Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES DE LA SOCIÉTÉ
- MM. HITIER & TOULON
- 1919
- DEUXIEME SEMESTRE
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’Admimstration.
- (Extrait du Règlement.)
- MD C CCI
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, 44, KU.E DÉ RENNES (6W)
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- 1919
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- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- ET
- RÉDACTION DU RULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin tous les jours, de 14 h. à 16 h.
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- JUILLET AOUT 1910.
- 118' ANNÉE. — 2' SEMESTRE.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE DU « JUILLET 1919
- CINQUANTENAIRE DE L’ENTRÉE AU CONSEIL
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- M. Haton de la Goupillière
- membre de l’Institut.
- M. Haton de la Goupillière est membre de notre Conseil d’Administration depuis cinquante ans. Il a semblé à notre Bureau que les membres du Conseil-tiendraient à se réunir pour le féliciter et le remercier des services qu’il a rendus à notre Société.
- Malheureusement, des circonstances indépendantes de sa volonté ont empêché M. Haton de la Goupillière d’assister à la réunion qui s’est tenue le 9 juillet 1919, cinquantième anniversaire de son entrée au Conseil.
- Après avoir reçu la signature des membres présents, l’adresse ci-dessous lui a été envoyée en même temps que les lettres d’excuses des membres du Conseil qui n’ont pu assister à la séance :
- Les membres du Conseil d’Administration, réunis à l’occasion du cinquantenaire de l’entrée au Conseil de M. Haton de la Goupillière, après avoir
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- JUILLET-AOUT 1919.
- entendu l’éloge que le Président a fait de sa carrière scientifique et professorale, en même temps que de ses hautes qualités de cœur, adressent à leur Président honoraire le témoignage de leur admiration et de leurs plus sympathiques souvenirs ; ils l’assurent de la joie qu’ils éprouveront le jour où son état de santé lui permettra de revenir parmi eux.
- M. Lindet, président de la Société, après avoir lu les lettres d’excuses des membres empêchés, a prononcé l’allocution suivante :
- ALLOCUTION DE M. LINDET, Président,
- AU NOM DU CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Mes chers Collègues,
- Le 9 juillet 1869, le Conseil d’Administration de la Société, sous la présidence de Dumas, nommait M. Haton de la Goupillière membre du Comité des Arts mécaniques.
- Votre Bureau, sollicité par ce même comité, a pensé que le Conseil, sous le patronage de notre doyen, M. Tisserand, le seul survivant de cette époque, aurait grande satisfaction à fêter aujourd’hui, 9 juillet 1919, le cinquantième anniversaire de l’entrée au Conseil de notre Président honoraire, de retracer en quelques mots sa belle carrière scientifique et professorale et de témoigner des services qu’il a rendus à notre Société.
- Si important que paraisse le développement d’une carrière scientifique, on constate qu’elle a été, le plus souvent, une suite ininterrompue d’efforts qui se sont déroulés dans un espace limité. A peine le jeune savant, guidé par ses goûts, soutenu par son travail, est-il entré dans ce qui doit être le champ de son activité, qu’il y évolue, qu’il y grandit jusqu’à le remplir tout entier de sa personnalité. A ce moment, chacun de nous ne peut plus penser à lui sans évoquer l’image matérielle de l’Ecole, de la Société, de l’organisme qu’il a illustrés.
- Il semble que le Destin réservait à la belle carrière de M. Haton de la Goupillière le cadre de cette vieille Ecole supérieure des Mines, qu’entoure la vie bruyante et studieuse du quartier Latin et que protègent, d’autre part, les calmes ombrages du Luxembourg.
- Le goût prononcé qu’il se découvrit, un peu sur le tard, pour les mathématiques, dirigea le jeune Haton de la Goupillière vers l'Ecole polytechnique, à la sortie de laquelle Edmond Bour, qui a laissé un grand nom dans l’analyse mathématique, lui disputa la place de premier; tous deux entrèrent à l’Ecole
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- CINQUANTENAIRE DE M. HATON DE LA GOUPILLIÈRE.
- supérieure des Mines dont M. Haton de la Goupillière sortait premier et qu:il ne devait quitter que quarante-neuf ans plus tard ; il y fut trois ans élève, trente-trois ans professeur et treize ans directeur.
- Sans doute, il aurait pu, comme son père, président de Chambre à la Cour d’Appel de Paris, aborder la carrière de la magistrature ; il aurait pu, inspiré par la gloire de son grand-père, le général Petit, le commandant des grenadiers de la Vieille Garde, celui qui reçut le baiser d’adieux de Napoléon, se consacrer au métier des armes ; le jeune Haton préféra donner le meilleur de lui-même à la science et au professorat.
- Quand un professeur est appelé à enseigner dans l’école même où, quelques années auparavant, il était élève, il se trouve forcément prisonnier des doctrines qu’il y a acquises. Au dire de ceux qui ont suivi ses cours, même à ses débuts, cours de chimie(1855), cours d’analyse et de mécanique (1856-1872), cours de topographie souterraine (1857-1861), M. Haton de la Goupillière sut s’affranchir peu à peu de cette sorte de patrimoine d’école et, s'assimilant les faits dont la science s’enrichit chaque jour, introduisant dans ses leçons l’écho de ses travaux scientifiques et de ses idées personnelles, il a laissé le souvenir d’un professeur aussi élégant que précis et clair, d’un professeur idéal, m’a dit un de ses élèves. Mais ce dont on se souvient encore aujourd’hui, c’est de la puissance de travail et de la facilité d’assimilation qu’il a montrées en 1872 quand, à la mort de Gallon, il fut appelé, brusquement et sans préparation, à enseigner l’exploitation des mines et les machines. Ces objectifs étaient bien éloignés des recherches mathématiques auxquelles il se plaisait ; il les abandonna pour redescendre dans les mines et saisir, non seulement la technique, mais aussi la philosophie de l’exploitation souterraine; perfectionnant sans cesse son enseignement, au cours des seize années de ce nouveau professorat, il éleva un véritable monument qui, édité en cinq gros volumes, constitue encore aujourd’hui le meilleur traité de l’exploitation des mines et des machines. Le traité des mines, complété d’abord par M. Maxime Pellé, puis par M. Bès de Berc, et parvenu à sa troisième édition, est également l’un des seuls qui soient consultés aujourd’hui.
- Il était écrit que M. Haton de la Goupillière ne quitterait pas sa chère Ecole sans y accomplir le dernier stage que l’admiration de ses collègues et la confiance du Gouvernement lui réservaient : celui de diriger l’École et d’insuffler aux futurs ingénieurs des mines la foi dans le travail dont il avait donné tant de preuves. Dans ces délicates fonctions, il sut montrer, tant à ses professeurs qu’à ses élèves, l’intérêt qu’il portait à leurs travaux et à leur avenir. Appréciant avant tout les travailleurs de la Science, il avait fait inscrire, dans le vestibule de l’Ecole, les noms de ceux qui l’avaient illustrée, rassemblé leurs mémoires, leurs livres, afin que soit perpétuée, chez ses jeunes camarades, la
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- tradition des efforts et des succès. Il donnait à chacun des preuves de bonté et d’indulgence qu’il trouvait aisément dans les convictions d’un esprit profondément religieux. Il ignorait le mal à ce point qu’on le voyait s’indigner quand celui-ci venait à se manifester dans les services dont il était le gardien.
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- Chacun de nous conserve au cœur sa reconnaissance pour l'Ecole où il a puisé ses premières forces et qui lui a assuré l’avenir. Aussi M. Haton de la Goupillière n’oublia-t-il pas sa chère École polytechnique. On l’y trouve remplissant les fonctions de répétiteur (1855-1862), d’examinateur d’admission 1861-1878), de membre du Conseil de perfectionnement (1887-1903).
- Le temps qu’il consacra à ces différentes fonctions professorales et administratives semble ne pas avoir suffi à son activité : il accepta la présidence de congrès internationaux aux différentes expositions, la présidence de la Commission du Grisou, celle de la Commission centrale des Machines à Vapeur, la vice-présidence de la Commission d’Lnification des Méthodes d’Essai des Matériaux. Il termina cette belle carrière, toute consacrée à la Science et à la direction des grands organismes administratifs de l’État en présidant le Conseil général des Mines.
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- C’est au cours de ces années de professorat que, sollicité par sa curiosité scientifique et son âme de mathématicien, il entreprit et publia ses remarquables travaux.
- Dès l’origine de son professorat, il eut l’initiative d’isoler, pour l’enseignement de la mécanique, tout ce qui ne concerne ni le temps, ni la force, mais uniquement la masse, dans un corps de doctrine qu’il a nommé géométrie des masses : centre de gravité, moment d’inertie, potentiel ; il y introduisit une notion nouvelle sous le nom de théorie du temps de parcours. Il fit connaître, dans la géométrie ordinaire, une famille nouvelle de surfaces qu’il appela nau-tiloïdes; il poursuivit l’étude complète de ces surfaces, dont, bien avant l’apparition de l’homme, la Nature vivante offrait d’élégants spécimens dans le Nau-tilus et le Cerithium. Dans le domaine de la Cinématique, il obtint, à l’aide d’équations simultanées aux différences mêlées, une courbe qui est à elle-même sa propre podaire. Dans celui, de la pure mécanique rationnelle, il reconnut pour quel système de forces une courbe donnée devient brachistochrone ; il rechercha, en s’inspirant du théorème de Newton sur la similitude, quel régime doit la fixer dans les phénomènes thermiques, et montra que cette similitude, en thermologie, repose, non sur une formule unique, comme en mécanique, mais sur deux équations simultanées ; il porta enfin son attention sur de nom-
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- CINQUANTENAIRE DE M. HATON DE LA GOUPILLIÈRE.
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- breux points de l’exploitation des mines, spécialement sur uné curieuse théorie du système d’extraction par câbles. L’originalité de ces recherches, sa grande réputation de professeur, l’appelèrent à l’Académie des Sciences, en 1884, dans la section des académiciens libres.
- Notre Société avait, dès 1869, su distinguer la haute valeur technique de celui qui devait être plus tard notre président.
- La collaboration que M. Haton de la Goupillière donna à notre Comité des Arts mécaniques a été des plus fécondes : de 1810 à 1889, notre collègue n’a pas présenté moins de 44 rapports.
- Ce furent surtout les questions relatives à l’exploitation des mines qu’il fut chargé d’examiner. Il rendit compte, à différentes reprises, des progrès réalisés dans l’exploitation des mines et dans les moyens employés pour éviter les explosions de grisou; il fît connaître le procédé employé par Poetsch pour foncer les puits de mines par la congélation des terrains aquifères; il décrivit les câbles de mines équilibrés de Koepe, les tambours spiraloïdes pour câbles d’égale résistance, les parachutes de mines de Jacquet et de Salva, l’appareil employé à Camphausen, dans la Sarre, pour l’extraction des mines, le bosseyage mécanique de Dubois et François, le procédé Murgues pour l’aérage des mines, le système de Baye pour le lavage des minerais, le système Biétrix pour la fabrication des agglomérés, l’indicateur de grisou de Lechien, les lampes de sûreté de Lechien, de Wolff, de Catrice, etc.
- Les questions d’ordre mathématique, cinématique et mécanique lui furent également réservées; successivement M. Haton de la Goupillière fit connaître à la Société les tables trigonométriques de Richard, l’appareil de Tabbérant pour les levers topographiques, celui de Sanderson pour utiliser la force du vent, l’anémomètre de Bourdon, les expériences de Romilly relatives à l’entraînement de l’air par un jet gazeux, les méthodes de Querruel pour calculer les diagrammes des machines à vapeur, l’hélice propulsive de Yagn, divers organes de machines de Bourdon, la roue à augets de Duponchel, l’automoteur Pifre, l’évaporateur Piccard, etc., les horloges dites mystérieuses, c’est-à-dire dans lesquelles le mouvement est entièrement dissimulé, de Robert, de Cadot, de Théodore, de Rosset, l’horloge hydropneumatique de Bourdon, le balancier compensateur pour chronomètre de Callier, etc.
- Tant de services rendus à notre Société, tant de sympathies et d’admiration provoquées par sa droiture et son jugement, devaient conduire M. Haton delà Goupillière à la présidence de notre Société (11 janvier 1889 — 8 janvier 1892). Celle -ci fut active et dévouée ; il sut montrer, à maintes reprises, la voie que notre industrie devait suivre, et ces paroles qu’il prononça, le 13 juin 1890, ne
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- pourraient-elles pas trouver, encore aujourd’hui, écho dans le cœur de chacun de nous :
- « Assurément, Messieurs, depuis la fondation de notre Société, l’industrie française a fait des pas de géant. Mais, en môme temps, la lutte qu’elle soutient a redoublé d’activité. Les nations étrangères, par leur génie spécial, ou en profitant de nos exemples, ont progressé de leur côté; l’intensité des forces en jeu est aujourd’hui formidable. Le moment actuel n’est pas celui du repos et du sommeil. Pour l’industrie française, c’est la veillée des armes! Ce doit être pour notre Société le signal d’un nouvel élan vers ces pacifiques soldats de la défense et de la grandeur nationales ! »
- Mes chers Collègues,
- La prolongation anormale de mes fonctions présidentielles m’a donné la joie de célébrer avec vous deux glorieux anniversaires : le cinquantenaire de M. Tisserand, il y a trois ans déjà, et, aujourd’hui même, celui de M. Haton de la Goupillière.
- Il semble que la cérémonie du 17 juin 1916 a donné à notre cher doyen un regain de jeunesse et d’activité; on se demande si cette célébration n’était pas prématurée et s’il n’aurait pas mieux valu, pour lui donner encore plus d’éclat, attendre la soixantaine. Que ceux qui ont une telle pensée se rassurent; nous recommencerons et nous associerons encore, ce jour-là, dans notre reconnaissance ces deux admirables vieillards qui nous ont montré l’exemple de la bonté et de l’effort dans le travail.
- Nous espérons aussi que, ce jour-là, nous pourrons fêter également M. le général Sebert, qui est entré au Conseil en 1876, et qui nous montre, chaque jour, les preuves de sa grande capacité de travail et de son dévouement à la Société, et pour lequel chacun de nous professe la plus profonde sympathie.
- LETTRE DE M. HATON DE LA GOUPILLIEBE
- Mon cher Président,
- Pau, 15 juillet 1919.
- Je vous prie de vouloir bien offrir au Conseil d’Administration, dans sa séance de rentrée, l’hommage de ma profonde reconnaissance pour la manifestation si touchante dont il m’a honoré dans mon éloignement, et dont vous me transmettez les échos.
- En voulant souligner au passage le cinquantenaire de mon entrée dans ce
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- CINQUANTENAIRE DE M. HATON DE LA GOUPILLIÈRE. 9
- glorieux Conseil, véritable Académie de l’Industrie, mes collègues remettent devant mes yeux une ère longue et précieuse de ma vie. J’y retrouve au début de grandes illustrations, devenues nos lointains ancêtres, et ensuite d’autres générations auprès desquelles je n’ai cessé de goûter de charmantes relations.
- Je suis heureux de voir dans vos documents que le titre de président honoraire a été conféré à M. Tisserand. Il m’est particulièrement agréable de partager avec lui ce titre que j’ai dû déjà au Conseil et à votre inlassable initiative, et qui est pour moi un grand honneur.
- Profondément touché du précieux honneur que je viens de recevoir, je reste associé de cœur aux efforts que le Conseil de la Société d’Encouragement prodigue pour contribuer au relèvement et à l’essor de notre industrie nationale meurtrie par l’ennemi. Egalement bien sensible à ceux que votre fidèle amitié vous a fait dépenser pour moi-même dans cette circonstance, je vous prie, mon cher Président, de recevoir le tribut de ma bien affectueuse reconnaissance.
- Signé : Bâton de la Goupillière.
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- RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- PENDANT LA GUERRE
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, qui avait interrompu pendant la guerre les distributions de ses récompenses, a décidé de les reprendre, et notamment de décerner pour les années 1915, 1916, 1917 et 1918, le prix Fourcade, les médailles aux contremaîtres et ouvriers, ainsi que les médailles Dumas.
- PRIX FOURCADE
- EN FAVEUR d’oüVRIERS DE FABRIQUES DE PRODUITS CHIMIQUES
- Rapport de M. H. Hitier, secrétaire.
- Les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative et avec la coopération de M. Fourcade, ont fondé, auprès d*1 la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un prix de 1000 fr. «qui est remis chaque année, en séance solennelle de la Société,au simple ouvrier des exposants de la classe 47 ayant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la même maison».
- Un très grand nombre de demandes pour ce prix Fourcade ont été adressées à la Société de la part de patrons qui nous proposaient des ouvriers travaillant dans leurs usines, d’une façon régulière, depuis plus de 50 ans.
- D’après les termes mêmes de la fondation, ce prix étant à remettre, chaque année, au simple ouvrier ayant le plus d’années consécutives de service dans la même maison, la Société décerne le prix Fourcade à :
- M. Breuillet (Louis-Frédéric), entré dans la maison Lechiche et Cie (apporteurs de la Société des Ocres de France, Auxerre), le 1er mars 1863 (pour l’année 1915) ;
- M. Raffin (Léon), entré dans la maison Caplain Saint-André et Fils, usine de Rantigny (Oise), le 2 octobre 1863 (pour l’année 1916) ;
- M. Pionnier (Louis-Camille), entré au service de la maison Deschamps
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- RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ PENDANT LA GUERRE. 11
- frères ( Outremer Deschamps i à Yieux-Jean-d’Heurs (Meuse), 13 février 1865 (pour Tannée 1917);
- M. Calzergues (Etienne), entré à la Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, Usine de Salin-de-Giraud (Bouches-du-Rhône), le 15 juin 1866 (pour l’année 1918).
- MÉDAILLES DUMAS Rapport de M. H. Hitier, secrétaire.
- Ces médailles ont été instituées en 1897 — sur l’initiative de M. Aimé Girard — en faveur des ouvriers qui, sans quitter les ateliers, se sont peu à peu élevés jusqu’au rang de directeur d’usine ou de chef d’un service important dans un grand établissement industriel ou agricole.
- Pour concourir à cette récompense, les seules conditions à remplir sont d’appartenir à la nationalité française et d’êtPe présenté à la Société par les personnes auxquelles appartiennent les établissements dont les candidats font partie.
- Sur la présentation de la maison Viellard, Migeon et Cie, à Morvillars, le Conseil de la Société a décidé d’accorder une médaille Dumas à M. Fre-leschoux (Georges-Etienne).
- Voici en quels termes la Maison Viellard, Migeon et Cie a présenté à la Société d’Encouragement les titres de ce candidat :
- « FreleschO'UX (Georges), âgé de 67 ans, est encore aujourd’hui directeur de nos Établissements de Grandvillars et s’acquitte de sa lourde tâche avec une ardeur et un savoir que nous ne rencontrons pas malheureusement chez beaucoup de jeunes.
- « Le 1er septembre 1867, Freleschoux (Georges) entrait dans nos usines de Grandvillars et était occupé successivement comme tourneur, perceur, ajusteur, monteur et régleur de machines.
- « En 1872, son père, alors directeur de nos établissements,étant décédé, Freleschoux assuma seul à l’âge de 2î ans la lourde charge de lui 'succéder.
- « L’histoire de la prospérité industrielle de nos établissements est intimement liée à celle de la carrière de M. Freleschoux.
- « Lors de son entrée en 1867, la machine à tarauder automatiquement la vis à bois venait d’être créée et les ateliers avaient reçu leur matériel, mais ce n’était encore qu’un matériel bien rudimentaire et M. Freleschoux Ta, durant sa longue carrière, constamment amélioré.
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- 12 RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PENDANT LA GUERRE. -— JUILLET-AOUT 1919.
- « Nous lui sommes en outre redevables :
- « D’une machine automatique à tarauder les boulons, d’une machine automatique à faire les goupilles, du perfectionnement des tours à tourner et fendre, d’études sur le frappage automatique des têtes de vis et sur le découpage automatique des écrous, et de quantité de perfectionnements de détail qu’il nous serait impossible d’énumérer.
- « En 1913, nous avions donné à M. Freleschoux des auxiliaires pour le décharger de sa tâche devenue de plus en plus difficile ; la mobilisation les a tous rappelés et, durant près de 5 ans, il a seul repris la direction de nos usines de Grandvillars, ayant à faire ^ce aux nombreuses difficultés de l’heure présente.
- « Au moment où la France est enfin délivrée du cauchemar qui l’étreint depuis quatre ans, nous serions heureux de voir récompenser les modestes artisans de la Victoire, qui, par leur labeur silencieux, ont su forger à nos vaillants soldats les armes dont ils ont eu besoin pour vaincre. »
- Le conseil de la Société a jugé que la médaille Dumas ne saurait être mieux décernée qu’à un homme comme M. Freleschoux.
- MEDAILLES DE BROjNZE
- décernées aux contremaîtres et aux ouvriers des établissements industriels et des exploitations agricoles.
- Rapport de M. H. Hitier, secrétaire.
- La Société d’Encouragement, dans le but d’exciter les contremaîtres et les ouvriers à se distinguer dans leur profession et d’encourager ceux qui se font remarquer par leur bonne conduite et les services qu’ils rendent aux chefs qui les emploient, a pensé que le moyen le plus propre à amener ce résultat était d’accorder des récompenses à ceux qu’une longue expérience aurait fait reconnaître comme ayant servi avec zèle, activité et intelligence ; en conséquence, elle a pris l’arrêté suivant :
- 1° Il sera décerné chaque année, en séance solennelle, des médailles de bronze aux contremaîtres et ouvriers des grands établissements industriels et des exploitations agricoles de France ;
- 2° Chaque médaille, à laquelle sera jointe une allocation de 50 francs,
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- RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ PENDANT LA GUERRE. 13
- portera gravés le nom du contremaître ou de l’ouvrier et la désignation soit de l’atelier, soit de l’exploitation agricole à laquelle il est attaché.
- La Société a reçu de nombreuses demandes pour ces médailles de contremaîtres et ouvriers qui témoignent de l’attachement qu’un très grand nombre de contremaîtres et d’ouvriers continuent à avoir pour les établissements dans lesquels ils travaillent, s’intéressant d’une façon toute spéciale à la tâche qui leur est confiée, ayant même su, dans nombre de cas, contribuer aux progrès techniques de l’industrie à laquelle ils appartiennent.
- Rien de plus émouvant que la lecture des certificats qui nous sont adressés pour recommander à l’examen de la Société les titres de ces contremaîtres et ouvriers. On sent entre le patron et l’ouvrier une collaboration intime et étroite assurant la prospérité de l’entreprise et témoignant de l’intérêt que portent l’ouvrier et le contremaître au travail qui leur est confié, intérêt qui, incontestablement, aide l’ouvrier à supporter le labeur quelque dur que parfois il puisse paraître.
- La Société d’Encouragement est particulièrement heureuse de pouvoir, cette année, décerner des médailles aux contremaîtres et ouvriers d’éta-blissemenls industriels des provinces d’Alsace et de Lorraine.
- La seule maison de Dietrich et Cie, à Niederbronn, n’a pas proposé à la Société moins de 122 ouvriers et contremaîtres comptant, dans la Maison de Dietrich, plus de 40 ans de service. Le Conseil de la Société a retenu les noms de 30 de ces ouvriers et contremaîtres comptant tous plus de 47 ans de service, quelques-uns 55 ans, c’est-à-dire étant déjà au service de cette Maison de Dietrich avant la guerre de 1870.
- Les Etablissements Viellard, Migeon et Cie nous ont remis 13 dossiers concernant des ouvriers ayant tous plus de 50 ans de service effectif dans leur maison.
- MM. Viellard, Migeon et Cie, en nous adressant ces dossiers, écrivaient :
- « Si nous avions voulu soumettre à votre appréciation les dossiers de tous ceux qui nous ont fidèlement servis depuis plus de 30 ans, nous aurions dû écrire un véritable volume.
- « Sur 1 300 ouvriers et ouvrières occupés actuellement dans nos établissements : 13 ont plus de 50 ans de service
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- « Tous, depuis la déclaration de guerre, travaillent presque exclusivement pour la Défense nationale.
- « A la mobilisation, plus de 500 membres de notre personnel ont répondu à l’appel de leur pays, 246 sont encore sous les drapeaux, 178 sont rentrés travailler dans les usines, les autres sont ou tombés au champ d’honneur, ou prisonniers de guerre. >'
- La Maison Lefranc et O nous a proposé 7 candidats : chef de services mécaniques, chef de comptabilité, simples ouvriers; les uns et les autres, modèles de dévouement et de probité, méritant l’estime et la confiance que leurs camarades et leurs chefs leur témoignent.
- N’est-ce pas relever la valeur de la médaille des vieux contremaîtres et ouvriers que de la voir attribuée à des hommes tels que ce chef des services mécaniques de la force motrice et de l’entretien dans la Maison Lefranc, M. Audonnet (Eugène), duquel ses patrons peuvent faire le juste éloge suivant :
- « Joint à ses capacités professionnelles de premier ordre l’esprit de commandement bienveillant et éclairé, et l’esprit de décision dans les cas difficiles. Considère son service à raison comme le cœur de l’usine, qui doit toujours être le premier et le plus solidement assuré. A contribué à des améliorations d’un matériel mécanique tout spécialisé à notre industrie, fruit d’observation et d’expérience. Sait dessiner. »
- Tel encore cet ouvrier des Etablissements Kuhlmann que la guerre a surpris travaillant dans l’usine d’Amiens à la fabrication du sulfate de cuivre, du sulfate de fer et du sulfate de soude; malgré son grand âge, ayant travaillé dans cette usine jusqu’aux derniers bombardements et ne l’ayant quittée que par suite de l’évacuation imposée parles autorités de la ville, travaillant, depuis ce jour, à l’usine Kuhlmann de Bordeaux, et, durant les 38 années qu’il est resté au service de cette Société, celle-ci n’ayant eu qu’à se louer de son travail et de son assiduité.
- Ces exemples, que nous donnons simplement pour faire apprécier les mérites des candidats aux médailles des vieux contremaîtres et ouvriers, pourraient s’appliquer à la majorité d’entre eux et voici, du reste, la liste complète des lauréats de la Société.
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- RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAH LA SOCIÉTÉ PENDANT LA GUERRE.
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- NOMS ET PRÉNOMS DES LAURÉATS. PROFESSIONS ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS APPARTIENNENT LES LAURÉATS.
- Dietrich Louis).... employé 50 Maison de Dietrich et C'e, à Nieder-
- Schaaf (Auguste) . . . employé 49 bronn.
- Merkling (Chrétien) . . — 47
- Mauler (Georges) . . . frappeur 57
- Koehler (Georges). . . tourneur 57
- Lecuer (Pierre) .... peintre 56
- Bernhardt (Jacques) . . ajusteur 54
- Jakob (Charles) . . . . forgeron 52
- Wahl (Georges) .... poinçonneur 50
- Keller (Philippe) . . . tourneur 50
- Fuchs (Philippe). . . . journalier 50
- Lindemann (Georges) . . — 49
- Klein (Guillaume). . . ajusteur 49 — —
- Gallusser (Michel). . . — 48 — —
- Ritt (Georges) peintre 48 — —
- Helbringer (Frédéric). . — 48
- Béné (Pierre) ajusteur 47 — —
- Bertrand (Joseph). . . ouvrier 25 — —
- Fischer (François). . . — 23 — —
- Metz (Philippe) .... vérificateur 52 — —
- Muller (Jacob) .... forgeron 47 — —
- Martin (Georges) . . . ouvrier 54 — —
- Merckling (Charles) . . — 52 — —
- Biesser (Joseph). . . . ‘ — 48 — —
- Wuertz (Philippe). . . placier 55 — —
- Ditmann (Georges). . . contrôleur 47 — —
- Joost (Frédéric), père. . mouleur 54 — —
- Herzog (Henri) garde-forestier 49 — * —
- Lezelter (Valentin) . . ouvrier 47 — —
- Gasser (François) . . . — 48 — —
- Mouhat (Georges) . . . régleur de Maison Viellard, Migeon et C‘e, à
- machines 63 Morvillars.
- Mourrat (François). . . emboutisseur 63 — —
- Manné (Antoine). . . . ajusteur 62 — —
- Couchot (François). . . mécanicien- chauffeur 56
- Lopinot (Xavier). . . . contremaître 55 —
- Monnin (Xavier) .... • magasinier 54
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- 16 RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PENDANT LA GUERRE. ---------- JUILLET-AOUT 1919.
- NOMS ET PRÉNOMS DES LAURÉATS. PROFESSIONS ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS APPARTIENNENT LES LAURÉATS.
- Faiyet (Léon). .... tourneur- - Maison Viellard, Migeon et Cie, à
- outilleur 53 Morvillars.
- Wattré (Mathieu). . . chauffeur- mécanicien 51
- Heynis (femme Deur). . taraudeuse 51 — —
- Gélot (Pierre) tourneur-
- outilleur 51 — —.
- Dufrénot (Louise). . . ouvrière de boulonnerie 50
- Frelin .(Florentin) . . . outilleur — —
- de fendage 50 — —
- Beaumet (François). . . emballeur 50 — —
- Guerre (Georges) . . . chef de comptabilité 28 1/2 Maison Le franc et Cie.
- Ch appas (Jean) .... ouvrier 33 1/2 — —
- Cochenet (J.-B.).... contremaître 32 1/2 — —
- Cousin (Victor) .... chauffeur 311/2 — —
- Thommeret (François) . ouvrier 28 — —
- Peschard (Frédéric) . . préparateur .
- de laboratoire 23 1/2 — —
- Audonnet (Eugène) . . chef de service 181/2 — —
- Brossard (Silas). . . . chef Compagnie bordelaise des produits
- Dufour (Marius). . . . mécanicien contremaître 39 chimiques (Usine de Rouen). Compagnie des produits chimiques
- Sabatier (Prosper). . . contremaître général 51 d’Alais et de la Camargue (Usine de Salin-de- Giraud). (Usine de Salindres).
- Charron (Jules). . .* . contremaître 56 Commission des Ardoisières d'An-
- Guilloux (Pierre). . . . surveillant 51 g ers.
- Gaudry (Célestin) . . . contremaître 52 — —
- Niel (Paul) comptable 56 — —
- Comtet (Anthelme) . . contremaître Maison T. Guilloite, à Lyon.
- Jussy (Félix-Charles). . contremaître 53 Maison Deschamps frères, à Vieux-Jean-d’Heurs (Meuse).
- Macquart (Claude-Eug.). fondé de pouvoir 53 _
- Sanfàute (Auguste) . . ouvrier 47 ——
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- RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ PENDANT LA GUERRE.
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- NOMS ET PRÉNOMS DES LAURÉATS. PROFESSIONS ANNÉES DE SERVICE. ÉTABLISSEMENTS AUXQUELS APPARTIENNENT LES LAURÉATS.
- Feller (Jules). . • • • contremaître 36 Maison Deschamps Frères ieux-
- Robin • 27 Jean-d’Heurs (Meuse). Maison Rainai Frères.
- Verger (Mellon-Pierre). ouvrier 38 Établissements Kuhlmann.
- Duprez (Arthur) .... chef plombier 37 — —
- Marquet (Jules) .... employé 35 — —
- Morizot (Louis) .... chef de service 30 — —
- Perrin magasinière Société « Le Ripolin ».
- VlMEUX chef d’atelier —
- Bargue chef caissier —
- Salichon (Guillaume). . contremaître 47 « Compagnie des Forges de Châtillon,
- Grappe (Louis) .... marteleur il Commentry et Neuves-Maisons.
- Daefix (Antoine).... ouvrier 54 — —
- Pilandon (Jean) .... — 56 — . —
- Peronin (Jean) — 57 — —
- Le Reste (Yves) . . . . chauffeur 42 Société des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis.
- Langlois (Albert). . . . contremaître 40 Maison Bréguet,
- Bride (Charles) .... ouvrier 46 — —
- Robin (Jean-Baptiste). . chef d’équipe 27 — —
- Millington (Thomas). . chef de fabrication 55 Maison Blanzy, Poure etCie.
- Loucuet (Jean-Baptiste). tourneur 53 — —
- Delobel (Catherine) . . vernisseuse 53 — —
- Willaume (Célestine). . monteuse 53 — —
- Ringuenoir (Joseph). . bluteur M. C harpe n ti e r- C or b y.
- Menîngand (Achille) . . contremaître 2J — —
- Bernassau (Paul). . . . caissier- Compagnie des minerais de fer
- comptable 40 magnétique de Mokta-el-Hadid.
- Tribon (Baptiste). . . . chef — —
- Bildstein (Gaston). . . comptable employé 38 ' 24 M. R. Chevallier-Appert.
- Cuarlot Martin) .... maître- charrelier 34 Marquis de Changeg.
- Pierre Sellenet. . . . chef-vigneron 32 .
- Toms 131.
- 2e semestre. — Jailltt-Aoni 1919.
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- 18 RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PENDANT LA GUERRE. ----------- JUILLET-AOUT 1919.
- Si longue que puisse paraître cette liste, elle reste cependant bien en-dessous du nombre des ouvriers et contremaîtres que leurs titres nous permettaient de récompenser.
- Le souhait le plus ardent des membres du Conseil de la Société d’En-couragement est de pouvoir étendre chaque année davantage ces récompenses. Celles-ci s’adressent à des hommes qui. parfois, peuvent paraître jouer un rôle bien modeste dans les grandes entreprises industrielles, mais, tous, nous savons qu’en accomplissant fidèlement et avec conscience leur tâche de chaque jour, ils sont des collaborateurs précieux d’où dépend, dans une très large mesure, non seulement la prospérité de l’industrie, du commerce et de l’agriculture, mais grâce auxquels encore régnent la bonne harmonie et l’entente entre tous les agents de la production. Aussi, en réalité, sont-ils parmi les meilleurs serviteurs de leur pays.
- Le Rapporteur,
- II. III TI ER.
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- COMITÉ D’AGRICULTURE
- Lapport présenté par M. L. Lindet, au nom du Comité d’Agriculture, sur l’apostolat agricole de M. Méline et sur ses deux ouvrages : Le Retour à la Terre et Le Salut par la Terre.
- Le livre que M. le sénateur Méline publia en 1905, sous le titre « Le Retour à la Terre », fut considéré par tous les groupements intellectuels comme un cri d’alarme poussé par un homme dont l’autorité et la conviction étaient respectées de tous, parce que cet homme avait consacré une longue vie, faite d’honneur et d’intégrité, à la défense de l’agriculture : la Terre nourricière est abandonnée; les villes se surpeuplent; les usines nous conduisent à la surproduction; Français, retournez à la Terre!
- Ce cri d’alarme, cet appel à la croisade agricole a-t-il été entendu? Il faut le recul de nombreuses années pour juger de la réalisation d’un tel mouvement; mais je ferai remarquer que le livre est à sa sixième édition; il serait invraisemblable que les lecteurs aient attendu jusque-là pour adopter les idées exposées dans l’édition de 1905; d’ailleurs, combien connaissons-nous de jeunes gens de famille qui ont adopté la vie rurale et ont choisi même leurs compagnes parmi nos jeunes filles de la société parisienne !
- Mais voilà que des événements, dont les conséquences ne sauraient encore ni être mesurées, ni même peut-être prévues, viennent de bouleverser le monde et le laissent dans un état d’incertitude qui ne permet guère de préciser les directives que l’humanité devra suivre pour que ces événements tournent à son profit.
- L’âme d’agriculteur qu’il possède ne laisse à M. Méline aucune hésitation. Le « Retour à la Terre » trouve en face de la situation actuelle une nouvelle application, plus élargie, avec des moyens nouveaux et dans des conditions à tout point de vue meilleures. Il écrit dès lors « Le Salut par la Terre » et, dans un style simple et sincère comme celui d’un évangile, il
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- COMITÉ D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT 1919.
- montre que la Terre seule est capable de combler le déficit immense que la guerre a créé.
- Il arrive à cette conclusion par une série de raisonnements qui tiennent tout autant de la haute philosophie que de l’économie sociale : Le poids des impôts pèsera d’autant plus lourdement, nous dit-il, sur le contribuable que le capital et les revenus deviendront plus faibles ; le travail seul peut augmenter les revenus et le capital, et grossir par conséquent les caisses de l’Etat; —l’industrie, en présence des pertes énormes en capital et en matériel qu’elle a faites, ne pourra pas assurer, d’ici à quelques années, la prospérité que l’on doit attendre d’elle dans l’avenir; —on peut en dire autant du commerce, qui est forcément le « grand distributeur de produits fabriqués », et qui ne peut vendre sur le marché intérieur ou à l’exportation que ce que l’industrie lui a donné ; —les colonies ne seront pas susceptibles, elles aussi, et parce que leur organisation est malheureusement encore défectueuse, de nous apporter la richesse dans un avenir immédiat. — M. Méline se retourne alors vers la terre qui peut, après et malgré les épreuves que la guerre lui a imposées, être très rapidement mise en valeur.
- Le problème est désormais posé : le salut qui présidera à la remise en route de notre activité nationale, le salut qui reconstituera notre situation financière obérée, le salut qui fera de la France une nation aussi prospère dans la paix qu’elle a été glorieuse dans la tourmente ; ce salut, c’est à la Terre qu’il convient de le demander.
- Comment donc assurer à la terre sa prospérité? Comment la terre va-t-elle tenir ce gage que notre ancien ministre de l’Agriculture lui impose?
- M. Méline, dans son nouveau livre, aborde successivement toutes les questions techniques, économiques et sociales qui font l’objet des préoccupations du monde agricole et il les résout toutes, sous la sauvegarde de raisonnements déductifs, mais en les pénétrant de son amour pour la terre, comme un époux qui se persuade et cherche à persuader ceux qui l’entourent des hautes qualités morales et physiques de celle à qui il a donné son cœur; le cœur a des raisons que, dans ce cas, et contrairement au proverbe, la raison est capable de connaître.
- J’ai beaucoup médité sur ce livre, et j’ai acquis cette opinion que la solution de toutes les questions soulevées se heurte au problème de la main-d’œuvre, c’est-à-dire à la façon dont s’effectuera ce « Retour à la Terre » qui a été, depuis ses débuts dans la carrière législative, la pré-
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- l’apostolat AGRICOLE DE M. MÉL1NE.
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- occupation constante de M. Méline. Si je vais au delà de ce qu’il a écrit et si je juge à un point de vue trop exclusif, M. Méline me le pardonnera, sachant qu’un livre est bon quand il instruit, qu’il est meilleur quand il entraîne à penser.
- Les revendications sociales ont fait que le problème de la main-d’œuvre est aujourd’hui le plus important de ceux dont l’industriel doive se préoccuper. Celui-ci peut répondre de ce que lui donneront ses machines, ses procédés de fabrication, l’organisation scientifique de ses usines; tout peut fonctionner conformément aux projets qu’ a établis; mais la main-d’œuvre, qui assure le fonctionnement de ces machines, la réalisation de ces procédés, les détails de cette» organisation lui échappent ; elle se révolte de temps à autre contre son autorité, et il ne peut compter sur elle qu’en renonçant à une partie, quelquefois à la totalité des bénéfices auxquels il a droit.
- Le cultivateur a les mêmes soucis vis-à-vis de sa main-d’œuvre ; mais il se trouve, en face des autres conditions de travail, dans une incertitude beaucoup plus grande ; les phénomènes atmosphériques troublent considérablement ses opérations culturales, l’efficacité de ses engrais; il subit la gelée, la grêle, la mortalité du bétail, etc. Il ne peut lutter contre ces calamités qu’en faisant appel aux assurances mutuelles, aux caisses régionales de crédit agricole, aux associations de labourage, de battage, à la mise en valeur (qui est encore à l’étude) des terres par la mobilisation de son capital, etc. ; il stabilise alors les bénéfices et les pertes de son entreprise et, par conséquent, il lui assure une prospérité plus uniforme et, partant, une meilleure répartition de ses charges; mais, comme l’industriel, il est à la merci des revendications de sa main-d’œuAœe, qui, là encore, est la pierre d’achoppement de toute organisation. Le perfectionnement des machines, l’adoption des motoculteurs, le remembrement, les méthodes de culture les plus perfectionnées, l’emploi intensif des engrais, sont, en réalité, dirigés en vue de restreindre la part de la main-d’œuvre dans les frais généraux de l’exploitation ; voilà le principe qui se dégage de la lecture du « Salut par la Terre ».
- Il faut néanmoins trouver ce personnel de travailleurs ruraux, si réduit qu’on voudrait le voir, et il faut l’attacher à son travail en lui inculquant « l’appât de la terre », en lui promettant non seulement des salaires avantageux, mais aussi un confort et des distractions.
- On doit former l’esprit de l’enfant dès l’école primaire et l’intéresser
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- 22 COMITÉ d’agriculture. — JUILLET-AOUT 1919.
- aux choses de l’agriculture, lui laisser, pendant la période des travaux agricoles, le temps nécessaire pour qu’il y participe, quitte à ce que l’instituteur le reprenne en mains, le soir, et lui explique ce qu’il a fait, ce qu’il aurait pu faire. Il convient de créei, dans le village, un enseignement postscolaire, des écoles saisonnières, des écoles ménagères,des bibliothèques; chaque commune devrait avoir un livre d’or où l’on inscrirait ceux de ses enfants qui se sont distingués, et les inscriptions en lettres de sang ne manqueraient pas aujourd’hui; l’enfant serait fier de ses grands frères et s’attacherait au pays.
- La question du confort et des distractions s’impose également; combien d’ouvriers agricoles sont-ils encore logés dans les écuries et les vacheries, et n’ont à respirer qu’un air empuanti! Comment, dans ces conditions, créer un foyer et contribuer à l’augmentation de la natalité ? 11 faut que chaque ouvrier ait une chambre et, s’il est marié, un logement que la présence des enfants remplira bientôt. Pourquoi ne pas organiser des cercles de fermières, des lieux de réunion pour les ouvriers agricoles, des jardins, des parcs, des jeux, en se rappelant combien les « foyers du soldat « ont été moralisateurs au cours de la guerre? Rien n’empêcherait que ces cercles ne se transforment à certains moments en salles de concert, de comédie, de cinématographe, etc. Dans le « Retour à la Terre », M. Méline disait déjà : « Ce n’est pas la misère de la vie rurale, mais bien la douceur et les enchantements apparents de la vie urbaine qui causent la désertion des campagnes. » La vie communale doit se transformer sous peine de disparaître.
- Mais la guerre a fait tant de victimes parmi les cultivateurs que l’agriculture doit s’assurer de larges emprunts tant dans les milieux féminins, qui ont donné les preuves du plus grand courage pendant l’absence des maris et des fils, que chez les hommes âgés, qui pensaient avoir droit au repos et qui comprennent aujourd’hui que chacun doit travailler jusqu’à la limite de ses forces. Il ne faut guère compter sur la main-d’œuvre étrangère, ni sur la main-d’œuvre coloniale, qui seront obligées aussi, et pour les mêmes causes, de cultiver leur propre sol.
- L’agriculture n’a-t-elle pas le droit de réclamer pour elle les enfants de l’Assistance publique, les Pupilles de la Nation qu’il faut soustraire aux conseils pernicieux des grandes villes, les mutilés et ceux qui ont contracté au front des maladies que, seul, le séjour au grand air peut améliorer ou guérir?
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- l’apostolat agricole de m. méline.
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- Voilà la croisade prêchée par le sénateur Méline ; le moment semble spécialement bien choisi pour appeler l’attention de nos soldats sur le point d’être libérés. La vie est chère à la ville, le fonctionnarisme, si apprécié avant la guerre par ceux qui recherchaient une carrière, ne nourrit plus son homme. Celui qui a vécu, pendant toute la guerre, en plein air, est menacé par l’insuffisance d’aération et par l’atmosphère viciée des villes et de leurs logements. Les campagnes perdent moins d’enfants que les villes; les enfants s’y élèvent mieux ; c’est le véritable milieu pour la natalité. La loi donne aujourd’hui toute facilité pour permettre à celui qui veut acheter une petite propriété d’emprunter à certaines sociétés immobilières et aux caisses régionales de crédit agricole; les milliards sur papier qui circulent assurent une plus-value aux valeurs immobilières agricoles.
- Que ceux de nos soldats qui étaient cultivateurs en 1914 retournent à la terre. Que ceux qui hésitent, les faibles, les malades, ceux qui n’ont pas encore acquis un métier manuel spécialisé s’y dirigent. Que ceux qui sont déjà à la terre, que les sociétés d’agriculture, en attendant la création de chambres d’agriculture et d’organisations centrales pour chaque région, se mettent à la tête du mouvement auquel M. Méline leur demande de prendre part. Ils auront en lui un chef qui épuisera les dernières énergies de son âme d’apôtre pour développer la prospérité agricole et le bien-être du cultivateur et, puisque le salut de la France pacifique est assuré par la terre, puisque hors de la terre il n’y a pas de salut, pour rendre notre Patrie plus grande et plus respectée.
- Votre Comité vous propose de féliciter M.. Méline de son œuvre et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Le Rapporteur,
- L. Lindet.
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- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES
- Rapport présenté par le Lieutenant-colonel P. Renard, au nom du Comité des Arts économiques, sur un mémoire de MM. Soulier et Rey, intitulé : Etude sur la différenciation des bois verts et des bois vieux ou vieillis artificiellement.
- Ce mémoire est le résultat des études et des expériences exécutées, au cours des hostilités, par les auteurs, au Laboratoire du Conservatoire national des Arts et Métiers, sous la direction de M. le Lieutenant-colonel Cellerier.
- Pour un grand nombre de travaux de menuiserie, d’ébénisterie, de lutherie, etc., il est indispensable de n’employer que des bois secs. Cette nécessité oblige les constructeurs à acheter d’avance et à emmagasiner pendant plusieurs années le bois destiné aux fabrications soignées. Il en résulte une immobilisation de capital considérable et l’obligation d’avoir des magasins très étendus.
- Pendant la guerre, si la fabrication des meubles de luxe a été interrompue, il ne faudrait pas en conclure que les besoins en bois secs ont diminué ; bien au contraire : pour de nombreux usages militaires, tels que les appareils photographiques, on a dû recourir à l’ébénislerie ; mais la grande consommation des bois de choix a été faite par le service aéronautique, pour la construction des avions, désignée depuis quelques années sous le nom d’avionnerie. Les magasins de bois vieux ont, par suite, été rapidement épuisés, et on a dû recourir, dans une large mesure, pour les fabrications militaires, à des bois vieillis artificiellement. La plupart des procédés employés dans ce but ont donné des résultats médiocres, les produits ainsi obtenus étant très inférieurs aux bois vieillis naturellement.
- Malheureusement, on ne s’apercevait généralement des défectuosités des bois employés que lorsque les appareils avaient été construits; ils se détérioraient avec une rapidité plus ou moins grande, et l’on avait engagé, dans leur construction, des dépenses que l’on aurait pu éviter si l’on avait dis-
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- DIFFÉRENCIATION DES BOIS VERTS ET DES BOIS VIEUX OU VIEILLIS .
- posé de moyens permettant de reconnaître a priori si les bois vieillis artificiellement présentaient des qualités analogues à celles des bois vieux.
- C’est pour réaliser ce desideratum que, sous la direction du Lieutenant-colonel Cellerier, le Conservatoire des Arts et Métiers a entrepris des études dont l’exécution a été confiée à MM. Soulier et Rey.
- Ces messieurs se sont proposé de déterminer, pour les essences de bois usuels (frêne, sapin, peuplier, hêtre, chêne et orme), les caractères micrographiques qui distinguent les bois verts des bois vieux. Au moyen de réactions simples, ils ont pu déterminer, dans certaines parties, des différences de colorations très nettes entre les échantillons d’une même essence.
- Après quelques considérations générales sur la structure des bois et la façon de faire les coupes minces à soumettre à l’examen microscopique, ils ont indiqué, dans un texte succinct et dans des figures très nettes et très bien exécutées, les différences d’aspect entre un bois vert et un bois vieux, pour les essences étudiées. Ils n’ont pas pu faire la même étude en ce qui concerne les bois vieillis artificiellement ; lorsqu’on se trouvera en présence de bois de cette nature, il conviendra de les soumettre à l’examen micro-graphique; s’ils présentent sensiblement le même aspect que les bois vieillis naturellement, il y aura de fortes présomptions de croire qu’ils seront d’un bon usage ; dans le cas contraire, on pourrait affirmer avec une quasi certitude que leur emploi donnerait de mauvais résultats.
- La fin des hostilités n’a pas permis de vérifier ces conclusions ; elle a, de plus, empêché les auteurs de continuer leurs investigations sur d’autres essences de bois. Mais, tel qu’il est, leur travail présente un intérêt considérable en ébénisterie et dans tous les arts analogues.
- En conséquence, votre Comité des Arts économiques a l’honneur de vous proposer que des remerciements soient adressés au Lieutenant-colonel Cellerier et à MM. Soulier et Rey et que le présent rapport soit inséré au Bulletin.
- Le Rapporteur,
- Lieutenant-colonel Paul Renard.
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- COMMISSION OES BREVETS
- PROLONGATION DE LA DUREE DES BREVETS d’iNVENTION FRANÇAIS
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a été invitée à envoyer des délégués en vue de prendre part à une conférence réunie sur l’initiative de MM.Barbet, ancien président de la Société des Ingénieurs civils de France, Paul Kestner, président de la Société de Chimie industrielle, et Ferdinand Mainié, président de l’Association Taylor des Inventeurs et Artistes industriels, pour étudier diverses questions relatives aux brevets d’invention. Cette réunion a eu lieu le 30 avril dernier. MM. Lavollée, Masson, Rateau, Renard, Toulon,membres du Conseil d’Administration et de la Commission des Brevets, représentaient la Société d’Encouragement.
- Les sociétés qui étaient représentées à cette conférence par des délégués sont : la Société des Ingénieurs civils de France ; la Société de Chimie industrielle ;
- l’Association Taylor des Inventeurs et Artistes industriels ; l’Association des petits Fabricants et Inventeurs français ; la Société lyonnaise des Inventeurs et Artistes industriels.
- Les questions qui étaient à l’ordre du jour étaient les suivantes :
- 1° Examen d’un avant-projet préparé par une Commission de la Chambre des Députés.
- Cet avant-projet a pour but la prolongation de la durée des brevets pris en France pour tenir compte des pertes résultant de la guerre pour les brevetés. La Commission de la Chambre n’admet pas une prolongation uniforme parce que certains inventeurs ont pu réaliser des bénéfices exceptionnels en raison même des hostilités. L’avant-projet propose de faire statuer sans appel sur chaque demande de prolongation par une commission spéciale instituée à cet effet; la durée supplémentaire, variable suivant les cas, pourrait atteindre le maximum de huit années;
- 2° Brevet international : mesures préparatoires à proposer en vue d’arriver à l’obtenir ;
- 3° Convention internationale de 1883 sur la protection de la propriété industrielle : Convient-il d’obliger l’Allemagne à se retirer de l’Union de 1883 ?
- Après l’échange de diverses observations, il a été convenu que les sociétés représentées à la réunion du 30 avril seraient invitées à donner leur avis sur les questions posées.
- La Commission des Brevets de notre Société a été immédiatement saisie et s’est réunie le 9 mai. Il était urgent de répondre sans retard au sujet de l’avant-projet afin que la Chambre des Députés pût rapidement voter la loi nécessaire. La Commission
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- PROLONGATION DE LA DURÉE DES BREVETS D’INVENTION FRANÇAIS. 27
- des Brevets de la Société d’Encouragement a discuté et étudié la réponse qui paraît devoir être faite et qu’elle a soumise à T examen et au vote du Conseil d’Administration dans sa séance du 1-4 mai 1919.
- Voici le texte approuvé tel qu’il ré suite des modifications demandées par le Conseil d’Administration.
- AVIS ET VŒUX DE LA SOCIETE D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- SUR LA PROLONGATION DE LA DUREE DES BREVETS ü’iNVENTION FRANÇAIS
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale est appelée, sur la demande de M. le député Bokanowski, à donner son avis sur un projet de loi étudié_par une commission de la Chambre des Députés en vue de réparer par une prolongation de la durée des brevets d’invention pris en France, le préjudice causé aux propriétaires de ces brevets par l’état de guerre qui les a empêchés d’exploiter ou de faire exploiter normalement leurs inventions.
- La Commission de la Chambre des Députés n’a pas cru pouvoir admettre une prolongation uniforme pour tous les brevets, par ce motif que certaines inventions ont pu donner d’importants bénéfices en raison même de l’état de guerre. Le projet de loi étudié a prévu la création d’une Commission arbitrale spéciale, composée de cinq membres, qui aurait pour mission de statuer, sans appel, sur les demandes présentées par les intéressés et de fixer la prolongation de durée accordée à chaque brevet d’après la comparaison des résultats de l’exploitation pendant la durée de la guerre avec ceux qu’aurait donnés une exploitation normale en temps de paix. La prolongation de durée, variable en raison des différences constatées, pourrait atteindre au 'maximum huit années, afin de pouvoir donner aux industriels des régions envahies le temps de mettre leurs usines, partiellement ou entièrement détruites, en état de reprendre leur fabrication.
- Ce projet de loi soulève des objections nombreuses et capitales.
- Les brevets sur lesquels la Commission arbitrale spéciale, prévue par le projet de loi, pourra être appelée à statuer, comprennent tous ceux qui étaient encore valables au 1er août 1914, soit environ 50.000 brevets ou certificats d’addition. En outre, tous les brevets pris depuis cette date sont encore valables aujourd’hui en vertu du décret du 14 août 1914 qui a suspendu les déchéances résultant du défaut de paiement des annuités et du versement lors du dépôt de la demande d’un brevet, ainsi que les déchéances pour défaut d’exploitation; cette suspension durera jusqu’à une date qui sera fixée par un nouveau décret après la cessation des hostilités. Les brevets pris depuis le 1er août 1914 sont au nombre de 40.000 environ.
- La Commission arbitrale aura donc à examiner, sinon la totalité, au moins
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- COMMISSION DES BREVETS.
- JUILLET-AOUT 1919.
- une notable proportion des 90.000 brevets que vise le projet de loi. Il semble que, même avec une augmentation importante du nombre de ses membres et quels que soient son zèle et son activité, elle ne pourra faire un examen sérieux et statuer dans le délai de six mois qui lui est imparti à compter de la date de la demande des intéressés. Ce sont de véritables jugements que la Commission arbitrale devra rendre, jugements pour lesquels des recherches, des discussions et des débats contradictoires sont inévitables.
- Pour justifier ses décisions, la Commission arbitrale devra, dans chaque cas particulier, apprécier ce qu’aurait pu être l’exploitation normale d’un brevet pendant la durée de la guerre, déterminer quelle a été l’exploitation effective pendant la même période, comparer les deux évaluations, prévoir approximativement les résultats que donnera l’accroissement de la durée de validité du brevet, enfin, sur ces données, difficiles à contrôler et pour la plupart problématiques, fixer le nombre d'années de prolongation dont bénéficiera le brevet.
- Quelles que soient la sagacité d’un juge, son habileté à prévoir l’avenir plus ou moins fructueux d’.une invention, il est presque impossible de déterminer, à une époque donnée, quelsseront, pendant les années futures dont le nombre pourra dépasser quatre, les résultats de l’exploitation d’un brevet. Une invention est, par sa nature même, généralement aléatoire, et sa durée souvent éphémère. L’exploitation peut s’accroître subitement ou subir en peu de temps d’importantes réductions. Les besoins normaux de l’industrie ou du public, les inventions concurrentes qui peuvent naître, la mode même, interviennent pour faire varier les profits à espérer d’un brevet. La manière de présenter le produit breveté, la réclame et l’emploi plus ou moins heureux de tous les procédés commerciaux, contribuent à rendre essentiellement incertaine et arbitraire toute tentative pour évaluer a priori quelle sera l’exploitation normale d’une invention .
- Il convient, en outre, d’observer que plus de la moitié des brevets enregistrés en France ont été accordés à des étrangers. Ceux-ci pourront, en général,, démontrer plus facilement que des Français qu’ils ont été dans l’impossibilité d’exploiter. La loi, telle qu’elle est projetée, réserverait ainsi en fait toutes ses faveurs aux étrangers et déploierait toutes ses rigueurs vis-à-vis des Français.
- Le principe proposé, qui consiste à faire juger chacun des brevets par une Commission arbitrale, conduit donc à un examen qui exigera de longs délais; les recherches nécessaires seront vexatoires et inquisitoriales, les sentences définitives que rendra la Commission arbitrale seront fatalement arbitraires à défaut de bases sérieuses pour appuyer ses décisions. Quelle que puisse être son impartialité, la Commission arbitrale sera en butte aux soupçons et aux critiques ; des inégalités, probablement plus nombreuses que celles qui sont la conséquence inévitable de la guerre, seront créées sans nécessité. Le remède
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- PROLONGATION DE LA DURÉE DES BREVETS ü’iNVENTION FRANÇAIS. 29 -
- serait pire que le mal. Ce n’est pas au moment où la France, pour relever ses ruines, a le plus besoin de ses inventeurs, où il importe le plus d’assurer la sécurité de leurs travaux, de leur laisser l’espoir d’en tirer un légitime profit, qu’il faut, par l’obligation de démarches pénibles, par une véritable inquisition de leurs gains et de leurs pertes, par des décisions qui paraîtront des faveurs inégalement distribuées, donner des motifs de rancune et le sentiment qu’ils sont injustement traités aux Français qui, par leur génie inventif, leur labeur persévérant, si souvent mal récompensé, accroissent le patrimoine national.
- L’inégalité entre les brevets pendant la durée de la guerre, inégalité à laquelle le projet de loi cherche à remédier, est, en réalité, moins grande qu’elle ne paraît par un examen superficiel. Les importants bénéfices qui ont pu être faits par suite de la guerre, ne sont pas dus, en général, à l’exploitation de produits brevetés. Le plus souvent même, les industriels ont réalisé des gains considérables précisément par l’abandon de toutes leurs fabrications brevetées, afin de consacrer leurs efforts aux travaux nécessaires pour la défense.
- Et si, exceptionnellement, quelques inventions brevetées ont pu obtenir de plus notables bénéfices à cause de la guerre, il ne faut pas le regretter puisque ces inventions ont contribué à la victoire. Ce sont d’ailleurs des inventions qui se rapportent à la guerre et dont, par suite, les bénéfices seront très réduits après la paix ; la période temporairement prospère sera compensée par une dépression considérable des profits dans les années suivantes.
- Le Conseil d’Administration de la Société d’Encourageinent pour l’Industrie nationale, spécialement réuni pour donner son avis sur le projet de loi que M. Bokanowski a bien voulu lui communiquer, présente cet ensemble de considérations pour protester énergiquement contre le principe dont s’est inspiré ce projet. La Société d’Encourage ment pour l’Industrie nationale, parmi ses plus chères traditions, a toujours encouragé et soutenu les inventeurs. Elle s’occupe, avec une bienveillance particulière, des inventeurs peu fortunés; elle leur paye les dépenses qu’exige la prise d’un brevet et les premières annuités lorsque le brevet paraît intéressant; elle leur prodigue des allocations et des secours, et leur accorde ses conseils et son aide par tous les moyens dont elle dispose. Ce sont eux qui seraient le plus gravement lésés parce qu’ils sauraient moins se défendre quand ils seraient appelés devant la Commission arbitrale proposée; ce sont eux qui auraient le plus de peine à supporter les injustices résultant des décisions de cette Commission et qui s’insurgeraient avec le plus de vivacité contre une organisation créant des inégalités arbitraires. C’est donc pour éviter de faire naître des antagonismes et des dissensions qui paraîtraient justifiés et pour défendre surtout les inventeurs les moins fortunés et les plus intéressants que le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale émet, à J.’unanimité, un avis défavorable sur le projet de
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- loi tel qu’il lui est communiqué, et demande instamment qu’il n’y soit pas donné suite.
- Après avoir écarté, par suite des objections capitales qui viennent d’être indiquées, toute méthode qui exige, pour accorder la prolongation de la durée des brevets, l’examen et l’évaluation du rendement réel ou supposé de ces brevets, le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale croit devoir suggérer quelles mesures lui paraissent devoir être prises pour réparer le mieux possible, sans recherches abusives ni débats pénibles, les pertes subies par les brevetés en France en raison de la durée de la guerre. Il paraît, en effet, indispensable d’accorder aux brevetés une prolongation de leur propriété. Le décret du 14 août 1914 a supprimé pendant la durée de la guerre toute déchéance résultant du défaut d’exploitation; c’était fort justement faire espérer que la durée de la guerre ne compterait pas dans la durée de validité des brevets. Il importe de tenir cette promesse. Toutefois, il convient de ne pas accorder, sans aucune distinction, une prolongation uniforme à tous les brevets. La différence à établir entre eux doit s’appuyer sur une règle fixe à l’abri de toute discussion. Les brevets ont subi des dommages inégaux suivant la durée de validité dont ils auraient bénéficié pendant la guerre. Il parait donc équitable de leur accorder une prolongation variable qui sera égale, pour chacun d’eux, à la durée de validité ainsi perdue.
- Les brevets antérieurs au 1er août 1914 et qui, à cette date, pouvaient encore être valables pour une période de temps supérieure à la durée de la guerre, obtiendront ainsi une prolongation égale à cette durée totale.
- Les brevets antérieurs au 1er août 1914 dont la validité à cette date était inférieure à la durée de la guerre et par suite périmés à la fin de la guerre, seront rétablis pour une durée de validité égale à celle qu’ils avaient au 1er août 1914.
- Les brevets demandés depuis le 1er août 1914 auront leur validité prolongée d’une durée égale à l’intervalle de temps compris entre le dépôt de la demande et la fin de la guerre, telle qu’elle sera officiellement fixée.
- En résumé, le Conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, dans sa séance du 14 mai 1919, émet à l’unanimité le vœu que la loi à intervenir adopte les principes suivants :
- 1° Les brevets et les certificats d’addition pris en France auront leur validité prolongée d’une durée égale à la période de temps commune à leur existence normale et à la période de la guerre ; pour les brevets venus à échéance pendant la durée de la guerre, la prolongation partira de la date officielle de cessation des hostilités ;
- 2° Pour cette dernière classe de brevets, les industriels et fabrican. qui, antérieurement à la promulgation de la présente loi, auront entrepris une
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- I
- PROLONGATION DE LA DURÉE DES BREVETS ü’iNVENTION FRANÇAIS. 31
- exploitation sérieuse et effective ne pourront être poursuivis comme contrefacteurs, à condition toutefois que l’exploitation n’ait été commencée qu’après la date à laquelle ces brevets auraient expiré normalement.
- Ils pourront continuer cette exploitation, à charge de réserver au breveté une redevance dont le montant sera fixé, à défaut d’accord amiable, par une Commission arbitrale.
- Mai 1919.
- Le Rapporteur,
- Paul Toulon.
- En ce qui concerne les deux autres questions qui étaient à l’ordre du" jour de la réunion du 30 avril 1919 organisée par M. Barbet,la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale n’avait plus à intervenir.
- La question du brevet international a déjà été étudiée par elle (1); quant à la dernière question, celle de savoir si l’Allemagne doit être obligée de se retirer de l’Union de 1883, elle venait d’être résolue par la Conférence de la Paix, ainsi qü’il résultait de la publication récente des préliminaires de paix.
- Dans sa séance du 14 mai 1919, le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement a décidé d’adresser l’avis ci-dessus au rapporteur de la Commission de la Chambre des Députés, qui avait fait connaître son avant-projet de loi ainsi qu’aux présidents des cinq sociétés susdites qui étaient représentées à la conférence du 30 avril 1919. Cet envoi a été fait le 17 mai 1919.
- (1) Voir le Bulletin de mars-avril 1918.
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- Messieurs,
- De toutes les industries de l’Alsace, les plus importantes sont celles qui concernent les spécialités textiles. Qu’il s’agisse du coton, de la laine, de la soie et même du jute, on les rencontre partout dans le pays, celle du coton surtout, la plus ancienne comme je vais vous le dire ; et, à côté de celles-là, s’épanouissant dans toute leur activité, les industries accessoires qui y sont en quelque sorte liées : l’impression des tissus, dont les territoires réannexés sont la véritable patrie, puis la teinture, le blanchiment, et la construction du matériel spécial. Votre président m’a demandé de vous exposer dans ses grandes lignes ce que sont ces spécialités en Alsace, de vous dire leurs origines, leur répartition, leur situation actuelle dans ce pays et d’analyser en même temps devant vous les problèmes en présence de la solution desquels vont se trouver nos industries textiles françaises et alsaciennes, hier séparées par une frontière douanière et ayant des intérêts distincts, aujourd’hui jouissant après la victoire d’une franchise absolue dans le transit d’un pays à l’autre et confondant, par la force des choses, leurs aspirations avec celles de la France. J’ai très volontiers accédé au désir de M. Lindet ; mais comme les questions à traiter dans cette conférence rapide sont très délicates au point de vue de la recherche de leur solution et de la difficulté de donner à tous la satisfaction qu’ils espèrent, je me vois obligé plus que jamais à faire appel à cette coutume des conférenciers qui est de demander l’indulgence de ses auditeurs.
- l’industrie cotonnière alsacienne et ses débuts
- Nous sommes en 1746. L’industrie du coton est inexistante en Alsace, mais on y consomme cependant beaucoup d’indiennes qui lui sont fournies, les unes par la Suisse, les autres par la Compagnie des Indes. Quelques Alsaciens entreprenants commencent à se demander la raison de cette servitude industrielle; ils veulent s’en passer à tout prix, et c’est ainsi que la maison Kœchlin, Schmalzer et Gie établit à Mulhouse la première fabrique de toiles peintes.
- (1) Conférence faite par l’auteur en séance publique le 3 mai 1919.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES DE l’aLSACE.
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- Oh! ces fabricants n’arrivèrent pas à la perfection dès le principe. Quelques planches à imprimer à deux ou trois couleurs constituèrent leur-premier et très succinct matériel, et comme il n’y avait aucune filature ou tissage dans le pays, ils étaient obligés de faire venir leurs toiles de coton, très grossières du reste à cette époque, de l’étranger. Mais voici justement que d’autres Alsaciens font le même raisonnement qu’eux en ce qui concerne le tissage : eux aussi ne veulent pas être tributaires du dehors, et c’est ainsi qu’en 1762 le premier tissage de coton, fabriquant des tissus destinés à l’impression, est construit, toujours à Mulhouse, par Mathias Risler.) C’est le début.
- Cependant, pour ce tissage, il faut des fils, et l’Alsace ne renferme pas de filatures. Le coton, qu’on tirait alors du Levant, était filé à la main dans les Vosges, et c’est le fil qui en provenait qui servit à alimenter cette première manufacture.
- Mais voici que, de l’autre côté de la frontière, on apprend que la filature de coton, en 1773, est passée d’Angleterre en France. Elle commence à essaimer dans les régions picardes. Immédiatement, les Alsaciens se piquent d’honneur : eux aussi veulent avoir des filatures. La première est fondée en 1802 à Wesser-ling : elle marche à l’aide de la force hydraulique et d’un manège à bœufs. D’autres établissements se montent dans les mêmes conditions à Bollwiller et Masevaux, mais ce n’est pas encore là l’idéal industriel. Tous sont convaincus que, pour donner à une filature son rendement régulier, il faut un moteur à vapeur. Mais qui sera le premier à le monter, en présence des difficultés de transport de l’époque, et alors qu’il fallait faire venir ces moteurs de l’Angleterre qui, seule, les construisait?Le problème est résolu en 1812 par la maison Dollfus, Mieg et Gie, qui réussit à monter une filature de coton mue par un moteur de 40 chevaux. Elle est imitée ensuite par l’établissement de Wesser-ling en 1805, par Nicolas Dollfus de Bollwiller en 1813, puis par Antoine Herzog de Logelbach, près Colmar, la même année.
- A cette date, l’industrie cotonnière alsacienne a autour d’elle tous les éléments qui vont lui permettre de prendre une extension profitable. Devenue française, elle n’appréhende plus la concurrence anglaise annihilée par le blocus continental, et, d’autre part, en raison de l’étendue de l’empire de Napoléon, elle ne craint plus d’être arrêtée par quelque barrière douanière pour la livraison de ses produits. A cette situation exceptionnelle elle gagne un développement considérable.
- Mais les Alsaciens s’étaient dit qu’ils sauraient trouver dans leurs ressources locales et régionales tous les facteurs nécessaires pour asseoir sur des bases solides ces industries nouvelles. Ils avaient l’impression, le tissage, la filature, mais il leur manquait des maisons de construction de matériel textile. Les métiers à filer n’auraient pu leur être fournis par l’Angleterre qui, Tome 131. — 2e semestre. — Juillet-Août 1919. 3
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- seule, en construisait, mais avait fini par en prohiber la sortie : les premiers fîlateurs alsaciens construisaient eux-mêmes leurs machines et se fournissaient chez des spécialistes de la région parisienne des cylindres, broches et pièces accessoires qu’il leur eût été impossible de fabriquer. Quelques industriels avaient bien tenté de s’installer constructeurs, notamment à Gernay, où la maison Risler frères et Dixon avait réussi à livrer quelques métiers aux débutants ; mais la fabrication définitive du matériel textile en Alsace ne prit une réelle extension que lorsque, en 1826, s’établit à Mulhouse l’importante maison André Kœchlin et Ci0, aujourd’hui Société alsacienne de Constructions mécaniques, dont je vous parlerai tout à l’heure.
- Si je vous retrace ces débuts, Messieurs, qu’il me semble intéressant de rappeler, c’est afin de vous faire toucher du doigt certaines qualités inhérentes au tempérament de l’industriel alsacien : l’esprit d’initiative, la ténacité dans l’entreprise, l’ardeur au travail enfin qui autorise la réussite finale.
- Mais vous savez aussi bien que moi que l’industrie de l’impression ne saurait convenablement se faire sur des toiles grossières. Or, jusque-là, les premiers fîlateurs alsaciens n’avaient fabriqué que de gros numéros, et les articles que ceux-ci servaient à produire étaient, en dépit de droits de douane élevés, très concurrencés par les toiles fines de la Suisse. A tout prix il fallait annihiler cette concurrence, et plusieurs industriels s’y employèrent. Ceux qui les premiers filèrent des numéros fins furent MM. Nicolas Schlum-berger et Gie en 1819 : longtemps ils soutinrent la concurrence anglaise et la difficulté de faire venir d’Amérique le coton Géorgie longue soie, dont les premières balles n’étaient arrivées en Europe que quelques années auparavant, allait presque les décourager, lorsque, en 1823, l’apparition sur la place de Mulhouse de quelques balles de coton jumel d’Egypte, la fine matière première par excellence, vint leur permettre de reprendre la lutte et, j’ajouterai, d’y réussir.
- La Société industrielle de Mulhouse. — C’est ici que se place la création d’un organisme qui a exercé une influence considérable sur l’expansion de l’industrie textile alsacienne, aussi bien par les encouragements qu’il lui a prodigués que par les perfectionnements incessants dont un grand nombre de ses membres, à la suite d’études successives et approfondies, l’ont généreusement dotée, je veux parler de la Société industrielle de Mulhouse. Celle-ci a été fondée en 1826 par vingt-deux jeunes industriels, qui réussirent non seulement à créer une association durable, mais encore à la faire prospérer et à lui faire valoir rapidement une réputation méritée.
- Nous la rencontrons justement sur notre chemin , dans ces débuts de l’industrie cotonnière alsacienne. C’est en effet dans son sein que fut imaginée en 1851 la peigneuse de Josué Heilmann,dont je vous parlerai dans un instant
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- et dont la construction a radicalement transformé l’industrie cotonnière mondiale ; c’est elle aussi qui, en 1853, proposa un prix pour le premier assortiment de métiers à filer renvideurs fonctionnant en Alsace pour 5 000 broches au moins et eut la satisfaction de le voir mériter par la firme Doilfus, Mieg et Gie, qui, à cette date, avait monté 12 600 broches construites par la maison André Kœchlin et Cie.
- J’essaierai dans un instant de vous donner une idée des innombrables perfectionnements que lui a dus et que lui doit encore l’industrie de l’impression des tissus, particulièrement étudiée dans son Comité de Chimie. Plusieurs publications éditées par ses soins, comme l’Histoire documentaire de l’Industrie mulhousienne etl’Histoire de la Société industrielle, du docteur Penot, publiée, lors de la célébration du vingtième anniversaire de sa fondation, fournissent à cet égard de précieux renseignements. Mais plusieurs institutions surtout, se référant au sujet qui nous occupe aujourd’hui, ont permis de doter l’industrie textile du pays d’une pépinière interrompue de collaborateurs techniques instruits et dévoués. La première est Y École de Tissage, créée en juin 1861, à la suite d’une souscription organisée par la Société industrielle et dont le résultat, qui fut de 80000 f, permit de faire face aux premiers frais d’installation : les ateliers André Kœchlin et Gie fournirent à titre de prêt les moteurs, les transmissions et les premiers métiers à tisser, et, trois ans après, l’institution, constituée en société civile sous le patronage de la Société, s’installait dans un vaste local construit spécialement pour elle et pourvu d’un matériel complet de fabrication et d’enseignement. Bientôt lui était adjointe en 1864 une École de Filature créée dans des conditions analogues, qui, au bout de quelques années, fonctionna avec elle sous une direction unique. Une généreuse dotation de M. Henri Hœffely donna naissance à une autre institution, YÉcole de Dessin, dont les cours, aujourd’hui payants, furent gratuits jusqu’en 1867, et a laquelle a été adjointe en 1881 une Ecole de Gravure, absolument nécessaire pour assurer le recrutement du personnel spécial des graveurs pour rouleaux d’impression. Je signalerai encore une École 'professionnelle pour jeunes Filles, créée en 1819, dont l’instruction est orientée de préférence vers les industries locales ; et enfin YÉcole de Chimie industrielle, dont l’origine a été en 1829 le laboratoire de l’École communale, transférée en 1854 dans les locaux de l’École professionnelle sous la direction de Schutzenberger, et installée en 1878 dans un bâtiment spécial édifié avec un capital de 150 000 f souscrit à fonds perdus par un certain nombre d’industriels du pays. En 1893, elle fut achetée par la Société industrielle qui, aujourd’hui, intervient dans son fonctionnement par une subvention annuelle destinée principalement à l’accroissement de son matériel scientifique. Ce sont là toutes institutions que je ne puis vous
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- signaler qu’en passant, mais que je suis obligé de retenir ici, parce que leur influence sur l’industrie textile alsacienne a été considérable.
- LES PERFECTIONNEMENTS SUCCESSIFS DU MATÉRIEL TEXTILE ALSACIEN
- Je vous ai fait assister tout à l’heure à l’enfantement, si je puis m’exprimer ainsi, de l’industrie textile générale en Alsace. Si vous le voulez bien, je vais vous en faire parcourir avec moi les différentes étapes et vous montrer ainsi de plus près la continuité de ses efforts. Ce n’est, il faut le dire, qu’en perfectionnant petit à petit son matériel, en y appliquant intelligemment toutes les innovations qui ont pris naissance jaussi bien chez elle qu’ailleurs, qu’elle a pu acquérir dans le monde le rang élevé qu’elle y occupe et le maintenir en face d’une concurrence de tous les instants.
- En 1825, on 'bat encore le coton à la main en Alsace. C’est à cette date qu’on voit apparaître les premières batteuses mécaniques, qui n’arrivent cependant à se substituer entièrement aux opérations manuelles qu’en 1855.
- Chose curieuse, jusqu’en 1814, on tourne les cardes à la main. De plus, jusqu’en 1825, les rubans cardés de coton viennent se condenser sur une machine à réunir, et ce n’est qu’à cette date qu’apparaissent les premiers pots tournants.
- L’invention alsacienne du peignage, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, a bouleversé complètement à son arrivée tout le vieil outillage. Josué Heilmann, qui l’a conçue, trouva son premier appui près de la maison Nicolas Schlumberger et Cie ; mais, partageant en cela le sort de nombreux inventeurs, il mourut avant d’avoir assisté au succès de son œuvre. Son fils, Jean-Jacques Heilmann, en fut fort heureusement le continuateur, et c’est à lui, Messieurs, j’aime aie rappeler ici, que votre Société a accordé le grand prix de 12000 f fondé par le marquis d’Argenteuil, « destiné à l’auteur de la découverte la plus importante pour les manufactures françaises ». Nicolas Schlumberger et Cie, protecteurs d’Heilmann, devinrent bientôt les concessionnaires de son brevet et ce furent eux qui y apportèrent les premiers perfectionnements.
- Mais un autre inventeur, Emile Hubner, Alsacien comme le premier, avait en 1851 imaginé une peigneuse à coton circulaire et continue. Celle-ci eut successivement des avatars qui tiennent en quelque sorte du roman. L’inventeur commença en effet par s’adresser pour sa construction à la maison André Kœchlin et Cie ; mais à peine celle-ci en avait-elle fourni les premiers modèles, qu’un procès en contrefaçon lui fut aussitôt intenté par la firme - Nicolas Schlumberger et Cie. Résultat : la fabrication de cette machine est arrêtée en France, mais on en livre à la Suisse. Tout cependant finit par s’arranger :
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- LES INDUSTRIES TEXTILES DE L ALSACE.
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- après de longs pourparlers, un contrat intervint entre MM. Hubner, Kœchlin et Schlumberger, aux termes duquel ce dernier devenait définitivement propriétaire des brevets Hubner. Ceux-ci furent ensuite revendus par lui à la maison André Kœchlin, et des perfectionnements successifs qui furent apportés à cette peigneuse par MM. Dollfus, Mieg et Ci0 et Camille Schœn lui valurent à cette époque une grande faveur.
- Le banc à broches, lui aussi, qui, comme vous ne l’ignorez pas, est l’une des machines de préparation les plus importantes de la filature du coton, a eu bien des échelons à parcourir avant d’arriver en Alsace au point où il en est actuellement. On y a d’abord employé le banc à broches dit d’Ourscamp, ainsi nommé parce qu’il avait été introduit en France par la Société cotonnière dont le siège social est dans cette localité, près d’Amiens. Mais ce ne fut qu’en 1829que fonctionnèrent en Alsace, introduites par la maison André Kœchlin et Cie, les premières machines à mouvement d ifférentiel et à simple .cône. A la maison Nicolas Schlumberger et GiK, fut due ensuite l’introduction du doigt compresseur pour le renvidage des bobines qui augmenta considérablement le rendement des anciens métiers en permettant de recueillir par bobine trois fois plus de coton qu’il ne s’en enroulait auparavant. Ce fut seulement en 1855 qu’on appliqua à ces machines les doubles cônes à section hyperbolique.
- Mais les métiers à filer surtout ont été successivement l’objet en Alsace des transformations les plus grandes. Au début, nous voyons employer l’antique mull-jenny, dans laquelle la torsion, la sortie du chariot et le renvidage sont effectués par l’ouvrier fileur lui-même. Ace métier, nous voyons ensuite substituer les demi-renvideurs, dans lequel l’ouvrier n’a plus qu’une impulsion à donner au chariot pour déterminer son retour. Enfin, apparaît le renvideur actuel, ou self-acting, dans lequel tous les mouvements sont fournis par le moteur ; il fut construit pour la première fois en Alsace en 1836 par MM. N. Schlumberger et Cie, qui le montèrent dans leur propre filature. Je vous ai indiqué plus haut que, sur l’initiative de la Société industrielle de Mulhouse, MM. Dollfuss, Mieg et Cie furent ceux qui montèrent dans le pays le premier assortiment de 5 000 broches avec des renvideurs.
- Messieurs, il faut savoir se borner : Est mochis in rebus, dit un aphorisme latin bien connu. Je me borne à estomper dans leurs principales lignes les grands perfectionnements qui ont marqué en Alsace les progrès principaux de la filature de coton et vous permettent de vous rendre compte ainsi de ses principales étapes. Je pourrais encore vous parler du filage de la trame en canettes et de son dévidage, introduit en Alsace par MM. Gros, Davillier, Roman et Cie; des perfectionnements successifs apportés aux batteurs et laminoirs ; du remplacement des cardes à hérissons et à chapeaux fixes par celles à chapelets et à chapeaux tournants, etc. ; mais j’abandonne pour l’instant
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- l’outillage de la filature du coton, pour vous parler de celui du tissage, et, en vous décrivant très rapidement et en quelques mots les perfectionnements de cette autre industrie en Alsace, vous montrer que je ne veux pas laisser dans l’ombre l’influence qu’ils ont exercée sur l’industrie textile du pays.
- Au début, c’est le tissage à la main qui domine. Les métiers, propriété du fabricant, battent au domicile de l’ouvrier, suivant un prix de façon établi après entente entre le propriétaire et un entrepreneur occasionnel qui se charge de payer le travail. L’encollage se fait chez le fabricant qui livre le fil en rouleaux; le rentrage dans les lames, le montage et le réglage des métiers sont à la charge de l’ouvrier. Cette organisation a longtemps fonctionné en Alsace : localisée d’abord à Mulhouse, elle fit tache d’huile dans les communes environnantes, au point que bientôt il n’y eut presque plus de communes où l’on n’entendit toute la journée le rythme régulier des battants de métiers. Le mouvement s’étendit ensuite entre Mulhouse et Colmar. Puis, voici qu’en 1821 les premiers métiers mécaniques sont importés d’Angleterre. C’est la mort du travail à la main. Le tissage à l’atelier remplace le travail à domicile, les métiers à bras disparaissent des grands centres d’abord, s’en éloignent peu à peu : les derniers n’ont disparu qu’en 1875. C’est h peine si, aujourd’hui, on en trouve encore quelques rares spécimens dans le pays, pour le tissage des lainages en couleur qui forment la spécialité de Sainte-Marie-aux-Mines.
- Le tissage mécanique du coton ne se compose pas, comme les métiers de filature proprements dits, de certains métiers qui leur soient plus particulièrement spéciaux, sans pouvoir avec quelques modifications s’appliquer au tissage d’autres matières textiles. Aussi a-t-il plutôt bénéficié des perfectionnements incessants apportés d’une manière générale par les constructeurs à l’industrie du tissage. En Alsace comme en France, les fabricants ont profité successivement de l’invention des bobinoirs verticaux, horizontaux ou à fil croisé ; de celles des ourdissoirs warping et sectionnel, des encolleuses à tambour ou à air chaud verticales ou horizontales, des canetières à cône ou à godet. Mais c’est surtout le métier à tisser qui a été l’objet des modifications incessantes apportées à sa construction chez les diverses nations industrielles, qu’il s’agisse des métiers unis, à excentriques ou tambours, à boîtes multiples (revolvers ou boîtes mouvantes), à mécanique, armure, jacquard et surtout automatiques, dont les perfectionnements incessants ont mis en vedette dans ces derniers temps les noms de certains inventeurs : Northrop, Clermont, Brun, Crossley, Harling et Harkies, Harriman, Emerey, Smith et Jackson, Cosserat, etc. Je n’aurai garde d’oublier à ce propos l’influence qu’exercent parfois dans l’industrie du tissage les innovations apportées à certaines pièces accessoires — lames et peignes, navettes, taquets, cartons, etc., — dont
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- LES INDUSTRIES TEXTILES DE L ALSACE.
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- quelques-unes, au point de vue du rendement et de l’excellence de la fabrication, ont apporté à cette industrie d’appréciables adjuvants.
- LA SITUATION DE LA FILATURE ET DU TISSAGE DU COTON APRES LA RE AN N EXION
- Les établissements de filature et tissage de coton français et alsaciens se trouvent depuis la réannexion en présence les uns des autres dans les conditions suivantes :
- France en 1914. Alsace.
- Broches de platine............................................ 7 400 000 1 900 000
- Métiers à tisser.............................................. 140 000 40000
- Productions en pièces longues dans la teinture et le blanchiment. 1 500 1 500
- Machines à imprimer......................................... . 130 160
- La répartition de ces industries peut être approximativement établie comme suit :
- Mulhouse...................... 30 p. 100
- Guebwiller-Isenheim............... 13 —
- Colmar............................ 18 —
- Thann. Masevaux................... 10 —
- Altkirch........................... 1 —
- Vallée de Rothau.................. 13 —
- Reste du Bas-Rhin............. . 15 —
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- v Ces industries sont comme des concurrents qui, mutuellement protégés l’un contre l’autre pendant quarante-sept ans par des barrières plus ou moins efficaces — en l’espèce les droits de douane :— se trouvent ^subitement en présence sur le même territoire et dans une situation d’autant plus nouvelle et inattendue qu’elle résulte de la guerre et de ses conséquences. Il faut donc qu’elles se réadaptent aux événements, qu’elles s’intégrent économiquement les unes à côté des autres sans se nuire ; mais il faut aussi que, pour cela, elles y soient aidées et que des mesures spéciales soient prises pour que la période de transition qu’elles vont être obligées de traverser se passe sans trop de
- heurts.
- Précisons d’abord cette situation pour la filature et le tissage. .Nous indiquerons ensuite les mesures qu’on compte prendre.
- Du cMé de la filature française, on plaide l’état de crise intense que cette industrie subissait lorsque la guerre est venue. Dirigée en apparence par des sociétés à capital puissant, dont le matériel en activité ne laissait rien à désirer, elle avait, dans une période relativement courte, marché trop vite, de sorte qu’elle se trouvait — situation assez paradoxale, comme on le voit — dans un
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- perpétuel état de surproduction qui alourdissait son marché. Non seulement elle produisait trop pour écouler normalement ses fils a l’intérieur, mais encore elle se trouvait concentrée dans des régions déterminées où il lui était impossible de dissimuler l’accumulation continue de ses stocks : elle était obligée à tout instant de subir une baisse, soit pour les écouler par petits paquets sur le marché intérieur où elle lui était imposée, soit pour se décongestionner en pratiquant sur de gros stocks le dumping sur les marchés extérieurs. Si l’on ajoute à cela un état particulier résultant de l’absence de groupements corporatifs permettant de réaliser des ententes utiles, qu’une concurrence au contraire des plus accentuées sévissait entre les filatures de l’intérieur, enfin, par comparaison avec l’étranger, qu’une augmentation de frais généraux résultait de ce fait qu’en Angleterre et en Allemagne le nombre moyen des broches de filatures est de 100 000 ne filant souvent qu’un seul numéro alors qu’il est chez nous de 27 000 dans lesquelles aucun numéro n’est guère spécialisé, on conçoit qu’avant la guerre la filature française était beaucoup plus disposée à liquider un certain nombre de ses broches qu’à les augmenter. Voici au contraire que la réannexion de l’Alsace lui en apporte un quart en plus, qui, peut-être, vont lui disputer la clientèle du marché national.
- A cette thèse, les manufacturiers alsaciens répondent au contraire que la situation des filateurs français n’est pas aussi mauvaise qu’ils veulent bien le dire. Tout d’abord, les broches de l’Alsace ne suffisent pas à la consommation des métiers à tisser du pays, de sorte que non seulement elle ne trouvera pas devant elles des broches concurrentes, mais au contraire de nouveaux clients tisseurs chez lesquels elle pourra écouler l’excès habituel de sa production. Joint à cela, si les principaux représentants de la filature française prenaient l’initiative d’organiser entre eux une entente qui engloberait rapidement l’universalité des broches, ils détermineraient facilement d’un commun accord les bases d’un prix de revient moyen et réaliseraient des prix d’écoulement à l’aide de comptoirs de vente : à cet égard, la situation peut du jour au lendemain se modifier. Les filateurs français auraient tout le temps de procéder à cette organisation s’ils voulaient s’en occuper immédiatement, car le problème ne se posera dans toute son acuité qu’après la reconstitution des industries cotonnières du Nord et de l’Alsace, que l’ennemi a mises à mal dans des conditions exceptionnelles et dont la mise en marche totale n’aura pas lieu avant un certain temps. J’ajouterai — soit dit en passant — que ce conseil a été suivi tout récemment et qu’un certain nombre de filateurs vosgiens tout au moins — MM. Géliot et Fils de Plainfoing ; Germain, Willig et Gie, de Thaon-les-Vosges; le Comptoir cotonnier vosgien (Max Prudhomme et Gie) d’Epinal, et plusieurs autres — se sont groupés sous le nom de Société centrale cotonniere de l’Est, en se donnant pour but d’établir un prix de vente commun, de
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- s’entendre pour l’achat et le transport des produits nécessaires à leur industrie, de mettre à la disposition de ses adhérents un organisme de vente efficace, et de créer des services d’études techniques, commerciales, mobilières, immobilières et financières relatives à l’industrie du coton. Enfin, les fils alsaciens qui entraient en France avant la guerre étaient surtout des fils retors et câblés : il est évident que si les consommateurs français les demandaient, c’est qu’ils en avaient besoin; avec la réannexion, ils bénéficieront du droit de douane dont ils étaient bien obligés d’envisager le paiement et ils n’auront plus uniquement qu’à se préoccuper des frais de transport.
- Mais c’est surtout lorsqu’on considère le produit fini, c’est-à-dire le tissu, que la situation peut se présenter, au dire des Alsaciens, avec un caractère spécial de gravité en ce qui les concerne. Depuis 1870, les provinces annexées ont dû orienter leur production d’une façon absolue en vue de l’exportation en Allemagne et conformer naturellement leurs produits aux goûts et à la demande des pays de destination. Il s’agit maintenant de modifier toute une fabrication. La France peut ne pas avoir ce souci, et elle se tirera toujours d’affaire soit en développant son exportation coloniale à l’aide de tarifs préférentiels pour la métropole, soit en améliorant sa situation sur les marchés extérieurs en créant dans les grands centres des sociétés d’exportation dont la Société d’exportation de l’Est est déjà une première indication.
- Quelles mesures compte-t-on prendre pour parer à cette situation ? Il y a en a de deux sortes.
- La première, assez complexe, a été proposée par un économiste qui semble particulièrement versé dans les questions fiscales, M. Tavenart. Celui-ci paraît s’être attaché à résoudre les deux principaux problèmes qui, d’après lui, résultent de la réannexion : assurer l’écoulement de la surproduction d’abord, adoucir l’offre et stimuler la demande ensuite. Je vais vous exposer sommairement son système.
- Si l’on calcule que les 7400000 broches françaises jointes aux 1900000 alsaciennes nous donnent, sans tenir compte des destructions allemandes, un total de 9300000, l’alimentation en coton brut de cette quantité en pleine activité paraît être de 250000 t. Or, ce coton, M. Tavenart le taxe à son entrée en France à 50 f la première année et dégrève cette taxe de 5 f par an pendant dix ans. Dans ces conditions, il perçoit la première année 250 000 X 50 ou 12250000 f pour arriver à la dixième année à 250000 x5 ou 1250000 f. Avec cet argent, il constitue des primes d’exportation pour tous les objets en coton manufacturé sortant de France ou pour tous ceux confectionnés en tissus de coton. Il fixe pendant dix ans les primes par tonne exportée
- a 148 1 la première annee ou — pour arriver a la dixième annee a
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- 14 f OU
- 1250000
- 84000
- , ce chiffre de 84 000 représentant d’après lui le tonnage des
- objets en coton manufacturé susceptibles d’ètre exportés.
- Gela fait, pour justifier l’équité de cette contribution exceptionnelle imposée au consommateur par les circonstances et n’en pas permettre l’interprétation, d’après lui, au profit d’intérêts particuliers, notre économiste porte au débit des producteurs une quote-part supérieure à celle du consommateur, et il perçoit annuellement pendant dix ans une taxe décroissante par broche de filature et par métier de tissage. La première année lui donne, à raison de 50 centimes par broche, 9 300000 x0,50 ou 4 650 000 f, pour arriver à la dixième à 9 300 000x0,05 ou 465000 f; et elle lui apporte également à raison de 20 f par métier à tisser 180000 x 20 ou 3 600 000 f la première année pour arriver à la dixième à 180000 x 2 ou 360000 f. En réunissant ces deux recettes, la perception de la première année donne 4 650 000 + 3 600 000 ou 8250000 f et en dixième, dans les mêmes cqnditions 825 000 f. Les taxes dont il est ici question seraient obligatoires, mais pourraient être rachetées par la mise en sommeil d’une quantité d’outils correspondants. Enfin, avec le produit, M. Tavenart institue des surprimes d’exportation pour les tissus de coton et objets confectionnés faits de ces tissus, et, prévoyant 450 000 t d’exportation, il évalue la
- ... , , . . . 8250000 ÎO on „ . .
- quotité de ces surprimes par tonne a JTgQQQQQ 011 l°>dO f la^première annee
- ...... , , 825000 , ÔA,
- pour arriver a la dixième annee a -, va ou 1,80 t. r 450 000
- Je me hâte de vous le dire, je ne saurais être partisan de ces combmazioni quelque peu complexes. M. Tavenart semble d’abord ne pas s’apercevoir qu’en l’espèce le consommateur de coton et le producteur de fils ne font qu’un et que, conséquemment, la taxe est ici directement supportée par un seul. Il ne se souvient pas non plus que, déjà avant la guerre, le filateur français se plaignait de payer son coton brut plus cher que le filateur anglais et^que, dans cescondi-tions, il se trouverait dans une situation encore plus inférieure au point de vue du prix de revient des fils à exporter sous forme de tissus ou objets confectionnés. J’estime en outre que son système de mise en sommeil des métiers à tisser pour éviter la taxe ne pourrait, en raison des difficultés de contrôle, que favoriser la fraude. Enfin, la perception de toute cette taxation spéciale, sujette du reste à représailles chez nos concurrents, exigerait une singulière multiplication de ces fonctionnaires dont nous mourons et qu’il faudrait plutôt tendre à supprimer.
- Combien je préfère la seconde mesure qui consisterait à permettre, pendant un nombre d’années déterminé, l’entrée en franchise des produits alsaciens en Allemagne après la guerre 1 Les Allemands, du reste, nous en ont donné
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- l’exemple en 4870; ils ont, en effet, après la guerre franco-prussienne, stipulé dans le traité de paix, d’accord avec nous, que les tissus de coton alsaciens et objets manufacturés faits de ces tissus, pourraient pendant vingt-deux mois être importés en France sans payer de droits moyennant un certificat d’origine. Ce système fonctionna à souhait. La durée de cette admission en franchise était assez courte : la raison en était que la production des industries textiles qui nous restaient et qui n’avaient pas encore pris à cette époque ni l’ampleur ni l’extension actuelles ne suffisait pas à notre consommation et que nous avions besoin des produits de nos anciennes provinces. Vous vous souvenez de ce qui advint à cette époque : un grand nombre d’industriels textiles établis en Alsace passèrent la frontière et transportèrent leurs établissements les uns dans les Vosges, les autres en Seine-Inférieure ; notre industrie textile prit une rapide extension et ces vingt-deux mois suffirent à sa reconstitution du moins partielle. Mais seraient-ils suffisants aujourd’hui? Assurément non. Aussi les manufacturiers alsaciens demandent-ils que l’orientation de leur exportation du côté de la clientèle allemande, habituée à la consommation de leurs produits, dure cette fois plus longtemps : les uns voudraient dix ans, d’autres estiment qu’il faut aller jusque quinze ans. Je suis partisan du temps le plus long.
- Il est en outre nécessaire que cette quantité soit égale à celle de la production alsacienne avant la guerre. Mais il faut tout prévoir dans l’application d’un pareil régime et tenir compte de ce fait que, si l’industrie cotonnière allemande tirait bien d’Alsace certains produits avant les hostilités, elle n’en avait pas moins chez elle une production supérieure à sa propre consommation, et qu’elle s’efforcera, dans la suite, de se passer de ses anciennes provinces redevenues françaises. Là est le danger pour la France, car, privés plus ou moins partiellement de la clientèle allemande, les Alsaciens songeront certainement à la remplacer par une clientèle française, et il y a lieu alors de se poser deux questions : 1° la quantité qu’on voudra introduire d’Alsace en France ne va-t-elle pas déprimer notre marché national? 2° les quantités introduites sur notre territoire ne le seront-elles pas au détriment de celles qu’il eût été possible d’introduire en franchise en Allemagne? Il est à craindre qu’on doive plus ou moins répondre par l’affirmative et redouter que les cotonniers alsaciens n’aient ainsi deux marchés devant eux : le nôtre et celui de nos ennemis. Espérons néanmoins que nos manufacturiers français garderont tout au moins leur clientèle coutumière et même qu’ils feront les plus grands efforts pour l’étendre sur le marché colonial.
- Qu’on me permette ici d’ouvrir une parenthèse. Dans les préliminaires du traité de paix, je crois avoir compris qu’on exigerait de l’Allemagne la franchise de pénétration de nos fils et tissus de coton sur son territoire pendant une période de cinq ans seulement. Ce temps n’est pas suffisant. Pour réhabituer
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- nos ennemis aux produits dont ils se sont désaccoutumés, pour forcer la clientèle allemande en raison du bon marché qui peut résulter de la franchise à faire choix des fils et tissus qui lui étaient offerts dans les mêmes conditions avant la guerre, pour vaincre enfin un entêtement qui, par tradition, reviendra toujours aux produits de l’Allemagne, une longue période est nécessaire, et ce ne serait pas trop demander à nos plénipotentiaires que de faire droit aux demandes des manufacturiers alsaciens en leur accordant les quinze années qu’ils sollicitent. J’ajouterai que l’échéance des cinq ans coïncidera justement, si je suis bien renseigné, avec le retrait de nos troupes d’occupation, et que l’expiration de ce délai pourrait être le signal chez les Allemands d’un réveil économique qui ne demande qu’à éclore à notre plus grand détriment.
- l’industrie DE l’impression DES TISSUS. — SES ORIGINES.
- Je vous ai indiqué tout à l’heure comment l’industrie de l’impression était née en Alsace. Il serait évidemment trop long de vous énumérer, même en me bornant aux principaux, les perfectionnements dont elle a été l’objet depuis son introduction dans le pays. Telle n’est pas mon intention. Je désire cependant vous donner une idée des diverses étapes qu’elle a parcourues, qui me semblent intéressantes, et, pour rendre mes explications plus claires, je m’arrêterai sur la route à trois périodes différentes, que j’appellerai successivement : la période des enlumineurs, celle des dessinateurs et celle de la science.
- Le premier établissement d’impression installé en Alsace sous la firme Kœchlin, Schmulzer et Cie se composait de trois personnes : Kœchlin, qui était le capitaliste; Schmulzer, qui était négociant; et Dollfus, qui était peintre. Les procédés de fabrication étaient alors des plus rudimentaires : on travaillait avant tout à la main et au pinceau avec des ouvriers suisses sous la direction de Dollfus. C’était le règne de la « toile peinte » au propre sens du mot. Au bout de quelques années, les trois associés se séparèrent et formèrent trois maisons nouvelles; bientôt ils trouvèrent des imitateurs et, en 1788, il y avait déjà quinze maisons d’impression en Alsace, sans compter un certain nombre de filiales éparses dans la région des Vosges.
- Les premières impressions se firent avec des couleurs à l’huile siccative et au vernis, puis on fit intervenir les mordants. Ceux-ci furent au nombre de deux pour débuter : le « mordant rouge » ou d’alumine, obtenu par l’alun et l’acétate de plomb, et le « bain noir » qui n’était autre que l’acétate de fer avec lequel on arrivait aux noirs et aux violets; quant aux nuances, il n’y en avait guère que trois : le rouge, le violet et le noir, avec lesquels on faisait soit de petits dessins à une couleur (surates), soit des couvertures de lit à grands dessins fond rouge et noir, soit encore des mouchoirs à double face. Bien
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- entendu, pas de machines : toutes les manipulations avant impression consistaient à faire macérer les toiles achetées en Suisse dans un bain faiblement acidulé à l’acide sulfurique, à les engaller et à les cylindrer. On vit ensuite apparaître quelques nouvelles couleurs d’enluminage : le bleu de pinceau, indigo désoxygéné par le sulfure d’arsenic, dissous par la potasse et épaissi par la gomme du Sénégal, et le jaune rouille à l’acétate de fer qui, appliqué sur bleu, donnait le vert. C’était le début.
- Mais il fallait un stimulant pour développer l’industrie alsacienne de l’impression qui commençait à se sentir très menacée par une concurrence acharnée. Celle-ci lui vint de l’Orient d’abord, qui envoyait en France ses « indiennes » par l’intermédiaire de la Compagnie des Indes, mais aussi des « toiles de Jouy », fabriquées avec succès.par Oberkampf dans son établissement de Jouy-en-Josas. On eut vite fait en Alsace de faire disparaître la concurrence des Indes dans le pays, car on réussit rapidement à imiter les genres perse et même à les égaler au point de vue de l’éclat et de la solidité ; mais il fallait lutter au point de vue de l’exportation, car la Compagnie des Indes veillait. Elle avait une succursale à Paris et, à force d’intrigues, obtint du gouvernement français que, bien qu’appartenant à la France, l’Alsace fût placée provisoirement en dehors de la ligne des douanes; et comme les Alsaciens réclamèrent comme de juste, ils obtinrent finalement d’être « contingentés », suivant une expression en vogue à l’heure actuelle, pour une exportation de 40 000 pièces qui les rendit bientôt maîtres du marché français. Mais il y avait toujours la concurrence des toiles de Jouy. C’est alors que j’arrive à la seconde période de l’histoire de l’impression en Alsace, celle que j’ai appelée l’étape des dessinateurs, qui sauva la situation. Les dessins originaux d’Alsace acquirent bientôt une réputation mondiale : ils y furent aidés par la mode des châles, où les coloristes d’alors ne pouvaient introduire que peu de nuances, mais où les dessinateurs pouvaient se donner libre carrière. Les Heurs naturelles dominaient dans ces articles. Puis la gravure en bois fut mise a contribution pour améliorer la netteté des formes. L’industrie de l’impression était plus vivante que jamais : la Révolution seule vint arrêter son essor.
- A partir de 1800, nous entrons dans ce que j’ai appelé la période de la science, parce que, depuis lors jusqu’aujourd’hui, l’industrie de l’impression ne cessa de profiter des découvertes incessantes qui se produisirent dès ce moment dans le domaine de la chimie et de la mécanique.
- Les premières découvertes dans le compartiment de la machinerie proprement dite ont été celles de l’impression à la machine à planche plate et rapport, puis celle de la machine à rouleaux de enivre gravés qui bénéficia de suite de tous les perfectionnements de la gravure sur rouleaux au moyen du tour à graver et des molettes en acier, et qui a bouleversé complètement et à
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- tous points de vue l’industrie des indiennes. Imaginé par un ouvrier d’Ober-kampf, ce dernier outil fut aussitôt installé dans la manufacture Gros, Roman et Gie, de Wesserling, et de là se répandit dans toute l’Alsace.
- L’imprimeur qui, le premier, à la suite de ces innovations, fit preuve de connaissances chimiques et montra à ceux de ses compatriotes qui voudraient s’engager dans cette voie tout le parti qu’on pouvait en tirer fut Jean-Michel Haussmann. Ce fut à lui qu’on dut notamment les enlevages blancs sur mordants d’alumine et de fer au moyen des acides oxalique et tartrique, les enlevages colorés consistant en décoctions de divers colorants naturels auxquels il ajoutait des quantités variables de sel d’étain, l’usage de l’acétate et du sulfate d’indigo pour l’application de certains verts, et bien d’autres qu’il serait trop long d’énumérer.
- Je ne saurais du reste citer toutes les découvertes qui, à partir de cette période de début scientifique, ont transformé peu à peu l’industrie de l’impression. Les premiers chercheurs furent les industriels eux-mêmes qui, à l’exemple de Haussmann, se mirent à l’œuvre dans leurs laboratoires; c’est grâce à eux que l’on vit successivement apparaître le vert faïence de Widmer, le vert au bleu de pinceau de Dollfus, Mieg et Gie, les roses de la Manufacture de Wesserling, les mérinos fond rouge et les jaunes de chrome de Nicolas Kœchlin et Frères. Tous les manufacturiers alsaciens rivalisèrent à l’envi pour obtenir à tout instant de nouvelles créations.
- Puis ce fut le tour des chimistes proprements dits, dont on peut lire les nombreux travaux dans le Bulletin de la Société industrielle, de Mulhouse. Chaque année y est marquée par de sensationnelles recherches dues aux Henri Schlum-berger, Camille Kœchlin, frères Kœchlin, Blech Stumbaeh et Muntz, Ch. Lauth, Scheurer-Rottet Fils, etc. Nous assistons ensuite, de 1870 à 1900, à une série de recherches qui amenèrent des découvertes plus sensationnelles encore que les premières, parce qu’elles marchaient de pair avec celles effectuées en France, en Angleterre et dans le reste de l’Allemagne dans le domaine des matières colorantes artificielles. Horace Kœchlin, Rosenstiehl, Scheurer-Kestner, Witz, E. Schlumberger, Strobel, Prud’homme, sont les principaux pionniers de cette ruche en travail, d’où sortirent successivement les recherches sur l’usage des corps gras dans la teinture en rouge, les découvertes de noirs d’aniline solides applicables à tous les genres, la transformation de la nitro-alizarine en bleu insoluble, les modes d’enlevage sur indigo, la fixation des colorants par l’albumine, etc. Chaque année, du reste, le nombre des matières colorantes artificiel!^ ne cesse de croître, et chacune d’elles trouve plus ou moins rapidement son application dans l’industrie de l’impression. Bientôt toute une nouvelle fabrication voit le jour avec les couleurs azoïques directement produites sur fibre, avec les nouveaux procédés de rongeage, avec
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- la découverte de l’indigo artificiel, elc. La préparation elle-même des couleurs d’impression dans des appareils nouveaux vient apporter son appoint à tous ces progrès.
- Je m’arrête. J’ai voulu avant tout vous donner une idée du grand mouvement scientifique qui, en Alsace, a eu pour objet dans ces dernières années l’industrie de l’impression sur tissus. Je dois ajouter que celle-ci a trouvé de ùouvelles ressources dans tous les procédés modernes de traitement des tissus, __le mercerisage et le créponnage notamment — dans les procédés de l’industrie du blanchiment et des outils qui en sont le complément : squeezers, essoreuses, élargisseuses, water-mangles, laveuses, grilleuses, laineuses, etc. Tous ces divers éléments ont contribué pour leur part à transformer l’impression, à la moderniser, mais ce que je tiens à préciser, c’est que c’est surtout en Alsace, pays où n’ont cessé de marcher de pair les études scientifiques et l’industrie, qu’elles ont trouvé leurs meilleures et plus fructueuses applications.
- L INDUSTRIE DE L IMPRESSION ALSACIENNE ET LA PÉRIODE DE TRANSITION. --- L’ADMISSION TEMPORAIRE.
- Bientôt les industries de l’impression vont se trouver face à face en France et en Alsace : les premières représentées par 130 machines à imprimer ramassées en quelque sorte dans les Vosges (30 machines), autour des centres de Thaon et du Thillot, à Rouen et dans ses environs (90 machines) et dans la région lyonnaise (10 machines); les secondes figurant dans la statistique pour 160 machines, fonctionnant presque toutes dans la région mulhousienne.
- En France, à la veille de la guerre, la situation de l’industrie de l’impression était bonne à l’intérieur pour certains genres, notamment les fonds blancs pour chemises qui étaient alors très en vogue, mais médiocre pour l’exportation, dont le ralentissement marqué avait forcé certains inventeurs à réduire leur fabrication au début de 1914 pour ne pas augmenter leurs stocks. Puis, les manufacturiers se sont heurtés pendant la guerre à certaines difficultés comme la rareté de la main-d’œuvre et la pénurie des matières colorantes, mais ils aA^aientfini par obtenir des prix de vente en hausse et rémunérateurs pour eux. Les voici maintenant en présence de la concurrence des fabriques alsaciennes, très bien outillées, dotées d’un personnel de premier ordre, et dont les. produits du reste étaient quelque peu connus sur le marché français où ils étaient introduits sous la rubrique allemande. Cependant, cette concurrence était relativement bénigne, car, d’une part, la moitié à peu près des imprimeurs alsaciens travaillaient à façon sur des tissus originaires d’Allemagne, et, d’autre part, ceux qui opéraient pour leur propre compte avaient devant eux un exutoire suffisant sur le marché intérieur et dans l’exporta-
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- tion en dehors de la France. Joint à cela, les genres courants alsaciens ont toujours été assez différents de ceux de France.
- Le régime qui paraît « priori le mieux devoir convenir a la période de transition est celui de Y admission temporaire. Vous connaissez ce système, applicable d’ailleurs également à la teinture et au blanchiment. Le tisseur peut introduire ses produits en franchise sur le territoire étranger à charge de les réexporter après manutention ; le commerçant, de son côté, jouit du même privilège lorsqu’il veut faire manutentionner les marchandises qu’il achète ou qu’il a en magasin. La déclaration à l’entrée énonce le nombre de pièces, leur poids net et leur métrage : la douane appose son estampille, cachet ou plomb, à chaque bout, et délivre un acquit-à-caution portant obligation, sous les peines de droit, de réexporter ou de réintégrer en entrepôt les mêmes tissus dans un délai de six mois. L’importation et la réexportation ont lieu pour les bureaux de douane ouverts au travail et il est passé outre aux différences de poids et de métrage lorsque les pièces sont représentées sous estampille, cachets ou plomb intacts. Tel est le système. Ajoutons que le gouvernement français a déjà pris les devants pour l’appliquer en ce qui concerne notre pays : un décret du 23 novembre dernier stipule en effet qu’il est applicable aux tissus destinés à être imprimés en Haute et Basse Alsace.
- Malheureusement, l’admission temporaire est une de ces mesures sur l’opportunité d’application de laquelle les industriels textiles et négociants diffèrent le plus. C’est au point que, si l’on avait à faire apprécier la question par un tribunal arbitral composé d’éléments textiles, il pourrait y avoir autant d’opinions que de juges, suivant que les uns seraient filateurs, filateurs-tis-seurs, tisseurs de telle ou telle région, importateurs de fils ou exportateurs de leurs tissus, négociants en tissus, etc., et encore, les uns et les autres auraient-ils pu changer d’avis avec le temps, comme ce « Syndicat industriel alsacien » qui, longtemps, y fut opposé et que l’application du système à l’Alsace a fait passer à la longue dans le camp des approbateurs. Je vais essayer, en résumant la plupart des opinions sur ce sujet, de vous donner une idée des polémiques auxquelles il a pu donner lieu et des difficultés que soulève son application même, surtout lorsque les Pouvoirs publics prennent l’avis des intéressés.
- Les filateurs d’abord sont opposés à l’admission temporaire en ce qui concerne leurs fils : ils objectent avec raison qu’il n’est pas possible à la sortie d’une étoffe de distinguer la provenance des fils dont elle est tissée. Certains tisseurs, par contre, la réclament pour les fils nécessaires à leur commerce d’exportation, en compensation des droits de douane qui frappent les tissus français à leur entrée à l’étranger : ils ne sont même pas satisfaits du régime de 1892, encore en vigueur à l’heure actuelle, établissant un drawback à forfait équivalant à un remboursement partiel et forfaitaire des droits perçus à l’en-
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- trée sur les fils destinés à la fabrication des tissus mélangés, dans lequel le calcul du forfait est basé sur le rapport entre les importations de fils et les exportations de tissus et où le remboursement est établi sur les 60 p. 100 des perceptions de douane correspondant aux quantités exportées. Mais la question se présente sous un tout autre aspect lorsqu’il s’agit des tissus seuls, et, sur la solution à donner, les tisseurs paraissent assez divisés. Le Syndicat cotonnier de l’Est et presque tout le Syndicat normand se montrent opposés au régime de l’admission temporaire : d’abord, ils craignent la fraude et l’alimentation continue du marché national par des pièces prétendues destinées à l’exportation; ils redoutent aussi la dépression des prix sur le marché intérieur; ils se demandent encore quelles raisons on pourrait invoquer pour accorder les tissus de coton aux imprimeurs et refuser aux tisseurs les exportations temporaires; ils vont même jusqu’à dire que la permanence de l’admission temporaire équivaudrait à l’annulation pure et simple des tarifs douaniers de 1892, et ils se refusent conséquemment à approuver une mesure de ce genre autrement qu’à titre expérimental et applicable uniquement aux tissus de coton fins, en admettant que l’exportation de ces derniers soit nulle. Ceux-là préconisent de préférence la création d’une société d’exportation et d’importation, livrant simplement à l’impression les tissus qui ne se trouveraient pas en France et empêchant ainsi les tissus mis en entrepôt au titre d’admission temporaire de refluer sur le marché national.
- Mais ces arguments ne sont pas admis par d’autres tisseurs qui, eux, forment un camp opposé et ne voient à tort ou à raison dans le régime dont je vous parle que des avantages. A leur avis, l’admission temporaire facilite l’exportation d’un grand nombre de tissus indigènes qui ne sont reçus à l’étranger que transformés par le finissage, et elle permet aux négociants de joindre à leurs collections d’assortiments des articles étrangers qui leur facilitent la vente de nos articles nationaux. Ils vont jusqu’à voir dans ce système un régime régulateur des cours et de soutien des prix, et font observer à ce propos que, depuis plus de dix ans, les tissus de coton sont plus chers en Alsace qu’en France. Enfin, à leur avis, rien ne vaut l’admission temporaire pour favoriser les créations nouvelles, car, grâce à elle, l’imprimeur se tient en relations avec les tisseurs, est mis au courant des nouveautés et se trouve plus à même de tenter de fructueux essais.
- Ne vous semble-t-il pas, Messieurs, qu’on soutient devant vous une façon de pièce à thèse,-dans laquelle les arguments opposés de part et d’autre paraissent également probants et d une grande force? Mais ce n’est pas fini. A côté des manufacturiers proprement dits, voici venir les imprimeurs qui, eux aussi, ont leur opinion à formuler sur la question. Or, tous sont des partisans déterminés de l’admission temporaire. Pour eux, c’est le seul moyen de Tome 131. — 2e semestre. — Juillet-Août 1919. 4
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- suivre la mode avec succès, de faire connaître à l’étranger et d’exporter leurs impressions, de mieux trouver sur les divers marchés les tissus nécessaires à l’exécution des ordres pressés. Ils font en outre observer qu’il existe deux catégories bien tranchées dans les tissus imprimés exportés : les articles communs d’abord, laissant peu de bénéfices, à peine influencés par la mode, permettant simplement de maintenir un courant d’alfaires en concurrence sérieuse dans certains cas avec l’étranger, et, en second lieu, les articles fins, recherchés surtout pour leur richesse, pour l’achat desquels on ne regarde pas au prix, subissant les fluctuations de la mode et exigeant à tout instant de multiples réassortiments. Ces derniers articles bénéficient surtout de l’admission temporaire.
- Il est encore une catégorie de personnes de l’opinion desquelles il y a également lieu de tenir compte : ce sont les négociants. Pour ceux-là, qui achètent le tissu et l’envoient au finissage pour l’exporter après manutention, l’admission temporaire ne saurait présenter que des avantages évidents. Ces commerçants font observer au tisseur que, pour lui, la meilleure garantie contre une extension abusive du système réside dans les frais nombreux qui grèvent l’application de la mesure, — dépenses inhérentes aux transports, retards inévitables dans la réception des envois, estampillage, salaires des proposés en douane, etc., — et qui empêchent l’imprimeur de s’adresser au tisseur étranger à moins d’un écart de prix significatif.
- Les derniers que nous consulterons enfin seront les Alsaciens. Eh bien; ceux-là estiment que cette mesure facilitera l’exportation de' leurs produits et contribuera à la prospérité de l’industrie de l’impression dans le pays. Supprimez la mesure (qui, du reste* existe actuellement), vous privez l’Alsace de la clientèle des maisons étrangères faisant façonner leurs tissus chez elle et aussi de certains marchés, comme celui de la Suisse, qui consomment surtout des imprimés d’Alsace, vous amènerez un exode à l’étranger de négociants qui emporteraient avec eux une forte partie des affaires d’exportation dont bénéficie l’industrie indigène, vous ferez refluer enfin sur le marche intérieur la production des industries façonnières. Les Alsaciens savent nous citer des exemples des avantages qui résultent, à leur avis, de l’application de l’admission temporaire : c’est notamment au moyen de ces comptes en douane, qui ne sont en somme qu’une mesure similaire déguisée, que l’Allemagne a pu introduire ses tissus en Russie. N’avais-je pas raison tout à l’heure de vous dire qu’un tribunal aurait bien de la peine à se prononcer entre toutes ces opinions contradictoires ?
- A mon tour, si je veux vous exprimer mon opinion, je vous dirai qu’en examinant attentivement les raisons données par les intéressés pour ou contre l’admission temporaire, je trouve que Gelles des partisans sont autrement pro-
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- bantes que celles des adversaires. Ces derniers n’expriment que des craintes, sans même préciser par des exemples quel peut en être le bien fondé ; les autres, au contraire, me paraissent se placer beaucoup mieux qu’eux en face de la réalité et savent nous citer de nombreux cas où l’application de l’admission temporaire n’a cessé de donner les plus fructueux résultats. Et puis, n’est-ce pas là un acheminement vers l’idéal de la liberté des transactions,un moyen ingénieux de favoriser le commerce sans avoir besoin de recourir à des barrières artificielles qui ne sont jamais que des expédients, de nous rendre enfin l’air commercial un peu plus respirable après une si longue période de contingentements, de consortiums et de restrictions de toutes sortes?
- INDUSTRIES ALSACIENNES DE LA LAINE PEIGNEE ET DE LA LAINE CARDÉE
- J’ai été forcé de m’arrêter assez longuement sur l’industrie cotonnière alsacienne, parce que, de toutes celles du domaine textile, elle est de beaucoup la plus importante et celle qui a donné lieu aux mouvements les plus étendus. Les autres, tout en constituant, dans l’ensemble, des facteurs appréciables, sont loin d’avoir une ampleur aussi considérable.
- Voici d’abord la laine peignée. L’origine de cette industrie en Alsace est beaucoup plus récente, car c’est en 1838 seulement que la première filature de ce genre fut créée par la maison de construction AndréKœchlin et Cie, dans le voisinage de ses ateliers de Mulhouse. Mais le chef de cette maison n’entreprit cette création, dont il voulait doter son pays, qu’après avoir envoyé l’un de ses associés, Jérémie Risler, l’étudier dans les régions où elle était florissante et notamment à Reims et dans le.nord de la France. Celui-ci y passa de longs mois, puis, suffisamment documenté, revint à Mulhouse fonder un établissement qui prit le titre de « Filature alsacienne de Laine peignée », établi sous la forme d’une société par actions au capital de 605000 f, et sous la raison sociale André Kœchlin, Risler et Cie. Cette manufacture comprenait 3 000 broches, et il est intéressant de savoir comment elle fonctionna à ses débuts.
- Pour se procurer le personnel compétent, elle fut obligée de faire venir ses ouvriers de Reims, et les premières laines dont elle se servit furent celles de Champagne, de Rourgogne et d’Arles, achetées très cher sur les lieux par ses courtiers spéciaux. La première machine qu’elle appliqua à leur peignage fut celle du système Collier, qu’on trouve décrite dans les ouvrages d’Alcan; d’autre part, les métiers de préparation furent achetés dans le nord de la France et en Angleterre, et ses métiers à filer, quittaient à cette époque des mull-jennies, sortirent des ateliers de la maison André Kœchlin et Cier On ne passait pas alors les rubans de laine à la lisseuse pour les débarrasser de leurs
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- huiles d’ensimage, mais on leur faisait subir un traitement spécial à l’eau de de savon.
- Une seconde filature, établie sur les mêmes bases, fut créée à Mulhouse quelque temps après sous la raison sociale Kœchlin, Dollfus et Cie. Mais cette industrie fut rapidement transformée en 1845 par l’application qui y fut faite de la peigneuse Heilmann pour coton ; le premier établissement qui utilisa cette machine fut celui de Malmerpach, qui fut créé à cette date, près de Saint-Amarin, et qui existe encore aujourd’hui.
- Depuis lors, la filature de la laine peignée a pris un développement appréciable en Alsace: elle comprend actuellement 560 000 broches réparties comme suit : 67 p. 100 Mulhouse, 9 p. 100 Colmar, 14 p. 100 Malmerpach et 10 p. 100 Ernstein. Successivement, elle a bénéficié des multiples perfectionnements dont l’ont dotée les maisons alsaciennes qui se sont spécialisées dans la construction de ses métiers; les Schlumberger, les Kœchlin, les Grün, etc., qui, durant de longues années, n’ont cessé d’y apporter des modifications de premier -ordre aussi bien dans le peignage et les préparations que dans la filature proprement dite.
- Le lissage du fil peigné, de son côté, qui actuellement comprend environ 10 000 métiers, a profité lui aussi des incessants progrès apportés aux organes de fabrication parles constructeurs anglais, français et alsaciens, et aussi des innovations dans les procédés de teinture de la laine (appareils Obermayer et autres) et d’impression sur rubans de laine (procédé Vigoureux, etc.), qui, depuis longtemps, ont placé l’Alsace à un rang très remarqué dans la production des tissus en fil couleur.
- L’industrie de la laine cardée est en Alsace beaucoup plus ancienne que celle de la laine peignée, à ne considérer que la fabrication des draps épais, dits de Mulhouse, que Hartmann-Liebach, dans son Histoire industrielle du Haut-Rhin, fait remonter au xve siècle. La fabrication s’en est développée au milieu du xvne, mais sa véritable expansion date surtout du xvme siècle, époque à laquelle on comptait, rien qu’à Mulhouse, 80 maîtres drapiers. Il est toujours curieux de voir ce qu’étaient ces débuts industriels. Les tisserands achetaient alors leurs laines en mirot aux petits fermiers du pays qui les apportaient au marché de la ville ; ils la lavaient dans leurs ateliers et la faisaient filer par les femmes des villages environnants. On faisait subir au drap tissé un premier passage au foulon, puis successivement à la rame, à la machine à tondre, à la teinture, à la laineuse, et le dernier apprêt leur était donné par un passage à la rame commune à toute la confrérie, dont l’estampille définitive indiquait qu’on avait vérifié le parfait état de siccité et de largeur. Les trois quarts des produits étaient teints en bleu indigo foncé, quelques-uns en gris, plusieurs en écarlate ou en noir. Cette industrie, toute
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- locale, disparut dans la première moitié du xtx*5 siècle devant l’envahissement de l’industrie du coton.
- Les premières filatures de laine cardée, constituant le côté moderne de cette spécialité, ne datent guère que de 1853, époque où l’on put appliquer le renvideur au filage du textile ainsi préparé. Les premiers établissements furent ceux de MM. Mathieu Mieg et fils et Pierre Bœrniger, puis trois autres qui existent encore aujourd’hui : ceux de MM. Dollfus et Noack, dè Mulhouse, également fabricants de draps, dont les usines sétrouvent à Sansheim et au Valdoie, dans le territoire de Belfort; de MM. Althoffer, de Guebwiller, qui a aussi un tissage de draps aux Archettes, dans les Vosges; et de M. Muller fils, à Thann. Toutes ces industries, elles aussi, sont redevables de multiples perfectionnements applicables au travail de la laine à carde dans la suite des temps, innovations dans le carbonisage, dans l’alimentation et la largeur des cardes, dans les divers genres de continus à lanières et autres, dans l’alimentation automatique, etc.; et, en ce qui concerne le tissage, dans les procédés d’ourdissage horizontal et à cônes réglables, d’encollage, de fabrication sur les métiers saxons pris comme types, etc. ; et enfin dans les apprêts de tout genre applicables au tissage des étoffes de laine cardée.
- Dans quelle situation l’industrie de la laine française va-t-elle se trouver, en présence de l’addition, qui lui arrive avec la réannexion, de nouvelles broches de filature et de nouveaux métiers à tisser? La question se pose ici comme pour le coton.
- En ce qui concerne la filature, on ne peut y voir que des avantages, par fa raison qu’en ajoutant aux broches françaises les nouvelles broches alsaciennes, on les augmentera de 23 p. 100 et l’on fera ainsi de notre industrie de la laine peignée la première du monde. Elle sera même supérieure à l’industrie lainière anglaise. Mieux que cela, il n’y aura aucune concurrence à craindre entre le Nord et l’Alsace en raison de leur genre de production dissemblable : cette dernière sera même une cliente du premier, car elle ne fait pas le « fil fin » et elle le demandera à la France et non plus à l’Allemagne.
- Mais, malgré cela, ou plutôt justement à cause de cette situation privilégiée, il faudra écouler cette production, qui non seulement sera supérieure en Alsace à la consommation, mais dont l’absorption sur le marché intérieur s’amoindrira encore par suite du départ d’un certain nombre d’immigrés allemands. Je veux bien qu’un certain nombre de nos tisseurs y trouveront à leur convenance une certaine quantité des fils dont ils se fournissaient avant la guerre en pays étranger; mais comme cette importation était déjà très réduite, c’est forcément à l’exportation, déjà très considérable avant la guerre puisqu’elle dépassait 100 millions de francs en fils, que nous devrons avoir recours; aux mesures douanières transitoires que nous devrons imposer à
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- l’Allemagne par le traité de paix pendant la période de transition, il faudra donc en ajouter diverses autres propres à développer nos ventes sur les marchés extérieurs et surtout envisager de nouvelles transactions politiques et douanières propres à réserver à notre production le marché de nos colonies et celui des pays de protectorat.
- Voilà pour la filature; reste maintenant le tissage, dont la production va être augmentée parcelle des 10 000 métiers alsaciens. Ici, la situation se présente dans les mêmes conditions que celle qui concerne la production des tissus de coton et appelle naturellement les mêmes remèdes; sauf pour quelques qualités de grande consommation, nous ne devons cependant pas compter pour les tissus de laine sur le développement de la fabrication en série : on sait que,tout au contraire, l’industrie des lainages, avant tout dépendante de la mode, exige de perpétuelles innovations nécessitant de la part des patrons et des ouvriers beaucoup de goût et d’ingéniosité; or, non seulement ces qualités, très appréciées sur les marchés extérieurs, devront être conservées, mais elles auront encore besoin d’être développées si possible, et pour cela il sera nécesaire de nous attacher à bénéficier de certaines méthodes commerciales que nos ennemis ont su appliquer à la production des pays réannexés et qui se résument dans une organisation bancaire bien comprise, dans l’extension du crédit à l’exportation, des services consulaires et renseignements commerciaux, etc. En nous plaçant plus spécialement au point de vue alsacien, nous n’en devrons pas moins, comme pour le coton, imposer à l’Allemagne, pour les tissus de laine fabriquésen territoire alsacien, un régime transitoire de franchise de longue durée permettant d’introduire outre-Rhin une quantité de ces tissus égale à celle produite avant la guerre, organiser pour les impressions sur tissus de laine et pour ceux de ces tissus blanchis ou teints un système bien compris d’admission temporaire pendant une période égale à celle de la franchise, etc.
- LES INDUSTRIES DE LA SOIE
- L’industrie de la soie se présente en Alsace sous quatre aspects différents : la filature de la schappe, celle du tissage des soieries, celle de la fabrication des rubans et celle des tissus mélangés coton et soie ou soie et laine.
- L’industrie de la schappe ou des déchets de soie a été entreprise depuis longtemps en Alsace, mais, durant plusieurs années, les essais auxquels elle a donné lieu sont restés infructueux. La maison de construction N. Schlum-berger, qui avaitpris l’initiative des premières expériences de peignage, n’avait pas réussi à les faire aboutir, et plusieurs filatures de schappe établies à Haguenau, Guebwiller, Le Logelbach et Soultzmatt avaient dû fermer leurs
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- portes. Aujourd’hui cette industrie, après de nombreux avatars, est représentée par un important établissement groupant 9 000 broches, créé en 1858 par MM. Simon et Schmuller et acheté en 1900 par la « Société industrielle pour la Schappe », de Bâle, dont elle est maintenant la propriété : on n’y prépare que les fils pour canettes, Bâle s’étant réservé le finissage et le retordage de la trame. Une autre filature de schappe, de 4 600 broches, existe à Colmar, fabriquant aussi le cordonnet.
- La fabrication des soieries pures, que j’ai mentionnée en second lieu, n’a pas grande importance dans le pays. Elle comprend trois usines : l’une à Huningue, de 132 métiers, appartenant à la maison Frey et Cie, de Bâle; l’autre dans la même localité, de 600 métiers, propriété de la firme Robert Schwartzenbach et Cie, de Thalweil, près Zurich ; et un tissage alsacien de peu d’importance.
- Mais tout autre est la fabrication des rubans de soie, dont le siège est à Saint-Louis, dans la partie du territoire alsacien avoisinant la Suisse. Toutes les usines qui s’y trouvent — Sarrazin Frères, la « Band-under Seide Fabrik » aujourd’hui « Société pour la Fabrication des Rubans », J. Z. Linder, etc., — appartiennent à des maisons de Bâle qui, pour éviter les droits d’entrée en Allemagne, se sont depuis longtemps établies en territoire alsacien. Mais si les autres établissements « soyeux » n’ont pas vu leur situation modifiée par suite de la réannexion, il n’en va pas de même de ceux-ci, comme je vais l’expliquer.
- En temps normal, en effet, avant la guerre, la fabrication de Bâle est directement concurrencée par celle de Saint-Etienre, et, entre toutes les questions qui, à ce propos, donnent lieu chez les intéressés français aux plus âpres discussions, celle des salaires ne cessait de jouer le principal rôle. C’est que Saint-Etienne avoisine des usines métallurgiques où le prix payé au personnel est autrement élevé que chez les «passementiers » qui travaillent à domicile ou chez lesrubanniers qui se trouvent groupés dans quelques usines de cette ville. Ses fabricants avaient pour cette raison une peine extrême à recruter des ouvriers spéciaux qu’ils payaient forcément moins cher, et comme il fallait faire entrer en ligne la concurrence de Bâle, où les salaires, notamment dans Bâle-Campagne, sont des plus bas, on voit combien eelle-ci devenait terriblement menaçante pour nos producteurs français. La guerre a été déclarée sur ces entrefaites. La fabrication intensive des munitions, la haute paye qui en est devenue la conséquence et qui a attiré surtout l’élément féminin, menaçait d’annihiler radicalement l’industrie stéphanoise des rubans si le ministre du Commerce ne l’avait aidée à franchir ce mauvais pas. Au lieu de limiter les exportations de rubans français en Angleterre, il n’hésita pas, d’accord avec le gouvernement britannique, à décréter par exception que les transactions resteraient libres entre les dex pays; et comme d’autre part les importations
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- de rubans suisses en France étaient « contingentées », pour me servir d’une expression de circonstance aujourd’hui comprise par tous, et soumises au contrôle delà Société suisse de Surveillance économique (S. S. S.), les industriels français ayant les mains libres purent écouler leur production à des prix de guerre chez nos voisins et alliés et donner conséquemment aux ouvriers stéphanois des salaires égaux à ceux des fabriques de munitions de la région.
- Mais, par la réannexion, de territoire allemand les usines suisses de Saint-Louis passent en territoire français. Quel régime va-t-on leur appliquer?Vont-elles bénéficier, comme les manufactures françaises, de la liberté commerciale avec l’Angleterre? Vont-elles au contraire continuer à subir la loi des restrictions? Ai-je besoin de vous dire que les usiniers de Saint-Louis ont voulu mettre à profit les événements sans perdre de temps, et que le gouvernement fédéral, assailli de leurs réclamations, a demandé au gouvernement français la levée pure et simple des mesures de contingentement appliquées par suite de la guerre. Vous devinez également que tel n’est pas l’avis des manufacturiers stéphanois qui ripostent en déclarant que le régime des restrictions continue à s’imposer, au moment surtout où la démobilisation ramène dans leurs foyers de nombreux passementiers. Jusqu’ici le Ministre a laissé les choses en l’état : il attend vraisemblablement le moment opportun qui lui permettra de rendre à la fabrication française une liberté sans laquelle l’air commercial n’est pas respirable, et il hésite encore, bien qu’il se voie d’autre part assailli de multiples réclamations d’intéressés placés de l’autre côté de la barricade, si je puis dire; car la Chambre de Commerce de Marseille, tout récemment encore, lui a demandé avec instance de lever, notamment en matière de produits soyeux, toutes les restrictions de guerre.
- Enfin, je vous ai signalé, parmi les tissus fabriqués en Alsace dans lesquels entrait la soie, les étoffes mélangées coton et laine. Cette industrie n’a que peu d’importance dans le pays, et les articles qu’elle produit ne comprennent guère que des rubans grège et coton, des bengalines soie et laine, des fantaisies soie et schappe et quelques façonnés et armures. Cette fabrication a été inaugurée il y a plusieurs années par la maison"'Dollfus, Mieg^et Cie qui, depuis, l’a abandonnée, et les tissages qui l’ont suivie dans cette voie se trouvent épars aujourd’hui à Mulhouse, Guebwiller, Colmar, Le Logelbach et Ropentzwiller.
- LA FILATURE ET LE TISSAGE DU JUTE.
- Trois établissements représentent en Alsace l’industrie du jute. Le premier, né à Bitschwiller, dans le Bas-Rhin — qu’il ne faut pas confondre avec la localité du même nom dans le Haut-Rhin — est la « Société alsacienne de Filature et Tissage de Jute » qui compte 7 500 broches de filature, 255 métiers
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- à tisser produisant environ 33000 mètres de toile par jour et une fabrique de sacs : ses actions, dont la majeure partie était allemandes, sont, depuis l’armistice, passées en des mains alsaciennes. Les deux autres établissements sont situés à Colmar; ce sont le tissage Louis Borocco et Cie, qui compte 180 métiers produisant journellement environ 23 000 mètres de toiles d’emballage ou à sacs, auquel est adjoint un important atelier de fabrication de sacs, et le tissage X. Benkhard, de 56 métiers seulement, produisant surtout des toiles légères en jute. Le matériel de ces divers établissements est de provenance anglaise ; la clientèle du dernier était avant la guerre exclusivement alsacienne; les deux autres, au contraire, n’écoulaient qu’une partie de leur production sur le marché intérieur, le reste prenait la route du Wurtemberg, de la Bavière et de la Prusse rhénane. Le numérotage des fils produits ou employés a été fixé d’une manière spéciale par l’ancien cartel allemand : il équivaut au nombre de grammes au mètre carré, 185, 200, 215, 230, 245, etc., correspondant à un nombre d’onces anglaises déterminé (6, 6 1/2, 7, 7 1/2, 8, etc.).
- Quelle va être la situation des manufacturiers en jute par suite de la réannexion? Ceux-ci disent qu’ils perdent d’abord toute leur clientèle allemande et qu’ils n’auront plus devant eux que deux marchés : celui d’Alsace, qui peut leur faire défaut en raison de la concurrence de la fabrication française qu’ils ont déjà rencontrée devant eux pour leurs fournitures aux mines de potasse de Mulhouse et aux grands établissements métallurgiques de la Lorraine, et celui de France, que leur interdisaient jusque-là les tarifs douaniers, mais où ils ne pourront que très difficilement s’implanter, parce qu’ils trouveront dans tous les grands centres des dépôts bien organisés ayant depuis longtemps une clientèle acquise. En outre, la filature de jute, qui se fournissait de ses matières premières à Hambourg, aura plus de frais pour les faire venir de Dundee; quant aux tissages, qui demandaient leurs fils aux firmes allemandes les plus proches, comme la Jute Spinnerei, de Brême, ou la Süddeutsche Jute Spinnerei, de Waldhof-Mannheim, ils subiront également des frais de transport plus élevés s’ils sont obliges de les faire venir exclusivement de France ou d’Angleterre. Enfin, pendant la guerre, tous ces établissements, privés de jute, ont employé leur matériel à la fabrication du fil et de la toile de papier : le fil était de la textilose (rubans de papier tordus au continu, gommés et passés au formaldéhyde, avec ou sans âme de coton) ou de la textilite (cellulose tordue avec du chanvre ou du jute); la toile de papier était destinée à l’armée (sacs et vêtements) ou au ravitaillement civil (tentures, tapis et même vêtements). Ils possèdent encore en magasin des stocks considérables de ces produits, dont l’écoulement leur est assuré en Allemagne, mais qui, d’après eux, sont invendables en France.
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- Il est donc absolument nécessaire de prendre à l’égard des représentants de l’industrie du jute en Alsace des mesures à peu près semblables à celles qui s’imposent pour l’industrie cotonnière dans la même région. La franchise absolue pendant un certain nombre d’années à 1 entrée en Allemagne est tout indiquée, non seulement pour leur permettre d’écouler le plus rapidement possible leur stock de fils et tissus de papier, mais aussi pour leur faciliter la continuation de la vente auprès d'une clientèle habituée à la consommation de leurs articles. La situation de ces manufacturiers, aujourd’hui français, est certainement des plus intéressantes : elle devra être sauvegardée par des clauses spéciales du traité de paix.
- LA CONSTRUCTION MECANIQUE TEXTILE.
- La construction alsacienne des machines textiles, dont l’importance est aujourd’hui si grande et dont la réputation est mondiale, ne s’est au début du xixe siècle implantée dans le pays qu’au prix des plus grandes difficultés. L’Angleterre, qui s’était fait la première une spécialité de cette industrie, la conservait avec un soin jaloux et ne craignait pas de prohiber la sortie de ses machines sous peine d’emprisonnement, de déportation et même de mort, L’Alsace ne put connaître les secrets de cette construction que lorsqu’un Belge, Liévin Bauwens, eut réussi au péril de sa vie à emporter à Gand les premiers modèles des métiers à filer le coton : elle en profita immédiatement.
- La première maison qui en entreprit la construction fut celle de N. Schl umberger qui, non seulement, monta une filature de coton, mais y adjoignit un atelier pour y fabriquer ses métiers. Au cours de cette conférence, j’ai eu occasion de vous indiquer comment cette maison, encore existante aujourd’hui et de première importance, s’était trouvée aux prises à propos de la construction des peigneuses Heilmann et Hubner avec la maison André Kœchlin et Cje.
- Cette dernière, fondée en 1812, avait rapidement greffé la construction des machines textiles sur celle des moteurs k vapeur par laquelle elle avait débuté. Mais le développement de cette maison s’est surtout affirmé lorsque l’établissement des premières voies ferrées lui permit d’entreprendre la construction des locomotives et que les recherches des Hirn,des Leloutre, Hallauer et Grosseteste sur l’équivalent mécanique de la chaleur lui eurent mis en mains un levier puissant pour l’amélioration de son industrie. Cependant, c’est en 1830 surtout qu’elle développa son compartiment de construction du matériel textile, lorsque Jérémie Risler, qui depuis quinze ans avait créé à Cernay un atelier de construction de machines pour coton et laine peignée, entra dans la maison à titre d’associé avec Henri Back et Mathias Thierry. Risler, qui était un techni-
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- cien incomparable, n’hésita pas à entreprendre corollairement la construction du matériel de filature, tissage et impression. Un grand nombre d’administrateurs lui succédèrent jusqu’en 1892, époque où la maison André Kœchlin et Cie fusionna avec la Société des ateliers de Grafenstaden et se transforma en Société anonyme par actions en prenant le nom de Société alsacienne de Constructions mécaniques. Elle établit ensuite une succursale à Belfort en 1879, mais ce nouvel établissement fut toujours vu de mauvais œil par le gouvernement allemand, à tel point que celui-ci exigea à un moment donné la scission de la Société en deux tronçons fonctionnant sous des directions différentes, l’un en territoire français, l’autre en territoire alsacien. Le retour de l’Alsace à la France va permettre la fusion de ces deux divisions, décidée du reste en principe, mais qui ne pourra être définitivement réalisée qu’après la rentrée des sommes séquestrées par les Allemands et surtout le règlement de la question de la valorisation du mark. Les trois usines actuelles de la Société
- Mulhouse, Grafenstaden et Belfort — sont en pleine marche : elles occupent environ 15 000 ouvriers et un millier d’ingénieurs, dessinateurs et employés.
- A côté de la Société alsacienne, je dois encore vous citer les grands ateliers de Bitschwiller, Martinot et Galland. L’origine de cette autre maison remonte à 1792, époque où, sous la direction J. Stehelin et Bouchot, elle exploitait les minerais de fer du pays qu’elle louait au Domaine. Elle avait changé sa raison sociale en 1850 et était devenue Stehelin et Cie,et c’est en 1892 seulement que, comme la Société alsacienne, elle s’était transformée en société anonyme par actions sous le titre de Société des Ateliers de Construction de Bitschwiller, ayant comme gérants MM. Martinot-Peters et Y. Peters. En 1891, M. Martinot s’associa avec son gendre M. Galland et son fils Paul Martinot;puis, en 1910, la raison sociale devint « Société des Ateliers de Construction Martinot et Galland » pour s’occuper du matériel de filature, tissage, chaudières et machines à vapeur. Ces établissements ont été vendus depuis l’armistice à la Société des Ateliers de la Fournaise, de Saint-Denis, et les anciens administrateurs se sont intéressés dans diverses maisons de construction textile françaises.
- Je ne saurais ne pas mentionner parmi les firmes alsaciennes importantes celle créée en 1832 par M. F.-J. Grün, spécialisée à Guebwiller dans la construction du matériel de filature de laine et des machines accessoires. Son développement rapide provoqua en 1891 la fondation d’une succursale à Lure, en Haute-Savoie, que dirigea M. Ad. Grün fils jusqu’à la mort de son père en 1895, époque à laquelle il prit la tête des deux établissements. En 1893, ceux-ci se sont transformés en société anonyme par actions, sous le nom de Société de Constructions mécaniques ci-devant Grün. La mort de M. Ad. Grün en 1895 a fait passer l’établissement de Lure, qui a pris la place du premier sous la double
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- direction de M. Belette, pour la partie technique, et de M. A. Schirmer, pour la partie commerciale.
- J’ajouterai enfin à cette nomenclature le nom de la Société Berger André et Cie, de Thann, fondée en 1821, qui, après s’être longtemps spécialisée dans la construction du matériel de tissage, apprêt et blanchiment, a conservé encore aujourd’hui une partie de ce département, mais a développé surtout la construction des moteurs à vapeur Gorliss. Elle a pris le nom, il y a quelques années, d’Etablissements Berger André et Beha, devenus aujourd’hui Etablissements J. Beha, avec filiale à Remiremont.
- Ces divers détails, Messieurs, n’ont pour but que de vous préciser combien en Alsace la construction du matérial textile sous toutes les formes a pris un développement considérable. Au point de vue français, nous ne pouvons que nous féliciter de cet important appoint dont l’arrivée nous permettra certainement d’être tributaires à un moindre degré de l’étranger pour nos fournitures de matériel textile dans certaines spécialités de la laine peignée et du coton.
- DIFFICULTÉS INTÉRIEURES
- En dehors de la nouvelle situation d’ordre extérieur qui sera la conséquence directe de la réannexion et dont je viens de vous exposer les éléments divers, les manufacturiers alsaciens se trouveront encore en présence de difficultés d’ordre intérieur, sur lesquelles je neveux pas m’appesantir dans cette conférence déjà trop longue, mais qu’il ne m’est pas possible cependant de passer absolument sous silence. Ces difficultés se rapportent à trois facteurs principaux : le ravitaillement en matières premières textiles, la fourniture du combustible à l’industrie, et la question du personnel.
- Pour leurs matières premières d’abord, les industriels d’Alsace devront certainement s’adresser à d’autres sources que celles qu’ils envisageaient avant la guerre sous la domination allemande. La principale est le coton. Celui-ci venait surtout de Brême et était fourni aux filatures de la région par quelques associations rattachées à la Bourse des Cotons de cette ville, comme le Syndicat industriel alsacien, le Verein Süddeutscher Baumwollindustrieller, d’Augsbourg, le Verband Rheinisch-Westfàlischer Baumwollspinner de Munchen-Gladbach, et quelques autres; il en venait également un peu de Hambourg, mais cette dernière ville ne servait guère que de transit pour les cotons de l’Inde qu’on y débarquait au printemps et en été et qui remontaient l’Elbe. L’Alsace va désormais être obligée de s’adresser au Havre et ses frais de transport seront de toute évidence beaucoup plus élevés. Il en sera de même pour le jute, qui viendra de Dunkerque ou de Dundee au lieu de Hambourg. Par contre, rien ne sera changé en ce qui concerne la laine brute ou la soie :
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- LES INDUSTRIES TEXTILES DE L ALSACE.
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- la première continuera à venir de France ou d’Anvers par les chemins de fer belges, luxembourgeois et alsaciens; la seconde de Lyon ou Milan comme auparavant.
- La question du combustible est, vous ne l’ignorez pas, pour l’industrie française en général absolument primordiale. Nous ne sommes pas riches en charbon, et on a assez répété qu’avant la guerre, sur une consommation annuelle de 60 millions de tonnes, nous n’en produisions que 40 millions, d’où un déficit de 20 millions que nous étions obligés d’importer. Cette situation, qui nous a toujours placés en regard de l’Allemagne dans un état indéniable d’infériorité économique et industrielle, a encore empiré depuis la guerre en raison de la destruction systématique de nos charbonnages du nord de la France. Il est vrai que, pendant les hostilités, nous avons mieux mis en valeur notre houille blanche et nous avons peut-être mieux appris à utiliser nos combustibles inférieurs; mais ces palliatifs n’ont fait que mieux mettre en relief la réalité et nous montrer jusqu’à quel point intense le combustible nous fait défaut. Nous ne pouvons donc en fournir à l’industrie alsacienne et il faut que celle-ci trouve dans le bassin de la Sarre, qui, du reste, jusqu’en 1815, faisait partie intégrante du territoire français, les ressources houillères qui vont lui permettre d’alimenter ses usines. Celui-ci produisait avant la guerre 17 millions de tonnes qu’il sera facile d’élever à 20 millions, de sorte qu’on peut dire qu’il représente à peu près la moitié de notre extraction nationale. L’Alsace en absorbait déjà 13 millions de tonnes et il lui sera facile, en ne demandant rien à l’Allemagne, d’absorber les 7 millions qui restent. Conséquemment le bassin delà Sarre doit nous revenir en entier; et ce retour malheureusement sera loin de suffire aux besoins de nos chères provinces, car si nous voulons traiter sur place nos minerais de fer de la Lorraine au lieu de les exporter, nous aurons besoin en plus de 50 millions de tonnes de charbon par an. J’ajoute que, par bassin de la Sarre, j’entends les houillères situées entre Sarrelouis et Forbach, s’étendant au Sud en Lorraine jusque Boulay et Saint-Avold et au Nord en Prusse rhénane jusque Saint-Wendel : “elles se trouvent pour un bon tiers en territoire lorrain, auquel elles se rattachent géologiquement et géographiquement, et ont une superficie de 150 000 hectares.
- Vient maintenant la question du personnel. Celle-ci n’est devenue complexe que parce qu’elle s’est doublée de la question des immigrés. Faut-il chasser les ouvriers allemands dont la France a besoin, qui constituent un élément travailleur discipliné et relativement docile? Et que faut-il faire d’autre part des techniciens teutons, qui ne sont pas toujours, quoi qu’on en dise, des éléments précieux de direction et de compétence? En dehors des questions d’espèce, pour lesquelles il y aura à prendre l’avis des Alsaciens intéresses, la solu-
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- 62 RESSOURCES INDUSTRIELLES DE l’ALSACE-LORRAINE. — JUILLET-AOUT 1919.
- tion à envisager est avant tout de conserver les « bras », dont la guerre du reste a beaucoup amoindri le nombre, et de renvoyer les « cerveaux » pour les remplacer par des éléments qui ne me semblent pas difficiles à trouver parmi les spécialistes alsaciens et français.
- Enfin, Messieurs, qu’il me soit permis d’exprimer le vœu que l’administration française ne recule devant aucune mesure efficace propre à hâter la reconstitution de notre Alsace, car je crains qu’à ce propos on ne puisse quelque peu lui reprocher une inertie quasi bureaucratique. En veut-on un exemple? La France, d’accord avec ses Alliés, a autorisé la reprise des relations économiques avec l’Allemagne occupée. L’Angleterre a aussitôt profité de cette occasion pour renouer avec la clientèle allemande un commere dont elle attend d’heureux fruits, et ses industriels peuvent en toute liberté envoyer dans cette partie du pays tous les fils et tissus de coton qui leur conviennent : 70 maisons britanniques ont aujourd’hui des succursales dans la région rhénane et une chambre de commerce anglaise a été récemment installée à Cologne. De notre côté, qu’avons-nous fait dans la même sphère économique? Nous avons commencé par octroyer aux industriels alsaciens quelques dérogations pour l’exportation de leurs- tissus de coton et de laine, et nous n’en avons autorisé le régime libre que lorsque nous nous sommes aperçus que les tissus anglais arrivaient à la frontière allemande par wagons complets. Mais il y a mieux que cela. Les filateurs, ceux du moins qui n’ont pas de tissage annexé à leurs établissements et où ils puissent écouler leurs fils, ont demandé de leur côté à pouvoir exporter, comme les tisseurs, leurs produits en Allemagne occupée. On a mis la question à l’étude, et elle y est encore, sans avoir naturellement reçu aucune solution. On soulève une foule d’objections ’ n’allons-nous pas favoriser la reprise de l’industrie allemande ? La fourniture de fils aux tissages allemands ne va-t-elle pas permettre à ces derniers de fabriquer au détriment du travail français? Les Anglais ne se sont pas posé tant de points d’interrogation et ont fourni immédiatement sans hésiter les filés qui leur étaient demandés par les tissages allemands des pays d’occupation. Allons-nous attendre que la situation solide qu’ils commencent à prendre à cet égard soit si importante qu’il n’y ait plus place pour les produits de nos filatures d’Alsace? Dans nos provinces réannexées, il y a aussi malheureusement beaucoup de chômages, et nous sommes à l’heure actuelle obligés, pour permettre aux ouvriers désœuvrés de vivre, de payer, comme l’ont fait les Allemands pendant la guerre, au personnel inoccupé, les deux tiers de leurs salaires ou appointements, suivant qu’il s’agit d’ouvriers ou employés,le reste étant versé moitié par l’industriel, moitié par la commune. Mais les filatures notamment ne sout pas seulement arrêtées dans leur expansion par la crainte de manquer de matières premières, mais aussi par
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- LES INDUSTRIES TEXTILES DE l’aLSACE. 63
- celle d’une trop lente récupération de leur ancienne clientèle. Or, il y aurait un moyen de leur en procurer une nouvelle : ce serait d’autoriser l’exportation de leurs lilés en Allemagne occupée. Pourquoi hésiter à la favoriser comme on le fait en Angleterre? Il serait bon de se rappeler à ce propos que l’état de chômage est le meilleur propagateur du bolchevisme et que l’inactivité de nos ouvriers fait parfaitement le jeu de l’Allemagne.
- CONCLUSION
- Messieurs, je vous ai exposé rapidement ce qu’étaient les industries textiles de l’Alsace, je vous ai retracé leur origine et indiqué leur importance ; je vous ai dit en même temps quelles mesures s’imposaient à nouveau pour sauvegarder leur existence et maintenir intact l’avenir de nos industries similaires françaises. Je crois maintenant que vous êtes persuadés de leur nécessité.
- Lorsque nos valeureux soldats ont combattu pour la récupération de l’Alsace, ils n’avaient certes pas en vue ces richesses dont je viens de vous exposer l’étendue et de vous faire apprécier la valeur; leur but très élevé était surtout d’arracher à la servitude une population gémissant depuis quarante-trois ans sous le joug allemand et de lui permettre de reprendre dans le giron de la France la place d’où on l’avait brutalement arrachée. Mais à côté de la valeur morale du pays, il est bon et utile de faire ressortir et de ne rien négliger de ses avantages matériels et financiers : c’est ce que j’ai essayé de faire dans cette conférence sur la demande de votre Société.
- Ah! l’Alsace est un beau morceau, me disait dernièrement un industriel du pays, et vous êtes arrivés au moment où les Allemands se le partageaient définitivement à leur profit. Quant aux Alsaciens, les anciens maîtres du pays les prenaient comme pis-aller et les traitaient comme des fâcheux dont on ne sait que faire.
- Aujourd’hui, tout est changé. La persécution méthodique a fait place à la bienveillance, l’amour a remplacé la haine, et les Alsaciens n’ont plus dans le cœur que le cri de joie du poète : « Hier est mort, vive demain 1 »
- Alfred Renouard,
- Ancien secrétaire général et vice-président de la Société industrielle
- du Nord de la France.
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- ENQUÊTE DE LA
- COMMISSION DU RÉPERTOIRE DE BIBLIOGRAPHIE SCIENTIFIQUE
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a reçu de M. Alfred Lacroix, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, président de la Commission du Répertoire de Bibliographie scientifique, la lettre suivante :
- Monsieur le Président,
- Paris, 6 janvier 1919.
- Le Conseil de la Société Royale de Londres, sous la direction duquel paraît depuis 1901 le Catalogue international de Littérature scientifique, considérant qu’après la guerre, les relations scientifiques internationales vont être profondément modifiées, a jugé à propos de nommer un Comité, qui a été chargé de faire une enquête auprès des savants du Royaume-Uni, sur les services que le Catalogue leur rend en son état actuel et sur les améliorations qu’on pourrait lui apporter.
- La Commission du Répertoire de Bibliographie scientifique a jugé de son côté qu’il y aurait avantage à instituer auprès des savants français une enquête du même genre. Si, comme nous n’en doutons pas, vous estimez que de bons répertoires bibliographiques constituent un instrument de travail indispensable aux recherches scientifiques, nous vous serions obbgés de vouloir bien répondre aux questions suivantes :
- 1° Le Catalogue international de Littérature scientifique, dont 13 séries annuelles comprenant chacune 17 volumes ont été pubbées, vous paraît-il, disposé comme il l’est par noms d’auteurs et de matières, convenir au travail scientifique?
- 2° Le Catalogue est il souvent consulté ?
- 3° La périodicité doit-elle rester annuelle, ou devenir biennale ou quinquennale?
- 4° Est-il nécessaire pour les travaux de votre spécialité que les volumes du Catalogue paraissent promptement après les travaux qui y sont recensés ?(Dans certaines sciences, la zoologie par exemple, la promptitude de publication a une grande valeur; dans d’autres cas elle en a moins, le travailleur connaissant les travaux d’importance dès leur apparition.)
- 5° Faut-il développer les volumes et en augmenter par conséquent le nombre de pages et le prix ?
- 6° Faut-il a l’avenir comprendre dans le Catalogue les sciences appliquées ?
- 7° Voudriez-vous donner votre avis sur l’arrangement actuel du Catalogue et sur la commodité de la disposition des titres par ordre alphabétique d’auteurs et sur l’indexation numérique ?
- 8° Voudriez-vous donner votre avis sur la préparation des matériaux bibliographiques?
- Actuellement, les matériaux sont réunis par les bureaux nationaux et envoyés au
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- ENQUÊTE SUR UN RÉPERTOIRE DE BIBLIOGRAPHIE SCIENTIFIQUE.
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- Bureau central à Londres où ils sont groupés, revus par des bibliographes qualifiés, et imprimés. Chaque pays est donc responsable de la réunion du matériel bibliographique de sa propre littérature scientifique.
- En France, la Commission du Répertoire de Bibliographie scientifique recueille les titres des travaux scientifiques parus soit à part, soit dans les périodiques ; elle les publie dans la Bibliographie scientifique française (Gauthier-Villars, éditeur) et les envoie au Bureau central de Londres où ils sont incorporés dans le Catalogue international de Littérature scientifique.
- Tels sont les points sur lesquels nous nous permettons d’appeler votre attention. Nous recevrions avec reconnaissance toute autre considération que vous voudriez bien nous faire parvenir sur le même sujet.
- Agréez, etc...
- Signé : Alfred Lacroix.
- Le Bureau de la Société d’Encouragement a prié la Commission du Bulletin, chargée d’étudier les questions bibliographiques soumises à l’examen de la Société, de vouloir bien préparer la réponse à ce questionnaire. M. le général Sebert, membre de cette Commission et présidenèdu Bureau bibliographique de Paris (1), a rédigé la réponse suivante, qui, après avoir été approuvée par la Commission du Bulletin, a étéadressée à M. H.Dehérain,bibliothé-oairede l’Institut, secrétaire de la Commission du Répertoire de Bibliographie scientifique, le 27 mai 1919.
- Réponse de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale et du Bureau bibliographique de Paris
- 1° Tout recueil bibliographique doit être classé à deux entrées : par noms d’auteurs et par matières. Le Catalogue international de Littérature scientifique doit continuer à répondre à ce desideratum essentiel ;
- 2° Le catalogue n’est pas souvent consulté. Les causes en sont multiples et doivent être cherchées dans les défauts du Catalogue exposés dans les réponses ci-après ;
- 3° et 4° Questions de la périodicité du Catalogue :
- Il faut poser en principe que l’information scientifique doit être aussi rapide que possible, qu’il s’agisse de faire avancer la science ou de l’apphquer.
- Mais la périodicité fréquente de volumes ou de fascicules force à multiplier les recherches (Ex : Après trois ans, il faut consulter 36 fascicules d’une bibliographie mensuelle).
- Dans ces conditions, le système idéal consisterait!à publier: chaque mois, des fiches qui seraient adressées aux spécialistes par question ou par groupe de questions ; tous les ans, des volumes consacrés à une même science; tous les dix ans, une édition cumulative fusionnant tous les volumes de la liasse, eny ajoutant les inévitables compléments, tous les traités et, enfin, une table générale abrégée par auteurs et matières des volumes.
- (1) Le Bureau bibliographique de Paris, section française de l’Institut international de Bibliographie, a son siège dans l’hôtel de la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, Paris (6*), rez-de-chaussée. 11 tient à jour un double du Répertoire bibliographique universel sur fiches, établi en prenant pour bise la classification décimale universelle et dont le prototype est déposé à Bruxelles; il borne, toutefois, en principe, son travail aux parties du Répertoire concernant les divisions des sciences pures et appliquées (divisions o,6 et7 de la classification décimale universelle'.
- Tome 131. — 2* semestre. — Juillet-Août 1919. 3
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- C’est vers un tel mode de publication que tendent les progrès actuels. Sa réalisation dépend des possibilités financières.
- 5° La question revient à demander si la bibliographie est assez complète.
- Les décisions prises par la Convention du Catalogue ont fait rejeter l’insertion d’un certain nombre de titres : par suite, le principe de « l’universalité » de la bibliographie n’a pu être observé.
- Ce principe, cependant, paraît convenir à une œuvre de l’ampleur du Catalogue.
- Les travailleurs scientifiques désireraient être assurés au moins que tousles « livres » y soient enregistrés, ainsi que tous les articles paraissant dans les périodiques inclus sur une même liste connue et revisée périodiquement. Ce qu’il faut éviter c’est le choix arbitraire et le défaut, pour les travailleurs, des moyens de compléter éventuellement eux-mêmes certains dépouillements.
- 6° Il est hors de doute que les sciences appliquées, au même titre que les sciences pures, ont besoin d’un catalogue international. Mais la question doit être examinée s’il faut simplement ajouter les mêmes sciences appliquées aux catalogues existants. Or, il est à craindre qu’on ne soit tenté de leur y donner un développement trop restreint. Toutes les sciences de l’ingénieur, l’électricité, la chimie, les mines, la métallurgie, la construction, les chemins de fer, l’agriculture, pour ne citer que ces branches, devraient y être comprises, non seulement au point de vue d’une application scientifique, mais encore comme une question industrielle pratique.
- Il vaudrait donc mieux se rallier à la conception de la bibliographie universelle, divisée en quelques groupes : sciences pures, sciences appliquées, sciences sociales, science morale, médecine et hygiène,histoire et archéologie.
- 7° Le Catalogue a créé de toutes pièces une classification nouvelle. Celle-ci adonné lieu à bien des critiques, dont la principale est qu’elle a ajouté, sans raison suffisante, une classification à celles qui existaient déjà et auxquelles elle n’est pas supérieure. La variété de classement nuit à l’extension des œuvres bibliographiques.
- Il conviendrait donc de renoncer à la classification actuelle, pour adopter une classification unique, comme la Classification décimale ou, tout au moins, combiner l’emploi des deux classifications à l’aide d’une double indexation des titres pour ceux qui veulent les utiliser sous forme de découpages, pour faire des répertoires sur fiches.
- La Classification décimale a sur celle de Londres un double avantage pratique : elle est largement employée et elle n’isole point les sciences pures des autres connaissances, les incorporant au Catalogue dans un tout encyclopédique, ce qui facilite les corrélations entre toutes les branches du savoir.
- 8° La création de bureaux nationaux a l’avantage d’assurer au Catalogue ses propres organes. Mais c’est une solution qui paraît coûteuse, surtout si on devait la généraliser aux catalogues actuellement demandés. D’autre part, on n’utilise point suffisamment la bibliographie existante.
- Il serait désirable de voir, dans chaque pays, une concentration s’opérer dans le travail bibliographique et une place faite aux organisations internationales ou interalliées scientifiques de même généralité.
- D’une manière générale, nous sommes d’avis que le Catalogue de la Littérature scientifique devrait faire, en ce moment, l’objet d’une réorganisation. Il faudrait partir de la conception de la bibliographie universelle dont le catalogue devrait être une des parties. Le gaspillage actuel de travail et d’argent est considérable dans les bureaux bibliographiques et l’on ne possède rien de satisfaisant.
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- Nous pensons donc qu’il faut se rallier aux principes de l’Institut international de Bibliographie à ce sujet, principes qui ont été exposés récemment en quatre notices.
- rt)Plan général présenté à la Conférence interalliée des Académies. Paris, novembre 1948 (publié dans la Revue scientifique, de Paris, 1919, III).
- b) La réorganisation du catalogue de la littérature scientifique (publié dans la Revue générale des Sciences d’avril 1918). Résumé ci-joint.
- c) Sur la bibliographie technique et industrielle, rapport au Congrès du Génie civil, de M.le général Sebert.
- d) Parallèle entre la classification décimale et la classification du Catalogue international de la Littérature scientifique. (Notice manuscrite ci-jointe de l’Institut international de Bibliographie).
- ROLE ET IMPORTANCE D’UNE CLASSIFICATION BIBLIOGRAPHIQUE
- UNIVERSELLE.
- (Note de l’Institut international de Bibliographie.)
- Parallèle entre la classification décimale de l’Institut international de Bibliographie et
- LA CLASSIFICATION ALPHABETIQUE NUMÉRIQUE DU CATALOGUE INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE SCIENTIFIQUE. — Classification scientifique et classification bibliographique. — Le travail de la science toutentière aboutit à une classification rationnelle des résulta^ acquis et à leur expression en un système de lois ou faits généraux. Aussi, de bonne heure, s’est posé le problème d’élaborer une classification systématique pour chaque groupe de connaissances et de fixer en une classification des sciences les corrélations entre elles toutes.
- La classification bibliographique est d’un autre ordre que cette classification scientifique. Elle a pour objet non plus les idées mais les publications et, par conséquent, elle doit tenir compte des desiderata spéciaux. Les idées, tant qu’elles demeurent dans l’esprit, sont des abstractions qui n’ont aucune dimension. Au contraire, consignées par l’écriture, elles s’incorporent dans les livres, dans les périodiques, dans les autres formes graphiques. Elles y constituent toutes espèces d’agglomérations de faits et de raisonnements.
- Conditions de la classification bibliographique. — La classification destinée à la mise en ordre des documents bibliographiques doit donc répondre à deux conditions essentielles : la première est de faire une place à toutes les idées qui ont déjà fait l’objet d’écrits, aux erreurs aussi bien qu’aux vérités, sans quoi de nombreux ouvrages seraient laissés en dehors d’elle. La seconde condition est la stabilité et la continuité, de manière que les classements déjà faits ne soient pas à recommencer à tout changement qui-vient à se produire dans l’orientation scientifique. C’est dire que la classification bibliographique est essentiellement conventionnelle. Elle se crée, elle ne se découvre pas. Une infinité de variétés en sont possibles. La meilleure sera celle qui répondra le plus adéquatement aux desiderata formulés.
- A ces deux conditions essentielles, l’extension à toutes les espèces d’écrits et la stabilité, il faut encore ajouter ces autres conditions : l’universalité, l’internationalité, l’applicabilité aux divers besoins bibliographiques et documentaires (recueils ou fiches bibliographiques, classement des ouvrages dans la bibliothèque, tables de matières, classement des dossiers documentaires) et le maniement aisé grâce à une notation simple.
- L’universalité veut que la classification embrasse l’ensemble des sciences. Celles-ci ont toutes des liaisons entre elles et il n’est plus possible qu’un spécialiste demeure cantonné dans sa spécialité. Toute spécialité scientifique, au contraire, doit être conçue comme une partie de l’ensemble ou de l’encyclopédie des sciences. Et celles-ci donnent lieu à des applications dans tous les domaines de la vie,tandis que leurs applications fournissent de nouvelles matières aux spéculations scientifiques. D’autre part, la coopération à la formation et à
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- 68 RÉPERTOIRE DE BIBLIOGRAPHIE SCIENTIFIQUE. — JUILLET-AOUT 1949.
- l’utilisation des connaissances ne saurait plus être limitée aux frontières d’un pays, mais il faut qu’elle soit mondiale, ce qui soulève alors toutes les difficultés résultant de langues différentes et de 1 in'ormation à distance.
- Quanta l’applicabilité aux divers besoins documentaires, c’est là un desideratum d’une grande importance pratique. La même classification bibliographique devrait pouvoir servir au classement des notices dans les recueils bibliographiques, au classement des fiches dans les répertoires et catalogues, au classement des ouvrages sur les rayons de bibliothèques, à la publication des tables des matières des livres et des périodiques, à l’édition de toutes les données successives sur un même sujet, paraissant sous forme de monographie et don t l’ensemble constituerait une sorte d’encyclopédie permanente et tenue à jour.
- Enfin, la classification ne peut être que systématique, passant du général au particulier, des genres aux espèces, des ensembles aux parties. Mais alors comment se retrouver parmi les ramifications d’une telle classification, quand le détail exige plusieurs dizaines de mille divisions, dont beaucoup sont exprimées non en mots, mais en membres de phrases? Il faut pour cela une notation qui représente chaque division sous une forme concise, applicable sur tous les documents et qui, en même temps, implique en soi un ordre de suite.
- La Classification décimale. — Pour satisfaire à cet ensemble de desiderata, l’Institut international de Bibliographie a élaboré les tables développées de la Classification décimale. Cette classification se présente comme un instrument pratique, sans prétention scientifique ni philosophique. Son grand mérite est l’unité. Dans son cadre encyclopédique, elle embrasse toutes les applications des sciences (33 000 divisions représentées par 40 000 mots dans l’index alphabétique).
- Elle est à la fois systématique et internationale, puisqu’elle exprime ses rubriques par des numéros d’ordre à signification invariable. Un sujet, un numéro; un numéro, un sujet. La classification est dite décimale parce que l’ensemble est l’unité, et toute division une fraction de l’unité. Le nombre 5 357 par exemple (pour 0,5357) signifie l'optique physiologique, car on a : 5e classe, Science pure ; 3® division, Physique ; 5e subdivision, Lumière ; T partie, Optique physiologique; soit, en supprimant les mots « classe, division, subdivision, etc. », qu’on sous entend :
- 5 Science'pure 53 Physique 535 Lumière
- 5357 Optique physiologique
- Ce nombre fixe la place de YOptique physiologique, non seulement parmi toutes les questions de la Physique, mais parmi toutes celles des Sciences pures; bien plus, parmi toutes celles du savoir encyclopédique. Et le jour où il faudra subdiviser l'Optique physiologique, rien ne sera plus simple que de créer des décimales nouvelles.
- La classification de l’International Catalogue. — La classification de l’International Catalogue procède autrement. D’abord, elle se localise dans les sciences pures et tient tout le reste des sciences comme n’ayant pas de relations avec elles. Elle introduit des lettres devant les chiffres, soit 17 lettres correspondant à chacune des parties de la classification et elle se sert d’autant de numérotages recommençants que de lettres. Ainsi D. 4075. Ses numéros sont des nombres entiers, ayant toujours 4 chiffres et perdant ainsi la belle ordonnance systématique du nombre déciniil. Des zéros vieunent parfois compléter les chiffres utiles jusqu’à former des nombres fatidiques de quatre chitfres. Ainsi D. 0100, D. 0070, D. 0380. C’est, a-t-on dit, une fausse décirnale, une décimale larvée. : .
- Voilà quant au principe. Mais, dans l’application, les tables ont été critiquées parce qu’elles étaient bâtardes : ni scientifiques, ni pratiques. Scientifiques et dernières rédigées elles auraient dù présenter uiï tableau exact des dernières données de nos connaissances,
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- être un effort vers la systématisation. Or, il n’en est rien. Pratiques au contraire, c’est-à-dire destinées au classement des écrits et non des idées, elles auraient dû chercher à n’être pas inférieures aux autres classifications bibliographiques. Il n’en est rien non plus, car des quantités de rubriques manquent parmi les plus usuelles et de regrettables chevauchements de matières se produisent.
- Les principales critiques faites à la classification de l’International Catalogue ont été récemment résumées comme suit : û).
- Limitée comme elle l’est aux sciences pures et à la bibliographie courante, elle n’embrasse qu’une petite partie de nos connaissances. Ayant disposé, pour les sciences pures, de presque toutes les lettres de l’alphabet, elle ne pourrait être étendue à l’ensemble et ne saurait, par suite, devenir universelle. Par sa nature, elle est bloquée; autrement dit, en raison même des progrès continus de nos connaissances, il viendra un moment où elle ne pourra plus servir avec ses nombres classificateurs actuels, même dans le domaine très restreint qu’elle embrasse aujourd’hui. Elle est instable, puisque la convention internationale peut la changer et, effectivement, des changements y ont déjà été apportés; pour cette raison aussi et pour d’autres qui suivent, elle est vouée au provisoire. Elle est incomplète, puisque, par principe, on fait un choix entres les articles indexés.
- « Les tables des rubriques ne se prêtent pas à l’établissement des corrélations et le même sujet est parfois rapporté à plusieurs sciences. Ainsi, ce qui touche à la figure de la terre est répété dans l’astronomie et dans la géographie mathématique; l’absorption atmosphérique est rattachée à la physique et à l’astronomie, etc., toujours avec des symboles différents, ce qui est manifestement défectueux, tant au point de vue philosophique qu’à celui de la facilité des recherches. Par contre, et peut-être sans nécessité, elle rapporte, sous la même lettre, des sciences qui sont bien distinctes, comme la géologie et la sismologie^(H) — l’histologie, l’embryologie et l’anatomie (O) — la pharmacologie et la physiologie (Q), etc. »
- « Parfois ses rubriques ne sont pas assez développées et l’index partiel, relatif à chaque science, est très incomplet. Un index général serait probablement irréalisable.
- « Dans sa classification géographique, elle-tient compte des relations de lieu, mais elle néglige les autres relations, importantes aussi, de temps, de langue, etc... »
- Ajoutons cette remarque : tandis que dans la classification de l’International Catalogue, même les généralités qui, elles du moins, devraient être divisées, de la même manière, dans les 17 sciences, parce qu’elles sont communes à toutes, même ces généralités donnent lieu à des différences, des exceptions, des interversions.
- Conclusion. — Telles sont les observations auxquelles donne lieu l’examen comparatif de la classification décimale et de la classification du Catalogue international de la Littérature scientifique.
- Cet examen doit avoir son point de départ dans la nature, les fonctions et les conditions d’une bonne classification bibliographique. Il conduit à cette conclusion :
- La classification décimale est supérieure, à tous points de vue, à celle qui est venue longtemps créer des obstacles à son développement. Il importe désormais de voir réaliser l’unité de classement, sur la base de la classification décimale, après y avoir porté toutes les additions jugées nécessaires et conformément à son principe même, qui implique une extension indéfinie. La science sera dotée alors d’un auxiliaire précieux, pour toute la partie documentaire de son œuvre.
- Au système universel des unités qui embrasse déjà l’unité des poids et des mesures, et qui tend à comprendre les unités du calendrier, du méridien initial et des fuseaux horaires, il faut ajouter maintenant l’unité de classification bibliographique.
- (1) G. Bigourdan, membre de l’Institut et du Bureau des Longitudes, Revue « Hora », septembre et octobre 1918.
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- COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER
- Sur la proposition qui en a été faite, par lettre du président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, en date du 28 mars 1919, une Commission spéciale a été constituée, dans le sein du Conseil d’Administration, dans le but de mettre à l’étude la question de la réforme du calendrier, que des communications récemment faites à l’Académie des Sciences, par MM. Bigourdan et Deslandres, venaient de remettre à l’ordre du jour.
- Le Bureau de la Société a été d’avis, en effet, que cette question qui a fait, depuis longtemps, l’objet de nombreux travaux, particulièrement en France, doit aujourd’hui attirer sérieusement l’attention, car une division du temps meilleure que celles que comportent les calendriers, en usage dans les divers pays, peut présenter de sérieux avantages, au point de vue notamment de l’organisation économique de ces pays.
- Il a donc pensé que notre Société ne saurait s’abstenir d’émettre un avis sur cette question, qui a surtout un intérêt pratique et dont la solution peut influer sur le développement de l’industrie et du commerce de notre pays.
- La Commission, constituée conformément à cette proposition , avait pour programme d’étudier les diverses solutions en présence et de préparer les vœux qui seront à soumettre, s’il y a lieu, au vote du Conseil de la Société.
- Le présent rapport a pour objet de faire connaître le résultat de ses travaux.
- Dans une première séance, tenue le 10 avril 1919, sous la présidence de M. le général Sebert, après avoir entendu un exposé verbal de la question, fait sommairement par M. Paul Toulon, la Commission a procédé à un échange de vues, sur l’ordre à adopter pour l’examen des questions qu’elle avait à résoudre et elle a exprimé le désir que des notes, reproduisant les indications qui lui avaient été données sur la situation de la question et résumant les propositions de réformés qui paraissent mériter d’être prises en considération, fussent
- (1) La Commission est composée de :
- M. le général Sebert, président; M. Paul Toulon, secrétaire ; MM. Lindet, Viala, Rin-gelmann, Arnould, Moreau, Pagès, Risler, Barbet, colonel Bénard, Masson, Salomon, Terré, Leeornu, Bertin, Taillefer, Fouret, Lavollée et Bourdel, membres.
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- TRAVAUX DE LA COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER. 71
- envoyées à tous les membres de la Commission, ainsi que les renseignements bibliographiques nécessaires pour leur permettre d’étudier ces propositions avant la prochaine réunion ; elle a aussi demandé que l’on convoquât, si cela était trouvé possible, pour les séances de la Commission, les auteurs de ces propositions ou les personnes susceptibles d’en exposer la nature et d’en prendre la défense.
- Comme conséquence de ces demandes, trois notes (A,BetC) dont les copies sont reproduites plus loin, en annexes à ce rapport, furent envoyées aux membres de la Commission, avec les indications nécessaires pour leur permettre de consulter les communications faites récemment à l’Académie des Sciences par MM. Bigourdan et Deslandres (séances des 6 et 20 janvier 1919) ainsique celles faites, à la Société d’Economie politique, sur la proposition de M. Delaporte qui a été signalée comme pouvant mériter un examen particulier (.Bulletin de la Société d’Économie 'politique. Séance du 5 février 1918, voir annexes II à YI).
- En même temps, on fit parvenir des invitations à assister à la prochaine séance de la Commission, à diverses personnes qui avaient bien voulu faire savoir qu’elles étaient disposées à lui apporter le concours de leur présence, savoir : MM. Bigourdan et Deslandres, membres de l’Académie des Sciences; M. Delaporte, ingénieur,auteur d’une des propositions à examiner; MM. Yves Guyot, ancien ministre, etBarriol, secrétaire général de la Société de Statistique de France, le docteur Foveau de Courmelles qui, tous trois, avaient offert de venir exposer devant la Commission les raisons qui leur paraissaient devoir militer en faveur de la prise en considération de cette proposition de M. Delaporte.
- La réunion de la Commission, ainsi préparée, eut lieu le 19 juin 1919. MM. Bigourdan et Delaporte y assistèrent, mais MM. Deslandres, Yves Guyot, Barriol. et le docteur Foveau de Courmelles, empêchés,ne purent s’y rendre. Ce dernier avait envoyé une lettre résumant les raisons spéciales, d’ordre médical, qui doivent, selon lui, venir à l’appui de la proposition de M. Delaporte. MM. Yves Guyot et Barriol ont fait ultérieurement, de leur côté, connaître à la Commission qu’ils se seraient référés aux arguments qu’ils ont eu déjà l’occasion de développer en faveur de cette proposition. Ils l’approuvent parce qu’elle est limitée à l’adoption d’une division, dite économique, du temps, qui permet de constituer un calendrier pouvant être employé, à titre auxiliaire, à côté de tous les calendriers en usage, par ceux qui ont à se préoccuper surtout de questions économiques et de calculs financiers, sans d’ailleurs que l’emploi, qu’ils peuvent faire ainsi de ces divisions spéciales, puisse nuire en rien aux modifications que l’on peut être amené à apporter aux calendriers civils en usage.
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- Au cours de cette séance, la Commission, après avoir examiné la nomenclature des projets de réforme des calendriers ou du moins du calendrier grégorien, qu’il peut y avoir lieu d’envisager actuellement, et parmi lesquels la note B a cherché à établir un classement méthodique, a reconnu qu’il n’y avait réellement à considérer que les projets mentionnés dans les communications de MM.Bigourdan et Deslandres à l’Académie des Sciences, et accessoirement, la proposition d’adoption, à titre auxiliaire, de la division continue du temps en périodes septénaires, désignée par M. Delaporte sous le nom de calendrier économique.
- En ce qui concerne les projets énumérés dans les communications, ci-dessus mentionnées, faites à l’Académie des Sciences,il y avait lieu surtout de faire un choix entre ceux qui respectent la continuité de la semaine et ont pour conséquence de faire commencer les années successives par les différents jours de la semaine et, par suite, de ne pas assurer la correspondance des mêmes jours aux mêmes dates de chaque mois, et ceux qui permettent, au contraire, d’obtenir cette concordance, en rompant la continuité de la semaine, par l’introduction de jours blancs ou jours intercalaires hors semaine.
- Cette question présente d’autant plus d’importance, ainsi qu’a eu l’occasion de le signaler M. Bigourdan, que la rupture de la continuité de la semaine pourrait être invoquée, par les autorités religieuses, pour s’opposer à l’adoption d’une réforme entraînant un nouveau mode de fixation de la fête de Pâques et du cortège de solennités qni en dépendent. Or, on peut dire que l’adoption d’un jour fixe, pour la fête de Pâques, jour que l’on trouve généralement placé au second dimanche d’avril, dans les projets de réformes présentés dans ces dernières années, constituerait un des plus importants avantages que l’on puisse envisager, dans une réforme du calendrier grégorien, tant au point de vue commercial qu’aux points de vue civil et social.
- M. le colonel Renard, appelant l’attention sur l’importance qui s’attache, en effet, à la fixation de la fête de Pâques, signale qu’il a eu l’occasion de prendre, à ce propos, des informations récentes, auprès de hautes autorités ecclésiastiques. Il est heureux de dire que l’opposition que l’on pouvait craindre de voir se continuer, à ce sujet, de la part du Vatican, semble devoir disparaître, si l’on ne propose pas une réforme qui heurte certaines règles liturgiques. Il pense, par suite, qu’il y a lieu de tenir compte, dans le choix des vœux qui seront adoptés par la Commission, de la remarque faite par M. Bigourdan. Ce dernier, prenant la parole, développe les considérations qui doivent, selon lui, guider dans le choix des propositions de réforme du
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- calendrier grégorien et qui sont résumées dans la communication qu'il a faite à l'Académie des Sciences.
- Il insiste sur ce point qu’il y aurait de graves inconvénients à rompre la continuité de la semaine, malgré les avantages qui paraissent en résulter à certains points de vue. Il conseille donc de s’en tenir aux projets dans lesquels on conserve cette continuité, mais il ne serait pas partisan des systèmes dont a parlé M. Toulon et qui ont été classés, sous les lettres b et c, dans le paragraphe G des projets qui conservent la division en semaines et qui constituent la 2e série de la Note B, projets qui conduiraient à avoir des mois composés alternativement de 4 et 5 semaines ou même de 5 et 6 semaines.
- Il accepterait, au contraire, sans opposition, le projet de M. Delaporte qui conduit à l’adoption de 13 mois, égaux chacun à quatre semaines, étant entendu, comme l’indique l’auteur, qu’il ne s’agit que de l’adoption d’un calendrier auxiliaire, se superposant aux calendriers usuels et dont n’ont à faire usage que ceux qui veulent demander, à ce calendrier, des services particuliers, au point de vue économique.
- M. Delaporte, prenant ensuite la parole, lit, après un court préambule, la communication dont on trouvera le texte annexé à ce rapport (Annexe n° IV), et présente à l’appui de sa proposition, des modèles de l’appareil, à cadran mobile, qu’il désigne sous le nom de chronos et qui donnerait, à toute personne voulant faire usage de la division continue du temps par septaines, partant d’une date quelconque dans l’année, le moyen d’établir la concordance d’un jour quelconque, du calendrier qu’elle emploie, avec le calendrier économique dont elle veut se servir conjointement.
- Il indique également le moyen d'obtenir le même résultat par un simple coloriage, en teintes alternées, des calendriers de bureaux, dont l’emploi est si répandu. Il donne des indications sur un certain nombre de cas où son système de calendrier économique se trouve déjà employé, dans des établissements industriels, et il montre, par la lecture d’un grand nombre d’extraits de journaux, que le système de la division économique du temps, par l’utilisation de séries continues de périodes de sept jours, commençant à des dates variables, suivant les circonstances, est déjà fréquemment employé, sans qu’on se soit préoccupé jusqu’ici d’en systématiser et régulariser l’emploi. C’est cette régularisation que l’adoption de sa proposition aurait pour résultat d’assurer.
- M. Salomon, corroborant implicitement les indications de M. Delaporte, signale que, dans les compagnies de chemins de fer, on dresse, pour les recettes brutes des compagnies, par exemple, des statistiques établies par semaines. D’autres membres de la Commission signalent plusieurs exemples de pra-
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- tiques analogues, de diverses sociétés industrielles. Ces exemples montrent que le système proposé par M. Delaporte n’est pas une innovation et est déjà d’usage courant. On peut même signaler que la division du temps adoptée n’est pas toujours la semaine, car on trouve parfois appliquée une division décadaire.
- M. Delaporte fait remarquer que tous ces exemples ne font que confirmer l’utilité de sa proposition, car, dans tous ces cas, il n’est pas établi de concordance systématique avec les divisions du calendrier civil. Les différents systèmes employés manquent, en outre, d’uniformité : c’est cette uniformité et aussi la concordance, avec les divisions des calendriers usuels, qu’il s’est proposé d’assurer. On peut ainsi établir des comparaisons entre les périodes correspondantes des années successives ou entre des exercices financiers, de sociétés industrielles, qui peuvent commencer à des dates variables.
- Il montre encore que son système permet d’établir des calendriers spéciaux pour les différentes périodes annuelles, commençant à des dates différentes, que l’on peut avoir à envisager dans la pratique de la vie sociale ou industrielle.
- Il cite notamment, à titre d’exemples, l’année scolaire, l’année agricole des différents pays ou des différentes cultures, l’année sucrière, les calendriers des chasses ou des pêches, etc.
- Pour compléter les renseignements concernant les projets de réformes des calendriers en usage, dont il y a lieu de se préoccuper, M. le général Sebert fait donner lecture d’une correspondance curieuse qui a été échangée en 1911, entre l’ingénieur-hydrographe français Hanin, l’un des lauréats du concours organisé en 1884 par la Société astronomique de France, et M. le docteur Koeppen, chef du Service météorologique à Hambourg.
- Ce dernier était désireux de faire aboutir les projets de réforme du calendrier grégorien, qui avaient été, de nouveau, mis à l’ordre du jour, à ce moment, après avoir fait l’objet de délibérations de chambres de commerce et de congrès spéciaux,tenus en différents pays.
- Il avait eu l’idée, dans ce but, d’établir une entente entre les auteurs de différents projets qui, conçus à la suite du concours de 1884, ne présentaient entre eux que des divergences de peu d’importance ; il lui paraissait possible de faire disparaître ces divergences, par de légères concessions des intéressés.
- Au premier rang de ces auteurs, M. Koeppen plaçait M. Hanin et il lui proposait, dans cette correspondance, de s’entendre avec lui et avec d’autres auteurs de projets analogues, pour adopter les termes d’une déclaration commune, déterminant les bases à admettre pour arriver à présenter, d’un
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- commun accord, un calendrier unique, susceptible de faire disparaître les défauts des calendriers en usage et d’être adopté comme calendrier universel.
- Dans sa réponse, M. Hanin donnait d’intéressants détails, dont il peut être utile encore aujourd’hui de tenir compte, sur les origines du concours de 1884 et sur les conditions de son organisation.
- Il rappelait, en effet, que l’ouverture du concours avait été provoquée, sous forme confidentielle, par l’abbé Çrozes, aumônier de la prison de la Roquette, au retour d’un voyage à Rome, à la suite duquel, tout en mettant un prix assez élevé à la disposition de la Société astronomique de France, il avait pu indiquer les principales conditions qui paraissaient, selon lui, devoir être imposées au nouveau calendrier à adopter.
- Ces circonstances laissaient entrevoir la possibilité d’une entente avec les autorités religieuses, pour une modification dans la détermination de la date de la fête de Pâques, pour laquelle les projets présentés admettaient presque tous l’adoption d’un jour fixe,
- La lettre de M. Hanin contient encore de précieuses indications sur les principes qui l’avaient guidé dans le choix des dispositions qu’il avait adoptées pour son projet de calendrier. Ces indications sont dignes d’être notées, en les rapprochant des observations contenues dans la communication de M. Des-landres à l’Académie des Sciences, car elles présentent les principaux arguments à invoquer, en faveur des projets comportant l’introduction de jours blancs ou jours numérotés zéro et double zéro, ce dernier pour les années bissextiles. Cette introduction a pour but de permettre d’obtenir que toutes les années ou même tous les trimestres commencent par un même jour. Dans le projet de M. Hanin, ce premier jour était un dimanche et, en fixant au 31 décembre le jour complémentaire des années ordinaires, il marquait, par deux jours de fêtes successifs, le passage d’une année à la suivante.
- Dans le projet dont il s’agit, où les trois premiers trimestres avaient successivement chacun des mois de ^trente et un et trente jours, M. Hanin ajoutait, non seulement, au mois de décembre, un trente et unième jour complémentaire, pour les années ordinaires, mais encore un trente-deuxième, pour les années bissextiles, ce qui entraînait, tous les quatre ans, une interruption de travail de trois jours, si ces jours étaient considérés comme fériés.
- Ce fait pouvait avoir des inconvénients, pour les commerçants, au renouvellement de l’année. Pour éviter cet écueil, M. Koeppen proposait de mettre à la fin de juin, c’est-à-dire à la fin du premier semestre, le deuxième jour complémentaire. Les deux semestres de l’année se trouvaient ainsi semblables, pour les années bissextiles et, pour ces années, tous deux se terminaient par un jour férié.
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- C’était le seul changement que M. Koeppen proposait au calendrier de M. Hanin, en dehors des noms spéciaux, donnés aux mois et basés sur leur ordre numérique, avec des terminaisons variables par trimestre, noms que ce dernier avait aussi proposés, mais auxquels il ne paraît pas avoir attaché d’importance.
- Il n’est pas inutile de rappeler ici que, dans la plupart des projets de réforme du calendrier, proposés à cette époque, et qui conservaient le 1er janvier, comme origine de l’année, on s’était préoccupé de donner aux mois de nouveaux noms, pour faire disparaître notamment le désaccord qui existe entre les noms, à base numérique, des quatre derniers mois de l’année : septembre, octobre, novembre et décembre, et leur rang réel dans la série annuelle.
- Certains auteurs avaient proposé, pour ces nouveaux noms, des mots choisis en partant d’idées de caractère sentimental ou bien se rattachant à des phénomènes naturels ou à des événements historiques. M. Hanin s’était élevé, à juste titre, contre ces propositions, et il avait proposé des noms rappelant l’ordre numérique des mois dans l’année, mais en leur donnant des terminaisons variables, de trois en trois, avec les saisons.
- Il les appelait, en effet : pour l’hiver : I. Primose, II. Secondose, III. Ter-tiose; pour le printemps : IV. Quartal, V. Quinal, VI. Sexal ; pour l’été : VU. Septor, VIII. Octor, IX. Novor, et, pour l’automne : X. Decem, XI. Unde-cem, XII. Duodecem. Mais on peut remarquer que l’on peut se dispenser de créer de nouveaux noms, qui n’auraient pas de caractère international, si l'on prend l’habitude de joindre, aux noms des mois, leur numéro d’ordre dans l’année ou même si l’on se contente de les désigner par ces numéros d’ordre.
- On a aussi proposé d’adopter des noms spéciaux pour les jours complémentaires, quand on les met hors semaine, et même de changer les noms ordinaires des jours de la semaine; mais ces changements, d’ordre secondaire, auxquels on peut faire l’objection de chercher à changer, sans grande utilité, des habitudes séculaires, ont aussi tous le défaut de ne pas donner, pour ces jours, des dénominations internationales.
- Dans sa lettre, M. Koeppen faisait connaître que les autres auteurs de projets, auxquels il avait écrit, pour obtenir leur accord, en vue de présenter un projet commun au Comité permanent du Congrès international des Chambres de Commerce (constitué à la suite de la session de Londres en 1910), étaient MM. Armelin (1887), Grosclaude (1900), Philip (1907) et Busching (1910). Il
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- reconnaît d’ailleurs que le projet de M. le professeur Grosclaude, de Genève, que celui-ci déclarait avoir conçu sans connaître celui de M. Hanin, était semblable à ce dernier, et il ajoute que son propre projet a été inspiré par celui de M. Grosclaude, dont il diffère à peine. Il se proposait d’écrire, dans le même sens, à deux autres auteurs de projets analogues, MM. Saladilof et le Père Rosenkranz, dont il cherchait les adresses d’alors; il avait même songé à solliciter l’approbation de MM. de Glerk et von Hesse-Wartegg, bien que ces derniers ne fussent pas les auteurs de projets particuliers, mais eussent seulement pris part aux polémiques soulevées par la question de la réforme du calendrier. Enfin, comme suite à ces dernières démarches et dans une dernière lettre adressée, à la date du 14 février 1911, à M. Hanin, il envoyait à ce dernier, avec le texte du projet de déclaration qu’il proposait d’y joindre, à l’appui, un projet de calendrier imprimé à Halle-sur-Saale, par les soins de M. Busching, et il annonçait que leur intention commune était de présenter ce projet et cette déclaration, tant au Comité permanent ci-dessus mentionné qu’au gouvernement suisse, qui se serait proposé, paraît-il, de saisir les autres gouvernements de la^question.
- Quelques autres renseignements sur les événements qui se sont passés avant la guerre, au sujet de la réforme du calendrier, sont encore donnés à la Commission, tant par MM. Bigourdan et Delaporte que par M. le général Sebert, au sujet des Congrès, dits mondiaux, tenus à Bruxelles et à Gand en 1910 et 1913, de la Conférence internationale des Académies tenue à Saint-Pétersbourg en 1913, du Congrès spécial tenu à Liège en 1914, et enfin de la Réunion internationale des Chambres de Commerce tenue à Paris en 1914, bien que, dans cette dernière, la question, quoique inscrite à l’ordre du jour, n’ait pas été effectivement traitée.
- Il a encore été signalé à la Commission qu’il y a lieu d’examiner la question de savoir s’il convient de commencer l’année à une autre époque que le 1er janvier. Certains auteurs proposent d’en faire coïncider le début avec le commencement d'une saison, par exemple en en fixant le premier jour, soit au solstice d’hiver, soit à l’équinoxe de printemps.
- Il y aurait lieu aussi d’examiner si, pour éviter l’emploi de nombres aussi grands que ceux qui désignent actuellement les années de l’ère chrétienne, il ne conviendrait pas de faire commencer une nouvelle ère avec le nouveau calendrier réformé qui pourra être adopté.
- Tels sont les principaux faits et documents portés à la connaissance de la
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- Commission, au cours de ses séances, ainsi que les renseignements résultant des communications qu’elle a reçues et qui pouvaient la guider dans l’accomplissement du programme qui lui a été fixé.
- Après discussions et échanges de vues sur les questions ainsi soulevées la Commission, comme conclusion de ses travaux, a arrêté, lors d’une nouvelle réunion, tenue le 3 juillet 1919, le texte des vœux qu’elle a soumis à l’approbation du Conseil d’Administr#atipn de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Ces vœux ont été approuvés par ce Conseil dans sa séance du 9 juillet 1919, sous la forme définitive suivante :
- vœux ÉMIS PAR LE CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIETE D’ENCOURAGEMENT POUR l’industrie NATIONALE DANS SA SÉANCE DU 9 JUILLET 1919
- A la suite de l’étude qui a été faite de la question de la réforme du calendrier, par la Commission spéciale constituée^ cet effet, dans son sein, et qui a recueilli des dépositions importantes sur les principaux projets de réforme qui paraissent susceptibles d’être pris actuellement en considération, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale émet les vœux ci-après :
- Attendu que les projets proposés sont très différents et parfois radicalement, opposés ;
- Que les uns proposent de simples modifications au calendrier grégorien, en vue d’uniformiser les périodes industrielles ;
- Que d’autres demandent l’abandon des mois actuels et leur remplacement par d’autres mois comprenant un nombre entier de semaines;
- Que les uns maintiennent le nombre des mois à douze, tandis que d’autres portent ce nombre à treize ou le réduisent à dix ;
- Qu’un grand nombre de ces projets entraînent l’abandon de la succession continue des semaines ;
- Que d’autres proposent d’adopter, pour l’année normale, une durée de
- 52 semaines, soit 364 jours, avec intercalation périodique d’une année de
- 53 semaines, soit 371 jours;
- Que la plupart des projets se préoccupent de stabiliser la date de la fête de Pâques et, par suite, celles des solennités religieuses qui en dépendent;
- Que d’autres, ne se préoccupant que de faire disparaître les seuls inconvénients qui touchent aux côtés économiques de la question, proposent simplement l’emploi d’un calendrier auxiliaire, laissant subsister l’usage des calendriers civils en service, sans, du reste, s’opposer en rien à ce que ceux-ci soient, de leur côté, transformés et améliorés ;
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- Considérant :
- Que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale pourrait évidemment émettre des vœux isolés, au sujet des différentes questions que soulèvent ainsi ces projets, mais que toutes ces questions se rattachent les unes aux autres ; ;
- Qu’elles s’appliquent à des problèmes complexes, dont la solution intéresse toutes les manifestations de la vie sociale ; «
- Qu’elles concernent, notamment, les pratiques religieuses et que certaines réformes peuvent s’opposer à l’observation de rites confessionnels ;
- Que, d’autre part, ces questions touchent à de graves intérêts économiques, dont la satisfaction présente une véritable opportunité ;
- Attendu :
- Que, dans ces conditions, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale ne pourrait pas choisir, à elle seule, un des nombreux projets en présence ou en présenter un nouveau et qu’un travail de ce genre ne lui paraît pouvoir être fait que par un Congrès spécial, réunissant des représentants de tous les milieux intéressés, mais que, toutefois, elle peut utilement formuler un avis préalable, au sujet de quelques-unes des dispositions spéciales qui caractérisent certains de ces projets,
- Elle émet le vœu :
- Qu’un Congrès spécial soit réuni, à bref délai, en vue de l’étude des conditions auxquelles doit satisfaire la réforme du calendrier et soit mis en mesure de proposer une solution susceptible d’adoption internationale.
- Etant données les circonstances actuelles et tenant compte de la réunion très prochaine, à Bruxelles, de la Conférence interalliée des Académies, en même temps quede celle de l’Union des Associations internationales réorganisée,
- Attendu que ces deux Associations avaient eu déjà, avant la guerre, à s’occuper de la réforme du calendrier,
- Elle leur propose de prendre, de concert, l’initiative d’une démarche auprès des gouvernements alliés et associés et, s’il y a lieu, auprès de la Société des Nations, pour que le Congrès dont il s’agit soit réuni, le plus tôt possible, et de préférence à Paris, de façon à reprendre l’œuvre qui avait été inscrite, en 1914, à l’ordre du jour de la Réunion internationale des Chambres de Commerce, mais qui n’a pas pu y être accomplie.
- De plus, en vue des décisions de détail à prendre dans ce Congrès, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, adoptant les conclusions de la Commission spéciale qu’elle avait constituée, dans son sein, pour l’étude de la question, formule les avis suivants :
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- 1° Elle estime que la réforme du calendrier doit être effectuée en cherchant à troubler le moins possible les habitudes populaires ;
- 2° Elle croit que, pour la préparer, il y a lieu de chercher à provoquer la substitution du calendrier grégorien au calendrier julien, chez les peuples qui font encore usage de ce dernier ;
- 3° Elle croit désirable de limiter, au minimum, la variation de la date du dimanche de Pâques ;
- 4° Elle croit que le projet de réforme du calendrier grégorien doit être cherché, de préférence, parmi ceux qui permettraient de conserver la succession continue des semaines ;
- 5° Elle pense qu’il y a lieu de maintenir la division de l’année en douze mois, susceptibles d’être groupés en trimestres égaux;
- 6° En ce qui concerne la date du commencement de l’année civile, elle ne croit pas utile de changer celle du 1er janvier ;
- 7° En ce qui concerne le numéro d’ordre des années des ères en usage, elle ne croit pas qu’il y ait lieu de se préoccuper de commencer une ère nouvelle avec la réforme qui pourra être adoptée, la décision, au sujet du numérotage des années d’une ère nouvelle, pouvant être prise à une époque quelconque et ne méritant de l’être que lorsque l’origine de cette ère nouvelle remonte à une époque suffisamment éloignée.
- Accessoirement enfin, et en dehors des vœux ci-dessus formulés, en vue spécialement de la satisfaction des intérêts économiques et sans que cela doive nuire à la réalisation des projets de réformes des calendriers civils en usage,
- La Société d’Encouragement signale encore, comme de nature à être recommandé aux personnes intéressées, qui peuvent trouver avantage à en faire usage, le système du calendrier auxiliaire, dit calendrier économique, proposé par M. Delaporte.
- Elle appelle l’attention sur ce fait que ce système et les procédés indiqués par l’auteur, pour établir la concordance entre les divisions usuelles de l’année civile et celle de l’année dite par lui économique, permettraient d’uniformiser et de régulariser l’emploi, qui est déjà fait fréquemment dans l’industrie, de divisions spécialement créées en vue d’opérations comptables ou statistiques.
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- EXPOSÉ HISTORIQUE DE LA RÉFORME DES CALENDRIERS.
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- ANNEXES I
- NOTE A. — LA RÉFORME DES CALENDRIERS EXPOSÉ SOMMAIRE DE LA QUESTION
- L’examen des différentes propositions qui peuvent être présentées, tant pour la réforme du calendrier grégorien, en usage en France et dans la plupart des pays en relation avec nous, que pour l’uniformisation des autres calendriers encore employés dans différents pays, exige que l’on tienne compte des données scientifiques qui sont à la base de ces divers calendriers et des conditions multiples qu’ils ont à remplir.
- La présente note a'pour but de résumer sommairement ces renseignements et de donner quelques indications générales sur la nature des défauts et des inconvénients qui sont reprochés aux calendriers en usage, ainsi que sur les différents types de projets de réformes qui en ont été proposés, de façon à guider, dans l’examen de ces propositions, les membres de la Commission spéciale qui s’est constituée, comme suite à la lettre du président de la Société en date du 28 mars 1919.
- Les principaux renseignements donnés dans cette note sont extraits de Y Annuaire du Bureau des Longitudes et de l’article « Calendrier » du Dictionnaire général de la politique de M. Maurice Bloch. On a ajouté, en annexe, la bibliographie d’un certain nombre de documents concernant la même question. Voir aussi : Francoeur : Théorie du calendrier (Encyclopédie Roret de 1842).
- Les divisions du temps qui constituent les calendriers et qui servent, dans tous les pays, à régler les actes de la vie sociale, sont principalement régies par les révolutions des astres de la voûte céleste.
- Elles ont été originairement adoptées par les peuples pasteurs qui, habitant entre les tropiques, observaient des phénomènes célestes, relativement simples, dont ils ont déduit des règles qu’il a fallu ensuite préciser et rectifier, en créant les divisions plus compliquées, qui ont été successivement admises.
- La rotation de la terre autour de son axe, qui produit la succession des jours et des nuits et qui exerce son action sur tous les êtresfanimés, a tout d’abord naturellement donné la période diurne.
- Mais la durée du jour, comprise entre le lever et le coucher du soleil, varie en un même lieu, suivant les saisons, par suite de la forme elliptique de l’orbite terrestre. Cette durée varie aussi, suivant la position des lieux en latitude.
- On a été, par suite, comme nous le verrons plus loin, amené à adopter, pour la durée du jour, au moins dans les pays civilisés, une valeur fixe conventionnelle, appelée « jour moyen » et qui s’obtient en substituant, au soleil, un astre fictif, effectuant sa révolution d’un mouvement rigoureusement uniforme et sous l’équateur.
- La révolution de la lune autour de la terre a conduit ensuite les hommes à l’adoption de la période lunaire qu’ils ont évaluée d’abord à 28 jours seulement et divisée en 4 périodes égales ou semaines de 7 jours, par suite, sans doute, de l’observation superficielle des phases de la lune, dont la production a dû leur paraître longtemps mystérieuse.
- Tome 431. — 2* semestre«— Juillet-Août 1919.
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- Il est à remarquer que cette division du temps en semaines de 7 jours, dont l’origine réelle est encore incertaine, est restée immuable depuis lors et forme une série continue et ininterrompue de jours, qui se reproduisent, indéfiniment, dans le même ordre, dans presque tous les calendriers en usage.
- Cette période lunaire mensuelle a servi de base aux premiers calendriers purement lunaires, dont l’emploi s’est prolongé dans certains pays, mais la durée du mois lunaire, c’est-à-dire du retour de la lune à la même situation dans le ciel, par exemple, du retour de la pleine lune au méridien d’un même lieu étant variable, dans certaines limites, par suite de la forme elliptique de l’orbite lunaire et aussi de l’inclinaison de l’axe terrestre sur le plan de l’écliptique, on a dû admettre, pour ces calendriers lunaires, des mois de longueur variable, les uns de 29 et les autres de 30 jours.
- On a d’ailleurs rapidement été amené à établir une relation entre les divisions du temps, résultant du mouvement de la lune et celles résultant du mouvement apparent du soleil et les calendriers lunairesse sont, presque tous, transformés en calendriers 1 uni-solaires.
- La révolution apparente du soleil autour de la terre, qui provoque la succession des saisons, devait naturellement aussi intervenir dans la division du temps et dans la formation des calendriers, qui doivent tenir compte de toutes les conditions qui influent sur la marche de la vie sociale.
- Mais la durée de cette révolution, qui constitue l’année tropique, ne correspond, ni à un nombre exact de jours, ni à un nombre entier de périodes lunaires mensuelles. Cette durée est, en effet, en négligeant les secondes, de 365 jours 5 heures 48 minutes ou en valeur décimale du jour 365,242 environ.
- Il en résulte qu’on ne peut établir une concordance exacte entre la période annuelle, déterminée par le mouvement apparent du soleil, et les périodes diurnes ou mensuelles, basées sur les mouvements de la terre et de la lune.
- On a dû, par suite, admettre l’emploi de jours complémentaires dans la formation des calendriers qui cherchent à relier ces périodes à la période annuelle solaire.
- C’est ce que l’on trouve, notamment, dans le calendrier copte, encore en usage en Égypte et en Éthiopie, dans lequel l’année se compose de 12 mois, de 30 jours chacun, suivis, pendant trois années de suite, de 5 jours complémentaires et, la 4e année, de 6 jours semblables.
- Le calendrier musulman est resté purement lunaire et sans concordance avec l’année solaire, mais pour le calendrier israélite, on admet successivement deux séries d’années qui ont les unes 353, 354 ou 355 et les autres 383, 384 ou 385 jours, suivant que ces années sont défectives, régulières ou abondantes et qu’elles sont appelées communes ou embolistiques. Ces années se succèdent, entre elles, de telle sorte qu’après une période de 19 ans le commencement de l’année israélite arrive à la même époque de l’année solaire. L’année israélite est donc une année luni-solaire.
- D’autres calendriers luni-solaires sont encore en service dans certains pays ; tels sont ceux que l’on trouverait, paraît-il, encore employés, en même temps que d’autres, dans l’Inde et en Chine.
- Dans l’un des calendriers luni-solaires, en usage dans l’Inde, l’année a 12 mois, mais on intercale, tous les trois ans, un mois supplémentaire et l’année commence à la nouvelle lune.
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- En Chine, le calendrier luni-solaire comporte des années communes de 12 lunaisons, entre lesquelles on intercale, de temps en temps, une année pleine de 13 lunaisons. Les années communes renferment, par suite, 354 ou 355 jours et les années pleines 383 ou 384. Le premier jour de l’année commence à une date variable entre le 20 janvier et le 19 février, et les années forment deux cycles de 60 années chacun, commençant en même temps, mais que l’on subdivise l’un, décimalement, et l’autre, duodéci-malement, suivant les circonstances, en désignant les mêmes années par des caractères différents, ce qui, on le comprend, entraîne des complications.
- Les calendriers les plus en usage dans les pays occidentaux, qui sont ceux qui nous intéressent le plus, résultent de la réforme du calendrier romain opérée par Jules César. Les chrétiens en ont fixé, postérieurement, l’origine au 1er janvier de l’année qui a suivi, selon les traditions, la naissance de Jésus-Christ, soit 45 ans après la réforme.
- Le premier calendrier romain n’avait, dit-on, du temps de Romulus, que 10 mois de 30 ou 31 jours; l’année, qui commençait en mars,n’avait ainsi que 304 jours et l’on fut conduit à y insérer des jours complémentaires, sans leur donner des noms particuliers.
- On attribue à Numa une réforme qui consista à porter de 304 à 355 le nombre des jours et de 10 à 12 le nombre des mois. Les deux nouveaux mois étaient placés l’un avant mars, l’autre après décembre. - . '
- Plus tard, après avoir fait l’essai d’un mois complémentaire intercalé, tous les deux ans, après le mois de février, on fut conduit à augmenter définitivement l’année de 10 jours. On répartit ces 10 jours entre les nouveaux mois, dénommés janvier et février, qui furent placés tous deux avant mars et l’on fit commencer l’année au 1er janvier, ce qui eut pour résultat que les mois de septembre à décembre, dont les noms indiquaient précédemment le numéro d’ordre dans l’année, cessèrenl de correspondre à cet ordre.
- Le calendrier de Jules César, adopté parles premiers chrétiens et qui, sous le nom de calendrier julien (vieux style), reste encore en usage dans les pays de religion grecque orthodoxe, est caractérisé par ce fait que, pour tenir compte de la fraction de jour, qui figure dans la longueur moyenne de l’année, trois années communes de 365 jours sont suivies régulièrement d’une année, dite bissextile, de 366 jours.
- Le jour intercalaire ou complémentaire est ajouté au mois de février, qui ne compte que 28 jours dans les années ordinaires, tandis que les autres mois ont les uns 30 et les autres 31 jours.
- Mais l’année tropique étant, en réalité, plus courte que l’année julienne, de 11 minutes environ, il est arrivé que le commencement de cette année julienne a retardé progressivement de 3 jours, en 400 ans à très peu près. Pour conserver à l’année son caractère solaire, c’est-à-dire faire en sorte que les mêmes saisons reviennent toujours aux mêmes époques de l’année et, en particulier, que l’équinoxe de printemps se produise toujours aux environs immédiats du 21 mars, comme cela arrivait en 325, lors du Concile de Nicée,le pape Grégoire XIII, en 1582, a ordonné, dans les pays catholiques, la suppression des 10 jours de retard qu’avait alors le calendrier julien sur l’année solaire et, pour éviter la reproduction de ces retards, il a décidé, pour maintenir perpétuellement l’accord entre le calendrier et le soleil, de rendre communes trois années séculaires sur quatre. On ne conserve plus, comme bissextiles, que les années séculaires, dont le millésime divisé par 100 reste un nombre divisible par 4.
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- Le calendrier grégorien a été adopté, après un délai plus ou moins long, par tous les peuples catholiques et protestants. Il est en vigueur aussi, au Japon depuis 1873, et en Chine depuis 1912, les mois étant désignés par leurs numéros d’ordre. Les peuples chrétiens, qui se rattachent à l’église grecque orthodoxe, c’est-à-dire les Russes, les Roumains, les Grecs et tous ceux de la péninsule balkanique, ont conservé plus longtemps l’usage du calendrier julien, mais, dans ces dernières années, plusieurs de ces pays se sont ralliés à l’usage du calendrier grégorien.
- La date grégorienne (nouveau style) d’un jour donné surpasse la date julienne (vieux style) de 13 jours depuis l’année 1900 et l’on conçoit, d’après les indications qui précèdent, combien il est gênant, dans les relations internationales, d’avoir à tenir compte de cet écart, ainsi que des différences que présentent aussi les autres calendriers en usage dans le monde, pour établir la concordance entre les dates d’un même événement, calculées d’après ces divers calendriers.
- Le développement des relations internationales, dans ces dernières années, a rendu de plus en plus sensibles les inconvénients qui résultent de cette diversité des calendriers usités dans les différents pays. Les transmissions télégraphiques, les longs voyages en chemins de fer et enfin les voyages rapides en avions, ont attiré, de plus en plus, l’attention sur la question et provoqué les propositions de réformes des calendriers, qui feraient disparaître ces inconvénients.
- La question est d’autant plus compliquée que, dans chaque pays, les usages locaux et surtout les rites des différentes religions ont introduit, dans l’établissement des calendriers, des jours de repos et de fêtes et des périodes de vacances ou de chômages, dont les correspondants, les voyageurs ou les visiteurs ont à tenir compte et qui entraînent des complications multiples.
- Le calendrier grégorien, qui a reçu les dernières corrections indiquées par la science astronomique, est celui que l’on a cherché le plus à répandre et, pendant la durée même de la guerre qui se termine, il a reçu de nouvelles extensions qui le mettent en usage dans la plus grande partie du monde civilisé. Il aurait, en effet, au moins en principe, été imposé par les Allemands en Turquie et par les révolutionnaires russes à la Russie entière.
- Son adoption peut donc être considérée déjà comme un progrès réel, mais au point de vue des lêtes,qui troublent la régularité des transactions et des actes delà vie sociale, ce calendrier laisse subsister un grave inconvénient, que présentait déjà le calendrier julien. Cet inconvénient provient de ce que la fête de Pâques et le cortège des fêtes et cérémonies rituelles qui en dépendent n’ont pas lieu à date fixe, chaque année, mais sont fixées, en vertu d’une décision remontant au Concile de Nicée, tenu en 325, à des dates variables chaque année, dates difficiles à calculer d’ailleurs et qui, pour la fête de Pâques, peuvent varier du 22 mars, au plus tôt, au 25 avril, au plus tard. Les mêmes dates se reproduisent seulement dans une période de dix-neuf ans, qui constitue le cycle lunaire dit de Méton.
- Si l’on ne considère pas les relation s internationales, mais soulement les conditions habituelles de la vie sociale, dans un même pays, on rencontre encore beaucoup d’inconvénients, de diverses natures, résultant des irrégularités des divisions du temps, quel que soit le calendrier considéré; mais on peut dire que les principaux de ces inconvénients résultent de la variation de date de la fête de Pâques, pour le calendrier julien, comme pour le calendrier grégorien.
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- Aussi, la plupart des réformes proposées ont-elles visé la fixation de cette fête à une date constante dans l’année. Cette proposition a jusqu’ici rencontré une opposition venant des autorités religieuses. Elle parait cependant de nature à être actuellement acceptée par ces autorités.
- Avant d’aborder l’examen de ces propositions de réformes, il convient de signaler encore qu’en remontant dans l’histoire des âges, on trouve trace d’un système de calendrier, employé par les peuples pasteurs, dans lequel, pour éviter les variations observées dans le cours des planètes et du système solaire, on avait cherché à obtenir une division régulière du temps, par l’observation du lever et du coucher de certaines étoiles, convenablement choisies, parmi les constellations de la voûte céleste.
- Le choix de ces étoiles avait été fait de façon à constituer 36 décans, dont chacun précédait une décade ou durée de 10 jours et c’est là, que peut se trouver l’origine de la décade, que l’on retrouve dans certains calendriers, comme le calendrier égyptien, le calendrier républicain et le calendrier positiviste d’Auguste Comte.
- Deux autres points de détail, dont il y a lieu de tenir compte encore, dans l’examen des propositions de réforme des calendriers, sont, d’une part, le choix de la date du jour du commencement de l’année, et, d’autre part, la date du commencement de l’ère, adoptée pour la numération des années successives.
- L’année a commencé successivement à des dates différentes, suivant les peuples et selon les temps. En France notamment, elle a commencé successivement le jour de Noël, le l*r janvier,le 1er mars, le 25 mars et enfin le jour de Pâques, mais le commencement en variait d’une province à l’autre. La date’en a été fixée au 1er janvier, à partir de 1560, en France et dans certains pays de l’Europe; le calendrier républicain avait fixé le commencement de l’année à l’équinoxe d’automne.
- En ce qui concerne l’énumération des années successives, des ères diverses ont été proposées, pour guider les historiens et les chronologistes, mais peu d’entre elles ont subsisté.
- L’ère chrétienne, qui fixe la numération des années 'du calendrier grégorien, commence au début de l’année 754 de Rome, 7 jours après la naissance présumée du Christ (Elle n’a été introduite dans le monde occidental qu’en 532 par le moine Denys le Petit). Les années qui précèdent sont décomptées négativement, mais les astronomes donnent, à la première de cesjmnées, le numéro zéro, tandis que les chronologistes lui donnent le numéro 1.
- L’ère de l’Hégire, ou ère mahométane, date du 16 juillet 622, mais l’année musulmane étant lunaire et plus courte que- l’année grégorienne, on ne peut établir la concordance des deux qu’à l’aide de calculs compliqués. Le calendrier musulman serait, en 1919, à l’année 1337 de l’Hégire.
- Le calendrier israélite était, d’autre part, en 1917, à l’année 5677 de l’ère israélite, dont le comput remonte, dans sa forme actuelle, au ive siècle après Jésus-Christ.
- Les nombres qui désignent les années, dans toutes ces ères, étant très élevés, on a émis la pensée, si l’on adopte prochainement un nouveau calendrier, de commencer, pour son emploi, une ère nouvelle, qui pourrait coïncider, peut-être, avec la création de la Société des Nations.
- Enfin, pour les projets de réformes, qui conservent, à la base, la période de la
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- semaine, il y a lieu de se préoccuper de la question sur laquelle les communications de M. Bigourdan et de M. Deslandres, à l’Académie des Sciences, ont appelé l’attention.
- Jusqu’ici, dans tous les calendriers encore en usage, la continuité de la semaine est restée établie, ce qui a l'inconvénient de faire commencer successivement les mois et les années par tous les noms des jours de la semaine, qui se suivent indéfiniment dans le même ordre, mais, par contre, cela donne une grande facilité aux chronologistes, pour la recherche des dates historiques. On verra que ce n’est qu’en rompant cette continuité, par l’interposition de jours intercalaires hors semaines, que l’on peut faire disparaître les principaux défauts des calendriers usuels, quand on ne fait pas, comme dans certains projets de réformes, table rase même de la période de 7 jours.
- - Après cet exposé, qui a permis d’énumérer, en en précisant la nature, toutes les conditions qui interviennent dans la formation des calendriers usuels et dont il y a à tenir compte dans les projets qui peuvent être présentés pour la réforme de ces calendriers, il nous resterait à exposer les différents systèmes qui ont pu être proposés, successivement, en vue de ces réformes, ou, tout au moins, ceux -qui sont encore actuellement en présence.
- Mais ces projets sont trop nombreux pour qu’il soit possible, dans les limites de cette note, de donner l’analyse de chacun d’eux. Nous renverrons donc simplement aux renseignements bibliographiques qui les concernent et qui sont réunis dans l’annexe à cette note.
- Nous signalons toutefois que les notes présentées à l’Académie des Sciences, dans les séances des 6 et 20 janvier derniers, par MM. Bigourdan et Deslandres, ont rappelé sommairement les caractéristiques des principales propositions de réforme qui paraissent de nature actuellement à être prises en considération. Le Bulletin de la Société d'Economie politique a fait connaître, d’autre part, le projet de réforme spécial qu’a présenté M. Delaporte, à titre de suggestion, en se bornant à envisager particulièrement les inconvénients que présentent les calendriers usuels, au point de vue des questions d’ordre économique, dont le règlement dépend de la division du temps, telles que les questions de statistique, d’opérations financières ou de tractations commerciales et industrielles.
- Notre Commission aura l’occasion, sans doute, d’entendre, avec détails, l’exposé de chacun de ceux de ces projets qui peuvent présenter quelque chance d’adoption et sur lesquels l’avis de notre Société peut être demandé.
- Pour guider dans l’examen de ces projets, nous dirons seulement ici qu’on peut les grouper en trois grandes séries, qui répondent à des conceptions différentes, basées sur la façon dont on envisage, avec plus ou moins de hardiesse, la possibilité des réformes à réaliser.
- La première série est celle des nouveaux calendriers proposés par les réformateurs faisant table rase des institutions et des conventions existantes et qui n’ont pas craint de proposer des solutions nouvelles radicales et basées sur des données rationnelles. C’est ainsi qu’ont été proposés le calendrier républicain et le calendrier positiviste d’Auguste Comte.
- Il n’est pas besoin de dire que ce genre de réforme, après les essais infructueux d’application, dont ces calendriers ont été l’objet,ne paraît pas devoir actuellement être pris en considération,
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- Dans la seconde série, on a cherché à toucher, le moins possible, aux usages et aux coutumes populaires, en se contentant d’essayer de régulariser les divisions usuelles de l’année en semestres, en trimestres eten mois, tout en conservant la succession régulière des semaines, sauf à en rompre la continuité, par l’intercalation de jours supplémentaires, pour que les mêmes dates correspondent, toujours, aux mêmes jours de la semaine.
- C’est à cette série qu’appartiennent le plus grand nombre des propositions de réformes présentées dans ces dernières années et notamment celle que M. Deslandres préconise, parmi celles-ci. C’est celle qui avait été déjà prise en considération, en 1913, par l’Association internationale des Académies, ainsi que par les différentes Conférences des chambres de commerce ou les Congrès spéciaux qui, à cette époque, s’étaient occupés de cette question, dont on peut dire que la guerre -a seule, sans doute, empêché alors la solution.
- Il n’est pas inutile de faire remarquer que les propositions qui avaient, en ce moment, réuni le plus de suffrages faisaient partie des nombreux projets dont l’éclosion avait été provoquée par le concours ouvert, en 1884, par la Société astronomique de France et dont les principales circonstances sont rappelées par la Note de M. Deslandres.
- Les documents bibliographiques, concernant ces projets, montrent que les tentatives qui avaient été faites, pour amener une entente entre les auteurs de ceux de ces projets, qui ne diffèrent que par des détails de faible importance, avaient abouti à des résultats qui permettaient d’espérer une prompte solution de la question.
- Dans une troisième série enfin, on prend pour base la succession ininterrompue des semaines, qui se reproduisent, comme on sait, uniformément, dans tous les calendriers, pour constituer, par la réunion de nombres entiers de semaines, des mois nouveaux de 4, 5 ou même 6 semaines, se succédant dans un ordre constant, de façon à constituer des années toutes semblables, soit de 10 mois ayant les uns 5 et les autres 6 semaines, soit de 12 mois comptant les uns 4 et les autres 5 semaines, soit enfin de 13 mois comptant uniformément chacun 4 semaines.
- Notre Commission aura à examiner les avantages et les inconvénients que présenteraient ces systèmes. Elle verra que le dernier conduit à la proposition qu’exposera M. Delaporte et qui pourrait, au moins à titre provisoire et transactionnel, satisfaire aux principales exigences qu’ont en vue les réformateurs,^ laissant subsister, parallèlement à l’emploi d’un calendrier auxiliaire, dit économique, tous les calendriers en usage ou, tout au moins, le plus répandu d’entre eux, le calendrier grégorien, enlaissant d’ailleurs la possibilité d’y apporter les améliorations dont il est susceptible, telles notamment que celle de la fixation de la fête de Pâques.
- Le P résident de la Commission, Général Sebert.
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- NOTE B. — CLASSEMENT ET RÉSUMÉ DES DIVERS PROJETS ÉTUDIÉS ET PROPOSÉS POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER
- 1° Projets adoptant des divisions autres que la semaine. — Ce sont les projets de réforme qui renoncent à la division en semaines : calendrier républicain avec la décade, calendrier positiviste, etc. Ces systèmes ne présentent pas d’avantages particuliers qui puissent compenser l’abandon delà répartition des jours de l’année en semaines de 7 jours. Il n’y a pas lieu d’insister, ni de s’attarder à exposer des projets si éloignés de la pratique des pays civilisés.
- 2° Projets conservant la division en semaines. — L’année normale de 365 jours n’a pas un nombre entier de semaines ; elle contient 52 semaines plus un jour.
- Le projet présenté par M. Bigourdan consiste simplement à régulariser les trimestres et les semestres par l’adoption de mois de 30 et 31 jours; chaque trimestre est formé de mois ayant successivement 31, 30, 30 jours, saufle dernier trimestre terminé par un mois de 31 jours. Les années successives commencent ainsi par des jours différents, comme actuellement.
- Pour réaliser un calendrier universel, où les jours de la semaine se présentent toujours aux mêmes dates, deux solutions ont été proposées : l’une consiste à ajouter, tous les ans, soit 'un jour complémentaire hors semaine, soit deux jours complémentaires, dans le cas des années bissextiles; [l’autre solution maintient la continuité de la semaine, en prévoyant une année normale de 52 semaines, avec addition d’une semaine complémentaire, tous les cinq ou six ans. Cette dernière méthode permet de ne pas rompre la continuité de la semaine. Le premier procédé, au contraire, oblige à mettre, tous les ans, un jour, et, tous les quatre ans, deux jours hors de la semaine.
- Par l’une ou l’autre méthode, les diverses dates correspondent aux mêmes jours de la semaine dans les années successives ; le calendrier est perpétuel.
- Les subdivisions de l’année, ramenée normalement à 52 semaines, sont établies suivant diverses combinaisons par les principaux auteurs de projets de réforme.
- A. Trimestres composés de mois ayant successivement 31, 30, 30 jours / projets Armelin, Hanin, Büsching, Koeppen, Rose;
- B. Trimestres [composés de mois ayant successivement 30,30, 31 jours : projets Flammarion, Grosclaude, Philip, Armand Baar, Deslandres.
- Dans ces divers systèmes, les mois commencent et finissent par des jours différents, mais, au bout de chaque période de 3 mois, les mêmes variations se reproduisent identiquement.
- G. Mois ayant un nombre entier de semaines :
- a) Projets Guiches, Delaporte. Les 52 semaines de l’année sont réparties en 13 mois égaux de 4 semaines, soit 28 jours.
- Autres projets :
- b) 4 trimestres de 13 semaines chacun. Chaque trimestre composé de mois ayant successivement 4, 5, 4 semaines, soit 28, 35, 28 jours ;
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- bibliographie relative aux réformes du calendrier. 89
- c) L’année est divisée en 10 mois. Chaque moitié de l’année est composée de 5 mois ayant successivement 5, 5, 6,5, 5 semaines, soit 35, 35, 42, 35, 35 jours.
- Dans ces divers systèmes, les jours complémentaires, s’il y a lieu, sont ajoutés, soit au commencement, soit à la fin, soit au milieu de l’année, et sont généralement des jours de fête.
- * *
- Améliorations diverses. — Divers auteurs ont proposé de modifier l’époque du début de l’année ; les uns proposent l’équinoxe de printemps, d’autres, en plus grand nombre, le solstice d’hiver, 22 décembre actuel.
- La détermination d’une date fixe pour la fête de Pâques est généralement désirée.
- Enfin, il convient de rappeler, pour mémoire, que plusieurs auteurs demandent des noms nouveaux pour les jours de la semaine et pour les mois de l’année.
- Les indications données à la suite de ce résumé comprennent les principaux renseignements bibliographiques relatifs à la réforme du calendrier.
- Le rapporteur,
- Paul Toulon.
- NOTE C. - BIBLIOGRAPHIE
- 1859. — Calendrier rationnel (H. Barnout).
- 1860. — Calendrier. Réforme des divisions de Cannée (P. Rabut).
- 1879. — Astronomie populaire. Note de Camille Flammarion.
- 1884. — Astronomie (Revue). Note de Camille Flammarion.
- 1885. —- Astronomie. Concours ouvert pour la réforme du calendrier.
- 1887. — Astronomie. Rapport sur ce concours par Maurice Fouché.
- . Prix décernés dans l’ordre suivant :
- 1er prix : Armelin ;
- 2e prix : Hanin ;
- 3e prix : Francis de Rancy ;
- 4e prix : H. Barnout ;
- 5e prix : Rémy Thouvenin ;
- 6e prix : Blot.
- 1910. — Congrès international des Chambres de Commerce ; 4e Congrès à Londres.
- 1912. — — — — 5e Congrès à Boston.
- 1914. — — — — 6» Congrès à Paris.
- 1910. — Congrès mondial de Bruxelles :
- Projet de réforme du calendrier, par Carlos Hesse (projet précédemment envoyé au Congrès pan-américain de Santiago du Chili) ;
- Réforme du calendrier, par W. Foerster.
- 1914. — Congrès international de Liège pour la Réforme du Calendrier :
- Vote contre l’adoption du projet de 13 mois présenté par M. Delaporte ;
- Vœu pour un calendrier perpétuel invariable.
- 1913. — Rapports du Congrès mondial de G and- Bruxelles.
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- 90 COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER. —• JUILLET-AOUT 1919.
- 1913. — Association internationale des Académies. Vote d’un vœu pour l’étude de la réforme du calendrier; Saint-Pétersbourg, 17 mai 1913.
- 1910. — La réforme du calendrier, par W. Koeppen, Genève (Internacia scienca revuo, juillet 1910).
- 1913. La réforme du calendrier, par Jules Henriet [Comptes rendus de VAssociation pour VAvancement des Sciences).
- 1913. — Le calendrier universel, par Paul Delaporte, préface de M. Flammarion, Paris, Le Soudier.
- 1917. — Projet de réforme du calendrier grégorien, par le Père Henri Dugout. Shangaï.
- 1917.—De la réformé du calendrier, par W. Koeppen. Hambourg. Le Monde dans le miroir de VEspéranto (revue allemande), févr. 1917.
- 1917. — La réforme du calendrier au point de vue économique, par Paul Delaporte. {Génie civil, 1917, 2* semestre, page 345).
- 1917. — Le calendrier babylonien, par G. Bigourdan (Annuaire du Bureau des Longitudes).
- 1918. — La réforme du calendrier au point de vue économique (Bulletin de la Société d'Économie politique, février 1918).
- 1917. — Ligue économique « Chronos » pour la réforme du calendrier, fondée en 1917, siège social, 28, rue Serpente, Paris. Président d’honneur, M. le général Sebert; président, M. Yves Guyot.
- 1919. — Comment on voudrait réformer le calendrier, parl’abbé Moreux (Hore, gazette mensuelle, avril 1919).
- 1919. — Projet de réforme du calendrier civil actuel, note de G. Bigourdan [Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, 6 janvier 1919).
- 1919. — Sur la réforme du calendrier, par H. Dëslandres (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 20 janvier 1919).
- Le rapporteur,
- Paul Toulon.
- ANNEXES II
- COMMUNICATIONS FAITES A L’ACADÉMIE DES SCIENCES EN JANVIER 1919
- 1° Projet de réforme du calendrier civil actuel (julien-grégorien).
- Note de M. G. Bigourdan, séance du 6 janvier 1919 (Voir les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 1919, 1er semestre, p. 21).
- 2° Sur la réforme du calendrier.
- Note de M. H. Deslandres, séance du 20 janvier 1919 (Voir les Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 1919, 1er semestre, p. 133).
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- CALENDRIER AUXILIAIRE ÉCONOMIQUE, LE CHRONOS. 91
- ANNEXE III
- » s
- COMMUNICATIONS FAITES A LA SOCIÉTÉ D’ÉCONOMIE POLITIQUE EN FÉVRIER 1919
- Communications de MM. A. Barriol, Paul Delaporte, général Sebert, à la Société d’Ëconomie politique, séance du 5 février 1918 (Voir le Bulletin de la Société d'Économie politique, année 1918, p. 21 à 30).
- ANNEXE IV
- COMMUNICATION DE M. PAUL DELAPORTE A LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE (COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER, SÉANCE DU 19 JUIN 1919).
- PROJET DE DIVISION ISOCHRONE DE l’âNNÉE.
- EMPLOI D’UN CALENDRIER AUXILIAIRE ÉCONOMIQUE, LE CHRONOS
- MM. Deslandres et Bigourdan ont appelé, à nouveau, l'attention du monde savant sur la question de la réforme du calendrier, par des notes présentées récemment à l’Académie des Sciences.
- Ils estiment le moment venu, à la suite des événements que le monde vient de traverser, de modifier un instrument reconnu, depuis longtemps, imparfait, mais dont on continue à se servir, par habitude séculaire.
- Ces savants astronomes se placent à ce point de vue que les divisions du calendrier sont arbitraires, et ils estiment que celui-ci gagnerait en commodité si les trimestres étaient rendus égaux. Cependant, d’après leurs systèmes, les jours continueraient à être répartis en mois de 30 ou 31 jours, toujours inégaux et indivisibles en semaines.
- Dans ces projets connus de réforme trimestrielle, comme dans la plupart de ceux qui retiennent l’attention des computistes, on compterait 364 jours invariables, plusun ou deux jours hors série, selon que l’année serait 'ordinaire ou bissextile, et l’on ferait de ces derniers des jours neutres ou des jours de fête.
- Mais, pour accomplir cette réforme, il serait nécessaire de rompre la continuité de la semaine, les noms des mêmes jours devant perpétuellement se retrouver aux mêmes dates, contrairement à ce que présentent les calendriers.
- Tels sont les projets de réforme trimestrielle. D’autres solutions sont proposées sur la même formule ; elles ne diffèrent des précédents que par l’arrangement respectif des mois de 30 et 31 jours et par la place à donner aux jours neutres : commencement, milieu ou fin de l’année.
- Les inconvénients résultant des défauts des calendriers en général et, en particulier, du calendrier grégorien, sont surtout sensibles, lorsqu’il s’agit de statistiques, d’opérations financières ou de tractations commerciales ou industrielles ; en un mot» de questions d’ordre purement économique, dont le règlement dépend de la division
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- 92 COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER. -------- JUILLET-AOUT 1919.
- du temps annuel. Aussi, à la suite d’une longue étude et d’une série d’applications couronnées de succè9, nous nous sommes placé à un tout autre point de vue.
- S’il est vrai que les calendriers présentent des incommodités, telles que celle, par exemple, de ne pouvoir s’inscrire dans la mémoire, en raison de leurs complications, nous estimons que ces incommodités sont d’importance secondaire, à côté de leurs autres défauts, dont l’un des plus sérieux est de présenter des divisions, semaines et mois, qui ne peuvent être rapportées entre elles, ni avec l’année, de façon simple et rationnelle, mathématiquement parlant. En effet, les applications scientifiques et les lois économiques exigent, de plus en plus, que les jours, pris dans l’année ou dans toute autre durée périodique, puissent être divisés mathématiquement.
- Mais, d’un autre côté, de sérieux motifs s’opposent à ce que les divisions, arbitraires mais séculaires, des calendriers, soient abandonnées, de manière absolue, cet abandon présentant de graves inconvénients, surtout pour les masses populaires, dont les habitudes ne peuvent être transformées, d’un seul coup, de façon radicale.
- Il paraît donc y avoir, dans la réforme du calendrier, une incompatibiüté absolue entre l’habitude acquise et le besoin nouveau. C’est pour cette raison que les solutions, qui ne sont que des moyens termes, entre une règle devenue désuète et une mesure aujourd’hui nécessaire, ne peuvent donner satisfaction à tous les desiderata : leur adoption aurait pour unique effet de troubler tout le monde et de ne satisfaire personne.
- A la suite de notre étude et des applications que nous avons tentées, avec succès, dans les comptes industriels et commerciaux, nous sommes parvenu à cette conclusion que le problème du calendrier ne peut pas plus être résolu, aujourd’hui, de la façon que l’on propose, que ne l’eût été, autrefois, celui de l’heure, par la simple réforme des cadrans solaires et des clepsydres : lors qu’apparut l’horloge, on conserva ces divers et grossiers instruments, qu'on laissa continuer à marquer des indications approchées, et l’on ne chercha nullement à les transformer, pour leur faire donner des précisions impossibles qu’une invention nouvelle, toute différente de principe et basée sur la mécanique, avait pu seule apporter.
- Nous estimons, de même, que les calendriers, en raison de leur origine rituelle, des règles confessionnelles qu’ils imposent, des traditions qu’ils perpétuent, des habitudes qu’ils marquent ou, encore, des faits historiques et astronomiques qu’ils enregistrent, de la même façon, depuis des siècles, doivent être, en principe, conservés sans modification aucune et malgré leurs incommodités ou imperfections. Nous croyons que leur rôle séculaire doit se poursuivre, tant que les masses y trouveront utilité ou y verront une obligation, espérant, toutefois, par raison d’unité, que l’un d’eux prendra la prépondérance dans le monde entier et deviendra la règle universelle. Ce rôle d’unification incombe certainement au calendrier grégorien.
- Mais, actuellement, à notre époque de précision en toutes choses, surtout en matière de calculs et de mesures, un nouveau besoin se fait sentir : celui de pouvoir se référer, pour compter les jours, à un même étalon de durée quelle que soit l’origine ou la fin de l’espace de temps considéré. A ce besoin, doit correspondre un nouvel instrument. Ce que l’on peut demander à celui-ci, c’est d’être un auxiliaire des calendriers, venant s’adjoindre à eux, se superposant à leurs règles et pouvant même se substituer un jour, dans la vie courante, à leurs divisions empiriques mais, cela, sans causer, à quelque moment que ce soit, aucun trouble, ni soulever aucune opposition.
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- A notre sens, la réforme à intervenir ou, plutôt, lanouvelle formule à adopter, doit présenter une utilité pratique et apporter une efficacité réelle, dans l’art de computer le temps, qui justifie le changement recherché.
- C’est ainsi que nous avons été amené, d’étape en étape, à nous placer au point de vue purement économique et que nous avons cherché un moyen de rapporter les jours à une commune mesure, dans toutes les périodes d’ordre annuel, aussi bien que dans l’année elle-même. Nous avons trouvé cette commune mesure dans la durée septénaire, espace de temps qui est observé universellement et qui, pris et répété de certaine façon, se prête à la création d’une division isochrone, répondant à tous les besoins que les applications scientifiques et les lois économiques peuvent exiger d’un système divisionnaire rationnel.
- En conséquence, nous avons imaginé une échelle fixe de 364 divisions, ayant le jour pour unité et la septaine, la quatorzaine et la vingthuitaine pour multiples. Cette échelle permet de rapporter, entre elles, toutes les durées, quelles qu’elles soient et quelle que soit leur date d’origine, y compris celle de l’année civile. On aura soin, toutefois, de compter à part le ou les jours complémentaires nécessaires pour rétablir la concordance avec le cycle grégorien, au lieu de neutraliser ces jours, de les supprimer économiquement et de les fêter obligatoirement, comme on propose de le faire, dans presque tous les projets de réforme du calendrier.
- Cette échelle auxiüaire de divisions, basée sur la septaine, laisse intacte la semaine traditionnelle, qui peut ainsi poursuivre, parallèlement, son propre cycle de continuité absolue, indispensable pour les uns et obligatoire pour les autres.
- Les applications que nous avons faites, nous ont prouvé qu’en s’appuyant sur des données mathématiques et en se plaçant au point de vue purement économique, on est dans la bonne voie; mais, en même temps, ce sont ces applications qui nous ont fait reconnaître que l’abandon absolu du calendrier grégorien, pour y substituer n’importe quel autre système, en admettant que la chose fût possible, ne pouvait se faire, de façon immédiate, mais seulement lentement et progressivement.
- Nous avons alors cherché, au lieu de substituer notre échelle isochrone aux règles arbitraires du calendrier, à la superposer à celles-ci. Ce faisant, nous avons eu la satisfaction de constater que règle et mesure pouvaient coexister et rendre simultanément les services que l’on peut attendre de ces deux modes de divisions : l’un, aussi vieux que notre civilisation— et qui s’impose, même, confessionnellement, pour certains, — peut continuer à suffire, pendant de nombreuses années encore, aux besoins sociaux de l’existence, non obligatoirement soumis aux calculs ; tandis que l’autre, mathématique, doit répondre aux exigences des lois économiques et scientifiques modernes, ayant uniquement les comptes et les calculs pour bases.
- Nous proposons, en conséquence, d’adopter, sous le nom de chronos ou calendrier auxiliaire économique, une échelle de divisions, constituée par la répétition ininterrompue de périodes de sept jours, c’est-à-dire de septaines ou semaines économiques se reproduisant : 13 fois dans des saisons économiques ou dans des quarts d’année de 91 jours ; 26 fois dans des demi-années de 182 jours et 52 fois dans une année économique de 364 jours.
- Ce nombre de 364 jours sera encore susceptible d’être divisé en 26 doubles septaines ou quinzaines économiques de 14 jours et en 13 quadruples septaines ou
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- mois économiques de 28 jours. Enfin, les quarts d'année pourront se confondre avec les saisons économiques, si l’on prend soin de faire coïncider le renouvellement de F année économique avec l’une quelconque des saisons astronomiques.
- Le cycle grégorien sera complété, comme nous l’avons dit plus haut, par l’addition d’un jour, les années- ordinaires, et de deux jours, les années bissextiles ; mais la valeur économique de ces jours, qui ne peut jamais être nulle — par exemple, pour les transports ou l’alimentation ou les industries à feu continu — sera simplement comptée à part.
- Ces jours complémentaires conserveront ainsi, au point de vue social, leur qualité d’ouvrables ou de repos. On les placera, de préférence, à la fin de l’année économique; cependant, ils pourront être choisis de telle façon que leur valeur économique soit, dans certains cas, pratiquement nulle : par exemple, des jours de fête où les opérations économiques sont entièrement, ou presque, suspendues, comme le premier de l’an, le jour de Pâques, etc., etc. ; ils pourront aussi être ajoutés à la dernière période économique qui sera alors, parmi toutes les autres, la seule irrégulière.
- Enfin,*le cycle quatriennal sera lui-même composé de 4 x 13= 52 vingthuitaines ; c’est-à-dire qu’il comportera autant de mois économiques que l’année comptera de semaines économiques.
- Quant au renouvellement de l’année économique, celui-ci peut être placé, par les intéressés et suivant les circonstances, à une époque quelconque de l’année solaire, comme c’est le cas pour l’exercice social habituel des sociétés industrielles et commerciales qui ne font pas coïncider ( le début de cet exercice avec l’origine de l’année civile,etc.,etc...
- Ce système de division rationnelle du temps annuel permet de résoudre tous les cas qui peuvent se présenter, c’est à-dire qu’il donne le moyen de suivre méthodiquement n’importe quelle durée périodique, commençant à une date quelconque de l’année civile. Citons, entre autres ; l’année agricole, qui commence le 15 août; l’année scolaire qui commence le 1er octobre, etc. ; les campagnes économiques annuelles : sucrière, betteravière, viticole, houblonnièrea; les durées pathologiques : gestations, fièvres, maladies, saisons thermales ; l’élevage, la chasse, la pisciculture ; les durées des voyages à long cours, des missions scientifiques, des études de tout ordre ; les expériences de laboratoire et, aussi, les faits astronomiques et météorologiques ; en un mot, les durées de tous les phénomènes naturels et artificiels.
- La superposition de cette échelle de divisions isochrones aux divers calendriers peut être obtenue, de façons fort simples, par l’emploi du chronos, instrument ou cadre divisionnaire que nous allons maintenant décrire.
- 1° Un dispositif, rectiligne ou circulaire, comporte deux échelles : Tune, qui contient les divisions isochrones, est fixe; l’autre, qui porte celles du calendrier, est mobile ; les deux échelles se juxtaposent, de telle façon que chaque jour de l’année civile peut servir de point d’origine pour la mesure ou la comparaison de la durée jd’une période quelconque (fig. 1). v
- 2° Un cadre régulier renferme 52 cases, de 7 compartiments chacune et réparties en 13 colonnes de 4 cases, plus un ou deux compartiments hors cadre, pour le ou les jours complémentaires (fig. 2).
- 3° Des traits séparent dans les calendriers en vigueur (ou des colorisages de ton
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- différents) les périodes septénaires en laissant subsister, dans leur entier, les règles ordinaires (fig. 3).
- Le premier de ces dispositifs est universel : il n’est aucune période, d’origine quelconque, qui ne puisse être suivie septenairement par son emploi.
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- Fig. 1. — Ghronos universel.
- Le signe porté dans la division correspondant *u 28 février indique que ce jour doit être doublé, chaque année bissextile, pour former le 29; ce qu’on obtient en faisant tourner l’alidade, de gauche à droite, d’une division soit 1/365 de tour. Ce mouvement ajoute en même temps un second jour hors cadre, ou 366', à la fin de l’année.
- En commençant l'année ordinaire suivante, il y a lieu, par un mouvement inverse, de remettre l’alidade à sa place et de ramener en même temps la grande aiguille d’une division.
- Quant à la petite aiguille, qui indique les jours correspondants de la semaine traditionnelle, elle poursuit indéfiniment sa marche sans modification aucune.
- Les autres mettent à la disposition des masses, toujours routinières, les moyens d’adopter la nouvelle échelle, tout en n’abandonnant pas et en suivant même, dans les faits de la vie privée, les règles courantes d’après les tableaux actuels.
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- Fig. 2. — Ghronos pour 1919.
- Les jours se répètent dans l'ordre septénaire suivant: mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, lundi, mardi.
- Le jour complémentaire est un mercredi.
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- De toutes les objections que soulève, de prime abord, la division de l’année en
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- septaines, quatorzaines et vingthuitaines,il en est une qui apparaît insurmontable aux partisans du maintien de la division duodécimale : dans ce système, dit-on, la division Tome 131»— 2e -semestre. — Juillet-Août 1919. 7
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- de l’année est basée sur le nombre 13; ce nombre premier est indivisible et ne peut, par conséquent, servir de base à un système divisionnaire.
- Or, on a vu qu’il n’en est pas ainsi Premièrement, l’année se divise en moitiés et en quarts, qui comportent des nombres entiers de septaines et de quatorzaines.
- Secondement, si, au lieu de diviser l’année en moitiés et en quarts, qui renferment des septaines et des quatorzaines entières, on part, au contraire, de la septaine elle-même, en la répétant 52 fois, on voit que, de sept en sept, de quatorze en quatorze et de vingt-huit en vingt-huit jours, l’année se déroule en 13 périodes égales de 28 jours, entières et consécutives, divisibles par 2 et par 4, c’est-à-dire encore en septaines et en quatorzaines, qui permettent toutes les combinaisons et tous les arrangements possibles.
- L’année, par ses 52 septaines et le cycle quatriennal, par ses 52 vingthuitaines, sont forcément tributaires du nombre premier 13, à moins que l’on ne veuille abandonner la période hebdomadaire ou, encore, adopter un autre nombre que 364, qui est le plus approché du nombre fractionnaire des jours de l’année solaire. Le système divisionnaire de l’année, sur ces bases, est forcément de l’ordre numérique septimo-trédécimal et il est impossible, si l’on se place au point de vue rationnel, de s’en affranchir en aucune façon. "
- La division en 13 mois économiques fait naître cette a_.:.o objection: les employés, payés généralement au mois, vont réclamer 13 mois d’appointements. Cette objection tombe devant ce simple calcul : le montant annuel des appointements des employés égale 12 fois leur valeur mensuelle. En divisant ce montant annuel en treizièmes, on aura la valeur des appointements par vingthuitaines, sans que l’employeur et l’employé y trouvent l’un ou l’autre le moindre avantage ou préjudice.
- De ce fait, les comptes industriels ou commerciaux, pour ne citer que ceux-ci, sont considérablement simplifiés, tout le personnel industriel étant réglé par vingthuitaines, les employés en une fois et les ouvriers en 2 ou 4 fois. L’établissement des prix de revient se réduit alors à l’expression d’un simple quotient, sans report du mois sur la semaine ou inversement. Les statistiques sont rendues claires et leurs chiffres présentent toujours des résultats de périodes entières, comparables, superposables ou divisibles par la même grandeur.
- Si les employés, dont nous avons fait transformer en vingthuitaines le mode de règlement mensuel de 30 ou 31 jours, se sont aperçus de la modification et l’ont acceptée avec satisfaction — car elle régularise leurs moyens d’existence—les ouvriers au contraire, ne se sont même pas doutés, un seul instant, en touchant leurs salaires chaque septaine, au lieu de chaque semaine, que le règlement de leur compte, qui était établi autrefois d’après une règle en perpétuelle discordance avec le mois et l’année, obéissait maintenant à une loi rendant les périodes parfaitement concordantes et il n’en est, par suite, résulté aucune difficulté.
- Enfin, en dehors de la question des divisions proprement dites du calendrier et de celles du chronos que nous venons de décrire, il est à souhaiter que les Pouvoirs publics se décident, un jour, à changer la date du renouvellement de l’année. Nous estimons, dans ce cas, que le commencement de l’année civile devra coïncider avec l’origine d’une saison, afin que les quarts d’année économique se confondent avec les saisons économiques, ce qui peut se faire, d’ailleurs, sans apporter aucune confusion avec les saisons astronomiques. A notre sens et toujours en vue de troubler, le moins
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- possible, les habitudes et les traditions populaires, cette date de renouvellement de l’année civile devra avoir lieu le 22 décembre, jour du passage du soleil au solstice d’hiver et le plus proche du Jour de l’An actuel.
- Il en coûterait simplement une nouvelle avance de dix jours, dans la marche du temps, à l’instar de celle, de même durée, que le pape Grégoire XIII fit subir au monde, en 1582, dans le but de remettre, à l’heure astronomique, l’horloge universelle qui, sous la règle julienne, s’en était écartée de cette quantité.
- Concordance. —Dans le chronos, les jours de la semaine se présentent, pendant toute l’année économique ou pendant la durée de toute période isochrone, aux mêmes dates septénaires. Il suffit de connaître le premier jour^de :1a période à rapporter pour que tous les autres soient déterminés.
- Ainsi, le 1er janvier 1919 ayant été un mercredi, tous les jours de la présente année civile correspondent aux dates septénaires suivantes :
- Jours de la semaine. Dates septénaires.
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- Vendredi . . . . 3 10 17 21
- Samedi . . . . 4 11 18 25
- Dimanche . . . . 5 12 19 26
- Lundi . . . . 6 13 20 27
- Mardi . . . . 7 14 21 28
- Le dernier jour de l’année, 31 décembre, qui devra être compté à part ou ajouté à la dernière période, sera un mercredi.
- L’anuée agricole 1919-1920, qui correspondra à une année civile bissextile, commencera le vendredi 15 août 1919. Les jours de la semaine s’y présenteront, septenaire-
- ment, comme suit : Jours de la semaine. Dates septénaires.
- Vendredi . . . . 1 8 15 22
- Samedi . . . . 2 9 16 23
- Dimanche . . . . 3 10 17 24
- Lundi . . . . 4 11 18 25
- Mardi , . . . 5 12 19 26
- Mercredi 13 20 27
- Jeudi . . . . 7 14 21 28
- Les deux derniers jours de l’année agricole, 13 et 14 août 1920, qui seront à compter à part ou à ajouter à la dernière période, correspondront à un vendredi et un samedi.
- La connaissance des jours de toute année, civile ou autre, ou de toute période comparée ou mesurée sur la base isochrone, se réduit donc à celle d’un seul jour, le premier de la septaine et le tableau de la correspondance des jours de la semaine, avec les dates septénaires, se compose uniquement des noms des sept jours, inscrits dans un ordre qui dépend du nom du jour d’origine et qui reste immuable, pendant toute la durée de la période considérée.
- Relation mathématique. — En prenant pour base unitaire la saison économique ou le quart d’année économique, comportant l’un et l’autre 13 septaines (et en tenant compte des corrections dues à l’intercalation des jours complémentaires), on peut
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- exprimer par un même terme, où le coefficient seul varie, les différents multiples compris dans le cycle quatriennal, qui se répète :
- Quart d’année économique ou saison économique = (13 x 7) = 91 jours, soit : 13 septaines.
- Demi-année économique = (13 x 7) 2 = 182 jours, soit : 12 quatorzaines = 26 septaines.
- Année économique^ (13 X 7) 21 2=364 jours (' ,
- soit : 13 vingthuitaines = 26 quatorzaines —52 septaines.
- Cycle quatriennal économique= (13 x 7) 24 = 1 456 jours (2), soit : 52 vingthuitaines=104 quatorzaines = 208 septaines.
- Paul Delaporte.
- ANNEXE V
- CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE MM. KOEPPEN ET HAN1N 1° LETTRE DE M. KOEPPEN A M. HANIN
- Hambourg, ce 31 janvier 1911.
- Cher Monsieur,
- La question de la réforme du calendrier, que vous avez traitée si habilement en 1887, commence aujourd’hui à attirer enfin l’intérêt du public. Le Congrès international des Chambres de Commerce à Londres, en juin dernier, a pris une résolution favorable à la réforme, et le gouvernement suisse a entrepris des démarches préparatoires pour un Congrès diplomatique sur cette question.
- Sans connaître le concours de 1884-87 et vos projets, M. Grosclaude, professeur à Genève, a fait une proposition très semblable, et moi j’ai proposé un léger changement à son système qui le fait presque identique avec le projet Hanin. Simultanément aussi, un autre Allemand, M. Busching, de Halle, a fait presque la même proposition. Tous les trois, nous n’avons reçu connaissance de votre projet que plus tard.
- On voit, par cela, que ces solutions, si semblables, sont en vérité naturelles et pratiques. La difficulté principale,pour leur introduction, est l’indifférence du public ; le nombre des hommes qui ont entendu parler de la question est encore beaucoup trop petit, et pour les masses, l’affaire paraît bizarre, presque terrible. Il faudra donc de la propagande pour venir à bout et, pour la propagande, la pluraüté des projets est un grand obstacle. Cela ferait certainement une impression favorable pour la réforme, si les divers inventeurs s’accordaient sur une seule proposition et la publiaient en commun. Pour les projets très divergents, par exemple ceux qui veulent 13 mois ou qui font alterner des mois de 28 et de 35 jours, ceci ne sera sans doute pas possible. Mais les propositions, Hanin, Armelin, Grosclaude, Koeppen et Busching, apparemment
- (1) Plus 1 ou ? jours complémentaires = 363 ou 366 jours.
- (2) Plus 5 jours complémentaires = 1 461 jours.
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- CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE MM. KOEPPEN ET HANIN.
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- aussi celles de Philips et de Rosenkranz, diffèrent si peu, qu’il n’y a qu’à s’accorder sur quelques petits détails.
- Nous pourrions donc les fusionner en un seul projet commun, que nous présenterions au Comité permanent du Congrès international des Chambres de Commerce, ou au gouvernement suisse.
- Nous simplifierions, par cela, le travail du prochain congrès, et comme nous avons tous étudié la question, la décision ne serait pas livrée au hasard du vote d’nn congrès de diplomates.
- Si vous me le permettez, je vous enverrai une exposition des questions à résoudre, en vous demandant votre opinion. Comme nous serons au moins 2 Français, 1 Suisse, 2 Allemands et 1 Anglais, peut-être encore 1 Russe, notre projet commun aura un caractère assez international.
- Agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération très distinguée.
- Professeur-docteur W. Koeppen,
- Chef-météorologiste à l'Observatoire maritime « Deutsche Seewarte ».
- 2° LETTRE DE M. HANIN A M. W. KOEPPEN
- Paris, le 9 février 1911.
- J’ai lu, avec un grand intérêt, votre lettre du 31 janvier, qui m’apprend que vous vous occupez de la réforme du calendrier, conjointement avec d’autres savants allemands, anglais, russes et suisses.
- Je vous remercie’des renseignements que vous me donnez relativement au congrès projeté et que j’ignorais.
- Je suis disposé à examiner la question que vous désirez me poser et à vous donner mon avis. Afin d’en faciliterl’énumération,permettez-moi de vous faire l’historique dp mon projet, daté du 29 septembre 1885, envoyé le même jour à M. Flammarion, et de vous en donner l’explication.
- L’idée de la réforme appartient à l’abbé Croze, aumônier de la Roquette, qui, au retour d’un voyage à Rome en 1884, s’est présenté à M. Flammarion, directeur de la revue VAstronomie, pour lui demander d’ouvrir un concours, dans cette publication, pour l’étude d’un projet de réforme du calendrier grégorien. Il lui remettait, en même temps, une somme de 5 000 f de prix destinés aux meilleurs projets. L’abbé Croze désirait garder l’anonyme.
- Dans une lettre, insérée dans le numéro de novembre 1884 de la Revue, adressée à M. Flammarion, non signée, mais dont l’auteur se devine dans le fondateur du prix, celui-ci fait connaître les résultats de l’étude qu’il avait déjà faite du calendrier grégorien, des imperfections qu’on y rencontrait et des moyens d’y remédier.
- Il traçait, pour ainsi dire, le programme du concours. Il examinait les points défectueux et exprimait son avis. Il concluait aux conditions suivantes qui lui semblaient devoir être remplies :
- a) Que la réforme soit étudiée au seul point de vue pratique qui est le seul important. Que son avantage courant soit incontestable et d’une évidence telle que les peuples l’acceptent facilement, sans froisser les habitudes et la tradition ;
- b) Que les années, en se suivant, se ressemblent ;
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- 102 COMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER. ----------- JUILLET-AOUT 1919.
- c) Que les jours de l’année tombent invariablement aux mêmes jours de la semaine ;
- d) Que le premier de l’an soit toujours un dimanche ;
- e) Que la semaine de sept jours et l’année de douze mois, qui sont des périodes traditionnelles par excellence, soient conservées, mais en établissant un meilleur équilibre entre les mois.
- L’année étant composée de 52 semaines, plus une fraction, cette dernière condition est inconciliable avec les précédentes, à moins de réserver, chaque année, la fraction pour en faire une semaine entière, après un certain nombre d’années, à la dernière desquelles elle serait ajoutée. On aurait ainsi une année de 53 semaines entières, intercalée dans une période d’années communes de 52 semaines, comme on a, dans le calendrier grégorien, une année abondante de 366 jours, succédant à trois années défectives de^ôS jours. Mais la nouvelle période serait plus longue et perdrait sa régularité, étant alternativement de 5 à 6 ans, dans un ordre à déterminer d’avance. La semaine complémentaire crée donc une complication d’interpolation et a de plus l’inconvénient de former, à d’assez long intervalles, une année trop différente en durée des années communes. Elle ne répond pas aux conditions de simplicité et de clarté du programme.
- 11 est évident que si l’on pouvait supprimer, non par une fiction mais en fait, les jours complémentaires, on obtiendrait un calendrier d’une simplicité remarquable. Mais ils sont imposés par les mouvements^ des astres et vécus comme les autres. Comment peut-on penser à les exclure de la vie laborieuse, en faire des jours zéro ou double-zéro, et obüger les hommes libres à l’oisiveté, au repos absolu ou à des fêtes laïquecela pour satisfaire l’esprit spéculatif de quelques savants?
- Comment tiendrait-on les registres d’état civil ? Pourrait-on retarder les naissances ou fermer la porte au nez de la mort, parce qu’il a plu aux hommes de mettre ces jours hors du calendrier?
- Mais, par ailleurs, il ne faut pas oublier que le travail dans la grande industrie, les mines, les transports, les hôtels, etc., ne peut pas être suspendu, un seul instant, sans compromettre les intérêts généraux. On produit et on dépense sans cesse. Par la force irrésistible des choses, on ferait rentrer, suivant la tradition, les jours zéro ou double-zéro dans la nomenclature des mois et des semaines, à la place qui leur échoit.
- Ces considérations m’ont conduit, après avoir étabü mon tableau de quatre trimestres de 13 semaines, absolument semblables et commençant par un dimanche, à introduire, à la suite de la semaine finale du 4e trimestre, le 365e jour des années communes et ensuite, tous les 4 ans, le 366e jour bissextile. Ou ces deux jours s’ajouteraient, dans la semaine finale, qui aurait 8 jours et plus rarement 9 jours, ou ils formeraient une petiteapériode spéciale et additionnelle, à la fin de l’année qui s’éteint. Dans le premier cas, on leur donnerait des noms qui les expliquent, par exemple, com-plédi et bissexdi. Dans le second cas, ils prendraient ceux d’ordre de la semaine, de sorte qu’il y aurait un dimanche de fin d’année, suivi d’un dimanche de nouvelle année. Et chacun les emploieraitJi sa|guise.
- Ci-joint une copie de mon tableau du 29 septembre 1885.
- Les noms actuels des quatre derniers pnois « septembre, octobre, novembre et décembre » sont un contre-sens de leurs numéros d’ordre. On pourrait les remplacer, et, en général, ceux des douze mois, par des mots formés du radical des nombres ordinaux, avec une finale spéciale pour chaque trimestre. Je vous soumets cette idée
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- CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE MM. KOEPPEN ET HANIN. 103
- parce que je pense que cela est possible dans toutes les langues. Je les ai inscrits en rouge dans mon tableau W.
- Mais, en tout cas, je n’admets pas des dénominations sentimentales de noms de choses morales qui ne disent rien à l’esprit, quand il s’agit de mois. Gela ne serait pas d’un usage courant.
- Mon projet laisse toute liberté pour les fêtes religieuses, qui regardent les ministres des cultes des diverses nations.
- Si la majorité des peuples intéressés à la réforme tenait, pour la vérification des dates historiques, à ce que la chaîne traditionnelle de la semaine ne fût pas interrompue, il faudrait enjamber la semaine de l’année qui finit sur celle qui commence. Dès lors, le premier de l’an tomberait successivement sur tous les jours de la semaine. Il en résulterait sept calendriers différents, mais dont les trimestres resteraient semblables entre eux. Ils auraient leur application dans une succession de périodes de 6,5, 6 et 11 ans, à des millésimes qu’on fixerait d’avance. Ce serait là une grande complication pour le mince avantage de faciliter un calcul chronologique. Il convient d’y renoncer.
- J’ajoute enfin que la modification qui consiste à reporter au solstice d’hiver ou à l’équinoxe du printemps, le commencement de l’année, pour une simple satisfaction d’esprit, ne compense pas le trouble qu’elle apporterait dans la computation du temps, dont la chaîne serait rompue. Du reste le 1er janvier arrive au moment où les jours cessant d’être stationnaires, commencent à grandir.
- Je suis donc d’avis, pour ces diverses raisons, de m’en tenir au projet que j’ai présenté en 1885 et que je viens d’expliquer. Vous en jugerez.
- Je vous serai fort obligé de me faire connaître vos objections raisonnées. Gomme vous me le dites, il me paraît probable que nous nous mettrons d’accord.
- Je vous laisse le soin de donner connaissance de ma lettre aux savants étrangers que vous me nommez, avec lesquels vous êtes en correspondance ; ce que je ne pourrais faire que s’ils savent la langue française.
- Veuillez avoir l’obligeauce de m’accuser réception de cette lettre et agréez, Monsieur, l’assurance de mes bons sentiments et de ma considération très distinguée.
- Émile Hanin, ingénieur en retraite, avenue Bosquet,53, Paris(7e).
- 3° Projet de déclaration commune proposée en 1911 par M. Koeppen, chef-météorologiste, du port de Hambourg, à l’acceptation des auteurs des propositions de réformes du calendrier ayant entre elles peu de différences.
- Cette proposition avait pour but d’amener ces auteurs, à l’aide de concessions mutuelles, à se mettre d’accord sur un projet unique qui aurait plus de chances d’être adopté comme calendrier universel.
- Les auteurs auxquels M.Koeppen se serait adressé, d’après ses lettres, sont notamment ceux dont les noms suivent et en regard desquels on a inscrit les dates de présentation ou de publication de leurs projets, savoir :
- (1) Indiqués en italiques sur le tableau ci-joint.
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- 104 COMMISSION POUR LA. RÉFORME DU CALENDRIER. -------- JUILLET-AOUT 1919.
- PROJET DE CALENDRIER PERPÉTUEL ET UNIVERSEL
- (Quatre trimestres semblables.)
- I Janvier. II Février. III Mars.
- Primose. Secondose. Tertiose.
- IV Avril. V Mai. VI Juin.
- 07 Quartal. Quinal. Seæal.
- Vil Juillet. VIII Août. IX Septembre.
- CO Septor. Octor. Novor.
- X Octobre. XI Novembre. XII Décembre.
- Dccem. Undecem. Duodecem. '
- 1 — Dimanche. 1 — Mercredi. 1 — Vendredi.
- 2 — Lundi. 2 — Jeudi. 2 — Samedi.
- 3 — Mardi. 3 — Vendredi. 3 — Dimanche.
- 4 — Mercredi. 4 — Samedi. 4 — Lundi.
- 5 — Jeudi. 5 — Dimanche. 5 — Mardi.
- 6 — Vendredi. 6 — Lundi. 6 — Mercredi.
- 7 — Samedi. 7 — Mardi. 7 — Jeudi.
- 8 — Dimanche. 8 — Mercredi. 8 — Vendredi.
- 9 — Lundi. 9 — Jeudi. 9 — Samedi.
- 10 — Mardi. 10 — Vendredi. 10 — Dimanche.
- 11 — Mercredi. - 11 — Samedi. 11 — Lundi.
- 12 — Jeudi. 12 — Dimanche. 12 — Mardi.
- 13 — Vendredi. 13 — Lundi. 13 — Mercredi.
- 14 — Samedi. 14 — Mardi. 14 — Jeudi.
- 15 — Dimanche. 15 — Mercredi. 15 — Vendredi.
- 16 — Lundi. 16 — Jeudi. 16 — Samedi.
- 17 — Mardi. 17 — Vendredi. 17 — Dimanche.
- 18 — Mercredi. 18 — Samedi. 18 — Lundi.
- 19 — Jeudi. 19 — Dimanche. 19 — Mardi.
- 20 — Vendredi. 20 — Lundi. 20 — Mercredi.
- 21 — Sa.medi. 21 — Mardi. 21 — Jeudi.
- 22 — Dimanche. 22 — Mercredi. 22 — Vendredi.
- 23 — Lundi. 23 — Jeudi. 23 — Samedi.
- 24 — Mardi. 24 — Vendredi. 24 — Dimanche.
- 25 — Mercredi. - 25 — Samedi. 25 — Lundi.
- 26 — Jeudi. 26 — Dimanche. 26 — Mardi.
- 27 — Vendredi. 27 — Lundi. 27 — Mercredi.
- 28 — Samedi. 28 — Mardi. 28 — Jeudi.
- 29 — Dimanche. 29 — Mercredi. 29 — Vendredi.
- 30 — Lundi. 30 — Jeudi. 30 — Samedi.
- 31 — Mardi.
- années communes. 31 — Complédi.
- au 4e trimestre —
- et au 12e mois. , années bissextiles. 32 — Bissexdi.
- Auxerre, le 29 septembre 1885. — Signé : Émile Hanin,
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- CORRESPONDANCE ÉCHANGÉE ENTRE MM. KOEPPEN ET HANIN. 105
- MM. Armelin et Hanin (1884-1887), Grosclaude (1900), Philip (1907) et Busching (1910).
- Il fait connaître d’ailleurs que son propre projet, qu’il a présenté en 1910, lui a été inspiré par le projet de M. Grosclaude, dont il ne diffère que très peu et qui lui-même ne différerait pas sensiblement de celui de M. Hanin. M. Grosclaude l’aurait imaginé de son coté, sans avoir eu connaissance de ce dernier.
- Conditions à observer (traduction).— 1. Le numérotage des semaines devra recommencer chaque année.
- 2. Chaque année devra se composer de quatre parties (trimestres) de chacune 13 semaines, avec un jour complémentaire pour les années ordinaires et deux jours complémentaires pour les années bissextiles.
- 3. Chaque trimestre se composera de trois mois et aucun mois ne devra avoir moins de 30 jours. La répartition des mois longs et des mois courts, en en défalquant les jours complémentaires,devra être la même dans chaque trimestre.
- 4. On conservera la répartition en années ordinaires de 365 jours et années bissextiles de 366 jours du calendrier grégorien, ainsi que la date de commencement de l’année de ce calendrier.
- 5. Chaque jour de l’année, y compris les jours complémentaires, devra recevoir une date et être compris dans l’un des 12 mois.
- 6. Aucun mois n’aura plus de 31 jours.
- 7. Le premier mois de chaque trimestre aura 31 jours.
- 8. Le premier jour complémentaire sera attribué au mois de décembre et le second jour complémentaire au mois de février. Ils seront donc numérotés respectivement: 31/12 et 31/2. Le second jour complémentaire ne recevra aucun nom de semaine. Le nom à donner au premier n’a pas d’importance au point de vue interna-national.
- 9. Le premier jour de janvier et le premier jour de chaque trimestre doivent être un dimanche.
- 10. Le dimanche de Pâques doit être fixé’au 8 avril.
- Motifs des décisions proposées (traduction). — Sur les points 1 à 4 inclus, la discussion peut rester ouverte.
- Les points 5 et 6 sont imposés non seulement par les coutumes existantes, mais aussi par les besoins scientifiques qui, tant pour les statistiques que pour la météorologie, exigent que chaque jour ait sa date dans la série des 12 mois.
- Les points 7 et 8 ont pour but d’introduire le moins de changements possibles dans ce qui existe, de façon à écarter des causes d’erreurs. Du 1er septembre au 29 février, il n’y aurait aucun changement et les changements seraient limités aux 6 mois ci-après :
- Mars Avril Mai Juin Juillet Août
- Poux' 2 12 111 jours
- En tenant compte de cette remarque, toutes les éphémérides astronomiques, les dates météorologiques, statistiques ou historiques, ainsi que les dates concernant les actes de la vie civile restent bonnes. Si on transportait le deuxième jour complémentaire de la fin de février à une autre place, on compliquerait les calculs et créerait des
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- 106 ÇOMMISSION POUR LA RÉFORME DU CALENDRIER.
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- confusions pour les non initiés. On n’obtiendrait d’ailleurs aucun profit de ce déplacement.
- Pour le point 9, la solution proposée a, en sa faveur, que le 1er janvier est presque universellement accepté déjà comme jour de fête, et que le travail ne recommence que le 2 janvier; si le 1er janvier était un lundi, le 30 décembre se trouverait être un dimanche et avoir ainsi deux dimanches avant le nouvel an serait un grand inconvénient pour le commerce, les banques, etc.
- Pour le point 10, la décision indiquée est d’accord avec celle adoptée dans le Congrès allemand.
- Dans ces conditions, on obtiendra le calendrier permanent suivant :
- Janvier . . Dimanche 1 1 Lundi 2 Mardi 3 Mercredi 4 Jeudi 0 Vendredi 6 Samedi 7
- Avril . . . \ 8 9 10 h 12 13 14
- Juillet. . . I 15 16 17 18 19 20 21
- Octobre . . f 22 23 24 25 26 27 28
- Février . [ 29 30 31 1 2 3 4
- Mai . . . . L 5 6 7 8 9 10 h
- Août. . . • | 12 13 14 15 16 17 18
- Novembre. / 19 20 21- 22 23 24 25
- 1 26 27 28 29 30 31/2 tous les 4 ans
- Mars. . . . f ... 1 2
- Juin. . . . i 3 4 5 6 7 8 9
- Septembre. ] 10 11 12 13 14 15 16
- Décembre . r 17 18 19 20 21 22 23
- i 24 25 26 27 28 29 30 31/12 tous les ans.
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- NOTES DE CHIMIE
- par M. Jules Garçon bibliothécaire.
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Les gaz employés en art militaire — Sur les dissolvants industriels. — Charbons et combustibles colloïdaux. — Production biologique de l’acide citrique. — Sur le jaunissement des papiers. —
- Les fils de papier.
- Les gaz employés en art militaire. —Je reviens sur la note publiée à ce sujet dans le Bulletin d’avril (1918, p. 519-521). D’après Scientific American Supplément du 22 mars 1919 et Scientific American du 29 mars, les envois des États-Unis en Europe commencèrent en juin 1918. Voici quelques données extraites de ces deux sources.
- Le gaz phosgène, oxychlorure de carbone ou chlorure de carbonyle COC12, est un gaz toxique très dangereux. Il agit sur le cœur, et cette action peut se manifester sous une forme mortelle, quelque temps après que les effets immédiats ont disparu.
- En Europe, on avait conseillé de préparer l’oxyde de carbone en prenant l’oxygène pur provenant de la liquéfaction de l’air et en le traitant dans un petit gazogène refroidi par un courant d’eau de façon à combattre l’effet sur les parois du gazogène de la grande chaleur de combinaison de l’oxygène et du carbone. En combinant ensemble la réaction endothermique C02+C et la réaction exothermique O q- C, on est arrivé à produire de grandes quantités d’oxyde de carbone très pur.
- L’installation totale de l’Edgewood Arsenal comportait une installation pour la fabrication de l’acide carbonique pouvant produire 3 500 m3 par jour, une autre pour la fabrication de l’oxygène pouvant fournir 5 600 m3. Quatre gazogènes pouvaient produire 11 200 m3 d’oxyde de carbone par jour.
- La fabrication électrolytique du chlore pouvait donner 100 t de chlore par jour et 100 t de soude caustique. L’appareil était à cellules Nelson. Le chlore était desséché par passage sur l'acide sulfurique, puis une conduite en acier l’amenait aux appareils qui, soit le convertissaient en gaz phosgène, ou en chlorure de soufre, soit le liquéfiaient. L’installation de chlore liquide pouvait produire 40 t en 24 heures, la compression était fournie par une chute d’acide sulfurique. L’installation de chlorure de soufre pouvait produire 35 t par jour.
- Pour la fabrication du gaz phosgène, les générateurs : chlore et oxyde de carbone, passaient à l’état de mélange gazeux sec sur un catalyseur, et le phosgène se produisait avec un grand dégagement de chaleur ; pour maintenir la température constante, on refroidissait l’appareil. Le gaz phosgène était ensuite liquéfié par passage dans un serpentin entouré d’un mélange réfrigérant. La production était d’environ 40 t pour
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- NOTES DE CHIMIE.
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- 24 heures. Dans une autre usine, on utilisait l’oxyde de carbone résiduaire d’une préparation de pliospho:e : la production était de 10 t.
- Le gaz phosgène était utilisé pour remplir des obus à gaz, des bombes de mortiers de tranchée ; ou des bombes de projecteurs. Unepartie fui mise dans des cylindres de fer forgé renfermant 77 kgs et elle fut envoyée en Europe.
- La chloropicriue CNO!Cl3, ou formène trichloronitré, n’est autre chose que du chloroforme CHC13 dont l’atome de H a été substitué par NO2.
- Les vapeurs de chloropicrine sont très irritantes ; elles jouissent en plus de propriétés lacrymogènes très marquées. Comme, à la température et à la pression ordinaires, ce corps se trouve à l’état liquide, on est obligé de mettre une charge explosive plus forte dans les obus qu’avec le gaz phosgène. La chloropicrine se prépare aux États-Unis en faisant agir du chlorure de chaux sur du picrate de calcium, dans des bouilleurs en fer forgé munis de condenseurs. La réaction est très régulière,si on se tient dans les limites de température données ; sinon, il se produit de l’oxvgène au lieu de chlore, et toute la masse file à l’état d’écumes dans le condenseur.
- On sépare la chloropicrine de sa masse de réaction par une distillation, puis on la sépare de l’eau qu’elle a entraînée par un simple dépôt de deux ou trois jours dans des bassins de décantation. Pour sa fabrication, on a utilisé l’acide picrique rejeté par les Commissions à cause de sa haute teneur en plomb.
- On l’utilisait dans toutes sortes d’obus, de 75 à 240, seule ou mélangée avec le gaz phosgène, ou avec du chlorure stannique, ce dernier comme moyen fumigène.
- Enfin le gaz moutarde, ou sulfure d’éthyle chloré (CH2C1,CH2)2S jouit de propriétés vésicantes énergiques, et il est de plus fort toxique par inhalation. Il a une action très marquée sur les yeux, il occasionne une cécité temporaire, et surtout il donne très vite une toux intense suivie d’une inflammation des poumons. Il traverse les vêtements et produit sur la peau une escarre semblable à celle que produirait une brûlure au phosphore.
- On le prépare en faisant agir l’éthylène pur sur le chlorure de soufre ; la réaction s’effectue dans un appareil en fonte ouenfer forgé doublé de plomb. Elle est exothermique et l’on doit refroidir largement. Elle s’accompagne aisément de réactions secondaires, avec production de torrents d’acide chlorhydrique et de divers gaz toxiques, de dépôt de soufre, etc. Le gaz moutarde a des propriétés lacrymogènes très accentuées. Sa production a atteint jusqu’à 30 t par jour, et à l’armistice, elle allait être portée à 80 t.
- Dissolvants industriels. — M. André Detœuf a donné une série d’articles dans L'industrie chimique sur la question si intéressante des dissolvants organiques. Il les passe successivement en revue.
- 1° Benzines ou huiles légères de goudron.
- Les benzines ou huiles légères de goudron distillent de 60° à 170° (densité d 0,870 à 0,950) et représentent 5 p. 100 du goudron.
- Les benzines s’obtiennent par distillation des huiles légères, des goudrons ou par le lavage des gaz de houilles.
- Le benzol brut (d < 0,890) bout de 60° à 1208.
- Les benzols 90/100, 50/100, 0/100, dont 90 parties, 50 parties ou 0 parties en
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- LES GAZ EMPLOYÉS EN ART MILITAIRE.
- 109
- volumes passent à la distillation au-dessous de 100°, ont la composition centésimale suivante :
- Densité. Benzène.
- Benzol 90/100° . . . 0,880-0,883 85
- Benzol 50/100» . . . 0,815-0,877 43
- Benzol 0/100°. ... 12
- . Xylène Sulfure de
- Toluène. et cumène. carbone. Thiopliène,
- 12 3 0,001 0,0005
- 46 11
- 75 10
- La benzine pure ou eristallisable s’obtient par purification du benzol à 90° dont elle forme les 80 centièmes. Elle bout à 80°,4, fond à 6°, a comme densité 0,899. C’est l’un des meilleurs dissolvants pour l’industrie chimique.
- Le toluène commercial a pour densité 0,870 à 0,872 ; le toluène pur bout à 110° et a pour densité 0,882.
- 2° Benzines lourdes.
- Les benzines lourdes ou xylènes distillent de 120° à 170°.
- Le xylol brut renferme l’ortho 10 à 25 p. 100, le méta 60,1e para 10 à 25; sa densité égale 0,872^0,876. Le xylol purifié bout àl38°-140°.
- Le solvent-naphta I, ou 90/160° fd 0,874 à 0, 880) renferme 75p. de xylènes, 25 de cumènes et pas de naphtalines.
- Le solvent-naphta II, ou 90/170° (d 0,890 à 0,910) renferme 35 p. 100 de xylènes, 60 de cumènes et 5 de naphtaünes. C’est une benzine lourde.
- La benzine lourde, résidu des appareils distillatoires à huiles légères, ou 90/190° (d 8,920 à 0,945) renferme 5 parties de xylènes, 80 de cumènes et 15 de naphtalines.
- La benzine type régie, qui sert à la dénaturation de l’alcool, esta 90/185°.
- La France consommait avant la guerre environ 80 000 t de benzols, dont 75 000 t pour les moteurs à explosion.
- Leurs usages sont :
- Benzines pures : extraction des alcaloïdes et des parfums synthétiques, dissolution des caoutchoucs.
- Benzols 90° et 50° : dissolution des huiles pour peintures séchant rapidement, dégraissage des os, extraction des parfums naturels, nettoyage des tapisseries ;
- Toluène pur : purification par cristallisation des produits pharmaceutiques;
- Toluène commercial: extraction de parfums synthétiques; xylol : nettoyage des lentilles d’optique ;
- Solvents-naphta : fabrication des tissus caoutchoutés, des encaustiques, nettoyages à sec ;
- Benzine lourde : fabrication d’objets en caoutchouc.
- 3° Essences.
- Les essences de pétroles passent au-dessous de 150°.
- A. L'essence brute jusqu’à 100°, d inférieure à 0,690.
- On en sépare :
- a) Les éthers de pétrole (15 p. 100) qui bouillent de 40° à 70° \d 0,650 à 0,688.Cymo-gène bout vers 0° ; rhigolène bout vers 18°.
- b) Les gazolines (25 p. 100), qui bouillent de 50° à 90°; d 0,635 à 0,670.
- B. La benzine brute, d inférieure à 0,790.
- On en sépare :
- c) Les naphtes ou essences depétrole(25 p. 100) qui passentde 90° à 110°; d= 0,680 à 0,720. Ligroïne d= 0,710 à 0,725 ; bout de 90° à 120°.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET-AOUT 1919.
- d) la benzine (50 p. 100), qui bout de 120° à 150°; d = 0,720 à 0, 740.
- Les white spirits, substituts de l’essence de térébenthine dans la fabrication des peintures et vernis, proviennent de la distillation des pétroles roumains et galiciens. Ils bouillent de 120° à 160°; ils sont à 90/160°; (d = 0,760 à 0,810).
- Leurs usages sont :
- Éthers de pétrole r'préparation des parfums, des produits pharmaceutiques, nettoyage des cheveux ;
- Gazolines et essences de pétrole : préparation de parfums naturels;
- Benzines légères : dissolution du caoutchouc, dégraissage des os;
- White-spirits : fabrication de vernis, de cirages, d’encaustiques, de toiles cirées.
- 4° Huiles de schiste.
- L’essence (5 p. 100 de l’huile brute), de d 0,730 à 0,750, sert comme carburant ; l’huile (30p. 100), de d 0,850, sert pour l’éclairage ; les huiles de d 0,875 pour extraire les alcaloïdes des quinquinas; les huiles lourdes de d 0,890 à 0,900 pour préparer le gaz d’huile.
- M. Detœuf a ensuite étudié les dérivés de la distillation du bois : alcool méthylique acide acétique, préparé aussi par fermentation bactérienne des vinasses (Eliront) ou par hydradation de l’acétylène; acétone, préparé aussi par catalyse de l’acide acétique ou par fermentation bactérienne des matières amylacées (Fernbach), méthyléthyl-acétone.
- La France, avant la guerre, consommait environ 1500 t d’acide acétique industriel à 40-80 p. 100, 100 t d’acide pur (99 p. 100), cristailisable ; 1000 t d’acétone 90°, 50 t d’acétone pure, 5 t de méthyléthylacétone, 7000 t de méthylène à 90° (66 p. 100 d’alcool, 15 p. 100 d’acétone), 100 t de méthylène pur à 95-99 p. 100 d’alcool méthylique. Le méthylène type régie à 25 p. 100 d’acétone était préparé en ajoutant au méthylène à 90° duméthylène à 50-60 p. 100 d’acétone, dont on importait, en même temps que du méthylène à 6-7 p. 100 d’acétone, 4000 t de l’étranger.
- Les principaux usages sont :
- Acide acétique industriel : milieux de réaction ou de cristallisation de matières colorantes et de produits pharmaceutiques ; bains de teinture;— acétone pur, méthylène pur : milieux de cristallisation; — acétone 90°: poudres sans fumée, vernis, celluloïdes, teintures, dissolvant de l’acétylène, acétylceiluloses, films ; — méthyléthylacétone : vernis ; — méthylène 90° : méthylène régie : dénaturation de l’alcool.
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- Le Caoutchouc (p. 9 710 à 9715) publie un article intéressant sur la fabrication de l’acétate d’amyle à partir du pentane. De nombreux brevets ont pour objet l’utilisation dans ce but du pentane des pétroles légers. L’obstacle est la formation de composés chlorés qui donnent lieu à la production de chloroamylènes stables et à une corrosion marquée des appareils.
- La méthode proposée par MM. Brooks, Smith et Essex arrête l’action du chlore dès que la proportion de dérivés chlorés atteint 20 p. 100. On condense dans l’eau froide le gaz chlorhydrique mis en liberté. Les auteurs donnent des détails intéressants sur la production du chloropentane, les meilleures conditions à réaliser pour cette production, sur la conversion en acétate d’amyle, l’action adjuvante des catalyseurs, l’utilisation des amylènes.
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- PRODUCTION BIOLOGIQUE DE L*ACIDE CITRIQUE. \ 1 1
- L’article se termine par un devis des appareils nécessaires et une estimation des prix de revient pour une production journalière de 2 700 1 d’acétate d’amyle à 5,50 fie litre.
- Citons enfin (ibidem, p. 9 716-9717) une énumération des si nombreux dissolvants proposés à ce jour pour les nitrocelluloses.
- Charbons et Combustibles colloïdaux. — La « Submarine Defence Association » de New-York vient de publier les résultats qu’elle a obtenus, sous la pression des besoins urgents occasionnés par la guerre sous-marine, en 1917 et en 1918, dans la voie toute nouvelle des charbons dits colloïdaux. En 1918, l’Amirauté britannique avait annoncé qu’elle récompenserait les moyens d’assurer de bons mélanges de goudrons et de pétroles pour le chauffage des chaudières marines.
- Le mélange de charbons et d’huiles minérales a présenté une difficulté qui paraissait insurmontable, parce que les particules lourdes soit du charbon, soit du goudron se déposaient assez vite. Tout ce qu’on avait pu obtenir, c’était de réaliser une suspension de moins de 1 p. 100 de graphite Acheson, au moyen du tannin.
- Aujourd’hui le problème est résolu, et l’on est arrivé à maintenir pendant des mois, en suspension dans de l’huile, jusqu’à 30 à 40 p. 100 de charbon pulvérisé, pulvérisé de façon à ce que 95 p. 100 passent au tamis 200 mailles. On réalise des mélanges bien stables de 45 parties d’huile, 20 de goudron et 35 de charbon pulvérisé, et l’on a ainsi un moyen d’employer le charhon pulvérisé dans les installations déjà existantes pour combustibles liquides. Les essais faits sur un navire que le département de la Marine des États-Unis avait mis à la disposition de l’Association ont prouvé que cette substitution était parfaitement possible. L’on a surtout un moyen d’employer des combustibles pauvres qu’il suffit d’incorporer à une huile minérale. Le fixateur, dont je ne connais pas la nature, est ajouté dans la proportion de 1 p. 100.
- L’emploi des combustibles colloïdaux dans la marine américaine aurait procuré aux essais une économie de 31,2 p. 100 en poids. Cet emploi augmente le rayon d’action du navire, permet d’économiser des transports de combustibles. Le rendement calorifique le plus élevé correspond à une composition à parties égales de charbon et d’huile.
- Production biologique de l’acide citrique. — La production de l’acide citrique par voie biologique a fait l’objet de travaux bien connus.
- C’est en 1893 que Wehmer fit connaître des mucédinées (pour lesquelles il créa le genre Citromyces), qui sont capables de transformer en acide citrique une partie du sucre mis à leur disposition, par une sorte d’oxydation incomplète (voir br. allemand, n° 72)957; C. R. 1893, p. 322; Berichte, t. 26, p. 696, et t. 27, p. 448).
- Mazé et Perrier ont, de leur côté, étudié cette préparation (Annales de l'Institut Pasteur, 1904, p. 18, 553: C. R., t. 139, p. 311).
- M. Marius Mollard (séance de VAcadémie des Sciences du 10 février 1919 ; voir C. H., p. 361), en étudiant l’acidité que les cultures de Sterigmatocystis nigra subissent dans certaines conditions, a constaté que cette moisissure, productrice d’acide oxalique, est susceptible de fabriquer aussi de l’acide citrique, tantôt les deux ensemble, tantôt l’un à défaut de l’autre.
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- NOTES DE CHIMIE.
- JUILLET-AOUT 1919.
- Les cultures étaient effectuées sur le milieu suivant : eau 1000 g; saccharose 46,6; acétate d’ammonium 0,356 ; phosphate monopotassique 0,080; sulfate de magnésium 0,080 ; sulfate ferreux 0,0046; sulfate de zinc 0,0046. Les quantités de nitrate d’ammonium et de sels minéraux étaient le dixième de celles correspondant au meilleur rendement. Les cultures étaient faites à 36°.
- Au dixième jour, il existe dans le liquide de culture 1,1 g d’acide citrique, alors qu’il reste encore 2,5 g de sucre réducteur sur les 7, 2 du début; le rendement est de 0,48, c’est-à-dire du même ordre que celui signalé pour les citromyces. MM. Mazé et Perrier ont d’ailleurs signalé en 1904 que des quantités insuffisantes d’azote et de sels minéraux étaient également favorables à la production d’acide citrique par les citromyces.
- Le tableau suivant montre les différences entre la culture au 1er jour et au 15e jour :
- Durée
- 40 heures. 15 jours.
- Poids du mycélium sec (en mgr.)............. 334 1 281
- Sucre consommé (en mg)...................... 900 6 010
- Acidité totale (en cm3 de solution normale) . . 0,95 18,20
- Acide oxalique (en mg).................... 0 96
- Acide citrique (en mg)........................ + 1169*
- L’acide citrique fait son apparition dès le début de la culture ; l’acide oxalique au bout de 40 heures, et ce dernier n’augmente que très lentement, sans rapport avec le poids de l’acide citrique.
- Les citromyces paraissent n’être que des Pénicillium.
- Le jaunissement des papiers. — Le sujet est toujours préoccupant. L’Ansco Research Laboratory a communiqué au Scienlific American Supplément du 5 avril, p. 222-223) le résultat de ses recherches à ce sujet. En voici un résumé.
- Différentes sortes de papier, provenant toutes de chiffons blancs, ont été exposées de 1 à 100 heures à l’açtion, soit de l’arc électrique, soit de l’humidité à 90° dans l’obscurité totale, soit de la chaleur sèche. Des échantillons étaient prélevés de 10 heures en 10 heures. Les papiers essayés étaient :
- 1° des papiers sans encollage;
- 2° des papiers encollés avec 2,5, ou 5, ou 10 p. 100 de résine ;
- 3° des papiers collés avec 2,5 ou 5 ou 10 p. 100 de résine, et addition de 1, ou 2, ou 4 p. 100 de fer à l’alun.
- 4° les mêmes papiers, avec addition ultérieure de 2,5, ou 5, ou 10 p. 100 de gélatine.
- L’alun employé était toujours aussi privé que possible de fer.
- Les résultats obtenus montrent, que pour toutes les sortes de papier examinées, quelque soin que l’on ait pris à la fabrication, l’addition de résine comme matère d’encollage amène du jaunissement. L’addition de fer aussi. De même, celle de gélatine, ou de toute colle d’origine animale. Le jaunissement croît avec la proportion du fer avec celle de la gélatine, mais ici jusqu’à une certaine limite seulement. La lumière est ud facteur des plus importants pour la production du jaunissement; vient ensuite, l’action de la chaleur humide; c’est la chaleur sèche qui agit le moins. On
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- : LES FILS DE PAPIER. •. H 3
- sait d’ailleurs que la résine ou ses composés avec le fer, sont très sensibles à l’action de la lumière. La gélatine joue également le rôle d’un sensibilisateur pour le jaunissement.
- Les coupes des échantillons ont montré que, lorsque la résine est seule présente, le jaunissement est superficiel. Il gagne en profondeur avec la chaleur. Quand le fer est présent, le jaunissement gagne aussi en profondeur; avec addition de gélatine, il gagne presque toute la masse. Le jaunissement est dû, comme Klemm, Zscholke, Schoeller l’ont établi, à la formation de composés de la résine et du fer.
- Les fils de papier. — Une étude fort intéressante sur les fils de papier a paru dans le Bulletin of the Impérial Institute de décembre 1918 (p. 515-525).
- Leurs principaux avantages sont d’être très bon marché et de ne pas donner lieu à la production de poussières au cours de leur fabrication.
- Les fils de papier ne sont pas une nouveauté. Les Chinois employaient, il y a déjà longtemps, des ficelles en papier, ou mieux des bandes de papier tordues pour nouer leurs paquets. Les Japonais ont fabriqué des tissus de papier ou shi-fu (voir The Industries ofJapan, par J. J. Rein, 1889), principalement à Shiroïshi près de Sendaï ; la chaîne est en soie, et la trame un fil de papier fait avec le Broussonetia papyrifera. Rein décrit tout au long la filature, puis le tissage du shi-fu. Cette fabrication remonte à la fin du xvrii0 siècle, et elle était en grande prospérité vers 1848, surtout pour les toilettes d’été de dames. Elle diminua devant la vogue des cotonnades anglaises, fines et bon marché ; en 1888, il n’y avait plus que quelques maisons qui s’en occupaient.
- P. C. Helberg (Textile Institute Journal, t. 2, 1911, p. 34) note que les premiers essais faits dans les temps modernes pour utiliser le papier comme matière textile l’ont été aux États-Unis ; les fils étaient surtout utilisés pour faire des nattes.
- En 1890, Mitscherlich prit un brevet pour préparer une fibre avec le bois.
- Des brevets ont été pris ayant pour objet de fabriquer le fil avec de la pâte de papier, ou plutôt avec du papier à mi-fabrication : brevets Türk 1892, Kron 1901, Leinweber 1901. A Waldhof près Mannheim, on fit du fil avec la pâte; le produit portait le nom de Licella. La fabrication du Licella fut abandonnée en 1908, à cause du faible rendement de la machine, du prix de revient élevé et de la faible soüdifé du fil obtenu. Le produit fabriqué avec la pâte parle procédé Kron portait le nom de fil Silvalin ; il donnait lieu à des déchets exagérés.
- Le fil fabriqué avec du papier, et non de la pâte, est plus solide, et revient moins cher, malgré l'idée préconçue du contraire. La fabrication date des brevets Claviez, 1895-1897; elle s’établit d’abord en Saxe, puis en Autriche; le produit s’appelait la xyloline. Les procédés de Claviez semblent avoir servi de base à tous ceux utilisés ensuite pour filer le papier.
- Dans cette fabrication, on peut se servir de toutes les matières premières utilisées en papeterie, mais on part le plus souvent de pâte de bois chimique, et préférablement de celle préparée à la soude caustique, ou par le procédé dit au sulfate ; ces pâtes donneraient de meilleurs rendements et des papiers plus flexibles que les pâtes au sulfite. Le papier « kraft » passe pour convenir le mieux à la filature, et fournirait des fils un quart plus résistants. La digestion du bois est faite de façon à ne pas en désa-Tome 1.^1. — 2e semestre. — Juillet-Août 1919. " 8
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- H 4 NOTES DE CHIMIE. JUILLET-AOUT 1919.
- gréger les fibres trop intimement, mais qu’une certaine liaison persiste entre elles. Telles les pâtes brunes qui produisent du papier si résistant à l’usure. Le papier au sulfite donne des fils fort satisfaisants dans bien des cas, mais inférieurs en élasticité. Pour les fils très fins, on se sert de papier de chiffons.
- L’auteur du mémoire donne ensuite des détails sur la fabrication des fils. Le papier est mis en rouleaux, et ceux-ci sont découpés à la machine en bandes larges de 1,25 mm à 0,3 mm. Les bandes sont bobinées, puis filées sur des machines analogues à celles destinées à la filature du jute; avant filature, les bandes sont mouillées. L’auteur détaille ensuite le procédé de filature suivi à la Textilite Engineering Co Ltd, de Southwark.
- Le meilleur procédé pour augmenter la force des fils de papier consiste (d’après Chemiker-Zeitung de 1917, p. 43) à les passer d’abord dans un bain à 50°de gélatine, de tannin et de silicate de soude, puis, sans les sécher, dans un bain froid de formiate basique d’aluminium, enfin on sèche. Le fil ainsi traité gagne 10 p. 100 de résistance à sec et 30 p. 100 à l’état humide.
- La teinture des fils de papier s’effectue comme celle des fils de coton; on emploie les colorants substantifs, les couleurs au soufre, les couleurs de cuve. On doit prendre des soins particuliers dans la manipulation des fils, et l’on emploiera de préférence des machines. Les bains ne seront pas trop alcalins, la température sera maintenue de préférence entre 50° et 60°. Pour les fils destinés au tissage, on teindra la pâte même.
- Les fils de papier reçoivent aujourd’hui de très nombreux usages. L’un des principaux est la fabrication de cordages et de cordes, parfois tout en papier, parfois avec une âme de chanvre ou de métal. Un autre emploi est la fabrication de sacs remplaçant ceux faits avec le jute ou le chanvre ; les sacs faits avec des fils de papier ont l’avantage de n’avoir pas d’odeur et de ne pas présenter de fibrilles qui se mêlent au contenu. Pendant la terrible guerre que nous venons de traverser, d’énormes quantités de fils de papier ont été employés à la fabrication des sacs à terre ; ils sont moins résistants que ceux de jute, plus exposés à se trouer, plus sensibles à l’action de la gelée et de la neige. Les sacs en chaîne de jute et trame de papier peuvent très bien remplacer les sacs en jute, mais leur trame est moins résistante que leur chaîne.
- Les fils de papier sont encore utilisés pour fabriquer des tresses, des soutaches, des sangles, de la toile pour tentes, pour tissus imperméables, des prélarts, des nattes, des tissus pour ameublements : tapis, fauteuils, chaises, rideaux, tentures;; des tissus pour linoléums, et pour substituts de planches de bois.
- Un autre emploi des fils de papier est la fabrication d’un substitut du cuir, principalement pour les courroies de machines. Dans ce dernier cas, le fil est fait avec du papier parchemin; les bandes de tissus sont cousues ensemble.
- Les fils de papier, après une imprégnation spéciale, auraient un emploi dans la fabrication des câbles électriques, principalement comme substitut du jute placé entre la gaine de plomb et l’armature de fer. Ils adhèrent mieux que le jute à la feuille de plomb, et constituent une enveloppe tout à fait flexible et imperméable à l’eau.
- C’est principalement à la place du jute que les fils de papier sont employés, niais leurs produits ne possèdent pas toujours des qualités analogues à celles des produits du jute. Quant à l’utilisation des fils de papier à la place du coton, elle offre champ au doute. Sans doute, la fabrication a été améliorée au point qu’aujourd’hui on peut laver les fils de papier, les faire bouillir, et qu’on est arrivé à les rendre aussi doux que du coton. EnAllemagne, ces fils de papier sont employés pour serviettes, vêtements de
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- LES FILS DE PAPIER.
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- dessous, doublures, tabliers, pantalons de voyage, vêtements de travail, mouchoirs, nappes, couvertures, courte-pointes, etc.
- Les tissus mélangés de coton et de papier se déchirent moins que ceux formés de papier seul, et conservent mieux leur forme; on les emploie aussi pour cols, collerettes, manchettes, parements et devants de chemises. Dans certains cas, le fil de papier est tissé avec du shoddy ou laine renaissance.
- Dans les derniers temps, de nombreuses usines se sont établies en Allemagne pour fabriquer du Cellulon, qui est un fil fait directement de la pâte à papier, et semblable aux fils Licella et Silvalin. La presse allemande l’a prôné comme pouvant remplacer entièrement le coton, le chanvre, le jute et le lin.
- La fabrication des fils de papier a progressé rapidement en Allemagne et en Autriche; elle y a pris aujourd’hui une grande importance. Avant la guerre, l’Allemagne n’avait que deux usines ; à la fin de 1917, il y en avait plus de 250 ; en 1918, il en existait 300 en Autriche-Hongrie. La quantité de fils de papier fabriqués dans ces deux pays était estimée à 260 0001 par an (mars 1917). Sans doute, leurs emplois se sont développés par suite de la pénurie d’autres matières textiles, en particulier du jute ; les anciennes fabriques de jute et de coton auraient dû fermer leurs portes si elles n’avaient pas pu se procurer un substitut. L’Allemagne a cependant éprouvé quelque difficulté à se procurer une quantité suffisante de pâte de bois. Si le marché du jute reprenait son état normal, il est probable que l’industrie du fil de papier ne ferait plus de progrès. Mais il semble pourtant qu’elle se maintiendra après la guerre, parce que de gros capitaux y sont engagés, qu’elle traite une matière première que l’on peut se procurer dans le pays même, et enfin que le prix du jute resteraélevé. Dans les autres pays, cette industrie n’a guère fait de progrès. Même en Suède, où la matière première abonde, il ne s’est formé que trois ou quatre usines, probablement par suite de la difficulté à se procurer les machines nécessaires. En Norvège, une seule usine s’est établie ; de même, une seule travaille au Danemark. L’on dit qu’en Hollande, quelques fabriques de coton se sont mises à fabriquer les fils de papier, à cause du manque de coton. En Angleterre, la Textilite Engineering Co montre une grande activité; elle s’occupe surtout de sacs pour grains, pommes de terre, ciments, laines, etc. Elle fabrique aussi des ficelles, des tapis, des nattes, etc.
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- NOTES D’AGRICULTURE
- par M. Hiïier membre du Conseil
- LE CONGRÈS DE L’AGRICULTURE FRANÇAISE
- (Paris, 30 juin — 3 juillet 1919)
- Au mois d’octobre 1918, la Société nationale d’Encouragement à l’Agriculture prenait l’initiative d’organiser un Congrès de VAgriculture française auquel elle conviait toutes les sociétés et associations agricoles françaises à participer afin d’examiner ensemble les problèmes agricoles d’intérêt général qui allaient se poser pour notre pays au lendemain de la guerre.
- Oubliant leurs rivalités des temps anciens, dans un complet esprit « d’union sacrée, » aussitôt, grandes et petites associations, sociétés d’agriculture, syndicats adressèrent leur adhésion à la commission [provisoire du Congrès, composée des groupements dits groupements organisateurs, et qui comprenait notamment la Société des Agriculteurs de France, la Société nationale d’Encouragement à l’Agriculture, la Société des Viticulteurs de France, FUnion centrale des Syndicats, la Fédération des Syndicats etc., etc.
- Il fut décidé qu’un nombre restreint de questions serait porté à l’ordre du jour du Congrès: La reconstitution agricole des régions libérées;— La situation du cheptel national;— L'organisation de la défense et de la représentation professionnelles de l'agriculture; — Le problème de la main-d'œuvre agricole ; — La production coloniale agricole et les besoins de la métropole. Pour l’étude de chacune de ces grandes questions lut prévue une section spéciale; un rapporteur fut désigné, ainsi qu’un président pour diriger les débats.
- Les rapporteurs, choisis parmi les personnalités les plus compétentes, prirent le soin d’adresser, quelques semaines avant la réunion du Congrès, aux groupements adhérents, les conclusions de leurs rapports, de façon que chacun puisse les étudier, les discuter et apporter devant le Congrès, en toute connaissance de cause, les interventions jugées nécessaires.
- Le Congrès de l’Agriculture française se réunit à Paris du 30 juin au 3 juillet dans les salles que gracieusement la Société nationale d’Horticulture avait mises à sa disposition rue de Grenelle. Près de 500 groupements et associations agricoles de toutes les régions de la France y étaient représentés. M. Victor Boret, ministre de l’Agriculture, présida la séance d’ouverture et aussi la séance' de clôture du Congrès que M. le Président de la République tint à honorer de sa présence.
- Le bureau du Comité d’Organisation du Congrès, composé de M. E. Loubet comme président, Ferdinand David, Viger, anciens ministres de l’Agriculture, Morel, séna-
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- LE CONGRÈS DE L’AGRICULTURE FRANÇAISE (PARIS, 1919). 117
- teur, E. Pluchet, président honoraire de la Société des Agriculteurs de France, Tisserand, directeur honoraire de l’Agriculture comme vice-présidents, fut, par acclamations, maintenu comme bureau définitif du Congrès, avec l’afijonction, au titre de vice-présidents, d’un représentant de l’Alsace et de la Lorraine, M. Heinrich, de M. le marquis de Vogüé, président de la Société des Agriculteurs de France, de M. Couzinet, président du récent Congrès d’Agriculture de Toulouse, de M. Michel, président de la Société d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle.
- Le Congrès décida, dès cette première réunion, de porter à son ordre du jour, en dehors des questions déjà prévues el étudiées par le Comité d’Organisation, quelques autres questions d’urgente actualité et une sixième section fut aussitôt organisée pour les discuter.
- En effet, avant de venir devant l’assemblée générale, chaque question devait être traitée dans une section spéciale ; dans ces réunions de sections les discussions furent souvent très vives et très animées, certaines des conclusions ou résolutions présentées par les rapporteurs y furent combattues violemment, et parfois rejetées ou des modifications y furent apportées. Mais en assemblée générale, au contraire, les conclusions adoptées par chacune des sections furent presque toujours votées à l’unanimité.
- Nous donnons plus loin le texte des vœux, tout au moins des principaux vœux émis par le Congrès; mais auparavant qu’on nous permette défaire part ici des impressions d’ordre général qui nous ont paru se dégager nettement de ce congrès.
- Les agriculteurs français entendent désormais constituer une force puissante et bien cohérente qui puisse faire entendre sa voix dans les affaires du pays. Sans doute, depuis longtemps, les agriculteurs se sont groupés en puissantes associations dont quelques-unes, comme la Société des Agriculteurs de France, fondée à la veille même de la guerre de 1870, compte près de 10 000 membres; sans doute ces associations et sociétés agricoles présentaient aux Pouvoirs publics presque toujours des revendications analogues ; elles avaient sur la plupart des questions intéressant l’agriculture les mêmes points de vue. Mais revendications, vœux de l’agriculture française se faisaient entendre isolément et dès lors perdaient beaucoup de leur force. Les agriculteurs sentent aujourd’hui que, dans nombre des cas, il est nécessaire qu’ils puissent se présenter devant le Gouvernement, devant le pays au nom de l’agriculture française tout entière, et dans ce Congrès de l’Agriculture française, ils ont donc décidé de former la Confédération nationale des Associations agricoles, c’est-à-dire la réunion dans un faisceau compact de toutes les associations du pays, du Nord au Midi, de l’Est à l’Ouest. Nous allons y revenir plus loin.
- Les agriculteurs, d’autre part, manifestent une opposition de plus en plus prononcée contre les interventions de l’État et de l’Administration. Ils demandent que le rôle de l’État soit limité et que la plus grande initiative leur soit laissée à eux, agriculteurs.
- C’est un tel état d’esprit qui explique la plupart des résolutions votées par le Congrès et le rejet de certaines propositions qui avaient été émises.
- Le rapport de M. Gouge, par exemple, sur la reconstitution agricole des régions libérées est un réquisitoire des plus violents contre un régime qui tend à confier à l’État seul une œuvre pour la réalisation de laquelle il est ou incompétent ou impuissant; et c’est par acclamation que furent votés les vœux tendant à limiter et à restreindre le rôle de l’État dans l’œuvre de reconstitution de ces malheureuses contrées et à donner aux autorités locales plus d’autorité, aux citoyens plus de
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- NOTES D AGRICULTURE.
- JUILLET-AOUT 1919
- liberté. « Ces vœux, a très justement fait remarquer M. Alfred Massé, ne faisaient que traduire l’état d’esprit du Congrès, également opposé aux formules étatistes et favorable à toute idée de large décentralisation 0). »
- Pourquoi le Congrès a-t-il combattu d’une façon si vive et quasi unanime la nouvelle institution des offices agricoles départementaux et régionaux avant même qu’elle n’ait pu fonctionner, et malgré les réclamations d’un congressiste isolé qui demandait simplement que l’on ne condamnât pas ces offices avant qu’ils aient pu faire leurs preuves? Uniquement, suivant nous, à cause de ce fait que les membres du Congrès se sont refusés à reconnaître comme le mandataire de l’agriculture tout organisme officiel ou semi-officiel, dans lequel les représentants de l’Administration et du Gouvernement avaient une place marquée et pouvaient exercer une influence certaine.
- Les offices agricoles ont été très attaqués aussi parce que les membres du Congrès, et malheureusement, non sans raison, ont pensé que la politique interviendrait trop souvent dans la désignation des délégués à ces offices, le choix de ceux-ci étant laissé au conseil général de chaque département^'. L’agriculture, au contraire, veut une représentation légale, réalisée par les agriculteurs eux-mêmes, ceux-ci choisissant eux-mêmes leurs dirigeants et leurs représentants.
- L’agriculture veut une représentation libre pour soutenir ses revendications et défendre ses intérêts.
- Le cadre départemental, paraissant au Congrès trop intimement lié à l’Administration, le Congrès a manifesté très énergiquement, et chaque fois que l’occasion s’est présentée, ses préférences pour l’action régiônaliste ; « pour la région libre et indépendante où pourront se réunir et discuter en commun de leurs intérêts, en dehors des préoccupations de clocher ou de parti, les représentants du travail et du capital, ceux de l’agriculture et ceux du commerce ou de l’industrie (3). »
- Enfin, c’est cette même constante préoccupation de sentir l’agriculture libre, à l’abri de toute ingérence, de toute intervention de l’État et de l’Administration dans ses affaires, qui a fait rejeter par le Congrès certaines résolutions qui lui avaient été présentées dans le rapport sur la main-d’œuvre agricole, ou suggérées en séances mêmes par M. le député Mauger. Contre tout ce qui suppose devoir entraîner une intervention, une réglementation de l’État, le Congrès a tenu à se montrer nettement hostile. Mais nous croyons que ce serait étrangement se tromper que de voir dans cette attitude des membres du Congrès une opposition quelconque à la réalisation de l'amélioration matérielle et morale des précieux collaborateurs delà production agricole que sont les ouvriers. Les conditions si variées de l’emploi de la main-d’œuvre en agriculture, les conditions tellement spéciales des travaux agricoles, les modes de rémunération propres pour ainsi dire à chaque « pays » font que ces questions de salaires, d’heures de travail, etc., ne peuvent se résoudre par des règlements rigides s’étendant forcément à la France entière. Il appartient, au contraire, aux intéressés de
- (1) Le Temps, 13 juillet 1919.
- (2) En application de la loi du 6 janvier 1919 sur l’intensification'de l’agriculture, un décret en date du 25 avril 1919 a constitué les offices agricoles départementaux. D’après l’article 1er de ce décret, il est créé, dans chaque département, un office agricole départemental, dirigé ,'par un conseil comprenant cinq membres désignés par le conseil général, et le directeur des services agricoles qui a voix délibérative.
- (3) A. de Marcillac, — l’un des agriculteurs qui, depuis de longues années, défend le plus énergiquement la thèse du régionalisme — dans VAgriculteur du Périgord, n» du 10 juillet 1919.
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- LE CONGRÈS DE L’AGRICULTURE FRANÇAISE (PARIS, 1919).
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- discuter entre eux librement dans leurs associations, leurs syndicats, très souvent, du reste, mixtes composés de patrons et ouvriers, de propriétaires, fermiers, métayers, paysans à la fois propriétaires et ouvriers, les cas particuliers qui peuvent se présenter et comme ils se présentent en réalité dans leur région suivant les modes d’exploitation du sol.
- Avant de reproduire ici les principaux vœux émis par le Congrès, nous nous contenterons, — après cet exposé rapide de la physionomie du Congrès et de ce qui nous a paru en être la caractéristique essentielle, — de quelques courtes observations, au sujet des travaux de chacune des sections.
- lre Section. — Reconstitution des régions libérées.
- Président : M. Michel,
- Rapporteur M. René Gouge, président de l’Association des sinistrés de la Somme, vice-président de la Fédération des Associations des Sinistrés.
- Le rapport de M. Gouge constitue, nous l’avons déjà signalé, un réquisitoire sévère contre l’Administration.
- Avec la grande majorité, pour ne pas dire l’unanimité, des malheureux habitants des régions envahies, il a proposé de rallier et de concentrer tous les services décousus et dispersés de la reconstitution agricole, de réunir les sinistrés et les agents de l’État, des départements et des communes, sous une direction unique, assistée de groupements locaux compétents, de faire, en un mot, une application raisonnée du régionalisme. Les sinistrés veulent, à la base, la liberté, au sommet, une meilleure direction.
- Le Congrès, à la suite de l’éloquent rapport de M. Gouge, a adopté les vœux suivants :
- Que la reconstitution des régions libérées soit assurée, d'une manière pratique et rapide, en respectant la liberté et l’initiative du sinistré et en lui apportant l’aide efficace de l’État;
- Que tous les services de reconstitution, disséminés dans de nombreux ministères, soient réunis sous la direction d’un Haut-Commissaire aux Régions libérées, chef unique et responsable, avec les pouvoirs les plus étendus et relevant seulement delà présidence du Conseil ;
- Qu’il soit assisté de trois commissaires adjoints, chargés spécialement de la reconstitution agricole, industrielle, commerciale;
- Que chacun des services placés sous leurs ordres soit amélioré et bien défini, de telle sorte que le sinistré sache exactement à qui s’adresser pour obtenir ce dont il a besoin dans le plus bref délai et sans formalités inutiles;
- Que les commissaires adjoints, comme tous les agents de la reconstitution, à quelque degré qu’ils soient nommés, aient la compétence et l’initiative nécessaires pour bien remplir leurs fonctions et qu’ils soient responsables de leurs actes dans l’étendue de leurs attributions ;
- Que les rapports entre le Haut-Commissaire et les sinistrés soient réglés au moyen d’organismes de liaison qui seront leurs porte-paroles ;
- Qu’à la base de la reconstitution agricole, soit favorisée la création de groupements professionnels dans chaque localité;
- Qu’il soit institué pour éclairer le Haut-Commissaire sur les besoins des agriculteurs, pour lui faire connaître leurs vœux et l’aider à les réaliser, des conseils techniques autonomes.
- Que ces conseils soient obligatoirement consultés pour toutes mesures importantes intéressant leur région;
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- NOTES D’AGRICULTURE.
- JUILLET-AOUT 1919.
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- Qu’il y aiL une coordination étroite dans l’action de ces organismes et des services de reconstitution, des méthodes bien précisées et appliquées avec un effort continu et énergique, pour assurer, sans tarder, le relèvement des régions dévastées dans leur intérêt et dans celui de la France;
- Que dès à présent, tous les abris provisoires qui sont à la disposition du ministère de la guerre, soient remis au Ministère des Régions libérées pour être répartis, par département, entre les sinistrés et que des mesures soient prises, sans plus de retard, pour faire face à leurs besoins les plus urgents,
- 2e section. — Situation du cheptel national.
- Président : M. Viger, ancien ministre de l’Agriculture.
- Rapporteur : M. Alfred Massé, agriculteur, éleveur, ancien ministre.
- Nul n’était plus qualifié que M. Massé pour présenter devant le Congrès la situation de notre cheptel et pour suggérer les méthodes à suivre afin de le reconstituer et de le perfectionner.
- Adoptant pleinement les vues du très distingué rapporteur de la seconde section les membres du Congrès ont commencé par poser en principe la nécessité pour les agriculteurs de faire, en faveur de l'élevage, un vigoureux effort.” A l’État, ils reconnaissent le droit, sous certaines conditions, d’interdire l’abatage de velles qui doivent être conservées pour la reproduction. Mais ils estiment que ce n’est pas tout que d’augmenter l’importance de nos effectifs. Il faut, en outre, pouisuivre méthodiquement, l’amélioration du troupeau. Pour cela, ils comptent surtout sur les syndicats d’élevage, administrés par les agriculteurs, encouragés et subventionnés par le Gouvernement. Ces syndicats doivent déterminer le but auquel doit tendre l’élevage local: production de la viande, du lait ou des animaux de travail. Ce but fixé et le choix fait par les intéressés de la race la plus propre à l’atteindre dans un milieu déterminé, il appartiendra aux agriculteurs de poursuivre par la sélection des individus et le choix judicieux des reproducteurs l’améhoration de nos races. L’établissement pour chacune d’elles d’un livre généalogique unique doit puissamment contribuer à cette amélioration. Mais ces livres généalogiques doivent être tenus par les syndicats eux-mêmes, l’État n’intervenant que pour fixer, après avis du conseil supérieur de l’élevage dont la création est demandée, la réglementation uniforme à laquelle ils doivent être soumis, en assurer le contrôle et donner aux inscriptions par la publication que le ministre aurait seul qualité pour faire, plus de valeur et plus d’authenticité fi).
- Voici les principaux vœux émis par le Congrès, sur le rapport de M. Massé :
- Nécessité pour les agriculteurs de faire, en faveur de l’élevage, un vigoureux effort ;
- Nécessité d’exiger de l’Allemagne la restitution en nature des bovins et des ovins qui, se trouvant dans les départements envahis, sont tombés aux mains de l’ennemi. Une com-
- (1) Nous recevions tout dernièrement une lettre du Brésil dans laquelle un correspondant des plus avisés, faisait part des débouchés que certains états du Brésil pourraient offrir en ce moment pour des animaux reproducteurs de nos races bovines, charolaise, flamande, normande, pour nos chevaux percherons, nos baudets du Poitou, nos porcs craonnais, etc. Mais le correspondant ajoutait : « Je -crois inutile de faire remarquer qu’au cas où des transactions auraient lieu, il serait non seulement inutile mais même dangereux pour l’avenir de ces transactions d’envoyer des animaux qui ne seraient pas de race absolument pure et ne posséderaient pas un pedigree tout à fait en règle ».
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- LE CONGRÈS DE l’AGRICULTURE FRANÇAISE (PARIS, 1919). 121
- mission composée d’agriculteurs, de professeurs et de vétérinaires, devra indiquer les races qui contribueront à cette restitution et choisir sur place les sujets. La restitution devra s’échelonner sur trois années;
- Le Congrès émet le vœu que l’Allemagne soit tenue de restituer en nature à la France les animaux de basse-cour, au même titre que les ovins et les bovins;
- L’État a le droit de stimuler l’effort des éleveurs en limitant les abatages des veaux femelles, dans les conditions prévues par le décret du 14 octobre 1915, si d’autre part, il assure aux éleveurs le moyen de nourrir les animaux qu’ils conserveront;
- Pour obtenir ces résultats, il faut que les meuniers retrouvent autant que possible, la liberté en ce qui concerne le taux du blutage, que des facilités de transport soient assurées pour les sons et les issues, ainsi que pour les farines et aliments concentrés; enfin, que ces derniers et en particulier les tourteaux, soient en quantité suffisante pour que tous puissent s’en procurer à des prix normaux.
- Ces derniers résultats ne peuvent être obtenus que si notre flotte commerciale retrouve toute sa liberté et si les Compagnies françaises de navigation sont en mesure de transporter de nos colonies dans les ports de la métropole, la quantité de graines oléagineuses qui peuvent y être travaillées. Il serait à souhaiter que le Gouvernement établisse rapidement le programme relatif à sa politique économique, le fasse approuver par le Parlement et lui assure une durée suffisante pour que les particuliers et les sociétés industrielles sachent exactement quel régime leur sera appliqué, quelles sont les charges qui leur incomberont, mais en même temps les garanties qui leur seront assurées.
- Pour permettre de mieux nourrir le bétail aux prés, pour augmenter les réserves de fourrage nécesssaires pour l’hivernage, il est indispensable que les éleveurs trouvent en quantité suffisante les engrais fertilisants propres aux herbages. Il faut en conséquence obtenir : 1° le transport maritime des phosphates et nitrates au même titre que celui des graines oléagineuses ; 2° des facilités pour transporter et transformer les produits susceptibles de fournir des engrais à l’agriculture ; 3° que les promesses faites en ce qui concerne les potasses d’Alsace, soient réalisées ;
- Nécessité pour le Gouvernement, en attendant que le cheptel soit reconstitué et puisse suffire aux besoins du pays, de faciliter l’apport des viandes frigorifiées;
- L’encouragement à l’organisation dans les centres de production, d’abattoirs industriels munis de frigorifiques ;
- Inciter les municipalités et les commerçants à établir des frigorifiques pour conserver les viandes et les denrées périssables;
- Nécessité de créer des syndicats d’élevage dans les régions où il n’en existe pas encore; de fixer par les intéressés le but auquel doit répondre l’élevage local, — production de la viande, du lait, ou animaux de trait; — de rechercher par la sélection à améliorer les races en vue du but poursuivi et de leur donner une plus grande précocité par une alimentation abondante et rationnelle ; •
- Vote par le Parlement du projet de loi déposé par M. Méline tendant à surveiller et à contrôler la monte publique des taureaux;
- Établissement de livres généalogiques pour chacune des races nettement caractérisées et jugées utiles, qui n’en possèdent pas encore, avec réglementation uniforme votée par un conseil supérieur de l’élevage qu’il serait désirable de créer; contrôle et publication des livres généalogiques assurés par l’État;
- Création d’un conseil supérieur de l’élevage, avec constitution au sein du Conseil supérieur de l’Agriculture, d’une section spéciale chargée de l’étude des questions de l’élevage. . „
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- NOTES D AGRICULTURE, — JUILLET-AOUT 1919.
- 4 e section : La main-d'œuvre agricole.
- Président : M. Tisserand.
- Rapporteur : MM. Brancher, membre du Conseil supérieur de l’Agriculture, secrétaire général de la Société nationale de Protection de la Main-d’œuvre agricole, et Raymond Vuigner, Ingénieur-agronome.
- Ici, le Congrès a tenu à nettement préciser qu’il ne saurait être question d’assimiler le travail en agriculture et en industrie ; aussi a-t-il repoussé les conclusions qui lui avaient été présentées : tendre à la péréquation des salaires agricoles sur tout le territoire ; tendre à l’établissement de l’équivalence entre les salaires de l’agriculture et ceux de l’industrie et du commerce.
- Il a été unanime à reconnaître que l’appbcation à l’agriculture de la journée de huit heures aurait pour résultat une hausse considérable des produits agricoles, et par suite une augmentation du prix delà vie. Aussi a-t-il déclaré s’opposer énergiquement à l’adoption de tout texte législatif qui limiterait la durée de la journée de travail agricole.
- Voici lesparties essentielles des conclusions adoptées par le Congrès :
- Durée du travail. — En ce qui concerne la durée de la journée de travail, le Congrès de l’Agriculture française déclare que toute limitation de cette durée entraînerait une réduction correspondante de la production et une majoration plus que proportionnelle des prix de revient et surtout des prix de vente. L’application en agriculture de la journée de huit heures, même sous la forme mitigée d’une moyenne annuelle des heures de travail, aurait donc un d uble résultat pratique qui serait la cherté plus grande de la vie et l’ohligation pour la France d’acheter à l’étranger une plus forte proportion des denrées alimentaires dont nous avons besein.
- Pour ces motifs, dans l’intérêt national comme 'dans l’intérêt des consommateurs, le Congrès de l’Agriculture française déclare s’opposer énergiquement à l’adoption de tout texte législatif qui limiterait la durée de la journée de travail agricole; il ajoute que cette limitation rendrait impossible l’exercice même du métier d’agriculteur et qu’au surplus, elle n’est pas compatible avec la menée à bien de certains travaux agricoles, tels que la fenaison et la moisson.
- Rémunération du travail agricole. — Chercher dans l’augmentation de la production le remède à la crise de la main-d’œuvre agricole afin, notamment, d’être à même d’améliorer la rémunération des travailleurs ruraux.
- Lutte contre le chômage et fixation à la terre de la main-d’œuvre agricole. — Pour lutter contre le chômage qui n’est plus actuellement à craindre en agriculture pour les bons ouvriers, et même pour les médiocres, vu leur rareté, pour fixer surtout davantage à la terre la main-d’œuvre agricole, avoir recours: a) aux moyens purement agricoles; b) aux moyens à la fois agricoles et industriels.
- 5e Section. — La production coloniale agricole et les besoins de la métropole. Président: M. Jean Morel, sénateur.
- Rapporteur : M. Prudhomme, Ingénieur-agronome, directeur du Jardin colonial. Le Congrès a été unanime à suivre le distingué rapporteur de sa section. Aussi bien du reste, tous les Français sont aujourd’hui convaincus du rôle capital que les colonies sont appelées à jouer dans notre économie nationale : elles font partie de la France;
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- LE CONGRÈS DE l’âGRICULTURE FRANÇAISE (PARIS, 1919), 123
- leurs productions agricoles sont complémentaires de celles de la métropole. Il nous appartient de les utiliser mieux que nous ne l’avions su faire jusqu’ici.
- Les principaux vœux adoptés par le Congrès ont été :
- En ce qui concerne notre ravitaillement alimentaire et industriel. — 1° Qu’il soit dressé, aussi rapidement que possible, par les soins des ministères de l’Agriculture et du Commerce, un tableau qualitatif et quantitatif des besoins actuels de la métropole, en produits à faire venir de l’extérieur, afin de mettre le ministère des Colonies, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc en mesure de rechercher ceux d’entre eux qui peuvent être obtenus dans nos possessions d’outremer ou remplacés par des produits similaires d’origine coloniale ;
- 2° Que toutes mesures utiles soient prises pour intensifier le plus possible la production des denrées coloniales susceptibles de servir au ravitaillement présent ou futur de la Métropole ;
- 3° Que l’on mette toujours les produits coloniaux sur le même pied que ceux de la métropole, en leur accordant les traitements de faveur que l’on n’hésite pas à attribuer aux denrées et matières premières d’origine métropolitaine, et que l’emploi de ces produits par nos industriels ne soit pas entravé, à la sortie des colonies, par des taxes trop élevées;
- 4° Qu’à égalité de prix et de qualité, la préférence soit toujours donnée, notamment par l’Administration, aux articles fournis par nos colonies plutôt qu’aux produits étrangers ;
- En ce qui concerne /’organisation générale de la mise en valeur des colonies, que l’on arrive, le plus tôt possible, à la phase des réalisations pratiques.
- 6e Section. — Questions diverses.
- Président : M. le marquis de Yogüé.
- Dans cette section, le Congrès a étudié et discuté un certain nombre de questions sur lesquelles plusieurs de ses membres avaient exprimé le désir de voir le Congrès émettre des vœux, notamment à propos de la fourniture des engrais et de l’extension de la capacité civile des syndicats.
- Engrais. — Le Congrès émet le vœu :
- 1° Que le Gouvernement prenne immédiatement les mesures nécessaires pour que les usines de superphosphates soient approvisionnées le plus rapidement possible en phosphates, et notamment en phosphates d’Algérie et de Tunisie, afin de permettre aux cultivateurs de recevoir en quantité suffisante et d’employer en temps utile les superphosphates, aussi bien que tous autres engrais ou produits anticryptogamiques, facteurs essentiels de la production ;
- 2° Que la production des usines de potasse d’Alsace soit intensifiée autant que possible.
- 3' Section. — L'organisation de la défense et de la représentation professionnelle
- de l'agriculture.
- Président : M. Fernand David, ancien ministre de l’Agriculture.
- Rapporteur : M. J.-H. Ricard, Ingénieur-agronome.
- Si nous avons placé ici, à la fin du compte rendu du Congrès, cette question étudiée par la 3e section, c’est qu’en réalité ce fut la question principale posée au Congrès et celle qui donna lieu à la résolution capitale : la constitution d’une confédération nationale des associations agricoles; sur un très éloquent rapport de M. J.-H. Ricard, le Congrès décida, en effet, qu’il y avait Heu de créer un organisme servant de lien entre les groupements professionnels :
- Sous le nom de confédération nationale des associations agricoles serait formé entre
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- NOTES D’AGRICULTURE.
- JUILLET-AOUT I9HL
- les grandes associations agricoles françaises, nationales ou régionales, représentant les intérêts généraux de l’agriculture française ou de l’une de ses branches, un lien permanent.
- Cette importante décision reçut immédiatement de la part de l’Assemblée une consécration solennelle. M. le marquis de Vogüé se leva pour apporter l’adhésion pleine et entière de la Société des Agriculteurs de France. D’un élan spontané, les dirigeants des principales associations agricoles vinrent y ajouter celle des groupements qu’ils représentaient: MM. Loubet, au nom de la Société nationale d’Encouragement à l’Agriculture; Yiger, au nom de la Fédération de la Mutualité agricole, de la Société nationale d’Agriculture, de la Société d’Encouragement à l’Industrie laitière, etc. Tisserand, au nom des Viticulteurs de France; de Fontgalland, au nom de l’Union centrale des Syndicats agricoles des Agriculteurs de France et de l’Union des Syndicats du Sud-Est; Gavoty, au nom des Syndicats agricoles des Alpes et de Provence; Fernand David, au nom de la Société nationale de Protection de la Main-d’œuvre agricole, etc.
- M. Heinrich affirma que les associations d’Alsace et de Lorraine, dont il était le représentant, se rangeaient de tout cœur à leur côté.
- Voici du reste les résolutions prises à la troisième section, relativement à l’organisation de la défense et de la représentation professionnelle en agriculture et adoptées par le Congrès.
- /re Résolution. — La défense corporative doit être l’œuvre des agriculteurs eux-mêmes par l’action concertée de leurs groupements professionnels dans lesquels ils doivent s’unir plus étroitement que jamais.
- Cette défense sera mieux idéalisée par une coordination à établir entre les associations existantes, ou à créer, que par la constitution de toutes pièces de nouveaux organismes:
- 2e Résolution. — Le Congrès, en présence du projet de loi relatif à l’élargissement de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels, constatant le désaccord qui s’est élevé entre les deux Chambres au sujet du droit syndical à accorder aux fonctionnaires, est d’avis que l’article qui vise ces derniers soit disjoint et fasse l’objet d’une proposition spéciale, afin que la proposition accordant la capacité civile pleine et entière aux syndicats professionnels et à leurs unions soit votée par le Parlement avant la fin de la législature.
- 3e Résolution. — Le Congrès est d’avis qu’il y a lieu de demander au Parlement de remplacer, avant la fin de la législature, les offices régionaux et départementaux agricoles par des chambres d’agriculture, et qu’en attendant la création de ces chambres, les offices exercent leur action par le canal des associations agricoles, circulaires ministérielles.
- 4e Résolution. — Dans le cas où la Chambre des Députés se refuserait à adopter le projet Lhopiteau voté par le Sénat, le Congrès se rallierait à l’examen de tout projet qui, maintenant aux chambres d’agriculture leur caractère régional, imposerait au collège électoral des conditions de compétence de nature à lui assurer un caractère nettement professionnel, etc., etc.
- 6e Résolution. Libre organisation de défense et de représentation professionnelles. — Afin de donner une application pratique à la première résolution, il y a lieu de créer un organisme servant de lien entre les groupements professionnels.
- Chacune des grandes associations agricoles ayant des buts englobant l’ensemble des in térêts professionnels dans le rayon territorial (national ou régional) ou la branche agricole sur laquelle porte son activité, y aurait des délégués, ainsi que les groupements librement constitués au préalable par régions selon leurs préférences et les indications de l’expérience et non selon les prescriptions de l’Administration.
- En conséquence :
- Sous le nom de Confédération nationale des Associations agricoles, il sera formé entre les grandes associations agricoles françaises, nationales ou régionales, représentant le
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- intérêts généraux de l’agriculture française ou de l’une de ses branches, un lien permanent.
- Y auront seules des représentants :
- 1° Les associatilions professionnelles dont la circonscription territoriale s’étend à toute la France ;
- 2° Les groupements professionnels d’une circonscription territoriale ayant une étendue vraiment régionale, qui ont réalisé l’union d’un ensemble d’organisations agricoles de leur territoire et qui auront été agréés par le bureau de la Confédération nationale des Associa-ciations agricoles.
- Le fonctionnement de cet organisme permanent est réglé ainsi qu’il suit :
- Chacune des associations est représentée par deux délégués. La Confédération nationale des Associations agricoles aura un secrétariat général permanent à Paris, et un président sera pris par roulement annuel dans chacune des associations représentées sans qu’il puisse être rééligible à l’expiration de son mandat.
- 7e Résolution. — Le règlement intérieur de la Confédération nationale des Associations agricoles sera dressé par les délégués eux-mêmes dans leurs premières réunions et porté à la connaissance des associations. Il sera établi de telle sorte qu’il laisse à chaque association le soin de poursuivre les solutions envisagées suivant ses propres méthodes et en toute autonomie.
- 8* Résolution. —Chacune des organisations centrales et régionales, susceptibles de concourir à la formation de la Confédération nationale des Associations agricoles prévue ci-dessus, est invitée à faire connaître au secrétariat du Congrès son adhésion, et, le cas échéant, le nom de ses délégués.
- Avant de se séparer, le Congrès décida de confier immédiatement à une commission permanente composée de représentants des plus importants groupements nationaux et régionaux, le règlement de la Confédération nationale des Associations agricoles qu’il venait de créer.
- Quel sera le programme de la Confédération nationale des Associations agricoles ? quelle sera son influence sur l’agriculture ?M. Jules Méline, y faisant allusion dans une récente séance de l’Académie d’Agriculture, s’exprimait ainsi à ce sujet :
- « Il est difficile de fixer d’avance son programme; il sera aussi vaste qu’elle le voudra et son attention ne manquera pas de se porter sur toutes les grandes questions intéressant l’agriculture au point de vue agricole, économique et même social. C’est un grand événement ; si l’idée qui a inspiré cette création est bien comprise et bien appliquée, je suis convaincu que la nouvelle confédération exercera une influence considérable sur la réalisation du programme de reconstitution agricole et qu’elle contribuera puissamment au relèvement et à la prospérité indéfinie de l’agriculture française, au lendemain de la guerre. »
- H. Hitier.
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- NOTE DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Une politique de la construction après la guerre
- M. Georges Hersent, membre du Comité des Constructions et Beaux-Arts, vient de terminer une étude de la situation faite par la guerre à l’industrie du bâtiment et à celle des travaux publics en France.
- La Société d’Encouragement a eu la primeur de ce travail, car non seulement M. Hersent a consenti à communiquer au Comité des Constructions et Beaux-Arts les bonnes feuilles de son ouvrage, mais encore, il a lui-même, le 18 mars 1919, exposé à ses collègues du Conseil d’Administration les idées et les conclusions qui sont l’essentiel de son étude.
- Les membres du Comité ont accueilli cette communication avec un vif intérêt. Ils adressent leurs remerciements àM. Hersent et ne peuvent mieux marquer l’estime où ils tiennent son ouvrage, qu’en insérant au Bulletin de la Société une analyse de l’exposé qui leur a été fait.
- Cette analyse, forcément succincte, ne sera qu’un aperçu 1res incomplet d’une étude, qui est extrêmement riche d’idées et de faits, de suggestions et de perspectives d’avenir. C’est elle-même qu’il faut lire et le présent résumé n’a d’autres prétentions que d’y pousser tous ceux qui s’intéressent à la prospérité française. Le travail de M. Hersent ne pourra leur inspirer que d’utiles réflexions.
- Sans doute l’auteur ne manquera-t-il pas d’être contredit : on l’a déjà accusé de tendances étatistes.
- Le reproche paraît injustifié. Le fait que l’intervention de l’État semble nécessaire ici ou là, n’implique pas qu’on la veuille étendre à toutes les manifestations de la vie nationale.
- Pourtant, il est hors de doute que d’aucuns ne verront pas sans défaveur la solution que propose M. Hersent à l’angoissant problème de la reconstitution des régions dévastées.
- La main-mise de l’Administration sur le contrôle des travaux; le pouvoir qui lui est accordé de reviser les projets individuels et de refuser les autorisations de bâtir, au gré de son appréciation touchant l’utilité d'une construction, vont effrayer nombre de bons esprits.
- Il en est de même du parti de standardisation, qui non seulement unifierait les matériaux, et les plans de certaines catégories d’immeubles, mais encore proposerait aux comités de reconstruction des plans types de bourgs destinés à les guider dans leur œuvre de reconstruction des agglomérations.
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- UNE POLITIQUE DE LA CONSTRUCTION APRÈS LA GUERRE. 127
- Ces critiques sont probables. Il n’en est pas moins vrai que M. Hersent a étudié le problème des reconstitutions comme personne jusqu’ici ne s’était avisé, ni donné la peine de le faire.
- Il a recueilli, coordonné et mis en évidence des données statistiques de la plus incontestable utilité. Il en a tiré des évaluations dont l’importance n’échappera à personne et il a mis sur pied ce que les militaires appellent un « ordre de bataille » ; c’est-à-dire qu’il a organisé un plan d’action, ce que nul, à notre grand dam, n’avait encore fait — pas même le Gouvernement, qui abandonne à leurs ruines les populations libérées et laisse un avenir, dont dépend la convalescence française, débuter par l’attente, le désordre et la dispersion, voire la nullité, des efforts.
- Au contraire, M. Hersent nous apporte un plan d’ensemble, une politique de la construction, qui est un tout, net, précis, pratique — qui est comme un commencement de l’action.
- Ce n’est pas un mince service.
- Ht *
- M. Hersent s’est documenté avec soin ; ce n’était pas facile.
- Les éléments de son étude sont des renseignements,des données numériques, qui n’étaient pas tous à jour, ou dont l’importance totale n’était pas connue.
- Aussi a-t-il dû extrapoler, prolonger jusqu’en 1914 des graphiques arrêtés en 19t\0, et trouver un moyen d’évaluer ce que, matériellement, il est impossible de dénombrer.
- De la sorte, il a posé les données du problème, c’est-à-dire l’indication des besoins à satisfaire, après la guerre, en matière de constructions et de travaux publics.
- Nous ne retiendrons ici que ce qui a trait à la construction. La partie de l’étude relative aux travaux publics mérite un exposé spécial, qui viendra en son temps.
- Quelle devra donc être l’œuvre de l’industrie du bâtiment dans les premières années de la paix?
- Il y a d’abord la reconstitution des provinces dévastées. C’est ce à quoi songe immédiatement le grand public. Mais il y a aussi, pour le reste de la France, le temps perdu à rattraper, dans la mesure du possible, et les besoins normaux de la propriété immobilière française à satisfaire; besoins pour lesquels rien n’a été fait depuis cinq ans et qui ne vont pas moins continuer à se manifester durant |les années à venir.
- Pour déterminer l’intensité de ces besoins, M. Hersent a fait le bilan de l’industrie du bâtiment en temps normal. Il en a déduit, pour l’ensemble du pays et en tenant compte des cinq années d’arriéré, l’importance de la demande de construction après la guerre, l’importance des réparations urgentes et des nécessités en bâtiments industriels.
- C est là ce que l’on peut appeler l’activité normale, courante, de la construction dans la totalité du pays.
- Il faut alors y ajouter la reconstitution de la zone dévastée.
- M. Hersent a établi une méthode d’évaluation des dommages et a procédé à cette évaluation.
- Tels sont les besoins.
- Pour y faire face, de quoi dispose-t-on?.
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- CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS. ---- JUILLET-AOUT 1919.
- Une enquête très complète a été menée sur les ressources de la métropole et des colonies en matériaux de construction.
- Ces ressources sont parfois déficitaires; il faudra donc augmenter le rendement de toutes exploitations, car la grande affaire, c’est d’éviter le recours à l’étranger. Mais il semble qu’à cet égard M. Hersent ne manque pas d’un certain optimisme.
- Pourtant, la question des matériaux se réduit en bien des cas à une question de main-d’œuvre, et en ce qui concerne cette dernière, le déûcit est évident. Il faut bien dire aussi que les remèdes indiqués par M. Hersent pour parer à la crise du personnel ne suffisent pas à pleinement nous rassurer.
- Ceci posé, et ainsi mis face à face, d’une part l’œuvre à accomplir et, d’autre part, les moyens dont on dispose pour y parvenir, M. Hersent apporte un programme complet de réalisations.
- Une politique de la construction s’impose, dit-il en substance. Il y a la zone dévastée à reconstruire et l’amélioration de la fortune immobilière totale du pays à poursuivre : ces entreprises ne doivent pas s’enchevêtrer, entrer en concurrence, se disputer les hommes et les matériaux... il faudra hiérarchiser les travaux.
- Il y a donc un contrôle à exercer sur la construction dans l’ensemble du pays, et ce ne peut être que l’État qui l’exerce.
- Nous ne sommes pas à la veille de voir renaître les libertés d’antan et M. Hersent accorde à l’Administration le pouvoir de refuser les autorisations de bâtir :
- 1° Afin que soit comprimée l’activité de la construction dans l’ensemble du pays, au profit des régions envahies;
- 2° Afin que rien ne vienne gêner les réparations d’immeubles négligées pendant la guerre ;
- 3° Afin que la priorité sur toutes les autres entreprises de l’intérieur soit acquise, dans l’ordre suivant : aux constructions d’usines, aux constructions d’exploitations rurales et aux logements ouvriers.
- Le remède est héroïque; mais, quoi qu’on en puisse dire, il n’est pas éloigné de paraître indispensable. Nous avons connu bien d’autres restrictions de la liberté!
- Voilà donc placée en première urgence la grande œuvre de reconstitution des pays dévastés.
- M. Hersent nous donne une vue d’ensemble de cet immense chantier et nous en décrit minutieusement l’organisation.
- Quant à ce qu’il appelle l’amélioration de la propriété bâtie en France, ce ne sera avec l’urbanisme que le parachèvement.
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- * * .
- Se servant de la Deuxième révision décennale du revenu net des propriétés bâties, effectuée en 1910 par la direction des Contributions directes, et à l’aide du Livre Foncier de la ville de Paris publié en 1911, M. Hersent établit la valeur moyenne des constructions nouvelles édifiées chaque année, en France, entre 1899 et 1909.
- Mais, de 1909 à 1914, la période d’essor traversée par le bâtiment a persisté. M. Hersent tient compte de ce fait et fixe à environ 1 300 millions la valeur des constructions neuves annuelles exécutées à la veille de la guerre.
- Or, pendant la guerre, on n’a construit que des usines. L’industrie a de l'avance, mais la maison d’habitation?
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- Va-t-on admettre que la guerre n’a rien changé aux besoins et que ce qui n’a pas été construit n’est que différé ? Il faudrait alors, dans les années qui vont suivre, construire non seulement pour les besoins normaux, mais encore pour rattraper l’arriéré.
- Une telle activité ne semble guère probable. Il y aura compression. En effet, du côté de la demande, on constate un gros déficit 'de population, du côté de l’offre, un recul de la fortune publique. Dans ces conditions, on ne peut espérer mieux que la reprise pure et simple de la construction sur le même pied qu’avant la guerre. Encore les besoins n’auront-ils pas un grand caractère d’urgence. D’une manière générale, et à part certaines réparations trop longtemps différées, ces besoins pourront céder le pas aux nécessités de reconstitution des zones dévastées.
- Cette reconstitution, c’est le grand effort àfaire. M. Hersent l’a évalué delà manière suivante :
- Des taux de destruction sont affectés aux différentes zones atteintes par la guerre : par exemple 75 p. 100 dans la zone de la guerre de position, 12 p. 100 dans la zone de la guerre de mouvement.
- Ceci posé, pour chaque département, on établit un rapport entre de chiffre de la population totale et le chiffre de la population vivant sur la superficie intéressée par les destructions. On réduit, dans la proportion ainsi trouvée, la valeur vénale de la propriété bâtie du département, ce qui donne la valeur vénale de la propriété bâtie intéressée par les dévastations. Il reste à affecter cette dernière valeur du taux de destruction convenable, pour avoir le coût des immeubles détruits.
- Par cette méthode, M. Hersent estime que l’œuvre de reconstitution représentait le 31 juillet 1918 une dépense de 5 240 millions, sur la base des prix d’avant-guerre, — lesquels d’affleurs devraient être majorés de 100 p. 100, ce qui porte le coût des reconstructions à 10 480 millions.
- Mais, à l’armistice, près de deux milliards de dommages immobiHers étaient venus s’ajouter à ceux précédemment calculés, et le dommage total, au lieu de 5 240 millions, atteignit 7 milliards sur la base des prix d’avant-guerre, c’est-à-dire 14 milliards en tenant compte de la majoration de 100 p. 100.
- Et ce n’est pas tout! La hausse du prix de la construction s’est, depuis l’armistice, tellement accrue, en raison des élévations de salaires et de la diminution des heures de travail, que la majoration de 100 p. 100 est devenue insuffisante et que c’est sur une majoration de 150 à 200 p. 100 qu’il faut compter.
- C’est alors (avec 200 p. 100 de majoration) aux environs de 20 milliards que se fixe le coût de la restauration immobilière des pays dévastés.
- Voilà donc dans son ensemble l’évaluation des besoins de l’après-guerre. EUe conduit à une somme globale voisine de 20 milhards, destinée aux reconstructions dans la zone dévastée, à quoi il faut ajouter une somme d’environ 1300 minions pour les constructions représentant chaque année les besoins normaux du pays tout entier.
- Pour faire face à ces besoins, il se trquve>quet la France est riche en matériaux minéraux et métalliques. Certainement on sèra gêné le temps de remettre en état un certain nombret d’exploitations et d’usines, mais le recours à l’étranger ne paraît devoir être obligatoire que pour lé plomb et le cuivre.
- Sans doute y;a-t4j,un gros déficit en bois, mais nos forêts tropicales peuvent nous donner largement l’équivalent de tous nos bois français.
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- Malheureusement, avons-nous dit, tout, en ce qui concerne les matériaux, est subordonné au problème de la main-d’œuvre ; et celui-là est, sans contredit, le plus angoissant.
- La guerre a réduit de 19 p. 100 les effectifs du bâtiment et le déchet a porté surtout sur les jeunes, d’où une forte diminution de productivité.
- M. Hersent compte, pour combler le déficit, sur l’économie de main-d’œuvre due à une technique spécialement perfectionnée ; c’est-à-dire qu’il compte sur le taylorisme, la standardisation, le machinisme. Peut-être? Mais il faudra de réels efforts et beaucoup d’énergie; il faudra changer bien des habitudes et vaincre bien des résistances !
- Le recours à la main-d’œuvre miütaire occupant les pays abandonnés par l’ennemi est invoqué aussi. Mais c’est trop tard. L’espoir de voir les troupes procéder au moins au gros œuvre de déblaiement dans les régions- dévastées, pouvait être émis lors de l’armistice, il faut l’abandonner aujourd’hui, car rien, ou presque rien, n’a été fait dans ce sens.
- Le 11 novembre 1918, après avoir cessé le feu sur toute la ligne, l’armée française s’est mise en marche vers le Rhin. Quelques corps d'armée sont bien demeurés dans les régions bbérées, mais, à part quelques travaux d’aménagement et de nettoyage de cantonnements, àpart quelques corvées de « caffuts »,les troupiers n’ont pas travaillé.
- Les unités étaient squelettiques et les artilleurs étaient surchargés de besogne rien que par le pansage, l’entretien du matériel et quelques corvées de transports. Quant aux fantassins,ils étaient fatigués; heureux de jouir d’une détente méritée, ils ont estimé avoir assez terrassé pendant les hostihtés. L’heureuse race française a joui de son succès et s’est reposée sur ses lauriers, dans les ruines.
- Sans doute la population rapatriée, les femmes, les étrangers, les travailleurs coloniaux — surtout les Kabyles et les Marocains — pourront-ils constituer un certain appoint de main-d’œuvre de remplacement, si toutes les mesures sont prises dans ce but. Mais que penser d’une réduction improbable du service militaire?
- Que penser, surtout, de la rénovation de l’esprit professionnel, de la diminution des grèves? Autant de fois la question d’Orient à résoudre ! Quant à la réforme de l’apprentissage, ses effets sur la qualité de la main-d’œuvre sont à tout le moins un gain à longue échéance. Et voilà une série de belles perspectives, dont l’auteur ne peut que souhaiter la réalisation, encore qu’elle lui paraisse bien lointaine !
- A l’heure actuelle, elles laissent entier le problème des effectifs du bâtiment.
- Quant à la hausse des salaires, évidemment elle se poursuivra, « mais, dit M. Hersent, l’activité du bâtiment n’en sera pas réduite, car la puissance d’achat des individus est peu atteinte. »
- Au total, le vrai remède, dont l’action viendra renforcer l’action réparatrice du temps c’est celui que propose, en définitive, M. Hersent : « Vapplication d’une politique générale de la construction. »
- Cette politique, c’est à l’État de l’élaborer et de l’appbquer. Mais ce devrait déjà être fait !
- « Elle aurait dû, dit M. Hersent, être tenue prête bien avant que les circonstances diplomatiques ou militaires n’en permettent l’appbcation. »
- Quoi qu’il en soit, la mission du Gouvernement serait toute d’organisation et de contrôle: < .. . ' . - -
- Instituer une autorité centrale unique (sera-ce « l’indispensable » ministère de la
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- Reconstitution industrielle?) qui fasse d’abord le bilan des besoins à satisfaire et le recensement des moyens d’action et qui se propose ensuite ce double but : reconstruire les provinces dévastées et améliorer la propriété bâtie. ;
- L’accord ou le refus des autorisations de bâtir jouerait alors un grand rôle dans l’action organisatrice de l’autorité chargée d’appliquer la politique de construction envisagée.
- Par une distribution judicieuse de ces autorisations, on comprimerait l’activité du bâtiment dans l’ensemble du pays, afin d’organiser l’afflux des hommes et des matériaux dans les régions dévastées. Ensuite,, on ne laisserait entreprendre de constructions, que conformément à l’ordre de priorité que nous avons indiqué plus haut. Il resterait à organiser ce vaste chantier que doivent devenir les régions libérées.
- Des services administratifs et techniques, installés sur place, collaboreraient avec des comités de reconstruction, siégeant dans chaque chef-lieu de département et correspondant avec des subdivisions, des sous-comités, réunis dans chaque commune.
- Ceci réalisé et les communications par terre, par fer et par eau une fois rétablies par les moyens les plus rapides, on s’occuperait de travaux préparatoires tels que la statistique des démolitions, le déblaiement, la récolte des matériaux utilisables, et le recensement des propriétaires — chacun de ces derniers étant invité à dire s’il entend édifier des constructions provisoires ou définitives.
- On procéderait ensuite à l’organisation des éléments de construction. Quant au marché des matériaux, devrait-il être mis entre les mains de consortiums professionnels répartissant les commandes et les disponibilités et établissant une péréquation sur les matériaux importés ?
- Sans l’affirmer, voici comment M. Hersent expose le rôle de ces. consortiums :
- Un premier consortium groupe les acheteurs de la France entière. Ce groupement central est assisté, au second degré, par des groupes régionaux, dont l’activité est exactement la même, mais dans un rayon d’action plus restreint.
- Ainsi le groupement régional examine les (demandes de matériaux adressées par ses ressortissants. Il vérifie l’urgence de chaque demande (suivant l’ordre de priorité que nous avons indiqué) et communique le dossier au consortium central.
- Celui-ci contrôle à nouveau la régularité de la demande et centralise les commandes de tous les groupes régionaux. Puis, ayant de la sorte déterminé le besoin général de matériaux pendant un certain laps de temps, il transmet une demande globale à un second consortium : celui des producteurs, qui a une organisation symétrique. C’est ainsi que les groupemen+s régionaux de^producteurs dressent périodiquement un étal de la capacité de production et du disponible général pendant une certaine période. Leur bureau central totalise alors les disponibilités régionales, et en transmet l’offre aux représentants des entrepreneurs de bâtiments.
- Ces derniers achètent donc lea matériaux, qui sont ensuite répartis par le syndicat national des entrepreneurs entre les groupes régionaux, lesquels distribuent enfin entre leurs adhérents le quantum qui leur est alloué.
- Évidemment une place importante est réservée, dans ces organismes professionnels, aux représentants des services administratifs et techniques de la reconstruction.
- Quant à la main-d’œuvre, elle est soumise à une organisation analogue et se trouve dirigée et contrôlée par un service, publie de placement, par des offices départementaux et inter-départementaux. ..
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- Quant aux entrepreneurs eux-mêmes sur leurs chantiers, ils ne jouiront pas d’une entière liberté. Ils devront suivre pas à pas les étapes et les méthodes du plan d’ensemble, et s’unir entre eux pour mettre en commun leurs moyens d’action.
- L’idée fondamentale est en effet la construction par masses de bâtiments standardisés — trop standardisés peut-être, car M. Hersent ne paraît pas craindre d’uniformiser, même, toute une catégorie d’habitations bourgeoises. Mais alors, sera-t-il possible que de tels types conservent, comme il le suggère, un caractère de pittoresque local?
- On peut en douter. Qu’on codifie les profilés, les agglomérés, les bois, voire les linteaux et autres éléments de construction, rien de mieux. Mais, au prix d’un peu de temps et d’argent, laissons, autant que possible, nos provinces reprendre cette physionomie propre et ce caractère si divers, dont l’émouvante douceur, toute d’harmonie et de mesure, ne peut être due qu’à la patiente élaboration du génie local et de l’initiative individuelle.
- Ce sera plus long et plus coûteux, sans doute ; mais nous avons vu que l’immense chantier manquerait d’hommes. Contentons-nous de suivre avec persévérance un plan de longue e halein et résignons-nous, d’avance, à n’être que les collaborateurs du temps. De gré ou de force nous serions ramenés à la modestie de ce rôle.
- Ceci nous permettra de ne pas oublier que le champ de notre action est une immense surface de terroir français, qui a ses mœurs et son climat, ses traditions et sa beauté, et qu’on ne peut traiter comme un chantier d’exposition.
- C’est dire qu’on n'y peut pas expérimenter indifféremment tous les modes de bâtir; et qu’il ne faut pas, par exemple, chercher à y introduire la toiture en terrasse, qui n’a jamais pu s'acclimater dans nos pays du Nord et de l’Est. Les pluies la rendent impraticable, autant que la brume et la pâleur du ciel la font paraître laide à côté des grands toits ruisselants des demeures de nos pères.
- On pourra d’ailleurs compter sur les habitants des régions dévastées pour rendre il leur pays son caractère traditionnel. Mais quand auront-ils de quoi construire? quand seront-ils indemnisés ?
- « Un établissement spécial de prêts hypothécaires, demande M. Hersent, ne pourrait-il, à long terme et à taux modique, leur consentir un certain crédit? » L’idée est excellente.
- Et c’est avec plus de raison encore que, généralisant la question, M. Hersent réclame que l’on crée également un système de mobilisation de la propriété foncière.
- « La France, dit-il, riche en immeubles, ne tire pas de sa richesse le parti qu’ü faudrait... Il est nécessaire de changer notre conception immobüière. »
- De fait, et en tous ordres d’idées, l’amélioration de la propriété bâtie, voire l’urbanisme, est surtout une question de mœurs, une violence à faire à nombre de nos habitudes.
- C’est ainsi que, déplorant ensuite l’invasion par le fumier des logis ruraux, M. Hersent demande une éducation complète de la masse paysanne.
- Par ailleurs, il insiste aussi sur le grand effort à faire en ville en faveur des logements ouvriers et il apporte bien d’autres idées fécondes, que nos coutumes routinières n’ont pas encore admises, telles que la répartition des villes en quartiers spécialisés, la collaboration des architectes et des ingénieurs, etc.
- Mais quelle est en quelque sorte l’idée fondamentale de l’œuvre ? Celle-ci :
- « Les chiffres donnant la valeür moyenne des constructions entreprises chaque
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- année, montrent la place de tout premier rang qu’occupe l’industrie du bâtiment dans l’économie nationale. Une industrie, dont la production en capital se chiffre à près de 65 milliards de francs et plus, qui, par conséquent, crée et entretient au moins un quart de la fortune du pays, évaluée globalement entre 250 et 280 milliards; une industrie qui crée annuellement pour près de 2 milliards de produits finis dans un pays dont le revenu net oscillait entre 32 et 35 milliards, ne se voit primer, au point de vue delà richesse capitalisée, que par la terre elle-même et au point de vue de la productivité annuelle que par i agriculture. Cela devrait suffire a faire passer le batiment au
- PREMIER PLAN DE NOS PRÉOCCUPATIONS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE. »
- P. COUTURAUD,
- Ingénieur des Arts et Manufactures,
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- CRÉATION D’UN LABORATOIRE NATIONAL DE RECHERCHES AU JAPON
- Bien que l’idée de créer en France un laboratoire national de recherches, analogue au National physical Laboratory des Anglais, et à la Physikalische Reichsanstalt des Allemands, soit vieille de plusieurs années déjà, elle n’est pas encore réalisée. Fît cependant, la guerre a posé de nombreux problèmes qu’un pareil laboratoire, s’il avait existé, eût été très probablement en état de résoudre. Au Japon, cette idée n’â pris corps vraiment qu’au début de la guerre, mais, en 1915, la création était décidée et les dispositions prises pour que la nouvelle institution pût vivre. En mars 1917, elle était reconnue d’utilité publique et recevait la personnalité légale. Elle a déjà rendu de nombreux services.
- Voici quelques renseignements sur cet organisme nouveau. Ils ont été pris dans Y Engineering du 25 mai 1917 et dans Nature, de Londres, du 12 décembre 1918. Nous les avons complétés par quelques indications qui nous ont été fournies de vive voix par M. S. Tamara, docteur ès sciences, professeur de chimie minérale à l’Université de Tôkyô, chimiste titulaire au nouveau laboratoire, et actuellement en mission en Europe en vue d’étudier les institutions analogues qui y existent.
- Le nouvel organisme porte le nom de Rikagaku Kenkyujô (laboratoire de recherches scientifiques physiques et chimiques). Son activité est donc limitée, provisoirement,à deux catégories de recherches ou de mesures.
- Bien avant la guerre, les savants japonais étaient convaincus de la nécessité d’un pareil laboratoire. Cette conviction ne fut partagée par le Gouvernement, le monde officiel, les grands industriels et les hommes d’affaires que vers la tin de 1914, lorsque les hostilités eurent pour effet de priver le Japon d’une quantité de produits de première nécessité qu’il importait d’Europe et en particulier d’Allemagne. Il s’ensuivit même une véritable panique. Une campagne fut entreprise par la presse qui, bien informée et convaincue elle-même, fit comprendre à la nation tout entière que la méthode scientifique seule pouvait conduire au salut. Les hommes les plus réputés et les plus influents du Japon apportèrent immédiatement leur concours moral et financier à la création d’un laboratoire national de recherches; tels furent : le baron Shibusawa et le comte Okuma, alors président du Conseil.
- Les fonds nécessaires, estimés à 5 millions de yen (le yen, au change d’avant-guerre, valait 2,60 f) furent l’objet d’une souscription nationale qui est probablement encore ouverte. La moitié avait déjà été avancée ou promise, en majeure partie par de grandes entreprises industrielles ou commerciales de Tôkyô et de Yokohama,avant que la souscription fût ouverte. En 1916, le Gouvernement a accordé une subvention de 2 millions de yen, payables par dixièmes, tous les ans, à partir de l'exercice financier 1915-1916. L’Empereur a fait un don de 1 million de yen. Quand les 5 mil-
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- CRÉATION D'UN LABORATOIRE NATIONAL DE RECHERCHES AU JAPON.
- lions de yen auront été entièrement versés, l’institution disposera donc de 8 millions de yen(1) 2 3 dont 2 500 000 prévus pour l’acquisition de terrains, la construction des bâtiments et l’outillage des laboratoires. En 1926, le Laboratoire, entièrement outillé pour les besoins prévus, restera encore possesseur d’un capital tel qu’il lui rapportera un revenu annuel de 300 000 yen, somme largement suffisante pour assurer l’entretien des locaux et le paiement d’un personnel de 100 à 120 individus. Ces indications supposent que le Laboratoire ne s’occupera que de questions d intérêt général. Il aura, et il a déjà, d’autres ressources : les droits qu’il perçoit pour les recherches faites au bénéfice des particuliers. L’institution se réserve cependant de n’étudier, parmi les questions qui lui seront posées par des particuliers, que celles dont là solution est d’un intérêt général. Les droits perçus ne seront jamais supérieurs aux fiais occasionnés.
- Le personnel administratif comprend : un conseil d’administration déléguant ses pouvoirs à un directeur et à un sous-directeur choisis dans son sein (2>. Au point de vue technique, le laboratoire comprend deux sections : l’une de physique, l’autre de chimie, comportant chacune un chef, et tout un personnel de chercheurs : titulaires, assistants ou stagiaires, et d’aides, la plupart docteurs diplômés et anciens élèves des universités (3).
- Pour l’instant, les chercheurs titulaires peuvent soit travailler seuls avec le personnel placé sous leurs ordres et sous leur propre responsabilité, soit en collaboration avec d’autres titulaires des sections de physique ou de chimie. On ne sait pas au juste si, plus tard, on formera des subdivisions, par exemple de chimie minérale ou organique, de chimie physique, de chimie biologique. En tout cas, il est certain qu’on ne fera aucune distinction entre les sciences pures et les sciences appliquées, l’idée qui a présidé à la création du Laboratoire étant la résolution des problèmes industriels en utilisant tous les moyens dont la science dispose.
- Pour assurer le recrutement du personnel des chercheurs, des bourses de deux ans sont accordées aux élèves diplômés des universités pour leur permettre de travailler comme stagiaires au nouveau laboratoire et de s’entraîner à des recherches pour lesquelles l’initiative et la méthode sont indispensables. Le choix de ces boursiers n’est pas déterminé par le succès aux examens et les meilleures notes obtenues mais bien par le degré d’originalité, le jugement et l’initiative, l’esprit méthodique dont le jeune diplômé a fait preuve au cours de ses études. A la fin du stage de deux ans, les boursiers qui ont fourni la preuve de leur savoir-faire peuvent rester au Laboratoire, s’ils le désirent, comme assistants et font par suite partie définitivement de son personnel régulier. A partir de ce moment, ils gravissent tous les échelons des postes. Dès que l’assistant a atteint le degré immédiatement supérieur, celui de titulaire, il
- (1) 6 millions étaient déjà souscrits au commencement de 1917.
- (2) Le Conseil d’administration, qui comprend les principaux souscripteurs, compte parmi ses membres : le baron Mitsui, représentant d’une puissante famille d’industriels et de commerciaux associés, bien connue au Japon ; le baron Twasaki, M. Hara, M. Yasuda, le baron Shibusawa et le baron Furukawa.
- (3) Les universités du Japon n’enseignent pas seulement les sciences, les lettres, la médecine, le droit, etc., mais encore la technique et les sciences appliquées ; elles jouent donc un double rôle : celui de nos universités et celui de nos grandes écoles. C’est ainsi que l’Université de Tôkyô comporte un collège d’ingénieurs.
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- peut être eùvoyé en mission à l’étranger. Il y a déjà plusieurs missionnaires de ca genre aux États-Unis, en Angleterre et en France.
- L’emplacement prévu pour le Laboratoire est situé dans la partie Nord de Tôkyô, à proximité des bâtiments de l’Université. La construction des bâtiments affectés à la chimie est commencée; elle sera achevée au printemps de 1920; celle des bâtiments affectés à la physique n’est pas encore commencée.
- En attendant cet achèvement, et provisoirement, les recherches se poursuivent dans trois des universités japonaises : celles de Tôkyô, de Kyôto et de Sendai, qui se sont mises à la disposition du Laboratoire ; les dépenses afférentes aux recherches restant, bien entendu, à la charge du Laboratoire.
- Quelques-unes des recherches sont déjà terminées et ont fait l’objet soit de prises de brevets soit de mémoires mis à la disposition du public. Ces recherches ont porté sur des questions de chimie relatives à l’aümentation, aux fermentations, à la saponification d’huiles végétales ou animales, à la fabrication du savon. Les recherches actuellement en cours sont relatives à des questions de chimie métallurgique, à la détermination des propriétés de différents isolants employés ou pouvant être employés dans l’industrie électrique, à la détermination des propriétés mécaniques de certains alliages.
- E. Lemaire.
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- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- COMITÉ D’AGRICULTURE
- EXTRAIT DU PROCES-VERBAL DE LA SÉANCE DU 28 MAI 1919
- AVIS DEMANDÉ PAR M. LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE SUR L’AMÉNAGEMENT ET L’UTILISATION DU FUTUR PALAIS DES EXPOSITIONS AGRICOLES ET HIPPIQUES
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a reçu de M. le Ministre de l’Agriculture une note datée du 28 avril 1919, par laquelle il lui demandait son avis au sujet de l’organisation des concours agricoles et hippiques et de l’aménagement du palais et du parc, où ils se tiendront. Il lui était demandé notamment de répondre d’une manière précise aux deux questions suivantes :
- 1° Étant donné que le futur palais couvrira une surface de 7 hectares, et que le parc aura une superficie de 8 hectares, conviendra-t-il de grouper en un même ensemble le concours des animaux gras, le concours des bovins, ovins et porcins, et le concours des reproducteurs de l’espèce chevaline organisé par l’Administration des Haras?
- Quelle devrait être alors la date choisie pour l’exhibition d’ensemble ?
- 2° Convient-il au contraire de maintenir deux ou trois concours séparés? Quelle devrait être alors la date de ces deux ou trois concours, étant toutefois rappelé que le palais ne sera à la disposition du ministre de l’Agriculture que pendant 120 jours à prendre dans le premier semestre ?
- Le Comité d’Agriculture, saisi de la question par le Bureau, décide d’adresser à M. le Ministre de l’Agriculture la réponse suivante (1) :
- (1) Cette réponse a été adressée le 28 mai 1919.
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- COMITÉ D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT 1919.
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- « Monsieur le Ministre, et honoré Collègue,
- « Vous avez bien voulu demander au Comité d’Agriculture de notre Société son avis au sujet de l’organisation future des concours généraux agricoles devant avoir lieu dans le « Palais de l’Agriculture » que vous vous proposez d’édifier, à Paris, après entente avec la Ville de Paris.
- « Vous nous avez demandé notamment de répondre aux deux questions suivantes :
- « 1° Convient-il de grouper, dans un même ensemble, le concours des animaux gras, le concours des reproducteurs bovins, ovins et porcins, et celui des reproducteurs de l’espèce chevaline?
- « 2° Quelle devrait être la date de ce concours ?
- « Notre Comité estime qu’il convient de grouper dans un même ensemble et à une même date le concours des animaux reproducteurs de toutes nos races animales françaises, chevalines, bovines, ovines, porcines, animaux de basse-cour, et, comme le concours de l’espèce chevaline ne peut avoir lieu qu’en juin, il y aurait lieu de fixer la date de ce grand concours général agricole au mois de juin.
- « Afin de donner à ce concours toute l’ampleur qu’il doit avoir, et pour présenter à tous ceux qui viendront le visiter, Français et étrangers, une juste idée de la variété et de la valeur des produits de notre terre française, au concours des animaux reproducteurs devrait être adjointe une exposition de tous les produits, agricoles, forestiers, horticoles français, etc., et une exposi-sion des machines.
- « Si cela était possible, une place devrait être réservée aussi aux produits agricoles de nos colonies, produits complémentaires de ceux obtenus sur le territoire métropolitain.
- « Nul doute qu’un tel concours, une telle exposition, ne contribue beaucoup à faire connaître et apprécier les produits de notre agriculture, ne devienne un important marché et ne favorise un grand courant d’exportation vers les pays étrangers, de nos animaux reproducteurs, de nos vins, de nos semences, de nos machines, etc.
- « Il serait à souhaiter qu’un concours des animaux gras puisse avoir lieu en même temps, mais cela n’empêcherait pas, pour conserver les traditions, de maintenir un concours spécial d’animaux gras, de viande congelée, etc., de produits de l’alimentation, chaque année vers l’époque des jours gras. »
- Le rapporteur,
- H. Hitier.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Notre force future, par M. Jean Dybowski. In-12 de 271 p. Paris, Payot et Cie, 1919 (Prix : 4,50 f).
- Quand, à la devanture d’un libraire, on lit ce titre : « Notre force future » et le nom de l’auteur « Jean Dybowski, » on peut, sans aucun doute, surseoir à l’interrogation que ce titre pose au lecteur, et on devine que cette force future nous viendra de nos colonies, à la prospérité desquelles notre collègue du Conseil a consacré un apostolat déjà long.
- Mais toute force acquise n’est-elle pas conditionnelle et ne dépend-elle pas des énergies qui vont la mettre en mouvement ? Aussi M. Dybowski va-t-il passer en revue tous les problèmes qui sont les facteurs mêmes du développement que nos colonies ont commencé à prendre après la guerre de 1870-71, qu’elles ont intensifié depuis, pour le porter vers le maximum, au moment où la guerre de 1914-1918 nous laisse devant une dépression industrielle, commerciale et financière.
- Ces problèmes appartiennent à des ordres d’idées, qui ne diffèrent que par apparence, et que l’on aurait tort de cloisonner. Il est nécessaire que nos grands chefs coloniaux, les administrateurs, les gouverneurs et surtout les ministres des Colonies réunissent dans une même sollicitude les services épars et disparates qui peuvent assurer la prospérité coloniale: Adaptation scientifique aux recherches agricoles; colonisation agricole ; production intensive des produits alimentaires et spécialement ceux qui sont susceptibles de venir en aide à la métropole; recherche des matières premières d’industrie, à transformer surplace ou à expédier vers les continents, le café, le thé, le quinquina, le caoutchouc, le coton, etc. ; amélioration des compétences chez les agents commerciaux; colonisation commerciale; propagande en vue d’inculquer, dès le jeune âge, à nos enfants, le goût des colonies.
- Qu’on le veuille ou non, les colonies françaises, renforcées de la partie du Congo que nous avons reprise aux Allemands, doivent un jour nous mettre au second rang des puissances coloniales. Il faut que le vieux préjugé cesse; l’énergie que notre race a montrée au cours delà guerre et le contact incessant qu’elle a trouvé parmi nos races africaines prouvent que la France est capable de coloniser, qu’elle s’efforcera dès lors, en Algérie, au Maroc, au Sénégal, à Madagascar et en Coehinchine, à créer ce que l’on attend d’elle : une nouvelle force au service de la colonie et, par contre-coup, de la métropole.
- L. Lindet.
- L’hygiène dans la reconstruction des usines, par L. Bargeron, Inspecteur départemental du Travail. 275 pages avec figures. Librairie J.-B. Baillière, et fils, Paris, 1919.
- Ce sera l’honneur de notre époque d’avoir compris le rôle de l’hygiène à l’usine et à l’atelier, non pas seulement pour la santé et le bien-être de l’ouvrier, mais aussi
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- pour le meilleur rendement et pour le plus grand profit de l’industrie elle-même. Or, si c’était depuis longtemps une vérité reconnue qu’il faut placer les ateliers dans les meilleures conditions d’aérage et de lumière, on hésitait à remanier nos vieilles usines pour les adapter à ces exigences ; mais, puisque les terribles ravages de la guerre ont détruit de fond en comble tant d’établissements industriels, il importe d’appliquer à leur reconstruction les principes d’hygiène dans toute leur rigueur, et l’on doit savoir gré à un homme particulièrement compétent de rappeler ces principes, en indiquant comment doit être conçue et aménagée une usine moderne pour y satisfaire.
- Le petit opuscule écrit par M. L. Bargeron répond à ce besoin avec une clarté et une précision qui en font le guide le plus précieux pour les intéressés : industriels et ingénieurs, à qui l’on ne saurait trop en recommander la lecture.
- Mettre les habitations, les usines et ateliers dans les meilleures conditions d’hygiène et de confort, c’est vite dit ; mais en quoi cela consiste-t-il ? Y a-t-il des règles pratiques, des appareils spéciaux permettant de réaliser commodément et complètement ces conditions ?
- Quelles conditions de température et d’éclairage conviennent le mieux, dans des ateliers, pour la bonne santé des ouvriers, mais aussi, — les industriels ne doivent pas l’oublier— pour le meilleur rendement du travail? Il n’est pas inutile, en particulier, de rappeler l’influence d’un mauvais éclairage sur le nombre des accidents professionnels.
- Le travail dans l’air comprimé a ses exigences particulières.
- De nombreuses industries produisent des poussières, des vapeurs ou des gaz toxiques ou caustiques, et il importe de connaître les moyens de s’en débarrasser au point même de leur formation. Ce n’est qu’un cas particulier du problème de la ventilation.
- L’organisation rationnelle des moyens destinés à assurer l’hygiène individuelle de l’ouvrier n’a pas moins d’importance. Desrèglements administratifs prescrivent l’installation de vestiaires, de lavabos ; on y joint souvent des bains-douches, tout au moins pour les ouvriers se livrant à certains travaux spéciaux. Encoie faut-il que cette organisation soit rationnelle.
- L’évacuation des déchets physiologiques, l’installation de crachoirs et surtout de cabinets d’aisances irréprochables, ont besoin d’être étudiées de très près.
- L’auteur traite toutes ces questions et s’attache aux modalités qu’elles comportent suivant la nature des industries : industries à poisons, céruse et oxydes de plomb, produits mercuriels, oxyde de carbone, hydrocarbures, fabrication des acides ; industries textiles, traitement des cuirs, corne, lin, laine; usines à explosifs et produits inflammables.
- Tout un chapitre est consacré à l’eau potable, aux restaurants coopératifs, etc.
- Enfin, il n’était pas inutile de traiter la question toute moderne des sports à l’usine, et l’on sait l’importance qu’y attachent les hygiénistes aujourd’hui.
- Dans cet utile ouvrage, l’auteur n’a pas craint de donner les méthodes de calcul, chaque fois que le calcul doit intervenir dans une application raisonnée ; mais ces calculs eux-mêmes sont présentés avec clarté, avec simplicité, et font que le livre n’est pas uniquement une œuvre de vulgarisation et de propagande, mais se recommande à tous ceux que sollicitent les applications.
- Lieutenant-colonel G. Espitallier.
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- ANALYSES D’OUVRAGES.
- 141
- Mémoire sur le traitement thermique des obus (Application de la méthode Taylor), par
- M. Léon Güillet. Avec une introduction et des notes de M. Henry Le Chatelier.
- In-4 de 154 p., 27 pl., 27 fig. Paris, Publication de la Revue de Métallurgie, 1916.
- Introduction de M. H. Le Chatelier (extraits). — M. Guillet m’a demandé d’indiquer dans une introduction ma part de collaboration à ses recherches. J’ai accepté volontiers ; car cela nie permet de dire combien son intéressante initiative et l’intelligente libéralité de la Société de Penhoët, auprès de laquelle il a travaillé, sont des symptômes réconfortants. Le relèvement des ruines accumulées dans le pays se fera rapidement, après la guerre, si beaucoup de nos industriels arrivent ainsi à comprendre la puissance des méthodes scientifiques de travail et si l’on se décide à substituer plus généralement des mesures expérimentales précises aux vieilles méthodes empiriques.
- Lorsque je fus chargé de mission à l’effet d’examiner la qualité des aciers utilisés pour la fabrication des divers projectiles, puis d’étudier les procédés actuellement employés pour le traitement thermique et l’usinage de ces aciers, dès mes premières visites d’usines, je fus frappé de voir combien la trempe laissait en général à désirer ; forte proportion de rebuts à la trempe; nombre important d’obus tapés, échappant aux essais de réception et pouvant occasionner plus tard des accidents de tir; enfin, absence d’étude précise des conditions les plus essentielles d’une bonne trempe. Je n’ai pas trouvé, par exemple, dans mes premières visites, une seule installation où le débit d’eau des appareils ait été mesuré, et pourtant cette quantité d’eau est un facteur d’une importance capitale. Connaissant suffisamment ce problème technique par le fait de mes études antérieures, j’ai cru pouvoir me permettre de donner à ce sujet quelques conseils aux industriels. J’en ai fait l’objet de notes qui sont reproduites en annexes à la suite du mémoire de M. Guillet.
- J’ai surtout insisté auprès des intéressés pour les décider à faire une étude méthodique des appareils en usage dans leurs ateliers, à déterminer par des mesures exactes les grandeurs dont dépend le succès de l’opération de la trempe. M. Guillet est entré résolument dans cette voie.
- La fabrication d’un obus comporte une vingtaine d’opérations distinctes et la trempe n’en est qu’une seule, une des plus importantes, il est vrai. L’étude donc n’est que partielle, et le rôle si important du nickel et du chrome dans la fabrication des obus de la marine restait en dehors du programme, limité à l’artillerie de (terre.
- Ce rapport, demeuré confidentiel jusqu’à la fin des hostilités, a pour but :
- 1° L’étude des principaux facteurs qui interviennent dans l’opération de la trempe des obus, et par conséquent l'énumération des conditions optima dans lesquelles on doit se placer pour obtenir de façon constante le résultat cherché, teljqu’il est défini plus loin;
- 2° L’étude des dispositions d’un atelier de trempe d’obus, avec l’étude des appareils de fabrication et de contrôle, de la place et des mouvements des ouvriers, etc. afin d’avoir le rendement maximum avec la fatigue minima.
- En un mot cette étude ne serait pas autre chose que l’application du système Taylor à la trempe des obus, s’il avait été possible de tirer au clair l’influence de tous les facteurs qui jouent un rôle dans cette opération. Certains d’entr’eux, secondaires d’ailleurs, ont dû être négligés, faute de temps ou de possibilité d’essais. Mais le rapport n’en est pas moins arrivé à des conclusions précises sur les principaux facteurs, conclusions qui permettront, sans nul doute, aux industriels de diminuer les rebuts et d’obtenir un meilleur rendement.
- La chimie du cuir à l’usage de tous les industriels du cuir, par M. Léon Eglène. ln-8 de 136-hxv p. (6 frs). Paris, H.Dunod et E. Pinat, 1919. , ?
- Préface de M. Jossier, président de la Chambre syndicale des'Cuirs et Peaux (extraits). — Après quatre années de guerre au cours desquelles les Industriels des Cuirs ont orienté
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- BIBLIOGRAPHIE.
- JUILLET-AOUT 1919.
- toute leur fabrication pour satisfaire aux besoins des fournitures militaires, une ère nouvelle va commencer pendant laquelle de grandes difficultés, tenant ^aux conditions économiques, seront à vaincre. Il va falloir réinstaller toutes les fabrications, les développer pour alimenter, non seulement le marché intérieur, mais aussi les places étrangères que nous avons délaissées pendant la guerre, et faire un effort considérable.
- Il va falloir produire mieux et produire à bon marché.
- Pour produire mieux, il faut améliorer les procédés de fabrication, étudier les méthodes nouvelles, mettre les recherches scientifiques à contribution et en tirer les améliorations possibles.
- Pour produire bon marché, il faut abaisser les prix de revient. Or, en dehors de l’organisation des achats et des ventes et de l’abaissement des frais généraux par une production intensive, la meilleure utilisation des matières premières joue un rôle considérable dans le prix de revient.
- Les découvertes modernes ont permis d’étudier les actions successives des produits tannants sur Ja peau dans les différentes phases de la fabrication.
- L’un des facteurs qui avaient assuré le développement et la puissance de l’industrie du cuir en Allemagne, avant la guerre, est la suprématie de son enseignement technique.
- Des efîorls ont déjà été faits en France dans le même but, mais avant que l’alliance de la science et de l’industrie soit réalisée, il est nécessaire que les progrès dus aux études chimiques appliquées à l’industrie du cuir soient connus : c’est le but qui a été cherché dans le livre de M. Eglène.
- On se rendra compte du rôle de la chimie en suivant les différentes phases de la transformation de la peau en cuir : peaux brutes, conservation des peaux, reverdissage, enlèvement des poils, déchaulage, conflit, tannage proprement dit, tannage à l’huile, tannage végétal, tannage minéral, tanins synthétiques.
- L’alliance de la science et de l’industrie va ouvrir des voies nouvelles dans cette fabrication. La tannerie est tributaire de la chimie appliquée dans toutes ses opérations et si on suit le cuir tanné dans ses transformations pour obtenir le cuir teint de toutes nuances pour la maroquinerie, l’article de voyage, le cuir verni dans ses nombreux usages pour la chaussure, la carrosserie, la sellerie, si on veut obtenir le chevreau au chrome avec des nuances si délicates, des glacés si solides, on s’aperçoit qu’à chaque pas, il faut avoir recours à des Substances chimiques dont le rôle et l’action de chacune devront être étudiés spécialement.
- « La Chimie du Cuir » n’a pas pour but de donner la solution de tous les problèmes qui naissent à chaque pas dans la tannerie, la corroierie, la mégisserie, etc. mais si ce livre éveille chez quelques-uns le désir de les étudier, d’en chercher la solution raisonnée en s’appuyant sur les travaux faits dans les laboratoires par des savants professionnels et techniciens, il aura rempli un rôle utile et nous félicitons l’auteur de l’avoir entrepris.
- Le rôle de l’utilisation des chutes d’eau dans l’extension de l’activité industrielle et agricole, parM. Paul Lévy-Salvador, chef du Service technique de l’Hydraulique agricole. In-8 de 112 p., avec 14 fig. (Prix : 9 fr.) Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919.
- La Société d’Ëncouragement pour l’Industrie nationale, qui, sous l’impulsion de son président, M. Lindet, a organisé une série de conférences ayant trait aux mesures à prendre pour assurer, après la-guerre, la reprise de notre activité industrielle et agricole, avait chargé M. Lévy-Salvador d’exposer devant elle la question du rôle qui sera dévolu à l’utilisation de nos chutes d’eau.
- Une édition revisée et mise à jour de cette conférence fait l’objet du présent volume.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JUIN ET JUILLET 1919
- Ferré (J.). — Le code de l’hôtelier. 2e éd. publiée parle Syndicat général de l'Industrie hôtelière et des grands Hôtels de Paris. In-8 (22 x 14) de vi + 436 p. Paris, Librairie Dalloz, 1914. 15856
- Méline (Jules). —Le salut par la terre et le programme économique de l’avenir. In-8 (21 x 13) de 272 p. Paris, Librairie Hachette et Cie, 1919. 15857
- Petit (Henri). — Traité élémentaire d’automobile suivi de notes techniques, ln-8 (23 x 16) de xvi + 619 p., 506 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15858
- Congrès national du Livre. Paris, 11-17 mars 1917. In-8(25 x 16). Tome III: Liste des Adhérents. Rapport général par M. Jules Perrin. Tables. Paris, Cercle de la Librairie, 1918.
- 15859
- Chambonnaud (L.). — La technique des affaires (Méthodes françaises et étrangères). IV : Les affaires et l’art de les traiter, de 334 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1918.
- 15860
- Stéphani (Philippe). — Les tunnels des Alpes. Mont-Cenis, Saint Gothard, Simplon, Lœtschberg, Jura, Faucille, Mont-Blanc. In-8 (23 x 14) de 117 p., fig. Paris, H. Dunod et Pinat, 1919. 15861
- Gilbreth (Frank B.).— Étude des mouvements. Méthode d’accroissement delà capacité productive d’un ouvrier. Traduction française par J. Ottenheimer. In-8 (21 x 14) de 114 p., 44 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15862
- Cody (Sherwin). —L’art de vendre. Méthodes américaines. Leçons de psychologie pratique appliquée aux affaires. Traduit par Georges Mis. In-8 (21 x 14) de vii + 330 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15863
- Fleury (R. de) et Labruyère (R.).— Des emplois de l’aluminium dans la construction des machines. Tn-8 (23 x 14) de ii -f 58 p., 32 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919.
- 15864
- Lévy-Salvador (Paul). — Le rôle de l’utilisation des chutes d’eau dans l’extension de l’activité industrielle et agricole. In-8 (25 X 16) de 112 p., 14 fig. Paris, H. Dunod et Pinat, 1919. 15865
- François (Maurice). — Manipulations de chimie analytique appliquée. Analyses des produits chimiques pharmaceutiques. Analyses biologiques, toxicologiques et des matières alimentaires. In-8 (24 x 16) de 268 p., 18 fig. Paris, Octave Doin et Fils, 1919. 15866
- Leospo (Louis). — Traité d’industrie hôtelière. In-8 (19 x 14) de 388 p., fig. Nice, L. Andrau, 1918. 15867
- Morvan (J.). — Le barême pratique. Méthode complète de calculs rapides : 1° Barême ou table de produits ; 2° Barême ou table de tant p. 100 ; 3° Comptes courants et d’intérêts. In-8 (20 x 14) de 141 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15868
- Adam (I.). — Manuel de l’ouvrier fraiseur. In-12 (18 x 12) de 64 p., 33 fig. Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1919. 15869
- Adam (I.). — Guide pratique du tourneur sur métaux. 4° éd., revue et augmentée. In-8 (21 x 13) de 110 p., 67 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15870
- Eglène(Léon). — La chimie du cuir à l’usage de tous les industriels du cuir : directeurs, élèves-ingénieurs, contremaîtres de fabrication, etc. In-8 (23 x 14) de xv + 136 p., 9 fig., Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15871
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- OUVRAGES REÇUS.
- JUILLET-AOUT 1919.
- Guillet (Léon). — Mémoire sur le traitement thermique des obus (Application de la méthode Taylor). In-4 (27 x 21) de 154 p., 27 fig., XXVIII pl. Paris, Publication de la Revue de Métallurgie, janvier 1916. 15872
- Schneider et Cie. — Séries normales de boulonnage, 1919. In-4 (32 x 23) de 20 p., 8 + 82 + 12 + 27 + 6 + 4 planches. Paris, 1919. 15873
- Dybowski (Jean). — Notre force future. In-12 (19 x 12) de 271 p. Paris, Payot et Cie, 1919. 15874
- Dejust (J.). — Chaudières à vapeur. 2e éd. revue et mise à jour par M. André Turin. (.Bibliothèque du Conducteur des Travaux publics', de xi + 670 p., 542 fig., IV pl. Paris, H. DunodetE. Pinat, 1919. 15875
- Delaporte (Paul). Le calendrier universel (La réforme du calendrier). In-8 (25 x 16) de 86 p. Paris, H. Le Soudier, 1913. 15876
- Charpentier (P.). — Organisation industrielle. In-8 (25 x 16) de V + 365 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15877
- Launay (L. de). — Problèmes économiques d’après guerre. In-12 (19 x 12) de 319 p. Paris, Armand Colin, 1919. 15878
- Hersent (Georges). — Une politique de la construction après la guerre. Travaux publics et bâtiment. In-8 (23 x 14) de 311 p. Paris, Payot et Cie, 1919. ' 15879
- Bargeron (L.). —L’hygiène dans la reconstruction des usines. In-8 (23 X 14) de
- 275 p., 60 fig. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1919. 15880
- Bonaparte (Le Prince). — Notes ptéridologiques. In-8 (23 x 14) fasc. V, VIL Paris, 1917, 1918. 15881-2
- Cross et Bevan. — Recherches sur la cellulose, 1895-1910. Traduction française publiée sous la direction de Léon Lefèvre. In-8 (23 x 15) de xn + 482 p. Paris, Revue générale des Matières colorantes, 123, rue de Rennes; Béranger, 1914-1919. 15883
- Houard (G.) et Lémonon (E.-H.). — Les moteurs à vent. In-12 (17 x 12) de 95 p., 37 üg. Paris, E.-H. Lémonon, 27, rue d’Enghien. 15884
- Cellerier (F.). — Résumé des travaux sur la fabrication des briques de silice.
- (Laboratoire d'essais du Conservatoire national des Arts et Métiers. Mission d’essais, vérifications et expériences techniques). In-8 (24 x 15) de 104 p., XXIV pl. Paris, Chapelot, 1918, 15885
- Ringelmann (M.). — Logements des animaux. II. Écuries, étables, de 160 p., 117 flg.
- Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 1919. 15886
- *
- *
- Société technique de l’Industrie du Gaz en France. — Compte rendu des travaux du Comité, 1912. Pér. 298
- Association des Industriels de France contre les Accidents du Travail.— Bulletin. Année 1919. Pér. 130
- Smithsonian-Institution.— Annual report of the U. S. National Muséum, 1918.
- Pér. 27
- Institution of mechanical Engineers. — Proceedings, 1918 (oct.-déc.) Pér. 114
- Textile Manufacturer Year Book 1919. Annuaire
- Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers. — Résumé des travaux pendant la guerre, par le lieutenant-colonel F. Cellerier. Pér. 308
- Société D’Économie politique. — Bulletin. Année .1917. Année 1918. Pér. 55
- >1.''
- L’agent général, gérant, E. Lemaire.
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- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- IIS* ANNÉE. — 2» SEMESTRE.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- RECHERCHES SUR L’ÉVALUATION RAPIDE DES TEIVIPS ÉLÉMENTAIRES
- DES TRAVAUX MÉCANIQUES
- choix d’une série normale d’avances et de vitesses POUR MACHINES-OUTILS a tailler les métaux
- Paris, RI juillet 1919.
- Le mémoire de M. Androuin qu’on lira ci-après constitue une contribution très utile au développement de l’organisation rationnelle du travail dont la Société d’En-courage ment pour l’Industrie nationale s’est occupée tout spécialement dans ces derniers temps.
- L’exécution du travail ne peut faire l’objet d’instructions précises tant que les machines n’ont pas reçu une appropriation convenable. M. Androuin propose d’unifier les conditions de marche de ces machines suivant des règles très simples qui font actuellement l’objet de l’examen delà Commission permanente de Standardisation. Il a choisi, comme base de cette unification des avances et des vitesses, une progression géométrique dite « série géométrique décimale » possédant des avantages très importants pour la construction des machines-outils, ainsi que pour la rapidité des calculs de temps. M. Androuin fait ressortir ces avantages très clairement.
- Ce mémoire sera donc consulté utilement par toutes les personnes qui s’occupent de 1 organisation du travail dans les ateliers de constructions mécaniques.
- Ch. de Frémlnville,
- membre du Conseil.
- Premières recherches sur l’estimation préalable des travaux mécaniques. A mes débuts dans 1 industrie, comme ouvrier, j’ai travaillé « aux pièces » sur diverses machines-outils. Les travaux étaient très variés et les prix plus ou Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919. 10
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- 146 TRAVAUX MÉCANIQUES. ----- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- moins avantageux. J’avais quelquefois de la peine à gagner ma journée; mais, en général, les prix étaient plutôt larges, à tel point qu’il m’est arrivé parfois d’avoir des travaux sur lesquels j’aurais pu gagner plus de cinquante francs par jour.
- Il n’y avait, pour fixer les prix, aucune méthode déterminée; les estimations étaient faites « à l’œil » et faisaient souvent l’objet de marchandages entre le contremaître et les ouvriers.
- Lorsque, plus tard, j’eus moi-mêmelà conduire des équipes, j’essayai, par tempérament, de mettre un peu de méthode dans l’estimation des temps de façonnage mécanique. Je fis beaucoup d’observations d’allures de marche des machines, surtout par des essais personnels effectués tant pendant les heures de travail qu’en dehors de ces heures, cela sur les travaux de l’usine et sans que personne à part moi y attachât une attention quelconque.
- Lorsque je voulus me livrer à des estimations sérieuses pouvant servir de base aux prix de tâches, je m’aperçus que je ne pourrais arriver à mes fins qu’en consacrant à chaque estimation un temps hors de proportion avec le résultat à atteindre. Il s’agissait de travaux variés et la généralisation du système de l’estimation préalable eût entraîné des frais que le bénéfice à tirer de la méthode n’eût certainement pas récupérés. Je m’en tins donc à l’estimation de certains travaux types, revenant souvent, et auxquels j’employais autant que possible les ouvriers les moins actifs ; le reste continua comme devant.
- Pour effectuer mes calculs d’estimation, j’avais employé la règle à calculs classique, des abaques de diverses sortes, etc., tout cela sans grands résultats au point de vue de la rapidité.
- Aux Etats-Unis, en 1902-1903, j’ai pris part à certains travaux d’analyse et d’estimation, notamment pour des fabrications sur machines à décolleter automatiques, tours-revolvers, fraiseuses, etc. Je n’y ai pas vu employer de moyens vraiment rapides et efficaces permettant de généraliser l’estimation préalable des travaux isolés ou en petites séries. Par contre, j’y ai connu, incidemment, l’insuccès de certains systèmes de calcul de « boni, » dont les auteurs espéraient amener les ouvriers à rechercher d’eux-mêmes les moyens de produire le maximum possible (i).
- Quelques années plus tard, les communications du regretté Taylor à la Société américaine des Ingénieurs mécaniciens apportèrent des précisions quant aux lois dont dépendent les allures maxima possibles dans le chariotage des grosses pièces de tour et les travaux du même genre. Cependant, ni
- (1) Tous les systèmes de primes dont l’application n’est pas étayée sur une bonne estima* tion préalable des travaux sont sans valeur.
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- ÉVALUATION RAPIDE DES TEMPS d’üSINAGE.
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- les méthodes de calcul indiquées par Taylor et ses collaborateurs, ni les règles à calculs à coulisseaux multiples ou appareils similaires, ni les diagrammes logarithmiques et autres n’ont apporté le moyen facile et rapide permettant de généraliser l’estimation préalable.
- Problème de l'adaptation des machines-outils au système de l’estimation préalable. — Ayant médité longuement sur ce sujet, j’ai pensé qu’il devait être possible d’établir un système permettant, l’analyse d’un travail étant préparée, de chiffrer vite et bien les temps d’opérations. J’ai donc recherché les conditions auxquelles devait satisfaire un tel système.
- D’abord, étant donnée une estimation supposée bonne, il faut que la machine employée au travail puisse fonctionner aux allures prévues.
- De plus, comme on peut se trouver dans l’obligation d’employer d’autres machines au même travail, il faut que ces autres machines puissent, elles aussi, fonctionner aux mêmes allures. Cela m’a conduit à une première idée : Toutes les machines-outils de même espèce devraient avoir les mêmes suites d'avances et de vitesses.
- Comme il existe dans chaque sorte de machines des modèles de différentes grandeurs, les machines de grandeurs voisines devraient, d’après ce qui précède, avoir certaines avances et vitesses communes.
- Cela m’a conduit à une deuxième idée : Les suites d'avances et de vitesses de toutes les machines de même espèce devraient être prises dans des suites de termes assez étendues dans les deux sens pour satisfaire à tous les besoins, et où Ton choisirait, pour chaque grandeur de machine, le minimum et le maximum avec toutes les grandeurs intermédiaires.
- Le problème ainsi circonscrit se trouvait donc ramené à la recherche, pour les avances et les vitesses, des suites de termes les plus convenables.
- Recherche d’une série normale d’avances et de vitesses. — Pour préciser les conditions auxquelles doivent satisfaire de telles suites de termes, considérons l’exemple du calcul d’une opération simple de tournage :
- Il s’agit de charioter, sur une distance l, une pièce de diamètre d, à une avance par tour a et une vitesse périphérique par minute v.
- La durée t de l’opération a pour expression :
- 7idl
- a v
- (D
- Comme la machine ne peut tourner qu’à certaines allures déterminées, et
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- 148 TRAVAUX MÉCANIQUES. ----- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- qu’il faudra d’ailleurs indiquer à l’ouvrier l’allure à observer, nous calculerons le nombre n de tours par minute, qui a pour expression :
- Il en résulte que
- formule où le dénominateur a n représente l’avance par minute.
- Pour la rapidité du calcul, il faut que a \ et n soient toujours compris dans une série de termes que l’on sache de mémoire, avec leurs produits, comme on sait sa table démultiplication.
- Le choix de cette série est basé sur les considérations suivantes :
- 1° Pour réaliser dans tous les cas, à une approximation exprimée par un rapport donné, l’avance et la vitesse les plus convenables, il faut disposer, sur chaque machine, d’avances et de vitesses espacées suivant une progression géométrique croissante dont la raison soit inférieure ou au plus égale à ce qu’exige la dite approximation;
- 2° Gomme la valeur de l’avance influe sur le temps au même degré que celle de la vitesse, il est logique et désirable que la même progression géométrique puisse être appliquée aux avances et aux vitesses ;
- 3° Pour que la progression géométrique choisie se prête bien au calcul mental, il faut qu’elle ne présente qu’un petit nombre de facteurs se retrouvant périodiquement, avec les mêmes chiffres, dans toute l’étendue de la série.
- Gela implique qu’elle s’encadre dans le système décimal et que, par conséquent, sa raison soit une racine de 10 ; '
- 4° Gomme la raison ne peut être en pratique qu’une racine à indice élevé, il est désirable, pour la facilité du calcul mental, que la progression s’encadre dans les puissances de 2 ;
- 5° Pour que les calculs de circonférences, nombres de tours, etc., n’introduisent pas de nouveaux facteurs, il faut que la série comprenne le facteur 7u et ses dérivés les plus usuels.
- La série géométrique décimale. — Ges conditions étant posées, j’ai présenté, sur ma règle à calculs, l’échelle des mantisses de logarithmes contre celle des nombres, et mon attention a été presque aussitôt attirée sur la série dont la figure 1 ci-jointe donne le détail.
- TU d
- (2)
- (3)
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- ÉVALUATION RAPIDE DES TEMPS D USINAGE.
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- POSITIONS SUR LA. REGLE A CALCULS. TERMES DE LA PROGRESSION. ÉQUIVALENTS PAR RAPPORT A 2 ÉQUIVALENTS PAR RAPPORT A ir. ÉQUIVALENTS MNÉMONIQUES.
- Échelle des nombres. Échelle des logarith. Rang. Valeur numérique Valeur nominale. Erreur relative. Valeur nominale. Erreur relative. Valeur nominale. Erreur relative.
- 1,000 1 ' 1
- - 0
- —Ô 1 1,239 v/S + 0,0008 4 7Z +0,0111 1,25 —0,0072
- —s 2 1,583 2 \/î + 0,0016! TT 2 9+(Xl°) d/TZ —0,009 + 0,0043 1,6 +0,0094
- Oj - —§ 3 1,996 2 +0,0024 2 +0,0024
- '•3* CS 4 2,512 2^2 + 0,0032 2,5 —0,005
- - TZ —0,0069
- en - —§ 5 3,163 4 \/2 + 0,004 ^(x 10) + 0,0069 3,2 + 0,0117
- ^ — “— 6 3,981 4 +0,0048 4 + 0,0048
- es 7 5,012 •V 4 y2 +0,0056 5 —0,0025
- ÇO _ 8 6,310 8 + 0,0064 0 X —0,0043 + 0,009 6,4 +0,0141
- fcS — V'a
- — | «S 9 7,943 8 +0,0072 l (x10) —0,0111 8 + 0,0072
- ^ — | 10 10,000 OO Sr + 0,008 10
- Fig. 1. — Série géométrique décimale pour le calcul instantané des nombres de tours,
- temps d’opération, etc.
- Remarques : 1° Dans l’application du système, les erreurs sont négligeables, aucune d’elles n’atteignant 1,5 0/0.
- 2° Les termes voisins d’un terme donné valent respectivement 20 0/0 de moins et 25 0/0 de plus que ce terme (s = + et — 0,0072).
- 3° La série s’étend indéfiniment dans les deux sens.
- 4° Les termes se doublent tous les trois rangs (e = +0,0024).
- 5° Les termes se décuplent tous les dix rangs (s=^=0).
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- Cette série est une progression géométrique dont la raison est r = 1001, soit, environ, 1,259 (1).
- Elle remplit toutes les conditions ci-dessus et présente des propriétés remarquables sur lesquelles je reviendrai plus loin.
- Étude critique de l’espacement des termes de la série. — La série étant découverte, il restait à voir si elle conviendrait bien.
- Les termes n’allaient-ils pas être trop espacés pour que les machines puissent, en toutes circonstances, fournir un rendement voisin du maximum ? Ou, au contraire, n’allaient-ils pas être trop serrés et entraîner ainsi, dans la construction des dispositifs de changement d’avances et de vitesses, des complications injustifiées ?
- La valeur r —10°A est-elle trop grande? — Pour élucider cette première question, j’ai fait, sur un certain nombre de machines, des observations tendant à établir, pour des travaux donnés, la relation entre l’allure de coupe a v (produit de l’avance par la vitesse) et le bénéfice net d’une journée d’exploitation.
- Ces observations furent faites sur des travaux en cours, en faisant varier a v, toutes autres conditions restant les mêmes.
- Après quelques tâtonnements relatifs à la définition et]au calcul du bénéfice rapporté à un jour de marche, j’ai traduit par un diagramme les résultats
- (1) La présente note a été rédigée en octobre 1917.
- En décembre 1918, est venu à ma connaissance le compte rendu de la séance du 9 décembre 1918, de la Commission permanente de Standardisation, Sous-Commission des Mesures et Tolérances, qui contient le passage suivant :
- « Une loi fondamentale a été établie Jpar le colonel Renard, il y a plus de trente ans, et appliquée dans toute l’industrie de l’aérostation.
- 3 _ . 10 -
- « Le Colonel a remarqué que \/2 = 1,2599 ? v 10 = 1,259. Ces deux nombres sont égaux à 0,001 près.
- 11 résulte qu’en prenant ce chiffre comme'raison d’une progression géométrique, on obtient des éléments dont les volumes et les poids sont en progression géométrique de raison 2.
- La section et les résistances en progression géométrique de raison 1,6, c’est-à-dire 1 1,6 2,5 4 6,4 10 puis 16, 25, 40, 64, 100, etc., etles dimensions linéaires en progres-
- sion géométrique de 1 1,26 1,6 2 2,5 3,2 4 5 6,4 8 et 10.
- « Cette loi très simple donne en outre des échelons suffisamment rapprochés pour les considérations pratiques et suffisamment éloignés pour que les éléments standardisés restent en petit nombre.
- « Exemple : 15 cordes pour une résistance variant de 1 à 1 000 par échelons proportionnés de 1,6. »
- Il ressort de cette communication que le savant Colonel avait remarqué et utilisé la progression dont il s’agit, à mon insu, antérieurement à mes recherches sur l’estimation préalable des travaux mécaniques.
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- ÉVALUATION RAPIDE DES TEMPS d’üSINAGE.
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- de mes observations, résultats dans lesquels le bénéfice n’était d’ailleurs chiffré qu’à une approximation plutôt grossière.
- En prenant de nombreux cas et faisant des moyennes, j’ai obtenu des diagrammes ayant en général l’allure de la figure 2. Le bénéfice passe par un maximum, parce 'que, à partir d’une certaine valeur de av, les pertes dues aux affûtages, réglages d’outils et incidents de toutes sortes, dépassent te bénéfice brut résultant de l’accélération de l’allure de coupe.
- Avec la progression géométrique de raison r — 100’1 la ligne brisée du diagramme passe, dans la généralité des cas, assez près du sommet de la courbe circonscrite pour que l’on puisse s’en contenter.
- La valeur r = 100,i est-elle\trop petite? — Pour élucider cette deuxième question, j’ai envisagé tous les cas usüels se présentant en construction de ma-
- Valeurs de ciV
- Fig. 2. — Variation du bénéfice quotidien en fonction de av (produit de l’avance par la vitesse.
- chines-outils, et étudié, pour chacun d’eux, la possibilité d’y adapter des suites d’avances et de vitesses conformes à ma série.
- A cet effet, j’ai classé les machines en catégories d’après la formule exprimant le temps d’une opération.
- J’ai également classé les dispositifs de changement d’avances et de vitesses en catégories d’après les conditions dans lesquelles il faut pouvoir effectuer le changement, soit :
- 1° Changement par substitution d’organes;
- 2° Changement instantané pendant l’arrêt ou la marche lente à vide ;
- 3e Changement pendant la passe.
- Pour chacune des combinaisons susceptibles d’être employées en pratique, j’ai établi les valeurs extrêmes de l’avance et de la vitesse, et calculé, en appliquant ma série, les nombres d’avances et de vitesses dont la machine doit être pourvue. J’ai ensuite déterminé des dispositifs de changement d’avances et de vitesses remplissant toutes les conditions requises. Il résulte de toutes ces
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- TRAVAUX MÉCANIQUES.
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- études que ma série peut être appliquée facilement dans tous les cas. Depuis plusieurs années, j’ai eu souvent l’occasion de créer ou de transformer des machines-outils; je leur ai appliqué, à toutes, ma. série d’avances et de' vitesses : le succès a été complet dans toutes ces applications.
- Propriétés de la série géométrique décimale au point de vue du calcul mental. — La série étant une progression géométrique contenant l’unité comme terme, les produits et quotients de termes quelconques sont eux-mêmes des termes de la même progression.
- Pour la même raison, les inverses des termes et ceux de tous leurs produits et quotients sont également des termes.
- Les dix termes fondamentaux se retrouvent, sauf la position de la virgule, tous les dix rangs ; il en résulte que tous les termes, leurs produits, leurs quotients et les inverses de toutes ces expressions, sont exprimés, à la virgule près, par les chiffres de l’un des dix termes fondamentaux.
- La série constitue un véritable système de numération, dont la base serait 1001 et dont on n’emploierait, dans les calculs, que les puissances de la base.
- Pour faire comprendre la simplification résultant de l’emploi de cetle série, il suffit de la comparer à la table de multiplication.
- Les 8 nombres entiers de 2 à 9 forment entre eux 36 produits ; soit, avec les 8 nombres, 44 expressions. Neuf de ces expressions se retrouvant deux fois; la table de multiplication des nombres de 2 à 9 contient net 35 expressions toutes différentes.
- Les dix termes de la série, réduits à 9 si l’on accepte comme ci-dessus l’unité et les puissances de 10, suffisent à tout; pour employer la série, il suffit donc de connaître 9 expressions (au lieu de 35).
- Enfin, la série contient, tant de mon intention que du fait de coïncidences fortuites, un très grand nombre de coefficients d’emploi usuel dans les ateliers et bureaux d’études, notamment la densité de l’acier, la gravité, les coefficients pour la torsion, la flexion, les ressorts hélicoïdaux, les courroies, etc., les équivalents métriques des unités anglaises de longueur (pouce et sous-mul-tiples binaires) et de chaleur (B. T. U.), etc., ainsi que des repères logarithmiques.
- Exemples de calculs rapides, par l’emploi de la série géométrique décimale. — durée d’une opération. — Soit à tourner sur une distance de 400 une pièce d’un diamètre de 50 à 0,8 d’avance et 25 m de vitesse :
- n
- v
- k d,
- 25000 +
- ----— =160 tours : minute.
- 7u X 50
- 400
- 0,8 X 160
- = 3,2 minutes.
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- Ce calcul, pour quelqu’un tant soit peu habitué, est purement mental et presque instantané, toutes les données ainsi que les résultats étant des termes de la série.
- Si le diamètre n’est pas un terme de la série, il faut l’arrondir au terme immédiatement supérieur pour calculer le nombre de tours par minute.
- Dans le cas de la longueur, le plus simple est d’en faire autant, quitte à corriger ensuite le résultat.
- création d’une machine. — Soit à établir un tour à charioter avec avances de 0,10 à0,64, et vitesses de 40 à 500 tours par minute.
- Avances. — Le rapport des avances étant de 6,4, les extrêmes sont espacés de 8 intervalles, ce qui exige 9 avances. Il suffit de transmettre le mouvement d’avance par une paire de poulies à trois étages et un jeu d’engrenages à trois rapports.
- Pour une même position des engrenages, les avances extrêmes sont à 2 intervalles, soit dans le rapport de 4,6 à 1. Les diamètres extrêmes des poulies étagées sont dans un rapport égal à la racine carrée du précédent,soit 1,25.
- Quant aux engrenages, leurs rapports successifs doivent franchir trois intervalles, soit un rapport de 2. On choisira, par exemple
- ou, pour les nombres de dents, en admettant 20 comme minimum,
- 40 30 20
- 20’ 30 6 40
- Vitesses. — Le rapport des vitesses extrêmes étant de 12,5, ces vitesses sont espacées de 11 intervalles, donc au nombre de 12. Elles peuvent être réalisées par poulies à 4 étages et harnais d’engrenages à 2 rapports, ce qui donne quatre vitesses au premier harnais, quatre au deuxième harnais et quatre à la volée, soit 12 vitesses en tout.
- Les vitesses extrêmes données par les poulies à 4 étages sont à trois intervalles, donc dans le rapport de 2 à 1. En conséquence, les diamètres extrêmes des poulies étagées sont dans le rapport de \/2 à 1.
- Les rapports successifs de harnais, franchissant 4 intervalles, sont de 2,5. On emploiera donc comme harnais :
- aux pignons :
- _1_
- 2,5
- à la roue :
- 2,5*
- et
- 1
- T
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- soit par exemple, nimum :
- et
- pour les nombres de dents, en admettant 20 comme mi-
- 20
- 50
- et
- 35
- 35’
- d’une part,
- 20
- 50’
- d’autre part.
- Conclusion pratique. — J’ai étendu l’emploi de la même série à tous les calculs de durées d’opérations sur toutes sortes de machines-outils à tailler les métaux, y compris les machines alternatives (raboteuses, etc.), ainsi qu’à l’établissement des machines elles-mêmes, y compris le calcul des organes principaux.
- En 1915, ayant à créer diverses machines spéciales pour façonner des projectiles, j’ai pu en calculer toutes les données fondamentales (constantes de fonctionnement et dimensions des pièces) en quelques heures, sans règle à calculs ni formulaire, et sans écrire autrement que pour poser les données et consigner les résultats.
- Les machines ont été construites et essayées fin 1915 ; elles ont toujours fonctionné depuis lors, sans donner lieu à ancune retouche, même aux essais.
- Plusieurs grandeurs de machines ont été construites ; des travaux ont été transférés d’une grandeur de machine à une autre, les constantes de marche étant conservées.
- Les essais de fabrication ont montré, sur ces travaux en grandes séries, que l’on trouvait toujours une valeur optimum de an telle qu’on n’eût pas pu réaliser un bénéfice sensible en « serrant » davantage la progression.
- M. J. Androuin.
- Paris, le 6 octobre ‘1917.
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- LA RECONSTITUTION DES FORÊTS ET L’EXPLOITATION FORESTIÈRE
- après la guerre 9).
- Situation économique forestière de la France avant la guerre. — Au moment de la terrible guerre que nous venons de subir, la situation de la production ligneuse en France était loin d’être brillante : notre pays était en déficit au point de vue de la production du bois d’œuvre, et le problème de la déforestation, pour appeler le mal par son nom moderne, s’était posé devant les Pouvoirs publics. Partout on cherchait les moyens d’arrêter les déboisements intempestifs, les coupes abusives. La presse s'occupait de la question presque journellement. Le Congrès forestier international, réuni en 1913 sous les auspices du Touring~Club de France, avait recherché les moyens de parer au danger signalé de tous côtés.
- La question, d’ailleurs, n’était pas nouvelle. Déjà, au moment de l’Exposition universelle de 1900, un de nos camarades, économiste distingué, M. l’Inspecteur des Eaux et Forêts Mélard, publiait un remarquable travail, qui lui permettait d’arriver à cette conclusion et de jeter ce cri d’alarme, comme Sully au début du xvne siècle : « La consommation du bois est supérieure à la production normale des forêts accessibles ; il y a dans cette production un déficit momentanément compensé par des destructions de forêts. »
- Cette situation fort grave est la conclusion forcée de l’étude des tableaux comparatifs ci-joints (fîg. 1 et tableaux A et B) du commerce des bois dans les principaux pays du monde. De ces tableaux on peut tirer quelques enseignements.
- Il y a sept pays seulement où la production ligneuse est en excédent sur la consommation. Cinq se trouvent en Europe : la Suède, la Finlande, la Russie, F Autriche-Hongrie et la Norvège; deux dans l’Amérique du Nord : les États-Unis et le Canada.* Mais, dans ces régions, la hausse des produits forestiers ne fera que précipiter la pénurie généraie nt le déficit de la production ligneuse. Aussi M. Mélard pouvait-il dire avec raison : « On marche vers la disette, et cette disette se fera sentir avant cinquante ans peut-être. »
- (4) Conférence faite en séance publique le 42 avril 4919.
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- SYLVICULTURE.
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- TABLEAU A
- Taux de boisement des principaux pays du monde.
- Superficie territoriale Population Étendue des Forêts +5 fl © o i»! 3 2
- ÉTATS OBSERVATIONS
- (Milliers (Milliers (Milliers H J |
- d'hectares) d’habitants) d’hectares)
- Guyane française . . 22.000 28 10.000 45
- Japon 41.740 40.000 22.750 55
- Cambodge 8.385 1.450 4.000 48
- Côte d’ivoire 25.000 » 12.000 48
- Tonkin 11.405 6.321 4.760 42
- Canada 84.000 5.000 32.000 37 Exportations :
- 127 millions de francs.
- Indo-Chine entière. . 82.000 )> 25.000 30,5
- Nouvelle-Zélande. . . 27.120 » 8.300 30
- États-U nis d’Amérique. 783.600 87.000 200.000 25 Exportations : 100 millions de francs.
- Dahomey 6.000 800 1.500 25
- La Réunion ..... 260 )) 60 23
- La Martinique.... 99 170 18 18
- Madagascar 59.196 3.500 9.000 17 Répartition très irrégulière.
- Cochinchine 5.980 1.800 1.100 18
- Inde anglaise .... 360.000 )) 60.000 17 Répartition très irrégulière : la plaine est généraient1 nue.
- La Guadeloupe. . . . 160 153 25 16 d° d° d°
- Algérie 30.000 4.740 2.816 9
- Australie 482.700 » 40.000 8 Importations : 20 millions de francs.
- Guinée . 15.000 » 1.050 7
- Mayotte et Comores . 208 » 12 6
- Nouvelle-Calédonie. . 2.400 57 120 5
- Congo 360.000 » 6.404 2
- Sénégal et Soudan. . 166.400 )) 1.450 1
- Côte des Somalis. . . 12.000 )> a 100 1
- Ces enseignements, nous les trouvons véritiés par les conseils donnés en 1910 par l’illustre Alfred Picard, président de la Commission des Inon_ dations, qui signalait de la façon suivante toutes les mesures nécessaires à prendre : « Une obligation impérieuse incombe aux Pouvoirs publics : conserver intacts les massifs boisés existants, encourager les plantations nouvelles, inculquer les bonnes méthodes d'exploitation, pousser la production du bois d'œuvre en remplacement des petits bois, soulager les propriétaires forestiers quécrase l'impôt et qui sont entraînés à alléger leurs charges par F abatage
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- TABLEAU B
- Taux de boisement des différents pays de l’Europe.
- ÉTATS. SUPERFICIE TERRITORIALE. (Milliers d’hectares). POPULATION (Milliers d’habitants). ÉTENDUE DES FORÊTS. (Milliers d’hectares). TAUX de BOISEMENT. p. 100. SURFACE BOISÉE par habitant. (hectares). EXCÉDENT DES IMPORTATIONS. EXPORTATIONS
- Milliers de mètres cubes (ouvrés) Milliers de mètres cubes (brut). Milliers de francs. Milliers de mètres cubes (brut).
- Suède 45.057 5.175 21.210 47 4.00 )) » 9.000
- Finlande 37.500 IV O O 17.000 45 7.00 )) » » 4.500
- Bosnie-Herzégovine 5.100 5.323 2.275 45 0.43 )) )) » 420
- Russie (sans la Finlande). . . . 501.600 103.600 196.530 39,1 1.89 » )) )) 10.000
- Luxembourg 250 236 83 33/2 0.35 >» )> ;) 4)
- Serbie 4. 800 2.536 1.500 31 0.69 10 362 362 »
- Bulgarie 9.000 4.000 3.000 30 0-75 73 95 2.200 ))
- Autriche-Hongrie 62.490 45.405 18.000 30 0.41 » )) » 6.800
- ^Allemagne 54.060 56.367 14.000 26 0.25 10.400 13.000 375.000 »
- ISuisse 4.135 3.514 950 23 0.28 400 500 25.000 »
- Norvège 32.277 2.240 6.898 21 13.08 » )) )) 4.000
- Roumanie 13.135 6.000 2 756 21 0.46 )) » » 420
- France 52.952 38.G41 9.C87 18,7 0.25 2.000 2.500 115.000 »
- Portugal 8.900 5.429 1.621 18,2 0.30 66 100 5.000 »
- Belgique 2.947 6.800 535. 18 0.08 1.464 1.850 129.000 »
- Italie 28.659 32.475 4.156 14,5 0.13 ' 700 900 31.000 »
- Turquie 17.539 39.800 2.472 14 0.06 » » » »
- Espagne. 49.500 18.618 8.483 13 0.35 300 400 30.000 ))
- Grèce 6.469 2.434 830 13 0.34 65 85 3.000 ))
- Danemark 3.830 2.465 327 8,5 0.13 650 800 31.000 »
- Hollande.^ 3.300 5.263 260 7,8 0.04 180 230 18.000 »
- Grande-Bretagne 31.463 41.605 1.226 3,5 0.03 12.440 15.000 600.000 »
- 974.963 430.226 313.999 32,1 0.73 28.748 35.822 1.364.562 34.840
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- 1835 1890 1895 1900 1905 1910
- Fig. 1. — Importations et exportations françaises de bois de 1882 à 1912.
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- RECONSTITUTION ET EXPLOITATION DE NOS FORÊTS APRÈS LA GUERRE. 159
- d’un plus grand nombre d'arbres de futaie. Les funestes conséquences de l'inaction qui a suivi les catastrophes du passé doivent être un avertissement salutaire. Des résolutions promptes et courageuses honoreront la génération actuelle, attesteront sa sagesse et son esprit de prévoyance. »
- A la suite de ces sages conseils, les Pouvoirs publics, soucieux de remédier au mal, se faisant de jour en jour plus grave, ont bien pris certaines mesures :
- 1° Modification de la loi de 1882 sur la restauration et la conservation des terrains en montagne par la loi du 16 août 1913, qui ne met plus comme conditions aux travaux le danger né actuel, mais permet de les entreprendre dans le cas de régularisation du régime des eaux ;
- 2° Modification des lois fiscales concernant l’impôt forestier par la loi du 29 mars 1914; l’impôt forestier s’en est trouvé amélioré, mais encore d’une façon très imparfaite ;
- 3° Éducation forestière du public et, en particulier, promulgation de la loi Audiffred du 2 juillet 1913, dont un règlement d’administration publique tout récent, du 26 novembre 1918, a précisé l’application et qui permet aux associations privées, aux particuliers, de faire appel au concours de l’Etat pour la gestion de la propriété forestière privée.
- Toutes ces mesures prouvent un réel souci de la part du Gouvernement d’améliorer la situation de notre pays au point de vue de la production ligneuse. Mais elles n’avaient pas encore réussi à produire un effet utile au moment de la déclaration de la Grande guerre, en août 1914, et la situation restait sérieuse, sinon grave.
- t
- L’exploitation des forêts pendant la guerre. Situation forestière actuelle. — Pendant la guerre longue, pénible, terrible, que nous venons de soutenir, la situation n’a fait qu’empirer. Cette guerre, préparée pour être toute de mouvement, s’est trouvée transformée bientôt en une guerre purement défensive, où le bois, pour l’organisation défensive de part et d’autre du front de combat, s’est trouvé devenir une matière aussi intéressante que les canons forgés par nos usines, ou les munitions de tout calibre.
- L’armée a exigé des quantités considérables de bois pour les usages les plus divers. Les plus beaux chênes de nos forêts se sont trouvés transformés en bois de mine (cadres, planches de ciel et de coffrage), les baliveaux de nos taillis en rondins ; les lignes téléphoniques ou télégraphiques ont exigé des milliers de perches. Nos grands parcs d’artillerie, l’aviation, ont dévoré des millions de mètres cubes de bois de premier choix pour la construction d’un matériel toujours plus puissant ; nos voies ferrées, qui ont joué un rôle si
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- SYLVICULTURE.
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- considérable dans cette guerre pour parer aux offensives de Fennemi, ont consommé des milliers de traverses.
- Et cependant, nos forêts, tant nationales que particulières, ont suffi à tous les besoins, non seulement aux nôtres, mais à ceux de nos alliés. Il n'était pas possible, en effet, en raison de la faiblesse du tonnage maritime, de faire venir le bois nécessaire de l’Amérique. Le bois est une matière encombrante, difficilement transportable. On ne pouvait songer à entraver le transport de
- l’outillage considérable fourni par nos alliés pour notre approvisionnement en bois. Nous avons donc dû, non seulement nous suffire à nous-mêmes, mais encore pourvoir à tous les besoins de l’Entente sur notre sol national. De là ces exploitations intensives, sinon abusives, sur toute l’étendue de notre territoire. La guerre les justifiait; elles n’en ont pas moins appauvri nos ressources forestières normales, et si, par une sage administration, à laquelle tous nous devons rendre justice, nos forêts domaniales et quelques forêts particulières n’avaient pas renfermé des réserves et des ressources abondantes, la question de notre approvisionnement en bois de défense aurait pu devenir un problème des plus difficiles à résoudre.
- Fig. 2. — Bois de la zone de combat de première ligne. Mais ce n’est pas là la seule cause
- del’appauvrissementde notre domaine forestier national. Les bois ont une importance tactique considérable. Points d’appuis dans le combat, ils offrent des obstacles merveilleux pour abriter nos moyens de défense contre les yeux du bas et surtout d’en haut. Ces yeux se sont multipliés dans notre guerre moderne par le développement toujours plus intensif de l’aviation. Aussi, les bois du champ de bataille ont fortement souffert : hachés par la mitraille, déchiquetés, ils n’existent presque plus aujourd’hui qu’à l’état de souvenir (fig. 2 et 3). Il suffit de se rappeler nos communiqués pour savoir qu’il ne se passait *pas de jour sans que le nom d un bois, devenu aujourd’hui célèbre, ne l’illustrât de son nom : Bois le Prêtre, Bois de
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- RECONSTITUTION ET EXPLOITATION DE NOS FORÊTS APRÈS LA GUERRE. 161
- Mortmart et tous les bois sans nom, désignés au hasard de leur forme, sur nos plans directeurs (bois carré, bois étoilé, bois triangulaire).
- De part et d’autre de la ligne du front, dans une zone de 10 kilomètres, on peut dire que presque partout nos bois n’existent plus, ou ont très largement souffert.
- Du côté de l’ennemi, les mêmes phénomènes se sont produits. Les Allemands ont partout exploité nos richesses forestières sans autre préoccupation que leurs besoins ou leur fantaisie. Aussi, dans toute la région libérée, on peut estimer que la production forestière a diminué de plus des trois quarts.
- Fig. 3. — Bois de la zone de combat de première ligne.
- La Commission du Budget a évalué à 600 000 ha la superficie des forêts endommagées. Actuellement, il est difficile de chiffrer les dommages avec exactitude, le travail sur le terrain n’étant pas encore terminé. On peut cependant donner des évaluations approchées. Les dommages peuvent se répartir en deux catégories.
- 1° Dommages directs.'— Le gros de ces dommages porte sur les peuplements forestiers ; le coefficient de destruction étant de 75 p. 100, la perte peut être chiffrée en valeur actuelle à 1 200 millions. A ce chiffre, il faut ajouter : 100 millions pour frais de nivellement, reboisement, regarnis, etc. ; 50 millions pour réfection de routes et bornages ; 50 millions pour les bois exploités, soit au total, pour les dommages directs, 1 400 millions.
- 2° Dommages indirects. — Ces dommages comprennent •
- a) la perte résultant de l’arrêt de la végétation forestière : 60 millions;
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- b) la perte résultant de la diminution de la production du bois d’œuvre pendant cinquante ans au moins, c’est-à-dire augmentation des importations, pertes pour la main-d’œuvre locale, etc.; soit 200 millions.
- Au total pour les dommages indirects, %60 millions (1).
- Aussi est-ce avec les plus légitimes raisons que M. le Directeur général des Eaux et Forêts pouvait dépeindre la gravité de la situation de la façon suivante devant ses collègues de l’Académie d’Agriculture le 19 juin 1918.
- Après la guerre, notre production forestière se trouvera réduite dans une mesure très sensible par suite, tant de la destruction plus ou moins complète des massifs boisés situés dans la zone des combats et dans les régions envahies, que des prélèvements considérables opérés sur le matériel ligneux des forêts de la zone des armées ou de /’ intérieur par des exploitations particulièrement intensives assises pour les besoins de notre défense nationale et des armées alliées. Afin cl’atténuer les effets de cette situation, il conviendra, dès que les hostilités auront pris fin, non seulement de procéder à la reconstitution des forêts dévastées et à la restauration de celles qui auront été appauvries, mais encore de donner à notre domaine forestier national, une large extension par le reboisement des landes et des terrains abandonnés.
- Reconstitution forestière. — Le moment de notre reconstitution forestière, dont parlait au milieu de l’année dernière, le grand maître actuel des Eaux et Forêts, M. le conseiller d’Etat Dabat, est aujourd’hui arrivé. Il est donc nécessaire, urgent, d’avoir un programme d’ensemble, et de le mettre aussitôt que possible en exécution. « Rien ne sert de courir, il faut partir à point, » a dit un grand moraliste, qui fut aussi un forestier, peut-être médiocre, notre bon La Fontaine. Aucune maxime n’est peut-être plus vraie, quand il s’agit de la reconstitution forestière.
- Les forêts à reconstituer peuvent se diviser en deux groupes.
- 1° Les forêts du champ de bataille. — Pour celles-là, il faut d’abord procéder à un nettoyage intensif; boucher les tranchées,les trous d’obus ; démolir les abris ; enlever les réseaux de fils de fer ; débarrasser le terrain des projectiles de toute nature, travail pénible, dangereux même. Mais ce n’est pas tout. Au point de vue forestier, il y a plus à faire : il faut exploiter les arbres mitraillés et brisés, les tiges hachées ; le bois ainsi exploité sera presque sans valeur.
- (1) Ces dommages ne portent que sur les dégâts commis aux forêts avant la dernière offensive de 1918. D’après des renseignements récents, fournis par la Direction générale des Eaux et Forêts, les frais de reconstitution des forées françaises s’élèveraient aujourd’hui à 2 240 millions.
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- 11 pourra tout au plus servir de bois de feu, presque jamais de bois d’œuvre et d’industrie. Ces exploitations longues, coûteuses, ne paieront pas leur homme. Le propriétaire hésitera à les entreprendre. C’est à l’État d’intervenir, et il est urgent de le faire, car, si les souches encore intactes ne sont pas débarrassées très vite de leurs tiges pantelantes, inertes, elles seront à tout jamais perdues pour la régénération de la forêt. Elles ne rejetteront plus dans les taillis sous futaie ou dans nos futaies feuillue^ et la dévastation ne fera que s’aggraver. On ne saurait trop insister sur ce point.
- Le terrain une fois remis en état, la forêt nettoyée, il faudra songer à un reboisement complet du terrain.
- Pour ce reboisement, on devra s’adresser à des essences peu exigeantes car, dans la plupart des cas, l’humus de la forêt a disparu, volatilisé par le pilonage prolongé des feux croisés des deux artilleries adverses. Les résineux, pin sylvestre dans les terrains siliceux, pin laricio noir qu’on appelait autrefois pin noir d’Autriche, dans les terrains calcaires, pin Weymouth, ou épicéa ou pin de lord Weymouth dans les terrains frais, humides, marécageux, peupliers dans certains cas, seront des essences appropriées ; essences transitoires peut-on dire, c’est-à-dire destinées à être remplacées plus tard par des essences plus précieuses disparues, chêne, hêtre, frêne, mais véritables essences de reconstitution, car ces dernières ne pourraient être immédiatement installées en général avec succès par suite de la disparition complète de toute fertilité du sol.
- 2° Dans le second groupe de forêts, que nous désignerons sous le nom de forêts de la zone des armées, où des coupes intensives, sinon abusives, ont été pratiquées, il suffira souvent de procéder à des regarnis plus ou moins étendus ; mais, là où la fertilité du sol s’est en général maintenue, où l’humus a été conservé, on pourra se contenter d’imiter la nature par la plantation d’essences identiques à celles qui restent sur pied. Le travail sera plus facile.
- Dans les deux cas, il faut immédiatement songer à se procurer les plants nécessaires à notre reconstitution. En évaluant à 5000 plants à l’hectare la quantité de plants nécessaires, ce serait, pour 600 000 ha de forêts ravagées, chiffre que nous pouvons réduire provisoirement d’un tiers pour tenir compte des parties de forêts pouvant être maintenues sur pied, la quantité énorme de 2 milliards de plants de 2 à 3 ans qu’il faudrait pouvoir immédiatement se procurer.
- Jamais nos pépinières françaises, nationales ou particulières, ne pourront nous fournir assez rapidement une pareille quantité de jeunes sujets.
- Elles le pourront d’autant moins qu’à côté des forêts ravagées à reconsti-
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- tuer, il faut envisager la mise en valeur de très grandes étendues de terres arables qu’il va être impossible de rendre immédiatement à la culture agricole, par suite de la disparition même de la matière fertilisante amoncelée dans ces sols depuis des siècles et la disparition de la terre végétale. Le sous-sol a été mis à nu et l’humus presque millénaire leur fait aujourd’hui complètement défaut; seule la culture forestière peut leur rendre au bout d’un temps plus au moins long leur richesse première. Ces terrains doivent être forcément reboisés. Dans bien des cas, le propriétaire, faute de ressources ou de moyens suffisants, se trouvera dans l’impossibilité de procéder au reboisement nécessaire. Bien que l’étatisme soit toujours un danger, l’intervention de l’Etat en cette circonstance sera justifiée. 11 devra se rendre acquéreur des terrains de cette catégorie, en payer la valeur d’avant-guerre au propriétaire et procéder au reboisement. C’est une idée, un moyen de payer les dommages de guerre pour les terres arables dans ces conditions.
- Quelle peut être leur étendue? On l’a évaluée à 100 000 ha environ répartis en trois lots principaux :
- a) L’îlot de Verdun;
- b) Les plaines de Champagne ;
- c) La Somme, au nord et autour d’Amiens, et le Pas-de-Calais.
- Il faut ajouter ce chiffre à la superficie des forêts du champ de bataille à reconstituer, soit 400 000 ha. Ce sont donc 500 000 ha détruits qu’il nous faut songer dès maintenant à reboiser complètement et exigeant l’emploi de 2 500000000 (deux milliards cinq cents millions) de plants. Jamais pareil chiffre n’a été envisagé par le sylviculteur. Ils peuvent à première vue étonner, et cependant ils sont mathématiquement exacts, et plutôt en minimum ; et il faut songer à les trouver dans un avenir suffisamment rapproché.
- Peut-être pourrait-on en demander une certaine quantité aux vaincus. Mais les plants sont difficilement transportables et les longs trajets diminuent les chances de réussite. Il faut songer à créer des pépinières sur place, aussi voisines que possible des terrains à reconstituer.
- La Direction générale des Eaux et Forêts s’est préoccupée depuis longtemps déjà de la situation. Depuis 1916, et dans deux circulaires récentes, en date du 20 septembre et du 17 décembre 1918, M. Dabat, Directeur général, a prescrit d’intensifier la production des pépinières domaniales et de créer des pépinières départementales pour toute la région libérée, destinées à compléter et à venir en aide à la production du commerce.
- Ressources forestières actuellement réalisables. — Mais la forêt pousse lentement et nous avons besoin de bois plus que jamais pour la reconstitution de nos villes et de nos villages, de nos usines dévastées par la guerre, pour la
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- réfection de nos routes et de nos voies ferrées. Il y a donc lieu de songer à nous procurer des ressources immédiates,
- La première idée c’est de les demander à nos ennemis vaincus. La dévastation raisonnée fut leur règle : il est juste qu’ils rendent gorge et nous retournent ce qu’ils nous ont pris.
- M. Hüffel, sous-directeur de l’Ecole nationale des Eaux et Forêts et professeur d’économie forestière à cette école, me permet de vous l’indiquer. Dans un récent travail qu’il vient de terminer sur les ressources forestières de l'Allemagne, il arrive aux chiffres suivants :
- La surface totale des forêts allemandes en 1900 (Alsace-Lorraine déduite) s’élevait à 13 556 037 ha. Sa surface réalisable, c’est-à-dire celle couverte de bois de plus de soixante ans, pourrait fournir 652 000 000 m3. Dans la superficie boisée de l’Allemagne, les forêts domaniales ou d’empire entrent pour 4 564 826 lia, pouvant produire 338 000 000 m3 de bois réalisables.
- 11 serait juste que l’Allemand vaincu nous fournisse au moins la moitié de ce cube dans une période ne dépassant pas dix ans,, soit environ 10 000 000 à 15 000 000 m3 de bois car, actuellement, ce qui pour moi ne peut être mis en doute, il est légitime que nous lui imposions la fourniture d’une certaine quantité de bois en nature. Un problème se posera immédiatement, ce sera l’exploitation et le transport du bois à livrer. Or, nous ne pouvons guère espérer obtenir plus de 10 000000 m3 par an. Ce bois devra nous arriver tout préparé, soit en grume, soit sous forme de traverses de chemins de fer, de poteaux télégraphiques, de pâte de bois, etc.
- Mais il nous faudra tenir compte des retards et des difficultés de tout genre, et notre reconstitution ne doit pas attendre.
- Aussi faut-il songer également à demander à nos colonies toutes les ressources qu’elles pourront nous fournir. Si nous évaluons à 20 000000 m3 par an la quantité de bois nécessaire à la France pour la reconstitution des régions dévastées, ce serait également 10000 000 m3 que nos colonies devraient nous livrer, représentant plus d’un milliard de francs.
- Il est juste que ce milliard annuel profite à la mise en valeur de noire domaine colonial, au lieu de l’acheter à l’étranger, achats qui pèseraient lourdement sur le change. Le commerce des bois coloniaux était avant la guerre presque entièrement monopolisé par le port de Hambourg. Et cependant, sans parler de l’Algérie et de la Tunisie, notre domaine forestier colonial en Afrique occidentale, Guinée, Côte d’ivoire, à Madagascar, en Guyane et en Indochine, est assez riche pour nous fournir 1 milliard de mètres cubes réalisables. En lui demandant 10 000000 m3 par an, on peut sauvegarder la régénération
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- sylvestre de nos colonies et, pendant un siècle, escompter avoir des richesses précieuses sans appauvrir la métropole et en nous enrichissant nous-mêmes. Il va de soi que les bois de nos colonies devraient être exonérés de tout droit de douane à leur entrée en France.
- L’idée d’ailleurs a été envisagée au cours de la campagne. Les trois ministères de la Guerre, de l’Armement et des Colonies ont envoyé en Afrique la mission du commandant Berlin, un forestier, dont les rapports sur les bois de la Côte d’ivoire, du Gabon et la question forestière coloniale viennent d’être résumés au Congrès du Génie civil, puis au Congrès de l’Agriculture coloniale (1).
- Comme conclusion pratique, il serait donc nécessaire d’organiser immédiatement des services forestiers dans nos plus riches colonies forestières pour éviter tout gaspillage et tout abus d’exploitation, procéder à l’installation de scieries et de moyens de transport, faciliter et réglementer les concessions demandées par les particuliers. C’est là une œuvre facile à réaliser et immédiatement nécessaire, si l’on veut ménager les ressources forestières de la métropole.
- Organisation industrielle de l’exploitation forestière. — Mais, en même temps, il n’est peut-être pas défendu de songer à une organisation mieux comprise de nos exploitations forestières, soit domaniales, soit particulières. Et, pour ce faire, nous n’avons qu’à prendre modèle sur les exploitations forestières organisées par nos alliés et, pourquoi ne pas l’avouer, par nos ennemis mêmes.
- Cette organisation plus industrielle de l’exploitation forestière doit reposer sur trois principes :
- 1° Rapidité plus grande dans l’exploitation ;
- 2° Utilisation meilleure de nos produits;
- 3° Amélioration des transports.
- Pendant cette guerre, il a fallu beaucoup de bois de toutes catégories; ce bois était immédiatement nécessaire. Aussi a-t-il fallu faire vite. De là des installations très complètes installées sur divers points de notre territoire, par les Américains et les Canadiens. Si nos alliés sont peut-être des exploitants médiocres, gâchent le bois parce qu’ils en ont encore beaucoup chez eux et que leurs forêts se régénèrent bien, ils savent l’utiliser très rapidement.
- (1) Voir à ce sujet : « Les ressources de nos forêts coloniales » par M. H. Boutteville, et la « N-otice officielle sur les bois de la Côte d’ivoire et du Gabon » dans le Bulletin de la Société d’Encouragement pour L’Industrie nationale, de mars-avril 1919, pages 258 à 298. L’ensemble de ces deux notes a fait l’objet d’un tirage à part.
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- De là ces moyens de transport permettant de drainer un grand massif forestier en très peu de temps par l’organisation de tout un réseau de voies ferrées, voies normales et voies de 0,60 m, véritable système artériel de ce grand tout complexe qu’on appelle la forêt, qui vont chercher les bois jusqu’à la coupe même pour les apporter à la scierie centrale au cœur du massif (fig. 4). C’est
- Fig. 4. — Carte montrant l’exploitation rapide d’une forêt par la méthode américaine.
- là un avantage appréciable au point de vue cultural ; on fatigue ainsi moins les coupes par un passage moins fréquent des chevaux et des voitures (fig. 5). On évite l’accès en forêt des animaux, qui causent toujours des dégâts; les bois restent moins longtemps sur coupe et la coupe est remise plus vite en état. La grande quantité de voie de 0,60 m fabriquée et utilisée pendant la guerre, nous permettrait d’organiser des installations semblables dans nos grands massifs domaniaux.
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- Pour les pays très boisés mais morcelés, les propriétaires pourraient se syndiquer pour des installations analogues. DansVles forêts de l’Etat, le
- Fig. 5. — Chemin de fer forestier à voie étroite.
- système de voies étroites fixes, appartenant au Domaine, serait loué aux adjudicataires, pour une faible rétribution qui contribuerait à son amortisse-
- Fig. 6. — Transport par tracteur automobile avec remorque.
- ment, et les antennes mobiles, propriété des adjudicataires, viendraient s’y raccorder pour faciliter la vidange.
- Là où les pentes sont trop fortes pour l’établissement de voies ferrées, l’emploi de tracteurs automobiles simples ou à remorque (fig. 6), l’installation de funiculaires (fig. 7), peuvent intensifier la ^rapidité de la vidange et sup-
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- primer les procédés barbares des anciennes glissoires ou des lançoirs, dans lesquels le bois est abîmé sans profit et qui sont une cause fréquente de dommages pour les bois restant sur pied. Tous ces moyens, alors que notre cavalerie s’est trouvée fortement diminuée du fait de la guerre, doivent nous servir d’exemples bons à suivre.
- A la scierie elle-même, les dispositifs employés par nos alliés sont étudiés en vue de débits très rapides : le bois à peine entré dans la scierie est débité par des scies circulaires à fort diamètre (1,50 m), c’est-à-dire à grand rende-
- Fig. 7. — Funiculaire forestier : station de départ avec frein.
- ment, et en ressort immédiatement sous forme de planches et madriers emportés par des wagonnets, qui déversent aussitôt leur chargement dans les wagons de la voie normale (fig. 8, 9 et 10). Une scierie de 100 chevaux peut ainsi débiter, par jour/près de 300 m3.
- Peut-être, peut-on reprocher l’emploi de scies circulaires trop épaisses qui mangent beaucoup de bois. Mais il serait fstcile de remédier à cet inconvénient par l’emploi de scies à rubans, ne conservant la scie circulaire que pour les bois de faible valeur. Les scies circulaires, à dents amovibles, employées par les Américains ont un grand avantage, surtout quand il s’agira de débiter nos bois mitraillés ; on évitera ainsi une détérioration très grande du matériel employé.
- Quant à la sciure elle-même, elle est utilisée pour le chauffage des chaudières et c’est là une mesure qu’il faudra avoir grand soin de ne pas omettre
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- Plan d'ensemble d’une scierie américaine.
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- Fig. 9 et 10. — Élévation et plan d’une scierie américaine.
- A, équarrissage; — B, scies circulaires, — C, scie principale ; —, D, chaîne porte-sciure ; — E, machinerie ; — F, chariot porte-grumes.
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- ni oublier. Un four à dispositif spécial permet d’obtenir une chaleur constante et suffisante. La sciure arrive par une trémie (fig. 9 et 10) avec plan incliné
- Fig. 11. — Moto-scie forestière.
- Fig. 12. — Crochet canadien pour chargement.
- sur un four à grille qui, après réchauffement de la sciure à brûler, par le four lui-même, pour lui faire perdre son humidité, tombe lentement sur le foyer en incandescence.
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- Enfin, dans le débit du bois de chauffage, la moto-scie (fig. 11) doit pouvoir nous rendre de grands services pour conjurer le défaut de la main-d’œuvre bûcheronne, qui se faisait déjà sentir avant la guerre et que les hostilités n ont fait qu’accentuer. N’ayons garde d’oublier et de recommander le crochet canadien (fig. 12), épieu avec levier mobile coudé, qui permet la manutention et le chargement très rapide des bois ; l’emploi également de la chèvre à câble
- Fig. 13. — Grue forestière’.
- à traction hippomobile (fig. 13) qui permet de rassembler les bois sur plans inclinés pour faciliter leur chargement. .
- De tous ces moyens, conservons les meilleurs pour les employer et les améliorer; mais surtout gardons cette idée, transformer et débiter les bois sur place. Pourquoi, en effet, toujours chercher à centraliser nos débits dans les villes ou les villages et nous obliger ainsi à transporter un poids mort inutile, représenté par la sciure et l’écorce. C’est un travail et une dépense inutiles ; le bois doit sortir débité de la forêt.
- D’ailleurs, nos ennemis qui, en matière d’organisation, sont souvent des maîtres, avaient fort bien compris la chose dans l’organisation de leurs boulangeries de campagne. Ils les avaient installées en forêt, évitant ainsi le transport des bois, long et pénible, exigeant beaucoup d’attelages et leur fatigue inutile. A côté de leurs fours, les fourneaux à charbon de bois, permettaient d’utiliser les déchets. L’armée française, par contre, a continué à
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- installer ses boulangeries souvent loin de la forêt, s’obligeant à des transports coûteux, souvent difficiles.
- Enfin, dans l’organisation de nos exploitations forestières, songeons à l’utilisation des sous-produits, notamment des menus bois, de la sciure qui^ par la distillation, peuvent nous fournir des produits chimiques intéressants, que nous achetions en Allemagne et que nous pouvons produire en plus grande abondance chez nous. Tels sont, par exemple, l’acide acétique, l’alcool méthy-lique, les acétates, le phénol, les gaïacols, le chloroforme, les goudrons, la créosote.
- La France distillait avant la guerre 300000 stères de bois par an; mais l’Allemagne en distillait 400 000. Cette dilïérence ne doit plus subsister, car le domaine forestier de France peut fournir davantage comme produits dérivés du bois.
- Les enseignements de la guerre actuelle nous ont démontré les dangers que fait courir à une nation l’insuffisant développement de son industrie nationale, notamment de ses industries chimiques.
- Il faut que cet enseignement serve à l’avenir et que, dorénavant, notre pays soit résolu à mettre en œuvre toutes ses richesses et,notamment, ne laisse pas à une nation étrangère le bénéfice et l’exploitation des découvertes de nos savants.
- Les richesses sylvestres doivent être ménagées; l’utilisation judicieuse du bois s’impose. La carbonisation du bois devrait toujours se faire en vase clos, avec récupération des sous-produits.
- 100 parties de bois donnent en moyenne :
- 20 à 25 p. 100 de charbon de bois;
- 40 p. 100 d’acide pyroligneux à 5 p. 100;
- 8 à 10 p. 100 de goudron végétal;
- 20 à 25 p. 100 de produits gazeux.
- Le gaz de bois peut être utilisé pour le chauffage des cornues de distillation.
- Le méthylène, l’acétone, l’acide acétique, tels sont les produits importants que la carbonisation du bois en meule laisse perdre, alors que nous sommes tributaires de l’étranger, en particulier des Etats-Unis et de la Suède, pour ces produits, si nécessaires au développement de notre industrie de produits organiques. Avant la guerre, l’Allemagne venait jusque dans le Plateau Central raser à blanc nos forêts pour en distiller le bois à son profit. Espérons que cette industrie va s’organiser dorénavant d’une façon très française.
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- Conclusion. — L’intensification de toute exploitation produit en général une augmentation dans la production, et il est à craindre que les améliorations, apportées dans les transports et Je débit des bois de nos forêts, n’entraînent des exploitations intensives, qui iraient- à l’encontre de la conservation de nos richesses forestières, si précieuses dans l’intérêt général (régime des eaux, hygiène publique, etc.)...
- La hausse du cours des bois provoquée par la guerre (la valeur des bois a triplé du fait de la guerre) ne manquera pas également d’inciter les propriétaires forestiers à vendre leur bois, pour profiter d’un revenu plus rémunérateur et transformer leurs capitaux forestiers en valeurs industrielles ou mobilières. C’est là un grand danger pour la conservation des forêts particulières en France, où elles constituent les deux tiers du domaine forestier.
- L’État devra y songer et, par une surveillance attentive, des mesures appropriées, par exemple l’assimilation légale au défrichement des coupes abusives, c’est-à-dire celles dépassant la possibilité normale annuelle, des dégrèvements d’impôts pour toutes les coupes placées sous le régime forestier et la gestion de l’État, chercher à enrayer les déboisements particuliers.
- Toutefois, quand il s’agit d’apporter des restrictions quelconques au droit de propriété, l’État doit faire preuve de la plus grande prudence, et les exploitations intensives dans nos bois particuliers devront être compensées par la mise en valeur de nos terres incultes, impropres à la culture agricole.
- Les statistiques d’avant-guerre évaluaient à 6 226 190 ha (6 000 000 en nombre rond) les terrains improductifs. C’est un devoir pour la nation de ne pas les laisser plus longtemps sans produire et de les livrer à la culture forestière, soit par des encouragements en nature ou en argent donnés au propriétaire, soit par leur acquisition pour être reboisés par l’État lui-même.
- La guerre a montré l’utilité incontestable des bois. La forêt s’est révélée comme un instrument militaire de premier ordre. Les moyens sont nombreux de diminuer la dévastation forestière et d’augmenter notre production, sans ingérence dangereuse dans le domaine de la propriété privée. N’hésitons pas à y songer et à les mettre en œuvre. Faute d’y recourir, évitons, pour notre pays, les craintes dont M. Clemenceau se faisait l’écho pour la République Argentine, à l’issue d’un voyage dans ces régions, en 1911 : « Comme l'idée de replanter ne paraît pas encore avoir fait son chemin dans les cervelles argentines, on peut prévoir le moment où, pour ne pas avoir su envisager de si utiles
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- réformes, le Gouvernement de la République ne pourra plus offrir à ses administrés que le triste recours de vaines lamentations. Que cette heure soit lointaine, c’est possible. On n’en est pas moins inexcusable d’un tel parti pris d'imprévoyance. »
- Souhaitons que notre beau pays de France soit toujours à l’abri de pareil reproche.
- J. Demorlaine,
- Inspecteur des Eaux et Forêts, Processeur à l’Institut national agronomique.
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- COMMISSION POUR L’UNIFICATION OES FILETAGES
- RÉSUMÉ HISTORIQUE
- DES TRAVAUX ENTREPRIS PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- EN VUE D’ASSURER L’UNIFICATION DES SYSTÈMES DE FILETAGE EMPLOYÉS DANS LES CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES
- PAR APPLICATION A CBS FILETAGES DU SYSTÈME MÉTRIQUE ET DU SYSTÈME DÉCIMAL
- Avant-propos. — Un décret, en date du 10 juin 1918, a constitué, à Paris, une Commission permanente de Standardisation, dépendant du Ministère du Commerce et rattachée au Comité consultatif des Arts et Manufactures; cette commission a pour mission d’étudier toutes les mesures susceptibles d’assurer l’unification des types dans la construction mécanique et métallique (Journal officiel du 12 juin 1918.)
- Cette commission, dans laquelle figurent des représentants des différents services constructeurs de l’État et des sociétés industrielles intéressées et qui compte, sur plus de vingt membres, neuf membres du Conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale est appelée, sans doute, à prendre la suite des travaux de cette Société, pour compléter l'oeuvre d’unification des filetages à laquelle celle-ci s’était attachée depuis de longues années et dans laquelle elle avait obtenu déjà des résultats importants.
- Dans cette situation, nous avons pensé qu’il était utile de publier un résumé de la série des travaux exécutés, par les soins de notre Société, pour arriver à cette unification des filetages, employés dans les différentes constructions mécaniques, de façon à faire ressortir les résultats déjà obtenus et à signaler ceux qui peuvent être encore recherchés. Ce résumé a été demandé à M. le général Sebert, qui l’a présenté sous la forme de l’exposé historique qui suit.
- Cet historique, remontant aux premiers travaux consignés dans notre Bulletin en 1891, donne aussi quelques indications sur les dernières questions qui avaient été récemment soumises à notre Société et dont elle a cru devoir renvoyer l’étude à la Commission permanente de Standardisation, se réservant d’en reprendre l'examen si celle-ci ne se trouve pas en mesure d’y donner suite en temps utile.
- Cet historique est accompagné d’une Note bibliographique, faisant suite à celle qui a été publiée dans notre Bulletin de novembre-décembre 1915. Cette Note reproduit et complète les indications, données par cette dernière, sur les documents
- (I) MM. Sauvage et Delloye, seuls, y figurent comme représentants officiels de la Société d’Encouragement.
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- 178 COMMISSION DES FILETAGES. ------- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- concernant la question de l’unification des filetages parus dans ce Bulletin. On trouvera dans le Rapport de M. Gustave Richard, publié dans le Bulletin de mars 1893, des indications bibliographiques sur les documents antérieurs aux publications de la Société et concernant d’une façon générale les différents systèmes de filetages en usage.
- L’exposé historique, rédigé par M. le général Sebert, et la Note bibliographique sont suivis d’une Note (Annexe I), préparée, à la date du 27 novembre 1917, par M. F. Cellerier, Directeur du Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers, au sujet de Funification des filetages des vis à métaux, note dans laquelle se trouve résumée la situation de la question au point de vue international.
- M. le lieutenant-colonel Cellerier devait compléter ce travail par l’envoi d’une nouvelle Note résumant la question de la vérification des filetages en France, et nous nous proposions de l’insérer à la suite de la précédente; mais une nouvelle mission, dont il vient d’être chargé, comme Directeur des Services de la Production de la Reconstitution des Régions libérées, l’a empêché de terminer ce travail à temps pour nous permettre de le publier dans le présent numéro. Nous devons donc en ajourner la publication, et il nous reste à mentionner, pour compléter les informations qui peuvent intéresser nos lecteurs, au sujet de l’unification des vis et boulons employés en France, que MM. Schneider et Cie ont établi, pour leurs services, une réglementation du boulonnage et accessoires, formant un volume intitulé : Séries normales de boulonnage, 1919. Ce volume, dont il nous a été envoyé un exemplaire, est déposé à notre Bibliothèque.
- Il renferme de nombreux tableaux lithographiés et est divisé en six parties, savoir :
- A) Règles générales d’établissement;
- B) Série normale de boulons et boulons exceptionnels;
- C) Série normale de goujons et goujons exceptionnels ;
- D) Série normale de vis et vis exceptionnelles;
- E) Série normale des écrous et écrous exceptionnels;
- F) Rondelles et goupilles.
- Toutes les données de ces tableaux sont établies conformément aux règles proposées par la Commission des Filetages de la Société d’Encouragement, et il y a lieu de signaler que les longueurs admises pour les tiges des boulons sont les mêmes que celles adoptées par la Compagnie du Chemin de fer du Nord, et qui figurent dans le document, publié en 1917, que mentionne l’exposé historique de M. le général Sebert.
- Il y a là un fait qu’il est intéressant de signaler aux fabricants de boulons, car ce mode de détermination des longueurs de tiges des boulons a soulevé des critiques de la part de certains de ces fabricants ; mais, néanmoins, il paraît devoir être adopté généralement par les constructeurs.
- Au cours de l’impression de ces documents, nous avons enfin reçu communication d’un rapport adressé, par M. Zetter, à l’Union des Syndicats de l’Électricité,qui résume, en les commentant, les renseignements concernant les filetages mis en service, en France, à la suite des propositions faites par la Société d’Encouragement,
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- M.Zetter entre notamment dans des détails intéressants sur les dispositions adoptées dans les établissements de MM. Schneider etCieet sur les dimensions à admettre pour les clés destinées aux écrous et aux têtes de boulons hexagonaux.
- Nous avons cru utile de reproduire également cej rapport, que l’on trouvera sous l’Annexe II. •
- EXPOSE HISTORIQUE
- 1° VIS A MÉTAUX DE TOUS CALIBRES A FILETAGE TRIANGULAIRE.
- C’est en 1891 que la Société d’Encouragement mit à l’étude la question de l’unification des filetages des vis de toutes dimensions employées dans les constructions mécaniques.
- Sur l’initiative de M. Ed. Sauvage, Ingénieur des Mines, récemment nommé membre de son Conseil, une Commission spéciale avait été nommée pour mener à bonne fin cette étude et avait eu d’abord à examiner un important mémoire qu’il avait établi sur la question, en utilisant les informations que ses relations avec les compagnies de chemins de fer lui avaient permis de recueillir sur les conditions particulières des constructions du matériel de ces administrations et mettant aussi à profit les renseignements réunis, sur les différents systèmes de filetages, par M. le général Sebert, lorsqu’il était directeur du Laboratoire central de la Marine.
- Un rapport établi, à la date du 10 mars 1898, par M. Gustave Richard, au nom de cette Commission, en se bornant à la question des vis à métaux employées pour la fixation des constructions mécaniques, proposait l’adoption du système de filetage qu’elle avait trouvé le plus simple et qui était celui, déjà en usage, depuis 1850, au département de la Mariné.
- Ce système est basé sur l’emploi d’un triangle équilatéral, pour le profil des filets, avec application des règles du système métrique et du système décimal pour la fixation de toutes les dimensions à observer, pour assurer l'uniformité des fabrications et arriver même à obtenir l’interchangeabi lité des vis de même grosseur et de même dénomination.
- Approuvant les propositions de la Commission, dont M. le général Sebert avait été nommé président, la Société s’attacha à provoquer l’examen de ces propositions par toutes les personnes et les services ou établissements constructeurs faisant usage de vis métalliques. Des appels à ce sujet furent publiés dans son Bulletin, d’avril 1893 à avril 1894, et amenèrent la tenue, dans son
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- hôtel, à la date du 10 mai 1894, d une grande réunion des intéressés. A la suite de cette réunion, dans laquelle put être abordée la discussion générale de ses propositions, dans tous leurs détails, la Société, résumant les conclusions à tirer de ces discussions et des réponses écrites qu’elle avait reçues, formula, dans une note qui fut insérée dans son Bulletin de juin 1894, les règles qui lui paraissaient devoir être adoptées, pour un système uniforme de filetages .
- Cette même note indiquait également les règles qu’il y aurait lieu d'observer, d’après l’avis de la Société, pour l’adoption d’une jauge décimale métrique pour l’étirage des fils métalliques. Elle indiquait enfin, à titre de renseignement, mais sans en préconiser formellement l’emploi, les règles proposées par le professeur Thuhy pour l’établissement des vis, d’un diamètre inférieur à G mm, faisant partie de la série horlogère.
- Les règles formulées dans ces documents entrèrent peu à peu en pratique, en France, et le système de filetages, ainsi déterminé, pour les vis métalliques de diamètres supérieurs à 6 mm, s’y répandit sous la désignation abrégée de S. F. (Système français) ou aussi de S. F. (Système de la Société d’Encourage-ment)(î).
- Une note de M. Marre, membre du Conseil de la Société, publiée dans le Bulletin de janvier 1898, avait donné des indications sur les instruments vérificateurs des filetages du système français (S. F.).
- Vers cette époque, l’Union Suisse des Industriels mécaniciens, se préoccupant des résultats ainsi obtenus en France et, dans le but de faire adopter une unification internationale des filetages, pour les vis mécaniques, avait constitué un Comité d’action qui provoqua la tenue, à Zurich, d’un Congrès international spécial.
- Ce Congrès, qui tint sa session du 2 au 4 octobre 1898, réunit un grand nombre d’ingénieurs et de constructeurs, délégués par les sociétés techniques de différents pays et notamment d’Allemagne, de France, d’Italie et de Suisse.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale y était ré présentée et c’est le système de filetages qu’elle avait réussi déjà à faire adopter en France qui fut admis par le Congrès, avec quelques légères retouches qui n’en modifiaient pas les bases essentielles.
- (1) Une noie insérée dans le Bulletin de novembre-décembre 1915 de la Société, a donné la bibliographie de- tous les documents publiés, par la Société d’Encouragement, jusqu’à cette date, sur la question des filetages. Nous la reproduisons plus loin complétée des publications parues depuis cette date.
- (2) Voir dans le Bulletin de novembre-décembre 1915, la reproduction du rapport présenté par M. le général Sebert au Congrès des Associations internationales de Bruxelles en 1910, sur l’unificalion des systèmes de filetages.
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- Ce système reçut la dénomination de Système International (S. I.) et l’Union Suisse des Industriels mécaniciens, qui avait pris l’initiative de la réunion du Congrès, fut chargée de préparer, avec le concours de l’Association des Ingénieurs allemands et de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un document de caractère officiel, destiné à en indiquer les règles avec précision.
- Le Bulletin de la Société, de mars 1899, a donné le compte rendu des travaux du Congrès, en le faisant suivre d’une bibliographie détaillée relative aux filetages et spécialement aux filetages à base métrique.
- Les règles arrêtées définitivement par la Conférence internationale chargée de la rédaction, furent publiées à la date du 20 octobre 1900.
- La note qui les contient, imprimée par les soins de la Société d’Encouragement, porte le titre : Système international à base métrique et tableau de la série normale du diamètre, des pas et des ouvertures des clefs, établis par le Congrès international de Zurich, du 2 au 4 octobre 1898, ainsi que par la Conférence internationale, chargée de la rédaction, du 20 octobre 1900.
- Des circulaires,adressées par la Société aux constructeurs français,en recommandaient l’adoption et demandaient des renseignements sur les mesures prises à cet effet et sur les résultats obtenus.
- Un rapport établi à la date du 10 juillet 1903, par M. Sauvage, fit connaître ces résultats. Ils montraient que le système international se répandait rapidement, en se substituant facilement au système français, dans les établissements de construction qui avaient tout d’abord adopté ce dernier. L’adoption générale en avait été d’ailleurs hâtée par le fait que les compagnies de chemins de fer et la Marine de l’Etat imposaient à leurs fournisseurs l’emploi de vis du système ainsi unifié.
- Ce système ne s'appliquait toutefois, ainsi que nous l’avons dit, qu’aux vis à métaux, dites de la grosse mécanique, de diamètres supérieurs à 6 mm, c’est-à-dire aux vis de fixation, entrant dans les constructions mécaniques, qu’avaient seules envisagées, au début, les décisions du Ministère de la Marine qui avaient servi de point de départ à ces essais d’unification.
- Mais les progrès successifs, réalisés dans les constructions et le développement pris par de nombreuses industries et notamment par les industries électriques, conduisaient forcément à chercher à étendre l’unification des filetages aux nombreuses vis de plus petit diamètre et surtout à celles entrant dans la construction des machines de précision, pour lesquelles, de plus en plus, on avait besoin d’obtenir l’interchangeabilité des pièces.
- La Société d’Encouragement fut, par suite, amenée à continuer ses études pour étendre, si possible, l’unification des filetages aux vis de diamètres infé-
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- rieurs à 6 mm, vis qui sont dites de la petite mécanique et sont employées notamment dans l’industrie électrique et dénommées aussi, pour ce motif, vis de la série électrique.
- Le système de vis, à pas métriques, qu’avait proposé le professeur Thury, pour les vis dites de la série horlogère, ne paraissait pas susceptible d’une application intégrale à ces vis de la petite mécanique et la Société avait été saisie, par une note signée du Président du Syndicat professionnel des Industries électriques, M. E. SAuriAuxet de son rapporteur M. Zetter,d’une proposition d’unification de ces dernières vis de diamètre inférieur à 6 mm.
- L’étude de cette question fut entreprise en 1904 et les résultats en furent consignés, successivement, dans des notes publiées dans les Bulletins de la Société, au cours des mois de septembre 1904, juin et octobre 1905 et portant comme titre, pour ces deux dernières : Unification des filetages. Extension du système international aux vis de diamètre inférieur à 6 millimètres.
- Des réunions de délégués des diverses administrations et constructeurs inté-cessés, provoquées par des circulaires de la Société, avaient ratifié les propositions de la Commission des Filetages, à laquelle avaient été adjoints les représentants du Syndicat professionnel des Industries électriques et le rapport, en date du 25 juin 1905, établi par cette Commission, fut approuvé par la Société et publié dans son Bulletin du mois suivant.
- Ce rapport fixait les dimensions de 12 vis à adopter, entre les diamètres de 1 mm et 5,5 mm, et déterminait, en même temps, les formes et dimensions des têtes des différents types un usage, ainsi que quelques autres dimensions accessoires.
- La Société d’Encou rage ment eut la satisfaction devoir ses propositions nouvelles successivement adoptées par un grand nombre de constructeurs d’instruments de précision.
- Le Ministère de la Marine les avait immédiatement acceptées et une décision du Ministre de la Guerre, en date du 27 novembre 1908, prise sur l’initiative du capitaine Cellerier, alors directeur de l’Atelier de Précision de l’Artillerie, prescrivit l’application du système international des filetages aux fournitures destinées aux matériels construits à partir de cette date. Peu de temps après, une notification, du 27 février 1909, rendait le système obligatoire pour les établissements de l’artillerie eux-mêmes, dans tous les nouveaux types de ma-tériel(1).
- (1) Ces décisions ont été complétées, par une instruction, en date du 6 mars 1913, du Service de l’Artillerie, à l’usage des établissements constructeurs, pour la réception des vis et écrous au filetage du système international et par une circulaire, en date du 23 mars 1916, du
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- Ces décisions avaient grandement facilité l’extension du système en France, pour les vis mentionnées ci-dessus, mais de nouvelles démarchés furent faites, auprès de la Société d’Encouragement, pour étendre plus loin encore l’application des règles qu’elle avait proposées et pour les adapter même aux très petites vis, employées dans la construction des horloges et des montres et qui constituent la série horlogère.
- Nous avons dit déjà que ces vis avaient fait l’objet d’essais d’unification et le système de filetages, à dimensions métriques, proposé pour elles, dès l’année 1898, par le professeur Thury, avait reçu quelques applications, mais ce système ne paraissait pas s’être suffisamment généralisé et il y avait lieu de chercher à rattacher aussi les vis de la série horlogère aux règles adoptées pour les vis des autres séries, dont quelques-unes avaient déjà le même diamètre.
- Un projet d’unification de ce genre avait été préparé par un constructeur d’appareils d’horlogerie, M. Maurice Picard, conseiller du Commerce extérieur. Soumis à l’étude, par les soins de la Commission des Filetages, ce projet, légèrement modifié, fit l’objet de propositions résumées dans un rapport, en date du mois d’août 1909, qui fut publié dans le Bulletin d’août-septembre-octobre 1909.
- L’adoption de ce projet permit d’établir, pour la série complète des vis de tous calibres, employées dans la construction des machines et des instruments de toutes espèces, c’est-à-dire des vis de fixation à métaux, depuis le plus petit diamètre employé, soit le diamètre de 0,40 mm, jusqu’au plus fort boulon que l’on puisse avoir ordinairement à employer, soit par exemple le diamètre de 100 mm qui termine les tableaux publiés, sans d’ailleurs que ce dernier diamètre puisse être considéré comme une limite, attendu que les règles posées permettent de fixer les dimensions des filetages à adopter, pour les vis et boulons de diamètres plus forts, dont on pourrait avoir besoin.
- Mais, pour arriver à n’avoir ainsi qu’une seule série de vis, dont les dimensions sont toutes déterminées d’une façon uniforme, on a été conduit à substituer, à trois des petites vis précédemment admises dans la série de la petite mécanique, c’est-à-dire aux vis des diamètres respectifs de 1 mm, 1,5 mm et 2 mm, des vis présentant, avec celles-ci, de très petites différences de pas et à admettre la suppression de deux autres vis, également encore peu employées, celles de 1,25 mm et 1,76 mm de diamètre.
- Pour n’apporter aucune entrave dans le service des établissements qui pourraient avoir déjà mis en service des appareils ou des instruments, qui seraient munis de vis de ces modèles, on admet d’ailleurs que ces vis pourraient rèster temporairement en usage, pour l’entretien des appareils existants.
- sous-secrétaire d’État de l’Artillerie et des Munitions, au Ministère de la Guerre-, pour l’application des mêmes règles aux commandes faites à l’industrie.
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- Ï1 nous reste à parler des mesures prises,tant pour faciliter la diffusion en France du système de filetages international et assurer l’uniformité des fabrications que pour en obtenir aussi l’application à l’étranger.
- Nous avons déjà mentionné les dispositions adoptées, sur l’initiative de M. Marre, pour l’établissement d’instruments vérificateurs des filetages du système français (Bulletin de janvier 1898). Des types de ces instruments et des vis et écrous types, avaient été déposés au Conservatoire national des Arts et Métiers. Il ne s’agissait alors que des vis et écrous de diamètre supérieur à 6 mm, mais les mesures prises avaient pour résultat de permettre d’assurer l’interchangeabilité des pièces de ces calibres.
- Des mesures semblables furent prises ensuite encore, par la maison Barri-quand, ainsi que par la maison Carpentier et par l’Appareillage électrique Grivolas, dontM. Zetter est directeur, pour obtenir les mêmes résultats pour les vis de la petite mécanique et même pour celles de la série horlogère, c’est-à-dire pour assurer la précision dans la fabrication des vis de tous modèles, appelées à être interchangeables et pour permettre la vérification de leurs dimensions.
- Pour appeler l’attention des constructeurs sur cette importante question, la Société d’Encouragement ne cessait pas d’ouvrir les pages de son Bulletin aux communications de sa Commission des Filetages. Des rapports, insérés dans les Bulletins d’avril 1910 et mars 1911, avaient résumé les études entreprises, en en rappelant les résultats et engageant les constructeurs français à faire l’application des règles adoptées.
- Se préoccupant d’obtenir l’application des mêmes règles à l’étranger et d’assurer l’extension du système international aux vis de tous calibres et dans les pays où dominent encore des systèmes différents, ne faisant pas usage de mesures métriques ou n’employant pas la numération décimale, la Société d’Encouragement avait dirigé ses travaux avec la pensée qu’elle pourrait en soumettre, un jour, les résultats à une Conférence ou à un Congrès international qui pourrait être tenu de préférence à Paris. Pour préparer la tenue de ce congrès spécial, des rapports furent présentés, en son nom, aux Congrès des Associations internationales, dits Congrès mondiaux, tenus à Bruxelles et à Gand en 1910 et 1912, à l’occasion des Expositions universelles tenues dans ces deux villes.
- Ces congrès, prenant en considération les propositions qui leur étaient faites, avaient décidé la création d’une Commission spéciale, dont les travaux devaient certainement amener la réunion finale d'un Congrès international,qui aurait eu, sans doute, pour résultat de faire adopter, non seulement pour les filetages, mais aussi pour d’autres éléments entrant dans les constructions
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- mécaniques, des règles d’unification, basées sur l’application du système métrique et du système décimal.
- Les événements de la guerre mondiale ont seuls.empêché le fonctionnement de cette Commission, mais ils ont montré, d’autre part, le grand intérêt qui s’attache au développement des méthodes générales d’unification et ils ont eu, déjà, pour conséquence, avant la fin même des hostilités, la création, en différents pays, de Commissions officielles qui, remplaçant ou renforçant l’action des institutions dues à l’initiative privée, auront, sans doute, pour effet d’accélérer l’adoption des règles d’unification et d’uniformisation, dont le besoin se fait sentir, dans de nombreuses applications industrielles.
- En France, une commission, dite Commission permanente de Standardisation. a été créée, par décret, en date du 10 juin 1918, par les soins du Ministère du Commerce et rattachée au Comité consultatif des Arts et Manufactures. La Société d’Encouragement y est représentée par deux de ses membres et cette Commission pourra donner un caractère officiel aux propositions qui lui seront transmises par les services intéressés ou par les associations qu’elle consultera.
- Notre Société ne peut qu’attendre la suite qui sera donnée à ses propositions, en vue d’en obtenir l’extension au point de vue international et elle a, dans ce but, renvoyé, à cette Commission, les propositions qui lui avaient été adressées, au mois de novembre 1918, par l’association constituée, en Angleterre, sous le titre : « British Engineering Standards Association » et qui, à la demande d’une Conférence Anglo-Américaine, met à l’étude la question de l’adoption simultanée des systèmes de filetages Whitworth (anglais) et Sellers (américain) conjointement avec le Système International que nous préconisons. Cette adoption irait contre le but que nous poursuivons, puisque les systèmes dont il s’agit ne font pas emploi de mesures métriques et n’utilisent même pas la numération décimale, et il faut espérer qu’elle ne sera pas acceptée sans réserves.
- Eutre temps, une nouvelle et importante adhésion fut apportée, en France, à l’extension du Système International aux vis de petit calibre, par la décision qui fut prise, en 1918, par le Service des Postes et Télégraphes, sur l’initiative de M. l’Inspecteur général Dennery, Directeur du Service central des Recherches techniques de cette administration, d’adopter, à l’avenir, pour la construction des appareils télégraphiques, le système complet d’unification des vis, proposé par la Société d’Encouragement, système dont il n’avait été fait, jusque là, qu’une application incomplète, dans les services de cette administration.
- Cette décision coïncida d ailleurs avec une importante mesure, qui était la
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- sanction des efforts faits par les principaux constructeurs d’instruments de précision de Paris, sous l’inspiration de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, celle de la création, auprès du Conservatoire national des Arts et Métiers, d’un service officiel de contrôle, devant permettre d’assurer, dans la fabrication industrielle des vis de chaque type, la conformité des pièces fabriquées avec les dimensions qui sont respectivement imposées pour ces différents types.
- Les dispositions nécessaires, pour réaliser cette création, furent prises dans une réunion de la Commission technique du Laboratoire d’Essais^du Conservatoire national des Arts et Métiers, tenue à la date du 12 septembre 1918, sous la présidence de M. Paul Painlevé, ministre de l’Instruction publique, réunion à laquelle prirent part des représentants des principales administrations intéressées. Ce Service de Contrôle, qui sera rattaché au Laboratoire d’essais du Conservatoire, n’aura pas, en principe, à vérifier les dimensions mêmes des vis fabriquées par les divers constructeurs, mais seulement celles des instruments, vis et écrous étalons, destinés à la fabrication ou à la vérification, avant emploi, des outils servant à la fabrication des différents types de vis des systèmes unifiés.
- C’est la méthode qui est déjà appliquée, depuis longtemps, pour les vis de la grosse mécanique, dont les étalons types, construits par la maison Barri-quand et Marre, ont été déposés au Conservatoire des Arts et Métiers, dès l’année 1898. Il ne reste plus qu’à assurer l’extension de cette méthode aux vis de plus petit calibre, mais cela est d’autant plus utile que ces petites vis doivent être faites généralement avec précision et sont difficiles à retoucher.
- Pour compléter les renseignements qu’elle s’est efforcée de porter à la connaissance des constructeurs, sur les règles destinées à assurer Funiformité de la fabrication des vis métalliques et pour arriver à vulgariser, dans l’industrie, la connaissance du Système de filetages international, la Société d’Encouragement a fait encore imprimer un tableau de grand format (45 x 56 cm) qui a été encarté dans son Bulletin de septembre-octobre 1916 et qui est destiné à être affiché dans les bureaux ou ateliers des établissements de construction.
- Ce tableau résume les dimensions des éléments des filetages des vis à métaux, de tous calibres, établies d’après les règles à adopter pour l’unification des filetages, en vue d’obtenir l’interchangeabilité de ces vis.
- Des exemplaires de ce tableau peuvent être obtenus, à des prix modérés, en s’adressant au Secrétariat de la Société d’Encouragement, 44, rue de Bennes.
- Il s’applique à la série complète des vis, comprenant comme diamètres : la
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- série horlogère, de 0,4 à 2,4 mm ; la série de la petite mécanique, de 2,5 à 5,5 mm, et celle de la grosse mécanique, depuis 6 mm, jusqu’à 100 mm, et au-dessus.
- Pour achever de faire connaître les derniers résultats obtenus, comme application, à des services spéciaux,des règles adoptées en France, pour l’uni-fication des filetages, il nous reste, enfin, à mentionner celle qui a été faite du Système International, avec son extension aux petites vis, par la Section de l’Aviation navale britannique en service en France, au cours de l’année 1915. Il a été rendu compte de ce fait dans le Bulletin de novembre-décembre 1915, en même temps que l’on procédait à la réimpression, avec tirage à part, des documents les plus importants, déjà plubliésdans le Bulletin, sur la question de l’unification des filetages, en y joignant la liste bibliographique de toutes ces publications.
- A la suite de la décision prise par le Service de l’Aviation navale britannique, le Comité anglais des Étalons (Standards Engineering Committee) a publié, en mentionnant ce fait, le tableau dés dimensions des vis adoptées dans notre pays et il y a là une consécration, au moins en ce qui concerne l’Angleterre et pour certains usages, des règles que nous avons adoptées.
- 11 n’est pas inutile de rappeler, à cette occasion, qu’au cours du Congrès de l’Automobile tenu à Paris en 1903,il a été aussi pris des décisions, pour l’adoption de notre système de filetage, à base métrique, pour les vis et boulons entrant dans la construction des voitures automobiles, comme cela avait été fait déjà antérieurement pour les vélocipèdes, et cette introduction du Système International, dans des industries de ce genre, doit contribuer aussi grandement à la diffusion de ce système(1).
- Nous avons encore à mentionner, comme publications faites par notre Société, la reproduction, dans le Bulletin de juillet-août 1916, de l’instruction du Ministre de la Guerre (Service de l’Artillerie), en date du 6 mars 1913, à l’usage des établissements constructeurs pour la réception des vis et écrous au filetage du Système International et de la circulaire, en date du 22 mars 1916, du Sous-secrétaire d’État qui la rappelle.
- Enfin nous devons signaler aussi l’insertion, dans le Bulletin de mars-avril 1917, d’une instruction du Service du Matériel de la Traction de la Compagnie du Chemin de fer du Nord, indiquant les règles d’établissement, adoptées par
- (1) Voir le rapport présenté au 2eCongrès de l’Automobile en 1903 parM. F. M.Richard, président de la Chambre syndicale de l’Automobile, sur l’unification des dimensions des pièces d’automobiles.
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- ce service, pour les boulons, goujons et vis employés clans les constructions du matériel de transport.
- 2° Fil ETAGES SPÉCIAUX DIVERS
- En dehors des vis métalliques de fixation, qui entrent dans la construction des machines de tous genres et qui font l’objet des travaux relatés dans la première partie de cette note, il existe encore, dans les industries mécaniques, un certain nombre de pièces, de types différents, qui sont pourvues de filetages et pour lesquelles il est utile d’obtenir l’uniformité des fabrications, afin de faciliter les remplacements et les rechanges et d’assurer l’adaptation de certaines parties les unes sur les autres.
- Telles sont notamment les pièces ou parties filetées servant à l’assemblage des tubes et des tuyaux de conduite, ainsi que les pièces filetées des instruments d’optique.
- La Société d’Encouragement a été amenée à s’occuper des études entreprises pour assurer l’unification des filetages de ces deux catégories d’objets.
- Tubes et tuyaux de conduite. — En ce qui concerne les filetages sur tubes, une première note, publiée dans le Bulletin de février 1900, avait appelé l’attention sur la tâche entreprise, pour en obtenir l’unification, par une Commission spéciale de I’Institut royal des Ingénieurs néerlandais. La Société fut ensuite amenée à entrer en relations, pour l’étude de cette même question, avec le Syndicat technique de l’Industrie du Gaz dé France, qui, lui-même, était déjà en relations, à ce sujet, avec des institutions similaires étrangères.
- Les industries qui font usage de tuyaux de conduite, sur lesquels se trouvent des filetages, servant à effectuer des raccords, sont, en effet, les industries du gaz et de l’eau. Ces industries se sont principalement développées en Angleterre et en Amérique et elles ont, depuis longtemps, introduit, en France, des appareils portant des filetages qui sont usités dans ces pays et qui comportent déjà certains éléments d’unification, dont il peut être avantageux de tenir compte.
- Le Syndicat technique de l’Iudustrie du Gaz en France avait, depuis l'année 1908, mis à l’étude l’uniformisation des règles que l’on trouvait déjà ainsi introduites en France 3t entrées, en partie, dans la pratique, en se préoccupant de les appuyer, autant que possible, sur des bases métriques et décimales.
- Dans de nouvelles études qui furent faites, en 1914, par une Commission internationale, dans laquelle la Société d’Encouragement était représentée par M. Marre, on fut amené, pour tenir compte de l’importance du matériel déjà existant et, en présence de l'impossibilité d’y apporter une transformation plus
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- radicale du profil des filets, à proposer un système d’unification conservant, au lieu du profil en triangle équilatéral des filets, que l’on eût trouvé préférable le profil en triangle isocèle, à angles arrondis, déjà entré en usage, mais en améliorant le mode d’établissement des filetages, par l’introduction de règles de construction basées sur l’emploi de divisions décimales et de dimensions conformes au système métrique.
- L’adoption du rapport, exposant les bases de cette solution, devait être soumise à un Congrès de l’Industrie du Gaz, dont la réunion devait avoir lieu le 18 novembre 4914 à Paris. La guerre en a empêché la tenue, mais un rapport, soumis par M. Marre à la Commission des Filetages de la Société d’Encourage-ment et approuvé par cette dernière, permet de recommander, au moins à titre provisoire, l’adoption du système proposé, car il donnerait une solution satisfaisante de la question de l’unification des filetages sur les tubes et tuyaux de conduite.
- Ce rapport, qui porte la date du 7 mars 1916, a été publié dans le Bulletin de mai-juin 1916. Il donne les dimensions à adopter pour le filetage des tubes, variant de diamètre, depuis 9,8 mm jusqu’à 525,2 mm, ces diamètres étant ceux, dits de jauge, qui se déterminent en choisissant, sur le tableau donné par le rapport, le diamètre immédiatement inférieur au diamètre extérieur du tube à fileter, sans avoir à se préoccuper, pour ce choix, du diamètre intérieur qui n’intervient, s’il y a lieu, quand le tube est trop mince, que pour faire choisir une conicité moindre pour le filetage, soit 1/32 au lieu de 1/16, si l’on admet un filetage conique, ce qui est d’ailleurs utile pour assurer l’étanchéité des conduites, formées de tubes assemblés à l’aide de raccords filetés.
- Cinq pas seulement sont admis pour tous ces tubes. Ces pas, afin de tenir compte de la façon dont les filetages se préparent sur le tour, s’obtiennent en calculant le nombre de filets que l’on obtient en divisant le nombre 127, respectivement, par 140, 90, 70, 55 et 40, d’après les indications données sur le tableau, en passant des plus petits tubes aux plus gros. L’exécution de ces filetages suppose seulement que l’on munira les séries de roues à combinaisons, des tours employés pour le filetage, d’une roue de 127 dents.
- Les profils des filets, en forme de triangle isocèle, à angle de 55°, tronqué par arrondis égaux, au sommet et au fond, ne laissant subsister que 0,64 de la hauteur primitive du triangle, sont faciles à obtenir.
- Il est à espérer que l'adoption de ces règles simples de filetage fera rapidement disparaître les différences que l’on rencontre encore fréquemment dans Ips pièces ou raccords pour tuyaux filetés que l’on trouve dans le commerce.
- Filetages des instruments d’optique. — La question du filetage des instruments d’optique présente des difficultés particulières, non seulement parce que
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- les .tubes, sur lesquels sont habituellement pratiqués ces filetages, sont parfois très minces et, par suite, quoique de forts diamètres, ne peuvent admettre que des filetages très fins, mais aussi parce que, dans certains appareils, qui doivent recevoir successivement des objectifs différents, on demande que les diamètres des montures de ces objectifs soient mesurés par des nombres simples et uniformément espacés, de façon à n’exiger qu’un nombre restreint de modèles.
- Un rapport qui a été présenté, par M. Marre, à la Commission des Filetages de la Société d’Encouragement, et approuvé par elle à la date du 7 mars 1916, satisfait à ces conditions. Il a été établi en tenant compte des observations recueillies dans une consultation des principaux fabricants d’instruments d’optique de Paris.
- Les tubes d’optique étant, le plus souvent, peu épais, exigent, d’une façon générale, l’emploi de petits pas devis. Ils sont, en outre, souvent filetés intérieurement et extérieurement, dans une même portion de section droite, ce qui entraîne l’emploi de filets encore plus petits et moins profonds, pour laisser subsister une certaine épaisseur de métal entre les deux filetages.
- Dans ces conditions, il a paru nécessaire de prévoir l’emploi facultatif de deux pas par diamètre, savoir un pas fort qui serait employé chaque fois que l’épaisseur du métal du tube le permettrait et un pas fin qui serait employé quand on ne pourrait pas faire autrement.
- Afin d’obtenir, pour les diamètres des tubes employés, l’uniformité qui est nécessaire pour assurer la possibilité de substitution de pièces filetées les unes aux autres, or a dû aussi adopter des règles pour le choix de ces diamètres, en admettant que l’on ne devra faire usage, pour la construction des instruments d’optique ou du moins des montures de ces instruments, que de tubes dont les diamètres, mesurés extérieurement, seront représentés par des nombres exacts de millimètres ou de dixièmes de millimètres et seront choisis dans une série croissant par progression régulière.
- Vu les difficultés spéciales, qui peuvent se rencontrer dans la construction d’appareils qui présentent de grandes variétés et comportent l’emploi de métaux différents, on admet toutefois que les règles ainsi fixées ne constituent-que des conseils donnés aux constructeurs et que ceux-ci ont tout intérêt à suivre, dans les limites où ils le trouveront possible.
- On a admis, pour le profil des filets, la section dérivée du triangle équilatéral, avec deux troncatures égales au 1/8 de la profondeur théorique sur angles vifs, mais en prévoyant que, dans certains cas, la troncature au sommet pourra être poussée, pour certains métaux, comme l’aluminium, jusqu’au tiers de la hauteur des filets.
- On a adopté une première série de deux pas de 0,5 et 0,7 mm pour les dia-
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- HISTORIQUE DE l’üNIFICATION DES FILETAGES EN EUROPE. 191
- mètres de tubes, variant par demi-millimètres, de 10 à 20 mm et pour ceux variant par millimètres, de 31 à 80 mm. Une seconde série de deux pas de 0,7 et 1 mm est adoptée pour les diamètres variant, par millimètres, de 32 à 120 mm. On a admis aussi que, pour tous les diamètres ci-dessus énoncés et, suivant les nécessités techniques, les pas de 0,4 et 1 mm pourront être employés -exceptionnellement, savoir le pas de 0,4 mm comme pas fin et le pas de 1 mm comme pas fort.
- On a recommandé enfin, pour les cas où l’on est conduit à employer des tubes de diamètres supérieurs à 120 mm, de faire, croître ces diamètres par o mm et, si l’on veut leur appliquer des filetages de pas différents, de choisir ces pas d’après la progression admise pour ceux mentionnés ci-dessus, progression qui établit, entre les pas successifs adoptés, des différences croissant par dixièmes de millimètre, suivant un certain échelonnement régulier qu’indique le rapport.
- Général Sebert,
- ,. ' Président de la Commission pour
- l’Unification des Filetages.
- NOTE
- Nous avons encarté, dans le Bulletin de septembre-octobre 1916, un tableau de grand format (45 X 56 cm) destiné à être affiché dans les bureaux ou ateliers, qui donne les dimensions des éléments des filetages des vis à métaux de tous calibres établis d’après les règles à adopter pour l’unification des filetages en vue de faciliter les rechanges et d’obtenir même l’interchangeabilité de ces vis.
- Des exemplaires de ce tableau peuvent être obtenus en s’adressant au Secré • tariat de la Société d’Eneouragement, 44, rue de Rennes, Paris (6e). Ils peuvent être livrés au prix de 2,50 f les dix, sur papier fort, semblable au spécimen qui avait été encarté dans le Bulletin de septembre-octobre 1916.
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- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
- DOCUMENTS CONCERNANT LES FILETAGES
- PUBLIÉS PAR
- LA. SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- 1. Sauvage (Ed.).
- 1891. — Communication de M. Ed. Sauvage sur l’unification des filetages.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, décembre 1891, p. 692-693.
- 2. Richard (Gustave).
- 1893. — Rapport fait au nom de la Commission des Filetages, par M. Gustave Richard, sur l’unification des filetages (Approuvé le 10 mars 1893).
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, avril 1893, p. 173-178.
- 3. Sauvage (Ed.).
- 1893. — Mémoire sur l’unification des filetages, par M. Ed. Sauvage.
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, avril 1893, p. 179-242,53 fig., Bibliographie.
- 4. Marre.
- 1893. — Exécution pratique des vis à filets triangulaires, par M. Marre, ingénieur de la Maison Barriquand et Marre.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, avril 1893, p. 243-251, 3 fig.
- 5. Richard (Gustave).
- 1893. — Note sur l’unification des jauges pour fils métalliques, par M. Gustave Richard.
- Paris, Bidletin de la Société d'Encouragement, avril 1893, p. 251-262, 14 tableaux.
- (Nos 2, 3, 4 et 5 : un tiré à part, 96 p., 58 fig., 52 tableaux, Bibliographie, Table des matières. )
- 6. Tisserand (E.).
- 1893. — Circulaire de la Société d’Encouragement, en date du 1er juillet 1893, signée par M. Tisserand, président, accompagnant l’envoi des projets d’unification des filetages et des jauges de tréfilerie présentés par la Commission des Filetages. 1 feuille in-4.
- 7. Sauvage (Ed.).
- 1893. — Notices industrielles.— La question des filetages en Allemagne (Extrait de la Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1893, p. 473-515).
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, septembre 1893, p. 704-706.
- 8. Sauvage (Ed.).
- 1893. — Extrait des Procès-verbaux. — M. Sauvage rend compte de l’état de la question des filetages et des réponses envoyées à la Société.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1893, p. 762-763.
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- BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L UNIFICATION DES FILETAGES.
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- 9. Sauvage (Ed.).
- 1893. — Rectification relative à l’article sur les filetages en Allemagne paru dans le Bulletin de septembre 1893.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, novembre 1893, p. 806.
- 10. Commission des Filetages.
- 1894. — Projets d’unification des filetages et des jauges de tréfilerie. Rapport de la Commission des Filetages sur les résullats des propositions de la Société.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, avril|1894, p. 143-158, 2 fi g., tableaux.
- (Tiré(a part, 16 p., 2 fig., tableaux.)
- 11. Commission des Filetages.
- 1894. — Unification des filetages et des jauges de tréfilerie. Règles pour la construction des vis mécaniques et jauges pour fils métalliques établies par la Société d’Encouragement à la suite de l’enquête faite en 1893-1894.
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, juin 1894, p. 310-321-323, 2 fig., 5 tableaux.
- (Tiré à part, 16 p.)
- 12. G. Besnard (le Ministre de la Marine).
- 1895. — Lettre et circulaire de M, le ministre de la Marine prescrivant l’adoption du système de filetages proposé par la Société d’Encouragement.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, mars 1895, p. 314-319.
- 13. Marre.
- 1898. — Sur les instruments vérificateurs des filetages, système français (S. F.), par M. Marre.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement,janvier 1898, p.77-82,3 fig. (Tiré à part,9 p.)
- 14. Sauvage (Ed.).
- 1898. — Congrès international pour l’Unification des Filetages à Zurich, du 2 au 4 octobre 1898, par M. Sauvage.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1898, p. 1269-1273. (Tiré à part, 7 p.)
- 15. Sauvage (Ed.).
- 1899. — Unification des filetages. — Congrès international de Zurich. Système international de filetage à base métrique pour vis mécaniques, par M. Ed. Sauvage (avec annexe : documents relatifs à l’établissement du système international de filetage).
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, mars 1899, p. 421-467, 9 fig., 6 tableaux.
- Bibliographie. (Tiré à part, 39 p.)
- 16. Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- 1900. — Unification des filetages sur tubes. Questionnaires 1 et 2 de Y Institut royal néerlandais (Section des machines et des construcfions navales).
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, février 1900, p. 278-283'. (Tiré à part, 11 p.)
- n. Congrès de Zurich.
- 1901. — Système international de filetages à base métrique et tableau de la série normale du diamètre, des pas et des ouvertures des clefs établis par le Congrès
- Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919. 13
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- COMMISSION DES FILETAGES.
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- international de Zurich du 2 au 4 octobre 1898, ainsi que par la Conférence internationale chargée de la rédaction du 20 octobre 1900.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, janvier 1901, p. 129-144, 1 fig., 1 tabl.
- (Tiré à part, 7 p.)
- 18. Sauvage (Ed.).
- 1902. — Le système international de filetage à base métrique. Communication présentée à la Conférence générale des Poids et Mesures, réunie à Sèvres, en octobre 1901.
- Paris, Bulletin de la Société.d’Encouragement, janvier 1902, p. 130-131.
- 49. Linder.
- 1902. —Circulaire de la Société d’Encouragement, en date du 31 mai 1902, signée par M. Linder, président, adressée aux grandes administrations et aux principaux constructeurs de France, avec un questionnaire destiné à constater l’extension donné au système international. 1 feuille in-4.
- 20. Payet (J.).
- 1902. — Note sur l’unification des pas de vis pour les appareils d’utilisation à gaz. — Communication présentée au Comité de la Société technique de l’Industrie du Gaz en France, au Congrès de 1902, par M. J. Payet, secrétaire.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, juillet 1902, p. 112.
- 21. Richard (Gustave).
- 1902. — Notes de Mécanique. — Système international de filetage en Suisse. Paris, Bulletm de la Société d’Encouragement, juillet 1902, p. 123-124, 1 planche.
- 22. Sauvage (Ed.).
- 1903. — Note sur l’unification des calibres, présentée au nom du Comité des Arts mécaniques.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, janvier 1903, p. 26-28.
- 23. Linder.
- 1903. — Circulaire de la Société d’Encouragement, en date du 1er mars 1903, signée par M. Linder, président, demandant de fixer d’une façon uniforme la température à laquelle doivent être placés les calibres jauges, et appareils de mesure de précision, pour donner le plus exactement possible les dimensions qu’ils indiquent. 3 p. in-4.
- 24. Sauvage (Ed.).
- 1903. —Rapport présenté au nom du Comité des Arts mécaniques sur le système international de filetage pour vis mécaniques et ses applications en France, par M. Ed. Sauvage.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, juillet 1903, p. 32-39, 1 fig., 1 tabl.
- (Tiré à part, 12 p., 1 fig., 1 tableau.)
- 25. Berrier-Fontaine.
- 1904. —Notes de Mécanique. — De l’adoption d’une série régulière de filetages pour lés vis horlogères, par M. Berrier-Fontaine, directeur du Génie maritime (Extrait du Mémorial du Génie maritime, décembre 1903).
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, février 1904, p. 154-138, tabl.
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- BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L UNIFICATION DES FILETAGES.
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- 26. Sartiatjx (E.).
- 4 904. — Unification des filetages. — Note sur un projet tendant à 1’unification des vis d’un diamètre inférieur à 6 mm, par M. E. Sartiaux, président du Syndicat professionnel des Industries électriques.
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, septembre 1904, p. 649-651.
- 27. Zetter (G.).
- 1904. — Rapport de la 2e commission du Syndicat professionnel des Industries électriques. — Étude et propositions sur l’unification des vis en-dessous de 6 mm, par M. Zetter, rapporteur.
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement, septembre 1904, p. 651-654.
- (Nos 24, 25, 1 tiré à part, 21 p., 3 tabl., 3 graph.)
- 28. Le Chatelier (H.).
- 1904. — Circulaire de la Société d’Encouragement, en date du 20 décembre 1904,
- signée par M. Le Chatelier, président, accompagnant les notes et rapports de MM. Sartiaux et Zetter sur l’unification des vis d’un diamètre inférieur à 6 mm. 3 p. in-8.
- 29. Sebert (le général).
- 1905. — Unification des filetages. — Rapport, en date du 15 juin 1905, de la Commission nommée pour l’étude du projet d’extension du système international de filetage aux vis de petit diamètre. (Tiré à part, 10 p. in-4, 3 fig.,tabl.)
- 30. Le Chatelier (H.).
- 1905. — Convocation de la Société d’Encouragement, en date du 15 juin 1905, signée par M. H. Le Chatelier, président, pour la réunion du 22 juin 1915, devant arrêter le projet définitif d’extension du système international aux vis de petit diamètre. 2 p., in-8.
- 31. Le Chatelier (H.).
- 1905. —Note de la Société d’Encouragement, en date du 30 juin 1905, signée parM. H. Le Chatelier, président, faisant connaître les règles adoptées dans la séance du 22 juin 1905, par la Conférence réunie par les soins de la Société d’Encouragement, pour arrêter le projet définitif d’extension du système international aux vis de petit diamètre. 3 p. in-8.
- 32. Sebert (le général).
- 1905. — Unification des filetages. — Extension du système international aux vis de diamètre inférieur à 6 mm.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, juin 1905, p. 696-729, 7 fig., 13 tabl.
- (Tiré à part, 40 p.)
- 33. Sebert (le général).
- 1905. — Unification des filetages. — Extension du système international aux vis de diamètre inférieur à 6 mm. Procès-verbal de la réunion tenue le 4 avril 1905 par les Ingénieurs délégués des Compagnies de Chemins de fer pour l’examen du projet. — Résumé sommaire des travaux de M. Aubaille.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, octobre 1905, p. 1035-1047.
- (Tiré à part, 15 p., 2 fig., 6 tabl.)
- 34. Huet (E.).
- 1906. — Circulaire de la Société d’Encouragement, en date du 2 novembre 1906, signée par M. E. Huet, président, demandant des renseignements sur l’usage
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- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- qui a été fait du système des filetages par les services de l’État et des Compagnies et les industriels. 3 p. in-8.
- 35. Commission des Filetages.
- 1909. — Unification des vis horlogères. — Rapport sur le projet présenté par M. Maurice Picard, conseiller du Commerce extérieur.
- Paris, Bulletin cle la Société d’Encouragement d’août-septembre-octobre 1909, p. 366-376.
- (Tiré à part, 15 p., 1 graphique hors texte.)
- 36. Sebert (le général).
- 1910. — Rapport sur l’unification des systèmes de filetages présenté au nom de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale au Congrès des Associations internationales de Bruxelles (1910), par le Général Sebert, délégué.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, avril 1910, p. 503-507. (Tiré à part, 7 p.)
- 37. Sebert (le général);
- 1911. — Note sur les dispositions proposées par le Département de la Marine (Direction des Constructions navales de Brest) pour l’unification des vis de petit calibre, par M. le Général Sebert.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, mars 1911, p. 373-383.
- (Tiré à part, 10 p., 8 fig., 2 tabl.)
- 38. Sebert (le général).
- 1915. — Unification des filetages. — Travaux de la Commission des Filetages. Résultats d’enquêtes et propositions diverses. Note sur l’adoption du système international et de ses extensions aux petites vis, par le service de l’Aviation navale britannique.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-décembre 1915, n° 6, p. 550-553. (Tiré à part, 4 p.)
- 39. Sebert (le général).
- 1915. — Unification des filetages. — Rapport sur l’unification des systèmes de filetages présenté au Congrès des Associations internationales (Bruxelles, 1910). Résumé des données principales concernant le système des vis unifiées à dimensions métriques en usage en France. Tableau des diamètres, pas et ouvertures des clefs en millimètres.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-décembre 1915, p. 153-160, 1 tableau. (Tiré à part, 8 p., 1 tabl.)
- 40. Congrès de Zurich.
- 1915. — Unification des filetages. — Congrès international de Zurich, 1918. Système international de filetages à base métrique avec tableau de la série normale des diamètres, des pas et des ouvertures de clefs établis par le Congrès et complété par la Conférence internationale chargée de la rédaction du 20 octobre 1900. (Réimpression.)
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-décembre 1915, p. 561-564, 1 fig., 1 tableau. (Tiré à part, 5 p., 1 fig., 1 tabl.).
- 41. Commission des Filetages.
- 1915. — Unification des filetages. — Bibliographie des publications de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-décembre 1915, p. 565-568. (Tiré à part, 5 p.).
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- BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L’UNIFICATION DES FILETAGES.
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- 42. Marre (Charles).
- 1916. — Unification des filetages. — Compte rendu de la Séance de la Commission en date du 7 mars 1916. Unification des filetages sur tubes, par M. Charles Marre.
- Paris, Bulletin de la Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale, mai-juin 1916, p. 466-475, 3 fig. 2 tableaux. Encarté 1 feuille errata et addenda au n° de novembre-décembre 1915. (Tiré à part 12 p., 3 fig., 2 tabl.).
- 43. Sebert (le général).
- 1916. — Unification des filetages. — France. — Adoption du Système international par le Service de l’Artillerie. Circulaire du sous-secrétaire d’État de l’Artillerie et des Munitions du Ministère de la Guerre.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, juillet-août 1916, p. 74-76.
- 44. Ministère de la Guerre.
- 1916. — Instruction à l’usage des établissements constructeurs pour la réception des vis et écrous au filetage S. I.
- Paris, Bulletin de}la Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale, juillet-août 1916, p. 77-110, 24 fig., 9 tableaux. (Tiré à part avec le n° précédent, 39 p., 24 fig., 9 tabl.)
- 45. Commission des Filetages.
- 1916. — Tableau des filetages unifiés suivant le système international. Dimensions à adopter pour les vis à-métaux de tous calibres pour assurer l’unification des ^filetages. — Tableau encarté dans le Bulletin de septembre-octobre 1916. (Tiré à part, une feuille de 45 x 56 cm,
- destinée à l’affichage dans les bureaux et ateliers.)
- 46. Sebert (le général).
- 1916. — Unification des filetages. — Unification des filetages sur tubes. Rapport sur l'unification des filetages des instruments d’optique.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-décembre 1916, p. 375-382. (Tiré à part, 10 p.).
- 47. Commission des Filetages.
- 1916. —Unification des filetages. — Application par l’Administration des Postes, Télégraphes et Téléphones du système de filetages unifiés.
- Paris, Bulletin de la Société *d'Encouragement pour l’Industrie nationale, novembre-
- décembre 1916, p. 383-388. (Tiré à part, 8 p.).
- 48. Commission des Filetages.
- 1917. -r- Règles d’établissement des boulons, goujons et vis employés dans les constructions du matériel de transport par le service du matériel et de la traction de la Compagnie du Chemin de fer du Nord.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, mars-avril 1917, 352-353, 26 fig., 7 planches hors texte. (Tiré à part, 14 p.).
- 49. Sauvage (Ed.).
- 1917. —- Observation sur le filetage Whitworth.
- Paris, Bulletin de la Société d’Encouragement, mars-avril 1917, p. 354.
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- ANNEXE I
- L’UNIFICATION DES FILETAGES DES VIS A MÉTAUX
- Les vis normales, adoptées en France, auxquelles s’appliquent les règles d’unifica tion basées sur l’emploi de mesures métriques, sont les vis à métaux à filet triangulaire en usage dans les différentes industries mécaniques.
- Ces vis, qui sont désignées par leur diamètre en millimètres, forment une série unique et continue commençant au diamètre de 0,4mm et s’étendant jusqu’aux plus grosses vis en usage. Elles comprennent trois séries :
- Série de la grosse mécanique, de 6 mm à 100 mm;
- Série de la petite mécanique, de 2,5 mm à 5,5 mm;
- Série horlogère, de 2,4 mm à 0,40 mm.
- Les règles adoptées pour l’unification des vis de la Série de la Grosse mécanique constituent le Système international des Fileteges (S. I.). Elles ont été adoptées par le Congrès international tenu à Zurich en 1898 à la suite des travaux de la Société d’En-couragement pour l’Industrie nationale.
- Les règles des vis de la Série de la Petite mécanique et de la Série horlogère n’ont pas encore été adoptées par un congrès international. Elles sont préconisées par la Société d’Encouragement pour l'Industrie nationale.
- Pour toutes ces vis, le profil générateur du filet est un triangle équilatéral tronqué de 1/8 de la hauteur au sommet, ainsi que de 1/8 de la hauteur à la base.
- I. — Série des vis de la grosse mécanique (à partir et au-dessus de 6 mm de diamètre). — Règles adoptées. Système international (S. I.). —Nature du filet. — Le tracé des vis mécaniques est déterminé par l’enroulement, enhéliceà droite, d’un filet simple obtenu par la troncature d’un triangle primitif équilatéral, dont le côté, placé parallèlement à l’axe de la vis, est égal au pas de la vis.
- Forme du filet. — Le triangle primitif équilatéral est tronqué par deux parallèles à
- 1
- la base, menées respectivement à ^ de la hauteur à partir du sommet et de la base.
- O
- La hauteur du filet, mesurée entre les troncatures, est, par suite, égale aux trois quarts de la hauteur du triangle équilatéral primitif, c’est approximativement le pas multiplié par 0,6495.
- Jeux entre les vis pleines et les vis creuses. — Les vis pleines et les vis creuses, ou écrous, qui se correspondent, ont, en principe, mêmes filets ; mais, afin de tenir compte des tolérances d’exécution, indispensables dans la pratique, tolérances qui doivent varier selon les circonstances, le profil fixe est un profil limite pour la vis pleine comme pour la vis creuse; cette limite est prévue par excès pour la vis pleine et par défaut pour la vis creuse; en d’autres termes, la vis pleine doit toujours rester à l’intérieur du profil limite, et la vis creuse à l’extérieur de ce même profil.
- Les écarts entre la surface théorique commune et les surfaces, réalisées sur la vis pleine et sur son écrou, déterminent le jeu que présenteront les deux pièces montées
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- UNIFICATION DES FILETAGES DES VIS A MÉTAUX.
- 199
- l’une sur l’autre. Aucune valeur n’est fixée pour ce jeu, chaque constructeur restant juge des tolérances admissibles, suivant la destination des vis et suivant l’outillage employé pour leur fabrication.
- En ce qui concerne le jeu que présente la vis pleine et la vis creuse, au fond des
- angles rentrants du profil, l’approfondissement dû à ce jeu ne devra pas dépasser
- 16
- de la hauteur du triangle primitif.
- Aucune règle n’est donnée pour la forme de cet approfondissement; il est.seulement recommandé d’employer un profil arrondi. La profondeur du filet peut ainsi 13
- atteindre les — de la hauteur du triangle primitif, ou 0,704 du pas.
- Diamètre des vis. — Le diamètre des vis se mesure sur l’extérieur des filets après troncature; le diamètre, exprimé en millimètres, sert à désigner lavis.
- Entre les diamètres normaux indiqués, on peut intercaler, par exception, d’au Ires diamètres; le pas reste alors celui de la vis normale de diamètre immédiatement inférieur. Les diamètres de ces vis intermédiaires doivent toujours être exprimés par un nombre entier de millimètres.
- Ouverture des clefs. — L’ouverture de la clef est considérée comme une dimension limite que ne doit dépasser ni l’écrou par excès, ni la clef par défaut.
- A chaque diamètre (de la série normale) correspond une ouverture de clef spéciale.
- Les mêmes ouvertures doivent être employées pour les diamètres exceptionnellement intercalés entre les diamètres normaux.
- L’ouverture de la clef est la même pour l’écrou et pour la tête de boulon [et de vis d’un même diamètre.
- La même ouverture s’applique aussi bien aux écrous bruts qu’aux écrous travaillés.
- SÉRIE NORMALE DES DIAMÈTRES, DES PAS ET DES OUVERTURES DES CLEFS CORRESPONDANTS.
- Ouverture
- Diamètre. Pas. de la clef.
- millim. millim. millim.
- 6 1,0 12
- 7 1,0 13
- 8 1,25 15
- 9 1,25 16
- 10 1,5 18
- 11 1,5 19
- 12 1,75 21
- 14 2,0 23
- 16 2,0 26
- 18 2,5 29
- 20 2,5 32
- 22 2,5 35
- 24 3,0 38
- 27 3,0 42
- 30 3,5 46
- Diamètre. Pas. Ouverture de la clef.
- millim. millim. millim.
- 33 3,5 50
- 36 4,0 54
- 39 4,0 58
- 42 4,5 63 .
- 45 4,5 67
- 48 5,0 71
- 52 5,0 77
- 56 5,5 82
- 60 5,5 88
- 64 6,0 94
- 68 6,0 100
- 72 6,5 105
- 76 6,5 110
- 80 7,0 116
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- 200
- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- Hauteur de l'écrou et de la tête du boulon. — On recommande de donner à l’écrou une hauteur égale au diamètre et à la tête une hauteur égale aux 7/10 du diamètre.
- II. — Série des vis de la petite mécanique (diamètres de 2,5 à 5,5 mm inclus). — Règles proposées par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. — Nature et forme des filets. — Le filet de ces vis aura la forme d’un triangle équilatéral avec troncatures pouvant être arrondies au sommet et au fond; il sera établi suivant les règles posées pour la Série internationale, et d’après lesquelles le profil résultant des dimensions indiquées sera un profil limite par excès pour la vis pleine et par défaut pour son écrou.
- Le tableau ci-dessous donne, outre les diamètres au fond des filets (diamètres des trous de taraudage), l’inclinaison du fond des filets, et la largeur du témoin sur l’extrémité du filet, ou largeur de la troncature au sommet des filets après achèvement.
- Diamètres, pas, diamètres intérieurs et inclinaisons proposés pour les vis
- DE LA SÉRIE DE LA PETITE MÉCANIQUE.
- Diamètre. Pas. Largeur du témoin. Diamètres intérieurs. Inclinaisons au fond du filet.
- millim. millim. millim. millim. millim.
- 2,5 0,45 0,056 1,915 4° 16'
- 3,0 0,60 0,0075 2,220 4° 47'
- 3,5 » » 2,720 4°
- 4,0 0,75 0,094 3,025 4» 30’
- 4,5 » » 3,525 4° 50'
- 5,0 0,90 0,11 3,830 4° 16'
- 5,3 » » 4,330 3° 48'
- Dimensions accessoires. — Étant entendu que ces dimensions ne sont pas imposées d’une façon rigoureuse, et ne constituent que des indications destinées à faciliter la formation d’assortiments de vis uniformes, on pourra adopter les règles formulées ci-après pour la fixation des dimensions principales des parties accessoires de la vis :
- a) Les têtes cylindriques auront pour hauteur le diamètre même de la vis, et pour diamètre le double de ce même diamètre ;
- b) Les têtes à six pans et les écrous correspondants de même forme auront également pour hauteur le diamètre même de la vis et pour diamètre le double de ce même diamètre ;
- c) Les têtes coniques seront façonnées à l’angle de 84° et surmontées d’une partie cylindrique de diamètre égal au double du diamètre de la vis ;
- d) Les fentes des têtes de vis auront pour largeur la valeur du pas de vis.
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- UNIFICATION DES FILETAGES DES VIS A MÉTAUX. 201
- III. — Série des vis horlogères. — Diamètres et pas proposés par la Société d’En-
- COURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Diamètre. Pas. Diamètre. Pas.
- millim. millim. millim. millim.
- 0,40 0,11 1,2 0,27
- 0,43 0,11 1,3 0,27
- 0,50 0,13 1,4 0,30
- 0,55 0,13 1,5 0,30
- 0,60 0,15 1,6 0,33
- 0,65 0,15 1,7 0,33
- 0,70 0,17 1,8 0,36
- 0,75 0,17 1,9 0,36
- 0,80 0,19 2 0,39
- 0,85 0,19 2,1 0,39
- 0,90 0,21 2,2 0,42
- 0,95 0,21 2,3 0,42
- 1,00 0,24 2,4 0,45
- 1,10 0,24 2,5 0,45
- Remarques. — A l'étranger, l’unification des filetages a été résolue de façons diverses. Les Anglais ont vu le système Whitworth se répandre chez tous leurs constructeurs de machines. Aux États-Unis, le système Sellers est, de même, presque universellement.employé.
- Ces deux types ont cependant un vice radical; ils sont établis d’après un système de mesures suranné dont la base est le pouce anglais.
- On a trouvé, à les adopter, certains avantages, mais ils contribuent à augmenter les résistances à l’usage général du système métrique.
- Pour les vis de petite mécanique, qui étaient presque toutes fabriquées en Suisse, le système Thury était généralement adopté. Ce système est un des seuls dont les proportions soient définies ,par une loi mathématique, mais il se rattache à peine aux mesures métriques et il peut être établi avec une unité de longueur autre que i mm.
- En Allemagne, on a beaucoup employé le système Whitworth.
- L’Angleterre, les États-Unis, grandes puissances industrielles, ont tout intérêt à adopter le Système international; les Allemands le possèdent; leur outillage est prêt. Après la guerre, ils seront à même d’inonder à nouveau le marché mondial avec leurs marchandises et ils seront capables de tenter de nous fournir ce qui nous manquera.
- Notamment, en ce qui concerne notre alliée, l’Angleterre, le besoin de l’adoption de l’unification du Système international se fait sentir de façon si pressante que, dans le courant d’octobre 1915, le Service de l’Aviation navale britannique, installé à Paris, a été amené à faire appliquer, aux constructions de ce service, les règles ^adoptées en France, pour l’unification des vis employées dans ces constructions. Le Comité anglais des Étalons (Standards Engineering Gommittee) a publié, dans des documents, à la suite de cette décision, le tableau des dimensions des vis adoptées en France. Il y a donc déjà adoption, en Angleterre, de notre système de filetages, au moins pour certains usages.
- La plus grande diversité existe parmi les vis de dimensions équivalentes, aussi bien en France que chez nos alliés.
- Certains constructeurs des grandes administrations privées et de l’État ont bien
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- 202 COMMISSION DES FILETAGES. -— SEPTEMRRE-OCTOBRÊ 1919.
- adopté des types spéciaux, mais ces types diffèrent les uns des autres et il est fort rare de trouver deux vis, de provenance quelconque, ayant même diamètre, même pas, même forme de filet et pouvant se substituer l’une à l’autre.
- Ce désordre actuel des filetages a de graves inconvénients; il est difficile au possesseur d'un appareil, d’en remplacer les boulons ou écrous ou de substituer, à une partie filetée, une autre partie analogue ; si l’on veut assurer l’entretien d’un nombre un peu grand de machines ou d’instruments semblables, on est obligé de former des approvisionnements considérables de pièces filetées ; enfin, la fabrication des boulons, écrous et organes, du même genre, est rendue plus difficile et plus coûteuse par l’extrême diversité des types ; les outils nécessaires pour la fabrication et le contrôle, étant beaucoup trop multipliés, ne peuvent plus être construits et entretenus avec le soin et la précision désirables.
- fl faudrait une entente internationale réglementant définitivement la question et il faut que cette entente reçoive l’adhésion de tous les pays alliés. Nos alliés ont chacun leur système. Seule des alliés, la tFrance possède un système métrique de filetages.
- Puisqu’il est indispensable de préparer, dès maintenant et pendant la guerre, cette autre série de batailles qui composeront l’après-guerre de l’industrie, ne serait-ce pas nous exposer à retomber dans les errements de jadis que de négliger cet armement pacifique de nos usines en nous rendant de nouveau, malgré victoires et trailés, tributaires de l’Allemagne industrielle.
- Soyons donc, nous et nos alliés, nos propres producteurs. Ce rouage spécial que nous venons d’examiner ne sera pas un des moindres éléments de réussite pour la conquête des territoires commerciaux arrachés à l’ennemi.
- Le 12 septembre 1916, sous la présidence de M. Painlevé, ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Inventions intéressant la Défense nationale, une Commission s’est réunie au Conservatoire national des Arts et Métiers. Cette Commission était composée de représentants de l’Administration des Postes et Télégraphes, de groupements techniques et industriels et de la Commission technique du Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- La réunion de la dite Commission était motivée par une lettre de l’Administration des Postes et Télégraphes rappelant l’intérêt qu’il y aurait à unifier, le plus tôt possible, toute la visserie sur une base rationnelle et à mettre en pratique les mesures proposées par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale et auxquelles l’Administration des Postes et Télégraphes a adhéré dès 1905.
- Le Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers a été désigné par le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes pour effectuer le contrôle et la vérification afférents à ce but.
- En Angleterre, les études à ce sujet sont poursuivies par le National Physical Laboratory où se fait l’étalonnage pour le commerce.
- Le Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers jouera désormais le même rôle vis-à-vis des industries françaises.
- F. Cellerier,
- Directeur du Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Paris, le 27 novembre 1917.
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- COMPARAISON DES PIÈCES FILETÉES DES DIVERS SYSTÈMES ADOPTÉS EN FRANCE. 203
- ANNEXE II
- COMPARAISON DES DIMENSIONS DES BOULONS, VIS ET ÉCROUS
- PUBLIÉES PAR
- LE CONGRÈS DE ZURICH ET LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRTE NATIONALE ; LES ÉTABLISSEMENTS SCHNEIDER ET Cie;
- LES CHEMINS DE FER FRANÇAIS;
- LA CHAMBRE SYNDICALE DES CONSTRUCTEURS D’AUTOMOBILES.
- RAPPORT PRÉSENTÉ
- PAR M. ZETTER
- A L’UNION DES SYNDICATS DE L’ÉLECTRICITÉ (44e Commission).
- Avant-propos. — L’examen des dimensions adoptées pour la construction des boulons, goujons, vis et écrous, par la Chambre syndicale des Constructeurs d’Auto-mobiles, a conduit à faire une comparaison entre les divers systèmes actuellement en usage, qui ont tous pris, comme base, les règles adoptées par le Congrès de Zurich, étudiées au préalable par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Les règles du Congrès de Zurich ne concernent que les dimensions fondamentales : forme du filet, diamètres, pas, ouvertures des clés ; la comparaison de ces éléments, dans chaque système, ainsi que des dimensions accessoires, non précisées à l’époque, fait l’objet de l’étude ci-après. Toutefois, il ne sera question, dans ce travail, que des données relatives aux boulons, goujons, vis et écrous, à l’exclusion de tout autre organe ou pièces mécaniques quelconques, mentionnés dans les systèmes en présence.
- Congrès de Zurich. — Les règles fixées par le Congrès de Zurich, du 2 au 4 octobre 1898, et complétées, le 20 octobre 1900, par la Conférence internationale chargée de la rédaction, sont résumées ci-après.
- Forme du filet. — Le tracé des vis mécaniques est obtenu par l’enroulement, en hélice à droite, d’un
- lilet obtenu par un triangle équilatéral, de côté égal au pas et placé parallèlement à l’axe de la vis.
- Ce triangle équilatéral est tronqué au 1/8 de sa hauteur. Le jeu au fond des sommets creux ne doit pas dépasser 1/16 de cette même hauteur et de préférence avoir un contour arrondi (fig. 1).
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- 204 COMMISSION DES FILETAGES. -------- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- Diamètres des filetages. — Les diamètres fixés sont au nombre de 34, de 6 à 10 mm, et énumérés ci-après.
- Pas. — Les pas afférents à chaque diamètre sont indiqués dans le tableau ci-après.
- Diamètres des têtes. — Le Congrès de Zurich n’a pas fixé la dimension des têtes, mais il a précisé qu’à chaque diamètre de la série normale correspond une ouverlure de clé spéciale, qui s’applique aux têtes de boulons et vis carrées ou hexagonales et sont déterminées par la formule 1,4 d -h 4 dans laquelle d est mesuré en millimètres.
- Il n’y a aucune spécification pour les têtes de forme circulaire.
- Ouverture Ouverture
- Diamètre. Pas. de clef. Diamètre. Pas. de elef.
- millim. millim. millim. millim. millim. millim.
- 6 1 12 39 4 58
- 7 1 13 42 4,5 63
- 8 1,25 15 45 4,5 67
- 9 1,25 16 48 5 71
- 10 1,5 18 52 5 77
- 11 1,5 19 56 5,5 • 82
- 12 1,75 21 60 5,5 88
- 14 2 23 64 6 94
- 16 2 26 68 6 100
- 18 2,5 29 72 6,5 105
- 20 2,5 32 76 6,5 110
- 22 2,5 35 80 7 116
- 24 3 38 84 7 122
- 27 3 42 88 7,5 127
- 30 3,5 46 92 7,5 133
- 33 3,5 50 96 8 138
- 36 4 54 100 8 144
- Hauteur de têtes. — Il est recommandé de donner à la tête une hauteur égale aux 7/10 du diamètre.
- Têtes fraisées. — Aucune indication.
- Fentes des têtes. — Aucune indication.
- Ecrous. — L’ouverture de clé est la même que pour la tête de vis ou de boulon du même filetage, c’est-à-dire 1,4 d + 4.
- Il est recommandé de donner à l’écrou une hauteur égale au diamètre.
- Longueur des boulons, vis, etc. — Aucune indication.
- Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. — Le système adopté au Congrès de Zurich a été adopté, dans toute son étendue, par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, sauf les modifications suivantes.
- Forme du filet. — La forme du filet est obtenue par un triangle équilatéral, de côté égal au pas, tronqué au 1/8 de sa hauteur.
- Il n’y a pas de jeu indiqué pour les sommets creux.
- Diamètres des filetages. — Les diamètres admis sont plus nombreux que ceux adoptés au Congrès de Zurich; ils sont au nombre de 51, de 6 mm à 100 mm.
- Pas. — Les pas sont ceux du Congrès de Zurich; au-dessus de 12 mm, les diamètres intercalés par la Société d’Encouragement ont un pas égal à celui du diamètre immédiatement inférieur admis au Congrès de Zurich.
- Le .système adopté au Congrès de Zurich, dit Système International (S. I.), a été
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- COMPARAISON DES PIÈCES FILETÉES DES DIVERS SYSTÈMES ADOPTÉS EN FRANCE. 205
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- Schneider. 5 cooooo3^coooooi^ r-
- Auto- mobiles. 4 CO LO CD GO O O 03 vji CD CO O 03 CO -^*^*^-^-^03030303
- Chemins de fer. 3 CO GO O 03 CO OO O 03 ^ r— -5-i*^^-i-5tH«5-ho30303 03
- Société d’Encoura- gement pour l’Industrie nationale. 2 LO LO LO LiO» 03~ coco'^vfîoirror'GOOOHîNfo^JCoixoooo^^M^inor'
- Congrès de Zurich. 1 O h ÛO O O ^ (M **•* CO GO O 03 r- «H ^ -rH -ç-t -T-i -çH 03"' 03 03 03
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- 206
- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- étendu, sous les auspices de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, en août 1909, par une série appelée série de la petite mécanique, pour les diamètres de 2,5 mm à 5,5 mm, et par une série appelée série horlogère, pour les diamètres de 0,4 mm à 2,4 mm.
- Gette dernière série, d’utilité spéciale, n’entrera pas en ligne de comparaison dans le présent travail.
- La série ainsi complétée est énumérée, colonne 2 (fig. 2), et les pas correspondants figurent dans la colonne 6.
- Pour toutes les vis en dessous de 6 mm de la série de la petite mécanique, les caractéristiques sont les suivantes (juin 1905).
- Diamètres des têtes. — Il est recommandé de donner aux têtes hexagonales un diamètre sur angle égal à 2 d, soit 1,732 d sur plat (juin 1905).
- Cette même mesure de 2 d détermine également le diamètre des têtes circulaires.
- Hauteur des têtes. — La hauteur des têtes, hexagonales ou circulaires, est prévue égale au diamètre.
- Têtes fraisées. — L’angle des têtes fraisées est de 84°.
- Ecrous. — Le diamètre des écrous hexagonaux est le même que celui des têtes de vis pour le même diamètre de filetage. Il est par conséquent égal à 2 d sur angle, soit 1,732 d sur plat. La hauteur de ces écrous est égale au diamètre du filetage.
- Fentes et longueurs. — Aucune indication précise.
- Etablissements Schneider et Cie. — Les Etablissements Schneider et Cie ont publié une nomenclature très complète appelée « Série normale de Boulonnage 1918 ».
- Forme du filet. — La forme du filet est celle déterminée par le Congrès de Zurich (fig. 1).
- Diamètres des filetages. — Les diamètres admis sont également ceux du Congrès de Zurich, sauf pour ceux de 7 mm, 9 mm et 11 mm, que les Etablissements Schneider ont éliminés. Par contre, le diamètre de 106 mm a été ajouté à ceux du Congrès de Zurich. Il en résulte une série de 32 diamètres différents qui sont énumérés dans la colonne 5 de la figure 2.
- Pas. — Les pas sont ceux du Congrès de Zurich. Le pas de 8,5 mm a en outre été ajouté pour être affecté au diamètre de 106 mm.
- Diamètres des têtes. — Les diamètres des têtes sont déterminés pour les têtes hexagonales, par les ouvertures de clés du Congrès de Zurich soit 1,4 d + 4. Pour les têtes circulaires, les diamètres sont les mêmes que les diamètres sur plat des têtes hexagonales.
- Hauteur des têtes. — La hauteur des têtes, hexagonales ou cylindriques, est de 7/10 du diamètre du filetage (environ).
- Têtes fraisées. — Les têtes fraisées ont un angle de 84°.
- Fentes des têtes. — La largeur des fentes est de 2 mm, pour les vis de 6 mm de diamètre de filetage et 2,5 mm pour les autres, soit de 8 mm à 18 mm. Au delà de ce diamètre, les vis à tête circulaire ne sont plus prévues.
- La profondeur des fentes varie de 2,5 mm à 4 mm pour les vis à tête cylindrique.
- — — 2,5 mm à 4 mm — ronde.
- — — 1,5 mm à 4,5 mm — fraisée.
- — — 2,5 mm à 7 mm — fraisée bombée.
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- COMPARAISON DES PIÈCES FILETÉES DES DIVERS SYSTÈMES ADOPTÉS EN FRANCE. 207
- Ecrous. — Les écrous carrés ou hexagonaux, correspondent aux ouvertures de clés du Congrès de Zurich.; leur diamètre est le même que celui des boulons de même filetage soit 1,4 d + 4.
- Il y a deux épaisseurs différentes d’écrous hexagonaux : les écrous hauts, d’une épaisseur égale au diamètre du filetage, les contre-écrous d’une épaisseur égale aux 7/10 du filetage.
- Longueur totale. — La longueur totale s’entend sous tête.\Les différentes longueurs des boulons, goujons et vis sont graduées en ajoutant à un minimum de 10 mm, des augmentations successives de
- 4, 5, 6, 7, 8, 9.......29, 30, 31, etc.
- donnant ainsi les longueurs
- 10, 14, 19, 25, 32, 40, 49. . 439, 469, 500, etc.
- soit 29 longueurs différentes.
- Longueur de la partie filetée. — On donne à la partie filetée une longueur F.
- F = d +| R (fig. 3)
- Formule dans laquelle :
- d est le diamètre du filetage :
- R, la différence de longueur avec le boulon, goujon ou vis précédent, de sorte que le filetage demeure assez long pour recevoir un écrou, même pour une vis raccourcie à la dimension immédiatement inférieure.
- Quand la partie filetée doit recevoir un contre-écrou, elle est encore augmentée de l’épaisseur de ce contre-écrou et devient
- F bis = F + 0,7 D.
- Chemins de fer français. — Les ’séries normales de boulons, goujons, écrous, rondelles, etc., oubliées par les Chemins de fer français (7 mai 1918) offrent une grande analogie avec les séries admises par les établissements Schneider et Cie.
- Forme du filet. — Celle du Congrès de Zurich.
- Diamètres des filetages. — Les diamètres admis sont ceux fixés par le Congrès de Zurich, de 6 à 36 mm ; sauf ceux de 7, 9 et 11 qui sont éliminés. Il en résulte 14 diamètres différents énumérés dans la colonne 3 (fig. 2).
- Pas. — Pour les diamètres choisis, les pas sont ceux fixés par le Congrès de Zurich.
- Diamètres des têtes. — Les diamètres sur plat des têtes hexagonales, correspondent aux ouvertures de clés fixées par le Congrès de Zurich, soit 1,4 d -h 4 et les diamètres des têtes circulaires sont égaux aux précédents.
- Hauteur des têtes. — La hauteur des têtes, cylindriques et hexagonales, est environ les 7/10 du diamètre du filetage.
- Fentes des têtes. — Les largeurs des fentes sont exactement les mêmes que celles prévues par les Établissements Schneider et Cie, soit 2 mm pour les vis de 6 mm de diamètre de filetage et 2,5 mm pour les têtes de vis entre 8 et 18 mm.
- La profondeur des fentes varie de :
- 2,5 mm à 4 mm pour les vis à tête cylindrique;
- 2.5 mm à 6,5 mm pour les vis à tête ronde ;
- 1.5 mm à 4,5 mm pour les vis à tête fraisée ;
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- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- 2,5 mm à 7 mm pour les vis à tête fraisée bombée.
- Les têtes de boulons ont des ergots et ne sont jamais fendues.
- Têtes fraisées. — Il y a deux sortes principales de têtes fraisées. Quand le serrage doit être fait sur métal, l’angle du cône est de 84° ; s’il doit être fait sur bois cet angle est de 122°.
- Ecrous. — Les écrous, carrés ou hexagonaux, correspondent aux ouvertures de clés du Congrès de Zurich; leur diamètre sur plat est le même que celui des têtes de vis du même filetage soit 1,4 d +4.
- Il y a 3 épaisseurs différentes d’écrous hexagonaux. Les écrous hauts ont une épaisseur égale au diamètre, les écrous bas, une épaisseur égale aux 7/10 du diamètre, et les écrous très bas une épaisseur égale aux 5/10 du diamètre.
- P£
- rm
- 1
- O
- -5?
- v
- Fig. 3.
- Longueurs totales. - Les longueurs totales, comptées sous têtes, sont déterminées de la même manière que celle des Établissements Schneider et Cie, c’est-à-dire en ajoutant au minimum de 10 mm des augmentations successives de
- 4, 5, 6, 7, 8, 9,... 29, 30, 31, etc...
- donnant ainsi les longueurs de
- 10, 14, 19, 25, 32, 40, 49,... 410, 439, 469, 500, etc...
- soit 29 longueurs différentes, de 10 mm à 500 mm.
- Longueur de la partie filetée. — La longueur de la partie filetée (fig. 3) est déterminée de la même manière que pour les vis, boulons et goujons établis par les Établissements Schneider et Cie, c’est-à-dire :
- F = d + ^ R.
- Formule dans laquelle : d est le diamètre du filetage ;
- R la différence de longueur avec le boulon ou goujon précédent, pour que le filetage soit suffisamment long pour adapter un écrou à une vis raccourcie à la dimension immédiatement inférieure.
- Quand la partie filetée doit recevoir un contre-écrou, elle est encore augmentée de l’épaisseur de ce contre-écrou et devient :
- F bis = F + | D.
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- COMPARAISON DES PIÈCES FILETÉES DES DIVERS SYSTÈMES ADOPTÉS EN FRANCE. 209
- Chambre syndicale des Constructeurs d’Automobiles.— Forme du filet.— La forme des filets adoptée, pour les filetages, par la Chambre syndicale des Constructeurs d’Automobiles est sensiblement celle du Congrès de Zurich (fig. 1) sauf que le jeu de 1/16, prévu au fond des sommets creux, ne semble pas avoir un contour arrondi.
- Diamètres des filetages. —Les diamètres de' 3 mm, 4 mm et 5 mm sont prévus, ainsi que ceux de la série internationale du Congrès de Zurich, entre 6 mm et 30 mm en écartant toutefois le diamètre de 11 mm, et en remplaçant le diamètre de 27 mm par deux autres : 26 mm et 28 mm (colonne 4, fig. 2).
- Pas. — Pour les diamètres ci-dessus les pas sont ceux de la série internationale ou delà série de la petite mécanique. Mais on relève l’anomalie suivante.
- Le plan 8, série IV, mentionne que les diamètres de 3 mm et 5 mm auront respectivement un pas de 0,5 mm et 0,75 mm, alors que la Société d’Encouragement indique 0,6 mm et 0,9 mm.
- Les vis des diamètres 3 mm et 5 mm, de la Chambre syndicale des Automobiles, ne seraient pas interchangeables avec celles de la petite mécanique.
- Diamètres des têtes. — Les diamètres des têtes hexagonales et carrées prévus par les Automobiles, ne correspondent pas aux ouvertures de clés prévues par le Congrès de Zurich.
- La Chambre syndicale des Constructeurs d’Automobiles donne aux têtes une largeur sur plat, déterminée par l’hexagone inscrit dans un diamètre égal à 2 D, par suite le diamètre sur le plat est de 1,732 D, D étant le diamètre du corps du boulon de dimension immédiatement inférieure de la série.
- Plus de la moitié des diamètres de tête ainsi obtenus sont en désaccord avec les prescriptions du Congrès de Zurich.
- En ce qui concerne les têtes de forme circulaire, les Constructeurs d’Automobiles admettent des diamètres variables de 2 d à 1,8 d pour les têtes cylindriques et fraisées ; les diamètres de têtes rondes sont un peu plus faibles.
- Hauteur des têtes. — Les hauteurs de têtes prévues par les Automobiles sont très variables. Cette hauteur est de 2/3 environ du diamètre du filet, pour la forme hexagonale ou carrée ; elle est de une fois environ ce même diamètre pour la forme cylindrique ; les têtes rondes sont moins hautes.
- Pour les têtes fraisées, la hauteur est fonction de l’angle du cône et du diamètre de la tête; elle varie entre 1/3 et 1/2 du diamètre du filet.
- Têtes fraisées. — L’angle du cône de la tête fraisée est de 90°.
- Fentes des têtes. — La largeur des fentes est de : 1 mm pour les vis de diamètres de 3 mm à 7 mm ; 1,5 mm pour les vis de 8 mm, et 2 mm pour les vis de 9à 12 mm.
- Puis la largeur augmente de 0,5 mm pour chacun des diamètres suivants donnant des fentes :
- de 2,5 mm, 3 mm, 3,5 mm, 4 mm, 4,5 mm, 5 mm, 5,5 mm, 5,5mm et 6 mm pour les diamètres filetés
- de 14 mm, 16 mm, 18 mm, 20 mm, 22 mm, 24 mm, 26 mm, 28 mm et 30 mm.
- Les profondeurs des fentes varient suivant la forme de la tête.
- Quand les têtes sont cylindriques ou fraisées bombées, la profondeur de la fente varie de 1 mm à 2,5 mm pour les vis du diamètre de filetage compris entre 20 mm et 30 mm.
- Quand les têtes sont fraisées et plates, la profondeur de la fente varie de 1,5 mm à 8 mm pour les vis d’un diamètre de filetage compris entre 6 et 30 mm.
- Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919.
- 14
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- 210
- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- Ecrous. — Les écrous ont une largeur sur plat déterminée par l’hexagone inscrit dans un cercle égal à 2 d ; par suite, cette largeur est de 1,732 d, d étant le diamètre du boulon correspondant.
- Les écrous ont donc un diamètre plus grand que les têtes de vis du même filetage, et les écrous ne correspondent pas non plus aux ouvertures des clés déterminées au Congrès de Zurich.
- En outre, une clé de 16 mm d’ouverture est ainsi créée pour les écrous seulement et dont les têtes hexagonales n’avaient pas l’emploi.
- L’épaisseur des écrous est égale au diamètre du filetage, et il est, en outre, prévu des contre-écrous d’une épaisseur égale aux 2/3 du diamètre du filetage.
- Longueur totale. — Les longueurs totales, considérées sous tête, sont ainsi graduées : de 5 mm en 3 mm entre 10 mm et 100 mm;
- dé 10 mm en 10 mm entre 100 mm et 200 mm ;
- et de 50 mm en 50 mm entre 200 mm et 300 mm,
- soit 30 longueurs différentes, de 10 mm à 300 mm.
- Longueur de la partie filetée. — Les filetages pour écrou et contre-écrou ont une longueur F = 2D; et pour écrou et rondelle F = 1,5 D, avec F augmenté de 2 mm
- Fig. 4.
- pour 12 mm de filetage et au-dessous. Cette longueur (fig. 4) ne paraît pas suffisante pour que le boulon, raccourci à la longueur immédiatement inférieure de la série, puisse toujours recevoir encore un écrou.
- Conclusion. — Le système des Établissements Schneider et Cie ou celui des Chemins de Fer, qui lui ressemble beaucoup, pourrait donner satisfaction aux besoins des industries électriques, sous réserve des considérations suivantes dont l’application donne les résultats indiqués dans le tableau de la figure 6.
- Forme du filet. — Aucune observation, cette forme étant conforme aux prescriptions du Congrès de Zurich.
- Diamètres des filetages. — Il y aurait lieu de prolonger la série des diamètres en dessous de 6mm par l’adoption de la série de la petite mécanique proposée parla Société d’Encouragement, et d’ailleurs admise par la Marine Nationale, les Établissements de l’Artillerie, les Postes et Télégraphes et la plupart des grandes administrations.
- On pourrait également rétablir dans la série les diamètres de 7mm, 9mm et 11mm prévus au Congrès de Zurich.
- Il semble difficile d’assigner une limite maximum à l’échelle des diamètres de filetage pratiquement employés, cette limite étant très variable suivant la nature des industries. Pratiquement, le tableau de la figure 6 s’arrêterait provisoirement aux
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- Comparaison des pièces filetées des divers systèmes adoptés en France. %i 1
- filetages de 80mm pour les écrous et boulons à tête hexagonale et à 36mm pour les vis à tête circulaire.
- Pas. — Les pas sont ceux déterminés parle Congrès de Zurich et pour les diamètres inférieurs à 6mm, ily auraitlieud’adop-ter ceux de la série de la petite mécanique.
- Diamètres des têtes. —
- Ilestàsignalertout d’abord que la formule 1,4 d + 4 n’est plus guère applicable pour les hexagones correspondant aux diamètres inférieurs à 6mm, car les valeurs ainsi obtenues seraient trop élevées.
- On peut en outre, au sujet des têtes, faire pour les vis de toute provenance une remarque intéressante, suggérée par M.Androuin,
- Ingénieur des Arts et Métiers, qui a longtemps observé sur place la fabrication américaine.
- Si l’on excepte les têtes etécrous dontlafonctionest précisément d’être larges et qui sont sciemment construits dans ce but, comme par exemple pour le serrage et le contact d’un conducteur électrique, il semble qu’en général les têtes de vis courantes soient trop fortes, sans qu’il en résulte de surcroît de solidité pour la vis elle-même.
- Il suffit très souvent que la tête soit assez large pour ne jamais passer dans le trou de la pièce serrée par la vis, ce trou étant géné-
- Fig. 5. — M. ANDROUIN
- DIAMÈTRES DBS TÊTES
- Diamètres
- Fente.
- sur plat.
- conformes
- conformes
- Tètes de vis
- Écrous ou têtes de vis
- à la série
- au Congrès de Zurich
- Largeur.
- circulaires.
- de la petite mécanique de 2,5 à 5,5 mm.
- pour 6 mm
- au-dessous.
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- DIAMÈTRES NOMINAUX.
- Fig. 6.
- ECROUS.
- EP1ASSEUR.
- Haut.
- Bas.
- DIAMETRE
- (sur
- plat).
- VIS ET BOULONS.
- DIAMETRE DE TETE.
- Hexago-
- nale
- (sur plat).
- ou ouverture de clé
- Circu-
- laire.
- HAUTEUR DE I.A TETE
- Ronde
- cylin-
- drique
- hexago-
- nale.
- Fraisée.
- Partie
- conique
- Partie
- cylin-
- drique.
- Totale. (Angle du cône à 90°).
- Largeur.
- Profondeur.
- Têtes ronde et cylindrique.
- Tête
- fraisée.
- LONGUEURS
- sous tête.
- Minima.
- 12
- 2.5
- 3
- 3.5
- 4
- 4.5
- 5
- 5,5
- 6
- 9
- 10
- 11
- 12
- 72
- <!
- Oh
- 13
- 0,45
- 0,6
- 0,75
- 0,9
- 1
- 1,25
- 1,5
- 13
- MLa hauteur de ia parti (facultative) s’ajoute teurs ci-dessous.
- aux hau-
- 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 28 27
- 1,5 1 4,5 4,5 2 1 0,2 1,2 0,5 1 0,6 4 r
- 2 1 5 5 2 1 0,3 1,3 0,7 1 0,6 5
- 2,5 1,5 5,5 5,5 2 1 0,3 1,3 0,7 1 0,6 5
- 3 2 6 6 2,5 1 0,4 1,4 0,9 1,2 0,7 5
- 3,5 2,5 7 7 2,5 1,25 0,4 1,65 0,9 1,2 0,8 5 ccT
- 4 2,5 8 8 3 1,5 0,5 2 1,1 1,5 1 7
- 4,5 3 9 9 3 1,75 0,5 2,25 1,1 1,5 1,1 7
- 3,5 10 10 3,5 2 0,5 2,5 1,2 1,7 1,2 10 co ^ «
- 5,5 3,5 11 11 4 2 0,5 2,5 1,2 2 1,2 10 O
- 6 4 12 12 4,5 2 0,6 2,6 1,5 2,2 1,3 14 -4
- 7 4,5 13 14 5 3 ;; 0,6 3,1 1,5 2,5 1,5 14 O aO -h
- 8 5,5 15 16 6 3 0,7 3,7 1,8 3 1.8 19 oT
- 9 6 16 . 18 6,5 3,5 0,7 4,2 1,8 3,2 2,1 19 oc ’
- 14 15 10 17 18 19 20 - 21 22 23 24 25 20 27
- Accroissements successifs.
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- d' étant le diamètre du n filetage supérieur de 4 degrés dans la série. x» -r- c» co co co co te re te te OO O* !>5 CO C5 CO O i—4 te O GO
- d étant le diamètre du II
- filetage inférieur de -P *— «C-JOtifr'CO^OOOO-J o
- 2 degrés dans la série. ^
- 1/2 différence entre le
- diamètre de la tête et os ci ©
- le diamètre du filetage.
- Il te ^ h*. o tO
- pas ~2~ oo oo üî oî te te te o
- Somme des deux valeurs cc -J —j — i —j ce C5 Cr: CTf Cî e> ÎO
- précédentes. oo oo oc ci —j te —4 o w
- Il M* ^ _5° « W w Kl Lû ♦o
- te ts2 t* 05 05 C* ’U- w
- 1/2 hauteur de la tête. JO ^OO J-J -J 05 Cr: Üî rfïH ^ co üî o« w « es 'a? 'V: e;
- d° co co co co co co te te te te to
- CO CD —-1 — f CO CC OC C7î C7ï C'
- -j et et ** c-'- ^ co co te te ^
- O CO CO O O O t>3 to O: CJ 50 Ci
- Au nombre de base 4, on ajoute, successivement et en cumulant, la suite naturelle des nombres 1, 2, 3, 4, S, 6
- obtenant ainsi les différentes longueurs de 4, 5, 7, 10, 14, 19, 25, 32, 40, 49, 59, 70, 82, 95, 109, 124, 140, 157,... to «O
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- 214 COMMISSION DES FILETAGES. ------ SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919
- râlement plus grand que le filetage même, dans le but de compenser les imperfections d’ajustage. Par suite, la dépense nécessitée par l’achat du métal et son usinage pour la fabrication des larges têtes est faite en pure perte. De plus, l’emploi de ces larges têtes conduit à donner aux pièces où elles s’appliquent un encombrement approprié et par suite exagéré, et la répétition de ces exagérations finit par avoir une influence sur les dimensions des bâtis et des machines elles-mêmes.
- Il y a donc une notable économie à réaliser par la fabrication des vis de série à tête réduite au minimum.
- Les têtes hexagonales et carrées pourraient être diminuées sans changer les ouvertures de clés prévues au Congrès de Zurich en décalant ces ouvertures de deux degrés dans l’échelle des diamètres correspondants, en attribuant par exemple à une vis de 8mm de filetage la tête actuellement prévue pour vis de 6mm et ainsi de suite.
- Ainsi, l’ouverture de clé pour vis de 8 mm est devenue 1,4 x 6 4- 4= 12 environ, cette dimension étant la plus faible de celles indiquées parle Congrès de Zurich.
- Malheureusement, la formule ci-dessus ne paraît plus guère applicable aux vis d’un diamètre plus petit, même avec le décalage de 2 degrés qui vient d’être préconisé, car on obtiendrait alors des têtes trop larges et sans rapport avec les dimensions généralement en usage.
- Remarquant alors que l’ouverture de clé de 12 mm ci-dessus mentionnée pour vis de 8 est égale à 2 fois 6,^et 6 étant le diamètre inférieur de 2 degrés dans la série, cette proportion a été conservée pour déterminer les ouvertures de clés inférieures à 12, d’accord en ceci avec les propositions de M. Androuin.
- On constate en même temps que pour les vis de 8 mm et au-dessous, les ouvertures de clés, et par suite les diamètres sur plat des têtes .hexagonales sont égaux aux diamètres des têtes circulaires, tels qu’ils vont être définis par la suite.
- Seule, la vis de 3,5 mm ferait une exception sur laquelle il est facile de passer pour obtenir une coïncidence complète et admettre que les têtes hexagonales des vis au-dessous de 8, y compris 3,5 mm, 3 mm et 2,5 mm auraient un diamètre sur plat égal au diamètre des têtes circulaires des vis de même filetage.
- Toutes les valeurs déterminées ci-dessus sont indiquées dans les colonnes 16 et 17 du tableau de la figure 6.
- En ce qui concerne des têtes circulaires, les diamètres prévus ci-contre (fig. 5, col. 10), semblent réellement un peu faibles, susceptibles de surprendre au premier abord et de donner une impression inesthétique.
- Pour tenir compte de cette considération, les diamètres des têtes circulaires pourraient être pris égaux au diamètre du filetage supérieur de 4 degrés dans la série.
- Les dimensions ainsi obtenues, figurant dans la colonne 10 du tableau de la figure 6, donnent une proportion dégressive, les filetages les plus faibles ayant la tête relativement plus forte, tout en donnant pour les vis inférieures à 6rnm, une réduction sensible sur les têtes qui étaient anciennement de diamètre double de celui du filet.
- Les diamètres de tête ainsi choisis ont encore l’avantage d’être communs avec des diamètres de filetage de sorte que les barreaux destinés à la construction des goujons et vis sans tête puissent servir également à décolleter des vis à tête circulaire, diminuant ainsi le nombre des sortes de barreaux à approvisionner.
- Puisque les vis ou écrous ainsi établis pourraient au besoin toujours opérer leur serrage sur une rondelle appropriée, il semble que leur emploi ne saurait amener
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- COMPARAISON DES PIÈCES FILETÉES DES DIVERS SYSTÈMES ADOPTÉS EN FRANCE. 21 5
- d’inconvénient capable de contrebalancer l’avantage de l’économie à réaliser ainsi par l’industrie.
- Hauteur des têtes. — La hauteur des têtes, hexagonales ou cylindriques, pourrait être égale aux 7/10 environ du diamètre du filetage inférieur de deux degrés dans la série, c'est-à-dire décalé de la même manière que pour la détermination des hexagones. Les parties bombées, qui existent quelquefois sur la face supérieure des têtes, auraient une courbure variable, mais toujours s’ajoutant à la hauteur propre de la tête déterminée comme ci-dessus.
- Têtes fraisées. — L’angle de 90°, très répandu en raison de la facilité qu’il amène dans la construction, paraîtrait préférable à celui de 84°. Mais il semble difficile de le substituer à ce dernier déjà adopté par l’Artillerie, les Établissements Schneider et Cie, et les Chemins de Fer. Le tableau de la figure 6 indique (col. 20) la ,hauteur du cône pour un angle de 90°; pour un angle de 84°, ces hauteurs devraient être multipliées par 1,111.
- Quant à la partie cylindrique surmontant la partie conique et destinée à éviter un angle vif susceptible de s’ébrécher dans les manipulations, il serait conforme aux usages de lui donner une hauteur égale à la moitié du pas.
- Fentes des têtes. — Il semble que la largeur de la fente puisse être prise égale à 1,2 fois environ le pas ; elle correspondrait ainsi sensiblement aux largeurs usuelles.
- Les pas correspondants aux diamètres de 2,5 mm à 86 mm étant au nombre de 13, on aurait donc ainsi 13 largeurs de fentes differentes, pour 24 filetages différents.
- La profondeur de cette fente pourrait être de 1/2 de la hauteur de la tête précédemment déterminée, donnant ainsi une bonne surface d’appui au tournevis sans trop affaiblir la tête.
- Écrous. — Il est rappelé que les diamètres sur plat des écrous hexagonaux ou carrés seraient les mêmes que ceux des têtes hexagonales, c’est-à-dire 1,4 d + 4, d étant le diamètre du filetage inférieur de 2 échelons dans la série.
- L’épaisseur des écrous pourrait, pour chaque diamètre, avoir deux valeurs distinctes :
- 1° Pour les écrous hauts, l’épaisseur serait égale à d;
- o
- 2° Pour les écrous bas, l’épaisseur serait égale à -- d environ,
- O
- d étant toujours le diamètre du filetage de deux degrés inférieur de la série.
- Longueur totale. — Les longueurs obtenues dans le système des Chemins de fer semblent rationnelles, la différence d’un échantillon à l’autre augmentant avec la longueur. Toutefois, il serait bon de prolonger la gradation pour des longueurs inférieures à 10mm, qui est le minimum adopté par les Établissements Schneider et Cie et les Chemins de fer.
- Par exemple, le minimum pourrait être réduit à 4 mm.
- Ce minimum serait successivement augmenté de 1 2 3 mm,
- et donnerait les longueurs de 4,5 7 10 mm,
- se raccordant alors à la série des longueurs qui commence à 10 (flg. 6, col. 26).
- Si, malgré tout, la gradation adoptée par les automobiles semblait préférable, en raison de sa facilité à être retenue de mémoire, les échelons pourraient en être rapprochés suivant les besoins des spécialités où ces vis trouveraient leur emploi.
- Longueur de la partie filetée. — 11 est indispensable que la longueur de la partie
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- 216
- COMMISSION DES FILETAGES.
- SEPT IMBRE-OCTOBBE 1919.
- filetée soit telle que le corps du boulon ou de la vis étant raccourci à la dimension immédiatement inférieure, on puisse encore y adapter un écrou.
- Le système des Établissements Schneider etCie et des Chemins de Fer tient compte de ce principe.
- Désignations. — Les systèmes des Établissements Schneider et Cie et des Chemins de Fer ont prévu un ensemble analogue de symboles et abréviations servant à désigner commodément et simplement chaque pièce au moyen des initiales d’appellations judicieusement choisies.
- Il y aurait lieu de s’en inspirer pour faciliter l’emploi de tout système à adopter.
- Les différentes dimensions obtenues comme il est indiqué dans les conclusions ci-dessus sont résumées dans le tableau de la figure 6.
- C. Zetter,
- Administrateur-directeur de VAppareillage électrique Grivolas.
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- COM MISSION DU RETOUR AUX ÉTUDES TECHNIQUES
- La formation des ingénieurs par le stage en usine.
- Lorsque l’armistice fut signé, l’idée vint tout naturellement à 1 esprit de plusieurs chefs de chercher à utiliser les loisirs dont le personnel des armées allait disposer en attendant sa libération. D’autre part, les plus jeunes officiers de notre armée sont pour la plupart des jeunes gens dont la guerre a interrompu ou empêché les études. Ces jeunes gens songeaient, tout naturellement aussi, à préparer leur retour à la vie civile et à acquérir les notions nécessaires à l’exercice d’une profession devant leur assurer des moyens d existence. Donner à ces jeunes gens un enseignement approprié à leurs besoins futurs et pendant qu’ils étaient encore aux armées, n’était pas une tâche facile. Elle fut entreprise cependant, mais seulement, tout d’abord, dans une seule arme, par le général Du val, aujourd’hui directeur de l’Aéronautique, alors aide-major général, chef du Service aéronautique aux Armées. Le général Du val fit appeler auprès de lui, au Grand Quartier Général, le capitaine Verdurand et le chargea d’organiser cet enseignement.
- Des centres d’études furent immédiatement créés dans les formations aéronautiques; ils furent ouverts aux officiers, aux sous-officiers et aux hommes de troupe. Les professeurs furent choisis parmi les officiers plus anciens, possédant déjà des connaissances spéciales acquises avant la guerre, la plupart anciens élèves des grandes écoles. On savait déjà que la majorité des élèves désiraient « faire de l’industrie,» aussi bien ceux qui, avant la guerre, ne se destinaient pas à une carrière industrielle que ceux qui préparaient l’examen d’entrée dans les grandes écoles.
- Dès le mois de juin 1917, la Société d’Encouragement s’était préoccupée du sort de ces derniers et elle avait pensé à leur venir en aide ; c’était en même temps aider l’industrie française qui, pendant longtemps, aura besoin d’un grand nombre de techniciens. Sur l’initiative de M. Lacoin, membre de la Société, que la question avait déjà préoccupé comme ingénieur, chef de service, et comme membre de « La Plus Grande Famille, » le Conseil d Administration de
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- 218 COMMISSION DU RETOUR AUX ÉTUDES TECHNIQUES. ------ SEPT.-OCT. 1919.
- la Société d’Encouragement avait constitué dans son sein une Commission, dite du Retour aux Etudes techniques, qui s’était mise immédiatement à rechercher les voies et moyens permettant aux jeunes gens venant du front d’achever leurs études d’ingénieur. On a vu dans les comptes rendus des travaux de cette Commission (1) qu’un de ces moyens est le stage en usine, dès la libération, sans passage par une école technique. Le futur ingénieur, tout en remplissant des fonctions rémunérées dans une usine, et en acquérant une certaine pratique dans la spécialité qu’il a choisie, doit étudier dans les livres et acquérir ainsi les connaissances générales nécessaires pour pouvoir obtenir plus tard une situation mieux rémunérée ; l’industriel s’engage, d’autre part, à faciliter cet enseignement, d’abord en accordant quelques heures de liberté au stagiaire, par exemple l’équivalent d’une journée d’usine par semaine, en une ou plusieurs fois, ensuite en l’aidant de ses. conseils soit lui-même, soit par ses propres ingénieurs, soit même en faisant faire certains cours par ces ingénieurs. A cet effet, un programme des connaissances théoriques strictement indispensables au futur ingénieur, en mathématiques, en physique et en mécanique (résistance des matériaux, thermodynamique) fut élaboré par M. H. Le Ghatelier, président de la Commission, et M. Lacoin(2) 3.
- Ce programme, qui donnait aussi des renseignements pratiques à l’autodidacte, notamment sur les meilleurs livres à acheter, parvint à la connaissance du général Duval. Cet officier général trouva que c’était précisément le programme qui convenait à la plupart de ses futurs élèves ; il lui sembla que la perspective de pouvoir entrer comme stagiaires dans une usine inciterait un grand nombre d'entre eux à occuper intelligemment leurs loisirs et à suivre les cours des formations aéronautiques qui étaient en voie de création. Mais il fallait savoir dans quelle mesure les industriels étaient disposés à prendre de tels stagiaires; de plus, en admettant que les industriels fussent bien disposés, il sembla qu’il fallait exiger du candidat un minimum de connaissances générales et certaines qualités intellectuelles et morales pour pouvoir être présenté utilement comme stagiaire aux industriels et être accepté comme tel par eux. La Société d’Encouragement, qui avait étudié les deux problèmes, était tout indiquée pour prêter son concours au général Duval : elle le lui donna et, dès le mois de décembre 1918, des relations suivies s’établirent entre le général Duval, directement ou par ses officiers adjoints®, et la Société d’Encouragement. De nom-
- (1) Voirie Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale de novembre-décembre 1917, p. 384-409.
- (2) Voir le Bulletin de mai-juin 1918, pages 485 à 518. Ce programme a fait l’objet d’un tirage à part.
- (3) Capitaine Verdurand, Capitaine Pastré.
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- LA FORMATION DES INGÉNIEURS PAR LE STAGE EN USINE.
- 219
- breuses entrevues eurent lieu ainsi qu’un échange de lettres. Puis, des réunions furent organisées dans l’hôtel de la Société, à laquelle prirent part : le général Duval, ses officiers adjoints, les membres de la Commission du Retour aux Études techniques et du Bureau de la Société. Elles eurent lieu les 10,14 et 25 janvier.
- Deux organismes furent créés :
- 1° Un service chargé d’assurer l’enseignement dans les formations aéronautiques. Ce service a pour organe directeur et centralisateur, le « Bureau des Etudes techniques et commerciales », situé à Paris, 37, avenue Rapp, rattaché actuellement à la Direction de l’Aéronautique;
- 2° Un service de placement destiné : à établir des rapports avec les industriels, afin de connaître leurs besoins en personnel technique de toute sorte ; à mettre les mobilisés, futurs stagiaires, au courant des industries dans lesquelles ils avaient le plus de chance de trouver des places. Ce service fonctionne actuellement dans l’hôtel de la Société d’Encouragement, à Paris, 44, rue de Rennes, siège du Comité du Retour aux Études techniques dont il sera question plus loin.
- Le premier service fut assuré par les soins du général Duval, en liaison avec la Commission; nous verrons plus loin comment. Le second demandait l’appui moral et matériel des industriels. Cet appui ne fit pas défaut et c’est grâce à tous ces concours réunis que fut créée, en février 1919, sous sa forme définitive, une œuvre de guerre nouvelle, sous le nom de Comité du Retour aux Études techniques. Le 1er mars, une réunion eut lieu pour fixer les derniers détails de son organisation qui, depuis, n’a pas changé.
- Pendant que toute cette organisation se créait, il ne fallait pas que ceux qui devaient en bénéficier perdissent leur temps. Aussi, pour les inciter à travailler, fut-on amené à répandre à profusion le programme élaboré par la Commission du Retour aux Etudes techniques. Près d’un millier de ces programmes furent distribués gratuitement, aux frais de la Société d’Encouragement, et en majeure partie par les soins de l’Aéronautique ; l’on crut judicieux de faire précéder le nouveau tirage à part, ainsi distribué, de l’avertissement dont on trouvera plus loin le texte à l’Annexe I.
- De même, il a semblé utile, plus tard, de donner satisfaction à la demande formulée par un très grand nombre de jeunes gens qui désiraient entrer directement dans l’industrie comme stagiaires parce que leur situation de fortune ne leur permettait plus d’entrer dans une grande école. A cet effet, dans sa séance du lerfévrier, le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement décida de créer un diplôme spécial d’ingénieur pour les futurs sta-
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- giaires au cas où les grandes écoles ne trouveraient pas le moyen de leur accorder leur diplôme de fin d’études, sans scolarité dans ces écoles, mais après examen satisfaisant, bien entendu. La lettre de M. Lindet, président de la Société d’Encouragement, qu’on trouvera sous l’Annexe II, les informa de cette décision. Cette lettre fut reproduite dans la note n° 10 faisant partie d’une série d’ordres concernant l’organisation des études techniques dans les unités, écoles et dépôts de l’Aéronautique.
- COMITÉ DU RETOUR AUX ÉTUDES TECHNIQUES
- Ce Comité a son siège, 44, rue de Rennes, dans l’hôtel de la Société d’Encouragement ; il y possède un bureau permanent chargé de centraliser tous les renseignements et auquel les intéressés s’adressent directement. Il est placé sous le haut patronage de la Société d’Encouragement, mais possède une autonomie complète. Sont considérés comme patrons de l’œuvre et, comme tels, convoqués aux assemblées générales :
- 1° Les membres du Conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale (de droit) ;
- 2° Le général Duval et les officiers désignés par lui comme ses collaborateurs, même quand ceux-ci seront démobilisés ;
- 3° Les industriels, commerçants et, d’une façon générale, toutes les personnes qui veulent bien s’intéresser à l’œuvre soit en lui versant des fonds, soit en s’occupant du placement des jeunes gens.
- Les ressources du Comité sont constituées par les subventions qui lui sont accordées(1).
- L’œuvre est dirigée par : un président, de droit, le président de la Société d’Encouragement, actuellement M. L. Lindet; un vice-président, le général Duval; un secrétaire général, M. E. Lemaire, agent général de la Société d’Encouragement et un trésorier, le capitaine Pastré, qui peuvent être pris en dehors de la Société d’Enceuragement.
- L’œuvre est assistée de trois commissions dont les membres sont choisis parmi ses patrons :
- 1° Une Commission de l’Enseignement. Elle comprend tous les membres de
- (1) Diverses personnes et plusieurs groupements industriels ontassuré ainsi provisoirement la vie matérielle du Comité. On en trouvera la liste, plus loin, sous l’annexe III. De plus, la Société d’Encouragement donne au Comité l’hospitalité dans son hôtel. Le Comité bénéficie ainsi des avantages de son organisation intérieure.
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- la Commission créée, en 1917, au sein même de la Société d’Encouragement, sous le nom de Commission du Retour aux Études techniques, plus d’autres membres choisis parmi les patrons : industriels, commerçants, financiers. Son président est M. H. Le Chatelier. Cette Commission est^le conseil directeur de l’œuvre pour tout ce qui concerne l’enseignement, les programmes, les examens, les diplômes, tant pour l’enseignement dans l’Aéronautique que pour les stagiaires placés ;
- 2° Une Commission de Placement composée d’industriels, de commerçants, de financiers (1) 2;
- 3° Une Commission des Fonds, présidée par le trésorier. Un commissaire des comptes, nommé par l’assemblée générale, qui se réunit au moins deux fois par an, présentera à celle-ci les comptes établis par le trésorier.
- Il a été décidé que le Comité du Retour aux Etudes techniques ne fonctionnerait pas seulement au bénéfice des jeunes gens issus de l’Aéronautique. Tous les jeunes gens mobilisés ou qui viennent d’être libérés peuvent recourir à ses offices quels que soient l’arme ou le service auquel ils appartiennent ou ont appartenu, et cela sans aucune distinction de grade. La seule différence est que le personnel de l’Aéronautique a pu bénéficier et bénéficie encore de renseignement quia été organisé dans l’arme, aux armées, puis, plus tard, à l’intérieur, par le général Duval ; ce personnel reçoit en outre, directement de ses chefs, des renseignements pratiques de nature à déterminer utilement l’orientation de son activité^. Cette uniformité de traitement s’imposait. Il faut se rappeler en effet que, lors de la création du Comité du Retour aux Études techniques, les centres d’études de Strasbourg, Metz, Nancy, Besançon, Fontainebleau et Joiguy, destinés à la préparation aux grandes écoles du personnel de l’artillerie et du génie, n’existaient pas. Eussent-ils existé que l’uniformité de traitement s’imposait encore, car il eût été injuste d’écarter les personnes appartenant aux autres armes ou services. En fait, comme on le verra plus loin, un grand nombre de jeunes gens des centres d’études susdits ont eu et ont recours au Comité, et y auront certainement encore recours.
- Il convient d’insister sur ce fait que le Comité ne vise que les jeunes gens n’ayant encore passé par aucune grande école ou n’ayant pas été reçus au concours d’entrée de ces écoles. Le sort des autres a été réglé par les grandes
- (1) (Jhacun des groupements industriels, commerçants ou financiers ayant subventionné l’œuvre a le droit d’être représenté par deux délégués, un dans chacune des commissions d’enseignement et de placement. Les deux délégations peuvent se confondre sur une seule personne.
- (2) En particulier le Bulletin de Renseignements publié par l’État-Major de l’Aéronautique dont il sera question plus loin
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- écoles elles-mêmes, qui ont résolu, de différentes façons, le problème de recevoir simultanément un plus grand nombre d’élèves qu’autrefois, et de les instruire plus vite (1).
- RÉSULTATS OBTENUS
- 1° Les études dans les formations de l’Aéronautique. — Des centres d’études ont été créés dans les grandes formations de l’Aéronautique aux Armées, presque aussitôt après la signature de l’armistice, puis, à partir du mois de mars, dans tous les dépôts et écoles de l’intérieur.
- Un officier, choisi, autant que possible, parmi les anciens élèves des grandes écoles, et assisté d’un ou deux adjoints, est chargé de diriger l’instruction dans les divers centres et d’y organiser le travail individuel et collectif.
- Les officiers instructeurs de chaque centre reçoivent d’ailleurs des directives du Bureau des Etudes techniques et commerciales, 37, avenue Rapp, Paris, où est centralisée toute l’organisation de l’enseignement dans l’Aéronautique (2).
- Grâce aux ressources du Comité du Retour aux Etudes techniques, grâce aux réductions consenties par les éditeurs, des ouvrages techniques, choisis conformément aux programmes de la Commission de l’Enseignement, furent fournis aux élèves à des prix très réduits.
- Le nombre des livres ainsi vendus s’élève aujourd’hui à plus de S 000 (3) : 1 000 ouvrages de mathématiques, 1 800 de mécanique rationnelle et appliquée, 500 d’électricité, 150 de physique et de chimie; divers ouvrages sur les machines à vapeur, les moteurs à explosion et la métallurgie ; des cours et des traités de thermodynamique, de résistance des matériaux, de dessin industriel, d’économie politique, de législation industrielle et commerciale, de comptabilité, etc.
- D’une façon générale, le travail individuel a été préconisé, les jeunes gens désireux de travailler étant guidés dans leurs études par les officiers instructeurs; cependant, partout où la stabilité et l’homogénéité du personnel ont permis de le faire, en particulier dans tous les dépôts et écoles de l’intérieur, des cours
- (1) Le Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a signalé les dispositions prises à cet effet par quelques grandes écoles. Voir notamment : janvier-février 1918, p. 24; novembre-décembre 1918, p. 424; voir aussi « L’enseignement professionnel des Usines Berliet, par M. M. Lacoin (Bulletin de mars-avril 1918, p. 242).
- (2) Les chefs de ce service ont été successivement : le Capitaine Yerdurand, le Capitaine Pierrot, le Lieutenant Richard, chef de service actuel.
- (3) Plusieurs de ces ouvrages sont en deux ou trois volumes.
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- ont été organisés; ils ont fonctionné à plein rendement tant que la démobilisation a été lente, c’est-à-dire jusqu’au commencement de juillet. De sérieux progrès ont été constatés chez presque tous les élèves.
- La grande difficulté était de faire un classement parmi les élèves suivant leurs capacités ; deux catégories de cours ont été créées : des cours élémentaires et des cours supérieurs ; on ne pouvait songer à pousser la division de l’enseignement eu égard à la spécialité et au degré d’instruction de chacun ; inévitablement, cet enseignement porte uniquement sur les matières dont l’étude peut être utile à tous ; les sciences d’application ne peuvent être étudiées qu’individuelle ment.
- Des salles de cours et de dessin, éclairées et chauffées, sont installées ; du matériel de dessin a été fourni. Les principaux cours professés sont les suivants : Algèbre (cours élémentaire et supérieur), électricité (cours élémentaire), résistance des matériaux, dessin industriel (ce cours a obtenu dans tous les centres un grand succès), chimie industrielle, comptabilité commerciale et législation industrielle, anglais et allemand.
- Le nombre d’étudiants, qui ont suivi ces cours, s’est élevé jusqu’à 1 200 environ ; les élèves sont triés par les officiers chargés de leur instruction; des fiches individuelles ont été établies et sont tenues à jour dans le but de suivre et de contrôler les élèves dans leurs études ; elles sont annotées par l’officier directeur des cours et suivent les intéressés en cas de mutation.
- Aux armées, on ne pouvait songer à créer des cours suivis ; les unités sont, en effet, appelées à se déplacer trop souvent et trop à l’improviste pour que ces cours aient la continuité qui leur est indispensable ; une ou deux leçons manquées par un auditeur suffisent pour qu’il ne puisse plus suivre le reste du cours; il eût même été dangereux de vouloir organiser des cours sur ce principe : la réalisation de ce projet eût été vouée de suite à un échec certain, ce qui eût découragé élèves et professeurs. Aussi, la tâche de l’officier chargé de l’instruction dans chaque armée et dans chaque escadre, consiste-t-elle uniquement à organiser le travail individuel ou le travail par petits groupes étudiant la même matière; son rôle n’est donc pas celui d’un professeur, mais d’un organisateur et d’un conseiller; il guide tous ceux qui ont la ferme intention de travailler, mais qui, laissés à eux-mêmes, risquent de mal faire, dans le choix des matières à étudier et des ouvrages, dans la méthode de travail la plus fructueuse et la plus rapide, en suivant les directives données par le Bureau centralisateur des Etudes de Paris.
- Pour compléter l’enseignement technique ainsi organisé, des conférences, agrémentées de projections cinématographiques ou fixes, sont données sur des sujets pouvant intéresser tout le monde.
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- Pour l'Aéronautique seule, le nombre des jeunes gens, désireux de compléter ou de rafraîchir leurs connaissances et qui ont suivi ou suivent des cours ou travaillent -individuellement, grâce à l’impulsion et aux conseils donnés par l’œuvre du Retour aux Etudes techniques, dépasse actuellement 3 000, tous inscrits.
- Des bulletins de renseignements, publiés par le Bureau des Etudes, sont envoyés chaque semaine dans tous les centres ; ils ont pour but de renseigner les étudiants sur l’état actuel et les possibilités d’avenir des différentes branches de l’industrie et du commerce et sur les débouchés qui leur sont offerts (travaux publics, mines, métallurgie, industries chimiques, électricité, banque d’exportation, commerce colonial, agriculture, etc...)
- 40 bulletins de ce genre ont été envoyés à la date du 1er octobre.
- Des conférences sont faites périodiquement à Paris, dans l’hôtel de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, sur les nouveaux problèmes d’économie sociale et politique. Les officiers chargés de l’instruction dans les centres d’études ou, à leur défaut, leurs adjoints, sont convoqués à ces conférences, qui sont ensuite imprimées et répandues.
- Des visites d’usines sont organisées dans tous les centres des armées et de l’intérieur ; chaque visite est précédée d’une conférence sur Fusine, les principes de fabrication, les procédés employés, la description des ateliers, l’administration, le contrôle de la fabrication, le système de salaires adopté, etc... Un résumé de la conférence, auquel sont joints des croquis, est remis aux visiteurs. 80 visites semblables, dont 35 importantes, ont été faites à la date du 1er octobre.
- Aux armées, 35 usines ont été visitées en Lorraine, en Alsace, et dans le Bassin de la Sarre ; ce sont notamment : les Aciéries de Wendel, les Hauts Fourneaux de Burbach, les Installations électriques de Strasbourg, les Moulins d’Ilkirch, les Lainages Schwartz de Mulhouse, la Papeterie de l’Ile Napoléon à Mulhouse, la Papier-Fabrik-Glatz de Lembrecht, la Filature Schondal à Neustadt, la Papeterie de Neustadt, la Fabrique de ciment de Portland de Biebrich, les Aciéries Thyssen à Hagondange, les Laminoirs Wolf Netter et Jacob à Strasbourg, l’exploitation des gisements pétrolifères de Pechelbronn, etc. Ont été visitées également : les Usines Solvay à Dombasles, les filatures et tissages Lang à Nancy, les Hauts Fourneaux et Aciéries de Pompey, les aciéries de Neuves-Maisons, la sucrerie de Yerberie, les Laminoirs de Greil, les Usines de zinc de Greil, etc...
- De même, à l’intérieur, les officiers chargés de l’instruction dans les dépôts et les écoles, ont organisé la visite des usines de la région. Les usines Renault à Billancourt, l’usine Schneider à Champagne, la papeterie d’Essonnes, les
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- ateliers Thomson Houston de Paris, les Usines de Constructions mécaniques et agricoles et la fabrique de porcelaine de M. Marc Larchévêque à Yierzon, les usines de la Société alsacienne de Constructions mécaniques de Belfort, pour ne citer que les principales, ont été visitées.
- On voit d’après ce qui précède que, contrairement aux prévisions, l’enseignement, qui devait viser surtout les carrières industrielles, s’est considérablement élargi, et a dû s'étendre au commerce, à la finance. Le fait est dû à ce qu’un grand nombre de jeunes gens qui n’avaient pas suivi, avant d’être mobilisés, les cours d’une classe de mathématiques spéciales ont été un peu effrayés par le programme des connaissances générales qu’il est strictement indispensable de posséder pour devenir ingénieur. D’autre part, beaucoup de jeunes gens qui avaient fait du droit ou des lettres, par exemple, se sont tournés tout naturellement vers les carrières commerciales et financières. Il a fallu, d’ailleurs, tenir compte non seulement des désirs des élèves mais aussi des ressources locales en matériel d’enseignement et en professeurs.
- 2° Le placement des démobilisés. — Le service de placement prévu a commencé à fonctionner en janvier 1919; il comprend plusieurs officiers de l’Aéronautique et un personnel civil appointé. Son siège est dans l’hôtel de la Société d’Encourage ment, 44, rue de Rennes, à Paris
- Ce service a été créé dans le but de faciliter la recherche de places de stagiaires appointés aux jeunes gens mobilisés dont les études ont été interrompues par la guerre, et qui sont dans la nécessité de gagner leur vie dès le lendemain de leur libération. Mais il a accueilli et accueille encore toutes les demandes de places présentées par les démobilisés. Il ne borne pas ses recherches à la région parisienne : trois bureaux secondaires, en liaison avec le bureau central de Paris, fonctionnent à Lyon, à Marseille et à Bordeaux, avec, pour chacun d’eux, un officier et un secrétaire1 (2),qui font, sur place et dans la région environnante, des démarches auprès des établissements industriels ou commerciaux.
- De même, dans les écoles et dépôts de l’intérieur, les officiers chargés de la direction des centres d’études et leurs adjoints visitent les directeurs des entreprises de la région et étudient leurs besoins en personnel technique.
- Le service de placement a été amené à accueillir toutes les demandes de situations, même celles qui proviennent d’élèves diplômés d’écoles techniques
- (1) Les officiers directeurs de ce service ont été successivement : le Capitaine Pastré; le Capitaine Sabouret; le Capitaine de la Charie, directeur actuel.
- (2) A Lyon, le Sous-Lieutenant Rabain; à Marseille, le Sous-Lieutenant Lapesse ; à Bordeaux, le Lieutenant Berssuder.
- Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919.
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- et de jeunes gens cherchant des places de contremaîtres, de dessinateurs, etc. Il a été ainsi recueilli èt classé près de 9000 fiches mais le cas qui intéresse particulièrement l’œuvre, est toujours celui des jeunes gens qui, au moment de leur mobilisation, n’avaient pas encore été reçus dans une école technique, ou qui, ayant été reçus à une école, sont dans l’impossibilité d’y continuer leurs études-
- Pour faciliter le placement, il est fait usage de deux sortes de fiches : celle qu’établit le candidat, stagiaire ou non, qui cherche une place; celles qu’établissent les personnes qui offrent des places, de stagiaires ou d’autres. Un exemplaire de chacune de ces deux fiches est encarté dans le présent numéro. On y verra que la première indique, pour le candidat : son degré d’instruction, ses aptitudes, ses désirs, ses garanties morales (commandements exercés), ainsi que les chefs ou personnes pouvant donner des renseignements sur le candidat. Les deux sortes de fiches sont centralisées au Bureau de Paris, 44, rue de Rennes.
- L’activité du service de placement est passée par deux phases.
- En principe, elle devait se limiter aux stagiaires; mais, tout d’abord, la démobilisation a été lente, les jeunes mobilisés ne savaient pas encore très bien de quel côté s’orienter; puis, les centres d’études destinés à la préparation aux grandes écoles se créèrent et attirèrent un grand nombre de jeunes officiers. Pour toutes ces raisons, l’œuvre fonctionna d’abord surtout comme un véritable bureau de placement, fournissant des ouvriers exercés bien qualifiés, des contremaîtres, des comptables ou des ingénieurs ayant tous acquis, avant ou pendant la guerre, des connaissances spéciales, de la pratique, et capables de rendre immédiatement des services. Pendant cette première phase, le service du placement fut amené à fonctionner en liaison avec le Sous-Secrétariat à la Démobilisation, l’Union des Combattants et le Bureau des Cadres du Commerce et de l’Industrie créé, pour le même objet, par l’Association nationale d’Expansion économique. Toutefois, l’œuvre du Retour aux Études techniques a conservé la spécialité du placement du personnel technique et de l’industrie et, plus particulièrement, des ingénieurs. Même cette tâche spéciale n’était pas facile.
- La deuxième phase a commencé dès que la démobilisation s’est faite rapidement; les jeunes gens ont songé plus sérieusement à leur avenir, les futurs stagiaires se sont présentés en très grand nombre et ce nombre vient de s’accroître encore de tous ceux qui, ayant suivi les cours des centres d’études de l’Artillerie et du Génie, n’entreront pas dans les grandes écoles. En effet, beaucoup ne sont allés dans ces centres que parce qu’il y ont vu la possibilité de poursuivre leurs études dans des conditions avantageuses en attendant leur libération et aussi la possibilité, s’ils sont admis dans ces écoles, d’acquérir un titre qui leur permettra de trouver plus facilement une place dans l’industrie et qui, par consé-
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- quent, renoncent à entrer dans ces écoles. Les autres sont loin d’être sans valeur : d’abord, en fait, tous ces étudiants avaient déjà suivi des classes de mathématiques spéciales avant d’être mobilisés et représentaient, par suite, une certaine élite ; mais le nombre des élèves dans les centres d’études a été voisin de 3 000; il était impossible, même en doublant les promotions comme l’ont fait certaines écoles, d’en recevoir plus de quelques centaines; l’enseignement dans les centres d’études n'a point été donné non plus dans des conditions normales et tel candidat qui a échoué aurait pu réussir brillamment s’il s’était préparé dans un lycée ou un collège.
- Enfin, il n’est pas prouvé que le mode de formation directe des ingénieurs, par le stage en usine, ne donnera pas de meilleurs résultats que le procédé ancien qui consiste à passer par une école technique. De bons esprits, et ils sont nombreux, pensent qu’il est meilleur, en particulier parce que les études de trop longue durée font perdre le goût de l’action à un nombre considérable d’étudiants qui arrivent trop vieux à la pratique industrielle. En tout cas, c’est une expérience à tenter, expérience à laquelle, d’ailleurs, la nécessité nous oblige. L’expérience, il est vrai, ne sera pas tout à fait concluante car, si, en cas de succès, on la poursuit au delà de deux ou trois ans, il y manquera un facteur important, qui joue ici en faveur des anciens soldats : la maturité d’esprit, due à l’âge plus avancé sans doute, mais aussi et surtout acquise en faisant la guerre pendant plusieurs années.
- Quoi qu’il en soit, grâce à l’appui de la Société d’Encouragement et aux nombreuses démarches faites continuellement par les officiers du service de placement, un grand nombre de sociétés industrielles, commerciales ou financières se sont déjà engagées à prendre des stagiaires et à leur donner les facilités nécessaires pour faire, au cours de leur temps de stage, les études techniques correspondant à la spécialité qu’ils auront choisie. Il est encore impossible de fixer exactement le nombre des futurs candidats stagiaires : au 1er octobre, 1300 demandes avaient été formulées, dont un millier, au plus, pourront seules être retenues ; mais, maintenant que les jeunes classes vont être entièrement démobilisées, on doit s’attendre à recevoir plusieurs centaines de nouvelles demandes d’ici la fin de l’année. On peut estimer que 1 000 jeunes gens au moins, tant de l’Aéronautique que des autres armes, désireront entrer comme stagiaires dans les établissements industriels et commerciaux et bénéficier de l’œuvre accomplie.
- LA TACHE FUTURE
- On verra, en lisant l’annexe II ci-après, que la Société d’Encouragement s est engagée, au cas où la chose deviendrait nécessaire, à délivrer, après
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- examen satisfaisant, des diplômes spéciaux d’ingénieur aux stagiaires à la lin de leur stage en usine, ce stage pouvant durer, selon les cas, un, et même deux ans. La question revient à établir des programmes et à constituer des jurys d’examen. Mais ces programmes, en cours d’établissement, ne peuvent être utilement établis que si l’on est fixé d’ici peu sur le nombre des stagiaires placés et sur la spécialité qu’ils choisiront; il importe, en outre, de faire connaître ces programmes le plus tôt possible aux futurs candidats car leur connaissance peut déterminer leur choix. Or, les demandes de stagiaires qui n’ont pas encore reçu satisfaction sont extrêmement nombreuses. Ce sont plusieurs centaines de places de stagiaires qu’il faut trouver pour eux d’ici la fin de l’année.
- La Société d’Encouragement adresse donc un pressant appel à tous ses membres et les prie instamment de vouloir bien lui indiquer toutes les places de stagiaires dont ils pourraient avoir connaissance, ainsi que les industriels qui seraient disposés à prendre des stagiaires dans leurs usines. Nous attirons leur attention sur l’avantage qu’ils peuvent tirer de cette manière de faire, tout en contribuant à une œuvre de juste réparation. Nos jeunes protégés, en elfet, ne leur sont pas présentés au hasard : n’est pas stagiaire qui veut; un classement minutieux est opéré : il n’est retenu que ceux des candidats qui offrent toute garantie de donner satisfaction, c’est-à-dire ceux qui possèdent les qualités intellectuelles et morales, —jugement, énergie, activité, initiative, zèle, —jugées indispensables. Et, si l’on cherche à placer le futur stagiaire conformémentà sesdésirs, on s’efforce aussi, etplus encore, de n’adresser aux chefs d’industrie que des candidats satisfaisant aux conditions particulières imposées par celui qui offre une place. Cette satisfaction donnée à l’un et à l’autre, cette garantie réciproque sont de nature à assurer d’excellents rapports entre employeur et employé et, par conséquent, le succès de l’œuvre; car si le stagiaire a la quasi certitude de travailler pour un chef bienveillant, disposé à lui accorder plus tard une meilleure place dès qu’il l’aura méritée, d’autre part, le patron a aussi la quasi certitude de trouver plus tard un collaborateur précieux, formé comme il lui a plu, dans son usine même. Enfin, appelés tout d’abord à vivre avec les ouvriers, puis à rester en contact plus ou moins étroit avec eux dans la suite, les stagiaires peuvent exercer, dès leur entrée dans les ateliers, une action morale salutaire sur le personnel ouvrier. C’est donc, somme toute, un bon placement que font les chefs d’industrie en prenant des stagiaires.
- E. Lemaire,
- Agent général de la Société d’Encouragement, Secrétaire général du Comité du Retour aux Études techniques.
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- ANNEXE I
- AVERTISSEMENT (U
- Pour effacer les ruines de la guerre, pour prendre dans le monde la place que la victoire lui offre, l’industrie française a besoin d’un nombre considérable de techniciens, de beaucoup de techniciens, beaucoup plus qu’elle n'en occupait avant la guerre, deux, trois, peut-être cinq fois plus ; car il ne s’agit pas seulement de remplacer ceux qui ont disparu ni de relever les ruines, il faut encore s’atteler à des tâches nouvelles et très dures. C’est tout de suite que l’industrie a besoin de beaucoup d’hommes. Où les trouvera-t-elle?
- On ne peut rendre immédiatement des services dans une industrie quelconque sans posséder un minimum de connaissances, sans des études ou un apprentissage. Or les jeunes gens qui se préparaient aux carrières industrielles sont encore presque tous aux armées : ou bien la guerre a interrompu leurs études ou bien elle leur a enlevé le désir de les entreprendre. D’autres, qui n’y songeaient pas avant la guerre, veulent « faire de l’industrie. » Tous, forts de la maturité d’esprit acquise pendant quatre années de guerre, veulent produire, mener une vie active, utile, large.
- C’est à tous ces jeunes gens, pleins de bonne volonté mais désorientés, que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale (44, rue de Rennes, Paris, 6e) s’adresse ; à tous elle vient dire: Courage! Etudiez, travaillez; ne perdez pas une minute des heures de liberté que vos chefs vous accordent, et cela jusqu’au moment de votre libération. Profitez-en pour vous instruire. Nous vous aiderons. Suivez nos conseils et accordez-nous votre confiance. Vous tirer d’embarras n’est pas chose facile, mais nous étudions le problème et nous l’étudierons jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour tous les cas. Nous ne savons pas encore toujours au juste comment, mais nous sommes déjà certains de le résoudre car nous sommes assurés du concours de presque tous ceux gui peuvent et veulent vous être utiles. Nous sommes sûrs, dès maintenant, que vos efforts ne seront pas inutiles si vous, de votre côté, vous travaillez à vous instruire !
- Dès le mois de juin 1917, la Société d’Encouragement s’est occupée de vous. Une Commission, dite du Retour aux Études techniques, a été constituée. Elle a travaillé, elle a déjà obtenu des résultats ; elle en obtiendra d’autres et
- (1) Cet avertissement a précédé le nouveau tirage à part du programme de mathématiques mécanique et physique, élaboré par la Commission du Retour aux Études techniques; à partir de janvier 1919, un millier d’exemplaires de ce nouveau tirage à part ont été distribués gratuitement aux jeunes officiers et sous-officiers mobilisés.
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- elle vous en informera. Les programmes réduits qui suivent ne sont qu’une petite partie de son œuvre, mais l’essentielle, pour le moment, en ce qui vous concerne.
- Le général Duval, chef de l’Aéronautique aux Armées, a eu connaissance du programme de la Société d’Encouragement; il l’a approuvé; il travaille aujourd’hui en liaison, d’accord, avec elle. Il organise la reprise des études techniques et l’orientation professionnelle de son personnel en vue de l’œuvre de paix; il vous en fournit,, et continuera à vous en fournir les moyens matériels; il faut en profiter. Par lui, nous vous renseignerons sur tous les moyens capables de faciliter votre entrée dans l’industrie. N’oubliez pas cependant que vos connaissances personnelles sont le plus efficace de ces moyens, celui aussi d’améliorer plus tard votre situation, si grandes que soient la bonne volonté et la bienveillance des industriels disposés à vous accueillir.
- La plupart des jeunes gens mobilisés sont très désireux d’entrer immédia-ement dans l’industrie et de mettre sans délai « la main à la pâte », sou vent dans l’espoir d’être ainsi plus vite et mieux rémunérés. Ils commettraient une faute et compromettraient leur avenir en voulant aborder tout de suite, sans posséder un certain minimum de connaissances générales, l’étude de la spécialité qui les attire, par exemple, le moteur et le châssis d’automobile, le béton armé, les mines, les chemins de fer, l’électricité. Quelle que soit la spécialité à laquelle ils se destinent, loin de leur faire gagner du temps, cette façon de procéder les retarderait infailliblement. En effet, l’étude des spécialités, dans les livres ou autrement, suppose toujours connues les notions scientifiques qui sont la base de toute la technique. Ce sont ces sciences fondamentales, réduites au strict minimum, qui font l’objet du programme qui suit. Celui qui n’en possède pas au moins les éléments rencontrera à chaque instant, dans sa carrière, mille difficultés et, de plus, s’expose à de graves erreurs. Au contraire, s’il les a bien assimilées, l’étude d’une spécialité quelconque et la maîtrise dans cette spécialité deviennent chose relativement facile.
- Enfin, celui qui possède ces connaissances générales peut commencer sa carrière industrielle avec la certitude de pouvoir s’assimiler par la pratique n’importe quelle spécialité, même une autre que celle par laquelle il aurait débuté, à condition, bien entendu, de poursuivre en même temps les études théoriques particulières à cette spécialité.
- Paris, le 15 janvier 1919.
- Approuvé par M. Henry Le Ghatelier,
- Président de la Commission du Retour aux Études techniques.
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- LA FORMATION DES INGÉNIEURS PAR LE STAGE EN USINE.
- ANNEXE II
- LETTRE DE M. LINDET,
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- A M. LE GÉNÉRAL DU VAL, AIDE-MAJOR-GÉNÉRAL, CHEF DU SERVICE AÉRONAUTIQUE.
- Mon Cher Général,
- Paris, le 2 février 1919.
- Le Conseil de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale s’est réuni le 1er février et a examiné le vœu que vous m’avez adressé au sujet de la création des diplômes d’ingénieurs en faveur des jeunes gens mobilisés qui, après avoir acquis, pendant le temps qui les sépare de leur libération, les connaissances générales indispensables à tout ingénieur, auront accompli ensuite un stage dans l’industrie ou le commerce, stage au cours duquel ils compléteront leurs connaissances techniques.
- Notre Conseil a pris le soin, tout d’abord, de distinguer le cas des jeunes gens qui, au moment où ils ont été mobilisés, n’avaient pas encore été reçus dans une école technique, du cas de ceux qui, au contraire, avaient passé avec succès le concours d’entrée à une école ou y avaient même déjà commencé leurs études. Les premiers seuls peuvent être aidés par notre œuvre puisque les autres bénéficient de l’accourcissement de la durée de scolarité adopté jusqu’ici par la plupart des établissements d’enseignement technique (Ecole supérieure des Mines, Ecole centrale des Arts et Manufactures, Institut agronomique, Institut de Chimie appliquée, etc.).
- Notre Conseil a pris en considération la maturité d’esprit acquise par ces jeunes gens pendant la guerre, le dommage qu’elle leur a causé et les efforts qu’ils ont déjà fournis pendant les hostilités ; il estime, comme vous, que l’effort intellectuel nouveau, qui leur est demandé jusqu’à leur libération, puis pendant leur stage, ne se soutiendra que s’ils ont la perspective d’une sanction de cet effort. La meilleure sanction est, à n’en pas douter, la situation brillante qu’ils pourront se créer dans l’industrie ou dans le commerce. Toutefois, notre Conseil a décidé que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale délivrera des diplômes d’études techniques, dont les programmes d’examen,
- (1) Cette lettre a été portée à la connaissance du personnel de l’Aéronautique par insertion in extenso dans la note n° 10 concernant l’Orpanisalion des Études techniques et commerciales dans l’Aéronautique, publiée parles soins de l’État-Major du Grand Quartier Général des Armées françaises de l’Est.
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- 232 COMMISSION DU RETOUR AUX ÉTUDES TECHNIQUES. -------- SEPT.-OCT. 1919.
- établis par elle, correspondront aux différentes spécialités que ces jeunes gens auront étudiées après leur libération (mines, métallurgie, construction, mécanique, électricité, commerce, etc.) ; elle recherchera, en outre, sous quelle forme et dans quelle mesure les écoles techniques pourraient participer à l’élaboration des programmes d’examen, à la composition des jurys et à la délivrance des diplômes.
- Agréez, mon Cher Général, l’expression de mes sentiments de haute considération.
- Le Président,
- L. Lindet.
- ANNEXE III
- LISTE DES SOUSCRIPTEURS QUI ONT SUBVENTIONNÉ LE COMITÉ DU RETOUR AUX ÉTUDES TECHNIQUES
- francs.
- Société (l’Encouragement pour l’Industrie nationale.................... 10 000
- Syndicat des Entreprises de Travaux
- publics et du Bâtiment........... 3 000
- Banque de l’Indo-Chine.................. 300
- Société centrale des Banques de province................................... 250
- Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie 500
- MM. Noilly Prat et Cie.............. 1 000
- Société anonyme A. André fils ... 1 000
- Société de Constructions des Bati-
- gnolles.............................. 500
- Banque Rothschild. ................... 1 000
- Bai’on H. de Rothschild................. 500
- Baronne H. de Rothschild................ 500
- Société anonyme des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-
- Mousson.............................. 400
- MM. Schneider et Cie................ 1 000
- Comptoir national d’Escompte de
- Paris................................ 500
- Banque privée........................... 200
- Société lorraine des anciens Établissements de Dietrich et Cie............ 1 000
- Banque française et italienne pour
- l’Amérique du Sud.................... 500
- MM. Michelin et Cie................... 2 000
- Compagnie des Forges et Aciéries de
- la Marine et d’Homécourt .... 1 000
- Tréfileries et Laminoirs du Havre. . 2 000
- A reporter................... 27 350
- francs.
- Report.................... 27 350
- Société française radio-électrioue. . 500
- Établissements Morane............ 500
- MM. R. et G. Caudron............. 500
- MM. H. et M. Farman.............. 200
- Société des Établissements Gaumont. 200
- Société des Automobiles Brasier . . 50
- MM. Bénard-Barbier et Turenne, successeur.............................. 1 000
- Chambre syndicale des Industries
- aéronautiques..................... 3 000
- Hôtel Rull, à Nice............... 400
- Fonderies et ateliers de la Courneuve.................................. 500
- Société anonyme des Hauts Fourneaux, Forges et Aciéries de Pom-
- pey........................... 300
- Comité des Forges de France . . . . 5 000
- Comité central des Houillères de
- France............................ 5 000
- M. Jean Schneider................ 300
- Chambre de Commerce de Dijon , . 100
- « Aux Trois Quartiers ».......... 100
- Chambre syndicale des Fabricants de
- tissus de Saint-Étienne....... 100
- Collecte faite par le lieutenant Tête
- (Le Havre).................... 100
- M. Yerdeau........................... 500
- Compagnie des Forges et Aciéries. . 500
- Total....................... 46 200
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- Reconstitution de l’Association internationale du Congrès des Chemins de fer,
- SOUS LE NOM DE
- ASSOCIATION INTERNATIONALE DES CHEMINS DE FER
- L’Association internationale du Congrès des Chemins de Fer vient d’être reconstituée sous le nom d’<* Association internationale des Chemins de Fer. »
- Voici quelques notes sur l’origine, les travaux et le but de cette institution.
- Elle fut, avec l’Institut de Droit international, l’une des premières associations scientifiques internationales, actuellement si nombreuses.
- Les bases de l’Association furent posées au Congrès convoqué à Bruxelles en 1885 par le Gouvernement belge pour célébrer le cinquantième anniversaire de ses chemins de fer.
- Dans cette première réunion, de même que dans les sessions suivantes, les délégués s’occupèrent exclusivement de l’étude et de la discussion d’un certain nombre de questions techniques ou administratives ayant pour but de faire progresser la science des chemins de fer.
- Et cependant, l’initiateur de cette réunion, le premier président de la Commission permanente de l’Association, M. Fassiaux, avait eu, au début, une idée quelque peu différente : c’était de réaliser une Union ferrée à l’instar des Unions postale et télégraphique. Mais il se convainquit peu à peu qu’elle était irréalisable et se dévoua ensuite complètement à cette autre idée de créer un centre permanent pour la réunion de congrès scientifiques périodiques.
- La Commission permanente, instituée par le premier Congrès, se réunit à Bruxelles le 20 février 1886.
- L’un de ses premiers soins fut de rédiger un projet de statuts dont le texte définitif fut adopté à la session de Milan en 1887. Les modifications qui y furent apportées depuis sont peu importantes.
- L’Association se compose d’administrations de chemins de fer d’états et d’administrations concessionnaires ou exploitantes de chemins de fer d’intérêt public qui ont fait acte d’adhésion et ont été admises par la Commission permanente. Pour qu’une demande d’admission puisse être accueillie, il faut, notamment,que le chemin de fer soit ouvert au service public et qu’il ait un développement minimum de 100 kilomètres pour la traction mécanique ou électrique, de 50 kilomètres pour les lignes à crémaillère ou analogues.
- Cesadministrations de chemins de fer, qui sont les membres actifs de l’Association, peuvent nommer chacune aux sessions un nombre de délégués proportionnel à l’étendue de son réseau, mais limité à huit au maximum.
- Les gouvernements des pays auxquels s’étend l’association sont invités par le Gou-
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- CHEMINS DE FER.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- vernement belge, par la voie diplomatique, à y accorder leur adhésion. Ils fixent eux-mêmes leur contribution annuelle à l’Association et en deviennent ainsi membres protecteurs. Lors des sessions, chaque gouvernement désigne, par la voie diplomatique, un nombre de délégués en rapport avec sa subvention annuelle.
- L’Association est représentée par une Commission permanente qui est élue par elle et qui a son siège à Bruxelles. Cette Commission se compose actuellement des anciens présidents de session, membres de droit, et de 45 membres élus ; elle a pour président M. V. Tondelier, administrateur-président du Comité de direction des Chemins de fer de l’État belge, et pour secrétaire général, M. L. Weissenbruch, Ingénieur en Chef, directeur d’administration des mêmes chemins de fer.
- Dans la première séance qui suit un congrès, la Commission permanente délègue cinq de ses membres qui forment un Comité de Direction avec le président de la Commission. Le Comité est chargé de l’expédition des affaires courantes, de la gestion des finances, ainsi que de la surveillance et de la direction de tous les travaux, études et publications, de la rédaction du Bulletin, de la conservation de la bibliothèque et des archives.
- Les principaux changements indiqués par la pratique aux dispositions des statuts sont l’espacement régulier de cinq ans au lieu de deux ans entre les sessions, la limitation des questions à quatre pour chacune des cinq sections (voies et travaux, traction et matériel, exploitation, ordre général, chemins de fer économiques), la nomination, pour chaque question, de plusieurs rapporteurs : un pour chaque groupe de pays.
- Le tableau ci-après donne la liste des sessions de l’Association avec, pour chacune d’elles, le nombre des gouvernements, membres protecteurs, et des administrations de chemins de fer; membres effectifs, l’étendue des chemins de fer représentés et le nombre des délégués :
- SESSIONS GOUVERNEMENTS. NOMBRE de KÉSEAUX. KILOMÉTRAGE. NOM DE DÉ désignés. B RE LÉGUÉS. présents.
- 1. Bruxelles . 1883 19 131 50.000 361 289
- 2. Milan . 1887 26 165 53.867 413 332
- 3. Paris . 1889 34 208 168.339 673 591
- 4. Saint-Pétersbourg . . . 1892 47 262 207.420 788 374
- 5. Londres . 1893 43 326 276 427 1.048 793
- 6. Paris . 1900 48 338 336.345 1.265 911
- 7. Washington . 1903 44 409 308.004 1.206 582
- S. Berne . 1910 48 420 579.123 1.370 799
- Ce tableau montre combien le développement de l’Association a été rapide.
- Les questions traitées dans ces différentes sessions touchent à toutes les branches de l’activité des railways, à leur construction, leur exploitation, leur administration et leur législation. Les rapports qui ont servi de base aux discussions et aux résolutions sont surtout d’une très grande valeur parce qu’ils résultent d’enquêtes approfondies auprès de toutes les administrations de chemins de for. On a ainsi réuni des matériaux extrêmement précieux qui ont été mis en ordre avec beaucoup de science et de talent par des spécialistes expérimentés.
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- CONSTITUTION DE ^ASSOCIATION INTERNATIONALE DES CHEMINS DE FER. 235
- Ces rapports forment une série demonographies dont l’ensemble constitue une encyclopédie que tout administrateur ou tout ingénieur de chemin de fer a un intérêt direct à posséder toujours à sa portée.
- Les discussions ont été la plupart du temps conduites à un point de vue élevé et les échanges de vues qui s’y sont produits ont permis de compléter utilement les enquêtes des rapporteurs.
- L’Association a publié jusqu’en 1914 un Bulletin mensuel contenant, outre des articles originaux sur toutes les questions concernant spécialement la technique, l’exploitation et l’organisation des chemins de fer, des reproductions des articles les plus intéressants parus dans les revues de chemins de fer du monde entier et des comptes rendus détaillés des ouvrages traitant des questions de chemins de fer.
- Le Bulletin contient aussi tous les exposés des questions traitées dans les sessions de l’Association, ainsi que les comptes rendus complets des discussions.
- Édité en langue française depuis son origine, en 1887, le Bulletin possède également une édition anglaise depuis 1896.
- Des tirés à part des rapports publiés dans le Bulletin sont remis aux délégués afin de leur permettre de se préparer aux discussions des sections.
- Enfin,- un compte rendu complet de la session,comprenant les exposés et les discussions se rapportantaux diverses questions, est envoyé aux déléguésaprès chaque session.
- Dans la séance de clôture de la huitième session (Berne, 1910), où a été célébré le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l’Association, l’assemblée plénière avait décidé que la neuvième session auraitlieu à Berlin en 1915.
- Les préparatifs de cette session étaient très avancées en 1914, quand s’est produite la déclaration de guerre de l’Allemagne à la Belgique. L’envahissement du pays et les mesures prises par /'autorité occupante ont eu pour conséquence de paralyser l’activité de l’Association pendant près de cinq ans.
- Après le retour du Gouvernement belge, l’Association a été mise sous séquestre, en vertu delà loi belge du 10 novembre 1918, parce qu’une partie de son avoir appartenait à des sujets de nations ennemies.
- Le séquestre ayant ordonné la dissolution et la liquidation de la Société, les administrations de chemins de fer, membres effectifs de l’Association, appartenant à 35 pays d’Europe ou hors d’Europe, ont décidé de transmettre leur avoir à une Association fondée exactement sur les mêmes bases qu’auparavant et dénommée : « Association internationale des Chemins de fer. »
- Ces pays sont :
- Argentine ;
- Belgique et colonie; Bolivie ;
- Brésil;
- Chili ;
- Chine ;
- Costa-Rica:
- Cuba ;
- Danemark ;
- République dominicaine; Égypte ;
- Équateur :
- Espagne
- États-Unis d’Amérique; France, Algérie, Tunisie et colonies;
- Grande-Bretagne et Irlande; Empire des Indes, protectorats et colonies ;
- Grèce ;
- Haïti:
- Italie ;
- Japon ;
- Luxembourg ;
- Mexique :
- Nicaragua
- Norvège;
- Paraguay ;
- Pays-Bas et colonies; Pérou ;
- Portugal et colonies ; Roumanie ;
- Salvador;
- Serbie ;
- Siam ;
- Suède;
- Suisse;
- Uruguay.
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- CHEMINS DE FER.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- Le Comité de Direction, qui a reçu des membres effectifs pleins pouvoir à cet effet, amis ces résolutions à exécution.
- Les statuts de l’Association dissoute n’ont pas été modifiés. On s’est borné à y ajouter un article 3 bis ainsi conçu :
- « La Commission permanente détermine par un vote écrit, à la majorité des trois quarts des voix de tous ses membres, les pays auxquels s’étend l’Association. »
- Comme première manifestation de la reprise de l’activité de l’Association, le Comité de Direction recommencera prochainement la publication de son Bulletin mensuel.
- La Commission permanente, qui sera convoquée à bref délai, aura notamment à se prononcer sur le lieu et l’époque de la neuvième session, dans laquelle les statuts définitifs devront être discutés par l’Assemblée plénière et approuvés par elle.
- De précieux encouragements ont, été adressés de toutes parts au Comité de Direction, et celui-ci a tout lieu d’espérer que 1’ « Association internationale des Chemins de fer » continuera à poursuivre avec plus de fruit que jamais le but que s’était assigné sa devancière : favoriser les progrès de la science et de l’exploitation des chemins de fer.
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- CULTURE MÉCANIQUE
- Utilisation agricole des camions automobiles.
- On a envisagé, depuis longtemps, l’utilisation agricole des camions automobiles. La question fut posée en janvier 1915 par un ancien ministre de l’Agriculture, M. Clé-mentel, qui était à l’époque président de la Commission du Budget à la Chambre des Députés. Les études furent commencées à la suite d’une décision du 24 février 1915 de M. Fernand David, ministre de l’Agriculture (1). On se préoccupait alors de préparer des projets à appliquer immédiatement dès la fin de la guerre, qu’on espérait prochaine. La prolongation des hostilités détourna l’attention sur d’autres questions : les restrictions, le ravitaillement, les taxations, etc.; certes, si le présent était angoissant, ce n’était pas une raison pour perdre de vue l’avenir, surtout l’avenir de l’agriculture qui est seule capable de relever le pays.
- Tout en réservant très largement les intérêts de l’industrie et du commerce, le projet de M. Clémentel avait pour but principal de venir en aide aux agriculteurs en leur permettant d’avoir, à un prix relativement bas, des appareils constituant, bien entendu, des moyens de fortune destinés à suppléer temporairement à la diminution de la main-d’œuvre et des animaux de travail qui devait être fatalement consécutive de la guerre. Il était à prévoir que le prix des appareils de culture mécanique construits en France,' ou importés d’Angleterre et des États-Unis, subirait une hausse à la fin des hostilités, et que les cultivateurs supporteraient seuls ces augmentations des prix d’achat des appareils et de toutes les machines agricoles. Mais on ne prévoyait pas, en 1915,. l’état de choses actuel, la raréfaction des matières premières, la réduction brutale à 8 heures de la journée de travail, le cours du change, l’atténuation de l’ardeur à la besogne, etc., conditions qui ont fait hausser tous les prix d’une façon formidable, conduisant fatalement à la vie chère.
- L’utilisation agricole des camions automobiles déjà usagés ne pouvait avoir qu’une durée limitée, prévue à 4 ou 5 ans tout au plus, c’est-à-dire au temps minimum nécessaire à la reconstitution des stocks de matières premières indispensables aux constructions mécaniques ; elle ne pouvait donc pas porter ombrage à la fabrication d’appareils nouveaux spécialement adaptés à la culture, d’autant plus qu’il était impossible à cette construction de prendre, chez nous, un très grand développement immédiatement après la fin.de la guerre, laquelle devait conduire à des modifications
- '1) Culture mécanique, t. 1IJ, p. 133.
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- 238 CULTURE MÉCANIQUE. ------- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- profondes de nos conditions économiques de production, faciles à prévoir dans leur ensemble mais difficiles à bien déterminer d’avance.
- D’autre part, les transformations qu’on aurait eu à faire subir à un certain nombre de camions pour les adapter le mieux possible aux besoins de la culture, permettaient de fournir du travail à nos constructeurs* et aux fabrications de guerre dès la cessation des hostilités, afin d'atténuer dans la mesure du possible le chômage à prévoir dans un grand nombre d’ateliers.
- Si les gens de 1915 envisageaient sérieusement ces problèmes d’après guerre, ceux qui suivirent, vivant au jour le jour, ne s’en sont guère préoccupés, et le résultat de cette négligence a pu être constaté par le désarroi dans lequel fut jetée l’industrie, surprise, pour ainsi dire brusquement, sans préparation, par l’armistice du 11 novembre 1918.
- Enfin, si l’utilisation agricole des camions automobiles pouvait se réaliser pratiquement, elle offrait des emplois à beaucoup d’automobilistes militaires dès leur démobilisation ; on avait des chances de diriger ainsi un certain nombre de citadins vers les campagnes.
- Les différents appareils envisagés devaient être affectés d’abord aux départements victimes de l’invasion, au fur et à mesure des besoins de leur reconstitution agricole ; puis, au reste du pays en les mettant à la disposition des collectivités, syndicats ou coopératives appartenant à des régions favorables à l’emploi des appareils et à la culture des céréales qu’il y avait lieu de développer le plus possible, afin de diminuer nos importations ; en dernier lieu, un certain nombre d’appareils devaient pouvoir être vendus à des entrepreneurs de travaux et à des particuliers sous certaines conditions à déterminer.
- Le programme général comportait donc à la fois une partie technique et une partie administrative, cette dernière comprenant l’élaboration des divers règlements concernant l’application du projet que nous étions chargés d’étudier.
- Si le programme fut abandonné en France par l’administration, un petit nombre de personnes continuèrent de s’en occuper et même passèrent à la réalisation pratique, laquelle, plus répandue, pourrait donner du travail à plusieurs ateliers. Ajoutons que ces projets, qui furent publiés en France, ont été connus aux États-Unis et furent appliqués dès juin 1915, aux camions automobiles, puis à l’utilisation agricole des voitures de tourisme.
- Au point de vue technique, il y avait à étudier trois groupes d’utilisation du matériel déjà usagé, après modifications et réparations :
- a) Utilisation des moteurs qu’on destinait à actionner diverses petites usines collectives : broyage et concassage des grains, cidreries, celliers, beurreries, boulangeries rurales, services communaux de distribution d’eau et d’éclairage, etc. ;
- b) Utilisation des camions avec adjonction de remorques (ayant des ridelles, des cornes et des coffres appropriés) pour effectuer des transports collectifs ou communaux, sortes de messageries rurales pour divers produits : engrais, amendements, grains, fourrages et pailles, racines et tubercules, tourteaux, charbon, animaux, etc.;
- c) Utilisation des camions pour effectuer les divers travaux de culture et de récolte.
- L’examen rapide que nous allons faire de ces transformations pourra peut-être inciter des constructeurs à entreprendre ces travaux au profit de tous, car il y a en ce
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- UTILISATION AGHICOLE DÈS CAMIONS AUTOMOBILES. 239
- moment un matériel important qu'on liquide au prix de la ferraille, en occasionnant un appauvrissement général au pays. — Inutile d’ajouter que ces utilisations ne présentent de l’intérêt que pour du matériel usagé pouvant acquérir une valeur appréciable après transformation, et qu'il ne s’agit pas d’opérer sur des camions neufs, ou à l’état de neuf, lesquels rendront toujours plus de services en conservant leur première destination.
- a) Moteurs. — L’utilisation agricole des moteurs d'anciennes voitures automobiles n’est pas récente. Nous pouvons citer une application qui fut faite en 1905 (1' dans une exploitation agricole possédant une vieille voiture de Dietricb, de 9 chevaux (modèle 1900) ; voulant s’en défaire, le fermier ne trouvait preneur que pour une somme dérisoire; il résolut de garder l’automobile pour l’utiliser aux travaux de la ferme.
- Sans rien changer à la carrosserie, la voiture a été placée de telle façon que le dernier arbre du changement de vitesse, pourvu d’une poulie, commande par courroie un arbre intermédiaire porté par des chaises dont le bâti est fixé sur le sol ; une autre poulie, clavetée sur cet arbre, actionne, avec une courroie, la machine à battre disposée sous le hangar. La batteuse en travers, à simple nettoyage, nécessitait une dépense d’environ 7 litres d’essence minérale par heure de travail.
- Dans cet exemple, il s’agit d’une voiture de tourisme ; il montre que d’anciens modèles d’automobiles, qu’on peut se procurer à bas prix, convenablement aménagés, peuvent être économiquement employés dans une exploitation agricole pour actionner diverses machines et pour faire des transports au marché voisin; de semblables utilisations peuvent aussi intéresser bon nombre d’ateliers ruraux de mécaniciens, charrons, etc.
- Il est préférable de retirer le moteur du châssis pour le lixer sur un bâti en fonte de forme appropriée, analogue à ceux qui constituent les bancs d’essais chez les constructeurs. Le bâti en question remplace les longerons du châssis pour recevoir les pattes du carter du moteur.
- Pour certaines applications, il est bon de prévoir un réducteur de vitesse, en commandant, par un pignon calé sur l’arbre du moteur et une roue dentée, un arbre intermédiaire tournant à 120 ou 150 tours par minute, comme on en voit de nombreux exemples dans l’installation des réceptrices. Il convient d’employer, pour cette transmission, des engrenages à chevrons, ou un pignon en cuir vert.
- Le bâti du moteur peut être installé à poste fixe; on peut le monter en locomobile sur quatre galets en fonte, ou sur un traîneau {1 2L
- Le moteur léger, à grande vitesse angulaire comme celui des automobiles, dont les plus lourds ne pèsent souvent pas 20 kg par cheval, ne peut être rendu stable qu’en surchargeant le bâti avec des matériaux divers, comme par exemple des pierres ou de la terre logée dans des coffres. Quand on veut transformer un de ces moteurs en machine lixe en le boulonnant seulement sur un petit socle, on constate qu’il ne tient pas, car on oublie que, dans l’automobile, la stabilité est assurée par le poids de la voiture ; il y a donc un rapport à observer non pas d’après le poids propre du moteur ou ses dimensions, mais entre sa puissance maximum et le poids total du bâti. Nous
- (1) Journal d’Agriculture pratique, 1906, t. II, p. 12 : Batteuse mue par une automobile.
- (2) Gévie rural appliqué aux Colonies, fig. 773, p. 641.
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- CULTURE MÉCANIQUE. -- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- croyons qu’un poids total (moteur, accessoires, réservoir d’eau et bâti) de 100 à 200 kg par cheval (*), doit assurer la stabilité désirable.
- Lorsque l’affectation de la machine est bien définie, on doit établir un groupe moteur : pompe, scie, génératrice, etc.
- Dans ces utilisations, on a intérêt à supprimer le radiateur et le ventilateur, en refroidissant le moteur avec un réservoir d’eau. Si le moteur est pourvu d’une pompe, il faut la conserver, car le diamètre du tuyau d’échappement d’eau chaude ne serait pas suffisant pour assurer la circulation nécessaire de l’eau de refroidissement, si l’on voulait fonctionner en thermosiphon.
- Il y a intérêt à supprimer le pot d’échappement qui occasionne toujours une résistance ; le bruit qui résulte de cette suppression n’a pas d’inconvénients pour nos applications agricoles ; cette suppression présente l’avantage de réduire la consommation de combustible.
- Enfin, il y a lieu d’employer du pétrole lampant à la place de l’essence, ou du gaz pauvre en appliquant le gazogène Hernu dont nous parlerons plus loin.
- b) Transports. — L’utilisation des camions pour les transports agricoles n’offre pas de grandes difficultés; les modifications ou adjonctions à apporter aux modèles courants sont de faible importance.
- Nos voies, champs, chemins en terre généralement entrés médiocre état, chemins garnis d’ornières, etc, sont mauvaises au point de vue du‘coefficient de roulement. D’après nos essais (2), sur une voie horizontale, les coefficients de roulement suivants diffèrent notablement de ceux applicables aux camions affectés à des transports industriels :
- Terrain marécageux........................ 0,250 à 0,400
- Nouveau labour............................ 0,200 à 0,250
- Vieux labour tassé.........................0,117 à 0,180
- Sol sableux très meuble....................0,110 à 0,150
- Praii’ie naturelle de fauche récente . . . 0,096 à 0,113
- Éteule.......................: . . . 0,088 à 0,090
- Vieille luzerne........................... 0,050 à 0,066
- Empierrement (suivant son état). . . . 0,020 à 0,044
- Pavé............................... 0,009 à 0,024
- Pour les charrois d’automne, les plus importants et les plus difficiles en culture, le coefficient de roulement est 7 fois plus élevé que pour les transports industriels sur les voies en empierrement ou pavées; de plus, nous avons beaucoup de champs présentant des pentes de 0,15. D’autre part, le coefficient d’utilisation du camion varie de 0,4 à 0,6 au plus ; avec le coefficient moyen d’utilisation de 0, 5, pour une charge utile transportée de 3 000 kg, le poids total (tare et chargement) est de 6000 kg que peuvent supporter les routes, mais non la mauvaise voie de nos champs. Avec ce poids de 6000 kg, l’effort moyen nécessaire au roulement seul du véhicule (non compris les autres résistances passives, la transmission, etc.), serait de 120 kg sur route et de 840 kg dans les champs. Enfin, la pression par centimètre de largeur de bandage peut être relativement élevée sur une route empierrée ou
- (1) Dans un de nos essais, avec un moteur à deux pistons ayant le même calage des manivelles, il nous a’fallu porter le poids à un peu plus de 250 kg, par suite du mauvais équilibrage du moteur.
- (2) Traité de Mécanique expérimentale ; Génie Rural appliqué aux Colonies, p. 647.
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- pavée, toujours résistante, alors qu’elle doit être fortement réduite dans les champs pour atténuer l’enfoncement des roues.
- Ce qui précède montre qu’il y a une étude particulière à faire au sujet des roues et des essais à poursuivre en vue de l’adaptation des camions aux transports ruraux.
- Une autre étude est à faire au sujet de l’appropriation du coffre de chargement(1), étant donnés la nature et le poids du mètre cuhe des marchandises à transporter.
- Certains produits, comme les engrais chimiques et les grains logés dans des sacs, la marne ou la chaux mise en vrac, peuvent se charger dans des coffres ordinaires avec un panneau arrière, ou hayon, facile à retirer. Pour les racines et les tubercules, le coffre doit être remplacé par une benne basculante. Il faut ajouter des cornes ou fourragères pour les transports des gerbes et des fourrages constituant des marchandises encombrantes (nous laissons de côté les transports spéciaux de terre, de pierres, de bois, de charbon, etc.).
- Pour donner une idée du poids maximum de marchandises à transporter par
- hectare, nous citerons les chiffres suivants :
- kg.
- I Chlorure de potassium.......... 100 à 150
- Nitrates....................... 100 à 200
- Kaïnite........................ 300 à 400
- Superphosphates................ 400|à 500
- Scories........................ 500 à 600
- Engrais organiques (sang, cornes).................. 200 à 300
- / Marne.............................. 15 000 à 150 000
- Amendements, j Plâtre............................... 1 000 à 1500
- ( Chaux............................... 1 200 à 2 500
- Fumier (tous les trois ans)........................ 30 000 à 60 000 (2)
- Semences (céréales)................................ 100 à 200
- Fourrages........................................... 10 000 à 20 000
- Céréales............................................. 6 000 à 10 000
- Tubercules.......................................... 20 000 à 40 000
- Racines............................................ 40)000 à 60 000
- Ajoutons que le débardage des récoltes d’automne, dans les terres généralement détrempées par les pluies, est des plus pénibles : une automobile de tourisme ne peut même pas avancer dans ces champs, à plus forte raison un camion automobile. Nous avons proposé, en 1910, la solution suivante : un attelage conduit à l’extrémité du champ la voiture vide tirant derrière elle un câble qui se déroule du treuil d’un tracteur-treuil placé sur le chemin ; c’est le treuil qui est chargé de faire avancer la voiture par bonds successifs, en l’arrêtant devant les tas de racines pour donner au personnel le temps de les jeter dans le coffre. Après son arrivée sur le chemin, la voiture est emmenée à la ferme par un attelage ou par un camion automobile et, si ce dernier est assez puissant, on peut lui faire remorquer deux voitures chargées, car le poids total de nos véhicules (tare et chargement) devant débarder les récoltes d’automne ne doit pas, économiquement, dépasser une certaine limite
- Les voitures à employer doivent être disposées afin qu’on puisse les faire tirer
- (1) Des exemples de ces transports employés aux États-Unis ont été donnés dans la Culture mécanique, t. IV, p. 73; t. VI, p. 140.
- (2) Constitué surtout par de l’eau, Aménagement des Fumiers et des Purins, p. 41.
- Tome 131. — 2e semestre. —Septembre-Octobre ,1919. 16
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- indistinctement par un attelage ou par un tracteur, sans [qu on soit obligé à des manœuvres compliquées.
- Tous ces transports ruraux doivent se faire à une vitesse de 2 mètres, ou, au plus et dans les cas les plus favorables, de 3m,50 par seconde (7 à 12 kilomètres à l’heure) ; nous sommes loin des vitesses données aux camions automobiles actuels. La vitesse de 7 kilomètres à l’heure, qui sera le plus fréquemment adoptée, engage à étudier des bandages de roues moins coûteux que ceux en caoutchouc; il en est de même pour ce qui concerne la suspension des véhicules.
- Pour les transports sur route, il convient d’atteler un ou plusieurs véhicules au camion ; on peut adopter des remorques à deux roues, comme on en a établi dans les dernières années de la guerre ; la remorque à quatre roues sera d’une application plus générale. Il faut prévoir l’attelage au camion et les attelages des voitures dont la dernière doit être munie d’un frein si le profil en long de la voie offre des pentes, ce qui est le cas de beaucoup le plus fréquent.
- L’attelage de plusieurs véhicules successifs, à avant-train comme les chariots ordinairement employés dans les exploitations rurales, donne lieu à des difficultés dans les tournants (1) : le rayon de virage diminue d’un mètre environ à chaque voiture, de sorte qu’il n’est plus possible de faire passer le train dans les tournants courts que présentent un grand nombre de nos chemins ruraux et les rues des agglomérations rurales. On peut tourner la difficulté en employant des véhicules spéciaux établis sur les types de ceux qui sont utilisés aux Étais Unis pour constituer les trains routiers tirés par des tracteurs.
- Parmi d’autres questions à examiner pour l’application des camions automobiles aux transports ruraux, surtout pour nos colonies, nous pouvons appeler l’attention sur la nature du combustible, qui doit être à aussi bas prix que possible pour réduire les dépenses de la tonne kilométrique ; le même problème se pose d’ailleurs pour les tracteurs et nous avons eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises dans le Bulletin, surtout à propos de l’emploi du gaz pauvre(2) 3. Dans cet ordre d idées, nous pouvons citer un modèle récent(3j étudié par M. Henri Hernu, ingénieur, 44, avenue Jacqueminot, à Meudon (Seine-et-Oise) ; dans son gazogène, la vapor sation de l’eau, qui s’effectue autour du foyer et dans la voûte de la partie supérieure du foyer, se règle automatiquement et est proportionnelle au volume de gaz aspiré par le moteur. Le gazogène est complété par un épurateur-refroidisse ur à force centrifuge.
- L’ensemble, gazogène et épurateur Hernu, est de petites dimensions; il s’installe, avec le ventilateur de mise eh route, sur le marchepied de gauche d’un camion auto-' mobile ordinaire sans qu’on soit obligé de modifier le moteur.
- L’allumage du gazogène Hernu demande 5 ou 6 minutes; mais, avant le départ, il est bon de laisser tourner le moteur à vide pendant une ou deux minutes afin que le gazogène prenne son régime normal.
- Des essais comparatifs ont été effectués avec un camion militaire Berliet, du type
- (1) La difficulté avait été résolue par un accouplement spécial assurant le tournant correct des voitures du train du colonel Charles Renard, en 1903, et dans celles du système Arnoux, utilisé sur la ligne de Paris à Sceaux et à Limours, qui fonctionna de 1846 à 1881.
- (2) Tracteurs à gaz pauvre, Bulletin de janvier-février 1919, p. 185.
- (3) Journal d'Agriculture pratique, n° 11, du 17 avril 1919, p. 223.
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- autobus, de 4 tonnes, chargé successivement de 2600, 3100 et 3200 kg. Les essais sur route ont eu une durée de 8 heures. Les consommations correspondantes étaient, pour l’exécution du même travail (poids du chargement, parcours et vitesses) de 4 et de 5 kg d’essence minérale par heure, ou 4 et 5 kg d’anthracite menu par heure, qu’on peut remplacer par du charbon de bois donnant un gaz très propre, facile à laver par suite de sa faible teneur en cendres et en goudrons.
- c) Travaux de culture et de récolte. — L’utilisation des camions pour effectuer les divers travaux de culture et de récolte présente plusieurs solutions.
- On essaya d’employer un camion ordinaire, avec bandages pneumatiques, pour effectuer, en tracteur direct, de légers travaux comme ceux de récolte. Dans des essais aux environs d’Arles, on attela, à l’arrière et à droite d’un camion de 16 chevaux,une faucheuse dont la flèche était remplacée par un timon court. La fauche s’effectua très régulièrement sur des prairies naturelles irriguées, et on remarqua que les pneumatiques du camion présentaient une usure bien plus faible que s’ils avaient parcouru le même chemin sur la route. Par contre, on fut obligé d’abandonner rapidement la remorque de la moissonneuse-lieuse du domaine, car l’éteule et le sol caillouteux détérioraient beaucoup les enveloppes de caoutchouc; cela montre qu’il est indispensable de modifier les bandages des roues pour l’utilisation des camions aux travaux de la moisson, tant pour tirer la moissonneuse-lieuse que pour déplacer des remorques destinées au débardage des gerbes.
- Un essai fut tenté en 1916, pendant la guerre, par un de nos amis, officier sur le front : sans avoir réfléchi aux conditions de fonctionnement, il attela une charrue à un camion militaire non transformé ; le résultat fut négatif; le camion ne {put tirer la charrue et ses roues motrices, tournant sur place, se taupèrent rapidement.
- Dès le milieu de 1915, la question fut examinée en Amérique et, en rapportant un bandage spécial aux roues motrices de camions ordinaires se déplaçant à la petite vitesse, on put les utiliser à la traction directe de charrues, de pulvériseurs, de semoirs, etc. (U ; on en fit des applications aux États-Unis et dans l’Amérique du Sud; en retirant les bandages spéciaux, le camion servait aux transports sur route ; si, d’une façon générale, l’ensemble donnait satisfaction, les virages ne pouvaient s’effectuer qu’avec un grand rayon par suite de l’empattement des camions.
- On a cherché à remplacer le camion automobile par la voiture de tourisme, en faisant subir à cette dernière les modifications nécessaires pour la transformer en tracteur direct.
- M. de Salvert, ingénieur-constructeur et agriculteur à Provins (Seine-et-Marne), avait présenté, en octobre 1916, aux essais organisés à Champagne (près Juvisy, Seine-et-Oise) par la Chambre syndicale des Constructeurs de Machines agricoles de France1 (2) 3. une vieille automobile Panhard, de 18 chevaux, transformée en tracteur avec transmission par chaînes et arbre intermédiaire disposé au-dessus du châssis dont on avait enlevé la carrosserie.
- Par suite de leur fabrication en grande série et, comme corollaire, de leur bas prix de vente, les automobiles sont très répandues dans les exploitations agricoles des
- (1) Culture mécanique, t. IV, p. 73.
- (2) Culture mécanique, t. IV, p. 153.
- (3) Culture mécanique, t. V, p. 26.
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- États-Unis, malgré l’état déplorable des routes et des -chemins. Sous la pression de nombreuses demandes, les constructeurs américains ont établi des pièces permettant de transformer rapidement, en tracteurs légers, un certain nombre de types d’automobiles de tourisme. En 1917, une seule maison aurait ainsi, en trois ou quatre mois, fourni le matériel pour transformer plus de 20 000 voitures Ford; une vingtaine de constructeurs établissent d’une façon courante les pièces permettant à l’agriculteur de transformer lui-même, entracteur, telle ou telle marque de voiture automobile primitivement destinée aux déplacements des personnes. Le matériel est très simple, mais nous aurions des critiques à formuler sur certains détails de la transmission; la transformation n’afïecte que les roues motrices, les roues avant conservant leurs bandages pneumatiques au sujet de l’usure desquels il y a lieu de faire des réserves.
- A propos de ces transformations, ayant pour but de changer les roues motrices en réduisant leur vitesse angulaire, on pourrait utiliser la roue-carter imaginée par M. Paul Le Maitrell), de préférence aux transmissions des constructeurs américains.
- M. Marcel Landrin, 20, rue de Bellefond, à Paris, a repris le problème de la transformation des camions en tracteurs directs fe) ; il laisse l’essieu et les roues arrière, dont le moyeu commande par chaîne un nouvel essieu, plus rapproché de l’avant, portant les roues motrices qu’on peut élever ou abaisser à volonté afin de travailler soit en camion, soit en tracteur; dans ce dernier cas, des bandages spéciaux sont reportés sur les roues avant. Une première application à un camion Panhard figura aux essais de Noisy-le-Grand, en avril 1918, puis effectua des labours très difficiles pour les jardins scolaires à Arcueil, à Glatigny et à Saint-Cyr.
- Le dispositif Landrin est construit d’une façon courante par MM. A. Goutz et Cie, 46', rue de Londres, à Paris, sous le nom de tracteur routier agricole et colonial. Le camion reçoit le dispositif pesant environ 400 kg; il est utilisable comme camion automobile auquel on peut atteler une remorque pour effectuer les transports sur route; il se transforme entracteur direct; enfin, parles roues du camion commandant un arbre surélevé, ou peut actionner par courroie diverses machines de la ferme.
- Dans un de nos projets de transformation, nous avons vu qu’il était préférable de changer le châssis du camion en réduisant l’empattement, dégarnir les roues avant d’une saillie, et de moddier les roues motrices: on conserve le moteur, la boîte de vitesse et la direction. L’ensemble du projet semble devoir donner satisfaction, mais on ne peut se prononcer qu’après des essais pratiques et prolongés effectués sur un premier modèle à construire.
- Dans toutes ces transformations de camions, qui doivent continuellement se déplacer à la petite vitesse, avec le moteur travaillant toujours presqu’en pleine charge, le radiateur devient insuffisant; il est facile de tourner la difficulté en le raccordant (haut et bas) avec un réservoir d’eau disposé au-dessus de l’essieu moteur qui doit exercer une certaine pression sur le sol ; à côté du réservoir en question, des offres, avec portes de vidange, doivent pouvoir recevoir une charge constituée par de la terre.
- Les roues arrière doivent recevoir les pièces d’adhérence faciles à retirer pour dis-
- (1) Culture mécanique, t. VI, p. 75.
- (2) Culture mécanique, t. \I, p. 44, 90.
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- poser la machine pour les transports sur roule, ou, ce qui est préférable, les cornières doivent être prévues pour employer le dispositif Bouchard 1).
- On peut transformer le camion automobile en tracteur-treuil devant fonctionner par bonds successifs. Le treuil doit pouvoir enrouler 210 m de câble d’acier de 12 mm de diamètre; le câble doit pouvoir prendre deux vitesses : 0m,70 et 1 rn par seconde -le câble doit être dirigé en arrière, suivant l’axe longitudinal de la voiture, en ayant la possibibté de faire, en plan horizontal, un angle de 15 degrés, tant à gauche qu’à droite de cet axe.
- M. Pierre Lambert, ingénieur, 7, passage de l'Église, à Vanves (Seine), a étudié plusieurs transformations en tracteur-treuil, et combiné différents ancrages que nous avons signalés dans le Bulletin.
- Dans un de ses derniers projets, M. Lambert dispose leftreuil sur l’essieu arrière, entre les roues motrices.
- Les camions automobiles peuvent trouver un dernier genre d’utilisation si on les transforme en treuils automobiles pour les travaux à effectuer avec deux treuils, un sur chaque fourrière, tirant alternativement, par un câble, la machine de culture. Chaque treuil doit pouvoir enrouler 410 m de câble en acier, de 12 mm de diamètre; le câble doit être dirigé perpendiculairement à l’axe longitudinal de la voiture, en ayant la possibilité défaire, en plan horizontal, avec cette direction perpendiculaire un angle de 30 degrés, tant vers l’avant que vers l’arrière du véhicule; les deux vitesses à donner au câble sont de 0m,70 et de 1 m par seconde.
- Des transformations ont été combinées dans ce sens par M. Lambert et par M. Landrin, précités. Un premier modèle Landrin figura aux essais publics de Noisy-le-Grand, en avril 1918; un second dispositif a été signalé, en janvier-février 1919, dans le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale.
- ^'Max Ringelmann,
- membre du Conseil.
- (1) Culture mécanique, t. VI, p. 19.
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- NOTES DE CHIMIE
- par M. Jules Garçon bibliothécaire
- A TRAVERS SCIENCES ET INDUSTRIES CHIMIQUES
- Généralités. — L’avenir. — La distillation de la houille et de la cellulose dans le vide.
- Produits minéraux. — Sur la préparation du sulfate de cuivre. — Sur l’industrie delaglucine. Produits organiques. — Glycérine de fermentation. — Sur l’industrie résinière.
- Industries céramiques. — L’épuration électrique des argiles. — Sur les matières réfractaires.
- L’avenir. — Le merveilleux développement que les sciences chimiques et leurs diverses applications ont montré depuis un demi-siècle est-il appelé à continuer? ou bien subiront-elles une sorte de stationnement? Ne peut-on pas dire que leur développement dans le passé est peu de chose à côté de ce que l’avenir leur prépare ? De même que chaque ébranlement sonore, ou calorifique, ou lumineux devient le centre de systèmes de radiations qui se propagent dans de nombreux sens, de même chaque fait chimique n’est-il pas le centre de nombreuses réactions, et productions, et applications ? Une découverte en suscite d’autres innombrables.
- Ce qui se passe depuis quelques années en est la preuve manifeste. N’est-ce pas merveilleux que l’hélium, un corps inconnu il 'y a peu de temps sur notre terre, est préparé aujourd’hui en quantités industrielles telles que l’on pense à le substituer à l’hydrogène pour le gonflement de nos dirigeables! N’est-il pas moins merveilleux que des réactions, qui exigent des pressions formidables pour se réaliser, aient pu être établies dans des conditions industrielles! N’est-ce pas moins merveilleux qu’un composé de nature aussi simple que l’acétylène puisse être envisagé comme devenant, dans un avenir plus ou moins éloigné, le générateur unique d’un composé aussi complexe dans ses multiples applications que l’alcool et cette innovation entraîner des conséquences inouïes! Enfin, que dire des évolutions splendides que peut nous réserver l’introduction de faibles modifications dans la conduite même d’une seule réaction ! Deux des notes ci-dessous en donnent de magnifiques preuves. La distillation de la houille, celle de la cellulose, si on les opère à 400° au lieu de 800° et sous une pression très réduite, font éclore des faits nouveaux qui sont appelés à être, peut-être, l’origine d’industries formidables ; et l'on peut en dire autant de la fermentation du sucre qu’on peut amener, en modifiant légèrement ses conditions, à produire non plus de l’alcool, mais de la glycérine, c’est-à-dire l’essence des corps gras !
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- LA DISTILLATION DE LA HOUILLE ET DE LA CELLULOSE DANS LE VIDE. 247
- Le mouvement qui entraîne les sciences et les industries chimiques vers le progrès n’est-il donc pas aussi puissant que celui qui mène les mondes vers leur fin !
- La distillation de la houille et de la cellulose dans le vide. — La chimie de la houille, celle de la cellulose présentent encore des lacunes bien grandes.
- M. Amé Pictet, professeur de chimie à l’Université de Genève, avec ses collaborateurs MM. L. Ramseyer, M. Bouvier, P. Combes, O. Kaiser, A. Labouchère ont apporté une contribution des plus heureuses à la connaissance de la constitution chimique de ^ la houille. Pour séparer les constituants, ils ne pouvaient recourir ni à la distillation fractionnée, puisque la houille se décompose, ni à l’action des dissolvants, puisque aucun de ceux-ci n’agit efficacement sur la houille. Ils ont utilisé une méthode nouvelle, la distillation de la houille à une température basse, très inférieure à celle des usines à gaz, et sous une pression très réduite.
- On consultera à ce sujet : La distillation de la houille dans le vide, par Amé Pictet (U. R, 1913, t. 157, p. 779 et 1446 ; t. 160, p. 629 ; t. 163, p. 358; 1.165, p. 113; — les thèses de L. Ramseyer, Genève 1911, de Bouvier, Genève 1915. Cf la Revue générale des Sciences, 15 oct.1916, p. 579-584. — Le mémoire très important : Recherches sur la houille, in Annales de Chimie, 1918, 9e s.,t. 10, p. 239 330, donne l’exposé complet des expériences des divers traitements que l’on fit subir a la houille et des résultats obtenus. (Voir notre Bulletin, de janvier 1914, p. 54.)
- En opérant de 100° à 450°, sous une pression de 15 mm de mercure,, on obtient des gaz très différents de ceux du gaz d’éclairage,de l’eau ne contenant pas d’ammoniaque, un goudron (4 p. 100) tout autre que le goudron ordinaire, un coke très friable.
- Le goudron du vide renferme : 0,5 p. 100 de bases secondaires et tertiaires, appartenant surtout aux séries hydropyridiques et hydroquinoléiques ; 2 p. 100 d’alcools • et un mélange d’hydrocarbures, les uns saturés, les autres non : cyclanes, etc, de la série hydroaromatique. Ces cyclanes ont des propriétés très analogues à celles des naphtènes des pétroles du Canada. Il ne renferme pas d’hydrocarbures aromatiques solides. Il se distingue du goudron ordinaire parce que les composés aromatiques de celui-ci sont remplacés par leurs hydrures.
- En soumettant à une température élevée le goudron du vide brut, on obtient les mêmes produits que dans la distillation ordinaire delà houille qui fournit le gaz d’éclairage.
- Donc le goudron du vide constitue un stade intermédiaire dans la formation du goudron ordinaire. Les produits de la distillation ordinaire de la houille ne sont pas des produits de synthèse par condensations et polymérisations pyrogénées, mais des produits de décomposition d’autres composés plus complexes et plus hydrogénés qui prennent naissance à des températures moins élevées ou qui existent dans la houille ordinaire, puisqu’on peut les extraire au moyen du benzol bouillant à 80°. La distillation dans le vide n’est qu’une simple volatilisation.
- D’autres recherches, également intéressantes, ont été faites sur la distillation des charbons dans le vide par Wheeler [J. of the Chemical S., 1914, t. 104, p. 131 ; t. 105, p. 2562), et par Benson et Davis (J. of industrial Chemistry, 1917, p, 946).
- Pour M. A. Pictet, la houille ne serait qu’une matière hydrocarbonée solide, imprégnée d'un liquide chimiquement très voisin du pétrole.
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- M. Amé Pictet remarque d’ailleurs que ses recherches n’ont porté que sur la partie résineuse de la houille, seule partie soluble et volatile, et ne représentant que le vingtième de la masse. L’autre partie, partie chimique, provient de la cellulose. ’
- Cette remarque devait amener M. Amé Pictet à étudier également la distillation de la cellulose dans le vide (C. R., 7 janvier 1918, p. 38-39. Voirie Bulletin de juin 1918, p. 528).
- Lorsqu’on chauffe graduellement la cellulose pure du coton dans un appareil dis-tillatoire où l’on a fait le vide (12 à 15 mm), il passe d’abord de l’eau, puis, entre 200° et 300°, une huile épaisse qui se prend bientôt en une masse pâteuse et semi-cristalline.
- 7 II ne reste dans la cornue qu’une faible quantité de charbon, 10 p. 100.
- La masse pâteuse forme les 45 p. 100 de la celulose employée. Après purification, elle fournit un corps blanc, de formule C6H10Os, c’esl-à-dire ayant la composition même de la cellulose, mais d’un poids moléculaire plus faible. Ce corps est très soluble dans l’eau, l’alcool, l’acétone, l’acide acétique. 11 se transforme facilement en glucose.
- Il serait identique au lévoglucosane de Tanret(ftM//. de la S. chimique, 3e s., t. 11, p. 949).
- L’amidon se comporte exactement comme la cellulose, dans la distillation sous pression réduite.
- En sorte que la lévoglucosane serait le produit primordial de la décomposition pyrogénée des hydrates de carbone en général.
- Il y là des faits nouveaux extrêmement curieux.
- Sur la préparation du sulfate de cuivre. — L’obtention du sulfate de cuivre en partant directement du sulfure de cuivre est une question fort intéressante. Voici sur ce sujet le dernier en date des brevets français (brevet français n° 485 667, du 31 mai 1917), dû à M. Charles Millberg.
- On sait que lorsqu’on chauffe du sulfure de cuivre, il s’oxyde en formant partiellement du sulfate de cuivre, de l’oxyde de cuivre, etc., ainsi que des oxydes et des sulfures intermédiaires : Cu2S, Cu20.
- Quand les oxydes et les sulfures se trouvent dans une certaine proportion, la masse s’agglomère d’un seul coup et elle devient très dure par suite de la formation partielle de cuivre métallique. Cette masse ne s’oxyde plus, car elle a perdu toute surface d’attaque, et il se forme un bloc contenant toute la gamme des oxydes, des sulfures et du sulfate de cuivre avec du cuivre métallique.
- Le procédé trouvé a pour but d’empêcher cette agglomération et de permettre de transformer complètement le sulfure de cuivre en sulfate.
- A cet effet, avant de procéder à l’oxydation du sulfure de cuivre, on divise celui-ci par l’addition d’une matière inerte, telle que du sable, de manière à obtenir une grande surface d’oxydation ; on évite ainsi la formation des produits intermédiaires ; la masse reste alors pulvérulente et l’oxydation du sulfure devient complète, selon la formule : CuS + 40 = CuSO4.
- Pour la réalisation du procédé, on mélange le sulfure de cuivre à l’état humide ou sec avec une proportion variable (4 à 5 parties au mieux) de sable. Ce mélange est ensuite introduit dans un four, et exposé aux gaz chauds et oxydants provenant d’un gazogène quelconque
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- et ayant la température convenable pour produire l’oxydation envisagée. Cette oxydation se fait à une température relativement basse, qui ne doit jamais s’élever au-dessus du point de décomposition du sulfate de cuivre. Elle peut s’effectuer même à une température inférieure à 100°, mais, dans ce cas, elle nécessite un temps plus long.
- Le sulfate de cuivre obtenu, mélangé au sable, est traité avec l’eau nécessaire pour obtenir directement une solution de sulfate de cuivre de la concentration nécessaire. Cette solution est séparée du sable par simple décantation, puis envoyée aux cnstallisoirs selon le procédé ordinaire.
- Une application industrielle du plus grand intérêt est la fabrication directe de sulfate de cuivre pur en partant des eaux de lixiviation des cendres de pyrites cuivreuses obtenues dans la fabrication d’acide sulfurique.
- Un autre procédé de fabrication du sulfate de cuivre, dû au même inventeur, est le suivant (brevet n° 490 613 du 25 juin 1918).
- Le procédé consiste en ce que l’on fait agir un mélange d’acide sulfureux, d’air et de vapeur d’eau, sur des masses de cuivre employé à un état de division ou amené à un état de porosité tels que la surface de contact soit extrêmement développée.
- On emploie des tours de réacLion de la construction connue, en matériaux inattaquables aux acides et capables de résister à la pression à laquelle les gaz doivent travailler.
- On peut employer du cuivre divisé sous les formes les plus diverses (tournures, copeaux, fds, etc). Il est préférable, mais non indispensable, d’employer le cuivre sous forme de boules creuses qui sont d’un usage courant dans l’industrie de la fabrication du sulfate de cuivre par attaque directe du cuivre par l’acide sulfurique. On sait que le mode d’obtention de ces boules est basé sur la propriété bien connue que possède le cuivre à l’état de fusion d’absorber certains gaz et de les expulser par brusque refroidissement, ce qui produit un soufflage du métal. Les boules creuses ainsi formées sont très légères et très poreuses et leur pellicule est rugueuse, de sorte qu’elles présentent une grande surface d’attaque aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur; leurs dimensions varient généralement entre celles d’une noisette et d’une noix; mais des boules creuses de toute autre grosseur peuvent naturellement être employées.
- Les tours sont munies, à leur base, d’aspirateurs compresseurs à jet de vapeur, destinés à insuffler sous pression les uns de l’air et les autres de l’acide sulfureux. Il a été reconnu que la réaction se trouvait favorisée en maintenant une certaine pression (par exemple 80 à 100 cmm d’eau) dans la tour.
- Sur l’industrie de la glucine. — La glucine, oxyde de glucinium ou béryllium, est le constituant de l’émeraude et des béryls ; ceux-ci, assez disséminés dans les felds-paths du Limousin, sont surtout abondants à Madagascar. M. H. Gopaux consacre dans Chimie et Industrie (août 1919, p. 914-916) une note à son industrie.
- La méthode qu’il préconise pour le traitement du béryl (brevet français n° 476465 du 18 juillet 1914) consiste essentiellement à désagréger le minerai par chauffage avec du fluosi-licate de sodium, vers 850°.
- M. Polloch a utilisé, le premier, la différence de solubilité des fluosels de glucinium et d’aluminium pour traiter le béryl, mais en prenant pour agent d’attaque le fluorure acide de potassium, dont l’emploi est moins commode en pratique que celui du fluosilicate de sodium. (Trans. Roy. Soc. Dublin, 1904, p. 139.)
- Le fluosilicate de sodium : Si F6Na2, rarement employé comme réactif, estun produit industriel que les verreries utilisent comme opacifiant et que certaines fabriques de superphosphates livraient, avant la guerre, à un prix voisin de 30 f les 100 kg. Elles l’obtenaient en recevant dans une solution de sel marin, les vapeurs fluorées que dégage l’attaque des phos-
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- phates naturels par l’acide sulfurique, et qui sont récupérées, soit par obligation d’hygiène, soit pour le parti qu’on en peut tirer. La silice reste inattaquée.
- La glucine donne, par double échange, de la silice et du fluorure du glucinium, qui se fixe sur le fluorure de sodium, pour former le fluoglucinate de sodium GlF4Na2, soluble dans l’eau à raison de 28 g par litre à 100°.
- Ainsi, partant du béryl pierreux, dont la composition ne s’éloigne généralement pas beaucoup de celle qui répond à la formule théorique, soit : 67 p. 100 de silice, 19 p. 100 d’alumine et 14 p. 100 de glucine, on mêle le minerai réduit en poudre avec 1,5 à 2 parties defluo-silicate de sodium et l’on chauffe en creuset à 850° environ. La masse frittée, non fondue, remise en poudre sans difficulté, est épuisée à deux ou trois reprises par l’eau bouillante, ce qui laisse, à l’état d’un sable facile à filtrer, la silice du minerai et celle qui vient de la réaction, plus la majeure partie de l’alumine, sous la forme de fluoaluminate de sodium très peu soluble; la glucine passe en totalité dans les eaux avec, il est vrai, un peu d’alumine et de silice, mais en proportions telles que, si on les rapporte aux 14 parties de glucine contenues dans le minerai initial, il n’y reste plus que 1 à 2 parties d’alumine et autant de silice, au lieu de 19 et de 67, primitivement contenues.
- Pour achever la séparation, on précipite d’abord les eaux par un petit excès de soude caustique à l’ébullition, ce qui dépose à la fois de la glucine, de l’alumine et de la silice entraînant du fluor; on redissout ensuite les oxydes dans l’acide sulfurique et l’on fait cristalliser enfin le sulfate de glucine S04G1 -f 4H20, sel qui constitue une excellente forme de purification, en ce sens qu’il n’est isomorphe avec aucun des sulfates qui l’accompagnent dans les eaux. Une fois en possession du sulfate^de glucine, on le transforme à volonté en tout autre dérivé de la glucine, s’il en est besoin.
- Le rendement final atteint environ les neuf dixièmes de la glucine mise en œuvre.
- La méthode a l’avantage d’écarter d’emblée, par des opérations très simples, la presque totalité des 86 centièmes de matières étrangères qui accompagnent les 14 centièmes de glucine du minerai. Elle est appliquée industriellement, depuis l’année 1915, sur du minerai de Madagascar, par M. Pierre Pessé, dans son usine du Kremlin-Bicêtre, pour fabriquer des sels de glucine employés dans l’éclairage par incandescence.
- Les applications de la glucine et de ses dérivés sont peu nombreuses.
- On ajoute environ 1/2 p. 100 de nitrate de glucine à la solution des nitrates de thorium et de cérium, pour augmenter la solidité des manchons éclairants.
- « Il est possible, dit M. Copaux, que la glucine trouve un débouché moins étroit dans la céramique, où ses qualités réfractaires pourraient offrir de l’intérêt pour la fabrication de petites pièces. Son point de fusion est d’environ 2 450°, ce qui la classe auprès de la zircone et de la magnésie dans l’ordre de fusibilité ; elle possède, en outre, une densité faible, égale à 3, très voisine de celle de la magnésie (3,3). La glucine diffère de la magnésie par une basicité bien plus faible et une grande inertie envers les acides après calcination, ce qui peut conduire à des emplois céramiques différents.
- « On a signalé aussi quelques essais d’emploi chimique de la glucine, soit comme catalyseur déshydratant et déshydrogénant des alcools, soit comme supporl difficilement attaquable des métaux catalytiques, susceptible de prolonger leur durée d’activité.
- « Mais, de toutes les applications éventuelles de la glucine, la plus intéressante consisterait à la convertir en métal. C’est un problème qui a été attaqué de bien des manières, et dont la meilleure solution connue, donnée par M. Lebeau en 1898, con-
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- l’industrie de la glugine.
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- siste à électrolyser le fluoglucinate de sodium, entre un creuset de nickel servant de cathode et une anode de graphite.
- Malheureusement, le glucinium fond beaucoup plus haut que son bain d’électrolyse, et ce fâcheux hasard a certainement contribué à empêcher l’entrée de ce métal dans la pratique, car le glucinium se dissémine sur la cathode à l’état de paillettes métalliques, qu’il faut isoler de leur gangue de fluorures peu solubles, par des épuisements à l’eau chaude, non sans risques d’altération du métal divisé.
- M. Fichter, de Bâle, a repris cette méthode ; il l’a un peu modifiée, en ajoutant au ,'bain un excès de fluorure de glucinium simple, qui augmente la solubilité de la masse saline et facilite l’isolement du métal cristallin. Il a réussi à obtenir de minuscules lingots, en comprimant fortement la poudre cristalline en une pastille, qui est ensuite chauffée jusqu’à fusion dans une nacelle de magnésie ou de glucine, au sein de l’hydrogène.
- M. Copaux note, en terminant, que « le métal liège, qu’un entrefilet récent présentait comme un alliage de glucinium et d’aluminium, ne contient ni l’un ni l’autre métal ; d’ailleurs sous aucune forme, le glucinium n’a été réellement fabriqué ni appliqué jusqu’ici, bien qu’on puisse croire le contraire à la lecture de certaines notes qui, de temps en temps, paraissent dans les revues techniques. »
- Voici d’autre part, à ce sujet, les commentaires sur le glucinium qui accompagnent la revendication d’un alliage de glucinium et d’aluminium, pris par The Gooper Research Cy (brevet français n° 493 482, 2 décembre 1918).
- Dans la table périodique, le béryllium est classé avec plusieurs autres métaux parmi lesquels se trouvent les métaux légers, magnésium et calcium; son aspect est d’une couleur argentée, et il est stable dans l’air. 11 est très ductile et malléable et son point de fusion, qui se trouve à environ 1 500° est très élevé pour un métal de cette classe. Il est un peu plus lourd que le magnésium et a une densité d’environ 1,80. Il ne se laisse pas attaquer par l’eau, soit chaude, soit froide, et il est plus dur que l’aluminium ou le magnésium.
- Le minéral le plus commun contenant ce métal est le béryl qui contient environ 12 p. 100 de l’oxyde et est un silicate de ce métal avec l’aluminium. Ce minéral est largement réparti dans le monde entier et on le trouve surtout dans les États de l’est de l’Amérique du Nord où il se présente sous la forme de cristaux massifs pesant plusieurs centaines de livres.
- Pour obtenir des alliages au moyen de ce métal et de l’aluminium, à un coût relativement bas au point de vue commercial, un mode de procéder consiste à soumettre à l’action d’un courant électrique un bain contenant les oxydes d’aluminium et de béryllium mélangés et maintenus en solution ; de cette manière, on obtient un alliage des deux métaux à un prix de revient plus bas que si les sels de ces deux métaux étaient d’abord séparés par des moyens chimiques; les métaux sont ensuite extraits et fondus ensemble pour produire les alliages.
- « Un alliage préparé en fondant ensemble les deux métaux mentionnés est plus solide que l’aluminium seul; il possède un point de fusion plus élevé, et il est de cinq à trente pour cent plus léger, suivant la quantité de béryllium contenue. Il est stable dans l’eau, sa surface se maintient brillante très longtemps; il est très facile à usiner et on peut en obtenir de bonnes pièces moulées. Dans certaines limites, cet alliage est ductile et malléable et il peut être étiré, laminé ou pressé ».
- Enfin, j’ai à citer un article très important sur le glucinium, de M. J. S. Negru (Chemical Engineering, 15 sept. 1919, p. 353-359). On y trouvera la liste de divers minerais, l’exposé de onze méthodes pour la préparation de la glucine, et celui de neuf méthodes pour la séparation du glucinium métallique.
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- Glycérine de fermentation. —La production de la glycérine par voie de fermentation a fait l’objet de recherches récentes et nombreuses, dont on trouvera un intéressant résumé dans les Annales de la Brasserie, de M. Fernbach, du 25 août 1919, p. 22 à 27.
- On sait que la glycérine C3H6(OH)s est un alcool triatomique dont les éthers, ou glycérides, constituent les corps gras. En saponifiant les corps gras au moyen des alcalis, des oxydes, de l’eau, même d’acides ou de ferments spéciaux, tels la trypsine du pancréas, le cytoplasma des graines de ricin, on met en liberté la glycérine. Celle-ci est en quelque sorte un produit résiduaire de la fabrication des bougies stéariques ou de celle des savons.
- On peut produire aussi la glycérine synthétiquement à partir de l’alcool allyüque C;5H5(OH) ou propéniol, ou du chlorure de propylène (C3H6)C12. Cette préparation synthétique a été essayée en Allemagne, mais n’a pu être réalisée industriellement.
- Il se produit aussi de la glycérine dans la fermentation alcoolique des sucres. Pasteur l’a montré (Annales de Chimie, 3e s., t. 58, 1860, p. 356). La proportion de glycérine ainsi formée aux dépens du sucre dépend de nombreuses conditions qui n’ont pas encore été déterminées avec précision : le rendement a été de 2,5 à 3,6 p. 100 du sucre dans les expériences de Pasteur, de 5 à 6 dans celles de Laborde [C. R., 1899, t. 129, p. 344), et il a pu être de 15 p. 100 avec du jus de raisins atteints de pourriture noble.
- Peut-on rendre pratique cette production de la glycérine par voie de fermentation?
- En Allemagne, on semble y être parvenu (Chemiker-Zeitung, 1919, t. 43, p. 275). Voir aussi une communication sur le procédé Comstein et Lüdeck à la S. chimique de Berlin). Parle procédé dit propanélriul ou protol, on fait fermenter le sucre en présence de corps dont la composition est secrète, mais qui restreignent la production de l’alcool et exaltent celle de la glycérine. Le rendement est de 18, 3 p. 100. En Allemagne, sous la pression de la pénurie des corps gras, on a appliqué ce procédé dans 63 fabriques, dit-on, et l’on était arrivé à une production mensuelle de 1000 t. Il semble que le sulfite de soude intervient dans cette fabrication.
- K. Schweizer (Helv. chim. Acta, 1919, t. 2, p. 167) croit que le sulfite de soude agit comme réducteur sur les sucres en G®. Neuberget Reinfurth {Biochem. Zeitschrift,
- 1918, t. 89, p. 305, t. 92, p. 934) ont su réaliser la fermentation du sucre par la
- levure, en s’arrêtant au produit intermédiaire entre le sucre et l’alcool, c’est-à-dire l’aldéhyde acétique; celle-ci provient de l’acide pyruvique (cf Fernbach et Schœn, C. R. 1913, t. 157, p. 1478; 1914, t. 158, p. 1719), sous l’influence de la carboxylase, l’enzyme sécrété par la levure. Si l’on soumet un sucre fermentescible à l’action de la levure en présence de sulfite de soude, il se forme de grandes quantités d’aldéhyde acétique, et en même temps de la glycérine, en quantité double de l’aldéhyde.
- G6H1206 = CH3COH + C3H3(OH)3 + CO*
- Sucre. Aldéhyde Glycérine,
- acétique.
- Le rendement théorique en glycérine est de 51,11 p. 100 du sucre. Les auteurs ont obtenu 35 p. 100 du sucre. L’acide carbonique se fixe à l’état de bicarbonate de soude, et l’aldéhyde donne la combinaison bisulfique connue
- G6H)206 + S03Na2 + H20
- CH3.CH0H.0.S02Na + C8H5(OH)3 + C03HNa.
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- l’industrie résinière.
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- 100 gr de sucre ont donné en présence de sulfite :
- Sulfite. Aldéhyde. Glycérine.
- Sulfite.
- (grammes.)
- 33
- 50
- 75
- 150
- 11,90
- 12,52
- 13,89
- 18,65
- 23,37
- 24,86
- 27,61
- 36,90
- La fermentation dure d’autant plus longtemps que la quantité de sulfite est plus forte.
- M. K. Schweizer ajoute à 400 cm3 d’une solution renfermant 40 g de sucre, 10 g de levure pressée, 9 g de phosphate acide d’ammoniaque, 1 g de biphosphate de potasse. Lorsque la fermentation est bien partie, on ajoute 30 g de sulfite de soude. La fermentation est finie en 29 heures. Le rendement moyen a été de 21,3 p. 100 du sucre.
- La procédé de J. R. Eoff (br. américain n° 1 288 398 du 17 décembre 1917) fait fermenter le sucre ou les mélasses dans un milieu constamment alcalin ; avec la levure de vin de Californie, et une addition de 3 p. 100 de carbonate de soude, reconnues comme les plus efficaces, à une température de 30°-32°, on a obtenu des rendements de 20 à 25 p. 100. M. A. R. Ling a donné (/. Jnst. of Brewing, 1919, t. 25, p. 255), des détails sur ce procédé. D’après lui, il semble y avoir modification du jeu des enzymes que la levure met en œuvre.
- Au contraire, Schweizer pense à une réduction de l’acétaldéhyde.
- Yoilà donc des possibilités de modifier la fermentation alcoolique normale, et de lui faire produire tout autre chose que l’alcool,
- Sur l’industrie résinière. — Le Bulletin a publié (mai 1910, p. 620-642) un très intéressant mémoire de M. J. H. Ricard sur l’exploitation des forêts résineuses au pays landais.
- Le gemmeur ou résinier fait sur le tronc du pin des entailles ou cares à l'aide d’une hache spéciale, le hapchott; et la résine, .dirigée par une lamelle de zinc ou crampon, vient se recueillir dans un petit pot de terre.
- M. le professeur Ch. II. Herty, de l’Üniversité de Californie, a donné un intéressant exposé d’un perfectionnement introduit dans le gemmage (voir J. of Franklin Institute et Scientific American Supplément des 19 et 26 juillet 1919.) Il déplore que l’exploitation des forêts de pins à longues feuilles, dans la Caroline du Nord, se fasse d’une façon si cruelle qu’elle entraîne la mort de nombreux arbres. Cette exploitation donne lieu à une production de 40 000 000 à 50 000 000 dollars en essence de térébenthine et en résine.
- L’industrie résinière produisait d’abord des goudrons et de la poix utilisés pour les bateaux en bois. Puis,l’on recueillit la gemme, mais on l’envoya pour distillation dans les États-Unis du Nord ou en Angleterre. Maintenant, on tend à la distiller au lieu de production même dans des chaudières de fer, ou mieux de cuivre.
- La méthode employée aux États-Unis pour l’exploitation des pins consistait à créer, sur le tronc, une véritable boîte, où la résine s’amoncelait. Cette méthode, dite « boxing », est fruste, entraîne pour les arbres des blessures graves, et donne des produits colorés.
- Une étude poursuivie par le Service des Forêts des États-Unis, l’a amené à pro-
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- poser un changement radical dans la façon de procéder et à adopter une méthode se rapprochant de celle adoptée par les résiniers français. Elle en diffère en ce qu’il y a deux entailles voisines ; elles sont avivées au moyen d’incisions peu profondes, très voisines et un peu inclinées vers le bas; et chaque entaille reçoit à sa partie inférieure un crampon; les deux crampons conduisent au même pot. Les expériences du Service des Forêts ont été conduites sur de vastes cantons depuis 1901. Elles semblent démontrer que la nouvelle méthode, dite « cupping », constitue un réel perfectionnement, car les rendements sont plus élevés, surtout si l’on réduit la profondeur des blessures infligées à l’arbre.
- L’épuration électrique des argiles. — Lorsqu’on fait passer un courant électrique dans une solution dite colloïdale, ou dans une masse suffisamment divisée, presque toutes les substances subissent une attraction vers l’un des pôles. Il y a là le principe d’une méthode de préparation et de purification. L’on a constaté aussi que si certaines substances se trouvent sous forme d’agrégats de fines particules, ces agrégats sont disjoints si l’on ajoute à leur miüeu de suspension une petite quantité soit d’un alcali, soit d’un acide, selon qu’il s’agit de particules attirées par le pôle positif ou par le pôle négatif, soit d’un colloïde, qu’elles puissent absorber, tel que l’acide sili-cique colloïdal.
- La purification par électrolyse des argiles employées en céramique est une application directe de ces principes. Si l’on fait une bouillie épaisse avec l’argile et l’eau,et que l’on ajoute une petite quantité d’alcali, les particules de l’argile se dispersent, la bouillie s’éclaircit et devient plus liquide ; si l’on fait passer alors un courant électrique, les particules de l’argile se rassemblent à la plaque anodique, tandis que celles des impuretés (micas, feldspaths, quartz, composés de fer), ou se précipitent, ou vont à la cathode. Dans la pratique industrielle, on réalise cette purification dans un réservoir rectangulaire où tourne lentement un cylindre métallique, qui forme l’anode, à peu de distance d’une cathode. La bouillie d’argile, après addition de l’électrolyte, est laissée se purifier par dépôt dans des réservoirs ad hoc; elle passe ensuite dans l’appareil électrolyseur où elle subit l’épuration finale. Elle est recueillie au moyen d’un racloir ; elle ne renferme que 20 à 30 p. 100 d’eau. Outre sa plus grande épuration, l’argile ainsi traitée a une température d’agglomération plus basse, et sg gradue plus aisément; elle est plus plastique et plus réfractaire.
- Les mêmes principes ont été appliqués à un filtre-presse électrique, à la préparation de gélatines pures et sans cendres, etc. (D’après Natw'e d’août).
- Sur les matières réfractaires. — Voici le résumé de plusieurs conférences fort intéressantes que M. J. W. Mellor a données à Newcastle-on-Tyne sur les matières réfraclaires (d’après J. of the S. of Chemical Jndustry, 1919, p. 140 et 180-181).
- L’action de la chaleur sur l’argile chasse d’abord l’eau hygroscopique et déshydrate l’acide silicique colloïdal. A 500°, l’argile est décomposée en silice, alumine et eau. A 800°, l’alumine commence à se polymériser et à donner des molécules plus complexes. Au-dessus de 1 000°, l’alumine et la silice se recombinent et donnent de la sillimanite : Al203Si02. A 1 500°, l’argile s’agglomère en une masse ressemblant à de la pierre. A 1 630°, elle se ramollit et perd sa forme. A 1 700°, elle forme un liquide
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- LES MATIÈRES RÉFRACTAIRES.
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- visqueux brun ou gris. L’on a supposé que le composé Al2 O3 Si O2 se forme lorsque l’argile perd de l’eau ; le rapport de l’alumine à la silice reste le même avant et après la déshydratation. Quoi qu’il en soit, vers 500°, les briques et autres produits à cuire absorbent de la chaleur, sans qu’il y ait élévation de température ; vers 900°, ils deviennent plus chauds que le four, puis ils retombent à la température du four. L’argile augmente de volume pendant l’hydratation, et sa densité tombe de 2,61 à 2,47 à 600° ; ensuite, elle subit une contraction, et sa densité monte à 2,73 après cuisson à 1 200°.
- La contraction résulte d’une vitrification des pores. Pour de nombreuses argiles réfractaires, cette contraction est difficile à conduire, mais on peut la réduire en employant une addition d’argile déjà cuite qui forme squelette sur lequel l’argile se vitrifie ou s’agglomère. La brique réfractaire est mûre lorsqu’à la cuisson elle a pris un volume minimum, sinon, elle se contracte lorsqu’elle est mise en place. Un essai très pratique pour se rendre compte si une brique a été bien cuite consiste à en recuire une moitié dans le four où on doit les utiliser, et à comparer cette moitié avec celle qui n’a pas été recuite.
- Lorsqu’on chauffe de l’alumine, sa densité croît de 2,8 vers 600° à 3,9 vers 1 200°, ce qui correspond à un retrait de près de 30 p. 100. L’alumine ainsi cuite est moins soluble dans les acides et moins hygroscopique. Le changement est exothermique, car il y a dégagement de chaleur vers 1 000°. Les fabricants ont à tenir compte du retrait que les briques en alumine et en bauxite subissent, car elles sont exposées à présenter des craquelures et des déformations, et il est difficile de savoir si la transformation est terminée. Dans les conditions ordinaires de la cuisson, le changement est très lent, et le retrait qui peut se produire ensuite fait naître de sérieuses difficultés ; elles ont amené aussi bien les fabricants que les consommateurs à suspecter ces briques.
- D’autres oxydes, l’oxyde ferrique, l’oxyde chromique subissent des changements analogues, mais à un degré bien moindre. L’on sait que ces oxydes deviennent en quelque sorte, inertes lorsqu’on leur a fait subir une calcination. La zircone, au contraire, montre des changements plus prononcés que l’alumine et le dégagement de chaleur est si grand que la masse devient momentanément incandescente. La magnésie subit des changements analogues lorsqu’on la calcine à température élevée, et sa densité passe de 3,2 à 3,6, ce qui représente une diminution de volume de plus de 11 p. 100. Cette conversion de la magnésie est accélérée par la présence de l’oxyde ferrique.
- Les briques de magnésite sont fabriquées sans addition de liant. Pour les briques de silice, on a l’habitude d’ajouter 2 pour 100 de chaux éteinte, à moins qu’il n’y ait en présence une quantité suffisante d’argile naturelle pour servir de liant. L’addition de chaux est sujette à causer la formation de silicates qui rendent les briques fragiles et cassantes. Une petite proportion d’argile plastique donne des cristaux de sillimanite, mais la liaison reste plus résistante qu’avec la chaux. La silice, à l’état de flint, est convertie en une variété moins dense plus vite que si on l’ajoute à l’état de quartz ; sa conversion est accélérée par la présence de l’oxyde ferrique ; au lieu d’une conversion à 30 p. 100, on peut avoir 60 p. 100. Des briques, faites avec de la silice de roche contenant 5 p. 100 d’oxyde ferrique, ont donné d’excellents résultats, et un directeur de four a déclaré qu’il n’en avait jamais eu de meilleures. La présence du fer semble durcir le fiant de la chaux. De l’avis de M. Mellor, un liant argileux très plastique et
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- NOTES DE CHIMIE.
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- tenace est préférable à la chaux pour les briques en silice. Mais une proportion élevée soit de chaux, soit d’argile, comme liant, diminue le caractère réfractaire. En général, le passage de l’état cristallin à l’état vitreux s’accompagne d’une augmentation de volume, et l’inverse d’une diminution. Avec du feldspath, la diminution de volume est d’environ 6 p. 100 lors de la cristallisation; si la matière fondue subit le refroidissement sans cristalliser, il n’y a pas de contraction. De même le quartz vitreux se contracte en cristallisant, et les vases fabriqués avec lui peuvent se briser.
- Quelques résultats curieux ont été observés en ce qui concerne la pénétration des briques réfractaires par les poussières. Avec celles formées d’oxydes de fer, de cuivre ou de zinc, la pénétration est rapide et profonde, jusqu’à 2,5 cm en 2 heures. Comme ces métaux subissent une volatilisation à des températures très basses en milieux réducteurs, par exemple le cuivre à 600° et le fer à 1100°, M. Mellor croit que les métaux pénètrent les briques réfractaires à l’état de vapeurs. La texture de grains fins rend les briques plus rebelles à la pénétration soit des vapeurs, soit des poussières. Les poussières ferrugineuses en milieu réducteur donnent rapidement un laitier ; les briques de silice sont facilement attaquées. La vapeur des sels des charbons salés attaque rapidement les matières réfractaires de silice et d’argile et donne un laitier très fusible. Les briques qui résistent le mieux à cette action sont celles où la proportion de l’alumine à la silice est moindre, en molécules, que 1 à 3,5; une bonne résistance est fournie par une proportion de 6,3 p. 100 de silice et 30 p. 100 d’alumine.
- Pour résister aux brusques changements de température, la texture poreuse est la plus convenable, mais il y a une limite imposée par la nécessité de maintenir les matières bien résistantes, et la crainte que la perméabilité aux gaz ne soit trop favorisée par une porosité exagérée. La faible conductibilité calorifique des produits très poreux est cause que la structure poreuse n’est pas à désirer pour les moufles et les cornues à basse température. Contrairement à ce que l’on pense généralement M. Mellor croit qu’aux températures très élevées la grande porosité favorise la conductibilité de la chaleur, et que ce n’est qu’aux basses températures que les produits poreux montrent une faible conductibilité calorifique. C’est une question de grandeur de pores.
- M. J. W. Mellor a présenté à la réunion du 14 avril de l’English Ceramic Society, à Stoke, un mémoire assez court sur la conductibilité calorifique des matières poreuses et l’isolement thermique des fours.
- Dans les circonstances ordinaires, la porosité favorise l’isolement aux températures élevées. La quantité de chaleur qui traverse un solide par conductibilité est beaucoup plus élevée que celle qui passe par radiation à travers les pores ; mais, pour une grandeur de pores donnée, il existe une température à laquelle ces deux pertes s’équivalent. C’est le cas pour les pores de 1 mm à 1 400°, pour ceux de 5 mm à 730° ; pour les pores de 0,1 mm, la température d’équilibre doit être portée à 3 000°. Les propriétés isolantes disparaîtraient donc dans la marche ordinaire des fours. Des essais ont été faits au moyen de thermocouples logés à l’intérieur de briques de porosité variée; leurs résultats seront donnés dans un mémoire ultérieur.
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- NOTES D’AGRICULTURE
- par M. H. Hitier membre du Conseil
- 1. Le déficit de la récolte de 1919. — Ses causes.
- 2. La journée de huit heures et l'agriculture.
- 3. L’amélioration de la situation des ouvriers agricoles.
- 4. J.es offices agricoles départementaux et régionaux.
- 5. Les revendications de VAgriculture française.
- LÈ DÉFICIT DE LA RÉCOLTE DE 1919. SES CAUSES
- Au moment où nous écrivons ces Notes d’Agriculture, le Ministère de l’Agriculture n’a pas encore fait connaître le rendement de la récolte des céréales en France pour l’année 1919. Mais, depuis plusieurs mois déjà, étant donné l’état de la végétation des céréales, on pouvait prévoir pour celles-ci une récolte nettement déficitaire, sensiblement inférieure à celle de l’an dernier ; les battages, jusqu’ici effectués, ne font malheureusement que confirmer cette prévision. L’on a dit que cette récolte mauvaise, en particulier pour le blé, était due à ce que le blé était resté taxé, à ce que la liberté n’avait pas été rendue au commerce et que, sans liberté, aucune production n’était possible.
- Nous ne sommes certes pas partisan du régime des taxations et des réquisitions, que nous avons combattu ici et ailleurs au nom de l’intérêt général, des producteurs comme des consommateurs. Mais cependant, nous ne croyons pas que l’on puisse affirmer que si la récolte du blé est, cette campagne, déficitaire en France, cela tient à la taxation du blé. D’abord, le prix de 73 francs le quintal est un prix élevé, et le paraissait surtout durant l’été de 1918 alors que les agriculteurs avaient à décider quelle surface ils consacreraient au blé pour la campagne 1918-1919.
- La vérité est que, une fois de plus, les agriculteurs, qui ne sont pas maîtres du temps, de la pluie et du soleil, ont vu les emblavures puis ensuite la végétation des céréales contrariées par des circonstances météorologiques défavorables.
- Si l’automne 1918 avait d’abord permis d’effectuer les semailles dans de bonnes conditions, des pluies contipuelles et générales, fin novembre, sont venues interrompre les semailles; de tous côtés, dans les régions du Midi, de l’Aquilaine, du Sud-Ouest, du Centre, on signalait l’impossibilité d’emblaver en blé toutes les terres qui avaient été préparées cependant pour cela. La neige et la pluie ont persisté quasi durant tout l’hiver et jusqu’au milieu d’avril, si bien que les semailles de blé de mars n’ont pu se faire que très tard, beaucoup trop tard, dans les pires conditions de prépa ration du sol, à tel point que beaucoup de cultivateurs y ont renoncé.
- Nous pensons donc que la diminution, relevée dans les statistiques du Ministère Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919.
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- NOTES D AGRIGULTURE.
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- de l’Agriculture, quant à l’étendue consacrée au blé en France en 1919 comparativement à l’année 1918, doit être attribuée aux mauvaises saisons qui ont empêché les agriculteurs d’effectuer les emblavures qu’ils se proposaient de faire.
- Les conditions météorologiques n’ont pas été non plus favorables à la végétation du blé ; c’est en mars et avril, que l’on assure les grosses récoltes de blé en travaillant à cette époque les champs de blé, les hersant, les roulant, les binant, les sarclant. Or, cette année, il a été impossible d’entrer dans un champ de blé, le sol étant détrempé.
- A cette période de pluie excessive et continue, brusquement, a fait suite une période de longue sécheresse, de soleil et de vent d’Est. Les terres humides se sont durcies sous l’influence du soleil et du vent ; elles sont devenues, dans beaucoup de cas, une sorte de béton dans lequel les racines du blé se sont trouvées serrées et n’ont pu fonctionner régulièrement.
- Aussi, tandis que dans beaucoup de régions de la France la récolte de 1918 avait été pour le blé une excellente récolte — et, certainement, si nos malheureux pays du Nord avaient pu nous apporter leur appoint d’avant-guerre, la France aurait produit cette campagne tout le blé nécessaire à sa consommation, — en 1919, il en est tout autrement : la récolte de blé est mauvaise et la cause première de ce déficit provient des conditions météorologiques toutes différentes des deux campagnes: celles de 1918-1919 ayant été défavorables alors que celles de 1917-1918 avaient été, au contraire, très favorables.
- Il ne faudrait pas en conclure que l’agriculteur n’a rien à faire pour parer aux conséquences de saisons défavorables; précisément les grands progrès, réalisés depuis cinquante ans, ont consisté à rendre les récoltes de moins en moins dépendantes des conditions météorologiques. La culture intensive est que sorte d’assurance contre les mauvaises saisons, il y a longtemps que notre éminent maître, M. Tisserand, l’a démontré. Mais, la culture intensive exige, notamment, l’emploi d’engrais abondants et appropriés, et les engrais ont fait défaut; même aux prix les plus élevés, l’agriculteur n’a pu s’en procurer ou en quantités insignifiantes, et nos terres en avaient d’autant plus besoin que depuis cinq ans, en réalité, dans la majorité des cas, elles en ont été privées. Même avec les conditions météorologiques défavorables que nous avons eues en 1918-1919, si les agriculteurs avaient pu répandre sur leurs blés à l’hectare 300 kg de superphosphate et 100 kg de nitrate de soude, ils auraient augmenté leurs rendements de plusieurs quintaux, peut-être les auraient-ils parfois accrus d’un tiers et davantage.
- Le manque d’engrais resteà l’heure actuelle, et, pour la campagne 1919-1920, l’objet des plus graves préoccupations. On a, par la presse et par les conférences, incité les agriculteurs à employer les engrais potassiques qui leur étaient offerts des mines d’Alsace à des prix très avantageux. Or, les expéditions ne se font pas; combien de commandes effectuées depuis des mois n’ont pas été livrées et quand le seront-elles? Partout on réclame des superphosphates; les prix en ont quadruplé, peu semble importer à la culture : elle en demande, elle en réclame; mais, elle n’en reçoit pas. Il y a là une situation de fait, malgré toutes les promesses données aux agriculteurs, malgré tous les chiffres fournis devant le Parlement : l’agriculture française a manqué d’engrais, elle en manque déplus en plus(1); les conséquences s’en feront, chaque cam-
- (1) Nous lisons dans le dernier Bulletin (août 1919) de la Coopérative agricole de l’Union centrale
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- LA JOURNÉE DE HUIT HEURES ËT l’aGRICULTURE.
- pagne prochaine, plus vivement sentir au détriment non seulement des producteurs mais des consommateurs. Développer la production est le principal remède contre la vie chère et, pour cela, il faut donner aux agriculteurs les moyens de produire; il faut en même temps leur assurer la tranquillité et la liberté dont ils ont besoin dans une industrie sujette déjà à tant d’aléas. Or, depuis quelques mois surtout, le le monde agricole se montre très inquiet des projets de réglementation, de limitation des heures de travail dont il se sent menacé.
- LA JOURNÉE DE UUIT HEURES ET L’AGRICULTURE
- Quand, au Ministère du Travail, au printemps dernier, le Gouvernement réunit une commission mixte de patrons et d’ouvriers pour l’étude de rétablissement de la journée de 8 heures en France, les délégués ouvriers déclarèrent, dans une des séances, que la future réglementation ne pouvait regarder l’agriculture, qu’il n’était pas question, pour elle, de la journée de huit heures. Et la loi sur la journée de huit heures, votée bientôt après par le Parlement, ne s’applique, en effet, qu’à l’industrie et au commerce; mais, au cours de la discussion devant la Chambre des Députés, répondant à une interpellation, M. le Ministre de l’Agriculture s’engagea à faire étudier la question de la journée de huit heures en agriculture et à déposer un projet de loi à ce sujet.
- La journée de huit heures est-elle applicable en agriculture comme dans le domaine industriel ? Le simple bon sens fait immédiatement répondre non: parce que le travail ne saurait en agriculture être régulier, qu’il est commandé par le temps et les saisons et, par la force des choses, est et sera toujours irrégulier. C’est, du reste, ce que comprennent très bien certains ouvriers, puisque, à une réunion mixte de délégués patronaux et ouvriers agricoles, au Ministère de l’Agriculture, tout récemment, les délégués ouvriers déclaraient qu’il ne s’agissait pas d’établir la journée de huit heures en agriculture, ni même la semaine de quarante-huit heures, mais l’année de deux mille quatre cent quatre-vingt-seize heures de travail.
- des Syndicats des Agriculteurs de France, agent et courtier des syndicats qui lui sont affiliés, les enseignements suivants à propos de la fourniture des engrais d’automne :
- Superphosphate minéral.
- Les prix des superphosphates minéraux ont bien été fixés par les fabricants au début de juillet dernier. Ils sont les suivants : 13 p. 100, 21 fr. 25 en vrac; 14 p. 100, 21 fr. 15, etc., etc.
- « Malheureusement, le manque de matières premières oblige les fabricants à ne donner à leur clientèle habituelle que des quantités très restreintes et pour ainsi dire infimes en comparaison des besoins énormes de la culture. »
- Scories de déphosphoration.
- « Demandes toujours très considérables. Malheureusement, cet engrais est devenu introuvable, même à des prix bien supérieurs à ceux vendus par les fabricants ; d’un autre côté, les difficultés de transports ont fait que, depuis plus de deux mois, les expéditions de provenance de l’Est sont nulles. »
- Engrais potassiques.
- Les prix de vente des engrais potassiques sont les suivants sur wagon départ de Mulhouse :
- Kaïnite 12 à 15 p. 100 de potasse, 21 centimes l’unité, etc., etc.
- « Le chlorure de potassium est devenu introuvable.
- « Les expéditions d’engrais potassiques sont suspendues depuis plusieurs mois, nous ignorons quand elles pourront reprendre. »
- (2) Quelques délégués ouvriers, dans la réunion de la commission mixte-au Ministère de l’Agriculture, en demandant la réglementation de la journée de travail en agriculture, faisaient valoir
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- Est-il besoin pour cela d’une réglementation? vraiment non. Quelles sont, en effet, les exploitations où les ouvriers, — nous ne parlons pas des petits exploitants travaillant pour leur propre compte pour lesquels les temps de travail sont souvent excessifs — font une moyenne de plus de huit heures de travail toute l’année? Nous n’en connaissons guère. Dès lors, à quoi bon des réglementations seraient-elles même « régionales, » et selon les o affinités culturales? » L’agriculteur entend rester maître chez lui; il a profondément horreur de tout ce qui est intervention de l’État, et ce sentiment n’a fait que s’accroître au cours de ces années, par suite des taxations et réquisitions qui lui ont été été imposées. Il a toujours su régler avec ses ouvriers les conditions des contrats de travail variables à l’infini suivant les milieux, suivant les cultures, suivant les genres même de vie du pays. Les grandes fermes occupant des dizaines d’ouvriers, et rappelant, dans une certaine mesure, le mode de travail de l’usine, sont l’exception en France. Combien plus fréquent est le cas de la ferme paysanne employant un ou deux ouvriers, homme ou femme, du même village, ayant eux-mêmes leur maison, un champ, etc.
- l’amélioration de la situation des ouvriers agricoles
- Les ouvriers agricoles ont présenté et présentent certaines revendications, quelques-unes très justifiées, quant au taux même des salaires, quant au mode de couchage, et de logement ; ils demandent que la législation ouvrière ne s’arrête pas forcément devant les travailleurs de la terre dans tous les cas; mais combien peu pensaient à réclamer la journée de huit heures ! se rendant compte qu’elle n’est pas pratiquement applicable en agriculture, et ayant le sentiment très net qu’il y a des périodes, des jours où, après tout, si l’on veut s’assurer le pain et le vin nécessaires, il ne s’agit pas de compter avec les heures de travail, sachant d’autre part qu’il y a des périodes et des jours où le mauvais temps impose un repos forcé prolongé w.
- Il ne faut pas toutefois se dissimuler que la journée régulière de huit heures appliquée dans le domaine industriel et ne l’étant pas dans le domaine agricole, cela crée pour l’Agriculture une situation dangereuse.
- comme un des arguments, le nombre élevé de chômeurs constaté dans le personnel ouvrier agricole des différentes régions de la France, même en pleine période de moisson, cette année.
- Cela est exact; c’est que, cette année, la moisson était particulièrement facile à faire; aucune céréale n’était versée : les machines ont donc pu fonctionner avec grande facilité, et rapidité. Il y avait d’autre part, peu de bottes à rentrer, le beau temps n’entravait pas le travail; aussi les petits fermiers et métayers qui, ordinairement, embauchaient des ouvriers pour la moisson, ne l’ont pas fait; ils se sont abstenus surtout parce que, devant les prix demandés par les ouvriers, ils ont préféré se donner plus de mal, faire tout le travail, et ainsi tirer un plus grand profit de leur exploitation. Ils le déclaraient très ouvertement.
- Les mêmes faits nous étaient signalés pour la Bretagne : les femmes, les enfants des mobilisés pendant la guerre ont pris l’habitude de faire tous les travaux ; ils continuent aujourd’hui, préférant peiner durement et économiser les gros salaires que leur demandent aujourd’hui les ouvriei’s.
- (1) En Allemagne, la journée de travail en agriculture cette année même vient d’être réglementée, mais elle dépasse singulièrement la moyenne de huit heures. Le 30 janvier 1919, le gouvernement allemand a promulgué un nouveau code tendant à réglementer les conditions du travail de la terre pour mettre un frein à l’exode rural et pour attirer plutôt à l’agriculture les salariés des villes.
- Les principales mesures du nouveau code appliqué ainsi aux ouvriers agricoles sont les suivants, notamment pour les heures de travail : Le nombre des heures de travail, par jour, ne doit pas
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- L’ouvrier agricole fait la comparaison. Il a tôt fait de constater que l’ouvrier d’usine bénéficie de ce chef d’un temps de liberté plus long que celui qui est accordé à lui-même. il rapproche le nouvel avantage de ceux qui déjà le portaient à envier le sort de son camarade : salaire généralement plus élevé, vie moins austère du fait des plaisirs et distractions qu’offre la ville. Quand il constate qne l’ouvrier d’usine est payé plus cher pour une journée de moindre durée, l’ouvrier agricole n’est que plus fortement tenté de quitter la terre et de céder à l'attraction de la ville.
- Inutile, disions-nous, de se dissimuler le danger, il est très sérieux. Tout ce qui doit dans la comparaison des deux situations accentuer l’infériorité de condition de l’ouvrier rural est chose à redouter, car c’est un élément de nature à précipiter l’exode rural et qui ne peut quecontribuer à aggraver la crise de main-d’œuvre agricole.
- A l’heure où le problème de la main-d’œuvre, avec les vides creusés par la guerre, se pose angoissant pour l’agriculture, à l’heure où on se demande si les cultures exigeantes en bras, telle la betterave, trouveront la main-d’œuvre qui leur 'est nécessaire, on ne peut que redouter de voir un nouvel avantage assuré à l’usine dans sa lutte avec la ferme quant aux forces dont elle se dispute l'emploi. Il ne faut pas, d’autre part, se bercer de l’illusion que la ferme pourra soutenir la lutte en offrant des salaires supérieurs ou même égaux à ceux qui sont offerts chez ses concurrents : le grand désavantage de la ferme, à cet égard, provient ici encore du fait que le travail y est subordonné au temps, et que la ferme a dès lors à payer, au cours de l’année, nombre de journées pendant lesquelles le travail de la main-d’œuvre a été quasi nul ou improductif. Nous rappelions plus haut que, l’hivei dernier, on n’avait pu achever les semailles de blé par suite de la neige et de la pluie; nous connaissons, en réalité, maintes exploitations où, de fin novembre à avril, tout travail a été suspendu dans les champs; les charretiers étaient occupés à promener les chevaux sur les routes pour la santé des animaux. On s’ingénie.pendant ces mauvais jours pour trouver de l’occupation à son personnel : il s’agit de le conserver pour les journées où, au contraire, les travaux pourront et devront s’effectuer aussi rapidement que possible ; mais, en attendant, les frais généraux de la ferme se trouvent grevés d’une façon considérable que ne connaît pas l’usine où, quelle que soit la saison, le rendement du travail de l’ouvrier est toujours le même.
- Journée régulière de huit heures, égalité des salaires, la ferme ne peut, sur ce terrain, offrir aux ouyriers le même régime qup l’usine : il lui faut essayer autre chose. Il lui faut offrir à ceux qu’elle veut retenir certains avantages susceptibles d’être suffisamment appréciés des intéressés pour que ces avantages, venant compenser l’infériorité constatée du salaire en argent, neutralisent en quelque sorte les effets de cette constatation et que, tout compte fait et tout bien pesé, les travailleurs prennent conscience de l’intérêt qu’il peut y avoir pour eux à rester fidèles à la terre.
- dépasser, en moyenne, huit pour quatre mois de l’année, dix pour quatre autres mois, et onze pour les quatre mois restants.
- Les heures de travail en plus de celles-ci sont sujettes à un tarif spécial. Le temps employé pour aller et retour, entre la ferme et le lieu où le travail est exécuté, est compris dans les heures de travail, mais il n’en est pas de même des intervalles employés au repos ni du temps dépensé pour le repas des chevaux ou des bœufs. Pendant l’été, soit pendant la moitié de l’année, on doit donner au moins deux heures de repos par jour. (Bulletin mensuel des institutions économiques et sociales, avril 4919, de l’Institut international d’Agriculture.)
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- Or, dans les conjonctures actuelles, il est certains éléments dont les agriculteurs peuvent tirer parti et qui constituent comme des atouts dans leurjeu.il leur appartient d’en faire usage, d’autant plus qu’il ne s’agit que d’étendre un système déjà essayé dans la pratique de l’avant-guerre.
- L’expérience a démontré depuis longtemps que l’ouvrier agricole est moins porté à abandonner la ferme quand on réussit à établir un certain lien entre lui et la terre. C’est en s’inspirant de cette donnée fournie par l’expérience que le législateur, dans nombre de pays, a favorisé l’accession de l’ouvrier agricole à la propriété. L’ouvrier propriétaire d’un lopin dans le voisinage plus ou moins immédiat de l’exploitation qui l’emploie, c’est, sauf circonstances exceptionnelles, de la main d’œuvre qui ne désertera plus la terre. C’est le mariage indissoluble entre l’ouvrier et la terre.
- Seulement tous les salariés ne sont pas susceptibles d’être attachés ainsi à la terre par le lien de la propriété, les uns parce qu’ils se rendent compte que ce serait, partiellement au moins, abdiquer leur liberté de mouvement, et. que, cette liberté, ils entendent la garder; les autres, parce qu’ils n’ont pas les moyens de devenir propriétaires. C’est qu’en effet, quelles que soient les facilités données par des textes, comme notre loi du 10 avril 1908, aux ouvriers candidats à la propriété, il y a certaines conditions à remplir qui ne sont pas à la portée de tous, comme celle d’apporter une certaine fraction du prix d’acquisition pour obtenir l’avance du surplus. Il y a là une exigence de nature à écarter beaucoup de ceux que la combinaison tenterait par ailleurs.
- Or, vis-à-vis des salariés qui ne veulent ou ne peuvent devenir propriétaires, l’initiative patronale peut cependant s’exercer utilement et obtenir à peu de chose près le même résultat sous une forme un peu différente. Il suffit pour cela que la ferme mette à la disposition de ses salariés un logement et un coin de terre dont ils bénéficieront tout le temps qu’ils resteront attachés à l’exploitation.
- Encore que concédés à titre précaire, ces avantages sont en tout temps loin d’être négligeables. Le personnel les prisait déjà avant la guerre. Ce qu’il faut comprendre c’est que, du fait des circonstances actuelles, il est amené à leur attribuer une valeur bien supérieure à celle qu’il leur attribuait il y a seulement quelques années.
- Aujourd’hui, en effet, avec la diminution de puissance d’acquisition qui affecte la monnaie en circulation, pratiquement le billet de banque, un salaire, même élevé, réglé en billets, ne représente qu’une puissance d’achat limitée. La conséquence, c’est qu’il y a pour le salarié intérêt à recevoir actuellement, comme rémunération, des choses plutôt que de Y argent.
- • Dans ces conditions, beaucoup de salariés sont amenés à faire le calcul de ce que représente le salaire argent versé par l’usine et de ce que représente le salaire mi-argent mi-nature qu’offre la ferme, puis amenés finalement à conclure que la combinaison proposée par la ferme pourrait bien être la plus avantageuse.
- La Société des Agriculteurs de France avait mis au programme des questions à étudier et à traiter au cours de son assemblée générale et de sa session annuelle de 1919 celle de la main-d’œuvre. Tous les membres qui prirent part à la discussion sur cette question, qu’ils représentent l’agriculture des grosses fermes à betteraves des environs de Paris, l’agriculture du Sud-Ouest, du Centre, de l’Est, de la Bretagne, etc., ont été unanimes à préconiser le rattachement de la famille ouvrière à la terre par les avantages que peut lui procurer un logement convenable et confortable avec la posses-
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- sion ou au moins la jouissance d’une certaine étendue de terrain. M. de Guébriant, dans son rapport sur la crise de la main-d’œuvre agricole en Basse-Bretagne, écrit ceci :
- L’ouvrier agricole se fixera s’il trouve le moyen d’avoir un foyer et un peu de terre à sa disposition, et nous avons des exemples éloquents de chefs d’exploitation s’efforçant de réaliser de pareilles conditions d’existence pour leur personnel sur leurs domaines. Il faut, me répliquera-t-on peut-être, de très grosses exploitations pour permettre de tels aménagements. Je répondrai en rappelant que, dans certaines régions de Bretagne, ces pratiques existent depuis fort longtemps. Elles tendent malheureusement à disparaître, mais il importe, je crois, de les restaurer en les modernisant.
- Jadis, en Cornouailles surtout, des logements occupés par les ouvriers agricoles et leurs familles étaient annexés aux bâtiments des domaines quelque peu importants Ces logements s’appelaient « Penn-Ty, » et ce nom, par extension, désignait aussi leurs habitants. Il existe encore des « Penn-Ty », mais ils disparaissent peu à peu parce que les rapports de l’employeur et de l’employé se transforment malheureusement, au détriment de l’un et de l’autre. De plus, la juxtaposition des locaux n’est pas sans entraîner aujourd'hui des difficultés de voisinage. Et, tout dernièrement, le président d’un important syndicat du centime du Finistère, déplorant le refroidissement progressif des bonnes relations qui régnaient autrefois" entre le cultivateur et son ouvrier, s’exprimait ainsi : «Jadis tous deux vivaient en bonne harmonie, presqu’en famille, se rendant de mutuels services. Point d’égoïsme de la part de l’un, point de jalousie de la part de l’autre. »
- Le logement du « Penn-Ty » était loué à son occupant; selon une convention tacite, celui-ci travaillait pour le compte de son propriétaire, en remplissant les fonctions de valet de ferme ou de vacher. La femme s’employait aussi chez le propriétaire, quand celui-ci pouvait lui procurer du travail, ou au dehors.
- Le « Penn-Ty » disposait généralement, en plus de ses gages :
- t° D’un peu de terre cultivable ;
- 2° Du pâturage d’une vache réunie au pré à celles de son patron. S’il pouvait avoir une seconde vache,ses enfants la menaient paître sur les terrains vagues ou au bord des chemins;
- 3° De litière à discrétion pour sa vache et d’une quantité variable de paille et de foin.
- Il recevait généralement ses salaires en nature et pouvait élever un porc ou deux. La situation du « Penn-Ty » s’améliorait souvent au point de le rendre petit propriétaire ou fermier fort à l’aise.
- Aujourd’hui, le « Penn-Ty » se fait rare : il tend à devenir un simple locataire, refusant de travailler au service de son propriétaire; il loue son travail au dehors, parfois au loin, s’imaginant ainsi souvent faire preuve d’émancipation et d’indépendance.
- J’estime que la coutume du « Penn-Ty » remaniée, notamment en ce qui concerne la nature des salaires et remplacement du logement ouvrier que, dans l’intérêt de chacun, il y aurait avantage à séparer nettement de celui de l’employeur, adaptée enfin aux circonstances actuelles par un échange de concessions mutuelles, mérite d’être perpétuée. La cherté des constructions rend malheureusement difficiles à l’heure présente certaines de ces transformations.
- Procurer au personnel ouvrier, à titre de salaire en nature, et en plus d’un salaire en espèces convenable, un logement salubre et suffisant où un foyer puisse se constituer, avec une surface de terre cultivable piÿse sur l’exploitation,me paraît un usage susceptible déporter remède au dépeuplement des campagnes. L’exemple du passé montre que ce n’est pas un rêve : l'essai en a été fait, d’ailleurs, dans d’autres régions sous des noms et des modalités différents.
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- LES OFFICES AGRICOLES DÉPARTEMENTAUX ET RÉGIONAUX
- Toutefois, il reste bien entendu que l’agriculture doit s’efforcer de hausser les salaires qu’elle paie à ses collaborateurs ouvriers, afin de les rapprocher de ceux payés par l’industrie; il importe aussi bien en agriculture qu’en industrie que les ouvriers reçoivent la plus large rémunération possible de façon à améliorer toujours leur situation ; mais, pour cela, comme l’indiquait récemment le Congrès de l’Agriculture dont nous avons rappelé les vœux dans nos dernières Notes d'Agriculture (Bulletin de juillet-août) il faut chercher dans l’augmentation de la production la possibilité d’améliorer la rémunération des travailleurs ruraux.
- Augmenter, intensifier, la production agricole, tel est le but que s’est proposé la loi du 6 janvier, tendant à l’intensification de la production agricole pendant et après la guerre, dont le texte est particulièrement court:
- « En vue d’intensifier la production agricole et d’assurer son développement, le Ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement institue des offices agricoles régionaux et des offices agricoles départementaux.
- « Ces institutions ont pour but d’améliorer les méthodes de production, notamment par l’organisation de centres d’expérimentation et de vulgarisation et par le développement des associations agricoles. »
- Ces offices ont été dotés de crédits très importants, d’une somme globale de plus de vingt millions.
- Ils se sont constitués ces dernières semaines, et la plupart d’entre eux ont déjà élaboré leurs programmes d’expérimentation. Ce que l’on peut craindre est que, encore une fois, les sommes d’argent, cette fois considérables, mises à la disposition de l’agriculture pour des expériences et des démonstrations, ne soient trop éparpillées sur une multitude de points du territoire ; on doit craindre encore que des questions de personnes et des intérêts électoraux n’interviennent dans le choix des membres de ces offices(1) et dans le choix des exploitations où devront être faites les expériences et démonstrations. Mais autrement, en concentrant les ressources dont ces offices vont disposer dans un petit nombre de centres régionaux judicieusement choisis, en dotant ces centres de l’outillage nécessaire et des hommes qualifiés pour poursuivre les expé-périences,il y a tout lieu d’espérer que multitude de problèmes d’ordre agricole pourront recevoir des solutions qui aideront à accroître la production du sol français.
- LES REVENDICATIONS DE L AGRICULTURE FRANÇAISE
- La Société des Agriculteurs de France vient d’établir un exposé très net des revendications de l’Agriculture nationale; son programme porte sur quatre points essentiels : 'protection du travail, protection de la propriété, intensification de la production, organisation professionnelle et administrative.
- Protection du travail.— Respect de la liberté du travail, excluant, en ce qui concerne l’agriculture, toute réglementation par l’État de la durée du travail ;
- Fixation, s'il y a lieu, des conditions du travail par un accord des associations profession-
- (1) Les membres sont désignés par les conseils généraux.
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- LES REVENDICATIONS DE L’AGRICULTURE FRANÇAISE.
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- nelles agricoles, en tenant compte des circonstances de fait, variables suivant les régions et les cultures ;
- Admission du travailleur de la terre au bénéfice des lois d’assurance et de prévoyance sociales, en les adaptant aux conditions particulières du travail agricole ;
- Amélioration de la situation matérielle et morale de l’ouvrier agricole ;
- Par une lutte sans merci contre tous les fléaux sociaux: alcoolisme, tuberculose, taudis, etc. ;
- Par une aide efficace aux familles nombreuses;
- Par une modification aux programmes scolaires, faisant une plus grande place à l’enseignement de l’agriculture dans les écoles rurales.
- Protection de la propriété. — Respect et extension de la propriété individuelle, fondement nécessaire du progrès économique et de l’ordre social;
- Augmentation des facilités données par la législation en vue de favoriser l'accession à la propriété des travailleurs ruraux, et principalement des mutilés et des réformésde laguerre;
- Adoption de toute disposition législative propre à consolider la petite propriété, notamment en évitant le morcellement excessif des terres.
- Intensification de la. production. — Développement des moyens de communication terrestres, fluviaux et maritimes, en vue d’une circulation plus rapide et plus intense de toutes les marchandises, et en particulier des matières premières et des engrais ;
- Établissement d’un régime douanier assez stable pour garantir la sécurité du lendemain, assez souple pour se plier aux besoins variables de la vie économique;
- Répression impitoyable de la spéculation, protection des marques et des appellations d’origine, poursuite de toutes les fraudes ;
- Suppression de toute ingérence arbitraire de l'Etat dans la vie économique, et notamment abolition du régime des taxations, inopérant et dangereux, et rejet de tout nouveau monopole;
- Transformation du crédit agricole dans le sens d’une large autonomie, permettant l’application des méthodes bancaires ;
- Restauration rapide des régions dévastées pàr la guerre, l’intérêt public exigeant que leur puissance productive soit rétablie sans délai.
- Organisation professionnelle et administrative. — Institution d’une représentation officielle de l'agriculture par la création de Chambres d’agriculture régionales, dotées de moyens d’action suffisants;
- Extension de la capacité civile des syndicats professionnels et de leurs unions, suivant les dispositions du projet de loi en discussion devant les Chambres ;
- Consultation obligatoire et préalable des groupements professionnels sur toute mesure touchant aux intérêts de l’agriculture ;
- Simplification et amélioration des méthodes administratives par la décentralisation et l'organisation régionaliste.
- Comme l’écrit M. Henry Sagnier, il importe an plus haut degré que cet appel de la Société des Agriculteurs de France soit écouté,- à la fois dans l’intérêt de l’Agriculture et dans l’intérêt de la nation elle-même.
- Henri Hitier.
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- NOTE DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- LES MATÉRIAUX ARTIFICIELS A LA FOIRE DE PARIS
- (26 avril-15 niai 1919)
- PAR
- le Lieutenant-Colonel G. Espitallier Membre du Conseil.
- En temps ordinaire, chaque région est suffisamment pourvue de matériaux naturels, — pierre ou argile — pour suffire à tous ses besoins de construction. Suivant la nature du sous-sol, les pratiques de la bâtisse se sont unifiées, cristallisées pour ainsi dire, peu à peu, en donnant à l’architecture locale son caractère particulier et dont on ne saurait méconnaître le charme.
- Les dévastations de la guerre, si elles ne nous ont pas révélé ce que cette architecture régionale avait de grandeur, dans les bâtiments les plus simples et les plus modestes, nous ont pénétrés du désir qu’il n’y fût point porté d’atteintes, et sans doute l’on verra se relever, dans le Soissonnais, les maisons vêtues de leur blanche chemise de belle pierre, dans le Nord, les murs de briques rouges ou brunes, d’une patine un peu triste, mais qu’animent leurs pignons en redans ; mais, qu’il s’agisse des régions pourvues de carrières ou des plaines basses à fond d’argile, nous avons tant de ruines à relever que ni les carrières, ni les briqueteries — quelque activité qu’on y déploie — ne suffiront à fournir en temps utile tous les matériaux nécessaires. L’emploi des matériaux artificiels de remplacement s’impose donc.
- On n’a pas attendu la fin des hostilités pour s’en préoccuper, et, dès aujourd’hui, de nombreux industriels ont créé à la fois des types de matériaux d’un emploi commode, ainsi que le matériel nécessaire à leur fabrication rapide et économique.
- La Foire de Paris, du 26 avril au 15 mai 1919, a groupé sur l’Esplanade des Invalides les résultats de ces efforts, sous la forme de matériaux les plus divers et même de constructions complètes servant de démonstration aux modes d’emploi qu’ils comportent.
- Nous voudrions en citer quelques exemples, pensant que les intéressés y pourront trouver des indications utiles.
- MATÉRIAUX AGGLOMÉRÉS
- D’une manière générale, les matériaux artificiels les plus faciles à improviser avec un matériel rudimentaire sont des agglomérés à la chaux ou au ciment.
- Tandis que la fabrication des briques en terre cuite exige la création d’une véritable usine dont la seule construction entraîne une période de préparation très longue
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- et l’immobilisation d’un capital très élevé, une simple presse et quelques accessoires suffisent à la confection de blocs d’aggîomérés.
- La briqueterie n’a qu’un rayon d’action limité, car ses produits supportent mal des frais de transport ; le matériel d’agglomérés se transporte lui-même aisément au contraire de chantier en chantier. Le sable et le gravier se trouvent généralement à faible distance ; il y a du mâchefer à peu près partout, et le ciment entre dans la composition en assez faible quantité pour que son transport ne grève pas sensiblement les prix de revient.
- Enfin, pour achever le parallèle, la terre cuite’ exige un tonnage de combustible que la pénurie actuelle laisse envisager avec quelque appréhension, alors que le ciment nécessaire en réclamera beaucoup moins.
- a) Briques pleines. — La première idée vient naturellement de faire ainsi, par simple agglomération, des briques pleines du modèle courant ; mais on trouvera de grands avantages à augmenter notablement leurs dimensions jusqu’aux limites tout au moins où elles cesseraient d’être maniables. On économise ainsi sur les dépenses de main-d’œuvre et de mortier dans la construction, en même temps qu’on réalise une rapidité plus grande.
- il/. PaulDecauville, dans cet ordre d’idées, a créé depuis longtemps déjà des presses donnant des briques spéciales, primitivement destinées aux revêtements de berges, mais parfaitement utilisables à l’établissement de murs verticaux. Ces briques, d’assez fortes dimensions, ne pèsent que 5 kg; elles sont assez légères, par conséquent, pour être maniées aisément.
- Pour la construction d’un camp d’aviation dans les Landes, trois presses Simplex furent employées; chacune d’elles était servie par une équipe de3 hommes et produisait, en 10 heures de travail, 1 800 briques, quantité suffisante pour élever 60 m2 de muraille d’habitation.
- On peut prendre ces presses en location, ce qui est sans doute un des moyens les plus pratiques et les plus économiques de préparer sur place tout ce qui est nécessaire pour bâtir la maison rapidement, sans faire les frais d’achat d'un outillage toujours assez coûteux.
- b) Corps creux. — A côté des agglomérés en briques ou moellons pleins, les corps creux présentent certains avantages qui, souvent, leur feront donner la préférence. Ils sont plus légers à volume égal, ce qui permet d’augmenter les dimensions de chaque bloc sans qu’il cesse d’être maniable. En outre, au point de vue de l’hygiène, les vides entre les deux parois s’opposent efficacement à la transmission de la chaleur et à la condensation de l’humidité intérieure; un mur à double paroi de 15 à 20 cm d’épaisseur totale équivaut certainement à un mur de 40 cm en matériaux pleins.
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- Les agglomérés peuvent être faits en sable et petit gravier siliceux ou même calcaire, en mâchefer, et l’on y emploiera économiquement les matériaux de démolition eux-mêmes, convenablement broyés.
- Le liant sera delà chaux hydraulique, si l’on n’a pas besoin d’une prise très rapide. Le plus souvent on y emploie du ciment de laitier ou du ciment Portland, à raison de 200 à 250 kg par m. cube de matières inertes, lorsqu’il s’agit de blocs
- Fig. 2 et 3. — Coupe horizontale des corps creux Allur..
- pleins; mais des corps creux à parois minces exigeront un béton plus riche. Une ' quinzaine de jours suffira pour que la prise permette la mise en œuvre.
- Un grand nombre de tentatives ont été faites dans cette voie, et la machine française Allur (L. Eluère et fils, à Nantes) est une des plus anciennes qui permettent la -fabrication de ce genre de matériaux. C’est un moule dont les parois latérales peuvent s’ouvrir en tournant autour de charnières horizontales qui les relient à un robuste socle en fonte ; en même temps que ces parois, en s’écartant, dégagent les parements dn bloc, un coup de levier provoque la descente des noyaux et le bloc se trouve ainsi libre, posé sur la plaque de fond.
- Il existe d’ailleurs une grande variété de plaques permettant de réaliser les parements les plus divers :rustiqués, à bossages, moulurés, etc.
- En principe, un aggloméré de ce système porte des rainures sur ses flancs et trois vides tubulaires ; le vide médian est de faible largeur de telle sorte qu’on peut diviser en deux demi-blocs identiques, en introduisant une cloison de tôle dans le moule.
- Les dimensions les plus usuelles sont 80 X 20 à 30 cm en section horizontale, avec 23 ou 33 cm de hauteur d’assise.
- L’organisation d’un chantier sur place est alors des plus simples et la fabrication n’exige pas de main-d’œuvre particulièrement experte.
- Le béton gâché un peu sec est introduit dans le moule où il est pilonné au fur et à mesure. Ce pilonnage peut être fait à bras, mais le constructeur préconise l’emploi d’une pilette électrique, pour peu que l’on dispose d’une force motrice de quelques chevaux, qui permettrait en outre de commander un broyeur-mélangeur de 5 chevaux suffisant pour alimenter 4 presses. Dans ces conditions, un chantier complet exigerait une force motrice de 8 chevaux (y compris la commande des pilettes) et une équipe de 12 manœuvres.
- Fig. 4. — Broyeur-mataxeür Allur.
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- c) La même description s’appliquerait d’une façon générale à la machine Winget (fig. 5) (Société de matériel de construction, département Winget) et les blocs produits (flg. 6 et 7) ont sensiblement les dimensions que nous venons d’indiquer plus haut.
- En interposant des cloisons verticales, on peut d’ailleurs décomposer le bloc primitif en un certain nombre d’éléments plus petits ou moins épais se prêtant à toutes les combinaisons. Des dispositions spéciales permettent d’obtenir des éléments carrés de 41 x 41 cm, sous 28 cm de hauteur, pour la construction de piliers creux et de gaines de cheminée, ainsi que des blocs pour les retours d’équerre, des chaperons de mur, des corniches, etc.
- Bien qu’on puisse appliquer au damage un outil électrique ou à l’air comprimé, le constructeur estime que le pilonnage à bras donne des résultats meilleurs.
- d) Tandis que les blocs que nous venons d’indiquer sont symétriques et présentent des rainures semblables sur les deux flancs, les briques creuses agglomérées G. E. P (G. E. Piollenc) comportent une languette ou talon mâle et une rainure femelle, aussi bien sur les lits que sur les joints verticaux (fig. 8). Il suffît de tremper les bords dans un couüs de ciment et de les poser en engageant les talons dans les rainures et les vides pour avoir une muraille dont tous les éléments enchevêtrés se trouvent ainsi parfaitement solidaires.
- Les blocs de dimensions normales sont plus petits que les précédents. Ils mesurent 35 x 23 om avec une hauteur de 17 cm et présentent deux vides verticaux. On peut d’ailleurs les dédoubler pour les murs de 21,5 cm. et les blocs de retour d’équerre ont 40,8 cm de longueur. On fabrique enfin des pièces spéciales avec feuillure pour les encadre-
- Fig. 6 et 7. — Vue perspective de corps creux Winget.
- ments de fenêtres. Ces briques se prêtent aussi aux combinaisons les plus diverses, notamment à l’établissement de gaines de cheminée ou de piliers carrés.
- Dans la construction de 1 m2 de muraille, il entre 16 briques ; un ouvrier poseur, en 10 heures, monte 15 à 20 m2. La mise en œuvre est donc rapide et assez peu coûteuse.
- La presse qui sert à fabriquer la brique G. E. P. (fig. 9) est basée sur les principes généraux que nous aidons indiqués ; toutefois une disposition particulière permet
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- d’obtenir facilement le tassement énergique et régulier de la matière. A cet effet, la presse est recouverte par une plaque de fonte assez lourde, tournant autour d’une de ses arêtes horizontales et partiellement équilibrée par un contrepoids. Une poignée permet de la saisir par son bord antérieur. On la soulève et on la rabat violemment
- sur l’aggloméré qu’elle tasse ; dans la descente, elle bande un fort ressort qui la renvoie aussitôt vers le haut, en sorte que l’ouvrier a très peu d’effort à faire et exécute sans fatigue une série de coups rapides.
- Fig. 8. — Blocs G. E. P
- e) Les éléments de construction pleins ou creux connus sous le nom de blocs Archer-Roger (6g. 10) constituent un ensemble remarquable par sa variété et le soin avec lequel tous les détails en sont étudiés au point de vue décoratif, en sorte qu’ils suffisent à la construction complète d’une maison d’un aspect extérieur élégant (fig. Il et 12), sans dépenses supplémentaires, tous les éléments étant obtenus par moulage et compression.
- C’est) la substitution de la compression au pilonnage qui fait l’originalité du système. Le constructeur attribue une grande importance à ce mode d’agglomération qui permet en effet, en y employant une pierre calcaire finement pulvérisée, d’obtenir une véritable pierre factice, présentant l’aspect et tous les caractères d’homogénéité et de résistance d’une pierre naturelle,' qualités
- Fig. 9. — Presse G. E. P.
- Fig. 10. — Montage d’un mur d’angle avec des blocs Roger.
- qui ne sont point négligeables lorsqu’il s’agit de bâtir une maison agréable à l’œil.
- Le seul inconvénient est la nécessité d’y employer une presse hydraulique qui ne laisse pas d’être lourde et peu transportable. Les plaques du moule doivent présenter une très grande résistance, et sont assez coûteuses de premier établissement, de sorte qu’il est bon de s’en tenir à un petit nombre d’éléments types. La maison Roger a cependant prévu la construction des éléments les plus divers : des corniches, des
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- souches de cheminées, et même des encadrements de foyers intérieurs, en sorte qu’on aurait sous la main tout ce qui est nécessaire à la construction et à l’aménagement lui-même de la maison. Il est même possible de revêtir les blocs d’un engobe lisse et teinté, donnant aux façades une tonalité agréable. Cet engobe est généralement dosé à 400 ou 450 kg de ciment blanc par mètre cube de sable.
- L’élément normal mesure 85 < 15 cm avec 24 cm de hauteur d’assise et 3 vides verticaux. Le moulage est fait sous une pression hydraulique de 300 tonnes.
- Fig. H et 12. — Vue perspective et plan d’une habitation agricole Archer-Roger.
- Les blocs ne portent ni rainures ni languettes sur les champs latéraux ce qui dispense de faire des pièces spéciales pour les retours d’angle, où les blocs des deux murs se chevauchent alternativement (flg. 10). On peut d’ailleurs renforcer sur l’angle, de même qu’on constitue au besoin des piliers intermédiaires sous les parties chargées de la construction, en enfilant des tiges d’acier dans la tubulure verticale qui traverse tous les blocs superposés et en coulant du mortier de ciment pour bloquer cette armature.
- Les planchers eux-mêmes ont fait l’objet d’une étude spéciale. Si la travure est composée de fers à T (fig. 13), des hourdis creux sont préparés, allant d’une aile à
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- l’autre, avec un écartement des fers de 70 cm; mais on peut également se servir de hourdis analogues pour recevoir des nervures en ciment armé auxquelles ils servent de coffrage (fig. 14). Les pièces de hourdis ont 70 à 80 cm de largeur, ce qui détermine l’écartement intérieur des nervures ; la hauteur varie de 12 à 14 cm et la longueur,* parallèlement aux nervures, est de 27 cm. On les met en place sur des étais provisoires,de manière à laisser entre les hourdis contigus des vides à section trapézoïdale, dans lesquels on met en place les fers d’armature, avant d’y couler le béton; celui-ci s’étale ensuite de manière à former sur le hourdis une dalle continue de 6 cm d’épaisseur environ.
- D’autres dispositifs ont été étudiés, pour éviter d’avoir à couler du béton sur
- Fig. 13 et 14. — Hourdis de plancher en agglomérés.
- place. La nervure elle-même est alors préparée à l’avance, et le plancher comporte une aire en bois sur gît âge.
- f) Il existe un grand nombre d’autres maisons fabriquant des corps creux analogues, au sujet desquels nous ne pourrions entrer dans le détail sans redites, et nous nous bornerons à signaler la brique Léan, fabriquée par MM. Picot frères et Gaudin. — Cette brique déjà ancienne a fait l’objet de nombreuses applications.
- CONSTRUCTIONS MONOLITHES EN BÉTON ARMÉ
- Dans le Bulletin de septembre-octobre 1916 (1), nous avons indiqué comment il était possible de couler d’un seul bloc toute l’enveloppe d’une maison et même ses cloisons intérieures, en établissant au préalable un moule complet composé de plaques en fonte. Le matériel de coffrage constituait ainsi un poids ccfhsidérable à transporter et Y Hydraulic Pressed Steel C°, de Canwood, près de Cleveland, a réalisé un progrès notable en substituant la tôle à la fonte et en perfectionnant les procédés de fixage des différentes plaques du moule.
- Les plaques étant très minces, on applique sur les joints des montants raidisseurs et des traverses. Les montants sont des fers à U spéciaux à bords retournés d’équerre et dont l’aile porte une série de trous ayant la forme d’une entrée de serrure, où l’on peut engager par conséquent le bout d’une clef qu’il suffit de tourner d’un quart de tour pour la fixer. Cette clef traverse d’autre part une bride également en U. Le panneau étant saisi entre les ailes du montant et de la bride, il suffit de claveter fortement la clef pour assurer le serrage. Le système, on le voit, est aussi simple qu’ingénieux.
- Au fur et à mesure que l’on monte les panneaux de coffrage, on loge dans l’intervalle un treillis à grande mailles pour servir d’armature, et quand tout est arasé au
- (1) « La Cité reconstituée », pages 309 à 324.
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- sommet du dernier plafond ou de la corniche, le malaxeur amené au pied,un transporteur prend le béton et, le remontant en haut du moule, le verse directement dans le vide. On voit qu’il est nécessaire d’employer un béton très fluide pour qu’il s’étale et se loge dans toutes les parties du coffrage. Pour empêcher, d’ailleurs, que les matériaux, en tombant, se séparent par^ordre de densité, on y mélange au gâchage une matière colloïdale.
- Le procédé que nous venons de décrire présente des avantages incontestables, surtout si l’on a un certain nombre de bâtiments à construire successivement dans la même localité. Nous ferons remarquer cependant qu’un mur mince en béton de ciment n’est pas un excellent préservatif contre les échanges de température à travers la paroi, et qu’il provoque fréquemment des dépôts de condensation, ce qui obbge à revêtir là face intérieure de planches, de plâtre ou de üège.
- A cet égard, nous croyons qu’une paroi creuse, même si l’épaisseur totale n’est pas considérable, sera toujours beaucoup plus favorable à l’hygiène de l’habitation. Le type idéal serait peut-être d’élever une paroi extérieure mince, raidie par des nervures verticales limitant le vide à ménager, et une paroi intérieure en planches de plâtre ou en liège-qui ont l’avantage, non seulement de constituer un bon isolant» mais de permettre d’enfoncer des clous, ce qui facilite singulièrement l’aménagement intérieur.
- La Société de Cim-nt armé, de Nogent-sur-Marne, construit une série de maisons ouvrières d’importance graduée et qui semblent très pratiques. Elles ont aussi l’avantage de n’ètre pas d’un prix trop élevé. Sur un soubassement de béton coulé sur place, la construction est élevée au moyen d’éléments moulés d’avance en béton armé. L’ossature se compose de fermes espacées de 1,25 m, reposant sur des poteaux. Les tirants de ferme sont enfer, ainsi que les poinçons. Pour couvrir le bâtiment, ou prévoit la tuile mécanique et les locaux habitables sont protégés par un double plafond en carreaux de plâtre. Enfin les murailles sont creuses., paroi extérieure en panneaux de ciment, paroi intérieure en carreaux de plâtre.
- Comme on le voit, si les procédés appliqués n’ont rien d’absolument nouveau, le constructeur a cherché à réaliser une construction aussi économique que possible et c’est un mérite qui n’est pas négligeable.
- CONSTRUCTIONS DÉMONTABLES
- En dehors^des différents systèmes qu’on peut ainsi imaginer, d’assez nombreux constructeurs ont cherché dans une autre voie, par la préparation d’éléments de construction en ciment armé, moulés d’avance; ayant fait leur prise avant d’être mis en place, ces éléments ne nécessitent aucun coffrage et le bâtiment peut être immédiatement mis ên service.
- Ce système s’applique plus spécialement aux bâtiments industriels, aux ateliers et magasins qui nécessitent une.ossature particulièrement résistante, à quoi se prêtent les qualités propres du ciment armé.
- Le maison Bessonneau, d’Angers, dans cet ordre d’idées, a combiné tout un système qui mérite d’arrêter l’attention par ses particularités intéressantes.
- Le moulage à terre, en série et à l’atelier assure une grande économie de main-d’œuvre et d’excellentes conditions de rendement. Il convient toutefois que les élé-Tome 131. — 2e semestre. — Septembre-Octobre 1919. 18
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- menls divers soient réduits à un petit nombre de types interchangeables, assez légers pour ne pas présenter de trop grandes difficultés de mise au levage et de transport, s'ils ne sont pas préparés sur place. Il est nécessaire enfin que les moyens d’assemblage et de liaison soient simples et assurent une rigidité convenable atout l’ensemble.
- Le système Bessonneau — bien qu’il se prête aux formes habituelles des bâtiments à pans également inclinés — a été étudié d’une façon très complète pour l'établissement d’usines en sheds, et c’est cette application qui va nous permettre de nous rendre compte des particularités de ce mode de construction (flg. 15).
- L’ossature verticale est composée par des poteaux à section cruciale, susceptibles de recevoir un remplissage en panneaux d’agglomérés ou en briques, à simple ou double paroi (vide de 6 cm).
- Ces poteaux s’élargissent à leur tête et forment des mâchoires où s’engagent les
- Fig. 13. — Sheds Bessonneau.
- abouts de poutres servant d’entraits aux sheds et de sablières longitudinales. La portée de ferme peut varier de 5 m à 7,50 m. Dans le sens longitudinal, ils sont reliés par des poutres-chêneaux pouvant franchir jusqu’à 11,50 m sans points d’appui intermédiaires, et dont la partie centrale est ajourée comme un treillis.
- Quant à la couverture, elle est constituée, sans charpente spéciale,par les panneaux eux-mêmes, formant, d’un côté, de longues tuiles monolithes, limitées par deux nervures longitudinales, de telle sorte qu’il suffit d’un chapeau couvre-joint pour assurer l’étanchéité; sur le pan raide, le panneau est un châssis en ciment armé avec les fers nécessaires pour recevoir le vitrage.
- Chaque panneau, à sa partie inférieure, coiffe le bord arrondi du chêneau, et les deux panneaux correspondants s’appuient l’un sur l’autre à la tête. On peut considérer que cet ensemble constitue une couverture à trois articulations, ce qui permet à la dilatation de se développer librement.
- Avec quelques modifications faciles à imaginer, les mêmes éléments se prêtent à
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- l’édification d’habitations et, dans sa notice détaillée, le constructeur en donne de nombreux exemples.
- Les pièces sont préparées à l’usine, ce qui est favorable à la construction en grande série, à l’abri, avec un outillage perfectionné et une main-d’œuvre moins coûteuse sans doute que sur le chantier de montage. Ce bénéfice est sans doute atténué par les frais et les difficultés de transport d’éléments assez lourds et des grues de levage-Cette remarque n’enlève rien d’ailleurs aux qualités et aux avantages du système qui est susceptible de précieuses applications.
- Lieutenant-colonel G. Espitallier.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Précis de chimie industrielle, par Pierre Carré, docteur ès sciences, professeur à . l’École des Hautes Études commerciales ; 2e partie ; un volume broché (14 X 21 cm)
- de 514 pages avec 59 ligures. J.-B. Baillière et Fils, Paris, 1918.
- Cette seconde partie du Précis de Chimie industrielle de M. P. Carré est la fin de l’ouvrage dont nous avons analysé la première partie dans le Bulletin^1).
- Ce second volume est destiné à être relié avec le premier dont il continue la pagination; il se termine par une table alphabétique des matières ainsi que parla table générale, par chapitres, de l’ensemble des matières contenues dans les deux volunms. Ceci fait tomber en partie la seule critique que nous avions formulée au sujet de la première partie. Le tout forme un ouvrage de près d’un millier de pages dont le prix est de 16,50 f.
- Cette seconde partie, conçue dans le même esprit que la première, possède les mêmes qualités : bonne exposition, clarté, concision, choix minutieux des questions traitées, développement approprié à leur importance, mise au point en ce qui concerne les faits les plus récents.
- A quelques exceptions près, justifiées d’ailleurs par la' nature du sujet, cette . deuxième partie traite des produits dits organiques ou d’origine organique, de leurs dérivés et succédanés. Une place importante est donnée aux matières colorantes, à la teinture et à l’impression (chap.X,50 pages); aux produits pharmaceutiques (chap. XI,
- 17 pages); aux huiles essentielles et parfums (chap. XII, 38 pages); aux poudres et explosifs (chap. XIII, 39 pages),corps qui ont pris une importance considérable dans ces dernières années
- Pour tous les corps organiques étudiés, la formule de constitution, la fabrication, les principales propriétés et les emplois sont indiqués ; ils sont classés méthodiquement; c’est ainsi que les produits chimiques employés en médecine ont été classés par fauteur comme on le fait généralement pour les matières colorantes, en mettant en évidence la propriété fondamentale et en faisant ressortir le groupement fonctionnel dans la formule de constitution : antiseptiques et désinfectants ; antithermiques ; hypnotiques; anesthésiques (proprement dits, locaux, sédatifs); vaso-dilatateurs et vaso-constricteurs ; purgatifs, diurétiques, vomitifs et vermifuges; trophiques et reconstituants; divers; principes actifs des plantes et des animaux (alcaloïdes, gluco-sides, extraits divers) ; sérums.
- Quand fauteur donne ou explique une réaction, en représentant par leur formule de constitution les corps organiques complexes qui y prennent paît, il a soin, comme on ne le fait que trop rarement dans les ouvrages d’enseignement, de représenter les valences par des caractères typographiques différents de ceux des signes(—)et(=).Et
- (I) Voir le Bulletin de la Société d’Encouragement de septembre-octobre 1918, p. 303.
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- ANALYSES D'OUVRAGES.
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- ceci évite bien des confusions et des tâtonnements aux jeunes étudiants. Dans ces formules et réactions, onrencontre rarement ces fautes typographiques qui, elles aussi, déroutent très fréquemment les débutants.
- Les autres sujets traités dans ce deuxième volume sont : la photographie et les produits photographiques; les hydrates de carbone (y compris la cellulose et le papier) ; et leurs produits de fermentation; les corps gras (savons, bougies, glycérine); les textiles et les matières plastiques ; les cuirs et peaux; le caoutchouc et la gutta-percha ; les colles et gélatines.
- Quoique s’adressant à un public plus restreintque la première partie, en raison de la plus grande spécialisation des questions traitées, cette deuxième partie de l’ouvrage de M. P. Carré a rencontré le même succès que la première. Les deux volumes réunis constituent une excellente encyclopédie chimique succincte, qui remplace avantageusement les gros traités tendancieux, peu homogènes et assez touffus, et pleins de lacunes qui nous venaient d’Allemagne avant la guerre, sans que, d’ailleurs, la traduction les eût rendus plus assimilables. Ce précis, comme nous l’avons dit, rendra les plus grands services à ceux qui voudront se faire rapidement une idée exacte de l’état actuel d’une industrie chimique ou ceux qui voudront simplement rafraîchir leur mémoire sur des questions qui ont cessé de leur être familières.
- E. Lemaire.
- Les applications de la physique pendant la guerre, par H. Vigneron. Un volume broché
- (14 X 20 cm) de 328 pages avec 224 figures (Prix : 7 f). MassonetCie éditeurs, Paris,
- 1919.
- La guerre que nous avons subie a été surtout une lutte d’habileté entre les techniciens et, dans les deux camps, pour combattre l’adversaire, on a eu recours aux derniers progrès de l’industrie et de la science. Ce sont les applications militaires relevant de la physique que M. Vigneron nous fait connaître dans son livre. En réalité, il s’agit là d’un ouvrage d’initiation, qui s’adresse aux personnes pourvues d’une certaine culture scientifique, et désireuses'de se faire une idée exacte de ce que les services techniques ont réalisé dans les deux camps pendant la guerre ; l’initié ou celui qui a collaboré aux travaux de ces services n’y trouvera guère de révélations sensationnelles, bien qu’on sente, presque à chaque ligne, l’auteur capable de les faire ; il constatera toutefois, qu’il est parfaitement documenté et connaît à fond les questions qu’il traite. Sans doute, s’est-il cru tenu à une certaine discrétion ; l’ouvrage devait en effet paraître pendant la guerre et n’avait d’autre but que de faire connaître au grand public les questions techniques qui le passionnaient et sur lesquelles il était peu ou mal renseigné. La discrétion de l’auteur n’a point paru suffisante en haut lieu puisque la censure a interdit la publication de l’ouvrage tant que durèrent les hostilités. Quoi
- qu’il en soit, tel quel, il est fort intéressant et sa lecture est extrêmement atta-
- chante.
- Étant donnés le véritable talent de vulgarisation de l’auteur, la facilité avec
- laquelle, dans un style clair, concis etj agréable, il fait comprendre les questions les
- plus difficiles à exposer, espérons qu’il nous donnera bientôt un second livre semblable au premier mais dans lequel il dira tout ce qui a dû être tenu secret pendant la guerre.
- Toutes les branches de la physique ont contribué à la victoire ; l’auteur a cru judi-
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- cieux cependant d’exposer les questions en les classant d’après la nature des problèmes à résoudre. Voici l^s principaux sujets ainsi traités.
- La reconnaissance, le repérage, la signalisation, la télémétrie, la photographie, la métrophotographie, la détermination des objectifs et des éléments initiaux du tir ; la guerre aérienne ; la guerre sous-marine ; la balistique intérieure et extérieure ; l’étude physique des explosifs ; le tir, la dispersion ; la recherche des obus non éclatés ; les affûts des pièces d’artillerie ; le gyroscope et ses applications ; la télégraphie sans fil; la recherche des projectiles dans l’organisme.
- On verra à la lecture de cet ouvrage que la part de la science et des techniciens dans la conduite de la guerre est assez belle pour qu’il n’y ait pas heu d’en exagérer l’importance ni les merveilles, comme on ne l’a que trop fait pendant la guerre dans certains journaux quotidiens, et même dans certains livres assez volumineux, visant au merveilleux, richement illustrés mais bourrés d’erreurs et d’absurdités. Beaucoup plus avec de nombreuses figures théoriques ou schématiques, des diagrammes et quelques formules simples, qu’avec des reproductions photographiques qui, trop souvent, ne montrent rien ou sont truquées, M. Vigneron a donné là, en un petit nombre de pages, eu égard à l’importance du sujet, une excellente mise au point.
- E. Lemaire.
- La cuisine des aliments frigorifiés, par Joseph Bruno, chef de cuisine. Une brochure, (12,5 X 18,5 cm) de 40 pages. Extrait de la revue Le Froid, 9, avenue Carnot, Paris. Prix : 1 fr.
- Cette brochure est extraite d’une série d’articles parus dans la revue Le Froid, organe de l’Association française du Froid. L’auteur, chef de cuisine d’un de nos grands restaurants parisiens, y fait connaître le résultat d’une expérience personnelle de plusieurs années en ce qui concerne la façon de parer, de manipuler, de conserver et d’apprêter pour la table les différentes viandes conservées par le froid, y compris le poisson et la volaille, le gibier de poil et de plume. Ce sont de véritables recettes de cuisine que donne l’auteur, et la cuisinière qui les lira sera fort étonnée d’apprendre que les viandes frigorifiées ne se traitent pas du tout comme les viandes fraîches. Elle y trouvera l’explication de certains échecs et, ainsi, disparaîtront peut-être les derniers préjugés qui régnent encore sur les viandes frigorifiées.
- Qu’on le veuille ou non, pendant plusieurs années encore, il nous faudra consommer des viandes frigorifiées importées. Il convient donc de savoir en tirer parti et de savoir que, de deux viandes de même origine, l’une fraîche, l’autre conservée par le froid modéré (entre —-1° et+ 4°), pendant quelques semaines, c’est celle-ci qui est la meilleure, la plus tendre, la plus savoureuse. Si les viandes frigorifiées importées nous paraissent quelquefois moins fines, c’est avant tout parce que nous ne savons pas les conserver, les parer, les accommoder ; c’est aussi, mais beaucoup moins, parce que nos races de boucherie, les premières du monde, sont très supérieures à celles qui fournissent les viandes importées, mais leur valeur alimentaire est la même.
- On ne saurait trop répéter que, avant la guerre, les morceaux de choix servis sur la table de nos grands restaurants, de nos transatlantiques, réputés pour leur bonne chère, étaient tirés de leurs « frigos » particuliers ou provenaient du marché anglais sans que le grand public en eût connaissance et pût en faire son profit,
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- Il importe aujourd’hui que tous les consommateurs sachent utiliser ces denrées excellentes, qui, pour le moment, constituent une ressource précieuse. Ce sont les intermédiaires de tous genres, habiles à entretenir les préjugés qui les servent, qui ont tenu le public dans l’ignorance de ses intérêts.
- Le froid pourrait dès maintenant diminuer de 45 à 50 p. 100 les pertes de notre production métropolitaine en viandes de boucherie.
- Pour que notre cheptel se reconstitue, pour que» la viande cesse d’être chère, il faut empêcher son gaspillage et le seul moyen de l’éviter est de tuer dans des abattoirs régionaux, pourvus de frigos, et de ne transporter dans les grands centres de consommations, eux aussi pourvus de frigos, que de la viande conservée par le froid. Tôt ou tard, il nous faudra en venir là. Il convient enfin, de faire remarquer qu’à'prix égal, la viande frigorifiée est plus avantageuse que la viande fraîche car elle a perdu jusqu’à 2 et 3 p. 100 de son eau. Il ne suffit pas, d’ailleurs, que la cuisine sache ce qu’elle a à faire : les bouchers détaillants, eux aussi, ont besoin de conseils. On les trouvera dans une étude de M. H. Martel, parue dans le Bulletin de la Société scientifique d’Hygiène alimentaire (n° 5 de 1919). Une étude du même auteur, sur la valeur alimentaire comparée des viandes fraîches, réfrigérées (conservées plusieurs semaines entre — 2° et-h 4°) et congelées (conservées pendant plusieurs mois entre — 10° et — 15°) a paru dans le [Bulletin de l’Académie de Médecine (L.XXXI, 1919, p. 585). On trouvera un excellent résumé de cette dernière étude dans le Journal de Pharmacie et de Chimie du 16 juillet 1919.
- E. Lemaire.
- Les reproductions photomécaniques polychromes (sélections trichromes, orthochromatisme, procédés d’interprétation), par L.-P. Clerc, préparateur à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris. Un volume relié en toile, de l’Encyclopédie Scientifique du docteur Toulouse, (11,5 x 17,5 cm) de 340 pages avec 73 figures; Octave Doin et Fils, éditeurs, Paris, 1919.
- Les procédés de reproduction photomécaniques utilisables en imprimerie se sont beaucoup perfectionnés dans ces dernières années, et un grand nombre de périodiques illustrés ont recours, souvent dans un même numéro, à plusieurs procédés différents. Mais cela n’a point suffi. Soit par goût, soit par nécessité, par exemple pour reproduire des coupes histologiques, microscopiques ou macroscopiques, diversement coloriées, on a utilisé plusieurs moyens photomécaniques de reproduire, par l’impression, les diverses nuances d’un modèle coloré. Ces moyens sont ou exacts ou approchés : tous cependant peuvent donner satisfaction à l’œil et permettent d’introduire des planches en couleurs dans les périodiques les moins chers. Quelques-unes possèdent un véritable cachet artistique. Il n’est pas douteux que, dans un avenir peu éloigné, les horribles chromos d’autrefois auront disparu au foyer du logis le plus humble et y seront remplacés par ces reproductions.
- Ce sont ces procédés encore peu connus que M. Clerc, auteur de travaux personnels sur la question, décrit dans son livre. Son but est de faire connaître aux intéressés, imprimeurs et éditeurs, les ressources offertes par les divers procédés et le moyen de les utiliser au mieux, en vue du résultat à atteindre.
- La chromolithographie utilise fréquemment pour les travaux de luxe jusqu’à 12 et même 15 impressions successives monochromes avec autant de pierres ; on peut, par la trichromie, obtenir des résultats aussi bons avec 3 planches, sur chacune des-
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- quelles une seule couleur est habilement distribuée ; la sélection de ces couleurs par des procédés photomécaniques, en vue de l’établissement de ces trois planches, constitue le problème fondamental de la reproduction polychrome.
- La technique des procédés exige la connaissance de notions théoriques que l’auteur a cru devoir résumer simplement dans un chapitre préliminaire ainsi qu’au cours des chapitres suivants, où elles apparaissent en petits caractères ; le praticien peut, par suite, en différer facilement la lecture.
- Une place importante a été faite aux essais de contrôle des préparations sensibles, des écrans colorés, des appareils optiques et des encres d’impression. Les questions photographiques occupent une large place et forment un exposé complet et détaillé des procédés trichromes de reproduction.
- L’ouvrage de M. Clerc est, en somme, un traité, à la fois théorique et pratique, très clair, complet malgré sa concision, et parfaitement au point en ce qui concerne les derniers progrès réalisés.
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- Manipulations de chimie analytique appliquée, par Maurice François, docteur ès sciences physiques, préparateur à FÉcole supérieure de Pharmacie de Paris. Un volume relié de toile souple, 16 X 24,5 cm, de 268 pages et 18 figures. O. Doin et Fils, éditeurs. Paris, 1919. Prix : 8 fr.
- Ce livre porte en sous-titre : Analyse des produits chimiques, pharmaceutiques; analyses biologiques et toxicologiques; analyse des matières alimentaires. Il s’adresse donc à des chimistes assez spécialisés ou du moins qui se spécialiseront dans certaines analyses car ses lecteurs paraissent devoir être surtout les élèves des écoles de pharmacie. Cependant, ceux qui sont chargés de donner des résultats d’analyses dont il doit être fait état, le consulteront avec profit, car si l’ouvrage abonde en détails opératoires et ne suppose que des connaissances générales en chimie et en chimie analytique, il n’indique qu’une seule méthode d’analyse pour chaque produit et donne le moyen de transformer en renseignements utilisables les résultats d’analyse trouvés soit pour une réception de produits, soit pour une expertise. Les manipulations sont groupées de façon à passer progressivement des opérations les plus [faciles aux plus difficiles. Il en résulte que l’ouvrage n'est pas complet; il embrasse toutefois les analyses les plus importantes et les plus courantes que peuvent avoir à exécuter des pharmaciens ou des chimistes chargés de se prononcer, sur la valeur d’un produit par exemple.
- Dans une première partie (116 pages), l’auteur indique la préparation de solutions normales, l'emploi du polarimètre, la façon de conduire une distillation fractionnée, puis l’essai qualitatif (caractères d’identité et de pureté! et quantitatif de certains produits pharmaceutiques usuels.
- . La deuxième partie (69 pages) embrasse l’analyse : des sucres, sirops, confitures, gelées;des matières amylacées; des vins, bières, vinaigres; de certaines épices ; des chocolats; du lait; du beurre.
- La troisième partie (57 pages) traite des analyses biologiques : albuminoïdes, urine, suc gastrique, sang; la quatrième (21 pages), de certaines analyses toxicologiques : mercure, plomb, arsenic, acide oxalique, aniline et nitrobenzine, acide cyanhydrique.
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- Exploitation industrielle de la tourbe, par M. Ch. van Eecke. ln-8 dé 370 p., 168 fig.
- (12 fr. 50). Paris, Dnnod et Pinat, 1918.
- La littérature de la tourbe s’est enrichie de plusieurs ouvrages importants. Car ce combustible a pris une importance spéciale.
- Comme le dit l’auteur, la tourbe n’était exploitée que .dans les pays dépourvus de gisements de houille, tels que la Hollande, les pays Scandinaves, les provinces du Nord de l’Allemagne et certaines régions de la Bavière, la Russie.
- Sa transformation en une industrie préoccupait un certain nombre de gouvernements. L’Allemagne s’efforçait de mettre en valeur les immenses tourbières de l’Oldenbourg, du Mecklembourg, du Hanovre, du littoral baltique.
- En Irlande, à partir de 1900, sous l’initiative des sociétés savantes de Dublin, de quelques revues spéciales, Forest and Bogs, etc, l’attention fut reportée vers la tourbe dont les immenses gisements pourraient être à cette île si déshéritée une compensation à la tristesse de ses landes incultes, de son sol ingrat et à la pauvreté de son soul-sol dépourvu de houille, source de la fortune moderne. Le sous-secrétariat d’Irlande s’adjoignit un bureau de la tourbe rattaché au Bureau d’Agriculture et d’Éducation technique.
- Les gouvernements Scandinaves, dont les pays également dépourvus de houille son riches en dépôts de tourbe, cherchèrent à exploiter rationnellement ceux-ci. L’exploitation tourbière est très active en Danemark, où plusieurs sociétés savantes s’occupent spécialement du progrès de cette industrie; telle la. Mo se Industrie Forenigen, On trouve aussi des journaux spécialement dévolus aux questions de la tourbe, Moseselskabet à Copenhague, Hedesels-kabet à Aarhus. Le gouvernement accorde à l’industrie tourbière des subventions allant jusqu’à plus de 100000 francs par an. Le gouvernement Norvégien a créé un bureau spécial dont la missionestde collaborer avec une société privée subsidiéepar l’État, la Norska Myrslstab à Christiania. A Helsingfors, existe une société officielle de la tourbe, Finska Mosskultur.
- En Russie, la question de la tourbe préoccupait également l’administration impériale. L’action du gouvernement s’est manifestée par la création d'un comité officiel de la teurbe rattaché au Ministère de l’Agriculture.
- C’est à une société privée contrôlée que l’Autriche, à l’instar de l’empire allemand, a confié le soin de faire progresser l’exploitation des tourbières. Le Deutsch-Oesterreichische Moorverein, dont le siège est à Staab, près de Pilsen, a établi une grande station d’expériences près de Vienne. D’autres installations similaires ont été créées à Sebastianberg, à Laybach, à Klagenfurt, à Admont, à Sterzing.
- C’est en Suède que l’on trouve l’organisation officielle la plus complète en vue du développement de l’industrie de la tourbe. Se rendant compte des profits énormes à retirer de l’exploitation rationnelle des gisements de tourbe dans un pays dépourvu de houille, le gouvernement suédois ne s’est pas contenté d’encourager, par de larges subventions, l’initiative privée et la Société officielle. Svenska Mosskultur à Jonkoping ; il a, d’accord avec cette dernière, créé à Markaryd une école subventionnée, destinée à former des contremaîtres et des surveillants pour l’industrie tourbière. Une station à Skara est sous la direction du Ministère de l’Agriculture. La mission de ses ingénieurs est de servir d’ingénieurs-conseils pour les industriels. Le gouvernement a créé en outre des usines d’expérience à Koshivara et à Kosk. Les subventions atteignent 500 000 francs.
- L’exploitation de la tourbe a préoccupé également le gouvernement du Dominion of Canada dont les provinces de Québec, d’Ontario et du Prince-Édouard contiennent d’immenses tourbières. En dehors des bureaux des mines des provinces intéressées, au gouvernement central, à Ontario, le Ministère des Mines s’est adjoint plusieurs ingénieurs qui se sont spécialisés dans l’étude des tourbières et dont les travaux font autorité en la matière.
- Aux États-Unis, le corps des Mines (Geological Survey) et le Ministère de l’Agriculture
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- ont également des ingénieurs tourbiers chargés de l’étude et de la recherche des tourbières, de leur mise en exploitation ou de leur utilisation.
- En France, après l’étude sans lendemain confiée au corps des Mines, en 1892, nous ne trouvons plus que des exploitations locales s’ignorant les unes les autres, qui végètent, et, peu à peu, disparaissent. Les sombres jours de 1914, la pénurie du combustible au cours de la guerre européenne ont remis la question sur le tapis.
- La réforme'1 de l’enseignement agricole, par M. Plissonnier. In-8, 409 p., fig. (Prix : 7 fr. 50). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919.
- M. le député Plissonnier a consacré un gros et intéressant volume à la question de la réforme de l’enseignement agricole.
- Un aperçu sommaire de la situation actuelle de l’agriculture française nous donne d’utiles indications. Tout d’abord apparaît la volonté tenace de la race qui,malgré des difficultés sans nombre,est parvenu à maintenir son rang parmi les premières nations agricoles du monde.Elle a vaincu ses ennemis naturels, perfectionné ses méthodes, élargi ses horizons et triomphé des crises les plus douloureuses.
- A son effort de vingt ans, une récompense est due. L’agriculteur l’a trouvée dans la prospérité dont il jouit actuellement, dans les hauts prix auxquels se vendent les produits d’alimentation, dans la sécurité que lui procure un tarif douanier judicieusement protecteur. Mais voici que déjà se manifestent de sinistres présages. Le coût de la production s’accroît sans cesse, par suite de l'augmentation des frais généraux; les concurrences s’affirment sur tous les terrains, des concentrations inattendues s’établissent un peu partout, et des problèmes politiques de la plus haute importance viennent compliquer une situation déjà difficile. Pour surmonter sans trop de dommage la crise nouvelle qui se prépare et dont la durée sera probablement longue, il faut se préparer dès aujourd’hui et ne pas attendre dans une quiétude trompeuse que l’orage ait éclaté.
- Pour rendre plus efficaces les interventions du gouvernement, il est de toute nécessité que les connaissances générales des masses rurales soient accrues, que l’instruction soit répandue à profusion parmi elles, afin que rien de ce qui concerne leur profession ne leur soit étranger.
- Voici un extrait de la table des matières :
- Les progrès de l'agriculture. Généralités sur la situation agricole en France. Histoire de l’enseignement agricole. La réforme de l’enseignement agricole.
- Enseignement aux jeunes gens. Enseignement agricole postscolaire (jeunes gens). Enseignement agricole des jeunes filles. Les divers types d’école ménagère. Les écoles fixes. Les écoles ambulantes. L’enseignement postscolaire.
- L’effort de l’État depuis dix ans. Les cercles de fermières. L’enseignement ménager libre.
- Exposé des motifs et projet de loi présenté par MM. Pams, Guist’hau et Klotz. Modifications apportées par la Commission de l’agriculture de la Chambre des députés. Schéma de la réforme.
- Chaudières à vapeur, par M. J. Dejust. 2* éd. revue par M. André Turin. (Bibliothèque
- du Conducteur de Travaux publics). In-8 de 670^p., 542 fig. Paris, H. Dunod et
- E. Pinat, 1919.
- Cette nouvelle édition, publiée, après la mort de M. Dejust survenue en 1916, par son collaborateur M. André Turin, est précédée d’une introduction où l’auteur dit
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- que les chaufferies modernes tendent, d’une façon générale, vers l’adoption de groupes importants de chaudières et d’unités puissantes.
- L’ouvrage a été rédigé en tenant compte de ces données. Il comprend cinq parties : la production de la chaleur, c’est-à-dire les foyers; la production de la vapeur saturée et surchauffée ; les organes accessoires des chaudières; les causes d'accidents, la conduite, l’entretien et la réglementation des chaudières à vapeur; enfin, les modes de transport de la vapeur. Un appendice donne un exemple de calcul pour un avant-projet de chaudière.
- Par l’examen de cet ouvrage, le lecteur se rendra compte que la chaufferie véritablement industrielle et économique est un ensemble complexe d’appareils et de dispositions, qu’il s’agit de choisir et de grouper judicieusement selon les données particulières à chaque installation.
- Des emplois de l’aluminium dans la construction des machines, par MM. R. de Fleury
- et R. Labruyère. In-8 de 11+58 p., avec 32 fig. (Prix : 3 fr.) Paris, H. Dunod, 1919.
- La guerre adonné à l’aluminium une place fort grande dans la construction mécanique. Par ses propriétés physiques, mécaniques et chimiques, ce métal et surtout ses alliages sont devenus particulièrement avantageux comme matériaux de construction.
- MM. de Fleury et Labruyère examinent, dans leur ouvrage, les cas où l’emploi des alliages d’aluminium s’imposera de plus en plus. Cet emploi a pour résultats principaux d’améliorer le fonctionnement, d’accroître les vitesses de régime, d'accroître les capacités de production, d’abaisser les prix d’établissement et d’achat et d’accroître les rendements des mécanismes.
- Ce petit livre vulgarisera l’emploi de l’aluminium dans une foule d’applications.
- La plus belle des industries, par MM. Léon Auscher et L. Raudry de Saunier. Paris, Touring-Club de France, Comité de l’Hôtellerie française, 1917, 41 p.
- Pourquoi il faut développer l’industrie hôtelière française et lui assurer le crédit qu’elle mérite?Ce n’estpas seulement afin d’assurer une grosse rentrée de capitaux en France. C’est surtout parce que l’industrie 'hôtelière est une base d’étayement pour toutes nos industries de luxe et autres : bijouterie, confections, transports, stations d’eaux, etc. Le tourisme et l’hôtellerie sont des armes d’enrichissement et de conquête morale, et l’un des gros facteurs de l’avenir économique de la France.
- Quelles formes doit prendre l’effort à accomplir pour rendre l’industrie hôtelière la plus florissante qu’il y ait sur terre? Le monde hôtelier doit être uni ; le personnel doit être français, et instruit par des écoles professionnelles ; les hôtels doivent être améliorés; de nouveaux créés; enfin, la suave et délicate culture française sera maintenue.
- Conclusion : Aucune indemnité de guerre ne fera rentrer en France autant d’or étranger que le tourisme. Sachons donc nous servir de l’arme précieuse qu’est la beauté de notre pays.
- Problèmes économiques d’après-guerre, par M. L. De Launay, membre de l’Institut.
- (Prix : 4 fr. 50). Librairie Armand Colin. Paris, 1919.
- L’après-guerre commence et les problèmes économiques se posent à nous avec une acuité particulière. M. De Launay étudie les principaux de ces problèmes qu’il groupe en
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- cinq chapitres : organisation industrielle, — ravitaillement en matières premières,— ti’ans-ports, — main-d’œuvre, — forces naturelles.
- L’auteur estime le moment, venu de reviser sévèrement l’emploi que nous faisons des forces naturelles : l’amélioration doit porter avant tout sur la manière d’utiliser la houille et, accessoirement, les combustibles inférieurs, la houille blanche, et d’autres forces naturelles, qui sont successivement examinées.
- Il va falloir remettre en marche notre industrie suivant un programme de rigoureuse économie scientifique, associée à l’esprit d’initiative : ce sera le meilleur moyen de soutenir contre l’étranger une concurrence commerciale victorieuse et de rendre à la France le rang économique auquel lui donnent droit ses sacrifices et sa victoire.
- The Textile Manufacturer Year-Book. Manchesler, Emmott and Co.
- L’on sait tous les services que les annuaires techniques peuvent rendre. Celui-ci est le premier consacré à l’industrie textile.Voici l’énumération sommaire des sujets traités. Leur exposé est accompagné d’excellentes recettes pratiques, de données précieuses sur le fonctionnement'des machines spéciales et de nombreuses tables.
- Commerce et achat des cotons. Numérotage des filés et tables de conversion. Divers filés en usage. Machines de filature, de tissage. Analyse des tissus. Défauts de tissage. Les laines. Machines de cardage, de filature, de tissage. La force motrice et son prix. Courroies, câbles. p0|ds et mesures. Brevets.
- Une politique de la construction après la guerre. — Travaux publics et bâtiments, par
- M. Georges Hersent, ln-8 de 311 p. Paris, Payot et Cie, 1919.
- Voir le résumé qu’en a présenté M. P. Couturaud, dans le Bulletin d’août, p. 126-133, d’après la communication même de M. Georges Hersent faite au Conseil de la Société d’Encouragement.
- Logement des animaux, par M. Max Ringelmann, membre de l’Académie d’Agricul-
- ture. 2 vol. in-16 de 145 p. avec 81 fig.,et de 160 p. avec 117 lig. (Prix : 5 fr.).
- Paris, Librairie agricole de la Maison rustique.
- Ces petits volumes font partie de la « Nouvelle Bibliothèque du Cultivateur ». Le tome I est consacré aux conditions générales d’établissement des logements des animaux domestiques : murs, ventilation, mangeoires et bateliers, orientation des logements, désinfection. Le tome II est consacré aux écuries et étables : séparations, annexes, types, affectations diverses, spécimens, etc.
- La variété des indications pratiques, le nombre des représentations figurées, la valeur des suggestions font de ces petits volumes beaucoup mieux que des résumés ou des manuels, mais de véritables* codes techniques infiniment utiles à tous ceux qui possèdent des animaux domestiques, ou qui s’intéressent, si nombreux, aux questions agricoles et au retour vers la terre.
- Les industries de l'alimentation, par M. Paul Petit, professeur de chimie agricole à la
- Faculté des Sciences de Nancy. In-16 de 238 p. (Prix: 4 fr. 50). Paris, Payot
- et Cie, 1919.
- Les restrictions imposées par la guerre, les difficultés que rencontre le rétablissement du régime normal, la cherté de la vie ont appelé l’attention sur l’alimentation qui, jusqu’alors, se réalisait sans qu’on y eût à penser. Chacun trouvait du pain et de la farine chez le boulanger; du vin, du cidre ou de la bière chez le débitant ; de l’huile, ;de la margarine, des
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- conserves chez l’épicier. Mais une dure expérience a montré que le flot d’aliments ne coule pas tout seul vers le consommateur.
- M. P. Petit a voulu faire connaître au grand public, sans entrer dans la technique, les principales industries qui produisent les bases de notre alimentation ; il expose quelles sont leurs matières premières, leurs procédés de travail, leurs importations et leurs exportations, leur importance, leurs perspectives d’avenir et les moyens de favoriser leur développement. Sans faire la revue complète de toutes les industries de l’alimentation, il traite les principales branches : le pain, le sucre, les boissons, les huiles et graisses, les conserves.
- « L’avenir de la France, conclut-il, au point de vue de ces industries comme de la production agricole, n’a jamais cessé d’être splendide. Il suffit que nous prenions la mentalité, l’énergie, l’esprit de création des victorieux, pour aller vers des jours de prospérité. »
- Le bassin de la Sarre. Clauses du traité de Versailles. Étude historique et économique, par MM. P. Vidal de La Blache et L. Gallois. In-8, avec 2 cartes (Prix :5 fr.). Paris, Librairie Armand Colin.
- Qu’est-ce que le bassin houiller de la Sarre, dont la France, par le traité signé à Versailles, vient d’obtenir la propriété? Quelle est sa valeur économique, quelles industries sont installées près des puits de mines, et quels rapports y a-t-il entre ces industries et les mines de fer de la Lorraine voisine? D’autre part, sommes-nous aussi étrangers à cette région que le prétend l’Allemagne? Quelle est son histoire? N’avons-nous pas pris part à la mise en valeur de ses mines ? Pour quelles raisons ce pays nous avait-il été laissé en 1814 et pour quelles raisons nous fut-il enlevé en 1815 ? Pourquoi la Prusse y fut-elle installée et quels droits peut-elle faire valoir à sa possession? A ces questions répond le présent ouvrage, composé en partie d’articles parus dans les Annales de Géographie.
- Les cartes montrent : la première, les variations successives de notre frontière de l’Est et celles du nouveau territoire de la Sarre ; la seconde, la répartition de la population dans les pays compris entre la Moselle et le Rhin; les autres indiquent la répartition exacte des puits de mines et des usines de la Sarre et celle des puits d’extraction, des minières et des établissements métallurgiques de la Lorraine et du Luxembourg.
- Étude des mouvements. Méthodes d’accroissement de la capacité productive d’un ouvrier, par M. F.-B. Gilbreth. Traduit par M. J. Ottenheimer, Ingénieur d’Artil-lerie navale. In-8 de 144 p. avec 44 fig. (Prix : 7 fr. 20). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919.
- M. Ottenheimer a pensé que, dans les circonstances présentes, où toutes les questions de main-d’œuvre prennent une importance capitale, là diffusion de l’ouvrage de M. Gilbreth, Motion Study, serait particulièrement utile. Non seulement ce livre indique différentes méthodes pour économiser à la fois le personnel et le temps, mais surtout il attire l’attention sur ce fait que la décomposition des mouvements en leurs éléments augmente l’efficacité et l’intérêt des divers ordres d’activité.
- Il est reconnu qu’il faudra arriver à la production scientifiquement organisée. L’étude des diverses variables relatives au travailleur, h l’entourage, aux mouvements, rendra plus aisée la solution de la question vitale de notre production.
- Voici les titres des chapitres :
- Ch. I. — Principes généraux de l’étude des mouvements.
- — IL — Variables relatives au travailleur.
- — III.— Variables relatives à l’entourage (matériel, outils, chauffage, éclairage, etc).
- — IV.— Variables relatives aux mouvements.
- — V. — Passé, Présent, Avenir. Fiches et standardisation.
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- Organisation industrielle, par M.P. Charpentier, ingénieur à la Société des Établissements Maljonrnal et Bourron. In-8 de 365 p., avec fig. (Prix: 18 fr.). Paris,
- H. Dunod et E. Pinat, 1919.
- L’excellent ouvrage que M. Charpentier présente au public et qui vient s’ajouter à la collection des études sur l’organisation des usines, semble appelé ày prendre une place toute spéciale parce qu’il présente, à la fois, une synthèse intéressante des recherches poursuivies et des résultats acquis dans ce domaine, et une méthode féconde dans l’application des leçons de l’expérience.
- En définissant, en effet, l'organisation comme Vadaptation constante des moyens les plus appropriés au but poursuivi, l’auteur semble avoir trouvé la meilleure voie pour exposer les agencements d’une usine bien organisée et pour aborder l’étude des nombreux problèmes qu’auront à résoudre tous ceux que leurs fonctions appellent à participer à kla rénovation de notre industrie.
- L’organisation ne consiste ni dans une coordination méthodique des services, ni dans une application plus ou moins rigide des principes tayloriens au travail de l’atelier, ni dans la recherche d’un système idéal de salaires, ni dans la réalisation de méthodes de direction ou d’administration éprouvées; mais elle sera, bien plus, le souci perpétuel d’utiliser les meilleurs de ces moyens en vue d’obtenir le rendement le plus élevé de toutes les énergies engagées dans l’industrie.
- On conçoit aisément qu’une étude de l’organisation industrielle, entreprise dans cet esprit, soit de nature à rendre de réels services, aussi bien à ceux qui abordent l’industrie en profanes qu’à ceux à qui l'expérience aura.enseigné l’importance d’un choix judicieux et attentif des meilleures méthodes.
- Voici l’essence des divers chapitres.
- I. —La recherche des affaires. — La source de publicité. — La visite de la clientèle. — Les offres de prix. — Service de correspondance. — Classement des archives.
- II. — Préparation de l’exécution des commandes. — Service des études. — Transmission des commandes aux services de fabrication.
- III. — L’exécution de la commande : Le service des achats. — Les magasins. — Le travail des matières premières. — Rapports de la direction et des ouvriers. — Les salaires; comptabilité, décompte. — L’expédition des marchandises. — Les montages.
- IV. — La comptabilité : Établissement des éléments du prix de revient.-— Amortissements. — Les intérêts. — Frais généraux. — Le calcul des prix de revient.— Prix de vente.
- V. — Etablissement des usines.
- VI. — Organisation méthodique du travail.
- VII. — L’organisation de la direction.
- VIII. — Tendances de l’industrie moderne.
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- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN AOUT ET SEPTEMBRE 1919
- Leduc (E.). — Chaux et ciments. 2e éd. (Encyclopédie industrielle). In-12 (19 x 12) de 468 p., 91 fig. et 42 tableaux. Paris, J.-B. Baillière et Fils. 1919. 15887
- Chambrier (Paul de). — Historique de Péchelbronn, 1498-1918. In-8 (24 x 16) de xxi + 330 p. Bibliographie, p. 323-329. Paris, Attinger frères, 1919. 15888
- Guillet (Léon). —Recherches sur différents points de la fabrication des obus. In-4 (28 x 22) de 36 p., 126 fig., XIV pl. Paris, Publications de la Revue de Métallurgie, mai 1917. 15889
- Durandeau (Louis). — Quelques considérations sur les conditions techniques d’établissement des voies ferrées sahariennes et d’un transsaharien. In-8 (24 x 13) de 78 p. Alger, lmp. Fontana Frères, 1919. 15890
- Petit (Paul). —Les industries de l’alimentation. In-12 (19 x 12) de ix + 238 p. Paris, Payot et Cie, 1919. 158 )1
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie, du Travail et du Ravitaillement. Administration des Mines et Inspection du Travail. — La situation des industries belges au 1er juin 1919. In-4 (28 x 221 de 113 p. Bruxelles, Etablissements généraux d’imprimerie, 1919. 15892
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie, du Travail et du Ravitaillement. Office du Travail. Section de la Statistique. — Recensement de l’industrie et du commerce (31 décembre 1910). 2e partie : Recensement industriel. Vol. VI. In-4 (32 X 27) de xiv -f 397 p. Bruxelles, J. Lebègue et Cie ; Albert Dewit, 1919. 15893
- Department of scientific and industrial Research.(British Association for the Advancement of Science). — Second report on colloïd Chemistry and its general and industrial Applications (1918). In-8 (21 X 14) de 172 p. London, 1919. 15894
- Mission d’études forestières envoyée dans les colonies françaises, par les Ministères de la Guerre, de l'Armement et des Colonies. Chef de Mission : Commandant A. Bertin. In-8 (23 x 16). Tome I : Les bois de la Côte d’ivoire, de 179 p.,2 fig., VIII pl., 1 carte. Tome II : Les bois du Gabon, de 307 p., XVI pl., 1 carte. Tome III : La question forestière coloniale, fasc. 1, de 288 p., 12 fig. XXIV pl., 3 cartes; fasc. 2, p. 289 à 824, fig. 13 à 77, pi. XXV à XLVIII. Paris, E. Larose, 1918, 1919. 15895-8
- Vidal de la Blache (P.) et Gallois (L.). — Le bassin de la Sarre. Clauses du Traité de de Versailles. Étude historique êt économique. In-8 (25 x 16) de 55 p., 2 fig., II pl. Paris, Armand Colin, 1919. 15899
- *
- *
- Richard (Marius). — Rapport sur le réseau navigable français, présenté à la Sous-Commission des Voies de Communication (Association nationale d’Expansion économique. Commission de l’Outillage national). In-8 de 155 p., 1 carte. Paris, 23, avenue de Messine, 1919.
- Pièce 12431
- p.287 - vue 287/464
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- 288
- OUVRAGES REÇUS.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1919.
- Hadfield (Sir Robert). — Radiographie Examination of carbon Electrodes, used in electric Steel making Furnaces (Faraday Society and the Rôntgen Society, 29 avril 1919, 10p.,8fig.). Pièce 12432
- Hadfield (Sir Robert). — Radiometallography. (Faraday Society and the Rôntgen Society, 29 avril 1919, 24 p., 12 fig. ; Bibliography on X-rays, chiefly in its relation to Radiometallography, p. 19-24). Pièce 12 433
- Ammann (Paul). — Recherches sur la fabrication de l’huile de palme neutre. (L’Agronomie coloniale, septembre-oetobre 1918, p. 33-41). Pièce 12 434
- Prudhomme (Em.). — Le coton du Cambodge et la filature française. (L’Agronomie coloniale, juillet-août 1918, 5 p.). Pièce 12435
- Kohn-Abrest (M.). — Contrôle de la salubrité de l’air des ateliers. (La technique sanitaire et municipale, février 1919, 12p., 4 fig.). Pièce 12 436
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie, du Travail et du Ravitaillement. — Le secours aux chômeurs. Compte rendu des travaux et des conclusions de la Commission spéciale du Chômage. Avril 1919. In-4 de 36 p. Bruxelles, lmp. A. Lesigne, 1919.
- Pièce 12 437
- Sosnowski (K.). —Grandes centrales américaines. Diverses applications élertriques modernes vues au cours d’un voyage d’études à travers les Etats-Unis et derniers progrès réalisés. (Bulletin de la Société française des Electriciens, mars 1916 et avril 1919, 76'p., 23 fig.)
- Pièce 12 438
- Lecler (Paul). — La motoculture (Mémoires de la Société des Ingénieurs civils de France, janvier-mars 1919, 30 p., 14 fig.). Pièce 12439
- Cultivateurs, aurez-vous du superphosphate à l’automne prochain? ln-8 de 30 p. Paris, Groupement phosphatier, 1, rue de Penthièvre, 1919. Pièce 12440
- Department of scientific and industrial Research. Report of the Food Investigation Board, for the year 1918. In-8 de 20p. London, 1919. Pièce 12 441
- Garlioz (J.). —Rapport sur la sidérurgie (Produits ordinaires), présenté au Comité consultatif des Arts et Manufactures. In-4 de 112 p. Paris, Publications de la Revue de Métallurgie, 1917. Pièce 12 442
- *
- * *
- K. Svensea Vetenskapsakademien i Stockholm. — Arkiv for Kemi, Mineralogi och Geologi. Bd 7, H. 2-3 ; — Arkiv for Matematik, Astronomi och Fysik. Bd. 13, H. 3-4 ; Bd 14, H. 1-2. Pèr. 8
- U. S. Department of Agriculture. —Yearbook, 1918. Washington. Pèr. 410
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
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- 118- ANNEE — SBWKSTKE.
- NOVEM B RED ÉCEYIBKE 1919.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ETAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport présenté par M. Georges Fouret, au nom de la Commission des Fonds, sur les comptes de l’exercice 1918.
- Les comptes de l’exercice 1918, que j’ai l’honneur de présenter au nom de la Commission des Fonds, se résument de la manière suivante ;
- première partie
- FONDS GÉNÉRAUX
- AVOIR DEBIT
- 1° Cotisations des mem- fr. c. 1° Bulletin : frais de ré- fr. c.
- bres de la Société (848 cotisa- daction, d’impression et d’ex-
- tions à 36 fr) . . .- . . . . 30 528 » pédition 32 203, 65
- 2° 134 Abonnements au 2° Imprimés divers : cir-
- Bulletin de la Société . . . 4 575 » culaires, annuaire, calen-
- 3° Vente au numéro du drier, etc 5 412,20
- Bulletin de la Société . . . 2 200,55 3° Bibliothèque : traite-
- 4° Vente de volumes de ment des agents, achats,
- mémoires et de diverses abonnements, reliures, etc. 9 968,75
- publications . . 2044, 55 4° Agence et économat :
- 5° Locations des salles traitement des agents et
- de l’Hôtel 8 323, 05 employés, frais divers. . . 24 759, 70
- A reporter' . . . 47 671,15 A reporter. . .. . 72 344,30
- Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919. 19
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-
- 290 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ, EXERCICE 1918.
- --- NuV.-DÉC. 1919.
- AVOIR
- Report...............
- 6° Locations de l’immeuble de la rue Saint-Benoît n° 15.................
- 7° Arrérages et intérêts
- divers.....................
- 8° Recettes diverses. . .
- Total des recettes . . . Emprunt au fonds de réserve.....................
- DÉBIT
- Report.............
- 5° Jetons de présence. . 6° Hôtel de la Société :
- A. Aménagement, entretien,
- réparations. 5 695, 80
- B. Mobilier. . . “231,10 1
- C. Contributions 6166, 05 (
- D. Eau, assuran-
- ces, divers . 597,35
- E. Chauffage et
- éclairage . . 12 283,80
- 7° Immeuble de la rue Saint-Benoît, n° 15 : entretien, réparations et charges
- diverses....................
- 8° Conférences.........
- 9° Subventions et médailles ......
- 10° Allocation à la réserve
- 11° Pensions...........
- 12° Dépenses diverses. .
- fr. c.
- 47 671,15
- 1863,95
- 64 639,27 4 322, 50
- 118496,87 3 216,83
- fr. c.
- 72 344, 30 5 340 »
- 24974, 10
- 3132, 25 1 664,70
- 1813 »
- 1 500 » 4 400 »
- 6 545.35
- Total comme ci-contre . 121713,70
- Total des dépenses.
- 121713,70
- Les recettes de 1918, montant à 118496 fr 87, ont dépassé de 6 517 fr 77 celles de 1917. Cet excédent est dû en partie à l’admission de 68 nouveaux membres. 11 en est résulté, défalcation faite des décès et démissions, une augmentation du nombre et du produit des cotisations : 30 528 fr pour 848 cotisations, en 1918, au lieu de 28 836 fr pour 801 cotisations en 1917.
- — La Société des biscuits Bernot s’est fait inscrire, comme souscripteur perpétuel, en versant 1 000 fr. Trois autres membres, MM. Georges Claude, Coulon et de Maniquet Vauberet, ont versé chacun 500 fr, à titre de souscripteurs à vie.
- — Le Ministère de l’Agriculture, après une courte interruption, nous a alloué en 1918 sa subvention annuelle de 1 700 fr, dont nous lui sommes particulièrement reconnaissants.
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-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- 291
- — La vente de vieilles collections de notre Bulletin, dont nous étions encombrés, a produit une somme de 2104 fr 30, comprise dans les recettes diverses.
- — Le total des arrérages et intérêts divers, montant à 64639 fr 27, représente, pour la plus grande part, le revenu du portefeuille de nos fonds généraux, qui se composait, au 31 décembre 1918, de 53 702 fr de rente 3 %, 5 512 fr de rente 5 %, 16 obligations P.-L.-M. 2,5 % et 11 obligations P.-L -M. 3 %, y compris 142 fr de rente 5 %, résultant du placement en 1918 du solde du compte de souscriptions perpétuelles et à vie.
- — Le total des dépenses s’est élevé dans l’année a 121 713 fr 70, dépassant de 5146 fr 35 le total correspondant de 1917. Cette aggravation sensible de nos charges porte sur la plupart des articles de notre budget et est une conséquence de la hausse générale de toutes choses. Nous avons dû notamment augmenter l’indemnité de vie chère allouée aux agents de notre Société les moins rétribués. Ajoutée à la gratification annuelle, que le Conseil d’administration a été heureux, comme tous les ans, de leur accorder, elle a donné lieu à un débours de 6 445 fr, compris dans la somme de 6545 fr 35, figurant au titre de dépenses diverses.
- — L’article « Subventions et Médailles » comprend une somme de 1 200 fr allouée à notre ouvroir.
- — Malgré l’accroissement notable de nos recettes, nous avons dû, pour solder nos comptes, faire à notre fonds de réserve un emprunt de 3 216 fr 83, qui, en réalité, par suite du versement annuel de 1 500 fr prélevé sur les fonds généraux et effectué à ce même fonds de réserve, se trouve réduit à la somme de 1 716 fr 83.
- — En résumé, notre situation financière a continué jusqu’ici à être satisfaisante, malgré l’enchérissement général, et la prospérité de notre Société a pu se maintenir grâce à la progression de nos recettes. Nous devons, pour une bonne part, cet heureux résultat à l’actif dévouement de notre cher Président, M. Lindet, si bien secondé par nos deux Secrétaires, MM. Hitier et Toulon, et notre Agent général, M. Lemaire. Nous ne saurions manquer, en le reconnaissant, d’interpréter fidèlement les sentiments de notre Société.
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- 292 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- — NOV.-DÉC. 1919.
- deuxième partie
- FONDS SPÉCIAUX ET FONDATIONS
- Souscriptions perpétuelles et à vie.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................
- 1 souscription perpétuelle
- de 1 000 fr................
- 3 souscriptions à vie de 500 fr.................
- 6, 06 1 000 »
- 1 500 »
- 2 506,06
- DÉBIT
- Souscription à 142 fr. de
- rente 5 p. 100..............
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................
- 2 499, 20
- 6, 86
- 2 506, 06
- Le titre de 142 fr de rente 5 °/0 est venu s’ajouter au portefeuille des Fonds généraux.
- Fonds de réserve.
- La création d’un fonds de réserve a été décidée par le Conseil d’administration, dans sa séance du 2 mars 1901. Constitué au moyen des sommes précédemment affectées au grand prix de la Société, qui a été supprimé, il est alimenté parle prélèvement d’une annuité de 1500 fr sur les fonds généraux. En outre, les années où les fonds généraux présentent un excédent de recettes, le solde créditeur en est versé au fonds de réserve.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917.............. 19 059,25
- Annuité versée par les fonds généraux........... 1 500 »
- 20 559,25
- DÉBIT
- Versement aux fonds généraux.................... 3 216,83
- Solde créditeur au 31 décembre 1918............... 17 342,42
- 20 559,25
- Le solde est représenté par des dépôts en banque ou des placements temporaires, dont les intérêts et arrérages sont compris dans les recettes des fonds généraux.
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-
- 293
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918,
- Fonds d’accroissement destiné à développer et à perpétuer l’œuvre créée par le comte et la comtesse Jollivet.
- Aux termes d’une délibération du Conseil d’Administration, en date du 9 juillet 1882, une somme de 100 000 fr, prélevée sur les legs du comte et de la comtesse Jollivet, a été mise en réserve-’et immobilisée, dans le but de capitaliser les arrérages pendant 50 ans. A l’expiration de cette période, le produit de cette capitalisation sera mis à la disposition de la Société et la somme de 100 000 fr immobilisée continuera à être affectée à des capitalisations identiques. La première période de 50 ans expire en 1933.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917. ....... 7,90
- Arrérages............... 12 642,15
- Amortissent d’une oblig.
- P.-L.-M. 2,5 p. 100............ 495,25
- Solde débiteur au 31 décembre 1918..................... 60,70
- 13 206 »
- DEBIT
- Souscription à 770 fr de rente 4 p. 100 (1917) .... Frais divers................
- 13 205,50 0, 50
- 13 206 »
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 8428 fr de rente 3 °/0, 1 572 fr de rente 5 %, 4 380 fr de rente 4 0/o (1917), 42 obligations P.-L.-M. 2,5%, 25 obligations P.-L.-M. 3 % et 78 obligations Midi 2,5 %.
- Grand prix fondé par le marquis d’Argenteuil.
- But : récompenser tous les six ans, par un prix de 12 000 fr, l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française, principalement pour les produits dans lesquels la France n’aurait point encore atteint une supériorité sur l’industrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant au prix des objets fabriqués.
- Legs : 40 000 fr, représentés par un titre de 2 000 fr de rente 3 %.
- Le prix a été décerné en 1910.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................. 11 876,94
- Arrérages................ 2 370, 45
- Souscription à 100 fr de rente 4 p. 100 (1918). . . . 1 770 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918, 12 477,39
- 14 247,39
- 14 247,39
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-
- 294 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918. -------- NOV.-DÉC. 1919.
- Portefeuille au 3t décembre 1918 : 2 000 fr de rente 3 °/0, 15 obligations Est 2,5 %, 3 obligations Midi 2,5 %, 6 obligations P.-L.-M. 2,5 °/0, 6 obligations P.-L.-M. 3 °/c et 100 fr de rente 4 °/„ (i9is).
- Legs Bapst.
- Ce legs consistait en une inscription de 2160 fr de rente 3 °/0 applicables annuellement, jusqu’à concurrence de 1 565,20 fr (lre fondation), à des secours en faveur d’inventeurs malheureux et destinés, pour le surplus, soit 594,80 fr (2e fondation), à favoriser les découvertes.
- Première fondation (1 565 fr 20 de rente).
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................. 3 320,90
- Arrérages................ 1 365,20
- 6 886,10
- Secours................. 500 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 6 386,10
- : 6 886,10
- Deuxième fondation. La fondation primitive (594,80 fr de rente) ne pouvant remplir qu’imparfaitement le but du légataire, le Conseil d’Admi-nistration avait décidé d’en capitaliser les arrérages,jusqu’à ce qu’ils eussent atteint le chiffre de 1 800 fr de rente. Ce revenu, par suite de capitalisations successives, a été dépassé et est actuellement représenté par une inscription de 3 094,80 fr de rente 3 % et 300 fr de rente 4 °/0 (1918).
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................11881,25
- Arrérages............... 3 094,80
- 14 976,05
- DÉBIT
- Subvention à l’œuvre des
- mutilés et secours à divers. 1 200 »
- Souscription à 300 fr de rente 4 p. 100 (1918). . . . 5 310 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................. 8466,05
- 14 976,05
- Fondation Christofle pour l’acquittement des premières annuités de brevets.
- Don : 10 000 fr, dont le revenu est destiné à permettre à des inventeurs d’acquitter, avec les frais, leur première annuité de brevet.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917. . .............. 2 835,15
- Arrérages................. 1 036 »
- Une première annuité. . 200 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................. 3 671,15
- 3 871,15
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 1 036 fr de rente 3 %.
- 3 871,15
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-
- 295
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- Fondation de la princesse Galitzine.
- Legs : 2 000 fr.
- But : un prix à décerner sur la proposition du Comité des Arts écono
- miques.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................ 27.49
- Arrérages................ . 426,20
- 453, 69
- DÉBIT
- - Subvention.............. 400 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ............... 53, 69
- 453,69
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 18 obligations Est 3 %, 2 obligations Midi 2,5 %, 1 obligation P.-L.-M. 2,5 ,°/0, 1 obligation P.-L.-M. 3 °/o et 120 fr de rente 5 %.
- Fondation Carré.
- Legs : 1 000 fr.
- But analogue à celui de la fondation précédente.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................. 665,38
- Arrérages .............. 144,70
- 810,08
- DÉBIT
- Subvention............... 600 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................. 210, 08
- 810,08
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 6 obligations Est 3 °/0, 2 obligations Midi 2,5 % et 3 obligations P.-L.-M. 2,5 °/0.
- Fondation Fauler (industrie des cuirs).
- Legs : 5 143 fr.
- But : venir en aide à des contremaîtres ou ouvriers malheureux, ayant
- rendu d,es services appréciés dans 1 in
- A V O T R
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917 ............... 369,22
- Arrérages ............. 867,10
- 1 236,32
- Portefeuille au 31 décembre 1918 tions Ardennes 3 °/0, 10 obligations
- ustrie des cuirs.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 *................ 1 236, 32
- : 29 obligations Est 3 0/o, 3 obliga-lidi 3 °/0, 2^ obligations Est 2,5 °/0,
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-
- 296 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE *918. -------- NOV.-DÉC. 1919.
- 8 obligations Midi 2,5 °/0, 3 obligations P.-L.-M. 2,5 °/0, 1 obligation P.-L.-M. 3 % et 100 fr de rente 5 °/0.
- Fondation Legrand (industrie de la savonnerie).
- Don : 25 obligations Est 3 %.
- Même but que la précédente fondation, mais concernant l’industrie de la
- savonnerie.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917................ 639,31
- Arrérages............. 1 394,73
- Amortissement de 3 obligations Est 3 p. 100......... 1 469, 43
- 3 703,69
- DÉBIT
- Souscription à 200 fr de
- rente 4 p. 100 (1918)........ 3 340 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................. 163,69
- 3 703,69
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 65 obligations Est 3 %, 12 obligations Est 2,5 %, 11 obligations Midi 2,5 %, 3 obligations P.-L.-M. 2,5 %, 2 obligalions P.-L.-M. 3 %, 310 fr de rente 5 °/0et 200 fr de rente 4 % (i9is).
- Fondation Christone et Bouilhet (artistes industriels). Don : 21 obligations Est 3 %.
- But : venir en aide à des artistes industriels malheureux.
- ; AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.............. 2 602,27
- Amortissement de 5 obligations Est 3 p. 100....... 2 449,10
- Arrérages............... 427,40
- 5 478,77
- DÉBIT
- Souscription à 200 fr de
- rente 4 p. 100 (1918)........ 3 540 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................. 1 938,77
- 5 478,77
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 25 obligations Est 3 °/0, 2 obligations Midi 2,5%, 1 obligalion P.-L.-M. 2,5 % et 200 fr de rente 4°/0 (i9is).
- Fondation de Milly (industrié de la stéarine).
- Legs : 10 obligations Est 3 %.
- But: secourir des contremaîtres ou ouvriers de cette industrie, malheureux ou ayant contracté-des infirmités dans l’exercice de leur profession.
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-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- 297
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................. 21 ü2, 78
- Arrérages. . ............. 962,10
- Amortissement de 1 obligation Est 3 p. 100............ 489, 82
- 1664,70
- DÉBIT
- Souscription à 90 fr.de rente
- 4 p. 100 (1918)............... 1 393 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................... 71,70
- 1664,70
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 45 obligations Est 3%, 10 obligations Est 2,5 %, 5 obligations Midi 2,5 %, 3 obligations P.-L.-M. 2,5 °/0, 100 fr de rente 5 °/0 et 90 fr de rente 4 °/Q (i9i8).
- Fondation de Baccarat (industrie de la cristallerie).
- Don : 1 100 fr.
- But : venir en aide aux contremaîtres ou ouvriers, malheureux ou infirmes, de cette industrie.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................. 439,30
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................. 263,80
- Arrérages. . ............ 175,50
- Portefeuille.au 31 décembre 1918 : 40 fr de rente 5 °/0, 7 obligations Est 3 °/0, 1 obligation Est 2,5 °/0, 1 obligation P.-L.-M. 2,5 % et 1 obligation Midi 2,5 °/o-
- Prix de la classe 47 à l’Exposition universelle de 1878 et fondation Fourcade (industrie des produits chimiques).
- Don : 1 000 fr de rente 3 °/0.
- But : créer un prix annuel de 1 000 fr, pour récompenser-un ouvrier de l’industrie chimique, choisi de préférence parmi ceux des donateurs et parmi ceux qui comptent le plus grand nombre d’années consécutives de bons services dans le même établissement.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................. 3 000 »
- Arrérages................ 1 000 »
- 4 000 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 .................. 4 000 »
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- 298 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918. -------- NOV.-DÉC. 1919.
- Fondation Menier (industrie des arts chimiques).
- Legs : 1 455 fr.
- But : venir en aide à des contremaîtres ou à des ouvriers, malheureux ou infirmes, de cette industrie.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................. 158,51
- Arrérages ............... 300,40
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................... 458,61
- 458, 61
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 9 obligations Est 3 °/0, 2 obligations Est 5 %, 2 obligations Est 2,5 %, 2 obligations P.-L.-M. 2,5 °/0, 1 obligation P.-L.-M. 3 °/0 et 63 fr de rente 5 %.
- Prix de la classe 27 à l’Exposition universelle de 1867 (industrie cotonnière).
- (Fondation due à l’initiative de M. Gustave Roy.)
- Don : 13 169 fr 85.
- But: encourager les développements et les progrès de l’industrie cotonnière, en France et dans les colonies françaises.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................ 1371,47
- Arrérages .............. 789,10
- 2160,57
- DÉBIT
- Subvention............... 1 000 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................. 1 160, 57
- 2 160, 57
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 38 obligations Est 3%, 1 obligation Est 2,5 %, 3 obligations Midi 2,5%, et 200 fr de rente 5%.
- Prix de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1867 t(génie civil et architecture).
- (Fondation due à l’initiative de M. Elphège. Baude.)
- Don : 2 315 fr 75.
- But : décerner, tous les cinq ans, un prix à l’auteur des perfectionnements les plus importants, apportés au matériel ou aux procédés du génie civil, des travaux publics ou de l’architecture.
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- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- 299
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917................... 427,81
- Arrérages ................ 383,80
- Solde créditeur au 31 décembre 1918............. 811,61
- 811,61
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 15 obligations Est 3 %, 4 obligations Est 2,5 °/0, 2 obligations Midi 2,5 %, 2 obligations P.-L.-M. 2,5 % et 75 fr de rente 5 %•
- Legs Griffard.
- Legs : 50000 fr, représentés par une inscription de 1949 fr de rente 3 %•
- La moitié du revenu est destinée à créer un prix sexennal de 6 000 fr pour services signalés rendus à l’industrie française; l’autre moitié à distribuer des secours.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ................. 6 954,23
- Arrérages................. 1 949 »
- 8 903,23
- Subventions à divers........ 600 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................ 8 303,23
- 8 903,23
- Fondation Meynot.
- Don : 20000 fr, représentés par une inscription de 730 fr de rente 3 %•
- But : création d’un prix de 1 000 fr, qui sera décerné alternativement :
- 1° A une petite culture, dans un des départements de la région du Sud-Est, sous certaines conditions.
- 2° A l’exploitation agricole de petite ou moyenne étendue, en France, en Algérie ou aux colonies, qui présentera le meilleur type d’installation mécanique, pouvant être cité comme exemple à suivre.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ................ 1 480,74
- Arrérages................ 1 226, 30
- 2 707,04
- DEBIT
- Prix et menus frais. . . . 1 305,60
- Solde créditeur au 31 décembre 1918................... 1 401,44
- 2 707,04
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- 300 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918. -------- NOV.-DÉC. 1919.
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 730 IV de rente 3 %, 19 obligations Est 3 %, 15 obligations Est 2,5 °/0, 3 obligations Midi 2,5 % et 1 obligation P.-L.-M. 2,5 %.
- Fondation Melsens.
- Don : 5000 fr.
- But : création d’un prix triennal de 500 fr, pour récompenser l’auteur d’une application intéressante de la physique ou de la chimie à l’électricité, à la balistique ou à l’hygiène.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 .............. 329,84
- Arrérages................. 317,50
- 647,34
- Solde créditeur au 31 décembre 1918...................
- 647,34
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 15 obligations Est 3 °/0, 2 obligations Est 2,5 % et 80 fr de rente 5 %•
- Fondation de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1867 (matériel des industries alimentaires).
- (Fondation due à l’initiative du baron Thénard.)
- Don : 6 326 fr 80.
- But : création d’un prix, à décerner à l’auteur du perfectionnement le plus important, apporté au matériel des usines agricoles ou des industries alimentaires.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde 'créditeur au 31 décembre 1917................... 1 933,75
- Arrérages.................. 242, 20
- 2175, 95
- Subventions à divers . . . 2 103,85
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................. 72,10
- 2 175, 95
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 17 obligations Est 3 %.
- Prix Parmentier, fondé par les exposants de la classe 50 à l’Exposition universelle de 1889 (industries relatives à l’alimentation).
- (Fondation due à l’initiative de M. Aimé Girard.)
- Don : 9J846 fr 75.
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-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- 301
- But: création d’un prix triennal de 1 000 fr, destiné]à récompenser les recherches scientifiques ou techniques, de nature à améliorer le matériel ou les procédés des usines agricoles ou des industries alimentaires.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.................. 1 342 »
- Arrérages ........ 335 »
- 1 677 »
- DEBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 1 677 »
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 335 fr de rente 3 °/0.
- Fondation des exposants de la classe 51 à l’Exposition universelle de 1889 (matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie).
- Don : 2 556 fr 30.
- But : création d’un prix.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917.............. . . 923,58
- Arrérages............... 159,10
- 1 082,68
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 7 obligations Est 3 °/e, 2 obligations Est 2,5 % et 3 obligations Midi 2,5 °/0.
- DEBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 1 082,68
- Don de la classe 21 à l’Exposition universelle de 1889 (industrie des tapis et tissus d’ameublement).
- Don : 400 fr.
- But: secourir des ouvriers malheureux, appartenant à cette industrie.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917................. 167, 97
- Arrérages. . ............ 14,20
- 182,17
- DÉBIT
- Secours a deux ouvriers. . 150 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 .................. 32,17
- 182. 17
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : une obligation Est 3 °/0.
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- 302 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918. -------- NOV.-DÉC. 1919.
- Fondation des exposants de la classe 63 à l’Exposition universelle de 1889 (génie civil, travaux publics et architecture).
- Don : 3 869 fr 85.
- But : création d’un prix.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ................ 244,61
- Arrérages............ . 280,30
- 324,91
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 12 obligations Est 3 °/0, 2 obligations Est 2,5 %, 3 obligations P.-L.-M. 2,5 % et 50 fr de rente 5 °/,.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 324,91
- Fondation de Salverte.
- Legs : 1 000 fr.
- But : décerner chaque année, sur la proposition du Comité des Constructions et Beaux-Arts, un prix consistant en une médaille d’argent et une somme de 25 fr, à un ouvrier français, appartenant à la corporation du bâtiment, habile, âgé de 60 ans au moins et père d’une famille nombreuse, qu’il aura bien élevée.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917 ................ 248,80
- Arrérages................ 40, 90
- 289, 70
- DÉBIT
- Secours.................. 200 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 89,70
- 289, 70
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 29 fr de rente 3 % et une obligation Midi 2,5 °/0.
- Fondation André Massion.
- Voulant perpétuer la mémoire de son fils, -ingénieur mécanicien, M. Massion, notaire à Paris, a fait donation en 1903, à la Société, d’une somme de 30 000 fr.
- Le revenu de cette somme doit être appliqué à encourager des
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- 303
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- recherches, en vue de la construction d’un moteur à puissance spécifique très élevée, sous un faible poids ou, plus généralement, à des recherches de mécanique.
- AVOIR
- Arrérages
- DÉBIT
- 1 267, 25
- Solde débiteur au 31 décembre 1917.................. 22, 67
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 .-............... 1244,58
- 1 267, 25
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 55 obligations Est 3 °/0, 7 obligations Est 2,5 %, 9 obligations P.-L.-M. 2,5 %, 2 obligations P.-L.-M. 3 %, et 265 fr de rente 5 °/0.
- Fondation Lamy.
- Don : 1 000 fr employés à l’achat d’une inscription de 30 fr de
- rente 3 %.
- But : encouragements à l’industrie
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917............... 150 »
- Arrérages.............. 30 »
- 180 »
- nationale.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 180 »
- Fondation Gilbert.
- M. Gilbert, fabricant de crayons à Givet, a légué à la Société d’Encou-ragement une somme de 20 000 fr, pour être employée de la façon que la Société jugera la plus propre à encourager l’industrie française.
- Les 20 000 fr, versés en 1904, ont donné lieu à l’achat d’une inscription de 611 fr de rente 3 °/0.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917 ............... 3 004,70
- Arrérages............... 611 »
- DÉBIT
- Souscription à 189 fr de
- rente 4 p. 100 (1918)....... 3345,30
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 270,40
- 3 615, 70
- 3615, 70
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 611 fr de rente 3 °/0 et 189 fr de rente 4 % (lois).
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- 304 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918- --------- NOV.-DÉC. 1919.
- Fondation Danton.
- M. Danton, ingénieur civil des mines, a légué à la Société, en 1907, une somme de 5000 fr, pour prix à décerner à l’auteur qui aura réalisé le procédé pratique le meilleur, pour isoler les éléments de l’eau, l’hydrogène et l’oxygène, de manière à les utiliser ensuite isolément ou en les recombinant.
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ............ 933,73
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 dé-
- cembre 1917................ 784,13
- Arrérages............... 1 19, 60
- 933,73
- Portefeuille au 31 décembre 1918 : 7 obligations Est 3 %, 2 obligations Est 2,5 %, 1 obligation Midi 2,5 °/0 et 1 obligation P.-L.-M. 3 °/0.
- Fondation Armengaud (Bourse et Grande médaille Michel Perret).
- Mrae Armengaud aîné a légué, en 1907, à la Société une somme de 3 000 fr de rente 3 °/0, qui doit recevoir une double affectation :
- 1° Une somme de 2 800 fr doit être employée à la création d’une bourse annuelle de recherches el d’études industrielles, qui portera le nom de bourse Michel Perret. Cetle bourse sera mise spécialement à la disposition du Comité des Arts chimiques, mais pourra cependant être accordée pour des études ou recherches autres que celles se^apportant directement aux arts chimiques, si la Société juge que ces études ou recherches sont de nature à contribuer à leur développement.
- 2° Une somme de 200 fr est destinée à décerner, tous les cinq ans, une grande médaille d’or, à l’auteur, français ou étranger, de découvertes ou inventions ayant contribué, en France, à la création d’une industrie nouvelle ou au développement d’une industrie déjà existante.
- AVOIR
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ................. 17 000 »
- Arrérages................ 3 000 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918...................20 000 »
- 20 000 »
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- 305
- ÉTAT FINANCIER DË LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- Fondation de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1900 (petite métallurgie).
- Le Comité d’installation de la classe 65 à l’Exposition universelle de 1900 a fait don, en 1908, à la Société, d’une somme de 1500 fr, affectée à la création d’un prix, à décerner à des ouvriers méritants d’une industrie relevant de la petite métallurgie. .
- Cette somme a été employée à l’achat de 3 obligations Est 2,5 %•
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................. 184,68
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917................. ^149,08
- Arrérages................ 35,60
- 184,68
- Fondation Osmond.
- M. Floris Osmond, ingénieur civil, a légué à la Société, en 1912, une somme de 100 000 fr, qui a été employée à l’achat d’obligations de
- chemins de fer garanties par l’État.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ............... 2 645,80
- Arrérages................. 4 847,55
- 7 493,35
- Portefeuille au 31 décembre 1918 gâtions Midi 2,5 °/0, 2 000 fr de rente
- .DÉBIT
- Souscription à 300 fr de rente 4 p. 100 (1918) . . . . 5 3'0 »
- Solde créditeur au 31 décembre 1918. ....... 2183,35
- 7 493,35
- : 159 obligations Est 3 °/0, 49 obli-5 % et 300 fr de rente 4 °/0 (i918).
- Fondation Félix Robin.
- M. Félix Robin, Ingénieur des Arts et Manufactures, mor.t glorieusement des suites de ses blessures, le 30 août 1914, a légué à la Société une somme de 90 000 fr, dont les revenus devront servir à distribuer des secours et des récompenses pour des travaux scientifiques remarquables, exécutés en France par des Français.
- Le montant du legs a permis l’achat de 5 128 fr de rente 5 % et 272 fr de rente 4 °/0 (1918).
- Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919.
- 20
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-
- 306 ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 19!8
- NOV.-DÉC. 1919.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ................ 1 296,75
- Arrérages................ 5 128 »
- 6 424,75
- D É B IT
- Souscription à 272 fr de
- rente 4 p. 100 (1918)........ 4 814,40
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................. 1610,35
- 6424,75
- Recherches sur la fragilité des aciers.
- Fonds spécial destiné à permettre l’impression de travaux relatant des expériences sur la fragilité des aciers.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ............... 2 451 »
- Vente de volumes .... 130 »
- 2 581 »
- DÉBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918.................
- 2 581
- Table décennale du Bulletin.
- Fonds spécial ayant pour but la publication d’une table du Bulletin tous les dix ans.
- AVOIR
- Solde créditeur au 31 décembre 1917 ............. . 1 329,15
- Annuité versée parles fonds généraux. ................. 300 »
- 1629,15
- DEBIT
- Solde créditeur au 31 décembre 1918 ................ 1 629, 15
- Portefeuille commun aux fonds spéciaux et fondations.
- Les reliquats, en espèces, des fonds spéciaux et fondations, qui, séparément, seraient insuffisants pour permettre un placement avantageux, sont groupés en un fonds commun, employé à l’achat de valeurs, qui sont destinées à être, par la suite, réparties entre ces divers comptes.
- Le portefeuille commun, ainsi constitué, figure au bilan pour la somme de 92 309 fr 10, dont 9048 fr 80 représentés par 513 fr de rente 5 %, 10633 fr par 620 fr de rente 4 °/0 (1917), 1 349 fr de rente 4 °/0 (i9is) et 48730 fr, valeur à 6 mois de 50 000 fr. en bons de la Défense nationale.
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-
-
-
- ÉTifT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. EXERCICE 1918.
- 307
- État récapitulatif des valeurs constituant les portefeuilles individuels ou communs des fonds généraux, fonds spéciaux et fondations.
- 77 310 fr de rente 3 °/0 sur l’État
- 2 000 fr — 4 °/0 —(1917)
- 3 000 fr — 4 °/0 —. (lois)
- 16128 fr — 5 % —
- 80 obligations Est 2,5 0/o
- 174 — Midi —
- 96 — P.-L.-M. —
- 549 — Est 3 %
- 10 — Midi
- 50 — P.-L.-M. —
- 3 — Ardennes —
- 2 — Est 5 °/o
- 50 000 fr de bons à 6 mois de la Défense nationale.
- Les titres de rentes et obligations sont immatriculés au nom de la Société. Leur répartition entre les divers comptes (fonds généraux, fonds spéciaux, fondations et fonds commun) est donnée dans le présent rapport.
- Les obligations de chemins de fer sont affectées individuellement, avec leur numéro d’ordre, à ces divers comptes, qui bénéficient ainsi des primes de remboursement, par tirage au sort, des obligations figurant dans leur portefeuille.
- En cours d’exercice, il a été alloué à divers, à titre de récompenses, subventions ou secours, une somme totale de 8 059 fr 45, prélevée sur les ressources des fondations.
- Nous ne saurions terminer l’exposé des opérations de notre Société sans adresser, en son nom, l’expression de notre vive gratitude à notre cher trésorier, M. Alby, pour le dévouement si éclairé qu’il apporte à la bonne gestion de nos intérêts.
- Le rapporteur,
- G. FOU R ET.
- Lu et approuvé en assemblée générale, le 91) décembre 1919.
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-
-
-
- BILAN AU 31 DÉCEMBRE 1918
- ACTIF PASSIF
- fr c fr c
- Immeuble rue de Rennes, n° 44 . 600.000 »> \ Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la ir c
- Immeuble rue Saint-Benoît, n° 15 . 141.452,50 2.756.303,21 Société 2.756.303,21
- Portefeuille de la Société
- Valeurs des fondations 1.468.617 »
- Portefeuille des fondations . 1.078.458,91 i .1.468.617 »
- Portefeuille du fonds d’accroissement . 390.158,03 fr c
- Portefeuille commun 92.309,10 Fondation d’Argenteuil . . 12.477,39
- — Bapst (secours) . . 6.386,10
- Caisse et banquiers 31.069,54 — Bapst (recherches) . . 8.466,05
- — Christolle . . 3.671,15
- Fondation Jolivet 60,70 — Galitzine ^ . . . . . 53,69
- Carré. . . 210,08
- 4.877,25 Fauler . . 1.236,32
- — Legrand . . 163,69
- — — Christofle et Bouilhet . . 1.938,77
- \ — de Milly : . . 71,70
- \ — de Baccarat . . 439,30
- \ — Fourcade
- \ — Menier . . 458,61
- \ — , Roy . . 1.160,57
- \ — Baude . . . 811,61
- \ — Giffard . . . 8.303,23
- — Meynot . . . 1.401,44 \
- — Meïsens . . . 647,34 \
- — Classe 50 (1867) . . . 72,10 103.542,12
- — Parmentier . . . 1.677 .»
- — Classe 51 (1889) . . . 1.082 68
- — — 21 (18891 . . . 32,17
- — — 63 (18891 . . . 524,91
- — De Salverte . . . 89,70
- — Massion . . . 1.244,58
- — Lamy . . . 180 »
- — Gilbert . . . 270,40
- \ — Danton . . . 933,73
- — Armengaud . . . 20.000 » •
- — Classe 65 (1900) . . . 184,68
- — Osmond . . . 2.183,35
- — Robin . . . 1.610,35
- Souscriptions perpétuelles et à vie . . . 6,86
- Réserve de la Société . . . 17.342,42
- Réserve Table décennale . . . 1.629,15
- Recherches sur la fragilité des aciers . . . . . . 2.581 » !
- Dons divers 503 »»
- Créanciers divers 24.271,47
- Total de l’actif 4.353.236,80 Total du passif. . . . 4.353.236,80
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-
-
-
- RAPPORT DE M. BORDET, CENSEUR, SUR ^EXERCICE 1918. 309
- Rapport présenté par M. Lucien Bordet, censeur sur les comptes de l’exercice 1918
- Messieurs,
- Au cours de la guerre, les comptes de la Société et des fondnlions dont elle a la gestion, ont été, pour chaque exercice, publiés au Bulletin. Notre collègue M. Fouret, s’est chargé chaque année de les résumer au nom de la Commission des Fonds ; il Fa fait avec un dévouement et une conscience dont nous devons lui être profondément reconnaissants ; ses rapports sont si détaillés et si complets que nous n’avons rien à y ajouter.
- Vos censeurs peuvent se borner à constater qu’au point de vue financier notre Société a traversé les années de guerre d’une façon satisfaisante. Pendant les 5 exercices 1914 à 1918, la réserve, qui avait été presque entièrement employée en 1913, a pu être reconstituée. Elle nous sera d’ailleurs bien utile, car de grandes difficultés apparaissent aujourd’hui : par suite du renchérissement de toutes choses, nos budgets vont être bien difficiles à établir.
- Heureusement notre Société est restée très vivante.
- Son activité s’est manifestée sous différentes formes, sur des sujets toujours intéressants pour l’avenir de notre industrie ; si cette activité ne s’est jamais démentie, nous le devons à toutes les initiatives heureuses inspirées à notre Président, M. Lindet, par son inlassable dévouement aux intérêts de la Société.
- En approuvant les comptes qui vous sont présentés aujourd’hui vous vous joindrez certainement à nous, de tout cœur, pour lui exprimer nos sentiments de bien vive et affectueuse reconnaissance.
- Lun des Censeurs : Lucien Bordet.
- Lu et approuvé en assemblée générale, le W décembre 1919.
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- ALLOCUTION PRONONCÉE A BIRMINGHAM le 17 septembre 1919
- A L’OCCASION DU CENTENAIRE DE J. WATT
- par M. A. Rateau, membre du Conseil.
- My Lord Mayor, Mesdames, Messieurs,
- J’ai été délégué par l’Académie des Sciences, et aussi par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, spécialement pour vous apporter le tribut des hommages de la science et de l’industrie françaises à la mémoire du grand homme que, pieusement, vous honorez ici, dans les lieux où il a passé la plus grande' partie de sa vie, et où son génie a mûri et porté ses fruits.
- L’Académie des Sciences ne pouvait manquer de venir s’associer à ces manifestations de votre souvenir; James Watt fut pendant onze ans un de ses membres les plus illustres. Elu correspondant en 1808, il a été choisi en 1814 l’un des premiers parmi les huit associés étrangers. A cette époque, nos pays n’étaient pas dans les sentiments de fraternelle amitié où nous les voyons heureusement aujourd’hui, après les immenses et glorieux sacrifices consentis en commun. Il a fallu que l’Académie prisât bien haut les mérites exceptionnels de votre compatriote, et qu’elle s’élevât à une large indépendance d’esprit, pour qu’elle se l’attachât ainsi; et vous estimerez sans doute que cette décision lui fait honneur.
- Si l’Angleterre s’enorgueillit de compter Watt au nombre de ses enfants de génie, tous les pays cependant ont bénéficié de ses inventions capitales, et, à ce titre, il appartient à l’humanité entière.
- Il était, sous tous les aspects, un homme rare. Doué d’une sagacité étonnante, d’une mémoire prodigieuse et d’un esprit d’ordre inconcevable, il avait lu autant que les hommes les plus érudits de son temps ; aussi savait-il beaucoup. Portant ses méditations sur toutes les branches de l’activité humaine, il était très versé dans la chimie, dans la physique, dans la méca-
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- nique, naturellement, et même dans la médecine et l’architecture, les instruments de musique. C’était une encyclopédie vivante; nul ne pouvait exposer ses connaissances avec plus de concision, de netteté et de grâce; il avait le talent aussi de savoir les utiliser. D’une habileté manuelle peu commune, n’a-t-il pas exécuté lui-même un orgue remarquable?
- Lord Jeffrey, dans une éloquente notice, caractérisa heureusement l’intelligence à la fois forte et subtile de son savant ami en la comparant à la trompe, si merveilleusement organisée, dont l’éléphant se sert, avec une égale facilité, pour saisir une paille ou déraciner un chêne.
- Ajoutez à ces qualités l’esprit d’observation, la persévérance, l’intuition. Observateur patient, Watt l’a été au suprême degré. N’avait-il pas fait graver sur son cachet un œil ouvert avec la devise « observare »? Persévérant, il l’était comme chaque Anglais. Quant à son intuition, ses créations merveilleuses et multiples nous en révèlent l’ampleur.
- Watt n’a pas été un empirique. Une méthode logique et précise a toujours dirigé ses recherches. Ses grandes inventions, qui ont révolutionné l’industrie, ne sont en rien tributaires de hasards heureux. Il mesurait les phénomènes, et, au besoin, imaginait les instruments de mesure nécessaires. Il a donc été l’un des premiers, sinon le premier, à réaliser l’application fertile de la science à l’industrie dont on parle tant aujourd’hui.
- D’ailleurs, il n’a pas connu l’aiguillon de la nécessité; sa vie toute patriarcale, vouée à l’étude, au travail, à la méditation, ne nous offre aucun de ces événements fiévreux qui, parfois, font jaillir l’étincelle du génie chez les prédestinés.
- Ses perfectionnements à la machine rudimentaire de Newcomen, qui l’ont rapidement conduit, en peu d’années, à la création de la machine à vapeur telle que nous la connaissons, avec presque tous ses caractères essentiels, ne doivent pas être considérés comme le résultat d’observations fortuites ou de soudaines idées ingénieuses. Watt y est arrivé par un inflexible processus de réflexion et par des expériences méticuleuses.
- Suivant la maxime de Bacon : « Ecrire, parler, méditer, agir quand on n’est pas bien pourvu de faits qui jalonnent la pensée, c’est naviguer sans pilote le long d’une côte hérissée de dangers, » notre grand homme estimait évidemment que la mécanique repose sur l’observation attentive des faits et l’expérimentation.
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- Mais, comme presque tous les inventeurs, Watt se vit disputer la gloire de ses inventions. L’envie se fit ingénieuse; elle alla fouiller dans les bibliothèques et lui contesta avec acharnement une priorité que la justice mit plus de vingt ans à lui consacrer par un arrêt.
- Aujourd’hui, ces passions mesquines ont été effacées par le temps, et tout le monde esl d’accord pour proclamer Watt un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité.
- Vous, Anglais, pensez sans aucun doute qu’il a été l’un des meilleurs ouvriers de la grandeur de votre pays en lui apportant le moyen de bénéficier pour votre industrie de vos immenses ressources de charbon.
- « Watt, a dit Sir Humphrey Davy, a plus contribué à montrer l’utilité pratique des sciences, à agrandir la puissance de l’homme sur le monde matériel, à multiplier et à répandre les commodités de la vie, que les travaux d’aucun personnage des temps modernes. » Davy n’hésite pas à placer Watt au-dessus d’Archimède.
- Watt et son associé Boulton durent lutter pour ne pas être complètement dépouillés des redevances relativement modestes qu’ils demandaient à ceux qui réalisaient d’énormes bénéfices en utilisant leurs inventions.
- Comme l’a si bien dit Arago dans son éloge historique de notre confrère, prononcé en 1834 :
- « Si les hommes se résignent volontiers à payer le loyer d’une maison, le prix d’un fermage, il n’en est pas de même quand il s’agit d’une idée, fût-elle la plus profitable et la plus avantageuse. Les idées! Mais elles n’exigent ni peine ni efforts! Pourquoi donc en payer le loyer? Il semble que les hommes de génie, ceux qui produisent les idées, doivent rester étrangers aux jouissances matérielles, et l’histoire de la science est là pour nous montrer la plupart des grands esprits dont s’honore l’humanité, en butte aux persécutions de leurs contemporains. Ces persécutions manquent rarement de les décourager et d’aigrir leur caractère.
- « Comment l’heureux naturel de Watt aurait-il résisté à de telles épreuves? Sept longues années de procès continuels! Vous imaginez-vous, Messieurs, ce que cela représente de dépit, d’amertume et de blessures à l’amour-propre? Comme l’on comprend les termes acerbes qu’il emploie à l’égard des plagiaires qui le persécutent! Et pourtant, chose admirable, rien ne peut décourager ce grand homme, rien ne peut briser sa foi dans la
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- justice de la postérité. 11 semble qu’une force supérieure dirigeait ce génie, et, au plus fort de ses épreuves, lui disait : tu vaincras! »
- Watt nous donne encore l’exemple du parfait honnête homme, probe et bienveillant, sensible et digne. C’était, en un mot, un beau caractère. A propos de sa discussion avec Cavendish, au sujet de la composition de l’eau qu’il avait entrevue et indiquée le premier, la chose paraît bien avérée, il écrit à son ami Deluc :
- « Si je ne réclame pas mes droits sur-le-champ, imputez-le à une indolence de caractère qui me fait trouver plus aisé de supporter l’injustice, que de combattre pour en obtenir le redressement. Quant à des considérations d’mtérêt pécuniaire, elles n’ont à mes yeux aucune valeur. »
- Cette « indolence de caractère » dont parle Watt, n’est-'ce pas plutôt de la modestie, mieux encore, de la grandeur d’âme?
- Ainsi, par l’ensemble unique de ses qualités, par l’ampleur de ses services, par sa modestie charmante, Watt méritait la sollicitude de ses contemporains. Et pourtant, cet homme admirable, ce puissant esprit ne fut pas élevé à la pairie. On n’y a même pas songé.
- Un pareil oubli chez une nation justement fière de ses grands hommes a étonné Arago. « Quand j’en cherchais la cause, dit-il, savez-vous ce qu’on me répondait? Ces dignités dont vous parlez sont réservées aux officiers de terre et de mer, aux orateurs influents de la Chambre des Communes, aux membres de la noblesse. Ce n’est pas la mode de les accorder à des savants, à des littérateurs, à des artistes, à des ingénieurs!
- « Comptons sur l’avenir. Un temps viendra où la science de la destruction s’inclinera devant les arts de la paix; où le génie qui multiplie nos forces, qui crée de nouveaux produits, qui fait descendre l’aisance au milieu des masses, occupera dans l’estime générale des hommes la place que la raison, que le bon sens lui assignent dès aujourd’hui. »
- Depuis l’époque où ces lignes ont été écrites, les idées ont changé, en effet; sans cesser d’honorer vos grands capitaines, vos grands politiques, vous avez aussi honoré nombre de vos grands hommes de la science, des arts ou de l’industrie; et nous devons admirer profondément le souci que vous avez de marquer votre reconnaissance à ceux qui ajoutent à la force et à la gloire de l’Angleterre.
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- UN ESSAI D’ENSEIGNEMENT PRATIQUE
- L’enseignement en Afrique occidentale française
- (préapprentissage, apprentissage) (Û
- Mesdames, Messieurs,
- Je me fais, avant de commencer cette causerie, un agréable devoir de remercier M. le Président des paroles beaucoup trop aimables qu’il vient de prononcer à mon adresse, de remercier aussi la Société de l’intérêt qu’elle a spontanément porté à mes travaux et de l’honneur qu’elle m’a accordé en me comptant parmi ses lauréats.
- Les universitaires de jadis pensaient volontiers qu’en dehors de leurs chapelles, l’intelligence n’existait guère, et les éloges qu’ils se distribuaient mutuellement suffisaient à leur bonheur ; les universitaires d’aujourd’hui, soyez-en sûrs, ont tout à fait changé d'attitude : un examen plus sincère et plus large du monde réel leur a découvert que, si les idées sont des forces, ces forces sont étroitement liées à d’autres qui commandent la vie économique, la vie sociale, la vie ardente de tous les hommes et de tous les jours, et qu’il est absurde de prétendre les isoler; au lieu de mener une vie ralentie dans l’ombre des livres, ils ouvrent toutes larges leurs fenêtres sur le monde extérieur ; ils ne craignent pas que leurs discours choisis soient étouffés par les mille bruits de la campagne, les rumeurs de l’usine ou les annonces des marchands; ils ont remplacé la fausse élégance des dédains idéologiques par le désir infiniment plus noble de voir bien clair, de comprendre à fond et d’être utiles le plus possible ; ils s’efforcent, en un mot, de réconcilier, pour le bien commun, cette précieuse invétérée et cette belle fille vigoureuse : l’École et la Vie.
- C’est pourquoi, Messieurs, un encouragement venant d’hommes comme vous est particulièrement sensible pour un homme comme moi. Je pouvais douter de mon œuvre, tant qu’elle n’était approuvée que par des administra-
- (1) Conférence faite en séance publique le 8 novembre 1919. Voir p. 424 du présent numéro.
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- l’enseignement EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE. 315
- teurs ou des uuiversitaires ; mais je ne pouvais que marcher d’un pas ferme dans le sens de mes premières idées, du jour où des industriels, des hommes d’esprit réaliste et d’action, m’avaient dit : « Vous êtes dans le bon chemin : vous rompez heureusement avec des traditions qui ont fait leur temps, et vos principes d’enseignement sont vraiment des principes de mise en valeur économique et sociale. »
- Il suffit sans doute de quelques idées nettes et il n’est pas besoin d’une bien grande somme d’audace, pour faire aux colonies, et surtout dans les colonies de l’Afrique noire, oeuvre raisonnable. Le passé n’y pèse pas d’un poids bien lourd sur les conceptions; il ne bride pas les initiatives, il ne tyrannise pas les volontés comme il fait dans nos vieux pays européens ; là où rien ne poussait, on peut essayer de planter ce qu’on veut; on va peut-être retarder le succès, maison ne risque pas de ruiner une entreprise établie et, à cet égard, les colonies pourraient être considérées, pour bien des cas, comme d’utiles champs d’expériences. Il est vrai de dire qu’un pays, si neuf qu’il soit, ne l’est jamais tout à fait, et que, nulle part, on ne foule un sol véritablement vierge ; en fait d’enseignement colonial, par exemple, il y a longtemps que des hommes animés des meilleures intentions se sont empressés d’attabler les jeunes indigènes devant nos programmes métropolitains, et il y a certainement des courants, légers mais persistants, à remonter.
- Cette résistance des premières empreintes, je l’ai, pour ma part, souvent éprouvée, mais j’ai eu la chance de me trouver aux côtés d’hommes que la difficulté ni la nouveauté n’effrayaient et qui m’ont soutenu de leur affectueuse estime : le gouverneur général Ponty, mort à son poste en 1915, le gouverneur général Clozel, mort a,u Maroc en 1918, le gouverneur général van Vollenhoven, mort au champ d’honneur en 1918, le gouverneur général Angoulvant, aujourd’hui placé à la tête de l’Afrique équatoriale française et chargé de l’organisation du Cameroun. Je ne me pardonnerais pas d’omettre leurs noms dans l’exposé d’une oeuvre qui est en partie la leur, et je ne veux, d’ailleurs, manquer nulle occasion de signaler tout ce que la France doitàces grands Français qu’elle ignore trop volontiers.
- C’est surtout à la lumière de leur longue expérience coloniale que le problème scolaire de l’Afrique occidentale française a pu se poser avec précision. Enseigner pour enseigner ne signifie rien ; l’instruction n’a certainement pas, comme d’aucuns l’ont cru et le croient si volontiers, une valeur absolue, et il semble bien que, pour aboutir à des solutions utiles, le problème scolaire doive varier, même dans ses données essentielles, avec les pays et les races.
- Quels sont donc, pour l’Afrique occidentale française, les termes de ce problème ?
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- Le problème scolaire en A. 0. F. — L’Afrique occidentale est loin d’être la terre bénie que les récits des vieux voyageurs tendaient à nous représenter, et, si le paradis terrestre se trouvait, ainsi qu’on l’a prétendu, dans ces parages-là, on ne comprend guère qu’Adam et Eve aient été si peinés d’en sortir.
- Ce n’est pas qu’elle manque de ressources; elle en est, au contraire, abondamment pourvue ; mais ces ressources, pour une bonne part, sont encore cachées, et celles qui apparaissent sont distribuées avec la plus étrange fantaisie.
- Nulle part, dans l’Afrique tropicale, on ne découvre de ces paysages harmonieux, qui sont si nettement caractéristiques de notre vieille France et dont toute la logique, si l’on peut dire, tend à encourager et récompenser l’activité de l’homme ; nulle part ne se composent, en justes proportions, les champs couverts de moissons, les pâturages, les forêts, les carrières et les mines, les fleuves réguliers, les côtes accueillantes; les régions naturelles sont brusquement tranchées : chacune d’elles s’étend sur un pays vaste comme une province ou comme un état d’Europe, si bien qu’elles vivent d’une vie séparée et complètent malaisément ce qui manque à leur économie par les ressources de leurs voisines. Il semble, en somme, que chacune d’elles soit l’œuvre d’un dieu différent, étroitement spécialisé, et que, dans la création incohérente de ces mondes hétérogènes, la vie humaine n’ait été prévue que par surcroît, tolérée plutôt qu’organisée.
- Il suit de là que, pour s’adapter à la nature africaine, l’homme a rencontré des difficultés très variables, mais toujours énormes et disproportionnées aux forces de l’humanité primitive. Ici, le pays pêche par excès d’aridité : de vastes étendues sont couvertes d’une couche profonde de sables; le vent y règne en maître, comme sur la mer ; des dunes, qui sont les vagues de cet océan, rident le paysage, chassent devant elles la pauvre végétation qui essaie de planter ses racines dans ce sol instable et sec. Là, c’est par excès d’humidité que l’hostilité de la nature se manifeste : l’eau envahit la surface du pays, détrempe le sol, en fait surgir des forêts géantes, denses comme des murailles, où le soleil le plus ardent qui soit ne parvient pas à percer. Et le relief, comme le climat et la végétation, est fait d’oppositions brutales : il y a ici d’âpres régions de montagnes, là des plaines si étendues qu’elles n’ont pas d’horizon ; il n’y a nulle part cet assemblage heureux de plaines et de montagnes qui se relient par l’intermédiaire de collines et de plateaux et qui se complètent mutuellement. Avarice ou prodigalité, la nature africaine ne connaît que l’une ou l’autre de ces deux attitudes : elle ignore la mesure et les moyens termes, elle est en quelque sorte la forme exaspérée de la terre primitive.
- Pour dompter cette nature singulièrement rebelle, pour la modifier dans le sens des intérêts humains, il faudrait aux habitants du pays une provision
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- L ENSEIGNEMENT EN AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE. 317
- d’énergie exceptionnelle, une persévérance à toute épreuve, un esprit de méthode hors de pair. Or, la population de l’Afrique occidentale semble écrasée sous le poids de son destin : depuis tant de siècles que dure la lutte entre elle et la nature, elle est toujours aussi désarmée, et c’est la nature qui demeure victorieuse.
- On répète volontiers que le noir est un enfant, et nulle comparaison n’est plus juste. Je 11e prétends pas que la race noire soit une race inférieure : nous n’en pouvons rien savoir, et l’on ne sera guère fixé sur son compte que dans une bonne dizaine de siècles, quand elle aura été pourvue de tous les moyens possibles de relèvement et qu’un temps normal aura été accordé à son évolution; à ce moment-là, elle sera peut-être supérieure à la race blanche et à la race jaune ; mais, pour le présent, il est bien certain qu’elle est en retard sur nous, que ses aptitudes sont dans l’ensemble fort inférieures aux nôtres; quelques exemplaires de noirs plus ou moins européanisés et, du reste, fort sujets à caution, ne suffisent pas à nous prouver le contraire.
- Tout comme l’enfant, le noir est incapable d’esprit de suite; son attention parvient malaisément à se fixer, la réflexion prolongée lui est à peu près impossible, l’attachement à une idée ou à une même série d’idées représente un effort au-dessus de ses moyens : de là, son défaut total d’esprit critique; de là, son invraisemblable crédulité. Une seule chose l’intéresse vraiment, demeure au centre de ses préoccupations : les gros amusements collectifs et traditionnels, qui n’exigent aucun effort d’invention et dont la monotonie ne le fatigue nullement, les tamtams, les fêtes bruyantes.
- Pour tout le reste, il s’en remet à la volonté du sort ; il est naturellement fataliste ; il est convaincu que l’effort ne sert pas à grand’chose et que, malgré tout ce qu’il pourra tenter, il sera riche ou pauvre, gras ou maigre, selon que la divinité le voudra riche ou pauvre, gras ou maigre, et il vous le déclare très nettement. Par suite, il accepte sans grande résistance qu’une autre volonté se substitue à la sienne; le despotisme ne l’effraie pas; il y voit même une commodité : celle de vivre sans avoir à prendre de décisions, et, comme tous les faibles, il a le culte de la force, quelle qu’elle soit.
- Cependant, comme un homme, pour continuer à vivre même d’une vie restreinte, a besoin de conserver quelque confiance dans sa valeur propre et dans l’utilité de son existence, il est particulièrement porté à la vanité : il s’admire à tout propos et surtout hors de propos, il fait la roue, et il est d’une rare susceptibilité.
- Ainsi, en face d’une nature qu’il faudrait attaquer sans trêve, l’indigène de l’Afrique occidentale place son idéal dans une vie oisive, sans curiosité, sans effort suivi, sans autre attrait que des plaisirs matériels et quelques joies de vanité. Il réduit à sa plus simple expression le travail agricole, pratique avec
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- des procédés dignes de l’àge des cavernes des métiers tout primitifs, se résigne à des moyens de transport et des voies de communication dont la lenteur et l’incommodité effraieraient les plus patients d’entre nous et ne participe à notre activité que dans la mesure où il y trouve son avantage immédiat.
- C’est là, de toute évidence, une situation que nous ne pouvons accepter.
- Ces populations sont misérables, mal nourries, insuffisamment vêtues, logées sans hygiène : nous avons le devoir de les conduire au mieux-être.
- La France a besoin de matières premières et d’objets d’échange : nous . avons le devoir de lui en chercher dans tous les domaines.
- Nos intérêts de dominateurs et nos obligations de civilisés se rejoignent donc pour la mise en valeur de nos colonies africaines, et cette besogne est d’autant plus indiquée que les ressources en sont nombreuses : le sol peut donner des oléagineux (arachides, palmistes, ricin, etc.), des textiles (coton, sisal, dâ), des céréales (mil, riz, maïs), des fruits, du café, du cacao, du caoutchouc, du karité, de la kola, des gommes, des bois de construction et d’ébénisterie ; le sous-sol contient du sel, de l’or, du fer; les eaux sont merveilleusement poissonneuses, les troupeaux sont abondants dans les régions sèches, les fleuves sont utilisables, et la construction de routes et de voies ferrées est fort possible.
- La tâche est rude, sans doute, mais le succès est assuré, si l’on s’y prépare avec méthode, car, pour venir à bout des difficultés, nous apportons aux populations africaines le résultat de vingt siècles de civilisation et de perfectionnements techniques.
- Or, dans cette entreprise, quel peut être le rôle de l’école?
- On a longtemps pensé que l’école indigène n’avait rien à voir avec l’organisation et l’intensification de la production coloniale ; on était même porté à se méfier d’elle, et l’on n’avait pas toujours tort. Mais on est bien forcé de reconnaître que, dans les colonies tropicales, c’est-à-dire dans des régions qui ne se prêtent pas au peuplement européen et dont le climat nous interdit tout effort physique prolongé, le colon ne peut être que l’indigène : c’est sur son travail que la production repose presque exclusivement, et l’on sait aujourd’hui que ce travail ne sera jamais réellement productif sans une éducation appropriée de l’indigène.
- Il y a longtemps que, pour esssayer d’enrichir l’Afrique française, on a dépensé des trésors d’intelligence, d’argent et d’énergie; bien avant Faidherbe, des hommes de tout premier ordre, comme les gouverneurs Schmaltz, Fleu-riau, Roger, d’autres encore, ont essayé de réaliser des « plans de colonisation, » qui, tous, ont piteusement échoué; et qu’y a-t-il au fond de tous ces
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- échecs? L’illusion que l’indigène suivra le mouvement sans éducation préalable.
- Je sais bien qu’on prétend parfois que cette éducation peut se faire sans l’école — par simple apprentissage, ou par mesure administrative : travail forcé, plantations obligatoires, etc. — mais il ne faut pas se leurrer sur l’efficacité de ces moyens : ils sont certainement utiles et souvent justifiés, mais ils n’aboutissent qu’à des résultats très fragmentaires et tout à fait passagers, ils n’agissent pas sur des esprits jeunes et souples, ils ne modifient pas les idées et ne déposent pas dans les individus une tendance qui se retrouvera dans les générations suivantes : jamais on ne transformera profondément l’économie d’un pays, si l’on ne s’adresse d’abord aux enfants, et à la généralité des enfants.
- C’est donc une sorte de propagande économique que doit se proposer avant tout l’enseignement de nos indigènes africains; mais il ne peut s’en tenir à ce programme : en même temps qu’il oriente les idées de la masse vers les questions de production, il doit opérer une sélection parmi les sujets qui lui sont confiés, les spécialiser, y puiser les agents techniques nécessaires aux entreprises publiques et privées, les moniteurs agricoles pour les plantations, les infirmiers, les aides-médecins, les aides sages-femmes, pour la conservation et l’accroissement de la population, les vaccinateurs, les aides-vétérinaires, pour la préservation du cheptel, les ouvriers, les dessinateurs, les comptables pour les travaux publics, les chemins de fer, les usines. Un pays qui veut se développer ne peut se passer de tout cela : si nous prenons le temps, dans nos sociétés de vieille civilisation, de fabriquer des poètes et des orateurs, c’est qu’au cours des siècles nous avons pu faire notre provision de praticiens ; mais il est certain que ceux-ci sont plus immédiatement utiles que ceux-là.
- C’est par la bonne besogne pratique, et non par les travaux de luxe, qu’il faut commencer. Avant de tresser des couronnes pour le front des princes de la pensée noire, remuons la terre et clouons des caisses pour y planter les lauriers. Tout le problème scolaire de l’A. O. F. me paraît tenir actuellement dans cette nécessité de méthode.
- Le préappreniissage. — Il va sans dire que cette conception du problème scolaire élimine tout de suite une organisation de l’enseignement indigène calquée sur l’enseignement métropolitain.
- Jusqu’à nouvel ordre, l’Université française est une maison à étages : l’enseignement primaire habite le rez-de-chaussée; l’enseignement secondaire, le premier ; l’enseignement supérieur, le second étage. Dans la cour, sous des hangars, campe l’enseignement professionnel. Mais nous ne pouvons évidemment nous contenter, en A. O. F., d’une organisation dans laquelle l’en-
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- seignement professionnel serait considéré comme un parent pauvre : nous voulons au contraire qu’il soit l’enfant de la maison.
- Nous ne serions pas plus sauvés, en dépit de quelques apparences, avec un enseignement strictement manuel, sans éducation intellectuelle préalable. Ce système a été mis à l’épreuve en Afrique occidentale française : des sections professionnelles ont été créées dans les principaux centres; on y a admis tous les candidats sans condition de culture. Mais nous avons du abandonner l’entreprise : nous ne parvenions à former que des manœuvres, et des manœuvres qui n’étaient ni plus disciplinés ni moins prétentieux que de bons ouvriers.
- Nous avons donc pris le parti de nous bâtir une maison bien à nous, adaptée à nos intentions et aux besoins du pays : elle comprend, si l’on peut dire, une immense salle au rez-de-chaussée, et des petits pavillons au premier étage. Dans la grande salle, nous admettons tous les enfants que nous pouvons recruter : ils sont 20000 à l’heure présente, et nous avons pris toutes dispositions utiles pour que ce chiffre s’augmente de 5 000 au moins par année ; cette progression peut paraître faible à des métropolitains, mais elle est en réalité considérable, et c’est d’ailleurs tout ce que nous permettent les ressources actuelles en argent et surtout en maîtres. Cette grande salle est la salle du préapprentissage.
- Dans les pavillons du premier étage, nous faisons monter les meilleurs plants de cette pépinière. Ils sont aujourd’hui 800 environ ; ils seront un millier au moins quand le plan de campagne sera complètement réalisé. Ces pavillons représentent les diverses seetions de notre apprentissage, nos écoles spéciales, notre enseignement professionnel proprement dit.
- Reste à définir ce que nous avons entendu par préapprentissage et par apprentissage.
- C’est aux écoles primaires — écoles de village, classes élémentaires des écoles urbaines — que le préapprentissage est confié. Elles se proposent, non point tel ou tel dressage particulier, telle ou telle spécialisation, mais l’éducation générale de l’enfant indigène ; elles se soucient de développer harmonieusement sa santé, son esprit et son cœur, pour faire de lui, non pas un animal machine, mais un homme et un Français, et pour le préparer à pouvoir et à vouloir être utile.
- A cet égard, le fond de notre enseignement — ce qui en constitue la force vive et le vrai caractère — ce n’est pas le contenu des programmes, c’est la façon dont les enseignements sont donnés ; ce n’est pas question de matières, c’est question de méthode. Notre première règle, c’est de proscrire rigoureusement tout ce qui est livresque, tout ce qui est affaire de mémoire et de psittacisme ;
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- nous demandons aux maitres de faire servir tous les enseignements sans exception à développer les facultés d’observation, de jugement, de raisonnement ; nous cherchons, dans le développement de nos programmes, non pas une fin, mais un moyen —un moyen d’éducation — et nous luttons sans trêve contre les procédés qui ne s’adressent qu’aux facultés réceptives, qui endorment l’activité de l’esprit au lieu de l’éveiller et de la stimuler.
- Pour parvenir à ce résultat, pour faciliter à l’enfant ce continuel effort d’observation et de jugement,pour ne point le dépayser, et aussi pour diriger son esprit dans le sens qui nous parait utile, nous avons minutieusement adapté nos programmes aux caractères et aux besoins du pays. Tous nos exemples, tous nos sujets d’exercices sont pris dans son entourage immédiat; nous ne faisons travailler l’enfant que sur des matériaux africains ; nous évitons avec soin les mots derrière lesquels nos élèves ne voient pas tout de suite la chose; et, si nous enseignons en langue française, c’est surtout parce que nous ne pouvons faire autrement, à cause de l’extrême diversité des dialectes africains.
- Nous sommes amenés par là à faire de chacune de nos petites écoles primaires une sorte de résumé, un miroir de la région où elle est installée. Si elle est bien tenue, si le maitre s’est occupé de lui procurer le modeste outillage qui convient et de conformer la préparation de ses leçons à l’esprit des programmes, vous devinez, dès l’entrée, quel est le genre de vie des habitants, quels sont leurs métiers courants, quel est l’avenir économique du pays. S’il s’agit d’une grande région pastorale, comme le Fouta-Djallon, la leçon de langage, la leçon de lecture, la leçon d’orthographe, le calcul, la leçon de dessin, portent presque exclusivement sur la vie pastorale, ses éléments, ses à-côtés et ses perfectionnements possibles ; si c’est une région de cultures, tous les exercices se ramènent à la terre, et ainsi de suite, pour les régions de pêche, les centres industriels, etc... En même temps, et pour rendre concret cet enseignement économique et régionaliste, la classe se transforme en une sorte de musée de la région : tous les objets dont vit ou dont peut vivre la région sont représentés ou fixés sur les murs, maintiennent l’esprit du maitre et des élèves dans l’atmosphère exigée par le caractère pratique de l’enseignement. Il est commode, assurément, de ranger toutes ces écoles sous le titre général d’écoles primaires, mais, du jour où le système serait tout à fait au point, il serait possible et intéressant d’opérer entre elles une différenciation et de distinguer par exemple des écoles primaires pastorales, des écoles primaires agricoles, des écoles primaires sylvestres, des écoles primaires maritimes, des écoles primaires urbaines ou industrielles, etc... Et ce n’est pas une spécialisation hâtive qu’il faudrait voir là, ce serait tout bonnement de l’adaptation au milieu ; ce serait, selon une formule pédagogique fort expressive, le Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919. 21
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- rappel constant au maître et aux élèves de ce qui doit être le « centre d’intérêt » de chaque école.
- Enfin, pour éviter à cette adaptation au milieu de tomber dans la pure théorie, le pédantisme et la routine, le travail manuel s’installe franchement dans l’école; il y apparaît, non point une heure ou deux par semaine, mais tous les jours et à l’appui de n’importe quel autre enseignement. A vrai dire, c’est d’exercices manuels plutôt que de travaux manuels qu’il faudrait parler : il ne s’agit pas, en effet, de réaliser des progressions complètes de menuiserie ou d’ajustage; nous nous préoccupons seulement d’apparenter l’activité manuelle de l’école à celle de la région et d’intéresser les élèves aux
- Fig. 1. — Une salle de préapprentissage l’Exposition d’Enseignement professionnel de Dakar de 1916 : Les arts indigènes.
- conditions, aux résultats et aux progrès possibles de cette activité. Les exercices manuels de nos écoles primaires sont donc plus variés que méthodiques; ils prétendent intéresser plutôt qu’instruire, et ils ne s’en tiennent pas au cadre étroit où l’on est bien obligé de confiner l’enseignement professionnel proprement dit : ici, au bord de la mer ou des lagunes, ce sont des filets, des agrès, des pirogues; là, dans une région argileuse, c’est de la céramique; ailleurs, c’est l’utilisation des bois du pays, la fabrication de petits meubles dans le style local (quand, par hasard, il y a, comme au Dahomey, un style local); ailleurs encore, c’est de la sparterie, de la vannerie, de la corderie, de la chapellerie, etc. Nous avons, en 1916, organisé à Dakar une exposition, d’enseignement professionnel : les salles réservées aux écoles primaires constituaient un véritable bazar.
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- Mais ce qui domine dans cette partie manuelle du préapprentissage, ce sont, comme il convient pour un pays surtout occupé d’agriculture, les travaux pratiques agricoles. Chaque école doit avoir son jardin ou plus exactement sa plantation; tous les élèves, sans exception, y passent chaque jour une heure au moins et cultivent, non seulement les légumes européens et indigènes, mais les fruits, les céréales, les oléagineux, le cacaoyer, etc., selon les régions; ils récoltent le caoutchouc, élèvent des abeilles, des poules, des lapins, voire des moutons et des bœufs. C’est là, pour nous, une excellente occasion d’indiquer à la région, par l’intermédiaire de nos élèves, quels perfectionnements — et Dieu sait s’ils sont nombreux! — on peut apporter aux procédés de culture et de récolte; nos caoutchoucs, par exemple, font prime sur le marché du village; n’est-ce pas là [le meilleur argument en faveur des méthodes que nous préconisons et que les enfants décrivent à leurs parents?
- Cet enseignement pratique de l’agriculture s’est longtemps heurté à des résistances; le travail de la terre, qui en France n’a jamais dérogé à noblesse, était considéré en Afrique occidentale française comme une besogne de captifs. Mais ces résistances ont tout à fait disparu, du jour où nous avons méthodiquement fait jouer chez nos élèves ce vieux ressort des actions humaines : l’intérêt. Nous [avons décidé, annoncé et prouvé que les produits des plantations scolaires reviendraient intégralement aux élèves de chaque école, soit sous forme de dividendes en nature ou en espèces, soit sous forme d’achats d’un intérêt collectif; nous avons constitué, en somme, des syndicats agricoles, que nous appelons mutuelles scolaires, et qui, en plus de la propagande et de la vulgarisation agricoles qu’elles facilitent, répandent dans le pays des habitudes d’épargne et d’association, préparent la voie aux sociétés de prévoyance agricole que l’administration a tant de mal à faire admettre aux indigènes et qui, seules, cependant, pourront augmenter et améliorer le rendement de la terre africaine.
- Nos mutuelles scolaires dépassaient, au début de 1919, le chiffre de 150; elles ne coûtaient pas un sou à l’Administration; beaucoup d’entre elles nourrissaient et habillaient — au moins en partie — leurs élèves; certaines, par exemple, celle de Kankan, en Guinée française, dirigée par M. Jézouin, avaient en caisse, tous frais payés, plusieurs milliers de francs; presque toutes ont fait preuve d’un remarquable esprit de progrès, tenté des cultures nouvelles, expérimenté, comme celle de Ségou, sur le Niger, dirigée par M. Mongis, de nouveaux procédés d’irrigation, développé, comme celle de Dlourbel, au Sénégal, dirigée par M. Berdalle, le petit élevage, secondé de toutes les manières et avec une bonne volonté inlassable les intentions écono-
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- miques de l’autorité locale. Si bien que les colons, les commerçants, les industriels se sont tout de suite intéressés à ces tendances pratiques, ont renoncé à' leurs préjugés contre l’enseignement des indigènes et, depuis deux ans, le Bulletin de l'Enseignement de VAfrique occidentale française a dù publier régulièrement des listes de « bienfaiteurs de l’école ». Notre cause était gagnée, aussi bien dans l’esprit des Européens que dans l’esprit des indigènes.
- Telle est, dans son ensemble, l’organisation du premier degré de notre enseignement. Il 11e constitue pas un apprentissage : car l’apprentissage n’est
- possible que pour des esprits déjà ouverts et des corps déjà formés; il est tout en culture générale et demeure, pourtant, rigoureusement pratique,puisqu’il s’adapte exactement au milieu, puisqu’il se soucie constamment de maintenir l’esprit de l’entant dans la réalité et de l’orienter vers des directions nettement utiles. Cet enseignement, qui n’est pas un apprentissage, mais qui veut avant tout demeurer pratique, est donc essentiellement un préapprentissage : préapprentissage du métier de cultivateur, des métiers industriels, des métiers locaux, de la navigation et de la pêche, etc., et, pardessus tout, préapprentissage de la vie laborieuse, ordonnée et curieuse de progrès.
- U apprentissage. — Le second degré de notre enseignement constitue l’ap-
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- prentissage proprement dit et comprend des écoles professionnelles tout à fait spécialisées, des écoles techniques.
- Les principales de ces écoles sont groupées à Dakar, capitale de l'Afrique occidentale française, et surtout à Gorée, la vieille ile sénégalaise, qui fut si longtemps l’entrepôt du commerce d’esclaves et que ce rôle de foyer intellectuel va réhabiliter dans l’histoire. Ni à Dakar ni à Gorée, nous n’avons trouvé de bâtiments somptueux, mais nous avons trouvé, notamment à Gorée, des bâtiments tout faits et vacants; nous n’avons pas été obligés de construire avant de fonctionner, et c’est maintenant seulement, maintenant que la mise
- Fig. 3. — L’École supérieure professionnelle Pinet-Laprade ; Un coin des ateliers.
- en train est accomplie, que nous songeons à nous donner des demeures plus confortables et mieux adaptées à leur destination.
- En dehors de Dakar et de Gorée, l’Afrique occidentale française possède des écoles d’apprentissage dans les principaux centres, à Saint-Louis, à Bamako, à Gonakry, à Grand-Popo, à Bingerville, à Tombouctou, et des sections de moniteurs agricoles dans les grandes stations d’essai; enfin, l’École d’Agriculture tropicale et de Sylviculture sera prochainement installée à Bingerville, en Côte d’ivoire, c’est-à-dire à proximité de la forêt dense et des régions soudanaises.
- Le régime de ces écoles est l’internat, mais un internat très large et (même généreux, dont nous n’avons pas d’exemple dans la Métropole. Les élèves sont recrutés, par toute l’Afrique occidentale française, à la suite d’un concours
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- annuel, dont le niveau n’est pas, ne peut pas être pour le moment supérieur au niveau du certificat d’études primaires. Ils sont tous boursiers, logés, nourris, vêtus, aux frais du Gouvernement général et reçoivent chaque mois une somme de cinq francs au moins pour leurs menus frais; les meilleurs ont droit à des primes supplémentaires de 4, o ou 6 francs par mois. Nous ne les enfermons pas; tout en les soumettant à des heures régulières de travail, nous permettons à ces jeunes gens, dont l’âge varie régulièrement de quinze à vingt ans, de circuler librement et de se distraire comme ils l’entendent; il est vrai que nous ne les perdons pas de vue, surtout dans Gorée, qui, dans sa plusgrande dimension, n’atteint pas un kilomètre, et nous travaillons de notre mieux à leur communiquer de bonnes habitudes matérielles et morales. Aux grandes vacances, nous leur donnons la clé des champs pour trois mois, et ils rejoignent leur village natal, au fin fond de l’Afrique occidentale, toujours aux frais du Gouvernement. Beaucoup de familles françaises souhaiteraient assurément un pareil régime pour leurs enfants.
- Les méthodes d’enseignement et les programmes, tout en prenant un développement plus vaste, une rigueur nouvelle et en s’adaptant aux règles d’un métier déterminé, demeurent sensiblement les mêmes que pour le préapprentissage. J’entends surtout par là que nous continuons, jusqu’au terme de l’apprentissage, à ne pas séparer la culture générale de la culture manuelle; nous redoutons (et nous ne faisons en cela que suivre les leçons de l’expérience, que ces esprits, que nous avons eu tant de peine à ouvrir, ne se ferment, du jour où nous cesserons d’y entretenir la lumière, et qu’un apprentissage trop exclusif nous rejette dans l’erreur des sections professionnelles pour illettrés.
- Du moins, le temps consacré aux travaux pratiques l’emporte-t-il de beaucoup sur le temps laissé à la culture générale; car il serait plus dangereux encore de former de purs théoriciens que de lourds manœuvres. Nous rendons l’apprentissage le plus intelligent possible; nous donnons, par exemple aux ajusteurs ou aux menuisiers, des notions de croquis coté, de technologie et de mécanique ; aux agriculteurs, des notions de géologie et de botanique, etc.; mais nous procédons à cet égard avec une extrême prudence, et nous nous en tenons le plus possible au concret, à la démonstration parles faits, à l’enseignement par les sens. On ne modifie pas en un jour ni avec des mots les habitudes logiques d’une race.
- Dans l’ensemble, les huit écoles spéciales du Gouvernement général et les écoles ou sections d’apprentissage des gouvernements locaux se proposent les apprentissages suivants (et j’emploie à dessein ce mot d’apprentissage, même pour les études médicales, car il exprime clairement notre intention de
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- demeurer dans un domaine pratique et il éloigne l’idée d’une caricature d’enseignement supérieur) :
- L’apprentissage des métiers de menuisier-ébéniste et charpentier, d’ajusteur et tourneur, de chaudronnier-ferblantier, de forgeron, de charron, d électricien, de dessinateur, de géomètre, de surveillant de travaux publics (Ecole Pinet-Laprade à Gorée et écoles d’apprentissage des chefs-lieux de colonies) ;
- L’apprentissage du métier de mécanicien-chauffeur (Ecole des Pupilles-Mécaniciens de la Marine, à Dakar) ;
- L’apprentissage du métier de typographe, d’imprimeur et de relieur
- Fig. 4. — L’enseignement commercial : La salle de dactylographie à l’École Faidherbe (Gorée).
- (Ecole annexée a l’Imprimerie du Gouvernement général, à Gorée);
- L’apprentissage de l’Enseignement (Ecole normale William Ponty, à Gorée) ;
- L’apprentissage des métiers administratifs : rédaction et comptabilité administratives, douanes, postes et télégraphes (Ecoles Faidherbe, à Gorée) ;
- L’apprentissage du commerce (Section commerciale de l’Ecole Faidherbe, à Gorée) ;
- L’apprentissage de la médecine (École d’Aides-Médecins et École de Sages-Femmes, à Dakar) ;
- L’apprentissage de la médecine vétérinaire, à Dakar;
- L’apprentissage de l’agriculture tropicale et de la sylviculture (Sections normales des stations d’essai et prochainement École spéciale de Bingerville).
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- On voit que peu de métiers utiles restent en dehors de cette organisation. Une sorte d’université ouest-africaine, comme l’a fort bien dit M. le Gouverneur général Angoulvant, naît ainsi de notre plan d’action sociale — université dont les différentes sections pourront, suivant les besoins du pays et le succès de l’entreprise, étendre leur programme ou accroître leur nombre, mais qui gardera, conformément aux principes mêmes de notre enseignement tout entier, un caractère avant tout pratique, qui restera en contact permanent avec les réalités et dont toutes les démarches seront dirigées vers ce seul but : Vamélioration du sort de /’indigène.
- L’enseignement ménager. — Nous n’avons vu apparaître, dans tout cela, que des garçons; or, il y a des filles en Afrique occidentale française; il y a même généralement plusieurs femmes pour un mari. Mais, pour cette raison-là et pour d’autres, l’antiféminisme est singulièrement résistant en Afrique occidentale française; et, si nous recrutons sans nulle peine nos écoles de garçons, nous sommes le plus souvent obligés de mendier les élèves de nos écoles de filles.
- Nous ne nous sommes pas découragés, cependant; nous avons organisé un enseignement féminin sur les mêmes données qui nous avaient servi pour l’organisation de l’enseignement masculin, et nous en avons été récompensés, non point assurément par un triomphe, mais par un succès appréciable.
- Ce qui éloigne de l’école les fillettes noires, ce ne sont pas tant les préjugés religieux et sociaux que l’utilité domestique de ces enfants; les femmes se déchargent sur elles de mille besognes, leur accrochent au dos les marmots, leur font piler le mil, laver et repasser le linge, et le temps qu’elles gagnent de cette façon-là, elles l’emploient à jacasser, à fumer leurs longues pipes ou tout bonnement à dormir.
- Or, en concevant l’enseignement des filles comme une simple éducation ménagère, nous augmentons l’utilité domestique de la petite négresse, nous allons au-devant de l’égoïste désir des mères, et il n’est pas très difficile, avec un peu de patience, de leur faire comprendre qu’en nous confiant leurs enfants quelques heures par jour, elles se trouveront largement récompensées de ce léger sacrifice. En fait, partout où les institutrices s’occupent personnellement du recensement, et se consacrent vaillamment à l’enseignement ménager, les écoles de filles arrivent à se peupler : il en est même, au Dahomey et en Guinée par exemple, qui sont tout à fait prospères.
- Ainsi conçue, l’école des filles — et j’emprunte cette expression au texte même de notre plan d’études — n’est plus une maison d’école, c’est « une école dans une maison. » Les tables-bancs, les tableaux noirs, les livres, cessent d’y occuper la place d’honneur; sans doute, on y apprend à parler
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- français, à lire, à écrire un peu, à compter surtout, car une bonne ménagère doit savoir établir un compte, et jusqu’ici les femmes de l’Afrique occidentale française n’ont guère connu que la soustraction ; ce sont de redoutables dépensières ; mais ce qui domine, c’est l’enseignement pratique, c’est-à-dire l’enseignement en action de la confection et de l’entretien des vêtements, de la cuisine, de l’hygiène domestique, de l’hygiène infantile et de la médecine usuelle ; et tout cela comporte un outillage spécial et toutes sortes de dépendances, un atelier de couture et de repassage, une cuisine, un lavoir et une buanderie, de grandes armoires à linge, à provisions, à médicaments, et
- Fig. 5. — L’enseignement ménager: Une salle de travaux de couture à l’Exposition d’Enseignement professionnel de Dakar (1916).
- même une basse-cour et un jardin, où nous nous soucions de semer des fleurs autour des choux et des tomates. Certaines de ces petites écoles ménagères, grâce à l’ingéniosité des institutrices, à la bienveillance des autorités locales et même à l’aide spontanée des dames européennes de l’endroit, sont devenues des modèles du genre, et rien n’est plus émouvant que leur charmante activité.
- Bien entendu, les produits de cette activité, comme dans les écoles de garçons, sont strictement réservés aux élèves, livrés, comme on dit, à la consommation immédiate ou monnayés au profit d’une caisse commune; la mutualité vaut pour les femmes autant que pour les hommes. Il est même certains groupes scolaires de l’intérieur, où la mutuelle des garçons et la mutuelle des filles combinent leurs opérations : par exemple, les garçons
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- récoltent des légumes avec lesquels les filles cuisinent les repas pour tout le monde, ou encore, les garçons récoltent du caoutchouc, dont la vente permet d’acheter de l’étoffe, et les filles cousent des culottes et des robes. N’est-ce pas, pour ces enfants, une impression délicieuse et un enseignement de première valeur, que cette façon de gagner, en se jouant, sa petite vie et d’aider le voisin ou la voisine à gagner la sienne? Et vous avouerai-je qu’à de certains moments, j’ai trouvé le sort de ces petits bonshommes et de ces petites bonnes femmes de la brousse africaine cent fois préférable à la triste vie des prisonniers et prisonnières de nos lycées et collèges métropolitains?
- Au-dessus de ce préapprentissage du métier compliqué de ménagère, nous avons prévu aussi un apprentissage. Nous avons, dans les écoles de filles qui atteignent quelque importance, des cours moyens qui conduisent à un certificat d’études primaires et qui ouvriront à nos meilleures élèves de vraies carrières, administratives, commerciales ou techniques. Déjà nous avons des monitrices indigènes dans nos maternelles et nos écoles de filles, et l’École de Sages-Femmes, que nous avons ouverte l’an dernier, a recruté sans difficultés une vingtaine de candidates âgées de seize à vingt ans environ et suffisamment préparées ; elles défilent chaque dimanche dans les rues de Dakar, vêtues de petites robes grises fort seyantes, la croix rouge brodée au col, et elles semblent donner jusqu’ici toute satisfaction. C’est le premier pas dans une voie particulièrement intéressante ; il a peu coûté, et l’entreprise ne pourra que s’étendre.
- Les résultats. — Je n’ai guère parlé jusqu’ici que d’organisation et de tendances, et j’ai trop l’habitude d’être sincère avec moi-même, je suis aussi trop vieux déjà dans Je métier pour ignorer que les résultats seuls importent et qu’il y a souvent bien loin du pian d’action le mieux conçu aux applications.
- On a beau multiplier, à la suite des arrêtés de principes, les instructions détaillées, les commentaires occasionnels, les inspections, les expositions, les conseils et les enquêtes de toutes sortes : il y a toujours et partout des maîtres qui ne comprennent pas ou qui refusent de se soumettre. Mais ce n’est pas de là qu’a surgi le principal obstacle en ce qui regarde la réforme de l’enseignement de l’A.O.F : ceux, extrêmement rares, qui n’ont pas voulu se soumettre ont été obligés de se démettre et la plupart, européens ou indigènes, ont parfaitement compris ce qu’on attendait d’eux ; il en est même qui se sont donnés corps et âme à cette tâche nouvelle, et ce sera une des plus fortes satisfactions de ma carrière, que le souvenir des brages gens, si droits, si courageux, si dévoués, qui m'ont apporté la plus .confiante et la plus active collaboration et qui, à travers tant de risques et de déboires, s’efforcent de
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- sauver de la misère et d’attacher solidement à la France l’Afrique occidentale.
- Les difficultés sont quelquefois venues d’administrateurs ou d’agents locaux encroûtés dans une conception de la vie coloniale qui n’est plus possible aujourd’hui, et nous avons eu à vaincre bien des inerties, bien des oppositions sourdes, qui d’ailleurs étaient tout individuelles et n’ont guère eu de conséquences.
- Les vraies difficultés, celles qui pourraient gravement compromettre l’avenir, sont nées, ou, plus exactement, naissent en ce moment d’une partie de l’opinion indigène, et je ferais preuve d’un optimisme enfantin et de quelque défaut d’honnêteté en m’abstenant de les signaler ici.
- Jusqu’à cette année, nous avions eu, dans les milieux indigènes, la meilleure presse du monde, et nous avons travaillé en paix. Mais les élections approchaient, et il fallait bien découvrir un tremplin élastique, ce qui n’est pas commode en un pays où la France fait vraiment preuve d’un libéralisme et d’une générosité sans exemple. D’autre part, le séjour en France de quelques jeunes originaires du Sénégal, pendant la guerre, leur a donné, en même temps qu’un léger vernis, une très haute opinion de leur valeur (je parle ici des originaires des communes du Sénégal qui, étant citoyens, ont servi dans des régiments européens, et non des braves tirailleurs soudanais, guinéens ou dahoméens appelés, à tort, tirailleurs sénégalais, qui se sont si vaillamment conduits et qui sont, dans l’ensemble, demeurés modestes et tranquilles) ; le parti jeune-sénégalais, qui jusque-là n’était pas bien gênant, a pris une attitude nettement offensive à l’égard de tous ceux qui ne se croyaient pas obligés de l’admirer et de satisfaire à tous ses caprices. Enfin, les Sénégalais, beaucoup plus que les autres populations de l’Afrique occidentale française, ont toujours été rebelles aux métiers manuels, et le caractère pratique de notre enseignement ne pouvait évidemment les enthousiasmer.
- Pour ces diverses raisons, et peut-être pour d’autres que j’ignore, une campagne extrêmement violente contre l’enseignement, ses programmes, ses méthodes et ses représentants s’est déclenchée, en janvier 1919, dans le journal /’Ouest-africain français. En voici quelques citations, qui montreront, mieux que toutes les analyses, quel était le sens de cette campagne.
- « Les programmes d’études actuels sont des programmes dont la condamnation s’impose immédiatement et irrémissiblement, parce que terre à terre, anti-égalitaires, anti-démocratiques... L’instruction qui se donne dans les écoles publiques n’a aucune valeur éducative, aucune portée sociale, aucune capacité de rendement pratique. »
- « Nous protestons contre l’abaissement voulu et systématique duniveaudes études, contre la faillite de l’Enseignement laïc au Sénégal, contre les négrophobes qui le dirigent et qui le donnent. »>
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- « Le niveau de l’instruction au Sénégal est deux fois moins élevé que celui de nos jeunes gens du temps des frères de Ploërmel et des laïques jusqu’en 1907. »
- « Les arrêtés du 1er novembre 1916 (relatifs à l’organisation de l’enseignement technique) ne sont qu’autant de bluff et de poussière jetée aux yeux des profanes en matière d’enseignement primaire, secondaire ou primaire supérieur. »
- « Cette politique, hypocrite, mais non moins opposée à toute évolution vraie de l’élément noir, tend purement et simplement à saboter notre enseignement, pour assurer demain la supériorité des candidats administratifs blancs sur leurs concurrents noirs. »
- « On veut, ô fier peuple du Sénégal, que demain des gens dont le seul mérite (si c’en est un!) consiste à avoir « peau blanche, » possèdent à jamais la supériorité sur tes enfants, fils et neveux de la Grande Guerre et dont la concurrence pourrait devenir gênante. »
- Et toujours, comme un refrain de chanson de marche : « Pendant que nous nous faisions casser la figure... »
- J’ai cité a peu près au hasard. Je pourrais continuer pendant des heures, mais cela ne nous apprendrait rien de nouveau, et je m’arrête, en notant toutefois que les signataires de ces articles si véhéments se vantent, quand ils parlent du temps où leur figure courait des risques, et qu’ils ont passé une très bonne guerre — ce qui diminue déjà l’intérêt de leurs revendications — en notant aussi qu’il y a depuis longtemps une école secondaire au Sénégal et que tous les indigènes qui veulent entreprendre des études secondaires sont parfaitemeut libres, ce qui ôte toute valeur à l’accusation d’obscurantisme et de négrophobie portée contre l’enseignement technique.
- Au demeurant, s’il y a danger, il n’y a pas défaite, et, quoi qu’en puissent prétendre quelques baladins, nous sommes loin de la faillite; nous ne pouvons même jamais connaître la faillite, puisque nous n’avons promis que ce que nous pouvions obtenir et donner, à savoir : de bons ouvriers, de bons agents techniques, des auxiliaires éclairés de l’administration et du commerce, non des littérateurs et des savants.
- Cette opposition, plus violente qu’efficace, est d’ailleurs limitée au Sénégal, c’est-à-dire à celle des colonies de l’Afrique occidentale française sur laquelle nous avons toujours compté le moins pour la mise en valeur de notre domaine tropical; bien avant cette campagne, le Sénégal était nettement distancé, quant aux résultats scolaires, par le Soudan, la Guinée, la Côte d’ivoire, le Dahomey, et l’opinion indigène, dans ces autres colonies du groupe, est demeurée jusqu’ici parfaitement calme ; il suit de là que, pendant que les Sénégalais s’agitent et crient autour des tréteaux politiques et s’impatientent de notre tutelle, leurs voisins profitent sans mot dire des avantages réels que nous leur offrons et se préparent à les remplacer sur tous les terrains.
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- Ne nous arrêtons donc pas plus qu’il ne convient à cette révolte d’enfants, qui cessera du jour où l’on n’y prêtera plus attention, et constatons que, dans l’ensemble, les résultats de cet essai d’enseignement pratique ont été fort encourageants.
- Le recrutement s’est opéré sans peine, et nous avons toujours eu plus de candidats que de places vacantes; il s’est étendu à peu près également à toutes les régions de l’Afrique occidentale française, et nous avons trouvé chez la plupart de nos élèves une bonne volonté, un désir de perfectionnement vraiment touchants : il nous est venu jusqu’à de braves garçons tout barbus, qui
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- gagnaient déjà leur vie, avaient femme et enfants, se sont remis à l’école avec bonne humeur et ont donné à leurs camarades plus jeunes l’exemple du travail et de la discipline.
- Ces programmes, que nous avions établis à titre d’épreuve et que nous comptions bien reviser si c’était nécessaire, ont été abordés par nos élèves sans trop de peine, sans essoufflement, et la crise de personnel provoquée par la guerre n’a pas eu en Afrique occidentale française la même gravité que , dans d’autres colonies, puisque le personnel indigène que nous avions formé permettait d’y remédier dans une très large mesure.
- , D’autre part, le Ministère, des Colonies, tout en faisant aux aspirations politiques des Sénégalais les concessions qu’il estime nécessaires, ne songe nullement à se prononcer contre l’enseignement professionnel; il le présente même en toute occasion comme une des nécessités les plus pressantes de notre
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- politique coloniale, et il ne pourrait, du reste, parler un autre langage sans aller à l’encontre du plus élémentaire bon sens.
- Nous avons donc de bonnes raisons de croire que l’œuvre bâtie est solide, qu’elle pourra s’accroître et se transformer sans risquer de se déformer et qu’elle fera des habitants de l’Afrique occidentale française des Français moins grandiloquents peut-être que certains de leurs aînés, mais vaillants, réfléchis, désireux de progrès réel, comptant sur leurs efforts personnels pour atteindre au bien-être, utiles, en un mot, à eux-mêmes, à leur petite patrie et h la France.
- Georges Hardy,
- ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de V Université, directeur de l'Enseignement en Afrique occidentale française.
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- COMMISSION POUR L’UNIFICATION DES FILETAGES
- ÉTUDE DE H. J. BINGHAM POWELL SUR UA VÉRIFICATION DES CALIBRES FILETÉS
- POUR MUNITIONS DE GUERRE
- analysée par M. F. Cellerier
- Directeur du Laboratoire d’essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.
- La publication de M. Bingham Powell O) a pour but d’indiquer, aux constructeurs, certains procédés de vérification de calibres filetés confectionnés en vue des fournitures des munitions de guerre, et qui doivent être exécutés dans des limites de tolérances très étroites. D’après l’auteur, la précision nécessaire ne saurait être obtenue que par les constructeurs possédant certains instruments indispensables pour la vérification.
- En raison de l’intérêt tout particulier qu’a montré depuis de nombreuses années, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, à l’étude de la vérification des filetages, nous pensons qu’il est opportun de signaler, à cette occasion, les instruments préconisés par M. Bingham Powell et d’analyser ses procédés d’emploi.
- Désignation des dimensions. — Les désignations employées dans l’article, pour les dimensions caractéristiques des vis exprimées, sont celles adoptées par « The Engineering Standards Committee » de la Grande-Bretagne, dans son rapport intitulé : « Rapport sur le système d’étalons anglais pour les jauges limites des filets de vis, » qui sont employées actuellement.
- Nous rappelons, à ce sujet, les diverses désignations en usage pour les dimensions caractéristiques du calibre mâle, dit vis-type ou vis-étalon : au Bureau of Standards de Washington ; dans les ateliers aux États-Unis et en Angleterre ; en France.
- DÉSIGNATIONS CORRESPONDANTES
- Au Bureau of Standards. Full diametei*. Effective diameter. Core diameter. Pitch,
- Aux États-Unis.
- Outside diameter. Pitch diameter. Root diameter. Pitch.
- En Angleterre.
- Major diameter. Mean diameter. Minor diameter. Pitch.
- En France.
- Diamètre extérieur. Diamètre moyen. Diamètre à fond de filets. Pas.
- Ces mêmes désignations s’appliquent aussi aux éléments du profil du calibre femelle, écrou-type, qui se juxtaposent sur les éléments du profil de la vis-type.
- (1) L’étude de M. Bingham Powell, Inspecteur du Ministère anglais des Munitions de Guerre, chargé du Service des Jauges et Étalons aux États-Unis, a paru dans VAmerican Machinist du 20 décembre 1917 sous le titre : The Inspection of Screw Gages for Munitions of War et a fait l’objet d’un tirage à part. °
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- VÉRIFICATION DES FILETAGES.
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- I. — MESURE DU PAS
- A. Erreurs sur la mesure du pas. — M. Bingham Powell était, pendant la guerre, inspecteur aux services américains de fabrication des munitions anglaises, où la vérification la plus attentive, jusque dans ces derniers temps, portait seulement sur la dimension des diamètres (extérieur, moyen, à fond de filets); l’on négligeait presque entièrement la vérification des pas, et cela, parce que l’on manquait, pour la mesure du pas, d’instruments exacts, rapides et disposés pour annihiler « l’équation personnelle » de l’opérateur. Remarquons, en passant, qu’en France, la vérification des pas est au contraire d’un usage courant, soit dans nos ateliers, soit dans nos arsenaux.
- La mesure du pas doit être faite avec une grande exactitude, puisque toute erreur sur le pas oblige à réduire le diamètre moyen sur flanc d’une quantité double de cette erreur, pour qu’un calibre à vis entaché d’une telle erreur puisse être employé comme un calibre au pas exact.
- M. Bingham Powell signale que, dans ces deux dernières années, la question du pas avait été nécessairement remise au premier plan par suite de la précision requise dans les types de filetages employés pour vérifier les munitions anglaises, dans lesquelles les tolérances très petites, sont de l’ordre de quelques millièmes de pouce, spécialement dans l’usinage des fusées. Par exemple, un calibre important employé pour les obus anglais est celui qui sert à vérifier la lumière des obus qui porte le filetage de raccordement avec la fusée. La vérification se fait avec des calibres (passe et ne passe pas) et les tolérances sont :
- En moins; — 0,0006 de pouce (*) ç ensemble En plus; + 0,0003 de pouce ( 0,0009 de pouce.
- Au pas exact, correspondent, en pouce :
- Diamètre effectif maximum............... 1,9516
- Diamètre effectif exact................. 1,9513
- Diamètre effectif minimum............... 1,9507
- Aux erreurs sur le pas correspondent les limites d’erreur du diamètre effectif ci-dessous. •
- Erreurs du pas. Limites du diamètre effectif.
- + —
- ± 0,0001 1,9514 1,9507
- ±0,0002 1,9512 1,9507
- ± 0,0003 1,9510 1,9507
- ± 0,0004 1,9508 1,9507
- ± 0,00045 4,9507 1,9507
- Ainsi, pour chaque 1/10000 de pouce d'erreur, dans le pas du calibre vis-type, le fabricant du calibre réduit la limite du diamètre effectif moyen de 2/10000 de pouce et finalement, si l’erreur sur le pas atteint 4,5/10000 de pouce, il ne lui reste plus de tolérance sur le diamètre moyen qui doit être fait à la valeur la plus basse 1,9507.
- (1) Rappelons que le pouce anglais (inch) représente 25,3954113 mm.
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- LA VÉRIFICATION DES CALIBRES FILETÉS.
- En pratique, on ne doit pas dépasser une erreur de 2/10000 de pouce sur le pas de façon à laisser une marge de tolérance suffisante, pour le diamètre effectif, soi 1, 5/10000 de pouce, soit en millimètres 0,0127 mm.
- Les erreurs sur le pas sont de deux sortes :
- a) Erreur variable, celle dans laquelle la distance de filet à filet varie d’une manière quelconque et qui provient généralement de la déformation produite par la trempe et du manque de traitement approprié pour permettre aux molécules de l’acier de prendre un état d’équilibre stable.
- Le grand nombre des calibres qui ont été demandés pendant la guerre a empêché que l’on puisse traiter les métaux d’une façon convenable, de sorte que cette déformation affecte non seulement le pas mais encore la cylindricité de la vis.
- L’erreur variable peut également être due à un ajustage défectueux, dans les supports, de la vis mère du.tour ou- de la machine à rectifier.
- b) Erreur progressive. Cette erreur est due à l’emploi d’un rodoir n’ayant pas le même pas que la vis mère qui a servi à faire la vis-type; cette dernière cause d’erreur montre la nécessité de fileter le rodoir et la vis-type sur le même tour ou la même machine à rectifier.
- En pratique, les deux sortes d’erreurs dans le pas entrent habituellement en combinaison. D’où résulte nécessairement une erreur variable, puisqu’une erreur progressive est réduite ou augmentée en certains endroits par l’effet d’erreurs variables d’un sens ou de l’autre.
- Le maximum d’erreur dans le pas d’un filet à l’autre, ou sur un certain nombre de filets, impose la réduction à faire dans le diamètre moyen effectif de la vis-type, et l’on comprend que ce soit le plus petit maillon de la chaîne des erreurs qui fixe la destinée du calibre en ce qui concerne sa valeur en précision.
- Encore récemment, il était de pratique courante de stipuler l’erreur maximum possible du pas sur une longueur de plusieurs filets, 1 pouce ou 1/2 pouce par exemple.
- C’est une méthode absolument incorrecte, puisqu’elle suppose une erreur du genre progressif alors qu’il en est autrement comme il est expliqué ci-dessus.
- En fait, avec l’erreur variable dans le pas, qui est la plus habituelle, il arrive quelquefois qu’une erreur positive entre un ou deux filets, s’annule par une erreur négative entre les filets suivants, de sorte que l’erreur résultante mesurée sur plusieurs filets paraît être nulle.
- Enrésumé, M. Bingham Powell conclut que la méthode qui consiste à fixer ou à contrôler l’erreur par des mesures prises sur une longueur de plusieurs filets de vis, doit être écartée.
- M. Bingham Powell confirme ainsi le procédé de vérification du pas filet par filet, adopté depuis bien des années en France.
- B. Procédés de mesure du pas sur une longueur de plusieurs filets. — Un certain nombre de procédés sont encore en usage en Amérique pour effectuer la mesure du pas sur une longueur de plusieurs filet s.
- Un procédé consiste à employer deux blocs, semblables aux calibres Johansson, avec des abouts taillées en triangle correspondant à l’angle des filets des visa contrôler. Entre ces deux blocs, on dispose les calibres de façon à mesurer la distance exacte correspondant au nombre de filets sur lesquels la mesure doit être opérée.
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- Les blocs sont alors présentés sur la vis et les contacts entre les extrémités triangulaires de ces blocs, et les flancs de la vis sont observés à la loupe. Si les contacts ne sont pas satisfaisants, on remplace les calibres par d’autres variant de 1 /10 000 de pouce jusqu’à ce que l’on obtienne un contact convenable.
- Ce procédé est classique, aussi bien en Amérique que dans les autres pays. Il comporte notamment l’erreur personnelle apportée par la façon dont l’observateur apprécie les contacts, et le colonel Hartmann s’en était affranchi, en France, en créant son comparateur dont les contacts sont indépendants de l’opérateur. En outre, l’épaisseur des blocs empêche que l’on puisse faire la mesure en assurant un contact de précision irréprochable, lequel ne serait théoriquement possible qu’avec des profils sans épaisseur.
- Un autre instrument est constitué par deux pointes en V dont la première est fixe et la seconde mobile parallèlement à la première. La pièce mobile est reliée à un levier amplificateur dont le grand bras suit une échelle graduée permettant de lire le 1/1 000 de pouce. La vis est montée en pointes sur un support et engagée petit à petit en tournant jusqu’à ce que les deux pointes en V portent également dans le filet. Le contact, éclairé par derrière, est observé par le moyen d’une loupe. L’instrument ne donne les mesures qu’à 2/10000 ou 3/10 000 de pouce près et, de plus, lepas est mesuré sur une distance fixe de 1/2 pouce.
- Le Calibre Taylor présenté à l’Engineering Standards Committee par M. Bingham Powell est basé sur un système à deux pointes en Y fixes et à une distance donnée; pour son usage, on observe le contact de ces pointes sur la vis.
- Il y a de nombreux systèmes de même_ nature qui ont tous le vice originel des instruments ci-dessus décrits.
- C. Mesure du pas de filet à filet. — M. Bingham Powell signale qu’il existe un petit nombre d’instruments pour mesurer le pas de filet à filet, et qu’ils ont l’inconvénient de faire dépendre l’exactitude de l’opération du soin qu’y apporte l’opérateur. Ces instruments ont généralement la forme de pointe en Y reliée à un support; la la vis est montée en pointes par ses centres. La pointe en Y peut se déplacer dans sa propre direction pour entrer librement par son propre poids dans son filet ; d’autre part, son support peut être déplacé parallèlement à l’axe de la vis au moyen d’un dispositif micrométrique; on observe à l’aide d’une loupe le contact de la pointe et de la vis en s’éclairant par une lumière placée derrière la vis.
- D’après l’auteur de l’article, ce procédé est certainement préférable au précédent, mais présente cependant deux sources d’erreurs. D’abord il n’est pas certain que la pointe porte également sur les deux flancs du filet et ensuite, la pointe peut avoir un petit jeu latéral provenant de ce qu’elle n’est pas attachée d’une façon rigide à la règle que déplace la vis micrométrique.
- En Angleterre, une manière très ingénieuse d’éviter ces inconvénients a été trouvée par M. Yidal et employée dans sa machine brevetée pour mesurer les pas. A la pointe en V est substituée une bille, de sorte que le contact se produit quelle que soit l’inclinaison du support sur lequel elle est fixée. La bille est coupée en deux et ses deux moitiés sont séparées par une lame de mica; un circuit électrique passe par ces deux moitiés de la bille et parla vis; il ne peut être fermé que quand la bille touche à la fois les deux côtés du filet. Le support de la bille est muni d’un dispositif longitudinal à ressort qui maintient constamment un léger contact de la bille avec le
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- flanc du filet. Le contact par le ressort est si délicat, qu’il peut être rompu par le souffle de l’opérateur.
- Cet instrument évite certainement les défauts relatés comme inhérents aux autres systèmes de mesure décrits. Mais pour obtenir un contact parfait entre la bille et la vis, il est essentiel que ces deux pièces soient parfaitement propres et dégraissées, sinon le circuit électrique ne se ferme pas.
- Une excellente machine à mesurer les pas de vis est en usage au National Physical Laboratory, service officiel du Gouvernement britannique chargé de la vérification des calibres; une description en a paru dans Y Engineering du 15 septembre 1916.
- La vis, montée sur un axe bien concentrique, est portée par un support rigide coulissant parallèlement à la ligne des centres.
- Le palpeur, porté par le support, a la forme d’une petite bille sphérique à l’extrémité d’un levier coudé. La bille est maintenue dans les filets de la vis par un léger ressort, et la disposition du support est telle que, dans le mouvement de va et vient, la bille reste toujours en contact avec lavis; le diamètre de la bille est trop grand pour qu’elle atteigne le fond du filet. Dans son mouvement, elle suit un flanc du filet jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par le contact avec le flanc opposé; dès qu’elle commence à toucher ce flanc, ce changement de mouvement est nettement apparent.
- En notant sur la vis micrométrique les positions du'palpeur à ces changements de mouvement, on a un bon moyen de mesurer le pas de vis. A cet effet, un miroir est fixé sur le levier du palpeur sphérique et se meut ainsi en tous sens, arrière et avant, avec lui. Un rayon de lumière, réfléchi par le miroir sur un écran gradué, suit d’abord une certaine direction, puis s’arrête et retourne en sens inverse; le mouvement est ensuite de nouveau renversé, en sorte que les changements de sens pro duits parle point de contact de la sphère, passant d’un flanc de la vis au flanc opposé, sont nettement apparents, ce qui permet d’obtenir une mesure précise du pas de vis.
- Par un dispositif convenable du palpeur, le pas des calibres femelles, écrous-types, peut être mesuré, les calibres étant fixés sur un plateau à l’extrémité de l’instrument.
- Un appareil de ce genre fonctionne au Bureau of Standards pour contrôler les calibres. C’est un instrument précis pour l’étude des filetages dans les laboratoires.
- L’auteur de l’article s’est adonné à l’étude du problème de la mesure du pas de vis des calibres filetés. Les dispositifs furent soigneusement examinés dans le laboratoire du Département de l’Inspection du Ministère anglais des Munitions de Guerre aux États-Unis en vue d’adopter l’un d’eux ou, si c’était possible, de perfectionner l’un des types.
- Après divers essais, le besoin d’avoir une machine à mesurer de filet à filet devint pressant, en particulier pour contrôler les calibres fabriqués en Amérique et destinés à être exportés en Angleterre, calibres pour lesquels la spécification indique que toute erreur dans le pas doit être compensée dans les limites indiquées par la réduction du diamètre effectif moyen. Le National Physical Laboratory demandait un assez grand délai pour livrer un de ses appareils, en sorte que fauteur se décida à étudier et à réaliser lui-même une machine, dontladescription est donnée ci-dessous.
- D. Machine de M, Bingham Powell pour mesurer les calibres filetés. — Dans tous les systèmes existants, les divers procédés employés ont pour but d’assurer que les
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- pointes en Y, ou le palpeur à bille, appuient également sur la vis des deux côtés du filet, ce que l’on constate, soit directement à la vue, soit par contact électrique, soit par l’observation d’un rayon lumineux réfléchi par un miroir sur une règle graduée. J/auteur croit qu’il est préférable d’adopter un dispositif ne nécessitant aucun procédé électrique ou optique et propose la solution suivante.
- Si on laisse reposer une bille de dimensions convenables entre deux filets de vis, elle prend naturellement une position d’égal appui sur les deux flancs de lavis. S’il était possible d’avoir une telle bille entre des guides, de manière que son centre soit toujours au-dessus de Taxe de la vis, et qu’on dispose d’un microscope mû par un micromètre ou autre appareil de mesure similaire, pour viser un point de la bille ou bien encore un trait gravé sur la surface d’une hémisphère au lieu d’avoir à observer toute la bille, la solution serait complètement réalisée.
- Mais, pratiquement, il n’y a aucun moyen satisfaisant de savoir si le trait gravé sur l’hémisphère est exactement dans le même plan vertical que la bissectrice du filet dans un plan diamétral de l’hélice, et il faut que cette condition soit remplie pour avoir un bon instrument.
- Si l’on substitue à la bille simple ou à la demi-bille un levier terminé par une bille, qui repose librement, verticalement ou presque, dans la vis et qui soit guidée convenablement dans le plan axial d’un fileta l’autre, on obtient un dispositif satisfaisant. C’est le principe adopté par M. Bingham Powell. Le levier est constitué par une aiguille très légère, disposée de telle -sorte que l’appareil puisse aussi être employé pour contrôler le pas des calibres femelles, écrous-types, au moyen de moulages appropriés. On décrira plus loin un appareil avec lequel on peut faire des moulages réunissant les conditions de précision requises pour les disposer correctement sur l’instrument.
- L’appareil, dont un modèle était utilisé au service des calibres du Ministère anglais aux États-Unis, est composé d’une base en forme de marbre plan supporté aux quatre coins par des pieds filetés pour la régler horizontalement ; d’un côté de cette base sont deux tasseaux en fonte surmontés de deux cales en acier dur, servant de chemin, en V, à des billes de roulement. Sur ces cales chemine un chariot en forme déréglé longue et étroite d’épaisseur convenable pour la rigidité, et dont les extrémités portent des chemins en V correspondants à ceux des chemins à billes des tasseaux.
- Le mouvement du chariot est contrôlé par un micromètre à pointe arrondie en contact avec une contrepointe semblable vissée dans le chariot, le contact étant maintenu par un poids léger attaché à des fils de tension. La tête du micromètre porte un grand disque en aluminium muni de 250 divisions sur la périphérie, chaque intervalle étant de 1/10 pouce, de sorte qu'il est facile de lire au l/10 000de pouce et même au 1/50 000 de pouce soit de l’ordre de 1/2 millième de millimètre, si l’on a un bon micromètre dont la précision a été vérifiée.
- Sur l’axe du chariot est une ouverture en V, sur laquelle repose un levier à bille en un point qui est environ aux 2/5 de la longueur à partir de la bille et légèrement incliné (7° environ sur la verticale). L’extrémité inférieure du levier est logée entre des guides parallèles ménagés dans le pied d’une pièce coudée fixée sous le chariot et ne peut prendre ainsi aucun mouvement latéral. La largeur de l’ouverture entre les guides n’a que 0,00015 pouce environ de plus que le diamètre du levier, aussi, bien que celui-ci ait une liberté entière de mouvement dans le plan
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- vertical contenant l’axe du chariot et le calibre fileté, il n’en a aucun dans le plan perpendiculaire. Le levier a un diamètre plus petit dans la partie située au-dessus du chariot et son extrémité, par le mouvement de va et vient du chariot, vient toucher un contact électrique biseauté et relié à un petit poste fixé- au chariot.
- Le calibre fileté à étudier est porté sur des blocs en Y ; il est maintenu par une forte bande de caoutchouc agrafée sur la base de la machine.
- Les tasseaux ont des glissières soigneusement ajustées sur des blocs solidaires de la base de la machine, afin que l’axe du calibre fileté, le chariot et le levier à bille soient toujours réglés dans le même plan vertical. Les blocs en Y peuvent être levés ou abaissés avec précision au moyen d’une vis à pas fixe.
- Il est très important que la ligne des sommets des filets du calibre soit bien horizontale ; on procède à ce réglage en employant un niveau électrique spécial en forme de levier posé à côté de la machine.
- E. Mesure du pas des vis mâlespar la machine Bingham Powell. — Le niveau est mis en contact avec une extrémité du calibre fileté et celui-ci est ensuite soulevé lentement en vissant le bloc en Y jusqu’à ce que le bas du niveau arrive juste au-dessous du bas du contact avec sa vis d’ajustage; c’est ce que l’on observe au moyen d’un circuit électrique qui se ferme sur un galvanomètre. Puis le niveau est déplacé jusqu’à l’autre extrémité de la vis, qu’on soulève de la même faqon jusqu’à hauteur convenable par lé bloc en V de cette extrémité. Le palpeur à bille est ensuite posé dans le premier filet de la vis, et le chariot est déplacé lentement à gauche ou à droite jusqu’à ce que le palpeur (libre en tous sens dans son support) touche juste l’arête du couteau, ce qui est indiqué par la fermeture du circuit électrique sur le galvanomètre. On note la division correspondante du micromètre. Le palpeur est ensuite introduit dans le second filet et le chariot, de nouveau, est déplacé jusqu’à ce que le contact électrique avec l’autre tranche soit obtenu. La différence des lectures du micromètre donne le pas de vis entre le premier et le second filet; et ainsi de suite pour les filets successifs.
- F. Mesure du pas des écrous par le procédé du moule. — Pour mesurer le pas des écrous-types, il faut créer un intermédiaire approprié et faire uno reproduction moulée qui est placée ensuite dans l’instrument et traitée comme un calibre mâle vis-type. Ce moulage a ses centres disposés pour l’usage de l’appareil de projection (au grossissement de cinquante fois) afin que l’on puisse voir sur l’écran si l’angle des flancs et les arrondis au sommet et au fond des filets sont corrects et tels que les réclame le Laboratoire du Ministère anglais des Munitions de Guerre aux États-Unis.
- Il est inutile de prendre un moulage complet de la partie filetée de l’écrou-type, car on l’abime habituellement en le dévissant; la matière du moulage, un peu plastique, prend la forme et le pas du dernier filet, et devient ainsi sans valeur.
- Ainsi donc un petit segment seulement du filet doit être moulé. Ce moulage est généralement difficile à exécuter; aussi, le plus souvent le moulage n’a pas de centres parallèles à l’axe de référence des filets et ne peut être monté sur une machine à mesurer les pas ou les autres parties du filetage; mais comme l’écrou-type est à faces plates correctes, le moulage peut être porté dans un appareil avec son axe exactement perpendiculaire à la face de l’écrou-type de telle sorte qu’on peut l’employer dans une machine à mesurer les pas.
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- L’appareil est simple'; il consiste en une petite plate-forme carrée en acier’faite à la meule en marbre précis; sur ce marbre, est vissé exactement à angle droit, une tige portant à sa base une mortaise à bords biseautés. L’écrou-type placé sur le marbre est maintenu contre la mortaise par une vis de serrage, la hauteur de la mortaise au bas de la tige correspond juste à l’épaisseur de l’écrou-type. On verse dans la coulisse un composé formé de 7 p. 100 dé graphite et 9 p. 100 de soufre.
- Ceci fait, on desserre la vis d’appui et on retire soigneusement l’écrou-type en le glissant sur le marbre.
- Un moulage parfait du filet reste dans la tige et peut-être disposé sur la machine. Ce moule ainsi pris est absolument parallèle au pivot, à angle droit avec la base plane; il est ainsi dans de bonnes conditions pour être mesuré comme il a été dit pour les vis-mâles.
- IL — MESURE DES DIAMÈTRES DES VIS MALES AVEC LE MICROMÈTRE
- A. Micromètre à pointes. — Habituellement, il suffit d’employer un micromètre ordinaire pour mesurer le diamètre extérieur. Un tel instrument ne convient pas pour contrôler le diamètre moyen ou le diamètre à fond de filet, pour la raison que la face du palpeur ne peut être absolument parallèle à la face de la vis, ce qui donne ainsi une lecture fausse.
- Cependant en mesurant le diamètre extérieur, il faut prendre soin d’opérer sur plusieurs diamètres à angles droits les uns des autres, et en différents points de la largeur, en notant les écarts.
- Avant de mesurer le diamètre moyen, le contrôleur doit avoir devant lui la table des erreurs pour le pas de vis de filet à filet, d’après les mesures faites avec une machine convenable.
- On mesure le diamètre moyen à l’aide de micromètres à pointes ou à fils cylindriques, et si possible avec les deux appareils; une différence observée par les deux méthodes montre que le filet est, ou bien de mauvaise forme ou incliné d’un côté, sur l’axe de la vis; mais ces défauts sont plus visibles dans l’appareil de projection.
- Il est inutile de contrôler le diamètre moyen sans être fixé sur les erreurs dans le pas, puisque la tolérance pour le premier doit être réduite d’une quantité égale à deux fois la valeur maxima du dernier et que la tolérance réelle pour le diamètre moyen doit être calculée d’abord pour que le contrôleur sache ce qu’il faut exiger pour la vis-type sous ce rapport.
- Le micromètre à pointes ne doit jamais être employé seul parce qu’il appuie seulement sur les parties saillantes; de plus la pointe du micromètre s’usant rapidement, il est difficile d’avoir un contrôle exact. Même quand le micromètre est neuf, ses palpeurs pour filets de vis ont rarement un angle exact. Il est nécessaire, pour les vérifications, que le micromètre ait été préalablement démonté et que les palpeurs, préalablement nettoyés à l’essence, aient été examinés à la loupe avec un calibre angulaire correct fait spécialement pour cet usage.
- L’auteur considère que le micromètre à pointes devrait être employé uniquement pour le contrôle des résultats obtenus avec les barrettes cylindriques et seulement
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- comme moyen accessoire pour trouver la raison des anomalies qui pourraient se présenter dans les contrôles faits avec deux séries de barrettes de dimensions différentes.
- En résumé, ces divers conseils de l’auteur de l’article sont intéressants; toutefois, la plupart sont d’usage courant en France dans les ateliers de mécanique de précision ou dans les laboratoires qui effectuent des vérifications de vis.
- B. Principe du micromètre à barrettes pour filets de vis. — Différentes machines à étudier les vis ont été construites sur le principe du micromètre à fdets de vis. Sur un marbre comme base, sont montées des tètes de micromètre avec pointes rectifiées à la meule, soit à 55° pour le filetage Whitworth, soit à 60° pour le Système international ou métrique et le Système américain U. S. S. et 47°,5 pour le Système de la British Association. L’une des pointes est munie d’un palpeur en forme de V rentrant, ayant le même angle. Lavis à mesurer est placée entre ces deux pointes en Y et l’on observe le contact du micromètre en déplaçant la vis en avant ou en arrière.
- L’objection que l’on peut faire à l’emploi de cet instrument est que le contact sur les pointes en V se fait sur un certain nombre de filets à cause de l’épaisseur des palpeurs et que le résultat obtenu ainsi est seulement la moyenne des diapiètres d’un certain nombre de filets, ce qui est insuffisant comme précision. En outre les poupées qui portent les palpeurs ont toujours un certain frottement sur la base de la machine et, par suite, ne se déplacent pas assez librement pour prendre une position correcte quand la vis est placée entre eux; finalement cette machine ne nous paraît pas présenter d’avantages sur un micromètre ordinaire.
- Le système des barrettes cylindriques pour mesurer des diamètres moyens, est satisfaisant quand il est convenablement employé. Tout d’abord le diamètre des barrettes peut avoir la dimension convenable pour chaque dimension de pas des filets à contrôler et être calculé en conséquence. L’auteur emploie systématiquement deux séries de barrettes pour chaque pas de filetages. L’une des séries est telle que la barrette doit porter juste sur le diamètre moyen théorique d’une vis correcte; l’autre série est telle que la barrette porte dans les flancs de la vis tout près de la troncature extérieure, mais en évitant l’arrondi des sommets de filets dans le système Whitworth. Les barrettes d’une dimension telle, qu’elles prennent contact sur le diamètre effectif au moyen d’une vis-étalon parfaitement exacte, sont dénommées best wires ou barrettes-types et elles ont les dimensions suivantes :
- Diamètres des barrettes-types
- Nombre de filets par pouce. cylindriques pour les filetages.
- Système Whitworth Système U. !
- (pouces). (pouces).
- 12 0,0470 0,0481
- 14 0,0403 0,0412
- 20 0,0282 0,8289
- 24 0,0235 0,0241
- 32 0,0176 0,0180
- 36 0,0156 0,0160
- 40 0,0141 0,0144
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- VERIFICATION DES FILETAGES.
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- Ces diamètres sont calculés par la formule simple :
- P A D= ^ sec -
- Dans laquelle :
- D est le diamètre.
- P, le pas de la vis;
- A, l’angle du filet.
- Pour les différents systèmes de filetages, la formule donne :
- Whitworth..................... D = 0,5637 P
- U. S. S....................... D= 0,5771 P
- British Association........... D= 0,5463 P
- Les barrettes qui portent au voisinage de la troncature extérieure de la vis sont nommées barrettes de diamètre maximum. Leur diamètre peut être pris égal à 1,5 fois le diamètre de la barrette cylindrique correspondant au même pas, aussi bien pour les filetages Système Whitworth que pour les filetages U. S. S.
- Ci-après les diamètres des barrettes maximum pour quelques pas :
- Nombre Diamètre des barrettes maximnm.
- de filets. —-W..H —— - —.
- par pouce. Système Whitworth. U. S. s.
- pouces. pouces.
- 12 0,0705 0,0721
- ' 14 0,0605 0,0618
- 20 0,0423 0,0434
- 24 0,0353 0,0362
- 32 0,0264 0,0270
- 36 0,0234 0,0240
- 40 0,0212 0,0216
- Les diamètres D des barrettes maximum calculés au moyen de la formule, sont :
- Whitworth.............D = 0,8456 P
- U. S. S...............D = 0,8661 P
- British Association. . . . D = 0,8195 P
- On n’emploie guère de barrettes cylindriques plus petites que les barrettes-types car elles s’enfonceraient trop profondément dans le filet et ne donneraient pas un bon contact dans les palpeurs.
- Le micromètre à pointes,- qui est employé conjointement avec le procédé recommandé des deux séries de barrettes, indiquera généralement une légère erreur en moins sur l’indication du diamètre par mesure sur les barrettes-types lorsque la vis à mesurer a une forme correcte. Les barrettes doivent être achevées à la meule, être de dimension exacte et parfaitement cylindriques; en outre le diamètre exact doit être mesuré avec une approximation de 1/100 000 de pouce. Ces conditions sont absolument essentielles parce que toute erreur dans le diamètre de la barrette se multiplie au moins par trois dans la lecture du diamètre effectif (Voir la formule ci-dessous donnant K).
- Les conditions convenables pour l’exécution des barrettes sont les suivantes :
- 1° Chaque barrette doit être parfaitement cylindrique et avoir le diamètre spé-
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- LA VÉRIFICATION DES CALIBRES FILETÉS.
- cifié; le total des erreurs en diamètre et en excentricité ne doit pas dépasser 5/100000 de pouce;
- 2° Chaque barrette doit être mesurée à 1/100000 de pouce et le diamètre moyen doit être indiqué sur une fiche attachée à la barrette;
- 3° Chaque barrette doit avoir 2 pouces de longueur environ (pour de très grandes vis la longueur sera proportionnée), et il suffira que l’ajustage précis soit fait sur une longueur de 1/2 pouce dans la région centrale; les autres parties peuvent être noircies et avoir environ 1/1000 à 2/1 000 de pouce en moins que le diamètre de la partie centrale;
- 4° Les barrettes doivent être en acier trempé et, sur une extrémité recuite, on percera un trou pour attacher la fiche indicatrice. Pour employer ces barrettes on se servira d’une constante K qui sera calculée par la formule :
- K = D
- ( 1 + coséc I) - (I
- Dans laquelle :
- D.représente le diamètre moyen de deux ou trois barrettes cylindriques en usage ;
- A, l’angle du filet; ' -
- P, le pas du filetage.
- Voici les valeurs de K pour quelques types de filetages :
- Whitworth................K = 3,1657 D — 0,9605 P
- U. S. S..............K = 3,000 D — 0,8660 P
- British Association . . K = 3,4829 D — 1,1363 P
- K étant connu, la lecture du micromètre diminuée de la valeur K indiquera le diamètre moyen de la vis-type. En pratique, les diamètres des barrettes doivent être vérifiés de temps en temps pour s’assurer qu’il n’y a pas d’usure et s’il est nécessaire on recalculera la constante K.
- C. Mesure du diamètre moyen. — Le procédé habituel pour se servir de barrettes en atelier, consiste à les employer par séries de trois dont deux dans des filets adjacents sur un côté de la vis et'le troisième dans le filet intermédiaire du point diamétralement opposé sur l’autre côté de la vis. Les barrettes sont maintenues habituellement sur la vis par des caoutchoucs. Si elles ont un diamètre assez fort pour ne pas se courber sous la pression des caoutchoucs-, les lectures sont correctes, mais quelquefois il n’en est pas ainsi et, dans ce cas, les lectures sont faussées. On doit tenir compte de ce fait.
- Une meilleure méthode consiste à employer des calibres Johansson placés dans des supports spéciaux prévus pour leur emploi, en les disposant de façon à ce que la distance entre leurs faces, égale la mesure sur barrettes correspondant au diamètre eff ectif normal. Dans le calibre ainsi choisi on introduit la vis-type en poussant les barrettes à l’intérieur des filets; si le contact n’est, pas satisfaisant, on diminue progressivement la distance entre les faces des calibres par fraction de 1/10000 de pouce jusqu’à ce que l’on obtienne un bon contact.
- Le meilleur moyen de mesurer le diamètre moyen est d’avoir une machine spéciale pour cet usage. Il existe une ou deux machines de ce genre, mais la meil-
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- VÉRIFICATION DES FILETAGES. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- leure et la plus rapide est celle qui à été réalisée par le National Physical Laboratory. Cette machine se compose d’un léger chariot se déplaçant sur des billes dans deux rainures en forme de V perpendiculairement à l’axe d’une plate-forme servant de base. De chaque côté du chariot sont disposés des supports, dont l’un porte une contrepointe qui peut être placée dans le support à une position quelconque de sa longueur et dont l’autre porte un micromètre à barillet gradué. En ajustant convenablement la position de la contrepointe, le micromètre peut prendre l’ouverture convenable pour la vérification du diamètre de la vis-type à mesurer. Le zéro du micromètre est repéré préalablement au moyen de calibres Johansson, le chariot peut être déplacé le long de la plate-forme, latéralement, de façon à amener le micromètre en face de chacun des filets de la jauge; ce mouvement se fait par roulement sur de petits cylindres placés dans des rainures en V, à la partie inférieure du chariot; ces cylindres ont pour effet de permettre un mouvement facile du chariot et, en même temps, ils donnent lieu à un frottement suffisant pour maintenir le chariot dans toute position voulue. La vis-type est portée par des pointes réglables maintenues dans les supports des deux extrémités de la plate-forme.
- D. Dispositif spécial à M.Bingham Powell. —La meilleure mesure s'obtient avec une seule barrette. — Le chariot porte un léger support d’acier et une rainure étroite dans laquelle passe le fil de suspension des barrettes. Une pièce ajoutée à la machine à mesurer de Pratt et Whitney a été combinée par l’auteur, sur le principe de la machine à mesurer les vis que l’on vient de décrire. Avec ce système, les vis-types peuvent être contrôlées au 0,0001 de pouce, c’est-à-dire au 1/4 de centième de millimètre. Il n’est pas nécessaire d’exercer sur les barrettes une pression telle que la petite cheville de la machine à mesurer passe delà position horizontale à la position verticale, mais seulement qu’elle soit suffisante pour amener un commencement de mouvement.
- D’après les expériences faites avec la machine spéciale du Laboratoire du Ministère anglais, la différence entre le serrage au contact et celui qui est nécessaire pour que la cheville tombe verticalement, serait seulement de2/10 000 de pouce.
- Avec ces instruments, il vaut mieux n’employer qu’une seule barrette de chaque côté de la vis, en prenant soin que les barrettes employées soient de diamètres aussi égaux que possible.
- Les barrettes sont suspendues dans le filet, à l’opposé l’une de l’autre, et la poupée micrométrique de mesure est manœuvrée jusqu’à ce qu’elle les touche. Le contact est presque parfait à cause du mouvement du chariot sans frottement.
- Pour contrôler le diamètre à fond de filet des vis-types, on emploie de petits prismes triangulaires meulés suivant un angle de quelques degrés de moins que celui de la vis, l’arête du prisme qui appuie sur le fond de filet étant légèrement arrondie ; ces prismes sont suspendus de la même manière que les barrettes. La hauteur de la section droite de chaque prisme étant connue, la cote lue sur le micromètre diminuée de la somme des hauteurs des prismes, donne le diamètre intérieur.
- On peut aussi employer,pour contrôler le diamètreà fond de filet, un micromètre ordinaire avec des palpeurs convenablement ajustés à la meule, l’un en cône, l’autre en angle dièdre, ou bien encore un micromètre ordinaire avec les prismes décrits ci-dessus.
- Une fois les trois diamètres caractéristiques d’une vis-type contrôlés dans des
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- LA VÉRIFICATION DES CALIBRES FILETÉS.
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- plans rectangulaires en différents points du filet, la coneentricité de ces diamètres devra être vérifiée sur quelques points.
- Cette précaution est importante, surtout si l’on emploie des rodoirs différents pour amener la vis-type à la mesure dans ses différentes parties : diamètre moyen, diamètre à fond de filet, diamètre extérieur, car si ces opérations ont été faites en trois fois, les diamètres caractéristiques peuvent ne pas être concentriques.
- Les déformations dues à la trempe produisent aussi ce même défaut.
- Le même raisonnement s’applique aussi aux vis amenées à la mesure par meulage, quand on emploie des meules différentes pour corriger chacun des trois diamètres.
- On trouve facilement l’excentricité en employant une barrette ou un prisme sur le micromètre et en faisant porter l’autre palpeur sur le diamètre extérieur. On effectue les observations de variation du diamètre extérieur pendant une révolution de la vis-type et en restant sur le même filet. L’excentricité de diamètre inférieur et moyen peut être obtenue de la même manière en employant simultanément un prisme et une barrette cylindrique respectivement de chaque côté de la vis-type.
- E. Observations. — On doit attirer l’attention sur la difficulté d’obtenir par ce procédé, avec toute la précision nécessaire, le diamètre au fond des filets.
- Il y a, en outre, deux autres objections importantes à formuler sur le meulage :
- 1° La surface des filets porte toujours des traces de rugosité dues au meulage, qui produisent quelques frottements quand on emploie la vis-type, ce qui rend son usure plus rapide;
- 2° Cette rugosité de la surface des flancs cause des difficultés de mesure précise dans les cas où la haute précision est requise.
- Aussi l’auteur pense qu’il est généralement indispensable de passer les filets au rodoir après leur exécution à la meule.
- III. - VÉRIFICATION DES ÉCROUS-TYPES
- A. Procédé par l’emploi de vis-mâles et tampons. — La vérification de ces sortes de calibres consiste à employer simplement une vis-type mâle ayant les dimensions caractéristiques aux diamètres maximum, moyen, et à fond de filet, ou bien encore une vis-type aux dimensions normales pour les diamètres moyen et maximum, le diamètre à fond de filet étant inférieur à la valeur normale. On emploie en même temps dans ce cas, un tampon cylindrique pour vérifier le diamètre minimum de l’écrou-type essayé ; si ces différents calibres entrent dans la jauge, l’essai est considéré comme satisfaisant. Mais en réalité, il ne l’est pas toujours, car la vis-type peut paraître satisfaisante si elle ne porte que sur un diamètre de l’écrou-type femelle, les autres diamètres de cet écrou type pouvant dépasser largement la limite de la tolérance.
- Logiquement, si dans le cas d’une vis-type mâle on vérifie séparément chaque diamètre, on devra opérer de même dans le cas d’un écrou-type femelle ; cependant cela se fait rarement. En pratique il est impossible de vérifier ainsi un écrou-type directement, on ne peut le faire que par des méthodes indirectes, par exemple en opérant avec la collection des vérificateurs suivants :
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- VÉRIFICATION DES FILETAGES. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- 1° Un vérificateur de diamètre maximum « ne passe pas ». Ce vérificateur est constitué par un calibre fileté dont le diamètre maximum est égal à la limite supérieure du diamètre maximum admissible pour la jauge femelle; l’angle du filet de ce vérificateur étant inférieur de un ou deux degrés à l’angle normal, l’arrondi au sommet du filet étant d’un faible rayon et le diamètre à fond de filet correspondant à la mesure caractéristique. Un tel vérificateur doit porter uniquement sur le diamètre maximum; il ne doit comporter que deux filets au plus, de façon à réduire l’effet des erreurs sur le pas;
- 2° Un vérificateur du diamètre moyen sur flanc « ne passe pas ». Ce vérificateur doit avoir un diamètre moyen égal à la limite supérieure du diamètre sur flanc admissible pour l’écrou-type, le sommet des filets de ce vérificateur étant tronqué et le fond du filet étant en forme de Y. Il ne doit comporter également que deux filets. Ce vérificateur ne doit porter que sur lé diamètre moyen sur flanc de l’écrou-type essayé;
- 3° Un vérificateur du diamètre moyen sur flanc « passe ». Il est identique au numéro 2, mais avec un diamètre moyen sur flanc égal à la limite inférieure admissible pour le diamètre caractéristique de l’écrou-type essayé;
- 4° Un vérificateur total « passe ». Ce vérificateur doit avoir toutes ses dimensions aux limites inférieures admises pour l’écrou-type; il doit, en outre, avoir le même nombre de filets que cet écrou-type. Les troncatures au sommet et à fond de filet de ce vérificateur doivent être correctes. Un tel vérificateur contrôle à la fois les trois diamètres caractéristiques, la cylindricité et les troncatures; il montre également que le pas est correct s’il se visse entièrement dans la jauge;
- 5° et 6° Des vérificateurs du diamètre à fond de filet « passe et ne passe pas ». Ces vérificateurs peuvent avoir la forme d’un tampon cylindrique double, chaque extrémité ayant les diamètres correspondant l’un à la limite inférieure et l’autre à la limite supérieure admissible pour le diamètre à fond de filet de l’écrou-type essayé.
- B. Tolérances. — Les diamètres caractéristiques de chacun de ces vérificateurs doivent être compris dans des tolérances serrées, ne dépassant pas 1/10000® de pouce en plus pour les vérificateurs « ne passe pas » et 1/10000 de pouce en moins pour les vérificateurs « passe » ; l’erreur sur le pas doit être inférieure à 1/10000 de pouce en plus ou en moins.
- Pour les besoins de la vérification, la collection complète de ces vérificateurs doit être autant que possible employée pour suivre pas à pas l’usinage, afin d’éviter des rebuts; mais on peut à la rigueur se contenter des quatre premiers. La forme du filet d’un écrou-type est vérifiée par le vérificateur numéro 4, mais on peut opérer un contrôle supplémentaire en prenant un moulage du filet, suivant la méthode décrite précédemment. Ce moulage doit, en outre, être placé dans un appareil de projection, au moyen duquel on projette une image agrandie cinquante fois de son profil, image que l’on compare avec un profil de filet soigneusement dessiné sur un écran plan.
- C. Matériel nécessaire à la vérification des écrous-types. — Voici la récapitulation du matériel nécessaire à la vérification des écrous-types préconisé par Bingham Powell :
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- I. Une machine à mesurer le pas, permettant de mesurer de filet à filet avec une approximation de l/l0000e de pouce;
- II. Un dispositif pour faire des moulages d’écrous-types, aménagé de façon à pouvoir étudier ces moulages sur une machine à mesurer le pas ou sur un appareil de projection;
- III. Une machine à mesurer, permettant de mesurer les trois diamètres caractéristiques des vis-mâles avec une approximation de 1 /10000e de pouce, plus une collection de barrettes au meilleur diamètre et au diamètre maximum et une collection des pièces prismatiques pour les mesures à fond de filet;
- IV. Des micromètres à vis préalablement étalonnés, devant servir conjointement avec la machine à mesurer précédente ;
- V. Des micromètres ordinaires pour mesurer les diamètres extérieurs et une collection de calibres Johansson servant d'étalons pour le réglage;
- VI. Une collection complète de vérificateurs mâles pour tous les diamètres, pas, formes des filets des écrous-types.
- Enfin, l’équipement doit être complété par un appareil de projection pour observer les angles des lianes des filets, et la forme entière des pièces filetées.
- Le fabricant de calibres qui possédera un laboratoire muni de ces instruments sera en mesure de produire les vis et écrous-types de grande précision nécessaires dans les ateliers et il répondra aux exigences des services d’inspection et de contrôle des filetages.
- IV. — CONCLUSIONS
- En résumé, le travail de M. Bingham Powell fournit un aperçu très complet sur la question de mesure des dimensions des types de filetages et sur les précautions à prendre pour effectuer les vérifications de précision au laboratoire.
- Nous ferons remarquer toutefois que, pour donner plus de valeur à sa méthode, M. Bingham Powell aurait dû en exposer les principes théoriques. Il parle, en effet, d’appareils de projection et de profils projetés sur écrans; malheureusement on peut se demander quels sont ces profils, qui résultent de la rencontre de faisceaux lumineux, parallèles, ou de surfaces gauches à tangentes variables en tous points. De même les contacts des petites barrettes cylindriques sur la surface hélicoïdale dans les fonds de filets, ne peuvent être considérés comme celui d’une circonférence dans un angle, et, à ce sujet, l’auteur ne fournit aucun renseignement sur les calculs compliqués de cotangentes et de tangentes qu’il emploie.
- Nous faisons remarquer à ce sujet, que ce procédé par barrettes n’est pas nouveau ; il a été employé il y a une vingtaine d’années aux Ateliers de construction de l’Artillerie de Puteaux. Avant la guerre, M. A. Pérard, du Bureau international des Poids et Mesures à Paris, a proposé un appareil d’étude des vis avec touche reliée au pas par un mécanisme coulissant normalement à l’axe de la vis et s’appliquant contre les flancs des filets. Le procédé par cône et dièdre sur les poupées de micromètres, en usage courant en France, préconisé notamment par M. Marre, membre de la Commission des filetages, de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et employé notamment au Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers ne paraît pas présenter àM. Bingham Powell une précision aussi grande que le sien. Il présente en tous cas, en ce qui concerne les contrôles des filetages de demi-préci-
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- VÉRIFICATION DES FILETAGES. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- sion, largement suffisants pour l'industrie, le grand avantage de fournir cette précision d’une façon simple et rapide, et, en particulier, d'être à la portée des ouvriers d'usines comme des contrôleurs.
- Nous ne pensons donc pas qu’au point de vue industriel, où semblait particulièrement se placer M. Bingham Powell, les procédés français aient nécessairement à subir des modifications inspirées des procédés préconisés par M. Bingham Powell.
- Par ailleurs, le texte anglais du travail de M. Powell désigne sous l’expression de « gage », aussi bien une jauge-étalon, un tampon, une bague lisse, une pièce filetée, ce qui, naturellement, peut déterminer des interprétations erronées pour la pièce dont il s’agit.
- A ce sujet, nous croyons pouvoir signaler qu’il est absolument indispensable de compléter les conventions établies dans le système international de filetage, par l’adoption d’un vocabulaire s’appliquant aux diverses pièces. Nous rappelons que M. Marre emploie depuis longtemps, les expressions de « vis-types » et « écrous-types », pour désigner d’une façon claire et précise les pièces filetées exécutées pour servir de calibres de filetage mâles et femelles. La « jauge-étalon » devrait être l’étalon de base qui servirait de réglage commode pour tous les instruments, c’est-à-dire : calibres Johansson, broches à bouts sphériques de la Section technique de l’Artillerie, broches à bouts plats Bariquand‘et Marre, etc., pièces simples et précises évitant toute erreur systématique des instruments et permettant les réglages dans les environs immédiats de mesures à effectuer. Les calibres de filetages devraient être dénommés : « vis-types » ou « écrous-types ».
- Ces conventions, préconisées par MM. Marre, Ed. Guillaume et nous-même, et en usage au Laboratoire d’Essais du Conservatoire des Arts et Métiers, seraient fort utiles. 11 y aurait le plus grand intérêt à se mettre d’accord sur les expressions à employer et à vulgariser leur emploi.
- Paris, le 30 novembre 1918.
- F. Cellerier,
- Directeur du Laboratoire d'Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers.
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- COMMISSION DES UNITÉS
- Loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure
- et
- Décret du 26 juillet 1919 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de cette loi.
- EXPOSÉ HISTORIQUE
- Le 20 août 1912, M. le ministre du Commerce et de l’Industrie adressait aux principaux groupements commerciaux et industriels, une circulaire (voir annexe n° I) dans laquelle il demandait à ces groupements s’ils estimaient opportun de fixer, par voie législative, de nouvelles unités, et d’envisager la refonte de la réglementation du Service des Poids et Mesures (figée dans deux ordonnances de 1839).
- Les réponses parvenues étaient en grande majorité favorables; elles indiquèrent qu’une réforme sagement mûrie et faite avec toutes les précautions voulues, ne pouvait qu’apporter au commerce et à l’industrie des facilités nouvelles, en supprimant certaines entraves venant du fait que notre réglementation et notre législation remontaient au premier tiers du dernier siècle.
- Une Commission officielle fut. créée au Ministère du Commerce. Forte des avis qu’elle avait reçus, et guidée par eux, elle fut chargée de préparer les textes de lois et règlements relatifs à la législation des unités et à la vérification des appareils de mesure. La tâche dévolue à la Commission se divisait en deux parties : la révision de la législation; l’étude des règles à établir ou à confirmer pour la vérification des instruments.
- La Commission a été naturellement amenée à étudier et à proposer un système plus souple que celui qui était en vigueur et elle s’arrêta aux principes suivants.
- Une loi fixerait les unités fondamentales, qui seraient, en quelque sorte, la clef de voûte de l’édifice, comme elles doivent l’être dans tout système de mesures cohérent; elle disposerait qu’un règlement d’administration publique, rendu après avis des eorps compétents, fixerait les unités dérivées, et établi-
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- 352 COMMISSION DES UNITÉS. ----- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- rait le tableau général des unités. Le système métrique, devenu mondial, serait respecté et les idées directrices des fondateurs de ce système serviraient de guide dans la fixation des unités dérivées. Seules, les unités comprises dans le règlement d’administration publique et celles qui résultent de la combinaison entre elles de ces unités, pourraient être employées dans les transactions. Certaines unités en usage seraient jointes aux unités dérivées, mais à titre provisoire, de manière à ménager les transitions nécessaires, de telle sorte qu'un décret rendu après avis du Conseil d’Etat put ultérieurement les supprimer.
- Elle établirait, en outre, en principe, l’obligation de la vérification pour tous les instruments de mesure, donnant mandat au Conseil d’Etat de dresser la liste de ceux de ces instruments auxquels la vérification pourrait être appliquée tout de suite et de régler les modalités de cette vérification ; de nouveaux instruments pourraient être ultérieurement ajoutés à la liste primitive.
- Comme conséquence de ces dispositions, et comme résultat des travaux de la Commission ministérielle, une lettre fut adressée le 22 août 1913 (voir annexe n° II) par M. le ministre du Commerce aux groupements qui avaient été déjà consultés; en même temps, ils recevaient un rapport général de la Commission ministérielle, signé de M. A.. Perot et daté du 7 août 1913, ainsi que deux projets de loi sur les unités de mesures : l’un relatif aux unités fondamentales, l’autre aux unités dérivées.
- En possession des quatre documents précités, la Société d’Encouragement fut appelée à donner son avis. A cet effet, les divers comités techniques de la Société furent consultés successivement ; puis, une Com mission spéciale, dite des Unités, qui comprenait des délégués de chacun de ces comités, fut constituée en vue d’élaborer la réponse à adresser à M. le ministre du Commerce 0.
- Elle s’est réunie le 2o septembre et les 6 et 10 octobre 1913. Dans sa dernière séance, elle arrêtait définitivement les termes de la réponse qui fut adressée au Ministre le 11 octo lbre913. On trouvera à l’annexe n° IV, le texte de cette lettre 0. Avant qu’elle ne fût élaborée, M. Mesnager avait transmis à la Commission des Unités et au nom du Comité des Constructions et Beaux-
- (1) Cette Commission des Unités était ainsi composée :
- M. Lindet, président;
- M. P. Toulon, rapporteur ;
- MM. A. Carnot, Haton de la Goupillière, Lecornu,H. Le Chatelier, général Sebert, membres de l’Institut, Sauvage, Flamant, Masson, Walckenaer, Rrocq, Maurice Leblanc, Terré, Bâclé, L. Guillet, Hillairet, Perot, Berthelot, Marre, Guillaume, Linder, Ringelmann, Moreau,Mesnager, Gruner, Dupuis, M. Alfassa, membres.
- (2) Un avis avait été donné à la Société d’Encouragement que sa réponse pourrait être reçue jusqu'au 15 octobre inclusivement et que son opinion n’était demandée qu’au sujet des nouvelles unités, seule question traitée dans le rapport de M. Perot, à l’exclusion de celle qui concerne la vérification des instruments de mesure.
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES.
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- Arts, l’avis qu’on trouvera à l’annexe n° III; il renferme quelques-uns des considérants qui ont inspiré cette réponse et il résume, en même temps, le rapport de M. Perot.
- La loi projetée sur les unités de mesure est venue en discussion à la Chambre des Députés en 1914, où un texte fut voté le 3 avril. Il ne donnait point satisfaction à tous les groupements qui avaient été consultés et, comme conséquence, la Société d’Encouragement fut saisie, le 4 juin 1914, d’une demande de la Société de Physique, qui figure sous l’annexe n° V. La Commission des Unités, réunie à nouveau, le 18 juin 1914, décida d’adresser à M. le ministre du Commerce et à la Société de Physique les lettres qu’on trouvera sous les annexes VI et VIL Sa conclusion était que : Le Gouvernement ne devait procéder à aucune modification — par conséquent ne devait fixer aucune terminologie — sans s’être assuré de l’assentiment des organismes internationaux officiels, et que, de plus, à l’occasion de l’établissement du règlement d’administration publique prévu par le projet de loi, il fût fait appel à la compétence des savants et des industriels intéressés. Il s’agissait notamment de l’Académie des Sciences, de la Société de Physique, de la Société des Electriciens, et de la Commission des Unités créée au sein du Conseil de la Société d’Encouragement.
- La guerre a suspendu les travaux législatifs touchant les unités. Ils ont été repris, en mars 1918, puis en mars 1919, au Sénat, où, après une longue discussion, qui n’avait d’ailleurs rien de scientifique ni de technique, le texte voté le 3 avril 1914 par la Chambre des Députés a été voté par le Sénat le 21 mars (Journal officiel du 22 mars 1919). Le 2 avril 1919 (Journal officiel du 4 avril 1919), la loi sur les unités de mesure principales était promulguée. (Voir plus loin son texte sous l’annexe VIII). C’est seulement le 26 juillet qu’a été signé le décret portant règlement d’administration publique pour l’exécution de la loi sur les unités de mesure. Ce décret ù) vise les unités secondaires : celles qui sont légales et celles dont l’emploi est provisoirement autorisé. Nous en donnons le texte intégral sous l’annexe IX. On verra, d’après le texte de la loi et celui du décret, dans quelle mesure il y a été tenu compte des avis de la Société d’Encouragement.
- On pourra constater quelque divergence entre les premières propositions de la Société d’Encouragement et les conclusions de la Commission ministérielle en ce qui concerne, les unités de poids qu’il convenait de choisir : le kilogramme ou la tonne.
- (1) On peut consulter le texte du décret en s’adressant au Ministère du Commerce ou aux inspecteurs du Service des Poids et Mesures.
- Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919.
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- 354 COMMISSION DES UNITÉS. -- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Il y a trois systèmes cohérents d’unités de mesure qui auraient pu être adoptés simultanément pour pouvoir donner satisfaction aux besoins de l’industrie : le système centimètre-gramme-seconde ; le système décimètre-kilogramme-seconde et le système mètre tonne-seconde. C’est ce dernier qui a été finalement adopté malgré certaines résistances.
- Dans sa première déclaration, la Société d’Encouragement proposait l’adoption du kilogramme comme unité de poids à côté du mètre, unité de longueur, et ne parlait pas de la tonne, qui a été finalement adoptée ; mais il y a lieu de signaler que dans des délibérations ultérieures, les institutions autorisées et les représentants de la Société se sont faits eux-mêmes les champions de l’idée qu’il convenait de définir les unités des trois systèmes cohérents signalés ci-dessus. Ils ont spécialement insisté pour que soit fixée la valeur de la tonne métrique, couramment en usage dans les grandes industries : transports, constructions navales, mines, métallurgie, etc.
- Quelle que soit l’opinion qu’on puisse avoir sur le choix qui a été fait pour ces unités, leurs noms et leurs symboles, ces unités, noms et symboles sont aujourd’hui devenus légaux : il convient de les adopter et d’en généraliser l’emploi en restreignant progressivement celui des unités provisoirement tolérées mais appelées à disparaître^1).
- E. Lemaire,
- agent général de la Société d’Encouragement.
- ANNEXE I
- CIRCULAIRE N° 240 DU MINISTRE DU COMMERCE
- Paris, le 20 août 1912.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie A Monsieur le Président de...
- Le département du Commerce et de l’Industrie, auquel incombe le soin de surveiller l’application de toutes les lois édictées en vue d’assurer la loyauté des transactions commerciales, est charge, à ce titre, de prendre les mesures nécessaires pour faire observer la loi du 4 juillet 1837, qui a rendu obligatoire en France le système métrique décimal, précédemment institué par les lois des 18 germinal an III et 19 frimaire an VIII.
- (t)Ils étaient déjà, presque toujours, employés dans les comptes rendus bi-mensuels des séances et dans le Bulletin de la Société d'Encouragement ; ils le seront exclusivement à partir de l’année 1920.
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES.
- La loi de 1837 a été complétée par deux ordonnances. La première, l’ordonnance du 17 avril 1839 a déterminé dans quelles conditions s’effectuerait la vérification des poids et des mesures. La seconde, en date du 16 juin 1839, a déterminé les prescriptions applicables à la fabrication des poids et des mesures, ainsi que des instruments de pesage et de mesurage.
- La loi fondamentale des poids et mesures, ainsi que les textes rendus pour son application, remontent donc au milieu du siècle dernier, à une époque où les transactions commerciales étaient loin d’avoir atteint le développement qu’elles ont pris de nos jours et où les appareils de pesage étaient beaucoup plus simples et de types moins nombreux qu’aujourd’hui.
- Aucune modification de principe n’a été apportée, depuis 1839, aux deux ordonnances concernant le régime de la vérification et la fabrication des poids et des mesures, ainsique des instruments de pesage et de"mesurage.
- On ne saurait méconnaître, cependant, que ces deux ordonnances, établies à une époque où il s’agissait surtout d’instaurer, en France, le système métrique décimal,, ne correspondent plus aux besoins actuels du Commerce et de l’Industrie.
- Ce fait apparaît avec une telle évidence que le département du Commerce a été obligé, très souvent, d’apporter, par décisions visant des cas d’espèce, des dérogations assez nombreuses aux règles établies par les textes en question.
- Les progrès de la fabrication, la mise en pratique d’appareils nouveaux, rendus nécessaires par les besoins de plus en plus complexes de l’Industrie, les dispositifs créés, tant en France qu’à l’étranger, pour assurer, dans les pesées, une rapidité plus grande tout en conservant cependant une précision en rapport avec la nature même des produits ou marchandises, objets des transactions, montrent, tous les jours, que le régime applicable en France aux poids et mesures, d’après la loi de 1837 et les ordonnances de 1839, constitue un cadre beaucoup trop rigide pour se plier aux nécessités aussi multiples que diverses de l’industrie et du commerce modernes.
- Cette situation n’a pas échappé au département du Commerce, qui s’est préoccupé d’y remédier.
- Avec l’aide de la Commission de Métrologie usuelle du Bureau national scientifique et permanent des Poids et Mesures, il a étudié des règles nouvelles dont l’effet serait de ramener à un ensemble, à la fois synthétique et précis, les dispositions aujourd’hui éparses dans un grand nombre de décisions ou circulaires, tout en rattachant ces règles aux principes directeurs de la loi de 1837.
- La nécessité d’avoir une législation appropriée à tous les besoins du Commerce et de l’Industrie, l’intérêt qui s’attache à donner àla fabrication des poids et des mesures, ainsi que des appareils de pesage et de mesurage, toute la liberté compatible avec le souci d’assurer la loyauté des transactions commerciales, font une obligation au département du Commerce et de l’Industrie d’aboutir rapidement dans l’étude qu’il poursuit.
- Toutefois, avant de donner leur forme définitive aux dispositions dont mon Administration élabore actuellement le texte, je tiendrais à recevoir communication des desiderata que les ressortissants de votre groupement pourraient avoir à exprimer à l’égard de la réglementation applicable aux Poids et Mesures.
- Je vous serais, en conséquence, obligé de vouloir bien m’adresser, pour le 1er novembre prochain au plus tard, une délibération de votre groupement présentant ses vues sur les dispositions qu’il y aurait lieu de prendre pour adapter les règles
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- applicables en matière de poids et de mesures, aux besoins^ actuels duCommerce et de l’Industrie, ainsi que l’indication précise des modifications qu’il conviendrait d’apporter dans ce sens aux errements actuellement suivis par application de la loi de 1837 et des deux ordonnances de 1839.
- Dans l’exposé de ses vues, votre groupement devra s’inspirer de cette idée que, loin de contrarier l’essor des transactions ou de la fabrication et d’être pour le Commerce et l’Industrie une cause de gêne ou de difficultés, le service de la vérification des poids et mesures doit, au contraire, être leur auxiliaire naturel en assurant, dans l’intérêt commun des acheteurs et des vendeurs, la 'régularité des transactions commerciales.
- S’inspirant de ces idées, votre groupement examinera s’il ne conviendrait pas d’apporter diverses modifications ou extensions à la législation actuelle des Poids et Mesures.
- Mon département désirerait savoir, notamment, si vous estimez opportun de fixer, par voie législative, de nouvelles unités, telles que les unités de force, de chaleur, de lumière, d’électricité, etc., qui, au même titre que les unités de longueur, de surface ou de volume, constituent des éléments d’après lesquels s’établit le prix de vente d’un produit.
- En déterminant ces unités d’une manière fixe et invariable et en s’efforçant de rendre cette réglementation applicable à tous les pays qui ont adhéré au système métrique décimal, il serait possible d’avoir une base uniforme et d’un caractère international dans toutes les transactions où ces unités interviennent. C’est ainsi, par exemple, que, dans le commerce des lampes à incandescence dont l’intensité lumineuse est indiquée en bougies, les produits de fabrication française sont fréquemment concurrencés par des lampes d’une puissance d’éclairage moindre, mais indiquant cependant un nombre de bougies plus élevé, en raison de la différence d’évaluation attachée dans les divers pays à l’unité « bougie ».
- Cet abus ne serait pas possible si l’unité photométrique était déterminée à l’égal des autres unités métriques.
- En second lieu, parmi les questions qui comportent également une solution législative, se pose celle de savoir si le mode actuel de constatation et de répression des infractions peut être maintenu dans les conditions où l’a établi la loi de 1837.
- Indépendamment des modifications législatives qu’implique la révision de notre régime des Poids et Mesures, il est essentiel d’envisager la refonte de notre réglementation qui est figée dans les deux ordonnances de 1839.
- A cet égard, je désirerais plus particulièrement connaître l’avis de votre groupement sur les questions suivantes : *
- 1° Y aurait-il avantage, pour la garantie publique, à soumettre à la vérification première les appareils de mesure, quels qu’ils soient, même lorsqu’ils ne sont pas destinés à l’exercice d’un commerce ou d’une profession ?
- 2° Y aurait-il lieu également de soumettre à une vérification semblable à celle imposée aux appareils de pesage et de mesurage visés par l’ordonnance de 1839 des appareils qui n’existaient pas à cette époque, mais qui, cependant, sont constamment employés aujourd’hui pour déterminer la quantité de produits livrés ou consommés? Par exemple, les compteurs à eau, les compteurs à gaz, les compteurs électriques, les appareils enregistreurs de distance, les compteurs horo-kilométriques, qui échappent actuellement à tout contrôle et à toute vérification, pourraient, semble-t-il, en raison des perfectionnements apportés dans leur fabrication, être soumis à l’obligation du
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- poinçonnage qui donnerait, dans des conditions déterminées par les services de mon département, une garantie dont les consommateurs sont maintenant totalement privés.
- 3° Les progrès de l’industrie ont amené la création et l’emploi d’appareils qui font aujourd’hui partie de l’outillage industriel des usines ou manufactures et servent au mesurage et au dosage des produits mis en œuvre.
- Certains de ces appareils ont le caractère de machines-outils et ne peuvent être utilisés ni pour les transactions commerciales ni pour la détermination des salaires. Il ne saurait donc être question de les soumettre à la vérification et ad poinçonnage.
- Mais il en est d’autres qui, en raison de leur disposition ou de leur emplacement dans l’usine et du caractère de précision assez grand qu’ils présentent, peuvent éventuellement servir d’instruments de mesure à l’égard des tiers. Mon Département a été prié, à diverses reprises, d’examiner s’il ne serait pas possible d’assouplir la réglementation actuellement applicable à ces appareils en les soumettant à un régime de vérification plus libéral.
- J’aurais intérêt à connaître, avec votre avis sur la suite que comporte cette proposition, les objections et les réserves que votre groupement pourrait avoir à présenter à cet égard.
- 4° Enfin, de plus en plus, des appareils nouveaux sont présentés au service, et mon Département a été saisi d’observations sur les défectuosités et les lenteurs de la procédure d’admission à la vérification et au poinçonnage ; votre groupement voudra bien m’indiquer les modifications qui, sans permettre à des instruments irréguliers d’être introduits sur le marché à la faveur d’un examen trop hâtif, accorderaient satisfaction aux intérêts légitimes des industriels et des commerçants.
- Telles sont, Monsieur le Président, les principales questions sur lesquelles je vous serais obbgé d’appeler l’attention de votre groupement; je suis certain que vos collègues et vous-même apporterez à leur étude toute l’attention que rend nécessaire un sujet aussi vaste et qui touche si directement aux intérêts commerciaux et industriels du pays.
- Je vous serais, en conséquence, reconnaissant de vouloir bien en signaler l’importance à tous ceux dont les indications sont de nature à retenir l’attention de mon Administration et de m’adresser, avant le 1er novembre, l’étude à laquelle vous aurez bien voulu procéder.
- Le Ministre du Commerce et de l’Industrie Fernand David.
- ANNEXE II
- LETTRE DU MINISTRE DU COMMERCE
- A M. LE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR lT.N'DUSTRIE NATIONALE
- Monsieur le Président,
- Paris, le 22 août 1913.
- Au mois d’août 1912, l’un de mes prédécesseurs adressa aux Chambres de Commerce et aux principaux groupements industriels et commerciaux une circulaire, pour
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- leur demander de faire connaître au Département s’ils n’estimaient pas indispensable, en présence des progrès accomplis dans toutes les branches de l’industrie, de procéder à une révision générale de la législation et de la règlementation des poids et mesures qui datent de 1837.
- Une Commission fut nommée pour procéder au dépouillement des réponses ainsi sollicitées et préparer les projets de lois et de décrets relatifs à cette révision.
- Sous la présidence de M. Perot, membre du Bureau national des Poids et Mesures, cette Commission s’est réunie un certain nombre de fois et, après lecture et discussion en séance des rapports présentés par MM. Perot, Bourlet, Cellerier, Moreaux, elle a arrêté les termes des définitions à donner aux diverses unités de mesure ainsi que leur classification en unités fondamentales et unités dérivées, en tenant compte des dernières données de la science.
- Vous voudrez bien trouver ces définitions dans les deux projets que je vous adresse ci-joints.
- Les idées directrices qui ont guidé la Commission dans son travail sont exposées dans le rapport général de M. Perot, dont un exemplaire est également joint à la présente lettre.
- La Commission qui, dans ses deux dernières séances, a associé à ses travaux plusieurs membres du Comité consultatif des Arts et Manufactures ainsUque MM. Benoit, Guillaume, Janet, Seligmann-Lui et Dennery, serait heureuse que, de votre côté, vous vouliez bien lui transmettre, avant le mois d’octobre prochain, les observations que l’examen de ces deux projets pourrait vous suggérer.
- Agréez, Monsieur le Président, etc.
- Pour le Ministre du Commerce, de l’Industrie,
- K des Postes et des Télégraphes.
- Tirman.
- ANNEXE 111
- RAPPORT DE M. MESNAGER
- AU NOM DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS AU SUJET DE LA CIRCULAIRE DE M. LE MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’iNDUSTRIE DU 20 AOUT 1912
- M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie a demandé à la Société d’Encoura-gement :
- 1° Si elle estime opportun de fixer par voie législative de nouvelles unités, telles que les unités de force, de chaleur, de lumière, d’électricité, etc., qui, au même titre que les unités de longueur, de surface ou de volume, constituent des éléments d’après lesquels s’établit le prix de vente d’un produit ;
- 2° S’il y aurait avantage, pour la garantie publique, à soumettre à la vérification première les appareils de mesure, quels qu’ils soient, même lorsqu’ils ne sont pas destinés à l’exercice d’un commerce ou d’une profession ;
- 3° S’il y aurait lieu de soumettre à une vérification semblable à celle imposée aux appareils de pesage et de mesurage visés par l’ordonnance de 1839 des appareils qui
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- n’existaient pas à cette époque, mais qui, cependant, sont constamment employés aujourd’hui pour déterminer la quantité de produits livrés ou consommés. Par exemple, les compteurs à eau, les compteurs à gaz, les compteurs électriques, les appareils enregistreurs de distance, les compteurs horo-kilométriques, qui échappent actuellement à tout contrôle et à toute vérification.
- I. — M. le Ministre du Commerce a déjà fait étudier par une commission de son Ministère les modifications à apporter à la législation en vigueur. Cette commission était d’avis qu’il y a heu d’envisager des unités : a, mécaniques ; b, de chaleur ou de température ; c, électriques; d, photométriques ; e, de temps; f, de monnaie ; #,alcoo-métriques.
- a. — En ce qui concerne les unités mécaniques, cette commission est d’avis d’adopter le système de M. K. S. (mètre, kilogramme-masse, seconde). Ce système d’unités, qui est déjà admis dans un certainnombre de paysneufs,et qui a été conseillé à plusieurs reprises par le Bureau international des Poids et Mesures, constitue l’appli-cation la plus pratique, à l’heure actuelle, du système métrique. Il semble que la France ne peut faire mieux que de s’y rallier. Comme unité dérivée, l’industrie emploie actuellement le cheval-vapeur. Cette unité a de grands inconvénients, en ce qu’elle ne se rattache pas d’une façon simple au système métrique et que, de plus, le cheval-vapeur anglais n’a pas la même valeur que le cheval-vapeur français. Il semble que l’on doit abandonner cette unité dérivée pour lui substituer le kilowatt.
- On a fait au kilowatt l’objection qu’il n’est pas encore d’un usage courant parmi les constructeurs de machines. Néanmoins, il tend à le devenir tous les jours davantage, beaucoup d’appareils de tarage étant fondés sur la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique qu’on mesure directement et par conséquent qu’on compte en kilowatts, selon le système universellement admis.
- b. Unités de température. — Les unités de température ne sont, dans la pratique courante, déterminées que par des différences qui, généralement, se mesurent par les variations des dimensions des corps sous l’influence de la variation de température. Les physiciens ont créé un système de températures absolues en se basant d’une part sur ce fait que la dilatation de tous les gaz est la même pourvu que leur pression soit suffisamment faible, et d’autre part sur les lois de la thermodynamique. L’échelle déduite de la thermodynamique se) trouve identique à celle déduite des lois de la dilatation des gaz. Il en résulte que le thermomètre à gaz raréfié peut être employé pour définir une échelle de température. Entre — 240° et -f 1 000°, le thermomètre à hydrogène convient très bien. Au delà, on est conduit, pour les basses températures, à l’emploi de couples thermoélectriques et, pour les hautes températures, à des appareils pyrométriques ou à l’emploi du thermomètre à azote.
- Pour la pratique courante, on peut se servir d’appareils auxiliaires dont l’échelle se confond avec celle de l’hydrogène. Le thermomètre à mercure, avec une enveloppe en verre convenablement étudiée, convient dans.un grand nombre de cas.
- En résumé, il est possible de définir actuellement une échelle de température parfaitement précise et pratique.
- c. Unités électriques. — Le premier système d’unités électriques a été proposé par Gauss et Weber; après des transformations en 1862, il est devenu le système C. G. S. En 1881, le Congrès international d’Électricité de Paris consacra des unités pratiques déduites du système C. G. S. et des conférences en 1882 et 1884 créèrent un système dit « légal. » A la suite du Congrès de l’Association, en 1892, le Congrès inter-*-
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- national de Chicago introduisit un système international qui a été légèrement modifié par les Conférences de Berlin, en 1905, et de Londres, en 1908. Ce système comprend trois unités fondamentales :
- 1° L’ohm international défini par une colonne de mercure de 106,300 cm de longueur de section uniforme et contenant 14,4221 g de mercure ;
- 2° L’ampère international qui dépose 0,00111800 g d’argent par seconde, en traversant une solution de nitrate d’argent, convenablement définie ;
- 3° Le volt international qui définit la force électromotrice qui donne un ampère dans un ohm et dont on recommande la mesure au moyen de l’élément au cadmium de Weston de force électromotrice 1,0184 v.
- Ce système a l’inconvénient de définir deux unités fondamentales par \des nombres, alors qu’elles sont reliées entre elles par des relations physiques qui permettent de les déduire l’une de l’autre. Les études pourraient amener à modifier légèrement les chiffres employés, pour l’ampère, en particulier. Aussi la Commission ministérielle est-elle d’avis de n’admettre comme définition que celle de l’ohm qui paraît bien choisie et tout à fait d’accord avec les unités du système C. G. S. Dans ces conditions, on ne fixerait qu’une seule unité pratique, l’ohm, dans la loi. La mesure pratique des'autres, l’ampère et le volt, serait seulement indiquée par un règlement d’administration publique qui serait substitué au décret du 1er mai 1896, actuellement en vigueur. On fixerait également par décret les définitions : de la quantité d’électricité (Coulomb), de la capacité (Farad), de l’unité de travail (Joule), du coefficient de réduction (Henry), de l’unité de puissance (kilowatt).
- d. Unités pholométriques. — Il résulte des études faites dans ces dernières années que les unités photométriques ne présentent pas|une sécurité absolue et par conséquent qu’elles ne peuvent être introduites dans une loi qui doit nécessairement présenter un caractère d’assez grande permanence, mais on pourrait les introduire dans un règlement d’administration publique qui définirait l’étalon Viole, par exemple, et la bougie décimale.
- e. Unités de temps.— L’unité de temps sera la seconde, donnée de temps moyen, déterminée par l’Observatoire de Paris.
- f. Unités de monnaie. — La Commission ministériefie a été d’avis qu’en présence des difficultés financières que soulève le choix entre .l’or étalon et le bimétalbsme, il n’y avait pas lieu, pour le moment, de discuter sur les définitions monétaires admises jusqu’à présent, et qu’il convenait de ne pas toucher à cette question.
- g. Unités alcoométriques. — La France, jusqu’à présent, se sert de l’alcoométrie volumétrique, c’est-à-dire qu’on définit le titre en alcool par le nombre de centimètres cubes d’alcool qui sont contenus dans un mélange d’eau et d’alcool ayant un volume total de 100 cm3. Cette méthode présente des difficultés qui tiennent à ce que :
- 1° le volume du mélange n’est pas égal à la somme des volumes d’eau et d’alcool : il y a contraction lors du mélange ;
- 2° le titre n’est pas le même lorsqu’on le mesure à différentes températures. On est donc obligé de ramener tous les calculs à une même température, celle de 15°, après avoir opéré à l’alcoomètre ;
- 3° Le volume total du mélange est influencé par la température, ce qui est encore ,une compücation nécessitant des corrections.
- Depuis un certain nombre d’années, les Allemands se sont décidés à recourir à l’alcoométrie pondérale. Les poids ne changent pas avec les températures, comme les
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- volumes. On n’a donc à faire qu’une seule correction dans les transactions commerciales, celle qui tient à l’action de la température sur les indications de l’alcoomètre. Ce procédé a des avantages considérables au point de vue de la sincérité des transactions. Il est adopté par la Suisse qui le rend obligatoire à partir de l’année prochaine. On ne peut lui reprocher qu’une chose, c’est de changer nos habitudes. On a dit qu’il était moins précis que le système en volume, parce qu’on pouvait faire une erreur sur les poids plus grande que celle qu’on commet dans la mesure des volumes. Cette objection n’est pas fondée. Lorsqu’une bascule ou une balance est convenablement vérifiée, sa précision peut être notablement supérieure à celle qu’on obtient pour des mesures de volume. D’ailleurs, il ne faut pas exagérer la précision. Les alcoomètres les plus parfaits ne donnent guère, dans la pratique, qu’une précision d’un demi-degré. Une pesée, au contraire, peut être faite couramment avec une précision de quelques millièmes.
- En résumé, on pourrait donc répondre à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie que la Société d’Encouragement estime opportun de fixer par voie législative de nouvelles unités et qu’elle se rallie aux conclusions de la Commission. Il semble qu’on ne peut faire mieux.
- En ce qui concerne l’alcoométrie, je suis d’avis qu’il y a beu d’adopter l’alcoométrie pondérale et d’émettre un vœu en ce sens.
- IL — Il ne semble pas qu’il y ait avantage pour la garantie pubbque à soumettre à la vérification première les appareils de mesure, quels qu’ils soient, lorsqu’ils ne sont pas destinés à l’exercice d’un commerce ou d’une profession. Il semblerait, en effet, que cette immixtion du Gouvernement constituerait une véritable inquisition tout à fait intolérable. Il n’y a de nécessité de contrôle que pour les mesures qui servent à l’exercice du commerce, mais chacun doit pouvoir se servir de tel appareil qui lui plaît pour ses vérifications personnelles, du moment qu’il ne s’agit d’aucune transaction commerciale.
- III. — En ce qui concerne les appareils de pesage et de mesurage qui n’existaient pas en 1839, tels que les compteurs de toute espèce et qui sont utibsés dans des transactions commerciales, il semble qu’il y aurait tout intérêt à imposer un contrôle et une vérification. Actuellement, les consommateurs sont à la merci des compagnies qui emploient des appareils de comptage, tels que les compteurs électriques, et ce n’estqu’accidentebement,à la suite d’erreurs considérables, qu’ils peuvent être amenés à en faire faire le contrôle, d’ailleurs fort coûteux pour eux.
- Au contraire, l’obbgation du poinçonnage préalable obbgerait les compagnies à faire faire des vérifications en séries qui, par suite,pourraient être faites dans des conditions économiques. On ne peut, d’aüleurs, prétendre à une impossibibté pour ces vérifications. La Suisse vient de l’exiger pour les compteurs à eau et à gaz. Rien ne pourrait s’y opposer pour ces appareils en France et pour quelques autres qui sont aujourd’hui suffisamment répandus et font l’objet de transactions journabères.
- Paris, le 2 août 1913.
- A. Mf.snager, Membre du Conseil.
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- ANNEXE IV
- LETTRE DE M. LINDET,
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT A M. LE MINISTRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
- Monsieur le Ministre,
- Paris, le 11 octobre 1913.
- Pour répondre à la demande que vous avez bien voulu m’adresser, relativement à l’examen des projets pour la fixation légale des unités, j’ai réuni une Commission composée de membres appartenant à chacun de nos Comités W.
- Cette Commission a élaboré la réponse suivante que je m’empresse de vous communiquer :
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale :
- 1° Estime que, dans ses grandes lignes, le projet, proposé par la Commission ministérielle et soumis à l’examen de notre Société, est de nature à apporter des précisions conformes aux intérêts de l’industrie ;
- 2° Approuve la division des unités en deux catégories, unités fondamentales et unités dérivées fixées, les premières, par la loi, les secondes, par un règlement d’administration publique ;
- 3° Émet toutefois l’avis que le Gouvernement ne procède à aucune modification sans s’être assuré de l’assentiment des organismes internationaux officiels ;
- 4° Approuve, pour les unités de force, d’énergie, de puissance et de pression, le principe de l’établissement d’unités basées sur le système M. K. S. ;
- 5° Émet le vœu que les Pouvoirs publics cherchent, par l’exemple et la propagande, à substituer les unités du système M. K. S. aux unités basées sur le kilogramme force, tout en laissant coexister, à titre de transition, ces deux systèmes d’unités ;
- 6° Émet le vœu que, dans les marchés et transactions intéressant l’État et les administrations publiques, on ne fasse plus usage du cheval-vapeur ;
- 7° Appelle l’attention des Pouvoirs publics sur l’inconvénient grave que présente l’emploi de la notation H. P. pour désigner le cheval-vapeur ;
- 8° Émet le vœu que l’on fasse disparaître la confusion qui existe entre les deux sens du même mot kilogramme (kilogramme force et kilogramme masse).
- 9° Émet le vœu que le projet de décret ne définisse que l’unité de volume, à l’exclusion de l’unité de capacité. Cette suppression aurait, entre autres avantages, celui de faire disparaître l’anomalie fâcheuse, surtout au point de vue de l’enseignement, des unités de capacité procédant de 10 en 10 et non de 1 000 en 1 000 ;
- 10° Émet le vœu que la définition des unités d’angle soit donnée sans y joindre aucune définition des unités d’arc, attendu que l’arc de cercle est une longueur que l’on mesure, soit en valeur absolue, soit en fonction du rayon ;
- 11° Émet le vœu que l’on établisse, dans les conditions définies au paragraphe 3, toutes les autres unités, indiquées ou non dans le projet, telles que : l’unité alcoomé-trique et l’unité de lumière, les numéros des fils et des toiles métalliques, le nombre de vibrations du la musical normal,etc...
- (1) Suit la composition de cette Commission, déjà donnée à la page 352.
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- ANNEXE Y
- LETTRE DE M. GARIEL,
- RÉSIDENT DE LA COMMISSION DES UNITÉS DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE A M. LE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Monsieur le Président,
- Paris, le 4 juin 1914.
- Le 3 avril dernier, la Chambre des Députés française a adopté un projet de loi sur les unités de mesure, dont l’article 2 contient notamment les dispositions suivantes :
- « Art. 2. — Les unités de mesure comprennent des unités principales et des unités secondaires.
- « Les unités principales sont les unités de longueur, de masse, de temps, de résistance électrique, d’intensité de courant, d’intervalle de température et d’intensité lumineuse, telles qu’elles sont définies dans le tableau annexé à la présente loi.'
- « Les unités secondaires seront énumérées et définies par un règlement d’administration pubbque, etc... »
- Le tableau des étalons et unités commerciales, annexé au projet de loi, porte que les unités de longueur, de masse et de temps, desquelles seront déduites les unités de la mécanique industrielle, sont le mètre, la tonne qui vaut 1 000 kilogrammes et la seconde.
- Invitée par M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, à formuler son avis sur les conclusions de la Commission officielle chargée de l’élaboration des projets de loi et de règlement d’administration pubbque, la Société française de Physique a confié l’étude de cette question à une Commission instituée spécialement par elle, la Commission des Unités
- La Commission, certaine de répondre aux vues du législateur en recommandant, pour les unités nouvelles, des définitions susceptibles d’être acceptées par tous les pays qui ont adhéré au système métrique décimal, considère que l’un des facteurs importants d’une unification légale des mesures employées dans les divers états pour les échanges internationaux consiste dans la dénomination de ces nouvelles unités. Il lui apparaît comme très désirable qu’un [accord [international de caractère officieux, précède à ce sujet les décisions delà Commission ministérielle, avant que le règlement d’administration publique leur donne force de loi.
- C’est dans cet ordre d’idées que nous désirerions connaître l’avis précieux de votre groupement, avant d’adresser nous-mêmes nos propositions au département du Commerce et de l’Industrie.
- Le système d’unités choisi par le gouvernement français pour la fixation des unités
- (1) Cette Commission est composée de MM. G. M. Gariel, président; J. Becquerel, M. de Broglie, Ch. Ed. Guillaume, Ch. Lallemand, J. Lemoine, G. Lippmann, C. Tissot, membres ; R. de Baillehache, rapporteur.
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- secondaires de la mécanique industrielle étant le système M. T. S. (mètre — tonne — seconde), les définitions des unités légales de force, de travail ou énergie, de puissance et de pression (qui vaudront respectivement 102 kilogrammes-force, 102 kilo-grammètres, 102 kilogrammètres à la seconde ou 1,02 kilogramme-poids par décimètre carré) ne donnent lieu par elles-mêmes à aucune remarque particulière.
- Pour plus de clarté, nous les reproduisons ci-dessous :
- Force. — L’unité de force est la force qui, en une seconde, communique à une masse égale à 1 tonne un accroissement de vitesse de 1 mètre par seconde.
- Énergie ou travail. — L’unité de travail est le travail que produit l’unité de force dont le point d’application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force.
- Puissance. — L’unité de puissance est la puissance qui produit 1 unité de travail par seconde.
- Pression. — L’unité de pression est la pression uniforme qui, répartie sur une surface de 1 mètre carré, produit un effort total de 1 unité de force.
- La question qui se pose donc, à l’heure actuelle, est seulement celle des noms qu’il conviendrait le mieux de donner à ces unités, eu égard à leur emploi pour les transactions internationales.
- Diverses propositions ont été faites, que nous résumons ci-dessous :
- La Commission préparatoire officielle s’était prononcée tout d’abord en faveur des noms de Newton pour l’unité de force et de Pascal pour l’unité de pression (*).
- Mais elle envisageait la codification du système M. K. S. (mètre — kilogramme — seconde) proposé déjà par plusieurs réunions internationales. L’unité d’énergie ou de travail, qui résultait immédiatement ded’unitéde force et de l’unité de longueur était alors le Joule et, par suite, l’unité de puissance était le Watt, universellement employé par les électriciens.
- Il est clair que le système M. K. S. n’ayant pas reçu de sanction légale et n’étant pas entré dans les habitudes des techniciens, il n’y aurait pas d’inconvénient essentiel au choix du « nom glorieux de Newton, si intimement lié, comme l’a rappelé M. Viollev1 2), à l’unité de force, » et du « grand nom de Pascal qui a bien mis en évidence la pression atmosphérique, » pour désigner respectivement les unités de force et de pression dans le système M. T. S. actuellement adopté par le gouvernement français.
- L’un des membres de notre Commission, M. de Baillehache, qui avait indiqué, pour dénommer l’unité M. K. S. de force le nom de Cop, abréviation de Copernic, comme Volt est l’abréviation de Yolta et Farad celle de Faraday, a suggéré, pour l’unité M. T. S., le nom de Kilocop par analogie à « Kilojoule » et « Kilowatt, » si toutefois le règlement d’administration publique fixe ces dernières dénominations pour les unités secondaires M. T. S. de travail et de puissance, comme la loi fixera celle de « kilogramme » pour l’unité principale de masse.
- (1) Les noms de Newton et de Tor (ou de centitor) ont été proposés en 1911 par une Commission issue de l’Association internationale du Froid, et composée de : MM. Barrier (France), sir James Dewar (Royaume Uni), Ch.-Ed. Guillaume (Suisse), II. Kamerlingh. Onnes (Pays-Bas), R. Moilier (Allemagne), Samuel W. Stratton (États Unis) membres ; M. Guillaume, rapporteur.
- (2) Voir : Communication faite à la cinquième Conférence générale des Poids et Mesures, réunie à Sèvres en octobre 1913, par J. Violle, membre de l’Institut de France, président du Bureau national des Poids et Mesures, délégué à la Conférence. Travaux et mémoires du Bureau international des Poids et Mesures, tome XVI.
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES.
- Un autre membre de notre Commission, M. Guillaume, directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures, avait proposé, pour désigner l’unité M. K. S. de pression, le nom de « Tor, » abréviation deTorricelli.
- Au kilocop, au kilojoule, au kilowatt, correspondrait tout naturellement le Kilotor, dans le système M. T. S. Mais rien ne s’opposerait, semble-t-il, à ce que l’on employât les noms de « Cop » et de « Tor » dans le système M. T. S. si l’on s’accordait pour donner de même des noms de savants aux unités M. T. S. d’énergie et de puissance. « Cop » et « Tor » ont l’avantage d’être courts, faciles à retenir et de se prononcer de la même façon dans toutes les langues, sans donner lieu à aucune confusion avec d’autres unités de mesure ; comme ils sont monosyllabiques, on pourrait leur appliquer aisément les préfixes usuels du système métrique décimal.
- D’autres suggestions ont été faites à l’étranger, notamment celles de vis (du latin vis, force), pour l’unité M. T. S. de force, et!d’ « Hyperpon » (pon, de ttovoç, intensité de travail; 1 pon = 1 ergseconde, = 10-10 unité M. T. S. de puissance) pour l’unité M. T. S. de puissance, suggérée par M. Grüber, alors professeur au Polytechni-kum de Riga, ainsi que celle de Barad faite par le Dr. Everett pour désigner une unité dépréssion mégadyne par centimètre carré ou 10_2 unité M. T. S. de pression.
- En dernier lieu, la Commission ministérielle s’est arrêtée aux noms suivants :
- Stène (<) pour l’unité de force ;
- Kilojoule pour l’unité de travail ou d’énergie ;
- Kilowatt pour l’unité de puissance ;
- Pièze pour l’unité de pression.
- Si le mot « kilowatt» semble pouvoir être admis sans difficulté par le public — bien que le préfixe « kilo » sanctionné par la Convention nationale et consacré par l’usage depuis l’origine du système métrique décimal, suggère nécessairement l’idée du multiple 1 000 d’une unité et non pas [celle d’une unité elle-même, — on ne saurait invoquer, par analogie, l’argument du consentement universel en faveur du terme « kilojoule » qui ne fait pas partie, comme le kilowatt, du vocabulaire cou rant.
- D’autre part, les notions de force, de travail, de puissance et de pression sont si intimement liées les unes aux autres par leurs relations qualitatives qu’il n’est guère possible de définir l’une d’elles, en langage ordinaire, sans se servir de l’une des autres. Il peut donc paraître assez peu rationnel de créer les noms des unités de force et de pression en partant de mots grecs, quand, pour dénommer les unités de travail et de puissance, on forge des appellations avec des noms de savants. Mais si l’usage a été jusqu’à présent de tirer exclusivement du grec les noms des unités de la Mécanique, et de réserver les noms de savants aux seules unités de l’Electricité et du Magnétisme, on peut remarquer avec M. le professeur Perot, président de la Commission officielle, que « le kilowatt est la borne qui marque le carrefour auquel aboutissent d’une part, les unités mécaniques, de l’autre les unités électriques. »
- Il y a donc, en somme, bien des solutions acceptables pour la dénomination des nouvelles unités de la mécanique industrielle.
- Vous estimerez sans doute, monsieur le Président, qu’elles méritent d’être sou-
- (1) Les noms de Sthène (de crôsvoç, force) et de Piéze, ont été indiqués par M. A. Blondel, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, membre de l’Institut. M. Blondel ne verrait aucun inconvénient a ce que l’on écrivît « stène » au lieu de sthène, comme on écrit « trésor » et « fantôme » au lieu de « thrésor -> et « phantôme » suivant l’orthographe du xvne siècle, qui était étymologique.
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- mises à une discussion approfondie et que même d’autres suggestions que les précédentes pourraient être faites.
- C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous prier, en raison de l’intérêt international qui s’attache à la question, de vouloir bien me faire connaître, dans le plus bref délai qu'il vous sera possible (car notre réponse doit parvenir à M. le ministre du Commerce sans retard), l’avis autorisé de votre Société.
- Veuillez agréer, M. le Président, l’assurance de ma haute considération.
- Le Président de la Commission des Unités de la Société française de Physique,
- C. M. Gariel.
- ANNEXE VI
- LETTRE DE M. L1NDET,
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- A M. LE MINISTRE DU COMMERCE ET DE l’iNDI’STRIE
- Monsieur le Ministre,
- Paris, le 19 juin 1914.
- Vous avez bien voulu, par votre lettre du 22 août 1913, consulter la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale sur un projet de loi et sur un projet de règlement d’administration publique relatifs aux nouvelles unités de mesure.
- La Commission que j’ai réunie à ce propos, m’a permis de vous répondre le 11 octobre 1913, et je sais que cette réponse a été très appréciée par vous.
- Le Bureau de notre Société a émis le vœu que vous vouliez bien, à propos de l’étabbssement du règlement d’administration pubbque visé par le projet de loi adopté par la Chambre des Députés le 3 avril 1914, faire appel à la compétence des savants et des industriels qui composent notre Commission.
- Veuillez agréer, monsieur le Ministre, etc.
- Le Président,
- L. Lindet.
- ANNEXE VII
- lettre de m. lindet .
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT A M. GARIEL, PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Monsieur le Président,
- Paris, le 19 juin 1914.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a examiné la lettre, datée du 4 juin 1914, que vous avez bien voulu lui adresser, relative au choix des noms à
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- LES NOUVELLES UNITÉS DE MESURE LÉGALES.
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- donner aux unités de force, d’énergie, de puissance et de pression. Elle considère que, conformément à l’avis qu’elle a émis dans la réponse qu’elle a faite le 11 octobre 1913, à la demande de M. le ministre du Commerce et de l’Industrie du 22 août 1913, « le Gouvernement ne procède à aucune modification — par conséquent ne fixe aucune terminologie — sans s’être assuré de l’assentiment des organismes internationaux officiels. »
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, etc.
- Le Président,
- L. Lindet.
- ANNEXE VIII
- LOI DU 2 AVRIL 1919 SUR LES UNITÉS DE MESURE
- (Publiée au Journal officiel du 4 avril 1919)
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
- Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Art. 1er. — Le tableau des unités de mesure légales annexé à la loi du 4 juillet 1837, et modifié par les lois du 11 juillet 1903 et du 22 juin 1909, est remplacé, sauf en ce qui concerne les monnaies, par le tableau dressé dans les conditions ci-après déterminées .
- Art. 2. — Les unités de mesure comprennent des unités principales et des unités secondaires.
- Les unités principales sont les unités de longueur, de masse, de temps, de résistance électrique, drintensité de courant, d’intervalle de température et d’intensité lumineuse, telles qu’elles sont définies dans le tableau annexé à la présente loi.
- Les unités secondaires seront énumérées et définies par un règlement d’adminis tration publique rendu après avis delà Commission de Métrologie usuelle, du Comité consultatif des Arts et Manufactures, du Bureau national des Poids et Mesures et de l’Académie des Sciences.
- A ce règlement sera annexé un tableau général des unités légales, comprenant les unités principales et les unités secondaires, fixées suivant les prescriptions de la présente loi, ainsi que leurs multiples et sous-multiples usuels.
- Ce règlement pourra, en outre, autoriser, à titre provisoire, l’emploi ou la dénomi-tion de certaines unités actuellement en usage.
- Des règlements rendus dans la même forme pourront ultérieurement compléter ou modifier la liste des unités secondaires et supprimer celles des anciennes unités maintenues provisoirement en usage par application du paragraphe précédent.
- Art. 3. — Les étalons nationaux établis pour représenter les unités principales et les unités secondaires sont déposés au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Art. 4. — Les dispositions des articles 3, 4, 5, 6, 7 et 8 de la loi du 4 juillet 1837, sont applicables aux mesures dont les unités sont déterminées conformément à la présente loi.
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- COMMISSION DES UNITÉS. --‘NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Art. 5. — La présente loi n’entrera en vigueur qu’à l’expiration du délai d’un an, à compter de la date du règlement d’administration publique visé au paragraphe 3 de l’article 2 ci-dessus, qui devra être rendu dans un délai de six mois après la promulgation de la loi.
- Art. 6. — La présente loi est applicable dans les colonies françaises et pays de protectorat.
- Art. 7. — Toutes les dispositions contraires à la présente loi seront abrogées à partir de sa mise en vigueur.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des Députés, sera exécutée comme loi de l’État.
- Fait à Paris,'le 2 avril 1919.
- Parle Président de la République : R. Poincaré.
- Le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, des Transports maritimes et de la Marine marchande,
- Clémentel.
- Le ministre des Affaires étrangères, Le ministre des Colonies,
- Stephen Pichon. Henry Simon.
- Le ministre de l’Intérieur,
- J. Pams.
- TABLEAU
- DES ÉTALONS ET DES UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
- Longueur. — L’unité principale de longueur est le mètre. L’étalon pour les mesures de longueur est le mètre, longueur définie à la température de 0° par le prototype international en platine iridié quia été sanctionné par la Conférence générale des Poids et Mesures, tenue à Paris en 1889, et qui est déposé au pavillon de Breteuil, à Sèvres.
- L’unité de longueur, de laquelle seront déduites les unités de la mécanique industrielle, est le mètre.
- Masse. —L’unité principale de masse est le kilogramme. L’étalon pour les mesures de masse est le kilogramme, masse du prototype international en platine iridié qui a été sanctionné par la Conférence générale des Poids et Mesures tenue à Paris en 1889 et qui est déposé au pavillon de Breteuil, à Sèvres.
- L’unité de masse de laquelle seront déduites les unités de la mécanique industrielle, est la tonne qui vaut 1000 kilogrammes.
- Temps. — L’unité principale de temps est la seconde. La seconde est la fraction 1/864:00 du jour solaire moyen.
- L’unité de temps, de laquelle seront déduites les unités de la mécanique industrielle, est la seconde.
- Électricité. — Les unités principales électriques sont Y ohm, unité de résistance, et l'ampère, unité d’intensité de courant, conformément aux résolutions de la Conférence des Unités électriques, tenue à Londres en 1908.
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- L’étalon pour les mesures de résistance est Yohm international qui est la résistance offerte à un courant électrique invariable, par une colonne de mercure à la température de la glace fondante, d’une masse de 14,4521 grammes, d’une section constante et d’une longueur de 106,300 centimètres.
- U ampère international est le courant électrique invariable qui, en passant à travers une solution de nitrate d’argent dans l’eau, dépose de l’argent en proportion de 0,00111800 grammes par seconde.
- Température. — Les températures sont exprimées en degrés centésimaux. Le degré centésimal est la variation de température qui produit la centième partie de l’accroissement de pression que subit une masse d’un gaz parfait quand, le volume étant constant, la température passe du point 0° (température delà glace fondante) au point 100° (température d’ébullition de l’eau) tels que.ces deux points ont été définis par la Conférence générale des Poids et Mesures de 1889 et par celle de 1912.
- Intensité lumineuse. — L’unité principale d’intensité lumineuse est la bougie déçu male dont la valeur est le vingtième de l’étalon Violle. L’étalon pour les mesures d’intensité lumineuse est Vétalon Violle, source lumineuse constituée par une aire égale à celle d’un carré d’un centimètre de côté prise à la surface d’un bain de platine rayonnant normalement à la température de solidification, conformément aux décisions de la Conférence internationale des Électriciens, tenue à Paris en 1884, et du Congrès international des Électriciens, tenu à Paris en 1889.
- ANNEXE IX
- DÉCRET DU 26 JUILLET 1919 jiortant règlement d’administration 'publique pour Vexécution de la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure.
- (Publié au Journal officiel du 5 août 1919.)
- Le Président de la République française,
- Sur le rapport du Ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télé graphes, du Ministre des Affaires étrangères, du Ministre de l’Intérieur et du Ministre des Colonies ;
- Vu la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure, et notamment les paragraphes 3, 4 et 5 de l’article 2 de ladite loi, ainsi conçus :
- « Les unités secondaires seront énumérées et définies par un règlement d’administration publique, rendu après avis de la Commission de Métrologie usuelle, du Comité consultatif des Arts et Manufactures, du Bureau national des Poids et Mesures et de l’Académie des Sciences.
- « A ce règlement sera annexé un tableau général des unités légales, comprenant les unités principales et les unités secondaires, fixées suivant les prescriptions de la présente loi, ainsi que leurs multiples et sous-multiples usuels.
- Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919.
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- COMMISSION DES UNITÉS.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- « Ce règlement pourra, en outre, autoriser, à titre provisoire, l’emploi ou la dénomination de certaines unités actuellement en usage ; »
- Vu l’avis de la Commission de Métrologie usuelle ; vu l’avis du Comité consultatif des Arts et Manufactures ; vu l’avis du Bureau national des Poids et Mesures ; vu l’avis de l’Académie des Sciences ; le Conseil d’État entendu,
- Décrète :
- Art 1er. — Les unités secondaires de" mesure se subdivisent en unités géométriques, de masse, de temps, mécaniques, électriques, calorifiques, optiques ; ces unités sont énumérées et définies ci-après :
- Unités géométriques. — Superficie. — L’unité de superficie est le mètre carré. — Le mètre carré est la superficie contenue dans un carré de 1 mètre de côté.
- Pour le mesurage des surfaces agraires, le décamètre carré peut être appelé are.
- Volume. — L’unité de volume est le mètre cube. — Le mètre cube est le volume contenu dans un cube de 1 mètre de côté.
- Pour le mesurage des bois, le mètre cube peut être appelé stère.
- Pour le mesurage des liquides, des céréales et des matières pulvérulentes, le décimètre cube peut être appelé litre.
- Angle. — L’unité d’angle est l'angle droit. — L’angle droit est l’angle formé par deux droites qui se coupent en formant des angles^adjacents égaux.
- La centième partie de l’angle droit s’appelle grade.
- Outre le grade et ses sous-multiples décimaux, on peut employer les sous-mul-tiples suivants de l’angle droit :
- Le degré, qui est la quatre-vingt-dixième partie de l’angle droit ;
- La minute, qui est la soixantième partie du degré ;
- La seconde, qui est la soixantième partie de la minute.
- Unités de masse. — Masse. — Dans les transactions relatives aux diamants, perles fines et pierres précieuses, la dénomination de carat peut être donnée au double décigramme.
- Densité. — La densité des corps s’exprime en nombres décimaux, celle du corps qui possède la masse del tonne sous le volume de 1 mètre cube étantprise pour unité.
- Dans les transactions commerciales, le nombre de degrés alcoométriques d’un mélange d’alcool et d’eau pure correspond au titre volumétrique de ce mélange, à la température de 15°, suivant l’échelle volumétrique centésimale de Gay-Lussac, définie par l’article premier du décret du 27 décembre 1884 et parle tableau annexé audit décret.
- Unités de temps. — Outre la seconde, unité principale, on peut employer la minute qui vaut 60 secondes et Y heure qui vaut 60 minutes.
- Unités mécaniques. — Force. — L’unité de force est le sthène. — Le sthène est la force qui, en 1 seconde, communique à une masse égale à 1 tonne un accroissement de vitesse de 1 mètre par seconde.
- Energie. — L’unité d’énergie est le kilojoule. — Le kilojoule est le travail produit par 1 sthène dont le point d’application se déplace de 1 mètre dans la direction de la force
- Puissance. — L’unité de puissance est le kilowatt. — Le kilowatt est la puissance qui produit 1 kilojoule par seconde.
- Pression. — L’unité de pression est la pièze. — La pièze est la pression uniforme qui, répartie sur une surface de 1 mètre carré, produit un effort total de 1 sthène.
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- Unités électriques. — Différence de potentiel, force électromotrice ou tension.
- — L’unité de différence de potentiel, de force électromotrice ou de tension est le volt.
- — Le volt est la différence de potentiel existant entre les extrémités d’un conducteur dont la résistance est 1 ohm, traversé par un courant invariable égal à 1 ampère. — Le volt est légalement représenté par le volt international, défini à la Conférence de
- Londres et dont la valeur peut être considérée comme égale à la fraction
- 1
- 1,01830
- de
- la force électromotrice, prise à la température de 20°, de la pile Weston au sulfate de cadmium.
- Quantité d'électricité. — L’unité de quantité d’électricité est le coulomb. — Le coulomb est la quantité d’électricité transportée pendant 1 seconde par un courant invariable de 1 ampère. — Le coulomb est légalement représenté par le coulomb international qui correspond au dépôt électrolytique de 0,001 11800 gramme d’argent.
- On peut encore employer, comme unité de quantité d’électricité, Y ampère-heure, qui vaut 3 600 coulombs et représente la quantité d’électricité transportée en 1 heure par un courant de 1 ampère.
- Unités calorifiques. — Température. — Pour les températures supérieures à — 240°, le degré centésimal est représenté par la variation de température qui produit la centième partie de l’accroissement de pression subi par une masse d’hydrogène quand, le volume élant constant, la température passe de celle de la glace pure fondante (0°) à celle de la vapeur d’eau distillée en ébullition (100°) sous la pression atmosphérique normale ; la pression atmosphérique normale est représentée par la pression d’une colonne de mercure de 760 millimètres de hauteur, ayant la densité de 13,593 93 et soumise à l’intensité normale de la pesanteur mesurée par une accélération égale à 9,806 65 en mètres et secondes. !
- Quantité de chaleur. — L’unité de quantité de chaleur est la thermie. — La thermie est le quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température d’une masse de1 tonne d’un corps dont la chaleur spécifique est égale à celle de l’eau à 15°, sous la pression de 1,013 hectopièze, équivalente à la pression atmosphérique normale représentée.
- Les dénominations de grande calorie et de petite calorie peuvent être données res-
- pectivement à la millithermie
- 1
- 1 000
- Th et à la [microthermie
- 1
- 1 000 000
- Th
- Dans les industries frigorifiques, les quantités de chaleur enlevées peuvent être évaluées en frigories, la frigorie, en valeur absolue, étant égale à la millithermie.
- Unités optiques. — Intensité lumineuse. — La bougie décimale est représentée par une fraction déterminée de la moyenne des intensités moyennes d’au moins cinq des lampes étalons à incandescence déposées, à cet effet, au Conservatoire national des Arts et Métiers, la mesure étant faite perpendiculairement à l’axe des lampes.
- Flux lumineux. —L’unité de flux lumineux s’appelle le lumen. — Le lumen est le flux lumineux émané d’une source uniforme de dimensions infiniment petites et d’intensité égale àl bougie décimale, et rayonné, en 1 seconde, dans l’angle solide qui découpe une aire égale à 1 mètre carré sur la sphère de 1 mètre de rayon, ayant pour centre la source.
- Éclairement. —L’unité d’éclairement s’appelle le lux. — Le lux est l’éclairement d’une surface de 1 mètre carré recevant un flux de 1 lumen, uniformément réparti.
- On peut encore employer, comme unité d’éclairement, le phot. Le phot est l’éclai-
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- COMMISSION DES UNITÉS.
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- renient d’une surface de 1 centimètre carré recevant un flux de 1 lumen uniformément réparti. Un phot vaut 10 000 lux.
- Puissance des systèmes optiques. — La puissance des systèmes optiques s’exprime en dioptries, par l’inverse de leur distance focale donnée en mètres.
- Art. 2. — Sont autorisés, à titre provisoire, l’emploi et la dénomination des unités géométriques et mécaniques actuellement en usage ci-après énumérées et définies :
- Unités géométriques. — Longueur. — Le initie marin, dont la valeur conventionnelle est 1 852 mètres et correspond à la distance de deux points de la Terre de même longitude, dont les latitudes diffèrent de 1 minute. — Le mille marin est le chemin parcouru en une heure par un navire marchant à la vitesse de 1 nœud.
- Unités mécaniques. — Force. — Le kilogramme-poids ou kilogramme-force, force avec laquelle une masse égale à 1 kilogramme est attirée par la Terre. — Le kilogramme-poids est pratiquement égal à 0,98 centisthène.
- Énergie. — Le kilogrammètre, travail produit par 1 kilogramme-force dont le point d’application se déplace de t mètre dans la direction de la force. — Le kilogrammètre est pratiquement égal à 9,8 joules.
- Puissance. — Le cheval-vapeur, puissance correspondant à 75 kilogrammètres par seconde ;
- Le poncelel, puissance correspondant à 100 kilogrammètres par seconde.
- Le cheval-vapeur et le poncelet sont pratiquement égaux respectivement à 0,735 et 0,98'kilovvatts.
- Pression. — Le kilogramme-force par centimètre carré, pression pratiquement égale à 0,98 hectopièze.
- Art. 3. —Pour la France, les Colonies et Pays français de protectorat, les étalons légaux du mètre et du kilogramme sontja copie n° 8 du mètre international et la copie n° 35 du kilogramme international déposées au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Art. 4. — Un arrêté ministériel fixera les règles à suivre pour la conservation des étalons des unités principales et secondaires.
- Art. 5. — Est approuvé, pour être annexé au présent décret, le tableau général des unités légales de mesure, dressé en exécution de la loi du 2 avril 1919.
- Art. 6. — Est approuvée, pour être annexée au présent décret, la table de correspondance des degrés Baumé et des densités dressée par la Commission de Métrologie usuelle et approuvée par le Bureau national des Poids et Mesures et l’Académie des
- Sciences.
- Art. 7. — Le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre de l’Intérieur et le Ministre des Colonies sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 26 juillet 1919.
- Par le Président de la République :
- R. Poincaré.
- Le ministre des A ffaires étrangères,
- Le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Stephen Pichon.
- Clémentel.
- Le ministre des Colonies,
- Henry Simon.
- Le ministre de l’Intérieur,
- J. Pams.
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- TABLEAU GÉNÉRAL DES UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
- DRESSÉ EN EXÉCUTION DE LA LOI DU 2 AVRIL 1919
- Tableau des multiples et sous-multiples décimaux.
- Puissance de 10 par laquelle Préfixe à mettre avant Symbole à mettre avant
- est multipliée l'unité. le nom de l’unité. celui de l’unité.
- O O 1 000 000 méga M
- 105 100 000 hectokilo hk
- 10'* 10 000 myria ma
- 103 1 000 kilo k
- 102 100 ' hecto h
- 10' 10 déca da
- 100 1 » »
- 10-1 0,1 déci d
- 10-2 - 0,01 centi c
- 10-3 0,001 milli m
- 10-4 0,000 1 décimilli dm
- 10-3 0,000 01 centimilli cm
- 10-6 0,000 001 micro V-
- Nota. — Dans le tableau ci-après, on a imprimé en italique les symboles des unités, pour les distinguer de ceux des préfixes qui sont en romain.
- Le système dit C. G. S. est basé sur le centimètre, le gramme (masse) et la seconde comme unités principales.
- Le système dit M. T. S. est basé sur le mètre, la tonne (masse) et la seconde comme unités principales.
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES. MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUEL£. OBSERVATIONS.
- NATURE. 7, O H <5 7 3 O 7 ' Q DÉFINITION. ÉTALON Ot représentation. • D H K . < 2 > c O m a . g a j • « U > G © DÉNOMINATION. SYM- BOLE. VALEUR.
- I. — Unités géométriques.
- 3
- o
- 3
- tlD
- a
- o
- J
- MÈTRE.
- Mille
- marin.
- Longueur, à la tem- i pérature do 0 degré, du prototype international en platine iridié, qui a été sanctionné par la Conférence ) générale des Poids I et Mesures, tenue I à Paris en 1889, et I qui a été déposé au 1 Pavillon de Bre-teuil, à Sèvres (1). '
- Etalon :
- Copie n° 8 du mètre prototype international, déposée au Conservatoire national des Arts et Métiers.
- Mégamètre Kilomètre Hectomètre Décamètre M m km hm dam 1 000 000 m 1 000j m 100 m 10 m
- 1 102 MÈTRE m 1 m
- Décimètre dm Tom
- 10-2 1 | Centimètre an i — m 100
- Millimètre mm 1 ; m 1 000
- Micron Millimicron \x.m ou jx m;* 1 i ooo ooo m 1
- 1 ooo ooo ooo ””
- A titre transitoire.
- Longueur moyenne ] de la minute sexa- f
- gésimale de lati- i..............
- tude terrestre.
- 1 852 m
- 1
- Base du système M. T. S. Unité principale.
- Base du système C. G. S.
- S’emploie pour la mesure des longueurs marines.
- (1) Comme le mètre des Archives, sur lequel il a été copié, le prototype international du mètre est d’environ 0“m,2 inférieur à la dix-millionième partie de la distance du pôle boréal à l’équateur, définition première du mètre.
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- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES. MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUELS
- 2 O ÉTALON m
- E 5 5 r-< DÉNOMINATION. SYM-
- P 2 DÉFINITION. et 3 • VALEUR.
- E-> représentation. d BOLE.
- 2 c > > a
- 2 O '
- G
- I. — Unité s gé omé1 triques (Suite)
- Kilomètre carré km 1 000 000 m*
- Hectomètre carré bm 10 000 m*
- Décamètre carré dam 100 m*
- î 10* , Mètre carr é m* 2 1 ni2 1 m2
- i Mètre Superficie contenue Décimètre carré dm 100
- Super- | dans un carré de 2 1
- ficie j carré ( 1 mètre de côté. , Centimètre carré cm 10 000 m
- 2 1
- Millimètre carré mm 1 000 000 m
- Hectare ha 100 a
- Are a 1 dam- ou 100 m
- Centiare c a -L a ou 1 m5
- 100
- 3
- Kilomètre cube km L 000 000 000 m'
- 1 10» Mètre cube iil3 1 ni3 *
- 3 l
- Décimètre cube dm m3 1 000
- Z i
- Centimètre cube cm • m3 1 OOjOUO
- Millimètre cube 3 1
- mm 1 000 000 000 m
- Hectolitre hî îuo i
- Mètre Vo 1 um e contenu dans ! Décalitre da t 10 l
- Volumej un cube de 1 mètre Litre* l 1 dm3
- cube de côté. 1 ,
- ! Décilitre d l 10 * 1
- Centilitre^ cl
- Millilitre ml —- i 1000
- OU 1 CTO3
- 1 1 Stère st 1 m3 -i 10
- i Décistère dst
- Angle droit D 1 D
- Grade gr — D 100
- 1
- Décigrade dgr D 1000
- Angle formé par Centigrade c gr io ooo D
- Angle' Angle droit deux droites se coupant sous des Milligrade mgr 1 n 100 000
- angles adjacents — — T»
- égaux. Degré d ou •*
- Minute d’angle '
- w
- ’ Seconde d’argle
- OBSERVATIONS.
- S'emploient, pour le mesurage des surfaces agraires.
- Mesures de capacité, pour les liquides, céréales et matières pulvérulentes.
- * Le litre, défini par les métrologistes comme étant le volume d’une masse de
- 1 kg d’eau, à 4° et sous la pression de
- 76 cm de mercure, excède de moins de
- 1/30 000 le décimètre
- cube.
- S’emploient pour le mesurage des bois.
- * Le symbole » peut être employé quand la nature de l’unité considérée ne fait pas doute, notamment lorsque l’angle exprimé comprend des minutes en même temps que des degrés.
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-
-
- UNITES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUELS OBSERVATIONS.
- NATUKU. | Z O < Z 3 O Z a DÉFINITION. ÉTALON et représentation. «2 ai . 3 r- < ^ 5 VÀLKUR en C. G. S. DÉNOMINA- TION. SYM- BOLE. VALEUR.
- II. — Unités de masse.
- 1 106 j TONNE.
- Masse.
- Masse du prototype international en platine iridié, qui a été sanctionné par la Conférence générale des Poids et Mesures tenue à Paris en 1889, et, qui est déposé au Pavillon de Bre-teuil, à Sèvres (1).
- "c3 g ï
- G £ <H
- S) "J a ®
- O a O T3
- G O
- .5 5 S
- G .2
- m £ o * .2
- ® G O
- O.
- 'ft fc. 'S
- O —
- © 2 S-. ^
- 10-«
- Quintal. KILOGRAMME Hectogramme Décagramme Gramme Déci gramme Centigramme ) Milligramme
- Carat
- t
- Ç
- k<7
- h.V^
- daÿ
- 0
- à'I
- c</
- m y
- 1 t ou 1000 kg
- - ( ou 100 k (j 10 y
- 10 000 " " 10'
- ------- t ou —• ko
- 100 000 100 y
- Base du système M. T.' S.
- Unité
- principale.
- Base du système C. G. S.
- 2 d(/
- S'emploie dans le commerce des pierres précieuses.
- S S
- o ~
- a jj
- La densité des corps s’exprime en nombres décimaux, celle du corps qui a la masse de 1 tonne sous le volume de 1 mètre cube étant prise pour unité*.
- Dans les transactions commerciales, le n mbre de degrés alcoométri-ques d’un mélange d’alcool et d’eau pure, à la tempé- \ rature de lS^corres- / pond au titre volu-1 métrique, suivant 1 l’échelle volumétrique centésimale de Gay-Lussac*.
- III. — Unités de temps.
- / W L a „ du Jour so- ) Jour j 86 400 *
- Temps. ÎCt O 86 400 > | Heure h 3 600 s
- O M larre moyen. ) / Minute mn ou m* 60 s
- CO
- 1 1 SECONDE S 1 s
- (1) Comme le kilogramme des Archives, le prototype international du kilogramme excède d'environ 27 milligrammes la d’eau prise k son maximum de densité, définition première du kilogramme.
- I * L'eau privée d’air, | à 4°. sous la pression | d une colonne de mer-I cure de 76 centimètres I de hauteur, a une den-I sité égale à 1 (moins
- ! jri»environ)'
- Les densités correspondant aux anciens degrés Baumé sont données dans un tableau annexé au présent décret.
- * La graduation des alcoomètres a pour
- Îbase le tableau des densités des mélanges d’alcool et d’eau pure annexé au présent décret.
- *«Le symbole m peut être employé lorsqu’il ne saurait y avoir d’ambigu! té, par exemple lorsque le temps exprimé comprend des heures, ou des secondes, çq même temps que des minutes.
- Base des systèmes M. T. S. et C. G. S.
- Unitéprincipale.
- masse du décimètre cube
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-
- Pression. Puissance. Énergie ou travail. Force.
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUELS OBSERVATIONS.
- CS D E- < Z DÉNOMINA- TION. DÉFINITION. ÉTALON et représentation. ' : VALKUR \ | en M. T. S. VALEUR en C. G. S. DÉNOMINATION. O £ VI VALEUR.
- IV. — Unités mécaniques.
- Sthène.
- Force qui, en 1 seconde, communique à une masse égale à 1 tonne un accroissement de vitesse de 1 mètre par seconde.
- Kilogramme- poids ou | Kiloyramme-\ force. 1 Force avec laquelle > vne masse égale à 1 ! kilogramme est at- tirée par la Terre.
- \ ' Kilojoule. Travail produit par 1 1 sthène dont le 1 point d’application | se déplace de 1 mètre dans la direction de la force.
- Kilogram- mètre. Travail produit par ! kilogramme-force ) dont le point d’ap- \ plication se déplace ' de / mèt. dans la direction de la force.
- Kilowatt. 1 Puissance qui produit 1 kilojoule par seconde.
- j ' Poncelet. Puissance correspon-dantàtOO kiloyram-mètrespar seconde,.
- Cheval- vapeur. Puissance correspondant à 75 kilogram-mitrespar seconde.
- I* Pression uniforme qui, réjartie sur
- Pièze.
- une surface de 1 mètre carré, produit en effort total de 1 sthène.
- 1 108 Kilosthène Hectosthène Décasthène Sthène ks« h.( n das» sn 1 0i 0 sn 100 sn 10 sn 1 sn 1 — sn 10
- Décisthène dsn
- - Centisthène c sn — sn 100 Mégadyne.
- 1 Millisthène msn iooo ”
- 10-8 1 Dyne 1 sn 100 000 000 Unité C. G. S.
- | A titre transitoire. / Tonne-poids \ Kilogramme-poids ' ' j Gramme-poids l Mdligrammc-poiu's Valeurs pratiques 9,8 sn 0,98 csn 0,98 cimn 0,98\dyne Les valeurs pratiques ci-contre peuvent etre employées dans t>ute la France continentale, avec une erreur inférieure à J 1 000'
- 1 1 10io 10’ ^ Mégajoule Kilojoule ' Joule MJ kJ J 1 000 kJ 1 k J il1"' 1 kilowatt-’ eure correspond à 3, 6 mégajoules.
- 1(M0 1 Erg 1 1 1 10 000 000 Unité C. G. S.
- 1 A ti 1 tre transitoire. 1
- [" Kilogrammètre 9,8 J Le kilojoule international diffèrenumérique-ment très peu du kilojoule.
- 1 ÎO'O Kilowatt Hectowatt k W h IV 1 k\V — k IV 10 Le kilowatt international diffère numériquement très peu du kilo watt.
- 10-* 10’ Watt vv -i- k IV 1 000
- A titre transitoire. 1
- Poncelet 0,98 k IV
- Cheval-vapeur 0,75 Poncelet ou 0,735 kIV
- 1 10* Myriapièze Hectopièze Pièze mat z hp= pz 10 000 pz 100 pz 1 pz L’hectopièze est employée parfois aussi sous le nom de Bar, pour la mesure des pressions barométriques.
- Centipièze cpz j ïüü*5
- 10-* 1 Barye 1 I 1 10 00(t Unité C. G. S. 1 Méga. barye égale 1 mé^adync par cm2.
- 1 1
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-
-
-
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES.
- MULTIPLES ET StlUS-MULTIPLES USUELS.
- DEFINITION.
- et
- représentation.
- ? S
- ^ d
- DENOMINA-
- TION.
- IV. — Unités mécaniques (Suite).
- A titre transitoire.
- I
- Pression uniforme qui, répartie sur la sur- J | face prise pour unité, I , produit un effort total f de t kilogramme- ' poids.
- milliard d’unités de résistance du sys-tème électromagnétique C. G. S.
- Différence de potentiel existant entre les extrémités d’un conducteur dont la résistance est I ohm, traversé par un courant invariable égal à 1 ampère.
- Quantité d’électricité | transportée, pendant une seconde, par un • courant invariable de 1 ampère.
- V. — Unités électriques.
- Etalon :
- Ohm international, résistance offerte à un courant invariable par une oolonne de mercure de section uniforme, prise à la température de 0°, ayant une longueur de 106,300 cm et une masse de 14,4521 gr.
- Électro-
- magnétique.
- 1 dixième de l’unité de ï courant du système j électromagn étique C. G. S.
- 1 Représentation : Ampère international, intensité du courant uniforme qui dépose, par seconde > 0,00111800 g d’ar-l gent, par électrolyse 1 d’une solution aqueuse de nitrate d’argent
- Représentation :
- Volt international, pratiquement égal à 1/1,0183 de la force électromotrice, à la température de 20°, de la pile au sulfate de cadmium.
- 10*
- Représentation :
- Coulomb international, pratiquement égal à la quantité d’électricité qui correspond au dépôt électrolytique de 0,00111800 g d’argent.
- Mégohm.
- 109 ( OHM
- Microhm I Kiloampèce
- 10-i ^ AMPÈRE
- (Milliampère Microampère
- 0,98 ma.pz 0,98 hpz 0,98 pz 0,98 apz
- 10-'
- Kilocoulomb
- Coulomb
- MO
- v-0
- k A
- m A
- M
- Volt V’ 1 V
- | Miliivolt m V —1
- 1 000
- Microvolt -a y l
- 1 000 000
- 1 000 000
- 1 000 A
- 1 A
- 1
- 1 000 1
- 1 000 000
- OBSERVATIONS.
- La pression atmosphérique normale de 76 cm de mercure.à 0» et sous l’accélération normale de la 'pesanteur [980,665 cm/sec2j, — fréquemment employée aussi comme unité de pression — correspond ! à 1,013 hecto-pièze. ou h 1,033 kg-poids par cm2.
- 1 000 000 O
- 1 O
- r 10 millions d’unités de résistance du sj'stème électromagnétique M. T. S. Unité principale.
- cent millième de l’unité de courant du système élec-magnétique M.T.S. Unité principale.
- 1 000 C 1 C
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-
-
- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES.
- DENOMINA-
- TION.
- Tempéra-
- ture.
- Quantité
- de
- chaleur.
- DEGRÉ
- CENTÉSIMAL.
- Thermie.
- DEFINITION.
- ETALON
- et
- représentation.
- MULTIPLES
- ET SOUS-MULTIPLES USUELS.
- DENOMINA-
- Variation de température produisant la centième partie de l'accroissement de pression que subit une masse d’un gaz parfait quand, le volume étant constant, la température passe du point 0 degré (température de la glace fondante) au point 100 degrés (température d’ébullition de l’eau), ces deux points répondant aux définitions qu’en ont données les Conférences générales desPoids et Mesures de 1889 et de 1913.
- Quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré centésimal la température d’une masse de 1 tonne d’un corps dont la chaleur spécifique est égale à celle de l’eau à 15°, sous la pression de 1,013 hectopièze (pression atmosphérique normale).
- VI. — Unités calorifiques.
- Représentation : |
- Variation de température qui produit la centième partie de l’accroi-sement de pression que subit une masse d’hydrogène, quand, le volume restant constant, la température passe de celle de la glace pure fondante (0°) à celle de la vapeur d’eau distillée en ébullition (100°), sous la pression at-mosphérique nor- 1 DEGRÉ male ; la pression CENTÉSIMAL atmosphérique normale est représentée par la pression d’une colonne de mercure de 760mm de hauteur ayant la densité de 13,59593 et soumise à l'intensité normale de la pesanteur mesurée par une accélération égale à 9,80665 en mètres et en secondes.
- THERMIE th
- Millithermie
- ou | m th
- Grande calorie)
- I
- Microthermie 1
- ou | n th
- Petite calorie )
- Frigorie.
- tg
- 1 th
- th
- th/
- th
- OBSERVATIONS.
- Unité principale.
- Pratiquement la microthermie équivaut à 4,18 joules (ou à 0,426 kilo-grammètres dans l'étendue de la France continentale).
- S’emploie dans les industries frigorifiques.
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- UNITÉS COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES. MULTIPLES ET SOUS-MULTIPLES USUELS. OBSERVATIONS.
- NATURE. DÉNOMINA- TION. DÉFINITION. ÉTALON et représentation. DÉNOMINA- TION. BS J O i •c VALEUR. *
- VII. — Unités optiques.
- Intensité lumineuse. BOUGIE DÉCIMALE. Source d’intensité égale à un vingtième de celle de l'étalon Violle- Étalon : l Étalon Violle, source lumineuse constituée par une aire, égale à celle d’un carré de 1 cm de côté, prise à la surface d’un bain de platine rayonnant normalement, à la température de la so-lidiflcation, conformément aux décisions de la Conférence internationale des Élec-! triciens, tenue à Paris | en 1884, et du Congrès international des / Électriciens, tenu à N Paris en 1889. i Représentation : La bougie décimale est j représentée pratiquement et d’une manière permanente par une fraction déterminée de la moyenne des intensités moyennes, mesurées perpendiculairement à l'axe, d’au moins cinq des lampes à incandescence déposées au ï Conservatoire national des Arts et Mé-ÿ tiers. BOUGIE DÉCIMALE bd - Unité principale.
- Flux lumineux. Lumen. \ Flux lumineux, émané d’une source uniforme, de dimensions in" Animent petites et d’intensité égale à 1 bougie décimale, et rayonné, en 1 seconde, dans l’angle solide qui découpe une aire égale à 1 m2 sur la sphère de 1 m de rayon, ayant pour centre la source. Lumen lu
- Éclairement. Lux. | 1 Éclairement d’une surface de 1 m2 recevant un flux de 1 lumen, uniformément réparti. S. Phot Lux lx 10 000 lx 1 lx
- Puissance de » verres d’optique. Dioptrie, j Puissance d'un système optique dont la distance focale est de 1 mètre. i Dioptrie $
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- 380 COMMISSION DES UNITÉS. - NOVEMBUE-DÉCEMBRE 1919.
- CORRESPONDANCE DES DEGRÉS BAUMÉO ET DES DENSITÉS
- TABLE I
- Aréomètres pour liquides moins denses que l’eau.
- Degrés Degrés Degrés Degrés Degrés
- Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités.
- 10» 1,000 0 27B 0,894 6 43B 0,8139 59B 0,7465 75B 0,689 5
- H 0,9931 28 0,889 1 44 0,809 3 60 0,7427 76 0,686 2
- 12 0,986 3 29 0,883 7 45 0,804 8 61 0,738 9 77 0,682 9
- 13 0,979 6 30 0,878 3 46 0,800 4 62 0,7351 78 0,679 7
- 14 0,973 0 31 0,873 0 47 0,795 9 63 0,731 4 79 0,676 5
- 13 0,9665 32 0,867 7 48 0,791 6 64 9,727 7 80 0,673 4
- 16 0,960 1 33 0,862 5 49 0,787 3 65 0,7241 81 0,670 3
- 17 0,953 7 34 0,857 4 50 0,7830 66 0,720 4 82 8,667 2
- 18 0,947 5 35 0,852 3 51 0,778 8 67 0,7169 83 0,6641
- 19 0,9413 36 0,837 3 52 0,774 6 68 0,713 3 84 0,6610
- 20 0,935 2 37 0,842 4 53 0,7704 69 0,709 8 85 0,658 0
- 21 0,929 2 38 0.837 5 54 0,766 4 70 0,706 3 86 0,6550
- 22 0,923 2 39 0,832 7 55 0,762 3 71 0,702 9 87 0,6521
- 23 0,917 4 40 0,827 9 56 0,758 3 72 0,699 5 88 0,649 2
- 24 0,911 6 41 0,823 2 57 0,754 3 73 0,6961 89 0,646 2
- 25 26 0,905 8 0,900 2 42 0,818 5 58 0,750 4 74 0,692 8 90 0,643 4
- Densités calculées, avec le module 134,32 ,par la formule D = — où S D dens^®-
- 1 134,33 + n 1 n ^ degre Baume.
- TABLE II
- Aréomètres pour liquides plus denses que l’eau.
- Degrés Degrés Degrés Degrés Degrés
- Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités. Baumé. Densités.
- 0B 1,000 0 15B 1,1160 29B 1,2515 43B 1,424 4 57 B 1,6528
- 1 1,007 0 16 1,124 7 30 1,262 4 44 1,438 6 58 1,6719
- 2 1,0141 17 1,1335 31 1,373 6 45 1,453 1 59 1,691 5
- 3 1,0212 18 1,1425 32 1,284 9 46 1,467 9 60 1,711 6
- 4 1,028 5 19 1,1516 33 1,296 4 47 1,482 9 61 1,7321
- 5 1,035 9 20 1,1609 34 1,308 2 48 1,498 3 62 1,7532
- 6 1,043 4 21 1,1703 35 1,320 2 49 1,514 1 63 1,7747
- 7 1,0510 22 1,1799 36 1,3324 50 1 5301 64 1,7968
- 8 1,058 7 23 1,189 6 37 1,344 8 51 1,546 5 65 1,8195
- 9. 1,066 5 24 1,1995 38 1,357 4 52 1,563 3 66 1,842 7
- 10 1,074 5 25 1,209 5 39 1,370 3 53 1,580 4 67 1,866 5
- 11 1,082 5 26 1,2197 40 1,383 4 54 1,597 9 68 1,8910
- 12 1,090 7 27 1,2301 41 1,396 8 55 1,6158 69 1,9161
- 13 14 1,099 0 1,1074 28 1,240 7 42 1,410 5 56 1,634 1 70 1,9419
- Densités calculées, avec le module 134,32, par la formule D — 134,32 134,32 — — où j D = n ' « = densité, degré Baumé
- (1) Ces degrés, couramment employés jusqu’à ce jour pour définir les densités de certains liquides, ne seront plus admis désormais dans les transactions commerciales.
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-
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- AVIS DEMANDÉ PAR LA COMMISSION PERMANENTE DE STANDARDISATION
- Réponse de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a reçu la lettre suivante de M. Léon Guillet, vice-président de la Commission permanente de Standardisation, commission qui a été créée au Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et ♦ des Télégraphes par le décret du 10 juin 1919.
- Monsieur le Président,
- Pans, le 26 juillet 1919.
- La Commission permanante de Standardisation, créée par décret du 10 juin 1918, réunie sous la présidence de M. le ministre du Commerce et de l’Industrie, a procédé à l’examen des divers travaux faits par les sous-commissions.
- Elle a décidé de verser à l’enquête les projets suivants de Standardisation :
- Unification de la nomenclature des produits métallurgiques ;
- Cahier des charges unifiés français ;
- Cahier des charges des chaux et ciments ;
- Cahier des charges des tuiles mécaniques ;
- Cahier des charges des briques ordinaires ;
- Unification des dimensions des pierres naturelles et artificielles;
- Unification des dimensions des verres à vitres ;
- Unification des dimensions des verres de lampes de mines ;
- Fascicule n° 5 du Comité électrotechnique français : vocabulaire;
- Fascicule n° 9 du Comité électrotechnique français : distribution et transmission, isolateurs, câbles armés ;
- Unification des centres pour travaux entre pointes ;
- Unification des cadrans indiquant le déplacement des chariots de machines-outils ; Unification des clavetages ;
- Unification des rainures à T pour tables de machines ;
- Unification des emmanchements coniques démontables;
- Unification des aciers à outils;
- Unification des arbres et organes de transmission ,
- Unification des sens de manœuvre d’embrayage des machines-outils;
- Unification des brides de tuyauterie ;
- Unification de la boulonnerie et de la visserie ;
- Unification des arbres porte-fraises ;
- /
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-
-
- 382 l’unification DES PRODUITS FABRIQUÉS. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Unification des emmanchements cylindriques d’outillage ;
- Unification des engrenages à dents courtes pour automobiles; _
- Unification de la partie des chariots de tours et machines diverses recevant les outils ;
- Unification des rails et profilés ;
- Tableau standard des tolérances.
- L’enquête doit durer du 15 août au 1er octobre.
- Toutes les personnes intéressées par une ou plusieurs des questions énumérées ci-dessus, pourront se documenter, entre les dates indiquées, au Secrétariat de la Commission permanente de Standardisation au Ministère du Commerce et de l’Industrie, 66, rue de Bellechasse.
- Je vous serais très reconnaissant de porter à la connaissance des membres de votre Société, ces résolutions de la Commission permanente de Standardisation.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.
- Le Vice-Président de la Commission permanente de Standardisation.
- Signé : Léon Guillet.
- Dès la réception de cette lettre et des documents dont elle annonçait l’envoi, une commission spéciale, dile de l’Unification, a été créée au sein du Conseil d’Admi-nistration de la Société d’Encouragement. Cette commission est composée comme suit : MM. Alby, Sauvage, Masson, Guillery, H. Le Chatelier, Lindet, Ringelmann, le général Sebert, Paul Toulon, Hiliairet, Arnould, Zetter, Larivière, Moreau, Mesnager, Hersent, Roy.
- Tous les membres de cette commission d’Unification ont été saisis de la question posée à la Société par la Commission permanente de Standardisation. Ils se sont réunis le 16 septembre 1919 et ont arrêté d’un commun accord les termes du projet de réponse à adresser à M. le Ministre du Commerce. Ce projet a été soumis au Conseil d’administration qui s’est réuni à cet effet le 7 octobre 1919 et après discussion a arrêté comme suit le texte définitif de la réponse. Cette réponse a été adressée au Président de la Commission permanente de standardisation le 14 octobre 1919.
- Observations présentées
- par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale
- SUR LES PROJETS PRÉPARÉS PAR
- la Commission permanente de Standardisation
- Les observations que le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a l’honneur de présenter, ont été préparées par une commission spéciale présidée par M. le général Sebert, membre de
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- l’Institut. M. Paul Toulon a été chargé de préparer le rapport résumant les conclusions de ses études, rapport qui a été soumis à la séance du Conseil d’Administration du 7 octobre 1919 et adopté, après discussion, ainsi qu’il suit :
- La Commission permanente de Standardisation, instituée par le décret du 10 juin 1919, auprès du Ministère du Commerce, a décidé que ses travaux et projets, avant de devenir définitifs, seraient publiés et qu’une lettre serait envoyée à toutes les administrations, à toutes les sociétés savantes et techniques, à toutes les chambres syndicales intéressées, en les invitant à produire leurs observations. Suivant cette décision, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a reçu, le 30 août 1919, communication des projets de standardisation déjà élaborés.
- Notre Société s’est depuis longtemps préoccupée des questions de standardisation. Dès l’année 1891, elle a mis à l'étude l’unification des filetages et, poursuivant cette œuvre avec persévérance, est parvenue à faire appliquer un système établi sur des mesures métriques, qui est aujourd’hui généralement adopté en France et qui est devenu, à la suite du Congrès de Zurich de 1898, le système international connu sous la dénomination S. I. Ce système a été, depuis lors, d’après les études de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale en 1904, étendu aux vis de petites dimensions, au-dessous de 6 millimètres de diamètre.
- En 1913, notre Société a envoyé des délégués au Congrès mondial de Bruxelles où les questions de standardisation ont été traitées au point de vue général. Le rapport présenté à ce Congrès par M. Paul Toulon, délégué de notre Société, sur la standardisation technique et industrielle, expose l’utilité des unifications et établit les règles générales qui doivent servir de guide dans les cas limités où Tunificâtion est réellement utile. Toute unification doit pouvoir devenir internationale et doit être définie par des mesures exprimées à l’aide du système métrique. Ce rapport a été approuvé par le Congrès mondial de Bruxelles en 1913 (é.
- Notre Société, toujours soucieuse d’aider au progrès de l'industrie nationale, est donc particulièrement attachée au succès de toutes les unifications sagement établies et bien justifiées, et désireuse d’apporter sa collaboration attentive à l’œuvre capitale de la Commission de Standardisation, œuvre qui présentera les plus sûres garanties grâce à la haute compétence de ses membres et au soin qu’elle prend de recueillir tous les avis utiles avant d’arrêter des conclusions définitives.
- (1) Ce rapport est reproduit dans le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale de janvier-février 1918, p. 18.
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- Observations générales. — Avant d’aborder l’examen détaillé des importants travaux déjà faits, il paraît utile de rappeler quelles sont les règles qui doivent guider dans le choix des unifications à étudier et dans la méthode à suivre pour établir les règles d’unification.
- Les unifications des produits et des éléments d’objets fabriqués, ont pour but de donner de meilleures garanties, de diminuer le prix de revient et, par voie de conséquence, de permettre à l’industrie nationale d’étendre son action au dehors par l’exportation. Dans l’intérêt général toutefois, pour écarter toute entrave au progrès, il importe que les unifications soient limitées aux éléments de machines ou de constructions dont l’emploi est le plus étendu et pour lesquels l’interchangeabilité est le plus nécessaire. Exceptionnellement, l’unification pourra s’appliquer à certaines machines d’un emploi très étendu et très général, mais il ne faut s’engager dans cette voie qu’avec la plus grande prudence, sinon ce serait paralyser l’essor et le développement de l’industrie française au lieu de l’encourager.
- Pour le choix des types unifiés, il est clair qu’il y a lieu de se rapprocher le plus possible des fabrications existantes le plus généralement employées. Mais il y a une autre considération capitale qu’il importe de ne pas perdre de vue : c’est que les unifications nationales doivent pouvoir devenir internationales afin de faciliter l’exportation de nos produits. Les règles à établir dans chaque cas particulier doivent, sans contestation, être fondées sur des données établies suivant le système métrique ; mais, en outre, il est désirable de les déterminer, autant que possible, de façon à permettre une entente avec les principales nations du monde.
- Il convient, enfin, de mentionner une remarque sur l’emploi du mot de standardisation. Dans une communication faite à ce sujet h), M. Zetter, membre du Conseil de notre Société, a comparé et discuté les différents synonymes qui peuvent être employés : uniformisation, standardisation, normalisation, unification. Notre Société estime, suivant les conclusions de cette étude, que le mot « unification » devrait être adopté à l’exclusion des autres synonymes et qu’en France il conviendrait de s’en tenir à cette dénomination qui serait plus claire et mieux comprise.
- Directives générales. — Les directives générales indiquées dans les documents relatifs à la Commission permanente de Standardisation se bornent à signaler que la standardisation doit être envisagée à un triple point de vue, oavoir :
- a) unification des produits servant à un même usage ;
- (I) Du choix d’un mot. — Communication faite par M. Zetler. — Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale de mars-avril 1918, p. 230.
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- b) limitation du nombre des types ;
- c) élévation du niveau des qualitées demandées.
- Il y a lieu, tout d’abord, d’observer que la troisième règle (c) n’est pas, en réalité, une règle d’unification. Ce serait s’éloigner du but à atteindre par l’unification des éléments des machines ou constructions, que de vouloir spécifier une amélioration des qualités. Il suffit que ces qualités correspondent à la généralité des demandes et à l’état actuel de l’industrie, et qu’elles soient complètement et loyalement définies.
- Il semble, en outre, qu’il serait utile de placer en tête des règles à suivre, la définition même des unifications qu’il peut être utile de réaliser et la méthode à suivre, définition et méthode qui pourraient être îiinsi libellées :
- « L’unification ne doit être cherchée et établie que pour des produits, éléments de machines ou de constructions, exceptionnellement de machines, que dans le cas où les objets à unifier sont d’un usage extrêmement étendu.
- « Les unifications doivent être faites avec emploi du système métrique, et les types unifiés seront déterminés, autant que possible, de façon à faciliter une entente avec les pays producteurs et consommateurs les plus importants du monde. »
- La Commission permanente de Standardisation a, enfin, prévu que, si cfës dérogations pouvaient être nécessaires, elles devraient être exceptionnelles et, en tout cas, ne jamais être admises par les services de l’Etat ou par les services publics que sur un rapport spécial justifiant la nécessité des dérogations et engageant la responsabilité de l’auteur de la proposition. Si la dérogation est importante, elle doit être soumise à la Commission permanente de Standardisation. Cette obligation devrait s’étendre à toutes les affaires industrielles ayant un monopole ou une garantie d’intérêts.
- Une prescription aussi rigoureuse paraît excessive. Les avantages mêmes des unifications : économie, facilité d’interchangeabilité, etc., doivent suffire pour que l’adoption des types bien étudiés se généralise et s’impose. Si des dérogations sont nécessaires, il n’y a pas iieu d’édicter, vis-à-vis des services de l’Etat ou des affaires industrielles ayant un monopole ou une garantie d’intérêts, des mesures de rigueur spéciales et de les empêcher ainsi de réaliser une amélioration ou un progrès jugé utile. Les intéressés, quels qu’ils soient, doivent être seuls juges de l’avantage qu’ils peuvent avoir à l’adoption des types normaux. L’unification des filetages, étudiée par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, s’est répandue largement sans restreindre aucune liberté, parce que le système connu aujourd’hui sous le nom de S. L, présentait d’incontestables avantages.
- La Commission permanente de Standardisation, par le soin qu’elle apporte dans ses études, peut avoir confiance dans le succès de ses propositions, Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919. 25
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- pourvu qu’elles soient largement publiées et universellement connues. Si quelques propositions ne réussissaient pas, ce serait la preuve qu’elles sont inutiles ou mal établies ; il faudrait les supprimer ou les reviser. Les unifications proposées doivent être une aide et non une entrave pour l’industrie. Le succès à prévoir et le progrès à espérer par l’établissement de types normaux, seraient compromis et précaires s’ils paraissaient dus à une contrainte imposée et non aux avantages indiscutables qui résulteront de l’emploi librement généralisé des types unifiés.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale insiste donc, tout particulièrement, sur la nécessité de laisser toute liberté pour l’adoption par les intéressés des règles établies pour les unifications par la Commission permanente de Standardisation.
- Classification des divers rapports présentés. —Les divers rapports qui ont été envoyés à notre Société par la Commission permanente de Standardisation et qui sont répartis en 32 fascicules peuvent être classés en 3 catégories :
- 1° VOCABULAIRES, NOMENCLATURES ET DÉFINITIONS (2 FASCICULES). ----- DeilX
- rapports, l’un intitulé : « Unification de la nomenclature des produits métallurgiques, » par M. Charpy,; l’autre « Vocabulaire électrotechnique, » rentrent nettement dans cette première catégorie qui constitue l’unification du langage et de la définition des mots ou signes employés; ce n’est pas l’unification des produits fabriqués ou la fixation de types normaux.
- 2° unification des cahiers des charges (11 fascicules). — Cahiers des charges U. F. — Produits métallurgiques. — Pour les produits métallurgiques, un premier fascicule contient l’exposé général des méthodes d’essai U. F. Le deuxième fascicule est un avant-propos suivi d’une première liste relative aux produits en aciers primaires. A la suite de ces préambules viennent 5 cahiers des charges, portant les n03 1 à 5, qui définissent seulement les conditions de réception de diverses natures d’acier.
- Matériaux de construction autres que les produits métallurgiques. — Briques en terre cuite et briques silico-calcaires ; —Tuiles mécaniques. Rapporteur : M. Guérineau. — Pierres de taille. Rapporteur : M. Dupuy.
- Ces cahiers des charges ne se bornent pas seulement à définir des objets ou à fixer les conditions ou méthodes normales de réception, mais encore indiquent limitativement la forme et les dimensions de types unifiés. Ce sont donc des unifications d’éléments de construction bien définis, plutôt que des cahiers des charges de réception proprement dits.
- Liants hydrauliques. — Ce cahier des charges contient des méthodes d’essais, des conditions techniques de réception et la définition des dénominations des divers produits.
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- 3° UNIFICATIONS D’ÉLÉMENTS DE MACHINES OU DE MATERIAUX DE CONSTRUCTION (19 fascicules). — Ces rapports comprennent les unifications suivantes :
- Matériel électrique (2 fascicules) ; — Boulonnerie, visserie et pièces s’y rattachant ; — Centres pour travaux entre pointes ; — Clavetages; — Emmanchements coniques démontables ;— kCadrans indiquant les déplacements des chariots et organes divers ; — Arbres et organes divers de transmission ; — Rainures pour tables et accessoires de machines; — Aciers à outils de mécanique générale'; — Sens des manœuvres d’embrayage, d’avanceetde réglage, etc., des machines-outils ;— Partie des chariots de tours et machines diverses recevant les outils; — Arbres porte-fraises et accessoires pour fraises à trou cylindrique ; — Emmanchements cylindriques d’outillage. Rapporteur : M. Androuin.
- Brides de robinetterie; — Rails et profilés. Rapporteur : M. Nocard.
- Tolérances à appliquer dans la construction des pièces mécaniques. Rapporteur :M. Caquot.
- Verres à vitres. Rapporteur : M. Delloye.
- Verres de lampes déminés. Rapporteur : M. Gruner.
- Le Conseil de notre Société, dans le court délai qui lui est accordé pour présenter ses observations, n’a pu se livrer à l’étude de détail d’un aussi grand nombre de propositions et doit se borner à une remarque générale : c’est que plusieurs des unifications envisagées ne paraissent pas avoir une utilité manifeste. Il serait préférable, pour le succès même de l’œuvre entreprise, de se limiter aux unifications dont l’avantage est incontestable.
- En ce qui concerne, en particulier, la boulonnerie et la visserie, que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a depuis longtemps étudiées, il serait utile de revoir cette importante question. La Commission constituée au sein de notre Société pourrait apporter son concours pour ce travail et, dans ce but, être adjointe à la Sous-Commission officielle.
- Résumé et conclusions. — En résumé, le Conseil d’Administration de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale croit devoir insister sur les règles qui doivent présider aux choix des éléments de machines et de construction qu’il convient d’unifier, sur la nécessité de prévoir seulement les unifications réellement utiles et de les déterminer avec la préoccupation de pouvoir, après ententes, les rendre internationales.
- La Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale attache une importance capitale à la liberté qu’il importe de laisser à tous les intéressés, quels qu’ils soient, d’adopter les types unifiés suivant leurs convenances, persuadée que les avantages qui en résulteront nécessairement, doivent être suffisants pour en généraliser l’adoption.
- Dans le court délai qui lui était accordé, le Conseil de la Société n’a pas pu
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- faire un examen détaillé et complet des nombreux rapports qui lui étaient soumis; le Conseil, tout en rendant hommage au mérite des travaux de la Commission permanente de Standardisation et à la compétence des auteurs qui ont collaboré à cette œuvre, est donc contraint de faire toutes réserves et ne pourrait donner son approbation ou ses observations sur chacun des rapports présentés que s’il lui était accordé un délai suffisant pour lui permettre d’étudier les diverses questions dans ses comités.
- En ce qui concerne la boulonnerie et la visserie qui ont, depuis longtemps, faitl’ojet de ses études, le Conseil d’Administration de la Société d’Encourage-ment pour l’Industrie nationale propose qu’une délégation de sa Commission pour rUnification des Filetages soit appelée à participer aux travaux de Ja Sous-Commission des Eléments de Machines de la Commission permanente de Standardisation.
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- LES EFFORTS DE LA SCIENCE FRANÇAISE
- pendant la guerre.
- L’emploi des lampes-valves à 3 électrodes par la Radiotélégraphie militaire.
- (radiotélégraphie par ondes entretenues et radiotéléphonie)
- Dans les armées, l’établissement de lignes téléphoniques dans des conditions de rapidité suffisante est souvent impossible; à faible distance du front de combat, les ruptures de ces lignes sont, d’autre part, trop fréquentes pour qu’une liaison par fil reste certaine. Il a donc été nécessaire d’établir partout un réseau télégraphique sans fil capable de doubler ou de remplacer le réseau téléphonique. De telles liaisons, pour être vraiment utiles, doivent être fort nombreuses et il est devenu indispensable de multiplier les postes de T. S. F.
- Les postes à étincelles ne peuvent assurer facilement un service aussi charge. Les ondes électriques émises par ces postes, étant très amorties, les phénomènes de résonance à la réception sont peu marqués et la sélection des signaux insuffisante ; lors de l’arrivée simultanée à un récepteur d’un trop grand nombre de télégrammes, le télégraphiste est impuissant à séparer et à lire celui qui lui est destiné.
- Les études entreprises, dès 1915, sous la direction de M. le général Ferrie par la Radiotélégraphie militaire ont abouti à la création d’un matériel qui a permis aux services de liaison des armées de multiplier considérablement les postes de T. S. F., tout en conservant la sécurité des communications.
- Pour arriver à ce résultat, les postes à étincelles ont été abandonnés, au moins dans la plupart des cas, et on leur a substitué des transmetteurs à ondes entretenues par des lampes-valves à 3 électrodes ; un grand nombre de ces appareils nouveaux a commencé à être mis en service dès le début de l’année 1917. La lampe à 3 électrodes servait en même temps de détecteur, d’amplificateur téléphonique, de transmetteur radiotéléphonique pour avion. Grâce à elle, la sensibilité de réception des grands postes était d’autre part, consi-
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- dérablement accrue, ce qui rendait faciles les communications radiotélégra-phiques avec nos alliés. L’amplificateur téléphonique à lampe a été utilisé à l’écoute des transmissions téléphoniques ennemies et a permis de mettre en service un nouveau mode de communication électrique sans fil, la télégraphie par le sol ou T. P, S., imaginée et mise au point à la Radiotélégraphie militaire par le général Ferrié et le capitaine Jouaust.
- Les nombreux types d’appareils nouveaux, créés par la Radiotélégraphie militaire, ont été utilisés, non seulement par les armées françaises, mais aussi par la marine et par les armées- alliées. Avant de les décrire et d’indiquer leurs avantages, nous rappellerons brièvement les principales propriétés de la lampe-valve à 3 électrodes. Elle a été imaginée, sous le nom à’audion, peu avant la guerre, par l’ingénieur américain de Forest,pour servir de détecteur radiotélégraphique ; ses applications se sont multipliées dans la suite.
- Dans l’ampoule vide d’air d’une lampe à incandescence, imaginons que l’on ajoute une plaque métallique/? (fig. 1) et que l’on réunisse cette plaque au pôle positif d’une pile R, d’une centaine d’éléments dont le pôle négatif est relié au filament /. Chauffons au rouge blanc ce filament en y faisant passer un courant fourni par une batterie d’accumulateurs P'.
- Un milliampèremètre G nous indique qu’il passe un courant, dans le circuit de la pile P, à travers l’espace vide d’air entre la plaque et le filament. Ce phénomène,
- découvert en 1883 par Edison, a été expliqué plus tard lorsque la notion d'électron a été introduite dans la science ; il a été étudié par plusieurs physiciens, dont Richardson etLangmuir.
- Le filament de tungstène émet, lorsqu’il est porté au rouge blanc, des grains d'électricité négative ou électrons, qui, attirés par la plaque chargée positivement, transportent du filament à cette plaque des charges négatives. Un courant peut ainsi traverser l’espace vide de matière compris entre la plaque et le filament. Comme on a appelé, par convention, sens d'un courant, le sens qui correspondrait au transport de charges positives, le sens du courant dans l’ampoule est inverse du sens de déplacement des électrons, qui sont négatifs.
- Lorsqu’en augmentant progressivement le nombre d’éléments de la pile P, on fait croître la différence de potentiel entre la plaque et le filament, l’intensité du courant augmente d’abord, puis se fixe à une valeur constante, appelée courant de saturation. La force électrique est alors assez grande pour que tous
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- les électrons que peut émettre le filament soient captés par la plaque dès leur émission ; une augmentation ultérieure de la différence de potentiel, qui n’accroît pas le nombre d’électrons, n’augmente pas non plus l’intensité du courant.
- Gomme le nombre d’électrons émis par le filament, l’intensité du courant de saturation augmente très vite avec la température du filament.
- Une lampe à 2 électrodes, plaque, et filament, ne laisse passer les courants que dans un sens. Si on inverse, en effet, la polarité de la pile P, la plaque négative repousse les électrons et le courant cesse. Si la pile est remplacée par un appareil à force électromotrice alternative, la lampe constitue une valve qui ne laisse passer que l’une des alternances du courant..
- Avant le perfectionnement de de Forest,la lampe à deux électrodes avait déjà été employée par Fleming: elle servait de détecteur et redressait les oscillations d’un récepteur radiotélégraphique. On l’utilise encore aujourd’hui, sous le nom de kénotron, à la rectification des courants alternatifs. Mais les applications de la lampe-valve se sont surtout multipliées et son importance en radiotélégraphie est devenue considérable depuis que de Forest eut l’idée d’ajouter une troisième électrode, la grille.
- La grille est constituée par un grillage g (fig. 2) en fils métalliques parallèles que l’on interpose entre la plaque et le filament.
- Lorsqu’on porte la grille à un potentiel très inférieur à celui du filament, en réunissant, par exemple, cette grille au pôle négatif d’une pile P" dont le pôle positif est relié au filament, la grille repousse les électrons et les empêche d’atteindre la plaque; le courant est interrompu entre la plaque et le filament.
- Lorsqu’on augmente le potentiel de la grille, en diminuant le nombre d’éléments de la pile P”, puis en inversant sa polarité de façon à rendre la grille positive : celle-ci ne supprime plus l’attraction des électrons parla plaque, ces électrons atteignent la plaque en passant à travers les mailles de la grille.
- Le courant est progressivement rétabli jusqu’à atteindre l’intensité constante qui correspond au courant de saturation.
- Remarquons qu’il y a, dans le montage de la figure 2, trois circuits : le circuit de plaque qui comprend la pile P et l’espace entre le filament et la plaque ; le circuit de grille qui comprend la pile P et l’espace compris entre le filament et la grille ; le circuit de chauffage qui comprend le filament et la pile P" . Ces trois circuits ont en O un point commun.
- La courbe de la figure 3 représente comment varie l’intensité du courant
- Fig. 2. — Lampe à 3 électrodes.
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- dans le circuit de plaque lorsqu’on augmente progressivement la différence de potentiel entre la grille et le filament. Elle présente une branche rapidement ascendante suivie d’un palier qui correspond au courant de saturation. On l’appelle caractéristique de 'plaque.
- La courbe qui représente le courant de grille (fig. 3) est constamment ascendante et tourne sa concavité vers le haut. On l’appelle caractéristique de grille. Dans les limites de potentiel de grille où l’on utilise la lampe, l’intensité du courant de grille reste toujours beaucoup plus faible que celle du courant de plaque.
- Pour des potentiels de grille négatifs, c’est-à-dire inférieurs à celui du pôle négatif de la batterie de chauffage P', le courant de grille est nul.
- La lampe à 3 électrodes constitue un relais ; il suffit, en effet, de faire varier
- le potentiel de la grille pour ouvrir ou fermer le courant que la pile P fournit dans le circuit de plaque ; le courant dans le circuit de grille étant nul ou très faible, il faut extrêmement peu d’énergie pour provoquer une variation de l’intensité du courant dans le circuit de plaque.
- Ce relais très sensible est aussi très fidèle, car il ne comporte aucun organe mécanique. L’expérience a montré qu’il peut suivre des oscillations, dont la fréquence atteint 100000 000 par seconde. Cette fréquence est bien supérieure à celle des oscillations employées en radiotélégraphie et atteint celle des oscillations hertziennes.
- La fidélité de la lampe, utilisée comme relais, dépasse beaucoup celle qui est nécessaire pour suivre les variations à fréquences acoustiques des courants téléphoniques.
- En s’aidant des renseignements très vagues que l’on avait alors, M. l’adjudant Laüt a beaucoup contribué, dès le début de la guerre, à montrer le parti que l’on pouvait tirer des lampes à grille et à fixer beaucoup de points importants de la théorie de leur fonctionnement.
- Emploi de la lampe-valve a 3 électrodes comme amplificateur téléphonique. — Soient L et L' (fig. 4) les deux fils d’une ligne par laquelle arrivent des courants trop peu intenses pour faire rendre un son perceptible à un téléphone.
- Ces fils seront, soit ceux d’une ligne téléphonique, soit aussi ceux qui, dans un récepteur radiotélégraphique, conduisent au téléphone les courants détectés.
- éMkroampère pour la grSire
- Fig. 3. — Caractéristiques de la lampe.
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- Pour amplifier ces courants, on utilise la lampe à 3 électrodes de la manière suivante. On les reçoit dans Tenroulement primaire d’un transformateur T (fig. 4). Les variations d’intensité produisent dans le secondaire une force électromotrice, dont on se sert pour faire varier la différence de potentiel entre la grille et le filament d’une lampe.
- Les changements de potentiel de la grille déterminent, ainsi que nous l'avons vu, des variations de Pintensité du courant dans le circuit de plaque. Gomme la caractéristique de plaque est une ligne presque droite (fig. 3), on
- Fig. 4. — Lampe montée en ampiificateui’.
- Fig. 5. — Amplificateur à 3 étages.
- retrouve sans altération de forme, dans le courant de plaque toutes les variations du courant dans la ligne. On dispose le téléphone sur le circuit de plaque, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un transformateur. L’amplitude des variations du courant dans ce téléphone est de 5 à 10 fois plus \grande que si celui-ci était directement mis à l’extrémité de la ligne LL'. L’énergie nécessaire au fonctionnement du téléphone est en effet empruntée à la pile P et non plus, à la ligne; on ne demande à celle-ci que d’entretenir les variations du potentiel de la grille, ce qui ne nécessite qu’une quantité d’énergie extrêmement faible.
- On peut obtenir une augmentation beaucoup plus considérable, en amplifiant à nouveau à l’aide d’un second transformateur T' (fig. 5) et d’une seconde lampe L2, les courants déjà amplifiés par la lampe Lt et le transformateur T. Une troisième amplification est encore possible par le transformateur T" et la lampe L3. On dispose le téléphone sur le circuit de plaque de la dernière lampe.
- Une seule batterie d’accumulateurs P' (4 volts) sert à chauffer les filaments de toutes les lampes, une autre P (40 volts) à charger toutes les plaques.
- On ne peut cependant multiplier indéfiniment le nombre des lampes; nous
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- verrons, en effet, qu’une lampe peut entretenir les oscillations d’un circuit; dans un appareil trop complexe, il devient impossible d’empêcher des oscillations de se produire et le téléphone rend un son intense qui empêche tout usage de l’appareil. Un amplificateur à trois étages, comme celui que représente la figure 5, reste toutefois très facilement maniable et amplifie considérablement. Si une lampe, en effet, amplifie 8 fois, l’amplification par deux lampes est 64 et par 3 lampes 512 fois.
- Des amplificateurs téléphoniques à 3 lampes ont été construits en très grand nombre pendant la guerre. Ils ont été utilisés pour divers usages, dont nous énumérerons les principaux :
- 1° L’amplificateur a servi, sur des lignes téléphoniques très imparfaites ou même coupées, à rétablir les conversations. Il a été employé, dans l’écoute téléphonique, à la surprise des communications. Sur une ligne d’une centaine de mètres de longueur, dont les extrémités aboutissent à deux prises de terre, on intercale un amplificateur. Les courants induits à distance dans cette ligne par des fils téléphoniques sont très faibles mais, après amplification par des lampes, leur intensité devient suffisante pour rendre intelligible une conversation. On conçoit l’utilité militaire d’un semblable appareil ;
- 2° En employant des appareils légers, peu encombrants et de maniement facile, famplificateur a permis, à des distances qui atteignent deux kilomètres, d’établir par le sol, des communications faciles et peu vulnérables. La télégraphie par le sol ou T. P. S., créée à la Radiotélégraphie militaire, s’est très vite répandue; elle a été adoptée par nos alliés et même, plus tard par nos ennemis pour les relations pendant le combat entre l’infanterie"et l’arrière.
- Une ligne de 50 mètres environ en câble de campagne est déroulée sur le sol et réunie à la terre par ses extrémités. Avec unvibrateur électromagnétique, et un manipulateur télégraphique, on envoie dans cette ligne des émissions longues et brèves de courants à fréquence acoustique. Dans une ligne identique, disposée parallèlement à 1500 ou 2 000 mètres de distance, sont induits des courants, très faibles il est vrai, mais qui, grâce à la très grande sensibilité de l’amplificateur à lampes, suffisent à faire entendre les signaux dans un téléphone.
- La T. P. S. ne nécessite aucun réglage; on emploie des lignes posées sur le sol ou même enterrées ; elles sont donc invisibles et beaucoup moins vulnérables que les antennes de T. S. F. Dans bien des cas, et surtout pour les liaisons très importantes et très difficiles des premières lignes avec l’arrière, la télégraphie par le sol a été préférée à la radiotélégraphie ^ ) ;
- (1) Voir à ce sujet, dans le présent numéro du Bulletin, à la page 408, l’étude de M. le capitaine Jouaust.
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- 3° Enfin, l’amplificateur à lampes a été très employé en radiotélégraphie. Les courants reçus par une antenne sont, après détection, des courants de fréquence téléphonique ; en les amplifiant, on augmente beaucoup la sensibilité des récepteurs et> par suite, la portée des postes.
- En T. S. F., l’amplification peut être énorme; nous avons dit, en effet, qu’il était difficile de se servir de plus de trois lampes sans qu’un amplificateur, construit pour des courants de fréquence acoustique, chante spontanément.
- En radiotélégraphie, avant détection, la fréquence est beaucoup plus élevée et il est sans inconvénient, d’amplifier d’abord les courants à haute fréquence, de les détecter et de les amplifier ensuite. Il n’y a pas de réaction des deux amplificateurs l’un sur l’autre, car ils fonctionnent à des fréquences très différentes et on peut ainsi multiplier le nombre des lampes amplificatrices.
- L’amplification est alors telle que les signaux de postes très faibles ou très éloignés peuvent être reçus, sans antenne, sur un simple cadre bobiné, de quelques mètres carrés de surface seulement.
- Ces cadres, rendus mobiles autour d’un axe vertical, ne reçoivent pas les transmissions émises dans une direction normale à leur plan; ils reçoivent, au contraire, avec le maximum d’intensité, les signaux qui se propagent dans leur plan. Cette propriété permet de repérer la position des postes radiotélégra-phiques; grâce à l’amplificateur à lampes, les portées obtenues étaient assez grandes pour qu’il soit possible de faire des repérages très précis de postes lointains.
- La réception par amplificateur sur des cadres est assez sensible pour qu’on l’utilise avantageusement pour l’écoute des radiotélégrammes des grands postes, des postes américains par exemple. Ceux-ci sont entendus dans une chambre, et sans antenne. Pour quelques centaines de kilomètres, le cadre peut être réduit à une bobine dont les dimensions linéaires n’excèdent pas quelques décimètres.
- On conçoit, par les quelques indications qui précèdent, combien l’amplificateur à lampes a pu rendre de services tant dans la radiotélégraphie des armées en campagne, que dans les postes destinés soit à notre liaison avec les alliés, soit à l’écoute des radiotélégrammes échangés par [nos ennemis entre eux ou avec des neutres.
- Emploi de la lampe-valve a 3 électrodes comme détecteur. — Les courants électriques le long d’une antenne ou d’un circuit de réception radioté-légraphique sont des courants alternatifs à très haute fréquence (30 000 à 3000000 de périodes par seconde). Un téléphone reste insensible au passage de tels couiants.
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- Leurs alternances successives agissent sur la membrane comme une série de légers chocs égaux et de sens contraires ; cette membrane ne peut les suivre car ils se succèdent à intervalles de temps beaucoup trop courts ; leur effet moyen est, d’autre part, nul car deux chocs successifs se compensent. Le téléphone ne peut servir à la réception radiotélégraphique sans l’adjonction d’un détecteur.
- Un détecteur est un appareil qui laisse passer inégalement les deux alternances d’un courant périodique. Ce courant, au lieu de la forme I (fig. 6), prend alors la forme IL Ainsi déformé, on peut le regarder comme résultant de la superposition d’un courant alternatif et d’un courant constant YY'. Ce courant constant peut traverser un téléphone et, en modifiant son aimantation,
- X'I
- Y-
- r
- II
- X'ÏÏI
- X'iy
- Fig. 6. — Courant alternatif non détecté et détecté. — Courants détectés des postes à ondes entretenues et des postes à étincelles.
- produire une déformation de la membrane ; quant au courant alternatif, il reste sans effet : on peut le dériver à travers un condensateur dont on relie les armatures aux bornes du téléphone.
- Si maintenant l’amplitude des oscillations est périodiquement variable à fréquence acoustique (III, fig. 6), le courant dans le téléphone, après détection, varie à cette fréquence, assez basse pour que la membrane téléphonique puisse suivre ses variations.
- Un poste à étincelles émet périodiquement des séries discontinues de trains d’ondes ; àla réception, l’amplitude des oscillations et le courant détecté (IV, fig.6) varient avec la fréquence de ces étincelles. Le téléphone rend un son dont la hauteur correspond au nombre d’étincelles par seconde.
- La lampe à 3 électrodes a permis de constituer un détecteur bien supérieur au détecteur à galène, car il amortit beaucoup moins les oscillations des circuits
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- de réception ; les résonnances électriques sont alors beaucoup plus nettes et la sélection des signaux plus facile. C’est là un très grand avantage.
- Soit A (fig. 7) une antenne et CL un circuit oscillant de réception dans lequel 1 antenne induit des courants de haute fréquence lors de l’arrivée des signaux. Intercalons ce circuit de réception dans le circuit de grille d’une lampe, dont le filament est chauffé par le courant d’une batterie d’accumulateurs P'. Dans le circuit de plaque, disposons le téléphone T, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un transformateur téléphonique. Avec une pile P, dont la force électromotrice est de 40 à 80 volts, portons la plaque à un potentiel supérieur à celui du filament; puis, avec un potentiomètre R, amenons le
- Fig. 7. — Lampe montée en détecteur.
- Courant Jephqut
- JJ, Potentieldehgrille
- Fjg. 8. — Caractéristique d’une lampe fonctionnant en détecteur.
- potentiel de la grille à être celui qui correspond à la région très courbée M (fig. 8) de la caractéristique de plaque de la lampe.
- Tant que le circuit de réception n’oscille pas, le potentiel de la grille reste invariable et un courant d’intensité constante, représenté par NM, passe dans le circuit de plaque et le téléphone reste silencieux. Dès que le circuit reçoit des signaux et oscille, le potentiel de la grille varie périodiquement entre N et N,; le courant de plaque, lors des alternances positives, augmente de P M tandis que, lors des alternances négatives, il diminue seulement de P M2. Le courant moyen dans le circuit de plaque se trouve augmenté et il y a détection.
- On règle le potentiomètre de façon à entendre au mieux les signaux.
- Une autre disposition, souvent employée, consiste à remplacer le potentiomètre par un petit condensateur (quelques cent millièmes de microfarad) shunté par une résistance de plusieurs mégohms. On réunit les circuits de
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- plaque et de grille, non plus au pôle négatif, mais au pôle positif de la batterie de chauffage du filament. Ce montage, ainsi que le montre la théorie, utilise la courbure de la caractéristique de grille. Il est, en pratique, équivalent au précédent, mais n’exige pas le réglage d’un potentiomètre, ce qui le fait préférer.
- L’avantage de la lampe est d’être non seulement un détecteur mais encore un relais ; il suffit que l’antenne provoque, en changeant le potentiel de la grille, l’émission d’un courant par la pile P, sans que cette antenne ait à fournir elle-même l’énergie nécessaire au fonctionnement du téléphone.
- Il en résulte un amortissement beaucoup moindre des oscillations que lors de l’emploi du récepteur à galène. La netteté des résonances et la facilité de sélection des signaux sont beaucoup augmentées; aussi, malgré la plus grande complication des appareils, le détecteur à lampe est universellement employé et a contribué largement aux récents progrès de la radiotélégraphie.
- Ainsi que nous l’avons vu, le détecteur peut être suivi ou précédé de lampes amplificatrices à basse ou à haute fréquence. Les piles et accumulateurs de ces amplificateurs servent également à produire les courants nécessaires au fonctionnement du détecteur.
- Emploi de la lampe-valve a trois électrodes comme générateur d’oscillations électriques. — Un poste radiotélégraphique excité par des étincelles, produit le long de l’antenne des trains d’oscillations très amorties, dont la durée est seulement de l’ordre de la durée totale de l’étincelle. Tout courant cesse durant l’intervalle de temps relativement long qui sépare deux étincelles. L’antenne oscille à la manière d’un pendule très amorti qui recevrait, de temps en temps seulement, un choc.
- La lampe permet de réaliser l’analogue d’un pendule d’horloge, qui oscille constamment avec une amplitude constante ; la pile de plaque de la lampe restitue constamment à l’antenne l’énergie qu'elle perd, comme le poids moteur d’une horloge restitue au pendule celle qui a été dissipée par les flottements.
- Dans l’horloge, les oscillations de l’échappement, guidées par celle du pendule, libèrent périodiquement le poids moteur dans la phase convenable du mouvement ; d’une manière analogue, en faisant conduire le potentiel de la grille d’une lampe par les oscillations d’une antenne, nous ouvrirons ou fermerons périodiquement le courant de plaque, ainsi que le montre la forme de la caractéristique de plaque (fig. 3) et nous nous servirons des variations d’intensité de ce courant pour induire, le long de l’antenne, une force électromotrice qui entretiendra les oscillations.
- Une des dispositions que l’on peut adopter est, par exemple, la suivante. On
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- intercale à la fois dans l’antenne A (fig. 9) et dans le circuit de plaque d’une lampe une bobine L.
- A cette bobine, on couple par induction, une seconde bobine L’ disposée sur le circuit de grille. Au moment où l’on ferme, avec un manipulateur Morse, le circuit de plaque de la lampe, il se produit, dans la bobine L, un appel de courant. La force électromotrice de self-induction provoque dans l’antenne une perturbation électrique qui la fait osciller, comme un léger choc met en route le pendule d’une horloge.
- Le courant oscillant induit alors dans la bobine L’ une force électromotrice périodique qui fait varier le potentiel de la grille ; il en résulte des variations périodiques de l’intensité du courant de plaque, et par suite, dans la bobine L, une force électromotrice qui augmente l’amplitude des oscillations de l’antenne. Cette amplitude croît et se fixe à une valeur constante, lorsque l’énergie restituée à l’antenne est constamment égale à celle qu’elle perd par l’effet Joule et le rayonnement d’ondes électro-magnétiques.
- Ce régime stable est atteint dans un temps très court après la fermeture du manipulateur et, tant que l’on appuie sur celui-ci, l’antenne est le siège d’oscillations électriques d’amplitude constante.
- Les oscillations entretenues par une lampe sont extrêmement régulières : on peut les produire pour toute fréquence et pour toute puissance, ce qui a permis la réalisation, par la Radiotélégraphie militaire, d’un matériel de T. S. F. entièrement nouveau bien adapté aux usages militaires et dont l’emploi présente sur celui des postes à étincelles de multiples avantages.
- Il n’y a pas d’arrêts très longs dans l’émission, de sorte que pour mettre la même énergie moyenne en jeu, il n’est besoin que de puissances et de tensions instantanées beaucoup plus faibles. C’est là une importante supériorité pour les postes decampagne : l’isolement et l’installation desaîitennes sont beaucoup plus faciles et, malgré la rosée, la pluie ou le brouillard, cet isolement reste suffisant.
- Les oscillations n’étant pas amorties, les phénomènes de résonance à la réception sont très marqués et la séparation des signaux est facile. Nous verrons d’autre part, qu’il résulte du mode même de réception des signaux émis par les postes à lampes, une sélection supplémentaire très efficace qui n’existe pas lors de l’usage des postes à étincelles. La facilité avec laquelle les télégrammes des différents postes peuvent être séparés l’un de l’autre a permis de considérablement multiplier le nombre des liaisons par T. S. F.
- Fig. 9. — Générateur d’oscillations.
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- Enfin, la réception des signaux par ondes entretenues est plus sensible, de sorte que la puissance à mettre en jeu peut être réduite.
- L’arc électrique, l’alternateur à haute fréquence avaient, avant l’invention de la lampe à 3 électrodes, permis d’entretenir à amplitude constante les oscillations d’une antenne ; mais il fallait utiliser de grandes longueurs d’ondes et de grandes puissances. La lampe seule a permis la réalisation de petits postes de campagne à ondes entretenues, transportables, faciles à installer et dont les portées dépassent cependant plusieurs centaines de kilomètres. C’est aussi grâce à la lampe qu'il a été possible, comme nous allons le montrer, de recevoir,
- dans des conditions exceptionnellement favorables, les signaux de ces postes.
- Fig. 10. — Lampe montée en hétérodyne.
- Réception des signaux des postes a ondes entretenues. — Hétérodyne. — En fermant ou en ouvrant le manipulateur Morse d’un poste à lampe, on provoque l’émission par l’antenne de séries longues ou courtes d’ondes électromagnétiques. Dans l’antenne de réception, elles induisent des courants de haute fréquence, qui, après détection, sont reçus au téléphone.
- Lors de la réception des postes à étincelles, nous avons vu précédemment (IV, fig. 6) qu’il passait dans le téléphone un courant variable dû à la discontinuité des étincelles et que l’oreille percevait un son dont la fréquence relativement faibie était celle des étincelles. Lorsqu’on emploie pour transmettre un poste à ondes entretenues, il n’y a plus dans le transmetteur de phénomène à fréquence acoustique ; durant tout le signal, le courant dans le téléphone du récepteur reste constant (II, fig. 6) et l’oreiLe n’entend aucun son.
- Autrefois, pour recevoir les signaux des postes à arc, on était obligé de couper périodiquement le circuit de réception à l’aide d’un petit vibrateur appelé tikker ; mais, on perdait alors toute l’énergie reçue par l’antenne durant les coupures et la portée des postes se trouvait diminuée.
- Avec la lampe, on reçoit les signaux des postes à ondes entretenues, non plus en diminuant la sensibilité du récepteur, mais, au contraire, en l’augmentant considérablement.
- Pour produire durant un signal des variations à basse fréquence de l’amplitude des oscillations du circuit de réception et passer de la forme II (fig. 6) à la forme III du courant détecté, on dispose à côté du circuit oscillant de réception un petit générateur d’oscillations à lampes (fig. 10). Il est tout à fait analogue
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- à un poste de transmission, mais l’antenne est remplacée par un condensateur G de capacité variable à volonté, et la puissance mise en jeu peut être beaucoup plus faible que celle d’un poste de transmission.
- En faisant varier la capacité du condensateur G, on peut accorder facilement ce générateur d’ondes sur toute longueur d’onde.
- On a appelé hétérodyne, cet appareil supplémentaire nécessaire à la réception des signaux par ondes entretenues. .
- Sur le circuit de réception agissent à la fois l’antenne et l’hétérodyne. Chacun d’entre eux, s’il était seul, produirait dans le téléphone un courant détecté constant, qui ne donnerait naissance à aucune vibration acoustique de la membrane. Lorsqu’ils-agissent simultanément, les forces électromotrices qu’ils induisent, interfèrent, et si l’hétérodyne est très près d’être accordé sur les oscillations reçues par l’antenne, il se produit un phénomène analogue à celui qu’on appelle, en acoustique, battements.
- L’une des oscillations retarde lentement sur l’autre : elle est successivement en concordance de phase et s’ajoute à elle, puis en opposition et se retranche. L’oscillation résultante passe alors par une série de maxima et de minima d’amplitude et, après détection (fig. 6, III), le courant dans le téléphone est périodique, de fréquence d’autant plus basse que l’hétérodyne est plus près d’être accordé avec les signaux qu’il doit faire entendre.
- En réglant cet hétérodyne, on obtient des fréquences musicales et des sons d’autant plus graves que l’hétérodyne est mieux accordé. On règle celui-ci de façon à entendre au mieux, avec la hauteur de son la plus convenable.
- Il pourrait sembler que là complication qu’entraîne cet organe nouveau est une gêne ; on en tire, au contraire, de grands avantages.
- La réception par interférence augmente beaucoup le rendement du détecteur et, par suite, la sensibilité de réception et la portée. Sans entrer, à ce sujet, dans de longues explications, indiquons qu’on trouve, à ajouter des oscillations locales à celles qu’il faut recevoir, des avantages de même nature que ceux qu’on obtient en aimantant d’avance les noyaux des bobines d’un téléphone, au lieu de n’utiliser que la faible aimantation par les courants venus de la ligne,
- A côté de cette augmentation de sensibilité, qui est très grande, la réception par interférence a une autre qualité précieuse.
- Les fréquences des oscillations électriques de la T. S. F., surtout pour les ondes courtes des petits postes, sont considérablement plus grandes que les fréquences des vibrations sonores d’un téléphone. Si donc, l’accord de l’hétérodyne n’est pas très voisin d’être parfait, la fréquence des battements dépasse celle des plus rapides vibrations d’un téléphone et l’oreille ne perçoit plus rien. L’hétérodyne fait ainsi entendre un poste sur lequel il est réglé, tandis qu’un Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 191 y. 26
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- poste de longueur d’onde très peu différente n’est absolument pas perçu.
- Cette séparation absolue des signaux de deux postes différents est extrêmement utile, d’autant plus que, pour les longueurs d’ondes courtes, inférieures à 1 000 mètres, il suffit de différences de quelques mètres pour qu’il soit possible d’entendre un seul poste à la fois. Plusieurs postes, présentant entre eux de minimes différences de longueurs d’ondes, peuvent travailler simultanément dans le même local sans se gêner mutuellement.
- Signalons, enfin, qu’il est possible vie se débarrasser du réglage supplémentaire de l’hétérodyne. On peut en effet faire entretenir des oscillations dans le circuit de réception lui-même, par la lampe qui sert de détecteur. Cette disposition a été couramment employée par la Radiotélégraphie militaire, car elle a, outre l’avantage d’une plus grande simplicité de manœuvre, celui de pouvoir augmenter encore la sensibilité.
- Postes radiotélégraphiques de campagne. — L’emploi de lampes, tant à la transmission qu’à la réception, a amené à la création d’un matériel radioté-légraphique de campagne à ondes entretenues. Pour les raisons que nous avons indiquées, il a permis un développement considérable des liaisons par T. S. F. entre les différentes unités d'une armée.
- Puisqu’à cause de la grande sélection des signaux, on peut multiplier les antennes, on a pu superposer des réseaux radiotélégraphiques dans la même région.
- Les postes à lampes desservaient un réseau pour les relations entre les armées et les liaisons de chacune d’elles avec ses corps d’armée.
- Les communications radiotélégraphiques entre les divers éléments d’un corps d’armée, puis d’une division, étaient assurées par des postes à longueurs d’ondes plus courtes.
- En adoptant pour tous les réseaux de deux corps d’armée ou de deux divisions voisines des longueurs d’ondes peu différentes, tous pouvaient transmettre ou recevoir simultanément sans se gêner.
- A ces réseaux étaient même encore ajoutés des postes pour des usages spéciaux, aviation, artillerie d’assaut. Enfin, comme il est très facile de changer la longueur d’onde d’émission, un poste d’un réseau pouvait au besoin se mettre rapidement en relation avec un des réseaux voisins. Les longueurs d’ondes adoptées pour chacun des services étaient d’ailleurs soigneusement fixées d’avance pour éviter tout brouillage accidentel.
- Dans un même local, au commandement d’un corps d’armée, par exemple, pouvaient être installés à la fois le poste du réseau du corps d’armée et le poste du réseau d’armée, de sorte que la retransmission d’un télégramme d’un réseau sur un autre était très rapidement assurée.
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- Les modèles spéciaux de postes à lampes construits par la Radiotélégraphie militaire correspondaient aux différents besoins et, outre les postes des réseaux d armée, de corps d’armée et de division, des postes à lampes ont été installés sur des avions et sur des chars d’assaut.
- La très grande sensibilité des récepteurs à lampes, a conduit à la création de récepteurs radiotélégraphiques d’avion, permettant la lecture à bord de télégrammes émis soit par des postes terrestres, soit par d’autres avions.
- Les postes à lampes, à cause de la facilité avec laquelle leurs signaux peuvent être isolés, ont aussi été avantageusement utilisés pour des transmissions télémécaniques. La Radiotélégraphie militaire est arrivée dans cette voie, à réaliser la conduite à distance d’un avion ou d’un bateau.
- Postes radiotéléphoniques. — C’est enfin le poste à lampes qui a amené à la réalisation pratique et facile du problème de la téléphonie sans fil.
- La possibilité de la transmission de la parole avait été démontrée avant l’invention de la lampe et des expériences très concluantes avaient été faites à plusieurs reprises avec des postes à arc. L’emploi de l’arc présente cependant des inconvénients : la puissance en jeu est nécessairement assez grande et il est impossible de faire des postes peu encombrants et facilement transportables ; d’autre part, l’intensité des courants qu’il faut admettre dans le microphone dépasse beaucoup celle des courants utilisés dans la téléphonie par les lignes : on est alors obligé d’avoir recours à des microphones spéciaux moins parfaits. Ces inconvénients disparaissent avec le poste à lampes.
- Pour transmettre sans fil la parole, on entretient dans l’antenne d’émission des oscillations d’amplitude bien constante, ce qui, comme nous l’avons vu, est possible avec les lampes pour toute puissance et toute longueur d’onde.
- Le téléphone d’un poste récepteur ordinaire, sans hétérodyne, reste silencieux, comme nous l’avons expliqué, tant que les oscillations reçues conservent une amplitude constante ; mais, si, à l’émission, en utilisant les variations de résistance d’un microphone, on produit des variations de l’intensité efficace du courant dans l’antenne, le courant détecté, à la réception, suit ces variations et le téléphone reproduit les paroles prononcées devant le microphone transmetteur.
- Tandis qu’en télégraphie, on coupe ou l’on rétablit complètement le courant dans l’antenne avec un manipulateur Morse, en téléphonie, nous devons produire en parlant devant un microphone des modulations de l’amplitude de ce courant.
- Pour les petits postes qui mettent en jeu de faibles courants, on emploie le procédé adopté pour l’arc, qui consiste à court-circuiter, avec le microphone, quelques spires de fil intercalées dans l’antenne. Lorsque la résistance de celui-ci varie, la self et la résistance de l’antenne jsont modifiées.
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- Un générateur d’ondes à lampes peut être très sensible à cette modification.
- Les oscillations de l’antenne ne s’entretiennent, en effet, que si des valeurs convenables sont données aux capacités des condensateurs et aux coefficients d’induction des différentes bobines qui entrent dans la construction du poste. Il se trouve, comme l’indique la théorie, que le réglage qui est le plus favorable, parce qu’il correspond à la plus grande intensité dans l’antenne, est aussi celui pour lequel les oscillations sont très près de leur limite de stabilité. Les petites modifications de l’antenne produites par les changements de résistance du microphone, sont alors suffisantes pour entraîner de grandes variations de l’amplitude des oscillations et il n’est pas nécessaire d’admettre dans le microphone un courant d’intensité exagérée. Les bons microphones de la téléphonie ordinaire conviennent parfaitement.
- Si on désire de plus grandes puissances, il est encore facile de moduler d’intenses courants de haute fréquence tout en n’admettant dans le microphone que des courants de faible intensité. Nous indiquerons deux solutions.
- L’une consiste à faire un poste dans lequel les variations du potentiel de grille sont produites, non plus directement par l’antenne, mais par un petit générateur d’ondes exactement à l’accord et sur lequel on fait agir le microphone. On peut ainsi moduler le potentiel des grilles de grosses lampes émettrices, tout en jlaissant le microphone sur un appareil de très petite puissance. Cette excitation séparée des grilles donne de 'très bons résultats.
- Une autre solution consiste à mettre le microphone en circuit, comme dans la téléphonie ordinaire, avec quelques éléments de pile. Par l’intermédiaire d’un transformateur téléphonique, on utilise les variations d’intensité du courant, pour agir sur le potentiel de grille de la première lampe d’un amplificateur. Les variations de courant sont amplifiées et, entre les bornes du secondaire d’un transformateur de sortie, on obtient de grandes variations de la différence de potentiel. On s’en sert pour changer le potentiel des grilles d’un puissant poste émetteur.
- Dans cette disposition, le microphone est monté sur le circuit d’une pile, comme dans la téléphonie ordinaire ; il n'est traversé par aucun courant de haute fréquence et rien n’empêche d’ajouter à ce circuit une longue ligne téléphonique. Ainsi se trouve résolu le problème qui consiste à mettre directement un abonné d’un réseau téléphonique en relation avec une antenne et à lui permettre d’envoyer de son domicile des messages radiotéléphoniques.
- La téléphonie sans fil devenant pratique, doit-on penser qu’elle est destinée à remplacer complètement la radiotélégraphie, qui nécessite l’intervention d’un télégraphiste? Il est peu probable que cela arrive.
- La télégraphie, comme cela s’est présenté lors de l’apparition de la
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- téléphonie par fil, continuera à assurer une grande partie des relations sans fil, et cela pour plusieurs raisons.
- La compréhension correcte et sûre des mots et surtout des chiffres est mieux assurée par les signaux Morse que par la parole elle-même ; d’autre part, les transmissions radiotélégraphiques, faisant appel à un son de hauteur et de timbre uniques, sont moins sujettes au brouillage que les transmissions radio-téléphoniques.
- Ce sont surtout ces deux raisons, qui ont, durant la guerre, fait préférer le radiotélégramme au message radiotéléphone.
- En outre, pour une puissance donnée et, par suite, pour un poids et un encombrement donnés, la portée d’un poste en télégraphie est plus grande qu’en téléphonie.
- Les raisons en sont faciles à trouver. En télégraphie, la manipulation coupe ou rétablit complètement le courant dans l’antenne ; en téléphonie, le microphone ne fait que modifier l’intensité de ce courent et la modification ne peut atteindre qu’une fraction de l’intensité totale. Les différentes syllabes ont, en effet, des actions très variées sur un microphone : les syllabes contenant les voyelles o ou a sont beaucoup plus actives que celles où entre la voyelle i. Comme une conversation n’est intelligible que si toutes les syllabes sont perçues, la portée du téléphone est limitée à celle qui correspond, non à l’intensité totale du courant, mais seulement à la variation produite par les syllabes les moins actives; la portée se trouve par suite réduite.
- La réception téléphonique enfin, qui ne fait pas appel à l’hétérodyne, ne peut pas profiter de l’accroissement considérable de sensibilité- qui résulte de l’emploi de cet appareil.
- Le rôle de la téléphonie sans fil est donc surtout d’établir toutes les liaisons à petite distance entre des postes où il est impossible d’avoir en permanence un télégraphiste. Des applications de ce genre, liaison entre les avions et la terre, entre les bateaux, entre les trains de chemins de fer, entre les deux rives d’un large fleuve, ou entre une île et la côte, entre des postes militaires ou des maisons de commerce aux colonies, sont encore nombreuses.
- Un même poste à lampes peut d’ailleurs indifféremment, suivant les cas, fonctionner en télégraphe ou en téléphone.
- Dès 1916, la Télégraphie militaire, dans le service auquel appartenait l’auteur de cet article, a réalisé et mis à la disposition des armées beaucoup d’appareils de ce genre. Un réseau radiotéléphonique, par exemple, a fonctionné sans interruption plus d’une année entre Quiberon, Belle-Ille et l’île de Groix pour le réglage et les essais de l’artillerie lourde sur voie ferrée. Dès 1917 des conversations purent être échangées entre deux avions en vol à 12 kilomètres l’un de l’autre.
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- Construction des appareils a lampes de la radiotélégraphie militaire. — Par les soins de la Radiotélégraphie militaire ont été construits des milliers d’appareils à lampes : amplificateurs de tous modèles, détecteurs, hétérodynes, postes radiotélégraphiques et radiotéléphoniques, récepteurs pour avions. Les modèles étaient établis, sous la direction de M. le général Ferrié, par l’Établissement central de la Radiotélégraphie militaire W, et les premiers exemplaires nécessaires aux essais étaient construits dans les ateliers mêmes de ce service, avec la collaboration éclairée d’un spécialiste très expert dans la construction télégraphique ou téléphonique, M. Teilloux, chef des Ateliers de de la Télégraphie militaire.
- Les modèles, mis au point, étaient reproduits dans l’industrie privée par des usines déjà spécialisées dans des fabrications analogues, Société française radioélectrique, Compagnie générale radiotélégraphique, Association des Ouvriers en Instruments de Précision, Société industrielle des Téléphones ;par des ateliers qui se sont rapidement adaptés à la construction télégraphique, Compagnie des Compteurs, Ateliers Gaumont, Ateliers Bardon, Ateliers Grammont; par des constructeurs d’appareils de précision,Carpentier, Beaudoin et Pellin.
- Après construction, les appareils étaient vérifiés et, s’il était besoin, gradués, par les soins et dans les laboratoires de la Radiotélégraphie militaire. C’est là encore qu’on les installait et qu’on montait dans des coffres ou sur des voitures leurs principaux organes ; qu’on étudiait les accessoires pour leur installation sur un avion ou un char d’assaut.
- Signalons enfin que, de la Radiotélégraphie militaire, sont aussi sortis durant la guerre des appareils de mesure de précision utilisant les lampes ; nous citerons le multivibrateur de M. Abraham qui sert, avec une précision jusqu’alors inconnue, à l’étalonnage des ondemètres. La nécessité de fixer très rigoureusement la longueur d’onde des postes à lampes afin d’assurer un service facile et d’éviter le brouillage obligeait à envoyer aux armées un grand nombre d’ondemètres très exactement étalonnés et comparables ; grâce aux lampes, leur graduation a pu être faite avec toute sécurité par le regretté ingénieur Armagnat, qui, quoique 'non mobilisé, avait 'consacré tout son temps, durant la guerre, aux études intéressant la télégraphie militaire.
- Modèles de lampes de la radiotélégraphie militaire. — Il a fallu établir un modèle de lampes robuste, pouvant supporter tous les transports
- (1) Les collaborateurs de M. le général Ferrié, appartenant soit à l’armée active, soit aux armées de réserve ou territoriale, qui se sont occupés spécialement des lampes et des appareils à lampes étaient MM. Abraham, Armagnat, Beauvais, Biguet, L. et E. Bloch, Brenot, Brillouin, Carbenay, Ditte, Fracque, Gutton, Jouaust, Latour, Laüt, Lévy, Mage, Pelletier, Péri, Rouge, Toulv, etc.
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- et dont la régularité de fabrication soit telle, que le remplacement d’une lampe sur un appareil ne nécessite pas un nouveau réglage de celui-ci.
- Afin de simplifier le plus possible la question d’approvisionnement des détachements télégraphiques en campagne, un modèle unique a été adopté pour les besoins les plus courants et la Radiotélégraphie militaire a pu créer une lampe qui servait également bien d’amplificateur, de détecteur ou de générateur d’oscillations.
- Ce résultat a été obtenu en poussant le vide aussi loin que possible. On évite ainsi, que les centres électrisés positivement, provenant de l’ionisation du gaz de l’ampoule, interviennent dans le fonctionnement de la lampe.
- Le type de lampe à 3 électrodes très vidées est celui que les Américains ont depuis appelé pliotron.
- L’audion primitif de deForest était moins vidé. Il était peut-être plus sensible comme détecteur, mais beaucoup plus capricieux et moins facile à employer; on ne pouvait s’en servir comme générateur d’oscillations, car il est alors impossible de monter suffisamment la différence de potentiel entre le filament et la plaque, sans qu’il se produisît une décharge dans l’ampoule. Un type de lampe à vide plus avancé était donc de beaucoup préférable pour la télégraphie des armées.
- Pour des raisons de solidité et de facilité de fabrica- T,. ,
- hig. 11. — Modèle de lampe
- tion, la plaque plane a été remplacée par un cylindre de la Radiotélégraphie en tôle de nickel; le filament en tungstène est tendu militaire, suivant l’axe de ce cylindre ; la grille est constituée par
- un fil en tungstène ou en molybdène enroulé en hélice entre la plaque et le filament, l’axe de cette hélice coïncidant avec ce dernier (fig. 11).
- Une douille à 4 broches sert à établir les connexions avec la grille, la plaque et les extrémités du filament.
- La tension aux bornes du filament est de 4 volts pour les détecteurs et amplificateurs ; on survolte jusqu’à 5 volts pour les générateurs d’ondes des postes de transmission.
- Ce modèle de lampe a été créé par M. Abraham, professeur à la Sorbonne, lieutenant radiotélégraphiste. C’est à la suite de ses recherches que la Télégraphie militaire a pu mettre en service des lampes-valves tout à fait adaptées aux besoins des armées.
- Ces lampes ont été construites tant par les usines Grammont, à Lyon, que par la fabrique de lampes de la Compagnie générale d’Electricité., à Ivry. La production journalière a dépassé 1 000 lampes, tant avaient pris
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- de l’importance aux armées les applications de la valve à 3 électrodes.
- La lampe de la Radiotélégraphie militaire a été, à cause de ses qualités, utilisée par la marine et par toutes les armées alliées. Elle a même été copiée par nos ennemis, sans grand succès semble-t-il, car l’armée allemande n’a point utilisé la valve à 3 électrodes à la création de réseaux militaires à ondes entretenues et ne s’en est servie que pour la réception des postes à étincelles, l’écoute téléphonique ou la télégraphie par le sol que ses services télégraphiques étaient arrivés à imiter, après que les armées françaises et britanniques en eurent été dotées par la Radiotélégraphie militaire.
- Outre cette lampe .presque uniquement employée pour le service des armées en campagne, la Radiotélégraphie a construit, pour l’émission, des lampes plus grosses dont la tension de plaque pouvait atteindre 1 200 volts.
- Un troisième modèle, construit à Suresnes aux ateliers Pillon, était destiné, enfin, à quelques postes beaucoup plus puissants.
- Ces quelques pages suffisent à montrer comment un appareil tout nouveau en 1914 a été étudié durant la guerre; on conçoit facilement les services que ces études ont rendus.
- Les appareils, créés par la Radiotélégraphie militaire, ne sont pas destinés à disparaitre en temps de paix. Les travaux qui ont servi à les établir contribueront largement, dans notre pays, aux progrès des industries de la télégraphie ou de la téléphonie sans fil. Les postes à lampes seront destinés soit à des réseaux déjà créés pour l’aviation civile ou le service météorologique, soit à faciliter les relations dans nos colonies, soit enfin, à faire profiter nos marines de guerre ou de commerce des progrès récents de la radiotélégraphie.
- C. Gutton,
- professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, sous-lieutenant au 8e régiment du génie.
- La télégraphie par le sol (T. P. S.)
- Les nécessités de la guerre ont parfois conduit à des applications scientifiques bien imprévues.
- Parmi celles-ci, nous devons signaler la télégraphie par le sol, la T. P. S. pour la désigner par son appellation officielle conforme aux habitudes d’abréviation qui se sont introduites depuis quelques années dans le langage militaire.
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- LÀ TÉLÉGRAPHIE PAR LE SOL (t. P. S.).
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- Ce moyen de télécommunication, à portée extrêmement réduite qui, en temps de paix, eût été considéré comme un simple amusement, a rendu les plus grands services pour assurer les liaisons entre les troupes d’infanterie, occupant des positions avancées où aucun fil téléphonique ne pouvait résister au bombardement, aucune antenne ne pouvait être élevée au-dessus du sol, et les postes de commandement situés à l’arrière en des points plus abrités.
- C’est par la T. P. S. que les cuirassiers cernés sur le Piémont, le bataillon d’infanterie assiégé dans Hangard-en-Santerre ont pu pendant de longues heures communiquer avec l’arrière.
- Imaginée et mise au point par la Radiotélégraphie militaire française, la T. P. S. fut adoptée immédiatement par les armées britanniques et belges, puis, au moment de l’intervention américaine, par l’armée des Etats-Unis qui demanda à la France de lui fournir tous les appareils nécessaires.
- Nos adversaires ne tardèrent pas d’ailleurs à nous imiter et à la fin de la guerre de nombreux appareils « Etel » (Erdetelegraphie) fonctionnaient dans les tranchées ennemies.
- C’est l’importance militaire prise ainsi par la T. P. S. qui nous engage à donner quelques détails sur ce nouveau mode de communication.
- 11 convient tout d’abord d’exposer schématiquement le principe des communications par le sol.
- Une ligne A B constituée par un câble conducteur d’une cinquantaine de mètres traînant sur le sol est mise à la terre à ses deux extrémités A et B. Quelques piquets suffisent à assurer cette mise à la terre. Dans cette ligne est intercalé un appareil producteur de courants alternatifs de fréquence musicale (500 à 1000 périodes par seconde).
- A une certaine distance, de l’ordre de 2 à 4 km, disposée autant que possible parallèlement à la première se trouve une autre ligne de même longueur mise également à la terre à ses deux extrémités.
- Chaque fois que la première est parcourue par un courant, la seconde est aussi le siège de courants dont l’existence, étant donnée leur fréquence, est mise en évidence par ce fait qu’un téléphone intercalé dans la deuxième ligne fait entendre un son musical.
- On conçoit immédiatement que si un manipulateur ou un interrupteur quelconque permet d’établir et d’interrompre le passage du courant dans la ligne A B, on pourra en produisant des émissions longues et brèves et en combinant ces longues et ces brèves, ces traits et ces points pour parler le style des télégraphistes, reproduire les signaux conventionnels de l’alphabet Morse et transmettre ainsi des messages qui, à la réception, seront lus au son comme cela se pratique en radiotélégraphie.
- Depuis le jour où Steineil découvrit qu’il était possible d’assurer les com-
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- munications télégraphiques avec un seul fil en utilisant la terre comme conducteur de retour, de nombreux expérimentateurs avaient cherché s’il n’était pas possible de supprimer cet unique fil et d’assurer des communications électriques entre deux points non reliés métalliquement.
- Il semble que le premier qui ait fait un essai dans cette voie soit Morse en 1842. Cette tentative et les tentatives postérieures de Lodge etWilloughy Smith, de Lindsay, de Trowbridge ne donnèrent que des résultats peu intéressants : les portées n’atteignaient que quelques centaines de mètres.
- Les expérimentateurs se bornaient à intercaler dans un circuit émetteur, identique à celui que nous avons décrit, une source à courant continu. Un galvanomètre intercalé dans la deuxième base servait d’appareil récepteur.
- Nous n’avons pas l’intention d’entamer ici une discussion sur les phéno-nomènes physiques qui entrent en jeu dans les transmissions par T. P. S. Disons toutefois que les phénomènes d’induction que peuvent produire les courants alternatifs semblent y jouer un rôle plus important que les phénomènes de conductibilité qui entrent seuls en jeu lorsqu’on utilise seulement le courant continu.
- C’est, ce qui explique les faibles portées réalisées par Morse et ses successeurs, les portées un peu plus élevées réalisées en 1892 sur le canal de Bristol par Preece qui utilisait à l’émission du courant de fréquence musicale et le téléphone comme appareil récepteur.
- Dès 1910, le général Ferrié (alors chef de bataillon) avait eu l’idée d’assurer les communications entre les forts de l’Est en utilisant la télégraphie par le sol. La possibilité d’utiliser à l’émission des sources puissantes (en l’espèce les alternateurs à fréquence musicale utilisés en radiotélographie) permettait d’espérer le succès.
- Des expériences faites aux environs de Paris par le général Ferrié assisté du lieutenant-colonel Fracque et du commandant Garnier permirent de réaliser des portées de plusieurs kilomètres, mais encore insuffisantes pour le but qu’on se proposait d’atteindre. Mais, en 1915, le problème avait changé de face : les portées demandées par le commandement ne dépassaient pas quelques kilomètres; d’autre part, la réalisation des tubes à vide à trois électrodes et des amplificateurs permettait de multiplier par 1 000 l’énergie reçue.
- C’est ce qui décida le général Ferrié à reprendre l’étude de la télégraphie par le sol et à entreprendre de nouvelles expériences avec l’aide de quelques ingénieurs-électriciens mobilisés comme officiers de complément à l’Établissement central de Radiotélégraphie militaire. Signalons l’aide puissante apportée à l’armée en cette circonstance par l’Observatoire de Meudon dont le parc fut mis à la disposition de la télégraphie militaire comme polygone d’expérience et dont le physicien, M. Perot, prit une part active aux recherches entreprises.
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- LA TÉLÉGRAPHIE PAR LE SOL (t. P. S.).
- Ces expériences furent couronnées de succès et, dès novembre 1915, des transmissions par T. P. S. étaient réalisées aux armées dans le secteur de Berry-au-Bac.
- Bien des perfectionnements furent apportés depuis. Nous ne saurions mentionner ici les divers appareils successivement employés ; nous nous bornerons à décrire le poste transmetteur récepteur de T. P. S. sous la forme où il a été employé dans les combats de 1918.
- Les appareils utilisées en T. P. S. devaient être légers, robustes et aussi condensés que possible.
- Il ne faut pas oublier en effet qu’au moment des attaques tout ce matériel dut être transporté par des hommes, obligés souvent de se coucher sur le sol. Tous les organes devaient être aussi solidaires que possible. Il arrive souvent en effet qu’un des porteurs est tué. Il faut éviter que celui qui lui succède n’oublie sur le terrain quelque pièce essentielle.
- D’autre part, on a dû renoncer à utiliser la force humaine pour actionner la source émettrice de courant alternatif de fréquence musicale, la puissance nécessaire étant trop grande pour qu’on pût la demander à des hommes porteurs du masque h).
- L’énergie nécessaire à l’émission doit être empruntée à des accumulateurs.
- Le matériel complet d’un poste de T. P. S. comporte donc :
- L’appareil émetteur récepteur, dans la boîte duquel sont contenus en outre trois lampes de rechange et les écouteurs téléphoniques ;
- Une batterie d’accumulateurs de 10 volts servant à l’alimentation de l’appareil producteur de courant alternatif et au chauffage des lampes;
- Une batterie d’accumulateurs de 40 volts pour l’alimentation des plaques ;
- Les appareils accessoires, piquets de prise de terre, câble, etc.
- La figure 2 représente une vue de l’appareil, le schéma de montage est représenté par la figure 1.
- On y voit que, parle simple jeu d’un commutateur tétrapolaire, il est possible d’utiliser la batterie de 10 volts soit à l’alimentation du producteur de
- (1) On avait essayé des alternateurs mus à bras, imaginés parle capitaine Poirson, maître de conférences à l’Institut électrotechnique de Grenoble.
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- Fig. 1. — Schéma de montage d’un poste de télégraphie par le sol.
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- courant (parleur) soit un chauffage des lampes, en même temps que les extrémités de la base sont connectées soit au système transmetteur soit au système récepteur.
- Nous n’insisterons pas sur la description de ce dernier appareil.
- Nous nous bornerons à dire qu’il est constitué par un amplificateur basse fréquence à 3 lampes, renvoyant pour plus de détails sur ces appareils à l’étude de M. Gutton (1).
- Nous décrirons plus en détail l’appareil producteur de courant alternatif. La réalisation de cet appareil, connu sous le nom de parleur T. M., est due à
- Fig. 2. — Vue d’un appareil de poste de télégraphie par le sol.
- l’habile ingénieur-électricien M. Boucherot (T. M. est l’abréviation de télégraphie militaire).
- La figure 3 en donne une vue et le schéma de principe est représenté sur la figure 4.
- Le fonctionnement de cet appareil est celui des bobines d’induction. Le passage du courant dans le primaire E aimante le noyau de fer portant les deux enroulements, l’armature R est attirée,le courant primaire coupé. L’élasticité du ressort portant R ramène l’armature dans sa première position, le courant primaire est rétabli. Ces ruptures et ces fermetures provoquent dans le circuit secondaire réuni aux prises de terre des extra-courants dont la succession constitue un courant alternatif dont la fréquence fondamentale est égale au nombre de coupures par seconde, nombre qui dépend de la période d’oscil-
- (1) Voirie présent numéro du Bulletin, p. 389.
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- LA TÉLÉGRAPHIÉ PAR LE SOL (t. P. S.).
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- lation que prend dans les conditions de fonctionnement la lame élastique portant R. Gomme dans toutes ]es bobines d’induction, un condensateur est
- Fig. 3. — Parleur T. M.
- Fig. 4. — Schéma des dispositions d’un parleur T. M.
- placé en dérivation entre les deux points où se produit la rupture pour éviter la formation d’arcs.
- Ce condensateur, comme le montre la théorie complète de l’appareil, modifie l’allure des phénomènes. Ce n’est pas un courant alternatif qui parcourt les enroulements mais une succession de trains d’ondes très amorties, le nombre des trains par seconde étant égal au nombre de coupures.
- Si le parleur rappelle par son principe les bobines d’induction, la nécessité
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- d’avoir une fréquence élevée et bien constante a conduit à utiliser comme pièce vibrante une lame épaisse, demandant pour être mise en mouvement une force élevée.
- On a été ainsi conduit à placer les enroulements sur un circuit magnétique presque fermé et à donner à l’appareil la forme de la figure 3. Les deux enroulements sont disposés sur un circuit magnétique rectangulaire, l’armature en forme de coin se déplace sous l’action du courant dans l’entrefer, l’espace entre cette armature et les faces polaires étant au maximum de 1/4 de millimètre. Le ressort qui porte l’armature est constitué par une forte lame d’acier encastrée à une de ses extrémités et qui se prolonge par une lamelle d’acier portant le contact inférieur de rupture. Le contact supérieur est porté par une lame de bronze sur laquelle vient appuyer une grosse vis. La pression qu’exerce cette vis peut déformer suffisamment la lame de bronze et permet de rapprocher plus ou moins les contacts. On peut ainsi modifier le fonctionnement du parleur et lui permettre de travailler au mieux suivant les conditions du circuit extérieur.
- En chargeant avec des masselottes la lame élastique, on peut faire varier sa période et par suite la fréquence du courant et la note perçue. On peut ainsi différencier deux postes travaillant simultanément. Avec les appareils réalisés, on pouvait faire varier la note entre 300 et 800 périodes par seconde.
- Alimenté par une batterie d’accumulateurs de 40 volts, l’appareil connecté à un système à prises de terre ayant une résistance totale de 50 ohms, débitait dans le sol un courant de 0,5 ampère, le rendement étant d’environ 65 p. 100.
- On réalisait ainsi des portées de 3 à 4 km.
- Nous ne voudrions pas terminer cet exposé sans rendre hommage à l’effort réalisé par l’industrie française pour la construction rapide du matériel utilisé en T. P. S. Ces appareils ne constituaient évidemment qu’une bien faible part de l’énorme quantité de matériel que nos usines ont dû fournir aux armées, mais pour cette raison même leurs constructeurs ne bénéficiaient pas de certains avantages accordés à d’autres fabrications d’intérêt primordial et, à maintes reprises, le manque de matière première a retardé la construction qui se heurtait du reste à de nombreuses difficultés.
- Signalons en particulier que la nécessité de faire fonctionner ces appareils dans des endroits humides exigeait un isolement spécial des transformateurs des amplificateurs. D’où la nécessité d’une étude pour trouver un vernis isolant, susceptible d’assurer une bonne protection sans modifier les propriétés de ces transformateurs.
- Malgré toutes ces difficultés, depuis les premiers mois de 1915, au moment
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- LA TÉLÉGRAPHIE PAR LE SOL (t. P. S.).
- où l’emploi de la télégraphie par le sol devint réglementaire aux armées jusqu’en décembre 1917, plus de cinq mille appareils de T. P. S. furent livrés aux armées dont un millier* aux troupes britanniques. Le dernier modèle, celui dont nous avons donné une vue, fut établi en janvier 1918 et, au jour de l’armistice, les armées françaises en avaient reçu 3 000. Depuis le mois de juillet l’armée américaine en avait reçu 700.
- Il convient d’ajouter aussi que la généralisation des liaisons par T. P. S. a entraîné une augmentation considérable de la consommation des lampes, consommation qui à latin de la campagne atteignait 75 000 par mois dont la moitié destinée aux armées étrangères. Cette fabrication intensive s’est heurtée à bien des difficultés. L’impossibilité de se procurer les fils de platine nécessaires aux soudures dans le verre a nécessité la recherche d’un succédané dans la catégorie des aciers fer-nickel. On était arrivé en 1918 à l'utilisation d’un de ces alliages qui semblait donner toute satisfaction quoique le maintien d’un vide parfait dans les lampes à trois électrodes soit beaucoup plus important que pour les ampoules à incandescence ordinaires. La fabrication même du cristal destiné aux lampes, qui doit présenter certaines qualités qui ne sont pas nécessaires pour les lampes ordinaires, a été fort gênée par le manque de matières premières.
- En cette circonstance les conseils de l’éminent savant qu’est M. Henry Le Ghatelier ont été fort utiles aux fabricants pour leur permettre d’arriver à réaliser un cristal répondant aux divers desiderata.
- On peut donc dire, pour conclure, que si l’idée de la télégraphie par le sol et la mise au point des appareils destinés à ce moyen de communication sont entièrement dues à des établissements militaires, ce mode de liaison n’aurait, jamais pu rendre les services qu’il a rendus si l’industrie française n’avait su doter largement nos armées de tout le matériel nécessaire malgré toutes les entraves que l’état de guerre apportait à son activité.
- R. Jouaust,
- Ingénieur au Laboratoire central d’Électricité, Capitaine au S• régiment du génie.
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- NOTE DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- LES PROGRÈS DE L’ÉPURATION DES EAUX PAR LE CHLORE
- par M. A. Moreau membre du Conseil.
- Javellisation. — Il est aujourd’hui reconnu que le procédé le plus simple et le plus économique d’épuration bactériologique des eaux suspectes destinées à l’alimentation, est la chloration, connue sous le nom ordinaire de javellisation, lorsqu’on fait usage des hypochlorites.
- Jamais à aucune .époque, en effet, on n’avait vu réunies des agglomérations d’hommes aussi importantes, dans des conditions d’hygiène aussi difficiles, et jamais non plus on n’arriva à constater un état plus satisfaisant de la santé générale. Ce splendide résultat est certainement dû pour une bonne part à la vaccination antityphique; mais aussi, et surtout, à l’emploi du chlore pour stériliser les eaux et les rendre potables.
- Notons tout d’abord que le terme employé de javellisation est impropre, car l’eau de Javel est un hypochlorite de potassium, qui n’est jamais employé, tandis que le liquide en usage dans l’épuration des eaux est de l’hypochlorite de sodium, ou liqueur de Labarraque, du nom du pharmacien français qui le premier la fit connaître en 1822.
- Étant donnés les succès croissants de la méthode d’épuration au chlore, on s’explique la manière dont cette méthode s’est généralisée, et les perfectionnements successifs apportés aux appareils destinés à la mettre en œuvre, appareils qui, aujourd’hui, sont arrivés à débiter la liqueur chlorée sans aucune surveillance et d’une manière absolument automatique.
- Nous avons précédemment décrit l’appareil automatique employé aux armées par le docteur Cathoire. Voici, d’après des notes qui nous ont été fournies par M. le lieutenant colonel Espitallier, les principes d’un nouvel appareil de ce genre dû au lieutenant-colonel Bunau-Varilla, ancien chef du service des eaux d’une armée.
- Nous rappellerons d’abord quelles sont les prescriptions réglementaires de toute chloration :
- 1° La quantité d'hypochlorite de soude mêlée à l’eau à épurer, doit correspondre aux chiffres suivants d’après la qualité de l’eau, savoir :
- 1 milligramme de chlore par litre pour de l’eau claire ;
- 2 milligrammes de chlore par litre pour de l’eau à limpidité imparfaite;
- 3 milligrammes de chlore par litre pour de l’eau trouble ;
- 4 milligrammes de chlore par litre pour de l’eau très polluée.
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- l’épuration, par le chlore, des eaux destinées a l’alimentation. 417
- 2° Des traces de chlore libre variant de 1 à 2 dizièmes de milligramme, doivent rester encore dans l’eau traitée après une demi-heure de contact.
- 3° La vérification de la stérilisation doit être faite par la simple constatation de l’analyse de la quantité restante de chlore libre.
- Or, dans la pratique, ces prescriptions sont difficiles à réaliser d’une manière aussi précise parce qu’elles exigent la connaissance du titrage exact de la liqueur employée, titrage qui est assez variable dans le commerce. Ensuite, il est peu aisé de se baser spécialement, pour appüquer le traitement, sur l’état apparent de l’eau, trouble ou claire, qui peut être changé à chaque instant par les circonstances extérieures, orage, etc. Il en résulte qu’on est constamment obligé de modifier le dosage du liquide introduit.
- Pais, il faut avoir sans cesse recours au laboratoire pour déterminer, une demi-heure après l’opération, si la dose rémanente de chlore libre est bien comprise entre 0,1 et0,2mg. Or, là n’est pas le point important, mais bien que l’eau ne renferme plus de microbes dangereux, en particulier le coli-bacille, en nombre prohibitif.
- Enfin, les doses prescrites sont inutilement trop fortes, et avec cette teneur persistante de 0,1 à 0,2 mg par litre, l’eau conserve nettement le goût de chlore et le soldat refusait alors d’en boire, quelles que fussent les pancartes d’avertissement, conférences ou recommandations dont on l’accablait.
- Se basant sur ces remarques, M. le lieutenant-colonel Bunau-Varilla se proposa de réduire la quantité d’hypochlorite employée en la calculant sur la base de 0,1 mg de chlore libre, égale simplement à la quantité que le règlement estime nécessaire comme rémanente. Cette quantité a été montrée suffisante pour faire disparaître tout coli-bacille dans les nombreuses expériences faites à Verdun, à Bar-le-Buc, à l’Hôpital de Fleury, etc.
- Il a été constaté, en outre, que l’action stérilisante est, pour ainsi dire, instantanée ; enfin, les variations dans la composition de la liqueur du commerce, ne paraissent pas entraîner une notable différence dans les résultats. En tout cas, il suffit d’opérer avec 0,1 mg de chlore titré par litre d’eau, en supposant cet extrait à la teneur moyenne de 30 g par litre de liqueur.
- L’appareil employé est très simple et s’installe sur la pompe, qui se présente dans le cas le plus fréquent. Il répond aux conditions générales suivantes :
- 1° La chloration est automatique et rigoureusement proportionnelle aux quantités d’eau aspirées et refoulées par la pompe;
- 2° Si cette dernière cesse de fonctionner pour un motif quelconque, l’écoulement de la solution chlorée s’arrête presque instantanément, évitant ainsi d’introduire des quantités inutiles et anormales de ce produit dans l’eau ultérieurement pompée.
- 3° Enfin, pour que la chloration soit assurée sans surveillance, il ést indispensable que la pompe ne puisse ni s’amorcer, ni débiter, si l’on vient à oublier de verser delà solution stérilisatrice dans le petit réservoir spécial qui lui est destiné : ce résultat est obtenu en établissant une communication entre la conduite d’aspiration et le réservoir du liquide chloré, de telle sorte que si ce réservoir est vide, la pompe n’aspire plus que de l’air.
- Javellisation pour installations à grands et petits débits du docteur Orticoni. — Le docteur Orticoni, médecin-chef au laboratoire de bactériologie d’une armée, s’est également basé sur les principes précédents. Savoir que 1° la chloration doit être auto-Tome 131. — 2e semestre. — Novembre-Décembre 1919. 27
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- matique et cesser quand cesse l’arrivée d’eau à épurer : 2° la quantité de liqueur employée doit être réduite au strict minimum de manière à ne laisser ultérieurement dans l’eau épurée aucun goût de chlore ou, après neutralisation de ce dernier à l’hy-posulfite de soude, aucun goût de lessive, qui entraîne une répulsion insurmontable de la part du consommateur.
- Pour cela, il introduit la solution d’hypochlorite dans les tuyaux d’aspiration de la pompe élévatoire au moyen d’un tube de verre rebé à une bonbonne renfermant la bqueur titrée. De cette sorte, c’est la machine qui, elle-même, aspire, en même temps que l’eau à épurer, la quantité d’extrait strictement suffisante pour assurer la stérilisation. Ce dernier point est satisfait au moyen de la disposition suivante.
- On place sur la partie horizontale de la conduite d’aspiration de la pompe un clapet de retenue dont la boîte porte un couvercle muni d’un petit robinet de bronze. La bonbonne contenant la liqueur titrée est disposée au-dessus de ce robinet et un petit siphon amène l’hypochlorite dans ce dernier qui est muni à l’intérieur d’une pipette d’écoulement. Les choses sont réglées de manière que l’eau aspirée par la pompe pendant une heure soit chlorée à raison de 0,6 mg par litre, chiffre porté, par surcroît de précaution, à 0,7 mg pendant l’été.
- L’usage de cet appareil a permis de confirmer cette notion qu’un contact d’une demi-heure entre l’eau et l’hypochlorite n’est pas nécessaire pour obtenir une épuration parfaite. Au bout de 6 minutes, on ne trouve plus de colibacille, ce qui s’explique parle brassage amené par l’aspiration dans les conduites.
- Cette installation convient parfaitement, comme on le voit, à la distribution d’eau d’une ville importante.
- Mais on peut aussi l’appliquer avec efficacité aux petites localités dépourvues de toutes canalisations de distribution, en imitant ce qui a été fait dans les postes militaires pour le chargement des tonnes des tranchées ou des abreuvoirs. On emploie pour cela des réservoirs surélevés A en tôle (fig. 1), de 3 à 5 m3, à la sortie desquels sont placés, sur une nourrice commune horizontale, des robinets permettant le remplissage des tonnes mobiles. La chloration de l’eau montée dans ces réservoirs, parla pompe élévatoire la puisant le plus souvent dans un forage, s’opère comme suit :
- Au-dessus du réservoir A est placé un bac mélangeur B en bois, muni intérieurement de chicanes horizontales que l’eau à épurer, venant de la conduite de refoulement C, est obligée de traverser avant de se rendre dans A. Le tonneau d’hypochlorite D, placé sur une plate-forme supérieure, déverse son contenu dans ce mélangeur avant d’arriver dans la cuve A. Il en résulte un excellent brassage des deux éléments* ce qui est une bonne 'condition de succès.
- L’eau chlorée tombe par un tube de zinc effilé E dont le bec est établi de manière que le chlore libre introduit dans l’eau soit de 0,6 à 0,08 mg par litre suivant l’état chimique et bactériologique de cette dernière.
- Le résultat est d’autant plus parfait dans ce cas, que le brassage, toujours si précieux, est encore ici amélioré par suite des remous incessants que l’arrivée de l’eau de refoulement entraîne dans le réservoir.
- Javellisation familiale. — Il paraît ressortir de tout ce qui précède, que l’on peut très efficacement répandre partout où manque l’eau potable, et en particulier dans les régions envahies, une courte instruction sur les moyens de chloration pour l’alimentation familiale. On indiquerait aux pouvoirs compétents qu’il existe des appareils fort^
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- l’épuration, par le chlore, res eaux destinées a l’alimentation. 419
- simples de chloration automatique pouvant être montés sur une pompe ou sur une canalisation d’adduction d’eau quelconque, source, etc.
- L’épuration pourrait même se faire aisément dans chaque foyer lorsqu’il n’existe ni pompe ni conduite sur laquelle on puisse brancher un appareil automatique. Pour cela il suffit de prendre l’extrait de composition moyenne à 50 g par litre, et au moyen d’un compte-goutte donnant 20 gouttes au gramme, on verse une goutte de cette solution dans un verre plein d’eau. Ce dernier suffit pour stériliser 25 litres d’eau, c’est-à-dire la contenance de deux seaux ordinaires.
- • Chloration proprement dite. Emploi du chlore libre. — Jusqu’à présent, nous
- Fig. 1. — Appareil du Dr Orticoni pour petits débits.
- n’avons envisagé le traitement des eaux contaminées que par les liqueurs à base d’hy-pochlorites.
- Mais des hygiénistes se sont dit que ces substances agissant uniquement par le chlore qu’elles renferment, il serait beaucoup plus simple de faire usage directement de ce dernier si l’on parvenait à le livrer sous la forme industrielle pratique et commode que présentent les hypochlorites dont le type est l’eau de javel, d’où, comme nous l’avons vu plus haut, le nom impropre de javellisation qui s’est généralisé dans ce cas, quoique l’eau de javel (hypochlorite de potassium) n’ait jamais été employée dans l’épuration des eaux.
- L’application directe du chlore a été faite en grand aux États-Unis où 'des villes importantes ne disposent, pour leur alimentation, que’d’eau de rivières ou de lacs, polluée par toutes sortes de ïnatières naturelles sans excepter les produits de l’industrie.
- Tout d’abord, notons qu’il n’v a pas plus de difficultés à fabriquer du chlore liquide que des hypochlorites, puisqu’à la base de toute industrie de ces derniers il y a tou-
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- jours une production de chlore. Il est donc tout indiqué de livrer au consommateur ce produit lui-même, toujours très pur, à la place des hypochlorites qui le sont beaucoup moins et exigent une opération chimique supplémentaire. Le seul avantage de ces derniers est la facilité qu’ils présentent dans les opérations de chargement et de transport sans demander de grandes précautions.
- Il n’eri est évidemment pas de même du chlore liquide qui exige des récipients métalliques absolument étanches ; en revanche ces derniers présentent l’avantage d’être beaucoup moins encombrants que les bonbonnes de javel. Déplus dans ces réservoirs, hermétiquement clos, il se conserve indéfiniment, tandis que les hypochlorites s’altèrent à la longue et perdent une partie de leur efficacité ; d’où la nécessité de les utiliser à une époque la plus rapprochée possible de leur fabrication et de les titrer fréquemment, au moment de les employer. D’un autre côté, leur prix est
- Fig. 2- — Appareil à chloration de Darnell.
- inférieur à celui du chlore liquide qui, lui-même, coûte moins cher que d’autres produits employés comme l’ozone. Mais le chlore est d’un emploi plus facile, donne plus de certitude de réussite dans l’épuration, exige de plus petites installations, moins de personnel et ne dégage aucune odeur.
- Toutes les applications de cette méthode en usage à ce jour aux États-Unis emploient le chlore liquide renfermé dans des cylindres en acier semblables aux bouteilles de gaz comprimés ou liquéfiés du commerce. Elles renferment ordinairement 34 litres ou 45 kg de chlore liquide et sont fermées par un robinet à pointeau sur lequel, pour conduire le gaz aux appareils mélangeurs, on visse simplement un tube métallique sans aucune addition |de tube plongeur. La pression y varie de 3,8 kg à 0° à 15 kg à 50°, variations de pression qui sont toujours [à éviter, ce qui est facile en plaçant les récipients dans des endroits convenables.
- Le premier appareil réellement industriel fut breveté aux États-Unis le 31 octobre 1912 ; c’est celui de Darnell qui a été longtemps le plus employé (fig. 2). Il est extrêmement simple, presque automatique, tient peu de place, etpeut se greffer sur une distribution d’eau quelconque.
- Supposons en effet une de ces dernières représentée par la pompe A, ici une pompe centrifuge, refoulant l’eau puisée au forage F, par une conduite d’aspiration C, dans une distribution D qu’il s’agit de stériliser.
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- On installe pour cela une bouteille de chlore liquide L, amenant le produit dans la conduite D au moyen d’un tuyau partant du robinet du récipient à chlore R, et coudé à angle droit HM, pour arriver à déboucher en N. La régularisation a lieu au moyen de l’appareil fort simple connu sous le nom de régulateur de pression à membrane G, boîte en forme de disque divisée en deux compartiments par un diaphragme mobile relié à sa partie inférieure à une chambre à air 0 dont la pression varie suivant la vitesse d’écoulement de l’eau aspirée, grâce à une petite pompe auxiliaire E; celle-ci
- Fig. 3. — Appareil de la Wallace and Tiernan Cy. de New-York.
- est reliée à la pompe principale A et la suit dans ses variations d’allure, augmentant ou diminuant la pression en O, en même temps que croît ou décroît la vitesse en A. Il en résulte que le diaphragme G s’élève ou s’abaisse suivant que la pression au dessous de lui, en 0, suit les mêmes fluctuations. Un manomètre K fournit à ce sujet toutes les indications nécessaires. D’un autre côté, le compartiment supérieur est en relation constante avec la bouteille de chlore par l’intermédiaire d’un robinet valve H dont la clef est reliée par un levier au diaphragme précédent, de sorte que ce robinet tend à se fermer quand le diaphragme monte et s’ouvre au contraire de plus en plus quand il descend. Le chlore lui-même, arrivant par H tend, par sa pression, à faire baisser le diaphragme et à restreindre l’arrivée du gaz. On arrive ainsi à maintenir suffisamment un rapport déterminé entre les débits de gaz et d’eau.
- D’autres appareils plus perfectionnés furent ensuite employés toujours en Amérique, comme celui de Lavis-Jackson (brevet du 22 février 1914), celui de l’Electro-
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- Bleaching Gas Company installé à Philadelphie et dans plusieurs autres villes des États-Unis ; et enfin, celui de la Wallace and Tiernan Company qui est de beaucoup le plus répandu. On le rencontre en effet, non seulement en Amérique, en particulier à l’usine de Dunvoodie de New-York, mais à Panama, aux Philippines, au Mexique, etc... C’est l’appareil adopté par les armées américaines pendant leur séjour en France ; des variantes permettent son utilisation pour l’usage domestique et même pour le traitement des eaux d’égout ; on emploie alors de préférence le chlore dissous préalablement dans une petite quantité d’eau. Pour les distributions d’eau de grande importance, dépassant 7 000 m3 par jour, au contraire, on fait usage de chlore gazeux envoyé' directement dans la masse d’eau à épurer. Tel est le cas précité de la station de Dunwoodie à New-York, la plus importante des sept usines [installées pour cet objet, et qui peut, à elle seule, traiter jusqu’à 1 500 000 m3 en 24 heures.
- Le chlore gazeux se dégage de deux bouteilles A, A (fîg. 3), analogues à celle vue plus haut, soit simultanément, soit alternativement grâce à un robinet à trois voies B qui a, en outre, l’avantage de permettre le changement d’un de ces réservoirs sans arrêter le fonctionnement de l’appareil, ni la marche de l’opération.
- De là, le gaz passe dans un régulateur de pression à membrane à deux compartiments ne pouvant communiquer entre eux que par un robinet à pointeau D. Ce robinet est construit de manière à assurer une chute de pression de 0, 07 kg : cm2; en cas de faible débit, il peut donc rester largement orn^ert évitant ainsi les risques de bloquage ou d’encrassement. Les pressions à la sortie des cylindres et après le détendeur, sont indiquées par deux manomètres E et F. Le gaz J poursuit sa route par un tube à orifice fin en verre enfermé dans une chambre de même substance servant de deuxième détendeur, permettant de voir ce qui se passe à l’intérieur, et de se rendre compte, par suite, de l’allure du courant de chlore. Il se rend de là dans un compteur manométrique G formé d’un siphon au tétrachlorure de carbone, enfermé dans une éprouvette de verre. La différence de niveau du liquide dans les deux tubes, indique la différence des pressions du gaz entre le tuyau d’amenée et celui de distribution H ; cette dénivellation est lue sur une échelle mobile extérieure, graduée empiriquement, en débits de poids de chlore par heure, correspondant à des vitesses déterminées de passage du gaz.
- Le circuit se continue \rers une nouvelle valve K normalement fermée sauf en cas d’arrêt et de visite intérieure ; le gaz se répand alors dans l’atmosphère par un tuyau de purge spécial. En marche normale, le gaz se dirige par le tube jusqu’à une soupape de retenue L dont le rôle est d’empêcher l’humidité de remonter dans les tuyaux, ce qui permet d’employer le cuivre et même le fer galvanisé, qui ne sont pas attaqués par le chlore sec. Au-dessous, au contraire, on dispose un tube d’argent M qui plonge dans l’eau à épurer et conduit à un diffuseur, cylindre de carborandum N d’où le chlore s’échappe en très fines bulles qui se dissolvent instantanément dans l’eau.
- L’appareil, en dehors des bouteilles de chlore fournie directement par le commerce, peut être enfermé dans une boîte en bois de 0,35 x 0,60 m qui permet de le transporter aisément sans chance d’accident (fig. 4).
- Ajoutons que dans l’application, on peut toujours compléter tout cela par une commande automatique à flotteur.
- Conclusion. — Comme on l’a Aru à plusieurs reprises dans ce qui précède, une condition importante et qui a préoccupé tous les inventeurs, est celle de ne laisser
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- après l’opération, aucune trace de chlore dans les eaux traitées, sous peine de les voir délaissées par le consommateur.
- On a d’abord proposé pour cela, l’emploi del’hypochlorite à haute dose et, une fois le traitement achevé, de faire disparaître l’excès de chlore libre par l’addition d’une autre substance qui se combine avec lui en donnant un produit sans goût et sans odeur.
- C’est ainsi que l’on a préconisé l’emploi de l’eau oxygénée ; mais le prix de celle-ci est trop élevé pour qu’on l’utilise en dehors de quelques cas exceptionnels où il est impossible de faire autrement.
- Les produits les plus employés sont le bisulfite et l’hyposulfite de soude ; ce dernier est même généralement préféré à cause de son abondance, de son prix peu élevé, de sa grande solubilité dans l’eau, et de son action de beaucoup supérieure à celle du bisulfite à poids égal.
- Enfin, on a proposé l’ammoniaque qui est resté peu employé malgré les références de premier ordre fournies à son sujet, telles que celles de Race et de Rideal, Il a cependant l’avantage de n’ajouter aucun sel à l’eau et de pouvoir être versé en même temps que l’hy-pochorite sans contrarier en rien son action.
- Enfin, Menzies, par un brevet en date du 12 juin 1917, recommande l’anhydride sulfureux gazeux, qui est particulièrement précieux dans le cas d’eaux très polluées exigeant de fortes doses de chlore pour être épurées, et conservant après l’opération le goût du gaz. C’est le procédé connu sous le nom de' Menzies Dual Gas System. On le dit très efficace, mais nous n’en parlerons pas aujourd’hui, attendant que l’expérience en ait sanctionné l’usage.
- En résumé, on peut conclure que la chloration, rendue aujourd’hui tout à fait pratique, diminue notablement le nombre des germes et fait disparaître totalement le coli-bacille lorsque les eaux ont été préalablement filtrées pour les débarrasser de l’excès de matières en suspension. Il y a làun admirable progrès qu’on ne saurait trop divulguer.
- Fig, 4.
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- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 8 NOVEMBRE 1919
- Présidence de M. L. Lindet, président, assisté de M. Delafosse, Gouverneur général des Colonies.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société et admis, séance tenante :
- M. Estève (Pierre-Denis), dessinateur, 34, avenue Gambetta, à Hyères (Var), présenté par MM. Lindet et Lemaire;
- M. Hesse (Henri), ancien élève de l’École polytechnique, affineur sur métaux, 70, rue des Archives, à Paris (3e), présenté par M. André Citroën et Quantin;
- M. Pelieu (Léon), chef du Service Matériel et Traction du chemin de fer de ceinture, 5 bis, avenue Philippe-le-Boucher, à Neuilly-sur-Seine, présenté par MM. Charpy et Biard;
- M. Loxz (Ferdinand), professeur à l’Institut des Jeunes-Aveugles, administrateur de l’Association Valentin Haüy, 64, avenue de Saxe, à Paris (15e), présenté par MM. Chesneau et Lindet;
- M. Massé (Alfred), député, ancien ministre du Commerce, membre de l’Académie d’Agriculture, 52, rue Spontini, a Paris (16e), présenté par MM. Ver-morel et H. Hitier ;
- M. Arnaud de Masquard (Eugène), ingénieur en publicité, professeur à l’Ecole des Hautes Études commerciales 36, rue du Colisée, à Paris (8e), pré-senlé par MM. Toulon et Lindet;
- M. Bechmann (Georges), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, en
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- retraite, 52, avenue Victor-Hugo, à Paris (46e), présenté par MM. Auguste Moreau et Lindet;
- M. Potin (Julien, Louis, Joseph), industriel, 9, boulevard Richard-Wallace, à Neuilly-Saint-James, présenté par MM. Gaston Menier et Auguste Pellerin (membre à vie) ;
- M. Planchon (Victor), industriel (pellicules photographiques), 287, cours Gambetta, à Lyon, présenté par MM. Bordet et Jules Carpentier;
- La Compagnie française de Produits chimiques et Matières colorantes de Saint-Clair du Rhône, présentée par MM. Lindet et Lemaire;
- M. Jouhandeau (François, Eugène), colonel d’artillerie en retraite, 3, rue Albert de Lapparent, à Paris (7e), présenté par M. Toulon;
- M. Gouin, membre de l’Académie d’Agriculture, président du Comice de Verton, rue Paré, à Nantes, présenté par MM. Tisserand et Moussu;
- M. Koehler (André), docteur ès sciences, ingénieur-conseil aux Etablissements Antoine Chiris, 10, rue Cimarosa, à Paris (16e), présenté par MM. Violle et Vautier;
- La Société les Fils de A. Deutsch de la Meurthe, 50, rue de Chà-teaudun, à Paris (9e), présenté par MM. Lindet et Lemaire;
- M. Dalnoky (René), Ingénieur des Arts et Manufactures, 32, avenue Carnot, à Paris (47e), présenté par la Compagnie de Saint-Gobain et M. Delloye (membre perpétuel);
- M. Ramat (Jules), directeur général du comptoir sidérurgique de France, 164, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris (8e), présenté par MM. Lindet et Lemaire;
- M. Semichon (Lucien), Ingénieur-agronome, directeur de la Station œnologique de l’Aube, 38, rue delà Sous-Préfecture, à Narbonne (Aude),présenté par MM. Viala et Camille Poulenc ;
- M. Boyoud (Emile), Ingénieur des Arts et Manufactures, directeur général de la Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, 126, rue La Boétie, à Paris (8e), présenté par MM. Lindet et Gall ;
- M. Isaac (Auguste), président honoraire de la Chambre de Commerce de Lyon, 12, quai des Brotteaux, a Lyon, présenté par MM. R. S. Carmichael et de Rousiers ;
- La Société industrielle de Verrerie, 56, rue Laffitte, à Paris (9e), pré' sentée par M. Reumaux, la Société des Mines de Lens et M. Gruner.
- M. Scheurer (Albert), manufacturier, secrétaire-président du Comité de Chimie de la Société industrielle de Mulhouse, à Bitzchwiller-Thann (Alsace), présenté par MM. Haller et Prudhomme;
- M. Lebeuf (Auguste-Victor), directeur de l’Observatoire de Besançon, à Besançon (Doubs), présenté par le général Sebert et M. Féry;
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- MM. Gallet et Cie, raffîneurs et fabricants de glucose, 17, rue de l’Argonne, à Paris (19e), présentés par M. Lindet;
- MM. Charbonneaux et Cie, maîtres-verriers, route de Gormontreuil à Reims, présentés par MM. de Brigode et Deviolaine;
- La Société des Verreries mécaniques de Bourgogne, à Chalon-sur-Saône, présentée par MM. Delloye et la Direction de la Glacerie de Mont-luçon ;
- M. de Chambrier (Paul), directeur général des Mines de Pechelbronn, par Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin), présenté par M. Lemaire;
- Le Crédit commercial de France, 20, rue Lafayette, à Paris, (9e), présenté par la Compagnie générale d’Electricité et la Société d’Électrochimie;
- M. Tilho (Jean-Auguste-Marie), lieutenant-colonel d’infanterie coloniale, correspondant de l’Institut, 14, rue Oudinot, à Paris (7e),présenté par le prince Roland Bonaparte ;
- La Société métallurgique de Montbard-Aulnoye (Côte-d’Or), 22, rue de l’Arcade, à Paris (8e), présenté par M. Dupuis;
- M. Michel (Henry), constructeur-mécanicien, vice-président de la Chambre syndicale des Industries du Décolletage, 10b, avenue Parmentier, à Paris (11e), présenté par MM. Lemaire et Lindet;
- Le Directeur général de la Société chimique de la Grande Paroisse, 5, rue Cambacérès, à Paris (8e), présenté par le Directeur des Usines chimiques de Saint-Gobain et M. Barrai ;
- La Société pour la Fabrication des Munitions d’Artillerie, 12, boulevard Michelet, à Marseille, présentée par le général Sebert et la Société scientifique et industrielle de Marseille ;
- M. Loiret (Joseph),Ingénieur en Chef des Mines, directeur de l’École des Maîtres-mineurs, à Alais (Gard), présenté par MM. H. Le Chatelier et Gruner ;
- M. Fromentin (Maurice), Ingénieur des Arts et Manufactures, 25, rue des Arts, à Levallois-Perret (Seine), présenté par MM. Wéry et Lemaire ;
- M. Longinescu (Georges), docteur ès sciences, professeur de chimie inorganique à l’Université de Bucarest, présenté par MM. Lemaire et Fremont.
- M. le Président prononce l’éloge de plusieurs collègues décédés :
- M. Émile Guimet portait dignement un nom illustre; son père, sollicité sans doute par le programme du prix que notre Société avait fondé en 1824, créa le bleu d’outremer artificiel et reçut, en 1828, sur le rapport de notre ancien collègue, Mérimée, le prix qui y était attaché. Notre collègue, qui vient de disparaître, a pontinué, dans son usine de Fleuriemsur-Saône, 1a, fabrica-
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- tion de l’outremer; mais la direction de celle-ci ne suffisait ni à son activité ni à ses goûts. Nous le voyons présider la Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, la Compagnie de Navigation mixte, etc.; il déploie, dans les réunions des Conseils de ces sociétés, les plus hautes qualités d’administrateur. Philanthrope, il se préoccupe du sort matériel et moral de ses ouvriers; ceux-ci lui sont fidèles, et nous ne trouvons la preuve dans ce fait que, trois fois, notre Prix Fourcade a été distribué à des ouvriers de Fleurieu-sur-Saône. Artiste, poète et musicien, il composa des oratorios et même un opéra, Taï-Tsoung, inspiré des documents qu’il avait recueillis dans ses voyages en Chine. Car M. Emile Guimet a entrepris de grands et intéressants voyages, au cours desquels il a spécialement étudié les questions religieuses et philosophiques de la Chine, du Japon et de l’Egypte; ses collections de documents imprimés et matériels sont connues du monde entier, puisqu’il en a fait don à la France; son nom se trouve ainsi immortalisé, car le savant qui voudra étudier l’histoire de ces religions et de ces philosophies sera certain de rencontrer au Musée Guimet une documentation unique au monde. M. Émile Guimet était membre perpétuel donateur de notre Société; M. J.-B. Guimet recueille ses droits à titre perpétuel ; nous lui exprimons nos condoléances.
- M. Guillemin est sorti de l’École centrale des Arts et Manufactures,en 1869, le premier de sa promotion. Ses travaux ont porté sur des questions d’ordre métallurgique. Il a étudié les alliages de cuivre et spécialement les laitons à haute résistance; il fut, assurément, le premier à utiliser la métallographie microscopique dans les recherches sur les alliages.
- Notre collègue a été, pendant de longues années, ingénieur-conseil à la Maison Mattelin-Garnier, et, durant la guerre, il a porté toute son activité à l’usine que cette Société possède à Nantes.
- La mort, devant l’ennemi, de son fils, Jean Guillemin, sorti major métallurgiste de l’École centrale, a contribué pour beaucoup à hâter la fin de notre regretté collègue.,
- Au sortir de l’École d’Arts et Métiers d’Aix, en 1860, notre collègue, M. Claudius Ghômienne, entra à la Société des Forges de l’Horme (Loire); il y fut ouvrier d’abord, puis dessinateur au Bureau des Études, C’est là que Lucien Arbel, le père de notre collègue du Conseil, le connut et l’apprécia; il l'appela à lui et lui confia, en 1869, la construction des Forges de Couzon, auxquelles il devait consacrer quarante et un ans de sa vie laborieuse; il y fut directeur de 1891 à 1907, date à partir de laquelle la Société des Établisse^ rnents Arbel se l’attacha au titre d'ingénieur-conseil.
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- L’activité de notre collègue ne se contentait pas de ces occupations professionnelles, quelque lourdes qu’elles fussent; ses observations, tant à l’école qu’à l’usine, lui avaient permis de se rendre compte qu’un enseignement technique analogue à ceux dont l’étranger était doté pourrait rendre de grands services. Il entreprit une série de conférences de vulgarisation, et, grâce à son initiative et à sa persévérance, les écoles de Firminy, de Rive-de-Gier, de Roanne furent créées et se développèrent. Le Gouvernement, reconnaissant les services qu’il avait rendus, le nomma inspecteur départemental de l’Enseignement technique en 1892, puis membre du Comité d’inspection et, enfin, membre du Conseil supérieur.
- M. Ghômienne laisse des publications sur les marteaux-pilons, la métallurgie des aciers, la combustion, les fours Saniter, les combustibles, l’enseignement technique, l’histoire de Rive-de-Gier, etc. En 1914, ces publications avaient été jugées dignes d’une de nos médailles de vermeil.
- M. Ghômienne était chevalier de la Légion d’honneur. Nous exprimons nos condoléances à M. Emile Chômienne, son fils, devenu notre collègue.
- C’est au Laboratoire de Recherches des Gobelins que notre collègue, M. Valette, débuta, en qualité de préparateur, auprès de Guignet qui en était le directeur. Après avoir collaboré avec celui-ci, il étudia, seul, l’indigo naturel du Tonkin et .exposa, en 1900, un remarquable échantillon d’indi-gotine.
- A la mort de Guignet, il fut nommé directeur par intérim, puis directeur titulaire du Laboratoire et poursuivit une série de recherches sur la solidité, à la lumière, des couleurs artificielles principales sur l’action des alcalino-terreux sur la laine et le blanchiment des laines, sur l’emploi de certaines nuances très tendres pour les tapisseries de Chéret, etc. Son étude la plus originale est celle de l’application, en collaboration avec M. Féret, de la photographie en couleurs sur tissus, qui donne des effets décoratifs inattendus et crée de nouveaux articles de luxe très intéressants; le procédé suivi est celui de la trichromie, appliqué sur un tissu rendu sensible et susceptible de ne donner de matières colorantes que sous l’influence de la lumière (1 2).
- M. Valette se préoccupa, pendant ces dernières années, d’établir un grand code des couleurs, que la mort ne lui a pas permis d’achever.
- La guerre n’a pas été étrangère à la mort de notre collègue Emile Bigo, dit Bigo-Danel, que, le 27 mars 1919, les maitres-imprimeurs de France et les
- (1) Voir le Bulletin de la Société d,'Encouragement, 1913, 1, p. 905.
- (2) Voir le Bulletin de 1913, 11, p. 177.
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- œuvres sociales lilloises ont eu à déplorer. Notre regretté collègue a dû quitter, au début de l’invasion allemande, la ville qu’il avait illustrée par son travail et par sa générosité, et les émotions que lui causèrent les tristes nouvelles qui lui parvenaient du Nord diminuèrent les réactions de sa vigoureuse vieillesse.
- Emile Bigo, en 1855, à l’àge de 19 ans, aida son père à gérer la fabrique de sucre d’Esquerdes (Pas-de-Calais) qu’il quitta en 1868 pour collaborer à la direction des imprimeries de son béau-père, M. Léonard Danel, dont l’origine remonte à 1698. Il sut développer la prospérité de ces établissements et augmenter la considération dont ils jouissaient déjà dans le monde des imprimeurs ; ceux-ci donnèrent à notre regretté collègue la preuve affectueuse de leur estime en le nommant président de l’Union syndicale des Maîtres-Imprimeurs de France. La réputation qu’il avait acquise, tant dans l’administration des affaires industrielles que dans celle des œuvres sociales, l’avait désigné comme président de la Société de Pont-à-Vendin, président de la Société des Mines de Lens, censeur de la Banque de France, délégué régional de la Société de Secours aux Blessés militaires, président de l’Office central des Institutions sociales et charitables, président de la Société de Protection des Enfants du 1er Age, président de l’Union artistique de Lille, etc. L’énumération de ces organismes, auxquels il a consacré le meilleur de son activité, montre que Bigo-Danel a bien servi l’industrie et l’humanité. M. Bigo-Danel avait été nommé, en 1911, officier de la Légion d’honneur.
- L’industrie de la semoulerie de blés durs a été créée, il y a une cinquantaine d’années, en France par notre regretté collègue, M. Joseph Maurel, meunier à la Valentine, près Marseille. Celui-ci a pu, dès les premières années de l’aménagement spécial de son iïioulin, entrer en concurrence avec l’industrie italienne et favoriser ainsi le développement de la fabrication des pâtes alimentaires. Le sasseur Maurel, pour la classification des semoules, suivant couleur, perfectionnement du sasseur Cabanes, est resté pendant longtemps et reste encore le meilleur des instruments destinés à ce travail spécial.
- En 1884, Joseph Maurel fonda, avec quelques confrères, la Chambre syndicale des Semouliers qui, grâce à son activité, à sa grande expérience et à sa haute autorité, prit immédiatement une excellente direction. Il reçut, en 1896, la croix de la Légion d’honneur.
- Malgré son grand âge, il refusa, au cours de la guerre, de quitter la direction de son usine, considérant que, devant les angoisses du pays, chacun devait travailler jusqu’à la limite de ses forces.
- Que son fils, notre collègue, veuille bien recevoir le témoignage de nos regrets.
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- Notre correspondant, Sir William Crookes, est un des savants de haute science dont le nom est devenu populaire grâce aux applications que ses recherches purement spéculatives ont reçues dans les cours de physique classique, et je dirais même de physique amusante.
- Sir William Crookes analysa les radiations du sélénium, constata que ces radiations étaient accompagnées d’une force répulsive et traduisit cette observation par l’invention du radiomètre dont les palettes tournent indéfiniment sous l’action de la lumière, et qui semble, aux profanes attardés aux devantures de nos négociants en verrerie, un instrument quelque peu mystérieux. Plus tard, notre regretté collègue s’attacha à l’étude des décharges électriques dans les gaz raréfiés et créa ces tubes dont la phosphorescence diversement colorée fait l’admiration des auditeurs dans les cours de physique. Il est l’auteur de cette expression du « bombardement cathodique », qui est devenue presque vulgaire, mais qui a guidé, dans leurs recherches, tant d’opérateurs, et William Crookes lui-même, dans ses travaux sur la phosphorescence des minéraux en présence des rayons cathodiques, sur les terres rares et spécialement sur l’uranium X. Tout cet ensemble nous donne la notion d'un quatrième état de la matière, l’état radiant, et nous devons considérer le grand savant qui vient de s’éteindre, à l’âge de 87 ans, comme le précurseur des idées modernes sur la constitution de la matière.
- Beaucoup de relations se sont trouvées, du fait de la guerre, arrêtées ou ralenties et c’est à cette cause qu’il faut attribuer l’ignorance dans laquelle nous avons été du décès de M. Péchiney, membre à vie de notre Société, survenu au mois de janvier 1916.
- Le grand nom de Péchiney, est intimement lié à celui de l’usine de Salindres (Gard), qui a reçu de lui, pendant trente-quatre ans, une impulsion toujours plus active; il en fut le directeur de 1873 à 1877; puis, quand la Société se transforma en Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, il prit le titre de directeur gérant, de 1877 à 1895, puis d’administrateur-délégué, de 1896 à 1907.
- Durant cette longue carrière, il transforma complètement la fabrication du chlorure de chaux, construisit de nouvelles tours de Glover et de Gay-Lussac, et 6000 m3 de chambres nouvelles, installa un appareil Weldon et créa le procédé Weldon-Péchiney pour la préparation du chlore par le chlorure de magnésium; il seconda Sainte-Glaire Deville dans la fabrication chimique de l’aluminium, qu’il transporta plus tard à l’usine électrochimique de Calypso, près de Saint-Jean-de-Maurienne.
- Notre regretté collègue fut un grand industriel et un administrateur de premier ordre. Il avait reçu de son prédécesseur, M. Merle, des principes
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- d’organisation qu’il a transmis à son tour à ses successeurs parmi lesquels nous citerons notre collègue M. Boyoud, aujourd’hui directeur général de la grande compagnie dont Péchiney a fait la fortune industrielle.
- Nous avons en outre à déplorer le décès de nos collègues : M. Cambefort, administrateur du Comptoir national d’Escompte; M. Pernez, inspecteur de l’Association des Propriétaires de Machines à Vapeur; M. Simon fils aîné, fabricant à Elbeuf, sur lesquels nous n’avons pas pu nous procurer de renseignements biographiques.
- M. le Président annonce la nomination de :
- 1° comme membres du conseil :
- Au titre de membres du Comité des Constructions et Beaux-Arts : M. Bechmann et M. Marcel Magne ;
- Au titre de membre du Comité des Arts économiques : M. Jean Rey.
- 2° comme membres correspondants :
- Au titre de correspondant du Comité des Arts mécaniques : M. Bouchayer;
- Au titre .de correspondant du Comité des Arts chimiques: M. Boyoud, M. Albert Scheurer et M. Zuber;
- Au titre de membres correspondants du Comité d’Agriculture : M. Faucon, M. Hélot, M. Henry Girard, M. Mennesson, M. Simon (Albert);
- Au titre du Comité des Constructions et Beaux-Arts ; M. Arnodin, M. Louis Lumière ;
- Au titre du Comité de Commerce : M. Isaac.
- M. le Président a adressé à la direction du journal Nature, de Londres, à propos du cinquantième anniversaire de sa fondation, les félicitations de la Société.
- M. le Président annonce qu’il a représenté la Société d’Encouragement à la réunion annuelle de la Société chimique de France, à la réunion annuelle de l’Association des Chimistes de Sucrerie et de Distillerie, au banquet qui a été offert par l’Union des Grandes Associations françaises à M. Pierre Tirard, haut-commissaire de la République dans les provinces rhénanes.
- Il a été appelé, comme président de la Société, à présider le Congrès de « La Plus Grande Famille, » au cours duquel a été discutée la question de la réforme de l’enseignement secondaire (9 et 10 juin 1919).
- M. Georges Hardy, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de l’Université,.directeur de l’Enseignement en Afrique occidentale française, fait
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- une communication sur Un essai (Tenseignement pratique : Venseignement en Afrique occidentale française (préapprentissage, apprentissage)(l .
- M. le Président. — Notre collègue du Conseil, M. Dybowski, nous a montré dans sa conférence du 23 février 1918, les ressources offertes par l’Afrique occidentale française ; mais celles-ci restent latentes et inutiles, si l’on ne forme pas une génération indigène, capable de les mettre en valeur. C’est là l’œuvre de M. Georges Hardy, qui, appelé, en qualité de directeur de l’enseignement en A. O. F., a compris qu’il fallait substituer aux programmes métropolitains d’enseignement des méthodes adaptées aux besoins et aux idées des élèves, et qui soient susceptibles d’exercer, en retour, une influence heureuse dans la famille. Ses efforts, interrompus par la guerre, ont été repris, quand, glorieusement blessé, et décoré de la croix de guerre, il est revenu à son poste d’apôtre. L’œuvre accomplie, si jeune qu’elle soit encore, est considérable; et l’on ne sait ce qu’il faut le plus admirer, des résultats acquis ou de la souplesse d’esprit qu’il a fallu pour les obtenir. Ancien élève de l’Ecole normale, profes-teur agrégé d’histoire et de géographie, M. Georges Hardy a su enseigner l’agriculture, la mécanique, la menuiserie, la comptabilité et même, dans les écoles de filles, la couture et l’économie ménagère. Puisse son œuvre survivre aux luttes politiques qui menacent notre Sénégal 1
- Je ne saurais mieux le féliciter et le remercier en votre nom qu’en lui remettant la médaille d’or que notre Société lui a décernée sur le rapport de notre collègue, M. Roy(1 2k
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 29 NOVEMBRE 1919 Présidence de M. Breton,
- Directeur des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société et admis, séance tenante :
- M. Christianj (Frits, Rüdolf), ingénieur civil, ancien élève de l’Ecole poly-
- (1) Le texte in extenso de cette conférence est donné à la page 314 du présent numéro.
- (2) Voir le Bulletin de juillet-août 1918, p. 9 à 21, et dans le même numéro, p. 119 à 122, le compte rendu de deux ouvrages d’enseignement en usage dans l’A. 0. F.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. -- SÉANCE PUBLIQUE DU 29 NOVEMBRE 1919. 433
- technique de Copenhague et de l’École des Ponts et Chaussées de Paris, Kron-prinsenvej, n° 6, à Copenhague, présenté par MM. Bertin et Terré;
- M. Herman (Max), ingénieur, entrepreneur de Travaux publics, 12, rué Soliman Pacha, au Caire (Égypte), présenté par M. Candlot.
- Pour 1920 :
- M. Danaïla (N.), professeur de technologie chimique à l’Université de Bucarest, Calea Mosilor, 142, à Bucarest (Roumanie), présenté par MM. Lemaire, Haller et Le Chatelier;
- M. Musceleanij (Christian) docteur ès sciences, ancien directeur au Ministère de l’Industrie et du Commerce, Strada Simonide, n° 1, à Bucarest, présenté par MM. Lemaire et Longinescu;
- M. Severin (Émile), docteur ès sciences de l’Université de Paris, professeur à l’université de Cluj, à Cluj (Transylvanie, Roumanie), présenté par MM. Lemaire et Longinescu ;
- Mî Chômienne (Émile), Ingénieur des Arts et Métiers et de l’Institut électrotechnique de Grenoble, ingénieur à la Société alsacienne de Constructions mécaniques, 6, rue du général Hoche, à Belfort, présenté par MM. Lindet et Bâclé ;
- M. Charrier (Henri), Ingénieur des Arts et Manufactures, directeur de la maison Kestner, 7, rue de Toul, à Lille (Nord), présenté par M. Kestner ;
- M. Demorlaine (Joseph), Inspecteur des Eaux et Forêts, professeur d’économie forestière à l’Institut national agronomique, 20, rue de l’Aigle, à Com-piègne, présenté par MM. Lindet et H. Hitier;
- M. Grandel (Paulin), ancien élève de l’École polytechnique, administrateur des Établissements Kuhlmann, 7, rue Louis Bailly, à Paris (17e), présenté par la Société des Manufactures de Produits chimiques du Nord (Établissements Kuhlmann).
- M. de Suzaunet (Jean), 6, place du Palais-Bourbon, à Paris (7e), présenté par M. Delmar ;
- M. Thierry-Delanoue, administrateur^de sociétés, 28, rue Faber, à Paris (7e), présenté par M. Delmar;
- M. de Balincourt (Henri), industriel, 31, boulevard de La Tour-Maubourg, (7e), présenté par M. Delmar;
- M. Roffo, Ingénieur des Arts et Manufactures, constructeur de machines agricoles, 8, place Voltaire, à Paris (11e), présenté par MM. Lindet et Lemaire;
- L’Office central de Chauffe rationnelle, 5, rue Michel-Ange, à Paris (16e), présenté par MM. H. Le Chatelier et Matignon.
- M. Lindet, 'président de la Société, prononce l’éloge de plusieurs collègues décédés.
- Tome 131. — 2e semestre.
- Novembre-Décembre 1919.
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- M. Henry Deutsch de la Meurthe, était membre perpétuel de notre Société, sous la raison sociale qu’il avait créée avec son frère, M. Emile Deutsch, à qui nous adressons l’expression de nos regrets.
- Henry Deutsch fut l’un des premiers à affirmer, dès 1900, que le problème de la navigation aérienne serait résolu par l’adaptation du moteur à explosion A partir de ce moment, comme s’il voulait justifier sa prophétie, il s’attache à aider les constructeurs et les aviateurs, par la création de prix aussi importants que nombreux, dont le premier lauréat fut Santos-Dumont (1901), par la création de l’Institut aérotechnique de Saint-Cyr, par la création de chaires d’aéronautique, la fondation de l’Aéro-Club et de toutes les associations sportives aéronautiques. Notre regretté collègue a été un novateur et un Mécène que la croix de commandeur de la Légion d’honneur a récompensé. Nous lui devons une grande part de la supériorité que, pendant la guerre, notre aviation a su prendre sur celle de notre ennemi.
- Notre Comité des Arts Mécaniques a compté longtemps parmi ses membres M. Résal, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, professeur à l’École des Ponts et Chaussées (cours de construction des ponts, puis de résistance des matériaux).
- Notre regretté collègue a eu à construire, tant en France qu’aux colonies et à l’étranger, de nombreux ponts, dont les plus célèbres sont : le Pont Mirabeau (1889-1896) et le Pont Alexandre III (189o-1900),où il a réalisé des dispositions aussi nouvelles que hardies ; sa haute réputation l’avait désigné, au cours de la guerre, pour diriger le service de reconstruction des ponts et ouvrages de navigation dans la zone des armées. Ses divers travaux lui avaient suggéré la poursuite d’études de science industrielle sur l’élasticité et la résistance des métaux, la poussée des terres, la stabilité des constructions, recherches qui l’auraient certainement conduit à l’Institut si les fatigues occasionnées par son service de guerre et les nombreux deuils éprouvés n’avaient épuisé sa robuste constitution.
- M. Résal était commandeur de la Légion d’honneur.
- Nous adressons à Madame Résal l’expression de nos respectueux hommages.
- La Chambre syndicale des Constructeurs de Machines agricoles a fait une grande perte dans la personne de son secrétaire général, M. Léon Roffo, à qui elle doit non seulement l’exécution parfaite et pleine de zèle de ses fonctions syndicales, mais encore la vulgarisation d’un certain nombre de machines agricoles, notamment l’avant-train autovireur et le cultivateur canadien à grands cadres articulés. Nous exprimons à M. J. Roffo, son frère, notre nouveau collègue, nos sympathiques regrets.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION. ---- SÉANCE PUBLIQUE DU 29 NOVEMBRE 1919. 435
- M. Lindet, président de la Société, annonce la nomination de membres correspondants :
- au titre du Comité d’Agriculture : M. J. Potin, M. Gouin;
- au titre du Comité des Arts chimiques: M. A. Michelin ;
- au titre du Comité de Commerce : M. de Lacroix;
- au titre du Comité des Arts économiques : général baron Empain, M. Chauveau ; M. de Férol ; M. Visseaux; M. Lebeuf.
- M. Lindet, président de la Société : — Sur la demande de notre aimable conférencier, M. Roux, nous avons invité M. Breton, député, ancien sous-secrétaire d’Etat, à vouloir bien prendre, ce soir, le fauteuil de la présidence. Nous l’avons fait d’autant plus volontiers que M. Breton, transformant en œuvre de paix, la Direction des Inventions, qui a rendu tant de services au cours de la guerre, poursuit aujourd’hui une œuvre analogue à la nôtre, sous le nom de Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, et que nous avons intérêt à mieux nous connaître et à nous aider au besoin. Au nom de la Société, je lui souhaite la bienvenue.
- M. Breton remercie M. Lindet et expose l’œuvre de la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, créée le 13 novembre 1915, rattachée successivement, sous différents noms, au ministère de l’Armement, à celui de la Guerre, enfin à celui de l’Instruction publique. Il expose le programme de ses travaux : fournir aux inventeurs les moyens de réaliser pratiquement leurs inventions, matières premières, ouvriers spécialistes, etc; — leur faire connaître ce qui a déjà été essayé,dans la même matière ; — faire intervenir des personnes compétentes pour résoudre les problèmes de détail; inciter les industriels et les constructeurs à réaliser les inventions ainsi mises .au point.
- La Société d’Encouragement et la Direction des Inventions peuvent travailler côte à côte, par des moyens différents ou semblables, en vue du même idéal : favoriser le développement de notre industrie, en qualité et en quantité, et faire bénéficier notre pays du génie inventif des Français.
- M, Roux, directeur du Service de l’Enseignement technique, industriel et commercial en Alsace et Lorraine, fait une communication sur Venseignement technique, industriel et commercial en Alsace et Lorraine (,).
- M. Breton remercie M. Roux de la très intéressante communication qu’il vient de faire et le félicite des beaux résultats que son administration a déjà obtenus dans une tâche qui est loin d’être facile.
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- (1) Le texte de cette conférence paraîtra dans un prochain numéro du Bulletin,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Terres réfractaires, par M. Marc Larchevêque, fabricant de porcelaine à Yierzon.
- (Chambre syndicale des Fabricants de Porcelaine du Berry-Vierzon.) Suite du
- Rapport sur l’emploi des P. G. (3e fascicule). 1 vol. in-8 de 68 p., 1 pl. (Prix :
- 2 fr. 30.) Vierzon, Imprimerie G. et M. Marin.
- Le travail de M. Larchevêque est extrait d’un rapport à la Chambre syndicale des Fabricants de Porcelaine duBerry.
- Bien que les terres réfractaires soient très répandues en France, il n’en a pas encore été fait d’étude générale, alors qu’en Allemagne il existe un ouvrage important sur ce sujet, le traité de Cari Bishof, traduit par Chemin (1906). Des éludes générales, portant sur un assez grand nombre d’argiles, avaient été entreprises par Lavezard sur l’initiative et sous la direction de G. Vogt, mais la mort de ces deux savants a interrompu les recherches dont les premiers résultats sont décrits dans l’ouvrage intitulé : Contribution à Vétude des argiles et de la céramique (*), par Lavezard et M. Laville.
- La notice de M. Larchevêque comble en partie la lacune que nous signalons. Elle est conçue à un point de vue essentiellement pratique, sans cependant que le côté scientifique soit aucunement négligé.
- L’auteur fait remarquer que nombre d’argiles réfractaires ont dû être étudiées dans les usines, à la suite du développement récent des industries métallurgiques; des études de ce genre sont faites aussi par M. A. Granger, à Sèvres; elles pourront être ultérieurement coordonnées et fournir la matière d’une publication spéciale. En attendant que cette œuvre puisse être entreprise, M. Larchevêque a cherché à combler, au moins en partie, la lacune existante, par la publication de sa notice.
- Dans cette étude, les argiles et terres réfractaires sont rapportées à sept types d'argiles normales (terres de Fumel, de Provins, de Langeais, de Vendœuvre-en-Brenne, micacées, ferrugineuses et calcaires, et terres kaoliniques).
- La constitution et l’origine de ces diverses argiles sont sommairement décrites, sans indications cependant des niveaux géologiques bien déterminés qu’elles occupent, et dont la connaissance viendrait à l’appui d’une bonne classification.
- Les propriétés physiques (plasticité, couleur, odeur, densité, porosité), les propriétés chimiques (composition, action des acides, des carbonates alcalins, des alcalis, etc.), sont aussi sommairement décrites. L’action de la chaleur, les effets de la distillation sèche, dégagements gazeux et réactions connexes (on montre comment elles expliquent les défauts de certaines poteries), le séchage, l’allure pyrométrique
- (1) Publication delà Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, Paris, prix 40 fr.
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- ANALYSES ])’OUVRAGES.
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- des divers éléments, les fondants, la fusibilité, la dilatation des quartz, ses gonflements, tous ces phénomènes intéressants sont passés en revue.
- La notice est plus développée en ce qui concerne les essais pratiques, essais pré" liminaires et essais complets, et, dans cette partie, l’auteur revient sur les lacunes que présentait l’exposé des propriétés physiques et chimiques, notamment en ce qui concerne le coulage, le retrait, la porosité, l’analyse mécanique.
- La notice contient aussi des descriptions spéciales, relatives aux argiles de différentes provenances comme il a été dit plus haut, avec un résumé des analyses principales. Elle se termine par des indications sur divers autres matériaux réfractaires dégraissants (ciments réfractaires, chamotte, sables et sablons, silice farineuse et surtout la terre à gazette).
- En résumé, la notice de M. Larchevêque contient des renseignements très intéressants et présentés en ordre. Elle sera utilement consultée par les fabricants et par tous ceux qui s’intéressent à l’industrie des terres réfractaires. Cette étude a le grand mérite de donner des mesures précises de chacune des qualités des argiles, au lieu de se contenter d’appréciations de sentiment, comme c’est un peu trop l’habitude dans beaucoup de publications relatives à la céramique. On ne saurait trop féliciter l’auteur de cette innovation.
- H. Le Ckatelier.
- Les problèmes du crédit en France, par M. Germain Martin, professeur à la Faculté de Droit de FUniversité de Montpellier. In-16 de 283 p. (Prix: 4 fr. 50). Paris, Payot etCie, 1919.
- Après une curieuse introduction sur le Néo-Saint-Simonisme où l’auteur conclut, comme tous les gens raisonnables, que le premier devoir de tous les Français est de produire et d’exporter, si possible, ilj examine successivement le support du crédit français, son armature et les problèmes d’après-guerre auxquels il lui faudra faire face.
- Le support de notre crédit, c’est notre épargne. Elle est puissante. Elle a le défaut d’être trop passive, insuffisamment éclairée. Il ne suffit pas de mettre de côté : encore faut-il bien employer ses réserves. Notre rentier ne le fait pas toujours. Il a tiré vanité d’être le « banquier du monde ». Mais il apprend durement, à ses dépens, que ce rôle est dangereux et que le métier de banquier consiste, non pas à prêter de l’argent à n’importe qui, mais à le prêter à bon escient, à le confier à des personnes sûres, à en surveiller l’utilisation. La thésaurisation à domicile n’est pas non plus un emploi recommandable de l’épargne réalisée. La peur des mauvais placements ne doit pas paralyser tout placement. L’argent est un outil dont il faut se servir.
- L’armature de notre crédit c’est notre organisation bancaire. M. Germain Martin passe en revue ses divers aspects et montre que les critiques adressées à nos grands établissements de crédit au sujet de l’exode des capitaux français à l’étranger n’ont plus guère aujourd’hui qu’un intérêt historique.
- Dans les années qui vont venir, il ne s’agira pas pour nous de placer des capitaux à l’étranger, du moins en grande masse ; il s’agira de fournir du crédit aux affaires françaises. Et si l’opération est bien menée, elle peut avoir une excellente action éducatrice sur l’épargne française. Elle peut apprendre aux rentiers inertes que nous sommes trop souvent, qu’il est bon de connaître, de suivre et de contrôler l’emploi de ses fonds.
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- BIBLIOGRAPHIE. - NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Un chapitre important est consacré par l’auteur au crédit de l’État pendant la guerre. On y verra comment l’abus du recours à la Banque de France et la circulation fiduciaire exagérée, qui en est la conséquence, ont concouru au phénomène de la vie chère et à la dépréciation de notre change. Des critiques sont également formulées contre les emprunts à court terme à l’étranger, et aussi contre le taux des premiers emprunts à long terme.
- Enfin, M. Germain Martin examine trois problèmes financiers d’après-guerre ; celui de la liquidité des capitaux, qui se pose en raison des énormes sommes nécessaires pour couvrir les dépenses de guerre et faire face aux besoins de la liquidation; celui du crédit aux effaires et du régionalisme bancaire, qui s’affirmait déjà avant la guerre et que les circonstances rendront plus urgent ; celui du crédit et des règlements inter-tionaux, qui est dû tout entier, au contraire, à cinq années d’une guerre coûteuse. Chacun de ces problèmes est étudié d’une façon sommaire, mais claire et facile à saisir. Les solutions recommandées sont celles que l’on peut attendre d’un juriste consciencieux et d’un économiste averti.
- Paul de Rousiers.
- La technique de la houille blanche et des transports d’énergie électrique. — Tome I :
- Création et aménagement des chutes d’eau, par M. Étienne Pagoret. Préface de • M. Blondel, membre de l’Académie des Sciences. 3e édit, considérablement augmentée. In-8 de XXXIV +- 1197 p., avec 740 fig. et 8 pl. (Prix : 75 fr.). Paris,
- Dunod, 1919.
- L’ouvrage de M. Pacoret est bien connu des techniciens. Lors de sa première édition, il a été couronné par notre Société.
- C’est un ouvrage d’actualité, puisque nous manquons de charbon, et que nous sommes riches en houille blanche ; nous devons utiliser celle-ci à n’importe quel prix. C’est un ouvrage extrêmement précieux, puisqu’il facilitera cette utilisation de la houille blanche, parce qu’il est exécuté d’une façon magistrale.
- Celte troisième édition comportera trois forts volumes.
- Le tome I, le présent, est consacré à l’étude théorique et pratique concernant la création et l’aménagement des chutes d’eau et des usines hydroélectriques ; il renferme quinze forts chapitres. C’est un véritable cours d’hydrologie et d’hydraulique spécialisé. Il embrasse l’étude des rivières, des canaux, des conduites forcées, des barrages, des turbines, des projets au point de vue de la conception et de l’exécution des prises d’eau sur rivières torrentielles ou de plaine, des canaux d’amenée, chambres de mise en charge, bassins, vannes, bâtiments et accessoires. La régularisation des usines hydrauliques au moyen des lacs naturels ou des réservoirs artificiels, l’étude économique des installations, des projets d’usines et la législation des cours d’eau complètent ce volume.
- Une préface de trente-six pages de notre collègue, M. André Blondel, membre de l’Institut, mériterait à plus d’un titre d’être reproduite en entier. La préface de l’édition de 1907 était consacrée aux découvertes et aux grands progrès techniques qui avaient créé et développé l’industrie de la houille blanche. La préface de 1919 expose l’influence delà guerre sur le développement présent et futur de la houille blanche et de ses applications.
- M. André Blondel rend d’abord hommage à l’esprit d’initiative avec lequel nos
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- ANALYSES ü’oUVRAüES.
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- ingénieurs ont entrepris, dès août 1915, l’exploitation intensive de nos installations hydroélectriques. Notre bassin houiller, après la bataille de la Marne, n’était plus exploitable que pour un quart. Or, la puissance hydraulique aménagée put atteindre 1 650 000 chevaux d’étiage à la fin de 1918, contre 650 000 chevaux générés dans les usines thermiques (dont plus de 300 000 dans la région parisienne). Comme avant la guerre, nos mines ne produisaient qu’environ les deux tiers du tonnage de charbon nécessaire à l’industrie, soit 60 millions de t. sur 80 millions que nous consommions, nous avons dû acheter en 1912 plus de 20millions de t. pour une somme dépassant 400 000 000 de francs, et pendant la guerre notre importation de charbon nous occasionne une dépense annuelle de 5 milliards, c'est-à-dire l’intérêt d’un capital de 100 milliards. Si l’usiue de Génissiat, projetée sur le Haut-Rhône, avait été construite avant 1914, dit M. A. Blondel, ainsi que les lignes de transport de l’énergie sur Paris, non seulement toutes les installations se seraient trouvées amorties par les revenus de la période de guerre, mais encore une sortie de numéraire bien lourde aurait été évitée.
- M. André Blondel demande que l’on détermine d’une façon définitive l’importance de la puissance brute disponible de.nos chutes d’eau utilisables, et l’évalue à 10 millions de chevaux moyens, c’est-à-dire utilisables pendant plus de 80 jours par an.
- Il exalte ensuite les découvertes et les progrès, tant scientifiques que techniques, qui ont créé l’industrie de la houille blanche.
- « Les techniques hydraulique et électrique, conclut M. A. Blondel, sont exposées avec toute l’ampleur qu’elles comportent dans le superbe ouvrage de M. Pacoret. Son travail, vrai monument de la littérature technique française, fait honneur à son infatigable auteur ; il constitue, par sa documentation renouvelée, par son exposition parfaitement didactique, une mine précieuse de renseignements sur tous les points utiles à l’ingénieur et à tout lecteur qui s’intéresse aux usines hydro-électriques et aux transports d’énergie. »
- Jules Garçon.
- Les fours électriques industriels et les fabrications électro-thermiques, par M. Jean
- Escard. ln-8 de VIII-652 p. avec 250 fig. et 40 pl. (Prix : 60 fr.). Paris,
- Dunod, 1919.
- M. Jean Escard, dont les travaux ont été récompensés par notre Société, est un vulgarisateur de grand mérite, aussi bien pour son talent que pour le sérieux de sa documentation. Nous avons grand plaisir à signaler et à recommander l’ouvrage important qu’il consacre aux fours électriques inlustriels et aux fabrications qui dérivent de leur emploi.
- J. G.
- Le four électrique constitue un instrument des plus précieux par son rendement élevé, par sa conduite facile, par la qualité des produits qu’il permet d’obtenir. Nous ne sommes peut-être pas éloignés du moment où les matériaux de construction eux-mêmes seront fabriqués par voie électrique; témoin les expériences récentes sur la constitution des ciments et les essais sur la fusion des silicates et des silico-aluminates.
- Il est de nombreux cas où le four électrique réalise une économie sensible, indépendamment de ses autres qualités. En dehors des métallurgies importantes de l’heure présente (fers, aciers, ferro-alliages, etc.), les fonderies l’utilisent de plus en plus.1
- La description des méthodes constitue la partie essentielle de l’ouvrage. Comme le ren-
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- dement est le principal facteur de production économique, M. Escard a tenu à donner des renseignements précis sur les chiffres jusqu’ici obtenus.
- Les principaux sujets traités sont : types généraux de fours électriques industriels, électrodes, extraction des métaux, électrométallurgie du Zn et de l’AI, fontes et aciers électro-thermiques, alliages, siliciures, carbures,borures ; ferro-alliages, carborundum, produitsnitrés synthétiques, alumine, quartz fondu, etc.
- Production économique de l’électricité dans les régions industrielles, par M. Fernand Courtoy, ingénieur-constructeur à Bruxelles, ln-8 de 304 p. (Prix : 30 fr). Paris, Ch. Béranger, 1919.
- Après une introduction sur le développement considérable que les applications de l’électricité ont pris, l’auteur traite dans la première partie de la demande d’énergie.
- La seconde partie est consacrée à Voffre d’énergie, la troisième à des vues sur l’avenir. Toutes les causes qui peuvent favoriser, dans une exploitation courante, l’organisation de la marche des machines et celle des services de production sont étudiées de manière à obtenir en pratique un maximum de rendement.
- La partie la plus importante : offre de l’énergie, traite des sources d’énergie, des qualités demandées à ces sources, en particulier aux centrales et aux groupements de centrales ; cette partie donne ensuite des exemples de groupements existants. Elle finit par une étude très développée du groupement dubassin de Liège (p. 151 à 284), avec l’examen des diverses conditions économiques et administratives de ce groupement. C’est une étude des plus intéressantes pour tout producteur d’électricité, et l’auteur conclut que le groupement apparaît comme le mode le plus rationnel de production de l’électricité, malgré les quelques obstacles que les centrales spéciales à chaque industrie craignent, tels que : à coups de consommateurs, concurrence de l’Union, etc.
- Résumé des travaux sur la fabrication des briques de silice, par M. F. Cellerier, directeur du Laboratoire d’Essais du Conservatoire national des Arts et Métiers. ln-8 de 104 p., et 24 pl. Paris,Chapelot, 1918.
- M. Henry Le Chatelier, représentant l’Académie à la Commission technique du Conservatoire des Arts et Métiers, a présenté à l’Académie le compte rendu de ce résumé (C. R. du 23 juin 1919, p. 1252-1253). Après avoir exposé les recherches de M. F. Wattebled qui compare les différentes méthodes de la fabrication des briques en terre cuite ; celles de M. Cellerier qui résume les études faites sur les briques de silice; celles de M. Léon Bertrand qui étudie la structure pétrographique des briques de silice : celles de M. Bodin qui a mesuré la résistance mécanique des briques à des températures croissant jusqu’à 1500°, M. H. le Chatelier conclut : « On ne peut que se féliciter de voirie Laboratoire du Conservatoire des Arts et Métiers entrer enfin dans la voie des recherches de science industrielle qui ont illustré les laboratoires similaires de l’étranger. »
- Principes élémentaires de télégraphie sans fil, par M. R. D. Bangay. Nouvelle éd. in-12 de 232 + 249 p., avec 301 fîg. London, The Wireless PressLtd,Marconi House, 1918.
- L'auteur s’est efforcé de présenter, de la manière la plus simple possible, la théorie et la pratique de la télégraphie sans fil, de façon à rendre le sujet accessible aussi bien aux amateurs qu’aux étudiants, pour lesquels il sert d’aide-mémoire.
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- C’est le meilleur des initiateurs aux principes de la construction des appareils modernes de T. S. F.,appliqués plus particulièrement aux petites stations.
- Il a été beaucoup utilisé pour l’instruction de télégraphistes, qui sont fréquemment appelés à assurer seuls le service d’installations de T. S. F. complètes.
- Les figures présentent le caractère original de ne pas porter de légende, grâce à l’adoption d’une vingtaine de symboles types dans les schémas de circuits de T. S. F.
- J. G.
- L’utilisation des sciures de bois comme combustible, par M. L. Nottin, ingénieur des Arts et Métiers. In-8 de 63 p. avec 25 fig. Édition de Y Usine, 145, faubourg Saint-Denis.
- Il faut aujourd’hui tirer parti de tout ce qui peut être brûlé. Ce petit volume a pour objet de donner les éléments essentiels d’une intéressante enquête, que le journal Y Usine a ouverte sur l’utilisation !des sciures de bois comme combustible. On peut toujours utiliser avec profit les sciures de bois. M. Nottin décrit de nombreux foyers spéciaux, soit à l’économie domestique, soit à l’économie industrielle, et de nombreux procédés de fabrication d’agglomérés.
- Une université du travail, par M. Orner Buyse, directeur de FUniversité du Travail de Charleroi. In-8, de 522 p., avec 247 fig. (Prix : 18 f). Paris, Dunod, 1919. f
- M. O. Buyse est l’auteur bien connu de l’ouvrage : Les méthodes américaines d'éducation générale et technique. Son nouvel ouvrage est l’exposé de ses idées personnelles en matière d’enseignement technique et l’exposé de leur réalisation à Charleroi dans l’ensemble d’institutions créé depuis une quinzaine d’années, sous le titre : Université du Travail. M. Buyse ne pouvait pas mettre de meilleur épigraphe à son œuvre que cette parole de Gladstone : « Un exemple vaut mieux que mille arguments. »
- Précis de technologie mécanique, à l’usage des élèves des Écoles techniques et professionnelles, des contremaîtres et ouvriers, par M. Ch. Fleury, ancien élève des Écoles d’Arts et Métiers. In-8 de 545 p., avec 351 fig. [(Prix : 27 f). Paris, Dunod, 1919.
- L’objet de cet ouvrage est de présenter, sous une forme élémentaire, la description som-maii’e des appareils employés dans l’industrie et des principales méthodes de travail des métaux destinés à la confection des pièces mécaniques qui constituent les machines.
- Voici l’énumération des principales matières : Fonderie. Fusion des métaux. Moulage. Moulage mécanique. Finissage des pièces de fonderie. Forge. Chauffage des pièces de forge. Mesure des températures. Forgeage. Laminage. Tréfilage. Soudure autogène. Essais des métaux. Machines-outils. Transmission de mouvement. Mécanismes de mouvement. Tournage. Perçage. Alésage. Taraudage. Rabotage. Fraisage; Sciage. Moulage.
- Le tunnel sous la Manche, par M. Alfred C. Tobiansky d'Altoff, ingénieur. In-8 de 45 p., avec fig. (Prix : 6 f 75). Paris, Dunod, 1919.
- La question doit passionner l’opinion, car plus que jamais la France et l’Angleterre ont intérêt à resserrer leurs relations.
- L’examen des divers projets élaborés au cours des cent dernières années, celui des avantages politiques et économiques d’une réalisation prochaine, les aperçus sur les
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- BIBLIOGRAPHIE.
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- modes de travail envisagés satisferont, à la fois, les techniciens et les profanes. Ce petit livre est un modèle de vulgarisation.
- Le fraisage, par M. J. Hanen, chef des fabricalions aux Établissements D. Soulé, de Bagnères-de-Bigorre. In-8 de 136 p., avec 82 fig. (Prix: 7 f 50). Paris, Dunod, 1919.
- De l’avis de la plupart des ouvriers mécaniciens, le fraisage est la branche de l’usinage qui nécessite le plus de connaissances techniques, et qui, par le fait, offre le plus d’attraits à l’ouvrier intelligent. M. Hanena essayé, dans ce travail, de résumer succinctement les connaissances nécessaires aux fraiseurs, de façon à contribuer à former des ouvriers habiles.
- Législation des mines en Alsace et Lorraine (1871-1918). Lois sur les mines. Législation fiscale. Code de l’industrie. Assurances ouvrières,par M. R. Courau, ingénieur au Corps des Mines. In-8 de 182 p. (Prix : 11 f 25). Paris, Dunod, 1919.
- Les ingénieurs et les hommes d’affaires ne sauraient ignorer la législation minière en Alsace-Lorraine. M. Courau met à leur disposition le recueil des textes essentiels. Une importante documentation bibliographique complète cet intéressant livre.
- Cours de ciment armé, par M. N. de Tedesco, ingénieur des Arts et Manufactures. In-16 (16 X 25) de 140 p. (Prix 9 f). Paris, Revue des matériaux de construction, 1919.
- Ce livre est tout ensemble une série de causeries bien documentées sur les diverses applications du ciment armé et les avantages qu’il présente, et un cour s digne d’être professé dans une école de génie civil. Il n’y a pas lieu de s’en étonner, l’auteur étant à la fois un vulgarisateur et un théoricien spécialiste qui se plaît à résoudre les problèmes de son art et à en présenter les solutions sous forme de calculs tout faits à la portée de tous.
- Extraits de la Table clés Matières: — Les bétons de ciment Portland. Leurs dosages. Leurs applications. Considérations générales sur le calcul du ciment armé. Flexion. Poulres. Poutres AT. Poutres à section circulaire. Déformatio is. Les applications générales du ciment armé. Cas spéciaux: tirants, tuyaux, réservoirs, poteaux, béton fretté, pieux, voûtes, arcs surbaissés encastrés.
- Défauts du tissage, par M. Adolphe Hullebroeck, professeur de tissage aux Écoles professionnelles d’Audenarde et de Renaix. 2 vol. in-8 de 144+ 128 p. et 74 h-50 fig. (Prix: 20 frs). Paris, Ch. Béranger, 1913 et 1914.
- L’ouvrage de M. Hullebroeck s’adresse tant au fabricant qu’à l’ouvrier. Il groupe les principaux défauts provenant d’une mauvaise préparation do la chaîne ou de la trame, d’un mauvais réglage des métiers, ou de facteurs personnels aux seuls tisserands. Il indique en même temps et la cause première de ces défauts et les moyens d’y remédier éventuellement ou de les éviter dans la mesure du possible.
- C’est un ouvrage d’un intérêt pratique puissant.
- Pré cis d’électricité industrielle, par M. R. Busquet, ingénieur en chef de l’éclairage
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- ANALYSES D’OUVRAGES.
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- de la ville de Lyon, et M. Marec : 2 vol. in-8 de 1000 pages, avec 600 fîg.(Prix: 24 frs). Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1919.
- En raison de l’importance toujours grandissante des applications de l’électricité à l’éclairage et aussi des progrès considérables réalisés dans cette branche, les auteurs ont donné un grand développement au chapitre des foyers lumineux. Il en est de même de la télégraphie et de la téléphonie sans fil.
- L’ouvrage comporte deux parties distinctes : l’une constitue l’exposé théorique de l’électricité industrielle. L’autre, imprimée en petits caractères, contient les formules simples et les applications numériques que tout praticien est appelé à connaître et à utiliser.
- L’ouvrage est en état de rendre d’excellents services aux électriciens, professeurs, ingénieurs et praticiens qui le consultent pour leurs études et leurs travaux.
- Étude résumée des accumulateurs électriques, par M. L. Jumau. In-8 de 290 p. avec 124 fig. (Prix : 22 frs 50). Paris, Dunod, 1919.
- Peu d’appareils industriels ont des propriétés qui dépendent autant des conditions d’exploitation que les accumulateurs électriques. Si l’on ne peut demander à l’exploitant une connaissance approfondie de tous les phénomènes dont les accumulateurs sont le siège, phénomènes dont certains doivent encore faire l’objet de recherches, il est néanmoins nécessaire que cet exploitant connaisse l’influence des différents facteurs sur les qualités techniques des batteries qu’il est appelé à conduire.
- Le nouvel ouvrage de M. Jumau fournit à tous les industriels et techniciens les principaux renseignements sur la théorie et la technique des accumulateurs électriques, ainsi que sur leurs applications. Il est d’autant plus intéressant que nous sommes à une période où il apparaît que les applications déjà si importantes de ces appareils vont prendre un nouvel essor.
- Théorie industrielle de l’électricité et des machines électriques, par M. A. Verdurand, ancien élève de l’École Polytechnique. In-8 de 484 p. avec 342 fig. (Prix: 36 frs). Paris, Dunod, 1919.
- M. Verdurand a voulu créer un instrument qui permette de résoudre rapidement tous les problèmes de l’électricien autrement que par des procédés empiriques.
- Il a établi une méthode d’analyse des phénomènes électriques et magnétiques que l’on retrouve, sous des formes diverses, dans toutes les machines.
- Cette méthode fait appel d’abord à l’imagination pour lui présenter une description claire et précise des phénomènes, ensuite au raisonnement pour appliquer à ces phénomènes les lois simples par lesquelles on peut déterminer les caractéristiques de la machine étudiée.
- Par sa généralité et par sa facilité d’emploi, cette méthode est susceptible de rendre de multiples services, aussi bien aux ingénieurs qu’aux contremaîtres et aux chefs monteurs.
- Étude sur l’organisation rationnelle des usines, règles générales, services techniques, approvisionnements, fabrication, services commerciaux, comptabilité, par M. Jules Simojnet. Nouvelle édit, revue et augmentée.In-16 de 173 p.avec fig. (Prix: 7 frs 50). Paris, Dunod, 1919.
- L’ouvrage de M. Simonet est un recueil des instructions contrôlées par la pratique, données aux différents services d’une industrie mécanique. Les principes exposés ont été appliqués, pendant la guerre, aux Blanchisseries de Thaon et le sont actuellement aux usines d’automobiles Glément-Bayard.
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- Les méthodes décrites résument quelques principes pouvant être utilisés, en les modifiant, selon les circonstances et en les adaptant à chaque cas particulier.
- L’étude des prix de revient, celle des frais généraux et la préparation du travail ont également fixé l’attention de l’auteur. A ce dernier point de vue, l’installation de l’atelier d’outillage sur un mode peu employé en France, mais déjà usité aux États-Unis, a été l’objet de soins spéciaux.
- Le succès des deux premières éditions de ce livre a engagé l’auteur à en publier une troisième. M. Simonet en a profité pour son travail, qui continuera à rendre de grands services.
- Des mécanismes élémentaires, par M. E. Loche, ingénieur en chef des études de locomotives à la Gie P. L. M. In-8 de xii x 257 p. avec 395 fîg. (Prix : 15 frs). Paris, Dunod, 1919.
- L’auteur réunit une collection de mécanismes élémentaires, présentés surtout au point de vue géométrique et descriptif, avec figures schématiques, classés au mieux, avec tables permettant la recherche rapide du mécanisme dont à un moment donné on pourrait avoir besoin. Nous avons ici un véritable Dictionnaire des mécanismes. Il facilitera l’élaboration d’appareils nouveaux et permettra aux inventeurs de constater que, si les combinaisons des mécanismes sont inépuisables, les mécanismes élémentaires sont en nombre limité. De ce côté, le champ des recherches, quoique inépuisé, est cependant restreint.
- C’est un très intéressant ouvrage, donnant plus de 300 exemples de transformations de mouvements.
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- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN OCTOBRE ET NOVEMBRE 1919
- Aktiebolaget Separator (Alfa-Laval) 1883-1908 (25 années de la Société anonyme des écrémeuses Separator). En suédois, avec traduction en allemand, en anglais et en français. In-4 (31 x 22) de 230 + 78 + 66 + 73 p., 234 fîg. Stockholm, Central Tryckeriet, 1908. (Don de M. Lindet, président de la Société). 15900
- Œuvres de François Arago. 2e éd. In-8 (22 x 14). — Noticesj scientifiques. Tome I . à V. Paris, E. Morgand, 1865. (Don de M. Barrai, membre de la Société). 15901-5
- Pacoret (Étienne). — La technique de la houille blanche. Usines hydroélectriques. Transport de l’énergie électrique. Électrométallurgie. Électrochimie. In-8 (25 x 16) 3e éd. Tome I : Création et aménagement des chutes d’eau et des usines hydroélectriques, de xxvi + 1197 p., 752 fîg., XIII pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15906
- Colomer (Félix) et Lordier (Charles). — Combustibles industriels. Houille, pétrole, lignite, tourbe, bois, charbon de bois, agglomérés, coke, gaz, résidus industriels ou agricoles, gadoues. 3e éd. In-8 (25 x 16) de 676 p., 214 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15907
- Courad (R.). — Législation des mines en Alsace et Lorraine, 1871-1918. Lois sur les mines. Législation fiscale. Code de l’industrie. Assurances ouvrières. In-8 (25 X 16) de x + 181 p. Paris, H. Dunod et É. Pinat, 1919. 15908
- Hollard (A.) et Bertiaux (L.). — Analyse des métaux par électrolyse. Métaux industriels, alliages, minerais, produits d’usine. 3e éd. In-8 (25 x 16) de xvm + 236 p., 20 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15909
- Boileau (Ch.). — Production et vente de l’énergie électrique. In-8 (25 x 16) de 72 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15910
- Jumau (L.). — Étude des accumulateurs électriques. In-8 (25 x 16) de vi + 296 p., 124 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15911
- Loche (L.-E.). — Des mécanismes élémentaires. In-8 (21 x 14) de xn + 257 p., 395 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15912
- Fleury (Charles). — Précis de technologie mécanique à l’usage des élèves des Écoles techniques et professionnelles, des contremaîtres et ouvriers. In-8 (21 x 14) de m + 545 p., 351 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15913
- Pineau (J.-G.). — Théorie générale de l’électromagnétisme à l’usage des officiers et desjpraticiens. ln-8 (21 x 14) de xi +72 p., 26 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat,1919. 15914
- Six (Édèse). — Aux commercants débutants. Conseils pratiques, ln-8 (23 X 14) de 96 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15915
- Danty-Lafrance (L.) — Comment établir les salaires de demain ? Avantages et fonctionnement d’un système de salaires à primes d’activité (Devis Rowan). In-8 (23 x 14) de 65 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15916
- Escard (Jean). — Les fours électriques industriels et les fabrications électrothermiques. Construction, mode d’emploi et conduite des fours électriques. Utilisation dans les industries chimiques et métallurgiques. Extraction des métaux et alliages. Produits réfractaires, abrasifs. Éléments et composés divers employés dans l’industrie. In-8 (25 X 16) de viii + 652 p., 265 fîg., xl pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15917
- Simonet (Jules). — Étude sur l’organisation rationnelle des usines. Règles générales. Services techniques. Approvisionnements. Fabrication. Services commerciaux. Comptabilité Nouvelle éd. In-8 (25 x 16) de 173 p., flg. Paris, H. Dunod et F. Pinat, 1919. 15918
- Thomson (Silvanus P.) — Le calcul intégral et différentiel à. la portée de tout le monde. Traduit de l’anglais, par André Éric Gérard. In-12 (49 x 13) de viii + 290 p., 63 lig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15919
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- OUVRAGES REÇUS.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Bosquet (R.) et Marec (E.) — Précis d’électricité industrielle. 2e éd. Tome If. Paris, J.-B. Baillière et Fils, 1920. 159 20
- Renel (J.). — Cardes et cardage de la laine peignée et cardée. In-12 (18 X 12) de 153 p., flg. Paris, Ch. Béranger, 1919. 15921
- Hullebroeck (Adolphe). — Défauts du tissage. 2e partie : Les métiers unis à excentriques, de 128 p., 58 fig. Paris, Ch. Béranger. 15922
- Courtoy (Fernand). — Production économique de l’électricité dans les régions industrielles. In-8 (25 x 16) de 304 p., 118 fig. Bibliographie, p. 297-298. Paris, Ch. Béranger, 1919. 15923
- Nottin (L.j — L’utilisation des sciures de bois comme combustible, ln-8 (23 x 15) de 03 p., 25 fig. Paris, Édition de F « Usine », me de Valenciennes (145, rue du Faubourg Saint-Denis), 1919. 16924
- Magne (Henri-Marcel). — L’enseignement de l’art appliqué aux métiers. In-8 (24 x 16) de 111 p., 45 fig. Paris, Henri Laurens, 1918. 15925
- Vërdurand (A.). —Théorie industrielle de l'électricité et des machines électriques. ln-8 (25 x 16) de 483 p., 342 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15926
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie et du Travail. Office du Travail. Section de la statistique. — Recensement de l’industrie et du commerce (31 décembre 1910). 2e partie : Recensement industriel. Vol. V. In-4 (32 x 27) de xlv + 789 p. Bruxelles, J. Lebôgue et. Cie; Albert Dewif, 1919. 15927
- Bangay (R. D.). — Principes élémentaires de télégraphie sans fil. 2e éd. ln-12 (19 x 12) de x + 232 + x + 249 p., 302 fig. Londres, The Wireless Press Ltd, 1918. 15928
- Treadwell (F.-P.). — Manuel de chimie analytique. Tome il : Analyse quantitative. 2e éd. française revue et refondue par Marci l Boll. In-8 (21 x 13) de xx + 811 p., 125 fig., I pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15929
- Congrès du Livre.— Compte rendu des travaux du Comité exécutif du Congrès, 1917-19-19. In-8 (25 x 16) de 79 -f- 35 p. Paris, Cercle de la Librairie, 1919. 15930
- Meunier (Stanislas). — Les gites minéraux. In-8 (25 x 16) de xv + 384 p., 45 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15931
- Hanf.n (J.). — Le fraisage. In-8 (21 x 14) de iv + 135 p., 82 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15932
- Tédesco (N. de). — Cours de ciment armé à l’usage de tous. (Extrait de la Revue des matériaux de construction et de travaux publics.) In-8 (25 x 16) de 146 p., 33 fig. Paris. Bureaux de la Revue, 148, boulevard Magenta, 1919. 15933
- Buyse (Omer). — Une Université du travail. In-8 (25 X 16) de 522 p., 247 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1914. 15934
- Argus de la Presse. — Nomenclature des journaux, revues, périodiques français paraissant en France et en langue française à l’étranger. In-8 (22 x 14) de 329 p. Paris, Argus de la Presse, 37, rue Bergère, 1919-1920. 15935
- Ministère de l’Instruction publique et ldes Beaux-Arts. — Dictionnaire archéologique de la Gaule. Époque celtique, continué après la lettre L, par les soins de M. Cartailhac. In-folio (36 x 28). Tome II, 2e fascicule. Paris, Imprimerie nationale, 1919. 15936
- Mission Française en AusTRALiE(septembre-décembrel918).— Lesrelations économiques de la France et de l’Australie. In-8 (25 x 16) de vu -f- 186 p. Paris, lmp. Lahure, 1919.
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- Mission Française^eN Nouvelle-Zélande (janvier 1919). —Les relations économiques de la France et de la Nouvelle-Zélande. In-8 (25 x 16) de vu -f- 98 p. Paris, lmp. Lahure, 1919. 15938
- Barrés (Maurice). — De la sympathie à la fraternité d’armes. Les États-Unis dans la guerre. {Bibliothèque France-Amérique). In-8 (22 x 15) de vi + 96 p. Paris, Félix Alcan, 1919.
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- OUVRAGES HEÇUS EN OCTOBRE-NOVEMBRE 1919. 447
- Levasseur (Albert). — L^élec trochimie et l’électrométallurgie. 2e éd. In-8 (22 X 14) de 267 p., 44 fîg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15940
- Cler (L.-P.). — Les reproductions photomécaniques polychromes. Sélections tri-chromes, orthochromatisme, procédés d’interprétation. (Encyclopédie scientifique) de 339 p., 73 fig. Bibliographie, p. 329-331, Paris, 0. Doin et fils, 1919. 15941
- Ministère de i/Agriculture. Service des améliorations agricoles. — Modèles-types de constructions agricoles. Fermes, granges, étables, écuries, bergeries, etc. Maisons de fermiers et d’ouvriers. Usines coopératives, etc. In-fol. (37 x 28). Fascicule 1 : Projet i àxxx, avec xxiv pl. — Fascicule II : Projets xxi-xxxvii, avec xxxvii pi. Paris, Librairie de la Construction moderne. 15942-3
- Fabrègue (Émile). — Traité pratique du chauffage central. (Eau chaude et vapeur). {Encyclopédie industrielle). In-12 (18 x 12) de 336 p., 103 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1919.
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- Ghalkley (A.-P.). — Les moteurs Diesel. Type fixe qt type marine. Traduit sur la 4e éd. anglaise, par Ch. Lordier. In-4 (27 x 21) de xv + 303 p., 182 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15945
- Julien (C.). — Manuel de culture mécanique. (Bibliothèque de la « Vie à la campagne »). In-12 (19 x 12) de 128 p., fig. Paris, Librairie Hachette, 1919 15946
- Dall (William Healey). — Spencer Fullerton Baird. A biography including sélections from his correspondence with Audubon, Agassiz, Dana and others. In-8 (23 x 16) de xvi + 462 p., xix pl. Philadelphia, J.-B. Lippincott Cy, 1915. 15947
- Brai\e (Jean). — Aide-mémoire de l’ingénieur-constructeur de béton armé. 2'éd. In-8 (21 x 14) de xlii -F 387 p., 42 fig., avec un Vocabulaire en cinq langues des mots techniques les plus usités dans la prutique du béton armé, p. 347-381. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. 15949
- Metton (Claudius). — Un village syndical. In-12 (19 x 12) de 158 p. Paris, Payot et Cle, 1920. 1595 J
- Rondet-Saint (Maurice).— Les intérêts mxritimes français dans l’Amérique latine. In-12 (19 x 12) de 160 p., 1 carte. Paris, Payot et Cie, 1920. 15951.
- Lemaire (Fern.). — Questions de régimes de salaires et d’organisation industrielle. Modes de rémunération. Salaires à primes. Taylorisme. 2e éd. In-8 (23 x 13) de 125 p. Liège, lmp. Henri Mambourg. 15952
- Rouch ((J.). — Manuel pratique de météorologie. In-8 (22 x 13) de 145 p., 25 fig., XIV pl. Paris, Masson et Cio, 1919. 15953
- Chemins de fer français. Grands réseaux. Matériel et traction. — Spécifications techniques et cahiers des charges (unifiés. 2e éd. In-8 (25 x 16) de 259 p., fig. Paris, Ch. Béranger, 1920. 15954
- Séries normales de boulons, goujons, écrous, rondelles et goupilles, vis et rivets. Unification des chemins de fer français (7 mars 1918). In-8 (25 x 16) de 74 p., fig. Paris, Ch. Béranger, 1920. 159 55
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- Tobiansky d’Altoff (Alfred-C.). — Le tunnel sous la Manche. In-8 de 45 p., 1 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1919. Pièce 12443
- Blanchard (Raoul). — Grenoble et sa région pendant la guerre. Esquisse économique (Bulletin de la Chambre de Commerce de Grenoble, n° 1, 1918, 53 p.). Pièce 12444 Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes. — Décret du 26 juillet 1919 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure. In-4 de 16 p. Pièce 12445
- Hanotaux (Garriel). — Une campagne de dix années. L’œuvre du Comité « France-Amérique », de 1909 à, 1918. In-4 de 19 p. Paris, Comité « France-Amérique », 82, Champs-Elysées. Pièce 12446
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- OUVRAGES REÇUS. ------- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
- Bloch (Richard). — Questions de chemins de fer (Conférences faites en mars et avril 1919 aux Cours spéciaux de sciences commerciales et administratives cle l'École des hautes études commerciales). In-8 de 111 p. Paris, lmp. Hemmerlé et Cie, 1919. Pièce 12447
- Greenfikld Tap and Die Corporation. — A suggestion for the simplification of screw thread standards. In-4 de 10 p., IX pl. Greenfleld, Massachusetts. Pièce 12448
- Carmichaël (R.-S.). — La victoire économique après la victoire militaire. (Revue hebdomadaire,1919, n° 41, 29 p.). Pièce 12449
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Les calibres industriels. Piincipes, construction, détermination. (Revue générale de l'électricité, 3 et 10 août 1918, 12 p., 14 fîg.). Pièce 12450
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- Don de M. Émile Vallot, membre de la Société.
- La montagne. (Revue mensuelle du Club alpin français). Nouvelle série : 1905 (nos 1 à 12); 1906 (nos 2 à 12); 1911 (nos l*à 12); 1914 (nos 5 à 7) ; 1915 (n°s 10 à 12); 1916 (nos 1 à 9) ; 1917 (nos 4 à 12) ; 1918 (n°8129 à 133) ; 1919 (n°s 134 à 137). Pér. 444
- Vallot (J.). — Trois jours au Mont-Blanc. Cinq ascensions au sommet. (Annuaire du Club Alpin français, 1887, 30 p., III pl.). Pièce 12451
- Vallot (Joseph et^Henri). — Deuxième note sur la carte du massif du Mont-Blanc. (Annuaire du Club Alpin français, 1894, 49 p., III pl.). Pièce 12452
- Vallot (J. et H.). — Les Marmites de géants. Formation et forme géométrique. (Études pyrénéennes). In-8 de 23 p., II pl. Paris, J. Lechevalier, 1891. Pièce 12453
- Vallot (Gabrielle). — Mes ascensions. Les femmes ascensionnistes. La femme au Mont-Blanc. (Annuaire du Club Alpin français, 1887, 11 p., 1 fig.). Pièce 12454
- Vallot (Gabrielle). — Grottes et abîmes (Basses-Cévennes). (Annuaire du Club Alpin français, 1889, 27 p., II pl.). Pièce 12455
- Vallot (J.) et Vallot (Gabrielle). — Observations actinométriques faites pendant l’éclipse de soleil du 17 juin 1890. (Annales de l'Observatoire météorologique du Mont-Blanc, T. Il (1896;, 6 p., 1 fig.). Pièce 12456
- Vallot (J.) et Vallot (Gabrielle). — Nouvelles expériences d’actinométrie solaire exécutées au Mont-Blanc en 1891. (Annales de l’Observatoire météorologique du Mont-Blanc, T. II (1896), 33 p., 3 fig.). Pièce 12457
- Vallot (H.). — Du mouvement de l’eau dans les tuyaux circulaires. Théorie de M. Maurice Lévy. Table pour le calcul des conduites. (Mémoires de la Société des Ingénieurs civils, 1887, 63 p., I pl.). Pièce 12458
- Cour d’appel d’ohléans. Audience solennelle de rentrée (17 octobre 1892). — Réforme de la législation en matière de vagabondage et de mendicité. Discours prononcé par M. Drioux. In-8 de 52 p. Orléans, lmp. G. Jacob, 1892. Pièce 12459
- Société des Ingénieurs civils de France. — Rapport sur les locomotives à l’Exposition universelle de 1889, présenté par la Commission sous la présidence de M. E.PPolonceau. (Mémoires de la Société des Ingénieurs civils de France, août 1892,111 p., VII pl.).
- Pièce 12460
- La locomotive électrique, système J.-J. Heilmann. In-4 de 13 p., X pl.. Paris, 30, rue de Grammont, 1893. Pièce 12461
- Bédier (Joseph). — Les crimes allemands d’après des témoignages allemands. In-12 de 40 p., 18 fig. Paris, Armand Colin, 1919. Pièce 12462
- Conservatoire national des Arts et Métiers. — Laboratoire d’essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines. — Bulletin n° 18 : Études sur les^essdis de dureté des corps et des métauxen particulier au moyen du sclêromètre,par J. Servais, 51 p. 40 fig., I pl. — Bulletin n° 19 : Note sur un dispositif dynamométrique fondé sur les déformations élastiques. Note sur la fragilité des tôles d’acier doux provoquée par le meulage transversal des champs, par M. Sabatié. 21 p., fig. Paris, 1919. Pér. 308
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- OUVRAGES REÇUS. --- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1919.
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- Royal Institution of Great Britain. — Proeeedings. Vol. XXII, part I, 1917. Pér. 258 Association parisienne des propriétaires d'appareils a vapeur. — Bulletin annuel, 40e à 44e exercices, 1914 à 1918. Pér. 33
- Comité des travaux historiques et scientifiques. — Bulletin (Section des sciences économiques et sociales). Années 1916-1917. Paris, Imprimerie nationale, 1918. Pér. 26
- Comité des travaux historiques et scientifiques. — Bulletin de la Section de géographie. Tome XXXIII, Année 1918. Paris, Imprimerie nationale ; Ernest Leroux, 1919.
- Pér. 26
- Bibliographie générale des travaux historiques et archéologiques publiés par les Sociétés savantes de la France. Tome^VI, 4e livraison (nos 126722 à 132235). Paris, Imprimerie nationale, 1918. Pér. 271
- Société française de physique. — Procès-verbaux et résumé des communications faites pendant l’année 1918, Paris, 44, rue de Rennes. Pér. 36
- Institution of civil Engineers. — Abstracts of papers in scientific transactions and periodicals. New sériés, n° 1, oct. 1919. Pér. 189
- Société de secours des amis des sciences. — Compte rendu du soixante-deuxième exercice. (56e séance publique annuelle, tenue le 10 mai 1919, à Vbistitut Pasteur.) Paris, 28, rue Dutot, 1919. ' Pér. 151
- International Catalogue of Scientific Literature. — D. Chemistry. 14th annual issue, (ms. received sept. 1914-may 1916), Paris, Gauthier-Villars, 1919. Pér. 317
- Iron and Steel Institute. — Journal. N° I, 1919. Vol. XCIX. Pér. 157
- Institution of mechanical Engineers. — Proceedings, 1919 (jan.-may). Pér. 114
- Syndicat des mécaniciens, chaudronniers'et fondeurs de France. — Annuaire 1919. Paris, 94, rue d’Amsterdam. Annuaire.
- Revue universelle des mines, de la métallurgie, des travaux publics, des sciences et des arts appliqués à, l’Industrie. — Table des matières de la 4e série : 1903 à 1912. Pér. 181
- Ministère de l’Agriculture. Direction de l’Agriculture.Office de renseignements agricoles. — Statistique agricole annuelle, 1917. Paris, Imprimerie nationale, 1919. Pér. 242 Institut égyptien. — Bulletin, 5e série, Tome VIII (2e fasc.), 1914; T. IX, 1915; Tome X (fasc. 1 et 2), 1916 ; Tome XI (fasc. 1 et 2), 1917; Tome XII, 1918. — Mémoires, Tome VIII, 1915; Tome IX, 1916. Pér. 32
- Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes. Direction des affaires commerciales et industrielles. -— Annales du Commerce extérieur. Tables générales de 1843 à 1915. (Législation commerciale étrangère et conventions internationales). Paris, Impri-primerie nationale, 1915. Pér. 107
- Society of Chemical Industry. — Reports of the Progress of applied Chemistry. Vol. III, 1918. Pér. 315
- Chambre syndicale de la céramique et de la verrerie. — Annuaire-répertoire des
- céramistes et des verriers de France, 1919. Paris, 13, rue des Petites-Écuries.
- Annuaires.
- Association française pour la protection de la propriété industrielle. — Bulletin, 2e série, n° 9 bis (1914), Congrès de Lyon (8-9 juillet 1914). —N° 12 (1917-1919), Travaux de P Association. Pér. 320
- Associations de propriétaires d’appareils a vapeur. — Compte rendu des Séances du 38e Congrès des Ingénieurs en chef, tenu à Lyon en 1914. Pér. 131
- CiiAMBèE de Commerce de Paris. — Compte rendu des travaux. Année 1918. Tome I : Commissions d'études; Tome II : Commissions administratives, Paris 1919. Pér. 148
- Tome 131.— 2e semestre. — Novembre-.Décembre 1919.
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT L’ANNÉE 1919
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAGEMENT POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE
- Arnaud de Masquard (Eugène), ingénieur
- l en publicité, professeur à l’École des Hautes Études commerciales, 36, rue du Colisée, Paris (8e).
- Astier (Pierre), fabricant de produits pharmaceutiques, 45, rue du docteur Blanche, Paris (16e).
- Barral (Jean), Inspecteur général des Poudres, 128, boulevard Saint-Germain, Paris (6e).
- Bechmann (Georges), Ingénieur en chef des Pouls et Chaussées en retraite, 52, avenue Victor-Hugo, Paris (16e).
- Bernardot (Georges), Ingénieur des Arts
- ! et Métiers, directeur de la revue « Produire, » 17, rue du Faubourg Montmartre, .Paris (9e).
- Bertrand (Jacques), Ingénieur civil des Mines, château d’Ors à Châteaufort (Seine-et-Oise).
- Blavette (Albert, Charles), Ingénieur des Arts et Manufactures, 67, rue des Saints-Pères, Paris (6e).
- Blondtn (Joseph), professeur au collège Rollin,directeur de la « Revue générale de l’Électricité », 171, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris (9e).
- Bonnel (Henri), Ingénieur des Arts et Manufactures,ingénieur à la Compagnie de Saint-Gobain (Glaceries), 14, avenue de Villars, Paris (7e).
- Boret (Victor), ancien ministre de l’Agri-
- culture, 59, rue de Bourgogne, Paris (7e).
- Bourgoin (Jules), chef du service commercial à la Sociétélrançaisedes Munitions, 14, av. du Père-Lachaise, Paris (20-).
- Boyelle-Morin (Georges), Ingénieur des Arts et Métiers, conseiller du Commerce extérieur de la France, constructeur d’instruments de précision, 11, rue Du-long, Paris (17e).
- Boyoud (Émile), Ingénieur des Arts et Manufactures, 126,rueLaBoétie, Paris (8e).
- Chambre de commerce de Nantes (Loire-Inférieure).
- Chambrier (Paul de), directeur général des Mines de Péchelbronn, à Péchelbronn par Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin).
- Charbonneaux et Cie, maîtres de verreries, route de Cormontreuil, Reims (Marne).
- Charlier (Edgard), ingénieur-conseil en matière de propriété industrielle, chimiste industriel, directeur adjoint et conseiller technique au Comité national de Belgique, 89, rue Verbist, Bruxelles (Belgique).
- Chevrier (Jules), Ingénieur des Arts et Manufactures, Compagnie électrique de la Grosne, 6, quai des Messageries, Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- Christiani (Frits, Rudolf), ingénieur civil, ancien élève de l’École polytechnique de Copenhague et de l’École des Ponts-
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES ADMIS EN 1919.
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- et Chaussées de Paris, 6, Kronprinsens-vej, Copenhague (Danemark).
- Combier (Paul, Samuel), fabricant de gélatine, 50, rue des Aygas, Annonay (Ardèche).
- Compagnie française des établissements Gaston, William et Wigmore, 3, rue Taitbout, Paris (9e).
- Compagnie française de produits chimiques et de matières colorantes de Saint-Clair-du-Rhône, à Saint-Clair-du-Rhône (Isère).
- Crédit commercial de France, 20, rue La-fayette, Paris (9e).
- Dalnoky (René), Ingénieur des Arts et Manufactures, 32, av. Carnot, Paris (17e).
- Damour (Emilio, Augustin), ingénieur à la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt, 94, rue de la Victoire, Paris (9e).
- Damour (Étienne), chef de publicité, secrétaire général de la conférence des chefs de publicité, professeur de publicité à l’École de Haut Enseignement commercial pour les Jeunes Filles, 199, rue de Vaugirard, Paris (15e).
- Danne (Gaston), ingénieur physicien de l’École de Physique, licencié ès sciences, secrétaire de la Rédaction du Journal Le Radium, directeur du laboratoire d’Essais des substances radioactives de Gif (Seine-et-Oise).
- Darrieus (Georges), Ingénieur des Arts et Manufactures, licencié ès sciences, 70, boulevard de Courcelles, Paris (17e).
- D’Eichthal (Henri, Édouard), Ingénieur des Arts et Manufactures, 144, boulevard Malesherbes, Paris (17e).
- Delaporte (Paul, Émile), expert (aviation et navigation aérienne) près le Tribunal civil de la Seine et la Cour d’Appel de Paris, 109, quai d’Orsay, Paris (7e).
- Dklthil (Lucien); Ingénieur des Arts et Manufactures, ingénieur en chef du service de la traction à la Compagnie générale parisienne de Tramways, 17, rue Delambre, Paris (14e).-
- Didier (Camille), directeur du Journal L'Usine, 145, rue du Faubourg Saint-Denis, Paris (10e).
- Ducrot (André), ancien élève de l’École polytechnique, directeur-gérant de la maison d’édition Gauthier- Villars et Cie, 55, quai des Grands-Augustins, Paris (6e).
- Duponchelle '(Jules), ingénieur spécialiste en matière de fonderie, directeur technique des fonderies Schmitt, 18, rue de Normandie, Courbevoie (Seine).
- Echalier (Marcel), Ingénieur des Arts et Manufactures, directeur adjoint des services techniques à la Compagnie française des Automobiles de place, 9, rue d’Edimbourg, Paris (8e).
- Esté ve (Pierre), aux Établissements Schneider et Cie à la Londe-les-Maures (Var), 34, avenue Gambetta, Hyères (Var).
- Établissements Gaillard Kessler (ancienne maison Joly), entrepreneurs de constructions métalliques et travaux publics, àArgenteuil (Seine-et-Oise).
- Fougère (Étienne), conseiller général du Rhône, président de l’Association industrielle, commerciale et agricole de Lyon et de la Région, 74, rue de Vendôme, Lyon (Rhône).
- Fromantin (Maurice), Ingénieur des Arts et Manufactures, 25, rue des Arts, à Levallois-Perret (Seine).
- GalletetCie, raffmeurs, fabricants de glucose, 17, rue de l’Argonne, Paris (19e).
- Gouin (André), membre de l’Académie d’Agriculture de France, président du Comice de Vorton, château des Montys par Haute-Goulaine (Loire-Inférieure).
- Grenier (Georges), ingénieur des Arts et Manufactures, ingénieur aux aciéries de Hagondange, Hagondange (Moselle).
- Grosselin (Joseph), Ingénieur civil des Mines, ancien président de la Société française des Électriciens, président de section de la Société des Ingénieurs civils de France, 16, boulevard Émile-i Augicr, Paris (16e).
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- LISTE DES NUE VEAUX MEMBRES ADMIS EX 1919. ----- NOV.-DÉC. 1919.
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- Guillain (Armand), Ingénieur des Arts et Manufactures, administrateur aux Aciéries de la Marine et d’Homécourt, à la Compagnie française du Matériel de Chemins de Fer, 10, boulevard Éuiile-Augier, Paris (16e).
- . Herman (Max), secrétaire de M. E. L. Ales-sandrini, ingénieur, entrepreneur de travaux publics, 12, rue Soliman pacha, Le Caire (Égypte).
- Hesse (Henri), ancien élève de l’École polytechnique, altineur de métaux, 70, rue des Archives, Paris (3e).
- Heude (Henry), Inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite, 127, boulevard Saint-Germain, Paris (6e).
- Isaac (Auguste), président honoraire de la Chambre de Commerce de Lyon, 12, quai des Brotteaux, Lyon (Rhône).
- Jouhandeau (François, Eugène), colonel d’artillerie en retraite, 3, rue Albert-de-Lapparent, Paris (7e).
- Koehler (André), ingénieur-conseil aux établissements A. Chiris, 10, rue Cimà-rosa, Paris (16e).
- Lartigue (Alfred), ingénieur à la Compagnie française Thomson- Houston, chef du service des tramways, 33, rue Da-vioud, Paris (16e).
- Lebeuf (Auguste, Victor), directeur de l’Observatoire de Besançon, Besançon (Doubs).
- Lequeux (Raoul), Ingénieur des Arts el Manufactures, 64-, rue Gay-Lussac, Paris (5e).
- Loiret (Joseph), Ingénieur en chef des Mines, directeur de l’École des Maîtres-Mineurs, Mais (Gard).
- Longinescu (Georges), docteur èssciences, professeur de chimie inorganique à l’Université, Strada Sfîntsii Apostoli, 84, Bucarest (Roumanie).
- Lotz (Ferdinand), professeur à l’Institution des jeunes Aveugles, administrateur de l’Association Valentin-Haüy, 64-, avenue de Saxe, Paris (7e).
- Magdelénat (Henri), Ingénieur des Ponts
- et Chaussées, directeur général des usines de Rosières, 13, avenue Bour-bonnoux, Bourges (Cher).
- Massé (Alfred), ancien député, ancien ministre du Commerce, 52, rue Spon-tini, Paris (16e).
- Michel (Henry), constructeur-mécanicien, vice-président de la Chambre syndicale des Industries du Décolletage, 105, avenue Parmentier, Paris (11e).
- Muller (Henri), ingénieur, directeur aux usines Dietrich, à Mouterhouse (Alsace).
- Muntz (Paul), Ingénieur des Arts et Manufactures, Ingénieur honoraire des chemins de fer de l'Est, 2, rue Alfred Stevens, Paris (9e).
- Noël, sénateur, directeur de l’École centrale des Arts et Manufactures, 1, rue Montgolfier, Paris (3e).
- Octrue (Paul), Usines à gaz et électrique, Livarot (Calvados).
- Odier (Antoine), ingénieur en chef des Établissements Borel, 64, quai National, Puteaux (Seine).
- Office central de l’acétylène et de la soudure autogène, 104, boulevard de Clichy, Paris (18e).
- Office central de chauffe rationnelle (Société anonyme), 5, rue Michel-Ange, Paris (16e).
- Pelieu (Léon), chef du service matériel et traction des Chemins de Fer de Ceinture, 5 bis, avenue Philippe-le-Boucher, Neuilly-sur-Seine (Seine).
- Pétri (Albert), ingénieur, directeur aux usines Dietrich à Reichshoffen (Alsace).
- Piestrak (Casimir), ingénieur (produits chimiques de synthèse), 156, boulevard Malesherbes, Paris (17e).
- Planchon (Victor), industriel (pellicules photographiques), 287, cours Gambetta, Lyon (Rhône).
- Pluvinage (Charles), Ingénieur-agronome, industriel, 15, rue de Montaleau, Sucy-en-Brie(Seine-et-Oise).
- Pointet (Gaston), fabricant de produits
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- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES ADMIS EN 19 19.
- chimiques, 147,av. MalakofT, Paris (16e). ,
- Potin (Julien), industriel, 9, boni. Richard Wallace, Neuilly-Saint-James (Seine).
- Pracue (Laurent), docteur en droit, vice-président de l’Association française pour la Protection de la Propriété industrielle, 149, boulevard Saint-Germain, Paris (6e).
- Ramas (Jules), directeur général du Comptoir sidérurgique de France, 164, faubourg Saint-Honoré, Paris (8e).
- Roffo (J.), Ingénieur des Arts et Manufactures, 8. placé Voltaire, Paris (11e).
- Rohricu (Etienne), ingénieur, directeur aux usines Dielrich, à Niederbronn (Alsac e)
- Sabouret (Victor), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Ingénieur en Chef à la Compagnie d’Orléans, 4, rue de la Trémoille, Paris (8e).
- Scheurer (Albert), secrétaire-président du Comité de Chimie de la Société industrielle de Mulhouse,Bitschwiller-Thann (Haut-Rhin).
- Schloesing (A. Th.), membre de l’Institut, directeur de l’École d’Application des Manufactures de l’État, 53, quai d’Orsay, Paris (7e).
- Semichon (Lucien), Ingénieur-agronome, directeur de la Station œnologique de l’Aude, 37, rue de la Sous-Préfecture, Narbonne (Aude).
- Société anonyme jorn cockerill, Seraing-sut-Meuse (Belgique).
- Société anonyme des laminoirs, hauts
- FOURNEAUX, FORGES, FONDERIES ET USINES de la providence, à Hautmont (Nord).
- Société ardéchoise pour la fabrication de la soie de viscose, fabrique de soie artificielle, 16,rue du Louvre,usine à Vals-les-Bains (Ardèche).
- Société chimique de la grande-paroisse (le directeur général), 5, rue Cambacérès, Paris (8e).
- S. E. V. (Société anonyme pour l’Equipement électrique des Véhicules), 26, rue Guynemer, Issy-les-Moulineaux (Seine).
- 433
- Société pour la fabrication des munitions d’artillerie, 12, boulevard Michelet, Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Société « les fils de A. Deutsch de la meurthe », 50, rue de Chàteaudun, Paris (9e).
- Société française de la viscose, fabrique de soie artificielle, 16, rue du Louvre, Paris (1er), usine à Arques-la-Bataille (S dne-Inférieure).
- Société industrielle de verrerie, 56, rue Laffitte, Paris (9e).
- Société italienne de la viscose, fabrique de soie artificielle, 16, rue du Louvre, Paris (1er), usine àVenaria Reale (Italie).
- Société maritime de produits chimiques, Plouescat (Finistère).
- Société métallurgique de Montbard-Aulnoye, 22, rue de l’Arcade, Paris (8e).
- Société Septa (Société d’Entrepri'se pour l’Industrie et l’Agriculture), 50, rue La Bruyère, Paris (9e).
- Société Solvay et Cie, usine de Sarralbe (Moselle).
- Stolz (René), ingénieur, directeur aux usines Dietrich, à Zinswiller (Alsace).
- Tilho (Jean, Auguste, Marie), lieutenant-colonel d’infanterie coloniale, correspondant de l’Institut, 14, rue Oudinot, Paris (7e).
- Tcrckheim (de), ingénieur-gérant aux usines Dietrich à Niederbronn (Alsace).
- Verreries mécaniques de Bourgogne, Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
- Viennot (Louis), Ingénieur des Arts et Manufactures, 10, rue de la Victoire, Paris (9e).
- Weber (Charles), directeur de fusine Dietrich, à Mertzviller (Alsace).
- Wendel (François de), député, maître de forges, 10, rue de Clichy, Paris (9e).
- Wolffsheim-polack (Alexandre), Ingénieur des Arts et Manufactures, 31, avenue de Suffren, Paris (7e).
- Youroveta home and foreign trade c° in-corporated (Importation, Exportation), 26, rue Laffitte, Paris (9e).
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LE 2e SEMESTRE DE LA CENT DIX-HUITIÈME ANNÉE DU BULLETIN < (JUILLET-DÉCEMBRE 1919)
- Tome 131
- Le nombre en chiffres romains indique le mois du cahier. Le nombre en chiffres arabes qui le suit indique la page.
- A
- Androuin (J.). — Recherches sur l’évaluation rapide des temps élémentaires des travaux mécaniques. Choix d’une série normale d’avances et de vitesses pour machines-outils à tailler les métaux.....................IX-X 145
- Auscher (Léon) et Baudry de Saunier (L.). — La plus belle des industries.
- IX-X 283
- B
- Bangay (R. D). •— Principes élémentaires
- de télégraphie sans fil.......XI-XI1 440
- Bargeron (L.). — L'hygiène dans la reconstruction des usines . . . VII-VIII 139 Baudry de Saunier (L.). — Voir Auscher ....................................
- Bingham Powell (H. J.) . . , . XI-XII 335 Blondel. — Voir Pacoret.
- Bordet (Lucien). — Rapport sur les comptes de l’exercice 1918. . XI-XII 309 Breton. — Séance publique du 29 novembre 1919.................... XI-XII 432 J
- Bruna (Joseph). — La cuisine des aliments frigorifiés IX-X 277
- Busquet (R.). — Précis d'électricité industrielle XI-XII 442
- Buyse (Orner). —................Une Université........du travail XI-XII 441
- c
- Carré (Pierre).— Précis de chimie indus-
- trielle..........................IX-X 276
- Cellerier (F.). — L’unification des filetages des vis à métaux. . . . IX-X 198
- — Analyse de l’étude de H. J. Bingham Powell sur la vérification des calibres filetés pour munitions de guerre
- XI-XII 334
- — Résumé des travaux sur la fabrication
- des briques de silice...........XI-XII 440
- Charpentier (P.). — Organisation industrielle..............................IX-X 286
- Clerc (L.-P.). —Les reproductions photomécaniques polychromes (sélections trichrom.es, orthochromatisme, procédés
- d'interprétation).................IX-X 279
- Coureau (R.). —Législation des mines en
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- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS DANS LE 2e SEMESTRE DE 1919.
- '*55
- Alsace et Lorraine (1871-1918). XI-XII 442 Courtoy (Fernand). — Production économique de l’électricité dans les régions
- industrielles...................XI-XII 440
- Couturaud (P.). — Une politique de la construction après la guerre.
- VII-VIII 133
- D
- Dejust (J.). — Chaudières à vapeur.
- IX-X 282
- Delafosse. —Séance publique du 8 novembre 1919........................XI-XII 424
- Delaporte (Paul).— Projet de division isochrone de l’année. Emploi d’un calendrierauxiliaire,le Chronos. VII-
- VIII 91
- Demorlaine (J.). — Conférence sur la reconstitution des forêts de l’exploitation forestière après la guerre (Mémoire)...............................IX-X 155
- Detoeuf (André)..................VII-VIII 108
- Dybowski (Jean). — Noire force future.
- VII-VIII 139
- E
- Eecke (Ch. van).— Exploitation industrielle de la tourbe.................IX-X 281
- Eglène (Léon). — La chimie du cuir ci l’usage de tous les industriels du cuir.
- VII-VIII 141
- Escard (Jean). — Les fours électriques industriels et les fabrications électro-
- thermiques .....................XI-XII 439
- Espitallipr (Lieutenant-colonel G.). — Analyse de : L’hygiène dans la reconstruction des usines, par L. Bargeron.
- VII-VIII 139
- — Les matériaux artificiels à la Foire de Paris, 26 avril-15 mai 1919 (Note du Comité des Constructions et Beaux-Arts) ...............................IX-X 266
- F
- Fleury (Ch.) — Précis de technologie mécanique..........................XI-XII 441
- Fleury (R. de) et Labruyère (R.). — )
- Des emplois de Valuminium dans la construction des machines . . . IX-X 283 Fouret (Georges). — Rapport, au nom de la Commission des Fonds, sur les comptes de l’exercice 1918 . XI-XII 289 François (Maurice). — Manipidations de chimie analytique appliquée . . IX-X 280 Frey. — Voir Soulier.
- G
- Gallois (L.).— Voir Vidal delà Blache.
- Garçon (Jules). — Notes de Chimie.
- VII-VIII 107
- — — IX-X 246
- — Analyse de : La technique de la
- houille blanche et des transports cl’éner-gie électrique. Tome I. Création et amé- . nagement des chutes d’eau, parÉtienne Pacoret................... XI-XII 438
- Gariel (C. M.). — Lettre, à M. le Président de la Société d’Encouragement, sur le projet de loi sur les unités de mesure....................XI-XII 363, 366
- Germain Martin. — Les problèmes du crédit en France...............XI-XII 437
- Gilbreth (F.-B.). — Étude des mouvements. Méthodes d’accroissement de la capacité productive d’un ouvrier. Traduit par J. Ottenheimer. . . . IX-X 285
- Guillet (Léon). — Mémoire sur le traitement thermique des obus (Application de la méthode Taylor). Introduction et notes de M. Henry Le Chatelier.
- VII-VIII 141
- Gutton. — Les efforts de la Science française pendant la guerre. L’emploi des lampes-valves à 3 électrodes par la Radiotélégraphie militaire. XI-XII 388
- H
- Hanen (J.). — Le fraisage. . . XI-XII 442
- Hanin (Émile). — Voir Koeppen. . . .
- Hardy (Georges). — Conférence sur un essai d’enseignement pratique. L’en-
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- 456
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS DANS LE 2e SEMESTRE DE 1919.
- L
- seignement' en Afrique occidentale française (Préapprentissage, apprentissage). (Mémoire)............Xl-XIt 314
- — (Compte rendu de la séance publique)
- XI-XII 432
- Haton de la Goupillière. . . VII-V11I 8
- Hersent (Georges). — Une politique de construction après la guerre. Travaux publics et bâtiments............... IX-X 284
- Hitier (Henri). — Notes d’Agriculture.
- VII-VIH 116
- — — — IX-X 237
- — Rapports sur les récompenses décernées par la Société d’Encouragement pendant la guerre. .... VII-VIII 10
- — Le Congrès de l’agriculture française
- (Paris, 30 juin-3 juillet 1919 (Notes d’Agriculture)..............VII-VIII 116
- — Avis demandé par M. le Ministre de l’Agriculture sur l’aménagement et l’utilisation du futur palais des expositions agricoles ethippiques. VlI-VIIi 137
- — Le déficit de la récolte de 1919. Ses causes (Notes d’Agriculture). . IX-X 257
- — La journée de huit heures et l’agriculture (Notes d’Agriculture) . IX-X 259
- — L’amélioration de la situation des
- ouvriers agricoles (Notes d’Agriculture) ...........................IX-X 260
- — Les offices agricoles départementaux et régionaux (Notes d’Agriculture)
- IX-X 264
- Hullebroeck (Adolphe). — Défauts du tissage...........................XI-XII 442
- J
- Jouaust (R.). — La télégraphie par le
- sol (T. P. S.). . ..........XI-XII 408
- Jumau (L.). — Étude résumée des accumulateurs électriques............XI-XII 443
- K
- Koeppen (W.) et Hanin. — Correspondance échangée sut la réforme du cale ndrier............... VII-VIII 100
- Labruyère (R.). — Voir Fleury.
- L archevêque (Marc). — Terres réfractaires.......................... XI-XII 436
- Launay (L.de). — Problèmes économiques d’après-guerre......................IX-X 283
- Le Chatelier (Henry). — Analyse de : Terres réfractaires par Marc Larche-vêque.............................XI-XII 436
- — Voir Juillet.
- Lemaire (Eugène). — Création d’un laboratoire national des recherches au Japon...........................VII-VIII 124
- — Comité du Retour aux Études techniques. . ...................... . IX-X 220
- — Analyse du Précis de chimie industrielle, par Pierre Carré . . . IX-X 276
- — Analyse de : Les applications de la physique pendant la guerre, par H. Vigneron .............................IX-X 277
- — Analyse de: La cuisine des aliments frigorifiés, par Joseph Rruna . IX-X 278
- — Analyse de: Les reproductions photomécaniques (sélections trichromes, orthochromatisme, procédés d'interprétation),
- par L.-P. Clerc................. IX-X 279
- — Analyse de : Manipulations de chimie
- analytique appliquée, parMaurice François .............................IX-X 280
- — Expose historique de la loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure. XI-XII 351
- Lévy-Salvador (Paul). — Le rôle de l'utilisation clés chutes d’eau dans l'extension de l'activité industrielle et agricole
- VII-VIII 142
- Lindet (Léon). — Allocution au cinquantenaire de l’entrée au Conseil de M. Haton de la Goupillière. . VII-VIII 4
- — Rapport sur l’apostolat agricole de M. Méline et sur ses deux ouvrages :
- Le Retour à la Terre et Le Salut par la Terre.........................VII-VIII 19
- — Analyse de: Notre force future, par
- Jean Dybowski.................VII-VIII 139
- — Lettre à M. le Ministre du Commerce
- et de l’Industrie relative à l’examen des projets pour la fixation légale des unités...................XI-XII 362.
- 366
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-
-
- NOMS DK S AUTEURS MENTIONNÉS DANS LE 2e SEMESTRE DE 1919.
- 4 o7
- — Séance publique du 8 novembre 1919
- XI-XII 424
- — — 29 nov. 1919 XI-XII 432
- Loche (E.). — Des mécanismes élémentaires
- XI-XII 444
- M
- Méline. — Le Retour à la Terre et Le Salut par la Terre. Rapport de L. Lindet
- VII-VIII 59
- Mellor (J.-W.).....................IX-X 254
- Mesnager (A.). — Rapport, au nom du Comité des Constructions et Beaux-
- Arts, au sujet de la législation des
- poids et mesures.........XI-XII 358
- Moreau (A.). — Les progrès de l’épuration des eaux par le chlore. . XI-XII 415
- N
- Nottin (L.). — L’utilisation des sciures de bois comme combustible. . . XI-XII
- 0
- Ottenheimer (J.). — Voir Gilbreth. . .
- P
- Pacoret (Etienne). — La technique de la houille blanche et des transports d’énergie électrique. Tome I. Création et aménagement des chutes d’eau. Préface
- de M. Blondel .................XI-XII 438
- Petit (Paul). — Les industries de l’alimentation ............'.........1X-X 284
- Pictet (Amé).......................IX-X 247
- Plissonnier. — La réforme de l’enseignement agricole......................IX-X 282
- R
- Rateau (A.). — Allocution prononcée à Birmingham le 17 septembre 1919 à l’occasion du centenaire def J. Watt.
- XI-XII 310
- Renard (lieutenant-colonel Paul). — Rapport sur un mémoire : Étude sur la différenciation des bois verts et des bois vieux ou vieillis artificiellement, de MM. Soulier et Frey.
- VII- VIII 24
- Renouard (Alfred). — Conférence sur les industries textiles de l’Alsace
- (Mémoire)................. . VII-VIII ' 32
- Ringelmann (Max). — Utilisation agricole des camions automobiles (Revue de Culture mécanique). . . . IX X 237 — Logement des animaux. . . . IX-X 284 Rousiers (Paul de). — Analyse de :
- Les problèmes du crédit en France, par
- Germain Martin................XI-XII 437
- Roux. — Conférence sur l’enseignement technique, industriel et commercial en Alsace et Lorraine (Compte rendu delaséance publique du 29 novembre 1919)............................XI-XII 432
- Sebert (général). — La réforme du calendrier, exposé sommaire de la
- question................... VII-VIII 81
- — Résumé historique des travaux entrepris par la Société d’Encourage-ment pour l’Industrie nationale en vue d’assurer l’unification des systèmes de filetage employés dans les constructions mécaniques par application à ces filetages du système métrique et du système décimal. IX-X 177 Simonet (Jules). — Étude sur l'organisation rationnelle des usines . . XI-XII 443 Soulier et Frey. — Étude sur la différenciation des bois verts et des bois vieux ou vieillis artificiellement. Rap-
- port du lieutenant-colonel Paul Renard......................IV-VIII 24
- T
- Tedesco (N. de). — Cours de ciment
- armé. .................. XI-XII 442
- Tobiansky d’Altoff (Alfred C.). — Le tunnel sous la Manche .... Xl-XII 441
- 441
- S
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-
-
- 458 NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- Toulon (Paul). — Avis et vœux de la Société d’Encouragement sur la prolongation delà durée des brevets d’invention français............ VII-VIII 27
- — Classement et résumé des divers
- projets étudiés et proposés pour la réforme du calendrier. . . VII-VIII 88
- — Bibliographie relative aux réformes
- du calendrier.............VII-VIII 89
- V
- Verdurand (A.). — Théorie industrielle de l'électricité et des machines électriques ...................... XI-XII
- DANS LE 2e SEMESTRE DE 1919.
- Vidal de la Blache (P.) et Gallois (L.)
- Le bassin de la So-rre. Clauses du traité de Versailles. Étude historique et économique .......................... IX-X 285
- Vigneron (H.). — Les applications de la physique pendant la guerre . . IX-X 277
- Z
- Zetter (Ch.). — Comparaison des pièces filetées des divers systèmes adoptés ou proposés en France. . . . IX-X 203
- 443
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-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LE 2e SEMESTRE DE LA CENT-DIX-HUITIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (juillet-décembre 1919)
- Tome 131
- Le nombre en chiffres romains indique le mois du cahier. Le nombre en chiffres arabe
- qui le suit indique la page.
- A
- Acide citrique. Production biologique de 1’— — (Notes de Chimie), par J. Garçon.................. VII-VIII 111
- ADMINISTRATION, COMPTES RENDUS, ETC., DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Conseil d’Administration.
- Séance du 9 juillet 1919. Cinquantenaire de l’entrée au Conseil de M. Hatondela Goupillière. VII-VIII 3
- Etat financier de la Société. Rapport présenté par M. Georges Fouret, au nom de la Commission des Fonds, sur les comptes de l’exercice 1918.
- XI-XII 289
- — Rapport présenté par M. Lucien Bordet, censeur, sur les comptes de
- l’exercice 1918..............XI-XII 309
- Récompenses décernées par la Société d’Encouragement pendant la guerre. Rapports par H. Hitier . . VII-VIII 10
- — Prix Fourcade...VII-VIII 10
- — Médailles Dumas ... VII-VIII il
- — Médailles de bronze décernées
- aux contremaîtres et aux ouvriers.
- VI-VIII 12
- Séances publiques, 8 nov. 1919 XI-XII 424
- — — 29 — 1919 XI-XII l432
- Commission pour la réforme du calendrier.
- Travaux de la Commission. . VII-VIII 70
- Vœux de la Société d’Encouragement.
- VII-VIII 78
- La réforme du calendrier, exposé sommaire de la question, p$r le général Sebert........................VII-VIII 81
- Projets étudiés et proposés, par Paul Toulon.........................VII-VIII 88
- Bibliographie, par Paul Toulon. VII-
- VIII 89
- Projet de division isochrone de l’année, emploi d’un calendrier auxiliaire, le Chronos, par Paul Delaporte. VII-
- VIII 91
- Correspondance échangée entre MM. Koeppen et Hanin. . . VII-VIII 100
- Comité d’Agriculture. Extrait du procès-verbal de la séance du 28 mai 1919.
- VII-VIII 137
- Avis demandé par M. le ministre de l’Agriculture sur l’aménagementetl’utili-sation du futur palais des expositions
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-
-
- agricoles et hippiques, par H. Hitjer.
- VI-V1II
- Liste des nouveaux membres admis pendant l’année 1919 à faire partie de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale .... XI-XII 449
- AGRICULTURE ET CULTURE MÉCANIQUE
- Agriculture. L’apostolat agricole, Le Retour à la Terre et Le Salut par la Terre, de M. Méline. Rapport de M. L. Lindet.................VII-VIII 19
- — Le Congrès del’ — française (Paris,
- 30 juin, 3 juillet 1919) (Notes d’Agri-culture), par H. Hitier. . . Vl-VIII 116
- — La journée de huit heures et 1’— (Notes d’Agriculture), par H. Hitier.
- IX-X 259
- Céréales. Le déficit de la récolte de 1919. Ses causes (Notes d’Agriculture), par H. Hitier.....................1X-X 257
- Offices agricoles. Les---départemen-
- taux et régionaux (Notes d’Agriculture), par H. Hitier............IX-X 264
- Ouvriers agricoles. L’amélioration de la situation des — (Notes d’Agriculture), par H. Hitier......................IX-X 260
- Culture mécanique :
- Camions automobiles. Utilisation agricole des — — (Culture mécanique), par Max Ringelmann.....................IX-X 237
- Argiles. L’épuration électrique des —
- (Notes de Chimie), par J. Garçon.
- IX-X 254
- B
- BIBLIOGRAPHIE.
- Accumulateurs électriques. Etude résumée
- des-----, par L. Jumau ... . XI-XII 443
- Alimentation. Les industries de V—, par
- Paul Petit ..................IX-X 284
- Aliments frigorifiés. La cuisine des aliments frigorifiés, par Joseph Bruna.
- IX-X 278
- Aluminium. Des emplois de l' — dans la construction des machines, par B. de . Fleury et R. Labruyère . . . IX-X 283 Bassin de la Sarre. Le —--------. Clauses
- SEMESTRE DE 1919.
- du traité de Versailles. Étude historique et économique, par P. Vidal de la Blache et L. Gallois. .... IX-X 285 Briques de silice. Bésumé des travaux sur la fabrication des — — —, par F. Cel-
- lerier........................XI-XII 440
- Chaudières à vapeur, par J. Dejust.
- IX-X 282
- Chimie analytique. Manipulations de— — appliquée, par Maurice François. IX-
- X 280
- Chimie industrielle. Précis de — —, par
- Pierre Carré..................IX-X 276
- Chutes d'eau. Le rôle cle l'utilisation des — — clans l’extension de l'activité industrielle et agricole, par Paul Lévy-Salvador..........................VII-VIII 142
- Voir Houille blanche.
- Ciment armé. Cours de--------, par N. de
- Tedesco.......................XI-XII 442
- Colonies françaises. Notre force future, par Jean Dybowski. . . . VII-VIII 139 Combustible. L’utilisation des sciures de bois comme—, par L. Nottin. XI-XII 441 Construction. Une politique de la — après larguer ré. Travaux publics et bâtiments, par Georges Hersent .... IX-X 284 Crédit. Les problèmes du — en France,
- par Germain Martin............XI-XII 437
- Cuir. La chimie du — à l'usage de tous les industriels du—, par Léon Eglène.
- VII-VIII 141
- Électricité. Production économique de l'— dans les régions industrielles, par Fernand Courtoy.................XI X1I 440
- — Précis d' — industrielle, par R. Bus-
- quet........................... XI-XII 442
- — Théorie industrielle de T — et des
- machines électriques, par A. Ver-durand;......................... XI-XII 443
- Enseignement agricole. La réforme de
- V-----, par M. Plissonnier. . IX-X 282
- Fours électriques. Les — — industriels et les fabrications électro-thermiques. par Jean Escard ...... XI-XII 439
- Fraisage (Le), par J. Hanen . . XI-XII 442 Houille blanche. La technique de la ---------et des transports d’énergie électrique. — Tomel. Création et aménagement des chutes d’eau, par Étienne Pagoret. Préface de[M. Blondel. XI-XII 438 I Industrie hôtelière. La plus belle des
- 4fi0 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DU 2e
- 137
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-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DU 2e SEMESTRE DE 1919. 461
- industries, par Léon Atjscher et
- L. Baudry de Saunier..........IX-X 283
- Industrie textile. The textile manufacturer year-book...................IX-X 284
- Législation des mines en Alsace et Lorraine (1871-1918), par R. Courau. XI-
- XII 442
- Logement des animaux, par Max Rin-
- GELMANN...........................IX-X 284
- Main-d'œuvre. Étude des mouvements. Méthodes] d'accroissement de la capacité productive d'un ouvrier, par F.-B. Gil-breth. Traduit par J. Ottenheimer
- IX-X 285
- Mécanique. Précis de technologie —, par
- Ch. Fleury......................XI-X1I 441
- Mécanismes élémentaires (Des), par E.
- Loche...........................XI-XII 444
- Obus. Mémoire sur le traitement thermimique des — (Application de la méthode Taylor), par Léon Guillet. Introduction et notes d’Henry Le Cha-
- TELIER........................VII-V1I1 141
- Organisation industrielle, par P. Charpentier.................................IX-X 280
- Etude sur V — — des usines, par Jules
- SlMONET.................. XI-XII 443
- Photomécanique. Les reproductions — polychromes (sélections trichromes, orthochromatisme, procédés d’interprétation),
- par L.-P. Clerc...................IX-X 279
- Physique. Les applications de la — pendant la guerre, par H. Vigneron, IX-X 277 Problèmes économiques d’après-guerre
- par L. de Launay..................IX-X 283
- Sciures de bois. — Voir Combustible. Télégraphie sans fil. Principes élémen-F" ment air es de — — —, par R. D. Ban-
- GAY........................... XI-XII 440
- Terres réfractaires, par Marc Larche-
- yèque......................... XI-XII 436
- Tissage. Défauts du —, par Adolphe
- Hullebroeck.....................XI-XII 442
- Tourbe. Exploitation industrielle de la —,
- par Ch. van Eecke.................IX-X 281
- Tunnel sous la Manche (Le), par Alfred C. Tobiansky d’Altoff. . . . XI-XII 441
- Université du travail, Une —-------, par
- Orner Buyse.................. . XI-XII 441
- Usines. L'hygiène dans la reconstruction des—, par L. Bargeron . . VII-VIII 139 — Voir Organisation rationnelle.
- Bibliographie scientifique. Enquête de la Commission du Répertoire de —: —-
- U: Y1I-MII 64
- — Réponse de la Société d’Encourage-ment pour l’Industrie nationale et du Bureau bibliographique de Paris. VII-
- VIII 65
- — Rôle et importance d’une classifica-tionbibliographique universelle. VII-
- VIII 67
- Bois. Rapport sur le mémoire de MM. Soulier et Frey. Etude sur la différenciation des —verts et des — vieux ou vieillis artificiellement, par le lieutenant-colonel Paul Renard
- VII-VIII 24
- Brevets d'invention. Prolongation de la
- durée des------français. Avis et vœux
- de la Société d’Encouragement, par Paul Toulon................VII-VIII 26
- C
- Calendrier. Commission pour la réforme du —......................VII-VIII 70
- Cellulose. — (Voir Houille).
- Centenaire de J. Watt. Allocution prononcée à Birmingham le 17 septembre 1919 à l’occasion du — --------, par
- A. Rateau .....................XI-XII 310
- Charbons et combustibles colloïdaux (Notes de Chimie), par J. Gabçon
- VII-VIII 111
- Chemins de fer. Reconstitution de l’Association internationale du Congrès des^- — —sous le nom de : Association internationale des—--------. IX-X 233
- Combustibles colloïdaux. — (Voir Charbons) .................................
- Construction. Une politique de la — après la guerre (Note du Comité des Constructions et Beaux-Arts), par
- P. Couturaud.................VII-VIII 133
- Constructions mécaniques. — (Voir File-' tages.)
- D
- Dissolvants industriels (Notes de Chimie), par J. Garçon...................VII-VIII 108
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-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE UES MATIÈRES DU 2e SEMESTRE DE 1919.
- G
- 462
- E
- Eaux. (Voir Épuration des —.)
- Enseignement. Un essai d’ — pratique.
- L’ —en Afrique occidentale française (Préapprentissage, apprentissage). Conférence par Georges Hardy (Mémoire).....................XI-XII 314
- —- (Compterendu de la séance publique du 8 novembre 1919. .... XI-XII 424
- — L’ — technique, industriel et com-
- mercial en Alsace et Lorraine. Conférence par M. Roux (Compterendu de la séance publique du 29 novembre 1919)....................... XI-Xll 432
- Épuration des eaux. Les progrès de 1’ ----------par le chlore, par A. Moreau------XI-XII 416
- Etudes techniques. Comité du Retour aux ------, par E. Lemaire. .... IX-X 225
- F
- Filetages. Résumé historique des travaux entrepris par la Société d’En-couragement pour l’Industrie, nationale en vue d’assurer l’unification des systèmes de — employés dans les constructions mécaniques par application à ces — du système métrique et du système décimal, par le général Sebert...........................IX-X 177
- — Note bibliographique : documents
- concernant les— publiés par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale................IX-X 192
- — L’unification des — des vis à métaux, par F. Cellerieh .... IX-X 198
- — Comparaison des pièces filetées des divers systèmes adoptés ou proposés
- en France, par Ch. Zetter . . IX-X 203
- — Étude de H. J. Bingham Powell sur la vérification des calibres filetés pour munitions de guerre, analysée par
- F. Cellerier................XI-XII 335
- Forêts. La reconstitution des— et l’exploitation forestière après la guerre. Conférence par J. Demorlaine (Mémoire) ..........................IX-X
- Gaz. Les — employés en art militaire (Notes de Chimie), par J. Garçon
- VII-VIII 107
- Glucine. Sur l’industrie de la — (Notes de Chimie), par J. Garçon. . . IX-X 249 Glycérine de fermentation (Notes de Chimie), par J. Garçon. . . . IX-X 252
- il
- Houille. La distillation de la — et de la cellulose dans le vide (Notes de Chimie), par J. Garçon.................IX-X 247
- I
- Industrie résinière. Sur 1’----(Notes de
- Chimie), par J. Garçon. . . . IX-X 253
- Industries textiles. Les----de l’Alsace.
- Conférence par Alfred Renouard (Mémoire) ...................... VII-VIII 32
- Ingénieurs. La formation des — par le stage en usine.......................IX-X 217
- J
- Javellisation. (VoirÉpuration des eaux).
- L
- Laboratoire national de recherches. Création d’un — — — — au Japon, par Eugène Lemaire. . . . VII-VIII 134
- Lampes-valves. (Voir Radiotélégraphie.)
- M
- Machines-outils. Recherches sur l’évaluation rapide des temps élémentaires des travaux mécaniques. Choix d’une
- 155
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-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DU 2e SEMESTRE DE 1919. 463
- série normale d’avances et de vitesses pour — — à tailler les métaux, par J. Androuin. . . . . . . . • IX-X 145 Matériaux artificiels. Les — — à la Foire de Paris, 26 avril-15 mai 1919 (Note du Comité des Constructions et Beaux-Arts), par le lieutenant-colonel G. Espitallier. . . . . IX-X 266
- Matières réfractaires. Sur les----(Notes
- de Chimie), par J. Garçon. . . IX-X 254
- N
- Nécrologies. M. Émile Bigo, dit Bigo-
- Danel . XI-XII 428
- M. Cambefort . XI-XII 431
- M. Claudius Chômienne . . . . XI-XII 427
- Sir William Grookes .... . XI-XII 430
- M. Henry Deutsch. ..... . XI-XII 434
- M. Guillemin . XI-XII 427
- M. Émile Guimet . ... . . . . XI-XII 426
- M. Joseph Maurel . XI-XII 429
- M. Pernez . XI-XII 431
- M. Péchiney. ... .... . XI-XII 430
- M. Résal. . . . XI-XII 434
- M. Léon Roffo . XI-XII 434
- M. Simon . XI-XII 431
- M. Valette . XI-XII 428
- Notes d’Agriculture, par Henri Hitier. . 434
- VII-VIII 116
- _ — _ — IX-X 257
- Notes de Chimie, par Jules Garço N. VII-VIII 107
- — _ — — IX-X 246
- P
- Papiers. Le jaunissement des — (Notes de Chimie), par J. Garçon . VII-VIII 112
- Les fils de — (Notes de Chimie), par J. Garçon. ................. VII-YIII 113
- R
- Radiotélégraphie. L’emploi des lampes valves à 3 électrodes par la — militaire (— par ondes entretenues et radiotéléphonie), par C. Gutton. XI-
- XII 388
- Radiotéléphonie. (VoirRadiotélégraphie.)
- S
- Science française. Les efforts de la — — pendant la guerre . . . . . XI-XII 389 Sciences et industries chimiques. L’avenir des — — — (Notes de Chimie), par
- J. Garçon...................... IX-X 246
- Standardisation. Avis demandé par la Commission permanente de —. Réponse de la Société d’Encourage-ment pour l’Industrie nationale. XI-
- XII 381
- Sulfate de cuivre. Sur la préparation du ----------(Notes de Chimie), par J. Garçon------- IX-X 248
- T
- Taille des métaux. — (Voir Machines outils).
- Télégraphie par le sol (T. P. S.), par R. Jouaust. . ...............XI-XII 408
- Travaux mécaniques. — (Voir machines outils).
- U
- Unités de mesure. Loi du2 avril 1919 sur les — — — et décret du 26 juillet 1919.portant règlement d’administration publique pour l’exécution de cette loi................. XI-XII 351
- — Exposé historique, par E. Lemaire
- XI-XII 351
- — Circulaire n° 240 du Ministre du
- Commerce.................. XI-XII 354
- — Lettre du Ministre du Commerce à
- M. le Président de la Société d’En-couragement pour. l’Industrie nationale. ... . ...........XI-XII 357
- — Rapport de M. Mesnager, au nom du
- Comité des Constructions et Beaux-Arts. . . . ............... . XI-XII 358
- — Lettre de M. Lindet, président de la
- Société d’Encouragement, à M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie. .................XI-XII 362-36
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-
- 464
- — Lettre de M. Gariel, président de la Commission des Unités de la Société française de Physique, à M. le Président de la Société d’Encouragement
- XI-XII 363
- — Lettre de M. Lindet à M. Gariel. XI-
- XII 366
- — Loi du 2 avril 1919 sur les unités de mesure (publiée au Journal Officiel du
- 4 avril 1919) ...............XI-XII 367
- — Tableau des étalons et des unités commerciales et industrielles. XI-
- XII. 368
- Décret du 26 juillet 1919 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de laloidu2avril 1919 sur les unités de mesure (publié au Journal officiel du 5 août 1919) . XI-
- XII 369
- — Tableau général des unités commerciales et industrielles. . . . XI-XII 373
- v
- Vis à métaux. —(Voir Filetages).
- TABLE ALPHABÉTIQUE DBS MATIÈRES' DU 2e SEMESTRE DE 1919.
- i
- L'Agent général, gérant, E. Lemaire.
- Paris — Typographie Philippe Rbnouard, 19, rue des Saints-Pères. — 55017.
- p.464 - vue 464/464
-
-