Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
-
-
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIETE D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE
- PUBLIÉ
- SOUS LA DIRECTION DES SECRÉTAIRES GÉNÉRAUX DE LA SOCIÉTÉ
- MM. H. HITIER R P. TOULON
- 1924
- Pour faire partie de la Société, il faut être présenté par un membre et être nommé par le Conseil d’Administration.
- (Extrait du Règlement.)
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ, 44, RUE DE RENNES (6“ *«*.)
- 1924
- Page de titre 1 - vue 1/899
-
-
-
- SECRÉTARIAT DE LA SOCIÉTÉ
- ET
- RÉDACTION DU BULLETIN
- Communications, dépôts, renseignements, abonnements au Bulletin, annonces,
- de 14 h. à 16 h.
- p.2 - vue 2/899
-
-
-
- 123e ANNÉE.
- JANVIER 1024.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- LISTE DES MEMBRES TITULAIRES ET HONORAIRES DU CONSEIL D’ADMINISTRATION ET DES MEMBRES CORRESPONDANTS POUR L’ANNÉE 1924
- MEMBRES TITULAIRES Bureau.
- Année
- de l’entrée r» - • i .
- au Conseil. I VPSldent.
- 1907. — Mesnager (A.) (O. %), membre de l’Institut, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, 182, rue de Rivoli (1er arr1).
- Vice-présidents.
- 1891. — Sauvage (E.) (O. i&), Inspecteur général des Mines, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, 14, rue Eugène-Flachat (17e arr1).
- 1885. — Appert (L.) (O. ijfc), Ingénieur des Arts et Manufactures, manufacturier, 148, boulevard Haussmann (8e arr').
- 1897. — Lï 'ON (G.) (O. ifc), administrateur délégué de la Société Pleyel, 22, rue Rochechouart (9e arr1).
- 1906. — Wery (G.) (O. ^), Ingénieur-agronome, directeur de l’Institut national agronomique, 6, rue Joseph-Bara (6e arr1).
- 1910. — Georges Risler (G. ^), président du Musée social et de rUnion des Sociétés de Crédit immobilier de France et d’Algérie, 115, avenue des Champs-Elysées, (8e arr1).
- p.3 - vue 3/899
-
-
-
- 4
- Année de l’entrée au Conseil.
- CONSEIL D’ADMINISTRATION (1924).
- JANVIER 1924.
- Secrétaires généraux.
- 1900. — Toulon (Paul) (%), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en
- retraite, Ingénieur en chef honoraire des Chemins de fer de l’Etat, 106 bis, rue de Rennes (6e arr1).
- 1901. — Hitier (Henri) (ifc), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie
- d’Agriculture, professeur à l'Institut national agronomique, 6, rue du Général-Foy (8e arr‘).
- Trésorier.
- 1906. — Alby (O. iïfc), ancien Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 55, boulevard Lannes (16e arr1).
- Censeurs.
- 1884. — Bordet (%), ancien Inspecteur des Finances, administrateur de la Compagnie de Chàtillon, Commentry etNeuves-Maisons, 181, boulevard Saint-Germain (7e arr1).
- 1866. — Tisserand (Eugène) (G. C. %), membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, directeur honoraire de l’Agriculture, Conseiller Maître honoraire à la Cour des Comptes, 17, rue du Cirque (8e arr1).
- Commission des Fonds.
- 1884. — Bordet (%), ancien Inspecteur des Finances, administrateur de la Compagnie de Chàtillon, Commentry et Neuves-Maisons, Président, boulevard Saint-Germain, 181 (7e arr1).
- 1876. — Pereire (Henry), Ingénieur des Arts et Manufactures, vice-président de la Compagnie des Chemins de fer du Midi, boulevard de Courcelles, 33 (8e arr‘).
- 1891. — d’Eichthal (Eugène), membre de l’Institut, vice-président de la
- Compagnie des Chemins de fer du Midi, directeur de l’Ecole des Sciences politiques, boulevard Malesherbes, 144 (17e arr1).
- 1892. — Heurteau (O. ^), Ingénieur en chef des Mines, directeur honoraire
- de la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans, rue de Clichy, 17 (9e arr1).
- 1900. — Lavollée (J.) (&), avocat à la Cour d’Appel, 88, boulevard Malesherbes (8e arr1).
- 1903. — Lafosse (H.) (O. i&), membre de l’Académie d’Agriculture, Inspecteur général des Eaux et Forêts, 61, rue de Vaugirard (6e arr1). 1906. — Alby (O. #), ancien Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, 55, boulevard Lannes (16e arr1).
- 1908. — Biver (Comte), Ingénieur des Arts et Manufactures, 14, rue de Prony (17e arr1).
- 1923. — Cornu-Thenard (André) (#), ancien Ingénieur des Manufactures de l’Etat, 6, place Saint-Sulpice, Paris (6e arr1).
- p.4 - vue 4/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT EN 1924. 5
- Année de l’entrée au Conseil.
- Comité des Arts mécaniques.
- 1905. — Bertin (G. i}£), membre de l’Institut, Président, 8, rue Garancière
- (6e arr4).
- 1891. — Sauvage (O. %), Inspecteur général des Mines, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, rue Eugène-Fla-chat, 14 (17e arr1).
- 1897. — Barbet (O. ^), ingénieur, 47, rue de Liège (8e arr1).
- 1897. — Diligeon (ifc), Ingénieur des Arts et Manufactures, conseiller du
- Commerce extérieur, 23 bis, avenue Niel (17e arr4).
- 1898. — Masson (L.) (O. $fc), ingénieur civil, directeur en congé hors cadre
- du Conservatoire des Arts et Métiers, 22, rue Alphonse-de-Neuville (17e arr1).
- 1900. — Walckenaer (0. Inspecteur général des Mines, 218, boulevard
- Saint-Germain (7e arr1).
- 1901. — Rateau (O. %), membre de l’Institut, ancien ingénieur au Corps des
- Mines, 10 bis, avenue Elisée-Reclus (7e arr1).
- 1906. — Lecornu(0. aftj), membre de l’Institut, Inspecteur général des Mines,
- professeur à l’Ecole polytechnique, 3, rue Gay-Lussac (5e arr4).
- 1913. — Dantzer (James) (%), ingénieur, professeur au Conservatoire
- national des Arts et Métiers, 17, avenue Sainte-Foy, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- 1914. — Salomon (Louis) (O. ^), ancien président de la Société des Ingé-
- nieurs civils de France, Ingénieur en chef honoraire du Matériel et de la Traction des Chemins de fer de l’Est, 175, rue du Faubourg-Poissonnière (9e arr4).
- 1916. — de Fréminville (Charles), Ingénieur des Arts et Manufactures,
- 18, rue Pierre-Curie (5e arr4).
- 1917. — Arbel (Pierre) (C. ifc), administrateur-délégué de la Société des
- Forges de Douai, 103, avenue Henri-Martin (16e arr4).
- 1918. — Guillery (•&), ingénieur, directeur des Etablissements Malicet et
- Blin, 111, rue de Flandre (19e arr4).
- 1922. — Koenigs (Gabriel) (O. ^), membre de l’Institut, professeur de mécanique à la Sorbonne et au Conservatoire national des Arts et Métiers, directeur du Laboratoire de Mécanique de la Faculté desSciencesdeParis, 77, rue du Faubourg-Saint-Jacques (14earr4). 1922. — Androuin (M.-J.), ingénieur-conseil, 44, rue Dombasle (15e arr4). 1924. — Sabouret (Victor) (O. •$£), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Ingénieur en chef des Services techniques attaché à la Direction de la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans, 3, square de La Tour-Maubourg (7e arr1).
- Comité des Arts chimiques.
- 1885. — Le Chatelier (Henry) (C. i&), membre de l’Institut, Inspecteur général des Mines, professeur à la Faculté des Sciences, Président, rue Notre-Dame-des-Champs, 75 (6e arr4).
- p.5 - vue 5/899
-
-
-
- G
- CONSEIL DAD.MINISTRATION (1924). — JANVIER 1924.
- A nn (ta île l’ontrlta »u Conseil.
- 1885. — Appert (Léon) (O. ^), ingénieur-manufacturier, 148, boulevard Ilaussmann (8e arr1).
- 1898. — Livache, Ingénieur civil des Mines, 24, rue de Grenelle (7e arr1). 1900. — Bâclé (O. ^), Ingénieur civil des Mines, 57, rue de Chàteaudun (9e arr1).
- 1903. — Halleii(G. 0.1^), membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, professeur à la Faculté des Sciences, 10, rue Vauquelin (5e arr1). 1905. — Prud’homme (ifc), chimiste, ancien élève de l’École polytechnique, 78, avenue de la Grande-Armée (\T arr1).
- 1907. — Guillet (O. %), ingénieur, professeur au Conservatoire national des
- Arts et Métiers, directeur de l’École centrale des Arts et Manufactures, 1, rue Montgolfier (3e arr1).
- 1908. — Bertrand (Gabriel) (O. ^), membre de l’Institut, professeur à la
- Faculté des Sciences et à l’Institut Pasteur, 61, boulevard des Invalides (7e arr1).
- 1911. — Trillat (A.) (C. ^), chef de laboratoire à l’Institut Pasteur, 25, rue
- Dutot (15e arr1).
- 1912. — Delloye (Lucien) (O. $£), directeur général des Glaceries delà Clc de
- Saint-Gobain, 1, place des Saussaies (8e arr1).
- 1913. — Loebnitz (J.) (O. 4&), fabricant de faïences artistiques, 4, rue Pierre-
- Levée (11e arr1).
- 1914. — Gall (Henry) (^), ancien président de la Société des Ingénieurs
- civils de France, administrateur délégué de la Société d’Électro-chimie, président de la Société des Carbures métalliques, 2, rue Blanche (9e arr1).
- 1915. — Pagès (Albert) (^), ancien président du Syndicat général des Produits
- chimiques, 34, boulevard Henri-IV (4e arr1).
- 1917. — Ciiesneau (Gabriel) (C. $£), Inspecteur général des Mines, directeur de l’Ecole nationale supérieure des Mines, 60, boulevard Saint-Michel (6e).
- 1921. — Ciiarpy(Georges) (O.ifc), membre de l’Institut, professeur à l’École nationale supérieure des Mines, 123, rue de Lille (7e arr1).
- Comité des Arts économiques.
- 1876. — Sebert (Général H.) (C. %), membre de l’Institut, Président, rue Brémontier, 14 (17e arr‘).
- 1897. — Lyon (O. ^), administrateur délégué de la Société Pleyel, 22, rue Rochechouart (9e arr1).
- 1900. — Toulon (Paul) (ïfc), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en retraite, Ingénieur en chef honoraire des Chemins de fer de l’État, 106 bis, rue de Rennes (6e arr1).
- 1902. — Hillaihet (^), ingénieur-constructeur, 22, rue Vicq-d’Azyr (10e arr1).
- 1907. — Bertiielot (Daniel), membre de l’Institut, 168, boulevard Saint-Germain (6e arr*).
- p.6 - vue 6/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT EN 1924. 7
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1909. — Bordas (Dr F.) (C. a}fc), professeur suppléant au Collège de France, 58, rue Notre-Dame-des-Champs (6e arr1).
- 1909. — RexNARd (Paul) (O. >&), lieutenant-colonel du Génie territorial,
- 8 bis, rue de l’Eperon (6e arr1).
- 1910. — Marre (O. ^), ingénieur-mécanicien, 72, boulevard de Courcelles
- (17e arr1).
- 1910. — Féry (^), professeur à l’École municipale de Physique et de Chimie, 28, rue de l’Arbalète (5e arr1).
- 1915. — Arnould (Pierre) (O. %), ingénieur-conseil, commissaire expert
- du Gouvernement pour l’examen des contestations en douane, 31, rue Bonaparte (6e arr1).
- 1916. — Legouëz (Raynald) (C. ifc), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées,
- 25, rue Molitor (16e arr1).
- 1917. — Zetter (Charles) (ifc), Ingénieur des Arts et Manufactures, 49, rue
- de Maubeuge (9e arr1).
- 1919. — Delage (Gustave) (O. ^), lieutenant de vaisseau de réserve, administrateur-directeur technique de la Société Nieuport-Astra, 46, boulevard Gallieni, à Issy-les-Moulineaux (Seine).
- 1919. — Rey (Jean) (O. %), Ingénieur civil des Mines, associé gérant de la maison Sautter-Harlé et Cie, 26, avenue de Sufïren (15e arr1). 1922. — Breton (Jules), sénateur, membre de l’Institut, directeur des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, 81 bis, boulevard Soult (12e arr1).
- 1922. — Ferrié (Général G. A.) (O. i&), membre de l’Institut, Inspecteur général de la Télégraphie militaire, 2, square Latour-Maubourg (7e arr4).
- Comité d’Agriculture.
- 1866. — Tisserand (Eug.) (G. C. $*), membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, directeur honoraire de l’Agriculture, Conseiller Maître honoraire à la Cour des Comptes, Président, rue du Cirque, 17 (8e arr1).
- 1896. — Lindet (C. ^), membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, professeur à l’Institut national agronomique, 108, boulevard Saint-Germain (6e arr1).
- 1901. — Ringelmann (O. %), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, directeur de la Station d’Essais de Machines, 2, avenue de Saint-Mandé (12e arr1).
- 1901. — Hitier (Henri) (%), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, professeur à l’Institut national agronomique, 6, rue du Général-Foy (8e arr1).
- 1905. — Schribaux (E.) (C. ^), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, professeur à l’Institut national agronomique, 140 bis, rue de Rennes (6e arr1).
- 1905. — Dybowski (O. ^), Inspecteur général de l’Agriculture coloniale,
- p.7 - vue 7/899
-
-
-
- 8
- CONSEIL DADMINISTRATION (1924).
- JANVIER 1924.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1906.
- 1906.
- 1907.
- 1915.
- 1916.
- 1917. 1917.
- 1917.
- 1921. -
- 1922.
- 1899.
- 1898.
- 1903.
- 1907.
- 1908. 1908. 1908. 1911.
- membre de l’Académie d'Agriculture, 4, rue de Fontenay, à Nogent-sur-Marne (Seine).
- Girard (A.-Ch.) (O. %), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, professeur à l'Institut national agronomique, 60, rue Madame (6° arr*).
- Wery (Georges) (O. >&), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, directeur de l’Institut national agronomique, 6, rue Joseph-Bara (6e arr*).
- Dabat (G. O. Üfc), membre de l’Académie d’Agriculture, directeur général honoraire des Eaux et Forêts, conseiller-maître à la Cour des Comptes, 48, boulevard de La-Tour-Mau bourg (7e arr1).
- Pi iUCHET (Emile) (^), ancien président de la Société des Agriculteurs de France, membre de l’Académie d’Agriculture, régent de la Banque de France, 5, rue d’Estrées (7e arr*).
- Viala (Pierre) (O. ^), député, membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, professeur àl’Institut national agronomique, Inspecteur général de la Viticulture, 35, boulevard Saint-Michel (5earr*).
- Hitier (Joseph) ffi), professeur à la Faculté de Droit et à l’Institut national agronomique, 19, rue Servandoni (6e arr1).
- Mangin (Louis) (O. ^), membre de l’Institut et de l’Académie d’Agriculture, directeur du Muséum national d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier (5e arr*).
- Moussu (ifc), membre de l’Académie d’Agriculture, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, à Alfort (Seine).
- Petit (Henri) (O. ^), membre de l’Académie d’Agriculture, agriculteur, 3, rue Danton (6e arr*).
- Kayser (Edmond) (O. ^), directeur du Laboratoire de Fermentation à l’Institut national agronomique, 9 bis, rue d’Assas (6e arr*).
- Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Larivière (Pierre) (ijfc), Ingénieur civil des Mines, Président, 164, quai Jemmapes(10® arr*).
- Bonaparte (Prince Roland), membre de l’Institut, 10, avenue d’Iéna (16e arr*).
- Maes (Georges) (djfc), manufacturier, 45, rue de Courcelles (8e arr*).
- Mesnager (A.) (O. #), membre de l’Institut, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, 182, rue de Rivoli (1er arr*).
- Hersent (Georges) (O. efc), Ingénieur des Arts et Manufactures, 60, rue de Londres (8e arr*).
- Bourdel (Joseph) (O. #), imprimeur-éditeur, ancien juge au Tribunal de Commerce, 10, rue Garancière (6e arr*).
- d’Allemagne (Henri) ($fc), archiviste-paléographe, bibliothécaire honoraire de l’Arsenal, 30, rue des Mathurins (8e arr*).
- Bertrand de Fontviolant (O. #), professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures, Les Acacias, à Vaucresson (Seine-et-Oise).
- p.8 - vue 8/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT EN 1924. 9
- Année de l'entrée au Conseil.
- 1913.
- 1913.
- 1916.
- 1919.
- 1919.
- 1922.
- 1924.
- 1924.
- 1892.
- 1897.
- 1897.
- 1899.
- 1910.
- 1910.
- 1911. 1913. 1913.
- Hachette (André), secrétaire de la Société française de Photographie, 2, Square de Luynes (7e arr1).
- Bodin (Ü. ^), ingénieur, professeur à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures, 50, rue Saint-Ferdinand (17e arr1).
- Taillefer (André) (&), ancien élève de l’École polytechnique, docteur en droit, avocat à la Cour de Paris, secrétaire général de l’Association française pour la Protection de la Propriété industrielle, 215 bis, boulevard Saint-Germain (7e arr‘).
- Magne (Marcel) (ifc), professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, 34, quai de Béthune (4e arr1).
- Bechmann (Georges) (C. %), Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, en retraite, membre de l’Académie d’Agriculture, 52, avenue Yictor-Hugo (16e arr1).
- Plumet (Charles), architecte, 49, avenue Victor-Hugo (16e arr1).
- Rabut (Charles) (O. ^), Inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite, Ingénieur en chef honoraire de la Voie aux Chemins de fer de l’État, ingénieur-consultant, 14, rue de l’Abbé de l’Epée (5e arr1).
- Feret (René) (i&), ancien élève de l’École polytechnique, chef du Laboratoire des Ponts et Chaussées, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- Comité de Commerce.
- Gruner (E.) (0. %), Ingénieur civil des Mines, vice-président du Comité central des Houillères de France, ancien président de la Société des Ingénieurs civils de France, Président, 60, rue des Saints-Pères (7e arr1).
- Paulet (G.) (C. ^), ancien conseiller d’État, administrateur du Crédit foncier de France, 21, rue d’Ourches, à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- Dupuis (^), Ingénieur civil des Mines, 18, avenue Jules-Janin, (16e arr1).
- Lévy (Raphaël-Georges) (O. ^), sénateur, membre de l’Institut, 3, rue de Noisiel (16e arr1).
- Alfassa (Maurice), Ingénieur civil des Mines, 15, rue Soufflot (5e arr1).
- Risler (Georges) (C. &), président du Musée social et de l’Union des Sociétés de Crédit immobilier de France et d’Algérie, 115, avenue des Champs-Elysées (8e arr1,).
- Carmiciiael (Robert S.) (O. #), fîlateur et tisseur de jute, 4, rue Saint-Florentin (1er arr1).
- Roy (Ferdinand) (O. ^), négociant, membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, 24, place Malesherbes (17e arr‘).
- Richemond (Pierre) (O. ^), ingénieur-constructeur, 52, avenue Edouard-Vaillant, à Pantin (Seine).
- p.9 - vue 9/899
-
-
-
- 10
- CONSEIL D’ADMINISTRATION (1924). — JANVIER 1924.
- Année de l’entrée au Conseil.
- 1915.
- 1924.
- 1924.
- 1924.
- 1924.
- 1913.
- 1866.
- 1869.
- 1895.
- 1889.
- 1903.
- de Rousiers (Paul) (^), professeur à l’École des Sciences politiques, 12, rue de Bourgogne (7e arr1).
- Roume (Ernest) (G. G. ifc), gouverneur général honoraire des Colonies, 1, avenue Montaigne (8e arr1).
- Herrenschmidt (Jacques), fabricant de cuirs teints, de la Société « Les Fils de Ch. Herrenschmidt », Manufacture de cuirs teints, tanneries, corroieries, Paris et Lagny (Seine-et-Marne), 138, rue de Courcelles (17e arr*).
- LeCesne (Julien)(O. ^), négociant-exportateur, président de l’Union coloniale, administrateur de la Compagnie française de l’Afrique occidentale, vice-président de la section de Législation du Conseil supérieur des Colonies, 50, avenue Victor-Hugo (16e arr1).
- Julhiet (Edouard) (•$£), ingénieur-conseil à la Banque de l’Union parisienne, 95, rue de Lille (7e arr1).
- Commission du Bulletin.
- Hitier, Toulon, secrétaires généraux; Lafosse, Sauvage, Masson, Prud’homme, Livaciie, Sebert, Arnould, Lindet, Ringelmann, Larivière, Bourdel, de Rousiers, Dupuis.
- Agent général de la Société.
- Lemaire (Eugène) (i&, ^), Ingénieur des Arts et Manufactures, 44, rue de Rennes (6e arr1). — Téléphone : Ségur. 29.75.
- MEMBRES HONORAIRES DU CONSEIL
- Présidents honoraires de la Société.
- Tisserand (Eugène) (G. C. ^), membre de l’Institut 17, rue du Cirque (8e arr{).
- Haton de la Goupillière (G. C. ^), membre de l’Institut, président honoraire de la Société et du Comité des Arts mécaniques, 56, rue de Vaugirard (6e arr1).
- Comité des Arts mécaniques.
- Bourdon (Édouard) (O. %), constructeur-mécanicien rue du Fau-bourg-du-Temple, 74 (11e arr1).
- Comité des Arts chimiques.
- Vieille (G. O. ^), membre de l’Institut, 16, avenue Pierre-Ier-de-Serbie (16e arr1).
- Comité des Arts économiques.
- Perot (^), professeur à l’École polytechnique, 16, avenue Bugeaud (16e arr1).
- p.10 - vue 10/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT EN 1924. 11
- MEMBRES CORRESPONDANTS
- Comité des Arts mécaniques.
- Correspondants français.
- Année de
- la nomination
- 1913. — Leflaive (Joseph), ancien Ingénieur de la Marine, gérant des Etablissements Leflaive et Cie, La Chaléassière, Saint-Etienne (Loire).
- 1913. — Schubert (Adrien) (^, $>), Ingénieur des Arts et Manufactures,
- de la maison F. Bapterosses et Cie, 6, rue Fourcroy, Paris (17e).
- 1919. — Bouciiayer (Auguste) (%), Ingénieur des Arts et Manufactures, administrateur-délégué des Etablissements Bouchayer et Viallet à Grenoble — Corenc (Isère).
- Comité des Arts chimiques.
- Correspondants français.
- 1919. — Boyoud (Emile) (^), Ingénieur des Arts et Manufactures, directeur général de la Compagnie des Produits chimiques d’Alais et de la Camargue, 126, rue La Boétie, Paris (8e).
- 1919. — Jossier (Gabriel) (^), Ingénieur des Arts et Manufactures, président de la Chambre syndicale des Cuirs et Peaux de Paris, 19, rue Béranger, Paris (3e).
- 1919. — Michelin (André) (%), Ingénieur E.C.P., de la maison Michelin et Gie, président de l’Aéro-Club de France, membre du Conseil de Direction du Comité français des Expositions, membre du Conseil supérieur de la Natalité, membre du Comité des Travaux publics pour l’Amélioration du Réseau routier, 103, boulevard Pereire, Paris (17e).
- 1919. — Scheurer (A.) (ifc), secrétaire-président du Comité de Chimie de la Société in dustrielle de Mulhouse, Bitschwiller-Thann (Haut-Rhin).
- 1919. — Zuber (Louis), industriel, Rixheim (Haut-Rhin).
- Correspondants étrangers.
- 1906. — Hadfield (Sir Robert Abbott), membre de la Royal Society, D. Sc., D. Met., membre correspondant de PAcadémie des Sciences de Paris, Steel Manufacturer, 22, Carlton House Terrace, London, S. W. 1 (Angleterre).
- 1914. — Nichols(H. William), Sc. D., H. D., Commandatore Crown of Italy,
- Chev. order S. S. Mauvezie et Lazare, chemist, chairman of Board Allied Chemical and Dye Corporation, 61, Broadway, New York (U. S. A.).
- 1922. — Ha user (Enrique), Ingénieur des Mines, membre de l’Académie royale des Sciences de Madrid, président de la Commission
- p.11 - vue 11/899
-
-
-
- 12 CONSEIL D’ADMINISTRATION (1924). ---- JANVIER 1924.
- Année de
- la nomination
- espagnole du Grisou, ancien président de la Société espagnole de Physique et Chimie, professeur-chef du Laboratoire de Chimie industrielle de l’École des Mines et du Laboratoire Gomez Pardo, 33, rue Zorrilla, à Madrid 14° (Espagne).
- 1922. — Hannon (Edouard), Ingénieur honoraire des Ponts et Chaussées (Belgique), gérant de la Société Solvay et Cie, 33, rue du Prince-Albert, Bruxelles (Belgique).
- 1922. — Sauveur (Albert) (üfc, 0), ingénieur métallurgiste, membre de l’American Academy of Arts and Sciences, membre honoraire de la Société des Ingénieurs sortis des Ecoles de Liège, président du Salon français de Boston, professeur de métallurgie et de métallographie à l’Université Harvard, Harvard University, Cambridge, Mass. (U. S. A.).
- 1922. — Mrazec (L.), professeur de minéralogie, directeur de l’Institut géologique de Roumanie, membre de l’Académie roumaine, chaussée Kiseleff, 2, Bucarest (Roumanie).
- Comité des Arts économiques.
- Correspondants français.
- 1919. — Chauveau (Dr Claude) (&), sénateur, docteur-médecin, 225, boulevard Saint-Germain, Paris (7e).
- 1919. — Férol (Comte Jean-Emile de), administrateur-délégué de la Société française d’incandescence par le Gaz (Système Auer), 21, rue Saint-Fargeau, Paris (20e).
- 1919. — Lebeuf (Auguste) (ifc, I. O), correspondant de l’Institut et du Bureau des Longitudes, professeur d’astronomie et directeur de l’Observatoire, Université de Besançon, Besançon (Doubs).
- 1919. — Visseaux (Jacques), industriel, 88 et 90, quai Pierre-Scize, Lyon (Rhône).
- 1922. — Garnier (Maurice) (O. T. Q), Ingénieur en chef d’artillerie navale, adjoint à l’Inspecteur général d’artillerie (13, rue de l’Université, Paris, 7e, tél. Ségur 25-04), 7, place de Breteuil, Paris (7e).
- Corresp onda n ts é tran g ers.
- 1890. — Elihu-Thomson (O. j£), A. M. (Yale University), D. Sc. (Harvard University), Consulting Engineer, Electrician, Member of Corporation, Mass, lnstitute of Technology, Cambridge, Mass., General Electric Company, Lynn, Mass., 22, Monument Avenue, Swampscott, Mass. (U. S. A.).
- 1913. — Guillaume (Charles-Edouard) (O. %), correspondant de l’Institut de France, (prix Nobel), physicien, directeur du Bureau international des Poids et Mesures, Pavillon de Breteuil, Sèvres (Seine-et-Oise).
- p.12 - vue 12/899
-
-
-
- CONSEIL DADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT EN 1924. 13
- Année de la nomination
- 1914. — Kamerlingh Onnes (Heike), chevalier du Lion néerlandais, docteur ès sciences physiques et mathématiques, (prix Nobel), membre correspondant de l’Académie des Sciences de Paris, professeur de physique expérimentale et directeur du Laboratoire de Physique (laboratoire cryogénique) de l’Université de Leyde, Huize ter Wetering, Haagweg 49, Leyde (Pays-Bas).
- 1919. — Empain (Général baron), 33, rue du Congrès, Bruxelles (Belgique),
- et 50, rue de Lisbonne, Paris (8e).
- 1920. — Tzitzeica (Georges), commandeur de la Couronne de Roumanie,
- docteur ès sciences de Paris, membre de l’Académie roumaine, secrétaire général de la Société roumaine des Sciences, membre du Conseil permanent de l’Instruction publique, doyen de la Faculté des Sciences de Bucarest, 82, Strada Dionisie, Bucarest (Roumanie).
- 1920. — Torres y Quevedo, membre de l’Académie royale des Sciences de Madrid, directeur du Laboratorio de Automatica de Madrid, membre correspondant de l’Institut de France, Yalgame Dios. 3, Madrid (Espagne).
- Comité d’Agriculture.
- Correspondants français.
- 1890. — Milliau (Ernest) (^, î§), expert des tribunaux, correspondant de
- l’Académie d’Agriculture, directeur du Laboratoire d’Essais techniques, 30, rue Sainte, Marseille (Bouches-du-Rhône).
- 1891. — Briot (Félix) (O. üfc, C. I 0), membre correspondant de l’Aca-
- démie d’Agriculture, conservateur des Eaux et Forêts en retraite, administrateur-délégué de la Société française d’Eco-nomie alpestre, 12, rue Nézin, Chambéry (Savoie).
- 1907. — Monicault (Pierre de) (JJ), Ingénieur-agronome, membre de l’Académie d’Agriculture, agriculteur, 9, rue Jean-Goujon, Paris (8e), et à Versailleux (Ain).
- 1919. — Chervin (Pierre) (O. jg, Q), administrateur du Jardin d’Essai du Hamma et Stations annexes, sous-directeur au Gouvernement général de l’Algérie, Direction de l’Agriculture, du Commerce et de la Colonisation, 26, boulevard Carnot, à Alger (Algérie).
- 1919. — Faucon (Paul), membre de l’Académie d’Agriculture et du Conseil supérieur de l’Agriculture, 16, rue Lagrange, Paris (5e), et à La Fauconnerie (Tunisie).
- 1919. — Girard (Henry) (^, ||), membre du Conseil supérieur de l’Agriculture, correspondant de T Académie d’Agriculture, vice-président de la Société des Agriculteurs de l’Oise, agriculteur, éleveur, Domaine de Bertrandfosse, Plailly (Oise).
- p.13 - vue 13/899
-
-
-
- ^ CONSEIL D’ADMINISTRATION (1924). — JANVIER 1924.
- Année de
- la nomination
- 1919. — Helot (Jules) (O. 4&)> président de la Chambre de Commerce de Cambrai, membre de l’Académie d’Agriculture, fabricant dé sucre, 6, rue de l’Epée, Cambrai (Nord).
- 1919. — Mennesson (Constantin) (4fc), président de la Chambre syndicale des Producteurs français de graines de betteraves à sucre, membre du Conseil supérieur des Stations agronomiques et des Stations agricoles, agriculteur et distillateur, ancien fabricant de sucre, 8, rue Brémontier, Paris (17e), et à Lizy par Anizy-le-Château (Aisne).
- 1919. — Potin (Julien) (O. 4fc), président de la Société Potin et Cie, 103, boulevard Sébastopol, Paris, industriel, 9, boulevard Richard-Wallace, Neuilly-sur-Seine (Seine).
- 1919. — Simon (Albert) (O. 4&, C. sjj§, ©), président de la Chambre de Commerce de Cherbourg, administrateur-délégué de la Banque de France, président du Conseil d’administration de la Société anonyme des Etablissements Simon frères à Cherbourg, industriel, 45, rue de l’Alma, Cherbourg (Manche).
- Comité des Constructions et Beaux-Arts.
- Correspondants français.
- 1913. — Couturaud (Pierre) (^), Ingénieur des Arts et Manufactures, administrateur-délégué de la revue Chaleur et Industrie (5, rue Michel-Ange, Paris, 16e) 22, rue de Tocqueville, Paris (17e).
- 1919. — Arnodin (Ferdinand) (O. 4&), ingénieur, constructeur spécial de ponts suspendus et de transbordeurs, Châteauneuf-sur-Loire (Loiret).
- 1919. — Lumière (Louis) (C. 4fc), membre de l’Institut, industriel, 262, cours Gambetta, Lyon (Rhône).
- Comité de Commerce.
- Correspondants français.
- 1919. — Isaac (Auguste) (O. 4fc), député du Rhône, ancien ministre, ancien industriel, 12, quai des Brotteaux, Lyon (Rhône).
- 1919. — Lacroix (Camille de) (O. 4fc), président de la Société industrielle de Mulhouse, ancien industriel, 10, faubourg du Miroir, Mulhouse (Haut-Rhin).
- C0rrespondant étranger.
- 1890. — Hemptinne (Comte Paul de), industriel, président de la Société linière gantoise, des Glaceries nationales belges, de l’Académie de Saint-Luc, 429, chaussée de Courtrai, Gand (Belgique).
- p.14 - vue 14/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — JANVIER 1924.
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL(1)
- Messieurs,
- Le pointage du personnel est pour beaucoup de chefs d’entreprise un problème ennuyeux parce que mal défini et mal résolu. Mal défini car il est dominé par l’action complexe de facteurs nombreux et difficiles à mesurer. Mal résolu parce qu’inexploré rationnellement.
- Nous avons essayé, dans ce travail, de résoudre le problème du pointage du personnel; pour cela, nous avons conduit notre étude en nous inspirant de la méthode d’observation expérimentale qui débute par l’analyse pour se terminer par la synthèse. L’analyse, résumée dans le tableau n° 1, a été poussée aussi loin que possible dans le domaine des facteurs mesurables ou même seulement appréciables.
- La synthèse, indiquée sur le tableau n° 2, aboutit à un classement des divers procédés de pointage. Ce classement, qui n’est pas fantaisiste, est en quelque sorte la projection d’ensemble des points de vue principaux auxquels on peut se placer pour examiner la question. Commenté à l’aide du tableau analytique, le second tableau permet de trouver le meilleur procédé convenant à chaque cas particulier. Et c’est là le but que nous nous étions fixé.
- Ceci dit, il nous est facile de faire le plan de cette communication. Nous commencerons par définir exactement ce qu’est le pointage du personnel; puis, après l’étude analytique des facteurs qui dominent la question, nous exposerons sous une forme critique la synthèse, c’est-à-dire les divers procédés de pointage classés rationnellement. Enfin, nous tirerons une conclusion.
- Définition précise du pointage du personnel.
- Qu’est-ce au juste que le pointage du personnel? Le pointage du personnel est l’ensemble des mesures prises pour répondre au besoin de ponctualité, de régularité, d’exactitude, d’assiduité, de présence, de surveillance du personnel afin d’assurer dans toute entreprise une bonne marche du tra-
- (1) Conférence faite par l’auteur à la Conférence de l’Organisation française (Hôtel de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale), le 7 novembre 1922.
- p.15 - vue 15/899
-
-
-
- 16
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- vail. C’est une fonction d’ordre, et aussi d’économie. En conséquence, nous appellerons procédés de pointage du personnel, l’ensemble des moyens utilisés par la direction des entreprises pour apprécier, mesurer d’une manière satisfaisante l’assiduité, l’exactitude du personnel.
- Les mots ci-dessus représentent une idée précise qu’il est difficile, apriori, de chiffrer. Elle dépend heureusement d’un. facteur précis, qui est le temps, et tous les problèmes de pointage gravitent autour de la réalisation de cette idée : indiquer exactement des temps, indiquer exactement des heures, et, de ces indications, tirer des déductions sur l’assiduité, l’exactitude du personnel.
- Limites à fixer à cette étude. — Le fait que le pointage du personnel se réalise en marquant, notant, enregistrant des heures, donc des temps, a eu pour conséquence que divers auteurs ont pensé devoir y ajouter des questions annexes ayant à leur base des mesures de temps. Nous citerons en particulier la question des prix de revient et celle du calcul des salaires.
- Certes, il ne manque pas de liens entre ces questions et celle qui nous occupe et l’on ne doit pas s’en désintéresser lors du choix d’un procédé de pointage. Il y a lieu au contraire, d’examiner soigneusement leurs rapports afin que le but atteint par chacune d’elles corresponde à la plus grande économie pour l’ensemble.
- Les rapports de voisinage avec les questions annexes ainsi fixés, nous examinerons les limites de notre étude en elle-même. Nous aurions pu, en effet, la borner à quelques applications particulières ou encore à l’énumération des facteurs ou des procédés de pointage. Nous avons voulu au contraire faire une étude générale de toute la question.
- 1. — ÉTUDE ANALYTIQUE DES FACTEURS (tableau n° 1).
- Nous avons constaté tout d’abord que les divers facteurs se groupaient autour de trois fonctions principales et de trois seulement.
- La première réunit tous les facteurs relatifs à l’entreprise; la seconde groupe les facteurs « humains » ; la troisième comprend tous les facteurs qui dépendent des procédés de pointage.
- Il est impossible de concevoir une autre fonction ou un autre facteur ne dérivant pas de ces trois groupes principaux. S’agit-il du travail? Il dépend de l’entreprise. Du milieu social? Il dépend des facteurs humains. Du prix d’une installation ? Il dépend du procédé de pointage.
- Nous allons les examiner tous rapidement et insister sur quelques-uns qui peuvent sembler apriori assez inattendus.
- p.16 - vue 16/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 17
- TABLEAU N° 1. — FACTEURS DU PROBLÈME DU POINTAGE
- Facteurs relatifs-à l’entreprise.
- Facteurs
- humains
- relatifs
- Facteurs relatifs au procédé de pointage.
- Travail.
- Salaires.
- Horaire.
- Effectifs.
- Lieux.
- au personnel.
- à la direction, au milieu social.
- Caractéristiques.
- Fonctions annexes. Devis
- d’exploitation.
- Nature.
- Intensité.
- Au temps.
- A la tâche.
- Complexité des passages.
- Temps de présence. Temps de travai . Tolérances. Précision.
- Par service.
- Plan. Éparpillement du personnel. Portes.
- Esprit de discipline (retards, fraudes. Instruction. Soin.
- Profession.
- Son opinion.
- Qualités des pointeurs.
- Coutumes locales.
- Lois.
- Classement des procédés Capacité d'un poste.
- Installation.
- Comptabilité
- du pointage du service du personnel
- des prix de revient des salaires.
- Surveillance.
- Matériel.
- Main-d’œuvre.
- 1° Facteurs relatifs aux entreprises. — Le choix d’un procédé de pointage est nettement influencé dans toute entreprise par : la nature du travail ; le mode de salaire ; la nature des horaires ; l’importance des effectifs; enfin, la disposition des locaux ou des lieux.
- Mais avant d’examiner chacune de ces « influences » ou facteurs, il est indispensable de faire une remarque sur la définition du mot entreprise.
- Lorsque nous parlons du pointage dans une entreprise, nous considérons l’ensemble des procédés appliqués aux différents services qui la composent : bureaux, ateliers, chantiers.
- Or il est nécessaire pour étudier aisément la question, de considérer séparément des services qui diffèrent nettement les uns des autres par la nature du travail, le genre de personnel ou par tout autre facteur suffisant pour entraîner un changement de méthode ou de procédé de pointage.
- Tome 136. — Janvier 1924. 2
- p.17 - vue 17/899
-
-
-
- 18
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- Après avoir étudié chaque service, on essayera d’unifier, dans un but de clarté et d’économie, les divers procédés adoptés pour chacun d’eux.
- Examinons maintenant les divers facteurs relatifs à l’entreprise ou mieux à chacun des services de celle-ci.
- Travail. — La nature du travail influe sur les procédés de pointage à adopter car le travail de bureau, qui est différent de celui de chantier ou d’atelier, peut utiliser un procédé non applicable à ces derniers. En agriculture, les procédés seront autres que dans le commerce, l’industrie ou les administrations.
- L'intensité du travail doit être considérée, car il est fastidieux de compter les minutes de présence à des ouvriers dont l’allure de travail est telle qu’ils gâchent des heures entières par manque d’activité ou d’organisation. Dans ce cas, la nécessité d’instaurer une méthode efficace de mesure des temps de travail l’emporte et fait reléguer au second plan la mesure des temps de présence.
- Salaires. — Nous constaterons plus loin que certains procédés de pointage procurent automatiquement de véritables bordereaux de salaires, calculables sur le temps de présence. Le travail de la comptabilité se réduit à un calcul fort simple effectué sur ces bordereaux qui sont, soit individuels, soit collectifs. Il en résulte une économie d’écritures qu’il y a lieu de reporter au bénéfice du procédé de pointage envisagé.
- Il importe donc d’indiquer le système de salaire lorsqu’il est basé sur le temps de présence (heure, journée, semaine, quinzaine, mois, etc... heures supplémentaires, tarifs divers) mais aussi lorsqu’il est basé sur la tâche exécutée, auquel cas les bordereaux de présence servent de contrôle aux calculs des temps de travail. La question de forme des salaires permettra presque toujours de faire un choix entre plusieurs procédés restant en présence, après les éliminations basées sur les autres considérations.
- Horaires, complexité des passages. — La façon dont s’effectuent les passages du personnel a une grande importance dans la détermination d’une méthode de pointage, parce qu’il n’existe pas de procédé simple ou d’appareil permettant de résoudre tous les cas possibles d’horaires. Dans chaque application on est obligé de tenir compte du nombre d’entrées des équipes et du nombre de sorties, de la simultanéité des passages des équipes ou de leur non-simultanéité, de la mobilité ou de la fixité des heures de passage.
- Dans la plupart des cas, heureusement, les horaires sont particulièrement simples, nous avons constaté :
- 1° qu’il n’y a généralement pas plus de 3 entrées et 3 sorties par jour ;
- p.18 - vue 18/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 19
- 2° que les passages des équipes sont généralement simultanés sauf dans les entreprises à marche continue;
- 3° enfin, que les heures de passages sont fixées une fois pour toutes.
- Ce sont toutes ces. simplifications au cas général qui permettent de trouver des solutions bien adaptées aux cas les plus fréquents.
- Mais si l’étude des cas simples est, comme nous le verrons, facilement soluble, celle des cas complexes reste entière. Pourl’aborder, il est nécessaire de dresser un graphique des horaires de présence par équipe en désignant clairement chacune d’elles, avec son effectif (voir l’étude de ce facteur). On recherche ensuite parmi les procédés de pointage ceux qui permettent de répondre aux conditions de ce graphique.
- Temps de présence, temps de travail. — Quoique le désir de beaucoup de chefs d’entreprises soit de faire coïncider ces deux temps, c’est une coutume bien enracinée de faire pointer le personnel avant son passage au vestiaire à l’entrée et après son passage au vestiaire à la sortie. Conséquence : 5, 10 ou 15 minutes perdues pour « se préparer » à travailler et même temps perdu pour « se préparer » à sortir.
- Chaque fois que cela est possible, il faut imposer au personnel de pointer les entrées et les sorties en tenue de travail, c’est-à-dire au moment de le commencer ou lorsqu’il cesse; on évite ainsi une surveillance difficile, on augmente l’esprit de discipline et d’activité, enfin, on rend possible le contrôle des « temps de travail », nécessaire au service des « prix de revient », par « les temps de présence ».
- Précision de l'horaire, tolérances. — Par précision de l’horaire, il y a lieu d’entendre l’importance du temps accordé bénévolement au personnel pour entrer après l’heure d’entrée, ou sortir avant l’heure de sortie. Cette précision tient à plusieurs causes. D’abord aux appareils. Certains n’enregistrent les heures de passage que de 5 en 5 minutes, d’autres, et ce sont les plus nombreux, de minute en minute. Ensuite, à la rapidité du pointage. En effet, avec un procédé ne permettant que 20 inscriptions à la minute, il faut 10 minutes pour pointer 200 personnes. Enfin, à la surveillance exercée. Chaque fois qu’il y a relâchement dans le service de pointage, le personnel tend automatiquement à abuser delà situation pour arriver plus tard et partir plus tôt.
- C’est par la mesure précise du temps perdu que l’on pourra comparer la valeur d’un procédé à un autre. Ce que l’on demande, en effet, à un bon procédé de pointage, c’est d’éviter le plus possible les pertes de temps dues à une tolérance trop grande. Un procédé qui cause sur le temps total de présence une perte de 0,5 p. 100 est supérieur à celui qui en cause une de 1 p. 100, toutes autres choses étant égales.
- p.19 - vue 19/899
-
-
-
- 20
- POINTAGE DU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- Effectifs. — Il est de toute évidence que l’importance du nombre d’agents, d’employés, d’ouvriers, intéresse au plus haut point le service du pointage, ne serait-ce que pour la capacité des cahiers, appareils, tableaux adoptés ou pour le nombre de surveillants ou de pointeurs à utiliser pour assurer la bonne exécution des entrées et des sorties.
- Dans les entreprises comprenant des services différents, ces renseignements sont à fournir pour chacun d’entre eux, en séparant les employés des ouvriers et des chefs de service.
- Lieux, leur disposition. — Si les locaux de l’entreprise sont groupés dans un petit rayon (moins de 100 m) on peut utiliser un ou deux postes de pointage, disposés de telle manière que le personnel puisse, après le pointage, gagner son poste de travail dans un temps très réduit.
- Si, au contraire, les lieux sont très étendus, plusieurs centaines de mètres ou même des kilomètres (grands chantiers) les postes devront être judicieusement placés afin d’éviter la perte de temps pour aller du poste de pointage au poste de travail. Un ouvrier met 15 minutes pour faire 1 km, 1,5 minute pour faire 100 m.
- L’étude de postes de pointage fixes ou mobiles sur un plan des lieux est donc indispensable si l’on désire éviter les pertes de temps signalées dues à un mauvais emplacement des postes de pointage.
- Passages, entrées, accès. — C’est parce que des locaux ouverts donnent au personnel la possibilité de s’esquiver pendant le travail ou d’avoir des relations avec le dehors que l’étude des accès est nécessaire. S’ils sont trop nombreux, ils obligent à un service de surveillance important, donc onéreux et rarement efficace. Un principe absolu est de réduire les passages, accès, portes d’entrée à un nombre minimum nécessité par les considérations développées au chapitre sur la topographie des lieux. Cette question touche de près celle de la surveillance générale et celle de la circulation du personnel pendant le travail, qui est une des plus importantes à résoudre dans une entreprise organisée rationnellement.
- Nous en avons terminé avec les facteurs relatifs à l’entreprise. Les analyser plus profondément aurait été sortir imprudemment du domaine pratique. Nous pensons qu’aucun facteur fondamental n’a été omis et c’est là ce qui nous semble le plus important.
- 2° Facteurs humains relatifs au problème du pointage du personnel. — Avant de passer à l’étude du deuxième groupe de facteurs agissant sur le problème du pointage, il est nécessaire de dire que ces groupes ne sont pas intégralement indépendants les uns des autres. Il est quelques facteurs qui pouvaient être placés dans le premier groupe ou dans le second ou dans le
- p.20 - vue 20/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 21
- troisième ou qui participent des trois. Exemple : La tolérance accordée pour les retards est utile à connaître pour bien définir les caractéristiques des horaires (1er groupe); elle est aussi une fonction « humaine » (2e groupe), car elle dépend de la sévérité ou du laisser-aller de la direction et, indirectement, de l’esprit de discipline du personnel; enfin, elle influe sur les prix d’exploitation
- Sous cette réserve, nous garderons notre confiance totale dans ce classement jusqu’au jour où nous en connaîtrons un autre plus judicieux.
- Les facteurs humains sont ceux de trois groupes de personnes bien définis qui sont : le personnel, la direction, enfin, le milieu extérieur, qui agit sur les deux premiers.
- 1° Facteurs humains relatifs au personnel. — Le personnel est peut-être de tous les facteurs le plus délicat à étudier, car il est le seul qui réagisse au moment de l’application d’un nouveau procédé, selon des formes qu’il importe de prévoir, car elles peuvent être la cause d’un échec complet. Il faut donc non seulement considérer la mentalité actuelle du personnel, mais déterminer comment il va réagir sous l’application d’un procédé nouveau. L’étude des facteurs suivants éclairera la question.
- Esprit de discipline.— Un personnel parfaitement discipliné sans surveillance n’aurait pas besoin d’être pointé, car ce serait pour lui la marque d’une douloureuse suspicion, mais il n’y a pas de personnel parfaitement discipliné sans surveillance. La discipline collective naît de l’efficacité des sanctions prises lors des infractions aux règles posées. C’est une qualité collective rare qui croît lentement et qui nécessite beaucoup d’attention et d’énergie. Là où il y a des sanctions, il y a une organisation, et par conséquent un système de pointage parfois bien étudié, souvent perfectible. Dans une telle entreprise, on peut toujours tenter un changement de méthode de pointage en ménageant la susceptibilité du personnel à l’aide de moyens connus des chefs et révélés par l’expérience.
- Dans les entreprises où la discipline est relâchée, les retards sont fréquents et importants. Aucun appareil de pointage n’aura la propriété d’améliorer la situation alors qu’un procédé simple employé judicieusement peut donner d’excellents résultats.
- La valeur de la discipline du personnel et sa mentalité doivent être notées ainsi que les réactions probables dues à tel ou tel procédé de pointage envisagé.
- Dans ce chapitre « discipline », il est utile de parler de la question des retardataires. Dans certaines maisons, on ferme les portes à partir d’une certaine heure; ce procédé, efficace dans certains cas, peut être inapplicable
- p.21 - vue 21/899
-
-
-
- 22
- POINTAGE DU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- lorsqu’il y a pénurie de main-d’œuvre ou quand cette mesure prive la maison d’agents habiles ou nécessaires au travail.
- Mais il est des retardataires incorrigibles; il résulte de l’expérience qu il est impossible de maintenir une discipline suffisante lorsqu’on tolère leur présence dans une entreprise. On doit à tout prix s’en débarrasser.
- Les retards doivent toujours donner suite à des sanctions, pécuniaires d’abord et morales s’il y a lieu.
- Les sanctions pécuniaires consistent dans le non-paiement du temps d’absence, dans les applications d’amendes ou dans la non-attribution de primes d’assiduité.
- Les sanctions morales varient de l’avertissement pur et simple au renvoi, en passant par l’affichage du classement d’assiduité du personnel.
- Avant d’en terminer avec le facteur délicat de la discipline, nous signalerons qu’il est indispensable de s’inquiéter des fraudes possibles dans le pointage aussi bien de la part du personnel que des agents de pointage.
- Notons que la sécurité contre les fraudes est fonction directe de la vigilance et de l’honnêteté professionnelles de ces derniers.
- Instruction. — Il est des méthodes de pointage où l’on signe, où l’on lit un nombre, un nom (le sien). Il faut donc que le personnel soit non seulement capable, selon les circonstances d’écrire, de lire ou de compter, mais de bien signer, de bien lire, de bien compter et rapidement. Les entreprises employant de la main-d’œuvre étrangère ont souvent des difficultés à ce sujet. Des ouvriers signeront avec moins de soin que des employés. Enfin, nombre d’ouvriers sont presque illettrés.
- Profession et hiérarchie. — L’indication de la profession permet aussi de déduire le niveau d’instruction et le soin probable du personnel. On peut affirmer sans hésitation qu’un comptable saura signer et lire plus correctement qu’un manœuvre. La profession est cependant utile à considérer, car elle permet de faire des observations assez inattendues. Ainsi les gens appartenant aux carrières « libérales », avocats, artistes et qui peuvent être employés régulièrement dans des entreprises, ne se plient pas volontiers à la discipline du pointage. Les ingénieurs s’y plient volontiers car ils connaissent trop la valeur de l’ordre et de la discipline pour ne point s’y soumettre. Une profession peut donc, a priori, être une cause de rejet d’une méthode en faveur d’une autre, ou nécessiter des cas d’exception fâcheux, mais impossibles à éviter.
- Un des points les plus délicats du pointage est celui qui concerne les chefs subalternes. Doit-on les faire pointer avec leur personnel? En ce cas ils considèrent cette obligation comme désobligeante. De plus, si leur
- p.22 - vue 22/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 23
- assiduité n’est pas parfaite, le personnel ne leur ménage pas les critiques, ce qui diminue leur autorité et crée un laisser-aller pouvant rendre inefficace le procédé de pointage excellent cependant pour le personnel seul. Que faut-il donc faire?
- D’une part, éviter de fournir au personnel un moyen de contrôle facile de l’assiduité de ses chefs. D’autre part, exiger de ces derniers une régularité exemplaire par un procédé qui leur sera spécialement réservé. Un des meilleurs est, sans contredit, l’œil du maître ou du chef du personnel. Enfin, il est des chefs qui, malgré les nécessités de leur service, sont toujours en retard. Ces derniers ne peuvent pas être de bons conducteurs d’hommes parce qu’ils ne prêchent pas par l’exemple et il est de toute importance de se fixer à leur sujet sur l’une des deux solutions suivantes : les corriger de leur défaut ou se débarrasser d’eux.
- 2° Facteurs humains relatifs a la direction. — Il est bien rare que la direction d’une entreprise n’ait pas des idées personnelles sur les questions de pointage. Ces idées ne sont pas toujours conformes à l’intérêt de l’entreprise. Il est indispensable de les connaître afin de les orienter s’il y a lieu. D’autre part, les agents de la direction ne sont pas toujours eux-mêmes des modèles d’assiduité et de ponctualité.
- Dès qu’un homme ose leur imposer une discipline, on peut s’attendre de leur part à une lutte acharnée pour défendre les commodités qu’ils se sont accordées et qui souvent constituent à leurs yeux un titre de supériorité sur le petit personnel.
- L’étude d’une entreprise à réorganiser sera donc plus complète si l’on note soigneusement les idées et l’importance des qualités du personnel de l’état-major.
- Membres de l’état-major.
- Désignation.
- Coefficient à attribuer ou appréciation.
- Activité...............................
- Assiduité et ponctualité................
- Vigilance et clairvoyance..............
- Sévérité ou laisser-aller..............
- Aptitudes à conduire les hommes . . .
- Modernisme.............................
- Connaissance des méthodes de pointage Confiance : dans la méthode employée. — dans la méthode proposée.
- Nous attachons une grande importance à l’étude ci-dessus. Nous en attachons également à la connaissance précise des qualités et de la mentalité du personnel chargé du pointage.
- p.23 - vue 23/899
-
-
-
- U
- POINTAGE DU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- Le tableau suivant peut servir de guide dans cette étude :
- Personnel du service de pointage.
- Coefficient à attribuer
- Qualités. ou appréciation.
- Honnêteté et loyauté............................................
- Vigilance et activité...........................................
- Assiduité et ponctualité........................................
- État physique : âge.............................................
- — acuité des sens.................................
- — santé ..........................................
- Moral...........................................................
- Ces considérations nous ont été inspirées par le spectacle trop souvent répété d’agents peu loyaux, négligents, inactifs, ou dont les moyens physiques ne leur permettaient pas d’effectuer sérieusement leur service. Or, ici, comme dans tous les travaux, les facteurs humains ont une influence dominante sur la qualité et la quantité du travail demandé. C’est pour cela que nous les avons étudiés d’une manière toute particulière.
- 3° Facteurs humains relatifs au milieu social. — On peut se demander ce que vient faire le milieu social dans la question du pointage. Le milieu social est caractérisé par deux groupes d’obligations que l’on peut appeler les coutumes et les lois. N’est-il pas utile de savoir que les coutumes et habitudes régionales sont de faire de telle ou telle manière en ce qui concerne le pointage du personnel? que telle ou telle manière déjà essayée dans certaines conditions a échoué? N’est-il pas indispensable de connaître aussi les lois ou conventions syndicales, relatives aux heures de travail et à la façon dont ce dernier doit être effectué ?
- Sans doute il faut considérer toutes ces choses en ce qu’elles influent sur le problème. Mais il pourrait être dangereux de les ignorer systématiquement.
- Ayant terminé avec le deuxième groupe de facteurs, nous allons passer au troisième groupe qui comprend ceux qui sont relatifs aux procédés de pointage.
- Facteurs relatifs aux procédés de pointage.
- Comme précédemment nous ferons un classement de ces facteurs pour ne point les exposer pêle-mêle dans le désordre où l’observation semble les présenter.
- Quel que soit le système de pointage à envisager, la première chose à faire est d’en décrire les caractéristiques, puis de fixer la nature des relations que son usage entraîne avec les services annexes, à savoir : la comptabilité
- p.24 - vue 24/899
-
-
-
- LES PROCFJDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 25
- des prix de revient, etc... et le service de surveillance ou du personnel; enfin, il s’agit de connaître combien le procédé coûtera et, par conséquent, d’en faire un devis d’exploitation.
- Caractéristiques des systèmes de pointage. — Les différents procédés de pointage étant décrits dans la seconde partie de cette conférence, nous nous limiterons ici à spécifier ce qui différencie seulement chaque procédé de tous les autres. C’est pour cela que nous considérerons d’abord le classement des divers procédés de pointage afin de bien connaître le choix dont on dispose pour une application. Puis nous examinerons la question de capacité d’un poste. Enfin, nous aborderons celle de leur installation.
- Classement des procédés. — Nous avons tenté plusieurs classements avant d’arriver à celui que nous présentons (Tableau n° 2). 11 constitue surtout un canevas sur lequel un procédé quelconque envisagé peut prendre place. Ne comportant pas de termes techniques spéciaux, la lecture en est facile.
- Il est cependant utile de faire un commentaire relatif aux deux grands groupes principaux, savoir :
- a) procédés dans lesquels le pointage est effectué par un agent spécialisé;
- b) procédé dans lesquels le pointage est effectué par le personnel.
- Le premier groupe envisage le pointage réalisé par un agent responsable qui, dans les petites entreprises, est parfois le patron lui-même.
- Pour le second groupe, le titre laconique du tableau peut laisser supposer qu’il n’y a pas de surveillance exercée sur le pointage effectué par le personnel lui-même et qu’il est pour ainsi dire automatique. Il n’en est rien.
- Dans aucun cas, le pointage du personnel ne peut se passer d’une surveillance exercée par un agent spécialisé, laquelle nécessite plus ou moins d’intelligence, mais toujours beaucoup d’honnêteté professionnelle.
- Nous affirmons même que la valeur du pointage effectué est terriblement influencée parla valeur du personnel qui en est responsable, et là, se révèle l’importance des facteurs humains de la « direction ».
- Néanmoins, il existe des systèmes perfectionnés où le rôle de ces agents est si simplifié, si mécanique qu’on peut les considérer comme atteignant le degré du semi-automatisme.
- Nous joindrons à ce chapitre la question de savoir si l’on doit pointer à l’entrée et à la sortie ou à l’entrée seulement.
- On peut, en effet, donner des directives très nettes sur ce point.
- Il faut faire pointer à l’entrée et à la sortie lorsque les circonstances permettent au personnel de sortir en fraude avant l’heure. Il faut le faire encore quand l’horaire est compliqué, quand il y a croisement d’équipes, quand les heures de sortie sont variables ou lorsqu’il s’agit d’heures complémentaires.
- p.25 - vue 25/899
-
-
-
- 26
- POINTAGE DU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- Par contre, lorsqu’un personnel est très surveillé, lorsqu’il sort à des heures fixes, sans croisement avec d’autres services, on peut supprimer le pointage normal de sortie et lui substituer la « simple ouverture des portes», avec signal de cessation de travail par sonnerie, cloche ou tout autre moyen. On gagne de cette façon un temps sensible et on augmente dans certains cas le rendement des appareils de pointage.
- Capacité d'un poste. — Ce titre, qui semble se rapporter à un seul facteur, est pourtant assez complexe. D’abord qu’entend-on par poste de pointage? C’est, un lieu où se trouvent réunis le ou les moyens de réaliser cette fonction. Un poste comprend un ou plusieurs pointeurs ou surveillants, un ou plusieurs appareils « de pointage ». Une entreprise peut comprendre plusieurs postes. 11 est nécessaire de connaître pour chaque système le nombre d’employés qui peuvent être pointés à une entrée ou à une sortie et cela par pointeur et par appareil. Il est nécessaire également de connaître la capacité totale de chaque poste et de chaque appareil.
- Ces deux notions sont différentes l’une de l’autre. La capacité par passage indique combien il peut être pointé d’employés lors d’un passage de 5 minutes (valeur pratique à conseiller comme durée totale d’un passage) par appareil ou par poste dans les conditions habituelles d’une entrée.
- La capacité totale indique le nombre total d’employés différents pointés par un surveillant pointant sur un appareil ou pointant à un poste.
- Dans de nombreux cas, cette deuxième distinction n’est pas à faire. Elle est nécessaire quand on a des équipes qui.se croisent, ou qui prennent leurs postes de travail à des heures différentes. Exemples : équipe A entrant à l’heure H,; équipe B, entrant à l’heure H„ etc... Dans ce cas, la capacité de passage est à noter pour la plus forte équipe, la capacité totale comprend l’effectif total A -f- B etc...
- L’utilisation d’un poste peut se trouver très diminuée dans le cas des équipes qui se croisent.
- Les conditions de circulation du personnel font qu’il n’est guère possible dans les grandes entreprises de laisser les deux vagues, montante et descendante, utiliser un passage unique établi pour l’entrée de l’une d’elles. La vitesse d’écoulement serait très ralentie et les pertes de temps sensibles.
- On dispose donc un passage avec des appareils pour les entrées et un autre passage avec d’autres appareils pour les sorties, ou encore, on réserve autant de passages avec appareils, qu’il y a d’équipes ou de groupes d’équipes en réalisant la condition de non croisement des employés qui entrent avec ceux qui sortent.
- Cette question relève autant de la capacité de postes que de la suivante.
- p.26 - vue 26/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 27
- Installation des postes de pointage. — Après avoir fixé les emplacements de ces postes, les effectifs qu’ils doivent contrôler, les horaires qu’ils doivent assurer (voir facteurs relatifs à l’entreprise), il s’agit de les aménager d’une manière rationnelle qui évitera les embouteillages, les « cafouillages », les fraudes dues à une mauvaise visibilité des pointeurs et qui assurera un débit rapide, un pointage correct, une surveillance efficace.
- Toute installation doit tenir compte du principe de la circulation « non entravée », par lequel une file d’employés se dirigeant vers un appareil ne doit pas être coupée par une autre file.
- Le poste du surveillant doit être placé de telle manière qu’il puisse voir tous les appareils et surtout les employés au moment où ils pointent.
- Les caractéristiques de chaque procédé une fois établies, nous passerons à une question assez complexe et dont il a été déjà dit quelques mots. Elle touche aux rapports existants entre le pointage et les services annexes des prix de revient, de calcul des salaires et de surveillance générale. Nous avons désigné sommairement cette question sous la rubrique :
- Fonctions annexes. — Le pointage ne consiste pas uniquement à inscrire l’heure de passage de chaque employé. On doit en effet, tirer une conclusion de ces inscriptions pour savoir s’il est assidu, régulier, ponctuel et mesurer ces qualités par le nombre et l’importance des retards ou absences. Ce travail est généralement confié au service du personnel, ou à celui de la surveillance générale. Il sert à fixer des sanctions afin de maintenir la discipline.
- Mais d’autre part, les tableaux de présence peuvent avoir plus ou moins de caractéristiques communes avec ceux utilisés pour l’établissement des salaires, du contrôle des temps de travail ou du calcul des prix de revient. Il est donc nécessaire d’examiner l’ajustement qu’il est possible de faire pour réduire le travail au minimum en évitant des répétitions inutiles en maintenant un contrôle réel et pratique entre ces différents services,
- La diversité des cas qui peuvent se présenter est telle qu’on ne peut penser les étudier systématiquement ici. Il serait intéressant de citer quelques cas particuliers. Nous nous bornerons à en exposer un à la fin de cette étude. Nous voulons surtout attirer l’attention sur le point soulevé; c’est pour cela que nous en avons parlé à plusieurs reprises au cours de cette conférence.
- Le pointage faisant partie intégrante du contrôle du personnel, il doit exister une certaine coordination entre les divers moyens utilisés pour la surveillance. Cette coordination est à établir à l’occasion de l’instauration d’un nouveau système de pointage. Le signaler peut suffire pour supprimer des doubles emplois ou combler des « manques » fâcheux.
- p.27 - vue 27/899
-
-
-
- 28
- POINTAGE DU PEHSONNEL. — JANVIER 1924.
- Devis d'exploitation. — Nous abordons enfin le dernier facteur de notre analyse qui, dans l’esprit de beaucoup de chefs d’entreprise, est le seul à considérer.
- Avant d’établir le devis d’exploitation d’un procédé de pointage nouveau, il est nécessaire d’établir celui du procédé que l’on emploie. Il est utile d’inscrire dans ces devis non seulement des valeurs « argent », mais aussi des valeurs morales, de confiance, sécurité, qui peuvent à égalité de prix de revient faire pencher la décision dans un sens ou dans l’autre.
- Avant de faire ces devis, il faut naturellement établir d’une manière complète le plan de l’installation et son programme de marche; ensuite, on les chiffrera dans le tableau ci-dessous qui permet de faire la comparaison.
- Devis d’exploitation Procédé actuel Procédé^ proposé Procédé^ proposé
- Valeur des retards chiffrés en francs.
- Valeur locative de l’espace occupé par le
- service de pointage.....................
- Amortissement et intérêt du capital (pour
- le matériel)............................
- Entretien-fournitures (cahiers, cartes ou
- feuilles, etc.).........................
- Main-d’œuvre (personnel du service de
- pointage)...............................
- Pertes occasionnées dans les services annexes par l’introduction du procédé.
- Total des dépenses :
- Gains réalisés dans les services annexes par l’introduction du procédé............
- A retrancher des totaux ci-dessus. Différence = dépense d’exploitation annuelle. . .
- Avantages ou inconvénients non appréciables en argent :
- Capacité de l’installation prévue.......
- Garantie de sécurité :
- On remarquera sur ce tableau que nous avons porté l’indication des gains réalisés ou des pertes occasionnées dans les services annexes par l’introduction du procédé envisagé. Nous avons signalé également la question de l’extension de la capacité de l’installation qui peut se chiffrer dans certains cas.
- Enfin les facteurs moraux n’ont pas été non plus oubliés ainsi que nous le disions au début de ce chapitre.
- L’analyse des facteurs du problème du pointage du personnel est ter-
- p.28 - vue 28/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 29
- minée. Elle permet de prévoir que la synthèse n’aboutira pas à une formule générale exprimée sous une forme mathématique, mais qu’elle prendra la forme d’un classement logique, fruit de l’observation expérimentale.
- Nous l’avions annoncé au début de cette conférence.
- II. — LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL
- Un caractère commun aux entreprises est qu’elles comportent toutes un procédé de pointage, du personnel à pointer ou qui pointe et du personnel qui assure la bonne marche du pointage.
- En étudiant ces trois éléments, nous avons constaté que les procédés de pointage pouvaient former deux groupes bien distincts selon que le pointage •était effectué par un agent spécialisé ou bien par le personnel lui-même.
- Ces deux groupes ont donné naissance au tableau ci-contre qui forme la synthèse du problème du pointage que nous venons d’analyser.
- Il tient compte de la psychologie du personnel. Le pointage par un agent laisse, en effet, dans son esprit un doute sur la loyauté des inscriptions. Le pointage effectué par l’employé lui-même enlève ce doute qui, dans certains •cas, est parfaitement justifié.
- Nous allons décrire chaque procédé en suivant le classement indiqué au tableau.
- TABLEAU N° 2. — LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL •
- Pointage des entrées ( Par comptage numérique.
- effectué par un agent spécialisé. (
- Pointage effectué par le personnel lui-même avec surveillance.
- Par appel nominal ou numérique.
- Par pointage sur un bordereau.
- Bordereau de signatures.
- (Feuilles ou cahiers de présence).
- Usages des jetons de présence.
- Cartes avec enregistrement des
- Sans l’aide d'appareil.
- A l'aide d’appareil. (Horloges enregistreuses).
- Système des cartes individuelles pointées à l’aide d’une horloge.
- Système de feuilles collectives placées / dans un enre- \ gistreur à horloge.
- heures d’entrée ou de sortie dans des cadres repérés. Cartes avec enregistrement successif sur une colonne, des heures d’entrée ou de sortie. Feuilles enregis- 1 trantles entrées Feuilles de successivement signature, dans l’ordre de I Appareils à passage des em-f clefs, ployés. > Impression
- Feuilles enregis-1 de l’heure, trant les entrées I Perforation et les sorties d’un gra-
- dans les cadres phique.
- repérés. ;
- p.29 - vue 29/899
-
-
-
- 30
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- Pointage effectué par un agent spécialisé, sans l’aide d’appareil.
- Il existe de nombreux systèmes de pointage de ce genre. Nous en ferons trois groupes :
- 1° Comptage numérique des employés;
- 2° Appel nominatif ou numérique;
- 3° Pointage par inscription sans appel ;
- 1. — Comptage numérique. — Le comptage numérique, ou contrôle numérique, d’un effectif convient surtout pour vérifier si tout le monde est présent pendant le cours d’un travail. A l’armée, il est journellement employé par les officiers et les sous-officiers pour contrôler le nombre d’hommes d’une unité. Dans certaines entreprises, il sert à se rendre compte exactement et rapidement si le personnel est au complet. Bref, ce procédé est simple, rapide et efficace dans quelques cas déterminés mais peu nombreux : à l’armée, aux colonies et chaque fois que l’on a à contrôler l’effectif d’une équipe.
- 2. — Appel numérique. — L’appel nominal ou numérique nécessite également un pointeur qui, à l’aide de listes nominatives ou numériques, pointe en appelant les noms ou les numéros; dans ce dernier cas, un numéro doit être affecté à chaque employé. Les absents sont désignés sur la liste par le manque de trait de pointage.
- Ce procédé oblige le pointeur à réunir tout le personnel sous son contrôle pour procéder à l’appel. L’armée et les écoles en font un usage constant. Il peut être utile chaque fois que l’on doit réunir un groupe d’ouvriers pour le conduire au travail, mais c’est le procédé de pointage le plus long, car le temps qu’il nécessite est proportionnel au nombre de gens appelés et le temps perdu total, proportionnel au carré de ce nombre. Cependant, si les hommes appelés partent au fur et à mesure, le temps perdu diminue de moitié.
- Notons qu’il faut une grande attention du pointeur pour ne pas être dupé par le personnel, certains employés pouvant répondre pour des absents. Il serait donc bon d’adjoindre à ce système de pointage un comptage rapide de l’effectif.
- Lorsque le pointeur connaît les employés, il peut pointer leur nom sur la liste de pointage au fur et à mesure de leur passage (entrée ou sortie). Ce procédé rapide est pratique dans les petites maisons où les pointeurs sont d’anciens employés, où le personnel est stable et peu nombreux (moins de 50 personnes). Il permet malheureusement la possibilité de faveurs de la part du pointeur qui est le maître absolu de la situation et qui peut
- p.30 - vue 30/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 31
- marquer rentrés ceux qui sont en retard ou même absents. Il y aura donc lieu d’exercer un contrôle supplémentaire inopiné.
- Si le pointeur ne connaît pas les noms du personnel, les employés en passant devant lui annoncent leur nom ou leur numéro à haute voix. L’emploi des numéros est plus rapide et permet à un pointeur habile d’aller aussi vite que les meilleurs appareils manœuvrés par le personnel. Une grande entreprise parisienne contrôle de cette manière 300 personnes en 10 minutes. Mais les chances d’erreurs de marquage sont assez grandes; elles peuvent être supprimées par comparaison avec le tableau de pointage séparé, fait pour les retardataires.
- Nous indiquerons pour mémoire qu’en Amérique, dans certaines entreprises, le personnel porte sur la coiffure un numéro d’identité visible d’assez loin. Ce procédé est d’ailleurs employé en France, mais exceptionnellement (receveurs d’autobus, agents de police). Il permet de faire un pointage rapide du personnel sans obliger les employés à donner leur nom ou à dire leur numéro.
- Il n’est pas toujours nécessaire de pointer les sorties, la cessation de travail pouvant être annoncée par une sonnerie ou tout autre signal approprié.
- Le pointage peut être effectué par le personnel. — Les procédés employés dans ce cas diffèrent selon qu’il est mis ou non à la disposition du personnel, des appareils plus ou moins perfectionnés appelés horloges, pendules ou enregistreurs.
- L’identification se fait de manières fort différentes; on utilise soit la signature, soit l’inscription d’un signal personnel (clé individuelle, avec un chiffre, jeton numéroté) enfin, l’inscription automatique de l’heure dans un emplacement repéré et identifié (carte individuelle ou feuille collective à emplacements repérés individuellement.)
- 3. —Pointage effectué par le personnel lui-même sans l'aide d'appareil. — Dans cette catégorie, nous grouperons les diverses applications du principe des signatures sur feuilles ou cahiers sans l’aide d’appareil ainsi que le système de jetons de présence. Les feuilles ou cahiers de présence sur lesquels les employés signent dans l’ordre d’arrivée sont placés, soit à l’entrée principale, soit dans chaque service. Un surveillant les retire à partir d’une certaine heure pour les remettre au chef du personnel, ou au portier surveillant qui fera signer les retardataires en leur faisant marquer l’heure d’arrivée.
- L’illisibilité des signatures et l’ordre irrégulier de succession de celles-ci rendent difficile l’examen des feuilles de pointage. On obvie à cet incon-
- p.31 - vue 31/899
-
-
-
- 32
- POINTAGE DU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- vénient en imprimant dans une première colonne le nom des employés, la colonne suivante est réservée aux signatures.
- Des entreprises exigent la signature à la sortie; cependant, si tout le personnel est présent simultanément et si les locaux sont fermés jusqu’à l’heure de sortie, cette mesure devient inutile. L’indication par les employés de l’heure d’arrivée ou de l’heure de sortie est nécessaire dans les maisons où les heures de service sont irrégulières. Exemples : entreprises diverses à marche continue, imprimeries de journaux.
- L’usage des feuilles de présence, quoique très répandu, n’est pas toujours possible avec certains travailleurs peu soigneux ou illettrés. On le réserve généralement aux employés de bureau.
- De grandes entreprises complexes sont arrivées à utiliser les feuilles de présence avec efficacité. Il faut dire toutefois que cette efficacité est proportionnée à la façon dont la surveillance du pointage est exercée. Le moindre relâchement entraîne immédiatement des abus.
- Le temps moyen nécessaire pour signer une feuille est de 5 secondes par employé. Ce temps est mesuré de l’instant où un employé prend le porte-plume à celui où il le remet au suivant.
- Emploi des jetons. — On distribue à chacun des ouvriers d’un atelier un jeton, portant l’indication de son numéro d’inscription. A l’entrée, les jetons sont accrochés à un tableau garni de crochets et numérotés de 1 à 10, 50 ou 100. Quand l’heure est passée, un surveillant interdit l’accrochage des jetons ou ferme la porte à grillage du tableau. Les retardataires doivent, soit déposer leur jeton au bureau du personnel, soit au bureau de leur chef immédiat. Un employé du service du personnel relève ensuite sur un cahier spécial les numéros des présents et ceux des absents ou des retardataires. Le procédé ne paraît pas très simple, ni économique. Il est cause de nombreux incidents et demeure susceptible d’occasionner des passe-droit.
- Un perfectionnement apporté dans l’usage des jetons consiste à ramasser ceux qui sont déposés jusqu’à l’heure limite et à les porter au service du personnel pour pointage. Les retardataires accrochent ensuite leurs jetons qui forment un deuxième groupe bien distinct; on les enlève au moment de la fermeture des portes. Les jetons manquants indiquent les absents.
- Après contrôle, les jetons sont replacés sur le tableau afin d’être repris par le personnel pour la sortie.
- Enfin un procédé qui a pour but d’éviter la perte des jetons emportés par le personnel consiste à utiliser deux tableaux d’accrochage, l’un pour les présents, l’autre pour les absents. A chaque passage, les ouvriers portent leur jeton d’un tableau sur l’autre.
- p.32 - vue 32/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNE!,.
- 33
- Pointage a l’aide d’appareils.
- L — Emploi des enregistreurs a carte. — Les installations d’enregistreurs à carte comportent toutes une horloge de pointage placée entre deux groupes de casiers verticaux à fiches. Ces casiers sont construits de telle manière que la partie supérieure de chaque fiche individuelle est visible.
- Avant l’entrée, les fiches sont toutes placées dans le casier « côté de la sortie ». Chaque ouvrier en entrant prend sa fiche, pointe sur celle-ci son heure d’entrée,à l’aide de l’horloge enregistreuse et pose la fiche dans le deuxième casier, côté atelier, dit casier des entrées ou des présents. En quittant son travail, il exécute l’opération inverse, retire sa carte du casier « entrées », la pointe à l’horloge et la pose dans le casier « sorties ». ;
- Les enregistreurs à carte invidividuelle sont de deux types; le premier emploie des cartes sur lesquelles on a préparé des cadres devant recevoir l’impression des heures sur plusieurs colonnes d’entrées oü de sorties ainsi que le montrent les spécimetis ci-joints. Le repérage pour imprimer dans la case convenable est ou n’est pas automatique. Le deuxième type emploie des cartes sur lesquelles les heures d’entrées et de sorties se trouvent imprimées successivement sur une seule colonne^ avec repérage automatique ou non de remplacement.
- Fig. 1. — Enregistreur automatique à carte (International Time Recorder) (1).
- Premier type d'enregistreurs. — Modèle de la Société internationale de Machines commerciales (fig. 1). —- Les appareils sont construits pour utiliser des cartes individuelles pour 1, 7, lfi ou 31 jours. Ces cartes (fig. 2) portent, outre le numéro et le nom de l’employé, un cadre qui comprend de gauche à droite 6 colonnes indiquant les jours, les entrées normales, les sorties normales, les entrées supplémentaires ainsi que les sorties, la totalisation des heures par jour. On a réservé deux lignes d’inscription par jour.
- A la partie inférieure se trouve un cadre pour faire le compte du salaire.
- (1) International Time Recording Co.,-77, avenue de la République, Paris.
- Tome 130. — Janvier 1924.
- 3
- p.33 - vue 33/899
-
-
-
- 34
- POINTAGE OU PERSONNEL. — JANVIER 1924.
- L’enregistreur doit pouvoir imprimer les heures dans chacune des cases
- F ram No. 5579 no.-1.55 Non^C^lt/. jl .. . SEMAINE finissant
- JOURS ENTREE SORTIE ENTREE SORTIE TOTAL
- matin LUN. soir 3715 31201 q'i
- 3133c 31801
- matin MAR. soir 1 7 OC 11201 H-
- 1I33G il 801 fl 838 12031
- matin MER. soir y ? oc £ 1201 dt?
- yt33C 11801 y
- matin JEU. soir H 7 05 *1201 asJ
- “1330 meoi
- matin VEN. soir > 6 58 >1200 loi?
- >1330 >1900
- matin SAM. soir 5700 51201
- £1330 51800 /
- matin DIM. soir s 8 00 siioc
- Heures régulières. Heures supplémentaires TOTAL Heures Sêp Taux 1,$0 Fr. 68 3 Cen. 0<3 OO
- XX ©O
- Fig. 2. — Modèle de carte d’enregistreur automatique à cartes.
- préparées à l’avance sur les cartes. Quelles manœuvres y a-t-il lieu de faire
- p.34 - vue 34/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 35
- pmiiis
- pour cela? Il faudra introduire la carte du côté convenable dans un embou-choir disposé en avant de l’appareil puis manœuvrer une poignée qui déclenche l’impression du jour ou de la date, de l’heure et des minutes. Le repérage de la case s’obtient sur chaque ligne horizontale soit par une manœuvre à la main, soit automatiquement; à la main, par déplacement d’une manette avant le passage du personnel, automatiquement parle mouvement de l’horlogerie.
- Le repérage vertical, qui correspond au changement de jour de travail, est toujours automatique; il est actionné par l’horlogerie qui déclenche l’avancement d’une ou deux lignes, selon réglage, toutes les 24 heures.
- Cet appareil est muni d’une combinaison bicolore qui permet d’imprimer les passages normaux en bleu alors que les retards, les départs en avance ou les heures supplémentaires sont imprimés en rouge. Le changement d’impression est réglable à volonté et son déclenchement est automatique.
- Il ne nous semble pas utile d’insister sur des détails mécaniques qui permettent l’impression des jours, soit nominativement, soit numériquement. Un trop grand nombre d’in-.
- dications risque de rendre la lecture des cartes Fig 3> _ Appareil à carte impri-pénible et longue. mant sur une seule colonne (h-
- . (utilisé également pour les tra-
- La capacité de ces enregistreurs est en vaux aux pièces).
- principe illimitée.
- En pratique, on doit se fixer la durée totale du pointage par sortie; on compte généralement sur 5 minutes ; la vitesse maximum des passages à l’enregistrement est de 45 à la minute. La pratique indique qu’il ne faut pas dépasser 150 pointages par entrée et par appareil.
- The National Time Recorder. — Cet appareil est identique comme fonctionnement au modèle ci-dessus semi-automatique, c’est-à-dire qu’on doit avant chaque passage d’équipe régler à la main, le repérage de l’impression de la colonne convenable, le repérage en hauteur se faisant automatiquement.
- (I) International Time Recording Co. Paris.
- p.35 - vue 35/899
-
-
-
- POINTAGE Dü PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- 36
- Un oubli du surveillant entraîne généralement un brouillage désastreux des cartes.
- Enregistreur « Taylor ». — La mobilité de cet appareil qui est semi-
- automatique et son aspect regretter de le voir si peu Deuxième type d’enre-une seule colonne. — Il ne donnant pas de repé-citerons seulement le mo-nationale qui est surtout prix de revient (fig. 3). gistreuse comporte une avantd’unindex. Onglisse en plaçant la case à poin-sion sur le poussoir dé-
- robuste peuvent faire répandu en France. gistreurs. Impression sur existe un type d’appareils rage automatique. Nous dèle de la Société interutilisé pour établir des Le bâti de l’horloge enre-fente horizontale munie en la carte dans cette fente, ter sous l’index. Une pres-clenche l’impression de
- Fig. i. — Appareil à carie cisaillée Lambert (1).
- l’heure. Cet appareil est utilisé avec des casiers à fiches. Je n’ai pas de mesures des durées de pointage, mais j’ai l’impression nette que cet appareil est moins rapide que les autres. Les constructeurs indiquent comme capacité 50 pointages par entrée ou sortie, soit le tiers des autres appareils.
- Si cet appareil est peu utilisé pour le pointage, l’enregistreur à carte cisaillée l’est, par contre, beaucoup plus. C’est un appareil à avance automatique qui utilise des cartes portant une encoche (fig. 4 et 5) L’avance automatique des impressions qui se succèdent sur une même colonne est assurée de la façon suivante. L’encoche de la carte placée dans l’embouchoir
- (1) M. Bajol, représentant, 202, boulevard Péreire, Paris.
- p.36 - vue 36/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 37
- vient buter sur un arrêt qui fixe le niveau de l’impression. Un coup de levier déclenche cette impression et en même temps coupe un morceau de la carte, ce qui recule l’encoche de la distance d’une ligne. On conçoit qu’au pointage suivant, la carte s’engagera plus avant de cette longueur. L’impression suivante viendra donc en-dessous et à distance d’une ligne de la précédente et ainsi de suite.
- Ce système s’emploie dans les entreprises où l’on travaille à heures fixes aussi bien que dans celles où l’horaire des entrées et sorties est éminemment variable.
- Il permet de pointer un grand nombre de fois dans la même journée, ce qui est un grand avantage sur les appareils du premier type qui limitent le nombre des entrées à 2, 3 ou 4 par jour. De plus, les croisements ou chevauchements d’équipes, qui sont délicats à régler avec le premier type d’enregistreur, n’offrent aucune difficulté avec ceux du deuxième type.
- Emploi des pendules ou enregistreurs a feuilles. — Ces appareils ont été réalisés par des constructeurs qui cherchaient à obvier aux inconvénients des feuilles volantes ou des cahiers de présence à signatures dont il a été parlé précédemment.
- Les appareils à feuilles marquent tous l’heure automatiquement à chaque passage comme les appareils à cartes. La classification de ces appareils pourrait se faire selon la manière dont les employés sont identifiés, c’est-à-dire par signature, par
- Fig. 5. — Carte cisaillée pour appareil Lambert 172.
- r„ 172 \
- 'Ui/b aumb
- LU 7 56 uH
- LU 12 2
- LU 13 29 hH
- LU 17 33
- MA 7 27 J,*/*
- MA 12 î
- MA i 3 26 a" A,
- MA 18 3
- M E 7 28
- M E 12 3
- M E M E 1 3 18 27 2
- M E 18 59 /'A,
- M E 20 34
- JE JE 7 12 42 1 hH/n
- JE JE 13 18 28 3
- VE 7 30 U*h
- VE 12 4
- VE VE 13 18 27 1 h* fi,
- SA 7 26 UH
- SA 11 32
- DI DI 7 11 59 17 3*1»
- Cwtaâ 52*A
- /<So
- ÿjjf Jôo
- jLaoceo/ô.p'afaûraO 4 S.
- .ycrye -à? *3o
- p.37 - vue 37/899
-
-
-
- 38
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- impression ou perforation de l’heure dans une case repérée et réservée à chaque agent.
- Après étude du problème, la classification suivante nous a semblé plus nette.
- 1° Appareils dans lesquels les inscriptions sont imprimées successivement (ou écrites) sur une colonne dans l’ordre de passage des employés;
- 2° Appareils dans lesquels les inscriptions sont imprimées dans des cases
- repérées classant les agents dans un ordre déterminé.
- La première division comprend les appareils à signature et les appareils à clés. La seconde comprend les appareils à feuille genre Dey et les appareils à perforation.
- 3° Appareils à signature. — Nous commencerons par les modèles les plus simples.
- Appareil F. Godineau. — La feuille de présence est appliquée sur un cylindre à axe horizontal, entraîné par un mouvement d’horlogerie qui lui fait faire un tour en 12 heures. Ce cylindre est placé dans une boîte dont le couvercle sert de pupitre. Une fente ménagée dans ce couvercle découvre une bande du cylindre sur laquelle les employés signent. La capacité de cet appareil est très faible. Une bande de cylindre de 3 mm de largeur met 5 minutes pour apparaître et autant pour disparaître. La largeur du cylindre permet d’inscrire environ 11 signatures sur la même ligne. L’heure est indiquée à 5 minutes près et la capacité maximum varie suivant la tolérance de retard soit 15 pour 5 minutes, 30 pour 10 minutes. L’appareil est vendu pour 15 employés.
- Appareils International et Magneta (fig. 6 et 7). — L’aspect de ces enregistreurs est semblable à celui des appareils à cartes. La partie inférieure comporte un pupitre dans lequel une fente a été ménagée et sous laquelle une bande de papier se déroule. L’ouverture est suffisante pour permettre d’apposer une signature. Lorsqu’un agent passe, il signe puis manœuvre le levier placé à main gauche, ce qui déclenche l’impression de l’heure et des minutes. L’appareil International indique même le jour de la semaine.
- (1) International Time Recording Co., 77, avenue de la République, Paris,
- Fig. 6. — Appareil à signatures International (1).
- p.38 - vue 38/899
-
-
-
- Fig. 7, — Carte de l’appareil à signatures International.
- Fig. 8. — Enregistreur à clefs, dit Bundy, avec scs 2 tableaux : présents et absents (1). (1) International Time Recording Co., 77, avenue de la République, Paris.
- p.39 - vue 39/899
-
-
-
- 40
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- Enfin, il existe des appareils à signature d’un type approchant du système Howard mais sans cartel. Ils peuvent être posés sur une table ou fixés au mur comme les précédents.
- Tous ces appareils conviennent à des entreprises de petite importance, l’identification des signatures étant une tâche fort pénible au-delà d’un certain nombre d’employés (50).
- Les chances de tromperie sont assez réduites mais existent néanmoins.
- Appareils à clés (fig. 8, 0 et 10). — Le principe des appareils à clés, est le suivant : à chaque employé est affectée une clé spéciale portant un numéro. Cette clé e^t placée alternativement sur l’ûn des deux tableaux caractérisant les systèmes- à cartes ou à
- jetons. A chaque passage, l’employé prend sa clé, l’introduit dans une lumière ménagée dans l’appareil enregistreur placé entre les deux tableaux et, après l’avoir tournée pour déclencher l’impression de l’heure * et de son numéro, la retire et la place au tableau suivant. Une sonnerie indique que l’impression s’est bien effectuée.
- Ces impressions se font sur une bande et se succèdent dans l’ordre des passages.
- Si l’appareil le plus connu est le Bundy, la firme Godi-neau en fabrique un destiné aux petites entreprises (lig. 16 de son catalogue) et qu’elle appelle appareil de timbrage. Son principe est exactement le même que celui de l’appareil à signature sur disque circulaire que construit cette maison. La fente sert de guide aux clés de forme un peu spéciale. Chaque clé correspond à un employé, et ne peut permettre d’imprimer par pression sur la feuille que sur une partie annulaire bien déterminée. La capacité de ces appareils est, sur un seul rayon, de 15 à 40 employés, la marche est de 12 heures.
- Appareil type Bundy (Fig. 8, 9 et 10). — L’aspect de cet appareil est le même que celui des appareils à cartes, sauf que l’embouchoir est remplacé par une sorte de serrure dans laquelle les clés sont introduites. Il suffit d’un
- 7 58 53
- 7 II 6
- 8 99 6!
- 8 05 U OA 74
- * <55 6
- * 1_ ôo 74
- * I ïi 53
- * 61
- <1 yJ U À 57 6
- 2 oo «Si r-o 61
- 2 ob ü rry 53
- 2 03 C-‘ OO 74
- ¥ 6 OO 53
- ¥ 6. oô 74
- ¥ j3 oo 61
- * 6 01 y, nry 6
- Signifie Sortie
- Fig. 9. — Bande imprimée de l'enregistreur à clefs.
- p.40 - vue 40/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- il
- quart de tour pour obtenir sur la bande enregistreuse l’impression du numéro que porte la clé et l’heure indiquée par la pendule.
- Si l’on désire distinguer les entrées des sorties sur les bandes enregistreuses, on agit, pour la sortie, sur un petit levier qui permet l’impression d’une étoile caractéristique. Ce levier; peut être immobilisé pour les sorties en commun. Cet appareil permet de pointer environ 200 passages en l’espace de 5 minutes.
- Les appareils à clés ont sur les appareils à signatures, les avantages suivants. Ils sont rapides. Ils ont une capacité plus grande. La lecture est plus facile. Leurs tableaux à clés indiquent les présents et les absents.
- Cependant, ils nécessitent un travail de recherches assez long pour perniettre de tenir une comptabilité des présences ou des salaires; il faut dire qu’on ne pousse généralement pas l’application jusque là, mais qu’on se contente de repérer seulement les retardataires par l’examen de la bande pointée.
- Appareils à feuille à enregistrement sélectionné ou repéré. — Il existe deux types d’appareils de ce genre : les appareils Dey et le simplex à perforation.
- l-'ig. il. — Appareil enregistreur Dey avec
- Appareils Dey (fig. 11 et 1'^) ____ avance du chariot imprimeur non automa-
- Cet enregistreur permet de marquer
- sur une seule feuille les entrées et les sorties pendant sept jours pour ISO personnes à raison de 3 entrées et 3 sorties par jour. Ces chiffres indiquent'la capacité réellement considérable de ce genre d’appareil, lequel consiste en un coffre vitré en avant duquel se trouve une couronne circulaire perforée portant 150 numéros; un levier central peut évoluer le long de cette couronne. Le pointage est effectué par l’introduction du poinçon fixé à l’extrémité de ce levier dans le trou de la couronne correspondant au numéro de chaque agent. Une sonnerie indique que l’impression est effectuée sur la
- (1) International Time Recarding Go.
- p.41 - vue 41/899
-
-
-
- SEMAINE FINISSANT le ...
- 42
- POINTAGE DU PERSONNEL.
- JANVIER 1924.
- feuille. Cet appareil a aussi l’avantage d’indiquer automatiquement les retards par changement de couleur du ruban imprimant ainsi qu’on peut le voir sur la feuille spécimen. L’avance dans les colonnes entrées et sorties peut se faire également automatiquement à condition que les heures de changement soient réglées une fois pour toutes : dans les autres cas, un surveillant doit déplacer un levier spécial pour permettre l’impression dans les colonnes successives d’entrées et de sorties.
- Dans les services réguliers où les équipes sont présentes en même temps au travail, ce genre d’appareil semble être un des meilleurs, la feuille de pointage permettant effectivement de faire une comptabilité des salaires très rapide. Cependant, dans les entreprises où il y a un va-et-vient de personnel très intense, l’efficacité des enregistreurs Dey est beaucoup plus grande.
- Conclusion.
- Nous en avons fini avec cette longue élude que nous avons cependant écourtée sur de nombreux points.
- p.42 - vue 42/899
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE POINTAGE DU PERSONNEL.
- 43
- Nous pensons qu’elle pourra rendre service à de nombreux chefs d’entreprise.
- Que ces derniers veuillent bien noter que la meilleure méthode de pointage est illusoire si, après avoir imposé une ponctualité parfaite au personnel, on laisse ce dernier flâner dans les couloirs et commencer le travail à sa fantaisie.
- Il ne s’agit pas, pour un procédé de pointage, de paraître donner des résultats, mais de payer. Cela est possible, en voici un exemple.
- Nous connaissons une entreprise où la durée des retards se chiffrait par 2 p. 100 du temps total de présence du personnel. Après adoption d’une méthode de pointage mieux appropriée, ce chiffre est tombé la première année à 0,4 p. 100, ce qui représente un bénéfice brut de 1 p. 100 sur le temps de présence du personnel. Ce bénéfice s’est traduit par une diminution de 1,5 p. 100 de l’effectif du personnel, correspondant, tous frais déduits, à une diminution de dépense annuelle de 20.000 francs.
- Nous serions heureux de penser que ces résultats puissent une dernière fois convaincre les chefs d’entreprise qu’il y a réellement des procédés de pointage qui payent en réduisant considérablement la durée des retards. Ils n’ont, souvent, pas chiffré l’importance de ce temps perdu qui correspond parfois à plus de 2 p. 100 des salaires.
- V. Mercier,
- ingénieur au journal « Le Petit Parisien ».
- p.43 - vue 43/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- JANVIER 1924
- LA CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. EN PARTICULIER CELLE DES LIGNITES(1)
- Après une longue période de défaveur, la carbonisation à basse température des combustibles bénéficie, en ce moment, d’un renouveau d’attention. Celle-ci deviendra-t-elle définitive? On peut le croire et il faut le souhaiter. En effet, techniquement, c’est là un problème des plus intéressants, dont la résolution a été ardue ; économiquement, celte industrie nouvelle a, devant elle, un avenir plein de promesses, du fait, sûrement inattendu, qu’elle semble appelée à jouer un rôle complémentaire des plus importants :
- 1° pour l’obtention du coke métallurgique, à partir de charbons bitumineux ;
- 2° pour l’alimentation des grands réseaux de distribution d’énergie électrique.
- Par surcroît, elle facilitera nos approvisionnements en combustibles liquides et ce sera là un appoint très appréciable; mais, comme ce sujet a fait l’objet de très nombreuses conférences, nous n’y reviendrons pas aujourd’hui.
- Définition et réalisation de la carbonisation a basse température.
- La carbonisation à basse température consiste à échauffer le combustible traité, d’une manière progressive et uniforme, jusqu’à la température à laquelle on obtient le maximum de rendement en goudron primaire. Cette température est, en règle générale, d’autant plus basse que le combustible mis en œuvre est de formation géologique plus récente. Pour les lignites, elle se trouve de l’ordre de 450°; pour les charbons, elle s’élève à 500° environ.
- Dès à présent, il convient de dire en quoi consiste le goudron primaire ou huiles brutes. La meilleure définition en a été donnée par M. Audibert; la voici :
- « Le goudron primaire est constitué par les composés organiques,
- « liquides à la température ordinaire, qui prennent naissance lorsqu’on « distille une houille (ou un lignite) dans des conditions telles que les
- (l) Communication faite par l’auteur en séance publique le 10 novembre 1923.
- p.44 - vue 44/899
-
-
-
- Carbonisation des dignités a basse température.
- 45
- « distillats échappent à toute réaction secondaire. Ses constituants neutres, « c’ëst-à-dire plus de la moitié en général, sont des hydrocarbures et ses « constituants acides (14 à 50 p. 100 du goudron primaire et en proportion « d’autant plus forte que le combustible mis en œuvre est plus riche en « oxygène) des phénols à chaînes latérales ramifiées, que la réaction de « désalcoylation, indiquée par Fischer (traitement par l’hydrogène, sous la « pression atmosphérique et à 750°-800° en présence de fer étamé), transit forme en un mélange de benzine (ou d’homologues) et de carbures alipha-« tiques. »
- Pour faire ressortir l’influence sur le rendement en goudron primaire de la température à laquelle on opère, nous citons l’extrait d’un tableau d'un de nos nombreux essais de carbonisation du lignite à basse température dans un four permettant un échauffement progressif et uniforme de la matière traitée.
- Température des vapeurs
- dans la cornue. Observations.
- 110°.................... . L’eau commence à distiller.
- lao°...................... Fin du dégagement de la vapeur d’eau.
- 190°...................... Début du passage du gaz (mais celui-ci est
- ininflammable).
- 300°...................... Apparition d’huile, le gaz dégagé commence à
- s’enflammer.
- 380°...................... La flamme du gaz dégagé est très chaude et très
- éclairante.
- 390°...................... Décroissance de l’intensité lumineuse et calorifique
- de la flamme du gaz.
- 420°. .. ................. La flamme du gaz n’est plus que peu éclairante.
- De même, au cours de la distillation fractionnée d’un combustible, le rendement en huiles brutes ou goudron primaire passe par un maximum pour une température qui, dans le cas du lignite, se trouve au voisinage de 400°. Passé cette température, le rendement en goudron primaire décroît très rapidement comme le montre le tableau suivant qui se rapporte à un essai sur 80 kg dans une cornue Salerni à malaxeur intérieur.
- Volume d'huile brutes
- Températures. recueillies.
- Jusqu cl 320° 0,050 litr.
- 320° à 3 i0° 0,550 —
- O O cl CO 00 2,100 —
- ih 00 à O O O . 3,650 —
- 400° ci 420° 2,900 —
- 420° cl 440° 2.350 —
- 340° à 460° 1,100 —
- Volume d’huile total recueilli de 320° à 460° . . 12,700 litres.
- p.45 - vue 45/899
-
-
-
- 40 CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- Il apparaît donc bien que la condition nécessaire et suffisante pour obtenir, industriellement parlant, un maximum de rendement en goudron primaire à partir du lignite, c’est d’échauffer celui-ci jusqu’à la température de 450°-460°. Pour le charbon, M. Audibert a constaté ce fait très important, et qui concorde avec nos propres essais, qu’au-delà d’une température de 500°, dans son four d’essai, lequel est également à malaxeur intérieur, on n’obtient pas un rendement meilleur en goudron primaire.
- Au total et d’après l’expérience, on peut donc bien dire que la carbonisation à basse température doit s’effectuer à 450° pour les lignites, à 500° pour les charbons, cette température étant prise dans les vapeurs et à quelques centimètres au-dessus du niveau de la couche de combustible mis en œuvre.
- Ces travaux de laboratoire nous amènent, en outre, à présenter deux conclusions très importantes, savoir :
- 1° L’intervalle de température dans lequel il convient de procéder à l’opération de carbonisation à basse température étant relativement étroit — pour des opérations de cette nature — soit 60 degrés environ, et se trouvant encore resserré par le faible pouvoir conducteur pour la chaleur des combustibles minéraux, il apparaît bien difficile, sinon impossible, d’extraire convenablement, au point de vue qualité et quantité, le goudron primaire d’un combustible si celui-ci n’est pas malaxé dans le four d’une façon continue, afin que toute sa masse s’échauffe d’une manière progressive et uniforme ;
- 2° A qualité égale du combustible mis en œuvre, le critérium du bon agencement et du fonctionnement satisfaisant d’un four de carbonisation à basse température, c’est le rendement en goudron primaire qui doit être maximum et, par incidence, la densité du goudron primaire qui doit être minimum. A 13°, elle ne devrait pas dépasser 0,970, quand on traite du lignite. Ceci se conçoit aisément puisque les réaction pyrogénées ont pour effet d’accroître la densité du goudron produit. C’est ainsi que la densité du goudron de houille, égale à 1,000 pour le goudron primaire, s’élève à 1,120 pour le goudron de haute température.
- En pratique, ces deux conclusions se vérifient pleinement. On a ainsi constaté, dans certains fours malaxeurs, qu’il convient d’y pétrir la matière au moyen d’un certain nombre de bras tournant à une vitesse déterminée, parce que moins le malaxage est rapide, plus lente est la distillation, plus denses sont les huiles récupérées.
- En définitive, par conséquent, l’emploi, dans un four de carbonisation à basse température, d’un malaxeur, bien compris, aide à obtenir en premier
- p.46 - vue 46/899
-
-
-
- CARBONISATION DES DIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 47
- lieu, un maximum de rendement en huiles, qui se caractérisent par la qualité supérieure, en second lieu, à réduire au minimum la durée de la distillation du goudron primaire. D’où cette dernière remarque : « Le meilleur four de carbonisation à basse température est celui dans lequel la distillation du goudron primaire d’un combustible donné s’effectue le plus rapidement et, par le fait même, c’est ce four-là qui est susceptible de revenir au meilleur marché ».
- Ceci posé, rappelons que les produits marchands qui résultent de la carbonisation d’un combustible à basse température sont au nombre de trois, savoir :
- l°le semi-coke;
- 2° le goudron primaire;
- 3° les essences extraites du gaz.
- Au surplus, et, en règle générale :
- a) Le gaz dégagé suffit, tout juste, par sa combustion, à assurer le chauffage du four de carbonisation. En opérant à 450°, on en produit environ 120 m3 par tonne de combustible sec traité. Son pouvoir calorifique varie de 8.000 à 9.300 cal. au mètre cube, quand il provient des houilles grasses, et de 3.600 à 4.200 cal. seulement au mètre cube, quand il a le lignite pour origine. Cette différence considérable, entre ces deux pouvoirs calorifiques, est due à ce que le gaz de lignite renferme jusqu’à 20 à 23 p. 100 d’anhydride carbonique, tandis que celui de la houille n’en contient pas plus de 6 à 8 p. 100 ;
- b) On n’obtient que des quantités insignifiantes d’ammoniaque. On sait, en effet, que c’est là un produit de carbonisation à haute température dont le dégagement commence à 430°, prend son maximum vers 700° et cesse, à peu près complètement, vers 900°.
- D’autre part :
- 1° Le semi-coke se caractérise par sa teneur en matières volatiles, qui est de l’ordre de 13 p. 100. Sa teneur en cendres est évidemment fonction de celle de la houille qui lui a donné naissance, mais sans lui être proportionnelle, tout compte tenu de la teneur en matières volatiles de ces deuxproduits. Elle s’accroît, en effet, en raison directe de la quantité d’oxygène renfermée dans le combustible. C’est ainsi qu’à un lignite, dont la richesse en oxygène s’élève à 20-30 p. 100, correspond du semi-coke dont la teneur en cendres est sensiblement le double de celle du lignite traité, soit environ un tiers en plus de ce que la théorie permettait de prévoir.
- 2° La proportion de goudron primaire contenue dans un combustible est très variable. Suivant Fischer, qui l’a déterminée au moyen d’un petit creuset en aluminium très épais, chauffé avec précaution à moins de 600° et
- p.47 - vue 47/899
-
-
-
- 18
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. ---- JANVIER 1924.
- dans lequel on injecte un courant de vapeur d’eau surchauffée, elle varie comme suit :
- Charbon maigre................................. 1,5 p. 100.
- Charbon gras..................................... 3,5 —
- Charbon à gaz................................. . 0,0 —
- Charbon llambant................................. 12.0 —
- Cannel-coal..................................... 20,0 —
- Lignite saxon.................................... 24,0 —
- Lignite rhénan................................... 7,6 —
- Pour les ligTiites français, elle est subordonnée à l’origine du produit, comme le montre le tableau suivant, établi d’après nos essais :
- Lignite de l'Aude.................................. 15 p. 100.
- Lignite du Sarladais................................... 10 —
- Lignite du Gard......................................... S —
- Lignite des Basses-Alpes................................ 4 —
- Quant au rendement industriel en goudron primaire, il varie, suivant le mode de construction des fours, de 50 à 95 p. 100 du rendement théorique. Pour fixer les idées, disons qu’il est possible d’obtenir des constructeurs les mieux qualifiés une garantie d’un rendement en goudron primaire qui est égal à 85 p. 100 de la quantité déterminée à l’aide de l’appareil Fischer.
- Enfin, le rendement du goudron primaire en ses dérivés est très variable. Voici un résultat qui correspond sensiblement à la moyenne de ceux que nous avons obtenus.
- C A R ACT É RI ST IQ U K S
- Densité. Limite de température de distillation. Proportion centésimale du ^o u il ro ri primaire.
- Essences de pétroles 0.865 95)° à 200° 12,0
- Huile solaire 0.950 200" à 250" 10,0
- Huile à saz 0,953 250° à 290° 8,5
- Huile à paraffine et paraffine. . . . » 290" à 425° 50.5
- Brai )) Au-dessus de 425° 8,0
- Pertes ” 5,0
- 3° Les essences extraites du f/az. — Les hydrocarbures qui prennent naissance au cours de la carbonisation du combustible se retrouvent partie dans le goudron primaire, comme nous l’avons vu (ils représentent de 8 à 15 p. 100 de son poids), partie dans le gaz. Eelui-ci peut contenir, par mètre cube,
- p.48 - vue 48/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 49
- de 30 à 60 g d’essences, ce qui correspond à un rendement de 3,5 kg à 7,5 kg d’essences, de densité 0,760 environ, par tonne de lignite sec. Pour les récupérer, on peut mettre les gaz en contact, soit avec des huiles lourdes, soit avec des crésols (procédé Brégeat), soit avec du charbon activé (procédé Bayer), soit refroidir ces gaz jusqu’à—60° à—70° (procédé de l’Oxylithe).
- En définitive, et en moyenne, les produits marchands qu’on peut obtenir par carbonisation à basse température d’une tonne de lignite sec, sont les suivants :
- Semi-coke..................................................... 680 kg
- Essences (dont 8 kg extraits du goudron primaire)............. 13 —
- Goudron primaire (défalcation faite des essences dont le poids
- est égal à 8 kg)........................................... 62 —
- Passons maintenant en revue, d’une manière rapide, les principaux types de fours de carbonisation à basse température. On peut en distinguer deux principaux modèles, les fours verticaux et les fours horizontaux, leur sens étant celui qui est pris par le combustible quand il traverse l’appareil de carbonisation.
- Dans la catégorie des fours verticaux, rentrent les types suivants :
- [Fours discontinus.
- Fours
- continus.
- Système Rolle, employé en Saxe pour la distillation des lignites. Système Low Température Carbonisation, employé à Barnsley (Angleterre).
- Système Pieters, employé au Boucau et aux Charbonnages de Millau.
- Système Evence Coppée (fîg. 1).
- A la classe des fours horizontaux, appartiennent les modèles que voici :
- !( Système Fischer, employé à Gelsenkirchen.
- ! Cornues J Système Weisenberger, utilisé à Liechtenstein (Tchéco-Slovaquie) rotatives. ) pour la carbonisation du lignite.
- ( Système Coppée, employé en Tchéco-Slovaquie (fig. 4).
- Cornues ( Système Salerni, employé à Mailhac (Aude) (fig. 2 et 3). à malaxeur ) Système Smith, utilisé en Amérique pour l’application du procédé intérieur. J bien connu « carbocoal ».
- ( Système de la Société de Fours à Coke, employé à Heinitz.
- Il ne semble pas, comme nous l’avons vu, que les fours verticaux se prêtent bien à la carbonisation à basse température, proprement dite. En effet :
- 1° L’expulsion des matières volatiles y est irrégulière parce que le combustible n’y est pas chauffé d’une manière uniforme. C’est ainsi qu’après 7 heures de chauffage, la teneur en matières volatiles d’une tranche de Tome 136. — Janvier 1924.
- 4
- p.49 - vue 49/899
-
-
-
- 50
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE.
- JANVIER 1924.
- Four vertical continu Coppée pour la carbonisation du lignite,
- p.50 - vue 50/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LION1TES A BASSE TEMPÉRATURE. 51
- Fig. 2. — Cornue Salerni d’un débit de 25 t de lignite par jour, installée à la station d'études
- d’Aubervilliers.
- Fig. 3. — Appareillage Salerni pour la condensation du goudron primaire à la station d’essais d’Aubervilliers.
- p.51 - vue 51/899
-
-
-
- 52
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924-
- charbon, à 30 p. 100 de matières volatiles et de 8 cm d’épaisseur seulement, est ramenée à 10,5 p. 100 sur la face qui se trouve au contact de la paroi du four et à 13,5 p. 100 sur son autre face, c’est-à-dire 8 cm plus loin.
- 2° Les frais d’installation de ces fours sont très coûteux, eu égard à leur faible productivité. Par exemple, à Barnsley, pour carboniser dans des fours de la « Low Température Carbonisation » de 30 à 36 t de charbon par jour, il faudrait 20 cornues de 2,75 m de longueur, 2,50 m de hauteur et 28 cm de largeur. Ajoutons, toutefois, par impartialité, que, pour son avant-dernier exercice, cette société aurait réalisé sur le produit de ses opérations de carbonisation, un bénéfice de 13 sh. 2 p. par tonne de charbon traité.
- En résumé, les fours verticaux — du moins ceux qui sont à fonctionnement discontinu — paraissent mal s’adapter à la carbonisation à basse température.
- Cependant, on peut avoir intérêt à employer les fours verticaux et continus, constituant une combinaison des carbonisations à basse et à haute température, lorsque le combustible traité est particulièrement riche en azote et qu’on peut placer une partie de la production de gaz. Dans ce cas particulier, en effet, par tonne de lignite sec, on crée une disponibilité d’environ 150 m3 de gaz et on produit de 7 à 12 kg de sulfate d’ammoniaque. Les recettes sur la vente du gaz et du sulfate d’ammoniaque sont alors, quelquefois, susceptibles de contrebalancer le manque à gagner qui résulte d’une fabrication de goudron primaire inférieure à celle qu’on obtiendrait dans un four intégralement conçu d’après les principes de la carbonisation à basse température, que nous avons tout à l’heure examinés.
- Etudions, à présent, les fours horizontaux.
- Le plus ancien est le four tournant de Fischer, qui est constitué par un cylindre horizontal de 20 m de longueur et 2 m de diamètre, chauffé suivant les deux tiers environ de sa surface latérale (soit sur 80 m2), tournant à la vitesse d’un tour et demi, c’est-à-dire à 9,40 m par minute, et chargé du produit à traiter suivant le quart de son diamètre, soit près de 20 p. 100 du volume du cylindre. Dans cet appareil, on peut traiter, par 24 heures, 80 t de lignite.
- Indéniablement, le four tournant constitue un moyen pratique de carbonisation à basse température. Grâce, en effet, à son mouvement de rotation et à son remplissage incomplet, chaque fragment, d’ailleurs très menu, du combustible traité, peut entrer en contact avec la surface chaude du cylindre et distiller rapidement. On évite ainsi le grave écueil de la carbonisation à basse température, que nous connaissons, et qui réside dans la faible conductibilité thermique des combustibles.
- Il faut, par contre, inscrire au passif du four tournant Fischer les deux
- p.52 - vue 52/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 53
- inconvénients suivants : sa faible puissance de traitement ; son coût élevé d’établissement et d’entretien.
- En moyenne, le lignite traité demeure longtemps dans ce four, soit durant 14-15 heures, tandis qu’il conviendrait d’opérer rapidement pour réduire le plus possible les risques de pyrogénation des huiles. En bonne règle, la matière ne devrait séjourner que quelques heures dans le four. Pour parvenir à ce résultat, il faudrait pouvoir accroître la surface de chauffe de ce four, qui est seulement égale à 1 m2 par tonne de lignite jour et malaxer énergiquement le produit dans la cornue.
- Enfin, les frais de premier établissement des fours tournants sont très élevés à cause du poids de métal qui entre dans leur construction et qui correspond à 1,25 kg pour une puissance de carbonisation d’une tonne-jour.
- Voilà pourquoi les Allemands estiment, avec raison, que la distillation des lignites n’est « payante » qu’à condition de produire, par tonne de lignite traité, un minimum de 60 kg d’huile brute.
- A ces divers points de vue, le four Coppée (fig. 4), qui est, d’ailleurs, appliqué en Tchéco-Slovaquie, où l’on travaille ferme à la recherche des meilleurs moyens de traiter le lignite, constitue un progrès indéniable sur le four Fischer. En effet :
- 1° Le chauffage du combustible s’y effectuant par l’intermédiaire d’un tube central que parcourent les gaz de chauffage en combustion, les pertes de chaleur par rayonnement y sont évidemment bien moins élevées que dans le four de Fischer, où le chauffage s’exerce suivant la paroi même de l’appareil. En outre, comme celle-ci, dans son mouvement de rotation, parcourt successivement une zone très chaude (le foyer) puis une zone relativement froide (des carneaux qui ne sont pas chauffés), elle se trouve exposée à des variations constantes et étendues de température, nuisibles à sa bonne conservation;
- 2° Les réparations, qui portent sur la partie métallique en contact avec les gaz de chauffage, sont plus aisées et moins onéreuses pour le four Coppée, dont le tube central est facilement amovible, tandis que pour le four Fischer, le démontage et le remplacement de tronçons de la paroi sont délicats, car les tôles correspondantes sont difficiles à manœuvrer, en raison de leur poids (leur épaisseur est égale à 20 mm) et de remplacement restreint dont on dispose dans le massif;
- 3° La carbonisation du combustible s’effectue en couches plus minces, donc d’une façon plus rationnelle dans le four Coppée que dans le four Fischer.
- Tous ces avantages sont à mettre soigneusement en parallèle avec ceux du four à malaxeur, lorsque celui-ci satisfait aux conditions que voici :
- p.53 - vue 53/899
-
-
-
- Oï
- isss^vS^wsK'' .. a.-^%
- Fig. 4. — Four Goppée pour la carbonisation à basse température du lignite, d'un débit de 80 t par jour.
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- p.54 - vue 54/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 55
- a) Présenter une surface de chauffe très développée, de manière que la productivité du four en semi-coke soit élevée ;
- b) N’être pas d’un diamètre trop fort, ce qui aurait pour effet de provoquer, à vitesse égale de rotation du malaxeur, une dépense exagérée de force motrice;
- c) Etre peu coûteux de premier établissement et d’entretien.
- Il n’est pas impossible que ces desiderata se trouvent remplis dans le four Salerni (fig. 5 à 8), à cause :
- 1° de la forme ondulée donnée à la paroi inférieure de ce four jet de telle
- Fig. 5. — Cornue continue Salerni d’un débit de 23 t de lignite par jour.
- sorte que sa surface chauffante correspond à 24 m2 par tonne-jour traitée, soit 24 fois plus qu’avec le four Fischer;
- 2° de l’emploi d’un malaxeur, tournant à 20 tours par minute, soit à une allure relativement accélérée, afin que la matière puisse être chauffée d’une façon uniforme et rapide. Ce résultat est d’autant mieux atteint que le produit, avant d’être introduit dans la cornue, est broyé en fragments d’environ 3 mm de diamètre. Il peut donc être rapidement pénétré par la chaleur et, par suite, abandonner aisément et complètement les huiles qu’il contient, sitôt qu’il entre en contact avec la paroi chaude du four. En outre, par leur mouvement, les éléments du malaxeur ouvrent, dans la masse traitée, un passage aux gaz et aux vapeurs d’huiles, qui sont aussitôt dirigés hors de la
- p.55 - vue 55/899
-
-
-
- 56
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- cornue vers les appareils de condensation. Leur récolte étant en quelque sorte immédiate, on évite leur pyrogénation, donc la diminution de leur valeur, à cause de leur transformation en produits plus denses ou même de leur destruction ;
- 3° par le faible diamètre, soit 40 à 50 cm, donné aux cornues, ce qui permet de ne dépenser que peu de force motrice.
- Dans ces conditions, il ne faut pas plus d’une heure dans ce four pour obtenir la distillation complète des huiles contenues dans un combustible à 5 p. 100 d’eau de carrière. Par ce fait même, il est possible de réduire, dans
- Fig. 6. — ÉtoufToir du semi-coke produit dans la cornue Salerni (Installation d’études d’Aubervilliers.)
- une très large mesure, le poids, c’est-à-dire le prix de ce type d’installations de carbonisation. Dans cet ordre d’idées, une cornue avec ses accessoires, susceptible de traiter par jour 250 t de houille bitumineuse ne pèse que 50 t soit 200 kg seulement par tonne-jour, ou 6 fois moins que les fours tournants.
- Gomme conclusion de ce premier chapitre de notre exposé, on peut donc retenir que la technique de la carbonisation des combustibles à basse température a, aujourd’hui, ses lois et ses moyens de réalisation. Il ne reste plus qu’à en étudier le champ d’application.
- p.56 - vue 56/899
-
-
-
- fl
- Fig. 1. — Installation Salerni pour la carbonisation du lignite à basse température.
- A, cornues; — B, étouffoirs; — C, dépoussiéreur du gaz; — F, Citerne de décantation du goudron primaire.
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE
- p.57 - vue 57/899
-
-
-
- CARBONISATION A BASSE TEMPERATURE.
- JANVIER 1924.
- 38
- t* 220':*
- Fig. 8. — Installation de carbonisation du lignite, système Salerni.
- II. -- La CARBONISATION DE LA HOUILLE A BASSE TEMPÉRATURE,
- SON INTÉRÊT PRATIQUE DANS L’iNDUSTRIE DU COKE MÉTALLURGIQUE.
- Suivant qu’une houille flambante est carbonisée à 500° ou à 900°, on peut obtenir les rendements que voici par tonne traitée (1) :
- TEMPÉRATURE DE CARBONISATION
- 500°
- 900»
- Carburants : essences ou benzols extraits du
- gaz d’une part et du goudron d’autre part. . 20 à 25 kg
- Huiles lourdes pour moteurs Diesel et chauffage
- des fours..................................... 50 à 70 —
- Hydrocarbures solides (paraffine ou naphtaline
- et anthracène).................................. 2 —
- Brai.............................................. 8 —
- Gaz.......................................... 100-150 m3
- 8 à 12 kg
- 20 à 25 —
- 4 —
- 20 à 25 — 300-330 m3.
- (1) Un souci d’exactitude nous amène à déclarer qu’en carbonisant à basse température du charbon de la Sarre dans un four à malaxeur, on a obtenu un rendement en huile égal à 130 kg par tonne de houille traitée; dans ces conditions, la carbonisation à basse température redevient intéressante surtout si elle aide à tirer parti des menus de la Sarre et même des schlamms, qui ne valent qu’un tout petit prix, comme il faut s’en souvenir; leur valeur pourrait être doublée, comme nous l’avons vu, si on se sert d’un four bien conçu.
- p.58 - vue 58/899
-
-
-
- CARBONISATION DES DIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 59
- En se basant sur ces chiffres, les recettes brutes seraient aujourd’hui (1er novembre 1923) les suivantes, par tonne de charbon flambant carbonisé.
- Carburants.....................
- Huiles lourdes.................
- Hydrocarbures solides..........
- B rai..........................
- Sulfate d’ammoniaque...........
- Gaz (1)........................
- Coke (2).......................
- Total des recettes . . . .
- CARBONISATION A LA TEMPÉRATURE FINALE DE :
- 500° 20 X 1,50 = 30,00 900° 10 X 1,50 = 15,00
- 60 x 0,40 = 24,00 22 x 0,40 = 8,80
- 2 x 4,00 = 8,00 4 X 0,25 == 1,00
- 8 x 0,60 = 4,80 22 x 0,60 = 13,20
- néant 11 x 1,00 = 11,00
- néant 320 X 0,30 = 96,00
- 680 x 0,10 =» 68,00 400 X 0,12 = 48,00
- 134,80 193,00
- Il apparaît ainsi une différence de recettes de 58,20 fr au passif de la carbonisation de la houille à basse température. En conséquence, on peut croire, comme c’est là, d’ailleurs, l’opinion courante, que, pour des raisons financières notamment, la carbonisation de la houille à basse température ne s’instaurera jamais dans nos usines à gaz et, sauf des cas spéciaux et imprévisibles, elle ne pourra faire l’objet d’installations autonomes. Par contre, on peut être d’un avis tout différent lorsqu’on a en vue la préparation du coke métallurgique. Voici pourquoi :
- Nul n’ignore que notre fabrication de coke métallurgique ne dépasse guère le sixième de nos besoins. De là les efforts soutenus des compagnies minières et métallurgiques pour rétablir les batteries de fours à coke, détruites par l’ennemi et en établir de nouvelles, notamment en Lorraine. Pour cela, cependant, il convient de disposer de charbons présentant les qualités requises pour servir à la fabrication de coke susceptible d’utilisation dans le haut fourneau et présentant, par suite, une cohésion suffisante. Or, la production française de charbons trois quarts gras, qui conviennent particulièrement à la fabrication du coke métallurgique, n’est pas très importante. On ne trouve cette qualité que dans certaines parties du centre du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais (Courrières, Nœux, Dourges, Drocourt, Douchy, notamment). On a donc dû se contenter, pendant longtemps, de carboniser des mélanges de houilles de diverses qualités, mais souvent on n’obtenait ainsi qu’une qualité passable de coke métallurgique. C’est ce qui se passait, notamment, dans la Sarre, où l’on ne dispose que de trois catégories de houilles, savoir :
- (1) On suppose qu’au cas de la carbonisation à basse température, tout le gaz produit est utilisé au chauffage des fours.
- (2) On admet qu’au cas de la carbonisation à haute température, il ne reste que 400 kg de coke pour la vente, le solde étant utilisé pour la production du gaz mixte utile au chauffage du four.
- p.59 - vue 59/899
-
-
-
- 60 CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- Les charbons gras ou Fettkohlen à 33-38 p. 100 de matières volatiles, qui sont cokéfiables ;
- Les charbons flambants ou Flammkohlen à 33-40 p. 100 de matières volatiles, qui ne s’agglomèrent pas dans le four à coke ;
- Les charbons secs à longue flamme ou Magerkohlen à 42 p. 100 de matières volatiles.
- Or, comme l’Administration des Mines de la Sarre accroît peu à peu son extraction et espère arriver à se créer une disponibilité nouvelle de houille, elle a fait étudier, à grande échelle, deux méthodes, riches de promesses, pour faire servir ses Fettkohlen cokéfiables et même ses
- b c A
- Fig. 9.
- A, à droite, coke sarrois de qualité courante; — B, à gauche, coke sarrois obtenu par la carbonisation en deux temps; — C, au milieu, coke sarrois produit dans un four à coke normal par la méthode des Mines domaniales de la Sarre : carbonisation d’un mélange d'une partie do semi-coke et de quatre parties de Fettkohlen.
- Flammkohlen, non cokéfiables, à la préparation d’un coke qui serait utilisable dans les hauts fourneaux de la métallurgie lorraine, sa proche voisine.
- En dehors du procédé classique, qui consiste à mélanger aux charbons de la Sarre, des fines naturellement maigres, les deux méthodes employées pour faire servir les charbons de la Sarre à la préparation du coke métallurgique sont les suivantes :
- 1° La carbonisation en deux temps, suivant le principe bien connu de M. Charpy, qui consiste à échauffer la houille en premier lieu à 500°-600° et en second lieu à 800°-1.000°. La Société « Le Coke métallurgique » s’est particulièrement attachée à cette méthode et a pris des brevets correspondants dont l’intérêt pratique paraît considérable;
- 2° Le mélange à quatre parties de Fettkohlen d’une partie de semi-coke de Flammkohlen ou de Fettkohlen. Ce procédé donne deux possibilités. La
- p.60 - vue 60/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 61
- première, c’est de se passer de fines maigres, qui, pour la Sarre, devraient être transportées sur un long parcours. La seconde, c’est de permettre la récupération du goudron primaire, qui, par tonne de houille flambante carbonisée, donne une recette brute de l’ordre de 70 fr, soit 1,8 fois celle que donnerait le goudron de haute température (1). Les Mines domaniales de la Sarre ont obtenu, à Heinitz, d’excellents résultats en procédant comme suit :
- Les Fettkohlen ou les Flammkohlen sont carbonisés à basse température (500° à 600°) dans un four à malaxeur. Le semi-coke produit est alors mélangé intimement à k fois son poids de Fettkohlen. L’ensemble est ensuite carbonisé à haute température dans un four à coke du type usuel.
- Le tableau suivant montre que ces deux méthodes, la seconde surtout, permettent de produire, au moyen du charbon de la Sarre, du coke d’une cohésion pratiquement égale à celle du coke de la Ruhr (fîg. 9).
- CHARBON DURÉE DE CUIS- SON ESSAI DE COHÉSION DU COKE
- NATURE MATIÈRES VOLATILES CEN- DRES CHUTES POURCENTAGE DE MORCEAUX OBTENUS DE MILLIMÈTRES I 50 à 200 TROMMEL POURCENTAGE DE MORCEAUX DE MILLIMÈTRES :
- 200 100 50 10 <10 80 50 35 10 10à80
- Heinitz :85p.l00.( iReden 4 5 p. 100. 30,4 10,35 34 h. 0 16,75 46,5 32,5 4,25 a 63,25 0 13,8 21,2 30,8 b 65,8
- Heinitz 33,0 8,5 35 1/2 0 16,9 30,75 48,7 3,7 47,65 0 0 1,6 13,75 15,35
- Heinitz 33,7 9,7 32 0 27,2 33,6 32,6 6,6 c 60,8 75 0 3,04 4,20 14,0 21,24
- ORIGINE DU COKE
- len . Sarrois ordinaire ,
- Coke produit par la carbonisation en deux temps Ruhr.
- On peut donc poser comme suit la conclusion de ce chapitre :
- Au point de vue économique, on n’a pas intérêt à établir des usines dont le seul but serait la carbonisation de la houille à basse température. Il en est sans doute tout autrement, dans la Sarre en particulier, si le semi-coke doit servir à rendre les houilles bitumineuses aptes à la fabrication du coke métallurgique. C’est d’autant plus probable qu’au cours de la carbonisation à haute température, le semi-coke, en mélange avec le charbon cru, doit rendre le
- (1) En supposant les rendements minima que voici :
- Carburants......................................... 20 kg
- Huiles lourdes..................................... 60 —•
- Hydrocarbures solides............................... 2 —
- Brai................................................ 8 —
- p.61 - vue 61/899
-
-
-
- 62
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER *924.
- gaz et l’ammoniaque qu’il n’avait pas abandonnés au cours de la première phase de son traitement. En tout cas, lorsqu’on voudra appliquer cette méthode si ingénieuse et aussi si heureuse, il conviendra de réunir et de comparer les facteurs que voici :
- 1° Le rendement en gros coke et en déchets de coke, à partir de charbons bitumeux additionnés de fines maigres ou de semi-coke et examiner la qualité du gros coke produit dans chacun de ces cas;
- 2° Les rendements en sous-produits et en gaz;
- 3° Le prix de revient des fines maigres rendues à la cokerie et celui du semi-coke;
- 4° Les frais d’installation et d’exploitation.
- Enfin, il conviendra de choisir à bon escient le four de carbonisation à basse température.
- Techniquement et économiquement, voilà le thème d’études bien intéressantes, qui ne devront pas perdre de vue que notre production de coke ne dépasse guère le sixième de nos besoins, ce qui est une question d’ordre majeur (1).
- III. — La carbonisation des LIGNITES a BASSE TEMPÉRATURE,
- SES RAPPORTS AVEC L’iNDUSTRIE DE LA HOUILLE BLANCHE.
- D’après une communication présentée par M. Brunschweig, Ingénieur au Corps des Mines, au Congrès des Combustibles liquides, la superficie totale des mines de lignite concédées en France atteint environ 90.000 ha et leur richesse présumée peut être évaluée, suivant le plus ou moins grand optimisme des prospecteurs, à 1 ou 2 milliards de tonnes.
- Le problème de la mise en valeur de ces gisements, au moyen de la carbonisation à basse température, est singulièrement complexe et dépend, en chaque cas particulier, comme le fait remarquer M. Brunschweig, de quatre facteurs principaux que nous allons commenter, savoir :
- 1° L’importance du tonnage effectivement reconnu. L’extraction devant être naturellement assurée pour une durée au moins égale à celle de l’amortissement des installations. En général, nous croyons qu’il est ainsi difficile de s’intéresser à l’exploitation d’un gisement de lignite dont la richesse reconnue est inférieure à 1.300.000 t;
- 2° Au prix de revient de la tonne de lignite rendu à l’usine de carbonisation. Celui-ci est extrêmement variable. Nous le croyons égal, en moyenne,
- (T) Consulter à ce propos le judicieux rapport de M. Patart, directeur général du Service des Poudres, à la Commission de Carbonisation. Pratiques et justes, les suggestions de M. l’Inspecteur général Patart devraient être appliquées sans retard.
- p.62 - vue 62/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 63*
- à 25 fr, mais il peut s’abaisser, quelquefois, à 18 fr, ou, au contraire, s’élever à 40 fr.
- 3° Le rendement industriel en goudron primaire. Nous avons vu qu’il peut varier entre 3 et 13 p. 100, mais, fait encourageant, il atteint souvent 7 p. 100, ce qui peut suffire à rendre viables bien des entreprises de ce genre ;
- 4° L’utilisation du semi-coke.
- Or, à la suite de l’étude de nombreux problèmes de mise en valeur des mines de lignite, nous devons porter le témoignage que voici :
- En général, les trois premiers facteurs que nous venons d’énumérer à la suite de M. Brunschweig et de discuter (richesse du gisement, prix de revient et rendement en goudron primaire) se présentent dans des conditions favorables. De même, nous avons rencontré des constructeurs qualifiés et disposés à donner des garanties sérieuses, d’après un cahier des charges bien établi. Seul, le quatrième facteur : utilisation du semi-coke, se présente presque toujours dans des conditions désavantageuses. En effet, le placement du semi-coke ou celui de ses dérivés doit couvrir approximativement 42 p. 100 des recettes pour que l’affaire donne une rentabilité suffisante, tout en supposant que l’on traite, par an, un minimum de 100.000 t de lignite à 20 p. 100 d’eau de carrière. Le principal obstacle à l’emploi du semi-coke tient aux raisons suivantes :
- 1° Le semi-coke, comme nous l’avons vu, renferme, suivant les lignites dont il provient, de 15 à 30 p. 100 de cendres. Son pouvoir calorifique ne dépasse donc pas souvent 6.000 calories. On a, bien entendu, cherché à épurer le semi-coke par lavage, mais comme le carbone et le stérile y sont intimement mélangés, il semble qu’on n’arrivera à un bon résultat que par les procédés d’épierrage par flottage dont le fonctionnement est malheureusement très coûteux. 11 est cependant probable qu’en perfectionnant ces procédés, on pourra arriver prochainement à des frais d’exploitations meilleurs. Cette question est à suivre ;
- 2° A cause de sa porosité, le semi-coke se prête mal à la fabrication d’agglomérés.
- Tout compte tenu de ces difficultés, voici les divers modes d’utilisation du semi-coke de lignite que nous pouvons indiquer.
- -1er cas : La teneur en cendres du semi-coke dépasse 20 p. 100. — a) Jusqu’à une teneur limite supérieure de 40 et peut-être même de 45 p. 100 en cendres, le semi-coke peut servir, à l’état pulvérisé, au chauffage des générateurs de vapeur et d’autant plus aisément que ses cendres sont pratiquement infusibles. Voici, en effet, plus d’un an que ces résultats sont pleinement acquis aux Mines de Bruay, dont l’installation de chauffage au charbon pulvérisé a la juste réputation d’être unique au monde;
- p.63 - vue 63/899
-
-
-
- 64
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- b) Même pour des teneurs en cendres de 50 p. 100, le semi-coke peut servir, après addition de fondants convenables, à la fabrication de verres basiques pour empierrements, suivant la méthode de M. Bigot. On obtient ainsi des pavés pour empierrements ou des carreaux céramiques, dont le prix de revient ne dépasserait pas 150 fr la tonne (frais généraux exclus) soit beaucoup moins que leur prix de vente.
- 2e cas : La teneur en cendres du semi-coke est inférieure à 20 p. 100. — Comme précédemment et, a fortiori, le semi-coke peut s’employer :
- a) Au chauffage à l’état pulvérisé ou à la préparation de verres basiques ;
- b) A la fabrication d’agglomérés, en addition soit avec du brai et du poussier de charbon maigre ou un quart gras, soit mieux encore, avec du lignite cru ;
- c) Au chauffage domestique dans des foyers spéciaux. Nous avons vu, ainsi, à Francfort, des fourneaux-cuisinières aménagés d’après les considérations suivantes :
- Le semi-coke de lignite ou « Grudekok » comme l’appellent les Allemands, présente deux caractéristiques majeures. Il ne s’agglomère pas au feu et se présente en morceaux très ténus, qui réduisent facilement l’anhydride carbonique, donnant ainsi lieu à une réaction endothermique, susceptible de provoquer l’extinction du feu. On doit donc :
- a) le brûler en couche d’une épaisseur de 25 mm au plus ;
- £}) l’utiliser sur des grilles constituées par une tôle perforée de trous nombreux et de petit diamètre;
- y) donner au four une masse suffisante pour faire face aux variations de température.
- Les fourneaux-cuisinières établies d’après ces principes ont un fonctionnement remarquablement régulier et pratique. Il paraît que les Allemands utilisent ainsi plus de 400.000 t de semi-coke de lignite par an.
- En définitive, contrairement à la croyance courante, on 'dispose d’un clavier varié pour tirer avantageusement parti du semi-coke de lignite. Néanmoins, son usage le meilleur c’est, le plus souvent, l’alimentation de centrales thermiques, soit en conjugaison avec les stations hydroélectriques, dont le renforcement s’impose ou en attente de celles dont l’édification nécessitera un long temps, soit au moins 10 ans, et des capitaux considérables, soit environ une quinzaine de milliards.
- Pour rendre concret l’intérêt de ces considérations, il importe de rappeler que le prix de revient du kilowatt-heure, à la sortie des grandes centrales électriques du Midi, qui sont le fruit de laborieux et savants efforts, dont MM. Janet, Bizet et Drouin nous ont donné un reflet dans le Bulletin de la
- p.64 - vue 64/899
-
-
-
- CARBONISATION DES LIGNITES A BASSE TEMPÉRATURE.
- 65
- Société des Ingénieurs civils (1). Ce prix de revient peut varier entre des limites éloignées et en fonction de l’aménagement de la chute relativement à son débit, qui est le plus souvent très variable, comme on le sait. A ce point de vue, la tendance actuelle est d’aménager la chute, non pas pour son débit minimum, suivant la pratique ancienne, ni même pour son débit moyen, mais pour son débit maximum et de régulariser les variations de puissance par des centrales thermiques à vapeur ou à moteurs Diesel, placées le plus près possible des centres de consommation du courant. Le prix de revient du kilowatt-heure, aux bornes de la centrale, peut alors varier de 18 à 12 centimes, pour un coefficient d’utilisation de 45 p. 100.
- En regard de ces chiffres, il importe de mettre celui du kilowatt-heure produit dans une usine carbonisant du lignite à basse température. A diverses reprises, nous avons eu occasion de le « limer ». Suivant la nature du lignite et les conditions de son extraction, le prix de revient du kilowatt-heure varie entre 9 et 11 centimes. Son « plafond » se trouve donc à un niveau inférieur à celui du kilowatt-heure, obtenu dans les centrales hydro-électriques, et qui, dans les conditions les plus avantageuses^ s’élève à 12 centimes.
- En conséquence, il faut souhaiter que l’on crée, en France, des usines de carbonisation du lignite et qu’il se noue des accords entre les exploitants de ces affaires et les concessionnaires des réseaux de production et de distribution d’énergie électrique.
- Ceux-ci, qu’ils me permettent de le leur rappeler, y trouveraient les avantages suivants par rapport à leurs conditions actuelles d’exploitation :
- 1° Réduction appréciable du prix de revient du kilowatt-heure. Non seulement, en effet, le kilowatt-lignite ne revient qu’à 10 centimes en moyenne, mais encore, il est souvent plus proche de son point d’utilisation (par exemple, en Dordogne) que le kilowatt-houille blanche, ce qui est un avantage majeur;
- 2° Stabilité plus grande du prix de revient, puisqu’il deviendrait indépendant du cours des charbons anglais ou de celui des mazouts;
- 3° Souplesse d’allure, en raison même des commodités d’emploi du semi-coke pulvérisé pour l’alimentation de groupes chaudières — turbines à vapeur;
- 4° Entrée plus rapide dans la période rémunératrice d’exploitation. Il ne faut guère plus de trente mois pour mettre en ordre de marche une usine carbonisant 100.000 t de lignite par an et alimentant une centrale de 3.000 kVV de puissance, ce qui est bien peu en regard du temps qui est nécessaire pour aménager une chute d’eau.
- Ces diverses considérations méritent, croyons-nous, quelque attention car, aujourd’hui, on demande de l’électricité dans toutes les branches de
- (1) Avril-juin 1923.
- Tome 136. — Janvier 1924.
- p.65 - vue 65/899
-
-
-
- 66
- CARBONISATION A BASSE TEMPÉRATURE. — JANVIER 1924.
- l’activité humaine et de nombreux syndicats de communes se sont constitués pour l’électrification des campagnes. Rappelons, à cette occasion, que 15 p. 100 seulement de la population française utilise l’électricité et que, par habitant et par an, on n’utilise que 150 kWh. Or, il faudrait pouvoir porter cette consommation à 500 kWh, ce qui correspondrait à une consommation annuelle de plus de 20 millions de tonnes de charbon, s’il fallait produire toute cette énergie par la vapeur, mais où donc cela nous conduirait-il avec le déséquilibre des changes?
- En conséquence, pour répondre aux besoins industriels et agricoles du pays, il faut aménager nos chutes d’eau, mais il faut aussi faire appel à son auxiliaire, la houille grise : le lignite, que la nature a placé, au mieux de nos besoins, en Dordogne et dans le Gard.
- Conclusion générale.
- Longtemps délaissée, la carbonisation des combustibles à basse température a pu reconquérir toute notre attention, grâce aux faits nouveaux que voici :
- 1° Nous avons appris — et beaucoup à cause des expériences de M. Salerni — que la carbonisation à basse température s’effectue le mieux dans des appareils continus, à surface de chauffe très développée, et de petit diamètre, où le combustible mis en œuvre se trouve en couches minces et sans y être porté à une température supérieure à 450° pour le lignite, à 500° pour la houille ;
- 2° Que les recherches de M. Charpy, des Mines domaniales de la Sarre, et de leurs collaborateurs : le « Coke métallurgique » et la « Société de Fours à Coke », ont permis, en passant par la carbonisation de la houille à basse température, de rendre les charbons flambants aptes à la préparation de cokes métallurgiques de grande cohésion;
- 3° Que la carbonisation des lignites à basse température est sortie de l’ère des difficultés, puisque le semi-coke produit a des débouchés intéressants (agglomérés, verre basique, chauffage domestique, alimentation de centrales thermiques) ;
- 4° Que l’alimentation de groupes chaudières-turbines à vapeur au moyen de semi-coke de lignite pulvérisé, est appelée à rendre les plus grands services pour la généralisation de l’emploi de l’énergie électrique dans les villes et dans les campagnes.
- Souhaitons donc que ses promoteurs, dont nous venons d’esquisser les laborieux et généreux efforts, recueillent bientôt le fruit de leur travail.
- Charles Berthelot, membre du Comité consultatif des Pétroles.
- p.66 - vue 66/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. d’eNCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — JANVIER 1924.
- LES HAUT-PARLEURS « SEG »
- DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT
- Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
- Du temps que le téléphone n’existait pas, il est un problème qui hantait particulièrement l’esprit des inventeurs et dont on retrouve la préoccupation jusque dans les plus vieilles chroniques scientifiques : amplifier la parole pour la porter au loin, parler sans fatigue à des foules innombrables sur de vastes espaces, tel est le désir qui est venu bien souvent aux grands orateurs, aux chefs, aux entraîneurs d’hommes.
- Dans les pays latins, où la parole a toujours exercé le prestige que vous savez, cette ambition bien légitime a dû s’affirmer de très bonne heure et, sans doute, l’homme politique sur le forum, le général devant ses légions, le comédien dans le cirque, ont dû faire le rêve qui ne devait être réalisé que beaucoup plus tard
- En fait, le porte-voix qui, dans une certaine mesure, supplée à l’insuffisance de la parole, est d’origine très ancienne : les Romains, et, bien avant eux, les Chinois ont eu, sur leurs théâtres, l’idée de doter les acteurs de masques pourvus d’une embouchure de bronze dont l’effet amplificateur causait l’effroi des spectateurs. Certains auteurs, tels que le père Athanase Kircher, dans son traité d’Harmonie universelle, affirment sérieusement que les armées d’Alexandre faisaient usage de porte-voix de cinq coudées, contournés en spirales et dont la portée sonore aurait atteint cent stades, c’est-à-dire près de 20 km.
- Sans rechercher aussi loin l’ancêtre des haut-parleurs, on doit mentionner les premières expériences, vraiment rationnelles sur les porte-voix, qui furent entreprises en Angleterre, vers 1670, par le chevalier Morland. Il construisit des trompettes d’un tracé fort simple, mais dont l’embouchure était très bien étudiée et montra qu’avec de tels instruments la voix peut porter sans être trop déformée à près de 10 km; on peut ajouter foi à ce chiffre qui fut confirmé à l’époque par des rapports de l’Amirauté. Il faut dire que l’appareil
- (l) Conférence faite par l’auteur en séance publique le 2i novembre 1923.
- p.67 - vue 67/899
-
-
-
- G8
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- du chevalier Moriaud atteignait des dimensions respectables : il avait environ 7 m de longueur et un pavillon de 70 cm de diamètre.
- En France, les expériences furent reprises par le docteur Denys, conseiller du Roy, sur le Quai des Grands-Augustins, puis par Cassegrain de Chartres. Ce dernier s’inspira, pour le tracé de son porte-voix, de la tradition des fondeurs de cloches et formula même une loi qui, a priori, paraît contestable, suivant laquelle la portée sonore d’un tel instrument serait proportionnelle au carré de sa longueur. Ces expériences émurent beaucoup le monde savant; il arriva même que de nombreux chercheurs se disputèrent la priorité de l’invention et des polémiques extrêmement vives s’engagèrent à ce sujet. Ceci se passait au xvne siècle et, déjà, l’Office de la Propriété industrielle s’imposait !
- Quoi qu’il en soit, c’est à cette époque que fut imaginé le porte-voix à peu près sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. Tel quel, il rendit de très grands services aux marins, qui, pour transmettre leurs ordres à tous les endroits de la mâture ou pour héler les embarcations, étaient souvent obligés de crier contre le vent. C’est même à seule et unique fin de mieux utiliser le porte-voix que les marins prirent l’habitude de se raser la moustache et adoptèrent la mode des favoris qui faisait encore fureur dans les ports il y a une trentaine d’années.
- Sans doute, entre cet instrument antique et rudimentaire qu’est le porte-voix, et les haut-parleurs modernes dont certains modèles vont vous être présentés, il paraît n’y avoir qu’une filiation bien lointaine. Pourtant, une bonne part des progrès que nous sommes en droit d’attendre des haut-parleurs, est tributaire de cette science de l’acoustique qui est encore dans l’enfance, et, si nous avons aujourd’hui, pour nous guider, les magistrales éludes d’Helmholtz et de lord Rayleigh, nous ne devons point méconnaître les patientes recherches empiriques des artisans et des savants d’autrefois qui s’efforçaient de pénétrer le mécanisme des ondes sonores en construisant ce qu’ils appelaient « des trompettes à porter la voix ».
- En réalité, c’est après avoir emprunté la voie détournée de la téléphonie, puis de la radiotéléphonie, que l’on fut conduit à l’étude actuelle des haut-parleurs. A peine, en effet, le téléphone était-il inventé, que des chercheurs s’avisèrent d’en accroître la puissance et de créer des écouteurs que l’on n’ait plus besoin de porter à l’oreille ; dans la plupart des cas, ces appareils étaient destinés à des applications purement industrielles ou militaires : il s’agissait de transmettre des indications dans un rayon de 2 ou 3 m à un petit groupe de personnes. On est frappé par l’extrême ingéniosité des chercheurs qui s’attaquèrent alors à ce problème et qui s’efforcèrent de le résoudre en faisant appel aux données les plus diverses : on construisit des téléphones électro-
- p.68 - vue 68/899
-
-
-
- LES IiAUT-PARLEURS « SEG » DES ETABLISSEMENTS GAUMONT.
- 69
- statiques, photoélectriques, électrochimiques et même piézoélectriques qui constituèrent de magnifiques expériences de laboratoire; seuls, les téléphones électromagnétiques permirent de réaliser des haut-parleurs vraiment efficaces.
- Mais, c’est surtout au formidable essor de la téléphonie sans fil que l’on doit le développement actuel des haut-parleurs. Au sortir de la guerre, l’ancien problème de l’amplification de la voix fut supplanté par la nécessité de satisfaire à la mode des radioconcerts et le nombre des haut-parleurs spécialement destinés à cet usage est aujourd’hui considérable. La plupart d’entre eux ont été construits pour donner une transmission agréable des bruits musicaux, mais il sont tout à fait inaptes à l’amplification de la parole qui exige une fidélité parfaite de la reproduction sonore. Si bien qu’en dépit des progrès de l’électrotechnique et malgré les ressources immenses ouvertes aux chercheurs par l’invention de la lampe à 3 électrodes, il semblait, jusqu’à ces derniers temps, que le problème de l’émission de la voix sur de très grands espaces ne pouvait être résolu d’une manière satisfaisante. Nous croyons que les haut-parleurs qui font l’objet de cette communication comblent heureusement cette lacune. Les Etablissements Gaumont, qui se sont attachés au problème, l’ont résolu en 1922 par la création d’un haut-parleur dont le principe est essentiellement nouveau et d’une grande originalité. Sur ce principe ont été construits divers types d’appareils qui réalisent toute une gamme de puissances sonores, depuis le modèle destiné à la reproduction des radioconcerts dans un appartement, jusqu’au modèle à grande puissance qui permet aux orateurs de s’adresser sans fatigue à un auditoire pour ainsi dire illimité.
- Avant d’exposer le principe des appareils que vous entendrez dans un instant, il est bon de rappeler quelques notions sur les haut-parleurs en général.
- Un haut-parleur n’est autre qu’un transformateur d’énergie électrique en énergie mécanique dépensée sous forme d’ondes sonores. Dans un haut-parleur, on trouve donc un organe récepteur des courants téléphoniques et un organe mécanique dont les vibrations sont transmises à l’air ambiant. On adjoint ordinairement à ces dispositifs un pavillon acoustique qui a pour effet d’intensifier les ondes sonores. Les divers modèles d’appareils diffèrent surtout par la manière dont l’organe électrique agit sur l’organe mécanique.
- Les haut-parleurs les plus anciens sont une copie du récepteur électromagnétique d’Ader auquel on s’est borné à donner de grandes dimensions pour en accroître la puissance. Dans un tel récepteur, l’organe électrique est constitué par deux petites bobines d’électroaimant parcourues par le courant téléphonique, qui engendrent un champ magnétique variable dont
- p.69 - vue 69/899
-
-
-
- 70
- LES ÏIAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- les lignes de force se referment par la plaque vibrante en acier; cette plaque qui constitue le deuxième organe du haut-parleur, l’organe mécanique, doit donc être à la fois douée de qualités magnétiques et de qualités acoustiques, et ce sont là des propriétés qui ne sont malheureusement pas compatibles.
- Dans d’autres haut-parleurs, on obvie à cet inconvénient en décomposant l’organe vibrant en deux parties : l’une magnétique, qui est constituée par une palette vibrant sous l’influence du flux alternatif des électros; l’autre, acoustique, qui est constituée par une membrane conique fixée par son sommet à la palette; cette membrane, à la fois rigide et légère, est ordinairement en aluminium.
- Dans le haut-parleur Baldwin, nous avons encore trois parties distinctes : une bobine fixe qui est parcourue par le courant téléphonique ; un organe magnétique vibrant qui est constitué par une mince lame d’acier et une membrane de mica à laquelle sont transmises les vibrations par une petite tige métallique. La lame entre en vibration du fait qu’elle peut osciller autour d’un point fixe entre les pièces polaires d’un aimant permanent dont les pôles sont répartis de part et d’autre de chacune de ses extrémités. Cette même lame est aimantée par le flux magnétique de la bobine qui l’entoure ; à chaque alternance du courant qui traverse cette bobine, les polarités de la lame sont inversées et ses extrémités sont attirées tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, par les pièces polaires de l’aimant permanent.
- C’est ce principe que la Western Electric C° a adopté pour ses haut-parleurs; la membrane, au lieu d’être en mica, est constituée par un diaphragme ondulé en feutre durci par une imprégnation spéciale.
- Une autre catégorie de haut-parleurs, qui ont reçu des appellations diverses : « magnavox », « télémégaphone », « ampliphone », etc. sont basés sur un principe essentiellement différent. Là encoreynous trouvons les deux organes essentiels du haut-parleur : un organe électrique récepteur du courant téléphonique qui, cette fois, est constitué par une bobine mobile suivant son axe, dans l’entrefer circulaire d’un fort électro-aimant, et un diaphragme, ordinairement en mica, ou en aluminium ondulé, au centre duquel est suspendue la bobine. D’après la loi de l’action du champ magnétique sur les courants électriques, cette bobine entre en vibration dans les limites de l’élasticité du diaphragme dès qu’elle est parcourue par le courant téléphonique.
- Dans quelques-uns de ces haut-parleurs, le diaphragme vibrant est remplacé par un « diffuseur, » sorte de membrane de grande dimension en cellulose dont l’une des formes les plus heureuses, est la membrane « Lumière » (fig. 1). Elle est constituée par un papier imperméabilisé convenablement plissé, ce qui lui confère une rigidité absolue au centre, en
- p.70 - vue 70/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 71
- même temps qu’une élasticité très grande à la périphérie. Cette membrane vibre donc sans que la formation de lignes nodales vienne altérer son régime vibratoire. Elle est actionnée en son centre par un dispositif électromagnétique. Ces diffuseurs sont destinés à être montés sur des appareils de puissance réduite que l’on emploie pour les réceptions radiotéléphoniques en appartement.
- Les autres haut-parleurs sont ordinairement munis de pavillons qui jouent un rôle considérable; ces pavillons ont non seulement pour but d’accroître la portée des ondes sonores dans une direction privilégiée, mais de les amplifier considérablement par des phénomènes de résonance assez complexes qui peuvent d’ailleurs dans certains cas devenir extrêmement gênants. Dans cette étude des pavillons, qui échappe, en dépit de quelques tentatives, à toute analyse mathématique, l’expérimentateur ne peut s’appuyer que sur un petit nombre de données empiriques. En principe, la forme et les dimensions du pavillon devraient varier avec la puissance de l’appareil, l’acoustique de la salle à laquelle il est destiné et la région du spectre sonore des ondes que l’on désire transmettre. On conçoit que les constructeurs soient amenés à adopter un moyen terme entre ces exigences; les considérations qui les guident dans un tel choix sont assez diverses pour expliquer la dissemblance des modèles de pavillons que l’on trouve actuellement sur les haut-parleurs destinés aux réceptions radiotéléphoniques.
- Fig. 1. — Haut-parleur à diffuseur à membrane « Lumière ».
- Les haut-parleurs que nous venons de passer en revue, comportent tous des pièces vibrantes métalliques. Ces pièces, en raison de leur masse et de leur mode de suspension élastique, n’obéissent pas exactement aux impulsions qui leur sont communiquées par le champ magnétique des bobines réceptrices. Cette masse et cette élasticité leur confèrent une ou même plusieurs périodes propres de vibration. C’est dire que lorsqu’elles sont sollicitées par un champ magnétique variable ayant cette même période, elles entrent en résonance et la note correspondante se trouve amplifiée
- p.71 - vue 71/899
-
-
-
- 72
- LES HAUT-PARLEURS « SEC. ». - JANVIER 1924.
- au delà de toute mesure ; tantôt ce sont les notes aiguës qui sont ainsi exaltées et l’émission sonore du haut-parleur devient aigre et stridente; tantôt ce sont les notes graves, et l’émission disparaît dans une succession d’éclatements sourds. Les pièces vibrantes du haut-parleur peuvent même entrer en résonance spontanément à chaque impulsion un peu vive, et superposer des notes parasites à celles de la transmission qui apparaît alors brouillée.
- Mais il est un autre phénomène qui apporte un trouble autrement grave dans les transmissions sonores, surtout lorsqu’il s’agit de la reproduction de la voix : les pièces vibrantes du haut-parleur, en raison de leur inertie, n’obéissent à l’impulsion du champ magnétique variable qu’avec un certain décalage qui n’est pas le même pour toutes les périodes. Il s’ensuit un certain enchevêtrement des sons qui nuit grandement à la pureté de la transmission.
- Enfin, l’inertie des pièces vibrantes ne leur permet pas de suivre les impulsions très rapides aussi facilement que les impulsions de période lente. Or, lorsqu’on envisage la reproduction de la parole, on constate que ce sont précisément les notes très aiguës qui sont les plus indispensables à l’intelligibilité de la voix; si, à l’aide d’un filtre électrique, on supprime toutes les notes dont la fréquence est supérieure à 1.000 périodes par seconde, les paroles transmises deviennent incompréhensibles sans toutefois que l’intensité du son soit, dans son ensemble, sensiblement réduite. Si l’on veut même que le timbre de l’interlocuteur soit respecté, il faut faire appel à des dispositifs permettant la reproduction des notes très élevées dont la fréquence atteigne jusqu’à 2.500 périodes par seconde. Les pièces vibrantes de la plupart des haut-parleurs de modèle courant ne permettent que très mal de satisfaire à cette condition.
- Joignez à ces divers inconvénients ceux qui proviennent de la self des bobines réceptrices. Cette self atteint souvent plusieurs henrys ; c’est dire qu’elle présente une résistance très grande à la transmission des notes aiguës que nous voulons précisément respecter — et l’on conviendra que l’oreille humaine doit jouir d’aptitudes physiologiques vraiment étonnantes pour reconstituer automatiquement les sons qui lui sont transmis d’une manière aussi imparfaite.
- Ces défauts, qui sont admissibles lorsqu’on ne demande que de faibles puissances à l’appareil haut-parleur, prennent très vite une importance considérable dès que l’on accroît cette puissance pour réaliser de grandes portées sonores. Ce que l’on gagne en intensité, on le perd en qualité : la musique semble être alors transmise par un mauvais phonographe; de tous les instruments de musique, le piano est celui qui souffre le plus d’une telle
- p.72 - vue 72/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 73
- disgrâce; dépouillé de la richesse de ses harmoniques, il s’apparente assez bien à un vulgaire métallophone. Que dire de la parole, dont l’intelligibilité se perd dans les plus ridicules borborygmes? Ces inconvénients sont bien connus des amateurs de radiotéléphonie, tellement connus que certains ont fini par ériger à la valeur d’un dogme le principe suivant : « Dans les auditions par haut-parleurs, la puissance et la qualité sont incompatibles ».
- Il n’en est rien heureusement et les difficultés que nous venons de signaler ne sont pas insurmontables.
- Les Établissements Gaumont, spécialisés depuis de nombreuses années dans les études d’acoustique, se sont attachés à résoudre le problème des émissions sonores de grande puissance d’une manière essentiellement nouvelle. Au début de 1922, l’un de leurs ingénieurs, M. Gueritot, dont le monde savant déplore aujourd’hui la mort prématurée, a imaginé un haut-parleur dont le principe est d’une grande originalité.
- Dans ce haut-parleur, il n’y a plus de parties actives distinctes; l’organe électrique, l’organe soumis aux impulsions magnétiques,
- le diaphragme vibrant, ne forment plus qu’un seul et même élément, et cet élément, essentiellement souple et déformable, est d’une masse à peu près négligeable puisqu’il ne pèse qu’environ 8 dg pour une surface vibrante de 30 cm2.
- Cet élément (fig. 2) est constitué par un fil conducteur très fin enroulé en spires jointives sur un cône dont l’angle au sommet est de 90° et dont vous voyez ici la section. Ce cône est placé dans l’entrefer circulaire d’un fort électro-aimant qui épouse sa forme, et c’est sa paroi même qui constitue le diaphragme vibrant. Il communique ses vibrations à la masse d’air de l’entrefer et de là, ces vibrations sont transmises à l’extérieur par des évents ménagés dans la masse polaire, entre l’entrefer et la chambre acoustique,, sur laquelle vient se brancher un pavillon.
- Le mécanisme des vibrations du cône est simple : les lignes de force du flux magnétique engendré par l’électro parcourent l’entrefer normalement à
- Fig. 2. — Coupe diamétrale d’un haut-parleur
- S.E.G.
- p.73 - vue 73/899
-
-
-
- 74
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- FORCE ELEMENTAIRE
- LIGNE DE TENSION^ MAGNÉTIQUE LIGNE DE FORCE NORMALE AUX PAROIS DE L'ENTREFER
- LIGNE DE TENSION ELECTRIQUE
- DIRECTION TANGENTIELLE DU COURANT
- ses surfaces. La surface du cône vibrant placé dans cet entrefer est donc elle-même traversée perpendiculairement par ces lignes de force.
- En H (fig. 3) est représentée la direction de l’une de ces lignes de tension magnétique, normale à la génératrice du cône. La ligne de tension électrique, c’est-à-dire la direction du courant représentée en I est tangente à la spire de l’enroulement, autrement dit au cercle parallèle à la base du cône. D’après la loi bien connue de l’électromagnétisme, la réaction du champ magnétique sur le courant doit se traduire par une force élémentaire F dont la direction doit être perpendiculaire à la fois aux deux directions II
- et L Cette force élémentaire est donc confondue avec la génératrice du cône. Par raison de symétrie, les forces élémentaires qui prennent naissance en tous les points de la surface du cône se composent en une résultante unique dirigée suivant l’axe de tout le système.
- Si le courant lancé dans l’enroulement est un courant alternatif, cette force résultante change de sens à chaque alternance et la membrane souple du cône subit une déformation qui soumet la mince lame d’air de l’entrefer à une compression ou à une décompression suivant le sens du courant dans l’enroulement. Finalement, si l’on envoie des courants téléphoniques dans ce dernier, les vibrations de l’air de l’entrefer reproduiront la forme de ces courants.
- Nous avons vu que la masse de ce cône vibrant était extrêmement faible; il peut donc obéir aux impulsions les plus rapides, c’est-à-dire permettre la reproduction des sons très aigus sans qu’aucun phénomène d’inertie puisse intervenir. Par ailleurs, sa nature, sa forme et sa tenue sont telles qu’il ne peut avoir de période propre de vibration; les phénomènes si gênanis de résonance se trouvent donc éliminés. En outre, le fait de confondre l'organe électrique avec l’organe acoustique permet d’utiliser l’énergie là où elle a pris naissance, c’est-à-dire d’en tirer le meilleur rendement possible. Enfin, la souplesse du cône vibrant lui permet de subir, sous une grande fréquence, des déformations importantes sans que les phénomènes d’inertie et d’élasticité viennent modifier la loi suivant laquelle ces déformations ont pris naissance. L’amplitude des vibrations que l’on impose dans la pratique à ce cône de soie n’est plus, comme dans les organes vibrants
- Fig. 3.
- p.74 - vue 74/899
-
-
-
- LES IIAUT-PARLEURS « SEG )) DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 75
- des haut-parleurs ordinaires, de l’ordre des dimensions moléculaires, mais de l’ordre du millimètre; pour les grands modèles, elle atteint 2 mm., si bien que lorsqu’on place la main devant l’un de ces haut-parleurs en fonction, on a la sensation d’un souffle puissant issu de l’embouchure.
- On conçoit donc que ces haut-parleurs, dont les grands modèles permettent de réaliser des portées de plus de 500 m, soient aptes à des reproductions sonores de grande intensité sans distorsion possible. Avec eux, se trouve levée cette ambiguïté qui voulait que la puissance et la pureté fussent incompatibles.
- Il va de soi que lorsque M. Gueritot eut trouvé le principe de ce haut-parleur, la mise au point définitive de l’appareil ne fut pas immédiate. La réalisation du cône vibrant présentait en effet de grandes difficultés : il fallait que la membrane sur laquelle est enroulé le fil conducteur ait . une texture tout à fait spéciale; on lui demandait d’être d’une légèreté extrême, en même temps que d’une grande robustesse; elle devait résister indéfiniment à l’action de la chaleur et de l’humidité.
- L’enroulement devait être fixé sur la membrane sans risques de décollements sous l’influence des fortes vibrations ; enfin, cette membrane devait être avant tout essentiellement souple sans être élastique. En effet, si cette membrane avait été élastique, le travail des forces élémentaires qui agissent suivant ses génératrices eût été entièrement absorbé’par des tensions moléculaires, au lieu de créer un déplacement utile du cône vibrant. La réalisation de cet organe a été rapidement menée à bonne fin, et d’une manière très heureuse, par M. Aschel, ingénieur des Etablissements Gaumont.
- Le cône vibrant, que représente la figure 4, est formé d’une feuille de soie convenablement roulée et imprégnée d’un enduit spécial. L’enroulement comporte un fil d’aluminium de 5,7 ou 10 centièmes de millimètre suivant les cas. Afin que ce fil puisse être régulièrement enroulé en spires jointives sur la membrane, une machine a été créée qui forme automatiquement l’enroulement.
- La membrane est, à sa base, ligaturée sur une bague filetée que l’on visse sur le pôle de l’électro.
- Fig. 4. — Cône vibrant du haut-parleur
- S.E.G.
- p.75 - vue 75/899
-
-
-
- 76
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- Ainsi constitué, le cône vibrant, malgré sa légèreté et son apparence fragile, est d’une robustesse étonnante dont l’exemple suivant peut donner une idée. Au sommet du belvédère des usines Gaumont est installé un haut-parleur bien connu des gens du quartier des Buttes-Chaumont; ce haut-parleur fonctionne journellement depuis 18 mois, et malgré des essais très durs, poussés à outrance, auxquels il est soumis, malgré les intempéries auxquelles il est exposé, le cône vibrant n’a dû être remplacé qu’une seule fois.
- Les caractéristiques électriques du cône vibrant sont aussi remarquables que ses caractéristiques mécaniques. En effet, de 400 à 900 périodes par seconde, l’impédance de son enroulement est équivalente à une résistance
- ohmique shuntée par une capacité très faible. De 900 à 1.000 périodes, l’impédance est égale à une résistance ohmique seule sans self ni capacité. Enfin, au-dessus de 1.000 périodes, à la résistance ohmique se superpose une self de quelques millièmes d’hen-rys. C’est dire que les périodes électives de la voix, celles qui avoisinent’Aine fréquence de 1.000, sont transmises sans aucune déformation électrique.
- Nous avons vu que le cône vibrant coiffe la masse polaire également conique de l’électro-aimant du haut-parleur et que ses vibrations sont transmises à l’extérieur par des évents ménagés dans cette masse polaire. En réalité, on s’est aperçu qu’il fallait donner à la partie concave de la membrane un appui élastique.
- Sur la figure 5, qui représente la coupe du modèle le plus courant des haut-parleurs des Etablissements Gaumont, vous voyez en effet que la membrane repose sur des cales à section triangulaire; ces cales sont constituées par des lacets de caoutchouc, disposés suivant un parcours sinueux à la surface de la masse polaire. Ces lacets permettent un cloisonnement judicieux de la mince lame d’air active de l’entrefer ; en effet, on a pu vérifier expérimentalement que les vibrations rapides correspondant aux notes le» plus aiguës étaient principalement localisées au sommet du cône vibrant, alors que les vibrations graves intéressaient plutôt la base. Il y a donc intérêt, afin d’éviter que la lame d’air ne soit le siège de compositions vibratoires complexes, de canaliser vers les évents qui leur correspondent
- HAUT PARLEUR
- TYPE ATELIER
- Fig. 5. — Coupe diamétrale du haut-parleur S.E.G., type Atelier.
- p.76 - vue 76/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 77
- les ébranlements qui ont pris naissance aux divers points du cône vibrant.
- On empêche également ainsi la formation de vibrations transversales qui nuiraient au rendement acoustique du haut-parleur. Enfin, ces lacets de caoutchouc jouent le rôle d’amortisseurs du cône vibrant, en l’empêchant de prendre les amplitudes exagérées et en permettant d’introduire dans la membrane une légère tension qui est particulièrement favorable à la reproduction de la voix. On règle l’appui élastique du cône sur les lacets de caoutchouc en vissant plus ou moins sa bague sur la masse polaire.
- Je m’excuse d’avoir insisté si longuement sur le principe de ces haut-parleurs, mais j’espère avoir mieux fait comprendre combien cet appareil, qui paraît si simple, est l’aboutissement de patientes recherches de laboratoire ; ces expériences ont été constamment soumises au contrôle scientifique; il a fallu, dans ce but, créer des méthodes de mesure entièrement nouvelles, et les expérimentateurs qui ont la pratique de l’acoustique savent combien cette voie est ardue. Je crois devoir mentionner la méthode adoptée en usine. Un courant téléphonique sinusoïdal de fréquence variable est envoyé dans le haut-parleur en étude; ce dernier émet des ondes sonores qui sont captées d’une manière invariable par un récepteur électromagnétique spécial, non résonant et parfaitement constant; le courant microphonique engendré par ce récepteur est alors mesuré à l’aide de l’électromètre capillaire de Lipmann.
- Nous allons passer en revue les divers types de haut-parleurs créés par ,1a Société des Etablissements Gaumont et qui sont connus sous l’appellation des trois initiales de cette société : haut-parleurs « Seg. » Nous indiquerons les caractéristiques de chacun de ces appareils et les usages auxquels ils sont destinés.
- Ces haut-parleurs sont désignés par leur calibre, ce dernier mesurant en millimètres le diamètre de base du cône vibrant. Les plus petits modèles, •eeux par exemple dont le cône vibrant a 30 mm de diamètre, sont plutôt réservés aux réceptions radiotéléphoniques. Les appareils de dimension moyenne, de 53 mm, sont surtout utilisés pour les transmissions verbales, -avec ou sans amplification. Enfin, les haut-parleurs de 85 mm, branchés sur un amplificateur à grande puissance, sont destinés aux auditions que l’on veut transmettre à plusieurs centaines de mètres.
- La figure 6 représente le haut-parleur de 30 mm. Il est monté sur rotule, de manière à permettre l’émission dans toutes les directions. Son inducteur peut
- p.77 - vue 77/899
-
-
-
- 78
- LES HAUT-PARLEURS (( SEG ». — JANVIER 1924.
- être alimenté par une batterie d’accumulateurs de 6 Y ou par le réseau continu à 115 Y. Il est destiné aux réceptions radiotéléphoniques, mais peut également être employé pour la téléphonie ordinaire dans tous les cas où l’on ne désire pas une grande puissance sonore.
- Sa rotule peut lui permettre d’être fixé sur une applique murale. La portée de cet appareil est assez considérable ; il permet de faire entendre les auditions des radio-concerts à un auditoire de plusieurs centaines de personnes dans une très grande salle. Un sans-filiste distingué écrivait récemment que l’un de ces haut-parleurs de petit modèle, installé par ses soins au château de la Crestinière, dans l’Orne, permettait de transmettre chaque
- Fig. 6. — Haut-parleur S.E.G. de ÏO mm, pour réceptions radiotéléphoniques ou té'éphonie ordinaire.
- soir avec une netteté incomparable les auditions des radio-concerts aux habitants du village situé à 1 km plus au sud, malgré un bois assez touffu séparant ce dernier du château. Ce résultat n’a rien qui doive surprendre, étant donné la portée considérable des moindres bruits, le soir, à la campagne, par temps calme.
- Il existe un modèle de haut-parleur de 30 mm plus puissant que celui de la figure 6. Il diffère principalement de ce dernier par son pavillon dont les dimensions sont plus importantes.
- La figure 7 représente le haut-parleur de 55 mm. Construit en grande série, il peut convenir à de multiples usages. Branché à la sortie d’un poste de T. S. F. ordinaire auquel on a adjoint deux étages supplémentaires de basse fréquence, et ses inducteurs étant alimentés sous 6 V, il permet une audition très forte des radio-concerts, sans aucune déformation et dans des conditions de pureté remarquables. Il convient aussi à la téléphonie privée avec fils.
- p.78 - vue 78/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ETABLISSEMENTS GAUMONT.
- 79
- On lui adjoint alors un poste transmetteur visible sur la figure 7, à gauche du haut-parleur et qui est constitué par deux pastilles microphoniques. L’alimentation de ces microphones et l’excitation de l’électro du haut-parleur sont prises sur le réseau à 110 Y et commandées par un poussoir que vous voyez sur la boîte du transmetteur. Les postes récepteur et transmetteur sont normalement reliés par une ligne à 4 conducteurs, mais, afin de réduire, le cas échéant, l’installation au strict minimum, on a également prévu entre ces deux postes une commande en duplex. Autrement dit, les microphones et le haut-parleur sont, dans ce cas, reliés par une ligne qui ne comprend que 2 conducteurs. Sur cette ligne, le courant télé-
- Fig. 7. — Haut-parleur S.E.G. de 55 mm, type Atelier, pour réceptions radio téléphoniques
- ou téléphonie privée avec fils.
- phonique qui actionne le cône vibrant du haut-parleur et le courant continu de 0,7 A qui alimente les inducteurs se superposent et sont au poste récepteur séparés par une combinaison de selfs et de condensateurs.
- Ce modèle de haut-parleur a été désigné sous le nom de « type Atelier », car monté pour la téléphonie privée avec fils, c’est surtout dans les ateliers bruyants, dans les salles de grandes dimensions, qu’il trouve son emploi pour transmettre les indications verbales nécessaires au bon ordre du service. Sa portée sonore est à peu près double de celle de la voix humaine proférée avec force. Plusieurs compagnies de chemins de fer commencent à l’adopter dans les salles d’attente de dimension moyenne, sur les quais d’embarquement des petites gares. Il est susceptible de rendre de grands services dans tous les cas où un employé doit actuellement être détaché pour recevoir au téléphone les ordres d’un chef de service, et pour les retransmettre ensuite verbalement au personnel chargé de l’exécution; on
- p.79 - vue 79/899
-
-
-
- 80
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ».
- JANVIER 1924.
- voit immédiatement l’avantage que l’on peut retirer d’un haut-parleur puissant et ne déformant pas la voix : le personnel est directement touché par les ordres du chef ; ses ordres ne risquent pas d’être mal répétés par un intermédiaire; le téléphoniste ou le coureur se trouve supprimé, d’où économie de personnel ; la répétition n’étant plus nécessaire, on réalise un gain de temps notable et, n’est-il pas permis d’affirmer qu’il est bien des cas où quelques secondes de gagnées dans l’exécution d’un ordre peuvent avoir une importance capitale? Mais surtout, il faut songer au facteur moral que permet d’introduire la pratique du haut-parleur dans l’atelier, sur le chantier, à bord des navires, dans tous les endroits où des travailleurs doivent agir avec discipline suivant des indications constamment renouvelées. Yoici qu’ils entendent directement, avec son timbre caractéristique, la voix du chef qui s’élève, claire, nette et précise, comme si ce dernier était au milieu d’eux, alors que jusqu’à ce jour ils ne recevaient ses ordres que par le canal d’un subordonné plus ou moins attentif.
- Il ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que les applications du haut-parleur, que je vous laisse entrevoir, sont exclusivement d’ordre industriel. Dans bien des cas particuliers où l’activité humaine s’exerce d’une manière moins connue du grand public, le haut-parleur sera le bienvenu. Que dire par exemple du spectacle qu’offre le metteur en scène d’aujourd’hui, qui, du haut de son estrade de commandement se démène, gesticule, crie à tue-tête, dispose ses mains en porte-voix, s’époumonne jusqu’à l’épuisement, et, souvent impuissant à couvrir le tumulte d’une foule turbulente, retombe assis sur sa chaise, en s’épongeant le front? Donnez-lui un poste microphonique relié à un ou plusieurs haut-parleurs disposés aux endroits propices, et voici ce metteur en scène, qui, sans fatigue, transmet ses indications d’une voix calme et posée qui lui permet le libre usage de sa présence d’esprit. A partir de ce moment, soyez certains que cet homme doublera sa productivité. Et cet exemple typique n’est pas le seul; il y a, de par le monde, bien des gens qui, sans être metteurs en scène, ont pour fonction de crier et de s’épuiser pour diriger leurs semblables.
- Mais revenons aux différents modèles de haut-parleurs S. E. G. Le haut-parleur de 55 mm se présente sous diverses formes suivant les usages auxquels il est destiné :
- La figure 8 représente le haut-parleur dit « de bureau » dont tous les organes, y compris le pavillon qui affecte la forme d’une conque, sont logés dans une boîte en noyer ciré qui ne dépare nullement l’ameublement d’un bureau moderne. Sa portée sonore est la même que celle d’un appareil de 55 type « Atelier ».
- La figure 9 représente le haut parleur type « Marine » dont un exem-
- p.80 - vue 80/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 81
- plaire, que vous allez entendre dans un instant, est disposé dans le fond de la salle. Cet appareil particulièrement robuste a été conçu pour résister indéfiniment aux intempéries. Depuis sa mise en service, il a été soumis à des épreuves très dures. L’un d’eux fut exposé sans interruption, pendant huit jours, à une température de 65° dans une atmosphère saturée d’humidité sans que son fonctionnement ait cessé d’être parfait. Il ne comporte, à part l’embouchure du pavillon, aucune ouverture : les conducteurs qui amènent le courant téléphonique et le courant inducteur pénètrent, par un presse-étoupes, dans le corps de l’électro, sous forme d’un câble à fort iso-
- Fig. 8. — Haut-parleur S.E.G. de 55 mm, Fig. 9. — Haut-parleur S.E.G., type Marine,
- type Bureau.
- lement sous tresse d’acier. La partie cylindrique du haut-parleur à été disposée verticalement et le pavillon a reçu une forme spéciale afin de satisfaire à certaines conditions dont l’utilité apparaît sur une coupe schématique de l’appareil (fig. 10).
- Un évidement conique est pratiqué dans l’axe du noyau central; cet évidement sert d’amorce au pavillon acoustique et permet de réduire d’autant le développement que l’on est obligé de donner à ce dernier à l’extérieur de la partie cylindrique. Cette disposition permet de réduire à 28 cm l’encombrement horizontal de l’appareil, tandis que cette dimension atteint 70 cm dans le haut-parleur type Atelier. En outre, la partie active du haut-parleur, c’est-à-dire le cône vibrant, se trouve au sommet de
- Tome 136. — Janvier 1924.
- 6
- p.81 - vue 81/899
-
-
-
- 82
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». -- JANVIER 1924.
- l’évidement vertical, où ne peuvent pénétrer ni la pluie, ni même les embruns dans le cas de l’exposition à la passerelle ou sur la plage avant d’un navire. Le haut-parleur restant fixé verticalement par son berceau, il est possible d’orienter le pavillon dans divers azimuts sans effectuer aucun démontage. Enfin, l’ensemble permet de visiter très rapidement le cône vibrant sans déplacer le haut-parleur. Il suffit à cet effet d’enlever le couvercle supérieur sans crainte d’abîmer aucun organe.
- La figure 11 représente le poste transmetteur qui accompagne le haut-
- Fig. 10. — Coupe du haut parleur type Marine.
- Fig. 11. — Poste transmetteur du haut parleur S. E. G., type Marine.
- parleur type Marine. Il se compose d’une boîte métallique entièrement étanche, qui contient les microphones, et d’une boîte de jonction, également métallique et étanche, dans laquelle sont enfermés les bobines de self et les condensateurs du circuit téléphonique. Au repos, la boîte microphonique est entièrement fermée sur sa face avant, par un volet qui peut coulisser verticalement dans des glissières et qu’un ressort, situé à l’intérieur de la boîte, ramène constamment à la partie supérieure. Pour utiliser l’appareil, on abaisse ce volet, et l’on découvre alors les deux pastilles microphoniques placées au fond d’une embouchure. En abaissant le volet, on manœuvre automatiquement, par l’intermédiaire des bielles que vous apercevez sur les côtés de la boîte, un interrupteur situé à l’intérieur de cette dernière. Si
- p.82 - vue 82/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 83
- bien que le fait de découvrir les microphones permet l’envoi automatique du courant au poste transmetteur et aux inducteurs du poste récepteur. Lors-qu’ayant fini de parler, on lâche le volet, ce dernier se relève de lui-même et le courant se trouve coupé. On évite ainsi qu’un opérateur distrait ne laisse sans raison le courant fermé sur les appareils.
- Le passage du courant est contrôlé par un voyant lumineux qui s’allume au sommet de la boîte. Au-dessus des microphones, se trouve un bouton qu’il suffît de presser pour faire émettre par le haut-parleur un signal d’appel très puissant, d’un son rauque et intentionnellement désagréable.
- Ce haut-parleur type Marine doit trouver son emploi, non seulement à bord des navires, mais également dans les cours d’usines, dans les salles de machines, les chaufferies, dans les mines, dans tous les endroits où l’on a besoin d’un matériel particulièrement robuste et d’un fonctionnement sûr.
- Les haut-parleurs que nous venons de passer en revue fonctionnent par utilisation directe dans le cône vibrant du courant téléphonique issu des microphones et dont on élève simplement le potentiel par le jeu d’un transformateur. L’opérateur parle à 10 cm environ des microphones à voix posée. On pourrait accroître évidemment la portée sonore du haut-parleur en criant devant les microphones, mais il va de soi que le résultat risquerait de ne pas être très bon. En définitive, comme l’on dispose, à l’origine, d’uim puissance bien limitée, celle de la voix, il faut, si l’on désire accroître la puissance dissipée par le haut-parleur sous forme d’ondes sonores, faire appel à un dispositif supplémentaire qui sera un amplificateur de courant téléphonique.
- Je m’empresse de dire que ce sont précisément les ressources à peu près illimitées de l’amplification thermo-ionique qui permettent d’envisager un avenir si brillant pour les haut-parleurs S. E. G, puisque, ainsi que nous l’avons vu, ces appareils, à condition qu’on leur donne des dimensions convenables, peuvent dissiper une quantité d’énergie considérable sans introduire de déformations. Il suffira de leur fournir cette énergie et pour cela d’amplifier le courant téléphonique fourni par les microphones. En principe donc, le problème paraît relativement simple. Malheureusement, on ne peut avancer dans cette voie qu’avec une extrême prudence car l’amplificateur thermo-ionique utilisant des lampes à trois électrodes introduit dans l’utilisation du courant téléphonique des déformations d’un nouveau genre qu’il est très difficile d’éliminer. Ce sont d’abord des bruits parasites qui se superposent aux sons que l’on veut transmettre et qui rendent les auditions très pénibles en exigeant de la part des assistants un effort de discernement supplémentaire. Puis des phénomènes de distorsion dyssymétrique qui
- p.83 - vue 83/899
-
-
-
- 84
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- proviennent du fait que les alternances positives du courant téléphonique ne sont pas amplifiées de la même manière que les alternances négatives; cette distorsion compromet considérablement l’intelligibilité de la voix.
- Les Etablissements Gaumont se sont donc trouvés dans l’obligation de créer pour leurs haut-parleurs des types spéciaux d’amplificateurs, tâche d’autant plus ingrate qu’il n’existait pas, jusqu’à ces derniers temps, de lampes à 3 électrodes d’un modèle puissant spécialement étudiées pour les besoins de l’amplification. Il leur a fallu, soit utiliser les petites lampes courantes, en multipliant le nombre des étages de l’amplificateur (c’est la solution adoptée pour les haut-parleurs de puissance moyenne), soit employer les très grosses lampes oscillatrices, montées en un seul étage, avec emploi de voltages élevés, et c’est cette dernière solution qui a prévalu pour les haut-parleurs de très grand modèle.
- Il va de soi qu’il a fallu faire progresser parallèlement la question des microphones. On a donc mis au point un microphone spécial, particulièrement adapté aux besoins de l’amplification.
- L’originalité de ce microphone réside dans sa membrane réceptrice qui est constituée par une feuille de soie très légère rendue conductrice et convenablement amortie. Ce microphone ne présente aucune période de vibration et permet une transmission très pure de la voix, même lorsqu’il est placé à 7 ou 8 m de l’interlocuteur dont on veut capter la parole.
- Le haut-parleur à cône vibrant, convenablement modifié, constitue également un microphone d’une fidélité remarquable. On conçoit, en effet, que le principe que nous avons décrit pour le fonctionnement en haut-parleur du cône vibrant soit réversible. Si l’on parle devant ce cône, en raison des déplacements élémentaires que subit son enroulement, chaque spire qui coupe les lignes de tension magnétique de l’entrefer, devient le siège d’une force électromotrice. On réalise donc ainsi un microphone électromagnétique, exempt de ce bruit de souffle dont il est très difficile de débarrasser les microphones à poudre ou grenaille de charbon. Il va de soi que, pour faciliter la réversibilité du phénomène, il est nécessaire de modifier le tracé du haut-parleur. C’est ainsi que la chambre acoustique est agrandie; le cône vibrant est formé d’une matière plus légère encore et plus souple que celle du haut-parleur. Enfin, les courants débités par un tel microphone sont très faibles et doivent subir une amplification notable.
- Mais il ne suffisait pas d’adapter les haut-parleurs aux grandes puissances et de créer des amplificateurs et des microphones; encore fallait-il, en prévision de tous les cas spéciaux d’exploitation, mettre au point certains détails d’installation qui se présentaient parfois sous la forme de problèmes très ardus. L’un d’eux, en particulier, avait une grande importance. Il s’agissait
- p.84 - vue 84/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 85
- de se débarrasser d’un phénomène très gênant qui apporte une perturbation profonde aux installations téléphoniques dans lesquelles figure un haut-parleur et dont la ligne ne se compose que de deux conducteurs :
- Dans de telles installations, à chaque extrémité de la ligne, le courant téléphonique issu du microphone et le courant issu du poste voisin qui actionne le haut-parleur, se superposent; toute impulsion que subit le microphone se traduit donc par une émission sonore du haut-parleur et, si celui-ci est placé à proximité du microphone et est assez puissant pour l’impressionner, le phénomène se reproduit; indéfiniment, le transmetteur et le récepteur réagissent l’un sur l’autre ; le haut-parleur émet un son continu, on dit qu’il y a « accrochage ». Ce phénomène est analogue à celui qui prend naissance dans un poste récepteur de T. S. F. où les circuits de sortie réagissent sur les circuits d’entrée; mais, tandis que dans ce dernier cas la réaction est de nature magnétique, elle est, dans le cas qui nous occupe, de nature essentiellement acoustique. Il existe des dispositifs classiques qui permettent d’obvier à cet inconvénient, mais tous font appel à un équilibrage de circuits au moyen de lignes artificielles. Les Etablissements Gaumont s’étant placés, pour l’exploitation de leurs haut-parleurs, à un point de vue essentiellement général, une telle solution qui nécessite, à chaque changement de ligne, un réglage nouveau, ne pouvait convenir. Un dispositif dit « antilocal » a été imaginé et mis au point; il empêche rigoureusement tout accrochage entre le microphone et le haut-parleur, même lorsque ces deux organes sont amenés au contact et vis-à-vis l’un de l’autre et malgré l’introduction dans la ligne d’un amplificateur puissant.
- Le cône vibrant du haut-parleur de 55 mm est susceptible d’absorber sans risques de détérioration une puissance téléphonique de 2 à 4 \V. Dans ces conditions, sa portée sonore, à l’air libre, dans un endroit bruyant est d’environ 100 m; j’entends par endroit bruyant la cour d’une usine, une place sur laquelle se presse la foule, le quai d’embarquement d’une gare au moment où ne passent pas les trains. Pour développer cette puissance de 2 à 4 W dans le cône vibrant de 55, on a adjoint au haut-parleur un amplificateur à 3 étages qui comporte 7 lampes; le microphone utilisé est à membrane de soie.
- L’exemple suivant permet de se rendre compte des services que l’on peut attendre de cet ensemble.
- Le 13 octobre dernier, la Société des Anciens Elèves des Arts et Métiers donnait son banquet annuel à l’Hôtel Continental. Autour des tables, disposées dans la grande salle, 400 convives seulement sur 750 invités avaient pu s’asseoir; les autres avaient pris place dans le salon Rouget de Lisle attenant à la grande salle; mais ces derniers ne pouvaient évidemment
- p.85 - vue 85/899
-
-
-
- 86
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- entendre les discours prononcés à la table d’honneur située dans la salle. Un microphone fut installé à proximité des orateurs et un haut-parleur de 55 avec amplificateur fut disposé dans le Salon Rouget de Lisle. Les discours, dont celui de M. Dior, ministre du Commerce, furent ainsi transmis avec une netteté parfaite aux 250 convives de ce salon, qui déclarèrent avoir pu suivre, par l’intermédiaire du haut-parleur, la parole des orateurs plus aisément que certains des convives de la grande salle.
- La figure 12 représente un ensemble qui comprend : un haut-parleur de
- 55 mm disposé sur un support qui permet de le pointer dans toutes les directions comme un projecteur — une cage abritant l’amplificateur et les accumulateurs — et un transmetteur constitué par une boîte métallique contenant un microphone à membrane de soie. Cette boîte est analogue à celle du type Marine ; la simple manœuvre du volet qui masque normalement le microphone permet automatiquement l’envoi du courant dans ce microphone, du courant aux inducteurs du haut-parleur et la mise en fonction de 1 amplificateur. Le courant qui alimente les trois organes est exclusivement fourni par les accumulateurs contenus dans la cage, de telle manière que l’ensemble soit absolument autonome. Il va de soi que si l’on dispose d’une source de courant locale, par exemple du courant continu de 115 V, la batterie qui alimente le microphone et le haut-parleur peut être supprimée. On peut même, dans ce cas, remplacer les batteries de l’amplificateur par une petite génératrice à deux collecteurs; les bruits de brouillage dus aux harmoniques de commutation et de denture, ainsi que les bruits dus aux étincelles des collecteurs, sont alors absorbés par un filtre comprenant des selfs de choc shuntées par des condensateurs de 2 microfarads.
- Le haut-parleur est relié par un câble sous tresse acier, long de 30 m, au poste transmetteur. Ce dernier peut donc rester abrité dans un local, alors que le haut-parleur qui ne craint pas les intempéries est disposé à l’extérieur.
- La figure 13 représente le poste transmetteur. Le capot en tôle qui recouvre la cage a été relevé pour montrer l’amplificateur qui est du type
- Fig. 12. — Poste autonome de haut-parleur S.E.G. avec amplificateur.
- p.86 - vue 86/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS' GAUMONT.
- 87
- classique à transformateurs ; les trois étages comportent successivement une, deux et quatre lampes. Cet ensemble haut-parleur est, en principe, destiné aux terrains de sports.
- Pour les grandes portées sonores, de plusieurs centaines de mètres, on a établi un haut-parleur d’une puissance considérable, que les Anglais désignent déjà sous le nom d’ « ultra haut-parleur ». Son cône vibrante 85 mm de base et est susceptible d’absorber 15 à 20 W téléphoniques.
- La figure 14 représente l’un de ces haut-parleurs monté sur roues et muni d’un pavillon très divergent destiné aux auditions dans de très grandes salles de spectacles.
- Pour développer la puissance nécessaire au fonctionnement de ce haut-parleur, il a fallu créer un amplificateur spécial, susceptible de débiter un courant téléphonique de 0,1 A et n’introduisant aucune distorsion dans la reproduction sonore. Cet amplificateur n’a pu être constitué qu’avec de très grosses lampes oscillatrices et la nécessité d’éliminer le courant de grille qui atténue l’amplification dans les alternances positives a conduit à l’emploi de voltages élevés, voisins de 2.500 V. On peut espérer que les progrès escomptés prochainement dans la technique des
- lampes à 3 électrodes permettront de simplifier notablement cet amplificateur.
- Cet amplificateur spécial est disposé, comme le montre la figure 15, à l’intérieur d’une cage qui met les divers organes à l’abri d’une fausse manœuvre. L’étage supérieur comporte les lampes au-dessus desquelles débouchent les buses d’un ventilateur qui permet de les refroidir en cours de fonctionnement. L’étage milieu comporte les transformateurs et l’étage inférieur le groupe moteur générateur.
- Le haut-parleur de 85 mm doté de cet amplificateur a déjà trouvé de nombreuses applications. Installé dans le grand hall de la Gare du Nord, il permet de donner aux moments de grande affluence, toutes les indications utiles à l’embarquement des voyageurs.
- Un autre de ces appareils est disposé au Gaumont-Palace et permet de
- —;
- Fig. 13. — Poste transmetteur amplificateur.
- p.87 - vue 87/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- faire entendre à 5.000 assistants des conférences se rapportant aux vues qui se déroulent sur l’écran. Dans un tel cas, une étude préliminaire de l’acoustique de la salle s’impose et il est nécessaire d’obvier aux phénomènes d’interférence sonore en disposant aux endroits propices des écrans et des abat-sons. Ce même appareil, installé au premier étage de la Tour Eiffel, a permis le 27 mai 1923, à l’occasion du Centenaire de Pasteur, de faire entendre très distinctement des discours et des auditions musicales à la foule
- Fig. 14. — « Ultra haut-parleur » S.E.G. de 83 mm.
- massée sur toute l’étendue du Champ de Mars, c’est-à-dire sur un espace de 500 m de longueur.
- On a également établi des installations de haut-parleurs autonomes et rapidement transportables. Dans ce but, l’amplificateur des génératrices et ses rechanges sont disposés dans une remorque automobile dont le tracteur porte un groupe électrogène fournissant l’énergie électrique.
- Les trains que représente la ligure 16, composés chacun d’une remorque de haut-parleur et d’un tracteur, ont effectué l’été dernier, avec le concours du Petit Parisien et de la Maison Ghenard Wolcker Far, une randonnée de 2 mois et près de 5.000 km sur les plages normandes, dans le Nord et dans l’Est de la France.
- p.88 - vue 88/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 89
- Dans chacune des stations, le haut-parleur et son pavillon étaient disposés sur le toit de l’une des remorques, comme le montre la figure.
- Les séances de haut-parleurs comprenaient soit des annonces verbales passées téléphoniquement, soit la transmission des radio-concerts captés par un poste récepteur de T. S. F. et par une antenne transportable montée sur un mât télescopique, soit l’audition de disques de phonographe.
- Dans ce dernier cas, on utilisait un « lecteur spécial » constitué par un microphone attaqué directement par l’aiguille du phonographe.
- C’est avec ce matériel que l’on a pu les 26 et 27 septembre 1923, faire entendre à 3.000 personnes groupées sur la place Stanislas, à Nancy, les radio-concerts de la Tour Eiffel.
- Les applications du haut-parleur de 83 combiné avec un amplificateur
- Fis
- — Amplificateur pour ultra haut-parleur.
- Fig. 16. — Train ultra haut-parleur.
- p.89 - vue 89/899
-
-
-
- 90
- LES HAUT-PARLEURS « SEG ». — JANVIER 1924.
- puissant apparaissent innombrables. Il a déjà retenu l’attention du Service de l’Aéronautique maritime pour transmettre aux ballons dirigeables, au moment de leur atterrissage, les indications relatives à cette manœuvre difficile. On l’installera dans les ports, sur le musoir des jetées pour donner aux navires entrants des précisions sur leur poste d’amarrage; il servira aux bateaux pilotes, aux remorqueurs; on l’utilisera sur les navires pour communiquer avec les embarcations ou avec les bâtiments voisins. Nous avons mentionné son emploi dans les gares pour donner aux voyageurs des informations sur les départs des trains ou sur la modification des horaires; il est également susceptible de rendre de grands services dans les gares de triage. On l’utilisera pour la diffusion des nouvelles : du haut des monuments élevés il annoncera les prévisions météorologiques et les événements importants de la journée. Enfin, tout permet de croire qu’avant peu de temps il sera utilisé sur une vaste échelle pour la publicité.
- Au mois de février 1922, l’idée de ce haut-parleur, dont nous venons de voir les multiples applications, se dégageait à peine du laboratoire. Or, en 20 mois, une quinzaine de modèles d’appareils, parfaitement étudiés, dont chacun répond à un usage précis et dont quelques-uns constituent immatériel considérable, ont été établis. Microphones, amplificateurs, dispositifs téléphoniques, T. S. F., tout ce qui touche de près ou de loin cette importante question des haut-parleurs sous leurs formes les plus diverses était systématiquement étudié, soumis au contrôle scientifique et faisait l’objet de nouvelles créations.... Et, si je me suis permis de parler si longuement de ces appareils, c’est afin de mieux faire toucher l’effort accompli en si peu de temps.
- Sans doute, les applications que nous avons entrevues pour le haut-parleur sont-elles peu de chose auprès de ce que nous ménage l’avenir. Mais, dès maintenant, nous pouvons affirmer que le haut-parleur jouera demain un rôle social incontestable. Auxiliaire précieux de l’activité humaine dans toutes ses manifestations, organe de commandement, arme politique, il est appelé, avant tout, à rendre plus efficace l’emprise du chef. Mais il s’impose également comme le complément indispensable de la radiophonie et on le prévoit diffusant dans les cités reculées, dans les campagnes inhospitalières, les informations du monde, les idées de nos savants et les productions de nos artistes. Et, lorsqu’on songe qu’il deviendra sans doute l’un des plus puissants facteurs d’action sur la psychologie des foules, on se prend à
- p.90 - vue 90/899
-
-
-
- LES HAUT-PARLEURS « SEG » DES ÉTABLISSEMENTS GAUMONT.
- 91
- souhaiter que cet instrument qui disperse au loin la bonne comme la mauvaise nouvelle, ne rajeunisse que d’une manière favorable, sous une forme scientifique, l’adage du vieil Esope qui présentait la langue comme étant à la fois ce qu’il y a de pire et de meilleur au monde.
- P. Bonneau,
- lieutenant de vaisseau.
- p.91 - vue 91/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE.— JANVIER 1924.
- L’ORGANISATION
- DU TOURISME ET DU THERMALISME EN FRANCE(1 )
- Le sujet que je vais développer a peut-être paru à quelques-uns d’entre vous en marge des études qui sollicitent habituellement ici votre curiosité.
- Et, cependant il tend à vous exposer ce que nous avons fait pour tirer parti de la richesse nationale que constituent, pour notre pays, ses stations thermales, climatiques et balnéaires, de même que la diversité de ses sites pittoresques ou prestigieux et la splendeur incomparable des monuments dont plusieurs siècles d’une histoire peut-être sans égale, nous ont faits les héritiers.
- A certains égards et sous certains aspects, le tourisme et le thermo-climatisme tendent à accroître la fortune nationale par l’exploitation rationnelle et sagace de richesses naturelles dont nous avons peut-être jusqu’à ce jour méconnu la valeur et dont nous n’avons pas retiré tous les fruits qu’elles portent en germe.
- Je viens de prononcer devant l’auditoire instruit qui m’écoute des mots dont j’ai à m’excuser. Je ne voudrais pas, même pour défendre une bonne cause, user de néologismes sans vous avoir demandé l’autorisation de les employer au cours de cette causerie. Je ne leur connais en effet aucun synonyme exact.
- Je ne vous définirai pas le « tourisme ». Ce vocable, d’étymologie anglaise, est aujourd’hui d’un usage assez répandu; chacun connaît sa signification et il faut espérer que, dans quelques lustres, lorsque l’Académie française aura poussé assez loin la révision du Dictionnaire, le mot « tourisme » y sera admis à son rang alphabétique.
- Le « thermalisme » et le « climatisme » constituent des appellations plus récentes et moins connues. Elles désignent tout ce qui se rapporte scientifiquement et économiquement à l’étude et à l’utilisation des eaux minérales et des climats.
- Le tourisme et le thermo-climatisme constituent donc le trépied d’une véritable industrie d’une nature un peu spéciale et qui tend à attirer
- (I) Communication faite en séance publique par l’auteur le 12 janvier 1921.
- p.92 - vue 92/899
-
-
-
- L’ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANCE.
- 93
- l’étranger dans une région, pour satisfaire ses penchants errants, pour se reposer de trop longues fatigues ou pour rétablir sa santé momentanément ébranlée.
- Cependant le rôle qu’ils ont à jouer l’un et l’autre n’est pas le même.
- Au tourisme revient l’étude de toutes les questions concernant les sites, les monuments, les routes, les transports, le logement, les fêtes, les distractions, dans toutes les stations, qu’elles soient thermales, climatiques ou touristiques.
- Le thermo-climatisme ne se préoccupe que des intérêts très spéciaux des stations thermales et climatiques considérées comme stations de cure et comme moyen thérapeutique.
- Ces deux termes désignent donc des organisations qui doivent être bien différentes car letirs préoccupations ne se rapportent pas au même objet; elles n’ont pas les mêmes moyens d’action. Elles peuvent, à certains carrefours, se rencontrer momentanément, mais pour s’entr’aider et non pour s’opposer et se combattre, et, l’œuvre commune occasionnelle étant accomplie, elles doivent reprendre chacune la route qui leur est propre.
- Aucune opposition habituelle ou permanente ne paraît raisonnablement pouvoir exister entre elles et cependant, en ces derniers temps, on a cherché à les opposer. Un conflit regrettable, mais passager nous l’espérons, s’est élevé entre le tourisme et le thermo-climatisme. Il me paraît opportun, ici, d’en dire quelques mots.
- Le tourisme, fier, et à très juste titre, de la puissance et de l’harmonie de son organisation, n’a pas considéré avec faveur les efforts récents du thermo-climatisme, cherchant à rassembler les éléments épars dont il est constitué, mais qui jusqu’ici n’étaient pas groupés en un faisceau assez compact, pour qu’il puisse poursuivre avec fruit la tâche qui lui incombe.
- Dans un ciel jusque-là serein quelques nuages s’accumulèrent au moment de l’assemblée générale de la Fédération des Syndicats d’initiative tenue en décembre 1922 à Nice.
- Depuis, l’orage se préparait et il s’abattit, par deux fois, sur le berceau du thermo-climatisme, le 8 septembre dernier, à la réunion de la Fédération du Tourisme du Massif Central, tenue à Ambert, et le 21 septembre à l’assemblée générale de l’Union des Fédérations des Syndicats d’initiative tenue à Rouen.
- C’est que le tourisme, très fier, mais hélas! un peu jaloux de la puissance et de la cohésion de son organisation et de ses ressources, entendit les premiers vagissements d’un nouveau-né qui venait de recevoir au baptême le nom de Fédération thermale et climatique française.
- Il se pencha sur son berceau et crut, parmi ses traits, en reconnaître
- p.93 - vue 93/899
-
-
-
- 94
- TOURISME ET THERMO-CLIMATISME. — JANVIER 1924.
- quelques-uns semblables aux siens. Était-ce un ennemi ou un concurrent qui venait de lui naître? Nouvel Hérode, il décréta la suppression de l’enfant. L’enfant n’est pas mort; il grandira, sa vie sera longue et très utile; nous le lui souhaitons.
- Mais je n’ai pas l’intention de vous encombrer de ces querelles; elles seront éphémères car elles ne reposent sur aucune base sérieuse et l’apaise-sement ne tardera pas, je l’espère; et j’en reviens à mon sujet.
- Je voudrais, d’abord, en quelques mots, vous faire comprendre quelle richesse nationale constituent pour nous, nos cités thermales, nos climats et nos régions pittoresques et voir ensuite avec vous comment nous sommes en voie de nous organiser pour tirer profit de cette richesse.
- Mon distingué collègue, le docteur Durand-Fardel, dans une enquête récente, estime que le chiffre d’affaires, uniquement dans les stations dites de « cure » (thermales, balnéaires ou climatiques) s’élève environ à un milliard et demi. Encore ne fait-il pas entrer dans cette évaluation les dépenses faites par les étrangers en dehors de la ville de cure (voyages, frais de route, achats de bijoux, vêtements, objets d’art).
- M. Lequime, vice-président de la Chambre nationale de l’Hôtellerie française, conclut de différents calculs que, dans les stations de cure, l’État perçoit environ 20 p. 100 de la somme totale des dépenses qui y sont effectuées. En se reportant aux chiffres de l’enquête du docteur Durand-Fardel, c’est donc une recette de 300 millions que l’Etat retire de la saison des étrangers dans nos stations.
- Remarquez bien que ce chiffre ne concerne que les stations de cure; il ne m’a pas été possible de me procurer d’approximations analogues pour les stations de tourisme. Et encore faut-il reconnaître que nos stations de cure sont fort loin de donner tout le profit que nous pourrions leur demander.
- En Allemagne (je cite ici à défaut d’autres renseignements plus récents des chiffres d’avant-guerre) les sommes dépensées par les étrangers dans les seules stations thermales s’élevaient au total de un milliard. Ce même total en France n’atteignait pas à cette époque 300 millions. Et cependant, les stations allemandes sont en nombre infiniment moindre que les nôtres et surtout, à de très rares exceptions près, elles ne sont pas différenciées : elles possèdent pour la plupart des eaux d’une composition chimique très voisine pour ne pas dire identique. Ces eaux, presque toutes chlorurées sodiques, sont appliquées par je ne sais quels artifices, au traitement des maladies les plus
- p.94 - vue 94/899
-
-
-
- L’ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANCE.
- 95
- différentes, même à celui des maladies de l’estomac et du rein dans lesquelles l’usage du sel doit être restreint ou supprimé.
- Chez nous, au contraire, la gamme minérale est complète; nous possédons et avec profusion les eaux les plus variées : sulfureuses dans les Pyrénées et la Savoie; bicarbonatées sodiques, arsénicales, silicatées, carbo-gazeuses, radio-actives, dans le Plateau Central et dans l’Auvergne; diurétiques, dans les Vosges, chlorurées sodiques fortes, dans les Pyrénées et le Jura; boues thermales dans les Landes et le Nord. Que sais-je encore! celte énumération est fort loin d’être complète.
- Dans les stations balnéaires de la Baltique et de la mer du Nord (je cite toujours des documents d’avant-guerre), les Allemands recevaient plus d’étrangers chaque année que la France dans l’ensemble de ses plages échelonnées tout au long de son admirable développement côtier.
- Les stations climatiques, elles aussi, connaissaient en Suisse et en Allemagne une admirable prospérité; chez nous, il faut avoir le courage de le reconnaître, à de très rares exceptions près, elles n’ont encore été l’objet que d’un rudiment d’organisation. Ces quelques chiffres et ces quelques remarques démontrent éloquemment quel magnique domaine la France laisse presque en jachère, sans chercher à faire mûrir les opulentes moissons qu’il contient en germe.
- Nous traversons une période où notre pays dévasté et appauvri doit demander à la moindre parcelle de son patrimoine national, le maximum de rendement.
- La Société d’Encouragement s’est donné comme but d’encourager toutes nos industries nationales; j’avais donc quelque raison de penser que le sujet de cette causerie ne serait pas déplacé ici, puisqu’il tend à mieux nous faire connaître et apprécier ce que j’appellerai volontiers « l’industrie du tourisme » et même, dussé-je être sacrilège, à l’avis de la Faculté, c< l’industrie de cure ».
- Organisation. — La loi du 21 septembre 1919 est le pivot de l’organisation de cette double industrie. Je me propose donc de vous en expliquer sommairement le mécanisme et ferai de mon mieux pour n’ennuyer personne.
- Nos stations thermales ou balnéaires sont pour la plupart des communes rurales de minime importance, à population sédentaire peu nombreuse et possédant par conséquent des ressources propres très maigres et notoirement insuffisantes pour monter leur train de maison avec le luxe exigé par les étrangers.
- p.95 - vue 95/899
-
-
-
- TOURISME ET THERMO-CLIMATISME.
- JANVIER 1924.
- “96
- Telle a été dans le passé la cause fondamentale du développement si lent, si laborieux, si peu en rapport avec leur valeur intrinsèque, de nos différentes stations.
- Puisque c’est pour satisfaire les exigences des étrangers qu’une petite commune rurale doit s’équiper sur le pied d’une grande ville riche, il paraissait logique et naturel de demander à ces étrangers de contribuer à l’apport des ressources nécessaires à l’exécution de ces travaux somptuaires et qu’une simple bourgade ne peut entreprendre par ses propres ressources.
- C’est là la considération principale qui a abouti en 1910 au vote de la loi du 13 avril, dite loi sur la taxe de séjour, remplacée depuis et complétée par celle du 24 septembre 1919. Une fois pour toutes et pour éviter toute équivoque, je vous signale que le titre de station hydrominérale ou climatique avec toutes ses prérogatives a été créé par la loi de 1910, mais que la création des stations de tourisme, avec la faculté pour elles de percevoir la taxe de séjour, date seulement de la loi de 1919.
- La loi de 1919 a donc créé trois appellations différentes :
- stations hydrominérales, pour les communes qui exploitent des sources d’eaux minérales;
- stations climatiques, pour celles qui offrent aux malades leurs avantages climatiques;
- stations touristiques, pour celles qui offrent à leurs visiteurs un ensemble de curiosités naturelles ou artistiques.
- Ces désignations officielles sont attribuées par décret à la suite d’un certain nombre de formalités, — il ne faut pas oublier les prérogatives sacro-saintes de l’Administration — dont l’exposé me semblerait ici fastidieux et hors de propos.
- En même temps, la loi a autorisé ces différentes stations à percevoir sur leurs visiteurs ou leurs séjournants une taxe spéciale, dite taxe de séjour. La perception en est obligatoire dans les stations hydrominérales ou climatiques; elle est facultative dans les stations de tourisme. Notons en passant que, depuis de nombreuses années, des taxes analogues, souvent très onéreuses, étaient perçues sous le nom de « Kurtax » dans les villes d’eaux allemandes qui devaient en partie à la perception de cet impôt leur essor aussi merveilleux que peu justifié.
- La taxe de séjour ne peut être perçue sur le même étranger dans une station que pendant vingt-huit jours au maximum, quelle que soit la durée de son séjour; elle varie d’après un barème uniforme élaboré par la Commission permanente des Stations auprès du Ministère de l’Hygiène, et qui s’échelonne entre 2 f et 0,10 f par jour suivant la catégorie des hôtels ou
- p.96 - vue 96/899
-
-
-
- L’ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANCE.
- 97
- logements. La taxe de 2 f est réservée aux palaces, celle de 10 centimes s’applique aux auberges.
- Certains dégrèvements ont été prévus, notamment ceux qui s’appliquent aux familles nombreuses et qui sont calculés d’après les mêmes barèmes dégressifs que ceux des compagnies de chemins de fer.
- Le maximum de la taxe pour les assujettis, compte tenu de la taxe additionnelle dont je vous entretiendrai plus loin est de 67,20 f et le minimum de 3,35 f. On peut donc dire que cet impôt, prélevé sur l’étranger, est insignifiant pour lui, comparé aux autres dépenses ou pourboires qu’entraînent la cure, le séjour ou le voyage, Et d’ailleurs l’application de la taxe de séjour n’a soulevé pratiquement aucune objection ou contestation qui mérite d’être retenue.
- Aussi modique et aussi légère qu’elle soit, cette taxe de séjour a donné comme produit en 1922, dans l’ensemble des stations thermales, climatiques ou touristiques un total de plus de 8 millions de francs. Les résultats de l’application de la taxe au cours de l’année 1923 n’ont pas encore pu être centralisés; ils seront très notablement supérieurs au chiffre que je viens de vous citer car, d’une part, un plus grand nombre de communes ont été cette année autorisées à percevoir la taxe, et d’autre part, nos stations, au cours de l’été dernier, ont été fréquentées, chacun le sait, par un nombre inusité d’étrangers.
- Quel usage doit être fait du produit de cette taxe? La volonté du législateur s’est exprimée d’une façon très nette et très précise à cet égard. Ce budget spécial doit être appliqué à trois objets principaux.
- Le premier inscrit dans la loi est le traitement des indigents. Et par là il faut entendre l’envoi dans les stations thermales ou climatiques de malades indigents dont l’état de santé réclame d’une façon impérieuse ce traitement particulier. Ce n’est que par une interprétation erronnée, que certaines stations ont pu vouloir alléger la charge municipale de l’assistance médicale gratuite par des prélèvements plus ou moins importants sur le budget de la taxe de séjour.
- C’est que la thérapeutique hydro-minérale et climatique ne doit plus être aujourd’hui considérée comme une médication accessoire ou de superfétation, uniquement destinée aux riches, anciens ou nouveaux, ou aux neurasthéniques errants qui promènent leur mélancolie désœuvrée de palace en palace. Les observations cliniques si nombreuses, recueillies par les très distingués médecins qui exercent dans ces stations, ont démontré d’une façon surabondante que cette thérapeutique donne chaque jour des résultats rapides et inespérés dans de nombreux troubles de santé auxquels les médications habituelles n’avaient apporté aucun apaisement.
- Tome 130. — Janvier 1924.
- 7
- p.97 - vue 97/899
-
-
-
- 98
- TOURISME ET THERMO-CLIMATISME. — JANVIER 1924.
- La nouvelle loi demande donc à ceux auxquels la fortune ne fut pas inclémente, de verser une obole qui permettra en partie, aux déshérités, de bénéficier de ce même traitement dont ils ont, eux d’abord, retiré un si large profit. Voilà bien de l’assistance sociale, au sens le plus élevé et le plus généreux; elle honore ceux qui l’ont conçue et nous devons leur en garder une gratitude toute particulière.
- Le législateur a voulu ensuite que la taxe soit employée à des travaux d’assainissement et d’embellissement, et sa volonté ici s’exprime d’elle-même, elle ne nécessite pas de commentaires importants ; les travaux d’assainissement visent en particulier les problèmes de l’eau potable, des égouts, de la propreté vicinale.
- La loi de 1902 avait d’ailleurs déjà ici ouvert la voie au législateur de 1910 et à celui de 1919 en exigeant la création d’un bureau municipal d’hygiène dans les stations thermales où la population sédentaire atteint le chiffre de 2.000 habitants, alors que les autres communes ne sont astreintes à cette organisation que lorsqu’elles comportent une population de 20.000 habitants.
- Les travaux d’embellissement comprennent : les plans d’extension, la plantation d’arbres, la création de squares et jardins publics, la construction de trottoirs, etc.
- La loi n’indique pas d’autre utilisation de la taxe de séjour; cependant, par une interprétation large, on peut admettre que certaines subventions soient allouées, à la condition d’être relativement modérées, aux organisations qui prennent le souci de récréer et de distraire l’étranger ou de lui être utile, tels que syndicats d’initiative et bureaux de renseignements.
- Dans l’intention des promoteurs de la loi et pour qu’ils ne puissent pas être distraits de leur destination légale, la gestion des fonds de la taxe de séjour devait être confiée à une organisation spéciale, la chambre d’industrie thermale et climatique, ayantquelque analogie avec une chambre de commerce.
- La Chambre des Députés avait adopté cette façon de voir, mais le Sénat n’a pas cru devoir admettre cette ingérence dans les prérogatives municipales; MM. les sénateurs ne font jamais aux municipalités aucune peine, même légère; ayant à solliciter leurs faveurs, ils les courtisent; pouvons-nous leur en faire un grief sans excuses?
- Cependant les dispositions législatives actuellement en vigueur ont maintenu les chambres d’industrie mais elles les ont laissées pratiquement sans influence et sans pouvoir, et certaines municipalités ne leur demandent leur avis qu’après le vote par le Conseil municipal du budget de la taxe de séjour. On ne peut pas dire qu’il y ait là la manifestation d’une grande confiance ni d’une entente très cordiale.
- p.98 - vue 98/899
-
-
-
- L ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANGE.
- 99
- Cependant un décret d’administration publique récent, du 30 mai 1923, a édicté certaines dispositions qui tendent à donner aux chambres d’industrie une influence plus agissante que dans le passé et ordonné certaines mesures propres à empêcher de détourner les fonds de la taxe de séjour des objets pour lesquels le législateur l’a instituée.
- Les communes sont notamment contraintes par ce décret d’afficher dans tous les lieux publics un tableau indiquant quels usages ont été faits de la taxe au cours de l’année précédente. Ce même décret impose aux municipalités l’obligation de solliciter l’avis et les suggestions des chambres d’industrie avant le vote du budget de la taxe.
- Il me semble opportun de vous donner ici quelques explications sommaires sur les chambres d’industrie thermale, climatique ou touristique. Sous ce nom, la loi a créé dans chaque station un établissement public composé par moitié de membres élus et par moitié de membres désignés légalement par leurs fonctions. Les membres élus sont nommés par une assemblée d’électeurs groupés par catégories professionnelles; médecins, commerçants, hôteliers désignent ainsi leurs mandataires à la chambre d’industrie. Les élections se font dans la forme habituelle aux élections municipales, au scrutin de liste dans chaque catégorie. Les membres des chambres d’industrie sont élus pour 4? ans.
- Il est à souhaiter que dans l’avenir ces chambres d’industrie soient investies des pouvoirs qui avaient été envisagés pour elles par les promoteurs de la loi de 1910. Un grand pas vient d’être fait dans cette voie.
- Dans un rapport que nous avons été chargé de présenter à la Commission permanente des Stations le 27 février 1923, nous avions indiqué que la gestion des fonds provenant de la taxe de séjour devrait être confiée aux chambres d’industrie. Nous avions vu dans cette proposition un remède efficace à apporter aux difficultés occasionnées aux municipalités par les appétits et les exigences d’électeurs qui veulent goûter « communalement » à la manne de cette taxe. Le Ministre de l’Hygiène, à la suite de l’avis exprimé à cet égard par la Commission permanente, a adressé aux préfets, le 16 novembre 1923, une circulaire les invitant à user de leur influences auprès des municipalités pour qu’elles consentent, comme la loi les y autorise d’ailleurs, à abandonner la gestion de ces fonds aux chambres d’industrie.
- Nous sommes intimement persuadés que les fonds provenant de la taxe de séjour ne pourront être totalement employés conformément aux vœux du législateur que le j-our où ils seront ainsi partout et obligatoirement laissés à la disposition des chambres d’industrie qui n’ont pas d’autre raison légale d’existence que l’application rigoureuse de la loi à cet égard.
- p.99 - vue 99/899
-
-
-
- 100
- TOURISME ET THERMO-CLIMATISME. — JANVIER 1924.
- La loi de 1919 a, d’autre part, réorganisé et doté Y Office national du Tourisme.
- Cet organisme officiel, dépendant du Ministère des Travaux publics, a été créé en 1910, mais jusqu’en 1919 son activité avait été très limitée, car il ne disposait que de moyens financiers précaires et insuffisants pour faire œuvre vraiment utile.
- La loi de 1919 lui a assuré un certain nombre de dotations; un % subvention fixe sur le budget de l’État de 550.000 f; une subvention de un million sur le produit des jeux, et enfin la perception, dans les stations, d’une taxe additionnelle à la taxe de séjour; cette taxe additionnelle varie de 20 à 10 p. 100 du produit de la taxe principale avec laquelle elle est perçue. Elle a donné en 1922 un total de 1.470.000 f. Nous disons plus loin que 25 p. 100 de cette taxe additionnelle doivent être réservés à l’Institut d’IIydrologie pour assurer son fonctionnement.
- L’Office national du Tourisme (1) remplit auprès des stations de tourisme un rôle analogue à celui de la Commission permanente auprès des stations thermales et climatiques. Il a de plus la charge de centraliser et de mettre à la disposition du public tous les renseignements concernant les différentes stations et d’organiser la propagande nécessaire à leur développement. Il sert d’intermédiaire entre les stations de tourisme et le Ministère des Travaux publics dont elles relèvent, et dont il dépend lui-même.
- En ce qui concerne la Commission permanente des Stations hydrominérales et climatiques (2), dont le nom a déjà été plusieurs fois cité, elle a été fondée en 1905, sur la demande du très regretté professeur Huc-hard, grand ami de nos stations. La loi de 1919 lui a donné sa forme et ses attributions actuelles, elle n’a oublié qu’un point, celui de lui assurer un budget lui permettant de remplir la mission que lui ont confiée les Pouvoirs publics, alors qu’elle dotait si généreusement l’Office national du Tourisme.
- Elle se compose de 60 membres nommés directement par le Ministre de l’Hygiène. Elle examine les dossiers des communes qui demandent leur reconnaissance en stations hydro-minérales ou climatiques et donne sur cette demande un avis qu’elle transmet au Ministère de l’Hygiène; elle est chargée, d’une façon générale, d’étudier toutes les questions intéressant la création et le développement de ces stations, et de veiller à une utilisation du budget de la taxe de séjour conforme à la loi.
- Tel est dans ses grandes lignes le fonctionnement de la loi de 1919 qui constitue la charte régissant actuellement nos stations thermales, climatiques ou touristiques.
- (1) Adresse : 17, rue de Surène, Paris (8e).
- (2) Adresse : 4, rue Saint-Romain, Paris (7"). M. Maringer, président.
- p.100 - vue 100/899
-
-
-
- L’ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANCE. 101
- Mais ce n’est pas à dire que cette loi soit l’unique expression des efforts qui ont été tentés et réalisés pour donner à nos stations tout le développement désirable.
- Le grand avantage qu’elle nous a apporté est celui de la taxe de séjour, taxe principale et taxe additionnelle, qui a donné aux communes les ressources indispensables à leur équipement et aux organisations supérieures les moyens financiers pour réaliser les entreprises collectives, indispensables au développement des différentes stations.
- Cependant, en ce qui concerne les stations thermales et climatiques tout au moins, la loi de 1919 qui leur a donné un statut administratif particulier, n’a pas résolu le problème de la mise en valeur de l’étude de ces stations considérées comme villes de santé. Avant et même depuis sa promulgation,; de nombreux et très louables efforts ont été faits pour les étudier et les faire connaître scientifiquement.
- Parmi ces efforts nous donnerons une mention spéciale à l’admirable, organisation des voyages d'études médicales, communément désignés sous les initiales V. E. M., qui est l’œuvre de notre excellent ami le docteur Carron de La Carrière. Ces voyages se déroulent chaque année dans une région différente; ils sont fréquentés par 150 médecins français ou étrangers, et ont constitué le meilleur des enseignements pratiques. Ils ont été pendant de longues années dirigés par le regretté doyen Landouzy et repris, depuis sa disparition, par le professeur Carnot.
- Cette propagande de haute valeur scientifique a donné les résultats les plus évidents. Il manquait cependant à la base de la science de l’hydro-climatologie un organisme capable de poursuivre les recherches scientifiques nécessaires et d’étudier les problèmes physiques, chimiques et biologiques de nature à expliquer ou à faire prévoir les résultats thérapeutiques observés dans les stations; il manquait également dans les facultés un enseignement officiel de l’hydrologie et de la climatologie. Là encore d’importants progrès ont été réalisés.
- L'Institut d'Hydrologie (1) a été créé par décision ministérielle en 1913, mais ce n’est que par suite du fonctionnement de la loi de 1919, qui lui a attribué comme nous le disions plus haut 25 p. 100 de la taxe additionnelle de séjour, qu’il a été doté des fonds nécessaires à son fonctionnement. Il comprend six laboratoires de recherches à la tête desquels sont placés les plus illustres de nos savants, MM. les professeurs d’Arsonval, Moureu, Urbain, Desgrez, Bordas et Rathery.
- Quant à l’enseignement de l’hydrologie et de la climatologie, il n’a pas
- (I) Adresse : Collège de France, place Marcellin-Berthelot, Paris (5e).
- p.101 - vue 101/899
-
-
-
- 102 TOURISME ET THERMO-CLIMATISME. — JANVIER 1924.
- encore atteint le développement que nous souhaitons et que nous désirons depuis de nombreuses années. Cependant, depuis peu de temps, deux chaires d’hydrologie ont été créées, l’une à la Faculté de Bordeaux, l’autre à celle de Toulouse. Paris et Lyon, on n’a jamais bien su pourquoi, n’ont accepté ni l’une ni l’autre cet enseignement magistral qu’elles ont cependant ébauché sous forme de cours complémentaires. Mais notre résolution est bien prise de poursuivre nos démarches et de continuer nos efforts ‘jusqu’au jour où une chaire d’hydrologie et de climatologie magistrale existera dans chacune de nos facultés de médecine.
- D’autres organisations de moindre relief, mais d’utilité certaine, ont travaillé, chacune dans leur sphère, à assurer le développement de nos stations thermales et climatiques. Je ne vous infligerai pas leur énumération, cela m’entraînerait trop loin.
- Et cependant tant d’efforts si nombreux et si variés n’ont pas abouti à donner à nos stations la plénitude du développement auquel elles peuvent prétendre.
- C’est que ces efforts, jusqu’à ce jour, n’ont pas été assez coordonnés; ils se sont exercés chacun dans une sphère déterminée avec des préoccupations voisines mais différentes et ils se sont ignorés les uns et les autres.
- Il nous manquait un organisme de centralisation destiné à les conjuguer, à les diriger par des voies différentes vers le même but. Cet organisme est aujourd’hui créé; il recevra, dans une réunion qui doit se tenir dans quelques jours, sa consécration définitive. Grâce à la perspicacité et à la ténacité de notre ami, le docteur Moncorgé, la Fédération thermale et climatique française (1), surmontant tous les obstacles, vient de recevoir l’adhésion unanime de tous les groupements intéressés et de les réunir.
- Nous fondons beaucoup d’espoirs sur cette nouvelle organisation qui représentera l’ensemble des intérêts scientifiques ou économiques de nos stations de cure et nous sommes convaincus qu’ils ne seront pas déçus et que grâce à l’action soutenue, coordonnée et persévérante de la Fédération thermale et climatique, l’hydrologie et la climatologie françaises reprendront et sauront garder scientifiquement et économiquement la première place qui leur est due.
- L’organisation du tourisme, par contre, est parachevée aujourd’hui; elle paraît avoir revêtu une forme ne varietur, parfaite d’ailleurs.
- Il est vrai que cette organisation n’avait à envisager que des buts beaucoup
- (I) Adresse : 21, rue de Londres, Paris (9°).
- p.102 - vue 102/899
-
-
-
- L’ORGANISATION DU TOURISME ET DU CLIMATISME EN FRANCE.
- 103
- plus limités et des problèmes infiniment moins complexes que ceux que pose le thermo-climatisme. La loi de 1919 a été pour le tourisme un coup de baguette de fée, en lui apportant par la création de la taxe additionnelle toutes les ressources nécessaires pour lui donner un essor magnifique.
- Il a plongé dans les caisses de la taxe additionnelle, sous les yeux bienveillants de l'Office national du Tourisme, des mains un peu avides, et il en a retiré, au delà de ses espérances, peut-être de ses besoins, toutes les ressources qui devaient assurer la plénitude de son développement, de son action et de son autorité.
- Les syndicats d’initiative locaux sont la cellule de base de cette organisation. La France a été ensuite divisée en un certain nombre de régions dans chacune desquelles a été constituée une fédération des syndicats d'initiative locaux. Et les différentes fédérations sont à leur tour groupées en une Union des Fédérations de Syndicats d'initiative (1) appelée par abréviation LU. F. S. I. dont le réseau englobe la France entière et ses colonies. Voilà pour le tourisme dit réceptif.
- Le tourisme dit militant comprend l’union de toutes les grandes associations de tourisme, Touring-Club de France, Automobile-Club, Club-Alpin français, etc.
- Le tourisme officiel est constitué par le groupement de l’Office national du Tourisme et du Groupe interparlementaire du Tourisme.
- Enfin la Confédération générale du Tourisme français (2) assure la cohésion de toutes les forces et de toutes les unions de tourisme sous ses trois formes : réceptif, militant et officiel.
- L’organisation du tourisme en est donc arrivée chez nous à une forme de synthèse parfaite et puissante qui peut donner les résultats les plus féconds à la condition et sous la réserve qu’elle précise bien son but et qu’elle borne ses efforts aux attributions qui lui sont propres.
- Tel est, en raccourci, l’œuvre accomplie jusqu’à ce jour pour la mise en pleine valeur de nos stations thermales, climatiques et touristiques.
- Si elle paraît avoir sa formule définitive et une perfection suffisante pour le tourisme, elle est loin d’être parachevée pour le thermo-climatisme.
- Cependant de tous côtés de nouveaux concours nous parviennent et se
- (1) Adresse : 152, boulevard Haussmann, Paris (8e). A cette même adresse se trouve le Bureau national de Renseignements de Tourisme de Paris.
- (2) Adresse : 17, rue de Surène, Paris (8e).
- p.103 - vue 103/899
-
-
-
- 104
- TOURISME ET TIIERMO-GLIMATISME. — JANVIER 1924.
- groupent. Il n’est pas possible que la réunion de tant d’efforts et de bonnes volontés reste stérile.
- Mon but a été de vous intéresser à ces questions si importantes et si complexes et si j’avais déterminé quelques-uns d’entre vous à se jeter dans la lutte et à nous apporter leur contribution, je marquerais d’une pierre blanche cette journée où il m’a été fait l’honneur d’être infligé à un auditoire aussi distingué et aussi sympathique que le vôtre.
- Docteur Victor Gardette, directeur de « La Presse thermale et climatique ».
- p.104 - vue 104/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. —JANVIER 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
- DU 15 DÉCEMBRE 1923. Présidence de M. L. Bâclé, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Est présenté pour devenir membre de la Société et admis séance tenante :
- M. Cudev (Guy), Ingénieur (I. C. F.), sous-directeur technique de la Société concessionnaire du port d’Austerlitz (44, quai d’Austerlitz, Paris, 13e), 1 4 bis, boulevard Morland, Paris (4e), présenté par M. Charles Faroux.
- M. Bâclé, président. — J’ai le regret de vous apprendre le décès d’un membre de notre Conseil, dont les obsèques ont été célébrées aujourd’hui, M. Paul Mallet, qui faisait partie du Comité des Arts chimiques depuis 1922.
- M. Paul Mallet s’est consacré spécialement aux questions intéressant les usines à gaz, le traitement des matières usées et des pétroles.
- Dès 1872, il s’occupait de la construction et de l’exploitation des usines à gaz. A ce titre, il a imaginé de nombreux appareils spéciaux pour la condensation des goudrons, pour le traitement des liquides ammoniacaux, tels que les eaux ammoniacales des usines à gaz, les eaux-mères de vidanges, les liquides ammoniacaux provenant des usines Solvay, etc,, et de semblables installations ont été faites par ses soins, non seulement en France, mais aussi en Allemagne, en Autriche et jusqu’au Japon.
- Il convient de signaler plus particulièrement son étude du traitement des matières de vidanges, traitement qui a été conçu de la façon la plus hygiénique et dont il a obtenu des résultats satisfaisants.
- Il s’est aussi beaucoup occupé de l’installation des cokeries et de la
- p.105 - vue 105/899
-
-
-
- 106 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JANVIER 1924.
- distillation des goudrons. Ses travaux sur la rectification des benzols et des pétroles, et sur leur traitement chimique, sont des plus remarquables.
- Pendant la guerre, il a rendu de très grands services, en particulier grâce à ses rares qualités d’organisateur. Ces mêmes qualités l’avaient désigné pour faire partie de la Chambre de Commerce de Paris dont il fut membre pendant très longtemps.
- De notre côté nous avons pu apprécier les hautes qualités de M. Paul Mallet au cours de la collaboration trop courte qu’il a pu nous apporter; notre Société conservera son souvenir regretté comme celui d’un de nos collègues les plus distingués, et nous exprimons à sa famille en deuil toute la part que nous prenons à son chagrin.
- M. Bâclé, président. — J’ai le plaisir de vous annoncer la promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur de M. Léon Gaumont, membre de notre Société.
- Le nom de M. Léon Gaumont est connu dans le monde entier. Je tiens seulement à vous rappeler que M. Léon Gaumont n’a jamais manqué de donner à notre Société la primeur de ses découvertes et inventions, non seulement dans le domaine de la cinématographie, où il est universellement connu, mais aussi dans d’autres domaines comme celui de l’acoustique, et c’est ainsi que, dans notre dernière séance, M. Bonneau nous faisait une intéressante communication sur les haut-parleurs construits par la Société des Etablissements Gaumont dont M. Léon Gaumont est le très distingué administrateur-directeur.
- MM. II. Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent les ouvrages récemment entrés dans notre Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Les prévisions statistiques et financières des assurances sociales, par M. Jacques Ferdinand-Dreyfus. Paris, les Presses universitaires de France;
- Distillerie agricole et industrielle. Volume I : Matières premières de la distillerie, Préparation des moûts, par M. Eugène Boullanger. 3e édit. (Encyclopédie agricole.) Paris, J.-B. Baillière et fils;
- La Belgique-, numéro spécial hors série publié par La Vie technique industrielle, agricole et coloniale. Paris;
- Note sur le benjoin d’Indochine, dit « Benjoin de Siam » (Publications de l’Agence économique). Agence économique de l’Indochine, 23, rueLaBoëtie, Paris.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Le modeleur mécanicien, par M. Marcel Desbordes. (Le livre de la profession.) Paris, Léon Eyrolles ;
- p.106 - vue 106/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 15 DÉCEMBRE 1923. 107
- L'élève électricien. Moteurs, par M. G. Néré. (Le livre de la profession.) Paris, Léon Eyrolles;
- Un problème national : L'électrification générale du territoire, par M. Charles Boileau. Paris, J. Téqui;
- Ponts et combles métalliques, par M. T. Godard. (Encyclopédie du Génie civil et des travaux publics.) Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Applications numériques de la nouvelle méthode de calcul des grandes constructions continues, par M. Auguste Liévin. Paris, Le Constructeur de ciment armé ;
- L'aluminium. Les métaux et alliages légers et leurs applications. Numéro spécial de VIllustration économique et financière. Paris. (Don de l’Aluminium français.)
- M. Bâclé, président. — La réunion que nous avons tenue le 10 novembre 1923 n’ayant pas réuni le quorum nécessaire pour la validité de l’assemblée, nous vous avons convoqués par lettre en date du 11 novembre (1) pour la réunion d’une seconde assemblée générale extraordinaire qui se tient donc aujourd’hui et dont les décisions seront valables quel que soit le nombre des membres présents.
- Il s’agit, comme vous le savez, de fixer le taux de la cotisation en nous autorisant du droit qui nous est accordé maintenant par les nouveaux statuts pour modifier ce taux dans certaines limites sans avoir besoin de l’approbation du Conseil d’Etat, et c’est ainsi que nous venons aujourd’hui soumettre à votre approbation les chiffres adoptés à l’unanimité par le Conseil d’administration après examen dans chacun de nos Comités.
- Ainsi que vous l’avez vu par l’avis de convocation qui vous a été adressé, le nouveau taux serait fixé uniformément à 60 f pour les membres ordinaires, avec cette correction qu’il serait demandé aux sociétés industrielles de souscrire deux cotisations au moins, étant entendu d’ailleurs qu’elles pourront recevoir autant d’exemplaires du Bulletin qu’elles verseront de cotisations. Cette disposition, qui avait été déjà appliquée à l’origine de notre Société, se justifie du reste par le fait que ces sociétés disposent généralement d’un personnel d’ingénieurs assez nombreux qu’elles font ainsi profiter de la lecture du Bulletin', nous ne doutons pas que ces Sociétés voudront bien accepter cette légère augmentation, en songeant qu’elle ne représente pour elles qu’un chiffre insignifiant dans l’ensemble de leurs frais généraux; c’est ensuite un moyen d’aider notre Société dans les efforts qu’elle fait et les sacrifices qu’elle s’impose pour contribuer au développement de notre industrie nationale suivant la mission que lui ont assignée ses fondateurs.
- (I) Voir plus loin page 113 le texte de cette convocation et page 112 celle du 5 octobre 1923.
- p.107 - vue 107/899
-
-
-
- 108
- comptes ken dus des séances. — janvier 1924.
- En ce qui concerne enfin les taux de cotisation à prévoir pour les membres à vie et les membres perpétuels donateurs, ils sont déterminés, comme vous le savez, par les statuts qui les fixent respectivement à 15 et 30 fois la cotisation des membres ordinaires.
- Je ne crois pas nécessaire de revenir aujourd’hui sur les motifs qui justifient le relèvement de cotisation que nous vous proposons, car ils vous ont déjà été exposés dans la lettre de convocation du 6 octobre dernier.
- Vous savez en effet que la publication de notre Bulletin crée dans notre budget depuis trois années déjà un déficit permanent qui atteint ou même dépasse chaque année 15.000 à 20.000 f, alors que le Bulletin est le seul lien qui nous rattache à nos collègues de province ou de l’étranger, empêchés d’assister régulièrement à nos séances; d’autre part, ce Bulletin contribue pour une large part à maintenir la haute autorité que notre Société s’est acquise à l’étranger. Nous avons été du reste particulièrement heureux d’en recueillir le témoignage dans les déclarations qui nous ont été apportées par les délégués étrangers lors de la manifestation solennelle du mois de juin dernier; nous ne pouvons donc pas songer à en réduire l’intérêt ou l’importance sans porter à notre Société un préjudice moral des plus sérieux, et nous nous trouvons ainsi amenés à prévoir une augmentation du taux de cotisation, comme l’ont fait toutes les sociétés techniques similaires à la notre, toutes les associations amicales, car elles ont vu également leurs dépenses s’accroître au delà de leurs ressources, notamment pour ce qui concerne les publications dont les frais actuels représentent un chiffre trois ou quatre fois supérieur à celui d’avant-guerre.
- L’expérience de ces sociétés a montré d’ailleurs que cette augmentation du taux de cotisation n’a pas entraîné de diminution sérieuse dans le nombre de leurs membres qui, au contraire, ne cesse de s’accroître; nous avons donc lieu d’espérer qu’il en sera de même pour nous, et c’est avec confiance que nous vous demandons de vouloir bien ratifier le chiffre de 60 f qui a été adopté à l’unanimité par le Conseil pour être soumis à votre approbation.
- Nous n’oublions pas que c’est là sans doute un sacrifice réel demandé à nos fidèles sociétaires, mais vous voyez qu’il nous est imposé par les circonstances et je puis vous dire que nous nous préoccupons d’ailleurs de les en dédommager dans la mesure du possible en leur attribuant tous les avantages accessoires dont nous pourrons disposer. C’est ainsi que nous avons remarqué que les visites d’établissements techniques ou scientifiques de la région parisienne que nous avons effectuées à l’occasion de la manifestation solennelle du moins de juin dernier ont été fort appréciées par nos sociétaires, dont plusieurs nous ont demandé de les renouveler ou même de les généraliser.
- p.108 - vue 108/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU lo DÉCEMBRE 1923. 109
- Pour leur donner satisfaction, nous comptons donc organiser dans la suite des visites des établissements les plus intéressants pour lesquels nous aurons pu obtenir les autorisations nécessaires, et nous agirons de même pour les expositions, ainsi que nous venons de le faire récemment pour l’Exposition de la Société de Physique.
- D’une façon générale d’ailleurs, nos services s’efforceront de se tenir toujours à la disposition de nos Sociétaires en leur facilitant la recherche des renseignements techniques dont ils pourraient avoir besoin soit à notre Bibliothèque, qui est l’une des plus riches en publications techniques, soit auprès des savants ou industriels qu’ils désireraient consulter.
- A cet effet, nous remettrons désormais à nos adhérents une carte personnelle leur assurant la jouissance de tous les avantages attachés à la qualité de sociétaire; nous recueillerons d’ailleurs et nous étudierons avec grand plaisir toutes les suggestions qu’ils voudront bien nous soumettre à ce point de vue, et nous espérons ainsi qu’ils voudront bien continuer à notre Société, dans le cycle nouveau qui vient de s’ouvrir pour elle, le même précieux concours qui a fait dans le passé sa force et son autorité en France et à l’étranger.
- Nous avons préparé des bulletins de vote qui ont été remis à nos seuls Sociétaires à leur entrée dans cette salle. Ces bulletins reproduisent les propositions du Conseil que je viens de vous rappeler et il vous suffira de les déposer tels quels dans l’urne si vous approuvez ces propositions. Dans le cas contraire, vous pouvez y formuler vos propositions propres. Avant de: procéder au vote, j’ouvre la discussion sur cette question delà fixation du taux de la cotisation.
- Quelqu’un demande-t-il la parole?
- Personne ne demandant la parole, nous allons faire circuler les urnes. Le scrutin sera dépouillé par nos secrétaires; le résultat en sera donné à l’issue de la conférence de M. Yves Letort.
- M. Bâclé, président. — Nous allons entendre M. Yves Letort, qui veut bien nous entretenir ce soir d’un procédé nouveau particulièrement intéressant de fabrication des tuyaux en ciment armé par application de la force centrifuge.
- M. LetorQ Ingénieur des Arts et Manufactures, qui a fait de brillantes études techniques d’abord à l’Ecole des Arts et Métiers puis à l’Ecole Centrale, est particulièrement qualifié pour nous parler de ce procédé si curieux, d’abord étudié et mis au point dans une usine de démonstration au Pecq et qu’il a installé ensuite industriellement dans l’usine de Plémet, en Bretagne, qu’il dirige.
- p.109 - vue 109/899
-
-
-
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JANVIER 1924.
- HO
- Je ne doute pas que vous ne l’entendrez avec plaisir et profit; je lui donne la parole en lui exprimant tous nos remerciements.
- M. Yves Letort, Ingénieur des Arts et Manufactures, fait une communication sur La fabrication des tuyaux en ciment armé au moyen de la foi'ce centrifuge par le procédé S. T. A. C.
- L’idée de fabriquer des tuyaux de ciment par centrifugation date de plus de; 20 ans. Hennebique y songea, prit un brevet mais n’en fit aucune application.
- Actuellement, trois procédés sont exploités industriellement: en Italie, le procédé Vianini, assez simple, qui date de 1912; en Angleterre, le procédé Hume, très compliqué, qui date de 1910; en France, en Algérie, au Maroc et en Egypte, le procédé S. T. A. C., imaginé par M. Caron, Ingénieur des Arts et Manufactures, et exploité par la Société des Tuyaux et Agglomérés centrifugés (S. T. A. C.).
- M. Yves Letort, qui dirige une des usines de cette société à Plémet (Côtes-du-Nord) montre que le procédé Caron, qui date de moins de 4 ans, est très supérieur aux deux premiers parce qu’il est d’une application beaucoup plus simple et fournit des résultats bien meilleurs.
- Pour fabriquer un tuyau non armé, on introduit sans aucun appareil, dans un moule cylindrique horizontal, une quantité déterminée de béton de ciment gâché assez clair; on l’étale en remuant simplement le moule à la main; puis, on fait tourner pendant 3 minutes; on laisse prendre pendant 24 heures à une température voisine de 20°; on démoule; on laisse durcir pendant 2 ou 3 jours à l’abri du soleil et on laisse séjourner ensuite en parc pendant 2 mois avant de livrer.
- En opérant ainsi, sans aucune précaution, on n’éviterait pas les défauts dus à « l’essorage ». Ce sont, dans toute l’épaisseur du tuyau, des zones de faiblesse, poreuses, sans cohésion, qui apparaissent au droit de toute fissure, de tout orifice' du moule : pendant la rotation, ces fissures sont trop étroites pour laisser passer les grains de gravier, mais laissent passer le mortier fin de ciment et ensuite l’eau qui balaye les dernières traces de mortier, ne laissant aucun liant entre les grains de gravier. Or, les moules, forcément métalliques, et formés en général de deux coquilles semi-cylindriques, présentent deux joints longitudinaux qui, pratiquement, ne sont pas étanches. Sans précaution, on n’obtiendrait, au démoulage, que deux demi-tuyaux. Vianini et Hume obvient aux inconvénients de l’essorage par des artifices assez ou très compliqués mais qui, si ingénieux soient-ils, ne fournissent qu’une solution imparfaite. M. Caron interpose seulement entre le moule et le béton un « tapis » imperméable, qui n’adhère ni au métal du moule ni au ciment, et qui, pratiquement, est une feuille de caoutchouc souple dont les deux bords se rejoignent sur le moule à égale distance des deux joints.
- Vianini et Hume se sont beaucoup préoccupés du « triage » que la force centrifuge, théoriquement, provoque sur les divers éléments du béton. En fait, aucun triage n’est observé sur les grains de gravier qui, à dessein, sont choisis anguleux, à arêtes vives et de dimensions assez uniformes : presque instantanément, dès le début de la rotation, ils sont projetés à la périphérie, y restent tels quels, parce qu’ils y sont parfaitement enchevêtrés. Mais la bouillie très claire et très fluide qu’est le mortier de ciment subit un triage et c’est là un avantage, car si le mouvement de rotation continue, il se produit un véritable colmatage, les grains de ciment venant
- p.110 - vue 110/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 15 DÉCEMBRE 1923. 111
- se loger dans les interstices du gravier et les remplissant complètement. S’il y a excès de mortier — c’est une question de dosage — il forme à l’intérieur une couche de ciment pur qui constitue ensuite une chape imperméable, un véritable enduit bien plus serré, bien plus lisse que celui qu’on pourrait obtenir à la truelle. Pour ces diverses raisons, les surfaces interne et externe du tuyau ne laissent rien à désirer.
- II n’y a d’ailleurs aucun inconvénient, il y a même intérêt, à employer un béton gâché un peu clair : l’excès d’eau, si on tourne assez longtemps, pratiquement 3 minutes, finit par former à l’intérieur du moule un anneau cylindrique; quand on arrête le mouvement de rotation, le béton reste en place, l’eau, presque claire, se rassemble dans le bas et on la fait couler en inclinant le moule.
- La fabrication du tuyau armé est tout aussi simple.
- L’armature se fabrique tout d’abord mécaniquement, automatiquement et en grande série, à un diamètre intermédiaire entre le diamètre intérieur et le diamètre extérieur du tuyau à obtenir. On place cette armature telle quelle dans le moule avant d’y introduire le béton et on opère ensuite comme pour le tuyau non armé. La rotation a pour effet de déplacer l’armature de façon que, finalement, son axe de figure vienne coïncider avec l’axe de rotation, car c’est la seule position d’équilibre possible.
- Le procédé permet de fabriquer des tuyaux coudés, à emboîtement, cannelés et même carrés extérieurement, ornés aussi; de fabriquer des culottes, des tés, des colonnes plus ou moins décorées, en relief ou en creux, etc.
- La vitesse de rotation, plus grande pour les petits diamètres (jusqu’à 30 mm) que pour les grands (jusqu’à 1,30 m) varie de i.200 à 300 tours par minute. La précision du calibrage est de l’ordre de 1 mm.
- On conçoit que ces tuyaux soient aussi étanches que le grès; leur poids est environ la moitié des tuyaux ordinaires en ciment pilonné de mêmes dimensions extérieures. Ils résistent facilement à une pression interne de 10 kg : cm2 et peuvent par conséquent remplacer les tuyaux de fonte dans toutes leurs applications.
- Six usines exploitent le procédé en France; elles produisent environ 2.300 m d tuyaux par jour. E. L.
- M. Bâclé, président. — Vos applaudissements expriment mieux que je ne saurais le faire tout l’intérêt de la communication si claire que vient de nous faire M. Yves Letort. Le procédé si élégant de M. Caron, qu’il vient de nous décrire, méritait de retenir l’attention de notre Société; nous lui adressons, ainsi qu’à notre brillant conférencier, nos très vives félicitations. Nous serons heureux d’insérer dans notre Bulletin un texte aussi détaillé que possible sur cette intéressante fabrication des tuyaux en ciment, armés ou non armés, et sur le procédé si ingénieux de M. Caron.
- M. Bâclé, président. — Voici le résultat donné par le dépouillement du scrutin : 39 votes ont été exprimés; à l’unanimité, ils acceptent les propositions du Conseil d’administration.
- p.111 - vue 111/899
-
-
-
- 112
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JANVIER 1924.
- En conséquence, le taux de la cotisation, à partir de 1924, est fixé comme suit :
- 60 f pour les particuliers;
- souscription à au moins deux cotisations de 60 f pour les Sociétés industrielles à caractère commercial (1).
- La séance est levée à 18 h. 40 m.
- ANNEXE N° 1
- Convocation a l’assemblée générale (lre) du 10 novembre 1923.
- Paris, le 5 octobre 1923.
- Monsieur et cher Collègue,
- Ainsi que vous en avez été informé par notre compte rendu des séances (n° 66, C. R. de la séance du 28 avril 1923), le décret portant approbation des modifications apportées à nos statuts votées par notre Assemblée générale du 17 juin 1922, a été signé le 16 avril 1923, de sorte que, depuis cette date, nous sommes autorisés à faire application de nos nouveaux statuts. L’annuaire 1922-23 renferme le texte de ce décret et de ces statuts.
- Je viens vous informer que, conformément aux articles 7 et 31 de nos nouveaux statuts, la fixation du taux de la nouvelle cotisation à prévoir pour l’année 1924 et les années suivantes sera portée à l’ordre du jour d’une assemblée générale qui se tiendra le samedi 10 novembre 1923, à 17 h., dans l’Hôtel de la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, Paris (6e). Je vous prie instamment de vouloir bien y assister.
- Vous recevrez en temps utile, par la voie de notre compte rendu, l’ordre du jour détaillé de cette assemblée générale avec les propositions de notre Conseil d’Administration en ce qui concerne le nouveau taux de la cotisation; mais je vous prie, dès maintenant, de vouloir bien étudier cette importante question et envisager l’éventualité d’une augmentation de cotisation devenue nécessaire pour faire face à l’accroissement de nos charges.
- Agréez, Monsieur et cher Collègue, l’expression de mes sentiments très distingués.
- Le Président,
- Signé : L. Raclé.
- (i) Voir ci-après, page 113, le texte de la lettre adressée le 29 décembre 1923 par M. Bâclé, président sortant, aux membres de la Société d’Encouragement.
- p.112 - vue 112/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 15 DÉCEMBRE 1923'. 113
- ANNEXE N° 2
- Convocation a l’assemblée générale (2e) du 15 décembre 1923.
- Paris, le -Z4 novembre 1923.
- Monsieur et cher Collègue, •
- Le quorum statutaire n’ayant pas été atteint à l’Assemblée générale du 10 novembre 1923, à laquelle je vous avais convoqué par ma lettre du 5 octobre 1923, une deuxième assemblée générale est nécessaire; elle se tiendra le samedi 15 décembre 1923, à 17 heures, dans l’hôtel de la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, Paris (6e). Je vous prie de bien vouloir y assister.
- Je crois devoir vous rappeler que les décisions de cette deuxième assemblée générale, en ce qui concerne la fixation du taux de la cotisation de nos membres, seront valables, quel que soit le nombre des membres présents.
- Agréez, Monsieur et cher Collègue, l’expression de mes sentiments très distingués.
- Le Président,
- Signé : L. Bâclé.
- ANNEXE N° 3
- Lettre adressée par M. L. Bâclé, président sortant, après l’assemblée
- GÉNÉRALE DU 15 DÉCEMBRE 1923.
- Paris, le 29 décembre 1923.
- Monsieur et cher Collègue,
- La seconde Assemblée générale extraordinaire à laquelle je vous avais convoqué par ma lettre du 14 novembre 1923, s’est tenue le 15 décembre 1923 (voir le compte rendu n° 73) et a décidé, à l’unanimité des votants, de fixer le taux de la cotisation annuelle pour 1924 ainsi que l’avait proposé notre Conseil d’Administration, savoir :
- 60 f pour les particuliers; souscription à au moins deux cotisations de 60 f pour les sociétés industrielles à caractère commercial.
- Nous vous avons déjà fait connaître les raisons très graves qui nous ont obligés à augmenter notre cotisation; celle-ci, portée à 60 f, est encore loin de couvrir les frais de la seule publication de notre Bulletin alors que, d’ailleurs, le prix de l’abonnement annuel en est fixé 150 f pour les non-sociétaires étrangers. Aussi, accepterions-nous avec reconnaissance toute contribution supplémentaire qui nous serait adressée et sur laquelle vous nous permettrez de compter dès maintenant.
- Enfin, au moment où s’achève le mandat de président que vous avez
- Tome 136. — Janvier 1924.
- 8
- p.113 - vue 113/899
-
-
-
- 114 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JANVIER 1924.
- bien voulu me confier pendant ces trois dernières années, permettez-moi de vous adresser un dernier appel.
- Pour que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale continue à remplir dignement la haute mission que lui ont assignée ses fondateurs, il ne suffit pas que ses membres actuels lui restent fidèles, il faut que chacun d’eux s’associe étroitement à son œuvre, lui apporte une part de collaboration active et lui amène de nouveaux adhérents. Il y a nécessité absolue à augmenter les recettes de notre budget annuel, car nous ne pouvons comprimer davantage nos dépenses, déjà réduites au strict minimum, et nous n’avons pas le droit, pour couvrir nos frais d’administration et faire face à l’accroissement de nos charges, devenues très lourdes, de toucher aux revenus des fondations qui nous ont été confiées alors que les spécifications en ont été, en effet, étroitement fixées par les donateurs.
- C’est ainsi qu’en doublant le nombre de nos membres, ce qui est facile avec un peu de bonne volonté de la part de chacun, nous pourrons, non seulement conserver à notre Bulletin sa haute tenue d’autrefois, mais encore donner à certains de nos services, celui de notre Bibliothèque par exemple, l’extension qu’ils méritent.
- Agréez, Monsieur et cher Collègue, l’expression de mes sentiments très distingués.
- Le Président,
- Signé : L. Bâclé.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN DÉCEMBRE 1923
- Desbordes (Marcel). — Le modeleur mécanicien. (Le livre de la profession). In-12 (18 X 12) de 253 p., 207 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1923. 16662
- Néré (G.). — L’élève électricien. Moteurs. (Le livre de la profession). In-12 (18 xl2) de 381 p., 158 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1923. 16663 Lié vin (Auguste). — Applications numériques de la nouvelle méthode de calcul des grandes constructions continues. In-8 (24 x 16) de VI -f- 144 p., 126 fig. Paris, 148, Boulevard Magenta, 1923. 16664
- Ferdinand-Dreyfus (Jacques). — Les prévisions statistiques et financières des assurances sociales. In-8 (25 x 16) de 283 p. Paris, Les Presses universitaires de France, 1923.
- 16665
- p.114 - vue 114/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN DECEMBRE 1924.
- 115
- Graffigny (H. de). — Catéchisme des chauffeurs, des machinistes et des apprentis mécaniciens et chauffeurs. (Bibliothèque des actualités industrielles, n° 58.) 9e édition. In-12 (18 X 13) de 117 p., 69 ûg. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1924. 16666
- ChallÉat (Général J.) et Thomas (A.). — Mécanique des affûts. (Encyclopédie scientifique.) 2e édition. Tome II. In-12 (18x12) de 352 p., 62 ûg. Paris, Gaston Doin, 1924.
- 16667
- Malette (J.). — Analyse et essais des matériaux de construction. Chimie et physique appliquées aux travaux publics. (Bibliothèque de l'ingénieur de travaux publics). 2e édition. In-12 (18 x 12) de xv + 914 p., 189 ûg. Bibliographie, p. 875-876. Paris, Dunod, 1924. 166 68
- Meunier (Louis). — Chimie des colloïdes et applications industrielles. (Encylopédie de chimie industrielle). In-8 (23 x 15) de 336 p., 14 ûg. Bibliographie, p. 332-333. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16669
- Société des Ingénieurs civils de France. — 75e anniversaire de la Société des Ingénieurs civils de France, 1848-1923. (Bulletin de juin 1923.) In-8 (23 x 15) de 256 p., fig., IV pl. Paris, 19, rue Blanche, 1923. 16670
- Feret (R.). — Recherches sur la meilleure composition des mortiers et des bétons hydrauliques. (Revue de l'Ingénieur, septembre 1923.) In-8 (26 x 19) de 20 p., 16 fig. (Don de l'auteur, membre de la Société). Pièce 12809
- Longinescu (G. G. et I. N.). — Contribution à l’étude des solutions considérées comme des mélanges binaires de liquides. (Société roumaine des Sciences, Bucarest. Bulletin de chimie pure et appliquée, Tome XXVI f 1923), nos 1-3, 18 p.) (Don des auteurs.)
- Pièce 12810
- Longinescu (G. G.) et Teodosiu (C. N.). — Expériences de cours montrant d’une manière simple l’inflammabilité de l’acide iodhydrique et de l’hydrogène sulfuré. (.Société roumaine des Sciences, Bucarest. Bulletin de chimie pure et appliquée, Tome XXVI (1923), noS 1-3, 4 p.) (Don des auteurs.) Pièce 12811
- Longinescu (G. G.) et Chaborski (Gabriella). — Méthode simple pour la recherche du sodium et du potassium par voie humide. (Société roumaine des Sciences. Bucarest. Bulletin de chimie pure appliquée, Tome XXVI (1923), nos 1-3, 8 p.). (Don des auteurs.)
- Pièce 12812
- Chaborski (MUe Gabriella). — Recherche du chrome en présence du manganèse par voie humide. (Société roumaine des Sciences, Bucarest. Bulletin de chimie pure et appliquée, Tome XXVI (1923), nos 1-3, 5 p.) (Don de Vauteur.) Pièce 12813
- Ministère delà Guerre. Direction de l’Aéronautique. —Guide pour les examinateurs des candidats aux brevets de mécanicien d’aéronautique et aux certificats d’instruction technique. In-16 (17 x 11) de 72 p. Paris, Charles-Lavauzelle et Cie. Pièce 12814
- Fourquet (J.). — Le dessin pour l’apprenti forgeron. (Le livre de la profession). In-8 (22x17) de 64 p., 169 fig. formant 27 planches. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles. Pièce 12815
- Ministère de l’Agriculture. Direction générale des Eaux et Forêts. — Annales. Fasc. 51 : Documents officiels. Jurisprudence-, Annexe : Rapports et notes techniques (France et étranger). Paris, Imprimerie nationale, 1920-1921. Pér. 9
- p.115 - vue 115/899
-
-
-
- 116
- OUVRAGES REÇUS. — JANVIER 1924.
- Préfecture du Dépariement de la Seine. Direction de l’Hygiène, du Travail et de la Prévoyance sociale. —Annales des Services techniques d’Hygiène de la Ville de Paris, publiées sous la direction du Préfet de la Seine. Tome IV : Compte rendu des travaux en 4922. Paris, Gauthier-Vllars et Cie, 1923. Pér. 188
- Comité des Forges de France. — Annuaire 1923-1924. Paris, 7, rue de Madrid (8e).
- Pér. 86
- Union des Industries métallurgiques et minières, de la Construction mécanique, électrique et métallique it des Industries qui s’y rattachent. — Annuaire 1923-1924, Paris, 7, rue de Madrid (8e). Pér. 86
- Association des Industiiels de France contre les Accidents du Travail. — Annuaire 1923. Paris, 10, place Sairt-Michel (6e). Pér. 130
- Annuaire de la Science et la Vie pour 1924. Paris, 13, rue d’Enghien (10e).
- Pér. 90
- Institut d’Égypte. — Mémoires présentés. Tome IV (2e fasc.) : Mémoires sur les anciennes branches du Nil. Époque arabe, par S. A. le Prince Omar Toussoun, p. 65-213, VI pl. Le Caire, 1923. Pér. 32
- Institution of Civil Ejcineers. — Selected Engineering Papers, nos 1 : The deflections of suspension bridges, by J. W. Spiller, 31 p., 16 fîg. — 2 : The experimental development of an automatic integratinc « intensity » rain-gauge without clockwork, by J. W. Meares, 29 p., 15 fîg. — 3 : A tew method for the improvement of existing raihvay-curves, by
- W. H. Shortt, 14 p. 22 fig., II pl. — 4 : The estimation of storm-water discharge from
- inhabited areas, by G. S. Ccleman, 19 p., 19 fîg. — 5 : The mechanical screening of circulating ivater and of seivage, by K. Addison, 19 p., 9 fig. — 6 : The discharging-capacity of side weirs, by G. S. Coleman ard D. Smith, 21 p., 7 fig. — 7 : Evaporation by the vapour-com-
- pression method, by T. E, Houghton, 35 p., 15 fig. — 8 : Inchinnan opening bridge, by
- W. B. Hall, 20 p., 7 fig., Ipl. — 9 : Catenary measurements, by R. Appleyard, 12 p., 3 fig. London, Great George Strœt, Westminster, S. W. 1, 1923. Pér. 189
- Institution of Naval Architects. — Transactions. Vol. LXV, 1923 London, 5, Adelphi Terrace, W. C. 2. Pér. 222
- American Instituteof Mining and Metallurgical Engineers. — Transactions. Vol. LXIX. New York, 29 West 39th Street, 1923. ‘ Pér. 201
- K. Svenska Vetenskaps^kademien. — Arkiv, for Kemi, Mineralogi och Geologi. Band 8, H. 5 (1922-1923). — Arkiv for Matematik, Astronomi och Fysik. Band 17, H. 3-4 (1922-1923). Stockholm. Pér. 8
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers. — lmp. Paul BRODARD.
- p.116 - vue 116/899
-
-
-
- 123e ANNEE.
- FEVRIER 1924.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- LA FABRICATION DES TUYAUX EN CIMENT ARMÉ ET NON ARMÉ PAR L'ACTION DE LA FORCE CENTRIFUGE(1)
- Les tuyaux en ciment.
- Les tuyaux en ciment sont actuellement employés pour un très grand nombre d’applications et il y a lieu de considérer deux grandes catégories : tuyaux non armés et tuyaux armés.
- Le tuyau non armé. — Le tuyau non armé est employé à des usages extrêmement divers et, de façon générale, pour toutes canalisations d’écoulement à l’air libre ou enterrées, et toutes canalisations fortement chargées à l’extérieur comme dans le cas de constitution d’un ponceau, éléments de maçonnerie de puits, etc. Ceci, cependant, sous condition que l’eau qu’il doit contenir soit absolument sans pression.
- Les raisons de son emploi si général sont les suivantes : faible prix d’achat, résistance à la compression, à l’écrasement. Mais le tuyau en ciment ordinaire présente aussi de graves défauts, qui tiennent à son mode de fabrication : son manque d’étanchéité et son poids considérable. En outre, il ne peut guère s’établir à des diamètres inférieurs à 10 cm comme nous en verrons tout à l’heure la raison.
- Pour obvier à ces inconvénients, jusqu’ici on a employé un moyen
- (1) Communication faite par l’auteur en séance publique le la décembre 1923. Tome 136. — Février 1924.
- 9
- p.117 - vue 117/899
-
-
-
- 118
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS.
- FÉVRIER 1924.
- absolument radical. Lorsque le tuyau doit être étanche, et pour les grands diamètres, on emploie le tuyau métallique. Pour les moyens et petits diamètres, on emploie le tuyau de grès. On en est d’ailleurs réduit à employer toujours ce dernier pour les diamètres au-dessous de 10 cm, même si l’imperméabilité n’est pas absolument nécessaire.
- Il va de soi malheureusement qu’un tel remplacement des tuyaux de ciment par des tuyaux de grès ou des tuyaux métalliques entraîne toujours une forte augmentation de prix, et, en outre, une fragilité relative dans le cas du grès.
- Le tuyau armé. — Le tuyau en ciment armé n’était guère employé jusqu’à ce jour qu’en diamètres importants en raison même de son mode de construction. Il est à peu près impossible par exemple d’exécuter par les moyens habituels un tuyau en ciment armé de 20 cm. Par contre, rien n’empêche de le construire en 1 m de diamètre par exemple, et c’est d’ailleurs un cas de fabrication parfaitement courant.
- L’avantage d’un tuyau armé réside uniquement dans son étanchéité et sa résistance à la pression interne. Mais comme nous allons voir, il doit être établi sur place. Son poids étant considérable, son utilisation est alors limitée aux canalisations sous pression, canalisation en charge pour turbines par exemple.
- Ces deux types de tuyaux (en ciment armé et non armé) sont donc entièrement différents et leurs fabrications habituelles sont non moins dissemblables. Nous verrons au contraire comment la fabrication par l’action de la force centrifuge a réalisé toute une gamme de tuyaux allant depuis les plus petits diamètres jusqu’aux plus grands, avec les plus remarquables qualités, avec aussi une fabrication rigoureusement identique.
- Voici d’ailleurs, et succinctement décrits, les procédés courants de fabrication des tuyaux en ciment.
- Fabrication par pilonnage des tuyaux en ciment non armé. — Les tuyaux ordinaires en ciment non armé sont fabriqués par le procédé dit du pilonnage.
- L’ouvrier prépare, à la façon dont le maçon fait son mortier, un béton de graviers, de ciment (et parfois de chaux) aussi peu humide que possible; ainsi, si l’on prend une poignée de ce béton et qu’on le serre entre les doigts, son humidification ne sera pas suffisante pour qu’il s’agglomère; pour arriver à ce résultat, il faut une pression un peu plus forte d’une part, un contact plus prolongé d’autre part.
- Pour faire le tuyau, l’ouvrier prend à la truelle ce béton presque sec, et
- p.118 - vue 118/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 119
- l’introduit dans un espace annulaire formé par des cylindres métalliques concentriques. L’axe de ces cylindres est vertical, le béton tombe au fond de l’espace annulaire (fig. 1) et, avec une massette, le maçon frappe sur son béton chaque fois qu’il en a introduit une quantité suffisante pour faire un anneau de 5 à 6 cm de hauteur.
- Quand le moule est rempli, le tuyau est formé; on laisse sur place un moment, puis on ouvre les cylindres métalliques qui sont démontables, et on laisse le tuyau debout, en prenant soin de ne pas le choquer de peur qu’il ne s’effondre.
- Le résultat de cette fabrication est le suivant: béton sec et faible pression, d’où : peu d’agglomération et de solidité et grande porosité. Cette porosité est telle que sous une pression de 100 g : cm2, le tuyau laisse fuir son liquide comme une éponge.
- Pour lui donner de la solidité, on est conduit à donner au tuyau une grande épaisseur. Le fait de mouler sur place, comme on vient de voir, oblige lui aussi, à cette surépaisseur. Il s’ensuit un poids formidable et un tuyau d’un mètre de longueur et 30 cm de diamètre pèse environ 100 kg. Il faut deux hommes pour le manier.
- Enfin, ce mode de fabrication interdit de faire des tuyaux de faible diamètre qui s’écrouleraient au démoulage.
- A côté de ce mode de fabrication, le plus simple, il existe bien des fabrications mécaniques. Mais elles ne sont que du « pilonnage mécanique » c’est-à-dire qu’avec une plus grande rapidité de fabrication elles donnent exactement les mêmes résultats.
- Fabrication courante des tuyaux en ciment armé. — C’est ici la classique fabrication du ciment armé : coffrage en bois, armatures posées et faites à la main, béton semi-liquide, battu. C’est donc une fabrication coûteuse et qui demande à être faite sur place pour un tuyau qui ne pourra jamais être déplacé.
- Voilà en résumé la fabrication ordinairement employée pour les tuyaux en ciment courants. Nous en arrivons au procédé centrifuge et nous allons l’étudier.
- massette
- Fig. 1. — Fabrication des tuyaux en ciment pilonné.
- p.119 - vue 119/899
-
-
-
- 120
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGES.
- FÉVRIER 1024.
- Le PROCÉDÉ CENTRIFUGE.
- Caractéristiques générales. — Le tuyau centrifugé non armé est rigoureusement étanche et une pression de 1 kg : cm'2 ne le fait pas suinter alors que le tuyau pilonné suinte déjà sans pression et fuit énormément à la pression la plus faible. Le tuyau centrifugé est léger; aussi étanche que le grès, il est presque aussi léger que lui et coûte beaucoup moins cher. Il a été cité plus haut qu’un tuyau de 30 cm pilonné pesait 100 kg. Le tuyau centrifugé de même diamètre pèse environ 50 kg. Un homme le manie seul sans difficulté et procède seul à sa pose aisément.
- Le tuyau centrifugé se fabrique depuis 3 cm jusqu’à 1,50 m de diamètre, aussi facilement dans un cas que dans l’autre, en longueurs de 3 cm jusqu’à plusieurs mètres d’un seul jet, en tuyaux non armés comme en tuyaux armés.
- Le tuyau armé, qui possède les mêmes avantages de légèreté, résiste à plus de 15 kg : cm2 de pression interne.
- Pour faire un tuyau de 3 m de longueur et de 40 cm de diamètre, armé pour résister à 10 kg : cm2 de pression, il faut à peu près 5 minutes.
- Historique. — L’utilisation de la force centrifuge pour la fabrication des tuyaux en ciment est loin d’être nouvelle. De nombreux chercheurs ont étudié cette question et nous trouvons sur elle de nombreux brevets.
- Ilennebique, par exemple, a pris un brevet en France sur la centrifugation. Fiais son brevet, plutôt de principe, n’a pas donné lieu à exploitation.
- Yianini en Italie, Hume en Angleterre et enfin M. Caron en France (procédé STAC) ont pris des brevets.
- Le brevet de M. Caron est fe dernier en date; il sera décrit plus longuement parce que, d’une part il est français; parce que, d’autre part, il nous paraît très supérieur aux autres.
- Procédé Vianini. — Nous n’en verrons que le principe, sa description complète excéderait de beaucoup la place dont je dispose.
- Il consiste à faire tourner un moule cylindrique horizontal dans l’intérieur duquel une sorte de cuiller renverse progressivement le béton à centrifuger (fig. 2).
- Le moule est un cylindre métallique d’axe horizontal, mis en rotation autour de cet axe. La cuiller d’alimentation a toute la longueur du moule. La nappe de béton qu’elle déverse sur toute sa longueur s’enroule donc sur le moule au fur et à mesure qu’elle tombe et donne finalement une super-
- p.120 - vue 120/899
-
-
-
- LA FA H H IC AT ION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 121
- position de plusieurs couches minces, qui, si l’on considère une section droite du cylindre, forment un enroulement en spirale.
- Cet enroulement n’est pas sans avantage. Une première couche peut présenter des défauts, une perforation par exemple, la couche de la seconde
- tvemie
- de la oui
- béton
- Fig. 2. — Schéma de la fabrication du tuyau centrifugé Vianini. '
- spire vient recouvrir ce défaut et le boucher. Le tuyau obtenu est homogène. C’est un bon produit.
- L’inconvénient du procédé réside surtout dans la complexité et la délicatesse du matériel. La distribution à la cuiller ne se fait pas toujours avec une bonne régularité. Aussi, Vianini explique-t-il que, au lieu de faire un tuyau par simple enroulement en spirale, on peut au contraire faire un premier tuyau mince, laisser tourner le moule quelque temps, déverser une
- Eroulement en spirale simple Cas de deux tuya-ux minces ^uperpoAe-s
- Fig. 3. — Enroulement du béton dans la formation des tuyaux Vianini.
- nouvelle quantité de béton pour superposer un deuxième tuyau au précédent et ainsi de suite (fig. 3).
- Procédé Hume. — Hume a breveté un procédé plus complexe. Outre une centrifugation du béton, il y ajoute une sorte de calibrage mécanique et
- p.121 - vue 121/899
-
-
-
- 122
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGES.
- FÉVRIER 19:24.
- de lissage interne. Dans son esprit, semble-t-il, la centrifugation n’est pas suffisante pour maintenir le béton à l’état de cylindre annulaire régulier : il faut en outre recalibrer. Cette préoccupation, ainsi qu’une autre que nous verrons plus loin, a conduit à la réalisation de machines, à notre avis, trop complexes et par suite trop délicates. En voici le principe :
- Comme dans le procédé Vianini, un cylindre métallique horizontal est en rotation autour de son axe; il constitue le moule (fig. 4).
- Pou r amener le béton dans ce moule, Il unie utilise non plus une cuiller,
- Coupe c d
- feneb~e de distribué
- c-onp* du. moule
- c àlibpe de 1 intérieur du cône ebstributeur*
- S" .manchon cylindrique •â-me-necut 1 bélon pa_r la. vis ôatis
- O ; cba-mètre înTèrieur- du. tuyaux termine ofeaoemUEe e*( ect dun Bfoc eX-/>e deptaxe ^veiedjieu. enyaozXc>nL cUi mou te dîvipo-
- d.edfct3auieme«t du moulé, du duduêuieut, et de cüaxqemini ne àont juu. îefvewsenFe* .
- Fig. 4. — Schéma de la fabrication du tuyau centrifugé Hume.
- mais une sorte de mandrin creux, d’abord cylindrique, puis conique, puis à nouveau cylindrique. La première partie cylindrique (y sur la figure), très longue et creuse, renferme une vis d’Archimède, qui, recevant le béton semi-liquide à l’Line de ses extrémités, l’amène jusqu'à, l’étranglement conique [j de son autre extrémité. Cet étranglement porte des fenêtres qui laissent s’écouler le béton et font office de distributeur.
- Le béton s’écoule donc comme dans le procédé Vianini mais sur une faible longueur seulement du moule; il s’enroule aussi ici en spirale et se tasse autour du mandrin cylindrique final a dont le diamètre est exactement celui à obtenir à l’intérieur du tuyau en ciment (o).
- Ce n’est pas tout : ce cylindre de calibrage porte des lamelles, sortes de truelles, qui lissent l’intérieur du tuyau en ciment pendant sa rotation.
- La formation du tuyau a donc lieu comme suit :
- Sur une faible longueur, c’est un tuyau Vianini, le béton s’enroulant en
- p.122 - vue 122/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT I'AR CENTRIFUGATION.
- 123
- spirale jusqu’à venir se tasser contre le calibreur. Mais, en même temps, l’ensemble du mandrin distributeur et calibreur est animé d’un mouvement longitudinal de translation et sort peu à peu du moule, de sorte que le tube de ciment s’enroule d’une part et s’étire d’autre part.
- Il y a à la fois, pour le béton, mouvement en spirale, dans une section droite du cylindre, et enroulement en hélice dont l’axe est l’axe de rotation du moule.
- Comme il a été dit, ce procédé est compliqué, et il y a lieu de craindre pour les machines, également compliquées et fragiles, des dérangements faciles. Aussi Hume a-t-il été peu à peu amené à abandonner tout son matériel automatique qui faisait l’objet de ses brevets.
- Il charge maintenant ses moules à la pelle pendant la rotation ; il calibre à l’aide d’un mandrin en bois tenu à la main et ce calibrage est indispensable avec son remplissage inégal.
- Dans cette nouvelle technique, le matériel est simplifié mais la main-d’œuvre est nettement accrue et la qualité du produit doit se ressentir de ces nouvelles opérations un peu trop rudimentaires. Le béton est moins homogène, le lissage moins beau.
- Nous pouvons comparer le procédé Hume au procédé Yianini.
- Celui-ci est à alimentation partielle mais sur toute une génératrice à la fois. Celui de Hume est à alimentation encore plus partielle, partielle du second ordre pourrait-on dire : il alimente progressivement suivant une directrice et progressivement aussi suivant une génératrice.
- Le procédé anglais semble une complication du procédé italien et l’on pourrait penser que Hume, ayant constaté des défauts de calibrage dus à une distribution irrégulière de la cuiller Yianini, a cherché à éviter ces inconvénients. Mais les brevets de Hume datent de 1910 alors que celui de Yianini date de 1912. Faut-il au contraire conclure à une simplification de la part de Yianini? Sans doute, et tout simplement ont-ils inventé chacun de leur côté.
- Enfin, et pour donner notre opinion, le procédé Vianini est déjà trop compliqué et celui de Ilume est beaucoup trop compliqué. Mais il faut reconnaître que leurs produits sont de bonne qualité.
- D’ailleurs, ces deux procédés qui révèlent cependant de l’ingéniosité de la part de leurs auteurs ne paraissent pas avoir pris d’essor comparable au procédé STAC que nous allons étudier.
- D’autres brevets encore ont été pris par différents inventeurs, dont Hen-nebique (le plus ancien); 2 ou 3 autres encore qui n’ont pas eu de développement, et nous arrivons au procédé français inventé par M . Caron : le procédé STAC.
- p.123 - vue 123/899
-
-
-
- 124
- TUYAUX UK CIMENT CENTRIFUGES.
- FÉVRIER Iü2i.
- Procédé ST A C (de la Société de Tuyaux et Agglomérés centrifugés). — Celui-ci pourrait prendre pour devise : « Il était simple de faire compliqué; il était compliqué de faire simple ». Voici le principe:
- Dans un moule cylindrique horizontal, on introduit, sans aucun appareil, rien qu’avec un seau et un entonnoir, une certaine quantité de béton. On remue le moule à la main pour que le béton s’étende de lui-même, le long d’une génératrice; on. met en rotation et on ne s’en occupe plus pendant 3 minutes. Au bout de ce temps, on arrête : le tuyau est lait. 0 est donc, au point de vue de la fabrication, idéalement simple.
- La ligure 5 représente un schéma du moule et de la machine.
- Entonnoir mobile
- -Moule 5TAC <3.vec son dispositif d'entraînement et sa Irèmie. de cKs-rcfement Fig. 5. — Schéma de la fabrication do tuyau centrifugé STAC.
- La figure 6 reproduit plus fidèlement un moule sur sa machine d’entraînement et l’ouvrier introduisant son béton.
- La première question qui se pose est alors celle-ci : pourquoi et comment, d’une part, Hume et Vianini n’ont-ils pas fait aussi simple, et comment, d’autre part, M. Caron, venu après eux, a-t-il pu simplifier à ce point?
- En premier lieu, il faut rendre cette justice à M. Caron qu’il a complètement inventé pour son propre compte la centrifugation du ciment. Il ne connaissait aucun des travaux de ses devanciers; il a tout imaginé de son propre chef et ce n’est qu’en voulant déposer son propre brevet qu’il a découvert cette chose inattendue que bien d’autres avant lui avaient eu une idée analogue.
- Mais l’inventeur qui a eu le mérite et la satisfaction personnelle de tout découvrir réellement a eu aussi la supériorité d’être le seul sans doute à posséder réellement et complètement la question et plus encore et à coup sur d’être le seul à savoir la résoudre.
- M. Caron a été le seul à comprendre vraiment la question. En voici la
- p.124 - vue 124/899
-
-
-
- LA FABHICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- preuve. On trouve, en lisant le brevet Hume, que ce dernier revendique comme avantage de la centrifugation d’opérer un triage par ordre de densité des éléments pendant la formation du tuyau, les graviers les plus gros allant à la périphérie.
- Mais en lisant le brevet Vianini, on voit que celui-ci, grâce à son procédé, évite ce triage, nuisible à son avis, des grains de la matière. Outre que
- Fig. 6. — Procédé STAC : remplissage d’un moule.
- les deux inventeurs sont en contradiction, nous verrons dans un moment ce qu’il faut penser de la question.
- Mais nous avons dit aussi plus haut que l’inventeur français avait été seul à résoudre le problème, et nous en arrivons aux points capitaux de tous les procédés de centrifugation, points qui ont été à dessein laissés dans l’ombre jusqu’ici : essorage, adhérence.
- 1° L'essorage. — Qu’est-ce que l’essorage? Considérons le moule et le tube de béton en rotation; supposons le cylindre déjà formé; le gravier, le ciment, l’eau forment un mélange à peu près homogène quand, subitement, un trou, une fente, une perforation très mince se produit dans la paroi du moule.
- Cette ouverture est trop étroite par hypothèse pour laisser passer les grains de sable, mais l’eau et le ciment (dont les particules sont extrême-
- p.125 - vue 125/899
-
-
-
- 126
- TUYAUX DK CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 1924.
- ment fines puisqu’il est broyé de façon que ses éléments passent presque tous dans un tamis de 4.900 mailles au centimètre carré) vont pouvoir passer. Il y a donc subitement fuite de ces deux matières par l’orifice (by. 7). Il y a surtout fuite d’un grand excès d’eau car, après les premiers instants de la rotation, le ciment a été projeté sur la paroi avec le gravier et la plus grande partie de l’eau a été rejetée vers l’intérieur. Avec elle, cette eau entraîne maintenant tout le ciment qui unissait les grains de sable et, quand la rotation est terminée, au lieu d’avoir en ce point un béton, on a simplement du sable lavé qui ne présente rigoureusement aucune trace de ciment et par suite n’a aucune agglomération. Si l’essorage s’est produit suivant une fente,
- fuite de 1 eau et du ciment
- MS//
- maise d’eau en
- Fig. 1. — Essorage dans le cas d’un moule non étanche-
- une génératrice du cylindre par exemple, le tuyau, une fois démoulé, est complètement fendu suivant cette génératrice.
- Or, en général les moules, forcément démontables pour permèttre le démoulage, sont formés de deux coquilles demi-cylindriques s’ajustant l’une à l’autre. Si cet ajustage n’est pas parfait le long de ces deux génératrices opposées, il y a essorage et, après démoulage, on a non plus un tuyau mais deux demi-cylindres qui se séparent d’eux-mêmes.
- Les procédés Yianini et Hume remédient difficilement à ce défaut. Ils distribuent leur matière progressivement de façon que la deuxième couche recouvre les défauts de la première et ainsi de suite. Yianini le dit même explicitement dans son brevet.
- De quelle façon, dans le procédé STAC, le problème de cet emboîtement délicat est-il résolu? De la façon la pins simple. On interpose entre le moule en fer et le béton un tube continu, d’une matière quelconque, pourvu qu’elle possède les deux propriétés suivantes : imperméabilité, non-adhérence au ciment.
- Ce tube peut être solide ou plastique. Ainsi, ce pourrait être un tube de
- p.126 - vue 126/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 127
- paraffine qu’on ferait fondre pour libérer le tuyau. Mais c’est en réalité parmi tous les corps qu’on pouvait prendre le caoutchouc qui a été choisi.
- Si nous avons cité la paraffine, c’est que l’inventeur la cite lui-mème dans son brevet à titre d’exemple. Tout ce qui est susceptible de former un revêtement continu, imperméable, non adhérent, peut servir et fait l’objet du brevet. Pratiquement, on enroule dans le moule, au moment de l’assemblage des deux coquilles, une feuille rectangulaire de caoutchouc. La jonction des deux bords de cette feuille se fait suivant une génératrice du cylindre en tôle mais cette génératrice est précisément contre la partie pleine du moule métallique et, désormais, l’essorage est évité.
- La, figure 8 représente le schéma du moule étanche ST AL.
- Et ainsi, plus d’essorage, plus de tuyaux malsains, plus besoin d’installations et de manipulations compliquées. Deux coquilles en tôle, une feuille de caoutchouc, deux arbres munis de galets, un entonnoir, un seau, voilà tout le matériel du fabricant de tuyaux centrifugés. Il est aussi simple que celui du fabricant de tuyaux pilonnés. Quant aux résultats, que nous analyserons plus loin, ils ne sont pas comparables.
- 2° Vadhérence du ciment au moule. — Tous les moules sont métalliques. Dans les procédés centrifuges, on emploie un béton semi-liquide dont on doit laisser s’opérer la prise avant de démouler. Il en résulte que lorsqu’on veut démonter le moule, le tube de béton est énergiquement collé aux deux coquilles en fer et c’est au ciseau qu’on doit les séparer.
- Jusqu’ici, on n’avait guère trouvé qu’un moyen d’empêcher cette adhérence : graisser l’intérieur du moule. Cette opération est longue; elle est en outre difficile à bien faire, et donne des résultats inconstants.
- Il arrive continuellement, même si le graissage a été bien fait, que le béton gratte cet enduit protecteur, mettant le métal à nu et, au démoulage, il faut employer le ciseau. En outre, quand on a réussi à décoller les deux parties du moule, elles entraînent fréquemment avec elles des fragments de tuyau, tant est forte l’adhérence du ciment au fer.
- Nous avons vu tout à l’heure implicitement comment M. Caron a résolu la question dans le procédé STAC. Son brevet porte en particulier sur l’interposition du tapis ou tube continu de matière imperméable et non adhérente au ciment. Le caoutchouc remplit ces conditions. Quand on ouvre
- Fig. 8. — Moule STAC rigoureusement étanche sans aucun ajustage.
- p.127 - vue 127/899
-
-
-
- 128
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 1924.
- un moule dans ce procédé, les coquilles se séparent sans difficulté du caoutchouc, et celui-ci se détache du ciment avec la même facilité.
- Voilà donc, en dehors des questions de machines également fort ingénieuses mais que nous ne pouvons décrire ici en détail, les deux points essentiels du brevet et du procédé STAC. Plus d’essorage, plus d’adhérence et avec cela extrême simplicité; voilà aussi les causes de sa supériorité sur les brevets étrangers.
- Le brevet de M. Caron, qui remonte à un peu plus de trois ans, a été pris non seulement en France, mais dans tous les pays du monde.
- L’Allemagne, qu’on 11e peut vraisemblablement soupçonner de complaisance à l’égard d’un Français, a mis trois ans à rechercher et à comparer, mais a finalement, à son tour, accordé son brevet à M. Caron.
- La validité et la protection de sa découverte sont donc indiscutablement et heureusement assurées à l’inventeur.
- Technique du procédé STAC.
- Analysons brièvement ce qui se passe dans la centrifugation du béton. Et d’abord le cas le plus simple :
- Fabrication du tuyau STAC non armé.
- On dépose le béton dans le fond du cylindre horizontal. Le mélange est supposé homogène. Le moule est mis en rotation.
- Chaque élément est alors soumis à l’action de la force centrifuge et si la vitesse est convenable, cette force est suffisante pour rendre négligeable l’action de la pesanteur.
- Pour arriver à ce résultat pratiquement, on fait tourner les moules à des vitesses différentes selon les diamètres et qui varient de 300 à 000 tours à la minute environ.
- Dans ces conditions, la masse pâteuse va rapidement s’étendre autour du moule en présentant une cavité cylindrique dont l’axe est celui de rotation; ce cylindre est formé, en fait, au bout de quelques secondes.
- Cependant, en pratique, on continue pendant quelques minutes la centrifugation, et, pendant cette opération, quelques modifications interviennent dans la masse en mouvement.
- Il y a trois éléments en présence : gravier, ciment, eau. Les grains les plus lourds sont ceux de gravier. C’est sur eux que se fait le plus sentir la force centrifuge, et ils se précipitent rapidement sur la paroi du moule. Ils
- p.128 - vue 128/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 129
- forment ainsi la structure initiale du futur tuyau sous la forme d’un tube essentiellement perforé en tous sens par suite de l’irrégularité de forme des grains de gravier. Entre ces grains et dans les interstices qu’ils laissent, se meuvent l’eau et le ciment. Au début, eau et ciment forment une bouillie assez homogène, mais peu à peu les grains de ciment, chassés par la force centrifuge, viennent combler tous les vides laissés entre les grains de sable chassant l’eau qu’ils font refluer vers l’intérieur.
- De sorte que, au bout de quelques instants, on a un tube de béton parfaitement constitué, ne présentant pas le moindre vide car le ciment
- tube formé par l'eau., rejetée
- i, 1 intérieur, après quelques instants de rotation
- C2> gravier ciment
- Fig. 9. — Formation du tuyau STAC pendant la rotation. L’eau reflue vers l’intérieur.
- chemine lentement mais partout; à l’intérieur, un tube d’eau concentrique tourne avec le précédent (fig. 9).
- Quand on arrête la rotation, le béton demeure, l’eau se rassemble dans le bas, et, en soulevant un peu le tuyau, on égoutte l’eau qui sort presque claire.
- Ce n’est pas tout. On vient de voir que le ciment cheminait à travers le gravier et colmatait tous les interstices. Si le dosage du béton est tel qu’une fois tous ces interstices comblés, il reste un excédent de ciment, celui-ci, ne trouvant plus sa place entre les grains de sable, reste à l’intérieur et forme une chape en ciment pur, cylindrique elle aussi, que les fabricants s’arrangent pour maintenir à 2 ou 3 mm d’épaisseur.
- Quand le tuyau est sec, cette chape forme un enduit lisse, comme émaillé, et le tuyau centrifugé est aussi poli intérieurement qu’un tuyau de grès. Mais de plus, l’homogénéité du béton, d’une part, la présence de cet enduit de ciment pur, d’autre part, rendent le tuyau absolument étanche à l’égal du tuyau de grès; aussi résiste-t-il, sans fuir, à des pressions de liquide de plus de 1 kg : cm2.
- p.129 - vue 129/899
-
-
-
- 130
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 1924.
- Sur la figure 10, qui représente la coupe schématique d’un tuyau, on distingue, à l’intérieur, cette chape de ciment pur.
- Et ce lissage intérieur, mieux poli que celui qui est obtenu mécaniquement dans le procédé Hume, contribue au bel aspect du tuyau.
- L’extérieur n’est pas moins lisse : les grains de gravier en contact avec le
- tapis de caoutchouc ne le touchent que par des pointes, mais le ciment vient se loyer dans tous les petits intervalles qu’ils laissent contre la paroi, il vient épouser exactement la forme du tapis de caoutchouc, de sorte que l’aspect extérieur est aussi beau que l’aspect intérieur.
- Voici, dans toute sa simplicité, la formation du tuyau STAC en ciment centrifugé.
- Le triage des éléments. — .Nous avons vu que Hume se prévalait du triage des éléments et que Yianini insistait sur l’absence du triage dans son procédé. Il s’agit ici du
- Fig. 10. — Coupe schématique d’un tuyau STAC; le ciment (hachures) l'orme un enduit intérieur étanche.
- soumis à une force proportionnelle à sa masse. Donc un gros grain va être soumis à une force supérieure à celles que supportent ses voisins plus petits; il va donc les écarter et aller se coller à la périphérie du moule. Par suite, à la lin de l’opération, les éléments sont triés par ordre de grandeur décroissante, les plus gros à l’extérieur, les plus petits au centre.
- Hume considère ce fait comme un avantage et Yianini comme un inconvénient. Tous deux, en tous cas, le font valoir. Personnellement, nous serions plutôt enclin à voir là un inconvénient. Mais la réalité est tout autre, et ce triage ne se produit pas.
- Les grains de gravier n’ont pas une mobilité suffisante dans la masse visqueuse du béton pour pouvoir se chasser les uns les autres. En un temps très court, ils sont tous projetés pêle-mêle contre la paroi, sans distinction de dimensions et ils s’immobilisent.
- Seuls, les grains les plus fins de gravier comme ceux, très fins, du ciment sont suffisamment mobiles pour venir à la partie interne. C’est coque la figure 10 montre dans la coupe d’un tuyau.
- fait suivant :
- Considérons quelques grains de gravier contigus, de dimensions très différentes. Durant la centrifugation, chacun d’eux est
- p.130 - vue 130/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 131
- A maintes reprises, nous avons observé expérimentalement que le triage ne se produisait pas dans les conditions prévues par Hume. 11 n’intervient que dans le cas où l’on a de gros cailloux ronds, considérablement plus gros que leurs voisins, et c’est précisément un état du sable à éviter si l’on veut des tuyaux de bel aspect.
- Ajoutons enfin que, dans les procédés anglais et italien qui procèdent par couches sucessives, ce triage peut encore moins se produire que dans le procédé STAC où, cependant, on ne le constate que dans des cas absolument exceptionnels.
- Dans ce dernier procédé cependant, où la masse fluide est tout entière
- béton
- 1} s c^cLpe de ciment jru C « pellicule UAnclre, très
- Fig. 11. — Coupe schématique complèLe du tuyau STAC.
- et d’un seul coup mise en mouvement, un certain triage s’opère réellement, celui des matières fines et légères qui peuvent rester facilement en suspension dans l’eau et qui refluent vers l’intérieur avec elle. Ces matières, ce sont les différentes poussières, calcaires et argileuses notamment, que contient le sable; c’est aussi le gypse, ajouté au ciment par le fabricant pour le rendre plus stable, etqui, plus léger que lui, se rassemble aussi avec les poussières précédentes.
- En sorte que, lorsqu’on regarde la coupe d’un tuyau STAC, on trouve d’abord à l’intérieur une pellicule blanchâtre extrêmement mince, gypse et poussières, puis une chape de 2 à 3 mm en ciment pur, enfin, un béton serré et compact, constituant le corps du tuyau (fig. 11).
- Ce triage spécial au procédé STAC est extrêmement bienfaisant. Il donne en effet un béton complètement épuré et dont la prise est rendue plus rapide par le retrait du gypse au dernier moment (c’est-à-dire sans présenter les inconvénients d’avoir un ciment non plâtré, dont la conservation est toujours défectueuse).
- Voici, maintenant, comment se termine le tuyau non armé.
- Après centrifugation, l’eau séparée du béton est égouttée, puis le moule
- p.131 - vue 131/899
-
-
-
- 132
- TUYAUX DF G IM K NT CENTRIFUGES.
- F KYRIE H l'.lTh
- est laissé au repos durant 24 heures. Avec une bonne organisation, en effet, on décoffre parfaitement, régulièrement, et sans aucun risque, du béton n’ayant pas 24 heures de prise. Voilà de quoi étonner bien des entrepreneurs de travaux en ciment; le fait est cependant rigoureusement exact et nous le vérifions personnellement 250 fois par jour, hiver comme été, sur 250 tuyaux que nous fabriquons quotidiennement par ce procédé.
- Pour obtenir ce résultat, il suffit de maintenir le béton à une température de 20°. Une chambre close et 2 poêles nous permettent, même avec 10 degrés au-dessous de zéro à l’extérieur, d’arriver à ce résultat.
- Après ce démoulage, le tuyau n’a plus besoin que d’être garanti trois ou quatre jours d’un soleil trop ardent puis il est mis en parc et vendu au bout de un à deux mois, quand sa prise est devenue suffisante.
- Fabrication du tuyau STAC armé.
- Cette fabrication dérive directement de celle du tuyau sans armature.
- Le mode opératoire est fort ingénieux.
- Grâce à des machines, d’ailleurs fort simples et, de plus, automatiques, M. Caron réalise une armature en fils enchevêtrés avec ou sans barres longitudinales, sensiblement rigides et parfaitement équilibrées, et symétriques par rapport à leur axe de figure. Ce dernier point est important. Le principe des machines à armatures est le suivant :
- Un tambour, extensible suivant son diamètre, porte des rainures longitudinales dans lesquelles on peut loger des tiges de fer qui seront les barres de l’armature. Un fil s’enroule sur ce tambour suivant des hélices à pas contraires et forme un ensemble enchevêtré et rigide. Le tambour et le guide-fil sont mis en mouvement par un système analogue à celui d’un tour à fileter, et un dispositif simple permet de faire des armatures à spires plus ou moins rapprochées.
- Les armatures peuvent ainsi être faites très rapidement et un gamin suffit à assurer la fabrication complète.
- Voici alors comment se fabrique le tuyau armé :
- Avant de fermer le moule, on introduit dans celui-ci sans aucune précaution une de ces armatures, faites d’avance en grandes séries, et qui est d’un diamètre convenable, intermédiaire entre les diamètres intérieur et extérieur du tuyau. Le moule étant monté, on introduit le béton comme d’habitude et on met en route. Le tube de béton se forme comme précédemment. L’armature se centre rigoureusement d’elle-même, et prend exactement la place théorique qu’un ancrage préalable n’aurait jamais pu lui assurer avec autant de précision.
- p.132 - vue 132/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CEMENT PAH CENTRIFUGATION. 133
- Nous avons signalé l’importance du fait que ces armatures étaient équilibrées par rapport à leur axe de ligure. Quand on fait tourner le moule, l’armature est donc soumise à la force centrifuge qui agit sur elle proportionnellement à sa masse, d’une part; proportionnellement à la distance de son axe de figure à taxe de rotation d’autre part; proportionnellement, enfin, au carré de sa vitesse de rotation.
- Voici alors, de façon élémentaire, ce qui se passe. Le béton, entraîné par le moule au départ, ne prend pas en bloc la vitesse du moule. Seuls, les grains en contact avec la paroi sont tout de suite entraînés. L’armature, par inertie, par viscosité du béton dans lequel elle est immergée, ne suit elle-même le moule qu’avec beaucoup de retard, en sorte que, alors que le tube commence déjà à se former, l’armature n’est encore entraînée qu’à faible vitesse.
- Cette faible vitesse et la faible distance de son axe à l’axe de rotation font qu’au milieu des grains de béton, déjà soumis à une force centrifuge très appréciable, elle se comporte en quelque sorte comme un corps très léger, comprimé de toutes parts par la masse pâteuse qui l’entoure, et que, finalement, elle prend d’elle-même la seule place d’équilibre qui lui soit permise, celle où elle est également comprimée de toutes parts, c’est-à-dire sa position au centre de la matière.
- Après cette explication simplifiée, nous allons étudier plus complètement le phénomène car il offre un exemple vraiment remarquable et curieux des conclusions radicalement fausses auxquelles peut conduire l’examen superficiel du résultat d’un calcul par lui-même très exact.
- Considérons (fig. 12) une section droite de la masse fluide en mouvement autour de l’axe O, l’armature étant excentrée de s, to étant son centre et c la vitesse angulaire de l’ensemble.
- Soit p la masse spécifique de « l’unité d’arc » d’armature. Autrement dit, considérons au point a, l’élément ds d’armature, sa masse est p ds.
- Soit m la masse spécifique du même volume ds de béton. Autrement dit la niasse du béton qui occuperait le même espace que l’élément ds d’armature serait m ds.
- La masse totale de l’armature est
- M„ = f \x ds = fji f ds = 2-p Jo J o
- Tome 136. — Février 1924.
- Fig. 12. — Action de la centrifugation sur l’armature.
- 10
- p.133 - vue 133/899
-
-
-
- 134
- TU VAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 1924.
- La force centrifuge qui s’exerce sur l’armature et tend à la repousser dans le sens ow est donc
- F„ = 2rp ijtc'-s.
- (Considérons maintenant les réactions auxquelles est soumise l’armature de la part du béton fluide.
- Examinons en a l’élément ds d’armature.
- 11 est plongé dans une masse fluide, qui est soumise à des forces en chaque point dirigées selon oa. La démonstration classique en hydrostatique de Stevens s’appliquerait ici, et l’on peut dire que l’élément ds d’armature est soumis à une force de direction «o, dirigée vers o, et dont la valeur absolue est égale à la force à laquelle serait soumis, dans le sens oa, un élément de béton qui occuperait le même espace que ds.
- Cette force est
- f = rndsc2 x oa.
- Si nous faisons le même raisonnement pour le point a', symétrique de a par rapport à ow, nous trouvons qu’un élément ds en a' est soumis à l’action
- /' = m dsc2 x oa’
- vers o. Comme
- oa' — oa,
- on a
- f=f.
- Si nous composons en o les deux forces f et elles ont mêmes composantes horizontales mais de sens contraire, et ces composantes s’annulent. Leur résultante verticale est œ telle que
- ç —2mdsc2 x oa cos(â (sens posilif vers le haut).
- Il en est de même pour tous les points symétriques de l’armature, pris deux à deux, et l’ensemble des forces exercées sur l’armature par le béton a une résultante verticale suivant ow, résultante que nous allons calculer.
- Calculons cp et pour cela oa cos fi
- oa cos 3 w a cos a -f- £
- = o cos a + s a = 2.mdst;-[p cos a -f- s]
- = 2,mp dzc-[p cosa -f- ej.
- Soit R la résultante générale
- R= / y= I 2mc-p[o cosac + sRia Jol= 0 Jo
- = 2me- p / [p cos x + el d a J u
- R = 2mc2p / p cosada-f-2mc2p / eda = 2mc2 p2[sin a]^ + 2mc~ ps
- p.134 - vue 134/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 135
- Le premier terme est nul. La valeur de R se réduit donc à
- R = 2rnc-çz[oL]*
- — 2mc- p etc .
- L’armature est donc soumise à deux forces opposées dont la résultante de bas en haut est
- P = R - Fa
- = 2 me2 p £ TT - 2tT p fi. C2 S
- = 2 tc e p [toc2 — fi c2"|.
- Comme nous avons supposé que tout l’ensemble était en mouvement uniforme à la vitesse c2
- P = 2tïs p c2[m — fi].
- Or m est environ le 1/4 de p. Par conséquent, P est négatif et l’armature
- béton en mouvement
- mouvement
- Fig. 13. — Début de la centrifugation d’un tuyau STAC armé.
- tend à être projetée vers Vextérieur, vers la paroi ; par conséquent, elle ne tend nullement à se centrer automatiquement.
- Voilà donc comment le calcul semble démontrer que l’armature tend à s’excentrer, alors que l’expérience prouve bien qu’elle se centre rigoureusement.
- Mais en réalité, ainsi que la remarque en a déjà été faite, à la mise en marche, seuls les grains de béton en contact avec la paroi du moule sont entraînés par celui-ci. Le tuyau commence par se former mince avec un excès de matière dans le bas, excès de matière qui, par sa viscosité, retient l’armature à la partie inférieure du moule où l’avait placé la pesanteur et où son inertie aide à la maintenir immobile.
- Au bout d’un premier instant, cette armature s’est donc trouvée légèrement soulevée et occupe la position de la figure 13; elle est déjà presque à sa place quand elle commence à être entraînée.
- La masse tout entière du béton maintenant se met en mouvement, ainsi que l’armature, celle-ci toujours avec une vitesse angulaire plus faible que
- p.135 - vue 135/899
-
-
-
- 136
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 1924.
- celle du béton. Étant encore excentrée, va-t-elle arriver à déplacer le mélange pâteux mais déjà plus consistant qui la sépare de la paroi. Certainement non. Si c est la vitesse angulaire du béton au voisinage de la paroi, si c' est la vitesse de l’armature, P devient :
- P =g2- e p [me2 — ;j.c'2].
- Nous avons dit que ^ (rapport des densités) était voisin de 4. Il suffit que c
- soit égal à 2 c' pour que l’armature n’ait plus tendance à être projetée contre la paroi. Autrement dit, tant que la vitesse de l’armature n’est pas supérieure à la moitié de celle du béton, c’est ce dernier qui, de toutes parts, comprime l’armature et la rejette vers le centre.
- Et lorsque enfin cette dernière a pris une vitesse suffisante pour être rejetée vers la paroi, il est trop tard : elle est déjà centrée, la quantité s, qui figure en facteur dans l’expression de P, s’est annulée, l’armature reste en équilibre au sein de la masse.
- En outre, et très rapidement, les grains de gravier se séparent du reste de la masse fluide, se collant à la périphérie, où ils gardent pendant toute la rotation une structure solidifiée, qui emprisonne l’armature et la maintient immobile.
- Il va sans dire que ces diverses phases s’accomplissent dans un temps extrêmement court, de l’ordre de quelques secondes.
- A titre de renseignement, calculons aussi à partir de quelle vitesse le tuyau centrifugé commence à se former.
- Soit un diamètre de 20 cm = 2r.
- Soit c la vitesse cherchée en tours par minute.
- Il faut :
- c’- X 47î 002
- C2 X TT2
- 900
- - X r ^ g X 10^ 981
- c2 x TI2 ^ 8.829 _ 8.829 ~9,8~ c25s 900 30.
- Dans un tuyau de 20 cm de diamètre, il suffit donc que la vitesse atteigne 30 tours par minute pour que le béton commence à prendre la forme d’un tube cylindrique. Avec les moteurs électriques d’entraînement des moules, une telle vitesse est bien atteinte en quelques secondes.
- Pour revenir à la fabrication du tuyau armé, on voit donc que, dans le procédé STAC, les opérations de fabrication proprement dite des tuyaux armés
- p.136 - vue 136/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 137
- et non armés sont rigoureusement les mêmes, et il ne faut pas plus de temps pour exécuter un tuyau armé résistant à 10 kg : cm2 de pression que pour un tuyau sans armature.
- IlÉSULTATS OBTENUS.
- Tuyaux STAC non armés. — Nous avons dit déjà que ces tuyaux étaient aussi étanches que le grès, plus légers que les tuyaux pilonnés ordinaires et aussi solides que ces derniers car quoiqu’ils soient plus minces, leur béton, remarquablement serré et homogène, est extrêmement résistant. Leur prix de revient est cependant le même que celui des tuyaux pilonnés mécaniquement. Ainsi, et à titre de comparaison :
- Un tuyau de grès de 10 cm de diamètre et de 1 m de longueur se vend environ 8 à 10 fr;
- Un tuyau pilonné de même diamètre se vend couramment environ 5 fr. ;
- Un tuyau centrifugé, qui remplace indifféremment l’un et l’autre, avec l’étanchéité et la légèreté du premier jointes à la solidité du deuxième, se vend le même prix que ce dernier.
- Ces tuyaux se font couramment depuis 6 cm jusqu’à 1 m de diamètre; la précision du calibrage est de l’ordre du millimètre, ce qui prouve l’inutilité du cylindre calibreur de Hume.
- Ils se font aussi bien en bouts de quelques centimètres de longueur qu’en bouts de 1 m.
- On les fabrique à bouts coupés droits, à emboîtement conique, à emboîtement à collet, pour remplacer en tout le tuyau de grès, et ceci sans difficulté.
- Ils servent pour toutes canalisations enterrées ou non; leur résistance à l’écrasement est considérable. Ainsi, nous n’avons pu faire craquer un tuyau de 30 cm de diamètre enfoui sous 20 cm de terre légèrement pilonnée avec une charge de 4 t répartie sur la longueur du tuyau d’une part, et 80 cm de largeur d’autre part. A cette pression, c’est le levier de charge de la machine d’essai qui a fléchi, mais le tuyau a été retiré indemne.
- Tuyaux non armés spéciaux. — En interposant des lamelles convenables dans le moule, on peut aisément obtenir toutes sortes d’objets : demi-tuyaux, tuyaux perforés pour drainage, culottes, tés, branchements, coudes, etc. (fig. 14).
- L’extérieur du tuyau peut être de forme quelconque, carrée par exemple, la cavité étant seule cylindrique. Ceci permet entre autres de fabriquer des agglomérés évidés destinés à la construction des habitations.
- p.137 - vue 137/899
-
-
-
- 138
- TUYAUX DE CIMENT CENTRIFUGÉS. — FÉVRIER 192t.
- Tuyaux STAC armés. — Les usages du tuyau non armé sont extrêmement nombreux, mais en tuyaux armés le champ est immense, illimité, tant sont nombreuses les applications.
- Nous fabriquons couramment des tuyaux armés en bouts de 1,2, 3 m, de 5 à •40 cm de diamètre intérieur, résistant à 5 ou 10 kg: cm2 de pression intérieure.
- La pression de 10 kg : cm2 n’est nullement une limite : nous fabriquons tout aussi bien des tuyaux résistant à 15 et même 20 kg : cm’ de pression
- Fig. 14. — Échantillons de produits centrifugés STAC non armés (Tuyaux avec et sans collets, demi-tuyaux, bagues, tés, coudes plans et gauches).
- intérieure. Si leur fabrication est moins courante, c’est qu’ils sont beaucoup moins demandés.
- Le tuyau armé à 10 kg : cm'2 de pression remplace le tuyau de fonte dans toutes ses applications tout en étant beaucoup moins coûteux et plus résistant. Par exemple, nous avons déjà eu à en fournir pour des canalisations de distribution d’eau sous pression, dans les villes. Le tuyau armé de grand diamètre peut s’employer aussi bien que celui qui est fait sur place pour les canalisations des turbines que j’avais citées en exemple.
- Tuyaux armés spéciaux. — Mais on en fait et on peut en faire encore bien d’autres choses. On en fait des poteaux creux à section extérieure ronde ou carrée comme il est d’usage.
- p.138 - vue 138/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CEN T RI El GATION.
- 139
- Dans le même genre d’application on en fait des cadres de mines et c’est là une application formidable.
- On en fait des descentes d’eau pluviale des gouttières, des poteaux télégraphiques, car il est facile de les faire venir avec emboîtement et de les souder ensuite de façon à obtenir des poteaux d’une dizaine de mètres de hauteur.
- On en fait des tubes pour le transport des pneumatiques dans Paris, des gaines de passage pour les câbles téléphoniques.
- Nous avons cité tout à l’heure les agglomérés creux : on fait également
- Fig. 15. — Colonnes décoratives centrifugées.
- des colonnes décoratives (fig. 13). Rien de plus facile en effet que de faire mouler un caoutchouc suivant le dessin qu’on veut obtenir et d’avoir par suite des cannelures ou tous autres dessins. Gomme nous le disions, le champ d’exploitation des tuyaux armés centrifugés est illimité.
- Pièces de jonction. — Pour les tuyaux non armés destinés à remplacer le grès, il a fallu créer des coudes. Pour les tuyaux armés remplaçant la fonte, il a fallu créer des joints résistant à la pression.
- Voici comment la question a été résolue dans le procédé STAC.
- a) Coudes. — On a réussi par un artifice ingénieux à résoudre cette question délicate. Dans un moule à tuyau ordinaire, on interpose des anneaux emboutis, ayant la forme et la position de la figure 16.
- p.139 - vue 139/899
-
-
-
- 140
- TUYAUX DU CIMENT CKNTIUFUUKS.
- FÉVRIER 1924.
- On centrifuge comme d'habitude et on obtient, au démoulage, une série de pièces de la forme de la ligure 10, A.
- Au lieu d’assembler entre elles ces pièces (qui sont à emboîtement) selon la disposition qu’elles avaient dans le moule, on les accole en mettant toutes
- A
- Fig. 16. — Fabrication des coudes.
- les petites génératrices d’un même coté (fîg. 16, B). On obtient ainsi un coude polygonal dont les emboîtements sont parfaits, et un simple lait de ciment suffit à rendre l’assemblage définitif.
- Suivant le nombre d’éléments, le coude est plus ou moins ouvert, à l’angle voulu, et rien n’empèche de faire un coude gauche aussi bien qu’un coude plan.
- b) Joints à pression. — Avec les tuyaux armés pour faible pression (1 à '1 kg: cm2) on peut employer un joint centrifugé fort ingénieux. Pendant la
- centrifugation, on fait prendre dans le ciment deux anneaux de caoutchouc représentés figure 17, A.
- Il suffit alors d'emboîter les tuyaux à réunir sur cette bague dont le caoutchouc se replie à la façon d’un cuir embouti selon la figure 17, B et assure l’étanchéité.
- p.140 - vue 140/899
-
-
-
- LA FABRICATION DFS TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 141
- Pour les pressions plus élevées, on a recours à des joints métalliques du genre de ceux qui sont employés avec les tuyaux de fonte.
- Quelques chiffres de résultats et de comparaisons.
- Poids comparés. — Voici quelques chiffres de comparaison :
- TUYAUX EX CIMENT PILONNE
- Diamètre. Poids.
- TUYAUX STAC
- Diamètre. Poids.
- 15 cm 30 à 50 kg
- 20 cm 55 à 80 —
- 30 cm 90 à 110 —
- 15 cm 18 kg
- 20 cm 30 —
- 30 cm 50 —
- Essais de résistance à Vécrasement de tuyaux nonarmés. — 1° Tuyau STAC de 20 cm de diamètre recouvert de 30 cm de terre pilonnée; résistance supérieure à 3 t de charge par mètre courant.
- 2° Tuyau STAC de 30 cm de diamètre recouvert de 30 cm de terre très légèrement pilonnée : résistance supérieure à 4 t de charge par mètre courant.
- 3° Tuyau STAC de 30 cm de diamètre et de 25 mm d’épaisseur posé entre deux plateaux de bois appuyant suivant deux génératrices opposées et sans interposition de terre en aucun endroit, l’essai ayant lieu à l’air libre : rupture entre 800 et 1.000 kg de charge suivant les échantillons.
- Résistance aux charges roulantes de tuyaux non armés. — Tuyau de 20 cm sous 20 cm de terre pilonnée : passage sans inconvénient de camions chargés pesant 5, 7, puis 8 t; la canalisation résiste parfaitement.
- Même expérience et même résultat avec tuyaux de 30 cm.
- Résistance de tuyaux armés dans les mêmes conditions (Ecrasement). — La résistance était supérieure aux moyens de mesure.
- Un tuyau armé pour pression interne de 3 kg : cm2, du diamètre intérieur de 10 cm, tombant à plat et en travers de 1,50 m de hauteur sur un rail de chemin de fer ne se brise pas.
- Résistance à la pression interne de tuyaux non armés. — Résistance supérieure à 1 kg: cm2, soit 10 m de hauteur d’eau.
- Selon les échantillons, cette résistance peut atteindre 3 kg: cm2.
- Résistance à la pression interne de tuyaux armés. — Elle varie avec l’importance de l’armature. Avec armature spéciale, la résistance a pu atteindre 26 kg : cm2 de pression interne sans suintements du tuyau.
- p.141 - vue 141/899
-
-
-
- TUYAUX DK CIMENT CENTRIFUGES. — FÉVRIER 1924.
- 142
- Prix comparés. — 1° Tuyau STAC non armé :
- Tuyau pilonné : môme prix.
- Tuyau en grès : 50 à 100 p. 100 plus cher.
- 2° Tuyau STAC pour faible pression (5 kg1 : cm2) : 50 à 100 p. 100 moins cher que le tuyau de fonte.
- 5° Tuyau à forte pression : 40 p. 100 environ moins cher que le tuyau de fonte.
- RÉALISATION INDUSTRIELLE.
- Voici comment a élé réalisé le procédé dans une usine, celle de démet '(Côtes-du-Nord) :
- On fabrique par jour dans cette usine 250 m de tuyaux en ciment. L’usine comporte :
- 5 machines à mouler, mues par des moteurs de 2 ch. L’une d’elles est représentée sur la ligure (i;
- 250 à 300 moules environ. Un moule est visible sur la même figure. Le moule posé sur la machine, chargé à l’aide d’un seau et d’un entonnoir, tourne 3 à 5 minutes.
- Le béton est fourni par une bétonnière mécanique.
- Deux chambres chaudes reçoivent les tuyaux fraîchement moulés. Ils en sont retirés au bout de 24 heures. Ces chambres sont simplement closes par des portes en bois et chauffées par deux poêles (tîg. 18).
- Les tuyaux sont ensuite démoulés et mis dans un parc provisoire où ils durcissent (fig. 19 et 20) quelques jours (à l’abri du soleil en été). Après quoi, ils sont mis en parc (fig. 21) pour durcissement définitif. Leur fabrication est terminée.
- Le personnel nécessaire se compose de six ouvriers, deux ouvrières et un gamin.
- DÉ VELO PPEMENT GOMM ERCI AL.
- Après deux années de mise au point, le procédé imaginé par M. Caron a été exploité industriellement. Voici les résultats de cette exploitation.
- Une usine fonctionne dans les Alpes mais elle est trop petite. On l’agrandit, et sa capacité de production va être portée à plus de 600 m par jour. Elle alimente la région Sud-Est de la France.
- Une autre usine fonctionne dans les Ardennes.
- Une usine, celle du début, celle qui fut le laboratoire, est installée au Pecq et alimente la région parisienne. Elle produit 300 m par jour.
- p.142 - vue 142/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- Fig. 19. — L’opération du démoulage.
- p.143 - vue 143/899
-
-
-
- Fig. 20. — Le parc provisoire de durcissement.
- Fig. 21. — Le parc définitif.
- p.144 - vue 144/899
-
-
-
- LA FABRICATION DES TUYAUX DE CIMENT PAR CENTRIFUGATION.
- 145
- Une quatrième usine, celle des Côtes-du-Nord, qui vient d’être décrite, fournit 250 m de tuyaux par jour. Elle alimente la région bretonne.
- Une cinquième, dans la région de Bordeaux, produira 400 m. Son installation sera terminée dans quelques semaines.
- Une sixième s’établit aux environs de Toulouse.
- Au Maroc, en Algérie, en Egypte, des usines fonctionnent déjà. Les brevets ont également été acquis pour la Belgique et les Pays-Bas. Une usine se monte dans la Sarre.
- Yves Letort,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- p.145 - vue 145/899
-
-
-
- HULL. DE IA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- FÉVRIER 1924.
- LA SOLUTION URGENTE DU PROBLÈME COTONNIER ET LA MISE EN VALEUR DU SOUDAN FRANÇAIS1*
- Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
- L’industrie cotonnière représente en France une branche considérable de l’activité nationale puisqu’elle intéresse 1.200 industriels et 600.000 ouvriers. L’honneur est grand que me fait la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale en me permettant de vous exposer les contre-coups funestes d’une crise cotonnière mondiale sur un groupement aussi important de travailleurs et de capitaux.
- Nous consommons annuellement 25.000 à 30.000 t de fibres de coton, longues soies, et 250.000 t de fibres de coton, soie moyenne. Ces 25.000 ou 30.000 t de coton, longues soies, sont utilisées par des industries spéciales, telles que les fabrications de pneus d’auto, de toiles d’avions, de sacs postaux, en un mot tous travaux nécessitant des numéros de fils très lins; on les trouve aisément sur le marché; elles sont produites par l’Egypte ou les états de l’Est américain.
- Pour ce qui est des 250.000 t de fibres moyennes, utilisées dans le travail courant des cotonnades, près de 9/10 viennent de l’étranger; c’est au cours actuel du coton près de 4 milliards qui pèsent lourdement sur notre devise. Nous n’avons pas lieu d’être particulièrement fiers !... Mais le mal est plus grand encore.
- ^ *
- On constate au fur et à mesure des progrès de l’humanité une augmentation mondiale de la consommation cotonnière ; c’est peut-être là, une preuve de l’amélioration des conditions d’existence de l’ensemble des humains; dans les dernières années, cette consommation est allée en croissant sans cesse. La production mondiale a subi, au contraire, un accroissement inappréciable : le tableau ci-après est particulièrement caractéristique à cet égard.
- La production totale qui était de 4.064.000 t en 1903, est montée à 6.590.000 t en 1913, pour retomber à 4.720.000 t en 1923.
- (1) Communication faite en séance publique par l’auteur le 9 février 1924.
- p.146 - vue 146/899
-
-
-
- LA CULTURE SÈCIIE DU COTONNIER AU SOUDAN FRANÇAIS. 14.-7
- PRODUCTION MONDIALE DE 1903 à 1923.
- Production cotonnière annuelle. 1903 1913 1983
- Tonnes. Tonnes. Tonnes.
- États-Unis 2.500.000 4.200.000 2.600.000
- Indes 632.000 1.042.009 1.039.000
- Égypte 325.000 326.000 325.000
- Çhine 300.000 450.000 312.500
- Russie 119.000 270.000 25.000
- Pays divers 188.000 302.000 419.000
- Production totale 4.064.500 6.590.000 4.720.500
- La régression de la culture du cotonnier est générale mais la production
- totale est particulièrement influencée par le marché américain, qui figurait en 1903 et en 1923 pour plus de 30 p. 100 de la production mondiale et en 1913 pour plus des deux tiers.
- Aux Etats-Unis, en effet, une maladie connue sous le nom de boll weevil (charançon de la capsule) ravage les plantations et gagne 60 km par an. Le manque et le coût élevé de la main-d’œuvre sont un autre facteur.
- Il en résulte, en définitive, que la production augmente moins vite que la consommation et que la quantité de fibres de coton jetée sur le marché mondial diminue sans cesse.
- Ajoutons à cela que tous les pays conducteurs tendent, pour sauvegarder leurs industries, à ne plus exporter de matières premières et à ne plus livrer que des cotonnades manufacturées.
- L’industrie française se trouve donc devant une pénurie de coton qui, si nous n’apportons pas à la crise actuelle un remède urgent, se transformera, à brève échéance, en une véritable disette de coton; ce sera le chômage de milliers de travailleurs, ce sera la ruine de centaines d’industriels et, au lieu d’un tribut annuel de k milliards pour la matière première, ce sera un tribut de peut-être 10 milliards pour les tissus confectionnés.
- Cette crise n’existerait pas que nous aurions le devoir de chercher tous les moyens d’éviter ce tribut; par surcroît la* crise existe et demande une solution urgente.
- Des héros, aux temps héroïques de nos colonies, donnèrent à la France les marches d’Afrique et d’Asie. Ce serait démériter des sacrifices de ces hommes d’énergie qui, avec des moyens matériels d’une insuffisance déconcertante, nous donnèrent le bel empire colonial que nous avons si, au lendemain de la guerre, nous ne nous mettions à l’œuvre de mise en valeur économique de nos riches possessions d’outremer. Le magistral programme du ministre Sarraut a été déposé sur le Bureeu de la Chambre; il importe, pour l’avenir de notre patrie, de passer au plus vite à son étude et à sa réalisation.
- p.147 - vue 147/899
-
-
-
- 148
- LE PROBLÈME COTONNIER. — FÉVRIER 1924.
- Nous risquerions de nous voir accuser, par des états bâtisseurs d’empires, de manquer à notre rôle de colonisateurs et ces états, malgré notre passé, malgré notre œuvre de pacification et d’émancipation des races primitives, n’admettraient pas, le jour venu, que de riches domaines soumis à notre autorité continuent à sommeiller dans l’état économique rudimentaire, où par notre faute, nous les aurions laissés.
- Le Cambodge, les îles du Pacifique, l’Afrique occidentale, le Nord de l’Afrique même peuvent nous donner les cotons moyens dont nous avons besoin.
- Je laisse de côté l’Indochine fort avantagée à cet égard, mais qui trouvera un débouché important sur les marchés chinois et japonais. L’Afrique du Nord, tout en fournissant un appoint appréciable, n’aura jamais qu’une production limitée.
- Mais l’Afrique occidentale, par suite de ses conditions naturellement favorables, par suite de sa proximité de la métropole, doit nous procurer le contingent le plus considérable.
- Partout les indigènes y cultivent le coton pour la consommation familiale ; le surplus est vendu sur les marchés et donne lieu à toute une industrie locale de boubous, pagnes ou couvertures, formés de bandes étroites tissées sous l’arbre du palabre par le tisserand primitif, à l’aide du pied et de la main. On y connaît les secrets de la teinture, et l’indigo qu’on y cultive est fort recherché.
- Parcourez les plaines du Sénégal, les rives du Niger et celles du Bani, les plaines de Koutiala, la Haute-Volta, le Dahomey, les montagnes pittoresques du Fouta-Djallon et vous aurez partout le même spectacle : des races, cependant différentes, apportent dans les marchés, en fin d’hivernage, les corbeilles de flocons blancs.
- Dès 1901, il y eut un homme qui comprit le danger auquel était exposée toute une branche de notre activité, M. Esnaul-Pelterie, alors président du Syndicat général de l’Industrie cotonnière. Sous son impulsion fut créée en 1902 et 1903 l’Association cotonnière coloniale dont le but était :
- 1° l’étude et le développement de la culture du coton dans les colonies françaises sous toutes ses formes ;
- 2° favoriser l’achat et l’emploi par l’industrie française du coton récolté dans nos colonies.
- Malgré des moyens insuffisants, l’œuvre d’intérêt national à laquelle l’Association cotonnière coloniale s’est depuis lors consacrée, n’a pas été vaine. Je ne puis énumérer ici tout le matériel d’égrenage qu’avec un budget
- p.148 - vue 148/899
-
-
-
- LA CULTURE SÈCHE DU COTONNIER AU SOUDAN FRANÇAIS. 149
- de l’ordre de 150.000 f elle a fourni d’une façon désintéressée à la Côte d’ivoire, au Dahomey, au Soudan, en Afrique équatoriale française, à Madagascar, aux Somalis, à Djibouti, en Océanie, à la Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides, aux Etablissements français de l’Océanie, au Maroc et en Guyane.
- Mais il convient de constater que si, en 1904, l’A.O.F, n’avait exporté qu’une tonne de coton, en 1923, c’est 800 t qu’elle a livrées à l’industrie française. C’est peu, comparativement aux 250.000 t dont nous avons besoin et cela vous montre le chemin à parcourir encore.... Mais nous pouvons bien affirmer que le mouvement d’opinion en faveur du coton colonial est dû aux efforts persévérants de l’Association cotonnière coloniale.
- Imitant en cela une association anglaise, l’Association cotonnière coloniale vient de devenir un organisme puissant : spontanément, plus de 80 p. 100 des filateurs lui paient 1 f par balle de coton étranger traitée ; ses ressources sont maintenant décuplées (plus de 1.500.000 f) et elle s’organise pour que son œuvre porte rapidement ses fruits.
- On a dit que les industriels ne pouvaient utiliser le coton grossier, non homogène et court que cultivent les indigènes, des personnalités s’en vont le répétant encore, mais je puis déclarer ici, delà façon la plus formelle, que ces assertions sont entièrement fausses.
- Longtemps réfractaires, il est vrai, à l’utilisation des fibres indigènes, les filateurs français se sont mis à les traiter et ils sont tous d’accord pour déclarer qu’elles conviennent fort bien. Je ne crois pas qu’il existe, en la matière, d’avis plus autorisé que celui des intéressés eux-mêmes.
- . Par suite de la nécessité de nous procurer du coton chez nous, par suite des cours élevés pratiqués sur le marché, les commerçants ont pu offrir aux indigènes des prix rémunérateurs et ceux-ci, depuis deux ans, ont augmenté les surfaces cultivées. L’exemple de l’an passé aidant, la multiplication des centres d’engrenage de l’Association cotonnière coloniale facilitant les achats, nul doute que dans les années qui vont venir, le Havre, grand marché du coton, ne voie augmenter considérablement les arrivages du produit indigène.
- Mais nous croyons que la solution urgente que réclame le problème cotonnier, tel que nous l’avons défini tout à l’heure, ne peut être uniquement dans la culture des variétés locales par l’indigène.
- Il faut, en effet, tenir compte des facteurs d’ordre psychologique chez des peuples aussi peu évolués : le noir a peu ou pas de besoin et bien souvent l’appât du gain ne le tente pas; c’est parfois tout juste s’il produit pour vivre ; il arrive même que, dans certains cas, la nécessité de payer l’impôt soit son seul mobile pour se louer pendant huit à quinze jours chez un Euro-Tome 136. — Février 1924. 11
- p.149 - vue 149/899
-
-
-
- 150
- LE PROBLÈME COTONNIER.
- - FÉVRIER il)'2k
- peen. Si les cours venaient abaisser un tant soit peu et si les comptoirs étaient obligés de baisser les prix d’achat, ne comprenant pas le jeu des lois économiques, les indigènes se croiraient volés et cesseraient de produire. Il y a donc de ce côté une œuvre d’éducation de longue haleine pour leur créer des besoins et pour les amener à produire spontanément.
- Avant même d’envisager une sorte de métayage, probablement désirable pour l’avenir, comme cela est pratiqué au Soudan anglo-égyptien, la culture directe par des Européens est la solution qui s’impose, du moins au Soudan français. Il faut y déterminer des méthodes de culture, y faire soi-même école, car on a beaucoup à apprendre dans un pays neuf; il faut aussi éduquer un peuple dont nous sommes les guides, le nourrir et lutter contre les maladies qui le ravagent. Il faut aussi, par l'emploi des tnachines, tirer le meilleur parti d'une population très peu dense.
- Le Soudan français, des rives du Niger aux pays qui s’étendent au sud du Bani, de Bamako à Tombouctou, se prête particulièrement bien à la culture directe du cotonnier; c’est un des pays de la zone intertropicale où l’Européen peut vivre le plus aisément, et c’est celle de nos colonies de l’Afrique occidentale française qui est appelée au développement agricole le plus considérable.
- Le Niger, que d’aucuns baptisent à tort de « nouveau Nil » ou « Nil français » est une voie de sortie très précieuse et peu onéreuse sur laquelle se greffe une patte d’oie à trois branches d’évacuation vers la côte :
- Le chemin de fer Dakar-Niger, maintenant terminé;
- Le Niger jusqu'à Ivouroussa et le chemin de fer Eonakry-Niger ;
- Enfin le ileuve Sénégal jusqu’à Kay es qui, d’ailleurs est navigable, deux mois de l’année, pour les bateaux de haute mer.
- Pour toutes ces raisons les Pouvoirs publics se sont préoccupés avant tout de sa mise en valeur. D’une mission, sortit un vaste projet d’aménagement delà vallée moyenne du Niger en vue de la culture irriguée du cotonnier.
- Il s’agit de barrer le Niger, près de Bamako, dans les roches des rapides de Sotuba, de construire un canal de 20(1 km de longueur, dit Eanal de Ségou, qui d’ailleurs franchit une vallée et passe au liane des collines qui forment un couloir étroit jusqu’à Ségou. Là, un ouvrage de chute permet d’abaisser le plan d’eau qu’on a dù conserver à une cote suffisamment élevée par suite de considérations topographiques; delà part le système d’irrigation de la rive droite. Pour conduire l’eau sur la rive gauche, dans le canal dit de Nyamina, un siphon sous le Niger a été envisagé. Et un autre barrage vers Sansanding retiendrait l’eau pour un autre canal, dit canal de Sansan-ding, aussi sur la rive gauche.
- p.150 - vue 150/899
-
-
-
- LA CU LT U HL SÈCHE DU COTONNIER AU SOUDAN FRANÇAIS.
- loi
- Le projet prévoit, avant toute mise en culture, une dépense de 800 millions et un délai de réalisation de 80 ans, probablement d’ailleurs dépassés l’un et l’autre.
- Il faut rendre hommage à la hardiesse de vues des éminents ingénieurs qui ont conçu ce projet, mais qu’il nous soit permis de dire que si la réalisation de tels projets est peut-être souhaitable pour l’amélioration agricole de l’ensemble du pays, il n’en reste pas moins vrai qu’ils n’ont que de très lointains rapports avec la crise cotonnière actuelle qui, nous l’avons dit, réclame une solution urgente. Que sera le marché du coton dans trente ans?... Où en sera notre industrie cotonnière dans trente ans?...
- Bien qu’il soit probablement nécessaire de faire appel non pas à 300 millions, mais à 600 millions, nous ne croyons pas que ce soit là un grave obstacle à la réalisation, puisque nous payons 4 milliards chaque année à l’étranger; mais, en dehors du délai demandé, songeons aussi au problème de la main-d’œuvre. C’est la suppression complète de toute agriculture, pendant cette longue période, par l’immobilisation de la main-d’œuvre qu’il faudra, d’ailleurs nourrir, et cette main-d’œuvre, sortie du cadre agricole où elle vivait, à l’époque où il faudra qu’elle y revienne, n’aura-t-elle pas perdu cette attache à la terre qui fait la force du Soudanais? N’aura-t-il pas pris sur les chantiers ce que l’émancipation mal comprise peut causer de néfaste chez des peuples primitifs?
- Nous croyons qu’il y a à la base de ce projet d’irrigation une erreur capitale. Elle n’est pas d’ordre technique : elle est d’ordre agricole. Il eût fallu, avant de s’engager dans cette voie, déterminer si l’arrosage artificiel était imposé par les conditions de végétation du cotonnier. Or, aucun essai véritablement comparatif n’a jamais été fait dans ce sens et, d’une expérimentation fragmentaire mais non décisive, des conclusions absolues ont été tirées.
- • Nous ne déclarons donc pas formellement que la réalisation de ce vaste projet d’irrigation n’apporterait pas un supplément de récolte justifiant les dépenses, le temps et la main-d’œuvre qu’elle comporte, mais nous déclarons que cela reste à prouver et, au surplus, nous croyons que, pour la solution du problème cotonnier, elle ne s’impose nullement et qu’elle n’est même pas justifiée à l’heure présente.
- Il résulte, par contre, de tout un ensemble d’observations et de considérations agricoles, physiologiques et climatériques, que l’irrigation serait, dans certains cas, plus nuisible qu’utile, en créant à la plante un milieu artificiel qui modifierait profondément les conditions de sa croissance, la rendant plus sensible aux maladies parasitaires et aux variations atmosphériques, et qu’avec les seules pluies, le minimum de main-d’œuvre et de capitaux, dans un délai très court, on pourrait produire, d’une façon très
- p.151 - vue 151/899
-
-
-
- 132
- LE PROBLÈME COTONNIER. — FÉVRIER 1924.
- rémunératrice, une très grande quantité de libres de coton du type commercial moyen (28-29) réclamé par notre industrie.
- Alors qu’en Egypte, il ne pleut pas ou presque pas, au Soudan, il tombe,
- à- &>. Cc+£tlL>ie^ êcÂe~
- J &nî>t.Ê.5 ci /! ê t ol
- Croquis indiquant les territoires les plus propices à la cultu e sèche du cotonnier, ceux où l’irrigation s'impose et les centres d’achats et d’égrenage du coton indigène.
- au sud-ouest de l’isohyète de 730 mm passant vers Sansanding, plus de 730 mm d’eau répartis régulièrement pendant les cinq mois de la végétation du cotonnier; plus on va vers le sud, plus il pleut et plus la période des pluies est longue.
- En s’éloignant de Sansanding sur le Niger et en allant vers Tombouctou, la quantité et la période des précipitations diminuent et on se trouve dans
- p.152 - vue 152/899
-
-
-
- LA CULTURE SÈCHE DU COTONNIER AU SOUDAN FRANÇAIS. 153
- les conditions de la Haute-Égypte et du Soudan anglo-égyptien. Le système d’irrigation par pompage, d’aménagement rapide quoique onéreux, y est parfaitement à sa place pour la production de riches variétés. C’est ce système que la Société de Culture cotonnière du Niger a adopté sur son importante concession de Diré, près de Tombouctou.
- Là, les conditions climatériques imposent l’arrosage artificiel; là, la siccité de l’atmosphère le justifie et lui donne toute sa valeur; pour les mêmes raisons, le coton égyptien y vient bien et se trouve dans un milieu rappelant celui de son origine; végétant mieux, il y est également moins sujet aux maladies cryptogamiques.que partout ailleurs. Là, le Niger, qui roule peu de limon, a néanmoins, faute de courant, déposé sur d’assez vastes étendues, un sol de quelques centimètres d’épaisseur relativement riche. Là encore, le plan d’eau est peu au-dessous de celui du terrain et les frais de pompage sont assez faibles ; le volant constitué par la grande étendue de la nappe d’eau dans ces régions prolonge sensiblement la période des crues et par suite la période du pompage facile.
- Mais si nous passons dans la première des régions que nous venons approximativement de séparer de l’autre, par l’isohyète de 750 mm dite région deltaïque, nous nous trouvons en présence de vastes territoires dont certains sont extrêmement riches et peuplés et d’évacuation facile, où le coton est cultivé de temps immémorial par l’indigène avec le seul secours des pluies qui tombent approximativement, nous l’avons dit, pendant la durée de la végétation. Il y a cependant, dit-on, une soudure à faire : les pluies cessent alors que le cotonnier continue encore à végéter. Cela est vrai, mais il faut tenir compte du fait que la plante a terminé son développement foliacé, que l’atmosphère est encore chargée d’humidité, que le sol est gorgé d’eau et que les racines ont atteint une grande profondeur; c’est ce qui permet d’ailleurs au cotonnier indigène de terminer son évolution normalement. Les changements des conditions ambiantes : sécheresse et froid favorisent la formation des capsules et la sécheresse favorise la récolte.
- Lorsque l’Européen se livre à la culture sèche de ces variétés locales, acclimatées de longue date, avec des méthodes moins primitives que celles de l’indigène, il améliore beaucoup le rendement, la qualité et l’homogénéité. Ce serait méconnaître les résultats obtenus par les colons de Kay es que de nier ce fait. Seules, ces méthodes culturales seraient cependant impuissantes à nous donner les produits auxquels nous devons prétendre et Vcivenir de la culture cotonnière au Soudan réside inéluctablement dans la sélection individuelle des variétés locales suivant les données de la génétique. Ces méthodes n’ont-elles pas modifié profondément l’agriculture française grâce aux travaux de nos savants?
- p.153 - vue 153/899
-
-
-
- LE PROBLÈME COTONNIER. — FÉVRIER 1924.
- 154
- Il s’agit ici de sélections individuelles, à l’exclusion de toute autre, telle que la sélection en masse, qui ne procure aucun résultat (c’est un triage qui ne fait qu’éloigner les sujets particulièrement inférieurs). Cinq à sept ans suffiront, à des hommes éclairés pour que nous possédions les variétés de culture facile, rémunératrices et sans aléas, répondant aux desiderata du marché.
- Ce sera l’œuvre la plus féconde des fermes expérimentales de l’Administration de l’Agriculture et de l’Association cotonnière coloniale comme celle qu’elle installe dans la riche province de Koutiala. Regrettons que ce travail n'ait pas encore été entrepris.
- Et tout en cultivant des variétés indigènes que nous sélectionnerons, nous pouvons introduire d'Amérique des variétés hâtives choisies dans les régions dont le climat rappelle celui du Soudan. Il en existe de ces variétés qui furent créées (dans cette infinité de climats que l’on trouve depuis les régions très humides de la Floride jusqu’aux déserts de l’Ouest) par des sélectionneurs et des hyhrideurs habiles; il en existe qui, dès la première année, donnent d’intéressants rendements, rendements qui s’amélioreront avec l’acclimatation. Des croisements de ces variétés avec les variétés locales acclimatées de longue date sortiront des hybrides dont certains seront probablement remarquables et qu’il suffirait de fixer.
- Le choix des variétés hâtives est imposé par la nécessité de faire coïncider au mieux le cycle de la végétation avec la période des pluies. Mais dans toute introduction il faut être d’une prudence extrême ; il faut éviter l’apparition des maladies étrangères; il faut, pour cela, une police sanitaire impitoyable; il faut, à la côte, une barrière de désinfection infranchissable; le service de phytopathologie de Paris et du Havre serait impuissant à nous préserver du danger. Il faut aussi éviter les croisements non voulus et pour cela, il faut éloigner entre eux, d’au moins 300 m, les champs de variétés différentes et il faut faire disparaître les graines qui ne doivent pas être utilisées pour les semis.
- La mise en valeur du Soudan français peut être réalisée rapidement par une élite d’hommes capables. Trois sources d’efforts doivent concourir au succès; les Pouvoirs administratifs, les associations de filateurs, les colons.
- En prolongeant le rail dans la région Niger-Bani et au sud vers Koutiala, les Pouvoirs administratifs permettraient le drainage facile des produits de cette riche région. Toutes les études d’intérêt général sont du ressort de l’Administration et des associations qui, en créant des fermes de sélection, procureraient rapidement aux colons les variétés rustiques de type courant que ceux-ci pourraient produire en culture sèche, d’une façon rémunératrice.
- p.154 - vue 154/899
-
-
-
- UA CULTURE SÈCHE DU COTONNIER AU SOUDAN FRANÇAIS.
- 155
- En envoyant en Amérique des spécialistes qui étudieraient les méthodes de sélection et d’hybridation et qui rapporteraient des variétés semblant le mieux convenir aux conditions de l’A. O. F., ils obtiendraient très rapidement d’autres variétés dont plusieurs seraient certainement à retenir.
- Un service de désinfection à la côte et un service de phytopathologie s’imposeraient pour lutter contre toute maladie qui viendrait à se déclarer.
- Les colons, pour le succès de leurs entreprises, auront à tenir compte de facteurs importants :
- En premier lieu, le choix des terrains pour la culture sèche doit porter, dans les régions humides définies plus haut, sur les terres légères et profondes, riches en humus. La facilité d’accès imposerait le voisinage du Niger; les conditions de sol et de climat permettent de s’étendre avec avantage dans les territoires du Bani et du sud.
- Pour attirer et fixer la population indigène, ils auront intérêt à faire entrer dans leurs assolements des cultures vivrières.
- Pour maintenir la fertilité du sol, il devront avoir recours, faute d’engrais, à des cultures de légumineuses améliorantes.
- Ils devront s’adresser au début à des variétés de cotonniers indigènes et à certaines variétés hâtives américaines qui seront petit à petit remplacées par des variétés meilleures créées dans les stations expérimentales; celles-ci leur indiqueront en outre les meilleures méthodes à pratiquer.
- Enfin, pour tirer le meilleur parti d’une main-d’œuvre peu abondante, pour pratiquer économiquement des façons nombreuses qui sont nécessaires à la culture du cotonnier, ils devront avoir recours au machinisme. Il faudrait également que nos constructeurs, comprenant le débouché qui va s’offrir à eux, étudient un matériel adapté ; les Américains sont allés jusqu’à concevoir des machines pour la cueillette.
- En résumé, le problème cotonnier qui est actuel et urgent ne trouve pas sa solution dans les grands travaux d’irrigation de la vallée moyenne du Niger qui sont de réalisation trop lointaine et qui ne s’y imposent pas nettement.
- La culture du cotonnier est, en temps normal, une pauvre culture qui ne justifierait pas des frais de premier établissement trop considérables.
- Les hauts cours actuels rendent possible, par contre, l’amortissement très rapide d’entreprises qui se mettraient à produire sans délai.
- Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour nous affranchir rapidement de l’étranger, et les régions dont nous avons parlé devront y contribuer dans une large part si :
- p.155 - vue 155/899
-
-
-
- 156
- LE PROBLÈME COTONNIER. — FÉVRIER 1924.
- 1° Nous intensifions partout la production des variétés indigènes par l’indigène;
- 2° Si surtout nous nous livrons à la culture sèche directe des variétés indigènes sélectionnées et aussi des variétés américaines hâtives, croisées, au besoin, avec les variétés autochtones (1).
- Pierre E. Rignault,
- Ingénieur-agronome.
- (1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Waddinglon, président de l’Association cotonnière coloniale, est rentré d’A. O. F. où il a accompli un important voyage d’études. Une subvention de plusieurs millions vient d’être accordée à cette association qui va installer de nombreuses usines d’égrenage, notamment à Ouagadougou, Sikasso, Bougouni.
- p.156 - vue 156/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — FÉVRIER 1924.
- RECHERCHES SUR LES MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES
- PAR
- Max K INGELMANN, membre du Conseil.
- M. Henry Le Chatelier, président du Comité des Arts chimiques de notre Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, qui s’intéresse beaucoup à toutes les questions touchant à la sidérurgie, me demanda, il y a quelque temps, quelles étaient les caractéristiques des principaux métaux employés dans la construction des machines agricoles.
- Ma réponse fut fort simple : on n’en savait rien ; peut-être que je pourrais être renseigné confidentiellement. Je tins M. Le Chatelier au courant des résultats d’une petite enquête préalable : presque tous les intéressés utilisaient des aciers et des fontes de différentes marques sans grand souci de leurs caractéristiques; leur choix était basé à la fois sur leur expérience antérieure, surtout au sujet de la facilité de la mise en œuvre des matériaux, et sur les prix auxquels leur revenaient les fournitures.
- Je fis observer qu’il ne peut pas y avoir une seule catégorie de métaux à recommander, ayant des caractéristiques comprises entre des limites assez étroites, comme s’il s’agissait de tôles pour chaudières à vapeur, de bandages de roues ou de rails de chemins de fer par exemple, mais qu’il doit exister plusieurs catégories correspondant au travail qu’on demande aux différentes pièces qui entrent dans la construction des machines agricoles.
- En principe général, comme les machines agricoles doivent être aussi légères que possible, tout en présentant les résistances suffisantes, il n’y a aucun intérêt, mais toujours des inconvénients, à augmenter utilement le poids des pièces qui n’agissent que par pression et non par percussion.
- Dans une machine quelconque nous trouvons des pièces travaillantes assemblées par des pièces dites de liaison. Toutes les parties de la machine doivent résister à différents efforts : extension, compression, flexion, torsion, et sont, sous ce rapport, d’un calcul assez facile connaissant la grandeur des efforts et les résistances propres des matériaux employés.
- p.157 - vue 157/899
-
-
-
- 158
- MÉTAUX DES MACHINES AGRICOLES. — EÉYHIER 1924.
- En plus des efforts précédents, les pièces travaillantes doivent résister à Y usure par frottement, soit contre d’autres pièces de la machine, soit contre d’autres matériaux : terre, herbes, pailles, etc.
- Il y a donc, dans le problème posé, deux genres de caractéristiques à fixer suivant la nature du travail à demander aux pièces de nos machines agricoles : les résistances aux efforts et celles à l’usure. Les premières seraient relativement faciles à déterminer selon les efforts moyens et maxima auxquels sont soumises les pièces considérées; les secondes demandent une étude spéciale qui n’a pas encore été entreprise.
- L’examen des formes et des dimensions les plus convenables à donner aux pièces travaillantes des machines agicoles est en dehors de ce programme; cette question fait l’objet de mes études commencées dès 1881 ; elle est détaillée dans une partie de mon Cours de Génie rural à l’Institut national agronomique.
- Mis au courant de ce qui vient d’ètre exposé, M. Le Chatelier proposa, le 12 mai 1919, au Comité des Arts chimiques, de mettre un crédit à ma disposition pour des Recherches sur la nature des métaux employés dans la construction des machines agricoles ; il appuyait cette demande de subvention du rapport suivant :
- « Avant la guerre, beaucoup de machines agricoles nous venaient de l’étranger. Aujourd’hui, on est d’accord sur l’opportunité de développer chez nous cette industrie. Le besoin de machines pour compenser la diminution de la main-d’œuvre dans les campagnes et la nécessité de réduire les importations pour améliorer notre change sont bien reconnus. Mais il ne suffit pas de se donner comme programme de faire beaucoup de machines agricoles en France; il faut encore les fabriquer de bonne qualité. Elles ne doivent le céder en rien aux machines étrangères. Or les qualités de toutes machines et plus encore celles des machines agricoles ne dépendent pas seulement de leur agencement général, mais beaucoup aussi de la qualité des matériaux employés. Les chocs incessants contre les pierres rencontrées dans le sol, l'usure par frottement dans les terres exigent l’emploi de métaux de toute première qualité et d’une nuance bien appropriée à l'usage de chaque pièce.
- « Nos fabricants, généralement peu au courant des questions métallurgiques, sont embarrassés pour le choix de ces métaux et le traitement à leur faire subir. On leur rendrait un grand service, et par là à toute l’industrie française, en leur fournissant des indications précises sur les métaux à employer. Potir arriver à connaître les métaux les plus convenables à chaque emploi, il suffit de déterminer, au moyen de quelques mesures, la nature exacte des différentes pièces des machines françaises ou étrangères reconnues comme les meilleures. On contrôlerait les résultats de cette élude en examinant comparativement la nature des pièces ayant fait un mauvais usage à l’emploi et occasionné des accidents.
- (( Cette élude consisterait à déterminer les constantes physiques des échantillons choisis de façon à en caractériser la nature exacte; composition chimique et traitements thermiques, de façon à permettre aux constructeurs de se procurer à coup sûr des métaux répondant aux qualités reconnues les meilleures. Dans tous les cas
- p.158 - vue 158/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 159
- on ferait la mesure de la dureté à la bille et l’essai de fragilité sur barreaux entaillés. Dans certains cas, on compléterait cette première détermination par des essais métallographiques et au besoin par des analyses chimiques, quand l'examen métal-lograpliique n'aurait pas permis de reconnaître la nature chimique exacte des échantillons.
- (( Ces essais pourraient être faits au laboratoire de M. Ringelmann où se trouvent déjà les machines nécessaires pour les essais mécaniques. D’autres laboratoires apporteraient leur concours pour les examens microscopiques et les analyses chimiques.
- « Pour subvenir aux dépenses que nécessitera cette étude, la Société d’Encoura-gement met à la disposition de M. Ringelmann une somme de 3.000 f qu’il emploiera au mieux, en vue du but à atteindre, tant pour la réunion des échantillons que pour l’exécution des essais. Les résultats obtenus seront communiqués à la Société d’Encouragement qui pourra les publier dans son Bulletin et les mettre de toutes façons à la disposition des intéressés. »
- j’ai entrepris les essais en question. Gomme un grand nombre de résultats sont déjà obtenus, sans attendre la fin de ces recherches forcément très longues, je puis donner dans ce rapport le résumé des constatations déjà faites.
- Je suis parti du principe suivant : avant la guerre, alors que les cours des métaux étaient pour ainsi dire stabilisés relativement à ceux actuels incessamment influencés par le change, les constructeurs n’avaient que l’embarras du choix des diverses matières premières devant alimenter leur fabrication; ils ont donc pu, par expérience et à la suite des observations de leur clientèle, chercher à éliminer les matériaux reconnus médiocres ou moins bons pour se cantonner dans l’emploi d’un petit nombre de ceux dont les pièces qui en provenaient auraient donné satisfaction à la culture.
- Il s’agissait donc de réunir des échantillons de diverses pièces de machines agricoles vendues avant la guerre.
- Pour être certain de l’origine et de l’àge de ces pièces, je ne pouvais avoir recours qu’à de mes anciens élèves, agriculteurs, comprenant mon programme, et à des amis. Malheureusement, malgré toutes mes démarches et les bonnes volontés que j’ai rencontrées, la collection n’a pu être aussi complète que je le désirais, car, pendant la guerre, de nombreux marchands ont sillonné le pays pour acheter à des prix relativement élevés les vieilles machines agricoles et leurs pièces séparées, de sorte que je n’ai pu avoir que ce qu’ils avaient oublié dans les fermes.
- Il est bon d’ajouter que trois constructeurs de machines agricoles, qui
- p.159 - vue 159/899
-
-
-
- 160
- MÉTAUX DES MACHINES AGRICOLES. — FÉVRIER 1924.
- me connaissent depuis longtemps, m’ont fourni des échantillons authentiques et un seulement après un appel général à leur chambre syndicale; c’est plutôt, je crois, de l’indifférence de la part des autres pour le but poursuivi, lequel pouvait leur être d’une grande utilité, que la crainte que je démontre la médiocre qualité des matériaux qu’ils emploient.
- J’ai pu obtenir quelques pièces de machines à peine usagées en fournissant à leur place, à leur propriétaire, des pièces de rechange neuves.
- Un grand nombre d’échantillons d’origine certaine a été cependant réuni ; ils ont été préparés pour les essais à la bille effectués en plusieurs points pour chaque pièce.
- Beaucoup d’échantillons se présentaient avec une origine douteuse ; j’ai préféré les éliminer systématiquement des tableaux ci-après, d’autant plus que j’en ai réservé le plus grand nombre aux essais préliminaires destinés à familiariser mes aides (1) avec la méthode expérimentale.
- La publication de tous les chiffres constatés serait longue et d’une lecture fastidieuse. D’autre part, après un premier manuscrit, qui était préparé depuis un an, j’ai eu un scrupule qui m’obligea à remanier le travail pour en modifier le mode de présentation. J’avais l’intention de donner les noms des constructeurs des pièces expérimentées; or, certains résultats sont défavorables à des ateliers réputés comme fournissant du bon matériel et, inversement pour d’autres, de fabrication médiocre ou ordinaire, les pièces examinées ont été reconnues très bonnes; cela tient à ce que les caractéristiques seules des métaux employés ne sont pas des données suffisantes et il faut considérer les formes et les dimensions des pièces pour comprendre l’opinion émise par les agriculteurs sur l’usage des machines auxquelles elles appartiennent.
- Je me suis donc résolu à ne citer aucun nom; les numéros qui désignent les échantillons ne sont que des références à ma liste détaillée.
- Par contre, j’ai indiqué l’origine française f ou étrangère des pièces: a, Angleterre; b, Allemagne; u, Etats-Unis; c, Canada.
- Je donne, en parallèle, les chiffres relatifs aux pièces de machines fabriquées avant la guerre et celles provenant du matériel construit pendant ou après la guerre.
- Dans ce qui suit je n’indique que les valeurs moyennes de la dureté A et de la résistance K relevées dans les diverses parties de la pièce examinée lorsque ces valeurs présentent assez peu de variation pour qu’on puisse
- (l) J'ai été aidé clans ces essais par mes anciens élèves, Ingénieurs-agronomes, diplômés de la Section d’Application de Mécanique agricole : MM. René Greilsammer et Jacques Bullier, auxquels j’ai fait suivre préalablement le cours de M. Guillet, et par M. Gustave Popineau; d’autres élèves de la Section d’Application ont aidé à ces essais d’une façon discontinue.
- p.160 - vue 160/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYAS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 1.6:1
- considérer la pièce comme homogène; dans le cas contraire, j’indique les résistances extrêmes constatées.
- La dureté A, exprimée d’après l’épreuve à la bille de 10 mm sous la charge de 3.000 kg (1), permet la comparaison de la qualité du métal d’une pièce à une autre (2).
- Par suite des formes et des dimensions des pièces, ou de leur dureté, il n’a pas été possible de découper des échantillons de dimensions déterminées pour procéder aux essais désirables sur barreaux entaillés ou sur barreaux pleins, avant et après traitements thermiques donnant une indication sur la résilience et, par suite, sur la fragilité des métaux considérés.
- (1) L'appareil de mon laboratoire qui a servi aux essais à la bille de Brinell, est celui de notre collègue M. R. Guillery, du Comité des Arts mécaniques, dont les diverses machines pour essais des métaux ont fait l’objet d’un rapport de notre collègue M. E. Sauvage dans le Bulletin de mai-juin 1917, page 489.
- (2) Pour rendre les comparaisons rapides, je rappelle ci-dessous les moyennes généralement admises pour les aciers et les fontes afin qu’on puisse y rapporter les résultats de mes essais (pour les fontes, la valeur de R n’a pas grande signification; il n’en est pas de même de la dureté).
- A R
- Aciers durs trempés.................................... 600 à 800 —
- — — trempés et revenus....................... 300 à 600 —
- — — et recuits....................................... 205 70
- — doux............................................... 130 45
- coulé 4' classe.................................... 170 57
- — — 2e classe................................... 120 42
- — au nickel 25 p. 100................................ 170 80
- Fonte aciérée.......................................... 160 à 210 —
- — dure ou blanche.................................... 280 —
- — ordinaire ou grise................................. 210 —
- — malléable.......................................... 150 —
- p.161 - vue 161/899
-
-
-
- 102
- MÉTAUX DES .MACHINES AHHICOEES. — FÉVIUKK 1024. PIÈCES DES MACHINES CONST1UIITES
- AVANT 1. A G U EH H K Valeur de
- Observations.
- Pièces.
- APHES l.A GU EH H K Valeur de
- ( ibservations.
- 181-1-/'
- 181-2-/'
- 170 s i (»:î / 170
- 16-/' \ Construclion ' de 1S98. (
- >7-f . (
- Construclion < de 1010. (
- rl-f
- 210-/'
- il-/'
- 180-1-/'
- 18 0-2-/'
- O i
- 4 o 48 03 fi O 87 48 CI 70 55 fi 3 b 4 70 03 03 17 03 07 03 70 03 70 00 17 00 207
- 62,0
- 30,3
- 02,0
- 50,0
- 32.5 5 4,3
- 50.5
- 30.3 08.5
- 32.3
- 30.3 02,0 57.0 50,5 57.0 02.0 50,5 50,5 70.0 50,5 75,0
- 50.5
- 02,0
- 50.5 02.0 72,0 70,0 72,0 7 5,0
- Acier l'orné. Acier forme
- I. — CHARRUES
- A. (outres.
- 132-/'
- H. Socs.
- Face supérieure. Face inferieure.
- Face supérieure. Face inférieure. Face supérieure.
- Face inférieure.
- Face supérieure. Face inférieure. Face supérieure.
- Face inférieure. Face supérieure. Face inférieure. Face supérieure. Face inférieure.
- 173 -/
- 172-1-/'
- 172-2-/'
- 130- /'
- 131- /'
- 251-/'
- 232-/'
- 253-/'
- 114-/'
- 31-1 f 31-2 /'
- 31-3 >
- 31-4-/'
- 1 43-/'
- 40-/
- 147-/
- 148
- 170
- 170
- 179
- 135
- 103 / 163
- 187 217 207 187 100 187 196 170 179 170 170 179 179 107 121 103 120 110 00
- ) 148 i I 4 8
- a 4,o 62.0
- Acier demi-dur non trempé.
- Acier Martin 5 0.
- 05,5
- 05.5 Acier Mari in 3
- 187 08,5 Acier Martin 3/0.
- 15:
- 103
- us
- 59,5 ) 57,0 )
- 59.5
- 08,5 ) 79,0 ) 75.0 08,5 / 72,0 S 6S,3 > 72,0 S 02,0 )
- 65.5 $ 02,0 02,0 ) 05,5 ) 03.5 38,0 /
- 43.5 S
- 30.5 '(
- 4 3.0 S
- 41.5 35,0
- « )
- 113 59.3
- h,a t
- 17.0 S
- { 170 02.0 t 103 5',5
- Acier demi-dur non trempé.
- Face supérieure.
- Face inférieure. Acier dur trempé.
- Face supérieure.
- Face inférieure.
- Face supérieure.
- Face inférieure.
- Face supérieure. Face inférieure. Face supérieure. Face inférieure. Face supérieure.
- Face inférieure.
- Face supérieure. Face inférieure. Socs fabrùjués avec d’anciens mandrins d'obus.
- Socs fabriqués avec d’anciens mandrins d'obus.
- Acier demi-dur non trempé.
- Face supérieure.
- Face inférieure.
- Acier demi-dur non trem pé.
- Face supérieure.
- Face inférieure. Acier demi-dur trempé.
- Face supérieure. Face inférieure.
- p.162 - vue 162/899
-
-
-
- métaux employés dans la construction des machines agricoles. 163
- Pièces.
- 181-/'
- 250-/' 216-/' 21 S-/
- 209-/'
- PIECES DES .MACHINES CONSTRUITES
- AVANT LA GUERRE
- Observations.
- Pièces.
- APRES LA GUERRE Valeur do
- A R Observations.
- B. Socs (suite).
- Pointe mobile de soc.
- r 170 62.0 > Acier laminé.
- \ 179 03,6 ) Pointe trempée.
- f 9j I Corps non trempé.
- [ 103 30,6 )
- 118-/'
- 138-/
- 38-c
- 39-c
- 40-c
- . 179 187
- f no
- 217
- ( 190 X 179 ( 207 ( 207 1, 207 ) 196
- Acier demi-dur trempé.
- ^ t Face supérieure.
- 62,0 Face inférieure.
- 79.0 Acier dur non trempé. 72,0 lace supérieure.
- 05,5 Face inférieure.
- 75,0 Face supérieure.
- 73,0 Face inférieure.
- 75.0 Face supérieure.
- 72,0 Face inférieure.
- Acier fondu trempé.
- 255
- 269
- 241
- Face supérieure.
- Face inférieure. Acier fondu trempé. Face supérieure.
- 89-1 -u } 418 ( 418 — | Face inférieure. Acier fondu trempé.
- 89 -2-u 4 4 4 — Face supér. etinfér.
- 3'1-rt 302 — Acier fondu trempé.
- 3 i -a 321 — —
- 87-1-a 302 — —
- ( 286 ( 302 )
- 87-2-tt 277 , — S
- 278 V 279 ; /' 255 — Fonte trempée.
- 280-/" 281 ) f 269 — —
- 282 $ 255 — —
- 283-/' 28 i ) 241 — —
- 285 > 286 ) f' / 255 Porle- soc.
- 152-/' 121 43,5 Acier Ressemer n” 9.
- C. Versoirs.
- t
- i
- \
- (
- S
- (
- 95 103 33.5 36.5 | Charrue de 1870. ( 196 72,0 \
- 99 35,0 128-/' > 207 75,0 S 75,0 )
- 103 36,5 ) -07
- 196 72,0 '217 79,0 )
- 207 75,0 Épaisseur 3 à 3,8 mm. 217-/' 143 52,5
- 207 75,0 Face externe.
- 207 75,0 Face interne (1911).
- Acier demi-dur. Face externe.
- Face interne. Acier demi-dur.
- p.163 - vue 163/899
-
-
-
- 104
- Pièces.
- 182-/'
- m-f
- 211 -f
- n H
- 192-6
- 191-ir
- MÉTAUX DES MACHINES AGRICOLES. — FÉVRIER 1924. PIÈCES DES MACHINES CONSTRUITES
- AVANT LA GUKIIKE Valeur de A R
- Observations.
- / 187 ) 196 \ 196 [ 207 /• 170 ) 179 1 179 ( 187 i 1164 475 ( 364
- ( 655 t 321
- 68.5 72,0 72,0 75,0 62,0
- 65.5 65,5 68,0
- S 228
- ’ 211
- ( 269
- C. Versob Face externe.
- Face interne.
- Face externe.
- Face interne.
- Face externe.
- Face interne.
- Acier triplex.
- Face externe.
- Face interne.
- Métal triplex recuit.
- Épaisseur 7 mm.
- Face externe.
- Face interne.
- Flpaisseur 5,4 ni ni recuit. Essai après la détrempe de la pièce.
- Face externe.
- Face interne.
- 23-r 217 79
- •0 1 1
- Si K 121 43,5
- 268-f 131 47,5
- 214-f 241 87,0
- Pièces.
- ''S (suite).
- 177-1 -f
- 1 77-2-/'
- Talon.
- ( Boulon d’une char-/ rue de 1890.
- ( Construction locale. ( Étançon de buttoir; } construction locale. ( E lançon d'arracheur ( de betteraves.
- 178 -f
- 79-/'
- 129-/'
- 176-/'
- 219 -f
- 116-u
- D. Pièces diverses.
- 294-/’
- 293-/'
- 290-f 113-u
- 112-u
- APHÈS LA GUKttRK Valeur de
- A R Observations.
- 179
- 196
- 187
- 196
- 163
- 170 ,
- ) 163 59,5 i ( 179 63,5 )
- 302
- 444
- 203
- 603
- 217 ) 553 ) 217 (228
- . 217 ) 605 4 163 [ 207
- ( 346 ( 387
- ( 187 ( 163
- ^ 605 j 605
- 65.5 72,0
- 68.5 72,0
- 59.3 62,0 59,5
- 63.3
- - )
- - I
- 59,5
- 68,o
- 59,3
- 107 38,0
- P 53 -
- ( 179 —
- 126 45,0
- 196 —
- 143
- Acier au manganèse. Face externe.
- F’ace interne.
- Acier au manganèse. F’ace externe.
- Face interne.
- Acier au manganèse, trempé, non écroui, trempe irrégulière.
- Face externe.
- Face interne.
- Acier au manganèse trempe, écroui. (Queue du versoir). F’ace externe.
- Face interne.
- Acier triplex.
- F’ace externe.
- Couche centrale. Face interne.
- Acier triplex.
- F’ace externe.
- Face interne.
- Acier triplex.
- F’ace externe.
- Face interne.
- Acier triplex (1916). F’ace externe.
- Face interne.
- Boulon de sécurité d’unecharruepour tracteur.
- Pièce de sécu rité, en fonte de charrue pour tracteur (cas-séedans mesessais).
- Rai de roue.
- Coutrière en fonte de charrue pour tracteur.
- Pièce en fontederelevage automatique de charrue pour tracteur (1916).
- p.164 - vue 164/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 1.65
- PIECES DES MACHINES CONSTRUITES
- Pièces.
- AVANT LA GUERRE Valeur do
- A R Observations.
- Pièces.
- APRES LA GUERRE Valeur de
- A R Observations.
- D. Pièces diverses (suite).
- 275
- 276
- -u
- 77-/
- / Secteur denté d’un ( 170 — \ tracteur, aciereoulé
- ( 179 — 1 usé après le travail
- ( de 23 hectares.
- m ( Pièce de direction 9o 33,o \ ., . ,
- ( d un tracteur.
- 11. — CULTIVATEURS. EXTIRPATEURS
- A. Dents et socs.
- 26-/ 27-/ 75-/ $ 207 ( 217 { 228 75 76-/ 217 79,0
- 79 83 153-/ ( 163 ( 170 59,5 62,0 Acier Martin n° 5.
- '( 241 ( 364 ) 387 i 265 ( 269 87 ^ Face externe. ^ Face interne. 167-2-/ 90-1-/ 84-/ 179 418 ( 163 ( 170 65.5 59.5 62,0 ( Acier mangano-sili î cieux.
- 137-/ 196 —
- B. Élançons flexibles.
- 19-/ 201-/ 387 143 52, (Machine de 1910.) i (Machine de 1912.) 136-/ ( 364 } 387 —
- 207-u ( 364 ( 387 — | (Machine de 1910.) 154-/ 241 — ( Acier mangano-sili-( cieux.
- 166-1, 2 et 3-/ 346 - ( Acier mangano-sili-} cieux.
- 166-4-/ 387 — i Acier mangano-sili-( cieux.
- 167-3-/ Ç 255 } 321 — ( Acier mangano-sili-} cieux. Acier mangano-sili-} cieux (contre-res-' sort).
- 167-4-/ 418
- 83-/ 269 —
- 90-2-/ 364 —
- 299-/ 364 —
- C. Pièces de bâtis.
- 167-/ 126 45,0
- 168 ) 169 ( / 121 43,5 AcierBessemern"9,
- 170 ( en U.
- 171 )
- 78-/ ( 155 } 163 57,0 59,5
- 80-/ 131 47,5 Cornière.
- 81-/ 137 50,0 —
- 79-/ 170 62,0 Levier de relevage. ( Plaque en fonte de
- 85-/ 179 < fixation des étan-( çons sur le bâti.
- Tome 136. — Février 1924. 12
- p.165 - vue 165/899
-
-
-
- 166
- M K T AUX DES MACHINES ACHICOLES. — EÉVlîIEH 1924. PIECES DES MACHINES CONSTRUITES
- Pièces.
- AVANT LA GUERRE Valeur de
- A R- Observations.
- Pièces.
- APRÈS LA GUERRE Valeur do
- A R Observations.
- C. Pièces de bâtis (suite).
- Acie 44 -/ et 45-/'
- 50- /' 134-/'
- 47 -/
- 55-/
- 53- p
- 51- /
- 52- /' 46-/ 288-/ 287-/
- 150-/
- 54- / 48-/
- s employés p
- ( 103 36,5
- ) 107 38,0
- ( 107 38,0
- \ 112 40,0
- 4 131 47,0
- / 137 50,0
- 4 107 38,0
- ( 112 40,0
- \ 131 47,5
- ( 137 50,0
- 107 38,0
- 112 40,0
- 107 38,0
- 116 41,5
- 99 35,0
- 155 57,0
- 148 51,5
- $ 95 33,5
- ( 121 43.5
- \ 107 38,0
- ( 116 41,5
- pour les bâtis. I Longerons.
- Traverses.
- Traverses.
- Enlretoises.
- Cornières.
- Étançons rigides. Tringles de tirage. Tringle derelevage. Levier de relevage. Bâti.
- Bâti.
- Acier Bessetner n°9, étiré pour essieu.
- Boulons.
- Cercles de roues.
- 111. — HERSES
- 107 38 Pointe.
- 103 36,5 Base.
- a) Dents.
- b)
- Pièces de
- 73-/ ( 112 ) 121 40 43,5 Pointe. Base.
- l 116 41,5 Poin te.
- 74-/ } 163 59,5 ^ Base.
- f 170 62,0
- 297-/ 116 41.5
- 296-1-/' 107 38,0
- 296-2-/ 116 41,5
- 2-1-/ 112 40,0 Acier doux non forgé.
- 2-2 -f 92 32,0 —
- 2-3 -/ 103 36,5 —
- 3-4-/ 116 41,5 Acier doux forgé.
- 3-1-/ 126 45,0 —
- 3-3-/ 4 131 47,5 )
- ( 163 59,5 S
- 3-2-/ 4 137 ( 187 50,0 68,5 \ -
- 292-1-m 207 75
- 292-2-u 228 83
- bâtis.
- 4-1-/ 4 99 ( 107 35,0 } Acier doux. 38,0 4 —
- 82-/ 143 52,5 ) Tube porte-dents de 4 herse à ressorts.
- p.166 - vue 166/899
-
-
-
- METAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 167
- PIÈCES DES MACHINES CONSTRUITES
- Pièces.
- AVANT LA GUERRE Valeur de
- A R Observations.
- Pièces.
- APRES LA GUERRE Valeur de
- A^^R
- Observations.
- h) Pièces de bâtis (suite).
- 5-1 -f 103 36,5 Barre d’attelage.
- 5-2-/• 112 40,0 —
- 86-/' 170 — Porte-tube en fonte.
- 291-w 207 75,0 Traverse.
- 18 -f
- 237-1-n
- 257-2-a
- 255- a
- 256- a
- 272-a
- 258-a
- 259-1-a 259-2-a
- 260- a
- 261- a
- 262-1-a 262-2-a
- IV. — SEMOIRS
- 217 — ( Coutre d’enterrage \ en fonte. , Coutre d’enterrage, ^ tôle d’acier trem-
- < pée trop dure pour ! l’essai. Casse à l’es-[ sai.
- 179 — Bâti en fonte.
- 217 — —
- 187 — —
- 196 — —
- 107 38 $ Levier porte-cou-( tre.
- 207 — ( Rouleau d’enterrage
- 217 — f (fonte).
- 217 — ( Rondelle de levier ( (fonte).
- 241 — (Fonte).
- 112 40,0 Boulons.
- 116 41,5 —
- 207
- ( Moyeu en fonte d’une f roue.
- 212 -f
- 213 -f
- 69- /1
- 70- f
- V. — HOUES
- 163 59,5
- 170 62,0
- 228 83,0
- 255 92,0
- 170 62,0
- 196 72,0
- 207 75,0
- Soc, épaiss.3,6 mm.
- Soc, épaiss. 4 mm. Soc, épaiss. 3 mm. Soc, épaiss. 3 mm.
- 135-/
- 286
- Socen acier dur, non trempé.
- VI. — FAUCHEUSES. MOISSONNEUSES-JAVELEUSES MOISSONNEUSES-LIEUSES
- 29 et 30-m
- 28-u
- 190-w
- 189-c
- A. Organes de coupe.
- a) Sections de scie.
- 228 241 83 87 ( Machine ( 1902. de 1900- 186-/
- 241 87 ( Machine de 1900- 185-w
- 255 92 ( 1902. 165-m
- 302 321 108 113 f Après détrempe.
- 255 92
- 217 79
- 228 83
- 255 92
- 269 97
- Qualité électrique dite C3.
- p.167 - vue 167/899
-
-
-
- 108
- METAUX DES MACHINES AGRICOLES.
- FÉVRIER 1924.
- PIÈCES DE MACHINES CONSTRUITES
- AVANT LA GUERRE APRÈS LA GUERRE
- Valeur de Valeur de
- Pièces. A R Observations. Pièces. A R Observations.
- a) Sections de scie (suite).
- 204-2-a 217 79 Machine de 1903.
- 205-2-a 228 83 —
- 15-6 228 83
- 14-6 2 41 87
- 6) Barre de scie.
- i27-/ 207 75
- 68-1-;/ Ç 153 57
- 24-u ( 126 Tête de lame fonte (1907).
- 12-1-6 121 43,5 Rotule.
- 12-2-6 126 43,0 Patin de rotule.
- c) Doigts.
- 17-121-/ 95 33,5 Acier embouti. 123-/’ ( 228 83 ) Contre plaque de
- 118-/' 103 36,5 — } 241 87 $ doigts.
- 119 -/ 131 — Fon te. 298-/ 187 68,5 Acier.
- 120-/* 148 — — 157 à 160-/ 126 — Fonte malléable recuite.
- 58-// 116 — — 94 à 101-/ 126 — — —
- 57-// 121 — — 273-/ 143 — — —
- 36-// 126 — — 161-162-?/ 121 — — —
- 106-6 302 — 295-;/ 126 — — —
- 304-u 143 — — —
- d) Porte-lame.
- 104-6 99 — Guide de lame, en 149-/ 148 54,3 Acier Martin n° 7.
- fonte. 204-205-a 187 68,5 (Acier.)
- 16 4-/ 207 — Douille de gond (fonte).
- B. Transmission.
- Bielles.
- 6-1-// 131 47,5 Faucheuse de 1874.
- 6 -±-u 153 57,0 Faucheuse de 1882.
- 6 5-u ( 137 „ n ^ Côté plateau-mani-5U,U 1 velle.
- ( 148 34,5 Côté scie.
- H Ç 89 } 116 30.5 ^ 41.5 ) Faucheuse de 1880.
- m-f 107 38,0 | Tête de bielle ma-tricée.
- 68-// { 121 } 126 43,5 { 45,0 ( Tète de bielle ma-tricée.
- Axes.
- 108-6 170 62,0 | Axe du plateau-manivelle. 151-/ 03-a 131 228 47,5 Acier Bessemer n" 9. Coussinet en fonte.
- 64-m { 126 } 131 45,0 47,5 Arbre.
- 66-?/ 4 155 ( 163 57,0 59,5 —
- p.168 - vue 168/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 16(J
- PIÈCES DES MACHINES CONSTRUITES
- AVANT LA GUERRE Valeur de
- APRES LA GUERRE
- Valeur de
- Pièces. A R Observations. Pièces. A R Observations.
- Engrenages.
- 202-î/ . 187 — Pignon (1913). 163-/“ 207 ( Pignon, fonte méca
- 62-u 179 — Pignon. ( nique ordinaire.
- 206-a 25-u 170 116 — Pignon (1903). ( Aiguille de jave- 173-f 155 — ( Engrenage,fontemé l canique ordinaire.
- l leuse (fonte). 174 -f 255 — ( Engrenage,fontemé ( canique ordinaire.
- 102 -f 103 (Manchon d’em-
- / brayage.
- Pièces de lieuses.
- 203-u 99 33,0 (Acier) (1910).
- m-u 126 — Fonte (1914).
- 196-c 137 — — (1903).
- 208-c 187 68,3 Acier (1908).
- 186-c 170 — Fonte.
- 267-c ( 155 — —
- ( 163 — —
- 264-g ( 163 ( 170 — — /
- 265-c 196
- 266-e 107 Bâti de lieuse.
- 188-c J 116 41,3 Acier de bâti.
- ( 121 43,5 —
- Pièces diverses.
- 187-a 126 — Bâti de faucheuse. ( Acier mangano-si-
- 107-6 163 — Cliquet de roue. 155-f 217 79,0 < licieux (ressort de
- 109-6 ( loo f 163 — | Débrayages. ( siège).
- 60-a 217 — Roue support.
- Vil. — RATEAUX
- 194-w 163 — Fonte (1904). 1 289-f 269 97,0 Dent acier.
- 1 67-a 255' 92,0 —
- VIII. — LOCOMOBILES A VAPEUR
- 226-f S 143 52,3 Tige de piston. 227-f 116 41,5 Tige de piston.
- } 148 54,5 — 229-f 116 41,5 Bielle.
- 228-f ( 112 40,0 Bielle. 221 -f 163 59,5 Arbre vilebrequin.
- î 121 43,5 — 225-/1 179 65,5 Tige de tiroir.
- 220-f 4 112 ( 116 40,0 41,5 Arbre vilebrequin. 223-f 112 40,0 Plongeur de pompe.
- 224-f $ 143 ( 148 52.5 51.5 Tige de tiroir.
- 22'2-f ( 107 38,0 Plongeur de pompe.
- ( 112 40,0 —
- 200-a 321 11,3 ( Pièce d’un camion
- ( à vapeur (1912).
- p.169 - vue 169/899
-
-
-
- 170
- METAUX DES MACHINES AGRICOLES.
- FÉVRIER 192 i.
- PIECES DE MACHINES CONSTRUITES
- Pièces.
- 244-/' 242-/ 246-/' 230-/
- 248-/'
- 240-/
- 234-/*
- 236-/
- 238-/
- 232-/
- 193-1-/
- 193-2-/
- AVANT LA GUERRE
- Valeur de
- A R
- Observations.
- Pièces.
- IX.
- BATTEUSES
- 103
- 112
- 143
- 103
- 131
- 107
- S 143 \ 148 \ 107 ( 137 ( 131 } 137 103 112 ( 207 ( 217
- 228
- 36.5 40,0
- 52.5
- 36.5
- 47.5
- 38,0
- 52.5
- 54.5 38,0 50,0
- 47.5 50,0
- 36.5 40,0 75,0 79,0
- Batte unie.
- BatLe perforée. Batte cannelée. Arbre de batteur. Barre de contre-batteur.
- ( Cornière de contre-
- batteur.
- Arbre de secoueurs. de ventila-
- Arbre
- teur.
- Arbre
- sion.
- Arbre
- ment
- de
- de
- suspen-
- Batteuse de 1906.
- Fonte de batteuse de 1906.
- APRES LA GUERRE Valeur de
- A R Observations.
- 245-/ 112 40,0 Batte unie.
- 243-/ 107 38,0 Batte perforée.
- 247-/ 143 52,5 Batte cannelée.
- 231-/ 170 62,0 Arbre de batteur.
- 249-/ 126 45,0 ( Barre de contre-bat-1 teur.
- 241-/ 107 38,0 ( Cornière de ( batteur. contre-
- 235-/ 148 54,5 Arbre de secoueurs
- 237-/ 103 36,5 ( Arbre de l teur. ventila-
- 239-/ 112 40,0 t Arbre de ( sion. suspen-
- 233-/ 163 59,5 ^ Arbre de ( ment. mouve-
- X. — TOLES
- 8- f 103 36,5
- 10-/ 112 40.0
- 9- / 107 38,0
- 1-1 )
- 1-2 [ f 126 45,0
- il )
- Tôle de foyer.
- Tôle de cuiseur. Tôle du couvercle.
- Tôle de cuiseur.
- XI. — PIÈCES DIVERSES
- 274-/ 269-/ 263-/ 179 228 ( 99 ( 103 35,0 36,5
- il-/ 148 54,5
- 42-/ 126 45,0
- 142-1-/ 116 41,5
- 143-/ 121 43,5
- 141 ) 142-2 $ ' 140-/ 131 ( 143 ( 148 47.5 52.5 54.5
- 20-/ 207 -
- 195-/' 92 32
- Poulie fonte.
- Manivelle en fonte.
- Fers d’une ancienne voiture de ferme.
- Fers d’uneconstruc-tion d’avant 1870.
- Fers d’une construction d’avant 1870.
- Fers d’une construction d’avant 1870.
- Fers d’une construction d'avant 1870.
- Fers d’une construction d’avant 1870.
- 270-/ ( 241 ( 255 —
- 271-/ 255 —
- 301-/ 99 35,0
- 300-/ 148 54,5
- 302-/ 95 35,5
- 303-/ 112 40,0
- 36-6 255 92,0
- j Manivelle en fonte.
- Fer à cheval.
- Fer à mulet.
- Fer à bœufs.
- S Éclat d’obus aile-l mand.
- Fers.
- Lame de coupe-racines, épaisseur
- 2.5 mm.
- Lame de coupe-racines, épaisseur
- 3.6 mm (1900).
- p.170 - vue 170/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 171
- Pour toutes les pièces examinées (sauf une et peut-être deux), celles qui ont donné les meilleurs résultats à l’usage sont celles qui présentent les duretés maxima; il est inutile de reporter ici ces valeurs qu’on trouvera dans les tableaux précédents fournissant, à ce sujet, des indications utiles pour la construction des diverses machines agricoles.
- L’examen des tableaux donne lieu à certaines remarques d’ordre tout à fait général.
- Les socs et les versoirs étudiés étaient plus ou moins usagés, et il ne m’a pas été possible d’obtenir des renseignements précis relatifs au travail qu’ils avaient déjà effectué, ou sur le nombre de kilomètres que les pièces avaient parcourus dans les champs (il faut faire faire à la charrue de 40 à 50 km pour labourer un hectare).
- Beaucoup de socs et de versoirs ont une face externe, ou travaillante, présentant moins de dureté que la face interne, ce qui semble une anomalie.
- Pour ces deux pièces importantes de la charrue, je pourrais risquer l’hypothèse suivante : tous les échantillons provenaient de machines usagées; peut-être que la trempe, qui s’effectue en même temps sur les deux faces des pièces, ne durcit qu’une mince couche superficielle laquelle a été enlevée sur la face travaillante, en partie par le polissage effectué chez le construcleur sur des meules en grès, puis ensuite par l’usage, et non sur l’autre qui présente alors une dureté plus élevée. Si cela était exact, il y aurait lieu de chercher les procédés permettant d’augmenter l’épaisseur durcie par la trempe.
- L’hypothèse que je viens d’émettre semble être vérifiée par les dires de quelques agriculteurs : dans les premiers temps de l’utilisation de la machine, ses pièces travaillantes s’usent très peu, puis, brusquement, l’usure augmente avec rapidité ; mais ce ne sont que des estimations approximatives qui demandent une vérification expérimentale et des recherches â entreprendre par divers procédés que je mets à l’étude (probablement l’examen micrographique suffirait). La même observation, et, par suite, la même hypothèse, s’appliquent à certaines dents de herses dont la pointe, constituant la portion travaillante, présente une dureté plus faible que la base.
- En tous cas, en comparant les mêmes pièces de fabrication française et américaine, on constate une bien meilleure qualité de métal pour ces dernières; il en est de même pour les bielles des faucheuses. Il ne convient donc pas d’attacher d’importance aux dires des vendeurs de machines qui parlent aisément de la camelote étrangère américaine, canadienne, anglaise ou autre. Nos constructeurs doivent chercher à employer des métaux ayant les mêmes caractéristiques, ou de meilleures caractéristiques que ceux utilisés par les fabricants étrangers de machines agricoles.
- p.171 - vue 171/899
-
-
-
- 172
- MKTAUX DES MACHINES AGHICOLES.
- FEVRIER 1924.
- Avant six pièces analogues (5 versoirs et 1 soc) de diverses provenances eu acier triplex (une couche centrale tendre entre deux couches externes dures), j'ai prié notre collègue, M. Guillet, de vouloir bien les examiner particulièrement à son laboratoire; il a bien voulu accédera mon désir et m'a communiqué les résultats indiqués ci-après : la dureté, l'examen micrographique du métal brut et de la même pièce après recuit au laboratoire; un autre tableau indique la dureté du métal brut mesurée avec le scléromètre à pointe de diamant.
- EXAMEN MIGROGRAPHIQUE
- N"-. Dureté. Couche. brut. apres recuit.
- Versoirs d'avau t-guerre.
- 23',-2 -f ,p Ç Externes. ( Médiane. Trempé, même aspect général que 116-2 u. C= 0,70. C = 0,10.
- 192-2-6 ( Externes. 18 j 1 ,., .. ( Médiane. G = 0,60. G — 0.10.
- Soc pendant la guerre.
- 89-2-u { Externe^. ’’1 ( Médiane. | Trempé et revenu. S G = 0,9. f G = 0,10.
- Versoirs d'aprè s-guerre.
- 129-2-/' { Externes. dbi à , « i »• ( Médiane. | Martensite et troostite. i Hypereutectiques. ) G = 0,10.
- 9,1 { Externes. ) Martensite et beaucoup Hypereutectiques.
- 1 ,t>---/ ( Médiane. ( de troostite. ( C = 0,10.
- / Acier hypereutecti-
- f Externes. Martensite. ) que, le. carbone a i diffusé entre les dif-
- 116-2-u 632 } ' férentes couches.
- f Médiane. Ç Ferrite, martensite et ) troostite. \ Acier doux. ) C = 0,10.
- Observations
- Quelques petites scories entre les différentes couches.
- | Trempe imparfaite.
- ) Trempe très imparti faite.
- Les conclusions de M. (juillet sont assez nettes : les pièces de fabrication française ont été mal trempées.
- Les chiffres de dureté obtenus par jVI. (juillet correspondent, mais ne sont pas identiques à ceux que nous avons relevés et indiqués dans les tableaux généraux précédents : les six pièces en question avaient été séparées chacune en deux échantillons, l’un remis à M. Guillet, l’autre examiné à mon laboratoire ; les différences constatées montrent qu’il y a assez de variabilité dans la dureté de différents points de la même pièce travaillante, soc et versoirs.
- p.172 - vue 172/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 173
- dureté du métal brut mesurée au scléromètre a pointe de diamant
- LARGEUR DE LA RAYURE EN 1/1000 DE MIt.LIM.
- N05. Constituants. sous 30 g. sous 50 g.
- Versoirs d'avant-guerre. C Martensite 251-2-/“ < Martensite et troostite ( Ferrite et troostite _ -, , \ Ferrite et perlite, C — 0,60. . . 1J*' ( — C —0,10. . . . . . 6,24 à 7,8 . . . 9,36 à 10,9 . . . 15,6 à 17,2 . . . 12,5 à 14,0 . . . 15,6 à 17,1 7,8 à 9,4 12.5 à 17,2 20,3 à 21,8 13.6 à 17,1 20,3 à 23,4
- Soc, pendant la guerre.
- ( Sorbite.........
- 89-2-u < Sorbite et ferrite ( Ferrite et sorbite
- 9,4 à 10,9 14,0 à 13,6
- 12,5 à 15.6 18,7
- 15,6 à 18.7 18,7 à 21,8
- Versoirs d'après guerre.
- i Martensite............
- 129-2-f < Martensite et troostite ( Ferrite et sorbite . .
- ! Martensite............
- Troostite.............
- Ferrite et sorbite . .
- f Martensite............
- H6-2-u < Troostite..............
- ( Troostite et ferrite. .
- fi,24 à 7,8
- 12.5 à 14,01
- 15.6 à 17,1 10,9 à 12,5
- 14,04
- 15,6
- 4,7 à 6,2 14,0 à 15,6 15,6
- 9,4
- 15.6 à 17,1
- 18.7 à 20,3 12,5 à 17,1
- 17, t 21,9 7,8
- 17,1 à 18,7
- 21.8 il 23,4
- Le constituant principal de l’acier trempé étant la martensite, on peut se baser sur le résultat de la dureté au scléromètre à pointe de diamant ; la rayure est d’autant plus large que le constituant est moins dur.
- On trouve, pour la martensite :
- LARGEUR DK LA RAYURK
- EN 1/1000 DE MM. SOUS UNE
- PRESSION DE
- 30 g. 50
- Versoir d'avant-guerre.
- 254-2-/’ . . . . 6,24 à 7,8 7,8 à 9,4
- Versoirs d'après-guerre.
- 129-2-f . . . . 6,24 à 7,8 9,4
- 176-2-/“ . . . . 10,9 à 12,5 12,5 à 17,1
- 116-2-m . . . . 4,7 à 6,2 7,8
- Ici encore le métal du versoir américain (116-2-m) est d’une qualité nettement supérieure aux versoirs similaires de construction française après guerre.
- Beaucoup de personnes croient que la nature du métal employé n’a pas une grande importance dans la construction des machines agricoles. Je puis montrer l’erreur par l’exemple suivant.
- Après l’armistice, un grand nombre d’usines fabriquant des munitions se
- p.173 - vue 173/899
-
-
-
- 174
- MÉTAUX J.) K S MACHINES ACIUCOLES.
- FÉVIUEli 1 'J24.
- sont transformées en ateliers occasionnels pour la construction de machines agricoles. Les industriels ont pensé qu’il n’était pas difficile de copier les modèles dont l’Etat leur proposait l’achat; ils ont oublié qu’il fallait, dans certaines parties, de la précision de montage; ils furent obligés de reprendre leurs fournitures importantes; c’est une question d’ajustage, mais aussi de métaux; ils ne se sont occupés que d’exécuter les pièces en acier, tôle, fonte, etc., sans se rendre compte de la qualité qui était nécessaire à certaines pièces, même celles qui paraissaient les plus simples.
- Je puis citer une importante maison, travaillant couramment pour la Marine, qui entreprit une grosse fourniture de rouleaux plombeurs en fonte, destinée à l’Office de Reconstitution agricole du Ministère des Régions libérées; j’avais donné un avis favorable pour la soumission, et je fus obligé de m’occuper de la réception du matériel, comme d’ailleurs, pour beaucoup d’autres fournitures défectueuses dont il était nécessaire de résilier les marchés avec ou sans application de pénalités. Les résultats de la livraison de ces rouleaux ont été désastreux.
- Sur la fourniture de 207.500 kg faite au prix de 1,22 f le kilog, on ne constatait que 10.700 kg de disques bons; les disques des autres portions de la livraison étaient cassés ou fêlés par chocs. Ce déchet, anormal, me conduisit à demander qu’on soumît les échantillons à M. Guillet; voici les principaux résultats consignés dans son rapport :
- Une partie dure, recuite à 900° dans une atmosphère neutre pendant 14 heures, présenta une dureté de 282 alors qu’elle était primitivement de 444 à 460. Deux micrographies indiquent nettement la transformation opérée par le traitement thermique précité : avant le traitement on se trouve en présence d’une fonte absolument blanche, sans aucune trace de graphite, correspondant aux parties reconnues dures à la bille, et, après le traitement, on est en présence d’une fonte contenant une certaine quantité de graphite.
- L’analyse chimique donna les chiffres suivants :
- DISQUES
- sains. lendus. brisés.
- Carbone total . . . 2,385 2,335 2,470
- Carbone graphitique ... 1,516 1,195 1,204
- Silicium . . . 3,855 2,445 2,375
- Phosphore . . . 0,595 0,600 0,520
- Soufre . . . 0,155 0,115 0,115
- Manganèse . . . 0,450 0,200 0,260
- Alors que des échantillons de rouleaux plombeurs provenant d’un autre fournisseur, et reconnus bons, présentaient 3,195 de carbone total (fonte
- p.174 - vue 174/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 175
- grise), on relevait 3,25 de carbone total dans certaines bonnes pièces de machines agricoles.
- Il résulte des essais que les fontes livrées étaient en grande partie des fontes blanches ne correspondant pas aux qualités requises, et le fournisseur était entièrement responsable de la mauvaise qualité des matériaux livrés. Il est possible qu’on dût fabriquer une fonte synthétique au cubilot en partant d’un mélange de tournure d’acier, de tournure de fonte d’obus et de ferrosilicium; d’ailleurs l’Administration était antérieurement intervenue, sur la demande du dit fournisseur, pour faciliter l’expédition à son usine de 45 t de ferro-silicium; enfin la fragilité a pu être augmentée surtout si l’on n’a pas pris des précautions spéciales lors de la coulée des pièces(moules trop humides). (Par suite de la dureté du métal il n’a pas été possible à M. Guillet d’usiner des éprouvettes pour les essais de fragilité.)
- Il est toujours possible de donner à une pièce de machine la résistance suffisante aux efforts auxquels elle peut être soumise d’une façon accidentelle pendant le travail (1) : c’est une question de section à observer, section qui doit être d’autant plus grande que la résistance du métal est moindre. Cependant, cela conduit, avec l’emploi de matériaux médiocres, à augmenter le poids des machines que nous avons toujours intérêt à réduire jusqu’à la limite nécessaire, les pièces de nos machines agricoles agissant surtout par pression et non par percussion.
- Ce qui intéresse les pièces travaillantes, c’est la résistance à l’usure dans le sol ou par le travail des gerbes, pailles, etc.
- J’ai exposé les principes de l’étude de l’usure des pièces dans le sol dans une note présentée à l’Académie des Sciences par M. H. Le Chatelier (séance du 3 novembre 1919, C.U., t. 169, p. 807); à la suite de cette note j’ai pu commencer des recherches à ce sujet grâce à une subvention qui m’a été allouée en 1920 par l’Académie des Sciences sur la fondation Loutreuil.
- Un procédé simple consiste à essayer dans les champs chaque genre de pièces de différents métaux travaillant sous différentes charges; chaque pièce est reliée à un chariot spécial tiré par un attelage et muni d’un enregistreur du chemin parcouru.
- (1) Mes recherches ont montré qu’on peut labler sur les rapports suivants :
- Traction moyenne............. ............................. 100
- Traction maximum . ................................................ 115
- Traction exceptionnelle momentanée en démarrage brutal ...... 260
- (Annales de l'Institut national agronomique, 2e série, tome XI, 1912.) . ,
- p.175 - vue 175/899
-
-
-
- 176
- MÉTAUX DES MAC II IX K S AGRICOLES.
- FÉVRIER 1924.
- Ce procédé est très long-, car certaines pièces travaillantes sont usées après un parcours de plus de 2.200 km, et il faut leur faire faire au moins de 100 à 200 km dans les champs pour tirer une conclusion de chaque essai.
- [Rappelons qu’une charrue n’ouvrant qu'une raie parcourt de 40 à 50 km (la distance d’environ Paris à Chantilly) pour labourer un hectare.]
- D’autre part, pour les mêmes pièces, il faut effectuer des essais comparatifs dans des terres de diverses natures (siliceuses, argileuses, calcaires, silico-argileuses, silico-calcaires, argilo-calcaires, pierreuses, etc.) se trouvant dans différents états d’humidité, et, par suite, de ténacité.
- Au sujet de la grande influence exercée par l’humidité du sol, je puis donner ici une de mes constatations : dans une terre un peu légère, par un temps très sec, un soc de charrue est usé, et doit être porté à la forge, après un parcours de 2.400 à 3.000 m, alors que, dans la même terre, en septembre, dès que le sol a été humecté par les pluies, le même soc de charrue peut ouvrir une raie longue de 30.000 à 34.000 m avant d’être raffdé, soit des rapports de 1 à 11 ou 12.
- En appliquant le procédé précédent, même limité à un petit nombre de métaux, on voit que ces essais directs dans les champs sont très longs, très coûteux et par suite inapplicables.
- J’ai tourné la difficulté de la façon suivante :
- Les pièces sont déplacées dans un sol déterminé par un grand manège mû, à la vitesse voulue, par un moteur électrique; un compteur enregistre le chemin parcouru pouvant représenter autant de kilomètres qu’on veut.
- Après un certain parcours on constate une usure des pièces soumises aux essais.
- Un étalon, en métal homogène, d’une usure très rapide, ayant les mêmes dimensions que les pièces à examiner, est monté sur le même bâti à coté de ces pièces.
- Avec le même parcours /, au manège, l’étalon indique une usure A, et les pièces à essayer une usure a; on peut faire le rapport de ces deux usures et dresser des graphiques en procédant à des mesures successives par portions du chemin /.
- Pour obtenir les rapports des usures des pièces dans différents sols, on fait faire ensuite dans les champs, dont les terres sont de diverses natures et à différents états, un parcours l' aux pièces étalons qui révèlent une usure A'.
- Il est alors facile de comparer les usures A' et A avec a et d’en déduire les parcours L que chaque nature de métal peut supporter dans différentes terres avant que la pièce soit assez usée pour qu’on soit obligé de la remettre en état à la forge ou pour être mise au rebut.
- p.176 - vue 176/899
-
-
-
- MÉTAUX EMPLOYÉS DANS LA CONSTRUCTION DES MACHINES AGRICOLES. 177
- Avec cette méthode, les essais dans les champs des pièces étalons s’effectuent en une seule journée permettant d’obtenir l’usure A'; on peut alors multiplier ces essais dans différentes terres à différents états d’humidité, de tassement, d’enherbement à la surface, etc., c’est-à-dire à différentes époques de l’année.
- Enfin, pour chaque genre de pièces travaillantes (formes, dimensions et charges) on doit opérer avec des métaux différents comme constantes physiques, composition chimique et ayant subi divers traitements thermiques, afin de pouvoir indiquer, dans chaque cas, les parcours L sur lesquels on peut utiliser pratiquement les pièces travaillantes des machines destinées aux travaux de culture.
- Le même principe général d’expérimentation, avec emploi d’étalons appropriés d’usure rapide, peut s’appliquer à l’étude de la résistance à l’usure des différentes pièces employées dans la construction de toutes les machines agricoles.
- L’installation du manège à la Station d’Essais de Machines est complètement terminée. Le moteur électrique de 6 chevaux commande, par courroie, un mécanisme de changement de vitesse d’une voiture automobile, afin de pouvoir donner trois vitesses différentes aux pièces à étudier et constater l’influence de leur vitesse de déplacement dans le sol sur leur usure. Le changement de vitesse, à son tour, actionne par engrenages et arbres un grand manège dont les quatre flèches tournent dans le plan horizontal. Une des flèches porte une pièce qui agit sur un compteur totalisateur permettant de mesurer le chemin parcouru dans le sol - par les pièces à étudier. J’ai donc ainsi le moyen de faire varier, à volonté, la vitesse de déplacement des pièces et leur chemin parcouru, le tout fonctionnant automatiquement pour le cas où il serait nécessaire de travailler d’une façon continue, jour et nuit.
- A l’une des flèches du manège est relié un châssis-porte-pièces sur lequel on fixe les pièces à étudier et les étalons comparatifs. Des patins permettent de régler la profondeur de pénétration des pièces dans le sol ; un levier, se déplaçant contre un secteur denté, permet de modifier, dans le plan vertical, l’inclinaison de ces pièces qui peuvent ainsi agir normalement au sol, ou être inclinées la pointe en avant ou en arrière, en sens inverse du déplacement, et, dans chaque cas, en donnant aux pièces des angles d’inclinaison modifiables à volonté; ce dispositif me permet d’effectuer toute une série d’essais.
- Derrière ce châssis-porte-pièces, une des flèches du manège entraîne une sorte de rabot étudié dans le but de niveler la surface delà piste.
- Enfin, derrière le rabot, passe un rouleau plombeur en fonte dont on peut augmenter l’action en chargeant à volonté le coffre qui le surmonte.
- p.177 - vue 177/899
-
-
-
- 178
- METAUX DES MACHINES AGRICOLES. — FÉVRIER 1924.
- De cette façon, la piste, travaillée par les pièces étudiées, est égalisée par le rabot et tassée parle rouleau avant d’être travaillée à nouveau par les pièces soumises aux expériences.
- Les essais préliminaires destinés à arrêter tous les détails d’exécution ont pris beaucoup de temps et ne sont pas encore achevés. Le choix des pièces étalons n’est pas encore définitif; plusieurs étalons ont été examinés et, pour chacun, il me faut répéter trois ou quatre fois neuf séries d’essais, chacune effectuée pendant environ 20 heures de marche sur un parcours de iü km; ces essais sont très souvent interrompus par les mauvais temps.
- La construction du chariot spécial pour les essais dans les champs ne présente pas de difficultés particulières.
- Il serait prématuré de donner les résultats de ces essais préliminaires, qui ne sont pas encore terminés; ils font partie d’un autre chapitre de l’étude d’ensemble que j’ai entreprise.
- p.178 - vue 178/899
-
-
-
- BULL- UK LA SOL IL T K ü’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. - FÉVRIER 1924.
- NOTE DU COMITE DES CONSTRUCTIONS ET BEAUX-ARTS
- Le problème de la route.
- Résumé de divers articles du Journal des Travaux publics et de la Revue des Matériaux.
- La question de l’usure des routes à forte et moyenne circulation est toujours à l’ordre du jour; et l’augmentation constante du nombre des véhicules, celle surtout des camions à lourde charge, tend à rendre la solution de ce problème de plus en plus difficile.
- Aussi voit-on périodiquement apparaître des tentatives nouvelles, qui ne sont pas sans intérêt et semblent trouver des applications diverses dans les cas variés de la pratique.
- C’est ainsi que la Revue des Matériaux de Construction et des Travaux publics, signalait au mois de mai dernier des « expériences concluantes », faites à Lucerne (Suisse), où, en une seule année, une surface de plus de 30.000 m2 a été revêtue en brai, en remplacement de l’asphalte, trop coûteux, et du goudronnage superficiel, généralement insuffisant qui donnent lieu trop souvent à des mécomptes, suivant les altitudes et les climats divers. Le brai, préalablement mélangé avec de l’huile d’anthracène, est amené et mis en œuvre à chaud, au moyen d’une machine à deux cylindres, où a lieu l’incorporation du sable et du gravier : l’absence de trépidations sous l’action des véhicules lourds et le coût relativement peu élevé du procédé en ont encouragé l’application.
- Le même journal, revenant sur ce sujet en septembre dernier, décrit un procédé tout différent, essayé au Locle (Suisse) depuis trois ans et qui a servi également à des réparations déchaussées à Audincourt (départ, du Doubs).
- Ce procédé consiste à employer, avec des matériaux calcaires, une matière d’agrégation composée d’un mélange de sable calcaire et de silicate de soude. M. Guelle, Ingénieur des Ponts et Chaussées, qui l'a expérimenté dans cette dernière localité, casse la roche calcaire à l’anneau de 0,0i m, emploie J/4 de matière d’agrégation, malaxée avec le « silicate de soude » à l’état visqueux, et à raison de 30 1 par mètre cube, pour 1 de pierres cassées : la chaussée soumise à l’opération est nettoyée, balayée et arrosée; la pierre cassée y est ensuite étalée, le mortier répandu puis comprimé sous le passage d’un cylindre de 7 à 9 t. Le silicate, sous l’effet de la pression, remonte à la surface; on le ramène vers l’axe de la chaussée au balai de piazzava, puis on répand une couche mince de matière d’agrégation qu’on laisse sécher au moins deux jours : dans ces conditions, le silicate forme à la surface une pellicule, qui durerait,—assure-t-on — fort longtemps, sans poussière ni boue. La dépense serait seulement de 1,80 f par mètre carré.
- p.179 - vue 179/899
-
-
-
- 180 NOTE DU COMITÉ DES G ON ST. ET BEAUX-ARTS. — FÉVRIER 1924.
- Des procédés analogues seraient, d’après M. Tréhard, ingénieur des travaux publics de l’Etat, employés en Angleterre et en Amérique.
- A son tour, au mois d’octobre dernier, le Journal des Travaux publics signalait la constitution d’une « Société d’études de la Route en béton », dont le président serait M. Bauchère, directeur général de la Société des Ciments français, et M. Alla-vène le secrétaire général, et qui a pour objet d’entreprendre, en liaison avec le Ministère des Travaux publics, des études approfondies concernant le a problème de la route », qui a pris désormais une importance considérable et devient, pour l’auto, ce que le rail est pour le chemin de fer. Il s'agit d’établir le « cahier des charges » de la bonne route en béton, de manière à déterminer la meilleure méthode de construction, la meilleure résistance à l’usure et le prix de revient le plus favorable.
- Ces diverses tentatives sont des plus intéressantes et méritent assurément d’être poursuivies avec une attention particulière, afin de résoudre, dans le plus bref délai possible, le problème de la route, qui s’impose avec une acuité véritablement angoissante. Il convient d’en souhaiter l’heureux et rapide succès.
- G. Bechmann,
- membre du Conseil.
- NOTE BIBLIOGRAPHIQUE
- Les dangers de l’électricité.
- M. V. Kammerer a publié récemment, dans le Bulletin des associations françaises de propriétaires d'appareils à vapeur (année 1923. p. 180 et 243), une intéressante élude sur les dangers du courant électrique et les moyens de les éviter.
- Les accidents causés par le courant électrique sont fréquents; sans qu’il soit possible d'en indiquer le nombre, à défaut de statistique, on peut estimer que l’électricité fait beaucoup plus de victimes que les appareils à vapeur.
- Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les courants à haute tension ne sont pas seuls dangereux, mais beaucoup d’accidents mortels sont dus aux courants à basse tension, tels qu’on les emploie dans les habitations et dans les ateliers.
- D’autre part, les victimes ne sont pas seulement les agents des usines productrices d’électricité, mais tous ceux qui font usage de l'électricité sont exposés au danger.
- Presque tous les accidents se produisent dans certaines circonstances bien définies. M. Kammerer étudie ces circonstances.
- Nous ne saurions trop recommander la lecture du travail de M. Kammerer, que les membres de notre Société trouveront à notre bibliothèque.
- E. Sauvage, membre du Conseil.
- p.180 - vue 180/899
-
-
-
- bull, de la société d’encourag. pour l’industrie NATIONALE. — FÉVRIER 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU SAMEDI 12 JANVIER 1924.
- Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 24 novembre 1923 est adopté.
- Est présenté pour devenir membre de la Société :
- M. Bienfait-Lemaire (Alfred-Jules), tanneur-corroyeur, 31, rue d’Anvers, Tourcoing (Nord), présenté par M. Henri Boulanger.
- M. Mesnager, président. — J’ai le triste devoir de vous signaler la perte qu’a faite la Société d’Encouragement dans la personne d’un de ses membres très marquants, M. Gustave Eiffel, qui vient de succomber à l’âge de 92 ans.
- Ingénieur des Arts et Manufactures en 1855, M. Eiffel s’était montré de bonne heure hardi constructeur.
- Après avoir participé en 1858 aux travaux du grand pont métallique de Bordeaux, il contribua à la construction du pont de la Nive à Bayonne et à ceux de Floirac et de Capdenac sur le réseau d’Orléans. Il avait été officiellement chargé des calculs de la Galerie des Machines à l’Exposition de 1867. La même année, il fonda l’établissement de constructions métalliques qui devint dans la suite « La Société de Constructions de Levallois-Perret ».
- On lui doit le pont Maria Pia, sur le Douro, à Porto, pont de 160 m d’ouverture ; puis le pont de Garabit, où il appliqua sa méthode de montage en porte à faux.
- Il est surtout connu du public pour sa tour de 300 m qui fut le clou de Tome 136. — Février 1924. 13
- p.181 - vue 181/899
-
-
-
- 182
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — FÉVRIER 1924.
- l’Exposition de 1889; cette tour a permis d’intéressantes expériences sur la résistance de l’air, la pression des tempêtes, la mesure des pressions; elle joue actuellement un rôle important en télégraphie sans fil.
- Le premier Laboratoire d’Aérodynamique, installé par lui au Champ de Mars, puis transféré rue Boileau et dont il fit don à l’Etat, a rendu les plus grands services, ainsi que ses nombreuses publications.
- La Société d’Encouragement s’honore de le compter parmi ses lauréats. En sonnom, j’adresse nos très vives sympathies à lafamille de ceregretté collègue.
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans la Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Chimie des colloïdes et applications industrielles, par M. L. Meunier. (Encyclopédie de chimie industrielle.) Paris, J.-B. Baillière et fils ;
- Congrès de l’Eau, Montpellier; 24-26 mai 1923. Montpellier, Imprimerie Roumégous et Déhan. (Don du Comité du Congrès.)
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Catéchisme des chauffeurs, des machinistes et des apprentis mécaniciens et chauffeurs, par M. H. de Graffigny. 9e éd. (Bibliothèque des actualités industrielles, n° 58.) Paris, Gauthier-Villars et Cle;
- Mécanique des affûts, par le général J. Challéat et M. A. Thomas. (Encyclopédie scientifique.) Paris, O. Doin;
- Analyse et essais des matériaux de construction, par M. J. Malette. 2e éd. (Bibliothèque de l’ingénieur de travaux publics.) Paris, Dunod.
- M. Mesnager, président. — Au moment où s’achevait sa présidence, M. Bâclé a adressé, le 29 décembre, un appel à tous nos membres en même temps qu’il leur annonçait l’augmentation de cotisation à laquelle les circonstances nous ont obligés.
- Cet appel a été entendu par quelques-uns de nos collègues.
- La Société française de la Viscose nous a promis de verser dorénavant, chaque année, 300 f pour l’ensemble de son siège social et de son usine d’Arques-la-Bataille ;
- La Société ardéchoise pour la Fabrication de la Soie de Viscose a promis de verser chaque année une somme de 200 f;
- De même, la Société italienne de la Viscose versera annuellement 200 f.
- Le secrétaire général de ces trois sociétés est notre collègue M. Quantin, à qui nous tenons à adresser ici nos très vifs remerciements.
- M. Gaston Menier, sénateur, vient de nous envoyer une lettre de laquelle j’extrais les lignes suivantes :
- p.182 - vue 182/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 12 JANVIER 1924. 183
- « Je désire marquer à la Société d’Encouragement pour l’Industrie « nationale le souvenir et la sympathie que j’ai vis-à-vis de cette société, à « laquelle se rattache pour ainsi dire l’origine de ma maison.
- « Pour vous aider à franchir le cap difficile que vous traversez en ce « moment, je m’empresse de vous envoyer une somme de 1.000 f, très « heureux de vous aider ainsi à sortir des difficultés que vous avez pour la « publication de votre Bulletin. »
- M. Menier se met à notre disposition pour insister auprès des grands industriels qui ne sont pas des nôtres, en vue de les faire entrer dans notre Société. C’est en effet un des meilleurs moyens d’assurer notre prospérité.
- Nous adressons à M. Menier nos remerciements les plus chaleureux et nous formons le vœu que son exemple et celui des Sociétés de la Viscose soient suivis par un grand nombre de nos membres.
- M. Mesnager, président. — M. le docteur Victor Gardette, que vous allez entendre, est directeur, depuis 1908, de La Presse thermale et climatique. Ce journal, fondé depuis soixante-cinq ans, s’occupe d’hydrologie et de climatologie médicales. L’Institut d’Hydrologie de Paris lui a accordé, il y a trois ans, son patronage officiel.
- M. le docteur Victor Gardette, auteur de très nombreux travaux d’hydrologie, est membre de la Commission permanente des Stations hydrominérales et climatiques, dont il va nous parler; secrétaire général de la Commission exécutive du Congrès des villes d’eaux, bains de mer et stations climatiques; vice-président de la Société d’Hydrologie médicale de Paris; membre de la Commission consultative médicale établie auprès de l’Office national du Tourisme.
- L’Académie de Médecine, reconnaissant l’importance de ses études, lui a décerné une médaille de vermeil pour l’ensemble de ses travaux.
- C’est vous dire qu’il connaît à fond les questions dont il va vous entretenir et qui intéressent au plus haut point, comme vous allez le voir, notre prospérité nationale. Je lui donne la parole.
- M. le docteur Victor Gardette, directeur de La Presse thermale et climatique, fait une communication sur Y Organisation du tourisme et du thermalisme en France {Y).
- Le thermalisme et le climatisme désignent tout ce qui se rapporte scientifiquement et économiquement à l’étude et à l’utilisation des eaux minérales et des climats. Ce sont, avec le tourisme, de véritables industries ayant pour objet d’attirer et de retenir l’étranger dans une région ou bien qui l'intéresse, ou bien dans laquelle il
- (l) Voir le texte in extenso de cette communication dans le Bulletin de janvier 1924, p. 92.
- p.183 - vue 183/899
-
-
-
- 181 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. ------ FÉVRIER 1924.
- peut se reposer ou rétablir sa santé. Leur rôle n’est cependant pas le même. Au tourisme revient l’étude de toutes les questions concernant les sites, les monuments, les routes, les transports, le logement, la nourriture, les distractions dans toutes les stations, qu’elles soient thermales, climatiquesou simplement touristiques. Le thermoclimatisme ne se préoccupe que des intérêts très spéciaux des stations considérées comme moyen thérapeutique. Les préoccupations, les organisations et les moyens d’action de ces deux industries ne sont donc pas les mêmes ; mais il n’y a aucune opposition entre elles et souvent le tourisme et le thermo-climatisme peuvent s’entraider.
- Le tourisme est aujourd’hui puissamment organisé en France; on cherche à ce qu’il en soit de même pour le thermo-climatisme.
- Le chiffre d'affaires dans les stations françaises dites de cure (thermales, balnéaires ou climatiques) est actuellement de 1,5 milliard, ce qui correspond à une recette de 300 millions pour l’Etat. En xAllemagne, avant la guerre, les sommes dépensées s’élevaient à 1 milliard; elles n’atteignaient que 300 millions chez nous à cette époque. Et cependant, les stations allemandes sont infiniment moins nombreuses et moins différenciées que les nôtres : presque toutes leurs eaux sont chlorurées sodiques et sont appliquées, par on ne sait quels artifices, au traitement des maladies les plus différentes, même celles de l’estomac et du rein dont le traitement cependant exige la restriction ou la suppression de l'usage du sel.
- Chez nous, la gamme est complète; nous possédons, par exemple, des eaux : sulfureuses (Pyrénées, Savoie), bicarbonatées sodiques, arsenicales, silicatées, carbo-gazeuses, radio-actives (Plateau Central, Auvergne), diurétiques (Vosges), chlorurées sodiques fortes (Pyrénées, Jura), boues thermales (Landes, Nord).
- Dans les stations balnéaires de la Baltique et de la mer du Nord, les Allemands recevaient, en 1913, plus d’étrangers que la France dans l’ensemble des plages de son admirable développement côtier. Les stations climatiques de la Suisse et de l’Allemagne étaient extrêmement prospères alors que les nôtres, sauf de très rares exceptions, n’ont encore été l’objet d’aucune organisation. Nous possédons donc de vastes richesses dont nous n’avons pas encore su tirer tout le parti possible et dont le rendement pourrait être considérable.
- Nos stations thermales, climatiques ou balnéaires, sont presque toutes de petites communes rurales, à ressources propres fort minimes, insuffisantes pour leur permettre de s’équiper comme une grande ville riche; elles doivent cependant en offrir toutes les ressources aux étrangers et cela pendant quelques mois, quelques semaines de l’année, ce qui est particulièrement onéreux.
- La loi du 13 avril 1910, par l’institution de la taxe de séjour, a demandé à ces étrangers de contribuer à l’exécution de ces travaux somptuaires; elle a défini aussi le titre de station hydrominérale ou climatique; celle du 24 septembre 1919 a créé les stations de tourisme en les autorisant à percevoir, elles aussi, une taxe de séjour.
- Ce sont des taxes analogues, très anciennes, qui ont permis aux villes d’eaux allemandes de prendre depuis longtemps un essor aussi merveilleux que peu justifié.
- L’étranger paye ainsi en France de 67,20 f à 3,35 f pour toute la durée de son séjour, impôt insignifiant comparé à ses autres dépenses et dont l’application n’a d’ailleurs soulevé aucune difficulté. Cette taxe a donné 8 millions en 1922. Le produit de cette taxe doit servir ou sert : 1° au traitement des indigents; 2° à des travaux d’assainissement et d’embellissement (à cet effet, la loi de 1902 exigea la création d’un bureau municipal dans les stations comptant 2.000 habitants séden-
- p.184 - vue 184/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 12 JANVIER 1024. 185
- taires, 20.000 pour les autres communes) ; 3° à subventionner, mais modérément, les syndicats d’initiative, les bureaux de renseignements, etc.
- Pour que ces fonds reçoivent leur destination, on pensait qu’ils doivent être gérés par une «chambre d’industrie thermale et climatique » qui a quelque analogie avec une chambre de commerce; en fait, ils sont gérés parles municipalités qui, souvent, ne consultent même pas ces chambres. Mais un décret du 30 mai 1923 vient en partie de corriger cette erreur.
- L’Office national du Tourisme, créé par la loi de 1919 et rattaché au Ministère des Travaux publics, dispose de revenus importants et joue, pour les stations touristiques, un rôle analogue à celui de la Commission permanente des Stations hydrominérales et climatiques, fondée en 1905, depuis que la loi de 1919 a défini ce rôle; mais cette loi n’a oublié que de lui assurer un budget. Cette Commission compte 60 membres nommés par le Ministre de l’Hygiène. Elle examine les demandes de reconnaissance en stations hydrominérales ou climatiques, étudie toutes les questions intéressant la création et le développement de ces stations et veille à ce que l’utilisation du produit de la taxe de séjour soit conforme à la loi.
- Mais la loi de 1919 n’a pas résolu le problème de l’étude et de la mise en valeur des stations considérées comme villes de santé. Avant et depuis sa promulgation, de louables efforts ont été faits dans cette voie; ce sont notamment : l’organisation des voyages d’études médicales accomplis chaque année dans une région différente par environ 150 médecins français et étrangers; la création en 1913 de l’Institut d’Hydrologie, doté seulement depuis 1919, qui comprend six laboratoires; la création d’un enseignement de l’hydrologie qui n’est encore donné, malheureusement, que dans les Facultés de Bordeaux et de Toulouse. Enfin, on prévoit la création prochaine d’une fédération thermale et climatique française qui a déjà reçu l’adhésion unanime de tous les groupements intéressés.
- L’organisation du tourisme est parachevée; elle est puissante, parfaite; elle peut donner les résultats les plus féconds si elle précise bien son but et borne ses efforts aux attributions qui lui sont propres. Il reste à accomplir pour le thermo-climatisme ce qui a si bien réussi au tourisme. Des efforts sont tentés dans cette voie; il y a espoir qu’ils aboutiront dans un avenir prochain. E. L.
- M. Mesnager, président. — Je remercie M. le docteur Gardette de l’intéressante communication qu’il vient de nous faire. Le thermo-climatisme et le tourisme sont bien en effet deux industries essentiellement françaises, puisque notre pays offre à cet égard des ressources naturelles incomparables; à ce titre, ces industries méritaient donc de retenir l’attention de notre Société puisque tout ce qui intéresse la prospérité nationale est de son ressort. Nous souhaitons ardemment que les efforts auxquels M. le docteur Gardette s’est associé aboutissent prochainement comme il le désire; que l’organisation du thermo-climatisme soit parfaite et aussi puissante que celle du tourisme et que ces deux industries s’entendent, travaillent et étudient en plein accord les questions dans lesquelles elles ont des intérêts communs.
- La séance est levée à 18 h. 10 m.
- p.185 - vue 185/899
-
-
-
- 186
- COMPTES RENDES DES SÉANCES. — FÉVRIER 1924.
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU SAMEDI 20 JANVIER 1924.
- Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 12 janvier 1924 est adopté.
- Est admis à faire partie de la Société :
- M. Bien fait-Lemaire (Alfred-Jul es), présenté dans la dernière séance.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société :
- la Chambre de Commerce de Roubaix, 2, rue du Château, Roubaix (Nord), présentée par la Chambre de Commerce de Lille et M. Henri Boulanger;
- la Société nouvelle de Soie artificielle, 16, rue du Louvre, Paris (1er), présentée par les Sociétés française, ardéchoise et italienne de la Viscose.
- M. Mesnager, président. — Nous sommes heureux de féliciter notre collègue du Conseil, le Général Ferrié, à qui la Société industrielle du Nord de la France a décerné, le dimanche 20 janvier, sa plus haute récompense, la grande médaille d’or de la fondation Kuhlmann.
- Les travaux de notre savant collègue, membre de l’Institut, dans le domaine des ondes hertziennes sont connus du monde entier; je ne crois donc pas devoir les rappeler ici. Je signalerai seulement qu’avant de l’appeler à faire partie de son Conseil, notre Société lui avait décerné une de ses plus hautes récompenses, le prix du Marquis d’Argenteuil.
- M. Mesnager, président. — En plus de leur cotisation, ont versé : M. Hélot, 24 f; M. Menvielle, 60 f. — Ces sommes ont été versées, comme celles qui nous sont parvenues précédemment, au compte de notre Bulletin.
- Nous adressons à ces deux collègues nos très vifs remerciements, et nous espérons que leur exemple sera suivi par d’autres sociétaires.
- Le Comité des Arts chimiques déclare vacant le siège qui était occupé par M. Paul Mallet, décédé.
- Le Comité de Commerce déclare que six sièges sont vacants dans ce Comité en raison de l’application des nouveaux statuts qui ont porté de 10 à 16 le nombre des membres de ce Comité.
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans la Bibliothèque.
- p.186 - vue 186/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 26 JANVIER 1924. 187
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- The provinces of Ireland : Ulster, Connaught, Leinster, Munster, edited by George Fletcher. 4 vol. Cambridge, University Press (Don de M. George Fletcher) ;
- Les cuirs employés par l'armée française. Tannage, corroyage, qualités et défauts, par M. Emile Passot. 5e éd. Paris, 39, rue de Château-Landon;
- Le blé dans le monde, par M. René Musset. (Les matières premières dans le monde.) Paris, Berger-Levrault;
- Où en est l'urbanisme en France et à l’étranger, édité par la Société française des Urbanistes à l’occasion du Congrès International d’Urbanisme et d’Hygiène municipale, Strasbourg 1923. Paris, Léon Eyrolles.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Typographical printing-surfaces. The technology and mechanism of their production, by MM. Lucien Alphonse Legros and John Cameron Grant. London, Longmans, Green, and C°. (Don de M. Legros, membre de la Société) ;
- Recherches sur la meilleure composition des mortiers et des bétons hydrauliques, par M. R. Feret. (Revue de l’Ingénieur, septembre 1923.) (Don de l’auteur, membre de la Société);
- Pavings bricks. Matériau destiné à la construction des routes modernes à l'aide du béton de ciment et des briques spéciales jointées à l'asphalte, par M. F. Wattebled. Paris (Don de l’auteur, membre de la Société);
- La sélection des travailleurs dans les Offices de placement et dans les Services d'embauche des entreprises, par M. Paul Razous. Paris, G. et M. Ravisse;
- Cours de technologie du bois. Tome I : Généralités. Assemblage. Outillage. Procédés d'exécution, par M. J. Masviel. 2e éd. (Bibliothèque de l’enseignement technique.) Paris, Dunod;
- Le nettoiement de Paris, par M. L. Girard. Paris, Léon Eyrolles.
- M. Mesnager, président. — M. Patart qui, comme Inspecteur général des Poudres, a eu, au cours de la guerre, à prendre de graves responsabilités en rapport avec les exigences, sans cesse renouvelées, de la défense nationale, et qui est de ceux dont on peut dire qu’ils ont bien mérité de la patrie, devait, après la guerre, continuer son œuvre de dévouement au pays, mais sous une forme bien différente, qui a montré la souplesse de son esprit et sa grande facilité d’assimilation.
- La guerre avait placé le service des alcools sous la Direction des Poudres, et la loi du 30 juin 1916 mettait celles-ci dans l’obligation d'acheter et de vendre tous les alcools d’industrie, dont l’Etat prenait le monopole de fait, et
- p.187 - vue 187/899
-
-
-
- 188
- COMPTES RENDUS DES SEANCES.
- FÉVRIER. 11124.
- qui ne devaient, en aucun cas, entrer dans la composition des eaux-de-vie et des liqueurs.
- M. Patart et son Service, dès lors, prêtèrent l'oreille aux bruits qui rappelaient les études de 1903-1904 sur l’alcool moteur. M. Patart entra en conversation avec les praticiens et les savants qui rêvaient de reprendre ces essais, et furent les ouvriers de la première et de la dernière heure, dont les efforts aboutirent à la solution du problème des carburants nationaux et à la loi du 28 février 1923, qui la consacra.
- Un des principaux points qui résultent des études faites à lîéziers, à Montpellier, à Douai, à Paris et ailleurs, a été la nécessité d’employer de l’alcool absolu qui n’avait jamais été fabriqué industriellement. Là, nous rencontrons encore l’initiative de M. Patart qui sut solliciter le concours de l’un de ses plus distingués collaborateurs, M. Loriette, et résoudre la question posée. Depuis, d’autres inventeurs ont ajouté leur pierre à l’édifice; notre conférencier de ce soir va vous les faire connaître (1).
- M. Georges Patart, Inspecteur général des Poudres, fait une communication sur l'alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- L’alcool anhydre, ou alcool absolu, est resté un produit de laboratoire jusqu’en 1921, époque où s’est posé le problème du carburant national. Depuis longtemps on savait que les mélanges d’essence et d’alcool à 95°-96°, c’est-à-dire du degré le plus élevé qu’on puisse obtenir par rectification, ne sont stables qu’à des températures d’autant plus élevées que la proportion d’alcool y est plus faible : les mélanges stables contiennent trop peu d’essence et les autres ne peuvent être employés dans les moteurs sans recourir à des « unisseurs », substances trop chères ou trop peu abondantes sur le marché.
- Au contraire, l’alcool pratiquement anhydre, c’est-à-dire d’un degré supérieur à
- (1) M. Max Ringelmann, membre du Conseil, après la publication du compte rendu provisoire de la séance du 26 janvier 1924, a adressé le 21 février 1924, à M. Mesnager, président de la Société, la lettre suivante :
- Mon cher Président,
- A la séance du 26 janvier 1924, en annonçant la communication de M. Georges Patart, Inspecteur général des Poudres, sur Yalcool anhydre et sa fabrication industrielle, vous avez rappelé que les études sur l’alcool moteur datent de 1903-1904.
- Je crois qu’il y aurait lieu de rectifier cette date dans un but purement scientifique.
- J’ai procédé, en France, aux premiers essais de moteurs fonctionnant à l’alcool dénaturé pur, en 1897 (Voir Académie des Sciences, C. H., 18 octobre 1897 ; Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, octobre 1897, p. 1411).
- J’ai eu la charge des essais des concours de moteurs à alcool du Ministère de l’Agriculture en 1901 et en 1902 (Voir Académie des Sciences, C. R., 2 juin 1902; et ma communication insérée dans le Bulletin de la Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale, août 1902, p. 201).
- J’ajoute que toutes ces recherches, études et essais ont fait l’objet, en leur temps, de communications à l’Académie d’Agriculture; les rapports ont été publiés par le Ministère de l’Agriculture et reproduits, dans leurs bulletins, par plusieurs sociétés départementales d’agriculture.
- Les détails historiques sur la question, remontant à 1893, seraient trop longs à exposer dans cette simple note.
- Veuillez agréer, mon cher Président, etc.
- M. Ringelmann.
- p.188 - vue 188/899
-
-
-
- CONSEIL DADMINISTHATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 26 JANVIER 1924. 189
- 99°,6, fournitdes mélanges homogènes à toutes températures et en toutes proportions, non seulement avec l’essence mais aussi avec le pétrole lampant.
- Le prix de l’alcool absolu, en 1914, était à peu près le double de celui de l’alcool à 96°. On possède aujourd’hui plusieurs moyens de fabriquer l’alcool absolu à un prix relativement réduit qui ne dépasse guère 8 p. 100 du prix de l’alcool à 96°.
- Les procédés employés ne sont pas absolument nouveaux; ou bien ce sont des mises au point industrielles de procédés de laboratoire connus; ou bien ils utilisent des propriétés déjà connues. On peut classer ces procédés en cinq catégories suivant qu’ils utilisent :
- 1° L’action de produits déshydratants solides sur l’alcool à froid (carbonate de potasse);.
- 2° L’action de ces produits sur l’alcool chaud ou en vapeur (chaux vive);
- 3° Les propriétés des systèmes dits « azéotropiques » à base d’alcool (emploi du benzène) ;
- 4° L’action des déshydratants liquides (glycérine);
- 5° La diffusion des gaz à travers les parois poreuses.
- Voici ces procédés ainsi groupés :
- 1° Le produit déshydratant est le carbonate de potasse (premier procédé Loriette). Par action méthodique et continue du carbonate de potasse et de l’alcool circulant en sens inverse, il est facile d’obtenir de l’alcool à 99°,5, à partir d’un alcool de degré quelconque.
- MM. Ricard et Alleuet utilisent à peu près de même façon le carbonate de potasse pour déshydrater des mélanges d’essence et d’alcool hydraté.
- Le carbonate de potasse anhydre se régénère facilement : un chauffage à 135°-140° lui fait perdre toute l’eau qu’il a absorbée. L’emploi du carbonate de potasse ne paraît pas encore avoir donné tout ce qu’on peut en attendre industriellement;
- 2° Procédé à la chaux. Si on chauffe l’alcool à 96° pendant 3 ou 4 heures en présence de chaux vive concassée et si on distille, la fraction moyenne qui passe est à 99°. On achève sa déshydratation en la chauffant sur de la baryte caustique.
- Cependant, on n’obtient pas ainsi un produit homogène et il reste encore à récupérer l’alcool que renferment les produits de tête et de queue de la distillation. M. Loriette a amélioré le procédé en faisant passer l’alcool en vapeur sur la chaux chauffée à une température assez élevée pour qu’elle ne retienne qu’une quantité insignifiante d’alcool. On peut atteindre ainsi 99°,8 et même davantage.
- Le procédé n’a pu être réalisé industriellement qu’en récupérant les chaleurs perdues; la chaux éteinte produite trouve un débouché suffisant ; on étudie actuellement sa régénération en chaux vive;
- 3° Parmi les mélanges que peuvent former plusieurs liquides, il en existe qui, à une pression donnée, ont un point d’ébullition initial inférieur à celui des autres mélanges possibles et qui, par suite, se comportent à la distillation comme une substance homogène, c'est-à-dire distillent à une température constante. Ce sont les systèmes azéotropiques. Ainsi, le mélange formé par 95,6 p. 160 d’alcool et 4,4 p. J00 d’eau (alcool à 97°) qui bout à 78°, 15, est un système azéotropique.
- Si on incorpore du benzène aux mélanges d’eau et d’alcool, on obtient des systèmes azéotropiques dont quelques-uns sont plus riches en eau que le mélange initial d’eau et d’alcool; on pourra donc séparer l’eau de l’alcool par distillation.
- Le procédé Sydney Young utilise les propriétés du système azéotropique ternaire
- p.189 - vue 189/899
-
-
-
- 190
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — FÉVRIER 1924.
- qui distille à 64°,85 (18,5 p. 100 d’alcool, 74 p. 100 de benzène et 7,4 p. 100 d’eau) en emportant toute l’eau et en laissant un mélange qui, quand on a atteint 68°,25, laisse distiller nn mélange qui ne renferme plus que de l'alcool, 32,4 p. 100 et du benzène, 67,6 p. 100; après quoi, il ne reste plus que de l’alcool pur dans la chaudière.
- Le procédé, imaginé dès 1901, n’a pu devenir industriel que lorsque la récupération des produits mis en œuvre eut été réalisée. En octobre 1922. M. Delamar réussit à adapter ses appareils ordinaires de distillation et de rectification continues au traitement du mélange ternaire. Une solution plus élégante encore est celle qui a été indiquée par M. Emile Barbet : reprenant les travaux de Wade et Merriman exécutés en 1911, il a montré que la teneur en alcool du binaire azéotro-pique eau -h alcool s’élève à mesure que la pression décroît pour atteindre 100 p. 100 quand cette pression est de 130 mm de mercure, soit à la température de 39°. On peut donc, sous pression réduite entretenue dans les colonnes distilla-toires actuelles, obtenir le mélange eau -t- alcool en queue et l’alcool absolu en tête. La mise au point du procédé est à l’étude. Elle ne paraît devoir exiger que des modifications peu importantes aux colonnes actuellement en usage;
- 4° Procédés van Ruijmbecke (1921 ) et Mariller et Oranger (1923). La glycérine concentrée et le mélange eau -F- alcool circulent méthodiquement et en sens contraire dans une colonne à rectifier : la glycérine s’hydrate aux dépens du mélange; celui-ci, après déshydratation, peut titrer jusqu’à 99°, et même 99°,8 si on prend soin d’ajouter des sels déshydratants tels que le chlorure de calcium, le chlorure de zinc, le carbonate de potasse, à la glycérine. La glycérine hydratée est concentrée par chauffage à 160° dans le vide;
- 5° La loi de la diffusion des gaz à travers les parois poreuses a été formulée par Graham il y a 60 ans; par diffusion, on peut séparer les deux gaz d’un mélange (atmolyse). En opérant sur le mélange des vapeurs d’eau et d’alcool, leurs vitesses de passage sont dans le rapport de 158, pour l’eau, à 100, pour l’alcool, et on peut les séparer assez facilement. A cet effet, MM. Edouard et Remy Urbain utilisent un appareil qui opère à la fois par distillation et atmolyse; ils obtiennent ainsi un alcool à 99°,8.
- Actuellement, il est impossible de dire lequel de tous ces procédés est supérieur aux autres et l’emportera sur eux car aucun ne paraît encore avoir reçu tous les perfectionnements qu’il comporte. Il est fort possible que plusieurs pourront vivre simultanément, selon les conditions locales.
- E. L.
- M. Mesnager, président. — Nous remercions vivement M. Patart de son intéressante communication. Nous sommes heureux d’apprendre que le problème de la fabrication de l’alcool absolu peut être considéré comme pratiquement résolu. La possibilité d’employer le minimum de carburant importé, l’essence, et de consommer un carburant national, l’alcool, nous permet d’envisager l’avenir avec confiance.
- La séance est levée à 18 h. 15 m.
- p.190 - vue 190/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR l’industrie NATIONALE. — FÉVRIER 1924.
- BIBLIOGRAPHIE
- Brochures de la Société de Publications Mécaniques.
- Ces brochures dont on trouvera plus loin la liste, constituent une série publiée par la Société de Publications Mécaniques, éditeurs de La Machine Moderne.
- Cette publication est faite en collaboration avec la revue américaine Machinera \ les brochures se rapportent à la technique des ateliers de constructions et de fabrications mécaniques.
- Les divers procédés de fabrications ainsi que les outillages normaux et spéciaux et la machinerie des ateliers y sont étudiés en détail.
- Les ouvrages, présentés sous une forme accessible à tous, ne sont pas de simples traductions des ouvrages correspondants publiés en Amérique par Machinery. Le plan, la forme et les unités employées ont été adaptés de telle manière que le lecteur de langue française n’éprouve aucune difficulté dans la consultation des textes, des figures et des tableaux.
- Tous les procédés décrits sont connus et appliqués en France. Toutefois, la diffusion des connaissances s’y rapportant répond à un besoin réel.
- Les ouvrages de cette série seront donc consultés avec fruit par les ingénieurs et les praticiens d’ateliers.
- M. J. Anduouin.
- Collection de Publications mécaniques : 26 fascicules de 22 X 15 cm; chaque fascicule, prix 5 f. (Editions de La Machine Moderne.) Paris, Société de Publications mécaniques, 121, rue Lafayette (10e).
- Nosl ; L’usinage des surfaces coniques et sphériques, de 44 p., avec 17 fîg.;
- 2 : La rectification et les machines à rectifier, de 48 p., avec 24 fig. ;
- 3 : Mandrins et montages pour tours, de 44 p., avec 18 fig. ;
- 4 : Les machines à percer, de 40 p., avec 33 fig- ;
- 5 ; Butées, déclics et verrouillages, de 48 p., avec 84 fig. ;
- 6 : Le moulage en coquille sous pression, de 48 p., avec 28 fig. ;
- 7 : Les machines à mouler en coquille sous pression, de 40 p., avec 33 fig. ;
- 8 : Les matrices d’estampage, de 60 p., avec 52 fig. ;
- 9 : Les matrices de découpage, de 44 p., avec 27 fig. ;
- 10 : Les poinçons et les accessoires de découpage, de 48 p., avec 30 fig. ;
- 11 : Rodage et polissage, de 38 f., avec 26 fig.;
- 12 : Les raboteuses, les étaux-limeurs, les mortaiseuses, de 48 p., avec 43 fig. ;
- 13 : Le tour (lre partie), de 52 p., avec 60 fig. ;
- 14 : Le tour (2e partie), de 48 p., avec 46 fig. ;
- 15 : Les fraiseuses (lre partie), de 51 p., avec 39 fig. ;
- p.191 - vue 191/899
-
-
-
- 192
- BIBLIOGRAPHIE. — FÉVRIER 1924.
- 16 : Les fraiseuses (2e partie), de 48 p., avec 31 fig. ;
- 17 : Les tours verticaux, les aléseuses, de 40 p., avec 35 fig. ;
- 18 : Comment colorer les métaux, de 16 p. (prix : 2,50 f);
- 19 : Les matrices d’emboutissage (lre partie), de 53 p., avec 17 lîg. ;
- 20 : Les matrices d’emboutissage (2e partie), de 54 p., avec fig. ;
- 21 : Le filetage (lre partie), de 44 p., avec 18 fig ;
- 22 : Le filetage (2e partie), (en préparation);
- 23 : Le brochage (en préparai iun) ;
- 24 : Transformations de mouvements (lre partie), de 48 p., avec fig. ;
- 25 : Transformations de mouvements (2e partie), de 48 p., avec fig. ;
- 26 : L’outillage de la machine à décolleter (lie partie), de 47 p., avec 33 fig.
- * *
- Étude sur l’écoulement souterrain des eaux. Thèse de doctorat présentée à la
- Faculté des Science de l’Université de Paris pour obtenir le grade de docteur
- ès sciences mathématiques, par M. Marcel Porchet, Ingénieur-agronome,
- Ingénieur du Génie rural. Un vol. (25 X 16 cm) de 106 p.
- L’auteur, avant d’aborder son sujet, a relaté les études antérieures concernant l’écoulement des eaux à travers les colonnes de sables.
- Il cite tout d’abord les expériences de Darcy et Ritter, entreprises en 1865, pour la détermination des lois de cet écoulement, et d’où est sortie cette conclusion : « le volume débité est proportionnel à la charge et en raison inverse de Vépaisseur de la couche de sable ». (L’appareil utilisé comportait une colonne de 3,50 m de sable et une charge d’eau variant de 1,11 m à 13,93 m.)
- Il rappelle ensuite la thèse de M. Burnhes, qui — en 1881 — a opéré sur des tubes de 10 mm à 29,5 mm de diamètre et un sable homogène dont les grains mesuraient 0,466 mm en moyenne, soit dans des conditions, semble-t-il, par trop artificielles : dans la nature, en effet, le niveau de l’eau souterraine se tient toujours à l’intérieur du sol; et il s’y produit des problèmes complexes de capillarité ou autres, peu connus et dont il y aurait lieu de tenir compte.
- D’où cette déduction que, si de nombreux expérimentateurs, tels que Dupuit, Roussinesq, Pochet, Limasset, Maillet, etc., ont trouvé en hydrodynamique souterraine des phénomènes complexes et intéressants, peu d’expériences au contraire ontété tentées concernant le problème de moindre envergure que soulèventles nappes d’étendue restreinte, dont le rôle n’est cependant pas négligeable, dans les questions relatives aux améliorations agricoles.
- C’est précisément ce problème restreint que l’auteur s’est proposé d’étudier sur un programme comprenant trois parties :
- La première, la plus importante et la plus développée, relative aux lois de l’écoulement souterrain et des mouvements des nappes, à l’influence de la capillarité et à la détermination du coefficient de perméabilité;
- La seconde, spécialement consacrée aux procédés pratiques de mesure des constantes spécifiques des terres ;
- Et la troisième, concernant l’application des résultats précédents à l’étude du mouvement des eaux souterraines.
- p.192 - vue 192/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 193
- Première partie. Vérification des lois de l'écoulement souterrain des eaux. —
- 1) Une première série d’expériences, entreprises en 1921, a été réalisée au moyen d’un tube vertical gradué, en verre de 81,3 mm de diamètre et 0,45 m de hauteur, fermé à la base au moyen d’une rondelle rigide mais perméable, garnie d’un cercle de caoutchouc et constituée par une toile métallique, recouverte de mousseline et de coton hydrophile, afin de retenir le sable et laisser passer l’eau librement. Le sable imprégné d’eau y a été introduit par quantités dosées, de manière à constituer 10 couches successives, de 0,02 m d’épaisseur chacune, sous l’action d’un pilon soulevé à la hauteur de 0,10 m et retombant par son poids afin d’assurer un tassement parfaitement régulier. Sur la colonne ainsi réalisée, un écoulement d’eau également régulier a été établi au moyen d’un réservoir à niveau constant et d’un siphon aboutissant à un serpentin perforé de trous vers le haut, le tout contrôlé par un thermomètre pour maintenir l’égalité de température, puis d’un entonnoir et d’un ballon jaugé pour contrôler la régularité du débit et la tenue de la pente motrice.
- Dans un second dispositif, un coude métallique à angle droit a été ajouté à la base du tube vertical et raccordé à un autre tube semblable mais horizontal et rempli de sable fin avec des précautions identiques. Dans ces conditions la pente motrice est égale à la hauteur du niveau constant au-dessus de l’axe du tube horizontal, divisée par la longueur comprise entre les deux points extrêmes dudit tube.
- Un troisième dispositif comporte les deux mêmes tubes de verre, disposés verticalement en rallonge, de manière à rendre possible l’écoulement dans un cristal-lisoir installé sur une balance et donnant en fonction du temps les quantités écoulées.
- Une comparaison a été faite d’autre part entre des tubes de verre de diamètres différents : l’écoulement est alors apparu proportionnel aux surfaces respectives, sauf une légère perte supplémentaire marginale dans le tube de moindre diamètre. On a d’ailleurs, en raison de cet inconvénient, remplacé de préférence le verre par le cuivre, à cause de la perfection qu’on obtient de la sorte dans la confection des parois cylindriques.
- Enfin une disposition complémentaire, comportant la plongée d’un tube vertical dans un vase de plus grande dimension et dépassant le dessus du niveau de la masse de sable, a permis de mesurer l’eau écoulée à travers cette masse.
- 2) Une vérification de la loi de filtration de Darcy, concernant les pentes motrices inférieures à l’unité, a donné un chiffre moyen nettement au-dessous de celui trouvé par cet auteur, soit 5 p 100 en moyenne contre 16,6 p. 100
- 3) La suppression du siphon, dans le tube vertical du premier dispositif susmentionné, a permis de constater avec précision l’influence de la capillarité : à cet effet, un appareil enregistreur a été installé de manière à tracer la courbe de l’écoulement de l’eau à travers le sable ; et grâce à ce dispositif, des expériences répétées et concordantes ont nettement départagé deux auteurs, Dupuit et Boussinesq, qui avaient admis, le premier une diminution graduelle de l’écoulement à travers la couche de sable, et le second au contraire une diminution brusque. Toutes les expériences, sans exception, ont permis en effet de constater la diminution brusque, plus ou moins marquée, d’ailleurs, suivant la qualité des sables et la grosseur des grains.
- p.193 - vue 193/899
-
-
-
- 194
- BIBLIOGRAPHIE. — FÉVRIER J 924.
- 4) D’après les expériences faites sur l’eau en mouvement dans un terrain perméable :
- 1° Il a été établi que la fraction du volume occupé par cette eau constitue le coefficient de perméabilité;
- 2U La surface totale des grains de sable est — pour un volume déterminé de terrain
- — d’autant plus grande que les dimensions des grains sont plus petites ; à quoi il y a lieu d’ajouter;
- 3° Cette loi que, dans le cas d’une nappe liquide en mouvement dans un sol homogène, le volume de l’eau est dans un rapport déterminé avec le volume du sol mouillé et inférieur au rapport du volume des vides géométriques du sol à son volume apparent.
- 5) Enfin il résulte des observations que, pour les sables fins et pour la terre végétale, il y a coïncidence parfaite des vides, tandis que pour les sables à gros grains il y a divergence provenant sans doute de vitesses d’écoulement plus marquées.
- Deuxième partie. Procédés pratiques de mesure des constantes spécifiques d'un terrain. — On a déterminé trois constantes : le coefficient de filtration, la hauteur capillaire, le coefficient de perméabilité.
- Pour les mesurer, on s’est servi des graphiques tracés par l’appareil enregistreur susmentionné. Mais cet appareil étant coûteux et délicat, on l’a simplifié, en le remplaçantpar un simple flacon gradué, qui ne comporte que des manoeuvres faciles.
- Troisième partie. Application à l'étude du mouvement des nappes souterraines.
- — Pour faciliter dans la pratique les observations courantes, l’auteur s’est appliqué à les simplifier dans la plus large mesure.
- C’est ainsi qu’il a considéré le cas assez général d'une nappe cylindrique, à débit constant et régime uniforme, coulant dans un sol homogène sur fond imperméable; puis celui plus particulier de nappes analogues sur fond horizontal imperméable ou perméable.
- 11 a d’autre part entrepris la comparaison des résultats théoriques et des résultats d'expérience, et traité notamment des applications au drainage et du calcul des débits à évacuer par hectare, qu’on évalue le plus souvent sur la base d’un litre à la seconde.
- Cette thèse à la fois théorique et pratique, poursuivie durant plus de deux années au moyen d’appareils ingénieux ainsi que d’observations bien conduites et rigoureusement contrôlées, fait grand honneur à son auteur, qui a exploré un champ d’étude à peine effleuré jusqu’alors et donné, sur un terrain peu connu, des précisions utiles et particulièrement intéressantes.
- G. Bechman.n.
- *
- * *
- Les cuirs employés par l’armée française. Tannage, corroyage, qualités et défauts,
- par M. Emile Passot, tanneur-corroyeur et industriel. Un vol. (19 X 12 cm) de
- 178 p ., avec 41 fig. oe édition. Paris, Editions « Droit au but », 39, rue de Châ-
- teau-Landon (10e).
- La brochure Cuirs employés par l'armée française, envoyée par M. Passot à la Société d’Encouragement, a surtout pour but de donner des renseignements tech-
- p.194 - vue 194/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 195
- niques pouvant être utiles aux maîtres-ouvriers militaires : bottiers, cordonniers, selliers, etc.
- La septième partie de cette brochure comprend les documents officiels relatifs aux qualités que doivent remplir les cuirs destinés à la confection des harnachements d’artillerie ou du train des équipages, et dans un deuxième chapitre, les conditions du concours pour la nomination des maîtres-ouvriers.
- C’est afin de permettre à ces candidats de connaître l’origine, la fabrication et la qualité du cuir qu’ils auront à mettre en travail, que M. Passot a rédigé cette brochure.
- Dans une huitième partie, il a résumé les questions qui peuvent être posées aux différents candidats au moment des examens; cette brochure rendra donc des services pour la préparation des maîtres-ouvriers militaires, d’autant plus qu’elle est complétée dans la neuvième partie par un résumé de comptabilité commerciale.
- Dans la première partie de cet ouvrage, l’auteur étudie les cuirs bruts en poil, leur caractéristique, leur réception, leur dépouille et leur mode de conservation; il décrit sommairement ensuite leur fabrication, les opérations constituant ce que l’on appelle le travail de rivière, les différents modes de tannage végétal, soit d’après les anciens procédés, soit avec les méthodes modernes de tannage mixte ou de tannage rapide, avec l’emploi de l’écorce de chêne ou des extraits.
- La deuxième partie traite des procédés de corroyage, c’est-à-dire de la mise au point des cuirs simplement tannés pour les rendre propres aux emplois auxquels ils sont destinés, suivant qu’il s’agit de cuirs fauves, de cuirs pour équipement, de cuirs lissés pour semelles.
- Dans une troisième partie, l’auteur donne quelques renseignements sur le tannage du cuir pour semelles, par l’ancien procédé à la jusée, sur la fabrication des cuirs au chrome et celle des cuirs hongroyés, employés dans les harnachements militaires : cavalerie, artillerie, sellerie, bourrellerie.
- Un autre chapitre est consacré à la fabrication des courroies de transmission, du cuir parcheminé, et enfin à la préparation des peaux de lapins, bien que cet article ne soit pas employé dans les fournitures militaires.
- Cette brochure n’est en résumé, qu’une revue rapide et élémentaire de la fabrication du cuir utilisable pour le harnachement, l’équipement et les chaussures militaires; il n’y a aucune idée nouvelle, les procédés récents de fabrication ne sont pas indiqués, cela n’a d’ailleurs aucune importance, puisque les modes de fabrication doivent être conformes à ceux indiqués par le cahier des charges.
- M. Jalade, pharmacien major de lre Classe, ancien directeur du Laboratoire de l’Inspection générale de l’Habillement, a d’ailleurs fait paraître une étude très complète (1) sur le choix des cuirs à employer pour la chaussure du soldat, dans laquelle il passe en revue, au point de vue scientifique, les qualités que doivent remplir les cuirs pour semelles et pour empeignes, les différentes méthodes qui permettent de se rendre compte par l’analyse, de la composition chimique des différentes sortes de cuir suivant leur mode de tannage d’après ses propres recherches et celles de MM. Nicolardot, Meunier et Gomont.
- Il complète cette étude par l’examen des qualités physiques qui sont nécessaires aux cuirs destinés à la chaussure militaire.
- (1) Archives de Médecine et de Pharmacie militaires (mai 1922).
- p.195 - vue 195/899
-
-
-
- 196
- BIBLIOGRAPHIE.
- FÉVRIER 1924.
- La notice de M. Jalade s’adresse surtout aux chimistes du cuir et aux fabricants, tanneurs et corroyeurs; la brochure de M. Passot au contraire est un résumé rapide * des différentes sortes de cuir employées dans le harnachement, et se borne à donner des indications générales pouvant être fort utiles aux maîtres-ouvriers, chargés de les mettre en œuvre.
- A ce point de vue, comme vulgarisation, elle doit retenir l’attention.
- G. Jossier.
- *
- * *
- Un problème national : l’électrification générale du territoire, par M. Charles
- Boileau, ingénieur. Un vol. (23 X 14 cm) de 160 p., avec fig. Paris, Imprimerie
- J. Téqui, 3 bis, rue de la Sablière, 1924. (Prix : 10 f.)
- Ces quelques lignes de l’introduction définissent très exactement le but de l’ouvrage :
- « L’électrification n’est un but que pour les constructeurs et exploitants, en un (( mot : les gens du métier. Pour tous les autres, ce ne doit être qu’un des moyens « d’utiliser pour le mieux nos ressources naturelles et de développer notre richesse « nationale et notre bien-être. 11 est donc indispensable que ces derniers, avant de se (( lancer eux-mêmes, de lancer les finances publiques dans des opérations qui peuvent « atteindre une certaine envergure, possèdent une vue d’ensemble, quoique suffî-« samment détaillée, aux points de vue tant technique qu’administratif, financier « et commercial, du problème, de laproduction, distribution et vente de l’électricité « industrielle. »
- La table des matières, qui en donne les chapitres, en montre le canevas :
- Production de l’énergie (Usines thermiques, hydrauliques, marémotrices);
- Interconnexion (Historique, législation, conclusion) ;
- Lignes de transport et aménagements d’ensemble (Grands réseaux de France, Aménagement d’ensemble, Programme français, Particularités de construction et d’exploitation, Règlements et Cahier des Charges);
- Réseaux de répartition et de distribution (Classement des réseaux);
- Réseaux de répartition (Réseaux ruraux) ;
- Le prix d’un kilowatt-heure (Charges des entreprises d’électricité, la gestion contrôlée, la tarification de l’énergie) ;
- La vente de l’énergie (Forme et multiplicité des tarifs. Index économique. Tarification par prix de revient, l’Action et la Protection des Consommateurs, les Installateurs, le Contrôle).
- Toutes ces matières ne peuvent être qu’examinées rapidement dans un volume de 160 pages qui paraît surtout destiné aux usagers et futurs usagers de l’énergie électrique, étrangers à cette branche de l’industrie et qui ont besoin d’un fil conducteur pour être guidés vers les notions simples les plus nécessaires.
- C’est pourquoi les questions de législation, d’administration et de prix de revient, qui intéressent au premier chef l’acheteur et qu’on trouve rarement résumées, constituent une partie importante de l’ouvrage.
- p.196 - vue 196/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 197
- *
- * *
- Reconstitution des réseaux de transmission d’énergie électrique dans les
- régions envahies. Le réseau d’État. Un vol. (27x18 cm) de 335 p., avec
- 231 fig. Paris, 40, rue du Colisée (8°), 1923.
- La Commission technique des Sociétés d'Energie électrique, l’une des plus importantes des douze commissions constituées par le Comptoir central d’Achats industriels pour les Régions envahies, fut créée au début de l’année 1918.
- Son rôle fut d’arrêter les types de matériel et l’approvisionnement nécessaire à la reconstitution des usines génératrices et réseaux électriques détruits.
- Le Parlement jugea qu’il était de l’intérêt supérieur du pays de prendre à sa charge sous le nom de « Réseau d’Etat » la construction des lignes à haute tension reliant entre eux les grands centres de production d’énergie électrique.
- Le Ministre des Travaux publics décida de charger le Comptoir Central de l'exécution de ce réseau. En deux années furent exécutés les travaux du Réseau d’Etat.
- On a réuni dans ce volume les études entreprises pour l’exécution de ces travaux.
- « Le réseau d Etat comporte 1.100 km de lignes et une trentaine de postes de « transformation aux tensions de 45.000, 65.000 et 120.000 Y.»
- « Ce réseau comprend un réseau à 45.000 V de Reuvry (Pas-de-Calais) jusqu’à « Charleville d’une part, et jusqu’à Beautor et Reims d’autre part; une artère « à 120.000 V relie Paris au carreau des mines de charbon de la région de Lens, « une artère à 120.000 V relie Vincey à Mohon et enfin des lignes de transmission « à 65 000 V dans la région des mines de fer de Briey. »
- La description et l’étude détaillées des ligues (supports, conducteurs, isolateurs) des postes de coupure et de transformation, accompagnées de nombreuses planches (courbes, tracés de détail et d’ensemble), forment un ensemble tel qu’il n’en avait pas encore été publié et qui rendra le plus grand service aux spécialistes en cette manière.
- Cette publication, due à l’initiative de M. Legouëz, a été éditée avec un soin particulier qui contribue à en rendre la lecture facile et attrayante.
- Tome 136. — Février 1924.
- 14
- p.197 - vue 197/899
-
-
-
- BULL. DU LA SOCIÉTÉ d’ENCOURAG. POUR u’iNDUSTRIE NATIONALE. — FÉVRIER 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JANVIER 1924
- Congrès de l’eau. Montpellier, 24-26 mai 1923. Compte rendu des travaux. (Montpellier, Xe Région économique.) In-8 (25 x 16) de 228 p., 1 carte. Montpellier, lmp. Roumégous et Déhan, 1923. [Don du Comité du Congrès.) 16671
- The Provinces of Ireland, edited by George Fletcher. In-12 (19x13). Ulster, xi -J- 186 p., fîg., 2 cartes en couleurs (1921). — Connaught, xi -}- 171 p.. tig., 2 cartes en couleurs (1922). — Leinster (east and west), xiv -f 256 p., tig., 2 cartes en couleurs (1922). — Munster, xi -f 176 p., fîg., 2 cartes enrouleurs (1921). Cambridge, University Press. (Don de l'auteur.) 16672-5
- Girard (L.). — Le nettoiement de Paris. Conférence faite aux Ingénieurs des Travaux publics de la Ville de Paris, le 6 janvier 1923. In-8 (25x16) de 168 p., 60 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1923. 16676
- Où en est lurbanisme en France et à l’étranger. Édité par la Société française des Urbanistes à l’occasion du Congrès international d’Urbanisme et d’Hygiène municipale, Strasbourg, 1923. In-8 (24 x 15) de 518 p., fig., XI pl. Paris, Librairiede l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1923. ° 16677
- Masviel (J.). — Cours de technologie du bois à l'usage des Écoles professionnelles et des Écoles pratiques de commerce et d'industrie. Tome I : Généralités, Assemblages, Outillage, Procédés d’exécution. 2e éd. In- 4 (27 x 21) de vi -f- 165 p., 358 fig. Paris, Dunod, 1924. 16678
- Musset (René). — Le blé dans le monde. In-8 (22 x 14) de x + 199 p., 4 cartes, 3 diagrammes. Paris, Berger-Levrault, 1923. 16679
- Passot (Émile). — Les cuirs employés par l’armée française. Tannage, corroyage, qualités et défauts. 5e éd. In-12 (19 x 12) de 178 p., 41 fig. Paris, Éditions « Droit au but »’ 39, rue de Ghateau-Landon (10e), 1923. 16680
- Legros (Lucien-Alphonse) and Grant (John Cameron). — Typographical printing-surfaces. The technology and mechanism of their production. In-8 (25 x 16) de xxiv + 732 p., 609 fig., CIX pl. Bibliography, p. 575-576; Bristish and American Patents, p. 577-667 ; Technical vocabulary (English-French-Germnn), p. 669-688. London, Longmans, Green and Co., 1916. (Don de M. Legros, membre de la Société.) 16681
- Porchet (Marcel). — Étude sur l’écoulement souterrain des eaux. Thèse présentée à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris, pour obtenir le grade de docteur ès sciences mathématiques, in-8 (25 x 16) de 106 p., 33 fig., 1923. 16682
- Pavloff (M.-A.). — Calcul du lit de fusion des hauts fourneaux. Traduction effectuée d’après la 2e édition russe, par Léon Dlougatch. In-8 (25 x 16) de vi + 179 p., fig. Paris, Dunod, 1924. 16683
- Lévy-Salvador et Cauvin. — Cours de distribution d’eau et égouts, professé à l’École spéciale des Travaux publics, du Bâtiment et de l’Industrie. In-8 (22x17) de 463 p., 304 fig., XVI pl. Paris, École spéciale des Travaux publics, 1923. 16684
- Wattebled (F.). — Paving bricks. (Matériau destiné à la construction des routes modernes à l’aide du béton de ciment et des briques spéciales jointées à l’asphalte). In-4 (27 x 21) de 30 p. (dactylographié). (Don de l'auteur, membre de la Société.) Pièce 12816
- p.198 - vue 198/899
-
-
-
- OUVRAGES REGUS EN JANVIER 1924.
- 199
- Razous (Paul). — La sélection des travailleurs dans les Offices de placement et dans les Services d'embauchage des entreprises. In-12 (19 x 12) de 64 p., Paris, G. et M. Ravisse, 1924. Pièce 12817
- Ambruster (Howard W.). — Arsenic, Calcium arsenate and the Boll weevil. In-8 (23 x 16) de vi -f- 42 p. New York, Barr-Erhardt Press, 205 West 19 th Street, 1923. (Don de l'auteur.) Pièce 12818
- Hauser (Enrique). — L'analyse des gaz combustibles. Conférence faite au Collège de France (Laboratoire de M. le professeur Ch. Moureu) le 23 mai 1922. (Bulletin de la Société chimique de France, septembre 1923, 93 p., 18 fig.) Paris, Masson et Cie. (Don de l'auteur.)
- Pièce 12819
- 8e Congrès international de l’Acétylène et de la Soudure autogène. Comptes rendus sommaires, in-4 (27 x 21) de 16 p. (dactylographié). Pièce 12820
- Dufour (Paul). — La fonderie. Monographie de vulgarisation technique publiée en supplément à l’Information. In-4 (31 x 24) de 13 p., (ig. Bibliographie sélectionnée, p. 13. Paris, 1923. Pièce 12821
- École Polytechnique. — Journal. 11° série, 23e cahier. Paris, Gauthier-Villars et C'1', 1923. Pér. 281
- Société technique de l’Industrie du Gaz en France. — Compte rendu du 46e Congrès tenu à Chambéry en 1923. Paris, 12. rue de Clichy. Pér. 298
- Société d’economie politique. — Bulletin. Année 1923. Paris, 108, Boulevard Saint-Germain. Pér. 55
- Syndicat professionnel des Caoutchoucs, Gutta-perciias, Tissus élastiques. — Syndicat professionnel des Fabricants de Fils et Cables électriques. — Annuaire 1923-1924. Paris, 18, rue Duphot (1er). Pér. 90
- Institution of Civil Engineers. — Minutes of Proceedings. Vol. CCXVI, 1922-23 (part II). London, Great George Street, Westminster, S. W. 1. Pér. 189
- United States Department of Agriculture. — Department Bulletin no 1203 : Experimental production of >traiv gas, by II. E. Rüethe, 10 p., 3 fig. Washington, 1923.
- Pér. 410
- Bulleténi Komitéta Etalonof i Standartof, année 1923, n° 1. Glavnaïa Palata Mer i Viéçof, Léningrad.
- L’agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers — lmp. Paul BRODARD.
- p.199 - vue 199/899
-
-
-
- p.200 - vue 200/899
-
-
-
- 123e ANNÉE.
- MARS 1924
- BULLETIN
- DE
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- L'ALCOOL ANHYDRE ET SA FABRICATION INDUSTRIELLE ^
- Lorsqu’il y a quelques mois, notre regretté collègue, M. Paul Mallet, membre du Conseil de notre Société, m’avait amicalement demandé de faire dans cette salle une conférence publique sur les différents procédés de déshydratation complète de l’alcool, je ne pouvais prévoir — et personne ne prévoyait sans doute, tant sa verte vieillesse était pleine de vigueur et d’énergie — que nous aurions aujourd’hui à regretter sa perte. Ce grand réalisateur, auquel l’industrie doit tant de procédés ingénieux, d’appareils pratiques et d’entreprises fécondes, a été pour le Service des Poudres, et pour moi-même en particulier, pendant tout le cours de la dernière guerre, un collaborateur volontaire de tous les instants dont le concours dévoué fut des plus précieux. Et puisque ce fut sur son insistance affectueuse que je me trouve aujourd’hui à avoir à parler devant vous, vous me permettrez à cette occasion de commencer par adresser un hommage respectueux à sa mémoire.
- L’alcool anhydre, plus connu sous le nom d'alcool absolu, est resté un produit de laboratoire jusqu’à l’année 1921, c’est-à-dire jusqu’au moment où s’est présentée la nécessité de résoudre d’urgence le problème de l’utilisation de grandes quantités d’alcool sous forme de carburant en mélange avec les diverses essences de pétrole.
- Comme vous le savez, on avait constaté, depuis longtemps, que les mélanges d’essence et d’alcool à 95-96° Gay-Lussac (c’est-à-dire au degré le
- (1) Conférence faite en séance publique par l’auteur, le 26 janvier 1924.
- Tome 136. — Mars 1924.
- 15
- p.201 - vue 201/899
-
-
-
- 202
- FABRICATION DE i/aECOoE ANHYDRE. — MARS 1924.
- plus élevé que l’on puisse pratiquement obtenir par rectification) ne sont stables qu’à, des températures d’autant plus élevées que la proportion d’alcool dans le mélange est plus faible, de sorte que les mélanges stables contenaient trop peu d’essence pour fournir un fonctionnement convenable dans les moteurs sans recourir à des tierces substances (qu’on a appelé des unis-seurs) généralement d’un prix trop élevé ou trop peu abondantes sur le marché pour que leur emploi pût être admis en pratique.
- Au contraire, l’alcool pratiquement anhydre — c’est-à-dire d’un degré égal ou supérieur à 99°,6 G.-C. — fournit des mélanges homogènes à toutes températures et en toutes proportions non seulement avec les essences de pétrole proprement dites mais avec le pétrole lampant lui-même.
- Quoique ce phénomène fut bien connu, il ne semblait pas qu’il pût être utilisé à la production industrielle de mélanges carburants à base d’alcool, car l’alcool absolu n’avait été fabriqué à l’époque qu’en quantités relativement minimes pour les laboratoires, la pharmacie et la préparation de produits spéciaux susceptibles de s’accommoder d’un prix de vente relativement élevé. C’est ainsi que sur le catalogue d’avant-guerre d’un des principaux commerçants en produits chimiques, nous avons relevé les prix suivants :
- Alcool absolu dans Paris............................... Le litre. 8,50 f
- — hors Paris.............................. — . 2,00 f
- Alcool rectifié 96° dans Paris......................... Le litre. 5,50 f
- — hors Paris.............................. — . 1,50 f
- Alcool 90° dans Paris.............................. — . 5,25 f
- — hors Paris.............................. — . 1,25 f
- Alcool dénaturé à 90°........................................ — . 0,75 f
- Il ressort de ces chiffres que la différence de prix — au litre — entre l’alcool absolu et l’alcool à 9(>° était de l’ordre de 3 f dans Paris et de 1,50 f hors Paris pour moins de I degrés de différence, tandis qu’entre l’alcool à 90° rectifié et l’alcool à 90° cette différence n’était que de 0,25 f dans Paris comme hors Paris, pour 6 degrés de différence.
- On peut donc dire, sans s’écarter sensiblement de la réalité, que le prix de l’alcool absolu était le double de celui de l’alcool rectifié à 96° et que, par suite, le premier de ces produits ne paraissait pas susceptible de se substituer au second dans des emplois industriels comportant une large consommation à moins qu’on ne réalisât de très sérieux progrès dans l’abaissement du prix de revient.
- Gomme le constatait M. Daniel Berthelot, membre de l’Institut et du Conseil de notre Société, dans son discours d’ouverture au Congrès des Combustibles liquides, ce fut le grand mérite d’un jeune Ingénieur des Poudres, M. Loriette, de s’être résolument attaqué, vers la fin de l’année 1921, à la solution du problème de la fabrication industrielle de l’alcool anhydre et
- p.202 - vue 202/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 203
- d’avoir indiqué un procédé, relativement simple et pratique, au moyen duquel 10.000 1 d’alcool absolu purent être préparés, en un court espace de temps, à la Poudrerie de Sevran-Livry et mis à la disposition du Comité scientifique du Carburant national en vue des expériences poursuivies par ce dernier. Les heureux résultats ainsi obtenus déterminèrent nombre de chercheurs et d’industriels soit à imaginer de nouvelles méthodes conduisant au même résultat, soit à reprendre et à mettre au point d’anciens procédés délaissés ou méconnus en leur apportant les modifications et les perfectionnements nécessaires pour les rendre pratiquement utilisables.
- De sorte que nous possédons aujourd’hui les moyens de fabriquer à un prix déjà relativement très réduit (puisque le coût de l’opération de déshydratation proprement dite ne dépasse pas dès maintenant 8 à 10 p. 100 du prix mondial de l’alcool) des quantités .d’alcool anhydre dépassant 1.000 hl par jour, moyens qui s’accroissent tous les jours et qui seront avant peu susceptibles d’englober la totalité des alcools industriels produits en France.
- La plupart de ces procédés — qu’il me soit permis de le dire sans retrancher quoi que ce soit au mérite de leurs auteurs ou de ceux qui les mettent en œuvre — ne sont pas, à proprement parler, d’une nouveauté absolue. Ils se rattachent presque tous, plus ou moins directement, à des méthodes de laboratoire déjà connues ou à des procédés tout au moins théoriquement décrits mais qui nécessitaient, les premières comme les seconds, des modifications notables ou des agencements pratiques pour être utilisés à une production véritablement industrielle.
- Il est donc possible, pour passer en revue les procédés aujourd’hui effectivement mis en œuvre, de les rattacher aux méthodes ou tentatives antérieurement étudiées ou proposées en procédant— de façon à ménager toutes les. susceptibilités — par ordre chronologique.
- A ce point de vue, on peut classer les procédés dont il s’agit dans les cinq grandes catégories ci-après suivant qu’ils utilisent :
- 1° l’action de produits déshydratants solides sur les liquides alcooliques à froid ;
- 2° l’action des mêmes produits sur les liquides alcooliques à chaud ou en vapeur ;
- 3° les propriétés des systèmes dits azéotropiques à base d’alcool;
- 4° l’action des déshydratants liquides tels que la glycérine;
- 5° les propriétés de diffusion des gaz à travers les parois poreuses connues sous le nom d’atmolyse.
- Nous examinerons successivement les procédés classés dans chacune de ces catégories.
- p.203 - vue 203/899
-
-
-
- 204
- FABRICATION DE l/ALCOOL ANHYDRE. — MARS 1924.
- 1° Action des produits déshydratants solides sur les liquides alcooliques froids.
- Parmi les produits de cette catégorie susceptibles de libérer l’alcool hydraté, à froid, d’une partie de l’eau qu’il contient, le plus anciennement mis en œuvre, et qui semble se prêter le mieux à cette opération tant par son prix relativement réduit que par la facilité de son maniement et de sa régénération, nous paraît être le carbonate de potasse.
- On prétend qu’au moyen âge l’alchimiste Raymond Lulle l’indiquait déjà pour cet emploi. M. Lescoeur, au cours d’une importante étude sur la Dissociation des hydrates salins, publiée en 1896 dans les Annales de Chimie et de Physique, a rendu compte d’essais qui lui avaient permis d’amener facilement le liquide alcoolique de 93° à 98°5 en utilisant les propriétés déshydratantes de ce sel à la température ambiante. Plus récemment (octobre 1921), M. l’Ingénieur des Poudres Loriette a montré qu’en ayant recours à une agitation énergique et à un traitement méthodique, on pouvait, tout en employant des quantités de carbonate très inférieures à celles mises en jeu par Lescœur (23 p. 100 au lieu de 100 p. 100 et davantage) arriver à un degré final de l’alcool beaucoup plus élevé et baser sur cette méthode un procédé industriel de préparation de l’alcool presque anhydre. Personnellement, avec le concours de M. Scoiiy, agent chimiste au Laboratoire central des Poudres, nous avons poursuivi l’étude — ébauchée par Lescœur — des états d’équilibre entre le carbonate de potasse, l’eau et l’alcool et nous avons obtenu les résultats que représentent les diagrammes ci-dessous (fîg. 1 et 2).
- Ces diagrammes font ressortir les particularités suivantes :
- Alors que, pour une même proportion d’eau dans le mélange initial, le degré de l’alcool final s’élève presque proportionnellement à la quantité de carbonate mis en œuvre tant que le degré ne dépasse pas 93°, on constate, comme l’avait déjà indiqué Lescœur, une efficacité brusquement très diminuée de l’action du carbonate dès que l’on s’efforce de dépasser 93° Gay-Lussac pour atteindre 94° G.-L., mais au delà de ce degré, l’action du carbonate reprend, quoique moins intense qu’au-dessous de 93°.
- Cette particularité se rapproche curieusement de celle qu’a signalée M. Emile Barbet au sujet de la séparation des vapeurs d’alcool et d’eau par distillation dans les termes suivants : « Il est extrêmement facile d’obtenir de « l’alcool à 93° aux colonnes à distiller. Mais, à partir de 93°, ce n’est plus la « même affaire ; il faut accumuler un grand nombre de plateaux et le coefficient « d’efficacité de ceux-ci diminue encore par rapport aux données théoriques. »
- Il y a donc, à ce point de vue, parallélisme presque rigoureux entre la rectification des vapeurs et la déshydratation à froid du liquide.
- p.204 - vue 204/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 205
- ,W So.9 âo,i. as, s rqs SKf MJ* te.t
- Jt.H SSA6 3Z4 ft
- o s sus | J)e$rés C*cksAtcooïs\ /igclrprés employés | Si f3JS J’fj'-f
- O i Z 3 4 S f ? 3 9 10 fi /Z /J /4 /s /£ /? // Jÿ Zo Zi
- Cm3cJeau ^ou.r'/OOCmicï&/coo? *idso/u.
- ETAT iNiTÎAL
- Fig. i. — Comparaison de l’état initial et final de l’alcool traité par le carbonate de potasse.
- Néanmoins, comme les diagrammes ci-dessus le montrent nettement, il est possible d’obtenir facilement de l’alcool à 99°,5 à partir d’un degré quelconque par simple, double ou triple passage sur le carbonate de potasse et
- Fig. 2. — Diagramme triangulaire des états d’équilibre entre l’alcool éthylique hydraté
- et le carbonate de potasse.
- p.205 - vue 205/899
-
-
-
- 206
- FABRICATION DF L’ALCOOL ANIIYDRF.
- MARS 1924.
- M. Loriettk a pu baser sur ces observations des appareils industriels où l’alcool hydraté et le carbonate circulent en sens inverse, le second s’emparant progressivement et complètement de l’eau contenue dans le premier.
- A ce point de vue, le diagramme de la figure 2 est particulièrement instructif. Comme toute déshydratation continue et méthodique correspond à une série de mélanges pour lesquels le rapport de l’alcool et du carbonate reste constant, les points indicatifs, sur le diagramme triangulaire, des états successifs des mélanges depuis l’état initial jusqu’à l’état final, se placent nécessairement sur une droite issue du sommet supérieur du triangle, par exemple AB On démontre aisément que la déshydratation méthodique n’est possible que si on part d’un état initial dont le point représentatif se trouve à gauche de la ligne AB tangente à la courbe caractéristique d’indice 0,50, cet indice représentant le rapport de l’eau fixée sur le carbonate de potasse à l’eau totale contenue dans le mélange.
- Il convient de signaler que MM. Ricard et Aflenet, dans leur usine de Melle (I) eux-Sèvres), ont utilisé également le carbonate de potasse à la déshvdratation de mélanges d’alcool hvdraté et d’essence et ont même fait fonctionner un appareil continu d’une importance semi-industrielle qui réalisait la déshydratation de ces mélanges.
- Comme la régénération du carbonate de potasse est particulièrement facile (puisqu’il suffit d’un séchage à 135-140° pour le ramener à l’état anhydre) nous estimons, en ce qui nous concerne, que ce procédé n’a pas dit son dernier mot et qu’il pourra, lorsqu’il aura été mis au point, conduire à des réalisations industrielles intéressantes.
- 2° Action des déshydratants solides a chaud sur les liquides
- OU VAPEURS ALCOOLIQUES.
- Parmi ces procédés se classe, en premier lieu, le procédé dit à la chaux, depuis très longtemps employé soit dans les laboratoires, soit même sur une petite échelle industrielle, pour la préparation de l’ajcool absolu.
- C’est celui qui servit, croyons-nous, à Gay-Lussac et à Mendéleieff à préparer le produit sur lequel ces savants déterminèrent les caractéristiques (densité, tension de vapeur, dilatation, etc.) de l’alcool pur et anhydre. Nous rappelons les grandes lignes de cette méthode, d’après le Manuel des travaux pratiques de MM. Dupont, Freundler et Marquis.
- On chauffe, pendant trois ou quatre heures, dans un ballon muni d’un réfrigérant ascendant, un litre d’alcool à 95-96° G.-L. avec 300 g de chaux vive concassée. On renverse ensuite le réfrigérant et on distille au bain de
- p.206 - vue 206/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 207
- sel en mettant à part les 50 premiers et les 50 derniers centimètres cubes qui sont un peu hydratés. La fraction moyenne (500 à G00 cm3) constitue de l’alcool à 99° environ.
- Pour achever de déshydrater ce dernier, on le chauffe à l’ascendant avec 1/10 de son poids de baryte caustique jusqu’à l’apparition d’une coloration jaune. On distille de nouveau en prenant les mêmes précautions que pré-
- PrçotfcDE.
- Fig. 3. — Déshydratation de l’alcool par le procédé Loriette (Schéma d’ensemble).
- cédemment et on obtiendra ainsi 300 à 400 cm3 d’alcool pratiquement absolu.
- Transporté sur une échelle industrielle, ce procédé a, comme principal inconvénient, la difficulté d’obtenir un produit de qualité homogène et de récupérer les importantes quantités d’alcool retenues par le déshydratant solide.
- Aussi n’est-ce pas une modification peu importante qu’apporta M. l’Ingénieur Loriette à ce procédé quand il imagina d’éviter tout contact entre la chaux et le liquide en faisant passer l’alcool en vapeur sur la chaux maintenue à une température assez élevée pour qu’il ne puisse se produire à son
- p.207 - vue 207/899
-
-
-
- 208
- FABRICATION DE L’ALCOOL ANHYDRE. — MARS 1924.
- contact aucune condensation. On obtient ainsi, d’une façon très régulière, de l’alcool sensiblement anhydre (99°,8 et davantage) sans que la chaux retienne la moindre trace d’alcool.
- A la vérité, on a découvert récemment que le procédé consistant à faire passer les vapeurs d’alcool sur la chaux avait été déjà préconisé et même breveté, dès 1842, par un ingénieur nommé IIuguenet dans un dispositif vraiment très ingénieux pour l’époque mais dont le fonctionnement n’était susceptible, en réalité, d’aucune application pratique, comme ont dû sans doute le constater et son auteur et ceux qui avaient tenté de le perfectionner.
- Au contraire, tel qu’il est mis en œuvre actuellement par la Société anonyme d’Applications chimiques et tel que le représente le schéma photographique de la figure 3, le procédé Loriette permet d’obtenir un prix de revient très réduit avec des appareils susceptibles de productions importantes.
- La marche générale de l’opération est la suivante : la chaux, prise dans un silo par un élévateur et un transporteur à courroie, est introduite par un dispositif étanche, à double trappe, dans un appareil en tôle, protégé contre tout refroidissement par une enveloppe de vapeur et qui comprend une partie verticale et une partie horizontale. La chaux, introduite au sommet de la partie verticale, y descend progressivement puis arrive dans la partie horizontale où elle est transportée d’une extrémité à l’autre par un arbre muni de palettes qui l’agitent énergiquement au contact des vapeurs d’alcool; elle est recueillie et évacuée au dehors à l’autre extrémité par un dispositif étanche à double trappe semblable au dispositif d’introduction. La vapeur d’alcool suit un parcours inverse de celui de la chaux et va se condenser dans un réfrigérant. Comme l’alcool condensé est susceptible de contenir encore quelques particules de chaux (ou plutôt de carbonate de chaux), il est réévaporé dans une chaudière dont on peut d’ailleurs utiliser la vapeur alcoolique sous pression pour la première évaporation de l’alcool à traiter ou le chauffage des appareils de distillation ou de rectification de l’alcool.
- Dès maintenant, les promoteurs du procédé garantissent, par hectolitre d’alcool à 93° complètement déshydraté, des consommations de vapeur et de chaux ne dépassant pas 80 kg pour la première et 23 kg pour la seconde; d’autre part, ils espèrent pouvoir réduire la dépense de vapeur à 40 kg par l’emploi, précédemment indiqué, de la valeur alcoolique de la seconde évaporation au chauffage des premiers appareils et, quant à la chaux éteinte, elle paraît devoir trouver, la plupart du temps, un débouché suffisamment rémunérateur pour couvrir presque entièrement la dépense d’achat de la
- p.208 - vue 208/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle. 209*
- chaux vive. Les concessionnaires du procédé annoncent d’ailleurs qu’ils-sont sur le point de réaliser la régénération de la chaux éteinte en chaux
- Fig. 4. — Déshydratation de l'alcool par le procédé Loriette (Appareil de déshydratation en montage).
- vive. Si ce résultat était obtenu, le procédé y gagnerait certainement en simplicité sinon en économie.
- p.209 - vue 209/899
-
-
-
- 210
- FABRICATION DE l’AECOOE ANHYDRE. — MARS 1924.
- 3° Utieisation des propriétés des systèmes azéotropiques a base d’aecooe.
- Parmi les mélanges qu’on peut obtenir avec deux ou plusieurs liquides dont les tensions de vapeur diffèrent à la même température, on appelle mélange azéotropique — à une pression donnée — celui qui présente, sous cette pression, une température de volatilisation niinima par rapport aux autres mélanges et qui, par suite, se conduit à la distillation comme une substance homogène, c’est-à-dire distille complètement sans variation de la température des vapeurs.
- Dès 1862, Roscoe avait indiqué une méthode d’approximations successives pour rechercher, pour un même groupe de composants, la proportion répondant au mélange azéotropique.
- C’est par cette méthode que Sydney Young et Foiitey, en 1901-1902, établirent que, sous la pression atmosphérique, le mélange d’alcool et d’eau, constitué par 95,6 p. 100 d’alcool pour 4,4 p. 100 d’eau, est le composé de ces deux corps dont le point d’ébullition est le moins élevé, soit 78°,15. C’ est par suite de ce phénomène qu’il est impossible de dépasser, par rectification, le degré de 97° G.-L., correspondant à cette proportion. Mais si l’on incorpore à l’alcool et à l’eau une troisième substance, telle que le benzène par exemple, on obtient des mélanges azéotropiques ternaires dont certains sont plus riches en eau que le mélange initial, ce qui permet donc de séparer l’eau de l’alcool.
- C’est sur celte base qu’en 1901, Sydney Young prit des brevets pour la préparation de l’alcool absolu, brevets dont il est intéressant de rappeler les points principaux qui sont les suivants :
- Le procédé repose sur ce fait d’expérience que si l’on distille — à la pression atmosphérique normale — un mélange d’alcool hydraté et de benzène, il passe d’abord, à la température de 64°,85, un distillât de composition constante renfermant 18,5 p. 100 d’alcool, 74 p. 100 de benzène et
- 7.4 p. 100 d’eau, jusqu’à ce que toute l’eau du liquide soumis à l’essai ait été volatilisée; la température s’élève alors à 68°,25 et la composition du mélange ne comporte plus que deux éléments dont l’alcool, au taux de
- 32.4 p. 100, et le benzène, au taux de 67,6 p. 100. Ce qui reste dans la chaudière est alors de l’alcool débarrassé complètement de l’eau et du benzène c’est-à-dire de l’alcool anhydre. A la place du benzène, on peut, dit Sydney Young, employer d’autres hydrocarbures, le chloroforme, le tétrachlorure ou le sulfure de carbone, l’éther acétique, des cétones et d’autres substances.
- Ce procédé si ingénieux n’entra cependant pas dans la pratique industrielle, sans doute parce qu’on n’étudia pas suffisamment le mode de récupé-
- p.210 - vue 210/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 211
- ration des produits mis en œuvre dans les mélanges complexes distillés. Mais les procédés les plus récents de rétrogradation et de rectification ont permis à ceux qui ont repris l’étude de ce procédé d’en tirer un excellent parti.
- Ce fut d’abord, dès le mois d’octobre 1922, M. Delemar, directeur de la Distillerie de Nesle, appartenant à la Société industrielle et agricole de la Somme, qui adapta, en quelques semaines, ses appareils ordinaires de distillation et de rectification continues, au traitement du mélange d’alcool, d’eau et de benzène en opérant vis-à-vis des mélanges azéotropiques à éliminer exactement comme s’ils étaient les produits de tête d’un alcool impur dont l’alcool absolu constituerait le produit de queue. Ces produits de tête, recueillis à l’état liquide après condensation, se séparent d’ailleurs, immédiatement et d’eux-mêmes, en deux couches bien distinctes dont la plus légère, presque entièrement exempte d’eau et constituée uniquement d’alcool et de benzène, est retournée directement à la colonne tandis que la plus lourde, étendue d’une quantité d’eau supplémentaire, abandonne le benzène qui surnage et qu’on recueille pour le réemployer tandis que l’alcool hydraté est soumis à la rectification qui reconstitue de l’alcool à 95° G.-L.
- Dès le mois de janvier 1923, l’usine de Nesle réalisait une production de 100 à 150 hl par jour d’alcool absolu; elle accusait une dépense de l’ordre de 200 kg de vapeur et de 1 kg de benzène par hectolitre d’alcool anhydre obtenu en partant d’alcool liquide à 95° G.-L.
- C’est sur des bases très peu différentes que la société « Les Distilleries des Deux-Sèvres » a monté, non seulement dans ses usines de Melle et de Forges-d’Aunis, mais chez plusieurs de ses confrères distillateurs, des installations importantes tout à fait perfectionnées dont le schéma de la figure 5 suffît pour montrer le fonctionnement.
- La colonne principale A est une colonne ordinaire à plateaux qu’on charge au préalable, et une fois pour toutes, d’un liquide entraîneur qui est généralement du benzène. L’alcool à déshydrater, supposé à l’état liquide, placé dans le bac d’alimentation B, s’écoule, en passant par un petit bac à niveau constant b sur les plateaux supérieurs de la colonne principale dans une zone très chargée en liquide entraîneur; l’alcool, à mesure qu’il descend, s’y débarrasse peu à peu de ce produit et achève de se purifier d’une façon parfaite au-dessous de la zone où se place le thermomètre t.
- Les vapeurs issues de la colonne A, condensées et très soigneusement refroidies, se rendent dans le décanteur D où le liquide se divise en deux couches : la couche supérieure, riche en benzène, est renvoyée par le tuyau n dans la colonne A tandis que la couche inférieure, chargée d’eau, est traitée dans deux colonnettes 1 et 2.
- p.211 - vue 211/899
-
-
-
- 212
- FABRICATION DE L’ALCOOL ANHYDRE. — MARS 1924.
- La couche inférieure venant du décanteur a la composition approximative suivante à la température de 15° :
- Eau..................................... 31 p. 100 en volume.
- Alcool..................................... 38,5 — —
- Benzène.................................... 12 — —
- Dans la colonne 1 on élimine, par le sommet, des vapeurs riches en benzène qui sont renvoyées au condenseur C; à la partie inférieure on obtient un mélange d’eau et d’alcool, exempt de benzène, qui est séparé dans la colonnette 2 en eau et en alcool à 95u que l’on renvoie par le tuyau 9 dans la colonne principale A.
- La consommation de vapeur par hectolitre d’alcool absolu ne dépasserait jamais 240 kg et la dépense en benzène serait négligeable.
- Les usines mettant en œuvre ce procédé, produisent à l’heure actuelle par jour plus de 1.000 hl d’alcool qui marque régulièrement 99°,9 — pour ne pas dire 100° — et qui est rigoureusement exempt de benzène.
- A l’utilisation des systèmes azéotropiques binaires se rattache le procédé que M. Emile Barbet a bien voulu nous signaler récemment comme tout à fait digne d’attention et qui mérite, en effet, une mention spéciale, ne serait-ce que pour l’élégance du principe qu’il met en jeu. Nous avons dit précédemment que, pour les mélanges binaires d’alcool et d’eau, le composé azéotropique, c’est-à-dire de volatilité maxima, est composé de 95,6 p. 100 d’alcool pur et de 4,4 p. 100 d’eau, mais ceci n'est vrai qu’ci la pression atmosphérique. Il résulte en effet de travaux, exécutés en 1911 par Wade et Merriman, que le pourcentage en alcool du binaire azéotropique s’élève à mesure que décroît la pression pour atteindre 100 p. 100 sous une pression réduite à 130 mm de mercure et correspondant à une température des vapeurs de 39°; le mélange d’eau et d’alcool redevient alors un produit de queue par rapport à l’alcool absolu qui redevient produit de tête. Il en résulte qu’il suffirait de rectifier par les moyens habituels, mais sous un vide de 130 mm, les alcools hydratés pour recueillir de l’alcool absolu au lieu d’alcool à 95-96°, en maintenant la plupart des appareils actuels qui ne subiraient que quelques modifications. C’est cette méthode qu’expérimente à l’heure actuelle M. Emile Barbet sur une échelle semi-industrielle et sur laquelle il espère baser un procédé pratique qui pourrait se généraliser dans toutes les distilleries.
- Nous signalerons à ce propos — à simple titre de curiosité — que M. Raoul Pictet, le savant genevois bien connu, dans un opuscule édité en 1914, indique que, par des procédés brevetés en 1880-1881, il a pu obtenir au moyen du vide et d’appareils frigorifiques, un coulage abondant d’alcool
- p.212 - vue 212/899
-
-
-
- l'alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 213
- presque chimiquement pur en condensant les produits rectifiés à une température de —30° à —100°, le chauffage étant effectué par un courant d’eau ordinaire à 15°. Il est malheureux que nous n’ayons pas de renseignements plus détaillés sur les résultats obtenus.
- Fig. 5. — Schéma de la fabrication de l'alcool anhydre par la méthode des mélanges azéolropiques (Procédé des « Distilleries des Deux-Sèvres »).
- 4° Déshydratation par les liquides glycérineux.
- La première mention qui ait été faite — à notre connaissance — de l’application de la glycérine à la déshydratation de l’alcool se trouve dans un brevet pris par M. Van Ruijmbeke à la date du 15 juillet 1921. D’après ce brevet, les Arapeurs d’alcool à déshydrater, sont introduites à la partie inférieure d’une colonne à rectifier au sommet de laquelle on fait couler de la glycérine d’une façon continue. La vapeur d’alcool qui s’échappe, dans ces conditions, au sommet de la colonne, fournit un condensât marquant
- p.213 - vue 213/899
-
-
-
- 214
- FABRICATION DE L’ALCOOL ANHYDRE. — MARS 1921.
- 98-99° G.-L. tandis que le liquide glycérineux recueilli à la base est débarrassé de l’alcool qu’il contient encore par un entraînement à la vapeur d’eau.
- Une addition à ce brevet, par le même auteur, en date du 22 mars 1922, spécifie qu’on peut atteindre une déshydratation plus complète correspondant à un degré de 99°,8 G.-L. en remplaçant la glycérine pure par un mélange de glycérine et de sels déshydratants tels que les chlorures de calcium ou de zinc, le carbonate de potasse, etc., et que la solution glycérineuse hydratée peut être reconcentrée dans le vide sous l’action d’une température de 160°.
- En France, ce procédé a été mis en pratique dans diverses usines par MM. Marieeer et Granger. M. Mariller, en particulier, a publié sur ce sujet un article très documenté dans le numéro d’octobre 1923 de la revue Chimie et Industrie auquel on pourra avantageusement se reporter. D'après les conclusions de ce travail, la dépense de vapeur ne dépasserait pas 23 à 30 kg par hectolitre d’alcool absolu, la consommation de déshydratant étant négligeable et ne dépassant pas, en tous cas, 0,25 f par hectolitre. Appliqué à une usine de production d’alcool, le procédé permettrait même, d’après cet auteur, « de produire l’alcool absolu à un prix de revient qui sera, au maximum, celui de l’alcool à 97° produit actuellement » par la méthode en usage.
- 3° Séparation des vapeurs d’eau et d’alcool par atmolyse.
- Il y a près de soixante ans que Thomas Graiiam publiait dans les A ni aies de Chimie et de Physique son travail sur les mouvements moléculaires des gaz et montrait que, sous certaines conditions, les différents gaz d’un mélange gazeux traversaient des plaques poreuses de graphite et de porcelaine avec des vitesses differentes, sensiblement proportionnelles, pour chacun d’eux, à l’inverse de la racine carrée de sa densité. Pour l’eau et pour l’alcool, dont les densités sont proportionnelles à 18 et à 46, les vitesses de passage seraient approximativement dans le rapport de 158 pour l'eau h 100 pour l'alcool. Graham désignait sous le nom d'atmolyseur un tube très étroit en porcelaine ou en terre non vernie, placé à l’intérieur d’un autre tube en verre, dans l’intervalle desquels on faisait le vide; les éléments d’un mélange de gaz, introduits dans le tube intérieur, en traversent la paroi avec des vitesses variables, ce qui permet de les séparer.
- C’est le procédé qu’ont appliqué MM. Edouard et Rémy Urbain dans un appareil combiné pour opérer la séparation des mélanges liquides par distillation et atmolyse combinées. Suivant les indications fournies par ces auteurs et contenues dans une Note présentée à Y Académie des Sciences au mois de janvier 1923, en distillant de l’alcool hydraté dans un ballon sur-
- p.214 - vue 214/899
-
-
-
- l’alcool anhydre et sa fabrication industrielle.
- 215
- monté d’un tube atmolyseur et en faisant rentrer automatiquement les vapeurs résiduelles condensées à l’intérieur du tube dans le ballon distilla-toire, la vapeur d’eau traversant la paroi poreuse de préférence à l’alcool, le titre de ce dernier s’enrichit dans le ballon et l’on obtient en pratique de l’alcool à 99,8 p. 100.
- Conclusion.
- On voit, d’après ce qui précède, quels résultats industriels remarquables ont été obtenus, au cours de ces deux dernières années, dans la réalisation industrielle et pratique de la déshydratation complète de l’alcool au point que ce problème peut être aujourd’hui considéré comme entièrement résolu.
- Quel est l’avenir réservé à ces efforts et à ces résultats?
- A notre avis, il peut être économiquement très intéressant.
- Comme nous l’avons dit en commençant, la production industrielle de l’alcool anhydre a paru, en 1921, une condition presque indispensable à l’emploi sur une large échelle, dans les moteurs d’automobiles, de l’alcool comme carburant. Nous n’ignorons pas qu’on a dit et répété qu’il ne s’agissait là que d’une solution artificielle destinée à satisfaire certains intérêts particuliers; on a même appelé malicieusement « carburant électoral » le carburant à base d’alcool dont la formule a été adoptée et qui serait, dit-on, destiné à disparaître du marché dès qu’on aura trouvé à l’alcool industriel un débouché plus naturel. Il est permis de ne pas partager cet avis, et à l’appui de cette dernière opinion, nous nous contenterons de nous référer à un article que publiait récemment le Petroleum Times et duquel il ressort que l’Aéronautique maritime des Etats-Unis — ce pays d’élection des essences de pétrole — avait cependant adopté officiellement un mélange de 30 p. 100 d’alcool anhydre et de 70 p. 100 d’essence que déjà elle emploie exclusivement dans trois de ses stations. Les rapports officiels américains estiment que ce mélange se conduit mieux dans les moteurs d’aviation que l’essence pure et qu’en particulier, il en prolonge la durée.
- Au sujet de l’hygroscopicité de l’alcool anhydre, il convient également de réfuter à nouveau certaines légendes; en fait l’alcool anhydre n’est pas plus hygroscopique que l’alcool à 95° G.-L. C’est un fait que Je Service des Alcools peut aisément constater aujourd’hui sur les stocks importants qu’il conserve et qu’il transporte dans les mêmes conditions que l’alcool industriel à 95-96°.
- En dehors de l’emploi de l’alcool anhydre comme carburant, on signalera que certaines propriétés spéciales de ce produit seraient susceptibles de lui assurer dans l’industrie chimique organique un débouché qui peut n’être pas négligeable. On a observé, par exemple, que certaines nitrocelluloses
- p.215 - vue 215/899
-
-
-
- 210
- FABRICATION DF L’ALCOOL ANHYDRE. — MARS 1924.
- qui n’abandonnent que 3 à 4 p. 100 en dissolution dans l’alcool à 95° se dissolvent à raison de 16 à 17 p. 100 dans l’alcool à 100°; des cotons azotiques pour collodion vont jusqu’à fournir de 84 à 92 p. 100 de soluble dans l’alcool anhydre alors que leur solubilité n’est que de 20 à 35 p. 100 dans l’alcool à 95° et les produits dissous et non dissous sont de natures différentes avec l’un ou l’autre solvant.
- De même, certaines éthérifications s’effectuent d’autant plus facilement que le taux initial d’eau dans l’alcool employé est moins élevé et qu’il est plus facilement régénéré à l’état anhydre.
- Enfin, dans l’industrie de l’alcool de bouche elle-même, l’action de certains déshydratants, tels que la chaux, sur les vapeurs d’alcool les plus impures, permet de transformer des alcools résiduels, inutilisables tels quels, en produits de valeur pour la consommation.
- On peut même se demander si certains des procédés de déshydratation dont il vient d’être parlé, surtout quand ils seront complètement mis au point et perfectionnés, ne supplanteront pas, tout au moins partiellement, les méthodes actuelles de rectification, en permettant d’obtenir plus économiquement des produits plus purs. On sait, en effet, à quel point la présence de l’eau dans les opérations de rectification s’oppose à l’élimination de certaines impuretés qui, suivant l’expression de M. Emile Barbet, « se conduisent tantôt comme de tête et tantôt comme de queue » suivant la teneur en eau du liquide alcoolique; on peut citer comme exemple les impuretés du genre « amylique » qui ont leur maximum de concentration à l’étage des colonnes où le liquide du plateau marque de 40 à 45°; pour les impuretés du genre isopropylique et isobutylique, ce maximum est vers 80° G.-L. Avec l’alcool préalablement déshydraté, ces complications disparaissent. L’alcool amylique, en particulier, se concentre immédiatement à l’étage inférieur d’où il est éliminé facilement à l’état très concentré. Peut-être donc trouvera-t-on avantage dans l’avenir à faire précéder d'une déshydratation préalable la purification par distillation ou rectification.
- Quoi qu’il en soit — et ce sera notre conclusion — la mise au point industrielle, qui a été effectuée si rapidement, de procédés qui étaient restés jusqu’ici confinés dans les laboratoires ou qui exigeaient une transformation radicale de méthodes ébauchées, montre une fois de plus l’ingéniosité et l’esprit de réalisation de nos savants et de nos industriels quand un problème, si délicat soit-il, leur est nettement posé et qu’un appel pressant est adressé -à leur concours en Arue d’un but national à atteindre.
- Georges Patart,
- Inspecteur général des Poudres.
- p.216 - vue 216/899
-
-
-
- bull, de la société d’encourag. pour l’industrie nationale.
- MARS 1924.
- LA TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES (1)
- Généralités.
- L’application des moteurs à hydrocarbures liquides à la traction sur voies ferrées présente un haut intérêt d’actualité en raison du coût élevé de la traction à vapeur, résultant du prix du charbon et de l’application des lois sur le travail. ,
- Indépendamment de son adaptation à des machines d’entreprise ou de manœuvre, le moteur à explosions a permis, sur des lignes secondaires, de réduire les frais d’exploitation en remplaçant certains trains peu fréquentés par un service automoteur d’un prix de revient kilométrique moindre. Dans d’autres cas, l’on a réalisé, par l’emploi du moteur à combustion interne, un procédé de traction d’un prix de revient spécifique inférieur à celui de la vapeur.
- Les avantages de la traction par moteurs à combustibles liquides peuvent se résumer comme suit :
- Possibilité d’une mise en marche immédiate ;
- Facilité de conduite, un seul agent nécessaire;
- Suppression de la dépense en combustible pendant les stationnements;
- Possibilité d’effectuer un long service, sans réapprovisionnement en eau et en combustibles;
- Economie de temps passé aux prises d’eau, au nettoyage des tubes, au décrassage de la grille, etc. ;
- Diminution des frais d’entretien, en raison de l’absence de chaudière;
- (1) Conférence faite en séance publique par l’auteur le 23 février 1924.
- Une communication sur le même sujet a été faite par l’auteur au Congrès des Combustibles liquides qui s’est tenu à Paris en octobre 1922. Le mémoire, publié dans Chimie et Industrie, a été reproduit par la Revue Générale des Chemins de fer (n08 d’avril et mai 1923).
- Le nouvel exposé, allégé de quelques descriptions d’un intérêt secondaire, est complété par des données résultant d’une documentation récente; il présente, en outre, des développements plus étendus sur les considérations d’ordre économique et sur l’avenir du procédé.
- Tome 136. — Mars 1924.
- 16
- p.217 - vue 217/899
-
-
-
- 218
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- Suppression des mouvements secondaires fatiguant la voie;
- Absence de fumées et des projections d’escarbilles;
- Poids adhérent sensiblement constant en raison du faible poids des approvisionnements consommés ;
- Enfin, à poids égal, meilleure adhérence qu’avec la vapeur, en raison de la continuité du couple moteur.
- Certaines de ces qualités, telles que la suppression des lueurs, des fumées et des prises d’eau, étaient primordiales au point de vue militaire, et l’on comprend l’intérêt que ce mode de traction a présenté sur les voies du front, dans la dernière guerre.
- Les véhicules automoteurs sur voies ferrées comprennent les « locotrac-teurs », ainsi que l’on désigne généralement les locomotives à hydrocarbures, les petites unités tout au moins, et les « automotrices » ou véhicules de service autonomes, qui peuvent éventuellement prendre en remorque un ou plusieurs véhicules.
- Les locotracteurs comprennent plusieurs catégories :
- Machines à voie étroite pour chantiers ou applications minières;
- Machines à voie normale, avec treuil ou cabestan, pour usines, gares, etc. ;
- Machines pour la remorque de trains de lignes.
- Les automotrices peuvent être établies suivant des dispositions très diverses, en raison de la variété des programmes imposés; elles peuvent être à deux essieux ou à deux bogies, à adhérence partielle ou totale, à un ou deux postes de manœuvre.
- Les locotracteurs sont généralement à adhérence totale, sauf pour la dernière catégorie; leur capacité de traction, dans des conditions de bonne adhérence, est d’environ 8 à 10 fois leur poids en rampe de 10 mm, 5 à 6 fois en rampe de 20 mm, 2 ou 3 fois en rampe de 40 mm(l).
- Il convient de signaler que les coefficients de résistance au roulement admis pour les trains ne s’appliquent aux automotrices que pour les faibles vitesses.
- La résistance spécifique augmente plus vite, avec la vitesse, pour une
- (I) Rappelons que l’aclhérence est fonction de l’état du rail; les coefficients généralement admis sont :
- Rail très sec................... 1/5 soit 20 p. 100 du poids adhérent.
- Beau temps......................... 1/0 — 16 — —
- Forte pluie........................ 1/7 — 14 — —
- Brumeux, humide.................... 1/8 — 12 — —
- Brouillard......................... 1/9 — 11 — —
- Rail gras (souterrains)......... 1/10 — 10 — —
- Sur feuilles mortes............. 1/12 — 8 — —
- L’emploi de la sablière permet de réaliser une adhérence pouvant atteindre 1/4, soit 25 p. 100 du poids.
- p.218 - vue 218/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES.
- 211)
- automotrice que pour un train lourd en raison de certaines constantes résultant de la résistance de l’air et dont l’effet est plus appréciable par conséquent avec un train léger. Ainsi, dans les essais effectués aux Chemins de fer de l’État, la résistance à 60 km : h pour un train automoteur de 25 t (automotrice et remorque) a été reconnue de 10 kg par tonne, alors que pour un train de 3 à 400 t, elle est inférieure à 4 kg.
- Il en résulte que l’automotrice ne sera économique au point de vue de la consommation que pour des vitesses assez limitées, 50 à 60 km : h par exemple, surtout avec un combustible coûteux comme l’essence.
- Moteurs. — Bien que certains constructeurs, en Allemagne notamment, soient restés fidèles au moteur à explosions lent, type fixe, la généralité des constructeurs a adopté, pour les faibles puissances, les moteurs type automobile tournant à 900 ou 1.200 tours, du poids de 6 à 10 kg par cheval. Ces moteurs fonctionnent aux carburants volatils, essence, benzol, ou alcool carburé, avec une consommation de 350 g environ par cheval-heure.
- Le moteur à combustion, cycle Diesel, a de son côté fait l’objet d’un certain nombre d’applications; différents types ont été réalisés à 2 ou à 4 temps, fonctionnant au régime de 400 à 500 tours, d’un poids de 40 à 50 kg par cheval, et d’une consommation de 220 g environ d’huile combustible par cheval-heure.
- Enfin, le moteur semi-Diesel, à compression réduite et à tète chaude, est également susceptible d’application.
- M écanismes et transmissions. — Le moteur à explosions ne peut pas, comme le moteur à vapeur, commander directement les roues; cette commande directe a été néanmoins réalisée avec le moteur à combustion, moyennant certains artifices pour le démarrage.
- Entre le moteur et les roues doivent être interposés des mécanismes dont la fonction consiste à établir ou rompre la liaison, réaliser la marche dans les deux sens, enfin effectuer des rapports de vitesse différents suivant que l’on utilise la puissance motrice à faible vitesse et couple maximum, au démarrage par exemple, ou à grande vitesse dans les parcours faciles.
- Cette liaison à rapport variable peut être réalisée, soit au moyen de mécanismes par engrenages, comme dans les automobiles, soit par transmission électrique ou hydraulique, soit par des dispositions spéciales que nous verrons plus loin.
- En ce qui concerne la commande des roues, les schémas de la figure 1 montrent les principaux dispositifs usités.
- p.219 - vue 219/899
-
-
-
- 220
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- A. — La commande peut s’effectuer par chaînes, au moyen d’un arbre intermédiaire relié aux deux essieux. Dans certaines machines, un seul essieu reçoit par chaîne la commande du mécanisme, l’autre essieu étant connecté avec le premier soit par une chaîne, soit par bielles d’accouplement.
- B. — La commande par cardans est surtout appliquée avec les automo-
- -C rn
- Fig. 1. — Principaux dispositifs de transmission.
- A à. F, transmissions mécaniques ; — G, transmission électrique; — H, transmission hydraulique.
- trices qui comportent généralement un empattement plus grand que les loco-tracteurs.
- G. — Commande par engrènement direct : Une roue dentée, montée sur l’essieu, est entraînée par un pignon solidaire du mécanisme; afin d’éviter un déplacement relatif des deux axes, l’essieu moteur e ne comporte pas de suspension; il tourillonne dans des paliers solidaires du châssis; il traverse la poche inférieure de la boîte de mécanisme d dans laquelle il reçoit son mouvement. L’essieu f est muni de ressorts; il est connecté avec l’essieu e
- p.220 - vue 220/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 221
- par bielles d’accouplement ou par chaîne. Cette disposition, avec un essieu sans suspension, est parfaitement admissible pour des faibles vitesses.
- D. — Variante dans laquelle les deux essieux sont suspendus : La boîte de mécanisme d est supportée par l’essieu e lui-même et en un autre point g du châssis, pourvu ou non de ressorts amortisseurs; dans ce cas, le moteur et la boîte de mécanisme sont reliés par un cardan. Cette même disposition est généralement appliquée avec la transmission électrique (G).
- E et F. — Transmissions par faux essieu et bielles : Le faux essieu traverse la boîte de mécanisme dans laquelle il reçoit la commande par engrenages ; il transmet son mouvement aux roues par bielles. Cette disposition est une des meilleures solutions pour les machines lourdes ou susceptibles de faire de la vitesse.
- VÉHICULES A TRANSMISSION MÉCANIQUE.
- Ces véhicules comportent en principe les dispositions classiques de l’automobile, savoir : un embrayage solidaire du volant du moteur et une boîte renfermant les mécanismes; le changement de vitesse peut être par trains baladeurs ou par engrenages toujours en prise. Le changement de marche est généralement effectué par un renvoi à trois coniques avec manchon à griffes, donnant les mêmes vitesses dans les deux sens. Les automotrices destinées en principe à circuler dans un seul sens peuvent ne comporter qu’une seule vitesse de marche arrière.
- D’autres dispositifs mécaniques sont aussi appliqués : certaines machines comportent deux vitesses avec deux embrayages commandés par un seul levier. Il existe également des machines avec deux embrayages, l’un pour la marche avant, l’autre pour la marche arrière.
- L’emploi de mécanismes par trains baladeurs, sanctionné par la pratique automobile, est parfaitement rationnel pour les applications à la voie ferrée.
- Ce genre de transmission donne un excellent rendement mécanique. On peut lui reprocher d’avoir une échelle de démultiplication discontinue et de nécessiter une manœuvre en quelque sorte inélégante ; toutefois, cette manœuvre de passage des vitesses se fait très aisément pour les faibles puissances. Au fur et à mesure de l’augmentation de puissance, l’emprise des dentures devient moins facile en raison de l’augmentation de l’inertie des masses qui correspondent aux organes libérés par la manœuvre de débrayage; c’est-à-dire l’élément conduit de l’embrayage, l’arbre de liaison, le train primaire du mécanisme. Gomme l’embrayage doit être établi largement pour
- p.221 - vue 221/899
-
-
-
- 222
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES.
- MARS 192t.
- assurer des démarrages quelquefois laborieux, son inertie est un des facteurs les plus importants qui, pour les grandes puissances, tendent à contrarier la manœuvre de changement de vitesse ; cette considération limite à 80 ou 100 ch la puissance avec l’emploi de trains baladeurs.
- (les inconvénients sont très atténués avec l’appareil Fieux (1) qui est con-
- Fig. 2 et 3. — Locotracteur Campagne de 3 t.
- Moteur à 2 cyl. de 18 ch;
- Vitesses : 5 et 10 km : li ;
- Commande par chaînes.
- stitué par deux éléments distincts : l’un est un conjoncteur-disjoncteur à larges surfaces de friction qui entre en jeu automatiquement pour les démarrages et dans toutes les circonstances où il doit y avoir glissement; l’autre est un coupleur, à très faible inertie, à surfaces très chargées, que l’on manœuvre à la façon d’un embrayage ordinaire lorsque l’on effectue les changements de vitesse. Get appareil est appliqué aux automotrices Schneider des Chemins de fer de l’Etat et du Réseau de Grande Ranlieue ; il semble devoir reculer très largement la limite de puissance admise avec l’emploi de trains baladeurs.
- Locotracteurs. — Les figures 2 à 24 concernent des locotracteurs à voie étroite; les ligures 25 à 34 se rapportent à des machines à voie normale.
- (L) Voir sa description à la page 27'J du présent numéro.
- p.222 - vue 222/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES.
- Fig. 4. — Locotracteur Renault de 2 t.
- Moteur à 4 cylindres de 15 ch (75 x 120): Vitesses : 6 et 11 km : h; Commande par chaînes;
- Châssis en fonte.
- Fig. ë. — LuColracleur Leruux de * t pour mine;.
- Moteur type 25 ch;
- Vitesses : 4, 8, 12 km : h;
- Commande par chaînes;
- Châssis en fonte ;
- Dispositifs de sécurité pour l’emploi dans les mines grisouteuses.
- p.223 - vue 223/899
-
-
-
- 224
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES.
- MARS 1924.
- n
- Fig. 6 et 7. — Locotracteur Beiiiet de 3 t. Moteur de 30 ch (110 X 140) ;
- Vitesses : 5, 9, 14 km : h;
- Essieu arrière sans suspension; connexion par chaînes.
- Fig. 8 et 9. — Essieu moteur et mécanisme du locotracteur Berliet.
- nrrin
- p.224 - vue 224/899
-
-
-
- Fig. 10 et 11. — Locolracteur Schneider-Decauville de 8 t.
- Moteur do 40 ch ;
- Vitesses : 5 et 10 km : h; Essieu moteur commandé par engrenages (Disp. D).
- A, moteur;
- B, embrayage lre vitesse;
- C, embrayage 2e vitesse;
- D, levier d’embrayage;
- E, levier de changement de marche ;
- F, support élastique avant de boîte de mécanisme ;
- G, frein à|vis;
- H, frein à levier ;
- I, réservoir à combustible;
- J, sablière;
- K, radiateur;
- L, pot d’échappement;
- M, manivelle de mise en marche ;
- N, arbre à cardans.
- /. • ; >-N IL.
- FL-. 1 :!. T\ je i i i1 : : i ;.
- Fig. 13. — Type chantiers. F:_. ! .. \ ne 'il: eh -~-i-.
- M- 'e ::- . ; • y i.:....-vs :i >e.Zi .:uu\ :
- C h angement do marche par double embrayage sur l’arbre primaire ;
- i’eu\ 'Le-.-.-- j. . engrenages tou-.nurse-] pr.»--
- Essieu avant, sans suspension, commandé par engrc-
- n.iires
- ' f" ti'.veur .-ii li- :i de l’arbre primaire ;
- Radiateurs disposés latéralement.
- p.225 - vue 225/899
-
-
-
- pISillliilililliiiiffpHji a
- hocolructeurs Deutz-Oberursel, avec moteur monocylindrique tournant à 330 tours ; Commande par engrenages;
- Deux vitesses, 3 et 10 km : li par 2 embrayages.
- Fig. 15 et 16.
- Type minier de i t.
- Fig. 17 et 18.
- Machine de 7,5 t à 3 essieux couplés. Moteur de 33 ch (-240 x 330).
- L'essieu d’avant est pourvu du dispositif radial Klien-Lindner.
- ITT
- r \
- p.226 - vue 226/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 227
- Toutes ces machines sont à adhérence totale avec inverseurs donnant les
- mêmes vitesses dans les deux sens. L’on retrouve sur ces exemples les différents procédés, indiqués plus haut, pour la commande des roues.
- à fat- ^ -ï
- Fig. 19 et 20.
- Locotracteur Baldwin.
- Changement de marche commandé par l'arbre primaire ;
- Deux vitesses par coupleur à griffes sur le faux essieu.
- pÉlMK
- p.227 - vue 227/899
-
-
-
- 228
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- Fig. 23 et 24. — Locotracteur Schneider de 10 t à voie de 60, type de la Guerre.
- Moteur de 60 ch (135 x 170) ;
- Vitesses : 4, 7, 10. 16 km : h;
- Bâti en fonte.
- A, moteur;
- B, embrayage ;
- O. mécanisme;
- D, faux essieu ;
- E, radiateur;
- F, ventilateur:
- G, combustibles;
- H, sablière;
- I, échappement;
- Les roues du milieu sont dépourvues de boudins.
- Fig. 23. — Locotracteur utilisé sur les voies du front pour les services de FA LVF (artillerie lourde sur voie ferrée).
- Adaptation d’un châssis d'auto-camion à un wagon plate-forme.
- Fig. 26.
- Locotracteur Berliet de 15 t.
- Moteur de 30 ch ;
- 4 vitesses de 3 à 20 km : h ; — cabestan.
- (Les Établissements Baudet-Daunon ont établi un type similaire).
- p.228 - vue 228/899
-
-
-
- Fig. ^9 ei. 30. — Locotraetenr Schneider du 1." 1. pour voie normale et voie métrique.
- u-475. J_____f,S2S______J____________ T, 800 _ .
- A,moteurde60 ch (135 x 170);
- 1>. comhii.sui.ie :
- C. échappement;
- D. radiateur ;
- E. ventilateur;
- F. volant et em-iirav ;ure
- I!lé.-a a . s ni,;
- (4 vii, de 4 à H» km : h);
- II. fSMl-ll Ili t I - II r (sans suspension; ;
- E essieu couplé ; •E commande du treuil ;
- K. treuil;
- E. manœuvres : M, bâti en tonte.
- p.229 - vue 229/899
-
-
-
- Moteur de 60 ch (110 X 160) à 6 cylindres ;
- Vitesses : 4, 6, 11, 19 km : h ; Commande par faux essieu; Treuil.
- ZZ6j)
- ---------jL'ïSa.
- Fig. 34.
- Locotracteur Deutz-Oberursel de 13 t. Moteur de 40 ch, monocylindrique tournant à 330 tours Deux vitesses par 2 embrayages (5 et 10 km : h) ; Commando par faux essieu.
- p.230 - vue 230/899
-
-
-
- Fig. 35. — Draisine Campagne pour l'inspection des voies.
- Moteur de 25 ch;
- Vitesses : 25 et 50 km : h;
- Peut prendre en remorque un lorry chargé de 1 000 kg.
- Fig. 36.
- Autobus sur rails.
- Essai effectué aux Chemins de fer de l’État en 1921, avec le concours de la Scemia.
- !
- i
- %
- p.231 - vue 231/899
-
-
-
- 232
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES.
- MARS 1924.
- Automotrices. — Nous envisagerons deux catégories :
- 1° Automotrices à un seul poste de conduite; disposition la plus simple, applicable lorsque l’on dispose de moyens de tournage, plaques, boucles, triangles ;
- 2° Automotrices à deux postes, réversibles, plus avantageuses au point de vue de l’exploitation, mais plus compliquées que les premières.
- p.232 - vue 232/899
-
-
-
- traction sur voie ferrée par moteurs a combustibles liquides. 233
- Dans la première catégorie rentrent les autorails ou véhicules dérivés de l’autobus (fig. 36 à 41). A noter la disposition Tartary qui permet de
- Fig. 42. — Automotrice Campagne.
- Moteur de 40 ch ; — Trois vitesses; — Commande par cardans. Ligne de Ferry ville à Tendja, Tunisie; — Rampes de 30 mm; Vitesse moyenne 30 km : h avec remorque.
- tourner le véhicule en un point quelconque de la voie; à cet effet, l’on engage l’essieu arrière sur une plaque circulaire, tandis que l’avant est porté par un galet transversal (accessoires visibles sur la figure 36). Il faut
- Fig. 43. — Automotrice Berliet.
- Moteur de 40 ch (110 X 140). — Vitesses : 10, 17, 30, 45 km : h; Essieu avant commandé par chaînes; — Poids 11,2 t.
- pour que cette manœuvre soit possible, que l’essieu moteur soit pourvu d’un différentiel.
- Tome 136. — Mars 1924.
- 17
- p.233 - vue 233/899
-
-
-
- Fig. 44. — Automotrice des Chemins de fer de l’État, type T A 1. Agencement mécanique Schneider; — moteur de 60 ch (135 X HO); — embrayage Fieux; vitesses : 14, 22, 40, 60 km : h ; — commande par chaînes.
- Parmi les véhicules à transmission mécaniques à un seul poste, il convient de mentionner les automotrices Campagne (fig. 42) en service en Tunisie et
- Fig. 45 à 47. — Automotrice des Chemins de fer de l’État, type T A 2.
- p.234 - vue 234/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 235
- Berliet (fig. 43). Cette dernière a été expérimentée en 1922 sur le P.-L.-M. entre Lyon et Saint-Genix ; consommation avec remorque 1,46 1 aux 100 t. km.
- L’automotrice des Chemins de Fer de l’Etat (fig. 44 à 47) comporte des dispositions spéciales (1). Elle est réalisée par transformation d’une voiture
- Train lf-28 du 9novembre 1922
- Tr n'n 1
- ' f29 du 9n ovem l we 1922
- i. — Diagrammes de marche de l’automotrice des Chemins de fer de l’État. Poids du train : 27 t.
- ancien modèle; l’agencement mécanique, établi par les Établissements Schneider, comporte un groupe moteur de 60 ch disposé transversalement à l’avant. La transmission à l’essieu avant moteur se fait par chaînes.
- Entre le groupe moteur et les compartiments à voyageurs est disposé un compartiment à bagages dans lequel prend place le mécanicien. L’agencement qui réunit dans le même local le mécanicien et le chef de train permet de supprimer le chauffeur.
- (1) Les figures 4o à 47 se rapportent au type TA2 dont 10 exemplaires sont actuellement en construction aux Etablissements Schneider. On remarque que le radiateur est déporté à gauche, pour faciliter l’accessibilité du moteur par un panneau ouvrant, à droite.
- Le compartiment à bagages est agrandi par rapport au type TA1.
- p.235 - vue 235/899
-
-
-
- 236
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- L’empattement de 3,75 m permet le tournage sur toutes les plaques des gares. Le poids est de 14,5 t.
- La vitesse en paliers est de 60 km : h avec remorque de 10 à 15 t et de 45 km : h environ avec remorque de 45 à 50 t.
- Ce véhicule est en service, avec une voiture de remorque, sur la ligne très accidentée de Mortagne à Saint-Gauburge (fîg. 48). La consommation ressort à 0,65 1 par kilomètre, soit 2,4 1 aux 100 tonnes kilométriques, consommation assez élevée résultant de la difficulté du parcours, et comprenant la dépense pour les manœuvres aux terminus.
- 21,35 _
- ÜUUUKMJUUUÜIJ, 1
- nnnnnn ruainnn ri
- Fig. 49 et 50. — Automotrice de la Mc Keen Car C°.
- Enfin, parmi les véhicules à un seul poste, il est intéressant de signaler l’automotrice de la Mc Iveen Car C° (1) (fîg. 49 et 50).
- Le véhicule ne comporte pas de châssis. La caisse est exécutée en tôle, d’une construction rigide, à la façon d’une coque de bateau ; elle repose sur deux bogies; celui d’avant porte le moteur disposé transversalement. L’avant affecte une forme de proue effilée, l’arrière est en rotonde (2).
- Le moteur esta six cylindres, type 200 ch; il est réversible, avec mise en marche à l’air comprimé; il commande l’essieu d’avant par une chaîne silencieuse disposée dans l’axe. L’embrayage est pourvu d’une commande par l’air comprimé assurant un démarrage progressif.
- Nombre de places assises : 83. Poids : 31 t. Vitesse : 50 milles soit 80 km : h.
- (1) Omaha (États-Unis).
- (2) Ce véhicule a été construit vers 1910; les connaissances actuelles sur la résistance de l’air conduiraient à la disposition inverse.
- p.236 - vue 236/899
-
-
-
- traction sur voie ferrée par moteurs a combustibles liquides. 237
- Les figures 51 à 61 se rapportent à des véhicules à deux postes de conduite; cette disposition nécessite, pour la commande des différentes manœuvres du moteur et du mécanisme, des timoneries conjugées d’un poste à l’autre. Le faisceau de timoneries est visible sur la figure 51 qui concerne une automotrice Renault type 60 ch à deux bogies, en service aux Mines de Carvin.
- Dans l’automotrice Scemia Renault (fig. 53 à 56), les essieux sont montés à la façon des « ponts » d’automobiles, avec suspension à l’intérieur
- Fig. 51 et 52. — Automotrice Renault, à voie normale (Mines de Carvin).
- A. moteur 60 ch (110 x 140) 6 cyl. ; — B, embrayage et ventilateur; — C, boîte de mécânisme (4 vitesses, de 0 à 45 km : h) ; — D, inverseur et démultiplicateur; — E. arbres à cardans; — F, boîtiers des couples coniques; — G, postes de conduite; — H, compresseur d’air; — 55 places; — poids 25 t.
- des roues; les extrémités des ressorts sont articulées à des jumelles élastiques dans le sens transversal pour amortir les réactions dans les entrées en courbe. Les freins sont disposés à l’extérieur des roues. Différents types ont été établis avec un ou deux essieux moteurs, pour la voie métrique et la voie normale.
- L’automotrice Schneider (fig. 57 à 61) présente comme principale particularité la disposition du moteur placé latéralement vers le milieu du véhicule, avec panneau d’accès de l’extérieur, conduisant à la meilleure répartition des charges. La suspension, montée sur rotules, permet le déplacement transversal du châssis. Les boîtes d’essieux sont pourvues de bielles de poussée destinées à supprimer le contact avec les plaques de garde.
- p.237 - vue 237/899
-
-
-
- Fig. 53 à 56. — Automotrice Scemia Renault type SR 1 (Banlieue de Reims).
- A, moteur 30 ch (100 x 160); — B, embrayage et ventilateur; — C, mécanisme (vitesses, 10, 15, 26, 40 km : h). — D, coffre du radiateur;— E, cardan; — F, boîtier de l’essieu moteur; — G. postes de conduite: — Un seul essieu moteur.
- Fig. 56bl\ — Automotrice Scemia Renault SR 4 (Grande banlieue). Moteur de 40 ch (125 x 160); — deux essieux moteurs.
- p.238 - vue 238/899
-
-
-
- traction sur voie ferrée par moteurs a combustibles liquides. 239
- Fig. 57 à 60. — Automotrice Schneider du Réseau de Grande Banlieue.
- Ligne de Poissv à Saint-Germain.
- A, moteur; — B, volant, ventilateur, embrayage Fieux; — C, mécanisme; — D, radiateurs; — EU', cardans; — FF', boîtiers des couples coniques ; — GG', postes de conduite; — H, compresseur d’air.
- Moteur type 50 ch (135 x 170); quatre vitesses : 11, 19, 30, 45 km : h. Poids, 10 t.
- Les conditions de marche sont les suivantes :
- Avec remorque de : 8 t 16 t
- Vitesse en rampe de 5 mm : 45 km : h, 45 km : h
- — 40 — : 45 - , 32 —
- — 20 — : 30 — , 20 —
- — 30 — : 20 — , 13 —
- — 40 — : 13 — , 10 —
- — 50 — : 12 — .
- 4M
- p.239 - vue 239/899
-
-
-
- 210
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 192t.
- Les essais ont été effectués sur la ligne de Versailles aux Mureaux présentant des rampes de 50 mm; véhicule chargé de 3 t, seul ou avec remorque de 8 t. La consommation ressort à environ 2 1 aux 100 tonnes kilométriques.
- Dans ces différents véhicules, les timoneries qui relient le double jeu d’appareils de manœuvre aux différents organes à commander, embrayage, changements de vitesses, inverseur, commande des gaz, etc., constituent des organes assez complexes.
- Il existe un autre moyen d’effectuer cette liaison : il consiste à faire usage de
- Fig. 61. — Automotrice Schneider ; accès au moteur.
- l’air comprimé. Avec cette solution, les timoneries sont remplacées par des tuyauteries mettant en communication les appareils distributeurs des postes de conduite avec des récepteurs à’pistons ou à membranes qui actionnent les différents organes^à commander.
- Ce procédé est appliqué à l’automotrice américaine représentée sur les figures 62 et 63 (1).
- Le véhicule comporte deux groupes moteurs de 70 ch, 6 cylindres, actionnant respectivement un essieu de chaque bogie. Les manœuvres des deux groupes sont commandées, en synchronisme, de l’un ou de l’autre poste
- (1) Aulomolive Industrie, 11 octobre 1923.
- p.240 - vue 240/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 241
- WES TJEFRI'nI
- — Automotrice deTOneida C°.
- Fig. 62 et 63.
- de conduite; l’on voit sur les figures 64 et 65 les boîtes à membranes accolées aux différents appareils (a, pour le moteur; b, pour l’embrayage ; c, c' pour l’inverseur, etc.). Le fonctionnement utilise l’air comprimé du freina air.
- Fig. 64 et 65. — L’un des deux groupes moteurs de l’automotrice Oneida. A, moteur; — B, mécanisme; — C, couple conique et inverseur.
- / \7" ' " " ’ ' .
- p.241 - vue 241/899
-
-
-
- 242
- MoTOTRACTION SUH VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- Les mécanismes sont suspendus sous le châssis et facilement amovibles (1).
- Poids du véhicule : 28 t.
- Vitesse 70 km : h pour 2.200 tours des moteurs.
- — e:e']tfgd.tastl2-T& sty-Jt......—------------------
- ----- ---g
- 40 0 ’Ccjïêres of Bogies-—----------------------
- 60 O ' Ovcr EcacUtocks—1------------------------
- , A B C, 1
- Automotrice de la Daimler C° Fig. 67 et 68.
- Ensemble du châssis.
- Fig. 69.
- Commande d'un essieu moteur.
- A, A, moteurs: — B, B. embrayages; — C, O, mécanismes; — U, I), cardans; — E, boite de renvoi d'angle inverseur; — F, dynamo; +- G, accumulateurs.
- (t) L’équipement comporte un groupe électrogène avec batterie d’accumulateurs; celle-ci alimente le compresseur d’air ainsi que les ventilateurs des radiateurs disposés sur le toit; elle permet en outre l’éclairage du véhicule et la mise en marche des moteurs.
- p.242 - vue 242/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 243
- L’on peut également, par le même procédé, conjuguer les commandes de plusieurs véhicules automoteurs.
- La figure 6G montre un train de deux voitures, construites par l’A. E. G. pour les Chemins de fer prussiens; chacune est pourvue de deux groupes moteurs de 75 ch. Les quatre moteurs et leurs mécanismes sont commandés simultanément de Lun quelconque des quatre postes de conduite. Poids de chaque voiture, 26 t; capacité 64 places (1).
- Au lieu d’air comprimé, pour actionner les différentes manœuvres, il peut être fait usage de commandes électriques :
- L’automotrice Daimler (fig. 67 et 68) comporte des dispositions mécaniques combinées avec des embrayages électro-magnétiques.
- Deux groupes moteurs sont disposés latéralement sous la carrosserie. Ils commandent respectivement un essieu de chaque bogie par une transmission à cardans, avec renvoi d’angle en bout de l’essieu lui-même (fig. 69).
- Chaque moteur est à 6 cylindres, d’une puissance de 90 à 100 ch. Vitesse normale 80 km : h (2).
- Transmissions hydrauliques.
- Certains constructeurs ont réalisé la transformation de l’énergie entre le
- moteur et les roues au moyen d’appareils hydrauliques.
- Fig. 70. — Locotracteur Lentz à transmission hydraulique.
- L’équipement comprend en principe (fig. 1, croquis H) un compresseur ou transmetteur m actionné directement par le moteur, et un récepteur n moteur hydraulique) qui commande les essieux par chaînes ou par bielles.
- (1) Supplément hebdomadaire du Berliner Tagebln.lt du 10 septembre 1923.
- (2) Engineering du 21 novembre 191.3.
- p.243 - vue 243/899
-
-
-
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- 2 U
- Le liquide employé est l’huile.
- Dans le système Lenz (fîg. 70), le transmetteur comporte deux corps de pompe de débits différents. La mise en circuit de la pompe à petit débit
- Fig. 71 et 72. — Transmission hydraulique llele-Shaw, coupes de la pompe.
- A, Tourillon central, fixe, portant les lumières O, et 02 communiquant, par les tubulures T,, T,, avec la tuyauterie; — B, cylindres rotatifs, solidaires de l’arbre X commandé par le moteur; — E, têtes de pistons pourvues de navettes G logées dans les rainures circulaires H de la couronne mobile C; — N,, Na. coulisseaux à roulements supportant la couronne C ; — L, levier de manœuvre commandant le déplacement transversal des coulisseaux Ni,iN2.
- Fig. 73. — Position moyenne du levier L, correspondant à une course nulle des pistons; point mort. Fig. 74. — Aspiration par Ot, refoulement par 02.
- Fig. 75. — Circulation inversée.
- correspond à la première vitesse, la pompe à grand débit à la deuxième, les deux pompes en parallèle à la troisième vitesse.
- Les autres systèmes sont à fonctionnement continu. Le compresseur est à débit variable par l’action d’une commande qui agit sur la course des pistons et permet en outre d’inverser le sens de circulation du liquide.
- Le fonctionnement est extrêmement simple :1a position moyenne du levier,
- p.244 - vue 244/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 245
- pour laquelle le débit du transmetteur est nul, correspond à l’arrêt du véhicule; les positions extrêmes à la pleine vitesse avant ou arrière; les positions intermédiaires correspondent à des vitesses plus réduites et permettent les démarrages.
- L’agencement doit comporter un dispositif de « by-pass » permettant de mettre les tuyauteries en court-circuit pendant la marche inactive de la
- A, moteur de JO ch; — B, compresseur; — C, récepteur; — D, combustible; — E, eau; — F, huile pour la transmission; — G, soupape de sûreté; — H, soupape d'alimentation;,-— K, volant de manœuvre; — L, robinet « by-pass »; — M, frein. '
- machine, en descendant une déclivité par exemple, et pendant les remisages pour permettre le déplacement éventuel de la machine.
- Les cylindres sont généralement disposés en étoile. Avec l’appareil Hele-Shaw, les cylindres sont rotatifs (fig. 71 à 75), avec le Naëder ils sont fixes.
- La Société française de Transmission a appliqué le système Hele-Shaw à des locotracteurs en service au Chemin de fer du Nord (fig. 76 à 78).
- Les figures 79 et 80 concernent une automotrice anglaise MEP (Mc Ewan, Pratt and C°) munie de la transmission Hele-Shaw ; le groupe moto-trans-
- p.245 - vue 245/899
-
-
-
- 246
- MOTOTHACTION SUR VOIES FERRÉES.
- MARS 1924.
- 1 ' 1 • lu........... ' . I '
- Fig. 19 et 80. — Automotrice M. E. P., avec transmission Ilele-Shaw
- Fig. 81 et 82. — Locotracteur du Chemin de fer du Nord avec transmission Naëder.
- , moteur;
- , volant;
- m, transmetteur ;
- n, récepteur ;
- o, huile pour la transmission ;
- p, réfrigérant d’huile.
- Commande par bielles.
- p.246 - vue 246/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 247
- metteur est disposé à l’avant; deux récepteurs commandent respectivement les deux essieux du bogie arrière.
- La Compagnie du Chemin de fer du Nord a exécuté d’autre part une machine d’essai de 30 t munie de l’appareil Naëder, avec moteur de 120 ch à 400 tours (fig. 81 et 82).
- Les Etablissements Vickers ont établi, sur le même principe, un loco-
- Fig. 83 à 85. — Locotracteur Vickers.
- Moteur Diesel de 75 ch; — transmission hydraulique; — deux récepteurs dont les arbres constituent faux essieux.
- tracteur, pour chemin de fer de campagne, muni d’un moteur Deisel de 75 ch (fig. 83 à 85). A noter que les deux récepteurs qui commandent les roues par bielles sont pourvus du dispositif de « by-pass ».
- La transmission hydraulique permet une très grande facilité de conduite ; son emploi est surtout indiqué pour des machines de manœuvre; son rendement atteindrait 75 p. 100.
- Fig. 86. — Locomotive de la « Beardmore C° » Moteur Diesel de 600 ch; embrayage hydraulique.
- Une autre façon de concevoir l'emploi de l’hydraulique consiste à disposer en tandem le transmetteur et le récepteur, avec un dispositif permettant de coupler les deux arbres quand leurs vitesses sont égales, c’est-à-dire dans les conditions normales de marche. Avec ce procédé, la
- p.247 - vue 247/899
-
-
-
- 248
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES.
- MARS 1924.
- transformation d’énergie n’existe qu’au démarrage et dans les rampes exceptionnelles.
- Cette transmission hydro-mécanique a été appliquée par M. Naëder à une automobile; on trouve une disposition similaire dans la machine de la Beard-more C° (fig. 86) (1).
- Transmissions électriques.
- L’équipement d’un véhicule à transmission électrique comprend en principe (fig. 1, croquis G) : une « génératrice » à courant continu actionnée par le moteur à hydrocarbure; des « réceptrices » ou « électro-moteurs », qui
- i;i8o.
- Fig. 87. — Locotracteur Crochat de 3 t, pour mines.
- a, moteur; —j, génératrice; — k, réceptrices; — f, essieux; — m, démultiplicateurs; —vitesse 15 km : h.
- commandent les essieux; et un ou plusieurs « contrôleurs » servant à la manœuvre.
- Le plus généralement il est fait usage d'une génératrice « shunt » ou à excitation indépendante et par conséquent à tension variable et réglable ; les réceptrices sont à enroulement « shunt » ou plus simplement « série »; elles peuvent être couplées en série ou en parallèle suivant les circonstances de la marche.
- La transmission électrique permet de réaliser la gamme continue des vitesses et d’accommoder pour le mieux, à chaque instant, le régime du moteur à la marche du véhicule. Elle donne une grande facilité de conduite, au moyen d’une seule manette agissant sur un combinateur, et se prête facilement à l’établissement de deux postes de manœuvre. Elle peut être appliquée sans limitation de puissance du moteur.
- (1) Locotracteurs Vickers et Beardmore. La Technique Moderne du 15 décembre 1923, d’après The Railwery Engineer de septembre 1923.
- p.248 - vue 248/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 249
- Fig. 90. — Locotracteur Crochat de 44 t de FALVF (artillerie lourde sur voie ferrée)* Deux groupes générateurs de 100 ch; — quatre réceptrices sur les essieux.
- Fig. 91 à 93. — Automotrice Crochat des chemins de fer départementaux de la Dordogne. Moteur de 45 ch à 2.000 tours; — régime 125 à 250 V; — poids, 11,5 t; — 45 places dont 30 assises.
- Tome 136.
- Mars 1924.
- 18
- p.249 - vue 249/899
-
-
-
- 250
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- Comme contreparties : prix et poids supérieurs à ceux de la transmission mécanique, pour les unités où les deux systèmes peuvent être mis en comparaison ; pertes de rendement que l’on peut estimer à 30 p. 100 environ, mais partiellement compensées par une marche plus économique du moteur, en raison de son fonctionnement mieux adapté au régime de marche.
- Fig. 91 a 96. — Automotrice Westinghouse de 60 ch (Mines de Carvin). Poids 23 t.
- Fig. 97. — Automotrice Westinghouse de 90 ch. (Ligne do Drieblergen à Arnhem, Hollande). Poids 18 t.
- Le matériel Crochat-Collardeau présente quelques dispositions particulières : les réceptrices sont du type « série » ; la génératrice à enroulement « shunt » et « série ».
- A l’arrêt, le moteur étant en ralenti, l’enroulement « shunt » de la génératrice est seul en circuit; la génératrice tournant au-dessous de sa vitesse normale ne peut s’amorcer puisqu’elle est branchée sur une réceptrice « série » arrêtée, c’est-à-dire en court-circuit.
- p.250 - vue 250/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 251
- Pour démarrer, l’on introduit dans le circuit l’enroulement « série » de la génératrice, celle-ci s’amorce, le véhicule démarre progressivement.
- Pour accélérer, l’on donne des gaz au moteur; d’où augmentation de voltage et de vitesse. Pour ralentir, manœuvre inverse.
- En parcours dur, en rampe par exemple, le compoundage de la génératrice peut être shunté, ce qui augmente la vitesse du groupe générateur par rapport à celle du véhicule. Au contraire, en parcours facile, le shuntage des inducteurs des réceptrices permet d’augmenter la vitesse du véhicule par rapport à celle du groupe générateur.
- Le procédé a été appliqué à différents types de locotracteurs, avec moteurs
-
- Fig. 98. — Automotrice des Chemins de fer prussiens (Deutz).
- à explosions, depuis 3 t (fig. 87) jusqu’à 40 t (fig. 90) ainsi qu’à des automotrices (fig. 91 à 93).
- Les Etablissements Westinghouse ont équipé, avant la guerre, un certain nombre d’automotrices benzo-électriques munies de groupes générateurs de 60 ou 90 ch. Régime : 300 à 500 Y; excitation shunt. Ces véhicules sont jnunis de moteurs-traction type « série ». La marche est réglée par l’excitation shunt de la génératrice au moyen d’un controller « tramway » permettant, en outre, le couplage en série ou en parallèle des réceptrices (fig. 95 à 97).
- Vers 1910, les Chemins de fer prussiens ont mis en service sur des lignes secondaires, notamment dans les environs de Posen, plusieurs automotrices benzol (fig. 98) équipées de la façon suivante (1) :
- Le groupe générateur est monté sur le bogie avant; le moteur se trouve sous capot en avant de la caisse; cette disposition donne une grande accessibilité au moteur et permet, pour une réparation, de séparer le bogie moteur du châssis général du véhicule; elle permet en outre de soustraire le véhicule aux vibrations du moteur. Les caractéristiques sont les suivantes :
- (1) Le Génie civil du 6 juillet 1913.
- p.251 - vue 251/899
-
-
-
- 252
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES. — MARS 1924.
- Moteur à 6 cylindres en V de 100 à 150 ch, tournant de 700 à 1.100 tours. Génératrice du type « shunt » de 65 kW sous 300 Y à 700 tours; réglage par l’excitation. Electro-moteurs du type « traction » actionnant directement les essieux du bogie arrière.
- M. Mallez, directeur de la Régie des Tramways de l’Ain, a réalisé un locotracteur à transmission électrique muni d’un moteur semi-Diesel Ballot de 60 ch à 2 cylindres, tournant à 400 tours (fig. 09 et 100).
- La génératrice (40 kW-220 Y) est à excitation indépendante; l’excitatrice
- Fig. 99 et 100. Locotracteur semi-Diesel des tramways de l’Ain.
- A, moteur; a, volant;
- B, génératrice; b, accouplement;
- C, excitatrice;
- D, dynamo auxiliaire;
- E, réceptrices;
- F, essieux; f, carters de chaînes;
- G, supports des réceptrices;
- I. J, K, manœuvres;
- T, combustible;
- U, accumulateurs;
- Y, tableau des appareils automatiques ;
- X, radiateur.
- reçoit elle-même son excitation d’une dynamo auxiliaire (0,5 kW-25 V), ce qui permet de réduire au minimum l’intensité du courant coupé par le rhéostat.
- Deux moteurs de traction type « série » commandent les essieux par chaînes (1).
- Poids en ordre de marche : 15 t;
- Cette machine peut remorquer :
- En palier 40 t à 40 km : h ;
- En rampe de 25 mm : m 20 t à 12 —
- — 50 mm : m 12 t à 10 —
- Les automotrices « Sulzer » sont établies, comme celles des Chemins de fer prussiens, avec le groupe générateur sur le bogie avant (fig. 101 à 104) (2).
- (1) Cette disposition résulte du fait qu’on a utilisé un châssis de wagon dont le diamètre des roues ne permettait pas l’attaque par pignon.
- (2) Le Génie civil du 30 décembre 1922.
- p.252 - vue 252/899
-
-
-
- Stiizi’r-hit''-'! de 200 ch.
- Fi-'. lu !. V11< i xt< : ïi-ilr>.
- !nj. ;i\ ,i!11
- et L’rmi|‘i'
- 1' i-. i,!i. i’ü-'il- \ il * ïi plan.
- 0
- Fig. 10a. — Diagramme de démarrage en rampe de 12 mm par mètre.
- p.253 - vue 253/899
-
-
-
- 254
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- Le moteur est un « Diesel-Sulzer » à deux temps, à six cylindres, de 200 ch, tournant à 440 tours; il commande une dynamo « shunt » à voltage réglable par l’excitation (de — 300 à 300 V) système Ward-Léonard. Les réceptrices, du type
- « série », sont montées sur le bogie arrière; elles attaquent un faux essieu qui commande les roues par bielles. (Dans les modèles plus récents, il est fait u s aire de moteurs-
- A ulomuh'iKjc DE VA type /.
- Fig. 106. — Vue extérieure. Fig. 107. — Cabine avant.
- es
- traction commandant directement essieux.)
- La mise en marche du moteur s’effectue par la génératrice au moyen d’une batterie d’accumulateurs.
- Un poste de conduite est disposé à chaque extrémité.
- Aménagement pour 100 voyageurs. Poids: 64 t, dont 26 pour le bogie avant.
- Vitesse en palier : 75 km : h ; 60 km : h avec remorque de 30 t.
- Ces automotrices, en service sur la ligne de Zurich à Romanshorn (rampes de 12 mm : m) prennent en remorque deux voitures de 25 t. Consommation
- 0,85 à 0,90 kg pour 100 tonnes kilométriques.
- Plusieurs compagnies suédoises ont en service des automotrices « Polar Deva », construites par la « Diesel Elektriska Vagn Aktiebolaget » de Vas-teras (fîg. 106 à 119) (1).
- (1) Le Génie civil du 16 octobre 1920.
- p.254 - vue 254/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 255
- Les moteurs sont du type Polar-Diesel à quatre temps, tournant à 550 tours, du poids de 40 kg environ par cheval.
- La génératrice, directement accouplée au moteur, est du type à huit pôles, avec enroulement « shunt » ; le voltage est réglé par l’excitation jusqu’à 550 V. Une batterie d’accumulateurs permet la mise en marche du moteur par la génératrice.
- Les électro-moteurs sont du type « traction » à enroulement « série ».
- Les véhicules comportent un poste de conduite à chaque extrémité; ils sont, comme les Sulzer, munis d’un appareil de sécurité visible sur la figure 107 : un bouton surmonte la poignée du « contrôleur»; sur ce bouton, le conducteur doit maintenir la main posée. S’il vient à l’abandonner, le bouton remonte ce qui provoque l’arrêt du moteur et, quelques secondes après, le serrage des freins. Dans ces conditions, en cas de défaillance du mécanicien, le train s’arrête automatiquement. Ce dispositif est dénommé « dead man’s grip » ou « dead man » (homme mort).
- Les principaux types à voie normale sont établis suivant les caractéristiques du tableau ci-après qui indique leurs conditions de marche avec ou sans remorque.
- MOTEURS
- PUISSANCE
- TYPE Nombre de cylindres.
- 75 ch
- 6 cylindres.
- 120 ch 6 cylindres.
- TONNAGE
- ( P = 30 t............
- I avec remorque de 25 t.
- f P =33 t . . . . ... < avec remorque de 25 t. ( — — 50 t.
- „ $ 160 ch ' 8 cylindres.
- 250 ch
- 12 cylindres.
- P = 37,5 t.. , . . . . avec remorque de 36 t.
- — — 751.
- P = 50 t.............
- avec remorque de 43 t.
- — — 851.
- En
- palier.
- 56 km : h 50 —
- 68 —
- 62 —
- 58 —
- 74 —
- 66 —
- 60 —
- 75 —
- 75 —
- 70 —
- 10 mm : m
- 32 km : h 22 ___
- 48 —
- 35 —
- 26 —
- 52 —
- 37 —
- 27 —
- 64 —
- 42 —
- 34 —
- 20 mm : m
- 20 km : h 12 --
- 32 —
- 20 —
- 13 —
- 36 —
- 22 ____
- 14 —
- 40 —
- 27 —
- 18 —
- VITESSES
- Les types similaires existent à voie métrique.
- Des compagnies qui utilisent ce matériel accusent une consommation de combustible de 0,75 à 1 kg d’huile pour 100 tonnes kilométriques, suivant le profil des lignes. L’économie par rapport à la vapeur, pour le même tonnage, serait de 50 à 60 p. 100 d’après les renseignements fournis par les directeurs de deux compagnies (1).
- Les Chemins de fer tunisiens ont en service depuis janvier 1923, entre
- (1) M. Cari Carlson du « Vikbolandet »; M. A. Larsson du « Mallersta-Sormslands-Jarnvag ».
- p.255 - vue 255/899
-
-
-
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- 250
- Fig. 108 à 110. Au to motrice Polar DEVA, type 1.
- Tunis et Hamman-Lif, une locomotive de 120 — 150 ch dérivée du type 3 (fig. 120 à 124); son poids est de 30 t environ.
- Les résultats d’exploitation accusent, par rapport à la vapeur, une économie de 50 p. 100 en combustible et en personnel (1).
- Fig. 111 à 115. Automotrice Polar DEVA, type 3.
- (1) Revue générale des Chemins de fer de mars 1924.
- p.256 - vue 256/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 257
- Fig. 116 à 118. Automotrice Polar DEVA, type 7.
- MM. Lavizzari et Bosso, constructeurs italiens, ont réalisé une locomotive électro-Diesel de 1.200 ch (fïg. 125 à [127).
- Deux moteurs Diesel à 6 cylindres, montés sur le même bâti, actionnent respectivement deux génératrices disposées aux extrémités du véhicule.
- Les moteurs sont à quatre temps; alésage 350 mm; course 300 mm;
- 6 cylindres; puissance 600 ch à 500 tours.
- Les génératrices sont du type à 8 pôles de 340 à 400 kW, 900 V, avec excitatrices de 10 kW, 110 V, montées sur les arbres commandant les génératrices.
- Les réceptrices, de 370 kW à 450 tours, sont montées sur des arbres .
- constituant faux essieux, lesquels commandent par bielles les roues motrices.
- Fit
- 119. — Automolrice Polar DEVA, type 7, chambre dû moteur.
- p.257 - vue 257/899
-
-
-
- 258
- MuTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 4 924.
- Les réceptrices, de même que les génératrices, peuvent être couplées en série ou en parallèle suivant les circonstances de la marche.
- La mise en marche d’un des moteurs se fait par l’air comprimé; ce
- D \é
- Fig. 120 à 124. — Locomotive Polar DEVA de 420 ch des Chemins de fer tunisiens. a, moteur Diesel à G cylindres; — B. génératrice; — C, réceptrices; — D, D, postes de conduite; — E. chambre des accumulateurs; — F, chambre des réservoirs : — O, G, plates-formes; — II, radiateurs; — I, ventilateurs; — J, coffre de la courroie des ventilateurs; — K, échappement: — L, sablières.
- moteur étant lancé, la mise en marche de l’autre se fait électriquement par le premier, ce qui diminue la dépense d’air.
- Les radiateurs sont disposés partie sur le toit, partie aux extrémités du véhicule; ces derniers sont munis de ventilateurs électriques.
- La machine est à 6 essieux couplés et à 2 bissels (1).
- Poids total .... d05 t Effort de traction maximum . . 7.000 kg
- — adhérent . . 80 t Vitesse maxima................ 100 km : h.
- (1) La Vie technique et industrielle de février 1923.
- p.258 - vue 258/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 250
- ooooool
- Fig. U5 à 127. — Locomotive Lavizzari et Bosso de 1.200 ch.
- A, A', cylindres moteurs; — a, a', cylindres compresseurs; — B, B', génératrices; — b, b', excitatrices; — CC'c, radiateurs; — D, D, ventilateurs; — E, groupe compresseur; — F, F', postes de conduite; — G, G, réceptrices.
- Transmissions électro-mécaniques.
- Différents procédés ont été appliqués dans le but de supprimer l’intermédiaire électrique en dehors des périodes de démarrage ou de marche en profils difficiles.
- Dans l’automotrice Pieper (fig. 128) un groupe moteur-dynamo commande les deux essieux au moyen d’arbres à cardans, avec interposition d’embrayages magnétiques, pour le démarrage.
- Pendant le démarrage et en parcours dur, la dynamo reçoit le courant d’une batterie et ajoute son action à celle du moteur; au contraire, dans les parcours faciles, l’excédent d’énergie du moteur est utilisé pour charger la batterie (2).
- Fig. 128. — Automotrice Pieper.
- Moteur de 90 ch ; — capacité 50 à 60 places ; — poids 22 t.
- Trois véhicules de ce système ont été mis en service en 1911 entre Poissy et Saint-Germain (rampe de 50 mm : m). Moteur de 90 ch. Capacité: 60 places; Poids: 22 t. Vitesse moyenne: 25 km: h; avec remorque:
- (2) Le Génie Civil du 20 juin 1912 et du 11 janvier 1913.
- p.259 - vue 259/899
-
-
-
- 260
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES.
- MARS 1924.
- 17 km: h. Consommation de benzol sur 15.000 km: 2,50 kg par 100 tonnes kilométriques.
- Avec la transmission Thomas (fîg. 129), en usage on Angleterre, l’énergie du moteur est répartie au moyen d’un train planétaire Y)be entre
- Transmission Thomas.
- Fig. 129. — Disposition schématique.
- Fig. 130. — Agencement général.
- deux arbres concentriques, l'un F qui attaque directement un essieu, l’autre G, annulaire, portant l’induit d’une dynamo B. L’arbre annulaire G laisse passer l’arbre II qui relie l’arbre moteur au boîtier D des planétaires b. La
- Fig. 131. — Groupe électro-mécanique Thomas.
- dynamo B est en circuit, par l’intermédiaire d’un appareil de manœuvre, avec une deuxième dynamo C commandant, par un cardan F', un autre essieu.
- Au démarrage et en parcours durs, il s’effectue une transformation partielle de l’énergie par les deux dynamos dont l’une travaille en génératrice
- p.260 - vue 260/899
-
-
-
- TRACTION SCR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 261
- et l’autre en réceptrice, ce qui assure une gamme continue de démultiplication.
- En marche normale, la liaison des deux arbres G et H par un coupleur magnétique K assure la prise directe du moteur sur l’arbre F, la dynamo C étant alors hors circuit.
- Un coupleur L permet de débrayer l’arbre F de façon à effectuer le lancement du moteur par la dynamo B, le coupleur K étant embrayé (1).
- Procédés comportant l’emploi de l’air comprimé.
- L’air comprimé peut être employé comme transmetteur et transformateur d’énergie entre le moteur et les roues. Il est facile de concevoir une
- A //M
- Mânelle des gaî.
- Moleur
- Arrêt________
- Démarrages___
- Marche normal*
- yv >
- Fuite dalvmentalion -Gf-T Irai
- el soupage de retenue_/
- auï roues motrices_
- R éseTvoir d'air
- Mise en marche du moleur. Frein-------------------
- Fig. 132. — Sliéma de la transmission Ilautier.
- M, moteur; — E, pignon solidaire de l’arbre moteur; — FG, train planétaire solidaire de l'arbre L; —H, tambour engrenant en h avec les planétaires F: — P, compresseur d'air commandé par le tambour H au moyen de pignons KK'; —p, soupapes d'aspiration maintenues ouvertes en position 1 de la manette c; — J, moteur à air comprimé agissant par les pignons QQ' sur l’arbre L ; — C, manette commandant pleine admission au moteur J entre les positions 1 et 2, puis admission décroissante, nulle en 6.
- La position 1 correspond au débrayage ; le compresseur tourne fou. A partir de la position 2, le compresseur P refoule dans le moteur à air J dont l’action se superpose, sur l'arbre L, au couple direct. En position extrême 6, admission nulle, le compresseur cale, immobilisant le tambour H ; le planétaire fonctionne comme réducteur de vitesse ; marche normale sans transformation.
- machine comprenant un châssis de locomotive ordinaire à vapeur avec ses roues, ses cylindres, ses bielles, la chaudière étant remplacée par un groupe moto-compresseur.
- A priori, un tel procédé peut paraître désavantageux, toutefois le cycle de transformation d’énergie peut comporter certaines dispositions susceptibles de conduire à un rendement acceptable : Compression de l’air par étages avec refroidissement pour réaliser une compression économique; réchauffage de cet air par l’échappement du moteur, de façon à pouvoir l’utiliser adiabati-quement dans les cylindres récepteurs sans s’exposer au givrage.
- (1) Engineering du 3 mai 1911 et du 23 juin 1915.
- p.261 - vue 261/899
-
-
-
- 262 MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS i924.
- Le procédé aurait été appliqué en Italie à une automotrice. D’autre part, un ingénieur italien M. Fausto Zarlatti a fait récemment une démonstration du dispositif en utilisant un châssis de locomotive à vapeur.
- L’air comprimé peut être employé comme moyen auxiliaire de démarrage.
- L’appareil Hautier (fig. 132) a pour objet de supprimer toute transformation d’énergie en marche normale.
- Avec cet appareil, l’énergie du moteur est répartie au moyen d’un train planétaire suivant deux transmissions l’une directe aux roues, l’autre constituant transformateur d’énergie au moyen d’un compresseur d’air et
- Fig. 133. — Locotracteur de 19 t, 70 ch, avec transmission Hautier, construit en 1913 par les Établissements Schneider.
- Essai avec le wagon dynamomètre des Chemins de fer de l’État.
- d’un moteur à air, ce dernier ajoutant son action à la transmission directe. Au démarrage, la majeure partie de l’énergie subit la transformation; en marche normale, la totalité est transmise par l’arbre direct, le train planétaire fonctionnant comme réducteur de vitesse; toutes les gammes intermédiaires peuvent être réalisées d’une façon continue.
- La figure 133 montre un locotracteur de 19 t ainsi équipé, construit par les Etablissements Schneider; cette machine a subi en 1913 des essais dynamométriques qui ont démontré que le rendement était très acceptable (1).
- Avec la locomotive Sulzer-Diesel (fig. 134, 135) nous abordons une catégorie de machines à commande directe des roues par le moteur, l’air comprimé intervenant comme adjuvant pour le démarrage.
- Le moteur, d’une puissance de 1.000 ch, est un Diesel à 4 cylindres en v à 4 temps; son arbre, qui est à deux coudes, constitue faux essieu et commande directement par bielles les 4 roues motrices.
- I) Bulletin, de la Société des Ingénieurs civils d’avril 1913. Cette machine est actuellement la propriété de la société « La Traction moderne ».
- p.262 - vue 262/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 263
- Un groupe auxiliaire, moto-compresseur Diesel de 250 ch, fournit l’air comprimé utilisé pour le démarrage; cet air agit dans les cylindres à combustion du moteur principal; celui-ci fonctionne ainsi à l’air comprimé jusqu’à ce que le train ait acquis la vitesse suffisante pour que le fonctionnement « combustion » puisse être amorcé. Cette vitesse de 10 à 12 km : h
- Fig. 134 et 135. — Locomotive Sulzer de 1.000 ch.
- était dans certaines circonstances difficile à atteindre; il en résultait des démarrages parfois laborieux.
- La machine, essayée en 1923 sur la ligne de Zurich à Romanshorn, a été ensuite mise en service régulier sur les Chemins de fer saxons pour lesquels elle a été exécutée.
- Sur un principe analogue, M. Leroux a établi avec le concours des Établissements de Fives-Lille une automotrice (fig. 136 à 138) pour les Mines de Carvin(l).
- Le moteur, monté sur le bogie avant du véhicule, commande directement
- p.263 - vue 263/899
-
-
-
- 264 MOTOTRACTIÜN SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- par bielles les quatres roues motrices. Ce moteur est un Diesel à deux cylindres à deux temps, manivelles à 180°, avec pistons opposés dans chaque cylindre; chaque piston supérieur est relié par bielles obliques au piston inférieur de l’autre cylindre de sorte que, dans chaque cylindre, les pistons se déplacent en sens inverse.
- Latéralement, sur le même arbre, sont attelées deux pompes de balayage avec manivelles à 90°; elles comportent, en tandem, des pistons étagés pour la compression à 60 kg: cm2 de l’air d’injection.
- Une réserve d’air comprimé est utilisée pour le démarrage; mais, au lieu d’être employé dans les cylindres à combustion comme dans la machine
- Fig. 136. — Automotrice Leroux.
- précédente, l’air est envoyé dans les cylindres de balayage qui, en vertu d’une distribution appropriée, fonctionnent comme moteurs à double effet et, par conséquent, sans point mort.
- L’air d’échappement est envoyé dans les cylindres à combustion où il remplit l’office de balayage. Dans ces conditions, les cylindres moteurs se trouvent suralimentés d’air, ce qui augmente le taux de compression et favorise l’amorçage de la combustion. La marche en combustion s’opère au deuxième tour de roue, et, pendant le démarrage, l’action de l’air comprimé peut s'ajouter à l’action motrice de la combustion interne.
- Pour récupérer l’air du démarrage, il suffît, dans une déclivité ou aux abords d’un arrêt, de renverser la distribution des cylindres de balayage; ils fonctionnent alors comme compresseurs et refoulent de l’air dans les-réservoirs.
- L’installation est complétée par un petit moto-compresseur pouvant
- (1) Le Génie Civil, du 21 mai 1021.
- p.264 - vue 264/899
-
-
-
- Automotrice Leroux.
- Fig. 137. — Coupe longitudinale. Fig. 138. — Coupe transversale par le moteur.
- A, cylindres de combustion;
- B, — de balayage;
- C, — décompression;
- D, enveloppe d’eau;
- E, injecteur;
- F, arbre à came ;
- G, régulateur d’arrivée d’air comprimé ;
- H, commande de déplacement des cames;
- I, arbre de commando de pompe à combustible;
- J, commande de changement de marche;
- K, pompe à combustible;
- E, collecteur d’échappement;
- R, rechauffeur d’air;
- R, soupape d’arrivée d'air du moteur.
- 1
- : f
- Tome 1.36. — Mars 1924.
- 19
- - r ” ' ;
- p.265 - vue 265/899
-
-
-
- 266
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES. — MARS 1924.
- fournir l’air initial aux réservoirs et un réchauffeur d’air contigu au pot d’échappement; cet appareil emmagasine pendant la marche les calories qui seront utilisées pour réchauffer l’air servant au démarrage suivant.
- Le moteur est d’une puissance de 150 ch (cylindres de 200 x 250 mm); la réserve d’air est comprimée à 150 kg; cm2; l’air est détendu à 5 ou 6 kg: cm2 pour le démarrage.
- Poids de l’automotrice à vide 24,5 t; poids avec 60 voyageurs, 29 t. En remorque : deux voitures contenant chacune 60 voyageurs et pesant en charge 16,51, soit 62tpourle poids du train, avec 180 voyageurs transportés.
- Consommation : 0,482 kg par kilomètre, soit 0,78 kg pour 100 tonnes kilométriques.
- Cette machine, qui était en service en 1914, a été détruite pendant l’occupation allemande.
- Machines combinées a combustion interne et a vapeur.
- Dans le procédé Still, les chaleurs perdues du moteur à combustion, sont utilisées pour produire de la vapeur, laquelle vient agir sur la face opposée des pistons moteurs.
- Les chambres à eau des cylindres communiquentpar thermo-siphon avecune chaudière; celle-ci comporte un faisceau tubulaire parcouru parles gaz d’échappement des cylindres à combustion et un foyer qui permet la mise en pression. Ce foyer pourvu lui-même d’un faisceau tubulaire est muni de brûleurs utilisant le même combustible que le moteur (ou un combustible moins coûteux).
- Les avantages généraux du procédé sont les suivants :
- La mise en marche du moteur, même sous charge, s’effectue par la vapeur. Les cylindres se trouvant portés à 180° ou 200° avant la mise en marche, l’amorçage de la combustion se trouve facilité, ce qui permet d’abaisser à 20 kg : cm2 le taux de compression au lieu de 32 nécessaires pour le départ à froid. Cette température élevée de l’eau de refroidissement évite les brusques variations de température des parois; elle conduit à des dilatations plus homogènes, favorables au rendement organique de la machine et à la conservation du métal. La vapeur saturée venant agir sur la face opposée du piston, refroidit ce dernier en même temps qu’elle se surchaufTe au moment même de son action. Enfin, la récupération des calories perdues conduit à une économie appréciable de combustible.
- Le procédé a été appliqué en Angleterre à des machines fixes et marines (1 ) ; il peut s’appliquer à la locomotive.
- (1) Machines du Dolius : 2 machines de 1.250 ch; consommation par cheval-heure eïTictif, au frein : 161 g.
- p.266 - vue 266/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 267
- Pour cette adaptation, la chaudière permet le démarrage en charge ainsi qu’un appoint de puissance dans les parcours durs; elle fournit la vapeur pour le sifflet, la pompe à air (ou l’éjecteur) du frein, le chauffage du train en hiver. Il s’agit, en l’espèce, d’une chaudière de faible puissance, d’une construction simplifiée.
- Le procédé peut comporter des dispositifs de réalisation très divers.
- Locomotive Still à cylindres verticaux. Fig. 139. — Croquis d’une machine de 400 ch. environ.
- Fig. 140. — Coupe schématique.
- A, cylindre ;
- B, arrivée d’air de balayage;
- C, échappement;
- D, injecieur de combustible;
- E, piston; e, ailettes;
- F, tige de piston ; /', conduit amenant la vapeur dans le double fond ;
- (t, distributeur de vapeur;
- II, chaudière; h, niveau d’eau;
- IJ, circu'ation d’eau (thermo-siphon).
- K, arrivée de vapeur ;
- L, échappement de vapeur;
- M, collecteur d’échappement des gaz; **i, faisceau tubulaire de récupération :
- N, , évacuation des gaz;
- O, cheminée;
- P, faisceau tubulaire du foyer;
- Q, balancier de commande.
- Les figures schématiques 139 et 140 montrent une solution actuellement à l’étude en Angleterre, à la. Société Still. Les cylindres^ sont verticaux, attelés par paire sur deux balanciers qui commandent par bielles-l’essieu moteur. Les manivelles sont à 90°; le fonctionnement est à deux.
- temps, pour éviter les temps morts.
- Les figures 141 à 144 se rapportent à une machine en construction aux Etablissements Kitson, à Leeds1. Les essieux couplés sont connectés avec un faux essieu commandé au moyen d’engrenages par l’arbre moteur. Celui-ci est à 4 coudes; il est actionné par 8 cylindres horizontaux fonction-
- (1) The Locomotive de décembre 1913.
- p.267 - vue 267/899
-
-
-
- 268
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- nant à 4 temps. La chaudière comporte lin foyer cylindrique; latéralement sont disposés les faisceaux tubulaires de récupération (Deux gros tubes amènent dans le collecteur arrière les gaz d’échappement des cylindres
- 7’ 5
- 6' 0‘
- avant). Puissance 1.000 ch. Poids 70 t.
- Avec le procédé Still, la consommation d’eau correspondrait à 0,10 environ de celle d’une locomotive à vapeur de
- même puissance; elle pourrait encore être réduite de moité en pratiquant l’échappement libre partiel des gaz d’échappement, leurs calories étant sacrifiées.
- p.268 - vue 268/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 269
- Caractéristiques comparées des différents procédés.
- On peut apprécier comme suit les différents procédés exposés dans ce qui précède.
- Pour les faibles puissances, tous les systèmes de transmission sont généralement applicables; le choix en faveur de l’un ou de l’autre est, suivant le cas, question d’appréciation ou de prix d’établissement. La transmission mécanique est la plus employée.
- Dans les puissances supérieures, la transmission électrique est incontestablement la plus en faveur; elle est actuellement la plus indiquée pour réaliser, sans aléa de mise au point, une machine répondant à un programme donné. Elle est, pour ainsi dire, la seule employée avec le moteur Diesel. Mais le Diesel direct, avec dispositif spécial pour le démarrage, est une solution actuellement à l’étude qui ne peut manquer, dans un avenir plus ou moins proche, d’entrer dans le domaine de la pratique.
- Il est intéressant de mettre en parallèle les courbes caractéristiques de puissances et d’efforts de traction correspondant aux trois procédés : vapeur, électro-Diesel et Diesel direct. Pour cela, nous prendrons comme termes de comparaison trois machines répondant à la même puissance effective à 40 km : h, 450 ch. par exemple.
- La figure 145 donne un aperçu de ces courbes, le graphique 1 pour les puissances, le graphique 2 pour les efforts de traction :
- a) Dans le cas de la vapeur, la représentation de la puissance est une certaine courbe Al, d’allure connue, à laquelle correspond, pour l’effort de traction, une courbe A2, anamorphose de la première.
- b) Pour la machine électro-Diesel, qui permet une marche à régime constant du moteur, la courbe de puissance est une horizontale B1 à laquelle correspond, au point de vue des efforts, une courbe B2 (hyperbole équi-latère); ces courbes se coupant respectivement sur l’ordonnée de 40 km : h.
- La superposition des courbes A2 et B2 fait immédiatement ressortir la supériorité du procédé électro-Diesel sur la vapeur au point de vue démarrage et par suite accélération.
- c) Avec le Diesel direct, le couple moteur étant sensiblement constant, la courbe représentative de l’effort de traction sera une horizontale G2, avec légère inflexion aux vitesses élevées. Courbe correspondante des puissances :
- Cl.
- L’origine de ces courbes correspond à une certaine vitesse, 6 à 10 km : h, qu’il faut réaliser par un moyen auxiliaire pour permettre l’amorçage de la marche « combustion ». L’énergie auxiliaire pour le démarrage
- p.269 - vue 269/899
-
-
-
- 270
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES.
- MARS 1924.
- peut être fournie, comme nous l’avons vu, par l’air comprimé ou par la vapeur.
- Avec le démarrage par l’air comprimé, l’effort de traction peut être représenté schématiquement par une certaine courbe C3 dans le cas de la machine Sulzer (fig. 134) ou C4 avec le procédé Leroux, les ordonnées de ces courbes étant bien entendu subordonnées aux données d’établissement des machines.
- Le graphique 3 montre les conditions de démarrage avec le procédé Still,
- 1. — Puissances.
- 2. j— Efforts de traction.
- 3. — Efforts de traction.
- Diesel direct, procédé Still.
- A1? Locomotive à vapeur ;
- B,, Loco. électro-Die-sel ;
- Cjl, Loco.Diesel direct,;
- Dj, Courbe corrélative de D.
- A2, Loco. a vapeur;
- B2, Loco. électro-Die-sel ;
- C, 2, Loco.Diesel direct;
- C3, Diesel direct, démarrage Sulzer;
- Cj., Diesel direct, démarrage Leroux.
- C2, Fonctionnement normal, combustion et récupération ;
- D, Vapeur seule, foyer en activité;
- D2, Combustion-(-vapeur (C.,-|- D);
- E, Fonctionnement « bi-vapeur ».
- Fig. 145. — Diagrammes des puissances et des efforts de traction avec les différents procédés.
- dans l’hypothèse d’un moteur à 4 cylindres à deux temps (suivant fig. 139 par exemple).
- La courbe C2 représente les efforts de traction en marche normale : « combustion et récupération » ; la courbe D, les efforts de traction « vapeur seule », avec foyer en activité, en supposant une puissance de vaporisation correspondant à 150 ch environ.
- L’ordonnée de démarrage d correspond à un effort assez limité dans le cas du moteur à deux temps, en raison de l’égalité des cylindrées « vapeur » et « combustion » et de la corrélation des pressions moyennes respectives (avec de la vapeur à 10 ou 12 kg : cm2 par exemple).
- p.270 - vue 270/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 271
- Si le démarrage peut s’effectuer dans ces conditions, la courbe des efforts sera dD2.
- Dans le cas d’un démarrage laborieux, il faudra augmenter l’ordonnée initiale en ayant recours au fonctionnement « bi-vapeur », consistant à admettre la vapeur sur les deux faces des pistons. La courbe E représente l’effort correspondant; elle se limite à la vitesse (6 ou 8 km : h) pour laquelle le fonctionnement « combustion » peut être mis en jeu; la courbe des efforts peut être continuée par la courbe D2 résultant de la totalisation des ordonnées des courbes C2 et D jusqu’au moment où l’on juge opportun de la ramener à la courbe G2 de marche normale en réduisant l’admission de vapeur et en supprimant l’activité du foyer (1).
- De tout ce qui précède on peut déduire l’appréciation suivante :
- Le procédé électro-Diesel présente des qualités de démarrage supérieures à la vapeur; son application sera avantageuse dans nombre de cas : Trains à démarrages fréquents, trains réversibles, machines de manœuvres, automotrices de puissance réduite, etc...
- Le Diesel direct peut, moyennant certains dispositifs appropriés, réaliser des conditions de démarrage comparables à celles de la vapeur. L’augmentation de puissance avec la vitesse rend le procédé particulièrement avantageux pour les trains de vitesse et de long parcours et toutes les fois que la rapidité du démarrage n’est pas une condition primordiale.
- La diminution de poids et de prix d’établissement que l’on peut escompter avec le procédé direct, par rapport au Diesel-électrique, justifie les recherches de différents constructeurs en vue d’aboutir à sa réalisation pratique.
- Comparaisons au point de vue économique avec la vapeur.
- Les essais actuellement en cours d’automotrices à essence sur différents réseaux secondaires, semblent faire ressortir certains avantages économiques sur la vapeur; mais il est très difficile, en général, de chiffrer l’économie réalisée car, en réalité, il n’est pas question de concurrencer la vapeur mais d’améliorer l’exploitation par un service mixte susceptible d’utiliser au mieux les deux procédés.
- Ainsi, sur une ligne desservie par deux trains à vapeur journaliers dont le prix de traction est, par exemple, de 3 f le kilomètre, il y aura avantage à conserver un train à vapeur par jour pour un service mixte de voyageurs et
- (1) Ces différents régimes de marche conduisent à des manœuvres en apparence complexes. La conduite peut être au contraire très simplifiée par l’emploi d’un distributeur à air comprimé permettant d’effectuer les manœuvres dans l’ordre voulu par le déplacement continu d’un seul levier.
- p.271 - vue 271/899
-
-
-
- 272 MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- marchandises, et à remplacer l’autre train par un ou deux services automoteurs, plus économiques (1 f le kilomètre) et plus rapides.
- Nous allons chercher à établir, en ce qui concerne les grands réseaux, un parallèle entre les divers procédés et, pour cela, compter les combustibles aux cours de : houille tout venant 120 f la tonne; essence 1,50 f le litre; huile combustible pour Diesel (gas oil) 500 f la tonne.
- Pour la traction à vapeur, le tableau ci-après résume quelques chiffres qui nous ont été communiqués par les Chemins de Fer de l’Etat pour différentes catégories de trains, les consommations indiquées tenant compte des allumages, stationnements, etc...
- TONNAGES COMBUSTIBLE CONSOMMÉ
- Machine. Train rem. par kilom. train aux 100 t x km. remorquées brutes. Dépense aux 100 t x km. brutes.
- Locomotives Pacific ( grands
- express) 133 361 t 17,2 kg 4,9 kg 3,35 kg 0,40 f
- Machine à simple expansion
- (trains omnibus) . Machine à 3 essieux couplés 84 130 t 16,6 — 12,8 — 7,7 — 0,92 f
- (lignes accidentées daires fig. 48). . . secon- 60 100 t 00 'w) 1 I (N OO 1,36 f
- Les chiffres élevés de consommation spécifique pour les petits trains tiennent à plusieurs causes : utilisation de machines de modèle ancien, peu économiques; stationnements plus importants pour des parcours moindres; profils plus accidentés dans le dernier cas.
- Avec les automotrices à essence, la consommation spécifique est de environ 1,5 litre à 2,5 litres (1 à 2 kg) aux 100 t X km, suivant la vitesse et la difficulté du parcours, soit une dépense de 2,25 f et 3,75 f.
- Le moteur à essence ne peut donc pas lutter avec la vapeur à tonnage brut égal, mais il faut remarquer que, dans le cas de la vapeur, le tonnage considéré comprend le poids de la machine et du tender remplacés, avec l’automotrice, par un moteur d’un poids proportionnellement moindre. Si, d’autre part, l’on s’attache à réduire à l’extrême minimum la composition du train, le service automoteur peut conduire à un prix de revient plus avantageux au kilomètre.
- Ainsi l’automotrice de l’Etat (28 t avec sa remorque), qui dépense 0,65 litre soit environ 1 f d’essence par kilomètre peut être substituée à un train qui brûle 18 kg soit 2 f de charbon, et elle permet de faire l’économie d’un agent, le chauffeur étant supprimé.
- Avec le moteur à combustion, beaucoup plus économique, comme nous l’avons vu, la question change de face.
- p.272 - vue 272/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 273
- Les chiffres de consommation en huile, avec les électro-Diesel en service, varient de 0,75 kg à 1 kg, soit en moyenne 0,40 f pour 100 txkm brutes. Comme il s’agit là de petits trains, ce chiffre est à mettre en parallèle avec le paragraphe 2 du tableau ci-dessus; l’économie réalisée dépasse 50 p. 100.
- Cette comparaison corrobore les chiffres donnés par deux compagnies suédoises qui accusent une économie, l’une de 50 p. 100, l’autre une économie supérieure à 60 p. 100.
- Sur le réseau tunisien où une machine Polar Deva est en service, l’économie accusée est de 50 p. 100 sur le combustible et 50 p. 100 sur le personnel des machines, soit une économie globale de 50 p. 100 qui ne tient compte : ni de la suppression des alimentations, ni de la diminution des frais d’entretien journaliers ou périodiques (ramonages, décrassages, lavages, etc.), ni de la meilleure utilisation de la machine (susceptible de marcher sans interruption 24 heures sur 24, circonstance qui permet un meilleur amortissement du capital, avec le régime de la banalisation), ni des indemnités pour incendies, etc...
- Nul doute qu’en étendant le procédé à des machines plus puissantes, donc plus économiques, remorquant des trains lourds, c’est-à-dire d’une résistance spécifique moindre, l’économie, d’ores et déjà assurée pour les petits trains, ne se confirme pour les grands, surtout si l’on fait entrer en ligne de compte les perfectionnements qui ne peuvent manquer de se révéler.
- Rappelons, en plus de l’intérêt économique, tous les avantages d’ordre qualitatif que nous avons déjà énumérés et, parmi eux, la possibilité d’effectuer de très grands parcours sans ravitaillement et, par conséquent, sans arrêt, desideratum de maintes compagnies.
- Applications spéciales.
- La supériorité de la traction par moteurs à combustion sera surtout sensible dans les pays défavorisés au point de vue de l’eau ou producteurs d’huiles.
- L’on sait que sur nos réseaux algériens et tunisiens, les eaux sont généralement de qualité très inférieure; elles nécessitent une épuration coûteuse et conduisent à de fréquentes réfections des chaudières; dans certaines régions, elles sont presque inemployables. Il est donc tout indiqué de chercher un moyen de traction autre que la vapeur, et des essais sont actuellement en cours comme nous l’avons vu.
- La question « traction » se pose également pour les lignes traversant des régions désertiques dépourvues d’eau, notamment pour le grand problème du transsaharien dont la réalisation est à l’ordre du jour. Dans les différents
- p.273 - vue 273/899
-
-
-
- 274
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES.
- MARS 1924
- projets actuellement à l’examen, les points d’eau susceptibles de fournir la quantité nécessaire à un tender sont distants de 700 à 1.200 km.
- Il est de toute évidence qu’aucun autre mode de traction que le moteur à combustion interne ne peut être envisagé pour franchir de tels espaces. L’emploi de la vapeur conduirait à de nombreux postes d’alimentation qu’il faudrait ravitailler par trains d’eau ou par des conduites d’un développement considérable; l’électrification nécessiterait de nombreux postes de transformation et tout un équipement exposés au vol ou à la malveillance, ainsi que des frais d’établissement énormes.
- Enfin, certaines de nos colonies, en raison de leur possibilité de production, réclament instamment soit le moteur à huile soit le moteur à alcool, non seulement pour la traction automobile et les usages industriels, mais pour la traction sur voies ferrées.
- L’avenir de la traction Diesel en France.
- De toutes les applications auxquelles peut s’adapter le moteur Diesel, c’est à la traction sur voies ferrées que son emploi est le plus indiqué et doit présenter le maximum d’intérêt.
- En effet, la consommation spécifique du Diesel est la même sur un tracteur ou sur un bateau, 200 g par cheval-heure, pour fixer les idées, tandis que la machine à vapeur est notablement plus économique lorsqu’elle peut bénéficier des avantages de la turbine et de la condensation.
- Une tonne d’huile brûlée dans un Diesel correspond à 4 t de charbon brûlées dans une machine à vapeur moderne fixe ou marine et à 7 ou 8 t brûlées dans un foyer de locomotive.
- Il est donc désirable, au point de vue de l’économie générale du pays, que le moteur à huile se développe surtout pour la traction sur rails où il allégera le plus nos importations de charbon : 500 f d’huile importée peuvent remplacer 1000 f de charbon que l’on peut considérer comme un article d’importation puisque les chemins de fer français en consomment 10 millions de tonnes pour une importation de 25 millions; le nouveau mode de traction allégerait donc de 500 millions nos importations.
- 11 est vrai que la consommation de charbon va se trouver réduite du fait de l’électrification, laquelle est appelée à bénéficier de la houille blanche.
- Le programme d’électrification dit « des 9.000 km » permettra d’économiser annuellement 2 millions de tonnes lorsqu’il sera réalisé, c’est-à-dire dans une vingtaine d’années. L’extension à 18.000 km, appelée à économiser encore 2 millions de tonnes, marquerait la limite du programme.
- p.274 - vue 274/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 275
- Il est intéressant d’établir une comparaison au point de vue économique entre l’électrification et la traction Diesel. Voici, pour le programme des 9.000 km, les prévisions en ce qui concerne les dépenses à envisager :
- Usines hydro-électriques....................... 2 milliards (1)
- Installations fixes............................ 2,5 —
- Locomotives.................................... 1,5 —
- Soit au total....................... 6 milliards.
- cela, pour aboutir à une économie de 2 millions de tonnes de charbon, soit 240 millions.
- Avec la traction Diesel, les dépenses relatives aux usines et installations fixes seraient supprimées : par contre, celles qui concernent les locomotives seraient à majorer ; supposons une majoration de 100 p. 100 avec les locomotives électro-Diesel et de 40 p. 100 dans le cas de Diesel à transmission directe, en admettant le problème résolu.
- TRACTION DIESE!
- cation. éleet. directe. Unités
- Premier établissement ; 6 3 2 milliards.
- Annuellement : — — —
- Intérêt du capital à 5 p. 100 300 150 100 millions.
- Amortissement \ „ ^ (8 p. 100 300 240 160
- Combustible \ PP , mn d wn ir (9\ ( compte 50 p. 100 de 240 millions (2) , 0 120 120
- Dépense annuelle 600 510 380 millions.
- non compris la main-d’œuvre et autres facteurs supposés les mêmes dans les trois hypothèses, et en admettant la même consommation de combustible dans la troisième hypothèse que dans la seconde.
- Cette comparaison montre que, si l’électrification doit conduire à une économie sur la vapeur, la traction par moteurs à combustion interne constituerait, au point de vue strictement industriel, une opération plus avantageuse que l’électrification. En outre, elle présenterait la même indépendance que la traction à vapeur, donc plus de sécurité au point de vue militaire que la traction électrique tributaire de réseaux de distribution.
- Toutefois, il y a d’autres considérations à invoquer. Au point de vue de l’intérêt national, l’électrification s’impose puisqu’elle supprime toute importation de combustible d’où influence favorable sur notre change. La
- (1) Une économie est envisagée sur la dépense des 2 milliards, le courant pouvant, par endroits, être acheté à des usines existantes; mais il faudra alors introduire, dans les dépenses annuelles, le prix de ce courant.
- (2) Représentant le prix de 2 millions de tonnes de charbon consommées annuellement pour l’exploitation de 9.000 km.
- p.275 - vue 275/899
-
-
-
- 276
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERREES.
- MARS 1924.
- traction électrique constitue un procédé acquis; la traction Diesel a des progrès à réaliser.
- Enfin, le développement du Diesel ne peut-il pas provoquer une hausse des huiles combustibles, ce qui amènerait un déséquilibre des chiffres ci-dessus? Nous allons examiner cette question.
- NOS RESSOURCES EN COMBUSTIBLES LIQUIDES.
- Le développement de la traction sur voies ferrées par moteurs à combustion soulève une question importante qui est la suivante : Quelles sont les ressources en combustibles liquides dont nous disposons?
- Actuellement, le moteur Diesel est tributaire des pays producteurs de pétrole. Il s'accommoderait parfaitement d’ailleurs des huiles végétales, mais ces huiles sont d’un prix élevé et ne peuvent lutter à l’heure actuelle, dans la métropole tout au moins, avec les gas-oil, fuel-oil, Diesel-oil et autres dérivés du pétrole. Cet état de choses peut ne pas durer.
- En effet, les besoins croissants en pétrole dans les pays producteurs limiteront un jour les exportations d’où hausse inévitable, en attendant l’époque, dont on entrevoit l’échéance, où la lutte s’engagera pour la possession des dernières gouttes de pétrole des gisements exploités.
- Par contre, d’autres régions propices à la culture des oléagineux verront, grâce à des moyens d’exploitation plus perfectionnés, leur capacité de production croître d’une façon progressive et pour ainsi dire indéfinie. C’est là la source d’avenir, inépuisable, des combustibles liquides.
- Nos colonies d’Afrique et d’Extrême-Orient peuvent être un jour de grands producteurs d’huiles combustibles : huiles d’arachides, de palme, de coton, de coprah, de ricin, beurre de karité, etc... Pour cela, il faut qu’aux moyens primitifs actuellement en usage soient substitués des procédés modernes d’exploitation, susceptibles de décupler la production avec les mêmes ressources en main-d’œuvre; avec, bien entendu, abaissement correspondant des prix de revient (1).
- Une plantation de 500.000 ha de palmiers à huile pourrait produire annuellement un million de tonnes d’huile, ce qui représente sensiblement nos importations de pétrole; ce serait également à peu près le tonnage d’huile nécessaire pour alimenter la totalité de nos réseaux ferrés après électrification de 9.000 km.
- D’autre part, certaines cultures appropriées, telles que le sisal et la
- (1) Voir à ce sujet les communications présentées par M. P. Amman et M. J. Adam au Congrès des Combustibles liquides en octobre 1922 (Chimie et Industrie de mai 1923).
- p.276 - vue 276/899
-
-
-
- TRACTION SUR VOIE FERRÉE PAR MOTEURS A COMBUSTIBLES LIQUIDES. 277
- sansevière, seraient susceptibles de fournir, en même temps que des fibres textiles très appréciées, une quantité importante d’alcool (20 hl par hectare).
- Voici, sur la capacité de production de nos colonies, un aperçu qui m’a été exposé par un de nos esprits les plus éclairés de nos services coloniaux :
- « Pour l’Afrique occidentale, le réseau de voies ferrées présente un déve-« loppement de 2.000 km, qui ne fait que s’accroître. Supposons que ce « réseau permette la mise en valeur d’une bande de terrain de 100 km de « large et ne comptons que la moitié de cette superficie comme exploitable, « soit 10 millions d’hectares. Ce territoire comprend des terrains propres à « toutes les cultures : coton, arachides, palmiers à huile, cacao, etc..., ainsi « que des forêts, des pâturages; or, on peut dire que, méthodiquement et « complètement exploité, il nous donnerait les possibilités de suppléer à la « presque totalité de nos importations : en bois, en tabac, en coton, en « laines, en pétrole (remplacé par l’huile et l’alcool), etc.
- « Mais il y a la question de la main-d’œuvre; or, cette question peut « être résolue avec le temps partout où une exploitation se monte métho-« diquement, avec des organisations appropriées pour tout ce qui concerne « le logement, la nourriture, l’hygiène, le bien-être en un mot de l’ouvrier « indigène. Il en existe des exemples. L’exploitation bien organisée facilite « le recrutement de la main-d’œuvre; elle l’attire des régions moins favo-« risées où régnent la maladie et des conditions d’existence misérables; et, « comme il s’agit de populations pour lesquelles la crise de la natalité n’existe « pas, il suffit, par les mesures d’hygiène, d’enrayer la mortalité infantile « qui est énorme pour voir la main-d’œuvre multiplier et s’accroître dans « des proportions très importantes. »
- Ainsi donc, on peut affirmer que les ressources de nos colonies judicieusement exploitées sont susceptibles d’atteindre un jour, pour les huiles notamment, des chiffres considérables, pour ainsi dire illimités, et l’on peut envisager un développement intense du moteur à combustion sans avoir à redouter la pénurie des combustibles.
- Conclusions.
- La traction par moteurs à combustion interne apparaît comme une œuvre d’intérêt national, au même titre que l’électrification. Elle doit contribuer, comme cette dernière, au relèvement de notre change. Les deux procédés doivent se développer parallèlement, en se complétant.
- Les quelques manifestations que nous voyons aujourd’hui de ce mode de traction sont le prélude d’une évolution qui ne peut que se développer et
- p.277 - vue 277/899
-
-
-
- 278
- MOTOTRACTION SUR VOIES FERRÉES. — MARS 1924.
- prendre une extension sans doute considérable dans un avenir plus ou moins proche.
- Mais pour cela, il faut que nos exploitations coloniales se développent suivant une progression parallèle; il faut que notre effort s’intensifie dès maintenant pour préparer l’avenir, pour constituer des mines d’huiles végétales, inépuisables celles-là, qui nous affranchiront un jour de nos importations de tous combustibles, liquides et solides. Il faut que nos capitaux s’engagent d’une façon moins timide dans nos entreprises coloniales; que toutes les organisations qui ont un intérêt dans le développement du moteur à combustion interne contribuent à favoriser ces entreprises.
- Il était particulièrement indiqué d’exposer ces considérations devant la Société d’Encouragement, toujours prête à se prodiguer pour les causes qui intéressent la prospérité nationale et dont la haute autorité morale sait s’affirmer aussi bien dans les milieux industriels qu’auprès des pouvoirs publics.
- L’auteur doit ses remerciements les plus sincères aux personnalités qui ont bien voulu le documenter, et particulièrement : à M. Nadal, Ingénieur en Chef des Chemins de fer de l’Etat, ainsi qu’à MM. l’Intendant Général Tassel et à l’Inspecteur Général des Ponts et Chaussées Boutteville, attachés au M inistère des Colonies; sans oublier leurs collaborateurs.
- Eugène Brillié,
- Ingénieur des Arts et Manufactures,
- Conseil technique aux Etablissements Schneider.
- p.278 - vue 278/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUIIAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- MARS 1924.
- LE CONJONCTEUR-DISJONCTEUR A FRICTION (SYSTÈME FIEUX)
- SON APPLICATION AUX VÉHICULES AUTOMOTEURS COMME EMBRAYAGE AUTOMATIQUE^
- La transmission mécanique employée en automobile présente des qualités inégalables de légèreté et de rendement, mais ses applications ont paru devoir être limitées parles difficultés de manœuvre à des puissances relativement faibles, de l’ordre de celles qui sont utilisées en traction sur route. Il semble bien cependant qu’une organisation rationnelle de l’embrayage soit de nature à permettre d’appliquer encore avantageusement cette transmission aux moteurs à hydrocarbures de 60 à 300 ch, qui vont être utilisés couramment pour la traction sur voie ferrée.
- De la durée de glissement des embrayages des véhicules automoteurs sur voie ferrée. — Lorsque la résistance au roulement par tonne est faible, il est nécessaire de donner à la masse remorquée une certaine importance, si l’on veut utiliser convenablement l’effort de traction dont est capable le véhicule en première vitesse. L’inertie de cette masse ne peut être vaincue que par une force d’impulsion relativement faible, puisque l’effort utile développé à la jante se trouve déjà équilibré en grande partie par la résistance passive au roulement. Il s’ensuit que le démarrage ne peut se produire que sur un glissement prolongé de l’embrayage.
- Les courbes de la figure 1 donnent les durées de glissement de l’embrayage pour plusieurs véhicules de vitesses différentes, en fonction du taux d’utilisation (rapport du tonnage démarré au tonnage remorquable), la résistance au roulement étant de 3 kg par tonne. Ces durées sont telles que l’emploi d’un embrayage automatique mettant convenablement en charge le moteur pendant toute la durée du glissement paraît non seulement rationnel, mais encore indispensable, pour la bonne utilisation et la conduite facile de la plupart des véhicules automoteurs sur voie ferrée.
- (1) Communication faite par l’auteur en séance publique le 23 février 1924.
- p.279 - vue 279/899
-
-
-
- 280
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR FIEUX.
- MARS 1924.
- Un tel embrayage doit être caractérisé, à la fois, par le système de réglage automatique de la pression sur les surfaces de friction et par le système de friction lui-même, qui doit présenter des qualités d’endurance toutes spéciales. Il semble être réalisé d’une façon particulièrement heureuse par le conjoncteur-disjoncteur mécanique qui fait l’objet de cet exposé.
- Propriétés du conjoncteur-disjoncteur à friction. — Le conjoncteur-disjoncteur est essentiellement un limiteur de couple utilisant le frottement d’un
- 150 Secondes
- d’uù'lissti w.
- Fig. 1 — Durées de glissement de l’embrayage en fonction du taux d’utilisation en palier. Chaque courbe correspond à un véhicule établi pour une première vitesse donnée, le moteur tournant à sa vitesse normale.
- „ . Tonnage démarré
- Taux d utilisation = -----------------rr- •
- tonnage remorquable
- Résistance au roulement supposée : 3 kg par tonne.
- La fin du glissement est supposée avoir lieu dès que l'arbre primaire de la boite de vitesse
- atteint les de la vitesse normale du moteur.
- spiral à l’intérieur d’un tambour, mais dont la précision de fonctionnement, est pratiquement insensible aux variations du coefficient de frottement de ses surfaces de friction. La valeur du couple qu’il peut transmettre ne dépend que de la vitesse du moteur; elle varie comme le carré de cette vitesse.
- Pour être bien adapté au moteur à hydrocarbures, le conjoncteur-dis-
- p.280 - vue 280/899
-
-
-
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR A FRICTION, SYSTÈME J. FIEUX.
- 281
- joncteur doit être établi avec des constantes telles qu’il soit capable de mettre le moteur sous pleine charge à la vitesse pour laquelle le couple moteur est maximum. Etant ainsi établi, il joue encore son rôle de limiteur de couple dans des conditions convenables, lorsque l’alimentation du moteur se trouve plus ou moins réduite (voir courbes de la figure 2).
- Il constitue donc une sorte de soupape de sûreté mécanique préservant le moteur de toute surcharge à tous les régimes.
- .... .P
- Vitesses du moteur
- H F R
- Fig. 2. — Courbes caractéristiques du fonctionnement.
- ABC, couples du moteur à pleine alimentation; ADE, couples du moteur avec alimentation réduite; OM, couples de friction engendrés par la rotation de l'appareil; IvBL, fuseau de protection du moteur à pleine admission; KDS, fuseau de protection du moteur pour une alimentation réduite.
- A pleine alimentation et jusqu’à conjonction complète, le couple transmis a pour valeur constante BF.
- Pour toute valeur du couple de friction supérieure à BF, la conjonction est complète. Toute surcharge ramène le moteur à la vitesse OF correspondant au couple BF qui peut être soutenu indéfiniment.
- Pour une alimentation réduite du moteur correspondant à la courbe ADE, la conjonction est complète à partir de la vitesse OH. Toute surcharge ramène le moteur à cette vitesse. L’appareil s’adapterait automatiquement à un moteur plus puissant dont la courbe des couples serait NP, par exemple; la vitesse de conjonction aurait alors pour valeur OR.
- Description schématique. — La figure 3 représente un dispositif schématique réalisant le conjoncteur-disjoncteur. L’arbre moteur A est solidaire d’un plateau B sur lequel sont articulées, en des points diamétralement opposés, suivant des axes parallèles à l’arbre moteur, des bielles D et D' terminées par des têtes formant masses E et E'. Un deuxième plateau F, solidaire d’un moyeu G, peut osciller librement sur le prolongement de l’arbre moteur. Sur le plateau F sont articulées, en des points diamétralement opposés, suivant des axes parallèles à l’arbre moteur, des bielles I et F terminées par des têtes formant masses J et J'. Les masses E et J, d’une part, et les masses E' et F, d’autre part, sont reliées entre elles par des axes d’articulation également parallèles à l’arbre moteur.
- Le système déformable ainsi constitué est disposé de telle façon que les bielles D et D' précèdent respectivement les bielles I et F dans le mouvement de rotation de l’appareil.
- Tome 136. — Mars 1924.
- 20
- p.281 - vue 281/899
-
-
-
- 282
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR FIEUX.
- MARS 192t.
- L’arbre récepteur K placé dans le prolongement de l’arbre moteur est solidaire d’un tambour L. Ce t ambour contient un élément de friction constitué par un ressort spiral M, dont les deux extrémités s’appuient sur les ergots C et II respectivement solidaires des plateaux B et F, et dont le sens du pas d’enroulement est contraire au sens de rotation de l’arbre moteur.
- Fig. 3. — Vue schématique du conjoncteur-disjoncteur.
- Fonctionnement. — Lorsque la conjonction n’est pas complète, autrement dit, quand l’appareil est en glissement, l’arbre moteur entraîne avec lui, dans le sens indiqué par la flèche et à une vitesse supérieure à celle de l’arbre récepteur, tous les éléments contenus à l’intérieur du tambour. La force centrifuge s’appliquant aux systèmes de masses E — J et E' — J' donne des composantes sur les bielles D, I, D' et E, qui ont pour effet de refouler les extrémités du spiral et de provoquer ainsi sur le tambour la friction d’entrainement.
- L’effort moteur tend, au contraire, à ramener les masses vers le centre. Il équilibre en partie la traction exercée sur les bielles D et D' par l’effet centrifuge. De ce fait, la poussée de l’ergot G sur l’extrémité du spiral se trouve réduite par rapport à la poussée de l’ergot H sur l’autre extrémité.
- Il est à remarquer que l’extrémité « libre » du spiral, c’est-à-dire l’extrémité la moins chargée, se trouve être ainsi celle qui est en contact avec l’ergot G solidaire de l’arbre moteur.
- p.282 - vue 282/899
-
-
-
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR A FRICTION, SYSTÈME J. FIEUX.
- 283
- La réaction T exercée par l’ergot II sur l’extrémité « fixe » est équilibrée uniquement par l’effet centrifuge développé sur les organes reliant les plateaux; elle varie rigoureusement comme le carré de la vitesse du moteur. La réaction t exercée par l’ergot G sur l’extrémité « libre » est égale à la précédente réduite de la force de frottement qui est engendrée sur toute la surface cylindrique de friction, c’est-à-dire de l’effort moteur F mesuré à l’extrémité du rayon de friction. Elle est d’autant plus faible, pour engendrer une friction déterminée, que le coefficient de frottement et le nombre
- Vîteises <fum rleui en,yoon
- 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200
- Fig. 4. — Résultats d’essais comparatifs (sur moteur des autobus de Paris) montrant le peu d’influence de la lubrification sur le fonctionnement du conjoncteur-disjoncteur.
- ABC, couples transmis, l’appareil fonctionnant à sec; EDC, couples transmis, l’appareil étant abondamment lubrifié (condition normale).
- de spires sont plus élevés. On sait, en effet, que la relation entre F et t est telle que :
- F = /(ef“— 1)
- e représentant le nombre 2,718.
- f étant le coefficient de froitement,
- a exprimant en radians, l’arc d’enroulement du spiral.
- Les variations du coefficient de frottement ne peuvent être compensées que par des variations de t, qui n’ont d’ailleurs qu’une faible influence sur les valeurs des deux termes relativement importants T et F, donU est la différence.
- Les courbes de la figure 4 donnent des résultats d’essais qui montrent bien le peu d’influence de la lubrification sur le fonctionnement du conjoncteur-disjoncteur. Le point de conjonction complète d’un appareil essayé sur un moteur des autobus de Paris a eu lieu à la vitesse de 520 tours par minute avec des surfaces de friction sèches, et àla vitesse de 570 tours avec des surfaces abondamment lubrifiées.
- p.283 - vue 283/899
-
-
-
- 284
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR FIEUX. — MARS 1924.
- Il est à remarquer que, dans les deux cas, le moteur s’est trouvé mis en charge très sensiblement sous le meilleur couple dont il est capable.
- La conjonction devient complète lorsque le couple résistant devient insuffisant pour assurer l’état d’équilibre correspondant au régime de glissement. Le couple transmis cessant de croître avec l’effet centrifuge, la réaction de l’ergot C grandit et engendre une force de frottement surabondante, qui produit la liaison complète du spiral et du tambour.
- L’appareil étant en conjonction complète, une augmentation continue du couple résistant a pour effet de réduire progressivement la réaction de l’ergot C sur l’extrémité du spiral, jusqu’au moment où le glissement se produit à nouveau.
- De la nécessité du coupleur. — Le conjoncteur-disjoncteur n’étant pas un embrayage commandé se prête mal aux manœuvres de changement de vitesse. Dans ses applications à la traction, en particulier, il doit être complété par un embrayage ordinaire, de dimensions aussi réduites que possible, permettant de suspendre instantanément et franchement l’action motrice sur les balladeurs à déplacer. Cet embrayage n’étant pas destiné à subir des glissements prolongés, peut être constitué d’une façon très simple, et ses surfaces de friction peuvent supporter de fortes pressions par centimètre carré. On doit le placer, de préférence, à l’entrée de la boîte de vitesse, de façon à réduire au minimum l’inertie de la partie conduite.
- Description d'une forme de réalisation de /’embrayage complet. — Le dispositif représenté par les figures 5 et 6 est appliqué à des automotrices en essais sur les Chemins de fer de l’Etat et sur les Chemins de fer de Grande Banlieue. On y retrouve, sous les mêmes indices, les organes essentiels constituant l’appareil schématique représenté par la figure 3. On remarque que le plateau B constitué par la toile du volant porte G masses, et que le moyeu G du plateau F porte 6 groupes de masses jumelées de même poids total que les précédentes. Ainsi les différents efforts développés se trouvent répartis sur un nombre suffisant d’axes d’articulation, et l’espace compris entre les deux plateaux est bien utilisé.
- Un chapeau fixé sur le volant forme carter étanche et permet d’assurer très simplement un graissage abondant de tous les organes.
- L’arbre récepteur K est relié par un joint flexible à l’arbre N solidaire du plateau fixe 0 du coupleur, qui porte le plateau mobile P. Ce dernier reçoit la pression d’embrayage d’un groupe de rondelles Belleville R, dont la tension est réglée à l’aide des boulons T rapprochant la couronne S du
- p.284 - vue 284/899
-
-
-
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR A FRICTION, SYSTÈME J. FIEUX.
- 285
- plateau fixe. Le disque d’embrayage Y est monté très librement, par le moyen de cannelures, sur le nez Z de l’arbre primaire, qui supporte également l’extrémité de l’arbre N, par l’intermédiaire d’un roulement à billes.
- Le déplacement dans le sens convenable du coulisseau à cône X, sur l’arbre N, a pour effet d’écarter les leviers à galets Y agissant sur le plateau mobile par l’intermédiaire de poussoirs U, et de produire le débrayage.
- Fig. 5. — Coupe transversale du conjoncteur-disjoncteur.
- CONJONCTEUK - DISJONCTEUR
- Fig. 6.
- Coupe axiale de l’embrayage complet.
- Remarques sur l’harmonie et la robustesse du système. — Le choix du spiral comme organe de friction semble particulièrement heureux pour la réalisation d’un embrayage automatique, dont le fonctionnement est contrôlé par l’action combinée d’un effet centrifuge et du couple moteur. Il permet, en effet, de ne mettre enjeu que des forces contenues dans des plans parallèles et de n’employer pour transmettre ces forces aucun levier multiplicateur à réglage. D’où la simplicité et la robustesse remarquables du système articulé reliant les deux plateaux du conjoncteur-disjoncteur.
- D’autre part, le spiral a l’avantage de produire la friction sur des surfaces cylindriques s’appliquant parfaitement l’une sur l’autre et pouvant toujours être lubrifiées d’une façon régulière et abondante. Il peut avoir des dimensions telles que le coefficient d’usure sur la spire la plus chargée ne dépasse pas le coefficient admis pour un palier de transmission ordinaire.
- p.285 - vue 285/899
-
-
-
- 280
- COXJ ON CT EU H-DIS.JONCTKU R FIEUX.
- MARS 1924.
- Son usure peut donc être très faible. Un essai au banc a démontré qu’elle était inférieure à un centième de millimètre après 00 heures de glissement sous pleine charge. Elle se trouve d’ailleurs rattrapée automatiquement par le décalage des plateaux sous l’effet centrifuge, sans que les constantes de l’appareil soient beaucoup modifiées.
- Enfin, il est à remarquer que le conjoncteur-disjoncteur est d’une construction simple et qu’il ne comporte aucun réglage.
- Applications. — Le conjoncteur-disjoncteur peut être considéré comme le complément naturel des moteurs à hydrocarbures et de quelques moteurs électriques qui ne doivent être mis en charge qu’après avoir acquis une cer-
- Fig. 7. — Vue de l'automotrice des Chemins de fer de l’Etat.
- taine vitesse. 11 trouvera donc des applications judicieuses sur les appareils utilisant ces moteurs. Mais c’est surtout dans le domaine de la traction sur voie ferrée qu’il semble devoir s’imposer et recevoir une large application.
- Il permettra d’utiliser au mieux les véhicules automoteurs, sans exiger le concours attentif ou exercé du mécanicien.
- Grâce à l’adjonction du coupleur, il permettra de reculer largement, probablement au delà de 300 ch, la puissance admise pour l’emploi de changement de vitesse par baladeurs.
- Enfin, il facilitera considérablement la solution du véhicule multimoteur, dont le besoin se fera sentir tôt ou tard, en rendant inutile la synchronisation des manœuvres sur les différentes transmissions. Il y a lieu de remarquer en effet que, grâce à l’emploi du conjoncteur-disjoncteur et malgré l’unité et la rigidité du récepteur constitué par le sol ou par la voie ferrée, les différents groupes moteurs d’un même véhicule pourront jouir de la même indëpen-
- p.286 - vue 286/899
-
-
-
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR A FRICTION, SYSTÈME J. FIEUX. 287
- dance que les différents groupes moto-propulseurs d’un avion ou d’un bateau.
- Parmi les applications que le système a déjà reçues en traction sur voie ferrée, pour lesquelles MM. Schneider et Cle se sont assuré une licence exclusive, il convient de citer ici celle qui a été faite à une automotrice des Chemins de fer de l’Etat. Cette machine totalise actuellement plus de
- Fig. 8. — Vue de l’automotrice des Chemins de fer de Grande Banlieue.
- 25.000 km parcourus en service normal d’exploitation. Dix machines semblables viennent d’être mises en construction.
- Il convient de citer encore l’application à une automotrice à deux postes de conduite destinée aux Chemins de fer de Grande Banlieue. Cette dernière machine, qui vient de subir brillamment ses essais de réception, sera mise en service prochainement sur la ligne de Poissy à Saint-Germain (1).
- Jean Fieux,
- Ingénieur des Arts et Métiers,
- Conseil technique aux Établiss(ments Schneider.
- (1) La communication est terminée par la projection d’un film pris sur l’automotrice des Chemins de fer de l’Etat mettant bien en évidence les propriétés du conjoncteur-disjoncteur.
- p.287 - vue 287/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE, — MARS 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 9 FÉVRIER 1924 Présidence de M. A. Mesnageii, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 26 janvier 1924 est adopté.
- Sont admis à faire partie de la Société ;
- La Chambre de Commerce de Roubaix (Nord) ;
- La Société nouvelle de Soie artificielle, à Paris, présentées dans la dernière séance.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société :
- M. Morane (Henry), ancien élève de l’Ecole polytechnique, administrateur délégué de la Société des Kaolins de Bretagne, directeur des Usines Stac (Société des Tuyaux et Agglomérés centrifugés), 107, rue de Longchamp, Paris (16e), présenté par M. Ilillairet et M. Caston Poulenc;
- M. D enis (Luc), ingénieur civil, 116, boulevard de Ménilmontant, Paris (20e), présenté par M. Léon Masson et M. Androuin.
- M. Mesnager, président. — Quelques-uns de nos collègues répondant à l’appel que M. Bâclé leur a adressé au moment où finissait sa présidence, nous ont envoyé une contribution pour notre Bulletin, en plus de leur cotisation annuelle. Ce sont M. R. Poirier, M. A. Popineau, qui ont versé chacun une contribution supplémentaire de 40 francs; et les Etablissements Bonvillain et Ronceray qui ont versé 80 francs.
- p.288 - vue 288/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. - SÉANCE PUBLIQUE DU 9 FÉVRIER 1924. 289
- Nous remercions très vivement ces collègues de l’intérêt qu’ils prennent à l’œuvre de notre Société.
- M. Mesnager, président. — La Société d’Encouragement a été représentée par son président au Banquet annuel du Syndicat des Mécaniciens, Chaudronniers et Fondeurs de France, qui s’est tenu le 28 janvier sous la présidence de M. Lucien Dior, ministre du Commerce et de l'Industrie.
- Le Syndicat des Mécaniciens groupe près de 1.000 adhérents, employant environ 250.000 ouvriers et représentant, en ce qui concerne les seules Sociétés à forme anonyme, un capital de plus de 5 milliards.
- Ce syndicat réunit les maisons les plus importantes de la mécanique et toute la moyenne et petite industrie, armature même de la France. En outre, il fait partie de la Fédération de la Mécanique, qui prolonge et amplifie son action en la coordonnant avec celle des 40 chambres syndicales de transformation des métaux.
- M. Mesnager, président. — Dans la séance en comité secret qu’il vient de tenir, notre Conseil d’Administration a désigné, pour faire portie de ce conseil, sept membres nouveaux.
- M. Sabouret (Comité des Arts mécaniques), en remplacement de M. Maurice Leblanc, décédé ;
- M. Rabut (Comité des Constructions et Beaux-Arts), en remplacement de M. le Colonel Espitallier, décédé ;
- M. F eret (Comité des Constructions et Beaux-Arts), en remplacement de M. Moreau, décédé;
- M. Roume, M. Juliiiet, M. Herrensciimidt, M. Le Cesne, conformément aux nouveaux statuts, qui ont porté à 16, au lieu de 10, le nombre des membres du Comité de Commerce.
- Conformément aux statuts, la ratification de ces sept nominations sera soumise à la prochaine assemblée générale de nos membres.
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans la Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Etude sur Vécoulement souterrain des eaux. Thèse présentée à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences mathématiques, par M. Marcel Porciiet (Don de l’auteur);
- Calcul du lit de fusion des hauts fourneaux, par M. A. Pavloff. Traduction effectuée d’après la 2e éd. russe, par Léon Dlougatch, Paris, Dunod;
- Cours de distribution d'eau et égouts, professé à l’Ecole spéciale des
- p.289 - vue 289/899
-
-
-
- 290
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — MARS 1924.
- Travaux publics, par MM. Lévy-Salvador et Cauvin. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics ;
- Pour voyager en paquebot. Guide du passager, par M. J. Roucii. Paris, Masson et Cie (don de l’auteur);
- L’organisation du travail dans les exploitations forestières et dans les scieries mécaniques, par M. Paul Razous. Paris, Le Génie Civil (Don de l’auteur).
- M. T oulon présente les ouvrages suivants :
- La télégraphie sans fil, ses applications en temps de paix et pendant la guerre, par M. Julien Verdier. Paris, Gauthier-Villars et Cie;
- L'aviation, par MM. Paul Painlevé, Emile Rorel et Ch. Maurain (Nouvelle collection scientifique). Paris, Librairie Félix Alcan;
- Perfectionnements apportés à la solution des problèmes de la conjonction et de la disjonction des courants électriques, par M. A. Guy (Don de l’auteur);
- Collection de publications mécaniques (Editions de « La Machine moderne ») 24 fascicules. Paris, 121, rue Lafayette (10e);
- Tgpographical Printing Surfaces, by Lucien-Alphonse Legros and John Cameron Grant. Longmans, Green and Co. 1916 (Don de M. Legros, membre de la Société) ;
- A Note on the Legibilitg of Printed M aller, by Lucien-Alphonse Legros. 2e édition. H. M. Stationery Office, 1922 (Don de M. Legros, membre de la Société) ;
- Inventaire des périodiques scientifiques des bibliothèques de Paris, dressé sous la direction de M. Alfred Lacroix par M. Léon Bultingaire avec la collaboration des bibliothécaires de Paris et le concours de M. Ad. Richard. Fascicule 1. Paris, Masson et Cie, 1924.
- M. Mesnager, président. — Nos besoins en coton augmentent sans cesse et plus vite que la production ; les 9/10 du coton que nous consommons en France viennent de l’étranger. Si nous ne voulons pas être à sa merci, il nous faut produire le coton dans nos colonies. Le problème se pose d’ailleurs à peu près dans les mêmes conditions en Angleterre, mais nos voisins semblent y avoir avisé plus tôt que nous.
- Pour satisfaire nos besoins en coton, qui sont immédiats, on a parlé de recourir à l’irrigation dans la vallée du Niger. M. Rignault, qui vient de visiter notre Soudan, sans être adversaire de l’irrigation, en est revenu convaincu que la culture du cotonnier en terrain sec peut nous donner beaucoup plus vite, à moindres frais et sans grands risques, le coton dont nous avons besoin.
- p.290 - vue 290/899
-
-
-
- CONSEIL DADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 9 FÉVRIER 1924. 291
- C’est la thèse que, d’accord avec l’Association cotonnière coloniale, il va soutenir devant nous ce soir.
- M. Pierre Rignault, Ingénieur-agronome, chargé de mission au Soudan, fait une communication sur la solution urgente du problème cotonnier et la mise en valeur du Soudan français l.
- Une disette de coton menace notre industrie depuis plusieurs années, car la consommation mondiale du coton va en croissant, indice des progrès de l’humanité, mais malheureusement beaucoup plus vite que sa production. Le marché mondial est commandé par la production des États-Unis qui représente plus de la moitié de la production mondiale et qui a été déficitaire dans ces dernières années.
- PRODUCTION EN TONNES
- États-Unis 1903 , . . 2.500.000 1913 4.200.000 1923 2.600.000
- Indes . . . 632.000 1.042.000 1.039.000
- Égypte . . 325.000 326.000 325.000
- Chine . . 300.000 450.000 312.000
- Production mondiale . . . . . . 4.065.000 6.600.000 4.720.000
- La pénurie du coton s’est fait sentir tout récemment par suite de la diminution de la production américaine, conséquence d’une maladie provoquée par le « boll weevil » ou charançon de la capsule, qui gagne tous les ans 60 km sur les plantations de cotonniers. Aussi les Américains exportent-ils de moins en moins de coton et leur tendance est-elle de travailler eux-mêmes le coton qu’ils produisent, d’exporter des cotonnades, et de les vendre par conséquent à des prix qui seront de plus en plus prohibitifs puisque la main-d’œuvre américaine est très chère eu égard surtout à la dépréciation des monnaies européennes par rapport au dollar. Cette tendance des pays producteurs de coton à n’exporter que des cotonnades est d’ailleurs générale. Elle menace d’anéantir notre industrie cotonnière; il nous faut donc trouver le coton dans nos propres colonies et à bref délai. Le problème n’est pas d’une résolution facile, vu l’ampleur de l’industrie cotonnière française qui compte 1.200 industriels et 600.000 ouvriers, et qui consomme annuellement 25.000 à 30.000 t de coton longues soies et 250.000 t de coton soies moyennes.
- Les premières ne servent qu’à des fabrications très spéciales (pneus d'autos, toiles d’avions, sacs postaux); on se les procure facilement. Quant aux soies moyennes, ce sont celles qui sont consommées dans la fabrication courante des cotonnades. Plus des neuf dixièmes de ce coton à soie moyenne nous viennent de l’étranger à qui nous payons ainsi chaque année un tribut de 4 milliards.
- On peut cultiver le cotonnier en Indochine, dans nos colonies de la Polynésie, en Afrique Occidentale Française et même dans notre Afrique du Nord, mais la production indochinoise sera absorbée par le marché chinois; celle des îles du Pacifique ne sera jamais très abondante; reste donc surtout l’Afrique Occidentale à laquelle la proximité de la métropole procure déjà un grand avantage. De plus, de temps
- (1) Le texte in extenso de cette communication a été donné dans le Bulletin de février 1924, p. 146.
- p.291 - vue 291/899
-
-
-
- 292
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — MARS 1924.
- immémorial, le cotonnier, qui y croît spontanément, y est cultivé par les indigènes pour satisfaire aux besoins locaux : sa culture paraît pouvoir s’y développer sur des espaces immenses et dans des conditions climatériques tout à fait favorables.
- Dès 1901, M. Esnault-Pelterie, alors président du Syndicat général de l’Industrie cotonnière, comprit le danger d’une disette de coton pour l’industrie, et l’intérêt de développer la culture du cotonnier en A. O. F.; c’est sous son impulsion que fut fondée, en 1903, l’Association cotonnière coloniale dont le but était et est encore :
- lu D’étudier et de développer la culture du cotonnier dans les colonies françaises sous toutes ses formes :
- 2° De favoriser l’achat et l’emploi par l industrie française du coton récolté dans nos colonies.
- Malgré l'insuffisance de son budget (environ 150.000 f) elle a fourni gratuitement pendant plusieurs années du matériel d’égrenage et des graines sélectionnées, aux planteurs indigènes surtout, à la Côte d’ivoire, au Dahomey, au Soudan, en Afrique Équatoriale Française, à Madagascar, à Djibouti, à la Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides, en Polynésie française, en Algérie, au Maroc et en Guyane. Aussi l’A. O. F. qui, en 1904, n’exportait qu’une tonne de coton, en a exporté 800 t en 1923, absorbées en totalité par l’industrie française.
- L’expérience a prouvé que le coton de l’A. O. F., bien qu’à fibre un peu courte, peut être parfaitement travaillé par les industriels français et qu’ils s’en accommoderont fort bien. En outre rien ne s’oppose à ce que sa qualité s’améliore.
- Aujourd’hui, grâce aux sacrifices consentis depuis peu par les filateurs de coton, les ressources de l’Association cotonnière sont décuplées et elle va pouvoir développer son programme d’action ; mais les bons effets de cette action ne se feront sentir que dans quelques années auprès de l’indigène dont presque toute l'éducation est à faire, et c'est tout de suite qu’il faut trouver une solution. La seule qui soit possible est celle de la culture directe par l’Européen, du moins au Soudan français, et plus tard par l’Européen et l’indigène associés en métayage.
- La région qui se prête le mieux à la culture dans ces conditions est celle qui comprend tout le haut Sénégal et le haut Niger, jusqu’à Tombouctou, c’est-à-dire un peu plus que la boucle du Niger et en particulier la zone comprise entre ce fleuve et son grand affluent de droite le Bani. Les produits de cette région trouvent d’ailleurs une facile sortie par le Sénégal et les deux voies ferrées qui aujourd’hui la relient aux ports de Dakar et de Konakry sur l’Atlantique.
- Les Pouvoirs publics, préoccupés de la mise en valeur de cette région, y ont envoyé une mission et ont élaboré à son retour un vaste projet d'aménagement de la vallée du haut Niger en vue de la culture irriguée du cotonnier; on barrera le Niger près de Bamako, on construira un canal de 200 km de longueur sur 70 m de largeur, un siphon sous le Niger, deux autres barrages moins importants que le premier. Les travaux coûteront 300 millions et dureront trente ans !
- Ce qui effraye dans ce projet ce n’est pas la dépense, qu’il faut s’attendre à voir doubler, mais le délai qui reporte à trente ans plus tard une solution d’ailleurs incertaine et cela pour plusieurs raisons.
- Les noirs qui seront employés à l’exécution de ce projet se détourneront irrémédiablement du travail agricole et celui-ci doit passer avant tout dans un pays assez peu densément peuplé et où la main-d’œuvre indigène est déjà insuffisante. L’irri-
- p.292 - vue 292/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 9 FÉVRIER 1924. 293
- gation n’est pas sans dangers parce qu’elle place la plante dans un milieu artificiel qui modifie les conditions de sa végétation et la rendent plus sensible aux maladies parasitaires et aux variations atmosphériques.
- M. Rignault, sans être adversaire de la culture irriguée du cotonnier, pense cependant qu’elle n’est pas celle qui convient le mieux à la région au moins dans toute son étendue.
- C’est à tort que l’on a comparé ses conditions à celles de l’Égypte où il ne pleut presque pas. Le Niger n’est pas un Nil français ou soudanais comme on l’a appelé : en amont de Sansanding, sur le Niger, dans toute la région qui est au sud-ouest de cette ville et entre Niger et Bani, il tombe 750 mm de pluie par an et cette quantité suffit largement à la culture des variétés de cotonniers indigènes puisque dans la partie extrême-occidentale de cette région, à Rayes, les colons en cultivant par des méthodes moins primitives que celles de l’indigène les variétés locales de cotonnier en ont grandement amélioré la qualité et le rendement.
- En aval de Sansanding, les pluies deviennent plus rares : on peut pallier à leur insuffisance par arrosage au moyen de pompes, système qui est d’un aménagement facile et assez rapide. Ce système est d’ailleurs pratiqué déjà avec succès dans la concession de la Société de Culture cotonnière du Niger de Diré, près de Tombouctou, et si le coton égyptien y vient bien c’est parce qu’il s’y trouve à peu près dans ses conditions d’origine.
- II semble donc que, pour aboutir vite, on doive s’en tenir à la « culture sèche » du cotonnier mais en y apportant toutes les améliorations possibles tant au point de vue du rendement qu'à celui de la qualité. Cette amélioration peut être obtenue en cinq à sept ans si on recourt :
- 1° A la sélection individuelle des variétés locales, pratiquée par des hommes éclairés, appliquant les méthodes de la génétique qui ont donné de si magnifiques résultats pour les blés, la betterave à sucre, etc.
- 2° A l’hybridation de ces variétés locales avec des variétés hâtives américaines, prises dans les pays dont le climat rappelle celui du Soudan, ou encore l’introduction judicieuse de quelques-unes de ces mêmes variétés américaines, et cela en s'inspirant des méthodes pratiquées par les professionnels de la sélection et de l'hybridation qui, aux États-Unis, sont parvenus à une habileté exceptionnelle.
- 3° A la création d’un double service : a) de phytopathologie et d’entomologie : b) de prophylaxie et de désinfection. Il faut en effet créer un cordon sanitaire extrêmement rigoureux à l’entrée de toute plante ou graine étrangère en A. O. F. Le cotonnier est au moins aussi sensible que la vigne aux maladies et il faudra constamment protéger nos plantations contre les parasites et les infections qui ont commis et commettent encore tant de ravages à l’étranger.
- Les mesures proposées sont d’une réalisation facile car elles peuvent être appliquées par un très petit nombre de naturalistes éclairés, dont le recrutement ne paraît présenter aucune difficulté. E. L.
- M. Mesnager, président. — Nous remercions très vivement M. Rignault de la très intéressante communication qu’il vient de nous faire sur un problème passionnant puisque de sa solution dépend l’avenir d’une des plus importantes industries françaises. Nous souhaitons que sa voix soit entendue
- p.293 - vue 293/899
-
-
-
- 294
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. ----- MARS 1924.
- et que l’on étudie de plus près la question, en recourant aux lumières des naturalistes plus qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.
- Nous sommes d’autant plus disposés à faciliter la tâche de ces naturalistes dans le cas présent que notre Société n’est pas restée indifférente au problème cotonnier : depuis de nombreuses années, elle subventionne, autant que les spécifications de ses fondations le lui permettent, l’Association cotonnière coloniale ; l’utilité de l’œuvre qu’elle a entreprise ne lui a donc pas échappé. Vous trouverez d’ailleurs l’exposé de cette œuvre et en particulier de ses derniers travaux dans le numéro de novembre 1923 de notre Bulletin.
- La séance est levée à 18 h. 30 m.
- SEANCE PUBLIQUE
- DU 23 FÉVRIER 1924 Présidence de M. A. Mksnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 9 février 1924 est adopté.
- Sont admis à faire partie de la Société :
- M. Morane (Henry), à Paris,
- M. Denis (Luc), à Paris, présentés dans la dernière séance.
- M. Mesnager, président. —Nous avons reçu comme contribution supplémentaire pour aider à la publication de notre Bulletin :
- de M. E. Vallot, membre à vie, 200 f, de M. Jules Fieux, membre ordinaire, 40 f, de M. M ax Iïerman, membre ordinaire, 20 f, de M. Janniard, membre à vie, 230 f.
- Nous remercions très vivement ces collègues de l’intérêt qu’ils prennent à l’œuvre de notre Société, et nous espérons que leur exemple sera suivi par tous ceux qui peuvent le faire.
- MM. H. IIitier et P. Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques-uns des ouvrages reçus récemment par la Bibliothèque de la Société :
- p.294 - vue 294/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 23 FÉVRIER 1924. 295
- M. IIitier présente les ouvrages suivants :
- Précis de chimie physique, par M. II. Vigneron. Paris, Masson et Cie;
- L'homme moderne, par M. A.-J. Pernotte (Bibliothèque documentaire de la vie moderne), Paris, A. Chanial ;
- Naturel. Uevista pentru raspandirea stiintei. Anul XII, noemvrie 1922-octomvrie 1923. Bucuresti (Don de M. G. Tzitzeica, membre correspondant, et de M. G. G. Longinescu, membre de la Société, hommage d’admiration à l’occasion du centenaire);
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Les routes nouvelles de l'Annam au Laos, par M. Jean Brunhes. (Annales de Géographie, tome XXXII, n° 179, 15 septembre 1923) (Don de Gouvernement général de l’Indochine, Agence économique);
- Elude mécanique et usinage des machines électriques, par M. II. de Pistoye (Encyclopédie d’électricité industrielle). Paris, J.-B. Baillière et fils ;
- Théorie générale sur les courants alternatifs, 1er fascicule, par M. E. Piernet. Paris, Gauthier-Villars et Cie.
- M. Mesnager, président.—M. Brillié va vous faire une conférence sur la traction sur voies ferrées au moyen d'automotrices à combustibles liquides, question qui présente un haut intérêt d’actualité. La traction à vapeur coûte en effet aujourd’hui fort cher par suite du prix élevé de la houille et de l’application des lois sur le travail. On conçoit qu’il y ait avantage à employer des machines ne demandant qu’un seul agent au lieu de deux, et toujours prêtes à partir, tandis que la machine à vapeur nécessite une période de mise en pression; enfin, ces moteurs ne nécessitent pas de prises d’eau. Avec les moteurs Diesel on pense arriver à une économie de 50 p. 100 sur l’emploi de la vapeur.
- On fera l’objection que si l'on diminue les importations de houille on augmente celles du pétrole, ce qui est néfaste au point de vue du change. A cela on répondra que le pétrole peut être remplacé par des huiles végétales de nos colonies.
- M. Eug ène Brillié, Ingénieur des Arts et Manufactures, conseil technique aux Etablissements Schneider, fait une communication sur La traction sur voie ferrée par moteurs à combustibles liquides (1).
- Les moteurs employés sont ou à explosion, du type automobile, ou à combustion, type Diesel, brûlant des huiles.
- Les différents procédés en usage pour la transmission peuvent se classer comme suit :
- Transmission mécanique du genre de celle des automobiles, employées par un
- (1) Voir dans le présent numéro du Bulletin, à la page 217, le texte in extenso de cette communication.
- p.295 - vue 295/899
-
-
-
- 296
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — MARS 1924.
- grand nombre de constructeurs, surtout pour les faibles puissances (type campagne, Renault, Leroux, Berliet, Schneider, etc.);
- Transmission hydraulique (Hele Shaw, Naëder, etc.);
- Transmission électrique (Crochet, Westinghouse, Sulzer, Polar-Deva, Lavizzari, ces trois derniers avec moteurs Diesel) ;
- Transmission électro-mécanique (Pieper, Thomas);
- Procédé utilisant Pair comprimé (Hautier, Sulzer, Leroux). Les machines Sulzer et Leroux sont des Diesel à commande directe; l’arbre moteur constitue un faux essieu, le démarrage s’effectue par Pair comprimé agissant dans les cylindres moteurs (Sulzer) ou dans les cylindres de balayage (Leroux);
- Machines combinées à combustible interne et à vapeur. Procédé Still. Les chaleurs perdues du moteur à combustion sont utilisées pour produire de la vapeur, qui vient agir sur la face opposée des pistons moteurs. Une chaudière est annexée au moteur, avec foyer pour la mise en pression; le démarrage se fait par la vapeur; le moteur est à commande directe.
- La transmission mécanique est généralement préférée pour les faibles puissances, la transmission électrique pour les grandes puissances. Le Diesel direct n’est pas sorti de la période d’essais, mais aucune considération technique ne s’oppose à sa réalisation.
- Comparée à la locomotive à vapeur, l’automotrice à essence, malgré sa dépense spécifique plus grande, peut dans certains cas remplacer avantageusement un train à vapeur. Quanta la traction Diesel, elle donne, par rapport à la vapeur, une économie de l’ordre de 50 p. 100 à tonnage égal. Ce chiffre est accusé par les différentes exploitations qui ont en service des électro-Diesel.
- On peut dire qu’une tonne d huile brûlée dans un Diesel remplace 7 à 8 t de charbon brûlé dans un foyer de locomotive. La consommation annuelle en charbon des compagnies de chemins de fer, 10 millions de tonnes (Alsace-Lorraine comprise) pourrait être remplacée par 1.200.000 t d’huile; cela allégerait de plus de 1/2 milliard nos importations en combustible.
- La possibilité de franchir de vastes espaces sans prise d’eau rend ce procédé particulièrement appréciable dans les pays défavorisés au point de vue de l’eau. Le procédé est tout indiqué dans nos colonies productrices d’huile ou d’alcool.
- Actuellement l’essence et les huiles pour Diesel sont importées, mais l'alcool peut être brûlé dans les moteurs à explosion et les huiles végétales dans les Diesel. Nos colonies, judicieusement exploitées, pourraient nous fournir une quantité d’huile et d’alcool pour ainsi dire illimitée, dépassant de beaucoup, non seulement nos importations actuelles de pétrole (l million de tonnes), mais encore toute l’huile nécessaire au développement de la traction Diesel. E. B.
- M. Mesnager, président. — Il résulte de ce que M. Brillié vient de nous exposer que la traction par moteurs à combustion interne est une œuvre d’intérêt national, au même titre que réleclrification, avec cette différence qu’elle est appelée à prendre dans un bref délai un développement considérable; il faut cependant que nos exploitations coloniales suivent une progression parallèle pour préparer l’avenir et constituer les ressources qui nous affranchiront des importations de combustibles liquides et mêmes solides. Nous
- p.296 - vue 296/899
-
-
-
- CONSEIL d’aD$P*4SXMWON~- y ,p%a3,^YRiER 1924.
- P©mer#iii(i>insiiYiy)E>roôn>tiM.8B^iI;Ué‘4ei;laiArègyinjl^ç^^P)]|vt#<,9QmWP)W^fÂW .qm’il Vïeïiifi'dentlid^ it®stt@Tiaq>isvefu, bajr^larfe tiànfe imkmilBuMbtimxiom
- -m98 89onjomoiü8 xib è Jnsmsnifldooiq oupilqqe Bios 11 .noiJatioIqxQ’b larrnoo aoiv M. Mijsn^ger, président. — M. FW^yj^jp^a^
- sur un appareil de son invention.qui réalise à la fois la communication de la puissance motrice aux0<lillere'ntiu^eliiçules^ du con vcu,naVëJc'tous 'fes avantages de cette répartition de la puissclilce motrfiie^suV ’ les' â ÎWe r £ n ï s * *e s s 1 e II x‘ et la limitation de cette puissance. Il vous feraHconnaitr§%s°^ar{icterMi4u,êi
- et les dispositions de ce système qui nous a paru d’un e,ran(ï<i4<SeretlU0(I
- ''mmoonel
- M. Jean Fieux, Ingénieur des Arts et Métiers, conseil technique aux Etablissements Schneider, fait une communication sur un Conjoncteur-disjoncteur à friction, son application aux véhicules auto-moteurs comme embrayage automatique.
- La transmission mécanique employée pour les automobiles semble pouvoir être appliquée aux véhicules de traction sur voies ferrées qui utilisent des moteurs à hydrocarbures d’une puissance inférieure à 300 ch. Toutefois, il faut réduire les difficultés des manœuvres d’embrayage et de changement de vitesse, qui deviennent pratiquement impossibles à partir d’une certaine puissance, du fait de la trop grande inertie des organes à mettre en prise. D’autre part, pour permettre une bonne utilisation du véhicule, il faut que l’embrayage soit très progressif et robuste.
- Ces deux conditions ne sont pas incompatibles si l’embrayage comprend deux systèmes de friction disposés l’un après l’autre sur l’arbre de transmission. L’un de ces systèmes subit les glissements prolongés; il présente de larges surfaces de frottement, de préférence métalliques, et abondamment lubrifiées; il assure automatiquement une marge convenable au moteur pendant toute la durée de la friction.
- L’autre système, qui doit faciliter la manœuvre des baladeurs, est un embrayage commandé de dimensions réduites qui permet de suspendre instantanément et complètement l’action motrice sur les organes à manœuvrer, et qui réduit au minimum l’inertie de la partie conduite solidaire de l’arbre primaire du changement de vitesse.
- Le conjoncteur-disjoncteur à friction décrit réalise l’automaticité de cet embrayage composé. Il utilise le frottement d’un spiral à l’intérieur d’un tambour. Le couple d’entraînement est maintenu à une valeur convenable par les actions combinées, sur les extrémités du spiral, du couple moteur et d’un certain couple proportionnel au carré de la vitesse du moteur, celui-ci résulte de l’effet centrifuge développé sur des masses auxiliaires mobiles.
- Ce conjoncteur-disjoncteur est un limiteur de couple précis; son fonctionnement est pratiquement indépendant des variations du coefficient de frottement. Il protège le moteur contre toute surcharge. Il se met en conjonction complète dès que la résistance de l’arbre récepteur le permet, et en régime de glissement dès que cette résistance devient exagérée. Ses surfaces de friction peuvent être abondamment lubrifiées; elles s’appliquent parfaitement Tune sur l’autre, grâce à la flexibilité du spiral, et sont pratiquement inusables.
- (1) Voir dans le présent numéro du Bulletin, à la page 279, le texte in extenso de cette communication.
- Tome 136. — Mars 1924.
- 21
- p.297 - vue 297/899
-
-
-
- 29& !-'UHWll%à,,hE*îttÜé:!tiÊS;,,81$A‘«flESr —#S¥.» * a' « ! .n :>!*/: on
- Ge conjonctë'ûï'-Üife'jottt!té-iir‘®iétë'sôttrfii§là'!Ôeà>!èfes:8l[s fcfenlduantaisur'iiâ'iîeiauto-* motrice des Chemins de 1er de I’Çtat^qui a (parcouru abtueliement '25.00.Q kmietifisejy vice normal d’exploitation. Il sera appliqué prochainement à dix automotrices semblables qui Vorit être'mîèéS èn ètfploMtiôh/1 ^ ^ ; ‘
- : ::... î:i ' iî! fi ;t*: ; -r\ i:; jmioiIhuyiii non oh i • "
- M.,Mesnager,/président. — Le.film, .qui(yient cje nous être présenté nous
- a prouvé que tous les avantages de l’appareil imaginé par M. Fieux sont bien réalisés. Peu de mécanismes seraient assez souples et assez robustes à la fois pour supporter l’épreuve qui vient de nous être représentée, savoir le lancement d’une lourde locomotive. Nous félicitons M. Fieux des résultats qu’il a obtenus et qui apportent un complément de solution au problème que M. Brillié nous a exposé.
- \
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN FÉVRIER 1924.
- Verdier (Julien). — La télégraphie sans fil. Ses applications en temps de paix et pendant la guerre, In-8 (24x15) de vin -f- 412 p., 70 + 58 fig., 2 cartes. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1924. 16685
- Painlevé (Paul), Borel(Émile) et Mauhain (Ch.). — L’aviation. 8e édition. In-12(19 x 12) de vin + 308 p., 48 tig. Paris, Librairie Félix Alcan, 1923. 16686
- Rouch (J.). — Pour voyager en paquebot. Guide du passager. In-12 (19 x 13) de 336 p., 43 fig., X pl. dont 2 en couleurs. Paris, Masson et Cie, 1923. 16687
- Collection de Publications mécaniques. (Éditions de « La Machine moderne »). In-8 (23 X 15). Nos 1 : L’usinage des surfaces coniques et sphériques, de 44 p., 32 fig. — 2 : La rectification et les machines à rectifier, de 48 p., 24 fig. — 3 : Mandrins et montages pour tours, 44 p., 46 fig. — 4 : Les machines à percer, de 40 p., 33 fig. — 6 : Butées, déclics et verrouillages, de 48 p., 84 fig. — 6 : Le moulage en coquille sous pression, de 48 p., 28 fig. — 7 : Les machines à mouler en coquille sous pression, de 40 p., 33 fig. — 8 : Les matrices d’estampage de 60 p., 52 fig. — 9 : Les matrices de découpage, de 44 p., 27 fig. — 10 : Les poinçons et les accessoires de découpage, de 48 p., 30 fig. — 11 : Rodage et polissage, de 38 p., 26 fig. — 12 : Les raboteuses, les étaux-limeurs, les mortaiseuses, de 48 p., 43 fig. — 13 : Le tour lre partie), de 52 p., 60 fig. — 14 : Le tour (2e partie), de 48 p., 46 fig. — 15 : Les fraiseuses (lre partie), de 51 p., 39 fig. — 16 : Les fraiseuses (2e partie), de 48 p., 31 fig. — 17 : Les tours verticaux, les aléseuses, de 40 p., 35 fig. —18 : Comment colorer les métaux, de 16 p. — 19 : Les matrices d’emboutissage (lre partie), de 53 p., 17 fig. — 20 : Les matrices d’emboutissage (2e partie), de 54 p., 56 fig. — 21 : Le filetage (lre partie), de 44 p., 18 fig. —24: Transformation de mouvements (lrc partie), de 48 p., 28 fig. — 25 : Transformations de mouvements (2e partie), de 48 p., 32 fig. — 26 : L’outillage de la machine à décolleter (lrc partie), de 47 p., 33 fig. Paris, 121, rue Lafayette. 16688
- p.298 - vue 298/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN FÉVRIER 1924.
- 299
- Pistoye (H. de). — Étude mécanique et usinage des machines électriques. (Ency. clopédie d'électricité industrielle.) In-8 (23 x 15) de 839 p., 802 fig. Bibliographies à la fin de chaque chapitre. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16689
- Vigneron (H.). — Précis de chimie physique. In-8 (21 x 14) de xii -f- 408 p., 120 fig. Paris, Masson et Cie, 1924. 16690
- PeRNOTTE (A.-J.). —L’homme moderne. (Bibliothèque documentaire de la vie moderne.) In-12 (19 x 12) de 213 p. Paris, Edition Alexandre Ghanial, 1, rue des Italiens, 1923. 16691
- Piernet (M.-E.). — Théorie générale sur les courants alternatifs. 1er fascicule. In-8 (24 x 15) de x + 100 p., 60 fig. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1924. 16692
- Daubray (G.). — Manuel des pavages, carrelages, mosaïque. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 373 p., 146 fig. Paris, J. B. Baillière et fils. 1924. 16693
- Champly (René).— Le moteur électrique vulgarisé. In-12 (19 x 12) de vin -f- 160 p., 111 fig. Paris, Desforges, 1924. 16694
- Dejonc (Eugène). — La mécanique pratique. Guide du mécanicien. Revue et corrigée par G. Codron. 6e édition augmentée par René Champly. In-12 (19 x 12) de 573 p., 755 fig. Paris, Desforges, 1924. 16695
- Taylor (Frederick W.) et Thompson (Sandford E.). — Pratique de la construction en béton et mortier de ciment armés ou non armés, avec établissement rationnel des prix de revient. Traduit et adapté par M. Darras. 3e édition. In-8 (25 x 16) de xxm -f- 723 p., 143 fig. Paris, Dunod, 1924. 16696
- Jarre (Ph.). — La tachéométrie de précision (méthode J.-L. Sanguet). Traité théorique et pratique concernant le lever des plans exécutés au moyen du tachéomètre autoréducteur Sanguet. In-8 (22 x 17) de il + 245 p., 76 fig., V pl. Paris, École spéciale des Travaux publics, 1923. 16697
- Jumeau (L.). — Étude résumée des accumulateurs électriques. 2e édition. In-8 (25 x 16) de VI + 296 p., 124 fig. Paris, Dunod, 1924. 16698
- Prévost (Pierre). — Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles. Cours professé au Centre d’instruction automobile de Fontainebleau. In-8 (25 x 16) de 792 p., 653 fig. Paris, Dunod, 1924. 16699
- Académie des Sciences de l’Institut de France. — Inventaire des périodiques scientifiques des bibliothèques de Paris, dressé sous la direction de M. Alfred Lacroix, par M. Léon Bultingaire avec la collaboration des bibliothécaires de Paris et le concours de M. Ad. Richard. In-8 (22 x 14). Fascicule I, de xv + 320 p. Paris, Masson et Cie, 1924. 16700
- L’industrie en France occupée. Ouvrage établi par le Grand Quartier Général allemand en 1916. Traduction intégrale. In-4 (30 x 21) de xv -f- 534 p., IV pl. Bibliographie, p. 501-504; Annexe : 9 cartes. Paris, Imprimerie nationale, 1923. 16701
- Les actualités de chimie contemporaine publiées sous la direction de M. A. Haller. 2esérie. In-12 (19 x 12) de 309 p., fig. — I:La microanalyse organique quantitative, par R. Cornubert, p. 1-26. — II : La constitution des atomes et l’affinité chimique, par A. Berthoud, p. 27-65. Bibliographie, p. 65-67.— III: Réfraction et dispersion moléculaires, par R. Cornubert, p. 69-134. Bibliographie. — IV : Études sur l’anthraquinone, par M. Battegay, p. 135-191. Bibliographie. — V : Mydriatiques et myotiques, par M. Tiffeneau, p. 193-255. Bibliographie. — VI : La dispersion rotatoire naturelle, par E. Darmois, p. 257-307, 30 fig. Bibliographie. Paris, Gaston Doin, 1924. 167 02
- Guy (M.-A.j. — Perfectionnement apportés à la solution des problèmes de la conjonction et de la disjonction des courants électriques. In-4 (27 x 21) de 11 p., 7 fig. (dactylographié). Reims, 1924. (Don de l'auteur). Pièce 12822
- Razous (Paul). — L’organisation du travail dans les exploitations forestières et dans les scieries mécaniques. (Le Génie civil, 21 et 28 juillet, 4 et 11 août 1923). In-8 (23 x 15) de 80 p., 27 fig. Paris, 6, rue de la Chaussée-d’Antin, 1924 (Don de l'auteur, membre de la Société). Pièce 12823
- Brunhes (Jean). — Les routes nouvelles del’Annam au Laos. (Annales de Géographie,
- 4
- p.299 - vue 299/899
-
-
-
- 300
- OUVRAGES REÇUS.
- MARS 1924.
- tome XXXII, n° 179 du 15 septembre 1923). In-8 (24 x 16) de 25 p., 2 fig. Paris, Librairie Armand Colin, 1923. (Don du Gouvernement général de l'Indochine (Agence économique de l'Indochine, Paris), 20, rue La-Boétie). Pièce 12824
- Romier (Lucien). — La force et les faiblesses du crédit de la France. Conférence faite à la Chambre de Commerce de Paris le 21 janvier 1924. In-8 (26 x 17) de 14 p. Paris, Librairies-Imprimeries réunies, 1924. Pièce 12826
- Le danger aérien allemand. Discours prononcés à la Sorbonne le 31 octobre 1923, par MM. le Général de Castelnau, André Michelin, Georges Claude, le Commandant Brocard, Henri de Kerillis. (l'Écho de Paris). In-12 (18 x 12) de 48 p. Paris, Imprimerie de la Presse, 1923. Pièce 12826
- Natura. Revista pentru raspandirea stiintei. Noemvrie 1922-Octomvrie 1923. Bucuresti. (Don de MM. G. Tzitzeica, membre correspondant, et G. G. Longinescu, membre de la Société. Hommage d’admiration à l’occasion du centenaire.)
- Annuaire Chaix. Les principales sociétés par actions. 33e année, 1924. Paris, Imprimerie et Librairie Chaix, 1924. Pér. 90
- Comité international des Poids et Mesures. — Procès-verbaux des séances. 2e série, Tome X. Session de 1923. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1923. Pér. 208
- Mémorial des Poudres, publié par les soins du Service des Poudres, avec l’autorisation du Ministre de la Guerre. — Tome XX (3e fasc.). Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1923.
- Pér. 223
- Institut d’Égypte. — Mémoires présentés. Tome V -. Chronologie et description des roches ignées du désert arabique, par Jules Barthoux, xxviii + 264 p., 46 fig., 7 cartes (dont 1 en couleurs), XIV pl. Bibliographie, p. xxil-xxvm. Le Caire, 1922. Pér. 32
- Bureau of Standards (Washington). — Scientific Papers, Vol XIX (1923), n08 475 : Visibility of radiant energy, by K. S. Gibson, E. P. T. Tyndall, p. 131-191, 23 fig. — 476 : A study of radio signal fading, by J. H. Dellinger, L. E. Whittemor, S. Kruse, p. 193-230, 9 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Technologie Papers, Vol XVII (1923),n08 233 : Test of heavily reinforced concrète slab beams : Effect of direction of reinforcement on strength and deformation, by W. A. Slater and F. B. Seely, p. 297-344, 33 fig., III pl. — 238 : Some compressive tests of hollow-tile walls, by H. L. Whittemor, B. D. Hathcock, p. 513-527, 6 fig., I pl. —239 : Tests of caustic magnesia made from magnesite from several sources, by P. H. Batf.s, R. N. Young, P. Rapp. p. 529-558, 2 fig. — 242 : Detector for water in closed pipes, by E. R. Weaver, P. G. Ledig, p. 637-644, 6 fig., I pl. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Circulars, n08 122 (2d ed.) : Sources of elemen-tary radio information, 16 p., 1 fig. (1923). — 146 : United States Government spécification for water-resisting red enamel, 6 p. (1923). — 147 : United States Government spécification for gloss interior lithopone paint, white and liyht tints,8 p. (1923). — 148 : United States Government spécification for leather belting, 9 p. (1923). Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). —Annual Report of the Director of the Bureau of Standards to the Secretary of Commerce for the fiscal year ended June 30, 1923. (Miscellaneous Publications, n° 53). Pér. 61
- Library of Congress. — Report of the Librarian of Congress for the fiscal year ending June 30, 1923. Washington, 1923. Pér. 350
- Nova Scotian Institute of Science. — Proceedings and Transactions. Vol. XV, part 3 (session of 1920-1921); part 4 (session 1921-1922). Halifax. 1923. Pér. 334
- K. Svenska Vetenskapsakademien. — Arkiv fôr Kemi, Mineralogi och Geologi. Band 8, H. 6. — Band 9, H. 1. Stockholm, 1923-1924. Pér. 8
- L’agent général, gérant, E. Lemaire.
- Cou ommiers. — lmp. Paul RRODARD.
- p.300 - vue 300/899
-
-
-
- AVRIL 1924.
- 123e ANNÉE.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE
- DU 22 MARS 1924.
- DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES POUR L’ANNÉE 1923
- Présidence de M. A. Mesnager, président de la Société d’Encouragement.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le fauteuil présidentiel est occupé par M. A. Mesnager, président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. A ses côtés siègent M. L. Bâclé, président sortant; M. Sauvage, vice-président; MM. Paul Toulon et Henri TIitier, secrétaires généraux, et les membres du Conseil rapporteurs des comités techniques sur la demande desquels les récompenses sont décernées.
- Discours de M. L. Bâclé, président sortant de la Société.
- Messieurs et chers Collègues,
- La séance solennelle que nous tenons chaque année pour la distribution des récompenses accordées à nos lauréats doit comporter en même temps, comme l’exigent nos traditions, l’exposé de la situation actuelle de notre Société; mais notre éminent président d’aujourd’hui,
- — Avril 1924.
- Tome 136.
- 22
- p.301 - vue 301/899
-
-
-
- 302 ASSAMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE I>U 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- M. Mesnager, a bien voulu à cette occasion confier au president d’hier l’honneur de présenter devant vous le compte rendu de l’activité déployée par notre Société pendant l’année écoulée.
- Déférant donc à cette invitation trop llatteuse, je reviens aujourd’hui encore une fois prendre place au Bureau pour résumer devant vous nos travaux de l’an dernier.
- Je vous rappellerai tout d’abord que ces travaux se rattachent avant tout aux deux questions formant les points principaux du programme que je vous ai soumis il y a trois ans, en arrivant à la présidence, au cours de la séance du 15 janvier 1921, soit la modification de nos statuts et l’organisation de la manifestation solennelle que nous avons tenue au mois de juin dernier pour commémorer le centenaire de la déclaration d’utilité publique dont notre Société a été l’objet en avril 1824.
- En ce qui concerne nos statuts modifiés, ils ont été approuvés par décret de M. le Président de la République, en date du 16 avril 1923, de sorte que nous avons maintenant la faculté de modifier dans certaines limites le taux de nos cotisations, sans avoir besoin de solliciter l’autorisation préalable du Conseil d’Etat. Nous avons donc usé aussitôt de cette faculté pour vous proposer de porter à 60 f le taux de base de nos cotisations, et vous avez bien voulu approuver les chiffres nouveaux dans la séance du 8 décembre 1923.
- Vous avez considéré en effet que c’est là un relèvement qui nous est imposé par la situation générale présente, alors que cette cotisation de 60 f ne suffit pas encore à couvrir les dépenses résultant de la seule publication de notre Bulletin dont le prix d’abonnement pour les non-sociétaires étrangers a du être porté d’ailleurs à un chiffre beaucoup plus élevé. Nous sommes heureux de voir que ce relèvement obligé n’a pas eu pour effet de diminuer sensiblement le nombre de nos sociétaires, et nous ne saurions trop vous remercier de cette nouvelle preuve d’attachement à notre vieille Société. Votre Bureau en a été profondément touché, et, ainsi que je vous l’indiquais alors, en vous informant de ce relèvement, il se propose d’indemniser dans la mesure du possible nos fidèles sociétaires en les appelant à profiter de tous les avantages dont il pourra disposer, en leur facilitant par exemple la visite de certains ateliers particulièrement intéressants dans la région parisienne, ou celle d’expositions de société techniques ou savantes tenues
- p.302 - vue 302/899
-
-
-
- discours de m. l. bâclé, président sortant.
- 303
- dans l’hôtel de notre Société ou même dans les salles étrangères, comme nous l’avons fait à diverses reprises au cours de ces dernières années.
- Qu’il me soit permis de rappeler également que notre Bibliothèque, libéralement ouverte à nos sociétaires et même pratiquement à tous les chercheurs dignes d’intérêt, est une des plus riches de la capitale, car ,elle renferme un grand nombre d’ouvrages et de publications techniques qu’ils trouveraient difficilement ailleurs.
- Quoi qu’il en soit, nos fidèles sociétaires n’oublieront certainement pas qu’en nous apportant leur adhésion, et surtout en en provoquant de nouvelles dans leur entourage, ils contribuent grandement pour leur part à maintenir l’autorité de notre Société, de même qu’à assurer le succès des efforts continus qu’elle poursuit pour le développement de notre industrie nationale. Vous savez tous en effet que c’est là une tâche primordiale qui s’impose à nous avant toute autre dans les circonstances présentes, alors qn’en France nous avons maintenant à soutenir une lutte économique non moins acharnée et plus dangereuse peut-être que la guerre mondiale dont elle est le prolongement inavoué ; nous ne pouvons pas permettre en effet que notre victoire militaire si chèrement achetée se termine par un désastre économique qui mettrait la patrie en péril. A tous ces titres, nous croyons qu’il nous est permis de vous dire que le concours que vous nous apportez est vraiment un service rendu au pays et nous vous en remercions en son nom.
- En dehors du relèvement du taux de la cotisation, nos statuts modifiés comportent, comme vous savez, certaines dispositions de moindre importance sur lesquelles je n’insisterai pas, et votre Bureau aura du reste l’occasion d’v revenir lorsqu’il vous soumettra le projet des modifications à apporter à notre règlement intérieur pour le mettre en harmonie avec les statuts nouveaux; je vous signalerai simplement l’augmentation du nombre des membres du Comité de Commerce car vous y trouverez une nouvelle preuve de l’importance que, dans notre pensée, les questions économiques devront prendre au cours du cycle nouveau qui s’est ouvert avec la guerre mondiale ainsi que nous le rappelions à l’occasion de notre manifestation solennelle du mois de juin dernier.
- Cette manifestation a été pour nous, elle aussi, un moyen de mettre en relief l’importance exceptionnelle que prend l’époque présente dans notre civilisation contemporaine, car cette époque constituera vrai-
- p.303 - vue 303/899
-
-
-
- 304 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- ment, avec la guerre mondiale dont elle est la résultante, l’une des grandes dates de l’histoire de noire terre de France et même de l’Europe et de l’humanité entière. Elle ne pouvait pas ne pas marquer en même temps sa trace profonde dans les annales de notre Société, comme dans celles de tous les groupements qui collaborent à l’évolution générale de l’activité humaine, et, s’il nous est encore impossible aujourd’hui de prévoir avec quelque précision, pour notre Société comme pour l’histoire générale, les principales caractéristiques du cycle nouveau dans lequel nous venons d’entrer, nous sommes tous unanimes à penser que ces caractéristiques seront fort differentes de celles que nous connaissons aujourd’hui, et l’orateur du prochain centenaire de notre Société n’éprouvera certainement aucune difficulté pour les mettre en relief s’il veut établir le rapprochement avec l’époque présente.
- A côté et au-dessus peut-être de cette considération générale qui éclaire le sens intime de l’histoire de notre Société, la manifestation solennelle du mois de juin nous a fourni l’occasion particulièrement précieuse dans les circonstances présentes de rappeler devant ces hôtes éminents qu’étaient les savants étrangers qui ont bien voulu répondre à notre invitation, la contribution importante que la science et l’industrie françaises ont su apporter dans les découvertes et les progrès techniques de toute nature réalisés au siècle dernier pour le plus grand bien de l’humanité, et nous avons pu en même temps dérouler devant eux le douloureux tableau, trop ignoré à l’étranger, des ravages et des dévastations dont la France a été la malheureuse victime de la part d’un barbare ennemi obéissant à des sentiments d’orgueil et de jalousie haineuse. Nous avons pu en effet mettre en particulier sous leurs yeux, dans la communication faite par M. Boulanger, un document décisif, resté malheureusement trop négligé jusque-là, soit le volume résumant l’enquête confidentielle qu’avaient poursuivie les Allemands pendant l’occupation sur les industries des régions envahies du Nord et de l’Est de la France.
- Ainsi que tout lecteur de bonne foi le reconnaîtra certainement en prenant connaissance du texte allemand et de la traduction résumée reproduite à notre Bulletin, ce document apporte bien la preuve formelle des sentiments de jalousie commerciale qui ont inspiré les Allemands lorsqu’ils ont opéré la destruction systématique de nos établissements industriels en dehors de toute nécessité militaire.
- p.304 - vue 304/899
-
-
-
- discours de m. l. bâclé, président sortant.
- 305
- Nous avons pleine confiance que c’est là une appréciation partagée par nos hôtes éminents qui ont pu se convaincre par eux-mémes de la justice de nos réclamations trop fondées, inspirées uniquement par le désir d’obtenir les réparations et les garanties de sécurité qui nous sont dues; nous espérons dès lors, qu’avec l’autorité justifiée qui s’attache à leurs noms, ils sauront ensuite éclairer l’opinion de leurs compatriotes trop souvent égarée par la propagande ennemie et leur montrer sous son vrai jour notre France laborieuse et pacifique, éloignée de toute pensée d’impérialisme et désireuse avant tout de relever ses ruines.
- En contribuant ainsi à éveiller la sympathie française à l’étranger, en même temps qu’elle consacrait l’importance de l’époque présente dans l’histoire de notre Société, comme dans celle de l’évolution humaine, cette manifestation prenait un intérêt patriotique attesté par la participation de M. le Président de la République et de MM. les Ministres intéressés; à ce double titre, il importait donc qu’elle fût couronnée de succès. Nous avons pu heureusement la mener à bonne fin, grâce à tous les concours que nous avons rencontrés, et c’est un devoir pour le Président alors en exercice, au moment où il vient de résigner ses fonctions, de renouveler à tous les collaborateurs bénévoles que nous avons rencontrés : ingénieurs ou savants, qui nous ont admis à visiter leurs usines ou leurs laboratoires; conférenciers qui nous ont exposé la situation des industries dont ils s’occupent; comme à tout le personnel de la Société, et à vous tous mes chers Collègues qui avez contribué au succès par l’appui que vous avez accordé à cette manifestation, les meilleurs remerciements de ses organisateurs.
- Et, puisque enfin il m’est donné pour quelques instants encore de parler au nom de notre Société, je suis certain, mes chers Collègues, d’être l’interprète de vos sentiments unanimes en exprimant nos cordiales félicitations à l’éminent collègue que vos suffrages viennent d’appeler à la présidence. Nous sommes heureux de penser en effet que sa belle et laborieuse carrière, ses nombreux travaux scientifiques, toujours consacrés à l'étude théorique et pratique des meilleures conditions d’emploi des matériaux, rentrent particulièrement bien dans le programme d’application de la science aux progrès de l’industrie qui est le nôtre, et le désignaient bien à ce titre pour les fonctions que vous venez de lui confier.
- p.305 - vue 305/899
-
-
-
- -.H)6 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- Les travaux de M. Mesnager sont trop nombreux et trop variés pour qu’il me soit possible aujourd’hui de les résumer tous devant vous; vous me permettrez seulement de rappeler qu’en sa qualité d’ingénieur des Ponts et Chaussées, il a rendu des services appréciés dans tous les postes actifs qu’il a successivement occupés et il a gravi avec distinction tous les degrés de la hiérarchie. 11 est en même temps ou a été attaché comme professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers et à plusieurs de nos grandes écoles techniques, comme celle des Ponts et Chaussées et l'Ecole Supérieure de l'Aéronautique.
- Il a été en outre directeur du Laboratoire des Essais chimiques, physiques et mécaniques de l’Ecole des Ponts et Chaussées; il s’est créé une autorité unanimement reconnue dans l’étude des méthodes d’essais des matériaux, et c’est ainsi qu’il a été appelé à la présidence de la Section française de l’Association internationale des Méthodes d’Essais. Je voudrais toutefois insister plus spécialement sur les méthodes originales qu’il a créées ou mises au point pour l’étude de la répartition des efforts dans les solides soumis à des actions extérieures, comme c’est le cas pour tes matériaux constitutifs de l’arche d’un pont par exemple, car nous y trouvons le meilleur exemple de l’aide merveilleuse que les recherches scientifiques peuvent apporter aux progrès de la technique.
- Nous savons tous en effet que les dimensions des ouvrages d’art sont déterminées au moyen de la théorie de la résistance des matériaux; ils sont calculés par suite en partant de certains postulats sur le mode de répartition des efforts qui figurent à la base de la théorie et qui ont été admis surtout en raison de leur grande simplicité. Comme il arrive toutefois « que les déductions tirées par le calcul de ces postulats ne se vérifient pas toujours en pratique, il importait de les soumettre à des vérifications expérimentales dans la mesure où il était possible de le faire. On y est parvenu pour ce qui concerne la théorie de l’élasticité en opérant sur des blocs transparents soumis à des efforts déterminés et éclairés en même temps par des rayons de lumière polarisée. On conçoit immédiatement que ces rayons, traversant un bloc dont l’homogénéité est ainsi troublée par des forces extérieures qui le sollicitent, subissent aussitôt des modifications provoquées par les efforts de réaction qui s’y développent, de sorte qu’ils peuvent par là même servir à en indiquer la répartition. Il s’agit là sans doute de mesures
- p.306 - vue 306/899
-
-
-
- discours de m. l. bâclé, président sortant.
- 307
- très délicates portant sur des longueurs d’ondes lumineuses excessivement petites, mais elles fournissent un moyen d’investigation sûr et efficace. M. Mesnager s’est consacré à l’étude de cette question de la théorie de l’élasticité en y employant les ressources combinées de la haute analyse mathématique et des appareils d’observation les plus précis ; il a réussi à montrer combien il était facile de tirer de ces observations des mesures effectives de la valeur exacte et de la répartition des efforts mis en jeu. Il a pu établir en effet, en opérant sur une pièce de verre sollicitée par des forces extérieures, que le changement d’épaisseur de la pièce en chaque point considéré donne toujours la somme des tensions principales mises en jeu en ce point.
- Il y a là, comme vous voyez, une solution particulièrement simple et élégante d’un problème des plus difficiles et le mérite de l’avoir dégagée lui revient tout entier, ainsi que l’ont reconnu et proclamé les savants étrangers, spécialistes de ces questions. De même, notre président a montré comment il était possible d’étudier également sur un ouvrage assemblé la répartition des efforts en opérant sur un modèle à petite échelle construit en matériaux transparents et chargé dans les mêmes conditions que l’ouvrage lui-même.
- Vous apercevez immédiatement l’immense intérêt pratique d’une pareille méthode d’étude puisque, dans le calcul des dimensions à donner aux ouvrages d’art, elle permet de partir de postulats qui ne sont plus de simples hypothèses théoriques, mais de véritables données expérimentales, et vous comprenez aussi l’autorité unanimement reconnue que M. Mesnager s’est ainsi acquise parmi ses pairs dans ces matières si difficiles.
- C’est ainsi qu’il a été appelé en 1907 à faire partie du Conseil d’Administration de notre Société sur la proposition du Comité des Constructions et Beaux-Arts, et, à son tour en 1920, l’Académie des Sciences tenait à consacrer la haute valeur de ses travaux scientifiques en l’appelant à siéger dans son sein. Entre temps, il était élu membre de plusieurs sociétés étrangères scientifiques ou techniques, et, en mai 1921, il était chargé de mission en Chine pour faire partie du jury du concours international du nouveau pont sur le Fleuve Jaune.
- Avec de pareils précédents, inspirés toujours de cette préoccupation constante de l’union de la science et de l’industrie, de la théorie et de la pratique, qui répond si bien à l’esprit de la mission assignée à notre
- p.307 - vue 307/899
-
-
-
- 308 ASSEMBLEE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- Société par ses fondateurs, nous n’avons pas à douter que la présidence de M. Mesnager ne donnera des résultats particulièrement féconds, et, en votre nom à tous, je l’en remercie à l’avance, en le priant d’agréer la nouvelle expression de nos cordiales félicitations.
- *
- # #•
- Discours de M. A. Mesnager, président en exercice.
- Messieurs et Chers Collègues,
- Je tiens tout d’abord à remercier M. Bâclé, de qui nous avons tous apprécié l’affabilité et l’activité au cours de sa présidence si bien remplie, des paroles trop élogieuses qu’il a prononcées à mon sujet. Sa présidence, qui a eu le rare mérite de réaliser tous les buts annoncés à son début, restera caractérisée par l’éclat des fêtes du centenaire de la déclaration d’utilité publique de notre Société. Nous avons pu les uns et les autres constater l’excellente organisation de cette manifestation, au cours de laquelle notre président a fait preuve d’une vigueur toute juvénile.
- Nous avons été touché de l’intérêt que le premier magistrat de la République et M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie ont bien voulu témoigner à nos travaux non seulement par leur présence, mais encore par les paroles vibrantes qu’ils ont prononcées. Nous leur en sommes profondément reconnaissants; notre reconnaissance va aussi au président de notre Société qui a su faire aussi parfaitement apprécier l’œuvre de celle-ci.
- Ces fêtes ont été pour beaucoup d’entre nous l’occasion de visites fructueuses, sous la conduite de personnes particulièrement compétentes, dans des établissements où leurs occupations conduisent rarement la plupart d’entre nous et qu’ils ont cependant intérêt à connaître. Les actualités n’avaient pas été oubliées : Centre radioélectrique de Sainte-Assise à peine terminé, Aéroport du Bourget, Société de Recherches et de Perfectionnements industriels, Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, Exposition du Chauffage industriel, où l’on se rendait compte des efforts tant privés
- p.308 - vue 308/899
-
-
-
- discours de m. a. mesnager, président en exercice. 309
- qu’officiels pour le perfectionnement de notre outillage et de nos méthodes de travail.
- Le côté agréable n’avait pas été omis « omne tulit punctum qui miscuit utile dulci ». Ceux d’entre nous qui ont pu en jouir ont gardé un souvenir charmant de la soirée gracieusement offerte par notre vice-président, M. Lyon, soirée qui a clôturé les fêtes de juin 1923.
- Au cours de l’année dernière, notre Conseil d’administration a perdu deux de ses membres : M. Maurice Leblanc, membre du Comité des Arts mécaniques, et M. Paul Mallet, membre du Comité des Arts chimiques, ainsi qu’un de ses membres honoraires : M. Jules Violle. Chacun d’eux, soit comme savant, soit comme industriel, avait occupé un rang éminent dans sa carrière.
- M. Maurice Leblanc, savant doué d’un génie inventif, avait tantôt dans le domaine des machines, tantôt dans celui de l’électricité, imaginé une foule d’appareils ingénieux, réalisé une série de conceptions hardies. Tout jeune il était déjà célèbre par son appareil à transformer les courants les uns dans les autres, familièrement désigné sous le nom de « panchahuteur ». Pénétrant dans des régions encore inexplorées, il avait eu à vaincre une série de difficultés dont il était toujours venu à bout par des moyens d’une merveilleuse simplicité. Aussi l’Académie des Sciences, lorsqu’elle a créé en 1918, une section des applications industrielles de la science à l’industrie l’a-t-elle désigné le premier pour en faire partie. Il siégeait dans notre Conseil depuis 1911.
- M. Paul Mallet faisait partie du Comité des Arts chimiques depuis 1922. Il s’était spécialisé dans les questions intéressant les usines à gaz, le traitement des matières usées et la rectification des pétroles. Ses appareils sont employés dans le monde entier. 11 fut longtemps membre de la Chambre de Commerce de Paris. La Société ne peut que regretter de n’avoir pas joui plus tôt de sa collaboration si utile et si dévouée.
- M. Violle, membre de l’Académie des Sciences, est universellement connu par l’étalon de lumière qu’il a créé et qui a été adopté partout depuis 1884. On lui doit des recherches sur la mesure des hautes températures et la création du four électrique. Il a en outre présidé à la réforme de notre système métrique qui a été consacrée par
- p.309 - vue 309/899
-
-
-
- 310 ASSEMBLEE GENERALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- la loi sur les unités de mesures du 2 avril 1910 et le décret pour son application du 20 juillet de la même année. Cette réforme a substitué comme unité fondamentale, l’unité de masse à l’unité de force, dont la définition précise présentait des difficultés et des inconvénients pratiques. Elle s’est faite sans bruit et sans troubler nos habitudes.
- Pendant l'année 1923, la Société d’Encouragement a dépensé ou engagé en prix, récompenses, secours, subventions et allocations diverses, une somme de 27.930 f qui a été prélevée en presque totalité sur les revenus de ses fondations. Sur cette somme, 16.475 f représentent des subventions ou encouragements à des travaux ou recherches d'ordre technique.
- La Société a affecté également, pour couvrir une partie des fixais occasionnés par la manifestation de juin, les revenus de deux années de la fondation Joliivet, soit 32.000 f. Cette somme ajoutée au total des cotisations versées par les personnes qui ont pris part à ces fêtes a permis d’en conserver le souvenir sous la forme d’un numéro triple de notre Bulletin, celui de juillet-aout-septembre 1923, exclusivement consacré à en rendre compte d’une façon détaillée. Nous avons pu en adresser un exemplaire à tous nos invités, les délégués que les corps savants, techniques ou industriels, français ou étrangers, avaient désignés pour les y représenter.
- Presque tous ceux qui l’ont reçu, en adressant leurs remerciements, ont tenu à indiquer l’intérêt qu’ils avaient pris à la lecture de ce numéro exceptionnel. I ne partie notamment a été plus particulièrement appréciée, celle que nous devons à l’activité d’un de nos membres, déjà deux fois lauréat de notre Société, M. Henri Boulanger, industriel à Lille. Il a fait connaître le document secret que le grand Etat-Major allemand a imprimé, en 1916, sur l'état de l’industrie dans la France occupée. Ce document, dont on possède 4 exemplaires, nous renseigne exactement sur les intentions de notre adversaire. Il n’avait aucune utilité militaire et ne pouvait intéresser que la grande industrie et le grand commerce des empires centraux. Il évaluait en effet avec précision la période pendant laquelle les industries françaises, appréciées sur les marchés français ou étrangers, deviendraient incapables de produire, et mettait entre les mains des industriels allemands des renseignements qui leur permettraient de faire utilement après la guerre des offres aux sinistrés.
- p.310 - vue 310/899
-
-
-
- discours de m. a. mesnager, président en exercice.
- 311
- Depuis la publicité que la Société d’Encouragement lui a donnée, les Pouvoirs publics ont fait faire une traduction intégrale officielle de ce document. Cette publication a suscité un si vif intérêt, tant en France qu’à l’étranger, qu’un nouveau tirage de la traduction officielle est prévu.
- Da ns celte revue de l’activité de notre Société, je crois devoir accorder une mention spéciale aux services que rendent le Bulletin et la Bibliothèque.
- Notre Bulletin est un excellent organe de propagande. Nous en faisons largement l’échange avec des périodiques français et étrangers, sans trop nous préoccuper de la valeur intrinsèque des ces périodiques; il suffit que notre Bulletin puisse répandre la pensée française dans les milieux techniques qui y sont favorables. C’est une lourde charge pour notre budget car notre Bulletin y figure pour une dépense très élevée.
- 11 faut bien reconnaître toutefois qu’il n’est pas d’une lecture toujours aussi attachante qu’on pourrait le souhaiter. Les articles et les études sur des sujets d’actualité y sont plus rares qu’autrefois. Cela tient sans doute au développement considérable de journaux spéciaux, absorbant les mémoires qui, jadis, y paraissaient. On ne sait pas assez qu’on y fait bon accueil à tous les travaux originaux qui intéressent l’industrie ou marquent un progrès. 11 est à désirer que nos collègues fassent de la propagande autour d’eux pour nous procurer, non pas de la copie, mais des œuvres de valeur, et signalent les personnes auprès de qui la Société pourrait faire des démarches.
- La Bibliothèque, est largement ouverte à tous les travailleurs. Elle reste, malgré les difficultés financières de l’heure présente, qui ne nous permettent pas de l’améliorer comme nous le voudrions, une des plus riches de France en ouvrages et surtout en périodiques techniques. Nous en recevons, à titre d’échange avec notre Bulletin ou à titre onéreux, de toutes les parties du monde.
- Notre bibliothèque présente une particularité qui est un avantage appréciable pour les chercheurs éventuels — la plupart sont des techniciens — celle de leur fournir des indications de nature à faciliter leurs recherches. A notre connaissance, aucune bibliothèqqe publique ne procède ainsi. C’est d’ailleurs une tâche très lourde et très délicate dont nos agents s’acquittent de leur mieux.
- p.311 - vue 311/899
-
-
-
- 312 ASSEMBLEE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 192t. — AVRIL 192t.
- Le Secrétariat, aidé de la Bibliothèque et de nos comités techniques, fournit d'ailleurs des renseignements bibliographiques ou autres du même genre toutes les fois qu’on parvient à les trouver, à tous ceux qui s’adressent à la Société d’Lneouragement.
- La Bibliothèque a été fréquentée en 1923 par 2.885 lecteurs, ce qui représente une moyenne de 11 lecteurs par jour ouvrable. Il serait à désirer qu’il fut possible de développer ce service.
- Une commission s’occupe activement de parfaire l’œuvre de M. Bâclé qui a fait modilier nos statuts en vue de leur permettre de s’adapter plus facilement aux circonstances que nous traversons actuellement et aux difficultés que l’avenir peut nous réserver. Cette commission a déjà revu notre règlement intérieur en vue de le mettre d’accord avec les nouveaux statuts, d’éviter quelques très rares abus et de le compléter, notamment en ce qui concerne la Bibliothèque dont il n’était que peu question dans ce règlement jusqu’à présent. Le développement pris par ce service ne permet plus en effet de le passer sous silence. On prévoit que cette tache sera prochainement menée à bien et qu’il sera possible de vous soumettre ce règlement d’ici peu.
- En vue d’augmenter l’intérêt de nos séances, toutes les fois que les conférenciers voudront bien s’y prêter et que le sujet traité le permettra, il serait à souhaiter qu’une discussion put s’engager sur le sujet de la conférence. A la dernière séance publique, bon nombre de nos collègues ont pu apprécier l’intérêt de semblables discussions qui permettent de faire sortir de l’ombre des aspects du sujet que l’orateur n’a pas cru de nature à attirer vivement l’attention de son auditoire et sur lesquels celui-ci peut au contraire souhaiter être renseigné. Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté mais le retour a une pratique qui, si elle a parfois des inconvénients, présente le plus souvent de grands avantages.
- Je terminerai en remerciant de nouveau cordialement mes collègues de la confiance qu’ils ont bien voulu me témoigner en me chargeant de la présidence de leur Société. Je ferai tous mes efforts pour m’en rendre digne.
- Avant de proclamer les noms des lauréats de nos prix, je crois devoir vous présenter les excuses de quelques-uns d’entre eux qui ne
- p.312 - vue 312/899
-
-
-
- discours de m. a. mesnager, president en exercice.
- 313
- viendront pas ce soir recevoir leur médaille. La plupart des absents sont pris en effet par leur travail et n’ont pu l’abandonner, môme pour quelques heures, ou obtenir de leurs chefs l’autorisation de venir jusqu’à Paris. Tous les absents se sont excusés en nous remerciant. Quelques-uns des lauréats sont indisposés ou sont trop âgés pour entreprendre un voyage quelquefois assez long. C’est le cas notamment pour plusieurs des vieux ouvriers ou contremaîtres que nous sommes si heureux de récompenser. Nous sommes d’ailleurs un peu responsables de ces absences puisque notre Société va chercher ceux qu’elle récompense dans toute la France.
- *
- * *
- M. A. Mesnager, président, proclame les noms des lauréats des grands prix et prix spéciaux décernés en 1923.
- MM. Paul Toulon et Henri Hitier, secrétaires généraux, proclament ensuite les noms des lauréats à qui sont attribuées des médailles d’or, de vermeil, d’argent ou de bronze, pour les progrès industriels qu’ils ont réalisés ou pour des travaux de technique ou de science industrielle.
- M. Paul Toulon prononce une allocution relative aux lauréats des médailles de bronze décernées aux bons serviteurs de l’agriculture, de l’industrie et du commerce (1).
- (1) Voir ci-après les noms des lauréats et les rapports présentés au sujet de leurs travaux.
- p.313 - vue 313/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUHAG. POUR u’iNDUSTRIE NATIONALE. — AVRIL 1924.
- LISTE DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES PAR LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- ANNÉE 1923
- Grande médaille d’or annuelle de la Société.
- La Société d’Encouragement décerne chaque année, sur la proposition d’un des six comités techniques de son Conseil, une grande médaille d’or portant l’effigie de l’un des plus grands hommes qui ont illustré les arts ou les sciences, aux auteurs, français ou étrangers, des travaux gui ont exercé la plus grande influence sur les progrès de Cindustrie française, pendant le cours des six années précédentes.
- Cette grande médaille, à l’effigie de Thénard, est décernée pour 1923 par le Comité d’Agriculture à M. Emile Prudhomme pour l'ensemble de ses travaux d’agronomie coloniale.
- Rapport présenté par M. L. Lindet, au nom du Comité d’Agriculture, sur les
- titres de M. Émile Prudhomme à la grande médaille d’or à l’effigie de
- Thénard.
- L’agriculture coloniale doit être, au même titre que l’agriculture indigène, l’objet des préoccupations du Comité d’Agriculture puisque ce sont les deux nourricières sur lesquelles la France doit compter pour son alimentation. Aussi, le Comité d’Agriculture qui décerne, tous les six ans, la grande médaille d’or annuelle de la Société, à l’effigie de Thénard, a-t-elle pensé que la gloire des bénéficiaires de celle-ci, Boussingault, Gaston Bazille, Lecouteux, Joly, Thomas, Vilmorin-Andrieux, Méline, ne serait pas atteinte, si la médaille qui les a honorés, était, cette année, attribuée à l’un des représentants les plus autorisés de l’agriculture coloniale.
- Son choix s’est porté sur M. Émile Prudhomme, directeur de l’Institut national d’Agronomie coloniale, dont l’influence a été des plus profitables à notre pays.
- p.314 - vue 314/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 315
- M. Prudhomme, Ingénieur-agricole et Ingénieur-agronome, adébutédans l’inspection générale, puis dans la direction de l’agriculture à Madagascar; il fut envoyé, au lendemain de la conquête, par notre doyen, M. Tisserand, qui devina en lui un sujet d’avenir. Il marqua, d’une façon incontestable, son passage sur ces terres nouvelles en y créant des stations expérimentales, des cultures de graines sélectionnées, des pépinières de plantes utiles, quinquinas, gutta-perchas, arbres fruitiers, etc.; en organisant des chambres d’agriculture, des établissements de grainage de vers à soie, etc. Il amassa de nombreux documents qu’il compléta dans ses missions, à Ceylan, à Java, à Sumatra, dans la presqu’île de Malacca,, documents qui parurent tant dans les ouvrages et périodiques spécialisés que dans les congrès d’agriculture. Cette compétence qu’il avait acquise, il la mit au service de la France, et assura à la métropole, dans un grand nombre de cas, la collaboration coloniale. Nous le vîmes prendre, dès lors, une très grande influence comme conseil technique du Ministère des Colonies, et comme directeur d’école, professeur et entraîneur d’hommes.
- Il développa la culture du ricin pour les besoins de la défense nationale ; il étendit, à Madagascar, la culture du manioc, dont l’exportation, partie de zéro s’élève à 25.000 t aujourd’hui; il utilisa le laque pour vernir les ailes d’aéroplane, les celluloses papetières des régions coloniales; fit fabriquer du papier de papyrus, de parasolier, de lue bint, etc., introduisit un représentant du Ministère des Colonies dans le Comité consultatif des Epiphyties. L’une de ses préoccupations dominantes a été le remplacement des tabacs étrangers par des tabacs français; le Cameroun produit aujourd’hui 50.000 kg de tabacs de cape, dont les Allemands avaient commencé la culture ; ces tabacs de cape sont produits uniquement à Sumatra; il est à présumer que très prochainement il n’en entrera plus en France; à Madagascar, la production, qui était nulle en 1914, représente 1.000 t par mois et sera, paraît-il, en 1924 de 1.500 t par mois; les tabacs du Tonkin et d’Annam feront le reste, et dans quelques années, la France ne demandera à l’étranger que certains tabacs de luxe. La France aura acquis sa politique du tabac.
- Le rôle de M. Prudhomme n’est pas étranger non plus au développement du coton à longues soies que l’on cultive au Niger pour faire concurrence aux cotons égyptiens; ce sont les élèves de l’Institut d’Agronomie coloniale qui en assurent la récolte.
- Mais le rôle de M. Prudhomme ne s’arrêta pas là; il conçut que l’on ne saurait aborder sans préparation une profession faite, tout entière, de connaissances techniques, d’esprit de sacrifice et d’initiative, et sa préoccupation est de former une jeunesse qui sache aborder, dans les mêmes conditions que lui, la vie coloniale, et faire front aux difficultés.
- p.315 - vue 315/899
-
-
-
- 316 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- A l’Institut d’Agronomie coloniale, sa préoccupation unique est l’entrainement des jeunes gens et leur préparation à recevoir l’instruction qui fera d’eux soit des fonctionnaires des services agricoles coloniaux, soit des ingénieurs d’entreprises privées. J’ai eu, comme président du Conseil d’administration, — et M. Tisserand qui occupait la présidence avant moi ne me démentira pas, — l’occasion fréquente de le voir à l’œuvre; on peut dire qu’il tient dans la main son école.
- Il lui a semblé qu’une institution de cette nature devait être le centre de l’influence pédagogique, et, par ses soins, il a amassé de nombreux échantillons des produits coloniaux usuels, qu’il adresse, moyennant une minime rétribution, sous forme de collections, à toutes nos écoles primaires; c’est pour les enfants qui les regardent un avant-goût des colonies ; jusqu’ici un millier de collections scolaires ont été distribuées; ce nombre, grâce à un crédit nouveau, sera doublé l’année prochaine.
- Enfin pour atteindre une autre catégorie de candidats coloniaux, M. Prud-homme n’hésite pas à faire, tous les samedis, le voyage du Havre et d’y prêcher la bonne parole aux élèves de l’Ecole pratique coloniale, où se recrute le personnel subalterne.
- Le Conseil d’administration de notre Société, confirmant le choix du Comité d’Agriculture, a décerné à M. Prudhomme la grande médaille d’or.
- Le Rapporteur,
- L. Lindet.
- Grand prix du Marquis d’Argenteuil.
- Le marquis d’Argenteuil a légué à la Société d’Encouragement une somme de 40.000 f pour la fondation d’un prix qui doit être décerné, tous les six ans, à l’auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de Vindustrie française, principalement pour les objets dans lesquels la France 11 aurait point encore atteint la supériorité sur Vindustrie étrangère, soit quant à la qualité, soit quant au prix des objets fabriqués.
- Ce prix est actuellement de 12.000 f. Il est décerné au titre de l’année 1922, à M. et Mme Curie pour leurs travaux sur la radioactivité.
- Rapport présenté par M. A. Haller, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les titres de M. et Mme Curie au Grand Prix du Marquis d’Argenteuil.
- Si l’on s’en tenait strictement aux conditions énoncées, le prix ne pourrait s’adresser qu’à une découverte utile au perfectionnement d'une f abri-
- p.316 - vue 316/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 317
- cation déjà existante et non à une création de toute pièce d’une industrie française. Nous nous plaisons à penser que telle n’a pas été l’intention du fondateur du prix et que, s’il était encore de ce monde, il accorderait généreusement son suffrage à la découverte, sans contredit la plus sensationnelle qui ait été faite par la science française depuis trente ans.
- Quand, à la suite des belles études de Becquerel, M. et Mme Curie et M. Bémont entreprirent, à l’Ecole de Physique et de Chimie, l’extraction du radium et firent leur première communication (novembre 1898) à l’Académie des Sciences, ils ne se doutèrent certainement pas de la répercussion qu’allait avoir sur nos conceptions de la matière, et aussi sur l’industrie, la mise au jour des éléments radioactifs et de leurs propriétés. Elle a été tellement fascinante, cette publication, que ce n’est que peu à peu, et avec le concours des esprits les plus sagaces et des expérimentateurs les plus habiles du monde entier, qu’on a pu se rendre compte de la haute portée de la nouvelle découverte. Elle a été l’étincelle qui a mis en mouvement les imaginations les plus fertiles et provoqué les hypothèses les plus ingénieuses, voire même les plus hardies. Son étude a notamment mis en cause l’intangibilité même des éléments, sur laquelle reposent, depuis plus d’un siècle, les assises de nos sciences physico-chimiques. Quoiqu’elle n’ait rien de commun avec les découvertes de Pasteur, la radioactivité a rapidement suscité une curiosité et un intérêt analogues à ceux qu’ont fait naître les recherches géniales de l’illustre chimiste et biologiste.
- Je ne saurais toutefois m’étendre sur la partie théorique et philosophique de l’œuvre des Curie, car, en raison même des termes qui précisent le but de la fondation, je dois me borner à esquisser les conséquences qu’a eues, au point de vue pratique, la découverte du radium.
- Ces conséquences comportent :
- 1° La création d’usines destinées au traitement des minerais radioactifs, en vue de l’extraction du précieux métal;
- 2° Les applications auxquelles les composés du radium ont donné lieu.
- Extraction. — Dans cet ordre d’idées tout, méthodes et appareils, a dû être créé, car, si les substances radioactives ne sont pas rares, l’élément principal, actif, n’existe dans les minéraux qu’en infimes quantités. Bestreints, au début, à la pechblende, dont le traitement a fini par être monopolisé par l’Autriche, les chercheurs ont dû se livrer à des prospections et à des investigations en vue de trouver d’autres minéraux (autunite, car-notite, pyromorphite, etc.) jouissant des mêmes propriétés. Des usines d’extraction ne tardèrent pas à se constituer. Bien qu’en France, nous avions :
- Tome 136. — Avril 1924.
- 23
- p.317 - vue 317/899
-
-
-
- 318 ASSAMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- 1° Usine Armet de Lisle, à Nogent-sur-Marne (Seine), qui fut la première en date (1901) à entreprendre les traitements;
- 2° La Société des traitements chimiques, dont les usines sont situées quai du Châtelier, île Saint-Denis (Seine) ;
- 3° La Société des applications scientifiques du Radium, 346, rue Saint-Honoré, Paris;
- 4° La Société nouvelle du Radium, de Gif (Seine-et-Oise).
- Indépendamment de ces établissements qui s’occupent uniquement du radium, il existe encore une société qui extrait le mésothorium radioactif des résidus de la fabrication du thorium destiné aux manchons Auer, et dont la raison sociale est Société Franco-Brésilienne, quai de Clichy, à Clichy (Seine).
- Nous ne signalons ici que les usines françaises, mais on sait qu’actuelle-ment le traitement des minerais radioactifs est aussi pratiqué en Autriche, en Allemagne, aux Etats-Unis et surtout en Belgique sur une grande échelle. Par suite de la découverte dans le Katanga (Congo belge) de matières assez riches en radium, notre alliée a pu développer l’extraction du métal dans de notables proportions, et ses usines font une sérieuse concurrence à tous les autres établissements. La teneur en radium des minerais du Congo pouvant atteindre 0,230 g à la tonne, alors que la matière dont disposent les autres usines ne contient qu’environ 0,050 g à la tonne, il est facile de se rendre compte des difficultés que rencontrent ces dernières pour soutenir la concurrence.
- Suivant les renseignements que nous avons pu obtenir, on évalue la quantité de radium existant dans le monde sous la forme de sels, à environ 100 g, selon les uns, et à 204 g, d’après le Journal de Commerce tchécoslovaque, ce qui, à raison de 1.000 f le milligramme, constitue une somme de 100 ou respectivement 204 millions de francs.
- Applications du radium. — Objet de curiosité scientifique au début de son apparition, le radium n’a pas tardé à recevoir des applications. On sait en effet que le bromure est préconisé en médecine comme le remède le plus efficace contre les affections cancéreuses et qu’il est aussi employé en mélange avec le sulfure de zinc pour la confection des cadrans phosphorescents destinés aux montres des aviateurs. Il a même été l’objet d’essais en agriculture.
- Le rapide exposé que nous venons de faire justifie amplement les titres sérieux qu’ont les auteurs du radium à l’obtention du prix du marquis d’Argenteuil. Depuis un quart de siècle, nulle découverte ne fut plus originale ni plus féconde en résultats d’ordre scientifique et d’ordre pratique que
- p.318 - vue 318/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 319
- celle du précieux métal. Ne pas voir figurer le nom de Curie sur la liste des lauréats du plus important de nos prix constituerait, selon nous, une véritable lacune, car nous considérons qu’il en serait une des plus belles parures.
- Le Conseil d’Administration de notre Société, approuvant la proposition du Comité des Arts chimiques, a décerné le Grand Prix du Marquis d’Argen-teuil à M. et Mme Curie.
- Le Rapporteur,
- A. Haller.
- Prix Meynot.
- Le Prix Meynot était à décerner, pour l’année 1923, à une petite culture du département du Rhône; ce prix est à attribuer « au cultivateur, viticulteur ou maraîcher qui, cultivant son bien ou le bien d’autrui en qualité de colon à mi-fruit ou à prix d’argent, avec les bras de sa famille, soit seul, soit avec un ouvrier au plus, donne le meilleur exemple par sa conduite, son assiduité au travail, par l’ordre dans son ménage et qui, par l’application des meilleures méthodes de culture et de l’outillage le plus perfectionné, a réalisé les meilleurs résultats dans sa petite exploitation ».
- Parmi les nombreux concurrents qui se sont présentés pour ce prix, celui qui nous a paru devoir retenir plus spécialement notre attention et mériter le prix Meynot, est M. Yenet Etienne-Jules, fermier cultivateur, âgé de cinquante et un ans, demeurant à Haute-Rivoire (Rhône), lieu de Uzan, exploitant seul, avec sa femme et ses treize enfants vivants, une ferme de 13 ha, située à Haute-Rivoire, lieu de Uzan, depuis 1907.
- M. Etienne-Jules Venet, d’après tous les témoignages recueillis, est le modèle des travailleurs et excellent chef de famille ; il est en même temps un des meilleurs agriculteurs de son canton; pour les défrichements qu’il a réalisés, de nombreuses récompenses lui ont déjà été décernées; les bonnes méthodes de culture qu’il emploie, l’outillage des plus perfectionnés dont il se sert lui assurent des récoltes de rendements élevés; les résultats qu’il obtient de son cheptel, 6 vaches, 2 bœufs, un cheval, ne sont pas moins remarquables.
- En tous points M. Yenet Etienne-Jules mérite que le prix Meynot lui soit attribué.
- Le Rapporteur,
- Henri Hitier.
- p.319 - vue 319/899
-
-
-
- 320 A SS KM BLÉ K GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- Prix Parmentier.
- Rapport présenté par INF. L. Llndet au nom du Comité d’Agriculture sur les
- titres de M. Pierre Dorniu au prix Parmentier.
- Le prix Parmentier, fondé, sur l’initiative d’Aimé Girard, par la classe 50 à l’Exposition de 1889, est destiné à récompenser les recherches scientifiques ou techniques susceptibles d’améliorer le matériel et les procédés des industries agricoles et alimentaires.
- Votre Comité a décidé, à l’unanimité, de le décerner, cette année, à M. D ornic, directeur de la Station laitière de Surgères, dont le nom est universellement connu de tous ceux qui s’occupent, tant au point de vue technique, qu’au point de vue social, de la question laitière.
- M. Pie rre Dornic, Ingénieur-agronome, dès son entrée dans la carrière scientifique et, en même temps, dans l’industrie laitière, fut frappé de l’importance que possède la mesure de l’acidité du lait, pour qui veut se rendre compte de l’âge du lait, pour qui veut le cailler en vue d’en faire un fromage, et de même, de l’acidité de la crème, pour qui est appelé à la baratter; cette dernière application de l’étude du ferment lactique a, partout, déterminé l’emploi de vases, refroidis ou réchauffés, où se poursuit, à température fixe, la maturation de la crème, après ensemencement de ferments sélectionnés. M. Dornic a dès lors pensé qu’il serait bon de mettre à la portée de chacun, inspecteur, cultivateur, garçon de ferme, une méthode et un appareil qui permît de contrôler rapidement cette acidité et de l’exprimer en unités bien définies et simplement énoncées; ceux qui en font usage lui ont rendu justice en les désignant sous le vocable d’unités Dornic; l’appareil, portatif, simplifié, est l’acidimètre Dornic.
- Notre lauréat, sous un autre titre, encore plus économique que technique, a attaché son nom à la création de l’Association des Laiteries coopératives des Charentes et du Poitou. Au lendemain de la crise du phylloxéra, des hommes dévoués à leurs compatriotes, ayant à leur tête le sénateur Rouvier, considérèrent que les Charentais pouvaient transformer leur système de culture et créer des herbages qui seraient de nature à les consoler des pertes que leurs vignes subissaient chaque jour. Il fallait, pour organiser semblable campagne, un homme qui, comme l’a dit Maurice Barrés, fût « un », et cet homme fut M. Dornic; par l’unité de ses aspirations, de ses compétences et de son esprit d’organisation, il devait assurer le développement de cette association laitière, qui est citée en exemple par tous les sociologues. Il la vécut; après l’avoir fondée à Surgères, il l’étendit à toute la Charente-Inférieure et à toute la Charente, au Gers, à la Vendée, aux Deux-Sèvres ; il y organisa la
- p.320 - vue 320/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 321
- fabrication du beurre, son expédition en wagons frigorifiés; il adjoignit l’élevage des porcs, l’achat en commun des paniers, des toiles à beurre, de la présure, la fabrication de la caséine, etc. 11 créa des sociétés d’assurance contre la mortalité du bétail. L’association compte aujourd’hui 75.000 coopérateurs, possédant 188.000 vaches, et fournissant 13.000.000 kg de beurre, soit une valeur de 195.000.000 f.
- Nous répondrons à la reconnaissance des nombreux ouvriers, cultivateurs, propriétaires et de leurs familles, qui ont vu la prospérité renaître dans les départements où l’association a étendu son action, en apportant à M. Dornic le témoignage de l’admiration que nous avons pour son œuvre.
- Le Rapporteur,
- L. Lindet.
- Médailles Dumas.
- « Ces médailles ont été instituées en 1897 — sur l’initiative de M. Aimé Girard — en faveur des ouvriers qui, sans quitter les ateliers, se sont peu à peu élevés jusqu’au rang de directeur d'usine ou de chef d’un service important dans un grand établissement industriel ou agricole.
- « Pour concourir à cette récompense, les seules conditions à remplir sont d’appartenir à la nationalité française et d’être présenté à la Société par les personnes auxquelles appartiennent les établissements dont les candidats font partie. »
- Notre Conseil a décidé d’attribuer cette année 3 médailles Dumas à des candidats d’un très grand mérite, et présentant les conditions requises :
- 1° L’une à M. François Picot qui, aujourd’hui, est à la tête de l’important atelier des ressorts aux Aciéries d’Imphy (Nièvre), appartenant à la Société anonyme de Commentry-Fourchambault et Decazeville.
- Entré le 25 novembre 1889 aux Aciéries d’Imphy comme simple dessinateur-ajusteur, M. François Picot devint successivement contremaître de l’atelier de pellerie, contremaître à l’ajustage, contremaître à l’atelier des ressorts, puis, enfin, chef de l’atelier des ressorts depuis février 1906.
- La Société anonyme de Commentry-Fourchambault et Decazeville a présenté à la Société d’Encouragement pour la Médaille Dumas, M. François Picot, voyant en lui un des meilleurs exemples à citer à son personnel comme celui d’un simple ouvrier n’ayant fréquenté que l’école primaire, qui a acquis, par son travail personnel, des connaissances techniques assez éten-
- p.321 - vue 321/899
-
-
-
- 322 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- dues pour lui permettre de conduire avec succès un des plus importants services de cette Société, l’atelier des ressorts, qui travaille pour la carrosserie, l’automobile, les chemins de fer, l’armement, etc.
- La Société d’Encouragement est heureuse de pouvoir répondre à la demande de la Société anonyme de Commentry-Fourchambault et Decaze-vilie en attribuant une Médaille Dumas à M. François Picot.
- 2°Non moins grands sont les mérites de M. Jules Lorot. Entré à l’Imprimerie Paul Brodard le 13 juillet 1893, en qualité de simple ouvrier typographe, il a successivement rempli, dans cette même imprimerie, les emplois de correcteur, de tierceur, de chef d’atelier ; il y occupe aujourd’hui les fonctions de prote principal.
- Présenté par le Conseil d’administration de la Société anonyme « Imprimerie Paul Brodard », M. Jules Lorot rentre bien dans les conditions exigées pour la Médaille Dumas, puisque, sans quitter les ateliers, il s’est peu à peu élevé jusqu’au rang de chef d’un service important dans un grand établissement industriel.
- 3° Enfin la Société d’Encouragement attribue une autre Médaille Dumas à M. Quincieux (Henri-Paul) qui, de simple ouvrier dans l’usine des Papeteries Matussière et Forest, est devenu, aujourd’hui, le directeur de cette usine.
- M. Quincieux est entré le 14 octobre 1885 dans l’usine que M. Matussière père possédait à Domène (Isère).
- Peu après, M. Matussière en créa une autre à Modane. A sa mort, son fils et son gendre réunirent et dirigèrent les deux sous l’appellation commune de « Papeteries Matussière et Forest ». Enfin, depuis la mort de ceux-ci, leurs héritiers ont constitué la Société anonyme des Papeteries Matussière et Forest pour l’exploitation des mêmes usines.
- C’est dans ce groupe industriel que M. Quincieux compte à l’heure actuelle plus de quarante ans de services, interrompus uniquement par ses appels sous les drapeaux.
- En 1885, M. Matussière venait d’adjoindre, à la fabrication de la pâte de bois mécanique, celle de la pâte chimique par l’action du bisulfite de chaux et, dans l’équipe constituée pour l’entretien des lessiveurs et des conduites d’eau à haute pression, M. Quincieux trouva un emploi de chaudronnier. C’était son début; il avait dix-sept ans.
- Il partit en 1889 pour accomplir son service militaire. Dès sa libération, le 26 septembre 1892, il reprit le marteau. Dix-huit mois plus tard, il était désigné comme contremaître, chargé spécialement de la fabrication de la pâte chimique.
- p.322 - vue 322/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 323
- Au mois de juillet 1899, cette fabrication fut transportée à Modane. Les énormes lessiveurs, dont les dimensions dépassent le gabarit des chemins de fer, furent conduits par des camions à chevaux, qui durent descendre leur charge au passage des ponts supérieurs. M. Quincieux, après avoir vaincu ces obstacles, réinstalla la fabrication à Modane et la dirigea sans interruption, fournissant, à la papeterie voisine, plus de 200 t de pâte chimique par mois.
- Il fut mobilisé le 1er août 1914 dans les garde-voies de communications, mais mis en sursis, comme père de trois enfants, le 30 août, date à partir de laquelle il remplaça le directeur de la papeterie mobilisé lui-même, jusqu’à la fin des hostilités.
- M. Quincieux prit donc, à cette époque et pendant toute la tourmente, avec le titre de sous-directeur, la direction totale de l’usine de Modane, parant aux difficultés sans nombre qui, dans cette ville frontière, entravaient la fabrication, soit comme approvisionnement de matières premières, soit comme recrutement du personnel, et assurant une production journalière de 10.000 kg de papier environ.
- La situation fut aggravée par la mort des deux patrons, survenue à la veille ou au cours delà guerre, celle deM. Louis Matussière le 8 juillet 1914 et celle de M. Gabriel Forest le 6 novembre 1917, et alors que leurs fils étaient ou trop jeunes ou au front.
- Au retour du directeur de l’usine, M. Quincieux reprit docilement le second rang, et cela jusqu’au 23 octobre 1921, où le Conseil d’Administration de la Société, constituée l’année précédente, décida de lui confier la direction de l’usine de Domène.
- Il est ainsi revenu au poste suprême dans l’usine où, trente-six ans auparavant, il débutait comme apprenti et où, commandant 200 ouvriers, il assure actuellement une fabrication mensuelle de plus de 350 t de papiers divers.
- Le Rapporteur,
- Henri Hitier.
- Prix Fourcade en faveur d’ouvriers de fabriques de produits chimiques.
- Les exposants de la classe 47, à l’Exposition universelle de 1878, sur l’initiative et avec la coopération de M. Fourcade, ont fondé, auprès de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, un prix de 1.000 f qui est remis chaque année, en séance solennelle de la Société, au simple ouvrier
- p.323 - vue 323/899
-
-
-
- 324 ASSEMBLEE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- des exposants de la classe 47 avant le plus grand nombre d’années consécutives de service dans la même maison.
- Le prix Fourcade est attribué, en 1923, à M. Duriez IIirpolyte, exerçant la profession de chef plombier à l’usine de Loos (Etablissements Kuhlmann). Entré à l’usine de Loos, comme apprenti menuisier, le b juillet 1864, et n’ayant été absent de l’usine, depuis cette date, que pendant les années de son service militaire, de 1873 à 1879, il y a donc plus de cinquante-neuf ans que iM. Duriez Hippolyte est dans la même maison.
- Parmi les candidats qui nous ont été proposés cette année pour le prix Fourcade, c’est lui qui compte le plus grand nombre d’années consécutives de service.
- Le Rapporteur,
- Henri Hitier.
- Médailles d'or.
- Rapport présenté par M, Sauvage, au nom du Comité des Arts mécaniques
- sur les travaux de M. Luc Denis.
- H. Luc Denis, ingénieur, a fait à notre Société trois communications, qui ont donné lieu à des rapports dans le Bulletin :
- Indicateur de vitesse (1906, p. 717); Mécanisme de commande des appareils à choc (1907, p. 234);
- Articulations pour tuyauteries de vapeur (1923, p. 326).
- Une médaille d’or a été décernée par notre Société à M. I juc Denis pour son indicateur de vitesse (Bulletin, 1907, p. 100).
- Les articulations pour tuyaux, objet de sa récente communication, ont été appliquées avec succès dans une dizaine d’usines; il est probable que ces applications se multiplieront car les anciennes dispositions de tuyauterie, encore trop souvent en usage, sont tout à fait insuffisantes pour les grands débits de vapeur surchauffée. La solution imaginée par M. Luc Denis, pour permettre la libre dilatation des tuyaux, est ingénieuse et efficace. En conséquence, sur la proposition du Comité des Arts mécaniques, notre Conseil a accordé à M. I me Denis, un rappel de médaille d’or.
- Ue Rapporteur,
- E. Sauvage.
- p.324 - vue 324/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 325
- * if
- Une médaille d’or est décernée à M. Gueugnon (François) pour son appareil enregistreur.
- (Voir dans le Bulletin d’avril 1923, p. 288, le rapport présenté à ce sujet par M. Androuin, au nom du Comité des Arts mécaniques.)
- Rapport présenté par le Lieutenant-Colonel Paul Renard, au nom du Comité
- des Arts Economiques, sur les travaux de M. l’Ingénieur en Chef de la
- Marine Paul Dumanois, sur les moteurs à combustion interne.
- Comme l’année dernière, notre Société a voulu récompenser par une médaille l’auteur de travaux ayant apporté une contribution importante au progrès de l’aéronautique, et elle a confié le soin de désigner le lauréat à la Société française de Navigation aérienne, dont j’ai rappelé il y a un an les relations intimes avec la Société d’Encourrgement. Cette année, le choix du Conseil de la Société de la Navigation aérienne s’est fixé sur M. Dumanois, Ingénieur en Chef de la Marine, Chef du Service des Essais du Service technique de l’Aéronautique.
- M . Dumanois n’est pas un inconnu pour la Société d’Encouragement, et il a fait ici même, il y a quelques années, une conférence fort appréciée. Je vais en quelques mots résumer sa carrière.
- Entré à l’Ecole Polytechnique en 1904, il entra deux ans après à l’Ecole d’Application du Génie maritime dont, en 1908, il sortit avec le numéro 1. Il fut alors affecté au port de Cherbourg, attaché au service des sous-marins, et spécialement chargé des essais des sous-marins à vapeur, type Pluviôse. Il eut ensuite à installer et à mettre en service la station de sous-marins de Calais, puis fut chargé de la construction du sous-marin Mariotte à moteur Diesel. Entre temps, il eut la direction des travaux de renflouage du sous-marin Pluviôse, dont on se rappelle la fin tragique. Il continua jusqu’en 1913 à être attaché au service des sous-marins, ce qui lui procura l’occasion, outre les études techniques dans lesquelles il excellait, de s’occuper avec succès des questions pratiques de construction et d’organisation du travail industriel.
- En 1913, il fut appelé au Ministère de la Marine comme Chef du Secrétariat de la Direction centrale des Constructions navales; il occupait ces fonctions au moment de la déclaration de guerre. Il fut alors chargé de missions et d’études diverses pendant les années 1914-1915 : grenades contre les
- p.325 - vue 325/899
-
-
-
- 326 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- sous-marins, — essais de moteurs Diesel, — demi-plongée des sous-marins, — bateaux-pièges contre sous-marins, — installation de l’artillerie à bord des sous-marins et formation du personnel.
- En 11)16, il fut spécialement affecté aux moteurs Diesel, et dut prendre un congé de convalescence, à la suite d’une intoxication par le chlore, consécutive à une explosion d’accumulateurs d’un sous-marin.
- Lorsqu’il reprit son service, il fut attaché à la Section technique de l’Aéronautique maritime. A cette époque, remploi de l’aéronautique à la guerre devenait de plus en plus important sur terre et sur mer. Dans la Marine, comme ailleurs, nous nous étions laissés surprendre par les événements et la flotte aérienne, affectée à l’armée de mer, se composait au début des hostilités de 8 hydravions. Au moment où 31. Dumanois fut affecté à ce service, la Marine disposait de 159 hydravions et de 4 dirigeables ; le 11 novembre 1918, à la signature de l’armistice, le nombre des hydravions affectés à l’armée de mer était de 1264 et celui des dirigeables de 140; il y avait en outre plus de 200 ballons captifs. Ces chiffres dispensent de tout commentaire, et permettent d’apprécier l’effort énorme accompli pendant les deux dernières années de la guerre pour réparer les lacunes de notre préparation en temps de paix.
- M. Dumanois fut, sous des titres divers, un des principaux artisans de cette œuvre patriotique. Dès 1917, il devenait Chef de Cabinet du Sous-Secrétaire d’Etat de l’Aéronautique maritime, puis Chef de la section « moteurs » du service technique et industriel de l’Aéronautique maritime. Il conserva ces fonctions jusqu’en 1919. Au mois de juillet de cette année, il fut adjoint au Directeur du Service technique de l’Aéronautique, et, l’année suivante, en 1920, Chef du Service des essais à cet établissement. Dans ces importantes fonctions, il rendit à l’aéronautique des services éminents, mais cela ne suffisait pas à son activité. Sa compétence en tout ce qui touche aux pétroles était universellement connue; aussi, à la fin de 1922, il fut, tout en conservant ses fonctions à l’Aéronautique, chargé de mission au Ministère du Commerce (Direction des Essences), et le 1er janvier 1923, il devenait Directeur du Service technique de cette Direction et Secrétaire Général du Comité scientifique consultatif des Pétroles.
- Au cours de cette carrière, M. Dumanois reçut de nombreux témoignages de satisfaction officielle; nous ne pouvons les énumérer tous ; rappelons seulement qu’il fut nommé Ingénieur principal le 1er mai 1916 et Ingénieur en Chef de 2e classe le 25 septembre 1922. Il avait reçu la croix de la Légion d’Ilonneur en 1915 et la rosette d’officier en mai 1922. Ses travaux attirèrent non seulement l’attention de ses chefs hiérarchiques, mais ceux de l’Académie des Sciences, dont il fut plusieurs fois lauréat.
- p.326 - vue 326/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 327
- Nous avons vu qu’en dehors de la Marine, on avait fait appel à son concours au Ministère du Commerce et au Comité scientifique des Pétroles. En 1914, il devint répétiteur temporaire de mécanique à l’Ecole Polytechnique où il est actuellement répétiteur titulaire et examinateur. Il est, en outre, professeur du cours de moteurs Diesel à l’Ecole supérieure d’Aéronautique et de Constructions mécaniques, et du cours d’aéronautique à l’Ecole d’application du Génie maritime.
- M. l’Ingénieur en Chef Dumanois collabora, en outre, à diverses revues techniques où il publia des articles très remarqués. Il lit de nombreuses conférences et des études sur divers sujets, moteurs Diesel, régénération de l’air à bord des sous-marins, appareils lance-torpilles, moteurs d’aviation, indice de fatigue des moteurs à combustion interne, carburants, etc.
- M. Dumanois était prédestiné aux renflouages; il avait opéré avant la guerre celui du sous-marin Pluviôse; en 1917, il eut à diriger celui d’un Zeppelin allemand, échoué dans le département des Hautes-Alpes.
- Je m’arrête dans cette longue énumération, et néanmoins, je dois, faute de temps, passer sous silence un grand nombre de points intéressants. Vous penserez comme moi qu’il est difficile de trouver une carrière d’ingénieur aussi féconde que celle dont je viens d’indiquer les traits principaux. M. Dumanois est dans toute la force de l’âge, et réserve sans doute à la science et au pays le bénéfice de remarquables travaux; mais, ceux qu’il a exécutés jusqu’ici vous sembleront certainement justifier le choix de la Société française de Navigation aérienne, que vous serez heureux de ratifier.
- L’étude des moteurs constituera toujours une branche principale de l’Aéronautique, et dans ces questions, M. l’Ingénieur Dumanois est un maître. Il met sans compter sa science et son expérience techniques au service de la navigation aérienne, soit dans ses fonctions officielles, soit par la participation aux discussions de la Société de Navigation aérienne ainsi que par ses nombreuses études et son enseignement dans les grandes écoles. Sur la proposition du Comité des Arts économiques, ratifiant le choix de la Société française de Navigation aérienne, le Conseil a attribué pour 1923 une médaille d’or à M . l’Ingénieur en Chef Dumanois.
- J’ajouterai en terminant, que M. Laurent Eynac, Sous-Secrétaire d’Etat de l’Aéronautique, a tenu à marquer l’importance qu’il attachait à cette médaille en y adjoignant une prime de 5.000 f. La Société d’Encouragement tiendra à remercier M. le Sous-Secrétaire d’État de ce précieux témoignage, après tant d’autres, de l’intérêt qu’il attache aux progrès de la navigation aérienne.
- Le Rapporteur,
- Lieutenant-colonel Paul Renard.
- p.327 - vue 327/899
-
-
-
- 328
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 192k
- AVRIL 1924.
- Ilapport présenté par M. Paul Toulon, au nom du Comité des Arts économiques, sur les inventions de Al. Augustin Séguin : Indicateur de vitesse de rotation et Machine automatique à multiplier.
- Al. A ugustin Séguin a présenté, dans la séance du 3 février 1923, deux inventions dont la description a été publiée dans le numéro d’octobre 1923 du Bulletin de la Société. La première est un indicateur de vitesse de rotation; la seconde une machine automatique à multiplier.
- L’appareil indicateur de vitesse de rotation, imaginé et construit par AL A ugustin Séguin, mesure la vitesse par l’espace parcouru pendant un temps déterminé variable d’ailleurs avec cette vitesse. La vitesse indiquée par l'appareil, si le temps est suffisamment court, peut être considérée, pratiquement, comme la vitesse instantanée. Une aiguille montée à frottement sur son axe peut être entraînée par deux crochets mobiles tournant en sens inverse; Lun de ces crochets est directement relié à l'axe dont la vitesse doit être mesurée; l’autre est entraîné par un ressort spiral qui est périodiquement déclenché. L’aiguille est saisie par l’un ou par l’autre des deux crochets; au moment où ils se rencontrent, par le jeu d'une rampe et d’une goupille, l’aiguille cesse d’être entraînée et indique la vitesse sur un cadran gradué. En même temps le crochet mil par l’axe en mouvement, ramène en arrière le crochet entraîné par le ressort spiral qui est ainsi réarmé jusqu’à une butée fixe.
- Pour éviter que les divisions du cadran soient décroissantes avec la vitesse et pour les rendre sensiblement égales, l’inventeur a introduit dans l’appareil une disposition particulièrement ingénieuse. Le bras portant le second crochet n'est pas fixé invariablement au ressort mais est entraîné dans un sens seulement par une goupille latérale, il en résulte que le ressort, au moment de l’arrêt du bras sur la butée, continue son mouvement d’autant plus loin qu’il a été lancé à une vitesse plus grande, avant de revenir en arrière pour entraîner le bras et effectuer une nouvelle détermination. Ainsi les divisions du cadran, au lieu de diminuer de. longueur à mesure que la vitesse augmente, peuvent être* rendues égales, parce que cet effet de lancement et par suite la durée de l’oscillation du pendule à ressort augmentent avec la vitesse.
- L’appareil est très bien construit et donne les résultats attendus. Il se présente sous une forme très réduite de la dimension d’une montre.
- dette invention est tout à fait intéressante, et l’artifice imaginé pour rendre égales les divisions du cadran est très remarquable.
- p.328 - vue 328/899
-
-
-
- RAPPORTS RK L ATI FS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 329
- La seconde invention présentée par ÏM. Augustin Séguin a pour but d’elîectuer automatiquement les multiplications.
- Les machines à multiplication directe sont représentées par les types Bollée et Barfour. Dans la machine Bollée, les organes multiplicateurs sont des tiges de longueurs proportionnelles aux produits des nombres 0 à 9. Dans la machine Barfour, ce sont des crémaillères dont le nombre de dents est égal à ces produits successifs.
- La machine de M. Augustin Séguin utilise des crémaillères disposées sur le pourtour d’un cylindre parallèlement à son axe.
- Les machines précédemment réalisées effectuent la multiplication d’un nombre successivement par les unités, les dizaines, etc. du multiplicateur, ce qui oblige à inscrire entre chaque produit un nouveau chiffre et de faire une suite d’opérations partielles.
- M. Augustin Séguin a eu l’idée très ingénieuse d’effectuer la multiplication par une autre méthode; il utilise la multiplication algébrique, en considérant un nombre comme un polynôme ordonné suivant les puissances croissantes de 10. Il observe que si, au-dessous du multiplicande, le multiplicateur est écrit en inversant les chiffres, les produits correspondant aux puissances successives de 10 du résultat définitif seront obtenus de la manière suivante : le multiplicateur inversé sera écrit successivement au-dessous du multiplicande dans toutes les positions possibles. Dans chacune de ces positions, si l’on fait la somme des produits de chiffres placés l’un au-dessous de l’autre, on obtiendra le produit total correspondant à une puissance de 10 du résultat final. Il suffit donc de totaliser tous ces produits à leur rang pour effectuer toute l’opération.
- L’appareil d’essai construit par M. Augustin Séguin comprend un axe principal sur lequel sont montés des cylindres juxtaposés portant les crémaillères parallèles à l’axe; ces cylindres sont amenés dans la position représentant les chiffres du multiplicande renversé. Chaque cylindre est lié suivant l’axe à un tube concentrique aboutissant à un doigt placé à l’extrémité de l’appareil. Devant ces doigts, des butées peuvent être convenablement placées pour représenter le multiplicateur. L’ensemble des butées se déplace. Le totalisateur contenant les disques munis de chiffres est monté sur un axe vertical; les disques portent des roues à dents extérieures. Lorsque les doigts sont arrêtés par les butées, la somme des dents des crémaillères placées sur la ligne horizontale devant l’appareil correspond au produit à enregistrer. 11 suffit donc de déplacer horizontalement le totaliseur en le faisant glisser sur ses supports pour obtenir l’inscription de ce produit. Quand le mouvement est achevé, les butées se déplacent d’un rang, ainsi que le totalisateur et, par un second mouvement horizontal, le produit suivant sera inscrit. Les
- p.329 - vue 329/899
-
-
-
- 330 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- détails du mécanisme sont décrits dans le numéro d’octobre 1923 du Bulletin de la Société.
- Ces indications sommaires qui résument les principes nouveaux appliqués par M. Augustin Séguin, montrent que cette invention réalise un progrès marqué sur les systèmes connus. Le multiplicande et le multiplicateur une fois inscrits sur l’appareil, tout le reste de l’opération est purement automatique et consiste dans une série de mouvements alternatifs. Les reports sont effectués sans difficulté sur le totaliseur parce qu’ils ne sont jamais simultanés.
- La machine à multiplier automatique de M. Augustin Séguin est une invention très remarquable. Le modèle qu’il a construit est une machine d’essai qui ne serait pas d’un maniement rapide. Mais l’idée est très ingénieuse : il n’est pas douteux qu’il soit possible de réaliser sur ces principes un appareil pratique.
- Les deux inventions que M. Augustin Séguin a présentées à notre Société, prouvent les mérites exceptionnels de cet inventeur. Le Comité des Arts économiques a proposé de lui attribuer une médaille d'or et le Conseil de notre Société a approuvé cette proposition.
- Le Rapporteur,
- Paul Toulon.
- Rapport présenté par 31. Henri Hitier, au nom du Comité d’Agriculture, sur l’ouvrage de M. Jacques Levêque de Vilmorin, L'Hérédité chez la betterave cultivée.
- En 1911, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, sur la proposition de son Comité d’Agriculture, attribuait sa grande médaille d’or à l’effigie de Thénard à la maison Vilmorin, et le rapporteur indiquait que la Société voulait ainsi honorer les Vilmorin, qui depuis bientôt un siècle et demi se sont succédé à la tête de la maison n’ayant cessé de donner la plus grande impulsion aux progrès des plantes agricoles et horticoles, n’ayant cessé d’apporter un intérêt constant aux questions d’ordre théorique sans toutefois perdre de vue l’application immédiate des découvertes scientifiques à la solution des problèmes pratiques.
- M. Jacques de Vilmorin continue la belle lignée de ses ancêtres; l’ouvrage qu’il vient de publier, B Hérédité chez la betterave cultivée en fait foi. L’étude de la betterave dans les champs d’expériences et les laboratoires de la maison Vilmorin, lui avait été confiée il y a une quinzaine d’années. Depuis
- p.330 - vue 330/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 331
- 1908, il poursuit des expériences personnelles sur les betteraves à sucre, ce qui l’a amené à examiner de très près et à vérifier les travaux des botanistes, des sélectionneurs et des praticiens qui se sont occupés spécialement de la betterave. Il était, dès lors, admirablement préparé et documenté pour écrire l’ouvrage qu’il nous donne aujourd’hui.
- Dans un premier chapitre, M. Jacques de Vilmorin étudie l’origine de la betterave cultivée; il a compulsé à cet effet les ouvrages spéciaux et les principaux herbiers de France et d’Angleterre; il a récolté personnellement un grand nombre de betteraves sauvages et il les a cultivées.
- Entre certaines variétés de betteraves cultivées et les betteraves sauvages on trouve des formes de transition; l’observation de ces formes a donné lieu à de nombreuses publications qu’analyse M. Jacques de Vilmorin. Au contraire pour les bettes (poirées) et un certain nombre de betteraves cultivées, les formes de transition ne sont pas connues et différents problèmes restent à résoudre. L’étude des formes hybrides et de ces divers problèmes fait l’objet d’un second chapitre.
- Dans un troisième chapitre l’auteur décrit les betteraves et bettes les plus répandues en France et à l’étranger et il les groupe, autant que possible, par affinités héréditaires.
- Dans un quatrième chapitre, qui présente le plus grand intérêt pour les sélectionneurs et les agriculteurs producteurs de betteraves, il montre comment l’on a envisagé dans la période moderne et contemporaine la question de l’hérédité chez la betterave et celle de sa sélection.
- Dans la dernière partie, M. Jacques de Vilmorin enfin nous donne les résultats de ses travaux personnels et les conclusions auxquelles il est arrivé.
- En 1850, Louis de Vilmorin, aux travaux duquel l’école génétique moderne a rendu toute leur importance, publie une note, qui fait époque, sur un projet d’expérience intitulée : Richesse saccharine de la betterave; on y lit ces lignes :
- « Tout ce que j’ai pu observer jusqu’à présent sur la question de transmission, par hérédité, des caractères dans les végétaux me fait penser qu’il est nécessaire d’individualiser le plus possible les observations.
- « Ainsi j’ai pris l’habitude quand j’avais à façonner une race, tant soit peu rebelle, de récolter et de semer à part la graine de chacurt des individus que je marquais comme choix, au lieu de faire comme ordinairement un choix composé d’autant d’individus qu’il m’en fallait pour récolter la quantité de graines dont j’avais besoin, et j’ai toujours remarqué que, parmi ces individus, il y en avait quelques-uns qui donnaient un meilleur rendement que les autres et que je finissais par adopter comme type d’amélioration. »
- En 1850, Louis de Vilmorin fixe les principes de la sélection individuelle
- p.331 - vue 331/899
-
-
-
- 332 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- ou sélection généalogique, base des méthodes de génétique modernes. Par cette méthode, dès 180!, il obtenait des betteraves de 10 à 17 p. 100 de sucre; les Allemands s’emparèrent aussitôt du procédé, l’appliquèrent en grand, achetant en même temps des graines d’élite, notamment de celles de la race Vilmorin et les reproduisant dans de grands domaines; en France, ce n’est qu’à partir de 1884, avec l’heureuse modification législative apportée sur la perception de l’impôt sur le sucre, que nous devions nous mettre à cultivei' la betterave riche.
- Une fois le principe de la sélection individuelle admis et entré en pratique, il était normal d’essayer de protéger chez la betterave, plante habituellement soumise à la fécondation croisée, chaque individu contre l’hybridation. C’était la suite logique des expériences de Louis de Vilmorin.
- Pour M. Jacques de Vilmorin, précisément, la période contemporaine de sélection de la betterave s’ouvre par les travaux d’isolement de la betterave contre tout pollen étranger.
- En Allemagne, on a isolé la betterave sous des abris en gaze, mais ce système n’a rien donné d’intéressant : le pollen et les insectes traversant ce crible sans aucune difficulté ; l’isolement a été essayé dans d’autres pays et entre autres en Italie. Munerati y a étudié en détail et méthodiquement chez la betterave à sucre tous les problèmes de l’hérédité, ainsi que l’expose M. de Vilmorin qui, avec la plus grande impartialité, prend soin de rappeler les travaux de tous les sélectionneurs et savants français et étrangers s’étant occupés de la betterave. Munerati a utilisé pour ses recherches des isoloirs en toile, mais c’est à Verrières que, pratiquement, a été réalisé en 1908 l’isolement rigoureux de betteraves à graine, et cet isolement y est maintenant couramment utilisé pour l’obtention de « têtes de famille » ou « premier choix ».
- Un certain nombre de sélectionneurs professent la plus grande aversion contre la sélection individuelle par l’isolement. Frappés par le fait de la diminution de vigueur des descendances des plants isolés, ils n’admettent pas le procédé; c’est qu’ils ne se sont pas suffisamment rendu compte de la vigueur spéciale des hybrides qu’on pouvait ensuite obtenir. Les observations de M. Jacques de Vilmorin sur ce point méritent toute l’attention et sont à citer :
- « Si l’autofécondation permet l’étude de la transmission héréditaire de la forme et de la richesse en sucre, elle produit, d’autre part, une diminution de vigueur dans la descendance. Pour y remédier, lorsque nous avons fixé dans des « lignées » ou descendances de betteraves isolées les caractères de richesse en sucre ou autres que nous recherchons et que nous avons éliminé tous les caractères défectueux, nous faisons grainer ensemble deux lignées
- p.332 - vue 332/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923. 333
- bien fixées et présentant des caractères communs et nous bénéficions ainsi de la vigueur plus grande de l’hybride par rapporta ses parents.... L’effet stimulant de l’hybridation est très marqué. »
- En nous reportant aux documents que nous possédons sur les variétés de betteraves qui existaient il y a un siècle, nous pouvons constater qu’il y a un très réel progrès pour les betteraves à sucre au point de vue de la richesse saccharine. Notre collègue, M. Schribaux, dans la conférence qu’il a faite ici même en 1913, nous a montré dans un graphique saisissant les progrès considérables obtenus de 1838 à 1892; dans les dernières années, si le progrès à été moins sensible, du moins l’écart de richesse entre les betteraves moyennes et cultivées pour la sucrerie et les « superélites », les « premiers choix », les betteraves têtes de familles, s’est beaucoup atténué. Cela tient à ce que, d’une part, les lignées riches ont été isolées et suivies; de l’autre, à ce que les types de richesse inférieure ont été éliminés. Des améliorations notables sont-elles encore possibles?
- M. Jacques de Vilmorin le croit. « En France, depuis 1920, la richesse de la betterave a augmenté comparativement aux chiffres d’avant guerre, mais les rendements en poids à l’hectare n’ont pas encore rattrapé la moyenne d’avant 1914 à cause des mauvaises conditions de culture des régions libérées qui n’ont pu encore être agronomiquement rétablies au taux de production antérieur, ni comme façon culturale, ni au point de vue engrais.
- « Le sucre par hectare (moyenne des trois dernières années) est égal ou légèrement supérieur à celui des années 1904 à 1907.
- « Il peut s’élever en même temps que le rendement.
- « Dans la sélection, il ne faut négliger aucun progrès, même petit.
- « Nous avons signalé l’intérêt que présentaient des études sur les différentes betteraves sauvages. Leurs croisements peuvent amener des réalisations pratiques insoupçonnées. L’emploi de l’autofécondation et de l’hybridation judicieuses, est un grand levier entre les mains de nos contemporains; nous croyons qu’on peut en attendre beaucoup. De nouvelles méthodes d’amélioration des plantes peuvent être inaugurées et appliquées avec fruit; c’est aussi dans les éventualités possibles. Dans le cas de l’amélioration de la plante qui nous occupe, comme dans celui des plantes en général, il faut approfondir l’étude des caractères héréditaires pour en tirer le maximum de résultats tangibles. »
- C’est précisément ce qu’a voulu faire M. Jacques de A^ilmorin et c’est ce qu’il a réalisé dans ses recherches dont son livre, U Hérédité chez la betterave cultivée, nous apporte les très intéressants résultats. Cet ouvrage constitue un des meilleurs guides pour tous ceux qui s’occupent de la sélection de la betterave à sucre.
- Tome 136. — Avril 1924.
- 24
- p.333 - vue 333/899
-
-
-
- 334 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- Cet ouvrage, complété par une excellente bibliographie, est illustré magnifiquement de 106 figures, 2 planches coloriées, 7 planches noires, 6 graphiques, qui rendent facile et attrayante la lecture du texte; l’ouvrage fait honneur à l’éditeur Gauthier-Villars.
- Aussi le Conseil de notre Société, sur la proposition de son Comité d’Agriculture, a-t-il décidé d’attribuer à l’auteur une médaille d’or.
- Le Rapporteur,
- Henri Hitier.
- Rapport présenté par M. Henri Hitier, au nom du Comité d’Agriculture, sur
- Vœuvre de VUnion des Associations agricoles du Plateau central.
- On a souvent reproché aux agriculteurs français de ne pas savoir prendre les initiatives nécessaires au moment opportun et d’être trop portés à se tourner ver l’Etat providence; et ceux qui leur adressent de tels reproches ne manquent pas en même temps d’opposer à « l’esprit de routine » du paysan français les œuvres réalisées par les cultivateurs dans les pays étrangers comme la Hollande, le Danemark, l’Allemagne, en matière d’associations, de syndicats, de coopératives, de crédit, etc.
- Loin de nous la pensée de ne pas reconnaître les rares mérites des œuvres professionnelles agricoles créées et développées par le Bœrenbond de Louvain, par exemple, par les associations coopératives du Danemark, etc., loin de nous la pensée qu’en France d’immenses progrès ne soient encore à réaliser dans le domaine professionnel en agriculture ; mais cependant le développement des syndicats dans toutes les régions de la France depuis 1884, le développement du crédit agricole sous toutes ses formes, des coopératives laitières, des assurances mutuelles contre l’incendie et la mortalité du bétail, etc., sont bien une preuve manifeste que le paysan français n’est réfractaire à aucune de ces institutions; celles-ci ont pris, dans diverses régions de la France, une extension comparable à celle tant vantée des pays étrangers et l’Union des Associations agricoles du Plateau central, par exemple, nous en fournit une preuve.
- La région du Plateau central qui s’étend des monts d’Auvergne à ceux de Rouergue et de Gévaudan et comprend les départements de l’Aveyron, de la Lozère, du Cantal et du Puy-de-Dôme, est une des régions de France les plus éprouvées par le fléau de l’exode rural.
- Les causes de cette émigration sont nombreuses : la mode, l’opinion, l’instruction et l’éducation y concourent très largement; le désir de gain,
- p.334 - vue 334/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 335
- l’attrait de la grande ville l’expliquent également. Enfin, avant la guerre, beaucoup de paysans du Plateau Central émigraient parce qu’ils ne pouvaient faire autrement, n’ayant ni capitaux, ni terres cultivées, les risques agricoles leur paraissant lourds, la vie à la campagne manquant souvent d’hygiène [et de confort.
- C’est pour réagir contre cette situation qu’est né le mouvement des Associations agricoles du Plateau Central; dans une petite commnne de l’Aveyron, Gabriac, le 30 août 1905, M. Maurice Anglade fondait un premier syndicat agricole communal. Retenir l’agriculteur à la terre, tel était le but visé, et c’est pour cela que le Syndicat de Gabriac, organisme de défense des intérêts professionnels, créa successivement : un service d’achats d’engrais et de denrées nécessaires à l’agriculture, un service de vente des produits agricoles, un service de mise en commun des divers instruments de travail, une caisse de secours pour les malades, une mutuelle bétail, une mutuelle incendie, une caisse de crédit agricole. Cette innovation, comme l’écrit un des premiers collaborateurs de M. Maurice Anglade, M. Rabier, était des plus osées dans un pays comme l’Aveyron où les habitudes innées d’individualisme à outrance paraissaient être un obstacle plus sérieux que partout ailleurs aux progrès de l’association.
- Cependant le mouvement s’est rapidement étendu de Gabriac aux communes voisines, puis à l’ensemble du département, tandis que dans celui de la Lozère une action parallèle s’exerçait.
- La fédération des premières associations de l’Aveyron, de la Lozère, du Cantal et du Puy-de-Dôme a formé une Union des Syndicats, une Caisse régionale incendie, une Caisse régionale crédit, une Caisse régionale bétail, auxquelles sont venues s’ajouter ensuite une Caisse de crédit immobilier, une Caisse de retraites et enfin des sociétés filiales chargées d’assurer des débouchés réguliers aux produits agricoles de la région : entre autres, la Société agricole de Roquefort et la Société d’exportation des Produits agricoles du Plateau Central. Au-dessus de ces sociétés, l’Union des Associations agricoles du Plateau Central a été constituée pour centraliser ce mouvement, maintenir son esprit et servir de trait d’union entre les diverses associations communales ou régionales qui sont, à l’heure actuelle, au nombre de plus de 550.
- L’Union du Plateau Central est un « mouvement » créé en dehors de toute pensée politique et de profits particuliers, qui ne recherche rien de plus que l’intérêt général et le bien commun.
- C’est aussi une « vie », car ce mouvement n’existe pas seulement dans le domaine des idées : il réside surtout dans les faits; il se traduit en actions et en réalisations.
- p.335 - vue 335/899
-
-
-
- 336 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- C’est enfin une « amitié » entre gens qu’animent les mêmes pensées, qu’inspirent les mêmes sentiments, profondément convaincus que la vie a d’autant plus de prix qu’elle est orientée vers le bien public, que la patrie a besoin en tout temps de désintéressements et de dévouements, et que le retour à la terre, la restauration de la profession agricole apparaissent plus que jamais comme une nécessité, comme un des moyens les plus sûrs d'assurer la vie économique et la prospérité générale du pays.
- Légalement, l’Union des Associations agricoles du Plateau Central est une association constituée dans le cadre de la loi du 31 mars 1884, qui a pour objet l’organisation professionnelle agricole.
- Cette « Union » repose sur les trois principes suivants qu’elle considère comme essentiels :
- 1° Décentralisation communale avec le Syndicat à la base de l’organisation professionnelle agricole;
- 2° Forte centralisation régionale;
- 3° Intervention de l’Etat réduite au strict minimum, laissant la plus large part aux libres initiatives.
- Tout d’abord la commune apparaît à l’Union comme le cadre normal dans lequel doit évoluer l’organisation professionnelle agricole; dans. la commune, en effet, on se connaît, on y voit les besoins des agriculteurs et les moyens à mettre en œuvre pour y satisfaire : œuvres d’enseignement professionnel, d’assurance, d’assistance et de prévoyance susceptibles de prémunir l’agriculteur contre les risques qui le menacent, et de rendre sa situation meilleure.
- Mais le syndicat communal, seul, isolé, serait vite impuissant à rendre tous les services qu’on en attend s’il ne s’appuyait sur une organisation supérieure, ayant son siège à la région qui apparaît comme une circonscription naturelle au même titre que la commune, basée sur des raisons historiques ou économiques, et qui doit centraliser le mouvement professionnel agricole d’un grand rayon.
- La région inspectera, contrôlera les organismes communaux, balancera leurs risques et mettra à leur disposition les services généraux qu’ils ne pouvaient assurer eux-mêmes.
- «
- L’Union des Associations agricoles du Plateau Central comprend :
- Des services généraux qu’elle met à la disposition de ses institutions régionales ou communales ;
- Des groupements régionaux, chargés de centraliser les opérations des Caisses locales et d’en assurer le fonctionnement;
- Des sociétés filiales ayant pour but de mettre en valeur les ressources de la ré «ion.
- O
- p.336 - vue 336/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 337
- Les services généraux de l’Union sont : le secrétariat social; le service de contentieux; le service de l’hygiène et des constructions rurales; le service commercial; le service des transports; le service industriel.
- Les services commerciaux sont assurés par une coopérative régionale à succursales multiples. Au siège social se trouvent : la direction, le service d’inspection et un magasin central chargé d’approvisionner les entrepôts placés sur les voies ferrées de préférence et dans les principaux centres de la région. De ces entrepôts partent des camions chargés de ravitailler les syndicats du rayon (1).
- Les groupements régionaux fonctionnant sous l’inspiration et le contrôle de l’Union des Associations agricoles sont : l’Union des Syndicats, la Caisse régionale incendie, la Caisse régionale crédit, la Caisse de crédit immobilier, la Caisse des retraites.
- L’Union des Syndicats s’efforce de développer dans la plus large mesure possible la vie des syndicats communaux. Aussi, beaucoup sont propriétaires d’instruments de travail, trieurs, bascules, alambics, pressoirs; plusieurs ont un camion automobile. Il en est un qui se préoccupe en ce moment d’utiliser les chutes d’eau de la commune pour donner l’électricité à celle-ci et y assurer le fonctionnement d’une scierie, d’une féculerie et d’une minoterie.
- Sans insister sur les services rendus par la Caisse régionale incendie créée en 1900, qui réassure les risques répartis dans 4-39 mutuelles communales et dont les capitaux réassurés s’élèvent à plus de 280 millions de francs; par la Caisse régionale de Crédit qui a procuré aux agriculteurs comme fournitures près de 30 millions en 1923, et 9 millions d’avances aux propriétaires la même année; par les coopératives laitières dont celles de l’Aubrac ont fait 2.500.000 f d’affaires en 1923; par la coopérative de consommation qui a fait pour plus de 16 millions d’affaires en 1923, etc., parmi les sociétés filiales il en est une qu’il nous faut particulièrement signaler : « la Société d’exportation des produits agricoles du Plateau Central » ; celle-ci se propose d’exporter les fruits, la volaille, les œufs, et surtout de diminuer le prix de la viande de boucherie, en exportant le bétail abattu, au lieu d’exporter du bétail vivant, et en utilisant dans les conditions meilleures les issues et les sous-produits. Elle réalise dans son abattoir industriel et usine frigorifique de Cantaranne une des initiatives les plus intéressantes.
- L’usine, située à deux kilomètres de Rodez, entre la rivière de l’Aveyron et la ligne de chemin de fer, est d’un modèle qui tient le milieu entre l’abattoir américain tout en hauteur et l’abattoir allemand tout en surface. Elle a été présentée comme le type de l’abattoir industriel français.
- (1) 27 camions avaient fait 200.000 km dans les neuf premiers mois de l'année 1920 et assuré le transport de 1 million de tonnes de marchandises.
- p.337 - vue 337/899
-
-
-
- 338 ASSEMBLAI*: GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- En forme de fer à cheval, elle comprend un bâtiment central pour l’abatage, une aile pour les chambres froides, une autre aile pour les sous-produits.
- Elle est desservie par un embranchement particulier qui la relie à la grande ligne. Elle peut abattre de 50 à 100 bêtes par jour et emmagasiner dans ses chambres froides jusqu’à 300 bœufs.
- Les achats sont faits, soit en foire, soit à l’usine, et le plus possible suivant le rendement en viande nette, qui assure à l’éleveur un paiement équitable et avec prime au rendement.
- Telle est au moins la conception que l’on s’efforce d’appliquer à Canta-ranne et que l’on espère faire pénétrer peu à peu et généraliser.
- La viande abattue est conservée fraîche dans les chambres froides, expédiée de là dans des wagons isothermes, dans les centres de consommation : Millau, Béziers, Montpellier, Albi, Mazamet, Carmaux, où la Société d’exportation des produits agricoles du Plateau Central possède des boucheries.
- La Société ne s’en tient pas, d’ailleurs, à l’exportation de la viande : elle traite les sous-produits, tels que le sang, les os, l’huile, les graisses industrielles et alimentaires.
- Au moment où des projets de reconstruction et d’agrandissement des Abattoirs et du Marché de la Villette risquent d’entraîner la Ville de Paris dans des dépenses qui doivent se chiffrer par centaines de millions, au point de vue des intérêts de l’agriculture et de l’élevage, au point de vue des intérêts des consommateurs, au point de vue de l’intérêt des contribuables — on ne saurait trop rappeler de quel côté il faut attendre le véritable progrès quand il s’agit de la réforme du marché de la viande et faire connaître, malgré tous les obstacles qui ont pu se rencontrer, ce qui a été réalisé à Cantaranne.
- Telle est, brièvement résumée, Y œuvre économique de l’Union des Associations agricoles du Plateau Central. Cette Union, somme toute, groupe actuellement 1.100 syndicats agricoles, mutuelles incendie, mutuelles bétail, caisses de crédit, caisses de retraites, coopératives de production et de consommation, sociétés d’intérêt collectif agricole; toutes réalisations qui, si diverses soient-elles, sont basées sur le principe de la coopération et de la mutualité, visant les mêmes buts et les mêmes conceptions, tendant à la conservation et au développement de la famille paysanne.
- Et à côté de cette œuvre économique, tout aussi importante apparaît, à qui a pu s’en rendre compte, Vœuvre morale de l’Union des Associations agricoles du Plateau Central : recherche de la production intensive, des améliorations des cultures et des méthodes nouvelles, de la supériorité de
- p.338 - vue 338/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 339
- la vie professionnelle par l’association, questions de main-d’œuvre et d’accession à la propriété, de l’amélioration de l’habitation rurale et de logement ouvrier, développement des métiers ruraux, etc. Son journal, l’Écho du Plateau Central, instrument des plus précieux comme moyen de défense et d’action d’organisation professionnelle agricole, tire à 30.000 exemplaires.
- Plus de 600 conférences ont été données ces dernières années, conférences ordinaires ou avec des projections, par les soins des services de l’Union.
- Celle-ci, d’autre part, a toujours considéré qu’elle devait réserver la plus large place aux questions d’enseignement agricole dans une organisation comme la sienne. En dehors de son Ecole de Montagnac, puis de la Roque, l’Union développe aussi l’enseignement agricole par correspondance, etc.
- Œuvre morale, économique, sociale, étrangère à toute pensée politique et à tous profits personnels, l’Union des Associations agricoles du Plateau Central poursuit avec un succès croissant le but que se sont proposé ses fondateurs : améliorer la condition morale et matérielle des agriculteurs du Plateau Central et organiser la profession agricole.
- Sur la proposition de son Comité d’Agriculture, le Conseil de notre Société a décidé d’accorder une médaille d’or à l’Union des Syndicats agricoles du Plateau Central pour l’ensemble des œuvres agricoles que cette Union a créées et groupées à Rodez, sous la très habile direction de son très dévoué président M. Maurice Anglade.
- Le Rapporteur,
- Henri Hitier.
- * *
- Rapport présenté par M. Georges Wery, au nom du Comité d’Agriculture,
- sur les travaux de M. Prosper Lavallée au sujet de la sélection des blés.
- L’attention de notre Comité d’Agriculture devait nécessairement s’arrêter un jour sur M. Prosper Lavallée, l’un des apôtres les plus ardents de l’enseignement agricole et de la recherche scientifique appliquée aux progrès de l’agriculture.
- M. P. Lavallée est né le 19 septembre 1867 àMailly (Meurthe-et-Moselle). Il a fait de brillantes études à l’Institut agronomique dont il est sorti en 1889 avec le diplôme d’ingénieur-agronome. Sa bonne étoile voulut que la même année, il entrât comme préparateur à la célèbre Station expérimentale de Capelle, dans le Nord, dont M. Florimond Desprez a porté si loin la réputation. Ce fut sous la savante direction de ce maître que M. P. Lavallée
- p.339 - vue 339/899
-
-
-
- 340 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- prit le goût et acquit la technique de l’amélioration des plantes cultivées. Toute sa vie, il devait conserver l’empreinte de cette discipline. La plupart de ses travaux s’orientèrent, en effet, de ce côté. Il resta douze ans à la station de Capelle, participant aux différentes recherches et pénétrant les détails de la vie rurale.
- En 1911, il advint qu’un groupe de propriétaires de l’Ouest décida d’organiser un institut où leurs fils recevraient un enseignement agricole à leur convenance. Us proposèrent à 31. Lavallée, qui accepta, d’occuper la chaire d’agriculture. Nul choix ne pouvait être plus heureux. Le jeune professeur apportait déjà un bagage intéressant d’érudition savante et de pratique culturale. Il devait l’enrichir chaque année davantage.
- Mais ce n’était pas tout. M. Lavallée avait la passion de l’enseignement et de la recherche. Sa nomination comme directeur lui permit bientôt d’exercer ses qualités avec une entière maîtrise. Depuis plus de vingt-cinq ans les agriculteurs les apprécient et sa notoriété est grande. Il ne se borne pas à enseigner la science et l’art agricoles à ses élèves. Il leur inculque l’amour de la terre. Et sa mission ne s’arrête pas à l’école. Elle franchit ses portes. Chacun de ceux qu’il a formés reçoit de lui, quand il en a besoin, ces conseils précieux que seule peut donner une longue expérience des choses de l’agriculture. Aussi son influence s’étend-elle sur nombre de cultivateurs, très loin au delà d’Angers, dans tout l’Ouest de notre pays. Et le nombre de ses élèves a-t-il crû rapidement. Il était d’une vingtaine en 1904, il atteignit 60 en 1913 et, en 1919, 140.
- La Société des Agriculteurs de France a tenu à honorer le mérite du directeur de l’Ecole supérieure d’Agriculture placée sous son patronage. En 1920, à titre exceptionnel, elle lui a décerné un très bel objet d’art avec la mention « Pour services éminents rendus par son enseignement à l’agriculture française ».
- Ce rôle d’éducateur n’est que l’une des faces de la personnalité intéressante de M. P. Lavallée. L’autre est représentée par celui de l’observateur et du chercheur. C’est à la ferme d’application de l’Ecole supérieure (l’Agriculture, à la ferme d’Avrillé, fondée eu 1902, avec le concours de la Société ndustrielle et agricole du département de Maine-et-Loire, que M. Lavallée poursuit depuis vingt-deux ans des expériences agricoles d’un vif intérêt. Elles lui ont valu de devenir le conseiller et le guide des agriculteurs. Aussi, lorsque la loi du 6 janvier 1919 créa les offices agricoles, l’Office de l’Ouest le chargea-t-il d’organiser un centre d’études pour l’amélioration de la culture du blé.
- M. Lavallée publie chaque année les résultats de ses essais dans les Bulletins mensuels de la Société industrielle et agricole d’Angers etdu département
- p.340 - vue 340/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923. 341
- de Maine-etTLoire. C’est là que l’on peut trouver la longue suite de ses observations en même temps que des aperçus pleins d’intérêt sur l’année agricole.
- Ses travaux poursuivis dans les champs d’expériences de la ferme d’Avrillé ont porté, en résumé, sur les objets suivants :
- Les betteraves fourragères ;
- La culture du lin;
- La culture de la pomme de terre : comparaison entre les diverses variétés de grande culture, renouvellement de la semence, influence de l’origine de la semence et de la nature du plant, influence de la grosseur des fragments sur la récolte lorsque les tubercules sont segmentés.
- Les blés à grand rendement : comparaison des variétés, influence des engrais azotés, phosphatés et radioactifs, influence des semis en ligne et des binages.
- Production de semences d’élite de blé pour les fermes expérimentales des offices départementaux.
- Influence de l’origine de la semence sur le rendement du blé en grain et en paille.
- Amélioration par culture pedigree des variétés de blé à grand rendement.
- Influence des engrais minéraux sur la culture de la betterave fourragère, de la pomme de terre, du chou-fourrage et sur les prairies temporaires.
- M. Lavallée poursuit avec une activité infatigable l’amélioration des blés à grand rendement convenant le mieux à la région de l’Ouest. La technique en est très simple. Cependant elle exige de la part de celui qui s’y consacre une connaissance parfaite de la physiologie de la plante, une volonté tenace secondée par un esprit d’observation toujours eu éveil. C’est une œuvre de longue haleine et de patience, trop rarement entreprise chez nous. C’est grâce à des travaux de ce genre, pratiqués dans les differentes régions culturales, que nous finirons par posséder les variétés de froment les plus recommandables pour chacun de nos pays. Et c’est grâce à elles que nous produirons un jour la quantité de blé dont nous avons besoin. Nous éviterons alors les importations, pour le plus grand bien de notre change. M. P. Lavallée est l’un des pionniers qui contribuent pour une large part, chacun dans sa sphère d’action, au développement de nos richesses nationales et à notre affranchissement de l’étranger.
- Sur la proposition de son Comité d’Agriculture, notre Conseil a décidé de reconnaître les éminents services de M. Prosper Lavallée en lui décernant l’une de ses médailles d’or. Il récompense ainsi une carrière de plus de trente-cinq ans, tout entière consacrée à l’enseignement et au progrès de l’agriculture.
- Le Rapporteur,
- Georges Wery.
- p.341 - vue 341/899
-
-
-
- 342 ASSEMRLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- Rapport présenté par M. A. Taillefer, au nom du Comité des (instructions
- des Beaux-Arts, sur les travaux de M. Edouard Beux relatifs à la télégraphie des dessins, textes et photographies.
- M. Edouard Belin a, on peut le dire, consacré sa vie d’ingénieur à la recherche de la solution d’un problème très spécial et particulièrement passionnant : « la télévision », c’est-à-dire la vision à distance d'un objet sur lequel serait braqué un objectif, et dont l’image, immobile ou animée, se reproduirait sur un écran devant un spectateur placé à distance.
- Après de longs travaux préparatoires, une solution fut trouvée par la création d’un appareil dit : « le télégraphoscope » (brevet de décembre 1903). Ainsi que l’indique son nom, cet appareil agissait à la façon d’un télégraphe, c’est-à-dire donnait une reproduction par points, de diamètres variables, analogues à ceux de la similigravure, d’une image optique réelle formée dans une chambre photographique.
- Cette image optique était explorée par un râteau de cellules de sélénium, et un distributeur assurait le passage du courant d’intensités variables dans le fil allant au poste de réception.
- Au cours de ses travaux, M. Edouard Belin fut amené à traiter non plus une image optique, mais le cliché qui reçoit et fixe cette image. 11 imagina, par la suite, un appareil capable de transmettre un document matériellement existant. Le brevet d’origine de ce système, actuellement en exploitation industrielle, remonte à janvier 1907.
- Le cliché, établi avec un relief convenable, est roulé sur un cylindre et exploré par une pointe mousse; celle-ci, repoussée par les reliefs, provoque le déplacement d’un contact microscopique sur un distributeur auquel sont reliées des bobines de résistance.
- Le courant lancé sur la ligne a une intensité proportionnée à ces reliefs, c’est-à-dire aux épaisseurs du charbon ou de l’argent de l’épreuve originale, et, en fin de compte, proportionnée aux valeurs lumineuses de cette épreuve.
- Au récepteur, le courant ainsi variable est envoyé dans un oscillographe et le faisceau lumineux sur lequel agit cet appareil se déplace, balaye une gamme de teintes transparentes, puis est concentré sur un point fixe derrière lequel passe une pellicule sensible qui se meut synchroniquement avec l’épreuve du transmetteur. On obtient ainsi la traduction, par une sorte de lavis à teintes plates, de l’image originale.
- La rapidité de fonctionnement de l’appareil s’accrut avec la précision de
- p.342 - vue 342/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923. 343
- sa construction, et à l’heure actuelle, un cliché de 133 mm sur 47 mm passe en trois minutes environ.
- Le système est industriellement au point, et nous sommes à la veille d’en voir l’exploitation ouverte au public, qui trouvera dans les bureaux de poste des formules de « téléautogrammes Belin », dont le destinataire recevra la reproduction rigoureuse, texte ou dessin, authentiquée par la signature de l’expéditeur.
- Le système, déjà fort intéressant à son origine, a été perfectionné.
- Remplaçant les résistances échelonnées par un microphone, M. Belin put envoyer un courant constamment variable et recevoir des épreuves exactement modelées par demi-teintes, semblables aux photographies ordinaires.
- L’appareil transmetteur a été amené en 1912 à être portatif et en même temps générateur du courant de ligne, permettant ainsi de faire une sorte de « reportage téléphotographique », le reporteur pouvant téléphoner les photographies prises pendant son travail, tout aussi bien que le commentaire qui doit les accompagner.
- De grands journaux français et étrangers ont déjà utilisé ce procédé : le Matin à Paris, le New York World aux Etats-Unis, le Daily Mirror en Angleterre, ont des postes récepteurs aptes à recevoir à tous moments les téléphotographies de leurs correspondants.
- Puis, M. Belin a réussi à adapter son procédé et ses appareils à la transmission sans fil. Dès 1921, des messages et des clichés furent transmis de France aux Etats-Unis et vice versa.
- Au cours de ses travaux, M. Belin a été amené à résoudre des problèmes très divers, qui l’ont conduit à concevoir, par exemple en 1910, une machine susceptible de télégraphier à grande vitesse ; la réception étant photographique, il a pu ainsi construire un appareil à télégraphier de la composition d’imprimerie, c’est-à-dire permettant d’envoyer par télégraphe, à une vitesse considérable, le texte d’un journal, ce texte étant reçu sous la forme même et avec les caractères qu’il affectera dans le journal expéditeur.
- Il dut réaliser entre les appareils en fonctionnement un synchronisme parfait; il y parvint par une application ingénieuse des pendules qui lui permit d’obtenir, par un mécanisme réduit et d’une sûreté impeccable, le secret absolu des transmissions. .
- Les travaux de M. Belin sont suivis par les nations d’Extrême-Orient avec une attention toute particulière, car son système reproduisant le document d’origine, apparaît comme le seul moyen pour les Chinois, les Japonais, etc., de correspondre télégraphiquement dans leur langue.
- Enfin, tout dernièrement, réalisant en quelque sorte le rêve de sa vie, M. Belin a pu résoudre en décembre 1922 le problème de la « télévision ».
- p.343 - vue 343/899
-
-
-
- 344 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- L’action d’un faisceau lumineux d’intensité variable sur une cellule photo-électrique, crée dans une émission d’ondes électriques une modulation, que le poste récepteur perçoit, amplifie et amène à un dispositif optique traducteur. A ce poste, on voit donc, sur l’écran, la lumière suivre la modulation du faisceau du poste transmetteur. On voit comme un observateur qui recevrait ce faisceau dans l’œil.
- Grâce aux ateliers de haute précision qu’il dirige, M. Belin pourra, vraisemblablement dans peu de temps, révéler au grand public ce que seuls quelques initiés ont pu admirer, et l’appareil de principe présenté à l’Exposition de Physique se transformera en un appareil complet.
- Ainsi sera réalisée une invention dont la simple conception eût apparu il y a quelques années encore comme une véritable utopie.
- Le Comité des Constructions et Beaux-Arts a proposé d’attribuer à M. Edouard Belin une médaille d’or pour ses belles recherches, et notamment pour sa découverte récente de la télévision. Notre Conseil a approuvé cette proposition.
- Le Rapporteur,
- André Taillefer.
- Bapport présenté par M. Georges Kisler, au nom du Comité de Commerce,
- sur le Foyer rémois, œuvre de M. Georges Gharbonneaux.
- La Société d’Encouragement ne borne pas son activité à encourager matériellement l’industrie; elle estime à leur haute et essentielle valeur les préoccupations morales et sociales qui s’imposent à l’industriel soucieux de remplir d’une manière complète la grande et noble tâche qui lui est échue. Elle a été ainsi amenée bien des fois à honorer des initiatives sociales d’inspiration particulièrement élevée et qui avaient été aussi heureusement réalisées que conçues.
- C’est l’une de celles-là que le Comité de Commerce a eu l’honneur de présenter à l’appréciation du Conseil de notre Société.
- Société anonyme d’habitations à bon marché pour familles nombreuses, le « Foyer rémois » a été fondé en 1912, à Reims, par M. Georges Charbon-neaux, Président de la Société de Crédit immobilier de Reims, qui a associé à cette magnifique initiative sociale quelques philanthropes.
- Dotée d’un capital de 1.250.000 f à sa fondation, la Société avait réussi à faire construire dans les faubourgs de Reims, avant juillet 1914, deux groupes de logements, comprenant respectivement 20 et 16 maisons d’habitations; 88 autres étaient encore en construction à cette même époque.
- p.344 - vue 344/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 345
- Sérieusement éprouvée par la guerre, la Société a eu à déplorer la destruction totale des deux tiers de ses immeubles et la ruine plus ou moins complète des autres. Elle s’est, depuis, remise résolument à l’œuvre, lors de la cessation des hostilités et, dès juillet 1919, la plupart de ses immeubles endommagés étaient réparés et remis en location.
- Mais le président de cette société allait donner une preuve bien autre d’une énergie peu commune. Au moment où l’on restait encore atterré en présence de l’énormité de la tâche qu’il fallait entreprendre; alors que le désarroi était complet, il déclara que, du milieu de ces ruines encore fumantes, il fallait que, de suite, mille maisons ouvrières s’élèvent.
- En garantie des avances qu’il sollicitait, il déposa à la Caisse des Dépôts et Consignations, un demi-million pris sur sa fortune personnelle, puis il se lança dans l’action.
- Toutes les formalités et les difficultés administratives se dressèrent immédiatement devant lui. Bien des fois, au lieu de l’aide cordiale qu’il avait escomptée, il ne trouva qu’obstruction et quelquefois hostilité.
- Rien ne put l’arrêter; sa volonté du bien triompha.
- „ Un ingénieux système de rachat de dommages de guerre facilita, au point de vue financier, la réalisation de son projet et il entreprit résolument l’aménagement d’une première cité-jardin comptant plus de 600 maisons entourées chacune d’un jardin de 300 à 400 m2. Ce projet, établi en 1920, était réalisé dès les premiers mois de 1922.
- Chacune des maisons de la cité-jardin comporte en moyenne 4 pièces, dont une salle commune, et 3 chambres, buanderie et water-closet. Quelques-unes, en petit nombre, n’ônt que deux chambres, d’autres en comptent quatre.
- L’aménagement intérieur est très soigné; le sol est parqueté aux étages, dallé au rez-de-chaussée, les murs tapissés de papiers choisis avec goût; tous les logements sont munis de l’eau courante, du tout à l’égout et de l’électricité. Celle-ci alimente en force motrice les ateliers installés dans 50 logements et permet à leurs occupants d’exercer chez eux les professions de mécanicien, tourneur sur bois ou sur métaux, tisseur, fabricant de bonneterie, etc.
- Extérieurement, tout contribue au charme et à l’agrément de la vie dans cette cité : les clôtures des jardins sont faites de lisses en ciment, peintes en blanc, qui imitent les barrières en bois des prairies de Normandie; elles seront, dans quelques années, masquées par les haies de troènes plantées au pied. Il en sera de même pour les murs des maisons ornés de vigne vierge, de lierre, de clématites ou de rosiers grimpants. Les avenues les plus larges sont bordées d’arbres (marronniers, acacias, tilleuls) et ornées de plates-bandes de gazon, larges de 3 m qui séparent le trottoir des jardins. Plu-
- p.345 - vue 345/899
-
-
-
- 346 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- sieurs places ombragées, joliment dessinées, et des terrains de jeux pour les enfants ont été aménagés.
- La cité est pourvue de tous les éléments de la vie urbaine; des « centres alimentaires » existent dans les divers quartiers et comprennent : épiceries, merceries, fruiteries, boucheries, pharmacie, quincaillerie, magasins de confections, librairies, etc.
- Une grande boulangerie à vapeur peut produire le pain pour 3.300 habitants.
- La « maison sociale » est merveilleusement installée; on y trouve un service de consultations pour les femmes enceintes et une consultation régulière pour les nourrissons. « une goutte de lait », une crèche, une garderie d’enfants, un ouvroir avec tout un enseignement ménager, et un atelier professionnel pour les jeunes filles. Ces services ont été organisés suivant les données les plus modernes. On projette d’installer deux dortoirs qui seront réservés aux jeunes enfants de moins de sept ans, pendant les quinze jours suivant les couches des mamans.
- Une « maison commune », dont la construction n’a été entreprise que plus tard, comprendra : bibliothèque, cercle, salle de réunion ou de fêtes contenant 600 places, salle de gymnastique, bains-douches (30 cabines de douches et 10 baignoires).
- Une église catholique doit être édifiée, grâce à des souscriptions particulières, à la place d'une chapelle provisoire en planches. Des emplacements ont été réservés à un petit temple protestant et à une synagogue en cas de besoin.
- Déjà, on a étudié un projet d’installation d’école de plein air pour 1.200 enfants; 23 classes y seraient créées tant pour l’école maternelle que pour l’école de filles et de garçons. On évalue la dépense à 4 millions environ.
- L’ensemble des travaux de la cité-jardin a coûté une trentaine de millions déjà intégralement payés. Si l’on veut bien observer que les frais généraux d’administration de la Société ne se sont élevés qu’à moins de 13.000 f par an, on estimera plus exactement encore la dette de reconnaissance qui s’impose envers les fondateurs dont l’admirable dévouement n’a laissé de côté aucune forme possible.
- Pour faire face aux frais d’entretien de la Cité, la Société doit se contenter des loyers perçus. Ceux-ci sont de 60 à 70 f par mois, avec réduction de 3 f par mois et par enfant, à partir du quatrième, au-dessous de seize ans. Malheureusement des familles vraiment nombreuses ne se sont pas trouvées en quantité suffisante pour habiter la totalité des logements qu’on leur offrait: 131 seulement ont 4 enfants et plus, et 163 ont 3 enfants, sur les 296 qui ont été acceptées. On a dû, en présence de cette désolante constatation,,
- p.346 - vue 346/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923. 347
- réserver un petit nombre de logements à de jeunes ménages n’ayant qu’un ou deux enfants.
- La cité groupe aujourd’hui une population d’environ 3.500 personnes dont 2.500 enfants.
- Quatre nouveaux groupes sont actuellement en construction sur différents points de la ville; ils comprendront 180 maisons individuelles destinées à être revendues avec le concours de la Société de crédit immobilier.
- Par suite de difficultés administratives de tout ordre, il a été impossible de commencer la seconde cité qu’on devait mettre en construction il y a un an, et il est à craindre qu’on soit amené à y renoncer, la ville de Reims ayant établi une servitude non œdificandi sur les terrains avoisinant le futur port, situés à côté et partiellement sur ceux qui avaient été acquis par la Société. Au lieu de 400 logements prévus à cet endroit, on n’en pourra sans doute élever que 200, également destinés à des emprunteurs de la Société de crédit immobilier; 200 autres seront édifiés dans un quartier voisin, à l’extrémité de l'avenue de Laon, près du village de Neuvillette.
- Tel sera le programme de la campagne de 1924.
- Une aussi admirable initiative méritait d’être hautement honorée et récompensée car le taudis est le pire des fléaux sociaux : il les engendre tous. M. Georges Charbonneaux s’est placé au premier rang de ceux qui veulent le détruire; il n’a pas seulement parlé : il a travaillé et nous a donné un magnifique exemple. Exprimons-lui notre vive et profonde reconnaissance; il l’a hautement méritée.
- Sur la proposition de son Comité de Commerce, le Conseil a décidé d’accorder une médaille d’or à M. Charbonneaux.
- Le Rapporteur,
- Georges Risler.
- Médailles de vermeil.
- Rapport présenté par M. le Lieutenant-Colonel Renard, au nom du Comité des Arts économiques, au sujet du mémoire de M. C.-E. Rrazier concernant les recherches expérimentales sur les moulinets anémométriques.
- M. C.-E. Rrazier, docteur ès sciences, a été employé au Rureau central météorologique de 1907 à 1921. A cette époque, un Institut de Physique du Globe ayant été créé à l’Université de Paris, M. Brazier y fut affecté, et en fait encore partie actuellement. Il est l’auteur de nombreuses et intéressantes études qui ont attiré sur lui l’attention des spécialistes et l’ont fait considérer comme un de nos météorologistes les plus distingués.
- p.347 - vue 347/899
-
-
-
- 348 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- On vient tout récemment de lui confier la direction de l’Observatoire du Parc Saint-Maur, qui est rattaché à l’Institut de Physique du Globe depuis la création de celui-ci.
- M. Brazier a présenté à la Société d’Encouragement un mémoire intitulé : Recherches expérimentales sur les moulinets anémométriques. On donne ce nom à tous les appareils auxquels le vent imprime un mouvement de rotation qui est fonction de la vitesse du vent. En général, on admet que cette vitesse est proportionnelle au nombre de tours du moulinet, suivant un coefficient déterminé empiriquement et qu’on appelle le facteur du vent; c’est par ce facteur que l'on multiplie le nombre de tours par seconde pour avoir la vitesse du vent en mètres par seconde.
- M. Brazier avait entrepris une étude en vue de déterminer les relations entre la vitesse du vent et le gradient. On sait que l’on a donné le nom de gradient au rapport entre la différence de pression barométrique en deux points de la surface du globe et la distance horizontale de ces deux points; le gradient est donc, [tour la répartition des pressions barométriques à la surface de la terre à un moment donné, ce que la pente est par rapport au relief du sol. Il est tout naturel de penser que plus le gradient est fort, c’est-à-dire plus la pression barométrique varie rapidement d’un point à un autre, plus le vent est fort; on a admis une certaine loi de proportionnalité entre le gradient et la vitesse du vent, et c’est cette loi et ses variations que M. Brazier se proposait d’étudier.
- Il s’est aperçu que si l’on pouvait avoir confiance dans les observations relatives à la pression barométrique en différents points du globe, il n’en était pas de même en ce qui concernait la vitesse du vent, les indications des divers anémomètres étant loin d’ètre concordantes. Il fut donc amené, avant de poursuivre l’étude qu’il s’était proposé d’entreprendre, d’étudier les anémomètres et de se rendre compte de la valeur de leurs indications. Tel est l’objet du mémoire présenté à la Société d’Encouragement.
- Dans une introduction, M. Brazier expose les considérations générales sur l’anémométrie, et, laissant de côté les appareils destinés à donner la direction du vent, il insiste sur les anémomètres proprement dits, c’est-à-dire les instruments servant à mesurer sa vitesse. Il les partage en trois catégories, qu’on pourrait caractériser par les adjectifs statique, cinématique et physique.
- La première catégorie comprend les anémomètres à pression, c’est-à-dire ceux dans lesquels on mesure la pression produite par le vent sur une surface déterminée ; la deuxième catégorie comprend les anémomètres à rotation, dans lesquels le vent imprime un mouvement de rotation à un moulinet, et la troisième catégorie comprend les anémomètres à refroidissement, dans
- p.348 - vue 348/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 349
- lesquels on mesure la quantité de chaleur enlevée par l’air à un corps exposé au vent.
- Dans un premier chapitre, M. Brazier fait l’historique de l’anémométrie et décrit les principaux types d’anémomètres employés jusqu’ici.
- Dans un deuxième chapitre, il fait l’historique des recherches auxquelles ont donné lieu ces instruments, et il est amené à constater que, malgré le mérite de leurs auteurs, ces recherches ont laissé la question encore très obscure.
- Après cette première partie de son mémoire, M. Brazier en consacre une deuxième, beaucoup plus importante, à ses travaux personnels.
- Le premier chapitre de cette seconde partie est consacré à l’exposé de la méthode qu’il a employée. Celle-ci consiste à placer l’anémomètre dans un courant d’air artificiel de vitesse connue. Ce procédé est d’application récente ; suggéré il y a vingt et quelques années et appliqué sur une petite échelle à Chalais par mon regretté frère Charles Renard, il fut perfectionné et appliqué par Gustave Eiffel, dans son laboratoire du Champ-de-Mars, puis dans celui d’Auteuil, et adopté depuis dans la plupart des établissements aérodynamiques. Il s’est révélé comme le moyen le plus sûr et le plus commode d’étudier les lois de la résistance de l’air; il a rendu au développement de l’aviation les plus précieux services, et M. Brazier a eu l’heureuse idée de l’appliquer à l’étude des moulinets anémométriques. Il a démontré que cette méthode est exempte des causes d’erreur qui affectent les autres procédés, et il a trouvé au laboratoire d’Auteuil et à l’Institut aérotechnique de Saint-Cvr toutes facilités pour exécuter ses expériences.
- Le deuxième chapitre de la seconde partie est consacré aux différents moulinets étudiés. Ils se partagent en deux catégories : ceux dont l’axe est parallèle à la direction du vent, et qui ont par suite des formes analogues à celles des hélices aériennes ou des moulins à vent; ceux dont l’axe est perpendiculaire à la direction du vent, et qui tournent dans le plan du vent dans un sens déterminé, grâce à la dissymétrie des surfaces exposées à l’action du vent.
- Le chapitre m est consacré à l’étude du facteur anémométrique. On admet généralement que ce facteur est constant, c’est-à-dire que le nombre de tours du moulinet est toujours proportionnel à la vitesse du vent, quelle que soit celle-ci. Si cette hypothèse est commode, elle n’est malheureusement pas toujours vérifiée par l’expérience. En étudiant un grand nombre de types d’anémomètres, i\l. Brazier a constaté que, si pour certains d’entre eux, le facteur anémométrique était à peu près constant, pour d’autres il variait dans des proportions considérables, parfois du simple au triple. De cette étude, on peut tirer des conclusions sur la valeur de certains modèles, et sur la défectuosité de certains autres; il y a donc là une sélection rationnelle pour Tome 136. — Avril 1924.
- 25
- p.349 - vue 349/899
-
-
-
- 350 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- permettre un choix entre les différents types d’anémomètres que chacun préférait pour des raisons de sentiment.
- Une des conclusions qui se dégagent de ce chapitre, c’est que les moulinets à axe parallèle au vent ont un facteur anémométrique beaucoup plus uniforme que les appareils à axe perpendiculaire au vent.
- Le quatrième chapitre est consacré à l’étude de l’influence de l’inclinaison du vent par rapport à l’horizontale sur les indications des moulinets anémo-métriques. On sait que le vent est rarement horizontal, et qu’il a une composante ascendante ou descendante plus ou moins prononcée. Les anémomètres généralement employés sont disposés pour mesurer un vent horizontal, et l’on admet sans preuve que l’on mesure la composante horizontale de la vitesse du vent. Les recherches de M. Brazier ont démontré qu’il n’en est pas toujours ainsi, et ont fait connaître comment les différents types de moulinets anémométriques étaient influencés par l’inclinaison du vent. Au point de vue pratique, on peut, grâce à ces expériences, choisir les types d’anémomètres qui indiquent le plus exactement la composante horizontale de la vitesse du vent.
- Mais il y a à cette partie des recherches de M. Brazier une conclusion des plus intéressantes, c’est que l’inclinaison du vent agit suivant des lois toutes différentes sur les moulinets à axes parallèles au vent et sur ceux dont l’axe lui est perpendiculaire.
- La remarque précédente trouve une application remarquable dans l’étude qui fait l’objet du chapitre v, consacré à la mesure de la composante verticale du vent. Cette mesure est très délicate; malgré des tentatives nombreuses, les résultats obtenus sont loin d’être satisfaisants. O11 était même arrivé à des conséquences paradoxales, telles que celle-ci : dans tous les observatoires où l’on avait installé des appareils de mesure de la composante moyenne verticale, on trouvait que celle-ci était toujours positive, c’est-à-dire que partout le vent était d’une manière générale ascendant sans être descendant nulle part.
- En faisant la critique des procédés employés, M. Brazier démontre que cette conclusion paradoxale résulte simplement d’un défaut systématique des méthodes de mesure adoptées.
- Revenant sur le point signalé plus haut de l’influence différente de l’inclinaison du vent sur les moulinets à axe parallèle ou à axe perpendiculaire à celui-ci, M. Brazier pense que le meilleur moyen de mesurer la composante verticale du vent serait d’avoir côte à côte deux moulinets, l’un à axe perpendiculaire et l’autre à axe parallèle au vent, et étudiés de manière à être bien concordants par vent horizontal. Lorsqu’ils seraient en désaccord, on pourrait en conclure qu’il y aune composante verticale du vent, et déduire de ce
- p.350 - vue 350/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 351
- désaccord même, dont la loi aurait été déterminée par expérience, la valeur de cette composante.
- C’est évidemment une conclusion inattendue des patientes recherches de M. Brazier. Il peut y avoir là le point de départ d’une méthode nouvelle d’investigation sur une question mal élucidée. Au point de vue pratique, ces recherches sur la composante verticale du vent prennent un intérêt tout spécial, au moment où les études théoriques et expérimentales sur le vol à voile sont ardemment poursuivies.
- L’ouvrage se termine par un dernier chapitre relatif à des mesures de détail, sur les effets de la résistance de l’air par rapport aux différents éléments constitutifs d’un moulinet anémométrique. Ce dernier chapitre intéressera surtout les spécialistes.
- En résumé, les recherches de M. Brazier ont été exécutées avec le plus grand soin et leurs résultats sont dignes de loute confiance. Ainsi qu’il le dit modestement lui-même, il a fait faire « un pas de plus vers la solution définitive du problème difficile qu’est la mesure de la vitesse du vent ».
- Désormais, les météorologistes pourront choisir en toute connaissance de cause les types de moulinets anémométriques auxquels ils donneront la préférence. De plus, M. Brazier leur a fourni, par l’observation des indications simultanées de deux appareils de deux types différents, un moyen nouveau et très original de mesurer la composante verticale du vent.
- Pour tous ces motifs, sur la proposition de son Comité des Arts économiques, notre Conseil a décidé d’attribuer une médaille de vermeil à M. Brazier.
- Le Rapporteur,
- Lieut.-Colonel Paul Renard.
- * *
- Une médaille de vermeil est décernée à M. Alfred Guy pour son disjoncteur automatique pour appareil de chauffage. (Voir dans le Bulletin de mai 1923, p. 339, le rapport présenté à ce sujet par M. Jean Rey, au nom du Comité des Arts économiques.)
- Médailles d’argent.
- Rapport présenté par M. F. Bordas, au nom du Comité des Arts économiques, sur les dispositifs imaginés par M. G. de Coulons pour protéger les ouvriers contre l’inhalation des poussières de plomb.
- M. Gustave de Coulons, ingénieur, a transmis à la Société d’Encourage-
- p.351 - vue 351/899
-
-
-
- 352 ASSEMBLÉE OKNKBALK SOLENNELLE DU 22 .MARS 1924. — AVRIL 1924.
- ment un mémoire destiné à lui faire connaître Ies appareils qu'il a inventés pour combattre certains accidents plus ou moins graves constatés chez les ouvriers fréquentant un des dix ateliers dont il a la direction.
- L’usine où travaillent ces ouvriers fabrique des accumulateurs. Des cas de coliques de plomb y ont été constatés. AI. de Coulons pense cependant que d’autres affections ont été confondues avec le saturnisme.
- Al. de Coulons nous apprend aussi qu’avant 11)22, le personnel de l’usine était indemne d’accidents de cette nature. A partir de l’année dernière, à la suite de l'introduction d’un nouveau procédé de fabrication des plaques, qui permet de conserver celles-ci à l'état sec, le nombre des malades atteignit rapidement 75 p. 100 du nombre total des ouvriers.
- Al. de Coulons ne croyait pas au saturnisme. Pourtant des observations qu’il a faites, il résulte nettement que si, au cours du soudage, le travailleur se tient le buste bien droit et à une certaine distance du chalumeau, il reste toujours indemne, tandis, qu’au contraire, l'ouvrier qui se penche au-dessus du chalumeau présente toujours des troubles divers. AI. de Coulons a pensé qu'il s’agissait là d’une intoxication par l’hydrogène. Dr, rien ne vient confirmer cette hypothèse. D’autre part, AI. de Coulons nous explique que, comme conséquence de l’application de la loi de 8 heures, les chefs d'industrie ont été amenés à modifier les conditions du travail et organiser celui-ci en vue d’un rendement maximum. I,es ouvriers, plus spécialisés, qui travaillent en série, peuvent ainsi gagner davantage. Le moindre geste, le plus petit mouvement inutile leur occasionnant une perte de temps, ils se trouvent entraînés à négliger les précautions indispensables qui leur avaient été prescrites. Suivant AL de Coulons les accidents constatés pourraient être dus à la mauvaise qualité de l’hydrogène employé pour la soudure.
- .W. de Cordons nous a exposé l’ensemble de ses travaux. Nous avons pu lui faire voir que rien ne démontrait que l’hydrogène fût ici en jeu. Au contraire, il nous a exposé, dans tous ses détails, le mécanisme d’un petit masque très léger portant sur le bord de sa visière une douzaine de trous par lesquels jaillit de l'air arrivant par un tube de caoutchouc qui passe au-dessus de la tète et communique avec une pompe suffisante pour alimenter un certain nombre de ces masques.
- L’appareil, fort simple, a, paraît-il, été adopté par les ouvriers particulièrement exposés à l’action des vapeurs ou des poussières de plomb. Il se produit, en effet, un courant d’air descendant qui forme au devant de la face une sorte d’écran protecteur des voies respiratoires
- Al. de Coulons a, en outre, imaginé un dispositif destiné à recueillir les poussières de plomb pendant le travail de soudage des plaques d’accumulateurs. Il consiste en une caisse rectangulaire dont la partie supérieure est
- p.352 - vue 352/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 353
- percée d’un certain nombre d’ouvertures. Au-dessous de cette caisse se trouve une cuve en forme de tiroir et remplie d’eau qui recueille les poussières métalliques et les rend inolïensives.
- L’ouvrier place les accumulateurs à souder sur la caisse et, pendant toute l’opération du soudage, les particules métalliques qui peuvent se détacher sont ainsi captées et ne peuvent être entraînées dans l’atmosphère.
- En résumé, M. de Coulons a étudié avec soin ces questions; il s’est efforcé de convaincre les ouvriers de la nécessité de certaines mesures de protection (ce qui n’a peut-être pas été la partie la plus facile de sa tâche). Il a imaginé un masque qui présente une particularité intéressante, celle de mettre les voies respiratoires à l’abri des poussières plombifères. La caisse à récupération est également un dispositif simple et pratique qui doit sans nul doute diminuer les risques d’absorption des particules métalliques par les soudeurs d’accumulateurs.
- Notre Comité des Arts économiques a pensé que M. de Coulons doit être récompensé pour ses efforts et pour les résultats qu’il a obtenus. Notre Société ne saurait assez favoriser de semblables initiatives, ni reconnaître assez largement les efforts des chefs d’ateliers placés sous leurs ordres. Aussi le Conseil de notre Société, approuvant la proposition de son Comité des Arts économiques, a décidé d’accorder à l\l. G. de Coulons une médaille d’argent.
- Le Rapporteur,
- Dr F. Bordas.
- Rapport présenté par M. A. Mesxager, au nom du Comité des Constructions
- et Beaux-Arts, sur le goniostadigraphe imaginé par M. E. Masson.
- Le goniostadigraphe Masson (voir le Bulletin de juin 1923, p. 399) est un
- /I 1 \
- appareil destiné au lever exact et rapide des plans à grande échelle ( L(J0 d 500/ ’ C’est un tachéomètre auto-rapporteur et auto-réducteur.
- L’appareil se compose d’une boîte en aluminium tournant autour d’une pointe qu’on pique sur la planchette portant la feuille de dessin (le plus souvent un long rouleau porté par deux bobines). La boîte est munie d’une réglette rapporteur.
- L’opérateur fait ses visées verticalement dans une lunette fixée à la boîte et dirigée à partir de son œil d’abord suivant une droite verticale très voisine de l’axe vertical de rotation, puis se retournant à angle droit dans la boîte pour suivre un axe parallèle à la réglette. Il voit des images droites
- p.353 - vue 353/899
-
-
-
- 354 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS 1924. — AVRIL 1924.
- redressées, sans grossissement, sur lesquelles se projette un réticule. Une fois la lunette orientée, un simple mouvement de molette la transforme en lunette à fort grossissement et à objectif scié en deux, donnant deux images décalées. En visant une mire verticale graduée appropriée, l’opérateur aperçoit un repère se projetant sur la division. Les chiffres de la mire lui donnent en mètres la distance et il apprécie les décimètres.
- Il pique alors le point visé en face la graduation de la réglette rapporteur. On lève ainsi un plan à raison de 60 à 80 points à l’heure. Les stations se succèdent à une cinquantaine de mètres les unes des autres.
- Cet appareil permet de dresser très rapidement un plan de rue sur une bande de papier; il peut rendre de grands services pour les études d’installations de canalisations dans les villes.
- Sur la proposition de son Comité des Constructions et Beaux-Arts, notre Conseil a décerné une médaille d’argent à M. E. Masson, auteur de cet appareil.
- Le Rapporteur,
- A. Mesnager.
- Une médaille d’argent est décernée à :
- M. Raba (Jean), élève sortant de l’Ecole nationale des Arts et Métiers d’Angers (année scolaire 1922-1923).
- M. Arnold (Léon), apprenti cordonnier de 3e année chez M. Jean Lienhardt, à Hochfelden (Bas-Rhin) (Chambre de Métiers d’Alsace).
- M. Voisin (Maurice), apprenti fondeur de 3e année aux Etablissements Bonvillain et Ronceray, à Choisy-le-Roi.
- M. Besin (Henri), apprenti fondeur de 2e année aux Etablissements Bonvillain et Ronceray, à Choisy-le-Roi.
- Médailles de bronze.
- Une médaille de bronze est décernée à :
- M. Mansencaud (Georges), élève sortant de l’École nationale des Arts et Métiers d’Angers (année scolaire 1922-1923).
- M. Weinmann (Robert), apprenti pâtissier de 3e année chez M. Charles Faist, à Colmar (Haut-Rhin) (Chambre de Métiers d’Alsace).
- p.354 - vue 354/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 355
- M. Pasquet (Robert), apprenti fondeur de 2e année aux Établissements Bonvillain et Ronceray, à Choisy-le-Roi.
- M. Rion (René), apprenti fondeur de 2e année aux Établissements Bonvillain et Ronceray, à Choisy-le-Roi.
- M. Villers (Georges), apprenti fondeur de 2e année aux Établissements Bonvillain et Ronceray, à Choisy-le-Roi.
- Médailles de bronze décernées aux contremaîtres et aux ouvriers des établissements industriels et des exploitations agricoles.
- C’est en 1846 que la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale décida d’accorder des médailles aux contremaîtres et ouvriers. A cette époque, l’idée était nouvelle. Pour assurer le développement de l’industrie et la paix sociale, il importe de savoir honorer et récompenser les plus modestes artisans, dont le travail persévérant, la collaboration active et le dévouement sont la condition nécessaire de tous les progrès. Depuis soixante-dix-sept ans, la Société a poursuivi la tâche dont elle avait pris l’initiative.
- Une allocation, qui a été portée à lOOf, est jointe à chaque médaille de bronze.
- Les notes et les renseignements qui nous parviennent en vue de l’attribution de ces médailles, montrent de nombreux et touchants exemples d’assiduité au travail, de fidélité au devoir et d’attachement des ouvriers et contremaîtres à ceux qui les emploient. C’est un honneur pour les établissements et sociétés françaises d’avoir su justifier un tel attachement par leur bienveillant esprit de justice et d’équité à l’égard de leurs plus modestes collaborateurs.
- Dans la liste, qu’il a fallu limiter, des médailles accordées par la Société, les lauréats ont tous accompli une longue carrière dans la même maison.
- M. Mignard, tourneur aux Aciéries d’Imphy, est depuis soixante-six ans employé par la Société Commentry-Fourchambault et Decazeville.
- A la même Société, M. Aussibal, entré comme décrasseur aux usines de Decazeville, il y a trente trois ans, s’est élevé au rang de contremaître principal des hauts fourneaux. Deux de ses fils sont morts au champ d’honneur; un troisième, atteint par les gaz, est encore en traitement dans une maison de santé.
- Les perfectionnements de la technique sont souvent dus à l’ingéniosité des ouvriers.
- p.355 - vue 355/899
-
-
-
- 350 ASSEMBLEE GÉNÉRALE S<tLENNELLE I)U 22 MARS 192*. — AVRIL 1924.
- M. Mal ter, fils d’un forgeron des ateliers de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est, est entré comme apprenti dans les mêmes ateliers en 181)7. Il est parvenu au grade de chef de brigade. Il a imaginé un appareil permettant de couper sur place les tubes de chaudières à vapeur pour les remplacer; son invention a permis de supprimer une opération longue et difficile et de réaliser une notable économie de main-d’œuvre.
- Il n’est pas possible de citer ici tous les traits qui caractérisent les mérites de chacun; tous sont dignes, par leur assiduité au travail et leur dévouement, des médailles que la Société est heureuse de leur décerner.
- Le Rappporteur,
- Paul Toulon.
- Liste des contremaîtres et ouvriers à qui est décernée la médaille de bronze en 1923.
- Maison Bodin (Anciens Etablissements Darquer-Bucquet et Cle), 50, rue des Quatre-Coins, Calais (Pas-de-Calais) :
- Deregnaucourt (Mme), dentellière.
- Chemins de fer de Paris a Lyon et a la Méditerranée, 20, boulevard Diderot, Paris (12e) :
- Sautet (Antoine), contremaître;
- Trûxcijet (Jérôme), contremaître-adjoint;
- Colomb (Philippe), contremaître-adjoint;
- Barde (Emile), chef de brigade ;
- Castagnier (Eliacim), chaudronnier.
- Maison Colin, Croïet et Cie (Société Blanzy, Poure et Cle), à Boulogne-sur-Mer ( Pas-de-Calais) :
- Vincent (Edmond), machiniste ;
- Piciion (Louis), contremaître;
- Deseille (Mme Vve), emboîteuse;
- Léger (Mme Vve), monteuse.
- Compagnie des Chemins de fer de l’Est, 21-23, rue d’Alsace, Paris (10e) : Veltin (Jules), chef de brigade;
- Fauche (Alfred), chef d’atelier;
- Haï .ter (Emile), chef de brigade;
- Caciieux (André), dessinateur principal.
- p.356 - vue 356/899
-
-
-
- RAPPORTS RELATIFS AUX RÉCOMPENSES DÉCERNÉES EN 1923.
- 337
- Compagnie des minerais de fer magnétique de Mokta-el-Hadid, GO, rue de la Victoire, Paris (9e) :
- Mathis (Emile), chef comptable ;
- Sublime (Henri), chef de service.
- Etablissements Agache fils, 12, rue du Vieux-Faubourg-, Lille (Nord) : Fleurbayx (Louis), tourneur.
- M aison Gilbert et Cle, à Givet (Ardennes) :
- Beautour (Stanislas), chef comptable.
- Imprimerie Chaix, 20, rue Bergère, Paris (9e) :
- Nahant (Paul), contremaître;
- Haberkorn (Léon), contremaître.
- Imprimerie Paul Brodard, à Coulommiers (Seine-et-Marne) :
- Amiard (Ludovic), chef de composition;
- Pierret (Ernest), chef d’atelier ;
- Causon (Ernest), chef de clicherie;
- Guyot (Louis), chef d’atelier.
- Maison Ch. Lorilleux et Cie, 16, rue Suger, Paris (6e) :
- Bentz (Jean), ouvrier;
- Boisset (Antoine), ouvrier;
- Fouret (Auguste), ouvrier;
- Laiianier (Henri), chef d’atelier.
- Maison Schneider et Cle, 42, rue d’Anjou, Paris (8e) :
- Chaffiotte (Pierre), contremaître;
- Trémeau (Jean), chef monteur ;
- Burtin (Claude), mouleur;
- Bosset (Amable), fondeur.
- Société anonyme de Commentry-Fourchambault et Decazeville, 84, rue de Lille, Paris (7e) .
- Valenq (Jean), contremaître principal;
- Puech (Jean), contremaître ;
- Aussibal (Albert), contremaître principal ;
- Galtier (Etienne), sous-chef de laboratoire ;
- Labarre (Jacques), chef de comptabilité;
- Duboisset (Michel), sous-chef mineur;
- Bertiaut (François), contremaître ;
- Mignard (Antoine), tourneur.
- p.357 - vue 357/899
-
-
-
- 358 ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SOLENNELLE DU 22 MARS i924. — AVRIL 1924.
- Société anonyme de Saint-Gobain, Chauny et Cire y, 1, place des Saussaies, Paris (8e) :
- Rataggi (Jean), chauffeur machiniste;
- Riboud (Jean-Pierre), surveillant;
- Descoux (François), contremaître.
- Société industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Septembre, Paris (2e) • Asselin (Edmond), conducteur mécanicien ;
- Mascot (Edouard), câbleur;
- Auchede (Eugène), magasinier.
- M. William Stubbs, 21, rue du Moulin-Rrûlé, Calais (Pas-de-Calais) ; Géneau (Mlle Pauline), raccommodeuse.
- p.358 - vue 358/899
-
-
-
- bulletin de la société d’encourag. pour l’industrie NATIONALE. -AVRIL i924.
- AVIS DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT SUR L’EXTENSION DE LA PORTÉE DU MOT « CÉRAMIQUE »
- Dans le Bulletin d’octobre 1923 de la Société d’Encouragement a paru, page 1056, le compte rendu de la 4e Conférence internationale de la Chimie pure et appliquée qui eut lieu à Cambridge du 16 au 20 juin 1923.
- Il nous apprend « qu’une commission présidée par M. Washburn (Etats-« Unis) s’est appliquée à définir le terme céramique.
- « Elle a décidé que cette appellation serait dorénavant employée pour « toutes les industries telles que celles des terres cuites, porcelaines, ciments, « chaux, plâtre, verre et verrerie, émaillage des métaux, matières réfracte taires et abrasives ainsi que les produits isolants de l’électricité et de la « chaleur fabriqués avec des matières terreuses. »
- Ainsi se trouverait complètement modifiée la portée donnée de tout temps en France au mot « céramique ».
- Nous ne pouvons nous montrer indifférents à cette extension; le but de notre Société défini par son titre même, est l’encouragement de l’industrie nationale; or les industriels touchés parla proposition ont fait part de plusieurs côtés de l’émotion qu’ils avaient éprouvée.
- La définition du terme « céramique » figurait parmi les communications à l’ordre du jour du groupe VI, chaux, ciment, matériaux de construction, verrerie, céramique, du 3e Congrès de Chimie industrielle qui s’est tenu à Paris du 21 au 26 octobre dernier.
- M. Boudouard, qui avait pris part à la 4e Conférence internationale de la Chimie, à Cambridge, était chargé par l’organisation du Congrès de situer la question. Dans son étude, il rappelle d’abord que déjà elle aurait été posée à la 3e Conférence internationale, tenue à Lyon en 1922; il signale le rapport établi par MM. Washburn, Ries et Day au nom de National Research Council et présenté à l’American Ceramic Society; et il cite les opinions émises par les représentants de pays différents : MM. Capsa, Hecht et Mellor.
- Le rapport de l’American Ceramic Society reconnaît que le terme « cera-
- p.359 - vue 359/899
-
-
-
- n
- fiGO SIGNIFICATION DU MOT CÉRAMIQUE. — AVRIL 1924.
- mies », qui apparut dans la langue anglaise vers le milieu du xixe siècle, probablement par adoption du mot français (céramique), est, suivant les lexicographes, pratiquement synonyme de travail de l’argile ou de l’art du potier, et qu’on ne trouve, dans aucun des dictionnaires, rien qui indique une signification plus large.
- Mais comme parmi les diverses branches auxquelles répond l’activité de l’American Ecramic Society beaucoup dépassent le travail de l’argile, elle trouve tout a fait logique, pour désigner tous les produits dont elle peut s’occuper d’adopter, le terme figurant dans son titre bien que, jusqu’ici, il fût réservé au travail de l’argile, car elle considère que « c’est toujours l’usage qui permet de déterminer le sens d’un mot, en dépit des barbarismes et des violations d’étymologie, des convenances et de l’usage historique qui peuvent entraîner une signification plus large ».
- Le but visé en changeant la signification du mot céramique est donc ainsi nettement défini. Le rapport reconnaît que l’étymologie grecque ne permet pas de lui donner une portée différente de celle admise actuellement, mais un savant professeur de philologie classique à l’Université de l’Illinois, le D1 Oldfather, a pu découvrir que le mot grec provenait d’une racine sanscrite et que les Grecs en lui donnant pour portée de comprendre seulement l’art du potier avaient restreint l’origine sanscrite; il en déduit que, dans ces conditions, le mot « céramique » pouvait être étendu à tous les produits obtenus par l’action du feu.
- Les rapporteurs terminent en disant que la mission qui leur a été confiée ne concerne que les Etats-Unis et l’Empire britannique, mais qu’il y a fieu de remarquer que le terme « existe en français (céramique), en espagnol et en italien (ceramica), dans les langues Scandinaves, néerlandaise et jusqu’à un certain point allemande (Keramik) de sorte que nos confrères, dans quelques-uns de ces pays, peuvent s’intéresser à l’examen de la même question au point de vue de l’emploi de ce terme dans leur langue ».
- Get examen de l’emploi du terme dans la langue française est celui auquel nous devons nous livrer.
- Il est à remarquer encore que les rapporteurs proposent d’adresser des exemplaires du rapport à toutes les sociétés de céramique qui peuvent exister dans les pays susmentionnés « à l’exception de l’Allemagne » Us s’attendent donc à ne pas voir la fabrication céramique allemande suivre aveuglément l’extension du mot « céramique » telle qu’ils la demandent et voudraient la voir adopter.
- Les avis de MM. Capsa, Hecht, Mellor que cite M. Boudouard ne sont pas favorables à l’extension pure et simple du mot céramique telle que la demande l’American Ceramic Society.
- p.360 - vue 360/899
-
-
-
- AVIS SUR L'EXTENSION DE COMPRÉHENSION DU MOT CÉRAMIQUE. 361
- M. Boudouard signale ensuite comme rusons de l’adoption de la proposition que le Syndicat des Fabricants de Produits céramiques de France a dans son sein une section des fabricants de carreaux de ciment, qu’une autre chambre syndicale porte le nom de Chambre syndicale de la Céramique et de la Verrerie, que nos savants les plus illustres ont travaillé des questions intéressant aussi bien l’argile que le verre ou d’autres produits, que la chaire dont il est le titulaire au Conservatoire national des Arts et Métiers traite actuellement du chauffage industriel, des industries des chaux et ciments, delà céramique et de la verrerie; et il ajoute : « On n’a donc pas hésité à rassembler des industries, très différentes en réalité, mais présentant des points de ressemblance tels que leur réunion dans une même chaire n’a jamais semblé ni anormale, ni inattendue »; pourtant il ajoute plus loin « que l’on se place au point de vue étymologique pur ou au point de vue de la pratique courante industrielle, il semble impossible de vouloir désigner sous un même nom générique des opérations aussi différentes dans leurs méthodes que celles ressortissant à la céramique et à la verrerie, ainsi qu’aux nombreuses industries voisines qui sont généralement enseignées simultanément. Il apparaît excessif de comprendre sous une dénomination unique des produits aussi différents, quant à leur fabrication, à leur élaboration que les porcelaines, les verres, les abrasifs et certaines matières isolantes électriques et thermiques d’origine variée. L’expression Chimie des Silicates, sous une forme plus précise, serait trop limitative, ignorant les sulfates, les borates, et serait susceptible d’être rapidement insuffisante ».
- Dans la suite du rapport de M. Boudouard nous relevons : « L’emploi d’un terme général s’impose par la variété des branches de l’activité humaine qui gravitent autour de la Chimie des Silicates, tant au point de vue de l’enseignement qu’à celui de l’industrie et des publications techniques ».
- Il conclut : « C’est guidé par les considérations qui précèdent, que les membres de la Commission d’Etude des Produits céramiques présents, n’hésitant pas à innover, ont à l’unanimité formulé les conclusions suivantes que la 4e Conférence internationale a faites siennes au cours de l’Assemblée générale ».
- Conclusions. — a) L’Union recommande qu’au point de vue technique et scientifique, le terme « céramique » soit employé pour toutes les industries fabriquant les produiis suivants :
- 1° Les produits de toute nature obtenus par la cuisson des argiles, tels que grès-cérames, faïence, briques, tuiles, tuyaux de canalisation, terre cuite, porcelaine de Chine, porcelaine ordinaire, etc. ;
- 2° Les ciments de toute nature, tels que le ciment Portland, les ciments
- p.361 - vue 361/899
-
-
-
- 362
- SIGNIFICATION DU MOT CÉRAMIQUE. — AVRIL 1924.
- dentaires, la chaux, le plâtre et toutes les variétés de produits magnésiens et gypseux, dont les éléments sont de nature terreuse et qui, après un traitement préliminaire de calcination, acquièrent la propriété de faire prise, d’une façon plus ou moins complète, quand ils sont gâchés avec des liquides convenables ;
- 3° Toutes les variétés de verre et de verrerie, y compris le quartz hyalin, les glaçures, les émaux et nombre de pierres précieuses artificielles;
- 4° L’émaillage des métaux en tant que l’émail lui-même est un produit céramique appliqué à haute température sur le métal, ce dernier ne servant que d’ossature pour obtenir la forme voulue et pour donner de la résistance au verre ;
- 3° Tous les objets ou toutes les matières réfractaires, complètement ou partiellement composés d’argile ou de substances fabriquées avec de l’argile, de silice (sous ses diverses formes), d’alumine (bauxite), de magnésie (magné-site), de chaux, de chromite, d’asbeste, de zircone, de mica, de terres rares, de certains carbures ou azotures et, en général, de tous produits non métalliques susceptibles de résister à de hautes températures;
- 6° Toutes les matières abrasives telles que le carborundum, l’alundum et la zircone (et avec addition de silice finement pulvérisée et d’émeri) et tous les produits fabriqués avec elles en les unissant avec des matières terreuses ;
- 7° Divers produits isolant de l’électricité et de la chaleur fabriqués avec des matières terreuses comme élément principal.
- « L’Union internationale de la Chimie recommande donc l’emploi du terme « céramique », défini comme il vient d’être dit. Elle aura à dire plus tard si cette décision aura un caractère définitif; en mettant la question à l’ordre du jour du Congrès, le Comité d’Organisation s’est simplement proposé de susciter des observations de la part des savants, des industriels, des usagers. »
- Ainsi l’exposé présenté au Congrès de Chimie indique que l’extension de la portée du terme « céramique » est proposée depuis un certain temps déjà; il établit bien l’origine de cette demande; il montre que pour arriver au but visé, les intéressés ne nient pas que le sens donné actuellement au mot « céramique » est absolument logique avec son étymologie grecque, mais les recherches d’un savant philologue lui ont permis de dire que le mot grec peut lui-même avoir une racine sanscrite dont la portée était plus grande. Les auteurs semblent restreindre la question aux Etats-Unis et à
- p.362 - vue 362/899
-
-
-
- AVIS SUR l/EXTENSION DE COMPRÉHENSION DU MOT CÉRAMIQUE. 363
- l’Empire britannique, pensant la voir étendue ensuite aux autres pays où le terme « ceramica » ou « céramique » est employé, l’Espagne, l’Italie et la France; par contre ils font des réserves à l’égard de l’Allemagne.
- Cette communication a attiré l’attention des céramistes français. Les industriels avaient été tenus complètement dans l’ignorance de cette proposition; elle les concerne pourtant au premier chef. Aussi, ils n’hésitent pas aujourd’hui à émettre leur avis.
- Pour eux la légitimité de la définition actuelle, l’inconnu dans lequel on se lancera, le groupement pqur un point de vue spécial d’industries diverses, ne motivent nullement l’adoption, pour toutes ces industries dont peut s’occuper l’American Ceramic Society, du terme propre de l’une d’elles.
- Nous n’avons nulle capacité pour discuter et nous ne saurions mettre en doute la science du Dr W. A. Oldfather auquel l’American Ceramic Society s’est adressée, mais nous ne pouvons le suivre.
- La langue française a ses origines dans le grec et le latin ; remonter à l’étymologie grecque nous semble largement suffisant; de plus, ce que l’on aura pu retrouver dans les origines sanscrites du mot grec ne peut nullement motiver pour les expressions dont ce mot est l’origine dans la langue française la modification du sens qui lui a été donnée par les Grecs eux-mêmes et qui jusqu’à ce jour a été admis. L’étymologie n’a d’intérêt que si un nombre de personnes aussi grand que possible, mais naturellement limité à ceux qui ont fait des études suffisantes, peut, d’après les racines, apprécier le sens des mots qui en découlent. Etre obligé de remonter à des étymologies sanscrites au lieu de s’arrêter à des étymologies grecques, rendra très rares sur notre globe ceux pour qui l’étymologie conservera quelque intérêt.
- L’American Ceramic Society a augmenté successivement le nombre des industries auxquelles se rapportent ses travaux. Ils intéressent actuellement les sept classes qu’elle voudrait voir reprises par le mot « céramique ».
- Il est certain qu’avec la notion que nous avons actuellement du mot « céramique », le4titre de la Société ne correspond pas à des travaux aussi variés. S’il correspond au 1°, il ne répond que partiellement aux 3°, 6°, 7° et aucunement aux 2° et 3° qui reprend des industries dont la production est très importante, et à quelques cas du 4°.
- Pour qu’il y ait un rapport plus direct entre le titre et les différentes fabrications que suit la Société, son titre doit être changé. Trouver un nom nouveau était logique, mais ils ont estimé plus simple de tenter d’élargir la
- p.363 - vue 363/899
-
-
-
- SIGNIFICATION DU MOT CÉRAMIQUE. — AVRIL 192t.
- portée du terme employé dans leur titre. Pour proposer ce changement, ils ne se sont nullement préoccupés des intérêts des industries déjà reprises par le mot « céramique », ni de celles qu’ils voudraient y comprendre, pas plus que du bouleversement pouvant en résulter.
- Les intérêts de l’American Ceramic Societv sont très respectables, mais ceux des nombreuses lirmes, professions ou organisations, qui seraient touchées par l’extension du mot « céramique » le semblent également et sont beaucoup plus nombreux.
- L’industrie céramique comprend toutes les fabrications qui utilisent une pâte argileuse et plastique à laquelle elles donnent une forme voulue qui est ensuite rendue définitive par le feu. La pièce ainsi obtenue, plate ou présentant des ornements ou mouvements, même les plus variés, peut être recouverte de colorations, émaux, vitrifications, reflets, devenus de même durables par la cuisson. La simple brique de pays comme la porcelaine la plus translucide et présentant les colorations ou décors les plus riches sont également des produits céramiques.
- Ce qui est repris par la désignation « céramique » semble ainsi nettement défini ; d'autre part, elle comprend un ensemble de fabrications assez vaste pour ne pas éprouver le besoin de réunir sous la même appellation d'autres produits n’ayant, quant à la constitution de la matière ou aux phases de façonnage, que des rapports assez lointains.
- Les applications d’émaux ou couleurs fixées et développées par le feu, sont une phase ultérieure du travail, mais ne sont pas indispensables pour constituer le produit céramique.
- Les grands rapports qui existent dans la nature et l’emploi avec les émaux et couleurs sur lave ou sur cuivre ont amené à réunir dans la même classe à certaines expositions universelles, notamment en 1889, les décors de ce genre en même temps que les pièces céramiques, mais il n’est jamais venu à l’idée des émailleurs sur cuivre ou métaux précieux, de s’appeler céramistes; il faut reconnaître que les mêmes artistes ont parfois travaillé chez des émail-leurs ou chez des céramistes et que les fournitures en matières vitrifiables venaient parfois du même fabricant.
- L’ensemble si varié des manifestations de la production humaine a dû être ramené, pour certains classements, afin de ne pas compliquer les positions dans les statistiques, à un nombre réduit de groupements, profitant bien entendu de quelques affinités particulières que l’on a pu rencontrer en raison soit des matières employées, soit des opérations auxquelles elles sont soumises, soit de la destination de l’œuvre. Ainsi, dans les statistiques du Ministère du Travail, sous la rubrique « Pierres et terres au feu » se trouvent réunies, avec l’industrie céramique, d’autres industries diverses; au point
- p.364 - vue 364/899
-
-
-
- AVIS SUH 'L'EXTENSION DE COMPRÉHENSION DU MOT CÉRAMIQUE. 365
- de vue des conséquences du chômage forcé, pour répartir les risques, les assurances de la céramique sont groupées avec d’autres; également au Conservatoire national des Arts et Métiers, pour ne pas augmenter le nombre de chaires, le même professeur est appelé à traiter de la céramique, de la verrerie et des produits calcaires, plâtre, chaux, ciment.
- Combien d’autres groupements ont été formés en raison d’un intérêt commun sur un point particulier; s’il s’agit d’industries frappées par la taxe de luxe on voit groupés en même temps les baignoires, les fourrures et les bijoux qui ne sont pourtant ni de même fabrication, ni à reprendre sous un seul nom; le même cas se présentera pour la décoration fixe où la céramique voisinera avec la charpente ou la plomberie. La question des maladies professionnelles présente un cas analogue, etc. Ces groupements dans un but spécial ne peuvent adopter un nom unique correspondant à toutesl es professions qu’ils doivent réunir; l’expression que l’on adoptera pour les désigner toutes ne peut être que conventionnelle.
- Le service de table de céramique et celui de verrerie s’adressent à une même clientèle qui trouve l’un et l’autre dans les mêmes magasins; n’est-il pas logique que les commerçants s’occupant de ces articles se groupent pour étudier en commun les questions commerciales.
- Mais lorsqu’il s’agit de fabrication, de production, de la profession industrielle proprement dite, on retrouve en ce qui concerne le travail du verre, le Syndicat des Maîtres de Verrerie, et du côté céramique, le Syndicat des Fabricants de Produits céramiques de France, les groupements des fabricants de porcelaine et des faïenceries de France.
- C’est également en raison des questions commerciales communes, et aussi parce que souvent les deux fabrications se trouvent réunies sous une même raison sociale, que le Syndicat des Fabricants de Produits céramiques a, dans son sein, une section des fabricants de carreaux de ciment à côté d’une section des fabricants de carreaux de grès.
- Peut-on penser restreindre l’activité d’un savant à une seule matière ou songer, en raison des travaux souvent variés auxquels il se sera livré, reprendre sous une même dénomination toutes les industries qui concernent ses travaux.
- Le titre « céramique » se rapporte à un ensemble de fabrications bien définies; l’étendre à d’autres et ainsi supprimer pour ce groupe un terme propre qui permettait de le désigner serait une erreur.
- Tome 136. — Avril 1924.
- 26
- p.365 - vue 365/899
-
-
-
- 366
- SIGNIFICATION DU MOT CÉRAMIQUE. — AVRIL 1924.
- Dans la céramique, le travail commence par le façonnage de l’argile, puis, la forme est rendue définitive par la cuisson qui change en fait la nature de la matière puisqu’elle ne peut plus pratiquement retourner à son état primitif.
- Dans la verrerie, les silicates, très rarement ou peu alumineux, sont d’abord fondus et c’est lorsque la masse est à l’état pâteux qu’elle est façonnée; cette forme par le refroidissement devient définitive, mais la matière peut être à nouveau refondue et se trouver utilisée dans un nouveau façonnage.
- Toute différente encore est la façon de procéder en ce qui concerne l’emploi des produits calcaires, plâtre, chaux, ciment : les éléments constitutifs, purs ou mélangés de parties argileuses, sont cuits puis pulvérisés; ensuite, par l’addition d’eau ou autres produits, ils constituent une pâte liante qui est moulée pour former masse par elle-même ou est appelée à réunir d’autres produits; ce n’est que par l’évaporation de cette humidité ou l’effet d’une action chimique des éléments l’un sur l’autre, ou par l’effet de l’air que l’ouvrage devient définitivement solide.
- Pareille technique ne présente aucun rapport avec les procédés de façonnage de la céramique.
- On relève bien certaine communauté de décor sur les produits céramiques et les produits de verrerie, mais à l’égard de la constitution de l’objet, qui est le point principal et caractéristique, la différence est notable.
- * *
- Le mot « céramique » désigne actuellement les objets ou pièces obtenus. Ce terme ne s’applique nullement aux matières employées pour réaliser ces objets.
- Si l’expression « céramique » devait englober en même temps les chaux, ciment, plâtre, serait-elle réservée pour la matière, chaux, ciment, plâtre, ou étendue aux œuvres réalisées avec ces matières?
- Quelle que soit l’interprétation, il en résulterait une grande confusion. A supposer que l’expression « céramique » ne comprenne que la matière, chaux, plâtre, ciment, les objets obtenus avec ces matières n’auraient pas le droit de se réclamer du nom de céramique. Ce serait alors malgré l’extension, différencier comme appellation des articles ayant même destination tels les carreaux de ciment et les carreaux de grès ou terre cuite, les tuyaux de ciment et les tuyaux de terre cuite ou de grès également employés à des canalisations, les baignoires ou auges en ciment avec les mêmes pièces de terre réfractaire émaillée, etc. Nous ne pensons pas que pareille interprétation semble
- p.366 - vue 366/899
-
-
-
- AVIS SUR L’EXTENSION DE COMPRÉHENSION DU MOT CÉRAMIQUE.
- 367
- répondre au désir que la concurrence commerciale a quelquefois fait naître chez ceux qui produisent ces différents articles en ciment ou autres matières calcaires.
- Alors il faudrait envisager l’extension aux articles réalisés; les œuvres de chaux, plâtre ou ciment auraient droit de se réclamer du mot de « céramique » ; ainsi une construction en ciment armé devient une construction céramique, tous les gros travaux en ciment d’une nature ou d’une autre, les revêtements en plâtre ou édicules en plâtre, les statues en plâtre sont tous des produits céramiques.
- On voit aisément dans quel gâchis on arriverait à la suite de pareille exagération.
- Il n’y a jamais eu d’hésitation sur la portée du mot « céramique » ; les emplois erronnés du terme « céramique » sont venus de ceux qui ont voulu faire naître la confusion entre leurs produits et les produits d’argile. Il n’y a aucune raison pour se prêtera un semblable jeu. Le devoir des céramistes est, au contraire, de contribuer à y mettre fin. Permettre une confusion plus grande n’aurait d’autre résultat que d’aider une lutte commerciale inavouable.
- Dans une modification de portée d’un terme propre les intéressés caractérisés déjà par ce nom doivent être appelés à donner leur avis ; nous avons le regret de constater que tout s’est, jusqu’à cette heure, passé volontiers en dehors d’eux.
- Nous ne pensons pas que ce soit le rôle d’une conférence purement scientifique de modifier la portée d’une expression consacrée pour une industrie en raison de son origine étymologique, de la technique qu’elle comprend, des affaires commerciales qu’elle désigne et des classifications auxquelles elle a donné lieu, tarifs de douane, transports, etc.
- L’enfant reçoit de ses auteurs un nom qui le suit partout; parvenu à maturité nul ne pourra lui retirer ce nom ou le lui modifier sans son consentement. L’industrie céramique peut penser également que l’on ne peut étendre sans sa participation et son consentement la portée de son nom propre et par conséquent lui imposer la nécessité de trouver une autre appellation.
- Dans l’industrie céramique trop souvent peut-être le même terme n’a pas toujours eu la même portée pour tous les industriels ou commerçants; certains ont eu en vue d’attirer à eux la clientèle, d’autres ont agi par ignorance; mais il n’y a eu de la part d’aucun fabricant flottement ou hésitation sur la portée du mot « céramique ».
- p.367 - vue 367/899
-
-
-
- M68
- SIGNIFICATION DU MOT CÉRAMIQUE. — AVRIL 1924.
- Dans la classification des expositions, où pourtant le groupement des productions ayant des rapports a été toujours envisagé, il n’en est aucune où toutes les industries auxquelles on voudrait donner le nom de céramique aient été réunies dans une seule classe, ni même dans un groupe unique.
- Avec l’extension que l’on demande et qui ne s’impose en aucune façon, l’industrie céramique serait sacrifiée sans autre résultat que de permettre à une concurrence d’utiliser son propre nom sans crainte d’être inquiétée ; au moment où l’on revendique les appellations d’origine l’elïet serait certainement regrettable.
- En résumé l’extension du mot « céramique » à d’autres industries que celles de l’argile façonnée dont la forme est rendue définitive par la cuisson, ne paraît nullement à poursuivre; cette industrie forme un ensemble suffisamment important pour motiver une appellation propre et si le mot actuel de « céramique » devait ne pas la définir seule, un autre terme devrait être adopté, l’étymologie même du mot « céramique » fait penser qu’il serait difficile d’en trouver un meilleur pour désigner les produits actuellement repris.
- Les verres, chaux, plâtres, ciments et autres matières envisagées n’ont avec le travail de l’argile aucune communauté de technique ni d’emploi qui fasse désirer une appellation commune.
- Les industriels intéressés ne sont aucunement favorables à cette extension; elle n’aurait d’autre résultat que de constituer un élément de concurrence.
- Pour le public lui-même il serait exposé à de plus nombreuses confusions.
- Le maintien de la portée actuelle du terme « céramique » s’impose.
- Le Comité des Arts chimiques de la Société d’Encouragement estime donc que les considérations mises en avant pour demander l’extension de la portée du terme « céramique » ne la commandent nullement; que, par contre, les inconvénients pouvant en résulter seraient importants sans bénéfice.
- Il émet aussi l’avis que le mot « céramique » soit conservé avec son interprétation actuelle, parfaitement définie et ne donnant prise à aucune confusion.
- J. Loebnitz,
- membre du Conseil.
- p.368 - vue 368/899
-
-
-
- bulletin de la société d’encourag. pour l’industrie NATIONALE. — AVRIL 1924.
- NOTE DU COMITÉ DE COMMERCE
- Ve Congrès annuel de la Natalité1. (Marseille, 27-30 septembre 1923)
- par
- M. Georges Risler, membre du Conseil.
- Le Comité permanent de la Natalité a continué en 1923, la patriotique action entreprise dès 1919 et a rappelé une fois de plus à l’opinion publique l’angoissant problème qui préoccupe si vivement tous les bons Français en présence de la diminution de notre natalité. Aucune manifestation ne pouvait être, semble-t-il, à la fois plus essentielle et plus urgente.
- L’agitation créée depuis quelques années autour de la nécessité absolue du relèvement du chiffre de nos naissances avait éveillé dans notre pays une attention suffisante pour légitimer un pas en avant, dans la voie que se sont tracée les organisateurs de ces congrès. Nul doute que les assises tenues à Marseille du 27 au 30 septembre 1923 n’aient répondu à l’attente de l’opinion publique et ne prennent dans l’histoire démographique de notre pays une réelle importance.
- Plus de mille bons Français l’avaient si bien compris qu'ils étaient accourus de tous les points de la France sur les bords de la Méditerranée afin de prendre part aux travaux du Congrès, manifestant ainsi leur conviction que de cette question dépendent l’avenir et la grandeur de notre patrie.
- L’ordre du jour très touffu par suite des contributions locales, comportait des études sérieuses de toutes les questions touchant à la natalité, à la protection de la famille et aux moyens les plus propres à assurer son complet développement. Dix sections ou commissions avaient été prévues pour en poursuivre l’examen.
- La première Section avait dans ses attributions l’étude des diverses dispositions législatives susceptibles de faire reconnaître les droits de la famille et de lui apporter les encouragements qui doivent lui être accordés en raison de son rôle primordial au sein de la Société. La présidence de cette Section fut confiée à M. Auguste Isaac, l’éminent président général du Congrès lui-même. Il la présida avec la compétence, l’élévation morale et la distinction avec lesquelles il remplit toutes les fonctions qui lui sont confiées.
- Sous une telle direction, les travaux ne pouvaient manquer de revêtir une impor-
- (1) Voir le compte rendu du IVe Congrès annuel de la Natalité, par M. Georges Risler dans le Bulletin de janvier 1923, p. 44.
- p.369 - vue 369/899
-
-
-
- 370
- Ve CONGRÈS DE LA NATALITÉ (MARSEILLE). — AVRIL 1924.
- tance toute particulière. Un rapport fut présenté sur la nécessité pour le Gouvernement d’adopter enfin « une politique de la natalité ». Les points les plus importants touchant à ce point de vue furent remarquablement traités par M. Fernand Boverat, le très dévoué et compétent secrétaire général de l’Alliance nationale pour l’Accroissement de la Population française, qui indiqua les principales réformes qui s’imposent dans la législation concernant les encouragements à la natalité.
- M. Vieuille, le très actif secrétaire général du Comité permanent de la Natalité, exposa ensuite avec une remarquable précision l’important problème qui se pose au sujet de la péréquation des charges fiscales. Enfin M. Roulleaux-Dugage, député, fit acclamer le suffrage universel devenant intégral par l’institution du vote familial et du vote féminin.
- L’étude des conditions d’existence matérielle de la famille nombreuse fit l’objet des travaux de la 2e Section intitulée « Section de l’Action professionnelle ».
- Successivement M. Bonvoisin, le distingué directeur du Comité des Allocations familiales, et M. A. Boude, président de la Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie de Marseille, firent ressortir la nécessité de la généralisation du système des allocations familiales dans toutes les entreprises afin que soit assuré aux travailleurs pères de famille nombreuse, un salaire ne reposant plus seulement sur la vieille formule syndicale, désormais périmée, de « A travail égal, salaire égal », mais aussi sur le service rendu par ceux qui accomplissent un autre devoir en élevant une famille qui doit être considérée comme une entité sociale.
- M. F. Auburtin, compléta ces aperçus du plus haut intérêt par un exposé des dispositions prévues en faveur de la famille, dans le projet de loi sur les assurances sociales en instance devant les Chambres.
- En présence du danger d’une dépopulation persistante, le Congrès a estimé d’autre part qu’il était dans ses attributions de s’efforcer d’y pallier en étudiant les mesures les plus propres à encourager, à l’exemple de certains pays étrangers, une immigration importante et facilement assimilable, orientée notamment vers nos principaux centres de production industrielle et aussi vers nos campagnes chaque jour plus délaissées.
- Le problème de la main-d’œuvre est en effet devenu pour notre agriculture, comme pour notre industrie, une question vitale et les rapporteurs de la 3e Section dite « de l’économique, de la statistique et de la propagande », à la présidence de laquelle nous eûmes l’honneur d’être appelé, l’ont tour à tour démontré avec une force persuasive et convaincante tout à fait frappante. Des rapports de tout premier ordre ont été présentés à cette section parmi lesquels nous nous plaisons à citer particulièrement ceux de M. Nogaro, ayant trait à la législation sur l’immigration, de M. Brenier, le si distingué directeur de la Chambre de Commerce de Marseille, sur le soi-disant péril du surpeuplement général, tandis qu’au contraire apparaissent actuellement comme à peu près indéfinies les possibilités de la colonisation; enfin, de M. Barriol, l’éminent secrétaire général de la Société de Statistique, sur la valeur, sociale de l’individu.
- Il appartenait d’autre part à un congrès comme celui de Marseille de mettre en relief le rôle des facteurs d’ordre moral qui dominent tout le problème de l’accroissement de la natalité française. Le retour aux vieilles et justes conceptions au sujet de la solidité des unions et de la pérennité de la famille en constituent la pierre angulaire. Ce fut là l’occasion de magnifiques succès oratoires en même temps que
- p.370 - vue 370/899
-
-
-
- Ve CONGRÈS DE LA NATALITÉ (MARSEILLE, 27-30 SEPTEMBRE 1923). 371
- moraux, tout à l’honneur de M. Pourésy, secrétaire général de la Fédération des Sociétés de Lutte contre l’Immoralité publique.
- L’hygiène ne devait pas tenir une place moins grande dans des travaux ayant pour objet la protection de la femme et de l’enfant. Une section fut donc constituée ayant pour mission d’étudier les moyens les meilleurs pour assurer à la fois la protection de la mère et celle de l’enfant et le Congrès eut là encore à enregistrer à côté de communications telles que celle de M. Robert de Massy, président du Tribunal civil d’Orléans, sur la lutte contre les maladies vénériennes, des propositions précises, susceptibles d’aboutir à des résultats pratiques et du plus haut intérêt.
- Que dire, d’autre part, des travaux de la Section agricole sinon qu’ils furent fort intéressants? Le nœud du problème du relèvement de notre natalité ne touche-t-il pas de très près au problème agraire, un peu spécial à notre pays et rendu fort difficile par le manque de bras dont nous souffrons. Il y a trop de terres qui restent en friche dans notre admirable pays, trop de mornes étendues qui attendent d’être fécondées à nouveau par le labeur du paysan. Celui-ci se fait trop rare en France et voici que l’on en vient à songer à une véritable colonisation intérieure sur certains points de notre territoire. Là encore, les différents orateurs ont su mettre en relief les maux dont nous souffrons et les possibilités que nous avons d’y pallier en partie, soit en faisant appel à la main-d’œuvre étrangère, soit en intensifiant le développement des institutions existantes du crédit agricole et des caisses d’allocations familiales.
- Nous avons regretté qu’on n’insiste pas davantage sur les coupables restrictions qui se développent de plus en plus dans les familles agricoles en matière de natalité. L’égoïsme dont on y fait preuve conduit tout simplement à la ruine de l’agriculture dont la vie ne peut être assurée que par des familles nombreuses.
- Nous serions ingrat si nous terminions ce trop bref compte rendu sans signaler d’une façon toute spéciale l’intérêt apporté par le Congrès à l’angoissante question du logement. Au point de vue de la famille à son origine et de son développement, peut-il y avoir une question plus importante? C’est ce que nous nous sommes efforcé de prouver, comme les différents rapporteurs, qui se sont tour à tour attachés à mettre en relief les avantages qu’offre, au point de vue de la famille nombreuse, la législation française sur les habitations à bon marché.
- Nous avons eu le plaisir, pour notre part, de constater l’intérêt profond témoigné par l’ensemble des congressistes aux deux communications qui nous ont été demandées, d’une part sur l’œuvre des offices publics et des sociétés d’habitations à bon marché, d’autre part au cours de la grande conférence du Congrès dont nous avions été chargé cette année sur « La Famille nombreuse et le Logement ».
- Nous nous sommes efforcé de rester sur le terrain des faits et des idées logiques et de ne présenter que des suggestions pratiques. La sympathique et touchante attention qui nous a été constamment accordée a été pour nous un puissant réconfort et une indication d’avoir à persévérer plus énergiquement que jamais dans la voie que nous nous sommes tracée.
- En résumé : bonnes journées à la fois pour le culte de la famille et pour celui de la patrie.
- Pour la première fois, peut-être, depuis l’ouverture de ces sessions annuelles nous sentions qu’une véritable voionté de lutte contre le péril qui nous menace se dessine nettement dans le pays. C’est un point sur lequel on ne saurait trop insister.
- p.371 - vue 371/899
-
-
-
- 372 Ve CONGRÈS DR LA NATALITÉ (MARSRILLL). — AVRIL 1924.
- Le danger, grâce à de constants efforts, à une active propagande et à des mesures de justice sociale peu à peu édictées, apparaîtra prochainement à tous les Français dans son entière gravité et alors le moment de salut approchera.
- Des institutions comme le Musée social, l’Alliance nationale pour l’Accroissement de la Population française, la Ligue pour la Vie et toutes les associations de familles nombreuses qui ont pris la tête du mouvement, agissent maintenant activement et énergiquement sur les masses. Le Congrès de Marseille a constitué pour toutes ces associations un puissant encouragement.
- Depuis quatre ou cinq ans, une évolution caractérisée de la mentalité générale du pays s’est opérée, sans aucun doute, en ce qui concerne le problème de la natalité. Le temps paraît venu d’exploiter ce nouvel état d’esprit pour travailler à l’instauration des mesures susceptibles d'affermir la constitution et le développement normal et régulier du groupement familial, cellule de la société.
- A ce point de vue il est certain que le Congrès de Marseille marque un tournant décisif. Les résultats de l’action entreprise commencent déjà à apparaître, et si la tâche est bien loin d’être terminée, si le but apparaît encore lointain, du moins sommes-nous certainement dans la bonne voie.
- Ce sera l’œuvre des prochains congrès, sans perdre de vue l’idéal, de poursuivre avec une énergie toujours renouvelée notre action en lui donnant une orientation toujours de plus en plus pratique, de manière à la portera son maximum d’efficacité.
- « A chaque jour suffit sa peine » a dit le plus charmant de nos fabulistes :
- Mais à condition de ne pas ménager nos efforts : « Alors la récompense viendra .»
- Georges Risler, membre du Conseil.
- p.372 - vue 372/899
-
-
-
- bull, de la société d’encourag. pour l’industrie nationale.
- AVRIL 1924.
- PROJET D’UNE CLASSIFICATION UNIFORME DES MATIÈRES GRENUES ET PULVÉRULENTES
- I. — Ex posé. — La plupart des matières formées par un ensemble de morceaux plus ou moins gros ou de grains plus ou moins fins ont souvent à être définies quant aux dimensions de leurs éléments constituants.
- Pour certaines, on a pris l’habitude de caractériser les diverses catégories d’éléments par l’indication des conditions de séparation de ceux-ci, par exemple par des numéros de tamis ou par des durées de décantation, qui ne suggèrent à l’esprit aucune idée immédiate des dimensions correspondantes.
- Pour d’autres, ces catégories sont désignées par des numéros conventionnels, qui n’ont de sens que pour de rares initiés.
- Pour beaucoup, enfin, on se contente de qualificatifs vagues tels que gros, moyen, fin, menu, tout-venant, etc.
- Il est évidemment désirable que les classifications de toutes les matières d’après les dimensions de leurs éléments soient régies par un principe unique, avec séparation en un nombre suffisant de grosseurs types, toujours les mêmes, basées sur le système métrique, donnant à elles seules une idée nette des dimensions des grains, et susceptibles d’être ultérieurement adoptées pour une unification internationale.
- Le nombre de ces grosseurs types doit d’ailleurs différer selon qu’on veut pousser plus ou moins loin la définition de grains isolés ou de mélanges, d’où la nécessité de plusieurs catégories de dimensions limites de plus en plus voisines.
- Des propositions dans ce sens ont été présentées par l’auteur dans les séances des 29 janvier et 12 novembre 1921 de l’Association franco-belge pour l’Essai des Matériaux, qui les a faites siennes dans sa séance du 1er avril 1922. Depuis lors, la Commission permanente de Standardisation a adopté une « normalisation des dimensions » d’un caractère tout à fait général, dont il conviendra de s’écarter le moins possible pour les diverses sortes de matériaux particuliers.
- Aussi avons-nous cru devoir modifier notre classification comme il va être exposé ci-après, de manière à la conformer aux prescriptions générales normalisées. La transformation a d’ailleurs été facile, en raison de ce fait
- p.373 - vue 373/899
-
-
-
- 374
- CLASSIFICATION DES GRAINS ET DES POUDRES. ------ AVRIL 1924.
- que toutes les dimensions limites choisies jadis pour nos deux premières séries de grosseurs types étaient déjà des termes de la série principale, dite de llenard, fixée par la Commission permanente de Standardisation.
- II. — Définition de la grosseur des grains. — La dimension linéaire des grains, qui donne l’idée la plus nette de leur grosseur, ne peut être définie que d’une manière conventionnelle, à cause de leur forme généralement irrégulière.
- Il convient de réserver le nom de diamètre moyen au diamètre d’une sphère de même volume que le grain, ce volume pouvant être déduit du poids d’un nombre connu de grains, divisé par ce nombre et par le poids spécifique de la matière.
- Quand les grains sont trop fins pour être comptés et pesés, on peut mesurer sous le microscope leurs trois dimensions principales et calculer approximativement leur volume en les assimilant à des ellipsoïdes ayant pour axes ces trois dimensions; mais ces mesures sont longues et délicates et ne fournissent généralement, pour les volumes et par suite pour les diamètres moyens, que des valeurs fort inexactes.
- On pourrait encore adopter comme dimension linéaire moyenne d’un ensemble de grains de grosseurs voisines la movenne des largeurs des mailles des deux tamis limitant ces grains. Mais ces largeurs sont elles-mêmes incertaines et variables d’un point à l’autre d’une même toile, et d’ailleurs ce mode de mesure ne serait pas applicable aux poudres trop fines pour être séparées par tamisage.
- La grandeur qui nous paraît la plus propre à fournir dans tous les cas une commune mesure de la dimension linéaire des grains est celle que nous avons appelée largeur moyenne-, c’est la moyenne, pour un nombre suffisant de grains de grosseurs très voisines, des distances de deux tangentes à chaque grain, parallèles à une direction fixe arbitraire, quelle que soit l’orientation du grain par rapport à cette direction. Pour les grains assez fins pour être examinés au microscope, la largeur de chacun estfournie immédiatement par l’écart des divisions du micromètre oculaire tangentes de part et d’autre à son contour apparent; pour les plus gros, on peut la mesurer en les amenant, au moyen d’une vis micrométrique, à être tangents successivement par leurs deux bords opposés à un plan de visée fixe dans l’espace et perpendiculaire à la direction de la translation (1).
- Le rapport de la largeur moyenne au diamètre moyen varie selon la
- (I) Il est à noter que, par suite de la tendance naturelle des grains irréguliers à se placer dans leur position d’équilibre la plus stable, leur dimension verticale maximum doit être, en général, inférieure à la largeur moyenne ainsi définie.
- p.374 - vue 374/899
-
-
-
- CLASSIFICATION UNIFORME DES MATIÈRES GRENUES ET PULVÉRULENTES. 375
- forme des grains. Étant donné que la première peut seule être mesurée pour toutes les catégories de grains, c’est elle qu’il convient d’adopter pour définir leur dimension linéaire.
- Dans la classification exposée ci-après, les grains seront donc groupés d’après leurs largeurs moyennes, quel que soit le procédé mécanique employé pour les séparer par catégories (1).
- Chaque catégorie sera définie par un symbole obtenu en inscrivant dans une parenthèse les limites maximum et minimum des largeurs moyennes des grains qu’elle comprend, la plus grande d’abord, séparée de la plus petite par un tiret (2).
- III. — Classification proposée. — Dans toute échelle de dimensions un peu étendue, il est désirable que les nombres successifs forment une progression géométrique, de telle sorte que l’écart relatif entre les limites de chaque catégorie soit constant.
- Conformément à ce principe, la Commission permanente de Standardisation a adopté pour la « normalisation des dimensions » en général, une série principale obtenue en multipliant ou divisant par les puissances entières successives de 10 les nombres simples :
- 10; 12,5; 16; 20; 25; 32; 40; 50; 64; 80; 100; très voisins des termes d’une progression géométrique ayant pour raison 1\/10 et jouissant de divers avantages spéciaux. De même, trois autres séries accessoires sont formées de nombres simples différant très peu des termes consécutifs de progressions géométriques ayant pour raisons respectivement v/T0, ’JÏÔ et svï0-
- Le classement que nous proposons comporte d’abord des catégories primaires dont les limites, mesurées par les unités décimales successives, forment exactement une progression géométrique ayant pour raison 1 : 10. Ces limites sont suffisamment écartées pour que les catégories qu’elles séparent puissent être désignées par des appellations distinctes.
- En vue de faciliter la nomenclature, nous avons prévu, pour ces catégories, des dénominations créées spécialement de manière à ne pas faire confusion avec des termes plus ou moins généraux déjà existants, et sus-
- (1) Pour les grains susceptibles d’être séparés au moyen de passoires à trous circulaires, on pourra, dans les emplois courants, substituer à la classification normale, basée sur les largeurs moyennes des grains, une classification pratique, basée sur les diamètres des trous des passoires. Mais il devra être bien entendu que ces deux classifications ne sont pas équivalentes et présentent même entre elles des rapports variables selon la forme générale des grains.
- (2) Cet ordre est le plus logique, en ce que le nombre précédant le signe de la soustraction doit être plus grand que celui qui suit ce signe; le symbole exprime en effet que les grains désignés sont ce qui reste quand, de la matière traversant le plus gros tamis, on retranche celle qui traverse le plus fin.
- p.375 - vue 375/899
-
-
-
- CLASSIFICATION DLS GRAINS ET DES POUDRES.
- AVRIL 1024.
- ;n6
- ceptibles d’être admises dans toutes les langues. Ces mots, relatés par le tableau A, sont basés sur l’emploi des désinences granes, pulves (1) et cols,
- TABLEAU A
- ccï D U £ DIMENSIONS LINÉAIRES LIMITES
- Z S < DÉSIGNATION CATÉGORIES PRIMAIRES CATÉGORIES 2 A 5(1)
- ° a a O C. G. S. Pratiques. C. G. S. Pratiques.
- Centimèires. Centimètres.
- i Mégagranes.... (100 — 10)10-' (100 — 10) m (M — N) 10-' (M — N) mm
- 2 Mésogranes.... O o 1 © O (10 — 1) m (M — N)10-2 / M X\ Uô - iojmm
- 3 Microgranes. . . . (100 — 10) io—3 (1 — 0,1 ) m (M — N) 10-3 (lOÔ 100/mm
- 4 Mégapulves .... (100 — 10)10-* (100 — 10) [a (M — N) 10-* (M — X) p
- 5 Mésopulves .... (100 — 10)10-5 (io-i)p (M — N) 10-5
- 6 Micropülves. . . . (100 — 10) 10-5 (1 — 0,1) u (M — X) 10 '' / M X \ \ioo ïoo/^
- 7 Mégacols (100 — 10) 10-7 (100 — 10) pp (M — X)10~7 (M — X) pp
- 8 Mésocols T O o' T O O (10 — 1) pp (M — NH0-* / M N\ Vio 10/
- 9 Microcols O O J© O (1 —0,1) pp (M — N) 10-» / M X \ Vioo ïoojw
- (1) M et N désignent deux termes quelconques, consécutifs, compris entre 100 et 10, de l’une quelconque des séries normalisées.
- évoquant l’idée des états grenu, pulvérulent et colloïdal, sans prétendre toutefois fixer des définitions de ces états; ils ne sont d’ailleurs donnés qu’à titre de première indication et pourront, s’il y a lieu, après discussion, être remplacés par d’autres qui soient mieux appropriés aux grandeurs correspondantes.
- Si, conformément au principe du système CGS, on prend pour unité le centimètre, les dimensions limites des catégories primaires sont les produits de 100 et de 10 par 10“", n désignant l’ordre de grandeur correspondant, indiqué dans la première colonne du tableau; de même les limites des subdivisions ultérieures sont mesurées par les produits par 10_nde deux termes consécutifs quelconques, M et N, compris entre 100 et 10, de telle ou telle des séries normalisées. Dans la pratique, l’emploi de ces puissances négatives de 10 pourra présenter des inconvénients, et il vaudra mieux recourir
- (1) La désinence pulvres serait plus conforme à la loi de formation des mots dérivés du latin, mais se prêterait plus difficilement à l’adaptation des vocables proposés aux langues étrangères ne comportant pas de syllabes muettes.
- p.376 - vue 376/899
-
-
-
- CLASSIFICATION UNIFORME DES MATIÈRES GRENUES ET PULVÉRULENTES. 377
- à d’autres unités appropriées aux divers ordres de grandeur, savoir le millimètre (mm), le millième de millimètre ou micron (p) et le millième de micron (pp), en ayant toujours soin de faire suivre le symbole mis entre parenthèses de l’indication de l’unité choisie ; on voit par le tableau A combien est simple la loi de formation de pareils nombres.
- Le tableau B indique la subdivision de la catégorie primaire du premier ordre en catégories secondaires, tertiaires, etc., à échelons de plus en plus serrés, en prévision des nécessités possibles de tel ou tel commerce, industrie ou branche de connaissances. Les limites de ces catégories sont celles qui ont été déduites de la série de Bénard parla Commission permanente de Standardisation; elles forment, à très peu de chose près, des progressions géométriques ayant pour raisons \/10 pour les catégories secondaires, y'IU y/10 et 710 pour les suivantes.
- Bien que chaque catégorie soit complètement définie par son symbole, c’est-à-dire par l’indication de ses limites, les personnes appelées à se servir fréquemment de telle ou telle région de la classification pourront trouver plus commode d’employer des dénominations moins longues et moins abstraites. Afin de leur donner satisfaction, on a prévu, pour les catégories secondaires, tertiaires et quaternaires, des noms obtenus en faisant suivre celui de la série primaire, ou même simplement le numéro de l’ordre de grandeur correspondant, d’une lettre majuscule, minuscule ou grecque, comme l’indique le tableau B. Pour la dernière catégorie, des dénominations analogues deviendraient très compliquées, plus difficiles à retenir que les symboles numériques eux-mêmes, et, dès lors, d’un emploi peu pratique; on n’en a pas indiqué.
- Le tableau B est relatif uniquement aux grandeurs du premier ordre ou mégagra?ies; pour les autres, la subdivision et les lettres sont les mêmes, et les dimensions limites sont divisées par une puissance de 10 appropriée, selon les indications des deux dernières colonnes du tableau A. Par exemple, les microgranes c2, ou éléments 3 c2, ont leur largeur moyenne allant de 0,5 à 0,4 mm; les mésopulves D, ou éléments 5 D, sont des corpuscules de 2,5 p à 1,6 p, etc.
- On pourra formuler contre ces dénominations la même objection que nous adressions, en débutant, à certaines désignations actuelles, de n’ètre intelligibles que moyennant une initiation préalable; du moins cette initiation serait-elle la même pour toutes les branches de l’activité pratique et scientifique. D’ailleurs il ne faut pas perdre de vue que les noms choisis sont destinés surtout à faciliter le langage et que les seules désignations à considérer comme officielles sont celles qui reposent sur l’indication des deux dimensions limites, exprimées en centimètres : (50-40) 10-3, (25-16) 10~5.
- p.377 - vue 377/899
-
-
-
- 378
- CLASSIFICATION DES GRAINS ET DES POUDRES.
- AVRIL 1924.
- TABLEAU B
- CATÉGORIES
- quinaires
- Désigna-
- tion.
- Désigna- Limites tion. en mm.
- Limites
- Désigna- Limites
- Limites en mm.
- 100-95
- (100-90)
- (100-80)
- (90-85)
- (90-80)
- 100-64)
- (80-76)
- (76-72)
- (68-64)
- (64-60)
- (56-53)
- 64-40
- (42,5-40'
- (40-38)
- 40-36
- (36-34)
- 1er ordre ; Mégagranes \ (100-10) mm. ;
- (34-32)
- (30-28)
- (28-26,5
- (26,5-2!
- (25-22,4)
- (21,2-20)
- 25-16
- (19-18)
- (18-17)
- 16-12,5)
- 11,2-10)
- IV. — Composition granulométrique. — Il est rare qu’une matière grenue ou pulvérulente soit composée uniquement d’éléments de même grosseur;
- p.378 - vue 378/899
-
-
-
- CLASSIFICATION UNIFORME DES MATIÈRES GRENUES ET PULVÉRULENTES. 379
- c’est généralement un mélange en proportions variées d’un nombre plus ou moins grand de catégories voisines.
- Dès 1892, nous avons insisté sur l’importance de la répartition des diverses catégories de grains au point de vue des qualités de l’ensemble. En même temps nous avons proposé le mot composition granulométrique pour désigner les dimensions et les proportions relatives des éléments de diverses catégories dont se compose un mélange grenu quelconque; cette expression est maintenant d’un usage universel.
- Les catégories étant normalisées, il importera de normaliser de même les compositions granulométriques. Selon le degré de précision avec lequel on voudra définir la composition d’un mélange, on utilisera les catégories d’éléments primaires, secondaires, tertiaires, etc.
- Ce choix fait, on indiquera les proportions centésimales des catégories successives contenues, sans en sauter aucune, ou plutôt on totalisera successivement ces proportions, en commençant par celles des éléments les plus fins, de manière à indiquer les teneurs totales du mélange en éléments inférieurs à chaque limite (1). Si, par exemple, un mélange est composé des éléments
- 3C 3D 3E 4A 4B 4C
- dans les proportions : 7 42 26 13 7 5 (total : 100),
- on définira sa composition granulométrique, dite ici secondaire en raison des catégories adoptées, en écrivant qu’il comprend
- 100 93 51 25 12 5 et 0 p. 100
- d’éléments inférieurs respectivement à
- 400 250 160 100 64 40 et 25 ka.
- Dans les cas tels que l’exemple choisi, où le mélange sera composé d’éléments chevauchant sur plusieurs ordres de grandeur pour lesquels les unités pratiques prévues soient différentes, on adoptera pour tous la plus petite de ces unités, de manière à avoir le moins possible de nombres fractionnaires.
- Grâce à la méthode de totalisation proposée, chaque nombre fournira, sur la composition du mélange, une notion absolue, comparable d’un mélange à un autre, indépendante du choix des autres limites et de la réalisation des autres séparations.
- En outre, la composition granulométrique d’un mélange quelconque
- (1) On pourrait encore indiquer les teneurs totales en éléments supérieurs, ce qui donnerait, comme proportions, les compléments à 100 des premières. Nous avons cru devoir accorder la préférence à la première manière, en ce que les proportions qu’elle fournit varient dans le même sens que les grandeurs des dimensions limites.
- p.379 - vue 379/899
-
-
-
- 380 CLASSIFICATION DES GRAINS ET DES POUDRES. — AVRIL 1924.
- pourra être représentée graphiquement par une courbe ayant pour ordonnées les proportions ainsi totalisées et pour abscisses soit les dimensions limites correspondantes (1), croissant en progression géométrique, soit les logarithmes de ces limites, équidistants.
- ' Toutes les fois que les procédés de séparation employés pour l’analyse granulométrique ne correspondront pas à des dimensions limites comprises dans les séries normalisées, il sera indispensable de recourir à de pareilles courbes pour exprimer la composition conformément aux règles uniformes admises. On construira la courbe par points en partant des dimensions non normalisées et on en déduira par interpolation les ordonnées correspondant aux limites officielles.
- Par exception, dans bien des cas où une séparation très poussée ne sera pas nécessaire, on pourra trouver avantage à décomposer le mélange en seulement trois grosseurs de grains, judicieusement choisies, et à le représenter, dans un triangle équilatéral, parle centre de gravité du système obtenu en chargeant les trois sommets de masses correspondant aux proportions relatives des trois catégories divisionnaires. Dans diverses publications antérieures, nous avons donné de nombreuses applications de ce mode de représentation (2).
- En principe, on devra toujours exprimer les proportions en volumes absolus, quotients des poids par les poids spécifiques, de manière à éliminer les variations possibles de ces derniers suivant les catégories. Quand on n’en aura pas le moyen, on indiquera comment les proportions indiquées auront été évaluées, soit en poids, soit de toute autre manière jugée plus commode. On se gardera toutefois de les exprimer en volumes apparents : outre que ces volumes contiennent des quantités de matière mal définies et variant selon les méthodes de mesure adoptées, le volume apparent d’un mélange grenu ou pulvérulent quelconque n’est jamais égal à la somme de ceux des constituants séparés.
- Y. — Conclusion. — En raison de l’intérêt qu’une classification uniforme telle que celle qui vient d’être exposée présenterait dans le domaine industriel et commercial aussi bien qu’au point de vue purement spéculatif, nous n’avons pas craint de placer nos propositions sous l’égide de la Société
- (1) De cette courbe on pourra, si on le juge à propos, en déduire une autre dont les ordonnées soient proportionnelles aux coefficients angulaires des tangentes à la première. L’aire comprise entre cette seconde courbe, l’axe des abscisses et deux ordonnées quelconques sera proportionnelle à la teneur du mélange en éléments compris entre les deux dimensions limites correspondant à ces coordonnées. Si ces dimensions sont infiniment voisines, leur ordonnée commune indiquera la richesse relative du mélange en éléments dont la largeur moyenne s’écarte infiniment peu de la valeur correspondante.
- (2) Voir notamment : Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale, de décembre 189", pages 1616 et suivantes.
- p.380 - vue 380/899
-
-
-
- CLASSIFICATION UNIFORME DES MATIÈRES GRENUES ET PULVÉRULENTES. 381
- d’Encouragement pour l’Industrie nationale. L’accueil flatteur qu’elles y ont trouvé, et dont nous lui sommes profondément reconnaissant, nous engage à faire appel aux lecteurs du Bulletin pour collaborer à l’œuvre entreprise, en exposant leurs objections possibles et, s’il y a lieu, de nouvelles propositions (1).
- Naguère, la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale a pris en main et mené à bonne fin l’unification des filetages; il est à espérer que, grâce à sa grande autorité et à la diffusion de ses correspondants à la fois dans les milieux industriels et scientifiques, l’unification proposée aujourd’hui pourra obtenir un succès analogue.
- R. Feret, membre du Conseil.
- (1) Les observations et les propositions nouvelles devront être adressées au Secrétariat de la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, Paris (6°). L’enquête sera close le 1°' novembre 1924.
- Tome 136. — Avril 1924.
- 27
- p.381 - vue 381/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — AVRIL 1924.
- LES TANINS SYNTHÉTIQUES1
- Autrefois, l'industrie de la teinture n’utilisait pour ses besoins que des matières colorantes naturelles, parmi lesquelles certaines d’entre elles comme la garance, l’indigo, jouaient un rôle capital.
- La découverte des matières colorantes artificielles, obtenues à partir des goudrons de houille, suivie de la fabrication synthétique de l’alizarine, principe de la garance, et de l’indigotine, principe de l’indigo naturel, détermina une révolution dans l’art du teinturier et fit oublier presque complètement les anciens produits naturels dont il pouvait disposer.
- Allons-nous assister à un phénomène analogue dans l’industrie de la tannerie? Telle est la question que je me propose d’examiner avec vous aujourd’hui.
- Jusqu’à 1884, le tannage avec les matières tannantes naturelles constituait la base de la fabrication des cuirs, abstraction faite de quelques méthodes spéciales de moindre importance, comme le tannage à l’huile et le tannage à l’alun.
- En 1884, l’apparition du tannage au chrome apporta une perturbation sérieuse dans la fabrication de la peau à dessus et l’on peut dire, à l’heure actuelle, que le tannage au chrome a pris dans cette spécialité une prépondérance définitive, en raison des perfectionnements rapides qui ont été réalisés au point de vue de l’aspect marchand et des qualités des produits fabriqués.
- Mais, dans la fabrication du cuir à semelles, dans la fabrication du cuir à courroies et dans certaines spécialités, comme le cuir à dessus pour chaussures militaires, dans le cuir pour ameublements, la maroquinerie, etc., le tannage au moyen de tanins végétaux a gardé toute son importance et toute son utilité. Par contre, les méthodes d’application de ces tanins ont une tendance à évoluer, soit en vue de la rapidité, soit en vue de l’amélioration et de la variation des qualités des produits fabriqués.
- De là l’origine du développement de l’emploi des matières tannantes exotiques, de l’emploi des extraits tannants et de l’emploi des méthodes de tannage rapides.
- Je ne crois pas que l’on puisse dire que la consommation mondiale des matières tannantes doive être considérée comme inquiétante vis-à-vis de la production actuelle et, surtout, vis-à-vis de la production possible. Il peut arriver que certaines variétés de tanins, comme le châtaignier et le quebracho, se raréfient mais il est possible de contrebalancer leur disparition par l'utilisation d'autres produits fournis par des végétaux à croissance rapide et à culture perfectionnée comme le mimosa.
- La fabrication synthétique du tanin ne se présente donc pas, à l’heure actuelle,
- (l) Conférence faite par l’auteur, le 29 janvier 192i, au Comité du Syndicat général des Cuirs et Peaux de France.
- p.382 - vue 382/899
-
-
-
- LES TANINS SYNTHETIQUES.
- 383
- comme une nécessité absolue; néanmoins, il y a lieu d’envisager, dès maintenant, de quelle manière ce problème se pose et d’examiner si sa solution est susceptible d’apporter au tanneur de nouveaux moyens de travail présentant quelque intérêt,
- Le premier point à étudier est le suivant :
- Peut-on espérer arriver à reproduire synthétiquement, dans des conditions présentant quelque intérêt industriel, des produits tannants identiques à ceux qui sont contenus dans les végétaux?
- A cette question, on ne peut que répondre négativement, non seulement aujourd’hui, mais encore pour de bien nombreuses années, cela pour deux raisons capitales :
- En premier lieu, avant de chercher à fabriquer synthétiquement un composé, il est indispensable de bien connaître sa constitution et, à ce point de vue, nos connaissances sur la constitution des tanins végétaux, exception faite pour le tanin des galles, sont presque nulles.
- En deuxième lieu, il y a à craindre que certains des éléments nécessaires pour la reconstitution synthétique des tanins ne soient eux-mêmes des produits qui ne peuvent nous être fournis jusqu’à présent que par les matières tannantes elles-mêmes. C’est ce que l’on peut constater dans la magnifique synthèse scientifique de l’acide gallo-tannique, ou tanin des noix de galle, réalisée ces dernières années par Fiscijek et Freudenberg.
- Ces savants ont évidemment commencé leur travail de synthèse des tanins en s’adressant au plus simple d’entre eux, l’acide gallo-tannique, et ils ont montré qu’en parlant, comme matières premières, du glucose et de l’acide gallique, il était possible d’arriver, par toute une série de réactions, de réalisation complexe et coûteuse, à obtenir des corps identiques au tanin des noix de galle et en présentant tous les caractères.
- Tel est, à l’heure actuelle, le seul tanin synthétique, au sens propre du mot, qui ait été oblenu.
- Cette synthèse, absolument remarquable au point de vue scientifique, est négative comme application, étant donné, d’une part, sa difficulté de réalisation et, d’autre part, son grave défaut de nécessiter l’emploi de l'acide gallique qui. lui-même, nous est fourni par traitement du tanin des galles. Il y a là un cercle vicieux dont nous ne sortirons pas avant longtemps.
- Une deuxième question, toute différente de celle que nous venons d'examiner, peut être posée :
- Est-il possible de fabriquer synthétiquement, dans des conditions industrielles acceptables, des produits possédant quelques propriétés communes avec les matières tannantes végétales, en particulier vis-à-vis de la peau, sans se soucier aucunement, de l’identité de constitution chimique de ces produits avec les tanins végétaux?
- A cette question, on peut répondre dès aujourd’hui affirmativement, mais alors, il est peu logique de désigner ces produits sous le nom de tanins synthétiques-, ce sont des « ersatz » de tanins.
- Ces ersatz s’éloignent plus ou moins des produits tannants végétaux.
- Le premier en date qui ait été proposé et dont les caractères ne s’éloignent pas trop de ceux des tanins naturels est la quinone, dont nous avons étudié, mon ami
- p.383 - vue 383/899
-
-
-
- 384 LES TANINS SYNTHÉTIQUES. ----- AVRIL 1924.
- Seyeyvetz et moi, les propriétés tannantes, en 1908, propriétés qui s’appliquent d’ailleurs, non seulement à la peau, mais à d’autres matières animales comme la laine, les poils, la gélatine, la caséine, la corne, etc.
- J’ai eu l’occasion, à diverses reprises, d’exposer les résultats de nos travaux sur cette question; je n’y reviendrai pas aujourd’hui; je me contenterai de répéter ce que nous écrivions en 1908, à savoir, que la quinone constitue encore, à ce jour, la matière tannante synthétique la plus énergique et, en même temps, la plus inoffensive qui soit connue.
- Je me propose d’examiner aujourd’hui une autre série d'ersatz, de parenté plus, éloignée avec les tanins végétaux et dont la découverte faite par Stiasny, alors professeur à l’Université de Leeds, date de 1912. Antérieurement à Stiasny, Bakeland avait découvert la propriété que possèdent les phénols de se combiner, dans certaines conditions, à la formaldéhyde ou formol, pour donner naissance à des produits résineux, dont la fabrication et l’utilisation industrielles ont pris, depuis, un développement considérable : ce sont les bakélites, utilisées, soit comme substituts de l’ambre, soit comme isolants, soit comme vernis inattaquables.
- Ces bakélites sont complètement insolubles dans l’eau et ne comportent aucun emploi là où l’eau doit être employée comme solvant.
- Stiasny découvrit une méthode de combinaison des phénols et du formol donnant naissance à des produits extrêmement solubles dans l’eau et découvrit, en outre, que ces solutions possédaient certaines propriétés communes avec les matières tannantes végétales.
- Il céda, en 1913, ses brevets à la Badische-Anilin de Ludwigshafen, qui entreprit leur exploitation industrielle.
- Le premier produit mis sur le marché par cette firme fut le néradol I). Les quatre matières premières utilisées dans cette fabrication sont :
- le crésol, phénol contenu dans les goudrons de houille, d’un prix marchand relativement modique ;
- le formol ;
- l’acide sulfurique ;
- la soude caustique.
- On commence d’abord à combiner le crésol avec l’acide sulfurique pour le transformer en acide crésolsulfonique et on fait réagir ensuite ce dernier corps sur le formol, ce qui conduit à l’obtention d’un corps qui, après neutralisation partielle par la soude, à l’inverse des bakélites, est complètement soluble dans l’eau et constitue le néradol D.
- Ultérieurement, la Badische reconnut que les phénols des goudrons de houille n’étaient pas les seuls produits qui, après traitement par l’acide sulfurique, combinaison avec le formol, puis neutralisation partielle avec la soude, étaient capables de donner des produits solubles ayant des caractères communs avec les tanins végétaux.
- La naphtaline, carbure d’hydrogène contenu également dans les goudrons de houille, peut être employée à la place du crésol et conduit à l’obtention des néra-dols N et ND. suivant le degré de neutralisation par la soude.
- p.384 - vue 384/899
-
-
-
- LES TANINS SYNTHÉTIQUES.
- 383
- D’autres carbures lourds, principalement l’anthracène, les rétènes, conduisent par le même processus (traitement par l’acide sulfurique, condensation avec le formol, neutralisation partielle par la soude) à l’obtention de Yordoval G.
- Tous ces produits : néradols D, N, ND, ordoval G, présentent avec les tanins végétaux des caractères communs assez limités et d’ailleurs variables de l’un à l’autre et surtout variables avec leur degré de neutralisation. Ce sont tous des produits liquides.
- Le néradol D, obtenu à partir du crésol, colore en foncé les sels de fer; les autres, obtenus à partir du carbure, ne les colorent pas. Ils précipitent tous la gélatine de ses solutions.
- Leur combinaison avec la peau est d’autant plus accusée qu’ils sont moins neutralisés et c’est là le principal point faible de cette série de composés. L’on se trouve enfermé dans le dilemme suivant : ou bien ne pas pousser trop loin la neutralisation, et alors l’acidité du produit peut devenir dangereuse, ou bien neutraliser fortement et alors l’astringence du produit est considérablement diminuée; ses propriétés tannantes disparaissent au fur et à mesure que la neutralisation progresse.
- La présence du groupement acide-sulfonique introduit dans la molécule de ces corps par l’action de l’acide sulfurique est donc essentielle : tant que ces groupements acides sont libres, la molécule est active vis-à-vis de la peau, mais au fur et à mesure que l’on neutralise l’acidité de ces groupements par la soude, cette activité diminue.
- Il y a donc lieu de se maintenir, à ce point de vue, dans un juste milieu.
- A la suite de l’apparition sur le marché des produits de la Badische, un nombre considérable de brevets furent pris, dans différents pays, en vue de l’obtention de produits synthétiques possédant des propriétés tannantes.
- A l’heure actuelle, leur fabrication tend à se généraliser dans tous les pays, sous les noms de : syntans et de maxsyntans, en Angleterre; de dial ans et de clarex, en France; de sorbanol et de leukanol, aux Etats-Unis, etc. Certains d’entre eux, comme le corinal, ont été additionnés d’alumine; d’autres, comme Yesco-extract, d’oxyde de chrome.
- Le principe général sur lequel repose la fabrication de tous ces produits est sensiblement le même; ils résultent tous de la condensation de dérivés sulfoniques de phénols ou de carbures avec le formol ou une aldéhyde voisine, avec neutralisation subséquente du produit de condensation avec une base; cependant, la valeur technique de tous les produits que l’on rencontre sur le marché est loin d’être la même. Il convient donc, pour le tanneur, d’examiner avec le plus grand soin ces différentes substances avant de les introduire dans sa fabrication.
- Le premier facteur à déterminer, et nous avons vu antérieurement pourquoi, est le degré d’acidité du produit. A égalité du pouvoir de pénétration dans la peau, le meilleur produit sera celui qui présentera la plus faible acidité libre.
- La détermination de sa teneur en eau donnera une idée de sa concentration.
- L’analyse par la poudre de peau, comme s’il s’agissait d'une matière tannante ordinaire, permettra de se rendre compte, par le chiffre de non-tanins, de la proportion de sulfate de soude inactif qu’il renferme.
- Une série d’essais de tannage faits sur de petits morceaux de tripe déchaulés,
- p.385 - vue 385/899
-
-
-
- 386
- LES TANINS SYNTHÉTIQUES. — AVRIL 1924.
- d’épaisseurs variables, avec des liqueurs titrant de 1°,5 à 2° B., permettra de suivre la vitesse de pénétration, l’aspect de la fleur et sa couleur après rinçage et séchage du cuir tanné.
- Il sera prudent également, pour éviter des surprises à longue échéance, de suivre la résistance à la traction ou au pliage des échantillons de cuir, en les maintenant dans des conditions de température et d'humidité exagérées, permettant de réduire la durée d’observation .
- Enfin, dernière précaution, les cuirs obtenus avec les différents produits pourront être utilisés pour comparer la résistance des fils de couture dans des objets confectionnés, en soumettant ceux-ci à l’action de la chaleur humide.
- J’arrive maintenant à la question de l’utilisation de ces simili-tanins synthétiques par le technicien. Dans quelle partie de la fabrication doit-on les introduire, comment doit-on les employer et quels résultats nouveaux permettront-ils d’obtenir?
- 1° Cas du cuir à semelles. — L’utilisation des tanins synthétiques peut être prévue dans les méthodes de tannage accéléré du cuir à semelles à trois phases de la fabrication :
- a) Dans les cuves de basserie ; les tanneurs anglais, qui affectionnent particulièrement les cuirs à semelles de forte épaisseur, très gonflés, utilisent de préférence les tanins synthétiques, à la place de l’acide sulfurique, vers la septième cuve de basserie, pour fixer le gonflement, tout en évitant la précipitation de tanin que déterminait l’addition d’acide sulfurique;
- b) Dans le tannage au tonneau, pour faciliter la pénétration du châtaignier et éclaircir la couleur du cuir tanné ;
- c) Après tannage au tonneau, comme agent de blanchiment, en utilisant un foulonnage à l’eau tiède additionnée de tanin synthétique ou par suspension dans une solution de ces tanins. Dans les deux cas, on fait suivre par une mise en pile de vingt-quatre heures ;
- 2° Dans le cas des cuirs souples. — Il semble préférable d’employer, dans ce cas, des tanins synthétiques dans lesquels la neutralisation, au lieu d’avoir été effectuée par la soude, a été effectuée par l’ammoniaque.
- Ces tanins ne doivent être appliqués que sur des peaux parfaitement déchaulées et rincées; ils sont alors additionnés aux extraits mis en œuvre pour le tannage, dans des proportions variant de 10 à 20 p. 100.
- Ils peuvent également être employés dans les opérations de blanchiment de ces cuirs en mélange avec le sumac.
- Les avantages procurés par l’emploi des tanins synthétiques en combinaison avec les matières tannantes végétales sont les suivants :
- a) Augmentation dans la rapidité de pénétration des tanins végétaux;
- b) Diminution notable des boues dans les cuves de tannage, ces dernières étant partiellement solubles dans les tanins synthétiques ;
- c) Obtention de couleurs claires.
- Les inconvénients sont :
- a) Leur prix relativement élevé qui limite leur emploi;
- p.386 - vue 386/899
-
-
-
- LES TANINS SYNTHETIQUES.
- 387
- b) Les accidents provenant de produits de mauvaise fabrication et, en particulier, de produits trop acides.
- Leur introduction dans une fabrication doit être faite avec prudence, la dose convenable à adopter doit être fixée par toute une série d’essais dans lesquels cette dose, d’abord très faible, n’est augmentée que progressivement et en utilisant rigoureusement le même produit, parfaitement vérifié à la livraison. L’examen de ces livraisons s’impose avec beaucoup plus de nécessité que pour des extraits tannants végétaux et la moindre négligence peut entraîner de graves accidents. Ces produits doiventêtre adaptés à chaque genre de fabrication, sans modifier la marche habituelle de celle-ci.
- La balance, entre les avantages et les inconvénients, s’établira de manière différente pour chaque genre de fabrication et il est à prévoir que, pour certaines d’entre elles, cette nouvelle classe de produits constituera un moyen nouveau intéressant, tandis que, pour d’autres, l’augmentation de dépense ne sera pas toujours compensée par des avantages suffisants.
- C’est là d’ailleurs le sort de toutes les innovations industrielles : seul, un travail méthodique, prudent, observé scientifiquement, permet de situer chaque découverte là où elle présente son véritable intérêt.
- En terminant cette très rapide causerie, je dois m’excuser de ne vous avoir exposé que les grandes lignes d’un sujet qui aurait peut-être mérité d’être plus fouillé. Nous nous proposons d’en suivre le développement dans notre laboratoire de recherches et j’espère que nous aurons l’occasion de vous tenir au courant de nos observations.
- L. Meunier,
- professeur à la Faculté des Sciences, directeur de VÈcole de Tannerie de Lyon.
- p.387 - vue 387/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — AVRIL 1924-
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 8 MARS 1924
- Présidence de M. A. Mesnager, président
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 23 février 1924 est adopté.
- Est présenté pour devenir membre de la Société :
- M. Gustave de Coulons, ingénieur civil, 14 bis, rue Paul-Bert, à Puteaux (Seine), présenté par M. Bordas.
- M. Mesnager, président. — J’ai le plaisir de vous annoncer que l’un des nouveaux membres de noire Conseil, au titre du Comité de Commerce. M. Roume, gouverneur général honoraire des Colonies, vient d’être promu grand’croix de la Légion d’honneur. Nous sommes heureux de lui adresser nos sincères félicitations.
- MM. H. Hitier et P. Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques-uns des ouvrages reçus récemment par la Bibliothèque de la Société ;
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- IJ industrie en France occupée. Ouvrage établi par le Grand Quartier général allemand en 1916. Traduction intégrale. Paris, Imprimerie Nationale;
- Les actualités de chimie contemporaine, publiées sous la direction de M. A. Haller; 2e série, par MM. R. Cornubert, A. Bertiioud, M. Battegay, M. Tiffeneau et E. Darmois. Paris, Doin.
- p.388 - vue 388/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 8 MARS 1924. 389
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Étude résumée des accumulateurs électriques, par M. L. Jumau. 2e édition. Paris, Dunod;
- Pratique de la construction en béton et mortier de ciment armés ou non armés, avec établissement rationnel des prix de revient, par MM. F. W. Taylor et S. E. Thompson, traduit et adapté par M. Darras. 3e édition. Paris, Dunod;
- La mécanique pratique. Guide du mécanicien, par M. E. Dejonc, revue et corrigée par M. C. Codron. 6e édition augmentée par M. P. Giiamplyl Paris, Desforges ;
- Le moteur électrique vulgarisé, par M. R. Champly. Paris, Desforges;
- La tachéométrie de précision (Méthode J.-L. Sanguet), parM. Ph. Jarre. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics;
- Manuel des pavages, carrelages, mosaïque, par M. G. Daubray. (Bibliothèque professionnelle.) Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles. Cours professé au Centre d’instruction automobile de Fontainebleau, par M. P. Prévost. Paris, Dunod.
- M. Mesnager, président. — M. Tribot Laspière, secrétaire général de l’Union des Syndicats de l’Electricité, a bien voulu se charger de présenter à la Société d’Encouragement un compte rendu des essais contrôlés de véhicules électriques à accumulateurs, organisés par l’Union des Syndicats de l’Electricité, en septembre et octobre derniers. Ces expériences présentaient un intérêt considérable au point de vue national, car si la traction électrique se développe en France, elle permettra non seulement de réduire considérablement les importations d’essence, mais encore d’utiliser les excédents de l’énergie électrique fournie par nos chutes d’eau. La question qui se pose est de savoir si, au point de vue du consommateur, ce mode de traction est économique. M. Tribot Laspière nous fournira des indications précises sur ce point.
- M. Tribot Laspière, secrétaire général de l’Union des Syndicats de l’Electricité, fait le compte rendu des essais contrôlés de véhicules automobiles d accumulateurs organisés par celte Union en septembre-octobre 19êS.
- L’Union des Syndicats de l’Electricité, qui groupe en une fédération 13 syndicats professionnels représentant chacun une branche différente de l’industrie électrique, s’est préoccupée il y a un an et demi d’une application de l’électricité qui s’est rapidement développée à l’étranger dans ces dernières années, mais qui, cependant, est encore peu répandue en France, celle des accumulateurs à la traction automobile.
- L’Union a procédé d’abord à une enquête qui a révélé l’existence, aux Etats-Unis, de plusieurs dizaines de milliers de semblables automobiles, de plusieurs milliers
- p.389 - vue 389/899
-
-
-
- 390
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — AVRIL 1924.
- en Angleterre et en Suisse, de plusieurs centaines en Italie et en Allemagne. Dans tous ces pays, le nombre de ces véhicules tendait à augmenter. En France, on n’en comptait alors que quelques dizaines. Cependant notre pays avait été un des premiers, en 1898, à envisager leur emploi. Les essais de 1898 ont malheureusement été effectués dans des conditions défavorables, à l’époque où, notamment, la succession rapide des nombreux progrès de l’automobile à essence, devait contribuer à l’abandon des autos à accumulateurs. Leur disparition était totale chez nous en 1907.
- Malgré la mise au point de la question du carburant national, malgré les résultats inespérés qu’ont donnés récemment les camions à gazogène, la traction des automobiles par accumulateurs présente encore un grand intérêt national. Nous achetons à l’étranger pour 600 à 700 millions d’essence pour autos alors que nos installations hydro électriques ou nos centrales à vapeur fourniront bientôt un très grand excédent d’énergie; il sera avantageux de l'utiliser si on profite des heures de nuit, de 22 h. à 6 h., pour charger les accumulateurs.
- Le courant de nuit est toujours en effet vendu environ des deux tiers moins cher que le courant de jour. Si on compare deux voitures faisant le même service, l’une à essence, l’autre à accumulateurs, on constate actuellement pour cette dernière une économie (dépense totale) de 20 à 25 p. 100 sur la première ; cette économie peut atteindre 30 p. 100 dans des cas exceptionnels.
- Toutefois, l’auto à accumulateurs ne possède cet avantage que si elle est affectée à des services bien déterminés : taxis de ville, voitures de maître, voitures de livraisons, autocars pour excursions; voitures à malades. Dans tous ces cas, la voiture marche à vitesse modérée, 40 à 45 km : h au maximum; elle effectue un parcours limité (50 km par jour au maximum), revient à son point de départ, et peut charger ses accumulateurs pendant la nuit.
- Ce véhicule possède d’ailleurs des avantages qui lui sont propres : absence de fumée, de bruit et de trépidations, souplesse de marche et facilité de conduite, qui lui donnent une supériorité sur l’auto à essence.
- Il convient, toutefois, de signaler que si, dans l’auto à essence, seuls, les accumulateurs demandent un entretien soigné, il importe qu’il soit confié à un spécialiste : mais aujourd’hui les constructeurs d’accumulateurs les garantissent et se chargent volontiers de leur entretien à forfait. Cette solution s’impose.
- Les essais de septembre-octobre 1923 ont été organisés avec le concours :
- 1° Du Laboratoire central d’Electricité qui s’est chargé de tout ce qui était électrique, par exemple étalonnage des compteurs;
- 2° De l’Automobile-Club de France qui s’est chargé de toute la partie automobile : itinéraires, etc.;
- 3° De l’Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions, qui a mis à la disposition de l’Union ses hangars et ses installations de Bellevue;
- 4° Du Ministère de la Guerre à qui revient en partie l’initiative des essais, qui les a suivis et contrôlés.
- On a écarté toute idée de concours et de classement de façon à ne pas provoquer l’abstention de certains constructeurs qui n’étaient pas prêts, ce qui a permis à un plus grand nombre de voitures (18 inscrites, 14 partantes) de prendre part aux épreuves. On a ainsi mieux attiré l’attention du public.
- p.390 - vue 390/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 8 MARS 192t. 391
- Les épreuves, d’une durée de 10 jours, ont eu lieu par tous les temps (7 jours dans la banlieue, 3 dans Paris même); elles ont donné des résultats inespérés. Toutes les voitures ont pu gravir sans difficulté les côtes du Pecq, de Bellevue (celle-ci en fin d’étape) et les rues Lepic et Norvins, à Paris.
- Voici deux résultats donnés par ces épreuves : 13 sociétés françaises construisent actuellement l’auto à accumulateurs et la Compagnie des Transports en commun de la Région parisienne a décidé d'essayer ce système sur la ligne d’autobus Madeleine-Bastille.
- Pour les petits véhicules, le poids des accumulateurs représente environ la moitié du poids total (1.200 à 1.400 kg); pour les gros camions, la proportion s’abaisse à 40 et même 35 p. 100. E. L.
- M. Tribot Laspière fournit des explications complémentaires en réponse auxquèstions qui lui sont posées par MM. Lindet, Renard, Masson, Guillery, Toulon et Mesnager.
- Des essais du même genre que ceux de 1923 auront lieu en septembre 1924 ; ils s’adresseront à toute la France. On s’efforcera d’assurer une alimentation unique des accumulateurs par du courant à 110 V. Le programme est analogue à celui qui avait été adopté en 1923. Les constructeurs qui désireraient participer à ces épreuves doivent se faire connaître le plus tôt possible au Secrétariat général de l’Union des Syndicats de l’Electricité, boulevard Malesherbes, 25, Paris (8e).
- M. Mesnager, président, remercie M. Tribot Laspière de son intéressante communication et de ses explications complémentaires. Elles ont fait disparaître le doute qui pouvait subsister sur l’intérêt des particuliers à utiliser de semblables véhicules.
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- p.391 - vue 391/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — AVRIL 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈQUE
- EN MARS 1924.
- Commission technique des Sociétés d’Énergie électrique. — Reconstitution des réseaux de transmission d’énergie électrique dans les Régions envahies. Le réseau d’État. In-4 (27 xl8)de 335 p., 231 Pig. Paris (8e), 40, rue du Colisée, 1923. 16703
- Rouch (J.) — Pour comprendre la mer. In-12 (18x11 de vm + 256 p., 192 fig., XIII pl. dont 4 en couleurs. Paris, Librairie Hachette, 1923. (Don de l'auteur.) 16704 Rouch (J.). — Pour voyager en paquebot. Guide du passager. In-12 (19 x 13 de 336 p., 43 fig., X pl. dont 2 en couleurs. Paris, Masson et Cie, 1923). (Don de l'auteur.)
- 16687
- Les classiques de la science, publiés sous la direction de MM. H. Abraham, H. Gautier, H. Le Chatelier, J. Lemoine. — VIII : L’air et l’eau. Mémoires de Lavoisier. In-12 (19x12) de xvi 4-136 p., 2 fig. Paris, Librairie Armand Colin, 1923. 16705
- Carel (Paul). — Les bases de l’organisation industrielle et commerciale. In-12 (19 x 14) de 288 p. Paris, Librairie de documentation commerciale, 1923. 16706
- Frechet et Halbwachs. — Le calcul des probabilités à la portée de tous. In-12 (19 X 14) de xi -f- 297 p. Paris, Dunod, 1924. 167 07
- Leurot (P.). — Le livret du bourrelier-sellier-harnacheur. Manuel pratique. (Le livre du métier. ) In-8 (21 x 13) de 190 p., 149 fig., I pl. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, 1924. 16708
- Masméjean (A.) et Berehare (E.). — Les moteurs à explosion dans l'aviation. Tome III : Définitions. Lois. Principes généraux. Calculs. Perfectionnements divers. Moteurs fixes et moteurs spéciaux français et étrangers. Avaries. Réparation et entretien des moteurs d'aviation et de leurs accessoires. In-8 (21 x 14) de vm + 584 p., 152 fig., 36 tableaux, IX pl. Paris, Dunod, 1924. 16709
- Fritsch (J.). — Fabrication des engrais chimiques. 2e édition. In-8 (25 X 16) de xv + 546 p., 79 fig. Paris, A. Legrand, 1924. 16710
- Ministère de l’Agriculture. Direction générale des Eaux et Forêts. (2e partie). — Service des grandes forces hydrauliques (Région du Sud-Ouest). Tome V, fascicule H : Résultats obtenus pour le bassin du Tarn pendant les années 1913 et 1914. — Tome VI, fascicule H : Résultats obtenus pour le bassin du Tarn pendant les années 1913 et 1916. — Tome VII, fascicule H : Résultats obtenus pour le bassin du Tarn pendant les années 1917 et 1918. — Tome VIII, fascicule G : Résultats obtenus pour les bassins de l'Hérault et de l'Orb pendant les années 1913 à 1920. 16711-4
- Lecomte-Denis (M.). — Le pétrole en France. Prospection méthodique. Régions pétrolifères à exploiter. (Documents politiques et sociaux.) In-8 (20 x 13) de vm -f 167 p., 10 fig. Bibliographie, p. 161-164. Paris, Dunod, 1924. 16715
- Gignoux (Claude-Joseph). — L’après-guerre et la politique commerciale. (Collection Armand Colin (Section d'histoire et sciences économiques), n° 51). In-16 (17 x 11) de vu 200 p. Bibliographie, p. 197-198. Paris, Librairie Armand Colin, 1924. 16716
- Reynaud-Bonin (E). — Appareils et installations téléphoniques. (Encyclopédie d'électricité industrielle.) In-8 (23x15) de 487 p., 292 fig. Bibliographie, p. 469-470. Paris, J .-B. Baillière et fils, 1924. 16717
- p.392 - vue 392/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN MARS 1924.
- 393
- Union internationale de la Chimie pure et appliquée. — Comptes rendus de la 4° Conférence internationale de la Chimie, Cambridge, 17-20 juin 1923. In-4 (27 x 20) de 204 + 39 p. Paris, 49, rue des Mathurins. 16718
- Reinach (Jacques de). — Questions économiques et financières. In-J2 (19x12) de v +109 p. Paris, Impr. centrale de la Bourse, 117, rue Réaumur, 1923. (Don de Mlle de lieinach.) 16719
- Don de M. Mesnager, président de la Société :
- Association Internationale permanente des Congrès de la Route. — IVe Congrès, Séville 1923. In-8 (25x16). I : Rapports généraux. II : Rapports et Communications. Paris, 1, avenue d’Iéna.
- Association internationale permanente des Congrès de la Route. — Bulletin. Années 1921, 1922, 1923. Paris, 1, avenue d’Iéna.
- Pitois (E.). L'essai aux étincelles. Ce que toute personne utilisant l’acier doit connaître et peut appliquer. In-4 (28 x 19) de 32 p., XVI pl. Paris, Librairie Delagrave, 1924. (Don de Vauteur.) Pièce 12827
- Union des Syndicats de l’Électricité. — Rapports sur les essais contrôlés de véhicules électriques à accumulateurs organisés par l’Union des Syndicats de l’Électricité avec le concours de la Commission technique de l’Automobile-Club de France, du Laboratoire central d’Électricité, de l’Office national des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions (25 septembre-10 octobre 1923). In-4 (27 x 22) de 56 p., 62 fig. Paris, 25, Boulevard Malesherbes (8e). Pièce 12828
- Ministère de l’Agriculture. Office national du Crédit agricole. — Rapport sur les opérations faites par les Caisses de Crédit agricole mutuel pendant l’année 1922 et sur l’application de la loi du 5 août 1920, présenté au Président de la République française par le Ministre de l’Agriculture. (Journal officiel du 31 janvier 1924.) ln-4 (31 x 23) de 32 p.
- Pièce 12829
- Legros (Lucien Alphonse). — A note on the legibility of printed matter. 2d ed. In-4 (33x21) de 17 p., 11 flg. London, 1922. (Don de l’auteur, membre de la Société.)
- Pièce 12830
- Ministère des Travaux publics. — Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, dressé par les soins de l’Administration centrale. — 2e série, Tome XXVI (année 1918). Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 144
- Iron and Steel Institute. — Journal, 1923, n° IL Vol. CVIII. London. S. W. 1., 28, Victoria Street. Pér. 157
- Iron and Steel Institute. — Charter, by-laws and list of members and associâtes, 1924. London, S. W. 1., 28, Victoria Street. Pér. 157
- Smithsonian Miscellaneous Collections. — Vol. 74, n° 1 (publ. 2672) : Smithsonian mathe-matical formula; and tables of elliptic functions, by E. P. Adams, R. L. Hippisley, de Vin —314 p. Washington, 1922. Pér. 27
- Smithsonian Institution. — Annual report of the U. S. National Muséum, 1923. Washington, 1923. Pér. 27
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers. — lmp. Paul BRODARD.
- p.393 - vue 393/899
-
-
-
- p.394 - vue 394/899
-
-
-
- 123e ANNEE.
- MAI 1924 „
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMITE DES ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Ach. .Livache, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la répartition des revenus des fondations de secours attribuées à ce Comité.
- Cette année, le Comité des Arts chimiques peut disposer des revenus de-trois fondations :
- la fondation Fauler, pour l’industrie des Cuirs, la fondation Legrand, pour l’industrie de la Savonnerie, la fondation de Milly, pour l’industrie de la Stéarine.
- Pour la fondation Fauler, disposant de 1.043 f, nous avons reçu de& demandes en faveur de trois ouvriers de MM. Ch. Leven et Cle, 35, rue de Trévise, à Paris, usine à La Suze :
- M. Cadine Désiré « 46 ans de présence à l’usine; a eu 4 fils; 2 ont été tués à la guerre, les deux autres ont repris leur service à l’usine. C’est un homme extrêmement sérieux, très laborieux, très dévoué et d’une conduite exemplaire ». Il lui sera alloué 400 f.
- Madame Vv0 Sokolowski « très méritante, a élevé 3 enfants et a sa mère à sa charge ». Il lui sera alloué 250 f.
- Madame Vvc Yayer « a eu à sa charge son mari paralytique pendant cinq ans; elle a également à sa charge, depuis plusieurs années, sa mère âgée de 78 ans. Elle a une fille qui travaille à l’usine et un fils qui a fait la campagne en Orient et est actuellement en Tunisie, dans l’infanterie coloniale ». Il lui sera alloué 250 f.
- Tome 136. — Mai 1924.
- 28
- p.395 - vue 395/899
-
-
-
- 396
- COMITE DES ARTS CHIMIQUES.
- MAI 1024.
- Pour la fondation Legrand, disposant de 4.138 f, nous avons reçu une seule demande en faveur d’un ouvrier de la Société Magra (ancienne Savonnerie Michaud) :
- M. llabart Firmin Désiré, à Aubervilliers, âgé de 72 ans; « fait partie du personnel de cette usine depuis 27 ans et a toujours fait preuve de fidélité et de dévouement ». Il lui sera alloué 500 f.
- Pour la fondation de Milly, disposant de 2.907 f, nous n’avons reçu aucune demande.
- Comme l’année dernière, nous constatons qu’il est triste de voir que les industriels ne font aucun effort pour faire bénéficier les ouvriers de ces sommes, évidemment peu élevées, mais qui pourraient cependant leur rendre service. On se demande si l’on ne pourrait pas trouver les moyens de faire connaître l’existence de ces fondations parmi les ouvriers eux-mêmes, qui sauraient probablement signaler des camarades âgés et dans le besoin. Nous croyons que c’est dans cette voie qu’il faudra diriger nos efforts.
- Les propositions ci-dessus, concernant des ouvriers remplissant les conditions exigées, ont été ratifiées par la Commission des Fonds.
- Le Rapporteur,
- A. Livaciie.
- Lu et approuvé en séance publique du Conseil le 12 avril 192b.
- p.396 - vue 396/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ ü’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — MAI 1924.
- CONTRIBUTION A LA THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR LES MOTEURS™.
- Malgré la grande importance de la question des combustibles pour les moteurs, la théorie du combustible reste jusqu’ici peu développée.
- Une telle théorie devrait nous donner la possibilité de déterminer d’avance pour chaque combustible :
- 1° son degré de convenance comme combustible pour les moteurs;
- 2° le mode d’emploi pour les moteurs;
- 3° son rendement.
- Jusqu’ici, nous ne possédons pas de théorie qui réponde à ces questions.
- Toutes les expériences sur la combustion dans les moteurs ont montré que les propriétés des combustibles, telles que leur pouvoir calorifique, leur poids spécifique, leur viscosité, leur point d’inflammation, leur point d’ébullition n’influent que très peu ou même pas du tout sur leur combustion dans les moteurs. Le seul résultat de ces expériences est que la proportion d’ ydrogène dans le combustible a une importance essentielle.
- Cette étude a pour but de démontrer que la variation du nombre des molécules qui accompagne la combustion est un caractère d’une importance décisive de la façon dont un combustible convient pour la combustion dans les moteurs. Par suite, ceci nous donne la possibilité de répondre pour un combustible quelconque, aux questions précitées. La variation du nombre des molécules est donc un caractère lié à la teneur du combustible en hydrogène.
- Dans les pages suivantes, nous essayerons de déduire cette assertion des lois de l’équilibre chimique et de la démontrer par nos expériences sur la combustion dans les moteurs à combustion interne.
- I. — La COMBUSTION DANS LES MOTEURS.
- Si nous comparons la combustion dans les moteurs à toutes les autres, elle se distingue en premier lieu en ce qu’elle s’effectue sous l’influence d’une
- (I) Travail subventionné par la Société d’Encourageraent.
- p.397 - vue 397/899
-
-
-
- 398
- COMBUSTIBLks pour moteurs.
- MAI 1924.
- grande variation de volume et, par conséquent, de la pression imposée par la marche du piston; tandis que les autres s’effectuent, en général, sous une pression constante.
- Il convient de remarquer qu’il n’est pas question ici de l’influence de la variation de la pression résultante qui est représentée par le diagramme de la pression, mais de l’influence de la variation de la pression qui est produite par la variation du volume. Cette variation serait indiquée dans un diagramme par une polytrope. L’ascension et la descente d’une polytrope près du point mort sont énormes.
- Cette particularité est de la plus grande importance pour la combustion dans les moteurs, et elle ne saurait être assez remarquée d’autant plus qu’elle est souvent perdue de vue.
- Dans les moteurs, le piston ne se meut pas directement sous l’action des gaz; il est contraint par les conditions cinétiques mêmes du mécanisme de transmission par manivelle dont l’arbre, lié à de grandes masses, tourne régulièrement. Les gaz inclus dans le cylindre remplissent le volume qui leur est présenté par le piston, et ce volume varie énormément quand le piston se trouve près du point mort près duquel, en tout cas, la combustion doit être effectuée.
- La variation de la pression, due aux causes extérieures à la combustion, celle de la température et souvent aussi celle de la concentration dues aux causes extérieures sont les traits caractéristiques de la combustion dans les moteurs; ils la distinguent de toutes les autres. Mais ces variations de la température et des concentrations n’ont de signification que pour la théorie des moteurs à combustion interne et non pas pour la théorie des combustibles (1).
- II. — La combustion dans les .MOTEURS et la variation de la PRESSION (2).
- Comme nous l’avons indiqué ci-dessus, la variation de pression du dehors est le trait principal qui distingue la combustion dans les moteurs de toutes les autres combustions et elle y joue pour cette raison un rôle important.
- La loi des masses explique l’influence de la variation de pression.
- Sous la forme la plus générale, la loi de l’action des masses pour les réactions gazeuses est exprimée analytiquement de la manière suivante :
- PÏ'-P?-P? • • • p'r .Psn'-P3n’ • •
- = K.
- [1]
- (1) Voir M. Brutzkcs : Contribution à la théorie des moteurs à combustion interne, Paris, 1923, Gauthier-Villars.
- (2) Voir W. Nkrnst : Theoretische Chemie, 8' édition. Stuttgart, 1921, p. 746.
- p.398 - vue 398/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 399
- Dans cette formule :
- Pv> Pu P%\ •••• représentent les pressions partielles de gaz qui figurent dans un des membres de l’équation chimique;
- p'it Pii Pii •••• représentent les pressions partielles des gaz qui figurent dans l’autre membre.
- Les exposants n15 n2, n.... ni, ni, ni, .... sont égaux au nombre des molécules des différents gaz qui entrent en réaction. Le rapport K est appelé constante d’équilibre. En général, sa valeur peut être calculée analytiquement et déterminée expérimentalement.
- Pour rendre plus évidente l’influence de la variation de la pression, prenons la réaction chimique la plus simple et étudions-y cette influence, par exemple, la dissociation d’une molécule de pentachlorure de phosphore en une molécule de chlore et une molécule de trichlorure de phosphore,
- PC13 + Cl2ç^PCl5.
- La formule de la loi d’action de masse s’écrira :
- P(PC1»)-P(C1») _ g P(PC1=)
- Multiplions par n la pression totale.
- P = P( PCI3) + P( Cl2) + P(PC1=).
- Dans le cas où aucune réaction chimique n’aurait lieu, la dernière formule deviendrait :
- nP = npfpcii, + np(cP) + np(pcp).
- Mais comme, en général, une variation peut se produire, si nP est pris comme constant, cette formule prendra la forme suivante :
- riP = n’p\pci.) + n'p'(CP) + n'p'(pcp).
- Si nous suppposons que la variation n’est pas très considérable, alors n' diffère peu de n; en général, n est un nombre fractionnaire.
- Comme la température est supposée constante, il s’ensuit :
- rc'p'(pci3). n'p'tci») _ K _ P(pci3). P(ci»). [2]
- n'p\ pcp) p (pci»)
- Comme les gaz correspondant au premier membre de l’équation ne peuvent se former qu’aux dépens des gaz qui correspondent à l’autre membre, il est clair que cette équation n’est possible que si
- p'(PCA’).p'(Cl‘) < P(PC1»).P(C1>).
- Nous en concluons qu’un accroissement de la pression diminue la dissociation et que cette action ne dépend pas des gaz enjeu, mais seulement de l’augmentation du nombre des molécules pendant la réaction.
- p.399 - vue 399/899
-
-
-
- 400
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI 1924.
- Au contraire, la diminution de la pression entraîne l’augmentation de la dissociation. C’est ce que nous démontrerons en posant :
- m
- où rn est plus grand que 1 ; la formule ci-dessus prendra la forme :
- pWi'i.pAi- _ K __ v nr .y <::• _ tn'rp\w,^) ~ ' ~ p{i>ci»,
- Comme PCP ne peut se former qu’aux dépens de PCP et CP, cette équation ne peut exister que si
- P(va-'} < P(i>a*>
- d’où nous concluons qu’une diminution de la pression favorise la réaction qui entraîne l’accroissement du nombre des molécules.
- Il résulte de ces déductions que plus n et m sont grands, c’est-à-dire plus la variation de la pression est grande, plus l’effet le sera aussi.
- Prenons maintenant un cas dans lequel le nombre des molécules ne change pas au cours de la réaction, par exemple, la dissociation de l’acide iodhydrique selon la formule :
- I- + H2ç=i2IH.
- Pour cette réaction, la loi d’action de masse a la formule suivante :
- V i« P n j.
- P'm
- et, sous une autre pression,
- »P r; • n’p';m = K _ Pa») • P n< _ n'2p[ui) Pfiu)
- dans ce cas n s’élimine. Comme les corps de l’équation chimique ne peuvent se former aux dépens des corps qui sont dans l’autre membre, il faut que :
- P(I2' = P(I2; > Pan,' = P(H2) > P III = P(IHj *
- Nous pouvons en conclure que, si une réaction s’effectue sans changement du nombre des molécules, la variation de la pression n’a aucune influence.
- Il est clair que ces considérations sont aussi valables pour la formule générale de la loi d’action des masses [1].
- Désignons par m le facteur de variation de la pression générale, alors la formule générale s’écrira :
- P"1. p?5
- »n. ,nl
- P[ ‘-Po
- Pa‘j
- fïl
- Pz
- » ir'i /nl /»!
- P>i P'ïPn-"
- [3]
- où p0 pr p3 ... pn, p,^ p,3 ... sont les pressions partielles respectives des produits du premier membre de l’équation;
- p.400 - vue 400/899
-
-
-
- THEORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 401
- p[, p'n p's ... p'n, p't*, pr>3 ... sont les pressions partielles respectives de& produits du second membre de l’équation;
- nii n2? n3> ••• nU nîh nz ••• sont les nombres de molécules des différents corps qui entrent en réaction.
- Si le facteur m de la variation de la pression générale est un nombre entier ou un nombre fractionnaire, plus grand que 1; si Un — S n' est une quantité positive, c’est-à-dire si la réaction s’effectue de gauche à droite avec diminution du nombre des molécules, pour que l’équation puisse être satisfaite, il faut que
- pvpplpvn • • • <PT-Pf-PV
- parce que les corps qui figurent dans un membre de l’équation ne peuvent se former qu’aux dépens des corps qui figurent dans l’autre membre. Ainsi, quand on augmente la pression totale d’un système de corps qui peuvent réagir les uns sur les autres, la réaction qui se produit est accompagnée d’une diminution du nombre des molécules.
- Une diminution de la pression détermine une réaction qui est liée à une augmentation du nombre des molécules. Nous obtiendrons ce résultat lorsque m, facteur de la pression, sera une fraction simple, ce qui signifiera une diminution de la pression.
- De l’équation [3] résulte aussi que plus m et surtout S a — 2 n' (variation du nombre des molécules), parce que ce nombre figure comme exposant, sont grands, plus sera grande la transformation chimique. Plus le nombre de molécules d’un corps qui entre en réaction est petit, plus-importante sera sa variation.
- Nous arriverons à la même conclusion en appliquant le principe de Le Chatelier, qui dit :
- « Tout système en équilibre chimique éprouve du fait de la variation « d’un seul des facteurs de l’équilibre une transformation dans un sens tet « que, si elle se produisait seule, elle amènerait une variation de signe « contraire du facteur considéré (1). »
- Ce principe dit que si nous augmentons la pression d’un système de composés chimiques, qui peuvent réagir entre eux, nous donnons une impulsion à une réaction dans le système, qui est liée à une diminution du nombre des molécules. Si, au contraire, nous diminuons la pression, nous donnons une impulsion à une réaction dans le système qui est liée à une augmentation du nombre des molécules.
- Le mécanisme de ce phénomène peut facilement s’expliquer par notre conception des gaz fondée sur la théorie cinétique.
- (1) Le Chatelier : Équilibre, p. 48.
- p.401 - vue 401/899
-
-
-
- 402
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI J924.
- Si nous avons un système de gaz, par exemple
- 2CO + O2 ^ 2 CO2
- dans des conditions telles que la différence des vitesses de réaction dans les deux sens est nulle ou petite, par exemple aux hautes températures, les forces qui tiennent réunis les atomes d’une molécule CO2 sont presque en équilibre avec celles qui tendent à les séparer. L’une de ces forces qui tiennent les atomes réunis est la pression extérieure. Cela résulte de ce que, dans un espace clos, les forces qui séparent les atomes de la molécule doivent accomplir un travail, puisque l’augmentation du nombre de molécules dans cet espace clos provoque un accroissement de la pression générale. Il est évident que, si nous augmentons par un moyen extérieur le volume du système des gaz proportionnellement aux dispersions des molécules CO2, les forces de dispersion n’auront pas à accomplir ce travail et, en conséquence, les molécules CO2 se disperseront en plus grand nombre.
- D’autre part, pour que les molécules CO et O2 se combinent, il faut qu’elles se rencontrent, qu’elles se heurtent avec une force suffisante et qu’elles restent réunies. L’augmentation de volume fait croître les distances entre les molécules, rend les rencontres plus rares et affaiblit les chocs mutuels parce que l’énergie cinétique des molécules diminue avec la dilatation et que la force qui les tient réunies diminue avec la pression. Finalement, le processus d’association va se ralentir.
- Nous voyons donc qu’une diminution de la pression accélère le sens de la réaction accompagnée d’une augmentation du nombre des molécules et ralentit le sens de la réaction accompagnée d’une diminution du nombre des molécules.
- Il résulte des considérations ci-dessus qu’une augmentation de la pression est suivie d’un effet tout contraire. Une telle augmentation accélère la vitesse de la réaction qui est accompagnée d’une diminution du nombre des molécules et ralentit la vitesse de la réaction qui est accompagnée d’une augmentation du nombre des molécules.
- Si le processus, dans les deux sens opposés, se passe sans altération du nombre des molécules, la diminution ou l’augmentation de la pression influenceront les deux sens du processus de la même manière. L’augmentation de la pression augmente le nombre des rencontres, la force des chocs. La diminution de pression agit en sens contraire; la différence des deux vitesses de sens opposés reste toujours la même; ainsi la variation de la pression n’a aucune influence sur la marche de la réaction résultante visible.
- Ces considérations sont valables non seulement quand le système est en équilibre mais aussi quand le système est en marche vers l’équilibre.
- p.402 - vue 402/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 403
- Ce résultat est en plein accord avec celui que nous avons établi par voie analytique.
- Dans les cas où la réaction est suivie d’un changement du nombre des molécules, indépendant de la pression initiale, une variation de la pression donne une impulsion à la réaction dans le sens correspondant et cette impulsion est d’autant plus grande que la variation de la pression et la variation du nombre des molécules dans la réaction sont elles-mêmes plus grandes.
- Cela résulte de ce que S n— Zn' figurant en exposant dans la formule [3], l’influence de la variation du nombre des molécules est prépondérante.
- On peut conclure de ce qui précède que :
- Si nous voulons provoquer une réaction chimique liée à une diminution du nombre des molécules, nous devons, en agissant du dehors, influencer continuellement la pression dans le sens de l’augmentation. Si nous voulons provoquer une réaction liée à une augmentation du nombre des molécules, nous devons du dehors influencer continuellement la pression dans le sens d’une diminution.
- Comme on peut le conclure des considérations ci-dessus, cette règle est non seulement vraie pour des réactions réversibles, mais aussi pour des réactions irréversibles telles que la décomposition des produits en gaz simples, comme c’est le cas dans la combustion des hydrocarbures.
- L’influence de la variation de pression sur une réaction chimique s’exprime par l’accélération de la réaction dans une certaine direction et se manifeste non seulement quand le système est en équilibre, mais aussi pendant qu’il marche vers l’équilibre.
- Ces conclusions s’appliquent aussi à la .combustion dans les moteurs et nous pouvons formuler pour ce cas une loi importante qui doit fournir la base d’une théorie des combustibles pour les moteurs :
- Pour les combustibles dont la combustion est liée à une diminution du nombre des molécules, la combustion la plus avantageuse est celle qui s'accomplit sous une pression continuellement /froissante, facilement réalisable pendant la course de compression. Les combustibles dont la combustion est liée à une augmentation du nombre des molécules brûlent le plus avantageusement sous une pression continuellement décroissante, facilement réalisable dans la course d’expansion.
- Les combustibles dont la combustion nest pas liée à une variation du nombre des molécules brûleront indifféremment de l'une ou l'autre façon.
- Comme nous le montrons dans la suite, pour tous les combustibles gazeux industriels comme le gaz d’éclairage, le gaz de four à coke, le gaz de gazogène (coke, anthracite, lignite), le gaz de haut fourneau, la combustion diminue le nombre des molécules. Pour cette raison, il est plus avantageux
- p.403 - vue 403/899
-
-
-
- m
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS. — MAI 1924.
- de les brûler sous une pression continuellement croissante, de préférence pendant la course de compression.
- Mais les gaz comme l’éthane, le propane et le butane qui, par combustion, augmentent le nombre de leurs molécules, brûleront le plus avantageusement quand ils seront sous une pression continuellement décroissante de préférence pendant la course d’expansion.
- Les gaz comme le méthane et l’éthylène brûlent sans variation du nombre des molécules; la variation de pression n’a aucune influence sur leur combustion. Comme la variation de pression ne peut pas accélérer leur combustion, ils brûlent dans les moteurs très lentement. En pratique, on brûle ces combustibles pendant la course de compression, avec une grande avance à l’allumage. Néanmoins, la combustion se prolonge fort avant dans la course d’expansion.
- Pour tous les combustibles liquides sans exception il y a augmentation du nombre de molécules par combustion; il est donc plus avantageux de les brûler sous une pression continuellement décroissante pendant la course d’expansion.
- Les conditions de la combustion dans les moteurs qui viennent d’être indiquées sont les plus avantageuses, mais elles ne sont pas absolument nécessaires. Pour des raisons pratiques comme, par exemple, la simplicité, le bon marché, etc., de la machine, on est parfois forcé de négliger l’observation de ces règles; mais, comme il sera démontré plus loin, si nous ne les observons pas, nous ne pouvons pas obtenir une combustion économique.
- Les études ci-dessus permettent d’envisager pour la combustion dans les moteurs deux procédés tout à fait différents : la combustion sous une pression continuellement croissante, effectuée de préférence pendant la course de compression, et la combustion sous pression continuellement décroissante, effectuée de préférence pendant la course d’expansion. Elles nous indiquent aussi quels combustibles doivent être brûlés de la première façon et quels combustibles doivent l’être cte la seconde.
- De la formule [3] résulte aussi que la pression totale subissant une variation proportionnelle à m, la réaction qui aura lieu sera d’autant plus intense que la valeur absolue de In— In' sera plus grande, vu que S n — H n' figure en exposant.
- Nous arrivons à une règle très importante touchant l’utilisation d’un combustible dans les moteurs à combustion interne, savoir :
- Un combustible convient d'autant mieux que la variation du nombre des molécules dans la combustion est plus grande.
- Il est sans importance que cette variation soit une diminution ou une augmentation du nombre des molécules, à condition de recourir à la varia-
- p.404 - vue 404/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 405
- tion de pression appropriée, autrement dit, il faut qu’un combustible qui subit une diminution du nombre des molécules brûle sous une pression continuellement croissante et que celui qui subit une augmentation du nombre des molécules brûle sous une pression continuellement décroissante.
- III. — Calcu L DE LA VARIATION.
- La combustion dans les moteurs se distingue comme nous l’avons vu de toutes les autres combustions en ce que, étant accompagnée de grandes variations de pression produites par le mouvement du piston, la variation du nombre des molécules prend une grande importance.
- Il est donc nécessaire d’étudier sous ce rapport tous les combustibles employés dans les moteurs.
- D’après la loi d’Avogadro et Ampère, tout ce qui vient d’être dit de la variation des quantités de molécules est valable pour les variations de volume. Comme la notion de volume est plus simple que celle de la variation du nombre des molécules, elle sera employée dans ce qui va suivre. Il va sans dire qu’on supposera partout la température constante.
- Au préalable, quelques considérations d’ordre général s’imposent.
- Les principaux combustibles homogènes ont pour formule chimique C(c) II(b) 0(0) dans laquelle (c) (h) et (o) indiquent le nombre d’atomes des éléments contenus respectivement dans la molécule du combustible. Pour l’hydrogène, par exemple (c)=0, (o) = 0, (/?) = 2; pour l’oxyde de carbone (c) = l, (h) — 0, (o) = 1, etc. Dans nos calculs, nous prendrons l’unité de volume comme hase.
- Si le combustible est introduit dans le cylindre à l’état liquide, son volume peut être pris égal à 0, car le volume du liquide en comparaison de son volume à l’état de vapeur est négligeable. Si nous prenons une molécule comme unité de volume, il faudra les quantités suivantes d’oxygène pour la combustion : pour (c) atomes de carbone, (c) unités de volume d’oxygène; pour la combustion de (h) atomes d’hydrogène (h/4) unités de volume
- d’oxygène, dont il faut déduire ^ unités de volume d’oxygène, correspondant à l’oxygène contenu dans le combustible.
- Pour une unité de volume de combustible, il nous faut en tout :
- (c) + ^ ^ volumes d'oxygène. [4]
- Une unité de volume de combustible donne, après la combustion :
- (c) + ^ volumes de gaz [ô]
- brûlés CO2 et H20.
- p.405 - vue 405/899
-
-
-
- 406
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI 1924.
- Si le combustible est introduit dans le cylindre à l’état de gaz ou de vapeur, son changement de volume est calculé comme suit :
- Volume après la combustion :
- (c)
- [h)
- Volume avant la combustion :
- (1 + l'oxygène)
- Changement de volume dû à la combustion
- I +(0 +
- (h)
- (o)
- +
- (o)
- 1
- Tous ces chiffres se rapportent à une unité de volume de combustible. Le changement de volume qui correspond à l’unité de volume du mélange de combustible et d’oxygène pur sera :
- (h) . lo) r "t ir
- — 1
- 1+(c)+oy.-yy
- [6]
- Si le combustible ne contient pas d’oxygène, alors
- (o) = 0
- et cette formule prend la forme suivante :
- ___4 . [71
- 4 + 4(c) + (/t)
- Si le combustible est introduit dans le cylindre à l’état liquide, son volume est nul, et les formules précédentes deviennent :
- Volume après combustion (C) + ^-
- Volume du combustible et de l’oxygène avant combustion :
- 0+(c) + ^-^-
- Changement de volume dû à la combustion par rapport à une molécule de combustible (V , (o) [8]
- A "T" ' o L J
- Pour l’unité de volume de combustible, cette variation est, dans ce cas, l’unité de volume de l’oxygène car le volume du combustible est nul :
- (à) , H
- 4 i- 9
- (‘l + T-1-
- [9]
- Si le combustible ne contient pas d’oxygène, la formule se simplifie et
- devient : (h) noi
- 4(c) + (è)'
- D’après la formule chimique des corps, on détermine leur densité par rapport à l’hydrogène et on peut calculer le poids d’un mètre cube du corps à 15° et à la pression de 760 mm de mercure. Le gaz pèsera alors :
- p.406 - vue 406/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 407
- ^ X 0,0896 kg
- où m représente le poids de la molécule.
- Si nous déterminons le pouvoir calorifique par exemple suivant la formule :
- ) — 600 Cal. [il]
- Nous pourrons déterminer le changement de volume pour une calorie.
- Nous pourrons faire ce calcul de la même manière pour les combustibles liquides. Ce calcul donnera un résultat exact, même si le liquide n’existe pas à l’état de vapeur à la température ordinaire et à 760 mm.
- Si le combustible est constitué par un mélange de corps, la variation de son volume dans la combustion est égale à la somme algébrique des variations de chacun de ses composants, multipliée par son coefficient dans l’unité de combustible :
- Vr = ZVrTir.
- Avec ces formules générales on peut calculer facilement pour tous les combustibles la variation de volume au cours de la combustion.
- H = 8.100 G + 29.000f H — g
- IV. — Principaux combustibles.
- 1. —Huiles minérales.
- Les huiles minérales appartiennent pour la plupart à la série du méthane et leur formule générale est
- OH2”+2.
- Les quatre premiers homologues de cette série, jusqu’au butane inclus, sont des gaz à la température ordinaire. Les homologues supérieurs jusqu’à C16 H3i sont des liquides et tous les autres des solides. Le tableau I indique les variations de volumes de ces corps dues à la combustion calculées d’après les formules précitées (1).
- Les huiles minérales du commerce sont des mélanges de ces hydrocarbures. On les obtient par la distillation du pétrole brut. Ces huiles se classent comme suit :
- Point d’ébullition.
- Éther de pétrole .
- Benzine..........
- Ligroïne.........
- Huile de nettoyage
- Pétrole..........
- Mazout...........
- 40°-70°
- 70°-120°
- 120°-135°
- 135°-160°
- 160°-300°
- 300° et plus haut.
- (1) Le pouvoir calorifique des corps est donné d’après Landolt et Bernstein : Physikalisch-C/æmische Tahellen, 1912, ou sont calculés d’après la formule [11].
- p.407 - vue 407/899
-
-
-
- 408
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI 1924.
- Le pétrole brut contient tous ces corps. Certaines huiles contiennent également des naphtènes, dont les variations de volume sont indiquées dans le tableau I.
- TABLEAU I. — VARIATION DE VOLUME DES PRINCIPAUX COMBUSTIBLES (1)
- VARIATION POUVOIR GAIN
- COMPOSÉS POINT DE VOLUME POUVOIR CALORIQUE VARIATION OU PERTE
- d’éhui.li- DE 1 M3 CALORIQUE (CAL : M3) DE VOLUME DE
- ET LEUR FORMULE TION DU MÉLANGE (cal : KG) DU MÉLANGE (CM3 : CAL) TRAVAIL
- BRULANT BRULANT p. 100
- Méthane . . . . . CIL1 0,000 13.247 3.166
- Éthane . . . . . . CSH« — 0,111 12.348 3.690 30,5 0,895
- Propane . . . . . C3H8 — 20° 0,166 12.027 3.927 42,3 1,240
- Butane . . . . . . C4H10 1° 0,200 11.848 4.120 48,5 1,430
- Pentane. . . OMl'U V“P- 0,222 4.200 52,8 i ,53
- ( Luu 37-39° 0,375 11.765 89,2 2,62
- Hexane . . . C6IIU S )ap' 69-71° 0,238 0,368 11.501 4.230 56,0 87,0 1,63 2,56
- Heptane . . C7 H16 S yap‘ ( Liq. 98° 0.230 0.364 11.374 4.223 59,0 86,0 1,73 2,52
- Décane. . . C10 IF2 \ ^.ap‘ 138-1 010 0,273 62,0 1,82
- ( Liq. 0,335 11.416 4.400 80,5 2,36
- Quindécane. 208-202° 0.292 4.450 65,3 1,93
- ( Liq- 0,348 11.260 78,0 2,29
- Sédécane . . pic H3; S ^ aP- 280° 0,294 65,5. 1,93
- ( Liq. 0.348 11.300 4.5.00 7 7,5 2,29
- Hexahydro- ( Vap. 0,200 47,4 1,39
- benzène . . CfiII12 ( Liq. 69° 0.333 11.231 4.220 79,0 2 .32
- Hexahydro- ( Vap. 0,218 51,0 1,50
- toluène. . C7 Hu ( Liq. 97° 0,333 11.233 4.280 78,0 2,29
- Hexahydro- ( Vap. 0,231 56,6 1,67
- xylène . . . C8 H16 ( Liq. 118° 0,333 10.630 4.070 81,6 2,40
- Benzol . . . CGH6 PaP' 81° 0,039 14,4 0,423
- ( Liq- 0,200 9.978 4.100 48,8 1,44
- Naphtaline . pion» $ Vap. 218° 0,077 9.641 18,1 0,53
- ( Liq. 0,167 4.230 39,3 1,16
- Tétrahydro- Vap. 0,143 34,0 1,00
- naphtaline . . C10 H1- ( Liq. 206-208° 0,230 10.000 4.210 34,5 1,60
- Décahydro- ( Vap. 0.226 32,4 1,54
- naphtaline . C1 °H18 ( Liq. 190° 0.310 10.874 4.320 71,8 2,12
- Alcool . . . C-H60 \ Vap‘ 0,230 68,5 2,02
- ? Liq. 18°,.) 0,666 7.093 3.650 182,3 5,36
- Oléine <(C17H»CO*)»C»H* Vap. 0.340 76,5 2,25
- uieine^CS7Hioi06 Liq. 0,364 9.280 4.520 80,5 2,37
- Les gaz de la série du méthane : éthane, propane et butane subissent dans la combustion une augmentation de volume. C’est pourquoi tous ces
- (i) Dans les calculs la chaleur d’évaporation n’est pas prise en considération.
- p.408 - vue 408/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 409
- gaz, ainsi que tous les corps liquides doivent être brûlés sous une pression continuellement décroissante, c’est-à-dire pendant la course d’expansion.
- Le tableau I montre aussi les résultats du calcul des variations du volume dues à la combustion pour quelques autres combustibles ayant une importance industrielle.
- Quant aux hydrocarbures de la série de l’éthylène, dont la formule générale est : Cn II2", et de la série de l’acétylène dont la formule générale est C'1 H2”-2, seuls les premiers termes des deux séries ont une importance en tant que combustibles.
- L’éthylène' brûle sans variation de volume; les autres homologues brûlent avec augmentation de volume. Il faut brûler tous ces corps pendant la course d’expansion. L’acétylène, comme le montre le tableau II, accuse à la combustion une diminution du volume; il faut donc le brûler pendant la course de compression.
- 2. — Huiles de goudron.
- Les substances qui composent les huiles de goudron sont de la série cyclique. Ces combustibles contiennent pour chaque atome de carbone moins d’atomes d’hydrogène que les combustibles de la série grasse; l’augmentation de volume due à la combustion est donc moindre. Les corps hydrogénés qui proviennent de ces composés cycliques, comme les produits hydrogénés de la naphtaline, tétrahydronaphtaline et décahydronaphtaline, subissent dans la combustion une plus grande augmentation de volume parce qu’ils contiennent plus d’hydrogène.
- Les alcools et les corps gras contiennent encore plus d’hydrogène et de l’oxygène; suivant la formule [9] ils donnent une augmentation de volume particulièrement grande.
- Tous ces combustibles liquides accusent donc à la combustion une augmentation de volume considérable et doivent être brûlés sous une pression continuellement décroissante, c’est-à-dire pendant la course d’expansion.
- Plus l’augmentation de volume est considérable, plus ce mode de combustion devient nécessaire et la plupart de ces combustibles, comme les huiles minérales lourdes, ne peuvent pas être brûlés autrement dans les moteurs.
- 3. — Combustibles gazeux.
- Tout autre est le caractère des combustibles gazeux employés dans les moteurs à combustion interne. Ils sont formés de mélanges de gaz.
- La vitesse de combustion d’un de ces composants, sans doute, ne
- p.409 - vue 409/899
-
-
-
- 410
- COMBUSTIBLES BOUH MOTEURS.
- MAI 1924.
- dépend pas de la vitesse de combustion de l’autre. Mais pour la caractéristique comparative de tels mélanges, on peut se servir de la somme algébrique des variations de leurs composants.
- GAZ D’ÉCLAIHAGE (1)
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION I)E VOLUME (h) (o)_ J •\t J* POUR 1 M3 DU COMRUSTIISLE
- Hydrogène H'2 0,485 — 0,50 -0,242
- Méthane GH4 0,350 — —
- Oxyde de carbone CO 0,070 — 0,50 — 0,035
- Éthylène C-H4 0,045 — —
- Total 0,950 — — 0,;77
- GAZ DE FOUR A COKE
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME (b) . (n) 4^2 POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Hydrogène H2 0,550 — 0,50 — 0,275
- Méthane CH4 0,320 — —
- Oxyde de carbone GO 0,070 — 0,50 — 0,035
- Éthylène C2H4 0,015 — —
- Benzol CCHG 0,008 + 0,50 -f 0,004
- Total 0,963 — — 0,306
- GAZ DE GAZOGÈNE A COKE
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME (h) , (o) x + 1 POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Hydrogène H2 0,070 - 0,50 — 0,035
- Méthane CH4 0,020 — —
- Oxyde de carbone CO 0,276 — 0,50 — 0,138
- Total 0,366 — — 0,173
- (1) Ces chiffres sont pris dans le livre de II. Gùldner, Das Entwerfen und Berechnen der Vet brennungskraftmaschinen und Kruftanlagen, 3e édition, Berlin, 1914, p. 447-455.
- p.410 - vue 410/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 411
- GAZ DE GAZOGÈNE A ANTHRACITE
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME (h) , (o) , 4 “T- 2 POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Hydrogène II2 0,242 — 0,50 — 0,121
- Méthane CH4 0,020 — —
- Oxyde de carbone CO 0,166 — 0,50 — 0,083
- Total 0,428 — — 0,204
- GAZ DE GAZOGÈNE A LIGNITE
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME (/U . (o) 4 "f" 2 POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Hydrogène H2. . . . 0,160 — 0,50 — 0,080
- Méthane CH4 0,020 — —
- Oxyde de carbone CO 0,200 — 0,50 — 0,100
- Total 0,380 — — 0,180
- GAZ DE HAUT FOURNEAU
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME M'-i POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Hydrogène H2 0,030 — 0,50 -0,015-
- Méthane CH4 0,005 — —
- Oxyde de carbone CO 0,260 — 0,50 — 0,130
- Total 0,295 — — 0,145
- GAZ NATUREL DE BAKOU
- COMPOSANTS 1 M3 CONTIENT EN MOYENNE VARIATION DE VOLUME (/l) I (°) A 4^2- POUR 1 M3 DU COMBUSTIBLE
- Méthane CH4 0,93 __
- Éthylène C2H4 0.01 — —
- Total 0,94 — —
- Tome 136. — Mai 1924.
- 29
- p.411 - vue 411/899
-
-
-
- 412
- COMBUSTIBLES POUH MOTEURS.
- MAI 1924.
- Le tableau II donne les résultats calculés, et fait connaître les variations de volume pour une unité de pouvoir calorifique des combustibles gazeux. Tous les combustibles gazeux emplo)rés dans les moteurs subissent dans la combustion une diminution de volume. Les gaz des hauts fourneaux subissent une diminution de volume moindre (0,145 Ce.). La plus grande diminution est celle du gaz des fours à coke (0,300 Ce.) pour 1 Ce. de gaz aspiré par le moteur.
- TABLEAU II. — VARIATION DE VOLUME DES COMBUSTIBLES GAZEUX INDUSTRIELS
- 1 VOLUME DE COMPOSANTS BRULANTS DANS 1 M3 DE GAZ Z C a X cC X ~ O < — "a « g s u w 5- -1*3 a ^ -3 O VOLUME GÉNÉRAL DES GAZ BRULANTS (M3) CG H * s 5 O ^ J r- a u> p ë s «r 2 > -J? — s LA MÊME P. 100 a ^ c* 2 5 3 O a ^ *? a a ^ f j ol POUVOIR CALORIQUE (cal : m3 DE GAZ BRULANTS 0 INCLUS) DIMINUTION DE VOLUME (m3 : cal) PERTE DE TRAVAIL p. 100
- Gaz de haut fourneau 0,29”» 0,155 0,450 0.145 32,0 912 2.022 158 1,93
- Gaz de gazogène à coke 0,366 0,214 0,580 0,173 29,8 1.190 2.050 1 ï 6 1,78
- Gaz de gazogène à lignite 0,380 0,222 0,602 0,152 25,2 1.190 1.980 127 1,55
- Gaz de gazogène à anthracite 0,428 0,245 0,673 0.204 30,6 1.295 1.925 159 1,94
- Gaz de four à coke. 0,953 1,050 2,023 0,306 15,0 4.865 2.400 02.5 0,76
- Gaz d'éclairage. . . 0,950 1,110 2,060 0,277 13,5 5). 006 2.460 55,0 0,67
- Gaz naturel .... 0,940 1,890 O 00 — — 8.000 2.830 — —
- Hydrogène H2 . . . 1,000 0,500 1,500 0,500 33,0 3.045 2.030 164 2,00
- Oxyde de carbone CO. 1,000 0,500 1,500 0,500 33,0 3.060 2.040 163 2,00
- Acétylène C2H2. . . 1,000 O O 3,500 0,500 14,3 14.000 4.000 35,8 0,44
- Éthylène CHU1 . . . 1,000 3,000 4,000 — — 15.200 3.800 •—
- Y. — La combustion telle qu’elle est réalisée en pratique.
- D’après ce qui précède on voit que tous les combustibles peuvent être répartis en trois groupes :
- 1° ceux qui subissent une augmentation du nombre des molécules et qu’on doit, par conséquent, briller pendant la course d’expansion;
- 2° ceux qui subissent une diminution du nombre des molécules et qu’on doit brûler pendant la course de compression;
- 3° ceux qui ne subissent pas de variations du nombre des molécules.
- Dans tous les manuels relatifs aux moteurs à combustion interne, il est question, dès la première page, de deux procédés opposés : l’explosion et la pression constante.
- p.412 - vue 412/899
-
-
-
- THEORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 413
- Dans le procédé par explosion, l’allumage a lieu avant que le piston atteigne le point mort, et il doit être terminé au moment où le piston y arrive. A la lumière des considérations exposées plus haut, ce procédé est la combustion sous pression croissante pendant la course de compression.
- Dans le procédé à pression constante, le combustible doit être introduit dans le cylindre au commencement de la course du piston au retour ; l’introduction et la combustion doivent se faire progressivement, de façon que la pression dans le cylindre ne s’élève pas. A la lumière des considération» exposées plus haut, ce procédé est la combustion pendant la course d’expansion.
- En pratique, on emploie le procédé par explosion avec les gaz industriels qui, comme nous l’avons montré, accusent une diminution de volume à la combustion.
- Le procédé à pression constante est employé en pratique pour la combustion des corps liquides qui, sans exception, brûlent avec augmentation de volume.
- Cependant le point de vue suivant lequel tous les gaz doivent être brûlés par explosion serait inexact. La ligne de démarcation se trouve non entre le gaz et le liquide, mais entre le combustible qui subit une diminution du nombre des molécules et le combustible qui subit une augmentation du nombre des molécules. Il est vrai que tous les combustibles gazeux importants appartiennent aux corps qui présentent une diminution du nombre des molécules, et doivent, par conséquent, être brûlés sous une pression croissante. Mais les gaz comme l’éthane, le butane et le propane qui présentent une augmentation du nombre des molécules doivent être brûlés sous une pression décroissante pendant la course d’expansion.
- Comme on l’a montré plus haut, tous les combustibles liquides, sans exception, subissent une augmentation du nombre des molécules et brûlent donc plus avantageusement pendant la course d’expansion. Si, en pratique, on brûle néanmoins les combustibles liquides pendant ia course de compression, on les introduit dans le cylindre à l’état de vapeur ce qui diminue considérablement l’augmentation de volume (de 66 à 25 p. 100 pour l’alcool). Cependant, on se rend compte, dans la pratique, que la combustion dans la course d’expansion donnerait une meilleure utilisation des corps liquides. On est contraint de s’en abstenir pour des considérations d’ordre pratique, afin de pouvoir employer des machines simples et légères.
- Comme nous l’avons vu, la pratique ne connaissant pas la cause de ces phénomènes, est arrivée, en général, par voie expérimentale, à une application convenable de tous les combustibles.
- Le diagramme de la figure 1 représente la combustion du gaz d’éclairage
- p.413 - vue 413/899
-
-
-
- 414
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI 1924.
- dans un moteur Diesel et démontre la mauvaise combustion de ce gaz qui subit une diminution du nombre des molécules pendant la course d’expansion. II. Güldner (1) en parle ainsi :
- « Ce diagramme montre au premier abord la marche lente de la com-« bustion. Si nous plaçons la ligne de détente qui correspond au plus grand « rendement, entre deux courbes adiabatiques comme le montre la figure 116 « (ici, fig. 1), alors on obtient une preuve évidente du fait que l’apport de « chaleur aux gaz enflammés continue pendant toute la détente, et cette « quantité dépasse de beaucoup la quantité de chaleur absorbée en même « temps par le refroidissement. La combustion se prolonge jusqu’à l’échap-« pement des gaz. »
- Il en résulte que les combustibles qui accusent une diminution du nombre
- Fig. I. — Combustion du gaz d’éclairage dans le moteur Diesel.
- des molécules brûlent avec une grande lenteur pendant la course d’expansion. Au contraire, on ne parvient pas à brûler les huiles minérales lourdes et de goudron en appliquant le procédé par explosion.
- Pour quelqu’un qui étudie le moteur Diesel, ce qui attire l’attention, c’est qu’il est tout à fait impropre à la combustion des corps gazeux, comme le gaz d’éclairage; cela parait d’autant plus incompréhensible que ce même moteur brûle très bien les huiles les plus lourdes et donne des résultats supérieurs à ce qu’on avait obtenu auparavant.
- Les expériences faites pour la combustion du gaz d’éclairage dans les moteurs Diesel ont donné des résultats « inférieurs de 25 p. 100 à ceux qu’on obtient dans le même moteur en utilisant les huiles lourdes, et qui sont inférieurs à ceux qu’on obtient dans les moteurs à explosion quelconques » (2).
- (L) II. Güujnkr, p. 693.
- (>) H. Güloneu, Uns Eatwprfen und Berec/inen der Verbrennungskraf'tmaschinen und Kraflan-lagen, 3"' éd., Berlin, 191 i, p. 093.
- p.414 - vue 414/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 415
- H. Güldner attribue cette différence au mélange insuffisant du gaz avec l’air et à l’arrivée postérieure du jet de gaz dans la masse des gaz consumés où il ne rencontre plus d’oxygène. Cette explication n’est pas satisfaisante. Si l’on réussit à surmonter ces obstacles pour les huiles lourdes, difficilement inflammables, on devrait pouvoir les faire disparaître encore plus aisément pour le gaz d’éclairage, léger et facilement inflammable.
- La cause de la mauvaise combustion du gaz d’éclairage est tout autre : sous une pression décroissante, la combustion des corps liée à une diminution du nombre des molécules se fait, comme nous l’avons vu, très lentement et incomplètement. La combustion de ce gaz doit donc se faire sous une pression continuellement croissante.
- D’après ces considérations, on peut être certain que les gaz tels que l’éthane, le propane, le butane, se conduiront tout à l’opposé. Ils brûleront bien pendant la course d’expansion (cas des moteurs Diesel) et lentement et incomplètement pendant la compression (cas des moteurs à gaz). Malheureusement, on n’a sans doute jamais fait l’expérience. Elle pourrait fournir une nouvelle démonstration de l’exactitude des considérations exposées dans la présente étude.
- Le sens de la variation de pression correspondant à la variation du nombre des molécules détermine seul une combustion rapide et complète. La variation de pression correspondante provoque une combustion d’autant plus rapide que la variation du nombre des molécules sera plus grande.
- On sait que, quand on brûle de la benzine pendant la compression, on observe un battement dans les moteurs, surtout aux fortes compressions. Ce phénomène peut encore s’expliquer du point de vue de cette étude. Pendant la compression, la diminution du nombre des molécules produit un effet élastique sur la marche du piston. Au contraire si, comme dans la combustion de la benzine, le nombre des molécules augmente, la pression s’accroît brusquement comme par sauts et par bonds, ce qui cause les battements qu’on entend dans ce cas. Le benzol qui brûle presque sans augmentation du nombre des molécules ne provoque pas de tels battements (1).
- Si nous rangeons tous les combustibles en série d’après la dilatation ou la contraction qui accompagne la combustion à température constante, nous les classerons bien dans l’ordre de leur aptitude à être utilisés dans les moteurs.
- Toute personne au courant de la combustion dans les moteurs reconnaîtra que ce classement des combustibles concorde avec celui de leur application à la combustion dans les moteurs. Cependant, il peut sembler présenter deux exceptions.
- (I) The Engineer, du 5 octobre 1923, p. 3o8.
- p.415 - vue 415/899
-
-
-
- 416
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS. — MAI 1924.
- Combustibles qui augmentent de volume {J).
- Oléine (C17 H34C02)3 C3 Hr>............................ 0,346
- Sédécane C16 II34...................................... 0,294
- •Quindécane G|:’H32.................................... 0,292
- Décane G10 H22......................................... 0,273
- Hep tan e G7 H1,1........................................ 0,230
- Alcool G2 IIe O........................................ 0,250
- HexaneGGHu............................................. 0.238
- Hexahydroxylène C8II16................................. 0,231
- Décaliydronaphtaline Gln H18........................... 0,226
- Pentane C:i H12........................................ 0,222
- llexahydrotoluène C7HU................................. 0,218
- Butane C4H10........................................... 0,200
- Hexahydrobenzène CGH12................................. 0,200
- Propane G3 H8.......................................... 0,166
- Tétrahydronaphtaline C101112............................. 0,143
- Ethane C2 H6........................................... 0,111
- Naphtaline C10 II8....................................... 0.077
- Benzol CG H G.......................................... 0.039
- Combustibles qui diminuent de volume.
- Hydrogène H2............................................. 0,333
- Oxyde de carbone CO...................................... 0.333
- Gaz de fours à coke...................................... 0,306
- Gaz d’éclairage.......................................... 0,277
- Gaz de gazogène à anthracite............................. 0,204
- Gaz de gazogène à coke................................... 0,173
- Gaz de gazogène à lignite................................ 0,152
- Gaz de hauts fourneaux................................... 0,145
- Acétylène................................................ 0,143
- Gaz naturel............................................ 0
- Méthane CH4............................................ 0
- Éthylène C2H4.......................................... 0
- 1° L’alcool devrait être, d’après ce tableau, un des meilleurs combustibles pour les moteurs à pression constante. En réalité, il brûle très incomplètement dans un moteur Diesel construit pour la combustion des huiles minérales.
- Cette contradiction s’explique de la manière suivante : Pour bien pulvériser l’huile minérale, on l’introduit dans le cylindre au moyen d’un jet d’air refroidi porté à une pression de 10 à 15 atmosphères supérieure à celle des gaz du cylindre. L’air d’injection exerce, pour ces deux causes, une forte action refroidissante sur les gaz enflammés.
- Ce refroidissement des gaz est une condition très favorable et même
- (l) Remarquons que, pour les combustibles qui augmentent de volume, il faut tenir compte de Taugmentation à l’état de vapeur. Pour les combustibles gazeux, il faut tenir compte de la diminution de volume pour 1 m3 de combustible aspiré par le moteur.
- p.416 - vue 416/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 417
- indispensable au processus d’une bonne combustion dans les moteurs Diesel (1). Mais si la même quantité d’air d’injection est employée quand le moteur marche à vide alors que des quantités insignifiantes de combustible ont été introduites dans le cylindre, le refroidissement devient trop grand et la combustion est incomplète.
- Si, dans un tel moteur Diesel destiné à brûler des huiles minérales d’un pouvoir calorifique de plus 10.000 cal, on vient brûler un alcool d’un pouvoir calorifique de 6.000 cal, le refroidissement causé par l’air injecté devient trop grand et il devient impossible d’obtenir la combustion complète de l’alcool. Celui-ci doit être brûlé dans les moteurs Diesel avec très peu d’air d’injection ou être injecté mécaniquement.
- Convenablement brûlé, l’alcool pur peut donner un coefficient d’utilisation supérieur de 4 p. 100 à celui d’une huile minérale, c’est-à-dire un ruj = 0,38.
- 2° Une autre exception paraît être celle de la benzine. Celle-ci donne dans les moteurs à explosion un meilleur coefficient d’utilisation que dans les moteurs Diesel. Le fait est dû à ce que l’on peut construire des moteurs à explosion avec un coefficient d’utilisation mécanique r(m==0,88, tandis que le moteur Diesel pour petites puissances n’atteint que rlm = 0,76. Mais, • pour nos considérations, ce qui nous intéressse, c’est non pas le coefficient d’utilisation générale, mais le coefficient d’utilisation indicateur et celui-ci est plus grand pour la benzine brûlée dans les moteurs Diesel que dans les moteurs à explosion.
- Un moteur Diesel destiné à ne brûler que de la benzine pourrait être construit beaucoup plus léger et aurait un plus grand coefficient d’utilisation mécanique que le moteur Diesel ordinaire.
- Comme on le voit, ce sont les composés organiques à molécule complexe présentant la plus grande variation du nombre des molécules qui conviennent le mieux.
- Par exemple, les corps gras et les homologues supérieurs de la série du méthane, les substances principales des huiles minérales. Plus une molécule de combustible contient d’atomes d’hydrogène, plus grande est la variation de son volume d’après la formule [10] et plus grand aussi son degré d’utilisation dans les moteurs.
- Les huiles minérales de Pensylvanie qui se composent principalement des composés de la série du méthane conviennent donc encore mieux à la combustion dans les moteurs que les huiles minérales de Bakou qui contiennent beaucoup de naphtènes.
- (1) Voir M. Brutzkus, Contribution à la théorie des moteurs à combustion interne, p. 65.
- p.417 - vue 417/899
-
-
-
- 418
- COMBUSTIBLES POUB MOTEURS.
- MAI 1924.
- Remarquons que l’alcool pur occupe une place supérieure dans cette série; la présence de l’oxygène dans la substance, comme le montrent les formules [5, (j, 7, 8, 9, 10] a pour effet de faire augmenter considérablement la variation de volume; par conséquent, sa présence dans le combustible en favorise l’emploi dans les moteurs.
- L’auteur de ces lignes a brûlé avec un grand succès l’huile de baleine dans un moteur Diesel. L’utilisation effective atteignait 32 p. 100; après quelques jours de travail, quand le couvercle du cylindre eut été enlevé, les parois intérieures furent trouvées aussi propres qu’après la combustion du naphte brut.
- Dans certaines régions, les huiles végétales sont employées comme combustible dans les moteurs Diesel.
- Les huiles dont les composants contiennent des molécules complexes brûlent mieux que celles dont les composants contiennent des molécules plus simples; le naphte brut brûle mieux que le pétrole et la benzine. Il est possible de brûler les composants de l’huile de goudron qui subissent une augmentation de volume insignifiante, comme la naphtaline et le benzol, dans les moteurs Diesel, à la seule condition d’augmenter la compression et en ayant recours à d’autres combustibles.
- La même observation s’applique à des combustibles qui subissent une diminution du nombre des molécules dans la combustion. Plus grande est la diminution du nombre des molécules, plus la combustion dans les moteurs est facile et complète.
- Des combustibles qui subissent une diminution de volume, ceux qui conviennent le mieux à la combustion dans les moteurs sont les gaz comme l’hydrogène et l’oxyde de carbone; c’est l’acétylène qui convient le moins.
- Parmi les combustibles gazeux industriels, les gaz obtenus par la distillation sèche de la houille sont ceux qui brûlent le plus facilement dans les moteurs, comme, par exemple, le gaz de fours à coke et le gaz d’éclairage; le gaz de hauts fourneaux brûle plus difficilement. Mais ce dernier, de même que l’acétylène, subit une assez grande variation de volume, c’est pourquoi leur combustion ne présente aucune difficulté.
- En pleine concordance avec nos déductions théoriques, la pratique montre que les combustibles comme la naphtaline et surtout le benzol dont le nombre de molécules varie très peu et les gaz de formule simple, comme le méthane et l’éthylène, dont le nombre des molécules ne varie pas, ne conviennent pas bien à l’emploi dans les moteurs.
- Ils brûlent très lentement; leur emploi nécessite une avance à l’allumage considérable; malgré cela, leur combustion continue fort avant dans la course d’expansion.
- p.418 - vue 418/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 419
- Le fait qu’on brûle le benzol plus légèrement dans les moteurs à explosion que dans les moteurs Diesel s’explique du point de vue des considérations ci-dessus comme suit :
- Dans les moteurs Diesel de construction ordinaire, l’air d’injection et l’expansion produisent un grand refroidissement des gaz, qui ne peut pas être compensé par la combustion lente du benzol. Les gaz inclus se refroidissent et la combustion s’arrête.
- Au contraire, si l’on brûle le benzol pendant la course de compression, c’est-à-dire, dans les moteurs à explosion, ces causes de refroidissement n’existent pas; au contraire, la marche du piston fait croître la température des gaz par suite de la compression et la combustion ne s’arrête pas.
- Mais on peut aussi brûler le benzol dans les moteurs Diesel : en augmentant la compression finale jusqu’à 45 atmosphères et en réchauffant l’air aspiré par le moteur jusqu’à 60°.
- De ce point de vue, il est préférable de brûler les combustibles dont la combustion n’est pas liée à une variation du nombre des molécules ou à une très petite variation dans la course de compression, c’est-à-dire dans les moteurs à explosion.
- En général on doit apporter plus d’attention à l’accommodation du refroidissement par l’air d’injection et surtout par la vitesse du piston, qui est souvent perdue de vue, au développement de la chaleur dans le cylindre qui dépend de la combustion. Cette dernière est une fonction de la variation du nombre des molécules pendant la combustion.
- Les valeurs qu’on tire de la formule [6] dans le cas où le combustible est introduit dans le cylindre à l’état de vapeur ou de gaz, ou de la formule [9] dans le cas où le combustible est introduit à l’état liquide peuvent être employées pour caractériser un combustible pour moteurs, de même que la valeur de son pouvoir calorifique.
- Passons à l’influence des autres propriétés des combustibles.
- M. P. Rippel a déduit de nombreuses expériences sur la combustion des huiles dans les moteurs Diesel, les conclusions suivantes (1) :
- « En ce qui concerne les combustibles liquides qui conviennent pour les « moteurs à pression constante et les propriétés de ces combustibles qui « conditionnent leur emploi dans des moteurs, il faut répondre comme suit : « le poids spécifique, la viscosité, le point d’inflammation, le point « d’allumage, le pouvoir calorifique, toutes ces qualités d’un combustible « n’ont pas d’importance. Seule, la proportion d’hydrogène que contient le « combustible a une importance essentielle. »
- (1) H. Güldner, p. 457.
- p.419 - vue 419/899
-
-
-
- 420
- COMBUSTIBLES POU1I MOTEURS. — MAI 1924.
- Sans doute, ces propriétés et beaucoup d’autres, comme par exemple la structure de la molécule, ont une influence sur le processus de la combustion, mais leurs influences semblent s’effacer devant celle de la variation du nombre des molécules.
- Si l’on emploie l’inflammation par compression, on doit, bien entendu, atteindre par la compression une température de l’air plus haute que la température d’inflammation du combustible utilisé.
- En ce qui concerne l’influence qu’exerce sur le processus delà combustion le nombre des atomes d’hydrogène dans le molécule, cette inlluence résulte de la formule [10]
- (h)
- qui donne la variation de volume pour les hydrocarbures qui ne contiennent pas d’oxygène.
- Plus (/*), le nombre des atomes d’hydrogène est grand, plus grande est la variation du volume dans la combustion et mieux le combustible convient pour être brûlé dans les moteurs à combustion interne.
- VI. — Le combustible et son rendement.
- Gomme nous l’avons vu, certains combustibles subissent une diminution de volume à la combustion et doivent être bridés pendant la course de compression; d’autres subissent une augmentation et doivent être brûlés pendant la course d’expansion. La variation de volume est très différente pour les divers combustibles. On peut se demander comment cette propriété des combustibles influe sur le rendement d’une calorie de leur pouvoir calorifique.
- Dans la théorie des moteurs, on considère les combustibles uniquement du point de vue de leur pouvoir calorifique et on y rapporte tous les coefficients d’utilisation. Le travail mécanique qu’on peut obtenir théoriquement par la réaction chimique ne correspond pas à son pouvoir calorifique. Cette quantité de travail est différente pour chaque réaction dont elle constitue une particularité spécifique.
- De même que la thermodynamique est arrivée à la conclusion que, de la quantité de chaleur fournie à un gaz, une partie seulement peut être transformée en travail et qu’on obtient le maximum de travail quand cette transformation est isothermique et réversible, de même la chimie théorique est arrivée à la conclusion que le travail maximum que peut fournir une réaction chimique n’est pas égal à son pouvoir calorifique, et qu’on obtient le maximum de travail si le processus est isothermique et réversible.
- p.420 - vue 420/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 421
- Si nous pouvions déterminer ce maximum de travail pour toutes les réactions de combustion, nous connaîtrions le rendement théorique pour tout combustible, et nous pourrions rapporter tous nos coefficients d’utilisation à ce travail maximum et non au pouvoir calorifique. Pour certaines réactions, ce maximum peut être calculé. Ainsi, par exemple, W. Nernst l’a calculé pour la combustion du carbone. Mais ce calcul ne peut pas être fait pour la combustion des hydrocarbures, parce que des données expérimentales nous manquent. Un fait qui a un grand intérêt théorique, c’est que le maximum de travail qu’on pourrait tirer de la combustion du carbone est presque égal au pouvoir calorifique du carbone; le premier étant 94.000 cal et le second 94.212 cal.
- Mais en transformant l’énergie chimique en chaleur, c’est-à-dire en un mouvement désordonné des molécules, nous la transformons en une forme d’énergie dont 40 p. 100 seulement environ peuvent être obtenus comme travail mécanique. Si nous connaissions le moyen technique de transformer cette énergie chimique directement en énergie électrique, nous obtiendrions plus de 80 p. 100 de rendement en travail mécanique (1).
- L’influence du changement de volume sur le rendement d’une calorie peut être calculée par les formules habituellement employées.
- Le pouvoir calorifique d’un combustible est généralement déterminé au moyen du calorimètre de Berthelot ou de la bombe de Mahler qui donnent le pouvoir calorifique à volume constant. Cependant, dans les moteurs, la combustion se fait avec une variation de volume et sous des pressions relativement grandes. La variation de volume du combustible agit donc sur le rendement spécifique. Si le combustible subit une diminution de volume, la combustion doit se faire pendant la course de compression. La diminution de volume indique une dépense de travail, c’est-à-dire une perte.
- Les tableaux I et II indiquent la variation de volume pour 1 m3 de gaz qui brûle (l’oxygène compris). La pression moyenne pendant la combustion peut être déterminée par un diagramme transposé.
- Cependant, cette pression moyenne s’élimine dans les calculs. La quantité de travail perdu ne dépend pas de la pression, mais de la température. Nous pouvons évaluer la température moyenne de combustion à 1 500° absolus. Si la variation de volume sous 1 atmosphère de pression, à 15°, égale Y cm3, la quantité de travail perdu est égale à :
- ÏÔO X "288" X p X P = 0,0°2 V rakg-
- (1) Pour les détails de ces questions, voir W. Nernst, p. 221 et W. Ostwald, Grundriss der allgemeinen Chemie, 5e édit., 191*7, p. 497.
- p.421 - vue 421/899
-
-
-
- 422
- COMBUSTIBLES POüH MOTEURS. — MAI 1924.
- et, par rapport à une calorie, 427 mkg, la quantité de travail perdu sera d<
- 0.052V X 100
- 42'
- : 0,0122 V p. 100.
- Pour le gaz de hauts fourneaux, cette perte est de 1,93 p. 100, pour le gaz d’éclairage 0,67 p. 100, par comparaison avec un gaz dont le volume ne diminuerait pas. Nous pouvons en conclure que le gaz de hauts fourneaux doit représenter toujours un rendement à riudicateur inférieur de 1,36 p. 100 à celui du gaz d’éclairage.
- L’inverse est vrai des combustibles qui subissent une augmentation de volume. 11 faut brûler ces derniers pendant la course d’expansion. L’augmentation de volume implique ici un gain de travail. Si le combustible est introduit dans le cylindre à l’état liquide, alors l’évaporation du combustible produit une augmentation de volume et, par conséquent, un gain de travail. Nous obtenons alors un diagramme de plus grande surface. L’évaporation et l’augmentation de volume se font aux dépens de la chaleur dégagée, mais cela permet pour une même détente relative une meilleure utilisation de la chaleur.
- Cette augmentation de rendement peut être calculée. Elle se compose de deux parties :
- 1) Augmentation de volume des gaz; par exemple, dans le moteur Diesel, sous une pression constante de 35 atm. et à une température d’environ 1 600° absolus, cette augmentation correspond à un travail indiqué :
- ra-w'35x3',=0’a,"Vmk«-
- 2) Accroissements de ce volume de 35 atm. à 1 600° absolus, jusqu’à la pression de 3,7 atm. et à la température de 1 030°.
- Le travail correspondant peut se calculer d’après la formule de détente adiabatique :
- PV r. /VaV'->-
- L=îs[‘-m
- 0,0055 V
- 0,40
- 1 —
- K
- 'V x 1.600 288
- X
- u, lu —|
- 85
- , V x J .030 T \ 288 X:y7,
- = 0,071 V kgm.
- L’augmentation totale de la quantité de travail sera :
- 0,055V + 0,071V = 0,126 V mkg
- où V représente l’augmentation de volume en centimètres cubes.
- Pour une calorie de la chaleur du combustible cela fera pour 100,
- 0,126V x 100 _
- 427
- 0,0294 V p. 100.
- p.422 - vue 422/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 423
- Les résultats de ce calcul sont donnés dans les tableaux I et II.
- Moins le volume d’un combustible diminue ou plus il augmente, plus seront grands le rendement et le coefficient d’utilisation de son pouvoir calorifique.
- Les composants des huiles minérales donnent presque tous le même gain de travail, qui est de 2,62 p. 100 pour le pentane et de 2,28 p. 100 pour le sédécane. D’après ces calculs, une benzine légère doit donner un rendement d’environ 0,34 p. 100 plus grand que celui des huiles lourdes et de 1,18 p. 100 plus grand que celui du benzol.
- Si nous comparons le coefficient d’utilisation d’un pétrole brut brûlé pendant la course d’expansion au coefficient d’utilisation du gaz de hauts fourneaux brûlé pendant la course de compression, nous obtiendrons le résultat suivant : le pétrole brut donne un travail de 2,S p. 100 environ plus grand qu’un combustible qui ne subit pas d’augmentation de volume; le gaz de hauts fourneaux donne une perte de travail de 1,92 p. 100 plus grande environ qu’un combustible qui brûle sans variation de volume. Les deux combustibles doivent donner par suite, toutes autres choses étant égales, une différence des coefficients d’utilisation indiquée de 4,42 p. 100 ou de 3,75 p. 100 environ de coefficients de rendement effectif.
- H. Güldner (1) indique pour les grandes machines à gaz de hauts fourneaux, un rendement moyen de 26 p. 100; pour le moteur Diesel à pétrole brut, un rendement moyen de 34 p. 100; ce qui donne un écart de rendement de 8 p. 100. Comme nous l’avons vu, environ 4 p. 100 de cet écart sont dus à ce que l’un des combustibles brûle avec augmentation de volume et l’autre avec diminution de volume. Les autres 4 p. 100 de cet écart sont dus à un moindre coefficient d’utilisation thermique et à un plus grand travail de déplacement des gaz dans les moteurs à gaz.
- Ainsi, nous concluons que dans les moteurs dont la construction a le même degré de perfection, le combustible qui brûle avec augmentation du nombre des molécules donne un plus grand coefficient d’utilisation pour une unité de pouvoir calorifique que le combustible qui brûle avec une diminution du nombre des molécules. Le rendement sera d’autant plus grand que le volume augmentera davantage ou diminuera moins, du fait de la combustion.
- Le tableau III ci-dessous est emprunté à l’étude très connue des directeurs de l’Institut des Combustibles de la Suisse, MM. Constamm et Schlopfer (2). Il indique la dépense des divers combustibles par cheval pour les différents
- (1) II. Gîldnkk, p. 81, Tableau II.
- (2) Constamm et Schlopfer, Ueber Treitôle, Zeitschrift des Vereins deulscher Ingenieure, 1913, p. 1386.
- p.423 - vue 423/899
-
-
-
- 424
- COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- MAI 1924.
- pétroles bruts qui ont été expérimentés. Ce tableau contient, en outre, les résultats de l’analyse de ces pétroles pris dans les autres tableaux de la môme étude ; on a calculé l’augmentation spécifique de volume de chaque combustible d’après la formule :
- 4 (c)+ (/0‘
- Malheureusement, l’oxygène ne figure pas dans ce calcul parce que leurs tableaux donnent l’oxygène en même temps que l’azote, mais il y en a si peu que cet oxygène ne peut avoir une grande influence.
- TABLEAU III
- NUMÉRO DU DIA- GRAMME NUMÉRO DE l’huile Il L'ILES ÜÉP. DU CO MB. (g- ch. h) POUV. CALORI- FIQUE (cal.) cal : CH. H ANA C. p. 100 LYSE H.p.100 (A)l 00 Lcj+ÜO p. 100
- 5 3 Pétrole brut de Galicie. . . 250 10 151 2 538 86,5 13,0 31
- 6 43 Pétrole brut cracké de Pechel-
- bronn 220 10 362 2 280 85,1 14,2 33
- 7 45 Pétrole cracké de Pechel-
- bronn 240 10 232 2 456 85,9 13,6 32
- 8 65 Huile de Roumanie 265 9 877 2 617 87,0 11,9 29
- 9 66 Pétrole brut de Roumanie . 305 9 902 3 020 87,2 11,3 28
- 10 68 — — — 9 866 — 87,1 11,5 28,5
- II 73 Pétrole brut (naphte) de
- Russie 250 10 162 2 540 86,3 12,9 31
- 12 74 Huile pour Diesel spéciale de
- Russie 255 10 129 2 583 86,4 12,9 30,9
- 13 75 Pétrole brut (naphte) de
- Russie 255 10 066 2 567 86,1 12,8 30,8
- L’examen de ce tableau montre une concordance parfaite entre le taux d’augmentation du volume et la dépense de combustible. Plus le volume augmente par combustion, plus faible est la dépense de combustible par unité de rendement.
- Pour les corps qui subissent une diminution de volume et qu’on doit par conséquent brûler pendantla compression, il faut prévoir qu’à une diminution moindre de volume correspondra une dépense moindre du combustible. Le tableau IV indique comparativement pour les principaux combustibles gazeux : la perte de travail causée par la diminution de volume par unité de chaleur dégagée, et les coefficients de leur utilisation économique, empruntés au livre de II. Güldner (1).
- 1. IL Güldneh, p. 81, Tableau II.
- p.424 - vue 424/899
-
-
-
- THÉORIE DES COMBUSTIBLES POUR MOTEURS.
- 425
- TABLEAU IV
- PERTE DE TRAVAIL PAR CALORIE (p. 100) rtw (d’après Güldner)
- Gaz d’éclairage 0,67 29
- Gaz de fours à coke 0,76 27
- Gaz de gazogène à lignite 1.55 25
- Gaz de gazogène à coke 1,78 25
- Gaz de gazogène à anthracite 1,94 26
- Gaz de hauts fourneaux 1,93 26
- Si nous tenons compte du fait que les chiffres de la première colonne sont calculés sur la base des analyses moyennes et que les chiffres de la seconde colonne sont seulement approximatifs, que le gaz de fours à coke et le gaz de gazogène sont introduits dans le cylindre en sous-pression, le gaz d’éclairage et le gaz de hauts fourneaux, au contraire, en surpression, nous pourrons conclure que ce tableau IV ne réfute pas les conclusions précédentes.
- Les différences sont ici si petites que leur influence peut être légèrement altérée par d’autres influences.
- Qu’une diminution du nombre des molécules à la combustion soit liée à une perte de travail, qu’une augmentation du nombre des molécules soit liée à un gain du travail, ce sont des faits physiques, qu’il n’est pas besoin de démontrer ici.
- Le fait qu’on ne peut jamais, avec un combustible qui donne une diminution du nombre des molécules, atteindre un coefficient d’utilisation que nous atteignons avec un combustible qui donne une augmentation du nombre des molécules, en est la conséquence.
- Les faits qui montrent la concordance des déductions théoriques avec l’expérience prouvent suffisamment la justesse des considérations exposées ci-dessus.
- Nos conclusions permettent de déterminer le degré de convenance d’un combustible quelconque et son mode d’emploi dans les moteurs à combustion interne; par comparaison avec d’autres combustibles d’autre part, on peut évaluer le rendement qu’il peut fournir. La connaissance de ces données est l’objet essentiel de la théorie des combustibles pour moteurs.
- M. Brutzkus,
- Ancien constructeur des moteurs Diesel aux usines Nobel, à Pétrogracl.
- p.425 - vue 425/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — MAI 1924.
- LES PROGRÈS EFFECTUÉS DEPUIS LA GUERRE
- DANS LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE
- Les progrès du matériel textile français depuis la guerre ont été considérables. Les circonstances du reste ont favorisé leur éclosion. La destruction par l’ennemi des ateliers d’un grand nombre de maisons de construction et les lenteurs de leur reconstitution avaient forcé tout d’abord nos industriels à se tourner pour leurs fournitures du côté de l’étranger. Mais celui-ci a du, non seulement échelonner sur une longue période la livraison de ces demandes qui lui arrivaient toutes en même temps, mais encore il s’est vu obligé, en raison de la hausse constante du change et de la diminution d’un personnel décimé par la guerre, de livrer finalement ses machines à un prix de revient inabordable. Après les premiers envois, nous nous aperçûmes qu’il ne nous serait plus possible de renouveler nos commandes dans des conditions normales. Il fallut alors, ou bien nous résoudre à ne donner aucune extension à nos industries textiles si éprouvées, ou compter sur l’effort de la construction nationale pour activer la reconstitution de nos manufactures. Je me hâte de le dire : cet effort a été accompli. Et il l’a été sous l’influence de quatre facteurs : la consommation plus grande de la draperie après la guerre par des combattants habitués à s’en vêtir, l’accroissement des ressources du marché intérieur par suite de la hausse des salaires, le port de plus en plus coutumier du vêtement européen par les peuples d’Extrême-Orient, enfin la mode qui, dans certaines spécialités comme la bonneterie, nous a obligés à créer en France tout un matériel nouveau, inconnu chez nous avant 1914.
- Je vais passer rapidement en revue les progrès accomplis, retenant un à un ceux de nos principaux constructeurs, qui tous ont su ramener en France une activité technique de bon aloi et constituent aujourd’hui une redoutable concurrence pour la construction textile étrangère.
- Ce travail d’examen, qui comprendra 22 subdivisions, portera sur six facteurs principaux :
- 1° Matériel de la filature de laine peignée ou cardée;
- 2° Matériel de la filature cki coton;
- •1° Matériel de l’industrie du lin;
- p.426 - vue 426/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 427
- 4° Matériel relatif à la soie;
- 5° Matériel de tissage et de ses préparations ;
- 6° Matériel de l’industrie de la bonneterie mécanique.
- I. — Matériel de lavage de la laine.
- Je rappellerai sommairement tout d’abord en quoi consiste le traitement de la laine avant d’arriver au cardage qui précède le peignage.
- Voici la matière brute qui sort du triage, ou simplement du classement si elle n’est destinée qu’à faire des fils pour bonneterie. On y distingue encore facilement de grands morceaux enchevêtrés les uns dans les autres et qui, suivant la qualité du lot, tiennent entre eux avec beaucoup de ténacité. Ceux-ci renferment beaucoup de matières qu’il est d’abord nécessaire d’enlever : de là un passage préliminaire de cette laine à l’ouvreuse, qu’on désigne plus particulièrement sous le nom de loup.
- Le textile est ensuite soumis à l’opération du dégraissage, variant avec l’état de propreté de la matière, ou à celle du dessuintage à la machine dont la plus connue est celle du type français Malard, et c’est alors seulement qu’elle est passée à la laveuse, généralement du modèle classique Léviathan, avec fourches et chargeurs mobiles. Un tablier sans fin l’amène de la dernière presse de la batterie de lavage à un tambour sécheur et, de là, directement à l’extérieur du séchoir, sur un appareil ensimeur, où elle se trouve graissée. Elle tombe finalement dans des paniers, d’où elle peut être mise directement à la carde. Naturellement cette marche de la laine du bac à tremper à la sortie du séchoir se poursuit continuellement, l’ouvrier de la laveuse ajoutant dans les bacs appropriés de l’eau ou du savon lorsqu’il est nécessaire et remplaçant la laine au fur et à mesure que se vident les compartiments de la machine.
- Tout le matériel de lavage tel que nous venons de l’indiquer est construit en France par la Société Alsacienne de Constructions mécaniques. La dessuin-teuse du type Malard du modèle le plus récent est munie d’une table d’arrosage avec barrettes à charnières en fonte assemblées sans tringles en fer et facilement réparables. Mais c’est surtout la laveuse qui, depuis la guerre, a été perfectionnée par les soins de cette firme. Non seulement les batteries y sont combinées de façon à pouvoir traiter tous les genres de laines, mais les rouleaux du dessus, de la constitution desquels dépend absolument un bon essorage, sont construits pour pouvoir être garnis de fibres de laine comprimées, plus élastiques que les anciennes cordes de chanvre et ne présentant pas comme celles-ci l’inconvénient du mélange par désagrégation avec la laine en traitemenl. Lorsque les brins de chanvre se retrouvent
- Tome 136.
- Mai 1924.
- • 30
- p.427 - vue 427/899
-
-
-
- •428
- LA CONSTRUCTION' DE L’OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- ensuite dans les tissus avant leur traitement final ultérieur, on a une peine extrême à les enlever à l’épincetage à la main, et cependant cet enlevage est indispensable car la teinture de ces fibres végétales est essentiellement différente de celle des textiles d’origine animale. Enfin les cuves de lavage sont ici munies d’un double fond perforé et un canal traverse la série des cuves sur toute leur longueur, de façon à empêcher la laine de tomber dans le bain et de se déposer sur le double fond. Ajoutons que dans ce matériel de lavage, le tambour sécheur monté à la suite de la dernière cuve est construit par la même Société de façon à pouvoir être réglé pour le séchage des laines longues et courtes. Les tuyaux de chauffage disposés sous le tambour sont enfin combinés de manière à obtenir un bon séchage et un maximum de production.
- D’autres maisons de construction française se sont également attachées depuis la guerre à apporter des perfectionnements, dans le détail desquels il ne nous serait pas possible d’entrer, au matériel de lavage qui a toujours fait partie de leurs compartiments de spécialisation avant la guerre. Citons à ce propos : les Ateliers Paul Dubrule, de Tourcoing (léviathans à hommes de fer, c’est-à-dire à fourches, et à paniers plongeurs, séchoirs automatiques); la Société anonyme des anciens Etablissements J. Forthomme de Gennevilliers spécialisée dans la construction des machines relatives au travail de la laine avant son lavage (loups-batteurs réglables avec tambour pour ouvrir, vis d’Archimède à dents pour battre, grille à intervalles et ventilateurs pour l'époussiérage) ; la firme A. Thibeau et Cie, de Tourcoing (ouvreuses, batteuses, dessuinteuses, laveuses, séchoirs et ensimeuses), les Ateliers et fonderies de Reims, etc.
- II. — Mati ÜRIEL DE CARDAGE POUR LAINE PEIGNÉE
- Nous venons de rappeler qu’en quittant l’appareil ensimeur la laine lavée était directement transportée aux cardes. Ces machines, qui se composent en principe d’un tambour garni de pointes avant lequel et autour duquel tournent comme lui méthodiquement un certain nombre d’autres cylindres également munis d’aiguilles (alimentaires, roule-ta-bosse, égratteronneur, transporteur, travailleurs, etc.) ont pour but d’ouvrir la matière à fond, d’en bien paralléliser les fibres, de les débarrasser de leurs « chardons » et autres impuretés, et d’en faire finalement une nappe régulière, qui, passant par un entonnoir, se transforme en un ruban suffisamment solide pour pouvoir être enroulé sur des tubes en bois et former des bobines croisées qui sont ensuite travaillées aux gill-box et aux étirages.
- p.428 - vue 428/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 429
- Les cardes pour laine peignée se divisent en deux classes : les simples pour matières faciles à carder, et les doubles, épurant mieux la laine et produisant plus vite. Ces dernières sont les plus employées : elles sont généralement munies d’un « avant-train », d’une chargeuse automatique et d’appareils à échardonner suppléant ou remplaçant le carbonisage.
- La plupart des maisons s’occupant du matériel de la filature de laine peignée en France, et que nous avons nommées plus haut, ont perfectionné la carde depuis la guerre.
- Ainsi la Société Alsacienne de Constructions mécaniques construit aujourd’hui deux types de carde double : l’un pour laines fines mérinos et croisées, l’autre avec avant-train pour laines longues et communes croisées. Nous représentons, figure 1, une coupe schématique de cette
- Fig. t. — Carde double à avant-train pour laines longues et communes de la Société Alsacienne
- de Constructions mécaniques.
- dernière, ou l’on voit bien d’une façon détaillée l’avant-train, les deux tambours avec les organes qui les entourent, la sortie, etc. Les constructeurs y ont placé des appareils échardonneurs spéciaux d’avant 1914, mais en les variant suivant le genre de laine qu’il s’agit de traiter, et leur chargeuse automatique appropriée au travail des laines de toutes provenances. Tous les paliers de cette machine sont maintenant munis de coussinets à rotules et graissage par bagues et les tambours tournent fonte sur fonte. Les divers appareils nécessaires au service des cardes — pour le montage des garnitures, l’aiguisage sur la machine, etc., sont également construits par cette firme.
- Les Ateliers Paul Dubrule, de Tourcoing, se sont également attachés à perfectionner les cardes de leur construction : pieds des supports évitant toute vibration; rabotage et rainure du rail horizontal supportant les organes, pour permettre leur déplacement et rendre leur réglage facile; régularité de l’alimentation obtenue par garniture des alimentaires en disques dentés d’acier séparés par des disques de cuivre, ceux de chaque cylindre s’engageant dans les disques de l’autre; rainure du centre
- p.429 - vue 429/899
-
-
-
- 430
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- permettant de placer facilement un nombre variable de travailleurs, en vue du rendement; supports des groupes cardants d’un réglage facile et précis; volant monté sur console rigide lui assurant à toutes les vitesses une marche sans vibration; travailleurs en aluminium; échardonneur spécial, etc. L’ensemble de ces perfectionnements de détail, d’invention récente, constitue une originalité d’importance appréciable.
- Je me borne à ces deux exemples.
- III. — Matériel lainier d’avant-peignage.
- Les gill-box intersecting constituent un groupe de machines se rencontrant avant et après la peigneuse. Celles qui la précèdent débarrassent de ses impuretés et régularisent le ruban obtenu aux cardes pour le présenter au peignage aussi régularisé que possible et d’un volume déterminé, de façon à en obtenir moins de blousse. Celles qui suivent ont également pour but de donner au ruban peigné plus de régularité, en lui faisant subir un doublage et deux ou trois passages successifs avant le lissage et un nouvel ensimage. Le qualificatif intersecting vient de ce que ces machines sont munies de deux séries de barrettes superposées, dont celles de la série supérieure renversées s'entrecoupent avec celles de la série inférieure, les unes et les autres guidant et retenant le ruban dans sa marche vers les C)rlindres étireurs.
- C’est une machine de ce type que la Nouvelle Société de Construction de Cuebwiller (ancienne firme Nicolas Schlumberger et C'') a récemment lancée sur le marché en différents modèles qui méritent de retenir l’attention. Tout d’abord, l’alimentation y varie en raison de leur adaptation industrielle :
- 1° Par grand râtelier mécanique à rouleaux dérouleurs pour bobines horizontales avec passage de service ;
- 2° Par grand râtelier semi-mécanique pour grandes bobines de réunis-seuse;
- 3° Par râtelier mécanique pour bobines verticales, sous rouleaux dérouleurs avec passage de service;
- 4° Par rouleaux vide-pots, avec ou sans casse-mèche ;
- 3° Par la lisseuse, avec ou sans appareil de détour.
- La commande du râtelier s’y fait toujours par tête de cheval à roues droites taillées, permettant de régler dent par dent la vitesse de déroulement des bobines. De leur côté, les cylindres alimentaires sont à grosses cannelures avec pression à "ressort, le cylindre de pression s’y trouvant maintenu par des leviers faciles à lever et à remettre en place sans que les ressorts se dérèglent, et le cylindre alimentaire proprement dit pouvant être reculé d’environ 60 mm selon les laines à travailler.
- p.430 - vue 430/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 431
- La vitesse relative de ce dernier par rapport aux barrettes se trouve réglée par des roues taillées d’assez grand diamètre, accessibles saus difficultés à l’extérieur de la tête. Entre lui et les barrettes se trouve d’ailleurs un couloir-guide réglable en hauteur, amenant la laine tout près des aiguilles et au milieu de leur champ. Mentionnons encore qu’une plaque de sûreté derrière les barrettes empêche les ouvriers de se faire prendre par les aiguilles et que, lorsqu’on veut nettoyer celles-ci, la commande isolée par tête des cylindres étireurs permet en un tour de main de les écarter des barrettes à une distance suffisante. A remarquer également que chacune des deux séries de barrettes avait une inclinaison d’environ 3° par rapport à la masse fibreuse, ce qui permet de donner aux talons des barrettes qui reçoivent les coups de marteau le maximum d’épaisseur et de diminuer ainsi l’usure des parties en contact en permettant à ces barrettes d’entrer et de sortir régulièrement des vis. Ajoutons que la pénétration progressive des aiguilles dans la matière permet l’alimentation d’une grande quantité de laine et que la diminution de la distance entre les aiguilles en rapport avec la diminution de la masse fibreuse par le fait du laminage permet aux brins d’être régulièrement retenus pendant tout le chemin entre alimentaires et étireurs. Enfin, entre les cylindres étireurs et les rouleaux d’appel intermédiaires a été placé un entonnoir qui forme la nappe en rubans.
- Le mouvement du chariot par plateau et roues elliptiques, donne dans ces machines un mouvement régulier sans chocs, permettant de produire de belles bobines à grande vitesse. D’autre part, tout ce mouvement est logé dans une cage à portière facilement accessible et protégé contre toutes les infiltrations de matière. La course de ce chariot est réglable par coulisse dans le plateau à manivelle. Le bobinage est à deux rouleaux enrouleurs et supports pour faire la levée en marche, et la vitesse des enrouleurs et du mouvement du chariot se règle de façon indépendante par roues droites taillées. Ces divers perfectionnements nous ont paru faire de ce modèle 1924 un type tout à fait nouveau et parfaitement étudié.
- Nous avons vu la machine exécutée avec sortie à pots fixes ou tournants.
- Signalons, dans le même ordre d’idées, parmi les machines qui ont été le plus perfectionnées dans ces dernières années; les gills intersecting construits par les Ateliers de Construction de VOuest, de Nantes. Le dernier type 1923 représente un modèle à 6 têtes, 6 bobines, 12 mèches, râtelier dérouleur à bobines, dont la construction robuste permet d’obtenir sans vibrations un grand développement des cylindres lamineurs. Comme particularités, un dispositif automatique d’arrêt des barrettes en cas d’enrayage du mouvement, supprime l’emploi de clavettes en métal tendre; le débrayage
- p.431 - vue 431/899
-
-
-
- 432
- LA CONSTRUCTION DK LOUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- a lieu par poignées à l’avant et à l’arrière de la machine, à portée de la main de l’ouvrière; la commande du va-et-vient des rouleaux bobineurs se fait par une roue elliptique actionnée par un pignon excentré, afin d’obtenir des bobines cylindriques rectilignes aA^ec bases sans surtension exagérée.
- IV. — Mati ÎRIEL DE PEIGNAGE DE LA LAINE.
- Le peignage de la laine est, comme on le sait, contrairement à celui des autres matières textiles, une industrie à part, généralement indépendante de la filature. Il fonctionne pour cette raison dans des établissements spéciaux et ne comporte pas seulement, comme on pourrait le penser, des machines à peigner en activité. La laine, avant de passer sur ces machines, a été étirée et doublée, sur des cardes, bancs d’étirage et gill-box intersecting; et lorsqu’elle a été peignée, elle doit encore, pour acquérir plus de régularité, subir deux et même trois passages d’étirages et gill-box, être lissée, c’est-à-dire dégraissée, puis ensimée à nouveau à l’huile d’olive avant de passer au conditionnement. Ces divers traitements exigent une installation considérable, augmentée par ce fait que les fdateurs qui achètent la laine en suint, la font diriger vers les magasins des industriels peigneurs, qui deviennent de la sorte des entrepositaires de textile brut et des fournisseurs de textile peigné. Je donne ici ces explications, pour indiquer quelle est en pratique la place spéciale assignée à cette industrie, comprise pour tout autre textile que la laine parmi les préparations de la filature et fonctionnant dans les mêmes bâtiments.
- La première machine sur laquelle il me paraît intéressant d’attirer l’attention est la peigneuse dite P. A. L. construite par la Nouvelle Société de Construction de Guebwiller (ancienne firme Nicolas Schlumberger et Gie). Celle-ci, construite d’après le système Heilmann, est destinée à travailler les laines de toute nature, des agneaux aux fibres longues, communes et croisées. Munie d’un enfonceur-échardonneur, elle traite les matières les plus chargées de gratterons. Son alimentation se fait par 20 ou 24 rubans et la charge de laine peut y atteindre 330 g par mètre de nappe alimentée, selon la grosseur des rubans et le genre de laine. Sa construction date de 1920, et elle fonctionne depuis lors dans un grand nombre d’ateliers. Pour préciser ses dimensions, je dirai que ses cylindres alimentaires ont un diamètre ne dépassant pas 30 mm pour l’inférieur et 40 pour le supérieur et une largeur de table de 306 mm; ils sont pourvus de grosses cannelures rondes hélicoïdales qui leur assurent une marche douce et sans à-coups et leurs rochets interchangeables ont de 13 à 19 dents pour une variation de l’alimentation de 10 à
- p.432 - vue 432/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 433
- G mm. Deux guides, l’un fixe, l’autre suivant le mouvement du gill alimentaire conduisent la nappe dans la grille.
- Quelques organes méritent d’y être remarqués, à considérer leur disposition dans la machine, leur dimension ou leur forme, tous éléments qui à ces divers points de vue peuvent être mentionnés comme nouveaux.
- Ainsi, la grille guide-nappe du gill alimentaire, d’une largeur de travail de 330 mm avec une ouverture de 8 mm, coïncide avec les 8 rangées d’aiguilles du peigne alimentaire. L’excentrique de ce gill est en deux pièces, afin que celle qui commande l’alimentation puisse être échangée contre une autre à période d’avance plus rapide, ce qui permet de disposer du maximum de temps pour l’arrachage des longues fibres.
- D’autre part, la pince à poste fixe a ses deux mâchoires oscillantes dont l’ouverture est facilement réglable par des tringles filetées à écrou et contre-écrou : le levier de la mâchoire supérieure, en acier coulé d’une seule pièce, sert en même temps d’axe d’oscillation à la mâchoire inférieure, et la largeur de travail de ces mâchoires est de 326 mm.
- Le peigne circulaire a 152 mm de diamètre; son aiguille comporte 18 barrettes fixées par moitié dans des encoches fraisées sur deux segmenta de coquilles indépendantes; le premier segment « démêloir » est invariable pour tous les genres de laines, mais le second « peigne fin » est interchangeable suivant l’espèce. Les barrettes sont d’un pas égal, sauf entre la 14e et la 15e, mais à cet endroit il est double, la 15e étant la barrette « échar-donneuse » munie d’une lame débourrante et au-devant de laquelle vient pénétrer l’enfonceur-échardonneur. Le segment de peignes a une rotation uniformément accélérée pendant le peignage de la tête de mèche et retardée au passage dans la brosse.
- Le chariot arracheur est constitué par un châssis oscillant très rigide^ sur lequel sont encastrés les supports des cylindres arracheurs, bombés-pour compenser la flexion produite par la pression d’arrachage.
- La pression des cylindres arracheurs comprend un dispositif perfectionné qui permet d’enlever et de remettre en place ces cylindres sans être obligé de dérégler la pression. L’arrachage est secondé par un sabre et un contre-sabre : le premier pour achever l’étirage des brins longs et le second pour présenter la tête de mèche aux cylindres arracheurs. Le manchon de cuir est animé, ainsi que les cylindres arracheurs, d’un mouvement d’avance et de recul à chaque arrachage pour la juxtaposition tête sur queue des mèches successivement arrachées. La formation du produit peigné en ruban se fait par les cylindres comprimeurs à la suite du manchon, par l’entonnoir intermédiaire et par les rouleaux de sortie munis d’une pression à ressorts, qui absorbent le ruban et se dirigent dans un pot tournant à plateau tasseur.
- p.433 - vue 433/899
-
-
-
- 434
- LA CONSTRUCTION DE L OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- L’évacuation de la blousse et des duvets se fait comme d’habitude par brosse, doiïer et peigne battmt.
- En même temps que cette machine, la peigneuse dite P. L. B. de la
- Fig. 2. — Peigneuse à laine dite P. L. B. de la Société Alsacienne de Constructions mécaniques.
- Société Alsacienne de Constructions mécaniques n’a pas un moindre succès auprès des industriels. Comme le montre la figure 2, c’est une peigneuse rectiligne du genre Heilmann, construite à une tête seulement, alimentée par 24 rubans comportant un poids au mètre pour les laines courtes de 7, 6 g à 8 g et pour les laines longues ou communes de 12 à 13 g. La pince n’y fait qu’une
- p.434 - vue 434/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 435
- petite oscillation verticale autour d’un arbre fixe, de sorte que la pince, le gill et le peigne fixe ne font qu’un chemin insignifiant et ne se fatiguent pas. Le peigne circulaire, de 12 mm de diamètre, est garni de 18 barrettes et muni d’un enfonceur spécial. La table d’arrachage est mobile et les cylindres sont actionnés par un secteur denté qui produit en même temps le mouvement de recul des cylindres : c’est là une disposition nouvelle qui agit sans bruit et ne fatigue ni les cylindres ni leurs portées. Pour travailler les laines courtes et les laines les plus longues, le développement des cylindres varie dans des limites étendues de 9 à 27 cm. Ajoutons que le mouvement de recul des cylindres arracheurs permet d’obtenir un soudage parfait entre les tètes et les queues et de donner un beau ruban Enfin le peignage des queues se fait par un peigne fixe garni au centimètre de 22 à 25 aiguilles, ce dernier nombre n’étant utilisé que pour les laines fines ou très chardonneuses.
- La blousse se comprime automatiquement dans une caisse nouveau modèle qui n’a besoin que d’être vidée en moyenne deux fois par jour : dans ces conditions la main-d’œuvre est réduite et permet de faire soigner un plus grand nombre de machines par une ouvrière. La machine travaille à 95 ou 100 coups d’arrachage par minute. Sa production varie avec le genre de laine travaillée (6 à 14 kg par heure de travail).
- Très facilement cette peigneuse peut être disposée pour le peignage des traits courts de ramie, ainsi que des étoupes.
- Y. — Matériel lainier d’après peignage.
- Je m’arrêterai sur deux modèles de machines sortant des ateliers de la Nouvelle Société de Construction, de Guebwiller : l’étirage frotteur, et la série des frotteurs demi-gros, intermédiaires et finisseurs de la même firme.
- L’étirage frotteur forme le premier passage de frotteurs après les gill-box intersecting. J’y remarque tout d’abord une têtière monobloc opposant aux mouvements saccadés du frottage et du chariot une stabilité parfaite. Les limites maxima et minima du nombre de têtes sont fixées à 22 et à 4, et les machines se construisent indifféremment avec têtière à droite ou à gauche.
- L’alimentation peut s’y faire de quatre manières :
- 1° Par râtelier mécanique horizontal;
- 2° Par râtelier mécanique vertical;
- 3° Par rouleau vide-pots à détour sans casse-mèches ;
- 4° Par rouleau vide-pots sans détour à casse-mèches.
- Je vais examiner successivement ces différents systèmes.
- 1° Le râtelier mécanique horizontal avec passage de service se compose
- p.435 - vue 435/899
-
-
-
- LA CONSTRUCTION DU L’OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- m
- de quatre paires de rouleaux délivreurs en bois cannelés et de deux rouleaux tournants en bois sur axetde fer qui soutiennent les rubans sur le détour du passage de service, dont l’un est précédé de doigts séparateurs en bois poli en forme de râteau. Devant chaque paire de rouleaux, une baguette fixe renvoie les rubans vers les rouleaux-guides; une autre baguette semblable, fixée dans des supports réglables en hauteur sur les colonnes de devant du râtelier, sert aies diriger sur les cylindres alimentaires; tous les rouleaux sont commandés par une chaîne sans fin à maillons séparables, qui peut être allongée ou raccourcie selon les besoins.
- 2° Le râtelier mécanique vertical à passage de service se construit toujours à deux étages doubles pour pouvoir travailler, suivant les besoins, avec des bobines à double et simple mèche à l’entrée et à la sortie. Comme le doublage est ordinairement de deux et la sortie à une bobine par tête, trois cas d’alimentation peuvent se présenter : par bobines à simple mèche et sortie à double mèche, par bobines à double mèche et sortie à double mèche, et par bobines à simple mèche et sortie à simple mèche, deux postes de bobines au râtelier restant sans usage dans les deux derniers cas. Des rouleaux en bois guident les rubans sur le détour du passage de service et le rouleau intermédiaire est précédé de doigts séparateurs en fonte polie à écartement réglable. Une baguette en bois poli, dans des supports à position variable sur les colonnes de devant du râtelier, dirige les rubans vers les cylindres alimentaires.
- 3° Les rouleaux vide-pots sans casse-mèches sont avec passage de service entre les pots et la machine. Ce passage est formé de deux rangées de colonnes reliées entre elles par des traverses : les rubans, sortant des pots presque verticalement, le contournent sur deux rouleaux en bois d’où ils descendent vers l’entrée de la machine. Le rouleau de derrière est précédé d’un guide rubans en bois poli en forme de râteau, une baguette guide fixée dans des supports réglables, dirige ces rubans vers les cylindres alimentaires. Une table horizontale en bois poli, appliquée à l’entrée de la machine, sert à faciliter la rattache en cas de rupture d’un ruban. Les deux rouleaux sont commandés par chaîne sans fin.
- 4° Enfin les rouleaux vide-pots à casse-mèches sont, suivant le travail, à simple ou à double mèche, au nombre de un ou deux en bois poli commandés par une chaîne sans fin ; ils sont munis en dessous de planches guide-rubans à entailles et munis de guides oscillants à contre-poids (casse-mèches) retenus en position par la tension des mèches, produite par le propre poids d’un rouleau frotteur creux qui suit immédiatement une plaque-guide à trous, après les rouleaux vide-pots. Après la rupture d’un ruban, le guide oscillant se redresse et son contrepoids barre le passage à un heurtoir
- p.436 - vue 436/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 437
- aminci d’un mouvement de va-et-vient, ce qui occasionne l’arrêt de la machine.
- Je néglige les autres perfectionnements que je pourrais encore signaler sur ce genre de machines pour m’arrêter un instant devant les nouveaux frotteurs demi-gros, intermédiaires et finisseurs de la même firme.
- Les frotteurs demi-gros sont à trois étages simples, disposés chacun pour quatre bobines sur trois têtes, ce qui correspond à quatre bobines par tête. Ceux intermédiaires et finisseurs, qui sont à trois ou quatre étages simples pour six ou huit bobines par tête selon la composition de l’assortiment des étages supérieurs, passent en se déroulant sur des tringles en bois poli; les bobines de l’étage inférieur vont vers la latte-guide d’entrée en ligne droite, mais exception est faite au passage suivant immédiatement le frotteur demi-gros ; à cette machine tous les étages du râtelier sont munis de rouleaux dérouleurs en fer-blanc commandés par une chaîne sans fin. Comme les bobines du frotteur demi-gros sont encore volumineuses et qu’un tirage direct de la mèche pour les faire tourner risquerait de produire des coupures, on aide à son déroulement par l’intermédiaire de ces rouleaux dérouleurs. Les brochettes des bobines tournent dans des crapaudines en porcelaine et des pitons en laiton fixés sur des lattes porte-bobines en bois renforcées sur toute leur longueur par des fers à courroie.
- Quelques perfectionnements intéressants sont à signaler : à l’entrée de la machine, une latte en bois munie d’œillets-guide en porcelaine partage les mèches venant du râtelier en formant les doublages ; une autre latte bombée, moitié noire, moitié blanche, entre cette dernière et les entonnoirs en laiton des cylindres alimentaires, facilite la constatation de la rupture d’une mèche, pour éviter les simples dans les doublages. Les sellettes du cylindre alimentaire sont fixées sur des patins, ce qui permet d’en varier l’écartement par rapport au cylindre étireur. Les frotteurs sont exécutés à deux variantes : soit à écartement maximum de 300 mm entre cylindres étireur et alimentaire pour laine longue, disposition caractérisée par un cylindre lisse de 3 mm en fer avec un cylindre flotteur en bois poli de 4 mm ; soit à écartement maximum de 260 mm entre étireur et alimentaire pour les laines courtes et moyennes, et dans ce cas le cylindre lisse de 35 mm avec ses cylindres de pression de 30 mm en fer plein est logé dans les sellettes des poussoirs, et conséquemment n’est pas à écartement variable comme le précédent.
- Dans les machines de préparation pour laine peignée sorties des Ateliers de Construction de VOuest — gills, étirages ou bobinoirs — signalons la nouvelle têtière propre à cette firme. Avant la guerre, les divers organes de commande et leurs têtes de cheval étaient en général dispersées à difîé-
- p.437 - vue 437/899
-
-
-
- 438
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- rents endroits sur la machine : cette disposition prenait beaucoup de place et chaque commande avait son recouvrement spécial qu’il fallait manœuvrer à chaque changement de pignon, d’où une perte de temps appréciable. En vue de remédier à ces inconvénients, cette maison a muni chacune des machines que je viens de nommer, d’une têtière formant armoire à deux portes, renfermant la plupart des commandes et les pignons de change rangés sur des broches : celle-ci, située à l’une des extrémités de la machine, est d’un accès facile. D’autre part, la tâche du contremaître qui doit changer les engrenages a été le plus possible facilitée : les secteurs portant les pignons intermédiaires sont munis de poignées bien à portée de la main et les écrous de serrage sont en étoile, ce qui permet de les serrer à la main pour régler l’engrènement des pignons, et ce qui n’empêche pas avec les six pans habituels qui restent le fixage définitif après réglage.
- Signalons enfin dans ce compartiment, des tisseuses de la Société Alsacienne du type à chauffage direct, par 12 à 16 rouleaux sécheurs de 300 mm de diamètre en arrière, ou à chauffage indirect par 64 rouleaux en avant de 200 mm de diamètre. Dans les deux systèmes, l’amenée de vapeur est coupée automatiquement à l’arrêt de la lisseuse, ce qui empêche le jaunissement des rubans de peigné en contact avec les tambours sécheurs pendant l’arrêt. Le type 1922 est un modèle à deux bains qui donne le maximum de production.
- VI. — Matériel de préparation de la laine cardée.
- Je rappellerai sommairement que ce qu’on appelle dans le cardage de la laine un assortissement se compose de trois machines différentes : la briseuse ou première carde, qui sert de premier passage; la nappeuse ou carde intermédiaire, qui reçoit le produit de la première; et la fileuse ou carde en fin, travaillant le produit de la nappeuse pour en former les mèches préparatoires qui seront ensuite filées au métier à filer. Pour certains genres de matières, on peut se passer de la carde intermédiaire et, à côté des assortiments de trois cardes, faire marcher des assortiments se composant seulement de deux; de même que pour quelques genres de fils fins ou des mélanges de première qualité, on dispose d’un assortiment de quatre cardes. Les différentes machines d’un assortiment sont, par rapport à leurs organes principaux, toutes égales en principe et ne diffèrent entre elles que par quelques dispositions spéciales : appareils d’entrée et de sortie, transport d’une carde à une autre, etc.
- On ne peut mieux du reste s’en faire une idée que par les figures 3, 4 et 5 représentant schématiquement les trois genres de cardes telles qu’elles
- p.438 - vue 438/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE Là CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 439
- sortent des ateliers de la firme Niepce et Fetterer, de Chalon-sur-Saône; et de ceux de la société anonyme des Anciens Établissements J. Forthomme, de
- Fig. 3. — Carde briseuse (construction Niepce et Fetterer, de Chalon-sur-Saône).
- Gennevilliers : de ces trois machines, les deux premières sont solidaires et reliées par une alimentation automatique à ruban, le pesage de la laine s’y
- Fig. 4.— Carde repasseuse.
- fait automatiquement à la chargeuse-peseuse, les deux cardes s’arrêtent automatiquement quand le matelas de la toile sans fin est arrivé à son poids;
- ♦ “ ”
- Fig. 5. — Carde Pileuse.
- elles peuvent être remises en marche au moyen d’une simple manette. Quant à la fileuse, elle est complètement indépendante.
- Une troisième maison, la firme Alexandre père et fils et Antoine, à Harau-
- p.439 - vue 439/899
-
-
-
- MO
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- court (Ardennes), spécialisée également depuis de longues années dans la construction du matériel pour laine cardée, construit les mêmes machines et ne saurait être passée sous silence en raison des soins et des perfectionnements de détail incessants qu’elle apporte aux machines sortant de ses ateliers.
- Longtemps le matériel de la laine cardée, les préparations notamment, nous a été fourni par l’étranger ; mais vraiment, lorsqu’on étudie de près les modèles que nous représentons ici, on ne peut que reconnaître l’excellence de cette construction nationale qui fait honneur aux maisons qui Font entreprise.
- Enfin, dans ce matériel, rentre la construction des effilocheuses pour le traitement des chiffons destinés à la fabrication de la laine dite renaissance. Outre les maisons citées ci-dessus, d’autres maisons françaises se sont spécialisées dans la construction de ces machines (Crétin à Vienne, Laroche à Lisieux, Boistay à Louviers, etc.).
- VIL — Métiers a filer renvideurs pour laine.
- Nous entrons maintenant dans le domaine de la filature proprement dite qui, d’une manière générale, comprend deux genres de métiers : les self-acting ou renvideurs et les continus. Les renvideurs — nous le rappelons sommairement — se composent de deux parties bien distinctes, le porte-cylindres fixé sur le chariot mobile, ce dernier renfermant les tambours qui, au moyen de cordes, actionnent les broches disposées sur une seule rangée le long de sa face extérieure; quant aux organes de commande dont l’ensemble constitue la têtière, ils sont rassemblés dans des bâtis disposés au milieu de la largeur de la machine et perpendiculairement à la longueur du porte-cylindre ou du chariot. Les continus de leur côté sont à bagues ou à ailettes. J’aurai l’occasion de revenir plus loin sur la comparaison des mouvements et du travail de ces deux genres de machines, communes du reste à la laine et au coton.
- La Société Alsacienne de Constructions mécaniques est l’une des maisons françaises qui dans ces dernières années se sont le plus appliquées à perfectionner le métier renvideur. Celles de ces machines relatives au travail de la laine peignée ont une têtière munie d’un dispositif de graissage par bagues aux arbres principaux, de poulies de tension et de renvoi de la corde de tambours, d’un mouvement de retard des cylindres, etc. Cette têtière peut être disposée pour l’application de la commande individuelle par moteur électrique.
- Dans chaque machine, le laminage a été approprié aux différents genres
- p.440 - vue 440/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE- 441
- de laine; on y a adapté des cylindres, chapeaux et noix réglables. Un dispositif spécial y donne de 15 à 90 mm de fil à la rentrée du chariot et par suite une augmentation de production. Les supports de l’arbre de main-douce sont à graissage par bagues et rotules. Le chariot est à marche strictement rectiligne jusque environ 2 m de longueur. Les plates-bandes sont à collet mobile et à dispositif de graissage continu.
- A remarquer encore les roulements libres aux supports de chariot, avec chasse-pied roulant à l’avant et à l’arrière, les fonds de tambour en acier, les tendeurs de la corde des scrolls très améliorés, le compteur de torsion commandé par l’arbre de tambour. Enfin quelques-unes de ces machines, lorsqu’on le désire, sont munies d’un mouvement différentiel à rotation continue et uniforme de l’arbre moteur, avec commande par renvoi ou par moteur individuel placé sur la têtière.
- Les Ateliers de Construction de l’Ouest sont également en France constructeurs de renvideurs pour laine. A mentionner dans des machines de cette firme le chariot métallique, imité des constructeurs anglais, composé de tronçons en tôle de 3 mm ayant la longueur habituelle (6 m environ) des tronçons de chariots en bois. Dans le sens de la longueur, les deux parties verticales sont reliées entre elles par des équerres en tôle avec interposition de bois, qui servent en même temps de supports aux tringles de réglage des plates-bandes à collets et à crapaudines.
- On sait combien la rigidité du chariot est, pour les renvideurs, d’une importance capitale, puisqu’elle assure le parallélisme des broches avec les cylindres et par suite une tension régulière des fils en diminuant les casses. Par surcroît de précaution, et pour assurer la douceur de marche au cas où, malgré tout, les axes des roues du chariot ne resteraient pas rigoureusement parallèles entre eux, ces axes ne sont pas posés dans des paliers et le chariot vient simplement reposer sur eux par l’intermédiaire de portées planes terminées par deux butées : les axes des roues peuvent donc se déplacer en roulant sur ces portées et on évite ainsi tout danger de coincement.
- Enfin, parmi les constructeurs de renvideurs, je dois encore signaler la Nouvelle Société de Construction, de Guebwiller, dont le dernier modèle à commande individuelle par moteur électrique est très remarquable.
- VIII. — Métiers a filer continus pour laine.
- J’ai examiné plus haut les perfectionnements appliqués dans ces dernières années aux renvideurs : j’arrive maintenant à ceux dont le continu a fait l’objet.
- Mais la comparaison entre ces deux genres de métiers à filer suscite
- p.441 - vue 441/899
-
-
-
- 442
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 192t.
- quelques réflexions préliminaires. Le renvideur a en effet ses côtés faibles; il prend beaucoup de place, son mécanisme est aussi dangereux que compliqué, son réglage est très difficile, et surtout le filage est interrompu pendant le dépointage et le renvidage, d’où perte notable de temps. En principe, le continu semble remédier à ces inconvénients, car si son prix d’établissement est sensiblement supérieur au coût du renvideur (à égalité de nombre de broches bien entendu), s’il absorbe plus de force, si même il exige une main-d’œuvre plus chère, il faut avouer qu’il rachète cette infériorité par de précieux avantages, ne serait-ce que la production continue du fil et le peu de place qu’il exige pour son installation. L’emploi du continu deviendrait donc bientôt exclusif si, avec la même matière qu’au renvideur on pouvait y obtenir, sous forme de bobines facilement dévidables, les mêmes numéros avec les mêmes torsions, c’est-à-dire les fils floches pour bonneterie et les numéros fins en chaîne, demi-chaîne et trame. Malheureusement, le principe même du continu ordinaire a semblé jusqu’ici s’opposer à l’obtention de ces résultats.
- Prenons par exemple le continu à anneau : la matière, sortant des cylindres délivreurs, se rend directement à la bobine après avoir passé par le curseur. Celui-ci est libre dans un anneau bien concentrique à la broche; l’anneau lui-même est fixé sur une planchette animée d’un mouvement spécial de monte-et-baisse et le fil est ainsi guidé le long de la broche de façon à former une bobine cylmdro-conique. La broche, en tournant, tend le fil, et cette tension elle-même opère l’entraînement du curseur, dont la rotation produit la torsion et dont le retard sur la bobine donne le renvidage. D’où je conclus que la tension sert comme agent de renvidage, ce qui constitue un premier défaut, puisque le continu ne peut filer que des fils ayant une certaine résistance; de plus, second défaut, cette tension est très variable dans le courant d’une levée : il faudrait au contraire qu’elle fût constante, pour que l’on pût travailler des matières assez fortes pour résister au maximum de tension.
- Un mot maintenant sur les lois de cette tension. La théorie, que l’expérience confirme d’ailleurs parfaitement, nous montre qu’elle varie proportionnellement au carré de la vitesse du curseur; ce facteur est sensiblement constant puisque la vitesse du curseur varie peu. Elle dépend, en outre, du rapport du diamètre de renvidage au diamètre de l’anneau : c’est là une valeur qui augmente de la base au sommet de chaque couche renvidée. Il faut à tout cela ajouter des causes secondaires de tension, comme la résistance de l'air, la nature du métal qui constitue le curseur et l’anneau, et surtout le déplacement du chariot. En effet, dans le but d’obtenir des bobines bien dévidables, on donne au porte-anneau un mouvement lent de
- p.442 - vue 442/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 443
- montée, de façon à renvider sous forme de spires serrées; le mouvement de descente au contraire est très rapide; de cette manière l’aiguillée descendante se renvide suivant des spires allongées, ce qui lie les différentes couches entre elles et évite les éboulements au dévidage. Or, qu’arrive-t-il? Quand le chariot est arrivé en haut de sa course, le fil est déjà très tendu, puisque le renvidage se fait sur le plus petit diamètre; en même temps la torsion est la plus faible et par suite le fil est le moins résistant; c’est à ce moment que le porte-anneaux prend un mouvement rapide de descente : de ce fait le curseur s’éloigne du point de renvidage et subit brusquement une augmentation de vitesse, d’où nouvelle cause de casses. Tout ceci prouve que la tension est minima au moment où le chariot commence à descendre.
- Avant la guerre, bien des tentatives ont eu lieu pour faire bénéficier les continus de quelques-unes des qualités du renvideur. C’est ainsi que d’excellents métiers ont paru sur le marché et, pour ne citer que ceux des maisons françaises : le continu Klein, de Roubaix, dans lequel l’anneau tourne sur lui-même de façon que le curseur ait à se déplacer moins que lui ; le continu de la Société Alsacienne de Constructions mécaniques, où les variations de vitesse sont produites au moyen de l’électricité; celui de la firme Dufossez-Allard (aujourd’hui Just Adt), de Roubaix, dans lequel la tension et la torsion sont mécaniquement régularisées, ce qui peut avoir son importance surtout pour les fils floches; le continu Martinot qui, sans régulariser complètement la tension, en atténue la variation; les continus Vimont de Vire, et Razin, de Condé-sur-Noireau, construits par la Société Alsacienne, avec le système de curseurs desquels le fil s’applique constamment sur la bobine en formation et lui donne en même temps une compression qui en assure la dureté. Assurément, tous ces métiers ont fait gagner du terrain aux continus et en ont fait perdre aux renvideurs, mais là s’est borné le résultat acquis.
- En 1922, la Société de Construction Grün, de Lure (Haute-Saône), vient de tenter de son côté de résoudre le problème et elle a lancé sur le marché un nouveau continu pour laine peignée dû à l’un de ses collaborateurs les plus appréciés, M. Paul Burkard. Le but que celui-ci s’est proposé d’atteindre est d’obtenir la constance de la torsion en faisant varier convenablement la vitesse relative des broches par rapport aux cylindres d’alimentation pour chacun des cycles de variation des diamètres de renvidage. Ces variations de la vitesse des broches ont été combinées de façon à maintenir uniforme la vitesse relative du curseur qui dans ces métiers n’est pas commandée impérativement. Dans ces conditions la constance de la torsion est toujours assurée, quelle que soit sa valeur, en conservant les avantages du curseur et conséquemment les changements de torsion ne nécessitent plus de réglage spécial différent de celui d’un métier continu ordinaire.
- Tome J 36. — Mai 1924. 31
- p.443 - vue 443/899
-
-
-
- 444
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- Noms allons sommairement indiquer les moyens qui dans ce métier font varier la vitesse des broches (fig. G) de façon que le curseur tourne d’une vitesse uniforme par rapport aux cylindres.
- En se référant plus spécialement à la figure 7, l’arbre de commande 3 est commandé par une poulie 21. Cet arbre commande à son tour l’arbre 4 du tambour des broches, situé dans son prolongement, par un réducteur de vitesse constitué par les pignons 5, 6, 7, 8. Le pignon 5 est calé sur l’arbre 3, le pignon 8 sur l’arbre 4 et les deux paires symétriques de pignons 6, 7, formant tête de cheval sont portées par un carter 9 dans lequel sont enfermés ces divers pignons. Lorsque le carter est maintenu fixe, la vitesse de l’arbre 3 est transmise à l’arbre 4 avec une réduction de vitesse dépendant du nombre
- Fig. 6. — Broche de continu à anneaux. Fig. 7. — Dispositif du différentiel avec réducteur
- de vitesse (pour transmettre un mouvement variable au tambour des broches).
- respectif des dents des pignons, 3, 6, 7, 8, déterminé suivant la réduction que l’on veut admettre. Mais le carter 9 porte lui-même une couronne dentée 10, qui permet de lui communiquer un mouvement de rotation autour de l’axe commun des arbres 3 et 4 et l’ensemble de ce carter tournant constitue alors non seulement un réducteur de vitesse mais encore un mouvement différentiel. Un mouvement de rotation variable est transmis à la couronne dentée 10 du carter 9 de la façon suivante :
- L’arbre 3 commande directement l’arbre 14 des cylindres alimentaires 11 par les rouages compris entre les pignons 12, 13, et la couronne dentée 10 est commandée, à partir de l’axe 14 des cylindres, par les rouages 13 et les cônes 16 et 17. La roue 18 et un train d’engrenages relient 18 à 10. La variation de vitesse de la couronne 10 en rapport avec celle des diamètres de renvidage à chaque course du chariot porte-anneaux est obtenue par le déplacement d’une courroie sur les cônes 16 et 17 au moyen d’un dispositif
- p.444 - vue 444/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 445
- que j’explique plus loin. L’emploi d’un différentiel formant réducteur de vitesse présente comme avantage de favoriser l’accomplissement de l’arbre de commande directement avec un moteur électrique et, dans le cas où la commande se fait par courroie, il permet, par l’augmentation de vitesse de l’arbre 3, de réduire en proportion à égalité de travail transmis et d’effort tangentiel, le rayon de la poulie motrice 21. Les conséquences avantageuses de cette réduction de rayon sont les suivantes :
- On peut appliquer, pour la commande de l’arbre 3 par un arbre premier moteur 23, commandé lui-même par la transmission ou par un moteur électrique directement accouplé, le dispositif d’invention indiqué sur la figure 8,. en disposant de l’arbre 23 dans la têtière elle-même à une faible distance de l’arbre 3. De plus, les variations de vitesse que l’on peut être amené à faire?
- Fig. 8. — Commande du métier à anneaux de la Société de Fig. 9. — Cônes produisant tes construction Grün, de Lure, applicable avec le réducteur de variations de vitesse du tambour vitesse. des broches.
- subir à l’arbre 3 étant produites par le changement simultané des poulies 21 et 22, de façon à varier leur rapport tout en maintenant constante la somme de leurs rayons, les variations de rayon sont, toutes choses égales d’ailleurs, d’autant plus petites que la valeur moyenne du rayon de la poulie 21 est moindre et en conséquence peuvent rester compatibles avec la disposition invariable du galet tendeur 21 supporté par un levier à contrepoids articulé sur l’axe 3 de la poulie 21.
- Les variations de vitesse du mouvement communiqué par l’arbre des; cylindres aux broches obtenues au moyen des cônes 16 et 17, sont relativement importantes en raison du rapport relativement grand entre les diamètres de renvidage extrêmes d’une couche de la bobine. Pour obtenir ces variations de vitesse en disposant les cônes à une certaine distance et les commandant l’un par l’autre par courroie, comme on le fait ordinairement, il faudrait leur donner une pente trop grande, ce qui produirait un mauvais travail de la courroie ou amènerait à les allonger à un point tel qu’ils deviendraient très encombrants et de plus nécessiteraient de longs et rapides déplacements de la courroie. On a donc été conduit à employer (fig. 9) le
- p.445 - vue 445/899
-
-
-
- 446
- LA CONSTRUCTION DE LOUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- dispositif bien connu de deux cônes 16 et 17 pressés l’un contre l’autre par un système de ressorts entre lesquels est interposée une courroie sans fin 20 de faible longueur, qui joue le rôle de garniture de friction assurant l’entraînement de l’un des cônes par l’autre à une vitesse dépendant de la position de la courroie. La conicité de pareils éléments peut sans inconvénient être très grande et conséquemment leur longueur réduite de telle façon que de fortes variations de vitesse peuvent être obtenues à l’aide de faibles dépla-I cements de la courroie 20 commandée par les tiges 26
- du levier 27, comme je l’explique plus loin. La longueur du déplacement de la courroie doit du reste varier au cours de la formation de la bobine, car la variation des diamètres de renvidage est différente dans les couches successives qui la constituent.
- Line bobine de continu est en effet constituée comme l’indique la figure 10. La première couche est directement renvidée sur la broche, elle est donc cylindrique et de diamètre minimum x0\ par conséquent, 1a. vitesse du mouvement additionnel transmis au différentiel par les cônes doit rester constante et maxima, de sorte que, pour la première course du chariot, la courroie des cônes doit rester constamment en a (fig. 9) sur le grand diamètre du cône commandeur 16 et le petit diamètre du cône commandé 17. Pour les couches suivantes, le diamètre à la base augmente progressivement et devient x2... x,n le diamètre au sommet restant x0. Donc, à mesure de la formation de la bobine et jusqu’au moment où le diamètre à la base atteint le diamètre d du corps, la course de la courroie doit augmenter progressivement en partant toujours de a (fig. 9) : elle deviendra ainsi successivement a, a — a — b2... a — bn. Le diamètre d de la bobine étant atteint, le fond est formé et les couches suivantes constituant le corps sont alors toutes égales : pour toutes ces couches, la course de la courroie doit conserver la même amplitude a — bn. Ces conditions de variation de la course de la courroie sont réalisées, si ce n’est de façon rigoureuse, au moins avec un degré d’approximation suffisante de la façon représentée sur la figure 11.
- Comme on le voit, le levier 28, mobile autour de son axe 29, porte un galet 30 autour duquel est enroulée une chaîne 31 passant sur un galet de renvoi 32 et attachée à la poulie 33. A celle-ci est fixée une autre chaîne 34 reliée d’autre part à une tringle 35 mobile horizontalement et qui longe le métier dans toute sa longueur. Par l’effet du poids du chariot, le levier 28 est constamment maintenu en contact avec l’excentrique 39 de telle sorte
- .Fig. 10. — Constitution d’une bobine.
- p.446 - vue 446/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 447
- que, pour chaque tour de ce dernier, le chariot effectue une oscillation complète dont l’allure dépend de la forme de l’excentrique. Mais, à chaque nouvelle course du chariot, le galet 30 tourne sur son axe d’une fraction de tour déterminée sous l’action d’un mouvement de cliquetage et enroulé de la chaîne 21, de sorte que le point de départ des courses successives du chariot s’élève progressivement. C’est ainsi que l’on arrive à produire les bobines cylindro-coniques telles que celles de la figure 10. Naturellement la poulie 33 prend également, autour de son axe, un mouvement oscillant dont le point de départ progresse dans le sens de la flèche f à chaque nouvelle course.
- Ceci posé, il s’agit de donner au levier 27, qui par les tiges 26 produit le déplacement de la courroie des cônes 16 et 17, le mouvement variable concordant avec celui du chariot dont a été établie la nécessité. A cet effet, à la branche 40 du levier 27 est suspendue une bielle 41, munie à sa partie inférieure d’une coulisse
- 42 dans laquelle est pris un tourillon
- 43 fixé sur le levier 28; d’autre part, le levier 29 est sollicité vers la gauche par un poids 44 agissant sur lui par l’intermédiaire de la chaîne 45 et sa course est limitée de ce côté par un excentrique 46, tant que dans le mouvement alternatif du levier 28 le tourillon 43 n’est pas venu en contact avec le fond de la coulisse 42. Il participe au contraire tout le reste du temps au mouvement du levier 28 et par conséquent à celui du chariot.
- Or, l’excentrique 46 est tracé suivant des rayons décroissants et réglé de façon à prendre contact avec le galet 47 par son rayon maximum au début de la levée, de telle sorte que le levier 27 est maintenu à sa position extrême de droite et reste immobile dans cette position, le tourillon 43 se déplaçant simplement dans la coulisse 42 de la bielle sans entraîner cette dernière dans son mouvement. Mais, à mesure de la formation du fond, l’excentrique 46-tourne peu à peu sur son axe à chaque nouvelle course du chariot, de façon à prendre contact avec le galet 47 sur des rayons de plus en plus petits et permet ainsi à la bielle 41 et au levier 27 de participer au mouvement du tourillon 43 par des courses qui croîtront progressivement de zéro pour la première course à leur valeur maxima correspondant à la longueur des
- Fig. 11. — Dispositif pour faire varier la-course de la courroie des cônes en rapport avec les diamètres de renvidage.
- p.447 - vue 447/899
-
-
-
- 448
- LA CONSTRUCTION DE L OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- cônes pour la dernière couche du fond, ces courses ayant toutes comme point de départ l’extrémité droite des cônes.
- La commande de la rotation de l’excentrique 46 est prise sur l’axe 48 de la poulie 33 qui, ainsi qu’on l’a vu plus haut, est animée d’un mouvement oscillant à point de départ variable. Ce mouvement est communiqué à un doigt 49 calé sur cet axe et qui vient appuyer à la fin de chacune de ces oscillations sur un secteur denté 50 en prise avec un pignon 51 calé sur le moyeu de l’excentrique 46. Enfin un rochet 52, solidaire également de l’excentrique, est en prise avec un cliquet fixe 53 qui empêche le retour en arrière de l’excentrique et du secteur, sollicités tous deux par l’action du poids 44. A chaque nouvelle course du chariot, le secteur 50 et l’excentrique tournent donc d’une quantité correspondant à l’avancement du point de départ de chaque oscillation de la partie 33. L’engrènement du secteur 50 avec le pignon 51 est réglé de façon que le secteur dégrène au moment où le fond de la bobine est achevé, de sorte que, à partir du moment où le guide-courroie 27 a atteint sa course maxima, l’excentrique 46 reste invariable. La course du guide-courroie reste alors constante pour la formation du corps de la bobine.
- Outre les variations de diamètre de renvidage de la bobine, il est une autre cause encore d’irrégularité de torsion qui est due au mouvement alternatif de montée et descente du chariot. En effet, lorsque le chariot 38 (fig. 11) s’élève en se rapprochant des cylindres 11, il détendrait le fil compris entre le curseur et le cylindre d’une longueur égale à sa course, si ce fil n’était renvidé à mesure par le curseur. Il en résulte que la longueur du fil renvidé à la montée du chariot n'est pas seulement celle alimentée par les cylindres, mais qu’elle est augmentée de la course ascendante du chariot, qu’en conséquence le curseur se retarde d’autant plus sur la broche et que pour lui conserver la vitesse constante nécessaire à la régularisation de la torsion, il faut activer la vitesse de la broche à la montée du chariot. L’inverse a lieu lorsque le chariot descend : il a tendance à tirer sur le fil et de ce fait provoque une augmentation de vitesse du curseur et un manque à renvider. Pendant cette descente, il faut donc ralentir le mouvement de la broche.
- A cet effet, on intercale dans la commande du mouvement différentiel par les cylindres deux rapports d’engrenage 61-62 et 63-64 comme l’indique la figure 12, dont le presseur 61-62 communiquant une vitesse plus grande que l’autre au cône supérieur entre en jeu pendant la montée du chariot et l’autre 63-64 pendant la descente. Le pignon 62 est solidaire de la partie mâle 65 d’un manchon de friction, dont la partie femelle est constituée par le cône 16 lui-même et dont l’embrayage est produit par un mécanisme
- p.448 - vue 448/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 449
- agissant pendant toute la montée du chariot sur la fourche 67. Quant au pignon 64, il porte plusieurs cliquets 68 qui sont en prise avec une denture à rochet 69 dont est munie intérieurement l’extrémité du cône 16. L’embrayage de la friction produisant l’entraînement à grande vitesse du cône, les cliquets 68 patinent sur la denture 69 pendant la montée du chariot. Au contraire, pendant la descente, la friction étant débrayée, la commande du cône est assurée à petite vitesse par l’engrènement de ces cliquets.
- Je me suis laissé entraîner à décrire et expliquer un peu longuement le jeu de ces mécanismes, parce qu’ils transforment complètement le continu classique et qu’ils constituent une étude de mouvements originaux qu’on n’avait pas encore jusqu’ici appliqués à ces machines. Mais il s’en faut que nos constructeurs français n’aient pas, depuis la guerre, ajouté au continu ordinaire, sans le modifier aussi profondément, des perfectionnements pratiques d’une importance appréciable. Je vais les indiquer.
- Parmi eux peuvent être cités les Ateliers de Construction de VOuest, de Nantes. Dans leur continu à anneaux pour filature de laine peignée, muni de chaque côté d’une commande indépendante (par câble ou électrique), les variations de vitesse des broches sont obtenues par volants à gorges et poulies interchangeables, et la torsion gauche s’obtient sans toucher aux courroies de commande ni aux câbles des broches. Le laminage, composé de cinq rangs de cylindres cannelés, est légèrement curviligne et incliné à 45° pour diminuer l’angle formé par les directions de la mèche et du fil. Les mariages sont évités par une tringle ramasse-tout. Les guide-fils de sortie sont montés individuellement sur charnières, ce qui permet de les relever séparément pour démasquer la broche; ils sont en outre munis solidairement de deux mouvements : l’un automatique d’élévation qui régularise la dimension du ballon au fur et à mesure de la levée, l’autre de rotation commandé par levier à main, provoquant leur escamotage au moment de la levée. La suppression des vrilles a été réalisée : à l’arrêt, par l’application d’un frein qui bloque instantanément les tambours; à la mise en route, par un retard réglable de la rotation des cylindres, permettant de donner aux fils la tension nécessaire. Enfin, pour obtenir un renvidage croisé genre renvideur et filer sur tubes plus minces en évitant le point mort sur les petits diamètres, les
- 65
- Fig. 12. — Dispositif pour faire varier la vitesse du cône commandeur suivant que le chariot porte-anneaux monte ou descend.
- p.449 - vue 449/899
-
-
-
- 450
- LA CONSTRUCTION DU L’OUTILLAGK TEXTILE. — MAI 1924.
- constructeurs ont imaginé un dispositif de saut de broche représenté figure 13 et 14. Comme il est facile de s’en rendre compte, le mouvement de saut des broches est ici déterminé par des leviers en équerre ou sonnettes a reliés entre eux par des tirants b. Le bras d des leviers est relié aux broches par l’intermédiaire des ficelles e, de la tringle t et de la noix n. Un ressort?1, attaché en haut du bâti et relié en bas à l’extrémité de la bielle e, se trouve bandé lorsque les broches sont à leur position basse et sert à donner la poussée ascensionnelle à tout le dispositif. Les tirants b sont actionnés par un excentrique. Ce dispositif spécial paraît donner une torsion
- i /i â
- Fig. 13. — Dispositif de levée des broches Fig. 14. — Dispositif de levée des broches à sa
- à sa position basse. position haute.
- plus égale, diminue les casses de fil et permet un bon dévidage avec très peu de déchets au tissage.
- Mentionnons encore parmi les continus à anneaux à filer la laine, ceux qui sortent des ateliers de la Nouvelle Société de Construction, de Guebwiller, qui comportent trois modèles différents :
- 1° A une face;
- 2° A deux faces dépendantes ;
- 3° A deux faces indépendantes.
- Dans chacun d’eux, la têtière est exécutée suivant deux types : soit pour commande transversale par corde, au moyen de volants de rechange et de poulies de tension munies de coussinets à billes et de graisseurs à compression à graisse consistante ; soit pour commande par moteur électrique accouplé à l’arbre du tambour avec ou sans régulateur automatique pour une vitesse variable des broches. Mais dans le second modèle, dans le premier cas, les deux tambours sont commandés par la corde; et dans
- p.450 - vue 450/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA. CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 451
- le troisième les deux côtés de la machine sont dans les deux cas commandés indépendamment l’un de l’autre.
- Par ailleurs, le râtelier dans chaque modèle est à deux étages pour deux rangées de bobines de frotteur finisseur simple ou double mèche facile à garnir; les brochettes tournent dans des crapaudines en porcelaine fixées sur des lattes porte-bobines en bois ; les mèches de l’étage supérieur passent sur une tringle-guide en bois poli, et celles de l’étage inférieur sur des tringles en fer (une seule pour le premier); enfin une table porte-bobines est à la base du râtelier (au-dessus pour le second).
- Les cylindres cannelés sont partout à5 rangs; les supports du 1er cylindre (alimentaire) et du 2e peuvent coulisser sur glissière, ce qui permet d’en varier l’écartement par rapport au cylindre étireur. Les trois autres rangs sont à poste fixe. Les cylindres de pression de ces cylindres agissent par leur propre poids, à l’exception de l’étireur dont la pression se fait par contrepoids pouvant occuper 3 positions différentes sur le levier de pression; mais toutes les pressions de l’étireur peuvent être mises au repos en même temps par un coup de manivelle sur une vis sans fin appropriée.
- Le guide-fils est placé au-dessus des broches en forme de queue de cochon, dans des porte-guides métalliques à charnière, sur plate-bande à cornière supportée par des leviers oscillants régables en hauteur et contrebalancés par des poids. L’arbre (ou les arbres) pour le second modèle de ces leviers est commandé par un excentrique, qui transmet aux guide-fils un mouvement ascensionnel progressif, diminuant le ballon des fils et leur donnant une tension presque constante. Les anti-ballons sont constitués par un fil d’acier recourbé sur tringle en acier, se relevant progressivement par l’action d’un rochet au fur et à mesure du déplacement du chariot pendant la formation de la bobine.
- Les broches sont du système Acmé à frein métallique et collet suspendu pour tubes de 215 mm. Leur commande se fait par un tambour (deux pour le second modèle) de 250 mm de diamètre, avec paliers des axes exécutés de façon à pouvoir être employés, soit avec roulement à billes de graisseur Stauffer à compression, soit avec boîtes à anneaux de graissage. Les tambours sont munis de couvertures en bois devant et derrière sur toute la longueur de la machine, pour éviter les courants d’air nuisibles provenant des cordes à broches et éviter les accidents.
- Enfin la têtière comprend les mécanismes suivants : 1° arrêt du chariot; 2° disposition de sous-renvidage pour rattacher les bobines à l’ourdissage; 3° frein sur l’arbre moteur pour l’arrêt de la volée des broches; 4° débrayage automatique des cylindres à chaque arrêt de la machine : à la mise en marche, les broches tournent les premières, et l’ouvrière ne fait engrener
- p.451 - vue 451/899
-
-
-
- 452
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — .MAI 1924.
- les cylindres que lorsque les curseurs ont atteint leur pleine volée, diminuant aussi beaucoup les casses de fils.
- Mais d’autres maisons ont pu encore dans leurs derniers modèles construits depuis la guerre se mettre avantageusement sur les rangs au regard de l’étranger pour les continus à filer la laine peignée. Citons encore le continu de la firme Just Ast (anc. Dufossez-Allard), de Roubaix. Un premier mouvement automatique y régularise la tension du fil suivant les diamètres de renvidage, aussi bien pendant la formation des bases de bobines que lorsque celles-ci sont terminées, et un second mouvement également automatique régularise la tension : la combinaison de ces deux mouvements permet de filer sur cette machine tous les genres de laines en tous numéros, des croisées Buenos-Aires aux Australie fines. Le but qu’a voulu atteindre le constructeur est d’arriver à une production supérieure à celle des renvideurs, tout en obtenant comme sur ces derniers des filés velus et élastiques; beaucoup de filateurs estiment que ce résultat a été atteint et qu’on file sur ces métiers aussi bien les gros numéros jusque 12.000 m aux fins de 100.000 m au kilogramme.
- Un autre continu à mentionner est celui des Ateliers de Bitschioiller-Thann (anc. Martinot et Galland). Dans les continus à filés ordinaires, le renvidage des couches de fil, au lieu de se faire sur broches fixes, n’est produit que par le mouvement du chariot porte-anneaux: les constructeurs ont eu pour but d’empêcher ainsi le point mort qui se produit dans le haut de la course de va-et-vient du chariot ; il s’ensuit que quelques couches de fils sont renvidées sur la pointe de la bobine, mais il existe cependant à ce système un inconvénient, c’est qu’il est impossible d’y employer des tubes minces en papier. Les ateliers de Bitschwiller-Thann ont voulu y remédier, et ils ont imaginé un dispositif permettant de donner aux broches un mouvement vertical qui croise celui du chariot porte-anneaux, de sorte que le mouvement du chariot se fait dans un sens contraire à celui des broches. Ce mouvement permet : 1° de donner un fort croisage au renvidage du fil du haut en bas, facilitant ainsi le dévidage des cannettes sur les métiers à tisser marchant même à grande vitesse; 2° de filer sur tubes très minces, le renvidage ne s’arrêtant plus au point mort où les casses de fil sont fréquentes, puisqu’en raison du mouvement ascendant de la broche, il se croise vers le bas où le diamètre du tube est plus grand et la tension moins prononcée. On produit ainsi un fil avec la torsion plus floche que demande plutôt le tissage.
- Je mentionnerai encore le continu à filer à anneaux de la firme A. Klein, de Roubaix, qui diffère surtout du continu à anneaux ordinaire par l’application d’un dispositif permettant de faire tourner les anneaux à une vitesse variable suivant la formation des diamètres de renvidage. Ce métier, spécia-
- p.452 - vue 452/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 453
- lement construit à l’origine pour filer floche et fin est surtout employé aujourd’hui pour filer de la trame sur cannettes.
- Enfin je signalerai que la Société Alsacienne de Constructions mécaniques construit des continus à filer à anneaux pour laine peignée, à broches et laminages de différentes inclinaisons et pour tous les genres de laines. Le fil y est dirigé du point de pinçage des cylindres directement au curseur : on obtient ainsi une meilleure répartition de la torsion sur toute sa longueur, ce qui permet de filer aussi floche que possible. Les broches sont disposées en quinconce, pour éviter le changement des cordes à broches lorsqu’on veut faire de la torsion inverse. Le cylindre « avale-tout » autour duquel s’enroulent les fils qui cassent, évite les mariages.
- Je note encore, comme disposition générale, que les tambours tournent dans des supports à rotules à graissage par bague ou à roulements à billes; que des broches, à collets mobiles et freins, sont fixées sur porte-broches en forme de cadre réglables en hauteur; que le débrayage à la main du chariot et des cylindres, empêche la formation des vrilles à la mise en train; qu’il a été prévu au-dessus des broches des grands fils réglables commandés par le mouvement du chariot. A remarquer également le relevé de la pression pendant l’arrêt de la machine, et des positifs originaux de nettoyage des cylindres.
- J’ajoute que la commande de ces machines peut être simple pour les deux faces ou indépendante pour chaque côté, par corde ou par moteurs électriques individuels.
- IX. — Continus a retordre pour laine.
- La Société dont je viens de parler construit également des continus à retordre du type à anneaux et du type à ailettes.
- Les continus à retordre à anneaux sont à broches verticales ou inclinées, avec casse-fils à l’entrée et à la sortie et dispositif d’arrêt des broches. Ils se font à sec ou au mouillé ainsi que pour fils fantaisie. Leurs mouvements et leur exécution générale sont ceux des continus à filer de la même maison. Les broches sont à collets mobiles, commandées par cordes.
- Les continus à retordre à ailettes, pour laines longues et articles spéciaux, ont au contraire leurs broches commandées par engrenages.
- Les Ateliers de Bitschwiller-Thann (ancienne firme Martinot et Galland) ont construit dans ces dernières années un continu à retordre pour laine pour tous numéros et à commande double indépendante de chaque côté de la machine. Les mouvements sont les mêmes que les continus à filer à anneaux de la même maison. Tous les écartements de broches sont possibles sur cette
- p.453 - vue 453/899
-
-
-
- •454 LA CONSTRUCTION DU i/oUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- machine, mais, pour permettre le retordage des gros et moyens numéros sur grosses bobines de 125 g de fil, ce qui augmente la production, beaucoup de retordeurs préfèrent de grands mouvements et des anneaux de grande dimension. Un dispositif permet d’arrêter automatiquement le cylindre de pression du livreur lorsqu’un fil se rompt. Lorsque la commande du métier est électrique, on a tout avantage à se servir d’un métier à commande des broches par engrenages, construit par cette maison avant la guerre, en raison de la grande économie de forcé motrice par rapport aux métiers avec commandes de broches par corde et du moindre emplacement nécessaire.
- La maison Just-Ast (ancienne firme Dufossez-Allard) construit de son coté une moulineuse faisant la bobine de laine à fil croisé. Très avantageuse pour des torsions faibles et très employée pour les fils de bonneterie ou laine à tricoter, cette machine renvide directement sur bobinets en bois pour râteliers d’ourdissoir. Les broches, très robustes, sont munies d’ailettes renversées, vissées sur elles de façon à permettre le garnissage sans démonter les ailettes. Afin de placer un grand nombre de broches sur un faible encombrement, on a disposé les porte-bobines sur deux rangs en hauteur. Les charnières sont à soulèvement automatique, fonctionnant aussitôt que la bobine a atteint son diamètre. Les mouvements de va-et-vient pour le croisage du fil se produisent par tambours hélicoïdaux placés à la commande.
- Enfin les Ateliers de construction de VOuest sont constructeurs d’un continu à retordre à anneaux pour laines peignées, dont les principales caractéristiques sont identiques à celle» s continus à filer pour laine peignée de la même maison.
- X. — Matériel du préparation de la filature de coton.
- Les cardes à coton, dont le but est de déchevêtrer les fibres, nettoyer et ouvrir les flocons que laisse le batteur, comprennent d’une manière générale quatre types connus : les machines à chapeaux fixes, qu’on ne construit plus guère en raison de la fréquence des débourrages qu’elles exigent, dans lesquelles toute la surface supérieure du grand tambour est composée de plaques ou chapeaux recouverts d’une garniture d’aiguilles sur la partie en contact avec cette surface; — les cardes à chapeaux tournants, où ces plaques sont remplacées par des organes rotatifs à marche lente placés autour du grand tambour, dont chacun est muni d’un peigne qui détache les impuretés et les fait tomber dans un récipient spécial; — les cardes à chapelet dans lesquelles des chapeaux métalliques rotatifs sont reliés entre eux au moyen d’une chaîne sans fin dite chapelet; — et les cardes mixtes dans lesquelles est généralement disposé, après le briseur et immédiatement au-dessus de
- p.454 - vue 454/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 455
- l’alimentation, un chapeau tournant à marche lente avec peigne détacheur et auge réceptrice et après lequel, autour de la surface du grand tambour, se trouvent plusieurs paires de hérissons travailleurs et nettoyeurs et des chapeaux fixes.
- La Nouvelle Société de Construction, de Guebwiller, s’est particulièrement attachée après la guerre à la construction d’une carde mixte à 70 chapeaux mobiles et 2 paires de hérissons qui constitue l’un des meilleurs modèles de la construction française et mérite à ce titre une description (fig. 15).
- Fig. 15. — Salle de montage des cardes aux ateliers de la Nouvelle Société de Construction,
- de Guebwiller.
- Une première remarque, c’est, que tous les organes faisant partie de l’alimentation de cette machine comme le rouleau débourreur, le cylindre cannelé alimentaire, briseur, grille, ainsi que les barrettes-couteaux réglables dans tous les sens, sont montés sur la table d’alimentation. Dans ces conditions, une fois leur réglage opéré, celui du briseur contre le grand tambour s’opère par le rapprochement de tout l’appareil alimentaire. On évite de cette façon, chaque fois que le briseur doit être rapproché du tambour, d’avoir à retoucher au réglage de l’auge d’alimentation par rapport au briseur, aux barrettes et à la grille. Quant au briseur, il est monté sur roulements à billes et deux diaphragmes de part et d’autre des paliers évitent les accumulations de duvets.
- Au-dessus du briseur se trouvent deux paires de hérissons, qui se composent de deux travailleurs et de deux délivreurs. Le travail de ces organes
- p.455 - vue 455/899
-
-
-
- 456
- LA CONSTRUCTION DE l/0UTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- ouvre plus délicatement les flocons et les répartit beaucoup rtiieux sur la surface du tambour que les chapeaux, tout en diminuant dans de grandes proportions la fatigue des garnitures de ces derniers. Ce système, qui ménage beaucoup les fibres, a de plus l’avantage de détacher, par l’ellet du couteau appliqué sous les hérissons, une quantité notable de poussières et duvets très courts, provenant des fibres mortes. Le couteau est fixé à une caisse à duvet avec grille, disposé de telle façon que le déchet peut être retiré sans crainte d'accident pendant la marche de la machine.
- Les travailleurs sont commandés par une chaîne qui reçoit son mouvement des chapeaux par un arbre longitudinal à griffes monté dans un support. Le réglage des chapeaux, de son côté, se fait par le déplacement radial de cintres flexibles en fonte sur lesquels ils glissent et qui a lieu en trois points au moyen de vis micrométriques munies de points de repère. Pour en rendre le contrôle plus facile, les cintres sont munis de lucarnes permettant de glisser le calibre de réglage entre tambour et chapeaux. Enfin pour éviter les arrivages d’air entre les deux arcs et le grand tambour par la rotation de ce dernier, qui s’exerceraient à travers les chapeaux et produiraient beaucoup d’évaporation latérale, les croisillons sont montés un peu à l’intérieur du tambour, ce qui permet aux arcs d’y pénétrer aussi légèrement ; grâce à cette disposition, on peut encore garnir les chapeaux jusqu’à leur surface de glissement, ce qui a l’avantage de supprimer le soufflage du duvet, de réduire la largeur de la machine, de raccourcir les chapeaux en augmentant leur rigidité, et d’amener la netteté de la lisière du voile en supprimant l’amoncellement du duvet sur les côtés du tambour et son entraînement sur le peigneur. Ajoutons que, la surface de glissement des chapeaux étant rectifiée, leur aiguisage s’applique par des leviers à contre-poids contre des réglettes en acier trempé et que cet aiguisage reste ainsi indépendant de l’usure de cette surface.
- Sur les 70 chapeaux mobiles, 26 sont toujours en action. Les maillons de la chaîne de ces chapeaux sont en acier et des boîtes en acier trempé réduisent au minimum le jeu qui se forme toujours au bout d’un certain nombre d’années de marche : la commande de cette chaîne se fait par deux vis sans fin et roues hélicoïdales taillées, marchant chacune dans un bain d'huile et entièrement enfermées dans un couvre-engrenages. Pour mettre les chapeaux en mouvement, il suffît de desserrer un seul écrou, ce qui débraye l’une des vis sans fin, de sorte que l’on n’est obligé de démonter aucune pièce.
- Le bac en fer-blanc sous le grand tambour est muni de barrettes triangulaires à sa partie inférieure : il se règle de l’extérieur par des tourillons excentrés et le contrôle de son réglage se fait par des lucarnes. Ses deux parties supérieures se règlent automatiquement par rapport au tambour lors
- p.456 - vue 456/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 457
- du réglage de tôles de fermeture, étant donné qu’elles sont suspendues à des tourillons montés sur les joues réglables portant ces fermetures.
- Enfin les supports d’aiguisage du peigneur montés sur des bras ajustés aux supports de cet organe, assurent le parallélisme entre l’axe du peigneur et celui du rouleau à aiguiser et empêchent ainsi la possibilité d’un aiguisage concave de la garniture du peigneur.
- L’étude approfondie de cette carde en a fait un type de premier plan et nous a engagé à entrer dans ces divers détails.
- En dehors de la carde mixte, la Nouvelle Société de Construction fait également la carde à chapelet. Celle-ci est en tous points semblable à l’autre, à cette exception près que, du côté de l’entrée, au lieu des deux paires de hérissons, la chaîne des chapeaux se prolonge jusque la tôle de fermeture au-dessous du briseur et permet l’application de 42 chapeaux de plus, soit 112 chapeaux, dont 45 toujours en action. De ce fait le cintre flexible est prolongé, et son réglage se fait en cinq points au lieu de trois.
- La Nouvelle Société de Construction a également perfectionné depuis 1914 les autres machines classiques de préparation jusqu’aux bancs-à-broches inclus. Parmi elles, Xétirage a été particulièrement étudié par ses ingénieurs et mérite une mention.
- L’alimentation s’y fait par rouleaux vide-pots tendeurs situés au-dessus des pots, donnant une légère tension aux rubans, ce qui rend beaucoup plus sensible l’action des casse-mèches. Pour les cotons peignés, un guide d’entrée en bois poli est appliqué au premier passage. Les casse-mèches de leur côté sont suivis de guides à éventail pivotants et à mouvement de va-et-vient lent.
- Les quatre rangs de cylindres cannelés marchent dans des coussinets en bronze de 90 mm de portée, ajustés dans des sellettes fraisées dans lesquelles sont également ajustées les boîtes des cylindres de pression. L’écartement entre les quatre rangs est réglable. Des chapeaux de propreté obliques réglables suivant l’écartement des cylindres sont placés sous eux, montés sur des leviers pivotants pour permettre un nettoyage facile. D’autre part, les cylindres de pression en acier tournent dans des boîtes en fonte à réservoir de graissage, sur lesquelles s’exerce directement la pression des poids suivant le système dit « loose ends » ; leur nettoyage se fait par toile sans fin avec grattoir automatique.
- Le casse-mèche de sortie agit dans les deux sens, soit que l’entonnoir de sortie se relève, soit qu’il s’abaisse : c’est ainsi que lorsque la mèche ou le voile se rompt par suite d’une grosseur qui ne peut passer dans l’entonnoir ou d’une barbe aux cylindres, l’entonnoir bascule dans un sens ou dans l’autre et le débrayage est effectué.
- p.457 - vue 457/899
-
-
-
- 458
- LA CONSTRUCTION DE lV)UTILLAGE TEXTILE. — MAI 192k
- J’ajouterai qu’aux machines accouplées de front ou accouplées croisées, un arbre longitudinal recevant la commande de la transmission et longeant la machine commande chaque têtière séparément. Pour les machines simples non accouplées, les poulies motrices se trouvent sur l’axe du cylindre étireur.
- Enfin, si le sol le permet, la commande des colliers peut être noyée de 120 mm, ce qui réduit la hauteur de la machine de 110 mm et facilite le travail de l’ouvrière et la surveillance.
- La Société Alsacienne de Constructions mécaniques construit également tous les métiers de préparation pour coton : ouvreuse à grand tambour, batteur simple ou double, cardes à chapelet, étirages ordinaires et bancs à broches, plus une peigneuse pour cotons dite P. L. De ces diverses machines, qui toutes ont reçu depuis la guerre un certain nombre de perfectionnements d’importance variable, je ne retiendrai à titre d’exemple que la peigneuse et le dernier modèle de banc-à-broches.
- La peigneuse, du type à quatre têtes, est construite avec un petit étirage à la sortie recevant les rubans réunis des têtes. En changeant la finesse des peignes et le poids de la nappe entrante, on peut y peigner des cotons Jume d’Amérique ou des longues soies comme la Sea Island et le Sakellaridis, le réglage proprement dit de la machine restant le même et consistant tout au plus dans les modifications à faire en vue de l’obtention du pourcentage de blousse voulu, de la bonne tension du ruban et d’un numéro sortant déterminé, qui ne demandent que peu de minutes. Parmi les quelques particularités de la machine nous retiendrons les suivantes :
- La nappe alimentaire est composée de deux rouleaux de coton pour chaque tête, disposés Lun derrière l’autre sur le même plan horizontal; les deux nappes superposées passent sur un tablard-guide et sont dirigées vers le hérisson alimentaire en une pièce qui, en plus de son mouvement saccadé ordinaire, reçoit encore à volonté un mouvement de patinage positif ou négatif, présentant l’avantage de permettre en quelques secondes un changement du pour cent de blousse.
- Les peignes circulaires sont munis chacun de 21 barrettes, réparties sur deux segments, dont un gros avec 11 barrettes et un fin avec 10 barrettes. Cette construction de peigne circulaire en deux pièces facilite la mise en place des segments, dont le gros ne demande que rarement à être enlevé pour la réparation des barrettes ; celles-ci sont fixées dans des rainures fraisées, de sorte que leur centrage peut être facilement effectué.
- L’arrachage de son côté se fait au moyen de cylindres à grosses cannelures hélicoïdales entre lesquels se trouvent des manchons en cuir. Le soudage du voile s’obtient par un mouvement de recul à développement réglable. Les voiles sont détachés des manchons en cuir par une paire de rouleaux en fer
- p.458 - vue 458/899
-
-
-
- PROGKÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 4-59
- et passent ensuite par un entonnoir au-dessous duquel se trouvent des molettes, d’où ils sortent sous forme de ruban sur un petit couloir; sur ce dernier les rubans passent sur des casse-mèches et sont dirigés vers une tête d’étirage.
- Ce petit étirage est composé de trois rangs de cylindres cannelés avec trois rangs de cylindres de pression, dont les premier et deuxième sont couverts de drap et cuir avec pression à ressorts, celui du troisième rang étant en fonte lisse et à pression libre. Le ruban étiré sort de la tête d’étirage, passe par un entonnoir et une paire de molettes et va s’enrouler dans un pot tournant.
- De cette même firme, les bancs-à-broches, qui ont pour but d’amincir les mèches en les étirant et de les égaliser en les doublant, tout en leur donnant une première torsion, paraissent avoir été l’objet d’une construction particulièrement soignée.
- Le mouvement différentiel y est à roues droites, contenu dans une boite hermétiquement close qui le protège contre les entrées de poussière et de duvet. La très grande longueur des roues permet de leur appliquer une courroie large donnant un renvidage plus sûr. L’équilibrage du chariot a lieu par l’intermédiaire d’un système de leviers, reliés aux contrepoids : à l’une de leurs extrémités, ils soutiennent le chariot sous sa nervure inférieure, c’est-à-dire dans la ligne du centre de gravité, et à leur autre extrémité, ils sont articulés en un point fixe aux bâtis du banc. Les contrepoids agissent en un point de ces leviers par l’intermédiaire de chaînettes et de galets : on assure ainsi au chariot un mouvement léger et facile très appréciable, surtout aux changements de marche. L’arbre de commande du chariot est logé derrière les broches : il tourne dans des portées fixées aux bâtis du banc.
- Le mouvement à bascule (changement de marche) est actionné par des poids que la petite crémaillère lève alternativement : cette dernière, facilement démontable, est taillée pour en assurer le fonctionnement exact et léger.
- La crémaillère qui communique le mouvement de bascule à la courroie des cônes marche entre quatre galets, pour réduire les résistances au minimum. Un petit volant à main, placé sur le devant de la machine, sert à ramener l’appareil à bascule à sa position initiale. Un autre petit volant placé à côté de celui-là sert à lever ou à abaisser le cône inférieur, pourfendre ou détendre la courroie; à cet effet une vis sans fin, commandée par le petit volant, imprime un mouvement à un segment denté fixé sur l’arbre de l’articulation du cône.
- Enfin le mouvement de fin de levée arrêtant automatiquement à bobines pleines comprend un levier à équerre : à l’un de ses bras agit le contrepoids de l’appareil à bascule, l’autre bras conduit la tringle de détente.
- Tome 136. — Mai 1924.
- 32
- p.459 - vue 459/899
-
-
-
- 460
- LA CONSTRUCTION DE L OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- XI. — Métiers renvideurs, continus a filer et a retordre pour coton.
- Le métier renvidcur pour coton de la Société Alsacienne, construit pour grandes vitesses de broches et permettant d’obtenir de fortes productions, a été l'objet dans ces dernières années de perfectionnements de détails incessants.
- L’allonge du premier cylindre cannelé et les arbres des tambours sont aujourd’hui munis de manchons d’accouplement; tous les supports sont à chapeaux; de même le volant sur l’arbre du tambour dans le châssis du chariot est en deux pièces : ces dispositions permettent de gagner du temps en cas de démontage, en évitant les décalages et faussages des arbres.
- Le mouvement d’avance des courroies, avant la sortie et avant la rentrée complète du chariot, permet d’arrêter instantanément la machine pendant la sortie en déplaçant les courroies. La chaîne de dépointage est automatiquement raccourcie par un mouvement relié aux calibres. Le mouvement de renvidage et de dépointage est indépendant et possède sa commande spéciale (par courroie ou par corde munie d’un tendeur). Un compteur donne une torsion supplémentaire au fil à la fin de la sortie du chariot.
- La règle de formation de la bobine porte une partie mobile à charnière, reposant sur un calibre spécial disposé dans celui de la règle : cette partie mobile a pour but de changer le croisement des fils sur la bobine au fur et à mesure de sa formation.
- La main-douce possède un manchon de sûreté pour éviter les ruptures au cas où un obstacle s’opposerait à la sortie du chariot; les métiers un peu longs sont munis d’une poulie de main-douce supplémentaire, vers le milieu du chariot, de chaque côté de la têtière.
- L’abaissement de la contre-baguette à la rentrée est produit par un levier à ressorts. Les métiers les plus nouveaux sont également munis de repose contre-baguette pour soulager les ressorts de baguette et obtenir un empointage ralenti, et par suite éviter les vrilles.
- 1*0111- les numéros fins, plusieurs mouvements spéciaux sont appliqués aux métiers :
- 1° Un mouvement dillerentiel à roues d’angle entre les cylindres et la main-douce, pour donner un étirage supplémentaire à la fin de la sortie, en produisant un ralentissement du chariot;
- 2° Un mouvement pour livrer du fil pendant la torsion supplémentaire :
- 3U Un mouvement d’abaissement de la baguette à vitesse variable;
- 4° Enfin une application de rouleaux dérouleurs commandés par le cylindre alimentaire, pour faciliter le déroulage de la mèche au porte-bobines.
- p.460 - vue 460/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 461
- Les métiers continus à anneaux, de la même firme, sont de deux modèles :
- 1° Métiers à broches verticales pour filer la chaîne ou la trame;
- 2° Métiers à broches inclinées pour filer la trame.
- Les métiers à broches verticales comportent un laminage fixé sur un porte-cylindre et dont l’inclinaison est variable. Le système de pression appartient à trois genres. Le premier comprend des poids agissant directement par crochets sur le premier rang de cylindres de pression recouverts de
- Fig. 16. — Métier continu à filer à anneaux Fig. 16 bis. — Métier continu à retordre
- pour coton, à broches inclinées. les fils de coton, sur le côté (à gauche le système
- au sec, à droite le retordage au mouillé).
- drap et cuir; les deux autres rangs en fonte lisse reposent sur les cylindres cannelés de leur propre poids (pression libre). Le deuxième genre comporte un poids agissant par un levier, un tirant et une sellette, sur le premier et le troisième rangs de cylindres de pression recouverts de drap et cuir ; le deuxième rang en fonte lisse reposant sur le cylindre cannelé par son propre poids. Enfin dans le troisième genre les cylindres de pression recouverts de drap et cuir reçoivent la pression d’un poids dont la charge se répartit sur les trois rangs par l’intermédiaire d’un système de sellettes.
- p.461 - vue 461/899
-
-
-
- LA CONSTRUCTION DU l/oUTlLIAGU TUXTILU.
- MAI i 9'24.
- UV1
- Les broches de ces métiers, fixés sur des cadres en fonte, peuvent tourner à très grandes vitesses. Elles sont à collets mobiles et peuvent être construites suivant des modèles variés : à graissage par le haut par exemple ou à réservoir inférieur pouvant s’enlever pendant la marche pour changer l’huile. Elles peuvent être disposées pour recevoir des tubes traversants en papier mince, des tubes en carton ou des tubes en bois. Leur écoulement dépend des numéros filés : le minimum est de 60 mm.
- Dans les métiers à broches inclinées (fig. 10), dont la caractéristique réside dans l’inclinaison des broches vers le laminage, cette inclinaison permet au fil de se diriger directement du point de pinçage des cylindres au curseur, en lui évitant de s’inlléchir dans la queue de cochon comme d’habitude. Il en résulte que la torsion se répartit franchement sur toute la longueur du fil existant entre les curseurs et les cylindres, homme dans les métiers à broches verticales, les pressions appartiennent aux trois genres indiqués. Enfin les métiers, à retordre, pour fils de coton, construits par la ènime firme (fig. 10 bis), ont les memes mouvements que les métiers continus à filer à broches verticales, mais peuvent être disposés pour retordre à sec (méthode française) ou au mouillé (méthode anglaise). Dans le cas du retordage à sec, un fil de fer est tendu derrière les chapeaux, maintenu par des supports espacés. Dans le cas du retordage au mouillé, le fil passe sous une baguette de verre immergée dans une auge en /inc; les auges sont sectionnées en éléments juxtaposés et mobiles, de façon à pouvoir être facilement nettoyées, et une deuxième baguette en verre guide le fil vers les cylindres.
- XII. — Mi •ITiURS DU PaÛRARATIuN DU LA FILATURU DU LIN.
- On connaît les principes, immuables depuis nombre d’années, du peiffnar/e du lin : serrage des cordons de filasse entre les deux plaques d’une série de presses, introduction de celles-ci dans un chariot montant et descendant, attaque des cordons par des tabliers sans fin munis d’aiguilles qui en peignent la première moitié au fur et à mesure de l’avancement des presses, desserrage de ces presses et nouveau passage après déplacement du lin pour le peignage de la seconde moitié, etc. Des modifications do divers genres ont été apportées avant la guerre aux dispositifs réglant la marche de ces organes. En fin de compte, on connaissait avant 1911 deux grandes classes de pei-gneuses : les unes, dans lesquelles le serrage et le desserrage des presses mobiles dans deux chariots jumeaux reliés par un chemin de fer se font à la main par des ouvriers; les autres, dans lesquelles l’ouverture et le verrouillage des presses se produisent d’une façon automatique.
- Une ancienne firme spécialisée dans la construction de peigneuses,
- p.462 - vue 462/899
-
-
-
- PHOGHÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 46»
- MM. A. Dossche et C‘e de Lille, dont le système appartient à la première classe, a perfectionné dans ces trois dernières années sa machine à peigner bien connue. Dans les anciens modèles de ces constructeurs, lorsqu’une presse se trouve arrêtée pour une cause quelconque, le mouvement général d’avancement a peine à s’effectuer régulièrement. L’effort imprimé ne pouvant se transmettre normalement aux autres presses, il y a torsion dans le petit arbre qui se trouve en haut du bâti de la machine et, sinon rupture des pièces, au moins déréglage des organes. MM. Dossche et Cieont doncimaginé, pour y obvier, un dispositif de sûreté placé sur chacun des petits arbres
- b' r
- Fig. n. — Peigneuse cle lin double, construction A. Dossche, de Lille (munie du dispositif de sûreté à la partie supérieure de ses deux bâtis).
- disposés en haut des bâtis pour la commande du mouvement d’avancement des presses de chaque machine. Celui-ci se compose, comme nous allons le voir, d’un embrayage par plateaux à tenons et encoches à rampes inclinées, intercalé sur chacun de ces deux arbres de commande : toute résistance anormale fait alors débrayer le dispositif et, par des moyens que nous allons indiquer, provoque l’arrêt de la peigneuse double.
- Voici (fig. 17) en élévation, l’ensemble des deux bâtis de la peigneuse, munis justement à leur partie supérieure des dispositifs en question. Le bâti figuré à droite est le côté « sortie » de la première peigneuse, celui de gauche est le côté « entrée » de la seconde. L’avancement des presses dans les couloirs a1 et a2 des chariots des deux peigneuses est obtenu par le mouve-
- p.463 - vue 463/899
-
-
-
- 464
- LA CONSTRUCTION DE L OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- mont alternatif des tiges /q et h., par came et galet. Le déplacement rectiligne alternatif de ces tiges est transformé on une rotation alternative des arbres cl et c2 et par suite des bras et <7, qui actionnent respectivement le tire-presses de la première peignouse et le pousse-presses de la seconde. Si la transmission de ces divers mouvements était rigide, toute résistance anor-male dans l’avancement des presses pourrait briser ou fausser certains organes ou tout au moins dérégler la machine. Le dispositif de sûreté qui évite cet inconvénient consiste, comme je l’ai dit, en un embrayage par plateaux à tenons et encoches à .rampes inclinées intercalé sur l’arbre de commande du tire-presses ou du pousse-presses, de telle sorte qu'en cas de résistance anormale sur l’une ou l’autre des deux peigneuses ou sur les deux, le débrayage s’opère et la rotation alternative des arbres el et c2 ne se transmet plus aux bras dy et d2 qui font avancer les presses. En même temps, le mouvement d’écartement des deux plateaux de l’embrayage est mis à profit pour actionner, par galets cn c, et leviers /j, une barre commune h qui
- provoque le déclenchement de la commande de la peigneuse double, quelque soit le mode de sa mise en action. Les sens des divers mouvements au moment du débrayage sont ceux qu’indiquent les flèches de la figure 17.
- Cette figure représente le cas où la barre commune h actionne, par le levier double i et la barre/, le levier coudé k qui, en se relevant, déclenche le mouvement longitudinal d’une barre /. Celle-ci, poussée par un ressort, agit directement sur la fourche de débrayage m de la courroie de commande de la machine.
- Les autres figures 18 et 19 représentent le dispositif de sûreté appliqué au bâti de sortie de la première et de la seconde peigneuse. On remarquera que le mouvement de rotation alternatif de l'arbre cl est transformé, par un train d’engrenages ?q, en une rotation alternative de sens contraire de l’arbre c\ pour les besoins du fonctionnement du tire-presses dr C’est sur cet arbre c\ qu’est monté le dispositif. Chaque fois que le tire-presses dx a fonctionné, l’ensemble du mécanisme qui l’actionne est ramené à son point de départ au moyen d’un contrepoids pl ; d’autre part, chaque fois que le dispositif a fonctionné et que ses plateaux à tenons et encoches à rampes inclinées se sont déboîtés en s’écartant l’un de l’autre, ils reprennent leur place par le fait même de la remise en marche de la machine.
- Dans ces diverses figures le dispositif de sûreté est monté directement sur l’arbre c2 et la commande du pousse-presses de la deuxième peigneuse se fait sans qu’il soit nécessaire d’inverser le sens de rotation alternatif de cet arbre par un train d’engrenages. Le fonctionnement se fait comme je l’ai dit plus haut.
- Un autre perfectionnement des mêmes constructions, relatif à une question
- p.464 - vue 464/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 465
- d hygiène qui a son intérêt, mérite également d’être signalé. Voici ce dont il s’agit :
- Dans le système actuel, l’ouvrier presseur est debout sur la table fixe qui se trouve à l’entrée de la machine entre les deux tablettes fixes destinées à recevoir, Tune la matière brute et l’autre la matière peignée. Au fur et à mesure du travail, il est forcé de se baisser de plus en plus d’un côté afin de prendre la matière brute destinée à être mise en presse, tandis que du côté opposé il exécute la manœuvre en sens inverse pour placer la matière
- travaillée : cette manœuvre, outre continuelle du corps et lui impose
- Fig. 18. — Élévation extérieure de la première peigneuse à lin A. Dossche, prise parallèlement à l’arbre de commande du tire-presses.
- a perte de temps, l’oblige à une torsion une grande fatigue. MM. Dossche et Cie
- Fig. 19. — Élévation intérieure de la deuxième peigneuse à lin A. Dossche, prise perpendiculairement à l’arbre de commande du pousse-presses.
- ont voulu que l’ouvrier puisse travailler soit debout, soit assis, la matière brute ou travaillée se trouvant à sa portée et à hauteur constante, et voici comment ils ont résolu ce problème.
- La figure 20 représente en élévation une vue en coupe de la table fixe a, en bois, sur laquelle sont placées les deux tablettes fixes b et c. Sur la tablette b est adapté un tube-guide d dans lequel passe le tube monte-et-baisse e; sur ce dernier, fileté aux deux extrémités, sont vissées des brides avec embases /et/’1. A la bride supérieure on adapte au moyen de boulons un plateau mobile g en bois sur lequel vont se placer la banquette de textile brut h. La bride fl est reliée à des contrepoids i, au moyen de chaînes j passant sur des galets k supportés par des chapes en fer l fixées sur la table a au moyen de vis. Lorsque la banquette h est remplie de matière brute, le plateau g est au bas de sa course. Au fur et à mesure que l’ouvrier presseur enlève la matière pour la
- p.465 - vue 465/899
-
-
-
- 4()6 LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- placer dans la presse, le poids diminue et le plateau, grâce aux contrepoids ty se soulève graduellement et reste à portée de la main de l’ouvrier. Sur la tablette c est adapté un tube-guide d15 semblable à celui de la tablette b avec le même dispositif de tube monte-et-baisse g1 avec banquette h1 et tiges de réparation n pour recevoir la matière travaillée.
- Lorsque la banquette h1 est vide, le plateau g1 est en haut de sa course, et au fur et à mesure que l’ouvrier le charge de matière travaillée, il baisse
- Fig. 20. — Banquette de la peigneuse pour lin de la maison de construction A. Dossche et C‘\
- de Lille.
- par suite de l’augmentation de poids, de façon à rester constamment à hauteur utile. Un tabouret o, en bois, fixé sur la table «, permet à l’ouvrier de travailler assis. Il est dans ces conditions moins fatigué.
- J’ai dit plus haut qu’il y avait une seconde classe de peigneuses à lin dans lesquelles l’ouverture et le verrouillage des presses se faisaient automatiquement. Ce système, imaginé en Angleterre par le constructeur Fairbairn, imité et perfectionné en Allemagne par le constructeur Liebscher, n’avait jamais été construit en France. J’ignore s’il le sera, mais je crois devoir signaler à cet égard que la maison de construction Huglo, de Lille, a pris dans ce sens un brevet qui n’a pas encore été mis à exécution. Comme je m’astreins
- p.466 - vue 466/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 467
- dans cet exposé à ne décrire que des machines en plein fonctionnement, je me contenterai de mentionner ce commencement d’effort, avec l’espoir qu’il dotera bientôt l’industrie textile française d’un genre de machines que ceux de nos filateurs qui le préfèrent sont obligés de demander à l’étranger.
- Je passe maintenant à l’étude des progrès accomplis depuis la guerre dans le matériel de préparation proprement dit de la filature de lin.
- La maison Samuel Walker et C‘% de Lille, l’une des plus anciennes firmes de la région du Nord et qui récemment seulement a pu être remise en marche, livre aujourd’hui à l’industrie des « étirages » dits à têtes indépendantes, dont l’originalité est telle que des ordres de livraison de ce système lui ont été donnés ainsi que j’ai pu m’en rendre compte moi-même, par des filatures de l’étranger : Belgique, Japon, etc., au constructeur lui-même.
- Pour bien envisager la nouveauté de ce genre de construction, il faut se rappeler que, dans les anciens étirages, les diverses têtes, dont chacune constitue l’ensemble des parois de cylindres qui dans une machine déterminée donne au ruban son allongement, sont toujours solidaires sur un même métier ; de sorte qu’un accident arrivé sur l’une d’elles — ruban de lin rompu, engorgement de la matière sous un rouleau, etc., — exige l’arrêt complet du métier jusqu’à ce que le défaut ait été réparé. Il résulte de là que la production en souffre et que la régularité ultérieure du fil peut s’en ressentir. En rendant chaque tête indépendante, le constructeur est arrivé à réduire considérablement l’encombrement de chaque étirage et à employer moins d’ouvriers pour leur manœuvre, ainsi que je vais l’expliquer.
- Dans ses machines, toutes les têtes sont placées côte à côte, montées dans leur porte-système dont chacun est boulonné à la section voisine et à son bâti, et commandées par un même arbre longitudinal. Les sections sont interchangeables pour les mêmes écartements de rubans et pour un même nombre de rubans. On est arrivé ainsi à placer sans inconvénients vingt tètes sur une machine, mais ce nombre ne saurait être dépassé. Dans ces conditions, 40 têtes par exemple du nouveau système donnent la même production que 50 de l’ancien et sont facilement surveillées par cinq ouvrières au lieu de quinze. Ce résultat vient exclusivement de ce que chaque tête travaille pour son propre compte, avec un mouvement automatique de casse-mèche pour chacune d’elles, de façon à mettre l’ouvrière à l’abri du danger de laisser passer un ruban cassé. Lorsqu’une rupture se produit, le casse-mèche est agencé de telle sorte qu’il reste toujours une vingtaine de centimètres en ruban au-dessus du fournisseur et qu’il est facile à l’ouvrière de rétabli]1 le doublage, sans courir le risque de produire ce qu’on appelle en filature des rubans « simples ». La production continue donc sans arrêt une fois la machine mise en marche, sauf le cas où un pot se viderait à l’arrière sans qu’on y prit
- p.467 - vue 467/899
-
-
-
- LA CONSTRUCTION DE L’oUTILLAGE TEXTILE.
- AI AI 1924.
- -4G8
- garde, Lien entendu, on peut par contre en cas de besoin, par exemple pour échantillonner, eiïectuer des arrêts partiels. On estime qu’en pratique, avec une machine de 10 à 12 tètes, on peut alimenter un banc-à-brochos de 100 broches et, dans ce cas, toutes les tètes étant placées côte à côte sur le porte-système, 3 ou 4 tètes servent de premier passage, 4 tètes de second passage et 4 de troisième (tig. 21 et 22).
- .l’ajoute que chaque cylindre étireur, en acier et de petit diamètre, est de la longueur d’une tète seulement. De [dus, lorsqu’il s’agit de travailler des étoupes, les râteliers sont supprimés pour rendre la surveillance plus facile : ils sont remplacés à l’arrière de la machine par un cylindre alimentaire rayé,
- Fig. 22. — Nouveau système (en liant, 4 kincs-à-broehes de 100 broches: en bas 4 étirages les alimentant et formant 52 tètes)
- Fig. 21. — Ancien système (en haut, 5 bancs-à-broches: en bas, 19 étirages séparés les alimentant et formant 67 tètes).
- de la maison de construction Samuel Walker et C‘% de Lille.
- muni de petits rouleaux de pression, qui donne une légère tension au ruban à son passage sur les guides.
- Pour fixer les idées, j’ai représenté schématiquement, figures 21 et 22, deux assortiments côte à côte : 1 un du système que j’appellerai ancien, l’autre du système Walker. On peut ainsi mieux se rendre compte de l’économie réalisée, y compris celle de la force motrice, dans l’installation d’une préparation de iilature de lin. L’ancien système nous fait voir 19 étirages dont le nombre de tètes est de (37 alimentant 400 broches représentés par cinqbancs-à-broches de 80 broches. Le nouveau, de son côté, ne comprend que 4 étirages dont le nombre de tête est de 52, alimentant également 400 broches représentées par quatre bancs-à-broches de 100 broches. Il est facile de se rendre compte que de l’un à l’autre il y a moitié moins d’encombrement, tout en arrivant au même résultat. Le progrès est incontestable.
- p.468 - vue 468/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. -469
- Enfin je signalerai dans le matériel de préparation de la filature de lin deux perfectionnements des plus intéressants qu’on rencontre dans un grand nombre de cardes à étoupes fonctionnant dans divers établissements reconstitués pendant la guerre. Ces innovations, dues à M. l’ingénieur Nau-Touron, attaché aux Ateliers de Sedan au moment où ceux-ci, aujourd’hui disparus, étaient en pleine activité, nous paraissent mériter de retenir l’attention
- Fig. 23. — Dispositif de fixation et de réglage des rouleaux travailleurs et débourreurs dans les
- cardes à étoupes.
- puisqu’on les rencontre sur un grand nombre de machines aujourd’hui en activité et construites depuis 1914.
- Le premier contient les dispositifs de fixation et de réglage des rouleaux travailleurs et débourreurs des cardes à étoupes. Dans toutes ces machines le réglage de ces rouleaux, tant périphérique que radial, ne s’opère pas sans difficultés marquantes, celles-ci provenant en particulier des dispositifs généralement employés dans ce but. Ces systèmes imagines sont les suivants : 1° Pour les rouleaux travailleurs (fig. 23). Une pièce 1, fixée à la couronne
- p.469 - vue 469/899
-
-
-
- 470 LA CONSTRUCTION I)U l’OUTILLAGU TEXTILE. — MAI 102V.
- de l’ossature de la carde et semblable aux pièces équivalentes des dispositifs actuels, sert d’écrou, fixe dans l’espace, à la chandelle 2 support du rouleau travailleur. Après réglage radial du travailleur par rapport au tambour, cette chandelle est bloquée en position par deux écrous : l’un supérieur d, agissant sur la périphérie de la couronne par l’intermédiaire d’une bague profilée sur sa surface inférieure à la demande de la couronne ; l’autre inférieur 5, à douille, venant se démasquer entièrement par rapport au diamètre intérieur de l’anneau de couronne et agissant sur la pièce 1.
- 2° Pour les rouleaux clébourreurs (fîg. 24). La conception du réglage radial
- Fig. 2L— Tendeur et régulateur de tension dans la commande des batteurs de cardes à étoupes.
- du débourreur par rapport au tambour est de conception identique à celle du rouleau travailleur. Quant au réglage du débourreur par rapport à son travailleur, il est obtenu, en toute latitude de mouvements et en toute précision demandée, grâce au bloc 5 bis, qui laisse passage et sert d’appui à l’écrou à corps 0 et permet le déplacement périphérique et autour du centre 0, du débourreur, le déplacement étant obtenu à l’aide des dispositifs de rappel 7 agissant sur le bloc 5 bis et conséquemment sur le rouleau débourreur. Ce dernier est maintenu en position de réglage périphérique par le boulon 8 logé dans la coulisse 9 du bloc, et en position radiale, à l’instar du rouleau travailleur, soit par les écrous supérieur et inférieur 6 et 10. Il est évident qu’on pourrait inverser les choses et faire du rouleau travailleur celui à réglage périphérique par rapport à son débourreur, mais cette distribution semble moins indiquée en raison de la commande par pignon des travailleurs. Il est facile de se rendre compte dans tous les cas que ces dispositifs procurent une grande aisance dans le réglage minutieux et correct et la fixation des rouleaux.
- p.470 - vue 470/899
-
-
-
- 471
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- Le second perfectionnement est relatif aux dispositifs qui dans les cardes à étoupes portent le nom de batteurs, auxquels est confiée la délivrance de la nappe par rapport au tambour. Le rôle de ces organes est assez important : ils doivent en effet délivrer un voile régulier et homogène, ce qui implique de leur part un mouvement oscillant alternatif de périodicité absolument constante; il doivent en outre tous ensemble battre sous la même périodicité. Or, dans les systèmes actuels, il arrive qu’au bout d’un certain temps de travail, la courroie qui les commande s’allonge et alors glisse plus ou moins et inégalement sur les poulies. Il en résulte naturellement des irrégularités de marche et de battement, d’où délivrance d’un voile irrégulier de ruban, en dépit de la marche satisfaisante des autres organes de la carde, et c’est là un défaut difficile à corriger dans les doublages et étirages de la préparation, susceptible de se traduire en filature par un fil irrégulier. Le système imaginé par M. Nau-Touron pour y remédier est le suivant :
- Comme dans les autres cardes, c’est une courroie B (fig. 24) qui commande les poulies 1 et 2 des batteurs, après s’être enroulée sur la poulie 4 calée sur l’arbre du tambour. Le circuit qui lui est imposé dans le sens indiqué par des flèches est tel qu’entre les deux poulies 1 et 2, cette courroie vient s’enrouler sur une autre poulie 6 jouant le rôle de poulie de conversion et de galet tendeur. Ce galet 6 tourillonne librement sur un axe 7 solidaire d’un bras 8, pouvant osciller autour d’un autre tourillon d’extrémité 9, solidaire d’un support 10. Ce dernier support étant fixé à demeure sur le corps de la carde, porte une coulisse circulaire 12 ayant son centre en 9. Une pièce 13, oscillante autour de l’axe commun 9, peut être fixée à l’aide du boulon 11 par rapport à la coulisse radiale 12 en une gamme prévue de positions angulaires. De plus, cette pièce porte de l’autre côté du boulon 11 un poussoir à piston 14 constitué essentiellement par un poussoir à ressort, réglable en compression par une vis et contre-écrou, et agissant sur une butée en métal dur solidaire du bras oscillant 8 et porteur du galet 6.
- Le réglage de la tension de la courroie est dès lors facile à comprendre. Le boulon 12 d’abord desserré et l’action du poussoir à ressort étant préalablement et momentanément suspendue, on fait osciller le bras 8 et la pièce 13 autour de l’axe commun 9 jusqu’à ce que la courroie ne flotte plus et accuse même une certaine rigidité. On bloque en cette position la pièce 13 à l’aide du boulon 11. La tension initiale de la courroie nécessaire à l’assurance de la bonne marche de l’ensemble, est alors distribuée sur elle et avec toute la précision voulue, à l’aide de la vis de réglage du poussoir 14. Ce réglage terminé, on bloque le contre-écrou. Le dispositif est alors paré pour la marche de la carde. Durant celle-ci, le poussoir à ressort remédie automatiquement aux allongements ou rétractions fortuites de la courroie.
- p.471 - vue 471/899
-
-
-
- 472
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- XIII. — M ATÉRIEL POUR LE MOULINAGE DE LA SOIE
- La soie grège telle qu’elle arrive des bassines de dévidage des cocons qui constituent ce qu’on est convenu d’appeler « filature » de soie, ne saurait être tissée dans ces conditions; elle a besoin de subir les opérations du moulinage pour être consolidée. Elle subit alors trois opérations : dévidage, doublage et moulinage; la première constituant le dévidage des « Hottes » ou écheveaux sur des bobines (roquets) à l’aide de dévidoirs (banques de dévidage); la seconde, réunissant ces soies dévidées en deux, trois et jusque six bouts par un doubloir\ la troisième qui leur fait subir la torsion sur des moulins, celle-ci variant suivant les usages auxquels la soie est destinée : trame (faible torsion de 2 ou 3 fils de grège), organsin (2 fils de grège tordus isolément à droite, puis réunis et retordus ensemble à gauche), poil (un seul fil de grège tordu isolément), crêpe (un ou plusieurs lils de grège tordus à plusieurs milliers de tours au mètre), et grenadine (organsin très tordu).
- Les dévidoirs, doubloirs et moulins, déjà construits avant la guerre parles Ateliers de construction Dieclerichs, de Bourgoin (Isère), ont été depuis lors notablement perfectionnés. Les dévidoirs, tout en métal sauf les crapau-dines en bois dur de roulement des broches, ont aujourd’hui un mouvement de distribution du fil en croisure facilement réglable; ils sont construits à simple ou double face avec un nombre de tambours variant de 40 à 160, et leur commande principale est faite par une poulie-cone à quatre étages poulies variations de vitesse. Les doubloirs, qui se construisent par 20 ou 30 tambours, sont aujourd’hui munis de casse-fils en aluminium et utilisent des bobines à la déroulée ou à la défilée. Enfin les moulins sont d’un nombre quelconque de vargues, de l à 4 étages suivant l’emplacement : chaque étage possède un double rang de cylindres entraîneurs, ce qui permet de rapprocher les fuseaux à l’écartement minimum nécessaire suivant l’article traité; ces machines sont munies d’un réglage à grande croisure et de barbins guide-fils permettant de faire soit des olivraisons à pans droits sur tubes carton, soit des ouvraisons à pans coupés sur bobines à rebords (roquelles); la came de commande, à course variable, peut donner des bobines de 80 à 120 mm de longueur, et il y a à chaque étage, de façon à y faire des torsions différentes, un réglage et une pyramide de changements d’apprêts. Le type de moulin le plus couramment employé est celui à deux charges et quatre vargues, ayant 292, 304, 336 ou 400 fuseaux, ce qui, suivant la matière à traiter, donne respectivement un écartement de 100, 90, 80 ou 65 mm.
- p.472 - vue 472/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 473
- XIV. — P RÉPARATION DU TISSAGE
- On sait que dans les bobinoirs, soit pour fils simples, soit pour fils assemblés, la tension de la matière varie au fur et à mesure de la formation de la bobine; de sorte que lorsque cette tension est uniforme, comme il arrive dans la plupart de ces machines, on constate trop souvent sur cette bobine un glissement par écrasement du fil des couches supérieures sur les inférieures. De toute évidence il en serait tout autrement si l’on pouvait faire varier la tension au début de la bobine et la forcer à décroître progressivement au fur et à mesure que celle-ci atteint son diamètre. Tous les essais pour obtenir ce résultat avaient été jusqu’ici inopérants.
- Fig. 23. — Cylindre métallique du bobinoir Ryo-Catteau Fig. 26. — Le même
- vu de face. vu de profil.
- Mais la solution du problème ayant tenté une importante maison de construction de Roubaix, les Etablissements Ryo-Catteau, celle-ci a mis en œuvre des machines munies d’une disposition qui atteint aujourd’hui le but désiré.
- Cette maison a imaginé un appareil tendeur comprenant un cylindre métallique 1 (fig. 25) en fonte évidée par noyautage, monté librement sur un axe 2. Celui-ci est à volonté, soit garni sur une partie de sa surface d’une bande de drap 3, soit, pour le bobinage de certains fils, de barrettes courbées 4 et disposées en chicane (fig. 26), afin d’obtenir une tension normale maxima au début de la formation de la bobine.
- D’un côté de ce cylindre a été prévu un embrayage 5 à denture triangulaire venu de fonte avec lui, et s’emboîtant dans la denture 6 d’une bague 7 fixée sur Taxe 2 par des vis, qui permet de commencer le renvidage avec plus ou moins de tension, une fois l’engrènement, effectué et réglé, au moyen d’un ressort 9 monté de l’autre côté du cylindre.
- Lorsqu’on utilise la bande de drap, deux baguettes 10 et 11 (fig. 23), maintenues dans des rainures horizontales du cylindre par des vis, permettent de renouveler cette bande à volonté. Le ressort à boudin 9 est buté par la
- p.473 - vue 473/899
-
-
-
- 474
- LA CONSTRUCTION DK l’oUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- bague 13 fixée sur l’arbre 2. Le système a I’a.vantage de donner à chaque cylindre tendeur une indépendance complète quant à sa position relative avec l’arbre 2 portant les cylindres tendeurs.
- Lorsqu’on se sert au contraire des barrettes comme dispositif de tension, celles-ci, qui sont à volonté en métal ou en verre, sont fixées normalement à l’axe et légèrement repliées à leur extrémité 15 pour permettre l’entrée du fil. L’espacement, le diamètre et l’alignement de ces barrettes sont déterminés pour la tension maxima que l’on désire au début du renvidage. D’habitude, le montage en est fait sur une plaquette circulaire 10 fixée par des vis sur le cylindre tendeur 1.
- Cette tension comprend dès lors quatre phases détaillées figure 28.
- 1° A la première phase de la formation de la bobine 19, c’est-à-dire au
- 3-
- -£
- i
- -y
- 18
- S18
- "V
- &
- lw<?
- ^ h8
- Fig. 27. — Dispositif de la commande prin- Fig. 28. — Diverses positions de l’organe princi-eipale avec son renvoi réducteur. pal pendant l’opération du bobinage.
- début du renvidage, le fil 18 subit la traction de la totalité des barrettes. La tension est donc maxima.
- 2° A la seconde phase 19'. c’est-à-dire au tiers du renvidage, le fil ne frotte plus que dans les deux tiers des barrettes.
- 3° A la troisième phase 19", aux deux tiers du renvidage, le fil ne frotte plus que dans le tiers des barrettes.
- 4° Enfin à la quatrième phase 19'", c’est-à-dire à la fin du renvidage, le fil ne frotte plus sur aucune barrette et la tension est minima par friction sur le cylindre nu.
- Nous avons indiqué figure 29 l’application du dispositif sur un bobinoir à tambour fendu. En œillet 21, fixé sur la charnière 20, reçoit un petit cable 22, moullé et renvoyé par les galets 23 et 24 fixés sur les bâtis 25 et 20 à une chaîne-galle 27, terminée par un câble 28 guidé par le galet 29 et soutenant un poids de tension 30. Cette chaîne commande un pignon 31 du même pas, dont une partie du développement est égale à la course nécessaire de la partie supérieure de la charnière pour obtenir une bobine pleine. Les fils à bobiner frottent constamment sur une égale longueur de la circonférence du cylindre tendeur 34, qui, par suite de son léger mouvement de rotation autour de son axe, présente une largeur de drap progressivement décroissante
- p.474 - vue 474/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 475
- suivant l’avancement de la bobine en formation. La commande du freinage progressif (fig. 29) se fait donc isolément pour chaque tête du métier par un mouvement directement adapté à la charnière de la bobine; ce freinage est obtenu au moyen d’un cylindre tendeur rendu immobile au début de la formation de la bobine et tournant d’un mouvement accéléré par l’entraînement des fils au fur et à mesure que la bobine atteint le diamètre voulu.
- C’est également dans les machines de préparation de tissage que nous devons placer les ourdissoirs à grande production que la maison de construction Niepce et Fetterer, de Chalon-sur-Saône a mis sur le marché dans ces dernières années.
- La grande innovation de cette machine est son agencement général qui permet d’adapter facilement sur son cantre métallique des bobines croisées et coniques se dévidant à la défilée au lieu des bobines à disques habituelles. Il y a longtemps qu’on a fait le procès de ces dernières : elles constituent lorsqu’elles sont vides un poids important à mettre en marche, leur vitesse de rotation augmentant sur la brochette au fur et à mesure que leur diamètre diminue ; elles ne peuvent jamais contenir plus de 500 g de matière, leur poids étant limité par la résistance des fils qui doivent les mettre en mouvement; en outre, leur vitesse ne peut guère excéder 80 m : min ni leur mise en marche être faite que d’une façon progressive.
- Dans le cantre des constructeurs dont nous parlons (fig. 30), chaque fil se dévidant d’une bobine croisée passe sur un tendeur (fig. 31) qui le serre entre une pièce en porcelaine et une rondelle en fibre chargée de rondelles en acier : en enlevant dès lors une ou plusieurs de ces dernières, on fait facilement varier la tension, et il est aisé de maintenir celle-ci uniforme du commencement à la fin de la bobine. Lorsqu’il s’agit de l’ourdissage de gros numéros, une bobine de ce genre peut atteindre 2.000 m sans influencer l’opération. Enfin, pour les numéros moyens et fins, le déroulement a lieu à grande vitesse, 140 m : min, ce qui n’empêche pas d’obtenir un rouleau dur et uniforme.
- Le casse-fil dont chaque ourdissoir est muni permet, lors de la rupture d’un fil, d’arrêter la machine sans que le bout cassé ne s’enroule sur le Tome 136. — Mai 1924.
- Fig. 29. — Application du système Ryo-Catteau aune tète de bobinoir à tambours fendus.
- 33
- p.475 - vue 475/899
-
-
-
- 476
- l.A CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- Fig. 30. — Ourdissoir Niepce et Fetterer avec bobines à la défilée.
- d’atteindre de très grandes vitesses de
- rouleau comme dans le cas des bobines à disques. Un rochet servant de frein est calé sur l’arbre du tambour entraîneur. Il entraîne une poulie de frein folle sur l’arbre, par l’intermédiaire de cliquets. Autour de cette poulie se trouve une bande d’acier 4 garnie de cuir, soumise à l’action d’un contrepoids. Lors de la casse d’un fil, le levier oscille, débrayant la poulie de commande et freinant instantanément le tambour entraîneur : un arrêt aussi brusque ne peut évidemment être obtenu qu’avec l’ourdissage à la délîlée. Le frein bloqué, on peut, grâce aux cliquets, tourner le rouleau en arrière pour faciliter la recherche du bout de fil cassé. La nappe de fils, après son passage dans le peigne 6, est guidée par un rouleau 7 et passe au-dessous du roideau 8, placé plus bas que le rouleau compteur 9 monté sur roulement à 'billes.
- Pour faciliter l’enlèvement des rouleaux pleins dont le poids est d’environ 100 kg, chaque ourdissoir est muni de leviers qui peuvent être descendus au moyen d’un secteur denté et d’une vis sans fin commandée par un volant à main 17.
- Les Ateliers Roannais de Constructions textiles, à Roanne, construisent depuis la guerre des b obi-noir s du type à tambours fendus, au fonctionnement desquels ils ont apporté de nombreux perfectionnements : tambours en fonte minutieusement équilibrés, casse-fils robuste et commande par friction permettant marche, tourelles légères à bras
- p.476 - vue 476/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 477
- métallique avec dispositif de support basculant pour pouvoir être placée par simple traction à la portée normale de la taille de l’ouvrière, arbres montés sur roulement à billes, enfin dispositifs d’alimentation continue pour bobines de continu ou renvideur. Ces machines qui, ainsi étudiées et perfectionnées, nous paraissent faire honneur à la construction française (fîg. 32) se construisent sur simple ou double face, de 4 à 120 broches pour domicile ou ateliers, et peuvent être prévues pour bobines Soleil ou du type Alexandre, avec purgeurs et paraffineurs pour la bonneterie, et appareils de réglage donnant des bobines de •même diamètre sur chaque broche.
- On sait d’autre part que si les machines à Fig 31 _ Tendeur des fils de tambours fendus ont souvent la préférence des l’ourdissoir Niepce et Fetterer. industriels en raison de leur forte production,
- l’obligation de faire passer le fil à bobines dans la fente du tambour présente des inconvénients lorsqu’il s’agit de textiles délicats, dont la résistance est insuffisante pour supporter les mouvements alternatifs et rapides de ce système. Pour le bobinage de ces fils, les A teliers Roannais construisent un type à curseur guide-fil dont le poids réduit permet de résister aux vitesses les plus grandes et dans lequel cet inconvénient se trouve complètement éliminé. Dans les derniers modèles de 1923 les écheveaux à dévider sont disposés à volonté en haut ou en bas. Le curseur, se trouvant entraîné par son tambour transformé en came, il en résulte que chaque broche est indépendante; et c’est là un avantage que ne possèdent pas les bobinoirs à guide-fils habituels munis d’un seule came d.e commande.
- Enfin la même maison a voulu supplanter sur le terrain des préparations de tissage la construction américaine qui nous menaçait avant la guerre. Les machines dont nous venons de parler sont destinées au traitement de la chaîne. Elle construit maintenant un type américain de cannetière pour la trame qu’elle a été jusqu’ici la seule à mettre sur le marché. Elle a amélioré
- Fig. 32. — Bobinoir à tambours fendus de 40 broches, des Ateliers roannais de Constructions textiles.
- p.477 - vue 477/899
-
-
-
- 478 LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 192i.
- ce modèle étranger, notamment en le munissant d’un palier à billes au boude l’arbre pour éviter des ruptures fréquentes produites par un excès de tension de la courroie. Elle y produit des cannettes de toutes dimensions, sur tubes en papier avec ou sans talon, ou tubes en bois, avec équipement suivant ie cas à la défilée ou à la déroulée des bobines formées au bobinoir. On peut bien entendu sur ces machines assembler plusieurs bouts avec râtelier spécial et casse-fils à chaque bout pour le cannetage de la soie par exemple : les fils sont alors appliqués parallèlement sur la cannette et une torsion d’environ deux tours au mètre se produit au tissage. Enfin lorsqu’il s’agit de fils teints — en bleu indigo, noir d’aniline ou rouge d’alizarine qui sont les nuances les'plus fréquentes — qui se comportent mal avec les guide-fils de porce-
- i—r
- Fig. 33. — Bobinoir de la Société Alsacienne avec tension du fil par galets simples et par galets
- à bascule.
- laine par suite de la tension trop forte que ceux-ci donnent, on monte sur ces cannetières le guide-fils spécial appliqué aux bobinoirs.
- Dans le matériel de préparation de tissage, signalons aussi les perfectionnements apportés dans ces dernières années par la Société Alsacienne de constructions mécaniques aux bobinoirs, ourdissoirs, et encolleuses.
- Parmi les bobinoirs de sa construction, je retiendrai deux types : celui à broches verticales et celui à échevettes : 1° Le premier est à deux rangées de broches placées en quinconce de chaque côté de la machine avec un écartement de 120 ou 123 mm, commandée par tambours et cordes; les chariots des guide-fils s’équilibrent l’un l’autre et sont commandés par un excentrique et des crémaillères, l’excentrique étant construit de manière à produire des bobines cylindriques ou bombées ; quant à la tension du fil elle est donnée par un galet en porcelaine ou par deux galets montés à bascule •et peut varier à volonté (fig. 33) ; enfin ce bobinoir est muni lorsqu’on le Teut, d’un rouleau de nettoyage automatique du fil système Hanning (fig. 34)
- p.478 - vue 478/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 4711
- qui se compose d’un rouleau en fer recouvert de panne et animé d’un double mouvement : de rotation en sens contraire de la marche du fil et alternatif de va-et-vient dans le sens longitudinal ; un débourreur garni de ruban de carde, placé à l’arrière, enlève continuellement le duvet qui se dépose sur la panne. 2° Le second bobinoir que j’ai mentionné a pour but de dévider les échevettes de coton ou de laine en les transportant sur des bobines à cibles : on peut y signaler que sur les tambours d’appel s’engagent des porte-bobines articulés munis d’un cliquet de retenue destiné à écarter la bobine du tambour de façon à pouvoir rattacher aisément le fil; la vitesse de ces tambours est variable au moyen de roues à trois étages ; enfin la jalonne porte-échevette est à deux lanternes, dont celle du bas mobile en hauteur et équilibrée au moyen d’un contre-poids.
- U ourdissoir à casse-fils de cette même firme est muni de cavaliers ayant
- Fig. 31. —Bobinoir avec appareil de nettoyage automatique du fil système Hanning.
- la forme d’épingles à cheveux achevalés sur des fils et de cylindres débrayeurs commandés par courroies. Un frein d’arrêt agit sur la poutre du tambour au moment du débrayage. Un peigne extensible est placé à l’arrière avec deux rouleaux tendeurs ayant pour but d’égaliser la tension des fils. Beaucoup de ces machines portent un troisième rouleau tendeur avec frein réglable, très utile pour des gros numéros laine ou coton. Le peigne d’avant est également extensible, donnant des écartements précis de fil à fil et présentant une grande latitude d’extension. Enfin un compteur dégreneur permet le réglage de mètre en mètre. Le cantre, en forme de Y, est généralement disposé pour 600 bobines : il porte des crapaudines en verre et des brochettes en buis.
- Mais l’une des machines les plus remarquables sortant des mêmes ateliers est Vencolleuse pour coton comportant tous les perfectionnements apportés aux encolleuses dans le cours de ces dernières années. Le râtelier,
- p.479 - vue 479/899
-
-
-
- 480
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 192V.
- prévu pour G à 10 rouleaux d’ourdissage, est disposé de la manière habituelle, mais l’écartement entre bâtis et les écartements respectifs des rouleaux sont réglables, de manière à s’adapter à toutes les dimensions de rouleaux. La bâche à colle, entièrement en cuivre, est indépendante des bâtis : elle est isolée par des garnitures en bois et munie d’un compartiment d’avant-cuisson avec circulation de colle système Iïaussmann, consistant en une pompe rotative à pignon qui aspire la colle préalablement cuite dans le compartiment d’avant-cuisson et la refoule dans la bâche proprement dite, où les cylindres encolleurs ne sont ainsi en contact qu’avec de la colle parfaitement cuite et constamment renouvelée. Des déversoirs, adaptés à la paroi de séparation des deux bâches, maintiennent la colle à un niveau constant dans la bâche des cylindres : le trop-plein va se mélanger avec la colle crue introduite seulement dans la bâche d’avant-cuisson. Des tuyaux barboteurs munis de robinets de vapeur servent à régler le degré d’ébullition de la colle. La bâche d’avant-cuisson de son côté est munie d’un couvercle à déplacement horizontal, pour empêcher la trop grande déperdition de vapeur.
- Le rouleau plongeur est porté par des crémaillères et est do grand diamètre, lisse, et pressé contre le rouleau encolleur par des ressorts, de manière à éviter que la colle ne produise des tresses en passant à travers les fils : c’est là une disposition avantageuse, surtout pour l’encollage des fils fins, parce qu’elle conserve la nappe de ces fils bien unie, ce qui facilite considérablement le décollage aux baguettes de séparation.
- Les rouleaux encolleurs sont en cuivre épais sans soudures et les axes qui les traversent sont coupés au milieu pour compenser la dilatation inégale du cuivre et du fer. Les rouleaux presseurs, en fonte, sont munis de roues à friction commandées par des roues à longue denture calées sur l’axe des rouleaux encolleurs : ainsi a été évité le glissement très préjudiciable des rouleaux presseurs sur la nappe de fils qui se présente fréquemment lorsqu’on emploie des colles grasses et épaisses; la durée des flanelles dont ces rouleaux sont recouverts en est sensiblement augmentée; au moyen de poignées, ces rouleaux-presseurs peuvent être soulevés sans efforts, aux arrêts de la machine. Le fil parcourt ensuite un chemin horizontal, ce qui présente l’avantage de ne pas soulever de duvet. La nappe arrive sur un tambour en cuivre, en passant sur un rouleau-guide recouvert de laiton et maintenu propre au moyen d’une latte de nettoyage garnie de panne placée au-dessus. La nappe fait ensuite tout le tour du tambour pour arriver sur un second rouleau-gui.de porté par des leviers à contre-poids. Le tambour est muni de tous les appareils accessoires nécessaires : valve d’admission de vapeur reliée au débrayage, réducteur de pression, soupape de sûreté, manomètre, reniflards, robinet d’air et extracteur d’eau de condensation.
- p.480 - vue 480/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 481
- Un compteur-marqueur est placé à l’entrée du fil sur la têtière; de la sorte, les marques peuvent sécher avant de s’enrouler sur l’ensouple ; il est réglable de 5 en 5 cm jusque 80 m, sans pignon de rechange, et possède un timbre avertisseur. Le peigne extensible, de système spécial, est muni de mouvements d’extension et de déplacements commandés depuis le devant de la machine : au moyen d’une poignée, l’encolleur peut manœuvrer le peigne verticalement pour l’entrer et la sortir de la nappe de fils ; on est arrivé aussi à supprimer, à l’arrière de la machine, le peigne à faire les tresses qui était la cause d’une grande perte de temps et d’une production de déchet.
- La machine comporte un mouvement de ralentissement et un autre de marche en arrière. L’ouvrier peut en effet faire tourner la machine à rebours à une vitesse réduite en déplaçant un pignon à l’aide d’une poignée et en amenant ensuite la courroie sur la poulie du ralentissement; comme tous les organes sont commandés solidairement, il suffît que l’ouvrier fasse enrouler la nappe sur les rouleaux d’ourdissage, en tournant à la main le dernier, placé le plus loin de la bâche, pour que les fils restent bien tendus pendant cette opération : cette manière de procéder permet d’arrêter la machine en pleine marche, de laver les rouleaux, et de reprendre le travail après avoir fait marcher en arrière pendant quelques mètres, sans courir le risque d’avoir une place de la nappe mal encollée.
- Enfin il suffît d’un manteau de cheminée de petites dimensions pour évacuer les buées, étant donné que la partie de la bâche à colle où se fait la plus forte cuisson est munie d’un couvercle et que par conséquent le dégagement de vapeur est assez réduit : la carcasse de ce manteau est en fer, à vitrage. Si la cheminée d’évacuation est raccordée à un ventilateur spécial, tout va bien; sinon il est utile de lui faire dépasser le toit : le tuyau du ventilateur du tambour débouche toujours dans cette cheminée et en active le tirage.
- A noter encore une maison excellemment réputée dans le Nord pour ses machines préparatoires de tissage, la firme Vandamme et Dubois, de Roubaix. Ses machines qui, depuis la guerre, ont reçu des perfectionnements de détail intéressants, comportent des bobinoirs à tambours fendus, ourdissoirs classiques et sectionnels à grand et petit tambours, encolleuses à air chaud, cannetières, etc.
- Nous ne voudrions pas non plus ne pas mentionner les machines pour la préparation de la chaîne et la trame, excellemment perfectionnées dans certains détails dans ces dernières années par la firme Léon Olivier, de Roubaix, et comprenant : bobinoirs, ourdissoirs, encolleuses système Remontet, encolleuses-pareuses Constantin Lempire, pareuses de divers genres, cannetières, etc.
- p.481 - vue 481/899
-
-
-
- 182 LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- XV. — Matériel de tissage du coton.
- Quatre modèles avec variétés sont construits par la Société Alsacienne : 1U Métiers à tisser les tissus légers et moyens (de 1,64 m à 2,70 m);
- 2° M étiers à tisser les tissus lourds ;
- 3° Métiers à tisser grande largeur (de 2,05 m à 3,25 m d’empeignage) ; 4° Métiers à tisser automatiques;
- 5° Métiers à tisser à plusieurs navettes.
- I. — Métiers a tisser les cotonnades légères et moyennes. — Ces métiers comportent trois modèles. Dans chacun la batterie est à fouets dans ou par-dessus le battant. Celui-ci comporte, suivant le cas, soit un peigne fixe et une tringle d’arrêt à deux pattes agissant sur des butoirs à grenouilles mobiles, soit un peigne mobile, avec trois ou un plus grand nombre de taquets de butée suivant la largeur. Le régulateur est placé à l'extérieur du bâti : entre 10 et 30 duites, les pignons de rechange ont un nombre de dents égal au double du nombre de fils au quart de pouce ou au centimètre; au-dessus de 30 duites, leur nombre de dents est égal au nombre de fils, et en ce cas le balancier du cliquet est commandé par l’arbre à excentriques. La pression appliquée au rouleau de toile agit par leviers à contre-poids, munis de crochets d’arrêt pour les maintenir abaissés lors du déroulage du tissu. Les métiers comportent un mouvement de marches intérieures pour uni, mais ils peuvent être établis aussi à 3 et 4 marches pour sergé, croisé ou même satin, avec un mouvement spécial pour lisières en uni.
- Le frein est relié au casse-trame dans les divers modèles. Une poignée placée sur le devant du porte-navette permet à l’ouvrier de débloquer le métier. Un support extérieur est appliqué à l’arbre à vilebrequin allongé lorsque les poulies sont en porte à faux sur cet arbre; il est placé au delà du volant et comporte une douille et une boîte en fonte. Le porte-fils, formé d’un arbre en fer coudé, reçoit son mouvement d’oscillation d’un excentrique circulaire à position réglable. La poitrinière en fonte polie, porte des tétons qui soutiennent la tringle des templets. La distance qui sépare le vilebrequin de l’arrière du battant est variable suivant les modèles.
- IL — Métiers a tisser les cotonnades lourdes. — Ces métiers comportent également plusieurs modèles. Dans la plupart, le mouvement d’uni s’obtient avec un excentrique triple, à courses progressives, dont on emploie simultanément le premier et le deuxième ou le deuxième et le troisième suivant la hauteur de foule que l’on veut obtenir; en outre trois trous sont ménagés pour l’axe des marches et de leurs supports, ce qui permet, en
- p.482 - vue 482/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 483
- déplaçant la cheville qui sert de pivot, d’obtenir six hauteurs de foule différentes. On peut leur appliquer des mouvements comportant jusque cinq marches intérieures, ainsi que des mouvements de marches extérieures ou des ratières.
- III. — Mi ':tiers a tisser grande largeur. — Ici les bâtis sont profonds et au milieu des métiers est disposé un bâti intermédiaire. Les arbres,
- Fig. 35.— Métier à tisser automatique de la Société Alsacienne de Constructions mécaniques.
- renforcés, comportent un certain nombre de supports supplémentaires. La batterie est à fouets par-dessus, avec ajustages coniques des manchons de fouets et douilles excentrées pour les galets coniques. Le battant, armé d’une cornière, est à peigne fixe avec chapeau renforcé par un tube en fer placé à l’intérieur. Chaque métier comporte un double mouvement de marches intérieures pour uni, mais peut être établi aussi à quatre marches pour sergé ou croisé. La suspension des lames est à galets avec support intermédiaire
- p.483 - vue 483/899
-
-
-
- 484
- LA CONSTRUCTION DE L OUTILLAGE TEXTILE.
- MAI 1924.
- au milieu. Enfin la pression d’ensouple est disposée pour ensouples à deux pièces : elle agit par doubles leviers genre romaine, avec pression au milieu, à l’aide de chaînes
- IV. — Métiers a tisser automatiques. — La Société Alsacienne a construit longtemps le métier Northrop à barillet, mais elle a fini par l’abandonner en raison de son mécanisme, complexe et sujet à usure assez rapide, pour le remplacer par un autre métier automatique à mouvement doux dans lequel le barillet est remplacé par un chargeur automatique fixe et incliné (fîg. 35), dans lequel les cannettes sont placées parallèlement l’une sur l’autre et glissent en laison de leur propre poids vers l’appareil de changement. Le tube vide tombe dans un pot aussitôt le changement de cannette opéré. La position parallèle de ces cannettes est assurée au moyen d’un poids agissant sur la tête de la cannette supérieure. Comme on peut employer de jeunes ouvrières pour le remplissage du chargeur, le tisseur peut porter toute son attention sur la surveillance des métiers et par suite en conduire un plus grand nombre à la fois.
- Il y a deux modèles de ces métiers : l’un pour la fabrication de calicots, petits renforcés, croisés, etc. ; l’autre pour la fabrication d’articles plus lourds Comme particularités, la batterie y est à fouets dans le battant, sans sabots, mais avec taquets libres, et la disposition de ces derniers permet alors de lancer la navette plus régulièrement et d'augmenter sensiblement la vitesse du métier. Los pièces de cette batterie s’équilibrent entre elles; chaque casse est réglable et peut être fixée à sa position exacte par une vis de rappel. Le battant est à peigne fixe et comporte une tringle à deux pattes agissant sur des butoirs à grenouilles mobiles.
- Le régulateur est agencé comme dans les métiers ordinaires dont j’ai indiqué plus haut le fonctionnement. La pression appliquée au rouleau de toile est du modèle américain.
- Le métier comporte un mouvement de marches intérieures et le mouvement d’uni s’y obtient comme dans les autres.
- Le régulateur de chaîne est muni d’une petite poignée grâce à laquelle l’ouvrier peut lâcher ou serrer la chaîne à volonté lors d’un détissage. Lorsqu’on le désire, des ciseaux coupe-fils sont appliqués à côté du chargeur agissant à chaque changement de cannette pour couper les bouts de trame. Un tâteur agissant, soit par contact électrique, soit mécaniquement, et destiné à mettre les organes de changement automatique de la cannette dans la navette en action avant complet épuisement de la trame, est appliqué du côté opposé à celui recevant les ciseaux. Le casse-trame est disposé pour provoquer : 1° le chargement d’une nouvelle cannette lors de la rupture ou
- p.484 - vue 484/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 485
- de l’épuisement de la trame lorsque le métier marche sans tâteur; 2° l’arrêt du métier en cas de rupture ou de manque de trame lorsqu’il marche avec tâteur; 3° le chargement d’une nouvelle cannette dans le même cas. Pour éviter que le chargeur ne se vide complètement, le débrayage du casse-chaîne est indépendant du casse-trame.
- Fig. 36. — Métier à tissera 4 navettes. Détails du mouvement.
- Y. —Métiers a tisser a plusieurs navettes. — Dans ces métiers, que je classe au travail du coton, mais qu’on peut également appliquer à celui de la laine, le mouvement des boîtes ici représenté n’est appliqué que d’un seul coté; ces modèles sont à fouets par-dessus ou dans le battant; dans le premier cas, le mouvement est placé en avant du battant; dans le second, il est en arrière. Les boîtes de changement y sont commandées à la montée et à la descente, ce qui permet de les équilibrer et de marcher à une aussi
- p.485 - vue 485/899
-
-
-
- 486 LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE- — MAI 1924.
- grande vitesse qu’avec les métiers à mouvements par excentriques, tout en conservant la même disposition de cartons qu’aux anciens métiers à escaliers, c’est-à-dire qu’un carton pareil rappelle toujours la même boîte. Un avantage important de ce système réside dans la faculté pour l’ouvrier de manœuvrer à la main les lames de rappel des boîtes, pour la recherche d’une navette dont la trame est cassée ou épuisée.
- Le mouvement se compose des organes principaux suivants (fig. 36) :
- 1. Un châssis contre le métier;
- 2. Un balancier l pivotant sur le tourillon t\
- 3. Deux escaliers e et e1, réunis par un ressort qui tend à les rapprocher en les faisant pivoter autour des tourillons yy1 ;
- 4. Quatre lances munies de crochets k à leur partie supérieure et portant chacune dans le bas une platine de forme différente;
- 5. Un barillet sur lequel passent les cartons perforés et qui accroche l’une ou l’autre des lances au couteau i. Ce dernier est fixé à la tige verticale y, animée d’un mouvement alternatif de montée et de descente qui lui est communiqué par l’excentrique n, agissant sur un galet porté par le levier m.
- Chacune des platines détermine par sa levée l’une des positions 4, 3, 2, 1, du balancier /, indiquées dans la figure 36.
- Comme on le voit, un ressort à boudin R équilibre le poids du balancier et des boites. Deux poignées o, ol permettent de manœuvrer les lances à la main et par suite les boîtes. La tringle verticale j est terminée dans le bas par une partie brisée en fonte, dont la brisure est réunie par un ressort h ; lorsqu’un dérangement se produit dans le mouvement des boites, soit qu’une navette reste prise, soit que deux lames prennent à la fois sur le couteau, l’effort sur la tringle devient trop grand et, le ressort h cédant, la brisure s’ouvre et permet à l’excentrique n de terminer sa course sans provoquer de bris de pièces.
- Les Ateliers Diederichs, de Bourgoin, ont innové également depuis la guerre un métier pour la fabrication des tissus-éponge absolument remarquable. Nous nous contentons de le citer, ce métier ayant été souvent décrit dans ces derniers temps.
- XVI. — Matériel de tissage du lin.
- Je m’arrête en passant sur le matériel de tissage de la toile de lin, moins pour y indiquer les perfectionnements qui y ont été apportés dans ces dernières années et dont l’importance n’est pas grande, que pour signaler avec quel élan la majorité des constructeurs de métiers à tisser en ont entrepris la
- p.486 - vue 486/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 4-87
- construction. Depuis 1914, les firmes suivantes, dont deux à peine se recrutaient déjà parmi les anciens constructeurs du métier-toile, mais auxquelles se sont jointes depuis de nouvelles maisons, livrent ce métier à la clientèle française : Samuel Walker et Cle, à Lille; Léon Olivier, à Roubaix; Ateliers Diederichs, à Bourgoin; Albert Nuyts, à Roubaix; Adrien-Legrand, à Fourmies; Ateliers de construction de l'Ouest, à Nantes; Ateliers des .Vosges, à Remiremont Thann; Laval-Charlet, à Armentières, etc. Cet essor mérite d’être remarqué.
- XVII. — Matériel de tissage des lainages et draperies.
- Les Ateliers de construction Diederichs, de Bourgoin, ont innové récemment divers types de métiers à lainages, notamment un métier à 4 navettes de 172 cm d’empeignage pouvant battre à une vitesse pratique de 180 coups et un métier pick-pick (permettant les changements de nuance par un coup de trame à la fois : littéralement coup par coup ou duite à duite) à 7 navettes pour les lainages nouveauté. Bien entendu, un métier établi à un nombre déterminé de navettes ou à une seule peut toujours recevoir ultérieurement un mouvement à un nombre supérieur de navettes.
- A ces métiers on peut en ajouter un autre, sorti des mêmes ateliers communs au tissage de la laine et du coton.
- Dans ces divers modèles, les bâtis sont de trois profondeurs différentes pouvant recevoir 16, 20 ou 28 lames; le battant, muni de boîtes de grandes dimensions pour loger des navettes de grande capacité, comporte un mouvement spécial de blocage et de déblocage automatique de la navette, supprimant l’usure des taquets et des organes de la chasse; enfin chaque métier comprend une chasse sans cuir à sabre vertical, actionné par gros fouet horizontal monté sur douille excentrée et permettant un réglage rapide et précis même pendant la marche.
- Les métiers pick-pick avec armures pour nouveautés en laine sortis des ateliers Albert Nuyts, de Roubaix, ont également reçu depuis la guerre de légers perfectionnements, de même que les métiers à fabriquer les lainages, draperie, ameublement, robe, etc., de l’importante firme Léon Olivier, de Roubaix. A noter encore ceux apportés aux métiers de tissage de sa construction par la maison G. Diederichs, de Sainte-Colombe-les-Vienne ; la Société Dauphinoise de matériel textile, de Bourgoin; les Fonderies et Ateliers de Saint-Pavin, etc.
- p.487 - vue 487/899
-
-
-
- 488
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 192i.
- XVI1L — M ATÉRIEL DE TISSAGE DU VELOURS.
- La principale innovation dans cette catégorie est le métier à tisser le velours double pièce, modèle Jacques Durand, construit par la Société Alsacienne pour des largeurs d’étoffe de 65, 85, HO, 125 cm et éventuellement pour des largeurs qui ne sont pas courantes de 140 et 160 cm.
- La chasse y est du système à sabre. Les boîtes à navette sont munies de plaques en fonte rabotées et polies et la saillie de la bosse de languette d;ms la boîte est réglable; un système de vis de rappel permet de déplacer le peigne dans le sens de la hauteur. La tringle d’arrêt est faite en deux pièces réunies par un manchon, ce qui permet de bien régler le contact des pattes sur les butoirs sans nécessiter de démontage. Les rouleaux piqués sont établis en fonte avec axes en fer montés à chaud, ils sont munis de chevilles en bois destinées à recevoir les aiguilles et celui du haut est recouvert de tôle polie dans le but de faciliter le dédrapage; la commande leur est donnée par un seul pignon de rechange. Une poignée placée à portée de la main de l’ouvrier permet de dégrener le régulateur pour tourner ou détourner à la main. Le donneur de poil est également réglé par un pignon de rechange et commandé par une vis sans lin; ces deux organes sont ainsi solidaires et marchent en avant et en arrière avec le métier.
- La mécanique d’armure à leviers est placée sur le côté du métier et disposée pour travailler à Arolonté en lève et baisse. La banquine porte un appareil d’aiguisage de chaque côté. Le rabot est muni de taquets rivés portant sur elle et dont le remplacement est facile en cas d’usure ; il est muni d’un mouvement de retrait pour ne faire la coupe que dans un seul sens; il est commandé par une crémaillère à longue course actionnée par un mouvement spécial et permettant de faire la coupe tous les deux, trois ou quatre coups. Les tempias sont réglables au moyen d’une tige filetée à droite ou à gauche, et mobiles dans le sens de la largeur pour bien suivre l étolfe. Le réglage de l’écartement des barres de coupe s’opère au moyen d’une vis à filets fins et les deux barres sont réglables simultanément en hauteur par une vis de rappel.
- Enfin le chevalet, qui est séparé du métier, est disposé pour recevoir deux rouleaux de fond et un rouleau de poil : il est en outre muni des supports et tringles pour les restins et cordelines.
- p.488 - vue 488/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE. 489
- XIX. — Matériel de tissage pour soieries.
- La Société A Isacienne de Constructions mécaniques construit un genre de métier à tisser pour la fabrication de toutes les étoffes de soie à une navette. La batterie en est à fouets dans le battant. Le chapeau de celui-ci est muni d’un réglage à coin, et l’axe de la clinquette porte une vis de rappel, ce qui permet d’assurer très exactement l’affleurement du peigne. Les boîtes à navettes sont munies de plaques en fonte rabotées et polies et les joues de chasse sont disposées pour permettre l’emploi de navettes à conducteurs. Les volants calés sur l’arbre à vilebrequin ont un grand diamètre afin qu’une ouvrière de petite taille puisse les atteindre facilement pour faire tourner le métier à la main. Enfin la roue supérieure de commande est fixée sur les bras du volant par des boutons et peut être déplacée concentriquement à son axe lorsque l’exigent le réglage du métier ou l’usure de quelques dents; la grande roue est fixée par un ajustage conique sur l’arbre des excentriques et peut ainsi être tournée à volonté, afin de pouvoir amener au coup de fouet d’autres dents en contact.
- Le régulateur spécial est à enroulement direct par plateau de friction fixé sur l’arbre inférieur du métier et supprime complètement l’emploi de rochets et de cliquets qui s’usent rapidement : son grand avantage est de renverser le sens de sa marche lorsque l’ouvrière fait tourner le métier en arrière pour rechercher la chute; il se prête très bien à la compensation par le peigne pour des trames irrégulières en grosseur.
- Le changement de réduction se fait sans tâtonnements au moyen de pignons : le rouleau d’étoffe peut être enlevé pour le déroulage; il est garni de drap pour éviter le moirage des premiers mètres enroulés. Le mouvement de marche intérieur pour taffetas comporte des leviers à secteurs donnant aux tissus une marche parfaitement rectiligne. La mécanique d’armure à leviers est extérieure et indépendante des bâtis du métier : elle est disposée pour l’application d’un mouvement égalisant les lisses, pour le cas où l’on aurait un fil à rentrer. La poitrinière, en fonte polie, est réglable en hauteur : on lui a appliqué un appareil avec rouleau conique destiné à maintenir les tissus en largeur et à éviter les cassures d’étoffe, principalement pour le taffetas. Le porte-ensouple, séparé du métier, est muni d’un rouleau porte-chaîne réglable; il porte une ou deux poulies-freins sur lesquelles s’adapte l’ensouple et peut être disposé pour deux rouleaux.
- Mais ce qui distingue surtout ce métier, c’est qu’il est muni de mouvements de peigne spéciaux permettant de travailler à volonté : 1° avec peigne fixe; 2° avec peigne monté sur clinquette et ressorts, à tension réglable;
- p.489 - vue 489/899
-
-
-
- 490
- LA CONSTRUCTION DE L’OUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- 3° avec peigne à échappement pour taffetas et étoffes très serrées ; 4° avec peigne renversé, frappant la duite sous un angle réglable, pour tissus très légers et parapluie.
- XX. — Matériel de la fabrication des tapis-moquettes.
- Avant la guerre, lorsque, sur un métier classique à fabriquer les tapis-moquettes on voulait opérer le changement de simple en double duite et
- Fig. 37. — Disposition du train d’engrenages dans le métier Lehembre pour la fabrication des
- tapis-moquettes.
- réciproquement, il fallait démonter la machine, en remonter les organes servant à obtenir l’article voulu, et en régler à nouveau la chasse. La firme A. Lehembre et 6Yie, de Roubaix, construit aujourd’hui un métier dans lequel sans montage ni démontage on peut, avec une chasse mo)renne, obtenir rapidement un tissu simple et double duite. Au lieu du mouvement de poussée horizontal des butoirs ordinaires, le déclenchement est obtenu de façon très sensible par articulation d’un sabot approprié autour de son axe au moment de la butée dont le choc est atténué par un ressort à boudin.
- L’ensemble des organes représenté figure 37 comporte quatre roues C, D, E, F, un manchon L calé sur M, et des pignons C et F également fixes sur leur arbre. Mais les roues D et F sont mobiles et calées de façon à permettre l’action sur l’arbre M tantôt de D tantôt de F, de façon à obtenir le changement désiré.
- p.490 - vue 490/899
-
-
-
- PROGRÈS RÉCENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- 491
- Veut-on, par exemple, agencer la marche des organes pour la fabrication du tissu simple duite? On cale la roue F à l’aide des deux vis N et O sur le manchon L, et celui-ci, fixé sur l’arbre M, lui transmet la vitesse appropriée qu’il reçoit du pignon E par la roue F. L’arbre M à son tour la communique au mouvement des verges par les engrenages H, I, J, K, les roues L et J étant solidaires et libres sur l’arbre à vilebrequin P. De son côté, la commande de la chasse s’effectue par le pignon G, qui reçoit de la roue F
- sa vitesse de rotation.
- Veut-on, d’autre part, obtenir du tissu double duite? Il suffit d’enlever les deux vis N et O fixant la roue F au manchon L et de les employer à caler la roue D sur ce même manchon. Alors qu’advient-il? Ce dernier transmet la vitesse au mouvement des verges, comme dans le premier cas, la commande delà chasse s’effectue par la roue F qui sert d’intermédiaire entre E et G : la vitesse de chasse T est donc moyenne dans ce second cas.
- Quant au butoir spécial, on
- voit figure 38 qu’il comporte
- un sabot S pivotant sur l’axe „ , A Fig. 38. — Fonctionnement du butoir spécial dans le
- A d Ull support Y, une tige atete métier Lehembre.
- T passant dans un ressort à boudin Z placé dans une boîte-guide U et une barre de déclenche V. Son fonctionnement est facile à comprendre. Au moment de la butée, le sabot S reçoit l’action de la langue de butée W par un cran ménagé à cet effet et pivote autour de l’axe X du support Y, refoulant ainsi la tige à tête T et agissant sur l’extrémité du levier de déclenche V. Cette tige T, par suite du ressort Z guidé dans sa boîte, a pour but d’amortir le choc reçu au moment de la butée. Cette façon d’opérer donne une très grande sensibilité au déclenchement, par suite précisément de l’articulation du sabot autour de son axe au moment de la butée et, de plus, a l’avantage d’éviter toute casse du métier à cet endroit, ce qui arrive trop fréquemment avec des systèmes ordinaires.
- Mentionnons à propos de cette fabrication combien, depuis la guerre, celle des tapis d’Orient à la main a pris d’extension en Algérie, en Tunisie et en France même. Avant les hostilités, la moyenne partie de ces articles provenait de Turquie et l’Allemagne commençait à en importer chez nous d’une façon appréciable.
- Tome 136. — Mai 1924.
- 34
- p.491 - vue 491/899
-
-
-
- 492 LA CONSTRUCTION DK i/oUTILLAGE TEXTILE. — MAI 1924.
- Bien entendu, il n’est plus question ici de matériel mécanique, puisque la fabrication ne sort pas du domaine manuel, qui n’exige, on le sait, qu’un agencement d’organes rudimentaires. Mais d’abord les tapis dits d’Orient, qui sortent de nos ateliers coloniaux ou français, ont l’avantage sur les provenances d’origine de ne pas constamment reproduire le même motif de décor. En Orient, les ouvrières procèdent sans esquisse préliminaire, alors que chez nous le dessin à produire, très variable, est établi sur papier de mise en carte. Puis, cette fabrication représente bien un matériel manuel nouveau qui n’existait pas auparavant : il convient donc de la mentionner à cette place.
- Rappelons qu’il y a trois variétés de ces articles : les tapis aux points passés, dans chacun desquels la laine de couleur destinée à former le poil, coupée par bouts correspondant à la longeur d’un point, est achevalée sur un fil et ainsi repliée forme le pompon, représentant des rangées consécutives séparées par deux duites de toile; les tapis cle Smyrne, beaucoup plus solides, où chaque rangée de points se trouve entièrement séparée de la suivante par deux duites évoluant en toile, et dans lesquels la trame de poil embrasse deux fils de chaîne avec la tige du tranche-fils qui sert à la formation des boucles, celles-ci une fois tranchées formant le pompon; et les tapis de Perse, plus serrés, dans lesquels la boucle destinée à fournir le poil est ainsi formée par la tige du tranche-fil, mais où le pompon est assujetti par deux fils de chaîne et chaque brin séparé de son voisin par un fil de chaîne seulement. Les premiers sont meilleur marché, mais leur pompon manque de solidité; les seconds sont ceux qu’on rencontre le plus souvent; les troisièmes ne sont guère qu’un article de luxe.
- XXI. — Organes spéciaux de tissage.
- Dans ces dernières années, deux anciennes maisons françaises, la firme Staubli frères, de Faverges (Haute-Savoie) et la Société lyonnaise de Machines textiles, à Lyon, se sont particulièrement attachées au perfectionnement des mécaniques d’armures ou ratières, qu’elles construisaient d’ailleurs avant la guerre ainsi qu’un certain nombre d’autres maisons (Société alsacienne, Nuyts (de Roubaix), Olivier (de la même ville), etc. Il me paraît nécessaire d’en faire mention à cette place. On sait qu’on désigne sous ce nom les dispositifs mécaniques que, dans les métiers à tisser comportant un grand nombre de lames, on place au-dessus ou sur le côté de ces lames et qu’on emploie pour les lever et coopérer ainsi à la formation d’une armure. Je rappellerai que ces appareils se composent : de couteaux mobiles actionnant les autres organes, de crochets agissant directement sur ces lames par cordons ou tringles et leviers coudés, et d’un organe excentrique auquel on a donné
- p.492 - vue 492/899
-
-
-
- 493
- PROGRÈS RÉGENTS DE LA CONSTRUCTION TEXTILE FRANÇAISE.
- le nom de « cartons » se présentant sous forme de chaîne sans fin en papier, carton, ou métal. L’arbre principal ou l’arbre des cames du métier donnent leur mouvement aux couteaux. Enfin, comme synthèse du mouvement, mécanique de la ratière, les cartons avançant par rangées simultanées reproduisent le travail d’une ou deux dents dans un rapport, actionnent des couteaux qu’ils lèvent, baissent ou attirent de droite à gauche, et ceux-ci transmettent par leviers leur mouvement aux lames pour former la foule. Les ratières sont à simple ou double levée.
- Longtemps l’étranger nous a devancés dans la construction des mécaniques d’armures et un certain nombre de systèmes anglais, suisses ou allemands ont eu souvent chez nous la préférence. La première offensive très remarquée des ateliers de Faverges avant la guerre avait été l’invention
- Fig. 39. — Leviers obliques. Fig. 40. — Leviers horizontaux. Fig. 4L — Leviers-pendules. Divers modes de suspensions appliqués aux ratières.
- de l’appareil dit multiplicateur adapté aux ratières ordinaires et destiné à donner à volonté la marche du cylindre en avant ou en arrière, c’est-à-dire un changement automatique des cartons afin d’en économiser le nombre. L’application en a été faite tout d’abord à la fabrication des serviettes, linge de table à cadres et damassés, et elle s’est depuis lors étendue aux soieries. La même firme a ensuite successivement lancé la ratière dite à pas fermé, celle pour métiers larges, celle à couteaux oscillants pour le tissage des soieries, celle pour la soie artificielle avec commande des couteaux par lames et commande unique par chaîne, etc.
- Dans ces dernières années, ses études spéciales ont amené la maison Staubli à modifier le mode de suspension des lames dans les mécaniques d’armure : sans s’arrêter à un type bien déterminé, elle a imaginé toute une série de modèles ingénieux que nous représentons figures 39 à 41, tout en donnant la préférence aux systèmes à leviers obliques dont la longueur de déplacement est transmise aux lames et qui conserve malgré cela les avantages qu’ont les galets de lever les lames avec plus de précision. Nous nous contentons de ces brèves indications que nous pourrions multiplier.
- p.493 - vue 493/899
-
-
-
- m
- LA CONSTRUCTION 1)K L’OUTILLAGE TKXTILE. — MAI 1924.
- Matériel de bonneterie.
- Je rappellerai sommairement, en me bornant à un classement un peu général sans entrer dans les subdivisions, que le matériel de la fabrication de la bonneterie peut être réparti entre quatre genres principaux : les métiers circulaires, les métiers rectilignes, les tricoteuses, et les métiers chaîne. Or, avant la guerre, les seuls constructeurs français des régions de l’Aube et de l’Oise se bornaient aux métiers circulaires diversement variés et une seule maison de Troyes avait entrepris le grand métier rectiligne Cotton. Pour le reste, il fallait s’adresser à l’Allemagne ou à la Suisse, voire même à l’Angleterre et à l’Amérique pour certaines spécialités. Cette situation est aujourd’hui sensiblement modifiée, et l’on peut dire qu’à quelques exceptions près tous les genres de métiers de bonneterie se construisent en France ainsi que leurs métiers de préparation. Non seulement les anciennes firmes de Troyes, Romilly-sur-Seine, Saint-Just-en-Chaussée, Hangest-en-San-terre, etc., ont agrandi leurs ateliers, mais d’autres se sont installées à Puteaux, La Courneuve, Montreuil (Seine), Nantes, etc., pour répondre aux demandes incessantes des nouvelles fabriques de bonneterie de France et de l’étranger.
- Les perfectionnements multiples constamment apportés au matériel construit par ces maisons par une foule de techniciens qu’elles se sont attachés sont légion et plus de cent brevets, pris depuis quatre ans, témoignent combien sont grandes dans ce domaine leur activité et leurs innovations. Nous nous bornons ici à mentionner ces incessantes recherches dont le nombre défie l’analyse, heureux de constater la foi de la construction française dans une industrie qui est encore loin d’avoir dit son dernier mot.
- Conclusion.
- Il n’y a pas longtemps, beaucoup de Français croyaient encore que seul l’étranger était capable de fournir à nos nationaux les machines textiles dont ils avaient besoin. J’ai voulu, dans les lignes qui précèdent, montrer que, dans nombre de cas, nous pouvons souvent égaler et souvent dépasser nos concurrents du dehors aux divers points de vue de la perfection de la construction, du travail accompli et du rendement des machines. A coup sûr nous ne saurions avoir la prétention de les avoir supplantés du jour au lendemain, mais les études et les recherches quotidiennes de nos ingénieurs ont considérablement enrichi à cet égard notre patrimoine national, et aujourd’hui l’on peut dire sans hésiter que notre matériel textile français a pris dans le monde une place de premier plan. Je serais heureux si l’exposé qui précède a pu en persuader nos manufacturiers.
- Alfred Renouard.
- p.494 - vue 494/899
-
-
-
- bulletin de la société d’encourag. pour l’industrie NATIONALE. — MAI 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 12 AVRIL 1924.
- Présidence de M. A. Mesnager, 'président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- M. Bâclé, ancien président, et M. Laurence Benêt, vice-président honoraire de P American Society of Mechanical Engineers, ont pris place au Bureau.
- Le procès-verbal de la séance du 8 mars 1921 est adopté.
- Est présenté pour devenir membre de la Société :
- M. Robinson (Francis J. B.), Section commerciale du Consulat général britannique, 7 bis, rue Lord-Byron, Paris (8e); présenté par M. B. Hugh Rolfe et la Société anonyme Fenwick Frères et C,e;
- Est admis à faire partie de la Société :
- M. Gustave de Coulons, ingénieur civil, à Puteaux (Seine), présenté dans la séance du 8 mars 1921.
- M. Mesnager, président. — Nous avons reçu comme contribution supplémentaire pour aider à la publication de notre Bulletin :
- de M. Louis Lepersonne, membre ordinaire, 210 f;
- de M. Charles Vallois, membre ordinaire, 200 f;
- Nous remercions très vivement ces collègues de 1 intérêt qu’ils prennent
- p.495 - vue 495/899
-
-
-
- 496 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. ---- MAI 1924.
- à l’œuvre de notre Société, et nous espérons que leur exemple sera suivi par tous ceux de nos collègues qui peuvent le faire.
- M. Mesnager, président. — Nous avons perdu récemment un collègue très marquant, le comte de Chardonnet, membre de l’Académie des Sciences (division des Sciences appliquées à l’Industrie). Entré à l’Ecole polytechnique en 1859, il en sortit dans le corps des Ponts et Chaussées, mais ne tarda pas à donner sa démission pour se livrer à des recherches personnelles.
- Il est l’inventeur de la soie artificielle qui porte son nom. De même que le fil du ver à soie est solidifié instantanément par un second liquide, sécrété en même temps par cet animal, au sortir de la filière, de Chardonnet fit passer le fil de collodion dans un liquide coagulant. Il ne lui fallut pas moins de trente ans de persévérance pour arriver à mettre au point l’utilisation pratique de son invention, notamment le filage et le dénitrage de sa soie. Il eut à lutter contre de nombreuses concurrences et sut leur résister en améliorant ses procédés.
- On lui doit encore des recherches sur l’aile des oiseaux, un actino-graphe, etc.
- M. Mesnager,président. —J’ai le plaisir de vous annoncer queM. Dupuis, Ingénieur civil des Mines, membre de notre Conseil depuis 1897, au titre du Comité de Commerce, vient d’être promu Officier de la Légion d’honneur. Nous sommes heureux de lui adresser nos chaleureuses félicitations.
- M. Mesnager, président. — M. Laurence Benêt, vice-président honoraire de l’American Society of Mechanical Engineers, vice-président de la Société Hotchkiss, par l’intermédiaire de notre Collègue du Conseil, M. de Frémin-ville, membre d’honneur de la Société américaine, membre de notre Comité des Arts mécaniques, a demandé à remettre à la Société d’Encouragement un souvenir des solennités du centenaire que nous avons fêté l’année dernière; j’ai pensé qu’il y avait intérêt à ce que cette remise ait lieu en séance publique. En conséquence, je donne la parole à M. Laurence Benêt.
- M. Laurence Benêt, vice-président honoraire de l’American Society of Mechanical Engineers, de New-York, rappelle d’abord qu’il a été chargé de représenter la Société américaine, qui compte plus de 12.000 membres, à la manifestation qui s’est tenue en juin 1923, qu’il a été très heureux d’avoir été choisi et de parler au nom des ingénieurs américains à cette occasion. Il dit ensuite qu’il a été chargé par cette Société de transmettre ses très vives sympathies au président de la Société d’Encouragement et de lui remettre en mains propres une adresse dont il donne lecture. En voici la traduction :
- p.496 - vue 496/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 12 AVRIL 1924. 497
- A la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Les membres et le Conseil de l’American Society of Mechanical Engineers transmettent à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale leurs salutations et leurs félicitations pour le succès de la manifestation solennelle tenue cette année pour célébrer le 122e anniversaire de la fondation de la Société d’Encouragement.
- En désignant notre ancien président, M. Jesse Merrick Smith, et notre distingué membre, actuellement dans votre pays, M. Laurence V. Benêt, comme ses représentants, l’American Society of Mechanical Engineers désire transmettre ses souhaits sincères pour la continuation de la prospérité, de l’influence et du succès de la Société d’Encouragement.
- Votre Société, par ses efforts et grâce à ses membres illustres, a contribué, pendant un siècle et quart, à l’établissement des solides fondations de vos industries nationales, et elles ont provoqué l’admiration des industriels du monde entier.
- New-York, le 28 septembre i923.
- Ont signé : F. R. Low, président, Calvin W. Rice, secrétaire.
- M. Laurence Benêt ajoute qu’il est heureux d’apporter l’expression de la chaude, profonde et sincère sympathie que les techniciens des Etats-Unis professent pour leurs collègues français, qu’ils ont surtout appris à mieux apprécier au cours de la grande guerre.
- M. Mesnager, président. — Je remercie chaleureusement, au nom de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, l’American Society of Mechanical Engineers dans la personne de son président honoraire, M. Laurence Benêt, des magnifiques résolutions enluminées qu’il vient de nous remettre. Elles constitueront pour nous un précieux souvenir. Elles nous rappelleront la confraternité scellée dans le sang sur les champs de bataille quand nos amis des Etats-Unis sont venus aider nos soldats à chasser l’envahisseur; cette aide, nous ne l’oublierons jamais et les citoyens de la grande République seront toujours les bienvenus parmi nous.
- Encore une fois merci.
- M. Mesnager, président, dit que la Société d’Encouragement a été représentée par son président au bal annuel que l’Association des Anciens Elèves de l’Ecole municipale de Physique et de Chimie a donné le 28 mars.
- MM. H. Hitier et P. Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques-uns des ouvrages reçus récemment par la Bibliothèque delà Société :
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Pour comprendre la mer, par M. J. Rouch. Paris, Hachette (Don de l’auteur) ;
- p.497 - vue 497/899
-
-
-
- 498
- comptes rendus des séances.
- MAI i 924.
- Pour voyager en paquebot, par M. J. Rouen. Paris, Masson et Cle (Don de l’auteur) ;
- Le pétrole en France par M. Lecomte-Denis. (Documents politiques et sociaux.) Paris, Dunod;
- L’air et l’eau. Mémoires de Lavoisier. (Les classiques de la science.) Paris, Armand Colin;
- Le livret du bourrelier-sellier, harnacheur, par M. P. Leurot. (Le livret du métier.) Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- Fabrication des engrais chimiques, par M. J. Eristch, 2e édition. Paris, A. Legrand;
- Comptes rendus de la quatrième conférence internationale de la Chimie, Cambridge : 17-20 juin 1923. Union internationale de la Chimie pure et appliquée. Paris, 49, rue des Mathurins;
- Service des grandes forces hydrauliques (Région du Sud-Ouest). Direction générale des Eaux et Forêts (2e partie). Résultats obtenus pour le bassin du Tarn pendant les années 1913 à 1918; tomes Y, VI, VII, fasc. H. — Résultats obtenus pour les bassins de l’Hérault et de l’Orb pendant les années 1913 à 1920; tomes VIII, fasc. G.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Association internationale permanente des Congrès de la Route. IVe Congrès, Séville 4923. I. Rapports généraux; IL Rapports et communications (Don de M. Mesnager, président de la Société);
- Questions économiques et financières, par M. .Jacques de Reinacii. Paris, Imprimerie centrale de la Rourse (Don de M1!ede Reinach);
- L après-guerre et la politique commerciale, parM. C.-J. Gignoux. (Collection Armand Colin, Section d’histoire et sciences économiques. N° 51.) Paris, A. Colin ;
- Les bases de Vorganisation industrielle et commerciale, par M. Paul Carel. Paris, Librairie de documentation commerciale;
- Les moteurs à explosion dans l’aviation, tome III, par MM. A. Masméjean et E. Berehare. Paris, Dunod;
- Le calcul des probabilités ci laportée de tous, par MM. Freciiet et Halrwaciis. Paris, Dunod ;
- Appareils et installations téléphoniques, par M. E. Reynaud-Bonin. (Encyclopédie d’électricité industrielle ) Paris, J.-1L Baillière et fils ;
- Reconstitution des réseaux de transmission d'énergie électrique dans les régions envahies. Le réseau d'état. Comptoir central d’achats industriels pour les régions envahies. Paris, 40, rue du Colisée;
- p.498 - vue 498/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. --- SÉANCE PUBLIQUE DU 12 AVRIL 1924. ^99
- L'essai aux étincelles. Ce que toute personne utilisant l’acier doit connaître et peut appliquer, par M. E. Pitois. Paris, Delagrave (Don de l’auteur);
- Rapport sur les essais contrôlés des véhicules électriques à accumulateurs, organisés par I’Union des Syndicats de I’Électricité ; 25 septembre-10 octobre 1923. Paris, 25, boulevard Malesherbes.
- M. A. Livaciie présente un rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la répartition des revenus des fondations de secours attribuées à ce Comité.
- Comme l’année dernière, dit-il, nous constatons qu’il est triste de voir que les industriels ne font aucun effort pour faire bénéficier les ouvriers des sommes, évidemment peu élevées, dont nous disposons mais qui, cependant, pourraient leur rendre service. On se demande si l’on ne pourrait pas trouver les moyens de faire connaître l'existence de nos fondations de secours parmi les ouvriers eux-mêmes, qui sauraient probablement nous signaler des camarades âgés et dans le besoin. Nous croyons que c’est dans cette voie qu’il faudra diriger nos efforts.
- Ce rapport est approuvé (1).
- M. Mesnager, président. — La Société industrielle de Mécanique de Paris, qui est exclusivement composée d’actionnaires français, a proposé de vous présenter un appareil enregistreur, breveté en France et dans différents pays étrangers. Cet appareil permet le contrôle de l’emploi de la plupart des machines industrielles, même de celles qui travaillent dans des conditions défavorables à la conservation d’appareils délicats. Le Comité des Arts mécaniques de la Société d’Encouragement a trouvé l’appareil intéressant et a conclu à sa présentation. Je donne la parole à M. Raymond, directeur de la Société industrielle de Mécanique de Paris, qui vous en expliquera le mécanisme et les avantages.
- M. Pierre Raymond, directeur de la Société industrielle de Mécanique de Paris, 16, rue de l’Abbé-de-l’Epée, présente un contrôleur-enregistreur pour usages industriels et pour automobiles.
- Les appareils enregistreurs sont nombreux, mais la plupart sont fragiles et sont plutôt des instruments de précision pour laboratoires que des appareils d’usine ou de chantier. Pour le contrôle des machines qui travaillent en plein air ou dans les ateliers, pour les véhicules de toute espèce, la Société industrielle de Mécanique de Paris a construit un enregistreur dit I. T., très robuste, simple et d’un prix abordable.
- L’appareil est basé sur la conjugaison de deux mouvements : d’une part, un mouvement uniforme, fourni par un mécanisme d’horlogerie très robuste (abscisses, temps), d’autre part, le mouvement irrégulier, à vitesse variable, qui est celui de la machine à contrôler (ordonnées). L’inscription se fait au moyen d’une pointe d’acier
- (1) Voir ce rapport à la page 395 du présent Bulletin.
- p.499 - vue 499/899
-
-
-
- 500 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — MAI 1924.
- et d’un papier carbone sur un disque de papier blanc animé de la première vitesse constante et accomplissant un tour entier en 6,12 ou 24 heures selon les cas. Le mouvement alternatif de la pointe se fait suivant les rayons du disque; il est synchrone du mouvement de la machine contrôlée. A cet effet, les liaisons mécaniques employées sont assurées, par exemple, par une vis sans fin, un excentrique, un rochet, un simple levier, selon la nature des mouvements à contrôler. Tous ces montages sont simples et ne présentent aucune difficulté quel que soit le programme imposé. Les organes sont enfermés dans un boîtier en métal fondu, inviolable.
- On voit, d’après ce qui précède, que les ordonnées correspondent à des chemins parcourus ou à des opérations effectuées parla machine à contrôler. Les diagrammes obtenus peuvent fournir les renseignements suivants, par exemple :
- Pour un véhicule : sa vitesse, ses heures de départ, d’arrivée, ses arrêts, les distances parcourues et le temps employé à les parcourir, la vitesse instantanée à
- 10 p. 100 près de sa valeur;
- Pour un appareil de levage ou de chargement : le nombre de levées, leur hauteur, la hauteur à laquelle les bennes sont ouvertes, le poids des charges enlevées.
- E. L.
- M. Mesnager, président. — M. Predhumeau, Ingénieur des Ponts et Chaussées, a imaginé et mis au point de remarquables appareils qui rendent les plus grands services dans les bureaux d’études. Depuis quelques années,
- 11 étudie la confection des cartes au moyen du relief stéréoscopique obtenu par la photographie. Ce problème a été résolu en Autriche par le lieutenant von Orel au moyen d’appareils très dispendieux exigeant des guidages et un système optique parfaits. M. Predhumeau, par une série de mécanismes ingénieux, a pu obtenir beaucoup plus aisément et d’une façon pratique les mêmes résultats.
- M. J. Predhumeau, Ingénieur des Ponts et Chaussées, fait une communication sur la stéréotopométrie, l'obtention de plans cotés ou à courbes de niveau par restitution de photographies stéréoscopiques, la description et l'usage d'un stéréotopomètre qu’il présente.
- M. Predhumeau a imaginé un appareil appelé stéréotopomètre qui permet de tracer des plans cotés ou à courbes de niveau en utilisant des photographies stéréoscopiques. Le principe de cet instrument est exposé par son inventeur qui présente les appareils très peu encombrants de prise de vues sur le terrain et des projections du deuxième modèle de son stéréotopomètre dont la construction vient d’être achevée par la maison Secrétan; l’appareil photographique a été construit par la maison Gallus.
- Les méthodes ordinaires de la topographie, lentes et coûteuses, sont d’abord passées en revue, ainsi qu’une histoire sommaire des méthodes utilisant la photographie (photogrammétrie du colonel Laussedat). Amené par ses fonctions à rechercher les moyens d’abréger les études des grands travaux publics, M. Predhumeau a étudié, d’une part, son stéréotopomètre, beaucoup plus simple que l’appa-
- p.500 - vue 500/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 12 AVRIL 1924. SOI
- reil de l’Autrichien von Orel, construit par Zeiss, pour les levers de plans, et, d’autre part, l’intégraphe Predhumeau-Secrétan pour la cubature rapide des terrassements.
- Le stéréotopomètre est caractérisé par la simplicité de ses organes mécaniques, toute la précision étant assurée par des combinaisons optiques. Il utilise des vues stéréoscopiques de format 6x16 cm; le cliché est constitué par deux vues à axes horizontaux et parallèles prises aux extrémités d’une base dont la longueur est en rapport avec l'échelle du plan à obtenir. Pour la restitution, ce cliché est placé dans l’appareil photographique qui a servi à le prendre ; il y est examiné à l’aide d’un fort stéréoscope.
- En regardant un tel cliché on a l’impression de se trouver devant le terrain réduit dans le rapport de l’écartement des yeux à la longueur de la base utilisée dans la prise de vues et dont le relief est extrêmement augmenté. Comme on peut voir en même temps à travers l'appareil photographique un index que trois commandes permettent de déplacer dans l’espace qui contiendrait le paysage réduit, il est possible d’amener ce repère mobile sur les divers points du terrain, de lui faire parcourir des lignes de la planimétrie ou des courbes de niveau.
- Un pantographe attelé suivant la verticale de cet index dessine le plan à obtenir à l’échelle exacte désirée; en même temps les altitudes sont lues sur un cylindre disposé près de l’opérateur et devant lequel se déplace le niveau d’un liquide qui suit les mouvements en hauteur du repère.
- La théorie optique est exposée en détail. Toute la précision du plan dépend de la coïncidence des images dans la chambre noire et il faut que les objectifs donnent au moins le 1/50 de millimètre. Après de nombreux essais c’est un objectif de série Hermagis qui a été choisi.
- Un brevet a été pris pour l’utilisation à l’aide du stéréotopomètre de vues stéréoscopiques aériennes. L’application de ce principe, actuellement à l’étude, ne nécessitera que des transformations simples du stéréotopomètre et permettra de dessiner sur un plan unique des projections quelconques.
- Les applications de la stéréotopométrie sont nombreuses : cartes, plans, cadastre dont la réfection est actuellement amorcée en France, et dont l’exécution va être entreprise dans quelques pays étrangers (Espagne, Salvador), levers d’architecture, etc.
- J. P.
- M. Mesnager, président, remercie M. Predhumeau de son intéressante communication et le félicite des résultats qu’il a obtenus grâce aux ingénieuses combinaisons qu’il a imaginées.
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- p.501 - vue 501/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- MAI 1924.
- BIBLIOGRAPHIE
- Forgeage et laminage, par M. Léon Geuze, Ingénieur civil des Mines (Encyclopédie minière et métallurgique). Un vol. (23x45 cm) de 362 p., avec 229 lig.
- Paris, J.-B. Baillière et fils, 19, rue Uautefeuille (6e), 1923 (Prix : 30 f).
- Cet ouvrage traite une question qui est, après la fabrication de l’acier, l’une des plus intéressantes pour la pratique sidérurgique et qui reste encore cependant du domaine de l’empirisme. Le forgeage et le laminage constituant les deux procédés principaux de transformation de l'acier, on conçoit l’importance de leur développement industriel; mais les métallurgistes savent combien rares sont les documents précis qui pourraient servir de guides pour les études ou pour l'exploitation des ateliers. Il faut donc savoir gré à M. Geuze, déjà connu par son Traité du laminage du fer et de l’acier, d’avoir abordé cette nouvelle étude; le résumé des principaux chapitres de son ouvrage permettra d’en donner tout au moins une vue d’ensemble sommaire.
- Après une description détaillée de l’ancien atelier de martelage des Usines de de Saint-Chamond avec son pilon de 80 tonnes, M. Geuze étudie les marteaux-pilons à double effet, les moutons à estamper et les presses, avec leurs installations accessoires et les fours à réchauffer les pièces 11 n’est peut-être pas inutile, à ce sujet, de citer la conclusion de l’auteur relative à l’estampage : « 11 y a tellement « de choses à considérer dans le choix d’un outil à estamper pour fabriquer tel ou « tel objet, qu’il est presque impossible de formuler de règle ayant rapport au a poids, aux dimensions et à la surface de l’objet en question ». Cette absence de doctrine est, comme nous le signalons plus haut, une conséquence de la rareté des observations méthodiques sur la question.
- L’étude du laminage est précédée de quelques indications relatives à la fabrication du fer; l’auteur examine ensuite les différents genres de trains en usage : bloomings, trains réversibles, trios, trains continus, trains à tôles, laminoirs uni versels, laminoirs à froid, laminoirs à bandages; il passe en revue les fabrications principales : poutrelles, rails, cornières, feuillards, ronds, fils, tôles, blindages, etc. — Le lecteur trouvera dans ces pages une série d’exemples concrets relatifs à ces fabrications, tant au point de vue de la construction même des appareils qu’à celui de la conduite du laminage.
- L’important travail de M. Geuze montre nettement combien sont complexes ces deux problèmes du forgeage et du laminage, et combien il serait utile de restreindre dans leur étude la part de l'empirisme et de lui substituer des réalisations rationnelles. Il est entendu que l’on « naît » forgeron; il serait souhaitable cependant que les ingénieurs de bonne volonté pussent le « devenir ». Les documents susceptibles de les y aider restent encore bien peu nombreux.
- G. Ciiarpy.
- p.502 - vue 502/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 5U3
- Fabrication de l’acier au four Martin, par M. A. Barberot, Ingénieur des Arts et Manufactures, Directeur des Usines de Sainte-Marie et Gravigny, à Saint-Dizier (Encyclopédie minière et métallurgique). Un vol. (23x lo cm) de 543 p., avec 160 fîg. Bibliographie, p. 531-535. Paris, J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille (6e), 1923 (Prix : 40 f).
- L’ouvrage de M. Barberot fait partie de l’Encyclopédie minière et métallurgique publiée sous la direction de M. L. Guillet; il en constitue l’un des plus importants volumes consacrés à la sidérurgie, tant par l’intérêt industriel du sujet traité que par le développement qu’a su lui donner l'auteur.
- L’expérience exceptionnelle qu’a acquise M. Barberot dans les aciéries les plus modernes qu’il a étudiées, construites ou dirigées lui a permis de réunir un ensemble de documents, théoriques et pratiques, qui seront d’une utilité extrême à tous les ingénieurs d'aciérie en leur permettant d’éviter bien des recherches ou des difficultés de métier et en mettant à leur disposition les renseignements les plus récents.
- Pour donner une idée assez exacte à la fois de l’importance de l’ouvrage et de la précision des détails qu’il contient, il est indispensable d’en passer rapidement en revue les divers chapitres.
- Après un historique du procédé Martin, l'anteur étudie les matériaux et matières premières utilisées, le chauffage des fours, leur construction (avec des données pratiques sur les dimensions oplima, sur le calcul des divers appareils, sur la réparation et l’entretien des fours) et les perfectionnements matériels les plus nouveaux. L’examen de la marche des opérations est complété par des exemples pratiques de fabrication et par la description des procédés spéciaux pour fabrications intensives. La coulée, les diverses méthodes de coulée, le matériel correspondant (poches et lingotières), les défauts des lingots et les moyens employés pour y remédier, les appareils de manutention, si importants au point de vue de la marche générale de l’aciérie, font l’objet des chapitres suivants.
- M. Barberot étudie ensuite les dispositions d’ensemble des aciéries Martin allemandes, américaines, anglaises et françaises et, très judicieusement, il illustre le texte par des plans qui montrent les relations entre elles des diverses parties de l’installation. L’étude de l’établissement du bilan calorifique et des prix de revient complète très utilement un ouvrage de caractère industriel dans lequel l’auteur n’oublie jamais que la qualité des produits et l’abaissement du prix de revient constituent les principaux éléments du problème qui se pose sans cesse aux ingénieurs d’aciérie-
- M. Barberot était particulièrement qualifié pour entreprendre l’exposé complet de la fabrication de l’acier Martin ; la lecture de son ouvrage montre qu’il a pleinement réussi.
- G. Charpy.
- Étude mécanique et usinage des machines électriques, par M. H. de Pistoye, professeur à l’École supérieure d’Électricité, ingénieur en chef des services électriques de la Maison Bréguet (Encyclopédie d'électricité industrielle). Un vol. (23x15 cm) de 839 p., avec 802 fig. Bibliographie à la fin de chaque chapitre. Paris, J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille (6e), 1924 (Prix : 70 f).
- Comme l’indique l’auteur dans sa préface, l'Etude mécanique et usinage des machines électriques se divise en deux parties bien distinctes : la première concerne
- p.503 - vue 503/899
-
-
-
- 504
- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 1924.
- l’étude des machines tournantes telle qu’elle est faite dans les bureaux de dessin; la deuxième, leur exécution dans les ateliers.
- Avant la publication de cette encyclopédie, le dessinateur n’avait à sa disposition aucun ouvrage d’ensemble permettant de le guider dans ses travaux. Il était obligé de rechercher la documentation qui lui était nécessaire dans divers traités et publications techniques ne contenant la plupart du temps que des articles incomplets; souvent certains renseignements puisés à des sources diverses ne concordaient pas et l’on se trouvait en présence d’indications très variables provenant, non pas d’erreurs, mais de conceptions différentes; aussi le dessinateur était-il souvent fort embarrassé.
- L’auteur s’étant rendu compte de ces difficultés s’efforce, dans son ouvrage, de classer méthodiquement tous les renseignements existants et d’y mettre de l’ordre.
- 11 indique les méthodes rationnelles de calcul, ajoute celles qu’il enseigne lui-même à l’École supérieure d’Électricité, comble les lacunes, donne des précisions et met ainsi entre les mains du dessinateur des documents complets lui permettant d’éviter un tâtonnement et toute erreur dans les études qui lui sont confiées.
- Dans la seconde partie, guide très précieux pour l'ingénieur chargé de diriger la construction, l’auteur examine, dans tous les détails, l’usinage des machines électriques dans les ateliers.
- Tous les chapitres des deux parties du volume sont suivis d’un index bibliographique des principaux travaux consultés. Les en-têtes de ces chapitres, reproduits ci-dessous, montrent le vaste développement et l’importance de cet ouvrage, ainsi que le choix judicieux des sujets traités.
- lrc partie : Étude mécanique des machines électriques. — Chapitre I. — Attraction magnétique dans les entrefers. Chapitre IL — Courroies et câbles de transmission. Chapitre III. — Généralités sur le calcul des pièces en rotation. Montage par forcement. Chapitre IV. — Étude des arbres. Chapitre V. — Étude des paliers. Chapitre VI. — Montage des moyeux sur les arbres. Accouplements. Chapitre VII.
- — Construction et calcul mécanique des inducteurs tournants d’alternateurs à pôles saillants. Chapitre VIII. — Construction et calcul mécanique des inducteurs tournants d’alternateurs à bobinage inducteur réparti (turbo-inducteurs). Chapitre IX. — Construction et calcul mécanique des induits de machines à courant continu et des rotors de moteurs asynchrones. Chapitre X. — Construction et calcul mécanique des collecteurs, bagues collectrices et porte-balais. Chapitre XI.
- — Calcul des volants et croisillons. Chapitre XII. — Construction et calcul mécanique des induits fixes d’alternateurs et stators de moteurs asynchrones. Chapitre XIII. — Construction des inducteurs de machines à courant continu.
- 2e partie : Usinage des machines électriques. — Chapitre XIV. — Travail des tôles. Chapitre XV. — Fabrication des bobinages induits de machines à courant continu. Chapitre XVI. — Fabrication des bobinages à courant alternatif. Chapitre XVII. — Fabrication des bobinages inducteurs. Chapitre XVIII. — Usinage des collecteurs et bagues de prise de courant. Chapitre XIX. — Usinage mécanique des machines électriques. Chapitre XX. — Équilibrage des masses tournantes. Chapitre XXL — Séchage et imprégnation.
- Ce remarquable travail, très important, forme un volume de l’Encyclopédie d'électricité industrielle, dirigée par M. Blondel, membre de l’Institut, et fait le plus
- p.504 - vue 504/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 505
- grand honneur à l’érudition et à l’esprit de méthode de M. de Pistoye, qui vient ainsi de rendre un réel service à l’industrie électrique.
- Cu. Zetter.
- Fabrication des engrais chimiques, par M. J. Fritsch, chimiste, 2e édition. Un vol. (25 X 16 cm) de xv 4-546 p., avec 79 fîg. Paris, Amédée Legrand, 93, boulevard Saint-Germain (6e), 1924 (Prix : 50 f).
- Celui qui, comme M. Fritsch, entreprend d’écrire un traité sur la fabrication des engrais, a un sérieux désavantage sur l’auteur d’un livre qui se propose de faire connaître une industrie, de caractère homogène, pour ainsi dire d’une seule pièce, où les opérations finales sont l’aboutissement de celles du début, et où celles-ci ne trouvent leurs explications que si on a lu, parcouru tout au moins, le volume entier. Il en est ainsi de la métallurgie du fer, de la sucrerie, parce qu’elles n’ont pour but que de produire du fer, du sucre.
- La fabrication des engrais peut être considérée au contraire comme une suite de monographies, moins pénibles à écrire qu’un volume de mêmes pages, traitant un unique sujet. Celui qui connaît en effet les phosphates, dans leurs gisements et leur extraction, peut rester étranger à leur mouture ou à leur transformation en superphosphates, et ne connaître ni le travail des os, ni l’origine et le broyage des scories de déphosphoration. Celui qui réclame des déchets animaux l’azote dont il fera ses engrais, ne s’est peut-être jamais demandé comment les nitrates du Chili arrivent en France, ni les procédés qui permettent de fabriquer par synthèse l’ammoniaque et l’acide nitrique. Quant à la potasse, ils la réservent volontiers aux propriétaires de mines, et ceux-ci sont rares.
- Le mérite de M. Fritsch est d’avoir apporté à la connaissance de ces industries si diverses de nombreux documents, et toutes les personnes qui s’intéressent aux engrais, fabricants, cultivateurs, techniciens, ont là une excellente occasion de rassembler tant de connaissances éparses.
- L. Lindet.
- Paving Bricks (Matériau destiné à la construction des routes modernes à l'aide du béton de ciment et de briques spéciales jointoyées à l’asphalte), par M. F. Wat-tebled. Une brochure multicopiée (21 X28 cm) de 30 pages. Paris, 1923.
- Une notice, présentée récemment à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale par un céramiste français, M. F. Wattebled, 12, rue José-Maria-de-Heredia, Paris (7e), apporte une contribution très intéressante à la question délicate de l’usure des voies parcourues par les automobiles de transport, qui est depuis quelques années l’objet de réelles inquiétudes pour la conservation de nos routes françaises.
- L’auteur de cette notice signale en effet un mode de revêtement des chaussées en béton usité aux États-Unis depuis plus de cinquante ans et qui s’est particulièrement développé, à partir de l'an 1900, dans la grande cité de Cleveland (Ohio), où la surface couverte atteignait, dès 1915, plus de 4 millions de mètres carrés. Peu à peu nombre d’autres villes américaines ont suivi cet exemple et l’on en compterait actuellement plus de 700 qui auraient adopté ce type de revêtement dans celles de leurs rues soumises à un fort trafic.
- p.505 - vue 505/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 11)2 f.
- 50(1
- Ce mode de revêtement particulier consiste à recouvrir la couche de fondation, en béton de ciment, de briques plates d'assez grandes dimensions, dites paving bricks, de fabrication spéciale, et dont la cuisson est surveillée dans les usines productrices avec un soin particulier, de manière à obtenir une sorte de « vitrification », qui assure une dureté exceptionnelle. Ces briques sont posées directement sur une couche de béton et jointoyées en asphalte à chaud.
- La vérification du degré de résistance de ces briqnes consiste à en soumellre les produits à des essais très sévères et absolument standardisés, qui, après une longue période de tâtonnements, poursuivis avec persévérance, ont abouti à un système unique et restreint de contrôle, consistant notamment à réaliser, d’une façon presque absolue :
- 1° L’examen macroscopique des produits soumis à l’essai;
- 2° Un passage très méticuleux au rat lier, sorte de tonneau, en forme de prisme droit à faces tétradécagonales, tournant à la vitesse de 30 tours à la minute, et dans lequel 10 paving bricks subissent le contact de 10 grosses sphères en fonte pesant chacune 1,4 kg et d’un nombre de petites sphères également en fonte, pesant au plus 430 g l’une à l’état de neuf, mais en nombre suffisant pour que le poids des deux séries de sphères soit aussi voisin que possible de 136 kg au total.
- Cette méthode d'essai, que l’expérience a simplifiée dans toute la mesure du possible, est, d’après l’auteur de la notice, tellement efficace que depuis nombre d’années elle n’a plus reçu aucune modification.
- Si donc on voulait profiter en France de l’expérience des Etats-Unis et ne pas recommencer la longue série des études préliminaires, il conviendrait d’adopter rigoureusement le principe et les modalités des essais qui ont donné leurs preuves en Amérique.
- A titre de renseignements complémentaires résultant de pratiques récentes, ^ l’auteur de la notice cite deux exemples contrôlés par les services techniques du Gouvernement des Etats-Unis.
- Le premier vise le rapport officiel de l’ingénieur Connell, concernant un tronçon étendu de la grand’route principale qui relie New-York à Philadelphie, sur laquelle — à partir de 1913 et pendant huit années consécutives — 26 sections ont été soumises à des essais spéciaux, dont 7 en a paving bricks » de différentes qualités, 5 en béton de ciment non revêtu, 6 en béton bitumé et 8 en macadam bitumé. Le relevé général des dépenses a fait ressortir que, parmi les 7 sections comportant le revêtement en briques sur base de béton. 3 n’ont exigé pendant les huit années susvisées aucune dépense d’entretien, et que le coût moyen des dépenses annuelles pour les 4 autres n’a été moyennement en dollars que de 0,0614 par yard carré, soit pour l’ensemble des sept sections 0,035; tandis que parmi les 19 autres sections, une a dû être entièrement réfectionnée et les 18 autres ont coûté moyennement, par an et par yard carré, 0,1166 dollar, soit plus de trois fois autant.
- L’autre exemple porte sur le Département d’Agriculture du Gouvernement des Etats-Unis, qui fit construire à Chevy Chase (Maryland), en 1912, 6 sections de route, dont 1 en béton de ciment, 2 en béton bitumé, 1 recouverte de produits bitumineux, 1 en béton mélangé d’huile et 1 en « paving bricks ». Huit ans après — en 1920 — le Bureau des Routes publiques faisait connaître les dépenses d’entretien survenues pendant cette période : elles étaient nulles, pour les huit années,
- p.506 - vue 506/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 507
- concernant les « paving bricks », et de 0,3246 dollar par yard carré, pour le béton bitumé, et 0,064 dollar, pour le béton ordinaire.
- G. Bechmann.
- A Note on the Legibility of Printed Matter (Note sur la lisibilité des caractères imprimés), par M. Lucien Alphonse Legros, O. B. E. M. Inst. C. E. Une brochure (21x33 cm) de 17 p., 11 fig. Londres, H. M. Stationery Office, 1922, 2e édition (Prix 1 shill. 6 pence).
- Dans cette brochure, M. Legros étudie en détail les causes qui affectent la lisibilité des caractères imprimés. C’est une question de plus grande importance qu’on ne le croit généralement : l’écolier et l’étudiant consacrent à la lecture la majeure partie du temps de leurs études; les journaux et les indicateurs de chemins de fer se lisent dans les campagnes les plus reculées; l’exercice de toutes les professions et surtout des professions libérales exige la lecture d’un grand nombre de textes imprimés; et l’homme retiré des affaires, n’a souvent que la lecture comme distraction intellectuelle. C'est seulement lorsque notre vue a baissé, quand nous sommes devenus presbytes, c’est-à-dire quand notre œil a perdu la faculté d’accommoder aux courtes distances, que nous commençons à nous préoccuper de la façon dont les livres sont imprimés.
- Cette question de la lisibilité des caractères imprimés est fort complexe : de nombreux progrès ont été réalisés dans ces dernières années par l’adoption de caractères nouveaux, beaucoup plus lisibles que les anciens, mais cette adoption est loin d'être approuvée et acceptée par tous : l’élégance des caractères, à laquelle on peut attacher une certaine importance, n’est d’ailleurs pas incompatible avec leur lisibilité. On peut citer comme contribution la plus importante à l’étude de la lisibilité des caractères imprimés l’admirable livre d’ÉMiLE Javal, paru en 1905, et intitulé La physiologie de la lecture et de récriture.
- C’est une contribution de ce genre que nous donne M. Legros mais dans laquelle l’analyse des facteurs dont dépend la lisibilité est poussée beaucoup plus loin que dans le livre de Javal.
- Ces facteurs sont de deux sortes : subjectifs et objectifs.
- Les facteurs subjectifs, qui dépendent du lecteur, sont : 1° la façon de lire. Ainsi on s’habitue à lire plus facilement et même à deviner certains groupements de caractères ou des mots comme le, les, est, sont, — graphie, — logie, etc-, que certaines lettres beaucoup moins fréquentes, comme k, w, q, j, x;
- 2° le fait qu’un même mot garde toujours le même sens pour l’esprit bien qu’il puisse être imprimé d’un grand nombre de manières différentes, par exemple avec ou sans une première lettre majuscule;
- 3° la fatigue de l’œil, qui dépend de l’action différente qu’exercent sur les individus des lignes plus ou moins longues, plus ou moins espacées, etc.
- Les facteurs objectifs dépendent du caractère imprimé, de l’encre, du papier, de l’éclairage, etc. Ce sont : la grandeur du caractère; l’épaisseur relative des pleins et des déliés ;
- l’espacement entre les différents traits d’un caractère, l’aire de l’œil des caractères à boucle comme a, e; l'interlignage;
- Tome 136. — Mai d924.
- 35
- p.507 - vue 507/899
-
-
-
- 508
- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI i 924.
- la longueur de la ligne imprimée (justification) qui ne doit pas obliger à des mouvements exagérément amples du globe oculaire quand on passe de la fin d’une ligne au commencement de la ligne suivante;
- les filets ou les blancs verticaux qui séparent deux colonnes contiguës ; la présence de certains traits ou points, restes de l’écriture manuscrite, comme dans C et G, f et j. Ces traits étaient beaucoup plus nombreux dans les caractères gothiques, aujourd’hui abandonnés, même par les Allemands au moins pour tout ce qui n’est pas littéraire ou volontairement archaïque; la fréquence des ligatures comme dans ff, fl, fî ;
- une communauté partielle dans les formes de deux ou plusieurs caractères comme i et /; c et o; h et b; 3 et 8; F et E.
- Ce facteur joue un rôle important s’il s’agit de chiffres. Ici la fréquence de certaines associations de caractères n’aide en rien à la compréhension et le chiffre doit être pris par le lecteur pour ce qu’il est réellement, par exemple dans un indicateur de chemins de fer, une table de logarithmes. En général une erreur de lecture sur un nombre a d’ailleurs beaucoup plus d’importance qu’une erreur faite sur une lettre; souvent cette dernière peut passer inaperçue sans inconvénient et peut même être corrigée par le lecteur. Il convient donc, dans le cas des chiffres, d’éviter le plus possible les confusions sans égards pour l’élégance ou d’autres qualités tout à fait secondaires. L’expérience a fait reconnaître que les chiffres de même hauteur comme 1.234.567.890 se lisent mieux que ceux qui débordent la ligne vers le haut ou le bas; il convient aussi, lorsque les chiffres apparaissent dans un texte, d’employer des caractères plus larges pour les chiffres que pour les lettres.
- Sur ce point, il faut signaler la méthode originale imaginée par M. Legros pour déterminer les formes de chiffres qui prêtent le moins à confusion. Elle consiste essentiellement dans la recherche systématique de la non superposition des parties communes aux surfaces couvertes par l’encre des chiffres qui prêtent à confusion. On aboutit ainsi à des formes qui devraient être adoptées pour toutes les tables numériques. Elles utilisent bien entendu les pleins et les déliés; la hauteur du caractère; la qualité et la couleur du papier;
- le pouvoir réflecteur du papier. L’emploi du papier couché, nécessaire pour faire valoir les illustrations données par les clichés en similigravure, diminue la lisibilité des caractères à cause des reflets qui rendent moins grande l’opposition entre le caractère et le fond clair sur lequel il est imprimé ; la couleur et la qualité de l’encre; l’éclairage ;
- l’irradiation. On doit en tenir compte si on veut éviter des apparences de non alignement ou de déformations.
- E. L.
- Typographical Printing Surfaces, by Lucien Alphonse Legros and John Cameron Grant. Un vol. relié (15 X 24 cm) de 732 p. et 608 fig. Longmans, Green and Co, éditeurs, 39, Paternoster Row, Londres, 1916.
- Les auteurs appellent printing surfaces, tous les objets qui présentent des reliefs de même valeur et servent à imprimer. Tel est le cas des caractères ordinaires
- p.508 - vue 508/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 509
- d’imprimerie, des clichés sur bois, zinc, cuivre, à traits ou en similigravure, des cachets. D’après cela, les premières surfaces à imprimer seraient les feuilles, coquilles, etc., des époques géologiques dont nous retrouvons les moulages fossiles; les secondes seraient les doigts du chasseur préhistorique, laissant leurs empreintes de sang sur la peau des bêtes qu’il venait de dépouiller. Ces cas mis à part, l’impression ainsi comprise est un art fort ancien puisque, il y a plus de 4.000 ans, les Assyriens et les Babyloniens imprimaient déjà sur des tablettes ou des cylindres d’argile. Leurs débris constituent la source presque inépuisable à laquelle puisent les assyriologues pour leur documentation. L’emploi de caractères mobiles pour imprimer sur l’argile ou sur les tissus, et même sur le papier, était connu bien avant Gutenberg des Chinois, des Grecs, des Romains. Ce procédé est encore celui des peuples de l’Extrême-Orient dont l’écriture est idéographique.
- L’invention géniale dite de l’imprimerie, plus exactement de la typographie, le dernier grand progrès en matière d’impression, a consisté dans la séparation des caractères dont chaque graphie se compose; elle n’avait de valeur que pour les langues à écriture plus ou moins phonétique et utilisant un alphabet.
- Nous ne pouvons qu’énumérer les titres des chapitres dont se compose l’ouvrage de MM. Legros et Grant, en raison de la variété et de l’abondance des renseignements qu’on y trouve. Tous ceux qui s’intéressent à l’exécution des livres le consulteront avec profit et le liront avec plaisir.
- Glossaire, en anglais; — Surfaces servant à imprimer; — La typographie; — Le caractère d’imprimerie; — La fonte des caractères; — Comment on détermine le dessin du caractère; — Les différents modèles de caractères; les signes diacritiques, conventionnels (idéographiques); — Unités et dimensions (point, corps); — Différents types d’écriture; — Fréquence des caractères et des groupes de caractères ; réformes de l’orthographe qui pourraient en résulter; — Lisibilité; comparaison à ce point de vue de différentes écritures : hébreu, grec, slave, gothique, arabe; — Exécution des poinçons; — Matrices; —Moules; — Composition; machines à composer, à distribuer; — Casse et claviers des machines à composer; — Machines à fondre les caractères; — Description des différentes machines à composer; — Machines à justifier; — Machines à composer et à fondre, etc.; — Machines à-imprimer; — Machines à calculer imprimantes; — Stéréotypes; — Clichage; — Caractères chinois; — Difficultés de la « romanisation » du chinois; — Hiéroglyphes; — Caractères cunéiformes; — Vieilles écritures de langues mortes ou vivantes : hébreu, grec, vieil allemand, gaélique, gothique, runique, slavon, arménien, arabe, phénicien, égyptiens (hiératique et démotique), copte, zend, sanscrit, japonais (katakana, shiragana), etc., etc. — Ecritures spéciales : Braille; composition de la musique ; — Bibliographie ; — Liste et analyse des brevets anglais et américains relatifs aux caractères d’imprimerie pris depuis 1617 jusqu’à 1912; — Dictionnaire technique anglais, français, allemand; — Normalisation du vocabulaire; — Index alphabétique des matières.
- E. L.
- International Critical Tables of numerical Data of Physics, Chemistry and Technology, prepared under the auspices of the International Research Council. Fun-damental Constants and conversion Factors. Une brochure (15 X 23 cm) de 15 p. Editorial Offices, National Research Council, Washington (Prix 25 cents).
- p.509 - vue 509/899
-
-
-
- Di 0
- RIBLR iGRAI'IHE.
- .MAI 192 t.
- Cette brochure donne des définitions et des constantes à l’usage des physiciens, des chimistes et des techniciens. Les nombres donnés sont ceux du United States Bureau of Standards, du National Physical Laboratory of Créât Britain et de la Société française de Physique. Les logarithmes décimaux sont joints à tous les nombres donnés. Les conversions sont faites en unités métriques ou G. G. S.
- Sténographie système Prévost-Delaunay. Adaptation phonétique à l’anglais, par M. Ernest Thiébault, président de l’Association des Sténographes polyglottes. Un vol. broché (13,o x 21 cm) de 64 p., 3e édit., Dunod, Paris, 1922 (Prix : 3 f).
- L’adaptation à l'anglais du système Prévost-Delaunay, conçu pour le français, est généralement considérée comme assez facile à cause de la grande analogie d’orthographe entre les deux langues. Cependant, cette analogie ne procure presque aucun avantage car le système sténographique Prévost-Delaunay reproduit avant tout les sons et doit sa grande supériorité à l’utilisation des particularités phonétique du français; c’est le cas notamment des « incompatibilités » qui, presque toutes, ont une raison d’ordre phonétique. Les sons du français étant très différents de ceux de l’anglais, l’auteur, dans son essai d’adaptation, ne vise pas le maximum de simplicité dans l’écriture; il s’efforce simplement de rendre des Français, bons sténographes français, sachant bien l’anglais, capables d’utiliser le mieux possible le système Prévost-Delaunay qu’ils possèdent déjà. La méthode, qui comporte huit leçons, avec des exercices variés, doit leur permettre, en travaillant seuls quelques heures par jour, d’atteindre une bonne vitesse commerciale au bout de trois ou quatre mois d’étude.
- Il convient de remarquer que l’acquisition d'un système purement anglais, comme le Pitman, exigerait au moins un an de préparation et le concours d’un professeur. Encore la vitesse acquise ne se conserverait-elle que par une pratique constante, presque incompatible avec la pratique simultanée du système français Prévost-Delaunay. E. L.
- Inventaire des périodes scientifiques des bibliothèques de Paris, dressé sous la direction deM. Alfred Lacroix, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, par M. Léon Bultingaire, avec la collaboration des bibliothécaires de Paris et le concours de \1. A. Bichard. Fasc. I (14 x 23 cm) de xv -f- 320 pages.
- L’idée première d’un catalogue des périodiques scientifiques reçus par toutes les bibliothèques de Paris date de 1911 et revient au Bureau bibliographique de Paris; le Serbe Svilokovitch avait été chargé de ce travail mais il mourut en 1912 avant que fussent trouvés les moyens matériels nécessaires à la réalisation du programme. 11 s’agissait en effet d’un travail considérable, minutieux, qui exigeait non seulement des concours financiers importants mais aussi la collaboration sincère, entière, de nombreux bibliothécaires car la plupart des bibliothèques scientifiques parisiennes n’ont pas de catalogue imprimé de leurs périodiques.
- L’idée de l’établissement de l'inventaire tel qu’il vient de paraître a été soumise à l’Académie des Sciences par M. Lacroix en 1913; elle a accordé son patronage à l’œuvre et l’a subventionnée en lui attribuant une forte subvention sur les revenus de la Fondation Loutreuil. D’autres subventions lui ont été accordées ensuite en
- p.510 - vue 510/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 511
- particulier celle de la Société d’Encouragement. Cet inventaire renferme le catalogue de 115 bibliothèques parisiennes.
- « Le fait, dit M. Lacroix, dans sa préface, d'avoir obtenu que toutes les biblio-« thèques parisiennes effectuent l’inventaire de leurs périodiques scientifiques est un « premier résultat qui, à lui seul, n’est pas négligeable, mais j’espère que l’examen « approfondi de notre inventaire général conduira à d’autres conséquences.
- « Il n’est pas possible de n’être pas frappé par le grand nombre des périodiques « scientifiques n’existant à Paris qu’à l’état de tronçons, disséminés et parfois « comme égarés dans des bibliothèques différentes; il serait très nécessaire qu’une « entente intervienne, qui permît de réunir ces tronçons pour constituer des séries « complètes dans la bibliothèque ou dans les bibliothèques les plus qualifiées pour « les recevoir. Je sais bien qu’une semblable opinion paraîtra choquante à ceux « qui sont imprégnés du particularisme si fréquent dans les établissements publics, « et chimérique à ceux qui connaissent le manque d’élasticité de bien des règle-« ments administratifs, mais je ne puis m’empêcher de penser et de dire que les « livres étant faits non pas seulement pour les bibliothèques, mais surtout pour les « lecteurs, il est indispensable de songer à réaliser la meilleure utilisation possible « des richesses importantes que nous possédons; du reste, à ce raisonnement de « bon sens, les conditions économiques du présent et vraisemblablement du proche « avenir apportent et apporteront un appui malheureusement trop évident. La « plupart de nos bibliothèques n’ont pas les ressources suffisantes pour continuer « à être encyclopédiques; beaucoup d’entre elles devront donc être spécialisées, si « l’on veut qu’elles rendent les services attendus d’elles. Puisse notre inventaire (( contribuer pour une part à ce résultat si désirable! »
- 11 n’est pas douteux que l’inventaire en question est appelé à rendre les plus grands services, ne serait-ce que pour les raisons données par M. Lacroix. Les bibliothécaires, non contraints par des règlements étroits ou affranchis de tout esprit particulariste, pourront, grâce à l’inventaire, se passer de tel périodique déjà reçu par d’autres bibliothèques et auxquelles il pourra renvoyer le lecteur qui, désirant ce périodique, s’est adressé à lui.
- La réalisation pratique et l’utilisation de l’inventaire sont expliquées dans l’Introduction. Nous en extrayons ce qui suit.
- « Les périodiques qui figurent dans cet inventaire sont énumérés (en caractères « gras) en suivant l’ordre alphabétique des premières lettres du titre, lorsque le « périodique n’a porté qu’un seul titre, ou du titre le plus ancien, lorsqu’il en a « porté plusieurs; les titres sous lesquels ce même périodique a été ultérieurement « publié sont énoncés à la suite en caractères ordinaires, puis ils figurent en « caractères gras à leur ordre alphabétique normal, mais avec renvoi au titre « primitif....
- « Le titre exact de chaque périodique a été donné dans ses parties essentielles et « en prenant soin d’en conserver surtout les premiers mots.
- « Les Bibliothèques sont désignées par des abréviations ou signes.... »
- Pour indiquer les années existantes, pour savoir si cette année est la première ou la dernière de la publication, si la collection possédée par une bibliothèque présente des lacunes, l’inventaire emploie un système de signes, fort ingénieux, dont nous nous sommes inspirés en établissant le catalogue des périodiques reçus par la Bibliothèque de la Société d’Encouragement qui figure à la fin de son Annuaire 1922-1923.
- p.511 - vue 511/899
-
-
-
- 512
- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 1924.
- Nous avons cru toutefois devoir simplifier le système, notamment en n'employant que des caractères typographiques courants.
- « La disposition des titres dans l’ordre rigoureusement alphabétique a pour « but de fournir le renseignement qu’il désire au lecteur qui est en possession d’une <( référence exacte. Deux tables, conçues d’après des principes différents, ont été « établies afin de permettre de tirer parti de l’inventaire à celui qui n’a qu’une idée « approximative du titre du périodique qu’il recherche ou qui poursuit des recherches « d’un caractère général. »
- La classification par ordre rigoureusement alphabétique n’est pas heureuse. C’est ainsi qu’on ne compte pas moins de 2.052 périodiques commençant par le mot bulletin ou par sa traduction dans les langues de l'Europe occidentale (boletim, boletin, bollettino, buletin, bulletin (anglais), bullettino, sans compter les pluriels) et cela sans distinctions de langue ni du sujet traité. La même remarque s'applique aux mots annales, annuaire, archives, Beitrage, Bericht. Encore le système reste-t-il en défaut pour le grec et celles des langues slaves qui ont conservé les caractères cyrilliques.
- En adoptant une classification méthodique par sujets, par exemple la classification décimale de l’Institut international de Bibliographie de Bruxelles, comme nous l’avons fait pour le catalogue des périodiques de la Bibliothèque de la Société d’Encouragement, on aurait pu éviter les répétitions en cas de changement de titre du périodique; on eût aussi évité les deux tables complémentaires annoncées mais non encore parues Leur absence laisse le chercheur dans l’impossibilité de retrouver un article si sa référence est inexacte, cas extrêmement fréquent, ou s’il veut connaître tout ce qui a été publié sur une question, même dans des périodiques dont il peut ignorer l’existence. La mention à sa place normale du seul dernier titre d’un périodique parait d'ailleurs suffisante si les titres anciens y sont indiqués puisque la science et la technique vieillissent extrêmement vite. Il convient de noter que l'initiation à la classification décimale n’exige que quelques minutes : il suffit de lire attentivement la page 163 de notre Annuaire 1922-1923. Elle a entre autres avantages celui d'être internationale. En l’adoptant, on eût rendu les recherches du lecteur beaucoup moins longues, et on lui eût fourni autant ou plus de renseignements tout en économisant la place.
- E. L.
- Natura, Revista pentru raspândirea stiintei. Anul XII (15 noemvrie 1922. —
- 15 noemvrie 1923). Un vol. (16x23 cm).
- Avant la guerre, il se publiait en Roumanie un périodique du même nom; la guerre a suspendu sa publication. Malgré les difficultés de l'après-guerre, cette publication a été reprise sous une forme nouvelle par les survivants de ses fondateurs parmi lesquels il convient de citer M. Tzitzeica, membre correspondant, et M. Longinescu, membre ordinaire de la Société d’Encouragement. Le présent volume représente la première année de publication de Natura sous sa forme nouvelle.
- Le but est resté le même : la diffusion des connaissances scientifiques. Comme dans l'ancienne Natura, une grande place est donnée à l’exposé des questions scientifiques à l’ordre du jour et à la biographie des grands savants, particularité
- p.512 - vue 512/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 513
- de ce périodique. Dans la nouvelle, cependant, beaucoup plus illustrée que l’ancienne, plus d’importance a été donnée aux sciences appliquées, à la technique. Chaque numéro, mensuel, comprend 32 à 48 pages d’articles de fond et d’analyses des principaux articles parus dans les meilleures revues scientifiques ou techniques du monde entier et un supplément, paginé à part, dans lequel on trouve: les comptes rendus des séances des sociétés savantes roumaines et étrangères, surtout françaises, un bulletin météorologique, des variétés, un bulletin d’éducation physique, un bulletin aéronautique, des nouvelles et contes de vulgarisation scientifique. Un grand nombre d’articles de fond sont consacrés à des questions intéressant particulièrement la Roumanie, sur lesquelles on donne des renseignements précis et nombreux qu’il serait difficile de rencontrer ailleurs; il convient aussi de signaler l’importance donnée au mouvement technico-scientifique français, de nombreux emprunts, les comptes rendus ou analyses concernant nos sociétés savantes et leurs publications, en particulier la Société d’Encouragement : la rédaction du périodique est en effet composée de grands amis de la France.
- Tour se faire une idée de Natura, nous croyons devoir donner la liste des principaux articles de fond contenus dans ce premier volume.
- La rupture et la destruction des ponts; — La décomposition du tungstène dans l’hélium à 20.000°; — L’éther dans ses rapports avec la matière et l’électricité; — Les volcans; — Pasteur; — Le D' Istrati; — Le pétrole, les gisements pétrolifères de la Roumanie; — L’or et l’argent; — La houille; — Tourisme, alpinisme, parcs nationaux et protection des sites naturels en Roumanie; — Les gaz naturels; — Les insectes xylophages destructeurs de forêts; — La lutte contre les sauterelles;
- — Le film cinématographique; — Quelques vents particuliers à la péninsule des Balkans et à la Roumanie; — Les vitamines; — Une excursion botanique dans les Carpathes moldaves; — La constitution de la matière; — Jenner et la vaccination;
- — La parthénogenèse dans le règne animal; — Le sélénium; —Herschel; — Les sources d'énergie; — Copernic; — Ampère; — La photographie en montagne; — L’automobile Kégresse-Hinstin; — La station radiotélégraphique de Oradea-Mare (Roumanie); — L’ascension du Mont Everest; — Les chemins de fer; —Les causes des tremblements de terre; — Sous-marins, torpilles, mines; — La mouche columbaque (Simulime Columbaczense), moustique voisin des Culex qui infeste le bétail roumain.
- E. L.
- Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles. Cours professé au Centre d'instruction automobile de Fontainebleau, par M. Pierre Prévost, Capitaine d’Artillerie, ancien Élève de l’École polytechnique. Un vol. (25 X 16 cm) de 792 p., avec 653 fig. Paris, Dunod, 92, rue Bonaparte (6") (Prix : 48 f).
- Dans cet important traité, l’auteur étudie avec le plus grand soin tous les organes d’une voilure automobile : organes du moteur, de la boite de vitesse, du roulement, de la direction et du freinage. Il examine le rôle que chacun d’eux doit remplir, analyse les efforts auxquels il est soumis et montre comment on doit soumettre au calcul les différentes dispositions admises dans la pratique courante.
- Le fonctionnement des moteurs, les carburateurs, la combustion, le graissage et le refroidissement font l’objet d’une étude des plus complètes.
- Malgré le développement donné à cet ouvrage, qui ne comporte pas beaucoup
- p.513 - vue 513/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- MAI 1924.
- 3 14
- moins de 800 pages, grand in-octavo, on peut dire que l'auteur paraît s’être rigoureusement interdit tout développement purement historique, ainsi que tout parti pris vis à-vis de tel ou tel constructeur, ou toute considération d’un ordre par trop général. Il va droit au fait, et expose l’essentiel très sobrement, mais sans rien omettre. Ce volume très documemté sera lu avec fruit par tous ceux qui veulent acquérir promptement une connaissance complète de l’automobile.
- Ch. de Fréminville.
- Les moteurs à explosion dans l’aviation, par MM. A. Masméjean, officier supérieur, mécanicien de la Marine (ER), ingénieur des Arts et Métiers et E. Réréhare, ingénieur civil, ancien mécanicien de la Marine. 3 vol. (21 X 14 cm).
- Tome I : Études préliminaires, de 389 p., avec 140 tîg. et III pl. (1918) (Prix 20 f). — Tome II : Généralités sur les moteurs d’aviation. Moteurs rotatifs, de vi -h 322 p., avec 113 tîg. et VIII pl. (1920) (Prix : 27 f). —Tome III : Définitions. Lois. Principes généraux. Calculs. Perfectionnements divers. Moteurs fixes et moteurs spéciaux, français et étrangers. Avaries. Réparations et entretien des moteurs d’aviation et de leurs accessoires, de vin h- 384 p., avec 132 tîg., 36 tableaux et IX pl. (1924) (Prix : 48 f). Paris, Dunod, 92, rue Bonaparte (6e).
- Le Bulletin de la Société a donné, en 1919 (Ier sem., p. 228), une analyse du tome I de cet ouvrage; depuis cette époque la société a reçu, de l’éditeur, les tomes
- Il et III.
- On ne saurait mieux apprécier cet ouvrage que par l’extrait, qui suit, de la préface du tome II, due à la plume de M. René Besnard, ancien Sous-Secrétaire d’Etat à l’Aéronautique :
- « Les deux auteurs ont eu en main, pendant la plus grande partie de la guerre, les séries des moteurs d'aviation. Dans leur service de réparation, ils se sont appliqués avec une ardeur et une intelligence remarquables à les connaître dans tous les détails, afin de hâter leur remise en état, à une époque où la production insuffisante des moteurs risquait de nous faire perdre la maîtrise de l’air.
- « Leur éducation technique de mécanicien de la Marine leur a permis de tirer de leur séjour dans les services de l'aviation militaire des renseignements pratiques dont les industriels de l’aéronautique, les pilotes aviateurs, les mécaniciens, pourront utilement profiter, en les guidant dans le perfectionnement, comme dans le meilleur emploi des moteurs d’aviation. »
- La première partie du tome II rappelle quelques principes de mécanique, puis examine les caractéristiques des moteurs, les influences qui en modifient la puissance; elle décrit ensuite quelques carburateurs à correction altimétrique, les pompes à essence et les pièces principales du mécanisme.
- La deuxième partie de ce tome décrit en détail divers types de moteurs rotatifs (Gnome, Rhône, Clerget-Blin).
- Le tome III, qui vient de paraître, comprend également deux parties : la première consacrée à des considérations théoriques sur la combustion et sur le fonctionnement des moteurs, la seconde donnant des descriptions détaillées, avec nombreuses figures, de divers moteurs, construits en France ou à l’étranger. Un dernier cha-
- p.514 - vue 514/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 515
- pitre est consacré aux avaries, à la réparation et à l’entretien des moteurs et de leurs accessoires.
- Nous citerons encore les remarques de l’amiral Lanxade dans la préface de ce tome III : « C’est sur la sécurité du moteur que repose celle de l’avion. — Il nous faut donc des moteurs sûrs et endurants. — Ils ne peuvent être sûrs qu’à condition d’être conçus et bien entretenus. —Cette étude peut rendre de grands services à l’aviation, parce que les officiers aviateurs et mécaniciens, ainsi que le personnel chargé des moteurs, y trouveront de précieuses indications pour les entretiens, les visites et les réparations des moteurs. — Elle facilitera grandement l’instruction du personnel. — En outre, il pourra y être trouvé de précieuses indications pour le perfectionnement des moteurs, si nécessaire aux progrès de l’aviation. »
- En. Sauvage.
- Comment se défendre contre l’incendie. Supplément spécial à L’Usine (n° 11 du
- 15 mars 1924) (27 X 37 cm) de 56 p. avec fi g./ Paris, 15, rue Bleue (9e). (Prix 3,50 f).
- M. B. Frère, ingénieur I. D. N., officier de sapeurs-pompiers, vient de publier dans la revue LUsine, journal de l’industrie et de la métallurgie, un 'article très documenté intitulé Comment se défendre contre l’incendie.
- Après avoir indiqué que les pertes annuelles causées en France par l’incendie dépassent largement le milliard (en comprenant les pertes dues au chômage, aux arrêts de fabrication, etc.) M. Frère prononce l’arrêt : « L’incendie est un accident grave, coûteux, qui doit disparaître. »
- Suivant lui, pour arriver à ce résultat, il faut comprendre ce que doit être l’esprit de la prévention du feu.
- Le but de la prévention doit être de supprimer l’incendie en mettant en œuvre des moyens automatiques qui annihileront dès sa naissance le risque d’incendie. La prévention doit donc englober dans son programme tous les moyens de construction résistant au feu, l’étude et la recherche des causes d’élévation anormale de température créant le risque et la mise en œuvre de moyens d’action automatiques, sans que l’intervention humaine apparaisse, et ce avant l’incendie.
- De tout temps, l’esprit de prévention a existé et, dans la législation romaine, on trouve des prescriptions contre le feu. Mais la législation officielle ne peut donner que des indications d’ordre très général : si l’on veut aboutir à un résultat, il faut que l’initiative des études soit prise par les compagnies d’assurances.
- Dans l’étude de la défense des établissements industriels, il ne faut pas voir seulement le contenant, mais le contenu qui en constitue la menace de destruction permanente.
- Une question qui n’est jamais examinée d’assez près lors de la construction des usines, c’est la ventilation et l’étude du cheminement des fumées et des gaz chauds en cas d'incendie : en donnant au feu une direction connue, le travail d’extinction se trouvera facilité.
- La suppression du risque ne comprend à l’heure actuelle qu’une seule classe d’appareils : l’extincteur automatique.
- L’électricité dans ses diverses applications permet de réduire au minimum le temps des interventions : il faut généralement l’emploi des avertisseurs.
- H. d’Allemagne.
- p.515 - vue 515/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOC. d’eNCOURAG- POUR i/lNDUSTRIE NATIONALE. — MAI 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN AVRIL 1924
- Vèzes (M.) et Dupont (G.). — Résines et térébenthines. Les industries dérivées (Encyclopédie de chimie industrielle). In-8 (23 x 15) de 656 p., 113 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924 (Don des auteurs). 16722
- Guillet (Léon) et Portevin (Albert). — Précis de métallographie microscopique et de macrographie. 2e édition. In-8 (25 x 16) de 337 p., 365 fig. Paris, Dunod, 1924. 16723 Marié (Georges). — Traité de stabilité du matériel de chemins de fer. Influence des divers éléments de la voie, d’après les mémoires de l’auteur. In-4 (27 x 18) de xi -p 579 p., 186 fig. Paris, Ch. Béranger, 1924 (Don de l'auteur, membre de la Société).
- 16724
- Weiss (Eugène H.). — Manuel du cycliste et motocycliste. Bicyclettes, motocyclettes, tricycles, side-cars et cyclecars (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 360 p., 192 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16725
- Cuinat (II.). — Manuel de ferblanterie-zinguerie, cuivrerie et tôlerie (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 295 p., 239 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16726 Lafossk (Henry). — Les eaux et les bois i La renaissance agricole). In-12 (18 x 12) de 143 p. Bibliographie, p. 142-143. Paris, Payot, 1924 (Don de l’auteur, membre du Conseil d’Administration). 16727
- Cornille (Alix). — Aide-mémoire de céramique industrielle. In-8 (24 x 16) de 184 p., 70 tig. Paris, Revue des Matériaux de Construction et de Travaux publics, 148, boulevard Magenta, 1924. 16728
- Kretzschmar (F. E.). — Les maladies de l’accumulateur au plomb. Causes, diagnostic, traitement, préventions. Traduit sur la 2e édition allemande par M. Walter. In-12 (17 x 11) de x + 260 p., 83 fig. Paris, Dunod, 1924. 16729
- Prediiumeau (M.). — Cours de calcul graphique des surfaces professé à l’École spéciale des Travaux publics, du Bâtiment et de l’Industrie. In-8 (22x17) de îv -f- 131 p., 103 fig., II pi. Paris, École spéciale des Travaux publics, 1923. 16730
- Lienard-Fievet (Cil). — Manuel de blanchiment-teinture. I : Chimie tinctoriale (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 383 p., 68 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16731
- Saur (Georges) et Martenot de Cordoux (André). — L’allumage des moteurs d’automobile. Théorie élémentaire et description, entretien, pannes de l’allumage à haute tension et les principaux systèmes d’allumage. 2e édition. In-12 (19 x 12) de vi -f- 120 p., 33 fig., I pi. Paris, Dunod, 1924. 16732
- Papier (R.). — Essai sur le tréfilage (Bibliothèque de l’Usine). In-8 (21 x 13) de 96 p., 33 fig. Paris, éditions de F « Usine », 145, faubourg Saint-Denis (10e). 16733
- Auhalme (Dr). — Les édifices physico-chimiques. Tome III : La molécule minérale. In-8 (23 x 14) de 350 p., 433 fig., I pi. Paris, Payot, 1924. 16734
- Union internationale de la Chimie pure et appliquée. — Comptes rendus de la 3e Conférence internationale de la Chimie, Lyon, 27 juin-ler juillet 1922. In-4 (27 x 21) de 147 p. Paris, 49, rue des Mathurins. 16735
- Cabiac (m.). — Manuel de maçonnerie (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 268 p., 221 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16736
- p.516 - vue 516/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN AVRIL 1 924.
- 517
- Mangin (L.). — Les champignons destructeurs du bois [VArchitecture, 25 septembre 1923). In-4 (31 X 24) de 8 p., 11 Qg. (Don de l’auteur, membre du Conseil d'Administration). Pièce 12831
- 2e Conférence officieuse des secrétaires des Commissions de normalisation tenue à Baden et à Zurich (Suisse), du 3 au 6 juillet 1923. In-4 (30 x 21) de 39 p., I pl. (en anglais, en français et en allemand) (Don de la Fédération des Syndicats de la Construction mécanique, électrique et métallique de France). Pièce 12832
- Maurain (Cil). — Résistance de l’air sur les trains (Recherches et Inventions, n° 3 du 15 novembre 1923). In-8 (24 x 18) de 19 p., 12 fig. Paris, Imprimerie Deshayes, 83, rue de la Santé. Pièce 12833
- Razous (Paul). — L’organisation du travail dans les exploitations forestières et
- dans les scieries mécaniques (Génie civil, 21 et 28 juillet, 4 et 11 août 1923). In-8 (23 X 15) de 80 p., 27 fig. Paris, Dunod, 1924. Pièce 12823
- Dana (R. W.). — The Institution of naval Architects and its work (Brassey's N'ival and Shipping Annual, 1924). In-8 (24 x 15) de 17 p., 2 fig., IV pl. London, W. C. 2., 5, Adelphi Terrace. Pièce 12834
- Exposition de physique et de T. S. F., Paris, 30 novembre-17 décembre 1923 (Chimie et Industrie, supplément spécial, mars 1924). In-4 (27 x 21) de 44 p., fig. Paris,
- 49, rue des Mathurins. Pièce 12835
- Circulaire du 19 octobre 1923 du Ministère des Travaux publics sur les barrages de grande hauteur résistant par leur propre poids. Méthode à suivre dans l’étude et l’exécution des barrages-réservoirs de grande hauteur. In-8 (25 x 16) de 48 p., fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, Léon Eyrolles, 1923. Pièce 12836
- Bureau international du Travail. — La pose de la première pierre. Discours prononcés à la cérémonie du 21 octobre 1923. In-8 (24 x 16) de 32 p., fig. Genève.
- Pièce 12837
- Observatoire national de Besançon. — Règlement chronométrique. Section sportive. In-8 (24 x 16) de 9 p. Besançon, lmp. Millot frères, 1924. Pièce 12838
- Goldstein (Jules). — L’industrie du caoutchouc. Conférence faite à l’Association des Ingénieurs russes à Paris, 44, rue de Rennes. In-8 (24 x 15) de 40 p. Paris, lmp. Crozatier, 3, impasse Crozatier, 1924. Pièce 12839
- Solus (Henry). — Le projet de loi sur les assurances sociales. Étude critique suivie des vœux émis par la Société industrielle de l’Est. In-8 (24 x 16) de 18 p. Nancy, Imprimeries réunies, 1922. Pièce 12840
- Ministère des Travaux publics. — Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, dressé par les soins de l’Administration centrale. 2e série, tome XXNI, année 1923 (4e trimestre). Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 144
- Comité des Travaux historiques et scientifiques (Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts). — Comptes rendus du Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements tenu à Paris en 1923. Section des Sciences. Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 26
- Comité des Travaux historiques et scientifiques (Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts). — Bulletin de la Section de Géographie. Tome XXXVIII, année 1923. Paris, lmp. nationale; E. Leroux, 28, rue Bonaparte, 1924. Pér. 21
- Société des Ingénieurs civils de France. — Annuaire de 1924. Paris, 19, rue Blanche (9e). Pér. 313
- p.517 - vue 517/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS.
- MAI 1924.
- 318
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie et du Travail. Inspection du Travail et des Établissements dangereux, insalubres ou incommodes. — Rapports annuels de l’Inspection du Travail. 23e année, 1922. Bruxelles, J. Lebègue et Cie; Albert I)ewit, 1923.
- Pér. 277
- Royaume de Belgique. Ministère de l'Industrie et du Travail. Secrétariat général. Statistique des accidents du travail élaborée d'après les documents fournis en exécution de la loi du 24 décembre 1903 sur la réparation des dommages résultant des accidents du travail. Exercices 1911-1912-1913 : Exposé des résultats. Bruxelles, Yve G. de Clercq; Albert Dewit. Pér 277
- Royaume de Belgique. Ministère de l’Industrie et du Travail. Office du Travail. — Annuaire de la Législation du Travail. Années 1914 à 1919. Tome II. Bruxelles, 1923.
- Pér. 278
- Ministère de l’Industrie et du Travail (Belgique). — Conseil supérieur du Travail. 12e session, 1920-1923. Vol. I. Bruxelles. M. Weissenbruch, 1923. Pér. 324
- Société yaudoise des Sciences naturelles. — Mémoires, n03 3 (1923) : Sur la possibilité de la colorimétrie adiabatique par voie électrique aux températures élevées et son application au quartz cristallisé, par A. Perrier et Mlle II. Roux, p. 109-136, 13 fig., I pl. — 4 (1923) : L'orientation sidérale des fourmis, par F. Santschi, p. 137-176, 4 fig. Bibliographie, p. 174-175. — 5 (1923) : Mantes et Empuses, par E. Bugnion, p. 177-243, 37 fig., I pl. Bibliographie, p. 241-243. — 6 (1923) : y ardus stricta. Étude physiologique, anatomique et embryologique, par Jacques de Coulon, p. 245-332, 42 fig. Bibliographie, p. 331. Lausanne. Pér. 209
- Institution of Mechanical Engineers. — Proceedings, 1923, vol. II (june-december). London, S. W. 1., Storey’s Gâte, St. James’s Park. Pér. 114
- The Engineer. Directory and Buyers Guide, 1924. London, W. G. 2. 33, (Norfolk Street, Strand. Pér. 84
- Bureau of Standards (Washington). — Scientific Papers. Vol. XIX (1923). n° 477 : Spectroradiometric analysis of radio signais, by C. Snow, p. 231-261, 2 fig. Pér. 6l
- Bureau of Standards Washington). — Technologie Papers. Vol. XVII (1923), nos 240 : Dynamometer tests of automobile tires, by W.-L. Holt, P.-L. Wormeley, p. 559-1.79, 15 fig., II pl. — 241 : ,1 comparison of the deoxidation effects of titanium and Silicon on the properties of rail steel, by G.-K. Burgess, G.-W. Quick, p. 581-635, 27 fig. — 243 : Stresses in a few welded and riveted tanks tested under hydrostatic pressure, by A.-H. Stang, T.-W. Greene, p. 645-666, 11 fig., II pl. — 244 : A measure of the color charac-teristv's of white papers, by R.-E. Lofton, p. 667-676, 6 fig. — 245 : Embrittlement of malléable cast. iron resulting from heat treatment, by L.-H. Marshall, p. 667-693, 2 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Circulars, nos 56 (2d ed.) : Standards for electric service, 344 p. Bibliography, p. 339-341 (1923). — 150 : Hecommended spécification for qnicklime and hydrated lime for use in the manufacture of sand-lime brick, 6 p. (1923). — 153 : Recommended spécification for quicklime and hydrated lime for the manufacture of silica brick, 7 p. (1923). Pér. 61
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers. — lmp. Paul BRODARD.
- p.518 - vue 518/899
-
-
-
- J23e ANNEE.
- JUIN 4924
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- RECHERCHES SUR L'ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE. ÉTUDE D’UN NOUVEAU PROCÉDÉ, A BASE DE CHLOROPICRINE
- PAR
- M. Gabriel Bertrand, membre du Conseil.
- Lorsque les larves de Bombix mori ou vers à soie ont terminé leur évolution, elles grimpent dans les rameaux de bruyère mis à leur disposition nar l’éducateur et y construisent leurs cocons. Il leur faut de trois à quatre jours pour achever cet abri protecteur, trois autres jours pour s’y transformer en chrysalides. C’est à partir de ce moment que l’on peut déramer, c’est-à-dire détacher les cocons des rameaux, pour en tirer la soie. En pratique, on attend davantage : car tous les vers d’une éducation n’évoluent pas rigoureusement ensemble : il s’écoule environ trois jours entre la montée des premiers et celle des derniers. En fin de compte, ce n’est donc que dix à douze jours après le commencement de la montée à la bruyère que l’éducateur procède à la récolte des cocons.
- Il faut alors, sauf lorsqu’il s’agit d’obtenir de la graine, ou œufs de vers à soie, se hâter de traiter les cocons; sans cela, les papillons, venant à éclore, perceraient leur coque et la soie ne pourrait plus être filée. Le temps nécessaire à l’éclosion varie suivant la température; lorsque celle-ci se maintient entre 27 et 30°, ce qui est ordinaire dans les régions à élevage, Tome 136. — Juin 1924. i 36
- p.519 - vue 519/899
-
-
-
- 520 ÉTOUFFAGE DES COCONS PAR LA CHLOROPICRINE. — JUIN 1294.
- il ne dépasse guère une douzaine de jours à partir de la récolte. On peut prolonger, comme l’a fait Boissier de Sauvage (1), jusqu’à un mois la naissance des papillons en gardant les cocons dans une cave fraîche.
- Si l’on pouvait filer les cocons dans cet intervalle, on obtiendrait la plus belle soie et la plus facile à tirer, la colle ou grès qui unit les brins entre eux étant alors aisément attaquable par l’eau tiède. Mais il n’est pas possible, dans nos pays, de passer à la bassine tous les cocons d’une récolte pendant les dix à douze jours qui précèdent l’éclosion. On est donc obligé de tuer les chrysalides, de procéder à ce qu’on appelle « l’étoulfage des cocons », pour avoir tout le temps nécessaire au filage.
- La soie est essentiellement formée de substances parentes de l’albumine, c’est-à-dire de substances assez altérables; aussi les procédés servant à l’étouffage des cocons doivent-ils être relativement doux, capables de tuer les chrysalides avec certitude, mais sans nuire, ou dans une très petite mesure, aux précieuses qualités de la soie. Pour être pratiques, ces procédés doivent encore tenir compte d’autres circonstances, telles que le prix de revient, la facilité d’exécution, etc.
- Le problème n’est pas facile à résoudre et, trop souvent, on court le risque ou d’épargner une certaine proportion de chrysalides, ou d’altérer notablement la matière soyeuse (2). Un grand nombre de solutions ont déjà été proposées; je les rangerai sous les dénominations de :
- 1° Procédés physiologiques;
- 2° Procédés physiques;
- 3° Procédés chimiques.
- 1° Procédés physiologiques. — Un seul procédé pratique rentre, à la vérité, dans cette catégorie. Il est très ancien et originaire de la Chine. Il consiste à stratifier les cocons dans des vases de terre, jusqu’à les remplir, avec des feuilles de nénuphar et du sel, celui-ci en quantité suffisante pour combler les espaces libres. On ferme ensuite les vases d’une manière hermétique. Après sept jours, toutes les chrysalides sont mortes.
- Il me paraît évident, malgré ce que certains auteurs ont pu dire de ce procédé, que les cocons sont étouffés par asphyxie, le peu d’oxygène disponible étant absorbé par la respiration combinée des chrysalides et des
- (1) Mémoires sur l'éducation des vers à soie, t. II, p. 143; Nîmes, 1763.
- (2) Frédéric de Boullenois dit que l’étouffage des cocons « est une des opérations les plus délicates, les plus importantes et même les plus difficiles ... et qui demande à être faite avec le plus de soin » (Conseils aux nouveaux éducateurs de vers à soie, 3e édition, p. 213 et p. 231. Paris, 187o, Vve Bouchard-Huzard, édit.). Et il ajoute : « Il faut avoir passé par là pour savoir ce qu’éprouve un éducateur novice qui croit avoir étouffé parfaitement ses cocons, et qui, revenant quelques jours après pour les voir, les trouve tout percés et tout couverts d’affreux papillons, dont l’action du feu a fait autant de monstres informes » (loc. cil., p. 213).
- p.520 - vue 520/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE. 521
- feuilles de nénuphar. Ce procédé ingénieux est considéré comme le meilleur par 1 auteur chinois qui l’a décrit (3) ; il doit, en effet, conserver aux cocons toutes leurs qualités, mais il est trop lent et, pour d’autres raisons encore, d’ordre technique, ne saurait convenir à une exploitation industrielle.
- C’est logiquement au même type d’étouffage qu’appartiennent les moyens proposés, de temps à autre, depuis une cinquantaine d’années, d’après lesquels on cherche à asphyxier les chrysalides sans altérer la soie, en plongeant les cocons dans une atmosphère de gaz neutre : anhydride carbonique, azote ou hydrogène, avec ou sans emploi accessoire du vide ou de la pression. Les chrysalides résistent assez longtemps à la privation d’oxygène et aucun des moyens ci-dessus n’a encore donné de résultat pratiquement utilisable.
- 2° Procédés physiques. — Ces procédés reposent sur l’action de la chaleur, naturelle ou artificielle, sèche ou humide, sur l’action du froid et sur celle de la dessiccation dans le vide.
- Chaleur naturelle. — Anciennement, du moins en Europe, on étouffait les cocons en les exposant plusieurs jours de suite à la plus grande ardeur du soleil, les y laissant chaque jour pendant quatre ou cinq heures. Boissier de Sauvage dit avoir éprouvé qu’il fallait bien moins de temps pour faire périr les chrysalides, qu’environ trois heures pouvaient même suffire, à la condition que la température du thermomètre s’élevât, par exposition directe, au-dessus de 50° (4).
- Ce procédé rudimentaire a pour principal inconvénient de traîner en longueur lorsque les rayons du soleil deviennent moins ardents, de cesser même d’être applicable dès que le ciel est couvert. En outre, le rayonnement agit sur les cocons : non seulement d’une manière visible et immédiate, puisque les parties tournées vers le soleil sont rapidement décolorées (en moins d’une heure), mais encore d’une manière seulement appréciable dans la suite, le fil étant moins facile à dévider et plus fragile ctux endroits directement et trop longtemps exposés.
- Chaleur artificielle. — L’inconstance des conditions de l’étouffage par insolation a conduit naturellement à l’emploi de la chaleur artificielle. Celle-ci est utilisée soit sous la forme de chaleur sèche, soit sous la forme de chaleur humide; parfois même on fait agir successivement la chaleur humide, puis la chaleur sèche. Tous les procédés couramment mis en pratique aujourd’hui reposent sur l’emploi de la chaleur artificielle.
- (3) Voir Stanislas Julien, Résumé des principaux traités chinois sur la culture des mûriers et de l'éducation des vers à soie (traduction). Imp. royale, Paris, 1837.
- (4) Loc. cit., p. 145.
- p.521 - vue 521/899
-
-
-
- 522 ÉTOUFFAfiE J)F8 COCONS PAR LA UIILOROPICRINE. — JUIN 1924.
- a) Chaleur sèche. — Ou l’appliquait souvent autrefois à l’aide du four de boulangerie. On plaçait d’abord les cocons dans de grandes mannes, d’environ 25 cm de profondeur, tapissées intérieurement de gros papier dont on recouvrait même les cocons, pour arrêter les coups de feu et empêcher de roussir ou de griller ceux qui étaient les plus exposés. A défaut de mannes, on prenait des paniers, des corbeilles ou même des sacs. Un temps convenable après la sortie du pain, les cocons étaient introduits dans le four.
- Il fallait porter une grande attention à ne pas brûler les cocons, soit par une chaleur trop élevée, soit par de la braise ou des cendres restées sur la sole, enfin, par une action trop prolongée.
- Une température un peu forte, sans brûler absolument les cocons, pouvait encore faire éclater brusquement les chrysalides et gâter la soie par le liquide répandu.
- D’après VArt de cultiver les Mûriers blancs, cCélever les Vers à soie et de tirer la Soye des Cocons (5), il n’est guère possible de donner des règles, ni sur le degré de chaleur que le four doit avoir, ni sur la durée de l’opération. Il faut donc être prudent quand on procède au fournoyage.
- D’après Boissier de Sauvage, un des auteurs qui ont décrit le plus minutieusement le mode opératoire (6), la vraie température pour étouffer au four serait celle de l’eau bouillante. Les cocons l’atteindraient, sans risque de la dépasser, lorsqu’on les met au four deux heures après avoir retiré le pain et qu’on les y laisse environ une heure, ou bien quand on les y place une heure après le pain tiré et pendant l’espace d’une demi-heure.
- Pour s’assurer de ce degré de température, on avance la main dans la gueule du four. Si, ajoute Boissier de Sauvage, qui était abbé, on peut l’y tenir l’espace d’un Ave Maria ou — ceci est sans doute pour les mécréants — pendant 15 à 20 secondes, il n’y a rien à craindre pour les cocons.
- Aujourd’hui, on a renoncé à peu près complètement au four de boulan-oerie, dont le débit est d’ailleurs insuffisant, et l’on utilise, dans les filatures où le travail d’une région est en général centralisé, soit de grandes étuves à multiples casiers, soit des appareils à fonctionnement continu, comme ceux de Chiesa ou de Pellegrino. Dans certaines étuves ou avec les appareils sus-indiqués, les cocons sont d’abord étouffés, puis séchés jusqu’à évaporation complète de l’eau contenue dans les chrysalides. Bien entendu, dans ces installations modernes, la température d’étoulfage doit être bien réglée et bien surveillée, sous peine d’atteindre à des désastres, à cause de l’importance des lots traités.
- (5) Publié à Paris, 1757, p. 167.
- (6) Loc. cit., p. 116.
- p.522 - vue 522/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 523
- b) Chaleur humide. — Le procédé d’étouffage à la chaleur humide, dont la découverte revient aux Chinois, a comme base l’action rapidement mortelle de la vapeur d’eau bouillante sur les chrysalides. On peut appliquer cette action de la manière suivante : au-dessus d’un grand chaudron, contenant de l’eau que l’on porte à l’ébullition, on pose un crible de forme et de grandeur telles que les bords s’adaptent à ceux du chaudron. Ce crible renferme les cocons. On recouvre le tout avec des planches, formant couvercle, et l’on s’arrange, par exemple à l’aide de linges entourant l’assemblage, pour que la vapeur ne puisse s’échapper qu’en traversant les cocons. On a pris la précaution de ne pas ajouter trop d’eau pour que le contenu du crible ne soit pas atteint par le liquide en ébullition. Lorsque la vapeur, confinée dans l’appareil et par suite très chaude, a bien pénétré les cocons, elle sort entre les planches. On compte un certain temps, de 5 à 10 minutes, et l’on arrête l’opération. Il faut chauffer assez longtemps pour tuer toutes les chrysalides, mais il ne faut pas trop dépasser le délai nécessaire parce que la soie serait détériorée. La durée du chauffage varie suivant la hauteur de la couche de cocons placée dans le crible, l’épaisseur des coques, etc., et ne peut être déterminée exactement que par l’expérience.
- Quand on enlève les cocons, ils sont imprégnés d’eau, glutineux et amollis. Il faut les laisser se ressuyer à l’air, sans les sortir du crible, jusqu’à ce que l’on puisse les manier sans crainte de les déformer. On les étale alors sur des claies où on les laisse sécher complètement.
- On peut modifier de bien des manières l’installation qui vient d’être décrite. On peut remplacer le crible par un tonneau sans fond posé sur le récipient à eau bouillante ; la partie inférieure est garnie de deux morceaux de bois en croix sur lesquels on place successivement plusieurs paniers ronds et de faible profondeur dans lesquels se trouvent les cocons. On couvre et conduit l’opération comme il a été indiqué plus haut. Mieux encore, au lieu d’un tonneau, on peut se servir d’une sorte d’armoire, dépourvue de fond à la partie inférieure, et garnie de cribles en forme de tiroirs. Dans certains établissements modernes, on utilise des étuves à compartiments où l’on envoie un courant de vapeur dérivé de la canalisation générale. On peut traiter ainsi commodément de grandes quantités de cocons.
- Certains ont essayé d’étouffer les cocons en les plaçant dans des cylindres en métal qu’ils chauffaient au bain-marie. Ce procédé ne diffère, ni en principe, ni par ses effets, de l’étouffage par la chaleur humide, car les cocons cuisent dans la vapeur dégagée par les chrysalides.
- Chaleur humide et chaleur sèche combinées. — On a vu plus haut que les cocons traités par la vapeur sortaient de l’appareil d’étouffage dans un état
- p.523 - vue 523/899
-
-
-
- 524 KTOUFFAGE DES COCONS PAR LA CHLOROP1CRINE. — JUIN 1924.
- d’humidité et de ramollissement qui rendait pendant quelques jours leur manipulation difficile. D’autre part, s’ils sont simplement étouffés, que ce soit à la chaleur humide ou à la chaleur sèche, les cocons doivent être complè tement séchés, les chrysalides mortes et renfermant encore une forte proportion d’eau étant sujettes à fermenter, constituant, en outre, une cause de variation continuelle de poids, gênante, tout au moins, pour les opérations ultérieures.
- C’est pour remédier à ces inconvénients que l’on utilise quelquefois d’une manière successive les deux modes de chauffage. Les cocons sont répartis dans les casiers d’une grande étuve spécialement aménagée. Un système de trappes permet de faire circuler les gaz chauds, venant du foyer, soit autour des casiers et sans contact avec leur contenu, soit, au contraire, à travers ces casiers et les cocons qu’ils renferment. On chauffe d’abord, pour ainsi dire, en vase clos, de façon à cuire les cocons dans la vapeur qu’ils dégagent, ce qui permet d’atteindre une température de 100° au plus et uniformément répartie; puis, faisant jouer les trappes, on laisse la vapeur se dégager et l’on fait circuler l’air chaud à travers la masse des cocons. En quelques heures, les cocons sont étouffés et séchés.
- Froid artificiel. — L’abaissement de la température peut non seulement retarder le papillonnage, mais il peut encore, s’il est assez intense, faire périr les chrysalides. Aussi a-t-on proposé d’étouffer les cocons en les plaçant dans des chambres dont la température était abaissée à l’aide de machines frigorifiques. Ce procédé aurait le grand avantage de ne faire courir à la matière soyeuse aucun risque d’altération et de fournir des cocons aussi faciles à dévider que des cocons frais. Malheureusement, il n’est pas assez expéditif. D’après Loverdo, il est nécessaire de maintenir les cocons entre — 6° et — 9° pendant dix jours ou à — 4° pendant un mois. L’importance des installations qu’il faut établir pour traiter en temps voulu tous les cocons d’une récolte rend le procédé d’étoufîage par le froid très onéreux et, dans l’état actuel des choses, inutilisable.
- Dessiccation dans le ride. — Divers expérimentateurs ont pensé que les cocons soumis à l’action du vide seraient rapidement étouffés, mais l’expérience a montré qu’il était loin d’en être ainsi : un séjour de plusieurs heures et même de plusieurs jours dans une cloche où l’on a diminué la pression avec une trompe à eau jusqu’à 3 ou 4 cm de mercure, n’empêche pas les chrysalides, ramenées à la pression ordinaire, de continuer leur évolution et de papillonner. Il en est autrement, comme l’a montré M. Levrat (7), quand on joint l’action d’une substance hygroscopique à celle
- (7) Moniteur des Soies, n° 1773; 1896.
- p.524 - vue 524/899
-
-
-
- ÉTOUFFAFE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICR1NE. 325
- du vide : les chrysalides se dessèchent et, par suite, ne tardent pas à mourir. Deux jours environ sont nécessaires pour arriver à la dessiccation complète.
- Ce procédé serait encore meilleur que le précédent, puisqu’il permet à la fois d’étouffer et de dessécher les cocons sans altérer en rien les qualités de la matière soyeuse, mais il demande, malheureusement aussi, une installation trop coûteuse.
- 3° Procédés chimiques. — Ce sont ceux qui sont basés sur l’emploi d’une substance gazeuse ou volatile, susceptible de provoquer la mort des chrysalides par intoxication.
- Dans la seconde moitié du xvme siècle, les Etats de Languedoc, déjà frappés par les inconvénients du fournoyage, proposèrent à plusieurs reprises un prix à l’auteur d’un procédé aussi efficace pour tuer les chrysalides, mais ne faisant courir à la soie aucune diminution de quantité, ni de qualité. Le camphre, l’essence de térébenthine, etc., furent essayés mais ne permirent pas d’arriver à la mort certaine des chrysalides. Dans la suite, Baumé préconisa l’emploi de l’alcool dans la proportion de dix pintes pour cinq cents livres de cocons. D’après son mémoire des Annales de Chimie, les cocons sont placés par couches successives dans une caisse : on arrose et mélange chaque couche avec une partie de l’alcool; on ferme hermétiquement, puis on laisse agir pendant vingt-quatre heures. Après ce temps, on sort les cocons et on les étale sur des claies, jusqu’à dessiccation complète. La soie obtenue de ces cocons est, d’après Baumé, de même qualité et en même quantité que celle des cocons frais (8)v Pour des raisons que je n’ai pas vu indiquer, ce moyen ne semble pas avoir eu d’application à l’époque. Aujourd’hui, il serait trop coûteux à cause du prix élevé de l’alcool et de la proportion relativement grande de ce liquide qu’il faut ajouter aux cocons.
- Si l’on en juge d’après un ouvrage publié par Francesco Géra, à Milan, en 1828, des essais d’étouffage ont dû être tentés en Italie à l’aide de substances volatiles et toxiques, telles que l’ammoniaque gazeuse, l’anhydride sulfureux, les vapeurs de pétrole, l’hydrogène sulfuré et même l’acide chlorhydrique. Toutefois, l’auteur ne cite expressément aucune expérience et déclare que l’usage des substances chimiques énumérées ne s’est pas répandu (9).
- D’Arcet a pensé que l’on parviendrait à bien étouffer les chrysalides avec les gaz provenant de la combustion du soufre. L’opération aurait lieu dans la magnanerie à ventilation forcée qu’il a décrite en 1836. On étalerait les cocons sur les grillages; on allumerait du soufre dans un vase en terre forte-
- (8) Annales de Chimie, t. XVII, p. 156; 1793.
- (9) Saggio sulla tratlura délia Seta.
- p.525 - vue 525/899
-
-
-
- b2(> ÉTOUEKAGE DES COCONS PAU LA CilEOHoPICHINE. — JUIN 1924.
- ment échauffé d’avance, puis placé en tète de l’appareil, dans le conduit par lequel le courant d’air pénètre dans le calorifère, et on mettrait le tarare en mouvement jusqu’à ce que les chrysalides des cocons pris au bas du tuyau, à la sortie de l’appareil, soient tout à fait mortes. D’Arcet croit que l’on étoufferait ainsi très promptement les chrysalides sans trop dessécher les cocons. Il ajoute que « si l’on craignait l’action ultérieure de l’acide sulfureux dont les cocons seraient pénétrés et qui pourrait, à la longue, nuire à la qualité de la soie, on remédierait facilement à cet inconvénient en faisant succéder au dégagement de l’acide sulfureux une fumigation ammoniacale » (10). Il est bien probable que le procédé de d’Arcet n’a pas été appliqué ou qu’il n’a donné que de mauvais résultats, le gaz sulfureux et le gaz ammoniac attaquant chacun la soie pour leur compte, comme on l’a démontré plus tard.
- Les résultats avantageux que l’on pouvait espérer de l’emploi des gaz et des vapeurs toxiques pour l’étouffage des cocons, opposés aux inconvénients certains dus à celui de la chaleur, ont incité, à nouveau, en 1877, plusieurs expérimentateurs à reprendre l’étude de l’étouffage chimique. Dans deux brevets, pris la même année, Lamonta a proposé trois liquides : la solution de bichlorure de mercure à 20 p. 100 dans l’alcool à 90°, l’éther sulfurique à 56° et l’ammoniaque à 20° (11), tandis que Gautier a préconisé le gaz ammoniac, l’acide sulfureux et l’acide carbonique (12).
- Francezon a fait remarquer avec justesse au sujet de ces brevets, que la solution de bichlorure de mercure est trop dangereuse à manier, que l’alcool et l’éther sont des substances trop coûteuses pour être utilisées. Quant aux gaz, il en a étudié l’action d’une façon particulière, en élargissant la question autant que cela lui paraissait désirable, et voici ce qui est résulté de ses expériences :
- L’oxygène, l’hydrogène, le protoxyde d’azote, l’acide carbonique, même le gaz d’éclairage et l’oxyde de carbone, ne peuvent servir à l’étouffage : les chrysalides en supportent longtemps le contact sans mourir.
- L’ammoniac, l’hydrogène sulfuré et l’acide sulfureux sont les seuls gaz mortels pour les chrysalides parmi les neuf qui ont semblé pouvoir être essayés avec quelque chance de succès, mais ils attaquent tous l’enveloppe soyeuse : les cocons ne sont pas décolorés mais ils deviennent plus difficiles à filer et les rendements sont plus bas qu’avec les cocons étouffés à la vapeur. Quand on s’est servi de l’ammoniac, la soie produite a un toucher rude, comme celui du crin ; quand on a utilisé l’hydrogène sulfuré et l’acide sulfu-
- (10) Description des appareils de chauffage à employer... dans les magnaneries, suivie de quelques renseignements sur l’emploi du tarare et sur rétoulTement des cocons. Paris, 1841. Carilian-Goury et Dalmont, édit.
- (11) Brevet n" 116930 du 13 février 1877.
- (12) Brevet il" 117871 du 7 avril 1877.
- p.526 - vue 526/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CIILOROPICRINE. 527
- reux, elle est couverte de duvets. C’est avec le dernier gaz que le résultat est le plus mauvais; il est même parfois désastreux (13). Cette action néfaste de l’acide sulfureux sur la soie a été confirmée par les recherches entreprises au Laboratoire d’études de la Soie de Lyon, lorsque, à la suite de l’épidémie de choléra de 1884-1885, les cocons transitant par la Sicile étaient soumis à une fumigation dans une chambre close où l’on brûlait 30 g de soufre par mètre cube (14).
- Plus récemment, MM. Conte et Levrat ont essayé l’acide cyanhydrique gazeux, dégagé par l’action de l’acide sulfurique sur le cyanure de potassium. Leurs expériences ont porté sur trois échantillons de cocons. Chaque échantillon a été divisé en deux lots, dont l’un a été étouffé sous cloche par l’acide cyanhydrique et l’autre, servant de témoin, par l’air chaud à 120°.
- Les propriétés physiques de la soie grège se sont montrées sensiblement les mêmes avec les deux procédés, mais les rendements des lots étouffés par l’acide cyanhydrique ont été d’environ 12 p. 100 inférieurs à ceux des lots témoins (15).
- Etant donné le grand danger du maniement de l’acide cyanhydrique qui est, comme on sait, éminemment toxique pour l’homme, il ne semble donc pas qu’il y ait lieu de s’intéresser à ce mode d’étouffage.
- En résumé, des nombreux moyens qui ont été essayés pour faire périr les chrysalides sans altérer la soie, ceux qui sont basés sur l’action de la chaleur, sèche ou humide, ont seuls résisté à la pratique moderne des pays d’Europe. Encore, ces moyens ne s'ont-ils pas exempts de certains défauts et demandent-ils à être appliqués avec de grandes précautions : si l’on ne chauffe pas assez, et cela dépend, comme on l’a vu, de bien des conditions, toutes les chrysalides ne sont pas tuées et l’on perd une partie des cocons; si l’on chauffe trop, la coque est altérée et les rendements en soie sont amoindris. Dans tous les cas, la matière protéique qui sert de colle au fil de soie ayant subi une coagulation, le dévidage des cocons chauffés est moins facile que celui des cocons frais.
- Mais ce n’est pas tout. Les petits éducateurs, ne voulant pas courir les risques de l’étoufîage, se trouvent dans l’obligation de vendre leurs cocons aussi vite que possible après la récolte et, trop souvent alors, ils deviennent
- (13) Notes pour servir à l'étude de la Soie suivies d’une Étude sur les étouIToirs chimiques, Lyon, 1880. Le Moniteur des Soies, édit.
- (14) Comptes rendus des travaux du Laboratoire d'Études de la Soie. Lyon, 1887, p. 34.
- (15) Rapports du Laboratoire d'Études de la Soie, t. XII (1903-4-5). Rey, édit, à Lyon.
- p.527 - vue 527/899
-
-
-
- 028 ÉTOUFFAGE DES COCONS PAR LA CIILOROPICRINE. — JUIN 1924.
- la proie d’intermédiaires avides. Les fdateurs et les graineurs, qui étouffent en grand, trouvent de leur côté que le combustible commence à coûter cher.
- Il ne manque donc pas de raisons pour inciter les chercheurs à découvrir un nouveau procédé d’étouffage des cocons de vers à soie.
- RECHERCHES PERSONNELLES
- Ayant reconnu dans la chloropicrine ou nitrochloroforme un agent insecticide très puissant (10), dépourvu, en outre, d’action coagulante à l’égard des matières protéiques, j’ai pensé que l’on pourrait peut-être trouver dans cette substance le moyen de tuer les chysalides avec certitude sans avoir à craindre d’altérer en même temps la matière soyeuse. C’est ce qui m’a engagé dans l’étude dont je publie aujourd'hui les résultats. Cette étude montrera qu’en dépit des insuccès antérieurs on aurait eu tort de renoncer d’une manière définitive à l’emploi des substances chimiques pour l’étouffage des cocons.
- Perméabilité des cocons. — La première condition à rencontrer pour obtenir la mort facile des chrysalides était une perméabilité suffisante des coques aux vapeurs de chloropicrine. Or, non seulement cette condition n’était pas évidente a priori, mais certains observateurs avaient admis que l’emploi des agents gazeux était resté sans résultats parce que l’insecte était préservé par sa coque (17).
- Quand on examine un cocon de ver à soie, on remarque d’abord que la coque est résistante, formée d’un feutrage extrêmement serré, et qu’il est complètement insubmersible. Après l’avoir ouvert, on observe que la face intérieure est lisse, comme vernissée. On peut alors penser que tous ces caractères conviennent parfaitement au rôle protecteur dévolu à la coque et que, peut-être, des molécules de vapeur aussi grosses que celles de la chloropicrine doivent être assez facilement arrêtées. Mais, en étudiant la chose de plus près, on trouve, que non seulement la coque est assez perméable pour suffire aux échanges gazeux qui correspondent à la respiration de l’insecte, mais que sa perméabilité est telle que l’on peut souffler à travers un cocon, en plaçant une des extrémités entre les lèvres, sans éprouver, pour ainsi dire, de résistance.
- Ce fait surprenant tient à la structure très particulière de la coque. Le fil sécrété par le ver n’est pas enroulé en spires parallèles et soudées les unes contre les autres, ce qui donnerait une enveloppe continue et ne laissant
- (16) Gab. Bertrand, Comptes rendus Ac. Sc., t. CLXVIII, p. 142; 1919.
- (17) Voir notamment : Moyret, Traite' de la teinture des Soies, p. 60.
- p.528 - vue 528/899
-
-
-
- ETOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 529
- plus passer les gaz que par diffusion. Il est façonné comme l’a vu d’abord Duseigneur-Kléber (18) en petites boucles ou paquets en forme de 8, soudées les unes à côté des autres, de manière à donner une première enveloppe ajourée comme une gaze, et contre laquelle le ver applique successivement une série d’enveloppes nouvelles, de constitution identique et seulement, au fur et à mesure, un peu plus serrée. J’ai séparé les unes des autres avec beaucoup de précautions un certain nombre de ces enveloppes. Voici l’une de celles qui occupaient le milieu de l’épaisseur de la coque, vue à un assez fort grossissement (fîg. 1 et 2).
- Il en résulte que la coque est finement et régulièrement ajourée, qu’elle
- Fig. 1. — Grossissement — 15 d.
- Fig. 2. — Grossissement = 60 d.
- peut arrêter les poussières mécaniquement à la façon d’un crible, l’eau par suite des forces capillaires, mais qu’elle ne doit apporter presque aucune résistance au passage des gaz et des vapeurs.
- L’expérience suivante m’a permis de vérifier à quel point cette résistance était réduite.
- Un cocon a été ouvert en découpant une calotte à une extrémité, retenue par une partie de son bord, formant charnière, ainsi que le montre la figure 3. La chrysalide a été extraite par l’ouverture et remplacée par 5 larves de Livrée des arbres (Bombix neustria L.), espèce sur laquelle j’avais étudié en détail les effets de la chloropicrine. Le cocon a été ensuite refermé en abaissant la calotte et en soudant les bords de la fente avec un filet de paraffine (fîg. 4).
- (18) Le cocon de soie. Paris, 1875. Rothschild, édit.
- p.529 - vue 529/899
-
-
-
- 530
- ÉToUFFAGE DES COCONS PAH LA CHLOROPICRINE. ----- JUIN 1924.
- D’autre part, 5 larves de Livrée du même élevage ont été placées dans un petit nouet de gaze à dix mailles par centimètre.
- Le cocon et le nouet, suspendus à l’aide d’un fil, ont alors été descendus au centre d’un grand flacon, où l’on avait préalablement volatilisé 0,01 g de chloropicrine par litre. La température étant de 22°, on a laissé agir pendant
- 10 minutes, puis onaretiréles larves quel’on a mises ensuite en observation. Voici ce que l’on a constaté :
- A l’ouverture du cocon, comme du nouet, les larves étaient presque inanimées, ou se mouvaient faiblement. Après une dizaine de minutes, les larves ne bougeaient plus du tout, sauf une qui s’était contractée un moment avec assez do force et qui avait quelques mouvements peu prononcés. Aucune larve n’était morte un quart d’heure après la sortie du flacon; toutes réagissaient encore à l’excitation.
- Dans les premières heures qui ont suivi, quelques larves se sont plus ou moins ranimées; une du cocon est morte après 1 heure 40 minutes. Le lendemain matin, 18 heures après la sortie de l’atmosphère toxique, les 5 larves du nouet et 4 du cocon étaient mortes. La dernière, presque immobile, a succombé cinq jours plus tard, sans avoir, comme c’est la règle dans les cas analogues, touché aux feuilles qui lui avaient été offertes.
- Dans cette expérience, où la dose de chloropicrine et la durée d’action avaient été choisies de manière à correspondre à une intoxication en quelque sorte limite, permettant de mieux juger des différences, on peut dire, surtout en comparant ces résultats avec ceux de nombreuses expériences antérieures sur la Livrée des arbres, que les larves enfermées dans le cocon ont été, à très peu près, intoxiquées comme celles contenues dans le nouet et celles qui auraient été entièrement libres.
- Action de la chloropicrine sur les chrysalides.
- Ce point étant acquis, il était possible d’envisager la possibilité de se servir de la chloropicrine pour l’étouffage des cocons. 11 fallait maintenant déterminer les doses et les durées d’action nécessaires pour atteindre sûrement la mort des chrysalides.
- Mes premières recherches ont été faites en 1919 sur des cocons qui m’avaient été envoyés de l’Ardèche, par M. Chabaud (de Vagnas), et du Var, par M. Brandi (de Draguignan). Je tiens à remercier ces messieurs de l’intérêt qu’ils ont porté dès le début à mes recherches.
- Fig. 3. — Cocon ouvert pour enlever la chrvsalide.
- Fig. 4. — Cocon refermé em-priso n n a n t des larves de Livrée des arbres.
- p.530 - vue 530/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 531
- Voici comment j’opérais. Dans un grand flacon à large ouverture, dont la capacité, une fois bouché, était de 6.220 cm3, je versais delà chloropicrine avec une pipette très effilée, versant des gouttes du poids de 0,0062 g (à
- 1
- j q mg près). J’avais réalisé cette pipette en procédant par tâtonnements.
- Dans ces conditions, chaque goutte de chloropicrine équivalait à une proportion de 0,001 g par litre d’atmosphère toxique. Pour obtenir une bonne répartition de la vapeur, le liquide était versé sur le deuxième tiers supérieur de la paroi, le flacon, étant penché et tourné continuellement autour de son axe pendant la chute des gouttes; puis, le bouchon mis en place, on retournait et agitait le flacon en tous sens pendant deux ou trois minutes, à plusieurs reprises, durant l’espace d’un quart d’heure. C’est seulement alors que les cocons étaient introduits au nombre de dix dans chaque expérience. Afin de les maintenir en pleine atmosphère, ils étaient suspendus en chapelet le long d’un fil (fig. 5), celui-ci passé à l’aide d’une aiguille à travers la portion superficielle de la coque. Un long bout du fil sortait du flacon, coincé entre le col et le bouchon de liège. Un thermomètre, fixé dans l’axe du bouchon, permettait de connaître la température.
- Après chaque expérience, l’atmosphère du flacon était complètement débarrassée de vapeur de chloropicrine par le jet d’air d’une soufflerie.
- Quand on introduit un chapelet de cocons dans l’air contenant de la chloropicrine et que l’on observe attentivement ce qui se passe, on ne tarde pas, en général, à voir que tantôt un cocon, tantôt un autre, est agité de petits mouvements saccadés, parfois d’une espèce de vibration passagère, provoqués par la vapeur toxique. Ces mouvements se produisent, de plus en plus éloignés et de moins en moins appréciables, à peu près jusqu’à la mort des chrysalides.
- Presque aussitôt après leur sortie du flacon, les cocons ont perdu leur odeur de chloropicrine. On les a mis dans des boîtes plates pour les surveiller. Quand l’action de la vapeur avait été insuffisante, on constatait, en allant de l’action la plus faible à la plus forte, depuis une éclosion partielle des papillons jusqu’à quelques sorties incomplètes. Les papillons issus de chrysalides mal étouffées avaient presque toujours les ailes plus ou moins atrophiées et déformées. Ceux qui provenaient de chrysalides ayant subi une action plus profonde, quoique insuffisante, étaient si faibles qu’ils
- p.531 - vue 531/899
-
-
-
- 532
- JUIN 1924.
- ÉTOUFFAGE DES CoCONS PAH LA CIILOROPIGRINE. —
- arrivaient seulement à percer l’extrémité de leur cocon, sans pouvoir en sortir. Enfin, lorsque l’action était encore en deçà, mais très voisine de l’action léthale, le papillon mouillait et tachait l’extrémité du cocon vers laquelle il avait la bouche tournée, mais il restait complètement enfermé. Gomme la sensibilité des chrysalides varie un peu d’un individu à un autre, il y a presque toujours, dans un même lot incomplètement étouffé, des chrysalides aux différents états que je viens de décrire.
- Expériences de 1919. — Je ne donnerai pas le tableau détaillé des 23 expériences que j’ai faites en 1911); ce serait un peu long’ et d’autant moins utile que ces expériences n’ont servi, en somme, qu’à m’orienter pour la saison suivante. Les résultats de ces expériences peuvent se résumer de la manière suivante :
- Du i l au 14 juin, j’ai essayé, sur les cocons de l’Ardèche, les doses de 10 à 50 mg de chloropicrine par litre et les durées d’action de 10 minutes à 3 heures et demie. La température dans le flacon n’a varié que de 24 à 25°. La dose de 10 mg', insuffisante après 1/2 heure d’action, a tué les chrysalides après 1 heure. La dose de 20 mg- a été insuffisante après 10 minutes, mais suffisante après 20 minutes. Enfin, la dose de 50 mg' a produit une action complète après 10 minutes seulement.
- Au commencement du mois de juillet, j’ai essayé, sur les cocons du Yar (race polyjaune de la Station séricicole de Draguignan), les doses de 5 à 20 mg par litre et les durées d’action de 10 minutes à 3 heures. La température dans le flacon est restée comprise entre 18°,5 et 19°. La dose de 5 mg s’est montrée insuffisante, même après 3 heures d’action. La dose de 10 mg après 1/2 heure et celle de 20 mg après 20 minutes. Mais la dose de 20 mg a tué toutes les chrysalides après une demi-heure.
- Dans ces expériences, la sortie des papillons provenant de cocons incomplètement étouffés a présenté un retard, pouvant atteindre plusieurs jours, par rapport à la sortie des papillons issus de cocons non traités, conservés comme témoins.
- Les résultats obtenus dans ces expériences étaient très encourageants, mais ils n’avaient pas de caractère définitif : d'abord, les cocons dont je m’étais servi avaient subi un transport par poste et celui-ci pouvait avoir influencé d’une manière appréciable la sensibilité des chrysalides; ensuite, le délai qui sépare la récolte de l’éclosion spontanée, déjà très court, étant diminué du nombre de jours nécessaire au transport, je ne pouvais opérer que sur des cocons un peu avancés. Or, il était indispensable de savoir si la sensibilité des chrysalides reste à peu près constante ou si elle varie avec leur degré de maturation. Dans ce dernier cas, il fallait déterminer la
- p.532 - vue 532/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 533
- grandeur de la variation. Il fallait aussi répéter les expériences sur des races diverses de cocons, voir comment les doubles, dont la coque est plus épaisse, se comportent par rapport aux cocons normaux, etc. En outre, comme le problème de l’étoufïage ne consiste pas seulement à détruire la vitalité des chrysalides, mais, ce qui est plus difficile, à assurer cette destruction sans nuire aux remarquables propriétés de l’enveloppe soyeuse, il y avait encore à examiner comment les cocons traités se conduisent à la filature, à étudier les propriétés de la soie, et ces nouveaux points, de préférence, par comparaison avec les résultats obtenus à l’aide des méthodes habituellement en usage.
- Toutes ces recherches, et surtout les premières, ne pouvaient être réalisées que sur les lieux mêmes où l’on élève les vers à soie et où l’on traite les cocons. Mais l’époque de la montée des vers coïncide généralement avec la période des examens à la Sorbonne; de ce fait j’ai dû attendre jusqu’en 1922 pour continuer mes expériences.
- Expériences de 1922. — Elles ont été réalisées dans le Var, à la Station séricicole de Draguignan, où j’ai reçu de M. Brandi, directeur de la station, une aide aussi active que désintéressée et le meilleur accueil.
- Les expériences d’étoufïage par la chaleur sèche et par la chaleur humide ont été effectuées à Gotignac, dans l’établissement de grainage de M. Laugier fils. Enfin, les essais de filature et l’étude comparative des soies ont été exécutés obligeamment à la Condition publique des Soies de la ville de Lyon, par M. Lerat, sous la direction éclairée de M. Testenoire. Je suis heureux de pouvoir témoigner ici à tous ces collaborateurs mes meilleurs remerciements.
- Influence de lâge des cocons sur la sensibilité à la chloropicrine. — Tout en répétant mes expériences de 1919 sur des cocons intacts, n’ayant subi aucun des avatars auxquels les expose le transport par poste, je me suis préoccupé de rechercher si les mêmes conditions de dose et de durée d’action s’appliquaient aux cocons récemment récoltés et à ceux qui sont plus âgés.
- Pour ces expériences, j’ai opéré sur des cocons de la race Bagdad, dont j’ai pu traiter le même jour, le 24 juin, un lot provenant d’une montée du 7 et un lot provenant d’une montée du 14. A cette fin, des chapelets de 10 cocons chacun ont été préparés avec du fil blanc pour le premier lot et avec du fil noir pour le second. Les chapelets ont été introduits par paires, côte à côte, dans le flacon, retirés après un certain nombre de minutes et mis en observation au laboratoire de la station, autant de jours qu’il a été nécessaire.
- Expérience 1. — Chloropicrine : 30 mg par litre. Durée d’action : 30 minutes. Température : 24°,5. — Toutes les chrysalides ont été tuées.
- p.533 - vue 533/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS PAR LA CHLOROPICRINE. — JUIN 1924.
- 534
- Expérience 2. — Chloropicrine : 20 mg par litre. Durée d’action : 00 minutes. Température : 23°,5. — Toutes les chrysalides ont été tuées.
- Expérience 3. — Chloropicrine : 20 mg par litre. Durée d’action : 30 minutes. Température : 23°. — Toutes les chrysalides ont été tuées.
- Expérience 4. — Chloropicrine : 20 mg par litre. Durée d’action : 15 minutes. Température : 24°,5. — Toutes les chrysalides de la montée du 7 juin ont été tuées, mais celles de la montée du 14 ont en partie résisté : le 7 juillet, un papillon mal formé est sorti, un autre a percé sa coque sans pouvoir aller plus avant; le 8, un troisième papillon a aussi percé sa coque sans sortir davantage que la tète.
- Pendant le séjour des cocons dans la vapeur de chloropicrine, j’avais noté que les cocons les plus jeunes, ceux de la récolte du 14 juin, s’agitaient plus longtemps que les cocons de la récolte du 7. Ils étaient, en effet, un peu plus résistants, ainsi qu’en témoigne le résultat de l’expérience 4, dans laquelle l’action de la vapeur avait été intentionnellement limitée.
- Étouffage comparatif de plusieurs races de cocons par la chloropicrine et par la chaleur, sèche ou humide. — Ces expériences ont porté sur trois races de cocons : or Chine (montée du 10 juin); Ascoli (montée du 6 juin) et Gubbio (montée du 8 juin). Ces cocons ont d’abord été triés avec soin pour éliminer tous les doubles, les morts, les satinés, et divisés immédiatement en plusieurs lots de 1 kg, et on les a étouffés comparativement par la chloropicrine, par la chaleur sèche et par la chaleur humide.
- Pour l’étoufîage à la chloropicrine, un lot de Chine et un lot d’Ascoli ont été traités en deux fois dans un flacon de 6 litres, de la manière suivante : la moitié du lot, remplissant le flacon à peu près aux deux tiers (plus ou moins suivant la race), a été additionnée de 0,6 cm3 de chloropicrine. Ce liquide n’a pas été versé directement sur les cocons, mais sur un morceau de papier Joseph. On a remué le tout pendant 5 minutes, pour assurer l’évaporation et la répartition aussi régulière que possible de la chloropicrine, puis on a laissé agir (en remuant encore deux fois, à 20 minutes d’intervalle, pendant quelques minutes). Après une durée d’action d’une heure, les cocons ont été vidés en plein air sur une claie où ils ont perdu presque aussitôt toute odeur de chloropicrine.
- Le lot de la race Gubbio a été traité en une seule fois dans une caisse en bois blanc de 39,48 litres de capacité. Cette caisse avait été rendue à peu près étanche par encollage, sur toute sa surface intérieure, à la colle de pâte, d’une feuille de papier de moyenne épaisseur. Au kilogramme de cocons on a ajouté 1,2 cm3 de chloropicrine, versé sur une bande de papier Joseph. Après fermeture de la caisse, on a remué comme pour les étoaffages dans le
- p.534 - vue 534/899
-
-
-
- KTOUFFAGE DÈS COCONS Dp] VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 535
- flacon. Température pendant l’opération : 22°. L’odeur de chloropicrine a également disparu aussitôt après l’épandage des cocons sur la claie.
- L’aspect des cocons était alors en tout semblable à celui des cocons non traités : couleur, toucher, résistance, etc. On a finalement transporté les cocons au séchoir, comme s’il s’était agi de cocons étouffés par la chaleur, et on les y a laissés jusqu’à constance de poids, c’est-à-dire réduction au tiers du poids primitif. M. Brandi a bien voulu se charger de cette dernière partie de l’opération et m’envoyer les cocons lorsqu’elle a été terminée.
- Durant ce temps, des lots de 1 kg des mêmes cocons ont été soumis en ma présence à Gotignac, dans les établissements de M. Laugier, soit à l’étouffage par la chaleur sèche, soit à l’étouffage par la vapeur, sans changement à la technique courante; après séchage complet à l’établissement, ces cocons m’ont été envoyés comme les précédents.
- Examen des cocons au laboratoire. — Comme je l’ai déjà mentionné, les cocons étouffés à la chloropicrine ont, au premier aspect, tous les caractères des cocons vivants : leur couleur, si fragile, est absolument la même; ils ont aussi le même brillant, la même douceur au toucher; bref, ils semblent n’avoir subi aucun traitement. Ce n’est pas le cas, comme on sait, des cocons tués par la chaleur, sèche ou humide. Au premier examen, le procédé d’étouffage à la chloropicrine paraît donc tout à fait satisfaisant. Mais l’aspect des cocons, aussi favorable soit-il, ne suffît pas pour juger la valeur du nouveau procédé. Il faut examiner comment les cocons se comportent à la bassine, déterminer leur rendement en soie grège, étudier les qualités, résistance, élasticité, etc. de celle-ci, voir ce qu’elle devient au décreusage, se rendre compte, enfin, si le temps agit d’une façon particulière sur son état de conservation.
- Avant d’envoyer les lots à la Condition publique des Soies, j’ai recherché si les cocons traités par la chloropicrine ne renfermaient pas des traces de cette substance ou d’une substance dérivée dont la vapeur pourrait gêner les opérations de la filature. A priori, il ne semblait pas qu’il devait en être ainsi puisque, le fait a été rapporté plus haut, les cocons perdent toute odeur dès les premiers instants qui suivent leur sortie de l’atmosphère étouffante. De plus, nous avions constaté, M. Brandi, deux de ses inspecteurs (MM. Souliers et Casile) et moi-même, à la Station séricicole de Draguignan, que l’on pouvait plonger la figure les yeux ouverts dans les cocons traités de la veille, sans ressentir, aussi longtemps qu’on y restait, aucune sensation irritante ou désagréable, ni au nez, ni à la gorge, ni aux yeux. J’ai tenu, cependant, à confirmer cette innocuité, par une recherche plus précise et plus sensible.
- Tome 136.
- Juin 1924.
- 37
- p.535 - vue 535/899
-
-
-
- 53(i étouffage des cocons par LA CHLOROPICRINE. — JUIN 1924.
- J’ai soumis à la distillation avec de l’eau, dans un grand ballon, en rectifiant les vapeurs avec un réfrigérant ascendant en verre de Schlœsing, plusieurs centaines de cocons : ni l’air déplacé au commencement de l’ébul-liti on, ni les premières portions du liquide condensé, ne présentaient la moindre odeur ou action irritante de chloropicrine ou d’une substance analogue. La recherche dans le liquide du chlore combiné, même après chauffage avec de la potasse, n’a pas donné, non plus, le moindre résultat.
- En conséquence, j’ai envoyé, en toute tranquillité à Lyon, les lots de cocons étouffés par la chloropicrine en même temps que ceux étouffés par la chaleur. Au moment où ces lots ont été examinés à la Condition, il y avait environ 5 mois qu’ils avaient été étouffés. C’est avec intention que j’avais attendu ce délai, afin de rendre plus manifeste, au cas où elle se serait produite, une action nocive de la vapeur de chloropicrine sur la soie. On sait que dans les filatures, les cocons étouffés aussitôt après leur récolte, ne sontpassés à la bassine qu'au fur et à mesure dans les mois suivants. Voici les résultats qui m’ont été transmis par AL Testenoire, directeur de la Condition (19).
- RAPPORT DU LARORATOIRE DE LA CONDITION PUBLIQUE DES SOIES DE LYON
- Condition publique des Soies Lyon, le 8 janvier '1923.
- Laboratoire d’Études de la Soie. Rue Saint-Polyearpe. 7, Lyon.
- Chambre de Commerce de Lyon.
- A. Monsieur G. Bertrand. Professeur à la Faculté des Sciences,
- Institut Pasteur, 28, rue Dutot. Paris XVe.
- Cher Monsieur,
- Nous avons terminé les essais que nous avions entrepris sur votre demande du 2 décembre, afin que vous puissiez vous rendre compte de l’influence de la chloropicrine utilisée par vous pour l’étoufïage des cocons.
- Les matériaux que nous avons reçus le 8 décembre comprenaient :
- Trois qualités de cocons : Ascoli, Gubbio et or Chine. Chaque qualité avait été partagée par vous en trois lots, étouffés respectivement :
- Le 1er par la chaleur sèche 2e — humide
- 3e — chloropicrine
- Soit 3 lots de trois sortes chacun.
- A l'arrivée des cocons nous avons constaté que 8 lots sur 9 avaient été attaqués par des dermestes; cinq de ces insectes ont été trouvés vivants.
- (RJ) J’ai éliminé de ce rapport quelques observations relatives à des cocons décolorés par l’action directe des rayons solaires et qui ne doivent pas entrer ici en ligne de compte.
- p.536 - vue 536/899
-
-
-
- KTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE. 537
- Ces constatations faites, nous avons trié chaque lot de façon à séparer les cocons bons à filer des cocons piqués par les insectes, et des cocons le plus visiblement lâchés, trouvés dans les deux lots 3 et 9. Nous avons également conservé quelques cocons comme témoins. Chacune de ces divisions a été pesée à part. Nous avons alors procédé aux essais suivants :
- I. — Essais de filature.
- On a effectué sur chaque lot un essai de filature à la bassine industrielle sur la totalité des cocons classés bons à filer.
- La filature a été faite à 4 bouts de 5 cocons chacun, dont on a recueilli et pesé la soie grège et les frisons obtenus.
- Voici les résultats de ces essais de filature :
- Race Ascoli.
- LOT 1 LOT 5 LOT 3
- CHALEUR SÈCHE CHALEUR HUMIDE CHLOROPICIUNE
- Nombre Je cocons. Poids (g)- Nombre de cocons. Poids (g)- Nombre de cocons. Poids (g)-
- Cocons bons à filer 520 330 480 3I'5.2 470 299
- Cocons percés par les dermestes. 3 1,4 2 1,1 » »
- Cocons présentant des taches
- blanches )) » » )) 48 30,5
- Lot témoin 23 14,8 20 13,2 21 14
- 546 346,2 502 319,5 539 343,5
- Soie grège 101,1 94,1 93,1
- Frisons 18 16,7 14 1
- Rentrée (20) 3,26 3,24 3,21
- Race Gubbio.
- LOT 4 LOT 5 LOT 6
- CHALEUR SÈCHE CHALEUR HUMIDE CHLOROPICRINE
- Nombre de cocons. Poids (g)- Nombre de cocons. Poids (g)- Nombre de cocons. Poids (g)-
- Cocons à filer 400 315,5 410 322 390 289
- Cocons piqués 16 10,0 10 8 24 18
- Lot témoin - 23 17,6 22 17 23 17
- 439 343,0 422 347 437 324
- Soie grège 82,1 88,9 87,8
- Frisons. 30,5 24 23
- Rentrée 3.82 3,59 3 27
- (20) La rentrée ou rendement en filature indique le nombre de kilogrammes de cocons qu’il faut filer pour obtenir un kilogramme de soie grège ou brute.
- p.537 - vue 537/899
-
-
-
- 338
- KTOUFFAGE DES COCONS PAH LA CIILOROPICRINE.
- JUIN 11)24.
- Iiacc or Chine.
- LOT 7 1 LOT 8 LOT 9
- CHALEUH SÈCHE CHALEUR HUMIDE CHLOROPICRINE
- Nombre (le cocons. Poids g<- Nombre de cocons. Poids (S)- Nombre de cocons. Poids (g;.
- 1 Cocons à filer 610 329 O CO 316 460 243.;»
- Cocons piqués 13 r> c; 7 10 5
- Cocons tachés blancs .) „ )> Cil 79.Ü
- Lot témoin 21 il 18 10.7 23 12.2
- 644 .7i;> 613 333,7 644 340,2
- Soie urèue 100,9 94,4 72,9
- Frisons 17 14,7 13
- Rentrée 3,24 3,32 3,31 1
- Résultat'! et observations sur la filature.
- Il résulte des chiffres ci-dessus que le rendement à la filature n’a pas été diminué par l’étoufïage à la chloropicrine. Le rendement de la race Gubio a été même sensiblement augmenté.
- Les observations faites au cours de la filature sont les suivantes :
- 1° La cuisson des cocons chloropicrinés est un peu plus longue et malgré cela la bave se détache moins bien.
- 2° La soie grège obtenue est plus rude au toucher (21).
- 3° Les chrysalides étouffées à la chloropicrine sont de couleur beaucoup plus foncée que celle des chrysalides étouffées par les autres procédés.
- 4° Enfin l'inconvénient le plus grave est la production pendant l’opération de filature de picotements à la gorge provoquant la toux. Les traces de chloropicrine retenues par les cocons attaquent également les doigts de la fileuse.
- IL — Essais de titrage.
- Les propriétés de la soie grège obtenue ont été déterminées par un essai de titrage comprenant la détermination du titre et la mesure de la ténacité et de l’élasticité.
- Voici les résultats moyens obtenus sur 10 epreuves de titre et 6 épreuves de ténacité et d'élasticité pour chaque lot :
- jusqu’à rupture
- Lots. Titre (-22). ^ÎOO^ Ténacité.
- Ascoli .
- Cubbio
- Or Chine
- i
- 1
- 2
- 3
- 6
- 7
- 8 9
- Ci, 7 22,5 67,5
- Ci. 3 20,9 67,5
- 15,9 22,1 68,2
- 10,4 20,1 62,5
- 16,4 20,1 09,1
- 16,1 19,8 61,6
- 19,9 21,0 78,3
- 20,3 20,1 75,8
- 19.3 21,0 80,0
- (21) Ces deux observations n’ont plus eu lieu d’être confirmées dans la suite.
- (22) Le titre est le nombre de demi-décigrammes que pèsent 450 m de soie. 11 s’élève avec la grosseur du fil.
- p.538 - vue 538/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 539
- III. — Essais de décreusage. Pertes p. 100 au décreusage.
- Ascoli. Gubbio. Or Chino.
- Chaleur sèche.................25,77 25,71 21,47
- Chaleur humide............... 25,15 26,60 22,00
- Chloropicrine................ 26,25 26,28 21,42
- Tous ces essais confirment les résultats de la filature. En résumé, l’étouffage à la chloropicrine ne semble pas avoir une grande influence ni sur le rendement, ni sur les propriétés du fil.
- Nous vous retournons ce qui reste des 9 lots de soie grège, après en avoir distrait la quantité nécessaire aux essais de titrage et de décreusage. Nous conservons au Laboratoire les quelques cocons prélevés comme témoins sur chacun des 9 lots, afin d’examiner plus tard l’influence de faction lente qui pourrait se produire dans les coconières, sur la qualité de la soie, surtout en ce qui concerne les cocons étouffés à la chloropicrine.
- Veuillez agréer, cher Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.
- Le Directeur de la Condition des Soies :
- Signé : J. Testenoire.
- L’observation relative à la production, pendant l’opération de filature, de picotements à la gorge, ainsi qu’aux traces de chloropicrine retenue par les cocons attaquant les doigts de la fileuse m’a beaucoup surpris.
- J’ai répété l’expérience de distillation des cocons avec l’appareil de Schlœsing et, non seulement j’ai vérifié, cette fois encore, l’absence de toute trace de chloropicrine ou de composé volatil, chloré ou non, agissant sur les voies respiratoires ou sur les yeux, mais j’ai fait une application des premières gouttes du liquide distillé sur la peau très sensible de la face interne de l’avant-bras sans ressentir la moindre irritation, sans apercevoir la moindre rougeur. Je ne crois donc pas, jusqu’à preuve du contraire, que les symptômes ressentis au moment de la filature aient un rapport matériel avec le traitement antérieur des cocons. D’ailleurs, la réaction la plus sensible de la chloropicrine est le picotement qu’elle provoque aux yeux :
- 1
- d’après mes mesures, cette réaction est déjà appréciable à la dose de mg
- par litre d’air. Or, il n’a été rien signalé du côté des yeux. Inversement, la fileuse aurait eu les doigts attaqués. L’expérience de tous ceux qui ont manié la chloropicrine montre que le contact assez fréquent de la solution aqueuse saturée (à 1,6 g environ par litre) n’a pas d’effet, que l’on peut même se mouiller un instant les mains avec de la chloropicrine pure sans éprouver de brûlure, ni de rougeur.
- p.539 - vue 539/899
-
-
-
- ETOUFFAGE DES COCONS PAR LA CHLOROPICRINE.
- JUIN J924.
- 540
- J’ai communiqué ces faits et ces réflexions à lYI. Testenoire et il a été convenu qu’au cours d’une prochaine campagne, où les expériences ci-dessus seraient reprises, j’assisterais aux essais de filature. Je m’étais abstenu de le faire cette fois par raison d’économie, de temps comme d’argent. On verrait alors s’il était possible de préconiser l’étouffage des cocons par la chloro-picrine sans avoir à craindre aucun effet agressif de la substance chimique utilisée.
- Expériences de 1923. — Ces expériences ont été entreprises d’abord pour étendre la portée des résultats déjà obtenus, à la fois quant aux races de vers à soie et quant à la comparaison avec les procédés ordinairement en usage ; ensuite, pour rechercher les conditions de doses et de mode opératoire susceptibles de passer dans la pratique. J’ai profité également de cette campagne pour m’assurer, par des expériences effectuées dans des circonstances extrêmes, du bon état de conservation de la soie traitée par la chlo-ropicrine et, comme il a été expliqué, pour résoudre la question de l’innocuité des cocons au cours des opérations de la filature.
- Les étouffages de l’année 1923 ont porté sur la race dite Yar moyen, voisine de celle dont je m’étais servi en 1919. Il m’avait été réservé une provision assez importante de ces cocons pour satisfaire, après un triage soigné, aux diverses expériences que j’avais l’intention de réaliser. Comme l’année précédente, des lots de 1 kg ont été pesés aussitôt après le triage, de manière à éviter des changements du poids original qui auraient modifié plus tard les rendements. On sait que les cocons perdent chaque jour du poids à cause des phénomènes respiratoires dont les chrysalides sont le siège.
- Les étouffages à la chloropicrine ont été effectués, soit sur 1 kg, soit même sur 2 kg à la fois, dans la même caisse et suivant la même technique qu’en 1922 pour les cocons de la race Gubbio.
- Les étouffages par la chaleur ont été réalisés de deux manières : les uns, par l’action successive de la chaleur humide et de la chaleur sèche, à l’aide d’une grande étuve à circulation modifiable, dans le bel établissement de grainage de M. Quirino Quirci, au Cannet; les autres par la vapeur, dans un appareil domestique, au laboratoire de la Station séricicole de Draguignan.
- J’ai observé, en appliquant mon oreille sur le couvercle de la caisse, au cours du traitement par la chloropicrine, que les chrysalides produisent, en s’agitant sous l’influence de la vapeur suffocante, un bruit d’abord très distinct, puis de plus en plus faible, qui permet de se rendre compte de la marche de l’opération et de savoir à quel moment le résultat est atteint.
- Cette observation a facilité les nouvelles expériences que j’ai faites pour
- p.540 - vue 540/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS JDE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE. 541
- déterminer un dosage économique de la substance active. Je suis arrivé ainsi à étouffer en une seule fois dans ma caisse 2 kg de cocons avec 1,2 cm3 de chloropicrine, agissant une heure à la température de 19°. La chloropi-crine ayant pour densité 1,666 à 16° (23), il suffit donc de 1 kg de cette substance pour étouffer à coup sûr une tonne de cocons, en l’espace d’une heure.
- Il est généralement admis que les cocons doubles, dont la coque est plus épaisse que celle des cocons ordinaires, sont plus difficiles à étouffer. Si on les manque, par une application insuffisante du moyen de destruction, quand il en reste dans le lot traité, les chrysalides évoluent tant bien que mal, les papillons sortent et souillent du liquide brun qu’ils évacuent les cocons du voisinage. C’est une cause de perte qu’il faut éviter. J’ai trouvé, par des expériences particulières, que les conditions de dose et de temps indiquées plus haut, c’est-à-dire de 1 g de chloropicrine par kilogramme de cocons agissant durant une heure, étaient tout à fait suffisantes pour assurer l’étouffage des cocons doubles. Il en est de même pour les cocons satinés.
- Les essais de filature des cocons étouffés par la chloropicrine ont été réalisés, cette année, dans trois laboratoires différents : celui de la Station séri-cicole de Draguignan, à la Condition publique des Soies de Lyon, et, grâce à l’intervention de M. Finel, directeur de la Condition des Soies de Marseille, dans le laboratoire industriel de la filature de MM. Introïmi et Soragna, près de Marseille. En outre, des essais comparatifs : 1° sur les lots étouffés par l’action successive de la chaleur humide et de la chaleur sèche et, 2° sur des cocons étouffés par la vapeur, ont été effectués dans les deux derniers de ces laboratoires. Dans tous les cas, notamment à Lyon en ma présence, la question controversée du dégagement d’odeur a été examinée avec attention (24). Voici les résultats obtenus, tels qu’ils m’ont été gracieusement communiqués par les directeurs ou propriétaires des laboratoires désignés ci-dessus que je ne saurais trop remercier pour leur bienveillance et leurs encouragements.
- (23) Pour les caractères de la chloropicrine, voir Gab. Bertrand, Comptes rendus Ac. Sc., t. CLXVIII, p. 742; 1919.
- (24) Au sujet de cette dernière question, une enquête a été faite auprès des deux ouvrières qui avaient manipulé les cocons l’année précédente : la fileuse a déclaré « qu’elle était un peu enrhumée au moment où elle travaillait et qu’elle avait cru que la gorge la grattait à cause des vapeurs de chloropicrine »; la seconde ouvrière, qui séparait les chrysalides coulées dans la bassine des restes d’enveloppes, avait un bouton à l’un des doigts et pensait que cela pouvait aussi provenir du traitement particulier que les cocons avaient subi. Cette année, ni l’une, ni l’autre de ces ouvrières n’ont rien éprouvé.
- p.541 - vue 541/899
-
-
-
- 542
- ÉTOUFFAGE DES COCONS PAR LA CIILOROPICRINE. — JUIN 1924.
- Station séricicole République Française,
- de Draguignan.
- Service du Contrôle
- des Grainages Draguignan, le 7 novembre 19.23.
- des Vers a soie.
- Inspection.
- Origine du lot, Var moyen, Duray.
- Date du dévidage, 31 octobre 1923 (Étouffage à la chloropicrine); 300 g de cocons frais francs de doubles et de faibles ont donné :
- loi cocons secs pesant 107 g.
- Soie grège...................................31,8 g
- Frisons...................................... 7,8 g
- Bassinés..................................... 2 g
- Rentrée en cocons au kilogramme : 3,364 kg.
- Observation. — Bon dévidage, pas de casse.
- Je suis particulièrement heureux de vous faire connaître que le dévidage a été excellent et le rendement très bon; il n’a donné lieu à aucune observation de la part de l’ouvrière fileuse, personne très expérimentée qui ne s’est même pas doutée qu’elle se trouvait en présence de cocons étouffés autrement que par les moyens ordinaires. Je suis donc convaincu que les observations qui ont été faites l’année dernière par le Laboratoire de Lyon ne sont pas fondées, tout au moins pour ce qui est relatif à Faction de la chloropicrine sur les bronches de la fileuse.
- Je vous prie,...
- Chambre de Commerce de Marseille,
- Établissement public de la Condition des Soies Laines et Textiles,
- 31, rue Thiars.
- Le Directeur de la Station séricicole :
- O. Brandi.
- Marseille, le 13 décembre 1923.
- A Monsieur le Professeur Gabriel Bertrand, au Laboratoire de Chimie biologique de l’Institut Pasteur, 28 rue Dutet, Paris, XVe.
- Monsieur le Professeur,
- Nous avons procédé hier à la filature des essais de cocons que vous avez bien voulu me confier.
- La caisse collective et les caissettes de détail ont été ouvertes en ma présence et j’ai accompagné les trois essais jusqu’à leur filature complète.
- Les résultats matériels sont :
- Quantité de soie. T'Usons. Bassinés.
- Échantillon B (étouffage à la vapeur). . . . 0,082 kg
- D (étouffage à la chloropicrine). 0,096 — F (étouffage à sec)..............0.107 —
- 0,023 kg 0,066 kg
- 0,031 — » —
- 0,019 — » —
- p.542 - vue 542/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 543
- Il y avait un certain nombre de cocons de l’échantillon B qui commençaient à, être percés, soit par suite d’étouffage tardif ou trop lent, m’a-t-on dit, et ils ne se filaient pas. Je les envoie. Les remarques faites au cours de l’opération par les fileuses ou le directeur de la filature sont :
- B. Difficiles à filer, beaucoup de bassinés, cocons presque percés; ont demandé près de 12 minutes de plus pour être filés; pas d’odeur, chrysalides claires.
- D. Est le meilleur au dévidage, peu de bassinés, 12 à 15 environ; pas d’odeur, les chrysalides sont noires, je les envoie ; elles ne dégagent aucune odeur.
- F. Bon dévidage, un peu plus long que pour D, pas de bassinés, chrysalides à peu près mi-partie noires et moitié claires; la chrysalide paraît avoir un peu l’odeur de la viande de conserve.
- En résumé, les cocons ont paru être de 1er choix et se sont comportés comme tels, sauf B, les fileuses n’ont rien constaté d’anormal, toujours sauf B. Je vous adresse tous les produits séparés. L’opération a été faite à titre gracieux par MM. Introïmi et Soragna.
- Agréez, Monsieur le Professeur...
- Signé : Finel.
- Chambre de Commerce de Lyon. Lyon, le 7 décembre 1923.
- Monsieur G. Bertrand,
- Condition publique dés Soies Laboratoire de Chimie biologique,
- Laines et Cotons. 28, rue Dutot,
- Paris, XVe.
- Cher Monsieur,
- Nous avons terminé l’essai de filature des 3 lots de cocons que vous aviez apportés le 23 novembre et dont nous avions filé une moitié devant vous. Les résultats que viennent de nous fournir les secondes moitiés de chacun de vos lots sont sensiblement les mêmes que ceux que vous possédez déjà.
- Les voici, écrits côte à côte, pour que vous puissiez les comparer :
- RENTRÉS
- lre moitié. 2e moitié.
- Lot F (étouffage à sec).......................3,01 3,19
- Lot D ( — à la chloropicrine)...........3,21 3,08
- Lot B ( — à la vapeur)................. 3,52 3,60
- L’infériorité du lot B s’est maintenue et a pour cause le grand nombre de bassinés (cocons qui se percent dans l’eau de la bassine et sont indévi-dables).
- Nous avons réuni les chiffres correspondants à chacun des 3 lots de façon à en déduire le résultat moyen. Ce sont ces chiffres que nous vous communiquons dans le tableau ci-joint.
- Nous y avons inscrit les résultats de titrage et de décreusage.
- p.543 - vue 543/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DES COCONS PAH LA CHLOROPICHINE. — JUIN 1024.
- 04- \
- LOT F LOT D LOT H
- ÉTOUFFAGE A SEC. ÉTOUFFAGE A I.A CHLOROPICRINE ÉTOUFFAGE A I.A VAPEUR
- Nombre de cocons. Poids (g). Nombre de cocons. Poids (g)- Nombre de cocons. Poids (g)-
- Cocons filés 400 3:;:'» YM 331,3 i'»8 340
- Nombre au kilogramme .... 1.373 1.370 1.347
- Poids moyen de un cocon . . . 0.72 0,72 0,74
- Soie grège no 103.2 94 ,5
- Frisons 12,7 13,4 t>4 11,4
- Bassinés 8 0
- ! Rentrée 3,04 3.14 3.59
- iTitre 14,07 13,80 13,13
- Élasticité p. 100 22 21.4 21.8
- Ténacité en g 00 38 52
- jPerte p. 100 au décreusage . . 21,30 21,87 21,06
- L’examen de ces résultats montre qu'au point de vue rendement et qualité de la soie, le lot D n’est pas inférieur aux deux autres. La marche de la filature donne lieu aux deux observations suivantes, qui résument notre avis sur l’influence de la chloropicrine sur l’étoufïage des cocons :
- 1° Les cocons étouffés à la chloropicrine se comportent à la filature comme des cocons vivants. Ils se cuisent avec plus de facilité et plus de rapidité que les deux autres, et ils se dévident mieux.
- 2U L’influence de la chloropicrine sur la fileuse reste à démontrer. Nous croyons qu’on ne pourra être définitivement fixé que par un essai industriel en grand.
- Veuillez agréer,...
- Le Directeur de la Condition des Soies,
- J. Testenoire.
- Et résumant ses impressions sur les résultats obtenus à la suite des expériences de 1922 et de 1923, le Directeur de la Condition ajoute :
- « De h examen du tableau de leur rendement respectif, il résulte que le rendement du lot chloropicriné D est nettement supérieur à celui du lot B étouffé à la vapeur, très peu différent de celui du lot F. Dans les expériences de 1922, les rendements avaient été tantôt supérieurs, tantôt inférieurs à ceux des lots étouffés à la vapeur ou à l’air chaud, et on avait pu conclure : Uêtouffage à la chloropicrine ne semble pas avoir d'influence sur le rendement des cocons.
- Cette conclusion reste entière; les autres considérations, n’étant pas appuyées par des chiffres, peuvent varier suivant l’appréciation des expérimentateurs; seules les expériences industrielles pourront trancher ces différentes questions. »
- p.544 - vue 544/899
-
-
-
- ETOUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CHLOROPICRINE.
- 545
- Un dernier point a été envisagé : l’influence possible du temps de conservation sur les qualités de la soie provenant de cocons étouffés par la chloropicrine. Déjà, il résulte des mesures consignées dans les rapports précédemment reproduits, que la soie tirée des cocons 5 à 6 mois après l’étouffage ne se comporte pas autrement sous le rapport de la résistance et de l’élasticité, non plus que sous celui du décreusage, soit que les cocons aient été étouffés par la chloropicrine, soit qu’ils l’aient été par l’un des moyens habituellement employés dans l’industrie. Mais, j’ai tenu, pour plus de certitude, à savoir ce qu’il adviendrait d’une soie conservée plus longtemps encore. J’ai prié M. Testenoire de bien vouloir faire examiner à nouveau les soies qui provenaient des cocons filés l’année précédente. Les résultats obtenus sont consignés dans le rapport ci-dessous :
- Condition publique des Soies.
- Lyon, le 2/ décembre 1923.
- Laboratoire d’études de la soie, Rue Saint-Polycarpe, 7, Lyon.
- Chambre de Commerce de Lyon.
- Monsieur G. Bertrand, Professeur à la Faculté des Sciences, Laboratoire de Chimie biologique, Institut Pasteur,
- 28, rue Dutot, Paris.
- Cher Monsieur,
- Nous vous adressons les résultats des expériences dynamométriques faites sur chacun des échantillons de soie de l’an dernier.
- Comme vous le verrez, nous les avons effectués à deux reprises : la première fois le 17 décembre sur 20 longueurs réglementaires de 50 cm pour chaque épreuve. Les résultats moyens de ténacité et d’élasticité que nous avons ainsi obtenus, comparés à ceux que nous avions trouvés en décembre 1922, nous ayant fait constater des différences notables, nous avons procédé à une nouvelle série d’épreuves, en limitant
- leur nombre à 6 comme en 1922. Ténacité. ESSAIS DE 1922 ESSAIS DE 1923
- Procédé d’étouffage. 28 décembre. Sur 6 épreuves. 17 décembre. Sur 20 épreuves. 20 décembre. Sur 6 épreuves.
- d. Chaleur sèche . . 67,0 61,2 73,8
- 2. Vapeur . . 67,5 62,7 64,1
- 3. Chloropicrine . . 68,2 65,0 65,0
- 4. Chaleur sèche . . 62,5 59,0 61,6
- 5. Vapeur . . 69,1 ' 60,7 65,0
- 6. Chloropicrine . . 61,6 62,0 67,5
- 7. Chaleur sèche . . 78,3 72,5 65,0
- 8. Vapeur . . 75,8 69,7 77,5
- 9. Chloropicrine . . 80,0 72,7 56,6
- p.545 - vue 545/899
-
-
-
- ÉTOUFFAGE DFS COCONS FAR LA CilLOROPICRINE.
- JUIN 1924.
- SI 6
- Les résultats fournis montrent que la valeur de ces opérations est variable et qu’elle est fonction du plus ou moins de régularité du fil, et cela aussi bien pour les cocons étouffés à la vapeur, que pour ceux tirés de cocons étouffés à la chloropicrine.
- Les nouveaux résulats de décreusage consignés dans le tableau ci-joint, concordent mieux avec les résultats de l’année dernière.
- Procédé d'ctouffai
- Perte au décreusage.
- 1922 1923
- !. Chaleur sèche..................27.77 27,70
- 2. Vapeur.................... . . 27,17 27,23
- 3. Chloropicrine................20,27 20,10
- 4. Chaleur sèche................ 27,71 27.90
- 7. Vapeur ...................... 20,00 20,19
- 6. Chloropicrine................ 26,28 26,74
- 7. Chaleur sèche................2i ,47 21,77
- 8. Vapeur........................ 22,00 2 ! ,44
- 9. Chloropicrine................. 21.42 21,72
- En résumé, on peut conclure qu’il n’y a pas eu d’altération de la fibre d’une année à l’autre.
- Veuillez agréer, ... Signé : J. Testenoire.
- Ainsi, le traitement des cocons par la chloropicrine n’a pas d’action éloignée sur la soie : les propriétés physiques et les rendements au clécreu-sage sont restés les mêmes, un an et demi après l’étouffage, pour la soie grège provenant des cocons à la chloropicrine et pour celle des cocons chauffés à sec ou à la vapeur.
- Résume et Conclusions.
- Les chrysalides de vers à soie sont extrêmement sensibles à l’action de la vapeur de chloropicrine. Cette sensibilité augmente légèrement, semble-t-il, avec leur degré d’évolution.
- Les coques dans lesquelles les chrysalides sont naturellement enfermées ne les protègent pas d’une manière notable contre l’action de la vapeur.
- Il est donc possible d’obtenir un étouffage complet et rapide des cocons en faisant usage de la chloropicrine. La dose d’un gramme de substance par kilogramme de cocons, agissant pendant une heure, à la température voisine de 20°, suffit pour atteindre largement le résultat, même lorsqu’il reste dans le lot à étouffer des cocons doubles et des cocons satinés.
- Les cocons exposés à l’air sur des claies après le traitement perdent presque aussitôt toute odeur de chloropicrine. Ils se dessèchent ensuite très facilement.
- L’étouffage à la chloropicrine est sans action sur l’enveloppe soyeuse. Après le traitement, les cocons ont la même couleur et les mêmes qualités que les cocons frais. Ils se filent, notamment, avec la même facilité.
- p.546 - vue 546/899
-
-
-
- Éü’OUFFAGE DES COCONS DE VERS A SOIE PAR LA CIILOROPICRINE.
- 547
- Le rendement en soie grège des cocons étouffés par la chloropicrine est égal, et parfois même supérieur, à celui des cocons étouffés par les procédés industriels (chaleur sèche et chaleur humide).
- Les propriétés physiques (ténacité, élasticité), et les rendements au décreusage sont, aux erreurs près d’expériences, les mêmes pour la soie grège extraite des cocons étouffés par la chloropicrine et pour la soie grège obtenue à l’aide des procédés ordinaires.
- Il est donc permis d’envisager sérieusement l’étouffage des cocons par la chloropicrine, aussi bien par les éducateurs que par les industriels.
- Les premiers, en opérant dans une caisse de forme et de grandeur appropriées, ou même dans une boîte, une malle, ou un tonneau, puis en. desséchant les cocons traités sur les claies d’éducation, pourront se libérer de leur servitude vis-à-vis de certains intermédiaires qui, sans courir les mêmes risques et avec beaucoup moins de travail, réalisent parfois les plus gros bénéfices.
- Les industriels trouveront sans doute aussi à gagner. Aux prix actuels de la chloropicrine et des combustibles, la dépense d’étouffage par le nouveau procédé est déjà inférieure à celle des procédés en usage. Et l’on pourrait probablement encore, surtout dans les opérations en grand, diminuer la proportion de la substance active. D’autre part, la surveillance de l’opération est beaucoup plus facile, le procédé à la chloropicrine comportant une très grande marge de sécurité et ne risquant pas d’altérer la soie, comme cela arrive trop souvent dans les procédés qui reposent sur l’action de la chaleur.
- On peut espérer, enfin, que le nouveau procédé d’étouffage influencera utilement l’expansion de la sériciculture. Dans les conditions économiques où nous nous trouvons, l’élevage des vers à soie est une opération lucrative pour ceux qui la pratiquent et avantageuse en même temps pour le pays. Il existe en bien des régions de la France, et même aux environs de Paris, des restes de plantations de mûriers qui pourraient servir d’amorces à de petites éducations, celles qui sont le plus faciles à conduire et qui donnent, à partir d’un certain poids de graines ou œufs de vers à soie, les meilleurs rendements. Mais l’éloignement de ces régions des grands centres sérici-coles est un obstacle à la vente des cocons frais (qui, on se le rappelle, éclosent peu de jours après leur récolte). On ne peut songer, raisonnablement, à créer des éducations particulières en de telles régions que si on dispose d’un procédé d’étouffage commode et sûr, n’ayant aucune action nocive sur la soie, n’exigeant, enfin, aucune installation compliquée ou coûteuse. Ce sont justement là des qualités attribuables au procédé d’étouffage que je fais connaître aujourd’hui.
- Garriel Bertrand, membre du Conseil.
- p.547 - vue 547/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUHAG. POUR l’iNDUSTBIE NATIONALE. — JUIN 1024.
- ÉTUDE DES VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES
- I. — Appareil de mesure. — Le Bulletin de *la Société d’Encourage-ment de mars 1922 (p. 177), dans un article sur ce même sujet, montre que, dans les vibrations, l’élément nocif pour les constructions et gênant pour nos sens est Vaccélération et il décrit un appareil destiné à la mesure des accélérations de l’ordre de celles qu’on observe dans les édifices.
- Rappelons seulement le principe de l’accéléromètre pour vibrations
- horizontales : la masse AI d’un pendule composé (fîg. 1) s’appuie sur un obstacle ou heurtoir H relié rigidement au sol; lorsque l’appareil est de niveau, la masse AI ne fait que toucher l’obstacle; un téléphone avertit du moment où cesse le contact; on peut graduer la pression exercée par le pendule sur le heurtoir en posant sur le bras B des cavaliers tarés. Pour qu’une accélération horizontale j puisse séparer le pendule du heurtoir, il faut qu’elle développe dans la masse AI une force Al/ dont le couple Al/D soit au moins égal au couple mgd qui appuie le pendule sur l’obstacle. A la limite AI/'D = mgd, ce qui permet de calculer j.
- Réglage de la position du heurtoir au centre de percussion. — Le point II où se fait le contact pendule-heurtoir est a 193,5 mm de 1 axe de suspension de l’un de mes accéléromètres. La formule du pendule indique, pour cette longueur, 08 oscillations par minute. Nous réglons le poids et la forme du
- (1) Travail subventionné par la Société d'Encouragement.
- p.548 - vue 548/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VEHICULES. 549
- pendule pour réaliser ce nombre d’oscillations et ainsi le pendule heurtera l’obstacle par son centre de percussion.
- O
- <r
- Ji
- T K'
- f 33^r.
- Graduation du bras B. — A quelle distance X faut-il placer un cavalier de 1 g sur le bras B pour que Paccéléromètre mesure une accélération de 1 cm : s2? La masse totale de l’un de mes pendules, par exemple, est appliquée (fig. 2) en son centre de gravité à 153,5 mm au-dessous de l’axe de suspension. Mais la masse M est virtuelle puisque nous avons un pendule composé; il faut donc en déterminer la valeur. Pour cela, nous décomposons la masse totale 641 g-masse en deux composantes, l’une appliquée à l’axe de suspension et l’autre au centre de percussion ; c’est cette dernière qui donne la valeur de la masse M —508 g-masse.
- Dans la formule : M/D = mgd, faisons : M = 508 ;
- / =10; D = 193,5; m= 1; # = 9.810; rf = X; nous aurons :
- 508 x 10 x 193,5 = 1 X 9.810 X X
- d’où :
- X = 100,2 mm.
- y 'J' >.
- Fig. 2.
- Une règle graduée en millimètres peut donc être adoptée comme graduation pour le bras B.
- Evidemment, le nombre à peu près exact ci-dessus 100,2 n’est pas l’effet du hasard, mais bien le résultat de tâtonnements qui ont précédé la construction du pendule.
- Niveau. — Au lieu de poser les poids sur le bras B pour appuyer le pendule contre l’obstacle, on peut incliner l’appareil d’un angle i; alors, la composante horizontale de la masse M, qui a pour valeur M# sin i s’exerce contre le heurtoir à l’encontre de la force horizontale Mj résultant des vibrations du sol et l’on a :
- Mj — Ugsini c’est-à-dire j = gs\ni.
- Soit maintenant y le déplacement de la bulle du niveau de 30 m de rayon; pour i= 1°, on a :
- sin 1° = 0,017 = y/30 c’est-à-dire y = 0,51m.
- Cela veut dire que le déplacement de la bulle de 0,51 m mesurerait une accélération de 0,017 x 9,81 —0,17 m : s2. Donc, un déplacement de la bulle de 1 mm mesurera une accélération de 3 mm : s2. Nous connaissons donc l’erreur probable due au fait d’un nivellement imparfait.
- p.549 - vue 549/899
-
-
-
- 550
- VIBRATIONS PRODUITES PAR LES VÉHICULES. — JUIN 1924.
- II. __ Méthode employée. — L’accéléromètre que nous avons réalisé
- pour la mesure d’accélérations ne dépassant guère 0,50 m : s2 nous indique seulement si une accélération donnée dépasse ou non celle pour laquelle l’appareil est réglé, de môme qu’une balance indique seulement si un poids donné est ou non supérieur à tels poids gradués mis dans l’autre plateau. Si la vibration n’est pas assez intense, l’appareil reste immobile. Si la vibration a une accélération qui atteint ou dépasse peu celle pour laquelle l’appareil est réglé, on entend au téléphone un contact unique d’autant plus faible que l’accélération donnée est plus voisine de celle de l’appareil. Enfin, si
- l’accélération à mesurer dépasse de beaucoup celle de l’appareil, on entend, en général, plusieurs contacts successifs, surtout pour les vibrations irrégulières dues aux passages des véhicules. Soit, par exemple, une vibration dont les accélérations sont représentées par le diagramme de la figure 3 : si l’appareil est réglé pour une valeur A de l’accélération, le téléphone se fera entendre au temps correspondant aux abscisses ab et cd.
- Lapremièreméthodequi vientà l’esprit consiste à régler l’appareil par tâtonnements pour n’entendre à chaque passage de véhicule qu’un ou deux contacts, c’est-à-dire, à s’efforcer de déterminer la valeur maximum de l’accélération.
- Nous verrons bientôt les inconvénients de cette méthode.
- C<?/ïl/uZ^
- III. — Généralités sur les vibrations produites par les véhicules. — Quand on entreprend la mesure de ces accélérations, on est de suite frappé par l’irrégularité déconcertante des résultats obtenus. On s’explique qu’il en soit ainsi parce que les trépidations sont fonctions de beaucoup de variables parmi lesquelles on peut énumérer :
- 1° la position de l’accéléromètre dans l’édifice du fait de son support immédiat qui peut être : un marbre de cheminée, une table, un carrelage, un plancher en bois, etc. ;
- 2° l’étage auquel se font les mesures;
- 3° la distance horizontale des accéléromètres à la rue;
- 4° la nature des constructions : pierre de taille, brique, béton armé, pan de fer ou de bois, etc.
- 5° la nature du terrain sur lequel est bâti l’édifice;
- 6° la nature ou l’état de la chaussée ou des rails;
- 7° la suspension des véhicules ;
- 8° la nature et l’état des bandages des véhicules;
- p.550 - vue 550/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES EDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES. 551
- 9° leur poids ;
- 10° leur vitesse ;
- 11° Y orientation et l’inclinaison de l’accéléromètre. Mais disons que nous ne prendrons pas cette variable en considération : l’expérience montre que les accélérations verticales dues à la circulation des véhicules sont à peu près de même ordre que celles des vibrations horizontales, quelle que soit l’orientation de ces dernières.
- Cette recherche minutieuse n’aurait donc guère d’intérêt pratique immédiat. D’ailleurs, dans l’accéléromètre pour vibrations verticales, le ressort demande un réglage délicat et d’autant plus difficile que l’on n’a pas le secours du niveau, comme pour les vibrations horizontales; aussi avons-nous borné nos études à ces dernières.
- Pour étudier l’influence de chacun des facteurs précités, il faut faire en sorte de ne faire varier qu’un seul élément à la fois, les autres restant constants. Mais l’énoncé seul de ce principe ne laisse subsister dans la catégorie des véhicules que les seuls tramways qui sont forcés de suivre leurs rails, tandis que les autres diffèrent toujours par les points de la chaussée sur lesquels passent les roues, ce qui a une importance énorme, comme va nous le montrer l’expérience.
- IV. — Etude des tramways. — Si la voie n’est pas très mauvaise et surtout avec les rails soudés bout à bout, les trépidations produites restent inférieures à la limite à partir de laquelle elles pourraient être dites dangereuses pour les constructions ou même simplement gênantes pour les habitants des maisons riveraines.
- Sans encore citer de chiffres, ce que nous ferons plus loin, nous ferons les observations suivantes :
- a) Deux accéléromètres placés côte à côte ne donneront pour ainsi dire jamais d’indications absolument simultanées : il faut pour cela un choc violent comme celui d’un mauvais joint de rails. Bien plus, il arrive que l’un d’eux reste immobile au passage d’une voiture et qu’au passage suivant c’est l’autre qui reste immobile. Deux accéléromètres au 5e étage, à 16 m l’un de l’autre, équidistants du mur de façade, donnent des indications qui offrent encore une certaine simultanéité : c’est quelquefois le plus éloigné qui marche le premier au passage d’un véhicule.
- b) L’influence de l’étage n’est pas telle qu’on pourrait le supposer, probablement parce que la mobilité des étages supérieurs compense l’éloignement de la source des vibrations.
- Des deux remarques précédentes, il faut conclure que la position d’un accéléromètre dans un appartement de surface ordinaire est indifférente au Tome 136. — Juin 1924. 38
- p.551 - vue 551/899
-
-
-
- 552
- VIBRATIONS PRODUITES PAR LES VÉHICULES. — JUIN 1924.
- point de vue de la distance à la source des vibrations, entre les accéléro-mètres et les véhicules.
- c) A cause de l’irrégularité des mesures, il faut prendre des moyennes sur au moins dix passages successifs pour avoir des chiffres sur lesquels on puisse compter.
- d) Il est indispensable de voir les voitures en même temps qu’on fait les mesures, sinon il pourrait arriver qu’on compte comme un passage unique le croisement de deux tramways marchant en sens inverse, ce qui fausserait les résultats.
- e) Au sujet du support immédiat de l’accéléromètre, nous observons que moins le support est rigide, plus l’appareil indique une accélération élevée pour une vibration donnée. On peut comparer le support à un fouet, qui est aussi un transmetteur d’accélérations; la main qui manœuvre le manche a des accélérations bien inférieures à celle de la mèche au moment où claque Je fouet : de même une table vibrera d’autant plus qu’elle est moins rigide. Aussi, pour pouvoir comparer les mesures faites dans un appartement avec celles faites dans un autre, faut-il s’efforcer de placer les appareils aux points où les accélérations ont une valeur minimum, c’est-à-dire sur un point rigide aussi bien lié que possible aux gros murs. Dans cet ordre d’idées, un marbre de cheminée est un bon support si son scellement est irréprochable, ce dont il faut s’assurer.
- V. — Etude d’une route macadamisée. — Le tableau I est un résumé de mesures prises à 12 m de l’axe d’une route de 4 m de largeur utile, les accéléromètres étant posés sur le sol entièrement cimenté d’un vaste atelier de 20 m de largeur entièrement désert, longeant la rue.
- Les accélérations y sont portées en ordonnées; en guise d’abscisses figurent, sur trois colonnes, les véhicules sur lesquels ont porté les mesures. On voit, par la place qu’elle occupe, que la charrette portant trois futailles a produit une accélération de plus de 45 mm : s2 ; que la carriole dans laquelle un cultivateur transportait un veau a produit une accélération comprise entre 35 et 45 mm : s2, etc.
- Dans la première colonne sont classées les charrettes, voitures non suspendues, de poids moyen, de vitesse uniforme, celle du cheval au pas; elles ont exactement la forme indiquée au mot « charrette » dans le Larousse illustré.
- Dans la seconde colonne, figurent les camions automobiles, voitures suspendues, roulant sur bandages pleins en état variable, de poids lourds, de vitesse uniforme, environ 15 km : h.
- Enfin, la troisième colonne contient les véhicules divers; en particulier
- p.552 - vue 552/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES. 553
- les carrioles, voitures très légères, mal ou non suspendues, allant souvent au trot : celles qui allaient au pas n’ont pas marqué aux accéléromètres. La voiture chargée de fers profilés est composée d’un avant-train et d’un arrière-train, tous deux réunis par les fers eux-mêmes. Ces fers sont analogues à des ressorts car ils fléchissent à chaque cahot et, si la voiture n’est pas suspendue, sa charge est si élastique qu’elle passe sans influencer les appareils, malgré son poids.
- La route macadamisée, en mauvais état, présente des irrégularités bien nettes : dès qu’une roue les franchit, il y a production d’une accélération d’autant plus accentuée que la voiture pèse davantage, qu’elle est plus mal suspendue et plus rapide. Ainsi, une carriole produit une accélération de même ordre que celle due à un camion dix fois plus lourd et deux fois plus rapide, mais mieux suspendu.
- Il faut conclure que le poids des véhicules n’a que peu d’influence à côté de leur vitesse, que la suspension a une influence encore plus grande que la vitesse, mais que ces deux facteurs disparaissent à côté de l’état de la chaussée dont l’influence est prépondérante.
- VI. — Exposé d’une autre méthode. — Possédant des accéléromètres à maxima, il était naturel de commencer par régler nos appareils pour déterminer l’accélération maximum due au passage de tel véhicule. Cette méthode est très fastidieuse car, plus on règle l’appareil pour une accélération élevée et moins souvent il donne signe de vie; de sorte qu’on passe son temps à soulever le cavalier pour s’assurer du bon fonctionnement de l’accéléromètre. De plus, le nombre restreint des résultats rend leur interprétation d’autant plus difficile.
- Frappé par l’irrégularité des résultats, nous avons pensé à prendre des moyennes, par exemple, sur dix passages d’un même véhicule. Mais, si l’on se reporte à la colonne des charrettes du tableau précédent, on voit l’incertitude des moyennes sur des grandeurs aussi variables.
- Une méthode plus pratique consiste à régler les appareils pour des accélérations modérées et à déterminer, à chaque passage, le temps T pendant lequel les appareils se font entendre pour une accélération donnée A. L’avantage immédiat de cette méthode est une meilleure utilisation du temps employé aux mesures : les résultats étant plus nombreux, les conclusions seront plus faciles à établir.
- Nous pouvons nous proposer de former l’enveloppe des courbes ayant pour abscisses les temps T et pour ordonnées les accélérations A que nous appellerons courbe AT. Chacune des mesures nous donnera deux points de la courbe (fig. 4). Mais nous n’aurons pas le droit de porter dans une courbe
- p.553 - vue 553/899
-
-
-
- 554
- VIBRATIONS PRODUITES PAR LES VEHICULES. — JUIN 1924.
- donnée les résultats des mesures prises à un second passage d’une même voiture parce que les roues ne suivront pas exactement le même parcours que la première lois. Pour nous permettre de le faire, il faut, ou bien opérer par moyennes, ou mieux s’assurer auparavant que la chaussée est bien semblable à elle-même dans toute sa largeur, ou bien pouvoir diviser la chaussée en secteurs dans lesquels son état reste identique à lui-même.
- Si l’on pouvait déterminer l’allure générale d’une courhe AT pour un véhicule donné, il serait possible de réduire de beaucoup le nombre des mesures à prendre pour la détermination de nouvelles courbes.
- VII. — Application de cette méthode aux véhicules circulant dans l’avenue Niel, pavée en bois. — J’observe que les rails des tramways divisent la chaussée en trois secteurs : le secteur central M, entre les rails, qui est en excellent état puisqu’il fut remis à neuf dans le courant de l’été 192-1 ; le secteur A, situé au delà des rails, parcouru par les véhicules se dirigeant vers le nord, qui est en mauvais état; enfin le secteur S des véhicules allant au sud, le plus rapproché des accéléromètres, qui est en assez bon état. Je fais l’hypothèse que dans chacun de ces secteurs l’état de la chaussée est uniforme.
- Ayant réglé les deux accéléromètres chacun pour une valeur particulière de l’accélération, je commence à compter sur une montre à secondes le moment où je commence à percevoir les indications du premier accéléro-mètre, réglé pour l’accélération la plus faible, puis, celui où je perçois les deux accéléromètres, puis la cessation du second, enfin, la cessation du premier. Chaque passage me donne ainsi quatre points de la courbe. Généralement, je puis aisément noter ces temps et même, de plus, celui où le véhicule passe exactement en face des appareils. Malheureusement, tandis que j’ai les yeux fixés sur la montre, je ne puis surveiller le chemin suivi par les autobus et il arrive souvent que les conducteurs allant vers le nord appuient à leur gauche pour faire passer au moins deux des roues de leur
- p.554 - vue 554/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES. 555
- voiture sur le secteur central M, soit pour éviter les autos en station le long1 du trottoir, soit pour soustraire leur voiture aux cahots du secteur N. Aussi, l’aide d’un observateur devient-elle indispensable.
- Les véhicules considérés sont les autobus de la ligne U qui seront désignés par les lettres UN ou US selon qu’il s’agit de voitures se dirigeant vers le nord ou vers le sud, et les tramways de la ligne n° 92 qui seront désignés par les lettres TN ou TS, bien que, dans ce cas, il soit bien moins intéressant de faire une distinction entre les voitures allant soit au nord, soit au sud.
- Les tableaux II donnent des exemples de mesures. Les indications des accéléromètres y sont marquées sans exception, c’est-à-dire que le tableau donne l’explication de toutes les indications entendues au téléphone des accéléromètres; en revanche, quelques autobus US ont pu passer inaperçus, car nous constatons que le nombre de mesures leur afférant est inférieur à celui des autobus UN, ce qui est improbable. De même, nous n’avons pas noté les innombrables voitures automobiles ou hippomobiles qui ont passé sans agir sur les appareils.
- Parmi les autobus UN, quelques-uns ont donné lieu à des accélérations faibles parce qu’ils ont emprunté totalement ou partiellement le secteur central M. Pour pouvoir tracer une courbe AT (lig. 4) il faut deux observateurs et ne tenir compte que des voitures qui ne quittent pas le secteur N : c’est très difficile car il ne passe que six ou sept voitures par heure et quelquefois deux d’entre elles se suivent de trop près pour une observation utile ou bien des autos en stationnement obligent l’autobus à emprunter le secteur M.
- On peut tirer de ces mesures les conclusions suivantes :
- a) Les autobus US produisent des trépidations qui ne peuvent pas, en général, être dites gênantes, bien que ces voitures soient identiques aux autobus UN.
- b) Les autobus UN au contraire produisent généralement des trépidations excessives, bien que le secteur N qu’ils parcourent soit le plus éloigné des accéléromètres.
- c) Quelques voitures hippomobiles, bien que légères et lentes, produisent des trépidations de même ordre que celles provenant des voitures de transport en commun; nous retrouvons même une carriole assez gênante.
- d) Au contraire, les voitures automobiles innombrables qui se sont succédé pendant la longue durée des mesures n’ont jamais influencé les appareils.
- VIII. — Étude d’une chaussée asphaltée (rue Laugier). — Nous avons observé des accélérations de 5 mm : s2 durant 12 secondes au maximum au
- p.555 - vue 555/899
-
-
-
- 556
- VIBRATIONS PRODUITES PAR LES VEHICULES. — JUIN 1924.
- passage des autobus de la ligne U, les mêmes que ci-dessus. Les trépidations sont donc très acceptables.
- TABLEAU I
- ACCÉLÉRA- TIONS (mm : s2) CHARRETTES POIDS MORT : ENVIRON 750 KG CAMIONS AUTOMOBILES POIDS MORT : 3.000 à 4.000 kg. CARRIOLES POIDS MORT I MAX. 400 KG
- 1 charrette 1.800 kg portant 3 futailles.
- 45 1 charrette 1.800 kg.
- 1 camion chargé. 1 carriole vide au trot.
- 1 camion vide. 1 cause inconnue.
- 1 camion vide. 1 carriole au trot.
- 40 2 charrettes se suivant. 1 camion vide. 1 carriole au trot transportant
- un veau.
- 35 1 carriole au trot.
- 1 charrette 1.800 kg. 2 charrettes.
- 30
- 2 charrettes. 3 charrettes (charbon). 2 charrettes vides. 2 charrettes. 2 charrettes. 1 camion vide. 1 cause inconnue.
- 1 charrette vide. 1 camion 3.600 kg. 1 carriole vide.
- 3 charrettes vides. 1 camion 3.000 kg. 1 carriole au trot avec deux
- 1 charrette 2.000 kg. 1 camion vide. personnes.
- 20 1 charrette de foin 600 kg 1 camion 3.500 kg.
- 15 environ. t camion 3.600 kg.
- 2 charrettes chargées. 1 camion 5.000 kg. 1 carriole vide.
- 1 charrette 1.200 kg. 1 camion 3.000 kg. 1 carriole vide.
- 1 charrette de fumier. 1 camion 3.500 kg. Des autos.
- 10 1 charrette de betteraves. Des omnibus automobiles.
- 1 charrette de betteraves. 1 voiture chargée de fers pro-
- filés.
- 5
- 0
- p.556 - vue 556/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES. 557
- TABLEAU II. — Nombre de secondes pendant lesquelles les accéléromètres ont été entendus pour les valeurs A (mm : s2) de Vaccélération, au passage des véhicules désignés en marge :
- A = 5 A = 10 A = 15 A = 2( A = 3C A = 40
- lü Aü REZ-DE-CHAUSSÉ E, 15, AVENUE Niel :
- T. N 0,0, 0,0, 0,2,
- 1, 1, 6, 0.
- T. S 0,0, 0,0, 0,0,
- 0, 0, 4, 0.
- U. N 6, 16, 16. 8, 1, 10.
- U. S 0, 0, 2, 0.
- Camion vide N (allant au nord) 2 chariots à 4 roues au 15.
- trot 10.
- Voit, déménag. vide au
- trot 40.
- Camion 6.
- 2° A L’ENTRESOL, 17, AVENUE NlEL :
- T. N 3, 3, 4, 4,0,0,1,0,0,
- 2, 1, 1, 4, 0, 0.
- T. S . 0,0, 0,4, 0,2, 5,1,0,
- 1, 3, 1, 0, 0,2, 0, 2.
- U. N 0, 25, 4, 15, 10, 12,
- 12, 13, 16, 22, 12.
- U. S 2, 0, 10, 0, 3, 0, 5, 3,
- 6, 0, 8.
- 3° AU CINQUIÈME ÉTAGE, 17, AVENUE Niel :
- T. N 0,2, 5, 6, 6, 7, 6, 0,0, 2,1,0,0, 0,0, 1.1. 0,1,
- 0, 0. 0, 0, 5, 4, 0, 0, 1, 5, 0, 0, 1, 1,1,0,0,
- 2, 2, 2,0, 0,0, 0,0, 1, 1, 0, 0, 0, 0,0,0,0,
- 0, 0. 0, 0, 1, 1,0. 0,0,0,0.
- T. S 0, 1, 1, 14, 10, 10, 3, 0,0,1,0,0,1, 1,1,0,0,
- 8, 7,8, 1,1,0, 0, 0, 0, 0, 2, 0, 0 0,0,0,0,
- 0, 0,0,0, 0, 0,2, 0, 0, 1, 0, 5, 0. 0,0,0,0.
- 0, 0,0,0, 0,0, 0,0, 6,0,0, 6, 4, 2,0. 0. 0, 0.
- U. N 20, 29,30,28,20,22, 10, 6, 7, 14, 0, 15, 12, 14, 0, 8,4,3, 1,0,4.
- 26, 10, 17, 12, 16, 12, 12, 20,0, 9,6,6,8, 0, 4, 8. 2, 2,
- 17, 14, 18, 19, 13, 14, 18, 10, 15, 20, 10, 12, 16, 23, 15, 16. 12, 14, 20. 10. 6, 5. 0.
- U. S 8, 11, 12, 11, 14, 15, 5, 7, 4, 1, 0, 0, 0,2,0, 5, 5. 0, 0. 0, 0.
- 3,6,10,0,0,8,1,0, 7, 6, 6, 8, 5, 5, 0, 0, 4, 10, 4, 7. 2, 0, 5, 4. 0.
- Camions vides 10, 8.
- Camions chargés.... 20, 15.
- Fardier 32.
- Fourgon militaire . . . 20.
- Carriole hippom Voit, hippom. du Bon 10.
- Marché 2
- Voit, livraison hippom.N. 6, 6, 2.
- — — S. 20.
- Camion à vapeur lourd
- et lent 2.
- p.557 - vue 557/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES PAR LES VÉHICULES. — JUIN 1924.
- 558
- IX. — Étude d’une chaussée pavée en grès (rue de Rome). — Les accélérations mesurées sont comparables à celles observées près de la chaussée pavée en bois; on trouve un peu plus de durée pour les accélérations faibles (5 à 10 mm : s2) et un peu moins pour les accélérations supérieures.
- X. — Observations générales. — Nous avons fait nos observations dans le courant de la journée, alors que la circulation est intense; le soir et le matin, quand le gros trafic n’existe pas, les autobus ayant toute la largeur des rues pour eux seuls peuvent se permettre de faire de la vitesse et nous constatons souvent des trépidations intenses que nous sommes au regret de ne pouvoir mesurer : il faudrait un hasard extraordinaire pour y parvenir, car lorsqu’on en constate, il faudrait le temps de se précipiter à la fenêtre pour noter le véhicule coupable : ceci serait possible à la rigueur, mais on n’aurait plus ensuite le temps de faire les mesures.
- Un accéléromètre à pendules multiples qui donnerait à chaque passage une courbe AT complète et précise serait d’un grand secours. On se placerait en observation près de la rue pour voir arriver les véhicules intéressants et, dès qu’on le jugerait utile, on mettrait en route l’appareil enregistreur qui pourrait, lui, être éloigné de la rue. Le papier devrait se dérouler assez vite pour donner une courbe bien lisible. Il ne faudrait pas songer à laisser le papier se dérouler continuellement, car la rue est parcourue par de nombreux véhicules dont il importe de séparer les trépidations : pour tirer des conclusions utiles, il faut pouvoir attribuer une cause à chacune des indications de l’appareil. L’emploi d’un déroulement lent, qu’on abandonnerait à lui-même ne pourrait donner que le degré moyen d’agitation de la rue : son seul avantage serait de fixer sur l’intensité maximum des trépidations imprévues dont je parlais plus haut et encore, n’aurait-on aucune donnée sur l’identité du véhicule.
- Vibrations aériennes. — Nous observons souvent des vibrations purement aériennes qui font vibrer les vitres bruyamment sans agir, naturellement, sur l’accéléromètre. Elles sont causées par les moteurs d’automobiles dont les pistons font entrer l’air en vibration.
- Ce qui le prouve c’est que cet inconvénient provient souvent de voitures en stationnement. Du reste, la chose peut être rendue évidente de la façon suivante : on choisit une pièce avec fenêtre sur la rue et porte vitrée (ou, du moins, très mobile) donnant dans l’intérieur de l’appartement. Les vibrations aériennes du moteur, passant par la fenêtre ouverte, font vibrer la porte; si l’on ferme doucement la fenêtre, on constate que la porte cesse son mouvement avant la fermeture complète de la fenêtre. Enfin on peut les percevoir dans la main qui tient ouvert un parapluie mouillé.
- p.558 - vue 558/899
-
-
-
- VIBRATIONS PRODUITES DANS LES ÉDIFICES PAR LA CIRCULATION DES VÉHICULES. 559
- XI. — ( Conclusions générales. — De ce qu’un autobus est gênant selon qu’il passe d’un côté ou de l’autre dans la rue, c’est-à-dire selon qu’il roule sur une chaussée en bon ou en mauvais état, nous pouvons conclure d’une façon certaine que le facteur le plus important, à beaucoup près, est l’état de la chaussée. Les véhicules produisent dans les maisons riveraines des trépidations dont l’intensité est pour ainsi dire une anamorphose du profil de la chaussée.
- En sorte que le remède sûr à apporter aux inconvénients des trépidations produites par la circulation des véhicules dans les rues, consiste dans l’amélioration des rails ou des chaussées.
- D’ailleurs, comme les autobus sont les véhicules les plus gênants, tant par leur fréquence que par l’intensité de leurs trépidations, on pourrait faire disparaître tous les inconvénients provenant de leur fait en les obligeant à rouler sur des bandages pneumatiques. Ils détérioreraient moins les chaussées et le roulement des autres véhicules en serait amélioré.
- Paul Prache,
- Ingénieur clés Arts et Manufactures.
- p.559 - vue 559/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAO. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — JUIN 1924.
- LOCOMOTIVE A TROIS CYLINDRES DU LEHIGH VALLEY RAILROAD
- L’American Locomotive Company Auent de construire, pour le Lehigh Valley Railroad, une locomotive (n° 5000) à trois cylindres égaux, non com-pound, que représente la figure 1 ci-jointe, accompagnée du tableau des dimensions principales.
- A diverses époques, des locomotives à trois cylindres, compound et à simple expansion, ont été mises en service ; notamment, aux Etats-Unis, des locomotives de ce genre ont circulé sur l’Erie and Wyoming Valley Railroad, pendant les années 1890 à 1900. Les fractures d’essieux coudés, organe peu employé jusqu’alors aux Etats-Unis, firent transformer ces machines, ramenées à deux cylindres.
- Depuis quelques années, de nouveaux types de ce genre ont reparu (1). Cette disposition permet de réduire le diamètre des cylindres, qui atteint presque 800 mm dans certaines locomotives américaines ; elle a surtout le mérite, les trois manivelles étant calées à 120° l’une de l’autre, de rapprocher de l’uniformité le moment moteur pendant un tour, ce qui diminue, à la mise en marche, le risque de patinage.
- Avec deux cylindres, et une très longue admission de vapeur, le maximum du moment moteur dépasse de plus d’un dixième la moyenne; avec trois cylindres, l’excès n’est que d’un vingtième.
- Le tiroir du cylindre central est commandé par les tiges des deux tiroirs extérieurs, au moyen de leviers de renvoi dont la figure 2 indique la disposition. Cette disposition s’explique par la formule trigonométrique
- quel que soit a.
- En effet, les mécanismes de commande, pour chaque position du relevage, sont assimilables à un excentrique fictif, qui donnerait à peu près le
- (1) Voir dans l’Engineering du 25 avril 1924, p. 536, la description de la machine du London and North Eastern Railway.
- p.560 - vue 560/899
-
-
-
- LOCOMOTIVE A TROIS CYLINDRES DU LEIIIGH VALLEY RAILROAD
- 561
- Écartement des rails. 1.435 mm
- Cylindres :
- Diamètre .... 635 —
- Course........... 712 —
- Diamètre des roues
- motrices......... 1.752 —
- Chaudière :
- Diamètre intérieur. 2.095 —
- Pression......... 14kg: cm
- Foyer :
- Longueur........... 3.200 mm
- Largeur............ 2.445 —
- Tubes :
- Longueur........... 6.400 —
- Diamètres : 230 de. 57 —
- 50 de. 140 —
- Écartement des essieux :
- Moteurs............ 5.500 —
- Locomotive.... 12.550 —
- Locomotive et ten-
- der............. 23.900 —
- Poids en service :
- Roues porteuses . 55.500 kg
- Roues motrices. . 111.500 —
- Total (locomotive). 167.000 —
- Tender............ 91.000 —
- Surface de chauffe :
- Foyer.............. 31,90 ms
- Tubes à fumée . . 397 —
- Tubes support de
- voûte............. 4,10 —
- Totale........... 433 —
- Surchauffeur . . . 118,60 —
- Surface de grille . . 7,72 —
- Effort maximum de
- traction.......... 29.300 kg.
- Coefficient d’adhérence ................. 3,81
- Capacité du tender :
- Eau . 40 m3
- Combustible . . . 13.500 kg
- Locomotive à 3 cylindres égaux du Lehigh Valley Railroad.
- p.561 - vue 561/899
-
-
-
- 502
- LOCOMOTIVE AMERICAINE A TROIS CYLINDRES.
- JUIN 1024.
- même mouvement au tiroir. Avec le calage symétrique des trois manivelles motrices, les trois excentriques fictifs seraient orientés également à 120° l’un de l’autre (fig. 2).
- L’écart d’un tiroir, à partir de sa position moyenne, est à très peu près égal à la projection du rayon OT, OT cosa, a étant l’angle de la rotation
- à partir d’un point mort. Les écarts correspondants des trois tiroirs seront donc
- ( >T cos a, OT cos( a -j- -g-
- O—
- 4-
- 01 cos( 'J- —|—
- La combinaison de leviers de la figure 3 réalise bien l’écart voulu pour le tiroir central : supposons qu’on déplace successivement, à partir de leur position moyenne, les deux tiroirs extérieurs; le déplacement x de l’extrémité A du premier levier, à articulation fixe en B, donne à son autre extrémité un
- déplacement ^ en sens contraire; l’extrémité 1) du second levier étant supposée immobile, son autre extrémité, E, double le déplacement du milieu, C, de sorte que L se meut comme A, mais en sens contraire. D’autre part,
- le déplacement x' du point D donne en outre à E un déplacement égal et contraire, qui s’ajoute au précédent. L’écart de E sera donc égal à
- iT^cosa -f cos^a T,”
- -fe-
- Or
- c’est-à-dire à OT cos(a-f-
- 3
- 5000,
- -éA
- Avant de construire la locomotive n° objet de la présente description, l’American Locomotive Company fit un premier essai, en 1922, sur une machine d’un lot destiné au New \rork Central Railroad. Les autres machines du lot avaient deux cylindres de 712 mm de diamètre, avec course également de 712 mm; les trois cylindres de la machine d’essai eurent un diamètre de 035 mm, avec course de 712. Cette machine d’essai reçut en outre un rechauffeur d’eau d’alimentation, un chargeur mécanique de combustible Elvin, et un booster ou démarreur.
- Fig. 3. — Commande du tiroir du cylindre médian :
- AB = 2 BC DC = CE
- p.562 - vue 562/899
-
-
-
- LOCOMOTIVE A TROIS CYLINDRES DU LEHIGH VALLEY RAILROAD. 563
- Le fonctionnement de cette machine ayant donné satisfaction, les constructeurs résolurent d’étudier une machine de ce genre complètement nouvelle. Les dimensions des cylindres etdes roues motrices restèrent les mêmes, mais le cylindre médian commanda directement le second essieu couplé, et les cylindres extérieurs le troisième essieu.
- Terminée en octobre 1923, cette locomotive fut mise en service sur une section à rampes de 4 mm par mètre, en parallèle avec des locomotives Mikado, remorquant des trains de 2.700 t. La charge de la nouvelle machine fut augmentée progressivement jusqu’à 4.000 t; avec cette charge, un parcours de 151 km fut effectué en 4 heures et demie, arrêts non compris.
- La machine fut ensuite essayée avec des trains moins lourds et plus rapides, sur une ligne de 233 km, avec longues rampes de 11 à 13 mm par mètre. Elle remorqua facilement des trains de 1.200 et même de 1.400 t; en palier, la vitesse atteignit plusieurs fois 96 km : h; bien qu’à quatre essieux couplés, cette machine a des roues de 1,752 m.
- Un compte rendu détaillé des essais, avec comparaison à des machines à deux cylindres, les profils des lignes, et de nombreux diagrammes d’indicateur, est déposé à la bibliothèque de la Société sous la cote Pé. 12841.
- Les nombres suivants sont extraits des tableaux d’essais :
- Charbon brûlé par mètre carré de grille et par heure, 320 à 350 kg;
- Eau vaporisée par kilogramme de charbon, 7,3 à 7,6 kg;
- Charbon brûlé par cheval-heure indiqué, 1,17 à 1,31 kg.
- Ces nombres s’appliquent à la dépense totale de vapeur, comprenant celle des appareils auxiliaires, tandis que les diagrammes d’indicateur sont relevés seulement sur les trois cylindres de la machine.
- Je dois ces renseignements à l’obligeance de M. Charles M. Muchnic,, ingénieur de l’American Locomotive Company, et je tiens à lui en exprimer mes sincères remerciements.
- Ed. Sauvage.
- p.563 - vue 563/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUIUG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — .JUIN 1924.
- LES COMMENTAIRES DE LA PRESSE ALLEMANDE AU SUJET DE LA PUBLICATION DU DOCUMENT CONFIDENTIEL DU GRAND ÉTAT-MAJOR ALLEMAND « DIE INDUSTRIE IM BESETZTEN FRANKREICH, 1916 »
- Au cours de la séance publique tenue par le Conseil de la Société d’Encou-ragement le 28 avril 11)23, AI. Henri Boulanger a fait une première communication sur Vouvrage secret établi par les soins et par ordre du Grand État-Major allemand : Die Industrie im besetzten Frankreich, 1916 ( 1 ).
- Une deuxième communication, sur le même sujet, fut faite par le même auteur, le 8 juin 1923, lors de la manifestation solennelle que notre Société avait organisée en 1923 pour célébrer le 122e anniversaire de sa fondation et le centenaire de sa déclaration d’utilité publique. En raison de la présence à cette manifestation de nombreux savants, techniciens et industriels étrangers, cette seconde communication devait avoir un retentissement plus grand que la première. Elle devait être suivie de la publication dans notre Bulletin, publication annoncée depuis longtemps, des principaux passages du document allemand et notamment des planches qui l’accompagnent. Cendant la préparation de ce travail, le gouvernement français hâtait la publication de la traduction intégrale, officielle, du document allemand. Cette traduction parut à la tin de février 1924, deux mois après le numéro triple de notre Bulletin (2), celui dans lequel était reproduite la communication de M. II. Boulanger accompagnée de documents annexes et de pièces justificatives. La traduction officielle lut adressée par les Pouvoirs publics à tous les journaux français; et ceux-ci ne manquèrent point de le signaler à leurs lecteurs en y ajoutant leurs propres commentaires.
- Cette publication a provoqué en Allemagne un accès de mauvaise humeur qui s’est traduite en des articles divers de la presse allemande.
- Il semble que tous ces articles aient eu pour origine une dépêche unique envoyée par un seul et même correspondant de Paris ou une seule
- (1) Voir le Bulletin de mai 192:1, page 387.
- (2) Voir le Bulletin de juillet-août-septembre 1923, pages 386 à 040.
- p.564 - vue 564/899
-
-
-
- LA PRESSE ALLEMANDE ET LA PUBLICATION DU DOCUMENT CONFIDENTIEL. 565
- et même agence d’informations, car presque tous les journaux allemands reproduisent en tête de leur article, sous des titres divers et plus ou moins tendancieux, un seul et même texte, celui de la dépêche, ou bien ce texte, modifié, allongé ou raccourci et plus ou moins commenté.
- M. Henri Boulanger a bien voulu communiquer à la Société d’Encoura-gement la traduction de ces divers articles. Nous en donnons ci-après des extraits les plus caractéristiques sans y rien ajouter. Quelques passages sont imprimés en italiques : ils ont été soulignés soit par le rédacteur, soit par M. Boulanger, soit par nous-mêmes.
- Vorwàrts (23 février 1924, n° 92, soir).
- La politique de la grande industrie.
- Ce que voulait l’industrie allemande. Ce que fait l’industrie française.
- Paris, 23 février (Eca). — Le Ministère des Affaires étrangères a publié hier un gros volume qui doit représenter un témoignage de la méthode impitoyable avec laquelle l’Allemagne s’est efforcée au cours de la guerre, de ruiner la France dans le domaine économique. L’ouvrage, dit la lettre d’envoi jointe par le Quai d’Orsay, constitue en même temps une réponse à la déclaration faite par Lüdendorff à un représentant du Gôteborg Tidning en 1922, et d’après laquelle toutes les destructions opérées dans le Nord de la France n’auraient été entreprises que pour des nécessités militaires. L’ouvrage en question ne serait que la traduction littérale d’un mémoire élaboré en 1916, à Lille, sur l’ordre du G. Q. G. par 200 industriels allemands, sous le titre : L’industrie en France occupée. Ce travail confidentiel n’aurait été imprimé qu’à un petit nombre d’exemplaires et un exemplaire serait tombé par hasard entre les mains des autorités françaises au cours de la retraite allemande. Chaque branche de l’industrie française y ferait l’objet d’une enquête minutieuse, décrivant les dommages constatés et supputant les profits que l’industrie allemande correspondante pourrait actuellement retirer de la destruction de l’industrie française. Ce livre montrerait clairement que l’armée allemande ne devait former qu’un simple rideau protecteur, à l’abri duquel on procéderait au pillage et à la destruction économique d’un concurrent dangereux. La guerre économique aurait été l’opération principale; elle aurait conditionné les opérations militaires. Ce livre, conclut le communiqué officiel, porte une accusation terrible contre ses auteurs, et sa lecture fournit la preuve que l’Allemagne voulait
- p.565 - vue 565/899
-
-
-
- COMMENTAIRES UE LA PRESSE ALLEMANDE. — JUIN 1924.
- 5(>(>
- annexer le Nord de la France, afin de taire une plus âpre concurrence à l’industrie de l’Angleterre.
- Si le mémoire confidentiel de l’industrie allemande, publié par le Ministère français des Affaires étrangères est authentique, son contenu ne ferait que confirmer l’opinion répandue largement dans le peuple allemand, que les industriels allemands, sous la conduite de la grande métallurgie, et alliés à Liidendorff, ont pratiqué une politique néfaste, qui a contribué dans une large mesure à l’effondrement de l’Allemagne.
- Les pétitions annexionnistes des associations économiques allemandes pendant la guerre, procédaient des mêmes raisonnements que le mémoire publié aujourd’hui. Dans cette mesure, le contenu de ce mémoire n'est ni une nouveauté ni une chose -particulièrement surprenante. Il est vrai que ce mémoire fournit au gouvernement français un bon moyen de propagande pour justifier la politique irréconciliable de la France et surtout sa politique de la Ruhr. Il faut toutefois espérer que le peuple français ne se laissera pas troubler par de semblables méthodes d’agitation, l’attitude de la grande industrie française, avant et pendant l’occupation de la Ruhr, ayant fourni la preuve que les grands industriels français ne valent pas plus cher que leurs concurrents allemands. Cette constatation ne diminue en rien la responsabilité de la grande industrie allemande devant le peuple allemand. Elle est faite plutôt pour favoriser la conviction que le seul moyen de sortir de la misère actuelle est la lutte commune et internationale des classes populaires exploitées, contre les puissants capitalistes.
- Berlhier Lokolanzeif/er (24 février 1924, n1’ 94).
- Propagande mensongère de la France ai; sujet de l’industrie.
- Un mémoire du temps de guerre. Un faux?
- On nous écrit de source allemande très bien informée :
- Quand le Quai d’Orsay entreprend une offensive contre l’Allemagne, il peut toujours compter sur l’appui des marxistes allemands. Il n’est donc plus étonnant de voir le Vorwarts saluer en première page, en tête du journal, un gros volume que le Ministère français des Affaires étrangères vient de publier pour démontrer que l’Allemagne a voulu systématiquement ruiner l’industrie française. Le Vorieürls dit que les affirmations du Quai d’Orsay ne font que confirmer l’opinion très répandue au sujet de la politique néfaste pratiquée par les industriels allemands sous la conduite de la grosse métallurgie et d’accord avec Liidendorff; ces révélations, ajoute-t-il, ne sont ni nouvelles, ni particulièrement surprenantes. Hélas! non, la seule chose qui ne soit ni nouvelle, ni particulièrement surprenante, c’est l’attitude frisant la haute trahison que prend le Vor/vnrts à l’égard des racontars mensongers français,
- p.566 - vue 566/899
-
-
-
- LA PRESSE ALLEMANDE ET LA PUBLICATION DU DOCUMENT CONFIDENTIEL. 567
- parce que ces racontars le servent dans sa politique intérieure. En réalité, ni l’industrie allemande, ni la Direction suprême de la guerre n’ont, bien entendu, conçu les plans insensés que les stipendiés de Poincaré lui attribuent, et dont ils font croire l’existence aux imbéciles.
- Peut-être quelqu’un se souviendra-t-il que pendant la guerre nous avons vécu sous un régime de blocus, non seulement de famine mais aussi de matières premières, qui nous faisait une obligation impérieuse de saisir et d’utiliser tout ce qui était nécessaire à la marche de notre vie économique et à la continuation de la guerre, non seulement en Allemagne mais encore dans les régions occupées. Naturellement, cela a été aussi le cas dans le Nord de la France et, pour réunir des éléments d’appréciation servant de base à cette opération, il a été procédé à une vaste enquête, rigoureusement exacte, sur la situation des industries en France occupée. Cette enquête était placée sous la direction du conseiller intime Dr Rose, actuellement député du parti populiste de Landtag. Elle a déterminé exactement les dommages subis par l'industrie française du Nord de la France par suite des faits de guerre afin que l’on pût se rendre compte, d’après ces éléments, dans quelle mesure il était possible de remettre en marche sur place des établissements industriels français au profit des besoins économiques et des besoins de guerre allemands, et dans quelle mesure les industries quil était impossible de remettre en marche pouvaient fournir aux industries allemandes correspondantes du matériel de réserve, étant donné que ces dernières industries étaient à peu près complètement privées de toute possibilité de réparation et de remplacement de leur matériel par suite du blocus des matières premières, il s’agissait, on le voit, de choses absolument irréprochables; il s’agissait, conformément aux besoins de la guerre, tels qu’ils avaient été créés par les procédés de guerre, contraires au droit des gens, de nos ennemis, d’utiliser en grand, pour la guerre et pour la durée de la guerre, les ressources industrielles trouvées dans le Nord de la France. Si cela n’avait pas été fait, la Direction suprême de la Guerre aurait gravement manqué à ses devoirs dans la conduite delà guerre économique. Aucun être sensé ne peut trouver dans la lecture du mémoire : L'industrie en France occupée, autre chose que ces faits. Et quand le Ministère français des Affaires étrangères répand la fable que l’armée allemande ne devait constituer qu’un rideau à l’abri duquel on pourrait procéder au pillage et à l’anéantissement économique d’un concurrent dangereux, c’est un mensonge conscient, pour la démonstration duquel le mémoire a peut-être été falsifié avec l’absence de scrupule bien connue pour être la méthode de la diplomatie française dans ses livres jaunes.
- La Vossische Zeitung (23 février 1924, n° 93, soir) sous le titre : Propagande française (Information de la Vossische Zeitung), résume simplement la dépêche donnée par le Vorwàrts.
- La Külnische Volkszeitung (23 février 1924, n° 146, soir), sous le titre : Une
- CONTRE-OFFENSIVE DE LA PROPAGANDE FRANÇAISE. UN PRÉTENDU RECUEIL DE DOCUMENTS allemands, résume le commencement de la dépêche de Vonoârls, et en reproduit textuellement la fin.
- Tome 136. — Juin 1924.
- 39
- p.567 - vue 567/899
-
-
-
- 568
- COMMENTAIRES DE LA PRESSE ALLEMANDE. — JUIN 1924.
- Hamburger Nachrichten (23 février 1924, n° 92, soir).
- Paris, SS février.
- Propagande française. (Télégramme.)
- ...........................................................................Les
- industriels auraient proposé la création d’un Etat autonome en cas d’issue victorieuse de la guerre. Ils auraient en outre demandé le paiement à l’Allemagne d’une indemnité de 50 milliards de francs comme compensation d’un retrait des troupes d'occupation. Les industriels auraient aussi envisagé la possibilité d’une défaite. En tous cas, ces documents, affirment les journaux du matin, révèlent l’intention du gouvernement allemand d’anéantir les établissements industriels et l’économie française et belge, même sans aucune nécessité stratégique. (!)
- Hheinisch Westfalische Zeitung (23 février 1924, n° 139, soir).
- Publication d'un prétendu « mémoire sur les destructions ».
- Paris, .23 février (Dépêche de notre correspondant particulier). — Le Quai d'Orsay a fait distribuer hier soir un ouvrage de 534 pages qui est la traduction d’un travail publié en 1916 par le Grand Quartier Général allemand sous le titre : L'industrie en France occupée. Il ne peut être vérifié pour le moment si cette traduction est digne de foi. Disons seulement que la remise de ce document aux journalistes a été accompagnée d’un long communiqué disant que Ludendorfï a déclaré le 19 juin 1922 dans une interview.........................................
- . . . Les buts que le Quai d’Orsay se propose en publiant en ce moment la
- traduction d’un ouvrage depuis longtemps périmé, ne peuvent actuellement être conjecturés. On sait que de graves accusations ont été portées, d’après lesquelles le paiement des indemnités dans les régions dévastées aurait donné lieu aux plus grandes irrégularités et que notamment l’industrie française aurait majoré de centaines pour cent les demandes auxquelles elle avait droit. C’est un fait qui a naturellement fait sensation dans le monde entier. Il est probable que l’on veut maintenant détourner l’attention de ces faits et pour cela la diffusion de ce vieux travail parait être ce qu’il faut.
- Hannoverscher Carier (24 février 1924, n° 92/93, soir).
- Une nouvelle manœuvre de Poincaré.
- (Télégramme de notre correspondant de Paris).
- Paris, 23 février. — Le Quai d’Orsay a publié hier soir un gros volume de 534 pages, qui serait la traduction d’un travail publié.........................
- p.568 - vue 568/899
-
-
-
- LA PRESSE ALLEMANDE ET LA PUBLICATION DU DOCUMENT CONFIDENTIEL. 5G9
- On ne peut encore apercevoir le but que vise le Quai d’Orsay en publiant la traduction d’un document depuis longtemps périmé. Peut-être est-elle destinée à détourner l’attention des graves accusations élevées au sujet de l’arbitraire qui a présidé au paiement des indemnités dans les régious libérées, et notamment au sujet des majorations de plusieurs centaines pour cent de leurs justes demandes d’indemnités qu’ont présentées les industriels, ce fait ayant fait sensation dans le monde entier.
- Leipziger Volkszeitung (25 février 1924, n° 47).
- Ne FAIS PAS A AUTRUI....
- La POLITIQUE DE GUERRE DE LA GRANDE INDUSTRIE.
- Le Vorwàrts publie l’information suivante fournie par l’Agence ECA et relative à la politique de guerre et aux destructions opérées pendant les quatre années d’occupation du Nord de la France, par les autorités militaires allemandes (3).
- Il faudra que le gouvernement du Reich fournisse immédiatement une explication des faits ainsi exposés. Le fascicule d’août des Süddeutsche Monatshefle s’occupe dans un numéro spécial intitulé « Mines détruites », de la destruction des installations minières en France. L’auteur V. Stülpnagel y affirme que « la destruction des mines n’a pas été opérée arbitrairement à la légère, voire même pour des motifs de concurrence économique, mais uniquement en raison des circonstances, pour des raisons purement militaires et dans l’intérêt des opérations ». Cette explication peut être admise à la rigueur pour la région minière du sud de Lille, entre Lens et Valenciennes, où l’avance des troupes alliées pouvait créer un danger pour les troupes allemandes, en raison des communications souterraines des mines entre elles. Le 29 septembre 1918, la Direction militaire des Mines prescrit pour cette région de la zone d’étapes, la destruction des puits de mines. Malheureusement, les combattants allemands ont pu constater que ce travail de destruction n’a pas été opéré uniquement dans les régions stratégiquement importantes. Ceux qui ont pris part à la retraite à travers la région minière de l’Est, savent qu’à Thil, à Y'illerupt par exemple, de grandes mines ont été systématiquement détruites sans aucune nécessité stratégique. A Roubaix et Tourcoing, on a détruit aussi systématiquement les grands établissements textiles, dans le seul but, prétend-on, d’y récupérer les quelques quintaux de métaux réquisitionnés qui s’y trouvaient encore. Cela signifiait pratiquement la destruction de toutes les machines. Et pas seulement dans ces endroits : dans le Nord de la France, beaucoup de grandes sucreries ont été détruites de fond en comble, de sorte que l'on peut admettre sans discussion qu’il s’agissait bien là d'une opération méthodique.
- Que l’on compare ce qui précède aux clameurs des industriels allemands au sujet de l’étranglement de la production dans le territoire de la Ruhr. Si le gouvernement français se trouvait maintenant en état de démontrer par des documents authentiques, les pratiques de destruction en France des dirigeants de l’industrie allemande, pratiques qui, contrairement à l’affirmation de Stülpnagel, ne peuvent avoir été inspirées que par des motifs de concurrence économique, alors on pourrait
- (3) Voir la dépêche donnée par le Vorwàrts, page 565.
- p.569 - vue 569/899
-
-
-
- 570
- COMMENTAIRES DE LA PRESSE ALLEMANDE. — JUIN 1924.
- s’attendre aux conséquences les plus graves pour la façon d’envisager les événements dans l’avenir.
- Ces quelques extraits résument sans qu’il soit utile d’y joindre aucun commentaire, l’elïet produit en Allemagne par la publication dont notre Société a pris l’initiative en juin 1025 et par la traduction intégrale du document que le Ministère des Affaires étrangères présentait au commencement de la présente année. Il nous a paru nécessaire de mettre cette documentation complémentaire sous les yeux des lecteurs de notre Bulletin et de leur laisser le soin d’en tirer les conclusions qui s’en dégagent.
- La Commission du Bulletin.
- p.570 - vue 570/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIETE D ENCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — JUIN 1924-
- COMMENT RÉALISER LE RELÈVEMENT ÉCONOMIQUE
- DE LA RUSSIE(l)
- Au milieu du xixe siècle la Russie n’était encore qu’un pays de vastes domaines appartenant à l’État ou à un nombre restreint de familles nobles, peu et mal cultivés par une population de serfs attachés à la glèbe. Dans les bonnes années, elle produisait à peine de quoi nourrir sa population clairsemée, faute de moyens de transport à grandes distances. Elle connaissait de fréquentes famines, suivant les années, sur telle ou telle partie de son territoire, chaque fois que les intempéries de ses climats extrêmes avaient empêché de labourer et d’ensemenser les terres par la sécheresse d’un été prolongé ou par les gelées d’un hiver trop précoce ou encore d’un printemps à retour brusque de froid et de vent desséchant.
- L’abolition du servage, le partage des terres progressivement développé, l’installation de nombreuses colonies sur les belles terres de l’Ukraine, de la région du Don, et de la Sibérie, commencèrent la transformation du pays. La richesse locale se développait mais l’immensité des distances d’un pays dépourvu de routes, desservi par de simples pistes transformées en fondrières chaque printemps et à chaque saison pluvieuse, ne pouvait guère lui permettre d’écouler ses produits vers les fleuves et les ports qu’aux époques où le traînage était possible sur la neige gelée.
- Telle province largement approvisionnée par une belle récolte ne pouvait en tirer parti et n’avait aucune possibilité de secourir les provinces désolées par la famine.
- Il a fallu l’établissement d’un réseau ferré, cependant à mailles singulièrement grandes, pour que les régions éloignées des voies naturelles, pussent trouver profit à développer leur production agricole, désormais devenue exportable vers les pays
- (1) Le périodique Science et Industrie (22, avenue Montaigne, Paris), a publié un numéro spécial (n° 121, d’avril 1924) uniquement consacré à l’industrie russe, qui porte le titre Les intérêts français et l'industrie russe.
- Ce numéro de 209 pages de grand format (24 X 32 cm) renferme de nombreuses études écrites presque toutes par des Français, spécialistes, connaissant bien la Russie et traitant chacun une question qu’il connaît bien.
- Ces études, presque toutes très bien illustrées, sont réparties en cinq groupes :
- 1° Les revendications françaises (9 articles);
- 2° Les ressources de la Russie (16 articles);
- 3° La réorganisation de la Russie (12 articles);
- 4° Organes de défense des intérêts français en Russie (8 articles) ;
- 5° Les grandes sociétés industrielles de Russie et la part des capitaux français qui s’y trouve investie (33 articles).
- Science et Industrie nous a autorisés à reproduire dans notre bulletin, à titre documentaire, deux des études de ce numéro exceptionnel qui se recommandent plus particulièrement par l’autorité de leur auteur; ce sont celles qui sont signées de M. E. Gruner, ancien président de la Société d’Encouragement, membre de son Conseil et président de son Comité de Commerce.
- p.571 - vue 571/899
-
-
-
- 572 LES INTÉRÊTS FRANÇAIS ET l/lNDUSTRIE RUSSE. — JUIN 1924.
- européens à cultures agricoles insuffisantes pour leur population industrielle sans cesse accrue.
- L’âge des désastreuses famines périodiques était désormais passé, pour celles au moins des populations qui bénéficiaient de ces progrès.
- Ce qui était vrai pour les céréales, le fut aussi pour la vaste région de betteraves à sucre, et pour ces lointaines régions, jadis si fertiles, du Koubanetdu Turkestan qui, par un rationnel aménagement d’irrigation, étaient devenues d’une richesse extrême grâce aux travaux qui en firent le grand centre d'approvisionnement en coton des manufactures de Moscou et de Lods.
- Pays essentiellement agricole, la Russie n’a connu de véritable prospérité qu'à partir du moment où, grâce au concours de capitaux étrangers, des voies ferrées de plus en plus nombreuses relièrent les principales régions de ce vaste continent.
- La découverte et l’aménagement, dans le sud de la Russie, de gisements de minerais de fer et de nombreuses couches de charbon à coke et leur jonction par des voies ferrées solidement installées et desservies par de puissantes machines traînant de longs trains alternativement chargés de minerais de fer, et de houille ou de coke, permirent dans une seconde période de donner une plus intense impulsion à la construction des chemins de fer, désormais libérés de l’achat à l’étranger des éléments essentiels à l’installation des voies.
- Encore quelques années, et les usines métallurgiques surgirent à proximité des gisements ou à mi-chemin entre le minerai et la houille, sur le bord du Dniéper qui fournissait abondamment, en toute saison, l’eau si nécessaire aux chaudières, aux machines, comme aussi aux populations ouvrières.
- Si nous arrivons aux premières années de notre siècle nous voyons s’élever de vastes ateliers de construction de machines et de matériel de chemin de fer; les fabriques de produits chimiques, les verreries, les glaceries,se groupèrentautourdes gisements de sel mis en pleine exploitation. Les exploitants de gîtes de pétrole, comme aussi les agriculteurs peuvent désormais faire fabriquer en Russie les tubes, les tôles pour réservoirs, les machines agricoles plus perfectionnées; et les villes et bourgs installent à l'envi des canalisations d'eau, des réseaux électriques; et les petits chars russes si légers et si rapides, renonçant aux courses lointaines, viennent se grouper autour des installations de chemins de fer et des tramways électriques pour aller conduire jusqu’à leur porte les innombrables clients qu’effraient cent mètres de marche à pied.
- C’est ce pays dont l’évolution rapide n’avait souvent d’égale que la progression si impressionnante des Etats-Unis du Nord qu’une révolution aveugle a rejeté brusquement à soixante années en arrière. Les mines de fer sont noyées; la production houillère n’atteint même plus le dixième de ce qu’elle était en 1914.
- Sur une soixantaine de grands hauts fourneaux modernes, c’est à peine s’il en reste trois ou quatre en marche irrégulière, faute de coke, de minerai, et, cause tristement significative, faute de débit pour la fonte produite.
- Comment s’en étonner quand on sait que des convertisseurs Bessemer, il n’en reste plus un seul en activité; que de rares fours Martin se contentent de refondre en lingots les ferrailles, qu’amènent à l’envi les ravageurs des établissements abandonnés.
- De cette nombreuse population ouvrière qui s’était, avec une telle habileté, faite aux multiples manutentions d’une grande usine moderne et dont une élite avait
- p.572 - vue 572/899
-
-
-
- GOMMENT RÉALISER LE RELÈVEMENT ÉCONOMIQUE DE LA RUSSIE. 573
- fourni des chefs-ouvriers et des contremaîtres dignes de leurs précurseurs français ou belges, il reste sur place une fraction considérable d’hommes qui ne peuvent se décider à s’éloigner de l’usine qu’ils avaient vu naître, à laquelle ils s’étaient attachés, et qu’ils ne veulent point abandonner, l’entretenant avec un zèle admirable, en attendant le jour où les ingénieurs, les chefs expulsés, pourront reprendre leur poste et redonner l’impulsion à la vie industrielle du pays auquel ils s’étaient attachés et qu’ils n’ont pas quitté sans regret.
- Mais ce retour est-il possible? Cette remise en activité des mines, des usines, des manufactures est-elle prochaine?
- Ceux qui ont précipité cette ruine sans précédant de tout un pays agricole et industriel en plein développement, semblent maintenant se rendre compte qufils ne peuvent plus continuer à affirmer que cette industrie qu’ils ont blessée à mort n’était pas indispensable au pays.
- Ils sentent de toute évidence, que les stocks sont arrivés à un tel degré d’épuisement qu’il est urgent d’aviser et de provoquer la résurrection de toute cette vie industrielle.
- Sur quoi reposait-elle? Sur la propriété individuelle, aménagée par des hommes de science et d’expérience, et vivifiée par des capitaux qui affluaient à l’appel de ces ingénieurs, de ces industriels, de ces travailleurs, souvent modestes, qui avaient par leur travail opiniâtre et persévérant, par leur gestion habile et économe, persuadé à de lointains capitalistes qu’ils devaient leur faire confiance, non pas pour leur rapide enrichissement personnel, mais pour le développement progressif de vastes industries dont leurs fils et leurs petits-fils pourraient obtenir d’effectifs résultats.
- Comment les détenteurs actuels du pouvoir en Russie sont-ils arrivés à un si subit et si désastreux résultat?
- C’est en supprimant la propriété personnelle, en nationalisant usines et manufactures, en saisissant tous les capitaux de roulement, en substituant à l’organisation méthodique du travail individuel et du commerce libre, les monopoles d’Etat, les multiples organisations syndicales avec l’enchevêtrement de règlements, de décrets et de contrôles par des incompétents, substitués à tous les degrés aux compétences éprouvées d’hommes qui avaient grandi avec l'affaire dont ils connaissaient tous les détails.
- Quelques semaines ont suffi pour tout arrêter. Combien de temps faudra-t-il pour remettre en marche — ne fût-ce qu’une partie de ces établissements, — pour reconstituer cette organisation si complexe qu’est une industrie qui repose sur la production simultanée en des points éloignés, de minerais, de houille, de coke, de castine, etc., sur leur concentration à jours dits, pour l’alimentation de fourneaux, de chaudières, de fours divers, qui chacun ont besoin d’être constamment entretenus, fournis de pièces de rechange et d’outillage varié, à modifier constamment en raison des produits marchands que le commerce réclame, différents suivant les époques et les nécessités générales du pays?
- Et le tout nécessite la remise en marche régulière, à heure fixe, des voies ferrées pour que le personnel ouvrier soit alimenté jour par jour, et que chaque appareil ait à sa disposition les produits divers qu’il doit combiner pour livrer le rail, l’essieu monté, le ressort, le tube, la faucheuse, la moissonneuse, les tissus, les habillements, tout ce qui, enfin, est indispensable à la vie journalière d’une population ouvrière.
- p.573 - vue 573/899
-
-
-
- JUIN 1924.
- 574 LUS INT K liÈT.S FRANÇAIS ET l/lXDUSTRIE RUSSE. —
- Pour celte renaissance de la vie industrielle et sociale d’un grand peuple, il faut la sécurité personnelle, la confiance dans l’avenir, la certitude que les droits individuels et collectifs seront respectés et que le travail personnel pourra créer une richesse qui sera utilisable par son auteur, et transmissible par lui à tous ceux dont il peut dépendre ou qui dépendent de lui. Cette sécurité indispensable pour l’avenir ne sera effective que quand la certitude sera établie que les résultats du travail dans le passé restent acquis ou seront restitués à ceux qui les ont produits ou qui les ont acquis.
- Ainsi donc, le rétablissement si désirable, si nécessaire à l'équilibre mondial, de la vie agricole et industrielle russe ne sera possible que le jour où le droit de propriété sera effectivement rétabli, pour le paysan qui ne jouit qu’avec défiance de la terre qui lui a été attribuée de fait, mais qu’il veut posséder en droit, en vertu d’un acte qui fixe la redevance qu’il sent devoir à l'ancien propriétaire; que le jour où la mine, Pusinc, la manufacture, seront remises en bonne et solide propriété à celui quia consacré à sa création, à son installation, à son exploitation, le meilleur de son intelligence et de son activité et qui, pour pouvoir se remettre à l’œuvre avec confiance, doit pouvoir jouir à nouveau du fruit de son travail passé, et se voir restituer son fonds de roulement et ses capitaux anciens, dût-il pour bénéficier de cette restitution accorder les termes et délais nécessités par la misère du pays.
- Alors seulement, les fondateurs de toutes ces industries en souffrance pourront s'adresser à ceux qui leur avaient confié leurs économies pour les faire valoir, et leur demander des efforts nouveaux pour restaurer l’outil détérioré.
- Ils ne seront écoutés et suivis que s’ils peuvent fournir la preuve indiscutable que ce capital nouveau sera assuré d’une rémunération progressive et que les capitaux anciens, que tant de modestes travailleurs leur avaientremis dans un sentiment de confiance en la loyauté du peuple russe, pourront avoir, eux aussi, leur juste rémunération.
- Que la durée des temps, la situation tragique d’un peuple momentanément acculé à la ruine, imposent terme et délai pour la pleine rémunération de ces capitaux, beaucoup comprendront et en prendront leur parti s'ils se trouvent en face d’un pays dont la législation restaurée, la justice entourée de garanties désormais inébranlables, inspireront confiance.
- Pour permettre le relèvement industriel de la Russie, il faut de toute nécessité que le gouvernement, quel qu’en soit le titre, fasse résolument table rase de cet ensemble de lois et décrets qui, en portant un coup mortel aux principes fondamentaux d’ordre, de discipline, de propriété, ont porté du môme coup une atteinte mortelle à la vie du pays.
- Aussi longtemps que n’aura pas été réalisé, le rétablissement complet et désormais immuable des lois qui sont à la base de l’organisation de tous les pays, jeunes ou vieux, qui ont accédé à la civilisation, il ne pourra se produire en Russie de renouveau durable de la vie industrielle.
- E. Gruner,
- vice-president du Comité central des Houillères de France.
- p.574 - vue 574/899
-
-
-
- LES MINES DE FER ET LES ÉTABLISSEMENTS MÉTALLURGIQUES DE KRIVOÏ-ROG- 573
- KRIVOÏ-ROG
- Les gisements de minerais de fer et les établissements métallurgiques du Sud de la Russie. Leur état présent. Leur avenir.
- Les étendues indéfinies d’alluvions qui couvrent tout le sud delà Russie et sont connues sous le nom de steppes, ne laissent apparaître aucun pointement des terrains sous-jacents, et il faut descendre dans les tranchées profondes qu’ont creusées les rivières pour apercevoir de loin en loin quelques affleurements de roches anciennes.
- Parfois, les enclos à bétail qui entourent les maisons en pisé construites dans ces fonds, au voisinage des cours d’eau, fournissent au voyageur étonné des collections variées de schistes ferrugineux, de quartzites où les paillettes de minerais de fer scintillent au soleil.
- Si, désireux de chercher l’origine de ces roches inattendues, le voyageur remonte le cours des rivières et des ruisseaux, et s’engage entre les broussailles, au risque de faire fuir de gros lièvres ou de faire lever des aigles ou autres oiseaux de proie, il ne tarde pas à buter contre les barrages de roches siliceuses que chaque hiver désagrège, où alternent des couches dures et peu riches enfer, dont les fragments ont été entraînés au loin, et des couches plus friables, parfois pulvérulentes de minerais riches en fer. Parfois aussi les couches deviennent argileuses et se colorent de teintes variées, du rouge vif au violet tendre. Ce sont les couches de couleurs, que le cosaque, errant au travers de la steppe, employait après broyage à teinter les parois extérieures de ses huttes en terre battue.
- Une expédition scientifique organisée par le prince Démidofï, dont l’un des chefs était Le Play, l’ingénieur des mines, qui fut plus tard, à Paris, le commissaire général des expositions universelles, traversant le sud de la Russie reconnut et décrivit cette zone minéralisée qui s’étend au nord et au sud du village de Krivoï-Rog, ancien avant-poste d’une sotnia de cosaques.
- Quand, quelques années, plus tard un gentilhomme russe, Alexandre Pohl, vint présenter à Paris, vers 1875, des échantillons de minerais, ses descriptions frappèrent l’attention de Paulin Talabot, l’entreprenant fondateur des chemins de fer dont la concentration constitua la Compagnie P.-L.-M.; et les mêmes ingénieurs qu il avait envoyés reconnaître et prendre possession du gisement devenu célèbre de Mokta-el-Hadid, près Bône, en Algérie, se rendirent sur sa demande, dans le sud de la Russie. En tarentasse, ils arrivèrent péniblement à Krivoï-Rog, en prospectèrent les environs et revinrent avec l’affirmation qu’il y avait là possibilité de mettre en valeur un gîte important de minerais de fer riches, de60 à 65 p. 100 de fer, et très purs, ne contenant pas de soufre et à peine dix millièmes de phosphore.
- Une première compagnie se constitua à Paris peu après 1880, au capital de cinq millions de francs. Mais pour pouvoir transformer les recherches en exploitation régulière, il fallut attendre qu’une voie ferrée passât à proximité de Krivoï-Rog et qu’elle fût prolongée jusqu’au port en eau profonde de Nicolaïef, sur le Bug
- p.575 - vue 575/899
-
-
-
- 570 LES INTÉRÊTS FRANÇAIS ET IÉINDUSTRIE RUSSE. — JUIN 1024.
- pour permettre l’embarquement et l’exportation par la Mer Noire, et aussi qu’une voie transversale, allant de l’ouest à l’est, pût relier, par une ligne de 500 km de longueur, le gisement ferrifère au bassin houiller, à peine reconnu alors, du Donetz.
- L’attention des milieux industriels étrangers ne tarda pas à être attirée vers cette région nouvellement ouverte à l'activité étrangère.
- Un groupe anglais, composé de praticiens modestes qui avaient collaboré à la construction des premiers chemins de fer russes, s’établit, avec l’appui d’un grand-duc, sur la houille, et y créa le village, puis la ville de Yousovo, pour traiter d'abord quelques rares minerais d’assez médiocre qualité dont les affleurements alternaient avec ceux des couches de houille. La voie transversale était à peine ouverte que ces pionniers de la métallurgie dans le sud demandaient à la société française de leur livrer du minerai de fer de Krivoï-Rog.
- L’impulsion était donnée. Les Belges accoururent et l'un des chefs de la Société John Cockerill, de Seraing, ne tarda pas à s’assurer, au nord de Krivoï-Rog, le droit d’exploiter certains gisements de minerais de fer, qui se trouvèrent être de première importance. Et il vint à son tour s’installer, en amont de la ville d'Ekaterinoslav, sur le bord du Dnieper, pour y créer une usine métallurgique, à quelque 20 km de l’emplacement attribué à la Société française, dans le faubourg d’Ekaterinoslav pour y créer une grande usine métallurgique.
- Il fallut un incident malheureux pour amener la Société française à céder ce bel emplacement au groupe russe de Briansk qui devait y installer une grande usine.
- C'est ainsi que, dans l’espace de quelques années, sur ces steppes jadis parcourues par les sauvages cosaques zaporoges, s'installèrent, au voisinage les uns des autres, des groupes français, anglais, belges et russes, pour y créer : mines de fer, houillères, fours à coke, hauts fourneaux, aciéries et laminoirs.
- On vit, entre 1889 et 1900, en ces régions jadis désertes, sortir de terre de puissantes usines, construites suivant les principes les plus nouveaux, entourées de vastes cités ouvrières, installées d’abord sommairement, puis, peu d’années après, avec tous les perfectionnements de l’hygiène moderne et la préoccupation éclairée dç la formation d'une population ouvrière instruite, capable de fournir avant peu tous les spécialistes nécessités par des fabrications sans cesse plus perfectionnées.
- Les ingénieurs français furent fiers, en 1906, de montrer leur œuvre à l’ambassadeur de France venu, accompagné de l’ambassadrice, pour réconforter nos compatriotes qui avaient passé de pénibles et inquiétantes journées au cours de la Révolution qui avait, ce printemps-là, agité et, en quelques endroits, ensanglanté le pays.
- Les écoles, les hôpitaux, les coopératives, faisaient bénéficier les populations nouvellement accourues du centre et du nord de la Russie, de tous les bienfaits d’une civilisation qu’ils ne connaissaient pas dans leur ville d’origine.
- La dernière période (1900-1913) vit surgir de tous côtés les usines et manufactures les plus diverses : fabriques de produits chimiques, glaceries, verreries, gobe-leleries, autour des gisements de sel gemme et des sources salées de la région de Bachemout, usines métallurgiques les plus diverses pour la production des tubes en acier de tous diamètres destinés aux sondages à pétrole et aux pipe-lines reliant les fontaines jaillissantes aux ports de la Mer Noire; pour la production de fils télégraphiques et de tous les accessoires nécessaires à l’installation des voies ferrées; pour la
- p.576 - vue 576/899
-
-
-
- LES MINES DE FER ET LES ÉTABLISSEMENTS MÉTALLURGIQUES DE KRIVOÏ-ROG. 577
- coulée des tuyaux en fonte destinés aux conduites d’adduction d’eau; les fabriques de machines agricoles destinées à supprimer les importations onéreuses des appareils de fabrication américaine.
- Le matériel de chemin de fer, depuis les locomotives à grande vitesse les plus perfectionnées jusqu'aux voitures de grand luxe des trains transcontinentaux et aux wagons à marchandises de 30 à 40 t, les machines les plus variées pour les mines et les usines, les filatures et les tissages, étaient produits au voisinage des grandes villes; et sur la Néva comme sur le Bug, étaient lancés de puissants cuirassés et de rapides croiseurs et torpilleurs.
- Il a fallu trente années pour réaliser cette transformation de la Russie, qui avait eu son origine dans la découverte des minerais de fer de Krivoï-Rog et la mise en exploitation des couches de houille à coke du Ronetz par un groupe français, suivi peu après par d’autres groupes étrangers.
- L’évolution russe n’avait été guère moins rapide que l'évolution américaine. La prospérité de ces deux pays neufs marchait de pair et s’annonçait comme encore pleine de promesses.
- Pourquoi faut-il que l’application inconsidérée de théories sociales, fallacieusement développées devant des populations idéalistes, incapables de réagir contre des affirmations bruyamment exposées, ait brutalement enrayé cette belle impulsion et arrêté mines et usines, soit venue priver de leur travail et de leur gagne-pain des populations entières ?
- Les mines de fer sont noyées, une production de 5 à 6 millions de tonnes de minerais est tombée à zéro. Des houillères qui livraient plus de 20 millions de tonnes et dont l’accroissement de production dépassait un million de tonnes par an, n’arrivent même pas à réaliser le dixième de leur production, et pour la plupart, n’ont rien à expédier quand elles ont assuré, tant bien que mal, le chauffage des chaudières nécessaires au maintien en activité des pompes et des machines d’extraction les plus indispensables.
- La circulation sur les chemins de fer est si irrégulière et si faible que la plupart des machines n’ont plus qu’une activité apparente, sans production utile.
- La presque totalité des installations est en sommeil. Une population réduite, mais dévouée, reste sur place pour entretenir le mieux possible machines et bâtiments, reportant les matériaux et les appareils d’un atelier menacé de ruine vers un atelier moins exposé. Elle attend avec cette patience fataliste qui caractérise le moujik que l’orage soit passé et que les chefs compétents puissent revenir, avec les matériaux de réparation et les capitaux nécessaires à une remise en marche.
- Ce n’est certainement pas une destruction comparable à celle de nos régions dévastées du Nord et de l’Est qu’ont subie nos mines et nos usines. Mais le climat extrême, avec ses grands froids, ses vents violents, ses alternances de pluies violentes, de neiges épaisses et de sécheresse, active avec une rapidité désolante les destructions des toitures, des murs et des machines. C’est avec une intensité de plus en plus grande que la destruction se produit. Il n’est que temps ; il est déjà presque trop tard pour sauver la situation. Et que faut-il pour permettre la remise en activité des mines de fer, après épuisement des eaux qui les ont envahies, des houillères dont la plupart des galeries sont éboulées, des usines qu’envahit la neige, et que noient les pluies passant au travers des toitures mal entretenues? Il faut cet ensemble de conditions qui avaient permis cette merveilleuse floraison industrielle, qui
- p.577 - vue 577/899
-
-
-
- 578
- JUIN 1924.
- LES IN TÉ METS FRANÇAIS ET u’iNDUSTRIE RUSSE. —
- assurent la continuation de la prospérité des mines et usines américaines nées à la même époque.
- Aux États-Unis, dans ce pays que tant de meneurs ouvriers donnent en exemple au monde, le maintien de cet ensemble de lois qui ont fait naître la prospérité, en assure le brillant développement.
- Que le rétablissement de ces lois qui avaient permis cette éclosion de l’industrie et son développement soit décidé par le gouvernement soviétique, enfin éclairé sur les nécessités de la vie industrielle, et il suffira de quelques années pour que la vie renaisse dans cette riche région minière du sud de la Russie où s’est affirmé le génie créateur de la France, pour que la prospérité de toutes les entreprises actuellement ruinées fasse de nouveau du sud de la Russie, l’émule des États-Unis d’Amérique.
- E. GRUNER,
- président delà Société des Minerais de fer de Krivoï-Iio;/.
- p.578 - vue 578/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOURAG. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — JUIN 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 10 MAI 1924
- Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 12 avril 1924 est adopté.
- Est présenté pour devenir membre de la société :
- TUnion des Associations agricoles du Plateau central, 2, boulevard de Guizard, Rodez (Aveyron), présentée par M. Henri Hitier.
- Est admis à faire partie de la Société :
- M. Robinson, Section commerciale du Consulat général britannique, à Paris, présenté dans la séance du 12 avril 1924.
- M. Mesnager, président. — Nous avons perdu le 14 avril dernier, le prince Roland Bonaparte, membre de notre Comité des Constructions et Beaux-Arts depuis 1898, membre de l’Institut (Académie des Sciences) depuis 1907. Il s’était occupé d’histoire naturelle, d’anthropologie, de glaciologie, et avait été nommé président de l’Union géographique internationale; mais il s’était surtout adonné à la botanique. Il avait rassemblé un herbier considérable et principalement les fougères de nos colonies. Sa bibliothèque était largement ouverte aux travailleurs et il subventionnait volontiers les recherches scientifiques (voyages, observations, stations zoologiques, méridienne de l’Équateur). La Société d’Encouragement prie S. A. R. la princesse Georges de Grèce et toute sa famille d’agréer ses très vives condoléances.
- p.579 - vue 579/899
-
-
-
- 580
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIN 1924.
- M. Meknager, président. — La Société d’Encouragement a perdu le même jour un autre de ses membres éminents, M. Arnodin, correspondant du Conseil de notre Société, ingénieur-constructeur de ponts suspendus.
- Tous les ingénieurs connaissent les progrès que M. Arnodin a apportés à la construction de ces ouvrages en introduisant des éléments démontables dans les câbles pour permettre leur remplacement. Cette amélioration qui rendait l’entretien possible, combinée avec la poutre métallique de rigidité et des haubans raidisseurs, a amené ces ouvrages à un liant degré de perfection.
- Tandis que les anciens ponts suspendus lléchissaient considérablement au passage des véhicules dont on était obligé de limiter la vitesse, les nouveaux ponts suspendus peuvent donner passage aux voitures rapides.
- Crâce à ces transformations, le pont suspendu a pu devenir pont transbordeur. Nous avons tous vu ces ponts à Rouen, à Nantes, à Marseille, à Rizerte : un tablier de pont suspendu établi à 45 m au-dessus du niveau de l’eau, de façon à permettre Je passage des bateaux matés, supporte un long wagonnet à moteur électrique. Celui-ci -soutient à son tour, au moyen de câbles entrecroisés, une portion de chaussée et de trottoirs avec leur charge de voitures et de piétons et les transborde d’une rive à l’autre.
- M. Arnodin avait construit le pont suspendu Cisclard qui, par une ingénieuse combinaison de triangles formés par des câbles toujours tendus quelle que soit la position de la charge, réaliste l'indéformabilité tout en conservant les avantages économiques du pont suspendu. Ce fut à l’essai d’un pont de ce type tellement indéformable qu’on avait pu lui faire supporter la voie du chemin de fer transpyrénéen à Eontpérouze, qu’un accident, dû à un défaut des freins, faillit lui coûter la vie. Le train, s’étant échappé à une vitesse désordonnée sur une pente prolongée, dérailla à une courbe et fut précipité du haut du remblai. Grâce à sa robuste constitution, notre collègue avait survécu à ses blessures et s’était complètement rétabli. Mais la maladie a fini par l’enlever à l’âge de 79 ans.
- M. Arnodin était administrateur de la Ranque de France et officier de la Légion d’honneur.
- Nous adressons à sa famille et à son gendre, M. Leinekugel Le Cocq, l’ingénieur bien connu, l’expression de nos profonds regrets.
- M. Mesnager, président, fait connaître qu’il a assisté, comme représentant de la Société d’Encouragement, à une séance de l’Union des Grandes Associations françaises pour l’Essor national, réunie sous la présidence de M. de Jouvenel, ministre de l’Instruction Publique.
- il y a été question : 1° de la propagande par radiotéléphonie. De courtes
- p.580 - vue 580/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 10 MAI 1924. 581
- conférences ayant pour objet de répandre des notions utiles sont faites au nombre de 260 par an; 2° de l’enseignement par le cinéma; 3° de l’hygiène scolaire et des efforts à faire pour pénétrer dans les familles des élèves en vue d’y introduire les notions d’hygiène, supprimer le taudis et développer les sports utiles à la place des sports de compétition, souvent dangereux parce qu’ils entraînent à dépasser la limite des forces.
- MM. H. Hitier et P. Toulon, secrétaires généraux, analysent quelques-uns des ouvrages entrés récemment dans la Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Résines et térébenthines. Les industries dérivées, par MM. Vèzes et G. Du pont (Encyclopédie de chimie industrielle). Paris, J.-B. Baillière et fils (Don des auteurs);
- Les champignons destructeurs du bois, par M. L. Mangin (L’Architecture du 25 septembre 1923). (Don de l’auteur, membre du Conseil d’administration) ;
- Les eaux et les bois, par M. Henry Lafosse (La renaissance agricole). Paris, Payot (Don de l’auteur, membre du Conseil d’Administration) ;
- Les édifices physico-chimiques. Tome III : La molécule minérale, par le DrAcHALME. Paris, Payot;
- Aide-mémoire de céramique industrielle, par M. Alix Gornille. Paris, Revue des matériaux de construction ;
- Manuel de blanchiment-teinture. Tome I : Chimie tinctoriale, parM. Lienard-Fievet (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Traité de stabilité du matériel de chemins de fer. Influence des divers éléments de la voie, par M. Georges Marié. Paris, Ch. Béranger (Don de l’auteur, membre de la Société);
- Deuxième conférence officieuse des Secrétaires des Commissions de normalisation tenue à Baden et à Zurich [Suisse) du S au 6 juillet 1928 (Don de la Fédération des Syndicats de la Construction mécanique, électrique et métallique de France);
- Précis de métallographie microscopique et de macrographie, par MM. Léon Guillet et Albert Portevin. 2e éd. Paris, Dunod ;
- Circulaire du 19 octobre 1928 du Ministère des Travaux publics sur les barrages de grande hauteur résistant par leur propre poids. Paris, Librairie de l’Enseignement technique ;
- Les maladies de l'accumulateur au plomb, parM. F. E. Kretzschmah, traduit sur la 2e édition allemande par M. Walter. Paris, Dunod;
- p.581 - vue 581/899
-
-
-
- 582
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIN 1924.
- IC allumage des moteurs d'automobile, par MM. Georges Saur et André Martenot de Cordoux. 2e édition. Paris, Dunod;
- Cours de calcul graphique des surfaces, par M. Prediiumeau. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics ;
- Essai sur le tréfilage, M. U. Papier (Bibliothèque de l’Usine). Paris, 15, rue Bleue (9e) ;
- Manuel du cycliste et motocycliste. Bicyclettes, motocyclettes, tricycles, side-cars et cyclecars, par M. Eugène H. Weiss (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel de maçonnerie, par M. Cabiac (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel de ferblanterie-zinguerie, cuivrerie et tôlerie, par M. H. Cuinat (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils.
- M. Mesnager jores'ideiîh — M. Langevin est beaucoup trop connu pour que j’aie à vous le présenter. Son cours du Collège de France sur la relativité et ses belles recherches de physique sont universellement appréciées. Nous avons eu déjà le grand avantage d’entendre ici une très intéressante conférence de M. Langevin sur la relativité. Aujourd’hui, il va nous entretenir de l’utilisation des ondes ultra-sonores, c’est-à-dire d’ondes élastiques qui ne peuvent impressionner directement notre oreille, mais qui, pour certaines applications, présentent des avantages considérables sur celles-ci.
- M. Paul Langevin, Professeur au Collège de France, fait une communication sur Les ondes ultra-sonores et leurs applications.
- La sécurité de la navigation, en temps de paix comme en temps de guerre, pose des problèmes de signalisation et de sondage qui ne peuvent être résolus qu’en recourant à des ondes élastiques du genre des ondes acoustiques.
- On doit en effet passer par le milieu marin, en recourant à l’écho, pour déceler la présence d’obstacles (icebergs, navires, rochers, épaves, hauts-fonds) ou pour exécuter des sondages; or, dans ce cas, les ondes hertziennes ne peuvent convenir parce qu’elles sont trop vite absorbées, l’eau de mer étant très bonne conductrice (l’absorption est pratiquement totale au bout de quelques mètres dans le cas le plus favorable). Il en est de même pour les ondes lumineuses qui s’éteignent presque aussi rapidement. C’est donc à d’autres ondes, les ondes acoustiques, ou d’un genre analogue, utilisant l’élasticité d’un milieu matériel et qui s’absorbent beaucoup moins vite, qu’on doit recourir; aussi y a-t-on songé depuis fort longtemps. Dans l'eau, quelle que soit leur fréquence, ces ondes se transmettent à la vitesse du son soit de 1.480 m: s, c’est-à-dire cinq fois plus vite que dans l’air.
- Dans le cas de ces ondes, le calcul montre que l’énergie émise est réduite au tiers de sa valeur au bout de 30 km à la fréquence N de 40.000 vibrations par seconde, et à 5 km si N =100.000. On ne peut donc pas dépasser beaucoup N = 40.000, ce qui correspond à des ondes ultra-sonores, 20.000 étant l’extrême limite supérieure
- p.582 - vue 582/899
-
-
-
- CONSEIL DADMIN1STRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 10 MAI 1924. 583
- de la fréquence des ondes perçues par l’oreille. Il n’y aurait aucun intérêt à transmettre ces ondes ultra-sonores dans l’air car elles s’y absorbent beaucoup plus vite que dans l’eau.
- On peut bien par l’eau transmettre plusieurs chevaux au moyen d’ondes élastiques à plus basse fréquence (cloches sous-marines de l’Américain Fessenden) et aller ainsi très loin mais pour émettre seulement et non pas pour recevoir; cette façon d’opérer ne présente plus d’intérêt puisque, dans ce cas, on passe plus facilement par l'air avec les ondes hertziennes.
- On ne peut pas non plus descendre beaucoup au-dessous de 40.000 car les ondes ne permettraient ni une émission, ni une réception dirigées, condition indispensable pour pouvoir opérer par écho. Si on suppose la source plane, l’émission se fait avec le maximum d’intensité dans la direction de la normale et, à cause de la diffraction, doit pouvoir se faire avec une intensité suffisante dans un cône d’angle au sommet qui pratiquement doit être d’une dizaine de degrés. Il faut que ce cône renferme environ les 9/10 de l’énergie émise.
- La longueur d’onde X est donc limitée inférieurement par la condition d'absorption et supérieurement par la condition d’ouverture du faisceau qui dépend aussi de la dimension de la source dont le diamètre, si elle est circulaire, pour des raisons d’ordre pratique, ne doit pas dépasser 20 cm.
- En définitive, X devra être plus petit que 3,5 cm ce qui conduit à N — 40.000. Ces ondes sont silencieuses. On les emploiera en promenant le cône d’émission dans le champ à explorer comme on promène le cône d’un projecteur lumineux.
- La difficulté est de produire et de recevoir ces ondes. Les moyens employés en acoustique (sifflets aquatiques de l’Anglais Richardson, turbines, sirènes) ne permettent pas d’émettre une puissance appréciable. M. Chilowsky a pensé que pour N = 40.000, la fréquence étant de celles qu’on utilise en T. S. F. (X = 7.500m), comme on sait produire les ondes hertziennes à de grandes puissances, la question revient à les transformer en ondes élastiques. Le calcul montre que, à cause du peu
- de compressibilité de l’eau, l’amplitude du départ sera de^; au retour, elle ne sera
- plus que de 10-0u; ceci cependant est réalisable, du moins théoriquement, en recourant aux actions électromagnétiques, mais une bien meilleure solution pratique a été obtenue en recourant au phénomène de la piézoélectricité découvert il y a quarante ans par Pierre et Jacques Curie. M. Langevin rappelle en quoi consiste ce phénomène, qui est réversible.
- Si une lame de quartz taillée perpendiculairement à un des axes ternaires du cristal est employée avec deux armatures formant condensateur d’un circuit oscillant et si on produit des oscillations électriques, elles provoquent des contractions et des dilatations du quartz et inversement; et si une des faces de la lame est en contact avec l’eau et se contracte ou se dilate, il suffit pour en obtenir des oscillations électriques que la grandeur de ces contractions et dilatations soit de l’ordre des amplitudes voulues, ce qui correspond à 150.000 V, tension inadmissible sur un navire, sur lequel l’isolement nécessaire serait difficilement réalisable.
- La possibilité d’employer les dispositifs d’amplificateurs actuels delà T. S. F. et de remplacer une grande lame de quartz par de petites lames très minces en mosaïque encadrées de deux lames d’acier épaisses (disposition en sandwich) qui prennent part, ce qui était inattendu, au phénomène piézoélectrique, a permis de Tome 136. — Juin 1924. 40
- p.583 - vue 583/899
-
-
-
- 584
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIN 1924.
- descendre à (>.000 V. L’appareil devient alors très simple : un poste d'émission de T. S. F. ordinaire avec une antenne sous-marine, qui n’est autre que le condensateur à quartz, émettant des ondes élastiques; cette même antenne sert pour la réception avec, derrière elle, une bobine et tout le dispositif de T. S. F.
- M. Langevin décrit les divers dispositifs qui permettent d’utiliser les ondes ultra-sonores pour la signalisation, le repérage des batteries par le son, le sondage discontinu ou continu, enregistré ou non. Les profondeurs sondées peuvent descendre jusqu’à une fraction de mètre. La détection des icebergs présente des difficultés particulières à cause des propriétés particulières de la glace qui les constitue.
- E. L.
- M. Mesnager, président. — Je remercie vivement M. Langevin de la très intéressante communication qu’il vient de nous faire et que nous avons pu suivre aisément grâce à la grande clarté qu’il a apportée à ses explications. Nous le félicitons vivement des beaux résultats qu’il a obtenus et nous sommes convaincus que les expériences en cours, destinées à déceler le voisinage des icebergs, aboutiront prochainement à une solution de ce problème important de la navigation, aussi élégante que celles des problèmes déjà résolus.
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 24 MAI 1924.
- Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 10 mai 1924 est adopté.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société :
- M. Takagisiii (Otojiro), Ingénieur en chef du Service des Transports militaires du Japon, 5025, Shiideramachi Minami-Ku, Osaka (Japon), présenté par M. Bertin et M. Toulon.
- M. Bizet (Paul) (O. t^r), Ingénieur des Arts et Métiers, ancien président de la Société des Anciens Elèves des Ecoles nationales d’Arts et Métiers, « Les Feuillantines », à Montigny-les-Cormeilles (Seine-et-Oise), présenté par M. Bâclé.
- Est admise à faire partie de la Société :
- L’Union des Associations agricoles du Plateau central, à Rodez, présentée dans la séance du 10 mai 1924.
- p.584 - vue 584/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI 1924. 585
- M. M esnager, président. — M. L. A. Le Personne, de Londres, qui nous avait déjà adressé 240 f comme contribution volontaire en sus de sa cotisation, vient de nous verser à nouveau 60 f, ce qui porte à 300 f sa contribution volontaire pour nous aider à la publication de notre Bulletin. Nous l’en remercions très vivement.
- M. Mesnager, président. — Dans la séance en comité secret qu’il vient de tenir, notre Conseil s’est adjoint deux nouveaux membres :
- M. Gabriel Jossier, en remplacement de M. P. Mallet, décédé, au Comité des Arts chimiques. M. G. Jossier était déjà membre correspondant;
- M. Jean-Marc Bel, conformément aux nouveaux statuts qui ont porté de 10 à 16 le nombre des membres du Comité de Commerce.
- Conformément aux statuts, la ratification de ces nominations sera soumise à l’assemblée générale des sociétaires.
- MM. H. IIitier et P. Toulon, secrétaires généraux, présentent quelques-uns des ouvrages entrés récemment dans la Bibliothèque.
- M. IIitier présente les ouvrages suivants :
- Un novateur. Claude Sigaud et la morphologie humaine, par MM. J. Jac-quin et L. Chatellier, Paris, chez M. Jacquin, 28, rue de Lévis (17e) (Don de M. Jacquin) ;
- L’industrie de l'électro-chimie et de l’électro-métallurgie en France, par M. Victor Barut. Paris, Les Presses universitaires de France (Don de l’auteur) ;
- Les métamorphoses de la force, par M. Alfred Larivière. Paris, Desforges;
- Manuel du bronze d’art. Ciselure et gravure, par M. Georges Hamm. (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel de meunerie, par M. A. Bouquin (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Les combustibles liquides et le problème du carburant national, par M. Aubert (Encyclopédie Léauté, 2e série.) Paris, Gauthier-Villars et Cie, Masson et Cle ;
- Les faiblesses de la science, par Maurice Gandillot. Paris, Vuibert.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- IVe Congrès international de la Route. Séville i9ê3. Compte rendu des Travaux du Congrès. Association internationale permanente des Congrès de la Route. Paris, 1, avenue d’Iéna (Don de Mesnager, président de la Société);
- p.585 - vue 585/899
-
-
-
- 586
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — .JUIN 1924.
- Manuel de la machine à vapeur, par INI. Edouard Sauvage. 5° édition. Paris, Ch. Béranger (Don de l’auteur, vice-président de la Société);
- Manuel du chaudronnier, par MM. K. Adam et A. Ventrili.on (Biblo-thèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils.
- Manuel de télégraphie et téléphonie, par M. A. Leclerc (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils ;
- Le forgeron, par M. Y. Ranchoux (Le livre de la profession). Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- La fonction commerciale des entreprises sidérurgiques, par M. J. Carlioz (Encyclopédie minière et métallurgique). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Les moteurs à combustion Diesel et semi-Diesef par M. René Bardjn. Paris, Desforges ;
- IL organisation scientifique. 1923. Conférence de l’Organisation Française. Pai •is, G. et M. Ravisse ;
- La théorie de la relativité, par M. von Laue, traduit d’après la 4e édition allemande, par M. Gustave Létang. Tome I. Paris, Gauthier-Villars et Cic.
- M. Mesnager, président. — Vous allez entendre M. Georges Kimpflin, vous exposer l’état actuel de l’industrie française des résines synthétiques, plus exactement des bakélites. M. Kimpflin n’est pas un inconnu pour nous : il a donné dans notre Bulletin le compte rendu de la dernière conférence internationale de la Chimie pure et appliquée. Par ses travaux personnels, il a contribué à accroître nos connaissances sur les propriétés des bakélites, qui paraissent appelées à jouer un rôle de plus en plus grand en électrotechnique.
- M. Georges Kimpflin, docteur ès sciences, fait une communication sur l’industrie française de la résine synthétique.
- La formation de corps comparables aux résines a été signalée dès 1872 par Bayer. L’industrie de la résine synthétique a pris naissance en France; elle est due à l'initiative de M. Trillat : dès 1896 une usine française produisait un succédané ininflammable du camphre, en vue de la fabrication du celluloïd, à partir du phénol et de l’aldéhyde formique; ses produits figurèrent à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Cette fabrication ne prit une réelle importance qu’après la publication, en ly09, aux Etats-Unis, par M. Baekeland, d’un mémoire dans lequel les propriétés et la formation des corps résineux, depuis appelés bakélites, étaient exposées en détail. La contribution de Baekeland à l’état de nos connaissances sur les résines synthétiques a été considérable; ses études et recherches ont été poussées très loin tant au point de vue purement scientifique qu'au point de vue des applications industrielles possibles; c’est seulement après ses travaux que la fabrication des résines synthétiques s’est généralisée.
- Lorsque l’aldéhyde formique agit sur les polyphénols, ceux-ci se polymérisent — l’aldéhyde semblant jouer le rôle de catalyseur — et on obtient des produits de
- p.586 - vue 586/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 24 MAI 1924. 587
- [
- condensation qui correspondent aux stades successifs de la polymérisation. Les trois principaux stades sont représentés par : la bakélite A, fusible à température peu élevée, soluble à froid dans les principaux dissolvants des résines; la bakélite B, qui se ramollit à chaud en prenant la consistance du caoutchouc, gonfle dans l’acétone sans s’y dissoudre; et la bakélite C, infusible et stable à l’air à 300°, ininflammable, insoluble dans les dissolvants.
- La constitution chimique de ces corps n’est pas encore connue de façon certaine. La détermination du poids moléculaire est assez difficile; ainsi il n’est pas certain que le produit obtenu par évaporation de sa solution soit identique à celui qui a été dissous; les vernis à base de bakélite seraient des solutions colloïdales. L’épithète de synthétique appliquée au mot résine, en ce qui concerne la bakélite, n’est donc pas justifiée.
- Les propriétés de la bakélite sont assez particulières pour lui ouvrir des débouchés dans de nombreuses applications techniques. Celle des bakélites qui intéresse le plus est le produit C, état des objets finis; le passage par les stades A et B n’est utilisé que pour la facilité de la fabrication.
- La bakélite a trouvé ses premiers emplois dans la fabrication d’objets de parure ou de bibelots, à cause de son bel aspect qui rappelle celui de l'ambre, de l’écaille; on en a fabriqué des fume-cigarettes, des bracelets, perles, peignes, broches. On peut la travailler très facilement au tour, la percer, la polir, y graver. On peut la pulvériser puis l’agglomérer en y incorporant d’autres corps (du fer électrolytique, pour fabriquer des noyaux sans courants de Foucault), en imprégner la papier (papier isolant).
- C’est surtout un diélectrique puissant, très supérieur à ceux qu’on employait autrefois : mica, gomme laque, et auxquels on peut la substituer avantageusement, dans presque toutes leurs applications.
- La production quotidienne de bakélite est en France de 4 t, en Allemagne de 12, aux Etats-Unis de 20 t. Le prix élevé du formol en France limite sa fabrication. Elle y a pris cependant un développement considérable dans ces dernières années. D’autres champs d’applications lui sont ouverts; par exemple dans l’imprégnation des bois communs, qui les transforme en véritables bois de luxe; dans l’utilisation des rayons infra-rouges pour lesquels la bakélite est un excellent sélecteur.
- M. Kimpflin esquisse les conditions économiques du développement de cette industrie dans notre pays et conclut en rendant hommage aux efforts des industriels français qui, tant fabricants que consommateurs, ont permis à la France de s’affranchir de l’étranger.
- E. L.
- M. Mesnager, président, remercie M. Kimpflin de son intéressante communication. Elle nous a fait connaître un produit dont la fabrication est relativement récente en France mais qui paraît devoir s’y développer, si les conditions économiques indiquées par M. Kimpflin s’améliorent.
- La séance est levée à 18 h. 30 m.
- p.587 - vue 587/899
-
-
-
- 588
- COMPTES RENDUS DES SEANCES.
- - JUIN 1924.
- COMITÉ D’AGRICULTURE
- SEANCE DU 14 MAI 1924 ^ Ex trait du procès-verbal).
- M. Lindet, qui occupe le fauteuil de la présidence, donne lecture de la lettre suivante que notre vrénéré président et doyen, M. Tisserand, a adressée à Al. Mesnager, président de la Société d’Encouragement :
- Paris, le 3 mai
- M. A. AIesnager,
- président de h Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale.
- Monsieur le Président et cher Confrère,
- Comme je ne puis plus entendre comme il convient, ni suivre les communications faites à notre Société, ni assister à ses séances, je viens vous prier de me faire remplacer au Comité d’Agriculture et à la Commission des Fonds. Je rentrerai dans le cadre des honoraires.
- Ce n’est pas sans un profond chagrin que je prends cette résolution. Mais après 58 ans de service, de présence et d’assiduité dans le sein du Conseil de la Société, où j’ai rencontré tant d’hommes illustres et toujours la plus grande cordialité et la plus affectueuse bienveillance, je crois bien pouvoir me retirer pour prendre un peu de repos et laisser place aux jeunes activités principalement.
- Je ne le ferais pas toutefois sans une profonde et réelle douleur si je ne conservais un lien immuable qui m’attache à notre grande et illustre compagnie, celui de président honoraire dont la Société a bien voulu m’honorer en même temps qu'elle fêtait le cinquantième anniversaire de mon entrée au Conseil d’Adminis-tration, et cela d’une façon si touchante et dont je garderai toujours le fidèle et heureux souvenir. C’est un lien qui me console.
- Veuillez agréer, mon cher Président avec mes chers Collègues, encore une fois tous mes regrets et l’expression de mes sentiments de sincère attachement et de bien affectueux dévouement.
- Signé : E. Tisserand.
- A l’unanimité, les membres présents expriment l’avis de conserver comme président M. Tisserand, en lui offrant de se faire suppléer au fauteuil lorsqu’il sera absent à la réunion du Comité, et tous les membres présents signent la lettre suivante que le Comité décide d’adresser à M. Tisserand :
- p.588 - vue 588/899
-
-
-
- COMITÉ D’AGRICULTURE : SÉANCE DU 14 MAI 1924.
- 389
- Paris, le 14 mai 1924.
- Cher Président et honoré Doyen,
- Le Comité d’Agriculture a lu avec émotion votre lettre du 3 mai qui lui a été transmise par le Président de la Société.
- Il a été unanime à reconnaître que votre nom est, pour chacun de nous, un drapeau autour duquel nous tenons à rester groupés.
- Nous vous demandons instamment de rester notre président, et le plus ancien d’entre nous sera toujours fier de vous suppléer à la présidence des séances.
- Nous vous adressons, cher Président et honoré Doyen, l’expression de notre respectueuse affection.
- Ont signé tous les membres présents : L. Lindet, Ringelmann, Dabat, Kayser, Moussu, Pluchet, J. Hitier, Petit, Mangin, H. Hitier.
- M. Henri Hitier rend compte de l’ouvrage que vient de faire paraître M. Lafosse, intilulé : Les Eaux et les Bois :
- M. H. Hitier. — Notre collègue M. Henry Lafosse, membre de l’Académie d’Agriculture, Inspecteur général des Eaux et Forêts, nous a fait hommage du volume qu’il vient de publier, dans la collection de la Renaissance agricole, dirigée par M. Prosper Gervais : Les Eaux et les Bois.
- Dans cet ouvrage, destiné au grand public qui s’intéresse à tout ce qui constitue pour un pays les grandes sources de richesses, M. Henry Lafosse embrasse très heureusement dans une même synthèse les eaux et les bois.
- En larges traits M. Lafosse commence par retracer le rôle de l’eau en agriculture, le rôle de l’eau pour l’alimentation et les besoins domestiques, le rôle de l’eau pour la navigation et enfin pour l’alimentation des usines. Pour tous ces besoins multiples il est nécessaire que les cours d’eau possèdent des régulateurs capables d’emmagasiner les pluies abondantes des saisons humides pour les rendre peu à peu dans les saisons sèches.
- Si, pour un petit nombre de cours d’eau, les glaciers et les lacs naturels ou artificiels sont des régulateurs, la conservation des forêts est le seul procédé d’application générale par lequel on peut agir efficacement et économiquement sur l’abondance et la régularité des eaux courantes.
- Quelques personnes, depuis un certain nombre d’années, se préoccupent de la diminution des eaux courantes. Si en quelques points cette diminution est réelle, il n’y a pas lieu, pense M. Lafosse, pour le moment, de s’en inquiéter, mais en tous cas malgré les hypothèses émises, les'quelques tentatives faites, force est bien de reconnaître que l’homme est encore impuissant pour augmenter par des procédés artificiels l’importance des eaux météoriques et qu’il n’a à sa disposition qu’un moyen que lui offre la nature et un moyen des plus efficaces, la conservation des bois et forêts.
- Quel est, du reste, le rôle joué par les forêts dans l’économie générale d’un pays et dans l’économie rurale en particulier ? C’est à faire ressortir ce rôle qu’est consacrée la plus grande partie de l’ouvrage de M. Henry Lafosse.
- Tout d’abord, l’auteur établit l’importance économique des forêts. Les bois, malgré l’impression que l’on peut ressentir en constatant l’emploi de plus en plus
- p.589 - vue 589/899
-
-
-
- 590
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIN 1924.
- répandu des combustibles minéraux, du fer et de l’acier comme matériaux de construction, est resté une matière de première nécessité; dans les campagnes, les charpentes en bois sont restées à peu près seules en usage, et partout on utilise de plus en plus de bois pour faire des planches, des volets, des fenêtres, des emballages, des futailles, des meubles. Les usages industriels en absorbent des quantités toujours croissantes. M. Lafosse cite des chiffres; retenons-en quelques-uns pour la France seule : Pour l’entretien des voies ferrées, sous forme de traverses, nos chemins de fer font une consommation annuelle de 600.000 m3 de bois; nous en consacrons aujourd’hui annuellement 1.500.000 m3 aux bois de mines. Pour la fabrication du papier, en 1913, les chiffres de la douane accusent un excédent des importations sur les exportations de bois de 464.300 t.
- La consommation des bois augmente en France et dans le monde entier; la production ne suit pas la même marche ascendante. Malgré les efforts accomplis pour la mise en valeur et l’exploitation raisonnée des forêts, il n’y a plus équilibre entre la production et les besoins.
- En nous bornant à la France, par exemple, suivons M. Lafosse dans l’examen auquel il se livre en étudiant les statistiques de nos bois et forêts, la production, les exigences de la consommation.
- Les forêts françaises occupent plus de 10 millions d’hectares, le sixième environ du territoire; les particuliers possèdent approximativement les deux tiers des forêts, l’autre tiers est partagé entre les communes, les établissements publics et l’Etat, ce dernier étant propriétaire d’un peu plus de 1 million d’hectares.
- Contrairement à une opinion trop répandue, la superficie forestière de la France est loin d’être en décroissance; en tenant compte des défrichements, peu importants du reste, la superficie forestière française en un siècle a augmenté de plus de 1 million d’hectares. Cela est dû à l’accroissement des surfaces boisées des propriétés privées, notamment aux plantations des pins maritimes dans les Landes (800.000 ha), aux reboisements effectués en Sologne et en Champagne. Evidemment, les forêts françaises ont eu à souffrir de la guerre et la diminution de production causée aux forêts est, de ce fait, très appréciable, mais on ne saurait parler de désastre forestier.
- La production totale de nos forêts métropolitaines se répartit ainsi : 8.000.000 m3 de bois d’œuvre, 17.000.000 m3 de bois de feu. Quant aux forêts de nos colonies — mettant à part celles de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc dont le liège fait la richesse des peuplements à tel point que le marché mondial des lièges nous appartient, — elles ont une étendue considérable puisque l’Inspecteur général Boutteville l’évalue à 100 millions d’hectares avec un volume moyen de bois utilisable de 25.000.000 m3 de bois dont beaucoup peuvent se prêter aux usages de nos bois communs.
- Toutefois, ces forêts coloniales, riches dans l’ensemble, ne nous offrent pas toutes des ressources disponibles à cause des difficultés d’exploitation et de transport jusqu’aux ports d’embarquement; dans l’avenir surtout, avec les progrès de la colonisation, nos bois coloniaux pourront apporter à notre production métropolitaine un apport sérieux.
- En regard de cette production en bois quelles sont, maintenant, les exigences do la consommation?
- Pour l’ensemble de la France, la production des bois de feu, 17.000.000 m3, est
- p.590 - vue 590/899
-
-
-
- COMITÉ d’agriculture : SÉANCE DU 14 MAI 1924.
- 591
- bien supérieure à nos besoins; mais pour les bois d’œuvre l’état de choses est tout différent. En 1913 nous avions dû importer déjà plus de 3.000.000 m3 de bois de toute nature et la guerre a singulièrement aggravé la situation. On a estimé, en effet, à 10.000.000 m3 le volume des bois nécessaires à la reconstruction de nos régions dévastées. En plus de cette énorme quantité de bois, il faudra faire appel à l’importation pour les besoins généraux dans de plus fortes proportions qu’avant 1914 et, malgré leur importance et leur bonne situation, les forêts d’Alsace-Lorraine ne suffisent pas aux nécessités de la consommation locale.
- Notre situation, au point de vue du gros bois est donc défavorable. Cet état de choses n’est pas spécial à la France : on le retrouve dans tous les grands pays industriels d’Europe, Angleterre, Belgique, Allemagne, Suisse, etc.
- Aussi, dès 1900, M. Mélard jetait ce cri d’alarme : « la consommation des bois d’œuvre est supérieure à la production normale des forêts accessibles; il y a dans cette production un déficit qui est momentanément couvert par des destructions de forêts )>.
- Sans montrer un pessimisme exagéré, M. Lafosse estime que l’on peut avancer qu’une crise sérieuse se produira à un moment donné et cette crise affectera d’abord les bois de chêne.
- Comment remédier à la situation et retarder l’échéance de la crise pour l’ensemble des produits ligneux? La réduction de la consommation, surtout en présence du développement croissant du bien-être, ne saurait être envisagée. Il faut modifier les conditions d’exploitation et de transformation des bois, réduire l’importance des déchets d’exploitation et de fabrication (1 m3 de bois fabriqué représente actuellement 2 m3 de bois sur pied), faire des économies importantes sur les lieux de production, abandonner maintes pratiques de gaspillage; mais il faut aussi songer à améliorer la production; les petits bois jadis étaient en honneur, nécessaires qu’ils étaient pour les forges, fours à chaux, usages domestiques, etc.; pour répondre à ces besoins les forêts ont été aménagées à courtes révolutions. Aujourd’hui, les aménagements subsistent, mais les débouchés sont fermés aux petits bois. La nécessité s’impose donc, pour les propriétaires particuliers, de changer leurs méthodes de traitement de façon à obtenir de leurs forêts des revenus avantageux. Ils devront allonger les révolutions de leurs taillis et ils serviront ainsi l’intérêt général en même temps qu’ils y trouveront de larges profits.
- Il conviendra encore de rechercher les moyens d’accroître la production utile des petites parcelles forestières, en n’oubliant pas que celles-ci, malgré leur extrême morcellement, présentent, en France, près delà moitié de la surface totale des forêts particulières (des associations syndicales forestières sont sur ce point à prévoir)-
- II serait aussi urgent d’assurer la mise en valeur de nos forêts coloniales, de celles principalement qui produisent des bois se prêtant aux mêmes usages que nos bois indigènes. Améliorer notre domaine forestier, toutefois, ne saurait suffire : il importe de l’accroître : il faut planter de nouveaux arbres.
- M. Lafosse rappelle que nous avons en France plus de 6 millions d’hectares de terres incultes, landes, pâtis, bruyères, etc., dont le produit est à peu près nul : une grande partie de ces terrains se prêtent à la culture forestière. En plantant I million d’hectares seulement de ces terrains en essences résineuses dont la croissance est rapide, on pourrait obtenir, en 50 ans, une production supplémentaire de bois d’œuvre et d’industrie de près de 2.000.000 m3.
- p.591 - vue 591/899
-
-
-
- 592 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIN 1924.
- Le mot d’ordre doit donc être « plantons » ; plantons vite car si en 50 ans on peut obtenir de beaux pins, il faut plus de 100 ans pour faire un beau chêne et un beau sapin.
- Le rôle des forêts ne consiste pas seulement à fournir des produits commerciaux. Leur utilité se manifeste encore dans un grand nombre de cas par des profits qui ne peuvent être chiffrés en argent : c’est leur action sur le climat, sur les sources, pour le maintien des terres sur les pentes, pour la protection de la santé publique, etc. Les produits dits immatériels sont, d’une façon générale, ceux que l’homme retire des forêts par le seul fait de leur présence dans la région qu’il habite. Cette influence s’exerce principalement au profit de l’agriculture.
- Ouelle est, par exemple, l’influence des bois sur le climat d’un lieu déterminé? M. Lafosse résume ainsi le chapitre qu'il consacre à cette question?
- C’est d’abord l’action sur la température; les forêts exercent une influence médiatrice dont bénéficient les terres cultivées du voisinage. Elles agissent encore sur les gelées printanières ou hâtives, en procurant un abri aux champs voisins et par l'écran protecteur des vapeurs qu’elles rejettentdansl’atmosphère, en diminuant le refroidissement causé par le rayonnement nocturne.
- Dans le voisinage des bois, la pluie est plus abondante, plus régulière et moins violente. La forêt est encore un réservoir d’humidité; près d’elle la rosée est plus forte; les foins ne se fanent pas; les récoltes, loin de se dessécher, prospèrent plus qu’ailleurs.
- Les vents sont brisés par l’obstacle des arbres; derrière un simple rideau, les cultures de toute nature, les jardins, les arbres fruitiers et d’agrément trouvent une protection certaine.
- Les bois semblent aussi avoir une action utile sur les orages et en particulier sur les orages à grêle.
- S'agit-il des forêts et des nappes d’eau souterraines, malgré la complexité du problème et nombre de points qui ne sont pas encore éclaircis, il est reconnu sans contestation, d’une part, que les forêts font disparaître (par suite du pouvoir de la transpiration des bois) les eaux stagnantes; leur utilité est incontestable, dès lors-, pour l’assainissement des régions trop humides et malsaines.
- D’autre part, il est notoire que la pluie tombe sur le sol des forêts plus abondamment et plus régulièrement que sur les cultures voisines. Il est acquis aussi que l’infiltration des eaux pluviales dans le sol y est plus grande que dans tout autre terrain.
- Les bois contribuent ainsi à augmenter le volume des sources et parla même le débit des eaux courantes; ils agissent aussi, de même que les lacs et les glaciers, comme puissants modérateurs de la violence des eaux. Ils sont à la fois des condenseurs et des régulateurs. Ils arrêtent et retiennent les eaux des fortes pluies et de la fontedes neiges, les empêchent d’arriver trop rapidementaux rivières ; ilsontainsiune action certaine et puissante sur les crues. Ce rôle de la forêt « souveraine régulatrice du régime des eaux » n’est méconnu par personne.
- L’est en montagne que le maximum de l’efficacité des bois, à cet égard, se manifeste; c’est en montagne que la forêt en effet donne les moyens efficaces et durables : d’enrayer l’action destructrice des torrents et les dangers des inondations. Or, comme la France se place malheureusement au premier rang des pays dévastés par les torrents, la restauration des montagnes par le reboisement est, en France, une œuvre de salut public.
- p.592 - vue 592/899
-
-
-
- COMITÉ D’AGRICULTURE : SÉANCE DU 14 MAI 1924.
- 393
- Non moins grand est le rôle des forêts pour arrêter, au bord de la mer, la marche des dunes et les fixer; on sait quel succès a obtenu Brémontier, à cet égard, pour fixer les dunes du Sud de la Gironde; comme l’on sait comment a pu être créée, derrière l’abri de ces dunes consolidées, dans une contrée devenue salubre grâce aux travaux de Chambrelent, une forêt immense de 800.000 ha. L’exemple des Landes, une fois de plus, a montré que les bois constituent une caisse de capitalisation admirable qui défie, dans les résultats, toutes les caisses de même nature.
- Enfin, les dernières pages de l’ouvrage de M. Lafosse sont consacrées à rappeler l’influence des bois sur la salubrité publique, sur la beauté qu’ils donnent au paysage.
- « Aussi sous quelque aspect qu’on l’envisage, soit au point de vue des intérêts matériels, soit du côté des produits immatériels, la forêt apparaît bienfaisante quand un juste équilibre est établi entre elle et les terres cultivées.
- « L’agriculture, l’industrie, le commerce, les arts, toutes les sources de grandeur et de force des nations sont liées dans une large mesure au sort des forêts. »
- Les Eaux et les Bois sont l’œuvre d’un éminent forestier. A chaque page l’on sent la science et la connaissance profondes des bois de l’inspecteur général des Eaux et Forêts, mais on sent aussi que l’ouvrage est écrit parquelqu’un qui ((aime« les arbres parce qu’il en comprend, en même temps que l’utilité, toute la beauté.
- p.593 - vue 593/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUHAG. POUR i/lNDUSTRIE NATIONALE. -- .IUIN 1921.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN MAI 1924
- Jahresbericht über die Fortschritte auf dem Gebiete der reinen Chemie. I Jahrgang, 1873 und IX Jahrgang. 1881. (Don de M. Bordet, membre du Conseil d'Administration).
- Sauvage (Édouard). — Manuel de la machine à vapeur. Guide pratique décrivant le fonctionnement et les organes des machines et des chaudières à vapeur. 3e édition, revue et augmentée. In-12 (19x12; de ix-j-424 p., 200 fig. Paris, Ch. Béranger, 1924. (Don de l'auteur, vice-président de lu Société.) 16737
- Association internationale permanente des Congrès de la Boute. — IV1' Congrès international de la Route. Séville, 1923. Compte rendu des travaux du Congrès. In-8 (2a x 16) de 370 p. Paris, 1, avenue d'Iéna. (Don de M. Mesnagcr, président de la Société.)
- 16738
- Carlioz (J). — Fonction commerciale des entreprises sidérurgiques. (Encyclopédie minière et métallurgique.) In-8 (23 x la) de 4ali p. Bibliographie, p. 450. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16739
- Aubert (M.). — Les combustibles liquides et le problème du carburant national. (Encyclopédie Léauté. 2° série.) In-12 19 13 de xv + 368 p., 60 fig. Paris, Gauthier-
- Villars et Cie; Masson et Cie, 1924. 16740
- Laue (M. von). — La théorie de la relativité. Traduction faite d’après la 4e édition allemande, par Gustave Létang. In-8 ^24 x loi. Tome I : Le principe de relativité de la transformation de Lorenz, de xvi -f- 331 p., 23 fig. Bibliographie, p. 323-331. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1924. 16741
- Bardin (René). — Les moteurs à combustion Diesel et semi-Diesel. Principe. Fonctionnement. Mise au point. Réglage. Conduite. Entretien. Causes de mauvais fonctionnement. In-8 (23 x 16) de 112 p., 50 fig. Paris, Desforges, 1924. 16742
- Larivière (Alfred). —Les métamorphoses de la force. In-12 (19x12) de 305 p., 25 fig. Paris, II. Desforges. 16743
- Bouquin (A.). — Manuel de meunerie. La mouture du blé par cylindres et son outillage moderne. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 301 p., 218 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1923. 16744
- Leclerc (A.). — Manuel de télégraphie et téléphonie. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 317 p., 248 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16745
- Adam E.). et Ventrillon (A.). — Manuel du chaudronnier. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 412 p., 324 fig. Paris, J.-B. Baillère et fils, 1924. 16746
- Hamm (Georges). — Manuel du bronze d’art. Ciselure et gravure. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 276 p., 162 fig. Paris, J.-B. Baillère et fils, 1924. 16747
- Ranchoux (V.). — Le forgeron. (Le livre de la profession). In-12 (18 x 12) de 273 p., 329 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16748
- Jacquin (J.), et Ciiatellier (L.). — Un novateur. Claude Sigaud et la morphologie humaine. Sa vie. Son œuvre scientifique. L’avenir de ses conceptions. In-8 (24 x 15) de vin+ 183 p. Paris, chez M. Jacquin, 28, rue de Lévis (17°). (Don de M. Jacquin.)
- 16749
- Conférence de l’Organisation française. — L’Organisation scientifique, 1923. In-8 (24 x 16) de 334 p., VI pi. Paris, G. et M. Ravisse, 1924. 16750
- Gandillot (Maurice). — Les faiblesses de la science. In-8 (25 x 16) de 76 p., 7 lig. Paris, Librairie Vuibert, 1924. 16751
- Barut (Victor). — L’industrie de l'électro-chimie et de l’électro-métallurgie en
- p.594 - vue 594/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN MAI 1924.
- 595
- France. Ia-8 (25 x 16) de 281 p. Bibliographie, p. 279-280. Paris, Les Presses universitaires de France, 1924. 16752
- Martin (René). — Traction électrique. 2e édition. (Encyclopédie industrielle et commerciale). In-8 (25 x 16) de 871 p., 595 tig. avec un Atlas de LV planches. Paris, Librairie de FEnseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16753-4
- CANtley (W. I.). — Official test of three cylinder Locomotive number 5000 of the Lehigh Valley Railroad. In-8 (25 x 20) de 26 p. Pièce 12841
- FëRET (R.). — Compositions comparées des principaux types de revêtements asphaltiques. (Bulletin des Congrès de la Route, n° 32, mars-avril 1924.) In-8 (24 x 16) de 17 p., 7 fig. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration). Pièce 12842
- Thiébault (Ernest). — Sténographie, système Prévost-Delaunay. Adaptation phonétique à l’anglais en huit leçons. 3e édition. In-8 (21 x 13) de 64 p. Paris, Dunod, 1922.
- Pièce 12843
- d’Avesne (Marcel). — Pour construire son poste de téléphonie sans fil. In-8 (20 x 14) de 47 p., 71 fig. Paris, 39, avenue de Saint-Mandé, 1923. Pièce 12844
- Goniostadigraphe E. Mas«on, pour le levé des plans à grande échelle. In-8 (24 x 15) de 16 p., 5 lig. Paris, P. E. Valette et Gie, constructeurs, 39, avenue de la République (11e). Pièce 12845
- Michotte (Félicien). — Le coton. Sa disparition prochaine et irrémédiable. L’erreur de sa culture. (Société de propagande coloniale, mars 1924.) In-8 (24 x 16) de 52 p. Paris, 45, avenue Trudaine (9e). Pièce 12846
- L’exposition du chauffage industriel. (Conservatoire national des Arts et Métiers.) 1er au 17 juin 1923. (Supplément au numéro d’avril 1924 de Chaleur et Industrie.) In-4 (27 x 22) de 36 p., 8 fig. Paris, 5, rue Michel-Ange. Pièce 12847
- La T. S. F. en Indochine. (Les Annales coloniales, 15 avril 1924). In-f° (56 x44) de 4 p., fig. Paris, 34, rue du Mont-Thabor (1er). (Don du Gouvernement général, de l’Indochine (Agence économique), 20, rue de La Boétie). Pièce 12848
- International Critical Tables of numerical data of physics, chemistry and technology, prepared under the auspices of the International Research Council. Fundamental constants and conversion factors. ln-8(23 x 15) de 15 p. Washington, National Research Council.
- Pièce 12849
- Urbina (V. V.). — Embalaje y exportaciôn de melones. Estaciôn Enolôgica y de ïndustria agricolas, Chile. In-8 (25 x 16) de 16 p., 11 fig. Santiago de Chile, Correo 12 Casilla 12059. Pièce 12850
- Alessandri (J. P.). — La produccion fruticola y su comercio. Viaje por los EE. UU. de Norte América. Gonferencia dada en el Salon de Honor de la Universidad de Chile, a pedido de la Sociedad Agronômica, Santiago, 20 diciembre 1922. In-8 (25 x 18) de 47 p., fig. Santiago de Chile, 1923. Pièce 12851
- Le Bureau moderne et l’industrie à la Foire de Paris, 1924. (Numéro spécial, hors série, de la Vie technique, industrielle, agricole et coloniale, mai 1924.) In-4 (31 x 24) de 84 p., fig. Paris, 14, rue Séguier (6e) Pièce 12852
- Renvoisé (M.). — La navigation aérienne. Le port du Bourget. In-8 (21 x 13) de 26 p. Paris, lmp. H. Baguenier, Desormeaux et C10, 10, rue Dupetit-Thouars.
- Pièce 12853
- Le Centre radioélectrique de Paris. In-4 (28 x 21) de 17 p., X planches.
- Pièce 12854
- Ministère des Travaux publics. Direction des Mines. 2e Bureau. — Statistique de l’industrie minérale et des appareils à vapeur en France et en Algérie pour l’année 1921, avec un appendice concernant la statistique minérale internationale. Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 138
- p.595 - vue 595/899
-
-
-
- 596
- JUIN 1924.
- OUVRAGÉS REGUS. ------
- Ministère de l’Intérieur. — Situation financière des communes de France et d'Algérie en 1920. Melun, Imprimerie administrative, 1922. Pér. 135
- Laboratoire d’Essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines du Conservatoire national des Arts et Métiers. — Bulletin n° 21 : Recherches techniques et expérimentales sur le fonctionnement des courroies de transmission, par Auclair, Boyer-Guillon et Coulmeau, de vi + 218 p., fig. Paris, Ch. Béranger, 1924. Pér. 308
- Unis-France. Union nationale intersyndicale des marques collectives. — Annuaire officiel, 1924. Paris, 8, place de la Bourse. Pér. 91
- Ministère de l’Agriculture. Direction de l’Agriculture. Office de renseignements agricoles. — Statistique agricole annuelle, 1922. Paris, Imprimerie nationale, 1924.
- Pér. 242
- Ministère des Travaux publics. — Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, dressé par les soins de l’Administration centrale. 2e série, Tome XXVII (année 1919). Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 144
- Société des Sciences naturelles du Maroc. — Mémoire. Tome IV, n° 1 (1er mars 1924); Contribution à l'étude de la flore du Grand Atlas (Missions de l’Institut scientifique chérifien en 1922 et du Ministère de l'Instruction publique en 1923), par René de Litardière et René Maire, de 32 p., G fig. Rabat, Institut scientifique chérifien; Paris, Émile Larose, 1924. Pér. 469
- Bureau of Standards (Washington). — Scientific Papers, Arol. XIX (1924), n° 480 : A directive type of radio beacon and its application to navigation, by F. H. Engel, F. W. Dünmore, p. 281-293, 10 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Technologie Papers, Vol. XVII (1923), nos 246 : Wet-process enamels for cast iron, by R. R. Danielson, H. P. Reinecker, p. 695-743. — 247 : A ne w electrkal telemeter, by B. McCoi.lum, 0. S. Peters p. 737-777, 25 fig. — Vol. XVIII (1924). nos 248 : Exposure tests oncolorless icaterprooflng materials, by D. W. Kessler, p. 1-33, 13 fîg. — 249 : Thermal-conductivity method for the analysis of gases, by P. E. Palmer, E. R. Weaver, p. 35-100, 40 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Circulars, nos 10 (4tL ed.) : Legal weights (in pounds) per bushel of various commodities, 18 p. (1924). — 136 (2d ed.) : United States Government spécification for numbered cotton ditck, 4 p. (1924'. — 152 : Recommended spécification for ceramic whiting, 7 p. (1923). Pér. 61
- Australasian Association for the Advancement of Science. — Report of the 16 th Meeting, Wellington, 1923. Wellington, N. Z., 1924. Pér. 51
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers. — lmp. Paul BRODA RD.
- p.596 - vue 596/899
-
-
-
- 123e ANNEE.
- JUILL.-AOUT-SEPT. 1924
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES
- Rapport présenté par M. Chesneau, au nom du Comité des Arts Chimiques, sur les appareils « Platon » construits par M. Alabarbe.
- M. Alabarbe, 14, rue de Rirague, Paris (4e) a présenté à notre Société des brûleurs à essence à pression d’air, dit appareils « Pluton», destinés au chauffage des appareils de laboratoire ainsi qu’au chauffage industriel ou domestique.
- Il existe depuis longtemps déjà de nombreux appareils de chauffage à l’alcool, à l’essence ou au pétrole destinés à suppléer les appareils au gaz, et qui tous sont basés sur le même principe, consistant à injecter un mélange sous pression d’air et du liquide combustible dans un brûleur échauffé au préalable au contact d’une flamme d’alcool, de façon à ce que le liquide inflammable entraîné par l’air soit complètement gazéifié : le jet d’air et de vapeur inflammable est alors allumé et, grâce à la chaleur que cette flamme diffuse par conductibilité dans le brûleur, la température de celui-ci se maintient au degré de chauffage initial, en sorte que la flamme persiste, si la pression d’air dans le réservoir contenant le liquide inflammable est maintenue à une valeur suffisante. De nombreuses lampes à souder, des réchauds de formes variées et des brûleurs des types les plus divers sont ainsi en usage depuis quelques années, qui ne sont que des variantes Tome 136. — Juillet-Août-Septembre 1924.
- 41
- p.597 - vue 597/899
-
-
-
- 598 COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- du meme principe, les types ne différant que par la disposition du brûleur.
- Les appareils « Pluton » de M. Alabarbe, basés sur ce principe, sont caractérisés par un brûleur d’une disposition très spéciale, qui fait l’objet du brevet pris par l’inventeur, et dont l’agencement, que nous allons décrire, permet d’obtenir des flammes à température très élevée, convenant particulièrement aux opérations des laboratoires de chimie. Parmi les appareils divers construits par M. Alabarbe auxquels se prèle l’emploi de ce brûleur, nous prendrons celui qui peut être utilisé dans les laboratoires de chimie pour alimenter des
- becs Bunsen ou des rampes de chauffage d’étuve.
- La figure ci-jointe (tig. 1) représente l'ensemble de l’appareil. Le réservoir en cuivre A, contenant l’essence, porte trois oriiices : l’orifice B est muni cfune petite pompe à main permettant de comprimer Pair dans le réservoir; l’orifice C sert à l’introduction de l’essence et est muni d’un bouchon à vis; enfin l’orifice D est muni d’un robinet pointeau permettant la sortie de Pair mélangé d’essence et de régler son débit avant son arrivée dans le brûleur E.
- Le brûleur qui constitue la particularité de l’appareil est disposé comme le montre en coupe verticale la figure ci-contre (fig. 2). Le mélange sous pression d’air et d’essence arrive du réservoir A dans la chambre a au contact des flammes produites par le réchauffeur. Sous l’influence de cette chaleur le liquide carburant se transforme en gaz et celui-ci descend par la tuyauterie b jusqu’au bouchon d’épuration c à l'intérieur duquel il laisse les résidus de l’évaporation. Befoulés par la pression, les gaz s’échappent ensuite par l’injecteur cl qui les projette violemment à travers Pair libre dans un tube collecteur e s’ouvrant dans une chambre de chauffe /’.
- Sur l’ouverture supérieure du tube e est placé un organe de refoulement constitué par une rondelle métallique y maintenue à bonne hauteur par des pattes p : les gaz venant frapper contre cet obstacle refluent en partie vers la base de la chambre /’ et s’échappent par la
- Fig. 1.
- p.598 - vue 598/899
-
-
-
- BRULEURS A ESSENCE PLUTON, DE M. ALABARBE.
- 599
- couronne d’orifices h dont cette base est percée, tandis que la majeure partie des gaz continuent leur course ascensionnelle dans la chambre f. Les gaz qui se sont échappés parles orifices h viennent buter contre un plateau i qui les force à remonter autour de la chambre f. Si donc ces gaz sont allumés, ils entourent d’un cercle de flamme bleue le collecteur e, dans lequel les gaz carburés sont ainsi soumis à une température élevée : la flamme produite par ces gaz est donc beaucoup plus chaude que si on les allumait directement à la sortie de l’injecteur cl.
- Fig. 2.
- La chambre f peut supporter directement un bec d’éclairage par incandescence ; elle peut être aussi prolongée par une tuyauterie conduisant les gaz surchauffés aux différents points où ils doivent être utilisés, et la surchauffe empêche la condensation des carburants dans les tuyaux de distribution : c’est ainsi qu’on peut coiffer la chambre f d’un tube en laiton horizontal percé de petits trous par lesquels s’échappent les gaz qui, allumés, reproduisent exactement le fonctionnement des rampes à gaz employées dans les laboratoires. On peut enfin, comme le représente la figure 2, coiffer la chambre f d’une toile métallique horizontale à gros fils, et la flamme allumée au-dessus est exactement pareille à celle d’un bec Méker à gaz de même diamètre, dont elle atteint la température avec l’essence de pétrole comme carburant (fusion facile du cuivre par exemple). Le même appareil « Pluton » peut ainsi servir à plusieurs usages, en changeant l’ajutage adapté sur la chambre /’.
- p.599 - vue 599/899
-
-
-
- '600 COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Étant donné l’intérêt que peuvent présenter pour les usages domestiques, l’industrie et les laboratoires scientifiques ne pouvant disposer de gaz d’éclairage, les appareils construits par M. Alabarbe, le Comité des Arts chimiques vous propose d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société et de retenir l’invention de M. Alabarbe parmi celles auxquelles notre Société est disposée, en principe, à accorder une de ses récompenses.
- Le Rapporteur,
- G. Chesneau.
- Lu et approuvé en séance publique le dl juin 192i.
- p.600 - vue 600/899
-
-
-
- BULL, de LA SOC. d’eNG. POUR l’industrie NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- LA CURE MARINE ET L'HÉLIOTHÉRAPIE MARINE1»
- M. le Président, Mesdames, Messieurs,
- Avant de vous exposer le sujet qui est le but de cette conférence, je tiens tout d’abord à remercier la Société d’Encouragement qui me fournit aujourd’hui l’occasion de développer en public des connaissances que je crois d’autant plus utiles à répandre qu’elles sont ignorées ou difficilement acceptées.
- Monsieur le Président, en effet, il y a quelques instants, en annonçant le titre de la question que je vais avoir l’honneur de traiter ici, faisait remarquer que la plupart du temps on va à la mer comme on va à une campagne quelconque sans se préoccuper de savoir si l’on doit en rechercher ou en redouter les effets.
- Cette confiance un peu aveugle vient de ce que si la cure marine n’a été étudiée scientifiquement que depuis peu d’années, par contre, l’action exercée sur notre organisme par le milieu marin était connue même dans l’antiquité, puisque Euripide, 500 ans avant J.-C., disait que « la mer guérit les maladies des hommes ». Les Grecs pratiquaient la cure marine et y associaient les bains de soleil, le long de leur littoral; chez les Romains, l’héliothérapie jouissait d’une faveur dont témoignent les solariums dont nous possédons encore tant de vestiges aujourd’hui.
- Cette notion, bien qu’elle fût empirique, s’est transmise jusqu’à nous, à travers les siècles, avec toute l’autorité d’une tradition basée sur l’expérience.
- Le milieu ynarin, cependant, est un agent des plus complexes, au point de vue de sa composition aussi bien qu’au point de vue de son action dont, lorsqu’on se rend à la mer, on subit toujours plus ou moins l’influence. Si, en effet, dans une station thermale, on peut se livrer exclusivement aux douceurs de la villégiature sans faire usage de l’eau minérale, à la mer, au contraire, même en s’abstenant de l’héliothérapie marine, on ne peut absolument pas se soustraire à l’action du climat. Eau de mer et climat marin sont donc doués de propriétés si actives? Assurément, et pour s’en convaincre il suffît d’envisager leur composition.
- L’eau de la mer, d’abord, contient d’innombrables substances organiques
- (I) Conférence faite en séance publique le 14 juin 1924.
- p.601 - vue 601/899
-
-
-
- 602 HÉLIOTHÉRAPIE ET CURE MARINES.
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- en suspension, et bon nombre de substances chimiques, les unes en dissolution, les autres en suspension :
- 1° Chlore et sodium, représentant ensemble 8-4 p. 100 des corps dissous;
- 2° Soufre (acide sulfurique et sulfates), magnésium, potassium, calcium, représentent ensemble 14 p. 100 des corps dissous;
- 3° Corps rares : brome, carbone, silicium, azote, fer, fluor, phosphore, lithium, iode, bore, arsenic, cuivre, argent, or, zinc, manganèse, strontium, baryum, césium, rubidium, aluminium;
- 4° Corps rares reconnus seulement dans des végétaux ou animaux marins : plomb, cobalt;
- 3° Gaz dissous provenant de l’atmosphère, et dont la proportion atteint 20 à 30 cm3 par litre d’eau à la surface de la mer. L’eau de mer, vous le voyez, n’est pas autre chose qu’une véritable eau minérale chlorurée sodique forte, comprenant dans sa minéralisation des principes éminemment stimulants pour la nutrition, et même (tel le potassium) radioactifs. Mais son degré de concentration, sa salinité, varient dans les diverses régions, en raison inverse de la quantité d’eau douce qui est déversée par les fleuves, en raison directe de l’évaporation sous l’influence de la température de l’air et des vents.
- L’eau des grands océans, qui échappent le plus à ces influences, est l’eau de mer typique : sa salinité est de 33 p. 1.000.
- Bien différente est la salinité des mers isolées, soumises soit à une évaporation constante, soit à une dilution plus grande. Ainsi,
- dans l’isthme de Suez.....................elle atteint
- dans certains points de la mer Caspienne . —
- dans la mer Rouge......................... —
- dans la Méditerranée............................. —
- dans la Manche................................... —
- dans la mer Noire................................ —
- dans les mers Antarctiques................
- (près des bancs de glace) . — 7,4 —
- dans la Baltique................................. — 7,6 —
- dans le golfe de Finlande seulement 0,6 —
- J’ajoute que la température de l’eau diffère également, et pour ne citer que les mers qui nous intéressent ici, elle varie : dans la Manche, de 15 à 20°; dans l’Océan, de 17 à 22°; dans la Méditerranée, de 18 à 28°;
- Ces différences, dans la salinité d’une part, dans la température d’autre part, ne sont pas négligeables en thérapeutique marine.
- 6o à 75 p 56,8
- 43 à 46,5
- 38.6 à 41,6 31,3
- 17.6
- 1.000
- p.602 - vue 602/899
-
-
-
- LA CURE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE.
- 603
- Le climat marin de son côté, offre des caractères qui justifient cette influence que nous lui avons déjà attribuée :
- 1° la richesse de l’air en oxygène, qui en fait en quelque sorte de l’air concentré ; en ozone (trois fois plus abondant que dans les grandes villes) ; en vapeur d’eau (d’où la stabilité du degré hygrométrique);
- 2° la présence des substances chimiques suivantes, en dissolution dans la vapeur d’eau :
- Chlorure de sodium (22 mg par mètre cube à 60 km du rivage, 5 à 15 mg par mètre cube, à proximité du rivage). On en a même trouvé des traces jusqu’à 600 m d’altitude sur le littoral du Pérou.
- Iode : 12 fois plus que dans l’air du continent.
- Bromures alcalins.
- Silice à l’état colloïdal qui peut être considérée comme favorisant les phénomènes d’hydrolyse oxydo-réductrice, et constituant un stimulant, reminéralisateur, pour les tuberculeux, en particulier, qui perdent jusqu’à 40 p. 100 de leur silice constitutionnelle.
- 3° la stabilité thermique due d’une part aux courants océaniques dont l’influence régulatrice sur les climats contribue puissamment à rendre notre planète habitable, d’autre part au rôle joué par la masse liquide qui constitue un immense réservoir de calories emmagasinées pendant le jour, réfléchies pendant la nuit;
- 4° la pureté de l’air, au point de vue microbien;
- 5° la luminosité considérable de l’atmosphère, due à l’étendue immense du ciel visible, à la réflexion de la lumière solaire par les plages de sable surtout, des radiations jaunes et bleues par la surface des flots, tandis que les rouges et infra-rouges sont eh^ ’bées par le miroir bleu de la mer.
- L’emploi de l’eau de mer, qui constitue l’hydrothérapie marine, se fait suivant différents modes; tantôt (exceptionnellement, d’ailleurs) ce sont des douches, lotions, fomentations; tantôt des bains chauds (un peu plus fréquemment), mais plus souvent, la plupart du temps même, ce sont les bains froids, pris empiriquement, sans méthode, sans autre règle que le caprice du baigneur. Ce bain froid, cependant, s’accompagne constamment de symptômes plus ou moins impressionnants : au moment de l’entrée dans l’eau, c’est un frisson violent avec tremblement musculaire, chair de poule, spasme et irrégularité des battements du cœur et des mouvements respiratoires, tous phénomènes liés à une vasoconstriction périphérique et à une vasodilatation profonde, et d’autant plus passagers, d’autant moins pénibles par conséquent, que l’immersion est plus totale et brusque. L’immersion lente, avec temps d’arrêt, hésitations, mouvements de recul, prolonge le frisson, l’augmente, rend l’organisme incapable de réagir, et doit être évitée
- p.603 - vue 603/899
-
-
-
- 604 HÉLIOTHÉRAPIE ET CUI'tE MARINES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- par conséquent, tandis qu’avec l’immersion régulière, totale et brusque, le frisson primitif est presque immédiatement suivi d’une sensation de bien-être, due à la régularisation fonctionnelle cardio-vasculaire par double réaction circulatoire et thermique. Mais la résistance organique a des limites qu’il ne faut ni dépasser, ni même atteindre, sinon survient un frisson secondaire, beaucoup plus pénible que le premier, et qui est l’indice de la faillite des forces réactionnelles de l’organisme. Il faut donc éviter le frisson secondaire et dans ce but, sortir du bain en pleine réaction, limiter la durée du bain en conséquence, c’est-à-dire entre le moment précis de l’immersion et le moment imprécis qui le précède.
- Cette durée, d’ailleurs, doit varier suivant l’âge du baigneur, l’état de la mer, l’intervention ou non de l’exercice musculaire, c’est-à-dire de la natation.
- Les vieillards et les enfants ne doivent prendre que des bains de mer froids de quelques minutes, 4 à 8 ou 10 minutes au plus. Il doit être interdit aux vieillards trop âgés et aux enfants de moins de 7 ans.
- Par mer calme et tiède, le bain pourra être pris plus longuement que par mer froide, agitée, houleuse avec grand vent.
- L’exercice, la natation, qui active la circulation, échauffe le muscle, dégage de la chaleur, accroît les combustions, accélère la réaction circulatoire et thermique, permet de mieux lutter et plus longtemps contre le froid, et par conséquent de prolonger le bain; mais là encore, il faut éviter la fatigue musculaire qui, faisant fléchir subitement la réaction, entraînerait les conséquences du refroidissement.
- Quels sont les effets physiologiques du bain de mer?
- Lorsqu’il est court, c’est un abaissement momentané de la température périphérique, avec élévation momentanée de la température centrale.
- Lorsqu’il est long, c’est un refroidissement périphérique et central, un abaissement de la tension, une accélération du pouls, et une légère albuminurie. L’albuminurie, consécutive au bain de mer, serait peut-être, si on la recherchait, beaucoup plus fréquente qu’on le suppose, d’après des observations faites en Italie, dans des colonies marines militaires où elle a été constatée chez tous les soldats, exclusivement pendant les 2 ou 3 heures qui suivaient. C’est là un fait d’importance qui devrait être pris sérieusement en considération dans l’avenir et inspirer bien des réserves.
- Au point de vue physiologique, en tous cas, le bain de mer froid élève les échanges gazeux, le taux de l’urée, l’acidité urinaire, les échanges respiratoires, excite le système nerveux de tous les appareils... action comparable, en réalité, à celle de l’hydrothérapie ordinaire, mais beaucoup plus énergique et en rapport avec le degré de salinité de l’eau de mer.
- p.604 - vue 604/899
-
-
-
- LA CURE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE. 605
- Le climat marin emprunte aux substances chimiques contenues dans l’air, à sa richesse en oxygène, à l’intensité de la lumière, aux vents, des propriétés non moins intéressantes : il développe l’amplitude des inspirations, stimule la diurèse, la puissance musculaire, le système nerveux, l’appétit, la digestion; il favorise la consommation des matières albuminoïdes, l’utilisation des matières ternaires et des phosphates; il diminue la quantité de matière minérale nécessaire pour mobiliser une certaine quantité d’azote; par conséquent il exerce sur les échanges nutritifs, sur le pouvoir reminéralisateur, sur le métabolisme vital, une action stimulante qui renforce celle du bain.
- Cette double stimulation, d’ailleurs, semble agir comme celle des glandes endocrines (la glande thyroïde en particulier), et quelquefois comme le thyroïdisme par excès de médication thyroïdienne, dont nous retrouvons tous les symptômes dans certains cas d’inadaptation au milieu marin, chez les sujets nerveux : troubles nerveux, circulatoires, urinaires, cutanés, nutritifs, fièvre dite « fièvre marine », troubles digestifs. Souvent on qualifie ces derniers de l’épithète correspondant à la station où elle se produit : aux Sables d’Olonne, c’est la « sablaise » : à Dieppe, c’est la « dieppoise », etc., véritables crises de gastro-entérite indépendantes de la station, quelquefois fort graves que le contact de la mer et du climat « déclenche » plus ou moins brutalement chez des dyspeptiques nerveux, hypersthéniques doués d’une intolérance spéciale pour le milieu marin.
- Nous avons donc là de puissants modificateurs des échanges et par conséquent de puissants agents de reconstitution.
- Mais l’excès de vitalité qu’ils provoquent doit en faire écarter tous ceux qui sont inaptes à réparer leurs pertes, parce qu’ils brûlent plus qu’ils n’assimilent.
- Tel est le principe d’où découlent en médecine toutes les indications et les contre-indications de la cure marine : pour tous les sujets à nutrition languissante ou à échanges insuffisants, et qui réclament, par conséquent, une action stimulante, elle est indiquée ; pour ceux qui présentent des phénomènes de désassimilation organique, des oxydations et échanges exagérés, un certain degré d’excitabilité nerveuse, elle est contre-indiquée. De là découle la nécessité d’une posologie, pour cette thérapeutique comme pour toute autre, et d’un contrôle médical avant la cure pour bien préciser les conditions dans lesquelles elle doit être faite et, pendant celle-ci, pour en modifier le mode d’exécution s’il y a lieu, l’interrompre même au besoin si cela est nécessaire.
- L’action du bain, en effet, est plus ou moins, énergique suivant la salinité de l’eau, sa température et celle de l’air, l’état de la mer (calme ou agité),
- p.605 - vue 605/899
-
-
-
- 606 HÉLIOTHÉRAPIE ET CURE MARINES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- la violence des vents, l’heure et la durée du bain, et, à ce dernier point de vue, on ne saurait trop protester contre la pratique qui consiste à prendre le bain le matin, au sortir du lit, à jeun depuis la veille, ou le soir un peu avant, à plus forte raison, après le coucher du soleil, toutes conditions des plus défavorables à la réaction circulatoire et thermique, et qui, de même que le bain pris deux fois le même jour, épuisent la résistance organique. Les heures les plus favorables sont de 10 h. à 12 h. et de 16 h. à 17 h. et de préférence à la marée montante.
- L’action du climat varie également suivant les conditions topographiques et l’orientation des stations, le degré hygrométrique et la température de l’air, qui, lorsqu’ils atteignent une certaine valeur, constituent des éléments sédatifs ; enfin la protection plus ou moins assurée contre les vents. Nous savons par expérience que les climats marins les moins excitants sont les climats humides à chaleur douce et bien abrités des vents de terre. L’association de l’action tonique et de l’action sédative se manifeste encore mieux dans les longues traversées. Certains sujets nerveux, excitables, qui ne peuvent supporter le contact du milieu marin sur le rivage, retirent le plus grand profit de longs voyages en mer.
- Tout ce que nous venons de dire montre donc combien il est utile, nécessaire même de connaître les caractéristiques de chaque région, de chaque station, pour diriger les malades dans le choix qu’ils doivent en faire.
- Or, le long des 2.660 km que comporte l’étendue de son littoral, la France possède la gamme la plus variée qui soit de climats marins utilisables en thérapeutique.
- Une première distinction, capitale, à notre avis, doit être établie entre le littoral de la mer du Nord, de la Manche et de l’Océan d’une part, et celui de la Méditerranée d’autre part.
- Le premier est caractérisé par des vents violents, vents de mer surtout, par conséquent chargés abondamment d’effluves marins, un ciel nuageux et des pluies fréquentes, un degré hygrométrique élevé et stable, une grande uniformité thermique, des chaleurs estivales tempérées par une grande évaporation; donc climats essentiellement marins doués de propriétés thérapeutiques plus ou moins énergiques suivant les conditions locales qui varient d’une région, quelquefois d’une station à une autre.
- Dans les Flandres par exemple, jusqu’à la Somme, nous trouvons un littoral bas et plat, orienté vers le nord, de longues plages froides, pluvieuses, mal abritées des vents de terre, stations à saison courte, excitante, représentant la note la plus âpre de la médication marine.
- De la Somme à la Seine, la côte se relève, les hautes falaises du pays de
- p.606 - vue 606/899
-
-
-
- LA CIRE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE.
- 607
- Caux constituent déjà pour la plupart des stations un abri sérieux contre les vents excitants; le climat encore pluvieux devient cependant plus doux, grâce aux vents de mer qui prédominent sur les autres. A partir de la Somme d’ailleurs, cette atténuation des qualités stimulantes se continue tout le long du littoral de la Normandie jusqu’en Bretagne où nous trouvons une série de golfes plus ou moins profonds formant parfois de véritables mers intérieures, telles que la rade de Brest et le golfe du Morbihan, avec d’innombrables grèves généralement bien abritées.
- Le climat des côtes de Bretagne est un climat péninsulaire à nuances liées à l’orientation des divers points observés, mais en général, dans la région septentrionale, les stations sont mal protégées des vents du nord, tandis que dans la région méridionale par exemple, dans le pays de Yannes, nous trouvons un climat très pluvieux et humide, égal et doux (grâce aux vents de mer et à l’influence du Gulf Stream), permettant la culture des plantes du Midi. Les stations de cette côte ouest peuvent ainsi, suivant leurs indications, être distinguées en deux groupes très différents : les unes très stimulantes, comme Belle-Ile-en-mer, Quiberon, Carnac, Beg Meil, le Croisic, le Bourg de Batz, réclameront les sujets atones, non excitables, à nutrition torpide; les autres, peu excitantes; quelques-unes même franchement sédative (stations du golfe du Morbihan, de l’embouchure de la Loire) réclameront les délicats, débilités, nerveux et excitables; indications auxquelles répondent encore les premières stations de la côte vendéenne, Pornic, Noirmoutiers, la Bernerie. Mais plus au sud, le long du littoral bas et plat de la Vendée et de la Charente-Inférieure, dans le golfe de Gascogne, nous avons successivement des plages à caractère mixte, directement battues par la grande lame de l’Océan, dont le bain est trop excitant pour les nerveux, tandis que le climat y est doux, tempéré et sédatif; la cure pourra suivant les indications y être complète ou seulement partielle, c’est-à-dire, dans ce dernier cas, climatique à l’exclusion de l’hydrothérapie marine.
- Dans l’estuaire de la Gironde, les stations marines bien abritées par les hautes falaises boisées, jouissent d’un climat tempéré moins pluvieux que celui des stations bretonnes.
- Entre la Gironde et l’Adour, le littoral rectiligne formé d’une longue bande de sable nous offre quelques stations à caractères très différents; tout d’abord Arcachon, au bord d’un bassin intérieur de 80 km de pourtour, abrité par de hautes dunes boisées : climat marin atténué, sédatif, associé à un climat forestier, qui répond à toutes les indications correspondant à ce double caractère.
- Plus au sud, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, climat délicieux au printemps et en automne, sans hiver rigoureux, et à chaleurs estivales très
- p.607 - vue 607/899
-
-
-
- 608 IIÉLIOTHÉRAPIE ET CURE MARINES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBHE 1924.
- atténuées par la brise de mer. Cependant Biarritz, avec ses vagues énormes, représente la forte médication marine, avec climat éminemment tonique, résolutif, stimulant et même excitant. Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, abritées par les montagnes basques, offrent un bain modérément stimulant et un climat sédatif.
- Très différent est le littoral méditerranéen que caractérisent des pluies beaucoup moins fréquentes, un état hygrométrique faible, moindre en hiver qu’en été, avec nébulosité très inférieure, absence totale de brouillards, une influence des variations barométriques sur le temps, qui a été qualifiée de paradoxale... du fait que, contrairement à ce qu’on observe sur les autres côtes, une grande dépression y annonce fréquemment le beau temps et inversement.
- Les vents prédominants, qui constituent ici comme ailleurs la clé du climat, y viennent surtout de terre, Nord-Nord-Ouest (mistral) vents desséchants et refroidissants, mais balayant et assainissant l’atmosphère; vents d’Est parfois (vents de pluie), rarement du Sud (vents du désert, siroco) ; tous moitié moins forts que sur l’autre littoral, ils sont peu marins en tous cas et d’autant moins que, par suite de leur direction et de l’absence de marée, ils ne se saturent pas d’effluves marins. Ici la température moyenne préférable en hiver, subit des variations diurnes très accentuées et bien connues. Tout le monde sait combien l'air se refroidit brusquement au moment où le soleil descend sur l’horizon ou lorsqu’on quitte un point ensoleillé pour passer à l’ombre. Inconvénient exploité à tort contre le Midi parce qu’on peut s’en préserver aisément.
- Le littoral méditerranéen, d’ailleurs, n’est pas un pays chaud, et la moyenne des températures minima, en hiver, est relativement basse, puisqu’elle est de 5°,5 à Nice, alors qu’à Cherbourg elle est seulement de 4°,3, à Ouessant de 0°, et aux îles Scilly (dans les Sorlingues, au Sud-Ouest de l’Angleterre) de 5°,8; mais à Ouessant, aux îles Scilly, le ciel est toujours couvert de nuages, les pluies sont constantes ainsi que les grands vents. Les palmiers y poussent en pleine terre, il est vrai, mais le climat, malgré la douceur relative, est triste, pénible à habiter, tandis que la côte méditerranéenne jouit d’une insolation considérable, qui, si elle est fatigante quelquefois pour certains tempéraments, y constitue cependant un élément climatique de la plus grande valeur. En hiver et au printemps, en effet, on compte : 61 à 122 heures de soleil à Brest; 164 à 216 heures, sur la Côte d’Azur; 5 à 28 jours beaux en Bretagne; 25 à 58 sur la Côte d’Azur.
- Mais sur le littoral méditerranéen, il y a à distinguer deux régions très différentes :
- 1° Celle qui s’étend de Cerbère à Toulon : côte basse, plate, dépourvue
- p.608 - vue 608/899
-
-
-
- LA CURE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE.
- 609
- de toute protection contre les vents de terre, par conséquent climat excitant, avec possibilité de faire la cure balnéaire pendant 8 mois sur 12.
- 2° Celle qui va de Toulon à la frontière italienne : c’est la véritable Côte d’Azur, abritée des vents de terre successivement par les montagnes des Maures, de l’Estérel et des Alpes, dont les contreforts viennent se baigner dans la mer, encadrant dans des calanques ouvertes au Sud un grand nombre de stations, dont le climat doué de propriétés marines très atténuées associées à des propriétés sédatives est indiqué pour nombre de malades qui ne peuvent supporter ni le climat de l’Océan, ni à plus forte raison celui de la Manche. Ici en outre, nous trouvons, comme le prouvent les chiffres signalés plus haut, une insolation et une lumière d’une richesse incomparable, éminemment propres à Y héliothérapie dont nous allons maintenant nous occuper.
- Avant de vous signaler ce qui caractérise l’héliothérapie faite à la mer, je dois vous rappeler les principes sur lesquels repose cette branche de la thérapeutique.
- Lorsqu’on fait passer un rayon solaire à travers un prisme, on produit en le décomposant, une image colorée, le spectre solaire, formé des sept couleurs « fondamentales » dont la synthèse donne la lumière blanche, rouge, orangé, jaune, vert, bleu indigo, violet. Mais, outre cette image qui constitue la « partie visible » du spectre, il en est une autre, « partie invisible », non perçue par notre rétine, formée par les rayons infra-rouges, au delà du rouge, et par les rayons ultra-violets, au delà du violet. Les premiers, infra-rouges, sont calorifiques, car si l’on y expose un thermomètre très sensible, il monte; un écran fluorescent exposé aux ultra-violets, s’illumine. Les infra-rouges et tous les rayons de la moitié gauche du spectre jusqu’au vert sont doués de propriétés biotiques faibles; les rayons de l’autre moitié du spectre présentent des propriétés chimiques qui augmentent progressivement dans la direction de l’ultra-violet pour y atteindre leur maximum.
- Mais dans l’ultra-violet il y a à distinguer 3 régions :
- 1° Y ultra-violet ordinaire, capté par les végétaux pour l’accomplissement de la fonction chlorophyllienne. Moins nuisible pour les êtres organisés, et même doué de propriétés biotiques;
- 2° Vultra-violet moyen, rare dans le spectre solaire, très bactéricide et nécrotique, mortel pour les végétaux, abiotique;
- 3° Y ultra-violet extrême : très absorbable, abiotique, absent dans le spectre.
- A la plaine comme à l’altitude, le spectre ne contient donc guère que de l’ultra-violet ordinaire, aussi ne peut-on lui attribuer la supériorité de l’héliothérapie soit à la montagne, soit sur les bords de la Méditerranée. Aujour-
- p.609 - vue 609/899
-
-
-
- 610 HÉLIOTHÉRAPIE ET CURE MARINES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- d’hui d’ailleurs, on tend de plus en plus à admettre que tous les rayons participent dans une certaine mesure à l’action de l’héliothérapie. Cette action est en raison directe de leur absorption et, par conséquent de leur puissance de pénétration. Celle-ci va en croissant des ultra-violets extrêmes aux violets ordinaires (biotiques) jusqu’à l’infra-rouge où elle atteint son maximum pour y disparaître aussitôt.
- Mais à travers l’atmosphère nous ne percevons qu’une partie des rayons solaires, et les ultra-violets, qui sont les plus réfrangibles, sont en partie diffusés, en partie réfractés, les uns se perdant dans les espaces interstellaires, les autres absorbés par les poussières, les brouillards, les nuages.
- De quelles actions sont susceptibles les rayons qui parviennent jusqu’à nous?
- Sur les bactéries, les rayons exercent une action qui influence leur développement. Les rayons actiniques, les ultra-violets surtout, si réduits qu’ils soient, arrêtent ce développement, diminuent leur virulence, les détruisent en coagulant leur albumine.
- Sur les végétaux nous savons quelles sont les conséquences de la privation de soleil. Privées de soleil, les plantes s’étiolent, meurent; à la lumière, elles le recherchent, inclinent leur tronc, leurs branches dans sa direction. La lumière d’ailleurs est indispensable à leur nutrition, favorise l’assimilation de l’azote, la transpiration des plantes, assure la fonction chlorophyllienne.
- La chlorophylle, en effet, absorbe en partie les rayons calorifiques et chimiques, s’en sert pour décomposer l’acide carbonique de l’air, fixer le carbone et former de l’amidon qui va constituer des réserves.
- Sans être indispensable aux animaux puisqu’ils peuvent vivre dans l’obscurité, la lumière est utile à la nutrition générale, active le développement, les mouvements, la force musculaire, les échanges, l’évolution globulaire. Les rayons bleus calment:, les rayons rouges excitent le système nerveux, les rayons chimiques provoquent la pigmentation de la peau qui paraît jouer un rôle protecteur.
- Chez l’homme, la lumière solaire constitue le plus énergique des toniques et des reconstituants. La cure solaire est calmante, analgésiante, tonique, résolutive pour les abcès, éliminatrice pour les séquestres dans les affections osseuses, hémostatique, microbicide, antitoxique. La pigmentation de la peau qui l’accompagne tamise les rayons, absorbe les plus dangereux, laisse passer les autres, préserve l’organisme contre les infections.
- Dans certains établissements d’héliothérapie on a constaté, en effet, que des rougeoles par exemple atteignaient seulement les sujets qui ne se pigmentaient pas et épargnaient les autres.
- p.610 - vue 610/899
-
-
-
- LA CURE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE.
- 611
- Cette action des rayons directs qui nous atteignent est d’autant plus énergique qu’ils nous abordent sous un angle plus rapproché de 90° et que le soleil est plus près de la terre.
- Mais l’action des rayons chimiques de la lumière diffuse peut dépasser celle de la lumière directe. Il en est ainsi à la mer par exemple, où les radiations bleues, violettes, ultra-violettes, sont particulièrement abondantes grâce aux cumulus, nuages blancs, cirrus, au temps brumeux, et où tous sont renforcés par la réverbération sur les plages, sur la surface des flots qui constitue un immense miroir aux innombrables facettes, grâce aussi à la grande étendue de ciel visible, à la grande transparence de l’atmosphère. Car si les rayons rouges et infra-rouges sont absorbés par la surface bleue de la mer, les autres sont énergiquement réfléchis et leur pénétration dans l’organisme est grandement favorisée par l’égalité de la moyenne thermique qui active la circulation cutanée. A la plaine, tous ces facteurs de renforcement n’existent pas et les poussières de toutes sortes qui abondent dans l’air, interceptent une partie des rayons solaires.
- A la montagne, d’autre part, si l’air est très pur et si nous recevons une plus grande quantité de rayons directs, les rayons diffusés et renforcés sont beaucoup moins abondants; et d’ailleurs, la radiation solaire totale atteint seulement 7,2 p. 100 à l'altitude de 1.800 m, tandis qu’à la mer elle atteint 32 p. 100.
- Au demeurant, ce ne sont pas, à notre avis, les mêmes malades qui sont justiciables de l’héliothérapie à la mer et à la montagne et, dans le choix entre l’une et l’autre, devront intervenir les données sur lesquelles reposent les indications et contre-indications de la cure marine et le choix des stations.
- A la mer comme à la montagne, l’héliothérapie doit être faite suivant une technique déterminée. Tout d’abord le médecin chargé de la diriger devra s’assurer de l’état des bronches, de la température des malades, des réactions individuelles générales au froid, au chaud, et au grand air; une fois ces précautions prises, il devra s’inspirer du principe fondamental suivant : c’est que l’héliothérapie doit être progressive et continue, totale et surveillée. En hiver, on doit acclimater peu à peu les malades au grand air; puis, au bout de quelques jours, on découvrira progressivement les membres inférieurs en commençant par les extrémités, en faisant une à deux séances de quelques minutes (8 à 10 au plus) le même jour.
- En été, il faut se garder de débuter au plein soleil de midi, et après les séances courtes du début, le quatrième jour seulement et si le soleil est modéré et bien supporté, on fera deux séances de 15 à 25 minutes; le 9e jour, 2 séances de 20 à 30 minutes en découvrant jusqu’au haut des cuisses. On continuera ainsi en augmentant de 10 minutes par séance et par mur. Le
- p.611 - vue 611/899
-
-
-
- 612 HÉLIOTHÉRAPIE ET CURE MARINES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- 12e jour, on fera 1 heure sur les membres inférieurs, plus 10 minutes, sur le ventre, la poitrine et le cou. On atteindra ainsi pour les membres inférieurs plus de 3 heures matin et soir en été, 2 heures et demie en hiver pour toute la journée.
- En somme, au 18e jour on réalisera une insolation totale d’une heure deux fois par jour.
- L’insolation devra toujours cesser trois quarts d’heure avant le déjeuner et ne recommencer qu’une heure après.
- Pendant les séances, on fera tourner le malade de façon à exposer successivement au soleil les deux faces du corps.
- En outre, concurremment à la lumière solaire, on utilisera suivant les indications, les appareils orthopédiques, l’immobilisation, les lits cadres, les dispositifs et les interventions chirurgicales réclamés par l’état des malades.
- Nombreuses sont les indications de l’héliothérapie marine.
- Dans les tuberculoses osseuses, articulaires, péritonéales, abdominales, rénales, ganglionnaires, cutanées, elle donne des résultats véritablement remarquables. Le premier de ces résultats c’est la suppression des douleurs qui est ordinairement obtenue en quelques séances; les malades recouvrent l’appétit et le sommeil. Localement, au début, se produisent des poussées congestives, du gonflement plus ou moins pénible; des fistules presque éteintes se ravivent, et s’il s’agit de lésions osseuses, des séquestres s’éliminent, le trajet fistuleux et la plaie se ferment.
- Dans les cas de lésions profondes (articulaires par exemple) les effets se produisent plus lentement, puis se fait leur réparation intégrale, sans ankylosé.
- En même temps on assiste à une amélioration profonde de l’état général.
- Mais nous le répétons, le traitement doit être conduit progressivement, lentement, sous peine de provoquer des accidents plus ou moins sérieux : céphalées, embarras gastriques, anorexies, épistaxis, fièvre, poussées congestives, méningites, dus peut-être aune dissémination des produits tuberculeux.
- Dans tous ces cas, le traitement sera toujours prolongé : c’est seulement au bout de deux ou trois ans que pourra être obtenue la réparation qui autorisera à le suspendre.
- L’héliothérapie marine est également indiquée dans certaines affections chirurgicales non tuberculeuses : plaies simples atones, brûlures (où elle supprime rapidement la douleur), fractures ouvertes ou fermées dont elle hâte manifestement la consolidation, ostéomyélites post-typhiques qu’elle stérilise et dont elle favorise la guérison au delà, souvent, de toutes les prévisions.
- En dehors des affections tuberculeuses et d’affections chirurgicales, l’héliothérapie marine pourra être, avec succès, employée comme agent tonique,
- p.612 - vue 612/899
-
-
-
- LA CURE MARINE ET L’HÉLIOTHÉRAPIE MARINE.
- 613
- fortifiant, dans nombre de cas de débilité organique, chez les adultes et chez les enfants. Pour les tout petits, de 6 à 16 mois, sa progression devra être extrêmement lente, de 5 minutes seulement par semaine. Chez les vieillards, on devra protéger la tête et le haut du buste.
- Chez tous les malades indistinctement, si le traitement doit être interrompu pour des raisons quelconques, il devra être repris au point où il aura été interrompu pour les parties déjà hâlées; pour les parties non halées, on reviendra jusqu’au point de départ de la cure.
- Si l’héliothérapie marine est indiquée dans les états pathologiques que nous avons énumérés, elle sera formellement contre-indiquée par contre :
- a) chez tous ceux auxquels la cure marine, à un degré quelconque, doit être interdite.
- b) chez les vieillards trop âgés, et en général chez tous les sujets présentant une tendance marquée à la sclérose généralisée.
- c) chez tous les tuberculeux à tendance consomptive et en particulier à ceux qui sont atteints de tuberculose laryngée.
- Mais dans tous les cas où elle peut être employée, elle offre l’immense avantage de réunir dans ce même but thérapeutique, deux agents puissants dont l’énergie n’est plus à démontrer.
- Dr Georges Baudouin,
- Vice-président, de l'Association cle Thalassothérapie, Assistant à l'Institut c!Hydrologie et de Climatologie du Collège de France.
- Tome 136. — Juillet-Août-Seplembre 1924.
- 42
- p.613 - vue 613/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. d’eNC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- ESSAIS DE VÉHICULES ÉLECTRIQUES A ACCUMULATEURS ORGANISÉS EN SEPTEMBRE-OCTOBRE 1923 PAR L'UNION DES SYNDICATS DE L'ÉLECTRICITÉ(,)
- L’Union des Syndicats de l’Electricité groupe tous les syndicats professionnels, au nombre de dix-sept, qui représentent les diverses branches des industries électriques françaises. Parmi ses préoccupations figure avant tout le souci de développer ces industries : aussi cherche-t-elle depuis quelque temps à multiplier dans notre pays le nombre des véhicules électriques à accumulateurs.
- La France, qui a vu naître l’automobile, et en particulier l’automobile électrique, ne possède actuellement que quelques dizaines de voitures à accumulateurs. Dans plusieurs pays étrangers, au contraire, ces voitures sont très répandues, notamment aux Etats-Unis, où il y en a environ 40.000. Ces véhicules sont soit des voitures à voyageurs, soit des camionnettes ou des camions, soit des voitures municipales pour l’arrosage et le nettoyage des rues, l’enlèvement des ordures, soit encore des fourgons pour les administrations des postes.
- Les avantages des voitures à accumulateurs sont nombreux. Tout d’abord elles ne dégagent ni fumée, ni odeur, ce qui n’est pas un mince avantage pour la circulation urbaine. En second lieu, la conduite est extrêmement simple et facile et l'apprentissage très rapide. Le moteur de ces voitures est très sensiblement moins puissant que le moteur à essence qui pourrait le remplacer. Ajoutons que tout risque d’incendie disparaît, que les dépenses en huile et en graisse sont très inférieures à celles des voitures à essence et que les pneumatiques s’usent moins vite.
- Les véhicules électriques ont encore un avantage qui est sans doute le plus important de tous ; ils sont plus économiques que les véhicules à essence. L’expérience de l’étranger est à cet égard très concluante et partout on a constaté qu’à service égal, et toutes charges comprises, on réalise une économie de 10 à 20 p. 100 quand on emploie un véhicule électrique, par rapport aux dépenses qu’on aurait à faire avec un véhicule à essence.
- (1) Résumé de la conférence faite par l’auteur en séance publique le 8 mars 1924.
- p.614 - vue 614/899
-
-
-
- ESSAIS D’AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES A ACCUMULATEURS EN 1923. 615
- Les véhicules à accumulateurs ont à peu près les mêmes applications que les voitures à essence et nous avons énuméré plus haut quelques-unes de ces applications. Ils sont tout indiqués toutes les fois qu’une voiture doit se déplacer dans un périmètre limité. Ils constituent incontestablement pour les voyageurs l’idéal du confort.
- Le seul inconvénient des véhicules électriques, c’est qu’ils doivent être rechargés au bout d’un certain nombre de kilomètres. Les très gros camions ne peuvent guère accomplir actuellement que des parcours de 50 à 55 km; les voitures légères, telles que les taxis, sont limitées à 100 ou 120 km. Au bout de ces distances, il faut que l’automobile soit amenée à une station de charge pour que sa batterie d’accumulateurs reprenne l’énergie électrique nécessaire.
- Mais pratiquement cette sujétion est beaucoup moins importante qu’on peut le croire. En effet, dans une ville, la plupart des véhicules dont on se sert quotidiennement sont bien loin d’accomplir 100 km par jour, et d’autre part, tous ou presque tous sont remisés pendant la nuit. Or, c’est pendant la nuit que se fait la recharge des batteries d’accumulateurs. Cette recharge ne fait donc pas perdre de temps à l’usager de la voiture qui, au matin, retrouve son véhicule prêt.
- L’obligation des recharges n’aurait d’inconvénient que si on voulait faire du tourisme avec les voitures électriques, mais actuellement cette application doit être déconseillée, car il n’y a pas de stations de charge réparties sur le territoire. Dans l’avenir, on trouvera l’électricité dans tous les villages, comme on trouve actuellement partout des bidons d’essence, et il est certain que le tourisme en voiture électrique sera chose possible d’ici dix ou quinze ans. Pour l’instant il faut l’écarter.
- Il faut aussi faire remarquer aux usagers futurs des voitures électriques, que ces véhicules ne sont pas destinés à faire de la vitesse. En effet, la capacité des batteries d’accumulateurs décroît en même temps que la durée de la décharge; par conséquent, si un conducteur veut aller trop vite, il réduira dans de notables proportions le parcours que peut effectuer sa voiture et risquera en outre de détériorer sa batterie.
- Il y a une raison nationale de premier ordre qui milite en faveur du développement des voitures électriques. On sait en effet à quel point la France est pauvre en combustibles de tous ordres. Elle est loin de produire tout le charbon qu’elle consomme et elle est à peu près complètement dénuée de gisements de pétrole. Par conséquent, notre pays est obligé d’acheter chaque année plusieurs milliards de francs de combustibles, et en particulier plus d’un demi-milliard de francs d’hectolitres de pétrole ou d’essence. C’est
- p.615 - vue 615/899
-
-
-
- 616 AUTOMOBILES A ACCUMULATEURS. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- une très lourde charge pour notre change et c’est aussi une très grave menace en cas de guerre, car nous dépendons à ce point de vue des grands pays producteurs de combustibles.
- Pendant la dernière guerre, grâce à l’alliance de l’Angleterre et des Etats-Unis, nous avons pu importer librement les quantités d'essence qui étaient nécessaires à l’alimentation de nos camions du front. Si la guerre sous-marine de l’Allemagne avait été couronnée de succès, nos armées auraient été privées en quelques jours de combustible liquide, nos transports automobiles de front auraient été complètement arrêtés et tous transports de troupes rendus impossibles. C’eût été sans doute la perte certaine de la victoire.
- Au cours de la prochaine guerre, il est possible que nous n’ayons pas les alliances de 1918, et même que certains pays déclarent leur neutralité plus ou moins bienveillante, par conséquent nous serons à ce moment livrés à nos propres forces et nous combattrons dans des conditions bien précaires.
- Si l’on imagine, au contraire, que par un miraculeux coup de baguette, une bonne fée ait transformé en une nuit tous nos véhicules à essence en véhicules électriques, notre pays n’aurait plus à importer un seul gramme d’essence et il se libérerait du coup d’une sujétion terriblement grave.
- L’électricité qui alimenterait nos moteurs n’aurait pas à être importée ; nous l’avons en abondance sur notre sol, en particulier dans nos massifs montagneux, et comme le transport de l’énergie se fait actuellement dans d’excellentes conditions, nous sommes en mesure de distribuer cette énergie électrique sur tout le territoire.
- Lors donc qu’on cherche, et avec juste raison, le fameux « carburant national » on oublie peut-être trop fréquemment que ce carburant national est tout trouvé : c’est l’énergie électrique.
- On comprend donc qu’un intérêt national puissant milite en faveur du développement du véhicule électrique et cette préocupation a été, on peut le dire, la principale de celles qui ont animé l’Union des Syndicats de l’Electricité dans l’organisation de ses essais contrôlés.
- Voici quelques indications sur ces essais.
- Le nom seul d’ « essais contrôlés » montre que toute idée de concours avait été écartée. Un concours n’est en effet possible qu’entre véhicules exactement comparables et destinés au même usage. Or, l’Union avait pour objet surtout, de procéder à un inventaire de la construction française et de faire connaître ce qui existait déjà dans notre pays. Elle avait donc invité les constructeurs à présenter tous les véhicules qu’ils construisaient et qui étaient, comme on le pense, de nature assez dilférente.
- L’idée de l’Union était de faire vérifier par une commission officielle,
- p.616 - vue 616/899
-
-
-
- ESSAIS D’AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES A ACCUMULATEURS EN 1923. 617
- et dans des conditions indiscutables, les principales consommations des véhicules.
- Elle s’était assuré dans ce dessein le concours : de la Commission technique de l’Automobile Club de France, qui contrôlait la partie « automobile » des essais; du Laboratoire central d’Electricité, qui contrôlait la partie « électricité » ; du Ministère de la Guerre, qui avait participé à l’élaboration du règlement et qui fit surveiller les essais par deux officiers et six commissaires de route; enfin de l’Office national des Inventions, qui voulut bien patronner les essais et qui mit à leur disposition sa belle installation de Bellevue.
- On comprend que de tels parrains aient assuré aux essais le succès remarquable qui les a accueillis.
- Huit constructeurs avaient répondu à l’appel de l’Union et avaient présenté 11 véhicules. Ce sont :
- la Société civile d’Etudes de Matériel de Traction : une camionnette-légère ;
- la Société des Automobiles Kriéger: une voiture de ville et deux camionnettes légères ;
- la Société des Automobiles Berliet : deux camionnettes et un camion de 5 t;
- la Société Electrix : une camionnette ;
- les Etablissements Laporte : une camionnette de 1.500 kg et un camion de 5 t;
- les Etablissements Crochat : un camion de 6 t.
- De plus, 5 autres véhicules, arrivés trop tard pour participer aux essais, ont été présentés à l’exposition qui s’est tenue à Bellevue immédiatement après ces épreuves; ils apppartenaient aux sociétés suivantes :
- Société d’Appareils de Transports et de Manutentions électriques;
- Société Electrix;
- Société d’Applications électromagnétiques;
- Société civile d’Etudes de Matériel de Traction.
- Les itinéraires prescrits pour la circulation dans Paris et la banlieue mettaient les véhicules engagés aux prises avec de nombreuses difficultés. Ils comprenaient en effet les côtes du Ghesnay, du Pecq et de Buzenval; à Paris, la rue Raynouard, la rue Lepic et la rue Norvins, ces deux dernières présentant des rampes respectives de 10 et de 12 p. 100. Les quartiers traversés étaient particulièrement encombrés : gare Saint-Lazare, Trinité, Palais-Royal. Enfin, les véhicules devaient remonter deux fois par jour la
- p.617 - vue 617/899
-
-
-
- 618 AUTOMOBILES A ACCUMULATEURS. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- côte de plus d’un kilomètre qui monte de Sèvres à Bellevue, où était installée la station de charge.
- Le parc des voitures était situé dans les jardins de l’Office national des Recherches et des Inventions. Chaque voiture se trouvait en face d’un tableau individuel relié par des barres et des câbles à la station génératrice située dans le sous-sol du bâtiment de l’Office.
- Les résultats obtenus au cours des essais ont montré la marche très régulière des véhicules engagés.
- Les consommations, variant suivant le type de voiture, l’itinéraire et l’état du sol, ont été très satisfaisantes ; elles sont descendues à 55 watts-heure par kilomètre et par tonne de charge totale, ce nombre ayant été atteint à la fois par des voitures légères (de charge utile inférieure à 500 kg) et par des gros camions.
- Les vitesses commerciales moyennes réalisées ont été de 20 kmàl’heure environ pour les voitures légères (avec un maximum de 27 km), de 18 km pour les camionnettes, de 10 à 12 km pour les gros camions. Cette vitesse moyenne semble faible, mais, en réalité, c’est celle que pratiquent les voitures à essence dans les quartiers encombrés de Paris.
- Encouragée par les résultats de cette première série d’essais, l’Union des Syndicats de l’Electricité a décidé d’organiser de nouvelles épreuves pour septembre 1924.
- Les véhicules engagés comprendront non seulement des voitures de ville, des camionnettes et de gros camions, mais aussi des autobus et un ou deux tracteurs.
- J. Tribot Laspière,
- Secrétaire général de VUnion des Syndicats de ïElectricité.
- p.618 - vue 618/899
-
-
-
- BUL. DE LA SOC. ü’eNC. POUR i/lNDUSTRIE NATIONALE.
- JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- LE LABORATOIRE AMPÈRE (POUR ESSAIS ÉLECTRIQUES A 1 MILLION DE VOLTS) DE LA COMPAGNIE GÉNÉRALE D’ÉLECTRO-CÉRAMIQUE
- En vue de soumettre les produits de sa fabrication à des essais qui puissent lui permettre d’en garantir l’emploi avec un coefficient de sécurité très large, la Compagnie Générale d’Électro-Céramique, 64, rue Franklin, à Ivry-Port, près Paris, vient d’installer et d’équiper un laboratoire pour essais électriques à 1 million de volts qui complète les laboratoires de réception à 200.000 V de chacune des trois usines de la Compagnie. Cette installation, unique en Europe, a reçu le nom de « Laboratoire Ampère »; elle présente les caractéristiques suivantes.
- Batiment. — Le Laboratoire Ampère s’élève à l’extrémité d’un terrain de 160 m de longueur, sur lequel a été installé un tronçon de ligne triphasée du type 220.000 V.
- Le bâtiment est un hall de 36 m de longueur, de 20 m de largeur et de 18 m de hauteur. Entièrement métallique, avec parois en briques creuses et ayant sa charpente soigneusement reliée à la terre; il constitue en quelque sorte une vaste cage de Faraday. Ces grandes dimensions ont été spécialement adoptées pour réduire au minimum l’influence de la terre sur les côtés et les parties supérieures du matériel d’essais (fig. 1 et 2).
- L’emplacement réservé aux transformateurs est de 350 m2 environ. Sur la surface restante, un plancher, construit à 4 m de hauteur, constitue la plate-forme d’essais proprement dite, le local situé en dessous de la plate-forme étant réservé au poste de transformation et à l’outillage annexé.
- Un balcon, protégé par un grillage métallique, permet aux visiteurs d’observer les phénomènes facilement et sans danger; une passerelle située sous les pannes faîtières facilite également les observations.
- Le Laboratoire est chauffé en hiver au moyen de deux chaudières; l’une, à vapeur basse pression, maintient l’atmosphère à une température normale; l’autre, à eau chaude, alimente des tuyaux à ailettes situés à la base des transformateurs.
- L’obscurité complète étant indispensable pour l’observation des moindres aigrettes lumineuses lors des essais, aucune fenêtre n’a été prévue; toutefois, une vaste baie carrée de 12 mxl2m (144 m2), normalement fermée par un rideau métallique, permet, une fois ouverte, le passage des conducteurs sous tension lorsque l’on fait à l’extérieur du bâtiment des essais d’isolateurs montés sur des pylônes exposés à toutes les intempéries, c’est-à-dire dans les conditions d’emploi.
- p.619 - vue 619/899
-
-
-
- G20 LABORATOIRE AMPÈRE. ----- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Matériel électrique. — Le matériel actuellement en service se compose essentiellement d’un groupe convertisseur, de trois transformateurs élévateurs de tension et d’un pupitre de commande et de réglage des appareils.
- L’alimentation en courant est assurée par les secteurs (courant triphasé 5.000 V, 50 périodes, abaissé à 200 Y pour l’usage).
- Groupe convertisseur. — Pour s'affranchir des irrégularités d’amplitude qui affectent les réseaux urbains, un groupe convertisseur spécialement étudié pour assurer
- groupe
- Fig. 1. — Vue en plan du Labcratoiie.
- Coupe transversale du Laboratoire.
- une fréquence constante, quelle que soit la charge, et une courbe de tension sinusoïdale, a été intercalé entre l’arrivée du courant et les transformateurs.
- Le moteur du groupe (200 V, 50 périodes, 190 ch) est du type asynchrone synchronisé. Ce type de moteur présente tous les avantages d’un moteur synchrone sans en avoir les inconvénients, celui de la difficulté de démarrage en particulier. Celui-ci s’effectue sous tension réduite au moyen d’un auto-transformateur, le rotor étant court-circuité sur lui-même. Dès que la vitesse de régime est atteinte, il suffit d’envoyer du courant continu dans le rotor pour accrocher le moteur.
- L’alternateur (8 pôles, 500 V, 50 périodes), a été construit tout spécialement de manière que la courbe de tension ne diffère pas de plus de 2 p. 100 de la sinusoïde. A cet effet, il a été muni d’amortisseurs, étouffeurs d'harmoniques, consistant en une cage d’écureuil en cuivre dont les barres sont logées dans les encoches des épanouissements polaires.
- p.620 - vue 620/899
-
-
-
- LABORATOIRE AMPÈRE POUR ESSAIS A 1 MILLION DE VOLTS. 621
- Les six extrémités des enroulements du stator sont sorties, de sorte que l’on peut, à volonté, soit n’utiliser qu’une phase, soit, si l’on marche en triphasé, faire les connexions en étoile ou en triangle.
- L’excitatrice (115 V, 13 kW), montée en bout d’arbre, est commune aux deux machines.
- Transformateurs élévateurs de tension. — Un transformateur du type normal dans l’huile élevant la tension de 500 Y à 1 000 000 Y serait un appareil d’un encombrement et d'un poids considérables. De plus, la construction de la borne de sortie haute tension, sans être actuellement absolument impossible, présenterait de grandes difficultés. Jusqu’ici, en France comme à l’étranger, il a semblé plus pratique, pour obtenir de très hautes tensions, de brancher soit en série, soit en cascade, des transformateurs prévus pour des tensions inférieures.
- C’est cette dernière solution qui a été adoptée et réalisée au moyen des trois transformateurs du type Haefely, à isolement d’air.
- Ces appareils présentent en effet sur les transformateurs à huile, les principaux avantages suivants : poids considérablement réduit (d’où facilités d’installation) ; suppression de la borne de sortie; capacité propre du transformateur faible (d’où moindre déformation de la courbe de tension) ; enroulements haute tension totalement visibles (d’où commodité de surveillance, d’entretien et au besoin de réparation). En cas de claquage d’une bobine, par exemple, l’accident est immédiatement localisé, et il suffit de mettre hors circuit la bobine pour pouvoir reprendre immédiatement les essais.
- Ces transformateurs ne semblent pas plus sensibles aux agents extérieurs : poussière, humidité, ozone, etc., comme l’ont prouvé les installations qui existent depuis plusieurs années. Les transformateurs du Laboratoire Ampère ont même résisté, au début de cette année, à une dure épreuve, puisque, par suite de la crue de la Seine, l’eau s’était élevée le 6 janvier 1924, de 70 cm dans le bâtiment.
- Les parties actives des trois appareils du Laboratoire Ampère sont identiques. Ce sont trois auto-transformateurs 500/375.000 V, 50 périodes, d’une puissance de 160 kW. Ils sont munis d’enroulements de compensation réduisant la dispersion dans une forte proportion; l’isolement entre enroulements est obtenu au moyen d’un matelas d’air contenu entre deux cylindres concentriques en haéfelyte.
- Le milieu de l’enroulement haute tension étant relié à la masse, les parties actives sont isolées par rapport au sol au moyen de cylindres en haéfelyte de grand diamètre, pour des tensions supérieures à la moyenne arithmétique des tensions maxima d’entrée et de sortie des conducteurs, soit sensiblement 200, 500 et 800.000 V.
- De cette façon, bien qu’identiques, une fois montés sur leurs socles isolants, les transformateurs ont des hauteurs respectives de 5,50 m; 6,50 m et 8,50 m. De plus, chaque appareil est monté sur un massif en béton d’une hauteur moyenne de 2 m ce qui le met à l'abri du contact de l’eau lors des inondations.
- Les transformateurs peuvent être, soit employés individuellement et donner une puissance de 160 kVA à une tension de 375.000 V entre un pôle et la terre, soit branchés en parallèle, si la puissance est insuffisante; mais deux modes de couplage, particulièrement intéressants, sont à signaler :
- Le premier transformateur étant alimenté à 500 V par un pôle à la terre, le
- p.621 - vue 621/899
-
-
-
- 622
- LABORATOIRE AMPERE.
- JüILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- second est excité par quelques bobines du secondaire du premier connecté aux points 250.000 V et 375.000 V du premier; le troisième est excité en connectant les extrémités de son primaire avec les deux sorties du primaire du second, soit avec
- biphasé
- Fig. 3. — Montage des tranformateurs en monophasé 1.000.000 Y avee un pôle à la terre.
- une ditïérence de tension de 500 V, mais à une tension de 625.000 V par rapport à a terre. On obtient, ainsi que le montre la figure 3, une tension de un million de volts entre un pôle et la terre à la sortie du troisième transformateur.
- En excitant, au contraire, ainsi que l’indique la figure 4, le primaire de chaque
- Fig. 1. — Montage des transformateurs en triphasé 660.000 V (entre phases).
- transformateur par une phase de l'alternateur, on obtient aux trois extrémités des secondaires du courant triphasé à 375.000 V par rapport à la terre soit sensiblement 650.000 V entre phases.
- Pratiquement, le changement de connexion peut se faire très facilement par de longs sectionneurs actionnés au moyen de treuils.
- p.622 - vue 622/899
-
-
-
- LABORATOIRE AMPÈRE POUR ESSAIS A 1 MILLION DE VOLTS.
- 623
- A l’intérieur, les conducteurs à très haute tension sont constitués par des tubes en haéfelyte munis intérieurement d’une couche de clinquant dont les diamètres, variables avec les tensions à supporter, sont respectivement de 0,10 m; 0,20 m et 0,30 m. Leur longueur moyenne est de 3 m. Ils sont réunis entre eux par des sphères de jonction en laiton de 150, 300 et 500 mm de diamètre suspendues à l'a charpente du bâtiment par de longs isolateurs.
- Pupitre de commande des appareils. — Tous les organes de commandes et appareils de mesure sont réunis sur un pupitre placé de telle façon que l’opérateur puisse surveiller à la fois les isolateurs soumis aux essais et le groupe des transfor mateurs. Ce pupitre de commandes se compose de 3 panneaux (commande et surveillance du moteur, de l’excitatrice, de l’alternateur).
- Sur le premier se trouvent un voltmètre, un ampèremètre et le volant du rhéostat d’excitation du moteur.
- Le second comporte un voltmètre et un ampèremètre sur chaque circuit d’excitation et le volant du rhéostat de l’excitatrice.
- Sur le troisième, relatif à l’alternateur, se trouvent comme appareils de mesure, deux voltmètres à sensibilités différentes (300, 600 V) avec commutateur permettant de les brancher sur chaque phase, trois ampèremètres à deux sensibilités (un sur chaque phase), un fréquencemètre à lames vibrantes et un wattmètre.
- En outre, ce panneau porte les volants de commande de deux rhéostats, l’un d’un très grand nombre de plots et l'autre à résistance liquide, branchés en série sur l’excitation de l'alternateur en servant à régler la tension.
- Les appareils de sécurité sont constitués par un disjoncteur tripolaire à maxima et minima, cette dernière bobine étant alimentée par un courant continu passant dans un circuit dit de sécurité qui reste ouvert tant que ne sont pas fermées les portes de barrière limitant la zone dangereuse au cours des essais.
- Mesure des hautes tensions. — La mesure des tensions de contournement ou de perforation des porcelaines (isolateurs de lignes, supports, traversées) s’effectue comme suit.
- On détermine expérimentalement le rapport de transformation de l’outillage électrique de mesure, c’est-à-dire le rapport de la tension secondaire (déterminée comme il est dit plus loin) à la tension primaire (lue sur un voltmètre). On introduit dans le circuit la porcelaine à essayer et on fait jaillir l’arc. De la valeur de la tension primaire observée à ce moment, on déduit la- tension de l’arc qui lui correspond.
- Bien que fournissant des résultats sensiblement comparables, cette méthode n’est pas à l’abri de toute critique.
- Le rapport de transformation est en effet fonction de la capacité (variable) des condensateurs en circuit (notamment des sphères dont nous parlerons tout à l’heure). Cette capacité est en outre modifiée d’une façon inconnue par l’introduction des porcelaines à essayer. De plus, il y a lieu de tenir compte des conditions atmosphériques du moment. Enfin, la tension secondaire est déterminée au moyen de la courbe de Peek (relation entre une tension et à distance d’éclatement d’un arc produit à cette tension entre sphères de diamètre donné). Or la formule de Peek, valable pour les tensions moyennes, n’est plus applicable que par extrapolation à la mesure des très hautes tensions, c’est-à dire dans des conditions peu rigoureuses.
- p.623 - vue 623/899
-
-
-
- 624
- LABORATOIRE AMPÈRE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- La Compagnie Générale d’Électro-Céramique, désirant se mettre à l’abri de ces causes d’erreurs, a installé un dispositif de mesure absolue de la tension, basée sur la détermination d’un courant de charge d’un condensateur de capacité connue. L’intensité de ce courant est lue sur un ampèremètre placé à portée de l'opérateur et qui peut être gradué directement en kilovolts.
- Fm. 3. — Vue des trois transformateurs.
- Afin d’apporter toute la précision possible dans l’application de cette méthode, la Compagnie Générale d'Electro-Céramique a faiE appel au concours du Laboratoire central d’Electricité pour l’étalonnage des appareils.
- Nature des essais. — Le Laboratoire Ampère a été équipé en vue d’essayer d’étudier et perfectionner tout le matériel électrique à haute tension et en particulier les isolateurs en porcelaine.
- p.624 - vue 624/899
-
-
-
- LABORATOIRE AMPÈRE POUR ESSAIS A 1 MILLION DE VOLTS.
- 625
- A cet effet, les principaux essais à effectuer se répartissent entre : essais de contournement à sec et sous pluie et essais de perforation dans l’huile.
- Les essais à sec s’exécutent dans l’intérieur du Laboratoire, la chaîne à éprouver étant suspendue aux fermes du bâtiment et son extrémité inférieure étant reliée à un conducteur haute tension.
- Les essais de perforation se font en plongeant les pièces dans une vaste cuve contenant plus de 25 t d’huile. La partie inférieure de cette cuve est cylindrique; la partie supérieure, tronconique, a un diamètre de 5 m, ce qui permet de monter en tension jusqu’à 750.000 V environ. Un serpentin dans lequel circule la vapeur à basse pression permet d’élever uniformément la température de l’huile jusqu’à 90°, c’est-à-dire d’essayer des bornes de transformateurs dans des conditions aussi voisines que possible des conditions d’emploi.
- Les essais sous pluie s’effectuent à l’extérieur, la chaîne à essayer étant suspendue au portique d’ancrage de la ligne d’essais.
- Cette ligne, d’une longueur de 135 m, du type normal 220.000 Y, est mise sous tension à 650.000 V entre phases, c’est dire que les chaînes y sont essayées dans les conditions d’emploi avec un coefficient de sécurité sensiblement égal à 3.
- Le Laboratoire Ampère peut aussi exécuter des mesures de répartition de potentiel le long d’une chaîne d’isolateurs et, d’une façon générale, toutes mesures électriques : capacité, pertes par conductivité et hystérésis, étude de la répartition du champ autour d’un isolateur.
- Installations complémentaires. —
- De nouveaux bancs d’essais électriques et un banc d’essais physiques sont actuellement soit à l’étude, soit en cours de réalisation.
- Les premiers comprennent :
- 1° Une installation à haute fréquence (250.000 Y et 200.000 périodes par seconde). Les essais peuvent avoir lieu simultanément à haute et à basse fréquence.
- 2° Un banc à courant continu pour essai du matériel d'électrification des voies ferrées. Le banc d’essais physiques permettra d’étudier la tenue des isolateurs aux efforts de toute nature qu’ils auront à subir en ligne et qui ont comme origine soit l'action mécanique des câbles (effets de traction, de compression, de flexion), soit l’action des agents atmosphériques dont la plus importante est celle des variations de température, soit même les accidents éventuels (chocs).
- Fig. 6. — Photographie d’une décharge entre pointes à 1.000.000 V. Longueur des étincelles : 2,50 m.
- p.625 - vue 625/899
-
-
-
- 62G
- LABORATOIRE AMPÈRE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Ces efforts physiques et électriques pourront d’ailleurs être combinés (traction et tension en particulier) et reproduire les conditions normales d'emploi des isolateurs.
- On sait d’autre part que, suivant les conditions de fabrication (constitution de la pâte, conditions de cuisson, choix de l’émail), les porcelaines se laissent plus ou moins pénétrer par l’humidité. Bien que cette porosité soit en général très faible, il est du plus haut intérêt de la connaître, eu égard aux variations des tensions d’amorçage qu’elle entraîne.
- Aussi le banc d’essais physiques sera-t-il complété par un dispositif d’étude de la porosité sous une pression allant jusqu'à 1.500 kg : cm2.
- Enfin les isolateurs seront soumis dans un poste en plein air, spécialement étudié à cet effet, à des efforts intensifs, soutenus et simultanés de tension, traction et vibrations de façon à leur faire subir rapidement les efforts auxquels ils pourront être soumis d’une façon plus lente en ligne.
- Ainsi équipé, le Laboratoire Ampère deviendra un instrument de recherches dont la science et l’industrie françaises seront appelées à bénéficier les premières.
- p.626 - vue 626/899
-
-
-
- BULL. DE L.A SOC. D’ENC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- NOTES D’AGRICULTURE
- par
- M. Henri Hitier, membre du Conseil.
- L’évolution de l’agriculture française : 1° Réduction des surfaces consacrées au blé, augmentation DES SURFACES CONSACRÉES A L’HERBE. 2° COMMENT ACCROÎTRE NOS RENDEMENTS EN BLÉ
- a l’hectare. 3° Effectifs de nos animaux de ferme en 1923 et 1913. 4° La production en
- FRANCE ET DANS NOS COLONIES, DU COTON, DE LA LAINE, DE LA SOIE, DU LIN.
- L’évolution de notre agriculture.
- La réduction de nos cultures de céréales. — Le Journal Officiel du 23 juillet dernier a publié un état comparatif des récoltes (surface et production) en 1913, 1922 et 1923. Les chiffres que nous donne ainsi le Ministère de l'Agriculture méritent d’être étudiés et examinés, parce qu’ils permettent de suivre une évolution qui, commencée bien avant la guerre, a pris, depuis 1914, une marche singulièrement plus rapide.
- En 1913, encore, l’ensemble de nos cultures de céréales, froment, méteil, seigle, orge, sarrasin, avoine et maïs, s’étendait en France sur une surface totale de 13.428.325 ha; ces mêmes céréales, en 1923, y compris les cultures de l’Alsace et de la Lorraine, n’occupent plus que 11.350.990 ha. C’est une diminution de plus de 2 millions d’hectares, soit de plus de 16 p. 100. Le blé, à lui seul, occupe en France 20 p. 100 de moins d’étendue qu’en 1913.
- Par contre, les surfaces consacrées à la production fourragère : prairies temporaires, prés naturels, herbages, pâturages et pacages, sont passées de 10.250.128 ha en 1913 à 11.314.430 ha en 1923, soit une augmentation de plus de 10 p. 100.
- Cette réduction dans les emblavures des céréales, du blé en particulier, et cette extension au contraire des surfaces herbagères se constataient avant la guerre puisque le blé, par exemple, avait vu longtemps ses cultures se maintenir autour de 6.800.000 à 6 900.000 ha (périodes 1880-1900) et qu’elles étaient descendues à 6.542.000 ha en 1913, mais, comme nous le faisions remarquer plus haut, l'orientation nouvelle de notre agriculture s’est accentuée d’une façon beaucoup plus nette encore depuis la guerre.
- Quelle en est la cause ou plutôt quelles en sont les causes? Il semble qu’on puisse les rattacher à deux principales : la hausse des prix du bétail et des produits du bétail beaucoup plus forte que la hausse des prix des céréales, du blé surtout, et, en second lieu, la nécessité où se sont trouvés et se trouvent les agriculteurs de réduire leur main-d’œuvre au minimum.
- p.627 - vue 627/899
-
-
-
- 628
- NOTES D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Que l’on prenne les prix de vente du blé par les cultivateurs en 1922 et 1923; en consultant leurs livres de compte, on constate qu’ils ont, en moyenne, vendu leurs récoltes de blé 80 à 85 fr le quintal. C’est-à-dire, que par rapport aux prix d'avant-guerre, le blé n’a pas subi une majoration dépassant le coefficient 3, alors que les frais de production ont subi une hausse beaucoup plus forte: là donc où, par suite du milieu naturel, des conditions de sol et de climat, le blé ne donne pas de grands rendements, cette culture ne paie pas ou ne paie plus et, dans tous les cas, d’autres spéculations ont paru plus avantageuses à l’agriculteur.
- Améliorations à réaliser dans la culture du blé pour accroître le rendement à l'hectare. — Certes nous ne souhaitons pas un renchérissement de la vie. Le prix du pain est,encore pour beaucoup considéré comme l'index principal du prix de la vie et ce sont les oscillations de cette céréale qui frappent peut-être davantage l’opinion publique. Mais on ne peut pas vendre le pain bon marché et le blé cher. Le pain bon marché c’est forcément le blé bon marché, et le blé bon marché, avec le coût de production actuel de cette céréale, c’est l’abandon de la culture du blé dans un grand nombre d’exploitations, la restriction des emblavures dans beaucoup d’autres et par conséquent la nécessité pour notre pays d'être de plus en plus tributaire de l’étranger pour son pain quotidien. Au point de vue de notre sécurité, au point de vue de nos finances, il nous faut, au contraire, tout faire pour récolter en France le blé dont nous avons besoin.
- Nous le pouvons, croyons-nous, tout au moins en année normale, et même si nos emblavures en blé se réduisent encore dans quelque mesure; il s’agit alors, dans les terres à blé, c’est-à-dire là où le sol et le climat sont favorables à cette culture, d’intensifier les rendements à l’hectare, de réaliser les progrès qui l’ont été dans certaines exploitations, de généraliser en un mot, dans nos diverses régions, les améliorations reconnues possibles et économiques dans la culture du blé.
- Parmi ces progrès à réaliser nous mettons en premier lieu : la destruction des mauvaises herbes. Si la terre à laquelle on confie le blé n’est pas au préalable, débarrassée des mauvaises herbes ou si on ne dispose pas des moyens de les faire disparaître des champs de blé où elles auraient pu germer, à quoi bon mettre des engrais? les engrais ne feront que développer les mauvaises herbes. A quoi bon acheter fort cher des semences de choix? Les plants de blé qu’elles donnent seront étouffés par les plants adventices, la mauvaise plante étouffera la bonne.
- Or, au point de vue de la destruction des mauvaises herbes, à côté des procédés depuis longtemps connus et pratiqués tels que jachère, binages et sarclages, judicieux assolement, l’utilisation de produits chimiques soit à actions caustiques soit à effets toxiques est de plus en plus employée avec succès. M. Rabaté, Inspecteur général de l’Agriculture, bien avant la guerre, avait préconisé la pulvérisation d’une solution d'acide sulfurique à 10 p. 100 pour détruire dans les champs de blé, à la sortie de l’hiver, coquelicots, bleuets, sanves, vesces sauvages, etc. Les premières communications faites par M. Rabaté sur les résultats qu’il avait obtenus par ce procédé furent, il faut le reconnaître, très froidement accueillis. Mais il tint bon : convaincu du procédé, il multiplia les essais et aujourd’hui il a cause gagnée. Les agriculteurs se sont rendus à l’évidence; les appareils ne sont pas tous au point pour effectuer ces pulvérisations, cependant, tels qu'ils sont, on les emploie, et ne nous affirmait-on que dans un seul département de l’ouest de la France c'est
- p.628 - vue 628/899
-
-
-
- l’évolution de notre agriculture.
- 629
- par centaines que les agriculteurs avaient acquis des pulvérisateurs pour traiter leurs champs de blés envahis de vesces sauvages. Ils avaient ainsi sauvé leurs récoltes.
- D’autres produits chimiques que l’acide sulfurique ont été préconisés, le chlorate-de soude par exemple; il y a là une voie dans laquelle il faut résolument s’engager; comme pour toute question nouvelle en agriculture, il y a lieu toutefois de ne le faire qu’avec prudence et esprit de méthode. Notre éminent collègue M. Schribaux le demande avec raison : il est indispensable qu’un service spécial s’occupe plus particulièrement de cette destruction des mauvaises herbes, qui occasionnent dans toutes nos cultures de si grandes pertes et que nous savons encore si mal combattre. Nous connaissons, au fond, très peu de chose sur la question; pourquoi certaines graines restent-elles en terre des années avant de germer? quelles sont les conditions qui déterminent une année la levée en abondance de coquelicots,, l’autre année la levée de sanves ou de ravenelles? pourquoi après telle façon aratoire, tel labour par exemple fait par temps sec ou humide, constate-t-on des différences très grandes dans la germination de telles ou telles graines?Il vaut mieux confesser franchement notre ignorance : nous ne le savons pas. Et, dès lors, comment aborder avec esprit de méthode la destruction des mauvaises plantes? L’étude systématique de ces plantes s’impose, de leur biologie, de leurs modes de propagation, de leurs modes de destruction. Il appartient à l’Institut des Recherches agronomiques de mettre la question au premier plan de ses travaux.
- Emploi généralisé des engrais. — Quand nous aurons la certitude que le& engrais mis pour le blé ne profiteront qu’au blé, nous pourrons conseiller aux agriculteurs de les employer pour intensifier économiquement leurs rendements à l’hectare. Certes ils emploient déjà les engrais, mais il faut généraliser cet emploi; il faut en même temps le rendre plus rationnel, avoir soin de bien équilibrer toujours la fumure donnée, ne pas se contenter d’apporter soit de l’acide phosphorique, soit de la potasse, soit de l’azote, mais l’engrais complet qui peut assurer le maximum de récolte. Sous le rapport des engrais, nous nous trouvons très bien placés en France, qu’il s’agisse de la potasse ou de l’acide phosphorique, et nous avons le droit d’espérer que nous le serons bientôt aussi en ce qui concerne l’azote.
- En présentant à l’Académie d’Agriculture Y Annuaire statistique des Engrais chimiques de MM. Lambert, M. Eugène Roux, Directeur de l’Institut des Recherches agronomiques, pouvait dire à ses confrères :
- « Vous savez que si notre pays produisait les engrais azotés nécessaires à ses « besoins au lieu d’être, comme il l’est encore, tributaire de l’étranger, sa situation « au point de vue agricole serait merveilleuse. Ses énormes gisements de phosphates « du Maroc, de Tunisie et d’Algérie, lui permettraient de suffire aux besoins de toute « l’Europe; grâce au retour de la Lorraine, il est devenu le plus puissant producteur « de scories de déphosphoration. Quant à la potasse, l’Alsace est revenue à la France « riche du puissant gisement de sylvinite de Mulhouse, découvert par un ingénieur « français Vogt, peu de temps avant la guerre et dont l’Allemagne s’était efforcée « de retarder la mise en exploitation, redoutant la concurrence qui en résulterait (( pour ses mines de Stassfurt. «
- Nos usines de superphosphates ont atteint le chiffre de 2 millions de tonnes de superphosphate dont la presque totalité est consommée en France.
- Tome 136. — Juillet-Août-Septembre 1924.
- 43
- p.629 - vue 629/899
-
-
-
- 630
- NOTES D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- La production des mines de potasse a été en 1923, en Alsace, de 1.026.042 t de sels potassiques correspondant à 248.518 t de potasse K20. Elle n’était avant la guerre que de 350.000 t de sels correspondant à 58.000 t de K20 ; l’agriculture française a consommé le quart de la production actuelle.
- « Seule notre production d’engrais azotés est restée stationnaire ou à peu près.
- « Nous avons consommé 153 000 t de sulfate d’ammoniaque dont seulement « 88.500 t provenaient des usines françaises. Rappelons que les usines allemandes « peuvent en produire près de 1 million de tonnes.
- « La fabrication française de la cyanamide s’est notablement développée : de « 11.000 t en 1913, elle est passée à près de 50.000 t en 1923.
- « La France est toujours tributaire du Chili pour le nitrate de soude qui reste le « principal engrais azoté. Nos importations, qui ont été de 302.115 t en 1913,
- « s’élevaient encore à 272.780 t en 1923.
- « On peut fort heureusement espérer que cette situation déplorable va prendre « fin par le développement des usines de synthèse de l’ammoniaque par les procédés « Georges Claude, Casale et Haber, qui sont enfin en voie d’organisation et dont « quelques-unes même fonctionnent déjà, telle l’usine Georges Claude à Béthune. »
- Espérons aussi que le développement des usines de synthèse de l’ammoniaque permettra d’obtenir pour l’agriculture les engrais azotés à plus bas prix. Comme l'a montré M. Matignon, l'abondance et le bas prix de l’azote apporteront au problème de la vie chère la vraie solution par l’abondance à bas prix des produits agricoles.
- La sélection des semences. — Dans une conférence que faisait à notre Société, M. E. Schribaux sur Vamélioration des espèces végétales de grande culture (1) notre collègue énumérait les avantages économiques que l'agriculture française pourrait tirer de la sélection des semences, et quelques années plus tard, dans une autre enceinte (2), il pouvait dire que généralisé sur l’ensemble de notre territoire, l’emploi des variétés sélectionnées augmenterait aisément notre production de 10 à 20 p. 100. Un grand effort dans le sens de l’emploi des variétés sélectionnées, de blé en particulier, se poursuit depuis quelques années.
- De Verrières d’où sont sorties déjà depuis plus d’un siècle tant de variétés améliorées de plantes, les Henry, Philippe, Jacques de Vilmorin et leurs collaborateurs nous ont donné et continuent à nous donner des blés obtenus par hybridation et qui, sélectionnés, jouissent de qualités telles qu’on les cultive maintenant en France dans toutes les régions ; mais la méthode de sélection généalogique qui est née à Verrières, est fort heureusement appliquée aujourd’hui par nombre de chercheurs qui, également par hybridation, créent de nouveaux blés, et il faut espérer que les stations de Colmar, de Besançon, de Valence, de Villefranche de Lauraguais, de Clermont-Ferrand, de l’Institut agronomique, nous doteront de blés spécialement adaptés à des milieux comme ceux de l’Est de la France, de la vallée du Rhône et du Midi, de la vallée de la Garonne, du Centre, etc. M. Schribaux nous signalait l’importance de ces variétés adaptées à un milieu déterminé, s’attachant lui-même avec succès à résoudre le problème.
- Notre Bulletin a eu soin de mettre en évidence les efforts tentés en France pour produire sur notre propre territoire les graines de betteraves à sucre et nous libérer
- (1) Bulletin de mai 1908.
- (2) Conférence à la Foire nationale des Semences.
- p.630 - vue 630/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU BÉTAIL ET I,’ACCROISSEMENT DES SURFACES HERBAGÈRES. 631
- ainsi de l’étranger, notamment de l’Allemagne. La production française avant la guerre était de 1.200 à 1.300 t et représentait environ le cinquième de la consommation. Elle est passée, en 1923, à 3.000 t assurant les trois quarts de la consommation française (sucrerie et distillerie). Elle sera encore plus importante en 1924 et dépassera probablement 3.500 t (1).
- Est-ce à dire qu’il nous reste beaucoup à faire au point de vue de la sélection des semences en général? Certainement oui! Nous n’avons presque rien fait pour les céréales comme le seigle, pour les plantes industrielles comme le lin, le colza, pour les plantes fourragères, graminées et légumineuses. Le danger cependant est, à l’heure actuelle, que trop de particuliers, de maisons, de stations prétendent s’occuper de sélection, tout en ne disposant pas toujours des connaissances voulues pour Je faire, des capitaux, du temps. La création de nouvelles variétés, la sélection généalogique ne sont pas du ressort de la masse des agriculteurs. Des spécialistes, très bien outillés à tous points de vue, sont nécessaires pour un tel travail. Mais une fois la variété créée, sélectionnée, il s’agit de la multiplier. Il appartient, à ce moment, à des agriculteurs d’élite, bien placés comme aménagement des terres, bâtiments, hangars, personnel, etc., d’entreprendre cette spécialisation de la production de la semence commerciale. Ainsi se trouvera réalisée une judicieuse division du travail.
- La production du bétail et l’accroissement DES SURFACES HERBAGÈRES.
- Destruction des mauvaises herbes, large emploi rationnel des engrais, des semences sélectionnées et bien adaptées au milieu, ce sont là des progrès qui seraient susceptibles d’augmenter de plusieurs quintaux nos rendements de blé à l’hectare. Mais il n’en reste pas moins vrai qu’il y a aujourd’hui des produits agricoles dont la hausse des prix est singulièrement plus forte que ne l’est la hausse des prix de vente du blé.
- Les prix actuels du blé par rapport aux prix des années qui ont précédé la guerre sont affectés du coefficient 3 à 3,5; ceux du bétail le sont des coefficients 4 et 5 et il en est de même des produits du bétail, viande, laine, beurre, etc.; pour certains fromages même, la hausse est encore plus grande.
- Les agriculteurs ont donc le plus grand intérêt à se tourner vers les spéculations animales et à coucher en herbes leurs terres de labour là où les conditions naturelles du milieu sont favorables à la production herbagère. Aussi dans la Manche, les surfaces consacrées au blé sont tombées de 56.100 à 32.000 ha. En Saône-et-Loire, autre région dont les sols conviennent aux prairies, le blé ne couvrait plus en 1923 que 86.750 ha au lieu de 134.800 ha en 1913.
- La seconde raison qui pousse les agriculteurs à restreindre leurs cultures de labour est, nous le disons, la nécessité où ils se trouvent de plus en plus, de réduire les besoins de main-d’œuvre, devant la difficulté, l’impossibilité de se la procurer.
- (1) En janvier 1924, à la Foire nationale des Semences de Paris, eut lieu une exposition de la graine de betteraves à sucre, à laquelle participèrent les producteurs de graines français ; en même temps avait été organisée par MM. Vilmorin, Desprez, Saillard une très intéressante exposition rétrospective. On trouvera les renseignements à tirer de cette exposition dans une brochure que vient de publier M. Saillard, secrétaire général de la Commission des Graines de Betterave du Ministère de l’Agriculture.
- p.631 - vue 631/899
-
-
-
- 632
- NOTES D’AGRICULTURE. --- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- L’herbe exige moins de main-d’œuvre que la terre de labour, et le grand danger au point de vue de notre économie nationale est alors que les agriculteurs mettent en herbe des terres qui ne conviennent pas naturellement à l’herbe, qui conviendraient mieux à d’autres cultures, surtout sous beaucoup de nos climats. En réalité les ouvriers soit français, soit étrangers dont ont besoin l’agriculture et l’industrie françaises se recrutent en quantité insuffisante, et, dans la plupart des cas, l’industrie peut offrir aux ouvriers, comme logement, moyens de transport, heures de travail, salaires, etc., des conditions que ne peut offrir l’agriculture.
- Effectifs de nos animaux de ferme. — Quoi qu’il en soit, où en sommes-nous quant aux effectifs de nos animaux domestiques? Dans le numéro précité du Journal Officiel du 23 juillet, le Ministère de l’Agriculture a publié l’état comparatif des effectifs des animaux domestiques en 1913, 1922 et 1923.
- Il résulte des chiffres mêmes de ce tableau que, sauf pour l’espèce mulassière, nous avions à la fin de l’année 1923, sensiblement moins de têtes d’animaux qu’en 1913. .Ainsi notre cheptel se reconstitue mais lentement comme l’avait prévu notre collègue M. le professeur Moussu lorsque à ceux qui se figuraient qu'en quelques années nous aurions pu retrouver nos effectifs d’avant-guerre, il objectait : « La « reconstitution d’un troupeau national, après une guerre, est soumise à des lois « physiologiques et naturelles qu’il n’est donné à personne de bouleverser : on ne « fait pas naître les animaux à volonté et surtout on ne les fait pas grandir à sa « fantaisie. Après la guerre de 1870, il a fallu dix ans pour réparer la brèche pro-« duite et elle était moins importante que celle de la guerre de 1914-1918. »
- Avec l’autorité particulière qui s’attache à ses études sur notre cheptel national, M. Alfred .Massé a commenté devant l’Académie d’Agriculture (séance du il juin 1924) la statistique du dernier recensement de nos animaux de ferme (31 décembre 1923), en tirant les conclusions et les enseignements qui s’en dégagent; il est utile de les faire connaître.
- L’augmentation, enregistrée au cours de l’année 1923, pour Vespèce bovine, est de 173.500 unités, inférieure de 60.000 têtes à l’augmentation réalisée en 1922. Le déficit apparent, par rapport à 1913, s’élève encore à 1.038.000 unités. Il est, en réalité, beaucoup plus considérable et atteint presque le chiffre de 1.500.000 têtes puisque depuis 1920, figure dans nos statistiques annuelles le bétail des 3 départe-tements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin dont l’effectif s’élève à 459.000 bovins.
- Pour M. Alfred Massé, l’une des causes pour lesquelles il nous faut un temps relativement long pour retrouver les effectifs de 1913, est l’augmentation de la consommation delà viande : nos paysans, accoutumés autrefois à une vie plutôt frugale, ne mangeaient de la viande, avant la guerre, que deux ou trois fois par semaine. Ils sont revenus du front avec des habitudes nouvelles auxquelles, de retour dans leurs foyers, ils n’ont pu ni voulu se soustraire. Ces habitudes se sont, depuis la paix, étendues à la famille entière. De là une augmentation certaine et importante de la consommation de la viande. Dans les familles ouvrières la hausse des salaires a amené également une augmentation de la consommation de la viande qui, ainsi, s’est accrue dans une très large proportion partout, à la campagne aussi bien qu’à la ville.
- p.632 - vue 632/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU BÉTAIL ET L’ACCROISSEMENT DES SURFACES HERBAGÈRES. 633
- (( Au point de vue économique, cette augmentation de la consommation de la viande a une double conséquence. Tout d’abord, par suite de la demande presque toujours supérieure à l’offre, elle maintient pour le bétail des cours élevés dont l’agriculture ne peut que profiter, et, à cet égard, elle constitue un événement heureux; mais, en même temps, les cours élevés et la demande supérieure à l’offre incitent les éleveurs à sacrifier plus tôt qu’ils ne le faisaient autrefois, la plus grande partie de leurs animaux. Ainsi, la reconstitution du troupeau, élément important de la richesse nationale, se trouve, sinon empêchée, du moins entravée et, au point de vue de l'intérêt général, il peut y avoir là un inconvénient dépassant de beaucoup l’avantage résultant pour l’agriculteur du maintien des cours. C’est, en effet, l’un des facteurs qui contribuent à rendre la vie chère et, de cela, l’agriculteur souffre comme les autres citoyens, puisqu’il est, lui aussi, obligé de payer quatre ou cinq fois plus cher tout ce dont il a besoin (1). »
- Notre troupeau ovin qui, en 1913, comptait encore, malgré une diminution annuelle régulière, plus de 16 millions de têtes et était tombé en 1919 à 8-991.000 unités, voit depuis quatre années ses effectifs remonter légèrement. Le gain en 1920 avait été de 414.800 têtes. Mais de ce chiffre il convenait de retrancher la population ovine des trois départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, ce qui ramenait à 372.800 têtes seulement l’augmentation réalisée au cours de l’année. L’augmentation en 1921 fut beaucoup moins élevée et ne dépassa pas 193.000 têtes. En 1922, elle fut plus faible encore et ne s’éleva qu’à 182.860 unités. Pour 1923, elle n’atteint pas tout à fait 143.000 têtes. « Il est à craindre que bientôt « cette augmentation s’arrête et que nous recommencions à voir le troupeau dimi-« nuer. La plupart des causes qui avaient, avant la guerre, provoqué cette diminu-« tion, non seulement subsistent, mais se sont aggravées. Nous ne devons pas « nous leurrer à cet égard et l’augmentation enregistrée depuis quatre ans, qui va « d’ailleurs en diminuant, n’est due qu'aux cours élevés qui sont actuellement « pratiqués (2). »
- Ces cours, en effet, cours de la viande, cours de la laine, rendent l’exploitation d’un troupeau de moutons une des spéculations animales les plus avantageuses. Pourquoi, dans ces conditions, rencontre-t-on tant de fermes sans moutons? Interrogez, les agriculteurs de ces fermes : 99 p. 100 ou mieux 999 p. 1.000 vous répondent : « Nous n’avons pas de moutons parce que nous ne trouvons plus de bergers. »
- Cette situation de l’élevage du mouton en France explique, comme nous le rappelons plus loin, les graves préoccupations de nos industriels utilisant la laine comme matière première et les efforts qu’ils font actuellement pour développer l’élevage du mouton et la production de la laine dans nos colonies.
- En 1913, les effectifs de nos fermes en porcs s’élevaient à 7.036.000 têtes. A la fin de 1923, les augmentations constatées chaque année depuis la fin de la guerre ne les ont ramenés encore qu’à 5.405.840 têtes. La viande de porc est cependant très demandée, les prix pratiqués par rapport à ceux d’avant-guerre sont majorés des coefficients 5 et 6; aussi les agriculteurs sont-ils incités à engraisser leurs animaux très rapidement; ils n’en conservent pas assez pour la reproduction, et, toujours
- (1) Alfred Massé.
- (2) Alfred Massé.
- p.633 - vue 633/899
-
-
-
- ()34 NOTES D’AGRICULTURE.' — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- pour la même raison : ils ne trouvent plus le personnel nécessaire qui consente à s’astreindre aux soins qu’exigent l’entretien des truies et l’élevage.
- Nous n'avons pas, somme toute, retrouvé les effectifs de nos animaux d’avant la guerre; au point de vue de la quantité, il y a donc déficit; au point de vue de la qualité y a-t-il aussi diminution? A cette question, fort heureusement, nous pouvons répondre : nos animaux valent actuellement ceux qui peuplaient nos fermes avant la guerre; il y a même, sur bien des points, d’importants progrès réalisés. Les concours et les expositions-foires qui se sont multipliés en ces dernières années dans toutes nos régions d’élevage, nous en ont apporté la preuve manifeste qui vient de se trouver encore confirmée par le Concours général agricole qui s’est tenu à Paris au Champ-de-Mars au début de 1924.
- C’était la seconde fois depuis la guerre, qu’avait lieu une exposition générale de nos animaux ; l’impression qui s’en est dégagée a été, comme à la suite de l’exposition de l’an dernier, excellente : « Si le cheptel français n’a pas encore, plus de « cinq années après l’armistice, retrouvé ses effectifs d'avant-guerre, il n’a rien perdu, « dans son ensemble, des qualités qu’a su lui acquérir le long et persévérant effort « de nos éleveurs. Il est même permis d'indiquer que, pour les races de certaines « régions, celles de l’Ouest par exemple, un progrès très sensible a été réalisé depuis « la guerre. » Tous ceux qui ont visité le concours général font certainement leurs ces très justes observations de M. Alfred Massé.
- Pour la première fois depuis la guerre, nous avons eu, en 1924, un concours à’animaux gras à côté de l’exposition-concours à'animaux reproducteurs; comme pour celui-ci le succès fut complet. L’administration avait, au sujet du concours des animaux gras, pris une très heureuse initiative : les animaux ne devaient plus seulement être jugés d’après le poids et le degré d’engraissement qu’ils avaient atteint; le jury devait tenir compte, dans son appréciation, de l’aptitude à produire la plus grande quantité possible de viande de première qualité dans le moindre temps. Aussi a-t-on pu mieux se rendre compte des efforts de nos éleveurs pour améliorer la qualité de la viande, augmenter le poids utile et la précocité des animaux.
- En 1924, comme en 1923, à propos de l’Exposition générale des Animaux, fut organisé un Concours laitier et beurrier qui passionna visiteurs et éleveurs, l’expression n’est pas trop forte. A plusieurs reprises, dans nos Notes d’Agriculture, nous avons eu l’occasion d’insister sur l’importance du contrôle laitier pour amener l’amélioration rapide des rendements en lait et beurre des vaches de toute une région, de tout un pays. L’exemple du Danemark est, à cet égard, tout à fait convaincant. Le contrôle laitier organisé, dès avant la guerre, dans le Pays de Caux avait donné des résultats semblables. Le mouvement se généralise en France dans plusieurs de nos régions, en Normandie, en Flandre, dans l’Ile-de-France, en Auvergne. Il faut hautement féliciter les apôtres de cette campagne en faveur du contrôle laitier, entre autres M. Leroy, chef des travaux de zootechnie à l’Institut agronomique; ils rendent au pays un véritable service.
- « Les concours laitiers et beurriers viennent très heureusement compléter les « renseignements fournis par le contrôle laitier. On peut certes les critiquer en ce « sens que toutes les vaches appelées à concourir ne sont pas dans des conditions « identiques puisqu’il y en a que l’on juge après leur avoir fait subir un change-
- p.634 - vue 634/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU BÉTAIL ET L’ACCROISSEMENT DES SURFACES HERBAGÈRES. 635
- « ment de régime complet, puisqu’il y en a qui sont plus ou moins influencées par « le voyage, la foule, etc. Mais les épreuves des concours laitiers et beurriers « suscitent entre les éleveurs des principales races laitières une émulation qui se « traduit par une sélection plus rigoureuse, l’élimination du troupeau de tout sujet « dont le rendement est inférieur, la création de familles chez lesquelles l’aptitude « laitière non seulement se transmet héréditairement mais encore en se déve-(( loppant. » (A. Massé.)
- Les agriculteurs, de plus en plus nombreux, ont compris les avantages d’entretenir dans leurs étables, leurs bergeries, des reproducteurs provenant de vacheries, de troupeaux où la sélection est pratiquée depuis longtemps, consacrée par l’inscription au livre généalogique, par le contrôle laitier ; aussi voyons-nous ces agriculteurs se disputer les sujets qui en proviennent aux ventes aux enchères, dont l’habitude tend aussi à se généraliser. Les prix montent souvent très haut (1).
- Les effectifs de l'espèce chevaline. — De 1913 à 1919, le nombre des chevaux en France avait diminué de 800.000 têtes, passant de 3.200.000 têtes à 2.400.000. Le déficit est encore, à l’heure actuelle de 372.000 têtes, et, en tenant compte des effectifs en chevaux de l’Alsace et de la Lorraine, en réalité ce sont environ 475.000 chevaux qui nous font défaut pour atteindre les effectifs anciens.
- Les départements occupés par l’ennemi comptaient près de 600.000 chevaux. Plus des deux tiers ont été perdus. Aujourd’hui ces mêmes départements comptent 500.000 chevaux ; il leur en manque 100.000 mais, étant donné l’effort déjà réalisé, le déficit sera comblé dans un avenir prochain, et déjà nos belles races de trait du Nord et ardennaise auront regarni les écuries de ces régions.
- Fondé en 1905, le Concours central des Reproducteurs de l’Espèce chevaline s’était tenu annuellement à Paris avec un succès croissant jusqu’en juin 1914. La réorganisation de ce concours fut décidée pour cette année, et le concours eut lieu au Champ-de-Mars du 2 au 6 juillet. Plus d’un millier d’animaux y étaient assemblés. « L’impression générale, écrit M. Dechambre, dans le Journal d'Agriculture pratique (2 août 1924) fut tout à fait favorable » et le distingué président de l’Office français d’Élevage ajoute : « On fut surtout frappé par l’importance de la présen-« tation de nos races chevalines de trait. C’est bien là la marque de l’évolution « qui s’est accomplie depuis plusieurs années dans notre production chevaline et « sous l’influence de facteurs économiques qu’il est superflu de développer ici. Cela « ne signifie pas que les autres éléments de notre production soient dépourvus « d’intérêt. Car s’ils ont diminué de nombre, ils n’ont point baissé de qualité. Nos « éleveurs de chevaux fins se sont, en effet, parfaitement rendu compte de la « nécessité de produire de bons chevaux et de ne produire que de bons chevaux s’ils « veulent garder un certain débouché intérieur et développer celui que leur offre « l’exportation (2). »
- De très importants achats ont été effectués par des missions militaires et de simples particuliers venus non seulement d’Europe mais d’Amérique et du Japon.
- (1) Parmi les ventes publiques de 1924, nous relevons à Grignon 23 béliers vendus 32 472 f, soit un prix moyen de 1 412 f; au Bosc-aux-Moines 49 bovidés reproducteurs de race normande ont réalisé 209 300 f; la vente des Vaux-de-Cernay s’est élevée à 133 700 f, etc., etc.
- (2) A ce point de vue, les ventes réalisées pendant le Concours central hippique de Paris en avril dernier sont tout à fait encourageantes pour nos éleveurs de chevaux de selle et d’attelage.
- p.635 - vue 635/899
-
-
-
- 636
- NOTES D’AGRICULTURE. — .JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Notre production chevaline est parfaitement capable de répondre aux demandes de l’étranger, notre élevage ne peut qu’être stimulé très heureusement par ce mouvement, et on ne peut que se féliciter du rétablissement de la liberté d’exportation de nos chevaux (sauf pour les chevaux de boucherie) apportée parle décret du 7 avril 1924. Ce retour au régime d’avant-guerre répond aux besoins de la France exportatrice.
- La seule chose à craindre, comme le faisait observer M. Grau, exprimant en ceci l’opinion même du Syndicat des Eleveurs du Cheval breton, c’est que les éleveurs vendent parfois de trop bons sujets qui pourront manquer plus tard pour la reproduction. Lors d’une récente excursion en Bretagne, nous entendions un inspecteur général des haras émettre la même crainte en voyant d’excellents étalons partir pour l’Espagne, les éleveurs n’ayant pas su résister devant les hauts prix qui leur étaient offerts.
- Ceux qui seraient tentés de penser que le rôle du cheval est désormais fini, que bientôt il n’y aura plus de chevaux en France étant donné le développement de l’automobile, se trompent. Il y a encore des chevaux en France. Comme le dit M. Dechambre : « Il y en aura toujours et dès lors ne craignons pas de le faire « savoir chez nous-mêmes et hors de nos frontières et continuons à travailler pour « leur amélioration et l’accroissement de leurs débouchés (1). »
- Puisque nous parlons des débouchés de nos chevaux à l’étranger, signalons également les succès que remportent nos races bovines dans les pays étrangers.
- Le Syndicat d’Exportation de la Race charollaise avait envoyé en 1922 des reproducteurs de notre belle race blanche au Brésil. Cet envoi datant de deux ans, il semble que l’on peut déjà tirer quelques conclusions sur l’aptitude de cette race à s’acclimater dans les pays tropicaux. Des lettres très significatives sont arrivées au Syndicat, provenant de différents centres d’élevage. Le général de Laguiche en a lu quelques-unes à la séance du 14 mai 1924 de l’Académie d’Agriculture; elles débutent presque toutes ainsi : « Les animaux sont en excellent état », et l’une d'elles se termine par cette phrase pleine d’éloges et d’encouragement : « Partout se mani-« feste la plus grande satisfaction. Les charolais sont en général très beaux. Vous « pouvez dire au Syndicat que ses premiers efforts dépassent ce que les éleveurs a français pouvaient espérer. »
- Il n’y a pas qu’en Amérique du Sud où l’on sait apprécier les charolais. A la Foire de Milan de cette année, le Syndicat d’Exportation de la Race charolaise avait présenté un lot d’animaux. « Tous les taureaux charolais, lit-on dans 11 Sole du « 25 avril rendant compte de la foire, furent vendus à un taux qui, d’une part, « souligne la preuve tangible d’une qualité exceptionnelle, et d’autre part, témoigne « de l’esprit de progrès dont sont animés les éleveurs italiens. »
- Pour montrer quel état d’engraissement peuvent atteindre les animaux de cette même race, à l’Exposition internationale des Animaux gras tenue dans cette même ville de Milan, furent envoyés également un lot de bœufs charolais. Ils furent jugés de qualité exceptionnelle et obtinrent dans la catégorie des races étrangères : la plaque d’or du championnat des bœufs gras; la coupe de championnat pour la pré-
- (1) Nous sera-t-il permis d’exprimer le regret que plus de publicité réelle et efficace ne soit donnée à nos concours généraux de reproducteurs de l’espèce chevaline. Combien de Parisiens et d’étrangers, alors dans notre capitale, ont totalement ignoré la splendide exposition de nos races de chevaux au Ghamp-de-Mars en juillet.
- p.636 - vue 636/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU LIN, DU COTON, DE LA LAINE ET DE LA SOIE.
- 637
- cocité et la facilité de l’engraissement; le premier prix pour les troupeaux de bœufs ; et enfin le champion des champions fut un bœuf charolais présenté par le Centre zootechnique du Clos-Ry (Nièvre) pesant 1.317 kg et qui a donné un rendement en viande de 68,59 p. 100.
- Dans le Bulletin de VAssociation nationale d'Expansion économique d’octobre 1923 nous signalions les débouchés avantageux que pourraient trouver en Argentine nos races bovines laitières, l’industrie du lait s’étant beaucoup développée dans la grande république de l’Amérique du Sud en ces dernières années, et semblant appelée à un brillant avenir.
- Notre très distingué attaché commercial à Buenos-Aires, M. Colin, faisait part, il y a quelques semaines, des succès que venaient de remporter les vaches de race normande au récent concours organisé par la société rurale argentine. « Le fait « dominant de cette exposition fut sans contredit, l’intérêt manifesté à la race nor-« mande par tous les éleveurs présents; l’empressement mis à l’achat des animaux, « enlevés à des prix élevés, en est la preuve. »
- Faut-il rappeler une fois de plus ce que ne cessait de répéter M. Colin lorsqu’il était en France, l'an dernier, avant d’aller rejoindre son poste en Argentine : « Si (( nous voulons écouler en Argentine une partie de notre production industrielle, si « nous voulons y faire d’autres affaires que celles que nous traitons en articles de « luxe, nous devons songer que l’Argentine peut espérer nous vendre un peu de « viande et de blé et nous devons éviter de décourager les producteurs de ce pays ». Et il disait encore : « Il est d’un intérêt évident pour l’amélioration de nos rap-a ports commerciaux avec l’Argentine de favoriser dans notre pays un écoulement « sérieux de viandes congelées argentines; cet intérêt est indiscutable en ce qui con-« cerne Vexportation de nos reproducteurs. »
- Les éleveurs l’ont compris et nous nous félicitons de ce que nos grandes associations agricoles aient fait récemment des démarches auprès du Ministre de l’Agriculture afin de favoriser l’entrée des viandes congelées en France; elles ont simplement demandé, ce qui est très légitime et naturel, qu’en échange, l’Argentine favorise sur son territoire l’importation des animaux reproducteurs de nos races françaises. C’est là une bonne politique (1).
- LA PRODUCTION EN FRANCE ET DANS NOS COLONIES DU LIN, DU COTON, DE LA LAINE ET DE LA SOIE.
- Les industries textiles de la laine, du coton, du lin, de la soie sont parmi les plus importantes des industries françaises; c’est par milliards que se chiffrent les valeurs auxquelles donne lieu le commerce d’importation et d’exportation des produits qu’elles utilisent comme matières premières ou qu’elles livrent comme matières manufacturées.
- Or, la question qui, déjà, se posait avant la guerre, se pose aujourd’hui plus impérieusement que jamais : ces industries pourront-elles, en France, continuer à vivre et à se développer? Les matières premières qu’elles utilisent ne risquent-elles pas de leur faire défaut?
- (1) Le décret rétablissant la liberté d’importation des viandes frigorifiées a été publié au Journal Officiel du 11 août 1924.
- p.637 - vue 637/899
-
-
-
- 638
- NOTES D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Qu’il s’agisse en effet du lin, de la laine, de la soie, du coton, les quantités produites en France ou dans nos colonies n’entrent que pour une proportion faible, parfois même absolument insignifiante, dans la masse totale utilisée par les industries métropolitaines. C'est l’étranger qui leur en fournit la plus grande part. L’étranger continuera-t-il à le faire? Il semble bien qu’en tout cas nos industriels ne trouveront plus dans les pays étrangers que des quantités de plus en plus réduites des matières premières qui leur sont nécessaires. Aux Etats-Unis, la production du coton diminue; il en est de même de la production de la laine en Australie et en Argentine, de la production du lin en Russie, etc., et surtout dans ces différents pays qui pouvaient jusqu’ici être considérés comme des pays neufs, s’accentue très fortement la tendance qui les pousse à devenir industriels en utilisant eux-mêmes leurs matières premières.
- Les industriels français se sont rendu compte du danger qui les menaçait et ils ont réagi; ils ont resserré les groupements qui les unissaient les uns aux autres dans chacune des branches particulières spécialement intéressées à telle ou telle production; ils ont fait appel aux commerçants et agriculteurs avec lesquels ils étaient en relation directe afin d’envisager les possibilités de développer soit sur le territoire métropolitain, soit sur les terres de nos colonies, la production du lin, du coton, de la soie, de la laine.
- Le Un. — Dès 1921, se tint à Rouen un Congrès du Lin pour examiner comment développer en France la culture du lin; nos industries du lin tiraient, en effet, 80 p. 100 de leur matière première de Russie, et le lin n’était plus importé de ce pays.
- Le coton. — Notre Bulletin de février 1924 donne le texte de la belle conférence que fit à notre Société M. P.-E. Rignault sur le problème cotonnier. Nos collègues connaissent donc l’état actuel de la question et les efforts qui sont faits pour développer en Afrique occidentale française la culture sèche du coton à côté de la culture irriguée.
- Pour le coton, il ne s’agit plus en effet d’une simple question d’achat à l’étranger ; il s’agit de savoir si nos industriels pourront continuer à trouver à l’étranger la matière première dont ils ont besoin.
- La production du coton augmente moins vite que la consommation et dans les pays producteurs, tendent de plus en plus à se développer des industries pour travailler surplace le coton, et ne plus livrer à l’étranger que des cotonnades manufacturées. C’est notamment le cas des Etats-Unis, le grand pays producteur du coton.
- En France, sous l’impulsion de M. Esnaul-Pelterie, alors président du Syndicat général de l’Industrie cotonnière, l’Association cotonnière coloniale dont le but est :
- 1° d’étudier et de développer la culture du coton dans les colonies françaises sous toutes ses formes ;
- 2° de favoriser l’achat et l’emploi par l’industrie française du coton récolté dans nos colonies ;
- s’est assigné ainsi dès l’origine, une tâche d’intérêt national; elle s’interdit toute opération commerciale et financière (1).
- Avant la création de l’Association cotonnière coloniale, il n’avait pas été importé
- (1) Faut-il rappeler que sur les rapports de notre collègue M. Roy au Comité de Commerce, à maintes reprises, notre Société a voté des subventions importantes à l’Association cotonnière coloniale.
- p.638 - vue 638/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU LIN, DU COTON, DE LA LAINE ET DE LA SOIE. 639
- en France (niailleurs) une seule balle de coton provenant des colonies françaises; depuis que cette association a fait sentir son action dans nos diverses possessions d’outre-mer, celles-ci ont produit des quantités de coton qui se sont accrues chaque année, si bien qu’elles ont pu, en 1919, récolter et répartir ensemble 2 millions de kilogrammes de coton, soit 10.000 balles.
- 10.000 balles sont, il est vrai, peu de chose en regard des 800.000 balles achetées à l’étranger pour être consommées par l’industrie française, mais, comme l’écrivait M. Moguès, dans un compte rendu des travaux de l’Association cotonnière coloniale en 1922 : « Abstraction faite de la valeur de 10.000 balles, en ne considérant « le fait que comme une indication des possibilités pour l’avenir, on peut affirmer « que l’Association cotonnière coloniale a largement contribué à démontrer que par « des moyens appropriés, par des méthodes variables suivant les circonstances de « temps et de lieux et en suivant avec persévéran ce les voies indiquées par l’expé-« rience et le progrès, la France peut aisément tirer de son domaine colonial tout « ou partie du coton dont elle a besoin. »
- Au début même de cette année, le président de l’Association cotonnière coloniale, M. Waddington, accomplit un voyage d’études pour se rendre compte de l’état actuel et de l’avenir de la culture cotonnière en Afrique occidentale française, c’est-à-dire au Soudan, dans la Haute-Volta, sur la Côte d’ivoire, en Guinée, au Dahomey, etc. ; la conclusion du rapport qu’il adressait au Ministre des Colonies, au moment de quitter Conakry, le 3 février 1924, était : « Notre domaine de l’A. O. « F. peut nous fournir une quantité très appréciable de coton, employable pour nos « broches françaises. »
- Jusqu’ici, l’Association cotonnière coloniale ne disposait que de ressources très limitées. Son budget était alimenté par des subventions du Gouvernement et du Consortium cotonnier, quelques centaines de mille francs, auxquels s’ajoutaient les cotisations volontaires de ses membres; ce n’était toujours qu’un maigre budget, sans aucune stabilité, pour lequel il fallait renouveler chaque année des appels individuels.
- La situation est heureusement modifiée. Le Syndicat général de l’Industrie cotonnière française est intervenu auprès des filateurs pour leur demander de participer aux charges de l’Association cotonnière coloniale par une contribution de 1 f par balle de coton consommée.
- L’appel a été compris et entendu, puisqu’il a reçu l’adhésion de plus de 80 p. 100 des broches françaises en activité.
- La laine. — Les industriels qui travaillent la laine comme matière première ressentent les mêmes préoccupations que leurs collègues travaillant le coton, aussi assistons-nous de leur part aux mêmes efforts pour se procurer soit en France, soit surtout dans nos colonies, la laine qu’ils sont obligés d’importer d’Australie, de l’Amérique du Sud, et dont ils voient les quantités disponibles pour les marchés européens diminuer d’année en année.
- A la demande du Comité central de la Laine, M. le professeur Dechambre a été amené récemment à rechercher d’une façon aussi précise que possible la quantité de laine disponible à l’heure actuelle en France. Le travail auquel notre savant confrère s’est livré lui a permis d’estimer à 19 millions de kilogrammes de laine notre production annuelle.
- p.639 - vue 639/899
-
-
-
- 640
- NOTES DAGRIGULTURE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Or, malgré les efforts qui sont tentés dans le Soissonnais, le Châtillonnais surtout, la Crau, etc., pour développer l’élevage du mérinos, le mouton à laine fine par excellence, il ne faut pas se faire d’illusion : la dépécoration, pour employer le terme dont on se sert pour désigner le fait delà diminution de notre troupeau ovin, s’est singulièrement aggravée pendant les années de guerre. Notre troupeau ovin est passé de 16 millions de têtes en 1913 à 9 millions et demi de têtes en 1920.
- Aussi la Chambre de Commerce de Tourcoing qui, déjà avant la guerre, se préoccupait de la question, a entrepris toute une campagne pour se rendre compte expérimentalement des possibilités de production de laines fines mérinos que pourraient fournir, à notre industrie lainière métropolitaine, nos colonies.
- Après enquête approfondie, il a semblé à la Chambre de Commerce de Tourcoing que surtout le Soudan et Madagascar se prêteraient à l’élevage du mérinos. Comme dans l’Afrique du Sud existe un troupeau de 25 millions de moutons, c’est de cette région qu’on fit venir des moutons à Madagascar. Les nouvelles des moutons qui ont été introduits ainsi dans la grande île de l’Océan Indien sont excellentes. « L’élevage du mouton mérinos à Madagascar est chose possible. »
- De l’Afrique du Sud, la Chambre de Commerce de Tourcoing importa également des moutons mérinos à Dakar pour tenter un élevage au centre du Soudan : il y eut évidemment quelques pertes dans les transports, mais ceux qui parvinrent jusqu’au centre d’élevage choisi se comportent bien, les nouvelles sont excellentes. Toutefois, comme le faisait remarquer M. Dewavrin à l’assemblée générale de l’Office français d’Élevage, avant d’avoir une solution définitive il faut que ces animaux aient passé l’hiver, et il faut attendre jusqu’au mois d’octobre.
- La soie. — Non moins intéressants sont les efforts réalisés par les industriels de la soie pour, cette fois, en France même sur le territoire métropolitain, redonner à la sériciculture l’importance qu’elle avait autrefois, et cela en plein accord avec les éleveurs de vers à soie de notre région du Sud-Est.
- M. Garcin, président de l’Union du Sud-Est des Syndicats agricoles, a fait de ces efforts un magistral exposé au VIe Congrès de l’Agriculture française qui s’est tenu à Toulouse du 12 au 14 juin. Nous lui empruntons les renseignements que voici :
- La sériciculture, qui a enrichi tout le Sud-Est de la France pendant près de trois siècles, était parvenue vers 1850, à produire 25 millions de kilogrammes de cocons donnant environ 3 millions de kilogrammes de soie. En 1921, la production de la France en cocons est tombée à peine à 2 millions de kilogrammes, soit à moins du douzième de ce qu’elle était il y a soixante ans. La fabrication lyonnaise, cependant, n’avait fait que se développer, car si elle ne trouvait plus en France la matière première nécessaire à son industrie, ou en proportion de plus en plus faible, l’étranger la lui fournissait; aussi fut-elle longtemps à s’inquiéter de cette situation cependant devenue grave.
- Mais comment encourager l’éducation des vers à soie en France?
- Les organisations agricoles répondirent de suite que le moyen le plus sûr de réussir dans cet ordre d’idées était de donner aux sériciculteurs une garantie en matière de prix de vente de leurs cocons.
- Un des motifs pour lesquels la production de la France en cocons avait diminué
- p.640 - vue 640/899
-
-
-
- LA PRODUCTION DU LIN, DU COTON, DE LA LAINE ET DE LA SOIE.
- 641
- était certainement l’instabilité du prix de vente des cocons; les procédés d’achat en vigueur pour les cocons, de l’avis unanime des sériciculteurs et des associations agricoles, devaient donc être modifiés. « Il faut que l'éleveur ait la garantie d’un « prix minimum lorsqu’il met sa graine en incubation. Il faut qu’il soit assuré de « profiter par la suite des plus-values de la marchandise au cours de la campagne. Il « faut que ce prix minimum lui soit versé dès la remise des cocons. Pour qu’il ait « une garantie effective, il faut que les filateurs fournissent eux-mêmes la graine. « Enfin, l’éducation demande à discuter avec ses acheteurs le prix qui sera établi en « fin de campagne. »
- Grâce aux pourparlers qui furent engagés notamment entre la fabrique lyonnaise de la soie et l’Union du Sud-Est des Syndicats agricoles, les syndicats de filateurs et un groupe important de sériciculteurs se rencontrèrent au Teil le 12 février 1922. Après une discussion très intéressante et très courtoise, les points suivants furent adoptés que, un an plus tard adoptait à son tour, sans y rien changer, le Comité national de Défense de la Sériciculture, de telle sorte que les accords conclus le 12 février 1922, en Ardèche, sont devenus la charte officielle du marché des cocons pour tous les départements séricicoles.
- 1° Les filateurs feront connaître, courant mars, le prix minimum qu’ils garantissent pour les cocons. Le prix sera aussitôt publié ;
- 2° Les filateurs remettront gratuitement la graine à l’éleveur. L’acceptation de la graine entraîne, naturellement, pour l’éleveur, l’obligation de livrer les cocons à celui qui la lui a fournie, et pour les filateurs l’engagement de payer le prix minimum pour les cocons; c’est un véritable contrat.
- Les filateurs procureront aux éleveurs un choix des meilleures graines.
- Au cas où le filateur n’a pas fourni la graine, il n’y a pas contrat; il se réserve d’accepter ou de refuser les cocons présentés. Si leur qualité lui convient, il rembourse à l’éleveur le prix de la graine ;
- 3° Les filateurs donnent aux éleveurs la garantie d’une hausse éventuelle. En fin de saison des cocons frais (première quinzaine de juillet) on établira la plus-value. Le prix définitif des cocons sera fixé par des commissions paritaires, comprenant en nombre égal des filateurs et des sériciculteurs ;
- 4° Le paiement du prix minimum se fera dès la livraison des cocons sans préjudice des soultes à revenir en fin de saison.
- Voici deux années que jouent ces accords sans que rien ait été changé à leur texte primitif. Il est encore trop tôt pour pouvoir préjuger de l’avenir, remarque M. Garcin, mais cependant, en 1924, il aura été mis en incubation une quantité de graines deux fois plus forte que celle employée en 1921. En trois ans, la sériciculture française aura donc doublé sa production. Ce sont là des résultats très encoura géants; on peut les consolider et les améliorer; l’Union du Sud-Est des Syndica agricoles estime qu’il serait possible de relever la production française à environ 15 millions de kilogrammes de cocons par an : par une active propagande maintenant dans toute la région séricicole un état d'esprit favorable à cette production, en soutenant en second lieu les efforts de tous les chercheurs savants ou praticiens qui s’efforcent de perfectionner les éducations, d’éliminer les risques qui les menacent, d’augmenter la production, de diminuer la main-d’œuvre, etc., en propageant les méthodes nouvelles.
- Pour mener à bien pareil programme, l’Union du Sud-Est suggère de prélever
- p.641 - vue 641/899
-
-
-
- 042 NOTES D’AGRICULTURE. — JUILLET-AOUT-SERTEMBRE 1924.
- 1 f par kilogramme de soie étrangère importée en France et d’attribuer le produit de cette retenue à la Fédération de la Soie qui en disposerait en faveur de la sériciculture française et coloniale.
- N’y a-t-il pas là des initiatives et des exemples qui pourraient être imités par beaucoup d’autres de nos industries agricoles?
- H. IIlTlER.
- p.642 - vue 642/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. D’ENC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 14 JUIN 1924
- Présidence de M. A. Mesnager, 'président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 24 mai 1924 est adopté.
- Est présentée pour devenir membre de la Société et admise séance tenante :
- La Société des Hauts Fourneaux de Rouen, 19, rue de La-Rochefoucauld, Paris (9e), présentée par M. Bordet et M. Cornu-Thénard.
- Sont admis à faire partie de la Société :
- M. Takagishi (Otojiro), Ingénieur en Chef du Service des Transports militaires du Japon, à Osaka, Japon;
- M. Bizet (Paul), Ingénieur des Arts et Métiers, à Montigny-les-Cormeilles (Seine-et-Oise) ;
- . présentés dans la séance du 24 mai 1924.
- M. Mesnager, président. — L’Académie des Sciences; dans sa séance du 2 juin dernier, a élu membre de la Division des Sciences appliquées à l’Industrie, en remplacement de notre regretté confrère Maurice Leblanc, l’un des membres nouvellement entrés au Conseil de notre Société, M. Rabut. Il est très connu par les appareils qu’il a imaginés pour la mesure des déformations des ouvrages et notamment des tensions intérieures qui s’y produisent. 11 a renouvelé les méthodes de la résistance des matériaux en y introduisant la méthode expérimentale, Vauscultation, selon son expression,
- p.643 - vue 643/899
-
-
-
- 644 COMPTES PENDUS DES SÉANCES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- et a pu ainsi sauver un nombre considérable de ponts condamnés par des calculs basés sur des hypothèses insuffisamment exactes, d’autres fois indiquer des consolidations à introduire dans d’autres. 11 est le fondateur du premier cours officiel de béton armé, en 1896, à l’Ecole des Ponts et Chaussées. Nous connaissons tous les consoles de 7,50 m de portée qu’il a fait construire pour porter la rue de Rome le long- du goulet de la gare Saint-Lazare. Tout récemment, il a repris et complété les théories de Maurice Lévy sur les barrages, mettant en évidence une hypothèse plus dangereuse que celles qu’avait examinées ce savant.
- M. Mesnager, président. — J’ai le plaisir de vous faire savoir que M. Sauveur (Albert), professeur de métallurgie et de métallographie à l’Université Harvard, à Cambridge (Etats-Unis), membre correspondant de notre Conseil pour le Comité des Arts chimiques, vient d’être nommé docteur honoris causa de l’Université de Grenoble.
- A cette occasion, permettez-moi de rappeler que M. Sauveur, pendant la guerre, est venu d’Amérique en France où il a séjourné pendant toute la durée des hostilités, pour nous apporter son précieux concours.
- Nous sommes très heureux de la distinction dont il est l’objet et nous en félicitons notre éminent collègue.
- M. Mesnager, président. — Sur l’invitation de la Société industrielle du Nord de la France qui avait désiré confier la présidence du Congrès de l’Union des Sociétés industrielles de France au président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, comme à la plus ancienne fondée dans le but de développer et de perfectionner notre industrie, j’ai été jeudi dernier ouvrir ce Congrès à Lille. M. Nicolle, qui dirige avec l’activité que l’on connaît la Société industrielle du Nord, m’avait invité la veille au soir à une charmante réception avec ses collègues pour prendre contact avec eux.
- M. A. Witz, doyen honoraire de la Faculté libre des Sciences de Lille, correspondant de l’institut, a ouvert la séance inaugurale en l’absence de M. Nicolle, rappelé à Paris par ses devoirs de député, et m’a remis la présidence du Congrès. Celui-ci est très intéressant par l’ampleur des questions techniques abordées; elles comprennent non seulement l’industrie textile, les matières colorantes, les carburants nationaux, l’amélioration de l’utilisation des combustibles, les industries d’art, les questions fiscales et bancaires, mais encore l’amélioration du sort des ouvriers, de leurs habitations, les questions de la mortalité infantile et des allocations familiales.
- Comme vous le voyez, les sujets embrassés sonttrès divers et nécessiteront de nombreuses séances. Les visites d’usines, des mines, de musées et même
- p.644 - vue 644/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 14 JUIN 1924. 645
- de sites pittoresques, n’ont pas été omises. Aussi les quatre jours de ce Congrès, qui se prolongera jusqu’à lundi soir, seront-ils très remplis.
- M. Morain, préfet du Nord, a reçu les congressistes et leur a demandé de formuler des vœux précis sur les questions fiscales et ouvrières, dans l’espoir qu’ils pourraient rendre des services importants à son Administration.
- Il a souligné l’intérêt d’une reprise des relations économiques avec la Russie et l’Allemagne, toutefois, en ce qui concerne l’Allemagne, pas avant qu’elle ait rempli ses obligations et réparé les dommages qu’elle a causés.
- Nous souhaitons un très grand succès à cette intéressante manifestation.
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires généraux présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans notre Bibliothèque.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Compositions comparées des principaux types de revêtements asphaltiques, par M. R. Feret (Bulletin des Congrès de la Route n° 32, mars-avril 1924). (Don de l’auteur, membre du Conseil) ;
- Traction électrique, par M. René Martin, 2e édition (Encyclopédie industrielle et commerciale). Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- Goniostadigraphe E. Masson pour le levé des plans à grande échelle, Paris, P. E. Valette et Cie, 39, avenue de la République, 11e;
- Pour construire son poste de téléphonie sans fil, par M. M. d’AvESNES. Paris, Editions d’actualités, 39, avenue de Saint-Mandé;
- International Critical Tables of numerical data of physics, chemistry and technology, Fundamental constants and conversion factors prepared under the auspices of the International Research Council, Washington;
- Official test of three cylinder locomotive number 5.000 the Lehigh Valley Railroad, by W. I. Cantley.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Sténographie, système Prévost-Delaunay. Adaptation phonétique à l'anglais en huit leçons, par M. E. Thiébault, Paris, H. Dunod ;
- Le coton. Sa disparition prochaine et irrémédiable. L'erreur de sa culture, par M. F. Michotte. Société de Propagande coloniale, 45, avenue Trudaine, Paris, 9e ;
- Embalaje y Exportaciôn de melones, par M. V. V. Urbina. Estaciôn Eno-logica y de Industrias Agricolas. Santiago de Chile;
- La produciôn fruticola y su comercio. Viaje por los EE. UU. de Norte America, par M. J. P. Alessandri. Santiago de Chile.
- Tome 136. — Juillet-Août-Septembre 1924.
- 44
- p.645 - vue 645/899
-
-
-
- 646 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Il est donné lecture d’un rapport présenté par M. Ciiesneau, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les appareils « Pluton » construits par M. Alabarbe (1).
- Ce rapport est approuvé.
- M. Mesnager, président. — Vous allez entendre le Dr Georges Baudoin. Il va traiter une question paraissant quelque peu sortir du cadre de nos occupations, mais qui y rentre assez exactement si l’on tient compte de ce que nos stations balnéaires représentent une richesse nationale qu’il convient d’exploiter rationnellement. D’autre part, l’organisme humain représente aussi un capital qu’il s’agit d’utiliser le mieux possible, d’autant plus que rinsuffisance de notre population nous oblige à économiser ce capital précieux. Or, généralement, on va à la mer sans savoir si cela est bon ou mauvais. Le Dr Baudouin va vous expliquer que si cela est souvent très bon, cela peut être aussi très mauvais. Il va vous faire profiter des acquisitions de sciences assez nouvelles : l’hydrologie, la thalassothérapie, la climatologie, l'héliothérapie, encore peu connues du grand public et même d’une partie du corps médical.
- M. le Dr Geo rges Baudouin, secrétaire général de l’Association internationale de Thalassothérapie, assistant à l’Institut d’Hydrologie et de Climatologie, fait une communication sur La cure marine et l'héliothérapie marine (2).
- Presque toujours les vacances scolaires sont passées au bord de la mer sans que les parents se préoccupent des dangers que leurs enfants peuvent y courir; cette confiance aveugle vient de ce que l’action exercée sur l’organisme par le milieu marin est connue depuis longtemps : Euripide, 500 ans avant notre ère, disait déjà « la mer guérit les maladies des hommes ». En réalité la cure marine n’a été étudiée scientifiquement que dans ces dernières années.
- Au bord de la mer, l’organisme est soumis aux influences, complexes et très fortes, du climat marin, auxquelles on ne peut se soustraire, et de l’eau de mer, si le séjour s’accompagne de bains. Or, de même qu’on consulte le médecin pour savoir s’il convient de faire une cure dans une station hydrominérale, de même il faut le consulter si on se propose d’utiliser cette eau minérale extrêmement active qu’est l’eau de mer. Ses effets thérapeutiques sont très énergiques et ne sauraient être utilisés sans discernement.
- La minéralisation de l’eau de mer est très variable : 35 p. 1.000 en plein océan; 31.3 p. 1.000 dans la Manche, 36 à 38 p. 1.000 dans la Méditerranée; 17,6 p. 1.000 dans la mer Noire ; 7,6 p. 1.000 dans la Baltique; 0,6 p. 1.000 seulement dans le golfe de Finlande. La température moyenne estivale varie aussi beaucoup (Manche,
- (1) Voir le texte de ce rapport à la page 597 du présent Bulletin.
- (2) Voir à la page 601 du présent Bulletin, le texte in extenso de celte communication.
- p.646 - vue 646/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 14 JUIN 1924. 647
- 15° à 20°; Océan, 17° à 22°; Méditerranée, 18° à 28°). Les stations balnéaires allemandes de la Baltique ne peuvent donc produire les mêmes effets thérapeutiques que nos stations de l’Océan ou de la Manche.
- L’eau de mer est une eau chlorurée sodique très forte (NaCl = 84 p. 100 des sel dissous), extrêmement stimulante pour toutes les fonctions de l'organisme.
- Le climat marin est caractérisé par un air riche en oxygène et en ozone, un état hygrométrique élevé et assez constant, une température assez constante aussi, des vents forts. L’air renferme les substances dissoutes ou en suspension dans l'eau de mer (jusqu’à 22 mg par mètre cube encore à 60 km de la côte et à 600 m d’altitude); il est pauvre en microbes pathogènes. Ce qui caractérise surtout le bord de la mer, c’est la grande luminosité due aux réflexions multiples de la lumière directe sur les nuages, la mer, les plages de sable, etc. La lumière y est riche en radiations jaunes et bleues, pauvre en radiations rouges et infra-rouges absorbées par le miroir bleu de la mer.
- Le bain de mer froid, même quand il est pris par des gens bien portants, doit être court; l’immersion doit être instantanée et complète; la première sensation de froid doit se dissiper en quelques secondes; la réaction qui s’ensuit, et qui procure une sensation de bien-être, est favorisée par l’exercice, la natation ; il faut sortir de l’eau avant qu’un deuxième frisson se soit produit, c’est-à-dire au moment où il serait agréable de rester dans l’eau, sinon la réaction ne se fait plus et des troubles graves peuvent survenir. La durée moyenne du bain froid est de 4 à 5 minutes, le maximum de 10. Il ne doit être pris qu’une fois par jour, à marée montante, entre 9 h. et 12 h. ou entre 15 h. et 17 h., jamais le matin à jeun.
- Le bain de mer froid doit être interdit aux vieillards et aux enfants de moins de 7 ans; bien pris, il provoque une excitation nerveuse de tous les organes qui, exaltée sur quelques-uns moins résistants, peut entraîner des accidents. Il provoque toujours une albuminurie qui cesse au bout de deux ou trois heures chez les sujets normaux.
- Le climat marin renforce les effets du bain; il développe l’amplitude des inspirations, stimule la diurèse, la puissance musculaire, le système nerveux, l’appétit, la digestion; il favorise la consommation des matières albuminoïdes, l’utilisation des matières ternaires et des phosphates; il diminue la quantité de matière minérale nécessaire pour mobiliser une quantité donnée d’azote.
- La double stimulation, du bain et du climat, semble agir comme celle des glandes à sécrétion interne (la glande thyroïde en particulier) et quelquefois aussi comme l’excès de médication thyroïdienne : on en retrouve tous les symptômes dans certains cas d’inadaptation au milieu marin, chez les sujets nerveux, troubles qui, réunis, constituent la fièvre marine, « la sablaise » aux Sables d’Olonne, « la diep-poise », « la trouvillaise », etc. Cette fièvre, qui n’est pas particulière à une station, traduit un excès de vitalité; elle ne frappe que ceux qui sont inaptes à réparer leurs pertes, ceux qui brûlent plus qu’ils n’assimilent. Cette thérapeutique, comme toute autre, nécessite donc une observation attentive et un dosage bien étudié.
- L’action varie avec les stations; il faut donc connaître leurs caractéristiques. Sur ses 2.630 km de côtes, notre pays possède la gamme la plus variée qui soit de climats marins utilisables en thérapeutique. Mais la côte Est de la Méditerranée doit être mise à part : on n’y jouit pas à proprement parler du climat marin; elle est caractérisée surtout par une très grande insolation et une faible humidité; le climat
- p.647 - vue 647/899
-
-
-
- 648 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — JUIELET-AOUT-SEPTEMBRE i924.
- y exerce une action plutôt sédative. Ce qu’on peut y pratiquer, c'est avant tout l’héliothérapie, pas tout à fait cependant comme à la montagne, car la réverbération de la mer renforce les radiations bleues, violettes et ultra-violettes.
- La lumière solaire constitue le plus énergique des toniques et des reconstituants. La cure solaire, caractérisée par la pigmentation de la peau, qui a pour effet de tamiser les rayons et d’absorber les plus dangereux, traduit une défense de l’organisme; elle le préserve contre les infections, favorise la convalescence, la réparation des pertes. L’héliothérapie doit être lente, progressive, continue et totale, c’est-à-dire intéresser finalement toute la surface du corps. Elle ne commence à produire ses bons effets que quand la pigmentation est achevée, c’est-à-dire après le 18e jour dans le cas le plus favorable. La cure solaire doit aussi être surveillée.
- l\l. Mesnager, président. — Je remercie vivement le Dr Baudouin de la très intéressante communication qu’il vient de nous faire; il nous a appris un nombre considérable de faits que nous ignorions et dont nous pourrons faire notre profit. Comme il vous l’a prouvé, il est essentiel de répandre les notions sur les effets possibles d’un séjour au bord de la mer. Nous l’aiderons dans cette tâche, au moins en ce qui concerne le public éclairé qui lit notre Bulletin, en y insérant le texte de sa communication.
- La séance est levée à 18 h. 45 m.
- p.648 - vue 648/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. d’eNC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.-
- BIBLIOGRAPHIE
- Aide-mémoire de céramique industrielle, par M. Alix Cornille, ingénieur-conseil,
- fabricant de produits céramiques. Un vol. (24 X 16 cm.), de 184 p., avec 70 fig.
- Paris, « Revue des matériaux de construction et de travaux publics », 148, boulevard Magenta, 1924.
- Sous le titre « Aide-mémoire de céramique industrielle », édité par la Revue des Matériaux de Construction et des Travaux publics, M. Alix Cornille a réuni des données se rapportant aux diverses branches de l’industrie céramique.
- Dès le début de l’avant-propos, l’auteur dit que « les recettes ne valent que dans la mesure où on les emploie dans les mêmes conditions techniques et avec les mêmes matières premières, en supposant encore que ces dernières soient invariables ».
- Cette idée est éminemment juste; nous sommes trop portés à condamner à la légère des formules que nous ont laissées ceux qui nous ont précédés lorsque nous n’en obtenons pas aussitôt les résultats annoncés et que témoignent les pièces que nous tenons d’eux. Cette pensée peut aussi avoir l’heureux effet d éviter à ceux qui sont victimes de quelques déboires de se rebuter trop aisément.
- Dans la réalisation d’une pièce céramique, en raison du nombre et de la variété des éléments dont dépend le résultat, il nous est souvent difficile d’apprécier rapidement la cause des variations.
- Mais l’auteur écrit à la suite que « pour faire une mise au point céramique, il y a deux méthodes : l’ancienne et la nouvelle. L’ancienne consiste à prendre une recette et à la reproduire; la nouvelle consiste, au moyen de l’analyse chimique des matières premières, à constituer un type chimique déterminé dont on constate le résultat après cuisson ».
- Il semble ainsi donner comme directive de son travail l’établissement d une formule chimique pour chaque cas délimité.
- Certes la composition chimique peut définir assez exactement des pâtes ou des matières qui, par la cuisson, seront vitrifiées ou auront subi un commencement de ramollissement, lorsque de plus la pièce à obtenir permet d’avoir ramené à un grain assez fin les éléments constituants. Mais la méthode ne peut être généralisée; le cas n’est plus le même pour un très grand nombre d’industries céramiques, et sans doute celles qui donnent lieu à la production la plus importante, pour lesquelles la contexture des matières, leur grain, quelquefois l’ordre de gâchage et d’autres causes insuffisamment étudiées et mal définies, ont une influence notable sur la réussite. Une phrase aurait pu être mise dans cet avant-propos pour bien établir que le principe d’un type chimique déterminé auquel il fait allusion, et qui rend de
- p.649 - vue 649/899
-
-
-
- 650
- BIBLIOGRAPHIE. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- grands services dans bien des cas, ne peut encore en l'état actuel trouver son application pour toutes les fabrications.
- L’auteur du reste est de cet avis lorsque en parlant des éléments dégraissants il dit : « malgré les théories, ces phénomènes sont encore un peu mystérieux. . ., il y a toujours lieu d’examiner la grosseur et la forme des particules ainsi que la compacité du produit et sa variation, à différents moments de la cuisson ».
- Dans une première partie intitulée Chimie et Technologie céramique, il traite des matières premières, leur constitution, leur préparation, leur travail jusqu’à la préparation des pâtes, puis il parle du façonnage, des glaçures, de la décoration et de divers modes de cuisson.
- Dans la seconde partie, il passe en revue chacune des classes de produits céramiques, a) poteries à pâte perméable : terres cuites, terres réfractaires, faïences; b) poteries à pâte imperméable : grès, porcelaines.
- L’auteur n’a pas eu la pensée de faire à proprement parler un cours de céramique. Il s’est contenté de grouper des documents et renseignements concernant les points qu'il traitait; des renvois assez fréquents indiquent au lecteur, pour que celui-ci puisse y trouver des indications plus complètes, la source où il s’est lui-même documenté.
- Nous avons constaté avec satisfaction de nombreuses citations se référant à la « Contribution à l’Etude des Argiles et de la Céramique » publiée par la Société d’Encouragement.
- Cet ouvrage met ainsi à la disposition du lecteur, groupés en un petit volume, des renseignements utiles et variés.
- J. Loebnitz.
- L’industrie de l’électrochimie et de l’électrométallurgie en France, par M. Victor
- Barut, Ingénieur des Arts et Manufactures, docteur en droit. Un vol.
- (25 Xl6 cm.) de 281 p. Paris, Les Presses universitaires de France, 49, boulevard Saint-Michel, 1924.
- Ce livre est une étude économique d'industries qui ont singulièrement coopéré au développement du pays.
- Exposé systématique du passé, du présent et de l’avenir, appuyé sur de nombreux chiffres et une documentation précise; toutes les fabrications y trouvent place, non point dans une description technique, mais bien dans leur situation économique.
- Étude critique fort intéressante du prix de revient de l’énergie électrique et de sa transformation, conduisant à des conclusions précises (telle celle qui est relative à 'utilisation du haut fourneau électrique) sur toutes les principales fabrications ou exploitations relevant de l’énergie électrique.
- Écrit d’une plume alerte, d’un esprit judicieux et très posé, signé d’un nom qui a une autorité particulière et très justifiée dans l’électrochimie française, ce livre sera lu avec grand profit, non seulement par les techniciens, mais aussi par tous ceux que préoccupe l'avenir industriel de la France.
- L. Guillet.
- p.650 - vue 650/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 651
- La carbonisation des bois, lignites et tourbes, par M. Ch. Mariller, Ingénieur chimiste. Un vol. (25x16 cm) de xnr h— 347 p., avec 82 fig. Paris, Dunod, 92, rue Bonaparte (6e). (Prix : 39f).
- Certains lecteurs mal informés peuvent se demander s’il est bien à propos de faire paraître à l’heure actuelle un traité de la carbonisation des bois; les bruits les plus pessimistes circulent sur l’avenir de cette vieille industrie, depuis que les progrès de la synthèse chimique permettent de préparer, en partant de l'oxyde de carbone et de l’hydrogène, l’alcool méthylique et, en partant de l’acétylène, l’acide acétique. L’avenir de la carbonisation du bois aurait en effet pu devenir précaire, si cet effort synthétique avait été fait il y a quelques années; car le charbon de bois, l’un des trois personnages susceptibles de défendre la cause de l’industrie en question, était menacé par les concurrents habituels. La situation se trouve changée aujourd’hui par la demande du charbon de bois que l’emploi des gazogènes entraîne, en sorte que es deux sous-produits de la pyrogénation, soulagés par la meilleure utilisation du produit principal, peuvent lutter contre leurs concurrents, les produits synthétiques. D’autre part, nos colonies, riches en bois, sont appelées à faire usage du charbon de bois pour leurs transports et à envoyer à la métropole, les excédents d’alcool méthylique et d’acide acétique. De plusieurs côtés, on me signale la construction de nouvelles usines. La vieille industrie de la carbonisation ne veut pas mourir.
- C’est donc encore de l’actualité que M. Mariller tient à nous faire connaître en signalant les propriétés physiques et chimiques des bois, l’influence sur les rendements de l’état préalable du bois, de la température, de la pression, de la rapidité dans la pyrogénation, l’emploi des divers procédés, la récolte et l’épuration des sous-produits, la fabrication des acétates et de l’acétone, du chloroforme et du formol, etc.
- La nécessité d’utiliser toutes les sources de carbone, même liquides, a porté l’attention, dans ces dernières années, sur la pyrogénation des résineux, des lignites et des tourbes. Le chapitre que M. Mariller consacre à cette industrie nouvelle comporte des documents qui en préparent une application plus étendue.
- L. Lindet.
- p.651 - vue 651/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. D’ENC. POUR L'iNDUSTRIE NATIONALE. — JUILL.-AOUT-SEPT. 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIBLIOTHÈQUE
- EN JUIN, JUILLET ET AOÛT 1924
- Dybowski (J.). — Traité de culture potagère (petite et grande culture). 5e édition revue et mise à jour. In-8 (25 x 16) de xiih-340 p., 130 fîg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.) 16755
- Wallon (Georges). — Les associations régionales interprofessionnelles. In-8 (25 x 16) de 267 p. Bibliographie, p. 263-264. Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1924. (Don de l’auteur.) 16756
- Ministère des Travaux publics et de l'Agriculture. — Service des forces hydrauliques de la région du Sud-Est. Tome X : Nivellements, planches 192 à 215 (1923).
- 16757
- Brutzkus (M.). — Contribution à la théorie des moteurs à combustion interne. In-8 (23 x 14) de 77 p., 7 fig. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1923. (Don de l'auteur.) 16647 Fontègne (Jules). — Avant d’entrer en apprentissage. Nouveaux entretiens sur l'orientation professionnelle. (Le livre du métier.) In-8 (20 x 14) de 213 p. Paris, Librairie de l’enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16758
- Marcotte (Edmond). — Communications scientifiques et faits industriels de l’année (1922-1923 . In-8 (23 x 14) de 379 p., 92 fig., VI pi. Paris, Payot, 1924. 16759
- Moutardier (J.). — Manuel de serrurerie et fer forgé. (Bibliothè(/ue professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 380 p., 434 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. (Don de l'auteur.)
- 16760
- Schereschewsky (Pli.) et Wehrlé (Pli.). — Les systèmes nuageux. (Mémorial de l'Office national météorologique de France, n° 1.) In-4 (31 x 24) de xvi-J-77 p., 8 fig., 42 cartes, 40 photographies. Paris, Office national météorologique, 176, rue de l’Université et Étienne-Chiron, 1923. 16761
- Bjerknes (J.) et Solbert (IL). — Les conditions météorologiques de formation de la pluie. — L’évolution des cyclones et la circulation atmosphérique d’après la théorie du front polaire. Traduit par René Beaulieu. (Mémorial de l'Office national météorologique de France, n° 6.) In-4 (31 x 24) de 104 p., 57 fig. Paris, Office national météorologique et Étienne-Chiron, 1923. 16762
- Dumas (Général J.-B.). — La vie de J.-B. Dumas, 1800-1884. In-4 (35 x 23) de 230 p.,
- I pl. (dactylographié). (Don de l'auteur.) 16763
- Fritsch (J.). — Fabrication des briques et des tuiles. 2° édition refondue et augmentée. In-8 (25 x 16) de vm + 519 p., 232 fig. Paris, Desforges, 1924. 16764
- 3e Congrès de chimie industrielle. Paris, 21-26 octobre 1923. (Chimie et Industrie, numéro spécial, mai 1924.) In-4 (27 x 21) de 784 p., fig. Paris, 49, rue des Mathurins, 1924. 16765
- Le Chatelier (L.). — Souvenirs, 1873-1923. In-8 (23x14) de xn -1-194 p. Paris. Imprimerie Chaix, 1924. (Don de l'auteur, membre de la Société.) 16766
- Roussilhe (IL). — Cours d’astronomie appliquée et géodésie, professé à l’École spéciale des Travaux publics, du Bâtiment et de Industrie. In-8 (25 x 16) de vm -+- 456 p.,
- p.652 - vue 652/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN JUIN, JUILLET ET AOUT 1924.
- 653
- 188 flg. Annexe, de xlvi p., II pl. Paris, Librairie de l’enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16767
- Audubert (René). — Cours d’électrochimie (Notions théoriques et applications de l'électrochimie), professé à l'École spéciale des Travaux publics, du Bâtiment et de l’Industrie. In-8 (25x16) de vi + 314 p., 105 flg. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16768
- Franciiet (Antonin) et Franchet (Léon). — Le livre de l’activité humaine. Les lectures de la profession. Textes coordonnés pour l’éducation professionnelle, l’enseignement du français. In-8 (21 x 13) de 355 p. Paris, Dunod, 1924. 16769
- Roth (Édouard). — Alternateurs et moteurs synchrones. Tome I. (Collection Armand Colin (Section de mécanique et électricité industrielle), n° 47.) In-16 (17 x 11) de xii+ 207 p., 102 flg. Paris, Librairie Armand Colin, 1924. 16770
- Henry (Yves). — Éléments d’agriculture coloniale : Plantes à fibres. (Collection Armand Colin (Section d'agriculture), n° 49.) In-16 (17 x H) de vi + 211 p., 58 flg. Paris, Librairie Armand Colin, 1924. 16771
- Leclerc. — Manuel de T. S. F. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 260 p., 214 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16772
- DhommÉe (René). — Manuel du mécanicien. Machines : principes, description, types les plus employés. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 548 p., 483 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16773
- AlteiraC (E.). — Manuel du mécanicien. Montage, conduite, entretien des machines. {Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 282 p., 150 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16774
- Lagardelle (G.). — Manuel de forgeage mécanique. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 356 p., 263 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16775
- Le Petit (Albert). — Manuel du peintre et vitrier en bâtiments. [Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 272 p., 52 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16776
- Strulovici (Marc). — Manuel de l’électricien. Moteurs électriques. Traction électrique. (Bibliothèque professionnelle.) In-18 (16 x 10) de 580 p., 384 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16777
- Gay (C.). — Ponts en maçonnerie. (Encyclopédie du génie civil et des travaux publics.) In-8 (23 x 15) de 704 p., 522 flg. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16778
- Le filetage (2e partie). (Collection de Publications mécaniques, n° 22.) In-8 (23 x 15) de 51 p., 30 flg. Paris, Éditions de La machine moderne, 15, rue Bleue (9e). 16688
- Dejussieu (P.). — Radiotélégraphie et radiotéléphonie à l’usage des candidats aux brevets de radiotélégraphistes de bord, des amateurs et des écoles. In-8 (21 x 13) de xii+ 279 p., 47 flg. Paris, Dunod, 1924. 16779
- Mariller (Charles). — La carbonisation des bois, lignites et tourbes. In-8 (25 x 16) de xiii+ 347 p., 82 flg. Paris, Dunod, 1924. 16780
- Maurer (P.) — Radiotélégraphie pratique et radiotéléphonie. 2e édition revue et augmentée. In-8 (25 x 16) de vm + 431 p., 336 flg. Paris, Dunod, 1924. 16781
- Dardart (E.) et Bonnal (A.). — Devis et évaluations. 2e édition revue et complétée par A. Bonnal. (Bibliothèque de l'Ingénieur des Travaux publics.) In-12 (18 x 12) de xi+ 801 p. Paris, Dunod, 1924. 16782
- Contet (André). — Précis d’automobile. 2e édition. In-12 (19 x 12) de vii + 430 p., 184 flg. Paris, Dunod, 1924. 16783
- Allegret (M.) et Imbert (M.). — Cours de chemins de fer. — Raccordements paraboliques appliqués : 1° au tracé des courbes circulaires dans leur jonction avec les alignements; 2° au tracé du raccordement des déclivités du profil en long. In-8 (22 x 17) de 87 p., 29 flg., IV tableaux. Paris, École spéciale des Travaux publics, 1924. 16784
- Boll (G.). — Constructions métalliques. Bâtiment et Travaux publics. Album de profils employés dans les constructions métalliques et renseignements pour l’étude des Tome 136. — Juillet-Août-Septembre 1924. 45
- p.653 - vue 653/899
-
-
-
- 654
- OUVRAGES REÇUS. — JUIELET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- avant-projets. In-8 (22 x 17) de 120 p., flg. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics, 1924. 16785
- Baudart (G.). — Béton armé. —Tables de calcul des dalles et poutres. (Encyclopédie industrielle et commerciale.) In-8 (2a x 16) de 119 p., 6 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. 16786
- 1er Congrès international de Fonderie de Paris (École nationale d'Arts et Métiers de Paris, du 12 au 15 septembre 1923), organisé par I’Association technique de Fonderie. In-4 (27 x 21) de 228 p., fig. Paris, Association technique de Fonderie, 15, rue Bleue (9fi), 1924. 16787
- Comment se défendre contre l’incendie. (Supplémenta L'Usine, n° 11, du 15 mars 1924). In-4 (37 x 27) de 36 p., fig. Paris, 15, rue Bleue (9e). Pièce 1285 5
- Annuaire des plantations de caoutchouc de l’Indochine. (Annexe au Bulletin du Syndicat des planteurs de caoutchouc de l'Indochine, fascicule n° 62, 12 décembre 192.3.) In-4 (27 x 21) de 76 p. Pièce 12856
- Hymans (Ernst). — Les lois de l’organisation industrielle. Leur application. (Bulletin de la Société belge des ingénieurs et des industriels, Tome IV, n° 1, 1923.) In-8 (24 x 16) de 43 p., 18 fig. Bruxelles, 3, rue Ravenstein, 1923. Pièce 12857
- Fer f.t 11). — Application de la représentation triangulaire à l’étude des matériaux pour revêtements de chaussées. (Bulletin de l’Association internationale permanente des Congrès de la Boute, n° 25, 4e trimestre 1922.) In-8 (24x16) de 11 p. (Don de l'auteur, membre du Conseil d’Administration). Pièce 12858
- La sériciculture et l’industrie de la soie en Indochine. (Publications de l'Agence économique de l'Indochine, il0 VIH). In-8 (24 x 16) de 39 p., XII pl. Index bibliographique, p. 36-37. Paris, 1924. (Don du Gouvernement général de l'Indochine (Agence économique), 20, rue La-Boétie, Paris.) Pièce 12859
- Kayser (E.). — Les races de levures et leur influence sur le bouquet des vins. (Chimie et industrie). In-4 (27 x 22) de 7 p. Paris, 49, rue des Mathurins. (Bon de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.) Pièce 12860
- Kayser (E.). — Le pouvoir fixateur d’azote des azotobacter. (Chimie et industrie).. In-4 (27 x 22) de 11 p. Paris, 49. rue des Mathurins. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.) Pièce 12861
- La production cotonnière dans les colonies françaises. (Supplément au Bulletin de l'Association cotonnière coloniale.) In-8 (21 x 13) de 86 p. Paris, 4, rue de la Paix, 1924.
- Pièce 12862
- Brocq (L.). — Est-il exact que la méthode sérologique de M. le Dr Vernes soit moins sensible que le Bordet-Wassermann ? Simples constatations. — La loi des trois-huit de M. le Dr Vernes. (La Presse médicale, nos 42 et 44, des 24 et 31 mai 1924.) In-8 (21 x 13) de 45 p. Paris, Masson et Cic, 1924. Pièce 12863
- Clerc (L.-P.). — Les origines du cinématographe. (Revue d'optique théorique et instrumentale, Tome III, 1924). In-8 (24 x 15) de 10 p. (Bon de l'auteur.) Pièce 12864
- Sociedad agronômica de Chile. — Catalogo de las obras agricolas o que se rela-
- cionan con la agricultura de Chile, publicadas desde el ano de 1875 y anteriores. In-12 (18 x 12) de 66 p. Santiago de Chile, 1923. Pièce 12865
- Fourquet (J.). — Le dessin pour l’apprenti serrurier. (Le livre de la profession.) In-8 (22 x 17) de 66 p., 31 pl. Paris, Librairie de l’enseignement technique, L. Eyrolles, 1924.
- Pièce 12866
- Caquas (J.-M.). —Initiation algébrique à la comptabilité à parties doubles. (La comptabilité et les affaires.) In-4 (27 x 18) de 21 p. Paris, G. et M. Ravisse. Pièce 12867
- p.654 - vue 654/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN JUIN, JUILLET ET AOUT 1924.
- 655
- Cartes économiques de l’Afrique occidentale française, dressées par A. Meunier, géographe au Ministère des Colonies (105 x 45). N° 1 : Cultures alimentaires, fourragères et médicinales; n° 2 : Cultures industrielles', n° 3 : Oléagineux-, n° 4 : Forêts; n° 5 : Élevage; n° 6 : Faune. Pièces 12868 à 12873
- Ministère de l’Intérieur. — Situation financière des départements en 1919; — en 1920; — en 1921. Melun, lmp. administrative, 1923. Pér. 135
- Association franco-belge pour l’Essai des Matériaux. — 1923, 2e procès-verbal, séance du 24 novembre 1923. — 1924, 1er procès-verbal, séance du 22 février 1924. Paris, Éditions de la Revue de Métallurgie, 5, cité Pigalle (9e). Pér. 343
- Nouvelles archives des Missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. — Tome XXII, fascicule 4. Paris, lmp. nationale, 1924. Pér. 38
- Ministère des Finances (Tokyo). — Annuaire financier et économique du Japon. 1918 (18e année). — 1921 (21e année). — 1922 (22e année). — 1923 (23e année) (en anglais). Tôkyô, lmp. impériale. Pér. 90
- Fédération des Industriels et des Commerçants français. — Annuaire 1924. Paris, 74, boulevard Haussmann. Pér. 92
- Ministère du Travail. — Direction du Travail. — Statistique des grèves survenues pendant l’année 1920. Paris, lmp. nationale, 1924. Pér. 205
- Administration des Monnaies et Médailles. — Rapport au Ministre des Finances. 21e année, Opérations de 1917 et 1918. Paris, lmp. nationale, 1923. Pér. 212
- Laboratoire d’Essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines du Conservatoire national des Arts et Métiers. — Bulletin n° 21 : Recherches techniques et expérimentales sur le fonctionnement des courroies de transmission, par Auclair, Boyer-Guillon et Coulmeau. In-8 (24 x 16) de vi + 218 p., fig. Paris, Ch. Béranger, 1924. (Don de M. Boyer-Guillon, membre de la Société.) Pér. 308
- Ministère des Travaux publics. — Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlement et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, dressé par les soins de l’administration centrale. 2e série. Tome XXXII, année 1924 (1er trimestre). Paris, lmp. nationale, 1924. Pér. 144
- Syndicat des Mécaniciens, Chaudronniers et Fondeurs de France. — Annuaire 1924. Paris, 94, rue d’Amsterdam (9e). Pér. 431
- Mémorial des Poudres, publié par les soins du Service des Poudres, avec l’autorisation du Ministre de la Guerre. — Tome XX (4e fascicule). Paris, Gauthier-Villars et Cie,
- 1923. Pér. 223
- Association de l’Industrie et de l’Agriculture françaises. — Assemblée générale
- tenue à Paris, le 16 juin 1924. — Annuaire des membres composant l’Association,
- 1924. Paris, 6, rue du Général-Foy (8e). Pér. 70
- Syndicat général des Fondeurs de France. — Annuaire 1924. Paris, 8, rue de la
- Victoire (9e). Pér. 431
- Société des Sciences naturelles du Maroc. — Mémoires. Tome III, n° 2 (30 décembre 1923) : L'industrie clés pêches au Maroc. Son état actuel, son avenir, par A. Gruvel, de 236 p., 75 tîg., XXII pl. Bibliographie, p. 226-228. Rabat, Institut scientifique chérifien; Paris, Émile Larose, 1923. Pér. 469
- Ministère du Travail. — Conseil supérieur du Travail. — 27e session, novembre 1923 : La participation aux bénéfices. Paris, lmp. nationale, 1924. Pér. 295
- Syndicat professionnel des Industries électriques. — Annuaire 1924. Paris, 9, rue d’Edimbourg. Pér. 90
- p.655 - vue 655/899
-
-
-
- 656
- OUVRAGES REGUS. — JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1924.
- Association parisienne de Propriétaires d’Appareils a Vapeur. — Bulletin annuel 49e exercice, 1923. Paris, 06, rue de Rome. Pér. 33
- Préfecture de Pouce (2e Division : 2° Bureau). — Rapport sur les opérations du Service des Établissements classés dans le Département de la Seine pendant l'année 1922, présenté à M. le Préfet de Police par M. E. Portier. Paris, lmp. Chaix, 1923.
- Pér. 245
- Royal Society of Edinburgii. — Transactions. Vol. EII1, part II (Sessions 1922-24-). — Vol. L1V, part I (Sessions 1923-24) : The deepsca deposits of the Atlantic Océan, By Sir J. Murray and J. Chumi.ey, ix-f 252 p. Edinburgh, 1924. Pér. 2
- Royal Institution of Great Britain. —Proceedings. Vol. XXIII. part. II, 1921; part. III, 1922. London, Albemarle Street, \Y. 1. Pér. 258
- National Physical Laboratory. — Report for the year 1923. London, 1924.
- Pér. 62
- National Physical Laboratory. — Collected Researches. Vol. XVII, 1922. London, 1922. Pér. 62
- Bureau of Standards (Washington). — Scientific Papers, Vol. XIX (1924 , nos 478 :
- Redctermination of secondary standards of wave length from the ncw international iron arc, by W. F. Meggers, G. C. Kiess, K. Burns, p. 203-272, I pl. — 479 : lnterfcrometer measu-rements of the longer waves in the iron arc spectrum, by W. F. Meggers, C. C. Kiess, p. 273-280, 1 üg. — 481 : Measuremcnt of low résistance by means of the Whealstone bridge, by F. Wenner. A. Smith, p. 297-305. 1 lig. — 482 : Gravitational anisotropy in crystals, P. R. Heyl, p. 307-324, 8 lig. — 483 : Investigations on the platinum metals. IV : Détermination of iridium in platinum alloys by the mcthod of fusion with h ad, by R. Gilchrist, p. 325-345. — 485 : Application of the interfcromettr tu mcasurements of the thermal dilatation of ceramic materials, by G. E. Merritt, p. 357-373, 14 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Technologie Papers, Vol. XV111 (1924), n° 251 : Equalizer apparatus for transverse tests of bricks, by H. L. Whittemore, p. 107-113, 6 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Circulars, nos 145 : Summai-y of technical methods for the utilization of molasses. Collated from patent literature, 72 p., 45 fig. (1924). — 149 : A standardized method of measuring the size of hosiery, 5 p., 3 tig. (1924). — 151 : Wall plaster : its ingrédients, préparation, and properties, 60 p. (1924). — 156 : United States Government spécification for coal-tar saturated rag felt for roofxng and waterproofing, 4 p. (1924). — 161 : United States Government spécification for asphalt-saturated rag felt for roofing and waterproofing, 5 p. (!924j. — 163 : United States Government spécification for titanium pigment, dry and paste, 11 p. (1924). Pér. 61
- Smithsonian Miscellaneous Collections. — Vol. 73, n° 2 (publ. 2747). — Vol. 76, n° 8 (publ. 2748); n° 9 (publ. 2751); n° 10 (publ. 2752). Washington, 1924. Pér. 27
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulornmiers. — lmp. Paul BRODA RD.
- p.656 - vue 656/899
-
-
-
- 123e ANNEE.
- OCTOBRE 1924.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DE LA RÉSINE SYNTHÉTIQUE (1)
- M. le Président, Mesdames, Messieurs.
- La question dont l’agréable mission m’échoit de vous entretenir aujourd’hui, a sollicité l’attention de beaucoup de chercheurs et je ne surprendrai personne en disant que nombreux sont encore les techniciens qu’elle intéresse soit que, chimistes, ils s’attachent à perfectionner les méthodes de fabrication ou à réaliser des procédés nouveaux, soit, qu’électriciens, mécaniciens, constructeurs des matériels les plus variés, ils s’informent des utilisations auxquelles se prête la résine synthétique, et se montrent attentifs à en faire profiter leurs industries.
- Un inventaire complet des travaux qu’elle a suscités, tant en France qu’à l’étranger, aurait sa valeur. Je n’envisage point de le dresser ici. Encore moins aurai-je la vanité de vous infliger la lecture d’un palmarès. Il prouverait peut-être ma connaissance des auteurs, mais n’ajouterait rien à leur mérite et vous paraîtrait assurément fastidieux.
- Quelques repères suffiront à situer la question dans le passé.
- La formation de corps résineux sous des actions diverses, celle par exemple de la potasse sur des essences comme l’essence de térébenthine, de lavande ou de genièvre, celle de l’acide phosphorique sur l’essence d’amandes amères, a été observée pour la première fois il y a déjà une soixantaine d’années.
- Quiconque sait l’attrait de nouveauté qu’exercent encore ces résines artificielles, s’étonnera peut-être que le principe premier de leur préparation
- (1) Conférence faite par l’auteur, en séance publique, le 24 mai 1924. Tome 136. — Octobre 1924.
- 46
- p.657 - vue 657/899
-
-
-
- 658
- LA BAKÉLITE. — OCTOBRE 1924.
- ait été dégagé dés 1872 par Bayer. C’est à lui, pourtant, qu’on doit la connaissance de leur genèse par action générale des aldéhydes sur les phénols en présence d’acides comme l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique.
- Mais leur fabrication a-t-elle été tout d’abord entreprise en Amérique, ainsi que l’opinion s’en est solidement accréditée? La simple confrontation des faits et des dates apportera la réponse.
- C’est en 1909 que paraît le mémoire fondamental de Bækeland, inventeur de la bakélite, regardée aujourd’hui avec raison comme la résine artificielle type et c'est vers la même époque qu’il fonde aux Etats-Unis l’industrie de ce produit, industrie qui devait prendre rapidement un développement considérable. Or, dès 1890, un savant français, M. T ri Hat, déjà connu par ses travaux sur la préparation industrielle du formol et ses applications, avait observé la formation de résines solubles et insolubles dans l’alcool en condensant les phénols avec l’aldéhyde formique au lieu de métvlal qui avait été signalé. Il prépara une série de résines aldéhydiques qui figurèrent plus tard à l’Exposition Universelle de Paris de 1900. C’est à M. T rillat qu’on doit surtout les premiers essais d’applications de ces résines clans l’industrie. Ces résines, provenant de la condensation du formol et de l’aldéhyde acétique avec le phénol furent utilisées pour remplacer partiellement le camphre dans l’industrie du celluloïd. Mais le prix élevé de ces résines, le formol coûtant fort cher à cette époque, ne permit pas d’utiliser ces résines dans une proportion suffisamment élevée pour qu’elle fût économique et le procédé fut abandonné. Outre les résines à base de phénols, les principales utilisées par M. Trillat furent celles des polyphénols des goudrons de Norvège. Le deuxième supplément du Dictionnaire de Chimie de Wuhtz, à l’article phénol, fait allusion à la préparation de ces résines.
- Le but visé par l’inventeur est toujours de remplacer dans le celluloïd le camphre par un produit moins inflammable, application qui n’eût pas été sans intérêt puisque la production annuelle du celluloïd en France atteint alors 6.000.000 kg, application pour laquelle il ne semble pas cependant que cette résine était spécialement désignée. Mais, dès cette époque, on en fait l’essai dans la préparation des vernis, utilisation qui a pris de nos jours un très grand développement.
- Ainsi, la résine synthétique a de bonnes, vieilles et sérieuses lettres de noblesse industrielle française. Elle est passée par l’Amérique avant de faire définitivement souche industrielle chez nous. Nantie de la considération qui s’attache aux choses venues de loin, elle s’affirme aujourd’hui une industrie llorissante, d’autant plus facile à naturaliser qu’en rentrant en France elle a retrouvé son véritable pays d’origine.
- p.658 - vue 658/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique.
- 659
- * ¥
- Cette justice rendue à l’inventeur français, il faut se hâter de dire que la part prise par le Dr H. Bækeland dans la mise au point de l’invention a été considérable.
- On lui doit essentiellement l’idée de son utilisation comme matière plastique, idée venant comme la conséquence de sa découverte fondamentale, savoir : la transformation possible du produit de condensation du phénol par le formol en une substance solide, dure et insoluble. A l’inverse aussi de ses prédécesseurs, Bækeland a employé comme agent de condensation, non un acide mais une base.
- En dehors de cet agent de condensation, deux autres facteurs interviennent : la masse des composants en présence et la température. C’est donc à connaître les conditions optima relatives aux masses réagissantes, à la nature de l’agent de condensation et à l’énergie calorifique mise en œuvre qu’il faut s’attacher pour réaliser le produit dénommé « bakélite » par son inventeur.
- Préparée par la méthode qu’il a indiquée (2) cette substance revêt trois aspects dérivant l’un de l’autre par action de la chaleur et correspondant à des stades progressifs de condensation. Ces trois stades ont été désignés par les trois premières lettres de l’alphabet.
- Au stade A, la bakélite est fusible sous l’action d’une chaleur modérée et soluble à froid dans les solvants organiques.
- Au stade B, réalisé lorsqu’on a poussé la température au delà du point de fusion de A, la bakélite ne fond plus; elle se ramollit seulement par l’action de la chaleur; elle prend alors, et temporairement seulement, la consistance du caoutchouc. Alors, elle n’est plus soluble mais subit une sorte de gonflement par action de certains solvants, l’acétone par exemple.
- Au stade C, auquel on parvient par l’action prolongée d’une température plus élevée, c’est un solide dur, infusible, ininflammable, supportant sans altération une température de 300° et parfaitement insoluble.
- Tels sont les faits au moyen desquels on définit le bakélite.
- Constitution et propriétés.
- Que sait-on de plus sur la constitution de cette résine synthétique? Bien peu de chose.
- Au fait, le terme synthétique convient-il à la désigner? En aucune façon.
- (2) Bækeland, Communication à VAmerican Chemical Society, 5 février 1909.
- p.659 - vue 659/899
-
-
-
- 660
- LA BAKÉLITE.
- OCTOBRE 1924.
- Il n’y a rien dans le processus d’obtention que nous venons de rappeler qui ressemble à la reconstitution moléculaire d’un corps à partir de ses éléments. D’abord, pour parler de synthèse, il faudrait posséder des données analytiques plus précises que celles que nous possédons.
- Veut-on dire, par là, que les résines ainsi fabriquées reproduisent leur processus naturel d’élaboration dans les plantes? Il est possible qu’il en soit ainsi.
- La présence dans les végétaux de corps, les uns à fonction phénol, les autres à fonction aldéhyde, et en particulier de l’aldéhyde méthylique lui-même, peut justifier cette manière devoir que confirme la nature phénolique reconnue à une résine naturelle comme la laque du Japon (Iihus verntcifera).
- Mais, même s'il en est ainsi, le procédé de fabrication n’a pas le caractère d’une synthèse au sens chimique du mot. Mieux vaudrait donc dire : résine artificielle.
- Cette critique faite, revenons à l’analyse de nos connaissances théoriques sur la constitution de cette substance.
- M. Bækela-nd a cherché à élucider son mystère, car l’éminent chimiste belge, devenu grand industriel américain, n’a pas eu seulement en vue la réalisation de cette profitable opération alchimique qu’est la transmutation de la bakélite en... dollars. En analysant les produits B et C, il a reconnu que le carbone, l’hydrogène et l’oxygène s’y trouvaient associés dans les mêmes proportions centésimales et en a conclu avec raison que le produit C était le polymère de B.
- Pour lui, B serait un anhydride de xV qui répondrait à la formule :
- j---------------------O-------------CIP--------------------O---------------j
- CIP—C,:IP—O—CIP—C®IP —O—CH2—CH*—O—CH2—CSH*—O—CIP—CBIP—O—CH2—C‘H4
- et A devrait être considéré comme formé en partie d’un anhydride, en partie d’un phénol-alcool et d’un méthylène-glycol.
- Depuis lors, le D1' Bækeland semble avoir abandonné cette conception. De ses nouvelles recherches il résulterait que la réaction s’expliquerait par la formation successive d’hexaméthylènetétramine et d’hexaméthylènetétra-minetriphénol.
- Ces vues théoriques seront-elles confirmées? Le point délicat, pour préciser la nature de ces composés et surtout pour pouvoir les identifier, est la détermination de la masse moléculaire.
- Pour le produit C, toutes les méthodes classiques sont en défaut, sauf peut-être la méthode de transparence aux rayons X à laquelle nous avons songé et qui, convenablement modifiée, conduira peut-être à un résultat approché.
- p.660 - vue 660/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique.
- 661
- Pour le produit A, on pourrait songer à la cryoscopie et à l’ébullioscopie puisqu’il est soluble. Mais, avant d’appliquer la formule de Raoult, il faudrait être bien certain que le fait de la dissolution n’introduit aucun changement dans la constitution de la masse. Or, il ne paraît pas évident que le produit évaporé de sa dissolution soit identique au produit avant dissolution. Des recherches que j’ai communiquées au dernier Congrès de Chimie industrielle (3) il m’a semblé résulter qu’un vernis bakélite serait une solution colloïdale. Cela n’est pas fait pour faciliter l’investigation relative à la masse moléculaire par des méthodes faisant usage de solvant.
- Provisoirement donc, nous devons nous résigner à ne posséder qu’une information chimique incomplète. Il faut bien dire aussi que les propriétés physiques, mécaniques, chimiques de cette résine artificielle devront être encore passablement fouillées si l’on veut arriver à cette connaissance scientifique du sujet qui permet à l’industrie de marcher sur des données certaines.
- Ce que l’on en sait est cependant suffisant pour dégager ses propriétés utiles et par conséquent pour saisir la raison de son introduction dans de nombreuses applications techniques.
- Voici comment peuvent être résumées les propriétées générales du produit C :
- Propriétés physiques :
- Solubilité
- dans l’eau.........................
- dans les solvants organiques . . . .
- Fusibilité...............................
- Capacité d’absorption des gaz (4). . . .
- Pouvoir inducteur spécifique.............
- Résistance électrique....................
- Perméabilité aux rayons infra-rouges (5)
- néant.
- néant.
- néant.
- néant.
- peut atteindre 8,35. peut atteindre 23.000 V.
- 35 p. 100 sous une épaisseur de
- Propriétés mécaniques :
- Îà la traction.......................... très grande.
- à la pression......................... très grande.
- au choc............................... variable (diminue parfois avec le
- temps et présente alors une cassure vitreuse).
- Propriétés chimiques :
- Action prolongée de la chaleur..................... carbonisation au-dessus de 300°.
- Action de l'oxygène............................... néant, pas de combustion.
- (3) Georges Kimpflin, Conception théorique sur la constitution des vernis à base de résine synthétique (38 Congrès de Chimie industrielle, Paris, octobre 1923).
- (4) Propriété très importante au point de vue de l’isolement électrique; en effet, d’une part l’ozone produit par l’effluve détériore l’isolant si celui-ci l’absorbe; d’autre part, les gaz s’ionisent par les courants à haute tension et rendent par suite conducteurs les corps qu’ils imprègnent.
- (5) Georges Kimpflin, Perméabilité de la résine synthétique aux radiations infra-rouges. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 19 mai 1924.
- p.661 - vue 661/899
-
-
-
- LA BA K K LITE.
- OCTOBRE 1924.
- «fi 2
- Action du chlore.............................. néant (6).
- Action clés acides............................ néant.
- Action de la soude et de la potasse........... néant. Subit cependant un gonlle-
- ment, et un commencement de décomposition si elle est chauffée dans l’alcali bouillant.
- Mais les propriétés d’un corps, prises isolément et en elles-mêmes, sont moins démonstratives quant aux qualités d’application de ce corps que leur comparaison avec les propriétés d’autres substances utilisées dans le même ordre d’applications.
- A ce point de vue, il est particulièrement instructif d’examiner la position de la résine artificielle vis-à-vis de produits réputés à des titres divers comme isolants électriques.
- Le tableau ci-dessous établit cette comparaison :
- Solubilité dans les principaux solvants organiques :
- Bakélite........................................ insoluble dans tous.
- Gomme-laque..................................... soluble dans quelques-uns.
- Gutta-percha.................................... soluble dans presque tous.
- Colophanes.................................................... id.
- Caoutchouc.................................................... kl.
- Résine naturelle.............................................. id.
- Fusibilité :
- Bakélite (état C)................................
- Caoutchouc fond à................................
- Gutta-percha fond à..............................
- Colophanes fondent entre.........................
- Pe7'méabililé aux gaz
- Bakélite.........................................
- Caoutchouc.......................................
- Huile de lin.....................................
- infusible.
- 220°
- 130°
- 90° et 110°
- néant.
- positive.
- positive.
- Bakélite . . . .
- Mica...........
- Verre..........
- Porcelaine . . . Ébonite . . . . Gomme-laque. . Résine naturelle
- Pouvoir inducteur spécifique :
- .......................... 5,60 à 8,35
- .......................... 5,69 à 6,64
- .......................... 5,05 à 7,90
- .......................... 4,38 à 6,84
- .......................... 2,55 à 3,15
- .......................... 2,70 à 3,10
- .......................... 2,55.
- Perméabilité aux rayons infra-rouges : (Sous 5 mm d’épaisseur.)
- Bakélite........................................... 35 p. 100
- Ébonite............................................ 3 —
- (6) Georges Kimpflin, Propriétés et applications industrielles de la bakélite, produit de condensation du phénol (Congrès de l’Union des Sociétés industrielles, Rouen, 12 juin 1922 et Revue générale de l’Electricité, 28 octobre 1922, n° 17, t. XII.)
- p.662 - vue 662/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique.
- 663
- Applications de la résine synthétique
- I- — Mise a profit de son aspect. — De l’examen qui précède, il ressort avec évidence que la bakélite doit trouver les emplois les plus utiles dans l’appareillage électrique. Cette voie n’est cependant pas la première dans laquelle on l’engagea. Ce qui frappa d’abord c’est son aspect. La bakélite a bon aspect. Qualité plus précieuse, elle peut prendre des aspects variés, simuler les produits estimés pour la fabrication d’objets de luxe ou d’ornementation. Elle imite, par exemple, à merveille l’ambre et l’écaille. Par là, elle se trouve adaptée à la fabrication de bibelots et de menus objets d’un caractère artistique.
- Vous voyez ici des spécimens de ces objets : colliers, ceintures, pendentifs, bracelets, boites, cadres, etc. Ils démontrent la souplesse d’adaptation de cette substance et les aspects flatteurs qu’elle revêt. Aussi bien en Amérique qu’en France, c’est ce côté de son utilisation qui a été vu d’abord : son premier débouché commercial a été l’objet de luxe. Pourtant, ce n’est que le petit côté des applications, d’ailleurs extrêmement nombreuses, auxquelles se prête la bakélite.
- II.— Mise a profit de ses propriétés électriques et de sa capacité d’ag-glomérant. — A. Matière coulée ou agglomérée. — Le pouvoir inducteur spécifique et la tension de claquage élevée delà bakélite en fontun précieux isolant, spécialement indiqué lorsque ses propriétés physiques, chimiques et mécaniques ajoutent à la durée de l’appareil, en s’opposant à des actions auxquelles d’autres isolants ne résisteraient pas.
- La résistance électrique croît, et assez rapidement, en raison inverse de l’épaisseur de la lame; elle est plus grande dans un matériel moulé que coulé.
- Il peut donc être avantageux d’utiliser des poudres réagglomérées et englobant une charge, comme l’amiante ou le mica, qui augmente la valeur diélectrique de l’ensemble. En outre, les poudres à mouler se prêtent à la construction de pièces ou armatures métalliques internes avec lesquelles elles font corps tout en les isolant.
- La résine artificielle peut dans certains cas, servir d’agglomérant à un métal finement pulvérisé. C’est ainsi que dans la construction des bobines Pupin, indispensables, comme on le sait, pour régler la capacité sur les lignes téléphoniques à grandes distances, faire disparaître par suite, le « bafouillage » et obtenir par conséquent des conditions d’audition convenables, elle a été introduite dans le noyau de la bobine.
- On a reconnu, en effet, que le meilleur moyen d’éliminer de ce noyau les
- p.663 - vue 663/899
-
-
-
- 664
- LA BAKÉLITE.
- OCTOBRE 1924.
- courants de Foucault est de pulvériser finement du fer électrolytique parfaitement pur et de le réagglomérer à la bakélite ; chaque grain de fer se trouve par là isolé électriquement sans que la perméabilité magnétique de la masse s’en trouve altérée.
- Dans un autre ordre d’idées, la même résine, essayée, tant au point de vue du maintien de la charge d’un condensateur que des pertes dans le diélectrique, de ce qu’on T. S. F. on appelle la « résistance apparente », s’est assez mal comportée. Voici comment se classent les isolants au point de vue de la perte de puissance :
- Quartz, mica, pétrole...................................... de là 2
- Résine naturelle (ambre)................................... ici.
- Verre, éboni te............................................ de 15 à 20
- Résine à l’acroléine....................................... 40
- Bakélite................................................... de 80 à 100
- Par cet exemple, on voit que la bakélite, qui a des propriétés assez spéciales et assez intéressantes pour en faire un produit extrêmement utile dans une foule d’applications, n’a pas nécessairement toutes les propriétés qui peuvent éventuellement être réclamées d’un constructeur.
- B. Vernis. — La possibilité de dissoudre la bakélite A dans les solvants organiques permet de l’utiliser à l’état de vernis qui, ultérieurement amenés par étuvage au stade F de la condensation, possèdent toutes les qualités d’isolant qui sont requises dans l’application à l’appareillage électrique.
- ('/est surtout par son mode de siccativité qu’un vernis à la résine artificielle se distingue d’un vernis naturel. Lorsqu’il prend à froid, c’est par une sorte de coagulation dans une substance colloïdale; à chaud, la prise se fait par polymérisation. Jamais le durcissement n’est, comme dans le cas des vernis à l’huile, le fait d’une oxydation. Il en résulte :
- 1° Qu’on n’a pas à envisager l’introduction de corps oxydants, qui hâtent le durcissement du vernis, mais au détriment de ses qualités électrotechniques, lorsque la décomposition de ces composés oxydants rend le milieu acide;
- 2° Qu’on évite, dans l’injection des bobinages, l’oxydation à cœur, toujours longue et difficile à réaliser complètement.
- Il peut arriver qu’un vernis gras à l’huile soit préféré pour sa plus grande souplesse à dureté égale, mais toutes les fois que les conditions électriques seront prépondérantes, la bakélite sera préférée en raison, comme nous le verrons plus loin, de sa plus grande résistance à la chaleur et de son insolubilité.
- On admet cependant comme un résultat de l’expérience que si la bakélite convient à l’imprégnation d’un bobinage à fil fin, le vernis gras est plutôt
- p.664 - vue 664/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique.
- 665
- indiqué pour un bobinage à gros fil, ceci en raison de la difficulté de séchage de la bakélite sous une forte épaisseur : une polymérisation superficielle pouvant gêner l’évaporation du solvant et faire obstacle à la prise en profondeur.
- La bobine de self que je présente ici, démontre combien cette idée est controuvée. Imprégnée au vernis bakélite cette bobine a été, après achèvement, sectionnée dans toute sa longeur sur une machine à fraiser. Or, en dépit de la grosseur du fil (4 mm) et de l’épaisseur du bobinage, on voit sur cette section que l’injection a été faite à cœur et que les intervalles entre
- Fig. 1. — Bobine de self sectionnée dans sa longueur, montrant l’imprégnation à cœur
- de la résine artificielle.
- les fils sont parfaitement comblés. De même, la pénétration de l’isolant peut encore être constatée sur ces parties de la surface extérieure de la bobine que vous voyez ici décortiquée au burin.
- Autre fait digne de remarque : la cohésion de l’ensemble. La machine à fraiser a sectionné la bobine sans qu’aucun fil se détache et sans qu’on découvre sur la surface de section la moindre trace d’arrachement.
- Cet induit en coupe, que je vous présente encore, montre lui aussi la parfaite injection à cœur du paquet de fils de l’encoche. Mais il faut bien dire que le traitement des bobinages à la bakélite est d’autant mieux réussi qu’on dispose d’un matériel plus approprié et qu’on suit plus exactement la technique d’opération révélée par l’expérience. Celle-ci exige :
- 1° Un étuvage parfait sous le vide;
- 2° Une injection consécutive avec application d’une pression de 6 kg : cm2 environ, la durée de l’injection dépendant de la nature des bobinages;
- p.665 - vue 665/899
-
-
-
- LA BAKÉLITE.
- OCTOBRE 1924.
- (>6()
- 3° Qu’après injection, les bobinages soient chauffés à la température d’ébullition du solvant dont il convient absolument de se débarrasser totalement ;
- 4° Que lorsque le séchage est terminé, les bobines soient portées au polymériseur.
- Le traitement comporte une élévation progressive de la température avec plage à 80°, puis élévation rapide de 80° à 135°. La température est maintenue à cette valeur maximum pendant un temps plus ou moins long qui dépend de la nature des bobinages, de leur forme et de leur masse.
- La fin du séchage est déterminée avec exactitude à l’aide d’un conden-
- Fig. 2. — schéma d’une étuve de séchage et d’imprégnation, système M. A. X. E. I.
- seur à débit visible, du modèle de celui que l’on voit représenté sur la figure 2. Cette figure montre, débarrassée d’un certain nombre d’accessoires, une étuve de séchage et d’imprégnation chauffée par circulation d’huile, chauffage qui, ainsi qu’on le sait, présente trois avantages essentiels :
- 1° Possibilité de réaliser de très hautes températures sans pression;
- 2° Isothermie parfaite ;
- 3° Automaticité complète.
- Sur la droite de la figure, on voit la chaudière — ici une chaudière à gaz pauvre — pour le chauffage de l’huile; et plus à gauche, une pompe de circulation d’huile spéciale avec dispositif particulier permettant de marcher soit par circulation artificielle, soit par thermo-siphon.
- Au centre un compresseur — pompe à vide dont le dispositif ingénieux permet de changer instantanément le sens de la pression, — et enfin deux
- p.666 - vue 666/899
-
-
-
- i/lNDUSTRIE FRANÇAISE DE LA RÉSINE SYNTHÉTIQUE.
- 667
- condenseurs avec leurs débits visibles et leurs barillets de récupération. L’un de ces condenseurs, placé sur l’aspiration de la pompe à vide, assure la condensation des produits à haut point d’ébullition, en l’espèce l’eau; l’autre, sur l’échappement de la pompe à vide, provoque la condensation des produits à bas point d’ébullition, généralement l’alcool.
- L’étuvage terminé, la polymérisation s’effectue dans un appareil spécial qui peut être chauffé soit à la vapeur, soit encore par circulation d’huile, soit enfin par éléments électriques chauffants d’un système particulier.
- Ces précautions prises, on peut dire qu’il est toujours possible d’injecter, dans les conditions les plus satisfaisantes, un bobinage, si serré soit-il et si importantes soient les isolations entre couches.
- C. Papier bakelisé. — Par l’action de la pression et de la chaleur, on agglomère le papier imprégné de bakélite et il en résulte un matériau résistant prenant les formes les plus variées, se prêtant à tous les façonnages mécaniques et constituant un excellent isolant électrique.
- Le papier par lui-même est déjà, en effet, un très bon isolant, si bon qu’on a essayé de l’utiliser seul, mais le moinde défaut des appareils construits de la sorte est leur manque de consistance.
- La bakélite donne de la cohésion à la masse et le tout forme un diélectrique dont la tension de claquage est supérieure à celle de la bakélite moulée, celle-ci ayant elle-même une résistance au percement supérieure à la bakélite pure en plaque. Sous une épaisseur de 10 à 12 mm, une plaque de bakélite peut être percée par 2.000 ou 3.000 Y; toutes conditions égales une plaque en papier bakelisé résiste très bien à 10.000 ou 12.000 Y.
- Il est très remarquable que la résistance électrique est en relation avec la pression mécanique subie au cours de l’usinage; c’est ainsi qu’elle n’est pas la même pour un papier façonné en plaque, en tube ou en cylindre.
- Il faut savoir aussi que cette résistance varie avec la température : elle diminue, et assez rapidement, à mesure que la température s’élève. Telle pièce en papier bakelisé dont la tension de claquage à 20° est de 17.000 V, voit cette tension tomber à 12.000 à 100°; telle autre, dans le même écart de température, a une tension de claquage oscillant entre 13.000 et 6.000 Y.
- L’agglomération du papier pour la construction de matériels isolants s’est faite aussi et se fait encore également avec de la gomme-laque. Il est donc intéressant de confronter les propriétés de la gomme-laque avec celles de la bakélite. Voici comment s’établit le parallèle entre ces deux isolants.
- p.667 - vue 667/899
-
-
-
- 668
- LA BAKÉLITE. — OCTOBRE 192t.
- Tension de claquage (par millim. d’épaisseur). Variation de la résistance avec la température.
- Résistance mécanique...........................
- Travail des pièces usinées.....................
- Solubilité ....................................
- Résistance à la chaleur........................
- Gomme-laque. Bakélite.
- 10.000 - 12.000 V. 10.000 — 12.000 V. Sensiblement la même.
- Inférieure. Médiocre (le papier s’arrache un peu). Un peu soluble.
- Se ramollit vers 60° à 80°.
- Supérieure. Très net.
- Insoluble. Supporte 300°.
- Ces deux dernières qualités décident du choix et font préférer le papier bakelisé au papier gomme-laqué.
- Même lorsque le chauffage nécessaire à la polymérisation de la bakélite introduit une difficulté d’usinage que l’on n’éprouve pas avec la gomme-laque — le cas se présente, par exemple, pour les tubes polygonaux — l’absence de déformation par la chaleur fait préférer le papier bakelisé.
- Certaines firmes, comme la General Electric Company, qui continuent à faire des isolants à la gomme-laque, ont cherché à améliorer sa résistance à la chaleur. En la soumettant à l’action de l’huile chaude, on parvient à relever un peu sa température de fusion, mais elle reste encore très inférieure à celle de la résine synthétique.
- Enfin, dernière considération qui a sa valeur dans une balance industrielle : la bakélite est meilleur marché que la gomme-laque.
- III. — Mise a profit de son EUPUTRESCiBiLiTÉ. —A. Toiles bakelisées. ----
- Imprégnée de vernis, séchée et comprimée, la toile forme un matériau parfaitement imputrescible en même temps que résistant à la chaleur. Elle est dès lors employée avec avantage comme succédané du cuir vert.
- On pouvait voir, ces jours derniers, à la Foire de Paris, des engrenages silencieux en toile bakelisée qui prouvaient même sa supériorité sur le cuir dans ce genre de fabrication.
- Dans un ordre d’idée connexe, la toile bakelisée ne pourrait-elle pas — comme nous en avons suggéré l’idée (7) — remplacer le cuir dans les courroies de ces élévateurs et transporteurs de matériaux qui ont fait de très sensibles progrès depuis quelques années? Ne s’épargnerait-on pas ainsi le mal qu’on se donne pour rendre le cuir imputrescible?
- Mais, à côté de cette suggestion, il est des applications dans lesquelles elle paraît d’ores et déjà difficilement remplaçable. L’imperméabilisation des toiles de coton à la bakélite fournit par exemple un matériel apprécié en aviation.
- B. Dois. — L’imprégnation des bois, encore qu’elle ne soit pas exempte (7) La Journée industrielle, 13 mai 1924.
- p.668 - vue 668/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique.
- 6G9
- de toute difficulté, donne aussi des résultats extrêmement intéressants. Le plaquage et le contre-plaquage sont utilisés couramment dans la construction de pièces ayant à offrir une résistance au gauchissement. Là aussi la bakélite, qui se prête très bien à ces applications, fait apprécier son impu-trescibilité. Avec elle, on n’a pas à craindre le développement de moisissures comme il en survient parfois sur les colles servant aux plaquages habituels, moisissures qui, en amenant la putréfaction de la colle, peuvent déterminer la dislocation du plaquage.
- Mais son imperméabilité n’est pas moins précieuse. Alors que la perméabilité d’un vernis ordinaire atteint jusqu’à 30 p. 100, celle d’un vernis bakélite est toujours inférieure à l’unité; elle se rapproche de celle de la laque du Tonkin et c’est ce qui explique qu’elle soit recherchée pour la construction des hydroavions.
- Production.
- Tant et de si importants débouchés devaient nécessairement inciter l’industrie protectrice à pousser vigoureusement sa fabrication.
- C’est ce qui s’est produit. Au lendemain de la guerre, la production française était sensiblement égale à zéro; elle atteint aujourd’hui le chiffre fort respectable de 4 t par jour. Au regard de la production en Allemagne et en Amérique, pays qui nous ont devancés, sinon dans l’invention, du moins dans le tonnage, ce chiffre pourra paraître relativement faible. L’Allemagne, en effet, produit 121 par jour, l’Amérique 20 t; mais tout indique que la production française ira constamment en augmentant, surtout si les conditions économiques qui sont faites à la fabrication de cette résine dans notre pays s’améliorent.
- Ces conditions, je les ai développées devant le Congrès de Chimie industrielle (8). Elles se résument de la façon suivante. Le prix du formol est le facteur essentiel du problème : le formol est cher, il faudrait qu’il fût bon marché. Pour cela deux solutions : ou bien fabriquer le formol par un procédé plus économique, encore à trouver, ou bien abaisser les droits de douane sur le formol importé.
- La première solution serait à tous points de vue préférable.
- Mais il faut aussi songer que l’industrie française de la résine synthétique est, en dépit de sa croissance rapide, une jeune industrie : elle demande à être protégée, notamment contre la concurrence allemande. Je disais à ce propos au Congrès de Chimie industrielle : « La taxe à l’entrée sur les
- (8). Georges Kimpflin, Fadeurs économiques qui conditionnent en France la fabrication de la résine synthétique (3e Congrès de Chimie industrielle, Paris, octobre 1923).
- p.669 - vue 669/899
-
-
-
- <>70
- LA BAKELITE.
- OCTOBRE 1924.
- résines synthétiques est aujourd’hui de 80 fr aux 100 kg (N° 115 du tableau des droits).
- Or, si l’on admet qu’il entre 12 f de matière au kilogramme, supposition plutôt au-dessous de la réalité présente, on voit que les droits de douane ne représentent que 6,6 p. 100 de la valeur de la résine.
- Si on compare maintenant les droits d’entrée sur les matières premières nécessaires à la fabrication et sur les produits finis, on constate que, dans le premiers cas, la douane touchera 380 f aux 100 kg, tandis qu’elle percevra 80 f seulement dans le second. D’où perte pour le Trésor de 250 f par 100 kg.
- Le prix des matières étant conditionné en France par les prix extérieurs, il en résulte que l’Allemagne peut livrer la bakélite franco frontière à un prix inférieur au prix seul des matières premières nécessaires à la fabrication.
- Mais la bakélite n’est pas matière première : elle est produit de transformation. Il semblerait donc rationnel qu’elle fût mieux protégée que les matières premières. Or, le phénol a un coefficient de 3 et la bakélite de 1 pour un même droit initial de 80 f aux 100 kg.
- Le cas paraît assez analogue à celui des produits intermédiaires dans la fabrication des matières colorantes?
- Pourquoi, dès lors, la bakélite ne serait-elle pas taxée au moins à la moitié des droits qui frappent les produits finis?
- Or, si l’on ouvre le tarif des douanes, à l’article 64 bis, voici ce qu'on lit : résines artificiellement préparées, en tubes, joncs, bâtons ronds ou carrés, en feuilles polies, coloriées ou ouvrées d’une manière quelconque, 300 f les 100 kg, avec un coefficient de 5; ce qui porte donc en réalité le droit à 1.500 f aux 100 kg.
- Et l’argumentation parut assez convaincante puisque, me suivant dans ma conclusion, le Congrès vota le vœu :
- « Que le droit sur les résines synthétiques, qui est actuellement de 80 f aux 100 kg fut porté à 750 f aux 100 kg par le relèvement du droit du tarif général et, en attendant, par un relèvement du coefficient qui pourrait être porté ci 9,5.
- Messieurs, de ce vœu, il advint ce qu’il advient de tous les vœux. Il y aurait à raconter une jolie histoire de l’industrie française des vœux. Celle-là est en pleine prospérité, son tonnage va sans cesse croissant et elle a ceci d’admirable que ses fabricants ne se lassent pas de produire, encore qu’ils soient rien moins que certains de voir leur production s’écouler.
- p.670 - vue 670/899
-
-
-
- l’industrie française de la résine synthétique. 671
- Mais, en dépit de ces difficultés économiques, une industrie déjà puissante de la résine synthétique s’est créée en France. Tout indique qu’elle va poursuivre son développement pour le plus grand profit des constructeurs qu’elle alimente.
- Dès à présent, on peut dire que la France est, à cet égard, affranchie de la sujétion étrangère. Cela, c’est déjà un résultat, et un résultat tout à l’honneur des industriels français dont les persévérants efforts, tant pour faire bien, que pour utiliser au mieux, se trouvent ainsi amplement récompensés.
- Georges Kimpflin,
- docteur ès science*.
- p.671 - vue 671/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ü’eNC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — OCTOBRE 1924.
- LA RÉSONANCE DES CAVITÉS ET LE FONCTIONNEMENT DES TUYAUX SONORES EN ESPACE LIMITÉ1.
- I. — ETUDE SUR LA RESONANCE DES CAVITES
- 1° Mécanisme de la production des sons de volume. — Sur des cavités
- de différentes formes sont ajustées des tubulures analogues à des sifflets. Un
- courant d’air lancé dans ces sifflets provoque un son sourd qui dépend à la fois du volume de l’enceinte et des dimensions de la tubulure. Je crois que le mécanisme de la production de ces sons est le suivant :
- La portion d’air a b (fîg. 1) constitue un piston gazeux de masse m qui, lorsqu’on le déplace, est rappelé à sa position d’équilibre par des variations
- de pression de la masse d’air intérieure constituant des forces de restitution proportionnelles à l’élongation. Le piston est donc dans les conditions voulues pour vibrer. La partie antérieure du sifflet, qui est une sorte d embouchure de flûte, n’aurait ici qu’un rôle excitateur et permettrait d’entretenir les vibrations.
- Fig. 1.
- Pour vérifier si cette explication est la bonne, il importe de calculer les fréquences dans cette hypothèse et de contrôler ensuite avec l’expérience.
- Soit x 1 élongation du piston gazeux, m sa masse, s sa section, p la pression extérieure qui sera en même temps la pression intérieure moyenne, A la densité de l’air.
- Je suppose, en premier lieu, les dimensions de la cavité, très petites par rapport à la longueur d’onde du son rendu, de manière qu’on puisse considérer la pression intérieure comme ayant, au même instant, la même valeur dans toute l’enceinte.
- On peut donc écrire l’équation différentielle du mouvement du piston :
- Or les variations de pression se font adiabatiquement, et, par suite, v étant le volume de la cavité,
- pv'i = constante =
- (1) Travail subventionné par la Société d’Encouragement.
- p.672 - vue 672/899
-
-
-
- RESONANCE DES CAVITES ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 673
- On trouve après calculs l’équation :
- s2jp
- cl^x , \ p n
- H----— -x = 0
- dtz mv
- caractéristique d’un mouvement vibratoire de fréquence
- v"
- 271
- >sp y mv
- On peut remplacer la masse m par sa valeur en faisant intervenir la longueur de la tubulure, sa section et la masse spécifique de l’air sous la pression p, qui est toujours la pression atmosphérique.
- Mais il est important de remarquer qu’à cause de la résistance des ouvertures au passage de l’air, la masse effective du piston ne s’annule pas avec sa longueur. En particulier lorsque cette longueur est réduite à 0 (ouverture en mince paroi, ^
- lig. 2) la masse fictive n’est pas nulle. On peut encore dire que la longueur opérante est supérieure à la longueur réelle du piston gazeux.
- J’écrirai donc :
- m = p s (/ + a)
- et non pas :
- m = psi
- la fréquence devient :
- N = J-i/-...sp1
- 27i y p (/ + a)v
- On voit en particulier que cette fréquence est en raison inverse de la racine carrée du volume. J’appelle sons de volume les sons correspondant à ce mode vibratoire.
- Il importe maintenant de contrôler ces résultats par des expériences quantitatives.
- 2° VÉRIFICATIONS EXPÉRIMENTALES DE LA LOI DES VOLUMES. — J’ai étalonné l’un des appareils décrits page 678 en le faisant résonner concurremment avec une sirène de Cagniard-Latour munie d’un compteur de tours. En établissant l’unisson pour un assez grand nombre de volumes, j’ai pu tracer une courbe des fréquences en fonction de ces volumes (fig. 3) accompagnée du tableau d’expériences. Les fréquences extrêmes sont de 245 correspondant à 50 cm3 et de 90 correspondant à 400 cm3. Afin d’étendre les limites de ces expériences, j’ai monté la tubulure mobile sur des récipients, ou très petits, ou très grands, et procédé de même sorte avec la sirène. Les volumes extrêmes que j’ai pu faire résonner avec les mêmes tubulures sont 10 cm3 d’une part et 2.620 cm3 de l’autre, encore faut-il noter que le son correspondant à ce grand volume était à peine perceptible (fréquence 34).
- Tome 136. — Octobre 1924.
- 47
- p.673 - vue 673/899
-
-
-
- G74
- RÉSONANCE DES CAVITÉS. -- OCTOBRE 1924.
- La loi des fréquences en raison inverse de la racine carrée des volumes est remarquablement vérifiée. Le produit des fréquences par la racine carrée des volumes est voisin de 1.800. Le tracé de la figure 3 est la courbe :
- N. = 1.800.
- Les points du tableau expérimental repérés par des croix jalonnent la courbe avec une précision très satisfaisante.
- 0 20O 400 600 800 1000 1200 1400 1600 IftOO 2000 2200 2A00 2600
- Ifokcmes
- Fig. 3. — Courbe de variation des fréquences en fonction des volumes.
- Fréquence l
- (vibrations complètes V 500 245 200 152 133 120 102 85 73 55 45 39 34
- par seconde). J I | | I 1 | | | | | | ( |
- (en centimètres cubes.) f ^ 50 90 l.>5 ISO 22e 300 40 ( 620 1120 1620 2120 2620
- 3° Influence des variations modérées de forme. — J’entends par là que j’ai fait varier la forme des récipients en respectant la condition suivante : la plus grande dimension des cavités est inférieure à la vingtième partie de la longueur d'onde correspondante. Nous verrons plus loin la raison théorique de cette restriction.
- Dans ces conditions, la fréquence s'est montrée indépendante de la forme. Des récipients sphériques, cylindriques ou prismatiques de même volume donnaient des fréquences égales, aux erreurs d’observations près. Leci justifie l’appellation de sons de volume donnée aux sons précédents par opposition aux sons de longueur des tuyaux sonores.
- 4° Vérifications expérimentales quantitatives de la fréquence et influence de la longueur du piston gazeux. — Appliquons la formule à l'un des points de la courbe, par exemple pour :
- v = 220 cm3 N = 117
- La longueur l du piston gazeux est 3,56 cm.
- Le rayon =0,4 cm, la section s = -x0,42 cm2.
- p.674 - vue 674/899
-
-
-
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 675 La formule :
- donne tous calculs faits : N = 132 (au lieu de 117).
- Ainsi la fréquence réelle est plus faible que ne l’indique cette formule. La longueur opérante du piston gazeux doit être augmentée. Ceci était prévu en 1°.
- Appliquons alors la formule :
- On trouve après résolution : a = 1,02 cm.
- Ainsi tout se passe comme si la longueur de la tubulure devait être majorée de 1,02 cm.
- Il est bon de vérifier si une autre expérience faite avec une tubulure de longueur différente correspond à la même valeur de a.
- La tubulure fut sciée à 0,9 cm; sur le même volume v = 220 cm3, la fréquence fut N= 182. Or le calcul donne en portant ces données et la même valeur de a, dans l’expression de N, le résultat : N = 180.
- La vérification est extrêmement bonne.
- Tel est donc bien le mécanisme de la production de ces sons de volume. Ou doit dans chaque cas majorer la longueur du piston gazeux d’une quantité représentant l’inertie des ouvertures à ses extrémités.
- 5° Influence des variations exagérées dans la forme des cavités. — La restriction du paragraphe 3° n’est plus respectée, il n’est plus légitime de considérer la pression comme ayant simultanément la même valeur en tous les points de la cavité; aussi faut-il s’attendre à ce que la formule précédente ne soit plus vérifiée. J’ai choisi des récipients en forme de cylindres de différentes longueurs et j’ai pu remarquer que la fréquence dépend ici de la longueur en même temps que du volume. Si l’on ajuste des tubulures identiques sur des enceintes cylindriques de même volume et de longueurs croissantes, on observe des sons de plus en plus graves. Si même la longueur est suffisante le son s’éteint.
- Cherchons à prévoir analytiquement ces résultats.
- Soit un tuyau de section S et de longueur L. L’une des extrémités, prise pour origine, est fermée. Sur l’autre est ajustée une petite tubulure de section s à l’intérieur de laquelle oscille, sans frottement appréciable, un petit piston de masse m (le piston gazeux).
- Soit x la distance de la position d’équilibre d’une tranche d’air à l’origine, et £ son élongation au temps t. Soit enfin y l'élongation du piston (fig. J).-
- p.675 - vue 675/899
-
-
-
- Ii70
- RESONANCE DES CAVITES.
- OCTOBRE 1924.
- Nous devons satisfaire aux équations différentielles simultanées :
- 3
- h2
- = v
- 3
- ïx2
- (1
- (équation de propagation dans un milieu élastique, V est la vitesse de propagation).
- {ii
- (équation du mouvement du piston.)
- t E est le coefficient d’élasticité adiabatique
- -------------i->---------yà
- 5“
- -* y*
- -X-—-s*
- Fiü.
- On a les conditions aux limites suivantes :
- pour x — 0, ç — 0,
- 8
- pour x = L, i =
- Or il est facile de voir qu’on satisfait à toutes les équations en posant :
- s . :r t
- ' = -, a sin 2~ sin 2~ — ?
- ’ S A T
- t/ = a sin 2-^ • sin 2~ . J / 1
- et la période T se trouve déterminée en portant les valeurs de y et de q dans l’équation (2).
- On peut, tous calculs faits, présenter le résultat sous la forme suivante qui me semble très frappante.
- Appelons N la fréquence du son correspondant de volume, c’est-à-dire du son obtenu en considérant que la pression est partout la même, à chaque instant, dans le volume considéré.
- Soit N' la fréquence vraie. On a la relation :
- dans laquelle a' est la longueur d’onde du son de fréquence N'. C’est donc une équation implicite, mais qui donne néanmoins plusieurs renseignements intéressants.
- 1° Ede montre que le son rendu est plus grave que le son de volume correspondant., ainsi que le veulent les expériences signalées au commencement du paragraphe 5°; et que le son s’éteint pour une longueur d’onde telle que :
- 2- L _ ~ a ~ 2
- L
- r
- 4 ‘
- c’est-à-dire
- p.676 - vue 676/899
-
-
-
- 677
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ.
- Il est donc impossible que les sons de cette espèce soient à l’unisson de la note fondamentale ordinaire d’un tuyau fermé pour laquelle on a précisément
- L
- A
- 4
- <---À-----X- -
- 2
- ~-h-
- Fig. 5.
- Ce mode vibratoire peut sans doute correspondre à un état de subdivision du tuyau. Imaginons en effet que le fond du tuyau soit reculé d’un nombre entier de demi-longueurs d’onde. Rien n’est changé dans les équations. Au lieu d’une paroi fixe a la distance L, nous avons un nœud, ce qui revient au même.
- 2° Elle indique dans quelle mesure il est légitime de ne pas tenir compte du phénomène de propagation et d’appliquer la théorie du paragraphe 1%
- c’est-à-dire tant que le rapport-----r ne s’éloigne pas trop de l’unité.
- . ^ Jj
- tg2
- Ceci explique la restriction imposée au commencement du paragraphe 3e
- 2^
- P L 1 X
- Pour on a -
- * 20
- j- compris entre 0,96 et l’unité.
- On peut donc considérer la transmission des pressions comme s’effectuant instantanément de sorte que, dans l’intérieur de cette limite, les variations de forme n’influent pas sur le son qui ne dépend que du volume.
- Application a la mesure des volumes par une méthode acoustique. — Ces résultats me donnèrent l’idée de construire un appareil utilisant les phénomènes ci-dessus mentionnés, qui servirait à mesurer commodément le volume des cavités, sans introduction d’aucun liquide.
- Une première tubulure A, en forme de sifflet ouvert, est destinée à être provisoirement ajustée sur divers récipients R.
- Une deuxième tubulure R, analogue à la précédente, est fixée à demeure sur un corps de pompe C, dont le volume utile variable est limité par un piston P. Cette seconde tubulure peut être de section et de longueur différentes de celles de A, afin de permettre la mesure de volumes supérieurs à celui du corps de pompe.
- Les deux tubulures A et B sont raccordées par un tube en Y à une soufflerie quelconque (fig. 6).
- p.677 - vue 677/899
-
-
-
- 678
- RESONANCE DES CAVITES.
- OCTOBRE 192t.
- Lorsqu’un courant d’air est envoyé par cette soufflerie, les deux tubulures résonnent différemment en général; mais en agissant sur le piston, on modifie le son donné par la tubulure 11 et on peut l’amener à l’unisson de l’autre avec une grande précision en utilisant le phénomène des battements. La position de la tige T est alors caractéristique du volume de la cavité ri. En opérant avec une série de cavités préalablement jaugées, on gradue la tige T, et cette graduation une fois faite, permet de déterminer, par simple lecture, le volume d’une capacité inconnue sur laquelle la même tubulure A est ultérieurement ajustée.
- La mesure est correcte pourvu que les dimensions de la cavité soient petites par rapport à ia longueur d’onde du son rendu (Voir plus haut).
- (dette méthode n’exige pas l’étanchéité absolue des cavités. Elle est précieuse toutes les fois que, pour des raisons quelconques, le jaugeage d’une cavité par un liquide est incommode.
- A titre d’exemple, cette méthode permet de déterminer rapidement, sans autre démontage que celui de la bougie, le volume de la chambre de combustion des moteurs à explosion.
- On peut aussi obtenirle volume d’un solide plein par la différence entre les volumes que présente une même cavité, avant et après l’introduction du corps.
- Ces ondes interfèrent à l'oreille de/opérateur et produisent des battements
- Un aide manœuvre régulièrement cette pompe (pompe et nourrice peuvent être remplacées par une bouteille d'air.)
- Fig. 7. — Schéma du fonctionnement du volumèlre acoustique.
- La mesure des volumes de la chambre de combustion d’un moteur, faite de temps en temps, accuse une diminution progressive du fait de l’encrassement. On peut donc savoir sans aucun démontage l’état d’encrassement de la culasse.
- p.678 - vue 678/899
-
-
-
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 679
- Un appareil que j’appelai « volumètre acoustique » fonctionnant suivant ces principes, fut commercialement réalisé. Plusieurs établissements d’instruction et diverses maisons de construction d’automobiles en firent l’acquisition et en trouvèrent l’emploi commode et précis (fig. 7).
- II. — FONCTIONNEMENT DES TUYAUX SONORES EN ESPACE LIMITÉ
- A. — A la suite de la communication précédente, la Société d’Encoura-gement pour l’Industrie nationale me demanda d’étudier le fonctionnement des tuyaux sonores enfermés dans une caisse, et de déterminer pour chaque tuyau le volume minimum compatible avec une bonne qualité de la note émise.
- Cette étude pourrait conduire à des perfectionnements relatifs à la technique de l’orgue, et en particulier au mécanisme de l’expression.
- Actuellement, la commande qui ouvre ou ferme les persiennes renforce ou assourdit en même temps toutes les notes, de tell& sorte qu’il n’est pas possible de nuancer l’expression en laissant éclater avec force tel jeu et assourdissant tel autre. Il est évident qu’il pourrait y avoir grand intérêt à réaliser de semblables effets.
- On sait d’ailleurs qu’il ne faut pas songer à modifier le débit d’air dans un tuyau afin de le faire parler avec plus ou moins d’intensité. Chaque tuyau ne résonne juste que pour un débit donné.
- On pourrait enfermer les tuyaux d’un orgue, réunis par octaves ou par jeux, dans des boîtes étanches, munies chacune d’un canal transmetteur des vibrations. Les divers canaux se réuniraient dans une chambre commune débouchant dans la salle et y enverraient, en vertu du principe de la superposition des petits mouvements, la somme de toutes les vibrations partielles apportées par les divers canaux. Chacun d’eux serait muni, avant l’entrée dans la chambre commune, d’un filtre réglable d’une manière indépendante et laisserait passer une fraction variable, différente d’un canal à l’autre, des vibrations originelles. Toutes les nuances d’expression seraient permises.
- IL — Premières considérations théoriques. — Bien qu’en définitive le dernier mot appartienne à l’expérience, sur des sujets aussi complexes, il est permis de chercher à simplifier artificiellement le problème afin de pouvoir le soumettre au calcul et de déduire ensuite de la solution quelques idées directrices.
- Soit donc en premier lieu (fig. 8) un tuyau sonore illimité dans un sens,
- p.679 - vue 679/899
-
-
-
- 680
- RÉSONANCE DES CAVITÉS.
- OCTOBRE 1024.
- et dont l’origine ouverte débouche dans une cavité de volume v au lieu de s’ouvrir à l’air libre. Supposons que les dimensions de la cavité soient assez petites par rapport à la longueur d’onde du son rendu, de manière qu’à titre de première approximation, nous puissions considérer tous les éléments du volume v comme subissant ensemble les mêmes compressions ou dilatations.
- L’équation la plus générale d’un mouvement vibratoire de période T unique est la suivante :
- ç = sin2ir^ -J- B cos sin2~y + (c sin 2~ y + D cos 2-y^ cos2~,j-
- Les notations sont les suivantes : x repré-_ sente la distance à l’origine, de la position x d’équilibre de chaque tranche, et l'élongation fonction de x et du temps /, est la distance de la position actuelle d’une tranche à sa position d’équilibre.
- Or dans le problème actuel, nous voulons que, pour une tranche particulière d’abscisse xQ (en fait, ici x0 = O puisqu’il s’agit de la tranche d’origine), la condensation soit proportionnelle à l’élongation. En effet, lorsque la tranche d’origine est venue de x = x0 = O en x = le milieu V a
- subi une condensation y = — c’est-à-dire proportionnelle à ;,le facteur
- S
- de proportionnalité étant —
- Or on sait aussi que v =-------- c’est-à-dire
- ^ 1 ?x
- y — — y-^A cos27ty — B sin2i:y^ sin2~y -f- cosS-jt? — D siti27:^ cos27t,|,J-Portons la condition x = 0 dans l’identité
- çs
- V
- Z?
- dx
- l’on trouve :
- — y ^B sinSuy -f D cos2tt;0 = — y^A sin2-r:y + G cos27:r0-On en tire en identifiant :
- *B = Ça
- v À
- -D = 2t:C. v h
- Il résulte de là que : g —p
- p.680 - vue 680/899
-
-
-
- RESONANCE DES CAVITES ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 681
- Par suite, avec un choix convenable de l’origine des temps, l’élongation H peut s’écrire :
- ? = B sin2*!(^ sin2^ + cos 2^)-La condensation a pour valeur :
- T = -^ =
- B. 2tz . %izt ( s A
- —,---- sin-------1____
- ^ ^ « c
- Le premier ventre n’est pas en x — O, mais en xx, tel que :
- , rv ttj O À
- l«2,tT=2ïr
- Equation transcendante, mais observons que ce premier ventre est peu
- ri • r TZ £0 • r
- éloigné, donc ^ * est petit et peut être confondu avec sa tangente; l’équation devient :
- 2*X:
- ou enfin
- sA 2tc v
- sX2
- 4u2 v
- (quantité positive).
- Le premier ventre est donc repoussé de cette quantité ; il en résulte que la longueur effective du tuyau est diminuée et que le son est rendu plus aigu.
- La modification est proportionnelle :
- au carré de la longueur d’onde;
- à la section du tuyau ;
- à l’inverse du volume.
- Plusieurs expériences ont immédiatement vérifié ces quelques conclusions. Je n’y insiste guère à cause des conditions trop artificiellement simplifiées. Cependant je dois dire brièvement que j’ai ajusté des tuyaux ouverts, de manière que l’extrémité ouverte débouchât au centre de ballons de diverses grosseurs (fig. 9).
- J’ai reconnu que les tuyaux ainsi adaptés donnaient des sons plus aigus qu’en fonctionnement normal.
- Ainsi un la normal ajusté sur un ballon d’un litre donnait 445 vibrations par seconde (au lieu de 435, et 456 dans un ballon d’un demi-litre).
- Ce qui vient d’être dit pourrait se répéter à propos de l’embouchure de flûte d’un tuyau ouvert ou fermé.
- En fonctionnement ordinaire, on a sensiblement un ventre à l’embouchure, mais si cette embouchure, au lieu de s’ouvrir dans l’atmosphère, est au centre d’un espace clos (fig. 10), le ventre se trouve déplacé vers l’autre extrémité du tuyau dont la longueur opérante est diminuée, et, pour les mêmes raisons que toutà l’heure, le son est plus aigu.
- Fig. 9.
- p.681 - vue 681/899
-
-
-
- 082
- RÉSONANCE DES CAVITÉS. — OCTOBRE 1924.
- Cette analyse n’a pas de prétention à la rigueur. Elle est insuffisante lorsque les dimensions de la caisse sont telles que la transmission des pressions ne puisse plus être considérée comme instantanée. On peut serrer le problème de plus près.
- Une enceinte possède des sons propres, c’est-à-dire que, pour certaines fréquences, il peut s’y établir des régimes de vibrations stationnaires. Soit <!> (rr, y, a, t) le potentiel des vitesses qui répond à l’équation générale des petits mouvements de l’air dans une cavité :
- y <i>
- Jt1
- = \
- ïy- ïz~J
- Fig. 10.
- Poincaré, en particulier, a montré que $ pouvait être de la forme suivante, de laquelle il résulte que tous les points sont au même instant dans la même phase :
- «FU1, y, z, t) = -f{x, y, z) sin(w£ — 8).
- Considérons donc une enceinte parallélipipédique de côtés a, ô, c. Une solution de la forme
- es = cosax.cospy.cosyz
- convient à l’équation différentielle pourvu que les constantes répondent à la condition :
- U)L
- Y2*
- Dans le cas présent, les conditions aux limites sont les suivantes :
- La vitesse suivant CU, c’est-à-diredoit être nulle poura;=0 et pour
- x = a, quels que soient y et De même pour les autres composantes.
- On peut satisfaire à ces conditions en posant :
- X y Z
- '? = cos b - - cosc/”r cosr~-7 ^ a 1 b c
- équation dans laquelle q, r, sont des nombres entiers dont 2 au plus peuvent être nuis.
- Il est entendu que les quantités y U y—, -y, qui jouent le rôle des constantes a, [i, y, satisfont à la même condition, c’est-à-dire
- t»)2
- V*’
- La fréquence N
- se déduit de cette relation :
- N
- p.682 - vue 682/899
-
-
-
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 683
- En particulier la fréquence du son fondamental rendu par une telle enceinte est :
- N = ^ (a étant la plus grande dimension).
- Dès lors, nous pouvons nous représenter plus exactement le rôle de l’enceinte de la manière suivante.
- Supposons, en premier lieu, que le son du tuyau soit plus grave que le son fondamental de l’enceinte. Le son du tuyau est alors rendu un peu plus aigu comme dans le cas trop simplifié vu précédemment. La variation de hauteur serait moindre toutefois.
- Mais si la note donnée par le tuyau est un peu plus aiguë que l’un des sons propres de l’enceinte, c’est le contraire qui a lieu et la note du tuyau sonore peut être légèrement abaissée.
- En fait, comme les mouvements vibratoires des deux systèmes envisagés ont un amortissement assez faible, la diminution de hauteur du son du tuyau est toujours minime lorsque l’enceinte a des dimensions assez vastes pour que l’on se trouve dans ce dernier cas.
- En résumé, on peut prévoir les résultats suivants lorsqu'il s'agit de petites enceintes :
- 1° le son d’un tuyau en caisse est plus aigu que le son ordinaire;
- 2° la modification relative de fréquence varie dans le même sens que la longueur d’onde;
- 3° elle varie en sens inverse du volume de la caisse;
- 4° elle varie dans le même sens que la section du tuyau ou que la surface de sa lumière;
- 5° elle est plus grande, à égalité de longueur d’onde, et toutes choses égales d’ailleurs, pour un tuyau ouvert que pour un tuyau fermé, à cause des deux modifications à l’embouchure et à l’extrémité d’un tuyau ouvert qui, chacune pour leur propre compte, raccourcissent la longueur d’onde;
- 6° enfin la loi générale de similitude en acoustique, nous permet d’affirmer que si l’on considère une série d’ensembles géométriquement semblables, dont chaque terme est constitué par un tuyau dans sa caisse, chaque tuyau donne un son de longueur d’onde proportionnelle à sa longueur. Et comme chaque tuyau, pris isolément à l’air libre, donnait aussi un son (plus grave) de longueur d’onde proportionnelle à sa longueur, il en résulte que cette loi fixe, par rapport aux dimensions homologues des tuyaux, les dimensions des caisses altérant les hauteurs des sons dans les mêmes proportions.
- Cette dernière remarque facilitera singulièrement les études expérimentales, car si l’on a observé qu’un tuyau, la normal par exemple, résonne bien dans une caisse donnée, avec une légère augmentation relative de la
- p.683 - vue 683/899
-
-
-
- 684
- RESONANCE DES CAVITES.
- OCTOBRE 1924.
- fréquence évaluée à 1 /100 et jugée admissible, on peut être sûr qu’un tuyau tasemblablement construit, résonnera également bien, et avec la même erreur relative sur la fréquence, dans une caisse semblable de dimensions homologues doubles.
- i'omdUion
- profondeur de la-
- cause fîfma
- G. — Partie expérimentale. — J’ai cru nécessaire d’opérer sur d’authentiques tuyaux d’orgues, mis aimablement à ma disposition par MM. Le Min-tier et Gloton, facteurs d’orgues à Nantes, successeurs de M. Debierre.
- J’ai fait construire une caisse parallélipipédique en bois imperméabilisé, de façon qu’elle pût être remplie d’eau sans inconvénient. Les dimensions de cette caisse sont inscrites sur le croquis; elles donnent un volume intérieur de 14 litres.
- Les tuyaux y étaient installés debout à l’envers et calés provisoirement. Après quoi un couvercle étanche à joint caoutchouté venait obturer la caisse qui pouvait recevoir de l’eau par un tube débouchant dans la partie inférieure. Un niveau indicateur permettait de connaître constamment la hauteur d’eau contenue et d’en déduire le volume de l’espace resté libre.
- L’air arrivant d’une soufflerie excitait le tuyau et sortait par une ouverture ménagée dans le haut de la caisse. Un petit tube de caoutchouc, débouchant à l’intérieur, en des endroits variés, recueil-vibrations et les apportait à l’oreille d’un observateur pendant qu’un soufflerie aide modifiait très lentement le niveau de l’eau et par suite l’espace resté libre autour du tuyau. Evidemment les variations admissibles du niveau de l’eau étaient beaucoup plus faibles pour un tuyau ouvert que pour un tuyau fermé de même longueur. Il m’a paru intéressant de restreindre autant que possible le volume d’air limité autour du tuyau. La disposition précédente ne pouvait convenir; une caisse enveloppant entièrement un tuyau présente en effet un volume important. Observons que, dans le cas d’un tuyau fermé, il suffit que l’embouchure seule soit dans l’enceinte. J’ai donc ajusté un tuyau fermé dans une cavité cylindrique constituée par un tube gros et court qu’un bouchon étanche obturait à chaque bout. Le tuyau traversait les deux bouchons, de manière que sa lumière soit à l’intérieur de l’enceinte ainsi formée (fig. 12).
- lait les
- taie
- Fig. 11.
- (r
- ~
- 7ZZZÏ
- •ZZZA
- Fig. R
- p.684 - vue 684/899
-
-
-
- RESONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 685
- On pouvait en modifier le volume par un déplacement du bouchon inférieur.
- Une telle disposition m’a permis d’étudier les phénomènes pour de très petits volumes.
- Production des sons et mesure des fréquences. — Un courant d’air, sous pression de 10 cm d’eau, venant d’une soufflerie se bifurquait et faisait résonner deux tuyaux : celui en expérience dans sa caisse, et un autre identique, placé à l’air libre sur le sommier de la soufflerie. Les deux tuyaux étaient soigneusement réglés et, à l’air libre, donnaient le même son.
- Le tuyau en expérience, plongé dans son enceinte, ne résonnait plus à l’unisson et la différence des fréquences était donnée par le nombre des battements perçus à l’intérieur.
- Quelques modifications temporaires effectuées sur le tuyau témoin indiquaient quel son était le plus élevé, et s’il y avait lieu d’ajouter ou de retrancher le nombre de battements à la fréquence juste pour obtenir la fréquence altérée.
- Cette méthode ne convenait plus lorsque les deux sons, très différents, donnaient lieu à des battements trop rapides pour être discernés. J’étalonnai en fréquences absolues un de mes volumètres acoustiques et, dans chaque expérience, j’obtenais l’unisson entre la note de cet appareil et celle du tuyau à l’étude, unisson dont la disparition de tout battement était l’indice. Le modèle commercial ne rendait pas de sons suffisamment aigus; j’en construisis un autre qui le prolongea vers de plus hautes fréquences.
- Des précautions minutieuses furent prises afin d’opérer à température constante d’environ 15°.
- Nature des tuyaux. — Les expériences portèrent successivement sur les 6 tuyaux eu dessous désignés :
- Tuyau fermé cylindrique en étain. Bourdon fa # 181 ; diamètre extérieur 5,5 cm; volume vibrant : 0,88 litre.
- Tuyau fermé cylindrique en étain. Bourdon la 215; diamètre extérieur : 5 cm; volume vibrant : 0,52 litre.
- Tuyau fermé prismatique en bois. Bourdon mi 322; section intérieure 2,8cm x 3,4 cm; volume vibrant : 0,23 litre.
- Tuyau fermé cylindrique en étain. Bourdon la 430; diamètre extérieur; 3,5 cm; volume vibrant : 0,135 litre.
- Tuyau ouvert cylindrique en étain. Prestant la 430; diamètre extérieur 3,7 cm; volume vibrant : 0,39 litre.
- Tuyau ouvert cylindrique en étain. Prestant la 860; diamètre extérieur 3 cm; volume vibrant: 0,10 litre.
- Le tableau ci-après résume les expériences réalisées.
- p.685 - vue 685/899
-
-
-
- 086
- RÉSONANCE DES CAVITÉS.
- OCTOBRE 1924.
- TABLEAU D’EXPÉRIENCES (/«•« Série.)
- DISPOSITION DE EXPÉRIENCE fîg. i l ou 12) VOLUME DE L’ENCEINTE DÉDUCTION FAITE DU VOLUME DU TUYAU FRÉQUENCES OBSERVATIONS
- Fig. 11. 12 litres 183 Son intense et de bonne qualité.
- — 8 — 184 —
- — 6 — 186 Son de médiocre qualité.
- — 4 — 189 Son étouffé.
- Fig. 12. 0,700 — 600? Son très mauvais et instable.
- Fig. 11. 12,5 — 217 Son intense et de bonne qualité.
- — 8 — 218 id.
- — 6 — 219 id.
- — 4 — 222 Son médiocre et faible.
- Fig. 12. 0,800 — 733? Son très mauvais et instable.
- Fig. 11. 12,3 — 322 Son intense et de bon ne qualité.
- — 8 — 325 Son d’assez bonne qualité.
- — 4 — 338 Son médiocre.
- Fig. 11. 13 — 430 Son intense et de bonne qualité.
- — 8 — 429 id.
- — 6 — 430 id.
- — 4 — 429 id.
- Fig. 12. 0,900 — 439 Son médiocre et assez instable.
- Fig. 11. 12 — 436 Son un peu modifié. La longueur de ce tuyau ouvert n’a pas permis de réduire le volume par introduction d’eau dans la caisse.
- Fig. 11. 12 — 865 Son de bonne qualité et intense.
- — G 872 Son un peu modifié.
- NATURE DU TUYAU
- Bourdon fa$ 181 V = 0,88 litre.
- Bourdon la 215,^ V = 0,52 litre.
- Bourdon mi 322,\ V = 0,23 litre, \
- Bourdon la 430, V = 0,135 litre.
- Prestant la 430, V = 0,39 litre.
- V = 0,10 litre.
- Deuxième série d'expériences. — Les expériences consignées dans le tableau précédent confirment assez bien les prévisions théoriques exposées pages 681 et suivantes. Je dois ajouter que les observations furent difficiles, et que les résultats, tout en conservant qualitativement leur sens, présentent quantitativement un peu d’incertitude, malgré les précautions prises. Il s’agit de dégager l’influence d’un volume sur le son d’un tuyau; or d’autres facteurs influent, par exemple, le voisinage d’une paroi. Ainsi un tuyau placé dans l’angle dièdre formé de deux parois rectangulaires indéfiniment prolongées ne donne pas sa note juste, bien qu’aucun volume n’entre ici enjeu.
- Le bourdon fa ÿ 181, collé au fond d’un dièdre droit, l’ouverture tournée
- p.686 - vue 686/899
-
-
-
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 087
- vers l’espace libre, donne 180,5 vibrations par seconde; une planche approchée de l’ouverture à 4 cm de distance abaisse la fréquence à 180.
- Le voisinage d’une paroi rend donc le son plus grave. Rien d’étonnant à cela, puisque la masse gazeuse en mouvement, au sortir de la lumière est augmentée, par l’existence d’une sorte de vestibule situé entre elle et l’air illimité.
- Les parois qui constituent une enceinte n’agissent donc pas seulement à raison du volume qu’elles limitent ; il y a deux effets de sens opposé :
- 1° un relèvement de la note dû à l’élasticité de l’air et dont le mécanisme est expliqué pages 681 et 682;
- 2° un abaissement de la note causé par le voisinage des dites parois.
- L’effet global résulte de la superposition de ces deux phénomènes. Afin d’éviter le second, il est bon qu’aucune paroi ne se trouve à une distance de l’embouchure moindre que le diamètre du tuyau.
- Même ces précautions prises, on n’est pas sûr que la forme de l’enceinte n’influe pas en même temps que son volume. Il m’a donc paru opportun de faire une autre série d'expériences dans lesquelles l’enceinte serait cette fois de hauteur constante, au moins égale à celle du tuyau, mais dont on ferait varier la section pour modifier le volume. Le procédé opératoire si simple, qui consistait à réduire la capacité de l’enceinte par introduction d’eau ne convient plus.
- Je fis construire une caisse prismatique à hase carrée dont la longueur était légèrement supérieure à celle du plus grand tuyau. Pour réduire la section j’introduisais des jeux de planches ajustées de manière à augmenter progressivement l’épaisseur de la paroi (fig. 13).
- Le volume total de la caisse était de 13,8 litres; il était réduit à 7,1 litres après introduction du premier jeu de planches, et à 2,6 litres après introduction du second jeu. Des jeux incomplets donnaient des volumes intermédiaires.
- Comme pour les expériences précédentes, le tuyau recevait le vent de la soufflerie ; l’air en excès s’échappait par une ouverture; une tubulure traversant la paroi et reliée à l’oreille de l’observateur permettait l’audition.
- On verra par le tableau suivant que les résultats concordent assez bien avec ceux du tableau qui précède. Il semble donc, sans aucun doute, qu’une enceinte entourant un tuyau, en modifie le son, et que la modification est due en partie au volume de l’enceinte.
- lobe relie à la.
- Fig. 13.
- p.687 - vue 687/899
-
-
-
- G88
- RESONANCE DES CAVITÉS.
- OCTOBRE 1924.
- Nature des tuyaux. — Ces nouvelles expériences portèrent sur les tuyaux suivants :
- Bourdon fa # 181 (déjà noté) volume vibrant 0,88 litre Bourdon la 215 — — 0,52 —
- Bourdon la 430 — — 0,13 —
- Prestant la 430 — — 0,39 —
- Trompette la 430 (tuyau à anche battante, longueur totale 40 cm ; volume de la colonne d’air vibrante 0,180 litre).
- TABLEAU D'EXPÉRIENCES (2e Série.)
- VOLUME
- NATURE DU TUYAU DE L’ENCEINTE TUYAU DÉDUIT FRÉQUENCES OBSERVATIONS
- Bourdon fa% 181, 12,7 litres. 182 Son de bonne qualité.
- 6 — 184 id.
- V = 0.88 litre. 1.3 — 191 Son médiocre.
- ] 3 i Bourdon la 215, \ V = 0,52 litre. ) J-J - 216 Son de très bonne qualité.
- 217 221 Son de bonne qualité. Son médiocre.
- Bourdon la 430, r 13,7 — 429 Son de très bonne qualité. id.
- V = 0,1.3 litre.
- f 2 435 Son un peu moins bon.
- Prestant la 430, J 13.3 — 428 Son de très bonne qualité.
- V 0.39 litre. ' G.6 — ' 2.1 - 430 443 id. Son médiocre.
- Trompette la 430. V = 0,18 litre. 1 ( 13,G — j 6.9 — 430 430 Son de très bonne qualité. id.
- 433 Son médiocre.
- D. B ÉSUETATS. 1. De 1’ ensemble des deux séries d’expériences ainsi
- ([ue des expériences préliminaires exposées pages 681 et 682, il ressort qu’un tuyau résonnant dans une enceinte limitée donne une note différente de sa note juste quand il parle dans l’air indéfini. La modification est fonction du volume de l’enceinte et varie en sens inverse du dit volume. Quand l’enceinte est petite, le son est toujours plus haut. Quand l’enceinte est grande, le son peut être soit relevé, soit abaissé, ainsi qu’il a été expliqué précédemment.
- 2. La comparaison entre les deux derniers tableaux montre que la forme inllue également et que les enceintes de petites sections et de longueurs égales ou légèrement supérieures à celles des tuyaux modifient moins le son,
- p.688 - vue 688/899
-
-
-
- RÉSONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 689
- à volume égal, que les enceintes plus courtes et plus larges, sous réserve de la remarque ci-dessous (page 690).
- 3. Si l’on porte son attention sur les divers systèmes de tuyaux, on peut remarquer que les tuyaux ouverts à embouchure de flûte sont les plus sensibles à la modification de hauteur étudiée dans ce mémoire (circonstance prévue théoriquement page 683). Les tuyaux à anche sont les moins sensibles à ces mêmes modifications. On conçoit en effet que l’élasticité propre de la languette introduit, dans le phénomène complexe étudié, un terme constant, absolument indépendant des variations de volume.
- il ressort de ce tableau qu'un tuyau fermé résonne très bien dans un volume au moins égcd à 25 fois le volume de la colonne d'air vibrante.
- Or la loi de similitude nous oblige à prendre, pour des tuyaux semblables des enceintes semblables, de dimensions homologues proportionnelles aux longueurs des tuyaux.
- Pratiquement les divers tuyaux d’un même jeu ne sont pas semblables. Les facteurs d’orgues ont des raisons pour ne pas faire varier les diamètres dans les mêmes proportions que les hauteurs. Ainsi les auteurs spéciaux conseillent de choisir les sections dans le rapport de 1 à 3 pour 2 tuyaux à l’octave l’un de l’autre (au lieu de 1 à 4). Les volumes varient donc par octave de 1 à 6, au lieu de 1 à 8.
- Nous conserverons pratiquement la même règle et admettrons que le moindre volume dans lequel un tuyau résonne très bien est égal à 25 fois son volume vibrant.
- Ceci conduit aux volumes suivants pour les ut des octaves en usage dans les orgues (diapason de la gambe).
- Notes des bourdons. utm U tu 111128 WCl2
- Diamètres (centimètres) 29 16,7 9,6 3,6 3,2
- Volumes vibrants (litres) 144 24 4 0,66 0,11
- Volumes des enceintes (litres). . . 3.600 600 100 16,66 2,77
- Ces nombres sont notablement inférieurs à ceux de la série obtenue avec des boites plus courtes que les tuyaux.
- Ce sont ces nombres qui nous intéressent et non pas les autres, pour l’application que nous avons en vue.
- Pour des tuyaux ouverts, à embouchure de flûte, on peut formuler la même règle. Comme les tuyaux correspondants sont de longueur double, il suffit de conserver aux boîtes la même section, leur volume se trouve doublé en même temps que leur hauteur.
- Quant aux tuyaux à anche, quoique faisant partie de la catégorie des tuyaux ouverts, ils sont moins sensibles que les autres à l’influence d’une enceinte extérieure.
- Tome 136. — Octobre 1924.
- 48
- p.689 - vue 689/899
-
-
-
- 690
- RESONANCE I)ES CAVITÉS. — OCTOBRE 1924.
- A égale fréquence, ils pourront jouer dans la série des volumes indiquée comme convenant aux tuyaux fermés.
- Bien entendu, tous ces tuyaux devront être accordés en caisse.
- Remarques importantes relatives a l’intensité des sons.
- Les modifications des hauteurs seront pratiquement plus faibles que celles consignées sur les tableaux. En elfet, si l’on veut que le son répandu dans l’air extérieur à l’enceinte ait une grande intensité, il faut que le canal de communication soit de très large section, de telle sorte qu’il n’est plus permis de considérer, même approximativement, que le tuyau résonne dans une enceinte de volume limité.
- On observe alors, suivant les positions du tuyau dans sa caisse et de
- Fig. 14. Fig. 15.
- l’ouverture de sortie des ondes sonores dans l’air extérieur, des variations considérables dans l’intensité et dans la qualité du son.
- Par exemple (fig. 14), lorsqu'un tuyau a son extrémité fermée près du fond de la caisse et que l'orifice de communication avec Vextérieur se trouve sur le fond opposé, le son est presque éteint. L’explication de ce phénomène est très simple. La lumière L est la source sonore proprement dite. Les ondes qui en émanent se dirigent vers les deux bases et s’y réfléchissent. La base supérieure ne donne qu’une réflexion très atténuée, la large ouverture qui s’y trouve empêche la formation d’un nœud. Au contraire, la base B, opposée à la lumière L, donne une réflexion quasi parfaite. Nous avons donc interférences entre lés ondes allant directement de L à O et celles qui suivent le chemin L B O. Or on sait que la longueur d’un tuyau fermé, comptée depuis le fond jusqu’à la lumière, est un peu inférieure au 1/4 de la longueur d’onde du son rendu. La position de la figure est telle qu’il y a juste une
- p.690 - vue 690/899
-
-
-
- RESONANCE DES CAVITÉS ET FONCTIONNEMENT DES TUYAUX EN ESPACE LIMITÉ. 691
- différence de marche de^entre les deux ondes qui interfèrent en O; ceci
- explique le mauvais résultat obtenu.
- Si au contraire la distance du fond B à l’ouverture L est quasi nulle ou bien égale à une demi-longueur d’onde, il y a concordance de phase entre les deux systèmes de vibrations qui arrivent en O, et le son émis dans l’air extérieur est remarquablement bon et intense. Pratiquement, s’il s’agit d’un orgue, les tuyaux sont placés le cône en bas. Il est naturel de prévoir l’ouverture de dégagement des ondes en haut de l’enceinte. IL faudra éviter avec le plus grand soin que la distance L D se trouve égale au 1 /•£ de la longueur d'onde du tugau correspondant, faute de quoi ce tugau résonnerait très mal.
- On aura le choix entre deux dispositions :
- 1° diminuer LB le plus possible, c’est-à-dire raccourcir à l’extrême limite le pied du tuyau;
- 2° au contraire, allonger LB, c’est-à-dire le pied de chaque tuyau et lui donner une longueur juste égale à une demi-longueur d’onde (Disposition admissible pour les petits tuyaux, inadmissible pour les grands).
- En terminant ce travail, je désire exprimer à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, mes vifs remerciements pour son bienveillant accueil et le concours qu’elle m’a aimablement offert.
- F. Charron,
- docteur ès sciences, professeur à l'Unicersitè d’Angers.
- p.691 - vue 691/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNCOUR. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — OCTOBRE 1924.
- L'OUTILLAGE MODERNE
- DANS L'INDUSTRIE DES CONSERVES ALIMENTAIRES
- Avant la guerre on ne fabriquait et ne consommait en France qu’une quantité relativement faible de conserves : sardines, tbon à l’huile, champignons, petits pois, haricots verts, foie gras, truffes. La qualité de nos produits avait une réputation incontestée de tenue excellente, de goût parfait.
- Le nombre des usines de conserves que nous possédions en 1914 était d’environ 1.500. Leur outillage était simple, la main-d’œuvre abondante et peu coûteuse. Les recettes traditionnelles assuraient la prospérité de la plupart des maisons. Il n’y avait pas de technique rationnelle et, sauf pour les quelques dizaines d’usines importantes, on ne pouvait pas dire qu’il existait une véritable industrie des conserves alimentairee.
- La période de guerre a fait naître des fabrications improvisées. La facilité de vente de tous produits, même de qualité inférieure, a permis à bon nombre d’entre elles d’évoluer pour devenir de véritables usines. Après l’armistice, les acheteurs habituels sont devenus plus exigeants. Une terrible crise de transports est venue compléter le marasme subi par leurs affaires. Le public a refusé les produits de mauvaise qualité pour ne plus accepter que des produits parfaits. Un grand nombre de ces fabriques ont dû fermer leurs portes et disparaître. Néanmoins nous pouvions compter plus de 7.000 usines de conserves en France en 1919. Le temps des recettes traditionnelles prenait fin. La science mystérieuse et tyrannique des chefs cuiseurs était ébranlée.
- La main-d’œuvre naguère si abondante, docile, fidèle et peu coûteuse, n’existait plus. Les fabricants qui voulaient affronter les luttes économiques qui se préparaient plus rudes que jamais ont dû accepter pour leurs fabrications, une technique rationnelle. L’industrie des conserves alimentaires était née.
- Bientôt l’usine deviendra un centre de recherches agricoles, conduites
- (I) Communication faite en séance publique par l'auteur, le 26 février 1921. Le texte de cette communication a été complété et mis à jour.
- p.692 - vue 692/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves.
- 693
- scientifiquement car le choix des matières premières et la régularité de l’approvisionnement l’imposent.
- Elle sera un champ d’expériences, nouveau pour trouver l’utilisation la plus avantageuse des déchets, marcs de fruits, déchets de sardines, graines, fanes et épluchures de légumes, graisses, os, tendons, parties cartilagineuses des viandes.
- Les procédés de travail subiront une transformation radicale et rapide comportant l’emploi systématique de machines à grand rendement, de transporteurs, élévateurs par lesquels le rôle actif de l’ouvrier sera réduit au minimum.
- L’outillage qu’exige cette industrie qui vient de prendre un essor brutal et particulièrement vigoureux est des plus variés. Il est très original et bien que les besoins soient impérieux, peu d’usines de constructions mécaniques furent disposées à mettre sur le marché les appareils spéciaux au traitement des fruits et des légumes.
- La diversité des types d’appareils requis : écosseuses, ventilateurs-nettoyeurs, cribles diviseurs, cuiseurs continus, emboîteuses, dénoyauteuses, équeuteuses, égrappeuses, laveurs, broyeurs, hachoirs, concasseurs, tami-seuses, raffineuses, séchoirs, appareils à cuire sous vide, appareils de concentration, peleuses, étrogneuses, zesteuses, calibreurs, machines à couper, bassines, autoclaves, etc., etc. ne permettait d’ailleurs pas l’improvisation rapide de l’outillage permettant la construction de ces appareils Seules, les maisons qui avaient consacré leurs efforts à l’élaboration du matériel rudimentaire qui était jadis nécessaire ont pu suivre et aider puissamment à l’évolution de l’industrie des conserves alimentaires.
- Une seule maison avait osé, bien avant la guerre, entreprendre, grâce à des conceptions hardies et originales, l’étude et la construction de ces machines variées. Elle avait trouvé des débouchés à l’étranger où l’industrialisation de ces fabrications était plus avancée qu’en France.
- Elle fut ainsi apte à répondre instantanément aux exigences nouvelles et fut un des facteurs les plus puissants du maintien en France de l’industrie des conserves alimentaires, devenue subitement grande pendant la guerre. Cette maison a acquis de ce fait une notoriété intéressante par la diversité et l’originalité de ses constructions. C’est la maison Navarre de Paris qui naquit avec la machine à écosser les petits pois.
- Nous allons examiner très rapidement cet outillage. Tout d’abord, il y a lieu de séparer ces machines en deux catégories :
- 1° Celles qui interviennent dans les manutentions et les opérations localisées dans la préparation des fruits et légumes avant la conservation proprement dite, c’est-à-dire la cuisson et la stérilisation;
- p.693 - vue 693/899
-
-
-
- 694
- CONSERVES ALIMENTAIRES.
- OCTOBRE 1924.
- 2° Celles qui apportent un mode nouveau de préparation et qui recèlent un processus de fabrication.
- 1er Catégorie. — Dans la première catégorie, nous trouvons :
- L'écosseuse : Son but est l’écossage mécanique des pois et des flageolets.
- Son principe est simple; un trommel en tôle perforée de trous ronds porte en saillie vers l’intérieur et suivant 12 génératrices, des baguettes de bois de 3 à 4 cm d’épaisseur dont la section droite comporte une ligne sinueuse. Ces baguettes sont appelées « battes ». Sur l’axe de ce trommel est monté un tambour plein sur lequel, en saillie vers l’extérieur, sont fixées sur champ des lamelles de bois de 10 cm de hauteur, disposées en hélice. L’écartement de ces lamelles, désignées sous le nom de contre-battes, par rapport aux « battes », va en décroissant depuis le côté d’entrée des produits jusque vers la sortie. Ce tambour contre-batteur tourne sur l’axe ainsi que le trommel extérieur, tous les deux dans le même sens mais à des vitesses différentes.
- La disposition en hélice des contre-battes, assure l’acheminement des pois d’une extrémité à l’autre de la machine; ils sont en même temps roulés et pressés entre les contre-battes et les battes, reproduisant ainsi les opérations que nous faisons à la main pour écosser des pois. Les grains se détachent de la cosse et sont projetés par la force centrifuge contre la tôle perforée du trommel à travers laquelle ils passent, tandis que les cosses vides sont éjectées à l’extrémité de la machine sur un secoueur qui permet la récupération des grains entraînés. Ceux-ci tombent sur une toile sans fin humide qui s’enroule vers le haut sur un rouleau. Les déchets adhèrent à la toile et sont montés avec celle-ci; ils seront éliminés par une brosse circulaire qui brosse le brin libre de la toile à la partie inférieure. Les grains ronds, au contraire, roulent vers le bas où ils sont recueillis.
- Le rendement de ces machines atteint 4.300 kg à l'heure de pois en cosses, effectuant le travail de 1.300 femmes au minimum.
- Un type de machine encore plus perfectionné permet de faire le travail d’écossage non plus avec des pois cueillis mais des pois fauchés qui sont introduits dans l’appareil avec tiges et feuilles. Le principe est le même mais avec des variantes quant à la forme des « battes » et des contre-battes.
- Le ventilateur-nettoyeur permet de débarrasser les pois des déchets et des pédoncules qui attachent les grains aux cosses, particulièrement pour la catégorie des pois extra-fins. En même temps, il assure la séparation des grains trop gros.
- Cet appareil est constitué par une série de tables à secousses inclinées et perforées de trous aux dimensions décroissantes. Les pois traversent ces
- p.694 - vue 694/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves.
- 695
- tables en se séparant des hors-cribles et des déchets volumineux, tombent dans une chambre parcourue par un courant d’air violent créé par un ventilateur. Les pois sont reçus dans une caisse, les déchets sont emportés par le vent.
- Le crible-diviseur sert à la classification des pois, des flageolets, des champignons, des cornichons, des câpres. C’est un cylindre légèrement incliné, en tôle perforée. La dimension des trous va en augmentant depuis la partie haute, entrée, jusqu’à la partie basse, sortie. Un bassin en tôle comporte des séparations correspondant aux différentes dimensions assurant ainsi la séparation des différentes catégories.
- Le cuiseur continu pour légumes. — Un bassin de section rectangulaire est rempli d’eau chauffée par des barboteurs de vapeur. Un cylindre en tôle perforée baigne jusqu’à moitié de sa hauteur dans cette eau chaude. A l’intérieur de ce cylindre, des spires en tôle assurent l’acheminement des légumes, d’une extrémité à l’autre du bassin rectangulaire qui est compartimenté dans le sens de sa longueur, afin d’assurer un chauffage ou une cuisson progressive en maintenant des températures échelonnées dans les différents compartiments. Pour que les légumes franchissent ces séparations, la dernière spire est arrêtée à 20 cm environ de la cloison et 4 godets fixés au cylindre et convergeant sur l’axe, assurent le ramassage des légumes qui glissent vers le centre dans un entonnoir de déversement dans le compartiment suivant. La vitesse du cylindre, qui détermine le temps de séjour, et l’arrivée de vapeur, qui influe sur la température, sont les deux facteurs réglables qui permettent d’agir à volonté sur le degré de cuisson.
- Les emboîteuses sont les appareils les plus complexes à cause de la multiplicité des mouvements qui doivent être synchrones et des réglages divers qu’ils doivent permettre, pour effectuer le remplissage des formats de boîtes très divers quant à la forme et à la capacité.
- L’emboiteuse à pois, par exemple, permet le dosage volumétrique successif des pois en grains et de la saumure. Un chemin de roulement muni de guides latéraux assure la direction des boîtes qui sont poussées chacune par un index porté par une chaîne à rouleaux entraînée par des pignons commandés par une croix de Malte que met en mouvement un jeu de galets excentrés par rapport à l’axe de rotation. Ainsi les boîtes marquent un premier temps d’arrêt sous la trémie à pois. Celle-ci est reliée par un joint de caoutchouc très épais sur les organes de distribution et de dosage. Ce dispositif permet l’ébranlement de la trémie sous l’influence des chocs qu’elle reçoit par deux tampons caoutchoutés portés par deux tiges mues par
- p.695 - vue 695/899
-
-
-
- 096 CONSERVES ALIMENTAIRES. — OCTOBRE 1924.
- un excentrique et rappelées par un ressort de liaison. De ce fait, les pois cuits qui sont toujours un peu collants, n’adhèrent pas aux parois. Une tige en tire-bouchon qui tourne au centre de la gonlotte de la trémie, complète cette sécurité et facilite l’écoulement des grains ou des morceaux vers l’organe de distribution. Celui-ci est constitué par une chambre cylindrique à coulissement ce qui permet de faire varier sa capacité, et un double jeu de tiroirs assure la communication et l’isolement, d’une part avec la trémie et d’autre part, avec la boite.
- Au moment de l’arrêt d’une boîte sous la trémie, il y a, par le simple jeu des tiroirs, transvasement par gravité des pois de la chambre cylindrique dans la boîte. Elle reprend son mouvement de translation pour s’arrêter sous l’orifice d’injection du jus. Une pompe à piston à course variable refoule dans la boîte la saumure aspirée dans un récipient qui est rempli à niveau constant par un robinet à flotteur. Pour éviter l’éclabloussement du jus hors de la boîte, un couvercle, percé d’un orifice central, commandé par une came et rappelé par deux ressorts, vient s’appliquer sur la boîte pendant le remplissage. Ce couvercle est levé pour laisser se continuer le mouvement de la boîte qui est ainsi conduite à la table d’approvisionnement des sertisseuses.
- L’emboîteuse à pois permet un débit de 2.000 boîtes à l’heure. Elle économise une main-d’œuvre importante et difficile à trouver parce que devant être précise et consciencieuse; elle a en outre le grand avantage de doser rigoureusement la quantité du produit mis en boîte. C’est là une très grande économie pour le fabricant qui ne peut pas avoir la prétention de faire peser chaque boîte; le débit de son usine, la précipitation avec laquelle ces innombrables pesées seraient faites sont incompatibles avec l’emploi d’une balance qui n’est pas un appareil à équilibre instantané. Il doit donc se contenter d’une mesure au jugé. Le désir de satisfaire sa clientèle ou la crainte des poursuites correctionnelles lui feront adopter une appréciation large. Pour chaque journée de fabrication importante, un poids très important de produit précieux n’est pas vendu mais donné.
- Lîemboîteusc à produits fluides, semi-pâteux ou pâteux tels que : purée de tomates concentrée ou non, épinards, confitures, moutarde, graisse, gelée, etc. a le même dispositif d’entraînement des boîtes.
- Une pompe à piston, aspirante et foulante, à course variable, débite dans un cylindre horizontal à l’intérieur duquel se meut un boisseau creux qui obture et ouvre simultanément les orifices d’aspiration et de refoulement ou inversement. Suivant la nature des produits, on munit les orifices de brise-jets de divers modèles. Le débit de cet appareil atteint 12.000 boîtes à l’heure.
- p.696 - vue 696/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves.
- 697
- Pour le travail des légumes, nous citerons parmi les machines les plus importantes, les laveurs à épinards qui assurent un lavage par agitation des feuilles, un débourbage, un rinçage et un égouttage; les laveurs à toile sans fin par aspersions d’eau de chaque côté de la toile métallique sur les produits transportés par celle-ci. Nous signalerons aussi les broyeurs aux types multiples : à griffes, à cylindres ondulés, à vis comme ceux qui sont couramment employés pour la viande.
- Les machines à macédoine permettent de découper suivant des filières aux dessins variés, les légumes les plus divers.
- Cette machine découpe les légumes en tranches minces qui sont amenées automatiquement sur la filière où descend un poussoir mû verticalement, qui découpe à l’emporte-pièce, les tranches ainsi placées.
- L’appareil pour la fabrication des juliennes est constitué par un disque vertical muni suivant les rayons, de couteaux dont la lame est séparée du disque par des peignes qui viennent ainsi hacher et découper en même temps, en lamelles très minces, les légumes entassés dans la trémie d’alimentation qui est placée sur le diamètre horizontal.
- Traitement des fruits. — Pour le traitement des fruits, nous limiterons notre examen aux seules machines qui résultent d’une originalité de conception ou de réalisation. Parmi celles-ci, la dénoyauteuse qui doit enlever les noyaux tout en laissant aux fruits leur forme primitive.
- Elle est constituée par un cylindre en aluminium percé d’alvéoles profondes de forme ellipsoïdale pour permettre le placement automatique du fruit dans l’alvéole. La partie inférieure de celle-ci est percée d’un trou circulaire pour laisser s’échapper le noyau. Ce cylindre est animé d’un mouvement de rotation alternatif grâce à la commande par croix de Malte. Pendant l’arrêt du cylindre, les fruits qui se trouvent dans les alvéoles tracées sur la génératrice supérieure sont dénoyautés par la descente verticale pendant l’arrêt, d’une plaque parfaitement guidée qui porte les outils de dénoyautage; ceux-ci sont constitués par une aiguille dont la section est une croix ou par un faisceau de pointes ou encore par une tige terminée par une étoile tranchante.
- Pour que les fruits ne soient pas abîmés pendant que s’exerce sur eux la pression de l’outil qui chasse le noyau, ils appuient sur des rondelles de caoutchouc perforées au centre et qui sont enchâssées dans une plaque de bronze qui est exactement placée au-dessous de la génératrice supérieure; par conséquent, les caoutchoucs se trouvent sous les fruits, les soutiennent pendant l’effort de pression que produit l’aiguille qui élimine le noyau. Ce
- p.697 - vue 697/899
-
-
-
- CONSERVES ALIMENTAIRES.
- OCTOBRE 1924.
- 098
- noyau est évacué par l’orifice central; le caoutchouc retient la pulpe qui pourrait être entraînée par adhérence et referme les lèvres béantes du fruit dénoyauté.
- Le cylindre à alvéoles est alimenté par une trémie; un jeu de brosses circulaires assure la bonne répartition des fruits dans les alvéoles et interdit l’accumulation de plusieurs dans l’une d’elles.
- Le rendement des machines les plus fortes, atteint 800 kg à l’heure, compté en cerises par exemple, mais il existe des dispositifs spéciaux permettant le dénoyautage de fruits qui doivent être en même temps séparés en oreillons. L’outil de dénoyautage est alors constitué par une lame tranchante dont l’axe est renforcé et se termine à la partie inférieure par une étoile afin de bien saisir le noyau. Les alvéoles comportent une fente dans laquelle glisse le couteau qui détache ainsi en deux parties ou plus suivant les cas, les fruits dénoyautés.
- Cette dénoyauteuse est très souvent munie d’une embouteilleuse automatique lorsque les fruits dénoyautés doivent être conservés au naturel.
- Cette embouteilleuse est accouplée à une table à secousses que porte la machine à dénoyauter et qui assure l’évacuation des fruits tombant naturellement des alvéoles lorsque celles-ci arrivent à la partie inférieure du cylindre. Cette table est creusée de canaux divergents qui assurent la distribution des fruits aux orifices extrêmes sous lesquels les flacons sont fixés par un accrochage spécial.
- L’une des plus récentes machines pour l’élaboration de laquelle de nombreuses recherches avaient été faites, est /’équeuteuse à cerises. Le principe qui a permis de réaliser une machine donnant toute satisfaction est le suivant :
- Séparation pour l’équeutage des cerises réunies en bouquets d’avec les cerises isolées. Pour cela, les fruits, distribués sur une table inclinée à secousses, tombent sur un tapis pourvu de lamelles d’aluminium portant en saillie des crochets en bronze. Ce tapis sans fin vient s’enrouler en montant et il reçoit les fruits amenés par la table à secousses. Les cerises isolées roulent vers le bas malgré les crochets tandis que celles qui sont réunies par deux ou trois, sont retenues par les crochets et montées vers la partie supérieure du tapis où une brosse circulaire tournant à très grande vitesse assure l’équeutage en arrachant les fruits. Un arbre à broches débarrassera la brosse en question des déchets ou des queues qui, très rapidement, neutraliseraient son action.
- Les cerises non équeutées par ce système tombent sur un deuxième tapis incliné, en aluminium aussi, comportant des alvéoles; les fruits se logent
- p.698 - vue 698/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves.
- 699
- dans celles-ci et ce tapis vient les déverser sur un châssis constitué par des goulottes à section triangulaire. Ce châssis n’est pas incliné suffisamment pour que les cerises roulent par gravité et c’est alors qu’un jeu de brosses rectilignes porté par une chaîne sans fin, produit l’évacuation des fruits vers le bas du châssis en les faisant rouler, parce que les brosses ne les attaquent qu’à la partie supérieure. La distribution des fruits par le tapis à alvéoles sur le châssis à goulottes et le passage des fruits sont synchrones: ainsi, chaque fruit est obligé de rouler dans la goulotte qui l’a reçu. La partie inférieure de cette goulotte est évidée et au-dessous se trouvent deux rouleaux métalliques cannelés qui attrapent la queue du fruit qui, inévitablement au cours du trajet, s’est présenté dans la partie inférieure de la goulotte, puisque le fruit n’est descendu qu’en roulant. Le travail est fait sans que le fruit ait à souffrir et le pourcentage des queues restantes est insignifiant.
- La construction de cette machine est remarquable comme précision et comme mécanisme. Son rendement atteint 800 kg par heure. Elle remplace-une main-d’œuvre importante et permet avec la dénoyauteuse et l’embou-teilleuse, de faire le travail absolument automatique de la conservation des cerises au naturel ou au sirop.
- La machine à égrapper les cassis ou les groseilles repose sur le même principe que le système d’équeutage des bouquets de cerises, c’est-à-dire qu’un tapis incliné sur lequel sont déversées les grappes, entraîne celles-ci. Un jeu de brosses circulaires et de broches arrachent les rafles et rejettent les grains; ceux-ci étant sphériques ne sont plus remontés par le tapis et roulent vers le bas où ils sont reçus.
- Dans la fabrication des marrons glacés, un autre appareil mérite notre attention ; c’est celui qui permet d'enlever la deuxième peau qu’on peut difficilement enlever à la main sans craindre d’abîmer les côtes du marron et de produire des déchets considérables.
- Cette machine est constituée par un tambour vertical fixe bouché à la partie inférieure par un fond horizontal qui tourne à grande vitesse. Les marrons, débarrassés de leur écorce externe sont introduits dans la machine en même temps qu’un jet d’eau très chaude; ils sont projetés vers les parois du cylindre vertical qui porte en saillie vers l’intérieur, des baguettes de bronze à arêtes vives. Les fruits roulent les uns sur les autres, se heurtent aux obstacles créés par ces baguettes et laissent la pellicule qui les recouvrait encore sans qu’il y ait de déchets qui, a priori, paraissent inévitables.
- Une des plus anciennes machines employées pour le traitement des
- p.699 - vue 699/899
-
-
-
- 700
- CONSERVES A L IM E N TA IRES.
- OCTOBRE 1924.
- fruits, est la tamiseuse centrifuge, vulgairement appelée passoire. Elle permet de séparer la pulpe des fruits tendres d’avec la peau et les pépins.
- Cette machine est constituée par un cylindre horizontal perforé à la partie inférieure. L’axe de ce cylindre porte des croisillons sur lesquels sont fixées des harres de bois munies de caoutchouc vers la périphérie. Ces barres sont disposées en hélice pour assurer l’entraînement des fruits d’une extrémité à l’autre de l’appareil et l’écartement des caoutchoucs par rapport au cylindre extérieur, va en décroissant depuis l’entrée jusqu’à la sortie.
- Les fruits chassés par la force centrifuge contre les parois du cylindre, sont comprimés par les batteurs en même temps qu’ils subissent un écrasement et un arrachement qui séparent la pulpe d’avec les déchets. La pulpe passe par la perforation fine du cylindre tandis que les déchets sont évacués vers la sortie.
- Le débit de certaines de ces machines, atteint 7.000 à 8.000 kg de fruits traités à l'heure. Il en est ainsi, par exemple, pour la tomate. Les déchets sortent complètement épuisés et la pulpe peut être traitée immédiatement par cuisson ou passée dans un deuxième appareil du même principe que le premier, mais muni d’une perforation beaucoup plus fine, d’un nombre plus grand de batteurs et tournant à plus grande vitesse, que l'on désigne sous le nom de raffineuse.
- Nous citerons pour mémoire, les machines à peler et à étrogner qui r.ont d’une conception très ingénieuse et qui réalisent à la fois plusieurs mouvements très heureusement combinés : les machines à couper en quartiers, en rondelles, les appareils pour calibrer et les zesteuses.
- 2e Catégorie. — Nous n’insisterons pas sur les appareils de manutention proprement dits tels que : convoyeurs, transporteurs, élévateurs, séparateurs, et nous passerons immédiatement à l’examen des appareils de la deuxième catégorie, c’est-à-dire de ceux qui ont apporté récemment une innovation dans l’industrie particulière qui nous intéresse ou qui comportent en eux-mêmes un nouveau processus de fabrication.
- Tout d’abord les appareils de concentration sous vide profond. 11 est nécessaire pour emmagasiner sous un faible volume les jus de fruits, de les condenser à l’état sirupeux ou plutôt pour faciliter leur conservation et économiser les récipients onéreux qui sont habituellement employés pour les loger.
- Mais il y a lieu de respecter autant que possible les qualités originelles des jus primitifs, l’arome, et d’éviter le goût de cuit. Pour cela la concentration par ébullition sous la pression atmosphérique devait être supprimée, ce qui devait en outre produire une économie notable.
- p.700 - vue 700/899
-
-
-
- l’outillage mode une dans l’industrie des conserves.
- 701
- Il existe deux types d’appareils, ceux qui sont à marche discontinue et les appareils de concentration continue.
- Les premiers sont habituellement constitués par des vases de forme cylindrique ou ellipsoïdale et chauffés par double fond. Depuis longtemps ils sont employés en Italie sous le nom de « boule » ou « vacuum » ; malheureusement les résultats que l’on désire atteindre ne sont pas obtenus puisqu’il faut des appareils d’une très grande capacité pour pouvoir absorber le volume des jus frais qui, après concentration, doit donner une quantité suffisante pour recouvrir complètement la surface de chauffe. Sinon, il y a danger de caramélisation. Quelles que soient les précautions prises pour assurer une agitation mécanique, l’ébullition se fait au contact même de la surface métallique directement chauffée par la vapeur. Cette ébullition se produit par formation de bulles qui adhèrent à cette paroi métallique, grossissent, se détachent; mais pendant leur formation et leur développement sur la paroi métallique, elles constituent un isolant suffisamment parfait pour que la surface de chauffe ainsi recouverte par ces bulles soit portée à une température très haute et lorsque le liquide viendra après le départ des bulles de vapeur, au contact de ce métal, il y aura une surchauffe locale.
- Enfin, les tonnages importants qui doivent être traités pendant un laps de temps restreint et l’obligation de réduire la main-d’œuvre, imposent des appareils continus de grande puissance évaporatoire. Pour ces différents appareils, trois principes classent les différents modèles réalisés :
- 1° Le principe de grimpage qui consiste à assurer une circulation du produit dans les tubes verticaux d’un faisceau tubulaire. La circulation étant occasionnée par une vaporisation qui se crée à l’intérieur des tubes et qui entraîne le liquide au fur et à mesure que la vaporisation se continue. De ce fait, l’inco*nvénient que nous signalions pour les appareils discontinus se produit puisqu’il y a ébullition au contact de la paroi chauffée et la surchauffe est inévitablement produite.
- 2° Les appareils par détente adiabatique, c’est-à-dire ceux dans lesquels le liquide parcourt un serpentin ou un faisceau dans une chambre close chauffée directement par la vapeur II est alors soumis à une température plus haute que celle qui correspond à l’ébullition sous vide ; la surchauffe existe encore et ce sont les calories emmagasinées dans le liquide chauffé en vase clos qui amènent une vaporisation instantanée et partielle dans la chambre où vient déboucher le serpentin ou le faisceau tubulaire et dans lequel règne un vide profond. Pour ce deuxième type d’appareils, non seulement il y a surchauffe, mais encore la concentration est très certainement limitée, puisque la durée de la surchauffe l’est elle-même.
- Pour obtenir une concentration très forte en partant d’un liquide très
- p.701 - vue 701/899
-
-
-
- 702
- C O N SERVES A LIM E NT AIR E S.
- OCTOBRE 1924.
- aqueux, on est obligé de produire plusieurs passages dans l’appareil d’où manutention onéreuse et perte de temps considérable.
- 3° Il reste l’appareil de concentration permettant l’ébullition en surface libre et dans lequel le produit n’est jamais porté à une température supérieure à celle qui correspond à l’ébullition sous le vide qui règne dans l’appareil.
- Ce concentrateur du type « Navarre » est constitué par une calandre cylindrique en fonte émaillée au centre de laquelle se trouve un faisceau tubulaire laissant un espace annulaire suffisamment grand. Une caisse de détente munie d’un brise-mousses surmonte cette calandre; un bac à flotteur relié à l’appareil, permet de régler l’admission automatique du liquide en maintenant un niveau constant. Le liquide circule intra-tubes, la vapeur extra-tubes. Dès que la température d’ébullition est atteinte, il y a formation, par phénomène de thermo-siphon, d’un courant violent qui assure une circulation rapide dans l’intérieur des tubes vers l’espace annulaire et ainsi l’ébullition au contact des parois métalliques directement chauffées par la vapeur, est impossible. Il n’y a pas de surchauffe. La concentration se produit par l’ébullition en surface libre. Les vapeurs émises par le produit sont aspirées dans un ëjecleau-air condenseur qui, comme son nom l’indique, est une pompe à vide qui assure en même temps la condensation. Ce dernier appareil, permet la suppression de tout appareil de condensation barométrique ou à surface et simplifie considérablement l’installation. Son principe est le suivant.
- Une turbine munie d’aubes nombreuses éjecte l’eau à sa périphérie sous la forme de nappes ellipsoïdales qui présentent, d’une part les meilleures conditions d’équilibre avec le débit d’eau minimum et, d’autre part, la plus grande surface d’entraînement. Ces nappes d’eau sont éjectées à travers un diffuseur circulaire convergent-divergent, transformant ainsi la pompe en une multitude d’éjecteurs d’où grand volume engendré; et le fait d’entraîner le fluide par l’eau, assure la condensation instantanée lorsque ce fluide est de la vapeur. Il suffit d alimenter l’éjecteau-air avec de l’eau suffisamment froide et en quantité suffisante pour assurer la condensation instantanée qui permet de maintenir un vide profond.
- Les divers types d’appareils ont, pour les besoins de l’industrie qui nous concerne, des puissances évaporatoires respectives de 300, 1.000 et 2.000 kg de vapeur par heure.
- Pour certaines fabrications, cette concentration n’est pas suffisante ; elle ne permet en effet que d’obtenir l’état semi-pâteux. Lorsqu’il y a lieu de pousser plus loin l’évaporation, on a recours à des appareils finissseurs qui. font l’objet d’études nombreuses à l’heure actuelle.
- p.702 - vue 702/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves. 703
- Cuiseur à fruits pour la préparation des jus fermentescibles. — La législation actuelle permet la fabrication de l’alcool de bouche par la distillation des fruits tels que la pomme. La majeure partie des alcools extra-neutres qui sont livrés sur les marchés, provient en effet du traitement des pommes.
- Jusqu’à ces temps derniers le mode de préparation consistait à râper les pommes, à soumettre la râpure à l’effet des presses hydrauliques ou des presses continues. Dans le premier cas l’extraction ne pouvait pas être complète, il fallait procéder à des rémiages d’où manutention et main-d’œuvre coûteuse.
- Dans le deuxième cas, pour obtenir un rendement intéressant, on est obligé de diluer la râpure et par conséquent d’envoyer dans les cuves de fermentation des jus de trop faible densité, d’où une quantité d’eau énorme qu’il faudra évaporer au moment de la distillation.
- La préparation de ces jus fermentescibles a été essayée avec succès par la cuisson. Si ce procédé est employé seul, les inconvénients sont les mêmes que ceux signalés pour les presses- continues. En effet le fruit est dépulpé après cuisson par une tamiseuse centrifuge ou passoire; on obtient une pâte de pommes qui est trop consistante et trop chaude pour être envoyée directement à la fermentation. On serait obligé de diluer avec de l’eau, par conséquent de diminuer la densité des jus. Il suffit donc de combiner l’emploi des presses continues avec les cuiseurs pour obtenir le rendement maximum. La marmelade de pommes obtenue après cuisson et tamisage, est mêlée intimement avec les jus provenant des presses; ces derniers, trop froids, sont réchauffés du fait de leur mélange avec la pulpe bouillante et l’ensemble est ramené à la température la plus favorable pour la fermentation rapide. Celle-ci est d’autant plus active et complète qu’elle trouve dans la pomme cuite, un élément stérilisé où tous les sucres sont fermentescibles du fait de l’inversion qui a pu se produire dans le cuiseur en présence de la chaleur et du milieu acide naturel que constitue la pomme. L’emploi de ce système a permis d’économiser de 200 à 300 kg de pommes par hectolitre d’alcool pur fabriqué.
- L’installation est beaucoup plus simple que celle des presses; elle est deux fois moins coûteuse et le rendement de l’usine est considérablement augmenté puisque les jus à distiller sont d’un degré plus élevé et les mêmes appareils de distillation, d’épuration et de rectification, qui produisaient une quantité d’alcool déterminée, permettent d’obtenir un supplément très appréciable.
- Ce cuiseur est constitué par une virole cylindrique en cuivre dont la partie inférieure est munie d’un cône de diffusion de la vapeur. Les pommes fraîches sont entassées dans cette colonne verticale qui a plusieurs mètres
- p.703 - vue 703/899
-
-
-
- 704
- CONSERVAS ALI.M ENTAII!ES.
- OCTORRE 1924.
- de hauteur. La vapeur cuit les pommes de la partie inférieure et se condense au fur et à mesure qu’elle s’élève dans la colonne froide constituée par les fruits eux-mêmes. 15 kg de vapeur détendue suffisent pour assurer la cuisson de 100 kg de pommes et cette consommation de vapeur n’est pas supérieure à celle qu’il fallait consacrer jadis dans les cuves de fermentation pour porter les jus provenant des presses, à la température convenable pour avoir une bonne fermentation.
- Mai ’Ériee de confiserie. — Un matériel plus récent encore et qui a reçu déjà une consécration industrielle indiscutable, est celui qui permet la fabrication automatique et rapide des fruits confits.
- La confiserie des fruits est régie par les phénomènes osmotiques qui sont un échange à travers les cellules qui constituent la pulpe du fruit entre l’eau de végétation d’une part et les sirops au sucre et glucose dans lesquels baignent les fruits, d’autre part.
- Pour activer cet échange, on procède habituellement par façonnages successifs dont le nombre varie suivant la nature des fruits à confire.
- Le façonnage consiste à porter à une température voisine de l’ébullition le sirop dans lequel baignent les fruits qui ont été blanchis, au préalable. Ceux-ci perdent une partie de leur eau de végétation qui s’évapore puisque la tension de vapeur de ce jus de fruits est inférieure à celle du sirop dans lequel ils baignent; les fruits se flétrissent un peu, puis on les laisse refroidir ainsi que le sirop dans des terrines en grès. Au bout de deux ou trois jours, on recommence l’opération en augmentant le degré du sirop.
- La contiserie par cette méthode n’était complètement terminée qu’après avoir répété un nombre de fois plus ou moins grand l’opération décrite ci-dessus, suivant les fruits à traiter. De ce fait, la fabrication des fruits confits exigeait un temps très long, un personnel important, un matériel considérable et un encombrement assez grand puisque les terrines dans lesquelles on mettait les fruits au repos, ne pouvaient contenir au maximun que 5 à b kg de fruits.
- Il était donc naturel de chercher à perfectionner ce mode de fabrication et l'étude scientifique des facteurs physiques qui ont une influence reconnue sur les phénomènes osmotiques, tels que, par exemple, la pression, la température, la circulation des sirops, leur concentration, etc., etc. devait permettre de déterminer d’une façon rigoureuse les conditions dans lesquelles les phénomènes osmotiques seraient à l’état d’équilibre stable et se produiraient avec une très grande rapidité.
- La maison Navarre semble avoir résolu ce problème d’une façon très intéressante avec un matériel spécial, dûment éprouvé, qui permet d’effectuer
- p.704 - vue 704/899
-
-
-
- 705
- l’outillage moderne dans l’industrie des conservas.
- la confiserie des fruits en quatre jours, temps de blanchiment, de chargement et de déchargement des appareils compris. On peut traiter dans ces appareils une quantité importante : une tonne environ de fruits à la fois, à un prix de revient peu élevé du fait que les manutentions sont complètement supprimées et que les sirops sont régénérés automatiquement et peuvent ainsi servir à la mise au sucre de nouvelles fabrications; les déchets par conséquent, sont réduits au minimum.
- Enfin les fruits ont une tenue meilleure du fait qu’ils n’ont pas eu à subir comme dans la méthode des façonnages successifs, des dilatations et des contractions qui altèrent la bonne tenue de la pulpe.
- De plus, par une préparation toute spéciale des fruits, le massage, qui est, à notre avis, l’inconvénient le plus grand dans cette fabrication, se trouve fortement atténué.
- Séchage. — C’est un mode de conservation rationnel et économique. Il est rationnel parce que la conservation des fruits secs est assurée par simple asepsie, c’est-à-dire par leur état physique, consistance cornée ou pâteuse, et leur haute teneur en sucre ou extraits de natures diverses. On peut même améliorer la qualité des fruits en augmentant la teneur en sucre grâce à la transformation de l’amidon en glucose sous l’action de la chaleur et des acides tandis que la conservation par antisepsie est dangereuse pour la santé, celle par stérilisation altère le goût, la coloration et diminue la valeur nutritive des produits par la destruction des vitamines et des microorganismes vivants qui sont naturellement contenus dans les fruits et les légumes et qui facilitent leur assimilation dans notre organisme.
- Il est économique parce que le séchage peut puiser les calories qui sont nécessaires pour l’effectuer, dans l’utilisation des déchets de chaleur, des carneaux de cheminées, des chaudières à vapeur, des fours de toute nature, vapeur d’échappement des machines à vapeur et turbines thermo-siphons des cylindres de moteurs à gaz, etc.
- Enfin les produits secs n’exigent pas de récipients coûteux comme les boîtes de fer-blanc, dont le prix va en augmentant en fonction directe de la dépréciation de notre monnaie puisque en grande partie, nous sommes tributaires de l’étranger pour l’acquisition du métal. Ils peuvent être logés dans des boîtes en carton, dans des caisses.
- L’examen rapide des conditions thermiques du séchage et des différents procédés possibles permet de faire un choix judicieux pour le traitement des fruits et légumes parmi la multitude des différents séchoirs que nous trouvons dans les industries les plus diverses.
- Le fruit contient environ 80 p. 100 d’eau.
- Tome 136. — Octobre 1924.
- 49
- p.705 - vue 705/899
-
-
-
- 700
- CONSERVES ALIMENTAIRES.
- OCTOBRE 1924.
- Le travail à réaliser se décompose en trois opérations :
- a) transmission de la chaleur au produit à sécher ;
- b) vaporisation de l’eau;
- c) évacuation de la vapeur produite.
- Les procédés possibles :
- 1° séchage par action solaire:
- 2° séchage par transmission de la chaleur artificielle, sous vide profond, sous vide réduit, sous pression.
- Le premier procédé n’est généralement pas réalisable dans notre pays; il est lent; il ne peut pas être considéré comme vraiment industriel.
- Le deuxième procédé est à retenir; il offre des variantes suivant que la chaleur artificielle est transmise aux substances à sécher soit directement par un foyer, soit à l’aide d’un courant d’air chaud.
- A notre avis le seul procédé industriel pour les fruits c’est le séchage par air chaud.
- Le séchoir pratique est le séchoir à tunnel dans lequel le produit marche en sens inverse de l’air chaud afin que les fruits frais rencontrent au début l’air chaud et humide qui conserve à leur peau, ou à leur pulpe s’ils sont coupés, la souplesse afin que l’humidité intérieure trouve une issue facile. La dessiccation est continue.
- L’air chaud doit être fourni par un ventilateur; il peut ainsi être quantitativement dosé.
- La température doit pouvoir varier entre des limites très éloignées suivant la nature du fruit.
- Les fruits ne doivent pas être saisis par l’air à une température trop élevée à leur entrée dans le séchoir.
- Tout l’air envoyé doit être canalisé sur la matière à sécher.
- La rapidité de la dessiccation ne dépend plus que delà température de l’air et de la rapidité de son courant.
- Ces deux facteurs sont dans le séchoir à tunnel les deux éléments les plus accessibles si la source de chaleur a été convenablement choisie.
- Pour l’industrie des fruits et légumes, à cause des installations existantes et des soins particuliers que leur nature délicate exige, nous pensons que seul le chauffage de l’air par radiateur à vapeur est acceptable. On peut utiliser les vapeurs d’échappement. Le réglage est possible, la construction simple parce qu’il est aisé d’avoir une étanchéité absolue et un démontage facile. Il est économique par son entretien très minime, sa durée illimitée et on peut garantir son rendement.
- Pour l’établissement approximatif de l’importance d’un séchoir, il suffit de se reporter à la solution graphique du séchage donnée par M. Gaillet dans
- p.706 - vue 706/899
-
-
-
- l’outillage moderne dans l’industrie des conserves.
- 707
- son cours de physique industrielle. Ce mode de calcul est des plus simples et d’une approximation suffisante pour la pratique.
- La quantité q de chaleur nécessaire pour vaporiser I kg d’eau pris à température t et l’amener à T est :
- q = (606,5 + 0,303 T) — t Si t = 10° et T = 15°, q = 600 calories.
- Si un corps à sécher renferme P kg d’eau à évaporer et si V est le volume d’air à 15° qu’il faut faire passer sur ce corps pour obtenir le séchage désiré, d le poids du mètre cube d’air à 15° et a? l’abaissement de température de cet air (0,25 chaleur spécifique de l’air), on a
- V d x x 0,25 = P x 600
- On admet souvent l’air entrant dans le séchoir à un état hygrométrique égal à 1/3 et sortant à un état hygrométrique de 2/3. On construit les courbes AB et CD indiquant les quantités de vapeur contenues aux diverses températures dans 1 m3 d’air, les états hygrométriques étant de 1/3 et 2/3.
- Si on fait passer sur le corps 1 m3 d’air à 15° pour un abaissement de température de 1 degré, il absorbera une quantité d’eau contenue dans le corps à sécher égale à
- 1.288 X 0,25 _ 4,
- 60J — A
- (1,288 kg = poids de 1 m3 d’air à 15°).
- Pour abaisser théoriquement la température de 15 degrés, la quantité de vapeur d’eau absorbée sera :
- 1,288 x 0,25 x
- 600
- — — 0,008005 kg.
- Portons m'H = 0,008005.
- Le point I représente les conditions du mètre cube d’air à la sortie du séchoir.
- L’air sortant du séchoir sera à la température t et la quantité de vapeur d’eau absorbée par chaque mètre cube d’air entrant à 15° est Ir.
- Conclusion. —Ce bref exposé de la question de l’outillage dans l’industrie des conserves alimentaires malgré sa brièveté révèle tout de même les nom-
- p.707 - vue 707/899
-
-
-
- 708
- CONSERVES ALIMENTAIRES.
- OCTOBRE 1924.
- breux points de contact de cette industrie avec la science. C’est la chimie, la bactériologie dans l’étude des phénomènes relatifs à la fermentation, à la pasteurisation, à la stérilisation et à la conservation proprement dite des matières organiques qui constituent un mode complexe aux évolutions multiples et rapides. C’est la mécanique et la cinématique appliquées pour la conception et la réalisation des appareils aux rendements fantastiques. C’est la physique pour le travail de distillation, de concentration, de séchage.
- L’évolution de l’outillage a été rapide en ces dernières années, les constructeurs qui y ont consacré leurs efforts ont pris goût à l’action victorieuse. Ils n’hésiteront pas devant les résultats obtenus cà puiser sans compter dans le trésor d’expérience de nos savants; il ne craindront pas de lier dans leurs ateliers les efforts de l’homme de science et de laboratoire et ceux du praticien mécanicien.
- Les surprises les plus agréables et fécondes sont réservées à ces constructeurs. Ils contribueront à l’amélioration de la qualité de nos produits conservés afin de garder toujours la première place que la France avait acquise dans ce domaine. Ils auront ainsi contribué à nous ramener les sympathies des peuples étrangers car s’il est vrai selon Renan que, pour les individus « la plénitude de l’estomac porte à la bonté du cœur » il n’est peut-être pas excessif de généraliser pour les peuples et nous serons heureux des sympathies et de l’estime que nous vaudrait « la reconnaissance du ventre » qui est le propre des foules plutôt que de l’individu.
- A. Lalande,
- Ingénieur civil des Mines.
- p.708 - vue 708/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — OCTOBRE 1924.
- BIBLIOGRAPHIE
- Couleurs et peintures, par M. Ch. Coffignier, ingénieur-chimiste. Un vol.
- (23xlocm) de ix -+- 762 p., avec 115 fig. de Y Encyclopédie de Chimie industrielle.
- Paris, J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, 1924.
- Extrait de la Préface.
- Cette nouvelle œuvre de M. Coffignier a été conçue et rédigée dans le même esprit et avec la même conscience que toutes celles qu’il a déjà publiées. Il y manifeste le souci constant d’asseoir sur des bases scientifiques solides chacune des fabrications qu’il envisage. Il y montre à nouveau la connaissance profonde qu’il possède de chaque matière qui doit entrer dans la composition, parfois complexe, des peintures.
- Il y précise le rôle que cette matière doit y jouer et la forme la meilleure sous laquelle elle doit être incorporée pour réaliser le maximum d’effet et le maximum de durée.
- On sent, d’un bout à l’autre de son exposition, qu’il écrit non en théoricien, uniquement pénétré d’idées abstraites, mais en praticien consommé qui n’ignore rien des contingences de l'industrie qu’il a pris à tâche de décrire.
- Après avoir fait un rapide historique de l’emploi des couleurs et des peintures depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours, l’auteur consacre la première partie de son ouvrage à la théorie, aux propriétés physiques, à la classification, etc., des couleurs. Ces généralités sont suivies de la description des appareils en usage pour le broyage par voie sèche et par voie humide, pour le tamisage et le séchage de ces couleurs. Dans la deuxième partie, intitulée « Fabrication des couleurs » il consacre d'abord un grand chapitre aux multiples laques colorées, dont les unes ont une solidité à la lumière qui ne le cède en rien à celle de nombreux pigments, tandis que d’autres n’ont, hélas, qu’une durée éphémère.
- Dans les onze chapitres suivants, M. Coffignier aborde successivement la préparation de tous les pigments en usage en peinture, et commence naturellement par les couleurs blanches, pour passer aux rouges, aux bleues, aux jaunes, aux vertes, etc.
- Ce qui est intéressant dans cet exposé, c’est que chaque pigment est étudié en soi, non seulement au point de vue des divers modes de fabrication, mais encore au point de vue de sa composition chimique, des propriétés adéquates à son emploi et des avantages ou des inconvénients qu’il présente par rapport à des pigments congénères.
- Le chapitre qui traite des pigments blancs est, à cet égard, particulièrement suggestif. Céruse, blanc de zinc, lithopone, blanc de titane, blanc d’antimoine, blanc de tungstène, font, à tour de rôle, l’objet d’une véritable monographie où sont con-
- p.709 - vue 709/899
-
-
-
- 710
- BIBLIOGRAPHIE.
- OCTOBRE 1924.
- signés rendements, degré de pureté, falsifications, avec les méthodes analytiques appropriées pour s’en assurer, pouvoir couvrant, toxicité, avec l’hygiène à observer pour s’en garer, lois prohibitives concernant l’emploi de la céruse, etc. L’auteur s’attache môme à faire ressortir, avec expériences à l’appui, les avantages que présente, au triple point de vue de l’hygiène, de la solidité et du pouvoir couvrant, le dernier venu, le blanc de titane, sur la céruse, l’oxyde de zinc et le lithoponè.
- Les autres pigments sont étudiés avec le même soin et le même esprit critique.
- Les peintures proprement dites, c’est à-dire les produits résultant du mélange des pigments, dont nous venons de faire l’histoire, avec des fluides comme l’eau, les huiles, les vernis, etc., font l’objet de la troisième partie de l’ouvrage. Ici encore, un chapitre étendu est consacré au broyage, c'est-à-dire à l’incorporation aussi intime que possible du pigment coloré avec son support liquide qui varie naturellement avec l’emploi auquel la peinture est destinée.
- A ce chapitre succèdent ceux où sont décrites les peintures à l’huile, les peintures vernissées, les peintures à l’eau, les peintures spéciales, les enduits, mastics, encaustiques, etc.
- Ce beau livre, richement documenté quant aux méthodes de fabrication des matières premières, ne l’est pas moins quant aux recettes de peintures qu’il contient. Il sera donc uitle à la fois au fabricant de pigments et aux peintres, c’est-à-dire aux consommateurs de couleurs.
- A. Haller.
- Guide du consommateur d’énergie électrique à la ville et à la campagne, par
- M. Allain-Launay. Une brochure (21x13 cm) de 64 p , avec 10 fîg. Paris,
- Union des Syndicats de l'Électricité, 25, Boulevard Malesherbes, 1924.
- Ce n’est pas d’aujourd'hui que des auteurs s’efforcent, avec plus ou moins de bonheur, de réduire, en exposés accessibles à tous, les notions les plus indispensables à la bonne utilisation de l’énergie électrique.
- La brochure que nous présente une élogieuse préface de l’éminent président de l’Union des Syndicats de l’Électricité, M. R. Legouëz, paraît bien avoir atteint le but souhaité, si actuel au moment où la diffusion des emplois de l’énergie électrique dans les campagnes, et même en ville, est l’objet de réalisations progressives.
- L'Union, estimant qu’un des excellents moyens de répondre au vœu des pouvoirs publics en cette matière était de rendre l’électricité plus familière aux usagers actuels ou éventuels, confia au regretté Allain-Launay, rapporteur de sa cinquième commission, le soin de la rédaction nécessaire.
- L’auteur a su, avec une précision exempte d’érudition vaine, par une méthode systématique de comparaisons très pertinentes avec les phénomènes les plus usuels de la vie de tous les jours, rendre, non seulement aisées, mais attrayantes, la lecture et la compréhension d’un sujet qui passe assez justement pour difficile.
- Le réservoir et le tuyautage d’une installation de distribution d’eau, le pressage du foin peur son transport à grande distance, etc., fournissent ainsi à l’auteur des rapprochements très utiles pour la clarté de son exposé.
- On ne peut qu’approuver une telle méthode quand on se souvient qu’elle est une initiation à l'emploi usuel de l’électricité, et non à la science électrotechnique.
- « Une ménagère, dit l’auteur, qui sait cuire un rôti ne connaît pas la chimi e
- p.710 - vue 710/899
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE.
- 711
- « cependant la combustion du charbon dans le fourneau de la cuisine est une « opération de chimie. La ménagère sait se servir de son feu et cela lui suffit.
- « Que nos lecteurs sachent se servir de l’électricité et cela leur suffira. »
- Cette conclusion de l’avant-propos donne le ton général de la brochure, qui a visé à la plus extrême simplicité, et dont un petit nombre de croquis et de schémas très lisibles éclairent encore le texte.
- Ainsi le lecteur, en fermant la brochure, est désormais averti de ce qu’il faut absolument faire ou éviter pour s'assurer une bonne installation donnant le rendement pour lequel elle est faite, et lui épargnant les ennuis et les quelques dangers que pourrait provoquer une installation défectueuse, ou une imprudence contre quoi il n’aurait pas été mis en garde.
- Il n’est pas douteux que ces quelques pages, conformes aux règlements de l’Union des Syndicats de l’Electricité auxquels elles se réfèrent, ne soient appelées à rendre au public les plus grands services.
- Ch. Zetter.
- Les combustibles liquides et le problème du carburant national, par M. Aubert, chef de travaux pratiques à la Faculté des Sciences de Paris. Un vol. (19x13) de xv -+- 368 p., avec 60 fig. de Y Encyclopédie Léauté (2e série). Paris, Gauthier-Villars et Cie, 55, quai des Grands-Augustins; Masson et Cie, 120, Boulevard Saint-Germain, 1924. (Prix 24 f).
- Voilà une science, dont ceux qui nous ont précédés n’ont pas eu à connaître, et qu’il leur faudrait apprendre s’ils revenaient occuper leur place parmi nous; le livre de M. Aubert, dans ce cas, leur en faciliterait l’étude.
- Le combustible, pour ces ancêtres, ne pouvait être, par définition, qu’un corps solide, et si on demandait à l’huile végétale, au pétrole, même à l’alcool, de nous éclairer, on ne supposait pas qu’ils se substitueraient un jour au bois ou à la houille. Aujourd'hui, le règne du combustible liquide, qui a commencé fort modestement par le réchaud à alcool, puis les réchauds à pétrole, a pris, dans les carburateurs d’automobiles, d’aéroplanes, de bateaux, un développement si considérable que les besoins mondiaux sont insuffisamment satisfaits. L’essence, provenant d’une simple distillation des pétroles bruts, manque sur tous les gisements et l’on a recours à la pyrogénation des huiles lourdes, des schistes, qui nous procurent des essences de remplacement, sans lesquelles l’automobilisme aurait cessé de courir les grands chemins, tandis que le marché serait encombré de pétroles lampants et lourds. Pour augmenter encore l’approvisionnement de nos moteurs en essence, on espère accroître le rendement des produits lourds à la pyrogénation en leur injectant de l’hydrogène sous pression en présence d’un catalyseur, à la façon de Bergius : Mialhe, s’appuyant sur les travaux de Sabatier et Senderens, fait, par catalyse, sortir d’une huile végétale, dont la production est indéfinie, un véritable pétrole, donnant des essences par distillation ; la naphtaline se transforme en tétra-line, sous l’influence de l’hydrogène, d’un catalyseur et de la pression. L’alcool, dont la combustion n’intéressait que les ménagères pressées de préparer leur déjeuner, les ouvriers en déplacement, les chasseurs, etc., a passé, sous le nom de carburant national, au rang des combustibles liquides.
- Le moment a semblé propice à M. Aubert pour écrire un traité de cette nouvelle
- p.711 - vue 711/899
-
-
-
- 712
- OUVRAGES REÇUS. — OCTOBRE 1924.
- branche de la physique et de la chimie, afin de renseigner le lecteur qui voudrait avoir sur la question, des idées plus générales que celles d’un garagiste ou d’un chauffeur. Ce lecteur trouvera intérêt à connaître la chaleur spécifique, la chaleur latente de vaporisation, la pression maxima des vapeurs, bref les constantes physiques de l’industrie de la distillation, les pouvoirs calorifiques et la propagation de la flamme, le contrôle par le point d’inflammation, la combustion des mélanges gazeux, les explosions produites par eux et la pression qu’ils exercent.
- Mais le livre n’est pas exclusivement théorique; M. Aubert se rappelle que ce sont des praticiens surtout qui liront son livre et que, s’ils acceptent d'étudier ce qu'ils connaissent encore peu, ils souhaitent de retrouver, sous une forme didactique et savante, les différents sujets qui leur sont plus familiers : la distillation des pétroles, leur pyrogénation, le mélange des alcools anhydres avec l’essence.
- L. Lindet.
- p.712 - vue 712/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’enCOURAG. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — OCTOBRE 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN SEPTEMBRE 1924.
- Galine (L.). — Exploitation technique des chemins de fer. 2e édition (Bibliothèque de l'Ingénieur de Travaux publics). Jn-12 (18 x 12) de x 4-724 p., 344 fig. Paris, Dunod, 1924. 167 88
- Aucamus (E.) et Galine (L.). — Tramways, métropolitains et automobiles. 3e édition mise à jour par E. Julien (Bibliothèque de l'Ingénieur de Travaux publics). In-12 (18 x 12) de x 4-768 p., 461 fig. Paris, Dunod, 1924. 16789
- Demottlin (Maurice). — Locomotive et matériel roulant. 2e édition mise à jour par R. Vigerie (Bibliothèque de l'Ingénieur de Travaux publics). In-12 (18 X 12) de xvi + 398 p., 219 fig. Paris, Dunod, 1924. 16790
- L’industrie en France occupée. Ouvrage établi par le Grand Quartier général allemand en 1916. Traduction intégrale. In-4 (30x21) de xv4-534 p., IV pl. Bibliographie, p. 501-504; Annexe : 9 cartes. Paris, Imprimerie nationale, 1923. (Don de la Chambre de Commerce de Lille.) 16701
- Commission internationale de l’Éclairage (en succession à la Commission internationale de Photométrie). — 5e Session, Paris, juillet 1921. Recueil des travaux et compte rendu des séances publié par les soins du Comité national français de l’Éclairage et du Bureau central de la Commission internationale. In-8 (24 x 15) de 224 p. Teddington, The National Physical Laboratory, 1923. 16791
- Baret (H.). — Manuel de rubanerie, passementerie et lacet (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 357 p., 324 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16792
- Dubos (G.). — Le monteur-mécanicien des chemins de fer (Le livre de la profession). In-12 (18 x 12). Vol. I. : Technologie de la locomotive, de 229 p., 113 fig. — Vol. II : Réparation de la locomotive, de 300 p., 153 fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, L. Eyrolles. 16793-4
- Van Muyden (René). — Utilisation des vernis isolants dans l’industrie électrique. In-8 (25 x 16) de 125 p., 40 fig. Paris, Albin Michel, 1924. 16795
- Saii.lard (Émile). — Le séchage des graines de betteraves à sucre : Appareils employés. — L’exposition de la graine de betterave à sucre au Grand-Palais en février 1924 (avec partie rétrospective). (Ministère de l’Agriculture. Commission chargée de l’étude des questions relatives à l’accroissement du rendement en sucre des betteraves, année 1924.) In-8 (24 x 16) de 79 p., 12 fig. Paris, lmp. de « La Sécuritas », 20, rue Cadet, 1924. (Don de l’auteur, membre de la Société.) Pièce 12874
- Leroy (Mlle Thérèse). — La rotation du matériel dans les chemins de fer considérée au point de vue de la détermination du prix de revient des opérations qu’elle comporte (Rapport présenté au IIe Congrès de l’Organisation scientifique. Les Transports). In-8 (24 x 16) de 55 p. Paris, Bureau d'études de M. Gustave Pereire, 69, rue de la Victoire, 1924. (Don de l'auteur.) Pièce 12875
- p.713 - vue 713/899
-
-
-
- 714
- OUVRAGES REÇUS EN SETPEMBRE 1921.
- Institut international D’Agriculture (Rome). Service de la Statistique générale. — Le mouvement international des engrais et produits chimiques utiles à l’agriculture. 14e revue, année 1923. (Annuaire international de statistique agricole, 1923.) ln-8 (24 x 17) de 30 p. Rome, 1924. Pièce 12876
- Alla in- Launay. — Guide du consommateur d’énergie électrique à la ville et à la campagne. In-8 (21 x 13) de 64 p., 10 fig. Paris, Union des Syndicats de l’Electricité, 25, boulevard Malesherbes, 1924. Pièce 12877
- Leoarpentikr (G.). — La dette et les ressources de l’État français depuis 1913 et l'avenir de nos finances. In-8 (24 x 10) de 7 p., I pl. Paris, Comité central d’études et de défense fiscale, 1924. Pièce 12878
- Service technique de l’Aéronautique. — Bulletin technique, n° 16 (mars 1924) : Elude expérimentale de la lumière diffusée de la région parisienne, 21 p., 7 fig. — n° 17 avril 1924) : Aperçus théoriques sur la mécanique des fluides, par D. Riabouchinsky, 97 p., 36 fig. — n° 18 (juin 1924) : Recherches sur les pertes par frottement dans les moteurs à explosions, par A. Planiol, 80 p., 42 fig. — n° 19 (juin 1924) : Contribution à l'étude expérimentale des lois de similitude en aérodynamique, par A. Toussaint, 101 p., 42 fig. —• n° 20 (août 1924) : Les parachutes d'avion, par le Lieutenant Mazer, 63 p., 84 fig. Issy-les-Moulineaux (Seine), 2, rue Jeanne-d’Are. Pér. 117
- Science et industrie. — n° 119 (février 1924) : Exportation (en anglais et en espagnol), 332 p., fig. — n° 121 (avril 1924) : Les intérêts français et l'industrie russe, 210 p., fig — n° 127 : Manutention mécanique. Matériel de transport, 150 p., fig. Paris, 22, avenue Montaigne. Pér. 111
- Institution of Mechanical Engineers. — Proceedings. 1924, vol. I ( january-may) _ London, S. W. 1, Storey's Gâte, St. Jaines’s Park, 1924. Pér. 114
- Iron and Steel Instituée. — Journal. 1924, n° 1, vol. CIX. London, S. W. 1, 28, Victoria Street, 1924. Pér. 157
- Iron and Steel Instituts. — Carnegie Scholarship Memoirs. Vol. XIII, 1924 London, S. W. 1, 28, Victoria Street, 1924. Pér. 157
- K. Svenska Vetensk.apsakademif.n i Stockhulm. — Arkiv for Kemi, Mineralogi och Geologi. Band 9, IL 2 (1924). Stockholm. Pér 8
- lv. Svenska Veienskapsakademien i Stockholm. —Arkiv for Matematik, Astronomi och Fysik. Band 18, II. 1, 2 1924). Stockholm. Pér. 8
- L’agent général, gérant. E. Lemaire.
- Coulommiers. — lmp. Paul BRODA RD.
- p.714 - vue 714/899
-
-
-
- 123e ANNÉE.
- NOVEMBRE 1924.
- BULLETIN
- DE
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- COMITÉ DE COMMERCE
- Rapport présenté par M. J. Le Cesne, au nom du Comité de Commerce, sur les Cartes économiques de VAfrique occidentale française, établies par M. A. Meunier.
- M. A. Meunier, géographe au Ministère des Colonies, 12, villa Poirier, Paris (15e) vient de publier à ses frais, aidé de quelques subventions de presque toutes les colonies du groupe, une série de cartes économiques de l’Afrique occidentale française qui méritent de retenir l’attention. C’est un travail très complet, très précis, établi à la suite d’une quinzaine d’années d’efforts et de recherches, à l’aide de renseignements en partie fournis par les lieutenants-gouverneurs et les administrateurs des différentes colonies de l’A. 0. F., en partie par des voyageurs et des explorateurs, dans leurs rapports. L’exactitude des renseignements donnés est remarquable : elle a pu être facilement contrôlée par tous ceux qui, dans nos milieux coloniaux, connaissent l’A. 0. F. pour y avoir séjourné et ont ainsi la possibilité de se rendre compte de l’utilité d’un travail susceptible d’apporter une aide considérable aux personnes qui, de près ou de loin, s’intéressent aux différents problèmes économiques qui se posent dans notre grande colonie de l’Afrique occidentale.
- Ces cartes, au nombre de six, contiennent tous les renseignements Tome 136. — Novembre 1924. 50
- p.715 - vue 715/899
-
-
-
- 716
- COMITE DE COMMERCE.
- NOVEMBRE 1924.
- relatifs aux principales cultures existant clans ces régions. Elles donnent, en dehors des limites des différentes zones climatiques de cette partie de l’Afrique, représentées par des teintes différentes, les limites des produits et souvent l’indication des parties plus ou moins développées.
- Ces six feuilles, établies à l’échelle du 1/3 000 000 (un millimètre représentant 3 km t, se décomposent ainsi :
- 1° Cultures alimentaires, fourragères et médicinales : blé, mil, manioc, maïs, riz, pomme de terre, bananier, citronnier, oranger, bourgou, kolatier, etc.;
- 2° Cultures industrielles : coton, kapok, dà (chanvre), caoutchouc (arbre et lianes), gommiers, gonakié, etc.;
- 3° Oléagineux : arachides, palmier à huile, karité, cocotier, sésame, méné, etc. ;
- 4° Forets : avec l’indication des 70 principales essences répandues dans la colonie;
- o° lélera(je : cheval, àne, bœuf, mouton, porc, autruche, abeilles, chameau. Limites des régions de peuplements du mouton à laine, et de possibilité d’extension de l’élevage; de l’élevage du cheval, de portage du zèbre et du bœuf sans bosse;
- 0° Faune. Habitat des mammifères, oiseaux.
- 7° Poissons de mer.
- Pour compléter cette documentation économique, chacune des cartes porte les tracés des chemins de fer, routes automobilisables en tout temps ou en saison sèche, les parties des cours d’eau navigables à vapeur, etc., permettant de se rendre compte rapidement des moyens d’évacuation de ces produits.
- Chacune des feuilles, tirées en 9 couleurs, donnant 11 tons, est de dimension grand-aigle (1,05 m X 0,75 m). Le prix est de 12 francs la feuille, port et emballage en sus.
- Elles sont en vente à la Librairie de l’Agence générale des Colonies, 20, Galerie d’Orléans, à Paris :
- Chez : MM. Blondel-La Rougery, 7, rue Saint-Lazare, Paris;
- M. Caffin, 80, rue Saint-Lazare, Paris;
- M. Defrenne, à Strasbourg, ainsi qu’à l’Agence du Commerce extérieur à Bordeaux (Palais de la Bourse).
- Un exemplaire de chacune de ces six cartes a été remis par
- p.716 - vue 716/899
-
-
-
- CARTES ÉCONOMIQUES DE l’a. O- F. DE M. A. MEUNIER. 717
- M. Meunier à la Société d’Encouragement et versé à la Bibliothèque où ces cartes peuvent être consultées.
- Le Comité de Commerce vous propose de remercier M. A. Meunier de son intéressante communication, de le féliciter de son important travail et des services qu’il a rendus à ceux qui s’occupent de l’exploitation des richesses naturelles de nos colonies de l’Afrique occidentale française, et de retenir le travail de M. A. Meunier parmi ceux que notre Société, en principe, est disposée à récompenser.
- Le Rapporteur,
- J. Le Cesne.
- Lu et approuvé en séance publique du Conseil, le 25 octobre 1924.
- p.717 - vue 717/899
-
-
-
- BULL. DE LA SOC. d’eNC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — NOVEMBRE 1924.
- RECHERCHES SUR LA TEIGNE DES POMMES DE TERRE ET SES PARASITES
- CONSIDÉRATIONS SUR L'UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE 11
- Importée d’Amérique depuis plusieurs siècles, améliorée et presque créée en Europe, la Pomme de terre put prospérer en France pendant de longues années à l’abri des atteintes de tout ennemi redoutable, ces ennemis n’ayant pas suivi la plante sauvage lors de son exportation ou ne s’étant adaptés qu’ultérieurement sur elle; seules quelques espèces indigènes très polyphages l’attaquent occasionnellement mais jamais ne commettent de dégâts bien graves.
- Cette situation si privilégiée, comparable pour beaucoup de points à celle présentée par la Vigne jusqu’à 1850, c’est-à-dire avant les apparitions successives de l’Oïdium, du Phylloxéra, du Mildiou, du Black rot et de l’Eudémis, ne semble plus devoir subsister bien longtemps encore. Par suite des échanges commerciaux à longue distance chaque jour plus nombreux et plus rapides, échanges brassant continuellement les espèces à la surface du globe, les ennemis propres à la Pomme de terre tendent à envahir rapidement les vastes territoires sur lesquels cette plante avait pu être introduite sans eux. Il importe donc de les tenir en échec le plus longtemps possible, et, pour ceux qui se sont déjà établis en quelques points de notre territoire, de les y limiter le mieux possible et de circonscrire leurs foyers si nous ne voulons pas voir en quelques années une production primordiale, comme celle de la Pomme de terre, être grevée des frais toujours très considérables qu’entraîne une lutte généralisée contre des Insectes et des Cryptogames fort nombreux.
- Dans leur ensemble, Insectes et Cryptogames importants attaquant la Pomme de terre, forment une pléiade si complète que l’on peut dire qu’à aucun moment de son évolution, depuis sa plantation jusqu’à la consomma-
- (1) Travail subventionné par la Société d’Encouragement, exécuté à l’Institut des Recherches agronomiques.
- p.718 - vue 718/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 719
- tion de ses tubercules, ce végétal n’échappe à l’attaque de l’un ou plusieurs d entre eux. Un des derniers termes de cette série est la Teigne des Pommes de terre (Phtonmaea operculella Zell.) petit papillon d’origine américaine, dont les chenilles s’attaquent aux tubercules et qui, si l’on n’y prend garde, déprécie ou détruit complètement en quelques mois les stocks de cet aliment constitués à l’automne.
- Introduite en France vers 1906, la Teigne, par suite de conditions locales
- Fig. 1. — Tubercule de Pomme de terre attaqué Fig. 2. — Tubercule de Pomme
- par la Teigne; aspect extérieur (cliché Picard) (2). de terre attaqué par la Teigne
- et coupé longitudinalement pour montrer les galeries dont il se trouve perforé.
- très particulières, put rester jusqu’à présent cantonnée dans quelques points du littoral de la Méditerranée (Département du Yar). M. Picard, directeur de la Station entomologique de Montpellier, en entreprit peu après l’étude très détaillée, mais la guerre vint interrompre ses travaux vers leur fin. En 1922, M. le professeur Marchal, directeur de la Station entomologique de Paris, nous confia leur poursuite ; c’est sous sa bienveillante direction que nous avons effectué les recherches dont les conclusions vont être résumées dans les pages suivantes. Nous remercions la Société d’Encouragement de l’intérêt qu’elle a bien voulu leur porter en les honorant de subventions; qu’il nous soit permis à ce propos de présenter à M. le professeur H. Hitier notre très vive reconnaissance pour l’obligeance qu’il nous témoigna comme rapporteur de
- (2) Les figures sont extraites dei Annales des Épiphyties, t. I et X.
- p.719 - vue 719/899
-
-
-
- 720
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMRRE 1924.
- nos travaux. Pour la clarté de l’exposé, nous commencerons toutefois par rappeler en quelques lignes les caractères biologiques de la Teigne, •caractères précisés par les études de M. Picard.
- La Teigne des Pommes de terre évolue aussi bien sur les feuilles et les tiges de la Pomme de terre que sur ses tubercules, mais c’est uniquement sur ces derniers qu’elle commet des dégâts importants, car pratiquement l’attaque sur les feuilles ne cause aucun dommage appréciable à la plante et ne détermine pas de réduction de récolte. L’espèce prospère fort bien dans les espaces clos tels que les celliers, les magasins, emplacements dans lesquels les tubercules sont habituellement conservés; comme, d’autre part, son évolution est rapide (1 mois à l’automne) et sa ponte abondante (30 œufs), sa multiplication y devient intense surtout pendant les périodes un peu chaudes de l’année (moyenne de 15° environ). Aussi est-ce dans ces emplacements, à l’automne et au printemps, que les ravages exercés par la Teigne se montrent les plus considérables.
- Les chenilles de la Teigne ne sont pas très grandes; elles atteignent 1,5 cm environ lorsqu’elles sont parvenues au terme de leur croissance. Pour leur nourriture, elles se creusent dans les tubercules de très longues et sinueuses galeries de diamètre croissant progressivement jusqu’à 3 mm vers la tin. Ces galeries étant bourrées d'excréments et ne s’ouvrant à l’extérieur que rarement, ne sèchent pas, deviennent rapidement noirâtres, puis sont envahies par les moisissures ou la pourriture. Tout tubercule perforé est promptement très déprécié pour la consommation et, en peu de temps, il perd même toute valeur marchande. Extérieurement, l’attaque se reconnaît aisément à des dessins noirs en creux ou en relief qui correspondent aux galeries superlicielles des chenilles de Teigne apparaissant sur la peau des tubercules, mais surtout à de petits amas noirs saillants se formant au niveau des yeux; ceux-ci sont en rapport avec les points de pénétration des jeunes chenilles aussitôt après leur éclosion.
- Sous le climat méditerranéen, l’espèce n’a pas moins de douze générations par an; elles peuvent se succéder régulièrement toute l'année sur les tubercules emmagasinés, mais sur ceux en terre, elles ne débutent qu’en juillet-août, c’est-à-dire un peu avant leur maturité. Pratiquement, les pommes de terre de primeur se montrent donc toujours indemnes; aussi leur production n’a-t-elle pas à souiïrir de la présence de la Teigne.
- En dehors de la Pomme de terre, la Teigne évolue fort bien sur toutes les Solanées indigènes, tant sauvages que cultivées (Tabac, Tomate, Aubergine) aussi arrive-t-elle aisément à se maintenir dans toute région où elle a été introduite, même depuis peu, en dépit des soins apportés à la des-
- p.720 - vue 720/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 721
- truction de ses générations sur la Pomme de terre. Comme en outre, lors de son évolution sur des feuilles ou des tiges elle passe facilement inaperçue, lorsqu’elle a envahi un territoire un peu important, il devient matériellement impossible de la détruire totalement; dans de tels cas, on ne peut plus songer qu’à la contenir dans sa pullulation au-dessous des limites exigées par nos besoins économiques.
- Notre premier travail porta sur l’étude de l’importance économique présentée actuellement par la Teigne des Pommes de terre en France, travail pouvant donner par comparaison avec celui de même nature effectué dix ans auparavant par M. Picard, d’importants enseignements pour l’avenir.
- Nous avons d’abord reconnu que le foyer de Teigne ne s’était pas sensiblement étendu depuis 1911, et que même les insectes s’y montrent moins nombreux qu’à cette époque.
- La principale cause de l’arrêt et même de la régression de l’invasion de la Teigne doit être recherchée dans les techniques culturales suivies présentement dans toute la région envahie, techniques basées surtout sur l’abandon quasi général de la culture de la Pomme de terre pendant les périodes de l’année où elle est susceptible d’être attaquée par la Teigne et dans l’application de diverses mesures de conservation des tubercules indiquées par M. Picard à la suite de ses études. Ainsi constamment contrariée dans son cycle évolutif et privée d’aliment pendant diverses périodes de l’année, la Teigne n’arrive à se maintenir que difficilement et reste toujours assez rare et disséminée. Pourtant sa présence dans toute la région d’Hyères et de Toulon sous un état potentiel, n’en est pas moins fort dangereuse pour les cultures, car les dégâts sur les tubercules ne manquent pas de réapparaître, et souvent avec une très grande intensité, sur toute récolte d’arrière-saison importante, arrachée tardivement et n’ayant pas été consommée dans de brefs délais.
- Si l’on étudie la répartition géographique mondiale de la Teigne, on voit que cette espèce se trouve à peu près exclusivement limitée, comme aire de vie, aux pays tropicaux ou subtropicaux. C’est surtout sous ces derniers qu’elle y exerce des ravages sur la Pomme de terre, ce végétal ne se rencontrant plus guère, ou seulement par très petites plantations disséminées, sous les climats tropicaux, climats très chauds et sans hivers. En France, la région du littoral méditerranéen est justement caractérisée par un climat subtropical, aussi y a-t-il lieu de craindre pour elle un envahissement général par la Teigne.
- p.721 - vue 721/899
-
-
-
- 722
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMIîRE 1924.
- En tous les points du littoral méditerranéen, la gravité des ravages exercés par la Teigne ne serait pourtant pas la même. D’abord, dans l’ensemble de la région, la culture de la Pomme de terre n’occupe qu’une faible superticie et consiste principalement en petites cultures familiales, cultures disséminées, destinées à assurer une partie de la consommation locale, l’importation comblant normalement l'insuffisance de production. En raison de ces conditions, la Teigne, ne pourra donc jamais s’y multiplier beaucoup; elle ne semble devoir guère se montrer comme un fléau, mais plutôt comme un insecte très gênant.
- Si l’on excepte la production des primeurs, production qui n’a pratiquement pas à souffrir de la Teigne, on voit pourtant qu’il existe dans la région méditerranéenne plusieurs centres importants de culture intensive de la Pomme de terre et pour lesquels une introduction de la Teigne peut avoir des répercussions économiques fort graves, (les centres sont importants non pas tant par leur superficie que par la quantité de la production qu’ils fournissent et par la valeur du commerce d’exportation qu’ils effectuent. Ils se rencontrent partout où la possibilité d’un arrosage abondant pendant tout l’été permet la production de tubercules d’arrière-saison, c’est-à-dire la grande culture; le plus étendu de tous est situé aux environs de JManosque dans la basse vallée de la Durance.
- Pour le reste de la France, il est peu probable que nous ayons à redouter une invasion généralisée de la Teigne; toutefois, ainsi que M. Picard l’a montré et comme nos études l’ont confirmé, des réserves doivent être faites pour l’Aquitaine et la Bretagne. Dans certaines parties du globe, en effet, la Teigne s’est propagée sous les climats bretons (Nouvelle-Zélande, Tasmanie, Nord de la Californie); elle ne s’y montre, il est vrai, dangereuse qu’occa-sionnellement, les années très chaudes et sèches par exemple; mais cela suffit à l’y faire redouter.
- En conclusion, bien que les possibilités d’extension progressive du foyer actuel de la Teigne ou de la création de tout nouveau foyer se montrent actuellement des plus réduites, il n’en faut pas moins envisager l’introduction, puis l’établissement de cette espèce dans d’autres régions de France avec alors apparition de graves dégâts. La question de la Teigne est donc importante surtout pour l’avenir. Puisqu’il ne nous est pas possible de faire disparaître le foyer actuel en raison de sa trop grande superficie, nous devons du moins nous attacher à en retarder le plus possible l’extension et à envisager non seulement les moyens de lutte à appliquer actuellement sur les surfaces qu’il occupe, mais ceux à utiliser dans les autres conditions économiques qui peuvent se présenter dans un avenir plus ou moins proche.
- p.722 - vue 722/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 723:
- Les études du mode de vie de la Teigne et delà nature des dégâts causés par ses chenilles conduisent à penser que les moyens de lutte susceptibles de
- >• ^
- Audi.
- — Foyers de la Teigne en France et distribution des cultures de la Pomme de terre dans la région du Sud-Est.
- Régions de culture intensive de lu Pomme de terre :
- situées à une basse altitude;
- Régions envahies par la Teigne.
- Limite de la région méditerranéenne (Olivier); elle constitue probablement aussi la limite de l'aire d'extension possible de la Teigne en France.
- *2° situées à une altitude élevée (plus-de 500 m).
- Foyer de la Teigne n'ayant pas subsisté.
- Régions d’altitude supérieure à 500 m.
- Régions dans lesquelles la culture de la Pomme de terre de primeur et de demi-primeur est importante.
- Direction des plissemeuts montagneux importants, couverts de forêts ou de landes et pouvant s'opposer à une extension naturelle de proche en-proche du foyer actuel de la Teigne.
- Parties de ces régions actuellement envahies par la Teigne.
- rendre le plus de services, en raison de la simplicité de leur emploi et de la modicité de leurs prix de revient, sont ceux qui reposent sur l’application des techniques culturales spéciales et sur l’emploi, pour les récoltes, de-procédés de conservation appropriés.
- p.723 - vue 723/899
-
-
-
- 724-
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMRRE 1024.
- Pour le premier genre de recherches, notre attention fut attirée par certaines pratiques culturales suivies par divers cultivateurs de la région envahie et qui semblaient donner de bons résultats. Leur étude fut aussitôt entreprise à la fois pour en connaître la valeur exacte et pour leur apporter tous les perfectionnements qu’elles semblaient susceptibles de recevoir. Des expériences conduites en plein champ nous permirent de constater que la Teigne commençait à infester les tubercules avant que ceux-ci ne soient murs, alors qu’ils sont en terre et pendant que le feuillage des plantes est encore vert et actif, dette contamination est effectuée en partie par les papillons qui atteignent les tubercules en descendant dans le sol par les tissures qu’ils rencontrent et qui déposent alors leurs œufs sur les jeunes bourgeons, et en partie aussi par de jeunes chenilles migratives quittant les feuilles ou les tiges pour atteindre les tubercules et poursuivre leur évolution à leurs dépens. Aussi avons-nous été amenés à conseiller les pratiques culturales suivantes : Préférence à donner aux sols sablonneux (se fendillant moins que les sols argileux) ; plantations profondes; buttages fréquents; arrachages précoces dans la mesure ou ceux-ci sont compatibles avec la maturation nécessaire à la conservation des tubercules, des nouvelles techniques complètent ainsi celles déjà établies par M. Picard qui visaient particulièrement la conservation des récoltes et l'extinction des foyers encore à leurs débuts.
- La voie des recherches sur l’utilisation au maximum des agents naturels limitateurs du développement de la Teigne tels que les Insectes parasites ou prédateurs, s’ouvrait comme plus complexe et plus délicate d’étude et de conduite mais présentait un intérêt tout particulier en raison de la nature des résultats immédiats et surtout futurs auxquels elle peut conduire.
- La possibilité d’emploi de la technique nous fut d’abord confirmée par des études préliminaires qui montrèrent que, lors de son introduction en France, la Teigne n'a pas été suivie de ses parasites propres et que l’action frénatrice de ceux-ci ne s’est pas trouvée remplacée sur notre territoire par celle d’espèces indigènes. Or, dans sa patrie, la Californie, les parasites jouent un rôle important dans sa limitation. Le climat californien étant l’analogue de notre climat méditérranéen, il y a tout lieu de croire que ces espèces américaines pourraient aisément prospérer en France et y jouer leur rôle bienfaisant.
- Parmi les plus efficaces d’entre elles, l’une VHahrobracon Johanmeni se montre répandue sur de vastes territoires; ceci lui laisse attribuer une capacité de vie dans des conditions de milieu assez variées et par conséquent une
- p.724 - vue 724/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 725
- probabilité du maximum de facilités parmi toutes d’établissements en Europe. Aussi fut-ce sur elle que nos recherches portèrent (3).
- L'Habrobracon attaque les chenilles de la Teigne au moment de leur période prénymphale, c’est-à-dire lorsqu’elles viennent de tisser leurs cocons.
- Il les tue en les piquant avec sa tarière, puis dépose ses œufs à leur surface.
- La vie des adultes est relativement longue, surtout pour les femelles; celles-ci possèdent en effet la précieuse faculté de pouvoir se nourrir directement aux dépens des chenilles de la Teigne. Bien que la ponte ne comprenne qu’un dépôt d’œufs journalier assez faible (en moyenne 5), comme elle s’échelonne régulièrement pendant une période de temps considérable (30 jours), elle devient très importante comme total (150 œufs). Pour son alimentation propre et pour sa ponte, une seule femelle peut
- détruire au cours de sa vie une centaine de chenilles de la
- Un instinct très puissant amène les femelles de Y Habrobracon à découvrir les chenilles de Teigne venant de tisser leurs cocons, même lorsque ces chenilles se sont placées sous des abris d’accès difficile. En outre, les chenilles peuvent être attaquées quelle que soit leur position par rapport à la face vulnérable du cocon les contenant. En raison de ces deux caractères biologiques, on peut présumer que, dans la nature, très peu de chenilles de Teigne doivent se trouver protégées contre les atteintes des Habrobracon.
- Comme la durée du cycle évolutif de Y Habrobracon est toujours fort courte, douze à quinze jours seulement en été, les premiers descendants d’un couple
- Fi
- — Habrobracon Johannsmi piquant avec sa tarière une chenille de Teigne enfermée dans son cocon.
- Teigne.
- Fig. 5. — Chenille de la Teigne parasitée par 10 larves de VHabrobracon.
- (3) M. Marchai, avait déjà organisé deux ans auparavant une première importation de colonies, mais celles-ci portant sur des nombres d'individus trop faibles n’avaient pu être maintenues.
- Nous devons tous les envois d’Amérique aux soins très obligés de M. Howard, directeur du Bureau d’Entomologie de Washington.
- p.725 - vue 725/899
-
-
-
- 726
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMBRE 1924.
- éclosent du vivant de leurs parents. L'Habrobracon est ainsi capable de se multiplier très rapidement et de présenter en même temps vis-à-vis de la Teigne une action destructive non seulement régulière et très élevée, mais encore à peu près continue.
- Etant polyphage, YHabrobracon peut occasionnellement évoluer sur des hôtes divers; il semble ainsi devoir être capable de se maintenir dans la nature, même dans des conditions peu favorables à cet égard, domine il résiste bien au froid à ses différents stades, il n’y a donc pas lieu de redouter pour son établissement les froids de l’hiver tels qu’ils se présentent sous notre cl i m a t m é d i te rra n é e n.
- A conditions climatériques égales, l’évolution de Y Habrobracon est deux fois et demie plus rapide que celle de la Teigne et comme le nombre d’œufs total qu’il pond est près de quatre fois plus considérable qui celui déposé par cette dernière, on peut juger de rétonnante supériorité de puissance de multiplication qu’il présente sur son hôte.
- En comparant entre eux les caractères biologiques de la Teigne et de Y Habrobracon, on peut apprécier la nature et la valeur de l’action frénatrice pouvant être jouée par cette seconde espèce vis-à-vis de la multiplication de la première. Une telle étude conduit à penser que, dans les conditions de la nature, Y Habrobracon peut, même sans être très abondant, à la fois limiter régulièrement la multiplication de la Teigne et maîtriser rapidement toute augmentation numérique anormale de ce phytophage.
- \J Habrobracon présente l’important avantage, pour une acclimatation, de pouvoir s’élever aisément en captivité. Nous avons pu ainsi fixer les techniques permettant de l’obtenir en élevages intensifs, c’est-à-dire, au moment d’une acclimatation, de le libérer par grand nombre d'individus méthodiquement apportés, condition qui s’est révélée par l’expérience des travaux analogues effectués jusqu’à ce jour comme étant presque toujours indispensable pour une bonne réussite. Des élevages entrepris à Carqueiranne, dans les environs d’Hyères, complétèrent utilement les premières études de laboratoire et nous permirent de préciser les techniques à suivre pour des élevages définitifs sur place.
- Ilestait à savoir si les travaux d’acclimatation en raison des frais assez considérables qu’ils exigeaient et de l’importance actuelle encore assez réduite de la Teigne, rentraient dans le cadre des nécessités immédiates, ou s’il ne fallait pas les considérer seulement comme faisant partie des techniques à appliquer au moment d’une recrudescence grave de cet insecte? Leur préparation par avance ayant surtout pour avantage de permettre leur réalisation sans retard en cas de besoin, c’est-à-dire l’élimination à ce moment des longs délais des études préparatoires ainsi que de l’incertitude prolongée
- p.726 - vue 726/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 727
- dans laquelle on se trouve pendant ce temps quant à la nature des conclusions auxquelles on se trouvera amené.
- Une acclimatation actuelle de VHabrobracon offrirait par elle-même de très sérieux avantages. D’abord, elle procurerait d’appréciables bénéfices aux régions intéressées en diminuant la contamination des tubercules au moment de leur arrachage et aussi l'influence néfaste des foyers de perpétuation de la Teigne constitués par exemple par les cultures faites sans soins et les récoltes commencées sans précautions sur l’abondance de l’espèce, mais les avantages d’une réalisation actuelle seraient surtout importants pour l’avenir. En l’introduisant dès maintenant, on permettrait à Y Habrobracon de s’établir, de se multiplier peu à peu en France, de suivre pour ainsi dire pas à pas la Teigne dans ses extensions d’aire de distribution géographique, et, par cela même, de se trouver en temps voulu sur les lieux mêmes où il serait à utiliser; pouvant ainsi agir sans retard au moment de toute augmentation numérique brusque de cette mineuse, et même les prévenir en partie, Y Habrobracon pourrait diminuer d’une façon intéressante les très lourdes pertes dont les débuts d’une invasion inattendue d’un phytophage se voient le plus souvent suivies. Une lutte préventive est toujours beaucoup plus avantageuse qu’une lutte curative et c’est vers une telle solution que les recherches doivent toujours tendre. Il ne faut pas oublier que, dans beaucoup de cas, l’utilité d’En-tomophages nouvellement introduits n’apparaît qu’à assez longue échéance, une nécessité de multiplication et de diffusion naturelle des espèces après l’importation des premières colonies et avant leur entrée en activité, multiplication et diffusion toujours lente au début, en étant la cause. Une acclimatation effectuée par avance permettrait de laisser s’écouler pendant des périodes de besoins non encore immédiats, ces divers délais d’attente d’efficacité, délais inévitables.
- Biologiquement, une acclimatation de Y Habrobracon serait-elle possible actuellement? La rareté assez grande des mineuses dans les champs et la faible étendue du foyer ne constitueraient-elles pas de sérieuses difficultés pour la réussite d’un essai présent? U y a évidemment là un aléa: nous pensons pourtant que son importance ne serait pas aussi grande qu’on serait tenté de le croire au premier abord. YïHabrobracon étant polyphage, on est en droit de supposer pour lui une possibilité de maintien aisé dans les champs par évolution mixte sur divers hôtes, évolution analogue à celle suivie par beaucoup de nos Entomophages indigènes limitant des Phytophages normalement peu abondants, n’apparaissent en grand nombre d’individus que périodiquement, ou encore se trouvent être très contrariés dans leur évolution par les façons culturales subies par leur plante-hôte. D’ailleurs, ce mode de maintien de Y Habrobracon dans les champs par polyphagie semble devoir
- p.727 - vue 727/899
-
-
-
- 728
- TEIGNE UES POMMES DE TERRE. — NOVEMBRE 1924.
- être celui qui se présente normalement pour cotte espèce en (Californie et même qui lui permettrait dans ce pays de jouer un rôle utile important alors que la Teigne s’y présente, tout comme en France, sous une forme d’évolution peu favorable au parasitisme surtout en ce qui concerne le maintien des espèces.
- Ces avantages importants présentés par une introduction dès à présent de VIlahrobracon nous incitèrent à entreprendre en fin d’études un début
- Fig. 6. — Cage pour l'élevage de Xllabrohracon. Le< pommes de terre attaquées par la Teigne sont placées sur des étagères dans la partie de gauche; sur celle de droite, tube de verre servant à la capture puis au transport des Hahrobracoii adultes, dans les champs.
- d’essai d’acclimatation de l’espèce, même en opérant avec des bases réduites. L’aléa de réussite dû à la rareté actuelle de la Teigne et surtout l’échéance éloignée et occasionnelle de l’utilité principale des travaux, ne nous permettaient pas d’envisager une installation sur place d’élevages importants, organisation nécessairement assez onéreuse. Nous nous servîmes seulement des petits élevages qui avaient été installés pour l’étude à Carqueiranne. Ceux-ci permirent successivement, en 1921 et 1922, diverses libérations portant sur plusieurs centaines de parasites. Mais ces conditions de travail devinrent bientôt si précaires que les premiers foyers d’établissement ayant pu se constituer ne purent être renforcés en 1928.
- Il est donc à craindre que ne portant que sur des nombres d’individus relativement très faibles, ces premiers foyers d’acclimatation n’aient pu subsister, une dissémination trop rapide des individus entraînant en peu de
- p.728 - vue 728/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 729
- temps pour ces colonies une impossibilité de rapprochement des individus de sexes opposés. Le petit essai tenté ne mérite donc pas d’être retenu et le procédé de lutte contre la Teigne par l’utilisation de VHabrobracon doit, à notre avis, être plutôt considéré comme un moyen disponible que comme un procédé entré en application.
- Comme conclusion, nous pouvons rappeler que les effets utiles à demander à Y Habrobracon sont essentiellement les suivants : d’une part réduction de l’influence des foyers de perpétuation de la Teigne formés par les cultures mal soignées, les récoltes conservées sans précautions et les Solanées sauvages; d’autre part, diminution très sensible de l’attaque des tubercules au moment de leur arrachage et réduction importante de leurs chances de contamination aussitôt leur mise en magasin, grâce à la destruction par Y Habrobracon d’un grand nombre des individus de la Teigne appartenant aux générations d’été évoluant sur les feuilles de la Pomme de terre. Ainsi Y Habrobracon pourrait limiter la Teigne dans sa multiplication pendant une importante partie de l’année, et sur des emplacements où ses chenilles ne peuvent être atteintes par aucun autre procédé à moins d’engager des dépenses fort considérables et par cela même totalement inadmissibles.
- Les procédés de lutte contre la Teigne basés sur des techniques spéciales de conservation des tubercules, l’emploi des pratiques culturales particulières et l’utilisation de la lutte biologique, constituent un ensemble de moyens de lutte dont les éléments en agissant chacun plus particulièrement pendant une période de l’année, vis-à-vis d’une catégorie de mineuses (chenilles des tubercules, des feuilles, des plantes sauvages, et individus migrateurs), se complètent et ne doivent être en aucun cas considérés comme se concurrençant. L’origine commune de ces trois procédés : l’utilisation des facteurs naturels détruisant un Insecte ou limitant sa multiplication fait que le prix de revient de leur application est peu élevé et correspond aux possibilités de la production ; aussi peut-on les considérer comme étant à peu près les seuls susceptibles d’entrer dans la pratique courante, telle qu’elle semble devoir se présenter ultérieurement; les traitements par les insecticides, en raison de leur prix de revient nécessairement élevé, du mode de vie de la Teigne rendant les chenilles très peu vulnérables, et aussi de l’insuffisance de nos connaissances sur leur mode d’action physiologique, semblent devoir rester pendant longtemps encore pour la Teigne d’un emploi limité. Les études sur leur utilisation dans le cas d’extinction de fovers, seul cas où économiquement ils peuvent être envisagés, ayant déjà été effectués, nous n’avons pas eu à les considérer.
- Pourtant s’il venait à être reconnu que la Teigne puisse exercer de
- p.729 - vue 729/899
-
-
-
- 730
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMRIIE 1924.
- sérieux ravages sur l’ensemble du territoire français au lieu de rester seulement un Insecte régional, la question de la lutte à préconiser contre elle se poserait d’une façon toute différente. Les produits des régions attaquées n’avant plus à subir la concurrence commerciale défavorable de ceux des régions indemnes, surtout lorsque ces derniers se montrent de beaucoup les plus abondants, l’emploi de moyens de lutte plus onéreux que ceux préconisés ici deviendrait non seulement possible mais encore avantageux. Mais comme nos études, de même que l’avaient déjà fait celles de M. Picard nous conduisent à considérer cette hypothèse de la généralisation de la Teigne comme fort improbable, nous n’avons pas cru devoir l’envisager dans ses détails dès à présent; nous nous proposons seulement de suivre, à l’avenir, tous les documents s’y rattachant afin de pouvoir, en cas d’indices défavorables sur sa réalisation, l’étudier sans retard.
- lin problème économique important, bien que d’autre nature, se rattache encore à la question de la Teigne des Pommes de terre. La Teigne, par suite de phénomènes d’adaptations, ne viendrait-elle pas à évoluer sur la fécule, principal constituant des tubercules de Pommes de terre et à constituer ainsi un jour ou l’autre, pour l’industrie de la féculerie, un redoutable ennemi? De tels changements de régime ne nous sont déjà que trop connus chez les Insectes ; c’est à l’un d’entre eux que nous devons par exemple l’apparition dans les minoteries de la si préjudiciable Teigne de la Farine (Ephetici Kuehniella) espèce qui, d’une évolution primitive sur les Graminées sauvages, passa secondairement à une évolution exclusive sur la farine lors de la production en grand de cette matière dans l’industrie; depuis elle s’est môme peu à peu propagée sous des climats où, normalement, elle ne vivait pas au début.
- Heureusement, diverses expériences instituées à cet égard nous ont montré qu’une telle adaptation était peu probable, sinon même impossible; expérimentalement, elle n’a jamais pu être réalisée en laboratoire, même en suivant différentes techniques. Si l’on analyse de près les faits, on se rend compte qu’une des causes principales de cette impossibilité de changement de régime doit être recherchée dans une trop grande différence d’état chimique résidant entre la fécule et le tubercule de Pomme de terre, différence beaucoup plus grande que celle qui existe entre la farine et le grain de blé par exemple. En particulier, dans la fabrication de la fécule, il y a élimination des matières azotées du tubercule de Pomme de terre et une grande modification de la teneur en eau de la matière transformée. Or, nous avons
- p.730 - vue 730/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE. 731
- constaté que la Teigne ne digérant pas l’amidon ne peut utiliser ce corps Ct demande pour sa nourriture des produits solubles. Si la Teigne de la farihe peut évoluer sur la farine, c’est qu’elle en digère l’amidon, le composé principal, et qu elle y rencontre en outre des éléments nutritifs de nature variée, tels des matières minérales, azotées et sucrées, sous une certaine abondance. Aussi ces deux espèces apparemment assez voisines ne sont-elles
- Fig. 7. — Parenchyme de tubercule de Pomme de terre après digestion par une chenille de Teigne. Ses grains d’amidon n’ont pas été attaqués.
- Fig. 8. — Farine digérée par la Teigne de la farine. Ses grains d’amidon présentent des phénomènes de corrosion très marqués. A gauche, quelques grains vus à un plus fort grossissement.
- physiologiquement pas comparables comme capacité de digestion; les variations importantes de régime que l’une effectue aisément, l’autre ne peut les supporter.
- En dehors de leur application immédiate à la lutte contre la Teigne des Pommes de terre, certaines de nos études atteignent une portée plus générale. Les principales se rattachent à l’importante question de l’utilisation en agriculture des Insectes entomophages.
- L’étude du parasitisme de YHabrobracon Johannseni sur la Teigne, nous révéla une des causes de possibilité d’extension de la vie parasitaire chez les Hyménoptères à des hôtes enfermés dans des loges closes, hôtes qui de ce fait, à première vue, nous paraîtraient comme complètement invulnérables. Elle nous permit aussi d’analyser les modalités des luttes parasitaires et de voir, entre autres faits, comment certains caractères biologiques de l’hôte et du parasite, parfois peu mis en évidence, tels le mode de distri-Tome 136. — Novembre 1924. 51
- p.731 - vue 731/899
-
-
-
- 732
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE. — NOVEMBRE 1924.
- bution des pontes du parasite et ses variations possibles suivant l’abondance des hôtes, peuvent avoir une très grande importance dans la marche et l’issue des interactions biologiques. Une des principales conséquences de cette remarque est que le mode de distribution des hôtes dans le temps a une grande importance dans l’efficacité d’un parasite. Ainsi peut s’expliquer pour certains cas, comment lors d’invasions de Phytophages, les parasites après être restés pendant longtemps de rôle peu important, entrent brusquement en action et arrivent à maîtriser puis à détruire en très peu de temps ces mouvements ascensionnels anormaux de leurs hôtes qu’au début ils ne refrénaient aucunement.
- La question du rôle de la polyphagie dans l’efficacité des parasites attira également notre attention. En effet la polyphagie est un caractère ayant souvent d’étroits rapports avec le maintien des espèces, or c’est justement celui-ci qui est fréquemment modifié par les façons culturales que nous faisons subir aux plantes lorsque nous les mettons en culture; nous avons donc pensé qu’il y avait lieu d’étudier son influence en détail.
- Nous savons que plus abondante est une espèce entomophage au moment d’une pullulation anormale d’un de ses hôtes, en général plus grande est son activité et plus prompte son efficacité dans la limitation de cette invasion. Pendant les périodes d’absence ou de grande rareté de son hôte, le parasite spécifique tend à disparaître presque complètement d’une région alors que le parasite polyphage peut subsister avec une certaine abondance grâce à une évolution temporaire sur des hôtes divers. Lorsque l’hôte principal commencera à nouveau à pulluler, le dernier de ces parasites pourra entrer en action immédiatement et agir efficacement aussitôt en raison de son avance numérique, alors que le second exigera certains délais; même s’il a une puissance destructive plus élevée, celui-ci, en raison du retard d’abondance dans lequel il se trouve, risque, de laisser à ses débuts le mouvement ascensionnel de l’hôte se développer à peu près librement et de l’enrayer que lorsqu’il aura pris une certaine amplitude, c’est-à-dire lorsque des dégâts importants auront déjà été commis. Dans la nature, l’évolution occasionnelle sur plusieurs hôtes permet à des espèces parasites de subsister alors même que l’un de ces hôtes vient à faire momentanément défaut.
- La mise en culture de végétaux a souvent pour effet d’exagérer cette tendance de beaucoup d’insectes phytophages d’évoluer sous la forme de grandes fluctuations numériques avec minimum très bas et mouvement ascensionnel des plus rapides. En effet, souvent par la culture, nous favorisons chaque peuplement végétal pendant un certain temps; puis brusquement, avec la récolte, nous le détruisons complètement. Nous le reconstituons
- p.732 - vue 732/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 733
- ensuite sur un emplacement plus ou moins éloigné du précédent et faisons succéder sur ce dernier un peuplement végétal de toute autre composition. Certains des Insectes qui lui sont propres, après avoir pu se multiplier surabondamment en raison de la grande quantité d’aliment offerte temporairement, se voient soudain affamés et décimés. S’ils sont très stricts comme hôte et que les nouveaux qui leur sont offerts ne leur conviennent pas, ils disparaissent en presque totalité, l’espèce ne subsistant alors que par les individus qui auront pu émigrer à temps et trouver dans le voisinage des plantes propices à l’achèvement de leur évolution ou au dépôt de leurs pontes. Si ces plantes sont cultivées, des nouvelles souches ainsi établies, l’espace commencera à nouveau à pulluler très rapidement en raison de l’abondance d’aliments offerts, puis, à nouveau, elle sera encore décimée. C’est dans de telles conditions de milieu que les parasites doivent se maintenir dans les champs soumis à la grande culture intensive ; souvent elles sont loin de leur être avantageuses, mais il ne nous est pas possible de songer à les modifier : il y aurait incompatibilité entre les techniques à suivre et celles, plus importantes, nécessaires au développement des végétaux; le plus sage, lorsque nous désirons utiliser des parasites, par exemple en importer, est de choisir de préférence parmi les espèces disponibles celles qui, en raison de leurs caractères biologiques propres, auront le moins à souffrir. Aussi nous avons été amenés à envisager la valeur particulière des Insectes parasites polyphages occasionnels dans la lutte contre les ennemis des végétaux cultivés.
- A vrai dire, il existe en dehors de la polyphagie de nombreux autres caractères biologiques qui influent également sur la facilité de maintien des espèces et dont il est nécessaire de tenir également grand compte, mais leur importance varie beaucoup d’un cas à l’autre; parmi les principaux se placent par exemple, l’abondance des individus à cycle très allongé (aberrants), le pouvoir de dissémination des individus (vol pour les adultes, marche pour les adultes et les larves), le ou les stades de l’hote parasité, la synchronie de cycle évolutif avec l’hôte, l’évolution de l’hôte par générations chevauchantes ou successives ; la facilité de découverte à une grande distance des hôtes ce que l’on pourrait appeler dans un sens large le « pouvoir de recherche » des parasites, a aussi une influence marquée sur le maintien d’une espèce lorsque ses hôtes se présentent très disséminés ou d’atteinte difficile ; mais, en général, on peut dire qu’elle se montre très forte, et que, pratiquement, nous pouvons presque toujours compter sur elle. Nous l’avons maintes fois observée sur YHabrobracon et sur de nombreuses autres espèces parasites dans la nature ou sur des élevages; presque toutes les études faites jusqu’à ce jour sur le parasitisme l’ont également notée.
- p.733 - vue 733/899
-
-
-
- 734
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMBRE 1924.
- Donc, loin de rejeter les parasites polyphages comme il a été parfois conseillé, nous pensons au contraire que nous devons prendre certains d’entre eux, les polyphages occasionnels, en considération, à égalité de titres avec les spécifiques stricts, bien qu’à première vue leur activité parasitaire puisse paraître moins élevée. L’efficacité des parasites varie beaucoup avec les conditions de milieu, aussi, pour le choix des espèces à importer, l’expérience ayant montré qu’on avait avantage à n’importer qu’un petit nombre d’espèces et non toutes celles rencontrées, doit-on se baser en grande partie sur une connaissance approfondie de ces conditions de « milieu », l’espèce présentant le maximum d’efficacité sous telles conditions, pouvant fort bien 11e plus être classée au même rang sous telle autre.
- Pour les espèces nuisibles soumises à de faibles fluctations numériques, comme celles qui vivent sur les arbres, les arbustes et les plantes pluriannuelles, on préférera les parasites spécifiques; au contraire, pour celles qui vivent sur des plantes annuelles, comme le sont les plus importantes des plantes cultivées, plantes constamment troublées dans leur évolution par les conditions de la culture intensive, changées très fréquemment d’emplacements, soumises régulièrement à des périodes de repos dans des magasins, les parasites polyphages seront souvent à prendre en considération en premier lieu surtout si l’espèce que l’on se propose de combattre n’évolue pas ou peu seulement sur des plantes sauvages croissant au voisinage de celles qui sont mises en culture. Bien entendu, ce ne sont là que des directives générales, directives que les détails propres à chaque cas particulier auront souvent à corriger, car aucune règle absolue 11e peut être établie. Si les spécifiques stricts ontdonné jusqu’à ce jour les résultats les plus brillants, c’est parce que l’on opérait presque toujours dans le cas d’insectes à pullulation constante, évoluant sur des plantes fixes, et pour lesquels le taux maximum d’abondance compatible avec nos exigences était relativement élevé. Il nous semble que pour l’application à la grande culture des procédés si intéressants de l’utilisation des Insectes entomophages, les principes actuellement établis pour la culture des plantes pluriannuelles, doivent être élargis.
- Les parasites polyphages occasionnels peuvent encore présenter d’autres avantages pour des acclimatations. Nous avons vu en particulier pour la Teigne des Pommes de terre, comment leur caractère de polyphagie permettait de les établir d’avance alors que l’insecte à combattre est encore limité à de petits foyers où il ne se montre que peu important en raison de conditions locales particulières, et les avantages que l’on peut retirer de telle mesures préventives appliquées un certain temps d’avance.
- Dans un autre ordre d’idées, nous avons aussi reconnu que les parasites asynchrones, tel VHabrohracon, pouvaient également se montrer très utiles.
- p.734 - vue 734/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 735
- L asynchronie d’évolution leur donne parfois une grande supériorité de multiplication sur leur hôte. Leur efficacité dépend, il est vrai, beaucoup du mode d’évolution de l’hôte envisagé; aussi, pour certains de ceux-ci, peut-elle se montrer parfois capricieuse, en particulier lorsqu’elle se trouve être sous la dépendance d’hôtes complémentaires. Les parasites asynchrones sont donc à départir en deux groupes et non à rejeter en bloc comme il a été parfois dit.
- D’une façon générale, on peut dire que si l’on suit l’évolution numérique d’une espèce dans le temps, elle nous apparaît comme en grande partie réglée par le jeu d’un certain nombre de facteurs naturels dits facteurs limi-tateurs de pullulation et dont les principaux se groupent en facteurs climatériques, facteurs de carence alimentaire (abondance ou dissémination des individus hôtes ou symbiotes; nature propre de chacun de ces hôtes), et facteurs de lutte biologique (concurrence vitale, parasitisme).
- Lorsque nous mettons une plante en culture, n@us modifions profondément les facteurs limitateurs réglant le taux de pullulation des insectes qui vivent à ses dépens, tous les éléments du complexe biologique étant solidaires. Pour beaucoup d’insectes, le taux limite s’abaisse, pour quelques autres, au contraire, il s’élève considérablement, si bien que les espèces ainsi livrées à elles-mêmes pendant un certain temps pullulent avec une abondance extraordinaire et deviennent des fléaux. Pour les ramener, puis les contenir au-dessous d’un taux compatible avec nos exigences, nous cherchons alors à faire revenir en action les facteurs limitateurs naturels amoindris ou éliminés; ce ne sera qu’en cas d’impossibilité rencontrée dans cette voie que nous pourrons essayer de substituer à ces facteurs naturels manquants ou déficients, d’autres de nature toute différente et apportés artificiellement : les principaux étant les insecticides. Pour eux, toutefois, la question du rapport entre la dépense engagée et le résultat apporté, limite souvent leur possibilité d’utilisation à des cas assez spéciaux.
- Parmi les facteurs limitateurs naturels, c’est la carence alimentaire, facteur des plus fréquemment modifié par la mise en culture des plantes, que nous cherchons le plus souvent à utilisera nouveau. Presque toujours nous nous attachons à la faire revenir en jeu sous une forme un peu différente de celle qu’elle présente en général dans la nature sauvage : à la dissémination des individus, élément que, souvent, pratiquement nous ne pouvons envisager qu’en dernière extrémité par la suite de considérations d’ordre économique, nous substituons la modification du cycle évolutif (fauchaison,
- p.735 - vue 735/899
-
-
-
- Mombrt 4 individu*
- 736
- TEIGNE DES POMMES DE TERRE.
- NOVEMRRE 1924.
- Graphique I. — Evolution de la Teigne sur les Solances sauvages, évolution sur les tubercules évolution sur les fouilles évolution sur les tubercules en magasins <--------------------------y «----------------------------> <----------------------------------------^
- Graphique 11. — Evolution de la Teigne sur la Pomme de terre cultivée La culture augmente le nombre et surtout l'amplitude des variations d'abondance numérique de la Teigne.
- Graphique III. — Utilisation de pratiques culturales spéciales pour abaisser le taux de pullulation de la
- Teigne.
- La migration d'automne de la Teigne sur les tubercules est évitée; sa courbe d’abondance numérique reste au-dessous de celle des exigences économiques.
- JV
- Av
- Oc
- Jv
- Graphique IV. — Utilisation en plus des parasites.
- Les chances d'attaque des tubercules sont diminuées en raison de rabaissement du maximum h atteint par
- la courbe de pullulation.
- Fig. 9. — Schémas montrant les modifications d'évolution numérique annuelle de la Teigne avec la mise en culture de la Pomme de terre.
- courbe des exigences économiques, courbe de pullulation de la Teigne.
- p.736 - vue 736/899
-
-
-
- UTILISATION DES INSECTES ENTOMOPHAGES EN AGRICULTURE.
- 737
- arrachage, périodes d’emmagasinage...) mais surtout les fréquents changements d’emplacement (rotations de cultures). Ce sont là les bases les plus anciennes de l’Entomologie appliquée, bases jouant souvent à notre insu un des plus grands rôles dans la lutte contre les Insectes nuisibles aux plantes cultivées et auxquelles se rattachent beaucoup de techniques empiriques établies depuis fort longtemps et qui, passées dans le cadre de la routine, y demeurent insoupçonnées. Leur interprétation peut être l’origine d’intéressantes améliorations et c’est là certes une voie qui mériterait d’être plus prise en considération.
- Depuis relativement peu de temps, par des techniques souvent fort hardies et élégantes, nous parvenons à faire revenir les facteurs de lutte biologique lorsque ce sont eux qui ont été éliminés, surtout dans les cas d’insectes étrangers importés sans leurs parasites; des résultats des plus intéressants sont ainsi chaque jour obtenus. Mais il faut pourtant se rappeler que ces facteurs ne constituent qu’un élément de limitation, élément qui, s’il n’est pas toujours nécessaire, peut fort bien aussi ne pas être toujours suffisant. Toutes les pullulations abondantes d’insectes ne sont pas en rapport avec une élimination ou une absence de parasites et certes on ne doit pas voir dans la recherche de ceux-ci la solution type de tous les problèmes posés.
- La limitation de la pullulation d’un insecte est un problème fort complexe; souvent elle doit être abordée par de nombreuses voies et, selon les cas, chacune de celles-ci peut être fructueuse ou n’offrir que peu de résultats. Fréquemment, ce sera une judicieuse combinaison entre toutes les solutions qu’elles offrent individuellement, chacune de ces solutions étant prise au moment où elle présente par rapport aux autres le maximum d’avantages, qui nous conduira à la meilleure technique de limitation, celle qui, économiquement parlant, se montrera la plus avantageuse. C’est la directive que nous nous sommes attachés à suivre dans nos recherches sur la Teigne des Pommes de terre. Notons d’ailleurs que cette solution n’est pas fixe : elle dépend des progrès et des nécessités du moment; selon eux elle devra être déplacée. Les éléments améliorés prendront peu à peu plus d’importance et ceux devenus comparativement de faible valeur passeront au second plan (4).
- B. Trouvelot,
- Ingénieur agronome, docteur es sciences, préparateur à la Station entomologique de Paris.
- (4) Le détail de ces recherches a paru dans les Annales des Épiphylies (t, X),en un mémoire intitulé : Recherches de Biologie appliquée sur la Teigne des Pommes de terre et ses parasites et remarques générales sur l’utilisation des Insectes entomophages en agriculture. [M. Mendel, élit., Paris.]
- Les parties générales en ont été extraites et rassemblées en une petite brochure : Considérations générales sur les sciences biologiques appliquées à l'agriculture (Entomologie).
- p.737 - vue 737/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR LTNDUSTRIE NATIONALE. — NOVEMBRE 1924.
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ"1
- Jusqu’à ces dernières années, la presque totalité des constructions en béton armé étaient exécutées en employant des ciments à prise lente, dont le ciment artificiel Portland était considéré comme le type le plus parfait.
- Or, si ces ciments permettent d’édifier des constructions avec une absolue sécurité, ils n’en présentent pas moins le grave défaut de n’autoriser le décolïrage du béton qu’après un délai variant de 15 à J5 jours, suivant la nature et 1’importance de ces ouvrages.
- Les inconvénients de cette sujétion, que certains ont dénommée « l’infirmité » du béton armé, sont multiples :
- Au point de vue économique, elle nécessite une longue et par suite coûteuse immobilisation des coffrages.
- Au point de vue des délais d’exécution, les 30 jours de prise que l’on admet en général pour une construction courante retardent d’autant sa mise en service, ce qui justifie fréquemment l’abandon du béton armé pour l’édification de travaux particulièrement urgents, notamment les banques et les grands magasins.
- Enfin, au point de vue technique, la lenteur de durcissement des ciments Portland ne permet pas d’adopter certains procédés de montage sans cintre, utilisés dans les constructions métalliques et qui présentent fréquemment d’importants avantages à tous égards.
- Les constructeurs de béton armé ont, il est vrai, fait de tout temps de notables efforts pour se libérer, dans la mesure du possible, des inconvénients résultant de la longue durée de durcissement du ciment. Certains d’entre eux utilisent des armatures rigides susceptibles de supporter le poids propre de la construction et auxquelles sont suspendus les coffrages; d’autres emploient des armatures remplissant le même but, à l’aide d’éléments provisoires qui sont enlevés après le durcissement du béton; d’autres encore adoptent des cintres suspendus, etc. Mais tous ces procédés, qui permettent de supprimer partiellement l’étayage proprement dit, n’autorisent cependant pas lia mise en service normale des constructions avant
- (I) Conférence faite par l’auteur en séance publique, le 25 octobre 1921.
- p.738 - vue 738/899
-
-
-
- 739
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET l’aVENIH DU BÉTON ARMÉ.
- le durcissement du béton et n’offrent, de ce fait, que des avantages limités.
- L’apparition des ciments à durcissement rapide, dont l’industrie des liants hydrauliques s’est enrichie au cours de ces dernières années, semble devoir orienter la construction en béton armé dans une voie nouvelle en faisant disparaître, dans une large mesure, sinon complètement, l’infirmité initiale que constituaient les longs délais de décoffrage.
- Le prototype de ces nouveaux liants est le ciment à l’aluminate ou ciment fondu.
- Ce ciment, dont l’invention est due au regretté Bied, alors qu’il était chef du laboratoire de la Société des Chaux et Ciments de Lafarge et du Teil, est obtenu par la fusion, au four électrique ou au water-jacket, d’un mélange de calcaire et de bauxite ou silicate d’aluminium.
- Le produit fini, qui présente une coloration presque noire, est essentiellement alumineux; il comporte en moyenne :
- 10 p. 100 de silice,
- 40 p. 100 d’alumine,
- 10 p. 100 de fer et oxydes de fer,
- 40 p. 100 de chaux.
- Son indice d’hydraulicité, c’est-à-dire le rapport entre les poids de la silice combinée et de l’alumine, d’une part, et le poids de la chaux d’autre part, est égal à 1,23, soit plus du double de la valeur exigée par la circulaire du 2 juin 1902 relative aux ciments destinés à des travaux en prise à la mer.
- Le ciment fondu n’est pas, comme on l’a souvent prétendu, un ciment à prise rapide. Sa prise est analogue à celle du ciment artificiel, c’est-à-dire qu’elle commence à s’effectuer environ 3 heures après le gâchage et qu’elle est complètement terminée après 4 à 8 heures.
- Le ciment fondu est donc un ciment à prise lente, ce qui assure tout le temps nécessaire pour son gâchage et sa mise en œuvre.
- Toutefois, et c’est là que réside l’une de ses principales caractéristiques, lorsque sa prise est achevée, son durcissement est si rapide qu’au bout de 24 heures le ciment fondu présente une résistance au moins comparable à celle qu’atteignent les meilleurs ciments artificiels au bout de 30 jours de durcissement.
- La figure 1 représente la courbe de durcissement du ciment fondu. Elle se rapporte à des cubes de béton dosés à raison de 200 kg de ciment par mètre cube mis en œuvre.
- On a porté en abscisse la durée de durcissement et en ordonnée la résistance correspondante.
- p.739 - vue 739/899
-
-
-
- 740
- l’avenir DU BETON ARMÉ.
- NOVEMBRE 192 t.
- Vous constaterez qu’au bout de 2 jours le béton présente une résistance d’environ 200 kg : cm2, qui est celle admise par la circulaire de 1906 pour du béton à 400 kg de ciment Portland au bout de 90 jours de prise.
- A 3 mois, la résistance est voisine de 300 kg : cm2.
- La courbe inférieure A représente la résistance comparative d’un ciment artificiel de première catégorie et la courbe moyenne D celle d’un ciment Portland amélioré.
- Lutin, le ciment fondu est complètement indifférent à l’action des eaux marines ou sulfatées, ce qui permet de l’appliquer dans les terrains chargés
- Fig. 1. — Essais d’écrasemeül de cubes de 2ü cm d’arète, dosés à 200 kg de divers ciments pour 400 litres de sable et 800 litres de gravillon de Seine.
- de gypse qui décomposent plus ou moins rapidement la presque totalité des liants hydrauliques et que l’on rencontre notamment dans les régions du Nord de l’Afrique.
- Dès l’apparition du ciment fondu sur le marché, et craignant avec raison la concurrence de ce nouveau produit, plusieurs fabricants de ciment artificiel s’efforcèrent d’améliorer leur fabrication dans le sens d’une accélération du durcissement et d’une augmentation de la résistance.
- L’usine suisse d’IIolderbank fut, sauf erreur, la première à lancer un ciment spécial qui réalise des résistances de début bien supérieures à celles du ciment artificiel de la même usine.
- Plusieurs usines françaises et étrangères firent des recherches dans le même sens, de telle sorte que l’on trouve actuellement, sur le marché mondial, plusieurs marques de ciments à durcissement rapide de valeur encore inégale.
- p.740 - vue 740/899
-
-
-
- Movtver normal r 1:3' -pilonné Salle normal smsse
- Cim.en,t Spécial HolderltWlK
- Cinvttvt Spécial HolAerl>a.aK.
- . Compression.
- Cuneiit Portldncl Ordinaire.
- HoldcrloaK tTeasioa
- f 7 24 jours
- l^esultaii ci. expériences fcûttj ojh Laiiofaïetrc fédéral cL'ess*i des JV1 nier Loiu.>' annexe n
- Fig. 2. — Tableau comparatif des résistances moyennes du ciment spécial llolderbank et du ciment Portland normal.
- —i
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ
- p.741 - vue 741/899
-
-
-
- 742
- l’avenir DU BÉTON ARMÉ. — NOVEMBRE 1924.
- Tous ces ciments ont à peu de chose près la même composition chimique que les ciments artificiels.
- Ils présentent sur ces derniers une notable majoration des résistances du début, sans atteindre pourtant les chiffres réalisés par le ciment fondu.
- Ils sont en outre, comme les ciments artificiels, généralement décomposés par les eaux séléniteuses.
- Leur gâchage est analogue à celui du ciment Portland et ne nécessite aucune précaution spéciale.
- La courbe supérieure de la figure 2 représente le processus de durcissement du ciment spécial Holderbank et la courbe inférieure celui du ciment Portland ordinaire de même marque.
- Vous constaterez que ce ciment spécial, qui est remarquable par la constance de sa qualité, présente à 3 jours de prise une résistance supérieure à celle du ciment ordinaire à 28 jours.
- On conçoit immédiatement les avantages considérables qui résultent du fait que l’on peut réaliser, au bout de 24 heures avec le ciment fondu, et 3 à 8 jours avec les ciments dits à durcissement rapide, des résistances qui ne peuvent être obtenues qu’au bout d’au moins 30 jours avec les ciments artificiels courants.
- T R A VAUX D’ARCHITECTURE.
- En ce qui concerne les travaux d'architecture proprement dits, c’est-à-dire les planchers et ossatures des bâtiments, les coffrages peuvent être enlevés au bout de quelques jours et réutilisés au moins partiellement pour les étages supérieurs, ce qui conduit à une économie notable et même très importante dans certains cas. En outre, les parties de bâtiment ainsi libérées de tout boisage 2 à 3 jours après leur exécution deviennent immédiatement disponibles pour subir les travaux d’aménagements intérieurs ou pour être mises en service.
- Les constructions réalisées de la sorte présentent donc toutes les qualités de rapidité d’exécution et d’utilisation immédiate des charpentes métalliques, sur lesquelles elles ont, en outre, l’avantage important de l’incombustibilité.
- Quant au point de vue économique, le béton armé hourdé aux ciments spéciaux soutient en général fort bien la comparaison avec la construction métallique; il est même à prévoir que la diminution du prix de vente de ces ciments, qui doit être la conséquence logique de la concurrence ascendante et des progrès réalisés dans leur fabrication, accentueront de plus en plus cet avantage.
- Parmi de nombreux exemples, je vous citerai les quelques faits suivants
- p.742 - vue 742/899
-
-
-
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- 743
- qui montrent les résultats que l’on peut retirer de l’emploi des ciments à durcissement rapide dans les travaux d’architecture.
- Au Casino de Paris, la cuve en ciment Holderbank de 9 m de profondeur de l’aquarium mobile, exécutée dans un terrain boulant, à proximité immédiate de murs d’une vingtaine de mètres de hauteur, fut décoffrée après 6 jours de durcissement, sans qu’il en résulta la moindre fissure, malgré la pression considérable des terres qui avait fait ployer les étayages.
- Au théâtre Empire, à Paris, dont l’ouverture ne pouvait être différée davantage, la dernière galerie, exécutée avec du ciment Holderbank, fut décofîrée après 5 jours de durcissement et immédiatement soumise aux épreuves de résistance.
- A l’autodrome de Miramas, les fermes en béton de ciment fondu Pavin de Lafarge de la toiture, qui présentent un porte-à-faux de 10 m de portée libre, ont été exécutées sur un cintre mobile et décintrées sans incident après 3 jours seulement de durcissement.
- A l’atelier de réparation de Vierzon, dans la gare de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, je fis exécuter avec du béton de ciment fondu Pavin de Lafarge, des tendeurs de fermes de 20 m de portée qui furent mis en service après 3 jours de durcissement.
- Je cite enfin le cas d’une tour en maçonnerie, de 36 m de hauteur, pesant environ 800 t, qui s’était inclinée fortement en 1921 et menaçait de s’effondrer à la suite d’un tassement accidentel de ses fondations. Appelé en consultation, je pus, grâce à l’emploi de ciments à durcissement rapide, reconstituer en 10 jours de nouvelles fondations sous la tour et, le treizième jour, la ramener dans sa position primitive à l’aide de vérins hydrauliques en la relevant de 35 cm en son point le plus bas.
- Je viens du reste de faire effectuer il y a quelques jours à peine, sur une usine normande, une opération de relèvement analogue, en la redressant en pleine charge à l’aide de vérins prenant appui sur de nouvelles fondations en béton de ciment Holderbank, malgré son poids de près de 2.000 t.
- Ces quelques exemples donnent une idée de la diversité des problèmes que les ciments spéciaux permettent de résoudre dans des délais extraordinairement courts.
- Les ciments à durcissement rapide trouvent également des applications fort intéressantes pour la fabrication d’éléments moulés à l’avance, tels que les poteaux pour transport de force, les poutrelles ou solives pour planchers, etc.
- Leurs avantages sont particulièrement importants pour les pieux de fondation dont le battage peut s’effectuer au bout de 3 à 4 jours de durcissement, au lieu des 45 jours qu’exige l’emploi des ciments Portland artificiels.
- p.743 - vue 743/899
-
-
-
- 744
- NOVEMBRE 1924.
- i/A VENIR DU BÉTON ARMÉ. —
- Voici la tête d’un pieu eu béton de ciment fondu Pavin de Lafarge de 14 m de longueur, battu au refus après -1 jours seulement de durcissement avec un mouton de 5.500 kg au chantier de la Compagnie occidentale des Produits du Pétrole à Rouen par l’entreprise Chouard. Vous pouvez constater le parfait état de cette tète de pieu.
- Constructions navales.
- L’application des ciments spéciaux aux constructions navales permet de réaliser d’incontestables progrès dans ce domaine encore très discuté.
- Les bateaux peuvent être mis à l’eau aussitôt après leur décoffrage, ce qui conduit à une réutilisation immédiate des moules et des cales de lancement, c’est-à-dire à une réduction appréciable des prix de revient et des délais de livraison.
- En outre, les brèches et avaries provenant de collisions peuvent être réparées avec beaucoup plus de rapidité qu’avec les ciments ordinaires.
- C’est ainsi que j’ai pu refaire en 4 jours, avec du ciment fondu Pavin de Lafarge, l’avant d’un chaland de Seine de 70 m de longueur qui, par suite d’un accident de manœuvre, était venu buter à la vitesse de 15 k : h contre une pile du Pont au Change à Paris. Quelques jours après le chaland reprenait son voyage sans incident.
- Enfin la résistance du ciment fondu à l'eau de mer constitue un apport d’une importance considérable.
- La construction des chalands de Seine et de mer en béton armé, réalisée par le Ministère des Travaux publics et le Sous-Secrétariat de la Marine marchande, a soulevé de nombreuses discussions et même quelques polémiques.
- Les uns ont conclu au succès complet, d’autres, plus nombreux, il faut le reconnaître, à un échec très net.
- Ces deux opinions contradictoires sont excessives à mon avis.
- Les chalands de Seine se sont en général bien comportés et plusieurs d’entre eux continuent encore actuellement un service régulier entre Paris, Rouen et le Havre.
- Certes il y eut des unités trop fragiles, peu résistantes, gouvernant mal par suite de formes défectueuses. Mais il faut tenir compte du fait que la plupart des constructeurs s’occupaient de chalands pour la première fois au cours de leur carrière et qu’il n’existait pas, pour le béton armé, de règles de construction analogues à celles édictées par le Bureau Véritas et le Lloyd pour les navires en bois et en acier, règles qui sont elles-mêmes, il ne faut
- p.744 - vue 744/899
-
-
-
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- 745
- pas l’oublier, le résultat d’une longue expérience et même de bien des mécomptes et sinistres.
- Les chalands de Seine normalement construits n’ont présenté en fait qu’un seul inconvénient grave : l’excès de leur poids mort par rapport à celui des coques métalliques. A la vitesse de 4 nœuds, l’effort de traction par tonne de charge utile, qui est inférieur à 1.000 g pour les chalands métalliques de 700 t, est voisin de 1.500 g, soit une majoration de plus de 50 p. 100 pour les chalands similaires en béton armé. Au point de vue exploitation, cet excès de résistance à l’avancement absorbe une part notable du bénéfice du voyage et constitue, de ce fait, un incontestable inconvénient.
- Les chalands de mer, dont le programme de construction fut réalisé trop tardivement pour leur permettre d’être efficacement utilisés, n’ont guère navigué. Toutefois, les quelques unités qui ont été mises en service ont présenté, en général, une bonne tenue à la mer.
- En résumé, la principale objection qui s’oppose actuellement à l’emploi généralisé d'unités de transport en béton armé ne concerne ni leur solidité, ni leur stabilité, ni leur tenue en cours de manœuvre, ni leur possibilité de réparations en cours d’abordage, car ces qualités sont acquises. Cette objection ne vise que l’excès de poids mort des coques qui réduit d’autant la charge utile et, par suite, le rendement commercial du navire.
- Le béton armé ne pourra donc concurrencer avec succès le métal pour la construction d’unités de transport que lorsqu’il permettra de réaliser des coques d’un poids sensiblement égal à celui des coques en acier.
- Plusieurs essais ont du reste été tentés dans ce sens, notamment par l’emploi de béton léger dont le squelette est constitué par des scories, de la pierre ponce, des éléments d’argile cuite, etc.
- Malgré l’optimisme de certains constructeurs, je considère pour ma part que la preuve de l’efficacité absolue de ces procédés n’est pas encore indiscutablement apportée, et que le métal conserve, actuellement, l’avantage d’utilisation économique pour les unités dites de transport.
- Par contre, le béton armé peut et doit dès maintenant se développer pour les unités navales de service des ports qu’il est nécessaire de lester pour assurer leur stabilité, c’est-â-dire pour les pontons-grues, les mahonnes, embarcations de servitude, etc.
- J’ai, pour ma part, construit plusieurs pontons de mer pour grues flottantes, et toutes ces unités se sont très bien comportées malgré les chocs très violents et les trépidations des appareils qu’elles supportent.
- Ces pontons, convenablement ceinturés par des défenses en chêne, résistent normalement aux chocs des navires et des quais et réalisent une
- p.745 - vue 745/899
-
-
-
- 746
- L’AVENIR'' DU BÉTON ARMÉ. — NOVEMBRE 1924.
- étanchéité parfaite. Ils constituent donc une application rationnelle et, en général, économique du béton armé.
- Pour en terminer avec les constructions navales, je dois ajouter quelques mots concernant les tentatives faites pour réaliser des cuirasses de navire en béton armé susceptibles de résister aux obus de rupture.
- L’expérience m’a démontré que, sous l’action du choc du projectile, le béton est pulvérisé, puis soufflé, les armatures sont mises à nu et coupées. Même avec un pourcentage d’acier de 12 p. 100, constitué par des spires soit en acier doux, soit en acier dur ou même trempé, je n’ai obtenu personnellement que des résistances médiocres à la perforation par tir direct sur quatre types de cuirasses essayées au polygone de Sevran-Livry.
- Peut-être obtiendrait-on de meilleurs résultats en munissant la cuirasse en béton armé d’un léger blindage extérieur en acier.
- Ouvrages a grande portée.
- C’est surtout dans la réalisation des ouvrages à très grande portée, qui étaient autrefois le domaine exclusif des constructions métalliques, que les ciments spéciaux semblent devoir ouvrir au béton armé les plus larges horizons.
- La crainte que manifestent beaucoup d’ingénieurs lorsqu’on passe brusquement d’un ouvrage de dimensions actuellement normales à un ouvrage de beaucoup plus grande envergure, est incontestablement justifiée lorsqu’il s’agit d’un navire, d’un avion, ou d’un dirigeable, car ces organismes sont soumis à des efforts dynamiques encore mal définis et dont l’action ne peut être déterminée avec précision que par l’expérimentation directe; il est alors d’élémentaire prudence de n’avancer que pas à pas dans la voie d’une plus grande hardiesse.
- Mais la situation est nettement différente pour les grands ponts qui sont soumis à des sollicitations bien définies, dont l’action peut être actuellement déterminée avec une exactitude pratiquement suffisante, aussi bien en ce qui concerne les efforts principaux que les efforts secondaires ou dynamiques.
- Un ouvrage ne périt pas parce qu'il est grand ou parce qu'il est petit. Il périt parce que le taux de rupture de la matière est atteint en un point quelconque, pour une cause ou pour une autre.
- La presque totalité des accidents survenus à de grands ouvrages, et notamment celui du pont métallique de Québec, sont parfaitement explicables par des défauts flagrants de conception ou d’exécution.
- Quant aux quelques cas inexpliqués pour le public, en dehors de ceux où
- p.746 - vue 746/899
-
-
-
- 747
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET l’aVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- toute constatation est rendue impossible par l’état des décombres, ils n’ont eu parfois pour secret que l’intérêt que pouvaient avoir à la fois les constructeurs et leurs surveillants à dissimuler une erreur qui engageait leur responsabilité commune.
- En résumé, j’estime que l’on peut aborder sans aucune appréhension des portées encore irréalisées, à condition que l’étude et l’exécution en soient effectuées avec toute la rigueur et les précautions nécessaires pour ne pas atteindre, soit en cours de montage, soit en cours de service, des taux de travail dangereux. Mais, j’ajoute que s’il convient d’encourager dans la plus large mesure la hardiesse des constructeurs dans l’adoption d’éléments de grande portée, il importe avant tout, dans l’intérêt même du béton armé, d’éviter des ouvrages risqués qui n’empruntent leur résistance, parfois momentanées, qu’en empiétant dangereusement sur la marge de sécurité.
- La limite des portées qui peuvent être atteintes avec un matériau déterminé dépend en premier lieu de la densité spécifique du matériau, c’est-à-dire du rapport de son poids spécifique à son taux de résistance pratique.
- Ce rapport représente, en d’autres termes, le poids, d’un prisme ayant l’unité de longueur et résistant à l’unité de charge.
- Une barre d’acier mesurant 1 m de longueur et supportant en compression une charge d’une tonne à raison de 10 kg : mm2 pèsera 800 g tandis qu’une barre de béton supportant la même charge et travaillant à 50 kg : cm2 pèsera 5 kg, soit 6 fois plus en nombre rond que la barre d’acier.
- 1
- Supposons que l’on construise un arc en acier surbaissé au ^ et qu’on
- augmente sa portée jusqu’au moment où, sous l’action de son propre poids, il subira son taux de travail normal de 10 kg : mm2. Cette portée sera voisine de 1.600 m. En d’autres termes, un arc en acier de 1.600 m de portée, 1
- surbaissé au g, aura toute sa résistance absorbée par son propre poids et ne
- pourra supporter aucune charge ou surcharge quelconque en plus de celui-ci. Ce chiffre de 1.600 m représente donc la limite idéale de la portée qui peut être réalisée avec l’acier doux ordinaire pour un pont de ce type.
- Or, si l’on fait le même calcul avec du béton non armé travaillant au taux réglementaire de 50 kg : cm2, la portée limite n’est plus que de 300 m, soit
- moins du ^ de celle relative à l’acier doux.
- 5
- On conçoit par ces chiffres l’intérêt capital qui s’attache à la réduction de la densité spécifique du béton armé pour pouvoir atteindre de grandes portées.
- Avant l’apparition des ciments à haute résistance, on ne possédait pour cela que deux procédés principaux.
- Tome J 36. — Novembre 1924.
- 52
- p.747 - vue 747/899
-
-
-
- 748
- l’aVENIU DU BÉTON AHMÉ. ----- NOVEMBRE 1924.
- Le premier procédé est la réduction de la densité du béton en constituant son squelette par des matériaux légers, tels que des scories, de la pierre ponce, des galets en céramique, etc...
- Ce procédé ne s’est guère généralisé, bien qu’il ait été fortement préconisé par des spécialistes de haute autorité. Son peu de développement semble dû soit aux difficultés d’approvisionnement, soit plutôt aux craintes de certains constructeurs concernant la conservation des armatures. Ces craintes, que font naître la présence éventuelle de sulfures et la porosité de certains des bétons obtenus, ne sont fondées que dans certains cas.
- Le second procédé consiste à armer le béton par des barres longitudinales ou par des frettes.
- Les barres longitudinales réalisent simplement l’apport de leur résistance propre tandis que le frettage présente la curieuse propriété d’augmenter la résistance même du béton.
- Le frettage constitue à mes yeux, plus encore peut-être par l’originalité de son principe que par le champ de ses applications, l’une des plus belles inventions du béton armé. Nous la devons au génie de Considère.
- Enfin, au cours de ces dernières années, un ingénieur autrichien, le Dr Emperger, a remplacé les armatures longitudinales comprimées en acier doux ou en acier dur par de la fonte. L’expérience a établi en effet que la fonte, par suite de son absence de limite d’élasticité définie, fournit au béton un apport de résistance nettement supérieur à celui de l’acier doux. En outre, la fonte comprimée à l’abri d’une enveloppe en béton armé, cesse d’être cassante et présente une ductilité comparable à celle du béton fretté lui-même.
- L’emploi du frettage ou de la fonte frettée relève à près de 600 m la portée
- 1
- limite d’un arc subaissé au ^ en permettant de faire travailler le béton armé
- à plus de 100 kg : cm2 de section brute, au lieu des 50 kg : cm2 réglementaires relatifs au béton non armé.
- Malheureusement, les armatures métalliques sont très coûteuses et l’augmentation par leur aide de la résistance du béton armé à la compression prend rapidement un caractère des plus onéreux.
- Aussi les ciments spéciaux ont-ils apporté à ce point de vue un élément nettement favorable puisqu’ils permettent d adopter des taux de compression du béton normal à 300 kg de ciment p ir mètre cube mis en œuvre, supérieurs à 100 kg : cm2 pour le ciment fondu et à 80 kg : cm2 pour certains ciments artificiels améliorés, taux que l’on peut encore élever par des procédés spéciaux d’exécution du béton.
- J’estime du reste à ce sujet qu’il est prudent de ne pis compter en pratique sur les augmentations de résitance dues à une mise en œuvre spéciale,
- p.748 - vue 748/899
-
-
-
- 749
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- car il n est pas toujours possible de réaliser sur les chantiers la perfection d exécution obtenue lors des essais de laboratoire.
- En réduisant les sections et par suite le poids propre des ouvrages en béton armé, les ciments à haute résistance permettent donc non seulement de réaliser d’incontestables économies, mais encore d’augmenter dans une notable mesure la limite des portées où le béton armé pourra lutter avantageusement contre la construction métallique.
- Me basant sur les résultats d’une étude que j’ai publiée dans le Génie Civil, j’estime que l’emploi des ciments spéciaux, joint à d’importants perfectionnements des procédés d’exécution actuels, doit conduire avant peu à assurer la priorité économique des ponts en béton armé sur les ponts métalliques jusqu’à plus de 600 m pour les ponts en arc et jusqu’aux environs de 350 m pour les ponts en poutres, c’est-à-dire dont la composante de traction est équilibrée par un tendeur. Ce sont là des portées qu’il n’est que rarement utile de réaliser en pratique.
- En faut-il conclure, comme certains le prétendent, que le pont métallique soit dès maintenant sur le point d’avoir vécu? Je considère, en ce qui me concerne, cette opinion comme étant pour le moins prématurée.
- En premier lieu, les constructeurs métalliques, dont plusieurs paraissent encore trop hypnotisés par des types d’ouvrages conçus antérieurement, dans des conditions différentes de celles de la concurrence actuelle, n’ont pas, à mon avis, dit leur dernier mot, c’est-à-dire tiré de ce mode de construction tout le parti dont il paraît susceptible. La réalisation de triangulations plus rationnelles, et partant, plus économiques, la construction de ponts suspendus munis de dispositifs susceptibles d’assurer leur parfaite rigidité, l’emploi d’aciers spéciaux, etc., leur permettront vraisemblablement d’intensifier encore la lutte contre le béton armé.
- Enfin la combinaison des deux modes de construction, métal et béton armé, que l’on appelle couramment construction mixte, réalisée fréquemment à l’étranger depuis bien des années, leur fournira également dans certains cas d’appréciables éléments d’économie.
- En second lieu, l’emploi des ciments à durcissement rapide doit conduire, pour leur permettre de réaliser tous leurs avantages, à des procédés d’exécution entièrement rénovés et dont la mise au point définitive ne pourra devenir l’œuvre que de plusieurs années.
- Le type classique de pont en béton armé qui comporte un arc à section pleine ou creuse exécuté sur un cintre en bois, cintre qui constitue déjà par lui-même un véritable pont provisoire, ne saurait convenir pour franchir les grandes portées qui seront celles de l’avenir.
- Les arguments de mise en œuvre et d’utilisation rationnelle de la matière
- p.749 - vue 749/899
-
-
-
- NOVKiMIîHK 4 ‘J24.
- 750 l'avenir bu béton arme. —
- qui ont conduit a remplacer les poutres à âme pleine des ponts métalliques par des poutres triangulées à partir d’une certaine portée, sont plus pressantes encore dans les ouvrages en béton armé pour la raison suivante.
- Si l’on fait abstraction de certaines transformations moléculaires qui peuvent se produire avec le temps sous diverses sollicitations, telles que des chocs et vibrations, l’acier doux employé dans les constructions métalliques peut être considéré comme une matière pratiquement constante et inerte.
- Or, tel n’est pas le cas pour Je béton armé qui subit normalement avec le temps des modifications, du reste favorables, qui influent sur son fonctionnement et qui, pour cette raison, constitue ce que j’appellerai une véritable « matière vivante » au cours de ses premières années de durcissement.
- En effet, tandis que le retrait de prise, la résistance et la raideur à la compression du béton armé augmentent avec le temps, la raideur des pièces tendues et fortement armées paraît par contre s’atténuer, comme je l’ai constaté sur les tendeurs de plusieurs fermes de ponts et de toitures.
- Ce n’est qu’après plusieurs années que le fonctionnement statique d’un ouvrage en béton armé peut être considéré comme pratiquement stabilisé.
- Or, ces transformations et le retrait de prise qui peut varier notablement avec l’âge, la composition et le silosage des ciments employés, et même parfois d’une fourniture à l’autre d’un ciment de même marque, peuvent produire à l’intérieur d’une grosse masse de béton des efforts internes encore mais connus, mais qui peuvent atteindre une grande intensité, comme l’ont démontré les traces de fatigue apparues de ce fait dans plusieurs cas.
- Le dégagement de chaleur qui accompagne la prise de certains ciments à haute résistance, agit également dans le même sens.
- Pour ces différentes raisons, j’estime que la réalisation de très grandes portées en béton armé conduira, comme pour les ouvrages métalliques, à renoncer aux grosses sections pleines ou creuses et à adopter des fermes évidées ou à treillis.
- Toutefois, ce serait commettre une grave erreur de conception que de vouloir copier servilement avec le béton armé les ouvrages métalliques, même les plus rationnels, car chaque matériau possède ses qualités propres et nettement différentes.
- L’une des principales questions à envisager à ce sujet sera celle des efforts dénommés secondaires.
- On sait que, lorsqu’on calcule un pont triangulé, on suppose que les attaches des barres entre elles sont articulées, alors qu’en fait, elles sont assemblées de façon rigide.
- Or, ces attaches rigides provoquent des efforts de flexion qui aggravent
- p.750 - vue 750/899
-
-
-
- 751
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- la fatigue de l’ouvrage, particulièrement au droit des assemblages et que l’on désigne couramment par efforts secondaires.
- Dans beaucoup de ponts américains, on a tenté de réduire ces efforts secondaires en réalisant les assemblages à l’aide d’axes dont l’efficacité est du reste fort contestable en raison du frottement qui réalise dans bien des cas des résistances supérieures aux efforts secondaires eux-mêmes.
- Un système d’articulation par joint flexible, d’un fonctionnement plus certain, fut imaginé et appliqué par l’Inspecteur général des Ponts et Chaussées Mesnager.
- Mais, d’une manière générale, l’usage s’est généralisé en Europe de traiter les efforts secondaires des ponts métalliques par le mépris, c’est-à-dire en les négligeant en tout ou partie dans les calculs de résistance. Le règlement ministériel de 1915, relatif aux ponts métalliques, semble consacrer cette manière de procéder en se contentant de frapper les efforts généraux des barres de treillis d’une majoration de 10 p. 100 dont les membrures sont, par contre, complètement exonérées.
- Cette manière de voir est du reste admissible en fait car le dépassement de la limite d’élasticité qui se produit effectivement dans bien des ponts métalliques, ne présente pas d’inconvénients graves lorsqu’il n’est engendré que par un effort secondaire dont l’accroissement est limité par la diminution du coefficient d’élasticité de l’acier qui en résulte.
- Mais il n’en serait pas de même dans les ouvrages en béton armé où le dépassement de la limite d’élasticité de l’acier, de même que celui de la résistance de l’enveloppe du béton fretté, pourrait provoquer des avaries, telles que fissures et éclatement de béton, susceptibles de nuire soit à l’aspect, soit à la conservation des ouvrages.
- Il conviendra donc, pour cette raison, d’étudier dans les grandes fermes triangulées en béton armé des types de treillis qui réalisent ces efforts secondaires assez réduits pour en assurer l’immunité pratique.
- La chose est du reste parfaitement réalisable comme je le démontrerai prochainement dans une étude qui sort du cadre de cette communication.
- Mais, pour que de grandes fermes triangulées puissent être réalisées économiquement, il est indispensable de supprimer les coffrages des types courants qui sont extrêmement onéreux et qui en ont jusqu’ici limité l’application.
- Les ciments à durcissement rapide nous en fournissent le moyen pratique en permettant de réaliser avec le béton armé tous les modes d’exécution et de montage des constructions métalliques.
- Ils permettent en effet d’assembler ou plus exactement de souder des éléments en béton armé exécutés à l’avance tout comme on assemble par boulons ou rivets les éléments des ouvrages métalliques.
- p.751 - vue 751/899
-
-
-
- 752
- NOVEMBRE 1924.
- l’avenir DU BÉTON ARMÉ. —
- Voici, à titre d’exemples, deux éléments en béton de ciment Portland ordinaire qui ont été soudés au ciment fondu. Les éléments à réunir sont terminés par des barres en attente qui sont croisées, puis enrobées par du béton de ciment fondu. Ce procédé, que j’ai employé notamment pour souder les tendeurs des fermes de l’Atelier de réparations de la Compagnie Paris-Orléans à Vierzon, et dans plusieurs autres cas, constitue ce que j’appellerai la soudure autogène du béton armé.
- Cette soudure autogène, jointe à la réduction de poids très importante que les ciments spéciaux permettent de réaliser pour les éléments moulés à
- Fig. 3. — Projet de hangar à dirigeables pour la Marine de Luçon.
- l’avance, permet donc d’aborder avec le béton tous les modes de montage sans cintre et même Vexécution continue en 'porte à faux qui ont assuré jusqu’ici le succès économique des grandes portées métalliques.
- Je vous présente ici à titre d’exemple la maquette d’un projet de hangar pour deux dirigeables dont tous les éléments, pannes, voussoirs des grandes fermes, et même les tuiles, devaient être moulés à l’avance et soudés sur place au ciment fondu à l’aide d’un simple échafaudage mobile analogue à ceux utilisés pour le montage des charpentes métalliques.
- Ce hangar mesurait 107 m de portée, 55 m de hauteur et 220 m de longueur. Son projet, que j’avais étudié sur un principe imaginé par M. l’Inspecteur général des Ponts et Chaussées Minard, fut adopté après concours par le Ministère de la Marine, sur l’avis du Conseil général des Ponts et Chaussées. Les travaux commencés à Luçon furent arrêtés par l’armistice.
- Voici également la maquette du hangar à dirigeables de Montebourg, de
- p.752 - vue 752/899
-
-
-
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET l’âVENIR DU BÉTON ARMÉ.
- 753
- proportions plus modestes, qui fut exécuté par un procédé analogue par les Etablissements Fourré et Rhodes.
- J’achève par ailleurs les dessins de détails d’un ouvrage de 352 m d une
- Fig. 4. — Hangar à dirigeables de Montebourg (Manche).
- seule portée dont l’exécution ne comportera aucun cintre et ne nécessitera qu’un matériel de montage relativement insignifiant.
- Ces quelques considérations vous auront convaincus, je l’espère, de l’importance pratique que présentent les remarquables progrès réalisés au cours de ces dernières années dans la fabrication des ciments, tant au point de vue de leur résistance que de la rapidité initiale de leur durcissement.
- p.753 - vue 753/899
-
-
-
- 754
- NOVEMBRE 1924.
- i/AVENIR DU BÉTON ARMÉ. —
- (."es progrès devront être non seulement poursuivis, mais encore, je dirai même surtout, stabilisés par la réalisation d’une fabrication assurant une régularité absolue des produits obtenus, régularité sans laquelle il serait impossible de leur faire rendre sans danger leur plein effet.
- En outre, il est désirable que l’effort qu’accomplissent actuellement plusieurs industriels en vue d’améliorer la qualité de leurs ciments soit nettement généralisé afin que les produits de catégorie inférieure disparaissent rapidement du marché, sort auquel ils sont inévitablement condamnés.
- Aussi longtemps, en effet, qu’à côté de ciments à haute résistance et à durcissement rapide, subsisteront des ciments de qualité inférieure, les ingénieurs auront à redouter que la substitution accidentelle d’un ciment à un autre soit de nature à trahir la conception de leurs projets.
- Le jour où les fabricants de ciment auront obtenu, d’une manière absolue et générale, cette régularité de fabrication de ciments à durcissement rapide que plusieurs d’entre eux ont déjà réalisée, ils auront fourni aux constructeurs le moyen de reculer en toute sécurité et dans une large mesure les limites d’application du béton armé.
- Henry Lossier.
- Réponses aux questions posées.
- Effet de la gelée.
- M. Lossier. — A ma connaissance, le ciment fondu paraît se comporter sensiblement comme le ciment Portland sous l’effet de la gelée.
- Comparaison de prix d'ouvrages en ciment Portland et en ciment fondu.
- M. Lossier. — Si l’on fait travailler le béton de ciment fondu aux
- 2 8
- de sa résistance à 90 jours, comme l’autorise en fait l’article 4 de la 100 J 5
- circulaire ministérielle du 20 octobre 1900, relative à l’emploi du béton armé, on peut réaliser des économies appréciables pour certains types de construction.
- En ce qui concerne notamment les poteaux de bâtiments, j’ai réalisé en pratique des économies d’environ 15 à 20 p. 100 tout en réduisant leur section et, par suite, leur encombrement.
- p.754 - vue 754/899
-
-
-
- LES CIMENTS SPÉCIAUX ET L’AVENIR DU RÉTON ARMÉ.
- 755
- Pour le pont en bow-string de 92 m d’une seule portée que les Établissements Fourré et Rhodes exécutent sur l’Oued Mellègue en Tunisie, d’après mon projet, l’emploi du ciment fondu pour la membrure comprimée a permis de réaliser une économie d’environ 10 p. 100 sur l’ensemble de l’ouvrage, grâce à la réduction de poids mort qui en est résultée.
- M. Mesnager. — Je n’estime pas qu’on puisse toujours faire de semblables économies. La plupart du temps les constructions en ciment fondu coûtent 25 p. 100 de plus que les constructions en ciment Portland; mais cette règle n’est pas absolue ainsi que cela ressort des exemples cités par M. Lossier.
- Résistance aux eaux séléniteuses.
- M. Lossier. — Le ciment fondu résiste mieux qu’aucun autre ciment actuellement connu aux eaux séléniteuses.
- Mes expériences personnelles m’ont démontré que le ciment fondu fait prise même lorsqu’il est gâché et immédiatement immergé dans de l’eau sulfatée.
- Il n’en paraît résulter qu’un retard de quelques heures dans sa prise et une certaine diminution de sa résistance.
- M. Mesnager. — J’appuie l’opinion de M. Lossier : les expériences faites par M. Séjourné sur la ligne de Nice à Coni ont démontré que les eaux sulfatées du souterrain voisin de la gare de Sospel détruisaient rapidement tous les blocs d’essais constitués avec d’autres ciments; seuls les blocs à base de ciment fondu résistaient indéfiniment.
- Précautions spéciales pour travailler et souder le ciment fondu.
- M. Lossier. — Le ciment fondu doit être gâché à consistance plastique et bien arrosé dès le début de sa prise. Il exige plus d’eau que le ciment de Portland.
- Pour réaliser de bonnes soudures, il suffit de brosser énergiquement et laver plusieurs fois les surfaces de reprise avant d’appliquer le béton frais.
- En observant cette précaution, on obtient une bonne adhérence soit en ciment fondu sur lui-même, soit en ciment fondu sur du ciment de Portland ayant même 30 à 15 jours de durcissement.
- Proportion de plâtre admissible.
- M. Lossier. — Je ne possède pas de précisions suffisantes à ce sujet.
- p.755 - vue 755/899
-
-
-
- l’avenir du béton armé.
- NOVEMBRE 1924.
- 756
- Effets des vibrations et des trépidations.
- M. L< kssier. — Je n’ai pas eu à constater, jusqu’ici, de phénomène défavorable concernant la résistance du ciment fondu aux chocs et vibrations.
- M. M esnager. — Il semble que le béton de ciment fondu, pour être employé en pieux enfoncés par le choc d’un mouton, ne doit pas être trop âgé. On bat très bien les pieux de ciment fondu qui ont de 3 à G jours. Au contraire, on signale de divers côtés que les pieux d’un mois peuvent être fragiles. Un fait analogue se produit aussi avec d’autres ciments.
- p.756 - vue 756/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNC. POUR IÉINDUSTRIE NATIONALE. — NOVEMBRE 1924.
- LE PROBLÈME DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
- AU MAROC
- Quelques données du problème.
- Le Maroc n’est pas un pays perdu, comme tant de pauvres colonies : il communique directement avec l’Algérie, son aînée, qui lui a fourni ses premiers cadres ; il voisine avec l’Espagne, qui ne demande qu à lui envoyer du monde; il n’est pas très loin de l’Italie, qui parvient de plus en plus malaisément à exporter en Amérique son trop-plein de population ; enfin, il est à trois jours de la France, qui volontiers voit en lui le benjamin de ses enfants d’outre-mer, et les Français les plus rangés n’hésitent plus guère à s’embarquer pour Casablanca. Par ailleurs, le Maroc, avant notre arrivée, était sans doute un pays de vie ralentie, mais ce n était nullement un pays primitif, et sa civilisation matérielle faisait déjà très bonne figure. Il semble donc, à première vue, que le problème de l’enseignement professionnel se pose ici avec moins de force et d’urgence qu’ailleurs et qu’on doive y trouver, sans préparation méthodique, tous les éléments nécessaires à la mise en valeur du pays.
- A la vérité, le Maroc est beaucoup mieux pourvu de techniciens que la plupart des autres parties de l’empire français; il est loin, cependant, de disposer, pour l’avenir et même pour le présent, de toutes les forces spéciales dont il aurait besoin, et il est indispensable que l’enseignement professionnel tienne une large place dans les préoccupations de ses dirigeants.
- Il est tout jeune, mais il est terriblement vivant. Dès l’établissement du protectorat, il a mis sur pied un vaste programme de travaux publics qui s’est poursuivi très régulièrement grâce à de forts emprunts et dont la réalisation bat son plein en ce moment : routes, chemins de fer, assainissement, aménagements hydrauliques, postes et télégraphes, ports, construction d’hôpitaux, d’écoles, etc., etc., tout marche de pair ou à peu près, la création de l’outillage économique et l’installation des œuvres sociales, et c’est là, certainement, un cas unique dans notre histoire coloniale, d’ordinaire si lente et si timide. Du même coup, les entreprises particulières se sont
- p.757 - vue 757/899
-
-
-
- 758
- i/ENSEIGNEMENT PROKESSIONNEE AU MA HOC. — NOVEMBRE 1924.
- développées avec rapidité : les grandes sociétés ont voulu, pour la plupart, être représentées au Maroc; le mouvement appelle le mouvement : nulle part ailleurs, des capitaux français ne se sont risqués avec autant d’entrain et d’ensemble.
- Or, pour répondre à cet énorme appel, sur quels cadres techniques et sur quelle main-d’œuvre peut-on exactement compter?
- Il y a, au Maroc, quatre éléments principaux de population : les Français de France, les « méditerranéens » (Espagnols et Italiens surtout), les indigènes proprement dits, qu’on peut désigner en bloc sous le nom d’Arabo-Berbères, les Israélites marocains.
- Les Français de France représentent, à n’en pas douter, la qualité. Ce sont des fonctionnaires et des militaires; ce sont aussi des colons, des commerçants, des industriels, des ingénieurs, etc., en somme, des hommes pourvus d’une technicité certaine; mais beaucoup d’entre eux, encouragés par la facilité des opérations purement commerciales dans un pays qui s’éveillait à la vie moderne, dévoyés par l’exemple de quelques aventuriers heureux, n’ont pas tiré de cette technicité tout le parti qu’on aurait pu espérer et se sont tout bonnement lancés dans les « alTaires » : autant de perdu pour la mise en valeur du pays. Il est vrai qu’aujourd’hui la spéculation s’assoupit, l’équilibre tend à se rétablir, la moralité du « métier » recommence à régner; mais on ne peut nier que nous sortons d’une crise et qu’une sorte de rééducation par l’enseignement professionnel s’impose, même pour les Français.
- Les autres Européens, Espagnols et Italiens, exception faite pour quelques-uns d’entre eux, ne représentent pas une grande valeur technique. Ce sont, pour la plupart, des ouvriers du bâtiment, des ouvriers agricoles, des manœuvres vaillants, durs à la besogne, mais frustes.
- Les indigènes pratiquent de vieux métiers traditionnels dans lesquels ils se montrent fort adroits, mais qui ne tarderaient pas à dépérir, à se perdre dans la routine et la malfaçon, à succomber sous la concurrence étrangère, si l’on ne veillait à les revivilier. D’autre part, il est nécessaire, pour bien des raisons, à la fois économiques et politiques, de les intéresser directement à notre activité agricole et industrielle, en un mot, de les initier aux métiers européens; à cet égard, ce n’est pas seulement un encouragement, c’est un apprentissage en règle qui s’impose.
- Lestent les Israélites, qui forment dans toutes les villes marocaines des groupes compacts, d’une vie débordante; eux aussi sont fort utilisables; ce n’est ni la vaillance ni l’ingéniosité qui leur manque; mais ils continuent à porter la peine de leur traditionnelle instabilité, et ils vont en foule vers le commerce : ils en vivent mal, pour la plupart, et il y
- p.758 - vue 758/899
-
-
-
- LE PROBLÈME 1)E L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC.
- 759
- aurait certainement intérêt à canaliser dans un autre sens leurs qualités de race.
- Telles sont donc, au Maroc, les principales données du problème de renseignement professionnel : d’une part, une importante demande de cadres techniques et de main-d’œuvre; d’autre part, une offre restreinte ou médiocre, des éléments intéressants et doués qui se détournent trop volontiers des professions utiles et qu’il faudrait appliquer à la production, des éléments de qualité inférieure ou simplement attardés qu’il faudrait entraîner et dresser. Pour se présenter sous un autre aspect qu’en Afrique occidentale ou en Indochine, le problème de l’enseignement professionnel n’en est pas moins capital pour l’avenir du Maroc.
- L'orientation professionnelle.
- Il est clair qu’ici, plus que partout ailleurs, le problème de l’orientation est intimement lié aux problèmes du recrutement et de la formation professionnelle. Nous avons affaire à un pays jeune ou, si l’on préfère, rajeuni, qui cherche sa voie, à des activités naturellement tumultueuses qui se presseraient trop volontiers vers les mêmes buts. Nous avons donc dressé au premier plan de nos préoccupations la recherche et la conduite des vocations; mais voilà qui n’est pas simple.
- 11 était, en ce sens, tout indiqué de prendre pour modèles des organismes qui ont fait leurs preuves : les chambres de métiers, et nous avons étudié de notre mieux celles de l’Alsace-Lorraine et de la Gironde. Il nous semblait qu’au prix de quelque adaptation il serait aisé de les acclimater dans un milieu comme le Maroc, qui ne redoute pas la nouveauté et même la recherche avec une certaine passion. Mais la constitution d’une chambre de métiers suppose, en réalité, toutes sortes de conditions qui n’existent pas encore ici : notamment des industries bien assises et sûres de leur avenir, un sens bien net de l’intérêt général, des traditions de patience et de persévérance, des dévouements prolongés, toutes choses qu’on trouve sans trop de peine dans nos vieilles provinces. Nous n’avons pas tardé à découvrir, après quelques tentatives, qu’il fallait renoncer, au moins pour le moment, à cette formule : on commençait, d’ailleurs, à reprocher à l’enseignement de toucher à des questions qui ne le regardaient pas, on incriminait son apriorisme, son ignorance des pratiques industrielles, etc., etc. Et nous aurions, comme on dit en langage de sport, « encaissé » ces menus horions sans la moindre amertume, si les industriels eux-mêmes, forts de leur expérience, avaient pris l’affaire en mains; mais tout s’est limité à quelques projets, et nous sommes, nous, repartis sur nouveaux frais.
- p.759 - vue 759/899
-
-
-
- 760 l’enseignement PROFESSIONNEL AU MAROC. — NOVEMBRE 1924.
- A ces organismes mort-nés, nous avons substitué un Office des Métiers, qui a son centre à Rabat, à la Direction générale de l’Instruction publique, et qui est représenté dans chaque centre important par un comité local. Ce sont les membres de l’enseignement qui composent ces comités locaux et qui, par là, leur assurent l’unité de vues et la continuité d’action; mais il leur est recommandé de se tenir en liaison constante avec les entreprises économiques de tout ordre.
- Le rôle principal de cet office, c’est de mener une enquête permanente sur les besoins en personnel des entrepreneurs; de mener une enquête parallèle sur les goûts et les aptitudes des élèves qui sont sur le point de terminer leurs études; d’assurer, dans la mesure du possible, la liaison entre la demande et l’offre; enfin, d’étudier, chemin faisant, dans quelle mesure on pourrait organiser l’apprentissage.
- Rôle discret, effacé, souvent ingrat, plus ou moins fécond, suivant les localités et les moments, mais que nous sommes décidés à tenir jusqu’au bout et qui finira bien par intéresser les entrepreneurs sérieux.
- Nous avons publié, à la lin de la dernière année scolaire, et à titre de document, les résultats généraux d’une consultation que nous avons faite dans tous les établissements scolaires du Maroc sur les vocations de nos élèves : on a pu voir de quel encombrement étaient menacées certaines professions et quel trouble en résulterait pour la vie du pays si nulle influence ne venait ordonner ces aspirations. Nous ferons chaque année la même expérience, et peu à peu, notre organisation modeste s’imposera à l’attention. La patience, ne l’oublions pas, doit être la première vertu de notre métier.
- Le phéapprentissage.
- Consulter l’enfant sur sa vocation, c’est déjà beaucoup, puisque cela le force à réfléchir et permet de lui éviter, dans une certaine mesure, les décisions impromptues et malheureuses à la sortie de l’école. Mais il importe surtout de le guider, et c’est là qu’intervient le préapprentissage.
- Dans les écoles du Maroc, européennes et indigènes, le préapprentissage commence vraiment à être autre chose qu’un mot. Je dis bien : commence; car on est loin d’être d’accord, dans les milieux pédagogiques et industriels, sur la portée exacte de ce mot très moderne, et rien n’est embarrassant pour un maître, comme de faire entrer dans la vie régulière de sa classe l’application d’une formule imprécise.
- Nous n’avons donc nullement la prétention d’avoir trouvé le mot de l’énigme; nous le chercherons longtemps encore; mais, tout en tâtonnant,
- p.760 - vue 760/899
-
-
-
- LE PROBLÈME DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC.
- 761
- nous marchons, et nous constatons, d’ici de là, bien des résultats encourageants.
- En principe, la partie générale de nos programmes (leçons de langage et leçons de choses, lecture, calcul, dessin) est orientée, à de certains moments de 1 emploi du temps, et plus ou moins rigoureusement selon le caractère des établissements scolaires, vers les conditions du milieu et les exigences ou les avantages des diverses professions; autrement dit, les « centres d’intérêt » sont méthodiquement empruntés aux occupations actuelles ou possibles de la population locale et aux entreprises qui se développent dans le voisinage de l’école; à cet égard, on peut admettre que les détails du programme changent avec chaque école et que chaque école doit avoir sa personnalité bien marquée. Yoilà, si l’on peut dire, la partie théorique du préapprentissage : elle n’est pas, à nos yeux, et jusqu’à plus ample informé, la moins importante.
- Cet enseignement général, orienté vers l’enseignement professionnel, se double de travaux pratiques qui, eux aussi, sont inspirés, dans la mesure du possible, des habitudes et des aptitudes du milieu, mais que nous voulons avant tout variés. Dans les villes, ce sont de menus travaux de menuiserie, de ferblanterie, de modelage, de cartonnage, etc. ; dans les campagnes, ce sont des travaux pratiques au jardin, des réparations d’outils, l’installation et l’entretien de ruchers, de basses-cours, etc.
- Nous n’ignorons pas les critiques qui ont été portées contre cette conception du préapprentissage; mais nous avons résolu de pousser l’épreuve à fond. Jusqu’à preuve formelle du contraire, nous persistons à penser que ces exercices, bien entendus et bien conduits, peuvent permettre à la fois de jeter des coups de sonde dans les vocations, d’éduquer les sens et de préparer l’habileté manuelle; à tout le moins, de fournir à l’enseignement général une base concrète, d’apporter dans l’activité scolaire une utile variété, de favoriser le développement de la personnalité des élèves.
- Mais il reste entendu que ce préapprentissage est maintenu à son rang de simple exercice et n’absorbe pas la vie de l’école primaire, même indigène. L’idée de transformer décidément l’école primaire en école professionnelle ne peut venir qu’à des amateurs qui ignorent tout des véritables conditions de l’enseignement professionnel et des aptitudes physiques et intellectuelles de l’enfant. On sait pourtant qu’il faut, de temps en temps, surtout dans les colonies, se défendre contre cette idée-là.
- L’enseignement technique.
- Si nous suivions aveuglément les mouvements d’opinion, nous nous efforcerions d’installer une école professionnelle dans chaque ville du Maroc : or le Maroc est un pays où la vie urbaine est fort développée, et nos élèves
- p.761 - vue 761/899
-
-
-
- 762
- L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC. — NOVEMBRE 1924.
- se partageraient par exemple entre Casablanca, Itabat, Meknès, Fez, Oudjda, Taza, Kénitra, Marrakech, Sali, Mogador, Mazagan, etc. Je n’exagère pas : chacune de ces villes-là, à son tour, et à coups de fortes raisons, a réclamé une école professionnelle. Cela prouve au moins que notre enseignement croît dans une atmosphère favorable, et nous serions mal venus à trouver la mariée trop belle.
- Mais il n’est pas besoin d’ètre du métier pour imaginer ce que coûte en personnel et matériel l’organisation d’un établissement d’enseignement technique digne de ce nom : il y faut des professeurs d’enseignement général, assez nombreux pour répondre aux besoins de sections très diverses, des chefs d’ateliers et de travaux pratiques, des maîtres-ouvriers, et de vastes locaux, et des laboratoires bien montés, et des machines-outils, et de la matière première en abondance, etc. Dépenses tout à fait nécessaires, d’ailleurs, et sans lesquelles on n’obtient qu’une caricature d’enseignement technique.
- Nous nous sommes donc contentés, ici et là, de faire fonctionner quelques « sections professionnelles », de favoriser la naissance de « cours d’apprentissage » et de « cours commerciaux », de subventionner certaines entreprises qui s’engageaient à former, dans des conditions données et sous notre contrôle, un nombre déterminé d’apprentis, et nous avons réservé le meilleur de notre elfort à l’organisation de Y Ecole industrielle et commerciale de Casablanca.
- Née dans une ville d’affaires où les industries les plus diverses se sont installées et s’installeront, soutenue par une puissante « Association pour l’Encouragement de l’Enseignement professionnel », pourvue d’un personnel de spécialistes nombreux et triés sur le volet, installée de façon toute moderne, cette école, qui reçoit des internes et des externes, permet, non seulement de former sur place des ouvriers du bois et du fer, des mécaniciens, des électriciens, des dessinateurs, des conducteurs de travaux, des comptables, etc., mais encore de préparer des candidats aux écoles françaises d’arts et métiers, aux divers instituts de chimie appliquée ou d’électricité, et même à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures. Bien qu’elle soit encore en pleine période de croissance, elle compte actuellement plus de 270 élèves qui viennent de toutes les régions du Maroc (Européens en grande majorité, bien entendu, car elle exige dès l’entrée une solide culture générale), elle bénéficie de la faveur de l’opinion, et elle est certainement appelée à un grand avenir.
- Depuis deux ans déjà, nous bâtissons pour elle, et ce n’est pas fini. Elle s’installe dans ses nouveaux locaux à mesure que l’architecte nous les livre, et je reconnais qu’il faut être colonial pour s’accommoder de cette juxtapo-
- p.762 - vue 762/899
-
-
-
- LE PROBLÈME DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC. 763
- sition prolongée d’un chantier et d’une école. Mais elle est désormais bien plus qu ébauchée; elle a vraiment grande allure, — une allure bien moderne, — avec ses ateliers immenses, que le chef de travaux surveille du haut d’un poste de vigie, avec son garage pour la réparation des automobiles, sa forge, ses laboratoires de chimie et d’électricité, son pavillon de l’hydraulique, qui dresse dans le ciel des formes imprévues et semble le donjon de cette forteresse industrielle. Pourquoi ne point l’avouer? Nous sommes particulièrement
- Fig. 1. — Un atelier à l’École industrielle de Casablanca.
- fiers de cette œuvre-là, qui s’annonce si vivante et si féconde, et qui, nécessairement liée aux progrès les plus récents de l’industrie et de la pédagogie technique, nous change des molles traditions universitaires.
- D’ici quelques années, en tout cas, le Maroc trouvera là tous les cadres techniques dont il aura besoin, — tous.
- Pour les jeunes filles, nous ne possédons pas encore un établissement qui puisse se comparer à l’Ecole industrielle et commerciale de Casablanca. Mais nous amorçons, dans les principaux centres, des « écoles ménagères », qui, en plus de l’éducation générale qu’elles donnent pour la conduite du ménage, préparent aux principaux métiers féminins. Celles de Rabat et de Casablanca ont, dès maintenant, une individualité bien marquée, constituent de véritables écoles professionnelles et se peuplent rapidement.
- Tome 136. — Novembre 1924.
- 53
- p.763 - vue 763/899
-
-
-
- 764
- L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC. — NOVEMBRE 1924.
- Les métiers d’art indigènes.
- On distingue ordinairement au Maroc des « arts ruraux » et des « arts citadins ».
- Les premiers, rudes mais pleins de saveur, sont exactement adaptés à la vie simple du douar; ils sont pratiqués en famille et, pour cette raison-là, demeurent conformes à la tradition, ne tournent pas au banal produit d’atelier. Ils produisent surtout des étoffes en poil de chèvre ou de chameau, qui, assemblées, forment la tente, des sacs à bagage, des sacoches, des tapis et des étoffes, des nattes, des poteries, des bijoux à décors géométriques, noirs sur fond rouge. Sur tout cela, nous ne pouvons pas grand’chose.
- Les arts citadins sont beaucoup plus développés que les arts ruraux et, dans l’ensemble, fort différents d’eux. Ils sortent, en général, du cadre familial et sont aux mains de corporations très spécialisées; ils ne se contentent pas d’utiliser les matériaux trouvés sur place et font de fréquents appels à des produits importés, comme les bois précieux, la soie, l’or, l’ivoire, la nacre, etc. ; enfin, leur technique, sans être comparable à celle des métiers d’art européens, a tout de même évolué depuis les premiers temps de l’histoire et permet aux artisans marocains d'atténuer dans leurs œuvres cette gaucherie où des snobs persistent à voir le principal charme d’un art local.
- On peut dire que pas une industrie d’art n’est inconnue au Maroc. Bien mieux, chacune est représentée ici par des tendances particulières et des produits de première valeur. Il faudrait, pour en donner une idée un peu précise, une longue étude. Il faudrait, surtout, pouvoir transporter le lecteur dans un de ces souks de Fez ou de Marrakech, si merveilleusement vivants, où coule sans arrêt un flot de peuple blanc entre des rives éclatantes de couleurs : les plats de cuivre, les fusils incrustés, les bois peints, les tapis, les soies, les faïences, les bijoux, les cuirs gaufrés, les reliures, s’entassent dans les minuscules boutiques, débordent sur la rue, imposent au passant une féerique vision.
- Il est vrai que cette première impression est bientôt corrigée par une autre. Quand du souk on passe au musée, on s’aperçoit sans peine que cette brillante floraison recèle des germes de décadence. La « bonne époque » de l’art marocain est passée et, quand nous sommes arrivés au Maroc, il y avait beau temps déjà qu’elle avait jeté son dernier éclat. Mais cette décadence n’avait pas encore abouti à la ruine complète : il restait encore un peu partout des « témoins » de la « bonne époque », de belles pièces en tous points conformes aux meilleures traditions et qui pouvaient, le cas échéant, servir de modèles pour une rééducation du goût et une restauration de la
- p.764 - vue 764/899
-
-
-
- LE PROBLÈME DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC.
- 705
- technique; il restait aussi, au fond des souks, de vieux artisans, qui, au temps de leur jeunesse, avaient travaillé sous la direction de véritables maîtres et par qui l’on pouvait renouer la chaîne de la tradition. En somme, la situation n’était pas désespérée : les principaux éléments d’une renaissance artistique subsistaient.
- A cette renaissance, nous travaillons ferme. Nous y travaillons par l’école, comme il convient : par exemple, nous enseignons aux jeunes garçons indigènes l’ébénisterie à Salé et Mogador, la maroquinerie et la
- Fig. 2. — Une école professionnelle indigène.
- reliure à Marrakech et Oudjda, la céramique à Sali et Fez, etc.; dans nos écoles de filles indigènes (Casablanca, Rabat, Salé, Oudjda, Marrakech, Mogador), nous enseignons la tapisserie et la broderie exclusivement marocaines. En somme, nous tenons beaucoup à ne point négliger cet instrument de propagande qu’est l’école; mais nous ne nous contentons pas de l’école, et j’ajoute même que nos plus grands espoirs ne reposent pas sur elle.
- L’école, en fait d’art indigène, a, sauf exception,' une tendance à faire trop bien, à trop se rapprocher des techniques et des modèles de l’Europe; elle est obligée de mener de front une action purement artistique et une action proprement sociale; Je peu d’enseignement général qu’elle distribue vient souvent contrarier les résultats de son enseignement technique, etc.; surtout, quelque effort qu’on y consacre, elle s’adresse à un nombre trop
- p.765 - vue 765/899
-
-
-
- 760 i/KNSKIGNIiMKNT PUOFKSSIONNKL AU MAROC. — NOVKMISRK 1924.
- limité d’individus, et c’est ici surtout qu’il faut prévoir, après l’école et à côté de l’école, l’apprentissage pur et simple.
- Or, pour l’apprentissage des métiers d’art indigènes, nous disposons au Maroc d’une véritable organisation administrative, qui s’étend et se consolide de jour en jour : le Service des Arts indigènes, rattaché à la Direction générale de l’Instruction publique depuis 1920, et dont le personnel, nettement spécialisé, comprend un chef de service, inspecteur des métiers d’art indigènes, des inspecteurs régionaux, des agents techniques, des dessi-
- Fig. a. — Une école de lüie.> indigènes.
- nateurs, des surveillants, des maîtres-ouvriers et des maîtresses-ouvrières.
- C’est un organe de propagande et de contrôle artistiques, beaucoup plus qu’une entreprise d’Etat. Il entretient tout juste un atelier de tapis et une teinturerie à Rabat. Son rôle essentiel, c’est de créer des musées et d’organiser des expositions à l’intention des artisans indigènes, de réveiller, par divers encouragements, les industries qui menacent de disparaître ou de s’avilir, de perfectionner prudemment les techniques, de faire circuler de bons modèles, de con’server les bonnes traditions et d’organiser le marché; c’est, surtout, de sauver les vieilles corporations locales et de régulariser l’apprentissage.
- Les résultats obtenus ces temps derniers dans la fabrication des tapis, la broderie, la maroquinerie, l’enluminure, la céramique, la reliure, l'industrie des cuivres, la bijouterie, et qu’ont présentés notamment les récentes expo-
- p.766 - vue 766/899
-
-
-
- LE PROBLÈME DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC.
- 707
- sitions coloniales de Marseille et de Strasbourg-, prouvent que les efforts tentés en ce sens n’ont pas été vains.
- Labourage et raturage.
- Les rumeurs du souk et de l’usine ne doivent pas nous faire oublier que le Maroc est un pays essentiellement agricole et que son plus sûr avenir
- Fig. 4. — Un jardin scolaire.
- est dans son sol. Notre enseignement professionnel serait singulièrement incomplet s’il ne réservait une large place à l’apprentissage agricole. Mais, à cet égard encore, que de formules opposées s’offrent à notre choix! Que de partis divers on nous conseille! A quelles difficultés de toute nature se heurte le moindre effort de réalisation!
- Il est vrai que nous aurions pu laisser la solution de ce problème aux bons soins de la Direction générale de l’Agriculture*et de la Colonisation. En d’autres pays, le fait de nous occuper le moins du monde de cette affaire eût même passé pour un empiétement. Mais on vit au Maroc, au moins pour le moment, dans une atmosphère de collaboration et d’entr’aide qui simplifie beaucoup les rapports administratifs et qui permet aux gens de bonne volonté de se rencontrer sur le même terrain d’action.
- p.767 - vue 767/899
-
-
-
- 768
- L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL AU MAROC. — NOVEMBRE 1924.
- La Direction générale de l’Agriculture a créé des fermes-écoles fort bien aménagées à Fez et Casablanca, où elle reçoit surtout des adultes qui se destinent à la colonisation; la Direction générale de l’Instruction publique, pour sa part, s’est chargée du préapprentissage agricole et de deux écoles d’agriculture.
- Le préapprentissage, c’est — nous l’avons noté déjà — l’alîaire des jardins scolaires, qui sont annexés à chacune de nos écoles rurales, européennes et indigènes, et dont certains constituent déjà de fort beaux domaines. Des clapiers, des basse-cours, des ruchers, y sont annexés; telle école indigène possède 70 ruches à cadres, dont les produits lui reviennent car le jardin suppose la « mutuelle » ou « coopérative scolaire », institution modeste, mais du plus haut intérêt, qui attache les élèves à l’œuvre commune et stimule leurs efforts.
- Quant à nos écoles d’agriculture, l’une, à Casablanca, est rattachée à l’Ecole industrielle et commerciale; elle est surtout destinée aux jeunes Européens qu’elle prépare directement aux entreprises de colonisation et dirige sur les écoles d’agriculture de France et d’Algérie. L’autre, à Fez, est réservée aux indigènes notables, fils de caïds ou de grands propriétaires, qui viennent s’initier aux méthodes modernes et pour qui nous devrons sans doute, par la suite, créer un établissement plus important, peut-être même plusieurs établissements dans les différentes régions agricoles du Maroc.
- Voilà donc où nous en sommes. Quand, après avoir ébauché les données du problème de l’enseignement professionnel, nous parlons de « solution », il est bien entendu qu’il s’agit seulement de solutions approchées, de solutions provisoires. Nous ne prétendons nullement avoir touché le but. Nous sommes tout jeunes, nous ne nous connaissons pas encore comme il faudrait; mais on peut être sûr que nous cherchons et que, tout en cherchant, nous avançons.
- Georges Hardy,
- Directeur général de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Antiquités du Maroc.
- p.768 - vue 768/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’eNC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- NOVEMBRE 19*24.
- COMMISSION PERMANENTE DE STANDARDISATION
- Normalisations adoptées le 7 décembre 1923 et le 18 juin 1924.
- Dans ses séances du 7 décembre 1923 et du 18 juin 1924, la Commission permanente de Standardisation (Ministère du Commerce et de l’Industrie), 80, rue de Yarenne, Paris (7e), a adopté les cinq normalisations suivantes (1) faisant l’objet d’autant de fascicules (2).
- OBJET DU FASCICULE
- Notation Prix,
- du fascicule. (francs)
- Adoptés le 7 décembre 1923 :
- A33 —4. Cahier des charges pour la fourniture de l’étain industriel.......1,50
- Fi —1. Normalisation des barres rondes, hexagonales et carrées, des entretoises et barres creuses, des fils de trolley et des planches . . . 0,75
- en cuivre et en laiton.
- Adoptés le 1 8 juin 1924 :
- A33 — 3. Cahier des charges pour la fourniture du plomb industriel (plombs
- en saumons, plombs laminés, tuyaux, etc.)................3,50
- B(; — 1. Terminologie uniforme des pétroles et de leurs dérivés, des bitumes,
- asphaltes et des matériaux goudronneux...................1,50
- J — 9. Normalisation du matériel des constructions navales : nables . . . 1,10
- (1) Pour les normalisations précédentes, voir les bulletins : de mars-avril 1920, p. 241; — de juillet-août 1920, p. 492; — de mars 1922, p. 506; — d’août-septembre-octobre 1922, p. 870; — de novembre 1923, p. 1131.
- (2) Ces fascicules sont en vente à l’Imprimerie nationale (Bureau de vente), 27, rue de la Convention, Paris 15e).
- p.769 - vue 769/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ü’eNC. POUB l’iNDUSTHIE NATIONALE.
- NOVEMBRE 1924.
- JUSTIFICATION DE L'ORIGINE FRANÇAISE PAR L'APPOSITION DE LA MARQUE « UNIS-FRANCE » SUR LES PRODUITS IMPORTÉS EN RÉPUBLIQUE ARGENTINE
- L’article 3 de la loi argentine (n° 11.275, du 10 novembre 1923) dite « loi d’identification des marchandises » ou loi Moreno (1), dit :
- Les importateurs ou vendeurs de produits étrangers devront faire imprimer sur les récipients, emballages ou sur les objets eux-mêmes, sur un endroit visible, le nom du pays d’origine.
- Cet article est complété par l’article 2 du décret du 12 juillet 1924 qui règle l’application de la loi; il est ainsi conçu :
- Il suffira pour répondre aux exigences de l’article 3 de la loi, de mentionner le nom du pays d’origine ou d’employer des légendes comme par exemple : (ndustria inglesa, Made in Germang, Fabbricazione italiana, etc. Ces énonciations pourront être faites dans l’une des langues : espagnole, française, anglaise, italienne, portugaise ou allemande, et on devra employer de préférence celles-ci pour les produits provenant de pays de langue différente.
- La loi Moreno est entrée en application le 10 novembre 1924. La marque « Unis-France » de l’Union nationale intersyndicale des Marques collectives (2) paraissant, par son titre même, répondre aux exigences de cette loi sur la nationalité des produits, la Chambre de Commerce de Paris s’est préoccupée de savoir si elle serait acceptée par les autorités argentines comme suffisamment justificative de l’origine française des produits ou objets qui en sont revêtus. Consulté à ce sujet, et invité à faire, éventuellement, toutes démarches utiles auprès de la douane argentine, M. Jean Colin, attaché commercial de France à Buenos Aires, a informé la Chambre de Commerce de Paris que la marque « Unis-France » était bien justificative d'origine.
- Signalons que, outre l’indication du pays d’origine, la loi Moreno et le
- (1) Voir la traduction du texte de celte loi dans le Bulletin de la Chambre de Commerce de Paris du 26 janvier 1924, page 125.
- (2) Siège social : 8, Place de la Bourse, Paris.
- p.770 - vue 770/899
-
-
-
- ORIGINE FRANÇAISE JUSTIFIÉE EN ARGENTINE PAR LA MARQUE UNIS-FRANCE. 771
- décret d’application du 12 juillet 1924, prescrivent l’inscription, sur les étiquettes destinées aux marchandises importées en République Argentine, de mentions concernant, notamment, la qualité, la composition, les poids et dimensions de ces marchandises (3).
- (3) Voir la traduction du texte de ce décret dans le Bulletin de la Chambre de Commerce de Paris du 27 septembre 1924, page 1199.
- p.771 - vue 771/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ü’eNC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- NOVEMBRE 1924.
- NOTE DU COMITÉ DE COMMERCE
- VI0 Congrès de la Natalité (Strasbourg, 25-28 septembre 1924)
- par
- M. Georges Risler, vice-president de la Société d'Encouragement.
- Le sixième Congrès de la Natalité s’est tenu à Strasbourg, sous le haut patronage et avec le concours de la Chambre de Commerce, du Conseil général du Bas-Rhin et de la municipalité de Strasbourg.
- La Chambre de Commerce de cette ville et son éminent président, M. Herren-schmidt, ont accueilli les congressistes de la manière la plus gracieuse et ont fait tout ce qui était possible pour faciliter les travaux du Congrès et pour augmenter encore le charme d’un séjour dans leur magnifique ville.
- Les traditions d’hospitalité alsacienne n’ont pas fléchi pendant la douloureuse occupation allemande, non plus que les sentiments de générosité qui ont existé de tout temps chez nos chers compatriotes retrouvés.
- 7o chambres de commerce et 70 associations de familles nombreuses étaient représentées au Congrès.
- Celui-ci a été ouvert par une magistrale allocution de M. le président Herren-schmidt qui souhaita la bienvenue aux congressistes.
- M. Auguste Isaac, président du Congrès, prit ensuite la parole, et, dans un langage très élevé, traita la question de la natalité sous tous ses aspects. Il insista sur l’importance primordiale du point de vue moral, et il est évident que si les idées qui furent exprimées étaient partagées par un plus grand nombre de nos concitoyens, l’angoissante question de la diminution de la natalité française serait résolue et que, demain, notre chère patrie reprendrait sa place à la tête des nations.
- M. Isaac montra que les difficultés pour les familles d’aujourd’hui, quelque réelles qu’elles soient, n’étaient pas supérieures à celles qui les ont assaillies dans beaucoup d’autres temps, mais que le développement de l’égoïsme et l’amour du luxe étaient la principale cause de notre navrante situation.
- M. Borromée, préfet du Bas-Rhin, a témoigné au Congrès de la Natalité de tout l’intérêt qu’il portait à ses travaux et il a rappelé que, dans tous les postes qu’il avait occupés précédemment, il s’était efforcé de chercher des remèdes à la
- p.772 - vue 772/899
-
-
-
- 6e CONGRÈS DE I,A NATALITÉ (STRASBOURG, 25-28 SEPTEMBRE 192i). 773
- situation si grave de notre patrie en présence d’une natalité infime. En Maine-et-Loire, et dans les préfectures où il a passé avant celle-ci, il avait laissé le souvenir d’un homme sincèrement acquis à nos idées.
- Passons aux travaux du Congrès.
- Des rapports remarquables ont été présentés dans les diverses sections qui étaient au nombre de sept.
- A la Section de Statistique, et de Propagande dont le rôle est d’une si grande importance dans une action de cet ordre, un rapport fort intéressant a été apporlé par M. Théodore sur la démographie de la région alsacienne. S’appuyant sur les travaux de M. Oualid, résumés par celui-ci dans un rapport de tout premier ordre présenté au Congrès de l’Alliance d’Hygiène sociale de Strasbourg, l'année dernière, il a montré que la situation, au point de vue de la natalité, n’était pas moins inquiétante en Alsace que dans lés autres régions de la France.
- Il a fait ressortir que ce sont les régions agricoles d’Alsace qui présentent les chiffres de natalité les plus bas et que ceux des régions industrielles sont de 55 et de 60 p. 100 plus élevés. Comment comprendre que les agriculteurs ne se rendent pas compte : d’abord de leur devoir patriotique, et ensuite de l’avantage, pour eux, plus important que pour tous autres, d’avoir de nombreux enfants.
- Partout, ils se plaignent de la dépopulation des campagnes et ce sont eux-mêmes qui créent autour d’eux la solitude.
- La France a consenti, depuis la guerre, des sacrifices exceptionnellement importants pour son agriculture; aucun ordre de l’activité nationale n’a été semblablement favorisé. Comment nos populations rurales ne comprennent-elles pas que c’est d’une tout autre manière qu’elles devraient répondre à tant de bienveillance?
- Une autre constatation non moins grave indiquée par ce rapport nous a attristés.
- Nous avions l’impression que la natalité atteignait en Alsace un taux élevé.
- La quantité de petites têtes blondes à l’œil éveillé que nous voyions, aussitôt les Vosges franchies, nous faisait penser que l’Alsace avait gardé, au point de vue familial, ses traditions d’avant 1870. Il n’en est malheureusement rien. Le Bas-Rhin a tout simplement la même natalité que nos départements de France classés dans la moyenne, et le Haut-Rhin arrive sur la liste le 42e, c’est-à-dire avec une natalité pitoyable.
- J’allais ajouter : déficitaire ; mais ce ne serait point exact, parce que la mortalité est tellement basse dans nos départements retrouvés, que la marge reste importante, et c’est justement ce qui fait illusion.
- L’Alsace a le même taux de mortalité que l’Angleterre, c’est-à-dire le plus bas qui existe en Europe : 11,5 p. 1.000, tandis que le taux moyen de la France est de 17,8 p. 1 000.
- On comprend que, dans ces conditions, avec une natalité très basse, d’environ 19 p. 1.000, la différence est encore très sensible.
- Il est aisé de se rendre compte maintenant de Futilité qu’il y avait à réunir à Strasbourg le Congrès de la Natalité. Nos frères alsaciens n’ont point seulement le patriotisme militaire, ils ont tous les patriotismes, et nous sommes persuadé qu’il suffit de leur rappeler leur devoir pour qu’ils l’accomplissent. Dès qu’ils comprendront
- p.773 - vue 773/899
-
-
-
- 771 6e CONGRÈS DE LA NATALITÉ. — NOVEMBRE 1924.
- la nécessité pour la France d'avoir plus d’enfants, leurs familles redeviendront ce qu’elles étaient à l’époque où les traditions alsaciennes exerçaient encore toute leur influence.
- Un autre rapport a fait apprécier ce qui est dû, dans le mouvement en faveur de la natalité, aux sociétés de familles nombreuses qui groupent actuellement plus de 200.000 familles et plus d’un million de personnes. La Fédération Nationale, formée de délégués de tous ces groupements, tient chaque année son assemblée générale, un jour avant l’ouverture du Congrès; c’est à son instigation que sont dues la plupart des dispositions législatives favorables aux familles nombreuses qui ont été édictées depuis peu.
- Une communication fort intéressante a prouvé que le coefficient de mortalité, pour une nation qui a une natalité très réduite, est forcément très élevé, contrairement à ce qu’on peut penser, en considérant les statistiques de mortalité infantile.
- M. Moine, statisticien du Comité national de Lutte contre la Tuberculose, a présenté un rapport rempli de chiffres intéressants, et faisant ressortir la diminution de la mortalité chez les nations européennes.
- Il y a, dans nos congrès, une Section économique et d'Action professionnelle. M. Bon voisin y a rendu compte du développement régulier des caisses de compensation qui distribuent, on le sait, des allocations aux pères de familles nombreuses occupés dans l’industrie.
- Il a fait ressortir que quelques caisses urbaines opéraient maintenant dans les milieux ruraux et qu’une ou deux, exclusivement rurales, avaient été fondées.
- Il y a là une constatation extrêmement intéressante, car les lamentations sur l’exode rural n’amélioreront pas la situation, tandis que des réformes pratiques, susceptibles de mettre à la disposition des travailleurs ruraux tous les avantages dont jouissent leurs camarades urbains, constituent le véritable moyen de retenir les travailleurs à la terre.
- A la Section de Législation, un rapport basé sur les principes préconisés il y a déjà bien des années par l’auteur de ces lignes, lorsqu’il a présenté un rapport sur une « politique de la natalité », a insisté sur la nécessité d’établir la péréquation des charges fiscales et civiques.
- La Section de VHygiène sociale a été très brillante.
- Le professeur Couvelaire a exposé ce qu'il avait réalisé dans son dispensaire et à la clinique Baudelocque, au point de vue de la lutte contre la syphilis chez les femmes enceintes. Grâce aux consultations prénatales et aux soins subséquents, il arrive à guérir la mère avant l’accouchement, et celle-ci donne le jour à un enfant sain. Des milliers d’enfants qui, jadis, mouraient à la veille de l’accouchement ou dans les premiers jours de leur naissance, ont été ainsi sauvés.
- Le professeur Pautrier, de Strasbourg, a rendu compte, de la manière la plus intéressante, de l’organisation de la lutte antisyphilitique en Alsace, et il a montré les magnifiques résultats déjà obtenus.
- M. Pastau a fait un exposé très complet de la prophylaxie des maladies vénériennes, et de la répercussion de ces affections sur la natalité.
- Devant la Section de l'Habitation, l’auteur de ces lignes a exposé les résultats
- p.774 - vue 774/899
-
-
-
- 6e CONGRÈS DE LA NATALITÉ (STRASBOURG, 25-28 SEPTEMBRE 1924). 775
- obtenus actuellement par l’action des sociétés de crédit immobilier, des offices publics et des sociétés d’habitations à bon marché.
- Il a comparé la législation qui nous régit avec celle des autres pays, et il a montré que le nôtre n’avait rien à leur envier, et que c’était surtout les crédits qui manquaient à nos sociétés.
- M. Jaeger a entretenu la Section de l'Agriculture de ses préoccupations au sujet de l’acquisition des domaines agricoles en France par les étrangers. Ses inquiétudes n’auraient aucune raison d’être si nous avions un nombre suffisant d'enfants pour qu’aucune terre arable ne reste en friche dans notre pays.
- Les Sections d’Action religieuse catholique et protestante ont traité, chacune de leur côté, des questions morales et sociales delà plus haute importance, et en particulier celle des maisons de tolérance supprimées dans les pays du Nord, pour le plus grand avantage de la morale et de la santé publiques.
- Un rapport de premier ordre a été présenté par M. le général Serrigny, secrétaire général du Conseil supérieur de la Défense nationale. S’appuyant sur des chiffres et sur des documents irréfutables, M. le général Serrigny a fait ressortir la relation immédiate existant entre le taux de la natalité dans notre pays et les conditions de sécurité qui nous sont indispensables. Cette contribution au Congrès a présenté un intérêt tout spécial, car il est rare de voir un officier de haute valeur militaire traiter d’une manière aussi remarquable des questions morales et sociales qui, en somme, sont intimement liées à la situation politique de notre nation.
- Les principaux vœux adoptés par le Congrès ont été en faveur : du dégrèvement d’impôts à accorder dans les départements retrouvés aux pères de familles nombreuses;
- de la péréquation des charges fiscales et civiques;
- de l’établissement, par le Parlement, du suffrage familial qui ne peut exister sans le suffrage féminin;
- delà modification de la législation en ce qui concernelarépressiondel’avortement; des moyens d’obtenir, sans obligation législative, le développement des allocations familiales ;
- de la création de l’enseignement démographique, à peu près inexistant chez nous, dans les programme de l’enseignement supérieur, secondaire et primaire;
- de l’exonération pendant trente ans des impôts foncier et des portes et fenêtres en faveur de toute nouvelle construction à usage d’habitation ;
- de la concession du droit de citation directe aux sociétés reconnues d'utilité publique ;
- de l’extension à la France toute entière des dispositions légales existant dans le code législatif en Alsace et en Lorraine, permettant la transmission intégrale en ligne directe et entre conjoints des exploitations agricoles;
- de la création d’offices de main-d’œuvre agricole et de colonisation intérieure; de l’atténuation des rétributions scolaires exigées dan-, les établissements de l’État des pères de familles nombreuses;
- de l’application à l’Algérie des lois sur les familles nombreuses; des dispositions favorables à prendre pour aider en toutes circonstances la maternité ;
- du développement des consultations prénatales; etc.
- p.775 - vue 775/899
-
-
-
- 776 6e CONGRÈS DE LA NATALITÉ. ------- NOVEMBRE 1924.
- Le Congrès a été clôturé par un discours de M. Justin Godart, Ministre du Travail et de l’Hygiène, qui est venu apporter aux congressistes l’assurance de l’intérêt que porte à leurs travaux le Gouvernement de la République. M. Justin Godart a affirmé que les vœux émis par le Congrès ne resteraient pas lettre morte, et que leur réalisation d’ensemble constituerait une politique de la natalité que le Gouvernement a l'intention d’inaugurer et de développer.
- Il a promis qu’en matière de mise à la retraite, de subventions aux femmes en couches, de successions, d’habitations à bon marché, de bourses d’étudiants, etc., le coefficient de natalité exercerait sa légitime influence.
- « 120.000 mères françaises ont déjà reçu, a-t-il dit, l’hommage de gratitude de la nation, en se voyant offrir la médaille de la famille française. » Il s’est déclaré par ailleurs disposé à intensifier la répression de l’avortement et de la propagande malthusienne.
- Un Office de l’Immigration va être incessamment créé pour contrôler, au point de vue moral et sanitaire, l’entrée des étrangers dans notre pays. Le Ministre a donné comme nombre de ces étrangers 2.900.000, ce qui semble supérieur à toutes les évaluations qui avaient été produites jusqu’ici.
- 11 a fait ressortir les entraves que mettent dès maintenant les pays qui nous envoient des émigrants à la naturalisation qui, jusqu’ici, était fréquemment pratiquée parmi eux.
- Il a vanté la vie intime du foyer, le séjour de la femme à la maison et non point à l’usine, ce qui lui laisse, a-t-il dit, la possibilité d’être avant tout « la mère )).
- Il a conclu que tout cela n’était possible qu’avec l’habitation saine et digne, et il a fait l’éloge de cette belle loi Ribot, la plus efficiente de toutes nos lois sociales.
- « La France est en péril, il faut le dire, — a-t-il ajouté — mais elle est éternelle « et, en elle, sont des ressources qui lui ont permis toujours le succès.
- « 11 est temps de proclamer le devoir patriotique, de frapper fiscalement les « égoïstes et d’élever matériellement et socialement la famille française où, dans la « peine, la sécurité et l’affection, s’élabore une nation forte et prospère, a
- Telle a été la conclusion de ce beau discours.
- M. Auguste Isaac, président du Congrès, a répondu au Ministre dans un langage non moins élevé, résumant les travaux du Congrès. Il a, lui aussi, préconisé la péréquation des charges, et insisté sur le côté moral de la question natalité.
- Personne ne peut nier que l’accroissement de la natalité soit avant tout, dans notre pays, une question morale, et tout progrès accompli dans ce sens profitera certainement de la manière la plus efficace à la cause sacrée que nous défendons.
- Il n’est pas douteux que si les Français ne se décident pas à avoir des enfants, c’en est fait de notre patrie et dans un temps beaucoup plus court que ne paraissent le croire ceux qui considèrent avec légèreté une situation aussi périlleuse.
- 11 est impossible que l’appel de tant d’hommes de valeur ne soit point entendu, alors que l'égoïsme, l’amour du luxe et du plaisir, risquent d’entraîner la France à sa perte.
- Georges Risler,
- Vii'e-prcsklent de la Sociélc d'Encouragemcnt.
- p.776 - vue 776/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. —NOVEMBRE 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 25 OCTOBRE 1924.
- Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 14 juin 1924 est adopté.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société :
- M. Renouard (Alfred), officier de l’Instruction publique, officier du Mérite agricole, médaille de 1870, ingénieur civil, expert près les tribunaux, membre de la Commission supérieure des Expertises textiles, 49, avenue Mozart, Paris (16e), présenté par M. J. Dantzer et M. E. Lemaire;
- M. Bernheim (Alfred), industriel, 5, avenue Charles-Floquet, Paris (7e), présenté par M. Georges Risler;
- Les Verreries Schneider, verreries d’art, 49, rue de l’Yser, Épinay-sur-Seine (Seine), présentées par M. Lemaire.
- M. Mesnager, président. — J’ai le regret de vous annoncer la mort de M. Émile Bertin, qui faisait partie du Conseil de la Société d’Encouragement depuis 1905, qui en fut président de 1910 à 1912 et qui était président du Comité des Arts mécaniques. Les obsèques auront lieu à la Glacerie, près de Cherbourg, le 28 octobre. Un service aura lieu prochainement à Paris, à l’Église Saint-Sulpice. Nous adressons à la famille de notre regretté collègue l’expression de notre vive sympathie.
- p.777 - vue 777/899
-
-
-
- 778
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. ----- NOVEMBRE 1924.
- J’ai le regret également de vous annoncer la mort d’un de nos membres les plus dévoués, qui faisait partie de notre Société depuis de nombreuses années, M. V. Champig-neul. M. Champigneul était ancien élève de l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers, administrateur des usines Skoda, de l’Union européenne et financière, de la Société S. O. M. IJ. A., de la Société S. I. T. A. Il était président en exercice de la Société des Anciens Elèves des Ecoles nationales d’Arts et Métiers. Nous adressons à la famille et aux nombreux amis de notre regretté collègue nos très vives condoléances.
- MM. II itier et Toulon, secrétaires généraux présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans notre Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Traité de culture potagère (petite et grande culture), par M. J. Dybowski. Paris, J.-B. Baillière et lils (Don de l’auteur, membre du Conseil);
- Souvenirs, 1873-1923 par M. L. Le Chatelier. Paris, Imprimerie Chaix (Don de l’auteur, membre de la Société);
- Le pouvoir fixateur d'azote des azotobacter, par M. E. Kayser (Chimie et Industrie). Paris, 49, rue des Mathurins (Don de l’auteur, membre du Conseil) ;
- Les races de levures et leur influence sur le bouquet des vins, par M. E. Kayser (Chimie et industrie). Paris, 49, rue des Mathurins (Don de l’auteur, membre du Conseil);
- La sériciculture et l'industrie de la soie en Indochine (n° 8 des Publications de l’Agence économique de l’Indochine). Paris, 20, rue La-Boétie (Don de l’Agence économique de l’Indochine);
- Manuel du peintre et vitrier en bâtiments, par M. Albert Le Petit (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Éléments d'agriculture coloniale. Plantes à fibre, par M. Yves Henry (Collection Armand Colin, Section d’agriculture, n° 49). Paris, A. Colin;
- Communications scientifiques et faits industriels der l'année (1922-1923), par M. Edmond Marcotte. Paris, Payot;
- La carbonisation des bois, lignites et tourbes, par M. Charles Mariller. Paris, Dunod;
- Cours d'électrochimie (Notions théoriques et applications de l’électrochimie), professé à l’École spéciale des Travaux publics, par M. René Audubert, Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- 3e Congrès de Chimie industrielle. Paris, 21-26 octobre 1923 (Chimie et Industrie, numéro spécial, mai 1924). Paris, 49, rue des Mathurins;
- Calalogo de las obras agricolas o que se relacionan con la agricultura de
- p.778 - vue 778/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 25 OCTOBRE 1924. 779
- Chile. Publicadas desde el ano de 1875 y anteriores. Santiago de Chile, Sociedad agronômica;
- Est-il exact que la méthode sérologique de M. le Dr Venues soit moins sensible que le Bordet- Wassermann? Simples constatations. — La loi des trois-huitdeM. leDr Vernes, par M. L. Brocq {Lapresse médicale, 24 et 31 mai 1924). Paris, Masson et Cie ;
- La production cotonnière dans les colonies françaises (Supplément au Bulletin de VAssociation cotonnière coloniale). Paris, 4, rue de la Paix;
- Annuaire des plantations de caoutchouc de VIndochine (Supplément au Bulletin du Syndicat des Planteurs de Caoutchouc de VIndochine, fasc. 62, 1924). Saigon, 13, boulevard Norodom.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- La vie de J.-B. Dumas, 1800-1884, par le général J.-B. Dumas (Don de l’auteur) ;
- Application de la représentation triangulaire à Vétude des matériaux pour revêtements de chaussées, par M. R. Feret {Bulletin de /’Association internationale permanente du Congrès de la Route, n° 25, 4e trimestre 1922). (Don de l’auteur, membre du Conseil);
- Les origines du cinématographe, par M. L.-P. Clerc (Revue d'optique théorique et instrumentale, 3, 1924). (Don de l’auteur);
- Les associations régionales interprofessionelles, par M. G. Wallon. Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence (Don de l’auteur) ;
- Ponts en maçonnerie, par M. C. Gay (Encyclopédie du Génie civil et des Travaux publics). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Cours de chemins de fer. Raccordements paraboliques, par MM. Allegret et Imbert. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics;
- Béton armé. Tables de calcul des dalles et poutres, par M. C. Baudart. Paris, Librairie de l’Enseignement technique ;
- Cours d'astronomie appliquée et géodésie, par M. H. Roussilhe. Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- Radiotélégraphie pratique et radiotéléphonie, par M. P. Maurer. 2e éd. Paris, Dunod ;
- leT Congrès international de Fonderie, Ecole nationale d’Arts et Métiers de Paris, du 12 au 15 septembre 1923, organisé par l’Association technique de Fonderie. Paris, 15, rue Bleue (9e);
- Constructions métalliques, bâtiment et travaux publics. Album de profils employés dans les constructions métalliques par M. G. Boll. Paris, Ecole spéciale des Travaux publics;
- Tome 136. — Novembre 1924.
- 54
- p.779 - vue 779/899
-
-
-
- 780
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. ----- NOVEMBRE 1924.
- Initiation algébrique à la comptabilité à parties doubles, parM. J.-M. Caquas. Paris, G. et M. Ravisse;
- Les lois de Corganisation industrielle. Leur application, par M. Ernest Hy.mans. Bruxelles, Société belge des Ingénieurs et des Industriels;
- Alternateurs et moteurs synchrones, par M. Ed. Rotii. Tome I (Collection Armand Colin, Section de mécanique et électricité industrielles, n° 47). Paris, A. Colin;
- Manuel de serrurerie et fer forgé, par M. J. Moutardier (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils. (Don de l’auteur);
- Manuel de T. S. F., par M. Leclerc (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel du mécanicien. Machines, par M. R. Diiommée (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel du mécanicien. Montage, conduite, entretien des machines, par M. B. Alteirac (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel de forgeage mécanique, par M. G. Lagardelle (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel de l'électricien. Moteurs électriques, traction électrique, par M. M. Strulovici (Bibliothèque professionnelle). Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Devis et évaluations, par MM. E. Dardart et A. Bonnal. 2e éd. par A. Bonnal (Bibliothèque de l’ingénieur de travaux publics). Paris, Dunod;
- Précis d’automobile par M. André Contet. 2e éd. Paris, Dunod;
- Radiotélégraphie et radiotéléphonie, par M. P. de Jussieu. Paris, Dunod;
- Le livre de l’activité humaine. Les lectures de la profession, par MM. A. et L. Franchet. Paris, Dunod;
- Avant d'entrer en apprentissage. Nouveaux entretiens sur l'orientation professionnelle, par M. J. Fontègne (Le livret du métier). Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- Fabrication des briques et des tuiles, par M. J. Fritsch. 2e éd. Paris Desforges.
- Il est donné lecture d’un rapport présenté par M. J. Le Cesne, au nom du Comité de Commerce, sur les cartes économiques de l’Afrique occidentale française, établies par M. A. Meunier.
- Ce rapport est approuvé.
- M. Mesnager,prmrfen/. — La communication sur les ciments spéciaux et l’avenir du béton armé qui va vous être faite a pour auteur M Lossier,
- (1) Voir le texte de ce rapport à la page 715 du présent Bulletin.
- p.780 - vue 780/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTHATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 25 OCTOBRE 1924. 781
- ingénieur bien connu de tous ceux qui s’occupent de constructions en béton armé. Brillant élève de l’École Polytechnique de Zurich, d’où il sortit premier, il y rentrait l’année suivante comme professeur agrégé. Il fit partie successivement des Établissements Moisant et de la Maison Considère. Lorsque la guerre arriva, il s’engagea à titre étranger et fut envoyé comme lieutenant du Génie à Verdun où il se distingua. Atteint gravement par les gaz toxiques, il fut renvoyé à l’arrière où il rendit encore d’excellents services.
- Les spécialistes connaissent ses chalands en béton armé, ses hangars à dirigeables où il sut ingénieusement associer le ciment fondu et le ciment Portland. C’est un homme de progrès, toujours prêt à utiliser avec discernement les matériaux nouveaux mis à notre disposition.
- Vous apprécierez certainement à leur valeur les vues qu’il va vous exposer.
- M. Henry Lossier, ingénieur civil, fait une communication sur les ciments spéciaux et l'avenir du béton armé (1).
- Le ciment Portland ordinaire employé jusqu’en ces dernières années dans la construction des édifices en béton armé donne toute sécurité, mais il a l’inconvénient, étant à prise lente, de nécessiter le maintien en place des coffrages et des cintres pendant un temps extrêmement long, jusqu’à 45 jours dans certains cas. De plus, la lenteur de prise ne permet pas d’adopter certains procédés de montage, sans cintre par exemple, comme pour les constructions métalliques. Les artifices employés, souvent avec succès, pour supprimer l’étayage, n’évitent ces inconvénients qu’en partie. Les ciments à haute teneur en alumine, qui sont à durcissement rapide (ciment fondu), permettent au contraire de résoudre ces différents problèmes et d’autres encore, car leur indice d hydraulicité est égal à 1,25, soit plus du double de la valeur exigée par la circulaire du 2 juin 1902 pour les ciments destinés aux travaux à la mer.
- Le ciment fondu effectue sa prise en 3 heures comme le Portland, ce qui donne toute facilité à l’emploi; son durcissement est extrêmement rapide. Au bout de 24 heures, les résistances à l’écrasement et à la traction sont à peu près les mêmes que celles du Portland au bout de 30 jours. Gâché plus clair, le béton peut être simplement coulé, ce qui évite les frais onéreux du pilonnage.
- Dès l’apparition du ciment fondu, plusieurs fabricants de Portland (Holderbank, en Suisse, notamment) réussirent à améliorer leur fabrication dans le sens d’une accélération du durcissement. C’est ainsi qu’on dispose aujourd’hui de plusieurs marques de ciment de composition chimique semblable à celle du Portland mais à durcissement beaucoup plus rapide. Ils sont d’ailleurs de valeurs inégales et n'atteignent pas de beaucoup au début, la résistance du ciment fondu, mais ils donnent déjà au bout de 3 à 8 jours à peu près, les mêmes résistances que le Portland au bout de 30 jours.
- L’emploi du ciment fondu procure des avantages considérables :
- 1° dans la fabrication d’éléments constructifs moulés à l’avance, tels que :
- (1) Voir le texte in extenso de cette communication dans le présent numéro du Bulletin, p. 738.
- p.781 - vue 781/899
-
-
-
- 782 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — NOVEMBRE 1924.
- poteaux pour transports de force, poutrelles ou solives pour planchers, pieux de fondation à battre (ceux-ci peuvent être battus après 3 jours seulement de durcissement);
- 2° dans les constructions navales : chalands de rivières et, mieux, pontons de mer en béton armé, dont les avaries peuvent être réparées très vite et très facilement:
- 3° dans la construction des ouvrages à très grande portée : ponts, hangars à dirigeables. M. H. Lossier pense que l'on peut aborder sans aucune appréhension des portées non encore réalisées en recourant soit à des matériaux légers, soit au frettage, soit mieux aux évidements, c’est-à-dire à des dispositions analogues à celles des fermes ou arcs en treillis pour les ouvrages métalliques. Dans ce cas, le ciment fondu permet de réaliser avec le béton armé tous les modes d’exécution et de montage, même en porte à faux, des constructions métalliques.
- On peut assembler, ou plus exactement « souder » des éléments en béton armé exécutés à l’avance, presque de la même manière que l’on assemble par boulons ou rivets des éléments métalliques. Les éléments à réunir sont terminés par des barres d’attente que l’on croise puis enrobe de ciment fondu (« soudure autogène » du béton armé de l’auteur).
- Pour obtenir ces résultats, il convient de perfectionner encore la fabrication des ciments et, tout en améliorant leur qualité, d’assurer la régularité de leurs propriétés. Il faut que les ciments de qualité inférieure disparaissent du marché afin qu'ils ne puissent se substituer accidentellement aux ciments spéciaux là où ceux-ci s’imposent absolument. E. L.
- M. Mesnager, président, remercie M. H. Lossier de son intéressante communication, donne des renseignements complémentaires sur l’exécution de certains travaux en béton armé de ciment fondu et signale que la construction d’une usine fabriquant du Portland à durcissement rapide est en cours d’achèvement près de Paris.
- M. II. Lossier et M. Mesnager, répondant aux questions posées par plusieurs membres (1) montrent que : à résultats obtenus égaux, bien que plus cher que le Portland, le ciment fondu conduit à une dépense à peine plus élevée, même parfois moindre; que le ciment fondu est particulièrement résistant à l’eau de mer et aux eaux séléniteuses ; que les précautions spéciales qu’exige son emploi peuvent être facilement prises; qu’il peut être employé par temps de petite gelée; qu’il résiste aussi bien que le Portland aux chocs, trépidations et vibrations.
- La séance est levée à 18 h. 15 m.
- (1) Voir ces réponses à la page 754 du présent numéro.
- p.782 - vue 782/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — NOVEMBRE 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA BIRLIOTHÈQUE
- EN OCTOBRE 1924
- Bodroux (Fernand). — Les falsifications courantes du lait (écrémage et mouillage). Gomment on les recherche. Comment on les punit. (Numéro spécial, hors série, des Annales des falsifications et des fraudes, août-septembre 1924). In-8 (24 x 16) de 112 p. Paris, 42 bis, rue de Bourgogne, 1924. 16 796
- Coefignier (Ch.), — Couleurs et peintures. (Encyclopédie de chimie industrielle). In-8 (23 x 13) de vin -f 762 p., 114 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924 (Don de l'auteur).
- 16 797
- Roux (O.). — Routes et chemins vicinaux. 2e édition. (Bibliothèque de VIngénieur de I revaux publics). In-12 (18 x 12) de xvi + 486 p., 127 fîg. Paris, Dunod, 1924. 16 7 98
- Vinot (A.). — Manuel des transports (Bibliothèque professionnelle). In-18 (16 x 10) de 392 p., 17 fig. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924. 16 799
- Dupont. (G.). — Distillation dubois. (Encyclopédie Léauté, 2e série). In-12 (19 x 13) de xv -f 284 p., 52 fig. Paris, Gauthier-Villars et Cle; Masson et Cie, 1924. 16 8 00
- Fritsch (J.). — Éléments de chimie industrielle. Manuel à l’usage des industriels, des artisans et des élèves des écoles professionnelles. Traduit et adapté de la 5e édition de l’ouvrage allemand de Joseph Spennrath. In-8 (23 x 14) de vi -j- 341 p. Paris, Desforges, 1925.
- 16801
- Lebrun (Maurice). — La soudure électrique à l’arc. Théorie et pratique. In-8 (21 X 13) de 1J2 p., 83 fig. Paris, Office central de P Acétylène' et de la Soudure autogène, 1924.
- 16 802
- Six causeries sur la soudure autogène faites aux soudeurs pTofèàsiohnels à I’Office central de l’Acétylène et de la Soudure autogène. In-12 (18 x 12) de 143 p., fig. Paris* Office central de l’acétylène et de la soudure autogène. 16 803
- Clifton (Edgar). — L’atelier du photographe-portraitiste. Sa construction, son aménagement. Traduit de l’anglais et augmenté par L.-P. Clerc. In-12 (19 x 12) de 79 p., 35 fig. Paris, Paul Monte!, 1924. 16804
- Frimaude.au (S.). — La soudure électrique à Tare métallique. In-12 (19x13) de VI -f- 135 p., 80 fig. Paris, Gauthier-Villars et Cie, 1925. 16 805
- Soliman (G.). — Principes généraux de l’étirage et du tréfilage. In-8 (21 x 13) de 236 p., 50 fig. Paris, Gauthiers-Villars et Cie, 1924. 16 806
- Guillemin (G.-E.). — Courant alternatif triphasé. Le moteur électrique asynchrone à champ tournant. In-4 (26 x 21) de 120 p., 180 fig. Paris, Girardot et Cie, 1924. 16 807
- ' Kammerer (V.). — Les dangers du courant électrique et les moyens de les éviter (Bulletin des Associations françaises de Propriétaires d'Appareils à Vapeur et Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse). In-8 (24x16) de 56 p., 4 fig. Paris, Ch. Béranger, 1924 (Don de Vauteur). Pièce 12 879
- Maisonnier. — Rapports au Conseil municipal de Tours (Indre-et-Loire), sur la question des ordures ménagères. In-4 (27 X 21) de 12 p. Chateaubriant, L. Lemarre, 1924.
- Pièce 12 880
- p.783 - vue 783/899
-
-
-
- 784
- OUVRAGES REÇUS.
- NOVEMBRE 1924.
- Bonnet (H.U — Rapport sur l’incinération des ordures ménagères et récupération des sous-produits. Ville de Toulon (Var). In-4 (27 x 21) (le 16 p., fig. Chateaubriant, L. Lemaire, 1924. Pièce 12 881
- Fremont (Ch ). — Usure et défauts des rails (Études expérimentales de technologie industrielle. 69e mémoire). In-4 (27 x 22) de 75 p., 106 fig. Paris, chez l’auteur, 25 rue du Simplon (18e), 1924. (Don de l'auteur, membre de la Société). Pièce 12 882
- Fremont (Cii.). — La serrure. Origine et évolution. (Etudes expérimentales de technologie industrielle, 70° mémoire), ln-4 (27 x 22) de 51 p., 120 fig. Paris, chez l’auteur. 25, rue du Simplon (18e), 1924. (Dan de l'auteur, membre de ta Société). Pièce 12883
- Kimimt.in (Georoes). — Conception théorique sur la constitution des vernis à base de résine synthétique. — Facteurs économiques qui conditionnent en France la fabrication de la résine synthétique. (Communications présentées au 3e Congrès de Chimie industrielle, octobre 1923). (Chimie et industrie). In-4 (27 x 21) de 6 p. Paris, 49, rue des Mathurins. (Don de Vauteur). Pièce 12 884
- Kimi’flîn (Georges). — Propriétés et applications industrielles de la bakélite, produit de condensation du phénol. (Reçue générale de iélectricité, 28 octobre 1922). In-4 (27 x 21) de 4 p., 1 fig. Paris, 12, place de Laborde (8e). (Don de l'auteur). Pièce 12 885 Kimpflin (Georges). — La bakélite. (Vie technique et industrielle, avril 1923). In-4 (31 x 24) de 8 p., 9 lig. Paris, 14, rue Séguier (6e). (Don de l'auteur). Pièce 12 886
- Paulin (Honoré). — Le pétrole. Recherches et indices de gisements de pétrole dans les colonies françaises et les pays de protectorat. In-8 (24x16) de 46 p., fig. Paris, Librairie de l'Enseignement technique, L. Eyrolles, 1924. Pièce 12 887
- Société de l’Industrie minérale. — Congrès de l’Est, Metz-Strasbourg, ler-7 juin 1924. (Revue de l'industrie minérale, août et septembre 1924). In-4 (27 x 21) de 95 p., fig. Saint-Étienne (Loire), 19, rue du Grand-Moulin. (Don de la Société de l'industrie minérale).
- Pièce 12 888
- Lallemand (Ch.). — La crise monétaire et son remède. In-8 (21 x 14) de 34 p., 5 fig. Paris, Gauthiers-Villars et Cie, 1924. (Don de l'auteur). Pièce 12 889
- Quoniam (C. Th.). — Le port de Cherbourg. (France-Amérique, juillet 1923). In-8 (24 x 16) de 10 p., I pl. (Don de l auteur). Pièce 12 890
- Quoniam (C. Th.'. — Étude sur l’organisation des ports transatlantiques. Mission de la Chambre de Commerce de Cherbourg. Relation du voyage. In-8 (24x15) de 36 p., Caen, Société d’impression de Basse-Normandie, 10, rue de la Monnaie, 1924. (Don de l'auteur). Pièce 12 891
- Quoniam (C Tu.). — Pour le port de Cherbourg. In-4 (28 x 19) de 87 p., I pl. Cherbourg, 1921. (Don île l'auteur). Pièce 12 679
- D’Herbeumont (Louis). — Utilisation méthodique des films documentaires. (Cinéopse, janvier 1924). In-4 (27 x 21) de 8 p., fig. Pièce 12 892
- Vazquez Schiafeino (José). — Exposiciôn Rio de Janeiro (Brasil), 1922. Informe acerca de la participation de Mexico en la Exposiciôn internacional de Rio de Janeiro. In 8 oblong (20 x29) de 107 p., fig. México, D. F., Publicaciones de la Secretaria de Industria, Commercio y Trabajo, 1923. Pièce 12 893
- Gautier (François). — Projet de réforme fiscale supprimant la déclaration, le contrôle, l’inquisition. Orientation nouvelle de la fiscalité réalisant l’équilibre budgétaire. (Chambrede Commerce de Poitiers et de la Vienne, mars 1923). In-8 (24 x 15) de 28 p. Poitiers, Société française d’imprimerie, 1923. Pièce 12 894
- p.784 - vue 784/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN OCTOBRE 1924
- 785
- Institut national agronomique (Ecole supérieure de l’Agriculture). — Annales. Tome XVIII. Paris, J.-B. Baillière et fils; Librairie agricole de la Maison rustique, 1924.
- Pér. 20
- Direction générale des Eaux et Forêts (Hydraulique. Génie rural). (Ministère de l’Agriculture). — Annales. Fascicule 52 : Documents officiels, Jurisprudence. Rapports et notes techniques (France et étranger). Paris, Imprimerie nationale, 1921-1922. Pér. 9
- Ministère des Travaux publics. — Recueil de lois, ordonnances, décrets, règlements et circulaires concernant les services dépendant du Ministère des Travaux publics, dressé par les soins de l’administration centrale. 2e série, Tome XXXII, année 1924 (2e trimestre). Paris, Imprimerie nationale, 1924. Pér. 144
- Nouvelles archives des Missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. — Tome XXII, fascicule 5. Paris, Imprimerie nationale, 1921. Pér. 38
- Association française pour la Protection de la Propriété industrielle. — Bulletin. 2* série, n° 17 (1923-1924) : Travaux de VAssociation. Paris, 117, boulevard Saint-Germain, 1924. Pér. 320
- Science et industrie. — N° 129 (juin 1924) : Les forces hydrauliques, 100 p., fig. Paris, 22, avenue Montaigne. Pér. 111
- Direction des Douanes de Madagascar et dépendances. (Ministère des Colonies). — Statistique du commerce et de la navigation de l’année 1923 et résultats comparés des années 1922 et 1923. Tananarive, Imprimerie officielle, 1924. Pér. 446
- Association amicale des anciens Élèves de l’Institut national agronomique (Ingénieurs-agronomes). Promotions 1876 à 1922. — Annuaire. Année 1924. Paris, 5, quai Voltaire. Pér. 92
- Chambre syndicale des Constructeurs de Navires et de Machines marines. — Annuaire 1924-1925. Paris, 7, rue de Madrid (8e). Pér. 91
- Chambre syndicale des Fabricants et des Constructeurs de Matériel pour Chemins de Fer et Tramways. — Annuaire 1924-1925. Paris, 7, rue de Madrid (8e). Pér. 399 Institution of Civil Engineers. — Minutes of Proceedings. Vol. CCXVII, 1923-24 (parti). London, Great George Street, Westminster, S.W.l. Pér. 189
- Institution of Civil Engineers. — Selected Engineering Papers, nos 1 à 19 (1923-1924). London, Great George Street, Westminster, S.W.l. Pér. 189
- Bureau of Standards (Washington). — Scientific Papers, Vol. XIX (1924), nos 484 : Préparation and properties of pure iron alloys. IV, by J.F.T. Berliner, p. 347-356, 4 fig. — 486 : Some new thermoelectrical and actinoelectrical properties of molybdenite, by W. W. Co-blentz, p. 375-418, 22 fig. — 487 : A quantitative sludy of régénération by inductive feed bock, by C. B. Jolliffe, Miss J. A. Rodman, p. 419-428, 7 fig. Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Technologie Papers, Vol. XVIII (1924), nos 252 : The nick-bend test for ivrought iron, by H. S. Rawdon, S. Epstein, p. 115-155, 23 fig. — 253 : Standardization of hosiery box dimensions, by C. W. Schoffstai.l, E. M. Schenke, p. 157-169, 10 fig. — 254 : Emissive test of paints for decreasing or increasing heat radiation from surfaces, by W. W. Coblentz, C. W. Hughes, p. 171-187, 1 fig. — 255 : A caméra for studying projectiles in flight, by H. L. Curtis, W. H. Wadleigh, A. H. Sellmxn, p. 189-202, 10 fig. — 256 : Some methods of testing radio receiving sets, J. L. Preston, L. C. F. Horle, p. 203-228, 8 fig. Pér. 61
- p.785 - vue 785/899
-
-
-
- 786
- OUVRAGES REÇUS. — NOVEMBRE 1924.
- Bureau of Standards (Washington). — Circulars, nf,s 155, 158, 159, 162 (1924).
- Pér. 61
- Bureau of Standards (Washington). — Miscellaneous Publications, n° 55 : Weighls and Measures. Sixteenth annual Conférence, May 1923. Washington, 1924. Pér. 61
- United States Department of Commerce. — Bureau of Standards. — Simplified practice recommendation, n° 8 : Range boiliers and expansion tanks, 8 p., 7 lig. Washington, 1924. Pér. 61
- Smitusonian Miscellaneous Collections. — Vol. 07, n° 9 (publ. 2733). Washington, 1924. Pér. 27
- L’agent général, gérant. E. Lemaire.
- Coulommiers.
- Imp. Paul BRODARD.
- p.786 - vue 786/899
-
-
-
- 123e ANNEE.
- DECEMBRE 1924.
- BULLETIN
- DE
- LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ
- Rapport
- présenté par M. Cornu-Thénard, au nom de la Commission des Ponds, sur les comptes de l’exercice 1922.
- Messieurs,
- J’ai l’honneur de vous présenter, au nom de la Commission des Fonds et conformément à l’article 31 de vos statuts, le résumé des comptes de votre Société pour l’exercice 1922. Comme l’année précédente, j’ai pu constater la tenue parfaite de vos écritures et leur exacte concordance avec les documents qui vous sont soumis.
- Voici d’abord, dans l’ordre accoutumé, la décomposition des recettes et des dépenses, en ce qui concerne les Fonds généraux.
- PREMIÈRE PARTIE
- FONDS GÉNÉRAUX
- RECETTES 10 Cotisations annuelles des membres ordinaires de la Société (1.009 cotisa- f c DÉPENSES 1° Publications de la Société : Bulletin, annuaire, comptes rendus des séan- f c
- tions) 2° Participation aux 36.347,03 ces, calendrier 2° Bibliothèque : traite- 33.106 40
- charges de l’Hotel .... 28.762,33 ment des agents, achats, /
- 3° Locations de l’immeuble de la rue Saint-Be- abonnements, reliures, etc. 3° Agence et économat : 18.423,20
- noît, n° 15 9.141,43 traitement des agents, frais divers 44.993,83
- A reporter 74.231,03 A reporter 98.523,45
- Tome 136. — Décembre 1924. 55
- p.787 - vue 787/899
-
-
-
- 788
- EXKUCICIS riXANCIKK 11)22. — DÉCKMlilîK 11)24.
- f c
- Report.............. 74.2.71,0.7
- 4° Arrérages et intérêts
- divers......................... 66.242,87
- 7° Recettes diverses. . 4.107,67
- Emprunta la fondation
- Jollivet........................ 12.800,29
- Solde du Fonds de Réserve........................... 17.415,66
- Total comme ci-contre. 172.817.70
- Report.........
- 4° Indemnités de déplacement ................
- 5" Hôtel de la Société : a. A ménagement, entre-
- tien, répa-
- rations. . 8.873,70
- b. Mobilier . 588
- c. Contribu-
- tions . . 9.713,10
- d. Eau, assu-
- rances, di-
- vers . . . 2.601,97
- e. Chauffage
- et éclai-
- rage . . . 19.284,47
- f. Concierge :
- traitement. 3.000
- Indemnitéde
- vie chère. 1.827
- Remise sur
- les loca-
- tions . . 2.765
- 6° Immeuble, 17, rue
- Saint-Benoît, entretien et
- charges diverses. . . . 7° Prix et médailles 8° Conférences . . 9° Subventions . .
- f c
- 98.727,47
- 7.210
- 44.061.20
- 4.590
- 7.740,70
- 3.535,25
- 1.036,60
- 100
- 10° Divers et secours . 3.916,50
- 11° Allocation à la réserve.................... 1.500
- 12° Pensions......... 3.600
- 13° Versement à la réserve de la table décennale. 1.000
- Total des dépenses. 172.817,50
- L’examen de ce tableau appelle les observations suivantes.
- Le recouvrement des cotisations a donné lieu, par rapport à l’année 1921, à un déficit de 1.500 f : on constate de même, d’une année à l’autre, une réduction notable des « Arrérages et Intérêts », « Rentrées diverses », etc. Il ne faut voir là que l'expression du resserrement général qu’imposent, aux personnes comme aux collectivités, les difficultés économiques de l’heure présente; c’est donc une nouvelle justification, si elle était nécessaire, de l’initiative prise par votre Gonse'il, lorsqu'il a proposé, en 1922, de relever
- p.788 - vue 788/899
-
-
-
- 789
- ETAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ, EXERCICE 1922
- le montant de la cotisation annuelle. Nous pouvons, à ce propos, vous indiquer, dès maintenant, que la décision de l’Assemblée générale a été favorablement accueillie par tous les membres de la Société et que sa mise à exécution donne aujourd’hui les résultats escomptés.
- Pour réduire dans toute 1a, mesure du possible le déficit dû à la diminution des recettes, les dépenses ont été comprimées au maximum chaque fois que cette compression ne risquait pas de compromettre l’objet même de l’activité de votre Société. Il en est résulté une diminution du montant total des dépenses, de l’exercice dont nous vous rendons compte, de près de 30.000 f par rapport au chiffre correspondant de l’exercice antérieur. Malgré cet effort d’économie et par suite du renchérissement constant de toutes choses, certains chapitres, relatifs à des manifestations primordiales de votre organisation, se sont soldés par des insuffisances importantes : poulies publications diverses, par exemple, Bulletin, Annuaire, Calendrier, Comptes Rendus des Séances, etc., cette insuffisance atteint 35.106,40 f. Pour l’ensemble, les décaissements totaux présentent un excès notable sur les encaissements et il a fallu, pour équilibrer le budget, faire appel non seulement au solde du Fonds de Réserve, soit 15.415,66 f, mais encore à un emprunt sur la Fondation Jollivet, soit 12.800,29 f. Le Fonds de Réserve, dont la création avait été décidée par le Conseil d’Administration, au cours de sa séance du 2 mars 1901, en vue de combler les déficits éventuels des Fonds généraux, se trouve donc, à l’heure actuelle, entièrement absorbé; il faut toutefois observer que votre Société peut disposer des revenus du Fonds d’accroissement de la Fondation Jollivet, et pourrait aussi disposer des revenus des fondations sans affectation spéciale (Fondation Gilbert, etc.).
- La mesure qui a été prise par votre Conseil et que nous vous avons rappelée plus haut, la gestion prévoyante et l’activité éclairée de votre Trésorier, M. Alby, à qui nous sommes heureux de rendre ici un sincère hommage, concourront à redresser la situation et réussiront, nous n’en doutons pas, à rétablir l’équilibre un instant compromis par les difficultés économiques passées et présentes.
- DEUXIÈME PARTIE
- FONDS SPÉCIAUX ET FONDATIONS
- Comme l’année dernière, la Commission des Fonds estime qu’il est inutile de reprendre ici l’examen individuel et détaillé des comptes des divers Fonds spéciaux ou Fondations : le bilan, qui est donné à la fin de ce rapport, donne, d’ailleurs, à ce sujet, des renseignements suffisants, par comparaison avec le bilan précédent. Nous nous bornerons donc à signaler le verse-
- p.789 - vue 789/899
-
-
-
- 790
- EXERCICE FINANCIER 1922. — DÉCEMBRE 1924.
- ment de i.000 f, à titre de souscripteurs perpétuels, de la Société Solvay, de Al. L. T. Piver et de AI. Petot; et, à titre de souscripteurs à vie, de AI. Aubert et de Al. Hauser.
- Le portefeuille commun aux Fonds spéciaux et Fondations, qui figure au bilan pour une somme de 10(1.290 f, comporte les valeurs suivantes :
- Un titre de 2.777 f de rente française 5 p. 100 1920 pour 55.540 f — 2.190 — 6 — 1920 — 36.500 f
- Un titre de 15.000 f de bons de la Défense nationale à 1 an pour 14.250 f
- Voici, d’autre part, l’état récapitulatif des titres constituant les portefeuilles des Fonds spéciaux et Fondations :
- 23.808 f de rente 3 p. 100 sur l’État
- 9.000 — 5 — (1915)
- 3.000 — 4 — (1918)
- 3.000 — 5 — (1920)
- 8.001 — 6 — (1920)
- 80 obligatio ns Est 2,5 p. 100
- 174 — Midi — —
- 77 — P.-L.-M. 3 —
- 534 — Est —
- 10 — Midi — —
- 36 — P.-L.-M. — —
- 3 — Ardennes 3 —
- 2 — Est 5 —
- Signalons, enfin, à titre documentaire, que les Fonds généraux sont représentés de leur côté par :
- 53.702 f de rente 3 p. 100 sur l’État 5.968 — 5 — (1915)
- 223 — 5 — (1920)
- 16 obligations P.-L.-M. 2,5 p. 100 11 — P.-L.-M. 3 —
- II nous reste, Aiessieurs, à vous présenter l’ensemble des sommes qui ont été distribuées, en 1922, par votre Société, sous forme de prix, subventions ou secours : la répartition en est la suivante :
- Sur les revenus des fondations :
- Prix................................. 5.000,00 f
- Subventions et brevets............. 17.236,25 —
- Secours.............................. 3.906,25 —
- 26.142,50 f
- p.790 - vue 790/899
-
-
-
- ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ, EXERCICE 1922.
- 791
- Sur les Fonds généraux :
- 7.551,75 f 33.694,25 f
- L’ensemble est inférieur au chiffre atteint en 1921; il témoigne encore, toutefois, de l’activité de votre Société et de l’importance des services qu’on est en droit d’attendre d’elle, dans le domaine qui lui est assigné par ses statuts.
- En terminant, nous vous proposons, Messieurs, d’approuver les comptes qui vous sont présentés, et d’exprimer à votre ancien Président, M. Bâclé, à votre Trésorier, M. Alby, et à vos Secrétaires généraux, MM. Hitier et Toulon, notre vive et cordiale gratitude pour les services éminents qu’ils rendent à l’œuvre qui nous est si chère à tous.
- Le Rapporteur, Cornu-Thénard.
- Lu et approuvé en assemblée générale le 13 décembre 192&.
- Rapport présenté au nom des Censeurs, par M. Lucien Bordet, l’un d’eux, sur les comptes de l’exercice 1922.
- Prix et médailles.................... 3.535,25 f
- Subventions............................ 100,00 —
- Secours divers....................... 3.916,50 —
- Total
- Messieurs,
- Le rapport présenté par notre collègue M. Cornu-Thénard, au nom de la Commission des Fonds, vous expose si bien tous les détails de notre situation financière au milieu des difficultés de l’heure présente que nous n’avons rien à y ajouter.
- Nous traversons une période où les finances les mieux assises sont troublées; en ce qui concerne notre chère Société, nous sommes heureux de constater deux choses : elle a de précieuses réserves dues aux généreux concours qu’elle a trouvés autrefois, et les personnes si dévouées qui la dirigent aujourd’hui font tous les efforts nécessaires pour bien traverser la crise.
- Nous vous proposons, Messieurs, d’exprimer notre gratitude à notre ancien président, M. Bâclé; à nos secrétaires généraux, MM. Ilitier et P. Toulon; à notre trésorier, M. Alby; à notre agent général, M. Lemaire, et d’approuver les comptes tels qu’ils vous sont présentés.
- L'un des Censeurs,
- Lucien Bordet.
- Lu et approuvé en assemblée générale le 13 décembre 19S4-.
- p.791 - vue 791/899
-
-
-
- BILAN AU 31 DECEMBRE 1922
- ACTIF
- f c f c
- Immeuble rue de bennes, n° 44 ................. 600.000,00 )
- Immeuble rue Saint-Benoît, n" 15 .............. 141.452,50 > 2.756.503,21
- Portefeuille de la Société (valeur d'achat) . . . 2.014.850,71 )
- Porlefeuille des fondations (valeur d’achat). . . 1.104.302,00 )
- Portefeuille du fonds d’accroissement (fonda- > 1.536.073,20
- tion Jollivet) (valeur d’achat).............. 432.671,14 )
- Portefeuille commun (valeur d’achat)............................. 106.290,00
- Caisse et banquiers............................................... 12.109,84
- Débiteurs divers.............................................. 0.207,25
- Débiteurs divers........................................... 9.207,25
- Total de l’actif
- 4.450.883,50
- PASSIF
- f c
- Valeurs mobilières et immobilières appartenant à la Société. 2.756.303,21
- Valeurs des fondations.......................................... . 1.536.973,20
- Fondation Jollivet..................................... 3.323,52 \
- — d’Argenteuil............................... 10.305,64
- — Bapst (secours)........................... 8.745,45
- Bapst (recherches)........................ 11.541,20
- — Christofle.................................. 4.714,15
- — Galitzine..................................... 218,74
- — Carré......................................... 770,38
- — Fauler...................................... 1.168,54
- — Legrand..................................... 3.321,39
- — Christofle et Bouilhet...................... 4.017,29
- — de Milly.................................... 2.235,88
- de Baccarat ................................. 723,25
- Fourcade ..............................
- — Menier........................................ 326,01
- — Roy............................................ 10,65
- — Baude......................................... 624,94
- — GilTard..................................... 5.597,23
- — Meynot...................................... 5.236,94
- — Melsens....................................... 148.16
- Classe 50 (1867)........................... 1.009,15 ) 157.607,09
- — Parmentier.................................. 2.017,00 /
- — Classe 51 (1889)............................. 219,73
- — — 21 (1889)............................... 87,22
- — 63 (1889)............................ 1.615,51
- De Salverte............................ 231,70
- Massion.................................... 2.671,98
- Larnv........................................ 300,00
- Gilbert.................................... 3.370,40
- — Danton........................................ 304,98
- Armengaud................................. 26.500,00
- — Classe 65 (1900).............................. 321,38
- — Osmond..................................... 13.039,05
- — Robin....................................... 9.555,35
- Souscriptions perpétuelles et à vie..................... 18,06
- Réserve de la Société.............................. »
- Réserve Table décennale................................ 4.615,90
- Recherches sur la fragilité des aciers............... 2.581,00
- Dons divers.............................................. 503,00
- Créanciers divers .................................... 25.576,32 /
- Total du passif............................... 4.450.883,50
- p.792 - vue 792/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ d’ENC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — DÉCEMBRE i 924.
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC
- L’auteur de ces lignes a rempli au Maroc, de mars 1919 à août 1922, une mission d’étude sur les gisements de phosphate du Maroc. Au cours de cette mission, il a procédé à un examen complet de ces gisements, dont le Service des Mines du Protectorat avait commencé depuis un an les travaux de reconnaissance souterraine en vue de mettre en évidence leur exploitabilité pour une adjudication prochaine, mais qui n’eut pas lieu.
- Au cours de sa mission, et d’accord avec l’Administration des Mines, l’auteur poursuivit, à son tour, des travaux de reconnaissance souterraine destinés à compléter ceux du Service des Mines ainsi que des explorations sur d’autres gisements de phosphate de ce pays.
- La présente note a pour objet de résumer très sommairement les résultats de cette mission.
- *
- * *
- Tout d’abord, nous donnerons quelques chiffres statistiques sur la production des phosphates dans le monde.
- Le phosphate de chaux, dont la consommation a pris de nos jours une importance si considérable pour les besoins de l’agriculture, a commencé à être utilisé pour cet usage vers la moitié du siècle dernier, en 1855. A cette époque, sa découverte dans les Ardennes fut suivie de plusieurs autres dans différentes contrées.
- La production annuelle des gisements français était de 184.000 t en 1886. Le phosphate fut d’abord employé comme engrais agricole, à l’état pulvérisé; par la suite on préféra l’utiliser par transformation chimique à l’état de superphosphate. La Belgique, à son tour, exploita des gisements analogues dont le tonnage maximum fut de 2'10.000t en 1910, alors que la production française était de 587.000 t à la même époque. En 1920, la France produisait annuellement 219.000 t et la Belgique 57.000 t.
- Pendant ce temps-là, les Etats-Unis, à leur tour, produisaient 3.150.000 t en 1910 et 3.211.000 en 1920.
- p.793 - vue 793/899
-
-
-
- 794
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- DÉCEMBRE 1924.
- L’Afrique française (Algérie, Tunisie) intervenait à son tour et sa production se développait très rapidement. Ces deux colonies arrivaient à 1.860.000 t en 1910 et atteignaient leur maximum, 2.070.000 t, en 1914.
- La consommation mondiale annuelle passa de 850.000 t en 1886 à 6.206.000 t en 1910 et au maximum de 7.530.000 t en 1912. Elle n’était plus que de 5.736.000 t en 1920. Il en résultait donc un déficit évident provenant du manque de production durant la période de la grande guerre. Ce déficit n’a pas encore été couvert et l’on estime que l’augmentation annuelle des besoins peut être d’environ 250.000 t. 11 y a donc lieu de développer
- Fig. 1. Gisement du Nord; grande falaise méridionale du gisement des Beni-Meskine,àl’ouest d’ElBorouj. Galerie de reco
- par 450 mètr
- la production de gisements nouveaux, et il y en a un certain nombre, notamment dans l’Afrique du Nord française, et surtout au Maroc, dont la production commencée, depuis deux ans, n a encore été 1 an dernier, que de 185.000 t environ.
- La présente note ne traitera que des gisements marocains qui sont susceptibles, au besoin à eux seuls, d’apporter aux besoins de la consommation les quantités nécessaires, ce qui est d’autant plus important que les engrais phosphatés permettront d’accroître la production des matières alimentaires et par conséquent de contribuer puissamment à la diminution de la vie chère, à l’abaissement du prix actuel de la vie.
- De plus, l’importance des gisements du Maroc et des autres gisements de l’Afrique du Nord française est telle que la France peut contrôler le marché mondial des phosphates; par conséquent, ces minerais peuvent nous servir de matière d échange pour d’autres matières premières que la France ni ses colonies ne produisent pas en assez grande abondance pour les besoins de la métropole.
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 795
- Il existe aussi quelques gisements de phosphate en Egypte, mais, jusqu’ici, leur production n’a pu être que de quelque 200.000 t.
- L’Océanie française en renferme également, et de fort riches, mais son exportation n’arrive pas en Europe. Enfin, l’Indochine possède à son tour quelques gisements de phosphate, mais ils sont encore de très petite production. Ajoutons, pour mémoire seulement, les îles malgaches et la Nouvelle-Calédonie.
- Pour des raisons purement commerciales, résultant d’une crainte de surproduction ou de diminution du prix du phosphate, beaucoup de gise-
- ciU-hi J. M. isd, >:>
- flanc de coteau dans la couche I. Le calcaire de recouvrement qui surmonte le Suessonien phosphate est
- ments de l’Afrique française du Nord sont encore restés ou bien non concédés, et c’est le cas de l’Algérie et de la Tunisie, ou bien non exploités, et c’est le cas du Maroc, où l’exploitation a été réservée à une régie d’Etat.
- Les gisements marocains, comme ceux des autres parties de l’Afrique du Nord, ont été géologiquement rapportés à la même formation géologique et au même étage de l’Éocène inférieur, principalement du Suessonien. Ils reposent sur le terrain crétacé ou sur les terrains triasiques et quelquefois sur les schistes anciens, même sur l’Archéen, là où les terrains secondaires font défaut.
- Les minerais sont à l’état sableux, quelquefois en roche, mais alors ils sont de basse teneur.
- Au Maroc, ces gisements se trouvent dans un ensemble de formation de 60 à 80 m de puissance; ils comprennent plusieurs couches de phosphate proprement dit, alternant avec des dépôts calcaires, magnésiens, marneux, siliceux, souvent phosphatés, mais sans valeur exploitable.
- p.794 - vue 794/899
-
-
-
- 790 EES OlSEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC. DÉCEMBRE 1924.
- Les couches étudiées sont au nombre de 7 ou 8 et même davantage, suivant qu’on décompose le gisement en couches ou en bancs. L’épaisseur de ces couches varie d’un mètre environ à 2,50 m, renfermant quelquefois des lits de silex en nodules et en rognons dont la grosseur peut atteindre 20 à 25 cm et plus. Les couches de phosphate renferment souvent aussi des lits marneux qu’il est pins difficile de séparer à l’abatage.
- Au point de vue de la teneur utilement exploitable, qui doit remplir la condition d’ètre supérieure à 58 p. 100 en phosphate tricalcique il n’v a en réalité que deux ou trois couches susceptibles d’être-payantes :
- La couche supérieure, de position voisine du sommet de la formation;
- Une couche intermédiaire et quelquefois une couche de position plus basse encore.
- La première (il" I) dans le gisement du Nord, d’El Borouj-Oued Xem-Bou-Jniba, a une épaisseur utile moyenne variant de 1,20 m à 1,50 m et souvent 1,00 m, plus ou moins mêlée de lits de silex et de marne. (Lest la couche la plus riche car sa teneur a pu accuser, suivant les quartiers, environ et en moyenne, 00,8 p. 100 de phosphate tricalcique dans celui d’El Borouj; 74 à 70 p. 100 dans celui de Bou .Jniba et de Kourigha; et à l’Oued Zem, elle a pu arriver même à 81-82 p. 100.
- L’autre couche exploitable, ou inférieure (n° IV), à El Borouj, est généralement formée d’un, deux ou trois bancs voisins, séparés par des lits de marne, souvent assez épais pour pouvoir être abattus séparément du phosphate. Cette couche peut donner une puissance utile totale de 1,80 m à 2 et 3 m, avec une teneur moyenne variant de 55 à 03 p. 100, à notre échantillonnage.
- Au total, ces deux couches du gisement du Nord donnent une puissance exploitable de 3,50 m à 4,50 m.
- Dans le gisement de Chichaoua-Imintanout, ou du Sud, les deux couches correspondantes ont accusé : la première, une moyenne générale de 00,5 p. 100, variant de 58 à 72 p. 100, pour une puissance utile moyenne de 2,40 m, sans intercalation de lits étrangers, et la couche inférieure, une épaisseur utile moyenne de 2,00 m avec une teneur moyenne de 05,5 p. 100.
- Au total, ces deux couches du Sud donnent une puissance exploitable de 4 à 5,50 m.
- Enfin, dans le troisième gisement, celui du Centre, dont il sera parlé ci-après, non encore suffisamment étudié ou préparé, celui de Ben Cuérir — El Kela—-Lac Zima, nous avons obtenu dans nos échantillonnages des teneurs variant de 58 à 71 p. 100 sur de bonnes épaisseurs, mais insuffisamment multipliées pour donner des moyennes.
- p.796 - vue 795/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 797
- En dehors des deux couches principales sus-mentionnées, toutes les autres, sauf l’exception indiquée, sont sans valeur marchande actuelle, car elles ont accusé aux analyses des teneurs inférieures à la limite d’exploitabilité africaine, qui, comme on sait, est voisine de 56 à 58 p. 100.
- Nous avons dit que ces gisements appartenaient à la même formation géologique, celle du Suessonien; ils sont analogues à ceux de l’Algérie et de la Tunisie et peut-être à ceux de l’Egypte, et on a pu en signaler dans
- Cliché J. M. Bel, septembre 1919.
- Fig. 2. — Gisement du Nord; tranchée de reconnaissance au gisement des Beni-Meskine, près d’El Borouj, avec galeries dans les couches.
- d’autres régions du Sud méditerranéen, en Tripolitaine, et jusqu’en Asie Mineure.
- Au Maroc, on a étudié, en outre, des gisements d’âge plus récent, et dont la situation géographique est beaucoup plus voisine de la mer, ce qui eût permis une exploitation plus économique que celle des autres gisements susdits, mais leur teneur, tant dans les régions du Nord que dans celles du Sud, s’est révélée par trop inférieure à la limite d’exploitabilité.
- Il n’y a donc à retenir, sauf de rares exceptions, pour la mise en valeur des gisements marocains, que les deux couches sus-mentionnées de l’étage suessonien.
- Actuellement, parmi les gîtes de phosphate de teneur et de puissance exploitable au Maroc, c’est-à-dire présentant ces deux couches, trois principaux, cités plus haut, ont été étudiés, reconnus et en partie préparés, dont deux par des travaux de reconnaissance souterrains assez importants, et le troisième beaucoup plus sommairement exploré par nous-même, grâce seulement à des puits à eau existants effectués de tout temps par les indigènes.
- p.797 - vue 796/899
-
-
-
- 798
- LKS OIS IvM K NT S DK PIIOSPIIATK DU MAROC.
- DKCKMBHK 1924.
- Ces trois gisements sont d’une étendue considérable; ils occupent des aires de forme plus ou moins ovalaire, mais particulièrement dentelée, du bord au centre, par les érosions diluviennes qui y ont creusé de véritables endentures formant des vallées ou des oueds à très faible courant d’eau, quand ils ne sont pas à sec. Ceci ne permet pas d’en faire un cubage précis, en fonction simplement de la longueur et de la largeur; il faut en déduire les vides résultant do l'érosion et qui peuvent atteindre grossièrement et environ le tiers de l’aire totale.
- Mais, comme leur longueur s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres et leur largeur en moyenne sur une douzaine, on peut admettre, avec le Service des Mines du Maroc qui, le premier, en a signalé l’importance dans le gîte du Nord, que le tonnage exploitable atteindrait l’ordre de grandeur du milliard de tonnes, c’est-à-dire qu’il serait pratiquement illimité. Mais nous devons ajouter ceci : à la condition expresse que la main-d’œuvre qui pourra être affectée à leur exploitation soit en proportion et à son tour illimitée, ainsi que les moyens d’évacuation.
- Or, les chiffres de la production annuelle humainement réalisable ne peuvent guère dépasser ici et par gisement l’ordre de grandeur du million de tonnes, c’est-à-dire près de mille fois moins; mais, ce sera largement suffisant pour les besoins agricoles, même mondiaux, présents et à venir.
- Ceci rend donc la question du tonnage cubable des gîtes parfaitement oiseuse. C’est de la production possible qu’il faut seulement s’occuper et pour laquelle nous avons à compter avec les limites imposées de la quantité de main-d’œuvre disponible locale ou régionale, de la capacité du ou des marchés des phosphates, c'est-à-dire des besoins, et du débit des moyens de transport par rail en construction.
- Au sujet de la mise en exploitation, et par crainte de la surproduction, on a objecté que chacun des trois gisements exigera son chemin de fer et son port.
- Or, cette crainte n'est pas justifiée. Les trois grands gisements marocains et leurs parties utilement exploitables sont situés respectivement à des distances de la mer de 170, de 90 et de 80 km. Ils peuvent être desservis par les ports de Casablanca et Fedhala, jumelés, pour le gisement du Nord, et par ceux de Sali et de Mogador, séparément, pour les deux autres gisements, celui du Centre et celui du Sud, ces deux derniers pouvant comporter des aménagements pour rembarquement incomparablement moins onéreux que le premier.
- En effet, la situation géographique des trois gisements est la suivante :
- 1° Le premier, celui du Nord, est situé dans les plateaux constituant la
- p.798 - vue 797/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 71)9
- « meseta » marocaine, sur le versant Nord ou de rive droite de l’Oum-er-R’bia, le plus grand lleuve du Maroc, qui se jette dans l’Océan à Azemour, au Sud de Casablanca. Il occupe principalement les territoires du caïdat de la tribu des Beni-Meskine et s’étend au delà.
- 2° Le deuxième, celui du Centre, sur le plateau de la rive gauche du même fleuve, s’étend, au centre même du Maroc, presque jusqu’au pied des Monts Djibilets. Il occupe principalement les territoires du caïdat de la tribu des Rehamna et s’étend au delà.
- 3° Le troisième, celui du Sud, se trouve dans la région de rive gauche de
- Cliché J. 31. Bel, mai 1921.
- Fig. 3. — Gisement du Sud; le djebel Tdila du gisement de phosphate du M’Touga, près de Ghichaoua. Travaux de reconnaissance en galerie au pied du djebel, dans le Suessonien, reposant sur le Crétacé.
- l’Oued Tensift, fleuve qui arrose la région de Marrakech, en couches à peu près horizontales, affleurant en falaises dans la plaine et sur la route de Marrakech à Mogador. Il affleure, en outre, et aussi 40 à 50 km plus au Sud, au pied même du premier plissement du Grand Atlas, où les couches de phosphate, partout ailleurs à peu près horizontales, ont été redressées jusqu’à la verticale et même renversées.
- Il occupe principalement les territoires du caïdat du M’Tougui, s’étend au delà vers l’Est et vers l’Ouest, et plonge sous les terrains alluvionnaires de la région, où nous l’avons reconnu, en aval pendage, dans des puits effectués par les indigènes pour la recherche de l’eau, situés à 9 km environ au Nord des affleurements redressés de l’Atlas, au village d’Aratal.
- Les conditions économiques locales sont, pour la main-d’œuvre, de 7 à 8 f par jour dans la région du Nord et de 3,5 à 4 f dans les deux autres.
- Il résulte donc de ces conditions d’ordre géographique et économique
- p.799 - vue 798/899
-
-
-
- 800
- LUS GISEMENTS DK PIIoSI'IIATE DU MA HOC-
- DECEMBRE 1024.
- que, pour assurer les besoins mondiaux actuels ou imminents, il convient, après en avoir complété la préparation et l'aménagement dans le plus bref délai possible, d’exploiter les trois gisements en question.
- Le premier d’entre eux, celui du Nord, paraissant être, du moins pour le moment, le plus riche, peut supporter ainsi les conditions géographiques et économiques beaucoup plus onéreuses dans lesquelles il se trouve.
- I^es deux autres n’ont pas dit, au surplus, leur dernier mot au sujet de leur teneur élevée; les travaux de reconnaissance qui les ont mis en évidence n’étant pas comparables comme importance, ni comme profondeur, à ceux qui ont été exécutés sur le gisement du Nord; de nouveaux travaux, plus profonds, y seront indispensables et peuvent sans doute y démontrer, éventuellement, l’existence de teneurs aussi plus élevées.
- Le premier gisement fut découvert vers la fin de l’année 1912, dans sa partie méridionale, au voisinage du poste d’ElBorouj, par M. Jean Combelas, ancien employé de la Cic de Gafsa, qui s’était aperçu que les déblais de puits indigènes situés près de ce village étaient phosphatés. Il en fit alors la déclaration à l’administration locale.
- Il fut aussi découvert, par d’autres, à son extrémité Est, à l’Ouest et tout près du poste d’Oued Zem, où l’on se servait, pour fabriquer le mortier de maisons en construction, d’un sable qui n’était autre que du phosphate meuble.
- Le Service des Mines exécuta sur ce premier gisement, celui du Nord, et aux frais de l’Etat, des travaux de reconnaissance, à la suite desquels il communiqua, par la presse, aux industriels de la Métropole, l’existence et l’importance de ce gisement, et sa prochaine mise en adjudication par lots, comme il était prévu par la réglementation, alors en vigueur (le dahir du 19 janvier 1914, suspendu depuis le -1 novembre 1914 et remis en vigueur le 9 juin 1918).
- Le deuxième gisement, celui du Centre, n’avait encore fait l’objet d’aucune reconnaissance. Nous l’avons reconnu nous-même vers Ben Guérir en 1920, vers le Lac Zi ma, et à El Ivela en 1921. Il ne pouvait être connu que par les puits indigènes de la région, et par ses affleurements visibles à l’œil nu à ses deux extrémités : celle de l’Ouest, à quelques kilomètres à l’Est du Lac Zima, en affleurements légèrement relevés avec pendage Nord ; celle de l’Est, dans des falaises qui bordent la route d’El Kela à l’Oum-er-R’bia vers El Borouj. Sa bordure Nord se trouve à 3 km au Sud de Ben Guérir, poste militaire et station du chemin de fer actuel de Casablanca à .Marrakech, à 70 km au Nord de Marrakech, sur une douzaine de kilomètres
- p.800 - vue 799/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 801
- de largeur. Ici, les couches n’affleurent pas et on ne peut les constater, comme il a été dit ci-dessus, qu’en descendant dans les puits à eau des indigènes, mais on peut rencontrer le phosphate dans les déblais de ces puits et même sur la route de Casablanca à Marrakech. Il se trouve aussi sur la route de Marrakech à Safi, dont le port, à la distance d’environ 90 km, serait celui d’exportation des produits.
- Enfin, le troisième gisement, celui du Sud, et qui borde le torrent
- Cliché J. J\l. Bel. avril 1921.
- Fig. 4. — Gisement du Sud; couches redressées du gisement de phosphate du M’Touga, traversées par le torrent d’Imintanout, dans les premiers plissements du Grand Atlas; altitude 1 000 mètres environ.
- atlasin de Chichaoua, sur la rive gauche, a été découvert, comme il a été dit plus haut, et de plus mis en évidence au moyen de travaux souterrains assez importants quoique incomplets, exécutés durant deux ans par M. Cyprien Ferrier, prospecteur de profession venu en Tunisie, qui organisa, à cet effet, une société d’études à Marrakech et qui en est l’inventeur.
- Ce gisement est longé, dans sa partie septentrionale, par la grand’route de Marrakech à Mogador, où il se présente en affleurement dans des falaises caractéristiques, ainsi que dans des témoins d’érosion comme à El Borouj, à Oued Zem et à El Kela.
- On le retrouve à 50 km plus au Sud, comme il est dit plus haut, en affleurements redressés mais qui plongent au Nord, au moins sur 9 km, sous la plaine alluvionnaire se déroulant au pied de l’Atlas dans la région du torrent d’Imintanout, qui se jette plus en aval dans la rivière de Chichaoua, formée de la réunion de deux torrents, celui de Kahira et celui d’Imintanout, dont les forces hydrauliques peuvent être établies sur
- p.801 - vue 800/899
-
-
-
- 802
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC. — DÉCEMBRE 1924.
- place même et sans grand transport de force. Ces torrents traversent les affleurements eux-mêmes et sont ainsi de nature à apporter à l’exploitation phosphatière de ce gisement nouveau, des ressources de force motrice importantes et dont les deux autres ne peuvent disposer qu’au moyen de très longues transmissions de force venant d’autres parties de la chaîne atlasine.
- M. Ferrier ne se borna pas à le découvrir superficiellement. Il y prit,
- Fig. o. — Carte du Maroc montrant la place des gisements de phosphate.
- le premier, un grand nombre de permis de recherches et effectua des travaux souterrains fort intéressants, au cours des années 1920 et 1921, et qui en permirent un échantillonnage assez complet et assez probant effectué par le Service des Mines et aussi par nous-mème.
- Comme il a été dit plus haut, le Service des Mines du Maroc avait exécuté, au cours des années 1918, 1919 et 1920, les [premiers travaux de reconnaissance mais limités au seul gisement du Nord.
- Avec l’autorisation écrite de ce Service, auquel nous n'avons jamais demandé aucun permis de recherches pour phosphate, ma mission lui apporta
- p.802 - vue 801/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 803
- gracieusement sa collaboration par des travaux complémentaires, qui consistèrent en fouilles, nouvelles et nombreuses, et en prolongements plus prolonds de plusieurs des galeries ouvertes par ce Service des Mines. Je pus ainsi, en faisant de nombreux et nouveaux échantillonnages, confirmer l’importance des résultats déjà obtenus par lui.
- Ces premiers travaux du Service des Mines et de ma mission portèrent seulement sur le gisement du Nord, s’étendant principalement sur le territoire du caïdat des Beni-Meskine et dans les régions d’El Borouj — Oued Zem — Ouallatou — Ouled Abdoun; puis, par la Bégie chérifienne d’exploi-
- Cliché J. M. Bel, du 3$ juillet 1931.
- Fig. 6. — Gisement du Centre; falaise orientale du gisement des Rehamna, près du liameau de Marat et du Dar Ouled Hamou. La base est par 380 mètres d’altitude à l’ouest et près de la piste d’El Kela à El Borouj, région de la rive gauche de l’oued Tessaoud.
- tation, à Bou Jniba et à Kourigha. Ils consistèrent alors en galeries souterraines à flanc de coteau, en descenderies et en puits de sondage sur les plateaux. Ces ouvrages avaient pour objet l’échantillonnage du gisement qui put ainsi être effectué d’une façon plus complète.
- Les résultats des travaux du Service des Mines avaient été mis à la disposition des industriels venus au Maroc, en 1919, à la suite des communiqués qui avaient été donnés à la presse. Ces travaux furent alors visités par un certain nombre d’ingénieurs, dont l’un d’eux effectua, à son tour et à mon exemple, des travaux complémentaires analogues à ceux de ma propre mission, et ce, jusqu’à la promulgation du nouveau dahir, cité plus haut, du 27 janvier 1920.
- Par ce dahir, la recherche et l’exploitation des phosphates du Maroc étaient maghzenisées, c’est-à-dire que l’article de l’ancien dahir minier Tome 136. — Décembre 1924. KG
- p.803 - vue 802/899
-
-
-
- 804
- LES (ilSEMENTS DE PHOSPHATE DU MAHOC. — DKCEMHHE 1924.
- qui avait prévu la mise en adjudication des gisements de phosphates était abrogé, et ainsi étaient écartés, ipso facto et implicitement, tous les industriels qu’on avait appelés pour concourir à l’adjudication et qui étaient venus en assez grand nombre. Mais tous étaient français, à notre connaissance du moins, à l’exception. d’Italiens, ce qui ne pouvait pas nous créer de difficultés.
- Ce nouveau dahir avait eu pour objet d’écarter les concurrents étrangers éventuels, bien qu’aucun d’eux n’ait demandé de permis de recherches sur du phosphate exploitable, sauf l’exception citée plus haut, et aucun non plus n’était encore venu visiter les gisements. Ce dahir fut donc simplement une mesure de précaution, mais qui conduisit le Protectorat à la création d’une régie d’Etat, ayant pour objet la recherche et l’exploitation des gisements ainsi déclarés propriété maghzen, ou d’Etat, à l’exclusion de toute initiative privée, française ou étrangère.
- Au cours de l’année 1921, en effet, une loi d’emprunt, votée par les Chambres françaises, prévoyait les crédits et l’établissement de cette régie, appelée Office chérifien des Phosphates du Maroc, laquelle était chargée, directement et exclusivement, à l’avenir, de la recherche et de l’exploitation des phosphates, conformément au dahir de janvier 1921, qui créa ce monopole d’Etat.
- L’Office chérifien des Phosphates du Maroc a commencé la mise en exploitation du gisement du Nord, dans sa partie septentrionale, dès le début de l’année 1921. Le Bulletin officiel du Protectorat du Maroc du 1er mai 1923 et celui du 1er avril 1924 en a publié les résultats.
- *
- * *
- En résumé, la formation phosphatique marocaine fait actuellement l’objet d’une exploitation par l’Etat dans sa partie Nord, celle des Beni-Meskine, exploitation commencée depuis deux ans, et qui n’a pu jusqu’ici donner relativement que de petits résultats, ses moyens d’évacuation n’étant pas encore établis industriellement.
- Cette exploitation, en effet, n’a à sa disposition, et il en sera ainsi durant quelque temps encore, qu’un chemin de fer à voie étroite de 0,60 m, c’est-à-dire de faible débit, et la jetée à phosphate prévue pour compléter le port de Casablanca, qui sera la deuxième de ce très grand ouvrage, n’a été mise en construction que récemment.
- C’est un travail de longue haleine car il doit avoir 1.650 m de lon-
- gueur.
- p.804 - vue 803/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 805
- On a prévu également pour cette exploitation un chemin de fer à voie large ou normale de 1,M m, dont le parcours sera d’environ 170 km; il a été commencé aussi en 1922 et il ne sera mis que prochainement en exploitation.
- Il est évident que si les deux autres grands gisements de phosphate du Maroc avaient été reconnus au moment où le programme précédent d’exploitation phosphatière du Maroc a été établi par le Gouvernement, il aurait mérité quelque critique.
- Mais, comme il a été exposé plus haut, le seul gisement des Beni-Meskine,
- Cliché J. M. Bel, avril 1921.
- Fig. 7. —Gisement du Centre; échantillonnage de phosphate du gisement des Rehamna dans un puits indigène, sur le plateau de Ben Guérir, près de ce poste et au village de la zaouia Reguibat.
- que l’État vient de mettre en exploitation sous le régime de la régie directe et absolue, ne semble guère susceptible de fournir à l’exportation, même avant plusieurs années, plus de 1.000.000 à 1.500.000 t au maximum. Or, c’est là une production probable insuffisante, en présence des besoins démontrés par l’aperçu statistique qui a servi de préambule à cet exposé.
- Pour ces motifs impérieux, il convient donc d’étudier, et pour le mettre à exécution d’urgence, un programme complémentaire, celui de la mise en exploitation des deux autres gisements du Sud et du Centre : celui de Chichaoua ou du M’Touga, déjà en partie bien étudié, et celui de Ben Guérir, Zima, El Kela ou du Rehamna, où presque tout reste à faire, même comme travaux de reconnaissance; chacun d’eux pourra fournir
- p.805 - vue 804/899
-
-
-
- 800
- LES GISEMENTS LE PHOSPHATE DU MAlïOC.
- -- DÉCEMItliE 1924.
- rapidement une production analogue à celui du Nord, pour arriver ainsi à un total possible et probable, avec les trois, d’ici plusieurs années, de 3.000.000 à 4.000.000 t que les besoins mondiaux pourraient parfaitement absorber, sans qu'il y ait lieu de réduire ta production al y éro-tunisienne ni de la concurrencer.
- Mais à ceci il a été répondu que le dernier grand emprunt marocain autorisé par le Parlement et visant en outre l’ensemble du réseau ferré marocain et d’autres travaux publics, non seulement n’a pu encore être réalisé que pour une partie et que la fraction affectée à l’exploitation phosphatière de l’Etat ne saurait être suffisante. On ne pourrait pas non plus revenir au régime de l’adjudication, prévu par le dahir minier établi à la suite de l’Acte d’Algésiras, lequel, à cause du change, favoriserait les étrangers et évincerait les Français, suivant les motifs qui furent produits en justification de la régie.
- Or, il résulte de rempressement mis par nos industriels français au premier appel du Gouvernement à venir au Maroc étudier longuement et soigneusement les gisements, que la question du budget nécessaire à ces deux autres exploitations dont le besoin et l’urgence sont démontrés, et à présent indiscutés, — après l’avoir été à tort auparavant, — cette question budgétaire serait résolue avec le même empressement si, au lieu d’écarter leur initiative, d’ailleurs sagement provoquée il y a trois ans par l’Administration, celle-ci étudiait la formule qui pourra convenir pour l’utilisation immédiate de leur concours. On n’aura, croyons-nous, que l’embarras du choix des modalités.
- Quant aux étrangers, ils auraient pu, sous le régime du dahir minier, acquérir, comme les Français, tous les permis de phosphate qu’ils auraient demandés, et il ne leur serait pas interdit, dans une certaine mesure, de participer par la suite, aux sociétés françaises d’exploitation qui pourraient être formées.
- Or, et ceci est capital, nous l’avons déjà dit, aucun permis de phosphate exploitable n'a été pris par des étrangers hormis des Italiens. Il n’y a, sur la liste, publiée mensuellement et depuis l’origine, par le Bulletin officiel du Protectorat du Maroc, absolument que des Français, sauf l’exception italienne signalée plus haut.
- Fn pratiquant la « liberté économique » avec le concours de l’industrie minière française, on ne pourrait donc plus reprocher au gouvernement français d’avoir écarté les étrangers, ce qui, en effet, eût été contraire à l’Acte d’Algésiras, en raison du principe, dit « de la porte ouverte », qui a été invoqué.
- p.806 - vue 805/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 807
- Comme nous l’avons dit plus haut, le Bulletin officiel du Protectorat du Maroc publia le Ie-mai 1928 le premier rapport du Conseil d’Administration de l’Office chérifien des Phosphates durant Pexercice 1922.
- Nous résumons ci-après les principaux résultats du premier :
- Mines. — Les travaux de préparation souterraine de la division n° 2 (il s’agit « d’une division du gisement du Nord), ont été commencés dans les derniers mois « de 1922, au voisinage immédiat du centre général de Kourigha. Ainsi qu’il a
- t;licite J. M. liei, sepiemore tvrj.
- Fig. 8. — Gisement du Nord; descenderie dans la couche IV du gisement des Beni-Meskine, près d’El Borouj, au-dessous d’un gros banc de silex bleuté.
- « été dit, à l’occasion du précédent bilan, chaque division sera équipée pour une « production annuelle de 450.000 t.
- « Il a été extrait, au cours de l’année 1922, 96.397 t. Il a été transporté de la « mine à Casablanca 89.432 t.
- « Il a été embarqué durant l’exercice 79.781 t.
- et Service commercial. — 11 a été livré 79.815 t en 1922 tant au Maroc même qu’à l’exportation, contre 8.213 t en 1921.
- « La teneur moyenne des expéditions de cette année a été augmentée sensiblement « par le tri que nous avons organisé à la mine; cette teneur moyenne s’élève à « 75,91 p. 100 contre une teneur moyenne de 74,80 p. 100 en 1921.
- « Recherches. — La zone phosphatière que nous avons reconnue et délimitée « à l’Est de Ben Guérir (il s’agit du gisement du Centre déjà visité par nous-même) « contient trois et par endroits quatre couches superposées.
- « Au Nord-Est, elle vient jusqu’à 20 km du gisement d’El Borouj (gisement du « Nord); à l’Est, elle s’arrête sur le ïessaoud et plonge au Sud sous les alluvions a quaternaires de la plaine au Nord des Djibilets.
- p.807 - vue 806/899
-
-
-
- 808
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- DECEMBRE 1924.
- « Comme les autres phosphates, ont des teneurs assez irrégulières; les plus (( intéressantes, dans les couches hautes, varient de 60 à 70 p. 100. La couche « basse, aux falaises môme de la Tessaoud, dépasse légèrement 73 p. i 00.
- Enfin le rapport se termine par la conclusion suivante :
- « Quoiqu’il ne puisse encore donner de dividende sensu stricto l’Office présente « donc déjà une source de recette appréciable pour le budget chérifien. »
- Du second rapport de la Régie chérifienne des Phosphates, paru au Bulletin officiel du Protectorat du Maroc le 1er avril 1924 et relatif à l’exercice 1923 :
- J’extrais le résumé ci-après en y ajoutant quelques observations.
- L’extraction s’est élevée à 223.395 t, c’est-à-dire environ 731 t par jour.
- Les usines de criblage et de séchage ont comporté une station centrale de 750 ch conduisant du courant alternatif à 5.500 Y.
- On a construit des maisons pour 338 agents et une école qui compte 132 élèves.
- L’alimentation du personnel est assurée par le commerce libre, ce qui n’est pas fait pour diminuer la cherté de la vie.
- Les transports continuent à s’effectuer par la voie de 0,60 m.
- L’embarquement au port de Casablanca se fait toujours par la grande jetée où ont été installées deux branches spéciales, projetées et exécutées par la Société d’Etudes spéciales et d’installations industrielles, et qui fonctionnent bien.
- Le tonnage embarqué a été de 190.505 t parties par 138 navires pour 40 ports différents, ce qui répond aux moyennes de 1.380 t par navire et de 34 navires par port. Certains navires ont pris 5.000 t seulement.
- Ce ne sont pas encore là des tonnages d’embarquement pouvant permettre un fret réduit.
- La clientèle a comporté 85 acheteurs.
- La teneur moyenne des livraisons a été de 76,145 p. 100 en phosphate tricalcique, grâce aux soins apportés au tri du minerai.
- Les recherches sur les gisements autres que ceux du Nord n'apportent rien de nouveau.
- Les livraisons ont été faites entièrement en Europe, saul 218 t seulement de phosphate naturel utilisées par les agriculteurs marocains.
- Le rapport fait remarquer que la consommation européenne est loin d’être revenue à son chiffre de 1913, qui était alors de 4.355.000 t, et qui
- p.808 - vue 807/899
-
-
-
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- 809
- n’était que de 4.140.000 t en 1923. La surproduction n’est donc pas encore à redouter.
- Les dépenses de Premier Établissement se sont élevées, depuis l’origine à f c
- la fin de 1923, à........................................................ 29.021.363,28
- Il resterait donc sur les crédits du budget de l’Office prévus à l’emprunt,
- seulement................................................................. 7.000.000,00
- pour servir de fonds de roulement et au complément d’installation.
- Mais il est vrai qu’il y a des approvisionnements et valeurs à réaliser
- pour.................................................................... 14.020.428,26
- et en caisse dans les banques................................................. 1.273.068,54
- Par contre, il est dû à l’État, pour intérêts différés au 31 décembre 1923. 3.145.841,05
- et à divers................................................................... 7.246.789,89
- Au total. .................................... 10.392.630,94
- Les réalisations, telles qu’elles sont chiffrées, ne donneraient qu’un excédent de 4.000.000 f.
- C’est pourquoi, dans le paragraphe intitulé : « Valeurs disponibles » le rapport conclut dans les termes suivants :
- « Afin d’assurer, sans tarder, l’exécution du programme de nouveaux travaux « réclamés par le développement de nos ventes, nous nous sommes assuré en a banque la possibilité d’un découvert à court terme qui nous permettra d’attendre « l’émission d’un emprunt.
- a Le dit emprunt sera fait au cours de l’exercice 1924. »
- Cet emprunt n’a pas été fait.
- Il n’est pas possible de tirer d’aucun des chiffres du rapport le prix de revient, conformément aux habitudes des exploitations d’Etat, mais nous savons que le phosphate naturel est chiffré, sur le carreau de la mine, au prix approximatif de 45 f la tonne.
- Le rapport indique qu’il y aurait eu : 808.388,33 f de bénéfices.
- Soit pour l’extraction de 225.395 t, un bénéfice de 3,58 f par tonne. Ce qui mettrait le prix de revient de la tonne à :
- 45 f—3,58 f = 41,42 f,
- chiffre bien élevé.
- Le rapport annonce que la situation changera en 1924, par suite de la mise en service de la voie normale, mais cela ne changera que les dépenses afférentes aux transports et non pas le prix de revient à la mine.
- On peut toutefois relever dans ce rapport le prix de la main-d’œuvre puisqu’il indique qu’elle comportait 2.000 indigènes et 396 Européens.
- La production, par unité de personnel, aurait donc été de 94,07 t par homme et par an, ou 313 kg par homme et par jour, ce qui est un rendement
- p.809 - vue 808/899
-
-
-
- 810
- LES GISEMENTS DE PHOSPHATE DU MAROC.
- DÉCEMBRE 1924.
- plus de deux fois moindre par homme et par jour que dans nos mines françaises, pour des minerais autrement durs à extraire, ceux du Maroc étant à l’état sableux ou meuble.
- En comptant ainsi trois journées d’ouvrier pour l’extraction d’une tonne, au prix minimum de 8 f, cela fait, par tonne, 21 f, sans parler des autres dépenses : frais généraux, fournitures, etc., ce qui, on l’avouera, est particulièrement excessif pour des minerais sableux.
- Pour que la production atteigne un million de tonnes par an il faudrait donc prévoir l’emploi de 20.000 indigènes. Or, la population totale de la région en exploitation n’atteint pas ce chiffre.
- J. M. Bel,
- membre du Conseil.
- p.810 - vue 809/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — DÉCEMBRE 1924.
- LE DÉVELOPPEMENT DE L’APPRENTISSAGE A L’ATELIER, SA RÉALISATION A LA COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS. LES PROJETS D’ORGANISATION DE L’APPRENTISSAGE EN FRANCE ET LA TAXE D’APPREN-TISSAGE(l)
- La Société d’Encouragement pour ITndustrie nationale a Lien voulu me demander de vous entretenir à l’occasion de son assemblée générale, des organisations créées par la Compagnie d’Orléans pour la formation de son personnel; elle a pensé en même temps qu’en raison de l’émotion soulevée par la taxe d’apprentissage prévue par l’article 18 de la loi de finances de 1925, il serait utile que je vous parle du projet de budget du Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique.
- Les organisations qui existent à la Compagnie d’Orléans ne sont pas des inconnues à la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, puisque
- (1) Communication faite par l’auteur en séance publique, le 13 décembre 1924.
- Depuis que cette communication a été faite, M. de Moro-GialTeri, Sous-Secrétaire d’État de l’Enseignement technique et le groupe parlementaire de l’Enseignement technique de la Chambre, présidé par M. Constant Verlot, ont visité les écoles d’apprentissage de la Compagnie d’Orléans à Tours, et étudié les autres organisations de la Compagnie d’Orléans décrites dans cette communication.
- Cette visite a donné lieu, de la part de M. de Moro-Giafïeri et de M. Verlot, à des déclarations très importantes. Après avoir remercié en termes admiratifs les organisateurs et collaborateurs de cette œuvre, ils ont constaté que cette formation, entièrement professionnelle, donnait en même temps une formation générale très sérieuse et profonde et, alors qu'il s’était refusé jusque-là à prévoir des exonérations totales, M. de Moro-GialTeri a annoncé qu’une œuvre de cette importance méritait d’obtenir, et obtiendrait, une exonération totale de la taxe d’apprentissage.
- La première demande présentée par le conférencier, et celle qui, à son avis, a la plus grande importance, va donc ainsi recevoir satisfaction. Il sera possible d’obtenir des exonérations totales.
- M. de Moro-GialTeri a également déclaré, au cours de sa visite, qu’il était d’accord avec le conférencier, en ce qui concerne l’amendement Verlot, pour réduire la taxe de 0,50 f à 0,35 f par 100 f de salaires, et qu’il était disposé à préciser les conditions dans lesquelles les exonérations seraient accordées en 1925.
- Les divergences signalées dans la communication de M. Maurice Lacoin sont donc en voie d’atténuation et il est intéressant de constater qu’il a suffi de mettre le Sous-Secrétaire d’État et le groupe parlementaire de l’Enseignement technique, en présence d’une initiative dont ils ont pu étudier et contrôler sur place l’organisation et les effets, pour obtenir cet heureux résultat. On ne peut que féliciter le groupe parlementaire de l’Enseignement technique de l’initiative qu’il a prise d’étudier, sur place, les principales organisations d’apprentissage existantes.
- Au texte de la conférence de M. Maurice Lacoin ont été joints quelques documents relatifs aux organisations d’apprentissage qui caractérisent le mieux les diverses tendances de l’initiative privée en France. Ces documents montrent quelle souplesse doit avoir le régime des exonérations.
- p.811 - vue 810/899
-
-
-
- 812
- l’apprentissage a l’atelier.
- DÉCEMBRE 1924.
- celle-ci a bien voulu, en 11)22, sur un rapport de M. Pierre llichemond, décerner une de ses plus hautes récompenses aux principaux organisateurs de cette œuvre, et mon premier mot doit être ici pour vous remercier de riionneur qu’elle nous a fait.
- La formation du personnel n’est pas du reste quelque chose de nouveau dans les chemins de fer. Les réseaux ont un gros effectif de personnel spécialisé qu’il importe de préparer à des fonctions souvent importantes : mécaniciens, visiteurs de trains, agents du mouvement, aiguilleurs, agents chargés des taxes, ont besoin d'une préparation qui consiste à bien comprendre et à bien connaître les instructions qu’ils ont à appliquer. Cette formation élémentaire, qui est parfois assez longue, exige déjà des organisations importantes et parfois des écoles. Les chefs-mécaniciens, par exemple, ont pour rôle principal de former les mécaniciens et chacun d’entre eux est chargé d’une cinquantaine. Ils forment donc un vrai cadre d’instructeurs. Mais il s'agit ici d’une formation spéciale qui ne dépasse pas le domaine propre des chemins de fer.
- Elle est néanmoins fort importante puisqu’en 1924, au Service du Matériel et delà Traction, nous avons fait passer ainsi à nos agents 1.264 examens après lesquels 475 agents ont été reconnus aptes à un avancement, et qu’il a été délivré, en outre, 1.602 certificats pratiques d’aptitudes à des fonctions nouvelles (chauffeurs, mécaniciens, électriciens, etc.).
- Ce dont je veux vous entretenir aujourd'hui, c’est de l’apprentissage proprement dit, et du développement de l’enseignement technique dans le personnel du Matériel et de la Traction.
- Je ne vous entretiendrai pas de ce qui se fait dans les services de l’Exploitation et de la Voie qui ont également leurs organisations.
- La plupart des réseaux ont eu de tout temps dans leurs grands ateliers quelques apprentis, généralement fils d’agents, formés de façon plus ou moins complète. Ils étaient néanmoins obligés de faire largement appel aux ouvriers ayant fait ailleurs leur apprentissage.
- Depuis la guerre, la formation du personnel s’est développée et complétée dans les divers réseaux, sous la pression de la nécessité et par la conviction qu’il y avait là une tâche essentielle à l’avenir de l’industrie et du pays.
- La comparaison de deux nombres marquera la portée de ce développement : le nombre des apprentis, qui était de 1.500 en 1915, dépasse 4.500 en 1924.
- Les organisations des divers réseaux comportent principalement l’apprentissage manuel industriel, auquel s’ajoute, pour la Compagnie du Nord5 l’Ecole de Paris-La Chapelle, qui dispense une instruction théorique et pratique suffisamment complète pour que ses élèves puissent devenir d’excel-
- p.812 - vue 811/899
-
-
-
- l’apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage. 813
- lents ouvriers qualifiés, capables, par la suite, de faire partie des cadres subalternes comme chefs d’ateliers ou contremaîtres, et, pour la Compagnie d’Orléans, une organisation d’ensemble pour la formation du personnel à divers degrés.
- Mais ce qu’il y a de particulier dans l’organisation que j’ai créée à la Compagnie d’Orléans, c’est que cette formation du personnel y a été réalisée en s’inspirant de deux principes qui en ont guidé et stimulé le développement.
- Le premier principe est que le personnel ayant dans l’exécution du service un rôle au moins aussi important que l’outillage, on doit consacrer à la formation du personnel autant de soin qu’on en consacre à l’amélioration de l’outillage, et que ces dépenses sont productives au même titre que celles de l’outillage.
- Le second consiste à donner à chaque agent engagé dans le service, les moyens de développer son instruction et sa valeur personnelle, et par conséquent toute la part de justice que l’usine peut lui donner dans la lutte pour la vie.
- Ces deux principes nous ont conduits, en partant de l’apprentissage, à créer diverses organisations dont la nécessité s’est révélée successivement à mesure que nous constations, parmi notre personnel, des ressources nouvelles susceptibles d’être exploitées pour améliorer la formation de nos ouvriers et de nos cadres.
- Voici comment les diverses organisations se sont ainsi créées progressivement :
- En 1915. — L’apprentissage ordinaire, qui était limité aux grands ateliers, est étendu aux ateliers de 27 dépôts du réseau.
- En 4916. — La réorganisation est étendue à 8 entretiens et aux 2 grands ateliers. Le nombre des apprentis est fixé à 1.200 pour les trois promotions.
- En 1947. — Des cours supérieurs d’apprentissage, dits du « second degré », sont créés pour les élèves sélectionnés parmi les meilleurs apprentis de première année (1/10 environ de la promotion, soit 40).
- En 1919. — Pour assurer la direction et le contrôle de l’apprentissage, une nouvelle branche du Service du Personnel est chargée de toutes les questions concernant la formation du personnel, y compris les élèves des écoles supérieures.
- Le développement des sociétés sportives et musicales est systématiquement organisé.
- En 1920. — 1° Création et développement des cours du soir s’adressant à tous les agents de la Compagnie;
- 2° Fondation de la revue EApprenti P. O.;
- p.813 - vue 812/899
-
-
-
- 814
- L’APPRENTISSAGE A l’atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- 3° Création, dans les principaux centres du réseau, de bibliothèques.
- En 1921. — Création des cours de perfectionnement par correspondance pour les agents du service actif et du service administratif.
- En 1922. — 1° .Mn vue d’améliorer les méthodes d’enseignement, création des semaines pédagogiques réunissant périodiquement les instructeurs d’apprentis ;
- 2° Mise en train de conférences sur des sujets de culture générale faites aux agents des divers services et à leur famille, à l’occasion du passage du wao'on d’instruction dans les différents centres.
- O
- En 1928. — 1° Création par les apprentis, d’une Association amicale des anciens Apprentis P. 0.;
- 2° Organisation d’une année complémentaire d’apprentissage pour les apprentis du degré ordinaire qui se classent en tête des examens de lin d’apprentissage, et ne peuvent suivre les cours du second degré.
- En 192i. — 1° Les études complémentaires aux cours théoriques, faites deux ou trois fois par semaine, en dehors des heures de service, depuis 1320, sont rendues obligatoires;
- 2° L’enseignement des élèves du cours supérieur d’apprentissage est complété par des expériences de laboratoire à l’Lcole nationale professionnelle de Vierzon.
- Actuellement, l’organisation semble à peu près arrivée à son plein développement.
- On peut la représenter par le tableau des pages 82b et 827 qui donne en outre les diverses sources de recrutement du personnel du Matériel et de la Traction, les procédés et les étapes de formation pour chaque catégorie, le point où l’agent cesse d’être considéré comme en formation et n’est plus suivi spécialement par le Service d’instruction, enfin les organes du Servie;' d’instruction qui s’occupent de chaque catégorie de personnel. J’examinera successivement la formation donnée à chaque catégorie.
- 1° L’apprentissage.
- A) Principes de l’organisation de l’apprentissage. — J'ai exposé ces principes dans un article publié par la flevue Générale de /'Électricité, le b octobre 1917. On peut les résumer de la manière suivante :
- iec Principe. — Pour que l’apprentissage puisse être fait largement, il est nécessaire d’une part, que son prix de revient ne soit pas trop élevé, et d'autre part, que l’apprenti soit suffisamment payé pour être détourné des emplois où il gagne immédiatement sa vie sans acquérir un métier. Il est pour cela indispensable de diminuer autant que possible la proportion des travaux inutiles confiés aux apprentis.
- p.814 - vue 813/899
-
-
-
- l’apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 815
- En fait, dans les établissements de la Compagnie d’Orléans, ces jeunes gens n’exécutent des travaux progressifs inutiles à l’atelier (burinage et limage des surfaces planes, assemblages divers de pièces en fer pour les ajusteurs, en bois pour les menuisiers) que 18 heures environ par semaine, et seulement pendant leur première année.
- Tout le reste du temps, en dehors de celui qui est consacré aux cours théoriques, est employé à des travaux utiles, comme nous le verrons plus loin.
- ~e Principe. — L’expérience montre que la plupart des enfants sortant de l’école primaire et qui se dirigent vers l’industrie sont saturés d’enseignement livresque. L’instruction théorique de l’apprenli doit donc consister principalement à lui faire bien comprendre pourquoi et comment le travail qui lui est confié doit être exécuté de telle ou telle manière.
- Les démonstrations données au cours du travail par les instructeurs causent évidemment une perte de temps et diminuent le rendement, mais elles sont encore moins longues et surtout plus profitables que si l’on essayait de les exposer d’une manière académique dans une école, et c’est la seule manière de faire bien comprendre à la moyenne des apprentis les raisons de ce qu’ils font.
- 5e Principe. — L’apprenti placé isolément dans des équipes d’ouvriers, suit les mauvais exemples plus facilement que les bons. Il a besoin de rester encore pendant son adolescence soumis à une surveillance de tous les instants pour continuer à acquérir des habitudes de discipline et de possession de lui-même. Il est donc indispensable de grouper les apprentis sous la surveillance d’instructeurs peu nombreux et pouvant ainsi être soigneusement choisis. Par contre, les écoles d’apprentissage séparées des ateliers s’écartent trop souvent des méthodes industrielles, l’apprenti ne s’intéresse guère à un travail qu’il sent inutile. L'apprenti doit donc être placé en équipe spéciale surveillée par un bon instructeur dans un atelier vraiment industriel.
- B) Recrutement des apprentis. — L’admission a lieu tous les ans au début d’octobre à la suite d’un examen.
- Les candidats doivent être français, avoir 14 ans au moins et 17 ans au plus au 1er octobre de l’année en cours et être libres de tout engagement vis-à-vis des industriels chez lesquels ils auraient pu commencer un apprentissage. Exceptionnellement, la limite d’âge peut être relevée au-dessus de 17 ans pour les jeunes gens ayant une instruction supérieure (élèves d’écoles professionnelles ou de l’enseignement secondaire). Les demandes d’admission signées par les candidats et contresignées par leurs parents ou tuteurs doivent être adressées dans le courant du mois de juin soit aux chefs locaux de la Compagnie, soit au Service central. Les candidats inscrits sont convoqués pour prendre part à un examen qui a lieu chaque année à la fin du mois d’août et qui comporte les épreuves suivantes : une dictée de 20 lignes environ, avec quelques difficultés grammaticales, un problème sur les 4 règles, le système métrique, les surfaces et les volumes usuels.
- Les sujets choisis sont sensiblement du niveau du certificat d’études primaires élémentaires. A la suite de cet examen, les candidats sont classés par ordre de mérite et, après visite médicale, admis suivant le nombre des places disponibles.
- p.815 - vue 814/899
-
-
-
- 816
- L’APPRENTISSAGE A l’ AT El JE H.
- DÉCEMBRE 1 924.
- Toutefois, une large préférence est accordée aux fils ou parents d’agents, aux enfants de familles nombreuses et aux pupilles de la nation.
- An moment de l’admission, un contrat est passé entre la Compagnie et les parents ou tuteurs. Ces derniers chargent la Compagnie de l’apprentissage de leur fils ou pupille et s’engagent à le faire entrer à la fin de cet apprentissage dans le personnel permanent du réseau jusqu’au départ pour le service militaire.
- En cas de violation volontaire du contrat, une somme de 400 f doit être versée à titre de dommages-intérêts à la Compagnie ; en outre, celle-ci se réserve le droit de ne pas délivrer les primes en espèces indiquées plus loin et qui ne sont normalement payées, sous forme de livret de caisse d’épargne, qu’au moment du départ pour le service militaire ou à la majorité.
- C) Etablissements hecevant des apprentis, spécialités enseignées, effectifs. — Les apprentis sont placés dans les grands ateliers ainsi que dans les dépôts de locomotives et entretiens de voitures et wagons les plus importants. Le nombre total des établissements du réseau formant des apprentis est actuellement de 30(1).
- Dans les plus petits centres, nous prenons 4 apprentis par an, ce qui montre que le système adopté peut être utilisé même dans des ateliers de faible importance (2).
- Les ateliers forment, en dehors des ajusteurs-monteurs pour les locomotives, un certain nombre de métiers plus spécialisés, tels que : chaudronniers, forgerons, tourneurs, modeleurs, électriciens....
- Les dépôts forment seulement des apprentis en fer qui feront plus tard, soit des mécaniciens conducteurs de locomotives, soit des ouvriers ajusteurs-monteurs.
- Enfin, les entretiens forment des apprentis pour les métiers spéciaux qui ont trait à la réparation des voitures et des wagons (ajusteurs-ferreurs, menuisiers-charrons, selliers, peintres, électriciens).
- L’effectif admis en octobre 1924 et actuellement en lre année est de 400 apprentis, ce qui représente environ o p. 100 de l’effectif de majeurs qualifiés (ouvriers et mécaniciens) dont ils assurent le recrutement.
- La durée de présence au réseau d’un agent majeur étant d’environ 25 ans, on serait conduit à admettre un effectif d’apprentis égal à 4 p. 100 du nombre des majeurs qu’ils sont appelés à remplacer. On en admet 1 p. 100 en plus pour tenir compte des renvois, démissions, décès et de ceux qui ne rentrent pas à la Compagnie à leur sortie du régiment.
- D) Instruction des apprentis. — Observations générales. — L’instruction donnée aux apprentis consiste en une éducation professionnelle manuelle complétée par des explications théoriques et des exercices de français, calcul, géométrie, physique, mécanique, dessin et technologie, dont la durée est de 6 heures environ par semaine. De plus, l’expérience ayant montré qu’étant donné la faiblesse de l’instruction de
- (1) 2 ateliers : Tours et Périgueux.
- 18 dépôts : Paris, Orléans, Vierzon, Châteauroux, Montluçon, Ussel, Aurillac, Poitiers, Angoulême, Bordeaux, Limoges, Brive, Cahors, Capdenae, Nantes, Angers, Auray, Quimper.
- 10 entretiens : Paris, Juvisy, Les Aubrais, Montluçon, Tours, Bordeaux, Périgueux, Limoges, Capdenae, Nantes.
- (2) Les mêmes principes ont pu être adoptés, avec succès, même dans des écoles dues à des initiatives désintéressées, mais bénéficiant de l’appui d’industriels pour obtenir, en faveur de leurs apprentis, du travail à la fois intéressant pour leur formation, et rémunérateur.
- L’annexe n° 4 donne quelques renseignements à ce sujet.
- p.816 - vue 815/899
-
-
-
- 817
- l’apprentissage a la o'"! r'orléans, la taxe d’apprentissage.
- la plupart de ces jeunes gens à leur admission au réseau, les (i heures de cours étaient insuffisantes pour leur faire acquérir les connaissances nécessaires, on a été amené à instituer pour eux des études complémentaires obligatoires faites à chaque promotion 2 ou 3 fois par semaine après les heures de service. Ces études sont
- (Chiffres
- totalisés)
- Fig. I. — Graphique du développement de l’apprentissage.
- consacrées soit à des lectures expliquées et rappels d’histoire et géographie, soit à des leçons de morale, d’hygiène ou d’instruction civique, soit à des révisions des cours théoriques.
- Sauf impossibilité absolue, les apprentis sont, conformément au troisième principe exposé plus haut, groupés à l’atelier sous la surveillance d’un instructeur qui peut ainsi diriger 10 à 13 jeunes gens. Cet instructeur doit être autant que possible capable de diriger les apprentis aussi bien au point de vue pratique qu’au
- p.817 - vue 816/899
-
-
-
- 818
- L’APPRENTISSAGE A l’aTKEIER. --- DÉCEMBRE 1924.
- point de vue théorique, de façon à maintenir entre les deux parties de l’enseignement un lien constant. Malheureusement, il est souvent difficile de trouver des agents réunissant les capacités professionnelles et l’instruction nécessaires ; aussi, dans de nombreux centres, on a dû s’adresser pour les cours théoriques à des agents spéciaux (anciens instituteurs ou anciens élèves d’école technique) qui se tiennent en contact permanent avec les instructeurs pratiques. Ces derniers assistent d’ailleurs aux leçons et en montrent ensuite aux élèves les applications à l’atelier.
- Fig. 2. — Apprentis ajusteurs-monteurs clans leur atelier d’ajustage.
- Instruction pratique. — Le programme d’instruction pratique met en application les principes posés au début de cette étude. Toutefois, la formation étant un peu différente suivant les spécialités enseignées, nous allons examiner successivement ce qu’elle est dans chacune des trois grandes catégories d’établissements (dépôts, entretiens, ateliers).
- a) Dépôts. — Ils forment des apprentis ajusteurs-monteurs. En première année, la moitié de la journée est consacrée à des exercices d’ajustage méthodiques et progressifs et aux cours théoriques (18 heures d’ajustage et 6 heures de cours théoriques par semaine). Le reste du temps est employé à des travaux utiles, très simples au début et qui vont en se compliquant peu à peu (nettoyage de pièces, ébarbage, démontage de robinets divers, usinage des 6 pans d’écrous spéciaux, usinage des clavettes pour tiges de chapes de bielle ou de suspension de ressorts, usinage et réparation des T et tiges d’autoclaves, calibrage des chapes de bielles, ajustage des coulisseaux de secteurs...).
- p.818 - vue 817/899
-
-
-
- 819
- l’apprentissage a la c;ie d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- En seconde et troisième année, les apprentis sont groupés en équipes spéciales de montage sous les ordres d’un instructeur et exécutent pendant tout le temps laissé disponible par les cours (ceux-ci ne prenant par semaine que (i heures en seconde année et 4 heures en moyenne en troisième année) des réparations complètes de locomotives, ne laissant à faire par des ouvriers que quelques travaux spéciaux comme la chaudronnerie, la forge et ceux qui s’exécutent sur des machines-outils. Un emploi du temps spécial est établi de façon que chaque apprenti occupe àj son
- Fig. 3. — Apprentis forgerons dans leur atelier.
- tour tous les postes, afin de l’obliger à se mettre au courant de toutes les opérations de montage et de réparation. Cette méthode s’est révélée très supérieure à celle qui consistait à verser les apprentis dans des équipes d’ouvriers, ces derniers ayant une tendance trop naturelle à employer comme petits manœuvres les jeunes gens qui leur sont confiés, plutôt qu’à leur apprendre à travailler.
- Au cours de leur troisième année, les apprentis accomplissent par roulement un stage de 1 mois à la chaudronnerie, 1 mois à la forge et au garnissage, et 1 mois aux machines-outils, de façon à être capables d’exécuter seuls les travaux simples et courants de ces spécialités.
- Le dépôt de Paris, qui, seul jusqu’ici, possède des tracteurs électriques, forme pour leur entretien et leur réparation des apprentis électriciens. Le programme d’instruction pratique suivi par ces jeunes gens est, en première année, identique à celui des ajusteurs-monteurs que nous venons d’examiner. La seconde et la troisième année sont consacrées à des stages spéciaux qui mettent les apprentis au cou-Tome 136. — Décembre 1924. 37
- p.819 - vue 818/899
-
-
-
- 820
- i/Al'PHFNTISSAtlE A l’aTEEIEIî. — DÉCEMliKE 4924.
- Fig. 4. — Apprentis chaudronniers dans leur atelier.
- Fig. 5.
- Apprentis de 2° et 3e année opérant la réparation d’une voilure
- p.820 - vue 819/899
-
-
-
- l'apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage. 821
- rant des diverses parties du service. Cette branche de l’apprentissage, encore très réduite, est vraisemblablement appelée à prendre prochainement de l’extension, à mesure du développement de l’électrification du réseau.
- b) Entretiens. — Ces établissements forment les 5 spécialités suivantes : ajus-teurs-ferreurs, menuisiers-charrons, selliers, peintres et électriciens. Les trois dernières ne comportant qu’un nombre très restreint d’apprentis et seulement dans les
- j?jg. g. — Apprentis ajusteurs-monteurs dans leur atelier de montage (locomotives).
- grands centres, nous nous bornerons à donner quelques renseignements sur les deux premières.
- En première année, les ajusteurs terreurs suivent le même programme que les apprentis ajusteurs-monteurs des dépôts, alors que les menuisiers-charrons font des exercices progressifs et des travaux utiles de menuiserie.
- En seconde et en troisième année, les apprentis des deux professions sont groupés autant que possible en équipes spéciales effectuant, sous la direction de deux instructeurs (un de chaque spécialité), des réparations complètes de wagon.
- Comme dans les dépôts, des stages sont accomplis par roulement au cours de la troisième année (forge, soudure autogène, freins, éclairage électrique des voitures, chauffage, intercommunication...). Leur durée totale est de 5 mois.
- c) Ateliers. — Par suite de la cession à l’industrie privée des ateliers de voitures et wagons, les grands ateliers du réseau ne s’occupent plus actuellement que des
- p.821 - vue 820/899
-
-
-
- 822 l’apphentissaok a l’atelieu. — DKCKMBHE J 1)24.
- réparations des locomotives et du matériel électrique en usage dans les établissements de la ligne et les prises d’eau. Aussi, tous les apprentis, à l’exception des mouleurs placés immédiatement dans un atelier spécial, suivent au début la même formation que dans les dépôts. Au bout de 6 mois, ils passent un examen professionnel à la suite duquel ils sont répartis définitivement dans les spécialités d’ajusteurs-monteurs, tourneurs, chaudronniers et forgerons. On tient compte pour cette répartition des aptitudes et des préférences de chacun, ainsi que du rang de classement et des besoins du service. Les ajusteurs-monteurs suivent alors un programme identique à celui des apprentis des dépôts. Quant aux tourneurs, chaudronniers et forgerons, ils suivent une formation spéciale qui dure jusqu’à la fin des trois années d’apprentissage.
- Les apprentis électriciens sont désignés parmi les ajusteurs à la fin de la première année et ils suivent à partir de ce moment un cours spécial d’électricité, mais restent encore pendant toute leur seconde année à l’atelier de montage. Ils ne passent à l'atelier électrique qu’au début de la troisième année, où ils accomplissent différents stages comme leurs camarades du dépôt de Paris.
- Instruction théorique. -— L’enseignement est fait à l’aide de cours autographiés, entièrement rédigés par le Service du Personnel, qui contiennent non seulement les matières à apprendre, mais encore leur répartition par leçon. On facilite ainsi beaucoup la tâche des instructeurs et l’on donne à l’enseignement des divers centres l’uniformité désirable.
- Les cours théoriques commencent chaque année au 1er octobre et se terminent au mois de juillet suivant. Ces cours se divisent en deux grandes catégories ayant trait : l’une à la formation générale de l’apprenti (français, calcul, géométrie, physique et mécanique), l’autre à sa formation professionnelle (dessin et technologie).
- Chacune de ces deux catégories de cours comporte deux leçons d’une heure et demie par semaine pour chaque année d’apprentissage sauf pour la troisième où les cours de formation générale ne durent que pendant trois mois (mai, juin et juillet).
- Les cours sont les suivants :
- I. — Cours de formation générale.
- Français : résumé des règles de la grammaire et exercices sur ces règles. Ces exercices, qui se font au tableau, ont été spécialement choisis de manière à rendre le cours aussi vivant que possible, et à faire voir aux apprentis un grand nombre de mots (2.000 environ), l’expérience ayant montré la pauvreté du vocabulaire de ces jeunes gens.
- Des rédactions sont données de temps en temps aux élèves, de façon que chacun puisse, à la fin de son apprentissage, faire un petit rapport dans des conditions convenables.
- Arithmétique : les 4 règles, système métrique, fractions, règles de 3, partages proportionnels.
- Géométrie : lignes, surfaces et volumes, constructions géométriques, principes du traçage et développement des surfaces.
- Physique : pesanteur et poids spécifique, propriétés générales des solides, des liquides et des gaz. température, quantité de chaleur, propriétés delà vapeur d eau, principe des machines à vapeur et des moteurs à explosion.
- p.822 - vue 821/899
-
-
-
- l’apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 823
- Mécanique : forces, centre de gravité, équilibre, travail, puissance, machines simples.
- L’ensemble de ces 5 cours comporte 80 leçons (deux leçons d’une heure et demie par semaine) en première année. Il en comporte également 80 en seconde année, pendant lesquelles les apprentis revoient ce qu’ils ont fait en première année. Déplus, à la fin de la troisième année, pendant les 3 mois qui précèdent les épreuves de fin d’apprentissage, il est fait une nouvelle révision de ces cours, à raison de deux leçons d’une heure et demie par semaine, et l’expérience montre que ces deux révisions successives sont extrêmement utiles.
- II. — Cours de formation professionnelle.
- Dessin : lre année : constructions géométriques, principe de la représentation des pièces par leurs projections, développements.
- 2e année : dessin au crayon de pièces mises entre les mains des élèves et dont le croquis est fait au tableau par l’instructeur.
- 3e année : croquis à main levée et au crayon de pièces d’après nature et lecture du dessin.
- Technologie : lie année : technologie générale : bois, métaux et alliages usuels, traitements thermiques, forge, soudure, fonderie, travail des métaux et des bois (à la main et aux machines-outils).
- 2e et 3e année : technologie de la locomotive (dépôts et ateliers) ou technologie des voitures et wagons (entretiens) accompagnée de l’étude des principales instructions groupées en annexes complétant le cours proprement dit.
- Chacun de ces deux cours comporte 40 leçons (une leçon d’une heure et demie chaque semaine) par année et cela durant les trois années d’apprentissage.
- De cette façon, les cours théoriques, non compris les études complémentaires, comportent au total 4 leçons d’une heure et demie par semaine durant les trois années d’apprentissage, sauf pendant les 7 premiers mois de la troisième année (d’octobre à avril) où ils n’en comportent que deux.
- 11 y a lieu de noter que les apprentis des entretiens et les électriciens ont en plus un cours d’électricité de 40 leçons (1 leçon d’une heure et demie par semaine) en seconde année.
- Tous ces cours ont un caractère essentiellement pratique et sont très nettement orientés vers la profession. Ils sont appuyés autant que possible par des démonstrations faites à la salle de cours ou à l’atelier. En particulier pour l’enseignement de la technologie, les diverses machines ou appareils décrits sont montrés aux élèves. De nombreux modèles coupés sont déposés dans les salles de cours et facilitent les explications.
- Des exercices et problèmes sont donnés chaque semaine aux apprentis et corrigés soit au cours, soit pendant les études complémentaires faites après les heures de service dont nous avons parlé plus haut.
- E) Rémunération des apprentis. — Conformément au premier principe précité, les apprentis reçoi vent pendant leurs trois années d’apprentissage une rémunération progressivement croissante. Le taux de cette rémunération est fixé de manière que,
- p.823 - vue 822/899
-
-
-
- 821 L’APPRENTISSAGE a l'atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- pendant la première année, c’est-à-dire pendant la période où les apprentis rendent très peu de services, elle est à peu près égale à ce qu’ils coûtent à leur famille, puis elle croît très notablement pour atteindre au bout de trois ans le salaire des ouvriers du même Age. La rémunération des apprentis se compose de deux parties principales :
- 1° le salaire proprement dit qu'ils touchent à la fin de chaque quinzaine et dont le montant dépend principalement de l’ancienneté de l’apprenti et aussi de son Age et des résultats qu’il obtient;
- 2° une gratification allouée à la fin de chaque semestre, à la suite des examens dont nous parlerons tout à l'heure, et qui tient compte à la fois du travail, de la conduite, de la tenue pendant le semestre et des résultats des examens. Ces gratifications ne sont pas payées immédiatement, mais portées au compte de l’apprenti avec intérêt de 5 p. 100 par an et remises à celui-ci sous forme de livret de caisse d’épargne, délivré au moment du départ pour le service militaire ou à la majorité. Si le jeune homme quitte le réseau avant ce moment sans raison reconnue valable, la somme portée à son livret ne lui est pas remise, ce qui, venant s’ajoutera l’indemnité forfaitaire de 400 f prévue dans ce cas, constitue une sanction assez forte, puisque le total des gratifications est de 850 f environ pour un apprenti moyen et peut dépasser 1.000 f pour un très bon. Le montant du salaire mensuel d’un apprenti moyen, admis à 15 ans, compte tenu de la gratification semestrielle et de l’indemnité de résidence, varie ainsi de 100 f environ en première année, à 250 f en seconde et à 380 f en 3e année. L’indemnité de cherté de vie vient accroître ces chiffres de 00 f par mois.
- F) Instructeurs. — Le recrutement des instructeurs est l’un des problèmes les plus importants et en même temps les plus difficiles que soulève l’apprentissage. La meilleure solution consiste, comme nous l’avons dit plus haut, à avoir un même instructeur chargé de toute la formation théorique et pratique; malheureusement, les ouvriers ou agents des cadres subalternes (contremaîtres ou chefs de brigade d’ouvriers par exemple), parmi lesquels sont recrutés les instructeurs et qui se montrent capables de tenir un tel poste, sont assez rares et, dans la plupart des cas, on a été amené à avoir deux instructeurs, l’un pour la partie théorique (employé de bureau le plus souvent, ayant une instruction primaire supérieure), l'autre pour la partie pratique (chef ou sous-chef de brigade d’ouvriers). De bons instructeurs pratiques se rencontrent encore assez fréquemment car il existe beaucoup d’ouvriers sérieux et dévoués, possédant à fond leur métier et capables de l’inculquer aux jeunes gens qui leur sont confiés. Mais il en est autrement des instructeurs théoriques qui doivent avoir des connaissances un peu supérieures à la moyenne et surtout être aptes à les communiquer à leurs élèves. En outre, tous les instructeurs doivent non seulement instruire, mais former moralement les apprentis et ils manquent souvent de la préparation nécessaire.
- 11 a donc fallu envisager la formation des instructeurs eux-mêmes. Celle-ci a été assurée pendant longtemps uniquement par des conseils donnés à l’occasion des tournées faites dans les établissements par des agents supérieurs qualifiés (ingénieurs et inspecteurs du Service central ou sous-inspecteurs des services régionaux). Toutefois, l’action de ces agents étant par trop intermittente, il a été décidé récemment de la renforcer en chargeant dans chaque arrondissement de traction, comprenant en moyenne 5 ou 6 centres d’apprentissage, un instructeur
- p.824 - vue 823/899
-
-
-
- l’apprentissage a la c'e d’orléans, la taxe d’apprentissage. 825
- spécialement choisi, dit chef-instructeur, de suivre les autres instructeurs et de leur suggérer les améliorations que comporte leur manière de faire. Enfin, depuis quelque temps ont lieu, une ou deux fois par an, des journées pédagogiques réunissant, sous la direction d’agents supérieurs spécialisés, tous les instructeurs de chaque arrondissement. L’utilisation de ces journées est la suivante :
- 1° Chaque instructeur lit un rapport qu’il a dû préparer sur une question d’enseignement ou de discipline : ces rapports sont discutés et les conclusions pratiques en sont dégagées;
- 2° Conférence sur une question de pédagogie ou d’éducation;
- 3° Leçon-type faite devant les instructeurs avec un groupe d’élèves de l’établissement où a lieu la réunion.
- Les résultats de tous ces efforts sont déjà appréciables et l’on peut espérer que tous lès instructeurs du réseau, dont le nombre est actuellement de 167, parmi lesquels 15 sont en même temps pratiques et théoriques, 101 pratiques seulement et 51 théoriques seulement, deviendront rapidement capables de remplir d’une manière satisfaisante la mission qui leur est confiée.
- G) Examens et diplôme de fin d’apprentissage. — L’instruction des apprentis est contrôlée par des interrogations fréquentes faites par les instructeurs, contremaîtres, chefs-mécaniciens et chefs d’établissements et aussi par les agents d’inspection lors de leurs tournées et par des examens semestriels.
- Un classement des apprentis est fait mensuellement dans chaque centre, de manière à entretenir l’émulation. De plus, afin de comparer les établissements entre eux, il est organisé à la fin de chaque semestre sur tout le réseau, par les soins du service central, un examen comportant des épreuves écrites et des épreuves orales.
- Un classement est alors établi par spécialité dans chaque arrondissement, en tenant compte non seulement des résultats de l’examen, mais aussi des notes de tous les exercices (théoriques et d’atelier) faits pendant le semestre. Les résultats ainsi obtenus servent de base aux propositions d’augmentation de taxe et aux gratifications semestrielles dont nous avons parlé plus haut.
- De plus, à la fin de la première année d’apprentissage, une sorte de concours général est organisé entre les meilleurs sujets des divers centres du réseau réunis à cette occasion dans l’un des grands ateliers.
- Au bout de trois ans d’apprentissage, à la suite d’épreuves théoriques et pratiques spéciales subies devant un jury comprenant un agent d’inspection, le chef d’établissement et un ouvrier, un diplôme est délivré aux apprentis qui s’en montrent dignes.
- Ceux qui obtiennent ce diplôme sont nommés mineurs-ouvriers, les autres deviennent seulement mineurs aide-ouvriers ou sont congédiés.
- Chaque année, au mois d’octobre, et dans chacun des arrondissements, une distribution solennelle des récompenses, présidée par un ingénieur et agrémentée d’une petite fête musicale et artistique, réunit, d’une part les lauréats du concours général de première année auxquels des prix (livres et instruments de travail) sont distribués, d’autre part les apprentis de troisième année qui ont subi avec succès les épreuves defîn d’apprentissage et auxquels les diplômes sont remis. Les familles des apprentis sont admises à assister à ces solennités; elles sont d’ailleurs tenues
- p.825 - vue 824/899
-
-
-
- Compagnie du Chemin ^ pan-5 4 Orléans
- ÿji«
- FORMATION) ’ERSONNEL
- MaTIe^ej
- EffEAfiEEEf,
- STaDEJ JUCCESSiEj FA B^/CaT/ON,
- jje
- Apprentis (14 àl7 ans)
- @0 Jnstrtjâion ffutfi
- d)
- A pJâïencgsaçe n jicâ.
- ?~Ânnee. I
- , 4-2 HErydmvar/ 'manuel.
- •. Sa-’Pl'ourj proPessio"fs
- ' //à'P iktudas.
- PJCemier
- ^™MÊÊm^mÊÊEÊÊ0MQ^ 1D-Degré. (Cours jééTmr
- WÊÈc$wÊEEOMMf n„„ F-Aiîi'igj
- 'r
- .......WétiMs.
- ggmwgggipgga
- i: dd<y iNhi f il Vél
- Degre.
- Cours Profcsslor Etudes.
- Wêeeoaeoeo
- mogmâiÊmo
- WÊEEàÉCEOOéB
- '.‘vision ordt Division s.uPer,v
- Cours du soir.
- français . calcul, I {IlJo par semaine I geometnc, technoloqie\ J Centre! ’ Dessin, Electricité j J00 Auditeurs.
- 2 Cours
- Adultes
- Employés
- de
- cEêeémêêc
- 50
- Cours de
- perfectionn-
- ée Administratif. (50 Agents)
- Duree lo Mois .
- Etsn \ ’tomPosTt/on française, tompéaWÜefyrgâi. Correspondance]de bureaux, Législation, Economie Politique
- EEWm S
- IL
- •qgent MK. • .
- \iivi*.
- oance/Mf |} itères.
- ..P
- ÜHWÊÊÊêâÊE'
- Cours de
- 65 Farfectiçnyyç
- JCE Actif. (200 Agents.)
- i%lt^ Mtsfiét'r'elhSiii:
- 2}usétt 3o /-lois _— ,
- Composition française. Eléments de
- mecaniQue et de Physique, Electricité, Technologie generale et du materiel w£w;l&név*vv£Ettd*r:€/!* /a étés combustibles. Conduite des locomotives.
- Èuiccfr% ÿènëndié | a 'fe îi^^oncfeÆ->fe^et Intenmama.
- Bar correspondance
- Devoirs mensue/j
- LontèrçncdS tfch9^ a et Interrogations
- “U Wagon ïcpruiE
- _ _ Conférences
- ; 15 «
- WMimMMtÊNMUÊ M'éUEiÊÊÂiÊËEéTr-. lliilüüiii! 8 Ea.ges, -( A / Atelier, sur /es locomotives ~ de Lo 1 -maître. Intérimaire, Jour - Chef de dePOE / Jnterroqat/ons trimestrielles sur EE..R.9EE-iùfù)'i i-tnatives et techn/Ques du Service des c"c ( de fer . (Murée 2à5<ans.) —
- Elève s
- des i|||plii||::||:!! .. fi Stages..... varia.blés.. suivant...les,. Ecoles.
- E cotes
- _
- ÏE-RTÊ^^^MÊiTÊiÊT TïTiMiTïT ^ Stages ( A f atelier , sur /es /ocomot/ves. J f. f°R-s de Jous t Chef de dénEf-T J Sous - Jnspectcur des Ateliers
- PeoduîT
- EA BRIQUE
- Ouvrier Quali fié .Mécanicien. I.
- Chef de brigadt Contremaître Adjt
- Chef de (f r ou Pc Jour Chef et Chef de Bureau.
- Contremaître Pfé Chef - Alecamcierfh* Controleur d<? fraction Intérimaires d
- (1) Les chiffres en caractères gras et soulignés de cette colonne indiquent Ie ^is, chaque année, dans les diverses catégories d’élèves.
- Organe
- DE FABRICATION.
- 70 Instructeurs theonçues. 5Chefs mslrucl"
- 1 Inspecteur.
- 775 Instructeurs praligues . 2 Employés.
- 7 Souj-1 nsrecteur.
- 5 Correcteurs . J Employé.
- en plus l J Inspecteur.
- I Sous - Ingénieur.
- 25 ProFes seurs ayant en a/us un
- emrtoi régulier dans /e SCS courant
- 1 Inspecteur.
- J Correcteurs. j
- 1 Inspecteur. 1~
- 4 Correcteurs .
- VJ a g on - Instruction.
- — 1 Inspecteur.
- 1 Inspecteur divisionnaire.
- I Ingénieur.
- J Sc
- Inspecteur.
- 1 T
- 1 njnecLeur.
- aides Par tes Chefs d EtablissementJ
- p.826 - vue 825/899
-
-
-
- 828 L’APPRENTISSAGE A L’ATELIER. ----- DÉCEMBRE 1924.
- au courant des progrès de leurs enfanls pendant toute la durée de l’apprentissage au moyen d'un carnet où sont portés mensuellement, les notes, classement, gratifications, avancements pécuniaires accordés, punitions, ainsi que les sommes touchées.
- Ces examens, concours et prix établissent une émulation des plus heureuses parmi les apprentis et les-instructeurs ; tous les centres mettent leur point d’honneur à se classer en tête et préparent leurs élèves en conséquence.
- lï) Bibliothèque, journal, sociétés sportives et musicales, association-amicale des anciens apprentis, formation morale. — A l’organisation que nous venons de décrire, viennent s’ajouter un certain nombre de compléments dont les principaux sont :
- 1" Les bibliothèques, comprenant des ouvrages techniques et des lectures attrayantes (livres de voyages, d’explorations, de littérature, romans, économie sociale et domestique...). Il y a ainsi sur le réseau 41 bibliothèques comprenant près de 2.000 volumes et près de 500 ouvrages différents.
- Ce grand nombre d’ouvrages permet de les répartir en plusieurs séries de manière que, sitôt qu’une de ces séries a été à peu près complètement lue dans un centre, elle est expédiée dans un autre centre et remplacée par une nouvelle série (bibliothèque roulante);
- 2° Une revue appelée l'Apprenti P. O. contenant à la fois des articles d’éducation professionnelle, technique et morale, et des articles amusants.
- Beaucoup de ces articles sont rédigés par les apprentis eux-mêmes.
- Cette revue, qui a actuellement près de 5 ans d'existence, a un tirage qui dépasse 3.000 exemplaires et, point important, elle couvre sensiblemfent ses frais;
- 3° Il existe dans divers centres du réseau des sociétés sportives réunissant les apprentis et les ex-apprentis. Ces sociétés sont d’ailleurs complètement autonomes et la Compagnie se contente de les subventionner.
- De plus, des concours sont établis entre elles et un challenge annuel décide de l’attribution de prix offerts par la Compagnie ou par des personnalités s’intéressant aux sports. Le nombre des sociétés sportives est actuellement de 18 et elles groupent plus de 1.800 adhérents.
- On trouve également des sociétés musicales qui, fondées par des agents de la Compagnie, réunissent des apprentis et ex-apprentis. Ces sociétés sont également subventionnées; leur nombre est de 10 et celui de leurs adhérents de 600;
- 4° Dans le but d’établir entre tous les anciens apprentis des relations non seulement amicales et fraternelles, mais encore d'aide morale et même matérielle, les exapprentis de chaque centre forment entre eux un groupement. Ces groupements font eux-mêmes partie d’une société qui s’étend à tout le réseau et qui, administrée par un comité central de 10 membres élus par tous les sociétaires, constitue l’Association amicale des anciens Apprentis P. O. Le nombre des groupements locaux est de 22 et celui des sociétaires de près de 050 ;
- 5° Pour compléter cette éducation de la jeunesse laborieuse du réseau et la poursuivre jusque parmi les adultes, des causeries sont faites après les heures de travail aux mineurs-ouvriers sur des sujets d’ordre moral et d’hygiène, causeries destinées à développer certains sujets d’éducation et d’hygiène déjà traités, mais succinctement, pendant les années d’apprentissage.
- p.828 - vue 826/899
-
-
-
- l’apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 829
- Enfin, des conférences de culture générale sont, depuis trois ans, instituées dans les grands centres du réseau; destinées d’abord aux agents des cours de perfectionnement dans le wagon d’instruction, elles ont débordé leur cadre devenu trop étroit, et elles sont données maintenant dans des salles plus vastes, locaux d’apprentissage, etc., et même dans des théâtres ou salles de fêtes loués à cette occasion et qui se remplissent non seulement d’agents de tout grade et de tous ser-
- 2400
- OU 900
- 25 j 750.
- 20 ^ 600.
- Fig. 7. — Graphique du développement des sociétés sportives et musicales.
- vices, mais aussi de leurs familles. Une partie artistique complète habituellement ces réunions très goûtées du personnel. 90 conférences ont été ainsi données en trois ans devant des milliers d’agents. Voici quelques-uns des sujets traités : La presse et la lecture du journal; — Nos amis les livres; — La famille moderne et son éducation ; — L’éducation des enfants au foyer; — Excès et tempérance; — L’hygiène autrefois et aujourd’hui; — Nos responsabilités; — etc.
- I) Prix de revient de l’apprentissage. — Le prix de revient d’une organisation d'apprentissage telle que celle du réseau d’Orléans est assez difficile à établir
- p.829 - vue 827/899
-
-
-
- 830
- [/APPRENTISSAGE a [/atelier. --- DÉCEMBRE 192t.
- avec précision en raison de la complexité du problème. Nous dirons cependant que, au cours de la dernière année, les salaires payés aux apprentis ont atteint 2.730.000 f qui sont couverts largement par leurs travaux utiles (le rendement d’un apprenti est en première année de 20 p. 100, en seconde et en troisième année de 70 p. 100 de celui d’un ouvrier). Les frais d’instruction (cadres, instructeurs théoriques, cours et fournitures) se montent à 400.000 f environ [tour l’apprentissage ordinaire.
- 2" Formation dits cadres a partir des apprentis.
- Nous avons dit [tins haut que la Compagnie d'Orléans comptait recruter une partie de ses cadres parmi les mieux doués de ses apprentis. Elle a créé pour eux, dans ce but, deux formations différentes que nous allons examiner successivement ( I ).
- A) Coi ns sepériecrs d'apprentissage. — Les jeunes gens qui, au cours de leur première année d’apprentissage sont désignés par leurs instructeurs comme susceptibles d’acquérir par leur travail personnel un degré d'instruction supérieur à la moyenne, subissent, vers la fin de la première année, un examen spécial qui permet de sélectionner une quarantaine d’entre eux. Ces apprentis signent alors avec la Compagnie un contrat distinct du contrat d’apprentissage ordinaire, dont nous avons parlé, et qui les oblige, en cas de succès de leurs études, à rester au réseau pendant 3 ans au moins après leur achèvement. Ils suivent pendant 3 ans des cours dits cours supérieurs d’apprentissage. Le programme est le suivant :
- l’’e année : Arithmétique et algèbre, y compris l’équation du 2e degré et les fonctions du l01' et du 2° degré.
- (iéométrie plane, et dans l'espace, y compris les volumes usuels (cylindre, cône et sphère).
- Mécanique, éléments jusqu’aux centres de gravité.
- 2e année : Mécanique, statique et dynamique.
- Physique, pesanteur, chaleur, changements d’état.
- Géométrie, sections coniques et courbes usuelles.
- Géométrie descriptive. l'économie politique.
- Français.
- 8° année : Mécanique, dynamique des corps tournants et notions de résistance des matériaux.
- Locomotive à vapeur.
- Electricité.
- Notions de chimie.
- Français.
- (I) L'intérêt que présente une formation technique reçue Mans l’exercice et le cadre de la vie professionnelle a été compris, dans un domaine tout autre, par la Compagnie générale transatlantique. Cette compagnie a installé son école de cadres sur un navire de commerce le Jncf/ues-Cartier.
- L'annexe n" n donne les grandes lignes de l’enseignement donné sur le Jacques-Cartier.
- p.830 - vue 828/899
-
-
-
- 831
- L APPRENTISSAGE A LA C,e D’ORLÉANS, LA TAXE D’APPRENTISSAGE.
- Le niveau de ces cours, qui comme ceux des apprentis ordinaires sont nettement orientés vers les applications rencontrées dans les chemins de fer, se rapproche sensiblement de celui des écoles nationales professionnelles. Leur texte est pris, soit dans des ouvrages destinés aux élèves des écoles techniques, soit dans des brochures rédigées spécialement par la Compagnie. Ces ouvrages ou brochures sont mis entre les mains des élèves.
- En raison de la dispersion de ces derniers dans les divers établissements du réseau, les cours ne peuvent être faits que par correspondance. Ils sont dirigés par un agent supérieur qui, secondé par 4 spécialistes, envoie aux élèves à la fin de chaque semaine l’indication des leçons à apprendre et le texte des devoirs à faire pendant la semaine suivante. Ces devoirs une fois achevés sont envoyés au directeur des cours qui les retourne corrigés.
- Pour remédier dans la mesure, du possible aux défauts de l’enseignement par correspondance, dont les principaux tiennent à l’isolement où se trouvent ceux qui le suivent, on désigne, parmi les agents de l’établissement auquel appartient l’élève, un répétiteur qui surveille ses études et lui explique à l’occasion les points les plus délicats. De plus, au cas où plusieurs élèves des cours supérieurs sont groupés dans la même localité, le plus sérieux d’entre eux reçoit le titre de moniteur et est chargé de seconder le répétiteur dans ses fonctions. Parfois, le rôle de moniteur est rempli par un ancien élève diplômé des cours supérieurs, ce qui ne peut présenter que des avantages car, d’une part, il est plus à même qu’un élève en cours d’études d’interroger ses camarades et de leur signaler les parties difficiles, et d’autre part, il est obligé de revoir ce qu’il a appris antérieurement et cette révision, forcément assez approfondie, ne peut qu’affermir ses propres connaissances. En outre, de fréquentes tournées, faites par des agents supérieurs qualifiés, permettent de contrôler les progrès des élèves, de leur faire quelques expériences simples, et de leur traiter les questions qu’ils n’auraient pas comprises. Depuis 1924, les élèves des cours supérieurs d’apprentissage accomplissent, deux fois par an, des stages dans les laboratoires de l’Ecole nationale professionnelle de Vierzon. Ces stages, dirigés par les professeurs de l'Ecole, ont pour but des démonstrations pratiques et des manipulations de mécanique, physique, chimie et électricité qui viennent compléter très heureusement les cours théoriques enseignés au cours de l’année.
- Ils ont une durée d’un jour en première année, 4 jours en seconde année, et 6 jours en troisième année.
- On conçoit que l’étude d’un programme aussi étendu que celui que nous venons d’exposer exige de ceux qui le suivent un effort très sérieux; aussi, des facilités spéciales leur sont accordées. C’est ainsi que les apprentis qui suivent les cours supérieurs n’assistent pas aux cours de français, calcul, géométrie, physique et mécanique, faits à leurs camarades des cours ordinaires, et qu’ils voient beaucoup plus en détail que ces derniers pendant leur formation spéciale, mais seulement aux cours de technologie et de dessin. Le temps ainsi disponible auquel vient s’ajouter chaque semaine, une demi-journée complète prise sur les heures d’atelier, soit au total huit heures par semaine, leur est accordé pour travailler leurs cours. Malgré cela, ils doivent encore consacrer à leurs études une moyenne de deux heures par jour en dehors de leur temps de présence obligatoire à la Compagnie. Des salles de travail spéciales sont mises pour cela à leur disposition.
- Des examens écrits et oraux ont lieu chaque semestre et permettent d’éliminer
- p.831 - vue 829/899
-
-
-
- 832
- 1,’aPPRENTI.SSAGE A l’atelier. ----- DÉCEMBRE 1924.
- ceux qui ne profitent pas de l’enseignement. Ces examens sont assez difficiles, car sur environ 40 apprentis admis chaque année à suivre les cours supérieurs, 15 à 18 seulement terminent avec succès leurs études et reçoivent le diplôme qui les sanctionne.
- Le réseau obtient ainsi quelques sujets de formation très poussée dont l’instruction est. comme nous l’avons dit. sensiblement du même niveau que celle donnée par les écoles nationales professionnelles. Aussi à leur retour du service militaire, les élèves diplômés des cours supérieurs d’apprentissage sont assimilés à ceux de ces écoles et reçoivent comme eux le titre d’attaché.
- Tous ces jeunes gens accomplissent alors un stage d’une année au moins dans les diverses équipes de l’établissement auquel ils sont affectés (1); ensuite, ceux qui montent sur les machines remplissent les fonctions de chauffeur puis d’élève-mécanicien. et ceux qui restent dans les ateliers font fonction de sous-chef de brigade.
- Dès que leur chef d’établissement les en juge dignes, il les propose pour le grade de mécanicien ou de chef de brigade d’ouvriers. Ils accèdent ensuite aux grades supérieurs par la voie du tableau d’aptitude comme les autres agents.
- B) Année complémentaire a l’apprentissage. — Les cours supérieurs d’apprentissage exigent de ceux qui les suivent de grandes aptitudes pour l’étude et, en raison de leur niveau qui s’élève de plus en plus, ne sont accessibles qu’à des jeunes gens ayant acquis avant leur entrée au réseau une formation assez complète; pratiquement, la plus grande partie des élèves admis aux cours supérieurs est composée de jeunes gens ayant un à trois ans d’école primaire supérieure, d’école pratique de commerce et d'industrie ou de cours complémentaires.
- Or, il arrive fréquemment que des apprentis, moins bien doués pour l’étude ou seulement mal préparés lors de leur admission, donnent entière satisfaction pendant leur apprentissage et font preuve de qualités qui pourraient leur permettre plus tard d’occuper des postes de direction, à condition qu’ils s’y préparent spécialement. Aussi, afin d aider ces jeunes gens à commencer cette préparation dès la fin de l’apprentissage, sans laisser s’effacer les notions déjà acquises, il a été créé une année, dite complémentaire à l’apprentissage, destinée à donner une formation pratique un peu plus poussée aux meilleurs apprentis. Dans ce but, chaque année, aussitôt après les examens de fin d’apprentissage, où l’instruction manuelle et les connaissances théoriques et techniques interviennent en proportions à peu près égales, un dixième environ de l’effectif, composé des apprentis autres que ceux qui suivent les cours supérieurs, les mieux classés de chaque arrondissement, est désigné pour accomplir une année complémentaire. Celle-ci est entièrement consacrée à une série de stages d’atelier dont la nature dépend de l’établissement (dépôt, entretien ou atelier) et qui sont destinés à faire acquérir à l’ancien apprenti la pratique de travaux variés. De plus, celui-ci doit s’attacher à bien comprendre les raisons des opérations
- (1) A ce stage dans leur établissement vient s’ajouter un stage de 4 mois au service électrique. De plus, alin d’obliger les stagiaires à bien profiter de leur passage dans les diverses équipes, on les oblige a étudier les instructions de la Compagnie qui règlent le travail de chacune d’elles et à tenir un carnet sur lequel ils consignent au jour le jour les travaux intéressants qu’ils ont effectués, ainsi que leurs observations sur les procédés de réparation employés. Un agent supérieur est chargé de suivre les attachés dans les divers établissements du réseau, de voir leurs carnets de stages et de les interroger sur les instructions.
- p.832 - vue 830/899
-
-
-
- l’apprentissage a la c‘e d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 833
- effectuées et des modes de réparation adoptés (1). A la fin des stages, un examen oral portant sur la technologie et la réparation du matériel roulant est passé par les intéressés et ceux-ci sont classés par catégorie sur l'ensemble du réseau. Ils accéderont ultérieurement au grade de sous-chef de brigade, mais à condition de passer par le tableau d’aptitude, comme les agents ordinaires.
- 3° Amélioration des connaissances des agents autres que les apprentis.
- Comme nous l’avons déjà dit au début de cette étude, la Compagnie d’Orléans a cherché à mettre à la portée de tout son personnel les moyens d’accroître son instruction et elle a créé dans ce but deux catégories de cours : les cours du soir, ouverts à tous les agents (manœuvres, ouvriers, expéditionnaires) autres qpe les apprentis, et les cours de perfectionnement, s’adressant plus spécialement à ceux qui possèdent déjà un grade subalterne, tel que mécanicien, chef ou sous-chef de brigade d’ouvriers, employé, et semblent désignés pour occuper un emploi supérieur, tel que : intérimaire, chef-mécanicien, contremaître, employé principal ou chef de groupe. En raison du grand nombre d’agents occupant des emplois de début (manaïuvres, chauffeurs ou ouvriers) pouvant postuler pour les grades de mécanicien, chef ou sous-chef de brigade d’ouvriers, dont la préparation comprend presque exclusivement une formation technique, la sélection pour ces grades a été laissée aux chefs d’établissements et au personnel d’inspeclion qui sont chargés de contrôler par des interrogations fréquentes que ceux de ces agents placés sous leurs ordres possèdent bien les instructions et règlements se rapportant à leurs fonctions. L’organisation des cours du soir et de perfectionnement a été déjà publiée en détail dans la Revue générale des Chemins de Fer de décembre 1922; nous nous contenterons donc de la résumer ci-après.
- A) Cours du soir. — Ces cours, à la différence de tous les autres qui font l’objet de cet exposé, s’adressent non seulement aux agents du Service du Matériel et de la Traction, mais encore à ceux des autres services du réseau, élèves de bureau, hommes d’équipe, facteurs, cantonniers,... de l’Exploitation et de la Voie. Ils ont pour but d’améliorer l’instruction générale du personnel, mais sans le préparer spécialement à une branche déterminée.
- Ils ont lieu d’octobre à juillet, deux fois par semaine, de 18 h. à 19 h. 30 m., c’est-à-dire en dehors des heures de service, à Paris, Orléans, Montluçon, Ussel, Tours, Périgueux et Nantes. Ils comprennent l’enseignement : du français, de l’arithmétique, de la géométrie, du dessin et en outre, à Tours et Périgueux, des notions de mécanique, technologie et électricité.
- Depuis octobre 1921, ces divers cours comportent, dans la plupart des centres, 2 divisions, l’une élémentaire, l’autre supérieure, de façon à pouvoir mieux s’adapter au niveau des auditeurs.
- Le programme de la division élémentaire est sensiblement du même ordre que celui des cours professés aux apprentis. Celui de la division supérieure a pour bases :
- en français, l’étude méthodique de la composition française;
- (1) Les stagiaires de l’année complémentaire tiennent un carnet de stages et étudient les instructions comme les attachés.
- p.833 - vue 831/899
-
-
-
- 83i L ARPRENTISSAOE A L’ATELIER. DÉCEMBRE J 024.
- en arithmétique, les simplifications de fractions, le système métrique, les mélanges et les alliages, les proportions et des notions d'algèbre;
- en géométrie, le tracé des coniques et des engrenages, ainsi que des notions de géométrie dans l’espace, de géométrie descriptive et de perspective cavalière;
- en dessin, étude du croquis d’après les organes de machines, règles et conventions du dessin, dessin à l’encre, lignes et teintes conventionnelles.
- Le nombre d’agents inscrits à ces cours s’élève pour l’ensemble du réseau à 700 environ. Des examens semestriels, en mai et en juillet, permettent de se rendre compte des progrès réalisés et, à la fin des cours, des récompenses, livres et mentions sont délivrés aux sujets les plus méritants. Les résultats de ces examens sont communiqués aux chefs directs des agents pour qu’ils en tiennent compte, s’il y a lieu, dans leurs propositions d’avancement.
- B) Cours de perfectionnement. — Comme nous venons de le voir, les cours du soir ne visent qu’à améliorer l’instruction générale du personnel, mais, pour les agents déjà gradés qui désirent se préparer à des postes de direction, les connaissances générales doivent être complétées par des connaissances techniques assez étendues qui dépassent le programme des cours du soir. De plus, ces derniers ne peuvent être organisés que dans les principaux centres du réseau, ce qui restreint le nombre des agents appelés à en profiter. Enfin, môme si le nombre des centres où ils ont lieu était fortement accru, ils resteraient inaccessibles, en raison de leur horaire fixe, à tout le personnel roulant (mécaniciens par exemple), dont les heures de service sont essentiellement variables. C’est pourquoi le réseau a dû adopter pour ses cours de perfectionnement la forme des cours par correspondance. Ces cours sont divisés en deux grandes branches s’adressant à deux catégories différentes d’agents : service actif pour les mécaniciens, chefs-visiteurs, chefs et sous-chefs de brigade des dépôts, entretiens et ateliers; service administratif pour les expéditionnaires et employés de bureau.
- 1° Cours de perfectionnement du service actif. — Le programme des cours diffère légèrement suivant le service (dépôts, entretiens ou ateliers) auquel appartient l’élève. Il a été donné en détail pour chacune de ces catégories d'agents dans la ttevue générale des Chemins de Fer de décembre 1922.
- Nous nous contenterons d’en rappeler ici les points essentiels :
- Rappel de notions de mécanique et de physique pour l’étude élémentaire du matériel roulant et des questions d’atelier;
- Notions théoriques sur le matériel roulant;
- Technologie de la locomotive ou des voitures et wagons ;
- Combustibles et combustion ;
- Conduite des locomotives, chauffe, graissage, avaries de route;
- Le freinage des véhicules de chemin de fer;
- Réparation du matériel roulant;
- Technologie générale;
- Electricité industrielle ;
- Hygiène et sécurité;
- Economie politique, organisation et régime des chemins de fer;
- Rédaction française;
- Croquis à main levée d’organes empruntés au matériel.
- p.834 - vue 832/899
-
-
-
- l’apprentissage a la c’u d’orléans, la taxe d’apprentissage. 835
- Tout ce programme se trouve développé dans 22 fascicules contenant au total près de 3.000 pages de texte, entièrement rédigé par les agents supérieurs chargés de ce service. La rédaction des fascicules a été assez délicate car il était nécessaire de se maintenir à un niveau modeste si l’on voulait être à la portée de tous et d’exposer cependant les principes généraux nécessaires pour faire comprendre les phénomènes, parfois assez complexes, rencontrés dans la pratique. On peut dire toutefois que, malgré ces difficultés, les résultats obtenus depuis 1921, date de création de ces cours, ont été satisfaisants. Une promotion a déjà été entièrement formée et deux autres sont en cours d’études.
- L’enseignement s’échelonne sur 30 mois, pendant lesquels les élèves, admis à la suite d’un examen probatoire, reçoivent chaque mois, à date fixe, les matières à étudier et les textes de devoirs à faire.
- Ces envois mensuels comportent :
- un fascicule des cours à étudier ;
- deux problèmes d’application sur les cours;
- une rédaction sur un sujet technique ou économique ;
- un croquis d’organe de matériel roulant ou d’outil d’atelier.
- Les élèves renvoient de même leurs devoirs au Service central, tous les mois à date fixe, en y joignantles demandes d’explication qu’ils jugent utiles. Il est répondu à ces demandes en même temps que leurs devoirs sont retournés corrigés, accompagnés de conseils pour éviter le retour des fautes commises. La conversation continue qui s’établit ainsi entre professeurs et élèves, réussit à élucider bien des points obscurs, mais elle est insuffisante et on l’a complétée par des interrogations et conférences verbales qui ont lieu dans les principaux centres du réseau, en moyenne 4 fois par an.
- Il a paru indispensable de mettre à la disposition des agents chargés de ces interrogations et conférences un matériel de démonstration (dessins, appareils coupés, schémas de signalisation...) qui est forcément assez important étant donné le nombre et la complexité des organes en service dans les chemins de fer et en particulier sur les locomotives, les voitures et les wagons.
- Comme les interrogateurs ne peuvent emporter tout le matériel de démonstration, très encombrant, et que la création dans chaque établissement de salles susceptibles de le recevoir serait par trop onéreuse, un wagon dit « wagon d’instruction » a été spécialement aménagé pour servir de salle de cours ambulante, munie de tous les appareils de démonstration nécessaires.
- De cette manière, les instructeurs peuvent faire leurs interrogations et conférences sur tout le réseau, sans imposer à leurs élèves des déplacements onéreux et nuisibles à la marche du service. Le wagon d’instruction forme une salle de cours pouvant contenir une quarantaine d’auditeurs. Il est muni d’un wagon annexe où se trouve un magasin contenant les divers appareils de démonstration qui peuvent être nécessaires. Cet ensemble a été décrit en détail avec tous ses accessoires, dans l’article précité de la Revue générale des Chemins de Fer (1).
- En dehors des notes obtenues pour leurs devoirs et leurs interrogations, les élèves des cours de perfectionnement subissent à la fin de chaque année un examen sur les matières étudiées. Un classement est établi à la suite de ces épreuves, puis à
- (1) L’annexe n° 1 donne les principales caractéristiques du wagon d’instruction.
- Tome 136. — Décembre 1924. 58
- p.835 - vue 833/899
-
-
-
- 836 I.’aPPRENTISSAGU A l’aTKLIUK. ---- DKCKMHHK 11124.
- la fin dos cours, et ceux qui obtiennent une moyenne suffisante reçoivent un diplôme spécial. C’est parmi ces diplômés que sont recrutés, pour la plus grande partie, les chefs mécaniciens, intérimaires et contremaîtres.
- L’effectif des élèves est actuellement de 126 environ. A cet effectif viennent s’ajouter 60 attachés, diplômés des écoles nationales professionnelles ou des cours supérieurs d’apprentissage de la Compagnie, qui suivent obligatoirement les cours de perfectionnement dès leur retour au réseau après leur service militaire.
- On s’est aussi servi du wagon d’instruction pour améliorer les connaissances des chefs mécaniciens et intérimaires déjà nommés au moment de l'institution des cours de perfectionnement. Dans ce but, ces agents ont à étudier ceux des fascicules qui présentent le plus nettement un caractère pratique et ils sont interrogés sur ces fascicules à chaque passage du wagon d’instruction dans les chefs-lieux d’arrondissement. Le nombre de ces élèves supplémentaires dépasse actuellement 100.
- Notons aussi que les élèves des cours supérieurs d’apprentissage sont interrogés sur leurs cours quand le wagon passe dans l’établissement dont ils dépendent. A l’occasion, des expériences faites au moyen des appareils déposés dans le wagon complètent l’interrogation et les explications dont elle est accompagnée. Enfin, chaque fois que le wagon d’instruction se trouve dans un centre, son passage est marqué par des conférences sur des sujets techniques et professionnels et sur des sujets de culture générale faites par des agents supérieurs du Service central, suivant le programme indiqué page 829.
- 2° Cours de perfectionnement du service administratif. — Ces cours, qui sont également faits par correspondance et qui s'adressent aux distributeurs des magasins et aux emplo}7és de bureau, portent principalement sur des questions générales. Les agents ont en effet toutes facilités pour apprendre leurs instructions avec les documents réglementaires de la Compagnie et dans l’accomplissement de leur tâche journalière, tandis qu’ils manquent souvent des connaissances générales nécessaires à l’exécution de leur service.
- Le programme est le suivant :
- Cours de français.
- Cours de comptabilité commerciale et industrielle et des établissements de la Compagnie.
- Principes d’organisation.
- Législation, régime des chemins de fer français et contrôle de l’État.
- Droit commercial et législation industrielle.
- Exploitation commerciale des chemins de fer et contentieux.
- Économie politique.
- Cet enseignement a une durée de 10 mois au cours desquels les élèves ont à faire des travaux périodiques qui sont corrigés par les soins du Service central. Il est complété par des interrogations faites en cours d’année par des agents supérieurs compétents du Service central ou des services régionaux. A la fin des cours, un examen d ensemble permet de se rendre compte des progrès réalisés et d’établir un classement.
- L’effectif actuel est de 60 élèves, répartis dans les divers établissements du réseau.
- p.836 - vue 834/899
-
-
-
- l’apprentissage a la g'° d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 837
- *
- * *
- La formation du personnel est une œuvre de longue haleine, et ce n’est qu’au bout d'un grand nombre d’années qu’on en recueille les pleins résultats. Néanmoins, nous avons déjà pu constater que nos prévisions s’étaient complètement réalisées.
- 1° Notre apprentissage donne des résultats techniques très satisfaisants. Grâce au caractère professionnel et réaliste donné à l’enseignement, l’apprenti reçoit une formation très sérieuse. S'il est spécialisé aux travaux du chemin de fer, il connaît ces travaux très à fond, il sait le pourquoi de chaque opération, et lorsque au cours de son service militaire il a à s’occuper de travaux différents — tels que ceux des ateliers d’aviation, des navires de guerre ou du génie militaire — il se les assimile très rapidement. Récemment, dans un concours pour le recrutement des mécaniciens d’aviation, sur quatre places disponibles, trois ont été attribuées à d’anciens apprentis de l’Orléans.
- 2° S'intéressant à son métier, l’apprenti s’y attache; il constate qu’il a acquis à la Compagnie une expérience technique qui lui servira immédiatement, s’il reste dans cette voie, et l’esprit de corps aidant, la plupart des apprentis reviennent à la Compagnie après leur service militaire; ils y reviennent aimant le métier. Et c’est là un résultat qui suffirait à lui seul à nous récompenser de nos efforts.
- 3° L’influence moralisatrice exercée sur les apprentis par leur travail consciencieux et qu’ils comprennent, et par le voisinage de leurs instructeurs, est très profonde, et tous ceux qui ont pu voir au cours de leurs voyages d’études nos groupes d’apprentis en ont été frappés:
- 4° Enfin, le niveau de notre recrutement d’apprentis s’élève régulièrement, grâce au salaire que nous leur payons dès le début et au bon renom de la formation qu’ils reçoivent. Les familles nous confient volontiers leurs meilleurs sujets. Nous avons en moyenne trois candidats pour une place. Beaucoup de parents préfèrent notre formation à celle des écoles pratiques départementales, et même les élèves diplômés des écoles pratiques entrent dans nos équipes d’apprentis de plus en plus nombreux, bien qu’ils aient à suivre exactement la même filière que les autres apprentis(l ).
- Le résultat que nous espérons est donc obtenu, et je puis dire qu’au cours de tout ce développement de l’apprentissage il n’est pas une création nouvelle qui ne nous ait donné plus que nous n’en espérions.
- Avant de vous présenter, sous forme de projections, quelques ateliers d’apprentissage de la Compagnie d’Orléans, je voudrais vous soumettre quelques observations d’ordre général qui ressortent de l’expérience que nous avons faite, observations qui serviront d’introduction à la seconde partie de ma conférence concernant la taxe d’apprentissage.
- Vous avez pu voir tout d’abord que tout en étant organisée industriellement, tout en appliquant à l’enseignement les méthodes d’organisation et de contrôle qui sont en usage dans les fabrications industrielles, notre formation s’est développée en se modelant non pas sur un idéal a priori, mais sur les éléments humains
- (I) L’annexe n° 2, qui donne les titres et diplômes des cadres chargés de la formation du personnel, montre d’ailleurs que si nous avons pu réaliser une formation sérieuse à la fois professionnelle, éducative et scientifique, c’est en confiant la responsabilité à un personnel dont la valeur dépasse, de beaucoup, le niveau des programmes.
- p.837 - vue 835/899
-
-
-
- 838
- l'apprentissage a l’atelier
- DÉCEMBRE 1024.
- qu’elle avait à utiliser, et qu’en outre, loin de négliger l’éducation des jeunes gens, elle la cultive avec des moyens singulièrement puissants, puisque dès le début elle confie aux apprentis des réparations complètes de locomotives, de voitures et de wagons, qui engagent au plus haut point leur responsabilité, et qu’elle fait travailler les élèves en équipes, leur donnant ainsi l’habitude de la collaboration, de ce que les Américains appellent le « team work » qualité trop rare parmi nos tempéraments individualistes.
- Vous constaterez également que tous nos élèves, quels qu’ils soient, passent à l’atelier la presque totalité de leur temps. Nous échappons ainsi au grave inconvénient auquel se heurtent toutes les écoles publiques ou privées: l’éloignement de la vie, qui rend leur enseignement abstrait. C'est là le point faible de l’enseignement en France à tous les degrés, et on l’a si bien compris que M. Paul Crouzet publie depuis longtemps une revue intitulée L’école et la vie, qui se donne pour idéal d’introduire la vie à l’école. Quand je lis dans cette revue tous les efforts, souvent très intéressants mais malheureusement trop peu efficaces, des professeurs pour atteindre cet idéal, je constate que dans notre organisation le problème ne se pose même pas. Chez nous, c’est l’école dans la vie; dès le début, les apprentis ont une responsabilité, gagnent leur vie ; par leur journal, par leurs sociétés amicales, ils s’exercent déjà à la vie sociale d’une façon que nulle école du type abstrait ne saurait leur donner (1).
- Cet exemple de formation à l’usine montre combien l’industriel est qualifié pour prendre la charge de l’éducation des apprentis, dans des conditions infiniment meilleures et plus économiques, et avec des moyens d’action beaucoup plus puissants que l’école séparée de l’atelier.
- La TAXE ü’aPPREKTISSAGE.
- Ceci suffira à vous faire comprendre que, lorsque l’article 18 de la loi de finances de 1925 a prévu une taxe d’apprentissage atteignant pour la Compagnie d’Orléans une charge de 2,5 à 3 millions par an, nous en avons été, comme beaucoup d’autres, quelque peu émus.
- Cette taxe qui, d’après l’exposé des motifs du budget, était établie d’accord avec les industriels et commerçants, a en effet soulevé parmi eux une grande émotion et d’innombrables protestations.
- Protestations des chambres de commerce et des syndicats patronaux qui voient dans cette taxe un nouvel impôt dont la quotité déjà fort élevée, 0,5 p. 100 des salaires, pourra être majorée pour combler le déficit du budget général. Mais surtout protestations de tous ceux qui s’intéressent à l’apprentissage, qui ont fait dans ce
- (l) On peut rapprocher cette formation de celle des Établissements Schneider qui, en France, lui paraitseule comparable, tant en ce qui concerne le nombre des élèves que le degré des études.
- L’annexe n° 6 donne les grandes lignes de cette organisation. Elle est conçue sur un plan nettement différent : les enfants les plus capables sont sélectionnés d’après leurs études théoriques dans des écoles similaires aux écoles primaires supérieures de l’État, et les éléments les plus capables sont dirigés, sans passer par l’atelier, vers les bureaux de dessin et postes administratifs.
- A la Compagnie d’Orléans, tous les élèves suivent le même cycle de formation manuelle à l’atelier. Ils sont sélectionnés d’après les résultats donnés à la fois par leurs études théoriques et. par leur travail manuel et ne peuvent entrer dans les bureaux qu’aprôs avoir acquis une pratique complète de l’atelier.
- p.838 - vue 836/899
-
-
-
- l’apprentissage a la cie d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 839
- but de grands efforts et de grands sacrifices, et qui voient dans les projets du Gouvernement un abandon de la politique préparée sous la précédente législature, et une grosse menace pour l’apprentissage (1).
- J’ai exposé en détails les motifs de cette émotion, dans un article récent de la Revue politique et parlementaire (du 10 décembre 1924) et je me bornerai ici à vous les rappeler sommairement en insistant plus spécialement sur les solutions qui peuvent être apportées au présent conflit.
- A la fin de la précédente législature, on était enfin arrivé à mettre sur pied un projet de loi donnant à l’apprentissage un statut légal à base professionnelle. Reconnaissant que l’apprentissage était une tâche essentiellement corporative, et que les industriels et artisans étaient seuls en état de l’assurer, convenablement et économiquement, le précédent gouvernement avait fait aboutir les vœux du Congrès de l’Apprentissage de Lyon de 1921. Grâce à une très heureuse collaboration entre l’éminent directeur de l’Enseignement technique, M. Labbé, et les groupements d’industriels disposés à prendre la charge de l’apprentissage dans leur profession, un projet de loi avait été déposé par le groupe parlementaire de l’Enseignement technique à la Chambre. Ce projet, amendé au cours d’une session exceptionnelle du Conseil supérieur de l’Enseignement technique, reprenait, en la complétant, la loi Astier sur les cours professionnels et le projet de taxe d’apprentissage Verlot; il donnait aux employeurs, en collaboration avec des représentants de leur personnel et des techniciens de l’apprentissage, la charge et la responsabilité de l’apprentissage, sous le contrôle du Gouvernement.
- Dans ce projet, les conditions et les contrats d’apprentissage, essentiellement variables suivant les professions, sont réglés, sur propositions de conseils de métiers nettement professionnels, par des chambres d’apprentissage régionales.
- Les chambres d’apprentissage ainsi créées reçoivent le droit de lever des taxes dites « d’apprentissage a, variables suivant chaque profession et permettant de répartir la charge d'apprentissage sur l’ensemble de la profession; elles peuvent ainsi subventionner les patrons qui forment largement des apprentis en majorant les taxes de ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas en former. Ce projet aurait également permis d’organiser l’apprentissage corporativement en suivant l’exemple de l’industrie mécanique à Nantes qui a organisé en commun les cours professionnels et réglementé les conditions locales d’apprentissage, ou celui de l’industrie du bois à Lyon, qui a entrepris de donner aux apprentis, dans des ateliers corporatifs spéciaux, un début de formation qui facilite considérablement la tâche ultérieure de chacun des ateliers où ces apprentis sont ensuite répartis (2).
- Les initiatives déjà existantes qui luttaient avec peine contre l’indifférence ou la mauvaise volonté de certains patrons, allaient ainsi recevoir des armes légales pour se défendre, et il ne serait plus possible de bénéficier gratuitement des efforts des voisins.
- Tous les patrons favorables à l’apprentissage étaient donc disposés à accepter la création d’une taxe d’apprentissage, étant donné qu’elle serait levée localement par les intéressés, et employée suivant leurs directives et sous leur contrôle. Ils espé-
- (1) L’annexe n° 3 donne un résumé des principales protestations des organismes patronaux.
- (2) Les annexes nos 7 et 8 donnent, à ce sujet, des renseignements qui pourront aider les industriels qui veulent se grouper pour organiser l’apprentissage en commun.
- p.839 - vue 837/899
-
-
-
- 840 l’apprentissage a i/atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- raient donc que le projet du groupe parlementaire, repris par la législature actuelle en juillet 1924, serait soutenu par le Gouvernement.
- Aussi furent-ils fort désappointés lorsqu’ils apprirent brusquement que, sans aucune entente préalable, le Gouvernement avait introduit dans la loi de finances une taxe d’enseignement technique et d’apprentissage n’ayant, avec la taxe Verlot, de commun que le nom. Destinée à alimenter le budget général, cette taxe était levée par l’Etat, et sur un total de 170 à 180 millions qu'elle pouvait produire, 4 millions seulement devaient aller aux encouragements à l'apprentissage. Des chambres d’apprentissage, il n’était plus question que très vaguement, et cela pour une bonne raison c'est que leur ayant enlevé par avance leurs ressources, on rendait leur création pratiquement impossible.
- L’émotion fut vive; certains crièrent à la trahison; le Sous-Secrétaire d’État, M. de Moro-Giafferi, essaya lui-même, au cours d’une réunion officieuse, de calmer cette émotion, mais sans donner aux intéressés des assurances bien précises. Fait plus surprenant, à la discussion toute récente, devant la Chambre, du budget de l’Enseignement technique, le rapporteur, M. Locquin, persista, contre toute évidence en soutenant le projet du Gouvernement, à déclarer que tout le monde était d’accord à ce sujet. (Journal Officiel des 3 et 4 décembre 1924.)
- La discussion du budget des dépenses, les 2 et 3 décembre, à la Chambre, a d'ailleurs permis de préciser l’état d’esprit public au sujet de ce budget. Le budget voté est environ double du budget de 1924. Malgré quelques reproches de mégalomanie, adressés au Sous-Secrétaire d’État, personne n’a contesté l’utilité de développer l'enseignement technique et de donner au Gouvernement les crédits nécessaires. Plusieurs orateurs ont même invité le Gouvernement à accentuer cette politique, et les seules réserves qui aient été faites concernent l’attitude qu'aura le Gouvernement à l’égard de l’initiative privée.
- M. de Moro-Giafferi a protesté de sa sympathie pour ces initiatives, et déclaré que la Direction de l’Enseignement technique ne leur avait jamais refusé aucune subvention dans la limite des ressources qu’elle avait à sa disposition. Mais c’est précisément en réservant à ces encouragements une somme infime, et en ne donnant aucune précision au sujet des exonérations auxquelles donnerait lieu la taxe, que le Ministère paraît tout au moins se désintéresser de l’initiative privée.
- On comprend fort bien que la Direction de l’Enseignement technique ait réclamé de façon énergique et même un peu brutale les crédits qui lui semblent nécessaires, et personne ne songe à les réduire s’ils doivent être employés dans le domaine propre de l’enseignement technique public. On comprend moins que, faisant table rase des engagements antérieurs, le Gouvernement se soit approprié la taxe d’apprentissage; mais on ne comprend pas du tout comment, en ayant adopté cette politique, il compte favoriser l’initiative privée elles chambres de métiers ou d'apprentissage.
- Les industriels ont donc à lui demander deux précisions :
- 1° Le Gouvernement entend-il bien rester dans son rôle ou a-t-il l’intention, en développant ses écoles pratiques, de se substituer aux industriels pour faire de l’apprentissage proprement dit, en faisant soutenir au besoin cette politique par les patrons peu actifs ou peu consciencieux qui préfèrent se décharger de la charge de l’apprentissage, et la laisseraient volontiers aux autres?
- 2° Puisqu’il veut encourager l’apprentissage, quelle suite compte-t-il donner au projet de loi sur les chambres d’apprentissage? Étant donné les difficultés que pré-
- p.840 - vue 838/899
-
-
-
- l’apprentissage a la c"“ d’orléans, la taxe d’apprentissage.
- 841
- sentera le vote de ce projet, quelles mesures compte-t-il prendre pour qu’en 1925 les industriels qui ont, bien avant le vote de la taxe d’apprentissage, assumé la charge de former des apprentis, soient exonérés de cette taxe?
- La première question exige, pour être bien élucidée, une comparaison détaillée entre l’école pratique de commerce et d’industrie, c’est-à-dire l’école d’État, et l’apprentissage à l’atelier. Je renverrai pour cette comparaison à l’article précité publié récemment dans la Revue politique et parlementaire, et je me bornerai à en donner ici les conclusions.
- « L’école pratique de commerce et d’industrie, qui comportait généralement (( jusqu’ici trois ans d’études, n’arrive à former devrais ouvriers qu’en se complé-« tant d’une quatrième année consacrée presque totalement au travail manuel. Elle « donne à ses élèves une instruction d’ordre primaire supérieur qui dépasse le niveau « de la grande masse des enfants, et doit donc être réservée à une élite d'ouvriers « destinée à fournir quelques spécialistes que l’atelier patronal ne forme pas et
- « surtout à fournir, après quelques années de vie à l’atelier, des cadres de contre-
- « maîtres et chefs d’équipe dont l’industrie a absolument besoin. »
- A moins de s’appuyer complètement sur des industriels qui lui procurent du
- travail rémunérateur, ce qui en fait non ptus une école d’Etat, mais une école semi-corporative, l’école pratique est onéreuse. Ses élèves coûtent en fin de formation 12.000 f environ, si l’on totalise les sommes payées par l’Etat, le département et la famille pour l’entretien de l’enfant, alors qu’un apprentissage à l’atelier coûte par enfant 10 à 15fois moins.
- « L’Etat doit donc se borner à former une élite et la masse des apprentis doit « être formée à l’atelier patronal ou dans des écoles-ateliers annexées aux ateliers « industriels et alimentées par eux en travail rémunérateur. »
- Il est nécessaire qu’au Parlement, le Ministre indique s’il est bien d’accord sur cette répartition du travail entre l’État et l’industrie.
- M. de Moro-Giafferi, Sous-Secrétaire d’État de l’Enseignement technique, a bien voulu récemment m’offrir l’occasion de recueillir à ce sujet son sentiment, et je dois dire que, malgré toute la bienveillance qu’il désire témoigner aux institutions existantes créées par l’initiative privée, je crains que, pour les créations nouvelles, le Gouvernement ne soit disposé à se substituer aux patrons qui, jusqu’ici, sur leur propre terrain, lui ont laissé le champ libre par leur abstention. Il trouvera, du reste, des arguments pour cette politique dans les déclarations mêmes des industriels partisans de l’apprentissage qui se sont plaints, à maintes reprises, de l’inertie de leurs collègues ou de certaines chambres de commerce.
- Il y a là une tendance inquiétante pour l’avenir. Pour le présent, il y a tant à faire pour l’apprentissage et les écoles pratiques, qu’il y a place pour toutes les initiatives et que les tendances étatistes seront bien vite arrêtées par les difficultés budgétaires, et je crois pouvoir faire confiance au Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique, en pensant que devant l’immensité de l’effort nécessaire, il s’occupera en premier lieu de la tâche qui lui incombe particulièrement : celle de la formation de l’élite.
- La seconde question est encore plus sérieuse pour l’avenir de l’apprentissage, car si le Ministère adoptait une politique étatiste pour l’apprentissage, contrairement aux conclusions qui précèdent, il serait très vite arrêté dans cette voie par les
- p.841 - vue 839/899
-
-
-
- 842
- L’APPRENTISSAGE a j/aTEEIER. — DÉCEMBRE 192't-.
- difficultés budgétaires. Mais s’il décourage les industriels s’intéressant à l’apprentissage, en ne donnant pas satisfaction à leur demande concernant les exonérations et le contrôle professionnel de la taxe d’apprentissage, il risque d’arrêter complètement le mouvement récent en faveur de l’apprentissage, et ce serait là une catastrophe.
- L’établissement de la taxe d’apprentissage pose en effet trois problèmes : il faut en déterminer le montant; il faut décider si toutes les industries et commerces la supporteront également ou dans quelles proportions; enfin, il faut déterminer comment et dans quelle mesure seront exonérés les patrons qui ont satisfait à l’obligation de l’apprentissage.
- Moulant de la taxe. — Four obtenir les 100 millions du budget de l’enseignement technique, le Gouvernement avait prévu une taxe de 0,5 par 100 f de salaire. Les industriels et commerçants déclarèrent tout d’abord qu’ils ne paieraient rien ; le Sous-Secrétaire d’Etat, M. de Moro-Giafferi. qui est avocat, plaida auprès d eux sa cause, non sans succès, puisque tout récemment une réunion de représentants les plus qualifiés de syndicats patronaux et de chambres de commerce fit savoir au Gouvernement, par la voie du journal La journée industrielle (du 30 novembre) qu’ils étaient disposés à assurer, par la taxe d’apprentissage, les frais des écoles pratiques et des écoles de métiers si la taxe d’apprentissage était votée telle qu’elle était prévue par le projet de loi du groupe parlementaire de l’enseignement technique, c’est-à-dire levée et employée totalement par les chambres d’apprentissage. C’est en somme la moitié du budget du Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique qu’ils acceptent de supporter. C’est un geste déjà fort large, et le Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique l’acceptera, je pense, sans hésiter s’il peut par ailleurs obtenir du Gouvernement que l’autre moitié de son budget soit supportée par le budget général. Comme les écoles pratiques ressortissent aussi bien aux budgets des départements, puisque ceux-ci en supportent la moitié des frais, qu’au budget de l’Etat, il n’y aurait pas là une entorse bien grave au principe de la non-spécialité des ressources du budget.
- C’est vraisemblablement sur ce premier point que s’engagera la discussion de l’article 18 de la loi de finances, à moins qu’une entente ne s’établisse au préalable entre le Gouvernement et les industriels.
- Supposons qu’il en soit ainsi; le montant de la taxe destiné à décharger le budget général ne sera donc plus que de 50 millions environ.
- S’il en était autrement, il faudrait doubler les chiffres que j’indique ci-après.
- J’ai d’ailleurs le regret d’ajouter que M. de Moro-Giafferi m’a indiqué qu’il était dans l’impossibilité, vu la situation budgétaire, d’accepter l’offre des industriels et de demander que la taxe alimente tout son budget, tout en la réduisant notablement au-dessous de 0,50.
- Et c’est ici que se pose le deuxième problème— celui de l'assiette de la taxe. — Après s’être élevé contre le principe d’une taxe sur les salaires que le Gouvernement a substitué au principe des « centimes additionnels » à la patente, un certain nombre d’industriels et de commerçants s’y sont ralliés.
- Ils se sont également ralliés, dans la réunion précitée, à une répartition égale sur tous les commerces et toutes les industries. Et ils ont eu grandement raison. Il paraîtrait cependant, a priori, logique que chaque industrie fût d’autant plus lour-
- p.842 - vue 840/899
-
-
-
- l’apprentissage a la c1ü d’orléans, la taxe d’apprentissage. 843
- dement taxée qu’elle a davantage besoin d’apprentissage. Mais il est bien difficile de délimiter dans quelle mesure telle ou telle profession exige des apprentis. Les grands magasins soutiendront qu’ils peuvent s'en dispenser, les petits commerçants leur diront qu’ils s’en passent parce qu’ils embauchent les employés déjà formés dans des petits magasins; et ainsi dans toutes les professions. Différencier la taxe serait ouvrir la porte à des discussions et à des négociations sans fin. D’ailleurs, si l’incidence de la taxe est variable et peut être lourde pour les industries dont le produit comporte une forte proportion de main-d’œuvre, tels que les mines et les chemins de fer, tous les commerces et toutes les industries ne sont-ils pas solidaires? Le commerçant vend les produits de l'industriel, et l’usine, qui n’emploie que des manœuvres spécialisés, utilise les machines outils que des ouvriers habiles ont ajustées; elle enlève à l’industriel qui en a besoin, les apprentis que celui-ci est, de ce fait, obligé de payer plus cher. Il est donc nécessaire, tout au moins pour débuter, de maintenir une taxe uniforme.
- Il est également indispensable d’admettre que tout le monde est assujetti à la taxe. Qu’on détaxe si l’on veut les petits artisans qui n’ont qu’un aide et un apprenti, mais qu’on n’essaie pas d’exonérer les petits patrons qui se rattachent à l’artisan parce qu’ils travaillent manuellement eux-mêmes, car si l’on allait jusque-là, on supprimerait, dans certaines professions, plus de la moitié de la matière imposable, en créant entre patrons des différences injustifiées.
- Reste à trouver une solution au dernier problème, celui de l’exonération de la taxe. Le problème est extrêmement important ; c'est, à mon avis, le seul dont l’importance soit capitale, car ce serait faire, à tous ceux qui forment déjà leurs apprentis, une injustice grave et les décourager que de leur faire supporter à la fois les frais de l’apprentissage et la taxe. Ce problème est également difficile. Il sera en effet assez aisé de fixer les exonérations lorsque les chambres d’apprentissage seront constituées et auront fait cet inventaire de l’apprentissage que nul n’a fait jusqu’ici; mais ces chambres ne seront pas constituées instantanément, même si on vote rapidement leur loi organique, et cette loi ne se votera pas sans difficultés. Il est donc nécessaire de prévoir un régime provisoire d’exonération pour l’année 1925.
- Le problème immédiat qui se pose donc est le suivant :
- A quel taux faut-il fixer la taxe pour qu’elle produise en 1925, tenu compte des exonérations, les 50 millions que les industriels offrent à l’enseignement technique?
- La taxe sera évidemment plus forte si les exonérations sont plus complètes et plus nombreuses, et certains industriels ont eu à ce sujet des inquiétudes.
- Ne faudra-t-il pas majorer notablement la taxe si les patrons qui forment convenablement le contingent d’apprentis correspondant à leur personnel sont totalement exonérés, comme cela est nécessaire, ainsi que je l’ai montré tout à l’heure? Ces inquiétudes sont tout à fait exagérées.
- D’une part, en effet, beaucoup de professions comportent des dépenses d’apprentissage relativement très faibles, de sorte que même si tous les patrons de ces professions étaient exonérés de leurs dépenses d’apprentissage, leur taxe ne serait que peu allégée. D’autre part, dans les industries où l’apprentissage est très nécessaire et onéreux, les patrons qui forment normalement leur contingent d’apprentis, sont loin d’être en majorité. Je ne pense donc pas qu’en acceptant le principe d’exonéra-
- p.843 - vue 841/899
-
-
-
- l'apprentissage a i/atkmhr. -
- DGGEMRUE \ 924.
- au
- tion très large, on risque de diminuer ainsi le produit général de la taxe de plus de 15 p. 100 environ.
- Admettons même que le déficit soit de 20 p. 100. compte tenu des petits artisans. Pour produire 50 millions nets, il faudrait donc obtenir 65 millions bruts.
- Le montant des salaires industriels et commerciaux étant en fait voisin de 40 milliards, il suffirait d'une taxe de 15 à 20 centimes pour 100 f de salaires.
- Ces conclusions concordent très sensiblement avec celles que M. Constant Verlot, président du groupe parlementaire de l’Enseignement technique à la Chambre, et père de la taxe d’apprentissage, vient de formuler dans son amendement à la loi de finances.
- M. Verlot propose de fixer la taxe à 0,25 f pour 100 f de salaire, de limiter son utilisation aux écoles d’apprentissage et aux écoles pratiques, et de préciser, dans l'article 18 de la loi de finances que « des exonérations partielles ou totales « devront être accordées après avis des comités départementaux de l’Enseignement « technique, en attendant la création des chambres d’apprentissage, aux personnes « et sociétés imposables, en considération des dispositions qu’elles prennent, soit « individuellement, soit collectivement, en vue de favoriser l'enseignement technique « et l’apprentissage ».
- Cet amendement mérite d’être soutenu par tous ceux qui s’intéressent à l’apprentissage, mais je crois que le taux de la taxe pourrait être réduit à 20 p. 100 s’il ne s’agit que d’assurer au Gouvernement la moitié du budget de l'Enseignement technique. Cette évaluation concorde avec celle du Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique qui paraît admettre que, tout en assurant la totalité de son budget, la taxe pourra descendre à 0,35 environ. Quant aux exonérations, le texte de M. Verlot ne me parait pas encore tout à fait assez précis, et je me permets de lui suggérer la variante ci-après :
- « Les personnes et sociétés imposables, qui auront, au cours de l’année 1924.
- « favorisé l’enseignement technique et l’apprentissage, seront exonérées pour 1925 « de leur taxe d’apprentissage :
- « en totalité, si elles justifient de dépenses au moins égales à cette taxe, ou si « elles ont formé convenablement un nombre d’apprentis correspondant à leurs « besoins normaux;
- « partiellement, et dans la limite de leurs dépenses, si ces dépenses sont restées « inférieures à la taxe.
- « Seront seuls comptés comme dépenses, les frais des cours professionnels.
- (( les subventions aux écoles, les salaires des instructeurs et les salaires payés aux (( apprentis pour les heures de présence aux cours professionnels.
- « Les exonérations seront accordées par les comités départementaux de l’ensei-« gnement technique. Les intéressés devront, à cet effet, leur adresser une demande (( d’exonération avec justifications à l’appui dans le mois qui suivra la promulga-« tion de la loi de finances.
- a Les exonérations des services publics et des services concédés, qui s’étendent « sur plusieurs départements, tels que les transports en commun, chemins de fer,
- « compagnies de navigation, etc., seront prononcées dans les mêmes conditions,
- « par la Commission permanente du Conseil supérieur de l’Enseignement technique,
- « complétée à cet effet par un représentant de chaque industrie intéressée. »
- p.844 - vue 842/899
-
-
-
- DISCUSSION.
- 845
- Je livre, Messieurs, ce texte à vos discussions, heureux si je pouvais, par les indications qui précèdent, contribuer à dissiper le malentendu qui sépare actuellement le Sous-Secrétariat de l’Enseignement technique et l’industrie, et à rétablir cette entente et cette union sacrée qui sont indispensables au développement de l’apprentissage et à l’industrie nationale.
- Maurice Lacoin,
- Ingénieur en Chef du Matériel et de la Traction, à la Compagnie du Chemin de fer de Paris ci Orléans, membre dit Conseil supérieur de l'Enseignement technique.
- DISCUSSION
- M. F erdinand Roy, membre du Conseil de la Société d’Encouragement, au nom de l’industrie textile, présente les observations suivantes :
- J’applaudis, au nom de l’industrie textile, que je représente ici, à l’organisation si parfaite de l’enseignement technique qui a été créée par la Compagnie d’Orléans en faveur de toute la partie de son personnel pour laquelle cet enseignement s’impose.
- Là où je me sépare de M. Lacoin c’est qu’il m’a paru accepter la taxe sur les salaires, contre laquelle nous nous élevons avec la dernière énergie : 1° parce que nous la considérons comme inégale et injuste; 2° parce qu’elle marquerait un début des plus dangereux.
- Je m’explique sur le premier point.
- L’impôt doit, dans toute la mesure possible, être une charge égale pour toutes les industries, or aucune base ne peut être plus mal choisie que le salaire. En effet, dans le prix de revient de certaines industries, le salaire entre pour une fraction très peu importante, tandis que pour d’autres, il y entre parfois pour les trois quarts. Je n’en veux pour preuve que la difficulté que rencontrent différentes corporations pour adopter les allocations familiales parce que le montant annuel dépasserait sensiblement le bénéfice réalisé.
- J’ai tout lieu de supposer que la réunion d’industriels, dont M. Lacoin nous a parlé, et qui a approuvé la taxation sur les salaires en demandant seulement l’abaissement du taux, était composée de représentants de la grande industrie qui avaient pu calculer que la charge serait peu onéreuse pour eux. Il ne faut pourtant pas se placer pour une question de cette importance à un point de vue étroit, mais à un point de vue général en pesant les répercussions. L'industrie textile qui, de toutes les industries, occupe en France le plus nombreux personnel, en le comptant depuis la filature jusqu’à la confection, n’avait pas été convoquée à cette réunion.
- En résumé, les industries textiles s’élèvent contre un mode détaxation qui imposerait aux industries qui emploient une main-d’œuvre importante, des charges sans relation ni avec les bénéfices réalisés, ni avec les capitaux engagés.
- Maintenant le deuxième point, soit le danger que présenterait une taxe appliquée pour la première fois sur les salaires.
- p.845 - vue 843/899
-
-
-
- 840
- L’APPRENTISSAGE a l’atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- Nous considérons qu’en acceptant ce mode de taxation, nous serions menacés de voir le taux augmenté par la suite en appliquant la taxe à d’autres buts que l’apprentissage et l’enseignement technique.
- Même rien que pour l’apprentissage et l’enseignement technique, un nouveau sous-secrétaire d’Etat pourrait trouver que 0,2,') f ou 0,5 f pour 100 f de salaire n’est pas suffisant et proposer 1 p. 100 du salaire ou même plus, en dégrevant la majorité des industriels petits ou moyens, pour ne frapper que les plus importants.
- Il nous semble difficile d'admettre que le produit de la taxe proposée soit appliqué à payer les frais du Sous Secrétariat d’Etat. Si on entre dans cette voie, nous sommes exposés à voir augmenter le taux pour payer les frais du Ministère du Commerce et de l’Industrie et ceux du Ministère du Travail.
- En conséquence, nous demandons le maintien du principe de l’unité budgétaire.
- L'enseignement technique et l'apprentissage.—Dans nos industries textiles, nous avons besoin de l’enseignement technique pour former les contremaîtres et leurs aides, c’est-à-dire nos cadres, mais il est inutile pour les ouvriers ou ouvrières de filature et de tissage auxquels il est expressément défendu de toucher au réglage des machines.
- Quant à l’apprentissage proprement dit. il ne peut se faire dans nos industries qu’à l’atelier et des cours théoriques seraient une perte de temps sans aucun effet utile pour l’ouvrier ou pour le patron.
- Veut-on faire payer une taxe pour l’apprentissage sur le salaire de 840 000 ouvriers ou ouvrières textiles, pour au moins 800 000 qui n’en ont nul besoin.
- Par contre, il est évident que l’apprentissage est absolument indispensable dans toutes les industries et toutes les professions où le personnel se sert manuellement des outils et a besoin d'apprendre à s'en servir intelligemment et habilement.
- Nous nous élevons donc contre toute tentative d’unification et de généralisation. A notre avis, les chambres de commerce sont le mieux placées pour distinguer les industries où l’enseignement technique et l’apprentissage sont indispensables et pour créer des cours où les ouvriers et ouvrières pourraient, quand ces cours n’existent pas encore, se préparer ou se perfectionner.
- Possédant ces données, les chambres de commerce devraient être autorisées à ajouter à la patente, dans chaque industrie, la proportion de centimes nécessaires pour subventionner les cours dont la nécessité s’impose.
- Pourquoi par exemple faire supporter à une industrie qui n’emploie que des manœuvres, les frais qui s'imposent pour la joaillerie, l’orfèvrerie, 1’ébénisterie?
- Nous demandons que les dépenses soient comptées dans le budget pour les écoles et cours d’intérêt général, et que, pour les cours ou écoles d’apprentissage qui intéressent telle ou telle industrie, les dépenses soient appliquées à ces industries par des centimes sur la patente, si ces industries n’en font pas déjà les frais par leurs propres contributions.
- L’industrie cotonnière, quand le débouché de la production de l’Alsace en Allemagne va être fermé, devra exporter 25 p. 100 de sa production ou chômer. Nos calculs montrent que les impôts actuels atteignent 16 fois et plus les impôts d’avant guerre et si on ajoute des charges venant encore grossir ce coefficient, l’exportation deviendra impossible et ce sera malheureusement la cause d’un chômage analogue à celui qui frappe si durement l’Angleterre.
- p.846 - vue 844/899
-
-
-
- DISCUSSION.
- 847
- M. I jACoin répond qu’il ignore si tous les groupements patronaux étaient représentés à la réunion à laquelle il a fait allusion. Les considérations présentées par M. Roy ne leur ont pas échappé, et ils se rallieraient sans doute à ses conclusions si, en matière de politique, on pouvait se désintéresser des possibilités. Il ne leur a pas paru possible d’éviter la taxe sur les salaires, étant donné que les autres modes de taxation proposés, tels que celui des centimes additionnels à la patente, ne sont pas applicables à toutes les industries. Quoi qu’il en soit, il estime qu’il est de l’intérêt même des industriels de réaliser l’union entre eux, s’ils veulent agir auprès de l’opinion et du Gouvernement pour faire améliorer le projet de loi.
- M. l’Abbé Lejeune, directeur de l’École professionnelle d’Arts et Métiers de Sèvres, demande ce qu’on pense faire pour les petits patrons et les écoles d’apprentissage privées qui trouvent difficilement du travail pour alimenter leur atelier.
- M. Lacoin dit qu’il importe que les industriels soutiennent les écoles, et donne comme exemple l’atelier de la rue Gandon, qui est alimenté par les industriels du voisinage, la Société des Établissements Panhard et Levassor, la Société l’Aster, la Maison Hiard, etc.
- p.847 - vue 845/899
-
-
-
- L’APPRENTISSAGE A l\\TELIER. — DÉCEMBRE 1924.
- 8i8
- ANNEXE N° 1
- NOTE SUR LE WAGON D’INSTRUCTION DU SERVICE DU MATÉRIEL ET DE LA TRACTION DE LA COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS
- Le wagon d’instruction proprement dit est constitué par un wagon couvert à bogies; un wagon couvert à marchandises à deux essieux, aménagé pendant la guerre en vue du transport des voyageurs, lui a été adjoint pour servir de magasin et de bureau-couchette.
- Ces véhicules sont normalement toujours accouplés et réunis par un soufilet d’intercirculation. Ils sont munis du chauffage à vapeur et de l’éclairage électrique.
- Wagon d’instructton proprement dit. — Dimensions. — L’intérieur du wagon forme une salle de cours ayant 11 m sur 2/i0 m.
- Aménagement intérieur. — Du côte opposé à celui où est accroché le wagon annexe se trouve une estrade avec table, fauteuil, tableau noir et petites armoires de documents pour le professeur. Le long de la paroi latérale de gauche, en regardant l'estrade, 5 tables (avec rallonges démontables) d'une longueur de 1.50 m chacune, permettent à 15 élèves de prendre des notes pendant les cours. Ces tables, leurs rallonges enlevées, se replient le long de la paroi, ce qui permet de transformer en quelques instants la salle de cours en salle de conférence pour une quarantaine d’auditeurs. De plus, 15 tabourets et des bancs légers et démontables, pouvant être remisés dans le wagon annexe, servent de sièges au moment des leçons et des conférences.
- Des baies vitrées et un châssis dormant vitré, placés sur chacune des parois latérales, permettent à la lumière d'entrer largement dans le wagon.
- Appareils de démonstration contenus dans le wagon. — I. — Pompe des freins à ± phases, système Westinghouse. — Cette pompe porte des coupes nombreuses permettant de voir la disposition des pistons, organes de distribution et conduites de vapeur et d’air comprimé. De plus, elle est montée de telle façon qu’il suffit à l’instructeur de faire manœuvrer la pompe au moyen d’un volant de commande pour que les auditeurs voient chaque organe effectuer les mêmes déplacements que dans la marche réelle. Quelques explications verbales suffisent ainsi pour que tous puissent saisir chaque détail de cette pompe assez compliquée et que les agents ont souvent une certaine peine à comprendre d’après les dessins reproduits dans les instructions.
- IL — Appareillage de frein complet. — Cet appareillage comprend tous les organes du frein Westinghouse, depuis le réservoir principal qui peut être chargé
- p.848 - vue 846/899
-
-
-
- LE WAGON D’INSTRUCTION DE LA C"' D’ORLÉANS.
- 81!)
- d’air comprimé par l’intermédiaire de la conduite générale du wagon, jusqu’au cylindre à frein. 11 est ainsi loisible de faire à poste fixe une école de frein. Tous les appareils, robinet à décharge égalisatrice, triple valve, robinet modérable, etc., sont doublés par une pièce identique coupée et accompagnée de croquis au lavis à très grande échelle.
- III. — Appareils d intercommunication électrique et pneumatique. — L’appareillage complet de chacun des 2 systèmes d intercommunication se trouve disposé dans le wagon, ce qui permet de les étudier facilement.
- IV. — Croquis des systèmes d’éclairage et de chauffage des voitures. — Ces
- Fig. 1. — Les « wagons (l’instruction » (vue d’ensemble).
- croquis sont appuyés par un certain nombre d’appareils normalement disposés dans le wagon annexe.
- V. — Chronotachymètre Haussaelter, enregistreur de vitesse sur les locomotives, disposé pour faciliter l’étude des pièces qui le composent.
- VI. — Graisseur à condensation à 5 départs et clé d’arrêt, en usage sur les locomotives. — Ce graisseur est coupé et de nombreux croquis, disposés sur une toile sans lin, permettent la compréhension aisée de son fonctionnement.
- VII. — Plusieurs schémas animés (dits pantins) reproduisent le mouvement des tiroirs et pistons pour les principaux types de distribution en usage à la Compagnie d’Orléans (Walschaert, Gooch, Joy,...). Deux de ces pantins sont spéciaux aux machines compound.
- VIII. — Schéma de signalisation. — Pour l’étude de la signalisation du réseau, on a disposé sur une table de chêne de 5,50 m de longueur et 0,80 m de largeur un modèle à échelle réduite comportant 3 stations sur la double voie, 3 stations sur la voie unique et plusieurs bifurcations. La voie ainsi tracée, de 23 mm de largeur, a un développement de 60 m. Tous les signaux y sont placés à l’échelle dans leur position réglementaire.
- On peut, à l’aide de ce modèle, dans un espace restreint, faire résoudre aux futurs agents de direction tous les problèmes intéressant la sécurité, notamment
- p.849 - vue 847/899
-
-
-
- 850
- l’aPPIîKNTISSAGK a l’aTKLIEH. — DKCPMIilîE 1924.
- Fig. 3
- Les « wagons d’instruction • (avec l’appareil de signalisation descendu)
- p.850 - vue 848/899
-
-
-
- LE SERVICE DE FORMATION PROFESSIONNELLE DE LA Ci0 D’ORLÉANS.
- 851
- ceux qui se posent en cas d’incident de service : non fonctionnement d’un signal, circulation momentanée à voie unique sur une double voie, manque d’eau, rupture d'attelage....
- Ce schéma est mobile, équilibré par quatre contrepoids et soutenu par câbles et poulies de renvoi. Il peut ainsi s’effacer après la leçon pour occuper la partie supérieure du wagon, sous le cintre, et laisser la salle de cours complètement libre.
- IX. — Tableaux et appareils divers. — Une collection d’éprouvettes de divers métaux, ayant servi auv essais de traction et de pliage, permet de mettre en évidence les propriétés (allongement avant rupture, striction, aspect de la cassure) de ces métaux. Un tableau des outils-types employés dans les divers établissements, avec les angles de coupe réglementaires est à la disposition des élèves, qui peuvent le consulter le cas échéant.
- Enfin, un certain nombre d’appareils de mesure et de vérification cités dans la partie théorique des cours de mécanique et d’électricité ou dans le cours de physique (cours de perfectionnement et cours supérieurs d’apprentissage) sont également placés dans le wagon d’instruction ou son annexe pour être utilisés au moment des leçons et interrogations (plan de Galilée pour l’étude du mouvement uniformément accéléré, appareil de démonstration de la force centrifuge, de la recalescence de l’acier, voltmètre, ampèremètre, etc.).
- Wagon annexe. — Ce wagon est divisé en deux parties par une cloison transversale. La partie contiguë au wagon d’instruction, auquel elle est reliée par le soufflet précité, sert de magasin pour les pièces de machines et les modèles de démonstration. L’autre partie, séparée de la première par une porte à glissières, sert de bureau-chambre de repos pour le professeur.
- Une armoire-bibliothèque contient tous les documents et instructions qui peuvent être utiles au professeur au cours de ses leçons.
- ANNEXE N° 2
- LE SERVICE DE FORMATION PROFESSIONNELLE DU PERSONNEL DE LA COMPAGNIE DU CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS
- Corps professoral et agents dirigeants.
- MM. Chassagne, Chef du service, Ingénieur des Arts et Métiers, Administrateur du Comité de Patronage des Apprentis du XIIIe Arr1, vice-président de la classe 40 (Écoles professionnelles, Apprentissage) à l’Exposition de Gand 1923.
- Garsonnin, contrôle des cours techniques et professionnels, Ingénieur des^ Arts et Manufactures, licencié en droit, licencié ès sciences, répétiteur à l’École centrale des Arts et Manufactures.
- Néron, Coldefy, Chastagnol, Pauly, Lesgure, Launay, Audiger, chargés du contrôle technique des ateliers de dépôts et des écoles d’apprentissage Tome 136. — Décembre 1924. 69
- p.851 - vue 849/899
-
-
-
- 852
- L’APPRENTISSAGE a l’atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- des arrondissements auxquels ils sont attachés, Ingénieurs des Arts et Métiers.
- Murat, Touraille, Leroux, Jouclas, Amet, chargés du contrôle des cours professionnels et de la formation des instructeurs théoriques dans les arrondissements auxquels ils sont attachés.
- Chouard, chargé de la formation générale et littéraire et de l’éducation des apprentis. Conférences de culture générale. Bibliothèques circulantes. Revue : L'Apprenti P. O., Amicale des Apprentis. Ancien professeur de l’Enseignement secondaire, ancien rédacteur en chef du Supplément littéraire illustré du Petit parisien, en littérature, Pierre Vernou.
- Gilis, chargé des cours supérieurs d’apprentissage, Ingénieur des Arts et Métiers.
- Solignac, contrôle des cours supérieurs d’apprentissage, Ingénieur des Arts et Métiers.
- Mlle Gauguin (brevet supérieur, baccalauréat ès sciences, lre partie); M. Andissac (brevet supérieur, ancien professeur de l’Enseignement primaire supérieur); M. Boyrie (diplômé de l’Ecole supérieure de Commerce de Bordeaux) correcteurs des devoirs des élèves des Cours supérieurs d’apprentissage.
- Lacour, chargé des cours du soir, licencié ès sciences, diplômé d’études supérieures des sciences physiques.
- Bénite, chargé de l’organisation et de l’inspection sur place des cours de perfectionnement par correspondance (Service administratif), licencié en droit.
- Mme Haeffelin (brevet supérieur) ; M. Halter (brevet élémentaire) ; M. Vigikr (baccalauréat ès sciences) correcteurs, en dehors des heures de service normal, des devoirs des élèves des cours de perfectionnement par Correspondance (Service administratif).
- Juillard, chargé des cours de perfectionnement par correspondance (Service actif), Ingénieur des Arts et Métiers.
- Planciiou, chargé du « wagon-instruction ». Ingénieur des Arts et Métiers.
- Ciroux (Ingénieur des Arts et Manufactures) ; M. Naizon (diplômé d’une école libre d’Arts et Métiers) correcteurs, en dehors des heures de service normal, des devoirs des élèves des cours de perfectionnement par correspondance (Service actif).
- ANNEXE N° 3
- DÉLIBÉRATIONS DES CHAMBRES DE COMMERCE ET DES GROUPEMENTS PATRONAUX OU SYNDICAUX AU SUJET DE LA TAXE D’APPRENTISSAGE PROJETÉE
- Les attitudes prises par les différents groupements et les observations qu’ils ont présentées ne sont pas identiques.
- Certains groupements, qui comprennent la plupart des patrons qui se sont occupés d’apprentissage, acceptent une taxe d’apprentissage en la limitant à la
- p.852 - vue 850/899
-
-
-
- LA TAXE D’APPRENTISSAGE : OPINIONS DES GROUPEMENTS PATRONAUX. 853
- moitié du budget du Sous-Secrétarial de l’Enseignement technique, et en laissant ainsi à la charge du budget général une somme égale à celle inscrite au budget de 1924.
- D'autres vont plus loin : ils protestent spécialement contre la forme de la taxe, craignant que cette taxe, une fois établie, ne soit majorée ultérieurement.
- Nous reproduisons ci-après les principales délibérations :
- Vœu de l'ensemble des Présidents des Chambres de Commerce.
- L’assemblée des présidents des chambres de commerce, dans sa réunion du
- 12 novembre 1924, à laquelle 130 chambres de commerce étaient représentées, après examen des dispositions du projet de loi de finances pour 1925 (art. 18), a adopté la résolution suivante :
- « Considérant que la loi organique relative aux chambres de commerce com-« prend dans leurs attributions toutes les œuvres utiles au commerce et à l’indus-« trie, et, notamment, l’enseignement professionnel et l'apprentissage, et leur « permet de se procurer les ressources nécessaires au moyen de centimes addi-« tionnels à la patente,
- « Confirme sa délibération du 23 mai 1922,
- « Et émet le vœu que la taxe prévue par l’article 18 du projet de la loi de « finances pour 1925 soit repoussée par le Parlement » (Journée industrielle du
- 13 novembre 1924).
- Un certain nombre d’industriels et de commerçants représentant d’importants groupements professionnels se sont réunis, le 20 novembre 1924, à la Chambre de Commerce de Paris sous la présidence de M. Pierre Richemond, vice-président de l’Union des Industries métallurgiques et minières, en vue de préciser le vœu précédent et ont adopté les conclusions suivantes :
- « 1° Est admis le principe d’une contribution obligatoire en faveur de l’appren-« tissage à demander à tous les employeurs de main-d’œuvre sans exception.
- « 2° La taxe d’apprentissage, telle qu’elle est proposée dans l’article 18 du projet « de budget, est repoussée comme constituant un impôt d’Etat sans affectation « déterminée et pouvant être appelée à couvrir des dépenses n’ayant aucun rapport « avec l'apprentissage.
- « 3° L’effort à supporter doit être limité aux dépenses normales des œuvres « proprement dites d’apprentissage, c’est-à-dire :
- « a) apprentissage à l’atelier;
- « b) cours d’apprentissage existant dans les écoles jumelées;
- « c) cours professionnels ;
- « cl) écoles de métiers ;
- (( e) écoles pratiques de commerce et d’industrie. »
- Ces charges peuvent être évaluées à environ 50 millions.
- (( 4° Les charges totales de l’apprentissage étant connues, la création de ressources « correspondantes devrait être demandée aux chambres de commerce qui sont « seules qualifiées actuellement, pour percevoir les centimes additionnels néces-« saires sur tous les industriels et commerçants de leur circonscription, sous <( réserve de modalités spéciales à prévoir en ce qui concerne les mines et les chemins « de fer, ainsi que les départements recouvrés.
- p.853 - vue 851/899
-
-
-
- 854
- L’APPRENTISSAGE a l'atelier. -- DÉCEMRRE 1924.
- « Les ressources nécessaires à l’apprentissage pourraient être de cette façon « immédiatement constituées en recourant, s’il était nécessaire, à des perceptions « obligatoires pour le budget des chambres de commerce.
- « 5° Les fonds ainsi recueillis seraient employés exclusivement en faveur de <( l’apprentissage, soit par les chambres de commerce elles-mêmes, soit par des « institutions spécialement créées dans ce but avec leur concours par une loi orga-« nique sur l’apprentissage.
- « (>° Il est de toute justice d'accorder aux assujettis, qui se sont imposé des « sacrifices volontaires en faveur de l’apprentissage, des exonérations calculées « jusqu’à due concurrence des sommes effectivement consacrées par eux à l’appren-« tissage.
- « 7° Le vote d'une loi organique réglementant l’apprentissage en France parait « urgent à tous points de vue. Cette loi serait appelée à préciser notamment les « conditions de perception et l’emploi des ressources ci-dessus envisagées » (Journée industrielle du 29 novembre 1924).
- À la suite de ce vœu, la Chambre de Commerce de Paris a précisé comme suit ses desiderata :
- (( La Chambre de Commerce de Paris, protestant avec la dernière énergie contre « l’article 18 du projet de loi de finances pour 1925, qui, tel qu’il est présenté, « institue en réalité un nouvel impôt d’Etat qui pèserait sur une fraction seulement (( des contribuables et qui, malgré le principe de son affectation spéciale, servirait « à couvrir des dépenses étrangères à l’apprentissage et incombant en conséquence « à la collectivité ;
- « Maintenant ses nombreuses délibérations antérieures et résolue à développer « son effort personnel en ce qui concerne l'apprentissage;
- « Affirmant à nouveau la nécessité de mettre d’urgence un terme à la crise de « l'apprentissage en France en organisant celui-ci au moyen de ressources spéciales « et obligatoires pour tous les employeurs de main-d'œuvre;
- (( Considérant :
- « 1° Que les chambres de commerce sont, de par la loi organique du 9 avril 1898, « seules qualifiées d’une part, pour développer et organiser, avec le concours des « syndicats professionnels, les œuvres d’apprentissage; d’autre part, pour percevoir « sur tous les industriels et commerçants de leur circonscription, les centimes « addilionnels sous réserves de modalités spéciales à prévoir en ce qui concerne les « départements recouvrés, les mines, les chemins de fer;
- « 2° Que les fonds ainsi recueillis, représentant actuellement une somme de « 50 millions et obligatoirement votés par les chambres de commerce doivent être « exclusivement affectés aux dépenses normales des œuvres d’apprentissage propre-« ment dites par les chambres de commerce ou par des organismes autonomes à « créer éventuellement avec le concours des chambres de commerce;
- (( 3° Qu’il convient strictement de ne considérer comme œuvre d'appren-« tissage que :
- (( o) l’orientation professionnelle;
- « b) l’apprentissage dans les ateliers et les usines;
- « c) les cours d’apprentissage existantdans les écoles jumelées;
- p.854 - vue 852/899
-
-
-
- LA TAXE D’APPRENTISSAGE : OPINIONS DES GROUPEMENTS PATRONAUX. 855
- (( cl) les cours professionnels ;
- (( e) les écoles de métiers ;
- « f) les écoles pratiques de commerce et d'industrie;
- « 4° Qu’il est de toute justice d’exonérer, à due concurrence des sommes effecti-« vement consacrées par eux à l'apprentissage, les assujettis qui se sont imposé des « sacrifices en faveur de l'apprentissage,
- « Emet le vœu que la taxe telle que prévue par l’article 18 du projet de loi de « finances pour 1925 soit repoussée par le Parlement. »
- Les Chambres de Commerce de Nantes, Le Havre, Dieppe, Limoges, Bourges, Saint-Omer, Montpellier, Cbarleville, le Syndicat des Mécaniciens, Chaudronniers et Fondeurs de France, le Syndicat des Constructeurs d’Appareillage et de Matériel électrique, la Chambre syndicale des Industries métallurgiques du Rhône, la Fédération des Syndicats patronaux de Normandie, l’Association industrielle, commerciale et agricole de l’Ouest, ont émis des vœux semblables.
- Parmi les protestations qui font une opposition formelle au projet, les plus caractéristiques sont les suivantes :
- La Chambre de Commerce de Roubaix combat très énergiquement la taxe et demande qu’elle soit repoussée. Elle la combat parce qu’elle menace l'industrie locale d une nouvelle charge accablante qui n’a aucun fondement et parce qu’il paraît inadmissible de faire entrer dans le cadre de nos lois, une disposition qui, non seulement consacrerait une criante injustice fiscale, mais qui, aussi, permettrait qu’une taxe, créée dans un but bien défini, pût recevoir presque intégralement une autre affectation (Journal de Roubaix du 1er décembre 1924).
- Les Chambres de Commerce de Strasbourg et de Tourcoing se déclarent aussi nettement opposées à la création de cette taxe, ainsi que la Confédération générale des Fabricants de Toile de France et l’Association des Grands Ports français; la Chambre de Commerce de Niort a protesté contre le projet tel qu’il se présente actuellement, lequel prévoit que les ressources non utilisées par le budget de l’enseignement technique seront affectées au budget général.
- L’Union des Syndicats patronaux des Industries textiles de France demande que la taxe proposée soit établie pour les diverses industries par rapport aux capitaux engagés et aux besoins réalisés suivant qu’elles occupent une main-d’œuvre plus ou moins importante.
- Le Comité de Direction des Employeurs de Main-d’œuvre dans les Ports de France émet un vœu pour la suppression de ce projet de taxe ou tout au moins pour que son taux soit différent suivant les industries et leurs besoins d'apprentis.
- Le Groupe de l’Artisanat fait toute réserve sur le paiement de cette taxe parles artisans, tant que ceux-ci n’auront pas obtenu les chambres consultatives qu'ils demandent.
- p.855 - vue 853/899
-
-
-
- 856
- L’APPRENTISSAGE A l’atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- ANNEXE N° 4
- ECOLES D’APPRENTISSAGE ISSUES D’INITIATIVES DESINTERESSEES ORGANISÉES INDUSTRIELLEMENT ET TRAVAILLANT SUR DES COMMANDES DE L’INDUSTRIE
- On peut citer parmi ces écoles :
- E Atelier-Ecole d' Apprentissage de Mécanique ,25, rueGandon, Paris, qui fonctionne sur ces bases. Bénéficiant de l’appui moral de l’Entraide éducative, association groupant des amis de l’apprentissage, et du Comité de Patronage des Apprentis du 13e Arrondissement, cette école trouve une source de production rémunératrice dans les commandes que lui confient certains établissements industriels qui ont des représentants au Comité de l’École, comme Panhard, Voisin, Aster, Uiard, etc. En même temps que ce travail de production réelle permet d’équilibrer le budget de l’Ecole, il accroît considérablement l’efficacité de l’enseignement, qui ne laisse pas de comprendre par ailleurs une progression de travaux classiques permettant de contrôler les progrès des apprentis. Cette organisation permet en outre de distribuer mensuellement des gratifications aux apprentis,
- Nous devons citer également, comme s’inspirant des mêmes principes, les Ateliers d'Apprentissage de J'etite Mécanique, 211, rue Vercingétorix, à Paris, qui demandent aussi à une production industrielle une forte compensation des frais généraux.
- D’un niveau plus élevé, l'Ecole professionnelle d'Arts et Métiers de Sèvres s’attache à former des chefs d’équipe et contremaîtres, et comprend un enseignement théorique général et professionnel et un enseignement pratique réalisé dans 4 ateliers, ajustage, mécanique, forge et menuiserie, sous la direction de contremaîtres.
- Cette école désirerait obtenir des industriels un appui plus large, sous forme de travail.
- ANNEXE N° 5
- LE « JACQUES-CARTIER » ET LA FORMATION DES CADRES DE LA MARINE MARCHANDE PAR LA COMPAGNIE GÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE
- La préparation des futurs cadres de la marine marchande est assurée par les écoles nationales de navigation établies dans différents ports; elles dépendent du Sous-Sccrétariat de la Alarine marchande et préparent aux examens officiels de cette dernière. A coté d’elles, se développent une ou deux écoles libres d’hydrographie, d’ailleurs subventionnées. Le programme qu’on y étudie est conçu dans un
- p.856 - vue 854/899
-
-
-
- LA FORMATION DES CADRES DE LA MARINE MARCHANDE.
- 857
- esprit large et aussi pratique que possible; encore l’élève ne fait-il qu’y suivre des cours, et peut-il, théoriquement, arriver à son brevet d’élève-offîcier de la Marine marchande, premier échelon de la carrière d’officier, sans avoir mis le pied à bord d'un navire, état de chose sans doute regrettable mais dont le remède n’est point aussi facile qu’il peut tout d’abord apparaître aux non initiés. On dira en effet : pourquoi ne pas transformer ces écoles en navires-écoles? Nous répondrons : leur enseignement est gratuit; elles grèvent donc déjà le budget; que serait-ce si leurs
- Le Jacques-Cartier, navire-école de la Compagnie générale transatlantique.
- frais étaient décuplés par une transformation de ce genre! Il y a, à l’heure actuelle, des nécessités budgétaires inéluctables : un tel effort ne peut être exigé.
- Il appartenait donc à une compagnie maritime, directement intéressée au recrutement et à l’éducation de son futur personnel, et, partant, au progrès de tout l’enseignement maritime français, d’assurer cette tâche. La Compagnie générale transatlantique en a pris, dès 1919, l’initiative. Cependant, elle s’est gardée d’en monopoliser le fruit : elle a, dès le début, donné à son œuvre un caractère d’intérêt général.
- Le Jacques-Cartier est un cargo de 19.164 t de déplacement, un des plus beaux de la flotte marchande française, construit à Dunkerque au cours de la guerre. Ses machines ont une puissance de 5.400 ch et actionnent deux hélices. La Compagnie générale transatlantique y a prévu des aménagements spacieux et sains, susceptibles de loger les 64 élèves de l’école qu'elle y voulait organiser; actuellement l’effectif est au complet, et le nombre des demandes d’admission dépasse largement celui des places disponibles.
- L’intention initiale des fondateurs était la suivante : compléter l’instruction
- p.857 - vue 855/899
-
-
-
- 858
- L’APPRENTISSAGE a l’atelier. — DÉCEMBRE 1924.
- reçue par les jeunes élèves-officiers dans les écoles d’hydrographie, en les faisant naviguer effectivement sous la conduite de moniteurs expérimentés et mettre en pratique à chaque instant les connaissances acquises, programme qui comprend l’obligation de faire le quart, de prendre des relèvements, etc., et qui n’exclut point la révision théorique ni la culture générale de l’esprit; qui transforme l'étudiant en marin, l’enfant en homme. Ainsi, dans ses débuts, le Jacques-Cartier fut exclusivement une école d’application et, à titre essentiel, l’est resté. Mais il a semblé que cette conception pouvait être élargie; et aux élèves-officiers diplômés, désireux d’acquérir une éducation nautique pratique et constitués en « Section de Perfectionnement )), sont joints chaque année un certain nombre de candidats, sélectionnés par un concours, se destinant à la marine marchande mais n’ayant pas encore commencé d'études spéciales dans ce but. Ils forment la « Section préparatoire ». En même temps qu’école d’application, le Jacques- Car lier est donc devenu une école d’hydrographie flottante.
- Il fonctionne actuellement sous la direction d’un membre en retraite du corps des professeurs d’hydrographie, et avec la collaboration d’un certain nombre de professeurs, officiers de la Compagnie générale transatlantique, choisis en raison de leur culture générale et de leurs aptitudes à ce genre de mission. Les cours qu’on y suit sont ceux du programme officiel; et les élèves qui en sortent peuvent être en moyenne, considérés comme susceptibles de passer avec succès le brevet de lieutenant au long cours. Outre les examens officiels, auxquels ils se présentent à l’issue de l’année scolaire — et avec un succès chaque année plus éclatant — ils sont soumis aux épreuves d’un diplôme spécial auquel les compagnies de navigation attachent une importante croissante, de sorte que les titulaires formeront une véritable élite dans les cadres de la marine marchande.
- Le moyen de recrutement des élèves du .Jacques-Cartier n’en est pas moins parfaitement égalitaire. En effet, tout élève-officier, à moins qu’il n’ait obtenu antérieurement, soit à l’école d’hydrographie, soit à bord des navires où il aurait embarqué déjà, des notes rédhibitoires, peut entrer à la Section de Perfectionnement. Tout jeune homme, bachelier ès sciences ou, en ce qui concerce les machines, diplômé d’une école professionnelle ou pratique d’industrie, peut participer au concours d’entrée à la Section préparatoire. C'est enfin d’après les résultats d’un concours de sortie que sont attribués les diplômes spéciaux du Jacques-Cartier. Cette sélection est donc basée sur les principes d’une équité absolue; et si nous pouvons reprendre le mot d’élite, c’est qu’il s’agit d’une élite de l'intelligence et de la valeur professionnelle.
- Nous avons dit que l’éducation pratique des élèves était poussée très loin; et cela va de soi, puisque tel est l’intérêt essentiel évident de l’École.
- Mais une grande importance a été rattachée aussi à la formation générale des élèves. Elle peut s’y marier étroitement à la formation professionnelle. Le Jacques-Cartier effectue delongs voyages, en général, dansle golfedu Mexique ou dans le Pacifique Nord. Chaque escale est donc une leçon de choses et de géographie appliquée : les moyens de manutention des marchandises, d’amarrage, les coutumes locales des ports, les avantages des divers mouillages, les ressources de l’hinterland, les communications qui le desservent, etc-, peuvent être étudiés sur le vif; et l’on peut citer tel jour de voyage, comme le passage du canal de Panama, où les cours de l’École sont suspendus afin de permettre aux élèves la contemplation et l’étude des
- p.858 - vue 856/899
-
-
-
- L'APPRENTISSAGE AUX ÉTABLISSEMENTS SCHNEIDER ET Cie. 859
- procédés mis en œuvre pour l’accomplissement et l’exploitation de ce gigantesque travail.
- Enfin, par la vie à bord, par le contact constant, par la communauté des travaux et des impressions, il s’établit entre les élèves une sorte de fraternité qui augmente leur conscience professionnelle, et dont l’utilité est évidente, surtout en ce qui concerne les rapports des officiers de la machine et du pont. Pour les uns et pour les autres, le Jacques-Cartier est l’origine commune : ils sauront mieux par la suite garder cette solidarité, si précieuse à bord d’un bâtiment où, plus qu’ailleurs, toutes les forces doivent converger au même but.
- L’approbation officielle a couronné l’effort de la Compagnie générale transatlantique et nous ne voulons d’autre preuve de l’utilité du Jacques-Cartier que les bourses accordées par l’État à certains de ses élèves. Des représentants de la Marine marchande et de l’Enseignement technique ont pris place dans le Comité de Perfectionnement du navire-école et suivent de très près cette institution, actuellement en pleine floraison.
- ANNEXE N° 6
- L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL ET L’ORGANISATION DE L’APPRENTISSAGE AUX ÉTABLISSEMENTS SCHNEIDER ET Ci!
- Les Établissements Schneider ont toujours attaché la plus grande importance au développement de la formation professionnelle résultant à la fois de l’enseignement donné dans les institutions scolaires, spécialement développées au Creusot et à Champagne-sur-Seine, et dans les institutions d’apprentissage comportant des cours de technologie et de formation générale.
- Bien que les Établissements Schneider aient des écoles à Chalon-sur-Saône, à Champagne-sur-Seine et à Barfleur, nous nous bornerons ici à décrire les plus importantes, celles du Creusot.
- Usine du Creusot.
- Écoles. — La formation des apprentis est étroitement liée à l’enseignement général donné par les écoles de MM. Schneider et Cie, et il n’est pas possible d’indiquer comment a été résolu le problème de l’apprentissage sans décrire succinctement le fonctionnement, et l’organisation des écoles. Ces écoles sont gratuites.
- L’enseignement primaire est donné dans les écoles élémentaires qui peuvent recevoir 600 à 700 élèves.
- A la fin des études primaires, les élèves sont soumis à un concours auquel peuvent se présenter aussi les enfants des autres écoles publiques ou privées de la région. Ce concours a pour but de répartir les élèves, d’après leur rang de classement, dans l’école de préapprentissage et dans les écoles spéciales.
- p.859 - vue 857/899
-
-
-
- 860 L’APPRENTISSAGE a l’atelier. — DÉCEMBRE 192i.
- L'Ecole de Préapprentissage reçoit les enfants qui, d’apres les résultats du concours, ont été reconnus peu doués pour la poursuite d’études générales plus développées; elle les garde jusqu’à ce qu'ils aient atteint 14 ans, âge minimum d’entrée à l’usine. Les cours professés revisent et complètent l’enseignement primaire et comprennent, de plus, un enseignement des principes du dessin. Le classement de fin d’études permet aux intéressés de choisir les ateliers dans lesquels ils peuvent être reçus comme apprentis. Lorsque les conditions d’âge le permettent, les premiers de ce classement, qui se sont révélés capables de poursuivre leurs études pendant leur préapprentissage, sont admis à l’école spéciale, dont ils avaient été écartés par les mauvais résultats du concours de tin d’études primaires.
- L’Ecole spéciale donne aux jeunes gens qui y sont admis un enseignement primaire supérieur. La durée des études est de une, deux ou trois années.
- A la fin de chaque année, les élèves subissent un examen en vue du passage dans la classe supérieure. Les élèves qui ne satisfont pas à cet examen sont versés dans les ateliers d’apprentissage ou font une année supplémentaire de préparation à l’apprentissage.
- Le choix de l'atelier d’apprentissage est toujours accordé aux élèves en tenant compte du classement de tin d’études.
- A la fin do la troisième année, les meilleurs élèves de l’école sont placés dans une section spéciale de préparation aux é< oles nationales d’arts et métiers.
- Les autres, avant d’entrer à l’usine, passent obligatoirement une année dans une classe spéciale d’où ils sont versés à l'atelier et choisis, au fur et à mesure des besoins, pour les emplois de bureau dans les diverses branches d’études, de comptabilité, d’essais, d'administration et de fabrication.
- Le jeu des éliminations successives, obtenues par voie de concours, a pour conséquence de donner à l’atelier des élèves apprentis dont l’instruction comprend, en plus de l’enseignement primaire, soit une année de cours complémentaires, soit deux, trois ou quatre années d'enseignement primaire supérieur.
- Apprentissage. — Les apprentis/groupés par métiers dans les ateliers spéciaux, sont dirigés par des cadres recrutés parmi les meilleurs agents de maîtrise (contremaîtres et chefs d’équipes) de chaque industrie.
- L’apprentissage dure trois ans.
- L’enseignement donné aux élèves pendant les deux premières années comprend 4 parties : travail manuel; technologie d’atelier; dessin industriel et culture générale.
- La troisième année est exclusivement affectée aux travaux productifs exécutés suivant le régime de l’atelier, au même titre que ceux qui sont confiés aux ouvriers formés.
- Travail manuel. — Les élèves, groupés par métiers, exécutent, pendant une première période, suivant programme établi, des travaux gradués qui les amènent le plus rapidement possible au degré de capacité requis.
- La durée de cette première période, pendant laquelle l’apprenti reçoit immédiatement un salaire, est variable dans chaque métier et pour chaque individu; elle dépend du temps nécessaire pour, arriver au point (où l’élève pourra entreprendre
- p.860 - vue 858/899
-
-
-
- L APPRENTISSAGE DANS LES CONSTRUCTIONS NAVALES.
- 861
- avec fruit des travaux productifs et gagner un salaire normal d’après les tarifs de travail en vigueur, la seule limite de durée étant donnée dans chaque cas par la capacité à atteindre.
- Une seconde période est consacrée, particulièrement dans les industries d’usinage, à des travaux mi-productifs, outillage divers, tels que : équerres, compas, clefs diverses, trusquins, étaux, etc.
- Enfin une troisième période comprend la participation aux travaux ordinaires de l’atelier, de préférence individuellement ou en équipe.
- Technologie et dessin industriel. — Ces deux cours, qui se complètent, sont donnés durant les deux premières années aux apprentis groupés par métiers. Leurs programmes sont établis en harmonie avec la graduation des travaux manuels.
- Culture générale. — Les élèves groupés, non plus par métiers, mais d’après le niveau de leur instruction ou leur origine scolaire, suivent, pendant les deux premières années d’apprentissage, des cours de culture générale qui leur sont donnés par les professeurs des écoles.
- Les usines du Creusot reçoivent, chaque année, aux cours d’apprentissage, 200 à 300 jeunes gens.
- ANNEXE N° 7
- L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
- DONNÉ PAR LE SYNDICAT PATRONAL DES CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES ET NAVALES DE NANTES ET DE LA LOIRE-INFÉRIEURE
- Le Syndicat patronal des Constructions mécaniques et navales de Nantes et de la Loire-Inférieure, fondé en 1881 (président M. Painvin, directeur des Ateliers et Chantiers de la Loire) comprend 35 adhérents occupant 10.000 ouvriers. Parmi ces 35 adhérents, on trouve des grands chantiers de constructions navales, les Ateliers de la Loire, la Compagnie générale des Constructions de Locomotives des Bati-gnolles et d’autres établissements de moindre importance, jusqu’au petit atelier patronal de 4 ou 5 ouvriers. Le Syndicat représente donc parfaitement la profession des mécaniciens et constructeurs navals sous ses aspects divers.
- Chaque membre du Syndicat s’engage à donner l’instruction manuelle et l’instruction théorique au plus grand nombre d’apprentis possible et, au minimum, au quatorzième des effectifs totaux, ouvriers, femmes et enfants qu’il occupe. Certains industriels n’ayant ni les locaux, ni le personnel suffisants pour donner l’instruction professionnelle manuelle à tout ou partie du nombre des apprentis prévus, sont tenus de les faire instruire à leurs frais chez un de leurs collègues ou de verser à la Caisse syndicale une somme de 500 f au moins par apprenti, sauf impossibilité de recrutement constatée par la Commission syndicale. Le chiffre d’apprentis à former a été fixé en tenant compte des besoins présents ou à prévoir en main-d’œuvre qualifiée dans tous les établissements adhérents au Syndicat.
- p.861 - vue 859/899
-
-
-
- 862
- l’apprentissage: a l’atelier. --- DÉCEMBRE 1924.
- La durée de l’apprentissage est en principe de trois ans, l’apprenti débutant à treize ans au moins et possédant son certificat d'études primaires ou une instruction équivalente.
- Le recrutement est assuré par les industriels; le Syndicat le facilite à l’aide d’appels dans la presse et par ses rapports directs avec l’Office d’Orientation professionnelle municipale.
- L’éducation professionnelle manuelle est obligatoirement donnée par les soins des industriels dans leurs ateliers ou dans des sections spéciales qu’ils créent à cet effet. L’instruction professionnelle théorique obligatoire est donnée dans des cours particuliers, organisés par le Syndicat et les grands établissements, conformément à la loi Astier. Elle comprend des notions de : arithmétique, géométrie, mécanique simple, physique, dessin, technologie. Les cours sont distribués aux apprentis ou aux industriels sous la direction du Syndicat qui les établit. La durée des cours est d'au moins 150 heures par an et peut être augmentée pour certaines professions.
- Un directeur, nommé par le Syndicat, étudie toutes les questions relatives à l’apprentissage. Il fournit à tous les membres du Syndicat les renseignements dont ils ont besoin pour l’organisation de leurs cours pratiques et théoriques.
- Enfin, des commissions, nommées par le Syndicat et comprenant des ouvriers, font passer des examens théoriques et pratiques aux apprentis, en vue de la délivrance d'un certificat d’aptitudes professionnelles.
- Sept cours professionnels ont été ainsi organisés. De plus, un cours existant déjà à l’Ecole industrielle de Nantes a été utilisé. Pendant l’année scolaire 1921-1922. 941 apprentis provenant des divers établissements adhérents au Syndicat se sont répartis de la manière suivante : 317 ont suivi les cours organisés dans les ateliers des Chantiers de la Loire; 210, ceux organisés par les Ateliers et Chantiers de lîretagne; 134. ceux organisés par la Compagnie générale de Constructions de Locomotives (Batignolles-Chàtillon) ; 81, ceux des Ateliers de Construction de l'Ouest; 60, ceux de l’Ecole industrielle; 58, ceux des Chantiers Dubigeon; 41, ceux des Anciens Etablissements Brissonneau.
- Le coût par apprenti est de 100 f par an environ. Les frais comprennent ceux de la direction de l’apprentissage, les indemnités aux professeurs, récompenses de fin d’année, frais divers. Ce chiffre, qui est un maximum, peut être rapproché de celui qu’a indiqué M. Cuminal. sénateur Sénat, séance du 24 février 1922), comme représentant les frais des cours professionnels municipaux : 123,50 f. La différence, en admettant même que les cours soient de même valeur éducative, est tout à l’avantage de l’organisation industrielle comme, du reste, on pouvait le prévoir.
- Ecole de Maistrance et de dessinateurs. —- Deux organisations d’enseignement technique, l une entrant dans le cadre de l’apprentissage proprement dit, l’autre qui en est la suite logique, ont été créées pour compléter l’œuvre de formation professionnelle du Syndicat. La première est une école de dessinateurs. La deuxième est une école de Maistrance industrielle, laquelle fonctionne sous la direction et avec les moyens de l’Institut polytechnique de l’Ouest. La plus grande partie du contingent actuel de cette Ecole de Maistrance provient des anciens apprentis du Syndicat ainsi que de ceux des institutions similaires, apprentis s’étant déjà signalés par leur intelligence et leur désir d’apprendre.
- p.862 - vue 860/899
-
-
-
- l’apprentissage dans l’industrie du bois.
- 863
- ANNEXE N° 8
- L’ATELIER-ÉCOLE D’APPRENTISSAGE DE L’ÉBÉNISTERIE LYONNAISE
- Un groupe d’industriels du meuble, à la tête duquel se trouve M. Chaleyssin, a mis en fonctionnement un atelier-école d’ébénisterie, avec l’aide de la Société de l'Enseignement professionnel du Rhône.
- Il s’agit d’un atelier plutôt que d’une école, placé sous la direction d’un professeur qui est un remarquable professionnel.
- Le patron passe avec son apprenti un contrat (1) de trois ans ; la première année, il s’engage à lui faire suivre les cours de l’Atelier-école, paye les frais de scolarité, qui sont actuellement de 1.000 f, et dote au surplus l’apprenti de l’outillage nécessaire. Après une année ainsi consacrée à sa formation, l’apprenti va travailler chez l'employeur où il se perfectionne en vue de devenir un ouvrier spécialiste.
- Le but de l’Atelier-école n’est pas de former des chefs de maîtrise, mais simplement de bons ouvriers. Les apprentis travaillent sous la direction d’un artisan, M. Forest, qui est directeur. Le cours comporte une partie théorique de dessin. Le directeur a surtout le souci d’apprendre aux futurs ouvriers les éléments de la partie de leur métier, qui, d’ordinaire, s’exécute à la machine. Aussi il évite de former des conducteurs de machines plus ou moins habiles, incapables déraisonner leur travail, d’en comprendre la valeur technique et de l’exécuter à la main si cela est nécessaire. En un mot, l’Atelier-école se préoccupe de faire des ouvriers complets.
- (1) Extrait du contrat :
- M. X... placera son apprenti à l’Atelier-École d’Apprentissage de l’Ébénisterie lyonnaise pendant la première année et subviendra à tous les frais d’enseignement pratique et théorique, ainsi qu’à ceux de l’enseignement du dessin donné par la Société d’Enseignement professionnel du Rhône.
- Une période d’essais de deux mois permettra de juger des aptitudes de l’apprenti; pendant cette période, les parties peuvent rompre le contrat. Passé cette période, le contrat rompu par l’une des parties, donnera droit pour l’antre à une indemnité qui ne pourra être inférieure à 500 f pour la première année et à 1.000 f pour les années suivantes.
- Pendant son séjour à l’Atelier-école, l’apprenti ne sera pas rétribué par le patron; il recevra les gratifications, les récompenses et les prix attribués par le professeur et le Conseil aux plus méritants.
- A la fin de la première année, M. X... prendra l’apprenti à son atelier pour compléter son apprentissage et lui faire exécuter les travaux habituels de sq fabrication, jusqu’à la fin de la troisième année.
- Des facilités seront accordées à l’apprenti pour suivre les cours de dessin et d’enseignement théorique pendant les deux dernières années comme pendant la première année. Une rétribution sera donnée par M. X..., suivant l’échelle ci-dessous :
- Deuxième, année, de 12 à 18 mois, 3 f par jour; de 18 à 24 mois, 4 f.
- Troisième année, de 24 à 30 mois, 5 f par jour; de 30 à 36 mois, 6 f.
- Elle pourra lui être retirée si, par inconduite ou mauvaise volonté persistante, il ne donne pas satisfaction.
- A la fin de l’apprentissage, l’outillage en possession de l’apprenti devient sa propriété.
- p.863 - vue 861/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — DÉCEMBRE 1924.
- NOTES DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET DES BEAUX-ARTS
- Règles scientifiques pour le renforcement des constructions
- en maçonnerie (U).
- Les progrès réalisés dans la construction rationnelle des ouvrages neufs par la division du travail entre le fer soumis à des efforts d'extension et le béton affecté aux efforts de compression s’étendent logiquement à la consolidation des ouvrages existants, où l’observation du môme principe permet de porter à son maximum ce que j’appelle le rendement d'un procédé de construction, c’est-à-dire le rapport de la sécurité à la dépense.
- Dans une récente communication, j’ai traité le problème de la consolidation des constructions métalliques, qui est posé depuis une quarantaine d’années pour les ponts de chemins de fer par l’aggravation du poids, de la vitesse et du nombre des trains et j’ai exposé la solution rationnelle de ce problème, qui est le bétonnage. Après la guerre, les mêmes causes ont posé les mêmes questions à l’égard des ponts en maçonnerie et il apparaît que pour eux le remède consiste dans l’addition d’armatures métalliques. Tous les ouvrages rationnellement renforcés rentreront ainsi dans les conceptions générales du béton armé, dont la construction en maçonnerie étaient déjà, si l’on veut, deux cas limites et opposés.
- Il faut toutefois noter entre ces deux cas limites une différence importante. Une charpente métallique bien conçue ne déroge en rien aux prescriptions rationnelles qui régissent la construction en béton armé; au contraire, si l’on veut considérer, comme la logique l’exige, un ouvrage en maçonnerie comme du béton armé au pourcentage zéro, on doit constater que scs dispositions sont fautives en ce qu’il subit toujours, en quelqu'une de ses parties, des efforts d’extension non équilibrés par une armature; et en fait, ces efforts produisent des fissures faciles à observer, dans les ponts, à l’intrados de la clé, à l’extrados des joints de rupture et sur les plinthes au-dessus des piles; dans les barrages, au pied de la face amont et vers le haut de la face aval Fait digne de remarque, les constructeurs, qui voient ces fissures sans émotion depuis des siècles, ne les tolèrent pas dans les ouvrages en béton armé où elles seraient cependant moins dangereuses, étant cousues par l’armature. Mais des faits nouveaux viennent maintenant troubler leur ancienne quiétude : sous les effets dynamiques de la circulation moderne, les fissures des ponts s’élargissent; dans les bâtiments industriels, la trépidation des moteurs produit le même effet; dans les barrages, les infiltrations causent, à la longue, des avaries encore plus dangereuses. Le moment est venu d’envisager des consolidations qui, en
- (I) Extrait des Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, n° 15 (13 octobre 1921).
- p.864 - vue 862/899
-
-
-
- LA « SOCIÉTÉ NATIONALE ART ET TRAVAIL ))
- 865>
- général, devront remédier non seulement à des lésions récentes, mais à des lésions préexistantes.
- Il résulte de ce simple exposé que la première règle à formuler est d'armer de métal les parties tendues.
- La seconde est de réaliser cette armature avec le minimum de démolition de l’ouvrage existant, ce qui conduit à appliquer l'armature principale à Vextérieur. Pour un pont, ce sera donc à l’intrados des voûtes dans sa partie centrale, et le parti le plus simple consistera dans l’emploi de plaques, de nervures ou de plaques nervées; dans certains cas on les soutiendra par un anneau en béton; mais il sera toujours indispensable, pour que leur efficacité atteigne toute la profondeur de la zone d’extension, de les clouer à la maçonnerie au moyen de pitons plats enfoncés au maillet dans les joints et qui constitueront ainsi l’armature secondaire.
- Il est évident que si l’on se bornait à cette adjonction de métal, on ne réduirait que les efforts produits par les surcharges qui, dans les ponts en maçonnerie, sont toujours moins importantes que le poids mort. Il est donc nécessaire, à moins qu’il ne s’agisse d’une consolidation préventive, de faire appel à la sijnthèse statique pour faire travailler l’armature sous la charge permanente. D’où une troisième règle, qui est de soulever la voûte, dans sa partie centrale, de la hauteur nécessaire pour annuler l’effet du poids mort, avant d'assujettir définitivement l’armature principale; et comme cette opération aura pour effet d’ouvrir des joints qui étaient écrasés par un excès de compression, il y aura lieu de les remplir par une injection de mortier de ciment.
- L’opération du soulèvement, très facile pour les petites voûtes, entraîne pour les grandes une certaine dépense qu’augmentera, le cas échéant, la nécessité de maintenir la circulation sur le pont pendant les travaux. Il en résulte que pour les ouvrages de grande ouverture, la consolidation préventive est à recommander. Je l’ai, dès 1900, appliquée suivant les règles 1 et 2 ci-dessus, à la voûte du tunnel de Meudon, appelé à supporter, après tassement du sol, une charge permanente de 15 atm. (75 m d’épaisseur de sable mouillé de densité double de cellede l’eau) et je suis conduit maintenant à l’envisager pour un grand nombre de ponts sous voies ferrées.
- J’ai aussi à m’occuper de consolider des barrages existants. Dans ces ouvrages, les efforts d’extension doivent, en général, être supposés exister tangentiellement à la face amont et toujours normalement à la face aval.
- Les premiers doivent être combattus par l’addition d’une plaque de tôle fixée par des pitons sur la face amont, les seconds par des contreforts en béton armé construits à l’aval du barrage.
- La synthèse statique doit être appliquée en supprimant la retenue pendant l’exécution des travaux si la dépense qui en résulte n’est pas excessive.
- Charles Rabut, membre du Conseil.
- La « Société nationale Art et Travail ».
- Cette société (1), disent les statuts, a pour but :
- 1° de développer le sentiment artistique;
- (1) Siège social, b3. boulevard de Strasbourg, Paris (10e).
- p.865 - vue 863/899
-
-
-
- 860 NOTES DU COMITÉ DES CONSTRUCTIONS ET DES BEAUX-ARTS.— DÉCEMBRE 192V.
- 2° de faire aimer le travail ;
- 3° d’honorer les grands hommes qui ont illustré la France.
- Pour atteindre ce but, la société organise :
- 1° des visites-études dans les musées, les monuments, les expositions publiques, les salons annuels, les collections particulières, les ateliers d'artistes, les usines, les manufactures, etc. ;
- 2° des voyages en province et à l’étranger. Elle édite une revue qu’elle dénomme //éducation artistique.
- Son action est de tenter de rapprocher le plus possible l’artiste de l’industriel et de créer, avec l’aide de tous les artistes et de tous les travailleurs intellectuels et manuels, des manifestations artistiques ou des solennités d’ordre élevé en l'honneur de nos gloires françaises.
- La composition du Comité d’honneur de la Société nous donne la nomenclature des plus hautes personnalités du monde littéraire et artistique de Paris. C’est ainsi qu’à côté de M. Paul Léon, directeur des Beaux-Arts, on voit figurer M. André Antoine, fondateur du théâtre de ce nom ; P. Appell, recteur de l’Académie de Paris; Léonce Bénédite, conservateur du Musée du Luxembourg; Henri Bergson, de l’Académie des Sciences morales et politiques; Louis Bonnier, directeur des Services d’Architecture de la Ville de Paris; M. Chesneau, directeur de l’École nationale supérieure des Mines; Enlart, directeur du Musée de Sculpture comparée du Troca-déro; d’Estournelles de Constant, directeur des Musées nationaux; Frechet, directeur de l’École Boulle; Gabelle, directeur du Conservatoire national des Arts et Métiers ; etc.
- Le président actuel de la Société d'Encouragement, M. Mesnager, fait partie depuis peu de ce comité d’honneur.
- La Société est constituée depuis le 19 août 1910; elle a été réorganisée le 21 décembre 1919. Depuis sa fondation, elle a organisé de nombreuses visites dans les palais nationaux, les théâtres, les ateliers d’artistes, les laboratoires, etc.
- Les collaborateurs qu’elle s’est attachés sont un sur garant de sa prospérité. Parmi eux nous relevons les noms connus de Théophile Homolle, Camille de Sainte-Croix, Frantz Jourdain, Edmond Haraucourt, directeur du Musée de Cluny, Eugène Delard, conservateur du Musée Galbera; Jean Paul-Laurens, artiste-peintre; Marcel Aubert et Paul Vitry, conservateurs au Musée du Louvre; Boeswillwald, inspecteur général des Monuments historiques, etc.
- H. D’Allemagne, membre du Conseil.
- Le cinématographe dans les affaires.
- On peut dire que l’époque où nous vivons est au premier chef une époque de production et le maître de l’heure est l’homme dont les entreprises signifient enrichissement, progrès et prospérité pour tous. Pour se faire connaître, de nombreux moyens lui sont offerts, mais il semble que le moins développé et cependant celui qui rendrait les plus grands services, soit la publicité par le cinématographe.
- Jusqu’à ces dernières années on ne voyait dans le cinématographe qu’un amusement ou la préface ou la conclusion d’une leçon orale; aussi les films docu-
- p.866 - vue 864/899
-
-
-
- LE CINEMATOGRAPHE DANS LES AFFAIRES.
- 867
- mentaires, qui permettent de mettre la forme la plus moderne et la plus puissante de vulgarisation à la disposition de toutes les manifestations de l’activité humaine, étaient-ils peu utilisés en France.
- Des efforts considérables ont été faits à l’étranger pour l’utilisation du cinématographe qui est certainement un des plus parfaits moyens d’observation, d’information, de documentation, d’enseignement et de propagande. Le film jouit, en effet, de la possibilité formidable de diffuser les connaissances que l’homme a su acquérir et de les inculquer en quelque sorte à ceux qu’il désire éduquer, convaincre, distraire et dont il désire augmenter les connaissances ou parfaire les conditions d’idéal.
- MM. Louis Ange et H. Rumpf, dans une brochure intitulée Le cinématographe au service des affaires, et M. Louis Mestre (1), ingénieur, se sont donné pour tâche la vulgarisation du film documentaire, les premiers par des brochures du plus haut intérêt, le second par l’organisation d’expositions et de conférences aussi documentées qu’instructives.
- Pourquoi les magnifiques moyens d’action mis à notre disposition par le film documentaire semblent-ils presque négligés chez nous, se demande M. Mestre? C’est que, répond-il, les divers éléments, qui, conjugués, donnent toute sa puissance au film documentaire, ont toujours été ignorés dans leur ensemble par ceux qui sont susceptibles de coordonner leur action : ou le film documentaire n’est qu’un spectacle, ou il ne constitue qu’un mode d’éducation ou, enfin, il n’intervient que comme élément publicitaire.
- Or les applications du film documentaire forment toute une gamme : études de mouvements, processus opératoires, moyens puissants de propagande ou de vente par l’industriel, action d’orientation professionnelle, transpositions et montages spéciaux pour les différents stades de l’enseignement, action collective des industriels sur les marchés d’exportation, enfin effort de vulgarisation auprès de la masse.
- L’image filmée ne donne pas seulement l’aspect instantané de la réalité, elle en reproduit tous les aspects successifs et par conséquent met à notre portée les modifications et les changements qui se produisent dans les objets animés : ainsi, le film devient la plus fidèle image de la vie.
- Le travail commercial et industriel gravite essentiellement autour de ces deux pôles qui sont la fabrication et la vente. Le film documentaire doit donc agir de trois façons différentes :
- 1° comme moyen d’investigation industrielle et commerciale;
- 2° comme moyen de formation professionnelle;
- 3° comme moyen de vente.
- Comme moyen d’investigation, le film est un instrument d’observation qui permet aux ingénieurs, aux chimistes, aux physiciens d’étudier de plus près et plus commodément certains faits concernant la marche de la fabrication.
- A côté de ce rôle scientifique dévolu au cinématographe dans l’usine, il en est un autre, peut-être plus important : le rôle d’enseignement professionnel et de vulgarisation technique commerciale ou industrielle. Le film peut devenir l’instructeur technique idéal, celui que chacun comprendra sans difficulté parce qu’il nous donne des sensations visuelles.
- L’application la plus saisissante et la plus immédiatement lucrative qui puisse
- (I) Voir : Utilisa/ion méthodique des films documentaires, par L. dTIerbeümost dans le Cinéopse de janvier 1924.
- Tome 136. —
- Décembre 1924.
- 60
- p.867 - vue 865/899
-
-
-
- 808 NOTES DU COMITÉ DES CONSTRUUTIONS ET DES BEAUX-ARTS. ---- DÉCEMBRE 1924.
- être faite du cinématographe par les commerçants et les industriels concerne la conclusion des affaires et la vente. Le film apporte les moyens de supprimer les facteurs « temps » et « distance » qui interviennent souvent comme des freins dans les affaires : suppression du facteur temps puisque, en quelques minutes, on peut faire défiler sur l’écran les événements répartis sur plusieurs jours, mois ou même années; suppression du facteur distance puisqu'il est possible de montrer le détail et l’ensemble des machines ou installations situées souvent en des points fort éloignés les uns des autres.
- M. Mestre, non content de faire œuvre de vulgarisation en exposant dans divers milieux scientitiques et industriels ses projets et ses méthodes d’utilisation rationnelle des films documentaires, a créé un service d’informations documentaires par film et, pour compléter l’efficacité de ses films d’affaires, il créa et fit breveter une « ciné-valise » automatique qui permet de projeter en plein jour et peut se brancher sur une prise de courant quelconque, grâce à sa faible consommation.
- En suivant des méthodes rigoureuses d’élaboration des films, telles que celles préconisées par M. Mestre, nous ne doutons pas que nos industriels et nos commerçants retireraient les plus grands avantages de l'emploi du film documentaire pour la diffusion de leurs affaires.
- H. D’Allemagne, membre du Conseil.
- p.868 - vue 866/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR u’iNDUSTRIE NATIONALE.
- DÉCEMBRE 1924.
- NOTE DE COMITÉ DE COMMERCE
- Comment développer la production du coton colonial (T).
- Depuis que, le 12 octobre 1923, la Fédération internationale des Filateurs a lancé son appel invitant les divers pays à développer la culture du coton dans leurs colonies, un réel effort a été accompli. L’Angleterre en Egypte, aux Indes, en Afrique, l’Australie, l'Amérique du Sud apportent déjà sur le marché mondial des quantités appréciables de cette fibre maintenant si recherchée.
- Il peut être intéressant de voir dans quelle mesure et avec quel succès la France a répondu à cet appel. Son immense domaine colonial présentant des ressources très variées de climat et de culture, doit se prêter au développement d’un produit d’une valeur importante et d'un écoulement facile, et la métropole doit s’intéresser à la possibilité, pour une de ses principales industries, de trouver dans ses propres colonies une matière première qui, achetée à l’étranger, est actuellement surpayée en raison de la dépréciation momentanée de sa devise nationale.
- Le rapport du général Messimy, publié dans le numéro du 10 août 1924 de la Revue politique et parlementaire, est une étude très complète et très documentée,, sur l’état actuel de la question. 11 en résulte que si nous recevons déjà du coton de la Guyane, de la Nouvelle-Calédonie, du Cambodge, de l’Oranie, en quantités réduites, si Madagascar, le Maroc peuvent être susceptibles éventuellement d’en produire, c’est surtout dans notre domaine d’Afrique occidentale que nous pouvons espérer obtenir assez rapidement des résultats de quelque importance.
- C’est d'ailleurs la conclusion de l'Association cotonnière coloniale qui, après avoir étudié la question, et sans oublier nos autres colonies, a pensé pouvoir obtenir un résultat immédiat et intéressant en concentrant principalement son effort sur les colonies du Sénégal, du Soudan, de la Haute-Volta, de la Côte d’ivoire, de la Guinée, sans négliger le Dahomey, le Cameroun et le Togo. Le tableau publié dans le bulletin de juin dernier par l’Association cotonnière coloniale estime à 23.000 balles de 200 kg la production de l’Afrique occidentale française sur un total de 43.000 balles produites par l’ensemble de nos colonies, mais dont une grande partie est consommée sur place par les indigènes.
- Les circulaires si précises et les conférences si intéressantes de M. le Gouverneur Carde ont fait ressortir, à côté de l'utilisation de la récolte en terre sèche, les possibilités de l’avenir lorsque des travaux d’irrigation appropriés auront mis en valeur la région Bani-Niger, et ont montré comment pouvait être réalisé le programme de culture et de sélection arrêté pour l’Afrique occidentale française en accord avec l’Association cotonnière coloniale.
- (1) Extrait de la Revue politique et parlementaire de septembre 1924.
- p.869 - vue 867/899
-
-
-
- 870
- NOTES DU COMITÉ DE COMMERCE. — DÉCEMBRE 1924.
- Nous pouvons donc affirmer dès à présent :
- Que nos colonies bien exploitées peuvent nous donner du coton;
- Que la production relativement limitée en terre sèche, loin d’être négligeable, peut être considérablement augmentée et améliorée dans les régions favorables à l'irrigation ;
- Que les prix actuels sont assez avantageux pour envisager l’extension de ces cultures dont le coût devra et pourra être comprimé lorsque, ainsi qu’il faut espérer, nous aurons à compter avec l’amélioration de notre change.
- 11 peut maintenant être intéressant de voir quel accueil la filature française réserve à son coton colonial et si sa qualité en permet l’écoulement facile et rémunérateur, ce qui est une condition essentielle pour que la culture se développe.
- Les 9.600.000 broches françaises consomment annuellement en chiffres ronds :
- 800.000 balles (de 200 kg) de coton d’Amérique;
- 93.000 balles (de 200 kg) de coton d’Égypte;
- 170.000 balles (de 180 kg) de coton des Indes.
- Le coton d’Egypte à soie longue est réservé aux filés fins, fils à coudre, tissus légers.
- Le coton des Indes, à soie courte, utilisé dans certains genres lourds, plus commun, est d’un emploi limité.
- Le coton d’Amérique est, par contre, celui qui, en France comme dans le monde entier, est le plus recherché parce qu'il convient le mieux aux genres de fabrication courante. Le type le plus habituel répond à la dénomination actuelle de Strict Middling 28 mm. La fibre, nerveuse, a une longueur régulière de 26 à 30 mm; le coton est propre, bien égrené, et de toucher doux et soyeux. La finesse, la résistance et la longueur de ses fibres permettent, par leur assemblage, d’obtenir un fil régulier et solide à l’emploi du tissage.
- Si nous comparons à ce type étalon les diverses provenances de nos cotons coloniaux, nous devons reconnaître que le produit récolté au Cambodge lui est plutôt supérieur, qu’il en est de même du coton des Nouvelles-Hébrides, d’Oranie, du Maroc, mais il s’agit de quantités si peu importantes qu’il faut attendre pour en parler industriellement que d’autres chiffres soient obtenus.
- Le coton de l’Afrique occidentale est assez variable selon qu’il est récolté dans une région plus ou moins hygrométrique. Il est avéré maintenant que la fibre est plus longue et plus résistante que dans la Côte d’ivoire, la Haute-Volta, la Guinée, où la chute d’eau est plus forte qu’au Soudan et que, dans le territoire entre Bani et Niger, le coton irrigué sera très supérieur à celui que l’on y plante actuellement. Mais, à tout prendre, le coton d’Afrique occidentale française, dans son ensemble, est très employable dans les filatures françaises faisant les genres les plus courants, et peut souvent être utilisé en remplacement du genre américain. Pour faciliter cet emploi, il faut en faire une marchandise « marchande » et ne pas exposer son acheteur à une déception imprévue.
- Or, que se passe-t-il actuellement? Le coton importé par les maisons de Bordeaux et Marseille, acheté sur place aux indigènes par leurs agents dans leurs divers comptoirs, aussi bien au Sénégal, au Soudan que dans leurs rayons de la Côte d’ivoire, du Dahomey, du Togo, est présenté sur le marché du Havre sous la dénomination à peu près unique de « coton du Soudan ». Un échantillon
- p.870 - vue 868/899
-
-
-
- COMMENT DÉVELOPPER LA PRODUCTION DU COTON COLONIAL. 871
- prélevé sur le lot mis en vente est soumis aux filateurs acheteurs qui, après examen, et s’ils s’estiment pouvoir l’utiliser, en offrent un prix plus ou moins élevé.
- Si l’affaire se traite, les balles sont envoyées en filature : l’industriel qui a pris la peine de les suivre à l’emploi est parfois surpris d’y trouver un genre de coton soyeux, propre, homogène, qui lui conviendra fort bien; mais d’autres balles seront mal égrenées, contiendront des parties tachées, du coton mort, entraînant un déchet considérable et pouvant présenter des inconvénients sérieux pour sa fabrication. 11 est assez naturel que des déceptions de ce genre aient leur répercussion sur les affaires ultérieures, l’industriel renonçant à employer ce genre de coton ou voulant, par un prix bas, se mettre à l’abri de tout aléa.
- Notons en passant que ce genre de mélange n’a rien de bien extraordinaire. Les hauts prix payés à l’indigène ont fait sortir du coton conservé depuis longtemps dans des cases enfumées, ou ramassé dans des champs abandonnés sur des plantes sans sève. L’acheteur de la firme européenne n’est pas forcément un connaisseur de ce texlile, auquel sa maison ne s’intéressait pas il y a quelques années, et cherche avant tout à lui procurer le plus fort tonnage possible.
- Mais si l’on veut faire sur le marché la place qui convient au coton d’Afrique occidentale française, il faut, dès à présent, offrir aux acheteurs un produit sélectionné, bien égrené, bien emballé.
- C’est là le programme de réalisation immédiate qu’exécute l’Association cotonnière coloniale. D’accord avec le Gouvernement général, et laissant à l’administration le soin de développer la culture, d’améliorer le produit, de faciliter les transports, l’Association cotonnière coloniale crée des usines d’égrenage dans les centres de production importante pour débarrasser la fibre des graines qui y adhèrent et qui, en poids, représentent jusqu’à 75 p. 100 du coton brut. Un agent sélectionneur ayant acquis des connaissances suffisantes par un stage dans les chambres de courtage du Havre, est attaché à chacune de ces usines : il y fait un classement dans les lots manutentionnés, écartant au besoin les parties mauvaises ou les lots par trop inférieurs. Les balles ainsi faites et fortement pressées pour les rendre facilement transportables, reçoivent un numéro d'ordre, une marque de qualité et une ponce d’origine. Cet « état civil » permet, en cas de plainte, de remonter à la source. Si ce contrôle ainsi exercé peut déplaire à certains vendeurs par la dépréciation qui en résultera sur les lots inférieurs, la grande majorité a de suite compris les avantages de la garantie ainsi fournie aux filateurs qui trouveront désormais dans les lots achetés une homogénéité et une régularité qu’ils reconnaîtront par un prix plus élevé.
- D’ailleurs, le coton inférieur ainsi éliminé restera très employable pour l’indigène, dont la fabrication assez grossière permet l’emploi facile. Il est même probable qu’aprè3 une certaine expérience, les acheteurs de coton brut délaisseront les qualités inférieures, et l’indigène sera ainsi amené à soigner davantage sa récolte pour le plus grand profit de tous.
- Ce programme est pratique et d’une réalisation rapide. La saison dernière, sept usines d’égrenage ont fonctionné : le matériel nécessaire à l’équipement de huit autres est arrivé en Afrique occidentale française ou en cours d’expédition, et devra être en état de marche pour la saison 1924-1925. Enfin, quatre autres usines sont prévues et commandées et pourront sans doute être expédiées à la fin de cette
- p.871 - vue 869/899
-
-
-
- 872 NOTES DU COMITÉ DE COMMERCE. — DÉCEMBRE 1924.
- année et au début de 192b. L’effort de l’Association cotonnière coloniale a donc été considérable.
- Mais pour assurer le succès, et personnellement je le crois possible, il faut que cet effort se continue, que les usines d’égrenage, pourvues d’un personnel suffisant, fonctionnent dans de bonnes conditions et se multiplient en harmonie avec le développement de culture envisagé par le Gouvernement général.
- Grâce à la cotisation de 1 f par balle que s’imposent volontairement la grande majorité des (dateurs français, grâce à la subvention du Consortium cotonnier et aux autres souscriptions qu’elle reçoit, 1 Association cotonnière coloniale a vu ses recettes passer en trois années de 100.000 f à 1.200.000 f.
- Grâce à l’appui très sérieux de M. Albert Sarraut, alors ministre des Colonies, un versement de 4 millions, prélevé sur les fonds du Consortium cotonnier, à l’Association cotonnière coloniale a permis d’immobiliser les fonds nécessaires à la création de ces usines nouvelles.
- Mais chacune de ces stations représente une dépense initiale de 200.000 à 300.000 f; si les recettes de l’égrenage permettent de rémunérer le personnel, il faut par contre amortir le matériel qui s’use vite; il faut aussi, comme nous l’avons vu, créer de nouvelles usines. Il faut donc de l'argent pour faire aboutir ce programme au moment où les premiers résultats semblent devoir être satisfaisants.
- L’Angleterre a dans le même but imposé par une loi une taxe de 6 deniers par balle à ses filateurs, alors que les nôtres, dans la proportion de plus de 80 p. 100, ont, de leur plein gré, accepté de payer une cotisation de 1 f par balle. Il faut que les 20 p. 100 récalcitrants complètent ce geste, au lieu de laisser peser sur leurs confrères la charge qui leur incombe.
- L’Angleterre donne à ses associations cotonnières une subvention de un million de livres sterling; il faut que notre gouvernement prévoie dans son budget une annuité d’au moins deux millions. C’est là un minimum des plus réduits, indispensable pour mener à bien l’expérience tentée. Une récolte de 25.000 balles en Afrique occidentale française représente au cours actuel une somme de 50 millions qui. au lieu d'être employée en achat de dollars, profite en grande partie à notre colonie et en facilite la mise en valeur. Si, dans l’avenir, on veut avoir l’espoir de quadrupler ou, avec l’irrigation, de décupler ce chiffre, il faut profiter des circonstances actuelles pour préparer ce résultat. Nous espérons que nos parlementaires, malgré les difficultés financières actuelles, le comprendront, car ce sera travailler pour la métropole et pour ses colonies, c’est-à-dire pour la plus grande France.
- A. Waddington,
- président de f Association cotonnière coloniale.
- p.872 - vue 870/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIETE I)’eNC. POUR L’iNDUSTRIE NATIONALE. — DÉCEMBRE 1924.
- COMPTES RENDUS
- DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- CONSEIL D’ADMINISTRATION
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 8 NOVEMBRE 1924 Présidence de M. A. Mesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 25 octobre 1924 est adopté.
- Sont admis à faire partie de la Société :
- M. Alfred Renouard, ingénieur civil, à Paris;
- M. Alfred Bernheim, industriel, à Paris;
- Les Verreries Schneider, à Épinay-sur-Seine, présentés dans la séance du 25 octobre 1924.
- M. Mesnager, président. — A notre dernière séance, je vous ai fait part de la mort de M. Lous-Émile Bertin qui faisait partie du Conseil de notre Société depuis 1905, qui en fut président de 1910 à 1912 et qui était, depuis de. longues années, président de notre Comité des Arts mécaniques. Ses obsèques ont eu lieu à La Glacerie, près de Cherbourg.
- M. Bertin, né à Nancy en 1840, était entré à l’École polytechnique en 1858; il en était sorti dans le corps du Génie maritime. Il se distingua, dès 1864, en résolvant le problème de l’assainissement des navires à vapeur par une ventilation énergique; cette ventilation s’obtenait grâce au tirage créé dans des manches d’air enveloppant les cheminées des machines. Depuis, l’emploi de son système s’est généralisé. Il étudia ensuite le mou-
- p.873 - vue 871/899
-
-
-
- su
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — DÉCEMBRE 1924.
- vement des navires provoqué par les vagues de haute mer, imagina les quilles de roulis qui ont été adoptées partout. On lui doit aussi les ceintures de blindage, la tranche cellulaire (colîerdam), la méthode d’essai des navires sur modèles réduits.
- Ses travaux lui avaient valu la réputation d’un précurseur; aussi, lorsque le Japon voulut construire une flotte moderne, c’est lui qui fut désigné au Gouvernement japonais parle Gouvernement français. De 1886 à 1890, fixé au Japon, il y établit les plans de croiseurs très puissants, e^ très rapides pour l’époque, qui assurèrent le succès de la flotte japonaise contre les Chinois en 1894, et qui, depuis, ont continué à faire leurs preuves. Il fonda et organisa au Japon l’arsenal de Yokosuka.
- Revenu en France, il conçut le plan du Henri-IV, à faible vitesse, mais très protégé et fortement armé. Il a écrit une Histoire des grandes guerres civiles du Japon et contribué à la création de la Société franco-japonaise de Paris dont il fut président jusqu’à sa mort. Il était entré à l’Académie des Sciences en 1903; il en fut vice-président en 1921 et président en 1922. 11 était commandeur de la Légion d’honneur. Il a laissé partout où il est passé d’unanimes regrets.
- M. Mesnager, président. — J’ai le regret de vous annoncer la mort de M. J. Lavollée, membre de notre Conseil, au titre de la Commission des Fonds.
- M. 1 ^avollée faisait partie de notre Conseil depuis 1900.
- Il était avocat à la Cour d’Appel, s’occupant plus spécialement d’affaires industrielles pour lesquelles sa compétence était universellement reconnue. Il a fait partie du Conseil de l’Ordre des Avocats ; il était chevalier de la Légion d’honneur.
- M. L avollée était d’une obligeance extrême et il a rendu de nombreux services à notre Société par les conseils qu’il nous a donnés en matière juridique. C’est une grande perte pour notre Société tout entière à laquelle il était extrêmement attaché. Nous adressons nos très vifs regrets et l’expression de notre sympathie à sa famille.
- M. Mesnager, président. — M. G. de Coulons, lauréat et membre de notre Société, nous a adressé la somme de 40 f pour nous aider à la publication de notre Bulletin qui, comme vous le savez, est le chapitre le plus chargé de notre budget. Nous adressons nos très vifs remerciements à M. de Coulons, et nous profitons de l’occasion qui nous est olîerte pour rappeler à nos membres que nous accepterons avec reconnaissance les dons du même genre qu’ils voudront bien nous faire.
- p.874 - vue 872/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 8 NOVEMBRE 1924. 875
- MM. Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans notre Bibliothèque.
- M. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Les falsifications courantes du lait (écrémage et mouillage), par M. Fernand Bodroux. (Numéro spécial hors série des Annales des falsifications et des fraudes, août-septembre'1924);
- Couleurs et peintures, par M. Ch. Coffignier. (Encyclopédie de chimie industrielle.) Paris, J.-B. Baillière et fils, 1924 (Don de l’auteur);
- Le séchage des graines de betteraves à sucre : Appareils employés. — L'exposition de la graine de betterave à sucre au Grand-Palais en février {924? (avec partie rétrospective), par M. Émile Saillard. (Ministère de l’Agriculture. Année 1924. Commission chargée de l’étude des questions relatives à l’accroissement du rendement en sucre des betteraves.) Paris, lmp. de « La Sécuritas », 20, rue Cadet (Don de l’auteur, membre de la Société);
- La rotation du matériel dans les chemins de fer considérée au point de vue de la détermination du prix de revient des opérations qu'elle comporte. Rapport de Mlle Thérèse Leroy, au 2e Congrès de l’Organisation scientifique. Paris, Bureau d’études de M. Gustave Pereire, 69, rue de la Victoire, 1924 (Don de l’auteur) ;
- Recherches de biologie appliquée sur la teigne des pommes de terre et ses parasites et considérations générales sur ïutilisation des insectes entomophages en agriculture. Etude des conditions de pullulation des insectes, par M. Bernard Trouvelot. (Thèse de doctorat ès sciences naturelles, juin 1924.) Paris, Maurice Mendel, 58, rue Claude-Bernard (5e);
- Usure et défauts des rails. (Études expérimentales de technologie industrielle, 69e mémoire), par M. Ch. Fremont. Paris, chez l’auteur, 25, rue du Simplon (18e), 1924 (Don de l’auteur, membre de la Société);
- La serrure, origine et évolution. (Études expérimentales de technologie industrielle, 70e mémoire), par M. Ch. Fremont. Paris, chez l’auteur, 25, rue du Simplon (18e), 1924 (Don de l’auteur, membre de la Société);
- Les premières étapes de la reconstitution des Mines de Lens, par M. E. Cuvelette. Paris, Dunod, 1924 (Don de l’auteur);
- La destruction et la reconstitution des Mines de Lens. Conférence faite au Conservatoire national des Arts et Métiers, le 12 mars 1922, par M. Cuvelette (Don de l’auteur) ;
- Rapport sur Vincinération des ordures ménagères et récupération des sous-produits. Ville de Toulon (Var), par |M. H. Bonnet. Chateaubriant, Léon Lemarre, 1924;
- p.875 - vue 873/899
-
-
-
- 876
- COMPTES PENDUS DES SEANCES.
- DÉCEMBRE 192 k
- Rapports, au Conseil municipal de Tours (Indre-et-Loire), sur la question des ordures ménagères, par M. Maisonxier. Chateaubriant, Léon Lemarre,
- 1924.
- M. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Les dangers du courant électrique et les moyens de les éviter, par M. Y. Kammerer. Paris, Ch. Béranger (Don de l’auteur);
- Distillation du bois, par M. G. Dupont. (Encyclopédie Léauté. 2e série.) Paris, Gauthier-Adllars et Ülc; Masson et Cie;
- Manuel de rubanerie, passementerie et lacet, par M. II. Baret. (Bibliothèque professionnelle.) Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Manuel des transports, par M. A. Vingt. (Bibliothèque professionnelle.) Paris, J.-B. Baillière et fils;
- Le monteur-mécanicien des chemins de fer, par M. G. Dubos. Vol. I et II. (Le livre de la profession.) Paris, Librairie de l’Enseignement technique;
- Guide du consommateur d'énergie électrique à la ville et à la campagne, par M. Allain-Launay. Union des Syndicats de l’Electricité, Paris, 25, boulevard Malesherbes;
- Utilisation des vernis isolants dans Cindustrie électrique, par M. René Van Muyden. Paris, Albin Michel ;
- Routes et chemins vicinaux, parM. O. Roux; 2e édition. (Bibliothèque de l’Ingénieur de travaux publics.) Paris, Dunod;
- Locomotive et matériel roulant, par M. M. Demoulin; 2e édition mise à jour par M. R. Yigerie. (Bibliothèque de l’Ingénieur de travaux publics.) Paris, Dunod;
- Tramways, métropolitains et automobiles, par MM. E. Aucamus et L. Galine ; 3e édition mise à jour par M. E. Julien. (Bibliothèque de l’Ingénieur de travaux publics.) Paris, Dunod;
- Exploitation technique des chemins de fer, par M. L. Galine; 2e édition revue et complétée. (Bibliothèque de l’Ingénieur de travaux publics.) Paris, Dunod.
- M. Edouard Sauvage, vice-président de la Société, fait une conférence sur le chargement mécanique des foyers de locomotives.
- Le problème du chargement mécanique des foyers de locomotives ne se pose guère en Europe parce que, jusqu’à présent, la surface des plus grandes grilles n’y dépasse pas beaucoup 4 m2. Cependant, si l’on chronomètre le travail du chauffeur, on constate qu’il charge en moyenne 2,5 kg de charbon par seconde. Pour une grille de 4 m2 chargée à 500 kg de charbon par mètre carré de grille et par heure, le temps rigoureusement passé par le chauffeur à charger la grille pendant une heure
- p.876 - vue 874/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 8 NOVEMBRE 1924. 877
- représente 800 secondes, c’est-à-dire entre le quart et le cinquième de l’heure. Il semble donc qu’on soit à la limite de l’effort que l’on peut demander au chauffeur.
- Mais la résistance de l’organisme n’entre pas seule en ligne de compte : le bon fonctionnement de la chauffe inlervient aussi; en effet, la porte du foyer étant ouverte pendant le chargement, c’est pendant un quart à un cinquième du temps que l’air, à cause du tirage énergique de la cheminée, arrive en très grand excès, au-dessus de la grille au lieu de la traverser. La combustion ne s’effectue donc pas dans de bonnes conditions au poinl de vue économique. Elle s'effectuerait moins bien encore si, en admettant que cela soit possible, on demandait un plus grand effort au chauffeur; on perdrait donc ainsi une partie du bénéfice attendu d’une plus grande intensité de chargement.
- On conçoit donc que la puissance de la locomotive augmentant, si on est conduit à dépasser 2.000 à 2.500 kg (extrême limite) de charbon chargé par heure, on cherche à faciliter la tâche du chauffeur. Cette limite est rarement atteinte en Europe ; cependant depuis longtemps déjà on y a cherché à soulager le chauffeur en remplaçant la soute à charbon du tender, qui était à fond plat et horizontal, par une soute en forme de trémie d’où le combustible descend de lui-même sous l’action de la pesanteur et arrive à portée du chauffeur; celui-ci ri’a plus qu’à se retourner pour pelleter.
- Le problème s’est posé au contraire dans d’autres pays et pour des raisons diverses.
- Ainsi aux Etats-Unis, on dut faire usage sur certains parcours, assez longs et très durs, de locomotives extrêmement puissantes dont la grille mesurait couramment 8 et même 10 m2 (locomotives Mallet). A leur mise en service, on a constaté que, bien que beaucoup plus puissantes que les locomotives qu’elles remplaçaient, elles ne tiraient pas des charges beaucoup plus grandes; et cela parce que la tâche imposée aux chauffeurs était au-dessus de leurs forces. C’est pour cette raison que, aux Etats-Unis, il y a une vingtaine d’années, on a commencé à étudier le problème du chargement mécanique des locomotives.
- Le problème est difficile car on ne dispose pas de beaucoup de place. Un grand nombre de dispositifs ont été imaginés et essayés; deux types paraissent en faveur : le chargeur duplex et le chargeur Elvin.
- 1° Dans le chargeur duplex, le combustible est amené du tender par une vis sans fin dans une petite trémie placée contre la boîte à feu; de là, deux autres vis sans fin, obliques, parallèles à la façade, le montent à droite et à gauche, devant deux orifices; soufflé par un jet de vapeur, le combustible est projeté sur la grille par ces orifices; des déflecteurs assurent sa répartition sur toute l’étendue de la grille.
- La consommation de vapeur (pour le soufflage et pour le moteur) ne dépasserait pas 1,4 p. 100 de la vaporisation totale de la chaudière. Cette consommation paraît bien faible
- Au 31 décembre 1923, 1.229 chargeurs duplex semblables, et 5.420 autres, pourvus d’un concasseur, étaient en service aux Etats-Unis.
- 2° Dans le chargeur Elvin, préconisé par l’American Locomotive C°, le charbon, amené du tender par une chaîne sans fin, tombe dans une trémie, passe dans un concasseur d’où deux vis sans fin l’élèvent jusqu’à deux pelles mécaniques qui, à tour de rôle, le projettent sur la grille.
- p.877 - vue 875/899
-
-
-
- 878
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — DÉCEMBRE 1924.
- Dans les deux dispositifs, l’intensité de chargement désirée est obtenue en réglant la vitesse de la vis sans fin ou de la chaîne sans fin; et ces organes mobiles sont placés sous le tablier.
- A Java, dans certains cas, on recourt aussi au chargement mécanique en raison du climat débilitant et du peu de vigueur des indigènes employés comme chauffeurs.
- En France, un type de chargeur mécanique a été imaginé par M. FoiUard en 1911 et construit par les Etablissements Sautter-Harlé. L’inventeur, après avoir étudié le fonctionnement des chargeurs connus à l'époque, a reconnu la nécessité de laisser aux soins du chauffeur la partie de son travail qui exige de l'intelligence; il suffit donc que l’appareil lui épargne le travail pénible du pelletage.
- L’appareil Foillard consiste en une seule vis sans fin inclinée qui prend le combustible au fond du tender, disposé en trémie, et le porte à la partie haute de la plaque arrière de boîte à feu, en passant au-dessus de la tête du chauffeur. Le charbon tombe sur une pelle, équilibrée et orientable dans toutes les directions, d’où, en ricochant, il retombe sur la grille. Le chauffeur, en manœuvrant sa pelle, à la main, de l’extérieur, conserve donc le contrôle du feu et pare aux irrégularités qui se produisent toujours dans la combustion et auxquelles les dispositifs entièrement mécaniques ne peuvent remédier.
- On conçoit d’ailleurs que, pour chaque cas déterminé, en marche courante, il y ait lieu d’employer un cycle d’orientations de la pelle déterminé, et qu’on puisse le réaliser mécaniquement. Le chauffeur, dans ce cas, n’aurait à intervenir qu’assez rarement.
- Dans presque tous les chargeurs mécaniques un inconvénient subsiste : les menus bien secs, car les vis et chaînes sans fin ne peuvent transporter des menus mouillés sans être exposées aux obstructions, tombant d’assez haut, sont entraînés et brûlent mal, alors que le chauffeur les mouille pour éviter cet entraînement.
- AL Sauvage est d’avis qu’on ne doit recourir au chargeur mécanique que s’il est indispensable; dans les cas limites, on trouvera toujours un très bon chauffeur capable de charger sans fatigue excessive et de façon soutenue, pendant 2 ou 3 heures, 2.500 kg à l’heure. Au delà, le chargeur mécanique est préférable à un deuxième chauffeur. E. L.
- M. Lacoin dit qu’il résulte des observations qu’il a recueillies aux Etats-Unis que les chargeurs mécaniques paraissent y avoir donné entière satisfaction ; toutefois, leur emploi augmente la consommation de combustible de 10 p. 100. En France, un second chauffeur reviendrait beaucoup moins cher qu’un chargeur mécanique. Il a vu en Suisse une locomotive à voie étroite sur laquelle le chauffeur avait été supprimé en réalisant l’arrivée du charbon dans le foyer d’une façon beaucoup plus rudimentaire que celle qui a été imaginée par Al. Foillard, mais suffisante parce qu’il s’agissait d’un foyer de très faibles dimensions. M. Lacoin fait ressortir l’intérêt qu’il y aurait à publier l’étude critique des chargeurs mécaniques faite par M. Foillard. 11 ne sait pas s’il y a augmentation ou diminution de la fumée par l’emploi des chargeurs.
- p.878 - vue 876/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 22 NOVEMBRE 1924. 879
- M. Mesnager, président. — Je remercie Al. Sauvage de l’intéressante communication qu’il vient de nous faire. L’intérêt qu’elle a suscité montre bien que la question des chargeurs mécaniques de locomotives est d’actualité.
- La séance est levée à 18 h.
- SÉANCE PUBLIQUE
- DU 22 NOVEMBRE 1924.
- Présidence de M. A. AIesnager, président.
- La séance est ouverte à 17 h.
- Le procès-verbal de la séance du 8 novembre 1924 est adopté.
- Sont présentés pour devenir membres de la Société :
- Al. Tiichonovitch (Benedict), ingénieur-électricien, 201 West, 109th Street, New York City (U. S. A.), présenté par Al Al. Léon Guillet, Albert Sauveur et William H. Nichols;
- Al. Dumanois (Émile, Paul), (O. ^), Ingénieur en chef de la Alarme, chef des Essais du Service technique de l’Aéronautique, directeur des Services techniques des Essences et Pétroles, 17, rue Darcel, Boulogne-sur-Seine (Seine), présenté par le colonel Renard et AI. Rateau.
- Al AL Hitier et Toulon, secrétaires généraux, présentent et analysent quelques ouvrages récemment entrés dans notre Bibliothèque.
- AI. Hitier présente les ouvrages suivants :
- Note sur les verres des vitraux anciens, par AL Léon Appert. Paris, Gau-thier-Villars et Cle (Don de l’auteur, membre du Conseil);
- La radioactivité et les transformations des éléments, par Al. Jean Becquerel. Paris, Payot;
- Les grandes industries modernes. I : L’industrie houillère; Lindustrie pétrolière : L'industrie kgdro-électrique, par AI. Paul de Rousiers. Paris, Armand Colin (Don de l’auteur, membre du Conseil);
- Le pétrole. Recherches et indices de gisements dx pétrole dans les colonies françaises et pays de protectorat, par Al. Honoré Paulin. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, Léon Eyrolles;
- p.879 - vue 877/899
-
-
-
- 880
- COMPTES RENDUS DES SÉANCES. — DÉCEMBRE 1024.
- Le domaine extérieur de la France. Madagascar, par M. Honoré Paulin. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, Léon Eyrolles ;
- Utilisation méthodique des films documentaires, par M. Louis d’IIerbeu-mont (Cinéopse, janvier 1924);
- Exposicion Rio de .Janeiro. Publicaciones de la Secretaria de Industriel., Comercio y Trahajo. Mexico ;
- La chronométrie pratique en France. L'horloyerie française en 182-3 et 1923, par M. A. Lereue. Besançon, M illot frères;
- I/i bakélite, par Al. Georges Kimrelix. (Iai Vie technique et industrielle, avril 1923.) (Don de l’auteur);
- Propriétés et applications industrielles de la bakélite, produit de condensation du phénol, par AL Georges Kimpflin. (Revue générale de félectricité, 28 octobre 1922.) (Don de l’auteur);
- Conception théorique sur la constitution des vernis à base de résine sgnthé-lique. Facteurs économiques qui conditionnent en France la fabrication de la résine synthétique, par AI. Georges Kimpflin. (Chimie et Industrie, octobre 1923.) (Don de l’auteur).
- AI. Toulon présente les ouvrages suivants :
- Moteurs à combustion interne, par AI. Paul Dumaxois. (Encyclopédie de mécanique appliquée.) Paris, J.-IL Baillière et fils (Don de l’auteur) ;
- Comment s’assurer la propriété d’une invention, cl une œuvre artistique, d'un modèle, d'une découverte. Comment prouver la date d'une création intellectuelle quelconque, par Al. A. Taillefer. Paris, Association française pour la Protection de la Propriété industrielle (Don de l’auteur, membre du Conseil) ;
- La crise monétaire et son remède, par AL Ch. Lallemand. Paris, Gauthier-Villars et GIe (Don de l’auteur);
- Organisation cl'une industrie moderne, par AI. René Van AIuyden. Paris, Albin Alichel ;
- Congrès de l'Est. Metz-Strasbourg, 1^-7 juin 1921. Saint-Etienne, Société de l’Industrie minérale (Don de la Société);
- Pour le port de Cherbourg, par AL G. Th. Quoniam (Don de l’auteur);
- Le port de Cherbourg, par AL G. Th. Quoniam. (France-Amérique, juillet 1923.) (Don de l’auteur);
- Etude sur I organisation des ports transatlantiques. Mission de la Chambre de Commerce de Cherbourg. Relation de voyage, par AL G. Th. Quoniam. Gaen, Société d’impression de Basse-Normandie (Don de l’auteur);
- Projet de réforme fiscale supprimant la déclaration, le contrôle, f inquisition.
- p.880 - vue 878/899
-
-
-
- CONSEIL D ADMINISTRATION.
- SÉANCE PUBLIQUE DU 22 NOVEMBRE 1924. 831
- Orientation nouvelle de la fiscalité réalisant l'équilibre budgétaire, par M. F. Gautier. Poitiers, Société française d’imprimerie;
- IJ annuaire industriel. Répertoire analytique général de l'industrie. Paris, Société d’Editions documentaires industrielles.
- M. M esnager, président. — M. Charles Berthelot n’est pas un inconnu pour nous. Il nous a donné le 10 novembre 1923 une conférence sur la carbonisation des combustibles à basse température, en particulier celle des lignites; notre Société lui a accordé en 1922 une médaille de vermeil pour ses travaux sur la technique moderne de l’industrie des goudrons de houille. Aujourd’hui, il va vous décrire les procédés modernes d’enrichissement mécanique des combustibles et en particulier la méthode du flottage appliquée au lavage du charbon.
- Vous voyez que M. Ch. Berthelot s’est spécialisé dans les questions qui touchent à l’utilisation des combustibles. Il s’y est acquis une réputation universelle qui lui a ATalu de nombreuses récompenses.
- Je ne doute pas que vous n’écoutiez avec intérêt l’exposé qu’il va vous faire.
- M. Charles Berthelot fait une communication sur le lavage du charbon par flottage.
- Il y a quelques années seulement qu’on s’est préoccupé d’appliquer au charbon le procédé de classement par flottage qui est employé avec succès depuis plus de vingt ans à l’enrichissement mécanique de certains minerais métalliques autrefois difficiles à utiliser. Tel est le cas notamment de minerais sulfurés de zinc, cuivre et plomb, à gangue généralement siliceuse, qu’on trouve en abondance aux Etats-Unis et en Australie.
- Le flottage a ainsi permis d’utiliser une fraction du minerai extrait bien plus grande qu’auparavant.
- Le principe du flottage est le suivant :
- Si le minerai finement pulvérisé est introduit dans un mélange d’eau, d’air et d’une petite quantité d’un autre liquide approprié, huile ou acide, et si on agite le tout, les bulles d’air adhèrent aux parties métalliques qui ne sont pas mouillées et viennent flotter à sa surface, tandis que les particules de gangue, étant mouillées, tombent au fond. Le procédé tire parti, en somme, des différentes façons de se comporter des corps en présence de liquides dont ou utilise la tension superficielle.
- Des dispositifs mécaniques permettent d’opérer de façon continue, de recueillir à part les mousses, riches, et la gangue précipitée, stérile.
- On conçoit de quelle variété peuvent être les dispositifs employés pour opérer de façon continue, pour amener le produit à traiter, pour malaxer, pour évacuer les produits classés ; de même la nature du liquide ajouté en vue d’augmenter la tension superficielle et son mode de récupération peuvent varier beaucoup. Les systèmes de lavage par flottage sont donc extrêmement nombreux. Aussi existe-t-il
- p.881 - vue 879/899
-
-
-
- 882 COMPTES RENDUS DES SÉANCES. -------- DÉCEMBRE 1924.
- environ 200 brevets relatifs à la technique du lavage par flottage. Comme la découverte du procédé, par Haynes, remonte à 1860, et l’idée du malaxage, due aux frères Elmore, remonte à 1885, ces brevets ne concernent plus guère que les dispositifs employés.
- Si on applique le flottage au charbon, on constate que les fines particules de charbon pur, si le liquide ajouté à l’eau est une huile de houille, se comportent comme les particules métalliques sulfurées dans le cas des minerais; elles flottent tandis que les particules de substances minérales, qui constituent les cendres, tombent au fond du liquide. Pour le charbon, on doit opérer sur des produits atteignant 2 mm au plus. Le poids d’huile de houille ajoutée ne dépasse pas 1 p. 100 de celui du produit traité et descend quelquefois à 0,30 p. 100. On peut souvent en récupérer une fraction.
- Les systèmes de flottage le s plus connus sont ceux : de la Minerais Séparation Co, de Coppée, de France, d'Ekof et de Kleinbentik. Les quatre premiers ont été peu appliqués en Europe à cause de leurs frais élevés de premier établissement et d’exploitation. Il n’en est pas de même du procédé Kleinbentik qui est appliqué depuis 1922 au classement des charbons des Mines fiscales de l’Etat néerlandais.
- Se basant sur les résultats donnés aux Pays-Bas par ce procédé, M. Charles Berthelot montre quel bénéfice nos houillères du Nord et du Pas-de-Calais notamment, pourraient tirer de son application généralisée à une catégorie de produits qui, jusqu’ici, paraissent avoir été assez mal utilisés.
- On sait en effet que le lavage des charbons, tel qu’il est pratiqué actuellement pour le classement des fines brutes de 0 à 50 mm permet d'en obtenir des produits calibrés, homogènes et à faible teneur en cendres, les seuls qui soient demandés pour les usages domestiques ou industriels ; or ces fines brutes, soumises au lavage, représentent à l’heure actuelle environ un tiers du combustible extrait des houillères françaises, et si leur lavage par les méthodes ordinaires fournit des produits marchands de grande valeur : les grains, les braisettes, les têtes de moineaux, il fournit aussi, malheureusement, d’autres produits presque sans valeur :
- 1° du poussier de 0 à l mm, dont l’utilisation est quelquefois assez difficile ;
- 2° des schlamms difficilement utilisables et
- 3° des mixtes à environ 30 p. 100 de cendres, encore plus difficilement utilisables ; enfin,
- 4° des schistes à 75 p. 100 de cendres dont la valeur est négative, car leur seul stockage dans les « terris » coûte très cher.
- Ce sont surtout ces dernières catégories de produits, qui représentent 20 à 30 p. 100 des fines brutes, qui sont justiciables du lavage par flottage.
- Aux Mines fiscales de l’Etat néerlandais, le procédé est appliqué aux schlamms et au poussier. Pour les schlamms (on en traite 100.000 t par an), la teneur en cendres est abaissée de 25 à 8 p. 100 et la teneur en soufre à moins de 0,6 p. 100, ce qui est important si on vise un usage métallurgique; ainsi purifiés, ils sont utilisés à la fabrication de coke métallurgique ou de briquettes pour les chemins de fer. Pour le poussier, la teneur en cendres est abaissée de 16 à 6 p. 100. On peut en faire un excellent coke de fonderie. Le bénéfice net est de 17 f par tonne de schlamm traitée et de 8 à 10 f par tonne de poussier.
- Le procédé a été installé ou est en cours d’installation dans plusieurs charbonnages importants du Nord de la France et de la Ruhr.
- p.882 - vue 880/899
-
-
-
- CONSEIL D’ADMINISTRATION. — SÉANCE PUBLIQUE DU 22 NOVEMBRE 1924. 883
- D’après ce qui précède, on voit que l’organisation d’un lavoir moderne paraît, désormais, devoir comporter les appareils suivants :
- l°bacs à piston ou rhéolaveurs, ou autres procédés plus perfectionnés encore, employés actuellement pour laver les fines brutes de 1 à 50 mm ;
- 2° appareils à flottage pour épurer le poussier et les schlamms, voire pour tirer parti des mixtes et des schistes.
- Applicable, en France, au traitement annuel d’environ 3 millions de tonnes de poussier et de schlamms, le lavage par flottage apparaît comme un moyen pratique d’améliorer le rendement du lavage des charbons.
- E. L.
- M. Mesnager, 'président. — Je remercie M. Charles Berthelot de l’intéressante communication qu’il vient de nous faire et qui complète si heureusement notre documentation sur la meilleure utilisation de nos ressources en combustibles, toujours déficitaires.
- La séance est levée à 18 h. 30 m.
- Tome 136. — Décembre 1924.
- 61
- p.883 - vue 881/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- DÉCEMBRE 1924.
- OUVRAGES REÇUS A LA RIRLIOTHÈOUE
- EN NOVEMBRE 1924.
- Trouvelot (Bernard). — Recherches de biologie appliquée sur la teigne de la pomme de terre et ses parasites et considérations générales sur l’utilisation des insectes ento-mophages en agriculture. Étude des conditions de pullulation des insectes. Thèse de doctorat ès sciences naturelles, Paris, juin 1924. In-4 (27 x 18) de vu -f- 136 p., 32 fig., IV pl. Bibliographie, p. 133-136. Paris, Maurice-Mendel, 1923. 16808
- Paulin (Honoré). — Le domaine extérieur de la France. Madagascar. In-4 (31 x 21) de 120 p., fig. Paris, Librairie de l’Enseignement technique, Léon Eyrolles, 1923. 16809
- Cuvelette. — La destruction et la reconstitution des mines de Lens. Conférence faite au Conservatoire national des Arts et Métiers, le 12 mars 1922. In-4 (28 x 22) de 92 p., XLVI pl. (Don de Vauteur.) 16473
- Dümanois (Paul). — Moteurs à combustion interne. (Encyclopédie de mécanique appliquée). In-8 (23 x 13) de vi + 517 p., 196 fig. Paris, J.-B. Baillière et lîls, 1924. (Don de raideur.) 16810
- L'annuaire industriel. Répertoire analytique général de l'industrie suivant la classification de MM. Pernet, Gensel et Tiiirion. 2r édition, 1925. 3 vol. in-4 (28 x 22). Paris, Société d’éditions documentaires industrielles. 16811-3
- Van Muyden (René). — Organisation d’une industrie moderne. Comment se développe l’industrie française et en particulier une entreprise de construction de matériel électrique. In-8 (25 X 16) de 155 p., 134 fig. Paris, Albin Michel. 16814
- de Bousiers (Paul). — Les grandes industries modernes. I : Vindustrie houillère. L'industrie pétrolière. L'industrie hydro-électrique. In-12 (18 x 12) de vi + 239 p. Paris, Librairie Armand Colin, 1924. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.)
- 16815
- Becquerel (Jean). — La radioactivité et les transformations des éléments. In-18 (16 x 10) de 208 p., fig. Paris, Payot, 1924. 16816
- Appert (Léon). — Note sur les verres des vitraux anciens. In-8 (22 x 14) de 72 p. Paris, Gauthier-Villars et Cic, 1924. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.)
- 16817
- Brauner (Ludwig) et Vogt (Victor). — Illustriertes Orga-Handbuch erprobter Büro-Maschinen. In-8 (26 x 17) de 644 p., fig. Berlin « Organisation » Verlagsgesellschaft, 1921.
- 16818
- Tiiomann (R.) et Iltis (P.). — Les turbines hydrauliques et les turbo-pompes. lrc partie. In-4 (28 x 19) de xu -j- 176 p., 147 fig. Paris, Dunod, 1924. 16819
- Werner (Ch.-A.). — La sollicitation mécanique des roues polaires tournant à grande vitesse (turbo-génératrices). Traduit de l'allemand par David Schepse. In-8 (25 x 16) de VI-j- 118 p., 47 fig. Paris, Dunod, 1924. 16820
- p.884 - vue 882/899
-
-
-
- OUVRAGES REÇUS EN NOVEMBRE 1924.
- 885
- Escard (Jean). — Les fours électriques industriels et les fabrications électrothermiques. 2° édition. In-8 (25 x 16) de vm -f 674 p., 265 fig., XL pl. Paris, Dunod, 1924.
- 16821
- Griffiths (Charles) et Lévi (Lucien). — Traité d’analyses industrielles. In-8 (25 x 16) de x + 671 p., 119 fig., II pl. en couleurs. Paris, Dunod, 1924. 16822
- * *
- Cuvelette (E.). — Les premières étapes de la reconstitution des mines de Lens. (Technique moderne, juin et juillet 1924). In-8 (24 x 15) de 55 p., 22 fig. Paris, Dunod, 1924. (Don de Vauteur.) Pièce 12895
- Taillefer (André). — Comment s’assurer la propriété d’une invention, d’une œuvre
- artistique, d’un modèle, d’une découverte, etc. Comment prouver la date d’une création intellectuelle quelconque. In-8 (24x15) de 20 p. Paris, Association française pour la Protection de la Propriété industrielle. (Don de l'auteur, membre du Conseil d'Administration.) Pièce 12896
- Lebeuf (A.). — La chronométrie pratique en France. L’horlogerie française en 1823 et 1923. In-8 (24 x 16) de 45 p. Besançon, lmp. Millot frères, 1924. Pièce 12897
- Tripier (Henri). — Définition géométrique de la fonction exponentielle et de la fonction logarithmique. Propriétés. In-8 (22 x 14) de 23 p., 9 fig. Paris, Librairie Vuibert, 1924. (Don de rauleur.) Pièce 12898
- *
- * *
- Direction générale des Douanes. — Tableau général du commerce et de la navigation. Année 1922. 1er Vol. : Commerce; 2e Vol. : Navigation. Paris, Imprimerie nationale, 1923. Pér. 34
- Science et industrie. — N° 126 (mars 1924) : La Tchécoslovaquie, 179 p., fig. Paris, 22, avenue Montaigne. Pér. 111
- Union des Industries métallurgiques et minières, de la Construction mécanique, ÉLECTRIQUE ET MÉTALLIQUE ET DES INDUSTRIES QUI S’Y RATTACHENT. — Annuaire 1924-1925. Paris, 7, rue de Madrid (8e). Pér. 86
- Institut d’Égypte.— Bulletin. Tome VI. Session 1923-1924. Le Caire, 1924. Pér. 32 Institut d’Égypte. — Mémoires présentés. Tome VI : Mémoire sur les finances de l'Égypte depuis les Pharaons jusqu'à nos jours, par S. A. le prince Omar Toussoux, viii -j- 187 p. Le Caire, 1924. Pér. 32
- Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam. — Proceedings of the Section of Sciences. Vol. XXV et XXVI. Amsterdam, 1923. Pér. 279
- Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam. — Werhandelingen. 1 te Sectie, Deel XIII, nos2,3. — 2de Sectie, Deel XXII, n° 5; Deel XXIII, nos 1 à 4. Amsterdam, 1923-1924. Pér. 279
- p.885 - vue 883/899
-
-
-
- BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D’ENC. POUR L’INDUSTRIE NATIONALE. — DÉCEMBRE 1924.
- LISTE DES NOUVEAUX MEMBRES
- ADMIS PENDANT L’ANNÉE 1924
- A FAIRE PARTIE DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Agache fils (Établissements), filatures et tissages mécaniques, 12, rue du Vieux-Faubourg, Lille (Nord).
- M. Bernheim (Alfred), industriel, 5, avenue Charles-Floquet, Paris (7e).
- M. Bienfait-Lemaire (Alfred-Jules), tanneur-corroyeur, 31, rue d’Anvers, Tourcoing (Nord).
- M. Bizet (Paul) (O. ifc), Ingénieur des Arts et Métiers, ancien président de la Société des Anciens Élèves des Écoles nationales d’Arts et Métiers, « Les Feuillantines », Montigny-les-Cormeilles (Seine-et-Oise).
- La Chambre de Commerce de Roubaix, 2, rue du Chateau, Roubaix (Nord).
- M. Coulons (Gustave de), ingénieur civil, 14 bis, rue Paul-Bert, Puteaux (Seine).
- M. Denis (Luc), ingénieur civil, 116-118, boulevard de Ménilmontant, Paris (20e).
- M. Dumanois (Émile-Paul) (O. i&, I. il), Ingénieur en chef de la Marine, chef des Essais du Service technique de l’Aéronautique, directeur des Services techniques des Essences et Pétroles, 17, rue Darcel, Boulogne-sur-Seine (Seine).
- Les Hauts Fourneaux de Rouen (Société des), 19, rue de La-Rochefoucauld, Paris (9e).
- M. Herrenschmidt (Jacques), de la société « Les Fils de Ch. Herrenschmidt », manufacture de cuirs teints, tanneries, corroiries, Paris et Lagny (Seine-et-Marne), 138, rue de Courcelles, Paris (17e).
- M. Julhiet (Édouard) (#), ingénieur-conseil de la Banque de l’Union parisienne, 93, rue de Lille, Paris (7e).
- M. Le Cesne (Julien) (O. ifc), président de l’Union coloniale, vice-président de la Section de Législation du Conseil supérieur des Colonies, 38, rue Saint-Lazare, Paris (9e).
- M. Morane (Henry), ancien élève de l’École polytechnique, administrateur-délégué de la Société des Kaolins de Bretagne, directeur des Usines S. T. A. C. (Société des Tuyaux et Agglomérés centrifugés), 107, rue de Longchamp, Paris (16e).
- Plateau central (Union des Associations agricoles du), 2, boulevard de Guizard, Rodez (Aveyron).
- M. Renouard (Alfred) (I. ingénieur civil, expert près les tribunaux, membre de la Commission supérieure des Expertises textiles, 49, avenue Mozart, Paris (16e).
- M. Robinson (Francis J.-B.), Section comm ercialedu Consulat général britannique, 7 bis, rue Lord-Byron, Paris (8e).
- p.886 - vue 884/899
-
-
-
- LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ADMIS EN 1924.
- 887
- M. Rollet (Paul), directeur de l’École municipale professionnelle Diderot, 60, boulevard de la Villelte, Paris (19e).
- M. Roume (Ernest) (G. G. ifc), gouverneur général honoraire des Colonies, 1, avenue Montaigne, Paris (8e).
- Soie artificielle (Société nouvelle de), 16, rue du Louvre, Paris (1er), Usine de Saint-Aubin-Jouxte-Boulleng (Seine-Inférieure).
- M. Takagishi (Otojiro), Ingénieur en chef du Service des Transports militaires du Japon, 5025, Shiideramachi, Minami-Ku, Osaka (Japon).
- M. Tikhonovitch (Benedict), ingénieur-électricien, 201 West, 109th Street, New York City (U. S. A.).
- Les Verreries Schneider, 49, rue de l’Yser, Épinay-sur-Seine (Seine).
- p.887 - vue 885/899
-
-
-
- p.888 - vue 886/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS
- DANS LA CENT VINGT- TROISIÈME ANNÉE DU BULLETIN (JANVIER-DÉCEMBRE 1924)
- 123e année.
- Les nombres en chiffres romains indiquent le ou les mois du cahier. Le nombre en chiffres arabes
- qui les sint indique la page.
- A
- Alabarbe. — Voir Chesneau.
- Allain-Launay. — Guide du consommateur d'énergie électrique à la ville et
- à la campagne.................X 710
- Allemagne (H. D’). — Analyse de : Comment se défendre contre l'incendie, par R. Frère.......................V 515
- — La Société nationale «Art etTravail »
- (Note du Comité des Constructions
- et des Beaux-Arts)............XII 865
- — Le cinématographe dans les affaires (Note du Comité des Constructions
- et des Beaux-Arts)............XII 866
- Androuin (J.). — Analyse de : Brochures de la Société de publications
- mécaniques.................... II 191
- Androuin..........................IV 325
- Aubert. — Les combustibles liquides et le problème du carburant national. X 711
- B
- Bâclé (L.). — Assemblée générale,
- 15 décembre 1923 ...............I 105
- — Convocation à l’Assemblée générale (lre) du 10 novembre 1923. ... I 112
- — Lettre adressée après l’Assemblée générale du 15 décembre 1923. . I 113
- — Discours à l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924. . . IV 301
- Barberot (A.). — Fabrication de l'acier au four Martin.....................V 503
- Barut (Victor). — L'industrie de l'électrochimie et de l'électrométallurgie en France...................VII-VI1I-IX 630
- Baudoin (Dr Georges). — Conférence sur la cure marine et l’héliothérapie marine...................VII-VIII-IX 601
- — — (Compte rendu de la séance publique du 14 juin 1924). VII-VIII-IX 646
- Bechmann (G.). — Note du Comité des Constructions et Beaux-Arts : le problème de la route...................II 179
- — Analyses de : Étude sur l'écoulement
- souterrain des eaux, par Marcel Por-CHET........................... II 192
- — — Paving bricks, par F. Wattebled.
- V 305
- Bel (Jean, Marc). — Les gisements de phosphate du Maroc.................XII 793
- Belin (Édouard). — Voir Taillefer.
- Béréhare (E.). — Voir Masméjean.
- Berthelot (Charles). — Communication sur la carbonisation à basse température, en particulier celle des lignites (Mémoire)...............I 44
- — Communication sur le lavage du
- charbon par flottage (Compte rendu de la séance publique du 22 novembre 1924)....................XII 881
- Bertrand (Gabriel). — Recherches sur l’étouffage des cocons de vers à soie. Étude d’un nouveau procédé, à base de chloropicrine .... VI 519
- Boileau (Charles). — Un problème national : Vélectrification générale du territoire..........................II 196
- p.889 - vue 887/899
-
-
-
- 890
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS EN 1924. — DÉCEMBRE 1924.
- Bonneau (P.). — Conférence sur les haut-parleurs « Seg » de la Société des Établissements Gaumont (Mémoire)...............................I 67
- Bordas (F.). — Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur les dispositifs imaginés par M. G. de Coulons pour protéger les ouvriers contre l’inhalation des poussières de plomb (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du
- 22 mars 1924)....................IV 351
- Bordet (Lucien). — Rapport, au nom des Censeurs, sur les comptes de
- l’exercice 1922.................XII 791
- Brazier (C.-E.). — Voir Renard.
- Brillié (Eugène). — Conférence sur la traction sur voie ferrée par moteurs à combustibles liquides (Mémoire).............................III 217
- -----(Compte rendu de la séance publique du 23 février 1924) ... III 295
- Brutzkus (M.). — Contribution à la théorie des combustibles pour les
- moteurs...........................V 397
- Bultingaire (Léon). — Inventaire des périodiques scientifiques dressé sous la direction de M. Alfred Lacroix et avec le concours de M. A. Richard.
- V 510
- C
- Cameron Grant (John). — Voir Legros. Charpy (G.). —Analyses de : Forgeage et laminage, par Léon Geuze . . V 502
- -----Fabrication de l'acier au four
- Martin, par A. Barberot .... V 503 Charron (F.). — La résonance des cavités et le fonctionnement des tuyaux sonores en espace limité. X 672 Chesneau. -j Rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les appareils « Pluton » construits par
- M. Alabarbe.............VII-VIII-IX 597
- -----(Compte rendu de la séance publique du 14juin 1924). VII-VIII-IX 646 Coffignier (Ch.) — Couleurs et peintures.
- X 709
- Cornille (Alix). — Aide-mémoire de céramique industrielle . VII-VIII-IX 649
- Cornu-Thénard. — Rapport, au nom de la Commission des Fonds, sur les comptes de l’exercice 1922 . . XII 787
- Coulons (G. de). — Voir Bordas.
- Curie (M. et Mme). — Voir Haller.
- D
- Denis (Luc). — Voir Sauvage.
- Dornic (Pierre). — Voir Lindet.
- Dumanois (Paul). — Voir Lieutenant-colonel Renard.
- F
- Feret (R.). — Projet d’une classification uniforme des matières grenues et pulvérulentes................IV 373
- Fieux (Jean). — Communication sur le conjoncteur-disjoncteur à friction (système Fieux). Son application aux véhicules automoteurs comme embrayage automatique (Mémoire).
- III 279-
- -----(Compte rendu de la séance publique du 23 février 1924) ... III 297
- Fréminville (Ch. de). — Analyse de : Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles, par le Capitaine Pierre Prévost.....................V 513
- Frère (R.). — Comment se défendre contre l’incendie..................V 515
- Fritsch (J.). — Fabrication des engrais chimiques..........................V 505'
- G
- Gardette (Dr Victor). — Communication sur le tourisme et le thermalisme en France (Mémoire) ... I 92
- — — (Compte rendu de la séance publique du 12 janvier 1924) ... II 183
- Geuze (Léon). — Forgeage et laminage.
- V 502
- Gruner (E.). — Comment réaliser le relèvement économique de la Russie............................VI 571
- — Krivoï-Rog. Les gisements de minerais de fer et les établissements métallurgiques du Sud de la Russie.
- Leur état présent. Leur avenir. VI 573
- p.890 - vue 888/899
-
-
-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS EN 1924.
- 891’
- Gueugnon (François)..................IV 325
- Guillet (L.). — Analyse de : L'industrie de l'électrochimie et de /'électrométallurgie en France, par Victor Barut......................VII-VIII-IX 650
- H
- Haller (A.). — Rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les titres de M. et Mme Curie au Grand Prix du Marquis d’Argenteuil (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 316
- — Analyse de : Couleurs et peintures,
- par Ch. Coffignier.................X 709
- Hardy (Georges). — Le problème de l’enseignement professionnel au Maroc...............................XI 757
- Hitier (Henri). — Rapport sur l’attribution du prix Meynot (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 319
- — Rapport sur l’attribution des médailles Dumas (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du
- 22 mars 1924).....................IV 321
- — Rapport sur l’attribution du Prix
- Fourcade (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1922).............................IV 323
- — Rapport, au nom du Comité d’Agri-culture, sur l’ouvrage de Jacques Lévêque de Vilmorin : L'hérédité chez la betterave cultivée (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 330
- — Rapport, au nom du Comité d’Agri-
- culture, sur l’œuvre de l’Union des Associations agricoles du Plateau central (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).............................IV 334
- — Compte rendu de l’ouvrage de M. Lafosse : Les eaux et les bois. (Séance du Comité d’Agriculture du
- 14 mai 1924)......................VI 589
- — Notes d’Agriculture. . VII-VIII-IX 627
- — L’évolution de l’agriculture française (Notes d’Agriculture).
- VII-VIII-IX 627
- — La production du bétail et l’accroissement des surfaces herbagères (Notesd’Agriculture). . VII-VIII-IX 631
- I
- International Research Council. — International critical tables of nume-rical data of physics, chemistry and technology..........................V 509*
- J
- Jossier (G.). — Analyse de : Les cuirs employés dans l'armée française. Tannage, corroyage, qualités et défauts, par Émile Passot...................Il 194
- K
- Kimpflin (Georges). — Communication sur l’industrie française de la résine synthétique (Compte rendu de la séance publique du 24 mai 1924). VI 586.
- -----(Mémoire)...................X 657
- L
- Lacoin (Maurice). — Le développement de l’apprentissage à l’atelier, sa réalisation à la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans. Les projets d’organisation de l’apprentissage en France et la taxe d’apprentissage ..........................XII 811
- Lacroix (Alfred). — Voir Biiltingaire.
- Lafosse (Henry). — Les eaux et les bois.
- VI 589'
- Lalande (A.). — L’outillage moderne dans l’industrie des conserves alimentaires...........................X 692
- Langevin (Paul). — Les ondes ultra-sonores et leurs appplications (Compte rendu de la séance publique du 10 mai 1924)....................VI 582
- Laurence Benêt. — Remise à la Société d’Encouragement de l’adresse de l’American Society of Mechanical Engineers...........................V 496
- Lavallée (Prosper). — Voir Wery.
- Le Cesne (J.). — Rapport, au nom du
- p.891 - vue 889/899
-
-
-
- 892
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉS EN 1924. — DÉCEMBRE 1924.
- Comité de Commerce, sur les cartes économiques de l’Afrique occidentale française, établies par M.
- A. Meunier....................XI 715
- — — (Compte rendu de la séance publique du 25 octobre 1924). . . XI 780 Legros (Lucien-Alphonse). — A note on the legibility of printed matter. V 507 Legros (Lucien-Alphonse) et Cameron Grant (John). — Typographical prin-
- ting surfaces..................V 508
- Letort (Yves). — Communication sur la fabrication des tuyaux en ciment armé au moyen de la force centrifuge par le procédé S. T. A. C. (Compte rendu de l’Assemblée géné-
- rale du 15 décembre 1923). ... I MO — — (Mémoire)...................Il 117
- Lindet (L.). — Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur les titres de M. Émile Prudhomme à la grande médaille d'or à l’effigie de Thénard (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924). IV 314
- — Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur les titres de M. Pierre Dornic au prix Parmentier (Compte rendu de l'Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 320
- — Analyses de : Fabrication des engrais chimiques, par J. Fritscii. ... V 505
- — — La carbonisation des bois, lignites et tourbes, par Ch. Mariller.
- VII-VI1I-IX 651
- — — Les combustibles liquides et le
- problème du carburant national, par Aubert.............................X 711
- — Séance du 14 mai 1924 du Comité
- d’Agriculture.....................VI 588
- Livache (Ach.). — Rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la répartition des revenus des fondations de secours attribuées à ce
- Comité...................... V 395
- — — (Compte rendu de la séance publique du 12 avril 1924) .... V 499
- Lœbnitz (J.). — Avis de la Société d’Encouragement sur l’extension de la portée du mot « céramique ». IV 359 — Analyse de : Aide-mémoire de céramique industrielle, par Alix Cornille.
- VII-VIII-IX 649
- LONGINESCU........................V 512
- Lossier (Henry). — Conférence sur les ciments spéciaux et l’avenir du
- béton armé (Mémoire)............XI 738
- — — (Compte rendu de la séance publique du 25 octobre 1924) . XI 781
- M
- Mariller (Ch.). — La carbonisation des bois, lignites et fourbes. VII-VIII-IX 651 Masméjean (A.) et Béréhare (E.). —
- Les moteurs à explosion dans l'aviation ............................V 514
- Masson (E.). — Voir Mesnager.
- Mercier (V.). — Conférence sur les procédés de pointage du personnel
- (Mémoire) I 15
- Mesnager (A.). — Séances publiques :
- — — - 12 janvier 1924 . . . II 181
- 26 — — . . . II 186
- — — — 9 février — ... III 288
- — 23 — — . . . III 294
- — — — 8 mars — ... IV 388
- — — — 12 avril — ... V 495
- — — — 10 mai — ... VI 579
- 24 — — . . . VI 584
- — — — 14 juin — VII-VIII-IX 643
- — — — 25 octobre — ... XI 777
- — — — 8 novembre — ... XII 873
- 22 — — . . . XII 879
- — Discours à l’Assemblée générale
- solennelle du 22 mars 1924. . . IV 301
- — Rapport, au nom du Comité des
- Constructions et des Beaux-Arts,
- sur le goniostadigraphe imaginé par
- M. E. Masson (Compte rendu de
- l’Assemblée générale solennelle du
- 22 mars 1924) IV 353
- Meunier (A.). — Voir Le Cesne.
- Meunier (L.). — Conférence sur les tanins synthétiques (Mémoire). . IV 382
- P
- Passot (Émile). — Les cuirs employés dans l'armée française. Tannage, corroyage, qualités et défauts ... II 194 Patart (Georges). — Communication sur l’alcool anhydre et sa fabrication
- p.892 - vue 890/899
-
-
-
- NOMS DES AUTEURS MENTIONNES EN 1924.
- 893
- industrielle (Compte rendu de la séance publique du 20 janvier 1924).
- II 188
- — — (Mémoire)...................III 201
- Pistoye (II. de). — Étude mécanique et
- usinage des machines électriques. V 503 Porchet (Marcel). — Étude sur l'écoulement souterrain des eaux ... II 192 Prache (Paul). — Étude des vibrations produites dans les édifices par la circulation des véhicules ... VI 548 Predhumeau (J.). — Communication sur la stéréotopométrie, l’obtention de plans cotés ou à courbes de niveau par restitution de photographies stéréoscopiques, la description et l’usage d'un stéréotopomètre (Compte rendu de laséance publique
- du 12 avril 1924)................V 500
- Prévost (Capitaine Pierre). — Organisation et fonctionnement des véhicules automobiles. Cours professé au Centre d’instruction automobile de Fontainebleau .........................V 513
- Prudhomme (Émile). — Voir Lixdet.
- R
- R A but (Charles). — Règles scientifiques pour le renforcement des constructions en maçonnerie (Note du Comité des Constructions et des Beaux-
- Arts) . .......................XII 804
- Raymond (Pierre). —Présentation d’un contrôleur-enregistreur pour usages industriels et pour automobiles (Compte rendu de la séance publique
- du 12 avril 1924)............. . V 499
- Renard (Lieutenant-colonel Paul). — Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur les travaux de M. l’Ingénieur en Chef de la Marine Paul Dtjmanois, sur les moteurs à combustion interne (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924)...................IV 325
- — Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, au sujet du mémoire de M. C.-E. Brazier concernant les recherches expérimentales sur les moulinets anémométriques
- (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924). IV 347
- Renouard (Alfred). — Les progrès effectués depuis la guerre dans la construction textile française ... V 426
- Richard (A.). — Voir Bultingaire.
- Rignaui.t (Pierre-E.). — Communication sur la solution urgente du problème cotonnier et la mise en valeur du Soudan français (Mémoire).
- II 146
- — — (Compte rendu de la séance publique du 9 février 1924) . . III 291
- Ringelmann (Max). — Recherches sur les métaux: employés dans la construction des machines agricoles. II 157
- Risler (Georges). — Rapport, au nom du Comité de Commerce, sur le Foyer rémois, œuvre de M. Georges Charbonneaux (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) ..................IV 344
- — Ve Congrès annuel de la Natalité, Marseille, 27-30 septembre 1923 (Note du Comité de Commerce). IV 369
- — VIe Congrès de la Natalité, Strasbourg, 25-28 septembre 1924. . XI 772
- S
- Sauvage (E.). — Rapport, au nom du Comité des Arts mécaniques, sur les travaux de M. Luc Denis (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 324
- — Analyse de : Les moteurs à explosion dans l'aviation, par A. Masméjean et
- E. BérÉhare..................... V 514
- — Locomotive «à trois cylindres du
- Lehigh Valley Railroad......... VI 560
- — Conférence sur le chargement mécanique des foyers de locomotives (Compte rendu de la séance publique
- du 8 novembre 1924)............XII 876
- Séguin (Augustin). — Voir Toulon.
- T
- Taillefer (A.). — Rapport, au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, sur les travaux de
- p.893 - vue 891/899
-
-
-
- 894 NOMS DES AUTEURS MENTIONNÉ:
- M. Édouard Belin relatifs à la télégraphie des dessins, textes et photographies (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du
- 22 mars 1924)..................IV 342
- Thiébault (Ernest). — Sténographie système Prévost-Delaunay. Adaptation
- phonétique à l'anglais.........V 510
- Toulon (Paul). — Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur les inventions de M. Augustin Séguin : Indicateur de vitesse de rotation et Machine automatique à multiplier (Compte rendu de l'Assemblée générale solennelle du 22mars 1924).
- IV 328
- — Rapport sur les médailles de bronze décernées aux contremaîtres et aux ouvriers des établissements industriels et des exploitations agricoles (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV 355
- Tribot-Laspière (J.). — Compte rendu des essais contrôlés de véhicules automobiles à accumulateurs organisés par l’Union des Syndicats de l’Électricité en septembre-octobre 1923 (Compte rendu de la séance publique du 8 mars 1924) ... IV 389
- — — (Mémoire) .... VII-VIII-IX 614 Trouvelot (B.). — Recherches sur la
- teigne des pommes de terre et ses parasites. Considérations sur l'utili-
- S EN 1924. — DÉCEMBRE 1924.
- sation des insectes entomophages
- en agriculture.................XI 718
- Tzitzeica.........................V 512
- V
- Vilmorin (Jacques Levêque de). —
- Voir Hitier.
- w
- Waddington (A.). — Comment développer la production de coton colonial (Note du Comité de Commerce).
- XII 869
- Wattebled (F.). — Paving bricks . V 505
- Wery (Georges). — Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur les travaux de M. Prosper Lavallée au sujet delà sélection des blés (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924) .... IV 339
- Z
- Zetter (Ch.). — Analyses de : Étude mécanique et usinage des machines électriques, par H. de Pistoye. . V 503
- -----Guide du consommateur d'énergie
- électrique à la ville et à la campagne, par Allain-Launay............X 710
- p.894 - vue 892/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE ET ANALYTIQUE
- DES MATIÈRES
- CONTENUES DANS LA GENT-VINGT-TROISIÈME ANNÉE DU BULLETIN
- (janvier-décembre 1924)
- 123e année.
- Les nombres en chiffres romains indiquent le ou les mois du cahier. Le nombre en chiffres arabes
- qui les suit indique la page.
- A
- Accumulateurs. (Voir Véhicules électriques.)
- ADMINISTRATION, COMPTES RENDUS, etc., DE LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- Assemblée générale, 15 décembre 1923.
- I 105
- — Convocation à T— — (lre) du
- 10 novembre 1923 ...............I 112
- — Lettre adressée par M. L. Bâclé,
- président sortant, après 1’---du
- 15 décembre 1923 ...............I 113
- Assemblée générale solennelle, 22 mars,
- 1924.......................... IV 301
- — Distribution des récompenses pour l’année 1923 :
- Discours de M. L. Bâclé, président sortant..........................IV 301
- Discours de M. A. Mesnager, président en exercice......................IV 308
- Liste des récompenses décernées et rapports relatifs à ces récompenses.......................... IV 314
- Comité d'Agriculture. Séance du 14 mai 1924.............................VI 588
- — — Compte rendu de l’ouvrage de
- M. Lafosse : Les eaux et les bois, par Henri Hitier...................VI 589
- État financier de la Société. Rapport, au nom de la Commission des Fonds, sur les comptes de l’exercice 1922, par M. Cornu-Thénard .... XII 787
- — Rapport, au nom des Censeurs,
- par M. Lucien Bordet .... XII 791 Fondations de secours. Rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur la répartition des revenus des
- -------attribuées à ce Comité, par
- Ach. Livache.....................V 395
- — — (Compte rendu de la séance publique du 12 avril 1924) ... V 499
- Liste des Membres titulaires .... I 3 -------honoraires...................I 10
- — ---correspondants...............I 11
- Liste des nouveaux membres admis pendant l’année 1924 à faire partie de
- la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale..........XII 886
- Récompenses. Distribution des— décernées pour l’année 1924 (Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV 301
- — Liste des —; rapports relatifs à
- ces — .... IV 314
- Séances publiques du — — 12 janvier 1924 II 181
- — — 26 — — II 186
- — — 9 février — III 288
- 23 — — III 294
- 8 mars — IV 388
- — — 12 avril — V 495
- 10 mai — VI 579
- 24 — — VI 584
- — — 14 juin — . . VII-VIII-IX 643
- '25 octobre — XI 777
- — — 8 novembre — Xll 873
- 22 — — XII 879
- p.895 - vue 893/899
-
-
-
- 896 TABLE ALPHABÉTIQUE DES
- AGRICULTURE
- Agriculture. L’évolution de 1’— française (Notes d’Agriculture), par Henri Hitier............VII-VIII-IX
- Bétail. La production du — et l’accroi-sement des surfaces herbagères (Notes d’Agriculture), par Henri Hitier..................VII-VIII-IX
- Betterave. Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur l’ouvrage de Jacques Levêque de Vilmorin : L’hérédité chez la — cultivée, par Henri HiTiER(Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV
- Blés. Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur les travaux de M. Prosper Lavallée au sujet de la sélection des —, par Georges Wery (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV
- Lin. La production en France et dans nos colonies du lin, du coton, de la laine et de la soie (Notes d’Agriculture), par Henri Hitier. VII-VIII-IX
- Afrique occidentale française. Rapport, au nom du Comité de Commerce, sur les cartes économiques de 1’— — —, établies par M. A. Meunier, par J. Le Cesne...............XI
- — — (Compte rendu de la séance publique du 25 octobre 1924) . XI
- Alcool anhydre. L’------et sa fabrica-
- tion industrielle. Communication de Georges Patart (Compte rendu de la séance publique du 26 janvier 1924)...........................II
- ----(Mémoire) . :................III
- Appareils « Pluton ». (Voir Brûleurs à essence). . .........................
- Apprentissage. Le développement de 1’— à l’atelier, sa réalisation à la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans. Les projets d’organisation de 1’— en France et la taxe d’—, par Maurice Lacoin . . . XII
- — Annexe n° 1 : Note sur le « wagon d’instruction » du Service du Maté-
- RES DE 1924. — DÉCEMBRE 1924.
- riel et de la Traction de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans.......................XII 848
- — Annexe n° 2 : Le Service de Formation professionnelle du Personnel de la Compagnie du Chemin de fer
- de Paris à Orléans............XII 851
- — Annexe n° 3 : Délibérations des chambres de commerce et des groupements patronaux ou syndicaux au sujet delataxed’— projetée.
- XII 859
- — Annexe n° 4 : Écoles d’— issues d’initiatives désintéressées, organisées industriellement et travaillant sur des commandes de l’industrie.
- XII 850
- — Annexe n° 5 : Le Jacques-Cartier et
- la formation des cadres de la marine marchande par la Compagnie générale transatlantique............XII 856
- — Annexe n° 6 : L’enseignement professionnel et l’organisation de F— aux Établissements Schneider et
- Ci®.............................XII 859
- — Annexe n° 7 : L’enseignement
- professionnel donné par le Syndicat patronal des Constructions mécaniques et navales de Nantes et de la Loire-Inférieure................XII 831
- — Annexe n° 8 : L’Atelier-École
- d’— de l’Ébénisterie lyonnaise. XII 863 Automobiles. (Voir Contrôleur-enregistreur, Véhicules.)
- Béton armé. Les ciments spéciaux et l'avenir du — —. Conférence par Henry Lossier (Mémoire) ... XI 738 — — (Compte rendu de la séance publique du 25 octobre 1924) . XI 781
- BIBLIOGRAPHIE
- Acier. Fabrication de V— au four Martin, par A. Barberot. ... V 503 Automobiles. Organisation et fonctionnement des véhicules —. Cours professé au Centre d’instruction de Fontainebleau, par le Capitaine
- matiè:
- 627
- 631
- 330
- 339
- 637
- 713
- 780
- 188
- 201
- 811
- p.896 - vue 894/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DE 1924.
- 897
- Pierre Prévost......................Y '513
- Aviation. (Voir Moteurs à explosion.)
- Bois. Les eaux et les —, par Henry
- Lafosse............................VI 589
- Carbonisation des bois. La — — —, lignites et tourbes, par Ch. Mariller.
- VII-VIII-1X 651
- Céramique. Aide-mémoire de — industrielle, par Alix Cornille.
- VII-VIII-IX 649
- Combustibles liquides. Les — — et le problème du carburant national, par
- Aubert..............................X 711
- Constantes. International critical tables of numerical data of physics, che-mistry and technology prepared under the auspices of the International Research Council. ... Y 509 Corroyage. (Voir Cuirs.)
- Couleurs et peintures, par Ch. Coffi-
- gnier...............................X 709
- Cuirs. Les — employés par l'armée française, tannage, corroyage, qualités et défauts, par Émile Passot ... II 194 Eaux. Etude sur l'écoulement souterrain des —, par Marcel Porchet. . . II 192 — (Voir Bois.)
- Electrification. Un problème national :
- V— générale du territoire, par Charles
- Boileau............................Il 196
- Electrochimie. L'industrie de V— et de l'électrométallurgie en France, par
- Victor Barut..............VII-VIII-IX 650
- Electrométallurgie. (VoirÉlectrochimie.) Énergie électrique. Reconstihition des
- réseaux de transmission d'-----dans
- les régions envahies. Le réseau d'État.
- II 197
- — Guide du consommateur d'-------à la
- ville et à la campagne, par Allain-
- Launay............................X 710
- Engrais. Fabrication des —, par
- J. Fritsch........................V 505
- Forgeage et laminage, par Léon Geuze.
- V 502
- Incendie. Comment se défendre contre
- V—, par R. Frère..................V 515
- Laminage. (Voir Forgeage.)
- Lignites. (Voir Carbonisation des bois.)
- Lisibilité des caractères imprimés. A noie on the legibility of printed matter (Note sur la----------------------), par
- Lucien Alphonse Legros .... V 507 Machines électriques. Étude mécanique et usinage des — —, par H. de
- Pistoye.......................... V 503
- Mécanique. Brochure de la Société de
- publications mécaniques...........II 191
- Moteurs à explosion. Les---------- dans
- l'aviation, par A. Masméjean et E.
- Béréhare...........................V 514
- Natura, revista pentru raspândirea stiintei. Anul XII (15 noemvrie 1922-
- 15 noemvrie 1923)..................V 512
- Paving bricks (Matériau destiné à la construction des routes modernes à l’aide du béton de ciment et de briques spéciales jointoyées à l’asphalte), par F. Wattebled ... V 505 Peintures. (Voir Couleurs.)
- Périodiques scientifiques. Inventaire des — — des bibliothèques de Paris, dressé sous la direction de M. Alfred Lacroix, par Léon Bultingaire avec le concours de M. A. Richard. . . V 510 Régions envahies. (Voir Énergie électrique.)
- Routes. (Voir Paving bricks.)
- Sténographie système Prévost-Delaunay. Adaption phonétique à l'anglais, par
- Ernest Thiébault...................V 510
- Tannage. (Voir Cuirs.)
- Tourbes. (Voir Carbonisation, des bois.) Typographical printing surfaces, par Lucien Alphonse Legros et John Cameron Grant.........................V 508
- Brûleurs à essence. Rapport, au nom du Comité des Arts chimiques, sur les appareils « Pluton » construits par M. Alabarbe, par M. Chesneau.
- VII-VIII-IX 597
- — — (Compte rendu de la séance publique du 14 juin 1924).
- VII-VIII-IX 646
- G
- Carbonisation à basse température. La
- -----------, en particulier celle des
- lignites. Communication par Charles BerthelOt (Mémoire). . . . i . I 44 Cartes. (Voir Afrique occidentale française.)
- p.897 - vue 895/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DE 1924. — DÉCEMBRE 1924.
- 898
- Céramique. Avis de la Société d’Encou-ragement sur l’extension de la portée du mot « céramique », par J. Lqeb-nitz.............................IV 359
- Charbon. Le lavage du — par flottage. Communication par Charles Ber-thelot (Compte rendu de la séance publique du 22 novembre 1924). XII 881
- Chloropicrine. (Voir Cocons de vers à soie.)
- Ciment armé. (Voir Béton armé, Tuyaux.)
- Cinématographe. Le — dans les affaires (Note du Comité des Constructions et des Beaux-Arts), par H. D’Allemagne..............................XII 866
- Cocons de vers à soie. Recherches sur l’étouffage des — — —. Étude d’un nouveau procédé, à base de chloropicrine, par Gabriel Bertrand. VI 519
- Combustibles. La traction sur voie ferrée par moteurs à — liquides. Conférence par Eugène Brillié (Mémoire)..........................III 217
- — — (Compte rendu de la séance publique du 23 février 1924) . . III 295
- — Contribution à la théorie des — pour les moteurs, par M. Brutzkus.
- V 397
- — (Voir Moteurs).
- Congrès. (Voir Natalité.)
- Conjoncteur-disjoncteur à friction. Le
- — —--------(système Fieux). Son
- application aux véhicules automoteurs comme embrayage automatique. Communication par Jean Fieux (Mémoire).................III 279
- — — (Compte rendu de la séance publique du 23 février 1924). . III 297
- Conserves alimentaires. L’outillage moderne dans l’industrie des-------, par
- A. Lalande........................X 692
- Constructions mécaniques et navales.
- (Voir Apprentissage.)
- Construction textile. Les progrès effectués depuis la guerre dans la — — française, par Alfred Renouard. V 426
- Contrôleur-enregistreur pour usages industriels et pour automobiles. Présentation par Pierre Raymond (Compte rendu de la séance publique du 12 avril 1924)....................V 499
- Coton. La solution urgente du problème cotonnier et la mise en valeur du Soudan français. Communication par Pierre E. Rignault
- (Mémoire).....................II 146
- — — (Compte rendu de la séance publique du 9 février 1924) . . III 291
- — Comment développer la production du — colonial (Note du Comité de Commerce), par A. NVaddington.
- XII 869
- — (Voir Agriculture : lin.)
- D
- Dessins. (Voir Télégraphie.)
- E
- Iibénisterie. (Voir Apprentissage.)
- Écoles d'apprentissage. (Voir Apprentissage.)
- Embrayage automatique. (Voir Conjonc-teur. )
- Enseignement professionnel. Le problème de 1’ — — au Maroc, par Georges Hardy....................XI 757
- — (Voir Apprentissage.)
- Essais électriques. (Voir Laboratoire Ampère.)
- F
- Fer. Krivoï-Rog. Les gisements de minerais de — et les établissements métallurgiques du Sud de la Russie.
- Leur état présent. Leur avenir, par E. Gruner.....................VI 575
- Foyer rémois. Rapport, au nom du Comité de Commerce, sur le Foyer rémois, œuvre de M. Georges Char-bonneaux, par Georges Risler (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV 344
- G
- Goniostadigraphe. Rapport, au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, sur le — imaginé par
- p.898 - vue 896/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DE 1924.
- 899
- M. E. Masson, par A. Mesnager (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924). IV 353 Grains. (Voir Matières grenues.)
- H
- Haut-parleurs. Les-----« Seg » de la
- Société des Établissements Gaumont. Conférence par P. Bonneau
- (Mémoire)........................I 67
- Héliothérapie marine. La cure marine et 1’ — —. Conférence par le
- Dr Georges Baudoin (Mémoire).
- VII-VIII-IX 601
- — — (Compte rendu de la séance publique du 14 juin 1924).
- VII-VIII-IX 646
- I
- Indicateur de vitesse de rotation. Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur l’invention de M.
- Augustin Séguin : —-------—, par
- Paul Toulon (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924)...................IV 328
- Industrie. Les commentaires de la presse allemande au sujet de la publication du document confidentiel du Grand État-Major allemand « Die — ira besetzten Frankrev-h,
- 1916............................VI 564
- Industrie textile. (Voir Construction textile.)
- Insectes entomophages. (Voir Teigne des pommes de terre.)
- L
- Laboratoire Ampère. Le — — (pour essais électriques à 1 million de volts) de la Compagnie générale d’Électro-céramique. . VII-VIII-IX 619
- Laine. (Voir : Agriculture : lin.)
- Liynites. (Voir Carbonisation à basse température.)
- Locomotive h trois cylindres du Leliigh Valley Railroad, par Ed. Sauvage.
- VI 560
- Tome 136. — Décembre 1924.
- — Chargement mécanique des foyers de —. Conférence par Edouard Sauvage (Compte rendu de la séance public du 8 novembre 1924). . XII 876
- M
- Machines agricoles. Recherches sur les métaux employés dans la construction des — —, par Max Ringelniann.
- II 157
- Machine automatique à multiplier. Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur l’invention de
- M. Augustin Ségijin : —-------, par
- Paul Toulon (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1914)......................IV 328
- Maçonnerie. Règles scientifiques pour le renforcement des constructions en — (Note du Comité des Constructions et des Beaux-Arts), par Charles Rabut.....................XII 864
- Marine marchande. (Voir Apprentissage.)
- Maroc. (Voir Enseignement profesion-nel, Phosphate.)
- Marque « Unis-France ». Justification de l’origine française par l’apposition de la-----------sur les produits
- importés en République Argentine.
- XI 770
- Matières grenues et pulvérulentes. Projet d’une classification uniforme des ------------, par A. Feret ... IV 373
- Métaux. (Voir Machines agricoles.)
- Moteurs. Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, sur les travaux de M. l’Ingénieur en Chef de la Marine Paul Dumanois, sur les — a combustion interne, par le Lieutement-colonel Paul Renard (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV 325
- — (Voir Combustibles.)
- Moulinets anérnométriques. Rapport, au nom du Comité des Arts économiques, au sujet du mémoire de M.
- C.-E. Brazier concernant les recherches expérimentales sur les — —,
- 62
- p.899 - vue 897/899
-
-
-
- 900 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES DE 1924.
- DÉCEMBRE 1924.
- par le Lieutenant-colonel Renard (Compte rendu de i’Assemblée générale solennelle de 22 mars 1924).
- IV 347
- Natalité. Ve Congrès annuel de la —, Marseille, 27-30 septembre 1923 (Note du Comité de Commerce), par
- Georges Risler................IV 369
- — VIe Congrès de la —, Strasbourg,
- 23-28 septembre 1924 (Note du Comité de Commerce), par Georges
- Risler . . XI 772
- Nécrologies. M. Paul Mallet . . . I 103
- M. Gustave Eiffel .... . . II 181
- — M. le Comte de Chardonnet , . . V 496
- — M. le prince Roland Bona-
- parte . VI 379
- M. Arnodin . VI 380
- M. Émile Bertin . XII 873
- M. V. Champigneul . XI 778
- M. J. Lavollée . XII 874
- Notes d'Agriculture, par Henri IIlTIER.
- V1I-VIII-IX 627
- Notes du Comité de Commerce. . . IV 369
- — — — — . XII 869
- Notes du Comité des Constructions et
- des Beaux-Arts . . II 179
- . XII 864
- O
- Ondes ultra-sonores. Les — — - — et
- leurs applications. Communication
- par Paul Langevin (Compte rendu
- de la séance publique du 10 mai
- 1924) . VI 382
- P
- Personnel. (Voir Apprentissage, Pointage.)
- Phosphate. Les gisements de — du Maroc, par Jean Marc Bel . . XII 793
- Photographies. (Voir Télégraphie.)
- Plomb. Rapport au nom du Comité des Arts économiques, sur les dispositifs imaginés par M. G de Coulons
- pour protéger les ouvriers contre l’inhalation des poussières de —, par F. Bordas (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du
- 22 mars 1924).................jy 33J
- Pointage du personnel. Les procédés de
- --------• Conférence par V. Mercier
- (Mémoire).....................J u.
- Pommes de terre. (Voir Teigne.)
- Poudres. (Voir Matières grenues.)
- R
- Résine synthétique. L’industrie française de la — —. Communication par Georges Kimpflin (Compte rendu de la séance publique du 24 mai
- 1924).........................VI 386
- -----(Mémoire)................... X 637
- Résonance. La — des cavités et le fonctionnement des tuyaux sonores en espace limité, par F. Charron . X 672 Route. Le problème de la — (Note du Comité des Constructions et des Beaux-Arts), par G. Bechmann . II 179 Russie. Comment réaliser le relèvement économique de la —, par
- G. Gruner........................VI 371
- — (Voir Fer.)
- S
- Société nationale « Art et Travail ». La — — — — (Note du Comité des Constructions et des Beaux-Arts),
- par II. D’Allemagne.............XII 863
- Soie. (Voir Agriculture : lin.)
- Soudan français. (Voir Coton.) Standardisation. Commission permanente de—. Normalisations adoptées le 7 décembre 1923 et le 18 juin
- 1924 ............................XI 769
- Stéréotopométrie. La —, l’obtention de plans cotés ou à courbes de niveau par restitution de photographies stéréoscopiques, la description et l’usage d’un stéréotopomètre, par J. Predhumeau (Compte rendu de la séance publique du 12 avril 1924).
- IV
- 300
- p.900 - vue 898/899
-
-
-
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES DE 1924.
- 901
- T
- Tanins. Les — synthétiques. Conférence par L. Meunier (Mémoire).
- IV 382
- Taxe d'apprentissage. (Voir Apprentissage.)
- Teigne des pommes de terre. Recherches sur la---------et ses parasites. Con-
- sidérations sur l’utilisation de's insectes entomophages en agriculture,
- par B. Trouvelot.................XI 718
- Télégraphie. Rapport, au nom du Comité des Constructions et des Beaux-Arts, sur les travaux de M. Edouard Belin relatifs à la télégraphie des dessins, textes et photographies, par A. Taillefer (Compte rendu de l’Assemblée solennelle du 22 mars
- 1924)............................IV 342
- Textes. (Voir Télégraphie.)
- Thermalisme. (Voir Tourisme.)
- Tourisme. L’organisation du — et du thermalisme en France. Communication par le Dr Victor Gardette
- (Mémoire).........................I 92
- — — (Compte rendu de la séance publique du 12 janvier 1924) . . II 183
- Tuyaux en riment armé. La fabrication
- des---------- — au moyen de la force
- centrifuge parle procédé S. T. A. C.
- Communication de M. Yves Letort (Compte rendu de l’Assemblée générale du 15 décembré 1923) ... I 110
- -----(Mémoire).................'. II 117
- Tuyaux sonores. (Voir Résonance.)
- U
- Union des Associations agricoles du Plateau central. Rapport, au nom du Comité d’Agriculture, sur l’œuvre de 1’— — — —, par Henri Hitier (Compte rendu de l’Assemblée générale solennelle du 22 mars 1924).
- IV 334
- V
- Véhicules. (Voir Vibrations.)
- Véhicules électriques. Essais de----à
- accumulateurs organisés en septembre-octobre 1923 par l’Union des Syndicats de l’Électricité. Conférence par M. J. Tribot-Laspière (Compte rendu de la séance publique
- du 8 mars 1924)...................IV 389
- — — (Mémoire)..............VII-VIII-IX 614
- Vibrations. Étude des — produites dans les édifices par la circulation des véhicules, par Paul Prache.
- VI . 548
- L'agent général, gérant, E. Lemaire.
- Coulommiers. imp. Paul BRODARD
- p.901 - vue 899/899
-
-