Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
-
-
- p.n.n. - vue 1/331
-
-
-
- BULLETIN
- Bibliothèque
- DE LA
- SOCIÉTÉ DENCOURAGEMENT
- BS P|-î 2
- POUR. L’INDUSTRIE NATIONALE,
- Publié avec l’ approbation de S. Ex, le Ministre des Ma?iujactures et du Commerce,
- DOUZIÈME ANNÉE.
- £
- A PARIS,
- DE L’IMPRIMERIE DE MADAME HUZA11D
- (née VALLAT LA CHAPELLE),
- Rue de l’Eperon - Saint - André - des -Arts , N°. 7.
- Page de titre 1 - vue 2/331
-
-
-
- p.2 - vue 3/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. (N0. GUI.) JANVIER ,8,3.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES. — HYDRAULIQUE.
- Extrait d’un Rapport fait à la Classe des Sciences physiques et mathématiques de l’Institut impérial de France, par JM. Carnot, sur diverses Machines hydrauliques présentées par M% Manoury-Dectot.
- Le problème général que s’est proposé M. Manoury, dans la construction de ses macilinea hydrauliques, est celui—ci : Une chuta ci'eau'éta?lt
- donnée , élever une portion de ce fluide au-dessus du réservoir, par le moyen dune machine dont toutes les parties sont absolument fixes, et qui, par conséquent, ne renferme ni roues, ni leviers, ni pistons, ni soupapes, ni autres parties quelconques mobiles.
- L’auteur est parvenu à la solution de ce problème, qu’on seroit d'abord tenté de croire impossible, et de plusieurs manières qui n’ont rien de commun entre elles j les faits répondent à toutes les objections, et la théorie à laquelle il n’est pas donné de prévoir toujours la vérité, la confirme au moins toujours, et sert ordinairement à la généraliser.
- Malgré la variété surprenante des machines proposées par M. Manoury, et la complication assez grande de quelques-unes d’entre elles, on re-connoit en les comparant avec soin , qu elles ne sont toutes que des combinaisons diverses de trois moyens principaux employés ensemble ou séparément , et qui sont désignés par l’auteur sous les trois dénominations de siphon intermittent , d’hydréoie , et de colon7ie oscillante.
- Comme on ne pourroit entendre, sans le secours de figures, les mécanismes compliqués des machines de M. Manoury, et le détail de toutes les
- A 2
- p.3 - vue 4/331
-
-
-
- C 4 )
- applications qu'il en a faites , le rapporteur s'est borné à en indiquer lu composition et à en faire connoître les principes généraux (i).
- i°. Siphon intermittent.
- Le siphon intermittent est connu en physique ; c’est par ce moyen que se vident les fontaines dites réciproques, chaque fois que leur réservoir se trouve rempli par l’eau de pluie, ou autrement , jusqu’à la hauteur du dessus de ce siphon. Alors l’eau se met à couler par la plus longue branche , et celle du réservoir s’échappe ju-qu’à que sa surface se trouve au niveau de l’ouverture de la branche la plus courte ; mai , ce qui est nouveau dans ce mécanisme do M. Manoury, c’est le parti qu’d a su tirer de ce siphon intermittent pour en faire le principe de plusieurs machines dans lesquelles il n’entre aucune partie mobile , et qui cependant élèvent l’eau au-dessus du réservoir.
- Pou r concevoir cet effet intermittent, il n’v a qu’à le supposer anphqué,-par exemple, à la fontaine de compression ordinaire, dite fontaine de Héron. On sait que cette fontaine est composée de deux capacités closes placées l’une au-dessus de l'autre, et séparées par un diaphragme. En introduisant l’eau dans la capacité inférieure par un tuvau qui vient du réservoir, l’air dont elle prend insensiblement la place se comprime peu à peu dans cette rapacité et en meme temps dans la capacité supérieure, au rrioven d’un tuvau de coinniiiiiicaion établi de l une à l’autre. Alors l’eau contenue dans la capacité supérieure se trouvant comprimée à son tour jaillit, par un ajutage, au-dessus du réservoir.
- M ais la compression de l’eau n’existant qu’à cause de la compression de l’air opérée par la quantité d’eau introduite dans la capacité inférieure, elle cesse dès que cette capacité étant remplie d’eau , l’air qui en a été chassé a perdu son ressort par sa dilatation dans la capacité supérieure. Si. donc on veut que cet effet se renouvelle, il faut rétablir les choses dans leur état jarimitif, en vidant de nouveau la rapacité inférieure de l'eau qui s'y est introduite. Or, c’est cette opération (le vider la capacité inférieure après qu’elle a produit son effet, que M. Manoury exécute par son siphon intermittent. Ce siphon étant adapté à la capacité inférieure, la vide tout d’un coup, aussitôt que l’eau qui y arrive du réservoir atteint la partie
- (i) M. Manoury se propose de publier incessamment un mémoire dans lequel il décrit avec soin toutes les machines qui font l’objet de ses recherches. Il en établira la théorie d’après une série d’expériences comparatives, et il en déduira des instructions pratiques Nous ferons connoitre , dans un prochain N®. , les résultats les pius importans consignés dans ce mémoire. ( C, JD.)
- p.4 - vue 5/331
-
-
-
- / b* \
- l ^ )
- supérieure du siphon 3 l’air vient reprendre sa place et les choses se trouvent dans le même état où elles étoient avant le jeu de îa machine, qui se remonte d'efe-même par l’effet de la chute d’eau donnée, sans qu’il y ait dans les parties solides qui la constituent aucune pièce mobile, Il n’y a donc plus qu’a répéter ce mécanisme par une suite de fontaines semblables placées par étage les unes au-dessous des autres , pour élever l’eau à telle hauteur qu’on voudra , an moyen d’une perte proportionnée de celle qui s’écoule par le siphon intermittent. C’est ce que fait M. jManoury dans l’une de ses machines, qui n’est en effet que l’assemblage de plusieurs fontaines de compression, communiquant toutes ensemble de proche en proche, de manière que chacune devient le puisard de celle qui est placée immédiatement au-dessus , et que toutes sont à la fois mises en eu par l’effet d’en seul siphon intermittent adapté à la capacité inférieure de la fontaine la plus basse.
- Il est aisé de voir que le siphon intermittent peut être appliqué de même à beaucoup d’autres machines pour les ranimer lorsqu’elles ont produit un premier effet, et leur en faire produire ainsi périodiquement de nouveaux, semblables aux premiers 3 aussi M. JManoury varie -1—il ses applications,
- 2°. Uydréule.
- L’auteur donne le nom d’hydréole aux machines dans lesquelles il emploie un mélange d’eau et d’air pour faire monter le premier de ces fluides au-dessus de son niveau naturel. Ce moyen consiste à mettre en équilibre deux colonnes , l'une d’eau pure, l’autre d'eau mêlée avec de 1 air j celle-ci ayant une pesanteur spéc ifique moindre que la première , ne peut évidemment la eontre-baîancer qu’au moven d’une hauteur plus grande 3 d'où il suit que la colonne mélangée doit s’élever au-dessus du réservoir, et porter par conséquent l’eau qu’elle contient au-dessus de son niveau naturel.
- M. JManoury opère son mélange d’une manière très-intime ; il ne se contente pas d’introduire un volume d’air dans l’eau 3 il veut que ce volume soit préalablement divisé en une multitude de petites bulles qui , logées entre les particules de l’eau , y soient séparées et retenues par l’adhésion de ces particules, de manière qu elles ne se dégagent que lentement et ne se réunissent pour échapper que quand le service qu’on en attendoit a été obtenu.
- L’auteur distingue deux sortes d’hydréoles, Xhydréolepar succion et 1 'hydre oie par pression.
- Lorsqu’une colonne d’eau se meut dans l’air, elle en entraîne une portion
- p.5 - vue 6/331
-
-
-
- avec elle, soit par l’adhérence des deux fluides l’un pour l’autre , soit parce qu’il se forme autour de la colonne d’eau une espèce de vide vers lequel l’air ambiant se précipite, effet démontré par les belles expériences de M. Venturi; il suit de là que l’eau, en traversant une masse d’air, en absorbe une partie , et devient en quelque sorte gazeuse ; et c’est ce que M. Manoury appelle hydi'éole par succion.
- Si au contraire on suppose qu’un volume d’air soit chassé de force dans une masse d’eau, par un soufflet ou de toute autre manière, et que ce volume d’air, en pénétrant dans l’eau, s’y trouve divisé en un grand nombre de petites bulles, au moyen de filières très-petites, par lesquelles on l’aura contraint de passer, le mélange qui en résultera , est ce que M. Manoury appelle hydréole parpression , parce qu’effectivement c’est par une forte compression de l’air qu’on l’oblige à entrer et à se disséminer dans toutes les parties de la masse du fluide.
- Dans l’un et l’autre de ces deux hydréoles, l’eau, devenue gazeuse, se trouve plus légère que l’eau pure , et par conséquent susceptible de monter plus haut que le réservoir. Telle est la base du second moyen proposé par M. Manoury, qui en varie les applications,- nous allons en indiquer plusieurs.
- Concevons un réservoir au fond duquel soit adapté un tuyau recourbé, et dont la branche recourbée s’élève plus haut que le réservoir. Dans sou état naturel, l’eau se mettra de niveau dans le réservoir et dans le tuyau.
- Supposons maintenant que vers le milieu de la longueur du tuyau on perce la paroi, et qu’on y adapte la douille d’un soufflet qui y chasse l’air de force, non à plein courant, mais par l’interposition d’une plaque percée d’un grand nombre de petits trous pour diviser le volume d'air ; l’air pénétrera dans la masse d'eau en forme de bulles très-déliées , et l’adhésion des particules d’eau entre elles tiendra ces petites bulles séparées ; l’eau du tuyau deviendra donc gazeuse au-dessus de l’ouverture faite dans la paroi, et spécifiquement plus légère que l’eau du réservoir; donc elle montera dans ce tuyau au-dessus de ce réservoir, et pourra rentrer dans ce même réservoir ou dans un autre plus élevé que le premier. Mais l’objet de M. Manoury ne seroit pas rempli complètement s’il n’étoit parvenu à remplacer le soufflet, qui est une pièce mobile, par un autre moyeu; et ce moyen est fort simule,
- é. i
- L’auteur dérive de son réservoir une seconde colonne qui tombe par un nouveau tuyau dans une capacité close. A mesure que î’eau remplit cette capacité, l’air s’y comprime; et c’est cet air comprimé-qui étant reporté par un autre tuyau à l’ouverture de la paroi du premier , y remplace le
- p.6 - vue 7/331
-
-
-
- ( 7 )
- soufflet jusqu’à ce que la capacité close étant remplie d’eau l’air en soit entièrement consommé. Mais alors 1 effet cesseroit si l’on ne vidoit la capacité close pour rétablir les choses dans leur premier état, et c’est ce que M. Manoury exécute par un siphon intermittent semblable à celui que nous avons décrit ci-dessus.
- Voici une autre application de l’hydréole :
- L’auteur commence par tirer de son réservoir un jet d'eau qui s’élève, suivant les lois ordinaires de l’hydraulique^ un peu moins haut que ce même réservoir, à cause des frottemens. Au centre de l’ajutage de ce jet d’eau aboutit un courant d’air produit, comme nous l’avons expliqué ci-dessus , par une seconde colonne d’eau dérivée du même réservoir. Voici ce qui arrive alors. L’eau et l’air se mêlent ensemble au sortir de l’ajutage, et le jet s'élève tout à coup beaucoup plus haut que le réservoir. On devoit s’attendre k cet effet d’après ce que nous avons dit précédemment ; mais ce qu’il y a de singulier, c’est le bruit occasioné par le choc des particules d’air contre celles de l’eau au sortir de l’ajutage. Ce bruit est un son approchant de celui de l’harmonica, mais moins doux. Si l’on vient à interrompre l'écoulement de l'eau par l’ajutage, l’air qui sort seul ne produit plus qu'un petit sifflement ordinaire.
- 3®. Colonne oscillante.
- Le troisième moyen imaginé par l'auteur pour clever l’eau d’un réservoir au-dessus de son niveau naturel, est ce qu’il nomme sa colonne oscillante. C’est aussi de ses trois moyens principaux celui qui a paru aux commissaires de l’Institut le plus nouveau , parce qu’on ne connoît rien qui ait pu en suggérer l’idée fondamentale j il est d’ailleurs d’une extrême simplicité, puisque tout le mécanisme se réduit à un tuyau adapté à un réservoir et interrompu vers sa partie inférieure. C’est cette solution de continuité dans le tuyau qui fait que l’on y voit avec surprise l’eau monter au-dessus du réservoir, sans l’addition d'aucune autre pièce k la machine.
- Pour expliquer ce phénomène , imaginons un siphon renversé , c’est-à-dire, dont les branches aient leurs ouvertures par eh haut. Si l’on fait couler une balle dans ces branches sans lui imprimer aucune vitesse initiale, il est évident qu’en vertu de celle qu’elle doit acquérir dans sa chute elle remontera dans l’autre branche à la même hauteur que celle d’où elle est partie dans la première, et qu’abstraction faite du frottement Cette balle continuera d’osciller de l’une k l’autre branche, en remontant toujours dans chacune d’elles à la même hauteur.
- Mais si, dès que la première balle est partie, on lui en fait succéder
- p.7 - vue 8/331
-
-
-
- une autre pareille qui lui soit contiguë,, la première balle s'élèvera dans la seconde branche à une hauteur plus grande que celle d’où elle est descendue , et la seconde à une hauteur moindre. En effet, c’est le centre de gravité de leur système, c'est-à-dire , leur point de contingence , qui don remonter à la hauteur du point de départ j et ainsi de suite, s'il y en avoit un plus grand nombre.
- Ceci démontre que l'eau versée dans une des branches du siphon doit s’eîever plus haut dans l'autre branche, lorsqu’on continue de verser dans la première. Cependant, comme elle ne sauroit s'élever indéfiniment dans la seconde , il arrive un terme où elle commence à refouler la colonne inférieure et à la repousser dans la première branche. Cet effet peut s’évaluer facilement par le principe de conservation des forces vives ; car il en résulte qu’au moment où la colonne devient stationnaire pour rétrograder ensuite, le centre de gravité de la masse doit se trouver précisément à la hauteur de l’ouverture de la première branche du siphon , puisque c’est par-là que toute l’eau a été introduite, et qu’elle est supposée sans moiwemeut acquis au moment du départ.
- Mais, d’après le même principe, si, à ce moment où l’eau est stationnaire , on venoit à soustraire ou anéantir la petite portion de fluide qui se trouve dans la partie basse du siphon , c’est-à-dire, à l’endroit du coude où ce siphon est horizontal , cette portion de fluide n’étant animée d’aucune force vive ni actuelle ni potentielle , la somme des forces vives de la masse totale n’en seroit point altérée, mais elle se trouveroit distribuée dans une masse moindre.
- Supposons que I on continue de verser de l'eau dans la première branche du siphon, cette nouvelle quantité de fluide apportera une nouvelle somme de forces vives à la masse ; si donc, à chaque oscillation , on soustrait une portion du fluide inanimée, pendant que, d’un autre côté, on en introduit de nouvelle chargée de forces vives, la somme totale des forces vives augmentera toujours , quoique la masse totale reste la même ; l’ascension dans la seconde branche augmentera donc de plus en plus indéfiniment.
- Mais si l’on veut borner cette augmentation de forces vives de la colonne, il n’y a qu’à couper la seconde branche du siphon à une hauteur quelconque *, alors, à chaque oscillation, une portion du fluide s’échappera par le haut de cette branche, et l’on aura ainsi fait monter cette portion échappée au-dessus du réservoir d’où elle est venue.
- La difficulté se réduit donc à soustraire la portion compétente du fluide qui se trouve dans la partie inférieure du siphon, au moment où le fluide
- p.8 - vue 9/331
-
-
-
- {9)
- est stationnaire , et cela sans employer ni soupapes, ni aucunes autres pièces mobiles quelconques; or, c’est ce que M. Manoury obtient d’une manière extrêmement simple, en établissant à la partie basse du siphon une petite solution de continuité entre les deux branches de ce même siphon.
- Lorsque l’eau est animée d’un mouvement rapide d’oscillation dans le siphon, elle ne sauroit s’échapper par cette ouverture, parce que son mouvement acquis lui fait franchir ce petit intervalle ; mais au moment où l’eau devient stationnaire , ce mouvement acquis n’ayant plus lieu , la portion du fluide qui répond à la petite ouverture s’échappe, et c’est précisément ce qui doit avoir lieu pour que la machine produise son effet sans déperdition de forces vives, ainsi que nous l’avons expliqué ci-dessus.
- Pour éviter encore plus sûrement la perte de l’eau avant qu’elle soit arrivée au repos, M. Manoury termine en cône tronqué l’extrémité inférieure de la première branche de son siphon , ce qui produit une contraction à la veine fluide qui en sort, et la détermine à entrer en entier dans la seconde branche.
- Cet eftet singulier est plus facile à expliquer qu’à prévoir • mais le succès a justifié cette tentative délicate de M. Manoury. On conçoit qu’il faudra du temps et des tâtonnemens pour tirer de ce principe une machine avantageuse.
- Si r on ferme la seconde branche du siphon par le haut au moyen d'une
- plaque , en laissant seulement dans cette plaque une petite ouverture , la colonne d'eau qui monte par ses oscillations dans celte seconde branche , se trouvant tout d’un coup arrêtée par la plaque d’en haut, produit la secousse ordinaire du belier hydraulique. La force vive est en partie détruite par le choc ; le reste passe dans le filet d’eau qui répond à la petite ouverture de la plaque, et ce filet d’eau est lancé à une grande hauteur. Cet effet, qui lui est commun avec la machine de M. Monîgolfiera n’empèche pas que l’une ne diffère essentiellement -de l’autre ; car cette dernière ne peut se débarrasser de ses pièces mobiles qui sont les soupapes , tandis que la colonne oscillante de M. Manoury n’en a aucune , et conserve cette propriété qui caractérise toutes les machines qu'il a présentées à l’Institut.
- Par la combinaison de tant de moyens peu connus et tout-à-fait inutiles dans la construction des machines hydrauliques , l’auteur est sorti du cercle ordinaire des idées sur lesquelles ces machines sont conçues, et par conséquent il a dû arriver à des résultats absolument inattendus.
- M. Manoury a aussi inventé des moulins à blé qui paroissent être
- Douzième année. Janvier i8i3, B
- p.9 - vue 10/331
-
-
-
- ( 10)
- d’une utilité majeure pour le service public, et qui , d’après des expériences authentiques et constatées , produisent un effet supérieur à celui des roues à pot les mieux exécutées * c’est une heureuse application de la machine à réaction imaginée par M. Segner , de l’Académie de Berlin , et soumise ensuite au calcul par plusieurs illustres géomètres, particulièrement par MM. Euler père et fils , et par M. Bossut. Quatorze de ces moulins sont déjà établis aux forges de Paimpont en Bretagne , et dans les clépariemens de l’Orne, de la Manche et du Calvados.
- Les commissaires de l'Institut pensent que M. Manoury a rendu des services essentiels à la théorie aussi bien qu'à la pratique du mouvement des eaux par ses recherches et scs expériences, et que ses inventions méritent l’approbation de la Classe.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées dans la séance du 3o décembre 1812. ( Daclin.)
- Note sur le belier hydraulique de Jeu M. Joseph Montgolfier.
- L’utilité du belier hydraulique est aujourd’hui suffisamment reconnue ; ses nombreuses applications dans des localités difficiles, les avantages cpii résultent de son emploi et cjui ont été constatés par des rapports faits à l’Institut, à la Société d’Encouragement, et au Ministère de l’intérieur ; la simplicité Pt la solidité do sa conetruf rion , tOUl concourt à assurer à cette machine le succès dont elle jouit, et à la placer au rang des plus ingénieuses découvertes de ce siècle. Son auteur a d’ailleurs tant de titres à l’estime publique , qu’il suffit de rappeler les services qu’il a rendus à F industrie, pour exciter les regrets de tous ceux qui s’intéressent à la gloire nationale.
- Le belier hydraulique peut être placé dans les positions les plus variées, et ri valise avantageusement avec les meilleurs procédés employés jusqu’à ce jour pour l’élévation des eaux. On est très-satisfait du service de cette machine dans les jardins du château impérial de Navarre, dont elle arrose mie partie; elle alimente trois fontaines de la ville de Conches, et sert à embellir, par un jet d’eau , la principale promenade de Lille. Un grand nombre d etablissemens publics et particuliers en font usage depuis long-temps et avec un succès qui ne s’est jamais démenti.
- Cette machine s’applique aux plus foibles sources et aux cours d’eau les plus considérables, aux chutes de quelques pouces et aux cascades de plusieurs toises; elle peut servir à l’arrosement des prairies et fournir d’eau les habitations situées à 5o toises d’élévation et même au-delà. Cependant
- p.10 - vue 11/331
-
-
-
- ( ïï )
- lorsque le volume d’eau à employer excède i5o à 200 pouces de fon-tenier (1), on ne peut éviter d’en établir plusieurs, cette quantité d’eau exigeant un belier d’un pouce de diamètre, qui est le plus fort qui ait été construit jusqu’à présent.
- Comme les frais augmentent en raison de la différence qui se trouve entre la hauteur de la chute et celle de l'ascension, il faut, pour qu’ils ne soient pas trop considérables, tâcher de n’employer que des chutes dont la hauteur soit toujours au moins la quarantième partie de la hauteur d’ascension. Dans cette proportion, le prix de l’ascension d’un pouce de fonte-nier s’élève de 7 à 8000 francs, non compris la dépense des tuyaux d’ascension qui ne peut être fixée que d’après la connoissance des distances à parcourir. Si la hauteur d'ascension n'est que vingt fois la hauteur de la chute, le prix du pouce élevé ne sera que de 4001 francs; si elle 11e l’est que cinq fois, mille francs; et ainsi de suite.
- Pour connoitre le nombre de pouces d’eau qui seront nécessaires pour en élever un à une hauteur déterminée, il suffit de diviser cette hauteur par celle de la chute, et doubler le quotient ; le résultat de ces deux opérations sera l’expression du nombre cherché. Néanmoins, pour avoir des données précises sur toutes les parties de la dépense à faire dans chaque localité, il est essentiel de déterminer , i°. quelle est la nature et le volume de cours d’eau que l’on destine à servir de moteur au bélier? a0, quelle est
- la plus erunJo linutonr rlf> r>l-int«3 cj-udon pont Ini flnnnPrt1 g°. quelle est la
- quantité d’eau qu’on veut élever dans un temps donné? 40. et enfin, à quelle hauteur ( mesurée verticalement ) et à quelle distance de la partie inférieure de la chute on veut porter les eaux élevées par le belier.
- M. P. F. illontgülfier, fils de l’illustre inventeur de cette précieuse machine, offre de fournir, sons sa responsabilité , les béliers qui lui seront demandés, et de remplacer sans frais toutes les pièces usées , rompues ou jugéesdéfeclueuscs ; les frais de réparation n’excéderont jamais la vingtième partie du capital. Il donnera aux personnes qui le désireront tous les 1 ensei-gnemens nécessaires sur la meilleure manière de conduire les eaux, sur le choix des tu vaux et leur entretien.
- Sa demeure est à Paris, rue Pastourelle , N°. 5, où l’on peut voir un belier hydraulique en activité. (Daclin. )
- (1) On entend par un pouce de fontenier , un cours d’eau capable de fournir constamment 14 pintes de Paris par minute, ou 20,160 pintes par jour, qui font 72 nuiids de 8 pieds cubes chaque) il se divise en i44 lignes; chaque pouce peut arroser trois arpens.
- B 5
- p.11 - vue 12/331
-
-
-
- ( 12 )
- ARTS CHIMIQUES.
- PrÉpjrjtion d’un J^eniis solide propre à garantir le fer de
- la roui Lie.
- L’oxidation est un des plus graves inconvéniens auxquels certains métaux sont sujets. Le fer , par exemple, se corrode en peu de temps, lorsqu’il est exposé à 1 humidité ou à des vapeurs acides , et c’est avec raison qu’on a cherché à le remplacer , pour quelques usages, par la foute qui ne s’oxide pas aussi facilement, mais qui est privée de la ductilité du fer forgé. Des moyens plus ou moins efficaces ont été proposés pour garantir le 1er de la rouille. On le recouvre ordinairement d’un vernis qui puisse résister aux influences de l’atmosphère. Pour que ce vernis remplisse les conditions exigées, il faut qu’il soit assez élastique pour ne pas s’écailler, et assez adhérent pour ne laisser aucune place à nu. Les Anglais ont essayé tire composition de ce genre, dont jusqu’à présent nous n’avons pu connoitre le secret.
- En France, un brevet de quinze années fut accordé, le 26 septembre 1791 , à Mmf>. Leroi de Jaucourt, pour un vernis métall ique propre à préserver les métaux de la rouille. C’est un étamage composé de 5 livres d’étam , 8 onces de zinc, 8 onces de bismuth, 8 onces de cuivre jaune en baguette , 8 onces de salpêtre. Ces matières s’allient de manière que le métal qui en résulte est dur, blanc et sonore. Le peu de cuivre qui entre dans cette composition ne produit aucun vert-de-gris, parce qu’il s’y trouve en trop petite quantité.
- Les objets qu’on veut revêtir de eet enduit ne doivent être chauffés que dans la matière même , mise en fusion dans des caisses de tôle.
- On les en tire, lorsqu’ils ont la chaleur suffisante , et on répand dessus du sel ammoniac; on les passe rapidement dans faillage, couverts de ce sel • on les essuie avec des étoupes ou du coton, comme cela se pratique pour l’étamage ordinaire, et de suite on trempe dans l’eau le morceau enduit.
- On employoit autrefois des clous et chevilles de fer pour fixer sur les bordages des navires les planches de cuivre destinées au doublage; mais depuis qu’on a reconnu que faction galvanique exercée par la réunion de ces deux métaux étoit une cause de destruction, on s’est servi de clous et de chevilles de cuivre qui ne présentoient pas les mêmes inconvéniens s quoiqu’ils fussent moins solides. Aujourd’hui, on est parvenu à couvrir les clous de fer d’un vernis tellement adhérent, qu’on peut les employer sans danger pour le doublage des vaisseaux. Des clous de foute avoient
- p.12 - vue 13/331
-
-
-
- ( >3 )
- été proposés pour le même objet ; mais on y a bientôt renoncé, parce que Fou a reconnu qu’ils se rompent facilement, si l’on n’a pas soin de frapper exactement dans le sens de l’axe.
- Un moyen aussi simple qu’avantageux de préserver le fer de la rouille, c’est de chauffer ce métal au roime et de le frotter en cet état avec de la
- U
- cire. On remarque, après le refroidissement, que tous les pores du fer sont entièrement remplis, et que cette espèce d’enduit est très-homogène ; mais comme il n’est applicable qu’aux pièces de petite dimension , il s’agissoit de trouver un vernis qu’on pût employer à froidet qui résistât à l’action combinée de l’air et des vapeurs acides.
- M. Lampadius , professeur de chimie à Freiberg en Saxe, paroît avoir résolu cet intéressant problème. Ayant remarqué que les vapeurs sulfureuses et acides, qui s’élèvent des usines où 1 on grille le minerai, détrui-soient en peu de temps les vernis ordinaires et attaquoient les métaux qui entrent dans la construction des bâtimens, il chercha un enduit qui pût les garantir de la rouille.
- Comme il importoit d’opposer aux acides une matière qu’ils ne pussent pas dissoudre, il essaya d’employer deux oxides métalliques déjà saturés d’acides, et qui , parleur qualité siccative, sont très-propres à entrer dans la composition du vernis. Le succès couronna ses tentatives, et une expérience de six années a démontré suffisamment futilité de ce mo\en.
- ÜVI. Lamp '/ r^/7/c employa pour oUjot. plrunh ciilluto ot lr> yinc sulfaté ou vitriol de zinc. On prépare le premier en mêlant une dissolution de 4 onces de l’acétate de plomb (sel de Saturne) dans 12 onces d’eau, avec une dissolution de 7 onces de sulfate de soude (sel de dauber) dans 14 onces d’eau ; le précipité qu’on obtient par ce mélange est du plomb sulfaté qu’on filtre , qu’on édulcore et qu’on sèche.
- Le zinc sulfaté se vend dans toutes les pharmacies sous le nom de vitriol blanc de zinc (gallîlzenste'm).
- Voici la manière de préparer le vernis. On réduit en poudre impalpable une once de plombagine ou d’anthracite ( kohlenblcnde ) , à laquelle on mêle 4 onces de plomb sulfaté et une once de zinc sulfaté, et on y ajoute peu à peu une livre de vernis préparé à l’huile de lin qu'on a fait préalablement chauffer jusqu’au point de l’ébuil tion. Ce vernis sèche promptement, et garantit parfaitement de l’oxidation les métaux sur lesquels il est appliqué. On Fa employé avec succès pour enduire les paratonnerres, et il peut servir egalement pour les toits couverts en plomb, en fer, en cuivre ou en zinc, qui sont constamment exposés à Faction de l’humidité et des vapeurs acides. {Daclin. )
- p.13 - vue 14/331
-
-
-
- C r4 )
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M, Bouriat, au nom du Comité des Arts économiques ? sur des Sirops et sucre d’amidon de Pommes de terre, fabriqués dans Le Grand-Duché de Berg,
- M. le comte Rœderer vous a adressé plusieurs échantillons de sirop et sucre de pommes de terre préparés par des physiciens et chimistes du Grand-Duché de Berg. Il demande l’avis du Conseil sur ces produits de l’industrie, dont les uns ont été obtenus par les procédés du professeur Lamqjadius , d’autres par des moyens qui en diffèrent un peu.
- Le Conseil verra sans doute avec plaisir que cette nouvelle découverte du sirop d’amidon a excité les recherches de plusieurs hommes instruits , et capables de lui donner l’extension dont elle est susceptible.
- Les échantillons dont je viens de parler sont au nombre de cinq : chacun d’eux porte un numéro qui indique l’auteur auquel il appartient et les procédés dont il a fait usage, parce que M. le comte Rœderer a joint à sou envoi une note explicative des expériences faites, laquelle lui a été transmise par M. le comte Beugnot,
- En lisant celte note avec attention, on observe que tous les auteurs ont trouvé que -5o kilogrammes de pommes de terre cultivées dans leurs pays respectifs contenoient g kilogrammes de recule, ci que c'est sur ccue quantité de fécule que chacun d eux a opéré.
- Les Nos. i et 2 de ce s é hantillons sont une partie du résultat de deux expériences faites par M. le docteur Rozenùerg, professeur de physique à Dusseldorf. 11 a employé i kilogramme d’acide sulfurique dont il ne détermine point le degré de concentration, 2 kilogrammes de chaux et 9 kilogrammes de fécule. Le poids du sirop qu il a obtenu est de 5 k logrammes pour la première expérience et 6 pour la deuxième' il lui revient, d’après son calcul, à 45 centimes le demi-kilogramme ou la livre, parce que dans le canton de Guiborn, les pommes de terre sont à très-bas prix.
- Le N°. 5 a été fourni par M. Fias koff, chimiste à Essen, qui a suivi avec exactitude la méthode de Lampadius. Il ne dit point la quantité de sirop qu’il a eue pour résultat.
- Le N°. 4 est un essai de MM. Kœnigshaus , Leverkus et van Velt, qui veulent élever une grande fabrique de ce sirop ; ils se proposent de le perfectionner encore, quoique, suivant eux, il puisse déjà supporter la concurrence avec celui de sucre de canne dans la proportion de 5 à 2. Aussi veulent-ils le vendre 1 franc 5o centimes le ~ kilogramme. Ils ont préparé
- p.14 - vue 15/331
-
-
-
- ( '5 )
- fine cassonade de pommes de terre très-blanche , dont la saveur et îa forme des molécules peuvent être comparées à la cassonade de raisin. Ces Messieurs ne donnent aucun detail de leurs procèdes ; ils annoncent seulement avoir obtenu 7 kilogrammes et ~ de sirop par 9 kilogrammes de féerie.
- M. le comte Bengnot, désirant hâter le perfectionnement du sirop de pommes de terre, invita la Société de médecine de Dusseldorf à faire des tentatives pour remplir ses intentions.
- Le N°. 5 est un sirop fait par cette Société. Le procédé qu’elle a suivi comi té à faire bouillir 22 kilogrammes et \ d’eau à l’aide de la vapeur. Les 22 kilogrammes - d’eau sont contenus dans une cuve de bois garnie d’ur couvercle. Lorsque cette eau commence à entrer en ébullition , on y male un kilogramme d’acide sulfurique concentré à 67 degrés qu’on a étendu avec 2 kilogrammes d’eau ; on ajoute aussitôt un kilogramme de fécule délayée dans l’eau.
- La liqueur prend de suite une consistance qui disparoît peu de temps après. Alors on y rajoute un autre kilogramme (le fécule délayée de la même manière, et on continue ainsi jusqu'à ce que les g kilogrammes soient employ és. Ce mélange ne doit pas cesser de bouillir pendant sept bernes, à l’aide seulement de 74 degrés de chaleur que lui communique la vapeur dans ce vaisseau fermé. On sature, à cette époque, l’acide avec environ un kilogramme et 2 hectogrammes de carbonate de cliaux, La saturation faite, le sulfate calcaire se précipite; 011 decante la liqueur avee soin , au bout de vingt-quatre heures de résidence, et on la fait évaporer jusqu’à 5o degrés sur un feu très-modéré. Dans cet état, il faut la laisser refroidir dans un endroit sec , pour que le sulfate tenu en dissolution puisse se précipiter; on décante de nouveau le sirop, pour le cuire jusqu’à la consistance convenable.
- Par ce procédé, la Société de Médecine a obtenu 9 kilogrammes et ~ d’un sirop très-peu coloré. Celui qui nous est parvenu est sans doute beaucoup plus rapproché, puisqu il présente une ténacité semblable à du sirop cuit à la grande plume. Mais ce qu’il importe de savoir, c'est que 9 kilogrammes de fécule ont fourni 9kilogrammes et4 de sirop à 5n degrés; ce qui fait une différence très-grande entre le produit obtenu par MM. K ce -nigshans, Leverkus, van Pelc, et plus encore celui de M. le docteur Rosenberg. La Société déclare qu’elle n’a pu obtenir de sucre de pointues de terre par les recherches qu’elle a tentées.
- p.15 - vue 16/331
-
-
-
- ( >«)
- Observations.
- Quels éloges ne doit-on pas aux savans du Grand-Duché de Berg en général, pour les soins qu’ils apportent à imaginer ou propager tout ce qui peut tendre à lavancement des arts ! Ce n’et pas la première fois que la Société d’Encouragement a eu l'occasion de louer leur zèle sous ce rapport ce qui nous fait espérer que ceux qui se sont occupés du sirop de pommes de terre poursuivront leurs recherches , et multiplieront leurs expériences pour arriver au degré de perfection de ce nouveau genre d’industrie. Ils savent parfaitement que cette découverte entrevue par Fourcroy, annoncé*3 par M. Khch'ff\ confirmée par 1\nmpadius et par eux, demande encore un travail suivi pour arriver au but. La différence des échantillons , quant au goût, à la couleur et à la quantité de sirop obtenu par chaque procédé, en est une preuve de plus. L’assertion de MM. ham-pad/L/s, Kœni^sha.us, Reverkus et van Pelt, sur la possibilité de retirer du sucre de leurs sirops, contestée par la Société de Médecine , né essite encore de nouveaux essais. iNous devons désirer aussi qu’on parvienne à séparer totalement des sirops le sulfate calcaire et une partie du mucilage surabondant. Pleins de confiance dans le zèle et le talent des auteurs, nous voyons d’avance tous les perfeetionnemens s’opérer. Le Comité est donc d’avis que le Conseil accueille très-favorablement l’envoi fait par M. le comte Rœderer, et le prie do témoigner aux auteurs des sucres et sirops tout l intérèt que prend la Société d Encouragement à leurs travaux. Elle les engage à les poursuivre sans relâche en raison de leur utilité et des succès qu’ils ont déjà obtenus.
- Adopté en Séance le 9 décembre 1812.
- Signé Bouriuat -3 Rapporteur.
- p.16 - vue 17/331
-
-
-
- C *7 )
- ÈTAT vénérai, par ordre alphabétique, des Brevets d’invention, d’importation et de perfectionnement, délivrés en France pendant l’année 1811, en vertu des Lois des 7 janvier et 25 mai 1791*
- N 0 M S • » 5 2 fi > ï CO fi % •fi > DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. DÉEARTE3NI. — ? -3 £ £ M pour lesquels
- DES BREVETÉS. 0! j » y -3 -3 fi 0 -3 les Brevets ont été accordés.
- Altairac fils ( Ant.-Simon ). Lodève. Hérault. 28 août 5 ans. Pourun procédé de fabrication d’étoffes en feutre.
- 1812. Pour la construction d’un appareil propre à dis-
- Bailleül (Jean-Baptiste). . Auxerre. Yonne. 3i déc. 5ans./ tiller les marcs de raisin et à en extraire l’alcoliol et autres essences.
- Beghein (Alexand.-Joseph). Bruxelles. Dyle. 20 mars. 10 ans. i Pour la construction d’un fourneau économique propre à la fonte des métaux.
- Beuabd et Martin. . . . Montpellier. Hérault. 18 févr. 5 ans. Procédé pour fabriquer en grand le sulfate de fer.
- Bertault Paris. Seine. 28 avril. 10 ans. { Pour la construction de sonnettes mécaniques. Certificat d’additions et de perfectionnemens de la
- Bodard id. id. 28août. - composition d’un poivre indigène, pour laquelle le sieur Æartial Bonneau a obtenu un brevet d’in-
- 1 vention de 5 ans , le a octobre 1811.
- Pourdes procédés mécaniques au moyen desquels
- Bouillon (Jean).. . . . id• id. 29 sept. 5 ans.7 il fait agir la navette volante pour la fabrication des étoffes de grande largeur.
- Brun. id. id. 14 avril. 10 ans. ! Pour un procédé au moyen duquel on apprend promptement et à la fois à lire et à écrire.
- Cai.la et Sukeda id. id. îaaoût. 5 ans. J f Pour la construction d’une machine à filer le coton. Pour des procédés de fabrication d’une nouvelle
- Mme. Carré, Vve. Chauveau. Mont-Louis. Indr. et Loir. 16 OCt. 5 ans. J pâte faite avec diverses fécules , qu’elle appelle comestible à la Chauveau.
- Castellano (Joseph). . . Turin. Pô. 12 nov. 5 ans.< Pour des procédés de construction d’une machine hydraulique. j
- Chardin Paris. Seine. 4 déc. 5 ans. Pour des procédés d’une nouvelle composition j métallique appelée mêlai artimomantico.
- Chaudeau, Renault et Tel- ; Orléans. Loiret. 18 janv. 10 ans. j Pour une machine propre à remonter les bateaux.
- Seine. 5 nov. c Pour des procédés de fabrication d’un tricot can- [
- Paris. 5 ans. < nelé , guilloché et tulle lait en long et en travers, if!
- Clénient (Bernard). . . td. id. i5 juill. ^ Pour un procédé de reliure îles registres à dos il 10 ans. ^ élastiques et brisés. 1
- COCHOT id. id. 14 avril. 5 ans. Pour une construction de jalousies à cylindre. |
- Colin de Cascet et compag. id. id. 5 août. 5 ans.1 Pour un procédé propre à épurer les huiles.
- Collet et Bonjour. . . . id. id. 2j oct. 15 ans. < Pour un procédé de fabrication de chapeaux et) schakos imperméables.
- Delalain (Jacques-Auguste). 5 nov. 5 ans. J ( Pour de nouveaux caractères d’imprimerie écono-i
- id. id. iniques et rendus solides. j Pour un procédé de fabrication de sièges et soni-^! miers élastiques. j
- Darrac. . 21 août. 5 ans.5 <
- id. id.
- Certificat d’additions et de changemens h sa ma-'
- Degrand (EIzeard). . . . Marseille. B.du Rhône. 16 oct. ’ { chine à fabriquer les clous , pour laquelle il a obtenu un brevet d’importation «le i5 ans, le 21 oc-
- De la Marche de Manne- Manneville l ( tobre 1809. Pour la construction d’une machine propre à ré-
- Eure. 16 avril. 5 ans.< duire en pulpe toutes sortes lie racines, etnotain-
- ville ( Léonor-Thomas ). . le Raoult. (ment la betterave. j
- Le même id. id. 3o juin. Certificat d’additions et de perfectionnemens à lai machine précédente. J
- Denizet et Barrier. . . Besancon. Doubs. 14 f’évr. 5 ans.• Pour un instrument appeilé régulateur de la\ marche. j
- Desprez fils Paris. | Seine. 28 avril. [ 5 ans. Pour un procédé à fabriquer !a porcelaine. |
- Douzième année, Janvier i8i3. C
- p.17 - vue 18/331
-
-
-
- ( >8 )
- NOMS Yi 1 i H DÉSIGNATION DES OBJETS
- DES BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTE!!. ^ |s C- ^ H cû pour lesquels
- Q S S 1—1 ^ Q _S les Brevets ont été accordés.
- . Certificat d’addition à sou brevet de 5 ans , du 14
- Duffour. . . . * • » Bouts, Ain, 18 févr. 3> < /septembre 1811 , pour la préparation d’une subs-
- 1812. Mance indigène propre à fabriquer des mèches et [des ouates)
- Egkarbt (Franc.-Frédéric). Leyde. B.de la Meu. 12 id. 10 ans. , Pour une roue inclinée pour les moulins k vent destinés au dessèchement des terres.
- , Additions et perfectionnemens à la machine à fa-
- Ellis (Jonathan). „ . . Paris. Seine. 4 id. » < / briquer les cardes , pour laquelle le sieur Degratid, Vie Marseille, a pris un brevet d’importation le 7
- S "décembre 1811.
- I Le même. ....... ici* id» 12 id. » \ Deuxième certificat d’additions et de perfection-•nemens à la machine précédente.
- j Le même. ....... id* id. 3o juill. i5 ans. j Pour la construction d’une machine propre à ton-Glre les tlraps , apelée forces hélicoïdes.
- Le même id. id. 29 sept. i5 ans. 1 Pour la construction d’une machine propre à ouvrir et à nettoyer le coton ei la laine. 1
- Erard frères id. id. 3i janr. i5 ans. Pour unpiano-forté ayant la forme d’un secrétaire.
- Les mêmes. ...... id. id. id. 15 ans. Pour une mécanique à l’usage des piano-forté.
- Les mêmes id. id. 4 févr. 10 ans. Pour un piano-forté à son continu.
- Favre Marseille. B.du Rhône. 4 déc. 5 ans. t Pour diverses presses et des procédés relatifs à D’extraction de l’huile des olives,
- Forest (Jacq.) père , et Forest ( Jacques-Michel) fils. . . Gettlifff. père et fils.- . . • Montereau. Sein, et Mar. Seine. i5 juill, 5 ans. » Pour (.es moyens de fabriquer les toiles à voile et \autres toiles d’une qualité inférieure. 1 Pour un procédé de tanner les cuirs , de fixer les c forcés et d’extraire le suc du tan , sans aucune subs-
- Paris.
- 29 mai. 5 ans.
- (tance corrosive.
- id. id, 10 mars. 5 ans. j Pour un moyen de construire les terrasses avec , 1 solidité et économie.
- Dyle. f Pour la construction d’une mécanique qui s’adapte ;
- Gillet et Gabriel Jourdant. Bruxelles. 23 oct. 10 ans. (aux métiers à bas et qui est destinée à fabriquer
- Seine. (du tulle piqué. C Additions et perfectionnemens pour des procédés
- Girard frères. ..... Paris. i4 janv. / de filature du lin , pour lesquels ils ont obtenu un (brevetde i5 ans , le 18 juillet 1810.
- Les mêmes. ...... id, id. 5 mai. » C Deuxième certificat d’addition pour les mêmes \procédés.
- Gkieeel. id» id. 3i juill. 5 ans. C Pour des procédés de fabrication de pendules-
- / veilleuses, propres à indiquer les heures pendant (la nuit et à éclairer l’appartement.
- Glillok (François). . . . Landernau. Finistère. 19 mai. 5 ans. (i Pour des procédés de construction d’une voiture
- ( economique.
- . f Certificat d’addition et de perfectionnement aux
- Hallftte Déluvial père et fils. Lille. Nord. 26 juin. » 'meules d’un îordoir à huile, pour lesquelles un | brevet d’invention de 5 ans leur a été délivré le l3i décembre 1811.
- f Certificat d’addition et de perfectionnement à leur
- JoLivETet Cochet, et Pierre i Perramt. Lyon. Rhône. i5 juill. » * iprocée.é pour la fabrication des tulles croisés, unis v f t fonds brochés , pour lesquels les sieurs Jollivet
- #et Cochet ont obtenu un brevet d’invention de 10 >»ans , le 17 avril 1810.
- t Certificat d’addition et de perfectionnement au jprocéué pour l’extraction de l’acide pyroligneux du
- Kurtz (André). .... Choisy sur Seine. Seine. 26 juin. /goudron et de toutes substances végétales , procédé pour lequel il a obtenu, conjointement avec (le sieur VHomond. un brevet d’invention de x5ans,
- Ue 3i décembre 1810.
- Langoiroux Paris. Seine, 5 nov. 5 ans. Pour la fabrication d’un parapluie d’une nouvelle 1 forme.
- id. 17 sept. 5 ans, j Pour des procédés de construction d’un hydro-
- Lanier. ....... id. mètre universel,
- p.18 - vue 19/331
-
-
-
- C «9 )
- 5 CL DÉSIGNATION DES OBJETS
- NOMS DÉPARTEM. en 5 - S * s pq s
- DOMICILE. H - g 5 w pour lesquels
- des brevetés. n « 1» ^3 "d Q J les Brevets ont été accordés.
- Laplatte (Jean - Benoist). id. id. 5 nov. 5 ans. Pour la construction d’une machine propre à enfoncer les pilotis. I
- Laugier père et fi's. . • id. id. 22 avril. 5 ans. | Pour la composition d’une eau parfumée dite eau d’Ispahan.
- ( Pour des procédés de fabrication d’un savon par-
- Les mêmes id. a. 26 juin. 5 ans. < fumé désigné sous le nom de Balezan Sohoon, .ou savo/i oriental.
- 5 ans. ^ Brevet d’importation et de perfectionnement pour
- id. id. x5 oct. la composition d’une eau cosmétique, appelée eau de Cologne.
- Laüvejig.vat (Louis). . . Fassy, près id. 4 sept. 5 ans. • Pour la construction d’un appareil propre à séparer le suc du marc de betteraves.
- Paris. 5 ans. < Pour un procédé de moulage consistant à substi-
- Lecour. Paris. id. 3 mars. tuer un inétal ou un alliage très - fusible à la cire , .dans le moulage à modèle perdu.
- Le même id. id. 3o avril. • : Certificat d’addition au brevet précédent.
- Leroy (Julien). .... id. id. 2i août. 5 ans. Pour quatre moyens propres à lancer la navette 'volante sur les métiers à tisser.
- Lewille.. ...... id. id. 17 sept. JO ans 5 Eoitr f"1 construction d’un appareil propre à ex-£ traire le bitujne du charbon île terre.
- Liautaud. ...... id. id. 22 avril. 5 ans. , Pour la composition d’une eau dite eau aromatL que des Alpes.
- Lüzarciies. ...... id. id. 3i jany. 5 ans. Pour un cadran horizontal et équinoxial.
- Marchais et Raymond. , id. id. u3 oct. 5 ans. Pour une construction de .selle élastique.
- Marquisat,' (Joseph-Simon). Toulon. Var. 20 nov. 5 ans. 1 Pour la construction d’un moulin de campagne propre à la fabrication des huiles.
- Matiier (H.) Mons. Jemmapes. 29 sept. 5 ans. 1 ; Pour un moyen d’imprimer le mouvement aux rna-1 chines à filer le coton et la laine. i
- Matray (Pierre-Auguste). . Paris. Seine. 21 févr. 5 ans. Pour un patin brisé. Certificat d’addition et de perfectionnement à son
- Meuss Vayder Brociit. . . Bruxelles. Dyle. 3ijanv. “ 1 bievet de 10 ans , obtenu le 12 novembre 1811, pour .la fabrication de dentelles , or et argent. Pour une machine dite dans le principe photopé-
- Michiels aîné et Fraiture. Maestricht. Meuse-Infé. 4 févr. 10 ans. < riphore cata-dioptriqne , et désignée maintenant sous le nom de lampe de Jlfaëstricht.
- Millet (André). .... Paris. Seine. 20 nov. 5 ans. • Pour des procédés de fabrication de la soude raffinée.
- Palette (Jacques-Nicolas). id. id. 7 févr. 5 ans. Pour un moyen mécanique de maintenir les perruques de toutes façons.
- Bernis, GarJ. Pour îles procédés d’évaporation permanente dans
- Paris (Jean-Etienne). . . 27 mai. 5 ans. J la cuisson du suc de betteraves , moût et autres
- 1 liquides.
- Pauly. . . . . . . • Paris. Seine. 29 sept. 10 ans. ! Pour des procédés de fabrication de nouvelles
- armes a feu.
- PAYEY, Bourlier et Pluviyet !• Ciicliy. id. 26 juin. C Pour des procédés d’assainissement des matières
- frères 10 ans. < animales provenant de lecarnssage des chevaux et
- (.autres animaux.
- Pur. . . . Paris. id. 14 avril. c C Pour une nouvelle forme de parapluie à canne et
- a lunette.
- Peydola (Ànt.) et J.-B. üliyi. Livourne. Méditerran. 29 juin. 5 ans. • Pour un procédé an moyen duquel ils obtiennent de l’eau-de-vle ou esprit des fruits île l’arbousier.
- Peyet Lyon. Rhône. 4 févr. 5 ans. 1 Pour un métier à fabriquer la dentelle, fond fil, t or et argent. t
- Perez. Paris. Seine. 29 sept. 5 ans. Pour des procédés de fabrication des mosaïques modernes.
- Phillix (François). . . . Marseille. B.du Rhône. io juill. 5 ans. | Pour la construction d’une mécanique propre à la fabrication des clous.
- Picard (Pierre-Thomas). . *Rouen. Seine - Infér. il déc. 5 ans. : Pour des procédés de construction d’un poêle à fourneau et à four, (
- C 2
- p.19 - vue 20/331
-
-
-
- NOMS DES BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DATES de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Pichon et Movai'x. . . . Paris*. Seine. 3 mars. 5 ans. Pour une machine à râper la betterave,
- Porry, Boffe et compagnie. Marseille. B.du Rhône. 14 mai. 5 ans. Pour des procédés de raffinage du soufre.
- PoTTER et MOURLAT . Paris. Seine. 16 avril. i5 ans. . ’ Pour des procédés de construction d’tin foyer économique propre à brûler sans odeur le charbon (de terre.
- î Rondinelly (Louis). . . Florence. .Arno. 5 juin. i5 ans. . r Pour une mécanique propre à mettre en mouvement toutes sortes de machines , sans le secours j [de l’eau et des animaux.
- I Sagnier (Louis ). . . . . Paris. Seine. i5 oct. 5 ans. , Pour une nouvelle forme de parapluie à canne et >à tube. ( Brevet de perfectionnement.)
- Salmos (Louis)et Fra,Busine. Tournay. Jemmapes. 25 avril. 10 ans. Pour un procédé de fabrication de l’acier fondu.
- Saütermeister (Franr.-Ant.) Lyon. Rhône. 12 août. 5 ans $ Pour un procédé de fabrication d’un instrument à £ vent, appelé basse orgue.
- Sauzai. Paris. Seine. 4 fêvr. 5 ans. Pour un fourneau épuratoire du charbon de terre.
- id. ici. 29 sept. 5 ans. Pour la fabrication d’un instrument d’optique nommé pronopiographe.
- Stamm (J.) et Fréd.-Guil. Loh. Maubacli. Roër. 3o avril. 10 ans. Pour un procédé de fabrication de lames de fleuret.
- Stedransky Strasbourg. Bas-Rhin. 3 mars. 10 ans. . Pour un métier à fabriquer la perkale à jour et à nœuds.
- Thiery Paris. Seine. 6 id. 5 ans. Pour une machine destinée à réduire en pulpe la betterave.
- Thirxa fils (Jean-Bapriste). . St.-Memmie. Marne, i3 noy. 10 ans. Pour des procédés de fabrication de blanc raffiné 1 dit blanc d’Espagne.
- Vandertoen Gertruydenb. Deux Nèth. 21 fevr. r (. Pour la salaison du saumon à la manière écos- l5ans- Jsaise.
- Vauquelin ( J.-Bap.-Char.). Rouen. Seine Infér, 4 déc. 5 ans. | Pour la composition d’une eau cosmétique, dite 1 eau de Cologne. ( Brevet de perfectionnement. )
- Vigneron (Charlemagne). . Paris. Seine. 18 fév. JJ ^ Certificat d’additions et de perfectionnemens à sa Fmécanique adaptée aux métiers à tisser, pour !a-iquelie il a obtenu un brevet d’invention de 10 ans , * le 20 juillet i.8i 1.
- Le même, ....... id. id. 26 août. » > Second certificat d’addition et de perfectionne-[ment pour le même objet.
- VlYION. ....... id. id. 1 sept. 5 ans. 1 Pour des procédés de confectionner les chaussures.
- White (James). .... id. iâ. 5 nov. 10 ans. ' j Pour de nouveaux moyens de construction des horloges et autres machines mues par les poids et [les ressorts.
- WiLLCOxet Jac.-And. Rouyer, aux Forges de la Clayière. Forêts. 19 mai. i5 ans. Pour des procédés de fabrication du fer.
- (Daclin.)
- p.20 - vue 21/331
-
-
-
- ( 21 )
- ÉTAT général, par ordre alphabétique, des Brevets d3invention délivrés en Angleterre , pendant les neuf premiers mois de B année i°"
- Nota. La durée de chaque Brevet est de 14 «us.
- 810.
- NOMS ET PRÉNOMS QUALITÉS DOMICILE. COMTÉS. CO B 5 rA >1
- des Brevetés. ou Professions. ~ Z '“*< ^ rj
- Adams (Stedman). écuyer. Londres. Middlesex. i fév.
- Adams (George) .... fermier. Lindridge. Worcester, 19 juin
- Baineridge (William) . . facteur ri’instru- Londres. Middlesex. 26 fév.
- Bayley ( Thomas ). . • . mens de musiq. fondeur de cuir. Birmingham. Warwick, i5jany
- Bell (James) raffin. de sucre. Londres. Middlesex. 17 mai.
- Bell (William) ingénieur. Ifandwortli. Warwick. 19 juin
- Behollas (Joseph-Anthony). horloger. Londres. Middlesex. 2!) mai.
- Bosworth (Jolm). . . . march.de charb. Birmingham. Warwick. i5 mai.
- Brunel ( Marc-Isambard ). . » Chelsea. Middlesex. 2 août
- Chapman (William ). . . ingénieur. Newcastle. )> 9 mai.
- Clerk ( William ), . . . avocat. Londres. Middlsex. 2 mai.
- Cock (David). ..... fondeur id* id. 1 fév.
- Copein (Isaac), .... de caractères. vice-amiral. id. id. i5 mai.
- Collins (Thomas). , garde-magasin. id. id. 10 août
- Cotton (William). . . . manufacturier. Limehouse. id. 10 janr
- Cox (Peter). ... ... ingénieur. Fairford. Gloucester. 29) janv
- Craigie (John). .... écuyer. Londres. Middlesex. 1 févr.
- Daniell ( Joseph-Clisild). . drapier. Frome. Somerset. 19 iul!:
- Davis (Charles-Frederic). . id. Itchcombe. Gloucester. 6 avril
- Day (BenjaminAger), . . fondeur de cuiv, Handsvvorth. Stafford. 18 juill
- , Be Heihe (Augustus-Frederic). L> Londres. Middlesex, i fév.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- ^ Pour a es pei tecfionnemens dans la < construction des machines à vapeur, let dans les procédés de di tiilation.
- Pour une méthode perfectionnée de lcultiver les terres, et de construire 'des étables mobiles sur des roues ou ides rouleaux , pourgarautir les inou-Jtons et le bétail de l'intempérie des .saisons.
- S Pour des pe;fectionnemens dans la f facture des flûte s et des flageolets.
- 1 Pour des perfectionnemens dans la .\ fabrication des poulies et coulisses 'pour les ja'ousies de croisées.
- ( Pour des procédé ; perfectionnés de / raffinage des sucres, et pour donner faux pains de sucre une forme parti-' culière.
- C Pour une machine propre à décou-' l per le carton.
- , Pour une nouvelle montre à réveil. C Pour des charrettes perfectionnées £ destinées au transport de la houille.
- ^ Pour des machines propres à la con-' ( faction des boites et des souliers. Pour des roues perfectionnées mues fpar l’eau , la vapeur ou tout autre fluide ou gaz, et dont la force est applicable au mouvement des machines.
- Pour de nouveaux procédés propres à empêcher les cheminées de fumer et à éviter les dangers de l’incendie, et pour régler et augmenter la cha-ieur dans fes édifices publics et particuliers.
- c Pour des vases d’une nouvelle y forme pour la fusion des métaux et (l’ébullition des liquides.
- { Pour un four perpétuel de boulan-
- ( ëede-
- S Pour de nouvelles échelles formées de différentes pièces, et pouvant être promptement assemblées au moyen de douilles et de clavettes, lesquelles lécliolles sont très - commodes pour fies escalades, les incendies, la cons- truction des édifices , etc. f Pour une méthode nouvelle de faire < le compte ües chaînes dans les mé-(tiers à tisser les draps, f Pour quelques perfectionnemens /dans la construction des machines à (.battre le blé.
- < Pour une cheminée de cuisine per-^ fecticnnée.
- ( Pour des perfectionnemens dans le ( roulage et la tonte des draps, i Pour des perfectionnemens dans la l fabrication des draps.
- I Pour la construction d’un petit appa-| reilpour griller le pain devant le feu, f et pour d’autres ustensiles de mé-'nage.
- S Pour des presses d’imprimerie per-tfectionnées,
- p.21 - vue 22/331
-
-
-
- NOMS ET PRENOMS
- des Brevetés.
- QUALITES
- ou Professions.
- De Heine (Augustus ).
- Deyerleijt (Johann-George). Dobbs (Edgar). . . . .
- Docksey (William). . , .
- Doughty ( William ). . .
- Durand (Peter). ....
- Dyer (Joseph. C. ). . . .
- Le même. . . ....
- Erard (Sébastian). . . .
- Frost (James) père et fils. Fussell (James). . . .
- Grant (Thomas). . .
- Gregor (Malcolm-Mac).
- Gregory (John).. . .
- Hall (James). . . .
- Hall (George). . . .
- Halliday (Joseph). . .
- Hickford (George). .
- Hill (Samuel)..........
- Hobday (Samuel). . ' . .
- Hopkinson (Luke). , . Howden (Robert). . . .
- Johnson (Joseph). , .
- fabricant d’ins-trumens.
- constructeur de moulins.
- ingénieur.
- marchand.
- id,
- id.
- u
- fondeur de cuiv. manufact.de fer.
- écuyer.
- facteur d’instru-mens de musiq.
- architecte.
- ecclésiastique.
- orfèvre.
- fermier,
- écuyer.
- fabricant de mouchettes.
- sellier etcarros. boulanger.
- Londres.
- id.
- South wark.
- Bristol.
- Birmingham.
- Londres.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Mells.
- Biddèford.
- Londres.
- Islington.
- Walthamstow-
- Londres.
- Killenny.
- Strumphing.
- Londres.
- Ashton.
- Londres.
- id.
- Middlesex.
- id.
- id.
- Warvyieh.
- Middlesex.
- id.
- id.
- îd.
- id.
- Somerset.
- Devon.
- Middlesex.
- id.
- Essex.
- Middlesex.
- Suffolk.
- Middlesex.
- Warnick.
- Middlesex.
- id.
- SuiTey.
- CO p . <( ri r
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- server
- végé
- 2 août.,
- f Pour un appareil propre à pré fév. < de ia corruption les substances (taies et animales.
- f Pour une machine propre à la fabri 22mars.< cation des briques, des tuiles , îles (chéneaux et des tuyauxenterrecuite. Pour ia composition d’un mortier on ciment impénétrable par l’eau Pour des perfèctionnemens dans la fabrication du noir d’ivoire , et pour des procédés de réduire en poudre impalpable tontes les substances calcinées , particulièrement l’argile, le silex , le verre et les couleur c Pour des roues construites de ma-i2févr. /niôre à suppléer à la force des hom (mes et des animaux, r Pour un procédé de préserver de la
- 25 août, / corruption les substances végétales
- (et animales.
- ç Pour une machine à découper les
- 26 juill. ^ clous.
- r Pour une machine à raser les peaux 7 sept./employées dans ia fabrication des (chapeaux.
- . 1 Pour des harpes et des pianos per-
- 2 mai. ^fectionnés.
- 22 juin, i Pour des robinets perfectionnés.
- ( Pour la construction de nouveaux 0 avul. ^ s0llffiets de forge.
- (Pour la composition d’un vernis ou enduit pour les vaisseaux et les manufactures , extrait d’une substance fossile nouvellement découverte.
- C Pour la construction de clefs perfec-19 juin./données , applicables aux flûtes et (à d’autres instrumens à vent. i Pour une nouvelle méthode d’é-22mars.< claircir la bière, et de la mettre en (tonneaux.
- ( Pour une méthode d’extraire des 'tiges de la mauve et d’autres plantes 3 juill. N analogues , une substance filamen-Jteuse propre à remplacer le lin et ( le chanvre.
- f Pour des perfèctionnemens dans l’art de fabriquer les cuillers et les fourchettes et d’autres objets en or et t en argent, à l’aide du balancier.
- ( Pour des perfectionnemens dans la 5 mai.n facture d’un instrument de musique * nomme cor de chasse, r Pour une charrue perfectionnée ylestinée au dessèchement des terres,
- 8 juin, xau moyen de laquelle un cheval peut y faire plus d’ouvrage dans le même v-temps que par la méthode ordinaire.
- „ . < Pour un procédé d’assemblage et de
- f ‘ ( réunion ries tuyaux de pierre.
- Pour un levier au moyen duquel on peut opérer l’ouverture et la fermeture des mouehettes sans l’emploi d’un ressort.
- 18 juill.‘
- 2,5 sept.
- Pour un mors de bride perfectionné. Pour un procédé d’extraire l’air vicié
- its de mines
- 3 juill.<^es vaisseaux, des p J 1 "jet des bâtimens , et de le remplacer * par de l’air frais.
- Pour un moyen de communiquer une maison à une autre à l’aide a’un
- t rou
- I d’uni Aappa tique
- seï)t,l appareil nommé télégraphe dômes
- p.22 - vue 23/331
-
-
-
- ( 23 )
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés.
- ! gajgj^^T^vas.ssa.’i-SaaHaEscafr.iBW'ag
- | Justice (John).............
- Km (Joi.n).................
- Le même. .......
- Kohnic (Frédéric). • • .
- Ll Caav (Charles). . . .
- Lin.osay (John). . . . .
- |Liston(H.) et Ch. Broughtok, Maieen (John). . . .
- I Maxtok (Joseph), , ,
- i
- | Matthews (David). . .
- |
- j Morbison (AEneas).. i Muller (William). . .
- I
- ! Murbock (William)., .
- |
- j Ncp.ris ( Thomas ). . .
- |
- i Oxioxs (John i
- Parr (William). , . ,
- Païïe ( D aniel-E ea u monî).
- Plaît (Major). . . .
- Revere ( Joseph-'Warren). Ridgway (Jonathan), .
- Robinson (Thomas). . . Scott (Thomas). . . .
- Seaton (Rich.) etThom.RicE,
- QUALITES
- ou Professions.
- taillandier.
- architecte.
- id.
- peintre.
- lieutenant-colonel duye.rég.
- ecclésiastique.
- sellier et fabricant de fer.
- arquebusier.
- ingénieur.
- ingénieur.
- march.de coton.
- maître de forge, écuyer,
- banquier.
- fermier.
- marchand.
- plombier et vitrier, brasseur.
- fabricant d’instr. de musique.
- marchand de liqueur.
- Shakespear (Will.) et Tho. $ fabricant de cris-Oseer, , £ taux p, les lustr.
- DOMICILE.
- Dundée.
- Southampton.
- id.
- Camdentovvn.
- Lianelly.
- Londres.
- Ecclesmachen.
- Perth.
- Londres.
- Rothcrliithe.
- Greenock.
- Londres.
- Solio.
- Manchester.
- Broseley.
- Londres.
- Bath,
- Londres.
- id•
- Manchester.
- Salehurst.
- Londres.
- id.
- Birmingham.
- COMTÉS.
- Middlesex
- v
- Middlesex.
- Carmarthen,
- Middlesex.
- Linlithgow.
- Perth.
- Middlesex.
- Surrev.
- Ecosse.
- Middlesex.
- Stafford.
- Lanças tre.
- Salop.
- Middlesex.
- Middlesex.
- id.
- Lancastre.
- Sussex.
- Middlesex.
- id.
- Warwick.
- 0 £J
- 6 mars.
- 12 mars,
- 3 juill, 29 mars.
- 26 févr-
- 19 juin.
- 3 juill.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- i3 juill. 7 sept.
- 22 févr. 12 févr.
- i5 janv-
- 26 sept,
- 22 mai,
- 11 avril.
- ( Pour des perfectionneniens clans la
- < construction des grilles de chemi-(néc-s.
- ( Pour une méthode d'élever promp-(tenient les grands fardeaux pour la (construction des bâtimens.
- C Pour un procédé de fabriquer des /pierres artificielles pour divers usag. c Pour une nouvelle peinture méca-/ nique.
- r Pour un mécanisme applicable aux /essieux et aux roues des voitures (pour arrêter leur mouvement.
- Pour la construction d’un bateau insubmersible et d’un appareil propre à transporter de grands fardeaux à travers les liasses eaux, et les embarras qui interrompent la navigation dans les rivières.
- ( Pour des perfectionnemcns dans la /construction îles orgues
- Pour un appareil servant à extraire de la houilh1 le gaz hydrogène pour l’éclairage des ateliers et des établis-semens publics et particuliers , et dans lequel la lumière est réglée p le moyen de siphons.
- < Pour des perfectionnemcns dans la /construction des télescopes.
- i Pour une serrure perfectionnée et )des barrières d’une nouvelle forme Squ’on peut ouvrir et fermer par un fmoyen particulier, r Pour un appareil propre à garantir / les hommes et les marchandises du (danger de l’incendie, c Pour des perfectionneniens dans la /construction des pompes. s Pour un procédé de former des cy } lindres, des tuyaux et des corps de (pompe en pierre.
- , Pour une nouvelle méthode de cou-J vrir les borctages des vaisseaux avec
- > une matière propre 1 cuivre.
- remplacer le
- 26 févr. 19 juin 6 avril.
- 26 sept.
- 5 juill.
- 1 Pour une nouvelle machine à battre /le blé.
- t Pour de la poudre de guerre per / fectionnée.
- Pour une nouvelle méthode d’indi quer sur les billets de banque , avec plus de promptitude et d’exactitude, les sommes qui en représentent la valeur, et de prévenir leur altération ou leur falsification.
- 5 Pour la construction de machines /propres à la culture des terres.
- 5 Pour un procédé propre à diviser les / peaux , les cuirs , et à les corroyer.
- 5 Pour des cylindres perfectionnés / pourl’impression des toiles peintes.
- 5 Pour une machine à mélanger les / liquides , ou agitateur,
- Ç" Pourdes perfectionnemcns dans la
- < fabrication des flûtes, des clarinettes ( et des hautbois.
- f Pour un porfe-ntèched’unenouvelle
- < forme, applicable à toutes sortes de (.lampes.
- ( Pour un procédé de fabriquer des J cristaux pour des chandeliers, des (lampes et des lustres.
- p.23 - vue 24/331
-
-
-
- NOMS ET PRÉNOMS des Brevetés. QUALITÉS ou Professions DOMICILE. COMTÉS.
- Shaknox (Michael).. architecte. Londres. Middlesex,
- Slater (John). . . , . fabri. de ressorts de voitures. Birmingham. Warwick.
- 1 Speer (William ). . . . . écuyer. Londres. Middlesex.
- Stancliffe (John). . . . professeur de physique. Cambridge. >>
- Stebbirg (George). . . fabric. d’inst. de mathé. etd’opti. P ortsmouth. Hants.
- Stefhensoy (Joseph). . . plombier. Londres. Middlesex.
- Stewart ( Charles ).. . . menuisier. id» id.
- Stuart (Peter). .... imprimeur. id. id.
- Towklet (Mary).. . . . épouse de J.To-wnley, écuyer. Ramsgate. Kent.
- Varley (Richard). . . . fileurde coton. CheadleMosley. Chester.
- Y art y (Jonathan). . . . carrossier. Liverpool. Lancaster.
- Wadî (Thomas ),. . . . -?!» Nelson-Place. Surrey.
- Walker (James). . . . constructeur de vaisseaux. Wapping. Middlesex.
- Warburton (Peter). . . fabricant de porcelaine. Corbridge. S tafford.
- Wedgwood (Ralph). , . Londres. Middlesex.
- Weldoit (James). .... ingénieur. Litchfield. id.
- Whitmore (William). . écuyer. Dudmaston. Salop.
- Williasis (Charles). . . . constructeur de moulins. Southwark. Kent.
- Williams (John). . . papetier. Londres. Middlesex,
- Witty (Richard). . . . Kingstonupon- -hull. V
- Woodhouse ( John ). . . . Broomsgrove. Worcester.
- Woouf (Arthur) ingénieur. Lambeth. Surrey,
- Wïk-e (George). . . , . écuyer. Bath. n
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- r Pour des perfectionnemens dans 22 mais, j pai.j. c>u brasseur.
- ... ( Pour des moyens de consolider et
- 12 tevrD cje mont(.r les meules à émoudre.
- r Pour des moyens d’augmenter l’in-6 avril-/flammabilité et la pureté des huiles (à brûler, i Pour un appareil destiné à la com-
- 6 a rril < liaison et à la condensation des a>11 jgaz , applicable au procédé de la
- * distillation, f Pour des perfectionnemens dans la 18 juill.é construction des boussoles de terre (et ce mer.
- o-t fpvr S Pour un appareil à filtrer et à dé-
- 7 Apurer les eaux.
- ( Pour des perfectionnemens dans la
- 22 mai./construction des tables à manger et (autres.
- {Pour une méthode nouvelle de gra ver de la musique , des cartes et des ligures susceptibles d’être tirées par la presse ordinaire d’imprimerie.
- b juin.
- 7 juill,<
- 17 sept.
- 26 juill.y
- presse ordinaire ti imp Pour un procédé propre à empêcher les cheminées de fumer.
- Pour des additions et des perf tionnemens aux machines à filer et à doubler le coton , la laine , la soie et le lin.
- Pour des perfectionnemens dans la fabrication des essieux de voitures.
- Pour un procédé d’imiter le porphyre, le jaspe, le lapis lazzuli et toute autre espèce de marbre et de | pierres employées pour la sculpture, * ia décoration des appartenions , etc.
- ÎPour un appareil ou vase propre a transporter sans danger la poucre de guerre et à la garantir des injures de Pair.
- ,, . ( Pour une nouvelle méthode de dé-
- lo ievi. / corer la porcelaine et le verre avec (l'or, l’argent, le platine, etc.
- 18 juill. S Pour l’emploi de nouveaux caractères d’écriture et de musique i Pour des perfectionnemens dans la 7 s P V construction des moulins à râper les (b ois de teinture
- I Pair un joujou magnétique au moyen r4 août./ duquel les enfans peuvent épeler,
- 1 lire et chiffrer avec facilité,dans quel-* que langue que ce soit.
- (P our une machine à moudre la drê-2 août, / c|le et ^ COUper cjes fèves et d’autres * lé gumes,
- . . ( Pour un mécanisme applicable aux
- 0 juin./ roues des voitures et propre à les rendre plus solides et plus commodes.
- (Pour des perfectionnemens dans la construction des parties rotatives 14 févr.7 c^es machines à vapeur, au moyen \ desquels ces machines sont simplifiées et moins sujettes aux réparait tionsque celles maintenant en usage. 6 avril. ( Pour des perfectionnemens dans la ^ construction des canaux.
- I Pour des perfectionnemens dans la 9 juin, / construction des machines à vapeur,
- ’ tendant à diminuer la consommation * du combustible. j
- 12 févr. $ Pour des perfectionnemens dans î«j ( construction des roues de voitures, 1
- ( Daclin, )
- p.24 - vue 25/331
-
-
-
- DOUZIEME ANNÉE. (N°. CIV. ) FÉVRIER ! Si 3.
- (— —WWWIW———!
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- INDUSTRIE NATIONALE.
- Extrait du Compte rendu par S, Ex. le Ministre de l’Intérieur> de La situation de l’Empire français , pendant les années 1811 et 1812.
- Manufactures. *— i°. Soieries.
- La France seule et l’Italie possèdent en Europe des soies en quantité • pour la qualité, ces soies sont préférables à toutes les soies connues. La matière première, les cocons , dont la récolte moyenne est de 22 millions de livres pesant, sont, pour les deux Etats, un produit annuel de 70 millions dans lesquels la France est comprise pour 5o millions ; le Royaume d’Italie fournit pour 10 millions de soies filées et organsinées (cette importation étoit autrefois de 25 millions de livres ). Cette valeur de 40 millions donne lieu à une fabrication d étoffes pour 124 millions ; c’est donc pour nous un
- bénéfice de main-d'œuvre de.......................84,000,000
- L’exportation des soieries en étoffes pures et mélangées s’est élevée, en 1812, à 70 millions ; elle n’étoit que de 26 millions il y a vingt-cinq ans. Lyon entretient aujourd’hui ï i,5oo métiers.
- 20. Draps.
- Les importations en laines étoient, avant la révolution, de 14 millions-, elles sont aujourd’hui de 5i millions ; cette augmentation porte principalement sur les laines fines 3 la
- Douzième année* Février 1815.
- 84,000,000
- D
- p.25 - vue 26/331
-
-
-
- ( =6 )
- Report. .... 84,000,000
- somme des importations en laines communes est restée à peu près la même.
- Le nombre de nos manufactures de draps s'est considérablement accru. Les étoffes de laine fabriquées en France ont une valeur de 370 millions. La matière première que nous fournissent nos troupeaux est de 129 millions; celle que nous importons étant de 31 millions, cela fait, au total, 160 millions, lesquels, retranchés de 3^0 millions , laissent pour valeur de la fabrication........................................... 210,000,000
- La main-d’œuvre fait plus que doubler la valeur des lainages ; nous vendons annuellement à l’étranger pour 28 millions de draperies ; l’année moyenne de nos anciennes exportations en draperies n’étoit que de 19 millions. Nous avons naturalisé chez nous la fabrication des casimirs ; les divers procédés de la manufacture ont été perfectionnés par des machines ingénieuses.
- 3°. Fils et toiles de lin et de chanvre .
- Nos toiles, fils et cordages de chanvre sont un objet de 108 millions; 110s toiles, nos fils de lin et nos dentelles, de 124 millions. Ainsi, la valeur totale des lins et chanvres fabriqués en France est de 232 millions. La matière première entre dans cette valeur pour 80 millions du produit de notre sol, et pour i3 millions d’importations (avant 1790 les importations n’étoient que de 11 millions). Il reste donc pour prix de fabrication...........................................139,000,000
- Ce genre de manufacture alimente notre commerce extérieur pour une somme annuelle de 37 millions ; cette valeur étoit la meme avant 1790.
- Les importations de tissus de lin et de chanvre étoient jadis de 18 millions par an; elles sont réduites à 7 millions; cet avantage est dû en grande partie à l’exportation des linons, des batistes , des dentelles, tissus dans lesquels la main-d’œuvre entre pour une valeur infiniment au-delà des proportions générales que donne la masse de 232 millions de matières fabriquées, comparées à 95 millions de matières premières,
- 433,000,000
- p.26 - vue 27/331
-
-
-
- . . . '433,ooo,ooo
- ( 27 )
- 4°. Cotonnades.
- Les cotonnades ont dans les marchés un avantage qu’elles doivent à la souplesse, au moelleux de leurs tissus, au prix , à la finesse et à la durée relative de ces étoffes comparées avec leurs analogues. Le coton offre, dans la manufacture, de grandes facilités qui lui sont propres ; des machines ingénieuses ont porté la filature de cette matière au plus haut degré de perfection ; les tissus de l’étranger ayant été d’abord prohibés , de nombreux métiers ont fabriqué chez nous les toiles de coton avec une perfection à laquelle nos concurrens étrangers n’ont pas même pu atteindre ; depuis la prohibition des fils de coton , nous sommes affranchis de tout recours à l’étranger pour telle partie que ce soit de la manufacture des cotons; et, loin de recevoir aujourd’hui des objets manufacturés de ce genre, nous en fournissons au-dehors pour 17 millions par an.
- La main-d’œuvre des cotons occupe aujourd’hui deux cent trente-trois mille ouvriers. Les cotonnades fabriquées en France ont une valeur de 290 millions. Si de cette somme 011 retranche 55 millions, valeur moyenne annuelle delà matière première introduite en France de 1807 à 1811 , il résulte pour l’accroissement de valeur qu’elle a reçu. . . .
- Les 20 millions de livres pesant de coton importés en France coûtent, au fabricant, 154 millions; tandis que, s il ne lui coûtoit que les 55 millions qui en sont la valeur intrinsèque 5 cette somme , jointe aux i56 millions , prix actuel de la main-d'œuvre, formeroit avec elle 211 millions, et la valeur de la matière première ne seroit que pour le quart dans la masse des objets manufacturés.
- 5°. Tannerie et chapellerie.
- Les tanneries, les mégisseries , les ganteries fabriquent pour g5 millions, et ajoutent ainsi une valeur de 55 millions à celle de nos 56 millions de cuirs indigènes et de 6 millions de cuirs importés.............................................
- La chapellerie emploie dix-neuf mille ouvriers, et crée une masse de produits de...................................
- 255,ooo,oo©
- 55,ooo,ooo
- 25,000,000
- 744,000,000 D 2
- p.27 - vue 28/331
-
-
-
- ( *8 )
- Report. 7 7 7 7
- 6°, Papeteries,
- Le produit de nos papeteries est de. . . . . . .
- Le commerce de la librairie crée, avec ces papiers, une valeur nouvelle en livres de...............................
- 7°. Savons.
- Nos savonneries forment un produit annuel de . . .
- 8°. Tabac.
- Le sol de la France s’est enrichi d’un produit annuel de 12 millions en tabac ; mais ce produit est brut , et la fabrication le quintuple ; c’est un accroissement de............
- 9°. Bière et cidre.
- Treize mille sept cent cinquante brasseries livrent au commerce 8,5oo,ooo hectolitres de bière, dont la valeur est au moins de. . ................................
- Trente-trois départemens font annuellement io millions d’hectolitres de cidre qui, à raison de 5 francs l’hectolitre, prix moyen, donnent un revenu de ......
- IO. Ebéniste rie et carrosserie.
- Les ouvrages d’ébénisterie sont l’objet d’une fabrication de 19 millions ; ceux de carrosserie, de 11 millions, ce qui fait au total............................................
- 110 Fer et cuivre.
- Le produit de nos mines de fer, qui est de 5omillions, se trouve plus que doublé par la première main-d’œuvre dans nos forges, dans nos hauts fourneaux, dans nos taillanderies , dans nos aciéries, dans nos laminoirs , dans nos clouteries : fabriques qui augmentent cette valeur de .
- Les autres mines, celles de cuivre, d’alun, de gvpse, les carrières de marbre , etc., produisent...............
- 12°. Quincaillerie, bronzes dorés, armes.
- Les manufactures qui ont pour matières premières les métaux, les quincailleries^ la coutellerie, l’armurerie, les
- 56,ooo,ooo î 2,000,000
- 3o,ooo,ooo
- 60,000,000
- 40,000,000 5o,000,000
- 3o,ooo,ooo
- 70,000,000 12,000,000
- 1,084,000,000
- p.28 - vue 29/331
-
-
-
- ( 29 )
- Report. . 7 7 7 7 7 1,084,000,000
- manufactures de bronzes, de dorure, sont un objet de 67,000,000 Ces fabrications sont dans un grand état de prospérité.
- i3°. Orfévi'erie et bijouterie.
- L’orfèvrerie et la bijouterie occupent près de huit mille ouvriers, et produisent 96 millions, dont un tiers seulement pour la main-d’œuvre.............................. *32,000,000
- i4°. Horlogerie.
- L’horlogerie , en occupant le même nombre de bras,
- i5°. Glaces , verreries, porcelaines.
- Les glaces, les verreries, les porcelaines, les diverses manufactures de substances minérales occupent quarante-trois mille ouvriers ; ces fabrications n’avoient jamais eu autant d’activité ; elles produisent...................
- Prises séparément, aucunes de ces fabrications n’ont été ou ne sont devenues l’objet d’exportations annuellement très-considérables \ mais, réunies, elles forment une masse qui, avant 1790 , fournissoit 38 millions par an à nos exportations , et qui, aujourd’hui, leur donne 4 2 millions.
- 160. Teintures y toiles peintes y etc.
- Les teintures, les toiles peintes, etc., dans la valeur desquelles la matière première exotique entre pour beaucoup , donnent, pour la main-d’œuvre seulement, .
- 20,000,000
- 82,000,000
- 13,000,000
- Ainsi les objets de nos consommations journalières sont pour nous une richesse purement industrielle de . . . i,3oo,000,000
- Industrie nouvelle. —» j°. Sucre de betterave.
- Dès cette année les manufactures du sucre que l’on extrait de la betterave nous donneront 7 millions de livres pesant de cette denrée ; elle est préparée dans trois cent trente-quatre manufactures qui, presque toutes , sont actuellement en activité. Cette quantité peut être considérée comme la moitié au moins de nos besoins actuels ; mais on est parvenu à substituer au sucre , dans les usages domestiques , du sirop de raisin , dont plusieurs millions de livres ont été fabriqués, et des miels mieux purifiés, avec d au-
- p.29 - vue 30/331
-
-
-
- C 3o )
- tant plus de facilite ^ que le goût le plus délicat peut à peine s’apercevoir de quelque changement. En supposant qu’un cinquième de la consommation demeure définitivement remplacé par ces substances , la France consommera 40 millions de livres de sucre de betterave , dont la valeur
- sera de......................................: . . . . 80,000,000
- On peut compter sur ces résultats pour 1814-
- Nos raffineries sont l’objet d’un produit de 10 millions qui
- s’élèvera au moins à........................................ 20,000,000
- Avant la révolution, la France tiroit de ses colonies de grandes quantités de sucre qu’elle revendoit au reste de l’Europe ; elle en gardoit pour 21 millions; dans les six années qui ont commencé en 1802 , nous avons reçu de l’étranger, année moyenne, pour 5 2 millions de sucre ; cette importation s’est trouvée réduite à 10 ou 11 millions dans les quatre années qui ont commencé en 1809.
- 20. Pastel.
- Jadis la France recevoit de grandes quantités d’indigo, et en conservoit pour une valeur annuelle de 9 millions 5oo mille francs; dans les six années qui ont commencé en 1802, cette valeur moyenne a été annuellement de 18 millions-, dans les cinq années qui ont commencé en 1808, elle est descendue à 6 ou 7 millions. C’est alors que d’anciens essais faits pour extraire du pastel la fécule de l’indigo, ont été renouvelés, et l’on est parvenu aujourd’hui à extraire du pastel la propre fécule de l’indigo. Plusieurs manufactures sont déjà eu activité , et donnent un indigo semblable au plus bel indigo des Colonies ; il revient à 10 francs la livre, c’est le prix qu’avoit l’indigo avant 1791.
- Nos teinturiers consomment 1,200,000 livres d’indigo; c’est une valeur de.........................................12,000,000
- 5°. Garance substituée à la cochenille.
- La France employoit autrefois pour un million de cochenille. Dans les sept années qui ont commencé en 1802, l’importation moyenne a été de 1,5oo,ooo francs ; dans les quatre années qui ont commencé en 1809, elle 11’a plus été que de 200,000 francs, la cherté ayant fait consommer tous les appro-visionnemens des années antérieures.
- 62,000,000
- p.30 - vue 31/331
-
-
-
- ( 5* )
- Report. ...... 6:2,000*000
- Depuis long-temps on cherchoit les moyens de produire avec la garance les mêmes effets qu’avec la cochenille ; l’écarlate n’étoit donnée que par cette dernière matière. Les frères Gonm , très-habiles teinturiers de Lyon , sont parvenus à substituer , pour cet usage, la garance à la cochenille. Leurs procédés ont eu un succès complet ; les écarlates qui en ont été le résultat ont été soumises à toutes les épreuves convenables* et la beauté, la solidité parfaites de la couleur ont été unanimement reconnues.
- 4°. Coton, indigène.
- Depuis quelques années, on cultive le coton dans le département de Rome ; les récoltes ne se sont pas encore élevées assez haut pour être comptées comme ressources dans la masse de nos besoins; elles ont produit jusqu’à ioo milliers de livres pesant, et la naturalisation de cette plante est assurée.
- La France reçoit annuellement 5 millions de livres pesant de coton du Pioyaume de Naples. L’Espagne et la Turquie en produisent abondamment.
- 5°. Soude extraite du sel marin.
- Dans les neuf années qui ont commencé en 1802, il a été introduit en France , année moyenne , pour 5,500,000 francs de soude. Depuis que l’on est parvenu à créer cette substance avec des matières premières de notre sol, la soude a baissé des deux tiers dans le commerce , malgré la prohibition absolue des soudes étrangères. On peut évaluer ce produit à . 0,000,000
- L’ensemble des nouvelles productions de notre sol et de notre industrie s’élève donc à..............................63,000,000
- Nous nous sommes affranchis du paiement de 90 millions que nous donnions à 1 étranger, principalement à l’Angleterre , pour les denrées des Colonies. Notre agriculture et notre industrie ne reçoivent aucune diminution des nouveaux produits que nous créons; les 70 mille arpens qui seront cultivés en betterave fussent restés en jachères ; les 5o mille arpens cultivés en pastel sont une bien foible portion de notre territoire , et recevront d’ailleurs des engrais qui rendront plus productives les récoltes qui succéderont à cet assolement,
- La garance existe chez nous au-delà de tous nos besoins ; nous en expor-
- p.31 - vue 32/331
-
-
-
- tons pour i ,600,000 francs , nos marais salans fournissent indéfiniment la matière première de la soude.
- Les produits bruts de notre agriculture et de notre sol
- sont de...................................... 5,o31,000,000
- La main-d’œuvre et la première fabrication accroissent d’abord ces produits bruts de..................1,300,000,000
- Les produits de notre nouvelle industrie sont de . . 65,000,000
- Total.................6,596,000,000
- Mais ces matières premières n’ont pas été toutes manufacturées encore ; la dernière main-d’œuvre cpii doit compléter la valeur définitive de toutes les valeurs déjà créées, est au moins du dixième de ces valeurs , ou. . 639,600,000
- Ainsi la valeur totale des matières que chaque année leur reproduction réelle donne à nos consommateurs, est au moins de. ...........
- 7,o 3 5,6oo,000
- ( JDaclin. )
- ARTS MÉCANIQUES. machines.
- Description de quelques perfiectionnemetis ajoutés } par M. Richard Witty, auæ Machines à vopeindans la 'vued>en simplifier le mécanisme et dyen diminuer les frais de construction (1).
- Les machines à vapeur ont subi en Angleterre des modifications considérables, soit par rapport au mécanisme, soit par rapport à la consommation du combustible. MM. TVilkinson, Stewart , JY as b o rougit, Clegg 9 Boswell, Wooïf, TVatt et Boulton et plusieurs autres artistes distingués , se sont occupés de cet important objet, et leurs tentatives ont été couronnées par le succès. Les derniers, surtout, recommandables par les nombreux services qu’ils ont rendus à l’industrie, paroissent avoir porté au plus haut degré de perfection leurs machines à feu , qui sont répandues aujourd’hui dans toute l'Europe, et qui ont reçu les applications les plus variées dans les arts.
- M. Tfitty, frappé des inconvéniens que présentent les leviers, les manivelles et les soupapes employés dans les machines à vapeur, propose dé
- (1) Extrait du vol. 17 , seconde série } du Repertory of Arts and Manufactures.
- les
- p.32 - vue 33/331
-
-
-
- pl.94 - vue 34/331
-
-
-
- r \
- ( 3 J )
- les supprimer totalement et de les remplacer par un mécanisme plus simple et moins dispendieux. Cette idée paroit ingénieuse ; ruais la pratique seule peut en constater les avantages, et nous la recommandons aux méditations de nos artistes.
- Le but de l'auteur est de combiner le mouvement rectiligne des pistons avec le mouvement de rotation de la machine, de manière que les pistons* en agissant dans les cylindres ou les cylindres sur les pistons * puissent tourner en meme temps sur un axe commun et former le volant. Par cette combinaison, il assure cpie Ton peut obtenir les effets d’une machine à feu ordinaire, sans l’emploi de bielles, de manivelles ou de leviers quelconques ; la vapeur est alternativement introduite dans les cylindres et expulsée sans l’aide de soupapes.
- Dans les machines à rotation construites par d’autres artistes, et dans lesquelles on a également supprimé les bielles et manivelles, les tiges des pistons tournent autour d’un axe ou tambour, et le vide se fait par des moyens très-ingénieux à l’aide de soupapes de différentes formes, dont les unes glissent dans les cylindres, et les autres se meuvent sur un axe. L’invention de l’auteur diffère de celle-ci, en ce que ses pistons agissent constamment en ligne droite comme dans les machines à levier, et qu’ils sont adaptés, ainsi que les cylindres , sur un volant disposé verticalement et tournant sur son axe. Par conséquent, les pistons participent à la fois du mouvement rectiligne et du mouvement de rotation, et décrivent une courbe qui varie selon la vitesse de la machine et la longueur du coup de piston.
- L’application de la force expansive de la vapeur et l’effet obtenu par sa condensation sont connus ; aussi M. Witly ne fait-il consister le perfectionnement qu’il a imaginé que dans la disposition particulière des cylindres et des pistons, ce qui constitue, suivant lui , une machine simple ,peu dispendieuse, économique sous le rapport de la consommation du combustible, et dont l’effet est aussi puissant que celui de toute autre machine à feu.
- Nous allons passer à la description de ses moyens.
- Tl. g4, fig• i. AAAA représentent quatre cylindres de fonte ou de tout autre métal, bien alésés et fixés par des écrous sur le moyeu ou axe creux BB. CCCC,sont des pistons agissant dans les cylindres AA, et qui sont pourvus de la garniture ordinaire afin de s’ajuster hermétiquement dans ces cylindres. Sur l’extrémité de la tige de ces pistons , comme on peut le voir en hhhh fig. 2, sont adaptées des tiges EEEE que l’auteur nomme réciproques, et qui servent à réunir les quatre pistons et à former Douzième année. Février 1813. E
- p.33 - vue 35/331
-
-
-
- ( 34 )
- ainsi une combinaison très-utile en opposant leur force centrifuge l’une k l’autre. Le poids des pistons et des tiges doit être calculé de manière que le vide formé dans l’un des cylindres puisse les élever ensemble dans une direction perpendiculaire. D est un axe immobile dont les extrémités sont coniques , et sur lequel tourne l’axe creux BB, comme la clef d’un robinet. Il porte deux tubes , dont l’un a, placé dans une situation horizontale à la partie supérieure * communique avec le tuyau à vapeur , et l’autre b , disposé à la partie inférieure de l’axe , communique avec le tuyau de sortie ou de condensation. Les cylindres communiquent entre eux à travers l’axe creux B , comme en 2222 Jîg. 2, où les deux tuyaux dans l’arbre D correspondent • les orifices 2222 du fond des cylindres rencon trent alternativement en tournant les orifices a et b. L’axe creux B doit former de chaque côté de la roue une saillie assez forte pour s’appuyer sur des coussinets de cuivre ; on y adapte le mécanisme du moulin. L’axe î> est fixe ; le condenseur et la pompe à air sont les mêmes que ceux qui s’emploient dans les machines ordinaires.
- Supposons maintenant que les cylindres et leurs pistons soient disposés comme dans la fig. 1 , et que la vapeur pénètre dans le cylindre supérieur par le tuyau a, sa force expansive fera élever une paire de pistons £ le cylindre , en abandonnant la ligne verticale , détruira l’équilibre de la roue et la fera mouvoir par sa pesanteur; à mesure que les cylindres tourneront, ils se rempliront chacun, par le tube a, d’une quantité de vapeur qui, après avoir produit son effet, se rendra dans le condenseur par le tube b ,• de manière que la machine étant purgée d’air, le cylindre inférieur sera vide, tandis que le cylindre supérieur, qui est en communication avec lui, recevra la vapeur de la chaudière. L’un des pistons s’élèvera d’un côté de la roue, tandis que l’autre s’abaissera du côté opposé ; mais , pour favoriser leur mouvement rectiligne, l’auteur donne au tube b une dimension telle que les pistons des cylindres, qui passent successivement sur l’orifice de ce tube , soient remis en place , et qu’une partie du fluide non condensé reste dans le cylindre ; aussitôt que le cylindre opposé se vide dans le condenseur, ce fluide élastique retourne dans le tube à vapeur pour augmenter la quantité de vapeur produite par la chaudière. L’auteur assure, qu’en faisant usage du fluide non condensé de la manière décrite, le mouvement de la machine est régularisé, et le moment des pistons est employé pour emmagasiner, pour ainsi dire, la puissance qui doit produire l’effet utile.
- La fig. 5 représente la machine avec les cylindres agissant sur les pistons. GGGG, quatre bras ou tubes réunis par leurs extrémités sur urt axe
- p.34 - vue 36/331
-
-
-
- ( 35 )
- commun et creux H , qui tourne sur un arbre fixe , comme dans la fig. i. Ces tuyaux sont disposés à des distances égales, comme les orifices 2222 dans la coupe fig. 2. Les pistons sur lesquels agissent les cylindres, 1III assemblés par les tiges iiii, sont fixés à l’extrémité des tubes creux G, fig- 5, La machine agit de même manière que dans la fig. 1, avec la seule différence que , dans ce cas , les cylindres forment eux-mêmes le poids à mouvoir 3 c’est pourquoi ils doivent être construits de manière qu’une paire de cylindres avec ses tiges puisse être mise en mouvement, lorsque le vide est fait dans l’autre paire de cylindres.
- Fig. 4. Autre forme de la machine avec les tiges réciproques qui réunissent les pistons dans l'intérieur des cylindres. RR est un cylindre continu qui est représenté en coupe , pour laisser voir les pistons mm ; ce cylindre tourne sur un axe y placé à une distance égale de chaque extrémité. A l’opposé vient aboutir en ee un petit tuyau rr Jig. 6, qui règne dans toute la longueur du cylindre et passe dans un anneau concentrique p 9 garni de deux petits tubes q et n 3 dont le premier communique avec le tuyau à vapeur S, et l’autre avec le condenseur T.
- La communication s’établit ici dans un sens contraire à celle qui est indiquéey^-. 1 , la vapeur étant introduite par les extrémités du cylindre mobile RR. F est une manivelle qui fait marcher le piston de la pompe a air O.
- Dans cette forme , comme dans les précédentes , le poids des pistons et des tiges doit être calculé de manière que, lorsque le vide se fait d’un côté du cylindre, l’autre puisse s’élever verticalement. L’auteur observe que, lorsqu on se sert de deux cylindres continus pour former quatre bras, les tiges doivent passer chacune par le point d’intersection de ces cylindres ; pour cet effet ils sont entaillés. La longueur du coup de piston étant à celle des tiges comme ces dernières aux cylindres, les tiges les plus courtes donnent le coup de piston le plus long , tandis que , dans les formes Jig. 1 , 3 et 7 , ce sont les tiges les plus longues qui produisent le coup le plus long. Dans tous les cas, les effets de la machine augmenteront ou diminueront en raison de l’allongement ou du raccourcissement des tiges, qu’on pourra opérer en pratiquant une coulisse au milieu de chaque tige.
- Pour convertir sa machine en une machine à double effet, M. Witty établit une communication entre l’extrémité et le milieu du cylindre, à 1 aide d’un tuyau , et fait passer les tiges des pistons dans des boîtes à étoupes (voyez Jig. 7). Les tiges réciproques sont les mêmes que dans
- E 2
- p.35 - vue 37/331
-
-
-
- ( 36 )
- la fig. i ; mais le poids des pistons doit être double, et il y aura par conséquent une double ^consommation de vapeur.
- Dans quelques cas , il se sert de boîtes à étoupes pour des machines à simple effet, et il introduit la vapeur des deux côtés du piston. Quand la machine a la forme représentée Jig. i et 7 , c'est-à-dire que ses effets sont considérables, il supprime l’axe immobile DJig. 1, et il le remplace par un mécanisme représenté Jig. 9, et composé de quatre bouts de tuyaux assemblés sur la tige et renfermés dans une boîte carrée. Les parois de cette boîte ont les mêmes dimensions que la section transversale des cylindres qui sont fixés sur cette boîte par des vis à écrou. Les orifices des quatre bouts de tuyaux se trouvent au centre des parois de la boîte en vv; ils communiquent avec quatre tubes disposés dans le sens de la longueur de la tige , dont les orifices viennent aboutir à des distances égales en ææ.
- La Jig. 8 représente le collet ou anneau concentrique avec ses deux tuyaux, dont l’un communique avec la vapeur et l’autre avec le condenseur. Cet anneau est soudé sur la tige, de manière que les orifices des tuyaux correspondent avec ceux des tubes ææ. L’auteur pense que, pour les grandes machines , cette forme est préférable à celle de la fig. 1 3 parce que l’axe ne portant plus ni tuyau à vapeur , ni tuyau de condensation , il peut se mouvoir plus librement sur ses tourillons.
- Il assure que le mécanisme qu’il emploie est aussi simple que facile à exécuter , et qu’on peut même varier le nombre et la disposition des cylindres fixés sur le volant, sans changer la nature de la construction. La pompe à air est disposée dans toutes les figures comme on voit dans la Jig. elle ressemble à celles des machines à vapeur ordinaires j on peut la supprimer, si on le désire, dans les petites machines j mais il est nécessaire de la conserver dans les grandes.
- Le condenseur, la chaudière et les accessoires sont les mêmes que dans les pompes à feu ordinaires.
- Après avoir ainsi décrit les nouvelles machines qu’il propose, M. JVitty les compare avec celles qui sont maintenant en usage j il parle avec éloge de la machine à double effet qu’une expérience de plusieurs années a fait préférer à toutes les autres ; mais il ne se dissimule pas les défauts de cette machine, défauts que l’inventeur a vainement cherché à faire disparoître, pour produire un mouvement de rotation toujours constant. Le principal obstacle qu’il eut à vaincre fut de construire un piston qui joignit assez exactement clans le cylindre pour séparer la vapeur du vide, et M. Witty ne croit pas qu’ayant, lui ou a,it remédié à cet inconvénient d’une manière
- p.36 - vue 38/331
-
-
-
- ( 37 )
- satisfaisante; quoiqu’il ne veuille pas s’établir juge du succès des tentatives qui ont été faites récemment sur ce sujet, il donne cependant la préférence à sa machine qui, suivant lui, se distingue par sa simplicité et la facilité de sa construction. U ne doute pas que des pistons n’agissent avec plus de facilité et de précision dans un cylindre en ligne droite que dans toute autre direction, et qu’ils retiennent bien la vapeur; ayant une garniture pins légère, ils sont aussi moins sujets à se déranger que d’autres pistons.
- L’auteur ajoute qu'il y a quelque analogie entre sa machine et celle à double levier réciproque ; car, dans l’une et l’autre , les pistons agissent dans les cylindres par l’impulsion de la vapeur et forment alternativement le vide ; mais elle en diffère dans la manière de disposer, d’emplir et d’élever les cylindres, et d’appliquer la puissance dans une direction circulaire.
- Dans sa machine , tout ce qu’on peut nommer l’appareil mobile tourne
- autour d’un centre commun et forme le volant ; il en résulte une grande diminution dans les frottemens ; et les cylindres étant fixés sur le volant , la machine participe à la fois aux avantages du mouvement rectiligne et du mouvement de rotation. Elle peut faire agir des pompes en combinant ses leviers réciproques avec les tiges des pistons , et imprimer en même temps à une roue une vitesse double de la sienne. Mais comme la force et la vitesse peuvent être réglées par des méthodes variées , l'estimation en est toujours arbitraire.
- Il a été délivré à M. TVitly, le 14 février 1810, un brevet d'invention pour sa machine. (Dactin.)
- Hydraulique.
- Description d’un Mécanisme inventé par M. Edward Sliorter. pour être adapté aux Pompes des Vaisseaux (1).
- L’auteur propose de profiter du mouvement des vagues et du courant de l’eau pour faire agir une espèce de volant destiné à élever le piston d’une pompe.
- Pour cet effet, il adapte à la poupe du bateau ou du navire un arbre placé dans une direction horizontale , dont l’une des extrémités entre dans le bâtiment, et l’autre fait une saillie à l’extérieur pour recevoir le volant ou loch qui est mu par l’impulsion du courant.
- Cet arbre mobile dans un collet correspond, par son extrémité intérieure , avec le piston de la pompe qu’il fait lever ou baisser alternativement par le mouvement de rotation qu’il reçoit du volant qui tourne par la réac-
- (1) Extrait du vol. 17 , seconde série du Repertory of Arts and Manufactures.
- p.37 - vue 39/331
-
-
-
- ( 38 )
- tion de l’eau pendant que le vaisseau marche ; si le navire est à l’ancre dans un courant , l’action directe du fluide produit le même effet.
- Le volant est composé de plusieurs pales en bois fixées sur une tige , et disposées obliquement à la direction du courant ; il tourne sur lui-même et s’adapte à l’arbre ci-dessus décrit, soit par une chaîne, soit par des tiges brisées. En lui donnant la forme des ailes d’un moulin à vent et les dimensions convenables, on peut aussi l'employer à être mu par l’action du vent.
- Il est nécessaire de faire aux pompes des vaisseaux les changemens qu’exige cette construction particulière, afin d’en obtenir un effet utile. L’auteur en propose plusieurs qui sont indiqués dans les figures de la PL g4, mais qui ne paroissent pas tous également, avantageux.
- jFig. io. Pompe simple , dont le piston est mu par une tige brisée.
- Fig. 11. Deux pompes agissant par le même levier ; ce moyen paroît impraticable , surtout si l’on considère la difficulté d’élever et d’abaisser , à l aide d’un levier coudé, les tiges des pistons assemblés par une branche transversale.
- Fig. il. On voit dans cette figure de quelle manière l’appareil s’adapte au levier des pompes à chaîne.
- Fig. i3. Engrenage servant à régler à volonté le mouvement des pompes.
- Fig. 14. Volant adapté à une tige qu’on peut employer au lieu d’uue chaîne. »
- Fig. i5. Détails du volant composé de trois pales en bois réunies par leurs extrémités sur la tige, et assujetties par des lames de fer à coulisses.
- Fig. 16. Détails de la fourchette sur laquelle se meut la tige horizontale, qui est construite de manière qu’en changeant le levier on peut obtenir un coup de piston plus ou moins long.
- Fig. 17. Poupe d’un bateau avec la tige fixée dans son bordage , et qui indique la manière d’y adapter la tige du volant.
- Les jig. 18 et 19 représentent une chaîne et une tige brisée.
- ( Daclin. )
- Tissus.
- Rapport fait par M. Bardel, au nom du Comité des Arts
- mécaniques, sur les Schalls de Cachemire fabriqués par M. Ternaux.
- M. TernauxY&mê vous a présenté des schalîs fabriqués en pure laine de Cachemire, dont vous avez chargé votre Comité des Arts mécaniques de vous rendre compte. Douze de ces schaîls avoient Oté commandés à
- p.38 - vue 40/331
-
-
-
- Ho )
- M. Ternaux , par ordre de Sa Majesté, il T a dix-huit mois; iis ont été livrés et présentés le 3i décembre dernier par S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Commerce.
- Ce nouveau succès de l’industrie française est digne du zèle de M. Ternaux pour la prospérité de nos fabriques, et de l’honorable distinction dont Sa Majesté a daigné l’hoaorer.
- Ces schalls sont d’une fort belle exécution ; le tissu en est fin et serré, et ils ne diffèrent de ceux qui nous viennent de l’Inde que par l'économie de la fabrication qui en accélère le travail.
- Ce nouveau genre de tissu, une fois introduit dans nos fabriques , acquerra sans doute encore plus de perfection ; et, comme le goût français est très-apprécié dans l’étranger, la beauté et la variété des dessins que nos artistes sauront donner à cet article, lui ouvriront sans doute des débouchés avantageux.
- Il seroit à désirer, cependant, que la mode qui règle le sort des fabriques de ce genre, favorisât celle-ci, et que les schalls français obtinssent la préférence sur ceux de Cachemire ; ce seroit à la fois seconder les vues protectrices de Sa Majesté et jouir de nos propres succès. Mais en matière de mode on ne doit rien prescrire : on ne peut qu’inviter à porter son attention sur le bien qui résulteroit de cette préférence pour nos manufactures.
- Nous concluons eu demandant au Conseil de savoir gré à M. Ternaux de ses nouveaux efforts en faveur de l’industrie nationale , et nous proposons l'insertion du présent rapport au Bulletin de la Société (i).
- Signé Bardel , rapporteur.
- Adopté en Séance, le ij février i8i3.
- (i) Tl paroît que la fabrication des schalls de Cachemire a été l’objet des recherches de quelques autres fabricans , qui sont parvenus, ainsi que l’a annoncé un membre du Conseil, à une imitation très-exacte de ces tissus; mais le mérite d’avoir introduit le premier en France ce genre d’industrie, n’en reste pas moins à M. Ternaux, qui depuis neuf ans n’a épargné ni peines ni sacrifices pour atteindre au but qu’il se proposoit. Il lui a fallu tout perfectionner, couleur, préparation, filature et tissage, pour pouvoir employer une matière remplie de gale , la plus courte , la plus délicate et la plus difficile à travailler qui existe, et qui a valu aux Indiens la réputation d’ètre le peuple le plus patient, et à leurs fileuses , d’ètre les plus habiles du monde. Ce qui tendroit à le prouver , c’est qu’il n’entre pas pour 40 francs de matière dans des schalls de i5oo à 2000 francs de valeur. M. Ternaux n a point employé, pour la chaîne des tissus, la soie qui facilite le travail dans la proportion 1 à 6 , parce que le fil en soie ne casse pas , tandis que celui de Cachemire , tel parfait qu il puisse être , se rompt facilement, surtout dans des comptes aussi serrés que ceux dont M. Ternaux fait usage. Il n’y a nulle comparaison pour la beauté , et surtout pour la soli-
- p.39 - vue 41/331
-
-
-
- ( 4o )
- ARTS CHIMIQUES. — Teinture.
- Extrait d'un Rapport fait à S. M. I Empereur ? par S. Eæ. le Ministre des Manufactures et cUi Commerce, sur la fabrication de Vin diiro -Eas tel.
- La fabrication de l’indigo-pastel n’ayant pas fait encore tous les progrès désirables ; et les opinions étant partagées sur les moyens d’extraction les plus simples et les plus économiques , S. Ex. a réuni à Paris les directeurs des Ecoles expérimentales établies pour cet objet dans divers départemens de l’Empire. D’après le rapport de ces savans,on peut retirer 4 onces d’indigo d’un quintal de feuilles de pastel : au moyen de l’eau dont la chaleur a été élevée à 80 degrés environ et qu’on verse sur le pastel, l’extraction se fait en sept ou huit minutes au plus. L’indigo de la plus belle qualité, extrait de cette manière, ne revient qu’à 9 ou 10 francs la livre, en supposant qu’on coupe la feuille dix fois, comme cela se pratique dans les départemens au-delà des Alpes, où le pastel est semé en automne; dans ceux du nord de l’Empire on ne fait que trois à quatre coupes.
- L’arpent de Paris produit au moins, année moyenne, i5o quintaux de feuilles, dont on peut retirer 5y livres 8 onces d’indigo, lequel, évalué au prix le plus bas du commerce, qui est de i5 francs , non compris les droits, donne, par arpent, un produit de. . . , . . . , 56a fr. 5o c.
- A déduire pour frais de préparation des terrains, d’achat de la graine, de récolte et de fabrication de l’indigo. . n36
- Bénéfice par arpent . . . 326 fr. 5o c.
- La consommation annuelle de l’indigo étant d'environ 1,000,000 livres, il faudra consacrer à la culture du pastel 5o,ooo arpens. On a la certitude que l’indigo qu’on en retire pourra remplacer l'indigo des Indes ; mais pour en étendre la fabrication , des encouragemens sont nécessaires , et S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Commerce a cru devoir provoquer, pour cet objet, le décret impérial dont la teneur suit :
- dite de cette étoffe, lorsque la monture est en matière de Cachemire ou lorsqu’elle est en soie.
- M. Ternaux assure que , dans six ans, ses schalls seront infiniment plus moelleux qu’ils ne le sont à présent ; et, avant deux ans , il supprimera la monture en soie.
- Au surplus M. Damien-Pepin a prouvé, par un schaîl qu’il a présenté à la Société en 1810, qu’il n’y a pas de dessin si bizarre et si compliqué qu’il soit dans le goût oriental , qu’on ne puisse imiter avec succès. ( Note du Rédacteur ).
- Au
- p.40 - vue 42/331
-
-
-
- (40
- Au palais des Tuileries, le *4 janvier i8i3.
- NAPOLÉON, Empereur des Français, Jlor d’Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération suisse, etc. etc»
- Sur le rapport de notre Ministre des Manufactures et du Commerce
- Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : ' 1
- TITRE PREMIER.
- Art. Ier. Le droit perçu à l'importation de l’indigo étranger est augmenté de 200 francs par quintal métrique.
- IL La somme provenant de cette augmentation de droit sera réservée pour fournir aux dépenses de trois fabriques impériales qui seront établies. L’excédant sera réparti en encouragemens entre les fabricans qui justifieront d’une fabrication annuelle au-dessus de 200 kilogrammes d’indigo-pastel.
- III. Nul ne pourra participer à cette prime d’encouragement, s’il n’est pourvu d’une licence qui l’autorise à fabriquer l’indigo.
- IV. Ces licences devront être délivrées par le Ministre des Manufactures et du Commerce, avant le Ier. juillet de la présente année.
- V. Tout individu qui aura obtenu une licence pour la fabrication de l’m-digOj sera exempt de tous droits de fabrication et autres pendant quatre ans.
- VI. Le droit imposé sur l’indigo étranger est garanti pendant quatre ans.
- TITRE II. ,
- VII. Il sera formé trois fabriques impériales pour la fabrication de l’in-digo-pastel, l’une à Toulouse , l’autre à Turin, et la troisième à Florence.
- VIII. Il y aura un directeur attaché à chacun de ces établissemens. Le sieur chevalier de Puyniaurin, régira celui de Toulouse, le sieur Giobert, celui de Turin; et le sieur Lm/ïi, celui de Florence.
- IX. L’établissement de Toulouse aura quinze élèves, celui de Turin dix, et celui de Florence cinq.
- X. Les élèves recevront chacun un traitement de 5oo francs, à la fin de i8i3 , sur l’attestation d une bonne conduite et de leurs progrès, délivrée par les directeurs.
- XI. L’ouvrage du sieur Giobert et l’instruction du sieur Piiymaurin, sur la culture du pastel et la fabrication de l’indigo, seront imprimés aux Irais du Gouvernement.
- XII. Il est accordé un encouragement de 10,000 francs au sieur Rouques, pour continuer d’àugmenter l’établissement d’indigo-pastel qu’il a formé a Alby, savoir : 5ooo francs à titre gratuit, et 5oco francs, par forme
- Douzième année. Février i8i5, T
- p.41 - vue 43/331
-
-
-
- C 4* J
- d’avance, sur les primes qui , eu exécution de l’article IL, seront données à ceux qui justifieront d’une fabrication au-dessus de noo kilogrammes d’indigo-pastel.
- XIII. Notre Ministre des Manufactures et du Commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Signé, NAPOLEON.
- Par l’Empereur,
- Le Ministre Secrétaire d’Etat, par intérim ,
- Signé, duc de Càdore,
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Extrait d’une notice publiée par M. de Lasteyrie, sur un moyen de conserver les Pommes de terre un grand nombre , d’années en les réduisant en farine, même lorsqu’elles ont été gelées y et sur le pain que l’on peutfaire avec cette farine.
- Il importe toujours de conserver toute la masse des substances alimentaires , ou d'en prévenir la destruction, soit que les récoltes aient été abondantes ou médiocres : dans le premier cas, on se prépare des ressources pour les années où les intempéries des saisons ont nui aux reproductions de la terre i dans le second , on évite la perte des alimens qui sont absolument nécessaires à l'existence des hommes. C’est d’après ces considérations que M. de Lasteyrié s’étoit occupé, il y a plus de vingt ans, à chercher le moyen de conserver la pomme de terre, qui doit un jour former la principale nourriture des Européens. Les expériences qu’il a tentées lui ont parfaitement réussi. Il est parvenu à réduire en farine la totalité de la pomme de terre, et l’expérience a démontré que cette farine peut se garder une longue suite d’années, puisque celle qu’il conserve depuis dix-huit ans dans un grenier, et sans aucune précaution, n’a pas été attaquée par les insectes , et est aussi saine et aussi bonne qu’elle l’étoit le jour où elle a été faite. Voici le procédé à l’aide duquel on parvient à la préparer.
- LufSCpLùu veut obtenir de la farine de pommes de terre , il faut prendre celles qui sont d’un blanc-jaune, sans être veinées de rouge ; c’est l’espèce dont M. de Lasteyrie s’est seryi. On peut employer les autres; mais la farine provenant de celles-ci est plus belle.
- Si l’on se propose de faire une grande quantité de farine à la fois, on emploiera des tonneaux,, des cuves et des baquets de pierre; si l’on veut
- p.42 - vue 44/331
-
-
-
- C 43 ;
- n'en faire qu’une petite quantité , on se servira de vases de grès ou de terre, etc.
- On peut procéder de trois manières : i°. en pelant les pommes de terre sans les couner; 2.0. en les coupant par rouelles j 3°. en les laissant entières. Les trois procédés ont également réussi ; mais on observera que la méthode de Lire macérer les pommes de terre sans les peler, est préférable aux autres , puisqu’elle dispense d’un travail assez long, et que la portion qu’on seroit obligé d’enlever avec la pellicule, se trouve conservée. Il est facile d’enlever la pellicule en tamisant, lorsque la farine est faite 3 mais cette pellicule forme une partie si insensible de la masse totale, qu’on peut la laisser sans aucun inconvénient. En faisant macérer les pommes-de terre entières , il sera indispensable de leur faire subir l’action de la pressé ou de les exprimer fortement dans un linge ; sans cela ellês ne pourroient sécher assez promptement et se pouriroient. Elles doivent aussi rester en macération beaucoup plus de temps. M. de Lasteyrie en a ainsi laissé pendant un "mois. Si la quantité est considérable, il faudra moins de temps, caria fermentation se trouvera accélérée. On retirera les pommes de terre lorsqu’elles seront molles et flexibles sous le doigt dans toutes leurs parties-* ell es donneront une farine qui contiendra la pellicule, qu’on séparera paiJ le moyen du blutoir ou du tamis.
- Il faudra , avant de mettre les pommes de terre en macération , avoir soin de les laver -, à cet effet , on les laisse tremper dans l’eau pendant quelques instans, on les agite avec un balai, on changé l’eau , et on recommence celte opération jusqu’à ce que Feau reste claire.
- O11 coupe les pommes de terre par rouelles de l’épaisseur d’un1 écu de six livres, ou, ce qui est bien plhs expéditif, on les hache avec la machine employée dans les fermes pour couper les racines, et on les jette à mesure dans l’eau. Il ne faut jamais laisser à l’air les pommes de ferre pelées ou coupées, car elles prendroient une teinte grisâtre qui se communiquëroit à î a farine.
- Lorsqu’on a ainsi préparé les pommes de terre , on les met dans le vase qu’on leur destine -, elles ne doivent occuper que les deux tiers du vase qui sera toujours rempli d’eau. On a soin, le premier* jour , de changer l’eau deux fois. On peut s’épargner cette peine les jours stiivans, il est même inutile de le'faire; mais lorsqu’on verra paroîtré une espèce d’écume sur l’eau, ou que les pommes de terre commenceront à répandre une légère ocleur acidulé, il faudra changer l’eau deux fois en vingt-quatre heures, et puis les retirer et les presser.
- La macération doit durer pendant six à dix jours, selon le degré de tem-
- F 2
- p.43 - vue 45/331
-
-
-
- ( 44 )
- pérature du Heu dans lequel on a placé les pommes de terre , ou selon la quantité d’eau dans laquelle on les baigne , ou enfin d’après le changement d’eau plus ou moins fréquent. L’indication certaine à laquelle on peut recounoître le moment où il faut retirer de 1 eau les pommes de terre , c’est lorsqu’elles commencent à se décomposer dans leurs parties exté-j'ieures, et à former une espèce de bouillie.
- On pourra cependant les laisser encore macérer plusieurs jours et même plusieurs semaines , sans crainte de les perdre, pourvu qu’on ait soin d’en changer l’eau trois ou quatre fois les deux derniers jours avant qu’on ne les soumette à la pression. Dans cet état, elles peuvent acquérir une odeur légèrement désagréable , sans que la farine qui en proviendra ait aucun mauvais goût. L’eau avec laquelle on les lave enlève la saveur désagréable qu’elles auroient contractée. Cette observation est essentielle,, parce que les personnes qui voudroient faire une grande quantité de farine à la fois, pourroient ne pas trouver assez de temps pour retirer le même jour de l’eau toutes les pommes de terre.
- Pour changer l’eau, il faut pratiquer un robinet, ou simplement un trou à la hauteur d’un pouce environ du fond du vase : cette disposition est nécessaire ; car, sans cela, l’eau en s’échappant entraîueroit avec elle quelques parties de la fécule qui se détache des pommes de terre tandis que l’ouverture se trouvant élevée d’un pouce, la fécule se précipite au fond , et rien ne se perd. Il faut appliquer dans l’intérieur un peu de paille , à l’ouverture du robinet, pour empêcher qu’il ne soit engorgé. Il est bon d’incliner un peu le vase , afin de faire écouler toute l’eau qu’il contient.
- ; Le moment indiqué pour retirer de l’eau les pommes de terre étant arrivé, on les mettra à la presse, afin d’en extraire plus promptement l’eau qu’elles contiennent.; on peut ù cet effet se servir de sacs de grosse toile claire ; au sortir do la presse, elles seront aussitôt répandues égale-ment sur des draps, ou sur des claies couvertes de papier gris, et exposées ainsi à l’air ou au soleil. Si le temps est pluvieux, ou les mettra dans un grenier ou dans une chambre, en cherchant à établir un courant d’air. Il faudroit avoir une étuve construite à cet effet, si l’on vouloit faire l’opération en grand et travailler pour le commerce. On pourra également les mettre sur;des claies, et les faire sécher au four quelque temps après que le pain en aura été retiré, observant que le degré de chaleur ne soit pas trop fort; car alors les pommes de terre, au lieu de se réduire en une substance friable et farineuse , se durciroient, et deviendroient transparentes et semblables à de la corne. Dans ce cas, elles ne seront cependant pas perdues, elles seryh’ont pour là cuisine3 eu les faisant détrejnper à
- p.44 - vue 46/331
-
-
-
- ( 45 )
- l'eau tiède et cuire, elles pourront se fricasser , ou s'accommoder de différentes manières, ainsi que les pommes de terre fraîches $ mais elles seront surtout bonnes comme gruau après avoir été concassées.
- Les personnes qui n’auront pas de presse feront bien dexprimer les pommes de terre dans un linge , leur dessiccation en deviendra plus prompte. M. de Lasteyrie observe que plus elle se fait rapidement , plus la farine est belle ; si elle tardoit trop, les pommes de terre pourroient prendre une couleur grise ; c’est pourquoi on ne doit pas trop les entasser* il faut au contraire les répandre le plus qu’il est possible.
- La dessiccation étant achevée * les pommes de terre seront friables sous les doigts. Pour les réduire en farine * on peut se servir du moulin à blé ou du mortier. Après les avoir pilées dans un mortier, on les tamise ; ce qui n’a pu passer au travers du tamis est pilé une seconde fois (i).
- D’après l’exposé du procédé que l’auteur a employé pour convertir les pommes de terre en farine , on doit s’apercevoir qu’il est d’une grande simplicité ; qu’il n’exige que très-peu de main-d’œuvre * et qu’il peut être exécuté aussi facilement en grand qu’en petit. Tout l’appareil nécessaire consiste en un ou plusieurs vaisseaux, selon la quantité de farine qu’on veut faire. La main-d’œuvre se réduit à couper les pommes de terre et à changer l’eau de macération. Le travail est peu considérable et deviendroit presque nul, si on avoit à sa disposition une fontaine ou un courant d’eau qu’on pût conduire et laisser couler dans les vaisseaux durant le temps de la macération. La dessiccation et la réduction en état de farine ne sont ni pénibles ni dispendieuses.
- On voit enfin que tout le procédé consiste à désunir et à diviser, par la macération , les parties constituantes de la pomme de terre , et à enlever, parle moyen de l’eau, la matière extractive qui, se combinant avec l’air, donneroit à la farine un goût d’âpreté et une couleur désagréable.
- Par cette manière de traiter les pommes de terre, on trouve un grand avantage sur celle employée pour obtenir la fécule la main-d’œuvre n’est pas plus considérable, et le produit est bien plus grand, puisqu’avec beaucoup de précautions on ne peut extraire que 3 onces de fécule au plus, sur une livre de pommes de terre, tandis que parle procédé indiqué on obtient deux livres et près de trois quarts de farine, sur io livres de pommes de terre : car sur 53 livres de pommes de terre que M. de Lasteyrie a mises en macération, il a eu pour produit 14 livres 6 onces de farine. Ainsi toutes les parties nutritives sont conservées, l’eau seule de combinaison disparoit.
- (1) Les moulins qu'on a fabriqués pour la Grande-Armée sont très-bons pour faire cette farine. Il suffit de moudre les pommes de terre une seule fois.
- p.45 - vue 47/331
-
-
-
- C 46 )
- Pour faire (le la bouillie au lait ou à l’eau, il faut très-peu de cette farine ; elle est aussi bonne que celle de froment pour faire les sauces blanches , et elle s’emploie également aux autres usages de la cuisine ; on en fait des g:\teaux et des potages au beurre ou au bouillon ; elle peut avec avantage remplacer la fécule de différentes plantes , et peut-être même le salep que nous achetons à si grands frais; elle donne une colle excellente et très-fine.
- lies pommes de terre durcies au four, ainsi qu’il a été dits’accommodent de diverses manières. Si en les concassant on les réduit à la grosseur d’un grain de blé„ elles s’apprêtent et se mangent comme le riz; broyées plus menu, elles forment du gruau ou de la semoule.
- Le procédé que nous venons d’indiquer offre un avantage qui paroît mériter l’attention du public : c’est la conservation d’une quantité prodigieuse de pommes de terre que chaque hiver rigoureux enlève à la consommation du peuple. Lorsqu’on a des pommes de terre gelées, il faut les mettre dans beau pQur les faire dégeler et les laver; ensuite on les coupe et on les met macérer dans une nouvelle eau, en suivant les opérations ci-dessus mentionnées ; la farine qui en provient est aussi bonne que celle des pommes de terre non gelées. M. de Lasteyrie n’a fait cette expérience qu’en petit , et quoiqu’il n’ait pas comparé les produits, relativement aux quantités, ils doivent être les mêmes.
- Il est également probable que les pommes de terre germées donneront une farine aussi belle, et peut-être aussi abondante.
- M.0 yen de monter et de consolider les meules à émoudre, par
- JM, John Slater (i).
- Ce moyen consiste à monter les meules à émoudre ou à aiguiser, sur un arbre en bois ou en fer à la manière ordinaire , et à les maintenir de chaque côté par des rondelles en bois et en fer.
- Pour cet effet, l’auteur commence par appliquer, de chaque côté de la meule, une pièce de bois circulaire, dont le centre est traversé par l’arbre de la meule. Il fait succéder à cette pièce de bois une plaque ronde en fer ou de tout autre métal, ayant un demi-pouce d’épaisseur sur 24 pouces de diamètre , plus ou moins , en raison des dimensions de la meule -, sur cette plaque, qui est maintenue sur l’arbre par de forts tenons serrés par des vis à écrou, vient s’appuyer une autre rondelle en fer percée dans son centre, et dont les bords sont armés, à des distances égales, de fortes vis k tête carrée qui entrent dans la plaque précédente.
- (L Extrait du 17e, yoluine , seconde série, du Repertory of Arts and Manufactures,
- p.46 - vue 48/331
-
-
-
- ( kl )
- Ces trois plaques ou rondelles ; savoir : celle en bois et les deux plaques en fer, s’engagent l’une après l’autre sur l’arbre , et étant serrées fortement par les écrous et les vis* forment un appareil très-solide qui empêche la meule de se rompre dans son centre.
- Il a été accordé à M. Slater, le 12 février 1810 * un brevet pour ce perfectionnement.
- PL 95, fig. 6. A. La meule, montée sur son arbre et garnie de ses plaques de solidité.
- B B. Les rondelles en bois qui s’appliquent immédiatement contre la meule.
- CC. Les plaques en fer.
- DD. Autres plaques en fer qui viennent s’appliquer sur les plaques précédentes et sont armées de douze vis à tête carrée serrées par des écrous.
- E. La vis. ( Daclin. )
- Description d’un Claque et d’un patin brisés > propres à
- garantir les pieds de lé humidité , et très-commodes pour la marche; par M.. John Stedman (1).
- Ce claque, qu’on peut faire en bois ou en liège ( Fauteur préfère cette dernière matière comme étant plus légère que le bois et impénétrable à l’humidité ),se divise en deux parties , dont la partie antérieure A3fig. 1, PI. c)5, porte un gousset de cuir ou des attaches pour maintenir le bout du soulier, et la partie postérieure B est entourée d’une bande de tôle de E en G, garnie de cuir, de | de pouce de hauteur , plus ou moins, pour recevoir le talon et empêcher qu’il ne sorte du claque pendant la marche.
- La fig. 2 représente le claque , dont les deux parties sont réunies par la charnière C, à laquelle est adapté en dessous un ressort qui est tendu en D et relâché en F.
- Ce claque doit être exactement conforme à la dimension du soulier; lorsque le ressort agit et qu'on appuie sur le sol , il se trouve dans la posi-îioxijïg. 5 ; et , quand on a cpiitté le claque , dans celle/lg. 4.
- On recouvre la charnière d’une pièce de cuir, afin que l’humidité ou la boue n’en empêche pas l’action.
- M. Stedman se sert d’un autre moyen pour réunir les deux portions du claque* c’est un ressort courbé, qu’on voit de côté en I, et de face en K, et qui s’adapte, avec des vis ou des clous, par ses deux extrémités , sur la semelle, qu’on peut même diviser en trois parties ÿ dans
- (1) Extrait du Repertory of Arts and Manufactures , cahier de novembre 1808.
- p.47 - vue 49/331
-
-
-
- ( 48 )
- ce cas on n'emploie qu’une charnière et un seul ressort qui la recouvre dans toute sa longueur.
- La fig- 5 représente le claque ainsi divisé et garni de son ressort fixé par des vis ou des clous. Les attaches peuvent être adaptées, soit k la partie de devant, soit à la partie intermédiaire du claque qui, lorsqu’il est bien construit, ne peut jamais sortir du pied, ne fait pas le bruit désagréable des claques en bois ordinaires, ne ramasse pas autant de boue , et diminue la fatigue en marchant.
- Pour en former un patin, on adapte , tant sous la partie de devant A que sous celle de derrière B, une forte bande de tôle d’un quart de pouce jusqu’à 2 et 3 pouces de hauteur, portant quatre pâtes en fer percées pour recevoir les vis qui servent à la maintenir sur la semelle.
- La fig. 6 représente ce patin vu en dessous. HH, bandes de tôle. MM, morceau de liège destiné à remplir le vide formé par la bande de fer et la semelle, et fixé sur cette dernière par des vis k tête perdue; il sert à la fois à consolider le patin et à empêcher que la boue ne s’accumule en dessous.
- Les claques ordinaires en bois peuvent être aussi garnis d’une semblable bande en fer, si on le juge convenable; pour cet effet la bande est faite d’une seule pièce, et règne dans toute la longueur de la semelle , ainsi qu’on le voit fig. y. L’intérieur est rempli d’un morceau de liège comme le patin brisé.
- Nous observerons que M. Stedman a obtenu , pour ces claques et patins perfectionnés, un brevet, le 24 mars 1808; et, qu’en France, il a été délivré un brevet d’invention, le 21 février 1812, à M. Matran, quin-cailler, rue Neuve-des-Petits-Champs, près celle de Richelieu, pour un patin brisé qui a quelque analogie avec le précédent sous le rapport du moyen d’assemblage. ( Daclin. )
- Description des Fourneaux et Chaudières employés par M. Bonmatin , pour la fabrication du Sirop de betterave.
- La possibilité d’extraire de la betterave un sucre d’excellente qualité, comparable au sucre des Colonies .j est aujourd’hui suffisamment démontrée; et bientôt la France n’aura plus besoin d’avoir recours à l’étranger pour s’approvisionner de cette précieuse denrée. De nombreuses fabriques de sucre de betterave, dirigées par des hommes instruits, s’élèvent de tous côtés, et pourront, dès l’année prochaine, livrer au commerce une quantité considérable de leurs produits. Le Gouvernement a
- donné
- p.48 - vue 50/331
-
-
-
- f -c- *-
- \ yy j
- donné de grands encouragemens à celte nouvelle brandie d'industrie j il a excité l'émulation parmi les fabricans, et tous travaillent avec un zèle digne d’éloges à remplir les vues bienfaisantes du Souverain.
- Parmi les divers procédés proposés pour la fabrication du sucre de betterave , celui de M. Bonmatin paroît mériter la préférence, soit par la promptitude de l’opération, soit par la grande économie qu’il procure. Ce procédé, dont nous avons donné la description dans le Bulletin, N°. XCVI, onzième année, a fixé l’attention du Gouvernement, qui a accordé à son auteur une récompense, et l’a chargé d’en répandre la connoissance dans les fabriques établies dans plusieurs départemens de l’Empire.
- Appelé l’année dernière à Strasbourg par M. Lezai Marnésia , préfet, du département du Bas-Rhin, M. Bonmatin a répété devant lui son procédé. Cet administrateur éclairé en a consigné tous les détails dans une instruction aussi claire que précise , qu’il vient de publier en français et en allemand. Nous allons en extraire ce qui est relatif aux fourneaux et chaudières , dont les formes, les dimensions et la parfaite exécution sont d’une grande importance dans la fabrication.
- Deux espèces de feu doivent être employées dans la fabrication j dans la première opération, la clarification du suc de betterave, le feu doit non-seulement frapper le fond de la chaudière , mais la chaleur doit encore circuler autour, jusqu’à une distance fixe du bord supérieur j tandis que dans les deuxième et troisième opérations , la saturation du suc et la préparation du sirop de betterave, le feu ne doit toucher que le fond de la chaudière. Ces deux espèces de feu exigent deux sortes de fourneaux. La quatrième opération, qui est celle du grenage, se fait sur un fourneau de fer portatif, construit de manière que la chaleur ne frappe que le milieu du fond de la bassine, ce qui établit le bouillon au milieu du sirop , et rejette les écumes sur les bords.
- Les chaudières et bassines doivent être de cuivre non étamé j le fer noir-ciroit le suc y l’étamage s’altéreroit au feu et seroit promptement détruit par les nettoyages fréquens des chaudières.
- Toute chaudière est bonne ; cependant il faut préférer celle qui n’a pas plus de 18 à 20 pouces de profondeur, et dont les parois sont presque droites ou perpendiculaires au fond. Avec plus de profondeur le liquide s echaufferoit trop difficilement • quant aux parois, elles seront droites, afin que les sels et substances étrangères qui doivent se précipiter puissent tomber au fond de la chaudière ; les sédimens s’attacheroient aux parois, si elles etoient trop inclinées.
- La chaudière doit être plus petite pour la seconde opération que pour la
- Douzième année. Février. i8i3. ' G
- p.49 - vue 51/331
-
-
-
- ( So )
- première, plus petite encore pour la troisième que pour la seconde: eî pour la quatrième, une bassine suffit. La raison de cette décroissance de dimensions se trouve dans l’évaporation et la concentration du liquide. Une cinquième bassine est nécessaire pour rafraîchissoir. Voici un aperçu des dimensions et du poids de ces différentes chaudières , dans une fabrique de 5oo kilogrammes de betteraves , ou 55o litres de suc par jour. Chaudière à clarifier. Diamètre 3 pieds. Hauteur no pouc. Poids 55 livres*
- ire. chaudière à évaporation. — 3 p. 6 p.-------— izj —- — — — 4°
- 2e. idem. —* -----idem. •— — n p. —--------— — 14------- — — 24
- Bassine pour le grenage —.—— 18 pouces —> — g ------------------- 14
- de 40 livres de sirop.
- Bassine à rafraîchir.------—* «—2 pieds —.— —- 18 <—*--------------
- Explication des figures de la planche 95.
- La chaudière pour la clarification doit avoir non-seulement son fond en contact avec le feu, mais elle doit encore être entourée d’un courant de chaleur.
- Cette chaudière AB CD ,fg. ire. , a 3 pieds de diamètre, et les parois no pouces de hauteur, rebord compris. On fait un carré en briques A’B’ C’ D’}fg. 2, de 4 pieds 2 pouces de côté, dont un coté A’B5 s’appuie contre un mur ^ on prend le milieu E’ de ce carré , qui sera aussi celui de la grille où reposera le feu ; on tire la ligne R5 E’L’ passant par le point E’ et perpendiculaire au côté A’B’j on décrit du point E’, comme centre, un cercle de 10 pouces de rayon qui sera la base du cône droit tronqué sur lequel reposera la grille ; on élève le massif progressivement et toujours en rétrécissant, pour former le cône, de manière qu’arrivé à 7 pouces du sol, son ouverture soit d’un pied de diamètre (1).
- Arrivé à cette hauteur 5 on pose la grille. Cette grille étant posée , on fait en planches un panneau abc d ,fig. 3 , qui a la forme d’un trapèze.
- L’un des côtés a d de ce trapèze est égal à la distance de la grille à la chaudière ( distance qui ne peut être moindre de 14 pouces , et qui seroit plus grande pour une chaudière de plus forte dimension). Le côté a b est égal au rayon du fond de la chaudière, c’est-à-dire3 à i pied 5 pouces, et le côté cd à la moitié du diamètre de la grille , ou 6 pouces. On pose ce trapèze sur la grille, de manière que le côté a d lui soit perpendiculaire, et qu’il puisse tourner sur le point E’, ce qu’on obtient
- (1) Pour les chaudières de 3 pieds de diamètre et au-dessous, la grille doit être du tiers de ce diamètre, sans toutefois avoir jamais moins de 7 pouces j et j pour celles qui ont plu9 de trois pieds , elle doit avoir le quart seulement.
- p.50 - vue 52/331
-
-
-
- pl.95 - vue 53/331
-
-
-
- fiï mettant deux petits pivots aux points a et d, et les faisant passer dans deux lattes , dont l’une est fixée sur le milieu de la grille et l’autre dans le mur - verticalement au-dessus de la première. Par son mouvement de rotation , f arête b c décrit le cône tronqué CDG H3fig. ire. Pour le construire, :.\ suffit de monter la maçonnerie de manière qu’elle touche continuellement le côté b c, en ayant soin cependant de renforcer le cône en m n M N pour former une petite cheminée qui doit commencer à 2 pouces de la grille , n'avoir que 2 pouces de large, et aller toujours en s’enfonçant et s’agrandissant j en sorte qu’arrivée à la hase supérieure du cône, elle ait 3 pouces de profondeur et 5 pouces de largeur. Celte cheminée /tztzMN doit être pratiquée à l’opposé de la porte du fourneau cette porte se fait à la hauteur de la grille j elle doit avoir à l’extérieur 7 pouces en carré , et au point où. elle pénètre le cône 5 pouces seulement.
- La porte du cendrier doit avoir à l’extérieur 7 pouces de hauteur sur 10 pouces de largeur. Le conduit qui part de cette porte va en se rétrécis-sant latéralement jusqu’à la rencontre du cône inférieur qui supporte la grille, et à cette rencontre il 11’a plus que 8 pouces de largeur.
- Le cône étant élevé à 14 ponces, on place la chaudière ABCD, puis on construit une maçonnerie jusqu’à 6 pouces de son bord supérieur, qui l’enveloppe et qui laisse un vide de 3 pouces entre elle et la chaudière, On recouvre le conduit de chaleur d’une brique , et 011 élève la mâçonnerie contre la chaudière , en ménageant une cheminée o de 4 pouces en carré , qu’on sépare de la première par une cloison d’une seule brique d’épaisseur.
- Ainsi, la chaleur entre dans le conduit parla cheminée m n MN, et sort parle trou carré o, auquel 011 adapte un tuyau de tôle.
- La seconde bassinexfig* 4 et 5, c’est-à-dire, celle qui sert à l’évaporation, ne doit avoir que le fond léché par le feu.
- Le cône qui supporte la grille s’établit comme pour la première chaudière et dans les mêmes proportions.
- Celui qui doit supporter la bassine est construit ensuite , selon les procédés déjà décrits, avec les différences suivantes :
- i°. Que l’ouverture supérieure de ce cône ne doit pas avoir le même rayon que le fond de la chaudière, mais être d’un pouce et demi plus petit ; en sorte que la chaudière porte sur 1 pouce et ~ à la circonférence de son fond *
- 20. Qu’on ne pratique pas de cheminée à l’opposé de la porte , mais qu’on y substitue deux trous de 4 pouces en carré, percés dans lfntérieur du cône , à 4 pouces au-dessus de la grille, et à 2 pouces des bords de 1 ouverture de la porte j ces deux trous donnent entrée à la chaleur dans deux
- p.51 - vue 54/331
-
-
-
- conduits de 8 pouces de hauteur sur 5 pouces de large, pratiqués dans l'épaisseur du cône, à la distance de la largeur d’une brique de son intérieur, Après avoir parcouru chacun une demi-circonférence en sens opposé, ces deux conduits se rapprochent, et on les tient séparés par une cloison de 2 pouces d’épaisseur ; de leurs extrémités partent deux cheminées o o de 4 pouces de largeur, accolées à la cloison de 2 pouces , qui se prolongent jusqu’à 5 pieds au-dessus de la bassine.
- Les conduits de la chaleur n'ayant que 8 pouces de hauteur, leur partie supérieure est à 2 pouces au-dessous du fond de la bassine ; la mâçonnerle qui les recouvre est entièrement pleine, et s’élève sur toute la hauteur de la bassine en touchant exactement ses parois.
- Toutes les chaudières ou bassines destinées à l’évaporation du suc de betterave , et plus particulièrement encore celles qui doivent servir pour la troisième opération, c’est-à-dire, à rapprocher le sirop de i 5 à 52 degrés, doivent être montées comme nous venons de le dire.
- ( Daclïn. )
- AVIS.
- Le Conseil d^Administration de la Société d’Encouragement a l’honneur de prévenir MM. les membres qui résident dans les départemens , que les souscriptions pour l’année 1810 sont actuellement en recouvrement; il les invite, en conséquence, à en adresser le montant , dans le plus bref délai, à M. Guiîlard Senainville, agent général de la Société , rue du Bac , N°. 42 ? hôtel de Boulogne..
- MR R. A TA.
- Bulletin, K®. CIII, page n , ligne 3 , au lieu de : un pouce, lisez ; un pied.
- Même page, ligne i3, au lieu de : 4°oi , lisez: 4000.
- — Ligne 17, au lieu de : et doubler le quotient, lisez: et de doubler le quotient.
- — Ligne 21, au lieu de : le volume de cours d’eau, lisez : le volume du cours d’eau.
- Page i3, ligne 24, au lieu de: 4 onces de l’acétate de plomb, lisez : 4 onces d’acétate de plomb,
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE)
- rue de i’Eperon, N®. 7.
- p.52 - vue 55/331
-
-
-
- MARS i8i3.
- DOL'ZiEME ANNÉE. ( N°. CV. )
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POüPl L'INDUSTRIE NATIONALE,
- «*————'1 ....-
- Assemblée générale du 3i mars 1810.
- La Société d’Encou rarement s’est réunie ie mercredi 3i mars i8i3, en. assemblée générale, pour entendre le compte rendu des travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1812, le rapport delà Commission des fonds sur la gestion des finances de la Société pendant la même époque , et celui des censeurs sur la vérification des comptes de M. le trésorier. Il devoit être procédé, dans cette séance, au renouvellement du Bureau en totalité, et à celui des Comités par tiers.
- Le local cle la Société étolt cdalr-o a.vco autant cto gmi t. que de luxe par les lampes de MM. Bordieret Chopin. Le premier, déjà avantageusement connu pauses lampes astrales et sydéraies, et ses réverbères à réflecteurs paraboliques, avoit fait placer, dans les angles de la salle, des fanaux à semi-globe dépoli dont l’effet est très-agréable 5 au plafond étoit suspendue une très-belle lampe astrale à trois becs. M. Chopin, ferblantier-lampiste, rue Saint-Denis, N°. 257, a imaginé des lampes dites à couronne, qui ne projettent aucune ombre , le réservoir d’huile étant placé au-dessus d’un réflecteur parabolique auquel on peut donner différais degrés d’inclinaison suivant les objets qu’on veut éclairer. Ces lampes, susceptibles de recevoir un ballon de gaze, sont remarquables par leur forme agréable, leur exécution soignée , le bon goût des ornemens et la belle lumière qu’elles répandent. Les membres présens à la séance en ont paru très-satisfaits.
- M. Vigneron avoit exposé des modèles de son métier à tisser perfectionné , dont il a été rendu un compte avantageux dans le Bulletin , et de son tordoir-ourdissoir qui a été soumis à l'examen du Comité des Arts mécaniques ;
- Madame Deslandes, demeurant rue du Faubourg Montmartre, N°. 17,' çies échantillons d’un nouveau tissu or et argent qu’elle nomme point de
- Douzième année. Mars i8i3. H
- p.53 - vue 56/331
-
-
-
- ( 54 )
- Chinet et qui imite le tulle. Ce tissu , qui a beaucoup d’éclat ,w peut être employé avec succès pour robes de cour, turbans , etc.;
- M. Griebel, horloger , rue Vivienne, . N°. 15 , une pendule veilleuse 3 de son invention et d’une forme nouvelle. Cet artiste continue de se rendre digne de la mention honorable que la Société lui a décernée.
- La séance s’est ouverte sous la présidence de M. le sénateur Chaptnl3 comte de Chanteloup. Après la réception de plusieurs membres , M. Cl.-Anthelme Cosîaz, l’un des secrétaires et chef de la division des manufactures du Ministère des manufactures et du commerce, a rendu le compte suivant des travaux du Conseil d* Administration pendant l’année 1812.
- « Messieurs , je suis chargé par votre Conseil d’Administration, de vous présenter le compte de ses travaux pendant l’année 1812; les matériaux qui ont servi à le rédiger étant extrêmement nombreux et variés, j’ai dû, pour ne pas le rendre trop long, ne parler que des objets qui méritent un intérêt particulier. Vous jugerez sans doute qu’il est une nouvelle preuve que la Société continue à exercer une influence utile sur le progrès des arts, et que ses conseils et les concours qu’elle ouvre contribuent beaucoup à introduire dans les ateliers les procédés de fabrication les plus économiques et les plus avantageux.
- » Au nombre de ceux qui, en t8t 2 . r»rmc ont fait des communications intéressantes, nous devons placer , en première ligne , M. le baron de Fahnenberg3 chambellan de S. A. R. le grand-duc de Bade : il nous a envoyé des détails :
- » i°. Sur les progrès qu’a faits l’industrie française depuis la révolution;
- » 20. Sur l’amélioration des laines du grand-duché de Bade par l’introduction des mérinos ;
- » 3°. Sur une récolte dé coton, semé en pleine terre, dans les environs de Carlsruhe ;
- » 4°. Sur l’industrie du grand-duché de Bade.
- » Nous lui devons, en outre, d’autres mémoires , parmi lesquels nous avons distingué celui qui traite des insectes ennemis des vignes. Ce mémoire nous a déterminés à rédiger une instruction sur les moyens de détruire le couvain de ces insectes qui font de grands ravages dans les pays de vignobles. Cette instruction sera insérée incessamment dans le Bulletin.
- » Nous devions déjà à M. le comte François de Feufchâteau l’idée de plusieurs sujets de prix utiles aux progrès de l’agriculture et des arts. Il nous en a indiqué trois nouveaux , dont l’un nous a paru mériter l’attention la plus sérieuse. Ce prix auroit pour objet la salaison du poisson, des
- p.54 - vue 57/331
-
-
-
- { 55 )
- 'viandes j, etc.* genre d'industrie qui est peu avancé en France. Diriger les moyens qu’a la Société pour exciter l’émulation vers le perfectionnement d?un art aussi important * ce seroit incontestablement une disposition des plus sages* et qui seroit universellement approuvée. Votre Conseil d’Administration * en discutant la proposition de M. le comte François clc IFeufchâteau * a pensé qu’elle étoit susceptible * non-seulement d’être accueillie* mais encore de recevoir un pins grand développement * et qu’il y auroit à résoudre un problème d’une bien plus grande importance. 11 est connu et avéré * qu’antérieurement à la révolution * M. Villaris * de Bordeaux* avoit trouvé le moyen de mettre à l’abri de la corruption * les viandes* les graisses et les gelées sans les saler* et sans qu’il fût nécessaire de les préserver du contact de l’air. On ne sauroit trop regretter que ce moyen soit perdu* et que l’ancien Gouvernement n’ait pas pris des mesures pour en assurer la jouissance au public. S’il étoit possible de le retrouver * on rendroit un grand service à la marine* aux armées de terre et à 1 économie domestique. II seroit digne de la Société d’Encouragement d’appeler l’attention sur une découverte aussi utile. Le procédé de M. Appert * pour la conservation des substances animales et végétales* peut mettre sur la voie pour arriver à des résultats satisfaisans. Votre Conseil d’Administration examinera plus particulièrement les vues dont j’ai l’honneur de vous entretenir* et s’il juge qu’elles doivent faire la matière d’un prix* il s’empressera de vous le proposer à la prochaine séance générale.
- » M. Barnet* consul des Etats-Unis à Paris* a bien voulu traduire pour la Société un mémoire* extrait d'un journal américain* sur l’action de la vapeur appliquée au remontage des bateaux. La connoissance de ce mémoire , auquel M. Molarda ajouté quelques notes* est d’autant plus précieuse * qu’il traite des tentatives les plus remarquables faites en Angleterre, en Amérique et en France* pour rendre plus facile la navigation, des rivières.
- » Il seroit trop long * Messieurs* de vous nommer tous ceux qui ont bien voulu nous faire hommage de dessins * de modèles ou de mémoires relatifs à des découvertes nouvelles, ou à des procédés qu’ils ont perfectionnés. Nous nous bornerons à en citer quelques-uns : nous devons à M. Chau— mette y breveté d’invention pour divers perfectionnemensdans la fabrication de la terre cuite * des modèles de tuiles qui s’emboîtent par leurs extrémités et se soutiennent ainsi mutuellement * combinaison qui a pour objet de rendre moins pesante la charpente des toits * et de garantir les combles de 1 infiltration des eaux *
- » A M, Perier3 membre de l'Institut* la description et les dessins de la
- H a
- p.55 - vue 58/331
-
-
-
- ( 56 )
- presse hydraulique pour laquelle il a obtenu en Tan V un brevet d’impor» tation, presse qu’il fait construire dans ses ateliers de Chaillot lorsqu'on lui en adresse des commandes ;
- » A MM. Clément et Desormes, la connoissance d’un procédé découvert par feu Montgoljier, pour fabriquer le blanc de plomb , et dont l’idée est extrêmement ingénieuse\
- » A M. Héricart de Thnry, la description et les dessins de la sonde qu’il a fait exécuter pour l’inspection générale des carrières de Paris , et qui est également propre aux recherches des mineurs , des carriers , des fonte-niers et même des agriculteurs 5
- » A M. Regnier, plusieurs notices : l’une contenant le détail clés expériences qu’il a faites sur les moulins à bras portatifsj l’autre, relative à un instrument qu’il a imaginé pour connoître et comparer les différens degrés de force des brins de laine ; et enfin une troisième , sur un nouveau cache-entrée de serrure, plus simple et moins coûteux que ceux qu’il a construits jusqu’à ce jour ;
- » A M. Dufaudy le dessin du four d’affinage dont parle son instruction sur la fabrication du fer avec la houille , instruction qui a été publiée par ordre de S. Ex. le Ministre des manufactures et du commerce ;
- » A M. Sakosky, des formes et des embouehoirs mécaniques servant à élargir les bottes et les souliers sur tous les points où ils peuvent occasioner de la gêne, formes et embouehoirs qui remplissent parfaitement les vues de l’inventeur *
- » A M. D’hombres-Firmas, d’Alais, la description et le dessin d’une machine à filer, présentée à l’Académie du département du Gard par M. Moisson, d’Uzès. Cette machine, qui a quelque ressemblance avec d’autres anciennement connues, paroit susceptible d’être employée avec succès dans les maisons de détention et dans les établissemens de bienfaisance ;
- » A MM. Levratet Papinazid,de Paris, plusieurs ouvrages en plaqué\ dont les formes pures et l’exécution soignée attestent les progrès qu’a faits leur manufacture depuis la distribution du prix qui leur a été décerné par la Société.
- » M Griebel est auteur d’une pendule de nuit à cadran transparent : nous avons dû accueillir, avec une distinction particulière, l’hommage qu’il nous a fait de l’une de ces pendules qui servent en même temps de veilleuses. Elles sont fort goûtées par le public, et elles méritent cette faveur autant par l’élégance de leurs formes que par leur bonne exécution.
- Les procédés qui peuvent abréger un travail manuel, quelque minutieux
- p.56 - vue 59/331
-
-
-
- qu’il soit , ne sont point â dédaigner, surtout de la part des personnes qui ont des occupations nombreuses : la réglure du papier est dans ce cas. Elle forme une de ces petites opérations qu’on trouve toujours trop longue, Un jeune homme, M. Astier, s’est occupé des moyens de la simplifie!', Il a imaginé , à cet effet, un cylindre cannelé qui raye à la fois le recto et le verso d’une feuille de papier, en le plaçant entre deux feuilles de papier noirci. Cette découverte a donné lieu à M. de la Chabeaussière de présenter quelques vues sur la réglure du papier. Suivant lui, on peut obtenir les résultats dont parle M. Astier3 en étendant la ieuiile sur une planche cannelée et en faisant glisser dessus une lame de plomb. Il lui paroît que ce moyen présente de plus que l’autre l’avantage de tracer en un clin d’oeii des carrés et des losanges très-réguliers, U suffit, pour les faire, de changer le sens de la feuille sur laquelle on opère.
- » Nous n’avons point regardé comme indigne de notre attention une plinthe mobile, inventée par M. Cauchois, menuisier à Paris , à l’effet d’intercepter 1 air qui pénètre dans les appartemens par-dessous les portes, lorsqu’elles ne joignent pas le niveau du plancher ou du parquet. Une patente a été prise en Angleterre pour un mécanisme semblable, et l'on, ne peut imaginer rien déplus simple et de moins coûteux. Il est probable qu’il sera adopté dans les maisons où il peut être utile , pour se mettre à l’abri du froid, que procure ordinairement, pendant l’hiver, f introduction de l’air extérieur.
- » M.-Descroisillesnous a entretenus de ses reeherches,à l’effet de trouver un moyen de rendre la chaussure plus commode et plus durable : il a imaginé divers procédés qui nous ont paru devoir faire atteindre le but qu’il se propose, notamment sous le rapport de l'économie. Son travail devant être imprimé, nous ne manquerons pas, lorsqu'il paroîtra , d’en rendre compte dans le Bulletin. Il est certain que si ses vues sont remplies , il aura rendu un véritable service. C’est surtout pendant l’hiver et dans les grandes villes, qu’on sent la nécessité d’avoir une bonne chaussure. Il est commun de rencontrer alors des personnes qui se plaignent de la qualité du cuir dont se composent leurs souliers ou leurs bottes, et qui l'attribuent à la mauvaise foi du tanneur qui le prépare et à l’ouvrier qui le travaille. Les inconvéniens qu’entraîne pour la santé un pareil état de choses devrolent faire accueidir avec un intérêt particulier les hommes industrieux qui se proposent de remédier au mal. Mais il est fâcheux de le dire, ils n’obtiennent pas toujours les succès qu’ils.devroient espérer. Votre Conseil d’Administration a encouragé trois fabriques de cuirs imperméables; celles de MM. Poiot3 hehel- Crépus, Kusel et Thomas, et aucune d’elles n’a prospéré. Toutes
- p.57 - vue 60/331
-
-
-
- ( sa )
- les trois méritoient cependant les éloges qu’il leur a donnés , et étoient dignes de la confiance du public. Elles fabriquoient sans contredit les meilleurs cuirs que depuis long-temps on eut versés dans le commerce. M. Thomas , F un des trois fabricans dont nous venons de parler , a repris ses travaux. Il est bien à désirer que ses nouvelles tentatives soient plus heureuses que les précédentes, et que les particuliers entendent assez bien leurs intérêts pour recourir seulement aux tanneurs qui fabriquent véritablement des cuirs imperméables.
- » La fabrication de l’acier fondu étant une acquisition nouvelle pour l’Empire, nous en avons suivi les progrès avec un intérêt d’autant plus vif, qu’elle est due à la Société d’Eneouragement. Un grand nombre de fabricans se sont montrés jaloux d’obtenir notre suffrage : parmi les aciers qui nous ont été envoyés , nous avons remarqué ceux :
- » De MM. Quincandou, Badin et Mazandier, d’AIais, qui, au concours que vous aviez ouvert en 1811 , ont obtenu une médaille d’argent3
- » De M. Peugeot, d Hérimoncourt, département du Doubs ;
- » De M. Ettler, de Carcassonne.
- » M. Aubertot, maître de forges à Yierzon, département du Cher, nous a informés qu’il espéroit d’être bientôt en mesure de fournir aux fabriques d’aiguilles d’Aix-la-Chapelle et de Borcette la qualité d’acier tréfilé dont elles ont besoin. Il nous a aussi fait part des succès qu’il obtient dans la fabrication des limes et dans celle des tôles de fer et d’acier. Ces annonces vous seront sans doute agréables, puisqu’elles font espérer que notre industrie pourra être incessamment enrichie de produits nécessaires dans un grand nombre d’arts.
- » Vous avez eu plusieurs fois occasion de vous occuper des travaux de M. Janety père, qui est auteur des moyens qu’on emploie pour travailler le platine. Son fils, marchant sur ses traces, a perfectionné les procédés qu’il tient de lui pour purifier ce métal II ne se sert plus de l’arsenic, et il a fabriqué des vases d’une très-grande dimension pour doubler les chaudières de fonte dont les chimistes font usage.
- » Un ouvrier espagnol nous a offert de nous donner, moyennant une indemnité , connoissance d’un secret qu’il possède pour obtenir instantanément des feuilles d’étain très-minces. Ce procédé étant susceptible de recevoir un grand nombre d'applications, nous nous sommes empressés de racheter : il nous a paru que, sous le rapport de l’économie, il seroit avantageux de l’employer pour étamer les glaces de peu de valeur et de petite dimension.
- >> Autrefois nous tirions de l’étranger toutes les scies laminées dont nous
- p.58 - vue 61/331
-
-
-
- avions besoin. Nous nous affranchissons insensiblement du tribut que nous lui payions pour cet objet. Une demande adressée par M. Haddenbroeck, d’Elberfeld, qui désiroit de se fixer en France pour y établir une manufacture d’instrumens de ce genre, nous a fait connoître l'existence dans l'Empire d’un établissement où l’on s’occupe de la même industrie. Cet établissement est placé à Hérimoncourt , département du Doubs , et les talens de M. Peugeot qui le dirige en garantissent le succès.
- » Le perfectionnement des armes à feu qui s’amorcent avec la poudre suroxigénée est toujours l’objet des recherches de nos plus habiles arquebusiers 5 et ces recherches ont produit quelquefois des combinaisons ingénieuses. Il nous a été présenté par M. Pauly, de Paris ,.un fusil de guerre et de chasse, dont le mécanisme peut servir également pour les carabines et les pistolets. Ce fusil se charge par la culasse, et il n’exige ni baguette, ni pierre, ni tire-bourre, ni épinglette, ni boîte à poudre et à plomb. L’amorce et la charge se placent en même temps. Le coup ne manque jamais, et , dans une minute , on peut en tirer dix à douze Ce fusil a été l’objet d’un rapport intéressant que nous a fait M. le baron Delessert x et qui a été inséré dans le Bulletin.
- » La carabine que nous a présentée IsX. Gosset, arquebusier des pages de S. Maj esté, à Versailles, n’est pas d’une exécution moins bonne que celle du fusil de M Pauly. La simplification du mécanisme apparent de la platine , la disposition de la lumière, percée verticalement sur le tonnerre du canon, sont les caractères qui la distinguent. Quoiqu’il n’entre point dans les vues de la Société de prononcer sur le mérite des armes de guerre, nous n’avons-pu néanmoins nous dispenser, en examinant celles qui nous ont été soumises à différentes époques , soit par les arquebusiers dont nous venons de parler,, soit par MM.Prelaz, Lepage et de Boubert^àe vérifier si elles pouvoient être utiles à l’armée. Suivant M. Regnier, l’un des membres de la Société et conservateur du Musée central d’artillerie, il ne sera possible de les faire adopter par les troupes que lorsqu’on sera parvenu à se procurer des poudres d’amorce dont la préparation soit facile, d un transport qui ne présente point de danger, qui ne les oxident point comme le font les amorces de muriate suroxigéné de potasse, et qui, comme celles d’argent détonant, ne prennent point l’humidité. Il ne nous oppartenoit pas non plus de prononcer sur’ le mérite d’un instrument inventé par M. Petitpierre, ingénieur mécanicien,, et annoncé par lui comme devant servir à pointer avec plus de justesse les canons de siège, et à corriger le défaut de direction entre le point de mire et 1 âme de la pièce. Si nous l’avons examiné, c’est uniquement sous le rapport de l’exécution. Cet artiste nous a présenté d’autres ouvrages qui
- p.59 - vue 62/331
-
-
-
- ( )
- rentrent davantage dans le cercle des objets dont nous prenons commis-sauce. Ils consistent en flambeaux de cuivre doré dont les ornemens ont été exécutés à la molette, sur une ligne droite, et d’autres en spirale , travail qui réunit le mérite de l’économie à celui de la difficulté vaincue.
- » Le métier à tisser de M. Despian a occupé plusieurs fois votre Conseil d’Àdministration. M. Vigneron nous a informés qu’il étoit cessionnaire du brevet pris pour ce métier, et qu’il a perfectionné l’invention première. D’après sa lettre 3 ce perfectionnement consister oit dans un mécanisme qui s’adapte facilement et à peu de frais aux métiers ordinaires , et donne à nn seul ouvrier, sans accroître sa fatigue, le moyen de fabriquer des tissus de grande largeur, qui exigeroient le concours de deux ou trois hommes travaillant sur d’autres métiers. M. Vigneron ayant annoncé que ce mécanisme étoit également avantageux pour la fabrication des toiles et celle des draps , votre Conseil d’Àdministration a nommé des commissaires pour vérifier les faits qu’il a avancés. Suivant eux, la première assertion est exacte ; quant à l’autre , ils ne se sont pas expliqués. M. Vigneron citant dans sa lettre sa propre expérience , et le témoignage de plusieurs manufacturiers de Rouen , on doit croire que son mécanisme produit les effets qu’il annonce. Des fabricans de draps s’empresseront sans doute d’essayer ee mécanisme , afin de s’assurer s’il peut être utile à l’industrie qu’ils exploitent. M. Vigneron est encore auteur d’une machine qu’il nomme tordoir-ourdissoir9 dont il paroît que l’industrie pourra retirer quelques avantages.
- » Dans le compte que nous avons eu l’honneur de vous rendre l’année dernière , nous avons parlé des mèches fabriquées par M. Dufour avec une matière indigène. Nous avons la satisfaction de vous annoncer qu’il a apporté de grands perfectioimemens dans la filature de cette matière, et que sa fabrique est aujourd’hui dans un état très-florissant.
- » MM. Ravina, Daguillon et Mehier, de Lyon , nous ont présenté une étoffe pour meuble , dont le tissu est en laine et en fil, et qui imite le point des tapisseries de Beauvais : elle est à meilleur marché que ces tapisseries, avantage qu’on doit à la disposition des métiers sur lesquels on la fabrique. MM. Ravina, Daguillon et Mehier vont recevoir la récompense due à leur industrieuse activité. Nous savons que l’étoffe qu’ils ont mise sous nos yeux est du nombre de celles que l’administration du mobilier impérial a adoptées pour l’ameublement des palais de Sa Majesté.
- » La teinture ajoute beaucoup au prix et à la beauté des tissus. M. Pal-fresne, de Cambrai, s’est occupé de perfectionner cet art. Il nous a envoyé des échantillons de mouchoirs de fil teints d’après des procédés dont il est
- inventeur.
- p.60 - vue 63/331
-
-
-
- C -6i )
- inventeur. La couleur de ces mouchoirs est fort belle et fort solide , et ils sont recherchés dans le commerce.
- « S’il ctoit possible de se procurer les animaux qui produisent la laine de Cachemire , on rendroit un véritable service en les propageant dans l’Europe. La Société d'Encouragement avôit eu anciennement le projet de proposer un prix à cet égard. L’incertitude que scs vues pussent être remplies la détourna d’y donner suite. Quoique l’on soit clans la nécessité de tirer de pays très-éloignés la laine qui forme le tissu des schalls cle Cachemire, M. Ternaux l’aîné s’est néanmoins occupé des moyens de nous-enrichir de la fabrication de ces schalls. On ne s-auroit trop louer le zèle vraiment patriotique qui lui a suggéré eetîe idée. ILn a été arrêté, dans l’exécution de son projet, ni par les dépenses, ni par les difficultés qu’entraîne l’exploitation d’une industrie naissante. Il s’est procuré dans le pays même la matière première. Il a perfectionné les machines propres à la mettre en oeuvre5 et, après des essahs multipliés, il est parvenu à obtenir-un tissu qui surpasse en beauté celui des plus beaux schalls de Cachemire. Il n’a point cherché à imiter les dessins bizarres et confus de ces schalls qui, loin d’être un ornement ., ne font au contraire cru’attester l’enfance de 1 art. Ce n’est pas que cette imitation ne soit facile. Un particulier, M. Damien, l’a prouvé, en présentant en 1810, à la Société, un schall dont les palmes et les bordures sont absolument dans de genre oriental. M. Ternaux a pensé, avec raison, que l’art clu dessin étoit porté en France à un degré de perfection trop élevé pour s’assujettir à imiter des ébauches grossières. Quelques-uns de nos artistes les plus distingués ont été chargés par lui de l’exécution des dessins dont il se proposoit de faire usage • et de ce travail, où le goût français relève la richesse d’une matière étrangère, est résulté un produit nouveau qui n’a rien de comparable en son genre. L’illustre suffrage de LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice a été la récompense des efforts de M. Ternaux. Sans doute il aura bientôt des rivaux dans cette fabrication, mais jamais on ne pourra lui contester l’honneur de l’avoir entreprise.
- » M. Bordier-Marcet continue toujours ses recherches à l’effet de perfectionner et de varier ses appareils d’éclairage : il nous a présenté des lampes, qu’il nomme sydétales , dont l’expérience-a constaté les avantages. Une lettre de M. le baron de Fahnenberg nous a appris que ses réverbères à grands effets de .lumière a voient été adoptés pour l’éclairage &e la ville de Carlsruhe. Sa lampe astrale à pied a ramené l’usage des lampes à réservoir supérieur, abandonnées à cause des ombres qu’elles projettent. Il suffit, pour éviter ces ombres, d’ajouter un réflecteur en métal revêtu intérieurement d’un yernis blanc mat. M. Bordier-M-arcet Douzième armée. Mars i8i5. ï
- p.61 - vue 64/331
-
-
-
- ( 62 )
- n’est pas le seul qui nous ait soumis le résultat de ses nouvelles recherches dans ce genre. D’autres en ont fait autant. De ce nombre sont MM. Hadroi et Gotten, qui nous ont présenté des lampes à réservoir supérieur auxquelles ils ont essayé de donner l’avantage du niveau constant. Celles que M. Dumonceau propose pour les lanternes de voitures nous ont paru être d’une composition très-simple et peu coûteuse. On se sert de semblables lampes en Allemagne et en Italie. Leur emploi présente plus d’économie que la bougie ; elles éclairent plus long-temps et donnent une lumière plu? intense. M. Dumonceau est encore auteur des fourneaux-veilleuses et d’un réchaud dont la chaleur s’entretient avec une lampe à huile. Tous ces objets prouvent le zèle qui l’anime.
- » La fabrication d’un sucre indigène offrant un vaste champ aux spéculations des manufacturiers , nous nous sommes occupés souvent de ce qui la concerne. MM. de Fahnenberg , Guimbarnat et Fogel nous ont donné des renseignemens sur tout ce qui s’est fait à cet égard en Russie, en Prusse et dan? d autres contrées de l’Allemagne. Nous devons à M. le comte Chaptal et à M. le baron Guyton-Floiveauàes détails sur la fabrique de sucre de châtaigne , établie à Florence par MM. Guerazzy, Fensi et compagnie; et àM. Ferosne, une note intéressante sur l’emploi du charbon dans la fabrication du sucre de betterave. M. Béî'ard, de Montpellier, a b’en voulu aussi nous aider de ses lumières. Informé que le Comité des Art? chimiques de votre Conseil d’Administration devoit répéter toutes les expériences faites, jusqu à ce jour, sur le sucre d’amidon, il a offert de le seconder dans son travail. Cette propositionne pouvoit que nous être agréable, et nous n’avons eu que des éloges à donner à ses premiers essais.
- » Vous avez lu , Messieurs , dans le Bulletin, une foule de notes et d’instructions sur la fabrication du sucre de betterave. Si le prix que vous aviez proposé pour cette fabrication n’a point été décerné, ce n’est pas qu’il n’ait excité beaucoup d’émulation, puisqu’on se livre dans presque toutes les localités de l’Empire à l’exploitation de la nouvelle industrie. Il paroi-troit que les encouragemens donnés par Sa Majesté, à l’effet de l’établir, ont détourné de se présenter au concours ceux qui auroient été dans le cas de le faire. Ges encouragemens, qui ont nécessité la disposition de sommes considérables, n’étonnent point la Société d’Encouragement, qui sait combien notre Auguste Souverain désire de faire parvenir notre industrie au plus haut degré de prospérité. Grâce à ses soins , la fabrication du sucre est une industrie entièrement acquise à la France, et elle ne peut manquer de prendre un nouveau développement, si l’on considère qu’elle procure d’immenses profits à ceux qui l’exploitent, et que les procédés d’extraction
- p.62 - vue 65/331
-
-
-
- ( C3 }
- se perfectionnent tous les jours. MM. Thierry y Caillou, Mahaut et Pichon construisent d’excellentes machines pour réduire la betterave en pulpe. M. Molai'd en a aussi proposé une pour exprimer le suc à mesure qu’on triture la racine , et tout porte à croire quelle seroit fort utile si elle étoit adoptée par les fabricans.
- » Il nous a été adressé de nombreux échantillons de sirops et de sucre. Ceux de sirops et de sucre de pommes de terre que nous a transmis M. le comte Rœderer, Ministre et secrétaire d’Etat du grand-duché de Berg, sont le résultat d’expériences faites par plusieurs chimistes et fabricans de ce pays, dans la vue de déterminer la quantité de matières sucrées qu’on peut retirer de cette plante. Ces expériences ont procuré quelquefois une cassonade blanche qui, par la forme des molécules et la saveur, se rapproche de celle de raisin. Suivant la Société de Médecine de Dusseldorf?, 9 kilogrammes de fécule de pommes de terre ont donné 9 kilogrammes et -de sirop à 37 degrés 5 mais il n’a pas été possible de le convertir en sucre. Quoi qu’il en soit, il est dû des éloges à ceux qui se sont occupés des expériences, généralement faites avec soin. Elles donnent la preuve qu'on n’est pas encore parvenu à séparer totalement du sirop de pommes de terre le sulfate calcaire et le mucilage surabondant qu’il contient.
- » Quelques personnes nous ont présenté des échantillons de sirop de maïs dont nous avons été satisfaits : d’autres nous ont consulté sur les avantages qu’il y auroit à cultiver cette plante pour en retirer le sucre qu’elle renferme. Les demandes de cette nature, dont la décision est d’un intérêt général, ont été examinées par nous avec une attention particulière, et il nous a paru qu’au lieu d’employer le maïs à fabriquer du sirop qu’il est très-difficile de convertir en sucre cristallisé, il étoit préférable de le réserver pour la nourriture des hommes. D’autres végétaux renferment du sucre, et c’est là qu’il convient de le chercher. Les réponses que nous avons faites ont toutes été dictées par cette considération.
- » Madame Teduc-Hello , de Guingamp, nous a envoyé des détails inté-ressans sur sa fabrique de sucre de betterave; et M. Mazza, pharmacien-chimiste à Parme, un échantillon de sucre de miel, qui présente des cristaux assez bien formés, et dont la saveur se rapproche de celle du sucre de canne et de betterave. Le même M. Mazza a établi une fabrique de tartrite acidulé de potasse, dont les produits sont fort estimés, et donnent lieu à une branche assez importante de commerce.
- » La fabrication d’un indigo indigène ne méritoit pas moins de fixer 3 attention de la Société que celle du sucre. Dans plusieurs de nos séances nous avons examiné quels seroient les moyens de l’établir. Le Bulletin
- I 2
- p.63 - vue 66/331
-
-
-
- ( 64 )
- renferme tout ce qui a été publié h ce sujet. M. de Vuymaurin nous a adressé des échantillons d’un indigo extrêmement divisé et tenu , en ceî état, dans l’aleohol. On se sert de cet indigo dans le midi pour azurer le linge. Il a paru à M. le comte Chaptal qu’il pouvoit être également utile dans l’impression des toiles peintes. Le désir de vérifier ce fait nous a déterminés à ordonner des expériences. Elles doivent être faites à Jouy par M. TVidmer, l’un des gendres de M. Oberkampf 3 qui a bien voulu se charger de les suivre.
- » Dans fun de vos programmes , vous aviez provoqué , Messieurs , la découverte d’une machine à pétrir le pain, et dans votre séance générale du mois de juillet 1811 , vous adjugeâtes le prix à M. Lembert, boulanger, rue du Montblanc, à Paris. Notre correspondance nous a appris que celte machine 3 sur les effets de laquelle il s’étoit élevé des doutes , et oit véritablement utile. On l’a essayée avec succès à Lyon , à Rouen , à Amiens, à Maëstricht, et dans d’autres villes. Plusieurs particuliers l’ont aussi adoptée pour leur usage. Tout fait donc présumer qu’en la construisant dans des proportions et avec des soins convenables, elles pourroit être employée avantageusement dans les grandes manutentions. Des essais de peu de durée qui ont eu lieu à Paris, sans être heureux , n’ont point paru à votre Conseil d.’Administration suffisans pour établir l’opinion contraire.
- » Madame Granet avoit mis dans le commerce , sous le nom de riz économique, une sorte de pâte composée avec la fécule de pomme de terre. Cette pâte a donné à Madame Chauveau de la M litière l’idée d’en composer qui eussent aussi la forme du riz 3 et de plus celle du sagou, de la semoule, etc. Vous avez su apprécier les préparations de cette Dame, et vous n’avez rien négligé pour les accréditer. Mais si elles sont assez connues pour qu'il ne soit plus nécessaire d’en faire l’éloge, il n’en est pas de même d’un nouveau comestible agréable et nourrissant qu’elle compose avec la fécule de plusieurs plantes légumineuses et céréales. Elle a pris un brevet d’invention pour ce comestible , et il est à présumer que, lorsque le public en aura fait usage , il ne l’estimera pas moins que ses autres préparations.
- » Nous avons été assez heureux pour trouver l’occasion de donner à S, Ex. le Ministre des manufactures et du commerce des preuves de notre désir de seconder ses vues d’utilité. Il nous avoit invités à publier une instruction sur au moyen de conserver en grand la pomme de terre, et à fixer les idées sur le meilleur procédé à suivre pour dessécher les châtaignes. La première question a été l’objet d’un rapport rempli d’excellentes observations, qui nous a été fait par M. Parmentier, Suivant lui, il est impossible de transformer la pomme de terre en pain sans la mélanger avec
- p.64 - vue 67/331
-
-
-
- ( 65 )
- de la farine dé froment. Alors l’économie lui parolt à peu près nulle , puisque cette plante ne contient qu’un tiers de son poids en substance nutritive.- Il est surtout persuadé que la transformation en grand de la pomme de terre en pain est impraticable , et qu’elle le sera toujours , lors même qu’on parviendroit à simplifier les procédés déjà connus.
- » Le travail sur la dessiccation des châtaignes a été fait par M. Bosc : après avoir passé en revue les divers procédés en usage, il s’est déterminé pour la méthode employée dans les montagnes d’Espagne. Elle lui paroit la plus économique et la plus conforme aux lois de la saine physique. Nous n’essayerons pas de vous en donner une idée p il faudroit entrer dans des détails qui ne peuvent trouver leur place dans le compte que nous avons l’honneur de vous rendre. Il est préférable de recourir au travail même de M. Boscqui a été inséré dans le Bulletin.
- » Vous savez, Messieurs, que la Société entretient depuis plusieurs années des élèves à l’Ecole impériale vétérinaire d’Alfort, afin qu’ilssuivent les cours de cette Ecole et celui d’agriculture que professe M. Yvart. Nous avons le plaisir de vous annoncer que ces élèves, qui sont au nombre de sept, justifientdes espérances qu’on avoit conçues de leur nomination. Le compte qui nous a été rendu de leur instruction est des plus satisfaisans. Quelques-uns d’entre eux ont obtenu le brevet d’élève agriculteur, et ils sont à la veille de retourner dans leurs départemens, où ils reporteront, avec les connoissances qu’ils ont acquises dans l’art vétérinaire , celles des pratiques agricoles les plus utiles et les plus avantageuses.
- » Parmi les objets relatifs à l’agriculture, qui nous ont été présentés, nous citerons :
- » Un mémoire qui nous a été adressé par M. le baron Arthuys, et dans lequel il fait divers raisonnemens basés sur une expérience de treize années pour prouver l’influence qu’auroienî sur la prospérité de l’agriculture des baux où le propriétaire imposeroit au cultivateur l’obligation de mettre en pratique les perfectionnemens introduits par le progrès des lumières ;
- » Une note de M. Moreau de Bellaing, sur les avantages que présente la culture du lin de Sibérie;
- » Un Mémoire de M. Girod-Chantrans, sur l’agriculture du département du Doubs, et sur les améliorations qu’elle a obtenues depuis 40 ans;
- » Des observations de M. Caus se mille s sur l'utilité des tiges de lupin , considéré comme plante filamenteuse propre à suppléer le chanvre j
- » L annonce, faite par M. Robert , d’un nouvel engrais extrait des madères animales que fournit en assez grande abondance son établissement pour la cuisson des abatis ;
- p.65 - vue 68/331
-
-
-
- <G6 )
- » Enfin les observations de M. Rousseau jeune, de Landerneau, sur le parti qu'on pourvoit tirer du résidu des lessives des soudes artificielles pour détruire les joncs dans les marais et fertiliser les terrains où ils croissent.
- » Indépendamment des objets dont il vient d'être question, nous en avons reçu d’autres qui ne se rapportent , à la vérité , à aucune des divisions adoptées par votre Conseil d’Administration pour l’ordre de son travail, mais dont il nous a paru convenable de faire mention, à cause de l’intérêt qu’ils présentent. Tels sont :
- » Les ornemens en mastic, exécutés dans la manufacture de M. Beunatt de Sarrebourg, qui vient de former un établissement à Paris , rue Napoléon ,
- » Le plan en relief de la capitale , par M. AUeaume ;
- » Le voyage dans le nord de l’Italie, par M. Brunn-Neergaard, gentilhomme de la Chambre de S. M. Danoise, qui en a offert un exemplaire à la Société ;
- » Une très-belle édition d’un opuscule allemand sorti des presses de M. Kauffmcmn , imprimeur à Manheim ;
- » Le procédé de M L1 IIermite, pour obtenir à la fois deux ou trois copies d'une même pièce d’écriture, invention désignée sous le nom de poix graphe, dans le brevet d’importation qui lui a été délivré..
- » La Société a perdu, en 1812, plusieurs de ses membres : elle a à regretter MM. Arnould, maître des comptes ; Lefèvre , inspecteur général des mines.; Sureau s pharmacien en chef de l’hôpital de la Garde impériale ; Barlow, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis en France, et MM. les comtes de La rib ois s 1ère et Cambiaso. Tous ét oient distingués par leurs lumières, par leur amour pour les choses utiles et par leur désir de contribuer au succès des vues qui animent la Société.
- » Il ne nous reste plus, Messieurs, qu’à vous parler du Bulletin. Ce journal étant destiné à éclairer la marche de l’industrie et à l'empêcher de s égarer dans de fausses routes, il importe qu’il soit fait avec un soin particulier. Ce motif a déterminé votre Conseil d’Administration à adjoindre un collaborateur à M. Daclin qui, jusqu’à présent, a été chargé de tout le travail. Ce n’est pas que nous 11e rendions une justice entière au zèle de ce rédacteur ; mais, forcé de consulter souvent les membres de la Société sur le choix des matériaux, il en résultoit pour lui des pertes considérables de temps et par suite des retards dans le service. L’adjonction d’un collaborateur doit nécessairement faire cesser cet inconvénient. Votre Conseil d’Administration a choisi, pour cet emploi, M. Alexandre Choron, l’un des correspondait s de l’Institut, et ancien élève de l’Ecole polytechnique qui, à une grande eonnoissance des sciences, joint celle de plusieurs langues. Sa nomination
- p.66 - vue 69/331
-
-
-
- C 67 )
- entraîne ,à la vérité, une augmentation dans la dépense ; maïs cette augmentation sera bien compensée par l'amélioration que recevra le Bulletin, qui sera plus varié, et paroîtra à des époques plus régulières, La Société approuvera sans doute une innovation que nous avons introduite dans ce Journal, celle d’y insérer les décrets impériaux et les instructions ministérielles qui concernent les manufactures et les arts. Outre que ees décrets et ces instructions présentent à la majeure partie des lecteurs un intérêt de circonstance, iis se lient encore à l'histoire de l’industrie, et sont parfaitement placés dans un ouvrage de la nature de celui dont if est ici question.
- » Tel est, Messieurs, le compte que nous avons du vous rendre, Quoiqu’à votre dernière séance générale vous n’ayez décerné que deux prix , il est cependant vrai que ceux qui n’cnt pas été remis, ou dont la délivrance a été ajournée, ont procuré à notre industrie des découvertes fort importantes. On leur doit en effet l’invention d’un moyen de teindre la laine en écarlate par la garance , et d’une machine à peigner la laine. Les auteurs de ees découvertes sont MM. Gonin frères, de Lyon, et Demau-rey cVIncarville, près Louviers. Si Vous ne leur avez pas accordé la palme qu'ils ont méritée , c’est que les uns , tels que MM. Gonin frères, n'ont pas voulu faire connoître leur secret, et qu'il a été nécessaire d’ajourner la délivrance du prix qu’a remporté l’autre jusqu’à ce qu’on eût fait l’expérience de sa machine. Ce dernier prix sera incessamment décerné. La machine de M. Demaurey est construite en grand et va être en activité dans des manufactures de draps.
- » Des détails que nous venons de mettre sous vos yeux, vous conclurez sans doute qu'il n’a fallu rien moins qu’un grand zèle pour avoir pu tenir au courant toutes les affaires delà Société. Votre Conseil d’Administration n’a qu’à se louer des bons offices qui lui ont été rendus par les autorités de l’Empire auxquelles il a étédansle casclerecourir, Toutes se sont empressées de le seconder. S. Ex. le Ministre des manufactures et d^ commerce nous a donné surtout des preuves d’un intérêt particulier. Nous lui avions exprimé le désir qu’il voulût bien appeler l’attention du public sur le Bulletin , comme moyen de propager la connoissance des découvertes les plus récentes en agriculture et dans les arts. La lettre qu’il a écrite à cet egard à MM. les préfets, a produit des résultats que nous n'osions espérer. De toutes parts on a sollicité 1 honneur de s’associer à vôs travaux, et le nombre des membres delà Société'est aujourd'hui presque double de ce qu il étoit en 1811. Il n’a point borné là les effets de sa bienveillance; il a encore envoyé vos programmes dans les départemens, en ordonnant de leur donner la plus grande publidiié/ Sans doute , Messieurs, vous ne s§rez
- p.67 - vue 70/331
-
-
-
- ( 68 )
- pas insensibles à ces témoignages de son désir de concourir au succès de vos (travaux, et nous ne sommes que vos organes en le priant d’agréer vos ;remercimens de ce qu’il a bien voulu faire pour nous être utile. «
- Après la lecture de ce rapport, M. le baron Petit de Beauverger a pris la parole pour présenter l’état suivant des recettes et des dépenses de la Société, pendant l’année 1812.
- Les recettes sont divisées en cinq chapitres-:
- i°. Billets de la caisse de service du trésor public. 88,000 fr. c,.
- 20. Intérêts des fonds placés. ....... 4>3^0
- 5°. Souscriptions payées sur les années 1809, *810,
- 1811 , 1812 et 1813 . . . . . . . . . . 57*07-8
- 4°. Remboursement d’avances. . ... . ... . ... 679 5,2
- 5°. Produit de îa vente du Bulletin, indépendamment de 43a francs qui ne sout pas encore payés. . 1,219
- Total. . . . 131,266 fr. 52 c.
- Les dépenses sont divisées en sept chapitres : i°. Celles de 1811 qui ont été payées sur les recettes
- .de 1812. 583 fr. 7S c.
- 2°. Celles du loyer, de la contribution personnelle, des frais de bureau , des appointemens de l’agent, de son droit de remise sur les recettes , de l’impression du programme des prix et de la liste des membres de la Société , et d’autres objets d’administration. . . 9,53i 2
- 3°. Celles relatives au Bulletin. ....... 9*4 *7
- 4», Celles du Comité des Arts chimiques,. . . . i5o
- 5°. Celles du Comité d’Agriculture pour les élèves de l’Ecole d’Alfort. , . . . ...... , 1,376 10
- 6°. Celles pour les prix et médailles décernés par vous, Messieur*, dans l’assemblée générale du 19 août 1812. ............. . 1,120 25
- 7°. Placement de fonds. . ........ 107,000
- Total. . . . . . . . 128,983 fr. 35 0'
- Cette somme , réunie à 2273 francs 17 centimes en numéraire qui étoient, le ier. janvier i8i3, dans la caisse de M. Laroche , forme l'équivalent de la totalité des recettes.
- Le Fonds de réserve , élevé rapidement , pendant les premières années de l’existence de votre Société, à peu près stationnaire en 1808, 1809,
- ï8iq
- p.68 - vue 71/331
-
-
-
- ï8io et 1811 3 Tient de s’accroître de 21 ,656 francs g5 centimes, et forme maintenant un capital de 109,273 francs 17 centimes.
- Le rapporteur observe que cette grande amélioration des finances dans le cours d’une seule année est due à deux causes. Premièrement, la haute protection dont le Gouvernement honore la Société, et les sages mesures du Conseil d’Administration ont multiplié les souscriptions au point que, trois cent quatre-vingt-seize nouveaux souscripteurs ont été admis depuis un an; en second lieu, les prix et les médailles d’encouragement qui étoient en 1809 fi’ancs, en 1810, de 10,900 francs, et en 1811,
- de 12,583 francs, n’ont été portés en 1812 qn’à ii25 francs 25 centimes ; mais M. Petit fait remarquer que dans le court espace de trois années la Société a dépensé pour cet objet une somme de 39,483 francs.
- 7481 francs i5 centimes avoient été employés en 1811 aux dépenses administratives; elles ont coûté 9417 francs 20 centimes en 1812. C’est une augmentation de 1936 francs 5 centimes; mais la presque totalité tient à des circonstances particulières. Ainsi, malgré cette augmentation, les finances de la Société n’ont pas été administrées avec moins de sévérité que dans les années précédentes.
- En l’absence de M. le sénateur comte Cclchen, M. Cl. Anthelme Costaz lit pour lui un rapport, sur la vérification des comptes de M- le trésorier.
- Les censeurs disent n’avoir à présenter aucune observation critique sur la gestion des fonds de la Société , et n’avoir que des éloges à donner à M. Larochey trésorier.
- Pour rendre hommage â la mémoire de Pun des pins célèbres corres-pondans étrangers de la Société, M. du Pont de Nemours a lu ensuite une notice sur M. Joël Barlow, qui a été entendue avec le plus grand intérêt. L’étendue de cette feuille ne nous permettant pas de l’insérer en entier, nous nous bornerons à en donner un extrait.
- M. Barlow > ministre plénipotentiaire des Etats-Unis d’Amérique auprès de S. M. l’Empereur, étoit né à Reacling, dans le Connecticut, d’une famille respectable, dont il étoit le dixième enfant. Il commença ses études au collège de Darmouth, dans le Newbamphsire, les termina à celui de Newhaven, dans son pays natal, et s’y distingua par ses succès.
- La guerre de l’indépendance ayant éclaté en 1776 , M. Bailow, encore écolier, alloit, pendant les vacances , joindre k l’armée ses quatre frères ; il se trouva de cette manière à l’action de Yorck-Isiand, Il étoit occupé d’un cours de droit quand il fut nommé aumônier de brigade par l’Etat de Massachusset-, et, en cette qualité, il suivit l’armée jusqu’en 1783. En 1781 il avoit épousé MIlu. Baldwin, de Newhaven, soeur du sénateur de ce nom.
- Douzième blinde. Mars 1813. &
- p.69 - vue 72/331
-
-
-
- c 70 } . .
- Ayant, après la paix, repris l’étude des lois, il entra au barreau en 178$, et s’y fit une réputation extraordinaire , parce qu’à beaucoup de lumières et de connoissances en jurisprudence, il unissoit un talent littéraire très-brillant,
- En 1787? il donna la première édition de son poëme, la Vision de Colomb qui, dès la même année , en eut une seconde en Angleterre.
- Une Société puissante ayant acheté du congrès 3 ou 4 millions d’açres de terre sur les bords de l’Ohio, vouîoit en Tendre une partie à dès étrangers, M. Barlow, un des intéressés, se chargea de la négociation : il se rendit en France, et sa mission fut tellement heureuse, qu’au bout de dix-sept ans, la Colonie comptoit soixante-dix mille habitans , et qu’elle forme aujourd’hui un Etat constitué.
- Témoin de la-révolution française, dont il aîmoit l’énergie quoiqu’il cr blâmât les excès, M. Bar/ow publia, dans des vues de conciliation , des écrits qui lui valurent l’honneur d’être nommé citoyen français, avec le grand Washington et le général Hamilton, ses compatriotes.
- Parmi ses écrits politiques, on distingue un mémoire sur les lois maritimes , où il expose avec force et clarté les principes que la France réclame depuis si long-temps contre l’Angleterre. Il y fait remarquer que les puisances barbaresques, plus civilisées à cet égard que les Nations européennes , reconnoissent que le pavillon neutre doit couvrir là marchandise : elles ne font point la guerre sans l’avoir déclarée ; avant de commencer les hostilités, elles donnent dans la Méditerranée, un délai de. trente jours , et un plus long dans l’Océan.
- M. Barlow revenoit alors d’Alger, de Tunis et de Tripoli, où, surmontant la difficulté de traiter entre un peuple libre et des régences barba-resques, il venoit, en qualité de ministre plénipotentiaire, de conclure les premiers traités par lesquels ces régences se soient engagées à respecter la. navigation et le commerce des Etats-Unis.
- De retour en Amérique, il s’occupa en i8o5 du projet conçu par M. Jefferson j d’établir à Washington-city, une université. E11 1800 , M. du Vont de Nemours, avoit, à la demande du même magistrat, écrit, sur le même sujet, un ouvrage dont on voit des fragmens dans les Annales d’Education de M. Guizot.
- Attaché à la Nation française par la reconnoissance et une affection particulière, M. Barlowdésiroit établir entre la Société philosophique de Philadelphie, d’une part, et la Classe des Sciences de l’Institut, ainsi que la Société d’Encouragement, de l’autre, des rapports actifs et suivis, dont 3e but auroit été de faire un échange de lumières également utile aux deux Nations. Il justifiait l’espoir de cette réciprocité, en observant
- p.70 - vue 73/331
-
-
-
- '( 7! 5
- ique c'est k des savans Américains que l’on doit l’art de guider le tonnerre ; celui d’augmenter la chaleur en diminuant la dépense du combustible , et celui de remonter des fleuves, même rapides, en appliquant les machines à vapeurs aux bateaux de messagerie. Il trouva bientôt, pour suivre ses projets, une occasion heureuse et liée à des projets plus grands encore, îorsqn’en i8u, M. Madison, président des Etats-Unis, le nomma ministre plénipotentiaire à la cour de France, choix qui réunit les applaudi ssem eus des dix-se.pt républiques confédérées.
- Chargé de négociations si importantes, M. BaiJow fut mandé à Wilna pour conférerdes objets de sa mission avec M.le duc de Bassano. W revenoit jour et nuit, se liant trop à la force de son tempérament , quand le contraste de l’extrême froidure du climat avec la chaleur excessive des petites maisons de juifs, les seules auberges de Pologne, lui a occasioné une violente inflammation de poitrine , dont il est mort à Zarnowiça , près de Cracovie.
- Ami de son pays, M. Barlow n’étoit pas de ces citoyens exclusifs qui s’imaginent que le patriotisme consiste principalement à haïr les autres peuples, mais de ceux dont le coeur moins sauvage et l’esprit plus éclairé conçoivent le prix des services réciproques. Sa philosophie embrassoil toutes les nations, mais avec quelque prédilection pour la nôtre.
- Dans sa manière de négocier., il étoit d’une loyauté rare. On trouvoit en lui une originalité simple et ferme qui présentoit tous les caractères de la bonne -foh
- il offroit le modèle des vertus domestiques, et laisse Madame Barlow inconsolable.
- La séance a été terminée par le renouvellement du Bureau et d’une partie des Comités. M. le comte Chaptal, président; M. le baron Guyton de Morve au, et M. du P ont de Nemours, vice-prés-dons ; M. le baron de Gérando, et MM. Cl.-Anth. Costaz et JMërimée, secrétaires; M. La-roche, trésorier; et MM. les comtes Colchen et Laumond, censeurs en exercice, ont été maintenus dans leurs fonctions respectives.
- M. de Bécicourt, membre du Comité des Arts mécaniques, ayant fixé sa résidence a Lille, a été remplacé par M. Poisson, déjà adjoint au même Comité.
- M. le comte Camhiaso et M. Arnould aîné, membres du Comité de commerce., décédés , ont été remplacés par MM. Portai, maître des requêtes et d1 Artigues, fabricant de cristaux.
- n y a eu aucun changement dans les autres Comités.
- K. 2
- p.71 - vue 74/331
-
-
-
- ( )
- ARTS MÉCANIQUES. — Machines.
- Rapport fait par M. Collier , sur un Tordoir - Ourdissoir de MVigneron ? rue du Faubourg - Poissonnière} JSF°. ij $ à Paris.
- Le torcloir-ourdissoir de M. Vigneron est le même que celui qui se trouve dans presque toutes nos manufactures: mais il se distingue de ceux-ci par un porte-fuseaux ou bobines , qui permet de le comparer au rouet à filer, la roue ayant i mètre 85 millimètres (40 pouces) de diamètre , et les noix des broches, 27 millimètres ( 1 pouce ), en sorte que ces dernières tournent 40 fois sur elles-mêmes pendant la révolution de la grande roue. Au moyen de trois poulies à plusieurs gorges qni y sont adaptées, l’on augmente ou Ton diminue le tord que Ton Te ut donner aux fils de chaîne ; et deux roues d’angles et un pignon qui monte et descend^ se trouvent placés sur le devant du tordoir- l'on change la direction de l’ourdissoir au moyen d’une pédale sans changer celle des broches qui tournent toujours dans le même sens.
- L’usage étant d’ourdir à vingt bouts, M. Vigneron a mis vingt broches à son tordoir -, et à mesure que le fil se tord il se place sur l'ourdissoir, de manière que le tord que reçoit le fil de chaîne ne coûte rien, les deux opérations se faisant ensemble.
- Considérée sous ce point de vue, cette machine seroit d’une grande utilité pour le coton, la laine et la soie; mais les mécaniques à filer le coton et la laine, étant en usage dans une grande partie de nos établisse-mens, elles remplacent assez avantageusement à cet égard ce tordoir» ourdissoir. Néanmoins, comme dans beaucoup d’endroits on file encore ces matières à la main , notamment la laine, et qu’alors ces fils manquent du degré convenable de tord, ce qui les rend tendres et cassans, je n’hésite pas à déclarer que l’emploi de cette mécanique feroit disparoitre cet inconvénient. Il en seroit de même à mon avis pour les fils de chaîne retords, servant à la fabrication des étoffes de laine razes, comme flanelles, barattées et autres, ainsi que le nankin en coton3 car, bien que les machines en usage tordent à différens degrés , ces sortes de chaînes ont encore besoin d’être retordues de nouveau.
- Une remarque intéressante que j’ai faite, c’est que les fils placés sur ce tordoir-ourdissoir n’ayant ni trop, ni trop peu de tension, n’éprouvent pas l’inconvénient grave de faire des vrilles ou boucles comme cela arrive quelquefois dans l’ourdissage ordinaire ; résultat dlm intérêt majeur qui tourne à l’avantage de la belle fabrication,
- p.72 - vue 75/331
-
-
-
- D’après cés remarques et les réflexions qu’elle m ont suggérées , fai cm devoir annoncer à la Société l’opinion où je suis que ce tordoir-ourdissoir doit être d’une grande utilité pour nos manufactures, et je propose en conséquence d’en faire mention dans le Bulletin,
- Signé, James Collier,
- ÉCONOMIE DOMESTIQUE,
- JExtrxit d’un Rapport fait par JM, Bosc, sur un ouvrage intitulé i Manuel du Sommelier, ou Instruction pratique sur la manière de soigner les vins, dédié à JM, le Sénateur Comte Cliapîa! j par A « Jullien, marchand de vin, inventeur des Cannelles aèrifères , et autres Instrumenspour la décantation des liquides, rue Saint-Sauveur, n . 18, à Paris, Un vol. in-12 de 180 pages ? avec une planche.
- Parmi les nombreux ouvrages anciens et modernes qui traitent de la fabrication du vin, des moyens de le conserver dans les caves, de le rétablir quand il s’est altéré, même de l’améliorer, on doit mettre au premier rang celui qu’a publié, il y a quelques années, M. le comte Chaptal, et qui est intitulé : l’Art defaire le Vin, parce que c’est le seul où la pratique se trouve appuyée sur la théorie, etqu’on n’y trouve aucune de ces recettes coupables ou ridicules qui fourmillent dans les autres.
- Entreprendre un nouvel ouvrage sur la même matière, c’est se résoudre à le copier ou à l’abréger,
- Le Manuel de M. Jullien ne peut donc avoir de valeur qu’auîant qu’il met à la portée des marchands de vin ou des sommeliers des grandes maisons les préceptes qui s’y trouvent consignés, comme l’extrait qu’en a fait M. Cadet de Vaux, peu après sa publication, les a mis à la portée des propriétaires et des consommateurs peu éclairés.
- La lecture de cet ouvrage a convaincu le rapporteur que M. Jullien a atteint le but qu’il se proposoit, et pour le prouver il indique brièvement l’objet de chacun des vingt chapitres qui le composent.
- Le chapitre premier, intitulé : de la Réception des vins , donne l’extrait du Code de commerce relatif aux vins, et indique les mesures à prendre pour se garantir des fripponneries des voituriers, commissionnaires, etc. Il contient aussi des conseils sur les époques les plus favorables au transport des vins, qui sont le printemps et l’automne»
- p.73 - vue 76/331
-
-
-
- Le chapitre second présente l’extrait du tarif des douanes de l’Empire cf des octrois de Paris.
- Les caves sont l’objet du troisième chapitre. 11 est presque en entier la copie de l’ouvrage de M. ChapiuL On y trouve des conseils propres à diminuer Iesînconvéniens des mauvaises caves.
- L’influence des tonneaux sur le vin qu’ils renferment est trop importante , pour que M. Jullien ne l’ait pas prise en considération spéciale. Ce qu’il dit à cet égard est encore en partie emprunté textuellement à M. ChaptaL Il offre de plus la manière de conserver les tonneaux vides qui ont déjà servi, et de leur enlever le goût d’aigre qu’ils ont pu contracter. La vapeur de soufre est le moyen généralement employé pour empêcher un vieux tonneau d’altérer le vin qu’on y introduit.
- Le chapitre cinq traite de la manière de placer à la cave les tonneaux remplis de vin ; ils doivent être tenus dans une position horizontale et suffisamment écartés des murs ; il fau t éviter de les mettre les uns sur les autres.
- Dans le chapitre six, l’auteur prouve la nécessité de visiter fréquemment les tonneaux en cave , surtout pendant le mois qui précède et celui qui suit les équinoxes ; il fait connoître les moyens de les réparer facilement et de les empêcher de couler lorsqu’il s’y forme quelque ouverture.
- Le remplissage des tonneaux est une opération de grande importance pour conserver la qualité des vins. M. Jullien en fait le sujet de son septième chapitre.
- Il en est de même du soutirage des vins qui est traité dans le huitième chapitre. Les diverses méthodes employées sont décrites avec clarté , et les cas indiqués avec précision.
- Soufrer ou mêcher les tonneaux est une opération généralement employée pour conserver les tonneaux vides, et pour arrêter la fermentation des vins. M. Jullien détaille ses procédés, pour les différentes circonstance s, dans son neuvième chapitre.
- On ne se dispense du collage des vins que pour les plus communs , qui se tirent au tonneau, à mesure de la consommation. Les développement qui ont rapport à cette opération 3 soit relativement aux vins rouges, soit relativement aux vins blancs sont très-satisfaisans. Ce chapitre, qui est le dixième, est un des plus longs de l’ouvrage, et il dev-oit l’être, à raison de l’importance de la matière , et de sa difficulté dans certains cas.
- A la fin du même chapitre, l’auteur parle du mutage des vins, qui n’est qu’un soufrage plus fort, afin de conserver leur douceur en les empêchant de fermenter. A cette occasion M. B ose observe que le mutage par le moyen du sulfite de chaux, est bien plus facile que celui fait par les mèches sou^
- p.74 - vue 77/331
-
-
-
- frées ; il a cle plus, dans certaines circonstances, l’avantage de désaçidifW les vins.
- Le tirage en bouteille , qui semble si facile3 est cependant assujetti à des règles dont l’oubli, pour les vins fins principalement, occasionne presque toujours leur altération. M. Jullien, dans son onzième chapitre, fait con-noître ces règles qui reposent sur le degré de maturité que les vins ont dû acquérir dans les tonneaux, sur leur limpidité, sur le temps le plus convenable pour les tirer, sur le choix des bouteilles , sur celui des bouchons, sur la manière de placer la canelle et de conduire l’opération du. tirage ; sur celle de ranger les bouteilles pleines, de goudronner les bouchons. Tout cela est traité de main de maître.
- Dans son douzième chapitre, l’auteur parle du bouquet des vins et des soins à prendre pour le conserver.
- Le mélange des vins est, tantôt un mal, tantôt un bien. M. Jullien le considère, sous ces deux rapports , dans son treizième chapitre, en négociant honnête et éclairé. On ne peut qu’applaudir aux principes développés dans ce chapitre.
- M. Jullien ne dit qu’un mot des vins artificiels dans son quatorzième chapitre, et c’est pour les proscrire j mais le rapporteur pense qu’il est possible d’en fabriquer de très-innocens, tels que l’hydromel qui, bien préparé et vieux, ressemble aux vins d’Espagne , à tromper les plus fins connoisseurs.
- Une des parties du gouvernement des caves sur lesquelles les sommeliers ont les principes .es moins certains, c’est celle qui a rapport à la dégénération ou l’altération des vins. M. Jullien, d’après M. Chaptal, la traite d’une manière très-satisfaisante. Il parle de la graisse, dont on ne connoît pas encore bien exactement la cause, de l’aigre, ou bisaigre, qui exige plus de soins pour être corrigé, et pour lequel il est probable que le sulfite de chaux déjà cité deviendra un jour un spécifique certain, de l’amertume à laquelle les vins fins et légers sont les plus sujets , de la dégradation de la couleur, des vins gelés, du goût d’évent3 du goût de fût, de moisi et d’oeuf gâté. Il auroit été à désirer qu’en parlant des goûts de fût et de moisi il eût fait mention de la carbonisation très-légère de l’intérieur des tonneaux, comme le moyen le plus sûr et le plus économique, d? affranchir, c’est le mot technique , les tonneaux qui le donnent.
- M. Bosc observe qu’on na pas encore, du moins à sa connoissance , fait d’expériences sur l'action du charbon sur les vins altérés, et qu’il est à présumer qu elle doit être de quelque importance. Gn sait seulement qu’il décoloré et afïoiblit ceux qui sont dans leur état naturel.
- Il 11 est point de possesseur de vins vieux qui n’ait à se plaindre des incon*-:
- p.75 - vue 78/331
-
-
-
- ( 76 )
- Ténîens de ceux qui déposent en bouteille5 et qui n’ait tenté d’y remédier par des transvasemens soignés au moment delà consommation. M. Juïlienÿ dans son seizième chapitre, reelierche la nature des dépôts 3 prouve la nécessité du transvasement 3 indique les moyens de le faire s et conseille l’emploi de sa canelle aérifère.
- Les vins de Champagne mousseux exigent d’être conduits à toutes les époques de leur durée3 différemment des vins d’une autre nature. Ils sont l’objet du chapitre dix-sept du Manuel de M. Jullien, Tout ce qu’il conseille est appuyé sur l’expérience.
- Dans ses chapitres dix-huit et dix-neuf 3 l’auteur donne la description et l’usage de sa canelle aérifère et des instrumens accessoirs pour transvaser les vins en bouteille sans troubler le dépôt qui s’y trouve.
- Cette canelle est composée d’une canelle de la forme ordinaire} à laquelle est annexé un tube recourbé 5 garni d’un robinet ÿ et qui sert à faire entrer l’air dans la bouteille à mesure que le liquide s’en échappe. Cet appareil a obtenu l’assentiment de la Société d’Encouragement* et a été gravé dans son Bulletin. Il l’est également ici.
- Dans le chapitre dix-neuf s il est question des entonnoirs aerifères , qui ont un effet analogue à celui des canelles} mais dont Futilité est bien moindre.
- Tel est l’aperçu des matières qui sont traitées dans l’ouvrage deM./ullien»
- On ne doute pas 5 eu le lisant, qu’il ne soit, le fruit d’une longue expérience
- et le résultat d’une pratique journalière. Il n’offre aucune théorie ; le style
- en est simple et clair ; et il ne peut être que très-utile à ceux qui ont à
- gouverner des caves»
- 0
- A Paris? de l’Imprimerie de Madame HUZAR.D (née VALLAT LA CHAPELLE)? me de l’Eperon Saint-André-des-Arts 3 N°. 7.
- p.76 - vue 79/331
-
-
-
- AVR.IL i8ia»
- DOUZIEME ANNÉE. ( N®. CVI.)
- S
- BULLETIN
- DE LA
- OCIÉTE D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MECANIQUES. *—< Machines de précision.
- Extrait d’un Rapport fait par M. Ampère, au nom du Comité des Arts mécaniques , sur la Balance hydrostatique de AT. Barré.
- La balance hydrostatique de M. Barré est à l’instrument auquel on donne ce nom ce que la romaine est à la balance ordinaire. Cette idée, dit le rapporteur , est d’autant plus heureuse, qu’en n’employant qu’un seul poids toujours égal à celui du corps plongé , il est facile de construire un appareil qui donne immédiatement la densité du liquide soumis à l’ex-penence , tandis qu’avec la balance hydrostatique ordinaire on ne parvient à conneitre cette densité qu’à l’aide d’un calcul embarrassant pour quiconque n en connoit pas la théorie. Par malheur , M. Barré n’a pas vu comment il falloit graduer son instrument pour atteindre le but qu’il se preposoit. Par le moyen de deux poids , l’un fixe et l’autre mobile , il a fait équilibre au corps proposé , et il a cherché à en déterminer le rapport avec le corps plongé , en se servant d’une analyse compliquée, qui lui a donné pour ces poids, des valeurs dépendantes de la densité du liquide où le corps est plongé : il ne paroît pas s’ètre aperçu que, dès-lors , son instrument ne présentoit plus aucun avantage sur la balance hydrostatique ordinaire.
- Le Comité des Arts mécaniques a proposé en conséquence de le modifier ne la manière suivante.
- Soit AB, un levier chargé de deux poids égaux M et K, le premier fixe et le second mobile. Le point d’appui C étant à égale distance des deux exti émîtes A et B } le pouls K feroit équilibre à M dans l’air s’il étoit applique en A ; mais quand M sera plongé dans un fluide moins dense que Douzième année. Avril i8i3, L
- p.77 - vue 80/331
-
-
-
- ( 78 )
- ce dernier corps , il faudra , pour maintenir l'équilibre , rapprocher le poids K du point C, et le placer , par exemple , en D , l’équilibre ayant lieu dans cette situation. Si l’on nomme ACjfl/ADj r; la densité du corps M, d; celle du liquide jy, on aura, en supposant que M représente le poids des deux corps également pesans M et R, les résultats suivans :
- i°. Le poids qui reste à M quand il est plongé dans le liquide =
- M-Æ.
- a y
- 2°. Le moment de ce poids = ^ M — — ^ a •
- 5°. Le moment du poids N — M ( a — x ) ;
- Ces deux niomens étant égaux , on aura après la réduction
- • 2^ = Ma?
- a
- v < d
- d ou y ~-a x
- Pour un autre liquide, dont la densité seroitjy la distance A. D devenant x(; on auroit de même
- / d j
- ry « - \
- d et a étant constans, on tire de ces deux équations
- y : y] : : x : x !
- C’est-à-dire que les densités des deux liquides sont nécessairement proportionnelles aux distances correspondantes x et x'; d’où il suit que Fins-trament étant construit comme nous venons de le dire, il faudra plonger d’abord le corps M dans le liquide, dont la densité est prise pour unité, Peau distillée, par exemple, et marquer le point D où répond alors le poids K. Si Ton divise ensuite l’intervalle ADen ioo ou en 1000 parties , suivant la grandeur de l'instrument et le degré de précision qu’on désire, en portant les mêmes divisions le long de A C , et les numérotant à partir du point A, la valeur que prendra A D quand le corps M sera plongé dans un autre liquide , donnera la valeur de sa densité en centièmes ou en millièmes de celle de Peau distillée.
- M. Ampère observe que l’instrument ainsi rectifié sera cPun usage extrêmement facile, et donnera, sans aucun calcul, les densités qu’on voudra déterminer. 11 sera , à tons égards, préférable aux instrumens connus sous les noms èt aréomètres , d’hydromètres , etc.
- La balance hydrostatique seule 1 emportera toujours en précision; mais si cet avantage en rend l’usage exclusif pour les expériences de recherches, il n’empêchera pas que la rojnaine hydrostatique ne soit un excellent instrument dans tous les cas où Ton n’aura pas besoin d’une exactitude aussi rigoureuse.
- p.78 - vue 81/331
-
-
-
- Description a? un Tour perfectionné par Al. Smart (i).
- L’auteur avant besoin d’un grand nombre de perches et de piquets parfaitement cylindriques , et ayant reconnu que leur fabrication ordinaire entraînoit une perte de temps considérable, a imaginé le tour dont nous allons donner la description, au moyen duquel des perches, après avoir été sciées à huit pans , peuvent être tournées avec facilité et promptitude', de manière à conserver partout un diamètre égal et à prendre la forme cylindrique.
- A B C ,fig. 1, PI. 96, représentent les poupées d’un tour ordinaire. D est une poupée additionnelle fixée par un coin sur le sommier du tour, pour recevoir une tige mobile en fer et carrée d, qu’on fait avancer ou reculer au moyen de la vis de rappel c portant une manivelle.
- Les détails de cette vis et de la tige carrée sont représentés dans laJîg. 2,* on y voit en c une portion de la vis , dont l'extrémité taillée en pointe , se loge dans un renfoncement pratiqué au centre et à l’extrémité delà tige; une gorge a , taillée sur le bout de la vis, reçoit les mâchoires b h , fixées sur la tige, et qui forment ainsi une espèce de collet servant tout à la fois à retenir la vis et à faire avancer ou reculer la tige.
- Deux barres en chêne EF, soutenues par les pièces de bois GGG , sont fortement attachées de chaque côté des poupées B et D ; elles portent des coulisses sur lesquelles glisser „ les pièces de bois L et M qu’onyvoit séparément dans 1 esjig. 3 et 4-
- Le mandrin H 9fig* 1 , tourne avec une vitesse de i3oo révolutions par minute, au moyen d’uue poulie de renvoi communiquant par une corde sans fin, avec une roue que deux hommes font mouvoir.
- ï est une potence fixée au sommier, et surmontée d’une poulie dans la gorge de laquelle s’engage la corde sans fin, pour empêcher qu’elle ne frotte dans l’endroit où elle se croise.
- L’extrémitéyüu mandrin Hporte trois pointes fortes et longues, destinées a recevoir le bout de la perche.
- La fig. 5 représente le mécanisme propre à dégrossir les perches, c’est-à-dire, à abattre leurs arêtes. AB, sont des planches fixées sous la pièce de bois C , et dont le bord intérieur s’engage dans les coulisses pratiquées de chaque côté des barres E FJig. ire. Le centre de cette pièce de bois, dont 1 extrémité inférieure E coule entre les deux barres, est percé d’pne ou-
- (1) .extrait du 8e. Yoîume) seconde série} du Repertory of Arts and Manufactures} p. 200.
- L 2
- p.79 - vue 82/331
-
-
-
- ( }
- vertu re circulaire D, destinée à recevoir ja perche sur laquelle agît une gouge dfixée sur le support e adapté à la pièce de bois C.
- L’autre mécanisme ,yhg. 4> scrî 'd * u, • r les porc lies; il est semblable au
- précédent, à l’exception que l’ouverture D est garnie d’un collet en fer f destiné à la renforcer. Une lame de rabot ordinaire G est fixée par des vis sur la partie en talus de la pièce de bois C ; son extrémité tranchante II entre dans le trou circulaire où elle forme une saillie j elle est taillée obliquement , mais les angles en sont abattus.
- Pour se servir de ce tour, les appareils /hr. 3 et 4 sont placés sur les barres de bois E F, fig. in', de manière que l'outil finisseur M se trouve près de la poupée D, et glisse en même temps qu elle. Pour cet effet la barre carrée d est assez longue pour former saillie au-delà du trou D.
- La perche qui aura été sciée préalablement à huit pans, à l aide d’une scie circulaire, est fixée ensuite dans le tour. L’une de ses extrémités est chassée à coups de maillet dans les pointes saillantes du mandrin II, tandis que l’autre est assujettie par le bout pointu de la barre carrée d.
- Alors on imprime un mouvement de rotation à la perche en tournant la roue, et on fait glisser le long des barres E F l’appareil L qui porte la gouge destinée à dégrossir. Cette gouge enlève sur la perche des copeaux en spirale ; aussitôt qu’elle a atteint la poupée B, on fait avancer l’appareil portant l’outil finisseur qui rend les parties de la perche sur lesquelles il agit parfaitement lisses.
- Cette opération étant achevée, on arrête le tour_; on détourne la manivelle de la vis c, et on enlève la perche de dessus le mandrin H qui est assez long pour former une saillie lorsque les outils L et M sont poussés contre la poupée B ; ces outils sont ensuite remis en place , et on fait succéder une nouvelle perche à celle qui a été tournée.
- Si l’on vouloit tourner des perches plus ou moins longues , il s u fil roi t de faire avancer ou reculer la poupée D et le support E qu’on assujettit sur le sommier, par des coins en bois , après avoir enlevé les chevilles qui fixent les barres E F de chaque côté de la poupée D.
- L’auteur assure qu’à l’aide de ce tour, une perche en sapin, de 5 pieds et demi de longueur, et de 2 pouces de diamètre, sciée en prisme octaèdre* peut être rendue parfaitement cylindrique et unie en une demi-minute ; une perche de frêne des mêmes dimensions exige une minute. Deux hommes, l’un tournant la roue et l’autre faisant agir les outils , peuvent tc-urnar aisément 600 perches de sapin en douze heures.
- ( Daclln, )
- p.80 - vue 83/331
-
-
-
- / ' *///.-// - -y ' . '/'/ 'f v/ y f '/.'/y// ' t y/
- •*.///, '
- pl.96 - vue 84/331
-
-
-
- C Si )
- Des cr z f t 10de nouvelles Chaînes a dusage des jVlmes *> par
- M. William Hayyks (t)."
- Ces chaînes ont l'avantage d’èlre plus solides* plus légères * et d’une fabrication plus prompte que les chaînes qui sont ordinairement employées dans les travaux dos mines. Les chaînons étant parfaitement identiques, les réparations à élire sont inouïs dispendieuses et plus faciles. Pour en donner une idée à nos lecteurs* nous passerons de suite à la description des figures et aux moy eus de fabrication dont, se sert Fauteur.
- La fg. vu de la PI. g G représente les détails des pièces préparatoires gui concourent à la
- motion des chaînons.
- C est une lame de fer * d'acier ou de cuivre, dont on forme un chaînon qui est découpé à l’aide du balancier ou partout autre moyen.
- E est une boîte ou coffre carré, dans laquelle on place les plaques d’acier D et B, percées chacune de deux trous FF d’égal diamètre, et qui devront correspondre exactement entre eux.
- La lame C étant placée dans cette boîte entre les plaques B et D* on mtro duit les emporte-pièces d’acier AA dans les trous FF de la plaque supérieure * et à l’aide d’une pression ou d’une percussion très-forte , on forme , dans la lame C, deux trous égaux comme on le voit en C a. En répétant ce procédé sur d’autres lames, on peut en obtenir un grand nombre qui seront parfaitement identiques entre elles, quant à la dimension et à la distance des trous.
- On place ensuite entre deux matrices d’acier Q etV Jlg. 2, qui ont exactement la forme du chaînon qu’on se propose de faire , la lame C2 ainsi perforée, et on l’assujettit par deux boulons d’acier R K qui passent à travers les trous de la lame, et sont arrêtés par des clavettes H H.
- Lafîg. 5 représente un coin d’acier dans lequel est creusée la forme du chaînon II, et qui est destiné à recevoir la matrice inférieure G , de manière que la partie saillante de la lame C2 repose sur le coin. Lorsqu’on fait agir alors sur la matrice supérieure V, dont les bords sont tranehaiis , un balancier ou toute autre puissance mécanique, la lame C2se trouve découpée sous la forme représentée en Cb La surface du coin, fîg. 3, est inclinée vers le milieu , afin d’offrir moins de résistance à l’action du balancier.
- Le chaînon étant ainsi formé, on prend une lame de fer représentée en
- (i) Extrait du vol. 7 , seconde série 3 du Repertory of Arts and Manufactures
- p.81 - vue 85/331
-
-
-
- f a-, ‘a \ ^ j
- coupe eu LsJig» 4.» et 011 *a passe sous un laminoir, dont les cylindres portent une entaille pour recevoir le bourrelet de cette lame qui est ensuite pliée en rond, comme on le voit en M M , et affecte la forme d’un dé à coudre. Les bouts les plus minces de ces dés s’ajustent exactement dans les trous du chaînon C3_; on les y fait entrer à coups de marteau, de manière crue l’éDaulement ou bourrelet NN forme saillie à l’extérieur. On
- obtient ainsi le chaînon S garni de ses deux dés de fer.
- Cette opération étant achevée, on pose le chaînon sur un coin O portant deux renfoncemens Q Q pour recevoir l’épaulement N N des dés. Un. autre coin T, creusé comme le précédent, est placé sur le chaînon, et des boulons R R sont passés à travers les dés pour assujettir le tout. Ensuite on pose ces coins sous un balancier, dont l’action les forcera l’un sur l’autre, comme on le voit en XX, et on obtient ainsi le chaînon C4 totalement achevé. Les dés, dont la partie saillante sert à maintenir les chaînons à une certaine distance les uns des autres, se trouveront de cette manière très-bien rivés , et beaucoup mieux qu’on ne pourroit le faire avec le
- marteau.
- Il est inutile d’observer que l’épaisseur des lames de fer servant â la fabrication des dés doit être partout égale, afin de ne pas former un bourrelet trop fort.
- Lorsqu’on veut assembler ces chaînons pour en composer une chaîne sans fin, on en prend alternativement deux et trois de front ; on passe à travers les trous de forts boulons d’acier, et on aura ainsi une chaîne à la fois légère et solide, qui pourra être employée avec le plus grand avantage pour les travaux des mines. On peut varier le nombre et la disposition des chaînons selon le besoin.
- La fig. 5 représente une partie de cette chaîne ainsi assemblée, vue de profil et de face.
- ( Daclin. )
- D es cri pti o n de quelques perfectionnemens ajoutés par J\I. B ram a li ? à Part de J abdiquer le Papier (i).
- /
- La fabrication mécanique de papier, invention française, a été, comme tant d’autres inventions , de même origine, transportée en Angleterre, où elle a été accueillie avec la faveur qu’elle méritoit, et où elle est devenue 1 élément d’un nouveau genre d’industrie. Négligée en France jusqu’à ce
- (0 Extrait du 8'. volume , seconde série , du Repertory of Arts and Manufactures,
- p.82 - vue 86/331
-
-
-
- ( 83 )
- jour y nous ne connoissons qu’une seule manufacture où elle soit employée (i); dans toutes les autres l’on suit encore la routine ordinaire. Cependant ce procédé présente tant d’économie et de célérité dans l’exécution ^ qu’il seroit à désirer qu’il fût généralement adopté. Nous pensons donc faire une chose agréable à nos lecteurs , en leur offrant la description de celui qu’emploie en Angleterre M. Bramah, et pour lequel il a pris un brevet d’invention le n5 avril i8o5.
- L’auteur divise son mémoire en quatre sections, savoir : i°. La fabrication mécanique du papier de toute dimension; 2°. celle de feuilles de papier sans fin; 5°. l’application de la presse hydraulique à la dessiccation du papier; 40. les perfectionnemens qu’il a introduits dans les séchoirs.
- Nous allons décrire, avec méthode et clarté , chacune de ces inventions :
- i°. Fabrication mécanique du papier.
- M. Bramah assure que l’usage des nouvelles formes à papier qu’il propose est tellement commode que, les personnes même qui n’ont aucune commis-sance de la fabrication ordinaire du papier pourront s’en servir aisément, et obtenir, par ce moyen, très-promptement des feuilles d’une plus grande dimension que la dimension usitée, et d’une épaisseur plus égale. Pour cet effet, on construit une cuve ou réservoir d’une longueur et dhine largeur proportionnées à celles des feuilles qu’on veut fabriquer, et dont la profondeur ne pourra être moindre de 18 à 20 pouces. Ce réservoir, que l’auteur nomme résejvoir régulateur , est garni intérieurement d’un châssis de bois mobile placé horizontalement, et pouvant s’élever et s’abaisser à volonté, à l’aide d’une manivelle adaptée à un axe. Le mouvement de ce châssis est réglé de manière que , lorsqu’il se trouve à sa plus grande élévation , sa surface est de niveau avec le bord d’un des côtés du réservoir, qui est plus bas que les trois autres; et, quand il est descendu au fond de ce même réservoir, il se trouve à quelques pouces au-dessous du bord du côté le plus bas. Sur ce châssis mobile repose le moule ou la forme propre à recevoir la pâte du papier ; il en suit tous les mouvemens, soit d’élévation, soit d’abaissement, en conservant une position parfaitement horizontale. L’eau qui tombe au fond du réservoir s’échappe par une ouverture percée sur l’un des côtés , et à laquelle s’ajuste un tuyau en bois faisant une saillie d un quart ou demi-pouce dans l’intérieur. Ce tuyau , garni exiérieu-
- (1) Celle de M. E. Montgolfier, à Annonay. M. Desétahles, fabricant de papier à \ ire , a aussi imaginé un moyen mécanique de fabriquer le papier , mais nous ne savons pas s’il en a continué i’usage.
- p.83 - vue 87/331
-
-
-
- ( a; )
- rement d'une bonde , fer me un ronde , et son extrémité doit être parfaitement de niveau avec celle qui pénétré dans le réservoir, afin de piger de la auantité d’eau qu’il contient. L’orifice intérieur du tiqvau de déchargé est fermé par une soupape qui s’ouvre quand le châssis s’élève et se ferme lorsqu’il descend au fond de la cuve.
- Une seconde cuve, dont la forme et les dimensions sont les plus appropriées à l’objet de la fabrication, est placée au-dessus de celle que nous venons de décrire, et se vide dans cette dernière ; elle est garnie intérieurement d’un hérisson ou agitateur nui à la manière ordinaire, et destine à empêcher le mélange inégal de la pâte avec l’eau. Entre cette cuve , que fauteur nomme cuve alimentaire et le réservoir régulateur, il établit une communication au moyen d’une large rigole qui aboutit dans ce réservoir au-dessus du châssis lorsqu’il est abaissé , et dont l'orifice est garni d’une vanne qui se ferme quand la forme s’élève et s’ouvre quand elle descend.
- Tout étant ainsi disposé, on remplit d’eau le réservoir régulateur jusqu’à ce qu’il se décharge par l’orifice extérieur du tuyau; on abaisse la iorme qui se trouve alors immergée à ^ ou ~ pouce, et l'eau ne peut s’échapper, la soupape étant fermée. Au meme instant la vanne du réservoir alimentaire s’ouvre , et la pâte qu’il contient se répand sur la surface en toile métallique de la forme, en quantité suffisante pour produire une feuille de papier; elle se ferme aussitôt que cette opération est achevée, Ensuite le châssis est élevé graduellement par l’effet du mécanisme, et dès qu'il a atteint sa plus grande hauteur, la soupape du tuyau de décharge s’ouvre , l’eau passe à travers les interstices de la toile métallique, et s’échappe par ce tuyau. Pour ne point interrompre la fabrication , la forme, chargée de la feuille de papier, est enlevée et remplacée immédiatement par une autre forme que l’ouvrier pose sur le châssis mobile; l’opération se continue ainsi avec autant de régularité que de promptitude.
- 3°. Fabrication des feuilles de papier sans fin.
- On construit une roue ou châssis circulaire, composée de trois cercles en bois mince ou en métal, dont le diamètre est de 3 pieds ou plus, et la largeur proportionnée à celle du papier qu’on veut faire. Cette roue est montée sur un axe horizontal comme une roue à eau; sa circonférence e t garnie, de chaque côté, d’une planche qui forme les rebords des deux cercles extrêmes et empêché que le fluide qui passe dessus s’échappe latéralement. Les cercles sont réunis entre eux et suffisamment écartés par
- p.84 - vue 88/331
-
-
-
- (85 )
- un certain nombre de traverses minces, exactement semblables k celles dont on se sert pour assembler les formes à papier ordinaires. On couvre ensuite la roue, sur toute sa circonférence, d’une toile métallique pour obtenir une forme circulaire; les deux bouts de cette toile métallique, qui doit être fortement tendue , seront joints le plus exactement possible.
- Cette roue étant ainsi établie , et pouvant être mue par la main, ou de toute autre manière, on place au-dessus le réservoir alimentaire rempli d’une quantité proportionnée de pâte, laquelle, aussitôt que la vanne est levée, se décharge sur la forme à mesure que la roue tourne. Par ce moyen la pâte se distribue également sur toute la circonférence de la roue, tandis que l’eau s’écoule à travers la toile métallique-, et l’on obtient ainsi une feuille de papier sans fin très-bien fabriquée. L’auteur nomme cet appareil moule à papier toui'nant.
- Si l’on veut fabriquer des feuilles de papier dont la longueur soit égale à la circonférence de la roue, on fixe, un peu au-dessous ou au-dessus de la ligne horizontale du centre de la roue et du côté opposé au réservoir alimentaire, un rouleau couvert de feutre , qui appuie fortement sur le moule circulaire par le moyen de deux ressorts. De cette manière on obtient nne pression toujours égale du rouleau sur la surface de la forme ; et, comme il tourne en sens inverse de la roue , il est indifférent d’adapter le mobile à l’un ou à l’autre. Ce rouleau est destiné à enlever de dessus la forme la feuille de papier, qui passe ensuite entre deux autres rouleaux aussi couverts de feutre, et qui font l’effet d’une calendre. On peut construire un plus grand nombre de ces rouleaux et y faire passer la feuille de papier jusqu’à ce que toute l’eau qu’elle contient en soit exprimée ; ensuite, pour la sécher, on la fait passer entre des cylindres chauffés, et elle se trouve ainsi parfaitement lisse et propre k l’usage.
- Si l’on alimente continuellement de pâte le châssis placé sur la circonférence de la roue, que l’on imprime un mouvement constamment uniforme à cette roue, et que l’opération soit conduite avec soin et intelligence, on peut obtenir, en très-peu de temps, une quantité considérable de papier très-bien fabriqué.
- 3°. Application de la Presse hydraulique à la dessiccation du papier.
- Dans les fabriques de papier on emploie ordinairement un grand nombre de presses, sous lesquelles le papier est fortement comprimé, et reste jusqu’ a ce qu’il ait acquis le degré de dessiccation nécessaire. Mais cette dispos ' o exige de vastes bâtimens et une mise de fonds considérable.
- Douzième année. Avril 1812. M
- p.85 - vue 89/331
-
-
-
- ( 86 )
- M. Bramah remédie k ces inconvéniens en n’employant qu’une seule presse qui supplée k plusieurs. Pour cet effet, il établit une presse hydraulique d’une dimension suffisante pour recevoir les plus grandes feuilles de papier, et susceptible de pouvoir servir sans interruption pour toute espèce de papier. Cette presse est placée au centre de l’atelier, et un chemin de fer établi de chaque côté est destiné à recevoir de petits chariots montés sur des galets de fonte , et chargés de la balle de papier qui doit être pressée. Ces chariots s’arrêtent entre les deux jumelles j et, après avoir reçu l’effort de la presse, sortent de l’autre côté.
- Les balles de papier destinées à être pressées sont placées entre des appareils dont M. Bramah emploie un nombre égal k celui des presses en usage dans les fabriques de papier. Ces appareils sont composés de deux plateaux en bois ou métal , d’une force suffisante pour résister à la réaction du papier après que la presse a fait son effet, et de dimensions telles qu’ils puissent s’engager entre les jumelles de la presse ; ces plateaux sont réunis à des distances égales par quatre fortes barres de fer verticales qui sont fixées dans le plateau inférieur par des boulons à têtes rivées, et passent à travers quatre mortaises dans le plateau supérieur qu’on peut élever et abaisser suivant la quantité de papier qu’on veut presser, et suivant le degré de compression que le papier a éprouvé. La longueur de ces barres est un peu moindre que la hauteur de la presse entre les deux jumelles. Pour arrêter le plateau supérieur et pour le rendre capable de résister à la réaction du papier, les quatre barres de 1er sont percées, sur toute leur longueur, d’une série de trous qui reçoivent de forts boulons en fer qu’on descend à mesure que le papier est comprimé.
- Ces appareils ainsi disposés et chargés de papier sont ensuite conduits sous la presse au moyen des galets de fonte adaptés sous le plateau inférieur ; mais comme ces galets ne pourvoient pas supporter l’effort de la presse sans se rompre, l’ornière ou limande en fonte est creusée pour qu’ils puissent s’y loger , et que le plateau inférieur repose immédiatement sur le sol.
- Le plateau supérieur de la presse , en descendant sur le ballot de papier, passe entre les quatre barres de fer, ou bien il est percé de quatre trous pour admettre ces barres.
- L’auteur assure que ces appareils ont l’avantage de tenir le papier comprimé aussi long-temps qu’on le désire sans interrompre le jeu de la presse , chaque balle étant enlevée aussitôt qu’elle a été pressée j si 1 on trouvoit que le papier n’est pas assez comprimé, on le porte de nouveau et sans embarras sous la presse, et ou répète la même opération.
- p.86 - vue 90/331
-
-
-
- (87 )
- 4°. Perfeclionnemens dans la disposition des séchoirs.
- On emploie dans les séchoirs ordinaires des châssis lourds et embarras-sans, garnis de cordes sur lesquelles on suspend les feuilles de papier; l’élévation et rabaissement de ces châssis sont un travail pénible et très-fatigant.
- M. Bramahy en perfectionnant leur construction, se dispense d’employer des hommes dans les séchoirs il suffit de femmes et d’enfans, qui peuvent, avec la plus grande facilité, suspendre et changer les feuilles de papier destinées à être séchées.
- Pour cet effet, 1 auteur construit un certain nombre de châssis en bois à claire-voie, garnis de cordes ou de fils de fer, sur lesquels on suspend les feuilles de papier. Ces châssis , qui sont d’une longueur proportionnée à l'étendue de l’atelier, forment deux ou plusieurs rangées, de manière à laisser des passages libres aux ouvriers. Leur hauteur est égale à la moitié de celle de l'étage dans lequel ils sont établis.
- On place, à une distance convenable de chaque châssis, des montans de bois contre lesquels glissent verticalement les châssis dont les angles sont entaillés ; ils sont suspendus par des cordes passant sur des poulies, et garnis de contre-poidsde manière que , lorsque l’un des châssis s’élève , l’autre descend sans effort, et vice versd. Ainsi les ouvriers , des enfans même , pourront facilement atteindre les châssis , les garnir de feuilles de papier , et les tenir à leur portée , en commençant à l’une des extrémités. Comme ces châssis se meuvent dans une direction contraire, l’un descendant tandis que l’autre s’élève, le séchoir peut recevoir une plus grande quantité de papier qu’en employant le procédé maintenant en usage.
- (Daclin).
- TISSUS.
- Rapport fait par J\I. Bardel, au nom du Comité des Arts
- mécaniques 9 sur des Mouchoirs de JîL teint de la fabrique de M, Paîfrêne ? de Cambrai.
- Les mouchoirs présentés par M. Paîfrêne sont tels qu’il des annonce dans sa lettre d envoi. Ces mouchoirs sont en pur fil, teint en couleurs solides, et fabriqués parles ouvriers qui font ordinairement la batiste. Son établissement a déjà été encouragé par LL. EE. les Ministres de l’Intérieur et des Manufactures et du Commerce. C’est à ces ministres et aux bontés multipliées de M. le baron JDuplander, préfet du département
- M 2
- p.87 - vue 91/331
-
-
-
- ( 83 )
- du Nord., qu'il doit d'avoir persévéré dans une entreprise qui offroit beaucoup de difficultés.
- En effet j on ne connoissoit en couleurs solides sur fil que le bleu ; M. Falfrêne est parvenu à obtenir toutes les couleurs.
- Nous devons dire cependant que M. Délogé, de Montpellier, très-habile teinturier , a réussi à teindre les fils de lin et de chanvre en rouge-violet et prune, et qu'il a pris, pour ces procédés, un brevet d’invention, le 6 mai i8c8 ; mais M. Falfrêne assure qu’il a obtenu ces mêmes couleurs il y a quinze ans, et qu’il en a versé dans le commerce à Rouen, où il étoit établi à cette époque. Il présente d’ailleurs le vert solide qui est, en fabrique, de nécessité absolue pour varier les couleurs, et que nous n’avons vu employé jusqu’à présent que dans les tissus de ce fabricant.
- Nous avons encore remarqué que la qualité des fils teints par ses procédés n’est point altérée , comme cela arrive presque toujours sur des fils fins , dont la force est affoiblie par les mordaus et. les manipulations réitérées de la teinture ; et ce qui le démontre, c’est l’emploi qu’on en fait pour la batiste , tissu admirable pour la beauté et la finesse , et qu’aucune fabrique étrangère n’a pu ravir jusqu’ici à l’industrie française.
- Nous nous sommes assurés de la solidité des couleurs du sieur Falfrêne par des essais multipliés. M. Roard, notre collègue, a soumis les échantillons déposés sur le bureau aux épreuves les plus rigoureuses. Elles ont résisté au débouilli du savon pendant un quart d’heure, épreuve plus forte que celle de rigueur, qui n’est que de cinq minutes. Ces mêmes échantillons ont été exposés à l’air et au soleil pendant un mois, et leurs couleurs ont résisté. Si d’ailleurs on fait attention que dans les ménages on n’emploie, pour nettoyer le linge de couleur, qu’un léger savonnage, on sera convaincu que cette teinture offre toute la solidité qu’on peut désirer.
- Ainsi, M Falfrêne nous donne le moyen d’employer le lin dans une infinité de tissus , concurremment avec le coton; ce qui, dans la nécessité où nous sommes de nous procurer cette dernière matière de l’étranger , est d’une très-grande importance.
- Les mouchoirs dont il s’agit peuvent servir pour la tête et pour cravates, à cause de leur finesse ; ils sont surtout fort utiles aux personnes qui prennent du tabac, et qui ne peuvent se servir des mouchoirs de coton. Des robes de ce genre trouvent aussi leur emploi,et peuvent remplacer les plus beaux tissus de coton.
- Ce qui prouve au surplus que cette entreprise n’est pas du nombre de celles que leurs auteurs vantent beaucoup et qui n’ont aucun succès, c’est le débit considérable que fait le sieur Falfrêne de ses mouchoirs j il a ceuî
- p.88 - vue 92/331
-
-
-
- (8g)
- métiers montés pour robes et mouchoirs en pur fil, et il ne peut suffire aux demandes. Nous tenons ces details du commerce : on peut y ajouter foi.
- Nous croyons, d’après cela , devoir proposer au Conseil de témoigner à M. Palfrêne sa satisfaction sur l’heureux résultat de ses recherches, et nous demandons que le présent rapport soit inséré au Bulletin de la Société.
- Adopté en Séance le 3 mars i8r3.
- Signé Bardel, rapporteur.
- Nota. Le dépôt général des mouchoirs de M. Balfrêne est établi rue des Jeûneurs, N0. i3, à Paris.
- ARTS C PI I M I Q U E S.
- Sur le Raffinage de l’Indigo-Pastel : extrait d’une Instruction sur l’art d’extraire l’Indigo du Pastel? par M. le Chevalier de Puymaurin ? imprimée par ordre du Gouvernement, 1813(1)*
- Précautions à prendre pour purifier la Fécule.
- Lorsque la fécule est verdâtre, on lui fait subir une première opération, dont celle qui est bleue 11’a pas besoin.
- On met cette fécule verdâtre dans un baquet, où l’on verse de l’eau dans laquelle on fait bouillir un peu de son. Il s’établit bientôt une fermentation pareille à celle qui a lieu dans les cuves des amidonniers j l’effet de cette fermentation est de détruire la partie verte et de donner une belle couleur bleue à la fécule.
- Cette fécule, ainsi que celle qui n’avoit pas besoin de cette fermentation préliminaire, sont portées dans une chaudière d’une grandeur proportionnée à la quantité d’indigo qu’on fabrique journellement dans l’atelier. Il faut que la fécule soit assez délayée pour qu’elle ne s’attache pas aux parois de la chaudière et qu’elle ne se brûle pas. On dispose aussi une seconde chaudière moins grande, des deux tiers que la première.
- En remplissant la chaudière, on a soin de laisser 4 pouces d’intervalle entre la liqueur et le bord de la chaudière, parce que, pendant l’ébullition, la liqueur pourroit se gonfler, dépasser les bords, et causer une perte considérable.
- (1) L'instruction que nous venons de citer indique, pour le raffinage de l’indigo-pastel, des moyens et des procédés nouveaux } qu’il nous paroît à propos d’exposer ici.
- p.89 - vue 93/331
-
-
-
- ( 9° )
- 'Procédé du Raffinage.
- Sur cent parties d’eau employées à délayer la pâte d’indigo , on ajoute trois parties de lessive de potasse caustique marquant 3 degrés à l’aréomètre ; on chauffe alors graduellement la chaudière , en ayant soin d’agiter continuellement la fécule avec un râble , pour l’empêcher de se précipiter et de se brûler.
- Quand l’eau a acquis une chaleur de 30 à 25 degrés, il s’élève du fond de la chaudière une écume d’une couleur gris-bleuâtre , qui entraîne avec elle toutes les parties fibreuses du pastel qui s’étoient précipitées avec la fécule *, elle enlève aussi en même temps les matières terreuses qui, inhérentes aux feuilles , en avoient été détachées par l’eau des macérations et qui s’étoient. précipitées après le battage. On retire avec soin cette écume , à l’aide d’un tamis emmanché d’un bâton de 18 à 20 pouces de longueur 5 placé au-dessous de l’écume.
- L’eau colorée s’écoule à travers le tamis; la matière grise , visqueuse , reste déposée sur sa surface : 011 la verse dans un baquet séparé ; on plonge de temps en temps le tamis dans l’eau fraîche pour en déboucher les pores. Sans cette précaution, la fécule resteroit sur le tamis avec l’écume grise. Cette opération dure environ une heure ou une heure et demie, selon le plus ou moins de pureté de la fécule. Dans cet intervalle, la chaleur augmente par degrés jusqu’à 8o° de Réau7nur. Il paraît alors sur la surface de la liqueur, de grosses bulles bleues de i5 à 14 lignes de diamètre, qui sont bientôt suivies cl’une écume d’une belle couleur bleue qui se forme à gros bouillons, sur la surface du liquide de la chaudière, comme la crème sur le lait bouillant. Il est nécessaire d’avoir à sa portée de l’eau fraîche pour arrêter une trop grande ébullition, et l’élévation du liquide au-dessus des bords de la chaudière. J’ai remarqué qu’en jetant de temps en temps quelques gouttes d’eau fraîche dans la chaudière, on accéléroit la formation de cette écume. Il faut continuer ce travail avec le plus grand soin, jusqu’à ce qu’il ne paroisse plus d’écume bleue , et faire boudl r encore la fécule pendant un gros quart d heure. O11 la verse ensuite dans un baquet séparé. La fécule se précipite bientôt; et huit à dix heures après, on fait écouler, par des robinets placés à différentes hauteurs, une eau de couleur rougeâtre, de mauvaise odeur, ayant l’apparence d’une lessive trouble qui, précipitée par la potasse, forme un dépôt terreux très-abondant»
- BSKHaa
- p.90 - vue 94/331
-
-
-
- ( 91 )
- AGRICULTURE.
- Ëxtrait d’un Rapport fait par Æ. Bosc, au nom du Comité* <*
- d’Agriculture , sur les Socs de charrue de M. de Musigny.
- Dans presque toute la France les socs de charrue se font en fer, ou en fer armé d’acier a la pointe et sur son bord tranchant.
- Dans le premier cas, ils s’usent très - rapidement, surtout s’ils sont employés dans des détritus de granit, de grès ou de cailloux. Dans le second, ils cassent souvent dans les terrains rocailleux, ou dans ceux qui n’ont point de profondeur.
- Plusieurs fois on a proposé de faire les socs en fonte grise ; mais les essais , quoiqu’ils aient eu des résultats satisfaisans, n’ont pas été suivis.
- Eu Angleterre, ces sortes de socs sont, à ce qu’il paroit, d’un usage presque général. On y coule même des charrues entières en fonte, et on les dit d’un excellent emploi.
- Un soc de fonte ne doit pas coûter le quart d’un soc de fer , et le sixième d’un soc de fer armé d’acier. De plus, s’il est de bonne fonte grise, il ne doit pas casser aussi souvent que ce dernier , pour lequel on n'emploie généralement que les aciers les plus inférieurs.
- Il est donc du devoir de la Société de provoquer, sous le rapport de l’économie, la substitution des socs de fonte à ceux de fer , et à ceux de fer armés d’acier.
- La dépense et la perte de temps qui résultent de la nécessité de recharger les socs dont la pointe s’est cassée, a dû engager à croire qu’il pouvoit être bon de la rendre susceptible d’être facilement remplacée dans ce cas, et par conséquent de faire les socs de deux pièces unies par un moyen quelconque. Aussi les ouvrages agronomiques anglais parlent ils de socs ainsi construits, et en voit-on plusieurs modèles au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris ; mais nulle part en France, à la connoissance du Comité d’Agricullure , on ne fait usage de socs de deux pièces. On préfère partout en avoir plusieurs de rechange pour les substituer à ceux cmi se sont cassés, et pouvoir attendre la réparation de ces derniers.
- M. de Musigny y propriétaire près Arnay, département de la Côte-d’Or, a soumis à une réunion de propriétaires et de laboureurs convoqués à cet eftet, des observations sur un soc de charrue en fonte, susceptible de recevoir un aussi grand nombre de pointes qu’on le juge à propos.
- 1 Ce soc est celui qui est usité dans le pays, et que l’on a coupé aux trois
- p.91 - vue 95/331
-
-
-
- ( 92 )
- quarts de sa longueur, pour pouvoir, au moyen d’une mortaise triangulaire et d’un tenon de fer, y placer à volonté les pointes de rechange, dont les unes plus longues, les autres plus courtes, se fixent avec une *fiche.
- Ces socs sont de deux grandeurs. Les uns pèsent 25 et les autres 20 livres 1 et leur prix moyen , avec neuf pointes , est de 12 francs.
- L’abonnement d’un cultivateur avec son maréchal, pour l’entretien du soc d’une charrue dans un sol caillouteux, est de 56 francs par an, selon M. de Musigny ; et la dépense annuelle de celui qu’il propose ne sera que de 2 francs dans le même espace de temps : d’où il conclut qu’il y auroit une économie de 2 3 millions par an à substituer par toute la France les nouveaux socs aux anciens , sans compter que l’on éviteroit la perte de temps qui a lien à l'époque des labours, lorsqu’un soc casse , et que le maréchal ne peut le réparer de suite, perte qu’il évalue à quinze jours par an pour chaque charrue. La facilité qu’offre le soc proposé de faire des labours plus ou moins profonds, dans des terres plus ou moins fortes, parla seule substitution d’une pointe à une autre , lui paroit un avantage incalculable^ mais il est facile de remplir le premier de ces objets, comme le prouve journellement l'expérience, en relevant la partie postérieure du soc, et le second en substituant un soc plus résistant, comme cela se fait souvent dans les exploitations bien montées.
- Le procès-verbal dressé par la réunion dont il a été question ci-devant f constate que le soc de M. de Musigny, dans un terrain compacte , a labouré à 17 pouces de profondeur, en n’employant guère plus de force qu’il n’en faut pour le jeu de l’ancien soc dans les labours ordinaires qui sont quatre à cinq fois moins profonds.
- M. Caumartin, maître de forges à la Canche, et membre de la Société, en envoyant au Conseil le mémoire de M. de Musigny et le dessin de son soc, appuie sur la nécessité de faire le tenon en fer, et observe que dans un terrain caillouteux le train de la charrue a cassé plutôt que la pointe du soc, et que dans un terrain sablonneux, où les socs en fer ne durent pas deux jours, ceux en fonte étoient encore entiers après quinze jours de
- service.
- Les Comités d’Agriculture et des Arts mécaniques réunis, qui ont été chargés de l’examen comparatif des avantages et des ineonvéniens de ce soc de fonte à pointe mobile, pensent qu’il est à désirer, à raison de l’économie et de la plus grande durée, qu’on les emploie dans les terres composées de sables onde graviers quartzeux très-usam; mais il observe que, si les socs en fer sont rarement bons, on ne peut guère espérer que ceux en fonte le1:
- seront
- p.92 - vue 96/331
-
-
-
- '( 9^ )
- seront constamment partout comme ceux qui ont été coulés par M. Cau-martin. Les fontes blanches* si cassantes, sont plus communes en France que les autres* et il n’est pas facile à un cultivateur de les distinguer des grises lorsqu’elles sont fabriquées. Il est probable que c’est cette variation dans la qualité de la fonte qui a empêché partout* hors l’Angleterre* où son affinage est si perfectionné* d’en couler des socs. La cherté des combustibles permet-elle d’améliorer suffisamment la fonte provenant des hauts fourneaux? et des fourneaux à réverbère pourront-ils être établis partout où il en seroit besoin? Les obstacles provenant de ces deux causes peuvent paroître, à quelques personnes , faciles à lever, mais ils ne le sont pas pour ceux qui sont habitués à observer les progrès des arts industriels.
- L’idée de M. de Musigny > de rendre son soc susceptible de recevoir à volonté des pointes de différentes longueurs * grosseurs et formes * ou une semblable lorsque celle qui y étoit s’est cassée, offre encore quelques difficultés pour l’exécution en grand. Par exemple : i°. la mortaise peut-elle toujours être assez bien ajustée pour recevoir le tenon sans qu’il y vacille ? Or, un vacillement d’un quart de ligne suffiront pour rendre le tirage des chevaux quatre fois plus pénible ; 2°. les bords des deux pièces à leur jonction peuvent ils toujours offrir une rigoureuse concordance? Or, un quart de ligne de différence en moins dans ceux de la pointe* augmenteront la résistance d’une manière incalculable.
- Les Comités pensent qu avec des soins on peut affoiblir l’influence de ces circonstances; mais* d’abord, doit-on espérer qu’on les apportera dans une fabrication étendue et nécessairement aussi économique que possible ? et ensuite n’est-il pas de principe* en mécanique* que les instrumens qui fatiguent le plus gagnent toujours à être d’une seule pièce, et en est-il beaucoup qui fatiguent moins qu’un soc de charrue?
- D’après ces considérations, les Comités pensent que l’introduction des socs de charrue en fonte de deux pièces ne procureroit pas à l’agriculture des avantages aussi grands que le présument les personnes qui les ont proposés.
- Note sur les nouveaux Semoirs de M. de Fellenberg»
- On sait que l’abondance des récoltes dépend en grande partie de la manière d’ensemencer les terres* En général * on devroit semer dru dans celles de mauvaise qualité* et clair dans les bonnes ; les grains devroient être enterrés tous à la même profondeur* et se trouver à des distances égales entre eux. Un habile semeur pourroit* à la rigueur * remplir la
- Douzième année. Avril i8i3. N
- p.93 - vue 97/331
-
-
-
- ( 94 )
- première de "eçs conditions , mais jamais îa seconde. La plupart des grains semés à la volée restent à la surface du sol , et sont dévorés par les oiseaux , ou périssent par l’effet de la gelée ou de la sécheresse; d’autres ne lèvent pas , parce qu’ils sont enterrés à une trop grande profondeur, ou se trouvent tellement rapprochés qu’ils se nuisent mutuellement dans leur accroissement 3 cl autres , enfin , sont si éloignés l’un de l’autre qu'ils favorisent la propagation de l’ivraie.
- Pour* remédier à ces inconvéniens, on a imaginé de faire exécuter les sema i]es par machines, au lieu de les faire faire par les hommes. Ces machines, qui ont été essayées avec quelque succès en Angleterre, en France, en Allemagne, et surtout en Suisse, ont produit une économie d’un et même des deux tiers sur la semence, suivant la nature du sol, des récoltes plus abondantes, et de la paille plus forte et plus longue.
- De semblables résultats ont été obtenus à Hofwyl depuis douze ans; mais les machines qu’on y a employées étant trop compliquées, trop fragiles, et surtout trop chères pour le laboureur, ne produisant d’ailleurs pas tous les effets qu’on s’cn étoit promis, M. de Fellenberg^ construire des semoirs destinés, soit pour des graines très-menues, soit pour despois et des fèves, soit enfin pour les diverses espèces de graines céréales. Cependant ees instrumens étoient loin de remplir toutes les conditions exigées , savoir : de semer en même temps des grains de toute espèce et grosseur, à telle profondeur qu’on le jugeroit à propos, en rayons plus ou moins espacés, et en quantité pins ou moins considérable sur un champ d’une étendue donnée; par exemple, de semer la graine de trèfle en meme temps que d’autres graines céréales, de manière que le trcflc puisse lever entre les rayons de blé, et qu’après îa récolte de ce dernier , le champ en soit suffisamment couvert.
- M. de Fellenberg, considérant que la solution de cet intéressant problème auroit une influence utile sur l’agriculture en général, et sur celle de la Suisse en particulier, fit exécuter sur un principe entièrement nouveau , un semoir qui se distingue, suivant lui, par sa solidité, sa simplicité et son bas prix, et à l’aide duquel deux hommes et un cheval peuvent ensemencer chaque jour 4oo,OCO pieds carrés , c’est-à-dire, 10 arpens de Paris.
- Comme il est dans l’intention de faire construire un grand nombre de ces semoirs, il invite tous ceux qui désireroient s’en procurer à venir les examiner et les faire essayer chez lui par des cultivateurs exercés.
- M. de Fellenberg assure que s’il reçoit de nombreuses commandes, il pourra les donner à si bas prix , qu’on sera indemnisé des frais d’acquisition dès la première année, soit par l’économie sur la semence, soit par de plus abondantes récoltes.
- p.94 - vue 98/331
-
-
-
- (95)
- Dans trois mois, suivant le nombre des souscripteurs, il fera connoître !c prix de ces instrumens ; après ce temps on sera libre de retirer sa demande si le prix paroissoit trop élevé. Ceux qui désireront être maintenus sur la liste des souscripteurs, devront s’expliquer sur le genre de semoirs qu’ils veulent employer. Il en est de trois espèces , savoir :
- i°. Les semoirs qui servent pour le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, l’épautre, le chanvre, les vesces, les pois, les fèves, le maïs, les betteraves et les carottes.
- 2°. Ceux destinés à semer avec ces grains la graine de trèfle, et qui en outre sont susceptibles de semer en rayons plus ou moins espacés, le pavot, les raves, le colza , etc.
- 3°. Enfin ces mêmes semoirs, garnis d’un odomètre, ou instrument propre à mesurer exactement l’étendue de terrain parcouru et ensemencé.
- ( Dacli n).
- Notice sur la Pyrale et autres insectes qui nuisent aux vignobles ,* par M. Bosc.
- La chenille de la pyrale de la vigne, que j’ai le premier signalée aux naturalistes et aux cultivateurs, dans les Mémoires de l’ancienne Société d’Agriculture de Paris, est généralement connue sous le nom de ver de La vigne; elle semble, chaque année, multiplier de plus en plus ses ravages * aussi est-ce sur la demande de beaucoup de propriétaires de vignobles que j’ai été chargé, par le Conseil d’Administration de la Société d Encouragement, de remettre sous les yeux du public un précis de son histoire, et des moyens les plus propres à arrêter sa multiplication.
- On reconnoit la chenille de la pyrale de la vigne à sa longueur, d’environ un centimètre, à la couleur noire de sa tête et verte de son corps, ainsi qu’à une tache jaune de chaque côté sur son col. Elle commence à se montrer, dans le climat de Paris , vers la fin de mai, plus tôt ou plus tard, selon la chaleur de la saison. Ses plus grands dommages ont lieu au milieu de juin, et elle disparoit au commencement de juillet. Si elle ne faisoit que ronger les feuilles , on auroit peu à s’en plaindre, quelque multipliée qu’elle fût, à raison de sa petitesse, de la courte durée de sa vie, de la grandeur et du nombre des feuilles de la vigne*, mais son instinct la porte à rouler ces feuilles, pour se mettre à l'abri des rayons du soleil et des recherches de ses ennemis5 et, pour y parvenir plus facilement, elle les
- N 2
- p.95 - vue 99/331
-
-
-
- ' ( 96 )
- fait faner en en rongeant à moitié le pétiole (la queue ). Lorsqu’une feuille où elle s’est établie, se dessèche , par suite de la blessure du pétiole, elle en va chercher une autre; ainsi, une seule de ces chenilles peut occasioner la mort de beaucoup de feuilles, ce qui affoibïit les ceps, empêche le raisin de grossir et de devenir sucré. Il arrive souvent que toutes les feuilles sont ainsi coupées , avant leur entier développement ; alors il n’y a pas de récolte , et celles des années suivantes sont moindres.
- Ce n’est pas tout , croyant sans doute attaquer un pétiole, elle ronge sou vent un pédoncule ( la queue de la grappe). Dans ce cas* si la grappe ne se dessèche pas , au moins ses grains restent petits et sans saveur.
- Lorsque la plupart des feuilles sont entamées , toutes les grappes ne tardent pas à l’être, parce qu’elles se trouvent au bas du cep, et que c’est par-là que commencent les dégâts de cette chenille.
- Les oiseaux, les insectes, les accidens, font sans doute périr beaucoup de chenilles de pyrales; mais il n’y a que les temps froids et humides qui en diminuent le nombre dune manière remarquable, en leur donnant la dyssenterie.
- Ilne seroit ni facile ni économique de détruire ces chenilles à la main, en ce que toutes les feuilles contournées n’en contiennent pas, et qu’elles se laissent tomber dès que le plus petit attouchement de la feuille où il s’en trouve leur fait craindre le danger. Couper rapidement les feuilles contournées et les faire tomber dans un panier, seroit un remède pire que le mal * il vaudroitautant les arracher toutes, parce qu’on seroit alors assuré, au moyen du sacrifice d’une récolte et demie, de voir périr les chenilles de faim, et d’éteindre leur race pour long-temps. Je dis une récolte et demie, parce que cette opération étant faite de bonne heure, il repousseroit de nouvelles feuilles qui assureroient quelques produits pour l’année suivante.
- Mais si le cultivateur ne peut pas agir utilement sur les chenilles, il le peut sur les insectes parfaits qui en proviennent, et qui paraissent vingt-cinq jours après qu’elles se sont transformées en nymphes dans les dupïi-catures des feuilles.
- Ces insectes parfaits, vulgairement appel èspapillons de nuit, teignes, etc., sont de la grandeur de l’ongle du petit doigt, ont leurs ailes d’une couleur fauve verdâtre, avec trois bandes obliques brunes. C'est en juillet qu’ils abondent le plus. Pendant le jour ils se tiennent collés sur les ceps ou sous les feuilles, d’où ils s’envolent au moindre danger. C’est à la brune que le mâle recherche la femelle. Ceux qui sortent plus tôt sont la proie des hirondelles et autres oiseaux insectivores ,
- p.96 - vue 100/331
-
-
-
- ( 97 )
- Il seroit aussi difficile et aussi coûteux de rechercher* avec la main ou avec des instrumens appropriés à cet effet* les pyrales de la vigne que leurs chenilles* dans le but de les tuer une à une* mais elles ont* comme la plupart de leurs congénères * une grande propension à se porter vers la lumière pendant la nuit ; toutes les fois qu’elles voyait un peu de flamme* elles y volent et s’y brûlent* comme les teignes de nos appar-temens se brûlent à la chandelle; et chaque femelle qui périt ainsi * donnant lieu de ne plus craindre pour l’année suivante les ravages et la multiplication de plus de cent individus* on doit croire qu’il ne s’agit que d’opérer un peu en grand pour obtenir des résultats avantageux et certains.
- Le premier qui a pratiqué à ma connoissance* en grand* cette méthode de détruire la pyrale de la vigne* est M. Roberjot, curé dans les environs de Mâcon. Il m’a mandé que le succès avoit passé ses espérances. Depuis* on en a fait usage dans plusieurs des vignobles de la ci-devant Champagne * de la ci-devant Bourgogne et du ci-devant Dauphiné * et on s’en est également plus ou moins bien trouvé. Cependant* elle est loin d’être générale* et ce n’est qu’au tant qu’elle le sera qu’on en obtiendra des résultats vraiment utiles en ce qu’ils seront durables.
- Sans doute toutes les pyrales de la vigne 11e viennent pas au feu * mais c’est beaucoup que le plus grand nombre le fasse. Ce ne sont pas quelques milliers de chenilles qui nuisent à un vignoble de quelque étendue ; il en faut des millions pour que leurs dégâts soient appréciables. En répétant la même opération toutes les années* lors même qu’il y a peu de ces insectes* on doit espérer d’en diminuer assez le nombre pour arriver au but ; mais ce n’est qu’autant que la plus grande partie des propriétaires* même tous les propriétaires* l’exécutent simultanément* qu’il est possible d’opérer un grand effet * et il n’est pas toujours facile de les y engager* la plupart voulant s’épargner la dépense et l’embarras des feux , ou n’étant pas convaincus de leur utilité.
- Quand on considère l’importance de certains vignobles* on a lieu de gémir de ce refus des propriétaires * qui non-seulement agissent contre leurs vrais intérêts * mais contre ceux de la société en général ; et on se demande s il ne seroit pas plus juste de les forcer* par des règlemens de police rurale* à concourir à la destruction des pyrales de la vigne qu’à celle des chenilles communes * qui ne sont nuisibles qu’à quelques arbres fruitiers* aux arbres des routes et aux haies.
- Que coûteroieiit donc des feux de broussailles* d’herbes sèches* d’un décimètre de diamètre* établis de 100 mètres en 100 mètres* dans les
- p.97 - vue 101/331
-
-
-
- ( 9» )
- lieux les plus appareils, au-dessus et au-dessous des vignobles , feux qu’on n’entretiendroit qu’une heure chaque fois à l’entrée de la nuit , pendant dix à douze jours au plus ? Ils n’auroient même pas lieu les jours de pluie ou de grand vent, parce que les pyrales restent alors fixées. L’important est qu’on choisisse le moment et le lieu le plus convenable, et que ces feux offrent une flamme tourbillonnante.
- Ces deux circonstances de la pluie ou du vent, à cette époque 3 sont les causes principales de la diminution naturelle de ces insectes; car, comme ils ne mangent point, ils périssent sans se multiplier, lorsqu’ils ne peuvent pas s’accoupler dans les trois ou quatre premiers jours qui suivent leur dernière métamorphose.
- De plus grands développemens sur cet objet seroient sans doute superflus, puisqu’il ne s’agit que de donner l’éveil aux propriétaires , le temps précis de la naissance des pyrales et les détails des procédés pour les détruire devant nécessairement varier suivant les lieux.
- Les autres insectes qui nuisent aux vignes sont, dans l’ordre de l’importance des pertes qu’ils occasionent, soit en France, soit ailleurs:
- i°. La teigne de la vigne ; elle attaque le grain lorsqu’il est à moitié de sa grosseur, et va de l’un à l’autre au moyen d’une galerie de soie. On la dit très-commune dans les vignobles du midi. Elle est rare dans ceux des environs de Paris.
- 2°. La teigne du raisin ; c’est aussi de grains de raisin dont elle vit ; mais elle entre dedans , à la même époque que ci-dessus, et en attaque rarement plus d’un. Je ne l’ai jamais renCxOntrée aux environs de Paris ; mais il résulte d’un mémoire envoyé à la Société , et dont un extrait a été inséré dans son Bulletin, qu’elle cause de grands dommages aux vignes des environs de Constance.
- Les feux de flamme sont aussi le meilleur moyen d’empêcher la reproduction de ces deux insectes qui s’y portent avec la plus grande ardeur. M. le baron de Fahnenbergnous apprend que, pour garantir les vignes des environs de Constance de la dernière, on râcle l’écorce des ceps, où sont déposés les oeufs dont doivent sortir les chenilles.
- 3°. Les attelabes vert et cramoisi, connus aussi sous les noms de bec~ mare, d’urbec, sont reconnoissables à leur belle couleur d’or. Leurs larves coupent aussi les pétioles des feuilles pour les faire faner et pouvoir plus facilement les rouler. C’est principalement aux vignes du midi de la France qu’elles causent le plus de dommage. Rechercher l’insecte parfait sur les feuilles et les bourgeons au moment où il est accouplé ou qu’il
- p.98 - vue 102/331
-
-
-
- ( 99 )
- dépose ses œufs, est le moyen le plus certain d’arrêter sa multiplication ; mais ce moyen est long , coûteux et incomplet : long, parce que cet insecte se laisse tomber dès qu’on approche de lui, et qu’il faut revenir plusieurs fois à la même place ; coûteux, à raison du grand nombre et de la nécessité de le rechercher pendant quinze à vingt jours 3 incomplet, parce qu’il en échappe toujours beaucoup.
- On a proposé, il y a long-temps, de couper les feuilles contournées où sont renfermées les larves, pour les brûler jet celte opération, malgré ses inconvéniens relativement à la production en vin de l’année et des suivantes, peut s’exécuter avec plus de succès que pour la chenille de la pyrale , puisqu’il y a souvent plusieurs de ces larves dans les duplicatures de la même feuille , et qu’elles restent immobiles quand on la coupe.
- 4°. L’eumolpe de la vigne a une forme analogue à celle des précédons j mais il est noir, avec les élytres rougeâtres, On l’appelle vulgairement coupe-bourgeon c’est des bourgeons ou des jeunes pousses encore herbacées dont il se nourrit; et, pour cela, il les coupe à moitié, et les fait périr en entier. 11 mange aussi les grappes. Les dommages qu’il cause sont quelquefois très-considérables aux environs de Paris, et encore plus dans le midi.
- 5°, Le charançon gris est presque globuleux, et d’une couleur grise variée dans ses nuances. Il dévore aussi le bourgeon, mais c’est au moment où il sort du bouton, ce qui s’oppose à son développement et à la production des grappes. Il fait plus de tort aux arbres fruitiers qu’à la vigne aux environs de Paris; mais dans le midi, il est, dit-on, un de ses plus grands fléaux.
- Ces deux derniers insectes ne peuvent être détruits qu’un à un et à la main, mais leur recherche est moins difficile et plus assurée que celle des précéder-s.
- 6°. Les deux sphinx de la vigne, c’est-à-dire , le sphinx elpenor et le sphinx porcellus , proviennent de chenilles grosses comme le petit doigt ± et qui consomment par conséquent beaucoup • mais d’un côté elles sont rares , et de l’autre elles se tiennent au sommet des bourgeons ; aussi sont-elles peu à redouter des vignerons.
- 70. J’aurois encore à parler de la cochenille de la vigne , laquelle seroit sans doute souvent la cause de la perte complète de ses produits , si la taille annuelle à laquelle on soumet la vigne ne s’opposoit à sa multiplication, a raison de ce qu’elle ne peut vivre que sur le jeune bois. Peu de vignerons la connoissent, quoiqu’elle soit quelquefois fort abondante sur les vignes abandonnées.
- p.99 - vue 103/331
-
-
-
- if 100 )
- Tel est le tableau des insectes qu’ont le plus à craindre en France les propriétaires de vignes. Tous, excepté un, ont été souvent observés par moi^ ainsi je puis garantir l’exactitude des faits et la possibilité de l’exécution des moyens de destruction que je propose.
- ERRATUM.
- Bulletin N°. CV, page 55, ligne 23 f au lieu de, M. Barnet, consul des Etats-Unis à Paris; lisez t consul des Etats-Unis au Havre.
- À Paris, de l’Imprirnerië de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE), rue de l’Eperon Saint-André-des-Arts, N°. j.
- p.100 - vue 104/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. (N®. CVIT.) MAI i8i5.
- BULLETIN
- DELA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’un Instrument pour découper > avec une grande économie de temps et de dépense , des Colonnes cylindriques ou coniques et des tuyauæ dans un bloc solide de pierre, de bois ou de toute autre matière $ par M. George Wright (1).
- La machine dont nons offrons ]a description à nos lecteurs , paroit aussi simple qu’expéditive; et quoiqu’elle soit déjà exécutée depuis quelques années, elle n'en mérite pas moins de fixer l’attention des artistes. Il est même à notre connoissance qu’un marbrier de Paris, demeurant rue Pavée, au Marais, l’emploie avec succès pour découper des colonnes et des tuyaux de marbre.
- Le but de cette invention, pour laquelle il a été délivré à M. Wright un brevet, en date du ùo mars i8o5, est de former des colonnes et des tuyaux de différons diamètres , ainsi que des pièces cylindriques ou circulaires en pierre, en bois ou d’autres matières; des chenaux, des gouttières , des mitres de cheminees , des conduites d’eau , des ornemens gothiques, des demi-cercles, des ovales, des réunions de cercles et d’ovales avec des courbes inverses, etc. , en évitant le travail très-long et très-fatigant de tailler et de creuser ces objets.
- L auteur emploie, pour cette opération, une ou plusieurs scies ou d autres mstrumens tranchans qui se fixent dans des mortaises taillées au centre de la pierre, et parcourent la circonférence de chaque cercle ou ovale donné.
- (i) Extrait du vol. 8 , seconde série, du Repertory of Arts and Manufactures.
- Douzième année. Mai i8i3. O
- p.101 - vue 105/331
-
-
-
- C J02 )
- \>&jig. ire. , PL 97, représente la machine destinée k forer verticalement le bloc de pierre ou de bois A. On commence par percer le bloc d’un ou de plusieurs trous servant de centre de mouvement aux sciés ; on peut employer pour cette opération toute espèce de foret. On pratique de la même manière d’autres trous à des distances déterminées , suivant le diamètre des colonnes , des tuyaux ou d’autres pièces qu’on se propose de taire ; c’est dans ces trous qu’on commence à faire agir les scies.
- C’est la tige creuse dans laquelle on introduit la mèche B du foret qui tourne verticalement.
- LesJig. i y 3 et 4 représentent des scies destinées à découper les pierres dans lesquelles des trous ont été préalablement percés. Les lettres EFG .indiquent les pierres, et les lettres c > e, h les lames des scies.
- On voit dans \^fig> 2 une scie découpant la colonne ou le tuyau qu’on désire de former , et la manière dont elle agit, b est l’axe de la scie qui est introduit dans un trou pratiqué au centre du bloc de pierre. Les lignes ponctuées a a désignent des traits que la scie n’a point, encore commencés.
- La jig. 3 représente une scie destinée à découper la pierre selon différentes courbes. Pour cet effet il est inutile d’employer préalablement le foret, ^/'représente la ligne courbe qui n’est point encore achevée par la scie ; g g les supports des branches de cette scie.
- Ces deux figures font voir comme sont assemblées les scies qui agissent sur le même principe.
- La fig. 4 représente une scie qui agit circulairement dans le bloc de pierre sans avoir un centre de mouvement, c’est-à-dire, sans qu’il soit nécessaire d’y pratiquer auparavant des mortaises de chaque côté.- La lettre i indique les traits que la scie a parcourus.
- L’invention de M. Wright est susceptible d’applications utiles et de diverses modifications que les circonstances peuvent exiger.
- ( Daclin. )
- Description d’un Laminoir, au moyen duquel on peut fabriquer très-promptement des lames de couteau , de rasoir, de
- ciseaux et d’autres instrumens tranchans, ainsi que des limes
- et des clous $ par M. Wv Bell (i).
- L’auteur emploie, pour la fabrication de ces outils, un laminoir qui ne diffère de ceux dont on se sert pour laminer le fer, l’acier, l'argent, le cuivre et d’autres métaux ductiles, que par la forme des cylindres.
- (i) Extrait du p. volume } seconde série , du Repertory of Arts and Manufactures.
- p.102 - vue 106/331
-
-
-
- pl.97 - vue 107/331
-
-
-
- ( «5 )
- Ces cylindres sont montés dans un châssis AA 3fg-5, PI. 97, et sont faits -en fonte de fer , en fer battu ou en acier ; on les dispose parallèlement l’un au-dessus de l’autre. Le cylindre K porte des entailles circulaires pour former les lames de couteau • le cylindre 1, dont on voit la coupe en Lj est légèrement cannelé. On fait passer entre ces deux: cylindres, soit à chaud, soit à froid, des plaques d’acier, de fer ou de tout autre métal , et d’une épaisseur suffisante; la pression des cylindres et leur mouvement de rotation sur leur axe, opèrent la formation des lames de couteau qu’on voit à plat en B et en coupe en C. On peut obtenir par le même moyen, et avec la plus grande facilité , des clous de fer ou de cuivre M sur lesquels on façonne ensuite les têtes, et une variété d’outils dont les dimensions ne sont pas trop fortes, tels que fourchettes, limes, etc. Pour faire ces dernières, l’auteur en grave la forme sur la surface des cylindres, et fait passer dessous des plaques qui, étant finies, se trouvent cannelées sur leur longueur comme on le voit en D et E. On sépare ensuite chaque lime avec des cisailles appropriées à cet objet, et on les finit à la main; les lettres fg représentent les limes ainsi achevées.
- (,Daclin. y
- Extrait d’une Notice sur le Cardage et la Filature de la Laine par mécaniques , et principalement sur V'Etablissement de ce genre > formé à Fougères , près Contres, département de Loir et Cher.
- La filature de la laine réclamoit depuis long-temps un système plus facile et plus économique. Mais les artistes et les savans qui s’en occupoient, trouvoient dans la nature même de la laine , un obstacle presque insurmontable. On le concevra aisément, si l’on fait attention à la différence qui existe entre la laine et les matières végétales susceptibles d’être filées.
- En effet, chaque poil ou brin (s’il est permis de s’exprimer ainsi) de coton, de chanvre ou de lin, a une flexibilité, une douceur au toucher, qui annonce que sa surface est lisse, et que rien ne peut s’opposer à sa jonction et à son adhérence avec le poil ou brin voisin, quand ils sont tournés l’un sur l’autre , dans quelque sens que ce soit.
- Mais pour la laine, chacun sait qu’elle éprouve habituellement une déviation de la ligne droite, et que naturellement elle se contourne et se frise. La cause de cette disposition de la laine a été long-temps un mystère pour les savans. La nature même de sa surface échappoit aux expériences microscopiques. Enfin, des réflexions et des observations réitérées ont
- O 2
- p.103 - vue 108/331
-
-
-
- ( J°4 )
- prouvé que cette surface étoit composée de lamelles ou écailles assez rudes , et superposées de la racine à la pointe, ce qui donne au poil de laine , quand il est agité, un mouvement progressif de la pointe à la racine, et jamais de la racine à la pointe (i).
- D’après cela, il est facile de concevoir que, quand les poils qui doivent former le fil de laine se trouvent placés l’un à côté de l’autre, ou l’un autour de l’autre , mais dans le même sens, il est physiquement impossible que leurs écailles ou lamelles s’accrochent ensemble, et que l’on puisse en composer un fil solide. Or, la solidité du fil pour la fabrication des étoffes de laine est l’objet le plus important, puisque c’est d’elle que dépend le plus ou moins de temps que l’ouvrier met à tisser une pièce, et l’abréviation des opérations postérieures.
- Ainsi le problème à résoudre pour changer l’ancien procédé de filer la laine , ne consistoit pas seulement à trouver un moyen de faire beaucoup de fils à la lois, ou de les faire plus égaux ou plus fins que ceux qui proviennent de la filature à la main (car il est constant que l’on peut faire à la main du fil aussi beau et presque aussi égal que celui produit par les métiers mécaniques mais il falloit parvenir à donner aux fils cette solidité indispensable, que les plus beaux fils faits à.la main ne peuvent offrir que très-rarement, et avec beaucoup de peine et de travail.
- Pour réussir, il étoit donc nécessaire que le carclage préliminaire , divisant, agitant, et retournant mille et mille fois les poils de laine, les plaçât enfin de manière à ce que , pour ainsi dire, aucun poil ne se trouvât couché dans le même sens que son voisin, afin qu’ils pussent immanquablement s’accrocher l’un à l’autre.
- Or, r ancienne manière de carder ne pou voit que très - difficilement atteindre ce but. En effet, d’après la forme de la carde employée jusqu’à présent, il est constant que si l’on divise les poils de laine entre eux, l’ouvrier qui travaille toujours dans la même direction, finit par les remettre assez souvent dans le même sens, et il est probable que c’est là qu’il faut chercher la cause principale de la fréquente rupture des fils provenant
- (i) Voyez à ce sujet le mémoire de M, Monge sur le feutrage. Tout ie monde peut constater la vérité de cette observation par une expérience bien simple. Prenez un poil de laine bien sec, placez-le entre le pouce et l’index , et faites glisser les doigts alternati-sement l’un sur l’autre. Vous verrez le poil prendre un mouvement progressif, dans le sens de sa longueur, et toujours dirigé vers la rafcrne. Ce mouvement ne tient pas à la contexture de la peau des doigts ; car, si vous retournez le poil en mettant la pointe à la place de la racine , le mouvement aura lieu en sens contraire , c’est-à-dire , qu’il sera toujours dirigé vers la racine,
- p.104 - vue 109/331
-
-
-
- ( i*5 )
- de cg eardage. Pour obvier a cct inconvénient , les constructeuis des nouvelles cardes les ont composées d’un gros cylindre autour duquel tournent, en différons sens, plusieurs autres cylindres (i). Il en résulte que les poils entraînés par le mouvement circulaire , portés et reportés de tous les côtés 5 ne peuvent se retrouver dans la position où on les a placés d’abord, que par un très-grand hasard. Le mouvement naturel et progressif de la pointe à la racine, s’opérant simultanément par tous les poils qui sont placés dans tous les sens , il est indubitable qu’ils s’accrochent les uns aux autres par leurs aspérités, et qu’ils acquièrent une force d’adhérence qui rend leur filature à la fois plus facile et plus solide que celle opérée par l’ancienne méthode.
- Ces nouvelles cardes produisent donc un effet d’autant plus certain, que d’après les principes ci-dessus établis, elles sont dans une harmonie plus parfaite avec la nature même de la matière qu elles mettent en oeuvre. On doit sentir que leur construction doit être faite avec une précision extrême, et que la conservation et le rapport entre elles de toutes les parties qui les composent, doivent être surveillés avec le plus grand soin. Les nouveaux métiers à filer sont, à cet égard, d’excellens contrôleurs de la carderie, et l’on va voir pourquoi.
- Dans l’ancien système de filature , il est à peu près indifférent à la fileuse que la laine soit bien ou mal cardée. Le peu de distance qui existe entre le rouet et la main de la fileuse, le peu de longueur du ploquet , permettent aux laines les moins unies entre elles de s’assembler et de former un fil dont rien ne constate la force, puisqu’il n’éprouve ni tirage ni longue portée dans le sens horizontal. Dans le système des nouveaux métiers, au contraire, un ploquet mal cardé ne peut supporter ce tirage , ni la portée horizontale que nécessite le travail de ces métiers , et qui s’étend habituellement à une longueur de 10 pieds. Tout ploquet qui offre des parties foibles casse immanquablement ; le fileur est obligé de les réformer, et de ne conserver que les parties suffisamment unies pour constituer un fil qui ait la résistance convenable. Pour abréger le travail du fileur, le chef de la filature est donc obligé d'entretenir ses cardes dans le meilleur état possible.
- La conséquence de ce qu’on vient de lire est, que tout fil de laine qui , sans casser, a supporte un tirage et une portée libre de la longueur de io p;eds, doit immanquablement résister à l’opération du tissage, dans laquelle il n'éprouve qu’une portée moindre et soutenue ; il s’ensuit pareii-
- (i, l. .ffe ’>re;ntét'u a des rapports avec celle des cardes à coton j mais il a fallu combiner et créer les additions et forces que néce ssitoit la différence des matières à mettre en oeuvre.
- p.105 - vue 110/331
-
-
-
- ( ïûô )
- lement que l’ouvrier qui tisse avec ce fil, dont les ruptures sont très-rares* est beaucoup moins retardé dans le tissage de sa pièce qu’il ne l’est avec le fil fabriqué par l’ancienne méthode. L’économie du temps * à cet égard, est évaluée aux deux tiers* dans les villes manufacturières qui font usage des fils de cette nature* c’est-à-dire, que le tissage d’une pièce de drap* qui duroit autrefois vingt ou vingt-quatre jours , s’effectue en huit ou dix jours* quand on emploie la laine filée mécaniquement.
- On doit concevoir que l’économie * sur le prix du tissage* doit être en proportion de celle du temps* et que celte rapidité de fabrication met le fabricant dans le cas d’entreprendre plus d’affaires, par la certitude où il est de pouvoir fournir* dans un temps donné* une plus grande quantité de draps qu’il ne pouvoit le faire quand il employoit l’ancienne méthode de carder et de filer.
- Ce n’est pas la seule économie ni le seul avantage qui résultent du nouveau système. D’abord* par son moyen* les ruptures du fil ou tissage étant fort rares , l’épinçage est naturellement court et facile. De plus, par suite de la solidité des fils, le collage des chaînes exige beaucoup moins de colle qu’auparavant, et par conséquent le dégraissage des pièces s’effectue plus facilement et plus vite. S’il s’agit de laines mélangées, une machine particulière, faisant partie du nouveau système, opère le mélange des couleurs d’une manière à laquelle l’ancienne méthode n’a rien de comparable. Enfin* la force des fils procurant aux draps plus de qualité , le public leur donne naturellement la préférence sur ceux qui sont fabriqués* comme autrefois.
- On seroit étonné si l’on connoissoit l’immense quantité de draps que* parle moyen de ces machines* deux ou trois fabricans de Veryiers fournissent annuellement au commerce et au Gouvernement, et celle de la quantité des laines que NanGi et les autres villes, qui n’ont pas d’établissemens de ce genre, ou qui n’en ont que d’insuffisans * envoient à Sedan* à Mouzon* à Reims* et jusque dans la Belgique (sans être arrêtés par les énormes frais de transport ) uniquement pour les faire filer par des mécaniques. C’est également à l’emploi de ces mécaniques* que Reims doit la fabrication prompte et constamment renouvelée de ses étoffes de fantaisie et de ses casimirs* dont elle fournit aujourd'hui la plus grande partie du Continent.
- Cette dernière ville sent tellement la nécessité pour elle des machines de ce genre, que, malgré les nombreux établissemens de cette espèce qu’elle possède déjà* ses fabricans sont disposés à offrir gratuitement des capitaux à celui qui pourra en créer un nouveau * pour l’aider dans son entreprise.
- Il est vrai qu’une des conditions qu’ils exigent* est que les cardes de l’éta-
- p.106 - vue 111/331
-
-
-
- ( 107 )
- blissement désiré soient mues par un cours d'eau, attendu que le travail des cardes mises en activité par l’eau produit des nappes et ploquets beaucoup plus égaux que celui des cardes tournées par des chevaux ou des boeufs. Quelque réglé que soit le pas des animaux, il est impossible qu’il ait cette égalité constante avec laquelle l’eau fait mouvoir une roue. Pour peu qu’ils retardent leurs pas, les ploquets sont trop chargés de laine, et pour peu qu'ils l’accélèrent, ces ploquets ont à peine le temps de se former, et sortent de la carde tellement éclaircis, que le fil qui en resuite, quoique solide, ne peut avoir la même grosseur que celui produit par les ploquets précédens ou suivans.
- Le propriétaire du château de Fougères , situé près de Contres, arrondissement de Blois, vient de le faire disposer de manière à y établir une filature dans le genre de celle désirée par les fabricans de Reims. Un cours d’eau qui fait tourner plusieurs moulins à blé, a été conduit dans l’intérieur, et procure cette égalité parfaite dans le mouvement des cardes qui est la base du bon cardasre.
- O
- Ces cardes et les métiers qui en dépendent sont faits par un des meilleurs mécaniciens de Paris, et leur construction, différente de celles des autres machines de ce genre connues jusqu’à ce jour, est le résultat des observations faites pendant six ans, sur les défauts des autres systèmes.
- Déjà une partie des vastes bâtimeos du corps de ce château est remplie de machines qui sont en activité • le surplus de ces bâtimens, et ceux des dépendances qui ont l’étendue ordinaire aux annexes des grands châteaux, peuvent renfermer autant de machines que les besoins de tous les fabricans des villes voisines pourront le requérir.
- Outre que rétablissement est dirigé par le propriétaire lui-même, il est mis en activité par un contre-maître qu’il a fait instruire dans une des principales filatures de France, du consentement du propriétaire de cette filature , et par les soins personnels du directeur.
- Les laines filées à Fougères sont mises en échets ou écheveaux. Chaque échet est composé de six cents tours du dévidoir dont la circonférence est d’un mètre 5o centimètres ( une aune un quart). Cette mesure est celle de Reims, d'Eibcuf, de Louviers, et forme juste la moitié de celle de Sedan. Il y a des échets simples et des échets doubles, qui se subdivisent chacun en quinze éche vettes ou perrots de quarante ou quatre-vingts tours , suivant que le fabricant le demande. Ainsi un échet simple contient 760 aunes, et un échet double en contient i,5oo.
- Cette base une fois connue , le fabricant peut facilement déterminer en combien d’échets il veut diviser la livre de sa laine. Si elle est bien nettoyée
- p.107 - vue 112/331
-
-
-
- ( >°S )
- d’avance, il peut savoir, en l’envoyant , la quantité d'aunes qu’il retirera.'
- Il y a cependant des laines qui ne peuvent pas se prêter à toutes les demandes ; et pour obvier aux inconvéniens qui pourroient résulter d’une erreur du fabricant à cet égard , on commence à la filature par essayer la laine • et si sa force et sa longueur ne répondent pas au désir du fabricant, on le lui écrit, et on lui demande de nouvelles instructions.
- Il en est de même des mélanges -, si le fabricant n’est pas certain de l’effet que doit produire celui qu’il indique, il l’énonce dans sa lettre d’enyoi , et le propriétaire de la filature fait des essais d’où il résulte un échantillon drapé qu’il fait passer au fabricant, qui alors se détermine ou à conserver, ou à changer les doses du mélange.
- La longueur des écheveaux ou échets étant uniforme, quelle que soit la finesse du fil, tous les échevaux ont un prix égal. Il en résulte que naturellement une livre composée de 8 écheveaux se paye plus cher que celle qui n’en contient que 4 ; mais ces différens prix ont entre eux une proportion régulière qui empêche que jamais le fabricant puisse éprouver aucun préjudice, parce qu’ils sont toujours en raison du nombre d’aunes qu’il reçoit.
- Par suite de ce principe, et pour procurer au fabricant les moyens de tirer de sa laine tout le parti qu’il désire en tirer, si cette laine n’avoit point la foi •ce nécessaire pour atteindre le degré de finesse qu’il faudroit lui donner pour passer complètement d’un numéro à un autre ; par exemple, si cette laine fixée à 3,000 aunes ou 4 échets ne pouvoit pas atteindre 3,75û aunes ou 5 échets, on établit une nouvelle proportion , et la filature se fait à 4 échets £ ou 4 échets ~ ( 3,25o aunes ou 3,5oo aunes ), suivant le désir du fabricant, et la force de la laine.
- Tels sont les principaux renseignemens que nous avons eus sur la filature de Fougères. Les fabricans qui, par la position de leur domicile, sont à portée de profiter des avantages que cet établissement présente au commerce, trouveront, sur le prix de la main-d’œuvre, tous les rensei-, gneznens désirables dans une notice publiée par le directeur.
- p.108 - vue 113/331
-
-
-
- ( ï°9 )
- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait d’un Rapport fait à la Faculté de médecine de Paris , sur Vemploi du Zinc pour fabriquer des ustensiles de cuisine ; par MM. Vauquelin et Deyeux.
- Tout le monde sait que, pour la plupart des usages économiques, les vases de cuivre sont assez généralement adoptés. La solidité de ce métal % la facilité avec laquelle il se prête à toutes les formes qu’on veut lui donner, et son prix qui n’est pas exorbitant, sont les motifs principaux qui, jusqu’à ce jour, lui ont fait donner la préférence sur les autres métaux. Mais en convenant de ces avantages, on ne peut se dissimuler qu’il offre des incon-véniens. En effet, sa disposition à s’oxider, celle qu’il a de se laisser attaquer par les acides, et surtout les qualités vénéneuses qu’acquièrent les sels auxquels il sert de base , ont de tout temps inspiré des inquiétudes, et fait naître le désir de trouver d’autres métaux qui, en réunissant les avantages appartenant au cuivre, fussent exempts des reproches fondés qu’on avoit à lui faire. Beaucoup d’expériences furent tentées d’après ces vuesj on crut même avoir atteint le but qu’on se proposoit, en couvrant la surface du cuivre avec de l’étain ; mais on reconnut bientôt que la couche de ce dernier métal, qui s’attachoit sur le cuivre , étoit si mince, telle précaution qu’on prît pour en augmenter l’épaisseur, que non-seulement elle étoit promptement usée , mais encore que le cuivre n’étoit jamais assez exactement étamé, pour qu’il n’en restât pas quelques points à découvert. Ce fait, facile à vérifier avec une loupe , a été constaté de la manière la plus exacte par Bayen, qui a prouvé en meme temps qu’un vase de cuivre de 9 pouces de diamètre , et de 3 pouces 3 lignes de profondeur, ne conser-voit, après l’étamage, que 21 grains d’étain. Or, il est aisé de concevoir qu’une aussi petite couche d’étain sur la surface d’un vase ayant les dimensions dont on vient de parler , ne doit s’opposer que faiblement aux agens qui ont de l’affinité avec le cuivre, et que bientôt cette couche doit être en partie détruite, soit par les frottemens réitérés qu’elle éprouve de la part des corps qu’on fait cuire dans les vases de cuivre étamé , soit par celui des instrumens employés à remuer ces corps pendant leur cuisson.
- Une fois convaincu de l’insuffisance de l’étamage, on pensa à substituer l’argent à l’étain. On proposa, en conséquence, de doubler les vaisseaux de cuivre avec des lames d’argent ; et comme on pouvoit donner à ces lames une épaisseur assez considérable, on acquit bientôt la certitude que des vases ainsi doublés pourroient servir à préparer les alirnens, sans Douzième année. Mai i8io. P
- p.109 - vue 114/331
-
-
-
- ( ”0 )
- offrir le moindre inconvénient pour la santé ; mais le prix de ce S vases étant beaucoup plus élevé que celui des vases faits avec le cuivre étamé, les personnes aisées furent les seules qui se déterminèrent à les employer , et les personnes peu fortunées 11e songèrent pas même à en faire usage.
- Tel étoit l’état des choses, lorsqu’en 1778 M. de la Folie , qui à Rouen s’oceupoit beaucoup de physique et de chimie , proposa de substituer aux vases de cuivre étamés avec l’étain, des vases de fer étamés avec du zinc.
- Trois motifs principaux le déterminèrent à faire cette proposition :
- i<>. Parce que, ainsi qu’il le croyoit, le zinc n’étoit pas malfaisant ;
- 20. Parce que le prix des vaisseaux de fer étamés avec le zinc, n’étoit pas très-élevé;
- Enfin, 5°. parce que l’étamage avec le zinc étant plus dur, plus solide et plus épais que celui fait avec l’étain, il devoit durer plus long-temps.
- Les expériences citées par M. de la Folie, pour appuyer les avantages de son étamage, parurent d’abord si concluantes, qu’elles firent sensation, et déterminèrent plusieurs personnes à l’essayer; mais on ne tarda pas à y renoncer , lorsqu’on reconnut toutes les difficultés qu’on éprouvoit pour obtenir des étamages bien faits , et surtout lorsqu’on eut acquis la preuve que, si on parvenoit à couvrir complètement la surface du métal sur laquelle le zinc étoit appliqué, le zinc étant lui-même facilement attaquable par différens agens , il devoit en résulter des combinaisons qui n’étoient pas exemples d’inconvéniens : or, comme dans la préparation des alimens on emploie souvent des acides et des substances salines, on dut naturellement en conclure que ces alimens préparés dans des vaisseaux enduits avec le zinc, dévoient contenir une plus ou moins grande quantité de ce métal, soit en dissolution, soit dans l’état d’oxide.
- A peu près dans le même temps on vit s’élever aussi une manufacture dans laquelle on fabriquoit des ustensiles de cuisine avec un alliage blanc qu’on annonçoit comme pouvant remplacer avec avantage ceux faits avec le cuivre étamé. Cet alliage, soumis au jugement de l'Académie des Sciences, ne fut pas approuvé , attendu , est-il dit dans le rapport, que le 2<nc, qui est une partie essentielle de cet alliage, est nuisible à la santé. Cette décision de l’Académie qui, sans doute, ne fut prise qu’après des expériences faites avec soin, décida l’opinion du public. Dès-lors on cessa de se servir et des vaisseaux de fer recouverts avec le zinc, et de ceux fabriqués avec l’alliage dont on vient de parler.
- Aujourd'hui que le zinc, est devenu très-commun, depuis que l’on a découvert en France une mine de ce métal, et que l’on a trouvé le moyeu
- p.110 - vue 115/331
-
-
-
- ( 111 )
- de le rendre ductile et malléable, on cherche à lui donner un usage pins étendu que celui auquel on l’employoit lorsqu il étoitrare, et que Ton étoit obligé de le tirer de l’étranger.
- Déjà M. Dony, qui exploite dans le département de POurthe une fabrique considérable de zinc, et M. de Montagnac , intéressé sans doute dans cette fabrique, ont établi dans deux mémoires présentés au Ministre des manufactures et du commerce, le parti qu’on pouvoit tirer du zinc français, soit pour fairedes ustensiles de cuisine, sans qu'il soit besoin de Pallier à d’autres métaux, soit pour en faire des réservoirs , des conduites d’eau , des baignoires , et même des couvertures de maisons.
- Frappé de l’annonce de propriétés aussi merveilleuses, le Ministre a pensé qu’il devoit les faire constater. A cet effet, il a renvoyé l’examen de cette affaire à des savans distingués et dignes de toute sa confiance (i).
- Leur avis n’ayant pas été aussi favorable que MM. Dony et de Montagnac l’espéroient, ces messieurs ont prié le Ministre de vouloir bien ordonner que de nouvelles expériences fussent faites sous le point de vue de décider surtout si le zinc peut, dans l'économie domestique, remplacer sans danger le cuivre pour fabriquer des ustensiles destinés à la préparation des substances alimentaires.
- C’est sur cette question que le Ministre a provoqué spécialement l’avis de la Faculté de Médecine.
- MM. les Commissaires n’ont négligé aucuns des moyens qu’ils ont cru propres à diriger l’opinion de la Faculté. Pour cela, ils ont soumis le zinc à diverses expériences; et voici ce qu’ils sont parvenus à constater :
- i°. Le zinc, dans l’état métallique , tel que celui qui a servi à faire les casseroles qui ont été déposées par M. de Montagnac pour échantillon, et sur lesquelles nous avons opéré, est décidément ductile et malléable. Il peut donc se prêter à toutes les formes qu’on voudra lui donner à laide du martelage.
- 2°. Exposé à l’air libre, ce métal a perdu, avec le temps, un peu de son éclat métallique, et il s’est couvert d’une légère couche d’oxide gris, à peu près comme celle qui se forme sur le plomb.
- 3°. L’eau qu’on a laissé séjourner dans des vases formés avec lui, s’est décomposée en partie , et il s’est produit un oxide blanc. L’eau surnageant cet oxide avoit une saveur métallique.
- 4°. On a fait bouillir dans une casserole de zinc un mélange de 8 onces d’eau distillée, et de 5 gros de vinaigre distillé ; après 8 minutes d’ébullition, la liqueur avoit une saveur bien décidément âpre et métallique;
- P a
- (i) MM. Thénard et Gay-JLnssac.
- p.111 - vue 116/331
-
-
-
- C ”2 )
- elle contenoit un acétate de zinc dont la présence a été déterminée avec des réactifs.
- 5°. Pareille expérience a été faite avec un mélange de suc de citron , à la* dose de 5 gros sur 8 onces d'eau. La liqueur, après huit minutes d’éhulli-tion, avoit une saveur à peu près semblable à la précédente , et il a été reconnu , par les réactifs , qu’elle contenoit du citrate de zinc.
- 6°. On a fait bouillir dans la casserole, pendant dix minutes, 8 onces d’eau avec une once d’oseille hachée. La liqueur ensuite ayant été filtrée , n’avoit pas de saveur acide ; ou a meme acquis la preuve qu’elle ne contenoit pas de métal en dissolution, mais on a remarqué des parcelles d’un précipité blanchâtre qui, recueilli et examiné, a présenté les caractères de l’oxalate de zinc.
- 7°. Un mélange de 18 grains de mûri a te d’ammoniaque et de 12 onces d’eau , a donné, après huit minutes d’ébullition , une liqueur qui contenoit du zinc en dissolution, et dont la présence a été démontrée par les réactifs.
- 8°. La même expérience répétée avec du muriate de soude , à la dose d’un gros et demi ,sur 12 onces d’eau, a fourni une liqueur qui, traitée avec le prussiate de potasse, a donné un précipité d’oxide de zinc, mais peu abondant.
- 90. Enfin, on a fait roussir du beurre clans une casserole de zinc. L’expérience terminée, on s’est aperçu que le fond du vase avoit perdu de son poli, et qu’il s’étoil même formé vers le milieu un petit trou au travers duquel la friture avoit suinté.
- En réunissant les résultats de toutes ces expériences , on voit que le zinc, est facilement attaquable par l'eau , puisque celle qui séjourne avec lui se décompose.
- On voit aussi que les acides végétaux les plus foibles, ainsi que quelques substances salines, agissent sur ce métal très-sensiblement.
- Et enfin, qu’une chaleur égale à celle qu’il faut donner au beurre pour Je faire roussir, suffit pour le disposer à fondre.
- Or, comme dans la préparation des alknens, on emploie souvent des acides végétaux, ainsi que des sels, et que les substances même qui composent les alimens, ou qui servent à les former contiennent souvent aussi des sels de l’espèce- de ceux qui ont été soumis à l’expérience , 011 doit en conclure que si on vor.ioit admettre dans les cuisines des vases de zinc , on devroit craindre que les alimens qui y seroient préparés ne participassent des propriétés de ce métal, soit lorsqu’il est tenu en dissolution par un aci le ou un sel, soit lorsqu’il est dans l’état d’oxide.
- À la vérité l’oxide de zinc ne doit pas être regardé comme insalubre,
- p.112 - vue 117/331
-
-
-
- C »‘ï )
- puisqu'il est prouvé qu’on peut l’administrer intérieurement* meme à de fortes doses , sans qu’il en résulte d’inconvénient*, mais il n’en est pas de même lorsqu’il est dans l’état salin ; car il est reconnu que tous les sels qui ont ce métal pour base * produisent sur l’économie animale des altérations plus ou moins sensibles qui* certainement* à la longue* ne doivent pas manquer de devenir préjudiciables à la santé.
- On objectera peut-être que cet inconvénient existant aussi pour les vaisseaux de cuivre même étamés * il n’y a pas de motifs pour proscrire plus les vaisseaux de zinc que ceux de cuivre. A cette objection on peut répondre qu’en admettant même la parité dans les deux cas* on auroit toujours plus d’avantage à se servir des vases de cuivre qui* en général* étant très-solides * doivent nécessairement durer plus long-temps.
- Si ensuite à cette considération on ajoute* comme cela est incontestable* que les mêmes agens qui dissolvent le cuivre* exercent une action bien plus grande et bien plus facile sur le zinc, on sera forcé de convenir que la proposition de substituer les vaisseaux de zinc à ceux de cuivre pour faire des ustensiles de cuisine * n’est pas admissible.
- An reste, si * d’après ce qui vient d’être exposé* le zinc n’a pas paru aux Commissaires devoir être adopté pour faire des ustensiles de cuisine* ils ont pensé qu’on peut s’en servir utilement pour fabriquer des baignoires , des conduits d’eau * et même des couvertures de maisons. Ils croient même que* dans ces cas* son emploi peut avoir des avantages sur le plomb* le cuivre et le fer* attendu qu’il est plus léger que ces métaux* et qu’il jouit d’ailleurs d’une sorte de solidité qui doit lui permettre de résister assez long-temps aux chocs et aux agens qui, à la longue * peuvent cependant l’altérer. En bornant là l’utilité dont peut être le zinc* on voit que MM. Dony et de Montagnac peuvent encore tirer un très-bon parti de celui qu’ils exploitent.
- Circulaire adressée aux Préfets de P Empire , par S. Ex. le Ministre de V Intérieur ? sur P emploi du Zinc dans l3éco~ nomie domestique.
- M. le Préfet, les arts sont redevables à la chimie d’une découverte récente * qui leur a procuré un nouveau métal dont l’emploi peut être d’une grande utilité* et mérite d’être favorisé. Ce métal est le zinc* qu’on est enfin parvenu à rendre malléable.
- En vous recommandant! d’encourager l’usage de ce métal * qui peut * dans beaucoup de circonstances * remplacer avec avantage le fer-blanc * le
- p.113 - vue 118/331
-
-
-
- ( «4 )
- plomb j rétain et le cuivre , je crois cependant devoir vous faire connoitre les bornes que l’on doit mettre à cet usage. Elles ont été marquées dans un rapport qui vient de m'être fait par la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut impérial, sur diverses questions que je lui avois proposées, à foccasion de. la demande qui'm’avoit été faite de l’autorisation de fabriquer avec ce métal des mesures de capacité pour les liquides, en remplacement de l’étain.
- Les conclusions de ce rapport sont que , quand même on pourroit compter sur une fabrication dans laquelle le zinc seroit toujours porté à l’état le plus pur (c’est-à-dire, purgé de la petite portion d’arsenic qui peut y rester unie), l’action que ce métal éprouve, même à froid, de la part de tous les liquides avec lesquels il forme des composés , dont l’usage interne n’est pas à beaucoup près reconnu sans danger, ne permet pas de le considérer comme exempt d’inconvénient pour les mesures usuelles des liquides.
- Une conséquence nécessaire de cette conclusion, c’est qu’on ne peut non plus employer sans danger des vases de ce métal à la préparation des alimens et des boissons. C’est en effet celle que la première classe de l’Institut a consignée dans ce même rapport, en répondant à la question qui lui avoit été proposée par S. Ex. le Ministre-directeur de l’administration de la guerre, et qui étoit de savoir si le cuivre pouvoit être remplacé avec avantage par le zinc pour les vases et ustensiles dont on fait usage dans les hôpitaux militaires.
- Vous voudrez donc bien, Monsieur, donner aux vérificateurs des poids et mesures l’ordre de n’admettre à la vérification aucune mesure de capacité pour liquides qui leur seroit présentée, faite de ce métal ; et quant aux vaisseaux destinés aux usages domestiques qui pourroient en être fabriqués, il me suffit de vous avoir fait connoitre le danger que leur emploi peut avoir, pour que votre zèle vous dicte les mesures que vous deve^ prendre pour en préserver la santé des citoyens de votre département.
- i f-
- p.114 - vue 119/331
-
-
-
- *
- ("5)
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Mémoire sur 1a. préparation des Intestins de bœuf, pour la conservation des Comestibles tirés des substances animales , par M. Guersent, D. M. P. (i).
- L’intéressante collection des Arts et Métiers , due aux travaux des membres de l’ancienne Académie des Sciences de Paris , et les différons dictionnaires encyclopédiques ne contiennent rien sur un genre particulier d’industrie fort peu connu , qui consiste à préparer les intestins de boeuf et à les garantir de la putréfaction , afin d’y renfermer ensuite les viandes salées , ou d’autres substances animales.
- Dans notre pavs, on ne conserve le plus ordinairement de cette manière que la chair du cochon , et les intestins de cet animal sont employés de suite et presque sans aucune préparation à cet usage; mais en Italie, et surtout en Espagne et en Portugal, où la chaleur du climat, surtout pendant l’été, empêche de pouvoir garder des viandes fraîches d’un jour à l’autre, on sale et on épice les chairs de toutes les espèces d’animaux qui servent à la nourriture de l’homme ; et, pour les conserver plus long-temps, on les introduit dans ce qu’ils appellent, dans leur pays , des enveloppes de saucisson. Ces enveloppes ne sont autre chose que les intestins grêles du boeuf qui ont été recueillis ét préparés à Londres et à Paris, et qu’on envoie en grande quantité, principalement dans l’Estramadure, où se fait à certaines époques de 1 année le plus grand commerce de cette substance. Il y a certaines foires où se vendent en gros les enveloppes de saucisson qui sont achetées par les marchands des différentes provinces qui les revendent ensuite en détail aux particuliers ; car, excepté à Madrid et dans quelques grandes villes, où la fabrication des saucissons se fait en gros, chacun prépare ou fait préparer chez lui ceux qui sont nécessaires à la consommation de sa maison. Il est probable qu'il seroit tout aussi facile de faire en Espagne et en Italie des enveloppes de saucisson que partout ailleurs, excepté peut-être pendant les très-grandes chaleurs de l’été , puisqu’on fabrique à Naples des cordes à boyau presque pendant toutes les saisons; mais le préjugé et la routine qui ne raisonnent point, ont accordé à Londres et à Pans le privilège exclusif de ce genre de commerce. Ce qui peut seulement motiver cette préférence, c’est qu’il est nécessaire, pour que ce genre d’industrie puisse offrir quelques ressources , d’opérer sur une très-grande
- (i) Lu à la Société philomatique le 20 février 1813.
- p.115 - vue 120/331
-
-
-
- C 116 )
- quantité d’intestins, et les villes populeuses-présentent seules cet avantage dans la consommation considérable de leurs boucheries. Par cette raison, on prépare à Londres beaucoup plus d’enveloppes de saucisson qu’à Paris; mais, d’après les renseignemens que j’ai pu recueillir, il paroît qu’en Angleterre on se borne à laver les intestins, à les saler, et à les renfermer dans des paniers comme des harengs • il en résulte que ces enveloppes de saucisson se conservent mal dans les grandes chaleurs, et qu’elles communiquent presque toujours une saveur désagréable aux viandes qu’on y renferme. Aussi préfère-t-on beaucoup en Espagne les intestins préparés clans les fabriques de France.
- Le premier établissement de ce genre a été formé à Paris par des Espagnols , vers le commencement du siècle dernier. Il étoit fixé d’abord du .côté du faubourg Saint-Marceau ; il a été ensuite transféré près de la Gare,, Une seconde fabrique s’est élevée, il y a environ dix-huit ans, mais moins considérable que la première; elle n’a pu lutter contre les obstacles résultans delà dernière guerre avec l’Espagne; il ne subsiste plus maintenant à Paris que l'ancienne fabrique , qui a été transportée depuis quinze ans près de la voirie de la Petite-Villette , sur la route de Pantin.
- Les procédés qu’on y emploie , pour préparer les intestins des boeufs , sont extrêmement simples ; ils consistent en six opérations successives :
- i°. Le dégraissage ; a°. le lavage ; 3°. l’invagination ou le retournage; 4°. l'insufflation ; 5°. la dessiccation ; 6°. la désinsufïlation.
- Première operation. -—Dégraissage.
- Tous les jours on ramasse dans les boucheries de Paris les intestins grêles des boeufs et des vaches, tels qu’on les retire de la capacité du bas-ventre de ces animaux, et contenant encore les excrémens : on les dépose de suite dans des tonneaux pleins d’eau, et on les. laisse tremper quatre ou cinq jours, plus ou moins, suivant ,1’état de la température. Lorsqu’ils commencent à dégager une odeur un peu fétide, on les retire et on les fait successivement passer dans une agrafe de fer suspendue au plancher à une pièce de bois. L’ouvrier presse d’abord l’intestin de manière à en faire sortir toutes les matières; ensuite il le retire doucement d’une main en le faisant glisser sur l’agrafe , tandis que de l’autre main, armée d’un couteau semblable à ceux des charcutiers, il enlève les portions de mésentère ou de tissu cellulaire graisseux qui sont restées sur le canal intestinal. Cette première opération exige de l’habitude de la part de l’ouvrier; car, pour peu qu’il entame les parois de l’intestin, il en résulte un trou, et il faut nécessairement retrancher la partie trouée, ce qui cause un double dommage ,
- une
- p.116 - vue 121/331
-
-
-
- ( ”7 )
- une perte de temps, et une diminution dans les produits. Les graisses sont lavées, séchées; ensuite étendues sur des claies, et vendues pour faire des suifs communs.
- Deuxième operation. — Lavage.
- Après l’opération du dégraissage, on lave trois fois les intestins, qu’on laisse chaque fois tremper un jour entier. Ces lavages se font toujours dans l’eau pure; mais il est vraisemblable qu’il seroit plus avantageux que l’eau fût légèrement alcaline. Par ce moyen, dont se servent avec succès ceux qui préparent les intestins pour en faire des cordes à boyau, on les dégrais-seroit beaucoup mieux, et on les dépouilîeroit plus sûrement de l’odeur qu’ils conservent presque toujours.
- Troisième operation. — Invagination ou retournage.
- Pour retourner l’intestin, on en fait rentrer un bout en dedans, de manière que les faces muqueuses soient en contact, et que la face péritonéale qui étoit externe devienne interne. Le poids seul de la portion invaginée suffit pour déterminer successivement l’invagination des parties suivantes, qui glissent d’autant plus facilement qu’el!es sont abreuvées d’humidité. Dès que ce retournage a eu lieu, on lave encore les intestins trois fois, et on les laisse chaque fois tremper un jour entier, afin que la face muqueuse de l'intestin , qui est devenue extérieure , soit aussi propre que la surface péritonéale. C’est ici, surtout, qu’une lessive légèrement alcaline pourroit être utile pour abréger cette partie de la fabrication.
- Quatrième operation. — Insufflation.
- Quatre ou cinq jours après le dernier lavage en hiver , et en été dès le lendemain, les ouvriers insufflent de l’air dans les intestins, à l’aide d’un cylindre creux de sureau qui peut avoir 2 décimètres environ de longueur, et qu’ils tiennent à leur bouche. Dès que l’air s’échappe par un trou, on établit sur-le-champ une ligature un peu au-dessus, et après avoir pratiqué une petite ouverture au-dessous pour y introduire le tube , on continue l’insufflation sans couper transversalement le canal intestinal, qui est alors comme étranglé dans son trajet, par un plus ou moins grand nombre de ligatures.
- Cinquième operation. —• Dessiccation.
- Les intestins une fois soufflés , comme nous l’avons dit, on les suspend en plein air sur de longues perches de bois, et ils y restent jour et nuit pendant le beau temps; lorsqu'il pleut, on les place sous des hangars
- Douzième année. Mai 1815. Q
- p.117 - vue 122/331
-
-
-
- ( n8 )
- bien aérés. Cette précaution est aussi nécessaire dans les cas de grands "vents , pour éviter que les intestins soient froissés les uns contre les autres , et déchirés. Dans les chaleurs les plus fortes, il faut au moins trois jours pour que les endroits des ligatures soient parfaitement secs 3 par les temps humides la dessiccation est infiniment plus longue.
- Après la dessiccation complète des intestins, on les descend dans une espèce de cellier dont la température est toujours à peu près égale à celle de l’orangerie.' Si on les laissoit exposés an-dehors et pendant long-temps à une grande chaleur et à la sécheresse , l’air contenu dans le tube intestinal étant trop raréfié, pourroit le dilater et le rompre; l’humidité prolongée lui seroit également nuisible, et le feroit pourir, surtout à l’endroit des ligatures.
- Sixième opération. 1— T)ésinsu£flation.
- Les intestins entassés dans le cellier repassent ensuite successivement dans les mains, afin d’en chasser l’air qui y étoit contenu, ce qui se fait en les perçant à chaque bout avec une grosse épingle, et en les pressant dans toute leur étendue. Après quoi on retranche les plus gros noeuds, et on arrange les intestins desséchés et vides par paquets de 20 mètres environ ( i5 aunes ). Ces paquets sont pliés, tordus et roulés en écheveau ou en long fuseau de 3 ou 4 décimètres de longueur.
- Après cette dernière-main-d’oeuvre les enveloppes de saucisson peuvent être emballées; mais elles ont subi, pendant les différentes préparations, un déchet plus ou moins grand. Un boeuf fournit ordinairement jS à 80 mètres ( 60 aunes ) d’intestins grêles; et, lorsqu’ils ont été entièrement préparés, il en reste souvent à peine un huitième 3 d’autres fois la perte est beaucoup moins considérable , ce qui dépend de l’habileté de l’ouvrier, de la saison plus ou moins favorable, et surtout aussi de la qualité des intestins qui varient infiniment de ténacité, d’épaisseur, et même de couleur. Quelques-uns sont très-minces, d’autres très-épais. Les uns sont bruns, d’autres marbrés, d’autres parfaitement blancs.
- Les intestins bien préparés, d’après les procédés que nous venons de décrire, peuvent se conserver pendant un très-grand nombre d’années dans des magasins secs , sans aucune espèce d'altération , pourvu qu’on ait soin de garnir les balles de poivre, de camphre ou de quelques autres substances qui éloignent les insectes3 ils deviennent, avec le temps, presque aussi blancs que le papier , et perdent la plus grande partie de l’odeur qu’ils conservent toujours quand ils sont nouvellement préparés.
- La fabrique de la Petite-Villette, malgré les différentes circonstances peu favorables de la guerre, occupe encore par jour quinze ouvriers, et
- p.118 - vue 123/331
-
-
-
- ( IT9 )
- fournit par an à l’Espagne de cent à cent -vingt balles d’enveloppes de saucisson * qui contiennent chacune cinq cents echevcaux de 20 mètres. Chaque balle se vend ordinairement 5 à 600 francs.
- Lorsqu’on veut faire usage de ces intestins desséchés * on les ramollit dans un peu d’eau tiède * ou, encore mieux* dans une légère solution alcaline , qui détruit le peu d’oiîeur qui pourroit encore être inhérente à l’intestin. On y introduit ensuite des viandes * du beurre * des graisses, et les autres substances solides ou liquides qu’on désire y conserver * et qui y sont d'autant plus inaltérables qu’on a en soin de tremper auparavant l’intestin dans l’huile. 11 est facile de garder ainsi des viandes salées et des graisses pendant très-long-temps sans aucune altération * parce que les parois de l’intestin sont parfaitement imperméables à l’action de l’air* et peuvent être impénétrables à i’humidité en les environnant de substances parfaitement sèches et non susceptibles d’attirer l’eau suspendue dans l’atmosphère.
- Il nous semble qu’on n’a pas su tirer tout le parti possible de ce moyen de conserver et de transporter facilement beaucoup de substances alimentaires * et qu’il seroit avantageux* dans certaines circonstances * de l’employer pour les armées de mer et de terre. Les viandes ainsi renfermées et placées dans des tonneaux garnis de matières pulvérisées bien sèches, comme de la cendre et du charbon pilé * se conserveroient beaucoup mieux dans les approvisionnemens de siège* et à bord des bâlimensdans les voyages de long cours , que la plupart des salaisons ordinaires qui absorbent l’humidité et se décomposent presque toujours dans les pays chauds. Les intestins secs devroient être aussi de quelque utilité pour les armées de terre* à cause de la facilité qu’ils présentent de contenir une très-grande quantité de matière nutritive sous un petit volume. Lorsqu’un pays n’offre point de ressources pour une armée , et lorsque l’âpreté et la stérilité du sol semblent concourir avec les maux de la guerre pour rendre la situation du soldat plus pénible* chaque militaire pourroit facilement transporter avec lui pour plus de quinze jours de subsistances renfermées dans ces intestins secs sous la forme de saucissons * et il lutteroit alors avec plus de courage contre tous les obstacles* au milieu des glaces du Nord ou des sables brûlans des déserls du Midi. L’art de préparer et dessécher les intestins des animaux, afin d y conserver des viandes* n’est donc pas un moyen entièrement à dédaigner dans les approvisionnemens des années. La préparation de ces intestins est d ailleurs * comme nous l’avons vu* extrêmement simple * peu coûteuse* et n expose à aucun danger les ouvriers qui se livrent à ce genre de travail.
- Quoique les différentes opérations que nécessite la préparation de ces intestins soient très-dégoûtantes et répandent beaucoup d’infection * les
- Q 3
- p.119 - vue 124/331
-
-
-
- ( I2° )
- ouvriers (le la fabrique de la Petite-Villette, que j’ai eu souvent occasion, depuis plusieurs années, de visiter comme médecin, m’ont toujours paru jouir d’une excellente santé. Ils ne sont exposés depuis quelque temps à d’autres maladies qu’à des fièvres intermittentes très-communes , comme tout le monde le sait, du côté de Pantin, et dépendantes d’ailleurs d’une cause entièrement étrangère à la nature de leurs occupations. On a même observé que les ouvriers delà fabrique d’intestins secs de laPetite-Villette, ont été, en général, beaucoup moins tourmentés des fièvres intermittentes que la plupart de leurs voisins.
- Note sur les Reliures en papier maroquiné.
- 11 a ete présenté à la Société d’Fncouragement des papiers maroqui-nes de différentes couleurs et qualités, provenant des manufactures de MM. Boehm et Rœderer, de Strasbourg, et de MM. Forgetet Aimez, de Paris. ( Voyez les Rapports faits par M. Gillet Laumont, sur ce s papiers, insérés aux Bulletins N°. XXIX, cinquième année, et N°. XLIX, septième année.)
- Ces papiers sont principalement destinés à faire des reliures propres, économiques, et qui ont tout le lustre des maroquins ; pour remplir cet objet, ils doivent conserver le brillant de leurs couleurs et leur souplesse.
- M. Huzarda présenté en différentes fois à la Société des volumes reliés avec ces papiers, dont les uns avoient bien conservé leur brillant, et les autres l’avoient plus ou moins perdu; ce sont surtout les papiers rouges qui se sont le plus altérés; ils sont devenus ternes, pâles, et d’une couleur sale très-vilaine. Nous avons signalé ces défauts dans le N°. LXYI du Bulletin , huitième année, page 549.
- Ces volumes étoient restés exposés, les uns et les autres, à la lumière, et ensuite au soleil couchant, à travers une croisée et des rideaux.
- M. Huzard en a fait voir au Conseil, dans la séance du 17 février dernier, qui, après deux années d’expériences, avoient entièrement perdu leurs couleurs et leur brillant ; d’autres les avoient parfaitement conservés; quelques échantillons, exposés de la même manière, ont conservé le moelleux et la souplesse qu’ils avoient lorsqu’ils ont été remis à la Société; d’autres , employés en reliures, sont devenus secs et cassans, en conservant leurs couleurs et leur brillant ; mais cette sécheresse tient peut-être à l’emploi dans la reliure.
- Les papiers maroquinés qui se sont le plus parfaitement conservés jusqu’à présent sous ces différens rapports, proviennent de la manufacture de MM. Boehm et Rœderer, de Strasbourg.
- p.120 - vue 125/331
-
-
-
- ( lai )
- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Tessier, au nom du Comité d’Agriculture, sur un Mémoire de M. de Fahnenberg , relatif à l’introduction des Mérinos dans le grand-duché de Bade.
- La Société m’a chargé d’examiner un mémoire de M. de Fahnenberg, intitulé : Notices sur l’introduction des bêtes à laine fne d’Espagne dans le grand-duché de Bade , et sur les Expériences et Observations faites à ce sujet. L’auteur a accompagné ce mémoire d’échantillons de laine, produits de différens degrés de croisement.
- Suivant M. de Fahnenberg , ce fut en 1789 que le Gouvernement badois fît venir d’Espagne quarante-six beliers et quatre-vingt-trois brebis mérinos; on y joignit soixante-quatorze roussillonnaises et autant de brebis indigènes les mieux choisies, pour former le premier établissement, qui fut nommé Institut grand-ducal. Dans les premières années il périt beaucoup de bêtes tirées d’Espagne, comme il arrive dans la plupart des importations. Cependant le troupeau s’est accru au point qu’aujourd’hui l’Institut possède huit mille trois cent quarante bêtes , tant pures qu’améliorées.
- On a distribué ces animaux sur trente-uu pâturages, depuis Langen-hartz, cercle du lac de Constance, jusqu’à Aglasterhausen, cercle du Necker. Les motifs et le but de l’introduction sont indiqués par rauteur; il est aisé de les sentir.
- 11 assure qu’on a observé de n’accoupler les brebis espagnoles qu’avec des beliers de choix de même race ; qu’on n’a employé que ceux-ci pour les croisemens, et jamais aucun mâle métis, fût-il à une génération très-avancée ; qu’on n’a fait saillir les deux sexes qu’à deux ans révolus, une fois par an et au mois de septembre ; que , hors les temps humides, les animaux sont aux champs, et y parquent sur des terrains secs par troupes de cent à cent vingt bêtes ; que les bergeries sont grandes et aérées ; qu’on donne deux fois par semaine du sel ; que la nourriture , quand les animaux ne vont pas aux champs , est d’herbe sèche ou foin de montagne ; qu’on les tond chaque année une fois, sans les laver auparavant, comme c’étoit l’usage autrefois ; que les bergers enfin n’ont aucune bête en propre dans les troupeaux , et qu’on préfère les bien payer.
- C’est en conséquence de cette conduite , ajoute M. de Fahnenberg, que la race espagnole s’est conservée dans toute sa pureté ; et qu’au 5e. ou 6e. degré de mctisation la laine est tellement perfectionnée , que les con—
- p.121 - vue 126/331
-
-
-
- ( 132 )
- noisseurs ont bien de la peine à distinguer de la laine pure celle qui n’est qu’améliorée.
- Pendant les dernières années, la laine pure s’est vendue le quintal, de s5o à 2y5 florins ; celle des croisés au plus fort degré, de 240 à 260 ; celle de degrés inférieurs , de 200 U 215 ; et la laine du pays, de 60 à 66 francs. Un mouton, en 1806 et 1807, a donné en toison, menus frais déduits, 4 florins 28 creuzers , et en 1811 et 1812, jusqu’à 6 florins 5 ~ creuzers (1).
- L’Institut vend des animaux de son troupeau , et prête des béliers purs pour la monte.
- Ces notices nous apprennent que l’introduction des mérinos dans le grand-duché de Bade n’eut lieu que trois ans après l’arrivée du troupeau de Rambouillet , qui 11’est pas la première des importations faites en France, puisqu’on sait qu’il y en eut une remarquable plus de dix ans auparavant.
- On trouve dans le mode employé par l’Institut, pour diriger ses troupeaux, les moyens mis à exécution parmi nous, surtout dans dix établis-semens du Gouvernement, et adoptés par les hommes qui se sont occupés de ce genre de perfectionnement. Nos livres sur cette matière ne contiennent pas d’autres principes, et les bons économes ne s’en écartent point ou n’y font que les changemens relatifs à leurs localités. La Société ne peut donc que remercier l’auteur des communications qu’il lui fait sur l’origine des meilleurs troupeaux du grand-duché de Bade, et sur la manière dont on est parvenu à les former par un établissement du Gouvernement de ce pays.
- Quant aux échantillons des laines qu’il s’agit de juger, on observera : i°. que ceux en suint de la race pure ne sont pas très-fins, quoique bun d’eux soit d'un belier vieux, dont la laine est toujours plus ténue que celle d’un jeune belier; 20. que les métis badois , à la cinquième génération, ne sont pas aussi avancés que beaucoup de métis français à la quatrième , même à la troisième, suivant les races; 3°. qu’en général ces laines sont molles.
- Trois échantillons sont étiquetés : première, deuxième et troisième qualités de laine lavée. Il y a sûrement eu une erreur, car la laine de troisième qualité paroît presque aussi fine que celle de la première. On 11e sait pas si ces échantillons sont de trois individus ou de trois parties d’un même individu, ce qu’il auroit fallu dire. Ils sont trop secs pour pouvoir etre soumis au lavage de fabrique , qui exige qu’011 conserve un peu de suint, sans lequel le dégraissage complet ne peut se faire.
- Pour établir une comparaison qui n’auroit pas été sans quelque intérêt 9
- (i) Le florin du Rhin vaut 2 francs monnaie de France. ( Note du Rédacteur. )
- p.122 - vue 127/331
-
-
-
- ( »5 )
- il semble que lsl.de Fahnenberg devoit envoyer des échantillons des métis issus de beliers espagnols ayant croisé des brebis roussillonnaises, ce qui eût été d’autant plus facile que , dans l’Institut , on a place des brebis de cette dernière race. Il n’a pas fallu autant de générations , certainement, pour en obtenir de la laine fine.
- Signé Tessier, Rapporteur.
- Adopté en Séance, le 12 mai 1813.
- Note adressée à la Société,par M. le Baron de F aime nb erg, sur une terre propre à détacher la rouille du blé.
- Parmi les différens moyens usités pour détacher la rouille du froment, on se sert, dans les environs du lac de Constance, d'une terre qu’on exploite près de Stockacli.
- Pour l’employer 011 commence par la faire sécher au soleil ou dans un fourneau, puis on la pulvérise à l’aide du fléau et on la crible; ensuite on mêle le blé couvert de rouille avec cette terre pulvérisée , et on le fait écosser. Par ce frottement la rouille se détache et le blé se purifie.
- Ce tte terre est très-recherchée par les cultivateurs ; le quart de quintal revient à i5 ou 18 creuzer (à peu près 45 à 54 centimes).
- Son analyse chimique donne les résultats suivans :
- 4e O grains de cette terre contiennent :
- Eau.....................................................60 gr.
- Silice........... . . ........................ 68 »
- Alumine.............................................. 197 >>
- Magnésie............................................... g » 5
- Fer carbonaté..........................................65 » 5
- 4OO grains.
- Si cette terre n’offre pas un intérêt particulier sous le rapport chimique , et si elle ne l’emporte pas sur d’autres moyens semblables qu’on emploie pour purger le froment de sa rouille, il est toujours intéressant de savoir qu'une terre qui ne se prête nullement à la culture , et dont on ne sa voit tirer jusqu'à présent aucun profit, puisse fournir une petite branche de commerce et nourrir plusieurs familles.
- C’est principalement sous ce point de vue que M. de Fahnenberg a cru devoir fixer l’attention delà Société sur cet objet.
- p.123 - vue 128/331
-
-
-
- ( I24 )
- Programme d’un Prix de 1200 francs > proposé par la Société de Littérature > Sciences et Arts de Ko chef ort > pour la des-truct ion des Termites.
- Cette Société avoit publié, Tan dernier, le programme d'un prix de 600 francs proposé au mémoire qui auroit le mieux fait connoître l’espèce d’insecte connu à Rochefort sous le nom de termite 3 ses moeurs , sa reproduction , les dégâts qu’il fait, les substances sur lesquelles il exerce ses ravages3 et les moyens de le détruire (1).
- Aucun mémoire n’étant parvenu à la Société , à l’époque du itr. mars qui avoit été fixée, elle a prorogé le concours jusqu’au ier. mars i8i3, en portant le prix à 1200 francs. Il sera décerné dans la séance publique de mai i8i4-
- Les mémoires , écrits en latin ou en français , devront être adressés, francs de port, au secrétaire-général de la Société de Littérature , Sciences et Arts de Rochefort ; ils porteront une épigraphe , laquelle sera aussi écrite sur un billet cacheté renfermant le nom de l’auteur.
- Les procédés indiqués par l’auteur du mémoire qui aura mérité la préférence , seront soumis à une expérience authentique ; et ce 11e sera que d’après le rapport de la Commission qui aura répété les expériences, que la Société prononcera.
- La Société se réserve la propriété du mémoire qui aura remporté le prix.
- (1) Voyez; Bulletin N°. C. Onzième année , page 254.
- A Paris, de l'Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE)» rue de l’Eperon Saint-André-des-Arts, N®. 7.
- p.124 - vue 129/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. ( N°. CVIIÏ.) JUIN i8i3.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ÎSotice des Travaux du Conseil d>Administration pendant le premier Semestre de i8i3.
- Les travaux du Conseil, pendant le premier semestre de l’année 1810, se rapportent k cinq chefs principaux : i°. les Arts mécaniques j 2°. les Arts chimiques ; 5°. les Arts économiques ; l’Agriculture ; 5°. les communications que la Société a reçues, ce qui comprend la correspondance et les objets présentés.
- I. ARTS MÉCANIQUES.
- Balance hydrostatique.
- M. Barré, professeur des Sciences physiques au Lycée d’Orléans, a adressé un mémoire sur une nouvelle balance hydrostatique de son invention. Le Comité des Arts mécaniques, auquel ce mémoire a été renvoyé , a singulièrement approuvé cette invention, qu’il regarde comme très-utile et comme très-ingénieuse ; il a seulement proposé quelques rectifications qu’il croit de nature à en faciliter l’usage.
- Tissus.
- On a renvoyé au Comité des Arts mécaniques une réclamation de M. Vigneron } sur le rapport qui a été fait au sujet de son métier à tisser, et une demande du même fabricant, à l’effet d’obtenir un rapport particulier sur son tordoir-ourdissoir.
- Ce dernier rapport a été inséré dans le N°. CV du Bulletin ( mars i8i5).
- Imprimerie.
- M. de Fahnenberg a adressé un exemplaire d’un hymne à Mercure ( en allemand), sorti des presses de M. Kaufmann, imprimeur à Manheim.
- Douzième année. Juin i8i3. R
- p.125 - vue 130/331
-
-
-
- ( 126 )
- M. Dupont de Nemours a été invité à examiner, sous le rapport typographique , l’ouvrage imprimé par M. Kaufmann ; et d’après le compte qu’il en a rendu, les caractères de la préface lui ont paru avoir de la ressemblance avec ceux de Bodoni : ceux du texte sont un peu maigres et présentent des inégalités ; l’encre est de la plus grande beauté , et en général l’ouvrage fait honneur à la typographie de M. Kaufmann. En conséquence le rapporteur a proposé de témoigner à M. Kaufmann la satisfaction de la Société, et de faire mention de son offrande dans le Bulletin,
- M. Gaultier a fait, au nom du Comité des Arts mécaniques, un rapport sur un instrument à rayer le papier , présenté par M. de la Chabeaussière. Cet instrument consiste en une planche cannelée à arêtes vives également espacées. Lorsqu’on veut rayer une feuille de papier, on la place sur cette planche ; on en fixe un des bords, soit avec la main, soit avec un corps lourd, ou mieux encore avec un tourniquet destiné à cet usage, et l’on fait glisser dessus une lame de plomb assujettie sur une planchette garnie de feutre j on obtient, par ce moyen, une rayure très-régulière , et l’on peut former en très-peu de temps des parallélogrammes et des losanges. Si l’on veut rayer à la fois le recto et le verso, on place la feuille à rayer entre deux autres feuilles de papier plombaginées , et l’empreinte se fait des deux côtés en se servant du même moyen. Le Comité a été d’avis que l’on pouvoit faire mention de cet instrument dans le Bulletin,
- Pompe à double piston.
- M. Duyster a adressé la description et'le dessin d’une pompe à double piston de son invention. Le Comité des Arts mécaniques a été chargé de faire un rapport à ce sujet.
- M. Montgolfier, parlant au nom du Comité des Arts mécaniques, a observé que cette machine étoit semblable à celle de M. Boitias, décrite dans le Bulletin de juin 1811 ; que la première idée de ce mécanisme adopté dans la marine anglaise, sembloit appartenir aux Français ; qu’une pompe à double piston avoit été présentée vers in5o à l’Académie des Sciences, et que le Conservatoire des Arts et Métiers en possède un modèle assez ancien, dans lequel un réservoir d'air comprimé achève de régulariser le jet formé par le mouvement alternatif des deux pistons. Tséanmoins, il pense que l’on a des obligations, et que l’on doit des remer-cîmens à M, Duyster, qui a remarqué plusieurs défauts des pompes anglaises, et qui a fait, à cette occasion, preuve de zèle et de capacité.
- p.126 - vue 131/331
-
-
-
- ( 127 )
- Tissus. '
- M. Ternaux aîné a présenté des schalls qu’il a fait fabriquer en laine de Cachemire, avec des dessins français; eet objet a été renvoyé au Comité des Arts mécaniques. M. Bardel, parlant au nom de ce Comité, a fait un rapport qui a été inséré dans notre Bulletin du mois de février , N°. CIV.
- P olygraphe.
- Le Comité des Arts mécaniques, qui avoit été chargé de l’examen du polygraphe de M. L/Hermite, a fait à ce sujet, par l’organe de M. Boutard, un rapport qui a été adopté, et qui sera inséré incessamment dans ce Bulletin.
- Optique.
- MM. Galland et Chamblant ont soumis à l’approbation de la Société un nouveau système d’optique pour lequel ils sont en demande d’un brevet d’invention. Cet gbjet a été renvoyé au Comité des Arts mécaniques.
- Tissus d’amiante.
- M. le sénateur comte Moscati a annoncé, qu’ayant fait part à Madame L. Verpenti 3 du désir qu’avoit exprimé la Société de connaître les procédés dont elle fait usage pour fabriquer les tissus d’amiante , cette dame s’est empressée d’envoyer la description de ces procédés, consentant que son mémoire et le dessin dont il est accompagné, soient insérés dans le Bulletin de la Société. Ces pièces ont été renvoyées au Comité des Arts chimiques, qui avoit déjà examiné les essais de cette dame. Nous en rendrons compte incessamment.
- Sucre de betterave.
- M. Maximilien Isnard, directeur de la Sucrerie impériale de Strasbourg, a adressé : i°. un mémoire sur différentes presses proposées pour exprimer le suc de betterave ; 2°. la description d’une presse continue à double effet qu’il a imaginée; 3°. un modèle en petit de cette machine.
- Ces objets ont été renvoyés auComité des Arts mécaniques. Il en sera rendu compte incessamment.
- II. ARTS CHIMIQUES.
- Minium.
- S. Ex. le Ministre des manufactures et du commerce a adressé des échantillons de minium que M. Boch, manufacturier à Sept-Fontaines, près Luxembourg, fabrique pour sa consommation , avec le plomb du dépar-
- R 2
- p.127 - vue 132/331
-
-
-
- ( I28 )
- tement de la Roër , et qui lui revient à environ g5 fr. les ioo kilogrammes. Le Comité des Arts chimiques a été chargé de l’examen de cet objet.
- Acier.
- M. Hombrés Firmas a communiqué la description d’un procédé employé par M. Colchlong, pour donner aux instrumens d’acier une grande dureté sans les rendre trop secs. Cet objet a été renvoy é à une Commission.
- Potasse des plantes,
- M. Vauquelin, chargé d’examiner un mémoire de M. le baron de JVernek, sur les moyens de déterminer la quantité de potasse contenue dans les arbres , les arbrisseaux et les herbes qui croissent dans des terrains de différente nature et à diverses époques de la vie végétale, mémoire traduit par M. Baudrillart, pense que le travail de M. Wernek , continué sur le même plan, pouroit être utile aux fabricans de salin.
- Usages du zinc.
- CD
- M. Migneron a annoncé qu’il venoit de monter à Paris un atelier pour la confection en zinc de tous les objets relatifs aux bâtimens , tels que couvertures , terrasses, réservoirs, chéneaux, tuyaux de conduits, etc. ; et a prié la Société de nommer des commissaires pour prendre connoissance des procédés qu’il emploie et des produits de sa fabrique.
- Le Conseil a ordonné le renvoi au Comité des Arts chimiques. On peut voir, dans le Bulletin de mai (IV0. CV1I) un rapport de la Faculté de médecine, et une circulaire de S. Ex. le Ministre de l’intérieur sur cet objet.
- Blanc de ce ruse.
- M. Board a présenté un tableau des produits de sa fabrique de céruse comparés aux premières qualités de celles de Hollande , et a prié le Conseil de nommer des commissaires pour visiter sa manufacture, et rendre compte, d’après des expériences positives, des améliorations qu’il a apportées à ce genre de fabrication depuis 1807, époque où son établissement obtint le prix proposé par la Société pour la fabrication du blanc de plomb, MM. Bouilay, d’Arcet et Mérimée ont été nommés commissaires à cet effet,
- III. ARTS ÉCONOMIQUES.
- Moulins à blé portatifs.
- M. Régnier a lu un mémoire, où il rend compte des expériences qu’il a faites sur un moyen de perfectionner les moulins à blé portatifs. Ce mémoire sera inséré au Bulletin.
- p.128 - vue 133/331
-
-
-
- ( I29 )
- Eclairage.
- M. Bordier Marcet a présenté , au nom de M. Chopin, lampiste à Paris, un appareil d’éclairage , auquel cet artiste a cru donner le nom de lampes à couronnes semi-paraboli-mobiles, qui se distingue des lampes astrales à pied, en ce que le réflecteur dont celle-ci est garnie, a la propriété de se partager en deux sections qu’on peut remplacer par un garde-vue transparent, ou l'aire alterner avec un demi-ballon de gaz , dont chacune peut recevoir le degré d’obliquité qu’on veut lui donner. Il a demandé que le Conseil ordonnât le renvoi de cet appareil au Comité des Arts économiques. Il a annoncé en outre qu’il se proposoit de faire de nouvelles expériences de ses appareils d’éclairage pour en constater les effets en grand , expériences qui dévoient avoir lieu en l’église Notre-Dame de Paris ; et il-a prié le Conseil de vouloir bien nommer des commissaires pour y assister.
- Le Conseil a nommé MM. Mérimée 3 Régnier et Boulard.
- Tissus.
- M. le général de Grave a présenté une note relative à un sujet de prix indiqué par M. Depuy, ancien maire d’Avignon , membre de la Société.
- M. Depuy désireroit qu’on trouvât un moyen de laver et de nettoyer facilement, et avec économie, les étoffes de soie blanche, et principalement celles qui servent à l’habillement, soit que le tissu de ces étoffes n’admette aucun mélange , soit que l’on y introduise du coton, de la laine ou du fil. M. de Grave a observé que M. Bouché a fabriqué des schails de soie et coton qui se lavent facilement, et que les Anglais ont une étoffe de meure genre , imitant le cachemire, qui peut être savonnée sans altération.
- Le Conseil, considérant que le sujet de prix ci-dessus indiqué mérite de fixer l’attention de la Société, et qu’il peut en résulter de grands avantages pour le commerce des soieries, a invité le Comité des Arts économiques à le comprendre parmi ceux qu’il auroit à proposer pour cette année , et en conséquence à préparer le programme relatif à cet objet.
- Conservation des viandes.
- M. de Lasteyrie a déposé sur le bureau un mémoire de M. Guersant, docteur en médecine, sur la préparation des intestins de boeuf pour les couvertures de substances animales, qui a été lu par Fauteur à la Société philomatique. Ce mémoire a été inséré, par ordre du préfet, au Bulletin précédent, N°. CVII.
- S -r re de Pomme de terre.
- M. FlashofE chimiste à Essen, grand duché de Berg, a adressé îc détail
- p.129 - vue 134/331
-
-
-
- ( >3o )
- des procédés qu’il emploie pour fabriquer le sucre de pomme de terre , avec un échantillon de ce sucre concret. Cet objet a été renvoyé au Comité des Arts économiques.
- Salaisons.
- M. Brunn-Neergaard a annoncé qu’il avoit terminé la traduction promise de l’ouvrage danois , sur les salaisons ; il a lu au Conseil la table des matières de cet ouvrage. Le Conseil a invité M. BrunnNeergaardà communiquer son travail aux Comités des Arts chimiques et des Arts économiques 3 cette communication pouvant leur être utile pour la rédaction du programme de prix qu’on a l’intention de proposer sur l’art des salaisons.
- Papier maroqumé.
- M. Huzard a mis sous les yeux du Conseil des échantillons de papier maroquiné de diverses fabriques, qui ont été exposés à l’action de l’air et du soleil. Quelques-uns d’entre eux n’ont éprouvé aucune altération; ils proviennent de la fabrique de MM. Boehm et Rœderer, de Strasbourg* ( Voyez notre Bulletin , N°. CVII).
- IV. AGRICULTJRE.
- Nouvelle Filasse.
- M. Baldwin y citoyen des États-Unis d’Amérique , a présenté des échantillons d une nouvelle sorte de filasse. M. Bosc, parlant au nom du Comité d’agriculture , a dit que cette filasse, jusqu’à présent inconnue dans le pays où elle croît , comparée à celle du chanvre, a paru au Comité inférieure sous tous les rapports ; elle se rapproche infiniment de celle que fournissent les malvacées, et principalement les abulitons ( sida)i genre fort nombreux en espèces dans les Etats-Unis. Le Comité a proposé de remercier M. Baldwin de sa communication.
- Plantation du Noyer.
- Des observations de M. Gaurel3 propriétaire à Alby, sur la plantation du noyer, ont été renvoyées au Comité d’agriculture. Son mémoire, ainsi que celui de M. Pezeret de la Maurinerie, propriétaire à Cahors, n’ont pu être admis au concours pour la multiplication du noyer, vu que les auteurs n’annoncent pas avoir fait de plantation; mais ils contiennent de bonnes observations. M. Baudrïllart, rapporteur, a proposé , au nom du Comité, d’en faire mention dans le compte du résultat du concours , et de remercier M. G autel et M. Lezeret.
- p.130 - vue 135/331
-
-
-
- Laines et Cotons.
- M. de Fahnenberg a adressé : i°. une notice sur l’introduction des moutons à laine fine d’Espagne dans le pays de Bade ; 2°. un échantillon de laine fine du pays préparée pour être filée ; 3°. une capsule de coton, provenant d’un essai de culture du cotonnier en pleine terre , essai qui paroît avoir été entrepris avec succès par M. Hartwig, jardinier de la cour grand ducale, La notice sur l’introduction des moutons d’Espagne a été renvoyée au Comité d’agriculture. Le Comité a fait à ce sujet , par l’organe de M. Tessier , un rapport que l’on a vu dans le Bulletin de mai , 3Nf°. CVil.
- Jachères.
- M. Tarchier de Courcelles a adressé un mémoire sur les jachères, qui a été renvoyé à l’examen du Comité. Le Comité a demandé le renvoi de cet objet à la Société d’Agriculture du département de la Seine.
- Teignes.
- Au nom du Comité d’agriculture, M. Bosc a lu un rapport sur la note que M. de Querhoent avoit adressée, concernant les teignes qui ravagent les étoffes de laine.
- M. de Querhoent avoit exprimé son étonnement au Conseil, de ce que la Société a proposé un prix si considérable pour un moyen de préserver les étoffes de laine du ravage des teignes, lorsqu’il semble si facile d’arriver à ce but avec des soins et des précautions. Il suffit, disoit M. de Querhoent, d’exposer deux fois par an, dans les mois d’avril et de septembre, et par un temps sec, ces étoffes à l’air, de les battre , de les brosser, et de faire ensuite des fumigations de benjoin dans les appartemens, les portes fermées 3 enfin de mettre des fleurs de lavande dans les armoires où l’on serre les vêtemens. M. de Querhoent établit sa propre expérience comme garant de la bonté de ces procédés.
- Recherchant ensuite d’où provient cette grande quantité de teignes que 1 on rencontre dans les appartemens et à la campagne, il croyoit trouver la solution de cette question en attribuant leur origine aux petits vers qui sortent du corps de la chenille du papillon blanc ou chenille du chou, et qui filent une espèce de cocon, d’où il concluoit que cette chenille est vivipare ; il avoit même envoyé quelques-uns de ces cocons, afin que l’on pût s’assurer que c’est de là que sortent les teignes qui dévorent la laine et le blé.
- M. Bosc j faisant au nom du Comité d’Agriculture un rapport sur la
- p.131 - vue 136/331
-
-
-
- ( i3a )
- note de M. de Qiierhocnt, a observé que les moyens qu’il indique sont connus et bons à employermais insufïisans; 20. que les coques qu’il a envoyées sont celles de l’ichneumon globulaire, qui dépose ses œufs dans le corps de la chenille du chou , et qui fait périr chaque année des milliards de ces insectes , et par-là empêche la trop grande multiplication de cette espèce.
- Charançons,
- M. Larciner de Courcelles a adressé un mémoire sur les charançons; il y établit que cet insecte provient des mouches qui;, pendant l’été ^ déposent leurs œufs sur les épis du blé ; il conseille , pour les détruire, de remuer le blé à la pelle et de le cribler, et il indique l’odeur de l’ail comme propre à les éloigner.
- M. Bosc, parlant au nom du Comité d’Agriculture chargé de l’examen du mémoire, a observé que l’on ne commît pas de mouches qui vivent dans le grain, que les charançons ne se trouvent que clans les greniers, qu’il est très-rare d’en rencontrer dans la campagne , et que les moyens les plus certains pour s’opposer à la multiplication de cet insecte, sont de mettre le blé dans des sacs ou dans des tonneaux, et de le réduire en farine au bout de l’annce. 11 a conclu à remercier M. Lare hier de sa communication.
- Charrue»
- M. de Caumai'tin, membre de la Société, a transmis des observations sur un soc de charrue en fonte à pointe de rechange, inventé par M. de Mus'ïgny (Côte d’Or). Le Comité d’agriculture, auquel cet objet avoit été envoyé, a lait à ce sujet un rapport que l’on a vu dans notre Bulletins IST0. CY1.
- Llourriture des Bestiaux.
- M. Maudet de Venhouet a fait hommage de la description et du dessin d’une machine qu’il a imaginée, et qu’il emploie avec succès pour piler l’ajonc. Son mémoire et le rapport qu’a fait à ce sujet M. BosCj au nom du Comité d’Agriculture auquel il avoit été renvoyé, sont insérés dans le présent Bulletin.
- Elèves d’A I/o rt.
- M. Huzard, inspecteur général des Ecoles vétérinaires , a adressé l’extrait du contrôle des élèves entretenus par la Société à l’École d’Alfort pour le premier trimestre de l’année 1812. Ces élèves sont au nombre de
- sept
- p.132 - vue 137/331
-
-
-
- sept -, savoir : les sieurs Louis ~ Henri Moyne , de ia Vienne ; Jean-François Desrny, du Cher ; Louis-Alexandre Gonthier, de ia Somme r{ Jean Lechesne, de ia Sarthe Jean, I\îacé, de Loir et Cher ; Isaac« François Mare, du Calvados ; et Louis Deshayes , de l’Eure.
- Six d’entre eux sont élèves agriculteurs ; le sieur Moyne est seul vétérinaire ; tous promettent de faire de bons sujets. Le Conseil a ordonné la mention de cette lettre au procès-verbal.
- COMMUNICATIONS.
- Correspon dance.
- S. Ex. le Ministre des manufactures et du commerce a transmis un nouveau mémoire de M. Alluaud, sur la dessiccation des châtaignes. Ce mémoire a été renvoyé au Comité des Arts chimiques. s
- M. de Fahnenberg a adressé de nouvelles observations sur la teigne champêtre qui se trouve aux environs du lac de Conuance, et sur les moyens dont on sa. sert en ce pays pour la détruire ; sur la grc fFe du m ycr , et sur les tentatives faites à ce sujet dans le pays de Bade; sur le blé de Jérusalem.. 11 a annoncé qu’il s’occupe de recueillir les procédés employés dans le pays de Bade pour le rouissage du lin et du chanvre , et il a ajouté que 1 on se servo; t dans les en virons de Kehl dos tiges de chan vrc, mêlées avec d’autres in gré liens, pour la fabrication d’une poudre de chasse très- estimée.
- La lettre de M. de Fahnenbcrg, et la réponse du Comité d agriculture , seront insérées dans un ries prochains numéros.
- M. Robert a adressé une lettre indiquant le prix de l’engrais dont il a annoncé la découverte. Le prix de cet engrais est de 5 francs le pris à la manufacture. M. Robert expédie à Lyon pour l’engrais des terres de labour, des pieds de mouton qui reviennent à i 5o francs le §°, et dont il a un grand déb:t. ( Voyez notre Bulletin , N°. CH. )
- M. Amanton% président de l’AcadéiniedesSciences, Arts et Belles Lettres de Dijon, a annoncé que M. Jouannet habitant de cette vdie, a imaginé une voiture dont, en cas de danger, on peut détacher le cheval et enrayer les quatre roues; il promet un rapport «les Commissaires de l’Académie sur cette machine , dont l’essai a toujours été couronné du succès.
- M. le baron Brulé du Falsuzenay a appelé l’attention de la Société sur une machine h bras, ihventée par un menuisier du département de l’Oise, su moyen de laquelle un homme peut scier circulairement avec la plus gran te précision toute espèce de bois, depuis la plus forte pièce jusqu’au boh de placage. Il a annoncé que cette machine seroit mise sous les veux du Conseil jiar l’inventeur.
- Douzième armée. Juin 1815.
- S
- p.133 - vue 138/331
-
-
-
- ( 154 )
- Le Comité des Arts mécaniques a été chargé de l’examiner quand elle sera parvenue.
- M. Olcese, secrétaire perpétuel de la Société d’Emulation pour les Arts et l'Agriculture du département de Gènes, a adressé les règlemens de cette Société , anciennement connue sous le nom de Societa Patria , qui vient de se réorganiser. Il a exprimé le désir qu’elle a d’être aggrégée à la Société (l'Encouragement.
- La Société des Sciences , Arts et Belles-Lettres de Bordeaux a adressé le prospectus d’un ouvrage publié par un de ses membres ( M. Mazzois ) , sur les antiquités de Pompéia.
- MM. les membres de la Société d’Agriculture de Toulouse ont adressé plusieurs numéros de leur Journal despropiiétaires ruraux des dépar-îemens du Midi,
- M. André de Eeuflise y fabricant de draps à Sedan, a annoncé qu’il avoit introduit dans sa manufacture l’éclairage, par le gaz hydrogène , selon le procédé de M. Ryss-Poncelet.
- Objets présentés.
- S. Ex. le Ministre des manufactures et du commerce a adressé deux exemplaires : i°. de l’instruction de M. Giobert sur l’extraction du pastel ; 2°. de celle de M. de Puymaurin sur le même sujet. On a inséré un extrait de la dernière dans le Bulletin > N°. CVI; il sera inséré une notice de la première dans un de nos prochains Nos.
- M. Jullien a fait hommage de son ouvrage intitulé : le Manuel du. Sommelier. M. BosCy qui avoit été chargé de l’examen de cet ouvrage , a déclaré qu’il lui paroissoit traité convenablement, et d’une manière propre à atteindre le but d’utilité que s’est proposé l’auteur. En conséquence il a conclu à ce que la Société l’annonçât dans son Bulletin. Cette annonce a eu lieu en effet dans le Bulletin , N°. CV.
- M. le baron Guy ton de Morveau a fait hommage d’un écrit intitulé : Extrait de plusieui's Mémoires sur le Eiamant. Le Conseil en a ordonné le depot à la bibliothèque , et voté des remercîmens à l’auteur.
- M. Dralet a fait hommage d’un exemplaire de sa descriptiondesPyrénées.
- M. Amanton y président de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, a fait hommage d’un écrit de sa composition, intitulé : Recherches biographiques sur le professeur Lombard.
- Cet objet a été renvoyé à M. Régnier pour en faire un rapport verbal-en conséquence duquel l’ouvrage a été placé dans la bibliothèque, et des remercîmens votés à l’autour.
- M. le docteur Agostini Bassiy de Lodi, a fait hommage d’un ouvrage de
- p.134 - vue 139/331
-
-
-
- ( i35 )
- composition. IlPasîore ben istruito: il a été renvoyé au Comité d’agriculture,
- M. Lembert, boulanger à Paris, a présenté une instruction sur l’usage de sa machine à pétrir le pain.
- M. de Fahnenherg a adressé une instruction de M. Hermbstaëdt, sur la fabrication du sucre de betterave, publiée par ordre du Gouvernement Prussien , et contenant la description d’un procédé plus simple et moins coûteux que celui de M. Achard.
- M. de Fahnenberçr a adressé à la Société deux volumes d’un ouvrage qu’il publie sous le titre de : Magasin pour le Commerce, la Législation, du commerce et VAdministration des jinances de la France et des Etats alliés ( Magazin fur die Handlung).
- Il a annoncé que l’on commençoit à se servir avec succès des lampes de M. Bordier pour l’éclairage des villes du grand duché de Bade ; que déjà la grande rue et plusieurs places publiques de la résidence de S. À. I. étoient éclairées par les lampes de pet artiste.
- M. de Lastegrie a déposé un exemplaire de sa notice sur la conservation des pommes de terre : un extrait a été inséré au Bulletin, N°. CIV.
- Fin de la Notice des Travaux du Conseil d’Administration.
- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait de la Eescriptioti d’un petit fourneau à coupelle > présenté à VAdministration générale des Monnaies par MM. Anfrye et d’Arcet, inspecteur et vérificateur des essais des Monnoies,
- Le but que l’on doit se proposer dans la construction des fourneaux en général, et surtout de ceux qui sont destinés aux opérations des arts, est d’obtenir le plus de chaleur avec la moindre quantité de combustible. Il semble cependant que l’on ait toujours négligé cette seconde condition dans la construction des fourneaux à coupelle. La dépense de ceux dont on se sert ordinairement est si grande que les essayeurs, qui ont peu d’essais à faire, attendent souvent3 pour allumer leurs fourneaux, qu’il leur soit arrivé un nombre d'essais tel, que la recette puisse au moins couvrir la dépense. On conçoit aisément combien cet état de choses doit gêner la marche du commerce, et apporter du retard dans les affaires relatives à la marque d’or et d’argent.
- L’Administration des monnoies voulant remédier à ces inconvéniens, et en même temps régulariser le service des bureaux de garantie , assurer aux
- S a
- /
- p.135 - vue 140/331
-
-
-
- ( i56 )
- essayeurs un bénéfice convenable sans augmenter leurs rétributions ni les charges du Trésor public, chargea, vers la fin de l’année 1812, MM. 4nfye et a’Arcetàe chercher les moyens de diminuer les frais qu’occasionc l’usage du fourneau ü coupel-e ordinaire, et surtout de tâcher de les réduire au point de pouvoir y passer avec avantage un petit nombre d’essais. Telles sont les circonstances qui ont conduit les auteurs à la recherche et à l’invention du fourneau dont nous allons donner la description.
- Corps du Fourneau.
- LaJig. ire. de la PL 98 représente le petit fourneau à coupelle complet : il est composé, comme 011 le voit, d’une cheminée ou. tuyau de tôle a > et du fourneau b qui est fait en terre cuite. Ce petit fourneau n’a que om. , 446 de hauteur , et onl. , 184 de largeur. Il est formé de trois pièces , d’un dôme A , fig> 9 et iOj d’une pièce intermédiaire B , qui comprend ce que l’on nomme ordinairement le laboratoire et le foyer, et d’un cendrier C qui sert en même temps de base au fourneau. La pièce principale a la forme d’une tour creuse ou d'un cylindre creux aplati également de deux, côtés opposés parallèlement à l’axe, de telle manière que toute section horizontale est elliptique. Le pied qui le supporte est un cône tronqué, aplati de môme sur deux de ses côtés, ayant par conséquent pour bases deux ellipses de di nôtres différens : la plus petite doit être égale à celle du fourneau , afin que le pied se raccorde bien avec lui.
- Le dôme qui forme voûte au-dessus du foyer a de meme la base elliptique , tandis que l’orifice supérieur par lequel sort la fumée conserve la forme circulaire.
- De la Cheminée.
- La cheminée jig. 9 est un tuyau de ora. , 07 de diamètre, ayant un de ses bouts un peu élargi, et rendu légèrement conique pour pouvoir s’emboîter exactement sur la partie supérieure d du dôme. A la réunion de la partie conique et de bipartie cylindrique du tuyau, se trouve placée une petite galerie en tôle e ( dont laJig. 8 représente le plan ) destiné à recevoir des coupelles neuves, qui s’y échauffent assez fortement pendant le travail pour pouvoir être ensuite introduites sans danger dans la moufle, lorsqu’elle est portée à la chaleur rouge : on voit à quelques centimètres au-dessus de cette galerie une petite porte à coulisse f, par laquelle on peut, si on le trouve plus commode, introduire le charbon dans le fourneau; au-dessus de cette porte on a place en g une clef ou soupape qui sert à régler le tirage du fourneau. Pour porter aisément la moufle à la température nécessaire pour passer les essais d’or et d’argent, il falloit donner à ce
- p.136 - vue 141/331
-
-
-
- f
- \
- l 3'
- tuyau environ
- pelles jusqu’à
- Cm. , 5o de hauteur 3 depuis h galerie où se pi son extrémité supérieure.
- :ent les cou-
- Du Dôme.
- L’ouverture circulaire h , fig. g et 12, qui est percée sur le devant de cette pièce 3 sert à introduire le charbon dans le foyer. On s’en sert aussi lorsqu’on désire voir dans quel état est l’intérieur du fourneau , ou lorsque 1 on veut ranger ou faire tomber le charbon autour de la moufle. Cette ouverture se ferme pendant le travail avec le bouchon de terre cuite , dont on voit la face en n3fg. i, et la coupe enn,jig. 12. La partie supérieure du dôme, qui est légèrement conique 3 sert à fixer sur le fourneau le la vau de tôle 3 au moyen duquel on établit le tirage nécessaire.
- Du Foyer.
- Le foyer , qui est vu sous différons aspects aux Jig. 93 1O3 11 et 12 3 présente cinq ouvertures. La principale , qui est celle de la moufle 3 est placée en i sur le devant à la partie supérieure 3 environ au tiers de la hauteur du foyer : elle se ferme avec la porte demi-circulaire que l’on voit de face en m 3fig. 1 3 et dont la coupe se trouve en m3fig. 12. C’est au-devant de cette ouverture que se trouve placée la tablette sur laquelle on fait avancer ou rec uler la porte de la moufle. La lettre q desfig. 93 11 et 1 23 indique la vue de face et côté , et la coupe transversale de cette tablette qui est en terre cuite 3 et qui fait corps avec le fourneau. Le dessus doit être exactement de niveau avec le sol de la moufle. Au-dessous se trouve une fente horizontale j qui est percée au niveau du dessus de la grille 3 et qui sert à introduire la baguette de fer, fig- 5, destinée à faire tomber de temps en temps dans le cendrier les cendres qui encombrent les trous de la grille. Cette ouverture se bouche à volonté avec le petit coin de terre cuite représenté en k ,fig* 1 3 et dont on voit la coupe en k 3fig. 12.
- A droite et à gauche 3 vers le bas 3 un peu au-dessous de la grille , sont percés, comme on le voit en ce1, fig. 9, io, 11 et 12, dans le sens du grand diamètre de l’ellipse, deux trous égaux dont nous ferons connoître dans la suite l’usage.
- Sur le derrière du fourneau se trouve la fente verticale p >fig> 10, 11 et 12,qui sert à placer le support en terre cuite, que l’on voit en s3jig. 32, et qui est destiné à soutenir en cas de besoin le fond de la moufle.
- On voit en u ,fig- 12, la coupe de l’encastrement et de la petite tablette où s emboîte, et sur laquelle repose la moufle.
- 11 représente la grille du petit fourneau vue en plan , et la fig. 14
- p.137 - vue 142/331
-
-
-
- ( '38 )
- la représente vue horizontalement ; ces deux figures font voir quelles sont les dimensions de l'ellipse qui détermine la forme générale du fourneau , quelle est l’épaisseur de la grille, et comment on l’a rendu plus solide en y fixant tout autour et vers la moitié de son épaisseur un fil de fer bien tendu qui sert, lorsque la grille se fend, à empêcher la séparation des morceaux. On voit en z la ramure dans laquelle est logé ce fil de fer. Les trous qui sont percés dans cette grille ont la forme de cônes tronqués, ayant leur grande base en bas, pour que les cendres puissent plus aisément tomber dans le cendrier. La lettre v de la Jig. 12 , qui représente la coupe de la grille, indique la forme de ces trous : cette grille est portée par une petite banquette faisant corps avec le fourneau , comme on le voit en a >ftg. 12.
- Du Cendrier.
- La pièce de terre cuite qui sert de cendrier au fourneau , est destinée en même temps à l’élever à la hauteur convenable, afin qu’en le posant sur une table ordinaire, l’essayeur puisse, étant assis, suivre aisément l’essai qui passe dans la moufle.
- Le cendrier n’a que deux ouvertures, l’une elliptique pratiquée à la base supérieure, et par laquelle les cendres tombent; et l’autre demi-circulaire qui se trouve placée sur le devant du cendrier au niveau de son fond. Cette ouverture que l’on voit en y,fig. g, 11 et 12, forme la porte du cendrier ; elle sert à introduire de l’air sous la grille du fourneau , et à retirer les cendres qui s’y accumulent. Elle se ferme au besoin avec la porte r, fig. 1, dont la coupe se voit en r,fig. 12.
- Pour donner plus de solidité au fourneau, 011 doit le garnir de cercles de fer (1) serrés à vis, ou avec de bonnes clavettes placées aux extrémités de chaque pièce, comme on le voit en b , b, b,jig. 10 et 11.
- Des Ustensiles et du Combustible nécessaires pour le service du petit
- Fourneau à coupelle.
- Des Moujles.
- Les moufles dont on fait usage ont la forme que l’on donne aux moufles ordinaires, mais elles sont beaucoup plus petites. Nous en avons fait faire de deux grandeurs; les unes ont 60 millimètres de profondeur sur 40 millimètres de largeur, et 55 millimètres de hauteur; les autres portent go millimètres de long, et ont la même hauteur avec la même largeur. Les premières sont destinées à ne recevoir qu’une seule coupelle à la fois;
- (1) On pourroit faire ces cercles en cuivre jaune ; ils coûteroient à la vérité plus cher, mais ils auroient l’avantage de ne pas être détruits par la rouille.
- p.138 - vue 143/331
-
-
-
- les secondes en peuvent contenir aisément deux placées Tune devant l’autre. Les fig. 19,20 et 21 représentent l’élévation de face et les coupes longitudinales de ces moufles. Ces petites moufles sont voûtées à plein cintre : elles doivent être faites avec de bonne terre, bien réfractaire , assez chargée en ciment et d'un grain assez grossier pour pouvoir supporter aisément les changemens subits de température. Elles doivent, en outre, être bien cuites, afin de ne pas diminuer de volume lorsqu’elles sont placées et chauffées fortement dans le petit fourneau. Leur ouverture doit être tellement réglée qu’elles puissent s’encastrer le plus exactement possible dans la feuillure qui est pratiquée dans l’épaisseur du fourneau, et qui se voit en u 9Jig. 12.
- Des Coupelles.
- Les coupelles dont on doit faire usage sont les mêmes que celles dont se servent ordinairement les essayeurs. La jig. 16 représente la coupe d’une de ces coupelles. Elles pèsent environ 12 grammes, peuvent contenir 20 grammes de plomb fondu, et absorbent aisément 8 ou 10 grammes d’oxide de plomb. Les moufles, dont nous avons parlé plus haut, peuvent recevoir aisément ces coupelles, et il reste même assez de place sur la largeur pour pouvoir les avancer, les reculer, ou les enlever avec la pin-ceîte , sans éprouver la moindre difficulté.
- MM. Anfrye et d'Avcet ont en outre fait fabriquer des coupelles asscfc petites pour pouvoir passer de front, dans les mêmes moufles, deux et trois essais à la fois. Les Jig. 17 et 18 représentent la coupe des moyennes et des petites coupelles ; mais ils pensent qu’il est plus prudent de se servir de coupelles ordinaires, d’opérer toujours sur le gramme entier, et de ne faire par conséquent qu’un essai à la fois.
- Des Creusets à recuire les essais d’or.
- Ces creusets se font avec la même terre et dans les mêmes moules que les creusets dont se servent ordinairement les essayeurs pour faire recuire les essais d’or. On leur donne seulement moins de hauteur pour qu’ils puissent entrer facilement dans la petite moufle. La Jig. i5 donne la coupe d’un de ces petits creusets. On ne peut en placer qu’un à la fois dans les petites moufles ; mais on en met aisément deux dans celles dont nous avons parlé, et qui ont un peu plus de profondeur.
- Du Vlomb à essai:
- Le plomb dont on doit faire usage est le meme que celui qu’emploient ordinairement les essayeurs ) il doit contenir le moins d’argent possible , et
- p.139 - vue 144/331
-
-
-
- C 140 )
- doit surtout être exemnt d’étain et d’antimoine. On remploie aux mêmes doses qu’en se servant d'un grand fourneau à coupelle.
- Les pinces et brosses à essais, les Bruxelles., les poids et balances sont les mêmes que ceux dont 011 se sert dans l’usage ordinaire.
- Des Pincettes.
- Les pincettes dont on se sert pour placer dans la moufle et pour enlever les coupelles , doivent être fort petites , et surtout assez minces pour que l’extrémité de chaque branche puisse passer entre les parois de la moufle et celles de la coupe lle. La//L. 1 représente la pineette. Qu l’emploie aussi lorsque Ton veut commencer l’essai, pour porter le plomb et l’argent dans la coupelle chauffée au rouge.
- De la Baguette de fer.
- La petite baguette de fer que l’on voit représentée à 3 , PI. ir?., est un oui 1 fort commode pour travailler au petit fourneau à coupelle. Elle sert à arranger le charbon dans le fourneau , en l’y mtro luisant par 1 ouverture h, fig. 9 et 12. On s’en sert aussi pour nettoyer la grille et pour faire tomber les cen 1res dans le cen lrier : il suffit, pour cela , de beniorr er dans le fourneau par la petite fente /, et de la promener hor zontulrment et avec légèreté à droite et à gauche sur toute la surface de la grille. Quand en a acquis un peu d’habitude, eetîe baguette de fer sert encore très-bien à avancer ou à enfoncer la coup lie dans la moufle, môme pendant que l’essai passe. On appuie doucement la tige contre les parois de la coupelle, et. en tirant légèrement à soi, ou en poussant, on fait tourner la coupelle, qui avance ou qui recule suivant le sens dans lequel on agit. Ce moyen est fort bon à employer, surtout quand 011 craint que le devant de la coupelle ne soit pas assez chaud ; en lui faisant faire ainsi un demi-tour avec la baguette de fer, on ramène le derrière de la coupelle sur le devant , et on régularise le degré de chaleur. L’anneau que l’on voit à l’une de ses extrémités ne sert qu’a la tenir plus aisément et à la suspendre.
- De la petite Main servant à mettre le charbon dans le fourneau.
- Cette petite main, qui peut être faim en tôle ou en fer-blanc, doit avoir la forme des mains dont on se sert chez les marchan 1s de tabac, etc., pour meure le tabac en sac ou en cornets • elle doit être assez évasée par le haut pour que le charbon que l’on y a mis puisse rouler aisément dans le fourneau. La partie antérieure doit être assez étroite pour pouvoir s’engager un peu dans l’ouverture circulaire h ,Jlg. 9 et 12 du dôme du fourneau. On eu voit le plan et l’élévation latérale/^-. 5 et B.
- Du
- p.140 - vue 145/331
-
-
-
- ( '4' )
- Du petit Ringard.
- Le petit ringard (Jlg. 4 ) sert à retirer les cendres qui passent à travers la grille et qui tombent dans le cendrier. Il n’a rien de particulier que sa petitesse : il est fait avec un fort fil de fer , dont on aplatit et dont on courbe une des extrémités. ^
- Du Combustible ?
- Le charbon de bois convient parfaitement pour chauffer le petit fourneau à coupelle \ le charbon de terre n’y brûleroit qu’au moment où le fourneau , allumé depuis long-temps, seroit monté à un assez haut degré de chaleur. Ce charbon auroit en outre l’inconvénient d’encombrer la grille de mâchefer , et souvent même d’ébranler et de déplacer la moufle en se gonflant pendant la combustion dans le fourneau. Le charbon de terre épuré, que I on connoît aussi sous le nom de coak, ayant été déjà chauffé au rouge , ne présenteroit plus les mêmes inconvéniens. En prenant quelques précautions, on pourroit faire usage de ce combustible. Lorsqu’on voudra s’en servir, il faudra commencer à chauffer le fourneau avec du charbon de bois , n’y mettre du coak cpie lorsque l’intérieur du fourneau sera porté à la chaleur rouge et le tirage bien établi , et avoir soin, surtout, de dégager la grille de temps en temps, parce que les scories qui se forment f encombrent plus promptement que ne le font les cendres de charbon de bois. En prenant les mêmes précautions, on peut même employer les escarbilles (i) ; mais la dépense en combustible est si petite, que l’on croit qu’il faut préférer la facilité du travail à une bien légère économie, et que le coak et les escarbilles surtout 11e doivent être employés que dans les lieux où le charbon de bois est trop cher, ou lorsqu’on ne peut pas s’en procurer. L’emploi du coak paroit au contraire avantageux, lorsque l’on veut donner à la moufle une très-haute température, et que l’on accélère la combustion dans le petit fourneau, en introduisant sous la grille un courant d’air rapide au moyen d’un ou deux soufflets. Mais lorsque l’on veut faire des essais et qu’on n’emploie que le tuyau de tôle pour activer la combustion, il faut préférer le charbon de bois à tout autre combustible.
- Le charbon de bois dont on se servira devra être bien sec et réduit en petits morceaux à peu près de la grosseur d’une noix ; beaucoup plus petits, ils empêcheroient la circulation de l’air dans le fourneau ; plus gros, il resteroit trop d’espace vide dans le foyer, et la moufle chaufferoit mal.
- (1) On donne dans les fabriques le nom à"1 escarbille au charbon de terre plus ou moins brûlé qui passe à travers les grilles , et qui tombe dans les cendriers des fours a réverbère j des fourneaux de verreries, etc. etc.
- Douzième année.* Juin 1813.
- T
- p.141 - vue 146/331
-
-
-
- ( i4a )
- Ce que nous venons de dire sur le fourneau de MM. Jirfrye et d*Arcet suffit pour en faire connoître la construction et l’usage ; on trouvera sur ces deux articles, et particulièrement sur le dernier , de plus amples détails dans un écrit que viennent de publier les auteurs (i). On remarquera, surtout, comment, en y ^laptant le soufflet de la lampe d’émailleur, iis parviennent à en augmenter considérablement la température , et à l’élever au-dessus de celle du fourneau à coupelle ordinaire ( voyez jig. 2.2 ). Ge qui nous reste à faire est de placer ici un extrait du rapport qu’ont fait à ce sujet à l'Administration des Monnoies MM. Vauquelin et Thénard, chargés de son examen.
- Nous avons, disent les commissaires, examiné reflet produit par ce fourneau, en en faisant successivement usage avec la table a émailleur et avec le tuyau vertical ; voici les résultats que nous avons obtenus.
- Essais faits avec le Fourneau monté sur la table à émailleur.
- Le fourneau a été allumé à deux heures et demie; on a fait jouer le soufflet, et la moufle s est bientôt trouvée à la température nécessaire pour y passer un essai; nous y avons essayé, à plusieurs reprises, une médaille dont le titre déterminé , en se servant du fourneau à coupelle ordinaire , s’étoit trouvé à 949 millièmes.
- Voici le tableau que nous avons formé du résultat de ces essais :
- Numéros. ARGENT employé. PLOMB. employé. DURÉE de l’essai. TITRES. CHARBON employé.
- 1 1 gramme. 4 grammes. 12 minutes. ç47 millièm. 173 grammes.
- 2 Idem. Idem. 1 1 ç5o 86
- 3 Idem. Idem. 13 949 93
- 4 Idem. Idem. 10 949 ÔO
- Termes moyens. 1 gramme. 4 grammes. 11 m. 5. 948 m.^5 io3 grammes.
- (1) Description d’un petit Fourneau à coupelle, au moyen duquel on peut faire, à peu de frais, dans les Bureaux de garantie, chez les Orfèvres et les Bijoutiers, les essais des matières d’or et d’argent , et dont on peut se servir avec avantage clans la pratique de quelques arts; précédée du Rapport qui a été fait sur ce petit Fourneau, à l’Administration générale des Monnoies , par MM. Vauquelin et Thénard, membres de l’Institut, etc. etc. ; par MM. Anfrye et d’Arcet, Inspecteur et Vérificateur des Monnoies. Paris, i8i3, in-8°.
- p.142 - vue 147/331
-
-
-
- ( )
- On voit, d’après ce tableau, que les essais d’argent à g5o millièmes passent au petit fourneau à peu près en douze minutes , c’est-à-dire, dans le même temps qu’ils mettent à passer lorsqu’on fait usage du fourneau ordinaire ; que le terme moyen des titres trouvés étant 948 |, se rapporte aussi bien qu'il est possible avec le vrai titre de la médaille, et que les petites différences qui se trouvent entre les titres peuvent être considérées comme milles, puisqu’on les éprouve de meme en se servant du grand fourneau , et parce qu'on peut d’ailleurs les attribuer au défaut d usage; car 011 sait que l’habitude du fourneau contribue beaucoup, dans Fart de l’essayeur, à l’exactitude des résultats.
- La quantité de charbon employée a été , comme on le voit encore dans le tableau, de io5 grammes pour le terme moyen de quatre essais ; ce qui feroit un peu plus de 2 centimes de charbon par essai, puisqu’une voie de charbon, pesant 5o îdlogrammes, coûte tout au plus to francs lorsqu’elle est rendue au laboratoire et réduite en petits morceaux.
- Pour bien déterminer le degré de chaleur que peut donner ce petit fourneau, nous avions placé au fond de la moufle , avant de commencer les essais dont nous venons de rendre compte, deux boules de pyromètre de Wegdwood; ces boules retirées et refroidies ont marqué, l’une 35°, l’autre 3o°.
- Ce qui donne, pour terme moyen, 3a05; ce degré de chaleur est au moins égal à celui que l’on obtient dans la moufle du fourneau à coupelle ordinaire ; il est supérieur à celui où l’or fin entre en fusion , ce qui a encore été confirmé par l’expérience ; car un cornet d'or, mis au fond de la petite moufle, y a bientôt été fondu et converti en bouton bien arrondi.
- Essais faits au petit Fourneau sans soufflet, en y ajoutant seulement un
- tuyau vertical.
- La communication du petit fourneau avec le soufflet de la table à émail-leur ayant été supprimée , et le tuyau vertical avant été placé sur le dôme du fourneau , on y a fait les expériences dont les résultats forment le tableau suivant. Les essais ont été faits sur des pièces de 5 francs prises en circulation, et dont les titres peuvent varier, d’après la loi , depuis 897 jusqu’à oo5 millièmes.
- T 2
- p.143 - vue 148/331
-
-
-
- ( i44 )
- ! Numéros. ARGENT employé. PLOMB employé. DURÉE de l’essai. TITRES. C il A. H B O N employé..
- î 1 gramme 7 grammes. i5 minutes. 900 millièm. 120 gramm.
- i O, Idem. Idem. 902 123
- ! 3 Idem. Idem. 14 901 i75
- Termes moyens. 1 gramme. 7 grammes. 1 4,33 m. 901 m. i39,33 gr. J
- On Toit que ces essais ont été passés clans le même temps qu’au fourneau ordinaire -, que les titres se sont trouvés dans les limites voulues par la loi, et que la quantité de charbon employée 11e s’est élevée qu’à i/\o grammes par essai • ce qui ne fait que pour un peu moins de 5 centigrammes par essai d’argent, au titre de goo millièmes.
- Mais au moment où le tuyau vertical avoit été placé sur le fourneau , le ieu étoiî allumé depuis long-temps ; il étoit à craindre crue ce tuyau, cpii étoit capable d'entretenir la combustion, ne pût pas établir un courant d’air assez fort pour élever promptement la température en prenant le fourneau froid ; l’expérience suivante a été faite pour répondre à cette objection.
- On a laissé refroidir tout-à-fait le petit fourneau , et on l’a rallumé en ne faisant usage que du tuyau vertical: en une demi-heure la température de la moufle a été portée au degré nécessaire , et il n’a fallu , pour l'amener à ceî état, que 220 grammes de charbon, qui, au prix où il est à Paris, talent au plus 4 cent. On a pris le fourneau ainsi chauffé, et, en l’entretenant , on y a passé de suite quatre essais sans difficulté.
- Il est donc bien démontré que le petit fourneau à coupelle , présenté par MM. Anfrye et d’Arcet, peut donner le degré de chaleur convenable , et qu’il peut même l’acquérir promptement en ne faisant usage, pour accélérer la combustion, que d’un simple tuyau vertical.
- Les expériences rapportées plus haut ont en outre prouvé cpie les essais passés à ce petit fourneau étoient faits dans le même espace de temps qu’au fourneau ordinaire, qu’ils y passoient bien ; que les titres trouvés se rap-portoient avec ceux qui étoient déterminés, en se servant du grand fourneau, et que l’économie apportée dans le combustible étoit telle, qu’il paroit inutile de chercher mieux, et que l'on auroit même peine à y croire, si l’expérience n’en démontroit pas la réalité.
- Nous croyons donc , Messieurs, que vous pouvez donner votre approbation au petit fourneau à coupelle qui vous a été présenté par MM. Anfrye et d’Arcet, et que l’on peut l’adopter pour le service des bureaux de garantie de province, où il n’y a qu’un petit nombre d’essais à faire. Nous
- p.144 - vue 149/331
-
-
-
- /' /// ,'/H ,/, /:! •h,i •//
- pl.98 - vue 150/331
-
-
-
- ajouterons encore que nous crayons que ce fourneau pourra être utile dans les laboratoires de chimie et dans les ateliers de quelques arts, où l’on s’empressera sans doute de l’adopter.
- Signé Thénard , Vauquelin.
- En conséquence du précédent rapport, l’Administration générale des Monnoies a approuvé ce petit fourneau ; elle en a arrêté l’adoption pour le service des bureaux de garantie , et en a ordonné la fabrication du nombre nécessaire pour être distribué aux essayeurs de ces bureaux qui ont habituellement le moins d'essais à faire , et l’envoi à chacun des bureaux de garantie d’un exemplaire de la description rédigée d’après ses ordres.
- —-------—-------------------
- AGRICULTURE.
- Extrait d’un Mémoire sur L’utilité que l’on peut tirer de l’Ajonc pilé,pour la nourriture des chevaux , dans les Haras de l’Empire par M. de Penhouet ? membre du Conseil général du département du Morbihan.
- Dans tous les cantons de la ci-devant Basse-Bretagne, le fermier tire parti de l’ajonc pour la nourriture de ses bestiaux, et surtout pour ses chevaux ; mais l’avantage de ce précieux fourrage , qui demeure vert dui ant la plus mauvaise saison, seroit décuple pour l’habitant, sans la difficulté du pilage, qui ne s’opère qu’à l’aide de la force de l’homme, et celle de percussion d’un maillet. Il n’y a personne, dit M. de Penhouet, qui ne souffre en voyant les pauvres gens s’exténuer à un travail très-difficile , et cela à la fin de leur journée.
- J’ai, continue le même auteur, souvent recherché un moyen simple pour venir à leur secours ; j’ai engagé des personnes versées dans la mécanique à s’en occuper , leur observant qu’il ne s’agissoit pas d’une machine, même peu compliquée , parce que son appareil en éloigneroit le cultivateur. Je n’ai pu réussir à me procurer un instrument utile ; mais il y a véritablement une certaine difficulté qui résulte de ce que les brins de l’ajonc étant armés de longs piquans, qui se prennent les uns dans les autres, la quantité que l’on présente au maillet ne peut être comprimée, à moins d'un très-grand poids.
- Je sais que les paysans de la Basse-Normandie, qui font aussi usage de I ajonc, s'y prennent différemment que dans nos cantons. Us composent, avec des madriers, une plate-forme semblable à celle du pressoir ; ils y
- p.145 - vue 151/331
-
-
-
- établissent des rebords, et alors étendent bajoue, sans épaisseur, sur ia surface de cette plate-forme. Us ont des pilons de la forme de ceux qui servent à enfoncer les pavés ; ils se promènent en tous sens sur la plateforme et parviennent ainsi, avec le temps et la peine du corps, à réduire l’ajonc dam l’état convenable pour que le cheval puisse le manger.
- Le paysan normand est, sans comparaison , plus industrieux que le breton , et cependant il n’a point encore appliqué le mécanisme d'un moulin à l’objet dont il s’agit.
- Chez moi 3 un journalier qui pile l’ajonc à mon moulin, peut 3 dans l’espace d’une demi-heure 3 en obtenir q6 livres, ce qui sert pour deux jours à six chevaux ; j’ai fait peser ce qu’un paysan piloit d'ajonc en une heure3 et j’ai trouvé de io à n livres; ainsi il lui faudroit seize fois le meme temps 3 s’il pouvait s’y livrer sans interruption.
- v Je ne fais donner à mes chevaux que 4 livres d’ajonc le matin , et autant le soir, parce qu’ils sont petits, et qu’on doit leur donner modérément l’ajonc pilé qui les échaufferoit trop. L’opinion générale des paysans est que cette nourriture vaut de l’avoine pour les chevaux; rien n’est plus propre à rétablir la santé d’un cheval, à l’engraisser en lui faisant de bonnes chairs.
- On récolte le plus souvent l’ajonc sur les broussées qui poussent naturellement dans des terrains vagues ou sur les fossés ; alors on se contente de couper à la faucille les pousses de l’année. Mais pour tirer un parti avantageux de cette plante, il faut la semer et la couper jeune à la faux.
- On peut la semer dans un terrain préparé, où l’on semera en même temps du grain, même lorsqu’on sème le millet vers le mois de juin. Une fois en rapport, ce qui a lieu dès l’année suivante , il n’y aplus rien à y faire; et si 011 a soin de faucher l'ajonc , il sera toujours tendre, et durera dans cet état trente ans. Un paysan qui a eu l’industrie de cultiver en ajonc un sixième, de journal de Bretagne, estime que le produit peut équivaloir à six milliers de foin. Quelle ressource immense dans une grande ferme ! Cette culture, dont les avantages sont si bien appréciés, auroit lieu en grand s'il y avoit dans chaque village un moulin à piler la lande ou ajonc; et en vérité il seroit très-aisé à introduire, si on le vouloit sérieusement.
- Si dans l’établissement d’un haras on consacre deux journaux de terrain à cette culture, on obtiendra l’équivalent de plus de 80 milliers de foin dans un terrain où l’on pourroit en avoir au plus huit. C’est du fourrage vert dans un temps où l’on ne peut pas s’en procurer, et qu’aucun cheval ne refusera. Que l’on établisse dans les haras de l’Empire des moulins à pilons, dont la dépense première n’excédera pas 1200 francs, et qui
- p.146 - vue 152/331
-
-
-
- coûtent peu d’entretien ; on verra quelle immense économie peut être obtenue par un moyen tout simple. Des chevaux, qui l’hiver seront nourris à l’ajonc et à la paille, seront les meilleurs^ leur flanc ne sera jamais attaqué. On en donnera aux jeunes chevaux pour leur former un bon estomac ; enfin l’usage de tout un pays, l’expérience de tous les temps, sont des titres irrévocables : il est à souhaiter que l’on veuille faire attention au plus grand parti que l’on tirera de l’ajonc pilé lorsqu’on aura un moyen facile de le piler,
- Si les localités ne permettent pas de prendre l’eau pour moteur, on se servira d’un ou deux chevaux ^ mais il est bien rare que pendant l’iiiver il ne se trouve à portée un ruisseau, qu'il ne s’agit que d’arrêter par un batardeau ; le réservoir sera toujours suffisant pour le peu de temps que le moulin aura besoin de marcher chaque jour.
- Si cette méthode étoit établie dans un haras , l’ajonc venant partout, elle gagneroit de proche en proche, et s’étendroit chez le paysan , qui feroit de pareils moulins de plus petites dimensions ; et le bien qui en résulteroit se sentiroit bien vite par l’augmentation croissante des bestiaux , la vraie richesse du laboureur, et par conséquent celle de l’Etat.
- Extrait du Rapport fait par M. Bosc ? au nom du Comité d’Agriculture , sur un Mémoire de M, Penhouet, relatif à l’emploi de l’Ajoiic.
- L’emploi de l’ajonc pour la nourriture des bestiaux, et surtout des chevaux, est connu de toute ancienneté dans les landes des ci-devant provinces de Bretagne, de Normandie, de Gascogne, etc.
- Comme cet arbuste est épineux, et que ses épines, lorsqu’elles ont cinq k six mois d’âge, sont capables de blesser le palais des animaux, on a soin, pour éviter ce grave inconvénient, d’écraser ses rameaux avant de les leur donner à manger.
- Presque partout cette opération se fait sur une pierre plate, au moyen d’un maillet de bois, et est par conséquent très-lente et très-pénible à exécuter. Les moulins, les pilons, les rouleaux que beaucoup de particuliers aisés ont fait construire dans leurs propriétés à toutes les époques, pour la rendre plus expéditive et plus facile , quelque exceîlens que pussent être ce s moyens, n’ont guère subsisté au-delà de la vie de leur inventeur, parce que dans les pays pauvres, et par conséquent ignorans, tels que la plupart de ceux où croît spontanément l’ajonc, on met beaucoup d’importance à conserver un peu d’argent, et très-peu à perdre beaucoup de temps.
- p.147 - vue 153/331
-
-
-
- ( 1 fo )
- Je ne rechercherai pas laquelle est la meilleure de toutes les machines imaginées pour suppléer au maillet; j’observerai seulement que, parmi elles, se trouve le pilon ou hoeard , composé de plusieurs solives armées de fer à leur bout inférieur , solives qu’un arbre tournant, mû par l'eau ou les animaux, soulève alternativement de quelques pouces , et qu’il remplit fort bien l’objet qu'on a en vue.
- M. de Penkouct, membre du Conseil général du département du Morbihan , à qui la Société a accordé une médaille d’or pour la culture du colza dans son département, frappé du peu d’effet et de la fatigue dupilage au maillet dont il est journellement témoin, propose de l’exécuter par le moyen qu’il emploie pour réduire en pâte les graines de colza dont il veut extraire l’huile et ce moyen est un pilon ou bocard à huit hattans. Comme cette machine, dont il envoie le croquis, ne diffère pas en principe de celles du meme genre, qui servent à réduire l’écorce de chêne en tan, les pierres, les briques, le verre, etc. en poudre, il est inutile de la décrire.
- Dans son mémoire, M. de Penhouet établit que les cultivateurs de son canton ne pilent au maillet que ioà 12 livres d’ajonc par heure, et qu’avec sa machine, il en pile 192 livres dans le même espace de temps ; ce qui est suffisant pour nourrir douze chevaux pendant un jour. De là il conclut qu’il seroit fort avantageux d établir de pareils moulins auprès des haras et autres lieux où 011 a beaucoup de chevaux à nourrir.
- Votre Comité d’Agriculture , à qui ce mémoire a été renvoyé, ne peut qu’applaudir aux vues de M. de Penhouet \ mais il ne pense pas qu’il soit aussi facile qu’il semble le croire , de multiplier la machine qu’il propose autant que le besoin l’exige, parce qu’elle est coûteuse, qu’elle demande un grand emplacement, un cours d’eau ou des animaux, et qu’il faut du temps pour la mettre en jeu.
- Signé Bosc , rapporteur»
- À Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLA'T LA CHAPELLE), rue de l’Éperon Saint-André-des-Arts, N3. 7.
- p.148 - vue 154/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANALE. ( N°. CIX.) JUILLET iSi3.
- BULLETIN
- DELA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- -----«sgrgrw»» -
- ARTS MÉCANIQUES. —M ACHINES»
- Description d’une Machine propre à séparer la limaille de fer de la limaille de cuivre ou d’autres métaux; par M, J. D. Ross (?.),
- Pour séparer la limaille ou les copeaux de fer de ceux de cuivre et autres métaux, on emploie ordinairement un barreau aimanté , qu’on saisit avec la main, et qu’on plonge dans la boîte qui renferme ces matières. M. Ross , désirant remplacer cette opération longue et fatigante par un moyen plus simple et plus expéditif,, a conçu l’idée d’une machine dans laquelle on peut se servir de plusieurs aimants à la fois , disposés de manière à se charger d une grande quantité de limaille de fer., que l’on fait tomber ensuite dans une boîte placée au centre de la machine. Cette opération s’exécute par le mouvement alternatif qu’une manivelle imprime à deux marteaux aimantés adaptés aux deux extrémités d’un levier en forme de segment de cercle ou de bras d’ancre. Suivant la force d’attraction de 1 aimant et celle du coup frappé par les marteaux,, la limaille de fer est ainsi séparée de celle de cuivre.
- Plusieurs fondeurs de cuivre, orfèvres, bijoutiers , fabricans de plaqué vt de boutons, établis a Londres, attestent qu’ils ont employé avec succès la machine de M. Ross , qui est représentéefg. 7 et 8 , PL 99.
- 7 ax® cuivre , et B une manivelle adaptée à son extré-
- mité. C est un levier de cuivre en forme de segment de cercle ou de bras uancie, à chaque extrémité duquel est fixé un barreau aimanté, en
- (1) Extrait du TLepertory cf Arts and Manufactures , cahier de Juin 1811.
- Douzième année. Juillet 1810.
- y
- p.149 - vue 155/331
-
-
-
- ( i5o )
- fer à cheval. Dans laJig. 8, où ce marteau est représenté sur une plus grande échelle j C indique une portion du levier , d une pièce de cuivre percée de deux ouvertures pour recevoir les deux bouts ee du marteau aimanté qui est retenu sur le bras de levier par la visf
- Le levier est fixé sur l’axe A, et se meut dans un châssis E qui porte de chaque côté deux blocs de bois F F creusés , pour recevoir les limailles de différens métaux dont on veut séparer celle de fer. Les marteaux aimantés frappent sur cette limaille et se chargent de fer; en tournant la manivelle , la même opération se fait dans la boîte opposée; et l’un des marteaux chargé de la limaille de fer, se trouvant précisément au-dessus du réservoir intermédiaire , s’en débarrasse par le contre-coup qu il reçoit à l’instant où l’autre marteau frappe. La manivelle étant mue d’avant en arrière et d’arrière en avant., les marteaux aimantés plongent alternativement dans les blocs creux FF, et le travail continue ainsi sans interruption. GG sont des bords en planches pour empêcher que la limaille se répande en dehors. ( Daclin. )
- Hyü RAXJL1QUE.
- Description d’une nouvelle Pompe pour extraire l’eau des puits des mines et des houillères $ par JVL, W. Brunton (1).
- La surabondance des eaux dans les puits des mines est un des plus grands obstacles—qui s’opposent aux travaux des ouvriers. Les houillères sont principalement exposées à des inondations subites qui mettent en danger la vie des mineurs et font perdre en un instant le fruit d’un travail long et dispendieux. Nous en avons vu récemment un funeste exemple dans les* fosses de houille , près Liège.
- On emploie ordinairement, pour puiser l'eau des mines, des pompes aspirantes, dont on allonge les tuyaux à mesure que la profondeur du puits augmente. Cette opération, très-difficile, entraîne une perte de temps considérable, et occasione souvent la rupture de quelques parties de la machine. Quand l’eau est très-basse au fond du puits, il arrive fréquemment que la force d’aspiration fait entrer dans les tuyaux des frag-rnens de pierre ou de la vase, qui, en se logeant au-dessus du piston, retardent l’action de la pompe et usent promptement les cuirs des soupapes. S’il reste de l’air dans le tuyau d’aspiration, il empêche, par sa compression , le jeu des soupapes et du piston,qui sont en outre chargés de fragmens de pierre; et alors il est très-difficile d’amener l’eau à la surface.
- (i) Extrait du Repertory of Arts and Manufactures } cahier d’août it’ia.
- p.150 - vue 156/331
-
-
-
- ( ,5! )
- Pour remédier à cet inconvénient , on retire le piston du corps de pompe t jusqu’à ce qu’une portion d’eau se soit échappée par les côtés et ait déplacé l'air, dont l’introduction dans le tuyau est due à l’espace trop considérable qu’on laisse entre le piston et la soupape.
- Les pompes étant suspendues dans les puits au moyen de câbles, pour être descendues à mesure que le travail avance, la tension inégale de ces câbles occasione beaucoup d’inconvéniens ; mais ce qui est plus fâcheux encore , c’est que les ouvriers, en changeant les tuyaux de place , les font dévier de la ligne perpendiculaire ; cette déviation augmente les frottemens et use toutes les parties de la machine.
- A mesure que la pompe est descendue dans le puits, on allonge le tuyau de décharge, en adaptant à la partie supérieure des bouts de tuyaux de 3 pieds de long chacun; opération difficile, qui emploie beaucoup de temps.
- M. Brunton, habile mécanicien, et directeur des fonderies de fer de Butterley, dans le Derbyshire, a trouvé un moyen de faciliter le creusement des puits de mines et des houillères, et en même temps d’épniser les eaux qui s’y trouvent en plus ou moins grande abondance. Ayant soumis ce moyen à l’approbation de la Société pour l’Encouragement des Arts et des Manufactures de Londres, il lui a été décerné à titre de récompense une médaille d’argent.
- M. Brunton avoit fait ouvrir un puits dans une houillère à Cadnor-Park. Voulant éviter les embarras et les longueurs du travail ordinaire, il fit construire un corps de pompe de g pouces de diamètre, auquel étoit adapté un tuyau latéral de 3 pouces de diamètre, communiquant avec le premier par deux ouvertures , l’une au sommet, l’autre à l’extrémité inférieure. L’un de ces orifices étoit garni d’une soupape à coulisse, dont la tige passoit dans une boîte à étoupe , et qui interceptoit ou permettoit à volonté la communication avec le corps de pompe. En laissant passer une portion d’eau par le tuyau latéral au fond du corps de pompe, les ouvriers placés en bas règlent le jeu delà soupape, de manière que la pompe puisse élever l’eau à mesure qu’elle arrive; alors aucun fragment de pierre ne peut pénétrer dans les tuyaux, et on prévient ainsi la destruction des pistons.
- Au moyen de cette soupape et du tuyau latéral, on évite aussi la nécessité de retirer continuellement le piston pour déplacer l’air. La soupape inférieure ou le clapet est placée très-bas, de même que son support, afin de laisser aussi peu d’espace que possible entre elle et le piston. Le clapet représenté PL gg , fig. i , a l’avantage de pouvoir être facilement retenu par son crochet lorsqu il est sous l’eau. Un anneau empêche qu’il ue^e renverse, et il s’assujettit ainsi de lui-même dans la pompe ; on peut
- V a
- p.151 - vue 157/331
-
-
-
- ( i5a )
- aisément l’enlever pour le réparer, en dévissant les traverses qui le retiennent.
- L’auteur remédie à l’inconvénient de suspendre les pompes par des cordes, en composant le tuyau d’aspiration de deux pièces, dont l’une forme le tuyau intérieur, et l’autre le tuyau extérieur, qui est creusé sous une longueur de 6 pouces pour recevoir le premier ; ces tuyaux glissent l’un dans l’autre, sur une longueur de 9 pouces, comme les tubes d’un télescope ; ils sont réunis par des collets de cuir entourés d’un entonnoir rempli d’eau et d’argile , afin d’empêcher l’accès de l’air extérieur. Le corps de pompe est soutenu de distance en distance par des supports sur lesquels viennent s’appuyer les collets des tuyaux; par ce moyen, les pompes sont assujetties, et le tuyau d’aspiration peut être allongé, à mesure que la profondeur du puits augmente, jusqu’à ce qu’il ait acquis la longueur nécessaire. Toute la série des tuyaux ayant été descendue sur les premiers supports, on ajoute un autre tuyau àJ’extrémité supérieure de ces tuyaux. Le bout inférieur du tuyau d’aspiration forme un coude , afin que les ouvriers puissent le détourner, et ne soient pas obligés de creuser immédiatement au-dessous.
- La pompe étant établie comme nous venons de le dire, le tuyau supérieur débitera toujours une égale quantité d’eau ; et au lieu d'allonger la colonne par des bouts de 3 pieds, on pourra y ajouter des tronçons de g pieds de longueur.
- En creusant le puits de la manière indiquée, on évitera les difficultés et les embarras si fréquens dans cette opération , on augmentera la sûreté des ouvriers, et on facilitera leur travail, qui sera ainsi moins dispendieux et moins long.
- Le placement des tuyaux additionnels se fait en dix minutes.
- Explication desjîgures de la planche 99.
- La Jîg• 1 représente une coupe sur la longueur du puits avec la pompe qui y est établie ; elle est formée de bouts de tuyaux en fonte, chacun de 9 pieds cle longueur, réunis par des collets, appuyés sur des supports qui traversent le puits, comme on le voit dans le plan Jîg. 6; des pièces de fer échancrées sont placées sur ces supports et entourent les tuyaux près des collets, afin de les assujettir; on peut les enlever facilement, lorsqu’il est nécessaire de descendre les tuvaux au fond du puits; ces pièces n'étant pas fixées, n’empêchent pas d’élever les tuyaux. La porte Àtfig* J, se place devant la boite qui renferme la soupape inférieure
- p.152 - vue 158/331
-
-
-
- fit' ' V. >y
- , .t/St'/l/fS-
- " V
- /' /V
- ;
- Z/ ;, ! /•/ “tt.’f'i- fl •/ y /y .y ////-1/ . /
- pl.99 - vue 159/331
-
-
-
- ou le clapet de iu pompe ; elle est représentée, sur une plus grande échelle clans la fig, 2. B, fig. 2, est le corps de pompe j D , le pistou qui monte et descend dans ce tuyau ; E, le clapet ou la soupape intérieure qu’on voit sur une plus grande échelle clans les /qy. 3 et 4 _> b y le tuyau d’aspiration 3 et GG, le tube auxiliaire destiné à augmenter sa longueur ; ce tube emboîte le tuyau F et glisse dessus, lorsqu’on établit la pompe • à mesure que la profondeur du puits augmente, on fait descendre ce tuyau auxiliaire pour qu’il atteigne le fond, comme on le voit dans îaj%. irc. La paroi extérieure du tuyau F est bien arrondie, et le tube G bien allésé ; ces deux tuyaux sont réunis par des collets de cuir placés au fond du petit bassin aa, qui renferme de beau mêlée d’argile, pour les entretenir souples , et pour former ainsi une jonction hermétique. L’extrémité du tube G est terminée par une partie coudée et arrondie, qui est percée d'un certain nombre de petits trous de manière à pouvoir admettre beau, et empêcher en même temps l’introduction des fragmens de pierre , etc. Cette portion du tube G peut être retournée par les ouvriers et placée dans la partie du puits la plus profonde, comme l’indique lay%-, irc.
- Lorsqu’on fait sauter une portion de la mine, plus basse que ce tube , il suffit de détourner son extrémité coudée vers les parois du puits , pour éviter qu’il soit endommagé par l’explosion. Cet accident arrive fréquemment dans les pompes ordinaires. Pour essayer de le prévenir, on écarte le bout inférieur des tuyaux ; mais ce déplacement dérange nécessairement tous les corps de pompe, et les fait dévier de la ligne perpendiculaire.
- Les détails de la construction du clapet sont vus en coupe et en plan dans lesJig. 3 et 4. L L est un anneau de fonte taillé coniquement, qui sc place au fond de la boîte à soupape ( voyez Jig. 2 ); cet amjeau porte deux montans II, qui soutiennent un second anneau de fer MM. Une traverse m se réunit à cet anneau, et vient s’appuyer sur chacun des montans II; deux vis logées dans cette traverse sont destinées à presser une seconde traverse n; celle-ci, à son tour, appuie fortement sur le cuir des soupapes , et les serre sur la traverse de l’anneau L qui le maintient. Cet anneau forme le cadre dans lequel se meuvent les doubles soupapes, sans qu’il soit besoin de pratiquer aucun trou dans le cuir, comme on le fait communément ; mais le principal avantage de cette disposition , c’est de donner la facilité de réparer le clapet et de le garnir de nouveaux cuirs, en moins de temps qu’on ne le fait actuellement : objet de très-grande importance car, dans beaucoup de cas, l’eau augmente tellement dans le puits que , si le clapet manque et ne peut pas être promptement réparé ,
- p.153 - vue 160/331
-
-
-
- ( '54 )
- elle s’élève au-dessus de la boite à soupape , de manière qu’on ne peut plus y atteindre. Dans les pompes ordinaires , il n’y a d’autre moyen de remédier à cet accident, que de retirer toute la série des tuyaux , opération très-embarrassante et très-dispendieuse.
- M. Brunton a paré à cet inconvénient dans sa pompe ; on peut retirer le clapet lorsqu’on le désire, en enlevant d’abord le piston, et en faisant descendre dans la pompe une espèce de fourche ou de pince de fer ,fig> 5, en forme de ressort, pourvue de deux crochets à arrêt à sa partie extérieure; quand on descend cette pince sur la soupape, ses extrémités s’engagent dessous l’anneau M; le ressort s’étend, et, étant retenu par ses arrêts , il peut enlever cet anneau.
- Une autre partie du perfectionnement de M. Brunton consiste dans l’addition d’un tuyau latéral YLjJig. 2 , qui fait corps avec le tuyau de la pompe, et y communique par le sommet et par F extrémité inférieure , au-dessus du clapet. L’ouverture supérieure de ce tuyau est couverte d’une plaque à coulisse , mue par une tige b, passant à travers un collet de cuir ; cette tige communique à un levier, afin que la soupape puisse être ouverte ou fermée par l’ouvrier placé au fond du puits. L’objet de ce tuyau latéral est de laisser descendre au fond du corps de pompe une portion de l’eau élevée pour empêcher que la pompe ne tire de l’air; en effet, quoique le jeu de la machine soit ordinairement réglé de manière à ce que l’on n’ait besoin que de la plus petite partie de l’eau qui est ainsi portée dans le tuyau latéral, cependant il ne sera guère possible d’imprimer h la machine un mouvement assez uniforme pour qu’elle ne tire pas un peu d’air, ce qui oblige de recourir au correctif indiqué ; et outre l'air qui diminue la force du coup de piston , il s’introduiroit encore dans ce même cas, dans le corps de pompe^ de la vase et des fragmeus de pierre capables de produire , comme on l’a déjà dit, des accidens plus graves encore.
- O11 se sert aussi de ce tuyau latéral pour laisser tomber de l’eau dans la boîte à soupape et la remplir, quand on commence à faire agir la pompe
- après qu’elle s’est arrêtée, et que la partie inférieure et la boîte à soupape
- sont si lie.'.
- (Dacîin. )
- p.154 - vue 161/331
-
-
-
- ( i5$ )
- Extrait d}un Rapport fait au nom du Comité des Arts mécaniques , par M. Molard ? sur une Presse continue à double effet, propre à extraire le Suc de la pulpe de betterave ? de la composition de M.- Isnard.
- M. Isnard a transmis à la Société d’Encouragement un modèle de presse de sa composition , qu’il nomme continue à double effet, propre à extraire le suc des betteraves, et un mémoire sur les différentes presses proposées pour le même objet.
- Suivant cet habile manufacturier, une bonne presse à betteraves doit être d'un service prompt, facile et économique, et d’un grand effet de pression.
- Il passe en revue les presses à leviers, celles à cric et à vis ordinaires ; il cite le peu de succès qu’on a obtenu des presses hydrauliques employées à ce genre de travail par quelques manufacturiers , presses qui n’avoient pas été faites, sans doute, sur les meilleurs principes, ni disposées pour l’effet qu’on s’en promettoit. Il donne ensuite l’explication de la presse continue à double effet, composée principalement d’une vis horizontale munie d’un plateau à chacune de ses extrémités, et qu’on fait aller et venir au moyen d’un écrou. Le modèle , très-bien exécuté, que M. Isnard a transmis à la Société , nous dispense d’entrer ici dans de plus longs détails sur la composition et les effets de cette machine ; nous croyons devoir observer seulement qu’elle ne diffère pas, en principe , du pressoir à vis de M. Jannez , qui a remporté un prix à F Académie de Nanci, et dont on voit un modèle au Conservatoire des Arts et Métiers.
- M. Jannez n’emploie qu’un seul plateau, tandis que M. Isnard en met deux, ce qui donne à la vis l’avantage de presser en allant et en venant, et d’accélérer, parce moyen, l’opération. Cette idée n’avoit pas échappé aux auteurs qui ont écrit sur les pressoirs à vis horizontales; mais il n’est pas à notre connoissance que personne l’ait mise à exécution avant M. Isnard, qui, d’ailleurs, n’a rien négligé pour porter ce genre de presse assez près de la perfection dont elle est susceptible.
- En conséquence , le Comité des Arts mécaniques est d’avis de publier, par la voie du Bulletin, la presse continue à double effet, de la composition de M. Isnard, et de remercier l’auteur de 1 empressement qu’il amis à donner communication de son travail à la Société ( i).
- (î) On trouvera dans un des numéros prochains la descrip ion de la presse de M. Isnard»
- p.155 - vue 162/331
-
-
-
- ( i56.)
- Mémoire sur les Moulins à blé portatifs corrigés pour le service des armées, et sur un nouveau Blutoir, qui peuvent F un et F autre servir aux habitons des campagnes ; par M. Régnier, conservateur du Musée central de F Artillerie.
- Ayant été chargé cle faire des recherches sur les moyens d'améliorer les petits moulins portatifs employés depuis quelque temps pour le service des armées, j'ai l’honneur de faire part à la Société d’Encouragement du résultat d’un travail qui pourra être utile aux propriétaires et aux îiab:~ tans des campagnes qui voudront faire moudre leurs grains chez eux.
- Avant de composer un nouveau modèle , on a commencé par examiner ce qui pou voit exister en ce genre, à partir des petits moulins à bras décrits du temps de Louis XïV, dans Je deuxième volume des Mémoires de l’Artillerie, de Saint-Remy, jusqu’aux plus modernes, dont on se sert dans les départemcns du nord de la France; et on a remarqué que ces petits moulins, de telle forme qu’ils soient, sont tous construits avec des meules coniques , appelées noix, roulant dans des cylindres creux qu’on nomme boisseaux. Toutes ces noix, ainsi que les boisseaux , sont taillés à dents prolongées obliquement à l’axe et roulant Fini dans l’autre , comme on le voit dans 110s moulins à café , ainsi que dans ceux qui sont employés dans le commerce pour la mouture du poivre, dont les crains sont infiniment plus durs que ceux du froment.
- On a essayé les uns et les autres avec differens blés : la plupart ont donné de bonne Urine, lorsque l'engrenage étoit porté au degré convenable; niais on sent bien que cette manière ue moudre ne peut séparer le son de la fleur, comme dans les grands moulins à meules de pierre. Cet inconvénient, attaché à la denture des petits moulins qui broient une partie du son en ic mélangeant avec la farine , n’a rien de dangereux à la santé des hommes qui prennent de l’exercice, puisque la plupart des habitans de nos campagnes mangent du pain qui n’a pas été bluté. D’ailleurs, le son divisé comme il l’est ici entretient dans le pain une fraîcheur cpii retarde son dessèchement; mais avec notre nouveau blutoir, on peut facilement séparer le gros son qui n'a pas été broyé, et obtenir par ce moyen un bon nain de ménage.
- Pour faciliter les observations , on a fait venir un petit moulin à bras que les habitans des campagnes des départemens du Calvados, du Morbihan , de la Manche, etc. emploient à moudre leur sarrasin. Quoique leurs moulins soient en bois et d’une exécution peu soignée, la farine qu’ils procurent
- p.156 - vue 163/331
-
-
-
- C i57 )
- curent n'est pas mauvaise ; et d’après quelques corrections que j’y ai faites, la mouture en étoit plus abondante et meilleure. Cependant la Commission chargée d’examiner les différens essais a donné la préférence à mon moulin en fer, qui vient d’être adopté pour le service des armées.
- Description,
- Ce moulin est composé : i°. D’une noix et d’un boisseau à peu près semblables à ceux des moulins à poivre ordinaires ;
- 20. D’une trémie de fer-blanc en ferme d’entonnoir ;
- 5°. D’une vis de pression et d’un dé en acier trempé, dans lequel roule le pivot de la noix, et qui règlent la finesse de la mouture ; cette vis de pression est noyée dans l’arbre du moulin, de manière à ne pouvoir être dérangée par une main maladroite ;
- 4°. D’une petite plaque à coulisse qui sert de régulateur, pour donner une quantité de mouture proportionnée à la force qu’on veut employer;
- 5°. Enfin , d’une forte pâte en fer servant à fixer le moulin à une table ou à un poteau.
- Cet agrafe ingénieux, imaginé par M. Bourdin., chef de bataillon d’artillerie à l’armée d’Espagne, permet d’arrêter ce moulin à un arbre, à un brancard de voiture, ou à tout autre corps solide qui présente une pièce de bois de 3 à 4 pouces de diamètre.
- Usage»
- Le moulin étant fixé à hauteur d’appui, on verse dans la trémie le blé qu’elle peut contenir, et en tournant la manivelle montée sur le carré de la noix, la mouture s’opère en raison de la vitesse du mouvement. On peut, comme on l’a dit, augmenter la mouture par le moyen de la petite plaque à coulisse renfermée dans le boisseau; mais, alors, la résistance de la manivelle augmentera en proportion du produit.
- Observations.
- Le terme moyen qui paroît le plus convenable, donne un produit de 20 à 24 livres de farine par heure, en employant une force de i5 à 18 livres sur la manivelle : un homme peut aisément soutenir ce travail pendant ce temps; et si, dans l’extrême besoin, on employoit trois à quatre hommes qui se relaieroient, on obtiendroit, daprès cette donnée, 5oo liv. de farine en vingt-quatre heures, quantité suffisante pour alimenter un village qui manqueroit de pain dans les temps de gelée.
- La solidité de ce moulin est telle, qu’au bout de six jours d un travail
- Douzième année. Juillet 1813. X
- p.157 - vue 164/331
-
-
-
- ( >58 )
- continu à Motel impérial des Invalides , on n’a pas trouvé d’altération sensible dans son mécanisme après l’avoir démonté ; les meules de pierre de nos grands moulins n’auroient pas cet avantage. Enfin, ces petits moulins renfermés dans leur boite ne pèsent que 12 kilogrammes ; ils ne coûtent à Paris que 100 francs.
- Nous allons faire connoitre leur forme et leur construction.
- Explication des Jigures de la planche 100.
- Fig. ire. Coupe du moulin représenté au quart de grandeur naturelle,
- À. Pièce de bois à laquelle est fixé le moulin.
- B. Agrafe en fer à large pâte, pour maintenir solidement le moulin sur la pièce de bois.
- C. Vis de l'agrafe.
- D. Ecrou à six pans, qui réunit l’agrafe au moulin.
- e. Plaque de fond portant une forte tige à vis pour recevoir l’écrou.
- f. Vis de pression taraudée dans l’intérieur de la tige, pour donner le dearé de finesse convenable à la mouture.
- O
- g. Dé d’acier trempé dans lequel roule le pivot du moulin : ce dé est â coulisse et avance la vis lorsqu’il est pressé.
- h. Pivot d’acier trempé maintenu par le dé.
- J. J. Coupe du boisseau taillé intérieurement comme la denture de la noix.
- K. Rigole du moulin d’où sort la farine.
- L. Noix en fonte douce et durcie à la trempe, taillée de 60 dents, qui broient le grain.
- 3V1. Arbre du mouliu sur lequel est montée la noix.
- n. Manivelle en fer, montée sur son axe en acier trempé.
- o. Douille d’acier percée d’une lumière pour y introduire de l’iiuiie , afin d’adoucir les frottemens de l’arbre.
- P. Plaque de devant, incrustée dans le boisseau pour maintenir solidement l’axe du moulin au point de centre.
- Q. Douille de la trémie fixée à vis sur le boisseau.
- R. Trémie en forme d’entonnoir, en fer-blanc, contenant un litre de blé.
- Fig. 2. Le même moulin vu à l’extérieur et en perspective , au sixième de grandeur naturelle.
- V V. Les deux boulons à vis qui réunissent les plaques de fond du boisseau.
- X. Clef à fourchette pratiquée à l'extrémité de la manivelle, pour
- p.158 - vue 165/331
-
-
-
- f i5t) )
- monter l’écrou d de la fig. ire. Le carré de celte même manivelle sert également pour les deux boulons V V3 et la vis de 1 agrafe C.
- JV. B. L’agrafe qui est ici placée dans une situation verticale, peut aussi être placée horizontalement, suivant 1 objet auquel on adapte le moulin.
- Description et usage du blutoir.
- Ce nouveau blutoir est portatif comme le moulin ; il en est séparé pour éviter l’embarras des cordes et des poulies de renvoi, qui auroient compliqué la chose sans aucun avantage-, et on peut s’en servir en plein air, sans que le vent ou la pluie puissent y pénétrer.
- Son tamis ne prut pas se déchirer comme la gaze, et même comme les toiles métalliques, qui pourroient d’ailleurs s’oxider. Il peut convenir à la suite des armées, pour le service des hôpitaux ambulans, et aux liabitans des campagnes qui voudroient séparer chez eux le gros son de leur farine.
- Ce blutoir est formé d’une petite roue en bois de 16 pouces de diamètre , montée sur un petit arbre de fer : celte roue forme une boîte circulaire, revêtue sur sa circonférence d’une large bande en fer-blanc, criblée de petits trous très-rapprochés les uns des autres, comme ceux d’un arrosoir.
- Sur cette bande circulaire, qui forme le tamis du blutoir, est pratiquée une petite porte de même métal, qu’on peut ouvrir et fermer pour introduire dans la roue la farine qu’on veut bluter. Cette roue est traversée intérieurement de petites bandes de bois, qui, par le mouvement de rotation, battent la farine pour en séparer le son.
- Cette même roue, mue par une manivelle, est renfermée dans une caisse carrée, au bas de laquelle est une boîte qui sert de soçle au blutoir et de récipient à la farine blutée.
- Sur un des côtés de la caisse est fixé un ressort à cliquet, qui frappe successivement sur la roue lorsqu’on la fait mouvoir; par ce moyen, le tamis reçoit continuellement des chocs qui facilitent le passage de la farine. On conçoit que le son reste dans la roue quand la farine est passée, et qu’il est nécessaire de l’enlever chaque fois qu’on veut bluter de la nouvelle farine. Cette opération n’est ni longue ni fatigante\ un enfant peut tami er par ce procédé io litres de farine en dix minutes ; ainsi un seul blutoir pourroit servir à la mouture de trois moulins portatifs.
- Le produit est d’un litre de son sur io livres de farine ; cette cx~
- X 2
- p.159 - vue 166/331
-
-
-
- ( i6o )
- traction paroit suffisante pour donner de bon pain de ménage ; cependant , si on vouloit repasser une seconde fois la même farine , elle en seroit plus belle, parce qu’on en retireroit encore du son plus fin que celui du premier blutage.
- Explication de la figure du blutoir, PL loo.
- À. Roue du blutoir montée dans sa caisse.
- B. Ouverture par laquelle on introduit la farine dans la roue.
- C. Porte en fer-blanc, à charnière, qui s’accroche par une épinglette pour fixer sa fermeture.
- D. Ressort à cliquet qui frappe sur la roue, lorsqu’on fait agir la manivelle.
- E. Manivelle montée sur l’axe de la roue, et retenue par un crochet.
- F. Couvercle de la caisse du blutoir, que l’on rabat sur la roue, quand on veut passer la farine.
- G. Boîte carrée qui forme le socle du blutoir, et qui sert de récipient à la farine au sortir du tamis.
- H. Crochet de fer que l’on détache pour ôter la farine reçue dans la boite.
- J. Poignée de fer pour transporter le blutoir d’une place à une autre.
- R. Touret qui fixe la fermeture du couvercle.
- Lettre de S. Exe. le Ministre des Manufactures et du Commerce > au Conseil d’Administration de la Société d}Encouragement.
- Paris, le 6 juillet i8i3^
- Messieurs, vous trouverez, ci-joint, la description et le dessin d’une machine à râper les betteraves, que je vous invite à publier dans un des plus prochains numéros du Bulletin de la Société d’Encouragement.
- Cette machine, dont il m’a été rendu un compte avantageux , étant d’une exécution facile, il convient de mettre les principaux entrepreneurs de sucreries en état de la faire construire pour leurs établissemens , sur un modèle uniforme. Veuillez, Messieurs, ordonner à cet effet, qu’il soit tiré à part deux cent cinquante exemplaires du dessin et de la description que je vous adresse : je chargerai MM. les préfets de les distribuer aux fabricans de sucre.
- J’ai l’honneur de vous saluer avec une considération très-distinguée,
- Le comie deSossy»
- p.160 - vue 167/331
-
-
-
- pl.100 - vue 168/331
-
-
-
- pl.101 - vue 169/331
-
-
-
- ( i6i )'
- Description d’une nouvelle Râpe propre à diviser les Betteraves, en usage dans la Sucrerie impériale de Sauer-Schwo.-benheim, publiée par ordre de S. Exc. le Ministre des Manufactures et du Commerce.
- Le dessin que l’on voit TL ioi, ainsi que l’explication ci-après5 sont tirés d'un plan envoyé par S- Exc. le Ministre des manufactures et du commerce , à la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale 3 représentant le manège et les presses de la sucrerie impériale de Sauer-Schwa-benheim} et d’une explication qui étoit jointe k ce plan. Ce qu’il y a de neuf et d’intéressant dans ce système^ consiste en une nouvelle râpe propre à hacher les betteraves3 qui est en usage dans cette sucrerie. On donne ici le dessin de cette râpe et du manège destiné à la mettre en mouvement.
- "Lesfg. i et 2 y PL ioi 5 représentent horizontalement et verticalement le manège et les roues qui en dépendent.
- a fig. i, et a’ fig. 2 , représentent la roue principale mise en mouvement par deux chevaux appliqués au manège x , fig* 1 , x9 *fg- 2. Celte roue communique le mouvement à un axe ( b >fig. 1 } b9 fi‘g. 2) au moyen d’une lanterne e, e9. Cet axe porte deux roues dentées d9 d,fig. is d9fg. 2% qui font tourner les lanternes e e9 attachées à un pivot e|ui passe par le centre de la râpey^C f f* 3 f’ f” fJ’ et lui communique le mouvement.
- S fig. 5, est l’appui du pivot : cet appui passe dans l’intérieur de la boîte Z Z qui recueille la pulpe des betteraves. La partie inférieure de cette boîte est fermée et représentée par k. La partie supérieure II est mobile 5 et se laisse détacher au moyen des vis tt. L’ouverture m de la boîte est i’endroit où l’on met deux3 trois ou quatre betteraves pour les soumettre à T action de la râpe.
- La longueur du couteau denté est représentée en g3 fg, 4 j elle est à peu près de 11 pouces. Le nombre des couteaux monte de cent quarante à cent cinquante. Ils sont placés dans une position inclinée de quelques degrés au rayon de la roue; ils sont traversés à leurs extrémités par deux anneaux h h, h9 ht qui les contiennent; ds sont en outre soutenus dans le milieu de leur longueur par un anneau i i fig. 4.
- Nota. La roue principale a a’ (yZ,. 1)2; a cent trente-six dents; la machine est tellement disposée que les lanternes en e e’ tournent cinquante-une fois pendant que la roue fait uu tour. Les deux chevaux peuvent faire*' sans se fatiguer 3 deux tours en une minute.
- p.161 - vue 170/331
-
-
-
- ( i6a )
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Eouriat, sur le Tartrate acide de potasse de M. Mazza , adressé à la Société d’Encouragement,
- Le tartrate acide de potasse purifié , connu sous le nom de crème de tartre, est un sel très-employé dans les arts et la médecine; celui qui s’éloigne davantage de la qualité des sels neutres est toujours préféré , lorsqu’il est pur, blanc, et bien cristallisé. Ce sel, que la nature nou> offre tout formé et déposé sur les parois des tonneaux qui ont contenu du vin, porte, dans son état brut, le nonr de tartrate rouge, ou tartrate blanc, suivant l’espèce de vin qui Fa produit. C’est surtout dans le midi de la France , en Italie et à Venise, que les vins en fournissent davantage; c’est aussi là qu’on 1e retire avec plus de succès et qu’on l’y purifie par divers procédés connus.
- Ces procédés n’étant pas les mêmes partout, les produits varient singulièrement en qualité. On trouve quelquefois dans le commerce des crèmes de tartre très-colorées ; d’autres, si peu acides, qu’on les prendroit presque pour des sels neutres , tant les bases de cliaux et de potasse y sont abondantes. Quelques manufactures des environs de Montpellier sont exemptes de ce dernier défaut ; aussi ont-elles toujours eu un grand débit de leurs produits, quoique leur blancheur ne fût pas celle qu’on peut désirer.
- M. Mazza , pharmacien à Parme, en créant une raffinerie de tartrate acide de potasse, a cherché les moyens d’obtenir le sel de la meilleure qualité avec le moins de dépense ; il a joint à l’échantillon qu’il vous envoie le certificat de M. le maire de Parme, qui constate que ce fabricant a complètement réussi sous ces deux rapports , et que le débit considérable qu’il fait de son sel prouve la bonté de ses procédés , puisqu’il ne le vend pas au-dessous du prix ordinaire des autres fabriques , et qu’il le porte à environ 75 centimes le demi-kilogramme.
- L’échantillon qui nous a été remis présente un tartrate acide de potasse très-blanc et bien cristallisé. Nous avons cherché à connoître si les parties constituantes éîoient les mêmes que celles de la meilleure crème de tartre du commerce,en faisant des expériences comparatives avec cette dernière. Nous avons acquis la preuve que la différence des proportions de chaux, de potasse et d’acide tartareux qui existent dans l’une et dans l’autre, sont infiniment peu sensibles , et que si celle de M. Mazza exige, pour la saturation, un peu moins de potasse, cette différence, si petite, est bien com-
- p.162 - vue 171/331
-
-
-
- C 165 )
- pensée par les autres qualités , la blancheur et la transparence qui se trouvent bien au-dessus de celles de la crème de tartre du commerce.
- Ce pharmacien a donc rendu un service à la ville de Parme , en y créant un genre d’industrie qui n’y existait pas, puisque les tartres bruts de ce pays étoient conduits à des manufactures éloignées qui les rendoicnt, après leur purification, à Parme et dans les environs, ce qui doubloit la dépense de transport pour avoir, selon lui, un sel bien moins pur que celui qui sort de ses ateliers.
- Mo Mazza ne fait point un secret de son procédé ; il l’offre à la Société pour qu’elle le fasse connoître si elle le juge à propos. La seule chose qu’il ait négligée, Lest de faire parvenir au Conseil une portion de l’argile qu’il emploie. On auroit par-là connu et désigné avec exactitude la nature de cette argile, qui peut-être influe beaucoup sur la purification du tartre.
- Procède. — Première opération.
- i°. On pulvérise le tartre brut à l’aide d’une machine faite exprès pour économiser la main-d’œuvre , et la poudre doit être passée par un tamis de crin ( l’auteur ne décrit point la machine ).
- 2°. Dans une grande chaudière de cuivre, on fait bouillir le tartre en. poudre dans les proportions de 4 parties sur ioo d’eau pure pendant l’espace d’une demi-heure , ou jusqu’à ce que la solution soit complète.
- 5°. Au bout de ce temps, on passe la liqueur encore bouillante à travers une tode ou un tamis de crin, dans une cuve de bois cerclée en fer.
- 4°. La liqueur, après avoir déposé ses cristaux par le refroidissement, est soutirée de la cuve , et portée de nouveau dans la chaudière de cuivre où elle sert à dissoudre une nouvelle quantité de tartre brut semblable à la première ; on a soin de remplacer la portion d’eau qui s’est dissipée pendant cette première opération.
- 5°. Ce second tartre une fois dissous, on porte la liqueur bouillante dans la même cuve de bois, toujours en la passant par un tamis ou une toile. On la soutire encore après qu’elle est refroidie, et on la fait servir par ce moyen à une troisième, et même à une quatrième solution de nouveau tartre brut ; et la cuve se trouve par-là chargée à ses parois de cristallisations successives.
- L’eau soutirée après ces opérations ne peut plus être employée qu’aux nitrières artificielles.
- 6°- Il faut alors détacher de la cuve''les cristaux qui s’y sont formés, en frappant à sa surface extérieure. Ces cristaux obtenus doivent être lavés
- p.163 - vue 172/331
-
-
-
- ( i64 )
- rapidement pour en séparer une grande partie de îa matière colorante qui
- les salit.
- Deuxième opération.
- i°. Le tartre qu’on obtient après le premier degré de purification doit être dissous de nouveau dans les proportions de 5 parties contre ioo d’eau pure. On le fait bouillir pour cet effet dans la bassine de cuivre bien net» toyée ; on le clarifie avec du sang de bœuf délayé dans l’eau , et peu â peu on y projette de l’argile pulvérisée : l’écume doit être enlevée à me» sure qu’elle se forme.
- 2°. Lorsque la clarification est opérée, il faut retirer la liqueur bouillante de la chaudière , et la passer rapidement par un tamis ou une toile dans une nouvelle cuve de bois où elle cristallise.
- 5°. Lorsqu’elle est entièrement refroidie et qu’elle a déposé ses cristaux , on soutire l’eau pour lui faire dissoudre une nouvelle quantité du tartre préparé par la première opération j et l’on procède comme à l’article précédent.
- 4°. Cette même eau peut encore servir une troisième fois à dissoudre du même tartre de la première opération ; après quoi elle ne peut plus être employée que pour dissoudre le tartre brut.
- 5°. Par ces trois opérations les cristaux attachés aux parois de la cuve n’étant pas assez volumineux , on les augmente en employant une nouvelle quantité d’eau semblable à la première , pour faire , comme dans les articles précédais, trois autres solutions et cristallisations avec cette même eau, ayant toujours soin de réparer la perte qui se fait de ce liquide par une quantité égale , comme on l’a déjà dit,
- 6°. Ces six cristallisations suffisent pour avoir des cristaux bien saillans, qu’on doit détacher de la cuve comme dans la première opération, en frappant la surface extérieure de la cuve.
- 7°. Il faut les laver à l’eau pure très-rapidement y pour en dissoudre le moins possible : on les fait sécher ensuite à l’air libre.
- Nota. Les chaudières de cuivre doivent être pourvues d’un long robinet à leur partie inférieure, afin de les vider le plus promptement possible et avec facilité.
- On pratique au bas des cuves de bois une ouverture à la hauteur de 12 centimètres, afin de retirer l’eau bien claire de dessus les impuretés qui se déposent ordinairement au fond.
- A chaque opération on doit séparer le dépôt et en retirer les cristaux
- qui
- p.164 - vue 173/331
-
-
-
- ( 165 )
- qui peuvent y être mêlés, puis remplacer par Je nouvelle eau celle qui est
- restée avec ce depot.
- Les cuves doivent être multipliées suivant l’étendue du travail qu’on veut entreprendre ; et celles destinées à la première opération, ne doivent jamais servir pour la seconde.
- Les tamis sont absolument nécessaires pour séparer les substances étrangères les plus grossières qui nuisent à la purification.
- L’économie résulte du soin qu’on met à faire servir quatre fois la même eau dans la première opération, et trois fois celle de la seconde; les dépôts de terre argileuse qui se forment dans cette deuxième servent avec avantage à purifier le tartre de la première opération, en les y mêlant. Les eaux qui ont servi aux deux opérations contiennent bien encore un peu de tartrate acide de potasse, mais cette quantité 11e peut pas balancer les frais qu’on feroit pour l’obtenir par l’évaporation.
- Ce procédé , qui ne diffère pas beaucoup de quelques-uns de ceux qui sont en usage depuis long-temps, donne cependant un sel beaucoup plus beau; et si tous les produits de la manufacture sont semblables à l'échantillon que nous avons examiné, nous ignorons quel motif a pu empêcher jusqu’à présent les autres fabriques d’employer ce procédé qui, suivant l’auteur, présente même de l’économie. Il en coûtera si peu aux fabricans pour le répéter et l’apprécier, que nous nous sommes crus dispensés de le faire. Il est certain d’ailleurs qu’une fois publié , il ne tardera pas à être mis en usage , s’il offre réellement de l’économie.
- Votre Comité est donc d’avis qu’on remercie M. Mazza de la communication qu’il vous a faite, et vous propose de publier son procédé par la voie du Bulletin.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Description d’une Bouilloire propre à s’adapter aux Bouches de chaleur, présentée par M. le baron Guyton-Morveau.
- L’usage de la houille, qui commence à s'introduire, surtout dans les poêles et cheminées construites avec des bouches de chaleur, xlonnant peu de facilité pour placer avec solidité, sur la grille, des vases propres à chauffer de l’eau, à préparer des infusions, etc., j’ai pensé que, dans ces circonstances, on pouvoit se servir avec avantage d’une espèce de bouilloire capable d’être introduite dans les bouches de chaleur. Douzième année. Juillet 1813. Y
- p.165 - vue 174/331
-
-
-
- ( i66 )
- Celle que je mets sous les yeux de la Société a rempli complètement l’objet que je m’étois proposé.
- Sa capacité est de 6 décilitres, c’est-à-dire quatre grands gobelets.
- On peut l exécuter en fer-blanc , en cuivre étamé ou en argent, ce qui est bien plus avantageux, et pour la salubrité , et pour ne pas être exposé à voir couler les soudures,lorsqu’on oublie de la retirer avant l’évaporation de la liqueur. Son poids total ne s’élève pas à 34 décagrammes , et le peu de façon qu’elle exige ne peut en porter le prix au-delà de a5 à 5o francs.
- Une courte explication des figures en fera mieux connoître la forme, les dimensions et les usages, que la description la plus étendue
- a b ,fig. 9, pl gg, est un cylindre de 24 centimètres de longueur, de 46 millimètres de diamètre, réduit à 42 pour former le méplat qui lui donne une assiette, ainsi que le représente la coupeJig. 2.
- bc est la partie du même cylindre relevé en équerre, garnie de son couvercle à charnière.
- dest une petite poignée dont la pomme est en bois, qui sert à placer la bouilloire dans la bouche de chaleur, et à la retirer sans risquer de se brûler.
- e est la coulisse dans laquelle on introduit le manche pour la manier commodément.
- La forme de ce manche est indiquée par la Jig. 11 ; pour le fixer solidement à la bouilloire , on pousse , par le bouton f, la goupille qui traverse ainsi son extrémité coudée.
- Enfin,laJig. 12 est un cylindre percé dans toute sa circonférence de très-petits trous, destiné à recevoir le thé ou autres substances dont on veut faire des infusions, et qui se place alors dans la partie ch de la bouilloire» Le couvercle g est évasé en entonnoir $ le fond est également percé de plusieurs trous, et porte une anse h qui sert à placer et à retirer le cylindre» Par ce moyen, il devient facile de nettoyer la partie aby sans craindre que quelques parties de la plante y restent adhérentes , malgré les lavages.
- Note sur lafilature de l}Amiante ?par Madame Lena Perpentij
- traduite de d italien.
- Madame Perpenti a fait ses essais sur deux espèces dTamiante, provenant, Tune de la vallée de Malenco, département de l’Adda, l’autre du pays de Gènes. Celui de la première espèce est toujours uni à la pierre ollaire , dont il semble provenir : la partie qui n'est point attachée à la pierre est lisse, grasse au toucher, et d’un vert jaunâtre.. Il forme
- p.166 - vue 175/331
-
-
-
- ( i67 )
- des masses compactes ; il est tendre ; il cède aux coups du marteau , et se divise facilement , selon la direction des fibres.
- Celui de la seconde espèce est beaucoup plus léger et plus friable que le premier; ses fibres sont transparentes, très-fines, et plus ou moins flexibles.
- Le premier peut se filer avec la plus grande facilité; mais on a eu beaucoup de peine à filer celui de la seconde, parce que celui que madame Perpenti a pu se procurer avoit les fibres très-courtes.
- On n’assujettit point l’amiante à d’autres préparations que celle de le laver dans de l’eau ordinaire, pour le débarrasser de la terre et des autres matières hétérogènes. Quand celui de la première espèce a été suffisamment séché, on le partage en petits paquets; on le gratte, on le frotte légèrement, et on le tire en sens contraire, en le'prenant par ses deux extrémités. A mesure que ses parties, ainsi tirées, se séparent Tune de l’autre, il se développe une quantité de petits fils d’une blancheur extrême, cinq fois, huit fois, dix fois plus grands que le morceau d’amiante dont ils proviennent.
- Cette production des fils d’amiante est un phénomène très curieux, très-extraordinaire, dont-il ne paroît pas que les naturalistes aient encore fait mention. Cette espèce d’amiante ne présente à l’œil dans sa contexture que des fibres grossières ; et par le procédé de détirement indiqué, on obtient de ces fibres des fils très-blancs, très-fins, et d’une longueur telle que l’on peut les employer à toutes sortes d’ouvrages. Ces fils se trouvent pelotonnés dans ces fibres grossières comme les fils de soie dans les cocons.
- Madame Perpenti a joint à sa note un échantillon de cette première espèce d’amiante, qui n’a subi d’autre préparation que celle d’être un peu grattée vers le milieu du morceau, et ensuite détirée pour le rompre. Pour observer le phénomène que je viens de décrire, il a suffi de prendre ce morceau par les deux extrémités, et d'essayer de l’allonger en le tirant en sens contraire.
- On détache avec les mains les soies qui sortent des deux fragmens d’amiante, et on les dispose sur un peigne formé de trois rangées d’aiguilles à coudre.
- Ces fils étant longs, très-flexibles et très-fins, ils se travaillent sur ce Peigoe avec la plus grande facilité, de la même manière que l’on pourroit faire pour le lin et la soie.
- L amiante , ainsi filé, peut servir à former toute espèce d’ouvrages#
- On peut pratiquer la même opération sur les morceaux restans, quand ils sont d’une longueur suffisante.
- Y 2
- p.167 - vue 176/331
-
-
-
- ( 168 )
- Les restes peuvent se travailler sur les cardes que Ton emploie ordinairement pour la filoselle, le coton et la soie, et se filer ensuite sur l’extrémité même des cardes.
- Ces restes servent pour la fabrication du papier, qui se fait par les procédés ordinaires, en substituant l’amiante au chiffon.
- Après ses premiers essais, Madame Perpenti disoit dans un mémoire inséré dans le Bulletin N°. XII, année 1808, que le papier d’amiante ne recevoit pas la colle ordinaire : les essais qu’elle a faits depuis lui ont démontré qu’elle s’étoit trompée alors.
- Pour donner au papier d’amiante une certaine consistance , on y applique la colle ou la gomme, en dissolvant l’une ou l’autre de ces substances dans une suffisante quantité d’eau. On y plonge ensuite une éponge, avec laquelle 011 parcourt légèrement la surface de chaque feuille de la même manière que l’on s’y prend pour colorier le papier ordinaire.
- Quand elle est séchée, 011 la fait passer au cylindre pour effacer tous les plis.
- Le papier, ainsi préparé, est très-propre à l’écriture, à l'impression; et en employant une encre composée de manganèse et de sulfure de fer, l’écriture et le papier conservent le noir de l’encre, même après avoir passé par le feu.
- Quant à l’autre espèce d’amiante , elle a été travaillée au peigne ci-dessus décrit, sans autre préparation. Elle a ensuite été filée, mais on a éprouvé quelques difficultés à cause de la brièveté des fils. Il seroit à désirer que l’on pût se procurer de l’espèce décrite par M. Haiiy, et qu’il dit se trouver sur les montagnes de Savoie et de Corse.
- ÉCONOMIE RURALE,
- Extrait d’un Rapport fait à la Classe des Sciences physiques et mathématiques de VInstitut, par M. Bosc 5 au nom d’une Commission chargée d’examiner une Méthode proposée par Mademoiselle Portebois, pour faire corner à 'volonté les 'volailles mâles et femelles pendant toute Cannée»
- De tout temps on a senti l’avantage de faire couver les poules, les dindes, les oies, les canards avant et après l’époque fixée par la nature ^ ainsi que de substituer des mâles aux femelles pour cette opération , et par conséquent on a tenté de le faire. Les moyens le plus généralement
- p.168 - vue 177/331
-
-
-
- ( lG9 )
- emplovés consistent , ou simplement a forcer les volailles à rester sur des cents, soit en les y attachant et en les y couvrant d’un panier ou d’une boite , soit en les plumant sous le ventre et en y causant une légère inflammation avec des orties , du sel, du poivre, etc. ; mais ces moyens sont d'un résultat incertain, car il est des volailles qui ne s’y prêtent nullement ; d’autres ne s’y prêtent que pendant quelques jours 3 d’autres, enfin, abandonnent les petits dès qu’ils sont nés.
- Le procédé de Mlle. Portebois se rapproche des premiers, mais en diffère assez pour être regardé comme distinct. Elle place sa couveuse sur les œufs, dans une caisse garnie de foin, et tellement proportionnée à sa grandeur qu’elle ne puisse pas s’y retourner; elle charge son dos d’une planche d’un poids proportionné à sa grosseur, mais qui 11’est cependant pas assez fort pour qu’il ne fut facile à la volaille de s’en débarrasser , si elle le vouloit 3 elle la porte ensuite dans une chambre obscure. Le plus souvent, surtout pour les dindes, les poules et les canards, la planche peut être ôtée le lendemain sans que l’oiseau quitte ses œufs. Les mâles sont un peu plus récaîcitrans que les femelles, mais se soumettent cependant. Le temps le plus long qu’il ait fallu cette année à Mlio. Portebois pour arriver à ce point, a été six jours pour une oie mâle; mais ce mâie est resté ensuite trois mois et demi sur des œufs , c’est-à-dire, a fait trois couvées sans intervalle. La Commission a vu , à la ferme de la Santé , près la barrière Saint-Jacques, un dindon et une dinde encore sur leur nid, qui vencient de terminer leur quatrième couvée 3 ce qui a été attesté par la fermière. M?le. Portebois a dit avoir de plus en ce moment, chez elle, quatre poules qui sont également à leur quatrième couvée. Les petits, nés par suite de ces couvaisons successives, sont remis à quelques-unes des mères, ce qui n’est pas sans difficultés et sans inconvéniens.
- La Commission a examiné le dindon et la dinde de la ferme de la Santé, et malgré le temps qu’ils avoient passé sur des œufs, elle les a trouvé gras; ce qui prouve qu’ils n’avoient pas été dans cet état demi-fébrile, qui accompagne l’incubation naturelle, état qui empêche de manger, et fait maigrir les couveuses, surtout les dindes, les meilleures de toutes parmi les volailles, mais qui leur occasione une augmentation de chaleur très-favorable au but de la nature.
- - La Commission pense que Mlle. Portebois s’exagère les avantages de faire couver une volaille mâle ou femelle pendant plusieurs mois , et même pendant plusieurs années ; mais elle ne peut se refuser de reconnoître qu’il est des circonstances où il est utile de pouvoir forcer la meme volaille à en faire deux, et même trois de suite,
- p.169 - vue 178/331
-
-
-
- Dans ce crue la Commission a vu ou entendu dire h Mademoiselle Porte-bois et à la fermière , ce qu’il y a de plus nouveau , est l’idée de forcer les volailles à couver, moins par la violence que par l’inquiétude que leur cause un corps lourd placé sur leur dos j et eeue idée paroît digue d’être saisie et utilisée.
- En conséquence, la Commission a proposé d’encourager Mademoiselle Portebois à répéter ses expériences plus en grand l'année prochaine.
- i ' i—n—BaggSSCTi'WHTin—H" ..
- NOUVELLES DES ARTS.
- Un fabricant de papier, né dans le département de la Moselle et établi depuis long-temps dans celui de la Côte-d’Or, le sieur Ferdinand Leis-ienschneider, vient d’imaginer une machine pour la fabrication du papier, avec laquelle il remplace tous les ouvriers employés jusqu’à ce jour dans ce genre de fabrication. Voici comment s’expriment à ce sujet MM. les Commissaires de l’Académie de Dijon, chargés de l’examen de ce procédé.
- Pour bien apprécier toute l’importance de cette invention , il faut savoir que l’atelier qui doit être remplacé par la mécanique est desservi, dans les papeteries, par quatre ouvriers. Le premier, qui s’appelle Y ouvrier ou plongeur, confectionne la feuille. Le second porte le nom de coucheur, et renverse la feuille sur le feutre. Le troisième se nomme leveur; il détache la feuille de dessus le feutre quand elle sort de la presse. Le quatrième enfin est le vireur : il a pour fonction d’enlever les feutres quand le précédent en a détaché la feuille. Ces quatre ouvriers ne se bornent pas à ces opérations • ils entretiennent dans la cuve une quantité suffisante de pâte,; ils portent les feuilles sous la presse , les en retirent, etc. Le sieur Leistenschneider observe avec raison que quand, par un motif quelconque, un de ces ouvriers vient à manquer, la suite des opérations est interrompue, et que les autres ne travaillant plus qu’eu désordre , fabriquent à peine moitié de la quantité de papier que leur travail journalier doit produire.
- Au moyen de la nouvelle mécanique, plus ouvrier ou plongeur, plus de coucheur, plus de leveur, plus de vireur, enfin plus de presse* la machine les remplace tous. Une fois qu’elle est en mouvement, des milliers de feuilles viennent ainsi s’accumuler, sans le concours de qui que ce soit, et 11e laissent plus au fabricant que le soin de les enlever et de les étendre. Le moment d’effectuer cet enlèvement qui doit, en cours de fabrique, avoir lieu aussitôt que le nombre des feuilles produites s’élève à une demi-rame , est indiqué par le son d’une petite cloche. On peut même livrer la
- p.170 - vue 179/331
-
-
-
- ( iri )
- machine à sa propre conduite, et s absenter pendant les trois quarts d’heure quelle emploie à produire cette quantité de feuilles. On a observé que cet espace de temps pourroit encore être prolongé de beaucoup , si par suite de légères additions à la machine, la pièce qui supporte la demi-rame se déplacoit elle-même , et etoit mue en avant j à 1 instant ou elle suroît reçu un nombre de feuilles suffisant j perfectionnement simple et facile.
- La mécanique nouvelle n’occupant pas un grand espace , ses mouvemens étant doux, mesurés et peu résistans, le fabricant pourra en réunir plusieurs dans le même atelier, sous Faction d’une seule roue hydraulique, et la conduite de très-peu de personnes. On peut évaluer facilement l’énorme produit d’un semblable atelier, dont chaque machine confectionne en trois quarts d’heure une demi-rame de papier toute passée à la presse.
- Cette économie considérable de bras et de salaires n’est cependant pas le plus notable avantage du procédé ; il en est deux autres bien plus importans encore, l’un sous le rapport pécuniaire, l’autre sous celui de l’autorité tyrannique qu’exercent les ouvriers sur les propriétaires de fabriques.
- Le premier consiste dans la suppression presque totale des déchets de fabrication. Tous les mouvemens de la machine s’exécutant avec lenteur et avec la plus parfaite précision, et les feuilles n’étant pas soumises à des manipulations réitérées, il n’existe pasde motifs pour qu’une d’elles soit détériorée plutôt qu’une autre. La perte réelle , occasionée par les déchets dans les papeteries , est généralement évaluée au dixième de la fabrication totale, et devient un véritable bénéfice en faveur du nouveau procédé.
- Le despotisme des ouvriers pèse de la manière la plus onéreuse sur les fabricans. La connaissance qu’ils ont de leur influence sur la fortune et la réputation de leurs maîtres, les a conduits à former des associations qui correspondent entre elles, et qui prononcent arbitrairement sur tout ce qui tient à leurs rapports avec ces derniers. Sous des peines sévères, et dont la capitale est l’interdiction de leur fabrique, les fabricans sont obligés de se conformer, soit pour la nourriture et les gages des ouvriers, soit pour l’ordre et la nature du travail, à ces décisions tyranniques. Us ne peuvent faire d’apprentis, ni employer dans leurs établissemens que des enîans d’ouvriers ; et cette odieuse autorité, sous laquelle ils gémissent , sans qu’il existe pour eux aucun moyen de s’en affranchir, apporte une gene excessive dans leurs travaux, et les force quelquefois à les suspendre , et meme à les abandonner tout-à-fait. Quoiqu’un Gouvernement fort et vigdant ait déjà combattu cet abus , il subsiste encore dans presque toute sa force, et ne sera entièrement détruit dans les papeteries que par l'adoption générale de la nouvelle machine»
- /
- p.171 - vue 180/331
-
-
-
- Par une conséquence de la constante uniformité des mouvemens et de l’absence de tout remaniement, les feuilles conservent exactement en tous sens leurs mêmes dimensions et l’epaisseur la plus égalé. L inventeur assure que le papier fabriqué par sa mécanique a plus de consistance que celui d’égale épaisseur fait par le procédé orumaire, en ce que les îüameos d^ la pâte , attirés par un mouvement régulier, se fixent sur le moule dans le sens de la longueur. Il a déclaré en outre que la pâte dont il a fait usage > pour fabriquer les échantillons joints au rapport , n etoit plus susceptible d’être employée dans le travail ordinaire , étant préparée depuis six semaines. Cependant l’Académie a pu se convaincre que, malgré le peu de ouaüté et malgré la vétusté de la pâte, ces leuilles étoient sans déiaut remarquable: et ce qui dépose particulièrement en faveur de l'excellence du procédé, c’est que le travail s’exécute à froid, tandis que, dans les papeteries, on est dans l’obligation d’échauffer les cuves pour favoriser la liaison et l’adhérence des molécules de la pâte et 1 évaporation de 1 eau qui la délaie. Cette économie de combustible est très-importante dans les grandes fabricrues.
- Enfin, pour n’omettre aucune des notions qu’il est en notre pouvoir de donner sur cette nouvelle mécanique , le sieur heistenschneider, consulte sur les frais de sa construction, les a évalués de iboo à 1800 francs, somme bien modique en comparaison des résultats, et qui est à la portée de tous les fabricans.
- En conséquence de ce rapport, l’Académie a arrêté de faire les démarches nécessaires pour obtenir au sieur Leislensckneider un brevet d’invention pour dix années ; il sera pourvu aux frais d'obtention de ce brevet par l’Académie.
- ERRATA du Numéro précédent,
- Page 129, ligne 3|, au lieu de par ordre du préfet -, lisez par ordre du Conseil. Page ro2, ligue dernière, au lieu de 1812 ; lisez ioi3. page i36, ligne 26, au lieu de fig. 9 -, lisez fig. 7.
- Page i38, ligne 11, au lieu de en a; lisez en o.
- Page 140 j ligne 10, au lieu de fig. 3, pl. 1 -, lisez fig. 3.
- A Paris , de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE),
- rue de l’Eperon , 7.
- p.172 - vue 181/331
-
-
-
- DOUZIEME ANNÉE. (N®. CX. ) AOUT i8i3.
- s
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d*une Machine propre à fabriquer des Briques , Tuiles, Corniches , Tuyaux et autres ouvrages en terre cuite , inventée par M. Hattenberg ? conseiller au service de S. M. VEmpereur de Russie,
- En 1807 > Toidebard, ingénieur à Saint-Pétersbourg, membre de la Société (1 Encourûg6iDGiit ^ Pli Cniispil Îji dpsrriptiOD ibune
- machine propre à fabriquer les briques, tuiles, corniches, et autres ouvrages en terre cuite, inventée par M. Hattenberg. Cette description fut renvoyée à l’examen du Comité des Arts mécaniques, qui, dans un rapport fait au Conseil, conclut à ce que Ton fît connoître, par la voie du Bulletin 3 la composition et les avantages de cette machine voyez le Bulletin d’avril 1808 , N°. XLVI ). Les dessins ayant été transmis à la Société par S. Exc. le Ministre des Manufactures et du Commerce, nous nous trouvons en état de remplir les vues du Comité.
- La terre glaise, destinée à fournir les difïerens produits dont il s’agit, est d abord préparée dans un pétrin mécanique, à manège, où elle est travaillée avec beaucoup plus de célérité et de perfection que par les procédés ordinaires. Ce pétrin, dont on doit regretter que M. Boidebardne donne point la description est, à ce qu’il assure, de la plus grande simplicité, et d une invention fort ingénieuse.
- Quant à la machine, elle se compose de deux caisses en fer fondu M M \jlg-1 et 2,pi. 102), qu i se placent aux deux extrémités du système dans une situation opposée. Les faces verticales extrêmes des deux caisses sont percées ouveitures SSfg. 2 , auxquelles on donne la forme que l'on veut faire Douzième année. Août 1813. Z
- p.173 - vue 182/331
-
-
-
- ( <74 )
- prendre à la terre glaise. Àüx faces intérieures opposées sont appliqués des pistons RR, destinés à agir en sens contraire dans une direction horizontale, et auxquels sont attachées des tiges traversées par l’axe coudé d’une grande roue C3Jig. 2, placée entre les deux caisses à égale distance de chacune d’elles. On place la terre préparée, ainsi qu’il a été dit précédemment, dans les deux caisses. Une manivelle D s jig- 2, portant un pignon E, imprime le mouvement à une petite roue B qui le transmet à la grande C. L’axe coudé N, dans son mouvement de rotation, imprime un mouvement alternatif de va-et-vient aux pistons RR qui poussent la terre dans les caisses de fonte M M, et l’obligent à sortir par les ouvertures ou moules SS qui lui donnent la forme qu’on désire.
- Au moment où l’un des pistons est ramené vers le centre de mouvement, on ouvre le volet P de la caisse, et on y jette une nouvelle quantité d’argile ; on ferme ensuite le volet pour la retenir pendant que le piston la conduit et la presse contre le moule.
- A mesure que les briques sortent du moule, elles sont coupées à l’aide du couteau H, et descendent sur un plan incliné, garni d’une toile sans fin, qui facilite cette transposition. Le poids même des briques et la pression qu’elles éprouvent par la succession des autres briques qui sortent du moule , font tourner là toile sans fin , et par ce moyen elles glissent d’une
- extrémité à l’autre du trnnsporLp.7ir ïï.
- Les moules SS en fonte de fer sont maintenus par le châssis en fer T T y on peut les changer à volonté.
- Ce procédé, dit M. Toidebard, offre une perfection qui surpasse infiniment celle où l’on est parvenu par tous les procédés usités jusqu’à ce jour. D’abord, la terre est mieux préparée par un procédé mécanique que par le seul effort des hommes ; en outre, la pression qu’éprouve cette terre fait acquérir aux produits qui en proviennent plusieurs qualités précieuses q>our l’avantage des constructions.
- 1°. La terre ainsi comprimée est plus compacte, ce qui rend les briques plus solides et plus propres à résister à de fortes pressions.
- 20. Ces briques ont plus de ténacité et de liaison par l’espèce de ductilité qu’elles contractent en s’étirant à travers des formes étroites. C’est ainsi, dit M. Toidebard, que la mine de fer, d’abord friable et cassante , comprimée sous les coups lents du marteau, puis étirée de diverses manières , donne enfin un fer ductile et fort différent de la masse qu l’a produit. Cette observation ayant fait présumer que des terres médiocres et friables pour-roient donner, par ce procédé, des briques de meilleure qualité que par le passé, M. Hattenberg a soumis à sa machine des terres friables, dont il
- p.174 - vue 183/331
-
-
-
- (•7 5)
- étoit impossible de faire des briques, et il en a obtenu de solides et d'adhérentes; mais on observe qu il ne les a pas soumises à la cuisson.
- 3°. La violente pression qui résulte de Faction du piston chasse de l’intérieur de la terre Pair.qui y. est renfermé. Elle devient moins cassante au feu , moins pénétrable à l’humidité , et par conséquent plus capable de résister à la gelée. Elle conserve moins l’humidité qui rend inhabitables les étages inférieurs , et qui fait des étages supérieurs des espèces d’hygromètres (i).
- 4°. Les briques s’unissant d’une manière plus parfaite, on n’est point obligé d’employer une aussi grande quantité de ciment et de chaux : par cette raison et par suite de la plus grande siccité des briques, il résulte d’une part que la liaison est plus intime; en second lieu que les maisons sont plus promptement habitables.
- 5°. Les produits obtenus par le nouveau procédé sont plus égaux et plus réguliers. Ce perfectionnement des briques permet de donner aux édifices plus de régularité et de hardiesse*, et loin que le poli et la régularité des surfaces nuise à l’adhérence des briques , elle la favorise au contraire , parce que le contact est plus parfait : l’expérience vient h l’appui de cette assertion. Un constructeur ayant fait élever un bâtiment moitié en briques de M. Hattenberg , moitié en briques ordinaires , il a remarqué que les premières s’attachent tellement au mortier, que le mâçon est obligé de se hâter beaucoup plus qu’à l’ordinaire d’en rectifier la position : la ténacité du joint ne lui permettant plus de les déranger au bout de quelques instans, et leur adhésion étant dès-lors aussi fortes que celle des briques ordinaires au bout de quelques semaines.
- 6°. Enfin, ce nouveau procédé offre de très-grands avantages dans l’acte même de la fabrication : il n’expose point la santé des ouvriers qui, dans le procédé ordinaire, passent, les jours entiers, les mains et les pieds dans l’argile , où souvent ils rencontrent des cailloux et des corps tranchans qui peuvent les estropier. 11 permet d’en employer de moins forts, de moins intelligens et en moindre nombre. Aussi procure-t-il une économie de plus des deux tiers sur le procédé ordinaire.
- Mais en supposant même que les produits qu’il donne fussent plus chers d’un tiers que ceux qui s’obtiennent par l’ancien procédé, il y auroit encore une grande économie à les employer, dit M. Mineiaechi, architecte habile, qui a fait usage des briques de M. Hattenberg ; car, indépendant
- (iy L’humidité des murs ne provient pas de la porosité des briques, mais des sels dé» ïiquescens qui se forment dans Je mortier et dans les briques elles-mêmes, à raison de la mau\aise qualité des terres dont elles sont quelquefois composées, ou du trop foible degre de cuisson qu’elles ont reçu.
- Z 2
- p.175 - vue 184/331
-
-
-
- ( i?6 )
- ment de la considération d’une plus grande solidité et des autres avantages que nous venons de reconnoître dans leur emploi , ces nouvelles briques sont moins cassantes et donnent moins de déchet dans le transport. Il ajoute que leur solidité étant plus grande, on peut en employer une moindre quantité et diminuer l’épaisseur des murs de celle d’une brique, ce qui devient très-considérable. Un dernier avantage que fait remarquer M. Mi-neiacchi, c’est que les nouvelles briques prennent le stuc beaucoup mieux que les anciennes, et en consomment beaucoup moins.
- Explication des Figures de la Flanche 102, relatives à la machine de
- M. Hattenberg.
- Fig. ire. Vue perspective de la machine.
- AA. Bâti en bois pour supporter les caisses.
- B. Boue de renvoi.
- C. Grande roue ou cric.
- D. Manivelle.
- E. Pignon fixé sur l’arbre de la manivelle, et qui mène la roue de renvoi B.
- F. Autre pignon monté sur l’axe de la roue B, et qui engrène les dents de la grande roue C.
- G. Briques sortant du moule.
- H. Couteau pour diviser les briques sur la longueur.
- II. Transporteur.
- K R. Rouleaux sur lesquels repose le transporteur.
- L. Plan incliné couvert d’une toile sans fin sur lequel les briques descendent.
- MM. Caisses en fonte pour recevoir la terre glaise.
- TT. Châssis qui maintient en place les moules.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les trois figures.
- Fig. 2. Coupe sur la longueur de la machine.
- 00. Ti ges des pistons.
- PP. Volets qui ferment les caisses.
- RR. Pistons en bois.
- SS. Moules en fonte qu’011 peut changer à volonté.
- u u. Crochets pour maintenir le transporteur contre les caisses.
- <vv. Planchettes qui recouvrent les pistons et l’extrémité des tiges % soutiennent la portion de terre glaise qui se trouve immédiatement au-dessus , et f empêchent de pénétrer jusqu’à la tige du piston.
- Fig. 3. Plan de la machine.
- N. Axe coudé qui imprime le mouvement de va-et-vient aux pistons.
- p.176 - vue 185/331
-
-
-
- ( >77 )
- Description d’une autre Machine employée en Angleterre pour la fabrication des mêmes produits.
- On s’est occupé depuis long-temps en Angleterre de la fabrication mécanique des briques, tuiles, corniches , etc. , en terre cuite , et l’on a imaginé à diverses époques, pour cet objet, des machines plus ou moins parfaites. Celle qui paroît remplir le mieux toutes les conditions, est due à M. Kinsley> citoyen des Etats-Unis d’Amérique ; elle est décrite dans le treizième volume du Repertory of Arts and Manufactures, ire. série. Comme la description que l’on trouve dans ce recueil est peu claire et peu satisfaisante, nous croyons devoir y substituer la suivante, que nous avons faite sur les renseignemens de M. Motard3 qui a lui-même fait construire et employé une machine de ce genre.
- L’inventeur de la machine dont il s’agit s’est proposé un double but : i°. celui de pétrir et délayer l’argile destinée à la fabrication des produits désirés } 2°. celui de fabriquer immédiatement ces produits : la même machine lui sert à cette double fin.
- Elle consiste en un baquet qui a la figure d’un cône renversé : deux montans verticaux, assemblés à leur sommet par une traverse, supportent ce baquet, et le suspendent au-dessus d’une plate-forme. Une tige verticale passe au milieu de la traverse, et s’étend jusqu’au fond du baquet auquel elle sert d’axe} à son extrémité supérieure est attaché un manège destiné à lui imprimer un mouvement de rotation. Elle est armée d’ailes opposées deux à deux, qui lui sont perpendiculaires, mais dont le plan est incliné en sens contraire l’une de l’autre à l’horizon sous un angle de 3o k 45 degrés. Cette inclinaison doit être en tel sens que les ailes présentent leur surface inférieure au chemin qu’elles parcourent.
- Ces ailes ont la forme de queue d’aronde : elles vont en diminuant de longueur, mais en augmentant de surface du haut en bas du baquet, dans une telle progression, que les deux dernières sont de forme semi-circulaire (ou plutôt semi-elliptique ) : en sorte que, étant ramenées à la position horizontale, elles fcrmeroient le baquet.
- Cela posé, veut-on pétrir la terre, on ferme l’ouverture inférieure du baquet par un fond plein à coulisse -, on fait entrer l’argile mêlée d’eau par 1 OL‘ rtu • mpérmure , on imprime le mouvement à la tige au moyen du me-mge-, les aile , a n . leur mouvement de rotation , on frappant sur 1 argue, U deLyent et la pétrissent amant qu’il est nécessaire.
- Cette operation étant terminée, il s’agit de faire pi en dre à. la terre les
- p.177 - vue 186/331
-
-
-
- ( *>«'.)
- diverses formes que l’on désire lui donner. Pour cet effet, on substitue au fond plein qui ferme le baquet un autre fond auquel sont pratiquées des ouvertures de différentes grandeurs, proportionnées à l’ouverture des moules que l’on v adapte. Ces moules , placés à la suite les uns des autres, sont portés sur des rouleaux mobiles qui reposent sur la plate-forme ; ils sont poussés en avant par une crémaillère que I on arrête à l’aide d’un levier ou d’une roue dentée : un contre-poids attaché à cette crémaillère tend à la faire reculer, de manière à ce que tous les moules passent successivement sous le baquet. Un cliquet adapté à la roue sert à régler le mouvement et à déterminer la position du moule.
- Les moules sont de différentes formes, selon le produit que l’on veut obtenir Ceux que I on emploie pour les briques sont faits en diverses manières; les uns ont des doubles fonds et des bords amovibles. Ceux dont se sert M. Kinslej peuvent contenir depuis une jusqu’à six briques; leur fond est fixe ; ils sont séparés en trois parties égales ; la division du milieu est taillée en biseau, et fait l’office de coin pour retenir les autres séparations pendant qu’on charge le moule ; cette pièce étant enlevée donne k facilité de dégager successivement toutes les briques.
- L’auteur observe que cette machine procure un avantage considérable sous le rapport de l’économie et de la célérité du travail. Dès que l’argile est mise dans le baquet, elle est promptement pétrie et délayée par l’effet du moulinet, et ensuite fortement comprimée par la pression de ce même moulinet, qui exerce sur la terre glaise l’action d’une vis.
- Pour augmenter le produit delà machine, on peut au même levier ou manège adapter deux baquets garnis chacun de leur moulinet.
- Pour cet effet, l’extrémité supérieure de la tige de chaque moulinet porte une roue dentée qu’engrène une autre roue montée sur un arbre vertical que le grand levier fait tourner,
- Explication des Figures de la TL 102 , relatives à la machine anglaise.
- Fig. 1. A À. Châssis horizontal ; B B montans entre lesquels se place le baquet ; C baquet ; d tige du moulinet ; e e ailes du moulinet ; iii rouleaux de frottement; D plate-forme sur laquelle on place les moules quand on veut les remplir ; g-crémaillère ; n cliquet qui retient le râteau ; p contre-poids qui fait reculer la crémaillère; E grand levier qui fait tourner le moulinet,
- Fig. 2. Le moulinet avec ses ailes.
- Fig. 3. Moule pour quatre briques , ayant la division inférieure en trois parties.
- Fig. 4- Moule pour deux briques, dont une des parois a été enlevée.
- p.178 - vue 187/331
-
-
-
- £0-2 .
- /»*'//* S* J/ *•* l'« i/ /’.'sst *VrSW,Srs.'ff/// . . 1 / !
- /////t.i .
- pl.102 - vue 188/331
-
-
-
- ( > 79 )
- Fig. 5. Roues dentées pour faire agir les deux moulinets par la même
- puissance.
- Fig. 6. Deux barres transversales fixées clans le baquet.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport sur la Céruse de la Fabrique de Clichy, par MM. Bouîlay, (PArcet et Mérimée.
- Messieurs , lorsque vous proposâtes un prix pour la fabrication du blanc de plomb y aucune des nombreuses tentatives faites pour introduire en France cet utile genre d’industrie n’avoit eu de succès. Yous n’en attendiez pas davantage de la connoissance plus exacte du procédé des Hollandais, puisque leurs ce/ uses, quoique très-recherchées dans le commerce, sont bien éloignées de la perfection.
- Quelques fabriques d’Allemagne avoient depuis long-temps le secret de préparer des blancs de plomb qui ne laissoient rien k désirer, mais ils étoient d’un prix trop élevé pour être employés dans les travaux ordinaires de-la peinture. Aussi, tandis que la Hollande fournissoit à notre consommation une immense quantité de céruse, nous ne tirions des environs de Vienne que quelques caisses de ce blanc de plomb , improprement appelé blanc d’argent, exclusivement réservé pour les travaux précieux de la peinture.
- Vous n’ignoriez pas, Messieurs, combien les préjugés et les habitudes du commerce sont difficiles à détruire. Tant qu’on n’auroit eu à offrir aux consommateurs que des cèruses d’une qualité semblable à celle de Hollande, elles n’auroient jamais obtenu la même faveur dans l’opinion. Pour les vendre, il eût fallu en déguiser soigneusement l’origine, et cette précaution n’eût-elle pas été un aveu de notre impuissance à égaler l’in-
- dustrie étrangère ?
- Yous reconnûtes donc qu’une manufacture de blanc de plomb ne s’éta-bliroit avec succès que lorsqu’on auroit perfectionné les procédés de fabrication au point de pouvoir donner au bas prix de la céruse hollandaisey des blancs pareils à ceux des meilleures fabriques d'Allemagne.
- Aprè
- •> huit années d’attente, vos espérances furent remplies par le succès le phv? complet, et il fut démontre que nous avioiij les moyens de fabrique. ocs blancs de plomb tellement purs, qu’ils cbtieniroient infaillible— mLin ia p^cmmcnce dans tous les marchés de l’Europe.
- Mais de la possibilité k l’effet, il y avoit un immense intervalle. Votre
- p.179 - vue 189/331
-
-
-
- £x8o-)'
- Comité des Arts cliimiques ne tous laissa pas ignorer les difficultés qu’on auroit à vaincre pour naturaliser en France cette fabrication; et tout en vous assurant qu’il étoit impossible de faire des céruses de mauvaise qualité , en suivant exactement le procédé dont il vous présentoit les résultats , il vous avertit que le premier effet de cette perfection seroit d’exciter la méfiance au point peut-être de mettre les fabricans dans la nécessité de gâter de très-beaux produits pour en avoir un débit plus assuré.
- Ces craintes ne se sont que trop réalisées ; et quoique cette assertion ait l’air d’un paradoxe, il est constant que la beauté de la nouvelle céruse a été un obstacle au succès de sa fabrication.
- Les négocians et les peintres , en voyant des échantillons semblables à ceux qui ont été mis sous vos yeux, ne pouvoient dissimuler leur admiration , et quelques-uns félicitoient sincèrement les auteurs de cette heureuse découverte; mais le plus grand nombre ne les accueilloit qu’avec une extrême réserve , sans doute parce que l’expérience leur avoit appris combien il faut se tenir en garde contre les nouveautés les plus attrayantes. « Nous » aimerions mieux, disoient-ils , que cette céruse fût moins belle et qu’elle » eût l’apparence de celle de Hollande; nous la présenterions sous ce nom » aux consommateurs , et nous en trouverions un débit assuré. »
- Il est arrivé plusieurs fois que des peintres, à qui l’on proposoit d’en faire Fessai, s’y relusuient, eu répondant qu’elle uavoit aucune des qualités que vous y avez reconnues. Ils affirmoient qu’elle n avoit qu’une belle apparence extérieure, qu’elle ne couvroit pas, qu’elle séchoit très-lentement, et qu’enfin ce n’étoit qu’un mélange de craie avec un peu de blanc de plomb.
- Les procédés ne se perfectionnent que dans les grandes manufactures! mais pouvoit-on espérer qu’il s’en établiroit au milieu de pareilles préventions, surtout lorsque la réunion de la Hollande, entraînant la suppression des droits auxquels étoient imposées les céruses de ce pays , avoit fait baisser de 2 5 p. fies prix de cette marchandise, tandis que d’autres circonstances avoient occasioné le renchérissement de la matière première?
- Heureusement, tous ces obstacles, faits pour décourager les hommes les plus entrepre-nans et les plus convaincus de la bonté de leurs moyens , 11’ont pas empêché qu’il ne se soit formé à Clichy un établissement tellement considérable, qu’il peut fournir annuellement au commerce plus de 600,000 ^kilogrammes de céruse.
- Si les fabricans n’avoient pas eu autant d’énergie que de talent, si le sentiment de 1 honneur ne les eût portés à défendre la gloire de leur entrer prise, ils auroient écouté les conseils timides ou intéressés ; ils auroient
- altéré
- p.180 - vue 190/331
-
-
-
- C 181 )
- altéré des produits parfaits pour leur donner une physionomie étrangère j leur manufacture seroit entièrement ignorée, et l’on vous eût reproché d’avoir, sur la foi de quelques expériences de laboratoire, proclamé la supériorité d’un procédé qui n’étoit point applicable en grand, puisqu’on n’en voyoit aucun résultat.
- La seule existence d’un pareil établissement, à une époque où la plupart de ceux de ce genre formés entre la Hollande et la France n’ont pu se soutenir, suffiroit pour démontrer la supériorité de notre céruse française. La plus forte prévention n’a pas empêché qu’il n’en ait été versé depuis quatre ans une quantité considérable dans le commerce. Cette prévention ne peut donc plus maintenant compromettre le sort de la manufacture naissante ; mais elle en retarde les progrès, elle oblige les fabricans à des combats continuels qui ne laissentpasde les fatiguer,quoique l’issue leur en soit toujours avantageuse. C’est pourquoi il leur importe de terminer, par un coup décisif, la lutte fastidieuse qu’ils ont à soutenir contre l’ignorance et la mauvaise foi.
- C’est dans cette vue ^ Messieurs, que les propriétaires de la manufacture de Clichy ont eu recours à vous, persuadés que la Société d’Encourage-ment ne refusera pas de se prononcer hautement en leur faveur, si par les perfectionnemens qu’ils ont ajoutés à une découverte importante, ils ont acquis de nouveaux droits à sa protection ; si après un examen attentif de l’état actuel de leur manufacture , après une exacte comparaison de leurs cénises avec les plus beaux blancs du commerce, vous reconnoissez qu’elles doivent avoir la préférence.
- Les commissaires à qui vous avez confié cet examen ont senti toute Fim-portance de leur mission, et n’ont rien négligé pour la remplir conformément à vos vues. Us ont visité la manufacture de Clichy, ils en ont suivi dans le plus grand détail tous les travaux, et ils se sont convaincus que, quelle que soit la qualité des matières premières employées , le blanc qui en provient a toujours le même degré de pureté.
- S’il nous étoit permis , Messieurs, de vous décrire les procédés de cette fabrication et de vous faire connoître les moyens ingénieux qui en facilitent l’exécution, nous n’en doutons pas, nous exciterions puissamment votre intérêt; mais des considérations d’une haute importance nous prescrivent de ne rien publier de ce qui nous a été confié.
- Trop souvent nos voisins industrieux ont recueilli le fruit de découvertes importantes négligées par nous, et il a fallu que l’exemple de leurs succès nous déterminât â les copier, lorsque nous les avions devancés.
- Que 1 exemple du passé nous apprenne à ne rien publier sans en prévoir
- Douzième année. Août i8i5. A a
- p.181 - vue 191/331
-
-
-
- ( ï8^ )
- toutes les conséquences ; si nous voulons que les blancs de plomb français obtiennent quelque faveur chez l’étranger, gardons-nous d’enseigner comment on est parvenu à les préparer.
- Nous nous bornerons donc à vous dire que nous ne connoissons aucune manufacture où la distribution du travailsoit aussi bien ordonnée, et où l’on fasse un emploi mieux entendu de la mécanique et de la chimie. Nous avons surtout remarqué , avec une satisfaction particulière , une machine dont l’application, faite pour la première fois, est tellement heureuse , que ses effets surpassent de beaucoup ce que son ingénieux auteur (M. Cagniard de la Tour ) avoit annoncé.
- Mais ce qui doit vous intéresser bien davantage , ce sont les précautions prises pour ménager la santé des ouvriers : elles sont telles qu’aucun d’eux ne ressent la plus légère incommodité; et vous savez à quelles maladies affreuses sont exposés ceux qui travaillent aux préparations de plomb.
- C’est sur environ 120 milliers de céruse, près d’être livrée au commerce, et toute de qualité identique , que nous avons pris au hasard quelques échantillons pour les soumettre à des épreuves comparatives. Elles commencèrent le 28 mai dernier, dans un local que M. Ternauæ aîné eut la complaisance de nous prêter en sa maison, place des Victoires.
- Le désir de voir l’issue d’une cause des plus intéressantes, puisqu’il s’agissoit de soutenir la gloire de notre industrie, y avoit attiré plusieurs personnes. Nous eûmes pour coopérateurs et pour témoins de nos expériences des Commissaires envoyés par M. le directeur général des bâti-mens publics , plusieurs architectes attachés aux travaux du Gouvernement, plusieurs peintres qui y sont employés, des négocians et quelques membres de cette Société.
- Toutes ces personnes distinguées par leurs lumières et leur intégrité formoient la réunion la plus respectable , et telle qu’on pouvoit la désirer dans une occasion de cette importance.
- Plusieurs échantillons de céruse de Hollande , apportés par MM. Munich et Dubois, peintres du Louvre et des Tuileries, furent présentés à MM. Mœring, Dm al, E. Dubois et Potier, peintres attachés aux travaux du Gouvernement, et furent généralement reconnus par eux et par toute l assemblee pour être de la céruse de première qualité. On en pesa une quantité déterminée et une égale quantité de céruse de Clichy.
- L’une et l'autre furent broyées en même temps sur deux pierres semblables et avec la meme espèce d’huile.
- Cette première opération donna deux résultats importans :
- i°. La céruse de Clichy fut plus tôt et mieux broyée |
- p.182 - vue 192/331
-
-
-
- C i83 )
- 2°. Elle absorba une plus grande quantité d’huile;
- Pour rendre les deux couleurs suffisamment liquides , on les détrempa Fune et l’autre avec un même poids d’huile de lin, à laquelle on ajouta un peu d’huile volatile de térébenthine dans une égale proportion.
- On reconnut alors que la céruse de Clichy étoit moins liquide que l’autre, et il fut ainsi confirmé qu’elle absorboit une plus grande quantité d’huile.
- Trois grands panneaux de bois de chêne, formant ensemble 9 mètres carrés de superficie , avoient été disposés pour ces expériences ; ils étoient exactement partagés par une ligne, afin que les deux céruses fussent à côté l’une de l’autre, afin qu’elles eussent à couvrir une égale surface, et qu’ainsi la comparaison fût plus aisée à faire.
- La différence de blancheur ne fut pas d’abord sensible, elle ne le devint que par la dessiccation de la couleur. L’opacité suivit une marche inverse, c’est-à-dire qu’immédiatement après la première application, le bois parut moins couvert du côté de la céruse de Clichy, et qu’il n’offrit plus de différence sensible lorsqu’on le revit quatre jours après.
- A la seconde application, la différence de blancheur fut plus marquée > et à la troisième, elle le fut encore davantage.
- Mais cette différence fut toujours beaucoup.plus apparente après la dessiccation de la peinture ce qui prouve avec quelle promptitude la céruse de Hollande perd sa blancheur en séchant.
- Quant à l’opacité, à ce qu’on appelle la propriété de couvrir, la différence entre les deux céruses se réduit à très-peu de chose, puisqu’elle n’étoit déjà plus sensible lorsque la première couche fut sèche.
- Nous croyons cependant nécessaire de nous arrêter sur ce résultat qui, mal observé, a déjà donné lieu à beaucoup d’erreurs.
- Pour bien concevoir ce qui se passe dans cette circonstance , que l’on se représente deux planches couvertes , l’une avec un morceau de batiste et l’autre avec de la toile commune, il est évident que les veines du bois seront d’abord plus sensibles au travers du tissu le plus fin 3 mais, si chaque morceau est ensuite recouvert de deux autres semblables , alors les veines ne paroîtront pas plus sous l’un que sous l’autre, et l’endroit couvert par la batiste sera le plus éclatant de blancheur.
- De même si l’on examine superficiellement les céruses du commerce , qui sont en général plus ou moins grossièrement broyées, et si l’on se contente de donner quelques coups de pinceau, on trouvera que ces céruses sont plus opaques que le blanc de K rems (par exemple), et qu’elles couvrent davantage j mais si I on pèse les quantités employées de chaque matière, on ^erra que la couleur dont les molécules sont le plus ténues, est celle dont
- A a 2
- p.183 - vue 193/331
-
-
-
- ( 184 )
- on aura le moins dépensé ; on verra qu’après deux couclies la différence d’opacité n’est plus perceptible : alors tout l’avantage sera pour la céruse la mieux broyée, et c’est d’elle qu’on pourra dire dans un autre sens qu’elle couvre davantage, c’est-à-dire qu’elle couvre une plus grande surface.
- Le raisonnement seul conduiroit à ce résultat, quand on n’auroit pas pour soi l’expérience.
- Plus la couleur est divisée, plus il faut d’huile pour entourer toutes ses molécules; plus sa masse est volumineuse, et par conséquent plus elle doit couvrir de superficie.
- Il résulte en effet de nos expériences et de plusieurs autres expériences très-autlientiques qui s’accordent avec celles-ci, que la céruse de Clichy, employée à trois couches , ainsi qu’on le pratique toujours pour la céruse de Hollande, couvre tout autant, et qu’oA en consomme un dixième de moins. Dans le cas où l’on voudroit ne donner que deux couches , l’expérience a prouvé qu’on obtient, sous ce rapport, les mêmes effets avec la céruse de Clichy qu’avec celle de Hollande.
- La propriété de sécher promptement est une qualité très-recommandable dans la peinture, et c’est encore en cela que la cémse de Clichy l’emporte sur celle de Hollande : nous l’avons reconnu dans nos expériences à chacune des trois applications de couleur, et nous l’avons consigné dans nos procès-verbaux. De plus , cette peinture reste mate en séchant, ce qui prouve une combinaison plus intime de ses molécules avec l’huile.
- Dans le tableau de nos expériences que vous avez sous les yeux, quoique la couleur soit sèche depuis plus d’un mois, nous ne doutons pas que la différence de dessiccation ne soit encore sensible, et qu’en appuyant longtemps et fortement les mains, on ne s’aperçoive qu’elles happent encore à la surface de la céruse de Hollande , ou qu’en grattant avec l’ongle on ne l’entame plus facilement, et on ne la détache plus tôt que l’autre (i).
- On a besoin pour les tableaux et pour tous les travaux précieux de la peinture, de blancs de plomb d’une extrême blancheur : tels sont les plus beaux blancs de Rrems, tels sont les blancs de première qualité qui furent mis sous vos yeux, lorsque vous donnâtes le prix, et dont vous avez encore quelques échantillons.
- La Manufacture de Clichy avoit avec raison négligé jusqu’à présent de fabriquer des blancs de cette première qualité , parce que la consommation n en est pas assez considérable; mais, pour ne rien laisser à désirer, elle s’en
- (1) L’expenence a confirmé ce que nous avions présumé. Un de ces tableaux a été déposé dans une des salles du Conservatoire des Arts et Métiers.
- p.184 - vue 194/331
-
-
-
- ( i85 )
- occupe maintenant , et lorsque nos artistes en auront fait l’essai, ils ne voudront plus en employer d’autres dans leurs tableaux. Ce sera toujours quelques sommes de moins que nous aurons à payer à F Allemagne.
- 3NTe Douvant réunir dans ce rapport toutes les expériences que nous nous sommes proposé d’entreprendre pour faire connoître les avantages offerts à plusieurs de nos arts par l’emploi d’un blanc de plomb d’une pureté constante , nous nous bornerons à vous dire que , dans les fabriques de poteries les plus importantes de la France, la cérnse de C.Uchy est déjà préférée a toutes les autres céruses du commerce , et que, dans plusieurs fabriques de cristaux, on en a fait également et très-en grand les essais les plus heureux.
- Quelques manufactures de papiers peints se sont aussi déterminées à donner la préférence à cette céruse, après en avoir reconnu les bons effets. Nous en avons profité pour faire exécuter sous nos yeux des feuilles comparatives que Fon pourra, si vous le jugez convenable, joindre à ce rapport. Ces feuilles établissent la différence de blancheur qui existe entre notre cérusefrançaise et la plus belle céruse de Hollande ,* mais cette différence est encore plus sensible à l’huile , comme vous en avez la preuve sous les yeux.
- Dans la position délicate où nous a placés votre confiance , nous n’avons jamais perdu de vue l'honneur de cette Société. Ce sentiment nous a portés â vouloir réunir une masse de preuves telles qu’on ne pût ni vous soupçonner d’avoir été entraînés par aucun mouvement de prédilection pour un établissement qui est votre ouvrage, ni vous accuser de partialité lorsque vous n’avez fait qu’un acte de justice. Quoique nous soyons assurés par les précautions que nous avons prises de n’avoir pas été induits en erreur, nous avons cru devoir invoquer des témoignages étrangers , et réunir aux résultats de nos expériences les résultats d’autres expériences faites depuis plusieurs années, et qui portent un caractère d’authenticité irrécusable.
- Ces témoignages établissent la preuve qu’à différentes époques la céruse de Clichy a été employée , comparativement avec celle de Hollande, au Jardin des Plantes, au Louvre, aux Tuileries, à la Halle aux Vins , à la Pharmacie centrale , aux Invalides, dans les abattoirs, dans plusieurs casernes, dans les ports de Rochefort, etc., et dans beaucoup de maisons particulières.
- Les Procès-verbaux de ces expériences, dont nous joindrons une copie a ce rapport, sont entre eux et avec les nôtres d’une conformité absolue : ce qui démontre que, depuis l’établissement de la manufacture, ses produits ont toujours donné des résultats semblables,
- p.185 - vue 195/331
-
-
-
- C >86 )
- Nous avons donc la conviction la plus intime que la céruse de Clichy est préférable à la plus belle céruse de Hollande :
- i°. En ce qu elle se broie plus parfaitement et en moins de temps ;
- 2°. En ce qu’elle sèche plus vite,, et adhère davantage aux corps sur lesquels on l’applique ;
- 3°. En ce qu’elle est toujours pure, et qu’elle ne contient ni cuivre, ni autres substances métalliques ou terreuses (i) ;
- 4° En ce cjn Vile est plus blanche, et conserve sa blancheur en séchant;
- 5°. Enfin, en ce qu’elle absorbe une plus grande quantité d’huile, et qu’à poids égal elle couvre une plus grande surface.
- Ces avantages réunis nous portent donc à la regarder comme la céruse la -plus pure et la plus économique qui soit dans le commei^ce.
- La Société d’Encouragement est sans doute loin de croire que, pour remplir son but, pour travailler efficacement à la prospérité nationale , il suffise de décerner des prix justement mérités aux auteurs des découvertes importantes. Elle se conduit comme le cultivateur qui, voulant avoir de belles plantations, ne se contente pas de se procurer les meilleures espèces, les sujets les plus vigoureux, mais qui en surveille continuellement l’accroissement, et en protège tons les arbres contre les animaux nuisibles , contre la rigueur des saisons, jusqu’à ce qu’ils soient assez développés pour n avoir rien à craindre.
- Ainsi, Messieurs, vous n’abandonnerez point à ses propres forces la manufacture de Clichy, lorsque vous pouvez contribuer à son affermissement; vous emploierez, au contraire, tous les moyens qui dépendent de vous pour la porter le plus tôt possible à un degré de force et de prospérité qui la mette à l’abri de toutes les atteintes dont les établissemens sont menacés à leur naissance.
- L’expérience nous prouve que les préjugés ou les petits intérêts arrêtent souvent la propagation des choses les plus utiles : ces obstacles ne peuvent être vaincus que par le temps ou par une force supérieure , telle que la protection spéciale du Gouvernement.
- Nous espérons donc que vous ne laisserez pas faire au temps ce que vous pouvez faire vous-mêmes. Vous n’ignorez pas que sa marche lente tue quelquefois des établissemens précieux, qu’avec un peu de'zèle on eût conservés.
- (i) La céruse de Hollande doit nécessairement contenir tous les métaux qui se trouvent dans le plomb dont on s’est servi pour la fabriquer. La présence du cuivre est facile à recon» noître par la couleur verte que prend l’huile qui surnage cette céruse broyée. L’huile conserve sa couleur naturelle sur celle de Clichy t c’est im de ses caractères propres qui peut servi? â la faire reeonnoitre.
- p.186 - vue 196/331
-
-
-
- CÉRÜSE DE CLICHY,
- CÉRüSE DE HOLLANDE, I«. QT\
- ----- -j.1- ÇT'l 'ri iVii •
- Le dépôt est chez-M. J. L. Roard, directeur des teintures des Manufactures;!] mpériales, propriétaire de la manufacture ïde-teliSliy 5 rue Montmartre, 3S°. 160 , a Paris.
- p.n.n. - vue 197/331
-
-
-
- ( i87 )
- Procurez aux fabricans de Clichy l’écoulement par grandes masses de leurs produits; dès qu’une fois ils seront assurés d’urie consommation suffisante , peu leur importe que quelques personnes s’obstinent à refuser à leurs belles céruses la supériorité dont vous avez reconnu l’évidence. Lorsque nos monumens en offriront des preuves irrécusables , nous ne craignons pas de l’assurer, il sera impossible d’en faire adopter d’autres aux consommateurs.
- D’après ces considérations, Messieurs, nous vous proposons d’adresser copie de ce rapport à S. Exc. le Ministre des Manufactures et du Commerce , en lui demandant comme une récompense justement méritée, de vouloir bien faire connoître à LL. Exc. les Ministres de la Guerre , de la Marine et de l’Intérieur, les avantages qu’on peut retirer de l’emploi d’une cèruseplus parfaite qu’ aucune de celles qui se trouvent dans le commerce.
- S*ë né Boullay , d’Arcet et Mérimée.
- Adopté en Séance le 21 juillet 1810.
- Le Président de la Société d’Encouragement pour V Industrie nationale , à S. Ex. le Ministre des Mamefactures et du Commerce.
- J’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence un rapport fait à la Société d’Encouragement sur la fabrique de blanc de plomb établie à Clichy. Cette manufacture, fondée sur un procédé tout nouveau , présente au commerce des produits supérieurs en qualité à tous ceux qu’on a voit livrés jusqu'ici de la Hollande et de quelques fabriques de la Belgique. Elle mérite d’autant plus d’être encouragée par le Gouvernement qu’elle trouve plus d’obstacles à écouler ses produits ; et la supériorité de cette fabrication n’en est pas le moindre, parce que le consommateur, habitué à l’emploi d’un blanc de plomb moins beau, a contre celui de Clichy des préventions qu’on a beaucoup de peine h détruire.
- Les expériences comparatives faites par les Commissaires de la Société d’Encouragement, et par un grand nombre d’autres, ne laissent pas le moindre doute sur la supériorité du blanc de plomb de^ Clichy. Déjà même plusieurs personnes chargées de diriger les travaux dans les édifices publics, en ont ordonné exclusivement l’emploi ; il suffit donc de donner aujourd’hui la plus grande publicité au rapport de la Société d’Encoura-gement, pour vaincre les dernières difficultés, et c’est ce dont j’ai l’honneur de vous prier en son nom.
- Je prie Votre Excellence d’asréer l’hommage de mes sentimens.
- <J <j
- Le sénateur Ciiaptae, comte de Chavtft.ocp,
- Paris j 26 août 1S1 3,
- p.187 - vue 198/331
-
-
-
- ( 188 )
- Rapport fait par Ivï. d’Arcet, au nom du Comité des Alrts chimiques , sur un nouveau moyen de mettre les Glaces au tain , qui a été présenté à la Société par M\ Bernardin Verea.
- Nous commencerons par rappeler à la Société que son Comité des Arts chimiques, chargé d’examiner le procédé proposé par M. Verea , fit, à ce sujet, au mois de mars 1812 , un rapport provisoire , dans lequel il exposa les avantages que pouvoient procurer les différentes applications dont ce nouvel étamage paroissoit susceptible , et que le Comité termina son rapport en demandant que l’on accordât à M. Verea la somme de i5o francs qu’il désiroit pour permettre que son procédé fût rendu public.
- La Société approuva les conclusions du rapport, accorda à M, Verea la somme qu’il demandoit, et chargea le Comité des Arts chimiques de recevoir son procédé , et de le faire imprimer dans le Bulletin , en y joignant tous les détails nécessaires pour en rendre la publication utile.
- Lorsque le Comité demanda à M. Verea des renseignemens sur la nature et sur la préparation de l’alliage dont il se servoit, il répondit qu’il n’en connoissoit pas les proportions exactes; que le formant avec des métaux impurs et au moyen de longs tâtonnemens, il lui étoit impossible de donner aucun renseignement positif sur sa composition. Le Comité se vit donc obligé , pour remplir les vues de la Société, et pour ne pas laisser perdre ce procédé, de se charger dsexaminer l’alliage employé par M, Vereap d’en rechercher les proportions , et de compléter ainsi la note qu’il avoit reçue. Le Comité est entré en outre dans quelques détails sur les applications que l’on pourra faire de ce procédé, et a rédigé sur ces bases le rapport qu’il va avoir l’honneur de communiquer à la Société.
- De V Alliage employépar M. Verea, et de sa préparation.
- M. Verea a fait trois expériences en présence du Comité ; il a employé chaque fois un alliage différent ; il a apporté deux fois celui dont il s’est servi; mais dans la troisième séance , on lui a donné de l’étain et du plomb purs i et, après bien des tâtonnemens, il est arrivé à faire usage d’un lingot contenant au cent 6i d’étain et 3g de plomb.
- Les feuilles métalliques qu’il aobtenues en se servant de cet alliage se sont trouvées meilleures que celles qu’il avoit faites avec le métal qu’il avoit présenté lors de la seconde expérience, mais beaucoup moins belles que les feuilles qui avoient été faites avec l’alliage qu’il avoit apporté, lorsqu’il se présenta pour la première fois au Comité.
- Ou
- p.188 - vue 199/331
-
-
-
- ( i89 )
- On avoit eu soin ^ après chaque expérience , de mettre sous cachet un morceau de l’alliage employé ; le lingot numéroté i étant l’alliage avec lequel on avoit obtenu les plus belles feuilles et le meilleur étamage , étoit celui dont il etoit important de connoître la composition. On en a donc fait l’analyse avec tout le soin possible, et on a obtenu les résultats qui suivent.
- Cet alliage ressemble beaucoup à de la soudure de plombier , et présente le coup d’oeil et la cassure de la vaisselle d’étain ordinaire; sa surface est lisse et sans apparence de cristallisation ; sa pesanteur spécifique est de 84,221; il se coupe bien; il est très-ductile, et se lamine facilement en lames très-minces. L’analyse répétée deux fois a prouvé qu’il contenoit au cent.
- 65....................... . d’étain.
- 55 ..... .................de plomb (1).
- Pour vérifier les résultats donnés par l’analyse, 011a fait fondre ensemble 65o sr- d’étain et 35o8r< de plomb ; et on a fait, avec cet alliage , les feuilles métalliques qui sont déposées sur le bureau, et qui sont aussi belles que celles que M. Verea a présentées à la Société.
- Voilà donc la nature de l’ailiage employé par M. Verea bien connue ; sa préparation ne présente aucune difficulté, puisqu’il suffit de faire fondre dans une cuiller de fer eu dans une chaudière de fonte 65 parties d’étain.
- (1) On avoit trouvé par l’analyse que cet alliage contenoit au cent :
- Etain................................................. 64,104
- Plomb. ............................................ 35,28o
- Cuivre, fer , et perte. ............................... 0,616
- 100,000
- Mais en considérant que le cuivre et le fer qui se trouvent dans cet alliage ne s’y rencontrent qu’accidentellement, et que dans les procédés analytiques la perte a dû porter principalement sur l’étain, nous avons pensé qu’il falloit indiquer cet alliage comme un simple Composé binaire de plomb et d’étain purs , et nous avons donné les nombres ronds cités üans le texte : cet alliage binaire est certainement meilleur que celui qu’indique l’analyse , et auquel on reviendra d’ailleurs toujours assez , puisque l’on ne trouve pas à acheter du plomb et de l’étain parfaitement purs , et que ce sont ces métaux pris dans le commerce que nous conseillons d’employer.
- L’alliage numéroté 2 , avec lequel M. Verea n’a obtenu que des feuilles métalliques peu brillantes et tachées , a été analysé comme le lingot N°. x.
- Sa pesanteur spécifique étoit de 84,5oi 5 nous avons trouvé qu’il contenoit au cent :
- Etain ............................................ . 6 8,2
- Plomb ............................. . 3o,o42
- Cuivre, fer, et perte. ............................ . 1,768
- 100,000
- On voit, en comparant ces résultats à ceux qu’a donnés l’analyse du lingot numéroté 1 , .combien il importe d’éviter la présence du cuivre et du fer ', puisque l’on n’obtient plus de belles feuilles métalliques lorsque ces métaux entrent dans la composition de l’alliage dans la proportion d’environ -g_.
- Douzième année* Août 1815. B b
- p.189 - vue 200/331
-
-
-
- C *9° )
- fin,-et d’y ajouter 55 parties de plomb pur, de bien agiter le mélange, que l’on coulera en lingot ou qu’on laissera refroidir dans le vase même , à moins que l’on ne veuille s’en servir tout de suite.
- De l’Etamage des Glaces et de la fabrication des feuilles métalliques faites au moyen du procédé présenté par M. Verea.
- Le procédé que M. Verea emploie, soit pour étamer les glaces, soit pour fabriquer des feuilles métalliques ayant une de leurs surfaces parfaitement polie, est une espèce de clicliage : nous allons faire notre possible pour bien décrire et pour faire comprendre cette opération.
- L’on commence par fixer sur la glace que l’on veut étamer, ou avec laquelle on veut faire des feuilles métalliques , un bouchon de liège ou un morceau de bois que l’on colle avec de la colle forte, au centre de la glace, du côté le moins poli, de manière à y former, pour ainsi dire , un manche ou une poignée pour la tenir , et s’en servir à peu près comme d’un timbre ou d’un cachet -, la colle forte étant séchée et le bouchon étant solidement fixé, on prend l’alliage que l’on a préparé d’avance , on le fait fondre à urs feu doux, dans un vase plat, et ayant environ le double de surface que la glace que l’on veut étamer. Lorsque le métal est bien fondu , on l’agite légèrement, pour rendre l’alliage homogène; on en écume la surface, en y promenant une carte ou une bande de papier épais ; on humecte la surface de la glace sur laquelle on veut appliquer le métal en la mettant devant la bouche et en respirant doucement dessus on l’essuie avec soin pour la bien nettoyer^ on la fait légèrement chauffer pour éviter la fracture au moment où on la met en contact avec le métal fondu ; on l'essuie de nouveau, et lorsque l'alliage commence à se solidifier sur les bords, on passe la carte ou la bande de papier que l’on tient de la main gauche sur la surface du métal fondu, on y applique aussitôt la glace qu’on en sépare de suite en l’enlevant, non pas verticalement, mais en lui faisant décrire une courbe en allant de droite à gauche, dont le centre du mouvement se trouve placé au haut du bouchon qui sert de poignée , et on donne une petite secousse pour faire tomber le métal fondu qui adhère à l’extrémité inférieure de la feuille, et qui, sans cette précaution, la rendroit d’inégale épaisseur. Si l’opération a été bien conduite, la couche de métal qui s’est trouvée appliquée sur la glace et qui s’est refroidie et solidifiée dans le moment même, y adhère assez pour ne pas s’en séparer, lorsqu’on enlève la glace de dessus la surface du métal fondu.
- On voit que si le métal est trop chaud, il ne peut pas se former de pellicule métallique solide à la surface de la glace, parce qu’elle est trop promp-
- p.190 - vue 201/331
-
-
-
- ( )
- tement échauffée; que la même difficulté se présente si l’on fait trop chauffer la glace, ou si on la laisse trop long-temps plongée dans l’alliage fondu ; les feuilles métalliques sont au contraire trop épaisses, lorsque le métal est trop froid ou que l’on n’a point assez fait chauffer la glace : ces feuilles sont ternes et couvertes de raies, lorsque le métal n’a point été assez bien écumé, lorsque l’application de la glace n’a pas été instantanée et faite avec tout le soin nécessaire, ou lorsque l’alliage contient du cuivre ou du fer , parce que ces métaux lui donnent la propriété de cristalliser facilement lors du refroidissement.
- Le Comité croit inutile d’entrer dans de plus grands détails sur la pratique de ce procédé , parce qu’il s’est convaincu qu’il ne faut que de l’habitude pour donner aux feuilles métalliques faites par ce moyen le brillant et l’épaisseur convenables, et que cette habitude s’acquiert aisément et à peu de frais, puisque l’on peut faire de suite un grand nombre d’essais, et que les feuilles manquées étant refondues, ne font pas éprouver de déchet sensible.
- Les feuilles métalliques qui sont préparées comme nous venons de le dire, adhèrent, après leur refroidissement, assez fortement h la glace pour qu’il faille une certaine force pour les en séparer. Il faut passer l’ongle ou le tranchant d’une lame de couteau entre le bord de la glace et la feuille de métal, et introduire ainsi un peu d’air entre les deux surfaces, pour enlever ensuite facilement la feuille métallique.
- Cette feuille présente le poli de la glace du côté où. elle étoit en contact avec elle; la surface opposée est, au contraire, inégale,raboteuse,et couverte de cristaux qui sont d’autant plus gros et plus nombreux que l’étaia et le plomb employés dans la préparation de l’alliage étoient moins purs.
- S’il s’agit d’étamer un morceau de glace, il ne faut point en enlever la feuille après sa préparation. M. Ferea opéroit ainsi; mais le contact de la feuille avec la glace n’étant plus aussi exact lorsqu'on l’y applique après coup, l’image des objets réfléchis par cette glace ne doit plus être aussi nette; il faut donc se contenter, après l’opération, de coller une bande de papier sur les bords de la glace pour empêcher l’air et surtout les ordures et l’humidité de s’introduire entre la glace et la feuille métallique qui, sans cette précaution, pourroit s’oxider et perdre tout son brillant.
- Lorsqu’on veut préparer des feuilles métalliques , la même glace peut toujours servir tant que l’on ne désire que des feuilles ayant la même surface que la sienne. Il faut seulement avoir soin de laisser refroidir convenablement la glace, lorsqu'elle devient trop chaude, pour donner des feuilles d’une bonne épaisseur ; et c’est ce qui se fait facilement pendant le temps que l’on met chauffer l’alliage lorsqu’il devieut trop froid.
- B b a
- p.191 - vue 202/331
-
-
-
- ( '9= )
- Si l’on vouloit fabriquer par ce procédé des feuilles métalliques ayant plus de 400 ou 4^0 centimètres carrés de surface , on seroit obligé d’avo r recours à quelque moyen mécanique pour appliquer la glace sur la surface du métal fondu, et pour l’en séparer aussitôt : nous faisons mention de cette difficulté, afin d’appeler l’attention des mécaniciens sur ce nouvel objet.
- De la comparaison de l’ancien procédé d’étamage des glaces , dans lequel on emploie le mercure et l’étain, avec celui qui a été présenté à la Société par M. Verea, et des différentes applications que l’on peut faire de ce nouveau moyen.
- Nous avons pris quatre échantillons de glaces mises au tain par l’ancien procédé chez différens miroitiers , et nous avons enlevé sur chaque l’étamage sur une surface de 5o centimètres carrés.
- g.
- Le ier. échantillon adonné.........................i,465 d’amalgame.
- Le 2e............................................1,812
- Le 3e............................................3,017
- Le 4e................................ . . . 1,920
- Total..........................8,214
- Ce qui donne, pour terme moyen, 2g,,023 d’amalgame par 5o centi-
- mètres carrés. Cet amalgame ayant été analysé, s’est trouvé contenir au cent 27 de mercure et 73 d’étain; ce qui porte sa valeur, en la calculant d’après le prix des métaux à l’état de pureté, et en employant l’étain réduit en feuille , à 19 francs 41 centimes le kilogramme, terme moyen. Il en entre donc environ pour 4 centimes dans l'étamage d’une glace de 5o centimètres carrés de surface (1).
- Les plus belles feuilles métalliques préparées par M. Verea pèsent 13/-925 par 5o centimètres carrés, et l’alliage qu’il emploie revient environ à 3 francs 42 centimes le kilogramme; le métal nécessaire pour couvrir par ce procédé 5o centimètres carrés de glace , coûtera donc environ 4 centimes et ~.
- On peut conclure de ces expériences que l’étamage proposé par M. Verea est, à surface égale, environ sept fois plus pesant que celui que Ton prépare au moyen du mercure et de l’étain, mais qu’il ne coûte pas davantage; ce qu’il
- (1) Nous avons fait quelques essais qui nous portent à croire que l’on parviendra à mettre des glaces au tain en employant, au lieu d’alliage de plomb et d’étain , un amalgame de mercure et d’étain , et en terminant l’opération d’après le procédé de M. Verea , c’est-à-dire , au moyen du clichage.
- Si l’on peut réussir, ce nouveau procédé présentera les avantages que l’on trouve dans l’ancien sous le rapport du brillant de l’etamage; et le même effet sera produit plus promptement et avec beaucoup moins de dépense , puisqu’il suffira de faire fondre l’étain en saumon et d’y ajouter le mercure, et qu’alors on n’auroit plus à convertir l’étain en feuilles-
- p.192 - vue 203/331
-
-
-
- ( *95 )
- faut attribuer a ce que dans l’ancien procédé on emploie de l’étain pur et ré± duit en feuille, qui vaut, terme moyen, presque trois fois plus que l’étain en saumon, tandis que dans le nouveau on n’a besoin que d’étain en lingot, et qui peut même ne pas être parfaitement pur. Néanmoins ces deux procédés ne peuvent pas marcher sur la même ligne, surtout pour les glaces d'un grand volume. L’étamage proposé par M. Verea n’a point tout le brillant de l’étamage ordinaire; il paroît toujours plus ou moins plombé, et auroit en outre l’inconvénient de rendre les plus grandes glaces d’un poids tel qu’elles seroient difficiles à transporter, et beaucoup plus exposées à se casser au moindre choc. On peut encore craindre que l’adhérence de la feuille métallique n’étant pas complète, ou pouvant cesser d’avoir lieu par suite de la dilatation inégale du verre et du métal, finisse par rendre la glace assez terne pour ne réfléchir qu’imparfaitement l’image des objets. Le procédé de M. Verea ne paroît donc applicable avec avantage qu’à l’étamage des glaces ou des miroirs de petites dimensions, mais surtout à l’étamage des verres concaves ou convexes, à surfaces planes ou taillées à. facettes , qui ne peuvent pas se mettre au tain par l’ancien procédé , ou qui ne s’y mettent que mal et avec beaucoup de difficulté ; et à l’étamage des miroirs employés dans la construction des chambres obscures,des mégas-copes, des microscopes solaires, etc., qui étant exposés à l’action directe des rayons du soleil, cessent bientôt de réfléchir les objets s’ils sont étamés par l’ancien procédé, parce que l’amalgame de mercure et d’étain, ramolli par la chaleur du soleil, coule en bas de la glace, ou cesse au moins de faire une feuille continue.
- Si le procédé présenté par M. Verea n’avoit cependant été applicable qu’à ces usages, le Comité auroit hésité à proposer à la Société de donner la somme que demandoit M. Verea pour en permettre la publication ; mais en observant la facilité avec laquelle on pouvoit faire , par ce simple moyen, des feuilles métalliques ayant une de leurs surfaces parfaitement polie et brillante, le Comité a vu dans ce procédé un de ces élémens qui, dans les arts et métiers, sont susceptibles de trouver une foule d’applications utiles , et il n’a plus craint d’en solliciter l’acquisition.
- Ces feuilles découpées selon les lois de la stéréotomie , et de manière à représenter le développement des miroirs à facettes, reproduiront ces miroirs par le simple rapprochement de chaque plan ; il suffira, pour leur donner la soliuilé convenable, de coller, du côté opposé à la surface polie, une bande de papier sur chaque arête , sur chaque angle solide ou sur chaque sommet de pyramide.
- Le fabricant de meubles pourra les employ er comme bois de placage ,
- p.193 - vue 204/331
-
-
-
- C >94 )
- et reproduire, d’une manière plus brillante, les ornemens que Boule faisoit avec de l’étain , et dont la mode a duré si long-temps.
- Ces feuilles métalliques pourront être employées à faire de jolies caisses à fleursdes boîtes à thé, des boîtes à tabac, des moules bien polis pour couler des cires, des pains de couleurs, etc. Le Comité pourroit étendre davantage la liste des applications que l’on en pourra faire ; mais il terminera ici ce rapport, qui lui paroît déjà beaucoup trop long ; il espère que beaucoup d’arts emploieront avec avantage ce nouveau procédé pour faire, sans peine, des feuilles métalliques parfaitement brillantes, et que la Société n’aura qu’à se féliciter de leur avoir fourni ce nouveau moyen de perfectionnement.
- Ce rapport a été lu et adopté dans la séance du 4 août i8i5.
- CORRESPONDANCE.
- L’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, a adressé à la Société le procès-verbal de sa séance publique, et le compte rendu de ses travaux pour l’année i8i3. Cette analyse renferme plusieurs objets inté-ressans, Nous avons déjà fait connoître les recherches de M. Leisten-schneider pour la fabrication du papier, dont elle contient les détails ; nous plaçons ici l’extrait d’un rapport sur la voiture de M. Jouanne , dont nous avons fait mention dans le Bulletin, N°. CVIII.
- Le fond de cette voiture est composé de deux plateaux horizontaux et de même élévation, séparés par un intervalle d’environ om3; de deux planches verticales de om4 de hauteur environ , et qui s’élèvent sur les plateaux de part et d’autre de l’intervalle qui les sépare, et sur lesquels est établie une troisième planche qui peut au besoin servir de siège • les deux ouvertures latérales que laisse l’espèce d’encaissement formé par ces trois planches, sont fermées par deux pièces qui rétablissent la régularité de la caisse de la voiture, et qui sont mobiles autour de charnières placées à leurs parties supérieures; à ces deux pièces et sur leurs faces intérieures, sont fixés deux anneaux auxquels sont attachées les extrémités d’une corde qui passe par un autre anneau placé au milieu de la planche horizontale de l’encaissement, et qui est attachée d’autre part par son milieu à l’un des bras d’un levier dont l’axe est placé au milieu de la planche antérieure et verticale de rencaissement, lequel levier est retenu par son propre poids dans la position verticale; l’autre bras de ce levier tombe entre deux portions de cercles horizontaux qui tiennent à l avant-train. Lorsque celui-ci vient à tourner dans un sens ou dans l’autre, la portion de cercle correspondante rencontre le bras inférieur du levier et le pousse; la corde est alors tirée
- p.194 - vue 205/331
-
-
-
- C >95 )
- par le bras supérieur, et les deux pièces qui ferment rencaissement s’ouvrent en même temps et laissent passage à la roue. Cette disposition donne évidemment à la voiture dont il s’agit , toutes choses égales d’ailleurs , l’a-vanta"e incontestable d’ètre moins sujette que les autres à verser, puisque son fond a entre 3 et | décimètres d’élévation de moins que celle qu’on lui donne ordinairement.
- Cet avantage n’est pas le seul que doit présenter cette voiture; la manière dont le cheval est attelé en offre un plus important encore, puisque par son moyen il peut être dételé instantanément, s’il vient à s'emporter, et il n’entraîne avec lui que ses harnois : voici comment cet effet est produit.
- De part et d’autre du collier du cheval, sont deux cordons attachés d’autre part à deux fourreaux en cuir de om, 6 de long, fermés seulement à leur partie antérieure, et après lesquels tiennent la dossière, la ventrière et les reculemens. On introduit les brancards de la voiture dans ces fourreaux , et les deux traits s’attachent aux points ordinaires, à deux boucles dont les ardillons sont remplacés par deux broches de fer, qu'on passe par deux trous pratiqués aux extrémités des traits , et qui, en s’appuyant sur les boucles, donnent à cet attelage toute la solidité nécessaire. Ces deux broches peuvent être tirées depuis la voiture, à l’aide de cordons attachés à leurs extrémités : alors , les traits se trouvant dégagés, le cheval suit et emporte les fourreaux et les harnois qui y tiennent.
- On peut donc se débarrasser en un instant d’un cheval qui s’emporte ; mais comme alors il est animé d’une grande vitesse, la voiture qu’il abandonne partage l’impulsion. 11 falloit donc trouver un moyeu sûr d’arrêter les mouvemens de la voilure.
- A cet effet M. Jouanne fixe à la partie intérieure du moyeu de chaque roue, une espèce de limaçon ou filet de vis en fer, et, sous l’essieu, près de chaque roue, un levier aussi en fer dont l’axe tient à l’essieu, et dent le Li as le plus éloigné de la roue est le plus long et le plus lourd. Le bras le plus court est recourbé en forme de crochet; et lorsque le levier est abandonné à lui-même, le crochet touche la surface du moyeu» Aux extrémités des plus longs bras sont attachés des cordons qui se réunis ert t n un seul à l’aide de petites poulies de renvoi disposées convenable m.r-nr -, et ce cor Jeu étant tiré, tient les longs bras soulevés, et par conséquent les petits bras écartés des moyeux; mais ce corde a peut être abandonne à Faction des leviers en tirant celui qui sert à dételer le cheval. Alors, au meme instant, les crochets touchent les essieux,les roues en tournant présentent leurs filets de vis à ces crochets, et auss ôt que ces filets sont presses par les crochets, il est impossible que les roues continuent de
- p.195 - vue 206/331
-
-
-
- ( *96 )
- tourner] elles ne peuvent donc plus que glisser, et cette circonstance est plus que suffisante pour arrêter le mouvement de la voiture.
- On aperçoit que celle-ci peut s’arrêter avant que les quatre roues ne soient enrayées] car comme elles ne sont pas généralement disposées de manière que les filets de vis pressent en même temps les crochets, il s’em suit qu’elles ne s’enrayent que successivement] mais néanmoins chaque roue est toujours enrayée avant que d’avoir fait une révolution entière. On voit aussi que ces roués peuvent s’enrayer en reculant.
- Il faut encore observer que le même cordon qui tient les leviers soulevés, retient en même temps deux fiches en fer qui glissent dans des ouvertures pratiquées au fond de la voiture, et qui, lorsqu’elles sont abandonnées à elles-mêmes, descendent entre ces ouvertures et se prolongent devant l’essieu du devant, sans cesser d’être retenues par le fond même de la voiture ; de manière que lorsqu’on lâche ce cordon , ces fiches s’opposent à tout mouvement de rotation de l'avant-train ] ce qui détruit tous les mouvemens obliques que pourroit prendre la voiture avant que d’être entièrement arrêtée.
- MM. les commissaires ont voulu que l’expérience confirmât la bonne opinion qu’ils avoient conçue de cette voiture. Cette expérience a été répétée plusieurs fois avec succès sur un terrain horizontal, avec toute la vitesse du cheval] on a aussi fait rouler ce char avec rapidité sur une descente, et les mêmes succès ont suivi cette épreuve ] c’est-à-dire qu’instantanément le cheval a quitté la voiture , qui s’est ensuite arrêtée avant même que les roues du devant eussent fait un tour.
- D’après cela, MM. les commissaires regardent cette machine comme une invention en même temps simple et ingénieuse ] ils pensent même qu’elle est susceptible de peu de perfectionnement, si ce n’est dans le jeu des crochets destinés à l’enrayement.
- ERRATA.
- N°. CVI1.T, page 133 , lignes 25 et 26 , au lieu de labour , des pieds de mouton; lisez de la bourre de» pieds de mouton.
- K0. CIX , page 162, ligne 9, au lieu de tartrate rouge ou tartrate blanc ; lisez tartre rouge ou tartre blanc. Page i63, ligne 3-2 , au lieu de cristallisations; lisez de quatre cristallisations.
- Page 168, ligne 18, au lieu de sulfure de fer; lisez sulfate de fer.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE) rue de l’Éperon Saint-André-des-Arts, N°. 7.
- p.196 - vue 207/331
-
-
-
- DOUZIÈME ÀKSÉS. (N*. CXI.) SEPTEMBRE iS,s.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- --- ——«»—gBSaSBBaww'
- ARTS MÉCANIQUES.
- Mémoire sur différentes Presses employées pour P expression du Suc de Betterave propre à la fabrication du Sucre ; Description de la Presse continue à double effet, proposée par M. Isnard.
- Diverses sortes de presses ont été proposées pour extraire le suc de la betterave réduite en pulpe. Les leviers de toute espèce , la vis , le cric , le coin , l’eau refoulée, ont été mis en jeu , plus ou moins avantageusement , pour atteindre ce but.
- Sans discuter en détail les avantages et les inconvéniens attachés à chacune de ces presses, nous nous permettrons d’examiner rapidement si, parmi celles qui ont été généralement adoptées, il en est qui satisfassent pleinement aux conditions que requiert une bonne presse à betteraves, et que nous faisons principalement consister:
- i°. Dans la promptitude et la facilité de son service;
- 2°. Dans la grandeur de son effet de pression;
- 5°. Dans l’économie de sa construction et de son entretien;
- 4°. Dans la sûreté de son service ;
- 5°. Dans l’économie du pressurage.
- M. Achardy de Berlin, et quelques autres après lui, ont proposé un levier de la deuxième espèce. Cette presse, très—.impie et peu dispendieuse, est d’un effet assez prompt: mais si l’on considère le peu de matière qui peut être soumis chaque fois à ia pression , et le peu d’effort que développe cette presse , nul doute qu’elle ne sou rejetée par tout fabricant qui se proposera un travail de quelque importance. Pour nous fixer sur sou effet de Douzième année. Septembre ii>i30 Ce
- p.197 - vue 208/331
-
-
-
- ( 198 ) .
- pression, supposons la longueur de son levier de io pieds j la distance du point de pression au point d’appui de 2 pieds ; admettons que le levier soit baissé par une corde qui se rouleroit à l’entour d’un cabestan dont l’axe auroit 6 pouces de diamètre ; que les leviers soient de 4 pieds,; soit 200 livres l’effort de deux liommes agissant sur les bras du cabestan : on trou-' vera que, déduction non faite du frottement, l’effet résultant n’est que de 8000 livres, effet insuffisant pour extraire tout le suc de la betterave que l’on soumet à la pression,
- Le même genre de presse a été adopté par quelques fabricans. Seulement, au lieu de baisser le levier par le moyen d’un cabestan, ils font baissé par le moyen d'une vis en bois, et ont ainsi converti cette presse, d:abord si simple, en un grand pressoir à tesson, par l’obligation où ils se sont trouvés de renforcer toutes les pièces qui le composent. Mais autant la presse de M. Achard est simple, facile à construire et à manoeuvrer, autant le pressoir à tesson est volumineux, dispendieux à établir, et incommode à faire agir.
- Si l’on considère d’ailleurs le temps considérable qu’il faut pour baisser le levier au moyeu de la vis, celui qu il faut pour le lever, et qui est presque entièrement perdu pour le travail , on conviendra que ce pressoir est loin d’ètre aussi avantageux qu’il le paroît d’abord. Examinons quel est son effet de pression : supposons la longueur du levier de 24 pieds ( 1), le pas de la vis de 5 pouces, la longueur du levier appliqué à la vis 3 pieds, 200 livres l’effort rie deux hommes employés à faire tourner la vis; on trouve que l’effort de pression résultant est de 172,800 livres , déduction non faite du frottement, qui est très-considérable dans une vis en bois.
- M. Achard, qui a senti de quel avantage seroit une bonne presse pour la fabrication en grand du sucre de betterave, a proposé, dans son grand ouvrage sur le sucre européen, une machine gigantesque. Nous n’entreprendrons point de la décrire, puisque, de son avis même, cette machine n’est nullement avantageuse, et qu’il s’est vu forcé d’y renoncer dès la première année de sa fabrication, ainsi que le baron de Koppy, à Crauen ; le baron Lorenz, son beau-fils, près Leipsick; M. Mohr, à Waehenheim, et divers fabricans à Naiiei, qui l’avoient fait construire à grands frais l’année passée. Indépendamment du vice capital de celte presse, qui consiste dans la mauvaise application de la force motrice, elle devoit être encore rejetée comme étant d’une construction trop embarrassante, et surtout trop dispendieuse.
- (1) La distance du point de pression au point d’appui étant de 2 pieds,
- p.198 - vue 209/331
-
-
-
- ( 5 99 )
- Qnelques fabrirans ont fait usage du rric, mais nom pas tardé à renoncer à celte machine, dont l’effet est très-limité, et qui demande de fréquentes réparations. D’autres, mieux instruits de l’effet qu’on pouvoit obtenir du cric , n'ont soumis la pulpe de la betterave à son t ffort que pour en extraire le premier suc, qui s’échappe facilement, et ont soumis ensuite la pulpe à moitié pressée à Faction d’un pressoir à vis en 1er. Mais de grands incon-véniens dévoient résulter de cette manière de procéder, qui exigeait une dépense double pour l’achat des presses, un emplacement considérable, et surtout une main-d’œuvre très-grande pour placer et déplacer quatre fois la matière, ce qui, dans toute autre presse , n’eût exigé que la moitié du travail.
- La presse hydraulique a été employée par quelques fabricans qui, ne redoutant aucune dépense, n’ont vu dans cette machine que son dernier effet, sans réfléchir aux inconvéniens qu’elle présentoit dans le travail continu, et l’on, peut même dire forcé, d’une fabrique de sucre. En effet, n’a-t-on pas à craindre que le piston du corps de pompe, que les différentes soupapes, en opérant plus de cent fois par jour et pendant plus de cent jours, ne s’usent bientôt, sinon totalement, du moins en partie? et ne doit-on pas craindre d’être arrêté dans le travail ? Peut-on se promettre d’avoir à sa portée un ouvrier assez habile pour remédier de suite au moindre dérangement de cette presse délicate? Mais quand ces inconvc-niens ne se joindroient pas a celui de l’excessive cherté de cette presse, on peut assurer que son effet de pression est bien au-dessous de celui qu’ont avancé quelques personnes qui, sans doute, avoient des motifs pour se faire illusion. Que l’on examine, page 112 du Traité des Machines de M. Hachette : on trouve que dans la presse hydraulique qu'il décrit, la pression exercée par un homme sur la tète du piston , n’est que d’environ 27,188 livres. Il est vrai que la presse hydraulique peut être construite de manière à développer une plus forte pression - mais, fût-elle du double, elle seroitbicn au-dessous de ce qu’on a avancé sur son effet.
- Un autre inconvénient que Fauteur croit reconnoître à la presse hydraulique , est la perte de temps qui résulte de sa disposition même -, disposition qui ne permet pas à l’ouvrier d’accélérer le mouvement du levier en proportion du peu de résistance que lui offre la matière.
- Les cylindres employés aux îles avec tant d avantage, pour écraser la canne à sucre , ont du faire naître l’idée d’appliquer ce moyen de pression aux betteraves. Nous ignorons quel succès ont eu les divers cylindres pro-pu^es à cetie hn ; mais, d’après ses expériences, M . Isnard croit entrevoir de grandes difficultés à surmonter pour obtenir un résultat avantageux de ce
- C c 2
- p.199 - vue 210/331
-
-
-
- ( 200 )
- genre de presse. Aucun doute que la pression continue qu’exercera cette presse, ne soit des plus favorables ; mais le peu de succès des cylindres de M. Jcha.rd, qui agissoient avec un effort de plus de 10,000 livres , et qui étoient placés d’une manière favorable pour faciliter l’écoulement du suc, est fait pour inspirer quelques craintes sur la bonté des presses de ce genre.
- La presse qui a été le plus généralement employée, est la pressa à vis; il est certain que cette machine présente les pins grands avantages, et que, bien appropriée à l’usage auquel on la destine, elle remplira parfaitement son objet. On trouve réuni dans la vis en fer forgé , à la solidité la plus grande, le moyen de développer la force la plus considérable. Pourquoi faut-il que généralement la disposition de cette machine soit si peu favorable , qu’elle consomme en pure perte plus de la moitié du temps employé au service, et que la matière soumise à son action soit si mal disposée, que îe pressurage n’en puisse jamais être complet?
- Arrêtons-nous un moment à examiner îe travail qui s’opère sur une presse à vis; car c’est en réfléchissant à ce qu’offre de favorable et de défectueux ce genre de presse, que M. Isnarda conçu et fait exécuter la presse continue à double effet. Dans les presses à vis qui sont employées dans les fabriques de sucre de betterave, la pulpe est placée dans un encadrement de planches percées de plusieurs trous, ou dans un panier de forts brins d’osier. L’obligation où l’on se trouve de contenir la pulpe, dans la crainte qu’elle ne s’affaisse, 11e permet pas d’autres dispositions, à moins qu’on ne fasse usage de sacs : mais tous ceux qui s’en sont servi conviendront sans difficulté que ce moyen est dispendieux et peu profitable. La pulpe se trouve comprimée entre le banc de la presse et Je plateau de la vis, qui ne présentent aucune issue au suc ; ce suc n’a donc d’autre moyen de s’écouler que par les faces latérales : mais comment espérer que tout le suc puisse s’écouler ainsi? A mesure que la pression augmente, la partie solide de la pulpe se comprime , se rapproche , et présente bientôt un obstacle tel que le suc ne peut plus le franchir. Si l’on a bien fait attention à ce qui se passe dans cette circonstance, on a dû remarquer qu’arrivé à un certain degré de pression, l’écoulement cesse tout à coup; et, quelque effort que bon fasse, on ne parvient plus à obtenir de suc. On se tromperoit beaucoup si l’on croyoit qu’alors la pression de la masse totale est complète; elle ne l’est qu’aux extrémités qui ont pu laisser échapper facilement leur suc : aussi a-t-on besoin d’ouvrir la presse, de ramener au centre les extrémités pressées , et de recommencer 1 'opération. Mais quelle perle de temps n’entraîne pas un pareil travail, et quelle main-d'œuvre n’exige-t-il pas ? Sous ce rapport, cette
- p.200 - vue 211/331
-
-
-
- ( 20 î )
- presse est déjà bien défectueuse : mais ce n’est pas là son moindre défaut; car celui de la perte de temps qu’entraîne la disposition verticale de la mue par un levier qu on est oblige oe tuer pai un Ccioeatan , n est euère moindre ; et en assurant cju’on ne gagne pour îa pression que le tiers du temps employé au service de la vis , ce n’est pas trop rabattre de son effet. Tous ceux qui ont fait usage de ce moyen de pression , conviendront encore qu’il faut perdre presque autant de temps pour desserrer la vis charger et décharger la presse, que pour opérer îa pression : la vis n’opère donc la pression que pendant la moitié du temps employé au travail de la presse. De pl us , la vis exigeant l’emploi d’un levier pour développer une grande pression , et ce levier devant nécessairement la ire une ma relie rétrograde à chaque quart de révolution , pour être placé de nouveau à îa tête de 1a vis , il résulte de là qu’il se trouve un temps où la pression ne s’opère pas , égal à celui où la vis agît, sans compter que l’inertie que Ton a à vaincre, à chaque nouveau mouvement de la vis, consomme mie partie de la force employée.
- Si l’on s'attache à considérer les presses à vis sous les rapports économiques, soit de construction , soit d’entretien et de main-d’œuvre, on ne les trouve guère moins défavorables. En admettant qu’une forte presse agisse sur 200 livres de pulpe a la fois, et qu’une demi-heure soit nécessaire pour en opérer la pression, on trouvera que, pour une fabrique qui au r oit à exploiter 2/j,cc-0 livres d( betteraves par jour, il f au droit six presses qui ne coûtercient guère moins que 8 à gooo francs, et qui exigeroient des réparations annuelles considérables.
- Si l’on admet que deux ouvriers sont nécessaires pour le prompt service d’une pareille presse, il en résulte qu’il faut employer douze ouvriers pour cette opération j ce qui îa rend presque onéreuse au fabricant.
- L un clés avantages de la vis en fer, et qui a engagé M. I&nard à lui donner la préférence sur toute autre, c’est l'effet qu’elle est susceptible de développer; effet que l’on est loin d’obtenir dans une presse ordinaire, quelque grands et dangereux que soient les efforts faits au moyen d’un cabestan : nous disons dangereux , car un accident fâcheux arrivé cette année dans îa fabrique de M. lmard, a prouvé combien étoit à craindre la tension trop forte d’un câble , et quels malheurs peut oeeasioner sa rupture.
- Pour fixer les idées sur l’effet de pression dont est susceptible une forte presse à vis, supposons le pas de la vis en fer d’un pouce, la longueur du levier de 3 pieds, l’effort de deux hommes au cabestan de 160 livres; on trouvera que la pression exercée par le plateau sera de 158,240 livres (pour simplifier les calculs, on a toujours supposé le rapport du diamètre à
- p.201 - vue 212/331
-
-
-
- ( 202 )
- la circonférence rie 1 à 3), déduction non faite du frottement ; effort bien supérieur à celui de toute autre presse , mais qui n’est guère que la moitié de celui que deux hommes peuvent facilement développer sur la presse continue, déduction faite du frottement.
- Pénétré des avantages que rénnissoiî la vis en fer forgé, c’est à cette machine que M. lsnard a donné la préférence pour la presse qu’il a fait construire, presse qui lui a été fort avantageuse, ainsi qu’à MM. B laize, qui Font, adoptée l'année passée dans leur grande fabrique de Nanci. 11 en a depuis fa’t construire pour ces fabricans une seconde, propre à travailler 5o,coo livres pe-ant par jour, qui doit être employée cette année dans
- leur fabrique à Toul.
- Si la près e que j’on va décrire n'offre rien de nouveau dans ses détails et dans les différentes pièces qui la composent, on ne pourra du moins refuser à l’auteur le mérite de l’avoir disposée d’une manière telle, qu’il en résulte tous les avantages que l’on est en droit d’exiger d’une bonne presse ;
- i°. Promptitude et facilité de service, la vis n’étant aucun instant sans presser, soit qu’elle aille de gauche à droite, ou de droite à gauche.
- 2°. Effet de pression considérable, puisqu’il peut s’élever, déduction faite du frottement, à plus de 6oo,oco livres.
- 3°. Economie de construction ; cette presse remplissant l’office de six autres, et ne coûtant que 2000 francs.
- 4<\ Sûreté du service, aucune pièce ne pouvant éprouver de fracture; et par suite cccasioner aucun accident.
- 5°. Enfin, économie du pressurage ; trois ouvriers peuvent travailler 24,000 à 3o,cco livres de pulpe en dix heures, et obtenir tout le suc que l’on est en droit d’en attendre, la disposition étant des plus favorables pour son écoulement.
- Construction de la Presse continue à double effet.
- La presse continue se compose de deux jumelles de bois de chêne de 12 pieds de long, 26 pouces hauteur, et 6 pouces épaisseur, posées sur champ, distantes l’une de l’autre de 26 pouces. Elles sont jointes ensemble par quatre madriers de chêne , dont deux sont posés à 12 pouces des extrémités des jumelles, et 2 à 4 pouces de leur centre. Par cette disposition, cette charpente forme deux encadremens de presse, l’un adroite, l’autre à gauche du rentre des jumelles , ayant 56 pouces de longueur, 26pouces de hauteur et 26 pouces de largeur.
- Une vis en fer forgé , de 63 pouces de longueur, traverse les deux ma-
- p.202 - vue 213/331
-
-
-
- ( 203 )
- driers du milieu par leur centre *, et son écrou* qui est en cuivre * est retenu entre l’intervalle de 8 pouces que laissent entre eux les deux madriers du centre. Cette vis porte à chacune de ses extrémités un fort plateau de chêne, avant exactement les mêmes dimensions que l’encadrement dans lequel il se trouve. L’écrou de la vis est entouré de deux disques de fer* de 24 pouces de diamètre* ajustés le plus solidement possible à l’écrou. Ils sont distans de 4 pouces * et retiennent entre eux une gorge en cuivre taillée en pas de vis ; une vis sans fin s’ajuste dans cette gorge * et a ses deux points d’appui sur l’une et l’autre jumelle.
- Par un mécanisme très-simple* mais pins facile à comprendre par l’inspection du modèle qu’à décrire * la vis sans fin peut à volonté s’ajuster dans la gorge en cu ivre * ou en être dégagée.
- L’un des disques en fer qui entourent l’écrou * est garni dans tout son contour de dents en fer * qui s’engrènent dans une lanterne conique de meme métal* dont l’un des axes se prolonge extérieurement à l’une des jumelles. Cet axe* ainsi que celui de la vis sans fin* est taillé de manière à recevoir une manivelle.
- Pour placer la pulpe de la manière la plus favorable à laisser écouler le suc * on a posé à un pouce de distance des jumelles une planche percée de plusieurs trous. Les deux encadremens de presse sont divisés en quatre compartimens par trois planches de chêne * portant sur les lattes qui sont au bas des deux encadremens* lesquelles lattes ont leur point d’appui sur les traverses qui maintiennent toute la presse à 10 pouces de distance de la table doublée en plomb* sur laquelle tombe le suc * qui s’écoule au moyen de la pente qu’on lui a ménagée.
- Dans chacun des compartimens* on a adapté un sac * fait avec des ficelles fortes et peu serrées. Par cette disposition* on voit déjà que le suc peut trouver son écoulement par le haut* le bas et les faces latérales du compartiment.
- Reoioit à procurer l’écoulement au suc par les grandes surfaces où la pression s’opère. C’est ce qui a été fait de la manière la plus avantageuse en appliquant une natte faite avec de forts brins d’osier entre chaque sac et les deux planches correspondantes. Par ce moyen * quelque grande que puisse être la pression* il reste toujours un passage facile au suc* puisque le sac ne peut adhérer aux planches Je séparation.
- Telle est* en peu de mots* la construction de la presse continue à double effet* presse aussi solide dans son ensemble que simple dans ses details.
- p.203 - vue 214/331
-
-
-
- ( 204 )
- Manœuvre de La Presse.
- Lorsqu’on veut faire manœuvrer la presse, on commence par rapprocher l’un des plateaux de pression jusqu’au madrier du rentre correspondant, et au moyen de quatre sangles qui réunissent par les côtés les quatre plaueh.es de séparation, ees planches prennent d’elles-mêmes leur position à 8 pouces de distance. On place alors dans chacun des intervalles qu’edes laissent, un sae vide,que l’on remplit à mesure de i5o à 160livres de pulpe, et on rrplie sur lui même l’excédant de la toile que l'on a ménagée à chacun des sacs: par ce moyen la matière se trouve suffisamment maintenue. Pour que les sacs ne descendent pas jusqu’à la grille de l’encadrement par l’extension que prend la pulpe au commencement de la pression, on a fixé, d’une planche à l’autre, au-dessous des sacs, des sangles qui les maintiennent à une hauteur convenable. Les sacs étant remplis , on dégage la vis sans fin ; un ouvrier porte la manivelle à l’axe de la lanterne, et commence à agir. Quatre-vingt-dix tours sont suffisans pour faire avancer la vis de 16 pouces. A ce degré de pression , un ouvrier étant insuffisant pour agir avec célérité , quoiqu’il puisse facilement développer un effort de i5,ooq livres, il porte la manivelle à la vis sans fin, assujettit celle-ci dans la gorge, et continue le même mouvement. A mesure que la vis marche de gauche à droite , nous supposons qu’on ait chargé l’encadrement de droite le premier, un autre ouvrier place les sacs de gauche dans les compartimens , qui se disposent d’eux-mêmes par le moyen des sangles; et le troisième ouvrier les remplit, ayant soin de commencer par celui qui est le plus éloigné du madrier du centre.
- O
- Le temps pour remplir les trois premiers sacs a été suffisant pour que l’ouvrier qui communiquoit le mouvement à la grande vi->, par le moyen de la vis sans fin, n’ait plus que 5 à 4 pouces de vis à développer de gauche à droite pourque la pression soit complète : mais comme, à ce po*ut Je pression , la résistance qu’offre la matière est très-grande , et qu’un dernier et grand effort devient nécessaire , le deuxième ouvrier, qui a déjà placé son quatrième sac , se porte à la manivelle; et eonjointem. nt avec l’ouvrier qui y étoïî, ils exercent pendant trois à quatre minutes un effet «le pression de plus de 600,000 livres, déduction faite de tout frottement; effet, comme l’on vo;t, bien supérieur à celui de toute autre presse , et plus que suffi ant pour dessécher complètement la pulpe , qui sort de cette presse en gâteaux semblables à ceux des huiliers de colza.
- L’effet de 600,000 livres paroîtra peut-être exagéré, dit Fauteur; mais, étant évalué d’après les principes les plus simples de la statique, il croit devoir en présenter le calcul. La
- p.204 - vue 215/331
-
-
-
- ( 20$ )
- La vis en fer ayant un pouce de pas -, le levier qui agit sur l’écrou ayant 12 pouces de longueur; le pas de la vis sans fin, mi pouce ; le rayon de la manivelle 12 pouces; supposons que l’effort des deux ouvriers pendant les trois à quatre minutes seulement qu’ils ont à développer le dernier effort, agisse avec une force de 160 livres, 011 trouvera que l’expression de la force pour faire équilibre est de circonférence ~ X circonférence ~ )\ 160 livres = 829,44° fivres- Si l’on admet que, paries différens frottemens, on éprouve la perte d’un quart de l’effet développé , il en résultera toujours que l’effet de pression exercé sur la matière sera de 622,000 livres.
- On a dit que, dans chaque sac, on mcttoit de i5o à 160 livres de pulpe ; chaque charge se composera donc au minimum de 600 livres ; trois minutes sont suffisantes, au moyen de la lanterne, pour faire avancer la vis de 16 pouces; cinq minutes sont encore plus que suffisantes pour la faire avancer de 5 autres pouces, et trois à quatre minutes sont nécessaires pour opérer la dernière pression.
- Comme il n’est aucun instant de perdu au moyen de cette presse , que les ouvriers, sans avoir jamais un travail forcé, ont constamment à agir, on peut admettre quatre pressées par heure. M. Isnard en a toujours fait plus de cinq, et MM. Blaize en ont fait trois par heure : ce sera donc 2400 livres de pulpe par heure , et pendant dix heures 24,000 livres au minimum.
- Si l’on examine attentivement la disposition de cette presse, on ne pourra se refuser de convenir qu’il en est peu qui présentent une sûreté plus grande dans son service ; l’on n’a à craindre nulle rupture de câble ni de levier; et même la vis sans fin ou toute autre pièce, dût-elle éprouver un accident, il ne pourroit être dangereux pour les ouvriers, toutes ces pièces étant renfermées.
- Dans sa construction, cette presse n’est pas moins solide; des jumelles de 6 pouces d’épaisseur, assujetties en quatre points par des madriers de 10 pouces et seulement de 26 pouces de longueur, offrent une solidité bien supérieure à celle des autres presses, dans lesquelles l’on exige souvent des differentes pièces qui les composent, presque tout l’effort dont elles sont capables.
- Enfin cette presse, qui a été si avantageuse à M. Isnard, ainsi qu’a MM. Blaize, de Nanci, qui ont exploité chaque matinée 17,000 livres de-betteraves , offre encore le bien grand avantage d’être peu dispendieuse, puisque M. Isnard s’engage envers Messieurs les fabricans à la faire cons-truiredans sa fabrique, moyennant la somme de 2000 à 2400 francs, selon sa grandeur.
- Douzième année. Septembre 1815, D d
- p.205 - vue 216/331
-
-
-
- ( 20Ô )
- Si Ton considère que Ton a pour ce prix une très-belle vis en fer forgé de 5 pieds de long , sur 4 pouces de diamètre , plus de 400 livres de fer, une valeur de plus de 5oo francs en cuivre , et des pièces de bois difficiles à trouver , on conviendra que la dépense de cette presse sera peu de chose pour une fabrique qui pourra , par ce moyen , exploiter près de 3o,ooo livres de betteraves par jour, en n’employant à cette opération que trois ouvriers.
- Pour ne laisser aucun doute sur les avantages qui résultent de l'emploi de la presse continue à double effet que nous venons de décrire, M. Isnard a joint à son mémoire le rapport fait par les commissaires nommés par M. le préfet du département du Bas-Rhin , pour en examiner l’effet, et celui de la râpe dont il tait usage.
- Comme ce rapport n’est qu'une répétition de la description faite par l’auteur lui-même , nous nous dispenserons d’en parler.
- Il a joint également l’attestation que lui ont remise MM. B laize et Mai-trot, de Nanci, pour lesquels il en a fait construire une l’année passée; et si quelque chose devoit être encore ajouté en faveur de cette presse pour lui acquérir l’entière confiance de tout fabricant, on ajoutera que MM. B laize et Maitrot font chargé de leur en faire construire une nouvelle pour la fabrique qu’ils se clispo ent à établir cette année à Toul, où ils doivent exploiter 3 millions pesant de betteraves , et que différens autres fabricans du département de la Meurthe l’ont également chargé de leur en faire construire pour remplacer leur grande presse d'Achard, à laquelle ils sont forcés de renoncer.
- MM. Blaize et Maitrot, fabricans de sucre de betteraves a Nanci, attestent en effet qu’ils ont employé avec le plus grand succès la presse de M. Isnard; qu’ils 11 ont jamais épuisé, au moyen de la vis sans fin , la force de trois hommes ; que six minutes sont suffisantes pour opérer ia pression parfaite et en obtenir 70 pour 100; qu’ils ont fait dix pressions par heure, ce qui fait une masse de 1700 kilogrammes de pulpe dans une heure ; enfin que cette presse est peu dispendieuse , d une grande célérité et d un effet plus puissant qu’aucune des presses qu ils commissent dans les fabriques de sucre de betteraves.
- Explication des Figures de la Blanche io3.
- Fig* iie. La presse vue par-devant et sur sa longueur.
- Fig. 2. Coupe sur la longueur de la presse et de son mécanisme.
- P. Grand réservoir placé sous la presse pour recevoir le suc exprimé; il est revêtu en plomb et incliné. Q. Gouttière.
- p.206 - vue 217/331
-
-
-
- /‘///A /r// r/, At .>'<!< /'/*• ‘fA'.l,r. //J',r./- /.‘,’,';li i ( !,
- O i'. <M
- i /t\
- O O
- .M
- pl.103 - vue 218/331
-
-
-
- ( ^°7 )
- Fig. 5. Vue à vol d’oiseau de la Même machine.
- A À. Les deux jumelles en cliêne.
- B B. Madriers des extrémités.
- C C. Madriers du milieu.
- D. Encadrement de droite;
- E. Encadrement de gauche.
- F F. Les deux plateaux de la presse.
- G. Grande vis de pression en fer forgé.
- H. Roue écrouée.
- J. Vis sans fin qui engrène dans la gorge de la roue précédente.
- L. Pignon dont les dents engrènent dans celles qui sont placées sur le côté de la circonférence de la grande roue écrouée.
- M. Manivelle.
- N. Axe de la vis sans fin , dont les extrémités reposent sur les jumelles AA;
- OOO. Cloisons en bois percées de trous : il y en a quatre dans chaque
- encadrement.
- hh. Crapaudines en fer, dans lesquelles se logent les extrémités de la vis de pression.
- z. Carré de Taxe de la vis sans fin J, sur lequel se monte la manivelle M»
- k. Carré de l’axe du pignon L qui reçoit la même manivelle.
- Fig. 4- L’une des cloisons percées , vue séparément et sur une plus grande échelle.
- Fig. 5. La grande roue écrouée vue séparément, avec la vis sans fin et le pignon.
- Fig. 6 et 7. Détails du mécanisme employé pour engager la vis sans fin dans la gorge de la roue écrouée, et pour la dégager.
- a. Bascule en fer dans laquelle s’engage l’extrémité de l’axe de la vis sans fin.
- b. Poignée de la rondelle de fer.
- c. Rondelle de fer.
- d. Pièce d’arrêt qui est poussée de droite à gauche, et de gauche à droite.
- ee. Encoches pratiquées dans la rondelle de fer, dans lesquelles s’engage alternativement le verrou d.
- Les lignes ponctuées dans ces deux figures indiquent la position que prennent la rondelle c et la bascule a, lorsque la vis sans fin est dégagée.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures de la planche.
- La presse étant supposée chargée dans l’encadrement de gauche E, on
- Dd a
- p.207 - vue 219/331
-
-
-
- ( aç8 )
- commence à opérer la pression accélérée au moyen du pignon L, en adap-tant la manivelle M sur le carré k de son axe ; mais comme il seroit impossible d’agir par ce moyen , si la vis sans fin J se trouvoit engagée dans la roue écrouée H; il faut, avant toute chose, l'en dégager. Ou y parvient facilement en poussant de gauche à droite le verrou d 3 et en appuyant sur la poignée h qui correspond à la rondelle de fer c; cette rondelle, par son mouvement de rotation , agit comme un levier, soulève l’extrémité de la bascule a et la vis sans fin, qui se trouve ainsi dégagée de son engrenage. En poussant alors le verrou de droite à gauche, il s'engage dans l’une des encoches de la rondelle,qui se trouve arretée de cette manière. Ensuite, on commence la pression en tournant la manivelle M de droite à gauche; pour achever cette pression , on engage la vis sans fin dans la roue écrouée , en opérant comme nous venons de l’indiquer, mais en sens contraire; on porte la manivelle sur le carré i de l’axe N qui correspond à la vis sans fin ; on fait agir cette manivelle également de droite à gauche.
- Note sur la Machine de guerre, appelée Torpedowar ? de
- M. Fuîton ; par M. Guyton-Morveau.
- On a imprimé, dans le Bulletin de la Société du mois de juillet 1809, l'extrait du rapport que je lui fis des expériences du nautile3 espèce de bateau plongeur, de l’invention de M. Fullon3 membre de la Société philosophique américaine. 11 a paru également intéressant de faire connoître l’ouvrage que cet habile ingénieur a présenté au président des Etats-Unis , .sous le titre de Torpédo war andsubmarine explosions 3 imprimé à New-Yorck en 1810 , et dans lequel il fait mention de 1 épreuve de cette nouvelle machine dans la rade de Walmer, près De al, en présence de l’amiral Holloway et de plusieurs officiers de marine, épreuve qui fit dire au comte Saint-Vincent : Pitt est bien fou d’encourager un mode de guerre dont ceux qui dominent les mers dont pas besoin 3 et qui 3 s3 il réussit 9 peut les priver de cette domination. Cette machine est décrite avec figures dans le Bulletin de la Société de juillet 1810.
- Plus ces témoignages sembioient propres à inspirer de la confiance dans l’emploi de cette machine, plus nous sommes engagés à revenir sur ce sujet, pour ne pas .laisser ignorer l'opinion que l’on en a prise dans les JÉtats-Enis, suivant l’auteur du Columbian centinell3 dont on trouve la traduction dans le Journal de Paris 3 du 11 septembre dernier.
- Dans l’extrait que nous allons donner , nous ne nous permettrons pas de supprimer les injurieuses qualifications données à 1 inventeur, persuadés
- p.208 - vue 220/331
-
-
-
- ( 2°9 )
- que tout le monde sera frappé comme nous et de leur grossière inconvenance et delà contradiction où ils sont avec les témoignages que l’auteur est forcé de rendre ensuite de Futilité des machines de M. Fulton, de celle même que l’on peut espérer de quelques applications de ses Torpédos.
- C est dans le même article que le journaliste des Etats-Unis annonce d’abord « que M. Fulton et ses torpédos ont été l’objet des sarcasmes et » de la réprobation tant des Européens que des habit an s de l’Amérique..* » Que le commodore Rodgers s’engagea à démontrer dans le port de New-» Yorek * devant un comité d’arbitres , l’impossibilité d’en tirer le moindre » parti... Que Fulton avoit complètement échoué dans les tentatives qu’il « avoit faites pour s'approcher du bâtiment qu’il devoit faire sauter.... et » qu’il avoit été obligé de se retirer honteusement.
- » Cependant (ajoute-t-il), M. Fulton est un homme très-ingénieux, j> très-entreprenant, et doué d’une grande persévérance. L’établissement » des bateaux à pompe à feu sur les rivières et les lacs en offre la preuve, a II n'est donc guère permis de douter qu’au moment où le Gouvernement s vient d’offrir des encouragemens aux aventuriers de cette espèce, il ne » reparoisse sur la scène. Quelque méprisable qu’ait paru ce mode d’at-» laque submarine, nous pensons qu’il pourroit être opposé avec succès » aux tentatives de descente sur les côtes. .. M. Fulton a prouvé, d’une » manièi'e satisfaisante , que le câble d’un vaisseau mouillé dans le port » pou voit être coupé sous Feau , etc.
- » M. Fulton a inventé une antre machine, qu’il appelle torpédo de » terre} destinée à être placée dans les passages étroits, tels que l’entrée » du port de New Yorek , etc. M. Fulton a prouvé , d’une manière inc on-testable , que , si par quelque moyen que ce soit, un torpédo peut être » mis eu contact directement sous la quille d’un bâtiment, il peut le faire » sauter , ou du moins le faire sombrer, etc. »
- Il est bon de remarquer que M. Fulton paroît avoir prévu la défaveur avec laquelle pourroit être reçu ce nouveau système déjensij, avant que des essais multipliés en eussent fait connoître les avantages, lorsqu’à la suite de sa description du torpedo-war, il a rappelé tous les perfection-nemens successifs, et à longs intervalles, qui ont rendu si simple et si puissant l’usage des armes à feu, depuis l'invention de la poudre au commencement du XIVe. Siècle.
- p.209 - vue 221/331
-
-
-
- ( )
- ARTS C H I M I Q U E S.
- P no cudj: pour purificv le Platiné et le réduire en masses solides ^
- par M. Frick, préparateur des couleurs à la Manufacture
- royale de porcelaine de Berlin (i).
- Lorsqu’on purifie le platine brut en le faisant dissoudre dans de 1 acide îiitro-imiriauaue ( eau rcgale ) et en le précipitant par 1 ammoniaque , on éprouvé ordinairement beaucoup de difficulté à fondre le précipité en une masse solide , et à obtenir une aggrégation parfaite des molécules de ce métal.
- Le procédé employé par M. Janety > et qui consiste à combiner le platine avec l’arsenic, à le faire fondre, à séparer ensuite l’arsenic par la volatilisation , par l’immersion du métal dans de l’huile et par son ébullition dans de l’acide nitrique, a le double inconvénient de produire beaucoup de déchet et de laisser le platine impur (2).
- M. Frick assure que les creusets faits avec le platine ainsi préparé, et qu’on avoit tirés de Paris, n’ont pu résister à l’action d’un feu très-violent* Il ajoute que le moyen indiqué par Pelletier, pour purifier le platine brut par l’acide phosphorique est également défectueux; parce qu’il ne donne point le platine pur, mais un mélange de phosphate de fer, de verre de phosphore et de platine si friable, qu’il ne peut résister aux coups de marteau après la fusion.
- Richter a conseillé d’amalgamer le platine pur avec du mercure, de le fondre ensuite pour volatiliser ce métal, et de le forger; mais ce moyen est compliqué, et le culot de platine qui reste après que le mercure en a été séparé, est si friable, qu’on ne peut le gouverner avec les tenailles, et qu’en le frappant sous le marteau, il se réduit en petites parcelles.
- Suivant M. Frick, le procédé que nous allons décrire réunit à l'avantage de réduire le platine en masses solides, celui d’èlre très-simple, peu dispendieux et prompt.
- Le platine brut est d’abord dissous par des ébullitions répétées, dans un mélange de parties égales d’acide nitrique et d’acide muriatique. Les dissolutions claires sont mêlées ensemble, et le platine est précipité par une dissolution concentrée de muriate d’ammoniaque dans de l’eau. Le
- (1) Extrait du journal allemand de Hermbstaedt, intitulé : Bulletin des découvertes nouvelles dans les sciences et dans les arts. Cahier de mars i8i3
- (?) Depuis deux ans M. Janety a abandonné ce procédé.
- p.210 - vue 222/331
-
-
-
- e, compose ci oxide de st édulcoré à plusieurs
- reprises avec de l’eau froide, filtré à travers du papier Joseph et mis à sécher lentement.
- Après dessiccation , on fait calciner doucement le précipité dans un creuset, et on en retire une poudre légère de couleur gris d’argent, qui est le platine pur.
- Pour former de cette poudre une masse homogène, on la jette dans un creuset de porcelaine sans couvercle* on la presse le plus qu’il est possible avec un pilon de verre, on couvre le creuset légèrement et on l’expose pendant seize à dix-huit heures au feu d’un four à porcelaine. Lorsque le creuset est refroidi , on trouve au fond un culot couleur blanc d’argent clair , assez compacte , et qu’on peut de suite soumettre à l’action du marteau, soit à chaud, soit à froid.
- On n’éprouve aucun déchet dans cette dernière opération, puisque l’auteur assure qu’une once 215 grains de précipité de platine pur obtenu de la manière indiquée et fondu , a donné, après refroidissement, un morceau de platine malléable de même poids. ( Daclin).
- 'Procédé employé par les Calmouks pour préparer le cuir et
- les peauæ (1).
- Il est peu de nations en Europe qui aient porté aussi loin que les Russes l’art de préparer les fourrures et les peaux. Les Basbkirs et les Calmouks connaissent aussi une très-bonne méthode de traiter ces produits. Voici quel est le procédé qu’ils emploient.
- Pour préparer avec soin des peaux d’agneau fines, on commence par les laver à l'eau tiède; et, après les avoir étendues à l’air pour les-laisser sécher un peu , on les nettoie en les grattant avec un couteau dont la lame est émoussée. Cette opération a pour but non-seulement de débarrasser les peaux des fibres qui y adhèrent, mais aussi de les disposer à recevoir plus facilement le lait dont on les imprègne. Lorsqu’elle est achevée, on étend les peaux à l’air, du côté du poil, et 011 les arrose pendant trois jours avec du lait de vache aigri, auquel on ajoute un peu de sel. Cette opération se renouvelle trois à quatre fois par jour. Le quatrième jour, on les laisse sécher entièrement, et on les froisse entre les mains et sur les genoux pour les rendre souples.
- (1) Extrait du Bulletin des découvertes nouvelles dans les sciences et les arts. Cahier ds
- mars 1813.
- p.211 - vue 223/331
-
-
-
- ( 212 )
- Ensuite, on suspend les peaux au-dessus de la fumée j afin qu’elles résistent mieux à la pluie et qu’elles ne puissent être altérées par l’humidité.
- Pour cet effet, on creuse une petite fosse, dans laquelle on jette du bois pouri, du fumier desséché, ou d’autres substances qui produisent beaucoup de fumée, et de préférence de la fiente de mouton. On plante autour de la fosse des perches qui , réunies par leur sommet, forment une espèce de pyramide, qu’on recouvre entièrement de peaux, de manière qu’elles ne laissent point échapper la fumée ; on les retourne de temps en temps pour qu’elles soient partout également pénétrées , et on les retire au bout d’une heure ; comme elles sont alors un peu dures, on les froisse entre les mains pour les assouplir.
- Enfin, on les enduit de craie en poudre, on les gratte et on les unit avec des couteaux tranchans -, on y passe de nouveau de la craie, et on les bat afin de nettoyer le poil.
- On n’apporte pas autant de soin dans la préparation des peaux communes J on se contente de passer sur ces peaux un mélange de cendres et d’eau salée , qui est plus ou moins caustique, suivant l’épaisseur de la peau. On les laisse passer la nuit dans cet état : le lendemain, on les gratte, et l’on étend dessus, à plusieurs reprises, du lait aigri; puis, on les laisse sécher, on les froisse dans les mains , et on les blanchit avec de la craie,
- Les fourrures dont les Calrnonks font usage sont cousues par leurs femmes avec des fibres de cheval, de bœuf ou d élan, qu’elles savent très-bien préparer en les faisant sécher, les battant et les étirant ensuite. Les coutures faites avec ces fibres surpassent en solidité celles que l’on fait avec les meilleurs fils.
- Les cuirs de bœuf et de cheval, généralement employés pour les har-nois, sont tannés de la manière suivante :
- Les peaux encore fraîches sont échaudées à l’eau bouillante jusqu’à ce que le poil s’enlève 5 on emploie aussi la cendre , dont on les couvre pour atteindre au même but. O11 les gratte des deux côtés avec des couteaux tranchans j on les rend aussi unis qu’il est possible, et 011 les lave à l’eau courante j ensuite on les laisse tremper pendant une semaine et plus dans du lait aigri et un peu salé : c’est ainsi qu’on prépare les peaux minces pour les bottes et les courroies.
- On fabrique avec le cuir de bœuf, surtout avec la partie du dos'*, des vases et des bouteilles qui ont la dureté de la corne, et dont les Calmouks font un fréquent usage.
- Pour cet effet, on étend les peaux au soleil à mesure qu’elles sortent de Feau 5 on les découpé en morceaux de dimensions convenables aux vases
- qu’on
- p.212 - vue 224/331
-
-
-
- ( 2.3 )
- qu’on veut fabriquer ; on les coud, lorsqu’elles sont encore humides , avec des fibres d’animaux; puis on les fait sécher complètement au-dessus d’un feu de fumée.
- De cette manière les femmes des Calmouks fabriquent, non-seulement des vases à large goulot auxquels elles donnent les formes qu’elles désirent, en les façonnant avec les mains pendant la dessiccation , mais aussi des bouteilles à col étroit, et des flacons qu elles soufflent continuellement et avec une grande patience en les tenant au-dessus du feu, ou qu’elles remplissent de cendres et de sable. Elles les ornent de différentes gravures, faites avec beaucoup de délicatesse. On a même vu chez les Calmouks de grandes théières de cuir très-bien travaillées, et ayant un tube étroit comme les nôtres.
- Ces vases ainsi fabriqués servent dans le ménage : mais, pour qu’ils ne puissent pas être ramollis par l’humidité, ou communiquer un mauvais goût aux liqueurs qu’on y conserve, on les expose pendant quelques jours à la fumée, de la manière ci-dessus décrite; ce qui les rend durs et trans-parens comme la corne, et d’une très-grande durée.
- ( Daclin. )
- - — mraiM*-r—
- CORRESPONDANCE.
- Le désir de répondre aux vues de S. M. l’Empereur pour le remplacement de l’indigo exotique par des substances tinctoriales tirées de notre sol, a donné lieu à un grand nombre d’essais de divers genres. Pour parvenir à ce but important, on s’est particulièrement attaché à extraire la fécule colorante du pastel ;l’anil a aussi été cultivé, et il paroit s’acclimater dans l’Etat Romain.
- Le sieur Preyre vient d’entreprendre à cet égard, aux environs de Rome, une culture qui n’embrasse pas moins de 5o arpens. M. le chevalier Desmolands s’y étoit livré , l’année dernière, sur un terrain de moindre étendue. Les résultats qu’il a obtenus, soit en cultivant l’anil, soit en opérant l’extraction de l indigo de cette plante, sont consignés dans un mémoire que S. Exe. le Ministre des Manufactures et du Commerce a adressé à la Société, en l’invitant à le faire insérer par extrait dans le Bulletin.
- Nous sommes informés que l’entreprise de M. Preyre paroît devoir être couronnée du plus heureux succès ; la vigueur de ses plantes justifie ses espérances. Les appareils et machines destinés à l’élaboration de la feuille pour en extraire la matière colorante, sont préparés ; ainsi, dans un mois, le problème pourra être résolu.
- Douzième année. Septembre i8i3. E e
- p.213 - vue 225/331
-
-
-
- ( 2l4 )
- Le Conseil d’administration a reçu de M. le le baron de Fahnenberg, chambellan de S. A. R. le Grand-Duc de Bade, une lettre renfermant plusieurs observations qui lui ont paru dignes d’une attention particulière.
- I. Sur la Teio-ne champêtre ennemie des vignes, Aux renseîgnemens qu’il a déjà donnés sur cet insecte, M. de Fahnenberg ajoute les rensei-gnemens suivans.
- Pour détruire cet insecte, on ne se contente pas, aux environs du lac de Constance , d'écheniller les ceps des vignes ; on ôte même aux vieux bois l’écorce grise sous laquelle le couvain se cache ordinairement, ainsi que dans ses gerçures. Pour cet effet on étend d’abord une toile sous le cep; on racle l’écorce morte avec une serpette émoussée, et l’on brûle tout ce qui est tombé sur la toile.
- On a essayé un autre moyen moins long et moins dispendieux , qui consiste à frotter les ceps avec un morceau de toile ou de drap trempé dans de l’eau calcaire ou de la lessive ordinaire, qui pénètre peu à peu l’écorce , détruit les coques sans nuire aux vignes.
- On a aussi employé le chanvre en fleur, et l’on a fait semer dans les vignes, à des époques telles, que la plante fût en fleur au mois d’avril, époque de la ponte des insectes. Le danger des feux allumés et la cherté du combustible ont empêché d’employer ce moyen aux environs du lac de Constance.
- IL Greffe du Noyer. La greffe n’a pas fourni dans le pays de Bade les résultats que l’on espéroit pour l’amélioration du noyer. Voici les raisons qu’en donne M. de Fahnenberg. Selon lui, nos différentes manières de greffer ne nous ont amené jusqu’à présent qu’à transporter le feuillage et les qualités de l’écorce d’un jet amélioré sur l’aubier d’un sauvageon, sans toutefois influer sur l’intérieur même de l’arbre. La greffe améliorée couvre alors l’arbre greffé d’une écorce nouvelle , et change en même temps la capsule ou l’enveloppe de la semence, c’est-à-dire, la forme et le goût des fruits à pépin et à noyau ; mais la semence reste sauvageon. Or le noyer se trouve dans un rapport inverse; il offre un noyau ou semence mangeable, couvert d'une capsule ou brou cpi ne l’est pas , au lieu que les autres arbres fruitiers donnent des capsules mangeables et une semence sauvage. C’est par ces raisons que la greffe ne l’améliore pas. On a commencé avec plus de succès à greffer des vignes dans le pays de Bade.
- III. Salaison des Viandes. Dès 1667 cette brandie d’industrie fixoit l’attention de Colbert. Les soins de ce grand ministre furent si prompts, que, dès 1669, il écrivoit à M. Colbert de Crois sy, son frère, a m bossa-
- p.214 - vue 226/331
-
-
-
- ( 2l5 )
- deur en Angleterre , qui lui avoit offert de la part des négocians anglais de faire passer en France des salaisons d Irlande:
- « Je dois vous dire que l’état du royaume et les diligences qui ont été » faites de toutes parts pour augmenter les bestiaux, ne permettent pas » qu’on les puisse écouter (les négocians anglais). Nous pouvons même
- » leur en vendre s’ils le souhaitent. »
- Avant la révolution, la France achetoit pour 5 à 4 millions de salaisons ; et c’est seulement depuis l’an XII (1804) que les importations de chairs salées ont commencé à diminuer.
- IV. Rouissage du Lin et du Chanvre. M. de Fahnenherg juge avantageux le procédé de M. d’Hondt d* Arcy, et s’occupe de recueillir les procédés en usage dans le pays de Bade.
- V. O11 se sert dans les environs de Kehl des tiges de chanvre réduites en charbon , mêlé avec d’autres ingrédiens, pour la fabrication de la poudre de chasse. Cette poudre est fort estimée et préférable à celle de Berne.
- VI. Estimation de la force des brins de laine. La description du dynamomètre de M. Regnier, pour essayer la force des laines, a donné lieu, de la part de M. de Fahnenherg, aux questions suivantes :
- i°. Comme l’expérience prouve que la force et la durée des étoffes de laine dépend moins de la force des brins de laine'que de la densité des étoffes , quel intérêt a-t-on de coonoitre la force des brins de laine?
- 2°. Comment se fait-il que nos laines améliorées, ayant, à la cinquième génération, le degré de finesse des laines d’Espagne, elles aient plus de longueur et moins de force que ees dernières ?
- VII. Envoi de divers objets. M. de Fahnenberg termine sa lettre en annonçant l’envoi :
- i°. D’une petite quantité de blé de Jérusalem, faisant partie de celle que le couvent de Zels, en Hongrie, a reçue il y a deux ans. Ce blé poussant par touffes épaisses, doit être planté comme des pois j il doit être semé plus tôt que le blé d’hiver. Sa farine est fort blanche.
- 20, D’un exemplaire de l’introduction au Cours de technologie, par M. Iiauchecorne, de Berlin.
- 5°. De quelques échantillons de sucre de miel.
- Le Conseil d’administration a adressé à M. de Fahnenherg, en réponse à sa communication, une lettre dont nous donnons ici l’extrait.
- «Nous ne connoissons pas ici la teigne qui s’introduit dans l’intérieur des grains du raisin • ainsi nous 11e sommes point à portée de juger de l’efficacité de la pratique qui s’observe sur les bords du lac de Constance pour la détruire 3 on peut cependant vous faire observer que la pyralis vitana,
- E e 2
- p.215 - vue 227/331
-
-
-
- ( 216 )
- de F ah rie lus , dont nous avons autant et plus à nous plaindre, dépose,, ainsi cjue la plus grande partie de ses congénères, ses oeufs sur le bourgeon de la vigne, et non sur le vieux bois. Il seroit donc bon que vous voulussiez bien vous assurer par vous-même si réellement la teigne du raisin les dépose sous l'écorce.
- » Toutes les expériences positives qui ont été faites en France par des liommes éclairés , s’accordent pour prouver cpie c’est par erreur qu’on a attribué à l’odeur du chanvre la faculté de chasser les insectes. Il seroit donc utile que vous prissiez la peine de vérifier l’exception dont vous parlez.
- » Votre opinion relative à l’influence de la greffe sur le pépin n’est pas en concordance avec les faits que nos pépiniéristes ont journellement sous les yeux. Ils pensent que l’arbre greffé a , dans toutes ses parties , les caractères de l’espèce ou de la variété dont il provient, et que , si le sauvageon le modifie, c’est de si peu , qu’on ne peut l’apprécier. Le noyer, lorsque nous le greffons, ce qui est rare , n’offre pas de différence à cet égard. Il en est de même des amandiers, des abricotiers, des pêchers, des pruniers, des cerisiers, etc., que nous greffons par millions tous les ans. Les pépins des poires et des pommes les plus perfectionnées sont plus souvent avortés que ceux des poires et des pommes sauvages j mais ils sont constamment diffé-rens en forme et en saveur , comme il vous est facile de vous en assurer.
- » La Société vous remercie spécialement, M. le baron, de l’anecdote relative à la salaison des viandes, anecdote dont elle fera son profit. Elle donnera suite , n’en doutez pas, aux expériences de M. d’Hondt d Arcy, sur le rouissage du chanvre. U lui sera fort agréable de recevoir , de votre obligeance , le résultat des notes que vous nous annoncez prendre en ce moment sur le même objet dans le pays que vous habitez.
- » Il y a déjà des siècles qu’on emploie en Espagne, ainsi que nous l’a appris le chimiste Proust, les tiges de chanvre à la fabrication de la poudre, et l’on s’en trouve bien. Plusieurs mémoires sur cet objet ont été imprimés en 1810 et 1811 dans le Journal de Physique.
- » L’orge céleste, dont vous nous avez envoyé des graines, sous le nom de hlé de Jérusalem y est connue et cultivée dans quelques parties de la France, mais peut-être pas autant qu’il seroit à désirer. Toute espèce de graine gagne sans doute beaucoup à être cultivée comme vous l’indiquez pour celle-ci ; mais la dépense dans les lieux où les bras sont rares, et par conséquent la main-d’œuvre chère, ne permettent pas de la pratiquer en grandj malgré ses grands produits, elle ruineroit celui qui l’entreprendroit.
- » L’introduction à l’ouvrage de M. Hauchecorne a été déposée à notre bibliothèque 3 j’ai l'honneur de vous offrir encore les remercîmens de la
- p.216 - vue 228/331
-
-
-
- ( 2:7 )
- Société relativement à ce don, ainsi cpi a celui du sucre de miel qui a paru supérieur à tous les échantillons qui ont passe sous nos yeux.
- » Quoique les observations que vous faites sur les causes de la durée des étoffes de laine soient parfaitement justes , la force de chaque brin doit nécessairement influer plus ou moins sur celle de l’ensemble , et par conséquent il peut être utile, dans quelques cas, de la connoître ; celui que vous citez des laines de mérinos produites sur nos bêtes à laine à la cinquième génération, en est la preuve. On ne peut guère expliquer la cause de la moindre force de ces laines comparées à celles venant d’Espagne, que par la nourriture aqueuse que prennent nas moutons , et l’humidité plus constante dans laquelle ils se tiennent. »
- Nous avons remarqué les articles suivans dans un ouvrage que le même auteur publie sous le titre àe Mages in du commerce et de la législation commerciale de la France et des Étais alliés.
- VIII. Tissus de paille de la Forêt-Noire. Autrefois on ne faisoit dans la Forêt-Noire que des tresses de paille très-grossières. Les chapeaux qu’on en fabriquoit n’étoient portés que par les habitans de la campagne , et se vendoient presque tous en France.
- Le Gouvernement français voulant encourager cette branche d’industrie dans les Vosges, doubla les droits denlrée des chapeaux de paille, en les Axant à 8 francs la douzaine.
- Cette augmentation d’impôt fît cesser ce trafic lucratif avec la France. M. Huber, bailli de Triberg, ayant eu connoissance des procédés employés par les Italiens pour la fabrication des chapeaux de paille fins, engagea ses concitoyens à donner pksde finesse à leurs tissus, qui étoient encore très-grossiers. En 1804 3 ^ ^ fabriquer des instrumens au moyen desquels on pou voit diviser en dix parties le brin de paille le plus fin; il fit blanchir la paille, qu’on coupe avant la parfaite maturité du blé, et la fit distribuer parmi les ouvrières les plus habiles. Aujourd’hui 011 est parvenu à donner aux chapeaux de paille un tel degré de finesse et de perfection, et un si bel apprêt, qu’ils sont généralement recherchés non-seulement dans le pays, mais aussi en France, en Hollande, en Belgique, et même en Russie, où il s’en fait de grandes expéditions. Dans le seul bailliage de Triberg, quinze cents personnes s’occupent de cette branche d’industrie, et fabriquent annuellement pour 60,000 florins ( 120,000 francs ) de tissus de paille. Des échantillons de ees tissus ont été transmis au Conseil par M. de Fahneubers.
- IX, Filature de coton de MM. Seligman et George Bodmer, à Saint-Biaise ; dans la Foret-Noire. On y fabrique des mécaniques à carder et
- p.217 - vue 229/331
-
-
-
- c 3ï8 )
- à filer le coton, des machines à vapeur, etc. Cet établissement occupe actuellement plus de 200 personnes, et fait circuler annuellement au moins 300,000 francs dans le commerce. Il est dirigé par M. George Bodmer, habile mécanicien et correspondant de la Société, dont nous avons déjà mentionné les ingénieuses découvertes dans le Bulletin. Les machines que M. Bodmer a construites, ont, sur les machines anglaises, les avantages suivans : i°. au lieu des cordes employées dans ces machines, et qui, par leur dilatation , occasionent des irrégularités dans le mouvement, ce mécanicien se sert de chaînes de bois à charnières en cuir flexible, exécutées sur le principe des chaînes de montres; 20. il a adapté à ses machines un mécanisme pour empêcher la rupture des fils: 3°. il emploie des tambours de cardes en papier, qui sont bien préférables à ceux en bols.
- La filature du coton occupe près de '300 enfans.
- X. Chèvres de la race de celles d’Angora. O11 trouve à Villa ch, dans les provinces Illyriennes, des chèvres qui se rapprochent de la race de celles d’Angora, et dont les poils sont très-longs et soyeux.
- On pourrait employer ces poils à la fabrication de divers tissus ; et il serait peut-être utile de croiser ces chèvres avec les races indigènes.
- XI. Lithographie. Cet art atteint de jour en jour un plus haut, degré de perfectionnement en Allemagne. L’établissement le plus intéressant de ce genre a été formé à Munich. On y imite avec beaucoup de succès les tableaux et gravures des artistes les plus célèbres. Il y a deux imprimeries lithographiques à Carlsruhe, dont l’une se distingue très-avantageusement par la bonté de ses procédés. Elle a exécuté le dessin du projet d un monu« ment funèbre à ériger à la mémoire du célèbre Wieland.
- M. de Fahnenberg a adressé quelques exemplaires de cette gravure qui n’est qu’au trait; elle paraît exécutée avec beaucoup de soin et de netteté.
- Xil. Sucre indigène. La fabrication du sucre indigène fait de rapides progrès dans le Grand-Duché de Bade. On compte déjà plusieurs établis-semens qui se distinguent avantageusement.
- Depuis deux ans il s’est formé à Soulzhourg, près de Fribourg, une fabrique de sucre de betteraves, dans laquelle 011 ne prépare que du sirop, mais de bonne qualité, et très-recherché dans le commerce. La livre se vend 1 franc 2 0 centimes.
- Une autre fa crique du même genre existe depuis un an à Heidelberg. La moscouade de betteraves qu’on y prépare est d une qualité supérieure ; elle coûte 2 trancs 20 centimes la livre. Mais l’établissement le plus grand et le plus intéressant est la fabrique de sucre d amidon de MM. Ittner et Keller, à Fribourg. M. de Fahnenberg a adressé du sucre raffiné de cette
- p.218 - vue 230/331
-
-
-
- ( 2I9 )
- fabrique, qui se vend de i franc 3o centimes à i franc 60 centimes la livre.
- XIII. Moyen de préserver les ouvriers des maladies et des dangers auxquels ils sont exposés. Feu M. le comte de Harrach, de Vienne, médecin distingué , a composé un tableau très-intéressant, indiquant les maladies et les accidens dont plusieurs ouvriers sont menacés, et les moyens de les en garantir Ce tableau, en allemand , est divisé en quinze colonnes qui comprennent autant de professions; savoir : i°. les boulangers ; 20. les brasseurs, les distillateurs d’eau-de-vie; 3°. les teinturiers; 4°• les mégis-siers et chamoiseurs ; 5°. les orfèvres et les bijoutiers ; 6°. les potiers ; 70. les chapeliers ; 8°. les chaudronniers; 90. Les tisserands ; io°. les maçons ; ii°. les bouchers ; 120. les tailleurs; i3°. les fabricans de savon; i4°. les fossoyeurs; et i5°. les cultivateurs. Nous mentionnerons successivement dans le Bulletin celles de ces instructions qui nous paroîtront les plus propres à atteindre le but proposé.
- XIV. Machine à tailler le marbre. Le Gouvernement de Bavière fait construire dans le pays de Salzbourg, qui fournit de beaux marbres , une machine pour les tailler en colonnes et en carreaux, et pour les polir en même temps. On peut se servir de cette machine en toute saison.
- XV. Steréotypie. Cette découverte intéressante, qu’on a attribuée aux Allemands , appartient, suivant M. de Fahnenberg, à la Nation française. On présumoit que Valley re , imprimeur de Paris , eu a voit fait le premier essai; mais elle est due à M. d*Annières, appelé par Frédéric le Grand à Berlin, et nommé son conseiller intime. Les premiers essais datent de 1769. La note suivante, écrite de la main de M. d’Annières et dont l’original se trouve chez un libraire à Berlin, sert à le prouver.
- « 11 est aisé de concevoir les bénéfices considérables que la maison des Orphelins de Halle a faits sur la vente de la Bible.
- » Un libraire qui fait une édition de la Bible ne peut compter que sur le débit de quelques milliers d’exemplaires; quand même il en tireroit quatre à six mille exemplaires, il ne peut pas espérer un prompt débit, parce qu’il ne peut pas les donner à un prix beaucoup au-dessous des prix ordinaires; et s’il en droit douze à quinze mille exemplaires, la mise de fonds pour l'achat du papier seroit trop forte.
- » Cependant la librairie de Halle , qui a fait de grands bénéfices sur la vente de la Bible, a avancé des sommes considérables pour l’achat des caractères, dont il iaut environ 4 millions, sans compter les frais de composition , de correction et autres.
- « 11 s’agit de trouver une méthode qui, offrant le même avantage qu’a eu la librairie de Halle, n’entraîne pas à des frais aussi énormes.
- p.219 - vue 231/331
-
-
-
- ( 25Q }
- » Cette méthode est toute simple. Elle consiste k prendre une page d’impression , composée à l’ordinaire en caractères mobiles, k tirer une empreinte de cette masse de caractères, soit en plâtre, soit en argile ou en métal, et à couler sur cette empreinte ou matrice une planche solide en métal, laquelle servira à tirer les exemplaires.
- Les avantages de cette méthode sont évidens :
- « i°. Une page in-8°. du plus fin caractère ne peut pas employer quatre mille caractères, pas même trois mille ; mais on en passe quatre mille i parce qu’il peut arriver qu’il faille plus d’une sorte de caractères pour une page que pour l’autre.
- » 2°. La composition se faisant à l’ordinaire, il n’est pas nécessaire que le compositeur soit dans le secret.
- » 3°. L’empreinte ou la matrice en plâtre ou argile , ou même en métal, ne peut coûter bien cher.
- » 4°. Les planches de métal tirées sur ces empreintes ne sauroient faire un capital proportionné au capital que demandent 4 millions de caractères , attendu qu’une livre de métal en masse ne vaut pas la cinquième partie de ce que vaut une livre de caractères fondus.
- » 5°. Avant de tirer cette empreinte, on peut tirer sur les caractères mobiles autant d’épreuves que l’on désire pour achever la correction.
- » 6°. La matrice en plâtre ou en argile peut être conservée pour servir k refondre de nouvelles planches de métal sur lesquelles on imprime.
- » Ce procédé présente d’autres avantages bien plus précieux encore.
- » Après avoir retiré les premiers fonds sur les premiers milliers d exemplaires , on peut j avec les mêmes caractères, faire composer et imprimer tous les ouvrages d’un débit assuré , comme Bibles en diverses langues , auteurs classiques, grecs , latins et français , etc., le tout k un prix si bas, que nul imprimeur n’oseroit tenter une contrefaçon.
- » Par la suite on pourroit étendre Futilité de ce procédé en l’appliquant aux planches gravées ; on sait combien les épreuves diminuent de valeur après les premières centaines ; mais en suivant le mode indiqué, on pourroit en tirer cent mille également belles.
- » Au lieu de fondre les caractères saillans qui servent k l’impression dans des matrices frappées au poinçon , on pourroit former des caractères mobiles creux, composer avec ces caractères, et couler sur les formes composées des planches de métal solides qui serviroient à tirer les exemplaires. » {Les deuæ Rédacteurs.)
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE), rue de l’Éperou Saint-André-des-Arts, N°. 7.
- p.220 - vue 232/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. ( CXII.) OCTOBRE i8i5.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Séance générale du 6 octobre i8i3.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le mercredi 6 octobre 1813, en assemblée générale, k l’effet de procéder à la distribution des prix qu’elle avoit proposés pour être décernés cette année, et de désigner les nouveaux sujets de prix à mettre au concours.
- Différentes circonstances avoient retardé la convocation de cette Assemblée , qui a lieu ordinairement dans le courant du mois de juillet. Elle a été tenue dans l’ancieii local de la Société, à l'hôtel de Boulogne, me du Bac (1). Les salles avoient été disposées pour recevoir un grand nombre de nouveaux produits de l’industrie française, que les artistes de la capitale se sont empressés d'y réunir. Nous avons remarqué comme dignes d’être cités,
- i°. Une table méthodique des couleurs} "inventée et exécutée par M. Grégoire, manufacturier, rue de Charonne, N°. 47 5 faubourg Saint-Antoine, hôtel Vaucanson, avec la perfection qui distingue toutes les productions de cet ingénieux artiste. Cette table, qui présente l’assortiment général des couleurs , est faite sur du très-grand papier avec des couleurs à l’eau gommée dans le genre de la miniature ; elle est accompagnée d’une explication et de deux tableaux qui indiquent la combinaison numérique des couleurs. L’un de ses avantages est de donner le moyen de reconnoître ce qu’aura perdu en couleur une étoffe ou tout autre objet peint à l’huile, en détrempe, en application, etc. La manière dont les couleurs y sont mélangées et graduées, est extrêmement simple j et quoiqu’elles soient au nombre d’environ i35o, on est conduit très-facilement aux couleurs qu’on
- (1) Les bureaux de la Société sont actuellement établis rue du Bac , N®. 34-
- Douzième année. Octobre i8i3. F f
- p.221 - vue 233/331
-
-
-
- ( 222 )
- recherche. Elle peut être utile aux fabricans d'étoffes, aux teinturiers, aux minéralogistes , etc. pour classer les couleurs dans les descriptions ou dans les assortimens de tous genres , les indiquer et en fixer le souvenir.
- S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Commerce a ordonné l’envoi de cette table aux manufactures impériales des tapisseries de la Couronne et aux Conservatoires des arts et métiers de Paris et de Lyon.
- 2°. Un portrait de S. M. l’Empereur , exécuté en velours, par le même M. Grégoire , et dont il a fait hommage à la Société. Cet ouvrage est fabriqué sur le métier , par un procédé de chinage (1) inventé par M. G ré gode, et que nous avons déjà eu occasion de citer avec éloge. ( Y oy. Bulletin, N°. XI3 page 200, 4e* année.) C’est un des ouvrages les plus remarquables qui soient sortis des ateliers de ce fabricant, qui soutient la réputation qu’il s’est acquise dans ce nouveau genre d’industrie. On ne sait ce qu’on doit le plus admirer dans ce portrait , ou de la parfaite ressemblance 5 ou de la manière ingénieuse dont les couleurs y sont mélangées.
- 3°. Un très-bel assortiment de divers ouvrages en plaqué d’or et d’argent, tels que girandoles, flambeaux , candélabres , bouts de tables, porte-huiliers , théières , pots à crème , boules , cloches , etc, de la fabrique de MM. Levrat et Papinaud, rue Popincourt, N°. 66. Il seroit difficile de trouver des objets du même genre exécutés avec plus de soin et de goût • les Anglais mêmes, qui ont acquis une juste célébrité par leurs plaqués, n’ont jamais rien offert de plus parfait que ceux-ci, tant sous le rapport de la pureté des formes que sous celui du bon choix et de la richesse des or-nemens, et de la beauté du poli. La modicité de leurs prix les met à la portée de toutes les classes de consommateurs, et leur offre une très-belle orfèvrerie à peu de frais. MM. Levrat et Papinaud, qui ont porté en France l’art d’appliquer l’or et l’argent sur le cuivre à un aussi haut degré de perfection, continuent à se rendre dignes de la distinction honorable que la Société leur accorda il y a deux ans (le prix qu’elle avoit proposé pour la fabrication du plaqué ).
- 4°. Des patins brisés pour marcher par le mauvais temps , de l’invention de M. Matran , marchand quincaillier, breveté, demeurant rue Neuve-des-Petits-Ghamps, N°. 21. Ces patins, qui se plient à tous les mouvemens du pied et le garantissent de l’humidité, sont aussi solides que commodes. On s’en sert avec avantage depuis un an.
- 5°. Une Pendule veilleuse de grand modèle , exécutée par M. Gtiebel,
- (1) On nomme chinage le procédé de teindre les soies de diverses couleurs ? dans le sens de leur longueur.
- p.222 - vue 234/331
-
-
-
- ( 225 )
- horloger breveté9 rue Vivîenne, N”. i3, que nous avens déjà mentionné honorablement dans le Bulletin pour ses petites pendules du même genre. Celle dont il s'agit est d’un usage très-commode et d’un effet très-agréable ; elle est placée dans le globe de verre dépoli d’une lampe hydrostatique ou de toute autre, sans en intercepter la lumière. Le cadran, qui est également en verre dépoli, et sur lequel les chiffres se détachent en noir , porte, au milieu, le mouvement d’horlogerie, qui est à échappement sans balancier. Cette pendule veilleuse réunit plusieurs avantages précieux, surtout pour des personnes malades. Son prix varie suivant la qualité du mouvement et les dorures dont elle est enrichie.
- 6°. Des moulins portatifs en fer forgé, construits dans les ateliers de M. Charles Albert, rue du Faubourg Saint-Denis, N°. 67, et pouvant moudre par heure 12 kilogrammes et demi de blé , qui est converti en une bonne farine de munition. Ces moulins, d’une construction solide et soignée , sont d’un transport facile à raison de leur petit volume et de leur légèreté (ils ne pèsent que i3 kilogrammes avec les accessoires), et d’un service commode ; ils se fixent à un affût de canon ou à une jante de roue, et l’homme le moins expérimenté peut les manœuvrer. Leur prix est de 100 francs.
- D’autres moulins exécutés sur le même principe, mais à double fond et à blutoir, coûtent de 5 à 400 francs5 ils sont mus par deux hommes, et donnent une farine belle et blanche, qui en sort toute tamisée et blutée. Nous publierons , dans un prochain numéro du Bulletin , la description de ces moulins,
- 70. Des étoffes pour meubles, imitant le point de tapisserie des Gobelins, de la fabrique de MM. Daguillon , Mehier et compagnie, de Lyon. Ces tissus, très-bien fabriqués, et dont les dessins sont de bon goût, se distinguent par leur solidité et la modicité des prix. L’administration du mobilier de la Couronne les a adoptés pour l’ameublement des palais impériaux. ( Yoy. Bulletin, N°. XCVII , onzième année, page i58. )
- 8°. Des basins unis et des perkales grande largeur, fabriqués sur les métiers perfectionnés par M. Vigneron , breveté , demeurant rue du Faubourg Poissonnière, N°. 17. Ces étoffes, d’une grande finesse, se recommandent par la régularité du tissu, et justifient l’opinion avantageuse que la Société avoit conçue des procédés de tissage de M. Vigneron. ( Voy. Bulletin, N°. CI, onzième année , page 262 .)
- 9°- Des lampes dites à semi-paraboles mobiles, construites parM. Chopin, lampiste, rue Saint-Denis, N°. 257. Ces lampes, en forme de colonne, répandent une très-belle lumière, et 11e projettent pas d’ombre; le réservoir
- F f 2
- p.223 - vue 235/331
-
-
-
- ( 2^4 )
- d’huile circulaire est placé au-clessus du niveau de la mèche. Un écran de gaze, en forme de vase antique, ou un réflecteur parabolique, servent à disperser ou à rassembler les rayons lumineux ; on peut les diviser à volonté , et placer d’un côté le demi-écran de gaze, et de l’autre le demi-réflecteur , ou bien employer seul le réflecteur qui étant mobile, reçoit différens degrés d’inclinaison suivant les objets qu’on veut éclairer, et produit l’effet astral, lorsqu’il est dans la position horizontale.
- Ces lampes sont d’une exécution soignée et d’un service commode. Nous en rendrons un compte plus détaillé dans le Bulletin.
- io°. Enfin , un compas de M. Baradelle fils , ingénieur en instrumens de mathématiques, servant à tracer des cercles du plus petit diamètre avec plus de netteté qu’on n’a pu le faire jusqu’à présent à l’aide des autres compas.
- La séance s’est ouverte à sept heures et demie du soir, sous la présidence de M. le baron Guy ton de Morveau.
- Ap rès l’admission de plusieurs candidats , M. Cl.-Anthelme Cosiaz » l’un des secrétaires, a lu le rapport suivant sur les résultats des divers concours ouverts parla Société pour i8i3.
- « Messieurs, si tous les prix que vous avez proposés avoient été remportés, vous en auriez eu dix à décerner dans cette séance. Il vous sera sans doute pénible d’apprendre que vos voeux, à ce sujet, ne sont pas remplis. Le concours de cette année, en le comparant à ceux des années précédentes, est, à certains égards, stérile. Il est difficile à votre Conseil d’Ad-ministration de déterminer ce qui a pu amener cet état de choses. La quotité de vos prix est proportionnée à l’imporfance des découvertes dont vous désirez d’enrichir l’industrie; il y en a plusieurs dont vous avez doublé 3a valeur. Vos programmes ont reçu la plus grande publicité; ils ont même été répandus avec profusion dans les ateliers les plus obscurs. Tant de soins dévoient nous faire croire que de nombreux eoncurrens se présente-roient. Rien de semblable, cependant, n’a eu lieu. La Société d Encouragement auroit-elle perdu de son influence? Non, Messieurs; ses vues d’utilité publique sont toujours appréciées, et si les artistes ne se sont pas présentés en aussi grand nombre qu’autrefois , ce n’est pas qu’ils manquent de bonne volonté, et qu’ils n’attachent le plus grand prix à votre suffrage : 1 esprit de recherche ne s’exerce pas toujours avec la même activité • il se repose. Le zèle des eoncurrens peut encore avoir été ralenti par une autre cause que nous croyons utile de vous signaler.
- » Vous savez, Messieurs, que la séance consacrée à la distribution des prix est fixée, par le règlement9 au mois de juillet, et que des incideus
- p.224 - vue 236/331
-
-
-
- ( 223 )
- imprévus en font quelquefois différer la tenue d’un ou de deux mois. Vos
- programmes n’étant imprimes qu’après cette seance , ils arrivent très-tard dans les départemens. D’un autre côté , les mémoires, échantillons et modèles que sont obligés de fournir les concurrens , doivent être parvenus le ier. mai au secrétariat de la Société. De cet état de choses , il résulte que, sur l’aimée entière, quatre mois environ sont perdus, et que les artistes qui ont le projet de se présenter manquent ainsi du temps nécessaire pour s’occuper de la solution des problèmes. Les commissaires n’ont pas non pins assez de deux mois ( depuis le ier. mai jusqu’au ier. juillet), pour examiner les objets envoyés au concours , surtout quand quelques-uns de ces objets exigent des réunions fréquentes et une suite d’expériences. La plupart d’entre eux ont des Occupations fixes, qui prennent une grande partie de leurs momens, et il est difficile qu’ils puissent faire tout de suite le travail dont ils sont chargés. De là naissent d’autres inconvéniens. Ils disparoîtroient tous , si l’on accordoit aux concurrens un plus long délai pour l’envoi de leurs mémoires, échantillons et modèles, et si on lesassnjettissoit à faire cet envoi au mois de janvier. Ces deux points seront l’objet d’une proposition que votre Conseil d’Administration aura l’honnenr de vous soumettre» En attendant, je vais mettre sous vos yeux les résultats du concours.
- Prix pour une Machine à tirer la Tourbe sous l*eau.
- » Le besoin de cette machine se faisant sentir, vous pensâtes qu’il seroit utile d’en provoquer la découverte. Vous promîtes, à cet effet, un prix de 2000 francs à celui qui auroit rempli vos vues, soit en perfectionnant les instrumens déjà connus, soit en y substituant une machine de son invention. D’après votre programme, ce prix ne devoit être accordé que sur la présentation d’un certificat authentique, constatant que les procédés au-roient été employés avec succès pendant une campagne entière ; il devoit être retiré, si aucun des concurrens n’avoit rempli, dans le délai prescrit, les conditions qui étoient imposées.
- » De tous les prix proposés par la Société, aucun, depuis l’an X, n’a plus exercé l’imagination des artistes. Six mémoires, presque tous accompagriés de dessins et de modèles, nous ont été adressés cette année. Les auteurs de ces mémoires n’ayant employé, ni même essayé les moyens qu’ils indiquent, nous n avons pas dû regarder le problème comme résolu. Nous n’au-nons eu, en effet, aucune garantie que l’emploi de la machine ait eu lieu pendant une campagne. Le prix, aux termes de votre programme, doit donc être retiré. Nous croyons inutile de vous parler ici des divers systèmes de machines à tourber décrits dans les mémoires qui nous sont par-
- p.225 - vue 237/331
-
-
-
- ( 22Ô )
- Tenus. Le Comité des Arts mécaniques de votre Conseil d’Àdmimstratîon les a examinés avec le plus grand soin , et nous nous proposons de faire imprimer son rapport par extrait dans le Bulletin, pour rinstruction de ceux qui contiuueroient à s’occuper du perfectionnement des instrumens de ce genre.
- Prix pour la Fabrication, en Fonte de Fer, de divers ouvrages pour lesquels on emploie ordinairement le cuivre ou lefer forgé.
- » II paroît démontré qu'on peut jeter en moule un grand nombre d’ouvrages de serrurerie eide quincaillerie. On obtiendroit ainsi ces objets à plus bas prix. Vous avez cru devoir appeler l’attention des fondeurs sur ce genre de fabrication, en promettant un prix de 3ooo francs à celui qui exécuteroit en fonte , approchant le plus possible de la douceur et de la ténacité du fer, des roues dentées pour les machines à filer le coton , des supports 3 des fiches et des charnières de croisées et de portes, des clous de formes différentes et de 5 à 20 millimètres de longueur, etc. etc. Votre programme impose la condition que ces ouvrages seront montés avec soin , exécutés en fabrique à un prix modéré , et que les concurrens justifieront en avoir versé dans le commerce pour une somme de 1G ,000 francs. Il nous est parvenu , à différentes époques , et de plusieurs fabricans, des échantillons de produits de ce genre, qui annoncent le plus grand perfectionnement dans fart du fondeur et du mouleur en fer 5 et ces envois nous faisoient espérer que le prix seroit remporté. Notre attente ne s’est pas réalisée. Un seul fabricant, établi dans le département de PEms-Supérieur,* s’est présenté au concours ; les échantillons que nous avons reçus de lui n’ont pas les qualités nécessaires pour le faire couronner. Sa fonte n’est pas suffisamment épurée ; elle est dure et cassante. Le certificat qu’il a fourni n’est pas non plus en règle. En un mot, il n’a rempli aucune des conditions imposées par votre programme. S’il ne nous est pas possible de pro-P° ser de lui décerner la palme qu’il a sollicitée, il est de notre devoir, d’un autre côté , de déclarer qu’il nous a envoyé antérieurement divers ouvrages en fonte de fer qui annoncent une fabrication plus perfectionnée.
- Prix pour laflature par mécanique , à toute grosseur de fl, de la laine peignée pour chaîne et pour tiame.
- » En proposant ce prix, vous aviez eu en vue d’enrichir nos manufactures de draps d’un moyen mécanique de filer la laine peignée, qui procurât une économie de 20 à 3o pour 100 au moins sur le même travail fait à la main. Il paroitroit que plusieurs particuliers ont cherché à résoudre le problème,
- p.226 - vue 238/331
-
-
-
- ( 227 )
- Le procès - verbal qui a rendu compte de l’exposition des produits de l’industrie du département de la Roër , annonce qu’il a été décerné une médaille d’or à M. Heideveiller, de Creveîd , pour une machine propre à filer la laine peignée propre au tricot comme au tissage. MM. Bitsby , Collieretc. construisent aussi des machines à filer la laine peignée. Plusieurs brevets d’invention ont été pareillement pris pour cet objet,, Enfin j M. Dobo, mécanicien , nous a présenté des échantillons de laine filée sur des machines de son invention. Il est assez remarquable que dans le grand nombre d'artistes dont les recherches se sont dirigées vers le même butj un seul, M. Flint aîné, mécanicien à Paris, ait manifesté le désir d’obtenir le prix que vous avez proposé. Comme il n’avoit d’abord présenté que des ébauches , nous lui avons accordé des délais à différentes reprises, espérant toujours qu’il rempliroit les conditions du programme. Ces délais, qui nous ont empêché de convoquer plus tôt la séance générale, n’ont pas produit les effets que nous attendions. Quoi qu’il en soit, l’émulation est vivement excitée, et nous ne doutons pas qu’au prochain concours le prix ne soit remporté.
- .Pria:pour le cardage et la Jilature par mécanique des déchets de soie provenant des cocons de graines, des cocons de bassine , etc. etc.
- » Personne n’a concouru pour ce prix; nous ne devons pas cependant désespérer de voir notre industrie s’enrichir du moyen mécanique qu’il a pour but de nous procurer. Ce moyen a une très-grande analogie avec le peignage et la filature de la laine j et si les succès déjà obtenus sur cette dernière matière sont confirmés par l’expérience, l’application, à quelques modifications près, des mêmes procédés , produira nécessairement le résultat que vous attendez'. L’objet de ce prix est trop important pour que vous ne jugiez pas devoir le proroger.
- Prix pour déterminer l’espèce d’altération que les poils épj'ouvent par le procédé en usage dans la chapellerie , connu sous le nom de secrétage, etc.
- » Deux personnes se sont présentées au concours ouvert à ce sujets l’une d’elles a voit déjà envoyé, l’année dernière, un excellent mémoire théorique. Au lieu de nous transmettre, cette année, les échantillons que nous lui avons demandés, elle s’est bornée à nous adresser des observations qui, en aucun cas, ne pouvoient nous suffire. L’auteur méritoit assurément qu on s’occupât de répéter ses procédés; mais, pour le faire, il auroit fallu se livrer à une longue suite d’expériences, pour lesquelles le temps,
- p.227 - vue 239/331
-
-
-
- ( 228 )
- et même la faculté d’exécution , nous ont manqué , puisque celui des membres de votre Conseil d’Administration qui les a commencées, a été obligé de les interrompre et de s’absenter pour cause de maladie.
- » Le second concurrent est un cliapellier de Paris, qui réunit à une longue pratique beaucoup de zèle pour l’avancement de son art. Les moyens qu’il indique à l’effet d’obtenir un bon feutrage, sans employer le mercure , n’ont pas encore toute la perfection désirable. De nouveaux efforts le conduiront peut-être au but, et il est à désirer qu'il continue ses recherches. Quoi qu’il en soit, en laissant le concours ouvert jusqu’à l’année prochaine $ il est probable qu’alors on aura la solution du problème.
- Prix pour la fabrication de vases de métal, revêtus d’un, émail
- économique.
- » Ce prix est Pun des plus anciens qu’ait proposés la Société. Depuis 1802, il ne nous est parvenu qu’un mémoire sur ce qui en fait l’objet. Cet état de choses nous a voit fait douter, l’année dernière, qu’il put être remporté. Aujourd’hui nos espérances renaissent. A la vérité, nous n’avons pas des résultats positifs à vous annoncer, mais nous savons qu’il occupe les veilles de plusieurs artistes. Un particulier qui a gardé l’anonyme, nous a écrit qu’il travailloit à résoudre le problème, et qu’il étoit fondé à espérer un prochain succès. M. Foulon - De s mare s t nous a aussi présenté des échantillons de tôle émaillée. Toutes ces tentatives doivent faire croire que la continuation du concours nous procurera enfin la fabrication dont nous avons l’honneur de vous entretenir.
- Prix pour la purification du Miel.
- » Tout le monde connoit aujourd’hui le procédé qu’011 emploie pour décolorer le miel de bonne qualité, et lui enlever sa saveur. Si l’on n’a rien à désirer à cet égard, il n’en est pas de même du miel commun. U est très-difficile de lui ôter la couleur et la saveur qui le distinguent. Quoique tous les moyens chimiques aient échoué jusqu’à présent contre cette difficulté, 011 ne doit pas néanmoins la regarder comme insurmontable. Vou s apprendrez avec plaisir qu elle n’a pas refroidi le zèle des concurrens, et nous pensons que la Société ne doit rien négliger pour l’entretenir. Nous avons reçu cinq mémoires sur la purification du miel. Il est vrai qu’aucun d’eux ne mérite le prix* mais comme ils contiennent tous des détails qui les recommandent à l’attention de la Société, elle entendra sans doute avec intérêt un rapport particulier à ce sujet, que M. Bourial aura l’honneur de lui faire dans le courant de la séance.
- Prix
- p.228 - vue 240/331
-
-
-
- ( «9 )
- Vrixpour la culture comparée des plantes oléagineuses.
- » Ce prix a déjà été remporté en i8cg, par M. Gaujac, dont le mémoire et les exp rirnres furent cités, avec les plus grands éloges, par votre Comité d’Agriculture. Quelque satisfaisant que fût le travail de ee cultivateur éclairé, il laissoit encore beaucoup à désirer. Le Comité d’AgricuI-ture parla dans son rapport de plusieurs plantes oléaeées, dont M. Gaujac ne s’étoit pas occupé, et dont les graines donnent néanmoins des Lu les qu’on peut emplover avec avantage dans l’économie domestique ou dans les arts. Pour les apprécier, il auroit été nécessaire d’avoir à notre disposition des quantités suffisantes de ces Luüespour pouvoir les soumi tîreàtoutes les expériences convenables, notamment sons le rapport de leur aptitude à se saponifier. Le prix n’étoit alors que de 600 francs : vous jugeâtes à propos d’en proposer un nouveau d'une valeur double, moins pour proportionner la récompense aux sacrifices des conrurrens, que dans la vue d’avertir de l’importance de son objet. 11 est évident, en effet, que d’aussi grandes expériences que celles qu’il faudra faire, ne peuvent être entreprises que par l’amour du bien public aidé des ressources de la fortune. Depuis la proposition de ce prix nouveau, il ne nous est parvenu aucun mémoire. Les motifs qui vous ont déterminés à ouvrir le concours étant d’un grand intérêt, vous persévérerez sans doute dans la résolution de le maintenir.
- Prix pour la plantation et la greffe du Noyer.
- * Si bon a montré peu d’empressement pour remporter le prix relatif à la culture comparée des plantes oléagineuses, il n’en a pas été de même du prix pour la plantation et la greffe du noyer. Ce concours a entièrement répondu à vos espérances. Ouvert depuis 180g, il a procuré, chaque année, de nouveaux mémoires et des résultats irnportans. U11 premier prix a été remporté en 1811 , un autre 1 est encore cette année, et la rivalité de zèle qui s’est établie pour la propagation de l’un de nos arbres les plus précieux est telle, qu’elle dispense la Société de s’occuper plus long-temps de eet objet. Votre Comité d Agriculture aura l’iionneur de vous faire un rapport dans lequel il iuJiquera ceux qui méritent la récompense que vous avez promise.
- Prix pour un procédé facile et économique pour fabriquer des lilharges et miniums purs avec l plomb provenant des mines de France.
- » Vous vous rappelez, Messieurs, que c’est S. Ex. le Ministre de l'Intérieur qui a fait les fon 1s de ce prix. Désirant affranchir la France du
- Jjouzièrne année. Octobre 1813. U g
- p.229 - vue 241/331
-
-
-
- ( zZo )
- tribut qu’elle paye à l’étranger pour le minium pur qu’elle consommé, il nous invita a seconder ses vues à ce sujet. S’il n’est pas possible de vous proposer dès-à-présent de décerner le prix, à cause des expériences qu il a fallu faire et qui ne sont pas encore terminées, nous avons du moins la satisfaction de vous annoncer que les résultats obtenus nous permettent d’espérer la solution du problème.
- » Deux particuliers, MM. JPecard, fabricant à Tours , et Da-Olmz y professeur d’histoire naturelle au Lycée de Sorrèze, se sont présentés au concours. Ils étoient déjà connus de la Société sous les rapports les plus avantageux; et, l’année dernière, ils nous avoient fait part du résultat de leurs tentatives pour atteindre le but que vous aviez indiqué, tentatives que vous encourageâtes par une mention honorable. Le minium du premier de ces concurrens parcît avoir les qualités exigées par votre programme.
- » Le procédé qu’a communiqué M. Da Olmiy paroît aussi avoir des avantages; mais, avant de prononcer définitivement sur la question de savoir s’il satisfait aux conditions du programme, il convient de le soumettre à des expériences faites sur une plus grande échelle.
- » Des manufacturiers qui, sans prétendre au prix, nous ont fait parvenir des échantillons du minium qu’ils préparent, méritent aussi que nous parlions de leurs travaux. C’est avec une véritable satisfaction que nous vous signalons comme des hommes dont le zèle égale les talens , les propriétaires de la fabrique de Céruse de Cliclvy , et M. Boch, propriétaire de la faïencerie des Sept-Fonlaines , près Luxembourg , département des Forêts. Le moyen de fabriquer des litharges et des miniums étant d’une haute importance, votre Comité des Arts chimiques vous rendra un compte plus détaillé des recherches auxquelles votre prix a donné naissance , recherches qui lui paroissent tellement importantes, qu’il doit vous proposer de fermer le concours.
- » Voilà, Messieurs, quels sont les résultats du concours de i8i3. Si quelque chose peut nous consoler du peu de succès que nous avons obtenu dans ce concours , c’est la certitude que nous avons acquise qu’on est sur la voie de faire plusieurs des découvertes que vous désirez de procurer à notre industrie. La délivrance des récompenses que vous avez promises n’est donc que différée. Votre Conseil d’Administration va vous soumettre ses vues, relativement à de nouveaux prix qu’il juge utile de proposer. Ces prix sont peu nombreux; mais les sujets en ont été choisis avec le plus grand soin. Il en est un surtout qui, s’il est remporté, procurera un bien inappréciable à toutes les classes de citoyens.
- p.230 - vue 242/331
-
-
-
- ( 23. )
- » En nous résumant , Messieurs, nous avons l’honneur de vous proposer les décisions suivantes :
- » i°. Le prix pour une machine à extraire la tourbe sous l’eau est retiré du concours ;
- » 2°. Est remise à Tannée prochaine la distribution des prix;
- » Pour le cardage et la filature par mécanique des déchets de soie ;
- » Pour la filature par mécanique de la laine peignée j
- » Pour le feutrage sans sels mercuriels ;
- » Pour des vases de métal revêtus d’un émail économique ;
- » Pour la purification du miel ;
- » Pour la culture comparée des plantes oléagineuses ;
- 3°. La délivrance du prix pour la fabrication en fonte de fer d’ouvrages de petites dimensions, est renvoyée à l’année i8i5;
- » Les prix, dont les programmes vont être lus, seront décernés au mois de juillet i8i5 et 1817; et les mémoires, échantillons et modèles seront envoyés, avant le ier. janvier des mêmes années ; faute par les concur-rens de remplir cette condition , ils ne seront point admis au concours. »
- Les conclusions de ce rapport ayant été adoptées à l’unanimité, l’assemblée a arrêté :
- i°. De retirer du concours le prix pour une machine à extraire la tourbe sous l’eau.
- 20. De remettre au concours pour Tannée 1814 5 les prix, pour lafabrication des vases de métal revêtus d’un émail économique ; pour le cardage et la fdalure des déchets de soie ; pour la jiliture par mécanique , à toute grosseur de fil3 de la laine peignée pour chaîne et pour trame ,* pour le feutrage des poils sans emploi de sels mercuriels, et pour la culture comparée des plantes oléagineuses.
- 3°. De remettre à Tannée 1815 le prix pour la fabrication en fonte de fer de divers ouvrages pour lesquels on emploie le cuivre et lefer forgé.
- La parole a été ensuite accordée à M. Mérimée y comme organe du Comité des Arts chimiques, sur le prix relatif à la fabrication des litharges et miniums avec des plombs de France. Il a proposé de fermer le concours, et de faire répéter en grand , aux frais de la Société , les procédés des deux concurrens qui se sont présentés dans la lice, en leur conservant leurs droits respectifs.
- Cette proposition a été adoptée.
- Al. Bouriat s’est exprimé en ces termes, au nom du Comité des Arts economiques , sur le concours ouvert pour la purification du miel.
- « Le prix proposé par la Société pour la purification du miel a engagé
- fi 0 2
- p.231 - vue 243/331
-
-
-
- ( 2^2 )
- cinq coneurrens â se présenter : des cinq mémoires envoyés par eux * un seul étoit accompagné d’échantillons de miel purifié et dans l’état brut : c’est le mémoire inscrit sous le N°. i *, c’est par conséquent celui que nous avons examiné le premier. Ce mémoire , rempli de vues sages sur l’extraction du miel et sur les moyens d’augmenter sa qualité dans tous les pays , démontre que l’auteur est bien pénétré de l’objet qu’il a traité. Ses expériences variées à l’infini pour la purification de cette substance sucrée, doivent lui mériter des éloges. Après avoir tenté presque tous les procédés connus, il donne la préférence à celui-ci.
- » On charge de l’eau d’acide sulfureux , à l’aide de mèches soufrées, ou par d’autres procédés ; cette eau sert à faire fondre le miel, qu’on clarifie ensuite avec des blancs et des jaunes d’œufs. Il recommande d’employer du marbre de préférence à tout autre carbonate pour saturer l’acide, et d’ajouter sur la fin du charbon en poudre grossière. Le sirop cuit en consistance convenable, on le passe à travers une étoffe de laine; il est alors transparent, incolore, et n’a, suivant l’auteur, aucune saveur de miel.
- » Il recommande aussi d’opéier avec célérité, toujours sur de petites masses, et de purifier le charbon avant de s’en servir. Le moyen de préparer cette substance est de îa faire bouillir dans l’eau, de la laver à plusieurs reprises â l’eau froide, puis de la dessécher fortement.
- » Il propose aussi un autre procédé qui s’éloigne de l’intention du programme; par ce procédé on peut ajouter au miel jusqu’à partie égale de moût de raisin saturé, et réduit par l’évaporation à 22 degrés de densité. Mais, avant de l’employer, on le charge de gaz acide sulfureux , afin que cette espèce de sirop remplace l’eau acidulée prescrite dans la première opération dont nous avons parlé. L’auteur prétend avoir trouvé, par ce mélange, le meilleur moyen d’employer le sirop de raisin, puisqu’il en résulte, selon lui, une substance sucrée concrète d’une saveur excellente. Cependant, il avoue que certaines liqueurs auxquelles on mêle les sirops obtenus par l’un et l’autre de ces procédés, sont colorées en rouge; ce qui ne prouve pas qu’ils aient le degré de pureté désirable. En effet, lorsqu’on goûte son sirop , on y trouve la saveur et l’odeur de l’acide sulfureux; plus, un peu de l’arôme du miel.
- » Le même auteur décrit dans son mémoire des procédés de mutisme pour conserverie sue de betteraves pendant long- temps ; il propose ce moyen pour faire du sucre dans toutes les saisons, et pour éviter l’entassement considérable des betteraves qui produit l’altération d’une partie de ces racmcs. Il a envoyé une petite bouteille de ce suc qui paroit assez bien conservé.
- p.232 - vue 244/331
-
-
-
- ( 233 )
- » Le N°. 2 est un mémoire très-court, où l’auteur s’efforce de prouver que le noir d’ivoire est, de toutes les substances, la plus convenable pour purifier le miel ; son mode de purification consiste à etendre deux parties de miel dans trois parties d’eau ; on ajoute alors du blanc d’œuf et du noir d’ivoire, et I on cuit en consistance convenable. L’auteur agit ici différemment des autres concurrens qui font avec raison bouillir le moins possible, dans la crainte de décomposer le miel on de le colorer. Au surplus, il ajoute que son miel purifié n’a rien perdu de sa partie aromatique; ce qui prouve que l’auteur ne s’est pas bien pénétré des conditions du programme, qui exigent que le sirop de miel se rapproche le plus possible de celui du sucre de canne.
- » Le mémoireN°. 3, écrit avec beaucoup de soin, est une dissertation sur les parties constituantes du miel, et sur les tentatives faites jusqu’à ce jour pour en isoler le principe sucré. L’auteur, jugeant ces tentatives insuffisantes, s’est livré a de nouvelles recherches. C’est au lait de vache qu’il a eu recours, comme plus propre à s’emparer des parties acides coîo-rantes et aromatiques du miel. Il dit avoir trouvé dans cette substance animale tous les élémens convenables pour les enlever ou les neutraliser. Il assure que l’acide du miel s’unit à la partie caséeuse sans empêcher la clarification, et que le beurre s’empare de la partie aromatique et résineuse. Il ne parle point du sérum qui reste nécessairement mêlé au miel.
- » Nous avons répété ses expériences en opérant sur du miel de basse qualité, et nous avons acquis la preuve que le lait le clarifie et le décolore rapidement, mais qu’il ne lui enlève qu’une portion de son arôme. Ce miel, a'nsi purifié, mêlé de nouveau à de la crème et clarifié comme la première fois, a conservé à peu près la même odeur; ce qui nous prouve que le lait seul ne suffit pas pour isoler la partie sucrée du miel : le charbon sur lequel on verse le sirop encore bouillant, n’a rien changé à son arôme.
- » L’auteur du N°. 4 a aussi employé le lait pour purifier le miel, mais dans des proportions plus considérables; il y ajoute en outre du carbonate de chaux ef du sulfate d’alumine. Il laisse déposer ce mélange pendant vingt-quatre heures, après l’avoir fait bouillir légèrement ; puis il le passe et achève la cuite. Ce procédé n’enlève point l’arome du miel en son entier, comme l’auteur le dit lui-même dans son mémoire*, il pareil d’ailleurs trop dispendieux.
- » Le cinquième et dernier mémoire offre des moyens différens des précédons ; ou n emploie ni carbonates , ni sulfates, ni lait, ni acides : c’est un siii r e mélange de deux espèces de charbons, qui , avec quelques blancs d’œufs nécessaires pour la clarification, suffit, suivant l’auteur, pour
- p.233 - vue 245/331
-
-
-
- C =34 )
- purifier le miel II a essa}Té l’effet de tous les charbons, et il n’en trouve aucun qui puisse être comparé à ceux de bruyère et d’os réunis; il a purifié une très-grande quantité de miel , et en a vendu plus de i5,oco kilogrammes. Le maire de la ville qu’il habite atteste la bonté de ses sirops, et trouve qu’il ne leur reste qu’une légère saveur miellée ; il paroit aussi que l’auteur a opéré sur des miels communs, d’après ce qu’il annonce dans son rnémoire.
- Observations,
- » Des cinq coiicurrens dont nous avons examiné les mémoires , un seul a rempli une des conditions essentielles exigées par le programme, en envoyant des échantillons de miel brut et de miel purifié. Les autres s’en sont dispensé , et ont par conséquent beaucoup moins de droits au prix. L’auteur du N°. i auroit davantage satisfait aux autres conditions si le sirop qu’il présente eût été dépouillé entièrement de la partie aromatique du miel et de l’odeur d’acide sulfureux qui y restent toujours adhérentes. Il auroit même dû opérer sur du miel d’une qualité inferieure à celle de son échantillon, car il nous a paru assez agréable pour être employé dans l’usage domestique sans être purifié. L’intention de la Société est, au contraire, qu’on opère sur des miels analogues à ceux de Bretagne pour la couleur et l’odeur.
- » Le sirop qu’il a obtenu est presque sans couleur , fort transparent, et d’une cuite parfaite* Il y a tout lieu de croire qu’avec de nouveaux efforts ce concurrent parviendra au but qu’on désire. Quant aux autres mémoires, ils démontrent presque tous dans leurs auteurs des counois-sances étendues, ce qui doit faire espérer qn’en multipliant leurs expé-? riences, iis parviendront k isoler du miel la partie purement saccharine.
- » Le Conseil pense qu’il n’y a pas lieu , pour cette année, de délivrer le prix de 2000 francs, mais qu’il est nécessaire de le proroger jusqu’au mois de juillet iS14- Ce prix est trop important pour qu’on vous propose de le retirer. »
- Les conclusions de ce rapport ont été approuvées. En conséquence le prix pour la purification du miel a été remis au concours pour l’année 1814 •
- M. Baudrillart* été ensuite entendu , au nom du Comité d’agriculture , sur le prix proposé pour la plantation et la greffe du noyer.
- « Messieurs, vous avez appelé l’attention des cultivateurs sur la multiplication d’un arbre précieux pour l’économie domestique , pour les arts , et dont le bois ne peut être remplacé dans la monture des armes à feu. Le noyer, que les besoins de la consommation avoient fait disparoître clans plusieurs localités, n’étoit point cultivé de manière ken diminuer la rareté.
- p.234 - vue 246/331
-
-
-
- ( *35 )
- Il falloit lui rendre îa faveur que des arbres moins utiles avoient usurpée sur lui dans les plantations d agrément, ou que l’oubli de ses qualités lui a voit fait perdre dans les plantations rustiques. Ce fut 1 objet ou prix que vous avez proposé en iSog, et de 1 instruction que vous avez publiée sur les avantages de la culture de cet arbre. Votre appel a produit les bons effets que vous deviez en attendre. De grands propriétaires se sont empressés de faire de nombreuses pépinières, de nombreuses plantations de noyers, et ces exemples donnés par les riches cultivateurs ont exercé sur les autres une heureuse influence.
- » Le prix proposé en i8og a été remporté en 1811, et vous avez jugé à propos de le continuer, en ajoutant aux conditions du programme, que les coiicurrens justifieroient delà greffe sur une cinquantaine de sujets. L'inexécution de cette dernière condition fut le seul motif qui empêcha la Société, en 1812, de décerner le nouveau prix j car les plantations avoient été aussi multipliées que dans les années précédentes. Enfin, vous avez arrêté que ce prix, fixé d’abord à 3oo francs, seroit porté à 5oo, et que, pour être admis à concourir, il faudroit avoir planté huit cents arbres, au moins, à partir de l’automne 1811 jusqu’au ier. mai i8i5. La préférence a été promise à celui des cultivateurs qui, à nombre égal d’arbres plantés, auroit fait des essais sur la greffe, et introduit dans ses plantations le plus de noyers de l’espèce tardive.
- » Comme le prix n avoir été qu’ajourné , il étoit juste que les concurrens qui s’étoient présentés et qui n’avoient plus que quelques pas à faire pour atteindre le but, conservassent leurs droits. Votre décision leur en a assuré
- la garantie.
- » C’est par eux que nous commencerons le compte que nous avons à
- vous rendre.
- » Le premier concurrent pour 1812, étoit un habitant de la ville de Lourdes, département des Hautes-Alpes, qui avoit planté six cent quatre-vingts noyers ;
- » Le deuxième, M. Marcîon, propriétaire à Chiéry, département de i Aisne , qui en avoit planté six cent neuf ;
- » Le troisième étoit un propriétaire du département de l’Indre, qui, par 1 effet ü’une clause insérée dans les baux passés avec ses fermiers, étoit parvenu à taire planter sur oes domaines cinq cent quatre-vingt-dix-sept noyers ;
- » Le quatrième,. M. Esperon, propriétaire à Tours, dont les plantations fanes en 1812 seulement, se portaient à cinq cent quatre-vingt-un arbres 3 •
- » i^e cinquième, M. Caj'bonnety habitant de la commune de Mcrfy,
- p.235 - vue 247/331
-
-
-
- ( 1*6 )
- département de îa Marne, qui avait c abii une pépinière de six à sept cents jeunes p-anîs.
- » Ces anciens ron^urrens, à l'exception du dernier , n’ont point fait conn; ître uu'ÎL eussent augmenté leurs plantations dans la vue de répondre au nouveau programme de la Société, et dès^lors ils se trouvent hors du concours.
- » Les mémoires adressés pour i8i3, les seuls sur lesquels il reste à statuer, présentent les résultats suivans:
- » Le premier , qui a pour devise : fructu , non follls arborent œstîma? est de M. Carbonnet, dont nous venons de parler. Ce cultivateur, qui aroit annoncé l'année dernière avoir formé des pépinières de six à sept cents noyers, rapporte aujourd’hui un certificat des autorités locales, constatant qu’il a fa t un nouveau semis de plusieurs milliers de plants destinés à mettre en valeur un canton oii la culture est presque anéantie.
- » Le deuxième concurrent est M, Pomlés, maire de la ville de Saint-Anton n , département du Tarn et Garonne. Les certificats qu’il a produits établissent qu’il a planté dans l’hiver de 1812 à i8i3 , la quantité de cinq cent quarante noyers, ayant au moins 10 centimètres de grosseur, et que sur ce nombre, il en a été greffé quatre cent cinquante de l’espèce dite de la Saint Jean, et cinquante de quelques autres espèces, Il est à observer que la greffe n’étoit point pratiquée dans ce canton, et que l’exempe donné en grand par M. Pomlés , répond dignement aux vues de la Société.
- » Le mémoire N°. 3, portant pour devise : A fructihus eorum co^nosce-* ils eos, est de INI, Boissier Perrin , prêtre, demeurant à Saint-Bor doux , canton de Romans, département de la Drôme. Il contient de bonnes observations sur U culture du. noyer; mais il il’annonce pas que l’auteur en ait fait des plantations.
- » Le mémoire-N0. 4> qui doit particulièrement fixer notre attention, e t de M. Penières , ancien membre du Corps-Législatif, propriétaire à Auriac, département de la Corrèze. D’ap rès ce mémoire et les pièces dont il est appuyé, M. P e nié res s’est livré avec autant de soin que de succès à la eu h tire et à la greffe du noyer. E11 1804, il forma une pépinière de quinze cents plants, qu’il a successivement agrandie , de maniéré que , malgré les nombreuses extractions qui en ont été faites, elle contient en ce moment plus de sept nube sujets. C’est sur les propriétés de M. penlères que les premières tentatives de la greffe ont été faites dans le canton d’Auriac, et c’est de là quelle s’est propagée daes les environs. Ce propriétaire, déjà passionne pour une culture aussi utile , ne pou voit rester en arrière daus
- la
- p.236 - vue 248/331
-
-
-
- <
- 1^*7
- la concurrence que tous avez établie 3 aussi a-t-il répondu â votre appel de la manière laplus satisfaisante, il a plante ou grefte, depuis 1811 jusqu’au a5 mai 1813, plus d’un millier de noyers ayant tous les dimensions requises. La plupart de ces arbres sont de l’espèce tardive que la Société avoit recommandée. Un seul emplacement se trouve planté de six cents noyers à la distance de 12 mètres 3 et cette plantation , qui doit être augmentée de quatre cents nouveaux sujets, formera un quinconce de mille pieds de
- novers.
- » Ces résultats satisfont à toutes les conditions du programme.
- » Le mémoire N°. 5, appuyé de deux certificats, fait connaître que M Bourguignon , juge au tribunal civil de Lunéville , département de la Meurthe, a planté à demeure, sur ses propriétés, cinq cent trente-six noyers 3 qu’il a établi des pépinières qui Le mettront en état d’accroître ce nombre, et de le porter à huit cents dans l’automne prochain, et par la suite à un millier. Ce mémoire contient aussi quelques observations de pratique sur la culture du noyer.
- » Deux autres mémoires, qui renferment également des observations sur cet objet, ont paru mériter une mention dans ce rapport. Le premier est de M, Lezeret Lamaurinie, propriétaire à Cahors 3 et le second, de M. Guerel, cultivateur à Alby, département du Tarn.
- » Il résulte, Messieurs, du compte qui vient de vous être rendu, que M. Pénières, auteur du mémoire N°. 4 (année i8i3), a complètement rempli toutes les conditions du programme, tant par le nombre d’arbres qu’il a plantés, que par l’emploi de la greffe, et le choix qu’il a fait pour ses plantations du noyer de la Saint-Jean. Après lui, vient M. Pomiès, maire de Saint-Antonin, qui, sur les cinq cent quarante noyers qu’il a plantés, en a fait greffer cinq cents, quoique cette pratique ne fut point en usage dans le pays.
- « Le Comité d* Agriculture vous propose en conséquence de décerner à M. Pénières, ex-membre du Corps-Législatif, le prix de cinq cents francs, et à M. Pomiès, maire de Saint-Antonin, une médaille d’encouragement. »
- L’assemblée a adopté les conclusions de ce rapport. En conséquence , M. le président a proclamé M. Pénières, ancien membre du Corps-Législatif, demeurant k Auriac, département de la Corrèze, comme ayant remporté le prix de 5oo francs pour la plantation et la greffe du noyer. Une médaille d'encouragement a été accordée pour le même objet à M. Pomiès, maire de Saint-Antonin, département du Tarn.
- La séance a été terminée par la lecture des programmes des quatre nouveaux sujets de prix proposés par la Société^ savoir :
- Douzième année. Octobre 1813. H h
- p.237 - vue 249/331
-
-
-
- ( 258 )
- î°. Un prix de 600 francs pour lafabrication des tuyaux sans couture ? soit en fil de chanvre , soit en toute autre matière ;
- 2°. Un de 2000 francs3 pour lafabrication de la colle de poisson ;
- 3°. Un de 2000 francs , pour la salaison des viandes ;
- 4°. Un de 3000 francs s pour la dessiccation des viandes.
- Les deux premiers prix doivent être décernés en i8i5, et les deux autres en 1817.
- Les programmes de ces prix , ainsi que ceux des prix remis au concours, sont annexés au présent Bulletin.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport Jait par M. Delunel? au nom du Comité des Arts économiques , sur des Lampes dites Sydérales d?applique r présentées à La Société par JA. Bordier-Marcet.
- M. Bordier-Marcet, déjà avantageusement connu par les perfection-nemens qu’il a ajoutés à la belle découverte d'Argand > et dont les talens sont depuis long-temps appréciés de la Société, a présenté au Conseil des lampes quil nomme sydérales d’applique , et que vous avez renvoyées à l’examen de votre Comité des Arts économiques.
- Ces lampes , que leur dénomination sembleroit devoir assimiler aux lampes astrales du même auteur, se distinguent de ces dernières en ce qu’elles répandent la lumière sur l’horizon au moyen d’un réflecteur circulaire en cuivre plaqué dont la courbe dérive de la parabole.
- Le corps de la lampe sydérale d’applique est de forme triangulaire. Les côtés, disposés sur uu pian parabolique, sont en cuivre plaqué d’argent, faisant 1 effet de deux réflecteurs destinés à projeter la lumière parallèlement à la façade contre laquelle la lampe est appliquée. Le bec, qui est à courant d’air, est en avant du triangle ; il est surmonté d un réflecteur sydéral qui se réunit aux deux réflecteurs latéraux.
- U résulte de l’assemblage de ces réflecteurs des effets de lumière qui nous ont paru nouveaux et satisfaisans. Les deux angles de jonction présentent en avant et en arrière de l’appareil et parallèlement à la paroi dont il éclaire les faces latérales, un très-grand foyer de lumière^ et l’on est d’autant plus surpris que la lumière soit projetée dans ces directions, que le miroir latéral devroit la projeter de bas en haut, et le miroir sydéral dans
- p.238 - vue 250/331
-
-
-
- { 2^9 )
- une direction horizontale faisant un angle avec les deux positions où Ton reçoit ce foyer de lumière.
- La lumière est donc produite par le croisement de ces angles et par la répercussion des deux miroirs Pun sur l’autre : en sorte que chacun d’eux renvoie les rayons lumineux que l’autre lui a transmis*
- Cette double réfraction agit de la manière la plus utile. Sur toute la ligne parallèle à la façade , on aperçoit quatre feux distincts : la lumière directe, celle qui est produite par le réflecteur sydéral, la lumière latérale, et enfin celle qui résulte de la double réfraction des parties angulaires. Si l’on quitte cette ligne pour observer la lumière de quelque autre point du demi-cercle horizontal, au lieu de quatre lumières, on n’en aperçoit plus que deux, la lumière directe et la lumière sydérale; et si l’oeil est placé plus haut ou plus bas que l’horizon, on ne voit plus que la flamme directe. Ainsi, selon le point d’observation , la lumière est simple, double ou quadruple.
- Cette propriété de varier l’aspect de la lumière a frappé les spectateurs lors de l’expérience qui en fut faite au Café de la Rotonde, au Palais Royal, pendant l’été de 1812, et récemment dans l’église métropolitaine, expériences dont les journaux ont rendu compte.
- Les membres de votre Comité des Arts économiques se sont convaincus de ces avantages par les expériences qu’ils ont faites. Les lampes qui ont été présentées à leur examen étoient appliquées à des loges de portier pour éclairer des entrées d’hôtel et de grandes cours. A 100 pieds de distance plusieurs d’entre nous y ont lu de l’écriture ordinaire.
- Ces lampes ayant l’avantage précieux de recueillir les rayons de lumière qui seroient inutilement portés de bas en haut ou contre les parois latérales , et de les projeter dans la ligne parallèle ou sur la zone horizontale et circulaire , on obtient dans ces mêmes directions, où l’on en a le plus besoin, une quantité de lumière presque triple de celle qu’on obtient avec les antres lampes destinées aux mêmes usages.
- La lampe sydéraîe d’applique s’emploie sans aucune enveloppe pour éclairer les corridors, les allées, les passages, les vestibules qui 11e sont pas exposés à un courant d’air trop vif. Elle sert également bien pour éclairer des devantures de portes, des cours, des jardins, avenues, etc. Mais, dans ce cas, elle doit être renfermée dans un manchon ou enveloppe de verre bombé, dont M. Bordier nous a présenté différentes formes (1).
- O) Le prix de la lampe d’applique sans manchon est de 3o francs $ avec un. manchon de verre , de 60 à 100 francs. Les lampes sydérales de suspension se vendent depuis 3o franc®
- H h 2
- p.239 - vue 251/331
-
-
-
- ( 24o )
- Le Comité des Arts économiques a l’honneur de proposer au Conseil d’autoriser l’insertion du présent rapport dans le Bulletin. Il pense que sa demande sera d’autant mieux accueillie , que M. Bordier a déjà reçu plusieurs fois des témoignages de satisfaction de la Société, et qu’il y a tout lieu d'espérer que la continuité de ses travaux deviendra de plus en plus utile à l’art de l’éclairage.
- Adopté en Séance le 2,7 octobre 18i3.
- Signé Delunel, Rapporteur,
- CORRESPONDANCE.
- Paris , le 12 octobre j8i3.
- Le Ministre des manufactures et du commerce , comte de l’Empire, à MM. les membres du Conseil d’Administration de la Société d’Encoura-gement.
- « Messieurs , je viens de recevoir de MM. les préfets de l’Hérault et du Gard, des renseignemens que je leur avois demandés sur la culture du palma-christi et la fabrication de l’huile de ricin dans leurs département respectifs.
- » Vous verrez, par les extraits ci-joints, des lettres qu’ils m’ont adressées, que l’on doit considérer cette plante comme naturalisée dans leurs dépar-temens, et qu’ainsi la fabrication de l’huile qui s’extrait de ses graines est une industrie acquise pour la France. Comme elle a été l’objet de votre sollicitude, puisque vous avez accordé en 1812 , à M. Fournier, pharmacien à Nîmes, une médaille d’encouragement pour les succès qu’il avoit déjà obtenus, j ai pensé qu’il vous seroit agréable de connoître les détails contenus dans les extraits que je vous envoie,et que peut-être vous jugerez utile de les faire insérer dans l’un des prochains numéros du Bulletin de la Société d’Encouragement.
- » Recevez, Messieurs,l’assurance de ma considération distinguée. »
- Signé, le comte de Sussy.
- Culture du P aima- Chris ti, et fabrication de B Huile de Ricin
- Le palma-christi est connu depuis long-temps dans le département du Gard. Cette plante, qui servoit d’ornement à quelques jardins , s’y est perpétuée , moins par les soins qu’on a donnés à sa conservation, que par
- jusqu’à 36o francs , suivant la richesse des ornemens. M, Bordier-JAarcet} successeur KArgand y demeure rue du Faubourg Montmartre, N°. 4-
- (1) Extrait d’une lettre de M. le préfet du Gard relativement à cette culture.
- p.240 - vue 252/331
-
-
-
- ( 24‘ )
- la facilité arec laquelle elle se reproduit elle-même , en répandant au loin ses graines à l’époque où son fruit est mûr; elle étoit pourtant cultivée dans la commune d’Aramon, arrondissement de Nîmes, mais en petite quantité. Plusieurs causes s'opposaient aux progrès de cette culture ; l’huile de ricin étoit peu employée dans les pharmacies méridionales ; une mauvaise préparation la rendoit dangereuse , et on préféroit généralement celle qui avoit été fabriquée en Amérique. Ce n’est que lorsque les circonstances ont rendu nécessaire le remplacement des substances exotiques par les plantes indigènes, que l’on a songé à naturaliser le palma-christi dans ce département.
- C’est à M. Fournier , pharmacien de la ville de Nîmes , qu’est due la propagation d’une culture qui, depuis cinq ans, a pris d’assez grands accroissemens. Il commença, en i8o5, k faire ensemencer une certaine quantité de terrain , et il a employé chaque année le produit de sa récolte à la fabrication de l’huile de ricin. Il s’attacha en même temps à perfec. tionner ses procédés , et bientôt il parvint à soutenir la concurrence, pour la qualité et pour le prix, avec l’huile de ricin d’Amérique. Assuré du placement de ses produits, il offrit aux cultivateurs de se charger, à un prix avantageux, de la graine qu’ils récoîteroient. Cette offre en détermina plusieurs à se livrer à cette culture , et depuis cette époque elle a prospéré au point qu’on trouve des plantations considérables de palma-christi, même dans un très-grand nombre de jardins potagers.
- Les propriétaires qui ont donné le plus d’extension k la culture de cette plante, sont MM. de Seynes, membre du Conseil général du département.; de Possac, receveur municipal de la ville de Nîmes ; Lan ne, riche jardinier de la même ville; Jalaguier} F)onzeL Lecointe et Giraudy, propriétaires, et plusieurs autres dont les noms me sont inconnus.
- On peut évaluer à environ 600 quintaux la quantité de graine récoltée l’année dernière dans ce département. Les graines ont été vendues à des spéculateurs qui en ont approvisionné les pharmaciens.
- Jusqu’à présent M. Fournier a été le seul qui se soit occupé de la fabrication de l’huile de ricin dans ce département, et les soins qu’il a donnés à cette fabrication lui ont mérité une médaille qui lui a été accordée en 1812 par la Société d’Encouragement. 11 a livré au commerce, depuis le mois de septembre 1812 jusqu’à présent, deux mille huit cents bouteilles d’huile de ricin y pesant à peu près 42 quintaux.
- La consommation de cette huile devient tous les jonrsplu s considérable-Elle augmentera encore lorsque la culture du palma - christi sera plus répandue, et que l'abondance clés graines en fera diminuer le prix.
- p.241 - vue 253/331
-
-
-
- f "> /! 2 ^
- \ “i '
- Ex trait d'une Lettre de M. le préfet de l' Hérault.
- M. Jean Bernard, ex-pharmacien en chef des armées , domicilié à Beziers , et MM. Cassague et Andouard > pharmaciens à Agde , sont les seules personnes du département de l’Hérault qui se soient livrées à la culture du palma-christi, et à la fabrication de l’huile de ricin qui s’extrait des graines de cette plante.
- Le premier, M. Bernard, déjà connu par les nombreuses expériences qu’il a faites sur le sirop de raisin et l'emploi de ce sirop dans les conserves et les confitures, cultive depuis sept ans, avec le plus grand succès, la graine du palma-christi. Pendant les quatre premières années, il a récolté, année commune, environ 15 quintaux métriques de graines, qui lui ont donné, pour les quatre années, à peu près 24 quintaux métriques d’huile de ricin. La cinquième année, il a augmenté sa culture, et il a récolté vingt-quatre quintaux métriques de graines, dont le produit en huile a été de 8 quintaux métriques environ. La sixième et la septième années, il a récolté 3o quintaux métriques de graines ; il s’en est procuré 15 quintaux : ce qui l’a mis dans le cas de verser dans le commerce 55oo bouteilles d’huile ^ outre 5oo environ qu’il s’occupe de fabriquer avec le reste des graines de ces deux récoltes. Enfin on peut évaluer par aperçu le poids de celles qu’il récoltera cette année, à 40 ou t±5 quintaux métriques.
- Les deux autres, MM. Cassagne et Andouard, ne se sont livrés à la culture du palma-christi que pour obtenir une quantité de graines qui pût leur fournir l’huile de ricin qu’ils débitent dans leurs pharmacies respectives. Néanmoins,on évalue à trois quintaux métriques environ, le poids de celle qu’ils ont fournie chaque année à la consommation de la ville et du canton d’Agde.
- Le sénateur François de Neufchâteau , comte de l'Empire, à M. le sénateur Chaptal, comte de Chanteloup , président de la Société d3Encouragement.
- M. le président et cher collègue, la Société d’Encouragement sest occupée plusieurs fois avec intérêt des bruyères de la Campine, et des moyens de tirer parti de ce vaste désert, même avant qu’il fût redevenu français.
- En l’an XIII, la Société entendit un rapport court et substantiel, de M. Coquebert de Montbret, sur un mémoire de M. de Wallers, spécialement relatif aux bruyères des Deux-Nèthes. Cet excellent résumé se trouve imprimé dans la troisième année du Bulletin, N°. XI, pages 265-268,
- p.242 - vue 254/331
-
-
-
- En 1809 5 MM. de Lcisteyrie et Baudrillart ont fait à la Société un autre rapport sur un mémoire de M. Nebel-Crépus, tanneur à Malmédy , qui se plaignoit de la pénurie des écorces de chêne, et qui proposoit d’assurer à l’avenir la prospérité des tanneries du département de l’Ourthe, en mettant en bois de chêne les bruyères de ce département.
- Dans la même année 1809* la Société d’Emulation et d'Agriculture de l’arrondissement de Clèves mit au concours cette question : « Quels sont les moyens de rendre les bruyères, terres vagues et vaines , le plus , et le plus promptement productives? » La Société d’Encouragement inséra en entier le programme de ce prix dans son Bulletin du mois de juillet, page 212-21et dans celui de décembre , page 545-348 , la Société s’empressa de consigner les observations très-intéressantes faites sur ce programme par M. de Chassiron, membre du Conseil d'administration, qui jugeoit avec raison que la question de la prospérité agricole de la France étoit liée à la question proposée particulièrement pour les 70,000 hectares ou les 200 mille arpens de bruyères du seul arrondissement de Clèves,
- Ces bruyères et celles du département des Deux-Nèthes ne sont qu’une foible partie de la Campine proprement dite, qui, depuis l’époque de ces premiers mémoires, a été toute incorporée au territoire français, par le sénatus-consulte du 24 avril 1810, rendu sur le rapport fait au Sénat par une Commission dont j’avois l’honneur d’être l’organe. Je fis pressentir dès-lors que cette réunion seroit utile à ce pay^s , depuis long-temps inculte et abandonné, et qui n’auroit jamais pu sortir de cet état tant qu’il auroit continué d’appartenir à plusieurs puissances entre lesquelles il étoit morcelé.
- La portion la plus considérable se trouve aujourd’hui dans l’arrondissement de la sénatorerie de Bruxelles. Je l’ai visitée cette année, dans le plus grand détail, et je crois en avoir rapporté des notions positives sur les moyens les plus propres à vivifier 400 mille hectares de sables actuellement incultes et susceptibles néanmoins de la même culture et de la même population que les parties adjacentes de la Belgique, dont les plus fertiles, comme le pays de Yaës lui-même, n’étoient aussi jadis que du sable et des bruyères.
- Lu des premiers fruits de mon voyage a été le projet de dessécher le grand marais du Peel, qui occupe à lui seul i5 ou 20 lieues de la Campine. Sa circonscription enveloppe : i°. au nord , dans le bas du marais, les justices de paix de Kavenstein et Boexmer , arrondissement de Nimègue y 2°. à l’ouest, en remontant , les justices de paix de Gemert, Helmond et Asie», arrondissement d’Emdhoven ; 3°. dans la partie supérieure du
- p.243 - vue 255/331
-
-
-
- marais., au sud, les justices de paix de Werth, Ruremonde et Venloo, arrondissement de Poire monde i enfin, à l’est, en descendant le long de la Meuse, les justices de paix de Horst et de Goch, arrondissement de Clèves.
- Au surplus, j’ai exposé sommairement les résultats de ma tournée dans les bruyères et mes vues sur le Peeî, dans la demande que j’ai adressée à M. le baron Frcmhi de Beaumont 3 préfet du département des Bouches-du-Rhin. J’ai à me louer de l’accueil fait à ma pétition par M. de Beaumont, qui s’est empressé de seconder mon vœu par un arrêté imprimé. J’ai l’honneur de vous transmettre, M. le président, des exemplaires de cet arrêté. J’espère que l’utilité du projet vous paroîtra n’être pas indigne de l’attention de la Société d’Encouragement. J’en serai flatté pour la chose même. Je n’ai ici d’autre mérite que d’avoir été sur les lieux examiner les besoins du pays, et d’autre ambition que d’ètre l’écho de la voix publique.
- Je désire particulièrement votre suffrage , M. le président et cher collègue , et vous prie aussi d’agréer la nouvelle assurance de ma haute consi» dération et de mon sincère attachement.
- Signé 3 le sénateur comte François de Neufçhateau,
- Paris , le 4 octobre i8i3.
- Par suite des vues que M. le sénateur comte François de Neufçhateau développe dans la lettre que nous venons de transcrire, il a obtenu des autorités de Boulogne-sur-Mer un congé temporaire en faveur du sieur Philippe 3 architecte de la ville. Il a délégué cet architecte à l’effet de lever le plan, constater les nivellemens , reconnaître enfin le parti à tirer du marais du Peel. Il espère que MM. les préfets de la Roër et de la Meuse-Inférieure voudront bien provisoirement autoriser le sieur Philippe à suivre ces opérations dans la partie du marais située dans leurs départemens respectifs. Telle est la détermination qu’a prise à cet égard M. le baron Fremirt de Beaumont, qui, par un arrêté en date du 12 septembre dernier, a chargé le sieur Philippe de la suite des opérations, et a invité les sous-préfets , maires et habitans des communes de son département, k le seconder de tous leurs moyens.
- S, Ex. le Ministre de l’Intérieur a approuvé Parrêté de M. le préfet des Bouches-du-Rhin.
- A Paris 3 de l’Imprimerie de Madame HUZAR.D (née VALLAT LA CHAPELLE),
- rue de l’Eperon , N®. 7«
- p.244 - vue 256/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. ( N°. CXIII. ) NOVEMBRE t8iS.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- — 1 1 «.l'.MMJmn .!... .
- ARTS MÉCANIQUES.
- R appo rt fait par M. Molard, au nom du Comité des Arts
- Mécaniques , sur un métier à tisser les étoffes à la îiavette
- volante , exécuté par M. Bouillon.
- M. Bouillon , fabricant d’étoffes, rue du Faubourg Saint-Denis, N°. i44* vous a informé qu’il avoit imaginé un procédé pour tisser des étoffes de toute largeur, qu’il croit digne de votre approbation, tant à cause de la facilité qu il procure à l’ouvrier pour lancer la navette, que par la simplicité du mécanisme, qui peut s’adapter presque sans frais à tous les métiers ordinaires.
- Pour nous assurer des avantages que M. Bouillon attribue au procédé de tissage qu’il vient d’imaginer, nous nous sommes transportés dans ses ateliers, où nous avons trouvé plusieurs métiers à tisser de sa composition, parmi lesquels trois étoient déjà en activité.
- On tissoit sur le premier une pièce de calico de \ d’aune de largeur ; sur le second, une pièce de a aunes et sur le troisième, deux pièces de la largeur chacune de | d’aune, placées l’une à côté de l’autre , et séparées par un intervalle de 40 à 45 centimètres, lorsque les navettes ont n5 à 3o centimètres de longueur.
- Le fil de coton employé pour chaîne à la fabrication de ces calicos est du N°. 55, et celui pour trame du N°. 70.
- L’ouvrier qui travailloit sur le premier métier plaçoit soixante-douze duites par minute , ce qui produit un peu plus de deux aunes d’étoffe par journée de douze heures de travail. Celui qui conduisoit le métier, lan-çoit quarante fois la navette par minute, ce qui donne \ d’aune par jour.
- A l’égard du métier propre à fabriquer deux pièces à la fois , il nous a
- O onzième année. Novembre 1813. I i
- p.245 - vue 257/331
-
-
-
- C ^46 )
- paru qu’un tisserand pourroit faire, par ce moyen, un tiers de plus d’ouvrage que sur le métier à une seule pièce , et qu'on peut apprendre à s’en servir dans l'espace d'un jour, lorsqu’on sait tisser à la manière ordinaire.
- Ces métiers sont également propres au tissage des fils de lin et de chanvre.
- Nous ne ferons ici aucune comparaison de la quantité d’étoffe fabriquée sur les nouveaux métiers, avec celle qu’on obtient avec les métiers généraient; nt en usage, parce que ces quantités varient suivant l’habileté des ouvriers; nous nous contenterons d’expliquer en quoi les nouveaux métiers diffèrent de ceux connus jusqu’à présent.
- M. Bouillon a logé dans une rainure pratiquée dans l’épaisseur du dessus de chasse, une pièce carrée de bois dur, de 3o centimètres de longueur, armée à ses deux extrémités de tringles de fer terminées chacune par une corde fixée au taquet ; cette pièce de bois porte, vers le milieu de sa longueur , une poignée au moyen de laquelle l’ouvrier peut la faire aller et venir d’une quantité déterminée avec la main droite, pour lancer la navette, tandis qu’il se sert de la main gauche pour presser chaque duite par autant de coups de chasse. De cette manière la main de l’ouvrier employée à lancer la navette, étant appuyée sur la chasse , se fatigue beaucoup moins que lorsque l’ouvrier est obligé de tenir son avant-bras dans une position horizontale , et d’employer en même temps beaucoup de force pour produire le même effet.
- On sent que lorsqu’il s’agit de lancer plusieurs navettes à la fois avec le même mécanisme, il est nécessaire que les tringles soient munies du nombre de cordes convenable pour manoeuvrer les taquets.
- Un autre objet a fixé notre attention. Les taquets, dans les métiers de M. jBouillony ne sont maintenus et guidés dans les boîtes que par un tenon h queue d’aronde ; par ce moyen l'auteur est parvenu à supprimer les tringles placées au-dessus des boîtes et traversant l’épaisseur des taquets , et par conséquent à diminuer beaucoup leur frottement.
- On voit, d’après cet exposé, que les changemens cjue M. Bouillon a faits au métier à tisser étant renfermés dans le corps de la chasse, peuvent être adaptés à peu de frais à tous les métiers déjà établis ; qu’il est constant qu’ils sont de nature à procurer beaucoup de facilité à l’ouvrier pour lancer la navette , et que les métiers ainsi organisés doivent avoir un avantage marqué sur ceux qui sont généralement usités.
- En conséquence, votre Comité des Arts mécaniques vous propose de faire mention, dans votre Bulletin, des perfectionnemens imaginés par M. Bouillon.
- Adopté eu Séance 3 le 27 octobre 1813.
- Signé Molard , Rapporteur.
- p.246 - vue 258/331
-
-
-
- ( 247 )
- Rapport fait par M. Boutard, sur un Polygraphe exécuté
- par M, J. B. L’Hermite.
- Le polygraphe , d’invention anglaise , importé par M. J. B. U Hermite, est, presque sans nul changement , une application à l’écriture courante du procédé de calque employé par les dessinateurs ; la seule différence, si même cela peut être considéré comme une modification , est, qu’avec le polygraphe , on trace simultanément l’original et le fac simile.
- Pour cela , M. UHermite place une feuille k calquer chargée de noir des deux côtés, entre le recto d’un feuillet de papier blanc ordinaire , et le verso d’un feuillet de papier légèrement huilé et rendu ainsi transparent. Les caractères qu’il trace ensuite avec un poinçon d’acier, s’impriment à la fois dans leur sens sur le recto du feuillet de papier ordinaire, et , à contre-sens, sur le verso du feuillet transparent : en sorte qu’ils repa-roissent et se lisent dans le sens ordinaire au recto de ce dernier. Si en même temps on place une autre feuille k calquer, chargée de noir d’un seul côté , entre le verso du feuillet non transparent et le recto d’un second feuillet aussi de papier ordinaire, l’action du poinçon est assez forte pour imprimer les caractères sur ce second feuillet : en sorte que l’on obtient à la fois trois épreuves du même écrit y deux sur papier ordinaire , et une sur papier transparent.
- M. U Hermite assure que le noir dont il charge ses feuilles k calquer est tel, qu’une seule de ces feuilles suffit pour écrire cent cinquante lettres d’une page et demie. L’expérience et le temps peuvent seuls nous donner une garantie entière sur ce point. Cependant nous pouvons dire que l’examen que nous avons fait de la composition de son noir, nous donne lieu de penser que ces feuilles sont d’un assez long usage.
- Nous nous sommes assurés que les caractères tracés au polygraphe résistent, sans éprouver d’altération sensible, k un frottement plus fort que celui auquel sont ordinairement exposées les écritures; ils s’impriment tellement sur le papier, qu’au bout de peu de jours le grattoir ne peut les effacer entièrement. Ces caractères sont partout nets et lisibles , alors même que l’écriture est très-fine.
- Le polygraphe a remplacé, à ce qu’il paroît, en Angleterre, la presse k contre-épreuver les lettres, avec laquelle il n’a, comme on voit, aucun rapport. Ce nouveau procédé est en effet plus expéditif, et l’appareil qu’il comporte est moins dispendieux , moins volumineux, et d’un usage beaucoup plus facile , surtout en voyage.
- I i 2
- p.247 - vue 259/331
-
-
-
- ( 248 )
- Cet appareil consiste en quelques feuilles de papier diversement prépa-*' rées, ainsi qu’on l’a vu plus haut ; en un poinçon d’acier , dont la forme est à peu près celle d’on crayon ordinaire ; et en une petite tablette de tôle vernie, dont une simple planche;, ou toute espèce de table bien, dressée, peut tenir lieu.
- Le tout, en assez grande quantité et proprement renfermé dans un carton , ne coûte que 3o francs (i).
- Rapport fait par M. Regnier, sur un nouveau Polygraphe présenté à la Société par de la Cliabeaussière.
- On a cherché depuis long-temps les moyens d’écrire deux lettres à la fois, à l’aide d’une machine adaptée à cet usage. On voit au Conservatoire des Arts et Métiers une de ees machines , qui nous vient des Anglais. On leur doit également une presse à calquer les lettres , composée de deux cylindres entre lesquels on passe un livret renfermant l’objet qu’on désire copier ; mais l’emploi de cette espèce de laminoir assez connu exige une encre particulière, du papier très-fin et non collé , et une boîte h humecter ce papier • il faut des soins pour faire des copies de cette manière , et Fou n’en obtient jamais qu’une seule , qui n’est lisible que par la transparence du papier.
- M. Rochette, opticien à Paris, présenta, il y a quelques années, à la Société, un poly graphe de son invention , en forme de pantographe. Cet instrument, très-ingénieux, remplit bien son objet; mais comme il doit être exécuté avec beaucoup de soin, il devient par-lkmême assez dispendieux.
- Le polygraplie de M. de la Chabeaussï'ere est plus simple; on pourroiî même le considérer plutôt comme un procédé que comme une machine.
- description.
- Ce nouveau polygraphe est composé , i°. de deux plumes ordinaires ou de métal, fixées l’une et l’antre dans de petits tuyaux en argent ou en fer-blanc , réunis par deux traverses parallèles de même métal qui laissent entre les plumes un espace de 4 lignes d’écriture ; 2°. d’une boîte cubique qui, s’ouvrant à charnière, forme un pupitre dont la surface intérieure est revêtue de drap ou de maroquin ; 3°. d’une petite bande transversale en acier, couverte de drap, terminée à fourchette par ses extrémités pour s’engrener dans deux crémaillères adaptées aux côtés du pupitre; 4°* d’une
- (i) M. If H ermite demeure rue Notre-Dame des Victoires. N°. 34>
- p.248 - vue 260/331
-
-
-
- ( 249 )
- pince à boucle qui agrafe une feuille de papier rouïee sur la bande d’acier' 5°. d’un pptit poids suspendu au cordonnet d’une poulie qui donne une tension convenable à la feuille de papier supérieure • 6°. enfin d’une règle en bois attachée au bas du pupitre , et sous laquelle est collée une feuille de papier rayé, pour servir de réglet à la seconde feuille inférieure, sur laquelle la main se porte pour écrire.
- Usage.
- Lorsque les deux feuilles de papier sont bien disposées, on tient la plume inférieure entre les doigts à la manière ordinaire, et on accorde la plume supérieure, de sorte qu’elles puissent porter ensemble leur bec sur leurs feuilles respectives. A mesure qu’on a à écrire deux lignes , on déroule la feuille supérieure, on remonte l’inférieure , et on continue ainsi l’opération jusqu’au bas de la page.
- On sent bien que si l’on fait une erreur sur l’une des pages , cette erreur se répète sur l’autre ^ mais cet inconvénient peut, dans de certaines transactions, devenir très-utile pour reconnoître la véritable copie. Ainsi cette manière d’expédier peut avoir des avantages, mais elle exige de l’habitude ; car la meilleure main qui s’en serviroit n’auroit pas une aussi bonne écriture qu’en employant une seule plume.
- Quoi qu’il en soit, le polygivphe de M. de la Chabeaussière est le plus simple de tous ceux que l’on connoît, et comme il offre un moyen de plus pour accélérer les écritures, nous pensons que ce nouveau pupitre mérite d’ètre connu par la voie du Bulletin de la Société. C’est une nouvelle idée qui ne fait que de naître, et que le temps et l’expérience peuvent perfectionner.
- Adopté en séance le 27 octobre t8i3.
- Signé Regxïer , Rapporteur.
- Note sur la Stérèotypie ? par JM. Molard.
- Nous avons inséré dans le N°. CX1 du Bulletin , septembre i8i3, à la suite d’un article dans lequel nous avons rendu compte de plusieurs objets adressés à la Société par M. le baron de Fahnenberg, une note écrite en 1769, de la main de M. d’Annières, conseiller intime de Frédéric-le-Grand.
- Cette note a été renvoyée à l’examen de M, Molard. Voici les observations qu’il a présentées au Conseil sur les faits qui y sont consignés.
- L histoire de la stéréotypie et des procédés de poîy typage, par M. Camus,
- p.249 - vue 261/331
-
-
-
- ( a.5o )
- nous apprend qu’on faisoit usage à Paris, dès la fin du XVIIe. siècle, du premier procédé indiqué par M. d’Annières , et que l’imprimeur Valleyre se servoit de planches fixes au commencement du XVIIIe. siècle.
- La meme histoire rapporte, d’après plusieurs auteurs, que, de 172.5 à 1737, William Ged, écossais, imprima des livres avec des planches moulées d’une seule pièce pour chaque page, et que, pour y parvenir, il couîoit, sur la planche de caractères mobiles, une composition de plâtre qui uevenoit un inouïe, dans lequel il versoit de la matière de caractères d’imprimerie, d’où il résultoit une planche solide avec laquelle on impri-moit. Ainsi le premier procédé imaginé ou proposé en 1769 par M. d’An-nières, étoit connu et pratiqué long-temps auparavant.
- Ce procédé de stéréotypie a été appliqué à la gravure , comme l’avoit prévu M. d’Annières ; mais cette opération n’a eu de succès, jusqu’à présent , que pour les planches de petites dimensions.
- À l’égard de la méthode que propose M. d*Annières à la fin de sa note , de composer avec des caractères mobiles en creux, pour obtenir des planches solides qui serviroient à tirer des exemplaires , elle se présentoit naturellement ; mais autant elle étoit facile à imaginer dans la spéculation , autant son exécution parfaite exigeoit qu’on surmontât de difficultés.
- Plusieurs artistes français assurent avoir médité sur les moyens de composer de cette manière des planches solides ; quelques-uns même ont publié des mémoires pour réclamer l’invention de cette méthode ; mais M. Herhan, imprimeur à Paris, est le premier, à notre connoissanee , qui ait réalisé ce procédé.
- Pour y parvenir, il a d’abord fondu des caractères en creux sur le poinçon original d’acier ; mais cette opération avoit l’inconvénient de dérober à l’œil les défauts de l’empreinte : de sorte que ce n’est qu’après avoir obtenu des planches solides par l’opération du cliché qu’on pou voit les reconnoître. D ailleurs , ces matrices fondues s’allongeoient sensiblement et inégalement, au point qu’elles 11e pouvoient produire qu’une, et au plus deux bonnes planches solides ; toutes les autres donnoient une impression inégale.
- On crut pouvoir remédier à ce défaut en frappant à froid des épaisseurs de caractères fondus : l’empreinte étoit nette; mais, à la fonte,on a rencontré le meme inconvénient que présentent les matrices fondues.
- Alors, M. Herhan prit le parti de composer les matrices mobiles en cuivre rouge, et, ne pouvant les fondre sur les poinçons, il passa chaque épaisseur de lettre dans des filières, et, après les avoir coupées de hauteur, il les frappa à froid,
- p.250 - vue 262/331
-
-
-
- ( 251 )
- C’est avec ces matrices de cuivre qu’on compose , et que l'on obtient le nombre de planches solides nécessaire et sans aucun défaut j s’il s’en trouve quelqu’un , la correction en est facile , au moyen de machines établies à cet effet.
- Ce procédé, qui ne laisse plus rien à désirer quant à la perfection des résultats, et dont on fait usage depuis quinze ans, a exige, pour le succès de l’entreprise , la composition de plusieurs outils et machines fort ingénieux, et sans lesquels cet important problème n’auroit pas été résolu.
- La filière, par exemple , devoit avoir la propriété de donner toutes les épaisseurs, qui sont au nombre de cent cinquante-quatre pour chaque alphabet, et de conserver chacune de ces épaisseurs, afin que F approche de chaque lettre fût rigoureusement la même.
- Des machines fort ingénieuses ont été inventées pour enfoncer, à une égale profondeur, le poinçon d’acier dans les parallélipipèdes de cuivre , pour en former des matrices en creux sans les déformer, et éviter la rupture du poinçon, pour remplacer les lettres défectueuses des planches solides par des lettres mobiles soudées parle pied, etc.
- Dans les années IX, X et XI, M. le comte de Schlaberndorff, prussien, aimant les arts, et saisissant toutes les occasions de les faire prospérer , a facilité , par sa fortune , le grand établissement monté à Paris par M. Herhan, Il a même envoyé à Berlin tous les essais et descriptions nécessaires pour rintelligence du procédé.
- Il y a douze ans environ que les Anglais se sont livrés par imitation à des travaux de stéréotypie de ce genre. Plusieurs Français, amateurs de la typographie, ont vu des ouvrages stéréotypes assez parfaits sortis des presses anglaises.
- Description d’un moyen imaginé par M\ W. Doughty, pour augmenter la force et la vitesse des Machines (i).
- Les moyens de varier les vitesses des machines par rapport au premier moteur trouvant à chaque instant leur application, nous avons pensé que celui qu’a imaginé M. Doughty , et pour lequel il a obtenu une patente le j 2 février 1810, méritoit d’être publié par la voie du Bulletin.
- L’auteur assure que ce moyen peut être appliqué avec avantage aux machines à filer la laine, le coton , le chanvre, le lin, à battre le blé, etc., et en général à tous les mouvemens circulaires, tels que moulins, tours , meules à émoudre, treuils, etc. Voici comment il le décrit.
- (i) Extrait du Repertory of Arts and Manufactures , cahier de mai i3îi.
- p.251 - vue 263/331
-
-
-
- ( 232 )
- A 3Jig. 6, VL io4 3 est un cercle denté intérieurement * B est une roue placée au centre du système; cette roue reçoit immédiatement le mouvement du premier moteur qui est représenté ici par la bielle H ; C et D sont des roues de renvoi qui engrènent dans le cercle A et dans la roue B ; elles sont montées chacune sur des axes fixés aux extrémités d’un levier double F ^fig. 7 , qui lui-même est solidement attaché à 1 arbre E. Sur la roue B est fixé un bras de levier coudé \3jig- 8 , qui imprime à cette roue son mouvement de rotation et la fait tourner librement sur l’axe ou arbre G ; cette roue transmet son mouvement aux roues de renvoi C et D, qui parcourent l'une et l’autre l’intérieur du cercle denté A: par ce moyen , dit M. Doughty 3 la résistance sur l’arbre E se trouve diminuée.
- Les diamètres du cercle À et des roues B , G et D, sont tels que l’effet obtenu est comme quatre à un, la roue B faisant quatre révolutions pendant que l’arbre E n’en fait qu’une. Ces diamètres seront toujours en raison delà puissance requise , c’est-à-dire 3 que lorsqu’on veut obtenir un effet de sept , par exemple , la roue B sera au cercle A comme six est à un , et les roues C et D seront en raison de la distance entre A et B.
- La Jig. 9 représente le même moyen , mais différemment disposé , pour augmenter la vitesse des machines.
- A est un cercle denté intérieurement comme le précédent ; B est la roue centrale montée sur l’arbre E3fig> 10. C et D sont des roues de renvoi, tournant librement sur des axes fixés à chaque extrémité du levier double F, fg. 11. Ces deux roues forment ici le premier moteur ; elles reçoivent leur impulsion de la bielle H, et font faire à la roue B, montée sur l’arbre E, quatre révolutions pendant que son axe 11’en fait qu’une ; cet axe se meut librement en G sur l’arbre E.
- L’auteur annonce que cette combinaison permet d’obtenir des axes telle puissance en vitesse qu’on désire, en proportionnant le diamètre des roues à cet objet. Si l’on augmente le nombre des roues C et D en raison des torons, on peut l’appliquer aux machines à commettre les câbles, ou à tout autre usage. ( Daclin. )
- p.252 - vue 264/331
-
-
-
- ( 255 )
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport Jait par M. Clément 7 au nom du Comité des Arts Chimiques , sur des observations de IA, Alîuaud , relatives à la dessiccation des Châtaignes dans le département de la Haute-V ienne.
- S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Commerce a transmis à la Société un deuxième mémoire de M. Alluaud, sur la dessiccation des châtaignes, et a demandé l’avis de la Société sur ce mémoire.
- Un rapport du Comité d’Agriculture , sur un premier mémoire de M. Alluaud, avoit conseillé l’emploi des séchoirs espagnols dans le département de la Haute-Vienne3 comme bien supérieurs pour les résultats 3 et plus économiques que ceux qui sont usités daus les Cévennes.
- M. Alluaud a pensé que les séchoirs à courant d’air chaud, sans mélange de fumée 3 étoient les seuls qui fussent convenables pour la dessiccation des châtaignes destinées à la fabrication du sucre. Il n’appuie cette opinion que sur une seule expérience très-petite qu’il a faite à Paris, et qui n’a pas donné de résultats satisfaisans3 mais il est possible que la cause de ces mauvais résultats ne soit pas la fumée à laquelle les châtaignes ont été exposées , et qu’elle réside dans quelques autres circonstances inaperçues. Il auroit fallu que d’autres expériences en grand eussent confirmé ce soupçon, pour que l’on se déterminât à adopter exclusivement les étuves à courant d’air atmosphérique pur, étuves dont la dépense est beaucoup plus grande que celle des séchoirs espagnols.
- Assurément, il est possible que la fumée nuise à la qualité du sucre que contiennent les châtaignes; mais il fauclroit bien constater ce fait, et, s’il se trouvoit véritable , ce seroit un grand obstacle à la fabrication que l’on se propose.
- Les étuves à courant d’air pur sont d’un établissement coûteux et d’un effet bien moindre que ne le croit M. Alluaud. Celles que M. Curaudeau établissoit â Paris coûtoient 2000 francs pour la tôle seulement, sans compter la mâçonnerie : est-il croyable que, dans un pays aussi pauvre que le département de la Haute-Vienne, on puisse établir spontanément de ces étuves en nombre suffisant pour dessécher des quantités de châ«* taignes aussi grandes que celles dont ou a besoin?
- M. Alluaud propose , il est vrai, de profiter du feu des fourneaux à fer pour échauffer les étuves. Cette idée est juste 3 mais comment déter-Douzième armée. Novembre 1813. K k
- p.253 - vue 265/331
-
-
-
- ( *54 )
- miner remploi de ce mode de dessiccation? Les frais de transport ne s'y opposeroient-ils pa3 d’une manière presque absolue ?
- La question que M. Alluaud discute sur la dessiccation des châtaignes^ est une question d'économie locale, dont les habitans de la Haute-Vienne sont les meilleurs juges.
- On peut dire cependant , avec justice , que les principes de M. Alluaud sont conformes à la bonne physique; mais cette considération ne suffit pas quand il s’agit d'établissemens de commerce. Leur convenance dépend de bien d’autres données, qui ne peuvent être bien appréciées que par les personnes intéressées. Ce que l’on peut dire en général sur l’application des procédés nouveaux, c’est qu’ils doivent exiger de très-petits capitaux pour être plus généralement répandus ; et c’est pourquoi le Comité d’Agriculture avoit, avec grande raison, recommandé le séchoir espagnol.
- Votre Comité des Arts chimiques vous propose de décider quaussitot qu’on aura des châtaignes nouvelles , on fera des expériences pour constater l'influence de la fumée sur le suçre de châtaigne ; alors seulement on pourra renoncer aux séchoirs ordinaires , si la fumée est nuisible, et chercher à établir des séchoirs à courant d’air pur.
- Votre Comité vous propose en outre d’adresser une copie de ce rapport à S. Ex. le Ministre du Commerce et des Manufactures.
- Signé, Clément , Rapporteur*
- Adopté en Séance le 21 Juillet 1813.
- Notice sur la Récolte des Châtaignes et Description des Cledos ou Séchoirs en usage dans les Cévennes, par M. DMlombres Firinas.
- Le bâtiment destiné à faire sécher les châtaignes, qu’on appelle cledo dans les Cévennes, est toujours séparé du reste de l’habitation, dans la crainte du feu, qui malheureusement n’est que trop fondée. Sa forme est un carre, ou plutôt un carré long ; sa hauteur est de 5 à 6 mètres ; sa longueur et sa largeur sont proportionnées à la quantité de châtaignes récoltées annuellement.
- Il est partagé en deux parties par un rang de poutres sur lesquelles sont posées des claies carrées, formées de baguettes de la profondeur du doigt, entrelacées ensemble. C est de ces claies, cledos en patois, que le bâtiment entier tire son nom, ainsi que î homme chargé de la dessiccation (le cledier). Les fenêtres qu on fait à ce bâtiment, quand on le destine h d’autres usages 3
- p.254 - vue 266/331
-
-
-
- comme je le dirai ci-après, doivent être fermées lorsque les châtaignes y sont ; on laisse seulement quelques trous ouverts au haut des murs par lesquels sort la fumée. La porte de l’étage supérieur est à cinq décimètres au-dessus des poutres , afin qu’on puisse y entrer sans que les châtaignes se répandent dehors. Pour l’ordinaire, outre cette porte, on fait dans le mur une ouverture évasée extérieurement, par laquelle on verse les sacs dans le séchoir ; on n’y entre alors que pour étendre les châtaignes et pour les retourner, et il se perd moins de chaleur.
- La récolte des châtaignes varie beaucoup d’une année à l’autre ; tel propriétaire qui compte en recueillir cinquante saîmées n’en aura pas vingt, s’il vient à pleuvoir lorsque les chatons sont en fleur, s’il fait de gros vents lorsque les hérissons se forment, si l’été trop chaud les dessèche et les fait avorter. Je supposerai, pour les détails dans lesquels je vais entrer, une réccbe de 5o salmées de châtaignes : l’étendue de terrain qu’occupe une châtaigneraie capable de fournir cette quantité, est assez considérable dans un pays de montagnes; c'est terme moyen, si l’on peut s’exprimer ainsi, ce que possède un Cévennol aisé. Voyons le temps, le nombre de personnes, le combustible et les proportions du séchoir nécessaires pour cette récolte.
- Il y a plusieurs espèces de châtaigniers plus précoces les uns que les autres. Les arbres qui croissent au sommet des montagnes, à des hauteurs diverses, sur des revers opposés, ou dans les vallons, éprouvent une température différente ; et de même que ceux qui sont plantés dans des terrains plus ou moins pierreux, plus ou moins humides, ils ne donnent pas leurs fruits en même temps, quoique de la même espèce. La chute et la récolte des châtaignes dureront environ vingt jours dans un bien qui peut en fournir 3o salmées année commune.
- Dès que les espèces les plus hâtives commencent à tomber, on envoie deux ou trois femmes pour les ramasser; le lendemain ou le surlendemain on augmente ee nombre; et, peu de jours après, il faut huit personnes jusqu’à lafin de la récolte. Les derniers jours,on ne garde que deux ou trois ramasseuses pour passer encore une fois sous les arbres les plus retardés. Elles ont un panier à la main gauche , et un bâton fourchu pour ratisser les feuilles qui couvrent les châtaignes dans les creux, entre les pierres, et pour frapper et ouvrir les hérissons tombés avec le fruit. (Dans quelques endroits on leur donne encore un petit sac qu’elles attachent à leur ceinture pour mettre à part les marrons et les plus grosses châtaignes qu’on fait vendre frais. ) Quand leurs paniers sont pleins, elles les vident dans de grands sacs que le cledier transporte au séchoir sur son dos. Les ramas-peuses sont nourrie?, et gagnent k ^5 centimes par jour. L’usage est
- Kk 2
- p.255 - vue 267/331
-
-
-
- ( 256 )
- qu’elles filent chaque soir une pleine quenouille cle chanvre pour le propriétaire ; elles dansent et jouent ensuite le reste de la veillée. A la fin de la récolte 3 en les renvoyant , on remplit leur panier de châtaignes.
- On appelle cledier un domestique de confiance qui surveille toute la récolte; il trace aux ramasseuses la route qu’elles doivent tenir, leur indique les arbres qui, par leur exposition ou leur espèce , laissent plus tôt tomber leurs fruits, les envoie dans les ravins lorsque le temps est à la pluie , parce que les torrens qui se forment dans nos montagnes entraînent quelquefois la moitié de la récolte. Le cledier est chargé particulièrement de la conduite de la cledo; il entretient les feux, les visite souvent dans le jour, et même de nuit ; s’il y a trop peu de bois, il se brûle en pure perte , et la dessiccation dure plus long-temps. Si le feu est trop vif, les châtaignes qui sont les plus basses prennent une couleur rousse et un léger goût de brûlé, et sont d’un moins bon débit. Mais il y a un danger à prévenir, bien plus sérieux que celui de mal apprêter les châtaignes : les claies et les poutres qui les supportent bien desséchées, couvertes de suie, risquent d’être incendiées dans un instant; le cledier doit avoir à sa portée une cuve pleine d’eau ( lorsqu’il n’y a pas une source près du séchoir ); dès qu’il s’attache une étincelle au plancher, il l’éteint en y portant un bâton au bout duquel sont quelques morceaux de vieux linge qui trempent toujours dans cette cuve.
- On commence à allumer du feu dans le séchoir, lorsqu’il y a déjà une couche de châtaignes sur toute la surface des claies; on ne fait d’abord qu’un seul feu au milieu de la partie inférieure pour faire suer les châtaignes ; à mesure que la récolte avance , on en fait deux, trois ou quatre, selon la grandeur du séchoir, ou bien on le change de place pour chauffer également toute l’étendue des claies.
- On ne brûle que du gros bois, des troncs et des souches d’arbres qui produisent peu de flamme, mais beaucoup de fumée ; comme elle n’a point d’issue en bas, elle monte avec l’air échauffé, et ce courant, après avoir traversé les claies et les châtaignes , emporte l’humidité qui s’en dégage et s’échappe à travers les tuiles ou les ouvertures qu’on laisse dans le haut du séchoir. On couvre les feux pour exciter davantage de fumée avec les poussesde l’année précédente. C’est ainsi qu’on appelle les enveloppes des châtaignes qui, lorsqu’on les blanchit, sont réduites en poudre, et que le van en sépare ; on les garde ordinairement pour servir à cet usage l’année suivante.
- Il faut environ 75 quintaux de bois pour dessécher 3o saîmées de châtaignes ; il y auroit quelque avantage à employer du charbon de terre, du
- p.256 - vue 268/331
-
-
-
- ( *57 )
- moins pour les propriétaires qui habitent près des mines ; mais chacun trouvé des arbres morts et du bois d’émondage dans son propre fonds, et lorsqu’un pauvre Cévennol porte au marché une charge d’âne ou un faix de bois sur ses épaules , il a des besoins plus pressans à satisfaire , des provisions à acheter pour sa famille; il n’y auroit point d’économie pour lui à rapporter du charbon , qui nécessiteroit d’ailleurs des changemens dans la construc» tion des séchoirs. Ici le premier degré de perfection est la simplicité : sans doute on feroit des séchoirs plus parfaits, mais la construction en seroit plus coûteuse ; ils ne conviendroient donc pas à nos paysans , trop pauvres pour faire cette première dépense , et les propriétaires aisés ne trouveroient pas dans les étuves et les fourneaux perfectionnés les avantages que présentent nos cledos. C’est dans la partie inférieure qu’on blanchit les châtaignes ; elle sert ensuite d’étable ou de bergerie ; on serre sur le plancher les feuilles de châtaignier (|u’on ramasse pour faire de la litière , et les fagots de ramée dont on nourrit les chèvres en hiver $ on enlève les claies qui partagent le bâtiment en deux parties , et on y établit l’atelier des vers à soie y etc., etc.
- Ou a remarqué que lorsque la hauteur des châtaignes déposées dans le séchoir s’élève à 5 ou. 6 déciinètres, la dessiccation n’est pas aussi égale ; un séchoir bien proportionné doit être tel que, dans les bonnes années, la couche de châtaignes étendue sur les claies ne dépasse pas un demi-mètre.
- Les Cévennols jugent très-bien de la quantité de châtaignes que renferme la cledo, en mesurant leur hauteur avec un bâton. Le cledier estime encore la quantité de châtaignes blanches qu’il aura , en prenant le tiers du nombre de sacs de châtaignes fraîches qu’il y a portées.
- On prétend que, dans la Haute-Vienne, on remue les châtaignes deux ou trois fois par jour. Dans les Cévennes, au contraire, on ne les retourne qu’une seule fois, lorsque toute la récolte est dans le séchoir. A mesure qu’on y apporte de nouvelles châtaignes, on les étend au-dessus de celles qui s’y trouvent déjà; leur dessiccation est ainsi graduée, quoique le feu soit le même. Chacune des couches qu’elles forment est d’autant plus chauffée qu’elle est plus basse, et les premières récoltées sont presque sèches, lorsque les plus hautes commencent à suer. C’est trois ou quatre jours après qu’on a fini de ramasser les châtaignes, qu’on les retourne; pour cela, deux hommes, avec des pelles de bois, font une tranchée dans les châtaignes contre l’un des petits côtés du séchoir, la remplissent des châtaignes de la couche supérieure , qu’ils recouvrent avec celles du fond d’une nouvelle tranchée parallèle à la première, jettent dans celle-ci
- p.257 - vue 269/331
-
-
-
- ( s58 )
- d’autres châtaignes de la couche supérieure, et continuent ainsi jusqu’à ce que tout soit retourné, que les plus hautes soient dessous à leur tour. On ne fait alors qu’un seul feu , qu’on change plusieurs fois de place pendant huit jours ; après ce temps les châtaignes sont ordinairement prêtes à être blanchies.
- Dans les Cévennes , les habitations sont le plus souvent isolées au milieu de chaque propriété. Deux voisins sont quelquefois séparés par des rochers et des ravins impraticables en hiver ; les pauvres Cévennols n'ont pas tous des bêtes de somme, et il n’y a pas de route pour les charrettes d’un hameau à l’autre. Quelqu’un qui connoîtroit ce pays ne nous proposeroit donc pas sérieusement de construire des séchoirs banaux. On peut ajouter aux bonnes raisons que M. Bosc oppose à ce sujet ( Bulletin de la Société d’Encouragement, septembre 1812), que les châtaignes diminuent de volume par la dessiccation, et qu’il 11’y auroit aucun moyen de s’assurer que celles qui auroient été portées au séchoir commun à différentes époques, seroient également sèches. Le feu seroit-il égal dans les différentes parties du séchoir? l’épaisseur de la couche de châtaignes seroit-elle partout la même pour les grandes et les petites récoltes ? le temps qu’elles y resteroient seroit-il fixé? celles qui auroient été ramassées depuis plus ou moins de jours seroient-elles prêtes plus tôt ou plus tard ? Comment garantiroit-on à un paysan soupçonneux qu’on a retourné ses châtaignes lorsqu’il le falloit, et qu’on lui rend ce qui lui re vient ? Les compteroit-on une à une , il cliroit que les siennes sont plus grosses ou de meilleure qualité, et croiroit qu’on lui fait tort. Il est sûr qu’un séchoir banal, s’il étoit praticable, seroit la source de beaucoup d’abus et de disputes continuelles. L’auteur qui a eu cette idée, propose encore de dépouiller les châtaignes de leur peau , et de les couper en trois ou quatre morceaux pour les faire mieux sécher. On est étonné de trouver ces propositions dans un mémoire présenté à S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Commerce. Certainement l’expérience réussiroit sur une douzaine de châtaignes, mais dans les Cévennes oq trouve qu’elles ne se brisent que trop lorsqu’on les blanchit.
- p.258 - vue 270/331
-
-
-
- I
- <) • >'!/
- t'f/ff//.
- '''Z// ' y
- r in.,
- /- />
- i t '' •//•/////,
- / v /•///,/ /// '//
- i
- I
- ,>) • />! .,
- ,-.d ;»
- in./
- a/ ./ >/'t >////'///*a '//./ JJ
- y /
- pl.104 - vue 271/331
-
-
-
- ' ( s5g )
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Description d’un Four perpétuel pour cuire le pain et le biscuit, imaginé par M. Coffin , vice-amiral dans la marine anglaise (r).
- Ce four, que l’auteur nomme perpétuel, parce qu’on peut y cuire sans interruption une quantité de pain quelconque , forme un parallélogramme de 20 pieds de long sur 10 pieds de large environ. Il est représenté sur la PI. 104, dont la Jig. ire. est la coupe sur la longueur , la jig. 2 la section transversale, et lajig. 3 la vue extérieure. On le construit en briques, en fer, ou en toute autre matière convenable, et l’on en proportionne les dimensions à la quantité de pain qu’on veut y cuire à la fois. Le four proprement dit, ou la caisse AB, destinée à recevoir le pain, règne sur toute la longueur; elle a 4 pieds de large sur 10 pouces de hauteur à l’extrémité opposée aux foyers, et 6 pouces seulement de l’autre côté. Elle est chauffée par deux canaux ou conduits C et D, dont l’un passe en dessous et l’autre au-dessus. Ces canaux aboutissent aux foyers E et F établis de chaque côté du four, et surmontés d’une voûte de 5 pieds de long sur 2 pieds de haut et 18 pouces de large; ils sont garnis de grilles et de portes en fer; un cendrier est pratiqué au-dessous. La flamme et la chaleur du foyer de gauche E passent immédiatement dans le canal C, k travers plusieurs ouvertures percées dans la voûte, et échauffent la paroi inférieure de la caisse A; la fumée se rend dans le canal G, placé au haut du four, et s’échappe par la cheminée M. La flamme du foyer de droite F, après s’être introduite dans le canal D, au-dessus du four A, en échauffe la paroi supérieure , et pénètre avec la fumée dans le canal G, où elle se réunit à la fumée du premier foyer. Il reste encore dans ce canal assez de chaleur pour échauffer le sommet du four, sur lequel on peut placer du pain pour le préparer à la cuisson.
- Afin que le calorique soit plus également divisé daps les canaux C et D, des briques cylindriques ou carrées, de 2 ~ à 3 pouces d’épaisseur, y sont disposées de distance en distance,* elles servent en même temps de supports au plafond de ces canaux.
- Le four ou la caisse A peut être construit en carreaux de terre, en fonte, en tôle ou en toute autre matière qui soit bon conducteur de la chaleur* Si l’on emploie des carreaux, il faut avoir soin de les composer d’argile
- (1) Extrait du Repertory of Arts and Manufactures, cahier de juillet t8i 1.
- p.259 - vue 272/331
-
-
-
- ( 2ÔD )
- siliceuse et de leur donner un pouce et demi d’épaisseur plus ou moins ; les carreaux les plus épais seront placés dans la partie la plus voisine des foyersj les joints en seront lûtes avec du ciment, afin que la fumée des canaux supérieur et inférieur ne puisse pénétrer dans le four. Le sommet de ce four est soutenu par des barres de fer transversales, sur lesquelles vient s’appuyer chaque rangée de carreaux ; le canal C repose sur une voûte en briques, ouverte aux deux extrémités du four, et formant le passage H.
- A chacune de ces extrémités est placé un tambour ou cylindre I et R, en fonte ou en bois, de la largeur de la caisse A , et de 3 pieds de diamètre. Ils sont montés sur des croisillons, recouverts de plaques de tôle, et tournent sur des axes qui viennent s’appuyer par leurs deux bouts sur un bâti en bois ou en fer. Une toile sans fin ou treillage en fil de fer LL les entoure \ elle traverse la caisse A et revient en dessous par le passage H. Pour empêcher que cette toile sans fin ne frotte sur le sol du four, on la fait rouler sur des cylindres de fer de 2 à 3 pouces de diamètre et de 6 à 12 pouces de long, placés transversalement et ayant leurs axes engagés dans un châssis de fer.
- Pour se servir de ce four, on commence par allumer du feu dans les deux foyers ; et lorsqu’on a obtenu le degré de chaleur nécessaire, on place le pain ou le biscuit sur la toile sans fin, du côté opposé aux foyers ; en tournant lentement le cylindre K, on fait avancer dans la caisse A la toile ainsi chargée; et, si ce mouvement est réglé sur la température qui règne dans le four, le pain eu sortira suffisamment cuit ; on l’enlève alors de dessus 1a. toile sans fin, qu’on couvre en même temps, à l’autre extrémité, d’une nouvelle quantité de biscuit ou de pain; de cette manière l’opération continue sans interruption.
- La caisse A est fermée des deux côtés par des portes légères en tôle , pour éviter la perte du calorique , sans cependant interdire le passage de la toile sans fin chargée de pain; cette caisse, augmentant de hauteur à partir des foyers, la vapeur qui s’élève du pain pendant qu’il est soumis à la cuisson, peut s’échapper plus facilement.
- Le meilleur combustible à employer est le bois ; mais on peut se servir aussi de coak, ou bien de charbon de terre, pourvu qu’il ne produise pas de fumée. La houille qui donne beaucoup de suie doit être rejetée, par la raison que cette suie, en s’attachant aux parois des canaux, empêche la chaleur de pénétrer à travers les carreaux (1).
- (O On peut facilement remédier à cet inconvénient en brûlant la fumée qui se dégage de la houille ou de tout autre combustible, Le plus sur moyen d’y parvenir est d’attiser conve»
- On
- p.260 - vue 273/331
-
-
-
- ( 261 )
- Ou peuî changer ïa forme de ce four en établissant un seul foyer à Pun<r des extrémités de la voûte, au-dessous de la caisse À. La chaleur de ce foyer passe d’abord dans un canal inférieur, et se dirige ensuite par une cheminée verticale, dans un autre canal au-dessus du four. La fumée revient sur elle-même, et s’échappe par une petite cheminée près du
- fover.
- •/
- Dans cette construction, la toile sans fin ne pouvant passer au-dessous du four, on la fait passer au-dessus, et on la conduit à l’aide des cylindres ci-dessus décrits. Le pain y est placé, comme dans le four précédent, à l’endroit le plus éloigné du feu : lorsqu’il est cuit, on le fait tomber dans des paniers placés de chaque côté.
- Dans les fours de petite dimension , 011 remplace la toile sans fin par des châssis en fer très-légers, garnis d’un treillage en fil de fer; ces châssis sont chargés de pain et poussés dans le four du côté opposé au feu; on les fait avancer lentement jusqu’à l’autre extrémité par laquelle on les retire.
- M. Cqffin assure que le four perpétuel dont nous venons de donner la description, consomme peu de combustible, et exige un moindre nombre d’ouvriers que les fours ordinaires; que le pain y est mieux cuit, et qu’il ne risque pas d’être brûlé, avantage qu’il attribue à ce qu’il passe lentement d’une chaleur modérée à une température plus élevée ; ce qui fait que la chaleur le pénètre partout également.
- Il ajoute que le biscuit à l’usage de la marine y est mieux et plus promptement desséché , et qu’il se conserve plus long-temps ; parce que la vapeur qui s’en dégage peut s’échapper aisément, et n’est pas concentrée
- nablement le feu. Il suffit, pour cela , lorsqu’on renouvelle le charbon , de pousser vers le fond du foyer , à l’aide d’un râteau d’une forme particulière, celui qui est en pleine combustion , et de placer sur le devant le nouveau combustible. Si cette opération est faite avec soin, et sans donner accès à une trop grande quantité d’air extérieur passant par la porte du foyer , toute la fumée dégagée est brûlée , parce qu’elle est obligée de passer sur un foyer incandescent. M. Molard a constamment employé ce moyen avec succès ; il a soin de fermer la porte du cendrier et de faire descendre en même temps le nouveau combustible sur la grille , par un canal vertical, qui n’est pas en communication avec l’air extérieur. Il prend la meme précaution en attisant le feu et en poussant le combustible vers le fond de la grille. Cette opération a pour objet, non-seulement de favoriser la combustion de la fumée , mais aussi de ne point refroidir le foyer et la cheminée, parce qu’il y entre d’autant plus d’air que la température esc plus élevée. Si indépendamment de cette précaution on fait arriver du nouvel air immédiatement au-dessus du combustible , comme l’a fait M. Pluvineù dans ses foursà plâtre , la bouille ne peut produire ni suie ni fumée.
- En général, on ne doit jamais faire entrer de l’air par la porte du cendriçr , lorsque la grille n’est pas entièrement couverte de combustible, ( Note du Rédacteur. )
- Douzième année. Novembre i8ï3. Ll
- p.261 - vue 274/331
-
-
-
- ( 262 )
- comme dans les fours ordinaires. On règle la température du four en y plaçant des thermomètres.
- Une patente a été accordée à M. Coffm , pour cette invention, le i5 mai 1810.
- ( Daclin. )
- Description de quelques perfectionnemens ajoutés au procédé du raffinage des sucres , par M. James Bell (1).
- Dans le raffinage ordinaire du sucre, on renverse les formes coniques remplies de sucre terré, sur des pots destinés à recevoir le sirop qui eït découle par un petit trou percé dans le sommet du cône. Cette pratique a plusieurs inconvéniens : i°. elle exige beaucoup de temps, soit pour recueillir le sirop d’un grand nombre de pots , et le verser dans un réservoir commun, soit pour le porter de ce réservoir dans les chaudières ; 2°. il est difficile de déterminer la quantité et la qualité du sirop ainsi obtenu, et l’époque à laquelle il faut enlever les formes; 5°. les pots étant placés dans la partie supérieure , et par conséquent la plus ehaude de l’atelier, le sirop qu’ils contiennent est sujet à tourner à l’aigre ; 4°* 011 éprouve beaucoup de déchet, parce que le sirop, en s’attachant aux parois des pots, ne peut en être que difficilement enlevé par l’opération du grattage, et parce qu’il se répand sur le sol de l’atelier , lorsque ces pots sont trop pleins ; 5°. la dépense pour l’achat des pots et pour le remplacement de ceux qui sont cassés est considérable, sans compter que les pots nouveaux absorbent beaucoup de sirop ; 6°. enfin, il faut des greniers spacieux pour les placer.
- M. Bell a voulu remédier à ces nombreux inconvéniens en posant les formes sur des rigoles propres à recevoir le sirop, et à le conduire dans un réservoir principal, d’où on le tire pour le verser dans les chaudières. Ces rigoles, faites en terre cuite ou en métal, seront d’une longueur suffisante , et percées, de distance en distance, de trous dans lesquels s’engage le sommet des cônes contenant le sucre ; elles devront être inclinées, afin que le sirop coule plus facilement. On peut, au besoin, en enlever la partie supérieure pour les nettoyer.
- Ces rigoles sont représentées planche io^yfg- 4 et 5} A AA sont les rigoles sur lesquelles se posent les formes; elles aboutissent à l’entonnoir B placé sur le canal C destiné à recevoir le sirop qui découle de toutes les formes , et se rend dans le réservoir D , qui est divisé en plusieurs compar-
- (i> Extrait du Reptiïory of Arts and Manufactures j cahier de juillet 1811.
- p.262 - vue 275/331
-
-
-
- ( 203 )
- tlmens pour admettre les différentes qualités de sirop. Pour cet objet, le bout du canal G est fait de manière à permettre la vue du sirop ; un tuyau , garni d’un robinet, adapté à la partie inférieure de chaque case ou compartiment, sert à conduire le sirop dans les chaudières.
- On peut changer de place les tuyaux, soit pour les nettoyer, soit pour les poser sur telle case du réservoir qu’on désire ; la quantité de sirop qui s’y rassemble est mesurée par une échelle graduée. On aura soin d’établir le réservoir dans l’endroit le plus froid de l’atelier.
- L’auteur a obtenu, pour ce perfectionnement, une patente, le 17 mai 1810 (1).
- ( Daclin. )
- Notice sur des Toits de papier.
- Il a paru à Londres, en 181 r, une brochure d’un M. Loudon, intitulée : Description des Toits de papier en usage à la maison de Tew , comté d’Oxford, etc.
- Quelque singulier que paroisse le projet de remplacer les tuiles, les ardoises et le chaume par des feuilles de papier préparé, nous pensons cependant devoir nous occuper de cet objet, moins pour recommander ces sortes de toits qui pourront être rarement substitués à ceux qui sont maintenant en usage (la cherté de la matière première qui sert à la fabrication du papier , et la facilité avec laquelle 011 se procure à bon marché des ardoises et des tuiles, s’y opposera toujours) , que pour mettre sur la voie de quelques applications utiles dont ils sont susceptibles.
- Il y a plusieurs années qu’on s’est occupé, en Suède et en Allemagne, de préparer des cartons incombustibles, destinés à couvrir les bâtimens d’agriculture. Ces cartons étoient composés de chiffons de laine comme plus propres à résister au feu; ils étoient passés au laminoir, et trempés dans une eau de chaux fortement chargée. On y passoit ensuite de l’acide sulfurique , et il se formoit une croûte de sulfate de chaux ( gypse ) qui de-voit les préserver à la fois des atteintes du feu et des injures du temps. On clouoit ces cartons comme les ardoises sur une charpente très-légère , et quoiqu’ils fussent durs et cassans, on les a employés avec succès.
- Une longue expérience semble militer en faveur des toits proposés par M. Loudon ,• il assure que des fermes en Ecosse et plusieurs manufac-
- (1) Nous sommes informés que le moyen qui vient d’être décrit est employé avec succès dans une raffinerie de sucre à Anvers,
- L 1 2
- p.263 - vue 276/331
-
-
-
- ( 3Ô4 )
- tares de Yorkshire et de Herts sont couvertes de toits de papier , et qu'on se sert de ces outils avec le plus grand avantage.
- Ces toits lui paroissent plus économiques que les toits ordinaires, à raison de la légèreté de la charpente qu’ils exigent et de la moindre épaisseur des murs pour les soutenir $ ils offrent plus de durée, et sont moins sujets aux réparations ; enfin ils sont plus élégans * n’étant pas plus élevés qu’il ne le faut pour l’écoulement des eaux.
- Us conviennent particulièrement aux bâtimens isolés, tels qu’églises , manufactures,, magasins, granges, bergeries, etc. On peut aussi en former des chapeaux mobiles pour couvrir les meules de blé ou de foin dans les champs.
- Tout papier fort et épais est propre à former ces couvertures *, on le plonge feuille par feuille dans un mélange bouillant de | de goudron et d'un quart de poix; on l'étend ensuite sur des perches pour le faire égoutter et sécher ; cette opération se répète au bout d'un jour ou deux.
- Les feuilles ainsi préparées sont clouées , à la manière des ardoises, avec des clous à tête plate, sur des planches de sapin de 6 lignes d’épaisseur (i), fixées sur des solives du même bois et de 2 pouces d’équarrissage; ces solives sont espacées entre elles de 18 pouces, et attachées sur des chevrons de 6 pouces en carré qui viennent s’appuyer sur les murs. On voit par cette description que la charpente qui supporte ces toits est très-légère.
- Après que les feuilles de papier ont été clouées, 011 les enduit d’une composition de deux tiers de goudron sur un tiers de poix, épaissie en consistance de colle , à laquelle on ajoute parties égales de charbon de bois et de blanc, ou de chaux pulvérisée. On applique cette composition encore chaude et aussi promptement que possible, parce qu’elle durcit par le refroidissement. On se sert, pour cet effet, d’un torchon de chanvre. Aussitôt que cet enduit est étendu à l’épaisseur d’une ligne et demie , on répand dessus du sable, de la poussière de forge ou des cendres de forgeron , ce qui le rend moins sujet à se gercer au soleil ou à s’enflammer si le* feu prenoit au bâtiment.
- (1) M , London dit avoir essayé de remplacer les planches de sapin par des claies serrées et légères, enduites de plâtre. Le papier ne se clouoit pas dessus , mais on l’attaehoit avec de petites bandes de drap ou de toile. Il vaudroiï encore mieux employer des lattes enduites de plâtre, qu’on attachèrent comme les planches, et sur lesquelles on peut aisément clouer les feuilles de papier. C’est la couverture la meil eure et 'a moins chère, pourvu qu’on ne marcLe pas dessus, ce qui l’exposeroit à être endommagée Dans la ferme deM. London, un hangar et un grenier ont été couverts avec ces lattes; on s’est servi de claies pour les remises et les étables, et de planches de sapin pour la maison d’habitation.
- p.264 - vue 277/331
-
-
-
- /’/ . !. '
- /•/<// ftt. </• /-/ /< 1/ A/n .•/,/,t'/t an/// I
- < -y/11
- pl.105 - vue 278/331
-
-
-
- ( s65 )
- La seule objection qu’on pourroit faire contre ces toits, c’est qu’ils sont exposés à être consumés par les incendies et à être enlevés par les grands vents. M. Loudon pense qu’ils ne sont pas aussi promptement inflammables que ceux de chaume, la poix couverte de sable ne pouvant pas s’allumer à l’extérieur avec une étincelle. Il assure que dans sa ferme de Tew jamais pareil accident n’est arrivé , et que les grands vents n’ont point endommagé son habitation. ( Daclin,, )
- Rapport fait par M. Deiunel, au nom du Comité des Arts Economiques ? sur un four de V invention de Madame Chauveau de la Miltière.
- Madame Chauveau de la Miltière, déjà connue de la Société d’En~ couragement par ses préparations de pommes de terre, ainsi que par les diverses pâtes sur lesquelles M. le général de Grave vous a fait un rapport favorable, au mois d’août 1812, a inventé un four dont M. de Grave vous â fait l’annonce dans le même rapport j mais la Société, jusque-là, n’en avoit eu connoissance que par un très-petit modèle qui, en donnant l’idée de l’invention, ne pou voit pas en assurer le succès pour la cuisson du pain, de la pâtisserie et de diverses préparations de la cuisine. Aujourd’hui, l’auteur annonce à la Société que son objet est rempli. MM. les administrateurs de l’hospice général de Tours attestent que la cuisson des viandes a été faite avec beaucoup d’économie. M. le maire de Mont-Louis assure que le pain a été très-bien cuit dans un pareil four. J’ajouterai aussi que M. Bouriat et moi devions aller voir une construction semblable, mais que par événement je suis allé seul chez le propriétaire, demeurant à trois lieues d’ici. Le maître et les domestiques sont très-satisfaits de cette invention ; mais ils n’en ont fait usage que pour la cuisson des viandes et de la pâtisserie ; on y trouve commodité et économie.
- Depuis l’inspection de ce four, j’ai eu occasion d’en voir un fait en tôle, de la même forme, et à peu près de la même dimension. J’y ai vu cuire en même temps, et en présence de plusieurs personnes, de la pâtisserie, du pain et de la viande. La cuisson des divers objets a paru très-bien faite et avec économie. M. Temaux, notre collègue, dans le dessein d’utiliser le travail de Madame Chauveau , a fait construire un fourneau d’une capacité plus grande que ceux qui ont été cités.
- La totalité du fourneau au-dessus de sa base est divisée en quatre parties (A A AA, PL io5) qui forment autant de fours, dont les ouvertures
- p.265 - vue 279/331
-
-
-
- ( 266 )
- pont fermées par des portes de tôle BBBB. L’intérieur est carrelé en carreaux de terre cuite portés sur des plaques ccc3 aussi de tôle. Le feu s’allume dans la partie inférieure C, et les résultats de la combustion parcourent les circuits intérieurs DDD jusqu’à l’échappement qui a lieu par un tuyau de poêle E d’une capacité convenable.
- Dans le four de M. Ternaux ou a cuit, avec le même feu et en même temps , du pain , de la viande et des fruits, mais séparément, dans chacune des divisions du fourneau. On a brûlé du charbon de terre, du bois séparément et mêlé ensemble ; mais il paroît que l’usage du bois sera préférable pour obtenir une chaleur vive et rapide. Il est utile de dire ici, qu’a un des côtés du fourneau se trouve un bain de sable F, sur lequel est posée une marmite G, dans laquelle on peut faire cuire de la viande avec le même feu qui opère les autres cuissons.
- Si le fourneau dont il est question n’offre rien de nouveau pour la science, ou pour mieux dire la théorie , son application est intéressante ; et, sous ce rapport, il mérite l’approbation de la Société. Le temps et l’expérience donneront l’occasion d’un rapport plus détaillé ; mais Fauteur voulant prendre date, votre Comité propose d’inserer ce rapport dans votre Bulletin, en l’accompagnant d’une gravure, dans l’espérance que ces recherches pourront contribuer au perfectionnement de Fart de la boulangerie par une cuisson plus facile, plus économique, et hors de crainte pour l’incendie (i),
- Signé Delunel , rapporteur.
- Adopté en Séance } le 24 novembre 1813.
- Explication des Jigures de la planche io5,
- Fig. ire. Vue du fourneau par devant.
- Fig. 2. Coupe du même fourneau.
- Fig. 3. Vue par derrière.
- Fig. 4- Elévation latérale.
- AAAA. Fours ou compartimens dans lesquels on place les objets à cuire j BBBB , portes en tôle ; C, foyer ; DDD, circuits que parcourt la fumée ; E, tuyau de tôle ; F, bain de sable ; G, marmite ; HH, cendriers du foyer; I, Chaudière placée au sommet du four; a a s deux ouvertures pour ramoner; b3 une semblable ouverture fermée d’un bouchon de tôle; cccc, plaques en tôle supportant les fours.
- (1) Ce four a été construit sous la direction de M. Jauriez ^ architecte 3 rue de la Perle } N°. 12 5 au Marais.
- p.266 - vue 280/331
-
-
-
- ( 2Ô7 )
- JMoyeix prompt et facile de décalquer les dessins 9 communiqué à la Société par 1VI, cle Lasteyrie.
- Tout ce qui peut faciliter la culture des arts, en rendre les procédés plus expéditifs 3 et par conséquent multiplier les avantages qu’en retire la société , mérite l’attention des personnes qui s’intéressent à leurs progrès.
- Ce sont ces considérations qui m’ont engagé, Messieurs, à tous faire part d’une manière de décalquer qui abrège ce genre de travail, et qui le rend même plus parfait que la méthode dont se servent ordinairement les dessinateurs.
- Je me rappelois d’avoir lu qu’un moine du Mont-Cassin, pour copier exactement de vieux manuscrits, avoit imaginé de rendre le papier transparent en le frottant avec de l’huile de pétrole, et qu’en appliquant ce papier sur l’original qu’il vouloit copier, sa transparence lui permettoit d’en imiter exactement tous les caractères. J’ai d’abord fait usage de ce même procédé qui m’a parfaitement réussi. Mais ayant observé que l'huile de pétrole ou d’asphalte répandoit une odeur forte et désagréable, et qu’elle s’évaporoit trop promptement, j’ai pensé que les différentes essences qu’on retire des végétaux , sans avoir les mêmes inconvéniens, pourroient donner au papier un degré de transparence assez considérable pour voir facilement un dessin sur lequel il serait appliqué. J’ai en effet employé fessence de lavande ou huile d’aspic, et celle de citron, qui doivent être préférées à l’huile de pétrole, par la raison qu’au lieu d’avoir une mauvaise odeur, elles en répandent une fort agréable, et que, s’évaporant bien plus lentement , elles conservent au papier sa transparence pendant un laps de temps plus considérable , et facilitent ainsi le décalque.
- Les essences dont on voudra se servir doivent avoir la limpidité de l’eau la plus claire. Si elles étoient colorées, elles laisseraient des traces sur le papier et le saliraient. Il est rare de les trouver dans le commerce dans l’état de pureté nécessaire ; mais on peut facilement les priver de leurs parties colorantes en les soumettant à une nouvelle distillation.
- Lorsqu’on veut procéder au décalcage, on prend une feuille de papier fort, dont on se sert ordinairement pour dessiner ou pour laver, et ou l’enduit d’un seul côté avec un pinceau qu’on a plongé dans l’essence. L espace que l’on rend transparent par ce moyen doit être environ de 7 à 8 décimètres en carré; car si on Pétendoit beaucoup plus, l’essence pourrait s evaporer avant qu’on eût terminé Je dessin, et le papier perdrait sa transparence.
- p.267 - vue 281/331
-
-
-
- ( s 68 )
- Lorsque le papier est enduit ainsi qu’on vient de le dire, on le pose sur îe dessin 3 et l’on trace avec le crayon les traits que l’on aperçoit au-dessous. Après avoir dessiné sur la portion du papier que l’on avoit imbibée, on frotte les autres parties, et l’on continue ainsi jusqu’à ce qu’on ait terminé son dessin. On approche ensuite du feu la feuille de papier, qu’on secoue légèrement pour accélérer l’évaporation. La distance à observer est celle où la main peut supporter la chaleur sans en être incommodée. Lorsque l’évaporation est entièrement terminée, le papier redevient opaque et conserve toute sa blancheur primitive : on peut alors dessiner à la plume, laver ou peindre avec des couleurs.
- Le grand nombre de dessins que j’ai exécutés ou que j’ai fait faire par ce procédé à différens artistes , m’a démontré qu’il étoit aussi facile dans la pratique qu’avantageux par le temps qu’il économise , par la précision et l’exactitude avec lesquelles on obtient les traits d une copie que l’on veut imiter. J’ai cru, par ces raisons, qu’il pourroit être utile aux personnes qui s’occupent des arts du dessin, et qu’il faciliteroit même le dessin à celles qui n’en connoissent que les premiers élémens.
- A Paris j de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE )j
- rue de l’Eperon , N®. 7*
- p.268 - vue 282/331
-
-
-
- DOUZIÈME ANNÉE. ( N°. CXIV. ) DÉCEMBRE iS,-.
- ir^rwTH ibihwctii in mi i ii et»—^aa—ma
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Instruction sur la législation relative aux Brevets déinven-tion ; publiée par ordre de S. Ex. Monseigneur le Comte de Sussy, Ministre des Manufactures et du Commerce.
- Motifs qui ont fait établir les Brevets.
- On a toujours reconnu qu’il étoit aussi juste qu’utile aux progrès des arts, d’assurer aux inventeurs la propriété de leurs découvertes; mais,' pour le faire d’une manière avantageuse pour eux et pour le public , ou n’étoit pas d’accord sur le parti le plus convenable à prendre. Les uns vouloient qu’il leur fût accordé des privilèges exclusifs, dont la durée ne seroit point limitée ; d’autres pensoient que ces privilèges ne dévoient être que temporaires. Enfin, suivant une troisième opinion, il étoit préférable de leur décerner des récompenses, et de rendre à l’instant leurs décou* vertes d’un usage libre et commun. L’Administration a eu souvent recours à ce moyen ; mais comme il constituoit l’Etat dans des dépenses assez considérables, et qu’il ne satisfaisoit pas toujours les inventeurs, il a été nécessaire d’examiner de nouveau s’il y auroit possibilité de trouver un parti qui conciliât tous les intérêts. Le but qu’on se proposoit a été atteint par les lois des 7 janvier et 2S mai 1791, qui ont établi les brevets. Les titres de cette nature assurent, d une part, aux artistes la jouissance exclusive de leurs découvertes, et donnent, de l’autre, à leur expiration, une garantie fort importante, celle de la conservation de plusieurs inventions que, sans ce moyen, le public ne connoîtroit jamais, ou qu’il ne connoî-îroit qu’imparfaitement, puisque les auteurs étant intéressés à cacher leurs operations , ne les communiqueroient pas, et pourroient ainsi mourir avec leur secret.
- Douzième année. Décembre 1813.
- M m
- p.269 - vue 283/331
-
-
-
- ( 27° )
- Formalités à remplir par ceux qui demandent des Brevets 3 et quotité des sommes qu’ils sont tenus de payer,
- Les brevets délivrés par le Gouvernement ne peuvent être assimilés aux privilèges exclusifs qu’on obtenoit sous l’ancienne monarchie : ils ne sont qu’un acte donné à un particulier, de la déclaration qu’il fait d’avoir inventé une machine ou un procédé , de l’emploi desquels il résulte une nouvelle branche d’industrie. Il s’en délivre de trois sortes, d’invention 3 deperfectionnement, et d’importation.
- Les brevets d’importation sont accordés à ceux qui procurent à l’industrie un procédé ou une machine seulement connus dans les pays étrangers : les lois des 7 janvier et a5 mai n’ayant pas déterminé d’une manière positive la durée de ces brevets, un décret impérial du i3 août 1810 a statué qu’elle seroit la même que celle des brevets d’invention.
- Des perfectionnemens dans les arts forment souvent une invention aussi importante que la découverte primitive. Il étoit donc convenable de permettre qu’011 s’en assurât la jouissance privative, en prenant un brevet. Mais si les lois donnent cette faculté, elles ne considèrent point , d’un autre côté, comme des perfectionnemens, des ornemens, ou des change-mens de formes ou de proportions. Il faut qu’il y ait une addition à la découverte ( Art. 8 du titre II de la loi du z5 mai 1791 ).
- On ne peut cumuler plusieurs découvertes dans un seul et même brevet, et chacune d’elles doit être l’objet d’une demande particulière. Pour obtenir les titres de cette nature , l’accomplissement de différentes formalités est indispensable.
- Le pétitionnaire doit d’abord déposer au secrétariat général de la préfecture du département qu’il habite , un paquet cacheté, et contenant :
- 3°. Sa pétition au Ministre des manufactures et du commerce, à l'effet d’obtenir un brevet de cinq, dix ou quinze ans, à son choix ;
- n°. Le mémoire descriptif et détaillé des moyens qu’il emploie j
- 5°. Des dessins doubles, exacts et signés par lui, ou un modèle de l’objet de sa découverte ;
- 4°. Un état, fait double et signé par lui, des pièces renfermées dans le paquet.
- Il doit, en outre, payer une taxe plus ou moins considérable, suivant la durée du brevet, qui ne peut excéder quinze ans ;
- 300 francs pour un brevet de cinq ans ;
- 800 francs pour un brevet de dix ans ^
- p.270 - vue 284/331
-
-
-
- ( 27' )
- i,5oo francs pour un brevet de quinze ans*,
- Plus, 5o francs pour frais d’expédition du brevet.
- Les lois permettent quelquefois de prolonger la durée des brevets ; mais, pour obtenir cette faveur, qui n’est accordée que très-rarementet pour des raisons d’un très-grand intérêt, un décret impérial est nécessaire. Alors on paye une nouvelle somme, dont la quotité est indiquée par le tarif annexé à la loi du 2.5 mai.
- Le pétitionnaire est tenu de payer, à l’instant même du dépôt des pièces, la moitié de la taxe. 11 lui est libre, en remettant sa soumission, de n’acquitter l’autre moitié que dans six mois. La loi du 25 mai a prévu le cas où cette soumission ne seroit point remplie au terme prescrit. Alors le breveté encourt la déchéance, qui ne devient définitive qu"après qu elle a été prononcée par un acte de l’autorité publique. Si des pétitionnaires désirent apporter des changemens à l’objet énoncé dans leur première demande, ils ne peuvent le faire qu’après avoir déposé la description de leurs nouveaux moyens au secrétariat de la préfecture , et avoir payé une seconde taxe, qui est de 24 francs pour la caisse des brevets, et de 12 francs pour le secrétariat de la préfecture. Il leur est délivré par le Ministre des manufactures et du commerce, un second titre qu’on nomme certificat et additions , de changemens et de perfectionne mens.
- L’article 10 du titre Ier. de la loi du 25 mai règle la destination à donner aux sommes que procurent les différentes taxes dont il vient d’être question : elles doivent servir à payer, en premier lieu, les frais qu’entraînent l'expédition et la proclamation des brevets, puis ceux d’impression et de gravure des brevets dont la durée est expirée. S’il reste un excédant, il est employé à l’avantage de l’industrie nationale.
- Le secrétaire général de la préfecture dresse procès-verbal au dos du paquet déposé entre ses mains, et il délivre au pétitionnaire acte de ce dépôt. Le tout est ensuite adressé par le préfet au Ministre des manufactures et du commerce.
- Principes établis par les Lois dans la délivrance des Brevets.
- On a vu plus haut que les brevets ne sont autre chose que l’acte délivré à un particulier, de la déclaration qu’il fait d’avoir inventé une machine ou un procédé donnant lieu à une nouvelle branche d’industrie. L’administration ne juge point, en effet, le mérite des inventions pour lesquelles on les sollicite. Quiconque a rempli les formalités prescrites par les lois des 7 janvier et 25 mai 1791, peut les obtenir, ces lois statuant, d’une manière formelle, qu’ils seront accordés sur simple requête et sans exa-
- M 2
- p.271 - vue 285/331
-
-
-
- ( 272 )
- men préalable. Ainsi on peut les demander pour le procédé le plus vulgairement connu , la législation étant coordonnée de manière qu’ils sont nuis et même préjudiciables à ceux qui les ont obtenus, si l'objet pour lequel ils ont été délivrés n’a aucune réalité , et s’il a été connu et pratiqué avant la date du brevet. En effet, si la découverte est purement imaginaire, les frais qu’a occasionés l’obtention sont perdus.
- Si le procédé étoit déjà connu, l’article 16 de la loi du 7 janvier prononce la déchéance. Les droits que confèrent les brevets ne sont donc que conditionnels, c’est-à-dire , qu’ils n’assurent une jouissance exclusive qu’autant qu’on est réellement inventeur. Au premier coup d’œil, on peut être étonné qu’on délivre sans examen préalable les titres de cette nature; mais quelques réflexions font bientôt sentir qu’il étoit difficile d’adopter un parti plus sage. Plusieurs motifs ont dicté cette partie de la législation : d’une part, il convenoit de sauver à l’Administration l’embarras d'un examen long et difficile, et la responsabilité d’un jugement qui, s’il eut été défavorable , auroit donné lieu à des accusations de partialité et de malveillance ; et de l’antre, d’épargner aux inventeurs la nécessité d’une communication dont ils pou voient craindre l’abus. En effet, l’examen préalable auroit été tout au désavantage des artistes , puisqu’ils auroient communiqué, sans aucun gage de succès , des procédés dont il étoit possible de leur dérober la propriété. Il auroit fallu soumettre ces procédés à des commissaires courant la même carrière qu’eux, et dont l’intérêt particulier, des préventions, la rivalité, pouvoient dicter les jugemens. Dans le cas le plus favorable , l’examen préalable auroit donc eu pour résultat dé carter quelques projets absurdes, quelques inventions futiles; mais le public , si on les eût laissé paroître, en eût bientôt fait justice ; et si l’invention avoit été sans utilité , le pétitionnaire auroit perdu les frais occasionés par l’obtention de son brevet. Ce motif suffit pour diminuer dans l’esprit des artistes , ordinairement peu riches , les préventions qu’ils peuvent avoir pour leurs decouvertes, et les détourner de former des demandes sans objet, On a encore dû prévoir Je ca? où un breveté feroit de son titre un usage dangereux, ou contraire à la salubrité publique. Les lois des 7 janvier et a5 mai ont pourvu alors aux moyens de le priver d’un droit dont il abuseroit, et même de le punir s’il y a heu. Elles ont pareillement réglé la marche à suivre pour le dépouiller d’un droit qu’il auroit usurpé sur une chose déjà publique»
- p.272 - vue 286/331
-
-
-
- ( 273 )
- déchéance des Brevets, et Autorités qui la prononcent. Mode de procéder en cas d*usu?yalion dfune découverte.
- La déchéance des brevets est prononcée , suivant les cas, par l'autorité judiciaire. Le Ministre des manufactures et du commerce la prononce, lorsque le breveté n’a pas acquitté la taxe dans les délais prescrits , et lorsque l’inventeur, sans avoir justifié des causes de son retard, n’a pas mis sa découverte en activité dans l’espace de deux ans ( article 16 de la loi du 7 janvier ). Les tribunaux jugent les contestations qui s’élèvent entre un breveté qui veut faire valoir son privilège , et des particuliers qui prétendent que son invention étoit connue antérieurement à son titre , soit par l’usage, soit par sa description dans un ouvrage imprimé. Alors ce sont les parties intéressées qui font les diligences nécessaires pour obtenir un jugement. En ordonnant cette disposition , la loi a considéré le brevet comme une propriété dont on ne peut être privé qu’après l’observation des formes établies. Les articles 12 et i3 de la loi du 7 janvier, 10, 11 , 12 et i3 du titre 11 de la loi du 20 mai, règlent la manière de procéder. D’après ces articles, les contrefacteurs doivent être traduits devant le juge de paix , qui, après avoir ordonné des vérifications et entendu les parties et leurs témoins, prononce son jugement, lequel, nonobstant appel , est exécuté provisoirement.
- Dispositions établies depuis la promulgation des Lois des 7 janvier et
- 2.5 mai 1791.
- Les lois des n janvier et 25 mai ne sont pas les seules qui aient été rendues sur les brevets. Il en existe une autre sous la date du 20 septembre 1792, qui défend d’accorder des titres de cette espèce pour des objets autres que ceux relatifs aux arts. Des demandes de brevets pour des opérations financières et commerciales, ont donné lieu à cette défense. Depuis cette loi, les consuls ont pris, le 5 vendémiaire de l’an IX, un arrêté qui concerne uni-qucmentie mode de délivrance des brevets. Antérieurement à cette époque , ils étoient accordés par l’autorité suprême dans la hiérarchie administrative ; ils le sont maintenant par le Ministre des manufactures et du commerce. Le certificat de demande qu’il donne n’est qu’un titre provisoire 5 mais il devient définitif par l’envoi au breveté de l’article du décret impérial qui le concerne, lorsqu’on proclame les brevets délivrés dans le courant de chaque trimestre. Des difficultés s’étoient élevées sur la question de savoir si, avec le certificat de demande , on pou voit poursuivre les contrefacteurs
- p.273 - vue 287/331
-
-
-
- ( 274 )
- d’une découverte, ou s'il falloit attendre qu'il eût reçu la publicité quê lui procure la proclamation faite par Sa Majesté. Le décret du 25 janvier 1807 les a fait cesser, en statuant que les années de jouissance d’un brevet commeîiçent à courir de la date du certificat, lequel établit provisoirement cette jouissance. Le même décret a décidé que la priorité d’invention, dans le cas de contestation entre deux brevetés pour le même objet, est acquise à celui qui le premier a fait au secrétariat de la préfecture du département le dépôt des pièces qui doivent accompagner la demande d’un brevet. Une disposition de l’article 14 du titre II de la loi du mai avoit défendu d’exploiter les brevets par actions : elle a été abrogée par le décret du 2.5 novembre 1806, sur les représentations adressées par quelques particuliers qu’elle préjudicioit aux intérêts des inventeurs, en ce qu’elle les privoit d’un moyen avantageux et facile de tirer partLde leurs découvertes.
- Il arrive quelquefois que des brevetés s’adressent au Gouvernement, afin d’obtenir des récompenses, comme étant auteurs de découvertes importantes : il est impossible d’accueillir leurs demandes à cet égard. L’article 11 de la loi duji2 septembre 1791 défend d’accorder des encou-ragemens particuliers à ceux qui se sont pourvus d’un brevet. Ce qui a fait établir cette disposition , c’est la considération qu’il n’est dû aucune récompense aux inventeurs qui se réservent la jouissance exclusive de leurs moyens , et que ceux-là seulement méritent des faveurs, qui rendent leurs découvertes d’un usage libre et commun, et ajoutent ainsi au bien-* être de la société, que le Gouvernement s’occupe sans cesse d’améliorer*
- ARTS MÉCANIQUES*
- Rxtrjit d’un Rapport fait par JM, le Chevalier Tarbé, au nom du Comité des Arts Mécaniques, sur les projets de Machines à tirer la Tourbe sous l’eau ? présentés au Concours de i8i3»
- Six mémoires ont été présentés au concours, mais aucun des coneurrens n a fait 1 emploi ni même l’essai des moyens qu’il indique. Ainsi la Société ne trouve nulle part la garantie sagement exigée d’une expérience suivie pendant une campagne entière. Elle pourroit donc s’abstenir de prendre connoissance des machines nouvellement indiquées pour l’extraction de la
- p.274 - vue 288/331
-
-
-
- ( a75 )
- tourbe *, mais sans doute elle voudra savoir si ,dans le nombre , il n’en est pas d’assez ingénieuse pour qu’elle soit tentée de faire faire en grand , et à ses frais , les essais que leurs auteurs n’ont peut-être pu entreprendre, soit à cause de leur éloignement des tourbières , soit par d’autres motifs d’intérêt particulier.
- C’est d’après cette considération que le rapporteur a fait l’analyse suivante des six mémoires qui ont été adressés au Conseil.
- L’auteur du mémoire N°. i , portant pour devise : Improbus labor omnia vincit, propose une machine composée d’un châssis de charpente posé sur le terrain , et recouvert d’un second châssis en travers , dont les semelles sont creusées pour recevoir les rouleaux du chariot qui porte 3a machine.
- Sur l’avant de ce chariot est la principale pièce destinée à couper et enlever la tourbe. C’est une boîte de bois revêtue d’une garniture en cuivre pour maintenir tous ses accessoires. Cette pièce a 2 pieds 9 pouces de longueur, 1 pied 4 pouces de largeur, et 2 pieds 6 pouces de hauteur. Au-dessous est suspendue verticalement une lame tranchante, armée sur sa face de six lames de îouchet, posées aussi verticalement, mais en ailerons ou. en retour d’équerre, de manière à couper la tourbe en cinq tranches parallèles sur une largeur totale de 2 pieds, ce qui produiroit cinq longs prismes ou une dizaine de lopins. Pour les couper en dessous , fauteur met en avant de la boîte une plaque ou garniture de cuivre à charnière. Son extrémité saillante porte une lame verticale; mais au moyen de deux ressorts qui font tourner la plaque , la lame prend une position horizontale, et vient couper le pied ou la hase des lopins que les lames du Iouchet ont dû cerner verticalement.
- Tout cet équipage monte et descend entre deux jumelles de cuivre, au moyen de deux crémaillères mises en mouvement par des manivelles à lanterne ou pignon. Quand les lopins ont été tirés, on les reçoit dans une cuvette de fer-blanc qui se glisse sous P équipage.
- A deux mètres au-delà de la boîte s’élève un pilastre de bois portant rainure, pour recevoir un levier tournant, dont l’extrémité saillante est armée d’un lourd maillet qu’on laisse tomber deux ou trois fois sur la boîte pour faire enfoncer les couteaux dans la tourbe. Le maillet est soutenu en l’air par un tourniquet à vis.
- Pour manoeuvrer cette machine, on place un homme à chaque manivelle, et un troisième à la queue du levier. Deux enfans reçoivent la tourbe dans la Olivette de fer-blanc. L’auteur suppose qu’avec son appareil des ouvriers exercés pourront, par heure, tirer 1200 lopins. Cependant, il convient
- p.275 - vue 289/331
-
-
-
- ( 276 )
- qu’il y auroit une diminution de produit si l’exploitation se faisoit à une grande profondeur.
- L’auteur du mémoire N°. 2, portant cette devise : Ab ovo, décrit comparativement le mode d’exploitation des tourbières du département de la Somme et celui qui est employé par les Hollandais. Ceux-ci tracent alternativement des lits d'exploitation et des lits de réserve, et employent des louehets longs et étroits pour l’extraction des couches supérieures de la tourbe non réservée ; mais ils changent de système dès qu’ils atteignent l’eau , et alors ils s’établissent sur bateau en se servant de la drague ronde à filets.
- L’auteur propose de remplacer cette drague par une gouge arrondie, et de substituer au bateau un radeau à chevalet. D’autres radeaux auxiliaires tiendront lieu des lits de réserve. Le radeau principal sera carré; il aura 2 mètres sur chaque coté. On le fixera sur quatre piquets placés aux quatre angles-, il sera garni sur le devant d’un chevalet à charnière, se relevant en forme de pupitre, au moyen de deux lames de fer semi-circulaires, et percées de trous pour recevoir les chevilles d’arrêt qui lui permettront de prendre plus ou moins d’inclinaison. Ce chevalet doit être armé de deux rangs de petites fourches correspondantes entre elles et en regard. Ces fourches espacées d’un pied ou environ, serviront à recevoir le manche de la gouge et à le diriger.
- La gouge aura 5 pieds de long et 1 pied de large. Les radeaux auxiliaires n’ont d’autre objet que de recevoir la tourbe qui, en Hollande, auroit été déposée sur les lits de réserve pour y être asséchée , et y recevoir les préparations dont elle a besoin avant d’être mise dans le commerce.
- L’extraction doit se faire à l’aide d'un seul homme placé sur le radeau, P’abord, il abattra le chevalet presque entièrement, et enlevera une première tranche de tourbe au moyen de la gouge, dont le manche sera porté successivement par chaque double fourche; il continuera ainsi en remontant le chevalet de cran en cran, jusqu’à qu’il soit devenu presque vertical. On conçoit que le manche de la gouge ayant été successivement appuyé sous différens angles sur les fourches qui lui ont servi de régulateur, la tourbe aura été déblayée, toujours en reculant, jusqu’au terme où il faudra reculer le radeau .
- L’auteur pense que sa machine est préférable aux roues à draguer dont on se sert dans les ports, et qui ne feroient que tracer des sillons.
- M. de Fulaines y auteur du mémoire N°. 5, propose une bêche qua~ drangulaire, dont le manche en crémaillère s’engrène sur une roue dentée qui, à l’aide d’une manivelle, oblige la bêche à descendre, à pénétrer
- 9
- p.276 - vue 290/331
-
-
-
- ( 277 )
- trer* et à couper verticalement la tourbe en paralléiiplpèdes. Ensuite^ avec une autre roue dentée * il fait descendre une seconde crémaillère à laquelle sont suspendues des lames à charnière * dont la première est tranchante. Ces lames3 d’abord verticales 3 se replient en arc 3 et deviennent horizontales par suite de la résistance qu’elles éprouvent dans les gorges ou rainures pratiquées à cet effet sur les faces intérieures de la bêche. Dans cette marche elles coupent le solide par la base ; alors on remonte la bêche 3 et, après avoir dégagé les lames tournantes qui supportent le paralieîipipèdc * la tourbe est reçue sur une planche.
- L’auteur forme son établissement sur deux barques il indique les manoeuvres à faire pour marcher dans les difîérens sens de l’exploitation.
- L’auteur du mémoire N°. t^3 ayant pour devise : Ports de mers rivières, charbon de terre, s’est proposé de construire une machine pour tirer la tourbe sous l’eau 3 approfondir les ports qui découvrent à mer basse * et enlever les bancs de sable qui nuisent à la navigation des rivières dans la saison des basses eaux C’est une espèce de drague en forme de tombereau 3 qui devra se charger seule en marchant et se vider avec beaucoup de facilité* au moyen d’un fond mobile. Sa grandeur variera suivant la force dont on pourra disposer. Si l’on se sert de cabestans* elle pourra contenir un cube de sable de la pesanteur de 4000.
- Le fond du sol devra être préalablement entamé* divisé et pioche par une forte griffe en forme de râteau. Ensuite la machine ramassera ce qui aura été labouré.
- M. Coefjier, auteur du mémoire N°. 5* propose * pour l’extraction de la tourbe * une caisse carrée sans fond. Cette caisse* dont la partie inférieure est garnie en acier* doit avoir 2 pieds sur chaque face. Dans l’épaisseur des parois sont pratiquées quatre rainures pour loger un couteau ou lame mobile en acier * à deux tranchans. Cette lame * placée horizontalement au bord de la caisse * reçoit le mouvement de va et vient par deux cordes ou chaines placées sur des treuils. On descend la machine à telle profondeur que l’on veut* à l’aide d’un cric* qui sert à renfoncer et à la retirer.
- Le mémoire N°. 6 est de M. Laurent, professeur de mathématiques au collège d’Orange, qui a proposé une nouvelle machine à draguer qu’il croit propre à extraire la tourbe à une grande profondeur. Il a été fait un rapport particulier sur cette machine* tendant à prouver qu’elle ne pouvoit être appliquée qu’à l'exploitation des tourbes molles et fluentes.
- jDouzième année. Décembre 1813.
- p.277 - vue 291/331
-
-
-
- Observations du Comité des Arts Mécaniques, sur les mémoires dont on
- vient de donner Vanalyse.
- La machine sous îe N°. i est très-compliquée, d’une exécution dispendieuse et d’une manoeuvre beaucoup plus lente que Fauteur ne Fa supposé « 11 n’a pas toujours choisi les procédés les plus simples et les plus efficaces. Par exemple, un petit mouton qu’on laisseroit tomber verticalement sur la boîte, auroit plus de force et occuperoit moins de place que le mailletmais le maillet lui-même est-il bien nécessaire ? Le plus grand défaut de la machine consiste dans le jeu du couteau horizontal. En effet, si indépendamment du poids de l’équipage il faut, dans l’opinion de Fauteur, plusieurs coups de maillet ou de mouton pour faire entrer les louchets verticalement dans la tourbe, peut-il se flatter que les ressorts auront assez d’énergie pour faire trancher cette même tourbe horizontalement et d’un seul trait ? Quand bien même ils auroient cette puissance, la conserveront-ils longtemps? Le moindre dépôt de tourbe autour des ressorts ou des charnières ne pourra-t-il pas en arrêter le jeu ? A chaque opération sera-t-on assuré que la lame horizontale aura entièrement fait sa tranche? et lorsque des obstacles quelconques se présenteront à une grande profondeur sous l’eau , comment pourra-t-on les reconnoître et y porter remède ?
- Quoique Fauteur du mémoire N°. 2 paroisse avoir bien observé plusieurs exploitations de tourbe , le moyen qu’il propose n’ajoute presque rien à ceux qui sont en usage pour l’extraction des tourbes compactes. Sa gouge ronde ou carrée n’est autre chose qu’un fort louchet auquel il applique des régulateurs, sans remédier aux inconvéniens de la longueur du manche et à la difficulté de le manoeuvrer dans les fouilles profondes.
- Le système proposé par M. de Fulaines , demeurant à Romérée , près Givet, département des Ardennes, est simple. La principale pièce du mécanisme est une imitation des cylindres mobiles des ébénistes. Quelques essais sur le terrain auroient indiqué à l’auteur les légères modifications dont sa machine est susceptible. Il est fâcheux que l’expérience n’ait pas constaté les avantages qu’on peut en espérer.
- Le Comité a pensé que la machine N°. l\, considérée comme drague, pourront avoir quelques qualités j mais, dans ce cas, elle ne conviendroit qu’aux tourbes molles. Il n’a fait aucune réflexion sur sa composition, Fauteur n’ayant adressé ni modèle ni dessin.
- Le système de M. CoeJJîer est à peu près îe même que celui du N°. 3 , avec cette différence néanmoins que la lame horizontale de celui-ci paroît être plus facile à manoeuvrer que la lame cylindrique et à charnière du
- p.278 - vue 292/331
-
-
-
- ( 279 )
- INA 5 ; mais cette dernière supporterait la totalité du. prisme coupé, tandis que, dans le N°. 5, il faudroit faire rétrograder la lame au centre de la caisse pour établir , sous une foible portion de la surface inférieure , un point d’appui peu propre à soutenir les tourbes peu compactes.
- On a pu remarquer que, parmi les machines que nous venons de décrire, il en est trois, celles qui sont présentées sous les Nos. 2,4> 6, qui ne conviennent ou’aux tourbes molles et fluentes, dont l’extraction ue présente aucune difficulté , puisqu’elle n’exige que l’emploi des dragues ordinaires.
- Les trois autres machines (sous les ÏST°S. i , 3, 5) ont été particulièrement composées pour l’extraction des tourbes compactes. La première est compliquée, dispendieuse et d’un succès incertain; les deux autres, quoique plus simples, pourroient encore être simplifiées. Des essais en grand auroient sans doute indiqué à leurs auteurs quelques modifications heureuses, et alors il eût été possible que la Société les eût jugées digues de récompense.
- Aucun des concurrens n’ayant rempli toutes les conditions du programme , le Comité a proposé de retirer le prix du concours. Cette proposition a été adoptée par l’assemblée générale. (Voyez Bulletin, N°. CX.)
- Description des Moulins à blè portatifs, exécutés par 31. Charles Albert, constructeur de Machines à filer le coton, rue du Faubourg Saint-Denis , A'°. 6j , à Paris»
- Les moulins à bras , dont on se sert depuis très-ïong-temps en France , ne pourront probablement jamais remplacer entièrement les moulins à eau ou à vent : i°. parce qu’ils donnent une farine moins parfaite, et qui reste mélangée de son; 2°. parce qu’ils en débitent une moindre quantité à la fois; 3°. qu’ils exigent l’emploi des hommes, tandis que la nature offre dans presque toutes les localités la force nécessaire aux autres moulins ; enfin, parce qu’ils sont sujets à de fréquentes réparations. Cependant il est des circonstances oh l’on peut s’en servir avec avantage , comme dans le temps des grandes gelées et pour le besoin des armées, où la célérité du service est une des premières conditions. Cette considération avoit engagé la Société à accueillir favorablement les moulins à blé portatifs qui lui furent présentés par M. Albert, au mois d’octobre 1812, et dont il avoit fait exécuter cinq cents dans ses ateliers, en trente-un jours, pour le service de la grande armée. Cet artiste ayant fait, depuis cette époque, quelques changemens à ses moulins, et en ayant varié les formes pour divers usages, le Conseil a arrêté de les faire connoître par la voie du Bulletin.
- N n 2
- p.279 - vue 293/331
-
-
-
- ( 280 )
- Â îa dernière assemblée générale du 6 octobre ï8i5, M. Albert avoit exposé divers genres de moulins portatifs , savoir : i<>. des moulins à plaques carrées; 2,0. idem à brides; 3°. idem à charnières; 4°- idem à engrenage ; et 5°. des moulins à blutoir. C’est de ces deux derniers que nous allons nous occuper.
- Ces moulins sont composés d’une noix en fer trempé , qui tourne dans un boisseau de même métal, et portant l’une et l’autre des dents prolongées obliquement à l’axe. Un homme appliqué à une manivelle suffit pour les faire tourner ; il moud ordinairement a5 livres de blé par heure; le produit est une bonne farine de munition, qu’011 obtient plus ou moins grosse, en faisant avancer ou reculer la noix par le moyen de l’écrou monté sur son arbre. Ces moulins, qu’on peut fixer à un affût de canon, à la jante d’une roue ou sur une table, se conserveront d’autant mieux que le grain sera plus propre et plus dégagé des petites pierres qui peuvent s’y trouver mêlées. On ne doit le verser dans la trémie qu’à fur et à mesure que la mouture s’opère.
- Description du Moulin portatif à engrenage.
- Ce moulin est en principe d'action disposé comme celui qu’a décrit M. Molard, dans un rapport inséré au Bulletin, N°. Cil, page 281.
- La forme , seulement, diffère eri quelques parties.
- A boisseau et noix, où les meules coniques, en fer forgé, tournées, ciselées et trempées, sont adaptées par une forte bride.
- B la griffe , ou agrafe plate en fer coulé , avec deux vis de pressoir pour fixer le moulin sur un appui, soit horizontal ou vertical.
- C et D deux roues dentées, dont l une, fixée sur l'arbre de la manivelle, commande le pignon sur l’axe de la noix pour en accélérer le mouvement. Ces roues sont disposées de manière que le pignon adapté à la manivelle agissant sur la grande roue fixée sur l’arbre de la noix , il en résulte une diminution en résistance et en produit.
- E la manivelle qui peut également être adaptée sur l’axe de la noix, comme dans les moulins ordinaires ; et alors le produit est de même de 12 à i5 kilogrammes par heure, suivant la force et l’activité de l’homme qui le fait agir.
- F la trémie.
- Un roche t à vis sans fin, qu’on ne voit pas dans îa figure, est placé derrière le moulin : il sert à diriger et maintenir la vis de pression qui règle l’engrenage de la noix, d'où résulte le degré de finesse de la farine»
- p.280 - vue 294/331
-
-
-
- pl.106 - vue 295/331
-
-
-
- ( *8. )
- Description du Ivïoulin à blutoir,
- Le désir de rendre utiles à tout particulier les moulins à bras que M, Albert a construits jusqu’à ce jour pour la grande armée , l’a déterminé à leur adapter un blutoir, au moyen duquel on peut obtenir de la farine du degré de finesse que l’on juge à propos , et en extraire parfaitement le son.
- Ce blutoir est un cylindre octogone de 27 pouces de périmètre et de 4 pieds de long ; sa construction est semblable à celle d’un dévidoir dont les ailes seroient recouvertes par une pièce d’étamine en soie assez fine pour que le son ne puisse pas la traverser. Il est renfermé dans un coffre dont l’intérieur a 4 pieds de longueur, 1 pied 3 pouces de largeur, et 1 pied 9 pouces de hauteur. Son axe, à l’extrémité où sort le son, est ajusté dans une petite lunette à coulisse qui peut régler son inclinaison • et, du côté opposé, dans deux petits panneaux qui lui servent de coussinets. Dans ce centre il a assez de jeu pour qu’il puisse avoir, outre son mouvement de rotation , un autre mouvement horizontal qui est produit par un rochet ajusté sur le carré de son axe, et que la tension de la corde fait toujours rapprocher d’une dent de loup fixée par deux vis : les dents de ce rochet n étant autre chose que des plans inclinés, il s’ensuit quelles glissent à chaque mouvement , et qu’elles s’éloignent de la caisse ; ce qui fait éprouver au blutoir des secousses qui forcent la farine de tomber dans trois cases placées dans fintérieur du coffre, et qui peuvent servir à recueillir des farines de première , deuxième et troisième qualité , selon qu’on placera sur le blutoir des toiles de différentes grosseurs.
- L’extérieur de ce coffre ressemble à une petite commode; il a 3 pieds et ~ de hauteur, compris l'élévation des 4 pieds, qui est de 6 pouces au-dessus de la terre : 4 pieds de longueur et 1 pied et ~ de largeur. Il est fermé par deux portes à coulisses qui sont prises dans un de ses grands côtés ; au-dessous de ces portes sont placées trois petites ouvertures pour aider à la sortie de la farine : ces ouvertures sont fermées par des petits coulisseaux de 6 pouces de haut sur 4 pouces de large.
- A l’extrémité du cylindre où doit tomber le son, est adapté un couloir en bois qui le conduit dans une boîte ou dans un autre vase.
- £arpl waiion de la Figure ire., P/. 106.
- A est la trémie dans laquelle on met le blé ;
- B , le canc-u pour l’introduire dans le moulin;
- C, le moulin. U diffère de ceux qu’on a construits jusqu’à ce jour,-en ce que son axe est plus long, et qu'il est mis en mouvement par deux manivelles E et Ed Les loués g sont aussi différens; ils sont en fonte, et se
- p.281 - vue 296/331
-
-
-
- ( 2S2 )
- fixent avec un fort boulon sur le dessus du coffre z. T est l'ouverture du conduit figurée dans laJig. 2 en D, et qui introduit la farine dans le blutoir S. Les secousses qu’elle éprouve font qu’elle passe à travers l’étamine et tombe dans les cases /, d. Le son, après avoir traversé la longueur du blutoir 3 glisse par le couloir O dans la boîte P.
- x^xjx11 sont les petits coulisseaux qui servent à fermer les ouvertures 2/ du;1 faites pour la sortie de la farine.
- La mouture de ce moulin se règle au moyen d'une coulisse à escalier, qui est fixée sur le fond^ par une vis de pression à chapeau ; chaque gradation est un degré de mouture différent.
- Explication du mouvement.
- L’axe du moulin porte la poulie S, et la fait agir en tournant j cette poulie reçoit une corde qui, par le moyen des poulies de renvoi m et n, communique le mouvement à la poulie k montée sur l’axe du blutoir, qu’elle fait mouvoir en tournant.
- La tension de la corde tend à faire rapprocher le rochet i de la dent de loup j, et chaque dent du rochet glissant sur cette dent de loup en éloigne et rapproche en tournant l’axe du blutoir F, Ff, ce qui effectue le mouvement horizontal, et fait éprouver au blutoir des secousses qui facilitent beaucoup le passage de la farine au travers de îa toile,
- Fig. 2, Cette figure représente la coupe du blutoir,
- A est la trémie j B le canon ;
- C le moulin j
- E, E' les manivelles j
- B le volant qui facilite le mouvement j D le conduit de la farine dans le blutoir j
- F, Ff le blutoir ;
- G la lunette à coulisse j-H les coussinets formés par les panneaux j i le rochet ^
- k la poulie montée sur Taxe du blutoir j m, n les poulies de renvoi^ l) l]> I1 les cases qui reçoivent la farine j O le couloir pour la sortie du son j P la boîte qui le reçoit.
- Ces moulins, avec les clefs, les accessoires et doubles blutoirs, se vendent 400 francs, Ils débitent 40 à 5o livres de grain à l’heure,
- p.282 - vue 297/331
-
-
-
- ( a8S )
- arts chimiques.
- Moyen d’aérer les Galeries de Mines et les Hôpitaux en dégageant Pair vicié qui s’y rassemble, présenté à la Société d’Encouragement de Londres , par M. John Taylor (1).
- Parmi les moyens propres à assurer le succès des exploitations minérales, celui qui a pour objet d’aérer les galeries souterraines est, sans doute , l’un des plus importans.
- L’on sait qu’il est impossible de creuser des puits et des galeries de mines à une certaine profondeur, sans y établir des courans d’air capables de remplacer celui qui est promptement vicié par la respiration des ouvriers , et la combustion des chandelles qu’ils employent.
- Deux moyens se présentent pour atteindre ce but : le premier consiste à creuser des puits d’airage auxquels viennent aboutir les galeries, où il s’établit ainsi des courans d’air qui sont plus ou moins violens, suivant le degré de la température de l’air extérieur, et changent de direction à mesure que cette température varie ; l’autre consiste à établir, à l’orifice du puits des mines , une espèce de pompe destinée à aspirer l’air vicié qui se produit dans les galeries , et à le remplacer par une quantité égale d’air respirable.
- M. Taylor préfère ce dernier moyen comme moins dispendieux ; mais il ne l’a appliqué qu’aux mines métallifères dans lesquelles on n’a pas à craindre les effets désastreux du gaz hydrogène et de l’azote qui se forme si promptement dans les houillères.
- Les procédés pour renouveler artificiellement l’air des mines sont connus depuis très-long-temps ; on en trouve plusieurs décrits dans l’ouvrage d'Agricola : Le re metallicâ; on les a perfectionnés à diverses époques. Les plus communément employés sont des soufflets mus k la main; des boîtes ou cylindres de formes variées, placées à la surface du sol, ayant leurs larges orifices dirigés contre le vent, et le petit orifice en communication avec les tubes à air, par le moyen d’un cylindre dans lequel agit un piston. Cette machine produit de très-bons effets lorsqu’on y applique une force suffisante*, mais elle n’est ni aussi économique ni aussi énergique que celle que l’auteur assure avoir employée avec succès pour les travaux du canal souterrain de Tavistock. Celle-ci consiste dans l’application d’une
- D) Extrait du Repertory of Arts and Manufactures t cahier de mai i3iï.
- p.283 - vue 298/331
-
-
-
- C 284 )
- chute d’eau qui produit un souffle d’une force considérable , ayant l’avan^ tage d’agir sans interruption, et sans l’emploi d’aucune puissance. Le courant d’eau passant à travers une colonne verticale de tuyaux, est resserré dans un vase construit de manière à laisser échapper l’eau d’un côté , tandis que l’air s’échappe par une ouverture pratiquée de l’autre côté ; cet air s’y trouvant fortement comprimé par le poids du volume d’eau, peut être conduit dans telle direction qu’on le désire , à l’aide de tubes établis pour cet effet. M. Taylor pense que ce procédé peut servir dans beaucoup de circonstances pour aérer les galeries des mines , et qu’il est d’un emploi facile, lorsqu’on peut disposer d’un cours d’eau suffisant. On aura soin d’établir le tuyau vertical de manière que l’eau de la surface y passe librement, et force l’air à entrer dans un tube injectant qu’on prolonge jusqu’à l’endroit de la mine qu’on veut aérer.
- Cependant M. Taylor pense qu’on n’obtient pas tous les effets désirables du moyen qu’il vient d’indiquer; car on ne remédie par-là qu’en partie aux inconvéniens de l’accumulation de Pair vicié dans les galeries. La fiimée de la poudre à canon employée pour les explosions corrige sans doute cet air et le mélange d’air pur; mais il n’est pas dégagé, et gêne par conséquent le travail du mineur.
- Cette considération paroit à l’auteur assez importante pour devoir faire rejeter cette espèce de ventilateur, et le remplacer par une pompe aspirante capable d’extraire l’air vicié à mesure qu’il se produit.
- Cette pompe, qui, selon lui, est d’une construction simple et solide, exige peu de force pour être mise en mouvement et peut être employée avec succès, est représentée Tl. 106, Jig. 4- On peut l’établir, soit au fond, soit au sommet du puits À, en le plaçant sur un plancher qui prévient le retour de l’air vicié dans la mine; ce plancher est garni d’une trappe pour le passage des seaux.
- B est le tube à air qui traverse le cylindre ou réservoir C, formé de douves cerclées de bandes de fer ; ce réservoir est rempli d’eau presque jusqu’au niveau de l’orifice supérieur du tube B, garni d’une soupape D ouvrant en dehors»
- E est le cylindre aspirant en fonte de fer, ouvert par le fond, plongeant un peu dans l’eau, et suspendu au-dessus du ttihe à air. Il est fermé par un couvercle en bois percé d’une orifice qui reçoit la soupape F ouvrant en dehors,
- Ce cylindre reçoit son mouvement d’ascension et de descension d’une bascule G à laquelle il est attaché ; il communique à un manège ou à toute autre machine par la tige horizontale H 5 un contre-poids I est placé
- sur
- p.284 - vue 299/331
-
-
-
- ( 285 )
- sur l’extrémité c!e la bascule pour faire équilibre au poids du cylindre.
- L’action de cette pompe est aisée à concevoir. Lorsque le cylindre aspirant est élevé , il se produit un vide , et le courant d’air du puits de mine passe à travers le tuyau et la soupape D. Aussitôt que le cylindre commence à descendre, cette soupape se ferme , et prévient le retour de l’air qui s’échappe par la soupape F.
- Le volume d’air aspiré est ordinairement calculé d’après le diamètre du cylindre et la longueur du coup.
- Voici les dimensions que l’auteur assigne pour les grands travaux.
- Diamètre du cylindre aspirant E , 2 pieds ; longueur , 6 pieds, pour qu’il puisse avoir une course de 4 pieds. Le tube à air n’aura que 6 pouces de diamètre.
- On doit donner deux à trois coups par minute ; si l’on vouloit accélérer ce mouvement, il faudroit augmenter la capacité du réservoir d’air.
- Cet appareil extrait 200 gallons (1) d’air par minute \ une chute d’eau , fournie par un tuyau d’un pouce et demi de diamètre placé à 12 pieds de hauteur, suffit pour le tenir constamment en mouvement.
- On peut construire une plus petite machine pour extraire 2 gallons d’air par coup, ce qui est suffisant dans beaucoup de cas ; elle exige peu de force pour être mise en mouvement, pouvant être placée dans un équilibre parfait, et n’ayant d’autre résistance à vaincre que celle de l’air qui passe par les tuyaux.
- La galerie souterraine du canal de Tavistock, que fauteur fut chargé d’aérer, avoit été percée dans un roc dur et schisteux, à 120 mètres de profondeur, et à 5oo mètres de toute ouverture extérieure. Des puits d’airage auroient entraîné à une énorme dépense; et, comme la galerie étoit très-longue, il devenoit nécessaire de pratiquer aussi peu de puits que possible, et de les placer à de grandes distances entre eux. On fut donc obligé d’avoir recours à un ventilateur qui devoit agir avec une force suffisante sur une longueur de près d’un demi-mille ; on ne pouvoit disposer que d’une chute d’eau éloignée et peu considérable.
- Peu de temps après que la machine de M. Taylor eut été placée, on reconnut sa supériorité sur toutes celles que l’on employoit auparavant. La galerie qui avoit été remplie dans toute son étendue, pendant quelques mois, d’une fumée épaisse, que le renouvellement de l’air frais ne pouvoit pas chasser, fut tellement purgée, qu’on distinguoit facilement la lumière du jour à son embouchure. Après avoir fait sauter le rocher , les mineurs purent à
- O o
- (0 Le gallon équivaut à 4 pintes de Paris.
- Douzième année. Décembre i8i5.
- p.285 - vue 300/331
-
-
-
- ( 286 )
- l’instant retourner à leur travail sans être incommodés de la fumée, dont il ne resta plus la moindre apparence quelques minutes après. Onia voyoit sortir en tourbillons par la soupape pratiquée au sommet de l’appareil. La rentrée de l’air du canal dans le tube B s’opéroit avec une telle force, qu’il éteignit sur-le-champ la lumière d’une grande chandelle placée à l’orifice.
- Depuis deux ans que cette machine est employée, elle a fonctionné sans interruption et sans exiger aucune réparation ; et quoique la longueur du canal ait été presque doublée, les tuyaux sont cependant restés dans les mêmes proportions.
- Deux appareils semblables ont été placés depuis dans d’autres parties de la même galerie ; ils ont produit tous les effets qu’on en attencloit.
- Cette machine peut encore être appliquée avec succès à l’extraction de l’air vicié des salles d’hôpitaux, des maisons de détention, des entreponts de vaisseaux, etc.
- Lorsqu’on a besoin, par exemple, d’aérer un puits de mine ou une galerie dans lacrueile trois mineurs travaillent à la fois , il faudra en retirer i65 pouces cubes d’air vicié, en admettant, d’après les expériences de MM. Pepys et Allen , que ces trois ouvriers corrompent 27 pouces et
- cubes d’air par minute, et que les chandelles dont iis se servent en altèrent autant.
- Ce volume d’air peut être extrait en une minute, avec un appareil dont le cylindre n’auroit que 5 pouces de diamètre et une course de g pouces , quoiqu’il soit utile de le faire un peu plus grand.
- Nous avons dit plus haut que l’auteur n’a point appliqué son appareil aux houillères ; il n’a donc pu déterminer quels effets il produiroit dans ce cas, mais il présume qu’il sera également utile et susceptible d’extraire, dans un temps donné, un volume d’air indiqué. Pour y parvenir, il faut estimer la quantité de gaz qui se produit dans un temps quelconque, et bétendue de la galerie où il se trouve accumulé. S’il se produit du gaz acide carbonique, on prolongera les tuyaux jusqu’au fond de la mine, parce que ce gaz tend, par sa pesanteur, à se précipiter; ce sera le contraire pour le gaz hydrogène, qui, étant plus léger, se tient dans les parties élevées des galeries.
- Il est aisé de calculer le volume d’air contenu dans les salies des hôpitaux, prisons, etc. , et de proportionner les dimensions et le jeu de la machine pour cet objet. Lorsqu’on veut aérer ces salles pendant la nuit, on fait mouvoir la machine par une chute d’eau artificielle.
- Par exemple, supposons une salle dans laquelle couchent cinquante personnes, et ayant 80 pieds de long sur 20 de large et 10 pieds de
- p.286 - vue 301/331
-
-
-
- ( 237 )
- liant j cette salle contiendra i6o,OQO ponces cubes d’air * qu’il faudra renouveler deux fois en huit heures j pour cet eitet, on établira une machine dent le cylindre aura 3o pouces de diamètre et 4 pieds de course. Elle donnera quatre coups par minute , au moyen d’une chute de 10 gallons d’eau par minute, tombant d’une hauteur de 10 pieds ; ce qui fait 80 muids pour tout le temps. Mais les effets de cette machine sont beaucoup plus considérables qu’il ne le faut, puisque les cinquante personnes ne vicient, dans huit heures , que 5ooo gallons d’air respirable, qu’on peut enlever par cent cinquante coups d’un cylindre de 12 pouces de diamètre et de 4 pieds de course , qui ne dépensera que i5oo gallons d’eau ou 28 muids pendant le même temps.
- La Société d’Encouragement de Londres a accordé à M. Taylor une médaille d’argeut, pour avoir proposé un moyen simple et économique d’extraire l’air vicié des mines.
- ( Daclin. )
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Extrait d’un Mémoire sur les avantages comparés de divers genres de Chauffage ? par M. de la Chabeaussière.
- Dans le courant de l’année dernière, M. de la Chaheaussière lut à la Société d’Encouragement un mémoire sur les avantages comparés du chauffage fait avec la houille et le bois , qui a été inséré dans le N°. CI du Bulletin. Ses expériences avoient été faites sur un chauffage assez luxueux, puisqu’en quatorze heures il consumoit 25 kilogrammes de houille ou 57 kilogrammes de bois. Travaillant dans une houillère, les localités lui permettoient cette dépense • de retour à Paris, il a continué ses recherches avec l’économie que lui prescrivoit la cherté beaucoup plus considérable du combustible. Il a donc fait construire une grille telle qu’il l’a indiquée dans son premier mémoire : il en a rétréci la capacité qu’il a réduite à 6 pouces de largeur. 11 a brûlé, à différentes fois, des briquettes de houille de Morimont ( Sambre et Meuse ) , de celles de houille d’Aniche (département du Nord ), des briquettes de tourbe carbonisée, de la houille pure de Fresne (département du Nord) , de la houille pure d’Aniche et du bois neuf. Voici quel a été le résultat de ses expériences.
- Au prix actuel du combustible à Paris, pour échauffer un appartement de 75 mètres cubes de capacité, et y entretenir le feu pendant douze à
- O o 2
- p.287 - vue 302/331
-
-
-
- ( 288 )
- treize heures, de manière à y maintenir la température de 12 à i5 degrés du thermomètre de Réaumur9 il en coûte :
- i°. Avec des briquettes de houille de Morimont, à 5 fr. les 104 1 fr. 3o c» Blais M. de la Chabeaussière observe que ces briquettes se vendent beaucoup trop cher , vu le prix d’acquisition des ingrédiens et celui de la main-d’œuvre ; que ces briquettes étant réduites au prix où elles devroient se vendre ,
- le même chauffage ne reviendroit qu’à ...... 70 c,
- 2°. Avec des briquettes de houille d’Aniche ou autres de
- même qualité plus mélangées de terre. . ; . . . . 1 fr. 20 c.
- 3°. Avec des briquettes de tourbe carbonisée...............1 fr. 70 c.
- 4°. Avec la houille pure d’Aniche.......................... 66 c.
- 5°. Avec le bois de chêne neuf et sec......................1 fr. 21 c.
- Ainsi, de tous les chauffages essayés , celui qui procure la plus grande économie , celui qui donne le feu le plus ardent, le plus soutenu et même le plus gai, est celui de la houille pure d’Aniche (1). Quant à celle de Fresne, M. de la Chabeaussière a remarqué qu’elle est fort difficile à allumer : en sorte qu’elle est peu convenable au feu d’une grille pour chauffage domestique : une fois en feu, elle brûle bien, répand beaucoup de chaleur, colle sans se boursou filer; elle est très-bonne pour les petites forges activées par l’air des soufflets, mais elle ne peut servir au chauffage qu’à défaut d’autre pins promptement inflammable.
- Extrait du Rapport fait, au nom du Comité des Arts Eco710miques , par Mb. Bouriat ? sur les Dessins et Appareils de Chauffage de J\F. Fournier? fumiste ? rue de CLéry, JSTo\ 10.
- M. Fournier, dit le rapporteur, a fait peu de constructions à Paris, parce qu’il y est à peine connu. C’est à Lyon et à Marseille qu’il a exécuté des travaux qui lui ont mérité les éloges les moins équivoques de MM. les préfets des départemens du Rhône et des Bouches-du-Rhône.
- Nous avons aussi reconnu dans M. Fournier un artiste très au courant des meilleures découvertes en pyrotechnie, ainsi que l'a déclaré le Comité consultatif près S. Ex. le Ministre des Manufactures et du Com-
- (1) Nous n’entendons point par ce résultat élever, en faveur de la houille d’Aniche, un préjugé défavorable à toutes les autres espèces de houille qui se consomment à Paris. Ce qui se dit ici de cette houille peut, en général , s’appliquer à toutes les autres; mais cette houille est la seule sur laquelle M. de la Chabea-ussière ait fait ses expériences.
- p.288 - vue 303/331
-
-
-
- ( ^8g )
- merce, Les plans et dessins, ainsi que les constructions qu’il a faites à Paris, donnent l’assurance qu’il peut exécuter parfaitement tous les travaux qui regardent son état.
- Il a , parmi ses plans, celui d’un fourneau et d’un appareil à l’usage des charcutiers, pour cuire, à la vapeur de l’eau, les viandes qu’ils débitent,, Ce fourneau est surmonté d’une chaudière fermée hermétiquement, d’où partent six tubes de fer étamé, qui communiquent à un pareil nombre d’auges en pierre. C’est dans ces auges que l’on cuit les viandes. Si, comme le prétend l’auteur, la cuisson de ces viandes s’y fait parfaitement, sans que l’eau produite par la vapeur diminue leur saveur, cet appareil deviendra digne d’attention.
- On sait que les charcutiers emploient presque tons des vases de cuivre pour préparer leurs viandes ; qu’ai ors, la moindre négligence pour récurer ces vases ou les faire étamer peut produire de graves inconvéniens ; car le séjour, dans le cuivre, des graisses et des sels existans dans leurs préparations, est très-dangereux pour le consommateur. L’appareil de M Fournier obvieroit à tous ces inconvéniens.
- M. Fournier nous a présenté plusieurs autres objets d’une utilité réelle. Il seroit à désirer que tous ceux qui s’occupent de constructions pyrotechniques eussent autant de connoissances que cet artiste. Cette espèce de travaux demande beaucoup de soins et d’intelligence ^ et les bons ouvriers en ce genre ne sont peut-être pas assez multipliés à Paris et dans les départemens^ ce qui nuit à la propagation des découvertes utiles et économiques.
- AGRICULTURE.
- Contrôle des Elèves agriculteurs entretenus aux frais de la Société à l’Ecole impériale vétérinaire d’Alfort.
- On se rappelle qu’en 1806 la Société décida qu’il seroit, chaque année et pour l’année seulement, entretenu à ses frais, à l’Ecole d’Alfort, six élèves tirés des départemens les moins avancés sous 3e rapport des bonnes méthodes agricoles, à l’effet d’y suivre le cours d’agriculture professé par M. Yvartf). Cette mesure, qui avoit pour but de former des cultivateurs et des fermiers instruits, capables de mettre en pratique, à leur retour dans leurs départemens, les leçons utiles dont ils auroient profité, a déjà produit
- (O "Voyez Bulletin, N°. XXX. Cinquième année 5 page îoo.
- p.289 - vue 304/331
-
-
-
- ( 29° )
- les plus heureux effets., et la Société n’a eu jusqu’à présent qu’à s’applaudir du bon emploi de ses fonds pour cet objet ; c’est ce qui l’a engagée à continuer d’entretenir chaque année le même nombre d’élèves. Yoiei les noms de ceux qui sont actuellement à l’Ecole :
- i°. Louis-Henri Moine, de Marnay, département de la Vienne; il a obtenu son brevet d’agriculteur et le diplôme de maréchal vétérinaire ; il a également obtenu au dernier concours le prix de bonne conduite. Ce n’est pas un sujet brillant , mais il sera un vétérinaire et un agriculteur utile.
- 20. Jean Lechesne, du Mans, département de la Sarthe , a obtenu son diplôme d’agriculteur : c’est un bon sujet.
- 3°. Louis-Aleccandre Gantier, de Marche-le-Pot , département de la Somme, vient aussi d’obtenir son brevet d’agriculteur.
- Ces trois élèves ayant terminé leurs cours, ne sont plus aux frais de la Société. 11 doit être pourvu à leur remplacement.
- 4°. Jean Macé, de Courbouzon Herbilly, département de Loir et Cher , travaille beaucoup; mais il a peu d’intelligence, et ses progrès sont lents. 11 a une année d’études.
- 5°. Jean-François Marc, de Mathieu, département du Calvados, a aussi une année d’études, et travaille avec zèle, application et succès.
- 6°. Louis Deshayes , de Vaux, département de l’Eure, suit le deuxième cours comme élève médecin , ayant obtenu son diplôme de maréchal vétérinaire au concours d’octobre 1812. Il n’est aux frais de la Société que depuis le mois de juin dernier. C’est un très-bon sujet.
- Le Conseil a arrêté, dans la séance du 24 novembre i8i3, de pour-voir au remplacement des trois places vacantes de la manière suivante.
- Jean Lechesne, qui a commencé ses études d’art vétérinaire , désire les continuer sous les auspices de la Société; c'est un sujet sage et studieux, qui est particulièrement recommandé par le directeur de l’Ecole ; sa demande a été accueillie. Les deux autres places seront remplies par Jacques-François Humbert, de Salins, département du Jura, qui est déjà à l’Ecole depuis un an aux frais de ses parens, et qui est un fort bon sujet; et par Je an-Baptiste Rhodes , de Plaisance, département du Gers. Ce dernier est aussi à l’Ecole aux frais de ses parens; le directeur en rend un compte avantageux.
- p.290 - vue 305/331
-
-
-
- ( 29* )
- Liste des Membres de la Société admis depuis le
- ier. Janvier i8i3.
- MM.
- Baldwin , citoyen des Etats-Unis, à Paris.
- Barré , professeur des sciences physiques au Lvcée d’Orléans.
- Blanchard , ingénieur en chef des ponts et chaussées , à Laybach ( Iliyrie).
- Bertin-Devaux , négociant à Paris.
- Bossange, libraire à Paris.
- BrulleYj ancien commissaire à St.-Domingue , demeurant à Paris.
- Bugnot (Pierre-François), fabricant de vernis anglais , marchand fondeur à Paris.
- Cakbonnet , propriétaire au Marais , commune de Merfy , près Rheirns.
- Chemin , propriétaire à Paris.
- Chopin , fabricant de lampes à Paris.
- Christian , manufacturier, demeurant à Paris.
- Craanen (Daniel), docteur en médecine, à Dordrecht ( Bouches de la Meuse ).
- Dallery, mécanicien , facteur d’orgues de la Chapelle de S. M. l’Empereur.
- Daveaux , chef de division à la grande chancellerie de la Légion-d’Honneur.
- De Berghes , juge de paix à Montjoie (Roër).
- De la Guittonnière , propriétaire à Château-roux ( Indre).
- De l’Apparent ( le comte) , membre du Sénat Conservateur.
- Deleros aîné, payeur delà 10e. division militaire, à Perpignan.
- Delongecour , ex - commissaire ordonnateur des guerres, demeurant à la Verrerie , près Autun ( Saône et Loire).
- Delpierre du Tremblay , propriétaire à Saint-Laurent, près Morfontaine.
- De Ma ri al va ( le marquis ) , à Paris.
- De Neuelïze (André),, fabricant de draps , membre du Conseil général des Fabriques et Manufactures , à Sedan.
- D’Orgès , propriétaire des forges à Orgès , près Ax ( Ârriège ).
- De Persan , propriétaire et membre de plusieurs Académies , à Dole (Jura).
- De Saint-Amand , membre de plusieurs Sociétés savantes , à Paris.
- De Saint-Haouen , officier de la Légion-d’Honneur, chef de division à l’armée navale, faisant les fonctions de sous-préfet à Boulogne.
- Desetaeies , fabricant de papier , à Vire ( Calvados ).
- De Sèvres , maire de Soissons.
- De Silan , membre dn Corps-Législatif.
- Despatys ( le baron ) , procureur impérial à la Cour criminelle de Melun (Seine et Marne).
- Dubois , contrôleur des douanes à Paris.
- Duchange, payeur général de l’armée du Midi.
- Dubon (le baron).
- Dufour, orfèvre à Bourg (Ain).
- Duquesne (Charles-François-Joseph), fabricant de sucre de betterave , à Lille.
- Durand aîné, négociant à Perpignan.
- Edm e ( Claude ), notaire impérial, adjoint ae maire de Neufehâteau (Vosges).
- Fayolle, homme de lettres , à Paris.
- Gaeiou , ancien notaire , à Paris.
- Gotten, fabricant de lampes, à Paris.
- Guillemin , salineur et savonnier, à Avesnes ( Nord ).
- Henriette, architecte à Paris.
- Jacquin, pépiniériste, quai de la Mégisserie? N°. 14 } à Paris.
- p.291 - vue 306/331
-
-
-
- ( agï )
- Ladureau fils , à Paris.
- Lanjuinais ( le comte ) , membre du Sénat Conservateur.
- Leschevin , membre de plusieurs académies , commissaire des poudres et salpêtres à Dijon.
- Malosse (Paulin), membre de plusieurs Sociétés savantes, à Villeneuve-lès - Avignon ( Gard ).
- Marignoli , propriétaire à Bevagna (Trasi-mène ).
- Mollet de la Barre , docteur en médecine, membre de plusieurs Académies , à Paris.
- Montani, conseiller de préfecture à, Spoleto (Trasimène ).
- Montgqlfier ( Michel-André ) , fabricant de papier à Beaujeu (Rhône).
- Moreau, de Chantilly, fabricant de dentelles.
- Morin (Etienne ), maire de Dieulefit, arrondissement de Montelimart ( Drôme ).
- Park.s (Josiah), citoyen des Etats-Unis d’Amérique , à Paris.
- Pauly , mécanicien à Paris.
- Paysse , directeur des mines d’Ydria.
- Perrin , propriétaire à Paris.
- Le Président de la Société d’Agriculture du canton de Vaud , à Lausanne.
- Ravrio , fabricant de bronzes dorés, à Paris.
- Risler, négociant, rue Chauchat, N°. 5 , à Paris,
- Rivière , à Paris.
- Rohault , architecte à Paris.
- Saget, propriétaire de la Verrerie de la Garre , près Paris.
- Saget, propriétaire à Toulouse.
- Sans aîné , Négociant à Ax ( Arriège).
- Soleil , opticien à Paris.
- Tarbè (le chevalier) , ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Ternaux (Charles),! placedesVictoires,N°.6,
- Ternaux ( Louis ),f à Paris.
- Thiriart , procureur gérant des Ecoles de Cologne.
- Thomas (Charles-Nicolas), fabricant de cardes à Paris.
- Tiqlier fils, ex-pensionnaire de l’Académie de France à Rome.
- Tournade , chef de bataillon du génie , à Toulon.
- Vieeville des Essars , auditeur au Conseil-d’Etat, préfet du département de la Mayenne, à Laval.
- Vonderleyen , membre du Corps-Législatif.
- JS
- ERRATUM.
- Bulletin, K®. CXIII, page 364, ligne 2, au lieu d’outils, lisez toits.
- p.292 - vue 307/331
-
-
-
- ( 293 )
- TABLE ANALYTIQUE
- Et raisonnée des Matières contenues dans la douzième année
- du Bulletin.
- V . . A-
- 2 a. ci de nitrique j est employé dans le traitement du platine } 210,
- — nitro-muriatique , est employé pour faire dissoudre le platine, ib.
- — phosphorique, est employé pour purifier le platine , ib.
- — pyroligneux , extrait du goudron ( brevet accordé), 18.
- — sulfureux, a été employé à purifier le miel, 232.
- Acides végétaux, attaquent le zinc, 112.
- Acier fondu5 procédé pour le fabriquer (brevet accordé ), 20. — Echantillons qui en ont été envoyés au Conseil pendant 1812 , 58.
- — tréfilé de M. Aubertot, ib.
- Aigre des vins, on peut le corriger par le sulfite de chaux , j5.
- Aimant ; sert à séparer la limaille de fer de celle de cuivre , 149*
- Air, son mélange avec l’eau est employé dans lesmachines hydrauliquesdeM. Manoury, 6. — est comprimé dans ces machines , 7. vicié; moyen de l’extraire des mines , 283.
- Ajonc pilé , utilité qu’on peut en tirer pour la nourriture des bestiaux , i45. — Difficulté de le piler , ib. — Avantages de ce fourrage , 146 — Manière de le semer et de le récolter, ib. —- Rapport fait par M. Bosc sur son emploi , 147.
- Alcalimètre, ses avantages ( progr. 19 ).
- Alliage de M. Verea, pour l’étamage des glaces, 188. De sa préparation et des expériences qui ont été faites sur cet objet, ib. «— Son analyse , 189.
- Amiante , note sur sa filatuxë , 166. —> Moyen de le préparer, 167. — Les résidus peuvent servir à la fabrication du papier , 168.
- Douzième année. Décembre 1813.
- Ammoniaque , sert à précipiter les dissolutions de platine dans l’acide nitro-muriatique, 210.
- Anil, est cultivé avec succès aux environs de Rome, 2i3.
- Appareil injectant pour conduire de l’air frais au fond des mines , 283.
- —. pour distiller les marcs de raisin (brevet accordé ) , 17.
- — pour extraire le gaz hydrogène de la houille (patente anglaise), 23.
- —* pour filtrer et dépurer les eaux ( patente anglaise ), 24.
- — pour garantir les marchandises de l’incendie ( patente anglaise) , 23.
- — pour griller le pain devant le feu (patente anglaise), 2r.
- — pour la combinaison et la condensation des gaz ( patente anglaise ) , 24.
- — pour préserver de la corruption les substances végétales et animales ( patente anglaise ), 22.
- — propre à extraire le bitume du charbon de terre ( brevet accordé ) , 19.
- — propre à séparer le suc du marc de betterave (brevet accordé), 19.
- Appareils de chauffage de M. Fournier, extrait d’un rapport sur ces appareils , 288.
- — d’éclairage de M. Bordier, employés avec succès à Carlsrube , ,61.
- — entre lesquels on place les balles de papier destinées à être pressées , 86.
- Arachide, plante qui donne une bonne huile , (prog. 12).
- Arbre mobile, est adapté à la poupe des navires pour faire agir des pompes , 3y.
- Ardoises ; on propose de les remplacer par du papier préparé , a83.
- Argent, a été proposé pour doubler les vases de cuivre , 109.
- Pp
- p.293 - vue 308/331
-
-
-
- ( 294 )
- Argile , est délayée et pétrie pour servir à la fabrication des briques , 177.
- Armes à feu nouvelles, de M. Pauly (brevet accordé) , 19.
- — —- qui s’amorcent avec la poudre suroxi-génée, 5g.
- Arsenic , on s’en sert pour fondre le platine , 2iO.
- Assemblée générale du 3i mars i8l3, 53.
- B.
- Bain ue sable établi dans le four de Madame Chauveau, 266.
- Bala nce hydrostatique de M. Barré, iz5. — j&apport sur cet instrument, 77. — Manière de le modifier , ïb. *— Est préférable aux aréomètres, ib.
- Barbe 5 on nomme ainsi le produit du cardage des cocons de vers à soie ( progr. 7 ).
- Barreau aimanté, est employé pour séparer la limaille de fer de celle de cuivre , i49-
- Basins unis, grande largeur, fabriqués sur le métier Vigneron, zz3.
- Basse-orgue, instrument à vent ( hrevet accordé ) , 20.
- Bassine pour le grenage du sucre de betterave; ses dimensions , 5o.
- Bateau insubmersible ( patente anglaise), 20
- Bêche quadrangulaire pour l’extraction de la tourbe, 276.
- Belier hydraulique de M. hMontgolfier; de ses diverses applications ,10. — Son prix ,11.
- Bêtes à laine d’Espagne, de leur introduction dans le grand-duché de Bade, 121,-— Manière de les conduire, ib.
- Betteraves ; leur suc est exprimé par le moyen d’une presse, 197.
- Bielles , sont supprimées dans la machine à vapeur de M. VPitty, 33.
- Bière , méthode de l’éclaircir ( patente anglaise ), 22. — Quantité qui en est fabriquée en France , 28.
- Billots , espèce de gros bâtons avec lesquels on bat les cocons des vers à soie ( prog. 7 ).
- Biscuit, est bien desséché dans le four perpétuel de M. Coffiri ,261.
- Blanc d’Espagne , procédé pour le raffiner ( brevet accordé ) , 20.
- — de céruse de la fabrique de Ciichy, 128.
- — de plomb ; procédé pour le fabriquer , dé-
- couvert par feu Montgolfier, 56. -—Est fabriqué avec beaucoup de perfection en Allemagne , 179.
- Blé de Jérusalem , doit être planté comme des pois, 215. — Cette culture est très-chère, 216. — Donne une farine très-blanche, 2i5.
- Blutoir nouveau de M. Regnier} i56.—-Sa description, 159.
- Boites à étoupes, servent pour les machines à vapeur à simple effet, 36.
- Bordages en planches de cuivre des navires , sont fixés par des chevilles de cuivre au lieu de chevilles de fer , 12.
- — des vaisseaux couverts avec une matière propre à remplacer le cuivre ( patente anglaise), 23.
- Bouches de chaleur des poêles, peuvent recevoir une bouilloire cylindrique en argent, 166.
- Bouilloire propre à s’adapter aux bouches de chaleur, i65. — Sa description , 166.
- Bouquet des vins, des soins à prendre pour le conserver , j5.
- Boussoles de terre et de mer perfectionnées ( patente anglaise) , 24.
- Bouteilles en cuir fabriquées par les Calmouks , 213.
- Brevets d’invention; motifs qui les ont fait établir, 269. — Leur objet, ib. —- Formalités à remplir par ceux qui en demandent, et sommes qu’ils sont tenus de payer, 270. — On ne peut cumuler plusieurs découvertes dans le même brevet, ib. — Leur durée peut être prolongée , 271. — Principes établis par les lois dans leur délivrance , ib. — De leur déchéance et autorités qui la prononcent, 273. —- Ne sont accordés que pour des objets relatifs aux arts ; par qui délivrés, ib. — Délivrés en France pendant 1812 , 17. — délivrés en Angleterre pendant les neuf premiers mois de l’année 1810,21.
- Brins de laine, doivent être placés de manière à ne pas se trouver dans le même sens , et à pouvoir s’accrocher l’un à l’autre, io4-
- Briques , moyen de les fabriquer mécaniquement, 173. — Sont forcées de passer à travers des moules en fonte, 174* — Leurs qualités, ib. -—Leurs avantages , ij5.
- Bruyères de la Campine ; moyen de les planter,
- p.294 - vue 309/331
-
-
-
- c.
- ( 295 )
- Cabestan , employé pour baisser le levier d’un pressoir à betteraves , 198. —Il peut arriver des accidens fâcheux de son emploi , 201.
- Câble enroulé sur un cabestan peut occasioner des accidens fâcheux par sa rupture, ib.
- — d’un vaisseau mouillé dans un port peut être coupé sous l’eau , 209.
- Cache-entrée de serrure , 56.
- Cadran horizontal et équinoxial (brevet accordé ), 19.
- Caisse carrée sans fond , proposée pour l’extraction de la tourbe sous l’eau} 277.
- Calicos fabriqués sur un métier à navette volante } 245. — On peut en faire deux pièces à la fois, 246.
- Cameline. végète promptement (progr. i3).
- Cannelle aérifère de M. Jullien) son usage, 76.
- Carabine perfectionnée par M. Gosset, 59.
- Caractères d’écriture et de musique nouveaux ( patente anglaise ) , 24.
- — d’imprimerie économiques ( brevet accordé ), *7*
- — — peuvent être fondus en creux, 220.
- —— sont passés à la filière et frappés à froid par M. Herhan , •xSo.
- — mobiles} on en tire une empreinte ou matrice dans laquelle on coule une planche solide de métal, 220.
- — — en creux; quelques artistes français les ont employés pour l’impression, 260. — M. Herhan est le premier , ib.
- — tracés au poiygraphe résistent à un frottement assez fort, 247.—Sont nets et lisibles , ib.
- Cardage et filature des déchets de soie; rapport sur ce prix } 227. — Est remis au concours pour 1814> 23r.
- — de la laine ; nécessité de cette opération , 104. — L’ancienne manière de carder étoit vicieuse , ib.
- «=— par mécanique de la laine ; extrait d’une notice sur cet objet, io3.
- Cardes nouvelles pour la laine sont composées d’un gros cylindre autour duquel tournent en différens sens plusieurs autres cylindres , l0^- — Sont très-avantageuses , ib. doivent etre mues par l’eau , 107.
- Cartons incombustibles ; manière de les préparer , 263.
- Casimirs ; la laine qui sert à leur confection est filée par mécanique dans plusieurs fabriques , 106.
- Casseroles en fer fondu exécutées en Angleterre et revêtues d’un émail inattaquable par les acides ( progr. 1 z ).
- Castor gras; ce que c’est (progr. 8).
- — leurs poils sont disposés au feutrage par la transpiration des hommes qui les portent (prog. 9).
- — sec ; ce que c’est (progr. 9 ).
- Caves ; moyens d’en diminuer les inconvé-niens, 74.
- Cendre , est employée par les Calmouks pour le tannage du cuir ,212.
- Cendrier ; on ne doit point faire entrer d’air par la porte, lorsque la grille n’est pas entièrement couverte de combustible ,261.
- Ceps de vignes , moyen de les écheniller f
- 214 *
- Cérnse de la fabrique de Clichy; rapport sur ses produits , 179. — Sa blancheur a un très-grand degré de pureté, 180. — Epreuves faites sur cette céruse , 182. — Ses qualités , i83. — Plusieurs fabriques l’emploient avec succès , i85. — Qualités qui lui assurent la préférence sur celle de Hollande , 186.
- Céruses de Hollande ne sont point parfaites , 179. — Perdent promptement leur blancheur, i83.
- Chaînes de bois à charnières en cuir, substituées aux cordes employées dans les machines à filer le coton , 218.
- — à l’usage des mines, à chaînons identiques, 81. —Manière de les fabriquer, ib.
- Chair des animaux est conservée dans des intestins de bœuf, 115.
- Chanvre , avantages de sa culture (progr. i3). — Sa fleur est proposée pour détruire les chenilles qui attaquent les vignes, 214.— Ses tiges réduites en charbon servent à la fabrication de la poudre de chasse, 2i5.— Elles sont employées depuis un siècle en Espagne pour cette fabrication, 216.—Son odeur 11e chasse pas les insectes ennemis des vignes ,216.
- Pp 2
- p.295 - vue 310/331
-
-
-
- ( 296 )
- Chapeau fabriqué au moyen d’un bain de plantes styptiques tenues en macération ( progr. 9).
- Chapeaux de paille fabriqués dans la forêt Noire , 217.-— Sont très-fins et très-recherchés , ib.
- — imperméables ( brevet accordé) , 17.
- Chapellerie , nombre d’ouvriers qu’elle emploie en France, 27.
- Charançons, moyen de les détruire, 182.
- Chai bon , décolore et affaiblit les vins dans leur état naturel, y 5. On n’a pas encore recherché quelle est son action sur les vins altérés , ib.
- — est employé pour la purification du miel, 232.
- — de bois , est le meilleur combustible à employer dans les fourneaux à coupelle , 141. — Quali lés qu’il doit avoir , ib.
- Ch arbons de bruyères et d’os réunis , proposés pour la purification du miel , 234»
- Charrettes perfectionnées, destinées au transport de la houille ( patente anglaise), 21.
- Charrue perfectionnée (patente anglaise) , 22.
- Charrues sont coulées en fonte, en Angleterre , 91.
- Cl jassis circulaires propres à faire des feuilles de papier sans fin , 84.
- •mm montans et descendans , servent à étendre le papier dans les séchoirs , 87.
- — en fer garnis d’un treillage en fil de fer, sont employés dans les fours de M. Cofjîn , 261.
- Châtaigniers ne donnent pas leurs fruits en même temps , quoique de la même espèce, 2,55. — Leurs feuilles servent de litière , 2 5j,
- Chât aignes , la meilleure méthode de les dessécher est celle qui estemployéeenEspagne, 65.
- >— rapport sur leur dessiccation dans le département de la Haute-Vienne, 253. — On les entasse a un demi-mètre d’épaisseur sur les claies , zôj.
- de leur récolte dans les Cévennes, 254. — M anière de les faire sécher, 256, 25y.— Diminuent de volume par la dessiccation , 258.
- Chaudières pour la fabrication du sucre de betteraves , 4^' Doivent être en cuivre , 4ç, — Leurs dimensions , ib. — Position de leurs parois , ib,
- — pour la clarification du sirop de betteraves , 5o. — Leurs dimensions, ib.
- Chauffage avec la houille et le bois comparés , 287. — Prix de ce chauffage , 288.
- Chaume , peut être remplacé par des toits de papier , 205.
- Chaussures , procédés pour les confectionner ( brevet accordé), 20.
- — moyen de les rendre plus commodes et plus durables , 5j.
- Cheminée de cuisine perfectionnée ( patente anglaise ) , 21.
- Chènevis 3 on doit comparer celui que donne îe chanvre ordinaire avec celui qui est produit par le chanvre gigantesque (progr. 12).
- Chenilles de la pyrale attaquent les vignes , 96. — Moyens de les détruire , 97.
- Chevauxj on peut les nourrir très-bien avec de l’ajonc pilé , 146.
- — peuvent être dételés au moment où ils s’emportent, 195.
- Chevilles de fer pour les navires , ont été remplacées par des chevilles de cuivre , 12.
- Chèvres de la race de celles d’Angora , ont été trouvées dans les provinces Illyriennes ,218. — On pourroit les croiser avec les chèvres indigènes, ib.
- Chinage 5 ce qu’on entend par ce procédé, 222.
- Claies , on pose “dessus les châtaignes destinées à être séchées, 254- — Moyen d’empêcher qu’elles ne soient incendiées, 256.
- — enduites de plâtre peuvent servir pour la couverture des édifices, 264.
- Claque brisé , propre à garantir les pieds de l’humidité , 47*
- Clédier $ ce que c’est, 256.
- Cledos ou séchoirs employés dans les Cévennes , 204* — Leur description , 255.
- Clefs de flûtes perfectionnées (patente anglaise), 22.
- Clichage, cette opération est employée par M. Verea pour l’étamage des glaces, 190.
- Cloisons en bois percées de trous • nombre qu’on emploie dans la presse de M. Isnard, 207.
- Clous, peuvent être exécutés en fonte de fer (progr. 20). — Se rompent facilement, i3. — De fer 3 on les couvre d’un vernis sué-
- p.296 - vue 311/331
-
-
-
- ( 297 )
- talïique , 2. — peuvent être faits mécaniquement au moyen du laminoir, 102.
- Coak, manière de s’en servir pour les fourneaux à coupelle, 141 •
- Cochenille ; quantité qu’on en importoit en France, 3o. — Est remplacée par la garance , 3i.
- Cocons 5 on ne doit pas les laisser tremper dans l’eau avant de les carder ( progr. 7).
- — leur récolle en France , 25.
- .— de bassine ; ce que c’est ( progr. 6 ). — Préparation qu’on leur fait subir , ib.
- —. de graine ; ce que c’est ( progr. 6 ). — Préparation qu’on leur fait subir (progr. 6 ). — Moyen de les carder , ib.
- Collage des vins 5 on s’en dispense pour les vins qu’on tire au tonneau à mesure de la consommation, 74.
- Colle de poisson , ses divers usages ; on s’en est servi pour enduire des toiles métalliques dont on a composé des lanternes de vaisseaux (progr. x 6 ).*— Manière dont elle se fabrique en Russie, ib. —* Un prix de 2000 fr. est proposé pour sa fabrication , ib. — Qualités qu’elle doit avoir ( progr. 17 ).
- — en tablette et préférable à la colle forte, ib.
- — en gâteau ; c’est le nom qu’on donne dans le commerce à une espèce de colle de poisson (progr. 16).
- •— en livre ; on appelle ainsi dans le commerce la colle de poisson , ib.
- Colonne oscillante de M. Manonry pour élever l’eau , 7.
- Colonnes cylindriques ; moyen de les découper dans un bloc de pierre ,101.
- Comestible nouveau, composé par madame Chauveau , 64- — Brevet accordé pour cet objet,
- *7-
- Comestibles peuvent être conservés dans des intestins de boeuf préparés , 115.
- Compas pour tracer des cercles du plus petit diamètre , 224.
- Compte rendu des travaux du conseil d’administration pendant l’année 1812,54<
- Concours ouvert pour 1813 5 rapport sur ce concours , 224.
- Conditions générales à remplir par les eon-currens aux prix proposés par la Société (progr. 20 ).
- Considérations adressées aux concurrens sur le prix relatif à la culture comparée des plantes oléagineuses ( progr. 12 ).
- Construction des canaux perfectionnée ( patente anglaise ) , 24-
- Cor de chasse perfectionné (patente anglaise ), 22.
- Cordes à boyau , sont fabriquées à Naples dans toutes les saisons, 115.
- — sont lavées avec de l’eau alcaline, 117.
- Cos tes ; ce que c’est ( progr. 6),
- Coton , avantages qu’il offre , quantité qui en est importée en France , 27.
- — est cultivé à Rome et à Naples , 3x.
- — — dans le pays de Bade, 54 9 i3i.
- Cotonnades , leurs avantages et leur valeur en
- France, 27.
- Coupelles à employer par les essayeurs , i3ge
- Courans d’air dans les mines sont plus ou moins vioîens , en raison de la température de l’air extérieur , 283.
- Couvertures de maisons peuvent être faites en zinc , 113. ~ Et en papier , 263.
- Couveuse , manière de la placer sur les œufs, 169.
- Craie pulvérisée est employée par les Calmouks dans la préparation des peaux ,212.
- Crème de tartre; ses diverses qualités, 162. — Celle des environs de Montpellier est la meilleure, ib.
- Cresson, on en retire une huile dont le goût peut être corrigé ( progr. 12. )
- Creusets à recuire les essais d’or, i3ç.
- — de porcelaine, sont employés pour la fusion du platine, 211.
- Cric 5 on en a fait usage pour exprimer le suc de la betterave , 199.—« Est d’un effet limité , ib.
- Cristaux de lustres (patente anglaise ) , 23.
- —de tartre; comment ils se ferment, x68. — Doivent être lavés , iô4- — Moyens de les augmenter, ib.
- Cuillers et fourchettes frappées au balancier ( patente anglaise ) , 22.
- Cuir; on attribue sa mauvaise qualité à une préparation vicieuse, 5j. — Manière dont les Calmouks le préparent, 211 , 2,12,
- p.297 - vue 312/331
-
-
-
- (2
- ï— imperméable : ses avantages, 58.
- Cuivre , ses inconvéniens pour la confection de vases de cuisine , 119.
- Culture comparée des plantes oléagineuses 5 rapport sur ce prix, 229. — Est remis au concours pour 18j4; 281.
- — du palma-christi , a fait des progrès dans le département du Gard, 241»
- Cylindre cannelé pour rayer le papier , 07.
- Cylindres de le. machine à vapeur de JVI. ,
- agissent sur les pistons , 3d. — i-ieur- poids doit être calculé pour produire l’effet utile , 35. — On peut en varier le nombre et la disposition, 36. — Le vide qui s’y forme élève les pistous , 3q.—Ils communiquent entre eux par un axe creux, ib. — Servent à extraire l’air vicié des mines, 28b.
- — pour l’impression des toiles peintes , perfectionnés ( patente anglaise ) , 23.
- — en fonte de fer pour fabriquer des lames de couteau, io3.
- — pour écraser la canne à sucre, ont été appliqués à l’expression du suc de betterave >
- __JVI, Achard en avoit proposé dont les effets de pression étoient peu considérables , ibid*
- D.
- Déchets de soie provenant des cocons de graine, des cocons de bassine, des costes et des frisons \ quels sont les moyens de les filer par mécanique? prix de i5oo francs proposé sur cette question ( progr. 5).
- Décret impérial relatif à la fabrication de l’indigo-pastel , 4> •
- Dégraissage des intestins de boeuf ) manière de le faire, 116.
- Dégras, espèce de graisse qu’on emploie pour entretenir la souplesse des cuirs ( prog. 14 ),
- Dentelle or et argent ( brevet accordé ) , 19.
- Dessèchement du marais de Peel, 243.
- Dessiccation des viandes • prix de 3ooo francs proposé pour cet objet ( progr. 22 — Ses
- avantages, ib.
- — des intestins de bœuf 5 comment elle se fait,
- 117.
- Dessins , moyen prompt et facile de les décalquer , 267.
- 98 )
- Drague en forme de tombereau proposée pour l’extraction de la tourbe sous l’eau , 277.
- Draps fabriqués en France, 2.5. — Se fabriquent plus promptement en employant la laine filée par mécanique , 106.
- — perfectionnés ( patente anglaise) ,21.
- Duites , nombre qu’on en place par minute sur
- les métiers à navette volante , 245.
- Dynamomètre pour essayer la force des laines j questions sur l’utilité de cet instrument, 215.
- E.
- Eau, moyen de la faire monter au-dessus de son niveau naturel , 5. — Son courant est appliqué à faire agir des pompes , — Se
- décompose par le séjour dans des vases de zinc , 111.
- — aromatique des Alpes ( brevet accordé ) , 19.
- — de chaux, on en frotte les ceps de vigne pour en détruire les chenilles , 214.
- — de Cologne ( brevets accordés ) , 19 et 20,
- — de-vie d’arbouses ( brevet accordé ) , j 9.
- —parfumée dite d’Ispahan (brevet accordé),
- 19.
- — seconde ; c’est le nom qu’on donnoit à la composition employée dans la chapellerie pour faciliter le feutrage des poils (progr. 8.)
- Ebénisterie et carrosserie , valeur de ces fabrications en France , 28.
- Ecarlate peut être donnée par la garance, 3i.
- Echelles pour les escalades et les incendies (patente anglaise), 21.
- Ecole vétérinaire d’Aifort; noms des élèves agriculteurs qui y sont entretenus aux frais de la Société , 289.
- Ecorce des ceps de vigne est raclée pour la débarrasser des chenilles, 214. —« Frottée avec un morceau de toile trempée dans de l’eau de chaux , ib.
- Edifices construits avec les briques fabriquées mécaniquement, sont plus réguliers , 1 j5.
- — Manière de les couvrir en papier , 2q3. <— La charpente en est plus légère , 264,
- Elèves agriculteurs à l’école d’Aifort, entretenus aux frais de la Société ; leurs progrès , 65. — Leur contrôle à la fin de 1813, 289.
- Eloge de M. Joël Barlow } l’un des membres de la Société, 69.
- p.298 - vue 313/331
-
-
-
- ( 299 )
- Email , ne doit pas être susceptible de se fendre, de s’ écailler et d’entrer en fusion étant exposé à un feu ordinaire , doit être inattaquable par les acides (progr, n ).— Employé en Angleterre pour des casseroles de fonte de fer, adhère fortement aux parois intérieures
- ihid.
- — économique pour revêtir des vases de métal ; prix proposé pour cet objet ( progr. 10 ).
- Embouchoirs de M. Sakoskyj leurs avantages,
- 56.
- Encre incombustible composée de manganèse et de sulfate de fer, peut être employée sur du papier d’amiante, 168.
- Engrais nouveau extrait des matières animales, 65. —» Son prix , i33.
- Entonnoirs aérifères 5 leurs avantages , 76.
- Enveloppes de saucisson servent pour la conservation des viandes, ii5.
- Essais de typographie de M. Kauffman^ 126.
- Essence de lavande rend le papier transparent, 267.
- Essieux de voitures perfectionnés ( patente anglaise ) , 24.
- Esturgeon ; sa vessie natatoire sert à la fabrication de la colle de poisson (prpgr. 16).
- Etamage pour préserver les métaux de la rouille, 12. — Ne garantit pas le cuivre suffisamment de l’oxidation , 109.
- — fait avec le zinc présente des ineouvéniens , 110.
- — des glaces par le procédé de M. Verea f 188 , 190.
- Etat des recettes et dépenses de la Société pendant l’année 1812 , 68.
- Etoffes sont attaquées par des teignes qui les rongent ; indiquer les moyens de les préserver des ravages de ces insectes sans altérer leur tissu ( progr. 4).
- — de laine 5 prix de i5oo francs proposé pour la conservation de ces étoffes, pour être décerné en 1814 (progr. 4). — Quantité qu’on en fabrique en France , 26. — Quantité qui en est exportée , ib. — Leur force et leur durée dépend de leur densité , 2i5.
- — de soie ; quantité qu’on en fabrique en France ,25.
- — — blanches, peuvent être lavées facilement,
- 129.
- Etoffes de toutes largeurs , se fabriquent à la navette volante, 2x5. — Quantité d’aunes qu’un ouvrier peut en faire dans un jour, ib,
- — en feutre ( brevet accordé) ,17.
- — pour meubles imitant Je point de tapisserie des Gobelins , 60, 223.
- Etuves à courant d’air chaud appliquées à îa dessiccation des châtaignes, 253.—Sont coûteuses , ib.
- Extrait d’une notice sur un moyen de conserver les pommes de terre , 42,
- — d’un rapport fait à S» M. l’Empereur par S. Ex. le Ministre des manufactures et du commerce, sur la fabrication de l’indigo-pastel , 40.
- — du compte rendu par S. Ex. le Ministre de l’intérieur, sur ]a situation de l’Empire français pendant 1811 et 1812, 25.
- F.
- Fabrication mécanique du papier est employée en France, 82.—En Angleterre, ib. — Description de ce procédé , 83,84.
- Fabriques impériales d’indigo-pastel, 4*> — Elèves qu’on y entretiendra , ib.
- Farine , quantité qu’on en retire des pommes de terre , i\5. —Est aussi bonne que celle de froment , 46.—Se garde pendant longw temps, 42.—N’est point attaquée par les insectes , ib. <— Manière de la préparer, ib.
- Fanaux à semi-globe dépoli de M. Bordier, ont servi à éclairer les salles de la Société lors de l’assemblée générale du 3i mars 1813 , 53.
- Fécule d’indigo -pastel ; moyen de la purifier , 89.
- Fer , est garanti de la rouille par un vernis solide , 12. — En le chauffant au rouge et le frottant avec de la cire, on le préserve de la rouille , i3. —Nouveaux procédés pour sa fabrication ( brevet accordé ) , 20. — Sa valeur en France, 28.
- — fondu 5 on en peut exécuter divers petits ouvrages pour lesquels en se sert de fer forgé ( progr. 20 ).
- Feuilles d’étain moyen de les obtenir très-minces , 58.
- — de papier 5 on peut les obtenir d’une très-grande dimension par le procédé de M. Bra-mah , 83.
- p.299 - vue 314/331
-
-
-
- — — sans fin ; moyen de les fabriquer , 84.
- »— »— fabriquées mécaniquement, conservent les mêmes dimensions et la même épaisseur, 172.
- —• —- préparées; manière de les faire servir à la couverture des édifices , 264.
- Feuilles métalliques faites au moyen du procédé de M. Verea, 190. — Présentent le poli de la glace du côté où elles sont en contact avec elle , 191.
- Feu de charbon doit être conduit et attisé convenablement pour bruier la fumée ,261.
- Feutrage des poils est une opération très-malsaine ( prog. 8).
- — -sans emploi de sels mercuriels; rapport
- sur ce prix , 227. — Est remis au concours pour 1814 ? s3i ( progr. 9 ).
- Feux de broussailles, doivent être employés pour détruire le ver qui attaque les vignes, 97-
- Fèves de marais ; leur incinération produit des cendres qui contiennent beaucoup de potasse (progr. 18),
- Fibres de cheval ; les Cafiuouks s’en servent pour coudre leurs fourrures, 212. —Manière de les préparer , ib.
- Ficelles, servent à former des sacs dans lesquels on place la pulpe de betterave destinée à être exprimée , 2o3.
- Fil, la seule couleur solide qu’il pouvoit recevoir étoit le bleu, 08.
- — d’acier propre à faire des aiguilles à coudre ; prix de 6000 francs proposé pour sa fabrication , pour être décerné en 1814 (progr. 3 ). — Qualité qu’il doit posséder, ib.
- — de chanvre, est propre à faire des tuyaux sans couture (progr. 15).
- — de laine, doit être solide pour supporter l’opération du tissage , io5.
- Filasse nouvelle tirée des maîvacées, ne peut remplacer celle du chanvre , i3o.
- Filature à la main de la laine, donne du fil aussi beau que la filature par mécanique ,
- 104.
- — de l’amiante ,166.
- *—de coton à Saint-Biaise, 217,
- — de laine par mécanique formée à Fougères ,
- J07.
- par mécanique de 1$, laine peignée pour
- chaîne et pour trame ; rapport sur ce prix y 226. — Est remis au concours pour 1814 > 281 (progr. 7).
- Filière employée par M. HerJtan y doit donner toutes les épaisseurs de lettres, 25i.
- Fils, 11’éprouvent pas l’inconvénient de faire des vrilles ou boucles , placés sur le tordoir de M, ' Vigneron, 72. — On augmente ou diminue leur tors , ib.
- — d’amiante obtenus par le procédé de ma» dame Perpentiy 167.
- — de chaîne retors servant à la fabrication des étoffes de laine rases , ont besoin d’être retordus , 72.
- Finances de la Société ; leur amélioration progressive , 69.
- Flambeaux en cuivre doré dont les ornemens sont exécutés à la molette, 60.
- Fleur de lavande est proposée pour détruire les teignes qui attaquent les étoffes de laine,
- T 3 I
- Fleuret ; c’est une espèce de filoselle de soie (progr. 7).
- Flûtes et flageolets perfectionnés ( patentes an^ glaises ) , 21 , 23.
- Fontaine de Héron ; sa composition et son effet, 4. — On y applique le siphon intermittent , ib.
- Fonte de fer, ne s’oxide pas facilement, 12.
- —- Ses diverses qualités sont difficiles à distinguer par les cultivateurs , 93. — Son affinage est très-parfait en Angleterre , ib.
- Force des machines ; moyen de l’augmenter, 251. „
- Forces hélicoïdes pour tondre les draps (brevet accordé ) , 18.
- Foret pour percer un bloc de pierre , 102.
- Formes à papier nouvelles de M. Bramahy 83. Leur description , ib.
- — à sucre ; manière nouvelle de les disposer ÿ 262.
- — de souliers de M» Sakosky ; leurs avantages , 56.
- Foule , opération connue dans la chapellerie pour achever le feutrage des poils (progr. 9).
- Foulage et tonte des draps perfectionnés ( patente anglaise ) , 21.
- Fours à plâtre de M. Fluvinet ; la fumée y esc brûlée, 261.
- Fp’4ï
- p.300 - vue 315/331
-
-
-
- ( Soi )
- four à porcelaine, est employé pour la fusion du platine, 211.
- -— d’affinage , de M. Dufaud , 56.
- — économique de madame Chauveau rapport sur ce four, 265. — Sa description, ib, — Est alimenté par le charbon , 266.
- — en tôle , de la même , 2.65.
- •— perpétuel ( patente anglaise ) , 21.
- — perpétuel pour cuire le pain et le biscuit ; sa description , 25g.
- — — à un seul foyer ; manière dont le pain y est placé ,261.
- Fourneau à coupelle nouveau pour les essais de monnaie ; sa description , 136 et suiv. — Ustensiles et combustibles nécessaires pour son service, i38. —Rapport sur ce fourneau, fait à l’administration des monnaies, 142. — Essais auxquels il a été soumis , ib. , 148. — Ses avantages , 144*
- — à l’usage des charcutiers pour cuire les viandes à la vapeur de l’eau , 289.
- — économique pour fondre les métaux ( brevet accordé), 17.
- — en fer pour le grenage du sucre de betterave , 4g.
- — épuratoire du charbon de terre (brevet accordé ) , 20.
- Fourneaux à fondre le fer; leur feu peut servir en même temps à chauffer les étuves destinées à la dessiccation des châtaignes , 253.
- — pour la fabrication du sucre de betterave, 48*
- Fourrures , manière dont les Calmouks les préparent , 211.'— Sont cousues avec des fibres de cheval ,212.
- Foyer ; ne doit pas admettre l’air extérieur pour brûler la fumée ,261.
- — économique propre à brûler le charbon de terre (brevet accordé), 20.
- Frison; ce que c’est (progr. 6).
- Fruits du noyer, ne sont pas améliorés par la greffe ,214.
- Fumée, est appliquée par les Calmouks à la préparation des peaux et des fourrures ,212. — Nuit à la qualité des châtaignes , 253. — Moyen de la brûler , 260.
- Fusil de chasse, perfectionné par M. Pauly, 5g.
- G.
- Galerie souterraine du canal de Tavistock , est purgée d’air vicié par îa pompe de M. Taylor, 285.
- Douzième année. Décembre 1813,
- Galeries de mines, moyen de les aérer, 280, —* Ne peuvent être creusées à une certaine profondeur sans y établir des courans d’air,
- Galette de Suisse, espèce de soie (prog. 5).— Moyen de la fabriquer ( progr. 6 ). — Manière de la filer ( progr. 7 ).
- Garance, cultivée en France , 3i. — Quantité qui en est exportée , 3a. — Est substituée à la cochenille , 3i.
- Gaz hydrogène employé pour l’éclairage ; on peut le conduire dans des tuyaux sans couture, enduits d’un vernis élastique ( progr. i5).
- Glaces , importance de cette fabrication , et nombre d’ouvriers qu’elle occupe , 29. —« Moyen nouveau de les mettre au tain, 188.
- Gouge arrondie proposée pour remplacer la drague à tomber, 276.
- Grain , ne doit point être semé à la volée ,
- Graine de palma-cbristi ; quantité qui en a été récoltée dans le département du Gard, 241* — Est cultivée avec succès dans le département de l’Hérault, 242. •— Sa récolte a été abondante , ib.
- Graisse des vins ; ce que c’est, y5.
- Gravure au trait exécutée lithographiquement, 218.
- Gravures polytypées , n’ont pas eu de succès , 25o.
- Greffe, n’améliore pas le fruit du noyer, 214. — Est employée dans le pays de Bade pour les vignes , ib.
- Grille des foyers, doit être toujours couverte de combustible , 261.
- «— de cheminée perfectionnée ( patente anglaise ),
- TT
- Il S
- Harpes perfectionnées (patente anglaise), 22.
- Hôpitaux ; moyen de les aérer, 283.
- Horlogerie ; produits de cette fabrication en France , 29.
- Horloges; nouveaux moyens de les construire ( brevet accordé ) , 20.
- Houille, moyen d’en brûler îa fumée dans les fourneaux , 260. — On doit pousser celle qui est en combustion au fond de la grille , 261.
- .— donne le chauffage le meilleur et le ptus économique, 288.
- Qq
- p.301 - vue 316/331
-
-
-
- ( 302 )
- Houiüières , sont exposées aux inondations , i5o.
- Huile, plantes qui en fournissent pour les usages domestiques (progr. 11 ).
- «—d’œillette, a la propriété de ne pas se coaguler dans les temps de gelée (progr. i3).
- — de pétrole , rend le papier transparent, 267. — Répand une odeur forte et désagréable, ib.
- —• de riccin ; de sa fabrication dans le département du Gard , 241 •
- Huiles à brûler purifiées ( patente anglaise), 24.
- Hydréole, machine hydraulique dans laquelle on emploie le mélange d’eau et d’air ,5. — Il y en a de deux sortes , ib. — L’hydréole par succion, 6.—Et l’hydréole par pression, ih.
- Hydromel, lorsqu’il est bien préparé, ressemble au vin d’Espagne, 75.
- Hydromètre universel ( brevet accordé ) , 18.
- I.
- Ichtvocolle ; c’est le nom qu’on donne dans les arts à la colle de poisson ( progr. 16 ).
- Imprimeries lithographiques établies à Carls-ruhe ,218.
- Indigo, quantité qu’on en importe en France, 3o. —Quantité qu’on en consomme annuellement en France , 4°- '— Ees droits qu’on perçoit sur son importation sont augmentés , 41* — Est extrait de l’anil dans l’Etat romain , 213.
- —pastel; son prix et ses avantages, 4o* •—
- Peut remplacer l’indigo des Indes , ib__On
- s’en sert dans le midi pour azurer le linge , 64. — Peut être également utile pour l’impression des toiles peintes, ib. —. De son raffinage , par M. Puymaurin } 89.
- Insectes ennemis des vignes, 54, 21/p
- -—-qui nuisent à la vigne , 98. — Moyens de les détruire , 99.
- Institut grand-ducal pour l’éducation des mérinos dans le pays de Bade, 121.
- Instrument à rayer le papier, de M. la Cha-beaussière ; sa description et son usage, 126.
- — pour connoître et comparer .les différens degrés de force des laines , 56.
- —»pour découper des colonnes cylindriques dans un bloc solide de pierre, de bois, etc., 101.
- — pour diriger les brins de paille , 237.
- Instrument pour pointer les canons de siège, 5ç»
- Instrumens d’acier; moyen de leur donner une grande dureté, 128.
- — tranchans ; on peut les faire au moyen d’ua laminoir, 102.
- Insufflation des intestins de bœuf doit se faire avec un cylindre creux de sureau, t 17.
- Intestins de bœuf destinés à la conservation des comestibles, 115.—On les prépare à Londres et à Paris , ib. —- Manière de les préparer en Angleterre , 116. — Ne se conservent pas dans les grandes chaleurs , ib. — Manière de les préparer à Paris, ib. —~ Du dégraissage , ib. —. Du lavage ; de l’invagination ou retournage ; de l’insufflation; de la dessiccation , 117. —Nécessité de les laver avec de l’eau alcaline, ib.
- —Désinsufflation , 118. -—Avantages de cette préparation, ib. — Quantités qu’un bœuf fournit, ib. — Manière de s’en servir, 1«9;
- Invagination des intestins de bœuf; manière de la pratiquer, 117.
- Inventeurs, il convient de leur assurer la propriété de leurs découvertes , 269.
- Inventions, leur mérite n’est point jugé par l’administration, 271. -— Par quelles raisons , 272. —Mode d’opérer en cas d’usurpation, 278.
- J.
- Jachères , moyen de les détruire, i3r.
- Jalousies à cylindre (brevet accordé ) , 17.
- Joncs , quels sont les moyens de les extirper dans les marais desséchés (progr. 5 ).
- Joujou magnétique ( patente anglaise) , 24»
- L.
- Labours , peuvent être faits plus ou moins profonds avec le soc de charrue de M. de Mu-sign-y, 92.
- Laine , de sa filature et de son cardage par mécanique, io3.—Différence qui existe entre elle et le coton ou le lin , ib. — Se contourne et se frise, ib. —Nécessité de la bien carder , io5. —Se feutre sans préparation ( progr, 9 ).
- — de Cachemire ; M. Ternaux en fabrique de fort beaux schalîs, 39.—Difficulté de cette
- p.302 - vue 317/331
-
-
-
- ( 505 )
- fabrication , ib. — Cette laine se rompt facilement , ib.
- peignée pour chaîne et pour trame 5 prix de 2000 francs proposé pour 1814 î Pour sa filature par mécanique ( progr, 7 ).
- Laines, quantité qui en est importée en France, 25. — Comment elles sont filées à Fougères, 107. <—A quel prix elles se sont vendues dans le grand-duché de Bade , 122. —Moyen d’estimer leur force, 215.
- — améliorées de France , sont plus longues et moins fortes que celles d’Espagne, 2j5. •— Cette circonstance est due à la nourriture aqueuse que prennent nos moutons, 217.
- -—préparées, sont attaquées par des teignes; quels sont les moyens de les préserver sans altérer leur couleur ( progr. 4 )•
- Lait aigri, est employé par les Calmouks pour la préparation des peaux , 211.
- *—- de vache, est proposé pour purifier le miel, a33.
- Lames de couteau, peuvent être faites au moyen du laminoir , 102.
- *—de fleuret; procédé pour les fabriquer (brevet accordé ) , 20.
- Laminoir pour fabriquer des lames de couteau 102.
- Lampe astrale à trois becs , de M. Bordier, a servi à éclairer les salles de la Société lors de l’assemblée générale du 3i mars i8i3 , 53.
- — de Maestricht ( brevet accordé) , 19.
- Lampes à couronne de M. Chopin , ont servi à
- éclairer les salles de la Société, lors de l’assemblée générale du 3i mars i8i3, 53. — Ne projettent aucune ombre , ib.
- - à couronnes semi - paraboliques mobiles , 129.
- à réservoir supérieur et à niveau constant, de MM. Hadrot et Gotten, 62.
- — à semi-paraboles mobiles de M. Chopin, 223.
- — dites sidérales d’applique ; rapport sur ces lampes, 238.—Effets de ces lampes, ib. — Ont la propriété de varier l’aspect de la lumière, 239. — Leurs diverses applications, ibid.
- — sidérales de M. Bordier, 53.
- — pour les lanternes de voitures, de M. Du-monceau , 62.
- Lattes enduites de plâtre, proposées pour la toiture des édifices, 264.
- Lavage des intestins de bœuf doit se faire avec de l’eau alcaline , 117.
- Législation relative aux brevets d’invention ; instruction du Ministre des manufactures et du commerce sur cet objet, 269.
- Lessive, est employée pour l’échenillage des vignes , 2i4*
- Lessives de soudes artificielles peuvent servir à détruire les joncs dans les marais , 66.
- Levier de la deuxième espèce, propre pour l’expression du suc de betterave, 197.— Est baissé par le moyen d’un cabestan , 198.
- Licences accordées pour la fabrication de l’in-digo-pastel, 41 •
- Lie de vin , est employée pour le feutrage des poils ( progr. 9 ). — Peut être remplacée par l’acide sulfurique, ib.
- Liège, sert à faire des claques et des patins,
- 4 7'
- Limaille de fer ; moyen de la séparer de la limaille de cuivre, 149*
- Limes, peuvent être faites au moyen du laminoir, 102-
- Lin , on doit le cultiver exprès pour en tirer de la bonne graine pour semence (progr. 12).
- —. de Sibérie ; des avantages de sa culture , 65.
- Lins et chanvres ; valeur de ceux qui se fabriquent en France, 26.
- Liste des membres de la Société admis pendant l’année i8i3, 291.
- — des plantes exotiques et acclimatées en France, qui peuvent fournir de la potasse (progr. 18).
- Litharges et miniums, procédé facile et économique de les fabriquer ; rapport sur ce prix , 229. '— Le concours a été fermé , 23i •
- Lithographie, a atteint un haut degré de perfection en Allemagne, 218.
- Loch, mu par l’impulsion des vagues , 3j.
- Lupin, ses tiges contiennent une substance filamenteuse propre à suppléer le chanvre,
- 65.
- M.
- Macération des pommes de terre doit durer dix jours, 43.
- Machine à battre le blé ( patente anglaise ) , a3,
- Q a 2
- p.303 - vue 318/331
-
-
-
- ( "c, )
- Machine à découper des colonnes de pierre, 101.
- <— Est employée à Paris , ib.
- — à découper le carton ( patente anglaise ), 21.
- — à découper les clous ( patente anglaise ) , 22.
- — à draguer et à curer les ports , applicable à l’extraction des tourbes molles , 277.
- — à enfoncer les pilotis ( brevet accordé ) , 19.
- — à fabriquer les briques (patente anglaise),
- 22.
- • — —- de M. Hattenberg; sa description , 173.
- —• à fabriquer les cardes ( brevet accordé), 18.
- • ----- les clous (brevet accordé ) , 17.
- --— le papier, par M. Leistenchneider, 170-
- — Remplace quatre ouvriers , ib.—Ses avantages , j 71.
- >— à forer un bloc de pierre , 102.
- •—à filer le lin , de M. Moisson , 56.
- —— et doubler le coton (patente anglaise),
- — à mélanger les liquides ( patente anglaise ) ,
- 23.
- «—« à moudre la drècbe ( patente anglaise ) , 24.
- -— à ouvrir et nettoyer le coton et la laine ( brevet accordé) , à8.
- «—à pétrir le pain, de M. Lembert ; est employée avec succès dans les départemens, 64.
- — à piler l’ajonc pour la nourriture des bestiaux , i3a.
- — à puiper les betteraves , de Thierry ( brevet accordé), 20.
- •— à râper les betteraves, de Pichon et Moycmx ( brevet accordé ) , 20.
- — —- employée dans la sucrerie impériale de Sauer-Schwabenheim , 161.
- — à raser les peaux (patente anglaise), 22.
- — à réaction , de M. Ségner, appliquée aux moulins à blé, 10.
- — à réduire en pulpe la betterave (brevet accordé ), 17.
- — à remonter les bateaux (brevet accordé), 17. a— à tailler le marbre , employée en Bavière ,
- 21g.
- — à vapeur, de M. TVitty; ses avantages, 33-— Ses effets augmentent ou diminuent en raison de l’allongement ou du raccourcissement des tiges des pistons , 35. — Comment on la convertit en une machine à double effet, ib.—* Comparée au» machines ordinaires, 36. — A quelque analogie avec la machine à double
- levier réciproque, 37. — Ses frottemens sont diminués, ib. — Peut faire agir des pompes et imprimer une grande vitesse aux roues, ib.
- Machine de guerre nommée torpedo-war, 208. — Est décriée dans un journal américain , 209. — Peut être employée avec succès, ib.
- Machine employée en Angleterre pour la fabrication des briques , 177. —. Sa description , ib. — A été employée en France, ib.
- — hydraulique nouvelle ( brevet accordé } , 17.
- — proposée par M. Achard, pour exprimer eu grand le suc de la betterave , 198. — Est trop volumineuse et trop chère , ib.
- — propre à filer la laine peignée propre au tricot comme au tissage , 227.
- — propre à séparer la limaille de fer de la limaille de cuivre , 149. — Manière de s’en servir, i5o.
- Machines 5 moyen d’augmenter leur force et leur vitesse , 25x.
- — à battre le blé perfectionnées ( patente anglaise ) , 21.
- — à bras pour scier circulairement toute espèce de bois , i33.
- — à commettre les câbles, peuvent recevoir le mécanisme de M. Doughty , 202.
- — à feu, sont répandues dans toute l’Europe, 02.
- — à filer la laine , fournissent une immense
- quantité de draps , 106.
- -----peignée} leur importance (progr. 7)}
- leurs avantages (progr. 8).
- — à filer le coton} moyen de leur imprimer le mouvement (brevet accordé), 19.
- — à levier, ont des pistons qui agissent en ligne droite, 33.
- •— à piler l’ajonc, 148.
- — à râper la betterave , 63.
- •— à semer, sont très-avantageuses , 94.
- —.à tirer la tourbe sous l’eau, présentées au concours de 1813 j rapport de M. Tarbé sur ces machines, 274. — Leur description , 275 et suiv.<—'Observations du comité des arts mécaniques , 278.
- — à vapeur ; perfectionnemens qu’y a ajoutés M. RichardFFitty? 32. —.Ont subi des modifications considérables en Angleterre , ib.
- — ‘— perfectionnées (patentes anglaises) , 21, 24.
- -----perfectionnées et simplifiées ( patente anglaise), 24.
- p.304 - vue 319/331
-
-
-
- ( 5g5
- Machines à rotation 'f manière dont le vide s y fait, 33.
- —— hydrauliques de M. JSÆanoury ; rapport sur ces machines ? fait à l’Institut, o.
- — imaginées par M. Herhan pour son procède de stéréotypie, 25i.
- — pour la confection des bottes et des souliers ( patente anglaise) , 21.
- •— pour la culture des terres ( pat. anglaise), 23.
- — sans aucune partie mobile , destinées à élever une portion de l’eau au - dessus du réservoir , 3.
- Maillet, est employé pour piler l’ajonc ; produit peu d’avantages , 148.
- .Manuel du sommelier 5 rapport sur cet ouvrage,
- O
- -7°‘
- Manufacture de céruse de Clichy ; quantité de produits qu’elle peut verser annuellement dans le commerce, 180. —La distribution du travail y est bien ordonnée, 182.—Toutes les précautions y ont été prises pour ménager la santé des ouvriers , ib.
- Marais du Peei dans la Campine $ projet de le dessécher , 244.
- *— desséchés • quels sont les moyens d’arracher les joncs et autres plantes qui s’y trouvent? ( progr. 5. )
- Marbre, on le taille en colonnes et en carreaux au moyen d’une machine , 21g.
- Marronnier d’Inde} ses fruits fournissent de la potasse ( progr. 1 g ).
- Matières animales provenant de l’ecarrissage des chevaux ; procédés pour les assainir (brevet accordé ), 1 g.
- Matrices fondues , ne produisent que peu de bonnes planches et donnent tine impression inégale , 25o.
- — mobiles, sont faites en cuivre par M. Herhan, q.5 a.'—On en obtient des planches solides sans défauts, a5i.
- Mécanique à fabriquer le papier, remplace quatre ouvriers , 170. —Son prix , 172.
- —à l’usage des piano-forté (brevet accordé), 18,
- —pour fabriquer du tulle piqué (brevet accordé ) , 18.
- — pour mettre en mouvement toutes sortes de machines sans le secours de l’eau et des animaux (brevet accordé), 20. propre à la fabrication des clous ( brevet accordé ) , 19.
- Mécaniques à carder et à filer le coton , construites à Saint-Biaise , 218. —Ont un grand avantage sur les machines anglaises , ib.
- Mécanisme applicable aux essieux et aux roues de voitures (patente anglaise ) , 23.
- — applicable aux roues des voitures (patent© anglaise ), 24-
- — de la presse de M, lsnard\ sa description , 207.
- •—pour empêcher la rupture des fils , 218.
- —peur simplifier les machines à vapeur , 33.
- —. pour tisser les étoffes à la navette volante , 245. —Sa description, 246. — On peut lancer plusieurs navettes à la fois , ib. — Peut être adapté à tous les métiers déjà établis , ib.
- — propre à être adapté aux pompes des vaisseaux , 37.
- Mèches de coton indigène ( brevet accordé), 18.
- —.fabriquées avec une matière indigène, 60»
- — soufrées , peuvent être rexnp acées avec avantage par le sulfite de chaux, <jS,
- Mélange des vins j de ses avantages ou incon-véniens ,75.
- Membres de la Société admis pendu ut l’année i8i3 , agi.
- Mémoire sur les avantages comparés des divers genres de chauffage , 287.
- Mercure, entre dans les dissolutions dont on se sert pour feutrer les poils ( progr. 8).
- — on l’amalgame avec le platine pour fondre ce métal ,210. —Rend le platine friable , ib.
- 1 Mérinos , de leur introduction dans le grand-duché de Bade ; rapport sur cet objet ,121. — A quelle époque elle a eu lieu , 122.
- Mesures de capacité pour les liquides, ne doivent pas être faites en zinc, 114.
- Métal artimcmantico ( brevet accordé), 17.
- Métaux , sont préservés de la rouille par une espèce d’étamage , 12.
- Métier à fabriquer la dentelle (brevet accordé), 19.
- — à fabriquer la perkale à jour (brevet accordé) , 20.
- — à tisser , de Despiau il a été p Affectionné par M. Vigneron } 60. —Un modèle en a été exposé dans les salies de la Société, lors de l’assemblée générale du 31. mars i8i3, 53. — Brevet accordé pour ce métier , 20.
- —r à tisser les étoffes à la navette volante, de
- p.305 - vue 320/331
-
-
-
- (
- M. Bouillon, 2,.p. •—Rapport sur ce métier, ib. —Est propre à tisser le lin et le chanvre , 246. — Sa description , ses avantages , ib. Métier pour tisser des mèches creuses, employé en Allemagne (progr. 15).
- •— propre à fabriquer deux pièces de calicot à la fois, offre un grand avantage , 2ùf. •—Est également propre au tissage du lin et du chanvre , ib.
- Métiers pour fabriquer des sacs à blé sans couture ( progr. i5 ).
- Méthode de décorer la porcelaine et le verre ( patente anglaise ) , 24.
- — d’éclaircir la bière (patente anglaise), 22. *—. d’extraire une substance filamenteuse des
- tiges de mauves ( patente anglaise ) , 22.
- •—de graver de la musique et des cartes (patente anglaise) , 24.
- nouvelle pour faire le compte des chaînes dans les métiers à tisser (patente anglaise), 21.
- «— perfectionnée de cultiver les terres et de construire des étables mobiles ( patente anglaise ), 21.
- — pour faire couver à volonté les volailles , mâles et femelles , pendant toute l’année , 168. — Temps nécessaire pour les faire couver, 169.—Avantages de cette méthode, 170.
- Meules à émoudre ; manière de les monter et de les consolider, 46. — Ne peuvent se rompre , fyj. — Une patente a été accordée pour cet objet, 24.
- — d’un tordoir à huile (brevet accordé), 18. Miel, peut remplacer le sucre d’Amérique
- (progr. 10). ---Prix de 2000 francs pro-
- posé pour la purification de cette substance, ib. — Sa saveur est moins agréable que celle du sucre , ib. — Est brun dans les contrées marécageuses et humides, *5.—Rapport sur un prix proposé pour le purifier, 23a. — Procédés pour le purifier , ib.
- Mines de fer et de cuivre; leur produit en France , 82.
- Minium de la fabrique de Sept-Fontaines, fait avec des plombs indigènes, 127.
- — pur , étoit tiré de l’étranger , 280.
- Miroirs à facettes , peuvent être étamés avec les
- feuilles métalliques de M. Verea , iq3. Montre à réveil, nouvelle (patente anglaise), 21. Mors de bride perfectionné (patente anglaise),
- 5c6 )
- Mortier ou ciment impénétrable à l’eau (patente anglaise ) , ib.
- Mosaïques modernes (brevet accordé ), 19.
- Mouchettes perfectionnées ( patente anglaise ) , 22.
- Mouchoirs de fil teint de la fabrique de M. Pal-frêne,• rapport sur ces mouchoirs, 87. — Leur couleur est solide , 88. — Leurs usages, ib.
- Mouffies pour les essais des monnaies ; leur description , 109.
- Moule à papier tournant, 85.
- Moules en fer destinées à la fabrication des briques , 178.
- Moulin à blutoir, de M. Albert; sa description, 281. —Son usage, 282. —Son prix, ib.
- — de campagne , propre à la fabrication des huiles ( brevet accordé ) , 1 9.
- — portatif à engrenage, de M. Albert,• sa description , 280.
- — à blé portatif, perfectionné par M. Regnier, i56. — Sa description et ses usages, i5j. — Ses avantages, i58.
- — — de M. Manoury, produisant un effet supérieur à celui des roues à pot, 10.
- Moulins à blé portatifs de M. Albert, 279.—-Leur description, 280.
- — à bras, sont employés depuis long-temps , 156. — Leurs avantages, ib.
- —- — à bras , ne pourront jamais remplacer les moulins à eau, 279. — Circonstances dans lesquelles on peut les employer, ib.
- — à huile des Hollandais ; utilité de leur emploi (progr. i4).
- — à râper le bois de teinture, perfectionnés ( patente anglaise ) , 24*
- — portatifs en fer forgé , ont été présentés par M. Albert à l’assemblée générale du 6 octobre i8i3 , 223.
- Moût de raisin ; on doit le mélanger avec le sirop de miel pour le purifier, 232.
- Moyen d’augmenter la force et la vitesse des machines, 25i. — Peut être appliqué à tous les nrouvemens circulaires , ib. — Sa description et ses effets , a52.
- — d’élever de grands fardeaux ( patente anglaise ), 23.
- — de fabriquer les toiles à voiles (brevet accordé) , 18.
- — de faire monter Peau au-dessus de son ni=e veau naturel, 5.
- p.306 - vue 321/331
-
-
-
- i 3o 7 )
- Moyen d’imprimer le mouvement aux machines à filer le coton ( brevet accordé ) , 19.
- *— de mettre les glaces au tain, 18S»
- ~* de préserver ies ouvriers des dangers et des maladies auxquels ils sont exposés, 219.
- ~ de prévenir l’altération des billets de crédit (patente anglaise) , 23.
- — mécanique de fabriquer le papier , 83.
- — prompt et économique d’arracher ies joncs et autres plantes aquatiques dans les marais desséchés; prix de 1200 francs proposé pour cette question , à décerner en 1814 (prog. 5).
- «—«—et facile de calquer et de décalquer les dessins , 267.
- Moyens propres à lancer la navette volante ( brevet accordé) , 19.
- Muriate d’ammoniaque ; sa dissolution dans l’eau est employée dans le traitement du platine , 210.
- — de soude ; on doit employer celui de la meilleure qualité pour la salaison des viandes ( progr. 21).—Moyen de l’évaporer, ib. — On doit déterminer ses caractères physiques et chimiques , ib.
- Mutage des vins, sert à conserver leur douceur en les empêchant de fermenter, 74.
- N.
- Natte en brins d’osier, est placée entre ies sacs qui contiennent la pulpe de betterave pour favoriser l’écoulement du suc, 2o3.
- Navette volante , appliquée au tissage des étoffes , 245. —Offre une grande facilité à l’ouvrier , ib. — Est lancée quarante fois par minute, ib. — De la main droite, 246.— — On peut en employer plusieurs à la fois, ib.
- Navigation des rivières; moyen de la rendre plus facile, 55.
- Navires ; leurs pompes peuvent être mues par l’impulsion des eaux, 38.
- Ni trières artificielles , emploient les eaux de dissolution du tartre , i63.
- Ivoir employé par M. U H ermite pour son po-lygraphe, est très-solide , 247-d’ivoire , est proposé pour purifier le miel, a33.
- -— — perfectionné ( patente anglaise ) , 22.
- Notice des travaux du conseil d’administration pendant le i*r. semestre de 1813, 125.
- Noyer , n’est pas amélioré par la greffe, 214*
- O.
- Objets exposés lors de l’assemblée générale du 3i mars 1813, 53.
- Optique d’après un nouveau système de M. Gal-land, 127.
- Orfèvrerie et bijouterie ; valeur de ces fabrications en France, 29.
- Orge céleste , ou blé de Jérusalem , est cultivée dans quelques parties de la France, 216.
- Orgues perfectionnées (patente anglaise), 23.
- Ourdissoir, est d’une grande utilité pour la laine , 72.
- Ouvrages offerts à la Société pendant le premier semestre i8i3 , i34*
- — en fonte de fer de petite dimension; rapport sur le prix proposé pour leur fabrication , 226. — Est remis au concours pour 1815 , 231 ( progr. 20 ).
- — en plaqué de MM. Levrat et Papinaud, 56,
- — en terre cuite ; moyen de les fabriquer mécaniquement , 173.
- Ouvriers ; moyens de les préserver des maladies ht des dangers auxquels ils sont exposés , 219.
- Oxide de zinc, n’est pas insalubre , 113.
- P.
- Paille , on en fait des tresses dans la Forêt Noire , 217. — On la coupe, pour cet effet, avant la maturité du blé , ib.
- Pain , est très-bien cuit dans le four perpétuel de M. Cofjîn , 260. — La vapeur qui s’en élève s’échappe facilement, ib.
- — Est très-bien cuit dans le four de Madame Chauveau , 205.
- — de pommes de terre, 43.
- Palma-christi, de sa culture dans le département du Gard , 240. — Dans le département de l’Hérault, 242.
- Panier d’osier ; on y place la pulpe de betterave destinée à être exprimée , 200.
- Papeteries , leurs produits en France , 28.
- Papier , de sa fabrication mécanique , 82. — — On le passe entre des rouleaux pour le faire sécher, 85. — On le soumet à la pression d’une presse hydraulique , ib. — Est rendu transparent en le frottant avec de l’huile de pétrole, 287. — Avec l’essence de lavande il redevient opaque par l’évaporation ^ 268^
- p.307 - vue 322/331
-
-
-
- ( Eo3 )
- Papier, conserve sa blancheur , ib. — Ou peut le rayer à l’aide de l’instrument de M. de la Ohabeaussière, 126.
- Moyen de le fabriquer mécaniquement , imaginé par M, Leistenchneider, 1 70. — A. plus de consistance que le papier ordinaire, 172, — Moyen de le régler, 5y.
- “* proposé pour remplacer les tuiles dans la couverture des édifices , 263. — Manière de îe préparer , 264•
- — à calquer chargé de noir , est employé dans le polygraphe de M. U Hermite, 24 7*
- Une feuille suffit pour écrire i5o lettres, ib.
- — d’amiante •, moyen de îe fabriquer et de îe coller, 168. —- Peut être employé à divers usages , ib.
- Papiers maroquinés 5 ceux de la fabrique de MM. BoeJirn et Rœderer se conservent le plus long-temps , 120.
- Parapluie à canne et à lunette ( brevet accordé ), 19.
- — — et à tube ( brevet accordé ) , 20.
- —- de forme nouvelle ( brevet accordé ), 18.
- Paratonnerres 5 sont garantis de la rouille par le vernis de M. Lampadins , i3.
- Pastel, est substitué avec avantage à l’indigo, 3o. —- Quantité de fécule qu’on en retire, 4° = Epoque à laquelle il faut semer cette plante , ib. — Sa récolte, ib.
- Patin brisé de M. Stedman , propre à garantir les pieds de l’humidité , 47*
- Patins brisés, de M. Matran } sont très-commodes , 222. —- Brevet accordé pour ces patins , 19.
- Pavot j il y a de l’avantage à îe cultiver en rayons au lieu de le semer à la volée ( pr. i3). <— Danger de l’effet narcotique de ses capsules, ib. — Avantages de sa culture, ib.
- Peaux, manière dont les Calraouks les préparent , 211.
- *" communes , comment elles sont préparées par les Calmouks , 212.
- ®—• secrétees , doivent être séchées à l’étuve , ( prog- 8 ).
- Peigne formé de trois rangées d’aiguilles à coudre , est employé pour la préparation de l’amiante, 167.
- Peinture mécanique (patente anglaise) , 23.
- Pellicule de la pomme de terre , est séparée de la farine par le moyen du blutoir , 43=
- Pendule veilleuse de M. GriebeJ, 54,56, 220. — Brevet accordé pour cet objet, 18.
- Pépins des poires et pommes greffées, sont plus souvent avortés que ceux des poires et pommes sauvages, 216.
- Perches , peuvent être fabriquées sur le tour avec promptitude , 79.
- Perkales grande largeur, fabriquées sur îe métier Vigneron, 223.
- Perruques . moyens mécaniques de les maintenir ( brevet accordé ) , 19.
- Pétrin mécanique pour préparer la terre glaise employée à la confection des briques , 170.
- Piano-for té à son continu ( brevet accordé ), 18.
- — nouveau ( brevet accordé ) , ib,
- Pianos perfectionnés ( patente anglaise ) , 22.
- Pierre oîlaire , donne de l’amiante , 166.
- Pierres artificielles ( patente anglaise ), 23.
- Pilon est employé pour piler l’ajonc , 148.
- Pistons des machines à vapeur de M. Wiîtyt leur mouvement est combiné avec le mouvement de rotation de la machine , 33. — Leurs tiges tournent autour d’un axe ou tambour dans les machines à rotation , ib. — participent à la fois du mouvement rectiligne et du mouvement de rotation , ib. — Leur fore# centrifuge est opposée l’un à l’autre , 34- — Sont élevés par le vide qui se forme dans les cylindres, ib. — Leur poids doit être calculé pour produire l’effet utile, 35.
- — des pompes de vaisseaux , sont mus par l’impulsion de l’eau , 07.
- Planches de métal solides servant à l’impression des livres, 220.
- — solides ; un Ecossais s’en servoit pour l’impression dès 1725 , 2.5o.
- — gravées , peuvent être polytypées , 220.
- — percées de trous ; on place entre elles la pulpe de betterave destinée à être exprimée., zoo.
- Plantation et greffe du noyer, i3o. — Rapport sur ce prix , 234- — Est décerné à M. Pé-nières, 207.
- Plantes oléagineuses; prix de 1200 francs proposé pour la culture comparée de ces plantes (progr. 11 ).
- — qui fournissent la potasse; prix de i5oo fr, proposé pour la culture de ces plantes (prog, 17 ).
- Plaqué
- p.308 - vue 323/331
-
-
-
- ( 309 )
- Plaqué d’or et d’argent sur cuivre de MM. Le-vrat et Papinaud, plus parfait que l’anglais , 222.
- Plateaux de pression, sont employés dans la presse de M. Isnard, 204.
- Platine; le procédé pour le purifier a été perfectionné , 58. — Procédé pour le purifier et le réduire en masses solides , 210. —Difficulté de le fondre , ib. — Peut être obtenu malléable parle procédé de M. Frik, 211.
- Plinthes mobiles de M. Cauchois, 5j.
- Plomb pour les essais des monnoies , doit contenir le moins d’argent possible , 3 39.
- —.sulfaté, entre dans la composition d’un vernis propre à préserver le fer de la rouille,
- i3.
- Poêle à fourneau et à four (brevet accordé),
- *9-
- Poils , ne peuvent se feutrer qu’après avoir reçu une préparation ( progr. 8 ). —Quelle espèce d’altération ils éprouvent par le procédé du secrétage; prix de 1000 francs proposé sur cette question, ib. •— N’ont pas besoin, pour être secrétés, d’être touchés dans tous les sens par 1a. composition du secret ( progr. 9 ).
- — des chèvres d’Angora ; on peut en fabriquer divers tissus, 218.
- Poinçon d’acier , est employé dans le poly-graphe de M. U Hermite pour tracer les caractères , 247-
- Point de Chine , tissu en or et argent imitant le tulle , 54.
- Pointes de rechange , sont employées dans les socs de M. Musigny, 92. -— Difficultés qu’elles offrent, ç3.
- Poissons sans écailles ; leur peau sert à la fabrication de la colle de poisson en tablettes (progr. 17).
- Poivre indigène ( brevet accordé) , 17.
- Polygraphe de M. L’Hermite ; rapport sur cet instrument, 247-—II est d’invention anglaise , ib. — Manière de s’en servir, ib.
- Est très-simple , ib. — Sa description , 248.
- — de M. Rochette, est très-ingénieux , ib.
- — de M. La Chabeaussière ; rapport sur cet instrument, ib. — Sa description , ib. — Son usage, 249.
- Polytypage , employé à Paris depuis le dix-septième siècle , 25o.
- Pommes de terre, quantité de fécule qu’elles
- Douzième année, Décembre i^i3.
- contiennent, 14. —Se conservent en les réduisant en farine , 42> —Moyen de le faire ,
- 43. —On doit les laver et les faire macérer sans les peler, ib. — Les exprimer fortement , ib. — Les couper en tranches , ib. —. Ne jamais les laisser à l’air lorsqu’elles sont pelées, ib. — Leur préparation ultérieure,
- 44. —Moyen de les conserver en grand; impossibilité d’en faire du pain , 65.
- •—.gelées , moyen d’en tirer une bonne farine,
- 46.
- Pompe, son usage est très-efficace pour éteindre les incendies (progr. i4).
- — à double piston de M. JDuyster; rapport sur cette pompe, 126.
- — aspirante pour extraire l’air vicié des mines , 283. — Sa description, 284. — Ses effets , ib.
- -— Ses dimensions, ib. — Quantité d’air vicié qu’elle extrait, 285. — On peut la construire d’après de plus petites dimensions , ib.
- .— nouvelle pour extraire l’eau des puits de mines, i5o. — Ses avantages , i5i. •—-N’est point suspendue par des cordes comme les pompes ordinaires , i52. — Sa description,
- i53.
- Pompes aspirantes , sont employées pour extraire l’eau des mines , i5o.-—Leurs incon-véniens , i5i.
- — des vaisseaux ; description d’un mécanisme qui peut y être adapté, 5<j. — Peuvent être mues par le même levier , 38.
- — perfectionnées ( patente anglaise) , 23. Porcelaine , procédé pour la fabriquer ( brevet
- accordé ) , 17.
- Porte - mèche d’une forme nouvelle ( patente anglaise ) , 23.
- Portrait de S. M. l’Empereur , exécuté en velours par M. Grégoire, 222.
- Potasse , devient très-rare ; est d’un emploi indispensable dans les arts (progr. 17).— Moyen de déterminer la quantité qu’en contiennent divers végétaux , 128.
- Pots sur lesquels on place les foi'mes à sucre , on doit en abandonner l’usage, 282.
- Poudre de guerre perfectionnée ( patente anglaise ) , 23.
- Poudres d’amorce, doivent être d’une préparation et d’un transport faciles, ne point prendre l’humidité et ne nas détruire les armes, 5q3
- R r
- p.309 - vue 324/331
-
-
-
- ( Siû )
- Poules , moyen de les faire couver en toutes saisons , 169.
- Poulies et coulisses pour les jalousies des croisées ( patente anglaise), ci.
- Pousses eu enveloppes des châtaignes, servent de combustible , 256.
- Presse à contre-épreuver les lettres, a été remplacée en Angleterre par le polygraphe , %(\j. — Sa composition 5 248.-—N’est pas d’un emploi facile , ib.
- ~-à huile des Chinois 5 on devroit en introduire l’usage (progr. i4).
- — à vis en bois, est la plus généralement employée pour l’expression du suc de betterave, 200. — Ses avantages , ib. <—Son usage, ib. — N’exprime pas tout le suc de la betterave, ib.— Est défectueuse, 201.*— Exige beaucoup d’ouvriers pour être manœuvrée , ib.
- «----en fer ’ ses effets , ib. •—Sont plus grands
- que ceux de toute autre presse, 202.
- p— continue à double effet, de M. Isnard, 197.—'Rapport sur cette presse, i55.— Ne diffère pas en principe du pressoir à vis de M. ,Tannez , ib. — Sa construction , 202. — Est employée avec succès dans quelques fabriques , ib. —-Ses avantages, ib.—.Manière d’y placer la pulpe, 2o3. -—Sa manœuvre , 2o4* *— Ses effets , ib. — Calcul de ses effets, 2o5. —» Temps nécessaire pour sa manœuvre , ib . — Avantages qui résultent de son emploi , ib. — Sa solidité , ib. — Son prix , ib. — Quantité de puipe de betteraves qu’on peut exprimer par jour , 206. — Des fabricans attestent s’en êire servi avec le plus grand succès , ib.
- *— hydraulique , est appliquée à la dessiccation du papier, 85. — A été employée pour exprimer le suc de betteraves , 199. —Sesin-convéniens, ib.— Ses effets de pression sont moins grands qu’on l’a avancé, ib,
- ,----de M. Périer, 56.
- — proposée pour l’expression du suc de betterave , par M. Achard j ses inconvéniens , içy. —Ses effets, 198.
- — à extraire l’huile des olives ( brevet accordé ) , 18.
- Presses à papier, peuvent être remplacées par la presse hydraulique, 85»
- Presses d’imprimerie, perfectionnées (patent® anglaise), 21.
- —employées pour l’expression du suc de bette*» rave 5 mémoire sur ces presses , 197. — Qua» lités qu’elles doivent avoir , ib.
- Pressoir à vis de M. Jannez, 155.
- —. à tesson , employé pour l’expression du suc de betterave, 198- —Est incommode, ib,
- •—. Ses effets de pression , ib.
- Prix de 1200 francs proposé par la Société de Rochefort, pour la destruction des termites,
- 124,
- — pour une machine à tirer la tourbe sous l’eau , rapport sur ce prix , 225. — Est retiré du concours , 23i .
- — proposés pour l’année 1814 (progr. 3 ).
- — remisau concours pour l’année i8i4(prog. 5).
- •—proposés pour l’année 1815 (progr. 14 )
- .— remis au concours pour l’année i8i5 (prog. 20 ).
- — proposés pour l’année 1817 (progr, 20). Procédé d’assemblage et de réunion des tuyaux
- de pierre (patente anglaise), 22.
- — de calquer employé par les dessinateurs , appliqué à l’écriture courante, 247.
- — d’étamage des glaces au moyen du mercure et de l’étain, comparé avec celui de M. Vereap 192.
- — deM. Verea pour étamer les glaces 5 sa description, 190.—Comparé à l’ancien pro-cédé, 192. —Applications diverses dont il est susceptible , 193, 1 ç4*
- — de M. Villaris pour conserver les viandes et les graisses sans les saler , 55. —« Le secret en est perdu ( progr. 23 ).
- — de moulage ( brevet accordé ) , 19.
- — de poîytypage de M. Herhan 5 sa description, 25o. — Des essais en ont été envoyés à Berlin, 25i. -—Les Anglais l’ont imité, ib.
- — de raffinage des sucres, perfectionné, 262.— Est employé avec succès à Anvers , 263.
- — de tanner les cuirs, ( brevet accordé), 18.
- — de tissage , de M. Bouillon, 245.
- — employé par les Calmouks pour préparer les cuirs et les peaux ,211.
- — facile et économique pour fabriquer des li-tharges et des miniums avec des plombs indigènes ; rapport sur ce prix, 229. « Le concours a été fermé , a31 s
- p.310 - vue 325/331
-
-
-
- Procédé pour apprendre promptement a lire et a
- écrire (brevet accordé ), 17*
- —pour décalquer les dessins , 26j»
- — pour diviser les peaux ( patente anglaise ) , 23.
- — pour épurer les huiles ( brevet accorde ) ; 17*
- —- pour extraire l’air vicié des mines , des vaisseaux , etc. ( patente anglaise ) , 22.
- — pour fabriquer le blanc de plomb , découvert par feu Montgolfier , 56.
- — pour fabriquer les briques mécaniquement, n’expose point la santé des ouvriers , 175.
- — pour fabriquer du tartrate acide de potasse , i63. — Première opération , ib. — Deuxième opération, 164.— Ne diffère pas des procédés connus , i65.
- — pour imiter le porphyre , le jaspe, etc. ( patente anglaise ) , 24.
- — pour préserver de la corruption les substances végétales et animales ( patente anglaise ) , 22.
- — pour purifier le nriel ; on propose un prix de 2000 francs pour la découverte de ce procédé ( progr. 10).
- — pour purifier le platine et le réduire en masses solides , par M. Frik, 21 o. — Observations sur celui de M. Janety , ib. •— Sur celui de Pelletier, ib. — Sur celui de Richter ; ib.
- Procédés de filature du lin ( brevet accordé ), 18.
- — mécaniques pour faire agir la navette volante, par Bouillon ( brevet accordé ) , 17.
- — pour empêcher les cheminées de fumer ( patentes anglaises ), 2.1 , 24.
- «— pour renouveler artificiellement l’air des mines , sont connus depuis long - temps , 283.
- Produits de l’industrie française exposés dans les salles de la Société, lors de l’assemblée générale du 6 octobre i8i3, 221.
- Programmes des prix proposés par la Société , dans sa séance générale du 6 octobre 1813, pour être décernés en 1814, i8i5 et 1817 ; ces programmes sont annexés au Bulletin n°. CXII.
- Pronopiographe , instrument d’optique ( brevet accordé) , 20.
- Puits de mines; on peut en extraire l’eau au moyen de la pompe de M. Brunton, i5o.
- — — ne peuvent être creusés à une certaine pro- j
- fondeur sans y établir des courans d’air 283.
- Puits de mine ; quantité d’air vicié qu’il faudra en retirer, 286.
- Pulpe de betterave est soumise à l’action d’un pressoir à vis en fer, pour en exprimer le suc, 199.
- — est placée dans les presses à vis , dans un encadrement de planches percées de trous , 200. — Manière dont elle est placée dans la presse continue à double effet, 2o3.
- Purification du miel ; rapport sur ce prix, 228, 232. — Est remis au concours pour 1814 C Prog' ) j 2^4.
- Pyrale , insecte qui nuit aux vignobles ; ravages qu’il cause, 95.—-Moyens de le détruire, 97.
- Q-
- Quincaillerie , bronzes dorés , armes ; produits de ces fabrications en France , 29.
- R.
- Raffinage des sucres perfectionné par Bell „ 262.—Patente obtenue pour cet objet, 21.
- — de l’indigo-pastel, 90.
- — du soufre (brevet accordé), 20.
- Raifort, donne beaucoup de graines très-grosses
- dont on extrait l’huile (progr. 12).
- Raisin , on peut retirer une bonne huile de ses pépins (progr. 12).
- Râpe nouvelle pour diviser les betteraves ; sa description, 161.
- Rapport sur les résultats du concours ouvert par la Société pour i8i3, 224.
- Recettes et dépenses de la Société pendant l’année 1812,68.
- Réflecteur parabolique circulaire en cuivre argenté , appliqué aux lampes sidérales , a38.
- Registres élastiques et brisés ( brevet accordé),
- >7*
- Réglure du papier, 5y.
- Régulateur de la marche, instrument ( brevet accordé), 17.
- Reliures en papier maroquiné , 120.
- Réservoir placé sous la presse de M. Isnard pour recevoir le suc, 206.
- Riccin ( huile de ), 241.
- Rigoles en terre cuite, sont substituées aux pots dans les raffineries , 262.
- Rr 2
- p.311 - vue 326/331
-
-
-
- ( 5*3 )
- Riz économique de madame Granet, 64.
- Robinets perfectionnés (patente anglaise) , 22.
- Romaine hydrostatique , instrument très-avantageux pour mesurer la densité des liquides ,
- 78-
- Roseaux, impossibilité de les détruire dans les marais par les moyens connus (progr. 5 ).
- Roue écrouée , est employée dans la presse continue à double effet, so3.
- —’ inclinée pour les moulins à vent ( brevet accordé), 18.
- Roues, en proportionnant leur diamètre on obtient des axes telle vitesse ou puissance qu’on désire, 0.5%. —Moyen de les enrayer dans la voiture de M. Jouanne, 1 96.
- — d’engrenage de petite dimension , peuvent être exécutées en fonte de fer ( progr. 20).
- — de voitures , perfectionnées ( patente anglaise ) , 24*
- — perfectionnées mues par l’eau , la vapeur, etc. ( patente anglaise ) , 21.
- —- pour suppléer à la force des hommes et des animaux ( patente anglaise ) , 22.
- Rouille du blé ; on a trouvé une terre propre à la détacher , 120.
- Rouissage du lin et du chanvre , d’après le procédé de M. d?Hondt d*Arcy} est avantageux, 215.
- Rouleau j c’est une espèce de soie cardée (progr. 7 ).
- S.
- Sac de forte ficelle employé pour la presse continue à double effet, 203. —Ne peut adhérer aux planches de séparation , ib.
- Sacs, on y met la pulpe de betteraves qu’on veut exprimer , 200. — Quantité de pulpe dont on les remplit, %oùt. — Manière de les disposer , ib.
- Salaison du poisson et des viandes 5 proposition d’un prix pour cet objet, 55. — Programme de ce prix ( progr. 20).
- — des viandes , est pratiquée en France depuis 1667, 2x4.—Quantité qu’on en ache-toit avant la révolution , 2x5.
- Salaisons, i3o.---Ne peuvent résister à un long voyage sans se corrompre (progr. 21 ).
- Salep, peut être remplacé par la fécule de pommes de terre , 46.
- Salins que l’on retire de la lessive des cendres
- de différentes plantes 5 nécessité de déterminer leur titre (progr. 19).
- Salles d’hôpitaux, moyen de les aérer , 286, 287.
- Sangles , servent à soutenir les sacs placés dans la presse de M. Isnard, 204.
- Sarrasin , l’incinération de ses tiges produit des cendres qui contiennent beaucoup de potasse (progr. 18).
- Savon oriental parfumé (brevet accordé ) , 19.
- Savons , leurs produits en France , 28.
- Saumon , procédé pour le saler à la manière écossaise ( brevet accordé ) , 20.
- Sauvageon , ne modifie pas l’arbre greffé ,2x6.
- Schaîls de Cachemire français 5 rapport sur ces tissus , 38. — Sont d’une belle exécution , 09. —Il seroit à désirer qu’ils obtinssent la préférence sur cexxx de l’Orient, ib. — Quantité de matière qui y entre , 39. — Leur chaîne doit être montée en laine de Cachemire, ib.—Difficultés qu’il a fallu vaincre pour leur fabrication, 61.
- Scies pour découper des colonnes et des tuyaux de pierre , 102.
- — laminées , fabriquées en France, 59.
- Séance générale du 6 octobre x8i3 , 221.
- Séchoirs espagnols pour la dessiccation des châtaignes , supérieurs à ceixx que l’on emploie dans les Cévennes, 253. — Description de ces derniers , 25q. —Combustible qu’on y brûle, 256. — On les convertit en ateliers de vers à soie, 257.
- >— à papier, perfectionnés, 87.
- Secret , procédé pour feutrer les poils (prog. 8). — Sa recette , ib.
- Secrétage , procédé en usage dans la chapellerie pour feutrer les poils ( progr. 8 ).
- Sel ammoniac, employé dans la composition d’un étamage qui préserve les métaux de la rouille , 12.
- — marin 5 on en extrait la soude , 3i.
- Selle élastique ( brevet accordé ) , 19.
- Sels mercuriels , employés pour le secrétage des poils , nuisent à la santé des ouvriers (progr. 8).
- -—minéraux, attaquent le zinc, 112.
- Semoirs nouveaux de M. de Fellenberg, 93. — Leurs divers usages, ç5.
- Serrure perfectionnée ( patente anglaise ) , 23.
- Sésame oriental, plante qui donne de l’huile ,
- p.312 - vue 327/331
-
-
-
- et qui est cultivée avec succès en Russie ( progr. 12 ).
- Sièges élastiques ( brevet accordé) , 17.
- Siphon intermittent de M. Manoury , 4. Peut être appliqué à beaucoup de machines, 5.
- Sirop d’amidon de pommes de terre , fabriqué dans le grand-duché de Eerg 5 rapport de M. Bourriat sur ce sirop, 14.—Diverses manières de le fabriquer, i5.
- .— de betteraves , fabriqué dans le pays de Bade , 218.
- — de maïs, cristallise difficilement, 63.
- — de sucre est sujet à des inconvéniens dans le procédé du raffinage ordinaire , 262. — — Moyen de séparer ses différentes qualités , 203.
- Socs de cbarrue , de M. de Musigny ÿ rapport sur ces socs, 91.— Ceux de fonte doivent être substitués aux socs en fer, ib,—Sont à pointes de rechange, ib. —— Leur emploi présente de l’économie, 93.
- Soies de France et d’Italie , sont préférables à toutes les soies connues , 25.
- Soieries de France , 25.
- Sonnettes mécaniques ( brevet accordé ) , 17.
- Soude, son importation en France , 3i. — A baissé de prix , ib. -—Est extraite du sel marin , ib.
- Soufre , sa vapeur sert à purifier les tonneaux vides , 74.
- Soufflets de forge, nouveaux (patente anglaise), 22.
- — mus à la main, ont été employés pour extraire Pair vicié des mines , 283.
- Soupapes de diverses formes , sont employées dans les machines à feu , 33.
- Stéréotypie , est très - anciennement connue , 219. —On en faisoit usage à Paris dès le dix - septième siècle, 25o. — Appliquée à la gravure , n’a pas eu de succès , ib.
- Stuc , s’applique beaucoup mieux sur les briques de M. Hattenberg que sur les briques ordinaires , 176.
- Suc de betteraves ; presses employées pour son expression , 197. —Ne s’écoule que par les faces latérales des planches entre lesquelles la pulpe est placée , 200. — Moyen de le faire évaporer ( brevet accordé ) , 19.
- Sucre d’amidon, se fabrique à Fribourg , 219.
- •— de betterave 5 nombre des manufactures qui
- le fabriquent et produit présumé , 29. —Se fabrication est encouragée en France , 62.
- — de canne • son importation en France , 3o.
- — Sa saveur a fait rejeter l’emploi du miel ( progr. 10 ).
- — de châtaignes; il convient de constater quelle influence la fumée exerce sur lui,
- — de miel j sa saveur se rapproche de celle du sucre de canne , 63. — Fabriqué dans le pays de Bade , 2x5.
- — de pommes de terre , se fabrique clans le grand-duché de Berg, 63.
- -----de M, Tlashoffy 129.
- — indigène; tentatives qui ont été faites dans l’étranger pour le fabriquer , 62. — Sa fabrication fait des progrès dans le pays de Bade, 218.
- Sucres ; leur raffinage est perfectionné , 262.
- Sulfate de fer fabriqué en grand ( brevet accordé ) , 17.
- Sulfite de chaux ; on peut l’employer avec succès pour le mutage et la désacidification des vins , 75.
- Système d’optique nouveau , de M. (galland , 127.
- T.
- Tabac , cpiantité que le sol français en produit, 28.
- Table doublée en plomb, reçoit le suc de betterave qui est exprimé par la presse continue à double effet, 2o3.
- — méthodique des couleurs inventée par M. Grégoire , donne le moyen de reconnoître ce qu’une étoffe aura perdu en couleur, etc. , 221. —— L’envoi en a été ordonné aux manufactures impériales des tapisseries de la Couronne , 222.
- Tableau des prix proposés par la Société d’En-couragement , pour être décernés dans les années 1314 ) i8i5 et 1817. Ce tableau est annexé aux programmes.
- Tables perfectionnées (patente anglaise ) , 24.
- Tambours de cardes en papier , préférables à ceux en bois ,218.
- Tanneries , leurs produits en France , 27.
- Taquets , ne sont maintenus que par untenon à queue d’aronde dans le métier de M.. Bouillon} 246.
- p.313 - vue 328/331
-
-
-
- Tartrate acide de potasse de M Mazia. ; rapport sur cet objet , 162. — Est très - bien fabriqué ? ib. — Description du procédé ,
- i63.
- Tartre brut, est pulvérisé à l’aide d’une machine , i63.
- Teigne champêtre ennemie des vignes ; moyen de la détruire aux environs du lac de Constance , ï33 , 2)4. — Cache ses couvains sous l’écorce grise des vieux ceps de vignes , ib. dépose ses œufs sur le bourgeon des vignes, 216,
- Teignes qui ravagent les étoffes de laine 5 moyen de les détruire, * 3 : •
- Teintures et toiles peintes j leur valeur en France , 29.
- Télégraphe domestique (patente anglaise ) , 22.
- Télescopes perfectionnés (patente anglaise), 23.
- Termites, prix proposé par la Société de Ro-cheibrt pour leur destruction , 124*
- Terrasses solides et économiques ( brevet accordé) , 18.
- Terre propre à détacher la rouille du blé , trouvée près du lac de Constance} son analyse, 123. -P- Manière de l’employer, ib. glaise pour faite les briques , est préparée dans un pétrin mécanique, 170.—- Avantages de cette préparation , 174.
- Théières en cuir fabriquées par les Calmouks , 2l3.
- Tiges nommées réciproques t servant à réunir les pistons d’une machine à vapeur, 33.
- Tirage en bouteille des vins ; règles à suivre pour cette opération , nS.
- Tissage des draps , s’exécute plus promptement en employantde la laine filée mécaniquement, 106.
- Tisserands , éprouvent moins de fatigue en travaillant sur un métier à navette volante, 246.
- Tissu nouveau en or et argent, de Madame Deslandes, 53.
- Tissus d’amiante, 127.
- <— de lin et de chanvre ; leur importation est peu considérable , 26.
- — de paille de la Forêt Noire, 217. _ Quantité qu’on en fabrique annuellement, ib.
- Toile biaise; genre de tissu qui se fait en enlaçant les fils les uns dans les autres (progr. 15).
- <— sans fin en fil de fer , est employée dans un four perpétuel pour cuire le pain, 260. — j
- Est remplacée par des châssis garnis d’un treillage en fil de fer, 261.
- Toiles de lin et de chanvre fabriquées en France, 26.
- Toits de papier employés en Angleterre , 263. —* Leurs avantages et leur utilité, 264. — Leurs inconvéniens, 265.
- Tôles de fer et d’acier, fabriquées par M. Au-bertot, 58.
- Tonneaux , moyen de les conserver et de leur enlever le goût d’aigre qu’ils ont contracté , 74. — Comment ils doivent être placés à la cave, ib. —•> De leur visite , ib. ---De leur remplissage ; manière de les soufrer ou me-cher , ib. — Leur carbonisation légère à l’intérieur leur enlève le goût de fût ou de moisi, 75.
- — pour les salaisons ; on doit déterminer leur forme et le bois dont il est le plus couve» nable de les composer ( prog. 22 ).
- Tordoir-ourdissoir de M. Vigneron ; un modèle en a été exposé dans les salles de la Société , lors de l’assemblée générale du 3i mars i8i3, 53. — Rapport sur cette machine , 72.
- Torpedo-war, machine de guerre inventée par M. Fulton , 208. —- Est décriée dans un journal américain , 209. — On peut s’en ser= vir avec succès pour faire sauter les vaisseaux, ib.
- — de terre , pour être placé dans les ports, ib.
- Tour perfectionné de M. Smart, 79. —- Sa description , ib. —» Manière de s’en servir , 8o0' —t Ses avantages, ib.
- Tourbières , comment elles sont exploitées en Hollande, 276.
- Trachel, espèce de loquette de soie ( progr. 7 ).
- Tricot cannelé ( brevet accordé ) , 17.
- Tuiles , on propose de les remplacer par du papier préparé, 203.
- — qui s’emboîtent par leurs extrémités ; leurs avantages , 5$.
- Tulles croisés et unis ( brevet accordé) , 18.
- Tuyaux , moyen de les découper dans un bloc de pierre , 101.
- — de cuir, sont trop chers; moyen de conserver leur souplesse (progr. 14). •— Leurs inconvéniens (progr. i5).
- — de pompe en pierre ( patente anglaise ) , a3.
- — sans couture, à l’usage des pompes à incendies ; prix de 600 francs proposé pour la
- p.314 - vue 329/331
-
-
-
- ( 5*5 )
- fabrication de ces tuyaux ( progr. *4 )•
- Se font en Angleterre avec du fil de chanvre goudronné (progr. 15).—Peuvent servir sur les vaisseaux pour transvaser les vins, etc.
- ibid.
- — — en fil de chanvre , se fabriquent près de Zurich • leur prix et leurs avantages , ib. — Manière de les conserver , ib.
- y.
- Vagues , leur mouvement est appliqué à faire mouvoir des pompes, 3j.
- Vaisseaux , leurs pompes peuvent être mues par l’impulsion des eaux, 38.
- Vapeur, sa force expansive est employée au mouvement des machines, 33,—De son application au remontage des bateaux , 5i\.
- =— non condensée ; son emploi régularise le mouvement de la machine , 34* •—N’est pas concentrée dans le four de M. Coffin comme dans les fours ordinaires , 262.
- Vase propre à transporter la poudre de guerre sans danger ( patente anglaise ) , 24.
- Vases , dimensions de ceux qui doivent être adressés à la Société (progr. 11 ).
- Vases de cuivre, donnent lieu à des accidens (progr. 10).—Durent plus long-temps que ceux de zinc, 113. — L’appareil de M. Fournier obvie au danger qui résulte de leur emploi , 289.
- ——doublés d’argent ; leur prix est trop élevé,
- xi©.
- — de fer étamés avec du zinc , ont été proposés pour remplacer les vases de cuivre, 110.
- — de forme nouvelle pour la fusion des métaux ( patente anglaise ) , 21.
- — de métal revêtus d’un émail économique ; prix de 1000 francs proposé pour la fabrication de ces vases (progr. 10)3 rapport sur ce prix, 228. — Est remis au concours pour 1814j 23i.
- en cuir ayant la dureté de la corne ; manière dont les Calmouks les préparent, 213. Leurs usages , ib.
- Velours chiné fabriqué par M. Grégoire , 222.
- Ventilateur pour extraire l’air vicié des mines ,
- 284*
- Ver de la vigne ; c’est la chenille de la pyrale ,
- 95. —- Ravages qu’elle cause , ib.
- Vérification des comptes du trésorier par MM. les censeurs, 69.
- Vernis élastique ; on peut en enduire les tuyaux sans couture ( progr. i5).
- — métallique, inventé en France pour préserver les métaux de la rouille , 12.
- — pour les vaisseaux et les manufactures (patente anglaise ) , 22.
- — solide pour garantir le fer de la rouille , 12. —‘ Manière de le préparer , i3.
- Vert solide 5 cette couleur n’a été employée sur fil que par M. Talfrène, 88.
- Viandes conservées sans sei, 55.—'De leur conservation , 129. — Leur salaison est pratiquée en France depuis 1667, 214.—Sont cuites avec beaucoup d’économie dans le four de madame Chauveau, 205. —> Prix de 2000 francs proposé pour leur salaison (progr. 20). —On propose un prix pour leur dessiccation (progr. 22 ). — Sont desséchées et réduites en poudre par les Tar-tares, ib. — Renfermées dans des enveloppes de saucisson, se conservent long-temps, 119. — Peuvent servir aux approvisionnemens des armées de terre et de mer, ib.
- — salées , sont renfermées dans des intestins de bœuf, 115.
- Vignes , sont exposées aux ravages de la pyrale , 96.
- Vins; manière de les soigner, par M. Jullien, 78. — De leur réception et de leur transport, ib. — Méthodes pour les soutirer, 74. — De leur dégénération et altération >76. —> De leur tirage en bouteilles , ib. — Du bouquet , ib. -— Du mélange, ib. — Moyen de clarifier ceux qui déposent, 76.
- —-artificiels, doivent être proscrits, y5.
- —> de Champagne mousseux , doivent être soignés d’une manière différente des autres vins, 76.
- Vis en bois employée pour baisser le levier d’une presse à betteraves, 198. — Il faut beaucoup de temps pour cette opération , ib. — Placée verticalement, n’opère la pression que pendant la moitié du temps employé au travail de la presse, 201.
- -— en fer forgé des presses à betteraves, est très= solide et développe une grande force , 200 , 201. — M. Isnard lui a donné la préférence dans la construction de sa presse# 202» —
- p.315 - vue 330/331
-
-
-
- ( 3
- Effets qu’elle produit, 204. — Son mouvement , ib.
- — sans fin employée dans la presse continue à double effet, 2o3. —Manière dont elle agit dans cette presse, 204. —Ne peut produire aucun accident, 2o5.
- Vitesse des machines , moyen de l’augmenter, 25l,
- Vitriol blanc, entre dans la composition d’un vernis propre à préserver le fer de la rouille , i3.
- Voiture de M. Jouane , i33. — Sa description , 194.—N’est pas sujette à verser, iç5. — Autres avantages , ib.
- — économique ( brevet accordé ), 18.
- Volailles, moyen de les faire couver toute
- l’année, 168,—-Temps nécessaire pour la couvaison, 169.
- Volant des machines à vapeur de M. TVitty , est formé par les cylindres , 33.
- 16 )
- -— composé de pales de bois et mu par le courant de l’eau , 38. — Il agit comme un moulin à vent, en. lui donnant la forme des ailes de ce moulin , ib.
- Z.
- Zinc : de son emploi pour fabriquer les ustensiles de cuisine 5 extrait d’un rapport sur cet objet, 109. — Peut-il remplacer sans danger les vases de cuivre dans l’économie domestique ? Expériences qui ont été faites à ce sujet, 111.—Celui de France peut servir à différens usages sans l’allier à d’autres métaux, ib. «— De son emploi dans l’économie domestique ; circulaire adressée à ce sujet aux préfets de l’Empire , 113. — Ne peut pas remplacer le cuivre , ib. ~— Peut être employé à la couverture des maisons, ib.
- PLANCHES.
- PL 94. Machine à vapeur perfectionnée. — Pompe pour les vaisseaux , mue par l’impulsion de l’eau , en regard de la page 33.
- — ç5. Claque et patin brisés. — Chaudière pour la clarification du suc de betterave , 5o.
- — 96. Tour perfectionné. — Nouvelles chaînes à l’usage des mines , 81.
- — 97. Instrument pour découper des colonnes et des tuyaux de pierre. — Laminoir pour la fabrication des lames de couteau , des limes et des clous, 102.
- —- 98. Petit fourneau à coupelle de MM. JDarcet et Anfrye , i36,
- — 99. Pompe aspirante pour les épuisemens des mines. —- Machine à séparer la limaille de fer de la limaille de cuivre. — Bouilloire pour les bouches de chaleur , i52.
- — 100. Moulin à blé portatif, perfectionné par M. Regnier. — Blutoir de M. Regnier, i58.
- — 101. Machine à râper les betteraves , 161.
- — 102. Machines à fabriquer les briques: 1°. machine de M. Hattenberg; 2°. machine de M. Kinsley, 176.
- — io3. Presse continue à double effet de M. Isnard, 206.
- — s04. Four perpétuel. — Perfectionnement dans le raffinage des sucres. — Moyen d’augmenter la force et la vitesse des machines , 25g.
- — io5. Four économique de Madame Chauveau, z65.
- — 106. Moulins à blé portatifs de M.ÇÆ. Albert. — Machine pour tirer l’air vicié des mines, 281;
- FIN DE LA DOUZIÈME ANNÉE.
- UJLUüwrj'wa
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE), rue de PÉperon Saint-André-des-Arts, N°. 7.
- p.316 - vue 331/331
-
-