. 21 Nov., 649 ; 12 Déc., 744.
- Olivier (Expériences contre la mouche de F).
- Ag. 5 Déc., 715; Ap. 10 Déc., 758. Œufs. Commerce et conservation. Ef. 5 Déc., 829.
- Pommes à cidre ayant séjourné dans l’eau.
- Leur utilisation. Ap. 19 Nov., 662. Rosiers (Blanc et rouille des). Ag. 28 Nov., 693.
- Reboisement (le). SNA. Oct., 629.
- Sauterelles. Leurs préférences alimentaires (Couston). Ap. 26 Nov., 694.
- Syndicats agricoles menacés. Ef. 28 Non..
- 787; SNA. Oct., 606. 1
- Viande fraîche. Altérations et sophistications (Marre). Gc. 28 Nov., 65; 4 Déc.. 81. Vigne. Influence des engrais sur la qualité des vins (Hoc). Ap. 28 Nov., 681.
- — Forçage du raisin. Procédé Panchet. SNA. Oct., 653)
- CHEMINS DE FER
- Chemins de fer de Bagdad. E. 20 Nov., 695.
- — algériens et tunisiens. Statistique 1905.
- Rgc. Nov., 344,
- — de l’Amour et dédoublement du trans-
- sibérien. Rgc. Nov., 369.
- ’ — de London and North Western. Histoire.
- E'. 11 Déc., 621.
- — de Chine. Rgc. Déc., 428.
- — Électriques. Fayet-Chamounix (Anvert). Rgc. Nov., 308.
- — — Serbach-Wettingen. LE. 21-28 Nov.,
- 232,270.
- — — de la vallée de l’Ohio, de Stenbent-
- ville à Vanport (Francis). ACE. Nov., 1252.
- — — Exploitation des (A. Ilruschkaen).
- ZOI. 4-11 Déc., 797, 817.
- — — Locomotives industrielles. Dp. 21
- Nov., 740. Triphasées Ganz pour la Yalteline. Bec. Déc., 1352.
- .— à voie étroits pour l’usine à gaz de Harrogate. E'. 20 Nov., 538. Automotrices pour le Siam. FJ. 4 Déc., 601. De l’État prussien. Re. 15 Déc., 432. Accélération des trains. Définition et mesure industrielle (Mailloux). Re. 30 Nov., 395.
- Gares de voyageurs, occupation et utilisation. Graphique de Metzel (Weissenbruclr Yerdejen). Bcc. Déc., 1345.
- — de triage en Amérique. Rgc. Nov., 355. Locomotives pour le Golhard. VDI. 21-28
- Nov., 1921; 12 Déc., 1997.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES.
- Locomotives. Express 6 couplées pour les chemins hollandais. E. 27 Nov., 12.2.
- — du Great Western. E'. 4 Déc.. 591.
- . — — 4 couplées Chemins Hongrois. E'. 27 Nov., 564.
- — Compound Malet. Chemin de fer de
- l’IIedjar. Gc. Déc. 79.
- — à vapeur surchauffée Schmidt (Guil-
- lery). VDI. 5 Déc., 1962.
- — — du Canadian Pacific. Rgc. Déc.,
- 440.
- — — avec surchauffeur Pielock et dis-
- tribution Lentz. Chemins du Hanovre. E. 11 Déc., 801.
- — Essieux coudés à üasques évidées Fré-
- mont. Essais (Hallard). Rgc. Déc., 385.
- — Foyers au pétrole. Rgc. Nov., 373. Des
- chemins Roumains (Drager). Rgc. Déc., 401.
- — Lavage et remplissage des chaudières.
- BCC. Déc., 1361.
- — Chargeurs de combustible (Lutz). Dp.
- 21-28 Nov., 737, 753.
- — Chaudière Brotan. VDI. 21 Nov., 1883. Signaux et aiguilles. Commande électrique
- Johnsom Rgc. Déc., 437. Essais de feux de signaux sur personnes à vues normales et anormales (Nagel). BCC. Déc., 1405.
- Voies. Rails en acier au manganèse. E'. 20 Nov., 344.
- — allemandes : superstructui e des (Blum).
- Rgc. Nov., 277.
- — Traverses en bois et métalliques. BCC. Déc., 1367.
- Voitures. Châssis à bogies des chemins indiens à voie large. E1. 20 Nov., 547. — Ventilation et chauffage des wagons-lits (Flory et Goodnow). BCC. Déc., 1405.
- TRANSPORTS DIVERS
- Automobiles à l’exposition de l’Olympia.
- Londres. E. 20-27 Nov., 680, 710. 4-11 Déc., 746, 759, 787; E. 20 Nov., 534.
- — industriels. Concours de l’Automobile
- Club en 1908 (Lumet). IC. Oct., 573. — Autobus et camions (Progrès des) (Heller). VDI. 15 Déc., 1951.
- --- DÉCEMBRE 1908. 1557
- Automobiles à pétrole. Voitures légères. Doriot. Flandrin. Va. 21 Nov., 746.
- — — 55 ch. Shafüeld Simplex Motor C0.
- E. 27 Nov., 710.
- — — Voiturette Renault. Va. 5 Déc.,
- 773. Motobloc {kl), 777. Obus. Va. 12 Déc., 796.
- — — Moteurs. Rendement des (Lumet).
- IC. Oct., 596.Puissance maxima (Camus). Ram. Nov., 1391. Knight. Dolphin. E. 20 Nov., 681, 684. Zurcher, 12 chevaux. Va. 5 Déc., 775.
- — — Démarreur automatique Barbey.
- Va. 12 Déc., 797.
- — Transmissions à la Cardan (Ravigneux).
- ' Va. 12 Déc., 788.
- — Pont d’arrière. E. 20 Nov., 699; 4 Déc.,
- 750.
- — Graissage forcé. Germain. E. 20 Nov.,
- 683.
- —: Roue. Développement d’une roue. Va. 28 Nov., 758.
- — Suspension Edo. Va. 12 Déc., 794. Traction urbaine et interurbaine et la traction
- électrique sans rails (Fox). EU 20 Nov., 550.
- Trafic-cle Londres (Le). E. 27 Nov., 725.
- CHIMIE ET PHYSIQUE
- Acides borotungstiques (Copaux). CR. 23 Nov., 973.
- — cyanhydrique. Végétaux à (Couperot).
- PC. 16 Déc., 542.
- — sulfurique (Anhydrides mixtes d’) (Pic-
- tet et Karl). ScF. 5 Déc., 1114.
- — azotique. Sa condensation. Electroche-
- mical. Déc., 515.
- Alumine fondue à l’état amorphe et reproduction de la coloration bleue du saphir oriental (L, Paris). CR. 16 Nov., 933. Amidon. Propriétés colloïdales et gélification spontanée (Fouard). CR. 16 JVou., 931. Brasserie. Divers. Cs. 16-30 Nov., 1077, 1126.
- — Malt et ses extraits (Werth et Lintner).
- Cs. 30 Nov., 1126.
- Caoutchouc. Divers. Cs. 30 Nov., 1123. Céramique. Divers. Cs. 15 Nov., 1058; 30 Nov., 113.
- — Grès et porcelaines pour l’industrie
- chimique. MC. 1er Déc., 361.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1908.
- Céramique. Émaux blancs à base d’antimoine. Importance du Iluor dans les émaux (Bock). MS. Déc., 803, 806.
- — Progrès dans leur composition (Eyer) (ici.), 807.
- — Formation du kaolin (Rosier). Spreeshal. 19 Nov., 661.
- Chaux et ciments. Divers. Cs. 15 Nov., 1062; 30 Nov., 1113.
- Charbons (Matières humiques des) (Bau-douard). CR. 23 Nov,, 986.
- Couleurs d’art (Watson). Cs. 30 Nov., 1121. Eaux de Chartres. Clarification et ozonisation (Witzig). Gc. 28 Nov., 57.
- Égouts. Formation bactérienne des sulfates dans l’épuration des eaux d’égout (Ilouchy). Pc. 16 Nov., 439.
- Essences et parfums. Divers, Cs. 16-30 Nov., 1082, 1130.
- Graisses et huiles. Divers. Cs. 16-30 Nov., 1072, 1119.
- Gaz à l’eau. Abaissement de sa teneur en oxyde de carbone (Balland). Pc. 1er Déc., 503.
- ' Hydrolyse des matières protéiques. Emploi de l’acide fluorhydrique (Hugonnenq et Morel). Pc. 1er Déc., 486; ScF. 5 Déc., 1146.
- Huile de coprah (Recherche de petites quantités d’huile d’arachide dans 1’) Muntz. (Paulmeyer et Rivais). MS. Déc., 785.
- Jute. Pourriture des ballots (Cross et Bevan). Cs. 30 Nov., 1129.
- Molybdène (Élément métallique allié au) (Coll). Cs. 16 Nov., 1068. (Ogawa). CN. 27 Nov., 261.
- Laboratoire. Azotomètre à mercure Garcia. ScF. 5 Déc., 1111.
- — Analyse qualitative des éléments com-ç muns (Noyés, Bray, Spear). CN. 20-27 Nov., 251, 264; 4-11 Déc., 273. 291. — Dosage des sulphocyanides et ferrocya-nides avec les dissolutions cyanurées renfermant du cuivre (Green). Cs. 16 Nov., 1085.
- — — exact de l’urée par la méthode ga-
- zomélrique (Ronchèse). Pc. 16 Nov., 444.
- — — volumétrique du plomb dans ses
- minerais (J.-A. Muller). ScF. 5 Déc., 1131.
- Laboratoire. Dosage de l’acide chromique (J.-A. Muller). ScF. 5 Déc., 1133.
- — — de l’urée. Application de la mé-
- thode gazométrique (Ronchèse). ScF. 5 Déc., \ 135.«
- — — du nickel et du tungstène dans l’a-
- cier (Wodwisrewsky et Knorre). Rclil. 852, 853.
- Mouvement brownien et formule d’Emstein (Chaudesaigues). CR. 30 Nov., 1044, Nickel. Action du trichlorure d’antimoine. Formation du Ni Sb (Vigoureux). CR. 23 Nov., 976.
- Nitrification du coton (C. Piest). ZaC. 4 Déc., 2496.
- Optique. La dioptrie (Guillaume). La Nature. 28 Nov., 409.
- — Télémètres à courte base (Taylor). E. 27 Nov., 707; 11 Déc.. 783. A vis micrométrique, son réglage (Wright). American Journal of Science. Déc., 531. — Explication des interférences (Appareil pour T) Wright) (id.), 536.
- — Incandescence et luminescence. La lumière noire (Berthier). Revue Scientifique, 12 Déc., 737.
- Pain. Falsifications (Baland). Revue Scientifique. 21 Nov., 650.
- Peintures. Pouvoir couvrant (Beck). Cs. 30 Nov., 1121.
- Papier. Divers. Cs. 16-30 Nov.-. 1080,1129.
- — Machines nouvelles] (A. Haussner). Dp.
- 21-28 Nov., 745. 759 ; 5 Déc., 776.
- — Examen microscopique (Collin), ScF. 20 Nov., 1080.
- Pétrole. Divers. Cs. 30 Nov., 1105.
- — (Nouvelles valeurs dans l’analyse des)
- (Kessling). Cs. 16 Nov., 1053.
- Poids atomiques. Azote et composition volumétrique du gaz ammoniac (Guye et Pintza). CR. 16 Nov., 925.
- — Argent (Leduc). CR. 23 Nov., 972. Radio-activité (Étalon de) et l’oxyde d’uranium U203 (Ashman). American Journal of Science. Déc., 521.
- Résines et vernis. Divers. Cs. 16-30 Nov., 1073, 1120.
- Saphir oriental. Reproduction de sa coloration bleue (Verneuil). CR. 30 Nov., 1059. (Paris). CR. 16 Nov., 933.
- Scandium (Le) (Crookes). CN. 4-11 Déc., 274, 283.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1908.
- 1559
- Silicate de soude. État de l’industrie. Emploi dans le blanchiment (Beltzer). It. 15 Dec., 471.
- Silice et silicates (II.-Le Chatelier). Revue Scientifique. 28 Nov., 673.
- Sodium et potassium (Alliages liquides de) (G. Jaubert). ScF. 5 Déc., 1126. Sucrerie. Formation de la formaldéhyde* dans les dissolutions de sucre de canne et essai de Helmer pour la recherche de la formaldéhyde dans les mélanges sucrés (Ramsay). CN. 11 Déc., 288.
- — Divers. Cs. 16-30 Nov., 1076, 1125.
- — Diffuseur Bock. Cs. 30 Nov., .1101.
- —• Sucre et mélasse. Procédés de cristallisation du sucre en eau-mère impure (Rousset). RCp. 6 Déc., 419.
- Tannerie. Divers. Cs. 16-30 Nov., 1073, 1123. Teinture. Divers, Cs. 16-30. Nov., 1054, 1056, 1105; MC. 1er Déc.. 369, 371.
- — Étude des matières colorantes en solu-
- tion. Fixation de divers dérivés d’un même coloi'ant et explication de la teinture (Petit Jolivet). ScF. 20 Nov., 1087, 1094.
- — Vaporisage, fixage et lois de Dalton.
- SiM. Oct., 277.
- — Impressions des colorants soufrés.
- (Favre). MC. 1er Déc., 345.
- —- Analyse du coton teint. Recherche de la nature du colorant (Capron). MC. 1er Déc., 348.
- — Colorants azoïques de la fibre. MC.
- 1er Déc., 368.
- — Alimentation des barques de teinture
- (Corron). MC. 1er Déc., 373.
- Thorium. Chlorures et oxychlorures (Chauvenet). CR. 30 Nov., 1046.
- Uranium. Bisiliciure Si2Ur (Defacqz). CR. 30 Nov., 1050.
- — Oxyde uranique U3O3 et étalon de ra-
- dio-activité (Ashman). American Journal of Science. Déc., 521.
- COMMERCE, ÉCONOMIE POLITIQUE
- Allemagne. Budgets de l’empire et des Étals particuliers..SL. Oct., 391.
- — Commerce extérieur pendant le. 1er se-
- mestre 1908, (id.), 398. Loi sur les so-
- ciétés (id.), 399; Impôt sur le revenu en Prusse en 1907 (id.), 393. Allemagne et France. Ef. 27 Nov., 785. Angleterre et ses colonies en 1907. SL. Oct., 409.
- Brevets. Loi anglaise, 704.
- Argentine, sa prospérité. Ef. 28 Nov., 795. Autriche-Hongrie. Encouragement à l'industrie.
- Loi 111 de 1907. SL. Oct., 414. Caoutchouc : récentes variations de prix. Ef. 21 Nov., 752.
- Chômage. Caisses d’épargne contre le (Maurice). Gc. 5-12 Déc., 76, 93. Collectivisme et syndicalisme. Ef. 5 Déc., 829. Coopération en Allemagne et le centenaire de Schulze-Delitseh. Ef. 5 Déc., 823. Enseignement. Instruction commerciale de l’ingénieur (Belom). Gc., 21 Nov., 38.
- — Enseignement moyen en Belgique. Ef.
- 12 Déc., 863.
- — Laboratoire d’essais de matériaux et de moteurs à gaz de l’école technique supérieure de Darmstadt. YD1. 21 Nov., 1869.
- — École des arts et industries de Rou-
- baix (Haensler). Sem. Oct., 289. Filature (la) en 1907. It. 13 Déc., 406-457. Habitations ouvrières et logement des familles nombreuses. Ef. 21 Nov., 748.
- — Lutte des villes contre l’insalubrité de
- l’habitation en Angleterre (A. Re-nouard). Rso. 1-16 Déc., 663, 733.
- — Logement populaire à Paris (Beaufre-
- ton). Musée social, Nov.,
- Inde. Industrie sidérurgique. SA. 11 Déc., 77. Italie. Produit des taxes sur les affaires en 1907 et 1908. Commerce extérieur pendant le 1er semestre, 1908. Production des vins en 1907. SL. Oct., 418-420.
- — Crise des services publics. Rso. 1 Déc.',
- 699.
- Japon. État financier. Le pétrole au Japon. Èf. 12 Déc., 865.
- Journée de huit heures dans les houillères anglaises. Ef. 22 Déc., 850.
- France. Conventions entre l’État et la Compagnie des chemins de fer d’Orléans. Ef. 21 Nov., 745.
- — Budget des colonies. Ef. 21-28 Nov.', . 750, 789. 5 Déc.,, 825.
- — Octrois en 1907. SL. Oct., 351.
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- !o60
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. — DÉCEMBRE 1908.
- France. Commerce extérieur. SL. Oct., 372. — Indices économiques. SL. Oct., 374.
- — Caisses patronales d’assurances en cas de décès et d’accident, caisses de crédit agricole en 1907. SL. Oct.. 377, 383, 388.
- — Dépopulation et lois successorales (Thaller). liso. 16 Déc., 709.
- — Syndicats agricoles menacés. Ef. 28 Nov., 787.
- — Union familiale de Charonne (L. Rivière). Itso. f Déc., 645.
- — Successions déclarées en 1907. SL. Oct., 329.
- — Succession et répartition de la richesse en France. Fortune globale du Français. Ef. 5-12 Déc., 821, 857.
- Or. Sa dépréciation. Eam. 28 Déc., 1037.
- Paris. Désaffectation des fortifications. Ef. 28 Nov., 793. -
- Pays-Bas. Situation économique. Ef. 5 Déc., 831.
- Russie. Situation économique. Ef. 28 Nov., 791. Veillée. Abus et responsabilités (Juillerat). RSo. 16 Déc., 743.
- CONSTRUCTIONS ET TRAVAUX PUBLICS
- Béton. Sa résistance au feu. Le Ciment, Nov., 161.
- — Applications aux constructions hydrauliques (Muller) (i(l.), 172.
- — armé actuel. Principe et ressources
- (Raber). APC. Juillet, 142.
- — — emploi dans les travaux publics
- (Espitallier). IC. Oct., 613.
- — — au port de Talcahuano Chili. Dp.
- 22 Nov., 752.
- Chauffage et ventilation des ateliers. Ri.
- 5 Déc., 488.
- — Lavage et humidification de l’air. Ri. 21 Nov., 469.
- — Chauffage de l’eau à basse pression.
- Calcul des installations. Ri. 21 Nov., 470; 5 Déc., 491.
- — Chauffage à la vapeur Dunham. Ri.
- 5 Déc., 488.
- Chaussées. Revêtement en tarmacadam. Gc. 12 Déc., 98.
- Drague pour le gouvernement canadien. VDI. 12 Déc., 2 003.
- Institution of Engineers and Shipbuilders in Scotland. Hôtel des. E. 4 Déc., 752. Joint de maçonnerie en métal coulé. Gm. Nov., 450.
- Magasins à grains du port de Rosario (Barbet) RM. Nov., 425;
- • — de Tempelhof près Berlin. Gc . 12 Déc., 89.
- Ponts de Blackwell. New-York. E. 27 Noi\-, 723 ; E' 4 Nov., 595.
- — du Caledonian Ry à Stirling. Recon-
- struction. E. 4 Déc., 744.
- — de Queenborough. E'. 4 Déc., 601.
- — Lançage au moyen de chalands, ponts dé Nyslott et de la French River. Gc. 5 Déc., 73.
- — Sur la Sprée à Berlin. VDI. 5-12 Déc., 1942. 1987.
- Tunnel de Cerwyri, reconstruction. E1. 4 Déc., 585.
- ÉLECTRICITÉ
- Accumulateurs au plomb. Influence de la température sur leur capacité (llil-debrand). Re. 30 Nov., 393. Commission électrotechnique internationale et le comité éleclrotechnique français. Sie. Nov., 645.
- Courants et flux variables. Localisation artifi-ficielle des (Boucherot). Sie. Nov., 603.
- Distributions de Londres. E. 20 Nov., 691.
- — de Glasgow. E. 20 Nov., 693, 704.
- — Indicateur de terre Felten et Guillaume pour réseaux triphasés à haute tension. le. 10 Déc., 591.
- — Emploi de la terre comme partie d’un circuit (Brylinski). Re. 15 Déc., 425. — Prix de revient de l’énergie électrique vendue comme force motrice. Rc. 30 Nov., 372, 379.
- — ‘ Canalisations souterraines en alumi-
- nium (Tessier du Cros). LE. 21 Nov., 227.
- — Réglage des groupes électrogènes
- (Routin). LE. 21-28 Nov., 236, 267. Dynamos commandées par des turbines à. vapeur. Essais de (Muller Koliler). LE. 2 Nov., 239.
- — par moulins à vent (Montpellier). Elé.
- 28 Nov., 337; 5 Déc., 355.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1908.
- 1561
- Dynamos. Motrice à volant régulatrice pour installations à courant variable. le. 25 Nov., 567.
- — Moteur monophasé à collecteur Latour. LE. 21 Nov., 243.
- Éclairage. Tubes Moore. le. 25 Nov., 558.
- — Lampe à mercure à tube de quartz. - Re. 15 Bée., 439.
- — Incandescence. Pompe à vide Max Kohl. Gc. 28 Nov., 68.
- — Éclairage électrique par moulins à vent. le. 25 Nov.. 561.
- Électro-chimie. Divers. Cs. 16-30 Nov., 1070, 1118.
- - — Industrie des alcalis électrolytiques.
- Théorie du procédé à cloches (Brochet). ScF. 20 Nov., 1057.
- — Raffinage électrolytique de l’or et de l’argent. Gc. 21 Nov., 45.
- — American Electrochemical. Society. Meeting de New-York. Electrochemical. Bée., 487.
- — Pertes par les parois des fours (Hering). Electrochemical. Bée., 495.
- Equivalent électro-chimique de l’argent (Janet. Laporte et de la Gorce). SiE. Oct., 523.
- Industrie électrique en Angleterre et à l’étranger (Mordey).E. 27 Nov.,12b ; 11 Bée., 806.
- Isolateurs pour lignes aériennes. le. 10 Bée., 579.
- Mesures. Unités électriques fondamentales. SiE. Oct., 405; Elé. 12 Bée., 372.
- — Détermination de la constante d’un
- électrodynamomètre absolu par un phénomène d’induction (Guillet). SiE. Oct., 535.
- — Construction d’étalons de l’Ohm inter-
- national (René Benoit). SiE. Oct., 563.
- — Fréquencemètre Poole. le. 10 Bée., 593.
- — Nouvel électrodynamomètre absolu et
- détermination de la force électromotrice de l’élément type Weston (H. Pellat). SiE. Oct., 573.
- Parafoudres et décharges atmosphériques. Progrès récents (Garnier). Elé. 21 Nov., 328.
- Paratonnerres. Prescriptions de l’Association suisse des électriciens. le. 10 Bée., 585..
- Piles. Étalon au cadmium (Janet-Laporte et Jouaust). SiE. Oct. 409, 459.
- — Thermo-électrique. Dynaphor. Re. 30 Nov., 392.
- Stations centrales. Usine de Saint-Ginier, Marseille. Elé. 21-28 Nov., 321, 343; Re. 30 Nov., 380. Usine Edison de 100 000 kilowatts à Chicago. Re. 15 Bée., 418.
- — Emploi du régulateur automatique Thury. Gc. 12 Déc., 95.
- Télégraphie sans fil. Fonctionnement des antennes pour radiotélégraphie dirigée (Zennek) LE. 21 Nov., 241.
- — Conférences sur la (Poincaré). LE. 28 Nov., 239.
- — et téléphonie sans fil Fessenden. le.
- 10 Bée., 589.
- Téléphonie. Systèmes à batteries centrales (Chastel). Gm. Nov., 385. Transformateurs on parallèle. Fonctionnement. Gc. 21 Nov., 42.
- HYDRAULIQUE
- Barrages à rouleaux. VBI, 21 Nov., 1861.
- — creux de l’usine de Great Falls. Gc.
- 5 Bée., 83.
- Canalisations, d’eau et de gaz. Surveillance et entretien (Henri). Gm. ATou., 433. Compteur d'eau Hammond. Power, 24 Nov., 895. Chutes d'eau. Conservation et utilisation (Schon). EM. Bée., 425.
- Bistrïbution d'eau de Monterey (Mexique). E. 20 Nov. 533.
- — de Chartres. Clarification et Ozonisa-
- tion. Gc. 28 Nov., 57.
- — de Montréal. EL 11 Bée., 610.
- Pompes et transporteurs de liquides (Nagel).
- Electrochemical. Bée., 502
- — centrifuges. Diagramme de puissance.
- Power. 17 Nov., 823.
- — — Construction des. (Sperrÿ). AMa.
- 5 Bée. 738.
- — à piston Lamp. E. 11 Bée., 788.
- — Clapets annulaires (Klein). Bp. 12 Bée.,
- 785.
- Turbines. Théorie des (Bartl). Ri. 21-28 Nov., 463, 474 ; 5-12 Bée., 483, 495.
- — Turbine’s modernes (Camerer). VBI.
- 28 Nov., 1901.
- Tuyaux en ciment Reutsh. Er. 4 Bée. 599.
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. DÉCEMBRE 1908.
- 1502
- MARINE, NAVIGATION
- Bac électrique sur le Rhin. E/é. 12 Bée., 309. Canaux et rivières. Commission royale anglaise des. EL 11 Déc., 626.
- — Ratardeaux de l’écluse d’Ablon (Imbs).
- APC. Juillet, 94.
- — Canal de Roanne à Digoin. Reconstruc-
- tion du barrage de prise d’eau en Loire à Roanne (Mazoyer). APC. Juillet, 100.
- — Portes équilibrées du Ler. Canal du
- Rhône à Cette (Guihal). APC. Juillet, 117.
- Estuaires et leur canaux (Cunningham). E.
- 20 Nov. 676; 4 Bée., 743.
- Échelles 'à poissons. Caméré des rivières d’IIyères et l’Aulne (L. Cuiller). APC. Juillet, 133.
- Gouvernail hydranlique Siemens. E'. 4 Bée., 604/
- Hélices en bronze au manganèse. Gc. 12 Bée., 100.
- Machines marines. Rendement. E' 11 Bée., 614.
- — cà gaz Kay. E. 11 Bée., 787.
- Marines de guerre anglaise. Bâtiments nouveaux. E. 27 Nov., 725.
- Missjssipi. Inondations du Delta (Pickett). ACE. Nov., 1232.
- Point. Nouvelle méthode de détermination du.
- (Guyon). CR. 23 Nov. 936.
- Portes de Barcelone (Bacard Razelière). APC. Juillet, 15. .
- — d’Anvers (Alby), le. Oct., 645.
- Roulis. Dynamique du (Greenhill). EL 11 Bée., 609.
- . MÉCANIQUE GÉNÉRALE
- Aéronautique. Aéroplanes Wright. -Va.
- 21 Nov., 742.
- — — Progrès récents (Espitallier). Gc.
- 21-28 Nov., 33, 61; giration- (Bertin). CR. 16 Nov., 895. . >
- — — Problème du vol. E. 20 Nov., 698;
- 11 Bée., 786.
- _ — — Le vol mécanique (Oxon). SA. 4 Bée., 47.
- — — Moteur Renault. Va. 28 Nov.,l(H.
- — Dirigeable Bayard Clément. La Nature.
- 21 Nov., 385.
- Air comprimé. Compresseurs .allemands. AM a. 20 Nov., 661.
- — Commandé par vapeur (Darnley). Power. 24 Nov., 885.
- — Turbo-compresseurs (Regenbogen ). SuE. 25 Nov., 1729.
- ,Broyeur. Équilibrage d’un. AMa. 12 Déc., 765. Changement de vitesse. Dill. Power. 10 Nov. 810.
- Chaudières. Alimentation. Epurateur Ken-nicott. E' 11 Bée., 628. Réchaulîeurs divers (Bolton). EM. Bée., 393.
- — Coups d’eau. E'. 11 Bée., 615.
- — Détartreur Burnichon. Bam. Nov., 1381. — Essais des tubes (Vinsonneau). Ri. 5-12 Bée., 485, 498.
- — Explosion par coup d’eau. EL 20-27 Nov. 537, 566 ; 4 Déc., 389.
- — Grille Mab Naughton. Poiver. 10 Nov., 810.
- — Inspection des chaudières. Power, 24 Nov., 859.
- — Rivures à couvre-joint. Influence du couvre-joint (Jeter) Power. 24 Nov., 866.
- Biagrammes isométriques (Marx). AMa. 28 Nov., 701.
- Dynamomètres. LesTorsiomètres (Edgecombe). EL 27 Nov., 559.
- Frein de Prony. Son emploi, Power. 17 Nov., ‘ , 853.
- Graissage. Filtrage des huiles usées. Power. 10 Nov., 785.
- — Graisseur automatique à bille Kling Pribil. Gc. 5 Bée., 84.
- — des paliers ^Campbell). EM. Bée., 469. Indicateurs. Les réducteurs (Collins). Power. 10 Nov., 769.
- Installations mécaniques à la campagne. E. 11 Déc.,, 781. ,
- Laboratoire de mécanique de l’école de Co-• logne. VDI. 12 Déc., 1981.
- Levage.; Ascenseurs hydrauliques à' pistons .(Baxter), Power. 10-24 Nov., 789, • / 870. •
- — Appareils, de levage pour, voitures de ; chemins de fer (Oudet). .lige. Déc., . 391, ; . . ;I
- — Cableways (les). (Pictikowski). SuE. 18 Nov., 1695. . -
- , — .Convoyeurs à courroies, (les). (Bocklin). EM. Déc., 440. Newall pour! emfbar-
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ---- DÉCEMBRE 1908.
- 1563
- quement des charbons. EL'27 Nov., 573.
- Levage. Élévateur du port de Rosario (Barbet). RM. Nov., 425.
- — Transporteurs de charbons et minerais.
- Divers. Dp. 5-12 Déc., 769, 789. Station motrice de la Delaware rapid transit C° Philadelphie. Power, 17 Nov., 824.
- Machines-outils. Ateliers. Administration des. (Spencer). EL 20 Nov., 532; Mac Farland Emerson Bender Burns. EM. Déc., 329, 337, 435, 498.
- — • — Chantiers maritimes de la Smith’s
- Dock C°. E. 20-27 Nov., 677, 714. De Yarrow. E. 11 Déc., 775.
- — — Ateliers de réparation de chau-
- dières locomotives à Carlsruhe. Rgc. Nov., 371.
- — — de Crewe London and North Wes-
- tern. Rj. EL 11 Déc. Supplément.
- — — Commande électrique individuelle
- des machines-outils (Knowlton). EM. Déc., 347.
- — Alésoir universel. Broadbent. E.
- 20 Nov., 675.
- — Équerres. Appareils à vérifier les.
- (Libby). AMa. 20 Nov., 671.
- — Filière pour tuyaux Castor. Ri. 21 Nov.,
- 468.
- — Fraiseuses. Diviseurs exacts pour frai-
- sage de cannelures. AMa. 21 Nov. 657.
- — — Cincinnati types puissants. VDI.
- 28 Nov., 1916.
- — — à tailler les secteurs poür vis sans
- fin Brenot. Ri. 28 Nov., 473.
- — — verlicale Herbert. E. 11 Déc., 784.
- — Limes. Affûtage à l’émeri. Ri. 21 Nov.,
- 461.
- — Marteaux pneumatiques de la Société
- française d’outillage. RiA2 Déc.,493.
- — Montages et appareillages pour ma-
- chines-outils. RM. Nov., 473.
- — Presse à étamper Blin Wilzin. Ri. 12
- Déc., 494.
- — Raboteuse rapide Lutenauer. RM.
- Nov., 505.
- — Pinces. Fabrication des. AMa. 12 Déc.,
- . 771.
- — Perceuse radiale à main Drummond. E.
- 20 Nov., 685. • . I
- Machines-outils. Forets en acier rapide et ordinaire comparaison. AMa. 28 Nov., 709.
- — Riveuse électro-mécanique portative d’Oerlikon. Gc. 28 Nov., 63; ZOI. 27 Nov., 783.
- — Scies à frottement. AMa. 5 Déc., 735. — Soudure oxy-acétylénique. AMa. 21 Nov., 668.
- — Taraudeuse pour écrous Mac Kennie. AMa. 28 Nov., 725.
- Tours. Revolver pour tour ordinaire Drummond. E. 20 Nov., 687.
- — — d’horlogerie Waltham. Ailla. 21
- Nov., 691.
- — — Alésoir vertical Bellows. AMa. 28
- Déc., 693.
- — — Flalher de 250 millimètres. Ri. 5
- Déc., 481.
- — Vis. Machine à — Peerlees. AMa. 12 Déc., 794.
- Manographe Hopkinson. E. 11 Déc., 789. Moteurs à, vapeur. Locomobiles Lentz. EL 4 Déc., 598.
- — Condensation aux cylindres. Appareils de mesure. Lancaster et Tonge. EL 27 Nov., 578.
- — Condenseurs. Expériences avec pompes à air (Morrow et Dixon). E. 20 Nov., 703.
- — — pour turbines Brown Bowery. Ré.
- 30 Nov., 386. (Josse). E. 11 Déc., 802.
- — — à air Hombrock. Power. 17 Nov.,
- 844.
- — — Uniflux Weir. E. 4 Déc., 765.
- — Diagramme de Banki pour la vapeur
- d’eau. RM. Nov., 468.
- — Turbines. Curtis horizontales. Power.
- 10 Nov., 801.
- — Egermann. Power. 24 Nov., 855.
- — Zoelly de 2 200 chevaux. Essai (Kam-
- merer). SiM. Oct., 295.
- — Brown Bovery et machine à pistons.
- Essais comparatifs (Kammerer) (ici.), 302.
- — à basse pression. Rendement. Power. 17
- Nov.. 828.
- — Parsons. Réglage. Power, 24 Nov., 873,
- — Petites turbines, leur évolution (Ho-
- ward). EM. Déc., 408.
- Vis sans fin à billes Parrouffe et Arland. Gc. 5 Déc., 85.
- p.1563 - vue 1592/1612
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-
-
- 1564
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES-
- DÉCEMBRE 1908.
- Moteurs à gaz. Griffin. E. 5 Déc., 748.
- — Cylindres Lees et Dowson, Nuremberg, Erhardt et Sclmier Bellamy. RM. Nov., 528. Distributions Westinghouse Bellamy Crossley. RM. Nov., 513.
- — Injection d’eau Gardner Scholes et Gibson. RM. Nov., 529.
- — Réglages Crossley, Bellamy, Burt, De
- Dion, Ilabrak, Krupp. Luther, Ru-chenbach. RM. Nov., 515.
- — Mises en train et changements de marche. Albertini, May et Dunlop Campbell, Krupp, Fiat, Retombe, Ogston, Renault. RM. Nov., 530.
- — Gazogène Fairbanlcs, Morse. AMa. 21
- Nov., 674.
- — à air chaud. Noël. Va. 21 Nov., 748.
- — à pétrole Kniglit. E. 19 Nov., 681 ; Dol-
- phin (id.), 684.
- — — Diesel. Étude expérimentale
- (Kobes).Z01. 20-27 Nov., 762,777.
- — — Farcot pour aviation. Va. 5 Déc.,
- 780.
- — — Puissance des. E. 11 Déc.-, 705. Résistance des matériaux. Loi de Guest.
- E. 20-27 Nov., 698, 728 ; 4-11 Déc., 750, 786.
- — Dureté à chaud des aciers (Robin). RdM.
- Déc., 893.
- — Essai de dureté par méthode compara-
- tive (Grenet). RdM. Déc., 928.
- — Résistance et fatigue des plaques
- (Bach). VDI. 21 Nov., 1876.
- — Essais au choc (Stanton Bairston et
- Harbord). E. 27 Nov., 714,731 ; 4 Déc., E'. 27 Nov., 570;
- — — et définition de la résilience (Ré-
- villon). RdM. Déc., 768, 772, 887, Roulement à billes S. R. O. Va. 28 Nov., 764. Textile. Lavage des laines (Cognay). Dam. Oct., 1181, Nov., 1309.
- — Commande électrique des broches dans
- les continus à filer Poulenc. It. 15 Déc., 464.
- MÉTALLURGIE
- Alliages. Calcium avec zinc, cadmium, aluminium, thallium, plomb, étain, bismuth, antimoine et cuivre (Douski). Cs. 16 Nov., 1066.
- Alliages. Cadmium-zinc, dureté et micro-structure (Saposhkinof et Sacharow). RdM. Déc., 862.
- ‘— Composés intermétalliques (Desh). E. 20 Nov., 696.
- — Bronzes à hautes tensions (Kern). CN. 4 Déc., 273.
- — Travaux du laboratoire du professeur
- Tammann; les alliages de plomb (Portevin). RdM. Déc., 909.
- — de silicium et d’argent (Arrivaut). RdM.
- Déc., 932.
- Aluminium. Soudure Guggenbuhl. E'. 20 Nov., 537.
- Argent. Cyanuration à Guanajuato. Eam. 14-21 Nov., 947, 997.
- — à la Hacienda de la Union. Eam., 21
- Nov., 989.
- Cuivre. Progrès des usines au Canada. Eam. 14 Nov., 954.
- — Constitution des mattes cuivre-fer et
- cuivre-plomb-fer (Fulton et Good-ner). AÎM. Nov., 959.
- Étain. Fusion électrique des minerais (Mat-tonet). RdM. Déc., 891.
- Or à Ilog Mountain, Alabama. Minerais pauvres. AIM. Nov., 911.
- — Mines de Chispas, Mexique. Eam. 21
- Nov., 1006.
- — Cyanuralion des minerais aurifères (Hendrya). RnM. Déc., 890. Photographie des couleurs en métallographie (Revillon et Beauverré). RdM. Déc. 885.
- Fer et acier. Équilibre fer-carbone (Upton). Cs. 30 Nov., 1114.
- — Aciéries américaines nouvelles. EL 20
- Nov., 529, 4 Déc., 590.
- — — de Gazy (Indiana). EL 20 Nov,,
- 540.
- — Fours à calciner (G. Jones), RdM- Déc., 880.
- — Hauts fourneaux. Souffleries à turbines
- (Regenbogen). SuE. 25 Nov., 1729
- — — au Vent sec (Baudouard) Revue
- Scientifique. 12 Déc., 746. A Warwick. AIM. Nov.,911. A l’Illinois Street C°. Electrochcmical. Déc., 513.
- — — Manutentions. SuE. 2 Déc., 1773.
- — — Explosions {id.), 1781.
- — Laminoirs. Chemins de laminoirs nou-
- veaux. SuE. 18 Nov.,^ 1704
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- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES. ----- DÉCEMBRE 1908.
- 1565
- ♦Fer et acier. Laminoirs avec moteurs à gaz à Mossend. E. 27 Nov., 709.
- — — Commande électrique des lami-
- noirs réversibles. le. 10 Déc., 577. — Fonderie. Carbone (le), et propriétés de la fonte (Ilowe). Eam. 14 Nov., 943.
- — — Moulages en coquille (Leber). SuE.
- 2-9 Déc., 1769, 1809.
- — — Réactions du cubilot (Clerey). RdM.
- Dec., 883.
- — — Alliages de fer employés dans les
- fonderies ^Saunders). RdM. Déc., 885.
- — — Fonderie de la Gasmotoren Fabrik
- Deutz. RdM. Déc., 893.
- — — Fonderie systématique et prix de
- revient (Knoeppel).EM. Déc., 477. — Électrosidérurgie. Four Igewsky. le. 10 Déc., 583.
- MINES
- Accidents. Préventions des Lois américaines. Eam. 5 Déc., 1088.
- Cuivre, plomb, zinc, étain, mercure, aluminium, 'production mondiale en 1905 et 1900. AM. Juillet, 112.
- Extraction. Machine compound à soupapes Siegener. E'. 11 Déc., 625.
- Excavateur à pelle pour galeries de mines. Eam. 28 Nov., 1057.
- Explosifs antigr isout eux. Essais du laboratoire de Frameries (François). Ru. Oct., 47.
- Épuisement. Contrôle du débit des pompes (Cottin). Bam. Oct., 1289.
- Fer. Dépôts de Clinton (Alabama). AIM. Nov., 997.
- — Gisements du district de Birmingham États-Unis. Eam. 28 Nov., 1043. Houillères. Prix de l’exploitation par longues tailles en Angleterre (Dinon). Eam,. 14 Nov., 965; 5 Déc., 1104.
- Houillères. Charbons de l’Illinois. AIM. Nov. 1099.
- — Recherches chimiques bactériologiques et physiologiques dans les charbonnages de Bois du Luc et Havré (Demeure). Ru. Oct., 1.
- — Incendie de lamine de Hamstead. Eam. 28 Nov., 1060.
- — Explosion de Marianna. Eam. 5 Déc., 1109.
- Or et cuivre, gisement de Cobar. Nouvelle-Galles du Sud. Eam. 14 Nov., 957.
- — en Russie. État actuel de son industrie
- (Gorbqtschew). Ru. Oct., 89.
- — Gisement de Goldfield. Sa géologie. Eam. 5 Déc:, 1096.
- — de Sylvanite (Nouveau-Mexique (id.),
- 1101.
- — au Pérou oriental et en Bolivie (Conway).
- SA. 27 Nov., 29.
- Potasse. Sels de. Découverte en Alsace (Yogt et Mieg). SW. Oct., 261.
- Perforatrice à gazoline Scott. Eam. 21 Nov., 1008.
- Phosphates. Exploitation en Floride. Gc. 21 Nov., 40.
- Préparation mécanique. Principes du classement mécanique automatique (Church). Eam. 14 Nov., 951.
- — procédé Groendal pour le broyage,
- l’enrichissement et le briquetage des minerais (Hiertz). Ru. Oct., 126.
- — Traitements nouveaux (Christiensen).
- EM. Déc., 498.
- Plomb argentifère et zinc à Pierrefitte (Van Ness). AIM. Nov., 935.
- — Mines de Pontpean. Historique (Lodin).
- AM. Juillet, 5.
- Roulage. Emploi des locomotives, à benzine (Aubrun). AM. Juillet, 73.
- Z inc. Concentration à l’Oronogo Ceicle Mill. Eam. 21 Nov., 993.
- Transvaal. La manœuvre Caffre (L. Carter). AIM. Nov., 899.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT L’ANNÉE 1908
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT- POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- MM.
- Basset (Général), Administrateur de la Compagnie de Châtillon, Commentry et Neuves-Maisons, 14, rue de Pen-thièvre, Paris.
- Bazin (Eugène), Ingénieur, Directeur de l'Association des Propriétaires d’appareils à vapeur de l’Ouest, 3, rue de Bréa, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Béranger (Lucien), Chimiste, attaché au Classeur centrifuge (enrichissement à sec des minerais), 6, rue de Lesdi-, guières, Paris.
- Bertrand (Gabriel), Chef de service à l’Institut Pasteur, 102, rue de Sèvres, Paris.
- Boca (Théodore), Industriel, à Lutterbach (Alsace).
- Bociter (Henri), Ingénieur agronome, Inspecteur principal des denrées alimentaires et produits agricoles, secrétaire-général de la Société Centrale d’agriculture coloniale, 3, rue de Calais, Paris.
- Bordas (Dr Fr.), Professeur suppléant au Collège de France), 58, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris.
- Bordeaux-Montrieux (Georges), Président de la Commission des ardoisières d’Angers, Président de la Société industrielle | et agricole de Maine-et-Loire, rue Han- j neloup, à Angers. |
- MM.
- Bouchard (Georges), Docteur ès sciences, industriel, 21 bis, quai Gauthey,à Dijon (Côte-d’Or).
- Bourdel (Joseph), Imprimeur-Éditeur, ancien Juge au Tribunal de Commerce, 10, rue Garancière, Paris.
- Bouruet-Aubertot, Administrateur de l’Est algérien, 6, rueFrançois-Icr, Paris.
- Bousquet (Georges), Ingénieur des Arts et Manufactures, Secrétaire de la Société des Ingénieurs civils de France, 17, rue du Clos-d’Orléans, à Fontenay-sous-Bois (Seine).
- Braive (Paul), Colonel d’artillerie breveté en retraite, 2, rue Gounod, Paris.
- Brigode (Comte de), Maître de verreries, à Folembray (Aisne).
- Cuabert (René), gérant de la Société Garnier, Thiébault et Cie, à Gérardmer (Vosges).
- Cociiot (G.), Ingénieur des Arts et Manufactures, 45, rue de Tanger, Paris.
- Coignet (Edm.), Ingénieur, 20, rue de Londres, Paris.
- Combemale (Marcel), Licencié ès sciences, Directeur de la Société de l’Air Filtré, 94, boulevard Flandrin, Paris.
- D’Allemagne (Henry), Archiviste Paléographe, Bibliothécaire honoraire de l’Arsenal, 30, rue des Mathurins, Paris.
- Desciiamps (Jules), Ingénieur civil, ancien
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES.: ---
- Élève de l’École polytechnique, 52, boulevard Haussmann, Paris.
- Eissen (Maurice), Industriel, 85,rueSaint-Maur, Paris.
- Farcot (J. Ambroise), Ingénieur-Constructeur, 9, boulevard Denain, Paris.
- Faucon (Paul), Membre du Conseil supérieur de l’Agriculture, 16, rue Lagrange, Paris.
- Favre (Paul), 195, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Fortin (Pierre), Président du Syndicat du Beurre Pur, à Vire (Calvados).
- Galante (Émile), Fabricant d’instruments de chirurgie, 75, boulevard Montparnasse, Paris.
- Goujon (Jules), Industriel, 16, rue Petite-Loubianka, Moscou (Russie).
- Hély d’Oissel (Étienne), 1, rue de la Manutention, Paris.
- Huré (Jules), Ingénieur civil des Mines, 11, rue Andrieux, Paris.
- Jaunez (Raymond), Ingénieur des Arts et Manufactures, administrateur-directeur de la Société anonyme de produits céramiques, à Pont-Sainte-Maxence (Oise).
- Juville (II.), Ingénieur, Maison Cizeron, rue Limouzin, à Firminy (Loire).
- Lacour (Alfred), Ingénieur civil des Mines, 60, rue Ampère, Paris.
- Lacroix (Camille de), Manufacturier à Mulhouse (Alsace).
- Le Couppey de la Forest, Ingénieur des Améliorations agricoles, auditeur au Conseil supérieur d’hygiène de France, 8, rue Boccador, Paris.
- Léderlin, Administrateur de la Compagnie de l’Est, Directeur des blanchisseries de Thaon (Vosges).
- Leguizamon (Martiniano), Docteur en chimie à Buenos-Aires (République Argentine).
- Le Play (Pierre), Administrateur de la Société « La Dynamite », 6, avenue Marceau, Paris.
- Michel, Armand et Ci0, Industriels, 11,
- DÉCEMBRE 1908. Î567
- rue Lafon, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Pinard (Alphonse), Maître de forges, 9, rue d’Anjou, Paris.
- Pitaval (Robert), Ingénieur civil des Mines, 105, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine.
- Président (Le) de l’Association des Chimistes de sucrerie et de distillerie
- ^ de France et des Colonies, 156, boulevard Magenta, Paris.
- Rainal (Jules), Fabricant d’Instrumens de chirurgie, 18, rue Pigalle, Paris.
- Risler (Georges), 71, avenue Marceau, Paris.
- Sciilumberger (Théodore), Manufacturier à Mulhouse (Alsace).
- Société anonyme des Carrelages céramiques de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire).
- Société Française des Produits azotés, 2, rue Blanche, Paris.
- Souciion (Victor), Directeur de la Société d’enrichissement à sec des minerais (Classeur centrifuge), 4, passage Violet, Paris.
- Syndicat patronal de la Boulangerie de Paris, 7, quai d’Anjou, Paris.
- Taillefer (André), Ancien Élève de l’École polytechnique, docteur en droit, avocat à la Cour de Paris, secrétaire général de l’Association française pour la protection de la propriété industrielle, 215 bis, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Teissier du Crûs (Émile), Ancien Élève de l’École polytechnique, Ingénieur civil des Mines, 3, rue Balny-d’Avri-court, Paris.
- Thénard (Baron Louis), 118, boulevard Maillot, à Neuilly-sur-Seine.
- Toussaint, Ancien Ingénieur chef de service au Creusot, 32, rue de La Boétie, Paris.
- Vallet (Charles), Ingénieur E. C. P., licencié ès sciences, 17, rue Lachar-rière, Paris.
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- \ 568 . LISTE DES NOUVERUX MEMBRES. ----- DÉCEMBRE 1908.
- Verley-Bollaert (Charles), Banquier, 9, boulevard de la Liberté,, à Lille (Nord). ;
- Vivier (Joseph), Ingénieur à la Société minière franco-russe, à Dombrowa (Pologne russe).
- Warenghien (Louis de), Président de la Compagnie des mines de Vicoigne et Nœux, 67, avenue des Champs-Élyse'es, Paris.
- Weiirlin (Alphonse), Chimiste, 15, rue de l’Est, à Mulhouse (Alsace).
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA CENT SEPTIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (1908)
- (La lettre (P), à la suite d’uu article, indique qu’il ne s’agit que d’une présentation.)
- A
- àbt. Fabrication du cuir, 1449.
- Alby. Société des Arts de Londres, 477.
- Alfassa. Nommé membre correspondant, 909.
- — Impérialisme économique en Grande-Bretagne, 533, 690, 830, 1018, 1304, 1308, 1474.
- — Trusts américains, 49.
- At.lis et Chalmers. Machine et laminoir de 25 000 chevaux, 745.
- Alway et Pinckney. Farines. Action du peroxyde d’azote, 262.
- Amagat. Nommé membre du Conseil, 908.
- André (Ch.). Chimie agricole, 1546.
- Archbutt. Peintures pour ouvrages d’art, 593.
- Armengaud jeune. Nommé membre du Conseil, 908.
- Arnodin. Voies navigables de la France, 447.
- Asiiton. Fraises, 112.
- Atkinson. Réglagedes moteurs à gaz, 717.
- Audouin. Correction de la Loire, 393.
- Tome 110. — Décembre 1908.
- B
- Barillot et Sagourin. Cours d’agriculture,. 1545.
- Bâclé. Classeur centrifuge, 222.
- Baer et Bonte. Machines soufflantes, 293.. Balland. Fraudes sur le pain, 1515. Bardeau-Roger. Lampe à pétrole, 451. Baril. Frappeur pneumatique, 12.
- Baudry de Saunier, Allumage des moteurs.
- Conduite des automobiles, 1406.
- Bay. Purification du gaz à l’eau, 1369. Bedson. Composition des charbons, 419. Belin. Téléstéréographe, 1442.
- Bell. Gazogènes. Distinction des goudrons, 287.
- Belloc. Occlusion des gaz dans les aciers, 492.
- Beltzer. Plastiques artificiels, 1372.
- Berge et Laurent. Au pays du lait, 1545. Bertii et Watson. Éthers cellulosiques,, 1 404.
- Bertier. Éclairage électrique économique, 456.
- Bertrand (Gabriel). Nommé membre du Conseil, 908.
- 102
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- 1570
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1908.
- Bertin. Rapport sur les chaudières Bourdon, 769.
- — et Meurisse, 778.
- Bezault. Épuration des eaux d’égout, 23.
- River. Nécrologie, 585.
- Biver (E.). Nommé membre du Conseil, 909.
- Blau. Gaz, 1043.
- Blin. Chevalet de repriseuse, 360.
- Bordét. Rapport sur l’exercice 1907, 942.
- Bourdel. Nommé membre du Conseil, 909.
- Bouchard. Analyse des matières grasses, 1395.
- Boulenger. Études micrographiques des cuirs, 236.
- Boullanger. Industries agricoles de fermentations, 1398.
- Bourdon (Ch.). Chaudière. Rapport de M. Bertin, 769.
- Bretau. Vins des vignobles arseniqués, 1225.
- Brochet. Galvanoplastie, 1402.
- Brotan. Locomotive, 321.
- Burgers. Corrosion du fer, 849.
- Burnat. Lutte contre les microbes, 446.
- Buyse. Éducation générale et technique. Méthodes américaines, 888.
- c
- Campredon. Manuel du chimiste, 1405.
- Cardin. Photosculpture, 1281.
- Carlioz. Ventes en commun (Comptoirs de), 887.
- Chalon. Explosifs de sûreté, 265.
- Cuarpy. Nommé membre correspondant, 909.
- Cuattayvay. Cuivrage du verre, 97. Chaumat. Réduction électrolytique de l’indigo, 108.
- Chauvin et Arnoux. Compteur de pétrole, 1055.
- Clark et Stanfield. Blocs de béton, 1548.
- Claude. Air liquide, 1403.
- Clavery. Situation financière du Japon, 879.
- Coffinier. Manuel du fabricant de couleurs, 1404.
- Collin. Essai des papiers, 1507.
- Combemale. Filtrage de l’air, 1425.
- Coreil et Nicolas. Industries insalubres, 456.
- Cote. Tétrachlorure de mercure, 845.
- Courcelle et Lemaire. Législation du bâtiment, 890.
- Coûter Cowles. Fabrication des miroirs paraboliques, 1380.
- Crispo. Soude au silicate, 1214.
- Cross Bevan et Briggs. Chloramines protéines, 713.
- Crossley. Gazogène à tourbe, 1244.
- D
- D’Allemagne. Nommé membre du Conseil, 909.
- Da Costa. Moteur à gaz, 293.
- Dana. Extincteurs, 1236.
- Dautriche. Combustion des gaz, 707.
- Debesson. Chauffage des habitations, 1398.
- De la Coux. Production de l’ozone, 256.
- Delepine. État dissimulé en chimie minérale, 1365.
- De Monicault. Nommé membre correspondant, 909.
- De Ribes-Coristofle. Nécrologie deM. Ros-signeux, 341.
- — Crise de l’apprentissage en France, 823.
- Desforges. Essences et parfums, 147.
- Devaux Charbonnelle. Science électrique, 147.
- Diétericii. Gisements de la Nouvelle-Calédonie, 137.
- Dolberg. Presse à tourbe, 1241.
- Donon. Bouillie bordelaise, 266.
- Drelling. Étude des calorifuges, 151.
- Duchemin. Carbonisation des bois, 418.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. -----
- Ducretet. Télégraphie sans fil, 966. Dutoit etDuüoux. Analyse des vins, 1226.
- E
- ëscard. Carburendum, 415.
- Esghalier. Sténosage des soies artificielles, 1223.
- Espitallier. Hydrogène pour l’aéronautique, 543.
- F
- Farcot. Nécrologie, 585.
- Fayolle. Conducteurs en aluminium, 99.
- Field et Morris. Aéro-vapeur, 1407.
- Fouard. Amidon soluble, 261.
- Fouquet. Emploi de l’acide sulfureux, 710.
- Francuet. Bleu de Sèvres, 1042.
- François. Explosifs antigrisouteux, 1512.
- Frank. Fabrication de l’hydrogène, 414.
- — La cyanamide, 1037. Rapports de l’industrie chimique avec les autres industries, 1500.
- Fkazer. Végétaux et fumées industrielles, 1224.
- Fritsh. Ensemble de ses travaux, 19.
- Frois. Captage des poussières, 1395.
- Fromuolt. Séchage d’une maison, 903.
- G
- Gabellini. Bateaux en ciment armé; 1400. Gabreau. Four électrique (P), 1550.
- Garçon (J.). Notes de Chimie (à chaque numéro).
- Garrison. Production de l’or, 98.
- Gautier. Sahara algérien, 878.
- Giamician. Chimie organique. Son développement, 411.
- Gibson. Torsiomètre, 282'.
- Gilbert. Joint de tuyauterie, 349.
- DÉCEMBRE 1908. 1571
- Glocker. Write. Régulateur pour turbines hydrauliques, 1229.,
- Godart. Surchauffe dans; les machines marines, 727.
- Grandeau. Azote-nitrique et l’agriculture, 733.
- Gréau. Fer et sel en Lorraine, 1405.
- Green. Noir d’aniline, 1222.
- Grehant. Lutte contre le grisou et l’oxyde de carbone, 800.
- Grinnell. Extincteurs, 1236, 1239.
- Grosclaude. Extraction des diamants au Cap, 1367.
- Guerbel. Bornéol et acide, camphorique, 1221.
- Guillet. Aciers au chrome, 233.
- Guyot. Droit forestier, 153.
- H
- Haller. Saponification de l’alcool, 421.
- Haller et Gault. Progrès de l’industrie des huiles essentielles, 977.
- Hartness. Outils sans dépouille, 1538.
- Hasketcr. Mécanisme de la filtration, 1034.
- IIatondela Goupillière. Axes principaux des temps de parcours, 736.
- Haugh. Traité de géologie, 147.
- Hawort et Perkin. Synthèse des terpines, 706.
- Heckel. Corrosion des fers et aciers, 1039,
- Heilmann. Compresseurs d’air. Rendement, 434.
- Hersent (G.). Nommé membre du Conseil, 908.
- — Outillage maritime, 1081.
- Hitier. Bibliographies. A chaque séance.
- Hopkinson. Rendement thermique des moteurs à gaz, 857.
- Hornsby. Tracteur chenille, 747.
- Hospitalier et Roux. Formulaire de. l’électricien, 742. v
- Houllevigue. Du laboratoire à l’usine, 316.
- — Évolution des sciences, 592.
- Hugounenq et Morel. Acide fluorhydrique
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- '1572
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ---- DÉCEMBRE 1908.
- comme liydrolyscur des matières protéiques, 1509.
- IIunt. Boyeur,' 1054.
- i
- Igewsky. Four électrique, 892. International Valve C°. Extincteur, 1240.
- j
- Jackmann. Duromètre, 882.
- Jandus. Lampe à arc, 450.
- Janvier. Voitures autoinfobiles à G roues, 1173.
- K
- Kammerlingh Onnes. Liquéfaction de l'hélium, 1227.
- Ivammerer. Soudure autogène, 1507.
- Kent Smitii. Sulfure de zinc, 1215.
- Klincksieck et Valette. Gode des couleurs, 1404.
- Koerner. Sucre de bois, 1508.
- Koetgen et Ablett. Laminoirs commandés par l’électricité, 1385.
- Koiiler. Clapets de sûreté,-576.
- L
- Labeur. Pierres factices, 258.
- Lacoin. Construction et réglage des moteurs à explosion, 1400.
- Lacour. Optique et acoustique au théâtre, 943.
- Lafosse. Rapport sur l’exercice 1907, 925. Lamberton. Laminoir à tôles, 1389. Lancjiester. Accouplement cannelé, 596. Larivière. Chevalet Blin, 3G0.
- Largnier et Bancels. Solubilité delà gélatine, 263.
- — Gélatine et tannin, 714.
- Launay. Métropolitain de Paris, 152. Laurent. Purification de l’eau potable,
- 1372.
- Le Ciiatelièr (IL). Hydrates siliciques,. 1366.
- — Leçons sur le carbone, 1396.
- Lecornu. Dynamique appliquée, 315.
- — Allumage Lodge, 363.
- Lee de Forest. Téléphonie sans fil, 738. Leeuw. Fraises à dents rapportées, 1530. Leighton. Aménagement des fleuves aux États-Unis, 880.
- Leinneeber. Pompe à corde, 1053.
- Lemaire. Meule à rectifier, 345.
- Lemaître. Gaz à l’eau, 1229.
- Le Soudier. Bibliographie française, 741. Letombe. Les moteurs, 1547.
- Lévy (Lambert). Chemins de fera crémaillère, 591.
- Livache. Dissolutions du copal pour vernis, 708.
- — Fabrication du vernis de copal, 812.
- — Rapport sur les travaux de M. Nico-lardot, 783.
- Lodge. Allumage, 363.
- Longridge. Coups d’eau dans les chaudières, 1375.
- Lumière et Seyewetz. Insolubilisation. d& la gélatine, 1048.
- — Emploi de la thioürée en photographie, 1372.
- Lunge. Analyse chimique industrielle,
- Mac Cay. Sulfure de zinc, 1215.
- Malvezin et Samier. Coloration des raisinsr 1224.
- Marcuis. Gaz pauvres, 314.
- — Vapeur surchauffée, 1397.
- Marquison. Distillation de la houille, 1216. Matignon. Carbure d’aluminium, 261.
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS.
- DÉCEMBRE 1908.
- 1573
- Mavor. Turbines à vapeur, 448.
- Merz. Réseau électrique de la côte Nord-Est, 1374.
- Mesnager. Cheminées en béton armé Mon-noyer, 1300.
- Meunier et Seyewetz. Tannage aux qui-nones, 852.
- Meurisse. Chaudières. Rapport de M. Ber-tin, 778.
- Molina. Les explosifs, 1547.
- Monnoyer. Cheminées en béton armé, 1300.
- Mudford. Trempe automatique, 896.
- N
- Nadal. Locomotives, 1397.
- Nagel. Inflammation des mélanges explosifs, 555.
- Nathan et Rintoul. Fabrication de la nitroglycérine, 1187.
- Nicolardot. Eau dans les cuirs, 263.
- — Métaux secondaires et terres rares, 730.
- — Recherches sur les cuirs et peaux, 783.
- Nivet. Calcul du béton armé, 743.
- O
- Ostromysslervsky. Relations entre les corps et leurs solvants, 256.
- p
- Parent. Tabac dénicotiné, 111.
- Parsons-Tosi. Turbine à vapeur de 12 000 chevaux, 869.
- Passât. Évaseur, 748.
- Pelet-Jolivet. Colloïdes en teinture, 1371. Perissé. Chauffage et ventilation par l’électricité, 677.
- Petavel et Hutton. Four électrique à hautes pressions! 414.
- Philip. Tannage au chrome, 110.
- Picard. Sélomètre, 357.
- Pickerïng. Bouillie bordelaise, 266.
- — Émulseurs, 94.
- Piest. Coton nitré, 1510.
- Pilet, Jolivet et ànderson. Fixation des colorants, 109.
- Pillet. Photosculpture Cardin, 1281.
- — Filtration d’air Combemale, 1425.
- Planat. Art de bâtir, 1406.
- Potter. Protoxyde de sodium, 415.
- Pring. Carbures métalliques, 1506.
- Procter. Chimie colloïdale, 1343.
- Puget. Cuirs et peaux, 586.
- Q
- Quibell. Antiparasites, 1226.
- R
- Ramsay. Gaz de l’atmosphère, 1213.
- Ranken et Taylor. Viscosité des solutions, 255.
- Ransome. Machine à faire les tonneaux de ciment, 1056.
- Raschkowitsii. La Saccharine, 1516.
- Rateau. Turbine à vapeur, 863.
- Ratel. Préparation mécanique des minerais, 743.
- Richard ^G.). Notes de mécanique. Littérature des périodiques (dans chaque numéro). Revues de quinzaine (à chaque séance).
- Ringelmann. Génie rural appliqué aux colonies, 731.
- — Jaugeur, 737.
- Rivière. Acide hydrofluosilicique, emploi en sucrerie, 104.
- Rockwood. Extincteur, 1237.
- Rosensthiel. Fermentation des vins, 1225.
- Rossigneux. Nécrologie, 341.
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-
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- 1574
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS. ----- DÉCEMBRE 1908.
- S
- Sankey. Machine à essayer les métaux, 134. Sarrette. Calculs d’emprunts, 447. Sartori. Technique des courants alternatifs, 742.
- Sauvage. Frappeur Baril, 12. « La locomotive », 1397.
- — Joint Gilbert, 349.
- — Meule à rectifier Lemaire, 345.
- — Musée technique de Munich, 228. Sculesinger. Meules en émeri et carbu-
- rendum, 116.
- Sculoeser. Tubes en ciment, 1542. Sciimatolla. Four à chaux, 461.
- 'é
- Schmidt. Four tournant pour ciment, 431.
- — Machine à vapeur surchauffée, 1234. Sciiramm. Laines artificielles (Inflammabilité des), 423.
- Scuribaux. Amélioration des espèces végétales, 613.
- Sellers. Tour à bandages, 1060.
- Suears. Emulseur, 595.
- Sothern. Turbines à vapeur, 1397. Smallwood. Fumivore, 881.
- Smith. Sphingomètre, 1233.
- Staxton. Machine à essayer les rails, 896.
- — Féculerie en Hollande, 1467.
- — Bairstow. Essais de résistance au choc, 1518.
- T
- Taillefer et Claro. Brevets d’invention et contrefaçons, 1407.
- Tamin. Coton hydrophile, 1370.
- Taylor. Bisulfure de carbone, 544.
- — Maréomoteurs, 751.
- Thomson. Évolution del’éclisse, 1528. Tisserand. Agriculture danoise, 587. Toulon. Sélomètre Picard, 357.
- — Bibliographies (à chaque séance). Tscuirck. Chimie des sécrétions végétales,
- 705.
- u
- Urbain. Phosphorescence, 93.
- v
- Vialatte. Industrie américaine, 586.
- w
- Waddell. Ponts en acier au nickel, 1400. Wallon. Photographie des couleurs, 655. WEGsnEiDER. Théorie de la saponification, 422.
- Weighton. Influence de la vitesse du piston des machines à vapeur sur leur économie, 875.
- Wologdine. Conductibilité calorifique des matériaux réfractaires, 821.
- Woodward. Moteurs à alcool, 570.
- Worms de Romilly. Sciences mathématiques, 314.
- Wulfing. Peinture noire pour le fer, 260.
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA CENT SEPTIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (1908)
- A
- Acide hydrofluosilicique. Emploi en sucrerie et distillerie (Rivière), 105.
- — fluorhydrique comme hydrolyseur des matières protéiques (Hugounenq et Morel), 1509.
- — sulfurique, 848. Fabrication, 257. Acidimétrie (jaune de mélanite en), 852. Aciers (Gaz occlus dans les) (Belloc),
- 492.
- — au chrome nouveau (Guillet), 233.
- — Industrie aux Etats-Unis (Carnegie), 1506.
- Accouplement cannelé Lanchester, 596. Aéro-vapeur Field et Morris, 1407. Alcaloïdes végétaux nouveaux, 550. Alcools. Impuretés, 708.
- Alliages. Travaux nouveaux, 416. Allumettes. Industrie en Suède, 101. Aluminium (Carbure d’) (Matignon), -261. Amidon soluble (Fouard), 261.
- — composition (Gruzewski), 712. Antiparasites des moutons, 1226. Atmosphère (Nouveaux gaz de F) (Ram-
- say), 1213.
- Apprentissage (Crise de F) (De Ribes-Ciiristofle), 822.
- Automobilisme (Benzol et alcool en), 1044. Automobiles à six roues (Janvier), 1173.
- Azolures d'argent, 854.
- B
- Bateaux en ciment armé Gabellini, 1400.
- Bisulfure de carbone. Fabrication électrolytique Taylor, 504.
- Blanc de zinc (peinture au). Clôture des travaux de la Commission pour l’étude comparative avec la céruse, 516.
- Bleu de Sèvres, 1042.
- Blocs de béton (Clark et Stanfield), 1548.
- Bornéol et acide eamphorique (Guerbet),
- 1221.
- Bouillie bordelaise (Chimie de la) (Picke-ring). Unique usage (Donon), 266.
- Bronze d'aluminium, 1041.
- Broyeur Ru1054.
- BIBLIOGRAPHIE.
- Ouvrages reçus à la bibliothèque,
- à chaque n°.
- Fritsh. Ensemble de ses travaux. Rapport de M. Livache, 19.
- Annuaires du Bureau des Longitudes pour 1908 et 1909, 146, 1403.
- Télégraphie sans fil et télémécanique (Mo-nier), 146.
- Science électrique. État actuel (Devaux, Crarbonnel), 147.
- Géologie (Traité de) (Hang), 147.
- Essences et parfums. Fabrication (Desforges), 147.
- Droit forestier (Cours de) (Guyot), 153.
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-
-
- 1576
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES M.'
- Sciences mathématiques. Premiers principes (Worms de Romilly), 3H.
- Production et utilisation des gaz pauvres (Marciiis), 314.
- Dynamique appliqué (Lecornu), 313.
- Du laboratoire à l’usine (IIoullevigue),
- 316.
- Microbes (Lutte contre les) (Burnet), 446.
- Calculs d'emprunts à longs termes (Sar-rette), 447.
- Porce motrice à !Exposition de Liège, 447. *
- Voies navigables de là France (Arnodin), 447.
- Analyse chimique industrielle (Lunge), 434.
- Industries insalubres. Établissements classés (Coreil et Nicolas), 456.
- Eclairage électrique économique (Bertier), 456.
- Cuirs et peaux (Puget), 586.
- Industrie américaine (Vialatte), 586.
- Agriculture danoise (Tisserand), 587.
- Chemins de fer à crémaillère (Lévy Lambert), 591.
- Evolution des sciences (IIoullevigue), 592.
- Métaux secondaires et terres rares (Nico-lardot), 730.
- Génie rural appliqué aux colonies' (Rixgel-mann), 731.
- Azote nitrique et l'agriculture (Grandeau), 733.
- Axes principaux des temps de parcours (IIaton), 735.
- Bibliographie française (Le Soudier), 741.
- Formulaire de Iélectricien et du mécanicien (Hospitalier et Roux), 742.
- Courants alternatifs : (technique des) (Sartori), 742.
- Préparation mécanique des minerais (Ra-tel), 743.
- Calcul du béton armé (Nivet), 743.
- Sahara algérien (Gautier), 878.
- Japon. Situation financière (Clavery), 879.
- Ventes en commun (Comptoirs de). (Car-lioz), 887.
- Education générale et technique: Méthodes américaines (Buyse), 888.
- VTIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1908.
- Législation du bâtiment (Courcellg et Lemaire), 890.
- Captage et utilisation des poussières industrielles (Frois), 1395.
- Elude des matières grasses. Exposé et examen des principales méthodes d’analyse (G. Bouciiard), 1395.
- Carbone (Leçons sur le) (IL Le Ciiatelier),
- 1396.
- Vapeur d'eau surchauffée (Leçons sur la) (Marciiis), 1397.
- Locomotives à vapeur (Nadal), 1397.
- La machine locomotive {Sauvage), 1397.
- Turbines à vapeur modernes (Sotiiern),
- 1397.
- Chauffage des habitations(Debesson), 1398.
- Indusù'ies agricoles de fermentation (Boul-langer), 1398.
- Galvanoplastie et dépôts éleclrolytiques. Manuel pratique (A. Brochet), 1402.
- Vers à soie sauvages. Leur élevage (André), 1403.
- Gazons (les) (Forestier), 1403.
- Air liquide, oxygène, azote (Claude), 1403.
- Couleurs (Code des) (Klincesieck et Valette), 1404.
- Manuel du fabricant de couleurs (Coffi-gnier), 1404.
- Guide pratique du chimiste et de l'essayeur (Campredon), 1405.
- Fer et sel en Lorraine (Grean),. 1405.
- Art de bâtir (Planat), 1406.
- Construction etréglagedes moteurs à explosion (Lacour). Art de conduire une automobile. Allumage des moteurs à explosion (Baudry de Saunier), 1406.
- Brevets d'inventionr et contrefaçon. Traité théorique et pratique (Taillefer et Claro), 1407.
- Au pays du lait (Berge et Laurent), 1545 .
- Cours élémentaire d'agriculture (Barillot et Sagourin), 1545.
- Chimie agricole (André), 1546.
- Les moteurs (Letombe), 1547.
- Les explosifs et leur fabrication (Molina), 1547.
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MAI
- c
- Calorifuges. Appareil Drilling pour leur étude,loi.
- Carbonisation du bois (Ducuemin), 418.
- Carbures métalliques (Pring), 1506.
- Carburendum (Escard), 415.
- Charbon pulvérisé, 100. Composition de charbons (Bedson), 419.
- Chaudières. Progrès en 1907, 155.
- — Marines. Foyers à pétrole, 1059.
- — à lames d’eau de M. Ch. Bourdon. Rapport de M. Bertin, 769.
- — à tubes d’eau de M. Meurisse. Rapport de M. Bertin, 778.
- — Foyer fumivore Smallwood, 881.
- — Coups d’eau (Lanchester), 1375.
- Chauffage et ventilation par l’électricité (PÉRISSÉ).
- Chaux (Four à) (Schmatella), 461.
- Chemins de fer.
- — Métropolitain de Paris. Traversée de la Seine (Launay), P. 152.
- Cémentation. Four à gaz américain, 459.
- Céramique. Documents intéressant l’industrie céramique, 545.
- — Bleu de Sèvres, 1042.
- — Travaux del’AmericanCeramicSociety.
- Cheminées en ciment armé Monnoyer.
- Rapport de M. Mesnager, 1300.
- Chevalet à, repriser Blin. Rapport de M. Larivière, 360.
- Chimie organique. Son développement (Giamician), 411.
- Chloramines protéines (Cross Bevan et Briggs), 713. 1
- Chlorure de chaux anhydre, 257.
- Ciments. Fours tournants Schmidt, 431.
- — armés. Protection du fer des, 880.
- Classeur centrifuge. Rapport deM. Bâclé, 222.
- Colloïdes. Chimie colloïdale (Les) (Procter), 1343, 1363.
- — en teinture, 1371.
- — Préparation des corps simples à l’état colloïdal, 542.
- TIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1908. 1 577
- | Combustion des gaz (Dâutriche), 707.
- Compresseurs d'air sec. Rendement (Heil-mann), 434.
- Compteur à pétrole Chauvin et Arnoux, 1055.
- Conduites de fumée. Fabrication rationnelle de leurs éléments. Concours de la Société des architectes français, 1032.
- Congrès international de la route, 457.
- Conseil d’administration de la Société d’Encouragement, pour 1907, 3.
- Constitution chimique et action physiologique, 1505.
- Corrosion du fer et de l’acier, 259, 417, 548, 707, 849, 1039.
- Coton mercerisé, 103, 425.
- — nitré (Piest), 1510.
- — hydrophile (Tamon), 1370.
- Cuivrage du verre (Ciiattaway), 97.
- Cuirs. Tannage au chrome (Philip), 110.
- — Eau contenue dans les (Nicolardot), 263, 786.
- — Études micrographiques (Boulanger), 236.
- — Recherches sur les cuirs et peaux par M. le capitaine Nicolardot, 788. Rapport de M. Livaciie, 783.
- — Sur la fabrication du cirir (Art), 1449.
- Cyanamide (la) (Frank), 1037.
- D
- Déboisement aux États-Unis, 317,880, 891.
- Désinfection àu formol, 855.
- Diamant. Extraction actuelle au Cap, 1367.
- Dissolutions. Relations entre les corps et leurs solvants (Ostromyssi.ervsky), 256.
- Distillerie. Deuxième congrès international, 850.
- Duplicateur Ronéo. Rapport de M. La RTVIÈRE, 364.
- Duromètre Jackmann, 882.
- -, - E
- Eau fluoroformée, 855.
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- 1578 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1008.
- Eaux d’égout. Epuration biologique intensive. Comparaison avec l’épandage (Beraul.t), 23. Résultats de l’épuration biologique, 2-4. Analyses bactériologiques. Expériences de Columbus, la Madeleine-lès-Lille et Créteil, 28. Rôle de la fossé septique, 29. Résultats de l’épandage agricole, 32 Volume réel des eaux rejetées en Seine, 33. Répartition totale des eaux entre les diverses cultures, 34. Répartition des eaux d’égout rejetées en Seine, 36. Eaux déversées par la ville de Paris et le département de la Seine, 37. Seine-et-Oise, 38. Situation véritable au point de vue de l’assai-'nissement de la Seine, 39. Epuration de la totalité des eaux de Paris et du département de la Seine, 41. Conclusions, 44. Annexe. Appareil. 'Distributeur automatique pour filtre rectangulaire, 46.
- — Les filtres arrosés, 322.
- — Rapport de la commission anglaise. Sur le traitement des eaux d’égouts, 1399.
- Eau potable. Purification (Laurent), 1373.
- Eau dissimulée en chimie minérale (Delé-pine), 1365.
- Éclairage. Lampes à arc Jandus, 450.
- — Lampe à pétrole Bardeau Roger, 451.
- — gaz Blau, 1304.
- Eclisses. Leur évolution (Thomson), 1528.
- Électricité.
- — Conducteurs en aluminium (Fayolle), 99.
- — Emploi pour la commande des machines-outils, 149, 319.
- — Lampes à arc Jandus, 450.
- — Réseau de la côte Nord-Est (Merz), 1374.
- Emaux pour métaux, 546.
- Émulsions (Pickering), 94. (Suears), 595. •
- Encres et leurs essais, 426, 715.
- Espèces végétales. Amélioration des (Sciiribaux), 613.
- Eucérine Unna, 111.
- Explosion de chaudière à Greenwich, 320.
- État financier de la Société. Rapports de MM. Lafosse et Bordet sur les comptes de l’exercice 1907, 925, 942. Bilan, 941.
- Etats-Unis. Production minière et métallurgique en 1907, 258. Epuisement des ressources, 890.
- Ethers cellulosiques (Bert et Watson smitr), 1044.
- Explosifs de sûreté (Cualox) 265.
- — Antigrisouteux (François), 1512.
- Explosions de poussières dans les élévateurs à grains, 1407.
- Extincteurs d’incendies (Dana), 1237.
- F
- Farine de froment. Action du peroxyde d’azote (Alway et Pinckney), 262.
- Féculerie en Hollande et en France (Stanton), 1467.
- Fer pur (Kreuster), 1368.
- Fers et aciers. Corrosion, 259, 417, 707. Préservation, 548, 593, 849.
- — Four électrosidérurgique Igewsky, 892.
- Fermentation. Influence du cuivre et de la lumière, 420-
- Fibres. Méthode d’examen Gaidukow, 424.
- Filtrage de l’air, procédé Combemale Rapport de M. Pillet, 1425.
- Filtration (Mécanisme de la) (IIaskëtch), 1034.
- Fleuves. Aménagement aux États-Unis, 880.
- Four électrique à hautes pressions Peta-vel etHurroN, 414. Igewsky, 892.
- — à chaux Schmatella, 461 .
- Frappeur pneumatique Barril. Rapport de M. Sauvage, 12.
- Fraises. Fabrication et entretien (Asiiton), 112. A dents rapportées (Leeuw), 1530.
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- TABLE .ALPHABÉTIQUE DES M>
- Formaldéhyde. Dissolutions. Influence coagulatrice, 101.
- . G
- Gaz d’éclairage. Purification, 850. Nouveaux systèmes 'de distillation de la houille (Marquison), 1216. Température de distillation, 736. Gaz Blau,1043.
- Gaz à. l’eau, 420,1219. Sa purification (Bay) . 1369.
- Gaz occlus dans les aciers (Belloc), 492.
- Gazogènes. Destruction .des goudrons (Bell), 287.
- Gélatine. Solubilité (LargnierdesBancels), .263.
- — et tannin (Combinaisons de), 714.
- — Insolubilisation (Lumière et Seyewetz), 1048.
- Grisou et oxyde de carbone (Lutte contre le) (Gréiiant), 800.
- H
- Hélium. Liquéfaction, 1227.
- Huiles essentielles,progrès dans d’étude et l'industrie (des) (Haller et Gault), 977,. 1018.
- Hydrogène pur. Fabrication (Frank), 414.
- — purification, 415.
- — préparation pourd’aéronautique (Espi-tallier), 543.
- Hydrosulfites (Document sur les). 553.
- I
- Indigo. Réduction électrolytique (Chau-mat), 108.
- — indigotine, 854.
- VT1ÈRES. *-- DÉCEMBRE 1908. 1 57.9
- Indigo. Stéréochimie, 109.
- Industrie chimique dans ses rapports avec les autres industries (Frank), 1500.
- Impérialisme économique en Grande-Bretagne (Alfassa), 523. Plan de M. Chamberlain, 690. Application, 69.2. Contradictions, 694. Opposition politique, 696. Politique de représailles, 698. Projets de réformes jugés par M. Chamberlain en 1881 et .1903, 701. Les représailles jugées par M. Bal-four en 1896, 703. La situation économique, progression du commerce extérieur, 830. Mouvement des exportations, 832. Année 1872, 834. Comparaison des périodes quinquennales, 829. Influence de la baisse des prix, 841. — Eléments de la mesure de la situation économique, 1018. Condition des classes ouvrières, 1020. Chemins de fer, 1022. Production du charbon et du fer, 1023. Émigration, 1024. Variation du commerce extérieur, 1026. Considérations relatives à )une île imaginaire, 1308. Similitude entre ^situation deT’Angle-Terre et celle de l’île imaginaire, 1329. L’évolution industrielle, 1321. Importance des industries'secondaires, 1324. Le Dumping, 1326, et les industries secondaires, 1329. Les importations, 1332. Leur progrès, 1334. Leur analyse, 1472. Part des produits semi-manufac-turés, 1476; manufacturés, 1481. Exportations américaineset britanniques, 1483. Situation particulière de la Grande-Bretagne, I486. Le'commerce à gagner, 1490. Valeurdes marchés, 1494.Marchés -coloniaux,’1497.
- Insecticides vénéneux. Le pétrole. Appareils pulvérisateurs (Barsacq), 368.
- J
- Jaugeur. Ringelmann. 737.
- Joints de tuyaux Gilbert. Rapport de ’i M. Sauvage, 349.
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-
-
-
- J 580
- TABLE ALPHABÉT1QUÈ DES MATIÈRES. — DÉCEMBRE
- L
- Xaines artificielles. Inflammabilité (Scuramm), -123.
- JmïI, beurres et fromages, 854.
- Laminoirs. Machine de 25000 chevaux Allis et Chalmers, 745;commandés par l’électricité (Koetgen et àbliîtt), 1385. Duo Lambérton, 1389.
- Levage (Appareils de), 448.
- Littérature des périodiques (G. Richard), à chaque numéro.
- Locomotives Brotan avec foyer à tubes d’eau, 321.
- — Express, type Pacific, 884.
- — Pressions limites, 743.
- M
- Machines-outils, Evaseur Passât, 748.
- — Emploi de l’électricité, 148, 319.
- — Frappeur Baril. Rapport de M. Sauvage, 12.
- — Fraises. Fabrication et entretien (Asiiton), 112. A dents rapportées (Le-euw), 1530.
- — Meules en émeri et en carburendum Rendement économique (Schlesinger), 116.
- — à rectifier Lemaire. Rapport de M. Sauvage, 34o.
- — — Affûteuse pour fraises hélicoïdales Lejeune, 900.
- — Outils sans dépouille IIartness, 1598.
- —Plaque de fondation conti nue, 149.
- — Sélomètre Picard. Rapport de M. Toulon, 357.
- — Tour à roues de locomotives. Sellers, 1060.
- Machines marines. Surchauffe dans les (Godard), 727.
- Machines soufflantes à moteurs à gaz (Baer et Bonte), 293.
- Maréomoteur Taylor de h 000 chevaux,
- 751.
- Matériaux réfractaires. Conductibilité des—, recherches (Wologdine), 321.
- Métaux, prix et production, 848.
- Mécanique (la) en 1907, 154.
- Membranes. (Perméabilité des), (Bigelow), 256.
- Mercerisage du coton (Miller), 103. Nouvelle caractéristique du coton mercerisé (Hubner), 425.
- Métallurgie du fer. Application de la chimie physique, 259. Presse à lingots Lilienberg, 432.
- — Laminoirs commandés par l’électricité (Koetgen et Ablatt), 1385. Laminoir Lambérton, 1389,
- — Métilures Jouve, 416.
- Meules en émeri et en carburendum. Rendement (Sculesinger), 116.
- — Affûteuse Lejeune pour fraises hélicoïdales, 900.
- — à rectifier Lemaire. Rapport de M. Sauvage, 345.
- Microscope théorie (Conrad Beck), 268.
- Miels artificiels, 1 373.
- Mines, machines d’extraction à retour d’air Fullerton, 443.
- Miroirs paraboliques argentés, fabrication (Cowper Cowles), 1380.
- Mortiers avec pouzzolanes, 1042.
- Moteurs à vapeur, progrès en 1907, 156.
- Moteurs à gaz en 1907, 149.
- — à 2 temps Da Costa, 293.
- — gazogènes, destruction des goudrons (Bell), 287. A tourbe Crosley, 1244.
- — à gaz de haut fourneau pour souffleries (Baer et Bonte), 293 aux aciéries de Gazy, 1410.
- — Allumeur Lodge. Rapport de M. Le-cornu, 353.
- — Compteur d’explosions et de compressions Suaffer Budenberg, 1059.
- — Vitesse d’inflammation des mélanges explosifs (Nagel), 556
- —..Réglage (Atkinson), 717.
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- TABLE ALPHABETIQUE DES MATIÈRES. --- DÉCEMBRE 1908.
- Moteurs à gaz. Rendement thermique (Hopkinson), 857.
- — à alcool. Recherches (Woodward), 570.
- — à vapeur. Surchauffée Smith, 1234.
- — dans la marine (Godard), 727.
- — Influence de la vitesse du piston (Weighton), 875.
- Musée de la technique de Munich
- (Sauvage), 228.
- N
- National Laboratory de Londres, 459.
- Nécrologie.
- M. Rossigneux par M. de Ribes-Christofle, 341.
- — AIM. Biver, Farçot, '585.
- — Becquerel, Ganet, Coghot, Mascart, Million, 1393, 1394.
- Nettoyage à sec, 428.
- Nitroglycérine. Fabrication (Nathan et Rintoul), 1188, 1510.
- Nivellement du sol de la ville de Seattle, 1548.
- Nickel de la Nouvelle-Calédonie. Exploitation des gisements (Dieterich), 137.
- Nitrite de sodium, 848.
- Nitrocelluloses (Recherches sur les), 422.
- Nitroglycérine (Fabrication), 264.
- Notes de chimie (J. Garçon), à tous les numéros.
- Notes de mécanique (G. Richard), à tous les numéros.
- O
- Optique et acoustique au théâtre
- (Lacour), 943.
- Or (Production de 1’). (Garrison), 98.
- Outillage maritime. Sa mise au point. Ports et canaux (Hersent), 1081.
- Ozone (De la Coux), 256.
- —Actionsurl’essence de térébenthine,257.
- — Action sur les pigments, 424.
- 158!
- p
- Pain blanc et pain bis, 855.
- — Fraudes (Balland), 1515.
- Papiers, 852, et cartons imperméables,-103.
- — (Essais des) (Collin), 1507.
- — parcheminé (conservation), 713. Paraloluidine, préparation industrielle,:
- 549.
- Pétroles. Transports par tuyaux, 1409. Peinture pour métaux et ouvrages d’art (Arcubutt), 593, noire pour le fer (Wul-fing), 260.
- — au blanc de zinc et céruse. Clôture destravaux de la Commission d’études comparatives, 516.
- Phosphates, 848.
- Phosphorescence (Urbain), 93. Photographie des couleurs (Wallon),. 655.
- — Emploi de la tliioürée (Lumière et Seye-
- WETZ).
- Photochimie (Stobbe), 412.
- Photo-sculpture Cardin. Rapport de M. Pillet, 1281.
- Pierres factices (Labem), 258.
- Picrates métalliques, 853.
- Plantes (combinaisons toxiques pour les),. 267.
- Plastiques artificiels (Beltzer), 1372. Pompes centrifuges en 1907, 160.
- — à corde Leinweber pour puits à pétrole, 1051.
- Pont de Québec. Écroulement, 597.
- — de Blackwell, 1549.
- Poudres fluentes, 1517.
- — en acier au nickel (Waddell), 1400. Prix et médailles pour l’année 1907,.
- 177.
- R
- Radium, 849.
- Rails en acier manganésé, 1550.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. ---- DÉCEMBRE 1908.
- Paisins (couleur des), 1221.
- Résistance des matériaux. Essais des métaux par flexions répétées. Appareil Sankey, 131.
- — au choc (Stanton et Bairstow), 1518.
- — dés rails, Stanton,896.
- — Duromètre Jackmann, 882.
- Rivières à fonds mobiles (correction
- des). La Loire (Ardouin), 393.
- Houle (Congrès international de la), 457.
- s.
- Saccharine (Rasiikowitcu), 1516. Saponification de l’alcool par l’huile de lin (Haller), 421.
- Savons colloïdes, 421. Théorie de la saponification (Wegsiieider), 422. Saturnisme et phosphorisme, 555. Scandium, 849.
- Sciage d’une maison au fd hélicoïdal. Frojiuolt, 905.
- Secrétaires (rapports des). MM'. Hitier et Toulon (à chaque séance).
- Sécrétions végétales (chimie des) (Tschizk). 705.
- Sélomètre Picard. Rapport de M. Toulon, 357.
- Silicium (Protoxyde de) (Potter), 415.
- — Hydrates siliciques) (H. Le Cuatelier), 1366.
- Société des Arts de Londres (Alby). 477. Soude au silicate (Crispo), 1214.
- Soudure au cuivre des aciers, 1053.
- — autogène (Kammerer Tourtelier), 1507. Soufre en Louisiane, 96.
- Soies artificielles (Sténosage des). (Esciia-lier), 1223.
- Sphingomètre Smitu, 1223.
- Sucrerie et distillerie, emploi de l’acide hydrofluosilicique (Rivière), 104. Emploi de l’acide sulfureux (Fouquet), 710.
- — Sucre de bois (Koermer), 1508.
- Sulfure de zinc (Mac Cay), 1215.
- Surchauffe dans les machines marines
- (Godard), 727.
- T
- Tabac dénicotiné, Parent, 111.
- Tannage aux quinoneS'(Meunier et Sceye-avetz), 852.
- Télégraphie sans fil, Ducretet, 669.
- Téléstéréographe, Beï.in, 1442.
- Températures (nouvelles déterminations de), 412.
- Terpines (Synthèse des) (IIawortu et Per-kin), 706.
- Théâtre. Optique et acoustique au.
- (Lacour), 943.
- Torsiomètres. Application à la mesure de la puissance des turbines marines) (Gibson), 282.
- Tracteur Chenille Hornsby, 747.
- Turbines hijdrauliques.Régu\dLie\iv Glocker Write, 1229.
- Turbines à vapeur en 1907, 157.
- Teinture. Cause de la couleur dans les composés organiques, 105.
- — Réduction électrolytique de l’indigo (Ciiaumat), 108, 428.
- — Influence des acides et des bases sur la fixation des colorants (Pelet-Jolivet et‘Andersen). 109.
- — Action de l’ozone sur les pigments, 424.
- — Bleu de platine, 426.
- — Théorie de'la teinture, 427, 552.
- — Cuve d’indigo électrolytique, 428'.
- — Progrès des matières colorantes (Rob-son), 1046.
- — Noir d’aniline Green, 1222.
- Téléphonie sans fil. Lee de Forest, 738.
- Tétrachlorure de carbone (Cote), 845.
- Tonneaux à ciment. Fabrication Ransome,
- 1056.
- Tourbe. Son utilisation (Sankey), 1244.
- Trempe automatique Mudford, 900.
- 'Trusts américains et le président Roosevelt (Alfassa), 49.
- Tungstène, 99‘.
- Turbines à vapeur avec transmission électrique pour navires (Mavor), 448.
- — Parsons-Tosi de 12 000 chevaux, 869.
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- DÉCEMBRE 1908.
- 1583
- Turbine Rateau, 863.
- Tuyauteries de vapeur, clapets de sûreté (Kohler), 576.
- Tuyaux en ciment Otto et Schlossér, 1542.
- y
- Valence (la fonction de) (Friend), 845. Vanadium, sources actuelles (Kent Smith), 1215.
- — et tungstène, 99.
- Végétation et fumées industrielles, 1224. Ventes postales aux États-Unis, 318. Vernis. Dissolutions de copals pour (Li-vache), 708, 812.
- Vernis au copal. Fabrication (Livacue), 812.
- Verres opaques. Fabrication, 96.
- — Cuivrage du verre (Chattaway), 97. Vinasses de betteraves, composition^ 709. Vins. (Dosage de l’alcool dans les), 420. —-(Analyse des), 1226.
- — Fermentation (Rosenstiiiel), 1225.
- — des vignobles arseniqués, 1225. Viscosité des solutions (Ranksen et Taylor),
- 255.
- Z
- Zinc. Industrie en 1907, 549.
- Le Gérant : Gustave Richard.
- Paris. — Typ. Philippe Renouaed, 19, rue des Saints-Pères.
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