Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR
- L’INDUSTRIE NATIONALE.
- Publié avec Vapprobation de S. Ex. le Ministre Secrétaire
- d’Etat de VIntérieur.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE.
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- A PARIS,
- DE L’IMPRIMERIE DE MADAME HUZARD
- (née YALLAT LA CHAPELLE),
- Rue de l’Éperon-Saint-André-des-Arcs, N° 7.
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- YISGT-UNIÈME ANNÉE. (N°. CCXI. ) JANVIER 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- ARTS MÉCANIQUES.
- R apport fait par M. Molard jeune3 au nom du Comité des a ris mécaniques y sur les machines a débiter et travailler les bois , de M. Rognin.
- Messieurs, dans votre séance du 14 novembre dernier, vous avez accueilli avec empressement la demande que vous a faite M. Roguin de visiter rétablissement qu’il a formé hors des murs de Paris, à la Gare, pour débiter et travailler, au moyen de machines, les bois indigènes à l’usage des menuisiers, charpentiers, charrons, et vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques du soin de cette visite et de vous faire un rapport à ce sujet.
- Je vais, an nom de ce Comité, avoir l’honneur de remplir ce devoir, et vous soumettre le résultat de son travail.
- L'établissement de M. Roguin, imité de ceux que M. Brunei, notre conci-toven, a formés dans les principaux arsenaux de la marine anglaise, est le premier et môme encore le seul de ce genre qui existe en France; car il n’a rien de commun avec les étabîissemens où l’on débite les bois de placage en feuilles, pour les ouvrages d’ébénisterie.
- Cet établissement, élevé en rase campagne , non loin de la rivière et vis-à-vis le port de la Gare , est placé d’une manière convenable à son objet. Il se compose de scies verticales, de scies circulaires, de machines à planer, à rainer, à languftter, à pousser des moulures dans le bois : toutes sont mues par une machine à vapeur de la force de douze chevaux, d après 1e système de Woolf, c’est-à-dire à double pression ; elle a été fournie par M Rdu ’ards.
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- A cette réunion de moyens puissans de travailler le bois, M. Roguin a joint un procédé nouveau et prompt de le sécher, procédé qui jouit en même temps de la propriété de le préserver de la piqûre des vers.
- Tout, dans cet établissement, est conçu avec intelligence , exécuté avec habileté et monté en grand ; il est assurément du nombre de ceux qui font le plus d’honneur à notre industrie : sa formation a coûté quatre années entières de soins, de travaux et de dépenses. Les sacrifices inévitables qu’on est obligé de faire dans toutes les nouvelles entreprises où l’on ne marche qu’en tâtonnant et d’un pas mal assuré , deviennent plus considérables encore, quand les machines qu’on construit doivent, par des combinaisons qui enchaînent les unes aux autres toutes les opérations successives , concourir toutes efficacement au même but, l’économie de main-d’œuvre et par conséquent de production. Le fondateur de ce bel établissement n’a, du reste, qu’à se féliciter d’une persévérance, sans laquelle on ne doit se promettre aucun succès dans la carrière des arts et de l’industrie. Son but est atteint, ses espérances remplies, puisque ses produits sont, livrés au commerce à 25 pour 100 au-dessous des prix courans.
- Nous venons de dire que cet établissement se compose de machines destinées à faire une suite d’opérations, dont le concours donne des planches que les menuisiers nomment frises, quand ils les emploient à faire des planchers ou des parquets, et batlcms, quand ils en font des châssis de portes, de croisées, etc. Voici la suite de ces opérations, que M. Roguiii s’est empressé de faire exécuter devant nous et de nous expliquer.
- Scies verticales.
- Ces machines, actuellement au nombre de deux, mais auxquelles une troisième sera bientôt ajoutée, sont établies d’après le système deM. Rnniel, c’est-à-dire que les châssis qui portent les scies , leurs guides, les bielles qui communiquent le mouvement, le chariot et presque généralement toutes les pièces qui les composent, sont en fer ou fonte de fer. Le mécanisme et le jeu , suivant nous , en ont été perfectionnés et simplifiés par M. Roguin , et par M. Calla, qui les a construites. Les châssis porte-scies se meuvent plus facilement et éprouvent moins de frottement entre des galets que dans des coulisses, quoique ces galets aient inal-à-propos des gorges angulaires : deux bielles agissant simultanément sur les milieux des côtés latéraux du châssis, substituées à une bielle unique tirant sur le chapeau ou la base de ce même châssis, produisent un tirage plus direct et n’occasionnent pas une si grande perte de force ; les galets de fonte de fer sur lesquels se meut le chariot va-
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- lent mieux que les chantiers à coulisses angulaires, quoique celles-ci, pour la justesse, soient déjà bien préférables aux coulisses rectangulaires. Le moyen de tendre les scies sans coins et sans vis, mais seulement à l’aide d’un levier et de cales, est encore une amélioration qui mérite d’être remarquée. En général, on ne s’est point écarté des principes qu’on doit observer dans la construction des machines de cette espèce ; on a satisfait à une des conditions les plus importantes, c’est que l’étendue du mouvement alternatif des scies doit excéder le plus grand diamètre des bois qu’on débite, afin que toutes ies dents sortent du bois pour se vider ; autrement elles se remplissent de sciure, qui fait ou dévier les scies ou empêche leur efiet, ou bien fait crever le sciage quand il est mince.
- Quoique les machines dont nous parlons soient très-satisfaisantes, on peut regretter néanmoins qu’on n’ait pas fait usage , pour adoucir le mouvement du chariot, des rouleaux enchaînés des moulins hollandais , et pour maintenir la verticalité dans le mouvement du châssis porte-scie , des bielles horizontales et opposées, qui, en supprimant le frottement, donnent aux scies une espèce de mouvement oscillatoire, qui ressemble à celui des scieurs de long, et produit un bon effet. Il existe au Conservatoire un essai de machine, qui donne l’idée de cette construction.
- L’objet des scies verticales , dans rétablissement de M. Roguin , est de réduire en madriers plus ou moins épais les morceaux de bois en grume ou équarris; on les garnit toujours d’autant de lames qu’il en faut pour débiter le morceau de bois d’un seul voyage du chariot : le mouvement de celui-ci , produit par une crémaillère que met en jeu le mouvement même du châssis des scies, par l’intermédiaire des leviers de La Garousse et d’une roue den tée en rochet, varie en raison inverse du nombre des lames et de la grosseur du bois. Le mouvement des scies, produit par de très-fortes courroies en cuir et régularisé par des volans placés sur les axes à manivelle , est de soixante-dix coups par minute environ. La vitesse du chariot, quand on fait trois traits à-la-fois dans un morceau de bois de 15 à 16 pouces , est d’un pied pendant le même temps : la force employée est, suivant M. Roguin, équivalente à celle de deux chevaux.
- La quantité de sciage, pendant une heure, est de 180 pieds carrés environ ; mais on perd la moitié du temps pour les remplacemens ; alors on n'obliem que 90 pieds. Les meilleurs scieurs de long ne peuvent faire que 10 pieds; d’où il résulte qu’une scie mécanique vaut neuf paires de scieurs de long, c’est-à-dire dix-huit hommes.
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- Scies circulaires.
- iî existe deux sortes de scies circulaires, dont l’invention est due à M. Brunei; l’une est destinée à débiter du placage, et l’autre des planches. Nous ne ferons mention ici que de ces dernières , qui sont les seules dontM. Roguin fasse usage pour le moment. Ce sont des disques de tôle d'acier fondu, portant depuis 12 jusqu’à 30 pouces de diamètre, à denture plus ou moins fine : chacune a son bâti particulier. Montée sur un axe en fer, elle reçoit son mouvement de rotation du moteur général, par le moyen de courroies. La vitesse est. pour les scies de 12 à 18 pouces, de sept cents tours à la minute : elle n’est que de cinq cents tours pour les scies de 18 à 30 pouces.
- Avec ces dernières, on fait des planches de 8 à 9 pouces de large ; un chariot, comme dans les scies verticales, amène le bois sur la scie par un mouvement continu, parce que l’action des scies circulaires n’a point d’interruption : c’est en cela que consiste l’avantage qu’elles ont sur les scies alternatives, qui ne produisent d’effet utile qu’en descendant.
- Les planches étroites, telles que les frises, sont débitées aux petites scies, sans chariot et à la main. L’ouvrier appuyant le bois contre une règle parallèlement placée au plan de la scie, à la distance nécessaire pour l’épaisseur qu’on veut avoir, le pousse en même temps contre la scie, qui, tournant avec une vitesse de six à sept cents tours par minute , le débite avec une extrême rapidité, et pour ainsi dire en courant. Un trait de 9 pieds de long sur 4 pouces et demi de large, dans du bois de chêne-vert, est fait en moins de 40 secondes : il faut un tiers de temps de plus, quand le même bois est sec.
- Cette manière de présenter le bois à la scie est préférable au mouvement absolu du chariot, qui, forçant la scie à passer avec la même vitesse dans du bois noueux ou inégalement dur, la fait quelquefois dévier de sa direction et même arrêter. L’homme, au contraire, réglant la poussée du bois sur la scie, d’après la résistance qu’elle éprouve, ne la met jamais dans le cas de forcer son travail : on y gagne aussi le temps employé à charger le bois sur le chariot, à chaque trait. Ainsi, quand le poids des morceaux de bois n’excède pas la force d’un homme, il y a un grand avantage à ne pas se servir du chariot (1).
- (1) Voici le procédé de dessiccation du bois que M. Roguin a imaginé , et qui nous paraît fort important par ses résultats.
- Les planches larges ou étroites sont portées dans un bassin rempli de l’eau encore chaude. provenant de la condensation de la machine à vapeur ; elles y sont rangées sur des châssis qu’on fait mouvoir avee des treuils, et au moyen desquels on les plonge ou on les retire à volonté. Cette immersion des boi* verts dans l’eau chaude a, suivant l’auteur, plusieurs avantages :
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- Lorsque les planches ou frises destinées à faire des planchers ou des parquets ont reçu le degré de dessiccation convenable, elles sont portées à une machine qui dresse un de leurs côtés, au nombre de six «à-la-fois : ces frises sont placées l’une à côté de l’autre, et serrées ensemble par le moyen de vis.
- Cette machine est la même que celle que feu M. Bramuk avait imaginée , il y a vingt ans, pour planer et raboter les bois, particulièrement les flasques d’affût de canon ; elle aurait eu sans doute un grand succès sans l’invention des scies circulaires, dont le sciage est si uni et si beau, qu’il n’est pas besoin d’y passer la varlope. Toutefois, au moyen de quelques légères modifications que M. Roguin y a faites, elle est devenue très-utile à son établissement, en dressant les joints d’un certain nombre de planches à-la-fois.
- Cette machine ayant été gravée et décrite dans plusieurs ouvrages, notamment dans celui de M. Ch. Dupin sur la marine anglaise , nous ne nous étendrons pas davantage ici à son sujet.
- Les planches, dressées ainsi d’un côté, sont reportées à une scie circulaire qui, en les tirant de largeur, dresse en même temps le deuxième joint.
- Machines à rainer et à languetter.
- L’opération qui termine les travaux est celle où les planches sont converties en planchers ou en parquets, en les assemblant au moyen de rainures et de languettes. M. Roguin a inventé, pour cet objet, deux machines
- \n. En dépouillant le bois des parties solubles, gommeuses ou mucilagineuses de la sève, il se trouve disposé à une dessiccation plus prompte.
- 2’. Le bois traité de cette manière n’est pas sujet à se tourmenter et n’éprouve aucune altération par l’alternative de l’humidité et de la chaleur. Un plancher fait avec ce bois, dans une maison qui appartient a M. de Nicolaï, à Bercy, ayant été extrêmement sali par les plafonneurs, a été nettoyé et lavé à grande eau, et i! ne s’en est suivi aucune altération dans sa forme.
- 3°. Enfin un autre avantage non moins précieux, qui résulte de ce procédé, est que le bois prépare de cette manière sera préservé de la piqûre des vers, dont la partie gommeuse est l’aliment.
- Les planches sorties du bassin sont empilées dans un vaste séchoir, où une chaleur douce d’abord el qu’on porte successivement au plus haut degré possible, en renouvelant l’air, opère en très-peu de temps ia dessiccation complète du bois.
- Les avantages de ce procédé paraissent incontestables ; mais ne pouvant pas renouveler fréquemment l’eau du bassin, dont la corruption est très-prompte, il nous semble que M. Roguin a mal fait de le placer dans l’intérieur de son établissement. Il s’en exhale déjà aujourd’hui une odeur fort désagréable ; du reste, l’assertion que les vers trouvent leurs seuls alimens dans la gomme a besoin d’être confirmée par l’expérience.
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- très-ingénieuses, mais sur lesquelles nous devons, à sa prière, nous abstenir de donner des détails, voulant comme de raison , jouir au moins pendant quelque temps du bénéfice de son invention, qu’il s’est réservé en prenant un brevet. Nous nous bornerons donc à en faire connaître les résultats.
- L’une de ces machines fait les rainures, et l’autre les languettes; on place à-la-fois sur chacune d’elles six planches qui sont rainées et languettées avec une vitesse de 2 pieds par minute pour les rainures , et de 6 pieds par quatre minutes pour les languettes, c’est-à-dire qu’en trois minutes on fait 36 pieds de rainures, et en quatre minutes la même longueur de languettes, l e bois est enlevé avec une grande netteté ; l’ouvrage se trouve fait avec précision et régularité : les nœuds et même le bois tortillé ne présentent aucun obstacle. M. Roguin estime qu’il faut un peu plus de la force d’un cheval pour mener deux machines de cette espèce.
- La disposition de ces machines nous paraît pouvoir se prêter à beaucoup d’autres usages pour le travail des bois. Rien n’est plus aisé, par exemple, que de faire des feuillures, des moulures , etc. , en substituant aux outils actuels d’autres outils , dont la forme serait convenable à l’objet qu’on se propose. Il nous semble également qu’une de ces machines pourrait très-bien être substituée à la machine de Bramah, pour dresser le premier joint des frises.
- M. Roguin s’occupe dans ce moment d’ajouter à son établissement une scie circulaire pour tronçonner les bois, c’est-à-dire pour les couper en travers. Il se propose aussi d’ajouter à une de ses scies verticales le moyen de chantourner toutes sortes de courbes pour roues de voitures et autres. Les sciures et autres débris provenant des diverses façons qu’on fait subir successivement au bois concourent avec le charbon de terre à chauffer le fourneau de la machine à vapeur : c’est également avec des sciures, converties en mottes, qu’on chauffe entièrement les fourneaux du séchoir. Ainsi, dans cet établissement, tout est mis à profit.
- En bornant, pour le moment, ses produits aux deux objets dont nous avons fait mention , les planchers et les parquets, et s’attachant plus particulièrement à la confection de ces derniers, M. Roguin paraît avoir fait une faible application d’une grande réunion de moyens ; mais il faut considérer que la nature des produits d’une fabrique quelconque est toujours un peu déterminée par les besoins locaux ; que l’emploi des planchers et parquets est très-considérable à Paris , et le deviendra probablement plus encore par la diminution d’un quart sur les prix. Cette circonstance contribuera à décider les propriétaires à les employer de préférence au carrelage en terre
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- cuite, si peu solide, si froid et si pernicieux à la santé. Sous ce rapport, les produits de l’établissement de M. Roguin ont donc un but d’utilité fort recommandable.
- Avant que M. Roguin eût formé son établissement, nous n’avions peut-être pas encore en France des idées exactes et complètes sur l’efficacité et la puissance des moyens mécaniques imaginés par M. Brunei, et appliqués en Angleterre aux constructions navales. On peut juger de l’économie qu’ils y ont apportée par l’anecdote suivante, à la fois honorable pour le Gouvernement anglais et pour M. Brunei, qui en est l’objet. L’amirauté de Londres, voulant donner à M. Brunei un témoignage d’estime et de bienveillance, lui a fait compter, à titre de gratification, une somme de 7,000 livres sterling, montant des économies que ses machines apportent chaque année dans les travaux seuls des chantiers de Portsmouth. On n’a pas besoin d’expliquer l’émulation que doivent exciter de semblables exemples. Il est naturel de penser, et on doit s’attendre, que notre industrie recevra une nouvelle impulsion de l’heureuse entreprise que M. Roguin vient de terminer.
- D’après cet exposé, le Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer. Messieurs, I\°. de témoigner votre satisfaction à M. Roguin, pour l’utile et bel établissement dont il vient d’enrichir la France ; 2°. de lui accorder une médaille d’or, si toutefois cet avis est accueilli par la Commission des médailles ; 3°. d’ordonner l’insertion au Bulletin du présent rapport.
- Signé Molard jeutie, rapporteur. Adopté en séance, le '12 décembre '1821.
- Rapport fait par M. Franeceur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les pendules et les claviers musicaux de M. Rai ngo, horloger-mécanicien, rue Saint-Sébastien, n ’ 46 , à Paris.
- Messieurs, vous nous avez chargés, M. B réguet et moi, d’examiner la double fabrication des pendules et des claviers musicaux de M. Raingo; c’est de cet objet que je vais avoir l’honneur de vous entretenir.
- Ces pendules sont d’une forme élégante; des colonnes disposées eircu-iairement soutiennent le mouvement d’horlogerie et le pendule, qui font marcher et règlent le mécanisme. Au-dessus de cette espèce de temple on voit au centre un globe immobile qui figure le soleil. Un second globe qui représente la terre, tourne autour de l’autre, et n’accomplit qu’une seule révolu-T'uigt-unième année. Janvier 1822. B
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- lion en un an, sur son axe incliné au plan horizontal supérieur, et conservant sa direction constante. Ce plan tient lieu de l’écliptique : on y voit marqués tous les degrés de longitude et les signes du zodiaque, en sorte qu’on y lit aisément le lieu que le soleil nous semble occuper chaque jour, d’après celui que la terre occupe réellement. En meme temps que le globe terrestre marche, il s’approche ou s’éloigne du centre, non pas selon les lois et les proportions astronomiques, qui ne pourraient pas offrir une étendue sensible dans une aussi petite machine, mais du moins assez pour donner l’idée de ce genre d’effet.
- Une troisième petite sphère tourne en même temps autour du globe terrestre et se transporte avec celui-ci dans sa révolution annuelle, pour figurer les révolutions lunaires et donner la succession des phases. Tous ces rouages sont entraînés par le ressort qui meut la pendule, en sorte que ces effets se montrent d’eux-mêmes et par la seule progression des temps.
- Cet exposé suffit pour faire concevoir que l’auteur a très-bien rempli son objet, qui était de représenter sur une petite échelle, dans une belle pendule propre à orner un salon, les mouvements de la terre autour du soleil, et ceux de la lune autour de la terre. Cette machine donne, comme on voit, les minutes, les heures, les dates, les mois, les jours de la semaine, le lieu du soleil dans l’écliptique céleste, les dates et phases lunaires, et plusieurs autres effets astronomiques. Aucune de ces indications n’y est confuse, et elles se placent à la vue de la manière la plus propre à la satisfaire.
- Comme plusieurs des effets astronomiques, tels que les révolutions de la lune, la cause et la succession des saisons, celle des éclipses de lune et de soleil, sont souvent mal compris des personnes qui n’y ont pas donné leur attention, et que cette pendule en offre la démonstration, M. Raingo a pensé avec raison qu’il pouvait être utile de détacher du mouvement de la pendule les rouages qui servent à régler les révolutions de la terre et de la lune, afin de les faire manœuvrer à la main et indépendamment du ressort moteur : on peut ainsi produire à volonté, et en peu de momens, les effets qui ne seront amenés que par la succession des temps. Sous ce rapport, la machine de M. Raingo peut convenir à l’instruction de la jeunesse.
- Cette belle machine est très-bien exécutée et d’un prix qui n’excède pas celui que les fortunes aisées peuvent mettre à un meuble d’ornement ; l’auteur la vend 1,500 francs. Plusieurs personnages distingués, parmi lesquels on peut citer S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans et S. Exe. le ministre de l’intérieur, ont fait l’acquisition de cette pendule, qui a mérité l’approbation du bureau consultatif des arts et manufactures. Du reste, comme cette pendule n’offre pas de conception neuve, nous nous bornerons à en louer l’exé-
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- eution, et à faire remarquer que le prix en est modéré, eu égard à la quantité du travail et à la beauté des ornemens.
- Depuis qu’on a perfectionné les petites machines qui jouent des airs par la seule action d’un ressort, et que le prix en est devenu très-modique, le goût et la mode ont beaucoup répandu ces instrumens, qu’on nomme vulgairement des musiques. On les adapte aux pendules, aux montres, aux nécessaires et à plusieurs autres bijoux. Elles sont formées de plusieurs lames, d’inégale longueur, rangées parallèlement comme les dents d’un peigne. Chaque lame rend un son particulier lorsqu’elle est attaquée : on les dispose selon l’ordre de l’échelle diatonique. Un cylindre de métal, en tournant sur son axe, vient présenter successivement les divers points de sa surface à l’extrémité de ce peigne sonore, sans le toucher : mais de petites goupilles fichées dans le cylindre et dépassant un peu la surface, vont tour-à-tour attaquer le bout des lames sonores. On conçoit que lorsque ces goupilles sont implantées dans un ordre convenable, la succession des sons produit l’air qu’on veut, avec ses accompagnements.
- Pour faire exécuter à l’instrument un morceau de musique donné, après avoir noté cet air, on divise la surface du cylindre en une série d’espaces égaux, tant dans le sens de l’axe que perpendiculairement à l’axe; on obtient des résultats plus ou moins satisfaisans selon le degré de précision de la cons truction de la machine. Le très-court intervalle qui doit régner entre les sons successifs d’une pièce de musique ordinairement vive et chargée de notes, oblige à mettre beaucoup de soin dans l’opération de la division du cylindre, afin que chaque goupille n’attaque sa lame sonore qu’à son tour et précisément lorsqu’elle le doit.
- Pour que cette petite machine soit bien exécutée, il faut sur-tout que les sons produits par les lames soientpurs et extrêmement justes, ce qui n’alieu qu’en observant les règles du tempérament musical, comme pour accorder tous les instrumens à sons fixes.
- Ces musiques nous viennent presque toutes de Genève et de la Chaux-de-Fond, où on les fait en fabrique et à bas prix : les droits de douanes, que la fraude réussit souvent à éviter, sont impuissans pour arrêter les progrès de cette importation. Malgré ces désavantages, M. Raingo peut livrer ses musiques à plus bas prix encore. Il ne soutient cette redoutable concurrence que parce qu’il a pour ouvriers sa nombreuse famille, et qu’il se sert de plusieurs instrumens très-bien conçus et propres à abréger ou perfectionner le travail. Son peigne-étalon, qui lui sert à régler les sons de ees lames, nous a paru très-bien exécuté. En outre il a imaginé, pour la division de son cylindre, des instrumens de précision, qui le conduisent sans beaucoup de peine et de tra-
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- vail à des résultats assez satisfaisans pour nous faire croire que la fabrique de M. Raingo ne le cède en rien à celle des étrangers, et que cette branche d’industrie est naturalisée en France.
- Nous terminerons, Messieurs, en avouant que les machines de M. Rai/igo ne sont pas des inventions nouvelles; mais nous pensons que sous le rapport de l’exécution et de la modicité des prix, elles méritent l’approbation de la Société, et nous avons l’honneur de vous proposer de l’accorder, ainsi qu’une place au Rulletin pour le présent rapport.
- Signé Francoeür, rapporteur.
- Adopté en séance, le 2G décembre 1821.
- Rapport fait par JM. Jomarcl , au nom d une commission spéciale, sur les réglés à calculer de M. Isaac Sargent.
- Messieurs, la règle à calculer, présentée par M. Isaac S argent, propriétaire d'un brevet pour une manufacture à courber les bois, sise allée d’Antin. aux Champs-Elysées, à Paris, a été importée d’Angleterre. Elle diffère de celles qui sont connues, en deux points : l’un en ce qu’elle est réduite à moins de 9 pouces 24 centimètres), l’autre en ce qu’elle donne commodément les toisés et les cubatures. Elle est donc très-portative, et pourrait 1 être même davantage, si l’artiste la séparait d’une mesure de 2 pieds, à double charnière, à laquelle il l’a associée, pour ajouter à son utilité; mais il aurait pu la donner isolée, et sa longueur n’aurait pas excédé beaucoup 22 centimètres ou 8 pouces un quart. Cette dimension ainsi réduite apporterait encore, dans le prix, une diminution notable; car l’instrument ne couteau plus que 7 francs, et la majeure partie du travail appartient à la double charnière et à l’allonge qui sont parfaitement bien exécutées. On peut faire le même éloge de la branche consacrée aux calculs.
- D’un autre côté, cette proportion diminue la précision de la règle à calculer. Les dix parties de l’échelle n’ont pas plus d’étendue que n’en occupent cinq sur la règle que j’ai présentée à la Société, et sept sur celle de M. Collar-deauy à la dernière dizaine, l’unité ne peut se partager à l’œil qu’en deux, tandis que, dans ia mienne, elle est divisée réellement en deux, et se partage encore très-facilement en deux à l’œil. Cette règle ne renferme point de lignes consacrées aux racines carrées, ni aux racines cubiques. En tout, elle est plus simple et moins précise que les autres ; mais elle a, comme je l’ai dit, l’avantage de donner commodément les toisés (à la vérité en pieds et en pouces), ce qui la rendra utile aux ouvriers en bois et en pierre, qui ne se servent que des anciennes mesures. Rien n’est plus simple que l’idée sur la-
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- quelle cette propriété est fondée. Les échelles logarithmiques sont nécessairement décimales, et on n’y inscrit que les nombres l à l 0, qui représentent aussi 10 à 100, et 100 à 1000, etc. Sur celle-ci, on a écrit le nombre 12, pour la transformation du pied en 12 pouces; de manière que, pour avoir, par exemple, le nombre de pieds carrés d’une planche de bois, longue de 9 pieds, large de S pouces, on a instantanément le produit six pieds, en amenant 9 de la réglette sous le 12 écrit à la ligne supérieure, et lisant 6 au-dessous de S. Toutes les règles donneront le même résultat, en marquant d’une manière visible la division 12.
- L’avantage est plus sensible pour le calcul des solides : on veut avoir le cube d'un bloc long de 8 pieds, et de 15 pouces en carré; on pose 8 de la réglette au-dessus du nombre 12 de l’échelle inférieure à la coulisse, et au-dessus de i 5 de celle-ci, on lit aussitôt 12 pieds et demi cubes. Autre exemple : une pièce de bois a 17 pouces en carré et 13 pieds de long; on demande combien elle a de pieds cubes; amenez 13 de la réglette sur 12 de l’échelle inférieure, et au-dessus de 17 de ccllc-ci, vous trouverez 26 pieds cubes. Les exemples plus compliqués se calculent aussi aisément. L’échelle inférieure, dont je viens de parier, est divisée en 36 parties vde 4 à 40), correspondant aux 99 parties tant de la réglette que de l’échelle supérieure.
- Bien que cet instrument ne présente rien qui soit absolument neuf, si ce n’est récheilc des cubes, quoique aussi l’emploi exclusif des anciennes mesures soit un inconvénient, nous proposons néanmoins à la Société, 1°. de féliciter M. Sargent de la bonne exécution et du bas prix de sa règle; 2°. de l’inviter à en faire d’autres encore plus économiques, qui seraient isolées du double pied de roi; 3°. d’insérer le présent rapport au Bulletin, afin de répandre de plus en plus les avantages des règles logarithmiques.
- Signé Jomard, rapporteur.
- Adopté en séance, le 9 janvier 1822.
- Rapport fait pc:r M. Pajol-Descîiarmes, au nom du comité des a ri j niécanitjue. g sur ht fabrique du linge damassé de IU. étoile fils, a S a in t- Q tient in, département de F Aisne.
- Messieurs, votre comité des arts mécaniques, que vous avez chargé de vous mire un rapport sur le linge de table damassé en fil, fabriqué a i instar de ceux de la Saxe et de la Silésie, dans la manufacture formée a fcaint-Ouen-ün, par M. Dallé fils, et dont cet entrepreneur vous a soumis des eehantil-
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- ions, a cru devoir se transporter au dépôt de ces tissus, tenu par M. Dubois. rue Montmartre, n° 132.
- Les différents services que vos commissaires ont vus dans ce depot, ont justifié la bonne opinion que vous en aviez conçue lors de la présentation qui vous a été faite d’échantillons analogues. La richesse de leurs dessins, leur bon goût, la finesse et la belle qualité de fils employés, joints à la netteté du tissu et à la beauté des apprêts, ont fixé particulièrement notre attention-Le. métier à la Jacquart, que M. Dollé annonce avoir perfectionné, et la navette volante dont il fait usage, lui permettent de donner à ses napper des dimensions en quelque sorte extraordinaires. Le comité a vu avec étonnement des nappes de deux aunes de largeur, dont la régularité des dessins et la bonne fabrication laissent peu à désirer, après avoir été comparées, sous l’un et l’autre rapport, avec des services du même genre provenant de la Saxe. A ce sujet, votre comité vous fera observer que, si le premiers produits de la manufacture de M. Dollé se présentent si avantageusement dès sa naissance (car on saura qu’elle n’est établie que depuis environ 18 mois, et qu’il en faut presque onze pour obtenir un service damassé à personnages, semblable à ceux que nous avons examinés, et qui st composent d’une nappe de huit quarts, de son surtout et de deux douzaines; de serviettes assorties), on a droit d’en attendre encore un plus haut degre de perfection, lorsqu’elle aura surmonté les difficultés qui environnent presque toujours l’origine d’un établissement. Nul doute qu’alors les produits dt M. Dollé ne rivalisent avantageusement avec ceux de la Saxe, et même n'obtiennent la préférence sur ceux de la Silésie, sur-tout si ces derniers, au lieu d’entrer dans le royaume, ainsi qu’ils y entrent aujourd'hui, avec franchise de droits, étaient assujettis à une taxe convenable, dont la fabrique fran çaise serait d’autant encouragée, puisqu’elle deviendrait une sorte de prime en sa faveur.
- M. Dollé, en cherchant à substituer sa nouvelle fabrication à celle des batistes, dont la renommée s’étendait au loin, mais que la mode des vêtemeiu en coton a singulièrement restreinte, a eu une heureuse idée, sur-tout en plaçant le siège de cette fabrication dans le lieu même où se trouvent les ouvriers les plus exercés au travail d’un tissu dont la délicatesse a. beaucoup d<. rapport avec celle qui est particulière au linge de table damassé, en fil de lin de première qualité. D’autre part, le voisinage des départemens du Pas-de-Calais et du Nord, où se recueillent les beaux lins rames dont une partie est employée à la dentelle, ne pourra que favoriser cette nouvelle industrie, en ce qui concerne ses approvisionnemens en matière première crue sur le soi français. Cette réunion d’avantages, qui doit être considérée par un manu-
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- facturier intelligent, atteste évidemment en faveur de M. Dollé, qui a su les calculer et se les approprier.
- Depuis long-temps, à la vérité, on connaissait, dans le département du Nord, le linge de table à fleurs et à ramages, sorti des fabriques situées le long de la Lys, principalement de celles de MM. Haudouæ et Boidin, à Mer-ville; mais combien les services qui en provenaient, beaux toutefois dans leur genre, différaient de ceux à personnages, dont s’occupe l’établissement de Saint-Quentin ! Les fabriques du département du Nord prennent rang après celles de Courtrav et autres villes de la Belgique, tandis que celle du département de l’Aisne s’annonce, dès son début, comme marchant sur la ligne des fabriques de la Saxe, et de la Silésie.
- Vos commissaires, qui ne se sont pas dissimulé les efforts et les sacrifices soutenus qu’a du faire M. Dollé, pour introduire en France la nouvelle fabrication dont iis viennent de vous faire connaître les heureux essais, ont pensé qu’à ces titres cet entrepreneur méritait, de votre part, une distinction spéciale; ils ont en conséquence l’honneur de vous proposer, 1°. d’accorder à M. Dollé une mention honorable dans le compte à rendre des travaux de la Société, à laprochaine assemblée générale; 2°. de lui témoigner votre satisfaction de ses succès, et de lui adresser des remercîments pour la communication qu’il a bien voulu vous en donner.
- Signé Pajot-Descharmes, rapporteur.
- Adopté en séance, le \ 2 décembre 4 821.
- Description d’un moulin a eau sans barrage ni écluseinventé par M. Pougnet, charpentier-mécanicien à Ornans, département du Doubs (i).
- Ce moulin à deux tournans est établi depuis quatre ans sur la rive droite le la Loue, petite rivière qui passe à Ornans ; il marche très-régulièrement, se manœuvre sans peine et donne constamment, dans les eaux basses comme dans les eaux élevées, de très-belle farine. Le corps du bâtiment est construit en pierre de taille; il n’y a en dehors, du côté de la rivière, que la roue motrice et le mécanisme au moyen duquel on la fait hausser et baisser; cette opération se fait par l’intermédiaire d’une roue à chevilles placée dans
- (i) 31. P ou guet a remporté le prix de 1,000 francs proposé par la Société d’encouragement pour des moulins qui ne nuisent ni au flottage, ni aux irrigations. ( Voyez Bulletin de septembre 1821, p. 26S.}
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- rintërieur, et qu’une femme peut facilement faire manœuvrer. Il n v a m empellemens à cric, à vis ou à queue comme dans les moulins ordinaires, et lorsqu’on veut mettre en mouvement les meules ou arrêter le travail, il sulïiî de baisser ou d’élever la roue. On voit donc que ce genre de construction n'obstrue point le cours de la rivière, car si un bateau voulait longer les murs du moulin, il s’agirait seulement d’élever la roue suffisamment pour lui livrer passage.
- La seule condition nécessaire pour de semblables constructions, d’ailleurs très-économiques, c’est de choisir un endroit où le courant soit assez rapide : celui où M. P ou guet a placé son moulin a 6 millimètres de pente par métré.
- La description des diverses parties de ce moulin en fera mieux comprendre ia disposition et le mécanisme.
- Explication des figures de la pi. 21 G.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- Fig. 1. Elévation vue de face du moulin.
- Fig, 2. Élévation latérale, vue du côté de la rivière.
- Fig. 3. Vue en dessus du rouet et de la lanterne du moulin qui fait tourner les meules.
- Fig. 4. Les balanciers du châssis mobile, vus séparément de face et de profil.
- Fig. 5. Portion de l'arbre de la grande roue, montrant de quelle manière il tourne dans le châssis mobile.
- A, Arbre transversal sur lequel est montée la roue à chevilles B; C, mon-ians de la cage du moulin; D, levier en bois formant déclic, et s'engageant par sa partie fourchue dans l une des chevilles de la roue B pour en arrêter le mouvement; ce levier se manœuvre à la main; EE\fig. 4, balanciers intérieur et extérieur du châssis mobile portant les tourillons de l’arbre F; ces balanciers pivotent autour d’un centre et s’élèvent et s’abaissent au moyen des chaînes MM; G, roue montée sur l’arbre F, et dont les aubes ne plongent dans l’eau que de la quantité nécessaire; H, hérisson monte -111' le même arbre F, et qui reste toujours engrené avec le pignon Q, quelle que soit la position de la roue à aubes; IF, segmens de cercle qui forment l'extrémité des balanciers E E', et portent une gorge qui reçoit la chaîne M ; K, bague en fonte dans laquelle passe l’extrémité de l’arbre de couche X; élit est fixée par des boulons à vis sur le balancier intérieur E\ et lui sert en même temps de pivot ou de centre : L,fig. 5, boulon à écrou, qui traverse le
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- sommier du moulin et l’extrémité du balancier intérieur E; c’est sur ce boulon que se meut cette partie du châssis mobile; M, M, chaînes attachées aux segmens de cercle des balanciers et qui s’enroulent sur chaque extrémité de l’arbre A; elles supportent le châssis mobile et la roue à aubes, et servent à les élever ou à les abaisser lorsqu’on fait tourner la roue à chevilles B ; N, arbre gisant du moulin, dont l’une des extrémités passe dans la bague en fonte K ; O, rouet dont les alluchons engrènent dans les fuseaux de la lanterne P ; Q, autre rouet qui est mené par le hérisson H; les alluchons de ce rouet restent constamment engrenés dans les dents du hérisson, quelle que soit l’élévation ou l’abaissement de la roue à aubes; R, l’un des coussinets qui reçoit les tourillons de l’arbre gisant N; S, palier du moulin, portant une crapaudine en acier, qui reçoit l’axe vertical T, destiné à faire tourner la meule U; V, levier au moyen duquel on peut régler les qualités de farine qu’on veut obtenir.
- On a omis dans la figure première la cuve, la trémie, l’arche à farine et les autres parties du moulin qui n’ont rien de particulier.
- S’il s’agissait d’établir ce moulin en grand, il suffirait d’avancer la roue davantage sur la rivière; mais comme dans ce cas elle serait plus pesante, il faudra l’équilibrer par des contre-poids attachés à deux autres chaînes accrochées aux balanciers et passant sur une poulie placée perpendiculairement â chaque chaîne.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur une boussole de M. Vincent, horloger-mécanicien3 rue de la Vieille-Draperie^ n° 26, à Paris.
- Messieurs, vous m’avez chargé d’examiner une petite boussole portative, exécutée par M. Vincent, horloger-mécanicien, rue de la Vieille-Draperie, n°. 26. Cet instrument, de la forme d’une montré ordinaire, est fort bien traité; toutes les parties en sont extrêmement soignées; le guilloché de la boite est très-élégamment dessiné, les divisions du cadran marquées avec précision et netteté ; enfin cette boussole m’a semblé aussi bien exécutée qu’on le pouvait espérer d’un habile artiste. Le petit mécanisme par lequel on soulève l’aiguille aimantée, pour ménager le pivot de suspension, quand la boussole n’est pas en expérience, est simple, fort bien conçu, et remplit très-bien son objet. Du reste, je n’ai rien remarqué dans cette boussole qui portât le caractère d’invention, et l’auteur n’élève à ce sujet aucune prétention ; il ne l’a soumise à votre examen que pour obtenir le témoignage qu elle est Vingi-unième année. Janvier 1822. C
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- mieux exécutée que celles qu’on met ordinairement dans le commerce, et j’ai l’honneur de vous proposer d’accéder à ce désir, et de lui en exprimer votre satisfaction.
- Signé Francoeur, rapporteur. Adopté en séance, le 26 février \ 821.
- —•..............
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Bréant, au nom du Comité des arts chimiques sur le prix proposé pour la découverte d’un alliage métallique moins oxidable que le fer et l acier, et propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires (1).
- Messieurs, vous n’avez pu vous dissimuler les difficultés de la découverte que vous avez provoquée; vous ne serez donc pas surpris d’apprendre qu’un seul concurrent ait répondu à votre appel.
- L’alliage présenté au concours est composé de fonte grise, d’étain et de bore : les proportions de cet alliage, et le procédé pour le former, sont décrits très-clairement dans le mémoire qui accompagne les échantillons (2).
- Pour constater les qualités de cet alliage, il a été soumis à diverses épreuves, comparativement avec du fer pur, des fontes blanche et grise, des alliages de fonte et d’étain, et enfin avec de la fonte grise alliée avec un excès de carbone.
- Les morceaux qui devaient être mis en expérience furent d’abord frottés avec du jus de pommes, et ensuite placés sur le marc de ces fruits, dans une cave humide, où ils restèrent plus de quinze jours.
- (1) Il n’a été donné qu’une analyse succincte de ce rapport, page 260 du Bulletin de septembre 1821 ; nous avons cru devoir le rétablir ici en entier, parce qu’il présente le résultat des essais faits sur diffé-rens alliages inoxidables.
- (2) Cet alliage est composé, suivant l’auteur, de 14 parties de fonte blanche, 1 de bore et 2 d’étain Il l’obtient en mettant dans un creuset 7 livres de fonte blanche et 2 livres d’acide borique, qu’il recouvre d’un peu d’argile fine, afin d’éviter le contact de l’air. Il place ensuite le creuset dans un fourneau de fondeur de cuivre ; quand l’alliage est en fusion, ce qui a lieu au bout d’une demi-heure, or ajoute une livre d’étain, on mêle bien et l’on coule.
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- Aucun des morceaux n’a été fortement oxidé : les fontes et l’alliage de fonte et d’étain l’étaient moins que le fer pur, et il nous a paru que l’alliage présenté au concours s’était encore mieux conservé ; mais la différence n’était pas bien sensible.
- Nous avons fait la même observation en retirant les échantillons de dessous une cloche où ils avaient été exposés aux vapeurs de l'acide hydrochlo-rique.
- Exposés à l’air et à la pluie, ils ont tous été rouiilés très-promptement. L’étain et le fer ont entre eux une grande affinité, et dans le fer-blanc il y a une véritable pénétration ; une portion du fer est alliée avec l’étain. Toutefois le fer-blanc n’est pas absolument inaccessible à la rouille.
- L’alliage de la fonte avec l’étain a déjà été employé avec succès, et nous pouvons citer les meules fraisées de M. Molard. Cet alliage se moule très-bien, et il est réellement moins oxidable que le fer pur et même que la fonte blanche.
- L’addition du bore augmente-t-elle cette propriété? Le concurrent a pu le croire, parce que le bore est sans action sur l’oxygène, à une température ordinaire. Dans quelles proportions doit-il être pour diminuer l’oxidabilité de l’alliage? L’analyse des échantillons présentés au concours n’a pas encore été faite : nous sommes persuadés qu'ils contiennent un peu de bore; mais, d’après le procédé employé, ils doivent en contenir infiniment moins que si l’acide borique eût été mêlé avec de la limaille de fonte et du charbon, procédé qui rentre dans celui employé par M. Descostils, pour combiner le bore avec la platine et avec le fer.
- La combinaison de la fonte grise avec le charbon nous a offert une particularité remarquable.
- Dans l’intention d’obtenir de la fonte très-carbonée, nous avions mis des morceaux de fonte grise dans un creuset rempli de charbon de bois, et nous avions répété la même expérience avec le noir de fumée.
- Dans l’un et l’autre creuset la fonte, au lieu de se réunir en culot, s’est trouvée disséminée dans le charbon en grenailles de même grosseur.
- Mais ces grenailles exposées aux vapeurs d’un laboratoire se sont comportées bien différemment; celles obtenues dans le charbon de bois se sont oxi-dées, et celles obtenues dans le noir de fumée ont conservé leur éclat métallique ; refondues ensuite avec neuf pour cent d’étain, l’alliage nous a paru très-peu oxidable et se moulant bien.
- D’après cet exposé, Messieurs, vous jugerez sans doute, comme votre comité, que le prix n’est pas gagné; il est trop important pour l’abandonner : nous vous proposons de le continuer pour l’année prochaine, et comme il
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- présente de grandes difficultés, nous vous demandons de récompenser les efforts de l’unique concurrent qui s’est présenté, en faisant une mention très-honorable de son mémoire (1).
- Signé Bréant, rapporteur.
- Adopté en séance, le 22 août 1821.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- h xtrait d’un rapport fait par M. Delunel, au nom du comité des arts économiques, sur les pâtes féculentes des pommes de terre, préparées par M. Wattebled.
- M. de Lanoue a adressé à la Société des échantillons de pâtes féculentes de pommes de terre, fabriquées par M. TVattebled, demeurant rue St.-Maur, n'\ 132, faubourg du Temple, et a demandé qu’elles fussent examinées.
- M. le rapporteur, après avoir rappelé les services rendus par divers ar~ listes, et notamment par madame Chauveau la Miltière, à l’économie domestique, en employant la pomme de terre, soit pour suppléer à la disette de la farine, soit pour imiter le riz, le vermicelle, le sagou et autres pâtes, observe que les travaux de M. TVattebled surpassent tout ce qui a été fait dans ce genre ; que ses préparations offrent une grande variété de formes et sont recherchées dans le commerce pour leur bonne qualité; qu’elles ont obtenu l’approbation non-seulement de la Société royale d’agriculture, qui a décerné une médaille d’or à l’auteur, mais aussi de M. le préfet du département de la Seine, et de MM. Bodar et Chaussier, médecins qui en recommandent l’emploi pour la nourriture des enfans, des femmes enceintes et des nourrices; que l’établissement de M. TVattebled est monté très en grand, et,qu’il a introduit dans ses procédés quelques perfectionnemens qui doivent leur mériter la préférence sur ceux pratiqués jusqu’à présent.
- D’après cet exposé, M. le rapporteur conclut à ce que la Société témoigne à M. TVattebled sa satisfaction pour les pâtes féculentes qu’il a préparées, et qu’elle les fasse connaître par la voie du Bulletin.
- Ces conclusions ont été adoptées dans la séance du 9 janvier 1822.
- (1) Le concurrent est M. Louis Salmon, chimiste, demeurant place de l’Estrapade, n°. 1, à Paris.
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- ÉCONOMIE RURALE,
- Note sur une fontaine forée (puits artésien) nouvellement pratiquée au centre de la ville de Beauvais. {Extrait d une lettre écrite le 8 janvier 1822 h M. Baillet, inspecteur divisionnaire des mines, par M. Coquerel, ingénieur des minesé)
- Cette opération a parfaitement réussi. On a traversé plusieurs couches dont l’épaisseur totale est de 20 mètres 75 ; on est arrivé à une eau très-bonne, qui s’est élevée jusqu’à 6 mètres 75 au-dessus du sol. La quantité d’eau que peut fournir cette fontaine a été évaluée à 150 litres par minute.
- La nature des couches que l’on a traversées me paraît assez remarquable pour que je vous les fasse connaître en détail; l’opération du percement a fait voir que le sol de la ville de Beauvais a été anciennement beaucoup plus bas qu’il n’est actuellement,
- En effet, la première couche en terres rapportées de 2 mètres 75 renfermait, dans la partie inférieure, un carrelage bien conservé en pierre de liais à mortier de chaux et ciment, et une grosse pierre formant ruisseau ou
- égout, ci.................................................2m,75
- La deuxième couche de maçonnerie en fondation de gros
- moellons, de..............................................0 ,60
- La troisième en terre glaise.......................... 0 ,80
- La quatrième, tuf calcaire et silex roulés..............2 ,60
- La cinquième, craie rouge colorée par l’oxide de fer. ... 3 ,25
- La sixième, craie pure................................. 6 ,05
- La septième, craie pure beaucoup plus dure que la précédente. 4 ,70
- Total...............20m,75
- C’est de la sixième couche que les eaux de la source ont commencé à s’élever.
- Cette nouvelle fontaine d’essai a été percée aux frais du département dans la cour de la maison de justice ; le résultat ayant confirmé les espérances de succès que j’avais données à M. le préfet, il est vraisemblable que la ville fera percer d’autres fontaines de cette espèce, etc., etc.
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- TABLE AU, par ordre alphabétiquedes Brevets d invention, de perfectionnement et d importation délivrés en France pendant Vannée 1821.
- Nota, Les lettres ( B. I. ) placées après l’énoncé des brevets signifient brevet d’invention ; (B. I. P. ), brevet d’invention et de perfectionnement; (B. P.) , brevet de perfectionnement; (B. Imp. ), brevet d’importation ; (B. Imp. P.), brevet d’importation et de perfectionnement ; (B. I. Imp.), brevet d’invention et d’importation.
- NOMS et PRÉNOMS des BREVETÉS . DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont e'të accordés.
- Agcessaxt (S.) Lyon. Rhône. io sept. 5 ans. • Pre'paralion des poils et plumes naturels, et leur emploi par des procédés particuliers de fabrication dans le tissage des étoffés de soie et autres. (B. I.)
- Aigi.esparches a.) Esferon (J.) Aix. B.-du-Rhône. 7 août. 10 ans. Appareil de dislillation cju’ils appellent alambic a circonvolution. (B. I.) |
- Ali.ard (J.-J.') Paris, . Seine. 5 ans. N C Application des toiles me'talliques et autres transparentes, i°. à la fabrication des garde-vue pour jlampes et autres objets de formes sphe'rique et | sphe'roïdale, ou offrant des portions de ces formes; 20. à la confection d étoffés nouvelles pour cartonnages , tentures d’appartemens, couvertures de .livres, chapeaux, articles de placage, de gaîne-rie, etc. (B. I. P.)
- n°. 368.
- Alleau (S.) Saint-Jean- d’Angély. Charente-înf. 23 mai. 5 ans. Alambic hydraulique propre à l’arrosement des lessives. (B. J.)
- Axdrieijx (C.-J.) Artzbkuger [voy. Griffith)-• 3 Paris, rue du Petit-Reposo.r, n°. 6 , Seine. il janv. * ï Certificat d’additions et de perfectionnement au brevet de 15 ans qu’il a obtenu le 8 septembre 1 815, pour une machine appelée le tricoteur sans fin.
- Ai bru, fj.) < id. Palais-Pioyal, n°. i3g. id. rue Maucon-seil, n°. 10. id. 3 août. , Composition d’une eau cosme'tique propre à la 5 ans. | conservation des dents et des gencives, et qu’il ap-^ pelle eau balsamique stomophelime. (B. I. P.)
- Barland CE.) | id. 15 févr. 5 ans. Décrottoir cylindrique garni de brosses. (B. I.)
- Bealvisagb (A.-J.) | id. rue des Marmousets , n°. 8. 1 id. 2 2 nov. 10 ans. Catissage à la vapeur des laines, étoffes de laine lisses, croisées et légèrement foulées. (B. I.)
- Le même . id. id. i-3 déc. * Certificat d’additions et de perfectionnement au précédent brevet.
- Beck (F.-G.) | id. rue de Richelieu, n°. 35. id. 19 sept. 5 ans. Manteau dit a la Henri avec des manches qu’on peut ôter à volonté. (B. I.)
- Besoist (A.-M.) | Besnard [voy. Treboult).... j id. ,r. de Richelieu, passage St.-Guillaume. 1 ! id. 19 sept. 5 ans. | Siège inodore et couvercle absorbant, qui s’applique aux chaises percées, aux plombs conducteurs des eaux de ménages, et qui détruit les odeurs méphitiques qu’exhalent ces divers objets. (B. I.)
- id. rue ces V.-Au- \ gustins, n°. 6?.. j id. 26 fe'vr. 10 ans. j ! Nouveau siège mécanique et sa fosse dite autoclave. (B. I. P.)
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- NOMS et PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Blanchard (J.-J.).......
- Le même.................
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- Bolton (Th.). Borï (H.)....
- Paris,
- rue de Cléry, n°. 36.
- id. J
- I rue de l’Échi- ( ) quier, n°. i5. (
- BourmÈRES (A.).
- Béziers.
- Paris, r. Montmartre n°. 20
- *}
- Bourguignon (P. ).........(rue Michel-le-j
- i Comte, n°. 18. i
- Bourlier (N.).............j id.
- Mistral (L.)..............j rue de Sèvres.
- Brouilhet (J.-L.).
- Brouquières (A.)..
- Buchère de Lepinois. SlRET.................
- id. ï
- Palais-Royal, > n°. 129. S
- Seine.
- id.
- id.
- Hérault.
- Seine.
- id.
- id.
- id.
- Nieul.
- Provins.
- Paris,
- Charente- Inf.
- Seine-et-Marne
- / Pans, \
- Calla (F.-E.).................)rue du Faub.- \ Seine.
- ( Poiss., n°. 62. i
- Castillon (B.). Del PECH......
- Cessier (J . -B.)..........
- Chagot frères.
- Chevalier (J . -G . -A.)..
- Chiavassa (J.).........
- id.
- rue Christine,
- n°. 1.
- Saint-Etienne.
- , Paris,
- 1 boulevard Pois-j sonnière.n0,11.
- id. I tour de l’hor- \ loge du Palais / de Justice. 1
- id.
- r. des Bl. teaux
- ’d. \
- Bl.-Man- > , n°. i3. 1
- id.
- Loire.
- Seine.
- id.
- id.
- H I
- 16 janv. 19 avril.
- 26 juin.
- i5 févr.
- 16 juin.
- 3t de'c.
- 9 févr.
- 19 Juln-
- 7 févr.
- 3i mars.
- 3o janv,
- 7 nov.
- 3i mai.
- i3 déc.
- 5 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Platine de fusil à percussion. (B. I.)
- Certificat d’additions et de perfectionnement au précédent brevet.
- Imp.)
- 10 ans. | ^Machine propre à filer, tordre efc doubler la laine. 10 ans. |
- Procédé propre à extraire l’huile des olives sans le secours des cabas. (B. I.)
- r Appareils se combinant ensemble et s’appliquant 1 l’un au haut d'une cheminée à l’eflet d’empêcher le 10 ans. < refoulement de la fumée et de la boucher liermé-itiquementen cas d’incendie, l’autre dans l’inté-! rieur d’un appartement pour y établir un courant ' d’air. (B. I.)
- 1 Procédé a laide duquel il imite le diamant en 5 ans. < sVPerP°fnt’. sur une pierre de stras taillée, une J pierre blanche dure qui résiste au frottement et ( reçoit du stras un brillant particulier. (B. I. P.)
- t Mécanisme composé d’un système de gaffes et de 10 ans. treuils , propre à mettre les bateaux à vapeur en (mouvement. (B. I. P.)
- Composition d’une huile cosmétique propre à la conservation des cheveux, et qu’il appelle huile Angélique. (B. Imp.)
- \ Certificat d’additions et de perfectionnement au j brevet de 10 ans qu d a obtenu le ii décembre ! 1817, pour un appareil de distillation.
- (' Composition d’un pMtre artificiel propre à l’a-15 ans. I mendement des terres et particulièrement des prai-* ries artificielles. (B. I.)
- 10 ans. Machine propre à fabriquer les garnitures des l cardes a laine, à coton, etc. (B. I.)
- 5 ans. s, Indûment nommé sêmapaise propre à marquer (les chances des jeux. (B. I.)
- ( Certificat d additions et de perfectionnement au “ l brevet de 10 ans qu’il a obtenu le 3 juin 1816 pour (un fusil à percussion.
- (Méthode de tailler les cristaux en dessus de la roue, et application de la machine à vapeur comme moteur, soit au tour convenable à cette méthode, lsoit à celui à deux pointes, propre à la taille des f mêmes objets en dessous de la roue. (B. Imp.)
- ! Besicles ou lunettes à branches, nommées ùo-centriques, dont les cercles contenant les verres se rapprocbén t à volon té, à l’aide d’un mécanisme particulier. (B. I. P.)
- ( Procédés de fabrication d une sorte d’essieux . < susceptibles d’être adaptés avec avantage à toute * espèce de voitures et de chariots. 'B. I.j
- 5 ans.
- iS ans
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- NOMS et PRÉNOMS des brevetés. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des brevets. DURÉE des Brevets.
- Clément (N.). Paris , r. du Faub.-St.- ' Seine. 23 août. 10 ans.
- COCHBT (J.-M.),
- Lyon.
- 1 Paris, rue Richer, n°. 20.
- Goudiîn ( voy. Delaporte -Leroy ).....................
- CoüRTEAUT (J.-L.-N .).....
- Dabat (E.)................
- Dbbassadx.
- Lyon.
- i Paris,
- l r.du Faubourg-{ Saint-Konoré, f n°. 66.
- Amiens.
- Degrond-Corsillac . „...
- Delaporte-Leroy , . .....C
- Coudun (L.)...............J
- Delpech (voy. Castillon), . . Dbrode (N.)............
- Châtillon.
- Amiens,
- Bordeaux,
- Rhône.
- Seine.
- Rhône.
- Seine.
- Somme.
- Côte-d’Or. Somme.
- Gironde.
- I Paris, 1
- Derosns (C.)........ ,.......' r. St.-Honore , > Seine.
- i n°. n5. J
- Descroisilles (Paul). Devode (M.).........
- Didelot (voy. Liéven-Bau-
- WEKS$...................
- Dietz père.
- Dikinson (R.).
- Rouen.
- Bordeaux.
- Paris, |
- rue Neuve-des-1 Petits-Champs, | n°. 36.
- Versailles.
- Seine-Infe'r.
- Gironde
- Seine.
- Seine-et-Oise.
- Paris, 1
- Doerbe (Th.)..................{rueSt.-Martin, ; Seine.
- 1 n°. 8.
- 8 août.
- 3i de'c.
- 28 de'c.
- 16 juin.
- i3 de'c. 3i mars.
- 11janv.
- 19 juin.
- 17 oct.
- 29 sept.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont e'te' accordés.
- 19 juin,
- Appareil propre à l’absorption des fluides élastiques solubles et autres objets, qu’il appelle cas-1 cade absorbante. (B. I.)
- ' 1 Application d’une manivelle et d’un cylindre aux
- 10 ans. J métiers à tricot et à tulle de MM. Jollivet et Sar-I rasin. (B. I. P.)
- ( Machine propre à tondre les draps, casimirs et 10 ans. ^autres étoffes. (B. I.)
- f Machines propres à être appliquées à la naviga-i5ans. < tion intérieure. (B. I.P.)
- ( Nouveau système de fusil et de platine à choc de ( piston. (B. I.)
- 5 an?
- 5 ans.
- 5 ans.
- / Appareil propre à refroidir promptement la ) bière et à l’empêcher de tourner dans toutes les (saisons de l’année. (B. I.)
- Machine propre à fabriquer des clous à bandes de roues, des rivets à jantes et des chevillettes.
- (B. I.)
- Appareil propre à refroidir la bière. (B. I. P.)
- / Certificat d’additions et de perfectionnement au » 1 brevet de 5 ans qu’il a obtenu le 20 mai 1820, pour
- 1 un appareil distiilatoire continu.
- 1 Certificat d’additions et de perfectionnement au \ brevet de i5 ans qu’a obtenu M. Cellier-Blumen-~ i thaï (dont il est cessionnaire), pour des ap-f pareils de distillation et d'évaporation.
- (Appareils économisant la main-d'œuvre, le temps, le combustible et les ingrédiens, dans les lessivages domestiques , le blanchimen t des fils et (tissus, leurs garançages, rasages, avivages, dé’-j garançages, et dans les autres teintures. (B. I. P.)
- iôans. Nouvel appareil distiilatoire continu. (B. I.)
- Machine propre à faire tourner un manege, un moulin, à remonter les bateaux, a puiser 1 eau, a omettre toute espèce de voiture en mouvement, et i5 ans. } généralement à remplacer les chevaux dans toutes les circonstances , machine qu’il appelle roue à vapeur. (B. I•)
- I Procédés propres à construireles navires et autres bâtimens en grande partie en fer et fonte de fer.
- (B. 1.)
- ) Procédés de fabrication de feutres propres au i5ans. | doublage des navires et à d’autres usages. (B. I.)
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-
-
-
- ( 25 )
- = : =— ©
- NOMS et PRÉNOMS K ç £ a h -s >
- des DOMICILE. DÉPARTEM. <tià P Z » es ï U es
- j BREVETÉS. Pi p
- Paris, rue de Rivoli,
- Douglas (J.) Seine. (9 juin. 10 ans.
- n“ 02.
- td. id. 8 sept. 27 juill. (O ans.
- Le meme et Greston (Th.)... id. id. 10 ans.
- Drexei, (J.-G.) Saint-Quentin. Aisne. 9 fe'vr. 6 ans.
- Gard.
- Anduzc. i1 duc. 5 ans.
- id. i /. id. 31 déc. »
- ul. 01 CltîC. 5 ans.
- Buforcq (J.-P.) Bordeaux. Gironde. 23 oct. 5 ans.
- C Paris,
- Dufour (N.-M.).. . 1 rue du Faub.-| du-Roule, , Seine. 31 mai. 5 ans.
- . n" p4.
- id. id. 29 sept. 3)
- Paris,
- Dumoulix P.-S.; r. de la Harpe, id. 21 sept. 10 ans.
- n° 5G.
- Lyon. Paris, Rhône. 23 avril. )>
- 3i déc.
- Duport Y.-Fd r. St.-Honoré, Seine. 5 ans.
- ) n° i4o.
- Duraxd(R Yernoux. Ardèche. 22 déc. 10 ans.
- % Pari?,
- Dutour (M. rue des Fossés-St. - Germain, , Seine. 19 j • 10 ans.
- nu 2 i.
- Duyerger [voy'. Gotten . i ' 1(1.
- Eatox v\y.) ! rue Basse-du- | Rempart, : n° 44. 1 id. 2 3 juill. j h ans.
- id. 1
- Erard S. lucres.. id* 2G fe'vr. 10 ans.
- n° 13. 1
- Les memes id. id. i 7 oct. i i3 ans,
- Pingt-ujüème année. Janvier 1822.
- DESIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été delivres.
- ( Moulin à dents d’acier et fer propre à broyer les j écorces de tan. (B. imp.)
- j Machine pour faire manœuvrer les bateaux à va-( peur. (B. I.)
- ) Machines et procédés propres a couler, a laminer * et à rouler des feuilles de plomb. (B. I.)
- J Siège e'iastique. (B. I.)
- 1 Machine pour faire bouillir promptement et à j peu de frais l’eau necessaire dans les filatures de j soie, et qu’ils appellent hydrocycloïque. JE I.)
- ( Certificat d’additions et de perfectionnement au I précédent brevet.
- ( Pl ’ocëdës cie fabrication de chapeaux d hommes|! < et de femmes, en soie-feutre imperméable. (B.
- U p.)
- / Corps-morts à quatre ancres propres à amarrer ) toute espèce de vaisseaux dans les rades, ports, (rivières, etc. (B. I. P.)
- i Procédés pour prendre l’empreinte et la forme ] de la tête et confectionner les perruques et autres j coiffures en faux cheveux. (B. I. P.)
- ! Certificat, d’additions et de perfectionnement au \ brevet de 5 ans qu’il a obtenu le s4 juillet 1820,
- | pour des latrines et garde-robes salubres et porta-( tires.
- ( Composition d’une encre inattaquable par les 1 [acides et les alcalis. (B. I. P.)
- / Certificat d’additions et de perfectionnement au i brevet de 5 ans qu’elle a obtenu le 20 octobre 1S1S,
- . pour des procédés de fabrication de Yot.tcocolle,
- J produit gélatineux susceptible de remplacer ia f colle de poisson.
- / Procédés de fabrication de socques articulés ou de sous-chaussures flexibles et imperméables. (B. I.)
- j Moulins propres à dévider, mouliner et doubler j la soie, qu’il appelle moulais economiques. (B. If
- « Nouveau système de fusils qui se chargentpar la \ culasse et dont le feu se communique par conques-j si on à l’aide d’un piston intérieur qui fait mouvoir I la gâchette de la platine. (B. If
- j Système de machines propres à filer la laine, le jj 1 coton, la soie, etc. (B. Imp. P.) |
- , Mitre de cheminée avec ses accessoires, appelée! I par eux c -,hmlre-cone Jumifuge, propre à empêcher!
- { la fumee de se répandre dans les appartemens. i'B.j
- (lmp. P.) ' |
- j Forte'-piano à mécanisme nouveau et à deux cia-1 [ viers placés vis-à-vis l’un de l’autre. fB. I.) [
- D
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-
-
-
- NOMS et PRENOMS des
- BREVETÉS.
- EspÉrox (i>. Aiguesfarches) . Fautrat....................
- Le même.
- DOMICILE.
- Nantes.
- ici.
- DEPARTEM.
- Loirc-Infér
- Fouques et Garros.
- j Paris,
- : rue du Faub. -.....'j Saint-Denis,
- !' II". 102.
- ! u..
- Gateau (L.)...................? rue St.-Victor,
- ( n°. 28.
- ( id.
- Gatitiiier (J.-L.-C.).........< r.N.-Saint-Eus-
- ( tache, n". 10. 5
- j id.
- Gengembre (P. -J . )....... < r.des Colonnes,
- Gensoul (J.-F.).
- Le même.....
- Gentillot (P. Le même.....
- Georget (V
- n , 7. Lyon .
- id.
- Vayres. id.
- Paris,
- 1 Paris, )
- ,-L.)............; r, St.-Honore , >
- ? n°. 2. S
- Gervais (J.-A.)...............! Montpellier.
- Paris ,
- r. Ménilmon-tant, n". 'il.
- 1 id
- p ‘ ‘ ’ r. N.-des-Pet.-
- Duverger vH.-P.;........... Champs, n°.65.
- Girard (A.-J.-F.). Taiiisier (J . -F.). .
- Gottex (J.-C.). . .
- Goubely (C.).
- Lyon.
- i Paris, i Goerdoux (J.-H.)............( r, St.-Honore, \
- i n”. 177. )
- Greston (yoj~. Doiglas). I J
- Griffith (J .).. . Artzberger (J.).
- Les mêmes.
- id.
- r. de Provence,
- n°. 12.
- Seine.
- id.
- id.
- id.
- Rhône.
- id.
- Gironde.
- id
- Seine. Hérault. Seine .
- id.
- Rhône. Seine.
- ni.
- K j c-1 X
- < -4
- o déc.
- — u
- >
- es 2
- P p P
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- f Nouveaux mouvemens élémentaires, l’un propre \à changer le mouvement rectiligne continu en i5 ans. < mouvement rectiligne alternatif, l’autre à combi-J ner le mouvement rectiligne alternatif avec lui- même. (B, I.)
- j Certificat d’additions et de perfectionnement au u ( précédent brevet.
- { Instrument propre à être adapté aux talons de la i4 avril. 5 ans . 7 chaussure et destiné à garantir les vêtemens de la
- (boue, et qu’ils appellent paracrotte. (B. I.)
- 19 avril. 29 oct.
- (i mars.
- 7 mars.
- 4 déc.
- 19 mars, 29 mai.
- 6 mars.
- 3i déc. 17 sept. 29 sept. 27 janv. 7 riov.
- b ans.
- Machine hydraulique dite noria. (B. I.)
- Moyens propres à extraire la gélatine des os, (B. I. P.)
- I Changemens et additions à la construction des ioans. | machines à vapeur. (B. 1. P.)
- 1 Pompe à balancier hydraulique applicable à di-10 ans‘ (vers usages. (B. I. P.)
- i Nouvelle chaudière propre à être employée dans 5 ans. \ ses appareils à vapeur destinés au chauffage des fi-(latures de soie. (B. P.)
- 5 ans.
- i Procédés de construction d unenouvelle brouette j qu’il appelle goulet brisé. (B. I.)
- ! Certificat d’additions et de perfectionnement au même brevet.
- ( Lampe à un seul réservoir placé au-dessus de la o ans. j lumiére et auquel l’abat-jour est adopté. 'B. I. P.)
- ^ Procédé propre à la fabrication des vins de raisin i5 ans. I et de toutes les liqueurs résultant de la fermenta -( tion vineuse , qu’il appelle répcrcuteur. 'B. I.)
- Appareil distillatoirc. (B. Id
- Lampe mécanique-hydraulique à courant d’air.
- (B. I. ; »
- j Procédés de fabrication d’une ichthyocolle indi-d ans. j £ne extraitc (les écailles de poisson. (B. I.)
- j Cheval mécanique qu on peut diriger et gouver-0 ans | ner à volonté. ’B. I.':
- Procédés de construction de voitures propres an ... . i transport des glandes ou des petites charges, et
- 17 jui . îaaus. m'ses eu mouvement par des machines à vapeur.
- ! 1 (B. Imp.)
- I
- „ -, , 1 ( Certificat d’additions et de perfectionnement au
- 3idec. » jprécédent brevet.
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-
-
-
- «
- DOMICILE. DÉPARTEM. g J f < ~ â a : *
- ( Paris, { rue Mazarine, ' n° 37. | Seine. 24 mars
- ( id. < rue des 2 Ecus, ( hôt. de Piennes, 1 1 id. 1 14 juill.
- 1 1 Saint-Romain-j de-Colboscq. 1 ! Seine-Inféi . 24 sept.
- J ; Paris, ' r. Baillif, hôtel ( de Brabant. Seine. 3i août.
- Saint-Étienne. Loire. 6 nov.
- Paris, r. de Choiseul, Seine. 19 mars.
- n° 9-
- id. id. 24 sept.
- •. ; r. de Choiseul,1 n° 3 . j id. 1 2 juill.
- id. \ r. Popincourt,} id. li août.
- NOMS et PRENOMS
- des
- ERE VETES.
- Hall fî!s(Kd .)••••
- H.l\d- (P.).........
- Hart (H.).............
- Haskoll (rot. Martin).
- Hedde (P.)............
- D ca
- O X
- DESIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été delivres.
- |
- Il I.e même.
- Hexry (Jean). | Maxey (B.). . Wilsov (D.).
- Hoeon (F.-S ], Peau 'R.-F.).
- u" 55.
- id.
- IIOLLOXD (T.-R.,........ . . ,
- Maddex (J . -B . )......... r.ue ^ def M;l‘
- ' ' f thurins, n 66.
- I I
- J Holvoet J.,................/ r. St.-Honoré(
- J ( n’ 178. j
- 1
- Housset (J.
- Bordeaux.
- Paris,
- Jalade-Lafo.nd................^ r. de Pdclielieu,
- n° 4G.
- Jaueeet (M.................
- Jernstedt (p.........
- Joël frères......
- Johaxa'ot de Crociui
- Marseille.
- Paris, rue de Seine , ( ! n° 31. |
- iJ.,r.des Filles Calvaire, et 9.
- d. \
- Provence,f
- / «a.,r.ue: . . J du-Cal ) n°5 7
- . . | r. de F • n'
- Gironde.
- Seine.
- B.-du-Rhône
- Seine.
- id.
- id.
- 8 août.
- î4 mars.
- : 9 mars
- 18 août.
- 3o juin. 29 sept.
- 14 juill.
- Construction de divers inslrumens à vent, et à 10 ans. clefs susceptibles de rendre des sons d’harmonie f inconnus jusqu’à ce moment. (B. I. P.J
- Î Système de presse applicable à l’extraction des huiles de graines, et mise en mouvement par la vapeur. (B. I, P.)
- ; Certificat d’additions et de perfectionnement au ' brevet de 10 ans qu’il a obtenu le 17 lévrier 1818, jpour un avant-soc à bascule avec un régulateur, (destiné à être adapté aux charrues ordinaires.
- ,r. ( Procédés de fabrication de nouveaux bandages
- 1 d dllb . J , .. , , - °
- 1 herniaires a ressort. (B, 1. )
- i Machine propre à la mise en carte des dessins 5 ans. z d’étoffes et de rubans de soie de tous les genres, et (qu’il appelle schiamètre. (B. I.)
- , r i Procédés propres au raffinage du sucre brut, (i
- lO dllS. <f r . A1- v
- | lmp.)
- „ \ Certificat d’additions et de perfectionnement au
- \ précédent brevet.
- i5ans I Appareils et procédés propres à la préparation j du gaz hydrogène destinéà l’éclairage. (B. Imp. P.
- 0 , 1 Mécanique pour fabriquer des sacs sans couture
- ^ ( (B . I.)
- ' Mécanisme cpii rend les navires propres à navi iguer par le moyen des vagues, sans le secours d 5 ans . <( vent, et en se passant de mâture , de voiles et d'a J grès , ainsi que de toute machine à vapeur. (B. 1 ' Imp.)
- I Poudre propre à fortifier la vue fatiguée par le i5 ans. / travail, qu’il appelle poudre odorante de M. L.ay-( son . (B. Imp. )
- i5 ans ^ Composition d’une poudre saline propre à l’en-j grais des terres, prairies, etc. (B. I, P.)
- 1 Bandages herniaires à deux pelotes , qu’il ap-5 ans. (pelle bandages anglais et rénixigrades. ( B. Imp.
- (p.;
- i Procédés de fabrication du papier avec la cliene-io ans. ' votte, le sparte et le bois de réglisse, mélangés ou l séparément. (B. I.;
- I Boîte mécanique propre à amener toutes les o an.', j cjiances jy jeu qe dés. rg. i. )
- ( Procéde's de fabrication de crayons de mine co-oans. j l0rée portative. (B. Imp.)
- ^ Machines et mécaniques propres à fabriquer toute i 5 ans, ; espèce de tonnes, tonneaux et autres vases en bois.
- B I. P.)
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-
-
-
- | N03IS et PRÉNOMS I des | BREVETES. DOMICILE. DÉPARTE.M. Ù2 S £ ^ i J H u Z
- | Labarthe (P.-J.) Paris , r. du Pet.-Hur- Seine. 0 août. 5 ans.
- | Laville de Laplajgne leur, n°s 4 et 6. Lyon. Rhône. 8 mai. 5 ans.
- y S Laurent (J.-B.) Paris, rue du Temple, Seine. 3o mai. 5 ans.
- Legayrian (F.-L.-J.) n°3o. Arras. Pas-de-Calais. 20 oct. b ans.
- Leblon-Dansette (C.-L.-J.j.. Armen'.ières. N ord. 28 déc. 10 ans.
- Leboeuf de Valdahon Paris, r. de l’Arcade , } Seine. 21 sept. 5 ans.
- Lebon (B.) \ n“ 4. s id. 1 rue Baillif, j id. 29 sept. 5 ans.
- Lebouciier -Yillegaudin- n° 12. Rennes. | Ille-et-Vilaine. 12 juill. i0 ans.
- Lbfort (T.) Paris, j rue de Gram- Seine. 19 mars. 15 ans.
- Leeouis (F.) mont, n° 3. ] l.i Rochelle. Charente-Infé. 6 sept. 5 ans.
- j Lemare (P.-A.) j Paris, rite de l’Obser- * id. 20 fév. d
- | i j 1 Lepage (J.) . vance, n° 8. j 1 id. 1 r.de Richelieu, ici. i 2 mars. 5 ans.
- Le même . . . | n° i3. ' id. j id. 3o juin.
- Lieven-Bauwens 1 Didelot de la Ferté j id. rue Picpus , id. i5 nov. i5 ans.
- Lion (J.-B.). ! id. r. St.-Jacques.1 ui. 6 m a rs. 5 ans.
- Lorimier A.-J . ; n° jo3. id. ; r. des Moulins, id. 22 mai. 10 ans-
- Madden (voy. Hollond). Magendie (3. -J. ).. n° 11. id., rue Saint-Hyacinthe St.- 3 août. a
- Honoré, n° 4.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Lampe à régulateur, qu’il appelle lampe-La-[ barlhe (B. I.)
- / Changemens apportés aux machines et appareils /propres à fabriquer les eaux minérales factices.
- ((B. P.>
- { Machine propre à préparer la laine destinée a | être filée. (B. I.)
- r Métiers et procédés propres à fabriquer des pan-S neaux et tissus ignifuges, destinés à remplacer les \ couvertures de paille et de chaume. (B. I.)
- / Métier propre à tisser les étoffes de coton, à / l’aide d’une machine hydraulique ou à vapeur. (B. f I mp . )
- Fusil simple et double à tonnerre et à cartouches S mobiles, etc., et qu’il appelle fusil Valdahon. l(B.l.)
- I Moyens propres à atteindre le degré de perfec-; tion dans l’art de la coupe des habits et des autres j vêtemens. (B. I.)
- i Procédés de fabrication de toiles à voiles, à fils / simples et blanchis, façons russe, anglaise et hollandaise. (B. Imp. P.)
- / Composition de nouveaux sirops appelés sucres j acidulés . (B . I. )
- J Nouvel appareil de distillation. (B. I. )
- Certificat d’additions et de perfectionnement au
- ! brevet de io ans qu’il a obtenu le 21 septembre 1820 , pour des fourneaux , rechauds et chaudières à l’usage des bains, delà cuisine et des manufactures, lesquels se chauffent avec célérité et économie, et qu'il appelle hydrauliques, autoclaves et xnon autoclaves , chlamydés et non chlainy des.
- - Platine de fusil à pierre pouvant être mise à vo-j lonté à poudre dit e fulminante. (B. I.)
- , Certificat d’additions et de perfectionnement au | précédent brevet.
- ( Machines propres à préparer, peigner, couper et | filer la bourre de soie. (B. 1. Imp.
- ( Moule propre à fondre les garnitures d impri-j merie. (B . 1. P
- j Serpette à deux lames propre à l'incision annu-j laire de la vigne. (B. I.)
- , Certificat d’additions et de perfectionnement au /brevet de i5 ans que M. Raymond a obtenu pour ( un bateau mécanique de son invention.
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-
-
-
- ( 29 )
- NOMS et PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Mailliot (J.-L.).
- Le même.....
- Manceaux (J.-F
- Maréchal (F.;..,
- Marie (J.-S.).. . .
- Martin (T .-J.). Haskoll (J .).. . .
- Masterma.n (J •
- Mathieu (J .). . . .
- Le même.......
- Mater (L. ). Naquet (A . ).
- Z,es mêmes
- Mengin (M.-M.).. Petit-Jean (A.-F.
- Mercier 'P. ......
- Miedet, (P .-T • ; •
- DOMICILE. DÉPARTEM. < 2 1 £5 a £ -2 > « £ 3 J
- Lyon. Rhône. 11 déc. 5 ans.
- Paris,
- 1 rueMazarine, J Seine. i-3 déc. 10 ans.
- 1 n°. 47. i
- id.
- rue Pigalle, , id. 28 mai. i 0 ans.
- [ n°. 10.
- I id. id. 7 août. »
- 1 id., rue Lenoir-
- St.-Honoré. id. 2 4 sept. 5 a n s .
- [ n°. 3.
- / id.
- /rue du Roule, r id. 21 avrii. ))
- [ n°. 16.
- Savignies. Oise. 12 juill. 5 ans.
- Dij on. Côte-d’Or. 17 oct. 5 ans.
- Pans,
- t r. St.-Domini- . .
- > Seine. 3o ] îiin 0 ans 1
- 1 Gros-Caillou.
- id.
- ;r. St.-Honoié, ,d. 6 août. 10 a n s.
- ! n». 337. '
- 1 id.
- r. Ste.-Gene- ul. 3i mai. 10 ans.
- [ viève , n '. 3o.
- id. id. 00 j nin . »
- i id.
- ' r.des Irlandais, f id. 1 5 nov. 1 5 ans.
- | n°. 4. s
- 1 id.
- Palais-Royal, id. ï 2 mars. 5 ans.
- n°. 182.
- id. ul. 23 août. 5 ans.
- , ul.
- 5 rue de Gram - id. 7 fevr. 15 ans.
- j mont, n°. 7.
- id.
- r. Caumartin . id. 3o nov. 10 ans.
- ( n°. 1.
- j ici.
- rue de Roche- id. 22 mai. ù ans»
- ! chouart.n0. 20.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- ! Mécanique propre à fabriquer des pointes en fil de fer dites de Paris, ayant le bout tranchant et non pointu. (B. I.)
- i Procédés propres à faire des tableaux à l’huile / p>ar impression et à les reproduire en grand nom-ï bre. (B. I.)
- j Construction de vaisseau x et de bateaux en fer, et j machine à vapeur à cylindres oscillans. (B. Imp.)
- ï Certificat d’additions et de perfectionnement au 1 précédent brevet.
- j Necessaire contenant les outils propres à mon-| ter et démonter les armes à feu. (B. I.)
- /" Certificat d’ addilionset de perfectionnement au ï brev et de ï 5 ans qu’il a obtenu le 27 mai 1820, pour < des moyens et appareils propres à carboniser la J tourbe et à en former un combustible brûlant sans podeur, qu’il appelle churbon-Manicler.
- j Nouvelle fontaine épuratoire en terre cuite ou en I grès. (B. 1.)
- ( Procédés de fabrication d’une nouvelle eau de \ Cologne. (B. I.)
- I Lampe propre à remplacer celle d’émailleur , ( qu’fis appellent idio-agoutique. (B. I.)
- î Pioue motrice à laquelle la vapeur donne le mou-( vement et qu’il appelle troke. (B. Imp.)
- A; pareil de fosse d’aisance portative. (B. I. P.)
- Certificat d’additions et de perfectionnement au précédent brevet.
- Machines et mécaniques propres à fabriquer les bouclions et à garnir de liège les cylindres destinés I aux métiers à filer le coton et autres matières filamenteuses . (B. I. P.)
- la Baya-
- < Composition d'une eau cosmétique propre s toilette, qu’ils nomment eau persane des B [dères. B. Imp.)
- ï Composition d’une eau spiritueuse royale dite j eau de Cologne. (B. I. P.)
- Machine propre à doucir les glaces au moyen | d’un mouvement de rotation de la glace supérieure ! contrarié par une impulsion de va et vient don-<. née par l’ouvrier, laquelle facilite l’égrenage du 1 sable et neutralise l’action de la force centrifuge.
- ((B. D)
- ( Appareil propre à fabriquer avec toute espèce I d’huiles du gaz destiné à l'éclairage. (B. Imp.)
- Nouvel appareil distillatoire. B. I.)
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-
-
-
- ( 30 )
- NOMS et PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- Miedel ( P.-T. ).....
- Miergue (voy. Drulhon; Mistral {voy. Bourlier)
- Monavos (F.-X.).. . .
- Moreau (A.)...
- Moulard-Dufour i'E,
- Moulfa rixe (J. -R. j..
- Xante (J.-J.-B.-L.). . ..
- Naquet (voy. Mayer j.
- Neuville (A.).......
- Nicolas (J.-R.;.........
- Oerion fJ.-B.)........- .
- Palyart-Lépinojs.
- Le même........
- Peau (voy. Hobon; Pellet (P.)....
- Le même........
- Fl g h S. ),
- DOMICILE.
- Paris.
- ( la Ferrandière ) i près Lv on, I
- Vei'iliui.
- Paris . r. St, -Martin .
- ( nu. ;
- , id
- <: rue de Cle'ry, ( n b 16.
- id.
- Le même..................
- Petit-Jean (voy. Mlngin .
- Pichaud CG.).............
- Pichereau Y..;......
- Saint-Jean-du- 1 Gard ,
- id.
- r Paris,r.dn Fan - j .. ; bourg-Saint - >. I Martin, nc. 150. > id. ' f , ’ rue de Sartim . ,
- I n 8. ’
- DEPARTEM.
- Paris , i r.Montorgueil, \ n°. 5o. ;
- id. \ r . St.-Denis . / n", i 87. '
- i lcL \
- < r. Cloeli--per— /
- ( clie, n°. i5. )
- , id. ^ \
- < rue des Four- J
- 1 rem s . n°. G . 1
- Rhôr
- id.
- id.
- Meuse.
- id.
- Gard.
- id.
- Rouen ,
- Seine-Inter
- h .t S
- < 3 -s G « ”
- I 7 oct.
- 20 fèv.
- g févr.
- 28 mai. 5 fèv.
- 3 leur.
- 28 oct.
- 28 dèc.
- 3i dèc.
- C mars.
- 7 août. •22 dèc.
- 10 sept. 5 fèvr.
- 5 dèc.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivres.
- h ans,
- 5 ans.
- Certificat d’additions et de perfectionnement au j précédent brevet.
- i Certificat d’additions et de perfectionnement au I brevet, de o ans qu’il a obtenu le 20 septembre 1820, {pour l’application de planches et cylindres en tuf, j en schiste et autres pierres poreuses , naturelles ou l composées, à l’impression des étoiles.
- - Procédés de fabrication d’une arme à feu dite a I capote, qui s’amorce avec la poudre fulminante CB. I.)
- j Fusil double à piston ou à tube et qui n’a qu’une seule platine servant de bascule aux canons. (B. I.)
- Moyen particulier pour fermer bei métiquement les marmites dites autoclaves . (B. I.)
- i Pompe et tonneaux antiméphitiques propres à j la vidange des fosses d’aisance. fB. 1. P.)
- i Appareil mécanique propre a faire mouvoir un I bateau, un moulin, o:i tout autre objet à bras \ d’hommes, ou par la force des animaux, des poids, Ides ressort-, etc. pB„ I.)
- ( Platine de fusil à piston dite à poudre Julmi-j liante. (B. I. P.)
- ( Instrumentpropre à écrire plusieurs lettres à-Ia-j fois et qu'il appelle polygiaphe. (B . I.)
- / Moyens propres à transporter des bains chaud:
- / à domicile,à filtrer et à chauffer l’eau destinée à cette I sorte de bains. (B.I. P.)
- j Certificat d’additions et de perfectionnement au j précèdent brevet
- ( Métier à bascule double el 10 ans. jü|er la soie_ ,B_ p n
- loquet , propre
- 5 ans.
- j Certificat d’additions et de perfectionnement au | précédent brevet.
- ( Deuxième certificat d’additions et de perfectionnement au même brevet.
- Machine nautique qu’il appelle navipède. (B. I.)
- Platine de fusil à percussion. (B. I. P.;
- , Procédé propre à fondre le suif en branche en lie rendant plus pur, plus blanc et plus ferme que . par les moyens ordinaires, et en e'vitant l'odeur fe-I tide de l'oneration. (B. I.
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- ( 31 )
- NOMS et PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- PulFORCAT ( J.-A. ). Régnault (E.)....
- Renaud (J.).....
- Rhyeilhon ; Th.).,
- Rodier fils (D.
- Le même.
- Roger (J,-H.
- Rougier A.
- Le
- Saint-Martin J .-B.). . . .
- Sellic.ee. ..
- Le
- 3! Serre;'F |!
- | Siret (lor. Bechere de Lesii-
- noîs : . Sir t fE.
- fjl SOL'TON 'J.-B.
- P « H t Ï ri ° DÉSIGNATION DES OBJETS
- DOMICILE. DÉPARTEM. H — 9 < -4 =2 0 « s s t 3 es £ « <D pour lesquels les Brevets ont été délivrés.
- Paris, rue Mandai-, n°. i3. Seine. 6 juin. 5 ans. . Platine de fusil à percussion et à recouvrement ou à pierre, à piston se changeant à volonté, également. (B. I. P.)
- iil. rue Dauphine , n°. 28. id. «1 déc. 5 ans. Nouveau jeu d’adresse qu’il appelle jeu de la montoison. (B. I.)
- Martillac. Gironde, i3 juin. . Machine propre à triturer Je jonc marin épineux 5 ans. ' qui se trouve dans les landes et à le rendre sus-j ceptible de servir d’aliment au bétail. (R. I.)
- MJcou. Saone-et-Lon e 3o juiu. 10 ans. Nouvelle- horloges pu!Tiques et particulières à sonnerie. (B. I.)
- Saint -Jean -du-Gard, ) Ga rd. 7 févr. Certificat d’additions et de perfectionnement au ! brevet de 10 ans qu’il a obtenu le 11 juillet 1820, pour une mécanique à manivelle propre à filer la soie.
- id. id. 20 août. ); Deuxième certificat d'additions et de perfectionnement au meme brevet.
- Paris, r. de Menais . n°. 8. Seine, 3o juin. 5 ans, Moyens d'offi ir au public des bains d’eau chaude dans des baignoires en cuivre, qu’il appelle bains amhulans. (B. I.)
- Bordeaux. Gironde. 10 mars. 5 ans. Procédés de fabrication d’un asphalte artificiel ou mastic bitumineux propre à la couverture de toutes sortes d’édifices, etc. (B. I.)
- id. id. 2G j uin, Certificat d’additions et de perfectionnement au précédent brevet.
- Paris, rue Chapon , n” 1 2. Seine. 19 juin. » Certificat d’additions et de perfectionnement au brevet de 5 ans qu’il a obtenu le 22 juin 1820, pour j ,011 mécanisme double ou simple qu’il appelle ne-ce-saii'c il jeu.
- id., r. S.-Roch-Poissonnière . n0. 18. id., rue de la Grande-Truan-dcric, n°. 48. i3 do<\ 8 senï. 0 ans. 5 ans. Procédés de fabrication d’instrumens à ventcon-nus sous les noms de cor et de trompette. (B. 1.) Lampes qu'il appelle p dvehrestes. (B. I.)
- id., rue Basse, porte St-Denis, n”. 18. 1 id. 3o mai. 0 ans. Machine propre à mesurer les distances, nommée télémètre. (C. 1.)
- ui. uL 3 sept. 10 ans. Presse a mouvement continu propre à imprimer des deux cotés, et mue par une machine à vapeur. 'B. I.)
- id, r. deTEgou;-Saint-Pauî, n°. 3. ! id. 3o juin. 0 an *« 1 Baignoire à réservoir qu’il appelle haignoire-Serrc. (B. I.;
- i Toulouse. Haute-G aronue 8 sepi. .. 1 a ans, Procédés propres à fabriquer la faïence à l'instar de celle d’Albisolo, rivière de Gênes. )B. Id
- i'aiis, rue du Failli.-Poissonnière, n". 70. UL- ,1 r.Bourg-1 Abbé n". 22. ' Seine. i d. i5 fe'vr. 28 dèc. / _ Machine s’adaptant à la marmite ou digesteur de lu ans. S l apin, et destinée à prévenir les accidens qui ) pourraient arriver par l'effet de la vapeur. (C.I. P.) 5 ans ' Composition de nouvelles moutardes qu'il ap-1 pelle moutardes royales aromatiques. (B. I.}
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- NOMS et PRENOMS
- des
- ereyetes.
- Tamisier (voy. Girard,.
- Taxard (G.) ..................) Déchargeurs,
- ( u°. 8.
- ( id.
- Teissier (J.-.4.)..............< rue St.-Denis,
- ( n". 124.
- i id.
- Tissot (F.).............. .... ? rue St. - Denis,
- ' nu. 43.
- ^ f i -3 >
- DOMICILE. DÉPARTEM. H * £ B 5
- Paris, rue des
- Seine.
- id.
- Tissot (B.-L.). Toüciiard (P.).
- id., place de i l'Ilôt,-de-Ville, ^ ii°. 3. j
- Tranche la Hausse (F.
- Treboult (J.-B.-N.).. Beskard (F.).........
- Yachier (.J,).
- Bordeaux.
- Paris,
- } r . St. -.Joseph , ' n ". o .
- Beaunc.
- Conard lès-4utuu.
- Paris,
- r.du Faubourg-Saint-Antoine, n°. 47.
- Gironde.
- î Seine.
- I
- Côte-d'Or. Saône-et-Loire.
- I
- Seine.
- ( id• ) Valette (J.-B.)..............J rue de la Cor- >
- ( derie, nu. 1 . >
- id.
- VlLI.EROY (de) (B. ).
- Ti éguier. Pa ris,
- Côtes-du-Nord. 3i de'c
- 37 ]anv,
- 28 mai.
- 10 sept.
- 3i mars.
- 21 avril. i3 juin.
- G sept.
- 10 sept.
- \oland (J.-.4.).................) r. des Rosiers , | Seine.
- n°. 9. )
- VYagner (J.-B.
- Arras.
- , Paris,
- Wattebled (J.-B.)...........; rue St.-Maur,
- ^ n°. i3a.
- Wilson (i'oy. Henry)
- Pas-de-Calais.
- Seine.
- 19 juill 1 8 janv.
- 12 juin.
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été délivrés.
- Me'caniques propres à fabriquer le tricot sans j envers. (B. I.)
- i5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- . Composition d’une pierre artificielle propre à J remplacer la terre cuite, le plàl re et meme la pierre j de carrière. (B. Imp.)
- i Nouveaux mouvemens de sonnerie propres à | être adaptes aux horloges publiques.
- j Procèdes propres à durciret à marbreries pierres | de carrières gypseuses. (B. I. P.)
- 1 Machine destinée à être adaptée à un bateau à | canal et propre à le faire remonter contre le cou-| ra nt. ( B. 1.)
- j Voiture nommée chaise voulante propre au trans-( port des malades ou des infirmes. (B . 1.)
- ( Machines propres à fabriquer les rasoirs à ba-j guettes et d’autres articles de coutellerie. (B, I.)
- ! Machine propre à pulvériser et à bluter les matières compactes qui entrent dans la fabrication des soudes factices , ainsi que toutes celles qui doivent être mises en état de pulvérisation, telles que la garance, le plâtre, le ciment, le tan, etc. (B. I.)
- / Certificat d’additions et de perfectionnement au i brevet de 10 ans qu’il a obtenu le 8 octobre 1818, pour le transportai s bains à domicile, perfectionnement destiné à conserver la chaleur dans de baignoires de zinc et de cuivre en les enveloppant de tissus, feutre, bourre ou peau tannée, etc.
- ( Mécanisme propre à être adapté au manche de 'la lyre ou guitare et à l’aide duquel on peut tirer i les sons harmoniques avec netteté, promptitude et 1 facilité. (B. I. )
- ( Appareils propres à presser la tourbe lors de son io ans. | extraction, et cylindres destinés ài épuration età la V carbonisation de cette substance. (B. I. P.)
- r Ce: ) brevi
- Certificat d’additions etcle perfectionnement au vet de 5 ans qu’il a obtenu le 20 octobre 1820, ) pour un nouveau piano .
- / Machine propre à remplacer un manège et une 5 ans, 'pompe à vapeur, qu il appelle molenr-H attebled.
- (:B. !.)
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- VINGT-tXIÈME ANNÉE. (N°. CCXII.) FÉVRIER 1822.
- LLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du comité des arts mécaniques , sur la machine a calculer de M. le chevalier Thomas, de Colmar, directeur honoraire de la Compagnie d’assurance du Phénix, rue de VÉchiquier, n 33, à Paris.
- Messieurs, vous nous avez chargés, M. Bréguct et moi, d’examiner une machine que vous a présentée M. Thomas, et qu’il nomme arithmomètre. Elle est formée de diverses roues d’engrenage, faisant mouvoir des chiffres; l’auteur la destine à faire toutes sortes de calculs arithmétiques : c’est de cet examen que je vais avoir l’honneur de vous rendre compte.
- La première de ces machines qu’on connaisse est celle que Pascal inventa à l’àge de 19 ans; elle était fort compliquée, sur-tout l’une de ses pièces qu’il nommait le sautoir. On a depuis imaginé sur ce modèle diverses conceptions de même nature; celle de VEpine et celle de Boitisscndeau ont mérité d’être approuvées par l’Académie des sciences. On trouve dans l’ancienne Encyclopédie la description de celle de Diderot. Le défaut de toutes ces inventions est de ne se prêter qu’à des calculs très-simples : dès qu’il s’agit de multiplier, il faut convertir l’opération en une suite d’additions; ainsi, pour obtenir 7 fuis 648 , on est obligé d’ajouter d’abord 648 à lui-même, puis la somme à 648, celle-ci encore à 648 , etc., jusqu’à ce que 648 ait été pris 7 fois. A quelles longueurs ne faut-il pas se soumettre lorsque Doigt-unième année. Février 1822. E
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- ie multiplicateur a deux ou trois chiffres? Il est vrai que ces machines se prêtaient aux calculs des sous et deniers qui compliquaient la question ; mais les autres subdivisions complexes y échappaient. Toutes ces machines sont aujourd’hui tombées dans l’oubli, et on ne les regarde que comme des con ceptions plus ou moins ingénieuses.
- Celle de M. Thomas ne ressemble nullement aux autres ; elle donne de suite les résultats du calcul, sans tâtonnements, et n’est faite à l’imitation d aucune des premières. Il est certain que 41. Thomas n’avait pas connaissance de celles-ci lorsqu’il imagina la sienne, et qu’il n’a pu s’aider des travaux de ses prédécesseurs. 11 a même successivement employé et abandonné plusieurs mécanismes qui ne remplissaient pas assez bien leur objet, avant de s’arrêter à celai qu’on voit dans la machine pour laquelle U sollicite le suffrage de la Société d’Encouragcment.
- La machine de M, Thomas sert à faire non-seulement toutes les additions et soustractions, mais encore les multiplications et divisions des nombres entiers on affectés de fractions décimales. Lorsqu’on veut multiplier 648 par T, on place les indicateurs du multiplicande sur les chiffres 6 , 4 et 8, et celui du multiplicateur sur 7, et ensuite on tire un cordon. La machine entre en jeu ; lorsqu’on sent un arrêt, on cesse de tirer, et on lit de suite le produit 4536 sur la tablette de l’instrument. Le multiplicateur a-t-il plusieurs chiffres, on répète autant de fois la même opération pour chacun : ainsi, pour multiplier par 537, on imite ce qu'on fait avec la plume dans le procédé accoutumé ; savoir, on multiplie par 7, puis par 30, puis par 500. En trois coups de cordon on arrive an produit; seulement on déplace à chaque fois le chariot ou la tablette , pour imiter ce qu’on fait quand on recule le produit d’un rang à gauche. La multiplication et l’addition se fond à-la-fois et du même tira ge-
- Pourvu que le produit n'ait pas plus de 6 chiffres , on le trouvera avec facilité; mais rien n’empêche d’étendre l'usage de l'instrument à 7, 8 chiffres et plus, selon les besoins. 4L Thomas se propose d’en faire fabriquer dans ce but : il faudra seulement employer un ou deux rouleaux de plus , ce qui n’offre aucun embarras. Le mouvement de la main qui donne le produit ressemble assez au cordon de sonnette qu’on tire pour faire résonner 1 heure a une pendule à répétition; ici le produit est indiqué aux yeux, au lieu de l’être à l’oreille.
- La division n’étant que l’inverse de la multiplication, on conçoit qu’elle s’exécute avec la même facilité et par le même moyen.
- La plus grande difficulté qu’on rencontre dans l'invention de ces instruirions, difficulté contre laquelle le génie même de P asc ->l a échoué . et qui .
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- jusqu’ici, a si fort restreint l’usage de ces machines à calculer, c’est de faire porter les retenues sur le chiffre à gauche. Dans la multiplication de 8 par 7, on ne pose pas le produit 56, mais seulement le chiffre 6, parce qu’on reporte les cinq dizaines sur le produit prochain. Le mécanisme par lequel M. Thomas opère ce passage est extrêmement ingénieux; ce report se fait de lui-même, sans qu’on y songe. Pour multiplier 648 par 7, l’opérateur tire le cordon sans s’embarrasser s’il y a ou non des chiffres à retenir, sans même savoir ce que c’est, et il lit de suite le produit 4536.
- 11 est réellement impossible de combiner mieux les agens de l’instrument qui vous est présenté et de surmonter les embarras du sujet. Ainsi, à considérer cette machine sous le rapport du mérite d’invention, et sous celui de la difficulté vaincue, vous ne balancerez pas à lui accorder votre suffrage. L reste à l’examiner sous celui de l’utilité. Sans doute, au milieu du tumulte des affaires, il est avantageux d’avoir un instrument que rien ne trouble ni ne préoccupe, que le bruit et le mouvement n’inquiètent pas, et qui donne facilement les résultats numériques désirés, sans avoir à craindre les erreurs si fréquentes et si dangereuses. La machine, suivant M. Thomas, doit rendre d’importans services dans les comptoirs, les banques, les bourses , et tous les lieux où des calculs fréquens et rapides sont nécessaires. L’auteur pense que dans les grandes maisons de commerce ou de banque, lorsqu’au bout de la journée on a exécuté un grand nombre d’opérations diverses, comme il importe d’être certain de l’exactitude des calculs , on pourra charger un domestique de manœuvrer sa machine à calculer, pour obtenir toutes les vérifications.
- Vos Commissaires ne peuvent juger si ces présomptions sont fondées ; c’est à l’expérience à décider cette question. Ce qu’ils reconnaissent, c’est que la machine est très-jolie et très-ingénieusement conçue, et qu’elle remplit très-bien sa destination ; mais ils doivent avouer qu’elle sera toujours d’un prix élevé, qu’elle peut sc déranger ou s’user rapidement, qu’elle ne fait les calculs des fractions qu’après les avoir ramenées aux décimales : ce qui conduit souvent à des longueurs , à des approximations moins rigoureuses , enfin à l’emploi de plus de chiffres qu’il convient pour l’usage même de la machine.
- Il n’v a aucune comparaison à faire entre cette nouvelle invention et les règles a calculer. Comme ces dernières sont basées sur le système des logarithmes, les additions et soustractions sont impossibles avec ces règles; et comme ees deux opérations se mêlent à chaque instant aux autres dans les affaires de commerce, les tables de logarithmes n’y peuvent servir avec avantage. Par cette raison, l’usage des règles à calculer, si recommandable
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- d’ailleurs sous d’autres rapports, est restreint sous celui-ci. En outre, elles n’ont une précision que de trois chiffres, tandis que la machine deM. Thomas en a six, et peut en avoir sept, huit ou plus, et fait successivement toutes les additions, soustractions, multiplications et divisions qui se présentent. D’un autre côté, les régies sont à très-bon compte et portatives, ce qui manque à cette machine. Il en faut conclure qu’on ne doit établir aucune sorte de parallèle entre ces deux genres d’instrumens.
- Vos Commissaires vous proposent, Messieurs, d’accorder votre approbation à la machine de M. Thomas, dont la conception est très-ingénieuse , et de la faire graver pour l’insérer au Bulletin ainsi que le présent rapport.
- Signé Francoeur , rapporteur. Adopté en séance, le 26 décembre 1821.
- Rapport fait par M. Francœur , au nom du comité des arts mécaniques _, sur des presses d’imprimerie inventées par M. D urand, rue du Colombier, n°. ’iif a Paris.
- Messieurs , vous avez chargé votre comité des arts mécaniques d’examiner des presses typographiques inventées par M. Durand. Cet habile mécanicien n’avait d’abord conçu le projet d’exécuter que sa presse à cylindre , mais comme, en s’écartant des usages ordinaires, il rencontrait plus de difficultés à voir adopter son invention, il crut devoir céder à l’empire des circonstances , et modifier cette presse pour la mettre sous une forme qui, la rapprochant de celles dont on fait usage dans l’imprimerie, éprouvât moins de résistance de la part des personnes qui se livrent à ce genre de travaux ; il conçut donc sa presse à platine.
- Ces deux machines ont entre elles diverses parties communes ; des rouleaux habilement mus et disposés déposent l’encre sur les caractères , ce qui rend inutile l’emploi d’un ouvrier uniquement appliqué à ce soin : la pression s’exerce dans toutes deux par un mouvement de manivelle , le tympan s’y meut de lui-même et sous la seule action de la machine ; il n’y a besoin d’aucun étancon pour en assurer l’effet ; on peut la déplacer à volonté, et ses dimensions permettent de la manœuvrer dans une chambre de 6 pieds de hauteur. Les moyens de communication de la puissance avec la presse, et le mode d’action de cette force , sont les mêmes dans les deux cas : mais les résultats diffèrent beaucoup quanta l’économie de temps, de force et, par conséquent, de dépense. Nous allons entrer dans quelques détails qui
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- vous mettront à même de juger des avantages que présentent ces deux machines.
- La forme d’imprimerie est placée sur un marbre horizontal : un rouleau de matière composée, d’une élasticité convenable, part de lui-même à un instant désigné, et roule pour déposer sur les caractères l’encre dont il est couvert et qui lui a été communiquée avec uniformité par un mécanisme très-ingéneux. Pendant que ce rouleau fonctionne, l’ouvrier étend sur le tympan sa feuille de papier, et sa frisquette s’abaisse d’elle-même pour porter celte feuille sur les caractères : c'est alors que la force comprimante est mise en action pour fournir l’impression.
- Si l’ouvrier emploie la presse à platine, il abat celle-ci sur le tympan, selon la méthode ordinaire : lai platine est une forte pièce en fer fondu qui a la grandeur et le poids convenables. L’ouvrier donne alors son coup de manivelle, et à l’aide d’un excentrique, la platine est appuyée de force sur les caractères ; l’impression est produite.
- S'il s’agit de la presse à cylindre, la feuille de papier n’est abattue sur la forme que peu-à-peu et en se déroulant sous un cylindre mû par la manivelle, et qui, en roulant sur celle-ci, en comprime successivement les diverses parties. Comme la pression ne s’exerce jamais que sur une petite surface du cylindre, elle est très-modérée et produit cependant un effet bien supérieur à celui qu’on obtient ordinairement. La dépense de force est très-petite et la machine marche avec une extrême célérité. Une difficulté que le mécanicien devait surmonter, c’était de faire en sorte que, lorsque le cylindre comprimant rétrograde pour revenir à sa première place, il n’exerçât plus de pression sur les caractères : on sent en effet que cette arrière-pression ne pourrait pas faire retomber juste chaque lettre sur sa première empreinte, à cause de l’élasticité du papier, et qu’alors l’impression n’aurait pas de netteté. M. Durand a préparé son mécanisme de manière que, lors du retour du cylindre, la forme s’abaisse avec le marbre qui la porte.
- Vos commissaires ont vu marcher ces deux presses, l’une dans ies ateliers de M. Durand, l’autre dans ceux des Petites-dfjiches, et ils ont pu s’assurer des avantages nombreux qu’elles offrent, lorsqu’on en compare les beaux, résultats avec ceux qu’on obtient par les voies ordinaires. Malgré la complication des parties de la machine , ies entrepreneurs de 1 imprimerie des Petites-Affiches nous ont garanti, et on peut s’en reposer sur l’assertion de deux vieillards remplis d honneur et qui se servent depuis plus d’un an de la presse à cylindre, qu’elle n’a donné lieu presqu’à aucune réparation, et qu’elle expédie moitié plus d’ouvrage avec un seul ouvrier peu exercé ,
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- aide d un enfant , qu une presse ordinaire manœnvrée cependant par deux hommes très-exercés et très-vigoureux*
- Presse a platine.
- Celle presse, qui conserve beaucoup des éiémens de celles qui sont en usage-, emploie les mômes moyens pour obtenir le coté de première et la retiration. Le tympan s’y compose à-peu près de môme; la -frisquette est absolument semblable, seulement elle est manœnvrée par la machine elle-même , et avec une plus grande rapidité, sans jamais pouvoir endommager les caractères.
- Ses principaux avantages sont 1°. de n’exiger qu’un seul ouvrier, au lieu de deux, avec une fatigue moindre que les presses ordinaires;
- 2°. De distribuer l’encre avec une égalité parfaite et d’en varier la couleur au gré de l’imprimeur;
- du D’avoir une pression indéfinie, et qui se modère et se règle à volonté , sans faire éprouver à l’ouvrier un changement très-sensible clans l’application de sa force ;
- h . D’avoir une pression plus douce qu’aucune autre presse , et conséquemment de ménager davantage les caractères (1 ) ;
- 5°. De donner la plus belle impression avec le moins de fatigue , ce qui est r- contraire dans les presses en usage (2);
- Les produits de cette machine sont aussi prompts que par les presses ordinaires, et dans le cas d’une impression soignée, elle gagne de vitesse.
- Son entretien peut au plus égaler celui des presses ordinaires.
- Vos Commissaires doivent vous avouer qu’ils n’ont pu être à même de vérifier, par une expérience en grand, s’il y avait égalité dans la quantité 'les produits de la nouvelle presse à platine comparée aux anciennes. Les
- g, Le mouvement de la platine , dans ie sens vertical où la pression s'opère , diminue de vitesse eu :mson de l’accroissement de -la force de la pression, tandis que, dans les anciennes presses, la course de la [Latine a toujours la même vitesse; ce qui produit nécessairement un choc dans les presses à la Stanhopc. Dans ces dernières, la pression s’opère par un coup sec qui fait vibrer toutes les parties de ia machine et fatigue beaucoup les caractères.
- '2 . Un moyen qu’on est forcé d’employer dans toutes les espèces de presses . pour obtenir une très -belle impression, est de laisser la feuille de papier soumise quelques insfans à l’action de la platine et d’y taire séjourne]- la pression ; pour cela, l’ouvrier imprimeur continue, clans les presses ordinaires, à tirer >on barreau, et ie maintient ainsi clans l'attitude la plus fatigante de son travail. Dans la nouvelle machine , au contraire, l’ouvrier, pour que la feuille reste pressée, n’a qu’à discontinuer son action : en restant en repos, il obtient le même résultat que celui qui, par l’ancien procédé, est obligé d’entretenir u'! effort considérable.
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- règlemens de la librairie mettent des obstacles si grands à ce qu’on puisse développer l’industrie des hommes qui veulent perfectionner les procédés typographiques, que M. Durand n’a pu obtenir du Gouvernement la permission de faire imprimer un livre dans ses ateliers , quoique le bureau consultatif des arts et manufactures* eut, en accordant son suffrages cette machine, appuyé cette demande de tout son crédit, près du Ministre de l'intérieur. Ce ne pouvait donc être que dans des imprimeries existantes que cet essai devait être fait en grand ; mais les ouvriers, qui voient dans cette machine une cause de diminution d’emploi des bras, portent haine à cette invention, et les maîtres imprimeurs se refusent à des essais, autant par routine que parce qu’ils n’v ont aucun intérêt, leurs bénéfices étant toujours des fractions de la dépense totale.
- Faute de pouvoir reconnaître, par des épreuves en grand, la vitesse de la machine, vos Commissaires ont tenté toutes celles qui leur ont paru propres à suppléer celle-ci, et se croient fondés à partager cette opinion, que les produits sont au moins aussi considérables que pour les presses ordinaires; mais elle n’exige l’emploi que d’un seul ouvrier, au lieu de deux.
- Presse à cylindre.
- Cette machine, qui nous parait bien préférable a la précédente, non-seulement par rapport à la promptitude de la manœuvre et le peu de force qu’il faut développer, mais encore eu égard à l’esprit d’invention qui s'y fait remarquer, présente les avantages suivans :
- 1°. La presse à cylindre est mue par un seul ouvrier, et avec une dépense •de force considérablement moindre que pour les presses en usage.
- 2°. Elle distribue l’encre d’une manière régulière, et dans tous les degrés de couleur.
- 3'. Elle imprime toute espèce de formats, et atteint jusqu’aux plus grands et aux plus charges, sans qu’il y ait une augmentation de fatigue sensible pour l’ouvrier. Ses produits, en profitant de cct avantage, c’est-à-dire en l’empiovant de préférence pour l’impression des plus grands formats. s’élèvent au double de ceux des presses ordinaires. Ainsi un seul ouvrier, aidé d’un enfant qui lève les feuilles, peut imprimer, dans un temps donné , autant de feuilles que deux nresses ordinaires manœuvrées chacune par deux ouvriers,
- 4°. La pression se régie à volonté et d’une manière invariable.
- 5°. Son entretien est presque nul, attendu qu aucune de ces pièces ne doit résister à un effort considérable, et que toutes les parties qui éprouvent des frottemens sont combinées de manière à se renouveler à très-peu de fraie.
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- Nous ne devons pas oublier de dire cependant que cette presse à cylindre ne nous a pas semblé aussi propre que celle à platine pour les impressions soignées : la retiration, cette opération qui consiste à imprimer le verso d’une feuille, quand le recto a déjà reçu l’empreinte, n’étant pas assez sûre. Mais outre qu’il sera facile de perfectionner la machine sous ce rapport, il n’en reste pas moins un immense avantage pour toutes les impressions communes, telles que journaux, affiches, et tout ce qu’on nomme ouvrages à filets en terme d’imprimerie.
- Nous répéterons que ces deux presses n’ont pas besoin d’être étan-çonnées, qu’elles exigent peu d’emplacement et sont faciles à changer de place.
- Après de nombreuses épreuves et un examen très-attentif des presses de M. Durand, votre comité des arts mécaniques les a jugées dignes d’être honorées de votre approbation : il vous propose, Messieurs, de la lui accorder, et de renvoyer à la Commission des médailles l’examen des titres de cet artiste à un encouragement de ce genre. Le bureau consultatif des arts et manufac-turcs lui a déjà accordé unanimement son suffrage, qui, réuni au vôtre, mettra l’auteur à même de triompher des obstacles que la routine et l’ignorance opposent à une invention très-distinguée. Nous pensons aussi qu’il serait utile d’insérer au Bulletin une description de cette machine, ainsi que le présent rapport.
- Signe Francoeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 20 février 1822.
- Ji Apport fait par M. Francceur, au nom du comité des arts mécaniques, sur une nouvelle clarinette présentée par M. Jans-sen, rue de l'Evéqne, n°. 14? butte des Moulinsh Paris.
- L’invention de la clarinette ne remonte guère à plus d’un siècle ; comme toutes les inventions nouvelles, cet instrument ne fut d’abord que très-peu employé, à raison de ses nombreuses imperfections : on ne s’en servait que dans les orchestres et à la manière des clairons; mais bientôt d’habiles artistes montrèrent combien on pouvait tirer de beaux effets de la clarinette, qui avait successivement pris jusqu’à cinq clefs, au lieu d’une seule qu’elle avait dans T origine. C’est aux célèbres Michel et Lefèvre qu’on doit les perfectionnemens remarquables que cet instrument a reçus : la musique du premier de ces artistes est encore goûtée des amateurs, malgré le temps où elle parut, et les difficultés que l’auteur rencontrait en compo-
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- saut pour un instrument imparfait, sur lequel une foule de passages musicaux étaient impossibles à exécuter. On verra, dans le Diapason des instrumens à vent publié par mon père en 1772, l’état auquel était réduite la clarinette, et les difficultés que rencontrait le musicien qui voulait composer pour cet instrument.
- C’est à JNÏ. X. Lefèvre qu’on doit la sixième clef du sol dièse, ce qui donnait à la clarinette quatorze trous, dont six étaient bouchés par des clefs. Cet habile artiste fait présager, à la page première de sa Méthode, en parlant de cette nouveauté, dont ii démontre les avantages , les succès que la clarinette est destinée à obtenir un jour, lorsqu’elle aura reçu tous les genres de perfection dont elle est susceptible.
- Malgré ces premières et utiles modifications, l’instrument pouvait être regardé comme dans l’enfance de sa création : une foule de traits étaient d’une exécution impossible , ou du moins il fallait l’exercice et le talent le plus marqué pour pouvoir les tenter avec des succès plus ou moins hasardés. C’est dans ces circonstances que M. J ans s en fit subir à la disposition des clefs des changements dont on sentit bientôt l’utilité.
- L’ancienne clarinette est coupée en trois endroits : les deux parties qu’on nomme chalumeau et clarinette sont partagées par les deux clefs du la au si, de si à ut dièse, et de ut à mi bémol. Il en résulte que certains passages ne peuvent se faire, parce qu’il faut à ia fois et avec le môme doigt déboucher un trou et en boucher un autre, ce qui est physiquement impossible. M.Jansseu imagina de garnir deux des clefs de pièces cylindriques mobiles sur leur axe, qu'il nomma des rouleaux ; il était assez facile d'attaquer successivement ces deux pièces en coulant le petit doigt de l’une sur l’autre , et de remédier à une partie des inconvénients; il perfectionna aussi la clef du pouce gauche, et la manière dont les clefs de cette main coupent le tube de l’instrument. Ces innovations, qui remontent à dix-huit ans, font le plus grand honneur il cet artiste, et c’est une justice qu’il importe de lui rendre , surtout en considérant que , repoussées d’abord par tous les exécutants, elles ont depuis triomphé des oppositions, et sont les premiers essais qui ont contribué aux nombreux changements que la clarinette a éprouvés.
- Ainsi, grâce aux perfectionnements dont nous venons de parler, beaucoup de traits regardés comme impossibles étaient devenus exécutables et même assez faciles. La clarinette est le plus étendu des instruments à vent; elle est à ceux-ci ce que le violon est aux instruments à cordes, et embrasse prés de quatre octaves ( depuis le mi au-dessous du sol que rend la corde filée du violon , jusqu’au contre-ut de la chanterelle.)
- Mais , malgré ces premiers efforts , un grand nombre de traits étaient
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- encore impraticables ; il fallait non-seulement que la musique de clarinette fût écrite exprès pour cet instrument, ce qui est d’ailleurs vrai pour tous , mais même que le compositeur veillât à ne pas s’abandonner à des inspirations que l’exécutant ne pourrait seconder. Plusieurs de ces passages étaient plutôt escamotés que rendus; certains sons étaient décidément faux, et devaient être évités dans les mouvements lents ou dans les tenues , etc.
- Ainsi, la clarinette attendait un maître qui l’élevàt au degré qu’elle était susceptible d’atteindre. C’est en 181 1 que AL Muller vint en France, et présenta une nouvelle clarinette portant treize clefs. L’Institut ne se regarda pas comme juge de cette grande innovation , et déclarant son incompétence , renvoya la décision au Conservatoire de musique. L’auteur , s’exprimant dans une langue qui lui était étrangère, se fit mal comprendre; on prit peut-être pour de mauvais procédés ce qui n’était que le sentiment exagéré du mérite; on prit pour des discours sans mesure ce qui n’était qu’un vice de langage, et la clarinette de AL Muller {ni repoussée par le Conservatoire. Un rapport fait en 181 4 par les artistes de cet établissement, et inséré au Aloniteur, rejeta cet instrument et motiva ce refus.
- Un aussi grave suffrage favorisa l’esprit d’opposition; la paresse d’esprit et la force d’inertie s’en emparèrent, et les artistes repoussèrent une innovation qu’avaient repoussée les maîtres de l’art.
- Alais le propre des bonnes idées est de triompher à la longue des résistances ; le bien réussit tôt ou tard. AI. Muller fit l’épreuve de cette vérité. Aidé de l’appui de deux amateurs, Al AL P*** et B os cari, il ne désespéra pas du succès : il fut assez heureux de rencontrer un simple ouvrier , nommé Gcntellet, qui fut capable de concevoir ses idées, de consentir à abandonner sa routine et de réaliser ses espérances. II importe de noter ici cette circonstance. Dans une assemblée où on se fait un devoir de protéger les perfectionnements et cl'honorer les artisans qui se distinguent, on doit, dire que AI. Muller} mal entendu des facteurs d’instruments , a trouvé un ouvrier capable de le comprendre. J’ajouterai que la difficulté de bien disposer ses treize clefs est telle, qu’il n’a trouvé qu’en France l’intelligence et l’habileté qu’il avait cherchées vainement à A ienne, à Londres et à Berlin. Les artistes les plus fameux s’étaient d'abord refusés obstinément à adopter les nouvelles clefs ; mais ceux mêmes qui montraient le plus d’opposition , voyant que jes traits qu’on regardait comme impossibles à exécuter, ceux qu’ils pouvaient seuls rendre par la force de leur talent et de leurs longues études, étaient devenus très-faciles, ajoutèrent successivement une, deux, trois clefs, à mesure qu’ils en connurent le besoin, et enfin les treize clefs sont maintenant généralement à l’usage des artistes les plus distingués.
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- On conteste à M. Muller l’invention de ses clefs nouvelles; ou suppose que déjà en usage depuis plusieurs aimées , en Allemagne, il n’a qu’imité et perfectionné des choses déjà en usage ailleurs. Il n’est pas de notre devoir d’examiner cette assertion. Dans la méthode que M. Muller vient de publier, pour exposer la manière dont on doit jouer sa clarinette , il affirme être inventeur d’au moins quatre de ces clefs. La suite des temps établira ou renversera ses prétentions à ce sujet, et nous ne sommes pas appelés à décider cette question, non plus que celle de savoir si M .Muller est inventeur des perfectionnements récents apportés au basson et à la clarinette-alto. Ce qui est un fait incontestable, c’est que lorsque M. Muller est venu apporter sa clarinette en France, il n’v avait que six des treize clefs qui fussent employées, qu’il a d’abord fait de vains efforts pour les faire adopter, et qu’enfm elles sont toutes en usage aujourd’hui, sinon telles qu’il les avait conçues, du moins les trous sont percés sur le tube, d’après les mômes principes d'acoustique. Ceux qui connaissent combien ces principes sont délicats pour les physiciens les plus instruits, rendront grâce à un artiste qui, par le seul fait de fexpérience, a "éussi à accroître les ressources de la science , et celles d’un instrument dont l’étendue et le charme rendent l’emploi indispensable dans les orchestres et les musiques militaires.
- Il est constaté maintenant que si M. Janssen a le premier, et il v a dix-huit ans, apporté des perfectionnements importants à la clarinette , il a pu devoir d’heureuses idées à M. Muller ; que l’instrument a reçu de ces deux artistes des ressources si fécondes , que des traits regardés jadis comme impossibles , et dont on trouve des exemples nombreux dans les ouvrages de mon père et de M. X. Lefèvre , sont devenus plus ou moins faciles ; que plusieurs notes pouvant être faites de trois, quatre, et même cinq manières différentes, la clarinette est devenue un instrument nouveau, que la gamme n’en est plus fixée; qu’elle attend un maître qui s'empare de tous les perfectionnements pour régulariser Fart. Je donnerai une juste idée de l’état actuel où l’instrmneni est arrivé , en disant qu’il peut même exécuter presque mute espèce de musique de violon.
- L’instrument ainsi garni de toutes ses pièces de métal acquiert, if est vrai , plus de poids ; il pèse 6T décagrammes (environ une livre six onces); mais les bras de l’exécutant sont beaucoup moins faciles à lasser que sa poitrine, et la nécessité d’accorder de fréquents repos à cette action pulmonaire permet de ne pas avoir le moindre égard à l’accroissement de poids dont nous parlons.
- M. Jan ssen a des droits à la reconnaissance des artistes et des amateurs, et il importe de le reconnaître. La clarinette de M. Muller ne ressemblant
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- presqu’en rien à l’ancienne, exige une étude particulière ; on ne la joue que lorsqu’on l’a travaillée, comme un instrument nouveau ; l’habileté qu’on a acquise sur l’ancien ne sert qu’à peine pour jouer celui-ci. Or, comment les artistes se résoudront-ils à abandonner des avantages certains, fruits d’une longue étude , pour en prendre de plus étendus, il est vrai, mais qui exigent qu’on recommence à apprendre? Ce motif est vraisemblablement la cause qui a fait rejeter la clarinette de M. Mul/er par le Conservatoire , et il faut excuser cette erreur qui est si naturelle à l'homme. M. Jcinsscn a imaginé de donner aux clefs une disposition assez favorable pour que les artistes pussent, avec un peu d’étude, enrichir leur ancienne clarinette de presque tous les effets nouveaux. C’est un grand service qu’il a rendu à l’art; le premier pas, le plus difficile à faire, est sans doute de déterminer les hommes à sortir de leurs vieilles habitudes, et celui qui en facilite les moyens mérite qu’on encourage ses efforts. Aussi maintenant la plupart des artistes qui jouent la clarinette avec distinction ont-ils adopté celle de M. Janssen. Nous avons consulté avec soin l’opinion générale et nous l’avons trouvée favorable à cette innovation. C’est cette clarinette qu’on joue dans les principaux théâtres et dans les musiques militaires des gardes-du-corps. MM. Dacosta, Péchignier , BoiiJJil', en avouent tous les avantages et en recommandent l’emploi. Quatre rouleaux , très-artistement disposés dans leur forme et dans leur distribution , donnent surtout à cette clarinette les ressources de celle de M. Muller; ces mêmes rouleaux sont adaptés au basson, et MM. Henry et Fougas en font journellement usage.
- Une question se présente ici naturellement ; puisque deux espèces de clarinettes très-différentes sont en usage, laquelle doit être préférée? Si les artistes que nous venons de citer préfèrent et adoptent celle de ?ff. Jcinsseu, M. Muller peut citer en sa faveur d’autres artistes non moins dignes d’être consultés. M. Gambaro, première clarinette de l’Opéra-Buffa , voyage maintenant en Italie, lieu de sa naissance, pour faire apprécier les avantages de la clarinette de M. Muller. Celui-ci expose que si son instrument présente des difficultés aux personnes qui ont déjà un talent acquis et d’anciennes habitudes à vaincre, il est réellement plus facile à jouer par ceux qui commencent l’étude, parce qu’il offre plus de richesses d’exécution, certains sons plus francs et plus justes, quelques cadences plus heureusement préparées; enfin il donne à la main deux doigts de plus, ce qui accroît à un degré prodigieux , à raison des diverses combinaisons , toutes les ressources de ce bel instrument.
- Il ne nous appartient pas, Messieurs, de nous prononcer dans cette question, sur laquelle le public ne nous accorde pas le degré de compétence né-
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- cessaire ; c’est au temps, c’est à l’expérience à la décider. Nous trouvons seulement, dans le cas présent, un exemple frappant de cette vérité , que les artistes ne sont pas toujours les juges les plus éclairés et les plus équitables de discussions où leurs intérêts, leur amour-propre, le soin de leur gloire , se trouvent compromis. Ces innovations de MM. J ans s en et Muller; d’abord universellement rejetées, sont aujourd’hui universellement admises : le débat qui existe entre les avantages respectifs de leurs instruments sera décidé comme celui de l’admission des clefs nouvelles l’a été depuis quelques années; l’expérience prononcera.
- Mais ce qui est, Messieurs, du droit et du devoir de notre Société , c'est d’honorer les artistes qui ont accru les ressources de leur art. Vous ne devez pas prononcer sur le mérite relatif , les beaux-arts ne sont pas compris dans votre domaine ; mais vous devez signaler les inventeurs à la reconnaissance publique, quand les inventions ont reçu le cachet de l’expérience. D’ailleurs, dans les arts mêmes, tout ce qui tient à l’exécution matérielle vous appartient. Dans la création de la nouvelle clarinette, les moyens d’invention qui dépendent de la science de l’acoustique , les procédés de l’exécution de l’instrument, rentrent dans les attributions ordinaires. Vous pouvez donc accorder votre suffrage à M. Muller qui a adopté un nouveau système de clarinette, en perçant son tube d’une manière nouvelle, et qui a rnis au jour une méthode dont S. .M. le roi d’Angleterre a accepté la dédicace , et dont M. Gambaro est l’éditeur ;
- A M. Janssen qui a armé de rouleaux quatre des nouvelles clefs pour en faciliter l’usage ;
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- Aux facteurs d’instruments qui ont été employés par ces deux artistes , savoir MM. Gentellet, Guignot et Lefèvre.
- Nous vous proposons donc de publier le présent rapport dans le Bulletin pour rendre témoignage de cette opinion favorable , et d’écrire une lettre a M. Janssen pour le remercier de sa communication qui , en nous faisant connaître ses propres travaux , nous a mis à même d’apprécier ceux de plusieurs artistes.
- Signé Fr.vncoeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 9 janvier 1822.
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- Description dune horloge publique en jer fondu , exécutée par M. Wa u 11er , horloger ~ mécanicien , rue du Cadran n° 3<j ? a Paris (i).
- Cette horloge est divisée en deux corps de rouages, renfermés dans une même cage horizontale en fer ; l’un est celui de la sonnerie et l’autre celui du mouvement.
- Le rouage de la sonnerie est formé de trois mobiles : le premier se compose 1 ° du cylindre en bois C ( voyez fîg. 1 et 2 , PI. 217) sur lequel s’enroule la corde D, portant un poids proportionné à celui du marteau qu’il s’agit de faire lever; 2° de la roue de remontoir E en fonte de fer, dans laquelle engrène le pignon I, fixé sur l’axe dont le carré K reçoit la manivelle ; -U d’un rochet d’encliquetage F et de la grande roue G aussi en fonte, Sur se côté extérieur de cette roue sont implantés à vis huit rouleaux en cuivre a an , destinés à faire lever le bras de levier H, qui correspond , par l’iu-termédiaire d'un fil de fer, avec le marteau placé au-dessus de l’horloge.
- Le second mobile est formé du pignon L qui engrène dans la roue G; l’extrémité opposée de l’axe de ce pignon reçoit une roue en fonte de fer M, qui fait mi tour entier par chaque coup de marteau. Sur le même axe et entre la cage et le pignon L, est monté un tourteau ou chaperon de sûreté IS.
- Le troisième mobile est. composé de l'arbre 0 qui reçoit un pignon Q et une pièce 11 K en forme de double équerre. C’est par le moyen de cette pièce que se font l’arrèl et le délai pour préparer et assurer l’effet, opération qui a lieu , dans le rouage, deux minutes avant que le marteau frappe sur la cloche, L’arbre O se prolonge à l'extérieur de la cage pour recevoir le volant P, muni d'un encliquetage destiné à rompre la force d’inertie.
- Sur le prolongement de l’axe du cylindre C du premier mobile et en dehors de la cage , est fixé un pignon S. qui engrène dans la roue T du chaperon ou compteur des heures U.
- Une seule détente "\ , placée au-dessus et parallèlement à la cage, porte un bec h et un rouleau c, qui s’engagent, le premier dans le chaperon, et l’autre dans 1 encoche h Jtp. 1, PL 218) du tourteau IX du second mobile. L’extrémité coudée en équerre de la détente \ forme arrêt avec la piece R, et se ter-
- ( 1. 'Soyez le rapport sur cette horloge. Bulletin,'.V°. GC1X . vingtième année. novembre 1821 oaee 3i9.
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- mine par un autre rouleau d, qui facilite la levée. Cette détente est équilibrée par le contre-poids W.
- Le rouage du mouvement étant beaucoup plus petit que celui de la sonnerie, il n’est pas nécessaire de le construire en fonte de fer. Il se compose aussi de trois mobiles : le premier porte le cylindre C’ (Jig. 2 et 3, PL 217) monté a canons sur l’arbre qui reçoit la grande roue G’. Autour de ce cylindre est enroulée la corde D', à laquelle est suspendu un poids de 6 livres F. Ce mobile ainsi que la roue d’échappement sont établis entre les deux coqs en fer X X, afin de pouvoir être enlevés sans toucher à la cage B.
- Le second mobile est formé d’un pignon L' et d’une roue M', laquelle transmet le mouvement au troisième mobile, composé de la roue d’échappement à chevilles Y et du pignon IL mené par la roue M’.
- La tige e, qui porte à l’une de ses extrémités les leviers d’échappement^, reçoit à l’autre une fourchette Z (Jig. 1, PL 21 8) brisée par une vis de rappel go Le pendule A' est en bois de sapin pour éviter l’influence des variations de température sur la durée des oscillations. La lentille B’ en tôle est chargée de 40 livres de plomb.
- La roue G’, qui fait un tour entier en une heure, est munie d’un rochet F et d’un encliquetage pour remettre l’horloge à l’heure, sans laisser courir le rouage. Sur le champ de ce rochet qui a soixante dents, dont chacune fait une minute, sont implantées deux chevilles i i, qui, par l’intermédiaire du levier E’, font détendre la sonnerie. Ce même rochet est monté sur un canon h passant à travers la cage, et portant deux petites broches k k, qui communiquent directement au cadran.
- Quand on désire que l’heure soit indiquée par deux aiguilles, on place derrière le cadran une minuterie composée de deux roues N' N” (Jig. 3, PL 218), dans lesquelles engrènent deux pignons O’ O”.
- Dans le cas où le cadran serait placé loin de l’horloge, le mouvement se trans met au moyen des tringles de communication P’ P’, qui sont brisées de 6 pieds en 6 pieds par deux engrenages Q'Q’, pour éviter le Jouet ou le ballottement qui résulterait d’une trop grande longueur.
- Les engrenages R’ R’ (Jig. G) servent pour les renvois d’équerre.
- L’horloge dont nous venons de donner la description peut sonner sur une cloche de 2 milliers, avec un marteau proportionné aux dimensions de la cloche.
- Les horloges de châteaux, de manufactures, etc., sont établies sur le même principe. Lorsqu’elles sont destinées à frapper sur des cloches de 25 à 100 livres seulement, on les construit entièrement en cuivre, ce métal ne produisant qu’une légère différence dans le prix.
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- Calibre de Vhorloge.
- DIAMÈTRE des roues et des pignons. Nombre de dents. Observations
- millim. 315 80 8 rouleaux aaa
- 160 ))
- 225 48
- 0G2 12
- 230 60
- 045 10
- 212 72
- 028 8
- 020 8
- 200 90
- 16G 96
- 063 »
- 100 60 2 chevilles i i.
- 020 10
- 120 04
- 017 8
- 086 » 25 chevilles.
- 186 48
- 200 48
- 054 12
- 063 16
- MOBILES.
- DÉSIGNATION des différentes pièces d’engrenage de l’horloee
- Sonnerie.
- 12e
- Mouvement..'
- Minuterie.
- Grande roue G.......
- Î Cylindre C..........
- Roue de remontoir E... Pignon du remontoir I.. Rochet d’encliquetageF. 5 Pignon L. . .......
- I Pignon du volant Q.. .. Chaperon.. ] ^'snolL^............
- i Grande roue G'......
- r. mobile... < Cylindre C'.......
- f Rochet des minutes FC .
- 5 Pignon U..........
- f Roue M". ...........
- Pignon H'...........
- Pioue d’échappement Y.
- I Roue y'.............
- ) Roue N".............
- Pignon O'...........
- Pignon O7...........
- mobile.
- mobile, mobile.
- mobile.
- mobile.
- Explication des figures des Planches 217 et 218.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les différentes figures des deux planches.
- Pl. 217, fig. 1re. Elévation latérale de l’horloge du côté du chaperon et du volant.
- Fig. 2. Plan dessiné sur une plus grande échelle.
- Fig. 3. Coupe sur la ligne AB du plan.
- Pl. 218,fig. 1re. Le mouvement et la sonnerie vus du côté du chaperon et séparés du bâti et. du pendule. Cette figure est dessinée sur la même échelle que le plan, fig. 2, de la planche précédente.
- Fig. 2. Le volant vu de face et de profil.
- Fig. 3. Les rouages de la minuterie représentés en élévation et de profil.
- Fig. 4. Les pièces de communication du mouvement au cadran, vues en' plan, en élévation et de côté.
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- Fig. 5. La roue d’échappement et les leviers vus séparément, de face de côté.
- Fig. 6. Les pièces de renvoi d’équerre au cadran représentées en plan en élévation.
- AA, Bâti en bois sur lequel est établie l’horloge.
- BB, Cage horizontale en fer renfermant tout le système.
- Sonnerie.
- C5 Cylindre du premier mobile.
- D, Corde enroulée autour du cylindre.
- E, Roue de remontoir.
- F, Rocliet d’encliquetage.
- O, Grande roue en fonte du premier mobile.
- H, Bras de levier qui correspond avec le marteau.
- I, Pignon qui mène la roue E.
- K, Carré qui reçoit la manivelle.
- L, Pignon du second mobile.
- M, Roue en fonte dans laquelle engrène le pignon précédent.
- N, Tourteau ou chaperon de sûreté du second mobile.
- O, Arbre du troisième mobile.
- P, Volant.
- O , Pignon monté sur l’arbre O et qui mène la roue M.
- RR, Pièce en forme de double équerre qui produit l’arrêt et le délai.
- S, Pignon du chaperon.
- T, Roue du chaperon.
- U, Chaperon ou compteur des heures.
- Y, Détente formant arrêt avec la pièce R.
- W, Contre-poids servant à équilibrer la détente.
- ciaa, Rouleaux en cuivre fixés sur l’un des côtés de la roue G.
- b, Bec qui entre dans le chaperon.
- c, Rouleau qui s’engage dans l’encoche du tourteau N.
- d, Autre rouleau qui facilite la levée de la détente V.
- Mouvement.
- XX, Coqs entre lesquels est monté le premier mobile du mouvement.
- Y, R.oue d’échappement.
- Z, Fourchette brisée du pendule.
- A', Pendule en bois de sapin.
- Vingt-unieme année. Février 1822. G
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- B, Lentille en tôle chargée de 40 livres de plomb.
- C', Cylindre du premier mobile.
- D', Corde enroulée sur ce cylindre.
- E', Levier qui fait détendre la sonnerie.
- FRochet des minutes.
- G', Grande roue du premier mobile.
- H', Pignon monté sur l’axe de la roue d’échappement.
- 1', Poids de 6 livres suspendu à la corde D'.
- L', Pignon du second mobile.
- M', Roue qui transmet le mouvement au troisième mobile. e, Tige portant les leviers d’échappement. ff, Leviers d’échappement.
- g, Vis de rappel de la fourchette Z.
- h, Canon sur lequel est monté le rochet F'.
- ii, Chevilles implantées dans le rochet et agissant sur le levier E4 kky Petites broches qui communiquent directement au cadran.
- Minuterie.
- N'N", Roues d’engrenage placées derrière le cadran et qui mènent les aiguilles.
- O' OPignons des roues précédentes.
- Mouvement de communication.
- P P4 Tringles qui transmettent le mouvement au cadran.
- Q'Q', Roues d’engrenage montées sur ces tringles, de 6 pieds en 6 pieds. R'R.4 Engrenages destinés pour les renvois d’équerre.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du comité des arts mécaniques, sur un réveil inventé par M. Laresclie, horloger, Palais-Royal, galet ie de Valois, n. 164, au premier.
- Messieurs, vous nous avez chargés, M. B réguet et moi , de vous rendre compte d’une machine inventée par M. Laresclie , horloger, destinée à mettre en action une bruyante sonnerie , après un laps de temps qu’on fixe d’avance à volonté. Cette machine est un réveil qui s’adapte à toutes sortes de montres ; elle consiste en une cuvette sur laquelle on pose la montre horizontalement , sur son fond , à plat et le cadran découvert ; on fait en sorte que l’axe qui porte les aiguilles soit dirigé précisément au-dessous d’un trou,
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- dans lequel entre librement une clef de montre ordinaire : le carré de celte clef prend l’axe des minutes , précisément comme lorsqu’on veut tourner les aiguilles pour les mettre sur l’heure. Ainsi la clef, entraînée par l'aiguille des minutes, fait son tour en une heure ; et comme elle porte un index , qui , à chaque tour, vient attaquer l’une des douze dents d’une étoile, chacune de ces dents passe successivement, et l’étoile fait son tour entier en douze heures.
- Un ressort de pendule est caché dans un barillet, ainsi qu’un rouage ; ce ressort se monte au besoin, et reste bandé, tant que rien ne vient lâcher une détente ; et comme l’étoile porte aussi un index , qui attaque cette détente lorsqu’il se présente en un point désigné, celle-ci laisse alors le ressort libre : ce ressort se détend et met en jeu un marteau , dont les vibrations rapides font résonner un timbre. L’éclat de ce timbre est tel que le sommeil doit nécessairement être interrompu. On dirige l’index de l'étoile sur un point dont la situation dépend de l’heure fixée pour le réveil : un petit cadran est destiné à indiquer le lieu que doit occuper l'index pour remplir cet objet.
- Le même appareil peut également s’adapter aux montres dont les aiguilles ont par-dessous le mouvement à volonté, quand on veut les mettre à l’heure, ainsi que cela arrive quelquefois.
- On voit que la communication entre le mouvement de la montre et celui du réveil se fait par l’intermédiaire de la clef, dont l’index va attaquer l’étoile a chaque tour, c’est-à-dire après chaque heure. Il en résulte que cet appareil peut être appliqué à toute sorte de montre , qui, à volonté , devient un réveil ou cesse de l’être. On pourrait croire que le mécanisme fait supporter au mouvement de la montre une résistance capable de nuire à l’uniformité des mouvemens , objet principal que l’horloger doit se proposer dans la fabrication de tout instrument propre à la mesure du temps ; mais l’expérience prouve qu’il n’en est rien : et en effet l’action de la clef ne s’exerce qu’une minute à chaque heure, lorsque son index attaque l’étoile, et cette action peut être regardée comme nulle, puisque l’étoile est très-libre dans son jeu, n'est retenue par rien et n’a aucun frottement. L’inertie de la clef et de l’étoile est si faible, quelle n’a pas le pouvoir de retarder le mouvement; et quant à ce qui se passe lorsque l’étoile fait quitter la détente, l’action de la clef sur l’étoile et celle de l’index de cette dernière, quoique bien plus forte alors , est cependant très-légère, et ne s'exerçant que pendant la durée d’une minute, elle ne peut avoir d’effet sensible sur les vibrations de la montre : l'effort est si faible, qu’en touchant l’étoile avec la barbe d’une plume, la détente pari
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- à l’instant même. Comment compterait-on pour quelque chose une aussi faible résistance, qui n’a lieu que dans un temps si court ?
- Il existe dans le commerce des montres à réveil; elles sont ordinairement d’un prix élevé, de médiocre qualité, d’un volume incommode, à cause du timbre et du mécanisme de la sonnerie : comme cet appareil est inséparable de la montre, on est obligé de transporter l’un et l’autre sans cesse avec soi, même lorsque le réveil est sans usage. Ainsi, pour une chose d’utilité t.rés-passagère, on se charge constamment d’un poids plus ou moins incommode. Le réveil de M. Laresche s’adaptant à toutes les montres , et seulement à l’époque où on en a besoin, remplit bien mieux l’objet qu’on se propose; mais un point de vue sous lequel il mérite à tous égards la préférence sur les montres à réveil, c’est que l’uniformité des mouvemens de celles-ci est toujours troublée.
- En effet, la montre est réglée pour le cas ordinaire, qui est celui où elle n’éprouve de résistance que celle qui est due aux engrenages. D ailleurs l’aiguille des heures étant contrainte à frotter sur celle du réveil , à chaque tour du cadran, cet effet est souvent une cause d’irrégularité. En outre, dès qu’on veut l’armer pour le réveil, la roue des heures entre en prise durant tout le temps à écouler, jusqu'à ce que la sonnerie ait fonctionné. Ce n’est plus une action instantanée de la durée d’une minute par heure, c’est une résistance permanente ; et quand la détente de la sonnerie est attaquée, l’intensité de la force mise en jeu est bien plus considérable que dans les nouveaux réveils. On remarque encore que, dans les réveils ordinaires , c’est toujours la roue des heures qui produit l’effet, tandis que dans ceux de M. Laresche, c’est celle des minutes, dont le résultat offre bien plus de précision : aussi l’expérience prouve-1—elle que le mouvement cesse d’être régulier dans le temps qu’une montre à réveil est mise en action pour agir sur la sonnerie, qui d’ailleurs ne se décide à se faire entendre qu’à un quart-d'heurc près de celui qu’on veut, tandis que rien de semblable n’arrive pour une montre ordinaire, qu’on dispose sur le réveil de M, Laresche; le mouvement n’éprouve aucune irrégularité, et la sonnerie part à la minute fixée.
- La sonnerie part tellement à l’instant désiré, qu’on peut s’en servir comme d avertissement dans beaucoup de circonstances. L’homme studieux qui ne veut pas oublier, pendant qu’il est absorbé dans ses travaux , l’heure d’une observation ou d'une affaire ; le manufacturier qui est forcé de confier à des subalternes les détails d’une manipulation, dont la durée est fixée par la nature même du résultat cpi’il veut obtenir ; l’homme de cabinet qui craint de laisser passer, dans le tumulte des discussions, l’instant où il est appelé ailleurs;
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- enfin une foule de personnes doivent trouver de l’utilité à rencontrer, à bas prix, un instrument simple et que rien ne peut déranger, tant son mécanisme est simple. Le prix est excessivement modique, car il ne s’élève qu’à 30 francs pour les horlogers, et 36 francs pour le public. C’est un joli instrument, très-utile et fort bien exécuté.
- Nous pensons , Messieurs, que le réveil de M. Laresche est une invention très-ingénieuse, qui est digne de votre suffrage , et nous vous proposons de l’accorder, ainsi qu’une place au Bulletin pour le présent rapport. Nous demandons en outre qu’il soit écr it à hauteur pour le remercier de la communication qu’il vous a faite, et le féliciter du succès qu’il a obtenu. Cette machine est depuis plus d’un an connue du public, qui l'a appréciée ; l’auteur n’a cependant voulu la présenter à votre approbation que lorsqu’il l’a jugée digne de l’obtenir, et il a pris le temps nécessaire pour lui donner le degré de perfection dont il la croit susceptible.
- Signé L. Bréguet, Francoeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 20 février 1822.
- ARTS CHIMIQUES.
- Rapport fait par M. Mérimée, au nom du comité des arts chimiquesj sur les poteries de M. Laujorrois (i).
- L’art du potier a fait en France d’immenses progrès, depuis un demi-siècle; mais comme cela arrive dans tous les arts, les efforts, dans cette branche importante de l’industrie, se sont dirigés d’abord vers les produits du luxe, et la fabrication de la porcelaine a été perfectionnée avant qu’on s’occupât des poteries communes. Cependant la belle terre à porcelaine est rare, tandis que sur beaucoup de points de la France il se trouve abondamment des argiles propres à faire d’excellentes poteries à l’usage de la classe la plus nombreuse des consommateurs.
- C’est sous ce rapport qu’il y a beaucoup de perfectionnemens à attendre, et ceux-là sont à vos veux les plus dûmes d’encouragement.
- Il existe au Montât, dans le département de Saône-et-Loire, des bancs considérables d’argile à potier, dont la qualité réfractaire fut constatée, il y a 20 ans, par notre collègue M. Bréant. Ayant à construire sur les lieux des fourneaux pour la réduction des scories du métal de cloches, il fit faire des briques dont la résistance à une très-forte chaleur lui parut très-remarquable.
- (0 Le dépôt de ces poteries est établi rue des Yieux-Augustins, n°. 1S, à Paris.
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- Al. Laujorrais, devenu propriétaire des terrains qui renferment ces dépôts d'argile, et connaissant tout le parti qu’on peut en tirer, a formé une fabrique de poterie commune perfectionnée, digne de tout votre intérêt.
- Dans cet établissement on fait des briques réfractaires , des creusets et des ooteries de près.
- l eJ
- La réputation des briques de la fabrique du Montet est maintenant bien établie. Employées depuis plusieurs années dans les départements environ-nans à diverses constructions servant aux opérations qui exigent le feu le plus violent, il est reconnu qu’on n en fait nulle part de meilleures. Elles coûtent a la vérité plus de trois fois autant que celles de Bourgogne; mais leur solidité est, telle, que le prix est amplement compensé par la durée des ouvrages, auxquels on n’a de réparations à faire qu’à des intervalles très-éloignés.
- Comme elles conservent beaucoup mieux que d’autres le calorique, il faut moins de bois pour produire le même degré de chaleur. On en a eu ia preuve flans la cuisson du pain : bien que pour les fours destinés à cet usage on puisse employer toutes sortes de briques, puisqu’il ne faut pas un degré de chaleur très-élevé, cependant nlusieurs boulangers ont trouvé de l’avantane a emplover les briques réfractaires du Montet.
- M. Laujorrois attache une grande importance à nous procurer d'exeeliens creusets. Il en a déjà fait qui ont résisté aux plus fortes' épreuves : mais d autres n’ayant pas également soutenu l’action du feu , il en a conclu que ses argiles n’étaient pas toutes de même qualité , et il a résolu d’employer un mode d’expérience qui lui fera connaître celles qu’il doit employer ou rejeter. Il va faire construire avec ses briques de petits fourneaux semblables à ceux dont M. Brécint fait usage pour fondre de l’acier ; il y placera des creusets dans lesquels il fondra du fer pur, et de cette manière il constatera à-la-fois 1a qualité de ses briques et celle de ses creusets, réemployant ensuite que les argiles les plus réfractaires , il doit dans la suite obtenir des produits constamment identiques.
- Les poteries de M. Laujon ois, revêtues d une couverte terreuse et cuites t n grès, sont inattaquables par les acides les plus concentrés. Placées sur un bain de sable et chauffées avec la précaution convenable , ses terrines soutiennent très-bien le feu : elles pourront donc, dans les laboratoires de chimie , remplacer les capsules de porcelaine qui sont d un prix trop élevé pour etre employées dans les manufactures. On en fabrique depuis 18 pouces jusqu’à 8; les premières coûtent 2 francs 50 centimes. C’est beaucoup plus cher que les terrines de Savigny ; mais aussi quelle différence dans la perfection du travail et la qualité de la matière I
- Malgré leur prix plus élevé, il est probable qu on leur donnera la préférence
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- dans les ateliers de teinture, dans ceux des fabriques d’indiennes , ete. Leui surface extrêmement lisse les rend aussi très-convenables au service des laiteries, parce qu’elles se nettoient facilement, et l’on peut croire que, lorsqu’on aura commencé à s’en servir on ne voudra plus en employer d’autres.
- Les cornues sont pour les laboratoires de chimie un objet important. Notre collègue, M. Thénard, a fait l’essai de celles du Montet, et il déclare qu’il n’eu a jamais trouvé d’aussi bien faites ni d’aussi bonnes.
- On ne peut douter que les grandes cruches dont vous avez admiré l’exécution ne soient infiniment utiles au commerce : revêtues d’une couverte terreuse parfaitement vitrifiée, que les acides les plus concentrés ne peuvent attaquer, il n’y a point de sel, point de liquide qu’elles ne puissent contenir et conserver parfaitement.
- Les petits cruchons à bière sont faits comme tout ce qui sort de cette fabrique, avec un extrême soin, et se bouchent parfaitement.
- Une manufacture de poterie commune perfectionnée doit vous paraître, Messieurs , d’autant plus intéressante , que l’industrie des fabricans ne s’est pas encore dirigée vers cette partie ; et quand M. Lanjorrois se serait borné à ces vases d’un usage domestique qu’il met dans le commerce , il mériterait un encouragement très-distingué ; mais les vases appropriés aux besoins d’un grand nombre de manufactures de produits chimiques sont mieux faits et plus solides qu’aucun de ceux employés jusqu’à ce jour; il a donc un double droit à votre sollicitude.
- Votre comité pourrait, Messieurs, vous demander une médaille d’encouragement pour le fondateur industrieux de la manufacture de poterie du Montet, et i! est persuadé que vous n’hésiteriez pas à l’accorder; mais puisque ce fabricant s’occupe maintenant d’expériences qui probablement le mettront à môme de donner à tous ses produits des qualités constantes, ce résultat parait à votre comité d’une telle importance , qu’il croit devoir ajourner sa demande, dans l’espoir d’avoir bientôt à la reproduire appuyée de nouveaux titres qui vous détermineront à accorder la première de vos récompenses.
- En conséquence, il se borne à demander, pour M. Lanjorrois, un témoignage public de la satisfaction que vous ont fait éprouver les perfectionne-mens qu’il a apportés à la fabrication des poteries communes, et le vif intérêt que vous prenez au succès de son établissement.
- Il vous propose , en conséquence, d’ordonner l’insertion au Bulletin du présent rapport.
- Signé Mérimée, rapporteur,
- Adopté en séance, le § février 1822.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Si Iv es Ire , au nom des comités d agriculture et des arts mécaniques réunis, sur loi manufacture de chapeaux de paille à l imitation de ceux d’Italie ^ établie par madame veuce Reyne, a Valêne e, département de la Drame.
- Messieurs , le 28 novembre dernier, vos comités des arts mécaniques et d’agriculture réunis ont obtenu votre approbation pour un rapport provisoire qu’ils ont eu l’honneur de vous présenter, concernant les demandes que madame veuve Repue vous avait adressées, à l’occasion de sa fabrique de chapeaux de paille d’Italie, établie en ce moment à Valence, département de la Drôme.
- Vos commissaires ont dès-lors rendu justice au zèle de madame Reyne, qui , après avoir étudié avec soin, en Italie, les procédés de production des matières premières et ceux de leur fabrication , avait importé en France un genre d’industrie qui n’avait pu encore y être naturalisé avant elle ; ils avaient aussi exprimé le regret que le défaut de plusieurs documens essentiels les empêchât d’émettre une opinion définitive sur le succès d’une semblable entreprise : ils espéraient obtenir de nouveaux renseignemens importans, m de la correspondance dès long-temps suivie au ministère de l’intérieur, à ce sujet, et de celle qui pourrait ultérieurement être entretenue avec madame Reyne elle-même.
- Le ministre a bien voulu vous confier le dossier qui concerne cette affaire. Madame Reyne a répondu à plusieurs de vos demandes ; elle exprime surtout le désir cpie le rapport vous soit promptement soumis : en conséquence, nous allons mettre sous vos yeux les résultats des principaux documens que nous avons recueillis.
- Mais avant de nous occuper de cet exposé, et pour ne plus ensuite détourner votre attention de ce qui concerne spécialement madame Reyne, nous crovons devoir placer ici quelques considérations générales sur l’importance et sur la difficulté d’une semblable entreprise, sur sa nouveauté et sur la probabilité de son succès.
- L’importance d’une fabrique de chapeaux de paille d’Italie est assez notable pour notre commerce ; elle aurait pour objet de nous affranchir de l’exportation annuelle de la valeur d’un million et demi environ, que nous donnons à la seule Italie pour l’acquisition des objets de ce genre : il est
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- vrai que cette soulte ne s'opère pas en numéraire. En échange des chapeaux de paille et des autres objets que nous procure l’Italie , nous fournissons des draps, des vins , de la mercerie , des bijoux, de la porcelaine , des livres, des modes , etc. , etc. , etc. ; et il est à remarquer que les tableaux dressés officiellement pour la balance du commerce établissent, en notre faveur, un bénéfice annuel de plus de 8 millions sur les échanges réciproques. Quoi qu’il en soit, ces bases ne sont pas immuables ; l’industrie étrangère cherche toujours à se les rendre plus favorables , et nous devons sans doute accueillir avec intérêt tout ce qui peut tendre, soit à consolider nos avanta ges, soit à trouver chez nous-mêmes ce que notre sol et notre industrie peuvent fournir ( à prix égal à ceux de l’étranger ) aux consommateurs.
- Cette dernière considération nous ramène à la fabrique de Madame Reyne et aux circonstances qui ont précédé son entreprise; la correspondance du Ministre de l’intérieur nous fournit à cet égard d’utiles documens. Il parait que des tentatives pareilles à la sienne ont été faites; que des brevets d’invention semblables au sien ont été délivrés. Vous connaissez trop bien, Messieurs, le principe de ces brevets, pour être étonnés de notre assertion : le brevet ne prouve nullement que le possesseur ait inventé ou qu’il ait importé; mais il prouve seulement qu’à une époque déterminée il a déclaré qu’il avait inventé ou importé, sauf à lui à prouver s’il y a lieu, et devant qui de droit, la réalité de ses assertions ou l’antériorité de sa demande.
- Quelques essais ont donc été faits avant Madame Reyne pour fabrique! en France des chapeaux de paille d’Italie; il est à la connaissance des marchands d’objets de ce genre, à Paris, que plusieurs de ces essais ont été infructueux. En 1814, un brevet d’importation a été gratuitement délivré à M. J>as!in , qui se proposait d’élever une fabrique du même genre que celle de Madame Reyne.
- Vers 1815, M. Pierre Confère a établi à Saint-Meiaine, département du Calvados, une fabrique de chapeaux de paille à l’instar de ceux d’Italie , avec des tiges de graminées indigènes; il parait que c’est le phleum pratense qu’il employait à cet usage : il a obtenu en 1819 un brevet d’invention pour dix ans ; il correspond avec une fabrique de couture et d’apprêt établie à Paris par son frère, et qui fournit au commerce pour plus de 40,000 fr. par année. Dès 1808, M. de Bernadière avait aussi obtenu un brevet de cinq ans pour la fabrication de chapeaux semblables à ceux d’Italie, avec les liges de céréales indigènes : il parait que c était aussi le phleum pratense qu’il emplovait le plus ordinairement.
- Mais une entreprise plus semblable encore à celle de Madame Reyne a lien depuis trois ans dans le département de la Haute-Garonne, et par les soins Pinpt-unième année. Février 1822. II
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- des directeurs des hospices de Toulouse : on y emploie la paille du même blé qui sert à cet usage en Toscane, et qui est cultivé avec succès aux environs de Toulouse. La fabrique y a un avantage d’autant plus assuré, que S. Exc. le Ministre de l’intérieur a bien voulu envoyer aux hospices une des machines à apprêter inventées par M. Meigné et mentionnées dans le N°. CXCIX, p. 6, du Bulletin de 1821. Cette machine sert à donner, sans inconvénient pour la santé des ouvriers, l’apprêt convenable à cent vingt-six chapeaux par jour, tandis que les hommes qui faisaient ce travail pénible à la main ne pouvaient en apprêter que dix-huit.
- On peut ajouter que tous les détails sur la culture du blé qui fournit la paille propre à ce travail et les procédés qui concernent l’art de préparer cette paille et de fabriquer les chapeaux, ont été décrits avec détail en vers italiens, par M. Lastri, Toscan. Enfin, dès 1805, M. le comte de Lasleyrie avait rapporté d’Italie la graine de blé qui sert à y fabriquer les chapeaux de paille : cette graine a depuis été cultivée tous les ans au Jardin du Roi par les soins de M. Thoiïin. M. Yvart avait aussi, en 1812, rapporté d’Italie des graines de cette céréale, et les avait cultivées avec succès. On connaissait donc depuis long-temps la substance première et tous les moyens de la mettre en œuvre : mais un obstacle qui tient à la nature de ce travail, s’est toujours opposé à de bien grands succès. Cet obstacle se présente de même pour tous les travaux qui ne sont pas susceptibles de l’emploi des machines, et qu’on doit faire à bras dans les pays où la main-d’œuvre est plus élevée que dans les lieux où la fabrique est originaire. C’est sur les moyens d’égaliser ce prix du premier travail manuel que nous aurions désiré avoir plus de renseignemens positifs pour pouvoir apprécier la probabilité des succès dont Madame Reyne conçoit l’espérance.
- Ce fut vers la fin de 181T que Madame Reyne revint de Florence : pendant les trois années de séjour qu’elle avait fait dans cette ville , elle y avait formé le projet d’établir en France une fabrique de chapeaux de paille d’Italie ; elle avait étudié avec soin tous les procédés de culture du blé qui fournit la paille propre à ce travail, et ceux de sa préparation et de son emploi dans cette fabrication.
- Elle s’établit d’abord dans la ville de Bourg-Saint-Andéol, département de l’Ardèche ; alors elle avait encore son mari, qui la secondait dans son travail : ils s’adressèrent pour la première fois au Ministre de l’intérieur, en février 1818; ils annonçaient alors avoir dans leurs ateliers trente jeunes personnes qui s’occupaient à confectionner des chapeaux de paille, égaux en qualité à ceux d’Italie. Ils exposaient qu’ils avaient semé en France des grains de blé dit marzole, qu’ils avaient rapportés d Italie ; que ces grains y avaient
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- bien réussi, et que d'ailleurs ils avaient trouvé en France même des céréales dont la tige avait la même propriété. Ils espéraient pouvoir fournir, sous peu de temps, la quantité de chapeaux nécessaire pour la consommation du rovaume, et ils demandaient la délivrance gratuite d’un brevet d’importation : le préfet de l’Ardèche appuyait leur pétition. Le Ministre demanda des renseignemens et des échantillons qui lui furent adressés ; alors il consulta le Comité consultatif des arts et manufactures. Ce Comité fut d’avis que M. et Madame Rejne mériteraient d’être encouragés, lorsqu il aurait été constaté que leur manufacture fournissait au commerce des chapeaux de paille de mêmes qualité et finesse que ceux d'Italie; il ajournait à cette époque le jugement à porter sur le degré d’intérêt que le Gouvernement devrait prendre à leurs travaux. En conséquence, le Ministre refusa d’accorder gratuitement le brevet demandé; mais il laissa l’espérance qu’il pourrait encourager les efforts de ces manufacturiers , lorsqu’il serait constant qu’ils auraient fourni au commerce des chapeaux de paille de même qualité que ceux d’Italie.
- Il se passa environ quinze mois entre cette décision et les nouvelles demandes qui furent faites. En février 1820, Madame Reyne écrivit au Ministre qu’elle avait perdu son mari , et transporté sa manufacture à Valence, département de la Drôme; elle annonçait alors que sa fabrique fournissait au commerce, et en assez grande quantité, des chapeaux de paille de mêmes qualité et finesse que ceux qui viennent d'Italie. Cette pétition était appuyée par le maire de Valence, qui regrettait de n’avoir pu donner qu’un faible encouragement, et par le préfet de la Drôme, qui sollicitait des secours pour Madame Reyne. Le Ministre accorda 600 francs, et demanda au préfet des renseignemens sur l’activité de l’établissement, le nombre des ouvrières employées, la quantité de chapeaux livrés annuellement au commerce, et leur prix comparé avec celui des chapeaux analogues venant d’Italie ; enfin quelle serait la somme nécessaire pour donner aux travaux toute l’extension convenable. Le préfet répondit à ces questions que la fabrique occupait soixante-dix ouvrières, qu’elle pouvait fournir annuellement huit cents à mille chapeaux, que le prix de ces chapeaux était à -peu - prés le même que ceux d’Italie , qu’ils égalaient en qualité ; il annonçait aussi que ces prix baisseraient d’un sixième si Madame Reyne avait des fonds suffisans pour monter son établissement : il demandait pour elle une somme de 12^000 francs. Le 12 avril 1820, le Ministre consentit à accorder 2,400 fr. pour être employés à donner plus d’étendue aux travaux de Madame Reyne : il parait qu’en effet une partie de cette somme a servi à l’acquisition d'une presse pour l’apprêtage des chapeaux de paille.
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- Mais bientôt apres Madame Reync éprouva de nouveaux besoins ; elle s’adressa à vous, Messieurs, par une lettre quittait appuyée parle préfet de la Drôme et par le maire de Valence, et qui, renvoyée à l'examen de vos Comités des arts mécaniques et d’agriculture, a été l’objet du rapport provisoire qui vous a été présenté le 28 novembre dernier, et d’après lequel, suivant vos intentions, vos Comités ont dû s’occuper de recherches et de vérifications nouvelles.
- Deux ordres de renseignemens principaux nous sont parvenus depuis cette époque; les uns ont été puisés dans un dossier volumineux, relatif à cette affaire, qui vous a été communiqué par S. Exc. le Ministre de l’intérieur, et dont nous venons de vous présenter l’analvse ; les autres proviennent de la correspondance directe que nous avons entretenue avec Madame Reync ou avec son commettant à Paris. Nous ne pouvons vous présenter ces derniers que comme de simples assertions, le mémoire principal qui en fait partie n’avant été vu que par le maire de Valence, comme certifiant que la fabrication des chapeaux envoyés avait eu lieu dans ladite ville, et vu par le préfet pour la légalisation de la signature du maire.
- Quoi qu’il en soit, il résulte de celte correspondance, 1°. que le chapeau dont vous avez distingué la confection est bien de la fabrique de Madame Reync ; 2°. que cette dame et son commettant déclarent qu’elle continue à se servir de la paille de l’espèce de blé qu’elle a rapporté d’Italie, et dont la culture réussit parfaitement bien dans les environs de Valence ; que le bénéfice des ouvrières qu’elle emploie dépend de leur habileté; que ce sont ordinairement des enfans qui tressent; que le jN°. 30, pris pour exemple, coûte 15 centimes l’aune à coudre et à tresser; qu’une tresseuse fut par jour 7 à Saunes, et une couturière en coud toujours le double. La main-d'œuvre d’un chapeau de ce numéro revient à 8 francs; savoir, 6 francs 75 centimes pour tressage et couture, 75 centimes pour la paille, et 50 cent, pour l'apprêt. Les numéros supérieurs deviennent plus chers ; savoir, te N°. 40, à 16 francs 70 centimes; le 50, à 27 francs 50 centimes; enfin le N\ 60, qui est à-peu-près pareil à celui qui est exposé sous vos yeux, revient à 5‘2 francs.
- Quant au nombre de chapeaux fabriqués annuellement, Madame Reync fut observer que cette fabrication n’a de limites qu’à raison du peu de capitaux cfu’elle peut vconsacrer : elle cite plusieurs villes du Midi, et surtout la foire de Beaucaire, comme ses principaux débouchés.
- Elle n'a pu répondre à la demande d’envoi de chapeaux de qualité supérieure à celui qu’elle avait précédemment adressé à la Société; elle a seulement envoyé quelques chapeaux d’hommes, dont la qualité est insignifiante nom
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- prouver la supériorité de sa fabrication. Elle fait remarquer que sa situation actuelle, dans une ville peu populeuse et qui fournit trop peu d’ouvrières à bas prix, n’est pas très-favorable; elle se propose de changer encore de domicile : elle voudrait qu’à défaut de la Société d’Encouragement, le Gouvernement ou des capitalistes la missent à même de donner tout iV$«indésirable à sa manufacture.
- Après vous avoir exposé l’état actuel des choses , votre commission ne doit pas vous laisser ignorer qu’elle s’est trouvée embarrassée de vous présenter des conclusions dans l'affaire de Madame licj iie. Sa fabrication est bonne et intéressante, sés produits sont très-remarquables dans les parties les plus importantes et les plus difficiles de ce genre de travail : elle ucuvera les perfectionnements à faire à sa manutention ici même, où l’on an aussi bien, et même mieux qu’en Italie, réunir les tresses bout à bout, blanchir la paille et apprêter les chapeaux; ainsi on ne fait aucun doute que Utile puisse atteindre par la suite la perfection en ce genre. ]\ous ne doutons pas non plus que des capitaux plus considérables que ceux qu’elle a pu -e procurer jusqu’à ce jour, ne soient très-nécessaires pour donner une impulsion convenable à sa fabrique ; mais vos réglemens ne vous permettent ares de consacrer des fonds à vivifier des manufactures particulières. D’une au!impart, le .Ministre de l’iiitérieur, en donnant 3,000 francs à Madame DG;..- , a sagement exprimé qu’il n’entendait pas monter sa manufacture, mais seulement lui fournir quelques encouragemens.
- Ruinée, ainsi qu elle l’expose, par différentes circonstances qui lui sont étrangères, elle ne peut attendre des moyens suffisans d’action que des capitalistes qui pourraient prendre intérêt à son travail.
- Vous ne pouvez donner à Madame Reyne que des conseils et des témoignages d’estime.
- Sous îc premier rapport, vous pouvez lui recommander de soigner particulièrement la réunion de ses tresses bout à bout, le blanchiment et l’apprèt de scs chapeaux; vous pouvez l’inviter à placer, s’il est possible, son établissement dans un hospice d’orphelins ou dans une maison de détention , dans un lieu enfin où la main-d’œuvre soit au plus lias prix possible.
- Sous le second rapport, et considérant que Madame Reyne paraît être la première qui ait introduit, en grand, la culture de la plante qui sert à fabriquer les chapeaux de paille en Italie ; considérant que ce qui manque à sc-n travail s’exécute d’ailleurs ici avec une grande perfection et peut facilement -dre introduit dans sa propre fabrique, nous avons l’honneur de vous me-
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- poser de lui décerner une médaille d’argent dans votre prochaine séance publique (1).
- Signé Silvestre, rapporteur.
- Adopté en séance, le 20 février 1822.
- OUVRAGES NOUVEAUX
- h a p po rt fait par M. Iîosc, sur un ouvrage intitulé . Calendrier du bon cultivateur ou Manuel de l’agriculteur praticien; par M. Mathieu de Douibasle.
- Un assez grand nombre d'ouvrages ont déjà paru sous le nom de calendrier ou à'almanach, pour indiquer aux cultivateurs la série des travaux qu’ils doivent exécuter pendant le cours de l’année - mais aucun n'a encore rempli complètement ce but. Celui d’entre eux qui se rappelle le plus avantageusement à ma mémoire, a été rédigé par M. Lullin, de Genève. Chaque année, il faisait suivre l’exposé ci-dessus de développemens fort étendus et fondés sur les meilleurs principes, relatifs à une des parties essentielles de l’agriculture, de manière que l’ouvrage ne doit être complet qu’au bout de douze ans : j’ignore s’il a été terminé.
- M. Mathieu de Dombasle, déjà avantageusement connu par d’excellens ouvrages, a entrepris de présenter la totalité de notre système agricole dans un seul volume, en le rattachant aux travaux de chaque mois, et en traitant séparément des instrumens aratoires perfectionnés, des irrigations, de la marne, du fumier, des prés, des assolemens, etc.
- C’est cet ouvrage, intitulé le Calendrier du bon cultivateur ou Manuel de ïagriculteur praticien, que la Société m'a chargé d’examiner.
- Comme il est aussi concis que possible, en présenter un extrait n’est pas facile; en conséquence, je me contenterai d’indiquer la manière d’exposer les faits et les raisonnemens adoptés par hauteur.
- L’époque des travaux agricoles de même nature offre, de Marseille à Lille, une latitude d’un mois, terme moyen; et, dans chaque canton, ceux des semailles, des récoltes, etc., offrent la même latitude, lorsque les circonstances atmosphériques, la nature du sol, l’exposition, etc., influent trop sur l'ordre ordinaire de la nature.
- u Celte proposition a été renvoyée à la commission des médaillés.
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- Un calendrier unique ne peut donc être exact s’il est très-précis; aussi M. Mathieu de Dombasle n’indique-t-il pas rigoureusement le commencement et la fin des travaux; au commencement de chaque mois, dit-il, il faut continuer ceux qui n’ont pu être finis dans le cours du mois précédent .
- Nulle erreur grave ne peut lui être reprochée, et on devait s’y attendre. M. Mathieu de Dombasle étant très-instruit dans les sciences qui servent de base à l’agriculture, les procédés nouveaux sont indiqués et jugés par lui avec une rare lucidité.
- Il y a d’excellentes pratiques fort peu connues, et c’est sur elles qu’il insiste le plus : tels sont le binage des céréales, le hersage des prairies naturelles et artificielles.
- Les soins à donner aux bestiaux de toute espèce, les movens d’engraisser ceux qui se mangent, sont trés-développés.
- Après avoir passé en revue les travaux de la grande agriculture pendant les douze mois, M. Mathieu de Dombasle décrit dans sa seconde partie intitulée, Pièces détachées, les instrumens perfectionnés d’agriculture.
- Il établit d’abord les avantages d’une opération faite plus rapidement et mieux, sous les rapports de la diminution de la dépense et de l’augmentation du produit, puis fait connaître ceux de l’extirpateur, autrement houe à cheval à plusieurs rangs de socs, instrument dont l’emploi peut augmenter de bien des millions les produits de nos récoltes; le rajonneur, qui n’en diffère que parce qu’il a un rang de socs seulement, lequel sert à semer en rangées; le rouleau, les semoirs, parmi lesquels je regrette qu’il n’ait pas indiqué celui de M. Hajot, à mon avis, le plus simple et le moins coûteux. 11 appelle houe à cheval ce que d’autres écrivains nomment la charrue à biner ou le cultivateur.
- La charrue dont M. Mathieu de Dombasle a si bien établi la théorie, et qu’il construit en fabrique, devait être et est en effet l’objet d’un article de quelque étendue, extrait des excellons écrits qu’il a publiés sur cet instrument si utile et cependant encore si défectueux dans beaucoup de cantons de la France.
- Cette partie de l’ouvrage est terminée par l’introduction de nouveaux instrumens d’agriculture dans une exploitation rurale, réflexions dont il est à désirer que tous les cultivateurs puissent se pénétrer.
- Les irrigations servent de texte au chapitre suivant. L’auteur ne pouvait manquer, étant également versé dans les sciences physiques et dans les sciences mathématiques, de traiter ce sujet d’une manière remarquable; aussi î’est-il.
- La marne d’abord, les fumiers ensuite, offraient matière à des dévelop-
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- peineiiS de première* importance; aussi l’auteur s'est-îl beaucoup étendu sui ce qui les concerne. Je remarque cependant qu’il n’a pas indiqué la chaux comme pouvant suppléer à la première, et qu'il ne parle pas de deux excellons moyens d’améliorer les fumiers, le premier, en les soustrayant à l’action du grand, air; le second, en les réduisant sous forme liquide (le lizé des Suisses j.
- .'lettre les prés en culture et les champs en prés , après une révolution d im certain nombre d’années, est une pratique à laquelle les cultivateurs v* livrent quelquefois, mais qui, d’après le principe des assolemens et la théorie des labours, n’est pas aussi générale qu’il serait à désirer. Je n’ai ju’; applaudir aux moyens que l’auteur a mis en avant pour y déterminer ceux qui ne sont pas encore convaincus des grands avantages de cette pra-
- Le chapitre qui suit est un petit traité des assolemens, extrêmement remarquable par sa concision et sa clarté. Les faits et les raisonnemens qu’il contient prouvent de plus en plus combien il est à désirer, pour leur avance;- rl celui de la société, que tous les cultivateurs le 'lisent avec l’attention convenable.
- Enlin 1 ouvrage est terminé par une fiction pleine d’intérêt, destinée à •donner des leçons d’agriculture aux babiîans des campagnes trop bornés pour profiter de celles contenues dans les chapitres dont je viens de parier, Celle fiction est intitulée, De la richesse du cultivateur ou les Secrets de Jean Nicolas Benoît. L’auteur en fait tirer des exemplaires à part ; je crois qu’il peut être fort utile d’en distribuer en grande quantité dans tous ies departemens de la France, en substituant les noms des mesures légales à ceux des mesures de Lorraine, qui y sont employés.
- Quelque incomplet qu’il soit, la Société peut juger, d’après cet exposé, du mérite de l’ouvrage qu’elle m’a chargé d’examiner. Comme je l’ai déjà fait observer, j’y ai trouvé des lacunes, parce que l’auteur n’a voulu offrir au public qu’un volume in-12 de 400 pages; mais il est exempt d’erreurs, de faux principes, d’exagérations, etc. En conséquence, je propose au conseil de l’annoncer dans le Bulletin de la Société par un court extrait, et de remercier l’auteur par une lettre flatteuse.
- Signé Bosc, rapporteur.
- Adopté en séance, le 23 janvier -1822.
- Paris, de l’Imprimerie de Madame KL Z ARD (née VALLAT LA CHAPELLE (. rue de PÉperon-Sainl-André-des-Arcs, n°. 7,
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. ( N°. CCXIII.) MARS 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Rapport fait par M. Baillet, au nom du Comité des arts mécaniques, sur les différentes fabriques de M. Pradier, rue Bourg-ï Abbé, n° 22, à Paris.
- Messieurs, les fabriques de M. Pradier vous sont connues depuis long-temps; plusieurs rapports vous ont été faits sur sa manufacture d’ouvrages divers de marqueterie, de tabletterie, etc., en nacre de perle, sur ses rasoirs en acier fondu et sur ses cuirs à rasoir et ses pâtes minérales, par nos collègues, MM. Pa~ jol Descharmes, Francœur et Bouriat (1). D’après l’avis de votre commission des médailles, vous lui avez décerné une médaille d’or dans votre séance publique du mois d’avril 1821.
- Depuis cette époque, M. Pradier, encouragé par la récompense qu’il avait obtenue, a redoublé de soins, de zèle et d’activité, pour perfectionner les produits divers de ses fabriques, les varier, les multiplier, et pour se livrer à de nouvelles fabrications. Il a désiré vous rendre confidens de ses efforts et de ses progrès, et il vous a priés d’examiner dans tous leurs détails ses ateliers et ses magasins : vous avez accueilli sa demande et vous avez chargé votre comité des arts mécaniques de faire cet examen et de vous en rendre compte.
- Nous nous sommes en conséquence transportés, vers la fin de février dernier, dans les magasins et les ateliers de M. Pradier.
- (1) Ces rapports ont été insérés dans les Bulletins A05. CXCIII, CXCI\ et CXCIX des années î 820 et 1821 .
- Fingt-unième année. Mars 1822. ï
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- Ouvrages en nacre cle perle.
- Nous y avons vu d’abord une foule d’objets divers de riche coutellerie, de tabletterie, de marqueterie, de bijouterie, etc., en nacre de perle, du travail le plus soigné, du fini le plus parfait, de la plus grande richesse : ce genre de fabrication est, à vrai dire, une fabrication de luxe ; aussi M. P radier n’a-t-il rien épargné pour donner à cette brillante coquille des mers de l’Inde les formes les plus variées et les plus élégantes, et pour l’enrichir d’or, de ciselure, de gravure, de sculpture, de pièces à musique, etc.
- Plusieurs de ces objets sont exposés aujourd’hui dans la salle de vos séances, et pour ne vous offrir qu’un exemple du haut prix que la main-d’œuvre peut ajouter à la matière, nous nous bornerons à appeler votre attention sur un petit instrument de bureau, exécuté par M. P radier lui-même avec tout le talent qui le distingue, un canif richement orné, dont la confection présentait réunies toutes les difficultés de la coutellerie ( I).
- Nous devons vous rappeler, Messieurs, que les diverses préparations que la nacre exige et tous les ouvrages les plus élégans pour lesquels on l’emploie sont exécutés en grande partie par les détenus de la maison de Poissy, à l’aide d’outils et de procédés inventés ou perfectionnés par M. P radier, et que c’est, à Paris que les pièces préparées, sculptées, gravées ou percées à jour achèvent d’être montées, et qu’elles reçoivent leurs divers ornemens et leurs différons accessoires.
- Rasoirs en acier fondu et cuirs à rasoir.
- Outre cette fabrication importante d’ouvrages de toute espèce en nacre de perle, M. P radier, qui cultive avec succès plusieurs arts, qu’il a appris dans sa jeunesse dans les ateliers de la fabrique d’armes de Versailles, a entrepris une manufacture d’un genre bien different, celle des cuirs à rasoir et des rasoirs, du prix le plus bas comme du prix le plus élevé.
- Depuis le dernier rapport qui vous a été fait, le 10 janvier 1821, la fabrication des cuirs à rasoir de M. P radier a acquis une extension remarquable; elle s’élève maintenant à quatre mille cuirs par mois ; mais celle des rasoirs s’est augmentée, depuis le rapport du 23 août i 820, dans une plus grande proportion : elle est aujourd’hui sextuplée ou de neuf mille rasoirs par mois au lieu de quinze cents. Ces rasoirs, comme vous le savez, Messieurs, sont tous de la même matière, d’acier fondu de fabrique française, de M. Jackson et compagnie, de Saint-Etienne, département de la Loire : ils sont tous de même
- (t) M. Pradier porte le prix de ce canif à 1,200 francs.
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- [or me de même dimension et de qualité semblable. Si l’on remarque parfois quelques différences, elles ne sont dues qu’à l’affilage seul, et on peut dire en général qu’ils ne se distinguent les uns des autres que par la monture et le poli, qui en changent le prix. Ils sont fabriqués sous les yeux de M. Pradier avec des outils, par des procédés et suivant une méthode qui rend cette fabrication plus simple, plus facile, plus rapide, plus uniforme et plus soignée. M. P radier semble ici s’être proposé d imiter cette division du travail, qui, dans d'autres arts et notamment dans V Art de fabriquer les aiguilles, que l’un de nous a décrit (1), produit en même temps une plus grande perfection et une moindre dépense.
- 11 a partagé les opérations différentes qu’exige la confection d’une lame de rasoir en sept sortes distinctes, qui ont pour objet : 1 °. de forger la lame ; 2°. de rajuster, c’est-à-dire de lui donner la forme rigoureuse qu’elle doit avoir; H°. de la tremper et de la recuire ; 4°. de l’émoudre; 5°. de la polir ; 6°. de la monter; 7°. de l’affiler. Ces opérations , à l’exception de celles de la troisième sorte, qu’il s’est réservées et qu i! exécute lui-même, sont confiées à autant de classes d’ouvriers différons, qui, exécutant toujours les mêmes travaux et pour ainsi dire les mêmes mouvemens, acquièrent bientôt une adresse surprenante pour les répéter continuellement de la même manière, adresse qu’on serait tenté d’appeler machinale, si, en certains momens, la main de l’ouvrier rfavait pas besoin d’être guidée par son intelligence. Nous ne pouvons nous refuser de vous citer, à cette occasion, un forgeron de NI. Pradier, qui d’abord ne pouvait forger qu’une douzaine et demie de rasoirs par jour, et qui maintenant forge, chaque jour, cinq et quelquefois sept douzaines de lames de rasoir, qui approchent tellement d’être identiques, que l’ajusteur, qui s’en empare ensuite pour les réduire aux mêmes dimensions et à la forme exacte du modèle, n’a presque plus rien à limer.
- Nous avons dit que cette fabrication de rasoirs était aujourd’hui de neuf mille par mois ; nous ajouterons qu’elle va bientôt recevoir un nouvel accroissement. al. Pradier vient, d’acheter l’ancien moulin de Chaville, et il s occupe d’y transporter sa manufacture. L’emploi des machines hydrauliques pourra lui permettre d'y multiplier ses produits et les lui faire obtenir avec plus d’économie.
- Le prix des rasoirs en acier fondu, garnis d’un manche commun, est de
- p Ou sait que chaque aiguille (même la plus petite, celle du n°. 9, dont trente-deux mille ne pèsent que 5 hectogrammes ou une livre, subit successivement plus de quatre-vingts opérations ditlë-rentes qui sont subdivisées en cinq séries principale;. (Voyez l'Art de fabriquer les aiguilles, par BoWet, Annales des Arts et Manufactures, tome IV-
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- 15 francs la douzaine, avec les remises d’usage; mais, en détail, M. P radier les vend 2 francs l’un, pour ne pas nuire aux marchands qui viennent s’approvisionner dans ses magasins.
- Le prix des cuirs à rasoir est de 1 5 francs la douzaine pour les cuirs simples, et de 30 francs pour les cuirs en forme de boîte.
- Couteaux et canifs en acier fondu,
- M. Pradier vient d’ajouter une nouvelle branche d’industrie à celles qu’il avait cultivées jusqu’ici : il fait maintenant, en fabrique, des couteaux de table et des canifs en acier fondu, qu’il offre à des prix très-modiques, eu égard à la nature et à la qualité de la matière. 11 vend 15 et 18 francs la douzaine de-couteaux de table, avec un manche de couleur noire et une garniture en argent ; il vend 5 francs la douzaine de canifs montés sur des manches noirs de forme élégante : ces prix sont ceux du commerce. 11 fait aussi des couteaux et des canifs montés avec beaucoup de recherche et de goût, et dont les prix sont élevés proportionnellement à la richesse des ornemens (1).
- 11 ne faut pas perdre de vue, Messieurs, que tous ces instrumens sont en acier fondu, et que l’acier fondu est véritablement celui qui, par son homogénéité constante et par sa grande dureté, convient le mieux pour des trancha ns fins des instrumens de coutellerie. Les expériences que nous vous ferons connaître ci-aprés pourront servir à prouver la bonne qualité des aciers qn emploie M. Pradier,
- Jusqu’ici, Messieurs, nous vous avons entretenus de grandes fabriques qui occupent de nombreux ouvriers, qui versent leurs produits dans toutes les parties de la France et les exportent aux extrémités de l’Europe et dans les deux Amériques ; il nous reste à vous parler de deux inventions nouvelles de M. Pradier et de ses essais récens sur les aciers dits damas.
- Cachet à légende et à armoiries changeantes.
- La première de ces inventions est un cachet à légende et à armoiries de rechange; il est construit de manière qu’on peut changer à volonté le chiffre, l’emblème, la date ou la devise qu’il doit servir à imprimer.
- (1) M. Pradier fabrique encore un petit nécessaire de Vécrivain, qui se met dans un émi m maroquin. Ce nécessaire, en forme de boîte, est garni d’une pierre pour aiguiser les tranchons et d’un cuir pour les entretenir dans un bon état : il est divisé en deux eompartimens, dont l’un contient un canif à manche de nacre ou d’autre matière, et deux lames de rechange, et dont l’autre renferme un grattoir. Le manche en ivoire se démonte à vis : il contient une petite bouteille de sandaraque et porte un cachet à son extrémité.
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- On connaissait déjà des cachets à légende mobile; celui de M. P radier, pour lequel il a obtenu un brevet d’invention, leur ressemble sous quelques rapports, mais il en diffère sous plusieurs autres,
- Dans ce cachet, chaque lettre est gravée sur une petite pièce de métal de forme trapézoïdale; ces pièces, convenablement choisies pour composer une légende désignée, sont d’abord disposées en cercle sur le bout du cachet, autour d’un disque central fixe et sous le rebord d’une gorge ou sertissure mobile qui règne au pourtour. On place ensuite au centre la pièce qui porte remblème ou les armoiries. Cette pièce recouvre un peu le bord intérieur de la légende, et sa tige s’engage dans un ressort à boudin destiné à la repousser lorsqu’on veut la changer. Un mouvement de torsion, qu’on donne à l’appareil, fixe solidement la pièce d’armoiries , resserre en même temps la gorge, et sert ainsi à contenir la légende en la pressant sur ses deux bords.
- Cette armure du cachet s’en détache aisément quand on le veut, et forme une pièce cylindrique en cuivre ou en argent, qui peut se placer sous une presse et constituer un timbre sec. On y remarque une cavité qui reçoit les disques à emblème ou armoiries; chacun d’eux a la forme d’un petit bouton, portant au centre du revers une sorte de queue ou de tige plate à double crochet, qui sert à l’attacher au centre du cachet, et à l’aide du mouvement de torsion dont nous avons parlé.
- Le manche de ce cachet se compose de pièces ou de rondelles disposées F une sur l’autre, et divisées en cassetins, pour recevoir les trapèzes portant les lettres. Chaque case en contient plusieurs d’une même dénomination. On place ces rondelles en vue sur une table, et on compose la légende, comme font les imprimeurs. Ces lettres se retirent de leurs cassetins à l’aide d’une aiguille, dont le bout est garni d’un peu de cire : on y colle la lettre qu’on veut retirer de sa case, en l’attaquant par le devant, et on la pose à sa place sur le bout du cachet.
- Toutes ces rondelles des cassetins sont percées au centre pour recevoir un tube de métal, qui les assemble et les fixe par deux vis entre les deux bouts du cachet. Ce tube sert à recevoir une plume métallique sans fin. L’aiguille qui sert au maniement des lettres est reçue dans un trou du manche où elle est cachée. Le même manche contient une petite boîte où on met des pains à cacheter. Enfin des chiffres et des lettres gravées sur le manche, ou plutôt sur des anneaux mobiles, permettent de former un assemblage, qui donne les différens jours du mois courant, et compose ainsi un calendrier perpétuel.
- Le cachet que nous venons de décrire réunit donc une légende et des ern-
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- blêmes ou armoiries variables, les lettres et les disques mobiles qui les composent, un timbre sec, une plume, de l’encre, des pains à cacheter et un calendrier.
- L ensemble de toutes ces pièces n’excède pas le volume d'un cachet ordinaire, et même en supprimant quelques parties, le cachet entier n a pas plus de 2 centimètres et demi de largeur et 8 et demi de hauteur.
- M. P radier exécute maintenant ces sortes de cachets en cours de fabrique, avec des inslrumens particuliers de son invention, qu’il nous a montrés, et qui servent à donner avec précision à toutes les pièces nombreuses qui les composent la forme qui leur convient.
- T! vend 10 francs le grand cachet en cuivre et en bois, et 20 fr. celui en ivoire et en argent; il vend 5 francs et 10 francs le petit cachet des dames? dont les emblèmes seuls sont variables à volonté.
- Plume métallique sans fai, a bec de plume ordinaire
- La seconde invention nouvelle de M. P radier est une piume métallique sans fin ou à réservoir d’encre; elle diffère en plusieurs points de celles d< même espèce qui ont été proposées jusqu’ici. Sa construction est simple, elle est en argent et se vend 12 francs : voici en peu de mots en quoi consiste cette plume métallique sans fin, à bec de plume ordinaire.
- L’encre est contenue dans un tube d’argent garni intérieurement, d'un tu vau de plume d’oie ou d’une composition inaltérable.
- Un bec de plume ordinaire s’adapte au bout du tube métallique au rnoven de deux brides qui le tiennent en place.
- Une tige saillante au dehors de l’autre bout du tube est maintenue dans cette position par un ressort à boudin; mais, quand on appuie avec te doigt sur cette tige, elle comprime une éponge placée au fond du tube . et force l'encre à couler en petite quantité dans le bec de la plume.
- Le bout inférieur de cette plume se ferme par un couvercle, quand on cesse de s en servir.
- Les becs de plume qu’on adapte au tube de meta! sont taillés mécaniquement. IM. Pradier a imaginé les outils nécessaires pour diviser chaque tuyau de plume en deux moitiés parfaitement égales, suivant sa longueur, pour couper ensuite chaque moitié en quatre liées, et enfin pour tailler et fendre chacun de ses becs par les deux bouts.
- U vend 1 franc 50 centimes une petite boite contenant cent becs de plume.
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- Aciers Jondus} aciers Clonet et aciers de Damas.
- ii nous reste à vous parler, Messieurs, des essais nouveaux que M. Pracher vient de faire.
- Jusqu’ici l’acier fondu a été estimé, sur-tout à cause de sa parfaite homogénéité. On pourrait penser que les aciers de l’Inde ou les aciers d'alliages divers, qui offrent des apparences très-différentes dans l’arrangement, si ce n’est dans la nature de leurs différentes molécules, ne sont pas aussi homogènes qu’on doit le désirer pour les tranchans très-fins et très déliés de certains instrumens de coutellerie; mais ce que personne ne révoquera en doute, c'est que Y acier damas, de Clouet, qui se compose, comme chacun sait, d'un mélange de divers aciers ou de fer et d’acier, est loin d’avoir cette qualité. Cet acier convient parfaitement quand on fabrique des lames qui doivent être en même temps très-élastiques et très-résistantes ; mais, si l’on veut une lame à trancher, Clouet dit positivement qu’il faut employer de l’acier fin ou de l’acier fondu pour en former le tranchant (1). M. P radier, convaincu de cette vérité, ne s’est pas occupé jusqu’à présent de fabriquer des lames damassées, suivant la méthode de Clouet; mais si les besoins du commerce, les fantaisies du luxe on les caprices de la mode le demandent, il vient de prouver, par des ‘essais dont nous allons vous rendre compte, qu’il pourra aussi se livrer avec succès à cette fabrication.
- M. P radier nous a montré des couteaux de table, des rasoirs et une blinde couteau de 36 centimètres de longueur, qu’il a fabriqués eu acier-damas de Clouet, et dont les surfaces, à l’exception des bords du tranchant, sont recouvertes de ces figures variées qu’on remarque sur les lames orientales.
- Tous ces objets sont sous vos yeux; la longue lame a été soumise par nous à des épreuves dont les résultats sont trop remarquables pour que nous ne nous empressions pas de vous les faire connaître.
- Cette lame longue et mince a un tranchant fin qui permet de 1 ’emplovn pour tailler une plume ou raser la barbe, et elle réunit plusieurs qualités qui paraissent s’exclure réciproquement, une grande ductilité, qui a permis de la réduire à une très-petite épaisseur, et l'élasticité la plus grande jointe à la plus grande dureté.
- Nous avons plié cette lame cireulairement autour d’une bouteille ordinaire, c’est-à-dire autour d’un cylindre qui n’avait qu’un décimètre environ dedia-
- i "Voyez Y Instruction sur la fabrication des lames figurées dites damas, par Clouet. tournoi des Mines, tome XV, page 421.
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- mdre, et elle a repris d’elle-même sa première forme : cette épreuve, répétée trois fois, a été faite trois fois avec le même succès.
- Nous avons ensuite coupé avec cette lame, et d’un coup de marteau, un clou de 4 millimètres de grosseur, sans que la lame se soit ébréchée le moins du monde.
- Enfin nous avons essayé avec un marteau plus lourd de couper avec cette lame un petit barreau de fer de 8 millimètres d’équarrissage, et du premier coup le barreau a été coupé à la profondeur de 5 millimètres, et la lame, malgré la finesse de son tranchant, n’a pas éprouvé la plus petite breche.
- On se rappellera que cette lame de couteau est du damas de Clouet, c’est-à-dire que son tranchant est d’acier fondu, et que ses surfaces seules soni figurées comme les lames de Syrie (1).
- Coticlusions.
- Ici, Messieurs, finit la tâche que vous nous avez imposée.
- Nous vous prions de jeter les yeux sur les difïérens ouvrages que M. Pra-dier a exposés dans la salle de vos séances ; nous espérons que vous penserez, comme les membres du comité dont j’ai l’honneur d’être aujourd’hui l’organe, que M. Pradier, par ses nouveaux efforts, par ses nouvelles fabrications, par les outils qu’il a imaginés, enfin par ses derniers essais, mériterait une médaille, si cette honorable récompense ne lui avait pas déjà été accordée l’année dernière, et qu’il est digne de nouveaux éloges.
- Nous avons en conséquence l’honneur de vous proposer de lui donner un témoignage public de votre satisfaction, en faisant une mention honorable de ses fabriques, dans votre prochaine assemblée générale, et en ordonnant l’insertion de ce rapport dans votre Bulletin.
- Signé Baillet, rapporteur.
- Adopté en séance, le 20 mars 1822.
- (ij Depuis que ce rapport est rédigé, M. Pradier a fait fabriquer des lames de couteau et uni-lame mince de 36 centimèt. de longueur en acier fondu de Jaclison, de Saint-Étienne, qu’ii nous a dit avoir travaillées et trempées d’une manière particulière, et qui, soumises aux mêmes épreuves d’élasticité et de dureté que celles d1 acier-damas de Clouet, dont nous venons de parler, nous ont donné des résultats aussi satisfaisants ; ce qui mérite d’autant plus d’être remarqué, qu’il est bien reconnu généralement que l’acier fondu, le plus dur de tous les aciers, est aussi celui qui est le moins élastique,
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- 'Rapport fait par M. Baillet, au nom du comité des arts mécaniques, sur les fontaines forées (puits artésiens) et les instruments de sondage de MM. Beurrier, sondeurs-fontai-niers a Abbeville , département de la Somme.
- L’art de rechercher les eaux souterraines à l’aide de la sonde, et de les amener auprès ou même au-dessus de la surface du sol, est connu depuis long-temps en Europe et en Amérique.
- Bélidor a décrit , il y a déjà près d’un siècle (1), le puits foré du monastère de Saint-André, à une lieue et demie d’Aire, dont l’eau s’élevait à 4 mètres au-dessus du rez-de-chaussée, et qui fournissait par heure plus de cent tonnes d’eau.
- Cinquante ans auparavant, Cassini avait fait connaître (2) les eaux jaillissantes de la basse Autriche, les puits des environs de Modène et de Bologne, qui versent l’eau à gueule-bée, et la fontaine forée qu’il avait fait percer dans le fort Urbain , et dont l’eau montait au-dessus du sol, à une hauteur de 5 mètres, d’où elle retombait dans un bassin de marbre pour le service du public.
- L’Angleterre a aussi depuis long-temps, dans plusieurs comtés (3), des fontaines et des eaux courantes, qui n’existeraient pas si la sonde ne leur avait ouvert une issue au fond de puits plus ou moins profonds (4).
- L’Amérique elle-même possède des puits forés, comme le rapporte Darwin (5^ on voit à Hartfort, dans le Connecticut, un ruisseau créé par l’art et dont les eaux, qui n’ont point cessé de couler depuis plus de cent ans , proviennent d’un trou de sonde qu’on a percé dans un puits de 20 mètres de profondeur et dont on a agrandi l’ouverture par un coup de mine (6).
- (i) Science des Ingénieurs, liv. IV, chap. 12.
- (2} Voyez tes Mémoires de l’Académie royale des Sciences de Paris, année 1GG6, et le Traité publié en latin, en 1G91, par Bernardin Rarnazzini : De fonlium mutinensium admirandâ sca-turigine.
- ^ Le Lancashire, le Dorsetshire, l’Yorckshire, le Derbyshire, etc.
- (4) Voyez les Transactions de physique de la Société royale de Londres, les Essais sur l’agriculture d’Anderson, le Magasin de Tilloch, etc.
- (5) Voyez Philologia or the -philosophy of agriculture and gcirdening. London, 1800. Voyez aussi Travcls trough America. London, 1789.
- (G) L’Afrique peut aussi fournir des exemples de faits analogues. Voyez dans le Voyage en Barbarie. par Shaw, tome Ier., page 1G9, la description des puits qu’on perce au milieu des plaines immenses du royaume d’Alger, et du fond desquels l’eau sort avec impétuosité quand on a percé le liane de pierre semblable à de l’ardoise, qui recouvre ce qu’on appelle dans le pays bahar-taht-el-reel. nu la mer au-dessous de la terre.
- Vingt-u7iic:?ie année. Mars 1822.
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- Quelque publicité qu’aient eue les faits que nous venons de rappeler, quelque grands que soient les avantages que promet l’emploi de la sonde pour la recherche des eaux souterraines, la méthode des fontaines et des puits forés est restée propre à certains pays et ne s’est point propagée. En France, elle n’est encore bien connue que dans les deux départemens du Pas-de-Calais et du Nord, et ce n’est que depuis très-peu d’années qu’elle a été essayée avec un plein succès dans le département de la Somme (1).
- Persuadés, comme vous l’étiez, Messieurs, de toute l’importance et de toute Futilité de cette méthode pour découvrir, soit des eaux salubres qui pussent convenir à la boisson des hommes et des bestiaux, soit des eaux abondantes qui pussent servir à arroser les campagnes, et quelquefois à faire mouvoir des machines hydrauliques (2), vous avez voulu répandre l’usage des fontaines et des puits forés partout où il serait possible d’en établir, et c’est pour atteindre ce but qu’après avoir couronné l’auteur de la meilleure Instruction sur l’art de percer les puits forés ou artésiens, vous avez offert des médailles d’or aux agriculteurs, qui, dans un pays où ces sortes de puits n’existent pas encore, les auront fait servir à l’irrigation de leurs terres.
- Mais lorsque, pour rendre usuel un art aussi utile, vous offrez des palmes aux propriétaires qui voudront essayer de le mettre en pratique, vous ne devez pas oublier ceux qui l’exercent habituellement, et vous leur donnerez aussi des récompenses honorables s’ils se distinguent par leur zèle, leur habileté, leur expérience et leurs succès ; s’ils améliorent les procédés qu’ils suivent, s’ils inventent ou perfectionnent les outils et les instrumens dont ils se servent.
- C’est sous ces dififérens points de vue, Messieurs, que MM. Beurrier père et fils, sondeurs-fontainiers, ont paru mériter votre bienveillance.
- [ï] En is!G, AI. Traulié, procureur du Roi à Abbeville et correspondant de l’Institut, me fit l’honneur de me consulter et me demanda si je pensais qu’on pût obtenir à Abbeville, avec la sonde, des fontaines jaillissantes comme à Aire et à Saint-Omer. Je m’empressai de lui répondre qu’il m’était impossible de rien affirmer à ce sujet ; mais que la position d’Abbeville, que dominent au nord et au sud des collines crayeuses et des plaines élevées et très-étendues, me paraissait très-favorable pour ve genre de recherches , et que je contribuerais volontiers avec lui aux frais d’un premier sondage. AI. Traulié, qui réunit à des connaissances très-variées un grand amour du bien public, se décida à courir seul les risques de cette entreprise. Il fit venir plusieurs sondeurs de Saint-Omer, qui percèrent un trou de sonde au milieu de son jardin : le succès répondit à ses espérances. Le banc aquifère 'la craie) fut atteint à 12 mètres de profondeur, et l’eau qui en sort continuellement s’élève en jet à 7 ou 8 décimètres au-dessus des eaux de la rivière voisine : c’est de cette époque que date l’introduction de la méthode des fontaines forées dans le département de la Somme. Xote du Rapporteur.)
- fl) Le département du Pas-de-Calais offre plus d’un exemple de roues de moulin? qui sont mue? par les eaux réunies de deux ou trois fontaines forées.
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- Depuis cinq ans, iis ont percé avec beaucoup de succès un grand nombre de fontaines forées dans différens quartiers d’Abbeville; ils en ont fait plusieurs dans la vallée de l’Authie, à Doullens, et à Rouval près de Doul-lens : ils en ont percé d’autres dans la petite vallée de la Maie, à Crécj, à Rue, à Noyellc-sur-Mer. Ils en ont fait une aussi aux Andelys, département de l’Eure; mais les eaux de cette dernière fontaine ne se sont élevées qu’au niveau de la Seine.
- Nous n’entrerons ici dans aucun détail sur les différens terrains qui ont été traversés par les nombreux trous de sonde que MM. Beurrier ont percés pour la recherche des eaux, ni sur les difficultés qu’ils ont quelquefois rencontrées et qu’ils ont surmontées avec beaucoup d’habileté; mais nous croyons devoir vous rapporter le fait suivant, parce qu’il prouve en même temps l’utilité et les ressources de l’art du fontainier-sondeur.
- La fontaine forée de No y elle-sur-Mer, que nous venons de citer, a été percée dans un champ qui sert de pâturage et où l’on manquait d’eau. La sonde y a atteint le terrain aquifère (la craie) à 17 mètres environ de profondeur, et a ouvert une source abondante de bonne eau , qui s’est aussitôt élevée dans les buses. Cette eau est reçue dans un bassin creusé exprès et disposé pour servir d’abreuvoir aux bestiaux : elle se tient ordinairement, «à marée basse, à la hauteur de 2 mètres au-dessous de la surface du sol; mais à marée haute, elle s’élève presque jusqu’aux bords du terrain, et un clapet, convenablement placé sur l’orifice des buses , empêche l’eau de retourner vers sa source, et la conserve dans le bassin, quand la mer vient à baisser dans la baie de la Somme (1).
- MM. J)ciir rier se recommandent encore a votre attention par quelques perfectionnemens qu’ils ont apportés aux instrumens de sondage et notamment à ceux qu’on nomme tarauds, et qui servent à donner aux bouts des tuyaux ou buses la forme qui leur est nécessaire pour s’emboîter exactement les uns dans les autres.
- L’un de ces instrumens est destiné à former, à l’une des extrémités du tu vau, une gorge cylindrique creuse : il était employé depuis long-temps par les sondeurs-fontainiers ; mais MM. Beurrier y ont ajouté une vis de rappel et un double écrou, ce qui permet de faire varier la position du fer de
- (Ç Les différentes fontaines forées d’Abbeville sont aussi soumises à l'influence des marées et elles ont un flux et un reflux aux e'poques où la mer monte et baisse dans la rivière de Somme. La source d’eau douce du port de Bidlington, dans l’Yorckshire, qui a été ouverte par un trou de sonde, en i8i î, présente le même phénomène.
- K 2
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- l’outil à volonté, et de lui donner, selon l’expression technique, plus ou moins de mordant.
- Le deuxième instrument a été imaginé pour former, à l’autre extrémité des tuyaux, une sorte de collet cylindrique, destiné à entrer dans la gorge creusée par le premier taraud j on y remarque deux vis de rappel placées perpendiculairement l’une à l’autre. Une de ces vis sert à faire avancer le fer de l’outil parallèlement à sa longueur; l’autre le rapproche ou l’éloigne de l'axe du tuyau, pour donner à la surface cylindrique extérieure du collet un diamètre rigoureusement égal à celui de la gorge creuse qu’il doit remplir.
- Ces deux instrumens, dont nous avons fait faire les modèles pour la collection des machines de l’École royale des mines, sont employés depuis plusieurs années, avec beaucoup de succès, par MM. Beurrier; ils servent non seulement à faire, avec toute la précision désirable, les assemblages des tuyaux entre eux, mais encore, lorsque ces tuyaux ont été introduits dans le trou de sonde et enfoncés au mouton dans le banc aquifère, à tailler sur place l’extrémité supérieure des tuyaux, et à la joindre hermétiquement avec le fond de la cuve ou du réservoir en bois qu’on a coutume d’y adapter.
- Les emboîtages faits suivant cette méthode sont fermes, solides, invariables et complètement imperméables ; ils n’ont besoin d’aucune garniture ni d’aucun calfatage , comme cela était nécessaire quand on n’employait que le premier taraud pour creuser la gorge, et qu’on se servait du ciseau et de la plane ou d’autres outils analogues pour tailler le collet (1).
- Tels sont, Messieurs, les différens titres auxquels MM. Beurrier vous paraîtront sans doute mériter quelque témoignage honorable. Nous avons l’honneur de vous demander de renvoyer à l’examen de votre Commission des médailles la proposition de leur accorder une médaille d’encouragement pour les outils qu’ils ont perfectionnés et pour les nombreuses fontaines forées qu’ils ont faites depuis peu d’années dans les vallées de la Somme, de LAuthie et de la Maie.
- Signé Baillet, rapporteur -
- Adopté en séance, le § février 1822.
- [i ) Voyez ci-après la description de ces deux instruments.
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- Description de deux instrumens appelés tarauds ou tarières
- d’embase, et qui servent a faire les emboîtages des tuyaux
- des fontaines forées.
- Explication des fig. de la Pl. 219.
- Eig. 1. Coupe sur la longueur ou par l’axe de deux tuyaux réunis par un emboîtage cylindrique à mi-bois.
- a b, Gorge cylindrique creuse, dans laquelle s’adapte avec précision le collet ccl, qui a le même diamètre.
- Fig. 2. Coupe sur la longueur d’un tuyau dont la gorge ou embouchure cylindrique est presque entièrement creusée, et dans lequel on voit en élévation l’instrument ou taraud mâle qui a servi à creuser cette gorge.
- Fig. 3. Élévation du même instrument, perpendiculaire à celle de la
- fg- 2-
- Fig. 4. Plan de cet instrument vu en dessous.
- Fig. 5. Coupe prise au-delà de la vis de rappel.
- Fig. 6. Fer de cet instrument, en plan et en élévation ; le tranchant est en forme d’équerre pour couper en avant et latéralement.
- Fig. 7. Coupe sur la longueur d’un tuyau dont le collet cylindrique est presque achevé, et dans lequel on voit en élévation le second instrument ou taraud femelle qui a servi à faire le collet.
- Fig. 8. Élévation de cet instrument, perpendiculaire à celle de la ligure précédente.
- Fig. 9. Plan du même instrument vu en dessous.
- Fig. 10. Coupe prise au-delà de l’étrier.
- Fig. il. Fer du même instrument en plan et en élévation ; il a, comme celui de la fig. 6, deux tranchans en équerre pour couper le bois en avant et latéralement.
- Fig. 12. Manche des deux instrumens; il s’adapte au tenon k des fig. 2, 3, 7 et 8, et y est fixé par une cheville.
- Fig. 13. Plan du manche vu par l’un de ses bouts.
- Détails des fig. 2, 3, 4, 5 et 6.
- A B CD, Tuyau ou buse dont l'embouchure ou gorge cylindrique a b est presque entièrement creusée.
- ek, In strument ou taraud mâle servant à creuser la gorge cylindrique abx
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- il est formé d’une seule pièce de bois qui offre quatre parties différentes, savoir : le tourillon e, les deux embases^et g, et la tête hk.
- Le tourillon e a le même diamètre que le canal cylindrique du tuyau dans lequel on l’introduit; il sert de guide et d’appui à la lame tranchante de l’outil, quand on le fait tourner à l’aide du manche }Jig. 12.
- L’embase cylindrique/a un diamètre plus petit de quelques millimètres que celui de la gorge a b, qu’il s’agit de creuser ; elle est entaillée ou éehan-erëe latéralement en n pour loger le fer ou la lame / m, et recevoir les copeaux : la hauteur de cette embase est plus courte de plusieurs millimètres que la profondeur que doit avoir la gorge a b.
- La deuxième embase cylindrique g sert à déterminer la profondeur de la gorge, car l’outil cesse de mordre quand cette embase vient à toucher le bout CD du tuyau; elle a une rainure latérale o dans le prolongement de rentable n pour le passage de la lame, et une grande entaillep sur sa base.
- Un support q, en forme de fer à cheval, est fixé par quatre vis sur l’extrémité de l’embase g au-dessus de l’entaille p. La vis r de la lame l ni traverse ce support, et les deux écrous st servent à faire mouvoir cette lame suivant sa longueur, et à lui donner ainsi plus ou moins de mordant.
- La lame Im a deux tranchans en équerre , dont l’un coupe le bois du fond de la p-orçe, et dont l’autre éqalise la surface cylindriaue de cette qoree : ces deux tranchans doivent toujours dépasser de plusieurs millimètres le bout et le côté de l’embase.
- La lame Im est maintenue dans une position fixe par la pression de deux vis u u; les trous à travers lesquels passent ces vis sont oblongs, afin que la lame puisse être mue à l’aide des deux écrous st quand les vis un sont desserrées.
- Détails des fig. 7, 8, 9, 10 et 1 I.
- E F GI1, T uyau dont le collet cylindrique cd, jig. 1, est presque achevé.
- e k, Taraudfemelle servant à faire le collet cylindrique cd.
- e, Tourillon qui, comme dans le premier instrument, sert de guide et d’appui à l’outil quand on le fait tourner.
- j\ Première embase sur laquelle on fixe par des vis xx une grande virole cvlindrique en tôle yy} dont le diamètre intérieur est plus grand de quelques millimètres que celui du collet qu’il s’agit de faire : cette virole est formée d’une feuille de tôle épaisse de 3 millimètres, dont les deux bords longitudinaux z " sont repliés en dehors parallèlement l’un à l’autre, et contiennent la lame l m serrée par les vis u u.
- La longueur comprise entre l’extrémité de la virole et l’embase /est égale
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- à la hauteur cîc l’embase/des Jig. 2 et 3, ce qui détermine la hauteur juste que le collet doit avoir.
- Deuxième embase semblable à celle des Jig. 2 et 3 ; elle a 1°. une rainure latérale o dans le prolongement des bords zz de la virole , pour laisser passer la tige de la lame, et 2°. une entaille p sur sa base.
- La vis r de la lame / m traverse un support q, et les deux écrous s1 servent aussi à faire avancer ou reculer la lame parallèlement à sa longueur, de manière que le tranchant du bout de cette lame dépasse plus ou moins l’extrémité de la virole.
- b' c', Etrier fixé par les vis a'cl' en dehors de la virole et en travers d e la lame.
- Une vis, e , dont le bout /' tient à charnière ou par une goupille à ia lame Im, traverse l’étrier, et ses deux écrous g lr servent à faire avancer plus ou moins en dedans de la virole le tranchant longitudinal de la lame; c’est par ce moyen qu’on parvient facilement à donner au collet cylindrique un diamètre exactement égal à celui de ia gorge cylindrique creusée avec le premier instrument.
- Lorsque la lame im a été placée dans la position convenable, à l’aide des deux vis /’ et e, on la fixe invariablement dans cette position par les deux vis u u. Les trous dans lesquels passent ces vis sont circulaires et assez grands pour que les tiges de ces vis n’empèehent pas les deux rnouvemens de ia lame parallèlement et perpendiculairement à sa longueur.
- La virole y y doit être échancrée en n en forme de quart de cercle , en avant et près de l’angle des deux tranchans delà lame lin, pour la sortir des copeaux.
- Détails des Jig. 12 et 13.
- La tète k des deux instrumens qu’on vient de décrire doit s’assembler à tenon et mortaise, et a l’aide d’une cheville, avec le manche Jig. 12. Lorsque ce manche est arrondi dans toute sa longueur et que toutes ses sections sont circulaires comme dans la Jig. 13, cet assemblage demande en outre deux onglets i i.
- Manière d'employer les tarauds ou tarières d’embase-
- Ces deux instrumens s’emploient de la même manière que les tarières qui servent à percer les tuyaux.
- Lorsqu’un tuyau est percé et qu’il s’agit de pratiquer à l’un de ses bouts soit une gorge, soit un collet cylindrique pour l’emboiler dans un autre tuyau . on ajuste et on fixe le tuvau horizontalement sur le banc de forerie ;
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- 011 y introduit le tourillon e du taraud mâle ou femelle, et à l’aide au manche, fi 12, on le fait tourner comme une tarière ordinaire : le tranchant du bout de la lame coupe les fibres du bois en travers, et le tranchant longitudinal coupe le bois latéralement, égalise la surface cylindrique concave ou convexe de la gorge ou du collet, et rejette les copeaux roulés dans l’échancrure; l’opération est terminée quand l’embase vient toucher le bout du tuyau.
- Extrait dune note de M. de Prony, sur un moyen de mesurei
- lejfet dynamique des machines de rotation, publiée en 1821 ;
- par M. Hachette.
- AL de Prony a exposé dans cette note le moyen qu’il a employé pour mesurer un effet dynamique partiel de l’arbre tournant d’une machine à vapeur, établie, à Paris, dans le bâtiment des eaux du Gros-Caillou. Le ba lancier de cette machine communique le mouvemement à un arbre horizontal, lequel le transmet à des pompes qui élèvent l’eau au sommet d’une tour: à 3G mètres au dessus de son niveau. Des expériences faites en janvier 1819, sous la direction de AI. Girard, de l’Académie royale des Sciences, avaient constaté qu’en une demi-heure , ees pompes élevaient 50 mètres cubes d’eau, et que l’arbre qui les mettait en mouvement faisait seize à dix-sept révolutions par minute. L’effet dynamique utile qu’on obtient dans ce cas de la machine à vapeur est, par heure, de 100 mètres cubes d’eau élevés à 3G mètres, ou de 3600 unités dynamiques (chacune de 1000 kilogrammes élevés à 1 mètre). On brûlait par heure 38 kilogrammes de charbon d< terre , et, par conséquent, 2,G kilogrammes par force de cheval vapeur de 250 unités dynamiques. Al. de Prony a eu l’intention de reconnaître si la machine à vapeur était capable d’un plus grand effet dynamique, et pour résoudre cette question, il a fait usage d’un frein (fig. 14, PL 219), semblable à celui que j’ai décrit dans mon Traité des machines, édition de 1819 , page 33, et qui est représenté,^. 8, Pl. 2 de ce Traité. Il a appliqué ce frein sur l'arbre tournant de la machine à vapeur, et a maintenu la branche L K fig. 14 ) chargée d’un poids donné dans une position horizontale. On satisfait à cette condition, en rapprochant plus ou moins les mâchoires KL, AIN, au moyen de deux vis qui les traversent.
- Dans cette expérience, la résistance factice du frein s ajoute a la résistance du jeu des pompes, et pour la calculer, il suffit de connaître, 1°. le poids suspendu à la branche horizontale du frein ; 2\ la distance de l'axe
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- de rotation de l’arbre à la verticale passant par le point de suspension du poids. M. de Prony nous apprend que le poids était de 70 kilogrammes ; que la verticale du centre de gravité de ce poids passait à 2m,214 de l’horizontale qui sert d’axe de rotation; enfin que l’arbre tournant faisait dix-huit révolutions par minute. La circonférence sur laquelle est situé le point de suspension du poids étant de 4m,4 de diamètre, de 14 mètres en développement, le point d’application de la force, qui agit tangentiellement à la même circonférence pour faire équilibre au poids, décrit par minute dix-liuit fois 1 4 mètres, et par heure 3 5120 mètres. Multipliant cette longueur par 70 kilogrammes , et divisant par mille pour avoir des unités dynamiques, chacune de 1000 kilogrammes, élevés à un mètre, on a 1058 pour le nombre de ces unités. Cet effet partiel est équivalent à celui de quatre chevaux vapeur, chacun de 250 imités par heure, ou de 3 f chevaux, chacun de 288 unités dans le même temps (1). il s’ajoute à l’effet utile qui correspond à la vitesse de rotation de l’arbre faisant 18 tours par minute, et M. Girard ayant observé que pour la vitesse moyenne de 1 6 tours par minute, cet effet était, par heure, de 14-^- chevaux vapeur, sa valeur correspondante à la vitesse de 18 tours par minute, est à très-peu près 1 5 f chevaux vapeur.
- Ayant augmenté la résistance utile provenant du jeu des pompes, de la résistance factice du frein, il est entendu que, dans l’expérience de M. de Prony, on a aussi augmenté la puissance de la machine par l’élévation de la température de l’eau de la chaudière, et qu’on a réglé approximativement le poids et le levier du frein, d’après la force élastique de la vapeur, en ayant soin de ne pas dépasser les limites au-delà desquelles on pourrait occasionner la rupture des parois de la chaudière.
- Observations sur ïapplication du jrein à la mesure des effets dynamiques
- des arbres tournans.
- I.
- On voit par l’extrait précédent que dans l’expérience de M. de Prony le frein embrasse l’arbre, et tournerait avec lui, si le poids suspendu à sa branche horizontale ne le maintenait en équilibre. Cet appareil ne serait-il
- (i) Il est assez indifférent qu’on prenne pour la force du cheval vapeur 250 ou 300 unités dynamiques; mais ce qui est important pour l’estimation d’une machine à vapeur, c’est de connaître le temps nécessaire pour !a production de celte force, et le rapport du nombre d’unités dynamiques qui exprime sa valeur, a la quantité de charbon employée pour l’obtenir.
- Pingt-imième année. Mars 1822.
- L
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- pas d’un usage plus commode, si Ton substituait au poids la tension du ressort d’un dynamomètre, qu’on attacherait d’un.bout à la branche du frein et de l’autre à un point fixe hors de l’arbre tournant? On éviterait, par cette substitution, les tâtonnemens qu’il faut faire sur la position primitive du frein, pour que, dans l’état d’équilibre de ce frein, la branche qui porte le poids soit horizontale; quelle que fut cette position primitive, la tension du ressort mesurerait le poids qui fait équilibre au frottement. Dans la machine dynamométrique que j’ai décrite dans mon Traité des machines, le support du frein qui embrasse l’arbre est fixe; le dynamomètre qui mesure le frottement est attaché d’un bout à la puissance qui fait tourner l’arbre, et de l’autre bout au rayon de l’abre auquel cette puissance est appliquée. Les avantages qui résultent de cette dernière disposition sont, 1°. que le frein sert de collet à l’arbre tournant et donne de la stabilité à son axe de rotation ; 2°. qu’on peut multiplier les freins sur la longueur de l’arbre, et mesurer, par un seul système de ressorts, la tension qui correspond au frottement de plusieurs freins agissant simultanément; 3°. qu’on peut, par la multiplication des freins, mesurer la puissance des plus fortes machines à arbres tournans.
- IL
- Quel que soit le mode d’application du frein à la mesure d’un effet dynamique de rotation, on aura la mesure de cet effet dans un temps donné, en multipliant (a résistance qui est appliquée tangentiellement au cercle que décrit un point donné autour d’un axe de rotation, par l’espace que parcourt ce point dans le môme temps : d’où, il suit que la puissance qui fait tourner un arbre étant constante, il y a une résistance pour laquelle l’effet dynamique de la puissance devient un maximum, et qu’on pourra toujours déterminer cet effet maximum par l’application du frein à l’arbre tournant.
- III.
- Dans l’expérience de M. de Pronj, la puissance de la machine à vapeur a été augmentée par l’élévation de la température de l’eau dans la chaudière, et Fefiet dynamique total observé se composait, 1°. de l’ascension de l’eau au sommet de la tour du batiment du Gros-Caillou; 2°. du frottement du frein sur l’arbre tournant. Pour connaître le maximum d’effet total, il faudrait faire varier le frottement, en serrant plus ou moins les mâchoires du frein, et observer les changemens dans les quantités d’eau élevées; on déterminerait, par une suite d’observations, la vitesse de rotation de l’arbre pour laquelle la somme des deux effets partiels serait la plus grande.
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- IV.
- Lorsque la puissance est appliquée à un arbre tournant qui transmet son action à des pompes ou à toute autre espèce de machines, l’effet total de cette puissance, supposée constante, peut aussi se mesurer au moyen du frein, en substituant à toute la résistance utile, la résistance factice du frottement. Cette dernière résistance est déterminée par la condition que le nombre de révolutions de l’arbre tournant, dans un temps donné, soit le même pour l’une et l’autre résistance, agissant séparément. (Voyez mon Traité des machines, page 35, et les notes insérées dans les Bulletins des Sociétés d’encouragement et philomathique, cahiers de décembre 1811 et janvier 1812.)
- V.
- Plusieurs physiciens ont fait des expériences pour déterminer le rapport des poids qui mesurent le frottement et la pression correspondante; le frein à support fixe, que j’ai proposé, pourrait, par une modification facile à concevoir, indiquer la pression perpendiculaire à la surface de l’arbre tournant qui produit le frottement, et comme il donne la mesure de la force tangentielle capable de vaincre ce frottement, on aurait le rapport de la pression au frottement correspondant, pour les diverses valeurs de la vitesse de rotation de l'arbre tournant.
- Explication de la fig. 14, PL 219.
- A CB, Section transversale de l’arbre tournant.
- MN, Mâchoire du frein.
- L K, Autre mâchoire prolongée et portant â son extrémité un poids P.
- EL, DK, Tiges en fer taraudées, portant ies écrous D et E.
- p, q, r, s, Tasseaux de rechange qui frottent sur l’arbre tournant, et qu’on fixe sur les mâchoires MN, KL.
- Les diverses parties en fer ou en bois, qui composent le frein de M, de Prony, sont équilibrées de manière que le centre de gravité du système se trouve sur l’axe de l’arbre tournant, dont la section transversale est A C B. Le poids P, qui fait équilibre au frottement, s’ajoute à la masse du frein.
- On trouve dans le cahier des Annales de Chimie et de Physique, février 1822, pages 165-173 du tome XIN, la note de M. de Prony et la figure du frein qui s’y rapporte.
- L 2
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- ARTS CHIMIQUES.
- Recherches sur le dessin ou le moiré des aciers damassés y par
- M. Héricart cle Thury.
- M. le professeur Hachette publia en 1804, dans le Journal des Mines (1) et dans les Annales des arts et manufactures (2), une instruction sur la fabrication des lames figurées ou damassées, œuvre posthume de Clouet. Ce célèbre métallurgiste indiquait, dans cette instruction, trois méthodes pour faire toute espèce de lames figurées en étoffes d’acier, et au moyen de ces trois méthodes, il ne voyait, disait-il, aucune sorte de dessin quon ne pût exécuter. Ces méthodes , qu’il nous semble convenable de rappeler, sont, 1°. celle des lames parallèles y 2°. celle de torsiony et 3°. celle des mosaïques.
- La méthode des lames parallèles, encore suivie avec succès par plusieurs fabricans, consiste à creuser avec le burin une étoffe composée de lames parallèles. Ces creux et ces entailles, faits avec le burin, se remplissent et se remettent de niveau avec le reste de la lame dans le travail, et forment ensuite des figures composées de lignes à-peu-près parallèles, enfoncées les unes dans les autres.
- La méthode de torsion, la plus généralement employée pour la fabrication de nos beaux damas d’étoffe, consiste à faire un faisceau de différentes baguettes ou lames réunies soudées et corroyées ensemble, offrant un dessin qui ne s’aperçoit qu’au bout de la barre, qu’on tord à plusieurs fois sur elle-même et qu’on reforge pour la tordre de nouveau à plusieurs reprises, en la reforgeant et la corroyant chaque fois avec le plus grand soin, enfin qu’on refend, suivant son axe de torsion, pour développer les figures qu’on veut faire paivùtre.
- La méthode des mosaïques, qui est employée dans celle de torsion pour la composition des barreaux ou cylindres qu’on veut tordre, consiste à disposer et à ajuster à côté les unes des autres les différentes pièces dont on se propose de former un dessin; ces pièces doivent être longues, afin d’en former un faisceau qu’on puisse souder plus facilement. Lorsqu’il a été bien étiré
- Cl) Journal des Mines, tome XY, n°. 90. page 421; Instruction sur la fabrication des lames figurées, ou lames dites de Damas.
- (2) Annales des arts et manufactures d’Oreilly. tome XVII; sur l'art de fabriquer des lame? figurées, dites lames de Damas
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- et parfaitement ajusté, on en prend un bout qu’on incruste dans l’étoffe de la lame, et on forge le tout ensemble.
- Tel était naguère l’état de nos connaissances sur l’art de fabriquer les lames figurées, art entièrement français, dû au célèbre Clouet, puisque, le premier, il en a établi la théorie d’après des considérations géométriques à trois dimensions, dit notre collègue Hachette. Par l’application de ces principes dans la pratique, Clouet a en effet prouvé que, sans connaître les procédés des Orientaux, il pouvait fabriquer, avec des aciers naturels, et mieux encore avec des étoffes d’acier et de fer, des lames d’excellente qualité, parfaitement nuancées, et présentant, à sa volonté, tel ou tel genre de dessin ou de damassé. On conçoit comment il est possible de parvenir à un semblable résultat, puisque, suivant les dessins ou les figures qu’on veut obtenir, il suffit d’introduire, avec les divers aciers qui entrent dans la composition de l’étoffe, des lames ou des barres de fer doux, nerveux, lin, serré, bien corroyé et préparé, la réunion de différentes qualités de fer et d’acier donnant les dessins les mieux prononcés ou les figures les plus apparentes.
- Indépendamment de leur excellente qualité, de leur souplesse et de leur extrême élasticité, les lames à la Clouet (nous aimons à croire qu’on ne nous désapprouvera pas de les désigner du nom de l’homme de génie auquel nous devons l’art de les fabriquer) ont encore sur celles de l’Orient le précieux avantage de présenter, dans le corps même de l’étoffe, des dessins, des lettres, des inscriptions, et généralement toute espèce de figures régulières; tandis que celles de l'Orient, les plus estimées, n’offrent généralement que des dessins moirés, jaspés, fibreux, tourbillonnés ou cristallins, qui, quelque fins, quelque précieux qu’ils soient, ne sont jamais que l’effet mécanique d’une main habile qui a su plus ou moins ménager ou plus ou moins développer la contexture lamellaire ou cristalline de l’acier fondu, dont sont faites ces lames; et telle est la différence caractéristique des belles lames fabriquées suivant le procédé de Clouet et de celles de l’Orient tant recherchées.
- Aujourd’hui que nous sommes éclairés par la belle découverte de notre collègue Bréant, nous ne pouvons plus concevoir la valeur fantastique et vraiment imaginaire cpie les Orientaux peuvent attacher à ces mêmes lames.
- Les travaux auxquels nous avons été obligés de nous livrer pour déterminer et constater la nature et la qualité des aciers des lames damassées présentées à la Société d’encouragement, nous ont entraînés dans des recherches sur les différens genres de dessins ou moirés des lames figurées, soit qu elles fussent d’étoffe damassée, suivant les procédés de Clouet, soit qu’elles
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- aient été obtenues directement du travail de l’acier fondu, comme les lames orientales.
- Quelque incomplet que soit encore notre travail, nous croyons cependant devoir le faire connaître pour faciliter l’intelligence des descriptions ou des expressions employées dans nos précédens rapports.
- Nous sommes persuadés que d’après l’importante découverte de M. Bréant, les beaux résultats qu’il en a obtenus et les travaux auxquels se livrent en ce moment nos aciéristes, le sujet dont il s’agit sera bientôt approfondi, et que la question qui s’y rapporte, mieux étudiée, ne laissera plus rien à désirer.
- Pour parvenir à déterminer les différens genres de dessins des lames damassées, nous nous sommes d’abord attachés à bien caractériser les diverses contextures des fontes, des aciers et de nos variétés de fer, convaincus qu’elles doivent avoir une certaine influence sur celle des lames damassées
- Nous n’entrerons point ici dans le détail de tous nos essais et de toutes nos recherches ; nous nous bornerons à l’exposé de quelques-unes de nos observations, laissant à ceux qui voudront approfondir cette question le soin de faire eux - mêmes les rapprochemens et d’en comparer les résultats.
- Les fontes de fer présentent trois espèces distinctes : 1°. les fontes blanches, qui ont souvent l’apparence d’une cristallisation régulière, mais dont le plus souvent la cassure est lamelleuse, striée, parfois rayonnante et quelquefois ramifiée, ou imitant les feuilles de fougère; 2°. les fontes grise et noire. dont le grain varie pour la grosseur, la compacité, et la structure quelquefois un peu lamelleuse, sans être cependant cristalline, comme dans la précédente; et 3°. la f onte truitée, qui tantôt sur un fond gris présente des roses ou taches blanches, et tantôt au contraire, sur un fond blanc, présente des roses ou des taches grises (i).
- Les fers forgés ont été divisés d’après leur cassure, par Réaumur (2), en sept espèces, savoir : 1°. les fers à grandes lames plates; 2°. à lames moyennes; 3°. à petites lames; 4°. à lames et grains mélangés; 5°. à grains moyens ; 6°. à lames convexes; et?0, à cassure fibreuse.
- Mais d’après leur qualité et leurs propriétés, ces fers peuvent être réduits à cinq espèces (3), savoir : 1°. doux et mou; 2°. doux et dur; 3°. cassant
- (1) Rinman, Histoire de l’art du fer ; Bergman , Analyse du fer ; Tieman, Traité des forges.
- (2) Réaumur, Art de convertir le fer forgé en acier.
- (3) Hassenfratz, Sidéroteehnie , ou Art de traiter les minerais de fer pour en obtenir de la fonte, du fer ou de l’acier. Paris, 1812.
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- à froid; 4°. brisant à chaud, et 5°. aigre, c’est-à-dire cassant à froid et brisant à chaud. Les deux premières espèces seulement peuvent être converties en acier.
- Quant à la contexture ou à la cassure des aciers et à leurs diverses espèces, nous croyons les avoir suffisamment fait connaître dans les considérations générales qui précèdent notre rapport sur les aciers de M. Sir-Henry. Ainsi nous nous bornerons à rappeler que, quelle que soit la nature de l’acier, soit de fusion, de forge, soudable, brut ou naturel, soit de cémentation, soit enfin d’acier fondu, sa cassure est toujours grenue, plus ou moins fine, quelquefois fibreuse ou nerveuse, et quelquefois aussi cristallisée confusément comme dans le woolz des Indiens, et les aciers fondus de M. Bréant, ou ceux que nous a présentés M. Sir-Henry. (Hoy. les fig. I, 2 et 3, Pl. 220.)
- Enfin, et ainsi que nous l’avons déjà fait dans le rapport précité, nous rappellerons ici le fer natif ou fer météorique de certaines pierres atmosphériques, dont la cassure, lavée dans l’acide nitrique, présente des parties noirâtres en creux et d’autres blanches en relief, se rencontrant et se pénétrant d’une manière régulière. Ces parties forment entre elles des triangles et un arrangement particulier qui indique dans la masse une loi de cristallisation qui a lieu sous des angles de 60 et de 120 degrés, ainsi que nous avons cherché à l’exprimer dans l’échantillon de la figure 4 (1).
- D’après ce que nous venons d’exposer sur la contexture des différentes espèces de fonte, de fer et d’acier, il est évident que les lames fabriquées soit d’une seule espèce, soit du mélange de deux ou plusieurs espèces de diverse nature, toutes les conditions étant égales d’ailleurs, doivent présenter, dans la qualité, les propriétés et la contexture ou le damassé, des différences plus ou moins prononcées. C’est en effet ce que Clouet avait si bien énoncé, lorsqu’il avait recommandé de mélanger, dans la composition des lames figurées, divers aciers doux, nerveux, fins, serrés et bien corroyés, avec des fers de bonne qualité et des lames d’acier fondu; leur réunion devant, disait-il, d’après la différence de leur contexture, produire les dessins les plus variés, ainsi que nous allons le faire voir dans les exemples suivans.
- La fabrication de la coutellerie et des armes blanches en étoffes d’acier de différentes espèces est déjà très-ancienne. Nous avons examiné des lames d’épée, de sabre, de cimeterre et de poignard de vieille origine, travaillées avec
- '0 Note sur un aérolithe tombé en Moravie et sur une masse de fer natif tombée en Bohème : par M. Gillet de Laumonl, inspecteur général des mines. Journal des Mines, tome XXXYIII, page 232-, et Bulletin de la Société d’encouragement, 14e année ( îS15 ), p. 221.
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- le plus grand soin et avec une perfection admirable : lavées à l'acide nitrique, ces lames nous ont présenté des dessins moirés, tordus et contournés, qui annoncent qu’à une époque reculée on suivait les mêmes procédés que nous pratiquons aujourd'hui; mais comme alors on tenait probablement plus au poli de l acier et au glacé métallique qu’à la figure des élémens ou des barreaux d’acier, toutes ces lames parfaitement brunies recevaient ensuite un beau poli, qui masquait et faisait entièrement disparaitre leur moiré ou damassé. Au reste, quelque ancienne que puisse être la fabrication des lames d’étoffe d’acier damassé, Clouet n’en sera pas moins toujours le premier qui ait déterminé rigoureusement et même géométriquement les principes d’après lesquels on doit agir pour obtenir à volonté tel ou tel genre de dessin, et c'est en effet à lui qu’on doit la manière de faire les figures régulières dans les lames damassées.
- M. Degrajid-Giirgcj- a élevé, depuis plusieurs années, à Marseille, une lubrique de lames figurées qui sont très-recherchées dans le commerce, qui ont même le plus grand succès dans le Levant. Les lames de M. Degrand-Gur-gej, comme nous l’avons dit dans nos deux rapports insérés dans les Bulletins de la Société, n05. CXC, 1820, et CC, 1821, présentent un beau moiré ou dessin à lignes fines, contournées et parallèles, formant des jaspures et des figures irrégulières très-variées, qui se confondent entre elles ou entre des lignes sinueuses et rubanées, qui les enveloppent sous des nuances métalliques plus ou moins prononcées, et qui sont séparées entre elles par des filets blancs argentoïdes. M. Garnier, ingénieur au Corps royal des Mines, auquel la Société a décerné, dans sa séance générale du 3 octobre 1821, le prix pour le manuel des puits artésiens, a bien voulu se charger de rendre l’effet des différées dessins damassés des lames figurées, que nous aurions desespéré de pouvoir jamais exprimer et bien faire ressortir, sans le concours de son talent et de celui non moins précieux et non moins distingué de M. Leblanc, dont la Société est journellement à portée d’apprécier le mérite, dans les planches dont il enrichit le Bulletin. On peut, d’après la figure 5, qui présente un fragment d’un magnifique kandjar ou poignard persan, juger de la beauté du dessin des lames de M. Degrand-Gurgej’, qui a trouvé le secret d’en relever l’effet, déjà si admirable, par l’introduction du platine dans ses étoffes. Ses damassés se distinguent encore par les lettres, les légendes et les inscriptions qu’il y insère; mais ce que nous avons vu de plus parfait et de plus remarquable en ce genre est un joli médaillon d’étoffe d’acier platiné (jfig. 6), qui présente, à travers les veines marbrées de son damassé, un beau profil de la tête du roi.
- MM. CouleauDc, de Kiingentbal, qui obtinrent à l’exposition du Louvre
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- en 1819 une médaille d’or, fabriquent depuis long-temps dans leur célèbre manufacture des lames figurées d’étoffe damassée à grande moire, du plus bel effet, et que nous assimilons au damassé de M. Degrand- Gurgey. Han-dermonde, dans son traité des armes blanches (1), a décrit les procédés usités à Kiingenthal pour la fabrication des lames figurées.
- Il est impossible de déterminer à quelle époque la fabrication des étoffes d'acier a été introduite dans la coutellerie : elle doit être déjà très-reculée., si nous en jugeons par les lames de vieille origine que nous avons examinées, Plusieurs de ces lames , sous une surface rouillée et endommagée par une forte oxidation , nous ont offert des dessins damassés , largement rubanés , dont les veines blanches et argentines , ondulées , enlacées ou enroulées, annonçaient que ces lames avaient été fabriquées suivant la méthode de torsion : nous en donnons dans la fi g. 7, Pi. 220, un exemple qui nous a d autant plus frappés que nous avons trouvé plusieurs lames d’un damassé absolument semblable dans l’ancienne coutellerie de M. Sir-Henry, avant qu'il ne se fût livré à ses travaux sur les aciers fondus. C’est à ce même genre de fabrication que nous rapportons encore les lames de sabre que divers fabri-?nns font en étoffe composée de plusieurs espèces d’aciers et dont la surface offre l’assemblage de différentes lames tordues et soudées ensemble. La /o:, . S présente un fragment d’un magnifique cimeterre de forme orientale , de la fabrique de M. Sir-Henry, composé de six lames d’acier, d’abord tordues ou roulées sur elles-mêmes, et ensuite forgées et soudées ensemble
- Les dessins figurés des lames orientales ou mieux d’acier fondu diffère zû. essentiellement de ceux des lames d’étoffe. La véritable cause du bel effet de Sein damassé a été long-temps pour nous un mystère; mais elle vient enfin de nous être révélée par notre collègue Bréant. Frappé de l’analogie du damassé que donnaient des alliages métalliques très-différens, tandis que des alliages semblables faits dans les mêmes proportions, produisaient des damassés diversement figurés, ce savant chimiste avait conjecturé que le carbone devait avoir la plus grande part dans la production de ce phénomène, et nous avons nous-mêmes constaté cette vérité dans la série de nos expériences sur les aciers fondus de M. Sir-Henry, depuis la notice que M. Mérimée a publiée sur cette découverte.
- M. Bréant a présenté à la Société d’Encouragement des lames fabriquées en acier fondu, d’après son procédé, par M. Cardeilhac; tout le monde a pu en juger et en apprécier le travail et la beauté : pour nous, qui les avons
- ;i) Procédé de la fabrication des armes blanches, rédigé par Vandermonde, et publié par le Gouvernement. An II, 1 7 94.
- Vingt-unieme année. Mars 1822. M
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- comparées avec différentes lames orientales de la plus grande valeur, nous déclarons n’avoir pu trouver aucune différence entre elles, et que le damassé des lames de M. Bréant, dont on voit dans la Jig. 9 un échantillon dessiné avec le plus grand soin par M. Garnier, est tellement semblable à celui des plus belles lames orientales, qu’il nous est absolument impossible de les distinguer. Leur dessin est de la plus grande beauté : il est à veinules blanches argentoïdes, sur un fond gris bleu ; la jaspure est très-fine et très-déliée; dans quelques parties elle offre de fibres enlacées et contournées en dessins ronceux, très-élégans, tandis que, sur le tranchant, ces fibres sont légèrement ondulées , parallèles et plus ou moins prolongées. Quelques-unes de ces lames présentent, sur un fond bleu ou noirâtre, des lignes blanches croisées ou réticulées comme les mailles d’un filet, et nous les comparons aux dessins des lames orientales Cristallisées , parce qu’elles offrent, comme elles, des ramifications de feuilles de fougère, ou mieux, semblables aux dendrites cristallines du wootz et des régules métalliques, ou à celles qui se forment en hiver, pendant les gelées, sur les vitres des appartenions dont l’air est échauffé. Enfin M. Bréant a réussi jusque dans le beau glacé métallique des lames ( giohar ou Jlowering des Anglais ) , et celui qu’il donne à ses lames est au moins égal, s’il n’est même plus beau que celui des plus belles lames orientales.
- M. Sir-Hemy, en travaillant les aciers fondus et en les soumettant à diverses préparations, a fait de son côté, comme nous l’avons dit dans notre rapport, des lames damassées de très-bonne qualité, dont le dessin n’a pas, il est vrai, l’élégance de celui des lames de M. Bréant, mais qui a également une très-grande analogie avec celui de certaines lames orientales.
- Le damassé de ces lames, dont la Jig. 10 présente un échantillon, offre un dessin égal, d’une jaspure uniforme, à petits fdamens blancs, tantôt suivis et tantôt interrompus, plus ou moins contournés et plus prolongés vers le tranchant, auquel ils sont presque toujours parallèles. Examinée avec une forte loupe, la contexture des lames de M. Sir-Henry ressemble beaucoup à certains damas orientaux noirs, dont nous avons représenté un tronçon, Jig. 1 1, et qui semblent être composés de parties fibreuses d’un gris métalloïde, légèrement contournées ou ondulées, sur un fond noir. Cette même contexture des damas noirs est plus ou moins développée dans les lames de la fabrique de M. Sir-Hemy, et c’est ce que M. Garnier a parfaitement rendu dans les Jig. 12, 13, 14 et 15.
- L’examen que nous avons fait de ces différentes variétés de damassé de M. Sir-Henry nous a amenés à penser que le développement de la contexture est déterminé par le degré de préparation auquel cet artiste soumet ses
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- aciers, et que par cette raison il peut réellement faire varier le damassé à sa volonté. Enfin ses lames présentent souvent, comme les damas orientaux , au milieu des parties les mieux damassées , quelques places unies , blanches , lisses et compactes , qui n’offrent aucun dessin , et qui semblent avoir entièrement perdu leur contexture fibreuse dans le corroyage de la lame, ainsi qu’on le voit fig. 13.
- Explication des figures de la PL 220.
- I. Aciers fondus.
- Fig. 1. Acier indien , wootz, dans lequel on aperçoit une cristallisation confuse, ou une certaine disposition régulière dans les molécules.
- Fig. 2. Acier fondu de M. Sir-Henry, présentant dans sa cassure une cristallisation confuse et laminaire.
- Fig. 3. Acier fondu de M. Sir-Henry, refroidi lentement dans le creuset, cristallisé dans le bas du culot, et grenu dans le haut.
- II. Fer natif météorique.
- Fig. 4. Fer natif dans une pierre atmosphérique. Il présente un certain arrangement de parties blanches cristallines qui se rencontrent sous des angles de 60 et de 120 degrés.
- III. Aciers d'étoffe damassés.
- Fig. 5. Kandjarou poignard persan, d’acier d’étoffe platiné, de la manufacture de M. Degrand-Gurgey, de Marseille.
- Fig. 6. Médaillon d’acier d’étoffe platiné, qui présente à travers la marbrure de son damassé un profil de la tête du Roi, indiqué par des lignes ponctuées ; de la fabrique de M. Degrand-Gurgey.
- Fig. 1. Lame d’acier tordu d’étoffe damassée, à grande moire ou veines rubanées, de vieille origine et de fabrique inconnue.
- Fig. 8. Cimeterre de forme orientale, en étoffe d’acier de différentes qualités, de M. Sir-Henry.
- IV. Aciers fondus damassés.
- Fig. 0. Lame d’acier fondu présentant, sur un fond sablé gris, de charmantes veinules blanches argentoïdes, très-fines , très-déliées et très-élégantes , parallèles , et légèrement ondulées sur le tranchant ; ce damassé est également celui des plus belles lames de l’Orient et des beaux damas de
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- iM. Bréant, qui sont tellement identiques avec ceux de FOrient qu on ne peut les en distinguer.
- Fig. 10. Lame de M. Sir-Henry, en acier fondu, à fond gris, présentant un dessin égal, d’une jaspure uniforme, à petits filamens d’un blanc argentin, tantôt suivis, tantôt interrompus, plus ou moins contournés, enroulés et parallèles. sur-tout sur le tranchant.
- Fig. 11. Grande lame orientale d’acier fondu, d’origine inconnue. Ce beau damas, à fond noir, présente des veinules grises, fibreuses, croisées ou enlacées comme les fibres du tissu réticulé ou cellulaire de l’écorce intérieure du
- ùUeuI,
- Fig. 12, 13, 14 et 15. Essais d’acier fondu de M. Sir-Henry, à fond non tl ? veinules grises fibreuses , comme dans le damas précédent , mais qui en liftèrent cependant par les proportions et dimensions des fibres, lesquelle; varient suivant les divers degrés de préparation ou de cémentation de?
- aciers.
- La lame noire damassée à petites fibres,^g-. 13, présente, comme quelque •< dîmes orientales, des parties unies et qui n’offrent aucun dessin. Ainsi on s oit, sur le tranchant et au dos de cette lame, des veines qui ont entièrement [c relu leur tissu fibreux dans le corrovaçe.
- Jxxpfôlt fait par M. Mérimée, au nom d une commission spermie sur les mesures à prendre relativement a la publication du travail entrepris pour découvrir le procédé des aciers damassés de rInde.
- messieurs, vous nous avez chargés d’examiner une question assez impôt faute, élever à l’occasion des découvertes faites par notre collègue M, B rca; a. v-r la fabrication des aciers damassés.
- Convient-il de faire cette publication par la voie ordinaire du Bulletin, d' manière qu’elle soit également profitable aux fabricans étrangers er os nôtres , ou bien ne devrait-on pas prendre quelques précautions , coins ! intérêt do notre industrie, pour assurer à nos manufactures l’avantage <1 êfi\
- I premières a connaître un procédé dont la découverte a été entreprise pour
- J gC /
- Vos commissaires, messieurs, sc sont reunis pour approfondir cette question . et après avoir de nouveau examiné quelques-uns des échantillons cru vous ont été présentés, ils ont d’abord félicité notre collègue sur ic ••noces qu’il a obtenu. Ils ont reconnu en effet qu’il v a identité ou du moins
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- ressemblance parfaite entre ses aciers damassés et ceux des lames orientales ; ainsi vous pouvez maintenant vous flatter que le problème auquel vous attachiez beaucoup d’importance est pour la première fois complètement résolu.
- Les avantages qu’on peut retirer de cette découverte ont été unanimement reconnus : car, en supposant ciue le prix extraordinaire que les Orientaux attachent à leurs armes damassées soit fondé sur des qualités imaginaires i qu’on puisse faire de meilleures lames avec nos aciers corroyés d’Euroom il n’en résulterait pas moins un très-grand avantage pour notre commerce , si nos fabriques d’acier pouvaient pendant quelque temps profiter du préjugé existant et envoyer dans le Levant des pacotilles d’armes qui seraient recherchées de préférence à celles des autres manufactures de l’Europe.
- Dans tout le cours de la discussion qui a eu pour objet d’éclaircir ia question d’économie politique que vous avez posée, il n’y a pas eu de dissentiment d’opinion : chacun de vos commissaires a d’abord reconnu en principe,
- Que tout travail entrepris par suite de vos arrêtés doit en généra! cire rendu public ;
- Que les travaux de la Société ayant pour objet ia prospérité de nos manufactures, il ne convient dans aucun cas de faire le monopole des découvertes résultant des travaux qu’elle aurait ordonnés.
- Mais on a reconnu en même temps que la Société irait contre le but de son institution , en ne prenant pas quelques précautions pour que les travaux entrepris dans l’intérêt de notre industrie lui soient profitables.
- Passant ensuite à l’application de ces principes , il a paru évident qu’en publiant le travail de M. Brêant dans le Bulletin de la Société, on sacrifiera nos fabriques aux fabriques étrangères, qui, plus expérimentées que les nôtres, sont aussi mieux approvisionnées de tout ce qui est nécessaire nom profiter d’une découverte.
- On agirait donc mieux dans l’intérêt de notre industrie en ne faisant connaître les procédés découverts qu’à cc-ux de nos fahricans qui sont présumés les plus capables d’en tirer parti, parce qu’ils ont tous les movens de réussir ; et pour que cette précaution ne fût pas illusoire, la communication ne devrait être faite qu’à ceux qui s’engageraient à faire en grand des expériences dont ils vous rendraient compte, et qui, par des succès antérieurs , éloigneraient i idée qu’une vaine curiosité les ait portés à vous demander de leur faire connaître le procédé,
- Enfm on a pensé que , malgré la beauté des résultats du travail de notre collègue, ses procédés doivent encore se perfectionner lorsqu’ils seront
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- appliqués en grand ; et que l'honneur de cette Institution , autant que l’in-térêt de notre industrie , demandaient qu’on ne les publiât que lorsqu iis auront toute la perfection dont ils sont susceptibles.
- Tel est, messieurs, le résultat de l’opinion unanime de vos commissaires. Si vous l’adoptez, l’exécution de ce qu’ils ont à vous proposer ne doit présenter aucune difficulté.
- D’abord les procédés découverts par M. Bréant seront décrits le plus clairement qu’il sera possible.
- Il sera donné connaissance des résultats qu’il a obtenus aux chefs des principales fabriques d’acier, de celles, par exemple , qui dans les expositions publiques ont obtenu des prix. L’offre leur sera faite de leur donner communication des procédés à l’aide desquels notre collègue est parvenu à produire de l’acier parfaitement semblable à celui de l’Inde ; et l’on n’exigera d’eux que la promesse de les mettre incessamment en pratique en grand , et de rendre compte des résultats obtenus.
- Les fabricans qui accepteront seront adressés par le conseil à M. Bréant, chez qui ils pourront par eux-mêmes ou par leurs délégués prendre copie de ïa description des procédés et recevoir de l’inventeur les explications qui seront indispensables; car quelque soin qu’on apporte à détailler toutes les circonstances d’une opération, on fait presque toujours des omissions.
- Enfin il sera écrit au Ministre de l’intérieur, pour informer Son Excellence de l’heureuse issue du travail auquel il a bien voulu coopérer,* et en lui faisant connaître toute l’importance du succès, on ne lui laissera pas ignorer que c’est à notre collègue M. Bréant & qui nous en sommes particulièrement redevables.
- Signé Mérimée, rapporteur.
- Adopté en séance, le 3 avril 1822.
- éSouvEAu moyen de préserver le fer et l acier du la rouille;
- pareil. Aikin.
- Les diverses tentatives qui ont été faites jusqu’à ce jour pour garantir le fer et l’acier de l’oxidation, ont eu peu de succès. Les substances grasses ou résineuses forment ordinairement la base des préservatifs qu’on a proposés dans ce but ; mais les premières rancissent et produisent un acide qui attaque le fer; les autres , en se gerçant par la chaleur, permettent à 1 humidité de pénétrer jusqu’au métal : dès que l’oxidation se manifeste, le fer augmente de volume et le vernis tombe par écailles.
- C’est pour remédier à ces graves mconvéniens que 1 auteur a fait des
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- essais qui l’ont conduit, à considérer le caoutchouc ( gomme élastique ) fondu comme le meilleur préservatif contre l’oxidation du fer et de l’acier. Cette substance n’est pas sujette aux influences atmosphériques; elle conserve à toutes les températures sa consistance résineuse et élastique ; elle adhère très-fortement à la surface du fer, et peut ensuite être facilement enlevée avec un chiffon.
- Des plaques de fer et d’acier à moitié recouvertes d’une couche très-mince de caoutchouc fondu et déposées pendant six semaines dans un laboratoire étaient, au bout de ce temps, presque entièrement corrodées dans leurs parties nues, tandis que celles qui étaient protégées par le caoutchouc n’offraient aucune altération.
- On prépare le caoutchouc en l’introduisant dans un vase fermé , de cuivre, qu’on place ensuite sur le feu ; il se fond à la même température que le plomb. Lorsqu’il est fluide, on le remue avec un agitateur horizontal, dont le manche s’élève au-dessus du couvercle, pour empêcher qu’il ne s’attache au fond ; on l’étend ensuite avec un pinceau sur la planche de métal, qu’on pose debout afin que le caoutchouc surabondant puisse s’écouler.
- M. Perkins, inventeur de l’art sidérographique, dont nous avons parlé dans notre Bulletin de juillet 1820, page 208, a perfectionné ce procédé en faisant dissoudre le caoutchouc dans l’huile de térébenthine. Le vernis qui en resuite, après qu’on l’a convenablement laissé sécher, est ferme et ne s'altère pas par i’humidité. On l’enlève en se servant d’un pinceau très-doux plongé dans de l’huile de térébenthine chaude,
- M. Perkins a employé avec avantage cette espèce de vernis pour conserver intactes ses planches gravées sur acier.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Pore sur des chaudières à sucre d une nouvelle forme.
- Le Ministre de 1 intérieur a adressé à la Société, avec une note et un dessin relatifs à des changemens proposés dans la construction des oreilles ou tourillons des chaudières à sucre , une lettre par laquelle le Ministre de la marine et des colonies, d’après l’avis du gouverneur de la Guadeloupe et du président du Comité consultatif de cette colonie, a émis le vœu que les fabricans d’ustensiles de fer expédient à la Guadeloupe quelques chaudières faites suivant le nouveau modèle.
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- Pour répondre au désir de Son Excellence, la Société a arrêté que la note dont il s agit serait publiée dans le Bulletin, où les fabricans pourront prendre connaissance des modifications à apporter à la forme des chaudières à sucre Voici cette note telle qu'elle nous a été transmise.
- L expérience a démontré que, pour hâter l’évaporation, il faut que le-chaudières à sucre soient scellées sur les fourneaux, de manière que le feu puisse agir sur toute la surface extérieure. 11 est par conséquent indispensable de changer le système des oreilles ou tourillons, qu’on plaçait à 5 ou 6 pouces au-dessous des bords, pour servir à la pose des chaudières sur les fourneaux ; ce qui obligeait d’envelopper de maçonnerie toute la surface comprise entre les tourillons qui portent sur le revêtement du fourneau et le bord supérieur de la chaudière, ainsi qu’on le voit fig. 15, PL 219, qui représente la coupe d’une chaudière construite d’après le mode actuel,
- Pour remédier à ce grave inconvénient, on propose de couler les chaudières avec un rebord de 5 pouces sur toute la circonférence , tel que l’indique la op , 16 : ce rebord servira a la pose de la chaudière sur le fourneau, sans qu on soit obligé d’envelopper de maçonnerie aucune partie de la surface ex téneure, ainsi qu’on le voit dans la même figure. Le feu circulera librement autour, agira par-tout avec la même intensité, et il y aura très-peu de calorique perdu. La forme hémisphérique est la plus convenable.
- Les chaudières en potin coûtent de 25 à 30 fr. les 50 kilog. de matière ; ou peut les faire construire à ce prix à Bordeaux ou à Nantes,
- Explication des fig. de la PL 219.
- Fig. 15. Coupe d’une chaudière à sucre établie d’après le système aetin-i.
- Fig. 16. Coupe d’une chaudière construite d'apres le nouveau mode
- Fig. 17. Plan de la même chaudière.
- A A, Fourneau ; B, chaudière ; C C , oreilles ou tourillons des chaudière,', maintenant en usage. DD, rebord qu’on propose de substituer à ces tourillons : ce rebord qui pose sur le bord du fourneau est percé tout autour de trous destinés à recevoir des vis à écrou, pour assujettir la chaudière.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HüZARD 'née A ALLAT LA CHAPELLE b rue de l’Éperon-Saint-Àndré-des-Arcs, n°. 7.
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- Y1NGT-UNIÈME ANNÉE. (N°. CGXIY.) AVRIL 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE,
- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 17 avril 1822.
- La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale s’est réunie le mercredi, 17 avril 1822, en assemblée générale, pour entendre le compte rendu des travaux du Conseil d’administration depuis le 18 avril 1821, et celui des recettes et des dépenses pendant l’année 1821. Plusieurs médailles d’encouragement ont été distribuées dans cette séance.
- Parmi les produits de l’industrie exposés dans les salles de la Société , on remarquait :
- 1 °. Des lames figurées de M. Brêant, montées avec goût par M. Cardeilhac, coutelier, rue du Roule , n°. 4, et qui sont les premiers essais de damas fabriqués en France ; cette nouvelle et précieuse branche d’industrie promet les plus heureux résultats.
- 2°. Di vers échantillons de marbre blanc statuaire et de marbre gris et noir, provenant des carrières découvertes dans le département des Hautes-Py rénées par M. Dumège, et dans les départemens du Nord et des Ardennes par MM. le baron Morel, Quivy et Bourguignon.
- 3°. Des poteries-grès de la fabrique de M. Laujorrois, au Montet, département de Saône-et-Loire ; ces poteries , d’une grande dureté , conviennent particulièrement aux fabriques d’acide, aux laboratoires de chimie, etc. (\'oyez Bulletin de février, page 53.)
- 4°. Des faïences émaillées d’or et agathisées, fabriquées par M. Morial, nie Travt rsière-Saint-Honoré , n°. 29 , d’après un nouveau procédé , dont
- Vingt-uniéme aimée. Avril 1822. N
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- M. Legros cV Anisy est l’inventeur. Ces faïences sont d’un très-bel effet et résistent au feu.
- 5°. Des boîtes et des nécessaires décorés de bordures et d’ornemens en doublé d or et d’argent, de la fabrique de M. Morin de Guêrivière , rue Chapon, n°. 2 bis. Ce genre de produit est recherché dans le commerce; il s’en fait des envois considérables à l’étranger.
- 6°. Une chaise en bois indigène avec ornemens en nacre de perle, de la plus belle exécution, présentée par M. TVerner, fabricant de meubles, rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. 126.
- 7°. Un fauteuil avec ornemens lithographiés, par M. Engelman, rue Louis-le Grand, n°. 27.
- 8°. Des tableaux peints par impression d’après un nouveau procédé dont M. Malapeau, lithographe, rue Mazarine, est l’inventeur.
- 9°. Des bijoux dorés, tels que chaînes, colliers, cachets et clefs de montres, etc., de la fabrique de M. Orbelin fds, rue aux Ours, n°. 23.
- 10°. Des échantillons de fil de lin teint en couleur écarlate, d’une grande vivacité, présentés par M. Maigret, négociant, rue Saint-Denis, n°. 134.
- 11°. Des légumes cuits et réduits en farine par M. Duvergier fils, rue des Barres-Saint-Paul, n°. 9 ; ces légumes, qui s’allient facilement avec le.vermicelle et autres pâtes, sont propres à donner en un instant de la purée.
- 12°. Une voiture mécanique, à l’usage des paralytiques et des autres malades, inventée par M. Dupont, mécanicien, à Rouen.
- 13°. Des chapeaux en baleine tramée d’osier, de la fabrique de M. de Ber-nardière, à Poissy, et dont le dépôt est établi boulevart Saint-Martin, n°. 8. Ces chapeux , très-légers et en même temps solides , conviennent pour la campagne,
- 14°. Un planisphère universel imaginé par 41. Brice, ingénieur-géographe, rue du Temple, n°. 38.
- 15°. Divers objets d’ébénisterie et de sellerie, provenant de la manufacture des apprentis pauvres et orphelins, rue du Faubourg-Saint-Denis , n°. 152 , tels que des planches formées de déchets de cuir et qui sont propres à entrer dans la composition de la chaussure , et des traits , soupentes et dossières composés des mêmes déchets , d’après un procédé pour lequel M. Dufort, rue J.-J. Rousseau, n '. 18, est breveté d’invention ; une toilette en bois indigène, imitant le bois de citron ; des caisses à fleurs et des seaux enduits de mastic de bitume, etc.
- 16°. Des barres d’acier naturel obtenu par la fusion immédiate , dans les forges et afhneries de M. Bernadac , à Sahorre , département des Pyrénées-Orientales.
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- I 7 . ! h petit instrument à réveil inventé par M. Laresche, horloger, Palais-Rv.vai , n • 167, et dont nous avons fait connaître le mécanisme dans le Bulletin du mois de février dernier, page 50.
- 18 . Un fusil de chasse à deux coups, fabriqué par M. Joseph Jourjon, aruuebusier à Rennes. Cette arme est un véritable chef-d'œuvre, tant sous le rappoi t de la sculpture de la crosse et de la monture que sous celui des ornemens en acier ciselé dont sont enrichis les canons , la sous-garde , la plaque de couche et les platines.
- <9°, Des tableaux transparens sur verre, présentés par M. Laharthe , rue de Paradis, n°. 39, faubourg Poissonnière.
- '20". Des peintures sur velours de M. J aiicliclet, rue Chariot, ir. 19, qui se distinguent par une exécution soignée et par la vivacité des couleurs.
- 21 . Divers objets de coutellerie et de nacre de perle de la fabrique de M. Pnulier, rue Bourg-l’Abbé, n". 22.
- La séance a été ouverte à sept heures et demie du soir sous la présidence de M. le comte Chaptnl, pair de France, qui a prononcé le discours suivant .
- - Messieurs , cette séance est consacrée à faire connaître à la Société les travaux qui ont occupé le Conseil pendant l’année qui vient de s’écouler, refat de ses recettes et de ses dépenses , et à vous soumettre les motifs qui ont déterminé les encouragemens qu’il vous propose de décerner.
- ’ Depuis son institution, la Société n’a pas dévié un instant des principes qu elle avait adoptés à l’époque de sa création.
- Instruire et encourager, tel est le double but qu’elle s’est constamment proposé.
- Elle remplit le premier :
- - 1e. Par les discussions qui ont lieu dans le sein du Conseil, et dans lesquelles l’artiste apporte le résultat de son expérience , et le savant le tribut de ses lumières.
- » 2:. Par les conseils qu’on transmet , par la correspondance , à tous ceux qui les réclament.
- , 3°. Par l'impression de tous les rapports qui présentent des vues nouvelles et d'un grand intérêt.
- 4°. Par la publication dans son Bulletin de toutes les découvertes nationale» ou étrangères.
- La Société ne se borne pas à propager l'instruction par ces seuls moyens ; elle connaît les lacunes que l’industrie éprouve encore dans plusieurs de ses branches, et elle cherche à les remplir , soit par des prix qu’elle propose , soit en formant dans son sein des commissions spéciales, qui se
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- livrent à des recherches avec un zèle presque toujours couronné de Succès : c’est ainsi que les travaux qu’elle a entrepris récemment sur la fabrication importante des aciers damassés en ont fait une opération sûre, facile et peu coûteuse, qui va enrichir notre industrie.
- » La Société n’a pas voulu se borner à répandre l’instruction dans les ateliers : elle a cru qu’elle pouvait exciter puissamment l’émulation des artistes, en désignant dans l’une de ses réunions solennelles ceux d’entre eux qui venaient de rendre à l’industrie les services les plus éminens.
- » Dans les choix qu’elle fait à cet égard , elle comprend les établissemens qui manquaient à la France, les découvertes qui nous enrichissent d’un produit nouveau , les procédés qui améliorent ou simplifient l’exécution , l’importation de méthodes inconnues chez nous.
- » Mais la Société s’est fait un devoir de n’accorder ses encouragemens qu’à des objets déjà jugés par le commerce sous le double rapport de la qualité et du prix ; elle n’adopte que ce qui a déjà reçu la sanction de l’expérience, et rejette tout ce qui ne porte pas avec soi un grand but d’utilité publique.
- » Néanmoins, lorsqu’une idée heureuse, un modèle ingénieux , un procédé qui promet des succès, sont soumis à l’examen de la Société, elle les accueille avec bienveillance, elle encourage les auteurs; et, comme dans la classe industrielle la fortune est rarement en proportion du talent, elle fait exécuter en grand et à ses frais les modèles et les procédés qu’elle a jugés utiles, pour en mieux apprécier les résultats. C’est ainsi que , par de bien faibles sacrifices , elle enrichit l’industrie et ouvre au génie une carrière qui peut-être sans cela lui eût été fermée pour toujours.
- » Tels sont les principes d’après lesquels se dirige la Société d’encouragement. : les services immenses qu’elle a rendus à l’industrie , ses ressources pécuniaires s’élevant chaque jour au-dessus de toutes les espérances , la confiance et la considération dont elle jouit ne lui présentent plus de difficultés à vaincre, plus de regrets à éprouver, et l’avenir lui promet la seule récompense qu’elle ait ambitionnée, les progrès toujours croissans de Vindustriefrançaise. «
- M. le baron de Géraudo, secrétaire, a pris ensuite la parole pour lire le rapport suivant sur les travaux du Conseil d’administration depuis le 18 avril 1821.
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- COMPTE RENDU des travaux du Conseil d'administration de la Société cV Encouragement, depuis le 18 avril 1821.
- Messieurs, il y a deux genres de prospérités pour l’industrie d’un pays : l’une , qu’on pourrait appeler à quelques égards artificielle, parce qu’elle est due en partie à des circonstances extraordinaires, comme celles qui procurent, par exemple, des débouchés forcés au dehors ; l’autre, qu’on peut à bon droit appeler naturelle, parce qu’elle dérive de causes inhérentes au sol, causes au premier rang desquelles il faut compter la liberté des fabrications elles-mêmes, la bonne direction donnée à leurs travaux, et les progrès des connaissances qui leur servent de flambeau.
- Le premier de ces deux genres de prospérités peut être gigantesque, mais il est sujet à de grandes vicissitudes; il est aussi toujours accompagné d’in-eonvéniens plus ou moins graves : le second s’obtient plus lentement , mais il est plus durable et rien n’en altère les avantages.
- Nous nous croyons fondés à reconnaître dans l’état actuel de l’industrie française le second de ces deux caractères. En effet, si elle jouit des faveurs inappréciables de la paix, les circonstances n’ont point encore donné aux grandes spéculations de notre commerce extérieur le développement qu’il nous est permis d’espérer dans l’avenir. Les causes de notre prospérité sont essentiellement intérieures et éminemment naturelles ; aussi , dans les progrès obtenus par l’industrie française depuis vingt-cinq années , progrès devenus encore plus sensibles depuis trois ou quatre ans , il y a trois circonstances particulièrement dignes d’attention pour les moralistes, pour les hommes qui cultivent la science de l’économie publique , et qui observent la marche des institutions sociales : 1°. la France n’a point offert cette lutte constante entre l’industrie manufacturière et l’industrie agricole qui afflige un pays voisin , et. qui tourmente sa législation , en faisant redouter pour l’une de ces branches la protection accordée à l’autre. En France, elles se sont développées ensemble , et loin de se contrarier, elles se sont prêté des secours mutuels. Si l’agriculture éprouve en ce moment quelques embarras, ils ne sont que l’effet momentané de l’extrême abondance des récoltes, et la prospérité des manufactures, en augmentant les consommations, tempère encore cet inconvénient : il n’v a pas de pays mieux cultivés parmi nous que ceux où les fabriques fleurissent. 2°. On ne se plaint point en France de voir l’activité de la production , quoique toujours croissante, dépasser les limites de la consommation , encombrer les marchés, contraindre de rechercher à tout prix des débouchés artificiels, et faire
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- craindre par leur cessation quelque grande catastrophe : tout suit à-la-fois ]a même progression, et l’aisance répandue dans toutes les classes vient offrir un emploi naturel aux objets versés dans le commerce. 8°. Enfin la multiplication de nos manufactures n’amène point à sa suite l’augmentation du nombre des prolétaires et les inconvéniens qui en résultent ; 1 introduction des machines n’a point avili les salaires : on ne voit pas, comme «dans un pays voisin , la masse des secours publics croître d’année en année auprès d’une industrie florissante, et les taxes des pauvres apporter, sous un nom déguisé , un supplément de salaire aux ouvriers. On n'a point lieu de s'affliger, comme ailleurs, que la présence et la réunion des ateliers favorisent la corruption des mœurs, mettent obstacle à l’éducation des classes inférieures et contraignent le législateur à venir au secours de l’enfance aveuglément sacrifiée par l’avidité qui spécule sur l’emploi de ses bras encore débiles ; au contraire, c’est le travail même qui prévient la misère chez les individus valides , ou qui v remédie. Jamais l’éducation des classes inferieures n’avait été en France l’objet de soins aussi actifs et aussi paternels, et nous aimons à proclamer ici lin fait honorable pour notre patrie et dont nous avons été les témoins oculaires. Dans les départemens les plus industrieux, ce sont ’ies chefs mêmes des grandes manufactures qui ont ouvert dans leurs propres établissemens et à leurs frais, soit des écoles pour les enfans de leurs ouvriers , soit des écoles d adultes [jour les ouvriers eux-mêmes : ce sont eux qui ont institué au milieu de leurs ateliers des caisses d’épargne et de prévoyance locales, pour exciter les ouvriers à l’économie et ieur en faciliter les moyens.
- La Société d’Encouragement peut se flatter d’avoir eu quelque part a ce développement de causes naturelles qui ont amené les résultats dont nous sommes témoins, et que nous espérons voir s accroître de jour en jour par in persévérance de ses efforts.
- D’apres son institution, elle y concourt principalement de deux mameies l’une consiste dans les concours qu'elle a établis et les recompenses qu’elle décerne; l’autre dans les communications et les publications dont elle est i organe ; mais elle y participe depuis quelque temps , sur-tout , sous deux autres rapports, par les expériences auxquelles elle se livre. et par ses rapports avec l’administration publique.
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- Procèdes récompensés ou appt omus
- Les concours par lesquels vous cherchez a provoquer Es recherches forment l’objet de votre séance d automne. Les médaillés par lesquelles
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- vous récompensez les découvertes qui ont eu lieu doivent être l’objet de rapports spéciaux dans le cours de cette séance : nous nous abstiendrons donc en ce moment de vous entretenir des uns et des autres; mais il peut être utile d’indiquer ici la suite et les effets qu’a eus ce premier ordre d’encou-ragemens, et de voir s’ils ont continué à fructifier,
- C’est ainsi que les divers échantillons de pierres lithographiques, qui ont été envoyés à la Société et qu’elle a soumis à des essais _, ont encore confirmé la supériorité de celles découvertes à Beîîev ( Ain) par M. Lefèvre, professeur de dessin, à Lyon, et auxquelles vous avez décerné le prix l’année dernière.
- C’est ainsi que M. Pradier, auquel vous avez donné une médaille d’or l’année dernière, a redoublé d’ardeur et d’activité pour perfectionner les divers produits de ses fabriques , les varier, les multiplier encore : il nous a présenté, dans une des dernières séances , de nouveaux ouvrages en nacre de perle, des rasoirs en acier fondu et des cuirs à rasoir, des couteaux et canifs de la même matière, des cachets à armoiries et à légendes mobiles, des plumes métalliques sans fin, à bec ordinaire, enfin des échantillons d’acier fondu, d’acier Clouet, et d’acier de Damas : il a fait plus, il vous a priés d’examiner dans tous leurs détails ses ateliers, ses magasins; il vous a admis dans la confidence de ses moyens, et vous avez pu applaudira l’accroissement progressif et rapide qu'obtiennent ses fabrications.
- La gravure en taille de relief, dont vous aviez cherché, par un concours, à provoquer le perfectionnement, et qui est en effet un auxiliaire si précieux pour l’imprimerie, a fait de nouveaux progrès; les essais de vignettes que M. Deschamps vous a présentés nous ont paru mériter d’être encore cités , indépendamment du talent du graveur, à raison de la perfection du travail et de l’économie des procédés employés pour varier les dessins et les adapter aux différens ouvrages pour lesquels ils doivent servir de décoration ; une récompense pécuniaire a été accordée à leur auteur. Une avance pécuniaire a été faite aussi à "M. le comte de Thiville pour son nouveau système de roulage qui avait mérité votre suffrage l’année dernière , et dont l’expérience a confirmé futilité : elle doit lui servir à établir des tonnes à eau.
- Vous avez pour principe , Messieurs , d'èire très-sobres en encourage-mens de ce genre , parce que les découvertes vraiment utiles doivent trouver dans leur utilité même la source des plus vraies spéculations pour les inventeurs ; vous avez aussi la juste confiance que votre approbation, en attirant 1 attention publique sur leurs travaux , concourt à leur assurer le fruit qu ils doivent en attendre. Nous devons en effet rendre cette justice à 1 e-
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- lévalion des sentimens ordinaires aux artistes, qu'ils considèrent eux-mêmes cette approbation comme la récompense la plus flatteuse , et que c’est presque toujours la seule qu’ils vous demandent.
- Parmi les constructions mécaniques vous avez distingué cette année :
- L’application qu’a faite M. Lenoble de la machine à vapeur au laminage du plomb en tables et à l’étirage des tuyaux sans soudure ;
- Les presses d’imprimerie en fonte de fer de M. Giroudot et les nouveaux pressoirs ambulans de M. Delahoje;
- Dans les arts qui se rattachent à l’horlogerie, la pendule à sphère mouvante de M. Richer, appelée sphère à lanterne; les horloges en fer fondu de M. Wagner, et l’instrument à réveil de M. Laresche, propre à être adapté à toutes les montres.
- Vous avez signalé divers perfectionnemens apportés à la fabrication des instrumens de musique, par M. J ans s en, pour la clarinette ; par M. Labbaye, pour la basse d’harmonie ou ophicléide; et pour tous les instrumens qui se composent de tubes courbés, tels que le cor et la trompette, en parvenant à les courber sans y employer le plomb.
- Deux instrumens remarquables pour dessiner la perspective ont fixé votre attention ; l’un est de M. Boucher, qui vous a présenté en même temps un autre instrument pour tailler les crayons ; l’autre , auquel l’auteur donne le nom d’hyolographe, est dû à M. Clinchamp, et sert également à obtenir des épreuves du dessin.
- M. Gambej vous a présenté un théodolite portatif, qui , sous une petite dimension, conserve une parfaite exactitude , et qui est maintenant à l’usage des arpenteurs et des géomètres.
- Notre collègue , M. Jomard, ne s’est pas borné à nous faire connaître les règles à calculer imaginées en' Angleterre, et qui consistent à transporter sur une échelle graduée les propriétés des logarithmes ; il a fourni à M. Lenoir les données nécessaires pour construire des règles de ce genre. M. Collardeau en a exécuté aussi, moins précises, mais plus portatives que les précédentes ; M. Clouet s’est exercé aussi sur le même sujet. M. Hoyau a transporté en France la régie ou échelle synoptique des équivalens chimiques, inventée par M. le docteur Wollaston.
- Vous avez approuvé également l’arithmomètre ou machine à calculer de 4L Thomas, de Colmar.
- La fabrication des poteries communes a fait de nouveaux progrès en France pendant cette année. M. Léon Thiessé, de Forges-les-Eaux, département de la Seine-Inférieure , nous a présenté des faïences très-solides , M. Laujorrois, du Montet, département de Saône-et-Loire , des poteries de
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- grès inattaquables par les acides, et qui remplaceront peut-être les capsules de porcelaine dans les laboratoires de chimie ; M. Legros (VAnisy, des poteries à l’instar des poteries anglaises, qui paraissent leur être au moins égales; leurs couvertes imitent l’éclat de l’or.
- La préparation des bitumes artificiels destinés à être employés dans les vernis et peintures a excité l’émulation de MM. Garros et Bonnet de Coutz; M. Dihl nous a fait connaître de nouveaux emplois de son mastic.
- \ous avez approuvé l’application faite par MM. Arago et Fresnel des lampes à plusieurs mèches concentriques et à double courant d’air, propres à l’éclairage des phares.
- En fait de tissus, vous avez particulièrement remarqué la belle fabrication de linge de table damassé qui vous a été présenté par MM. Dollé, de Saint-Quentin.
- M. V auchelet et sa sœur font de nouveaux efforts pour donner à leurs peintures sur velours un succès qui désormais dépendra essentiellement, du choix et de la perfection des dessins.
- § IL
- Publications cl communications.
- La publicité seule est déjà un moyen très-efficace d’accroître futilité de> perfcctionnemens obtenus dans Jes arts et de les multiplier en même temps , surtout quand cette publicité a lieu par des organes accrédités dans l’opinion : elle éclaire et attire les consommateurs ; elle favorise les rapproche-mens ; elle excite l’émulation ; elle met en circulation les exemples et les idées.
- Nous avons publié la nomenclature des prix et des médailles décernes en 1820 parla Société d’Encouragement de Londres. Il est utiie de comparer ses opérations aux nôtres : les médailles qu elle a données en 1820 s’élèvent à quatre-vingt-deux , seize en or, soixante-six en argent.
- Nous avons publié aussi la description de l’appareil construit à Londres par M. Taylor, pour l’éclairage du théâtre de Covent-Garden, au moven du gaz obtenu de la distillation de 1 huile, description qui nous a été communiquée parM. Hoyau,- celle d’une lampe perfectionnée destinée à l’éclairage des rues, et inventée par M. Cochrane ; celle d'une pompe aspirante et foulante, destinée à élever l’eau des puits, par M. Perkins (cette pompe est analogue à celle pour laquelle M. Binet a obtenu parmi nous un brevet d’invention en 1817); la méthode employée à Glasgow par M. Cameron, pour fabriquer les creusets , et qui a été répétée avec succès à la Monnaie de Paris , par
- P ingt-unieme année. Avril 1822. O
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- M. Bréant; la méthode employée en Allemagne par M.Dingler, pour épurei de leur couleur jaune les bains faits avec des bois de Brésil d'une qualité inférieure, et pour les substituer avec succès au véritable fernambouc ; les expériences faites par votre Conseil d'administration ont parfaitement confirmé le mérite de ce procédé.
- M. le baron de Fahnenberg qui nous communique fidèlement, chaque année, avec une obligeance si constante, les renseignemens relatifs à la marche de Findustrie en Allemagne, nous a adressé cette année un ensemble d’informations qui embrassent les progrès obtenus récemment dans cette portion de l’Europe , les ouvrages les plus importans qui y ont été publiés et les rapports de la commission formée à Darmstadt pour les intérêts de l’industrie des principaux Etats de l’Allemagne ; nous avons inséré dans le Bulletin un résumé extrait de ces riches matériaux. Le nombre de vos cor-respondans étrangers s’est beaucoup accru cette année, et nous nous flattons que cette circonstance étendra aussi nos relations avec les différentes parties de l’Europe.
- L’examen des aciers damassés de M. Sir-Henry, au sujet desquels il vous sera présenté un rapport spécial dans le cours de cette séance , a fourni à notre collègue M. Héricart de Thury l’occasion d’embrasser, dans un travail approfondi, tout l’ensemble de la fabrication de l’acier. Ce travail, que votre Conseil d’administration a considéré comme une sorte de traité élémentaire sur la matière, et qu’il a inséré dans le Bulletin, présente l’histoire de cette branche de l’art, la nomenclature des différens aciers, les propriétés des diverses espèces, les procédés employés pour les obtenir ; il est accompagné de tables comparatives des différens aciers cémentés et non cémentés.
- Nous remarquons en général avec une grande satisfaction , Messieurs , l’avancement sensible qu’a présenté depuis quelques années le traitement de ces métaux dont la nature a libéralement doté notre territoire, et qui fournissent à tous les arts le premier de leurs instrumens. Une émulation active régne dans nos forges ; une sorte de révolution s’opère, et les mesures protectrices qu’on attend en ce moment des trois branches de la législature achèveront sans doute de seconder ces efforts. De vastes établissemens se forment pour appliquer les procédés employés en Angleterre, soit à obtenir la fonte, soit à la convertir en fer au moyen de la houille.
- Nous avons eu sous les veux des échantillons de l’acier naturel obtenu du minerai de fer que fournissent les Pyrénées, traité dans les forges à la Catalane : ces échantillons, présentés par MM. Bernadac père et fils, ont été vus avec beaucoup d’intérêt; et nous espérons que les encouragemens et les
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- indications donnés à ces maîtres de forges les mettront bientôt à portée de donner un grand développement à la fabrication de l’acier naturel, et de réunir la simplicité et l’économie des procédés à l’excellente qualité de la matière.
- A la préparation des métaux on peut associer la construction des mécaniques , comme formant ensemble les deux grandes bases de toute prospérité industrielle vraiment solide ; la seconde a en effet comme la première une influence générale sur toutes les branches de fabrication. Parmi les efforts que nos artistes continuent à faire dans cette seconde carrière, nous devons signaler particulièrement ceux qui se dirigent sur la construction des machines à vapeur. L’attention de votre Conseil a été appelée, cette année, sur un appareil de ce genre exécuté par M. Saulnier, et employé à l’abattoir de Montmartre; sur les machines à vapeur construites par MM. Cazalis et Cordier, à Saint-Quentin ; ces deux derniers artistes établissent aussi des appareils de chauffage à la vapeur, des mouvemens intérieurs pour la filature, et un grand nombre d’autres espèces d’appareils mécaniques. Un vaste établissement a été formé depuis peu à Cernay (Haut-Rhin) par MM. Risler et Dixon , pour l’exécution de tous les genres de mécaniques nécessaires à la filature du coton; il occupe cent vingt ouvriers. MM. Risler et Dixon ne se sont point bornés à imiter les procédés adoptés en Angleterre ; ils y ont apporté de nombreux perfectioimeincns qui leur sont propres. Cet établissement est heureusement situé au centre des nombreuses et florissantes manufactures qui animent toute l’Alsace. L’un de nous a eu l’occasion de les visiter cette année, et n’a pu refuser son admiration au spectacle de ce vaste atelier, qui s’étend depuis les vallées des Vosges jusque dans la plaine de Mulhausen ; il occupe par le tissage jusqu’aux moindres hameaux ; il livre annuellement au commerce plus de cinq cent mille pièces de tissus de coton imprimés , qui ont subi sur les lieux toutes les opérations successives, et dont Wcsserling seul produit environ un cinquième. La fabrication y est dans un progrès continuel et non interrompu : les machines à vapeur y sont introduites dans les filatures ; avec elles rivalisent des chutes d’eau, dont le volume a exigé des constructions monumentales ; plusieurs fabricans exécutent eux-mêmes les pièces nécessaires à leurs ateliers. Les cylindres pour l’impression s’v meuvent de toutes parts, et les procédés pour les graver acquièrent une célérité surprenante : la chimie y perfectionne de jour en jour les préparations ou l'application des couleurs. Les fabricans du Haut-Rhin se portent en ce moment avec ardeur vers la filature en fin , et promettent d’affranchir la France du tribut qu’elle paye à l’étranger pour la fabrication des mousselines. Deux grands établissemens viennent de se développer dans le
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- meme but, l’un à Guebwiller, par MM. Schlumberger , l’autre à Munster, par Ai. Hartmann.
- Son Exe. le Alinistre de l’intérieur a jugé que le procédé mécanique inventé par AI. Bellanger, de Saint-Léger-du-Bourg-Deny, près Rouen, pour Hier en fin la laine cardée, méritait, par son importance, d’être généralement connu des fabricans ; il a acquis le droit de le publier et a bien voulu vous en confier le soin.
- La Société a publié également : 1°. un mémoire de M. Halcourt , ren-iermant la description de plusieurs machines à vapeur; il peut être utile de le comparer au Manuel de M. Oliver Evans , traduit en français par M. Doolitle;
- 2°. L’extrait d’un mémoire sur les carbonisations du bois , par M. de la
- Chabeaussiere y
- 3°. Un nouveau moyen de conserver les grains, par M. le comte Dejta/i . pair de France. M. Ternaux ainé continue à Saint-Ouen ses essais sur l ent' ploi des fosses souterraines dans le même but.
- Parmi les ouvrages imprimés cette année , il en est plusieurs qui ont particulièrement excité notre intérêt : tel est le recueil des machines , ins-u unions et appareils qui servent à l’économie rurale, recueil que AI. Leblanc continue, en v apportant toujours autant de discernement dans le choix des sujets que de talent dans la manière de les représenter ; on peut placer à coté de ce recueil la collection lithographiée de notre collègue Al. le comte de Lastejrie, exécutée presque tout entière d’après ses propres dessins , et qui est maintenant terminée.
- Le nouveau Dictionnaire universel des arts et métiers, ouvrage réellement classique, manquait à l’état actuel de notre industrie ; plusieurs membres de la Société y coopèrent ; le premier volume a déjà paru. L’introduction aeule de Al. Francœur , en annonçant l’esprit dans lequel il est rédigé, subit pour le recommander.
- AI. Bonafous , en faisant connaître la méthode du comte Dandolo pour i éducation des vers à soie, l’a résumée dans un manuel qui sera très-utile pour les cultivateurs dans les opérations qu’exige cette intéressante et difficile production.
- § 111.
- Expériences jaites par la Société ou par ses Membres.
- Vous vous rappellerez 5 Alessieursque notre collègue AI. Dartigues s est généreusement offert pour exécuter lui-mème les expériences méthodiques sur les plantes qui , par leur incinération, peuvent donner U plus de potasse,
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- expériences que vous vous étiez proposé de provoquer par un concours. Déjà ce travail, fruit d’une persévérance de plusieurs années, a donné des résultats bien prononcés, dont nous nous sommes empressés de faire jouir le public. Ils consistent dans un tableau comparatif, qui donne la quantité de potasse contenue dans un quintal de cendres , et des degrés alcalimétriques de cette potasse. Il reste à déterminer l’utilité pécuniaire de ces diverses manières d’obtenir l’alcali, et même à savoir'si parmi ces cultures il en est qui offrent un bénéfice assuré ; c’est à celte recherche que M. Dartigiies se livre maintenant , pour compléter la solution du problème.
- Deux grandes séries d’expériences ont été directement entreprises par votre Conseil d’Administration : l’une sur la fabrication des aciers damassés , l’autre sur la conductibilité de la chaleur dans les métaux.
- La première, par l’importance de ses résultats, demande quelques détails. Des échantillons d’une espèce d’acier provenant de l’Inde , appelé ivootz, qu’avait reçus à Londres la compagnie anglaise, attirèrent l’attention des savants et donnèrent lieu à des expériences d’après lesquelles on se crut fondé à affirmer que l’acier pouvait être considérablement amélioré par son alliage avec certains métaux. Pendant le même temps , on s’occupait à Paris d’un travail particulier sur le ivootz, dont quelques morceaux avaient été apportés de Londres et présentés à la Société d’Encouragement; on avait reconnu que son caractère distinctif était de se damasser , lorsqu'on le plonge dans un acide faible. La publication du travail des chimistes anglais sur le ivootz détermina le Conseil d’Administration de la Société à
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- faire vérifier leurs expériences sur la combinaison des divers métaux avec l'acier, en rattachant ce travail à celuit de Clouct sur les aciers damassés. Nous nous faisons un devoir de rappeler que la Compagnie anglaise des Indes n’a pas voulu recevoir le prix de 2 quintaux de ivootz que la Société avait fait venir pour des essais ; M. le Directeur général des douanes en a autorisé l’entrée en exemption de droits. Une Commission spéciale fut nommée pour exécuter ces recherches. M. Bréant , l’un de ses membres , voulut bien se charger de diriger ce travail ; il s’y livra tout entier, et ce qui augmente le mérite de son dévouement, c’est qu’il ne pouvait s’abuser sur l’étendue de la carrière qu’il avait à parcourir. Lorsqu'il commença son travail, on supposait généralement que les aciers damassés de l’Orient provenaient d’une réunion de diverses lames ou fils de fer et d’acier soudés, tordus et coiroyés; mais des essais répétés pendant quelques mois lui apprirent que les damas orientaux étaient le produit d’une espèce particulière d’acier fondu, et il en donna une preuve irrécusable, en présentant plusieurs petites lames damassées , qui avaient tous les caractères de beau-
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- coup d’armes persanes. Ce premier résultat fit espérer qu’en poursuivant ses recherches M. Bréant arriverait à une complète solution du problème. En conséquence , il fut invité à les continuer. Son Excellence le Ministre de l’intérieur voulut bien contribuer aux frais de l’entreprise , en ajoutant 3,000 fr. à la somme allouée par la Société pour cet objet. Plusieurs membre:? de la Société se sont empressés d’assister M. Bréant dans ses opérations et ont été témoins chaque jour de la persévérance de ses efforts.Divers rapports successivement insérés dans le Bulletin vous ont instruits delà marche de ce travail : il a enfin atteint son terme, il est couronné du succès, et votre vœu est désormais rempli d’une manière qui surpasse peut-être nos espérances. Toutes les variétés connues de damas ont été parfaitement imitées par M. Bréant, et il en a môme trouvé une espèce particulière, qui réunit et le damassé très-sensible des lames asiatiques et, une élasticité qu’on ne trouve dans aucune d’elles. M. Bréant, convaincu plus que personne qu’un procédé n’est bon qu’autant. qu’il est économique, a regardé comme le premier de tous les succès d’obtenir de beaux résultats au moins de frais possible , et il a amené les procédés à un tel degré de simplicité que , s’ils étaient exécutés en grand , ils coûteraient beaucoup moins que ceux de nos manufactures.
- Vous apprécierez le service rendu à notre industrie par votre Commission des aciers et par M. Bréant en particulier. Nous ne pouvons, Messieurs, offrir ici à un membre de votre Conseil d’administration que les remerci-mens de la Société pour un tel service , pour tant de persévérance et de désintéressement, seule manière que nous ayons de nous acquitter. Nous devons aussi des remereîmens à M. Saulnier, mécanicien de la Monnaie, qui a eu la complaisance de mettre ses ouvriers et ses instruments à la disposition de votre Commission des aciers, pour lui fournir les moyens d’exécuter cette longue suite d’expériences.
- La Société peut se féliciter d’ètre en mesure de faire à l’industrie française le présent de cette importante découverte. Vous avez sous les yeux les aciers obtenus par ce procédé, et vous pouvez reconnaître qu’ils ne le cèdent en rien aux plus beaux aciers damassés de l’Orient. L’utilité de cette découverte ne se bornera pas à donner les moyens de fabriquer facilement des lames parfaitement semblables à celles auxquelles les Orientaux mettent tant de prix ; elle exercera une puissante influence sur la fabrication de l’acier en France , en répandant une lumière nouvelle sur la théorie de cet art, f t par là, en multipliant parmi nous les établissements où il est exercé , nous affranchira d’un tribut onéreux que nous payons à l’étranger. Votre Conseil d’Administration, Messieurs, a pensé que les vues qui vous animent
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- iui commandaient de faire jouir sans délai l’industrie française d’une conquête aussi importante ; mais il a dû prévoir en même temps que la publicité donnée au procédé pourrait offrir aux étrangers le moyen d’en profiter immédiatement et peut-être avec plus de célérité ; le patriotisme lui faisait donc un devoir de réserver du moins aux fabricants français l'avantage de la priorité* en même temps, l’équité lui prescrivait aussi d’éviter parmi les fabricants français toute acception de personne. Il a espéré atteindre à ce but en suspendant la publication pendant deux années , et en appelant dans l’intervalle à une communication confidentielle du procédé tous ceux de nos fabricants d’acier qui sont connus pour avoir des établissements en activité, Nous espérons d’eux une discrétion qui est toute dans leur intérêt ; nous espérons aussi que, pendant ce délai, ils se hâteront de se mettre en mesurt pour ne plus redouter la rivalité étrangère.
- Les expériences relatives à la conductibilité de la chaleur dans les métaux ont été confiées à notre collègue M. Desprez , professeur au Collège roval de Henri IV -, elles touchent à leur terme , et il nous en promet un résultat complet et prochain. Déjà M. Desprez a communiqué sur ce sujet à l’Académie royale des Sciences un mémoire qui, sur le rapport de MM. Fourier et Poisson , a obtenu le suffrage de cette Compagnie savante et dont elle a ordonné l’impression.
- Deux autres problèmes sont encore devenus l’objet des recherches de votre Conseil d’Administration ; l’un et l’autre lui ont été proposés par b Gouvernement.
- § IV.
- Rapports cle la Société avec F Administration publique.
- On a remarqué que dans les Colonies les insectes détruisent très-rapidement le papier et la reliure des livres ; cependant les papiers anglais y sont en général moins exposés que ceux fabriqués en France. Le Ministre de la marine a communiqué à celui de l’intérieur des observations qu’il avait reçues à ce sujet de M. le gouverneur de la Martinique. Votre Conseil d’Administration , invité à proposer un prix sur les moyens de prévenir cet inconvénient , a pensé qu’on pourrait se dispenser d’ouvrir un concours ; qu en chargeant une commission spéciale de faire des expériences suivies, on atteindrait facilement au but, à l’aide des procédés déjà connus, et qu’on éviterait des délais inutiles. Vos Commissaires ont en effet rempli leur mission, et la préparation qu’ils ont indiquée, en donnant le moyen de préserver le papier
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- de la destruction par les insectes , aura une utilité générale. Le procédé vient d'être transmis à Son Exc. le Ministre de la marine.
- La Société a été également invitée à proposer un prix pour le perfectionnement des machines à égrener le coton. Ces machines sont d’un grand intérêt pour nos colonies qui cultivent cette plante. Votre Conseil a cru qu’il suffirait aussi de diriger sur cet objet les travaux d'une commission ; mais il exige plus de temps ; il faut faire venir un modèle d’Amérique. En attendant, plusieurs membres delà Société nous ont procuré des renseignements utiles ; dans leur nombre nous citerons M. de Valcourt, propriétaire à Toul, et M. Poidebard, fabricant à Lyon.
- Parmi les sources de richesses dont la nature a libéralement doté le territoire de la France, il en est une qu’on s’affligeait depuis longtemps de voir entièrement négligée , et que cependant les Romains jadis avaient abondamment exploitée dans les Gaules. Nous tirons a grands frais des marbres de l’étranger, lorsque nous en possédons dans nos propres carrières et que nous pourrions en tirer un parti si avantageux , non-seulement pour les ouvrages de la sculpture, mais aussi pour l’architecture monumentale, civile et particulière. La communication que Son Excellence le Ministre de l’intérieur nous fit donner en 1819 des marbres et granits ou porphyres, présentés à 1 exposition du Louvre , attira l’attention de la Société, et bientôt les matériaux et les renseignements recueillis par elle la confirmèrent dans l’idée que nos richesses en ce genre sont immenses et bien loin d’être connues; que nous possédons des marbres blancs aussi beaux que ceux de la Grèce ou de Carrare , des marbres de tous genres , ceux qui sont les plus rares et les plus précieux.
- Sur un premier rapport fait, il y a un an , par M. Héricart de Thury. votre Conseil d’Administration adoptant un vœu déjà exprimé en 1819 par le jury d’exposition du département de la Seine, pria Son Excellence le Ministre de l’intérieur de faire exécuter une description détaillée de toutes les carrières de marbres ou granits des départements ; d’en rassembler les échantillons; de les faire classer, reconnaître; d’y réunir les mémoires et renseignements qui existent tant dans les archives de l’administration que dans les travaux de nos géologues , et de faire d’après ces données un travail général sur les moyens de procurer l’exploitation de nos carrières et l'emploi des richesses quelles contiennent. Par une lettre du 23 juin 1821, Son Excellence a annoncé qu’elle avait favorablement accueilli les vues de la Société, et qu’elle s'occupait de leur exécution. C’est pour y concourir de son côté , autant qu’il peut dépendre de lui, que votre Conseil d’Administration
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- vous proposera dans cette séance de décerner quelques médailles pour la découverte des carrières de marbres indigènes. Le rapport qui accompagnera cette proposition entrera dans les plus grands détails sur cet intéressant sujet.
- Il avait été formé, dans le département des Vosges, un établissement pour le débit des granits cpie ses montagnes fournissent en abondance; il a succombé sous le poids des obstacles que lui opposaient les frais de transport : on peut espérer que ces obstacles disparaîtront par l%uverture du Canal de Monsieur. En général les canaux, dont la construction tend à prendre parmi nous un accroissement si rapide et si heureux , favoriseront beaucoup ces exploitations désirées, en facilitant les transports.
- Son Exc. le Ministre de l’intérieur a désiré concourir à faire connaître au public le rapport fait par M. Tarbé sur le moulin à eau de M, Pouguet, d'Ornans, que vous avez couronné, l’année dernière, et le mémoire de M. Garnier, ingénieur des mines à Arras, qui a remporté aussi, l’année dernière, le prix sur les puits artésiens. Il a pris 300 exemplaires du premier, et a fait imprimer le second à ses frais, au nombre de 2000 exemplaires.
- Par une circulaire du 12 décembre dernier, le Ministre, en transmettant aux Préfets des départemens les programmes de vos concours , a renouvelé auprès de ses administrés les invitations les plus pressantes , pour seconder les efforts de la Société d’Encouragement par tous les moyens dont ils peuvent disposer.
- Les huit places d’élèves à l’École de Châlons-sur-Marne, dont la Société dispose par l’effet d’une munificence royale , sont actuellement remplies ; trois de ces élèves ont mérité des éloges particuliers : ce sont les jeunes Cambier, Gâte aux et Le Royer.
- Vous attendons en ce moment du Gouvernement du Pioi l’autorisation qui nous est nécessaire pour entrer en possession de l’héritage qui nous a été si généreusement légué par M. le comte et Mmo la comtesse Jollivet.
- Cet héritage légué à la Société d’Encouragement, et dont nous aurons l'honneur, dans quelques instans, de vous entretenir avec plus de détail, va vous mettre bientôt en état de donner une plus grande étendue à la sphère de vos opérations. Déjà le capital formé par votre prévovance avait consolidé l’institution que vous avez fondée : cette année, le nombre de ceux qui y contribuent s’est encore accru de cent sept souscripteurs ; il est en ce moment de près de neuf cents. Vous ne saurions trop nous applaudir de voir s augmenter de jour en jour le concours de ceux qui prennent part à notre association; il atteste l’intérêt toujours croissant qu’inspirent des progrès de notre industrie, celte branche si précieuse de la richesse et de la gloire
- Vingt-unième année. Avril 1822. P
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- iiationaîes ; il multiplie les canaux par lesquels les résultats de nos travaux peuvent se répandre au dehors; il multiplie aussi ceux par lesquels les lumières parviennent à votre Conseil d’Administration, car un grand nombre d’entre eux lui apportent fréquemment des renseignemens utiles. jNous attendons de tous une coopération plus ou moins active; nous avons la jouissance de voir nos séances fréquentées par un certain nombre d’entre eux. Votre Conseil d'Administration , Messieurs, en s'efforçant de remplir la tâche que vous lui avez Confiée et qui chaque jour acquiert une plus haute importance, réclame l’assistance de chacun de vous, et trouvera sa récompense dans votre suffrage, comme il trouve son guide dans les intentions qui vous animent.
- AI. Michelin (Hardouin), ayant pris la parole au nom de la Commission des fonds, a présenté l’état suivant des recettes et des dépenses de la Société pendant l’année 1821.
- COMPTE RE JS DU des recettes et clés dépenses de la Société pendant ïannée i 821, par M. Michelin.
- Alessieurs, chargé par la Commission des fonds de vous présenter l’état des recettes et des dépenses de la Société pendant l’année 1821, je vais vous faire connaître successivement les divers chapitres du compte de AL Monta-niant, notre estimable trésorier. Ce compte, approuvé dans toutes ses parties par votre Commission, le 2 avril, présent mois, l’a été également le même jour par MAI. 1 es Censeurs,
- Recette.
- La recette est divisée en six chapitres :
- Le premier chapitre comprend le reliquat du compte de I année 1820 arrêté par votre Commission et par AI AI. les Censeurs, le 30 mars 1821, à la somme de............................................... . 9,400 f, 90 c,
- Dont 7,000 fr. 96 e. appartenant à la Société, et 2,000 fr. déposés dans sa caisse, par feu AL le chevalier Raton, pour un sujet de prix relatif à la substitution des presses hydrauliques aux pressoirs ordinaires à huile et à vin.
- Le deuxième chapitre se compose du produit de la vente, pendant l’année \ 820, du Bulletin de la Société et de la notice de ses travaux. . ................. 1,900 50
- J reporter. . 1 1,361 f. 76 c.
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- Ci-contre. . . 11,361f. 40 e
- iv ti-oisieme chapitre, des intérêts reçus pendant le dernier semestre 1820 et le premier semestre 1821, pour 150 action» de la Banque de France, dont la Société est propriétaire, ci, . . . , , ................................. 11,4)2
- Le quatrième, des souscriptions reçues pour 1821 et années
- ultérieures. . ................................. 21,840
- Le cinquième chapitre, de la souscription du Gouvernement
- ;u Bulletin de la Société. .... .................4,000
- En lin, te sixième et dernier chapitre, des contributions des Sociétés élémentaires et des méthodes dans les dépenses de invei - eclait aee et chauffage communes avec la Société d’En-
- t.J U
- oouragcmcnf. . .........................................1,225 »
- Total de la recette. .... 49,838 f. 46 c .
- Dépense.
- La dépense est divisée en neuf chapitres :
- Le prenne] chapitre comprend les sommes payées à l’agent de la Société, pour dépensés administratives et du Bulletin, droits sur les souscriptions re-
- ‘ue», frais d’assemblées, etc. .......... 8,530 f. 75 e
- Le deuxième chapitre, les frais de la rédaction du Bulletin. 3,294 »
- Le troisième chapitre, les dépenses générales relatives au
- Bulletin ci autres dépenses. .................11,418 20
- La somme payée pour le loyer forme le quatrième chapitre ................................................................. 4,500
- Le cinquième chapitre se compose du montant de la sous-
- TiptH.n ae la Société, pour la Société élémentaire........ 4-0 >,
- Le sixième chapitre, delà somme payée pour l’achat de
- pmire actions de la Banque de France......................5,975
- Le septième, des frais d’éclairage des Sociétés élémentaires
- -i des méthodes........................................... 240 >
- La pension payée pour un élève à l’École vétérinaire d’Al-
- fort forme le huitième chapitre , montant à............... 331
- Le neuvième et dernier chapitre présente Sa valeur des mmmes payées pour prix, encouragemens et médailles accordes par la Société pendant l'année 1 821.................. 9,61 7 60
- Total de la dépense. . . . 13,955 f 55 c.
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- Résultat.
- La recette s’est élevée, pour l’année 1821, à. .... 49,838 f. 46 c.
- La dépense à. . ........................................ 43,955 55
- Ainsi l’excédant de la recette sur la dépense est de. . . 5,882 f. 91 c.
- Dont 3,882 fr. 91 c. appartiennent à la Société, et 2,000 fr. sont à titre de dépôt, par suite du don fait par feuM. le chevalier Raton.
- Toutes les pièces a l’appui des recettes et des dépenses sont restées, après avoir été dûment vérifiées, entre les mains de l’agent de la Société, pour être déposées aux archives, ainsi que le compte de M. le trésorier.
- La Société se trouvait, en outre, au 31 décembre 1821, propriétaire de cent cinquante actions de ia Banque de France, achetées à diverses époques , moyennant une somme de....................................... 180,290 f. 35 c.
- Et représentant au cours dudit jour, 31 décembre dernier, celle de............................................... 231,3751.» c.
- qui, jointe au reliquat ci-dessus , fixé à................... 5,882 91
- La constituait réellement propriétaire, au premier janvier 1822, de..................................................... 237,257 f. 91 c.
- Ce sera toujours avec un véritable intérêt, Messieurs, que je vous ferai remarquer, ainsi que l’a fait l’un de vos censeurs, dans un compte précédent, l’accroissement successif du capital de la Société, qui, en 1802, n’étant que de 16,286 fr. 32 c., s était déjà élevé, dix ans après, à 87,616 fr., et se trouvait au premier janvier dernier de 237,257 fr. 91 c., indépendamment de l’accroissement qu’il a pris depuis.
- Tout nous fait donc espérer qu’avant peu, la Société, assez riche de ses propres fonds, pour pouvoir parer à toutes ses dépenses obligées, pourra offrir, sur le montant des souscriptions , de plus grands secours à l’industrie, en proposant de nouveaux prix et en accordant des encouragemcns et des primes plus considérables, qui, dédommageant les artistes et fabricans de leurs frais, les exciteront à tenter de nouvelles découvertes et à chercher des perfectionnemens.
- Heureuse alors de voir ses dépenses s’augmenter d’un plus grand nombre de récompenses, elle se félicitera, comme elle l’a fait l’année dernière, de voir la somme qu’elle a dépensée pour cet objet égaler à elle seule celles pavées à pareil titre en 1819 et 1820.
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- Pour justifier cette assertion, je rappellerai à la Société qu’en 1819 le total
- des récompenses a été de.................................4,812 f. 1 5 c.
- Et en 1820 de. . .................................. 4,845 95
- Total.............. 9,658 f. 10 c.
- En 1821 , il était de. ... ......................9,61 H 60 c.
- Divisés ainsi qu’il suit :
- Prix. . .................... 5,391 35
- Médailles d’or et d’argent................................1,261 25
- Encouragemens. .......................................... 2,965 »
- Total égal...................9,617 f. 60 c.
- J’ai cru devoir, Messieurs, entrer dans ces détails, afin qu’aucun reproche de parcimonie ne pût être fait à la Société, qui saisit, au contraire, toutes les occasions possibles de répandre ses bienfaits. Si quelque candidat, croyant avoir droit aux premières récompenses, a vu son espérance déçue, soit parce qu’un concurrent lui a enlevé la palme, soit parce que le prix a été remis à un autre concours, et en a témoigné son mécontentement, qu’importe à la Société? Toujours juste, et d’autant plus sévère qu elle compte maintenant une longue suite de bienfaits accordés à l’industrie, elle ne doit marcher qu’à pas lents et sûrs pour soutenir sa réputation et mériter la confiance qu’on lui accorde ; confiance qui ne se borne plus maintenant à être nationale , mais qui est, et nous pouvons tous le répéter avec orgueil, qui est universelle, caries bulletins de ses travaux pénètrent et sont consultés avec, intérêt dans toutes les parties du monde.
- Avant de terminer ce rapport, qu’il me soit encore permis de faire deux rapprochemens trop avantageux à la Société pour les passer sous silence ; le premier a pour objet la vente du Bulletin et de la notice de ses travaux ; ce produit qui, pendant les années 1 819 et 1820, était de 2,000 fr. seulement, s’est élevé, en 1821 , à prés de 3,000 fr., d’après les relevés qui viennent d’être communiqués par Madame HuzarcL
- Le second est relatif au nombre , toujours croissant, des membres de la Société. Les évènemens de 1814 et 1815, ainsi que la diminution du territoire, avaient réduit les souscripteurs à 400 environ ; aujourd’hui ils sont au nombre de près de 800, non compris l’abonnement du Gouvernement pour les préfectures.
- Il est temps de m’arrêter, Messieurs, nos succès pécuniaires vous sont
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- connus, et l ancine des chiffres ne peut que vous fatiguer, Plusieurs de mes collègues ont à vous entretenir d’objets plus intéressa ns et je retarde encore le moment de nos triomphes, qui est celui où nous décernerons des récompenses justement méritées.
- A la suite de ce rapport, AI. le duc de la Rochejoucauld, i un des censeurs, a rendu un hommage verbal à l’exactitude et au zèle de Ai. le trésorier et à la sage administration de la Commission des fonds,
- 'VL le baron de Gérando a repris ensuite la parole pour lire une notice sur feu AI. le comte Jollivet, membre du Comité de commerce de la Société /Vovez plus bas.)
- Au nom de la Commission des médailles et de celle de révision, AI. Motard a lu le rapport suivant sur l’établissement de scierie mécanique <n AI. Mo gain.
- M apport su/' / établissement de scierie mécanique de [VI. tlogum
- par M. Tvloiaid jeune.
- Le Conseil d’Administra lion de la Société a fait examiner , par son Cornue .les arts mécaniques, l’établissement que AL Roguin a formé à la Gare„ pies la barrière de ce nom, dans Paris, pour débiter et travailler, au mover Je machines, les bois indigènes à l’usage des menuisiers, charpentier.1 et charrons.
- Sur le rapport du Comité, le Conseil a décidé qu’une médaille d'or serau décernée à Al. Roguin dans sa séance publique de ce jour
- Cet établissement, imité de ceux que Aï. Brunet, notre coueitoven , «• formés dans les principaux arsenaux de la marine anglaise, est le premier e; même encore le seul de ce genre qui existe en France; car il n’a rien ds commun avec les établissemens où l’on débite, en feuilles très-minces, tes bois de placage pour les ouvrages d’ébénisterie. Il se compose de scies ver ticales. de scies circulaires, de machines à planer, à rainer, a languetter *•? h pousser des moulures dans le bois ; toutes reçoivent leur mouvement d une machine à vapeur de la force de douze chevaux, du svstème de TEooif que AL Edwards a fournie.
- A cette réunion de rnovens puissans de travaille?' les bois, AL Roguin a joint un procédé nouveau et prompt de les sécher, procédé qui jouit en même temps, suivant i auteur, de la pronriété ne jeç rrose? ' v fie L ptnùre dev
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- Tout, dans ceî établissement, est conçu avec intelligence, exécute avec habileté : il est assurément du nombre de ceux qui font le plus d’honneur à notre industrie; sa formation a coûté quatre armées entières de soins, de travaux et de dépenses. Les sacrifices inévitables dans toutes les nouvelles entreprises, où l’on ne marche qu’en tâtonnant, deviennent, encore plus considérables quand il s’agit de former un système composé de plusieurs machines qui doivent toutes successivement et efficacement concourir à un môme but, l’économie de main-d’œuvre et, par conséquent , de production. Le fondateur de cet établissement n’a, du reste, qu’à se féliciter de sa persévérance ; ses espérances sont remplies, puisqu’il peut, livrer et. qu’il livre en effet ses produits au commerce à 25 pour 100 au-dessous du cours.
- Le rapport du Comité des arts mécaniques ayant été inséré dans un des Bulletins de la Société, et contenant des détails circonstanciés sur chacune des machines particulières qui forment cet ensemble de moyens, nous n’en parlerons ici que succinctement et comme pour en donner une idée.
- Les bois en grume.ou équarris sont d’abord coupés par des scies à tronçonner, à la longueur de G, 9 ou 12 pieds, et sont débités ensuite par madriers d’une épaisseur plus ou moins considérable, à des scies verticales alternatives, qui contiennent toujours autant de lames qu’il en faut pour débiter le morceau d’un seul vovage du chariot. La quantité de sciage d'un châssis garni de quatre lames est d’environ 180 pieds superficiels par heure; mais perdant la moitié du temps pour les remplacemens, ce travail se réduit à 90 pieds : d’où il résulte qu’une scie mécanique de cette espèce, qui emploie, suivant M. Roguin, une force équivalente à celle de deux chevaux , débile autant de bois que neuf paires de scieurs de long, c’est-à-dire dix-huit hommes.
- Les madriers résultant de ce premier travail, sont portés à des scies circulaires qui les réduisent en frises ou en battaus, avec une incroyable la-piditc, Ces scies, formées de disques de tôle d’acier, ont depuis 12 jusqu à 50 pouces de diamètre ; la vitesse des plus petites est d’environ sept cents tours par minute et celle des plus grandes de 500. Les madriers minces se débitent aux premières, et ceux qui ont le plus d’épaisseur aux secondes. M. Rog uin a substitué aux chariots, dont le mouvement absolu amenait le-bois sur la scie, la simple poussée d’un ou de deux hommes, et il a troir-n^ dans cette substitution, un grand avantage, tant sous le rapport du travail que sous celui de la conservation des machines. Un trait de 9 pieds de long mr h pouces et demi de large, dans du bois de chêne-vert, est fait en mon»
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- de quarante secondes : il faut une minute pour faire le même Irait dans le même bois quand il est sec. A ce compte, on voit qu’une scie circulaire peut débiter 270 pieds superficiels de bois vert par heure; mais en défalquant la moitié pour le temps perdu dans les changemens de morceaux et dans les mouvemens rétrogrades, il reste un travail effectif de 135 pieds par heure, ce qui excède d’un tiers le travail des scies alternatives. Ce résultat ne paraît point étonnant, quand on considère que la scie circulaire agit sans interruption , tandis que la scie alternative n’agit utilement qu’en descendant.
- Les planches larges ou étroites, sortant des scies circulaires , sont portées dans un bassin rempli de l’eau de condensation encore chaude de la machine à vapeur, d’où, au bout de huit à dix jours, on les retire pour les empiler dans un vaste séchoir, chauffé par un calorifère. Cette immersion du bois vert dans l’eau chaude a , suivant fauteur, plusieurs avantages : 1". de le disposer à une dessiccation plus prompte, en le dépouillant des parties solubles, gommeuses ou mucilagineuses de la sève; 2°. de le rendre moins sujet à se tourmenter par l’alternative de l’humidité et de la chaleur; 3". enfin de le préserver de la piqûre des vers , dont la partie gommeuse parait être f aliment.
- Lorsque les planches destinées à faire des parquets ont reçu le degré de dessiccation convenable, elles sont portées à une machine qui dresse un de leurs côtés, à six à-la-fois, placées et serrées l’une contre l’autre par des presses à vis. Cette machine est celle que feu M. Brmnah, ingénieur à Londres, avait imaginée, il y a vingt ans, pour planer et raboter les bois, particulièrement les flasques d’affût de canon : elle a été gravée et décrite dans l’ouvrage de M. Ch. Dupin, notre collègue, sur les Forces de terre et de mer de VEmpire britamikpue.
- Les planches, dressées ainsi d’un côté , sont reportées à une scie circulaire, qui, en les tirant de largeur , dresse en même temps le deuxième côté ou joint.
- L’opération qui termine cette série de travaux , est de pratiquer sur les joints de chaque frise une rainure et une languette pour former, par leur assemblage, des planchers ou des parquets. M. Roguin a inventé, pour cet objet, deux machines très-ingénieuses, mais sur lesquelles nous devons, à sa prière , nous abstenir de donner des détails, voulant, comme de raison , jouir au moins, pendant quelque temps, du bénéfice de son invention, pour laquelle il a pris un brevet. Nous devons donc nous borner à en faire connaître les résultats.
- L'une de ces machines fait les rainures et l’autre les languettes, à six
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- frises à-la-fois, et tellement exactes qu’étant assemblées il est difficile d’apercevoir le joint. La machine à rainer en fait 12 pieds par minute , et la machine à languetter 9. La force employée à les faire mouvoir l’une et l’autre est estimée devoir être d’un cheval et demi.
- M. Roguin s’occupe en ce moment d’ajouter à son établissement une scie circulaire pour tronçonner les bois ; il se propose aussi de disposer la troisième scie alternative, qui lui reste à monter , de manière à pouvoir chantourner toutes sortes de courbes pour roues de voitures et autres. Les sciures de bois, façonnées en mottes, concourent, avec le charbon de terre, à chauffer le fourneau de la machine à vapeur; elles chauffent aussi le calorifère du séchoir à bois : ainsi, dans cet établissement, tout est mis à profit.
- Jusqu’à ce moment, M. Roguin a borné ses produits à faire des planchers et des parquets; il y a été déterminé par la considération qu’un établissement quelconque, et particuliérement de la nature du sien, est obligé de consulter les besoins locaux; il a vu que 1 emploi des planchers et parquets est très-considérable à Paris, et qu’il le deviendra encore davantage par la diminution d’un quart sur le prix. Cette circonstance contribuera à décider les propriétaires et les architectes à les employer de préférence au carrelage en terre cuite, si peu solide, si froid et si pernicieux pour la santé : sous ce dernier point de vue, les produits de l'établissement de M. Roguin ont donc un but d’utilité fort recommandable.
- Il a un autre mérite, qui produira sans doute une noble émulation parmi nous, c’est de nous avoir fait connaître, par des réalités, la puissance des moyens mécaniques imaginés par M. Brunei, et appliqués par lui, en Angleterre , aux constructions navales. Une enquête faite par ordre de l’Amirauté de Londres, a prouvé que les économies obtenues sur ces constructions, par l’usage des machines de M. Brunei, sont de 7,000 liv. sterling par année; et, par une marque de bienveillance et d’estime pour M. Brunei, on lui a accordé cette somme, à litre de gratification, quoiqu’il eût déjà, depuis long-temps, reçu la récompense de ses utiles travaux.
- C’est d’après ces considérations que la Société d’Encouragement, fidèle au but de son institution, a décidé qu’il serait accordé à M. Roguin la plus honorable récompense qui soit à sa disposition , la médaille d’or, comme un juste hommage rendu à son mérite , et à la louable résolution qu’il a prise d’enrichir notre industrie d’un utile et bel établissement.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées par l assemblée. En conséquence, M. le président a remis à M. Roguin la médaille d’or votée en sa faveur.
- Vingt-unième année. Avril 1822.
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- Au nom de la Commission des médailles et de celle de révision , M. Hé ricart de Thuy a lu le rapport suivant sur la fabrique d’aciers de AI. Sir-Henry.
- Rapport sur les aciers de M. Sir-Henry
- de Tliury.
- par M. Hericart
- Messieurs, AI. Sir-Henry, coutelier et fabricant aciériste à Paris , vous a présenté des lames de sabre et divers instrumens de coutellerie et de chirurgie, en vous demandant de les faire examiner et d’en faire constater la qualité.
- Vous avez chargé votre Commission des aciers de cet examen; vous connaissez son travail ; nous ne vous en rapporterons donc que les principaux faits.
- Nous n’avons pas cherché à déterminer, Messieurs, le rang que la fabrique de AI. Sir-Henry doit occuper dans la classification de nos aciéries et coutelleries : ce n’était point là la question. Nous nous sommes bornés à examiner ses aciers, et nous nous bornerons également ici à vous remettre sous les yeux les résultats de nos essais et de nos analyses.
- Nous vous rappellerons d’abord que c’est moins au dessin ou figuré damassé proprement dit, que AI. Sir-Henry s’est attaché, qu’à i amélioration des aciers en général. Ses travaux Font amené au développement du dessin damassé , et c’est ce motif, qu’il ne s’était pas d’abord proposé, qui l’a engagé à nommer son acier, aaier damasse, quand il a reconnu qu’un des effets de son procédé était de développer dans le corps de l’acier la contexture damassée ; mais cependant sans attacher aucune importance à la qualification de damassé, qu'on aurait, conséquemment tort de lui contester, si on lui reprochait de ne pas toujours donner à ses aciers le véritable figuré des damas de l’Inde ou de l’Orient. Au reste, ce figuré était plus ou moins développé dans quelques-uns de ses aciers que nous avons examinés, et AI. Sir-Henry le développe actuellement à sa volonté, en fondant l’acier avec le carbure de fer à une haute combinaison.
- Votre Commission a reconnu que ces aciers présentent différens genres de dessins damassés, suivant qu’ils ont été soumis aux divers degrés de préparation cémentaire : mais quelque variés , quelque rapprochés qu’ils soient des damas orientaux , aucun cependant ne nous a offert le genre de damassé des étoffes d’acier platiné si élégant et si remarquable de AI. De-grand-Gu rgey de Alarseille , ou le véritable damassé oriental des aciers de notre collègue AI. Bréant.
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- Les aciers prépares par M. Sir-Henry se divisent en aciers soudables , et aciers non soudables ou difficilement soudables. Ils ont été examinés , les uns et les autres, avec des aciers pris.dans les mêmes barreaux non préparés, sous les rapports suivans :
- 1°. De l’homogénéité et de la grainure ;
- 2L De la plus ou moins grande facilité à les travailler ;
- LL De la dureté qu’ils acquièrent par la trempe;
- VL Du corps qu’ils présentent et qu’ils conservent ;
- 5°. Enfin de leur élasticité, et nous avons eu l’honneur de vous faire connaître dans le plus grand détail les résultats que nous avons obtenus.
- La coutellerie de table de M. Sir-Henry est bonne ; elle est estimée et elle mérite de l’être : mais c’est particulièrement sur ses instrumens de chirurgie que nous avons fixé notre attention. L’extrême dureté, la souplesse et l’élas-ficite de ses aciers , les rendent particulièrement propres à la fabrication des instrumens qui exigent un tranchant fort acéré, et qui ne sont communément que trop sujets à le perdre, dès qu’ils ont coupé des corps qui offrent une •. ertaine résistance : à cet égard les instrumens de chirurgie de M. Sir-Henry ï éunissent toutes les conditions et les qualités désirables, suivant MM. Dubois et liée lard, professeurs de l’école de médecine de Paris, Larrey, chirurgien en chef de la garde royale, Bogras, professeur de la faculté, Ribes , le baron Se ec} . Breschcl, Cloquet, etc., etc.
- Nous ajouterons encore à ces détails, PL que MM. Massard, Bein et Muller, célèbres graveurs en taille-douce, qui ont eu la complaisance d'es--,;;ver les burins que nous avons fait faire avec l’acier de M. Sir-Henry, ont o s tine qu’ils les trouvaient préférables à ceux dont ils se servaient communément , et 2l que M. ï Sallai, entrepreneur lithogivpte du Garde-meuble de la muronru , auquel vous avez décerné une médaille d’argent dans votre séance générale du mois de mai 1820, et auquel nous avons confié l’essai des ciseaux, Lunns, trépans et forets d’acier de M. Sir-Henry, les a mis à l’épreuve sur 'U s roches les plus dures, telles que des granits, des porphyres et des serpentines ou ophit.es.
- Enfin, Messieurs, après avoir fait des lames de sabre et des cimeterres de damas d’étoffe, suivant les procédés indiqués par Perret et par Clouet, M. Sir-Henry s’est livré à la fabrication des lames d’acier fondu, et nous eroyom pouvoir affirmer que s’il n’a pas encore obtenu le véritable dessin figuré des damas orientaux, il n’en possède pas moins un procédé par lequel il fait des lames damassées d’excellente qualité, puisqu’après des estais nombreux , il a été constaté que ses lames réunissaient à-la-fois la dilate e corps et 1 élasticité des meilleurs aciers , et que ses lames de sabre,
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- d’ailleurs parfaitement travaillées, présentent toutes un figuré damassé plus ou moins développé.
- D’après ces motifs, et sur le rapport de la Commission, le Conseil d’administration a décidé qu’il décernerait en séance générale une médaille d’or à M. Sir-Henry y aeiériste-coutelier de l’école de médecine; mais il a en même temps arrêté 1°. que le concours sur les aciers resterait toujours ouvert , et 2°. qu’il décernerait annuellement des médailles d’or et d’argent a ceux qui lui présenteraient des améliorations ou des perfectionnemens dans la fabrication et le travail des aciers.
- L’assemblée a approuvé les conclusions de ce rapport. En conséquence, M. le président a remis à M. Sir-Henry, coutelier, place de l’Ecole-de-Méde-cine, n°. 6, la médaille d’or qui lui a été décernée.
- M. Héricart de Thury ayant repris la parole au nom des mêmes Commissions, a lu le rapport suivant sur les carrières de marbre nouvellement découvertes en France.
- Rapport sur différentes carrières de marbre nouvellement découvertes en France , et sur l’état actuel de nos marbrières;
- par M. Héricart de Thury.
- Observations préliminaires.
- Messieurs, avant de vous parler des médailles que vous allez décerner, veuillez, je vous prie, me permettre quelques observations sur l’état actuel de nos exploitations de marbre , et fixer un moment votre attention sur cette branche importante de nos richesses minérales , autrefois florissante , aujourd’hui négligée , ou même bientôt entièrement perdue pour nous, si le Gouvernement n’avait enfin répondu à votre sollicitude; car telle était la situation de nos marbrières, que dans ce même pays, où les empereurs romains, où Charlemagne, François Ier., Henri IV et Louis XIV, trouvaient les marbres de leurs superbes palais, aujourd’hui les tempdes, les édifices publics, le Louvre, les tombeaux de l’abbaye de Saint-Denis , les statues des rois et jusqu’à la fontaine de l’Eléphant, tout est décoré de marbres étrangers , apportés à grands frais des pays voisins au détriment des marbrières françaises.
- Telle était notre position que dans les Gaules, dont les Romains connaissaient mieux les marbres que nous ne les connaissons, et où ils puisaient les matériaux des magnifiques monumens dont nous voyons les vestiges précieux à Lyon, à Vienne, à Valence , à Aix, à Ximes, à Avignon, à Arles,
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- a Marseille, à Toulouse, à Bordeaux , à Limoges, etc., etc.; telle était enfin, nous le répétons, notre position, qu’il semblait déjà, à voir nos édifices, nos palais et nos monumens , qu’on ne connaissait plus en France aucune carrière de marbre, et que l’étranger avait le privilège exclusif de nous en approvisionner (1), puisque, suivant les états produits par M. le directeur-général des douanes ; l’importation des marbres a été, en 181 7, de 3,111,831 k.
- En 1818, de,................................... 3,998,026
- En 1819, de.................................... 3,874,688
- En 1820, de.................................... 4,080,872
- Et ce n’est pas sans un véritable sentiment de peine que, d’après les renseignemens que nous avons recueillis , nous nous sommes assurés que les importations de marbres, pendant les années 1821 et 1822, offrent encore, comparativement avec les années antérieures, une progression effrayante.
- Nous avons cherché, Messieurs, les motifs de cette progression ; on nous a assuré (et nous le désirons) qu’elle n’était due qu’au bruit qui a été répandu que, pour encourager nos marbrières françaises, nous avions sollicité du Gouvernement l’augmentation des droits d’entrée sur les marbres étrangers. Ce moyen est en effet le seul de remettre en activité nos anciennes marbrières de Flandre, de Languedoc, du Bourbonnais, du Dauphiné, de Provence, de Corse, des Pyrénées, etc., etc. , en attendant que le Gouvernement, à l’exemple de Louis XIY, puisse ouvrir et rétablir les routes de nos anciennes marbrières, ou qu’il ordonne à ses entrepreneurs d’employer nos marbres, concurremment avec ceux de l’étranger, ou enfin qu’à titre d’encouragement, il accorde à nos exploitans la fourniture des marbres de décors de quelques-uns de ses palais et de nos monumens publics.
- Qu’on ne vienne pas, à ce sujet, nous accuser de demander la prohibition des marbres étrangers ; cette pensée rfest point la nôtre. Nous connaissons trop les abus et les inconvéniens de la prohibition , nous apprécions trop
- (i) Nos exploitations de marbre sont en ce moment absolument annihilées, parle bon marché des marbres étrangers et sur-tout de ceux d’Italie. Les carrières de ces derniers sont très-près du port où on les embarque sur des petites tartanes; la navigation, soit maritime, soit intérieure, les apporte à peu de irais en France: ces marbres y coûtent alors moins cher que les marbres français, qui, placés dans de hautes montagnes peu h portée des rivières navigables , ont des frais énormes de transport à supporter. La plupart des marbriers étant Italiens, sont disposés à préférer, à ceux de France , les marbres d'Italie, qu’ils sont accoutumés à travailler, ët auxquels ils supposent une supériorité qui décourage les exploitons. (Opinion de M. le baron de Puymauria, député de la Haute-Garonne, à la tribune de la Chambre des Députés, sur le projet de loi relatif aux douanes; séance du 22 avril 1S20C .
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- mon les avantages de ia concurrence dans les différentes branches de notre industrie, pour jamais solliciter aucune prohibition , même à titre d encouragement : aussi, nous le répétons, nous ne demandons pour nos marbrières que la faveur d être admises à fournir les marbres de nos palais, de nos temples et de nos monumens, concurremment avec les étrangers, ou plutôt avec ces nëgoeians, qui sont connus sous le titre d’agens de commerce intermédiaires.
- Tels étaient, Messieurs, les moyens que Louis XIV employa lorsque voulant décorer les palais de Versailles, de Meudon, de Marly et de Tria-non, il appela toutes ses provinces à lui fournir des marbres dont nous admirons la beauté et dont les carrières, pour la plupart encore ouvertes, sont cependant aujourd’hui abandonnées (1).
- Tels furent également et plus anciennement les moyens de François Tr.,
- .Vous voyons par l’extrait d'un estai au vray des bâtimens du Roi, de Vannée i(;:s à no, tenu par M. de Colle, pour les exercices de MM. les officiers des bâtimens (in-4fc, manuscrit . mare-piin rouge, tranche dorée), que le Roi acheta en ÎGGG, r. des sieurs Dorbay, Misson et Legroaj dix colonnes de marbre de rance jaspé français, de IG pieds de bailleur, trav liiiées. polie- et poser-, .000 francs la pièce.
- 2 . Du sieur Fromont, des colonnes de 16 pieds , de Sainte-Baume et des Pvrénées. .mon iranc-
- eeiles de 20 pieds, 3,000 francs.
- •Vr Des sieurs Chantemerîe, Boileau et Compagnie , des colonnes de griotte de Garnies et de rouim i" Languedoc , de toutes grandeurs, à 8 livres 11 sous le pied cube ; ceiles de Yert-Campan. de tome.-grandeurs,, à 8 livres 10 sous le pied cube , et celles de Sarrancolin a G livres 2 sous
- El 4 . Des sieurs Blancourl, Castille, Lebrun et Compagnie, en i68i. pour les colonnes d< marbre blanc de Saint-Béat, dans ia vallée d’Ar ou d’Arreau (Pyrénées* . à ix fr.mcs R pied
- uhe.
- M. Lfantin, intendant général des bâtimens. qui avait de grande- propriétés dans le- Pvrent-es . avait fait venir des marbres de Campan , Lourdes, Luz , Sarrancolin , Saint-Baudrv. Saint-Béat. >eix Languedoc, Cannes , etc., etc., et suivant ses états de situation . i! avait dans les maison- du Bu; mi i co9 en marbres de France,
- i x En colonnes de Languedoc.. . 1 , / l iC 4 2 de de de de 18 pieds. 20 1 0 12 ( i \ Eu tailles. t dalles, tranches'; et blocs t 1 i 5s0
- r . En colonnes de Sarrancolin . . . i 12 de iC i
- f G de 1 ù t. 0
- - de 1 G i
- a". En colonnes du Campan , ' G de 1 S ni ion. < - v -,
- 2 de 20 \
- r\ Eu co,ormes de giioiie de Cauue ‘S • - G de S aient. 54 0 0
- •V . En Bourbonnais {(it'HÏ. j s ;] j
- GE En Saint-Maximin. . . t d c m. 5 G- <;
- S de 1 h
- * En '.donnes de rance tiancai?- . de î G idem G D t
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- de Henri II son successeur (1), et ceux d’un prince qu’on ne saurait jamais trop citer pour le bien qu’il fit et pour celui qu’il voulut faire, Henri IV, dont vous nous saurez gré de vous rapporter une lettre autographe trop peu connue , et qui semble avoir été écrite pour nous diriger dans cette discussion. Cette lettre est datée de Chambéry, le 3 octobre , et sans millésime, mais probablement de 1600, après la prise de cette ville et la conquête de la Savoie. Elle est adressée au Gouverneur du Dauphiné, le fameux connétable Bonnes de Lesdiguières, lequel avait lui-même déjà fait ouvrir, dans ses domaines, de grandes exploitations de marbres, pour décorer ses châteaux de Vizille et de Lesdiguières- Voici la lettre (2) :
- « Mon compère , celui qui vous rendra la présente est un marbrier que » j’ai fait venir expressément de Paris, pour visiter les lieux où il y aura » des marbres beaux et faciles à transporter à Paris pour l’enrichissement » de mes maisons des Tuileries, Saint-Germain-en-Laie et Fontainebleau , » en mes provinces de Languedoc, Provence et Dauphiné, pour ce qu’il pourra » avoir besoin de votre assistance, tant pour visiter les marbres qui sont en » votre gouvernement, que les faire transporter, comme je lui ai commandé, » je vous prie de le favoriser en ce qu’il aura besoin de vous. Vous savez » comme c’est chose que j’affectionne, qui me fait croire que vous Pafiection--» nerez aussi et qu’il y va de mon contentement.
- » Sur ce, Dieu vous ait mon compère en sa garde. »
- Henry.
- Le 3 ocLbre, à Chambéry.
- Combien, Messieurs, cette lettre est touchante ! Quelle âme, jusque dans les choses les plus simples ! Quelle profonde pensée du bien public animait toutes les actions de ce grand, de cet excellent roi ! Combien nous avons à regretter que ses vues n’aient pas toujours été suivies, et qu’ici par exemple, ses intentions aient été sacrifiées au goût bizarre et capricieux de la mode ,
- ’i) Tü acoeat de Toulouse envoya au Roi Henri II, par la Garonne et la Seine , le premier bloc de marbre des Pyrénées qui soit arrivé à Paris. Ce don, accepté par le Roi avec le plus grand plaisir, fut récompensé par une charge de maître des requêtes, et Scciliger nous apprend que cet avocat, que !e parlement de Toulouse avait refusé de recevoir Conseillera cause de son ignorance, fut surnommé le Maître des requêtes de marbre. {Puymaurin, opinion précitée.]
- '2: Le beau mausolée du connétable de Lesdiguières, clans l’église Saint-Arnoud, à Gap, est en marbre noir, dur, très-vif et très-compacte, de la montagne du Faru , au-dessus du château de Lesdi-guières. La statue du connétable, couchée sur son mausolée, est en bel albâtre gypseux saeeha-roide, blanc de neige, de la vallée de Sellier, près des ruines de l’abbaye cîe Boseodon , dans le même département,
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- qui nous a fait abandonner nos plus beaux marbres français, pour nous rendre tributaires des étrangers!
- Pendant la révolution, le Gouvernement manifesta plusieurs fois l’intention d’encourager l’exploitation de nos marbrières; il ordonna, à cet effet, la construction de divers inonumens en marbre de France, mais rien n’a été fait.
- Sous le régime impérial, le chef du Gouvernement lit dresser, par des ingénieurs du Corps des mines, un état exact de toutes nos carrières de marbres, et l’on ne peut avoir oublié que, dans le nombre d’édifices ou de monu-mens qu’il avait résolu d’élever , il avait, entre autres, ordonné la construction d'un immense palais , dans lequel on ne devait employer que des marbres et des bois indigènes.
- Plusieurs grands monumens publics, tels que le Louvre, l’Arc de Triomphe du Carrousel, le palais de la Chambre des Pairs, la salle des Députés, le palais de Saint-Cloud , etc., etc., ont bien été décorés a cette époque de beaux marbres français ; mais ces marbres et ces colonnes ne provenaient point de marhrières nouvellement mises en exploitation. Ils étaient dans les magasins du Gouvernement qui en devait la conservation à Al. le comte Chaptal, lequel, durant son ministère, les avait sauvés de la démolition de l’ancien château de Meudon , que Louis XIV avait décoré de plus de deux cent cinquante colonnes des plus beaux marbres de Languedoc et des Pyrénées. Ces colonnes allaient être exploitées et débitées, lorsque M. le comte Chaptal, averti des intentions des acquéreurs, s’empressa de prendre les mesures nécessaires pour nous conserver ces précieux vestiges de l’antique splendeur de nos rois.
- En 1820, le Gouvernement, en augmentant les droits d’entrée sur les marbres étrangers, chercha à encourager nos exploitations de marbre; malheureusement son but fut entièrement manqué : l’augmentation était insuffisante, elle était, d’ailleurs, mal établie, elle ne fit qu’aggraver le mal et accroître les importations.
- En 1821 , la Société d’Encouragement adressa les réclamations les plus pressantes à S. Exe. le Ministre de l’intérieur, et lui fit connaître la nécessité, 1°. d’augmenter promptement les droits d’entrée sur les marbres étrangers; 2°. d’établir une série de droits proportionnés à l’état et aux dimensions des masses; et 3°. d’employer nos marbres dans les monumens publics pour en encourager les exploitations.
- Le Ministre répondit aux instances de la Société qu'il allait ordonner de faire des recherches pour reconnaître les marbres de France, afin de les substituer autant et aussitôt que possible aux marbres étrangers dans nos
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- travaux publics ou particuliers , comme si ce travail qui avait été fait à differentes époques, et pour la dernière fois, il y avait à peine douze ans, par MM. les ingénieurs des mines, était encore à faire.
- Tel est, Messieurs, l’état présent des choses. Nos plus beaux établissemens sont successivement tombés ; nos grandes marbreries ne sont plus que de simples polisseries • Paris est encombré de marbres de la Belgique et des Pays-Bas : on nous apporte nos statues, nos bustes, nos tables, nos consoles, nos cheminées , et même jusqu’à nos tombeaux ou monumens funéraires, terminés et prêts à mettre en place ; nos dernières carrières de marbres seront bientôt abandonnées, nous serons alors entièrement à la merci des étrangers; enfin, à voir nos monumens publics et nos constructions civiles ou particulières, on pourra douter à l’avenir, s’il a jamais existé en France une seule exploitation de marbre.
- Un tel état de choses ne pouvait, Messieurs, échapper à votre sollicitude ; vous avez éclairé le Gouvernement, et il s’est empressé de proposer aux chambres une nouvelle augmentation des droits d’entrée sur les marbres étrangers.
- M. de Bolivienne, au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi , dit dans son rapport au sujet de cette augmentation : a Une exploi-» fation dont la France s’enrichit à présent, est celle des marbres de toute » espèce qu'on tire des carrières de nos départemens des Alpes, des Pyré-
- > nées, du Lot, du Mont-d’Or, des Ardennes, etc., etc. Les conseils de com-» merce et de la Société d’Encouragement pour 1 industrie nationale, ont » reconnu que ces marbres , très-divers en espèces , pouvaient satisfaire au
- > plus grand nombre de nos besoins. Les savantes recherches de l’un de nos « collègues ne laissent aucun doute à cet égard. Vous pouvez, par les droits a de douanes, hâter le développement de cette richesse, en élevant la valeur » des produits , et en contrariant des habitudes qu’on attaquerait vainement a par d’autres moyens. Nous proposons donc, dit le rapporteur en terminant, ); de porter à 3 francs au lieu de 2 francs le droit sur les marbres bruts , et a de faire subir aux taxes subséquentes portées au projet de loi, une augmen-; talion relative, a
- Ainsi, Messieurs, la Commission des douanes, en approuvant vos remontrances au .Ministère , a proposé à la Chambre des Députés d’augmenter les droits portes au projet de loi, à l’effet d’encourager nos exploitations. Malheureusement l'augmentation proposée par la Commission est insuffisante ; d ailleurs elle n’est point établie , ainsi qu’elle devrait l’être , par séries et dans des proportions déterminées, soit par les dimensions , soit par les divers états dans lesquels les marbres étrangers sont importés.
- J in^l-nnieme année. Avril 1822.
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- Ne craignez point, comme quelques personnes en ont manifesté l’inquiétude, ne craignez point, Messieurs, que, par suite de l’augmentation de droits que nous vous proposons de solliciter, la France ne manque de marbres pour ses ateliers, ou que son sol ne puisse leur fournir ceux dont ils ont besoin ; déjà nous avons suffisamment répondu à cette objection, qui n’est en effet nullement fondée : d’ailleurs nous vous dirons, et c’est avec connaissance de cause, que la France possède en marbres, brèches, albâtres, granits, porphyres, etc., etc., tout ce qu’elle peut désirer; qu’elle est plus riche eu ce genre que beaucoup de contrées ; qu’aucune de ces matières ne lui manque ; que les anciens en ont ouvert d’immenses carrières; que nous pouvons les remettre en exploitation avec avantage : nous ajouterons meme, d’après les nouvelles reconnaissances qui viennent d’être faites, que nous possédons dans plusieurs de nos départemens (ce dont on avait douté jusqu’à ce jour) d’abondantes car-rièresde marbres blancs statuaires, plus fins, plus homogènes et plus blancs que ceux de Carrare et de Luni, et qu'il est même impossible de distinguer des plus beaux marbres blancs statuaires de la Grèce, avec lesquels ils ont la plus parfaite identité pour leur blancheur, leur pureté, leur grain et leur contexture (1).
- Enfin, Messieurs, dans l’intérêt de la statuaire et de l’école française , permettez-nous une dernière observation. Les tarifs des douanes ont bien distingué les livres , les cartes de géographie, les gravures noires, les gravures coloriées, les lithographies et la musique gravée, de leur matière première, le papier blanc. Pourquoi donc n'ont-ils pas établi de semblables distinctions pour les marbres travaillés, ou pourquoi, sous la dénomination générale d’ouvrages en nmrbre, l’administration des douanes confond-elle, en les prenant indistinctement au poids, et les chefs-d’œuvre de l’art et les vases ou les meubles de marbre destinés aux derniers usages ?
- Les commerça ns et sculpteurs étrangers n’ont que trop bien senti le vice de nos tarifs à cet. égard ; aussi ont-ils profité du défaut de distinction qu’ils présentent dans les marbres ouvragés , pour introduire dans la patrie des Germain Pilon , des Jean Goujon , des Cointou , des Girardon , des Cor-zevox, des Puget, des Bouchardon, des Lemoyne, des Pigalle et des Chau-det, des pacotilles de statues , de bustes , de bas-reliefs et de sculptures en tout genre, comme si la France n’avait pas ses Bosio , ses Carteiier, ses Dé-
- fi) La belle statue en pied de Henri IV, enfant, exécutée par le célèbre Bosio , pour la ville de Pau. et le charmant buste de Clémence Tsaure. qui institua les jeux floraux à Toulouse, exécuté par mademoiselle Julie Charpentier, sont l’un et l’autre en marbre blanc des Pyrénées. ( Exposition du Musée royal des Arts, 1 822, nos. 1377 et 1779, ;
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- seine, ses Dupaty, ses Gojrs, ses Lemire , ses Lesueur, ses Raggi, ses Ro-magnesi, ses Valois et leurs nombreux élèves, qui soutiendront dignement la haute réputation de l’École française.
- Déjà, dans les dernières sessions, des observations très-sages avaient été faites aux Chambres, et M. de Pujmaurin disait même à ce sujet : « Il s’est » établi en Italie des ateliers de sculpture, où l’on travaille le marbre sta-» tuaire à côté des carrières. Des sculpteurs accoutumés à manier le marbre, » fournissent actuellement l’Europe entière de statues et de bas-reliefs , et » paralvsent chez nous les talens de nos sculpteurs. Ceux-ci ne travaillent » que des blocs de marbre transportés de Carrare à grands frais ; ils ne peu-» vent lutter avec des artistes inférieurs en talens, le bon marché de ees » derniers les faisant souvent préférer aux chefs-d’œuvre de nos artistes. » Ainsi les lions de marbre placés aux Tuileries ont été faits dans les ateliers » de Carrare ; ainsi les statues qui décorent nos jardins et nos boudoirs » sortent des ateliers de Carrare : ainsi enfin les tombeaux , les mausolées et ,> tous les monumens funéraires, que des sentimens bien respectables et y, quelquefois l’orgueil entassent dans nos cimetières, nous sont également » apportés de Carrare, n’attendant plus que le nom de celui auquel sera des-» tiné le monument. >;
- Dans scs conclusions, M. le baron Paymaurin demandait une augmentation et une distinction dans les droits d’entrée sur les statues, les bas-reliefs et autres objets sculptés en marbre blanc ou en albâtre -, mais de plus graves motifs étaient alors en discussion : ses observations, quoiqii’écoutées favorablement, ne purent être prises en considération. Aujourd’hui le gouvernement parait vouloir enfin s’occuper de nos marbrières ; nous crovons donc de notre devoir de vous soumettre nos réflexions, et de vous demander de le solliciter d’augmenter les droits d’entrée sur les ouvrages en marbre, en les divisant et les distinguant en plusieurs séries, ainsi que l’ont, établi avec le pins grand succès les douanes anglaises : mais nous aurons soin préalablement de vous faire observer, 1°. qu’on ne devra comprendre dans les tarifs m ies statues et sculptures antiques, ni les statues ou sculptures des élèves de : Académie française de Rome, lesquelles ne doivent jamais supporter aucun -droit à leur entrée en France ; *2°. que tout en cherchant à encourager l’ex-nioitation de nos carrières de marbre blanc statuaire , par tons les moyens que le Gouvernement jugera les plus favorables , tels que des primes d’en-soul agement. des exemptions de droits sur les canaux , des ouvertures de routes, etc., etc., on ne devra augmenter que modérément les droits d entrée '•tr les marbres dont l’art doit tirer ses chefs-d'œuvre, jusqu'à ce que nos nou-
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- \ elles marbrières soient dans une telle activité d’exploitation qu elles puissent fournir tous nos ateliers.
- C’est d’après ces motifs qu’a été rédigé le projet de tarif suivant, qui a été remis à M. le directeur général des douanes et à la commission chargée d’examiner le projet de loi présenté par le Gouvernement. Ce tarif est divisé en deux séries , l’une des marbres bruts, l’autre des marbres ouvragés, comme dans le tarif actuel ; mais elles ont été ensuite subdivisées, ainsi que l’ont fait avec le plus grand succès les douanes anglaises (1), en autant de classes que le comportent les divers états dans lesquels ces marbres sont importés.
- PROJET DE TARIF DES DROITS d’eNTREE SUR LES MARBRES ETRANGERS.
- I. Marbres bruts.
- Les marbres bruts, sans autre main-d’œuvre que d’être débités en tranches, paieraient suivant les épaisseurs ci-après :
- 1°. Au-dessus de O®,20 d’épaisseur, les marbres seront considérés comme blocs , et comme tels ils paieront, à raison du mètre cube , 2 fr. 50 c. les
- 100 kilogrammes, ci......................................... 2 f. 50 c.
- 2°. Au-dessus de 0ra,16 exclusivement à 0m,20 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,16 d’épaisseur, pesant environ 475 kilogrammes, paiera 3 fr. par 100 kilogrammes, ci............. 3
- 3°. De 0m,11 exclusivement à 0ra,16 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,11 d’épaisseur, pesant 315 kilogrammes envi-
- (i) Droits d’entrée des marbres bruts et ouvragés en Angleterre.
- i. Les blocs de marbre, par pied cube, paient.................................... c 4
- ( Nota. Le pied anglais n’est que de 0m,304m,9 , tandis que l’ancien pied français est de 0m,-324m,8. )
- 2 Bassins, tables de marbre, mortiers, le pied de surface ou carré................. 3 -
- 3. Pavé de marbre poli, de moins de 2 pieds carrés................................ io
- 4. Pavé de marbre non poli....................................................... 6 *
- 3. Le marbre statuaire sculpté paie , par quintal................................... 2 (
- ( Si les statues et les groupes du même bloc excèdent le poids d’un tonneau de 1000 kilogrammes, ils ne paient que pour le tonneau.)
- 6. Les bustes, bas-reliefs, petites figures en marbre, 50 pour 100 de leur valeur.
- '. Les vases de marbre et autres objets terminés et polis, 50 pour 100 de leur valeur.
- 8. Les cénotaphes, les tombeaux, les mausolées de marbre poli, le pied carré...... 2
- ( Le shilling anglais vaut 1 franc 25 cent., monnaie de France. )
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- ron, paiera 3 fr. 50 c., ci.................................. 3f 50 e,
- 4°. De 0“,08 exclusivement à 0m,11 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,08 d’épaisseur, pesant 235 kilogrammes environ, paiera 4 fr. par 100 kilogrammes, ci................ 4
- 5°. De 0m,05 exclusivement à 0m,08 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,05 d’épaisseur, pesant 160 kilogrammes envi-
- ron, paiera 5 fr. par 100 kilogrammes, ci.................... 5
- 6°. De 0m,03 exclusivement à 0m,05 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,03 d’épaisseur, pesant 80 kilogrammes environ, paiera 6 fr. par 100 kilogrammes , ci..................... 6
- 7°. De Qm,02 exclusivement à 0m,03 inclusivement, le mètre superficiel de 0m,02 d’épaisseur, pesant environ 60 kilogrammes,
- paiera 7 fr. les 100 kilogrammes, ci......................... 7
- 8°. Au-dessous de 0m,02, le mètre superficiel, pour la pesanteur, sera considéré comme moitié du produit de la tranche ci-dessus de 0m,02, n°. 7, pesant environ 30 kilogrammes, et paiera 8 fr. les 100 kilogrammes, ci......................... 8
- Observations.
- Dans les sept classes ci-dessus, du n°. 2 au n°. 8 , tous les marbres sont compris indistinctement sans désignation de nature , de qualité ou de couleur ; ils ne sont distingués que par les épaisseurs des tranches.
- Les marbres blancs de Carrare, les marbres blancs veinés, les bleus tur-quins, les bardilîes, les bleus antiques, etc., s’y trouvent compris s’ils sont débités en tranches ; mais s’ils sont en blocs pour le statuaire, ils forment la première classe sur laquelle nous ne proposons que la faible augmentation de 50 c. par mètre cube, espérant que le Gouvernement encouragera nos exploitations de marbre blanc statuaire par les moyens les plus efficaces.
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- r ar)
- il. Marbres travaillés ou ouvrages.
- O
- ï.v.' ouvrages exécutés en marbre seront à l’avenir distingués et divisés en quatre classes, lesquelles paieront à leur entrée en France, savoir :
- i Statues. .classe.../ Bustes.
- ) Bas-reliefs.
- / Yases et bassins ornés et sculptes.
- I Tombeaux et cénotaphes. classe . .. < Piédestaux.
- j Sculptures et morceaux divers d’archi-\ lecture monumentale.
- / Colonnes et chapiteaux. co asse . .. <’ Colonnes tronquées, fûts, gaines, socles, l bases.
- / Chambranles à colonnes.
- ' Idem à pilastres.
- ''<*** - ' \ Idem à consoles avec arrière-corps ou
- i à face unie,
- l
- !
- | Exécutés, j finis
- ' et polis.
- i Exécutés, ? finis
- \ et polis.
- 60 lr. par îoo kilogr.
- 10 fr. par ion kilogr
- 30 fr. par lüO kilogr.
- 20 fr. par too kilogr
- Ob servaüons.
- Les statues, sculptures et bas-reliefs antiques, et ies statues , les bustes , les bas-reliefs et autres sculptures des élèves pensionnaires de l’Académie française de Rome, ne pourront sous aucun prétexte être compris dans ce tarif.
- Tous les ouvrages en marbre exécutés et terminés, soit tables et tablettes, t ondes, ovales, carrées, longues, les panneaux et pilastres, bassins, mortiers, vases, etc., etc., avec paremens dressés et polis, paieront, par mètre superficiel , 10 fr. en sus des droits d’entrée portés pour les marbres en tranches de chacune des classes 2, 3, 4, 5, 6 , 7 et 8, établies dans'le premier paragraphe, ci. ............. 10 fr.
- Les compartimens de marbre de toute nature et de toute forme, carrée, longue , ronde , ovale, en échiquier, etc. , avec parement dresse quel qu’il soit, paieront, en outre les droits du marbre en tranche, 8 francs par métré superficiel, ci. . 8 fi
- EXAMEN DES MARBRES NOUVELLEMENT DÉCOUVERTS ET PRESENT!S A LA SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT.
- 1. Des marbres blancs statuaires d.p± Han les - Pyrénées.
- Les marbres blancs statuaires nouvellement déeouveris dans ies Hautes-Pyrénées, par M. Alexandre Dume^e, inspecteur des antiquités nationales, ont été exploités par les anciens . qui en ont extrait des blocs et des masses
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- de toutes dimensions ; mais il parait qu’après avoir été en grande exploita-' tion, ces marbrières , à une époque très-reculée , ont été entièrement abandonnées, puisqu’elles étaient ignorées dans le pays, qu’aucun ouvrage n'en fait mention, que la tradition n’en a conservé aucun souvenir, qu'il n’en existait plus aucune trace , enfin que les places ou ateliers d’extraction étaient recouverts de déblais et de broussailles, lorsque M. Dumège, en-recherchant nos antiquités nationales, et les carrières d’où avaient été extraits les matériaux des monumens dont il retrouvait des restes précieux , découvrit d’anciennes exploitations de marbre blanc statuaire à Sost, dans la vallée de Barousse, département des Hautes-Pyrénées.
- Déjà nous devions aux recherches de M. Layerle Cape lie , marinier à Toulouse, la connaissance des carrières de marbre noir et blanc de Seix et de la Taule dans l’Ariége , et de Rapp Saint-Béat dans la Haute-Garonne, qui ont également été exploitées par les anciens : on peut voir dans notre rapport sur les produits de l’industrie française, exposés au Louvre en 1819 (1), les notices que nous avons données sur les marbres découverts par M. Layerle Capellc
- Suivant nos plus célèbres statuaires, les marbrières nouvellement découvertes par M. Dumège ne laissent rien à désirer. En effet, sous les diffé-rens rapports de la nature , de la dureté , de la blancheur, et généralement de toutes les propriétés du marbre blanc statuaire, celui des carrières de Sost réunit toutes les conditions exigées ; ainsi il présente un grain fin, serré, et toujours uniforme ou homogène.
- Sa cassure est pleine , compacte , légèrement écailleuse , quelquefois cristalline ou spathique , mais le plus souvent semblable à celle de la plus belle cire blanche, et alors parfaitement égale dans quelque sens qu’ait été opérée la rupture.
- Sa dureté est égalé dans toute la masse et elle v est au même degré dans quelque sens qu’on l’éprouve en passe et contre-passe.
- 11 ne présente point la disposition fissile ou feuilletée de certains marbres talqucux ou magnésiens ; sa contexture est au contraire de la plus parfaite homogénéité.
- O
- Sa couleur varie entre le blanc de neige et le blanc de lait.
- Il offre une demi-transparence qui le rapproche de certains marbres grecs tant recherchés par les sculpteurs, qui considèrent la translucidité comme
- g .Rapport du Jury d’admission à l'exposition de i s 19, par M. Héricart de Thury, ehap. XL N L marbres et granits de France, page 300 U suiv.
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- une qualité essentielle, qu’ils ne parviennent à donner artificiellement aux marbres qui en sont privés que par des préparations particulières qui peuvent les altérer et faire perdre aux parties les plus délicates des statues la pureté du travail.
- Sous le rapport de la glyptique et de la sculpture, le marbre statuaire des Hautes-Pyrénées doit être placé avant ceux de Carrare. Il se travaille avec la même facilité ; mais il a sur eux l’avantage d’une plus parfaite égalité dans le grain et la dureté, et celui bien plus précieux encore de ne point contenir de noyaux siliceux ou quartzeux, qui font souvent rebuter des blocs des plus beaux marbres de Carrare et de Luni.
- Essayé chimiquement, ce marbre jouit des mêmes caractères et propriétés que les marbres blancs regardés comme les plus purs , et nous n’y avons pas trouvé les parties talqueuses, magnésiennes ou argileuses, qui déterminent l’altération de beaucoup de marbres.
- Quant au volume des blocs, ce marbre constituant la montagne même, on peut en extraire des masses de toutes dimensions, et M. Dumègc annonce, par des certificats des autorités locales, que sur les trois cents blocs présentement extraits, il y en a plusieurs de dix à onze mètres de longueur, sur plus d’un mètre d’épaisseur.
- Après la découverte de ees marbrières , M. Dumègc a formé à Toulouse une Société sous la raison de MM. Lajont, Prilliers et compagnie.
- L’exploitation des marbrières se fait à découvert et par gradins , comme le pratiquaient les anciens, qui ont laissé dans quelques carrières des autels, des piédestaux, et autres monumens ébauchés et plus ou moins parfaits.
- Les marbres sont descendus sur des traîneaux ou des chars à la marbrerie de la compagnie , établie dans la petite ville de Saint-Bertrand sur la Garonne.
- Cette usine comprend, 1°. une scierie de trente-six lames sur un des bras de la Garonne; 2°. un atelier de statuaire en grand ; 3°. un atelier de figu-riste en médaillon et bas-reliefs ; 4°. un atelier de sculpture pour vases, nrnemens, candélabres, urnes, mausolées, etc., etc. ; 5°. un atelier pour la coupe des marbres en tables, chambranles , consoles , etc. , etc. , et 6°. un grand atelier de polisserie.
- La Garonne à Saint-Bertrand porte de forts radeaux, sur lesquels on place des blocs de grandes dimensions, et à peu de distance est le port de Mont-rejeau où se réunissent tous les radeaux des vallées de Luchon, de la Garonne, de Barousse, d'Aure , de la Ncste , d’Àrreau , etc. , pour descendre à Toulouse et de là à Bordeaux.
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- Enfin, quant au prix de ses marbres, M. Dumège nous a annoncé que sa compagnie a pris l’engagement de donner les gros blocs de première qualité de 15 à 16 pour 100 de rabais sur le prix de ceux de Carrare et de Luni, et les petits blocs à un rabais de 20 pour 100. Ainsi les prix des marbres d’Italie régleront ceux des marbrières de Sost ; or, vous savez, Messieurs, que les beaux marbres statuaires de Carrare et de Luni varient de 2,000 fr. à 2,500 fr. et au-delà le mètre cube, suivant la qualité et les dimensions des blocs, et de1,000fr. à 1,200 fr. le mètre cube de marbre blanc d’architecture monumentale (1).
- De tout ce qui précède il résulte que le marbre blanc statuaire de la vallée de Sost est égal en qualité aux plus beaux marbres statuaires connus ; qu’il est tellement semblable à certains marbres grecs, qu’il est impossible de l’en distinguer ; et que pour ceux de Carrare et de Luni , nous pouvons affirmer d’après notre célèbre sculpteur Bosio, qui les a essayés comparativement, et oui exécute en ce moment une statue de Henri IY en marbre français, qu’il peut leur être substitué avec le plus grand avantage, surtout , et si, comme nous l’assure M. Dumège , il parvient à nous livrer ce marbre à plus bas prix que les plus beaux marbres statuaires étrangers.
- D’après ces motifs, et en considérant l’importance de la découverte des anciennes carrières de marbre blanc statuaire de la vallée de Sost , puisque suivant nos budgets des années 1816, 1817, 1818, 1819 et 1820, le Ministre de l’Intérieur a acheté annuellement pour nos monuments publics , pour 100,000 francs de marbre blanc statuaire d’Italie, et ainsi pour 500,000 fr. en cinq ans seulement, indépendamment de ce qui çn a encore été acheté annuellement pour le compte du Ministère de la maison du Roi , la Société d’Encouragement a décidé qu’elle décernerait, 1°. une médaille d'or à M. Alexandre Dumège , déjà connu si avantageusement par ses travaux et ses recherches sur nos antiquités nationales ; 2 x qu’elle enverrait le rapport de sa commission à MM. les Ministres de l’Intérieur et de la maison du Roi, en les priant de faire essayer le marbre de M. Dumège dans les travaux publics, et de l’y employer comparativement avec les marbres étrangers.
- fi) Au sujet des prix actuels des marbres blancs statuaires, nous pensons qu’on ne lira pas sans intérêt la note suivante, extraite d’un état de la dépense de l’intendance des bcàtimens du Roi, de 1699 à 1705.
- Les deux blocs de marbre blanc , que Mansard fit venir de Carrare pour les deux groupes des chevaux de Marly, coûtèrent, rendus à Paris , 32,000 francs; ils étaient chacun de 400 pieds cubes, ce qui établit à 40 francs le pied cube de marbre blanc, lequel vaut aujourd’hui de 7 5 à 80 francs, en première qualité de statuaire.
- J ingt-unième année. Avril 1822.
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- IL Marbres des départements du Nord et des Ardennes.
- Nos belles marbrières de Flandre, qui fournissaient autrefois la capitale, ont depuis longtemps cessé d’approvisionner nos ateliers ; nous en avons recherché les causes, et nous ne pouvons attribuer qu’à la facilité des transports des marbres de la Belgique, après sa réunion à la France, les motifs qui ont successivement fait abandonner toutes nos exploitations , abandon tel, qu’aujourd hui la ville de Paris et tout le nord de la France sont entièrement et uniquement fournis de marbre par les Pays - Bas. Nous connaissons cependant encore nos nombreuses marbrières du Nord; nous savons celles qui étaient exploitées avec le plus de succès; nous voyons que plusieurs de leurs marbres, tels que le Royal, le Cerfontaine , le Givet, le Rance, le Franchimont, le Charleviile, le Barbançon, etc., etc., autrefois très-estimés, jouissaient d’une très-grande faveur, et qu’ils étaient employés dans le décor de nos temples et de nos églises (i ). Espérons que l'ouverture des canaux de navigation , la confection des nouvelles routes, et surtout l'augmentation des droits d’entrée , proposée par le projet de loi des douanes sur les marbres étrangers , mettront bientôt nos marbriers à même de reprendre et de remettre en activité nos anciennes carrières , et qu’ils chercheront à en découvrir de nouvelles. Déjà la médaille que vous avez décernée en 1820 à "SI. Vallin, entrepreneur lithoglyptc du Garde-Meuble de la couronne , pour ses travaux sur nos marbres, nos granits et nos porphyres indigènes, a prouvé à tous nos marbriers français que vous aviez l’intention d’encourager leur industrie comme ^Tous encouragez toutes les autres. Plusieurs exploitants du Nord ont répondu à votre appel , et vous ayant déjà fait différents rapports sur chacun d’eux, nous allons rapidement vous représenter leurs travaux et les droits qu’ils ont acquis à vos encouragements.
- I. M. ie chevalier Quivy, propriétaire d’une marbrerie à Maubeuge, vous a adressé un mémoire sur la situation du commerce des marbres en France , et sur la nécessité d’encourager ce genre d’industrie par de nouvelles lois. Au mémoire de M. Quivy étaient jointes des observations, 1°. sur les droits que les Belges évitent en faisant entrer en France leurs marbres en tranches ; 2°. sur les bénéfices qu’ils font au détriment du commerce et de notre in-
- (î; Un des plus beaux magasins de marbres français, que nous puissions citer, est celui qui a été nouvellement établi à Paris, boulevard du Pont-aux-Choux, n°. 5, par la demoiselle Lebrun et Compagnie On y trouve également un riche assortiment de marbres étrangers les plus rares et les plus recherchés.
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- dustrie nationale , d’après la mauvaise fixation de l’impôt des marbres à leur entrée ; et 3°. sur les conséquences qui en résultent pour cette branche de commerce, et sur les moyens de rétablir l’équilibre et d’encourager l’exploitation des marbres français.
- Le mémoire de M. Quivj est celui d’un homme qui a mûrement approfondi et étudié la question qui nous occupe : il est propriétaire et exploitant, il est négociant en marbres, il a donc été à même de recueillir à cet égard tous les renseignements sur la matière.
- Il a ouvert de très-grandes carrières de lumachelle noire , à Ferrière-la-Petite , près Avesnes , bien supérieure à la pierre féline dite le granitin des éeaussines de Mons.
- On lui doit les beaux marbres Sainte-Anne de Jeumonl qui rivalisent avec les premières variétés de la Belgique.
- Il a fait construire à Douzy-lès-Maubeuge une grande usine marbrière qui a trente-deux scies constamment en activité.
- Par son exemple et par tous les sacrifices qu’il a faits, il a donné un élan général à toutes les marbrières de nos départements du Nord.
- Enfin son unique vœu est que la France, par vos soins et par vos instances , soit promptement délivrée du tribut étranger auquel elle est asservie , convaincu, dit-il, que notre belle patrie saura, comme Athènes, imprimer sur ses marbres le génie de ses habitants, et transmettre aux siècles futurs les témoignages de sa gloire.
- Sur le rapport de votre Commission , vous avez décidé 1e. que vous décerneriez, en séance publique, une médaille d’argent à M. le chevalier Quivy ; 2°. que vous recommanderiez à M. le Directeur général des douanes les observations qu’il vous a adressées sur les droits que les Belges évitent en faisant entrer les marbres en tranches , et sur la nécessité d’augmenter les droits d’entrée de tous les marbres étrangers.
- IL M. le baron Morel, ancien adjudant général, colonel d’état-major, a découvert à Honhergies , près Bavav, de belles marbrières dont il vous a présenté divers échantillons (1). Ces marbres disposés en bancs d’abord horizontaux , et ensuite inclinés vers le nord , de 60 à 70 degrés, reposent sur le calcaire bleu ; ils forment une masse de six mètres d’épaisseur divisée par des fentes verticales qui facilitent l’exploitation : cette masse présente différentes espèces de marbres , gris , blanc et bleu, variés et accidentés par une foule de coquilles, de coraux , de madrépores et autres corps marins.
- : Bulletin de la Société d'Fncouragement, n°. CCIII, mai 1821, page 139.
- S 2
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- Ces marbres , qu’on ne peut distinguer de ceux des Pays-Bas, seront d’un très-bon emploi dans nos constructions civiles et particulières, où ils devront à l’avenir remplacer tous les marbres de la Belgique. Sous ce rapport, la découverte de M. le baron Morel est d’une très-grande importance , et nous dirons, à cet égard , avec M. Becquej , directeur général des Ponts-et-Chaussées et des Mines , que le Gouvernement ne saurait trop encourager les travaux de ce brave et digne militaire, qui, après avoir honorablement servi sa patrie, emploie aujourd’hui les débris de sa fortune et les loisirs de sa retraite , à nous affranchir du tribut auquel nous avait asservis envers l’étranger notre indifférence à profiter de nos richesses minérales.
- La Société d’Encouragement, prenant en considération les travaux de M. le baron Morel, a décidé qu elle lui décernerait une médaille d’argent, et qu elle le recommanderait au Gouvernement, pour qu’il lui accordât, à titre d’encouragement, la fourniture des marbres de quelques-uns de ses palais ou monuments publics présentement en construction.
- III. M. Bourguignon- Tautou , marchand marbrier à Rubecourt, a découvert â Moncy-Notre-Dame-les-Bois et à la Folie-Cassan des marbres très-variés et de la plus grande beauté (1). Ces inarbres appartiennent au calcaire de transition : ils sont en couches inclinées de 70 degrés à l’horizon, avec un schiste argileux exploité comme ardoise, qui contient des empreintes végétales et de nombreux vestiges d’animaux , dont quelqties-uns n’appartiennent qu’à tel ou t 1 banc et servent ainsi à les caractériser. Ces carrières offrent des marbres du plus grand effet pour les monuments publics , parla manière large et prononcée dont leur fond noir ou noirâtre est coupé par de belles veines blanches plus ou moins régulières , elles-mêmes accidentées par diverses causes contemporaines de leur formation. Ces marbres qui ont une certaine analogie avec le tigre-chou de Flandre, ou avec ceux delà Mayenne, et même parfois avec le grand antique à fond'noir, se rapprochent dans quelques parties du Sainte-Anne à grandes veines, et dans quelques autres , du Peschagnard de l’Isère ou du Bourbonnais à fond noirâtre ; mais ils sont distingués de ces différents marbres par de beaux fossiles droits multiloculaires, à cloisons transversales simples et perforées d’un tube ou siphon. Ces fossiles ont une fausse apparence de bélemnites , et une certaine analogie avec les nautiles ; mais ils diffèrent de ceux - ci en ce qu’ils sont droits. Ils sont réunis par faisceaux ou par groupes ; enfin ils
- (i) Bulletin de la Société d’Encouragement. n°. CCIII, mai i52i. page 141.
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- ont de O/l 5 à 0,20 de longueur , et sont remplis de chaux carbonatée spa-thique et blanchâtre, que fait ressortir la teinte noire du calcaire qui les enveloppe.
- Parmi les autres marbres de ces carrières, les uns se rapprochent du Sainte-Anne, du Barbançon et du Yaudelet, et d'autres des lumachelles du Jura, du Pas-de-Calais, deGivet, et des écaussines de Mons.
- Les marbrières de Moncy-Notre-Dame-les-Bois et de la Folie-Cassan ont été visitées par M. Thiria_, ingénieur des mines. M. le préfet du département des Ardennes, en adressant au Ministre son rapporrt et une série d’échantillons de leurs marbres, a sollicité du Gouvernement, en faveur de M. Bourguignon , les encouragements que méritent son industrie, l’importance de sa découverte et les sacrifices considérables qu’il n’a pas craint de faire, quoiqu’il ne soit, dit M. le préfet, qu’un simple marbrier.
- D’après ces motifs , la Société d’Encouragement , sur le rapport de sa Commission, a décidé qu’elle décernerait une médaille d’argent à M. Boni -guignon-Tautou , de Rubecourt , et qu elle le recommanderait au Gouvernement pour qu’il lui accordât la fourniture des marbres d’un de ses palais ou monuments publics.
- L’assemblée ayant adopté les conclusions de ce rapport , M. le président a remis à M. le chevalier Quivy la médaille d’argent votée en sa faveur, et â M. Bréant celle qui est destinée à M. Morel.
- MM. Alexandre Dumège et Bourguignon-T'a. ulou n’étant pas présents à la séance, la médaille d’or décernée au premier et la médaille d’argent décernée au second leur seront envoyées.
- M. Baillet de Belloy ayant ensuite pris la parole au nom de la Commission des médailles , a lu un rapport sur les instruments de sondage de MM. i>carier père et fils, à Abbeville (ce rapport est inséré au Bulletin du mois de mars , page 75j; il a conclu à ce qu’une médaille d’argent leur fût décernée, pour avoir perfectionné les outils de sondage et avoir percé, depuis quelques années, de nombreuses fontaines forées dans les vallées de la Somme , de l’Authie et de la Maie.
- Ces conclusions ayant été adoptées par l’assemblée, M. le président a remis à M. Baillet y qui veut bien se charger de la leur faire parvenir, la médaille d’argent votée en faveur de MM. Beurier.
- Au nom de la même Commission, M. F rancœur a lu le rapport suivant sur les presses d’imprimerie de M. Amédée Durand.
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- Rapport sur les nouvelles presses d'imprimerie de M. Amédée Durand, rue du Colombier} it a(3. a Paris; par M. Francœur.
- On a remarqué que plusieurs nations ont tour-à-tour fleuri sur la terre , mais qu’à peine leur civilisation produisait des jouissances inconnues aux peuples barbares, qu’elles devenaient la proie de ces derniers : ces douceurs de la vie étaient des appas pour ceux qui en étaient privés, et une invasion renversait l’édifice de prospérité que de longues années avaient construit. Ainsi, les nations , depuis un temps immémorial, ont plusieurs fois passé de la barbarie à la civilisation, et des lumières à l’obscurité; mais, depuis l’invention de l’imprimerie , ce retour est désormais impossible , et l’homme n'a plus à redouter qu’une invasion détruise les progrès des sciences et des arts : un nouvel Omar peut brûler la plus belle des bibliothèques , un nouvel Attila ravager l’Europe, sans que les connaissances acquises soient oubliées.
- La Société d’EneouranemeiU a dû concourir de tous ses efforts à perfection-ner l’art typographique, dont l’objet est d’une utilité si grande, qu’on peut l appeler le premier des arts de la civilisation. C’est dans ces vues qu’elle a fondé un prix pour l’application des machines à vapeur aux presses d’imprimerie , dont on trouve des exemples chez une nation voisine ; et si ce prix n’a pas encore été remporté , on peut prévoir qu’il ne tardera pas à hêtre, parles succès qu’a obtenus Al. Amédée Durand.
- Cet habile mécanicien est auteur de deux presses, l’une à platine, l’autre à cylindre , mues par une manivelle , dans lesquelles l’encre se distribue d’eUe-même sur les caractères d'imprimerie ; cette machine n’exige que l’emploi d’un seul ouvrier, aidé d’un enfant qui enlève les feuilles après qu’elles ont reçu l’empreinte. Le tympan s’y meut de lui-même; il n’y a pas besoin d’elançon , et on peut placer la machine dans toute chambre, n’eût-elle que 6 pieds de largeur, et la déloger sans dépenses. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les détails de ces deux presses ; mais nous pouvons en indiquer les avantages, en les comparant à celles qui sont en usage, indépendamment de la diminution des frais.
- La presse à platine , qui est formée en grande partie des éléments des presses à la Stanhope, pour obtenir le registre et la retiration, donne une pression indéfinie qu’on règle à volonté ; elle ménage beaucoup plus les caractères, donne une plus belle impression, sans exiger autant de force et de fatigue : les produits sont, pour la quantité , au moins aussi nombreux que
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- ceux qu’on a coutume d'obtenir des autres presses; mais elle n’emploie qu’un homme au lieu de deux hommes.
- La presse à cylindre de M. Amédée Durand est surtout propre aux impressions qu’on veut faire rapidement, comme celles des journaux, registres, etc., sous les plus grands formats, et avec un développement très-médiocre de puissance ; comme elle n’exige jamais qu’une faible pression , elle n’est exposée à presque aucune cause de destruction ; enfin le procédé est tellement économique, qu’un ouvrier, aidé par un enfant, peut, dans un temps donné , imprimer autant de feuilles que deux presses ordinaires manœuvrées chacune avec deux hommes.
- M. Amédée Durand a tellement disposé son mécanisme qu’il ne lui a manqué, pour obtenir le prix de deuœ mille francs , que d’avoir fait tourner sa manivelle par la force de la vapeur, problème qui n’offre aucune difficulté. Le Conseil d’Administration , en considérant qu’il ne pouvait accorder le prix , parce que toutes les conditions du programme n’avaient pas été remplies , a voulu donner à l’auteur de cette ingénieuse invention un témoignage de son estime en lui décernant une médaille d’argent.
- Les conclusions de ce rapport ont été adoptées par l’assemblée ; en conséquence, M. le président a remis à M. Amédée Durand la médaille d’argent votée en sa faveur.
- La parole avant été accordée à M. Silvestre, il a lu, au nom de la Commission des médailles , le rapport suivant sur les chapeaux de paille de Madame Reyne, demeurant a Valence, département de la Drôme.
- Rapport sur les chapeaux de paille imitant ceux d" Italie,
- de Madame fieyne ; par Tf. Silvestre.
- Vous avez annoncé que vous étiez dans l’intention de décerner aujourd’hui une médaille d’argent à madame veuve Reyne , et vous m’avez chargé d’exposer brièvement les motifs qui vous ont déterminés à accorder à cette dame une semblable marque de distinction.
- Madame veuve Reyne, pendant un long séjour qu’elle a fait a Florence , a conçu le projet de transporter en France la fabrique de chapeaux de paille, qui fournit chaque année pour plus d'un million et demi à notre commerce d importation. Elle a étudié avec soin tous les procèdes de cette fabrication , et ceux de la culture de la céréale qui fournit la paille nécessaire à ce genre de travail. Elle a rapporté en France des graines de cette
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- céréale, les a cultivées avec succès en grand, d’abord à la ville du Bourg-Saint-Andéol, département de l’Ardèche , ensuite à Valence, département de la Drôme; elle y a établi une fabrique de chapeaux de paille, façon d’Italie, qui déjà fournit au commerce depuis plusieurs années , et dont la confection soutient la comparaison avec les beaux produits du même genre de la Toscane ; elle vous a communiqué tous les détails de sa fabrication, tous les éléments des prix auxquels elle peut établir cette sorte de marchandise, et il parait que ces prix sont inférieurs à ceux d’Italie. Un chapeau à soixante-deux tours, qui fait partie des échantillons qu’elle vous a adressés, ne vous a paru rien laisser à désirer pour la perfection de la contexture de la tresse , et nous avons en France tous les moyens de corriger les faibles imperfections que vous avez remarquées , relativement au blanchiment et aux points de suture des tresses entre elles. Ce chapeau , évalué à 52 francs par Madame veuve Reyne , coûterait au moins le double de ce prix s’il avait été apporté d Italie.
- Vous avez apprécié aussi , Messieurs, les motifs que Madame Reyne vous a exposés, sur les difficultés résultant de son peu de moyens pécuniaires, et qui l’ont empêchée de donner plus de perfection encore et plus d’extension à sa fabrique. En conséquence, vous avez jugé convenable de lui décerner, dans celle séance, une médaille d’argent, comme un témoignage d’estime et d’intérêt pour le zèle qu’elle a mis à faire des recherches utiles pour introduire en France une branche d’industrie exotique, pour avoir apporté avec elle et avoir cultivé en grand avec succès le blé qui fournit la paille employée en Italie pour la fabrication des chapeaux de qualité supérieure, et pour avoir monté une fabrique dont les échantillons indiquent un travail excellent dans ses parties principales , et dont les prix sont de beaucoup inférieurs à ceux des chapeaux de même qualité importés de la Toscane.
- L’assemblée ayant adopté les conclusions de ce rapport, M. le président a remis à M. Chcirbonnel, fondé de pouvoirs de Madame veuve Reyne, la médaille d’argent destinée à cette dame.
- Sur la proposition de M. le baron de Gérando , et d’après l’avis de la Commission des médailles, l’assemblée a mentionné honorablement:
- 1°. M. P radier, rue Bourg-l’Abbé, n°. 22, à Paris, pour la grande extension qu’il a donnée à son établissement de coutellerie et d’objets en nacre de perle, et surtout à sa fabrique de rasoirs ;
- 2°. M. et Mademoiselle Vauchelet, fabricants de peinture sur velours, rue Chariot, n°. 19, à Paris , pour la louable émulation qui les porte à con-
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- limier l’établissement créé par leur père, et pour le succès avec lequel ils marchent sur ses traces.
- La séance a été terminée par le renouvellement du bureau et des divers comités du Conseil d’Administration.
- MM. les président, vice-présidens, secrétaire, secrétaires-adjoints, trésorier et censeurs ont été réélus.
- A la Commission, de fonds, M. Boscheron, démissionnaire , a été remplacé par M. le comte Bigot de Préameneu.
- Au comité des arts chimiques, M. Cadet de Gassicourt, décédé, a été remplacé par M. Despretz, professeur de chimie, à l’École polytechnique.
- Au comité d’agriculture, M. Challan, déjà adjoint au comité, a été nommé en remplacement de M. de Mirbel, démissionnaire.
- Enfin, au comité de commerce, M. le baron Dufougerais, décédé, a été remplacé par M. François Ddessert.
- Tous les autres membres sortans de ces comités, ainsi que ceux des comités des arts mécaniques et économiques, ont été réélus.
- Nous donnerons dans un prochain Bulletin la liste complète des membres et adjoints du Conseil d’Administration.
- NÉCROLOGIE.
- Notice nécrologique sur M. le comte et Madame la comtesse Jollivet; par M. le baron de Gérando.
- Messieurs , parmi les devoirs qu’imposent à votre Conseil d’Administration les dispositions généreuses qu’ont faites M. le comte et Madame la comtesse Jollivet, il en est un auquel il devait mettre un empressement particulier ; c’est celui qui se rapporte à ce qui peut intéresser leur mémoire.
- Il a bien voulu me charger d’y concourir et de vous entretenir un instant de ces deux bienfaiteurs de l’industrie française, qui l’ont dotée récemment avec une libéralité dont aucun particulier parmi nous n’avait, jusqu'à ce jour, donné un exemple aussi remarquable.
- M. Jean-Baptiste-Moïse Jollivet était né le 18 septembre 1753 à Thury, près Saint-Florentin, département de l’Yonne. Il suivit d’abord la carrière du notariat; il avait dès-lors associé trois genres d’études dont les corrélations présidèrent constamment dans la suite à la direction de ses travaux : celle du droit civil , celle de l’économie publique et celle de la Vingt-uni'eme année. Avril 1822. T
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- science du calcul. C’était une préparation naturelle à la carrière adminis trative; aussi , à la première formation des administrations nouvelles, en 1790, M. Jollivet fut-il appelé, par le suffrage de ses concitoyens, aux fonctions de membre du directoire du département de Seine-et-Marne, et la manière dont il sut les remplir lui obtint l'honneur d’être, l’année suivante, député par eux à l’assemblée législative. Il présenta à cette assemblée, le 24 août 1792, un rapport et un projet de décret sur la nouvelle organisation de la contribution foncière, accompagnés d’éclaireissemens sur l'emploi des nouvelles mesures dans la confection du cadastre : l’année suivante, il publia un écrit sous le titre de Principes fondamentaux du régime social comparé avec le plan de contributions présentés à la Convention nationale ; il rattachait ces principes fondamentaux aux droits delà propriété, à la protection qui lui est due, aux obligations qu’elle impose.
- Pendant qu’il travaillait à cet ouvrage, la Convention décréta, le 18 mars 1793, Vétablissement de l'impôt progressif. Jollivet, alors simple particulier, entreprit d’arrêter, à sa naissance, un système aussi ruineux pour la société qu’injuste pour les contribuables, mais que les passions du moment avaient saisi avec chaleur; il usa de la voie des pétitions pour faire entendre la vérité : cette pétition fut présentée le 10 avril, accompagnée d’un écrit qui a été regardé comme un modèle de concision et de logique, mais dont la publication fut aussi, à cette époque, une action courageuse. Il y montra que l’impôt, progressif est une véritable loi agraire; qu’il attaquerait les sources de la reproduction; qu’il ne pourrait s’établir que par des moyens tyranniques. Aussi la Convention nationale, qui cependant alors ne reculait guère, recula devant son propre ouvrage : le décret du 18 mars ne fut point révoqué; mais il demeura sans exécution, et la France, parmi tant de maux, échappa du moins à l’essai de ce désastreux système.
- Ces deux écrits appartenaient à un ensemble de travaux auxquels Jollivet s’était livré, et qui embrassaient la science entière de l’économie publique, considérée principalement dans ses rapports avec les divers genres de contributions, avec le droit civil et avec la législation commerciale. Un grand nombre de mémoires manuscrits qu’il a laissés à sa mort appartenaient à ce plan dont il a exécuté seulement quelques parties. Les circonstances lui ont successivement fourni l’occasion de détacher quelques branches de cet ensemble, pour les publier, lorsque les mesures projetées par le Gouvernement et les discussions qu’elles ont fait naître lui ont paru rendre cette publication utile; mais la part active qu’il a prise lui-même à ces controverses et les fonctions auxquelles il a été successivement appelé ne lui ont pas permis de compléter ce travail et d'y mettre la dernière main.
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- Il rédigeait un grand ouvrage sur le Cadastre et l’avait presque achevé, lorsqu’au printemps de l’an III il fut obligé de l’inierrompre , pour rédiger le Code hypothécaire présenté à la Convention nationale le 9 messidor de la même année. La loi du 1fr. thermidor suivant l’appela aux fonctions de conservateur général des hypothèques. Peu de mois après, il publia un mémoire sur l’établissement de la conservation générale des hypothèques et ses effets (ventôse, an IV, in-40.); les développemens sur le nouveau système adopté (germinal, an IV), et une suite d’instructions destinées aux conservateurs institués dans les départemens.
- On agita, en l’an VI, la question de savoir lequel est préférable de l’impôt sur les successions ou de celui sur le sel. Cette discussion lui suggéra un mémoire qui a aussi fixé l’attention publique par la généralité des vues qu’il renfermait et par un talent très-remarquable d’analyse : il assigna une préférence marquée à la seconde de ces deux contributions. Ce mémoire ainsi que celui sur l’impôt progressif ont fourni à M. Destutt-Tracy, aujourd’hui pair de France, le sujet de deux notices dans lesquelles ils sont fort judicieusement appréciés, et qui ont été aussi publiées dans le temps (Moniteur de l’an III et de l’an VI). « Il aurait été plus heureux sans doute, » dit cet écrivain, que Jollivet eût pu terminer un grand ouvrage déjà fort » avancé, et où tous les travaux partiels auraient paru comme parties in-» tégranles d’un système complet et se seraient prêté successivement » l’appui et la clarté qui naissent de la liaison et de l'ensemble ; alors on ») aurait vu toutes les idées sur le choix et l’assiette des contributions, sur » la confection d’un cadastre, sur le régime hypothécaire, sur la législa-» tion du commerce et du prêt, sur plusieurs autres parties du Code civil , » dériver d’un petit nombre de principes communs, qui eux-mêmes viennent » se rattacher à la distribution des pouvoirs sociaux et à l’exercice des droits » de citoyen. »
- On a encore de Jollivet quelques écrits détachés sur divers sujets, tels que l’expertise, le mode de consulter les naissances , mariages et décès, sur le thalweg du Rhin, etc.
- Parmi ses travaux manuscrits, se trouvent des recherches sur h s monnaies de France ; des aperçus d’un Traité élémentaire sur les finances ; un Mémoire sur les principes de cette administration ; d’autres Mémoires sur la statistique, sur les colonies, sur le régime forestier, sur le prêt à intérêt et la contrainte par corps, sur la grande voirie, sur la banque, sur l’imprimerie, sur la contribution foncière, sur les contributions indirectes; des conférences sur le système général des contributions publiques, etc. Il a laissé aussi un recueil d applications diverses des mathématiques au calcul des intérêts, et
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- des tables de logarithmes à la gnomonique, au système métrique, à la numération, au calendrier.
- Jollivet fut appelé à faire partie du Conseil d’État à sa première formation, en l'an VIII, et a continué d’y siéger jusqu’en 1814, à l’exception des intervalles pendant lesquels il a rempli diverses missions successives. A la fin de l’an VIII, il fut envoyé dans les départemens de la rive gauche du Rhin en qualité de commissaire général; en l’an XIII, il fut chargé de la liquidation de la dette de ces mêmes départemens : peu après, il fut nommé Ministre plénipotentiaire près les princes et états de la Confédération germanique; puis, en 1807, l’un des régens du royaume de Westphalie. Dans ces diverses fonctions publiques, comme dans la part qu’il prit aux travaux du Conseil d’Etat, il se fit remarquer par son esprit de méthode, par une précision singulière, par une exactitude scrupuleuse : sa manière de procéder, son langage, son style , quel que fût le sujet qu’il embrassât, étaient toujours empruntés aux formes des géomètres. Dans toutes les fonctions qu'il fut appelé à remplir , il ne se fit pas moins estimer par sa modération que par un esprit d’équité , qui était le trait dominant de son caractère. Quels qu’aient été les emplois exercés par Jollivet, les honneurs et les titres dont il a été revêtu, il n’a jamais été accusé d’ambition : aucun homme n’était moins propre à former un courtisan; sa vie était retirée, laborieuse. La simplicité de ses manières, de ses habitudes, était telle qu’elle avait une apparence d’originalité : il avait l’air d’un savant attaché à son cabinet et jeté par hasard dans la scène des affaires et du monde.
- En 1814, il reçut le titre de conseiller d’Etat honoraire, mais cessa d’être employé activement; il vécut dès-lors dans le sein de la retraite, rendu à l’étude, et jouissant sans réserve du commerce d’une épouse qui était le modèle de toutes les vertus , et qui fut presque l’unique société de toute sa vie.
- 11 n’avait point d’enfants; il avait conçu le projet de disposer de sa fortune d’une manière qui pût. contribuer un jour à la prospérité de son pays. Quelques années avant sa mort, il jeta les yeux sur la Société d’Encourage-ment, comme lui offrant un organe propre à réaliser cette idée; nommé membre de votre Conseil d’Administration , il devint témoin plus immédiat de vos travaux et se confirma dans sa résolution. Vous avez, Messieurs, la jouissance de pouvoir vous dire que la conviction qu'il acquit de l’utilité de ses travaux et de leur bonne direction fut le seul motif qui le détermina. Madame Jollivet, confidente de toutes ses pensées, s’associait aussi à tous ses desseins. Ils arrêtèrent ensemble cette disposition commune ; ils convinrent que celui des deux qui survivrait jouirait de la fortune entière, mais exécute-
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- rait à sa mort le plan concerté entre eux. Madame Jollivet était plus àgee que lui; elle lui survécut cependant. Il mourut le 29 juin 1818 : nous ne connûmes point encore alors la destination que devait un jour recevoir cet héritage. M. le comte Jollivet avait exprimé ses intentions dans un testament ouvert lors de son décès et déposé chez Me. Moisant, notaire , en se reposant de l’exécution sur les soins de sa digne épouse; celle-ci y a été fidèle : c’est elle qui a été l’exécutrice du dessein qu’il avait formé. On assure que plusieurs de ses amis lui ont souvent représenté qu’elle pourrait faire d’une fortune considérable d’autres emplois qui répondaient aux affections les plus chères de son cœur; elle se bornait à dire : Je l’ai promis.
- Madame Jollivet réunissait à une bonté parfaite, à une sérénité inaltérable, à une piété exemplaire, une grande netteté d’esprit et beaucoup d’instruction. Dans un âge très-avancé, son commerce offrait encore autant d’agrémens que ses conseils d’utilité. Sa mort, arrivée le 30 janvier 1822, a offert un modèle de ce courage religieux et paisible qui couronne une vie vertueuse.
- Elle a consacré la moitié de cette fortune environ à doter des établisse-mens religieux, des établissemens de bienfaisance, en divers lieux; à récompenser un grand nombre de vieux serviteurs; à laisser des souvenirs à des amis; à disposer de quelques dons en faveur de ses nièces, dons qu’elle ne se crut point autorisée à étendre davantage d’après les intentions de son mari. L’autre moitié est consacrée à fonder, en faveur de l’industrie française, des prix annuels que la Société d’Encouragement est chargée de décerner. On évalue à 300,000 fr. environ le capital qui doit recevoir eet emploi, quand la succession sera liquidée. On reconnaît, dans les combinaisons prévoyantes et extrêmement détaillées qui sont relatives à cet emploi, l’esprit de calcul qui était propre à M. Jollivet. Il veut que tous ses biens soient vendus par petites portions, lentement, aux enchères publiques, pour accroître d’autant le produit qui en résultera. Ce produit sera tout entier converti en rentes sur l’État : pendant soixante ans, la moitié seulement du revenu sera annuellement distribuée en prix ; l’autre moitié sera progressivement capitalisée pour former enfin, dit le testament, un fonds à l’aide duquel l’industrie française puisse recevoir des encouragemens assez énergiques pour la faire triompher de toute rivalité étrangère. Si notre Société cessait d’exister, la mission que nous avons reçue passerait à tout autre établissement analogue, autorisé à cet effet par le Gouvernement.
- Vous le voyez, Messieurs, cet héritage appartient bien moins à notre Société elle-même qu’à l’industrie française , qu’à la France entière. Loin
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- que cette remarque affaiblisse notre juste gratitude, nous nous félicitons et nous nous honorons d’être les mandataires appelés à exécuter des dispositions aussi généreuses, et de servir d’interprètes à la reconnaissance publique envers la mémoire de leur auteur. Votre Conseil d’Administration se propose de consacrer l’expression de ce juste sentiment sur la tombe où reposent leurs dépouilles mortelles. Lorsqu’il aura reçu du Gouvernement l’autorisation d’accepter, il vous soumettra aussi l’ensemble des mesures nécessaires pour assurer l’exécution du testament de M. le comte et de Madame la comtesse Jollivet de la manière la plus conforme aux vues qui l’ont inspiré; car alors commencera, en quelque sorte, une ère nouvelle dans la marche de vos opérations appelées désormais à recevoir une extension si importante.
- A Paris, de l'Imprimerie de Madame HUZARD ( oée VALLAT LA CHAPELLE rue de PEperon-Saint-André-des-Arcs , n°. *.
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- VIXGT-UMÈME ANNÉE. ( N°. CCXV. ) MAI 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- j'Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, su/' le théodolite de M, Gambey, fabricant dinstrumens de précision, rue du Faubourg-Saint- Denis , n 52, a Paris,
- On sait qu’on ne doit porter sur le papier les angles mesurés dans l’espace qu’après les avoir réduits à l’horizon ; ce n’est pas l’angle formé par les ravons visuels dirigés de l’œil de l’observateur à deux objets qu’on doit tracer sur le plan, c’est la projection horizontale de cet angle. Comme cette réduction exige un calcul, on a imaginé un instrument qui a pour objet de faire connaître cet angle réduit. Qu’on place le plan d’un graphomètre dans une situation horizontale, et les angles observés avec les pinnules seront réduits à l’horizon. L’imperfection des observations faites avec des pinnules, et le peu d’étendue que l’œil peut saisir, leur ont fait préférer l’usage des lunettes : il est vrai que celles-ci ne pouvaient remplacer les pinnules quand les rayons visuels ne sont pas parallèles au plan du graphomètre ; de là cette nécessité de les rendre plongeantes. C’est la première idée qu’on a eue pour composer un théodolite, dénomination dont l'origine nous est inconnue.
- Qu’on se figure donc un cercle parfaitement horizontal , divisé en ses 360 degrés , et au centre une colonne verticale , mobile sur son axe, entraînant une alidade et portant au bout une lunette susceptible de prendre diverses inclinaisons sur l’horizon. Ajoutez-y même un arc vertical de quei-flngt- unième année. Mai 1822. V
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- ques degrés pour mesurer ces inclinaisons , et une lunette inférieure destinée par sa fixité sur l’instrument à vous attester que dans la manœuvre de l’alidade le cercle ne s’est pas dérangé, et vous aurez le théodolite tel qu’il a été longtemps en usage.
- Cet instrument , quoique plus commode à employer que le graphomètre, était encore bien imparfait. La manière de le caler ou de rendre son limbe horizontal, la disposition des lunettes, celle des vis de rappel , et beaucoup d’autres détails, qui ne peuvent être décrits ici, ont successivement été perfectionnés. Depuis l’invention des cercles répétiteurs, dont l’utilité est chaque jour mieux sentie, on a rendu les théodolites répétiteurs ; l’un de ces instru-mens, que M. Richer a fait sous de petites dimensions, et qui pourtant est d’une exécution très-précise, a fait le sujet d’un rapport favorable, inséré page 70 du Bulletin de l’année \ 820.
- Ce qui distingue particulièrement le théodolite de M. Gcimbey, c’est qu’il est répétiteur dans le sens vertical, et aussi dans le sens azimutai, en sorte qu’il est propre à-la-fois aux observations géodésiques et astronomiques. La colonne centrale, qui porte l’alidade horizontale pour indiquer les angles azimutaux, sert de support à un axe horizontal qui soutient le cercle vertical répétiteur et sa lunette. Chacun de ces deux cercles porte quatre verniers ; ses degrés sont divisés chacun en douze parties , c’est-à-dire que chaque division est de cinq minutes ; les verniers portant cinquante-neuf divisé en soixante, donnent donc cinq secondes. Ainsi une seule observation suffit pour connaître un angle à cinq secondes prés, et même à l’aide de l’estime, à deux secondes : c’est un degré de précision auquel personne n’était encore arrivé dans les instrumens de cette dimension : avec la répétition on peut obtenir l’angle à un dixième de seconde.
- Une épreuve que vos commissaires ont fait subir au théodolite, et qui est une preuve décisive de sa précision, a été de transporter les alidades en divers points du limbe, et de lire les quatre verniers, pour reconnaître si les degrés indiqués différaient juste de quatre-vingt-dix degrés ; et cette épreuve souvent répétée a donné des différences si minimes qu’il est inutile d’en parler. Vous ne serez pas étonnés d’une telle précision, Messieurs, lorsque vous saurez que la plus délicate des opérations à faire lorsqu’on veut diviser un cercle, est de le centrer sur la machine qui divise ; et M. Gambey, par un procédé qui lui est propre, n’a nullement besoin de prendre cette peine; il peut mettre son centre à un pouce de distance de celui de sa machine, sans altérer en rien la rigoureuse exactitude de ses divisions.
- Nous ne nous arrêterons pas , Messieurs , à vous décrire les minutieux détails d’exécution de l’instrument, quoique la perfection soit le résultat
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- de tous ces soins. Les vis de rappel n’ont aucun temps perdu : lorsqu'on pèse sur la lunette , l’alidade marche , sous cet effort , d’environ cinq secondes ; mais lorsqu’on l’abandonne à elle-même, elle se rétablit juste où elle était avant cette petite torsion. Les niveaux sont d’une exactitude parfaite, et assemblés sur l’instrument de manière à ne laisser aucun doute sur la précision : l’excentricité de la lunette est fort grande; mais dans les observations géodé-siques elle se compense de droite à gauche sur l’instrument même.
- Le Comité des arts mécaniques, après un examen très-attentif du théodolite de M. Gambej et des épreuves qui toutes ont été à son avantage , vous propose d’accorder votre approbation à cet instrument, tant sous le rapport de son admirable exécution que sous celui de la conception de l’artiste. C’est une des découvertes de notre siècle, d’avoir su donner à des instrumens portatifs et de petite dimension une exactitude au moins égale, pour ne pas dire supérieure, à celle de ces énormes quarts de cercles qu’on ne pouvait transporter sans des embarras infinis, et souvent sans les détériorer par le voyage. Les Anglais refusent encore d’employer les cercles répétiteurs , et leur préfèrent les grands instrumens, dont les lunettes ont bien plus de force. Mais les travaux entrepris, de concert avec les astronomes anglais, par MM. JBiot, Mathieu et Arago, ont dû montrer tous les avantages des instrumens répétiteurs.
- M. Gambej n’est pas seulement un artiste digne d’estime, ses travaux d’invention le placent parmi les savans : il est auteur d’un héliosiat conçu sur un plan nouveau et bien supérieur à celui qui était en usage ; il l’est aussi d’une nouvelle boussole de déclinaison dont la précision est incroyable. Ces deux instrumens ont été présentés par l’auteur à l’Académie des sciences, et M. Arago, qui doit en faire incessamment le rapport, nous en a parié dans des termes très-avantageux, opinion bien flatteuse, puisqu’elle est celle d'un savant qui est connu pour ne pas être prodigue d’éloges. M. le baron de Zach , qui parait avoir adopté dans ses écrits la méthode de louer toutes les productions de l’industrie étrangère aux dépens de la nôtre, n’a pu se refuser à avouer le mérite distingué de M. Gambej, et lui a commandé un théodolite. C’est un hommage qui ne peut être arraché que par la pensée que M. Gambej est le plus habile artiste de l’Europe.
- Nous terminerons en rappelant que, lors de la dernière exposition des produits de l’industrie, M. Gambej a reçu une médaille d'or; le suffrage de la Société d'Encouragement se réunira à ces honorables distinctions. Nous demandons aussi l’insertion du présent rapport au Bulletin.
- Signé Francoeür , rapporteur.
- Adopté en séance, le 3 avril 1822.
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- îiAPPüRrr fait par i\'l. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques j sur un instrument nommé hyalographe , imaginé par M. Clincliamp , pour dessiner des perspectives et obtenir des épreuves du dessin.
- i
- M. Mathieu, officier de marine, ayant remarqué à Toulon, et vu fonctionner Y hyalographe de M. Clinchamp, professeur de dessin dans la même ville, proposa à celui-ci de faire connaître cette invention à la Société d’En-couragement, les besoins de son service l’appelant pour quelques jours dans la capitale. Vous avez chargé votre Comité des arts mécaniques d’examiner cet instrument et de vous en rendre compte.
- Trois tiges de bois horizontales, assemblées en T, sont portées par trois pieds placés aux extrémités des branches ; sur la transverse est élevée une glace non étamée, dans un cadre que soutiennent deux colonnes : le long de la branche perpendiculaire est pratiquée une rainure, dans laquelle on peut faire glisser une tige verticale, qui porte à son extrémité un petit disque nommé oculaire, parce que c’est derrière un trou qui y est pratiqué que le dessinateur place l’œil pour diriger sa vue sur la glace , et apercevoir à travers celle-ci tous les objets qu’il veut figurer en perspective. Pour faciliter l’opération, et permettre à l’œil toutes les positions à l’égard de la glace et des objets , on peut, comme on voit, reculer ou approcher à volonté, dans de certaines limites, le porte-oculaire de la glace, et cette même tige se brise en deux endroits pour pouvoir l’incliner ou la dresser. Une pièce opaque et mobile autour d’un genou est placée à la hauteur de l’autre œil, et destinée à intercepter le passage à la lumière, afin que le dessinateur ne se fatigue pas à tenir cet œil fermé.
- D’après les règles connues de la perspective, règles que nous avons exposées
- dans le compte que nous avons rendu de la machine de M. Boucher
- ( pag. 161 du Bulletin de 1821 ), il est manifeste que l’œil étant fixé derrière
- l’oculaire, si tous les rayons visuels qui se portent aux objets situés au-delà
- de la glace laissaient sur celle-ci leur empreinte, l’ensemble de ces traits
- formerait la perspective demandée : il ne faudrait , pour avoir un tableau
- parfaitement exact, que colorier et#ombrer les parties aux degrés que la nature
- #
- présente.
- Le dessinateur, armé d’un crayon blanc, trace en effet sur la glace les contours des objets tels qu’il les voit : cette glace est enduite d’une couche d’eau gommée, qu’on a laissée sécher, et qui, sans troubler la transparence, permet au crayon d’y laisser son empreinte. Une tige horizontale, qu’on peut à volonté avancer au degré nécessaire, soutient le bras dans l’attitude
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- qui convient pour assurer la régularité et la netteté des traits. Jusqu’ici , les personnes qui compareront l’hyalographe de M. Clinchamp avec les machines imaginées par différens artistes, et particulièrement avec celle qu’a si ingénieusement conçue M. Boucher, n’y verront de différence qu’en ce que le dessin perspectif est un peu plus incommode à tracer sur un plan vertical que sur une feuille tendue horizontalement. Mais, outre qu’on s’habitue aisément à faire ce dessin au crayon , sur un plan vertical, nous allons trouver dans l’hyalographe des avantages particuliers, qui compensent l’inconvénient dont, on vient de parier.
- Quand la perspective est tracée au crayon sur la surface gommée de la glace, on la rabat horizontalement sur le T, et la tige qui était destinée à soutenir la main du dessinateur, supporte alors la glace ainsi renversée, de manière à présenter en-dessus sa surface non gommée. Une encre préparée à la manière de celle de la Chine, est broyée à l’eau dans un godet; on la tient un peu épaisse. Puis armé d’un pinceau dont on a coupé tous les poils de dehors pour ne conserver qu’un faisceau intérieur très-mince, on suit tous les traits de crayon qui sont empreints sur la surface opposée de la glace : cette nouvelle opération produit donc, à l’encre , un dessin identique à celui du crayon,, On laisse sécher, puis on étend sur ce dessin une feuille de papier très-humide, et on l’oblige à s’appliquer exactement sur la glace en la lissant avec un corps dur et poli, ou même avec l’ongle : après quoi on retire la feuiiie qui présente à l’encre la copie exacte de la perspective demandée. On peut obtenir aisément trois et même jusqu’à cinq épreuves semblables ; mais comme les traits vont en s’affaiblissant de plus en plus, pour en obtenir un plus grand nombre, il faut repasser les traits avec l’encre préparée, ce qui est aussi facile que la première fois, puisque les traits du crayon blanc sont demeurés sur la surface gommée. On peut ainsi tirer un nombre indéfini d’épreuves.
- Les avantages de l’hyalographe sont, 1°. de ne coûter que 60 fr. environ, et même en mettant moins de luxe dans l’exécution on peut ne le paver que 40 francs; 2°. de donner sur le papier plusieurs épreuves d’une perspective demandée; 3°. de connaître toujours le rapport du dessin aux objets ; car si l’œil est distant d’un objet d’une quantité décuple de sa distance à la glace, la perspective aura chacune de ses lignes réduite au dixième ; en sorte qu’on pourrait à la rigueur, quoique imparfaitement, conclure de ces distances la hauteur et l’étendue de la façade d’un édifice.
- M. Mérimée a pensé qu’on pouvait aisément ajouter à l’hyalographe un genre de perfection qui rendrait cet instrument bien précieux aux arts. On sait qu'un dessin perspectif, sous peine de présenter des déformations con-
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- sidérables, ne peut être exécuté qu’en plaçant l’œil en de certains lieux à l’égard des objets qu’on veut dessiner, et aussi par rapport au plan du tableau qui est ici la glace. Sans cette précaution , le dessin ne présenterait l’image fidèle de la nature qu’autant que l’œil serait précisément au point de vue d’où on l’a fait. Si on veut que la perspective soit juste pour tous les lieux où l’œil serait placé aux environs du point de vue, il faut ne pas placer l’œil trop près du tableau ni des objets. Cette condition est souvent très-embarrassante à remplir avec l’hyalographe : il faudrait que l’œil pût s’éloigner beaucoup de la glace ; mais alors la main ne pourrait plus y atteindre, et même elle perd toute sûreté pour le dessin , dès que le bras est obligé de demeurer tendu. M. Mérimée propose d’adjoindre à l’hyalographe une partie du pbysionotrace de Chrétien.
- Qu’on se figure une tige très-légère et longue de plusieurs pieds, dont un bout porterait le crayon, tandis que l’autre serait fixé en un lieu de l’espace où l’œil serait placé ; qu’en dirigeant convenablement le crayon, on trace sur la glace l’empreinte des objets vus à travers, et on aura la perspective, l’œil étant placé aussi loin qu’on veut du tableau. Mais il serait bien difficile de manœuvrer ainsi ce long porte-crayon, et de suivre avec précision les indications de l’œil, parce qu’un grand espace est parcouru par le crayon, pour un très petit mouvement de la main qui le fait mouvoir. M. Mérimée propose d’adapter le disque oculaire sur le porte-crayon même et tout près de la glace, de se placer proche celle-ci, de diriger ainsi la pointe qui donne l’empreinte selon les droites qui vont de l’oculaire aux objets, droites qui, à raison des distances des objets à figurer et du point fixe, sont censées partir toutes de ce dernier point. Il sera donc facile de manœuvrer le crayon et de lui faire parcourir ainsi tous les points de la glace, à l’aide d’un tirage propre à alonger ou accourcie le porte-crayon selon les besoins : on éviterait ainsi toutes les déformations de la perspective. Cette idée a paru fort ingénieuse aux membres du Comité des arts mécaniques, qui engagent l’auteur à en faire son profit.
- Le Comité vous propose d’accorder votre approbation à l’hyalographe de M. Clinchamp, et de le faire connaître au public, par la voie de votre Bulletin, en y insérant le présent rapport, ainsi qu’une figure offrant l’aspect et les détails de ce joli instrument (1).
- Signé Frais coeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 3 avril 1822.
- (1 ) Nous donnerons cette figure dans le Bulletin, aussitôt que M. Clinchamp nous en aura fait parvenir le dessin, l’auteur ayant fait éprouver des changemens à son invention, d’après les conseils renfermés dans le rapport.
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- ARTS CHIMIQUES.
- B apport fait par M. Mérimée, au nom du Comité des arts chimiques, sur les couleurs en détrempe de M, Berry.
- M. Berry y peintre à la Rochelle , à qui vous devez plusieurs communications intéressantes, vous a transmis un essai de couleurs en détrempe rendues insolubles dans l’eau. Il vous demande si quelqu’un avant lui a eu l’idée de fixer la détrempe, et dans le cas où il serait le premier qui ait pensé à trouver le moyen d’assurer la conservation d’une peinture qui se détruit facilement, il vous prie de lui donner acte de sa découverte.
- Nous ne connaissons rien de fait en ce genre, si ce n’est quelques expériences tentées pour retrouver l’encaustique des anciens, qui, dans cette peinture, se servaient de cire punique, laquelle, selon quelques-uns, n’est autre chose qu’un savon de cire.
- Nous savons qu’en Italie on a fait quelques essais de peinture en détrempe, qui est insoluble lorsqu’elle est achevée ; mais personne en France , à notre connaissance, a mis en pratique de semblables procédés.
- Nous croyons donc que l’on peut donner acte à M. Berry de sa déclaration, et lui dire que si son procédé est d’une exécution facile, il aura rendu service aux arts, en trouvant un moyen de fixer la peinture en détrempe de manière qu’on puisse la nettoyer comme la peinture à l’huile, en la lavant.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- Adopté en séance, le 3 avril 1822.
- Rapport fait par M, Mérimée, au nom du Comité des arts chimiques, sur les poteries dorées de M. Legros d’Anisy.
- Messieurs, on fabrique depuis plusieurs années, en Angleterre, une faïence rouge, recouverte de vernis métalliques, qui produisent des effets de dorure très-briüans. L’un de ces vernis donne à la poterie l’aspect du platine , et il y a quelque chose de réel dans cette illusion , puisqu’elle est produite pai une couche extrêmement mince de ce métal. L’autre vernis, par lequel on a voulu imiter la dorure, n’imite réellement qu’un alliage de cuivre, et cependant c’est aussi avec de l’or qu’on obtient ce résultat.
- Plusieurs de nos fabricans de poterie ont fait diverses tentatives pour décorer leurs vases avec ces brillantes couvertes, et des essais plus ou moue heureux, présentés à la dernière exposition, nous donnèrent Heu d’espérer un prochain succès.
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- M. Legros d'Anisy s’est mis sur les rangs des imitateurs, et il a surpasse ses modèles , ainsi que vous avez pu vous en convaincre par les nombreux échantillons que vous avez eus sous les yeux. On ne devait pas moins attendre d'un homme dont les inventions dans l’art de la poterie ont été plus d’une fois l’objet de récompenses nationales.
- A l’exemple des fabricans anglais, M. Legros d’Anisy a choisi de préférence la faïence rouge pour la dorer. L’or, quoique très-opaque, peut néanmoins être réduit en feuilles tellement minces que la lumière passe au travers : il est encore plus transparent lorsqu’il est dissous ou précipité. Dans eet état de division, s’il était appliqué sur un fond blanc, il n’aurait plus ni la couleur ni l’éclat qui lui sont propres : c’est par celte raison que l’on couvre d’une couche de bol rouge le fond blanc sur lequel on applique des feuilles d’or.
- Le procédé du fabricant français ne paraît pas être le même que celui qu on suit en Angleterre, ou du moins il a reçu une modification importante; car, au lieu de la teinte cuivrée que présente toujours la poterie dorée des Anglais, celle de M. Legros d: Jnisy a la véritable couleur du métal, et approche beaucoup de la dorure sur porcelaine.
- Cette dorure sur porcelaine est d’uifê grande beauté; mais elle est incomparablement plus chère. Elle se fait avec une poudre très-ténue , que l’on prépare en précipitant une dissolution d’or avec du sulfate de fer.
- Lorsqu’on retire la pièce du feu, l’or qui a été précipité à l’état métallique n’a pas plus d’éclat que l’ocre jaune ; il ne devient brillant que par l’effet du brunissoir.
- Dans le procédé anglais, l’or extrêmement divisé est à l’état d’oxide. La couche infiniment mince de ce métal n’est revivifiée qu'à sa surface , et si elle était appliquée sur un fond blanc, la teinte pourpre, qui est le caractère propre de l’oxide, serait très-sensible et donnerait lieu à celte couleur chatoyante, appelée burgos. Elle ne produit plus que l’effet du cuivre un peu oxidé , lorsqu’elle est sur un fond rouge.
- Dans le procédé de M. Legros d’sJnisy, l’or parait être complètement revivifié. De quelque sens qu’on le regarde, on n’aperçoit aucune nuance de rouge ; la véritable couleur de l’or est donc mieux imitée.
- Cette supériorité d’imitation tient aussi à ce qu’il entre réellement plus d'or dans la couverte de notre fabricant que dans celle des Anglais; aussi ne pourrait-il pas la donner à un aussi bas prix
- Il assure toutefois qu’il emploie moins de matière sur les vases que s’il les couvrait avec les feuilles d’or les plus minces : on ne peut révoquer cette assertion en doute . et comme il suffit d’un décagramme d’or pour couvrir
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- mie surface de 40 mètres carrés, il est évident qu’on peut, sans beaucoup de dépense, transformer une poterie commune en poterie de luxe.
- C’est sur la faïence rouge de Sarrcguemines que M. Legros d’Anisy a jusqu'à ce jour appliqué la dorure ; c’est donc à l’excellente qualité de cette poterie qu’il faut attribuer le précieux avantage des vases dorés de supporter, sans se briser, les alternatives subites du chaud et du froid.
- Nous avons fait employer journellement, depuis un mois, un petit poêlon pris indistinctement parmi les échantillons qui vous ont été présentés, et non seulement il a parfaitement résisté, ainsi qu’on devait s’y attendre, mais la dorure n’a pas reçu la moindre altération ; tandis qu’un petit vase rapporté d’Angleterre a été dédoré dans l’intérieur, parce qu’on y avait laissé aigrir du lait.
- M. Legros d’Anisy vient de faire un voyage à la manufacture de poteries rouges de M. Thiessé, à Forges-les-Eaux, département de la Seine-Inférieure. Il a fait des essais sur la terre que l’on y travaille, et la dorure a réussi aussi bien que sur celle de Sarreguemines.. C’est une circonstance très-avantageuse pour cette fabrique ; elle sera intéressée davantage à apporter le plus grand soin dans le choix des formes de ses vases et dans leur exécution ; car un très-léger défaut, imperceptible sur une Surface brune , devient très-apparent lorsqu’elle est dorée.
- Nous avons visité l’établissement de M. Legros dé Anisy, rue Traversière-Saint-IIonoré, n°. 29, et nous pouvons vous assurer que, parmi une grande quantité de pièces de différentes formes et grandeurs , nous n’en avons pas aperçu une seule qui ne fût aussi parfaite que celles qui .vous ont été présentées.
- L’application du platine ne présente assurément pas plus de difficultés que celle de l’or; M. Legros d’Anisj y réussirait également, et nous en avons la preuve par des échantillons qu’il nous a montrés. Probablement la masse des consommateurs préfère la poterie dorée à la poterie platinée, qui en effet a moins d’éclat. Si l’on en désirait, nul doute qu’il ne soit en état de satisfaire à toutes les demandes qui pourraient lui être faites.
- Si l’on peut contester à M. Legros d’Anisy le mérite de l’invention , il faut du moins lui accorder celui d’un perfectionnement réel. Ce fabricant devra , par cela seul, être cité avec distinction , pour avoir, des premiers , introduit dans nos manufactures de faïence un genre de décoration qui relève considérablement le mérite des produits , et transforme, sans beaucoup de frais, une poterie commune en une infiniment supérieure.
- D après ces considérations , Messieurs , nous avons l’honneur de proposer au Conseil d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin Vingt-unième année. Mai 1822. X
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- comme un témoignage de l’intérêt que vous prenez au succès de l’établissement formé par M. Legros d’Anisy et comme une recommandation aux consommateurs.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- Adopté en séance, le 3 avril 1822.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. de Lasteyrie, au nom du Comité des arts économiques, sur le duvet de chèvres des Hautes-Alpes.
- M. Serres, sous-préfet à Embrun , département des Hautes Alpes , a adressé à la Société d’Eneouragement un chapeau, deux échantillons de feutre, et un petit échantillon de tricot , le tout fabriqué avec le duvet de chèvres indigènes.
- Le chapeau est parfaitement confectionné, le feutrage en est égal, solide, ferme et élastique : la teinture est d’un beau noir et parait être solide, mais elle n’a pas le brillant que l’on trouve dans les chapeaux de poil de lapin. Le chapelier de Lyon qui l’a fabriqué croit que la teinture détruit le moelleux et le brillant du poil. On voit en effet, par les deux échantillons de feutre pris sur le même morceau, que celui qui a passé à la teinture est dur et roide, tandis que celui qui n’a pas subi cette opération est beaucoup plus souple et plus moelleux. Ce genre de chapeau manque aussi du beau brillant que donne le poil de castor ou celui de lapin ; mais il serait facile d’obtenir cette qualité, par le mélange d’un de ces poils avec le duvet de chèvre. Il est encore à remarquer qu’à dimensions égales, le poids d’un chapeau de duvet de chèvres est moindre d’un huitième , comparé à celui d’un chapeau fait avec du poil de lièvre. Au reste, il parait que l’emploi du duvet de chèvre dans la chapellerie est connu depuis longtemps sous le nom de chevron d’Abyssinie ; il a été reconnu qu’il fortifie beaucoup le feutre.
- Il résulte de tous ces faits qu’on peut fabriquer d’excellens chapeaux avec le duvet de nos chèvres indigènes, et tout porte à croire qu’ils auront autant de solid"ité et de durée que les chapeaux ordinaires. Leur prix de fabrication est à-peu-près le même.
- La matière qui entre dans celui qui vous a été envoyé est estimée par
- le chapelier de Lyon, à................... 6 fr. 90 e.
- Le feutrage, à. . .......................................... 3 30
- La teinture, apprêt et garniture, à. . . . .................. 5
- Total.
- 15 fr. 20 e.
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- En évaluant les bénéfices de fabrication à environ un quart, on aura des chapeaux qui reviendront a 20 ou 21 francs.
- M. Serres a aussi envoyé un petit échantillon de tricot , dont la finesse, le soyeux et sur-tout la mollesse, sont très-recommandables. C’est encore un genre d’industrie qui mérite l'attention des fabricans , et qui peut s’appliquer aux autres parties de la bonneterie ; enfin l’expérience lui a appris que l’on peut, en croisant les races indigènes avec les chèvres d’Asie, obtenir des produits aussi fins et aussi abondans, que ceux qu’on retire de ces dernières.
- Nous pensons que la Société d’Encouragement doit remercier M. le sous-préfet d’Embrun, pour le zèle actif qu’il a montré en cherchant à donner une nouvelle impulsion à notre industrie, et le prier de vous faire connaître, ainsi qu’il le propose, la méthode qu’il emploie pour extraire le duvet des chèvres.
- Signé de Làsteyrie , rapporteur,
- Adopté en séance, le 29 mai 1822.
- M j p poht fait par 11. Bosc, au nom d'une commission spéciale, sur les étuves de M. Ternaux.
- Des 1 origine des sociétés, les hommes ont senti la nécessité de faire dessécher des viandes et des fruits pour en prolonger la consommation. Le soleil et des feux en plein air ont été longtemps employés à cet effet; cependant comme le soleil ne brille pas toujours, comme les feux en plein air opèrent fort incomplètement, le progrès des lumières a fait abandonner ces deux méthodes pour les remplacer par des fours, par des tourailles, par des étuves er autres constructions analogues.
- Mais l’usage des fours est difficile à régler, celui des tourailles dispendieux et circonscrit ; ce sont donc les étuves qu'on a dû préférer, et qu’on préfère, surtout quand il est nécessaire d’opérer très en grand et très-fréquemment.
- Un grand nombre de sortes d’étuves ont été décrites; un bien plus grand nombre, encore inconnues, fonctionnent en France et dans le reste de l’Eu-iopé ; il n’en est peut-être pas deux qui soient parfaitement semblables. Ce qu’elles offrent de commun , c’est que les issues pour la vapeur sont à leur partie supérieure.
- M. Ternaux aîné, notre collègue , qui porte constamment son attention sur le perfectionnement des machines et ustensiles qu’il emploie, ayant établi à Saint-Ouen une fabrique de vermicelle de pommes de terre selon les principes de M. Cadet de Vaux, et en ayant suivi les opérations, n’a pas
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- tardé à s’assurer que la dessiccation dans l’étuve s’opérait trop lentement, ce qui occasionnait, indépendamment de la perte de beaucoup de ce vermicelle qui fermentait, une consommation considérable de combustible; et quoique les cadres sur lesquels ce vermicelle était étendu fussent aussi également distribués que possible dans la hauteur de l’étuve, l’humidité était constamment plus sensible dans le bas que dans le haut. De ces observations il a conclu, 1°. que l’eau en vapeur, comme plus pesante, descendait dans le bas , où elle était de plus refoulée par la distillation causée par la chaleur dans la partie supérieure de l’étuve, où elle se portait comme plus légère ; 2°. que si on ouvrait des issues à cette vapeur d’eau par le bas, il y aurait une dessiccation plus prompte, par conséquent une moindre perte de matières et une moindre consommation de combustible.
- En effet, M. Ternauœ ayant fermé les issues supérieures et en ayant ouvert d’autres, au niveau du carrelage, il a obtenu ce que la théorie ci-dessus lui faisait espérer.
- L’étuve de M. Ternaux est une chambre au premier étage, d’une capacité d’environ 5,000 pieds cubes. Elle est chauffée à 30 ou 40 degrés avec du charbon de terre, au moyen d’un calorifère de Desarnocî, dont le fourneau est au rez-de-chaussée. Aujourd’hui , les vapeurs enlevées à la pulpe de pomme de terre sortent par neuf ouvertures disposées trois par trois dans les murs, au niveau du carrelage, et se perdent au-dessus du toit; ces ouvertures sont susceptibles d’être instantanément fermées, au moyen d’une brique posée de champ sur un de ses petits côtés.
- Le Conseil ayant chargé MM. Baillet, Lasteyrie, Costaz et moi, de prendre connaissance des effets du perfectionnement annoncé par M. Ternaux, nous nous sommes transportés à Saint-Ouen, le jeudi 25 du mois dernier, et nous avons vu opérer ; mais comme il aurait fallu deux jours pour comparer les résultats de la dessiccation dans cette étuve ouverte par le haut, avec ceux de la même étuve ouverte par le bas, par des expériences faites sous nos yeux, nous avons dû accepter le tableau ei-joint, qui donne les résultats de cinq expériences faites dans l’une et dans l’autre de ces circonstances.
- Ces résultats sont, 1°. une économie de charbon d’environ un tiers ; 2°. une diminution de près de moitié sur la durée de chaque opération ; 3°. une cer-r-titude presque complète d’éviter les pertes , suite de la fermentation de la pulpe dans l’étuve.
- Nous proposons , en conséquence , au conseil de remercier M. Ternaux de sa communication et de faire imprimer notre rapport et le tableau dans le Bulletin delà Société. Signé Bosc, rapporteur.
- Adopté en séance, le 1 5 mai 1822.
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- TABLEAU des expériences faites à Saint-Ouen, dans Vétuve de M. Ternaux aîné, sur la dessiccation des
- pommes de terre.
- Degrés de chaleur de l’étuve
- a poids détailles. r| VERMICELLE a £ RESULTAT DU PRODUIT.
- Z sortie 3s z Ifj . vert £ .û
- Numéros s expérient DATES. donnée aux vapeurs. * Ig .2 £ Oh m -M H Pelures. Pommes de Perte. ombre de < employé: obtenu par chaque châssis. PERTE. TOTAUX. en plaçant en fermant « 4 barbon de consomm ire. 2e. Fermenté TOTAUX. OBSERVATIONS.
- TJ 3 W <y terre. les châssis. la porte. TJ qualité. qualité.
- . 3 janvier. Par le haut lil. 120 10 kii. 92,700 kil. 11, » 82 ; 3 à 1050 79 à 1100 : ; 0,850 kil. 92,700 30 1/4 25 » h. 8 kii. 108 20,800 1,250 2,250 24,300 2 h. 3/4 il 10 h. 3/4.
- 4 id. Par le bas. 120 18, » 93,450 8,550 82 [ idem. 1,000 93,450 32 20 » 7 72 24,040 )> )> 24,040 Midi à 7 h. du soir.
- ) 19 id. Par le bas. 120 31,700 87,000 0,700 133 i 2 h 1100 131 à 550 113,350 87,000 30 » 27 » 8 03 24,850 )) D 24,850 Il h. 1/2 à 7 h. 1/2.
- 2e. < 20 id. Le haut... 120 27,500 92,300 0,200 127 2 il 1100 125 à 550 21,350 92,300 30 » 20 » 9 99 23,950 2,920 J) 20,870 Il h. 1/4 à 8 h. 1/4.
- 23 id. Parle bas. 3G0 79,500 275,500 5, » 201 à 1200 34,300 275,500 30 » 20 1/2 9 90 09,450 1,850 » 71,300 2 h. 1/2 à 11 h. 1/2.
- 3». j 1 24 id. Le haut... 300 70,055 280,370 8,975 208 il 1200 30,770 280,370 30 » 27 » 18 99 01,150 4,500 10,540 70,190 4 h. du soir jusqu’au lendem. 10 h. du mat.
- ( 20 mars. Par le bas. 458 )) 314, » J) 229 à 1200 39,200 314, » 35 » 34 » 9 72 70,500 ». 2,400 78,900 1 h, à 10 h.
- 4°. 21 id. Le haut... 458 )) 314, » » 229 à 1200 39,200 314, » 35 » 33 1/3 19 72 7,450 50,500 11,500 75,450 11 h. 55 m. il 9h. du lendemain matin.
- 1er avril. Par le bas. 458 » 314, » » 215 il 1200 50, 314, » 37 » 33 » 8 72 52,200 10,250 » 68,450 Midi 3/4 à 8 h. 3/4.
- 5e. ) ) 1 2 id. Le haut... 300 . )) 210, » )) 215 à 800 38, 210, ü 40 » 34 1/2 20 72 31,400 » 14,705 40,150 11 h. 3/4 du soir à 8 h. du lendemain matin.
- Récapitulation des produits et du combustible consommé.
- j lrc. qualité. 2°. qualité. Fermenté. Charbon consommé.
- j Par le bas......... 247,040 18,100 2,400 369 kil.
- Sortie donnée aux vapeurs. <
- | Par le haut,. . . . 144,750 65,170 39,040 450
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- Description d'un fourneau fumivore a grille tournante dune machine a vapeur placée dans l établissement des bains du quai de (Deeres,
- Depuis longtemps on a cherché à établir des fourneaux ou foyers de combustion ayant la propriété de consumer leur propre fumée et de délivre] de celte incommodité les personnes placées dans le voisinage des fonderies , des brasseries et d'autres usines.
- En France , la construction de ces appareils est anciennement connue : on trouve dans les premiers volumes des Mémoires de éAcadémie des Sciences la description d’un fourneau fumivore qui remplissait fort bien son objet, et qui avait été présenté par M. Dalesme. Son foyer était placé à la partie inférieure d’un siphon renversé, dont l’une des branches, faisant l'office de cheminée, était plus longue que l’autre: dès que l’intérieur de cette longue branche était échauffé, ii s’y établissait un courant formé par Fair affluent de la petite branche, qui , refoulant la flamme sur le fover de manière à la faire passer par-dessous la grille , 'opérait la combustion de la fumée.
- Les conditions nécessaires pour obtenir une combustion complété et exempte d’incommodités sont : W une disposition du foyer telle qu’il s’établisse un courant d’air affluant , par sa porte, dans la' cheminée; 2° une affluence sur les corps combustibles d'une masse d’air qui soit en proportion convenable avec la masse de ce corps combustible (1 ); 3\ une élévation de température au contact de l’air ou du combustible, suffisante pour opérer la décomposition de î air (2 .
- En 1802, MM. Clément et Desormes appliquèrent ces principes tmx fourneaux de leurs manufactures de sulfate de fer et d’alun, de Paris et de Ver -berie , département de l’Aisne. Quelques années après, M. Champ/ fils fit construire dans la poudrerie d’Essone des fourneaux fumivoi es pour le séchage artificiel de la poudre. En j 808 , M. Gengembre adapta au fourneau de la machine à vapeur établie à l’Hôtel des Monnaies un moyen fort ingénieux de brûler Sa fumée ; M. Prony rendit , le 16 janvier 1809. à la première classe de l’Institut un compte avantageux de cet appareil,
- En 1814, le propriétaire des bains établis au bas du Ponf-Roval, avant
- t: M. clément a reconnu, par expérience. qu’en pratique ii fallait iaire affluai sur te combustible près de trois fois autant*d’air pour la combustion parfaite que ia théorie en indique.
- 2) Les lampes d’Argond offrent une application aussi ingénieuse uu utile ce prim inv
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- éfé invité par le Comité de salubrité publique à changer la construction de ses fourneaux, de manière à éviter la fumée, qui incommodait le voisinage, M. d’Arcet fit ouvrir sur le derrière du fourneau, en face et à la hauteur du foyer, une fente horizontale, destinée à donner à la fumée l’air neuf qui manquait pour en opérer la combustion; en même temps il fit élever la cheminée , afin d’augmenter le tirage : ce procédé réussit complètement, et les fourneaux brûlaient la presque totalité de leur fumée.
- Vers la même époque, MM. Blanc frères, à Lyon, firent construire , sur les dessins et d’après les renseignemens fournis par M. tïArcet, un fourneau destiné à brûler la fumée épaisse et désagréable , provenant de 1 incinération des lies de vin pour la fabrication de la cendre gravelée. L’établissement, de ce fourneau, dont nous avons donné la description dans le N°. CXXX du Bulletin , quatorzième année , page 87, a fait cesser les plaintes des voisins de la fabrique.
- Dans ces derniers temps,* plusieurs distilleries et raffineries de sucre à Paris, et des fabricans de charbon animal , ont, également adopté des appareils fumivores.
- En Angleterre , ces appareils sont employés avec succès depuis plusieurs années. En 1801, peu de temps avant les essais de MM. Clément et Desormes, M. Roberton, de Glasgow , en Ecosse, prit une patente pour un fourneau fumivore adapté à une machine à vapeur ; son procédé consistait à introduire immédiatement dans les foyers une lame d’air extérieur, dont on pouvait faire varier 1 épaisseur à l’aide d’un mécanisme fort simple , qui servait à régler l’écartement de deux plaques de fer inclinées, entre lesquelles passe cette lame d’air : l’espace compris entre les deux plaques communique avec l’atmosphère par une fente horizontale pratiquée au haut de la porte , et à laquelle les plaques aboutissent.
- Le célèbre iFatt s’était occupé des moyens de brûler la fumée dans les fourneaux des machines à vapeur, longtemps avant M. Roberton ; son appareil avait beaucoup d’analogie avec le précédent : la principale différence consistait en ce que, dans le fourneau de TValt ; le courant d’air arrive au foyer par-dessous la grille, au lieu d arriver par-dessus, comme dans le fourneau de Roberton. Le premier est ainsi à flamme directe, et le second à flamme renversée.
- A mesure que les machines à vapeur se multiplièrent dans les villes d Angleterre, l’inconvénient de la fumée qui s’élevait de leurs fourneaux devint plus sensible. Le parlement , pour faire cesser l’es plaintes des habitants , rendit une loi par laquelle les propriétaires de ces machines étaient tenus d adopter quelques-uns des moyens connus pour éviter la fumée ; mais tous
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- ceux employés jusqu’alors augmentaient la dépense du combustible , parce que l’air froid qu’on admettait, tant sur la surface du feu qu'entre le feu et la chaudière, tout en opérant la combustion de la fumée , occasionnait une perte de chaleur notable. Pour obvier à ce défaut, divers perfectionnements ont été ajoutés aux appareils fumivores ; nous nous contenterons de citer ceux de Thompson, Spencer, Murray, Dickson, Stein , Wakefield et autres, qui sont décrits dans les journaux scientifiques anglais.
- De tous ces moyens , deux particulièrement ont reçu l’approbation des plus habiles manufacturiers. Le premier, de MM. Parker et fils, de Warwick, consiste à faire arriver l’air entre le feu et l’endroit où la fumée pénètre dans la cheminée ; ce qui rend parfaite la combustion de la fumée, tant que la porte du fourneau est exactement fermée, et diminue la rapidité du courant d’air chaud , qui circule autour de la chaudière avant de passer dans la cheminée : l’admission de l’air extérieur est réglée au moyen d’une soupape. Après avoir bien allumé le feu le matin, on jette sur la grille, qui est de grandeur ordinaire et un peu inclinée , la quantité de charbon nécessaire pour la consommation de la journée. La porte du fourneau et la soupape placée dans la cheminée étant fermées, le chauffeur n’a presque rien à faire; seulement, s’il voit la vapeur diminuer, il attise le feu pour faire brûler les parties du charbon qui ne l’ont pas été, ce qui suffit pour le reste de la journée.
- Le second moyen, dont nous allons nous occuper spécialement, est dû à M. Brunton, de Birmingham, qui a obtenu une patente le 29 juin 1819. Le fourneau de cet habile ingénieur, déjà adopté dans un grand nombre de manufactures anglaises, a été récemment introduit en France par M. Caillai , propriétaire des bains du quai de Gèvres, et appliqué à une machine à vapeur de la force de six chevaux, qui fournit de l’eau non seulement à ces bains, mais aussi aux bains Saint-Sauveur, rue Saint-Denis.
- Ce fourneau, représenté PI. 221 et 222, est de l’espèce de ceux qu’on nomme athanor ou à trémie ; il diffère de tous les autres en ce qu’il a pour but d’obtenir le plus grand effet possible au moyen d’un feu très-clair. Sa partie antérieure Z, Jîg. U et 5, en forme de voûte très-surbaissée, est construite en briques réfractaires. La flamme circule en Y V autour de la grande chaudière B, dont la forme n’a rien de particulier. Un bouilleur semi-eer-culaire C, faisant corps avec la chaudière B, est établi en avant du fourneau et au-dessus de la grille : ce bouilleur, qui reçoit l’action directe de la flamme, est percé, au milieu, d’un canal U, à travers lequel le combustible tombe sur la grille : deux robinets d d servent à vider d’eau la chaudière.
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- La fosse aux cendres D, pratiquée au-dessous de la grille, a la forme d’une trémie ; les cendres, en glissant le long de ses parois, tombent sur une trappe placée au fond, et qu’on ouvre lorsqu’on veut vider le cendrier.
- Un canal E, à parois inclinées et pratiqué derrière la grille, reçoit les escarbilles et les cendres qui auraient pu être jetés par-dessus le bord de la grille ; on les retire par la porte b.
- La grille F est circulaire et proportionnée à la grandeur de la chaudière ; ses barreaux , espacés d’un pouce environ , ont un étranglement au milieu, comme on peut le voir, jig. 6, PL 222. La grille est entourée d’un revêtement G G en briques très-réfractaires, servant à maintenir le charbon : ce revêtement est supporté par un rebord en fer o o.
- Au-dessous de la grille est établie une rigole H H en fonte, remplie de sable bien sec, et dans laquelle tourne le bord inférieur p p. Cette disposition a pour objet d’éviter que l’air du cendrier pénètre dans le fourneau autrement qu’à travers la grille.
- Tout le système est porté par un croisillon composé de quatre bras en fer I, montés sur un arbre vertical K , tournant à pivot dans une crapaudine r et consolidé par un étrier en fer n.
- Le mécanisme qui donne le mouvement de rotation à la grille se compose d’un axe vertical L, à l’extrémité supérieure duquel est montée la roue d’angle M, mue par un pignon fixé sur un arbre de couche, qui communique à l’arbre de la machine à vapeur au moyen d’une roue à ruban. Nous n'avons pas cru devoir figurer cette partie du mécanisme, qui est bien connue.
- L’axe vertical L porte à son extrémité inférieure une lanterne N, qui engrène dans une roue dentée O ; cette roue commande la roue P, qui fait tourner l’axe K et la grille. Un plateau en fer R, disposé au-dessus de cette roue, empêche que les cendres ou les escarbilles ne s’introduisent entre ses dents et celles de la roue 0, et n’arrêtent le mouvement.
- Le charbon est jeté dans une trémie en fer S, placée au-dessus du fourneau, d’où il tombe, à des intervalles réguliers, dans un réservoir T et ensuite sur la grille , en traversant le canal U. La quantité de combustible qui s’échappe chaque fois de la trémie est réglée par un tiroir incliné g, dont le mouvement d’allée et devenue s’opère par le même mécanisme qui fait tourner la grille Voici comment ce mouvement a lieu.
- Une came e, fixée par une vis à la tige verticale L (voyez fig. 3), vient, à chaque révolution entière, frapper contre la patte d’un levier f, mobile à son extrémité postérieure au pointf : ce levier, qui communique avec Vingt-unième année. Mai 1822. Y
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- le tiroir g par deux tirans en fer, fait alternativement ouvrir et fermer ce tiroir de la quantité voulue, et laisse échapper le charbon contenu dans la trémie. Un contre-poids l, attaché à la plus longue branche d’un levier brisé k, tournant autour du point fixe k', en ramenant le levier/* à sa première position , ferme chaque fois le tiroir. La plus ou moins grande ouverture de ce tiroir est déterminée par un régulateur q, placé à droite du réservoir T, et composé d’une tôle portant des entailles de diverses profondeurs, contre laquelle s’appuie le levier f; ce qui procure un passage plus ou moins large. Un autre tiroir h, placé au fond du réservoir T, et qu’on gouverne à l’extérieur au moyen de la tige i,Jîg. 5, intercepte la communication entre la trémie et la grille, lorsqu’on veut nettoyer cette dernière, opération qui se fait en ouvrant les deux petites portes c c.
- La porte a du fourneau est garnie intérieurement d’un placage en briques, qui sert à empêcher la déperdition du calorique.
- Les pivots de la lanterne N et de la roue O tournent dans des crapaudines pratiquées dans la semelle de fonte ni, solidement fixée contre l’une des parois du cendrier ; une autre pièce de fer transversale r, scellée dans les murs du cendrier, reçoit l’extrémité de l’arbre K.
- On voit dans la coupe, fig. 4, que le charbon tombe constamment sur la grille dans la partie la plus rapprochée de la porte du fourneau; et comme il ne s’en échappe que de petites quantités à-la-fois et que la grille tourne très-lentement, le combustible est promptement séché, et la fumée qui s’en dégage est forcée, pour arriver à la cheminée lL,Jig. \, dépasser par-dessus un feu très-clair, où elle est presque entièrement brûlée. L’introduction de l’air nécessaire à la combustion et qui se fait par la fosse aux cendres est réglée suivant la quantité de charbon qu’on emploie ; et comme on n’a pas besoin d’ouvrir la porte pour attiser et renouveler le feu, ainsi qu’on le fait dans un fourneau ordinaire, la chaudière n’est pas continuellement refroidie par l’admission de l’air. Comme la trémie S contient du charbon pour deux à trois heures, le chauffeur a peu de chose à faire : par conséquent, la dépense du combustible et la durée de la chaudière, sur laquelle influe beaucoup la régularité du feu, ne dépendent plus d’un ouvrier, et peuvent se régler avec la même précision que la vitesse de la machine et le remplissage de la chaudière.
- L’appareil que nous venons de décrire produit une économie de charbon de 25 à 30 pour 100; il peut être adapté à toute machine à vapeur déjà montée, sans déranger la chaudière. La consommation du combustible est de 3 hectolitres en douze heures, c’est-à-dire pour environ 12 francs. Le charbon ne laisse presque pas d’escarbilles sur la grille, de sorte que l’ouvrier
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- est quelquefois une journée entière sans y toucher et, par conséquent, sans ouvrir la porte du fourneau.
- Nous ferons observer qu’il existe dans une filature de coton, à la Chapelle, près Paris, une machine à vapeur dont le fourneau est aussi à grille tournante; mais l’admission du charbon , au lieu d être réglée par un tiroir, l’est par un cylindre portant des cannelures longitudinales , qui reçoivent une certaine quantité de charbon à-la-fois.
- Explication des figures des Planches 221 et 222.
- Fig. 1. Plan du fourneau et de la chaudière à la hauteur de la fosse aux cendres.
- Fig. 2. Élévation vue de face du même fourneau.
- Fig. 3. Vue en dessus du tiroir du réservoir à charbon et du levier qui le fait ouvrir et fermer alternativement.
- Fig. 4. Section latérale du fourneau et de la chaudière sur la ligne A B du plan.
- Fig. 5. Section verticale sur la ligne C D.
- Fig. 6. La grille du fourneau vue en dessus.
- Fig. 7. Section de la même grille et de son entourage en briques.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A A, fourneau; B, chaudière; C, chaudière supplémentaire, nommée houilleur, qui fait corps avec la précédente ; D, fosse aux cendres ; E, canal par où tombent les escarbilles qui auraient pu s’échapper de la grille; F, grille tournante en fer forgé, dont les barreaux portent un étranglement vers le milieu et aux extrémités; G, revêtement en briques réfractaires qui entoure la grille et qui est maintenu par un rebord en fer o o ; H, rigole circulaire remplie de sable sec et dans laquelle tourne le bord en fer p p, afin d’empêcher que l’air du cendrier ne pénètre dans le fourneau autrement qu’à travers la grille; I, croisillon en fer sur lequel repose tout le système ; K, axe vertical qui fait tourner la grille : l’extrémité inférieure de cet axe, taillée en pivot, tourne dans une crapaudine en fonte; L, arbre vertical établi en avant du fourneau et qui reçoit son mouvement d’une roue d’angle M en fonte, montée à l’extrémité supérieure de cet arbre. La roue M est menée par une autre roue qui communique avec la machine à vapeur, au moyen d’une roue à ruban fixée sur son axe; N, lanterne fixée à l’extrémité inférieure de l’arbre L; 0, roue dentée menée par la lanterne précédente; P, autre roue en fonte montée sur l’axe K, et dans laquelle engrène la roue 0 : cette roue fait une révolution entière en deux minutes et
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- communique le même mouvement à la grille tournante; R, plateau en fonte qui recouvre la roue P et qui est destiné à empêcher que les cendres ou les escarbilles qui tombent à travers la grille n’arrêtent le mouvement ; S, trémie en fer dans laquelle on jette la houille; T, boîte carrée en fer renfermant le tiroir à coulisse ; U , canal à travers lequel le charbon tombe sur la grille; V, conduits de la flamme au-dessous et à l’entour de la chaudière; X, cheminée ; Z, voûte du fourneau.
- a, porte du foyer dont l’intérieur est revêtu en briques ; b, petite porte du canal E, par où l’on retire les cendres et les escarbilles qui auraient pu tomber dans ce canal; c c, deux petites portes aboutissant à l’espace vide autour de la grille, et qu’on ouvre lorsqu’on veut la nettoyer; d d} robinets au moyen desquels on vide la chaudière; e, came montée sur l’arbre L; f, levier dont le centre de mouvement est en/', et qui porte à son extrémité antérieure une patte contre laquelle vient frapper alternativement la came en tournant. Ce levier est muni de deux tirans qui ouvrent et ferment alternativement le tiroir g, lequel est incliné, afin de faciliter la descente du charbon ; h, tiroir qu’on ferme entièrement lorsqu’on veut interrompre le service du fourneau ; i, tige de fer garnie d’une main, servant à faire mouvoir le tiroir; k, levier coudé qui règle le mouvement du levier y et qui tourne autour du point fixe /(': l, contre-poids attaché à l’extrémité du précédent levier, et qui, en ramenant le levier/lorsqu’il est dégagé de la came, opère la clôture du tiroir g; m, semelle de fonte portant des crapaudines dans lesquelles tournent les pivots de l’arbre L et de la roue O; n, étrier servant à consolider et à maintenir la verticalité de l’arbre K; o o, cercle en fer qui entoure le revêtement en briques G G ; p p, rebord inférieur de la grille qui tourne dans l’anneau H H rempli de sable; q, régulateur en fer servant à déterminer la plus ou moins grande ouverture du tiroir g; r, crapaudine qui reçoit le pivot de l’arbre tournant K.
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- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE,
- Paix et médailles décernés par la Société d encouragement de /, ordres pendant T année 1821.
- Agriculture.
- U . A M. Fyshe Palmer, à Oakingham ('Berks ), pour une plantation de 893,420 arbres forestiers sur une étendue de 280 acres : la grande médaille d’or,
- 2 . Au même, pour une plantation de 30,700 chênes : la médaille d’or.
- 3°. Au même pour un semis de 216 boisseaux de glands : la grande médaille d’argent.
- 4o, A M. Th. Wilkinson, à Londres, pour un semis de 240 boisseaux de glands sur une étendue de 260 acres : la grande médaille d’or.
- 5°. A M. Ed. Dmvson, d’Àldcîiff-Hall, près Lancaster, pour avoir fertilisé 216 acres de terres marécageuses au bord de la mer : la grande médaille d’or.
- 6°. AM, T émpler Pôle, de Shut-iiouse, près Axminster, pour avoir élevé 896,000 chênes, provenant d'un semis d'e glands : la petite médaille d’or.
- 7°. A M. H. P oit s, à Chester, pour avoir planté 328,240 arbres forestiers sur une étendue de 194 acres : la grande médaille d’argent.
- Beaux-Arts.
- Des médailles d’or et d’argent à divers artistes , pour des peintures et des dessins originaux, des copies, des dessins d’architecture, des modèles ei autres objets de sculpture, des médailles , des gravures , etc.
- 8°. A M. George Steart, pour de nouvelles tablettes à dessiner : la médaille d’argent.
- 9°. A M. B. Rotch , pour un instrument nommé arcographe , propre à tracer des lignes courbes : la petite médaille d’argent,
- Man ufactures,
- 10°. A M. Salisbury , à Bromplon, pour des nattes et autres objets faits en jonc marin : la petite médaille d’argent.
- Chimie et Minéralogie.
- 11°. A M. Bishop, de Pistill, près Holywell, pour la découverte d’une Filial-unie me année. Mai 1822. Z
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- carrière de pierres propres à faire des meules d’une qualité supérieure : ia petite médaille d’or.
- Mécanique,
- 12°. A M. P. Barlow , professeur à l’Académie militaire de Woolwich, pour un instrument propre à corriger les variations locales de la boussole : la grande médaille d’or.
- 13°. AM. H.Earle, à Londres , pour un lit destiné aux malades et aux blessés, et propre à faciliter le pansement : la grande médaille d’or.
- 14°. A M. J. Perkins, à Londres, pour un instrument propre à déterminer l’arrimage d’un navire : la petite médaille d’or.
- 15°. Au même, pour une méthode d’aérer et de purifier les cales des navires et de chauffer et d’aérer les appartements : la grande médaille d’argent.
- 1 6°. A M. JY. Nicolas , lieutenant de marine, pour un sémaphore : la grande médaille d’argent.
- 17°. A M. Brandi , à Londres, pour une tige à ressort propre à être adaptée aux balanciers de pendules : la petite médaille d’argent.
- 18°. A M. Baker, à Londres , pour un nouveau moule à balle : la médaille d’argent.
- 19°. AM. J. Goodwin , pour une croix à ressort propre à être adaptée aux harnais des chevaux : la petite médaille d’argent.
- 20°. A M. J. Story, à Londres, pour un fourneau de boulangerie portatif : la petite médaille d’argent.
- 21°. A M. S. Lake, à Londres, pour des gonds et fiches de porte doubles : la médaille d’argent.
- 22°. A M. J. Allan, à Londres, pour sa méthode de diviser des cercles et des portions de cercles : la grande médaille d’argent.
- 23°. A M. B. Rider, à Londres, pour une machine propre à découper les garnitures et les fonds des chapeaux ; dix guinées.
- 24°. A M. TVitty, à Londres, pour une machine à sauver les incendies : dix guinées.
- Des mentions honorables ont été accordées : 1°. à M. Carwen , pour une nouvelle méthode de dessèchement ; 2°. à M. G. Reveley, pour un moyen de substituer l’eau de savon à l’huile, pour repasser les instruments tranchants sur une pierre à aiguiser.
- Le nombre des médailles décernées par la Société d’Encouragement de Londres pendant l’année 1821, est de soixante-cinq, dont dix-neuf en or et quarante-six en argent. La valeur de ces médailles s’élève à 39,000 francs.
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- 1 iP> Ijlé / VI3 par ordre alphabétique , des Patentes ou Brevets d’invention, et de perfectionnement, délivrés en Angleterre pendant Vannée 1821.
- Nota. La durée de chaque Brevet est de quatorze ans.
- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETES.
- AlDEKSaY fW.
- Annesj.ey :(\\\). . AncHBOLD (J.-F.). Arnold (J.-R.).. ,
- AnNOTT (N.).....
- Bagsiiayv (S.).
- Barclay’ (D.).
- Barrer (Th.). Harris (R.)..
- Baury' (R.).. . Bâtes (J.). . .
- Baylis (W.).. Ben.net (Th.). Bill ;R.)....
- Bradeery (J.-L.). ..
- Brierley (S.). Ib RCDERIP (Ch.
- QUALITÉS 0 £ DÉSIGNATION DES OBJETS
- OU Professions. DOMICILE. COMTÉS. P i? 2 < "C P5 Q « ; ^ pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Homerton, Middlesex. 3 fév. Perfectionnemens dans la construction des machines à vapeur et des autres . machines de rotation à manivelle.
- architecte. Belfast. Irlande. 5 avril. Nouvelle construction des vaisseaux, des bateaux et autres embarcations.
- Londres. Middlesex. ier nov. Moyen d’aérer les voitures fermées.
- horloger. ChigYvell, Essex. 27 janv. Nouveau balancier de compensation I pour les chronomètres.
- médecin. Londres. Middlesex. i4 nov. I Nouveaux appareils de chauffage et 1 de distillation. 1
- D NcYveastie. Stafford. 26 juill. 1 Moyen de former des vases, des 1 urnes, des réservoirs et des ornemens, ! avec une substance qui n’avait point en-1 core été employée à cet usage et qui est 1 susceptible de remplacer la pierre et le marbre.
- négociant. Londres. Middlesex. 2G juill. Presse d’imprimerie perfectionnée.
- fab. de chajieaux. Oldham. Londres. Lanrashire. Middlesex. 26 juill. Moyen d’enlever le jarre et de nettoyer les poils et la laine qui entrent dans la confection des chapeaux.
- uL (H. 2G juill. Nouvelles voitures.
- mécanicien. Bradford. Yorkshire. 9 nov. j Machine pour alimenter constamment,de houille ou d’autre combustible, des fourneaux de toute espèce.
- fab- de draps. Painswick, Glocester. 27 nov. Machine pour laver et nettoyer les draps.
- constructeur. B e wclle v- YYorcester. 4 août. Nouveaux fourneaux de machines à ( vapeur.
- )) Londres. Middlesex. 5 dëc. Bateaux et embarcations d’une forme nouvelle.
- - Manchester. Lancashire. 9 janv. < Procédés pour graver soit en taille-douce, soit à l’eau-forte, les cylindres de métal employés pour l'impression 1 des toiles peintes, des étoffes de laine, du papier, etc.
- teinturier. Saliord. Manchester. 19 déc. Moyen de préparer et filer la soie.
- » Glasgow. Ecosse. b déc. Machines à vapeur perfectionnées.
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- -NOMS ET PRENOMS des
- BREVETÉS.
- Bro'vkk H.
- de Chaban>es :M.'i . .. .
- Champ.ehs (À.-H.
- Chapman (\V.).
- Christophers (J.).
- Church (W.)......
- Cole (J.-M.)
- Codes (W.).,.....
- Collard (W.-F.).
- COLLIKGE (J.). Le même.....
- CongrÈve (W. ).
- Le même....................
- COLQCHON (J.-N.)...........
- Cooper (R.-B.).............
- COOPER (S )..................
- Ml LL ER (W.)................
- Daniei.l (J.-F.).............
- Davey (PO....................
- Delà? " R ...................
- Det ; ci'OLCQ (P.-D.,........
- Dxcrinâon 'P«. ..............
- QUALITÉS ou Professions. DOMICILE, COMTÉS. & > > H - g < £ £
- chimiste. Derby. Derby, iG mars.
- ' Londres. Middiesex. i4 août.
- » id. id. I & MU,'. '
- ingénieur. Newcastle. Warwick. !2 avril.
- » Londres. Middiesex. 18 oct.
- « id. id. 3 juill.
- horloger. Chelsea. id. 27 janv.
- mécanicien. Londres. id. 5 juill.
- faeteur d’instru- id. 8 mars.
- mens de musique. ingénieur. id. id. i4 août.
- id. id. uï. 22 nov.
- i(I. cd. 28 sept. |
- » ut. id. ) |
- lieut. d'artillerie. Woolwich • Kent. ^ | 7 juin, j 1
- fourbissent’. Londres. Middiesex. : ! 0 mars.
- i ingénieur. ^
- Margate. Kent. i 17 juill.
- a r i
- Londres. Middiesex. îo janv.| 1
- mardi, de charb td. id. ! 18 oct. |
- négociant. Belfast. Irlande, ! itr mai. | j
- Londres. Middiesex, 11 sept. |
- « ' id. d. i 1 i juill, | i 1
- DESIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été accordes.
- Nouvelles chaudières économisant le combustible, et fourneaux brûlant la ( fumée.
- 1
- Moyen d’attirer et de prendre les poissons.
- Composition du ciment, du plâtre et du stuc , avec des matières qui jusqu’alors n’avaient point été employées pour cet usage.
- Moyen de charger et de décharger les navires et les petites embarcations
- Nouvelle construction des ancres de vaisseaux.
- Presse d’imprimerie perfectionnée.
- Chronomètres nouveaux.
- Bandages herniaires.
- Piano-forte perfectionné.
- Nouvelle construction des cylindres des moulins à sucre.
- Gonds de porte nouveaux.
- Additions et perfectionnements au brevet qu’il a obtenu le 19 octobre 1818, pour des machines à vapeur perfectionnées
- Moyen de capturer les baleines à l’aide de fusées incendiaires.
- Nouveaux bouchons et couvercles pour les bouteilles, les tabatières, les écritoires, etc.
- Presses d’imprimerie perfectionnées.
- Clarification et raffinage des sucre: par des procédés nouveaux.
- Pre'paration de la houille à l’usagi
- Mécanisme pour produire un nouveau mouvement de rotation.
- Appareil pour condenser les vapeurs
- Bateaux et autres embarcations en fer et en cuivre,
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- ( '1 )
- NOMS ET PRÉNOMS des BREVETES. QUALITÉS. ; ou | Professions. DOMICILE. COMTES.
- Dickson (J.b .. ! l ... ! ingénieur. Londres. Middiesex,
- Ijoxat (A.) ! -a ni ni.
- Eckstein (G.-F.}.. j ; taillandier. i ni. td.
- j Egei.ls (F.-A.) | ingénieur. id. id.
- Erard (P . ) facteur d’instru-mens de musique. i id, ui.
- j Ferguson ; J.) imprimeur. id. id.
- j Foster (Jé maître de forges. Stourbridge. Worcester.
- Garbner (J. ) taillandier. Banbury . Oxford.
- ! Gibbins (B.) . . . , chimiste. Glamorgan.
- Wilkinson (C.-H.) ,, médecin. Rath. Sommerset,
- j Gladstone 'J , î. taillandier. Liverpool. Lancashire,
- Gladstone J.) ingénieur. Castle - Douglas. Galloway,
- Goldfinch (H.) lieut.-col. du gén. !ï y te. Kent.
- Goodman (J sellier. Northamptcn.
- Gordon (D.) V Edimbourg. Ecosse.
- Le meme V \ id. id.
- Griffith : J . ) 1 Brompton. Middiesex,
- Tryfa ti. Carnarvan.
- Grout ( J. ) fabr. de crêpes, j Londres. Middiesex.
- Hall (5.) fileur de coton. Basford. Nottingham.
- Hawkins ( R .-F. ) maître d’équip- ; Plumpstead. Kent.
- Hawkins (S.j. • • ingénieur, 1 Londres. Middiesex.
- DÉSIGNATION des objets
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- h mai. i4 nov
- 5 déc.
- Moyen de transmettre la chaleur et le froid d’une matière à une autre , soit solide, soit liquide.
- Combinaison d’agens mécaniques , au moyen desquels le poids et la force musculaire des hommes peuvent être employés à faire agir des machines hy drauliques.
- Appareil de cuisine perfectionné
- Machine à vapeur nouvelle.
- Piano-forte perfectionné.
- Nouveau procédé d’impression stéréotype.
- Perfectionnemens dans la fabrication du fer forgé malléable.
- j Appareil pour fondre le suif et fabri-i‘k no, , | quer la chandelle et le savon.
- 1
- l Nouvelle cornue pour la préparation ’ du gaz hydrogène et autres, et pour la > 8 sept, j distillation, l’évaporation et la concen-; j tration des acides.
- j Moyen d’augmenter la force des bois 20 sept. | de charpente.
- i.
- >.o déc. Nouvelle construction des bateaux à vapeur.
- i j 5 avril. Nouveaux fers à cheval.
- i , ; o avril. Etriers perfectionnés.
- j i-i août. Voitures nouvelles.
- 8 sept. Perfectionnemens dans la construction des harnais de chevaux.
- i l | i Voitures à vapeur, susceptibles de i no qpg < transporter des marchandises et des ( voyageurs.
- 13 oct. Nouvelle construction de bandages herniaires.
- i3 nov. Fabrication du crêpe.
- . 9 mai. Perfectionnemens dans la fabrication de l’amidon.
- ri sept, i Ancres et amarres perfectionnées.
- i 8 oct
- l Soupapes pour les lieux d aisance . ' dits à l’anglaise et pour les chaises per-
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- NOMS ET PRÉNOMS des
- BREVETÉS.
- Higman (H.-W.).
- Hobday (S.)....
- Horrocks (W.)..
- Lake (W.)......
- Law (A.).......
- Lees (Th.).....
- Liston (G.)....
- London (P.)....
- Macnamara (R.).
- Marsh (J.-H.).
- Martin (Th.)... Grafton (Ch.).
- Masterman (T.).
- Mayor (J.). Cook ( R.)..
- Motlf.y (Th.
- Newman (C.).
- Nichol (J. )..
- Palmer (H .-R. ).
- QUALITÉS ou Professions. DOMICILE. COMTÉS. DATE de la délivrance des brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- sellier et harna-cheur. Bath. Sommerset. i4 août. Harnais qui soulagent les chevaux dans le tirage des voitures.
- f. de mouchettes. Birmingham. Warwick. i nov. Nouvelle monture des parapluies et des ombrelles.
- filât, de coton. Portwood. Chester. i4 déc. Métiers à tisser mus par des machines 1 à vapeur ou par un manège.
- serrurier. Birmingham. Warwick. a3 août. i Construction de tournebroches verticaux.
- fondeur. Londres. Middlesex. i mai. Chevilles et clous pour les bordages des vaisseaux et pour d’autres usages.
- f. de mouchettes. Birmingham. Warwick. 18 oct. Perfectionnemens dans la construction des mouchettes.
- mécanicien. Londres. Middlesex. 22 déc. Moyen de faire mouvoir des machines, sans le secours de la Y'apeur, de l’eau , du vent et du feu.
- chimiste. id. id. 3 févr. Nouvelle application de la chaleur aux chaudières et autres ustensiles.
- fondeur de fer. Newcastle. id. ii sept. Perfectionnemens dans la construction des chemins de fer.
- » Lambeth. Surrey. 20 nov. Moyen de paver les rues et les grandes routes.
- maître de forges Horseley. Stafford. 9 mai. Machines à vapeur perfectionnées.
- arquebusier. Londres. Middlesex. 3o juill. Platine de fusil à percussion.
- carrossier. id. id. 17 avril. Nouvelle construction de voitures.
- fatr. d’encre d’imprimerie. Birmingham. Warwick. 24 oct. Fabrication d’un noir d’une qualité supérieure, qu’ils nomment noir a l’es-pril-de-vin.
- brasseur. Londres. Middlesex. 3 févr. - Mécanisme destiné à transmettre le mouvement, et qui peut être mis en action par la vapeur ou par l’eau , sans emploi de cylindres ou dépistons.
- écrivain. caissier. S ha wb u i'y. Shrewsbury. Salop. 9 mai. Machine à élever l'eau qu’ils nomment hydragogue.
- fond, de caract. Londres. Middlesex, 27 nov. Nouveaux chandeliers et perfectionnemens dans la fabrication des cha-delles.
- carrossier. Brighton. Sussex. 17 juill. Construction des caisses et du charronnage des diligences , dans lesquelles le centre de gravité est plus rapproché du sol.
- maître d’équip. Hampstead. Middlesex. 22 août. Cabestan et treuil à l'usage de la ma-, rine.
- ingénieur. Hackney. ld. 22 nov. Perfectionnemens dans la construction des chemins de fer et des voitures propres à circuler sur ces chemins.
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- NOMS et PRÉNOMS QUALITÉS O a ® > DÉSIGNATION DES OBJETS
- des ou DOMICILE. COMTÉS. < B pour lesquels
- BREVETES. Professions. fl = ; les Brevets ont e'té délivrés.
- négociant. » Londres. Middlesex. 24 nov. Nouveau procédé d’imprimerie typographique. Ressorts applicables à diverses espè-
- Paul (R.) Norfolk. 1 17 mai.
- peintre. Starton. ees de voitures.
- Pellafinet (J.) » Londres. Middlesex. 27 mars. Nouvelle machine pour teiller, blanchir et filer le lin et le chanvre.
- prof, de physique meunier. Penzance. Cornwal!. 7 févr. Appareils économisant le combusti-
- Penrose (W.) Stummergangs. Yorkshire. 10 nov. Nouveau moyen de faire mouvoir des bateaux et autres embarcations.
- Phillips (G.) com, de marine. Londres. Middlesex, 19 janv. Appareil pour faciliter le mouvement des bateaux.
- Poole (J.) fournisseur. Sheiiield. Yorkshire. 18 oct. Moyen de plaquer le fer et l’acier avec | du cuivre et du laiton, et d’en former 1 des feuilles ou des barres pour différens
- usages.
- Redhead (J.) Parrey (W.) ingénieur, charp. de navire. Heworth. Walworth. Durham. Surrey. 5 mai. Nouveau moyen de faire mouvoir les bateaux.
- PlEDMUND (D.) inge'nieur. Londres. Middlesex. 9 nov. Fiches de porte nouvelles.
- PlICHARDS ( W.-W.) arquebusier. Birmingham. Wanvick. 10 nov. Construction des platines de fusil et de pistolet, perfectionnées.
- Ricketts (H.) fabr. de verre. Bristol. Sointnerset. 5 déc. | Nouveau moyen de fabriquer de9 bouteilles de verre.
- .Sauler (J ... J> Londres. Middlesex. 3 janv. Fabrication du carbonate de plomb ou blanc de plomb.
- 'Salsion (R . ) » Wobourn, Bedfordshire. i5 janv. Bandages herniaires.
- ^SlMPSON (J.) fabr. d’instrum. de chirurgie. Londres. Middlesex. 3 juill. MoucheUes perfectionnées.
- Slater (J.) manufacturier. Birmiughani. \Yarwick. 4 août. Cuisines économiques.
- Smith { J.) » Hackney. Middlesex. 18 avril. Machines à tondre et lainer les draps.
- SoUTHWELL ( W . ) . IStein (R •) facteur d’instr. de musique. brasseur. Londres. Lambetb. id. Surrey. 5 avril. 20 févr. Piano-forte perfectionné. Nouvelle machine à vapeur.
- Symes(B.) )) Londres. Middlesex. 10 nov, Piston hydrostatique a expansion, qui résiste à la pression de certains fluides 1 et se meut facilement dans toute espece de cylindres.
- ! Thomas (W.j marchand. fermier. Sithney. 1 mai. Machines pour cultiver les jachères d’une manière plus économique et en moins de temps que les laboureurs ordinaires .
- LOBB J . ) A
- Thompson (B.) )> Aylon - Cottage. Durham. 2! oct. Moyen de faciliter le mouvement des voitures sur les chemins de fer.
- Tomi.inson (R.-T.) négociant. Bristol. Sommersct. 3 mai. Nouvelle charpente pour ks toits.
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- aau NOMS et PRÉNOMS des BREVETÉS , QUALITÉS OU Professions, DOMICILE. COMTÉS. e J I «3 -a ffl G « -3 ~ ~ 1 =j=" DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été délivrés.
- Tuely (Ch. .... ébéniste, Londres. Middlesex. i nov. Châssis de croisées à coulisses.
- YALfcANCE (J,) ,,,, brasseur Brighton. Sussex. IÇ) juin. Moyen d’aérer et de rafraîchir les appartenons dans les maisons particulières et les édifices publics.
- Van HfiïXHB’ïSEN ( F.-M.). -• » Londres, Middleses, ?3 juill.1 Nouvelle méthode de faire mouvoir de petites embarcations sur l’eau et des sur voitures légères sur la terre
- S'i'/i.t-ï) /"GA..... . . fabr, de draps. 3 fév r. Procédé pour apprêter et lisser les
- Wakc'jf k W . ) ingénieur, Dari tord. Kent. \ Machine pour laver les étofr.-.’:; de s o déc . | Sic , de coton et de laine
- Webstru f W . . arquebusier Londres. Middleses : 4 sept. Platine de fusil à percussion .
- Wii ïo>' ( 5M . ... St reatihain Surrev. -j mars . Perfectionnemens dans la construction des métiers propres à fabriquer les étoilés figurées,
- S’’i.XSi.£. (J.). ... ...... ... Si ci, o. So is mer.se;. '9H | Machine propre a piquer et coudre les gants de peau, d’une manière plus parfaite qae par l’opération manueJie.
- ingénieur Moui'ii sa.- a i Perfectionnemens dans le procédé de
- <> \ ]•>. CilsU -et 1
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. ( N°. CCXYI. ) JUIN 1822
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDU STRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Ti jpport fait par M. Molarcl , au nom du Comité des arts mécaniques, sur une machine a scier les arbres sur pied> inventée par M. Hacks ? mécanicien, a Paris.
- Messieurs, vous avez eu, à diverses reprises, à examiner les utiles et ingénieuses inventions de M. Hacks, mécanicien, demeurant cour Saint-Louis, rue du Faubourg-Saint-Antoine; savoir, les scies alternatives et circulaires pour débiter le bois en feuilles de placage , et le procédé économique de former des moulures dans ie bois à l’aide de scies circulaires.
- Il vient encore d’appeler votre attention sur deux mécaniques de son intention , dont une a pour objet de scier les arbres sur pied dans les forêts, or l’autre de les tronçonner dès qu’ils sont abattus.
- Ces deux sortes de machines lui ont été commandées par un particulier do la Nouvelle-Orléans , qui doit s’en servir pour exploiter des bois qu’il, possède dans ce pays. Avant de les faire partir pour leur destination, l’essai en a été fait devant nous sur des morceaux de bois de chêne sec, portant 18 pouces carrés, que M. Hacks avait convenablement disposés, à cet effet, dans son atelier.
- L’idée d’abattre les arbres à la scie , au lieu de la cognée, n’est pas nouvelle : on voit au Conservatoire des arts et métiers quelques modèles de machines oui ont été imaginées pour cet objet. La scie à receper les pieux sous l’eau , dont on se sert dans les travaux publics des ponts et chaussées, pour niveler la base sur laquelle doit poser un caisson ou pile de pont, est de la meme espèce ; mais il fallait qu’une machine destinée à couper les arbres dngt-iuiième année. Juin 1822. A a
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- dune forêt , de même que pour les tronçonner , fût facilement transportable , et que son établissement auprès de chaque arbre fût prompt et se prêtât aux diverses localités. Les scies de M. Hacks, qui se composent de deux parties distinctes , la scie proprement dite et un manège à bras d’homme, nous ont paru conçues de manière à remplir toutes ces conditions.
- Nous n’expliquerons ici que le mécanisme et le travail de la scie à abattre les arbres, dont on voit le plan et l’élévation, PL 225, j%. 1,2, 3, A et 5. La scie à tronçonner, que nous regardons d’ailleurs comme moins importante que la première, n’en diffère que par une disposition qui lui permet d’agir dans un plan vertical, ou pour mieux dire, perpendiculairement à la direction d’un arbre couché par terre, tandis que l’autre opère son travail suivant un plan horizontal ou à peu près : on en trouvera la description à la fin de ce rapport.
- Ainsique nous l’avons déjà dit, un morceau de bois de chêne sec, de 18 pouces de côté, portant par conséquent 324 pouces superficiels, planté verticalement en terre comme l’est ordinairement un arbre, a été constamment coupé à diverses hauteurs en trois minutes et demie. La machine était tournée par deux hommes avec une vitesse de manivelle de trente tours par minute, et comme cette vitesse se trouve doublée par l’effet des roues d’engrenage du manège, la scie faisait soixante voyages et par conséquent cent vingt allées et venues pendant le même temps.
- On sait que les dents des scies destinées à couper le bois en travers sont aiguës, également inclinées de part et d’autre, et travaillent également dans les deux sens. Une disposition qui nous paraît surtout contribuer efficacement à accélérer ce travail, c’est une espèce d’oscillation que la scie éprouve dans son mouvement de va et vient, et qui lui fait attaquer seulement une partie de l’arbre, quelle que soit sa grosseur, au lieu d’opérer son travail sur une seule et même ligne droite : il en résulte que la sciure est plus facilement jetée hors du trait, et que les dents n’ont pas besoin de sortir complètement du bois pour se vider; il en résulte encore que le poids qui donne le mouvement progressif à la scie produit mieux son effet, et que l’on évite la coupe ondulée qui se voit dans le sciage à la main, surtout dans le bois dur, et quand les dents de la scie sont trop obtuses.
- Nous avons lieu de penser, comme M. Hacks, que le transport de sa machine dans les forêts, et son placement auprès de chaque arbre qu’on veut abattre, n’offriront pas de difficulté , vu que cette machine se démonte et se remonte avec la plus grande facilité, et que le poids de chaque pièce isolée n’excède pas la force d’un ou de deux hommes. L’horizontalité de sa pose n’est
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- pas absolument de rigueur; mais il est nécessaire, pour qu’elle fonctionne bien, que le plan de la scie coïncide avec celui du manège, et qu’on ait soin de la diriger de manière à éviter les accidents qui pourraient résulter de la chute de l’arbre, qu’il faut d’ailleurs étayer et ne faire tomber qu’après avoir retiré la machine. M. Hacks estime qu’il faut dix à douze minutes pour la placer sur le terrain le moins favorable.
- L’essai fait avec la première machine qui a été construite ayant parfaitement répondu à l’attente du particulier qui l’avait commandée , il en a fait faire de suite deux autres plus et moins grandes, afin de pouvoir exploiter de cette manière ses plus gros comme ses plus petits arbres : il en a fait construire le môme nombre et de la même dimension pour les tronçonner.
- La longue expérience de M. Hacks dans l’art de débiter le placage le rendait très-propre à construire les machines dent nous venons de parler, et en notre particulier nous nous applaudissons de lui avoir fourni cette occasion de mettre en évidence et en valeur le savoir très-remarquable qu’il possède pour cet objet. Nous avons vu avec plaisir que l’exécution répond parfaitement à la bonne combinaison du mécanisme. L’établissement des modèles pour les pièces de fonte a élevé le prix des premières un peu haut ; mais actuellement il peut en livrer à 2,000 francs, y compris l’ensemble du manège et de la scie.
- Le Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier M. Hacks de sa communication, et d’insérer le présent rapport dans le Bulletin de la Société , ainsi que la description et le dessin de la machine dont nous venons de vous entretenir, et que M. Hacks consent à rendre publique par cette voie.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Adopté en séance, le 15 mai 1822.
- Description de la machine à scier les arbres sur pied, de
- M. Hacks.
- On voit, PL 223, fig. 1, 2 et 3, le plan et deux élévations de cette machine , que met en mouvement un manège à bras d’hommes, représenté en plan et en élévation par les fig. 4 et 5.
- La machine se compose : 1°. d’un bâtis fixe AB CD EFG , placé horizontalement auprès de l’arbre I qu’on veut scier. Le dessus des morceaux de bois extrêmes BC et F G est garni des barres de fer j , dont la surface supérieure est dressée ; sur la traverse A H s’élèvent verticalement les deux poteaux K K, qui servent de supports en même temps au treuil L et au
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- rouleau de renvoi L', fig. 3 ; 2°. d’un châssis mobile MNO P, dont les côtés extrêmes MN et O P portent en dessous des galets en cuivre qui roulent sur les barres de fer /, afin d’en rendre le mouvement plus facile : ces mêmes côtés descendent, et emboîtent à droite et à gauche les pièces de bois du bâtis inférieur BC et F G, de manière à forcer le châssis MNO P à se mouvoir parallèlement à lui-même. Sur ce châssis sont fixés obliquement les quatre guides en fer a,b y c, d, et contre le côté MP est monté bon zontalement un châssis léger efg. Une corde h, passée dans la traverse y, va de chaque côté faire le tour sous le rouleau de renvoi L', et ensuite s’enroulei sur le treuil L. Un poids Q, attaché à une corde qui s’enveloppe dans une gorge pratiquée à la circonférence de la poulie Pi fixée sur le treuil L, force If-châssis mobile M N O P â se mouvoir vers l’arbre I; 3°. enfin de la monture de la scie ST, mobile dans le sens des guides obliques a, h , c , d, et qu-. reçoit son mouvement de va et vient du manège, fig. 4 et 5, par l’intermédiaire de la bielle X, assemblée à charnière au point x.
- II résulte de ces diverses dispositions que pendant que le manège imprirm a ia monture de la scie, et par conséquent à la scie elle-même, le mou veine u? alternatif, lo poids Q la fait appuyer constamment contre le bois qu’on scie et qu’on attaque par un mouvement oscillatoire , dû à l’obliquité des guldm n , b. c , d.
- La construction du manège est toute simple ; le bâtis, disposé comme on 1? voit fig. 4 et 5, porte un axe en fer horizontal i, à deux manivelles k» et sur îe milieu duquel est une roue d’engrenage d’angle I, en fer fonda Cette roue en conduit une autre semblable o , mais dont le diamètre es? moindre de moitié, et qui est montée sur l’axe vertical à vilebrequin m, qu’on a dessiné à part, fig. 6. Un volant n en fonte de fer , du poids d’environ 200 livres, est fixé sur le bout inférieur de cet axe. Tous les coussinets m même la erapaudine, sur laquelle pivote l'axe vertical, sont en bois de gaïae M. Hacks a reconnu par expérience qu’ils valent mieux, durent plus long temps , et n’ont pas besoin si fréquemment, de graisse que les coussinets de cuivre.
- La vitesse d’une roue tournée directement par un homme étant d’environ trente tours par minute , l’axe vertical à vilebrequin, qui fait aller et venir la bielle X , fera ici, par l’effet de l’engrenage , soixante tours par minute ; il y aura donc cent vingt coups de scie pendant le même temps. Un arbre sec, de 18 pouces de diamètre, a constamment été coupé eu quatre minutes, la machine étant mue par deux hommes.
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- Rapport fait par M. Moiard , au nom du Comité des arts mécaniques, sur une machine propre a arracher et soulever des pierres employée en Ecosse.
- Son Excellence le Ministre de l’intérieur vous a invités à examiner un moyen mécanique d arracher les pierres isolées qui peuvent gêner, dans les champs, les travaux du labourage, que lui a communiqué M. David Low, membre correspondant, du Conseil d’agriculture, en Angleterre.
- Le Comité des arts mécaniques , auquel cet examen a été renvoyé , a l’honneur de vous faire, à ce sujet, le rapport suivant.
- Ce moyen mécanique, que M. David Low annonce être en usage en x\n-gleterre, mais particulièrement en Ecosse, depuis plusieurs années, et qu’il explique très-clairement dans un mémoire qu’il a joint à son envoi, mémoire qui n’est, suivant lui, qu’une copie de celui qu il a fait insérer, l’année dernière, dans le journal du docteur Brewster, intitulé : the Êdimburgh philosopliical Journal, consiste à percer un trou rond et vertical, d’un pouce de diamètre et de 2 pouces de profondeur environ , dans la partie supérieure de la pierre qu’on veut arracher, et à introduire dans ce trou, à coups de marteau, la tige d’un piton en fer, dont la grosseur excède le diamètre du trou d’environ un seizième, et dont la tête porte un anneau par où s’applique la puissance. L’adhésion de l’un à l’autre est telle, qu’on peut exercer sur le piton, dans le sens de son axe , un effort équivalent à plusieurs tonneaux, sans aucun risque de l’arracher de la pierre, pourvu, toutefois , que cet effort se fasse graduellement et sans secousses violentes, et que la pierre soit dure.
- La machine dont on fait usage pour lever la pierre est une chèvre à trois pieds, munie d’un treuil à manivelles et à leviers, sur lequel s’enveloppe l’un des bouts de la corde d’un système de moufle, dont l’autre bout est attaché à l’anneau du piton. Cet appareil, dont le poids n’est pas considérable et qui se démonie facilement, n’offre aucune difficulté pour le transporter partout où on peut en avoir besoin.
- M. David Low attribue cette forte adhésion de la tige du piton de fer dans la pierre à l’élasticité de ces deux corps, qui, étant fortement comprimés, réagissent l’un contre l’autre et se pénètrent tellement par leurs surfaces , qu’il faut une très-forte percussion pour les séparer, surtout si la pierre est très-dure , comme du marbre, du granit, etc.
- Bien que nous devions avoir dans les assertions de M. David Low une grande confiance, nous avons voulu cependant nous assurer nous-mêmes
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- jusqu’à quel point elles sont fondées : nous avons en conséquence fait faire un piton en fer semblable à celui qu’il indique, et nous l’avons enfoncé , en deux ou trois coups de marteau , dans un trou percé pour le recevoir , dans une meule de pierre de liais^ du poids d’environ 8 à 900 livres. Non-seulement nous avons pu enlever la pierre par ce piton, mais encore il a été très-difficile de le retirer.
- Nous n’avions pas à notre disposition tout ce qu’il faut pour constater en grand l’efficacité de ce moyen; mais comme il est très-simple et peu dispendieux , et qu’il ne peut y avoir aucun danger à courir pour ceux qui voudraient s’en servir, nous n’hésitons pas à en conseiller l’usage.
- En conséquence , le Comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer d’insérer dans le Bulletin de la Société la description et le dessin du moyen mécanique d’arracher les pierres, dont il vient d’être question, et de remercier Son Exc. le Ministre de l’intérieur de la communication qu’il a bien voulu en faire à la Société.
- Nous pensons qu’il serait peut-être convenable aussi de faire connaître en même temps les autres moyens qui sont en usage dans les travaux publics pour enlever les grosses pierres de taille sans les saisir, soit avec des chaînes, soit avec des cordes, qui pourraient en gêner la pose. Nous en connaissons trois , dont les deux premiers ont de l’analogie avec celui dont nous venons de vous entretenir ; la dilférence est que le trou dans la pierre doit être plus large dans le fond qu’à l’entrée, et qu’il faut des coins en fer pour y fixer le pilon, ainsi qu’on le voit fig. 2 et 3, PL 224. Le troisième , qui a été conseillé par l’ingénieur Leturc et qui est représenté, fig. 4, n’est autre chose que la tenaille du banc à tirer, renversée, de sorte que plus la chaîne tire sur les branches extérieures , plus les contre-branches qui sont engagées dans le trou à queue d’aronde pratiqué dans la pierre , y tiennent avec fermeté.
- Signé Molàrd, rapporteur.
- Adopté en séance, le 12 juin 1822.
- Description de la machine à arracher et soulever les pierresy
- par M. David Low.
- Cette machine, inventée il y a quelques années, par un mécanicien anglais, a été employée avec succès dans différentes localités pour débarrasser les terrains incultes des masses de granit ou autres pierres assez enfoncées dans la terre pour ne pouvoir être extirpées qu’au moyen de la poudre.
- Elle se compose de trois pieds ou piquets de bois AB C,fig. 1, PL 224, de
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- 14 pieds de long, percés à leur extrémité supérieure de trois trous abc, dans lesquels est passée une forte tige de fer D E, de telle manière que le piquet C soit le plus près du gros bout E de la tige, le piquet A le plus rapproché de D, et le piquet B dans l’intervalle et au-dessus de la partie courbe d’un étrier ou demi-anneau en fer GI, auquel s’accroche la poulie mouflée M : les piquets devront avoir le jeu nécessaire pour pouvoir être écartés et fixés dans le soi. Lorsqu’ils sont ainsi disposés , on passe successivement une corde sur les quatre rouets de la moufle M et sur ceux d’une autre moufle N, laquelle tourne dans une chape de fer dont la partie inférieure est armée d’un crochet. Un piton P, de 2 pouces de longueur, dont la partie supérieure est plate et la partie inférieure cylindrique, porte un anneau dans lequel s’engage le crochet ; ce piton a environ 10 lignes de diamètre à son extrémité inférieure, et va en s’élargissant d’un seizième de pouce vers le centre. Le bout de la corde O, qui passe sur les poulies, s’enroule sur un treuil F H qui a 6 pieds de long et même davantage, et qui repose par ses deux tourillons sur des tenons d d fixés aux piquets A G : à chaque extrémité de ce treuil sont des manivelles TV, au moyen desquelles on tend la corde avant d’agir sur le treuil, ce qui abrège l’opération. On fait tourner le rouleau F H a la manière ordinaire , en introduisant successivement dans les mortaises e e des leviers , sur lesquels on appuie. Une roue à rochet L, armée de son déclic Q, est montée sur l’une des extrémités du treuil pour empêcher le retour et la chute du poids lorsqu’on l’a élevé. Une traverse , qui lie entre eux les deux piquets AC , sert à consolider tout le système.
- La machine que nous venons de décrire est facile à monter et à mettre en activité ; on la place au-dessus de la pierre qu’on veut arracher du sol , en étendant les piquets également de chaque côté et en attachant le treuil. Quelque volumineuse que soit la pierre qu’on veut arracher, il suffit qu’une de ses parties s’élève au-dessus du sol pour pouvoir opérer : alors un ouvrier , armé d’un maillet et d’un ciseau ordinaire de maçon, creuse dans la pierre un trou rond, d’environ un pouce de profondeur et aussi perpendiculaire que possible. Ce trou devra être d’un seizième de pouce moins large que le piton P, afin que ce dernier ne puisse entrer que chassé à coups de marteau. Aussitôt que le piton est enfoncé d’un pouce dans la pierre, on passe dans son anneau le crochet de la moufle N, et on tend les cordes au moyen des manivelles du treuil : alors il suffira de placer autant de personnes qu’il est nécessaire pour manœuvrer le treuil, et quelque surprenante que la chose puisse paraître , la masse la plus pesante , sans être autrement saisie que par le piton P, sera arrachée de son lit, malgré tous
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- les obstacles qui s’y opposent, et soulevée de manière à rester suspendue en l’air.
- Pour expliquer un fait aussi extraordinaire, ceux qui ont été témoins de l’expérience pensent que le piton P ne pénètre pas exactement la pierre dans la direction de la force agissante, et que la masse est élevée et suspendue de la manière indiquée par les pitons RS. M. Low ne partage pas cette opinion ; il assure que c’est à l’élasticité de la pierre, et non à la direction de la puissance , qu’il faut attribuer l’effet produit. Le piton, chassé à coups de marteau dans le trou où il doit rester, y est retenu par le pouvoir élastique de la pierre , de la même manière qu’un semblable piton le serait dans un bloc de bois où on l’enfoncerait par le même moyen, avec cette différence, toutefois, que le pouvoir élastique de la pierre, exercé sur le fer, sera incomparablement plus grand que celui exercé sur le bois. Cette explication est confirmée par l’expérience ; car on a trouvé : 1°. que la force qui soulève la masse agit exactement dans l’axe du trou où le piton est enfoncé ; 2°. que lorsque cette masse est sortie de terre on peut lui faire prendre toutes les positions sans que le piton se détache ; 3°. que tandis qu’aucun effort ne pourra arracher le piton , un ou deux coups de marteau frappés dans le sens latéral le détacheront avec là plus grande facilité.
- La force qui retient le fer varie en raison du plus ou du moins d’élasticité de la pierre ; cette force sera moindre dans les pierres tendres que dans k marbre, le granit, le porphyre , etc,, et selon l’opinion de l’auteur, ce n’est que sur ces dernières que l’essai peut être fait avec quelque succès.
- Il est encore à remarquer que si l’on peut concevoir jusqu’à un certain point et dans certains cas que de grandes niasses de pierres puissent rester suspendues de la manière indiquée, il est bien plus difficile d’expliquer comment ces masses peuvent être soulevées d’une multitude de positions horizontales et inclinées , et comment, en admettant que c’est à la direction dont le piton est enfoncé qu’il faut attribuer son adhérence dans la pierre , il se trouve que ce qu’un effort constant, appliqué dans toutes les directions pour détacher le piton , ne peut produire , une percussion même légère repérera sur-le-champ. Pour prouver cette assertion, il suffit de faire I expérience suivante : prenez un piton de fer , enfoneez-le dans un bloc de-granit''de'la manière indiquée, et sans établir l’appareil, essayez, au moyen d’une corde attachée au piton, de l’arracher en tirant dans toutes les directions et avec la plus grande force possible; tous vos efforts seront inutiles. Il est donc évident que c’est la force élastique de la pierre, et non la direction dans laquelle la corde est tirée, qui empêche que le pilon puisse être arraché.
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- Il est nécessaire, lorsqu’on veut faire usage de l’appareil, de percer le trou aussi perpendiculaire que possible ; car s’il était percé dans la direction des pitons R et S, il serait à craindre que la portion de la pierre qui se trouve entre le fer et la surface du sol ne vînt à céder.
- On sera étonné, en faisant agir la machine sur de grandes masses de granit, de voir combien peu de prise est nécessaire pour les arracher du sol ; quelquefois le piton ne sera pas enfoncé de plus d’un quart de pouce dans la pierre, qu’il sera déjà immuable et capable de soulever un poids de plusieurs tonneaux.
- Rapport fait par M. Francœur , au nom du Comité des arts mécaniquesy sur le fixateur de M. Legros cle la Neuville, destiné a être adapté aux chevilles qui tendent les cordes des instrumens de musique.
- M. Scheibler, de Crevelt, vous présenta en 1818 (1) des chevilles de guitare : l’approbation que vous avez accordée à cette invention a reçu la sanction du public, et on fait maintenant un fréquent usage de ces chevilles, qui sont bien préférables à celles dont on se servait. Dans le rapport que je fis alors, je signalais les inconvéniens nombreux que présentent ces dernières, et je manifestais le désir que les chevilles conçues d’après le mode de pression de celles de M. Scheibler, fussent appliquées au violon, à la basse et à la quinte, et j’indiquais les principales modifications qu’elles devaient éprouver pour remplir ce but.
- M. le comte de Montlouis réussit très-bien dans ce projet. Ses chevilles , décrites et figurées dans le Bulletin de 1819, pag. 337, sont d’un emploi facile et suffisent pour donner aux cordes des instrumens le degré de tension convenable, sans effort et sans avoir à craindre que ces chevilles cèdent sous la puissance qui les tire : j’en ai fait usage, et il m’a paru qu’on pouvait y trouver des avantages. Toutefois je ne dois pas cacher que la pression doit être rendue très-forte au moyen de l’écrou qui les retient, et qu’il en résulte que la cheville ne se meut que par saccades, ce qui fait quelquefois casser les cordes, et souvent rend l’accord difficile à trouver, parce qu’on dépasse malgré soi le degré de tension convenable : c’est surtout pour la basse que cet inconvénient est remarquable.
- M. Legros de la Neuville_, professeur de guitare et artiste du Vaudeville ,
- B b
- (î) Voyez le Bulletin de celle année, pag. 22. Vingt- unième année. Juin 1822.
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- vous présente son fixateur, propre à retenir toutes les chevilles dans une position invariable sans de très-fortes tensions, et qui, n’exigeant pas le frottement du métal sur le bois, n’a pas l’inconvénient dont nous venons de parler. Cet appareil de son invention, et pour lequel il a pris un brevet, est représenté fig. 5, 6 et 7, PL 224; il consiste en un tambour ou espèce de cylindre en métal a, qu’on fixe vis-à-vis le trou que la cheville traverse ; une rondelle de fer b est de même fixée à cette cheville et entre dans ce tambour pour frotter sur son fond. La pression s’exerce entre ces deux pièces et le frottement les retient appliquées l’une sur l’autre , parce que le tambour est fermé par un couvercle à vis e9 qui presse la rondelle sur le fond, à un degré qu’on augmente à volonté. La cheville entre à l’ordinaire dans un trou pratiqué au manche, mais elle ne frotte plus dans ce trou; la rondelle, qui fait corps avec elle, frotte sur le fond du tambour, contre lequel il est fortement appliqué par le couvercle à vis qui les serre l’un contre l’autre, autant qu’on le juge à propos; et même M. Legros ayant remarqué que ce mode de frottement n’était pas assez gras et laissait encore saccader la cheville, imagina de faire frotter la rondelle unie à la cheville sur une autre rondelle libre c, qui s’applique entre elle et le couvercle, en sorte qu’elle est serrée entre deux disques : cette rondelle supérieure est fixe comme le tambour ; elle est retenue par deux dents insérées dans des encoches d d9 mécanisme ingénieux qui remplit très-bien son objet.
- S’il ne s’agissait que de remplacer les chevilles en usage par d’autres qui soient exemptes de leurs inconvéniens, celles de M. Legros seraient assurément employées par tous les musiciens, et le brevet qu’il a pris pourrait être très-profitable à ses intérêts ; mais ce mécanisme, tout simple qu’il est, exige néanmoins un travail assez délicat pour que le prix des quatre appareils s’élève de 20 à 45 francs, selon qu’ils sont fabriqués en cuivre ou en argent. Il y a donc lieu de craindre que beaucoup de personnes ne se refusent à faire cette dépense. Il se pourrait aussi que le poids du manche du violon et de l’alto s’en trouvât augmenté d’une manière incommode, car chaque appareil pèse environ 2 gros, ce qui ajoute un peu plus d’une once au poids du manche; mais le violoncelle peut très-bien s’accommoder de cette addition de poids, parce que l’instrument est soutenu dans une position où elle ne saurait incommoder.
- C’est probablement par les motifs qui viennent d’être exposés qu’on a renoncé à un autre mécanisme fort simple, qui n’est plus guère en usage que pour les contre-basses. Chaque cheville portait une roue dentée, qu’on faisait tourner par une vis sans fin , engrenant avec cette roue : la cheville
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- n’avait pas de tête et ne pouvait tourner que par la vis. Lorsqu’une corde venait à casser, il était très-long d’en remettre une autre, parce que la vis sans fin devait faire trente à quarante tours pour que la cheville en fit un seul : ce dernier inconvénient pouvait facilement être évité en plaçant la vis sans fin de manière à pouvoir en supprimer momentanément l’action à volonté. Aussi il parait que le poids de l’appareil, les frais qu’il exige, les entailles dont il fallait affaiblir le manche, ont déterminé à renoncer à ce moyen, fort commode d’ailleurs; et il est à craindre que celui de M. Legros n’ait le même sort, malgré ses avantages incontestables.
- Quoi qu’il en soit, votre comité des arts mécaniques pense que les chevilles de M. Legros sont d’une ingénieuse invention, qu’elles remplissent très-bien leur objet, et il vous propose de les approuver et de les décrire dans le Bulletin à la suite du présent rapport.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 29 mai 1821.
- Explication desJig. 5, 6 et 7 de la PL 224.
- Fig. 5. Section de l’appareil nommé fixateur et de la cheville adaptée au manche d’une basse.
- Fig. 6. Vue en dessus de la cuvette ou du tambour sur le fond duquel frotte la rondelle fixée à la cheville.
- Fig. 7. Plan et élévation du couvercle à vis vu séparément.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans ces trois figures. a, Cuvette en cuivre fixée par trois vis sur le trou que la cheville traverse ; b, rondelle en acier montée solidement sur la cheville, et destinée à frotter sur le fond de la cuvette ; c, autre rondelle libre qui s’applique entre la précédente et le couvercle; elle est armée de deux petites dents qui entrent dans les encoches d d de la cuvette a, pour qu’elle ne puisse pas tourner sur elle-même ; e, couvercle à vis qui entre dans la cuvette, dont le rebord intérieur porte un écrou pour le recevoir; on fait tourner ce couvercle en appliquant les doigts contre les deux oreilles ff ; g, cheville en bois.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur le polygraphe de M. Obrion, rue Saint-Martin5 n°. 3o, à Paris.
- Il est d’une grande importance pour le commerce de conserver des copies de toutes les lettres qu’on écrit, et dans les grandes maisons c’est l’objet d’un livre particulier, et souvent l’emploi de plusieurs commis, qui ne sont
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- occupés qu’à transcrire les divers objets de correspondance; mais dans les commerces qui ont peu d’étendue, cas qui est le plus fréquent, il est bien difficile que le chef d’un établissement puisse suffire à-la-fois à rédiger les lettres qu’il écrit et à en tracer les copies : aussi prend-ii rarement cette double peine, si ce n’est pour les choses qui ont pour lui une grande importance, et souvent ses intérêts se trouvent compromis, faute d’avoir jugé combien il lui était nécessaire de conserver une copie de ce qu’il a écrit. Dans toutes les relations sociales il peut même être utile de garder ainsi de ces sortes de copies ; mais on s’y résout difficilement par l’ennui qu’apporte ce genre de travail : en outre, il est bien des circonstances où on doit adresser la même lettre à plusieurs personnes différentes.
- Ces considérations ont porté à rechercher quelque moyen de tracer à-la-fois plusieurs lettres : tel est, par exemple, l’amhotrace de M. de la Cha-beaussiere, décrit page 113 du Bulletin de la Société, de 1816. L’instrument de M. Obrion ne ressemble nullement à ceux dont on a fait usage jusqu’ici, si ce n’est au pantographe, dont il imite les mouvemens et la construction sous certains rapports. Deux plumes, et même trois au besoin, sont liées entre elles par des réglettes en bois, mobiles autour de leur charnière d’assemblage ; l’une de ces plumes ne peut se mouvoir sans entraîner l’autre à suivre tous ses mouvemens, et comme les règles sont inflexibles, elles conservent dans toutes leurs positions le parallélisme qu’on leur a donné en les unissant. Les mouvemens de l’une de ces plumes sont identiquement les mêmes que ceux de l’autre; les caractères tracés par la première sont l’exacte contre-épreuve de ceux que la seconde a formés : l’une s’élève-t-elle au-dessus du papier et cesse-t-elle d’écrire, ou bien fait-elle une rature, ou se porte-t-elle vers l’encrier? fidèle aux mouvemens qui lui sont transmis par l’espèce de charpente légère qui la dirige, on voit l’autre ou s’élever, ou raturer, ou aller puiser de l’encre, et cela sans avoir besoin d’y donner aucune attention spéciale. La copie se fait d’elle-même et sans qu’on y songe.
- L’auteur donne à son instrument diverses formes, selon le prix, qui va de 25 à 36 francs; il suppose même que son polygraphe est propre à calquer un dessin et à en donner une épreuve fidèle, ou à suivre tous les contours d’une écriture, ou d’un plan ou d’un tableau; pour en former le trait. On pourrait contester ce genre d’utilité à un instrument qui manque peut-être de la précision que cette opération exige; mais, si on le considère comme propre à écrire deux lettres à-la-fois, il est certain qu’il remplit très-bien son objet. Le polygraphe est peu coûteux; on le manœuvre sans embarras et presque avec la même facilité qu’on écrit ordinairement, et nous ne
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- doutons pas qu’avec un peu d’habitude on ne puisse tirer un très-bon parti de cet instrument. A la vérité, il n’a rien de bien remarquable sous le rapport de l’invention ; mais il est utile, et ce motif nous décide à vous proposer de l’honorer de votre approbation, ainsi que d’accorder à ce rapport une place dans le Bulletin.
- Signé Fràncoeur, rapporteur.
- Adopté en séance, le 26 juin 1822.
- Note sur un moyen de transport des denrées, en usage aux Etats-Unis d’Amérique ,* par M. Bosc.
- Les denrées qu’on veut transporter sont mises dans des barriques construites exprès et fortement cerclées. Ces barriques ressemblent pour leur capacité à celles de Bordeaux. A la barre de chaque fond, est cloué un morceau de bois dur, noyer ou chêne blanc, percé d’un trou de 2 pouces de diamètre, qui correspond à un trou de même grandeur pratiqué dans les brancards, lesquels sont composés de deux perches liées par deux traverses, l’une en arrière et l’autre en avant du tonneau. C’est sur les boulons de fer qui entrent dans ces trous que tourne la barrique lorsqu’elle est entraînée par un cheval.
- La fig. 8, PL 224, donne une idée suffisante de ce moyen de transport.
- Toutes les denrées qui peuvent être pressées dans une barrique de manière à ne pouvoir ballotter par le mouvement de rotation, sont ainsi transportées des extrémités des Carolines, de la Virginie et de la Géorgie , dans le port de Charlestown. Je voyais chaque jour d’hiver, pendant mon séjour dajis cette ville, passer sous mes fenêtres plusieurs centaines de barriques de tabac destinées à l’exportation.
- Cette manière de transporter les denrées présente, dans le pays en question, les avantages suivans :
- 1 °. Il y a peu de frottement sur les boulons qui remplacent l’essieu, et par conséquent un cheval peut traîner le double de ce qu’il traînerait sur une charrette ;
- 2°. Les chemins, à peine tracés, offrent souvent des ornières très-profondes, qui ne se réparent qu’une fois l’an, et les barriques passent par dessus :
- 3°. L’économie et la solidité des barriques construites dans les habitations, là où le bois n’a pas de valeur et peut être choisi.
- Les inconvénients de cette méthode se réduisent à la possibilité qu’il se trouve dans la barrique des fentes qui laissent pénétrer l’eau, et que la
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- boue s'attache à la surface, laquelle demande à être souvent enlevée avec une petite pelle de bois.
- Lorsque les cercles cassent, ils sont de suite remplacés par le conducteur, qui est pourvu à cet effet d’une petite hache et de quelques autres outils.
- Je ne crois pas que ce moyen de transport soit dans le cas d’être, en France, préféré à celui du roulage, à raison de nos routes ferrées et pavées , de la cherté du bois, de la difficulté de réparer une avarie arrivée loin d’un village où il se trouve un tonnelier, de la nécessité de n’ouvrir la barrique qu’au lieu de l’arrivée ; mais il peut être utilisé pour transporter de i’eau dans les lieux où il n’y en a pas, soit pour la boisson des hommes et des animaux, soit pour les arrosemens des jardins, des prairies , des plantations , etc., etc. Alors on pourrait cercler la barrique en fer, ce qui devient fort économique depuis que les tréfileries se sont multipliées dans l’est de la France.
- Quant aux vins, ils ne peuvent faire des voyages de plus d’un jour dans ces barriques, à raison du grand mouvement qu’ils y reçoivent et qui accélère leur altération.
- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait d’un mémoire sur la fabrication du chlorure de chaux ( muriate oxigéné de chaux); par M. le docteur Ure, de Glasgow.
- On connaît dans le commerce, sous le nom de poudre à blanchir de Tennant, une substance qui est aussi intéressante pour la science qu’importante dans les arts : c’est le chlorure de chaux (muriate oxigéné de chaux). Le procédé de préparation de cette poudre est décrit dans la patente qui fut accordée à M. Tennant en 1799; Dalton, Welter, Thompson en ont donné des analyses plus ou moins exactes , et récemment M. Grouvelle en a fait mention dans ses Recherches sur les combinaisons des oxides avec le chlore, l’iode et le cyanogène.
- Fabrication de la poudre à blanchir.
- Des appareils de différentes formes ont été imaginés pour favoriser en grand la combinaison du chlore avec la chaux. L’un des plus ingénieux est celui qui était employé, en 1816, dans là manufacture de toiles peintes de M. Oberkampf à Jouy ; il consistait dans un tambour ou cylindre, garni intérieurement de rayons de bois étroits et minces, et tournant autour d’un
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- axe creux, à travers lequel le chlore pénétrait dans le cylindre. Par ce moyeu d’agitation, la chaux en poudre, étant continuellement exposée à l’action du chlore, s’en trouvait bientôt saturée au degré nécessaire ; mais cet appareil était dispendieux et ne pourrait convenir à la fabrication en grand, telle qu’elle est pratiquée en Angleterre.
- L’appareil le plus simple et le plus efficace, suivant M. TJre, pour opérer la combinaison du chlore avec la chaux , est un récipient ou chambre carrée, de 8 à 9 pieds de haut, construit en pierres siliceuses, dont les joints sont lutés avec un mastic composé de parties égales de poix, de résine et de plâtre sec. A l’une des extrémités de la chambre est pratiquée une porte qui peut être fermée hermétiquement en l’entourant de lisières de drap, qu’on lute ensuite avec de l’argile. Une croisée ménagée de chaque côté permet de juger du degré de saturation, par la couleur des vapeurs intérieures, et procure le jour nécessaire pour disposer tout au commencement de l’opération. Les luts hydrauliques étant préférables à tous les autres là où la pression pneumatique est peu considérable, l’auteur conseille d’établir au sommet du récipient une grande soupape ou porte construite sur ce principe, et à la base des murs latéraux deux canaux. La porte et les croisées devront pouvoir s’ouvrir simultanément au moyen de cordes passant sur des poulies, afin que l’ouvrier ne soit pas incommodé par les gaz délétères au moment où il pénètre dans la chambre. Un grand nombre de rayons de bois, de 8 à 10 pieds de long, de 2 pieds de large et d’un pouce d’épaisseur, sont disposés pour recevoir la chaux pulvérisée et tamisée, qui contient ordinairement deux atomes de chaux pour trois atomes d’eau. Ces rayons sont rangés l’un au-dessus de l’autre jusqu’à la hauteur de 5 à 6 pieds; ils reposent sur des tasseaux, qui laissent entre chacun un intervalle d’un pouce , afin que le gaz puisse avoir un libre accès sur la surface de l’hydrate calcaire.
- Les alambics employés pour la production du chlore sont ordinairement de forme sphérique; on les construit soit entièrement en plomb, ou bien ils sont composés de deux hémisphères réunis ensemble, dont le supérieur est en plomb et l’inférieur en fonte de fer. La première espèce d’alambic est renfermée aux deux tiers, à partir du fond, dans un récipient de plomb ou de fonte de fer ; l’intervalle de 2 pouces, ménagé entre l’alambic et le récipient, est destiné à recevoir la vapeur d’une chaudière attenante. Les alambics dont le fond est en fer sont exposés directement à un feu doux ; autour du bord extérieur de l’hémisphère de fonte, est pratiquée une rainure, dans laquelle entre le bord de l’hémisphère en plomb : on lute les joints avec du ciment romain, composé d’un mélange de chaux, d’argile et d’oxide de
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- fer, calcinés séparément et réduits en poudre fine ; ce ciment doit être tenu dans des vases bien bouchés, et mêlé avec la quantité d’eau nécessaire lorsqu’on en fait usage.
- Le dôme de plomb est percé de quatre ouvertures, chacune desquelles est hermétiquement fermée par des luts hydrauliques. La première, de 10 à 12 pouces en carré, est fermée au moyen d’une soupape de plomb , dont les bords recourbés entrent dans une rigole remplie d’eau qui entoure la soupape : c’est par cet orifice qu’un ouvrier s’introduit dans l’alambic pour faire les réparations nécessaires au mécanisme de l’agitateur, et détacher les concrétions salines dures qui se forment dans l’intérieur. La seconde ouverture, pratiquée au sommet du dôme, reçoit un tuyau de plomb qui descend presque jusqu’au fond, et à travers lequel passe un axe vertical, dont l’extrémité inférieure est munie d’un croisillon en fer ou en bois garni de plomb. La rotation de ce croisillon ou agitateur opère le mélange intime de l’oxide de manganèse avec l’acide sulfurique et le sel. Le mouvement est communiqué à cet agitateur, soit par un ouvrier placé au haut de l’appareil et qui fait tourner une manivelle, soit par des engrenages montés sur l’axe vertical, et mus par un cours d’eau ou une machine à vapeur.
- La troisième ouverture reçoit un tuyau en forme de siphon , par lequel on introduit l’acide sulfurique, et la quatrième, le tuyau de sortie.
- Les manufacturiers diffèrent d’opinion relativement à la proportion des matières employées pour la production du chlore : en général od doit mêler 10 quintaux de sel (muriate de soude) avec 10 à 14 quintaux d’oxide de manganèse; après que ce mélange a été introduit dans l’alambic, on y ajoute peu à peu 12 à 14 quintaux d’acide sulfurique, étendu d’une quantité suffisante d’eau, jusqu’à ce que sa pesanteur spécifique soit réduite à 1,5. Comme les fabricans de poudre à blanchir préparent eux-mêmes l’acide au degré de concentration nécessaire, c’est-à-dire à la densité de 1,65, on n’a plus recours aujourd’hui à ce moyen.
- Nous avons dit que la quatrième ouverture de l’appareil était destinée à recevoir le tuyau de sortie; ce tuyau est conduit dans un réservoir de plomb, où aboutissent tous les autres tuyaux de sortie; ils sont réunis par des luts hydrauliques ayant une pression hydrostatique de 2 ou 3 pouces : c’est dans ce réservoir que le chlore est lavé et purgé de l’acide muriatique qu’il pourrait contenir, en passant à travers de l’eau dans laquelle chaque tube est plongé; de là, le gaz se rend par un grand tuyau de plomb dans la chambre de saturation : il y pénètre par le sommet, afin que le gaz se distribue également dans toutes les parties de l’appareil.
- Il faut ordinairement quatre jours pour préparer la poudre à blanchir,
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- propre à être livrée au commerce. Si on voulait accélérer l’opération , on courrait le risque d’élever la température et de produire du muriate de chaux, qui n’a pas la propriété de blanchir ; c’est pourquoi des manufacturiers intelligents emploient un procédé alternatif ; ils commencent par disposer les rayons de bois par séries alternatives ; au bout de deux jours, l’opération est suspendue et on ouvre la chambre ; deux heures après, l’ouvrier entre pour placer les rayons chargés d’hydrate de chaux nouveau , et en même temps pour retourner le chlorure à moitié formé, qui se trouve sur les autres. La porte est ensuite fermée hermétiquement, et la chambre, après avoir été remplie de chlore pendant les deux jours suivants, est de nouveau ouverte pour enlever la première série de rayons, et les remplacer par d’autres contenant une nouvelle partie d’hydrate de chaux. C’est ainsi que l’opération est continuée, en alternant régulièrement les rayons. On obtient, à la vérité , par ce procédé de la poudre à blanchir d’une qualité supérieure, et on a la possibilité de régler exactement la quantité qu’on veut introduire dans l’appareil; mais, à mesure que l’hydrate se sature de chlore, sa faculté absorbante diminue : il sera donc nécessaire, ou de diminuer proportionnellement le courant du gaz, ou de laisser échapper l’excédant ; ce qui cause une perte notable au propriétaire, et nuit à la santé des ouvriers. Le manufacturier obtient généralement d’un tonneau (2000 livres) de sel employé comme ci-dessus , un tonneau et demi de bonne poudre à blanchir. M. lire prétend même en obtenir deux par son procédé.
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M, de Lasteyrie, au nom du Comité des arts économiques, sur la construction de deux silos et la conservation des grains, faite à Saint-Ouen, chez M. Ternaux.
- La conservation des grains, qui intéresse également l’agriculture, le commerce, le bien-être des particuliers, le bonheur et la sûreté publics, a attiré, dans ces derniers temps, l’attention du Gouvernement et celle de tous les hommes qui savent appliquer les connaissances acquises au perfectionnement de l’ordre social.
- M. Ternaux, qui a rendu de si grands services à l’industrie, et qui ne laisse échapper aucune occasion de lui être utile , a tenté , il y a plus de trois ans, de résoudre un problème de la plus haute importance, celui de la conservation des grains.
- Il a été rendu compte à la Société de la fosse ou silo que M. Ternaux avait Vingt-uniéme année. Juin 1822. C c
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- fait construire en 1819, et dans laquelle on avait versé 199 hectolitres de grains, dans le mois de novembre de la même année, et dont l’extraction avait eu lieu le 12 octobre 1820 (1). On se rappelle que les grains de cette fosse furent trouvés en bon état, sauf quelques portions situées à l’ouverture ; mais ce blé , vanné et exposé à l’air, et réduit en farine , donna un pain qui ne laissait presque aucune trace de ce commencement d’altération, et qui pouvait servir d’aliment aux personnes les plus délicates.
- Le même blé fut remis dans le silo peu de jours après en avoir été ôté, et après qu’on eut renouvelé la paille qui garnissait la circonférence. Il a été fait une seconde ouverture en 1821, qui a donné les mêmes résultats quant à la conservation du grain et à la confection du pain qui en est provenu. Il est à remarquer que ce pain était plus blanc et plus savoureux que celui qui avait été fait avec le môme blé conservé dans un grenier; ce qui peut être attribué à ce que le gluten du blé conservé dans le silo n’avait pas subi de dessiccation comme celui pris dans le grenier. C’est à la troisième ouverture de ce silo que vos commissaires ont assisté, et dont ils viennent vous rendre compte aujourd’hui.
- L’ouverture a eu lieu le 25 avril dernier, en présence d’un grand nombre de personnes, parmi lesquelles se trouvaient les administrateurs de la réserve. Après avoir enlevé la pierre qui sert de fermeture au silo, on a retiré la paille qui se trouvait à la partie supérieure, et la balle qui avait été mise pour remplacer la portion de grain employée pour la fabrication du pain dont nous avons parlé. La paille et surtout la balle se sont trouvées dans un état de siccité ordinaire. On a sorti hors du silo quelques sacs de blé qui étaient parfaitement conservés. Pour reconnaître l’état, de ce qui restait, on a enlevé avec une sonde des portions de grains au centre, au fond et sur plusieurs endroits de la circonférence : ces échantillons se sont trouvés dans un aussi bon état de conservation que le grain retiré de la fosse.
- On doit conclure des faits qui viennent d’être énoncés et des observations faites par vos commissaires, que la parfaite conservation des grains peut avoir beu dans des fosses situées en plein air et sans revêtement de maçonner .e , toutes les fois que le terrain sera élevé, sec, et qu’il ne permettra aucune iniiltration aux eaux pluviales ; bien entendu qu’il est nécessaire de revêtir les parois de la fosse d’une couche de paille assez épaisse pour s’opposer au passage de l’humidité du sol; il faut aussi que cette fosse soit recouverte d’une voûte en maçonnerie et même d’une terre assez compacte pour empêcher l’infiltration directe des eaux de pluie.
- (t) Voyez Bulletin de décembre 1820, pag. 331.
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- M. Ternaux pense que la construction des fosses sans maçonnerie, et simplement revêtues de paille, est préférable sous le rapport de l’économie à celles dont le fond , les parois et la voûte seraient murés. Vos commissaires ne partagent pas cet avis : ils croient que les fosses à grain de M. Ternaux peuvent être d’une grande ressource pour les cultivateurs peu fortunés et dans quelques autres circonstances; mais que les fosses en maçonnerie seront toujours préférables lorsqu’il s’agira de former des magasins destinés à une conservation habituelle de grains, pour les approvisionnements des villes ou du commerce, ou pour les spéculations particulières des propriétaires ou des cultivateurs. Les fosses du premier genre exigent des dépenses chaque fois qu’on veut y verser des grains, et peuvent, dans certains terrains, se dégrader au point d'être hors d’usage au bout de quelques années, tandis que les fosses bien construites en maçonnerie sont éternelles, n’exigent aucun entretien, et préservent les grains contre toute humidité lorsqu’elles ont été faites avec le soin nécessaire.
- M. Ternaux voulant pousser plus loin ses expériences, se propose de laisser le même blé dans la fosse pendant une ou plusieurs années, sans renouveler la paillç.
- Il a aussi fait construire une nouvelle fosse, dont nous allons vous rendre compte.
- Cette fosse est située vis-à-vis la grille d’entrée du parc de M. Ternaux, à peu de distance de la première : elle est creusée dans un tuf marneux et gyp-seux , à une profondeur de 7 mètres , à prendre de la superficie du sol, et à une grande élévation au-dessus du niveau de l’eau. Elle est recouverte par un dôme en briques et mortier, qui embrasse la moitié de la hauteur intérieure : cette hauteur est de 6 mètres sur une circonférence dont le grand diamètre et de 4 mètres et demi. Le dôme est surmonté par un cylindre en maçonnerie, long d’un mètre environ : le tout est terminé par une pierre avec un couvercle. Les frais de construction s’élèvent à la somme de 1,008 francs.
- Le fond de la fosse a été couvert d’une couche de fagots de 33 centimètres d’épaisseur, puis d’un lit de paille de 8 centimètres, et enfin d’un paillasson de 4 centimètres d’épaisseur. Les autres parties ont été tapissées d’une garniture de paille de seigle de 50 centimètres, qui était retenue avec des lattes et des crampons de fer : le tout était disposé avec beaucoup de soin, et l’intérieur de la fosse était très-sec.
- On a procédé, en présence de vos commissaires, au versement du blé dans le silo dont on vient de donner la description. Le blé fourni par la réserve de Paris à M. Ternaux , à charge par lui de le reproduire, a été jugé en
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- bon état de conservation. Quelques personnes ont cependant observé qu’il n’avait pas tout le degré de siccité qu’on aurait pu désirer, et qu’il était moins cassant sous la dent que celui qu’on venait de sortir du silo.
- Après avoir pesé le grain et en avoir conservé des échantillons, on a reconnu que le silo contenait 426 quintaux métriques 44 kilogrammes, y compris un quintal qu’on a versé le premier jour, et trois le second, pour remplir le vide qui s’était formé par le tassement. Après avoir recouvert le grain avec une planche soutenue par un rebord pratiqué dans le cylindre d’ouverture , on a rempli avec de la balle de blé le vide supérieur, et on a posé la pierre servant de fermeture : elle a été cimentée et recouverte de deux cordes qu’on a scellées avec les cachets de la Mairie , de la Réserve et de M. T émaux.
- Cette expérience et celles que M. Ternaux a déjà faites avec succès présenteront chaque jour des données plus certaines, lorsque le temps nécessaire pour constater d’une manière irrécusable la meilleure conservation des grains, aura démontré les avantages qu’on a lieu d’espérer.
- La solution de ce problème donnera à notre agriculture une prospérité assurée et invariable, des bénéfices certains à notre commerce, la stabilité des prix dans le premier objet de consommation; elle épargnera au Gouvernement bien des inquiétudes et de fortes dépenses , qui produisent toujours de faibles résultats.
- Nous avons l’honneur de proposer au Conseil de donner à M. Ternaux un témoignage de satisfaction en autorisant l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Signé de Lasteyrie , rapporteur.
- Adopté en séance , le 15 mai 1822.
- Explication de la Jig. 9, PL 224, représentant le silo de M. Ternaux.
- Fig. 9. Section verticale de la fosse à conserver les grains, telle qu’elle est établie à Saint-Ouen.
- ABCD, cône tronqué, creusé enterre, ayant 3m 30e de diamètre sur 2m 30e de hauteur; EE, voûte en maçonnerie formant la partie supérieure du silo ; FF, cheminée en briques qui s’élève à 20 centimètres au-dessus du sol ; G, couvercle en bois de chêne qui ferme l’orifice du silo; H, paillasson placé au fond de la fosse sur un lit de fascines et de paille ; I, revêtement intérieur du sol en paille de seigle bien sèche ; k k k , crampons de fer sur lesquels s’appuient des lattes d’osier qui retiennent le revêtement en paille.
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- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Bosc sur un ouvrage de M. Bonafous , relatif a la culture du mûrier.
- M. Matthieu Bonafous vous a adressé une brochure intitulée : De la culture des mûriers, et que vous m’avez chargé d’examiner.
- Cet ouvrage, rédigé d’après les principes les plus généralement préconisés dans ces derniers temps, se distingue par l’ordre ,, la précision et la clarté. Je n’v ai pas trouvé de motifs de critique de quelque importance ; mais bien des omissions dues, sans doute, au désir qu’avait l’auteur d'être correct.
- Il est divisé en neuf chapitres. Le premier traite de la physiologie du mûrier, de ses variétés, des terrains qui lui sont propres; l’auteur reconnaît qu’il ne donne pas une bonne feuille dans les pays froids ou humides. Le second chapitre a pour objet le semis des mûriers. Dans le troisième chapitre, il discute les avantages et les inconvénients de la greffe du mûrier, et ne se prononce pas. A mon avis, cette opération est nécessaire dans un très-petit nombre de cas seulement ; elle est toujours nuisible lorsque ce sont des arbres à larges feuilles qu’on substitue à des arbres à petites feuilles.
- Les pépinières sont le texte du chapitre quatre, qui n’est certainement pas assez développé pour pouvoir guider un propriétaire qui voudrait en établir une.
- Je ne puis qu’applaudir aux principes du cinquième chapitre, intitulé : Des plantations à demeure.
- La conduite des mûriers pendant les quatre premières années de leur plantation est prise en considération dans le chapitre six , et celle des mûriers adultes dans le chapitre sept. On ne peut errer en pratiquant les conseils donnés dans ces deux chapitres.
- Il n’en est pas de même, selon moi, de ceux qui se trouvent dans le huitième chapitre , intitulé : Des haies , parce que les feuilles tirent de la terre, dans ce cas , une surabondance d’humidité nuisible à leur qualité. Ce n’est que dans les pays très-secs et très-chauds, et pour nourrir les vers à soie au sortir de l’oeuf, que je crois qu’on puisse approuver cette manière d’élever les mûriers.
- Cueillir la feuille semble une opération très-facile ; cependant elle est soumise à des règles, soit sous le rapport de la conservation de l’arbre en bon état de végétation, soit sous celui de la qualité de la feuille relativement aux vers à soie. Ce qu’en dit M. Bonafous , dans le neuvième chapitre , donne le moyen de prévenir la plupart des inconvéniens de cette opération.
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- Lis tf. des membres et adjoints composant le Conseil dAdministration de la Société d Encouragement, au 3o juin 1822.
- BUREAU.
- MM.
- Président.
- Le comte Chaptal ( G. O. chevalier de
- l’ordre du Roi, pair de France, membre de l’Académie des Sciences, rue de l’Université,
- ii°. 4^-
- Vie e-Présiden s.
- Le comte de Lasteyrie, membre de la Société royale et centrale d’agriculture, rue du Bac , passage Sainte-Marie.
- Le duc de la Rochefoucauld-Doudeauville pair de France, directeur général des postes, rue de Varennes, n°. 33.
- Secrétaire.
- Le baron de Gérando (C. ^), conseiller d’Etat, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, impasse Férou, n°. 7.
- Secrétaires-adjoints.
- Jomard (^), chef du bureau de l’Instruction publique , commissaire du Gouvernement près la Commission d’Egypte, membre de l’Académie des Inscriptions et Bel les-Lettres , rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. i5.
- Cl.-Ànth. Costaz, ex-chef de la Division des Arts et Manufactures au Ministère de l’intérieur, rue du Mont-Blanc, n°. 48.
- Trésorier.
- Montamant ( O. ^), administrateur des Tontines, membre du Conseil général du département de la Seine,rue de Menais, n°. 4.
- Censeurs.
- Le baron Becqtjey (O. ^ ), conseiller d’Etat, directeur général des Ponts et Chaussées et des Mines, place Vendôme, n°. ig.
- Le duc de la Rochefoucauld-Liancourt ( -^ ), pair de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit , inspecteur général des Ecoles d’Arts Métiers , correspondant de l’Institut, rue Royale, n°. 9.
- COMMISSION DES FONDS.
- Le comte Abrial (G. O. pair de France, rue Plumet, n°. 18.
- Bigot de Préameneu ( G. O. ^ ), membre de l’Académie française, rue de Varennes, n°. 17.
- MM.
- Boulard père ( ), notaire honoraire , rue des
- Petits-Augustins, n°. 21.
- Brillât de Savarin (^), conseiller à la Cour de Cassation, ruedes Filles-Saint-Thomas,no. a3.
- Le comte Alex, de Laborde (O. ^j), maître des Requêtes , membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et de la Cham-bi-e des Députés, rue d’Artois, n°. 28.
- Le baron de Ladoucette ( ^ ) , ancien préfet, président de la Société royale des Antiquaires de France, rue Chantereine, n°. 8.
- Leroy (*J* ^), ancien consul général de France, rue de Tournon, n°. 12.
- Le marquis de Pastoret (C. ^), pair de France, membre de l’Académie française et de celle des Inscriptions et Belles - Lettres , place Louis XV, n°. 6.
- Pérignon ( ^ ) , chevalier de l’ordre du Roi , membre du Conseil général du département de la Seine, rue Neuve-Saint-Augustin, n°. 8.
- Le duc de la Vauguyon (C. >5*), pair de France, chevalier de l’ordre du Saint-Esprit, rue St~ Lazare, n°. 88.
- Adjoints.
- Bordier , peintre d’histoire, rue du Roi-de-Sicile, n°. 28.
- Chaslon (£^), ancien administrateur des Douanes , rue Neuve-des-Petits-Champs, n°. 97.
- Michelin ( Hardouin ), conseiller référendaire à la Cour des Comptes, rue d’Orléans, n°. 5» au Marais.
- COMITÉ DES ARTS MÉCANIQUES.
- Ampère ( ^ ), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur général de l’Université, membre de l’Académie des Sciences, rue des Fossés-St.-Victor, n°. 19.
- Bréguet, horloger (^), membre de l’Académie des Sciences, quai de l’Horloge, n°. 79,
- Francoeur, professeur à la Faculté des Sciences, rue du Four-Saint-Germain, n°. 44*
- Le vicomte Héricart de Thury (O. maître des Requêtes , ingénieur en chef des Mines, inspecteur général des carrières , rue Poul-tier, n°. 7, île Saint-Louis.
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- MM.
- Humblot-Conté , membre de la Chambre des Députés, fabricant de crayons, rue de Gre-nelle-Saint-Germain, n°
- Molard aîné (^), membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des Arts et Manufactures , rue de Charonne , hôtel Vau-canson. ^
- Poisson (^), membre de l’Académie des Sciences , inspecteur général de l’Université , rue de Condé, n°. i o.
- de Prony ( O. chevalier de l’ordre du Roi, membre de l’Académie des Sciences, directeur de l’École royale des Ponts et Chaussées, rue Cnlture-Ste.-Catherine, n°. 27.
- Taïibé de Vauxclairs (O. ^), chevalier de l’ordre du Roi, maître des Requêtes, inspecteur général des Ponts et Chaussées, rue de Hanovre, n°. 5.
- Le baron Ternaex (O. ^ ), membre de la Chambre des Députés et du Conseil général du département de la Seine , place des Yic-toires, n°. 6.
- Adjoints.
- Baîleet de Belloy (^), inspecteur divisionnaire des Mines, rue du Bouloy, hôtel de
- Bretagne.
- Hachette , professeur cle géométrie descriptive à la Faculté des Sciences, membre du Conseil voval ci’Agriculture , cul-de-sac Sainte-Catherine Saint-Dominique-d’Enfer, n°. 6.
- Molard jeune, administrateur-adjoint du Conservatoire des Arts et Métiers , rue Mesîay, n°. 20.
- Pajot-Descharmes , membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures , rue de la Verrerie, n°. 58.
- Regnier ( v»? ), ingénieur-mécanicien , membre honoraire du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue de l’Université, n°. 4-COMITÉ DES ARTS CHIMIQUES.
- Le comte Berthollet (G. O. ^), chevalier de l’ordre du Roi, pair de France, membre de l’Académie des Sciences, rue d’Enfer, n°. 18.
- Bréant, vérificateur des essais à la Monnaie.
- d’Arcet ( ^ ), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur des Essais à la Monnaie.
- d’Artigues (^), fabricant de cristaux, membre du Conseil général des Manufactures, rue du Faubourg-Poissonnière, u°. 3o.
- MM.
- Desprez , professeur de chimie â l’École Polytechnique.
- Mérimée (0), peintre , secrétaire perpétuel de l’École royale des Beaux-Arts, rue des Petits-Augustins, n°. 16.
- Pelletier, pharmacien, membre du Collège de Pharmacie, rue Jacob, n°. 11.
- Roard ( ^ ), propriétaire de la fabrique de céruse à Clichy, membre du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue Montmartre, n°. 160.
- Thénard (^), membre de l’Académie des Sciences et du Comité consultatif des Arts et Manufactures, professeur de Chimie au Collège de France, rue de Grenelle-Saint-Germain, n°. 42.
- Vauqüelin ( ^ ), membre de l’Académie des Sciences, administrateur du Muséum d’His-toire naturelle, rue de Seine-Saint-Victor.
- Adjoints.
- Boullay, pharmacien , rue des Fossés-Montmartre, n°. 17.
- Payen fils , fabricant cle produits chimiques, à Vaugirard.
- COMITÉ DES ARTS ÉCONOMIQUES
- Boüriat, membre de l’École spéciale de Pharmacie, rue du Bac, n°. 3g.
- Christian ('H), administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers, rue et abbaye St.-Martin
- Le marquis de Grave ( *5* ^ ), pair de France, gouverneur des enfans de S. A. S. Mgr. le duc d’Orléans, rue du Lycée, au Palais-Royal.
- Le baron Delessert (O. , régent de la
- Banque de France, membre de l’Académie des Sciences et de la Chambre des Députés , rue Coq-IIéron, n°. 3.
- Derosne (Charles) , pharmacien, rue Saint-Honoré, u°. 115.
- Gillet de Latjmont (£&), chevalier de l’ordre du Roi, inspecteur général des Mines , membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agricalture , quai de la Tournelle, n°. 3.
- Robert, propriétaire de l’établissement de la cuisson des abatis, au Gros-Caillou.
- Say (J.-B ), professeur d’économie politique au Conservatoire des Arts et Métiers, rue du Faubourg-St.-Martinj n°. 62.
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- i),
- rue du Ro-
- MM.
- Adjoints,
- Le baron Cagniard-Latour ( cher, n°. 36.
- Delunel, ancien pharmacien, rue de l’Echiquier, n°. 38.
- Le duc DE la RoCHEFOUCAULD-LrANCOUKT.
- Robiquet , professeur de chimie à l’Ecole centrale de Pharmacie, rue de la Monnaie, n°.g.
- Vallot, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, rue du Jardinet, n°. 8.
- COMITÉ D’AGRICULTURE.
- Baudrillart , chef de division adjoint à l’Administration des Forêts, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture , rue Neuve-Saint-Augusiin, n°. 2Û
- Bosc ({§§), inspecteur général des Pépinières du Gouvernement, membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agricultme , rue des Maçons-Sorbonne , n°. i5,
- Challan (O. ^), membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Champs-Elysées, n°. 8.
- Le baron de Chassiron (^), maître des Comptes, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Neuve-St.-Àugustin, n°. ig.
- Le comte François de Neufchateau (G. O. ^), membre de l’Académie française, président de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue du Faubourg-Poissonnière, n». g3.
- Hüzabd ( Lf ), inspecteur général des Ecoles vétérinaires, membre de l’Académie des Sciences, rue de l’Eperon, n°. 7.
- Le comte de Lasteyrie.
- SiLVESTRE(ïjl), bibliothécaire du Roi, membre de l’Académie des Sciences, secrétaire perpétuel de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue de Seine, liôtei de la Rochefoucauld.
- Tessier (^), inspecteur général des Bergeries royales , membre de l’Académie des Sciences et de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue des Petits-Augustins, n°. 26.
- Adjoints.
- Labre aîné, propriétaire, membre de la Société royale et centrale d’Agriculture, rue Duphot, n°. ir.
- MM.
- Vilmorin aîné, pépiniériste, quai de la Mégis sérié, n°. 3o.
- COMITÉ DE COMMERCE. Bellangé , manufacturier, rue Sainte-Apolline, n°. i3.
- Bérard (^), maître des Requêtes, rue du Hel der, n°. i3.
- Le baron Coquebert de Montbret ( , di
- 1 Academie des Sciences, rue Saint-Dominique, n°. 71, faubourg Saint-Germain. Davillier (#), banquier, boulevard Poisson nière, n°. i5.
- Delessert (François), banquier, membre de 1 Chambre de Commerce, rue Coq-Héron, n°.3 Gauthier de Brécy lecleur du Roi, me di Iloussaye, n°. 2.
- Laffon de Ladebat, ancien Député, rue Basse-du-Rempart, n°. 44-
- de Lavigerie ( ^ ) , inspecteur général des Douanes, rue Cadet, n°. 7.
- Sivard de Beaulieu ( ^ ), administrateur des Monnaies, membre de la Ch. des Députés. Vital—Roux ($£), régent de la Banque de France, rue Richelieu, n°. 104.
- COMMISSION DU BULLETIN.
- Cette Commission, chargée de diriger et surveiller la rédaction du Bulletin, est composée des membres suivans :
- Frakcoeur, j
- Mol a rd , /pour les Arts mécaniques
- Tarbé, î
- d’Arcet, |
- Mérimée , }pour !es A,ts chimiques
- Christian, )
- Boüriat , j Pour les Arts économiques
- °T * î pour l’Agriculture.
- de Lasteyrie , )1 0
- Coquebert de Montbret, pour le Commerce
- Boulard, pour les fonds.
- Rédacteur du Bulletin de la Société.
- M. Daclin , rue d’Anjou, n°. 24 , faubourg Saint-Honoré.
- Agent général de la Société.
- M. Güillard-Senainville (|&), secrétaire du Comité consultatif des Arts et Manufactures, rue du Bac, n°. 4^, au local de la Société.
- À Paris, de ITniprinierie de Madame HUZAUD (née VALLAT LA CHAPELLE rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arcs, n°. 7.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. (N°. CCXVIl.) JUILLET 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR LT NDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- jRapport fait par AT. Tarbc, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un bateau nommé zoolique, inventé par M. P.-A. Guilbaud, de JSantes.
- Messieurs, votre Comité des arts mécaniques a examiné attentivement un bateau que l’auteur nommé zoolique, et qui est destiné à remplacer économiquement, sur nos rivières, l’emploi des bateaux a vapeur. Ce projet est dû à M. P.-A. Guilbaud, de Nantes , qui a recherché s’il n’y avait pas un moyen convenable d’employer à bord des bateaux les animaux et de préférence les chevaux, comme force motrice. Ce moyen lui a paru devoir être moins dispendieux, d’un usage plus facile, sujet à moins d’inconvéniens et d’accidens sinistres que les machines à vapeur. M. Guilbaud déclare que M. Borgnis, dans son Traité des machines, lui a donné l’idée du mécanisme à employer, et qui est décrit sommairement sous le nom de plan incliné flexible. Ce système a l’avantage d’occuper moins d’espace que le manège ordinaire, qui présente souvent un obstacle insurmontable au passage des écluses et des ponts.
- Le projet du bateau zoolique, adressé à la Chambre de commerce de Nantes, a été accueilli favorablement : des essais ont été faits sur la Loire et sur l’Erdre. L’auteur a pris un brevet d’invention.
- Les premières expériences ont été constatées par des commissaires de la Société académique du département de la Loire-Inférieure, dont les i ap-Vingt-unième année. Juillet 1822. B ^
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- ports, très-bien faits, vous donneront une idée exacte du système et des résultats obtenus.
- Premier rapport fait à la Société académique du département de la Loire-Inférieure, le 9 août 1821, sur le bateau zoolique de M. Guilbaud.
- Vous avez nommé une commission, composée de MM. Lebojer, de Toile-nare, Rapatel, Ledean, Testier et moi, pour vous faire un rapport sur le bateau zoolique de l’invention de M. Guilbaud.
- Ce bateau est mis en mouvement par les palettes d’une roue à aubes, que deux chevaux font circuler sur son axe, en marchant sur un plan incliné, composé de madriers de 5 pouces de largeur, fixés transversalement sur deux chaînes sans fin, qui embrassent, par leur courbure supérieure, l’axe des deux roues à aubes , et par leur courbure inférieure un autre cylindre , qui sert de second point de rotation et d’appui au plan incliné mobile.
- Les chevaux agissent en partie par leur force musculaire, en s’appuyant sur leurs colliers attachés à des points fixes, et en partie par leur propre poids, qui tend à faire descendre le plan incliné.
- Le bateau qui portait cet appareil avait 20 pieds de longueur, 7 de largeur, et calait 2 pieds dans l’eau.
- Chaque roue était armée de huit palettes de 15 pouces de hauteur sur 14 pouces de largeur. Les chevaux , en marchant au pas ordinaire , faisaient faire aux roues de treize à quatorze tours par minute.
- Votre commission n’a voulu établir aucun calcul théorique sur l’effet présumable de ce moteur, parce que la théorie de la résistance des fluides contre les solides n’est fondée que sur des expériences qui, quoique faites et répétées par des hommes du premier mérite, tels que Euler, Bossut, Borda, etc., se sont cependant trouvées contradictoires dans leurs résultats. Nous nous sommes donc bornés à prononcer d’après ceux des expériences dont nous allons vous rendre compte.
- Comme elles devaient avoir lieu sur la Loire, principalement depuis Chan-tenai jusqu’à Indret, nous avons cherché à connaître quelle était la vitesse moyenne du courant dans cette partie, et nous l’avons établie en jetant le loch à trois distances différentes, savoir :
- 1°. En face du chemin qui conduit de Chantenai à la rivière , au milieu du chenal, deux nœuds et un quart, ci..................... 2 nœuds |
- 2°. Devant Roche - Maurice, près de la Roche, trois nœuds, ci.................................................3 »
- 5 nœuds \
- 4
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- Ci-contre. .... 5 nœuds \
- 3°. En face du chantier de Crucy, dans le chenal, deux nœuds et demi, ci....................................... 2 » £
- 7 nœuds |
- Le terme moyen de ces trois vitesses est d’un peu plus de deux nœuds et demi à l’heure, ou d’une lieue de vingt-cinq au degré, plus un vingt-quatrième. C’est de cette lieue que nous nous servirons dans le cours de ce rapport.
- Les mesures des distances parcourues ont été prises sur la grande carte inédite du cours de la Loire, de Nantes à la mer, levée en 1758 par M. Magin, ingénieur de la marine, chargé par M. le duc d'Aiguillon des travaux hydrauliques sur ce fleuve.
- Première expérience. Le 15 juin dernier, jour de la pleine lune, le bateau est parti du chemin de Chantenai à la rivière , à six heures 42 minutes du soir; le jusant avait perdu 15 pouces perpendiculaires de la plus haute élévation du flot ; le courant était fort, il y avait bonne brise de vent d’est : ainsi le bateau avait contre lui le vent et le courant. Il est arrivé un peu plus loin que les Salorges en 45 minutes : l’espace parcouru est de 620 toises, ou une lieue, en deux heures 45 minutes.
- Deuxième expérience. Le 2 juillet, le bateau est parti du bas de l’île Glo-riette et a passé sous le Pont-Maudit ; mais il n’a pu franchir la troisième arche nord du pont de la Belle-Croix qu’à l’aide d’une ancre qu’on a mouillée en amont et sur laquelle le bateau a été toué, pour aider à l’effort des chevaux. Gn a jeté le loch sous cette arche, le courant filait dix nœuds ou quatre lieues et un sixième. Depuis l’ancienne poterne du château jusqu’à la tête de la prairie de la Magdeleine, l’espace est de 500 toises : il a été parcouru en 18 minutes, ce qui donne une lieue en 86 minutes.
- Troisième expérience. Le 6 juillet, le bateau est remonté de la tête de l’île d’Indret à la tête de la Haute-Indre, en 40 minutes : l’espace parcouru est de 1060 toises, ou une lieue, en 86 minutes.
- Quatrième expérience. Le 13, le bateau a fait le même voyage dans le même espace de temps ; ce qui donne également une lieue en 86 minutes. Les chevaux, pendant cette course, ont été soumis à l’examen d’un homme qui a une longue habitude de faire travailler ces animaux : il a jugé que ceux qui servaient de moteur sur le bateau ne faisaient qu’un effort médiocre , et pouvaient faire des stations de quatre heures , en continuant habituellement ce travail.
- Cinquième expérience. Le 24, le bateau a fait le trajet de Roche-Maurice
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- ail chemin de Chantenai en 47 minutes. Le chemin parcouru est de 1 300 toises ; ce qui fait une lieue et un onzième en une heure et demie.
- Dans cette expérience, le bateau traînait à la remorque un blain de Mon-toire, chargé de tourbes, estimées peser trois tonneaux.
- L’eau déplacée par l’immersion du bateau donne dix tonneaux ou 20 milliers , ci................................................. 10 tx.
- Le tonnage du blain est de............................. 3 *
- Total................13
- A DÉDUIRE :
- Pour le poids de deux chevaux......... 1000 liv. \
- Idem de l’appareil.................. 1000 f 2 tx. j
- Idem du bateau...................... 3000 j
- Le poids net est de. ... 10 tx. j
- pour le transport utile du blain et du lest représentant la cargaison.
- Dans cette expérience , le chemin a été parcouru avec un dixiéme de vitesse en plus que dans les trois expériences précédentes , quoique dans celle-ci il y eût un bateau en remorque. Cette différence peut provenir en partie de ce que les vents étaient arrière ; mais nous pensons aussi, d’après l’opinion des constructeurs et des marins, qu’un bateau court comme celui qui a servi aux expériences, présente au fluide une résistance presque égale à celle d’un autre bateau de même échantillon, qui serait de moitié plus long, parce que le fluide étant divisé par l’avant du bâtiment, les parties qui le suivent n’éprouvent qu’une légère résistance de leur frottement sur l’eau, et que plus il est long, moins il lance à droite et à gauche quand il sent l’action du gouvernail ) ce qui lui fait perdre une partie de sa marche.
- Cependant nous ne nous occuperons pas de cette expérience non plus que de la première, parce qu’elles ont reçu de l’action du vent, en plus et en moins, une perturbation qui influe sur les résultats, de manière à ne pouvoir les apprécier exactement. Nous nous en tiendrons donc aux trois expériences intermédiaires qui ont eu lieu par un vent faible, et qui donnent toutes une parité parfaite d’une lieue en 86 minutes contre un courant qui file une lieue et un vingt-quatrième à l’heure.
- D’après ces différentes données, nous pensons que si l’appareil de M. Guilbaud était monté sur un bateau construit pour la marche, à la manière des accélérés , il pourrait, dans des circonstances semblables à celles des expériences, remonter aisément une cargaison de vingt tonneaux , sur-
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- tout si l’inventeur portait la vitesse de ses roues de quatorze à vingt tours par minute, ainsi que nous le lui avons conseillé. Cet effet ne pourrait avoir lieu qu’avec une augmentation de puissance ; mais comme la force des chevaux qu’il a employés était bien au-dessous de la médiocre, cette augmentation de résistance serait plus que compensée par l’effet plus grand que produiraient de bons chevaux.
- M. Guilbaud nous a fait connaître le projet qu’il aurait d’établir un de ses bateaux sur la rivière de l’Erdre, depuis la chaussée de Barbin jusqu’à Nort, afin de faire tous les jours ce trajet alternativement, pour la commodité des nombreux voyageurs entre ces deux villes.
- Nous ne doutons pas que le moteur de M. Guilbaud, qui a vaincu le courant de la Loire avec facilité, n’ait une réussite encore plus complète sur une eau stagnante. Il aurait l’avantage, en suivant une opération fructueuse par elle-même, de faire, dans sa pratique journalière, un grand nombre d’observations , peut-être nécessairement préalables à l’entreprise d’une navigation lointaine sur la Loire.
- Les efforts que M. Guilbaud a faits pour l’améliorer méritent les plus grands éloges, et sont fondés sur des connaissances fort étendues en mécanique et sur le calcul des forces appliquées aux résistances. Cette tentative, couronnée d’un premier succès, est déjà , pour la Société académique de Nantes, une douce récompense de la direction qu’elle a imprimée aux bons esprits sur cet important objet, en proposant, pour l’année prochaine, un prix « sur l’application de l’invention des bateaux à vapeur à la navigation de la « Loire, depuis Nantes jusqu’à Orléans. »
- Signé P.-L. Athenas , rapporteur.
- Second rapport fait à la même Société, le h avril 1822, sur le même bateau.
- Messieurs, dans votre séance du mois d’août 1 821, nous vous avons fait connaître le système du bateau zoolique de M. Guilbaud, et nous vous avons rendu compte des cinq expériences que nous avons faites lorsqu’il naviguait sur la Loire.
- M. Guilbaud a transporté son appareil sur l’Erdre, rivière dont le courant est presque nul, à raison du barrage de Barbin : c’est là que, d’après vos désirs et les siens, nous nous sommes transportés, le 18 mars dernier, et que nous avons recueilli les observations suivantes.
- Il n’a point été fait de changement au principe du moteur ; il consiste toujours en deux roues à palettes, que mettent en mouvement deux ehe-
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- vaux placés sur un plan incliné mobile ; mais il a été construit un nouveau bateau à l’usage des passagers.
- Ce bateau est plus grand que l’ancien, et il a moins de tirant d’eau ; il a la forme des bateaux accélérés que nous employons sur la Loire : sa longueur est de 46 pieds à la flottaison , sa largeur de 8 et demi, et son tirant d’eau
- 21 pouces de derrière et de 18 devant. Il déplace un volume d’eau de 20 à
- 22 milliers quand il a à bord son lest, ses chevaux et ses apparaux : le poids du bateau seul est de 9 milliers. On y a pratiqué des distributions très-commodes pour les passagers.
- Ce bateau fait depuis quatre mois des voyages réguliers de Nantes à Nort. Les voyageurs habituels du pays , que nous avons consultés , nous ont paru très-satisfaits de cet établissement.
- Pour constater la vitesse avec laquelle il navigue , nous avons choisi l’espace renfermé entre la chaussée de Barbin et la maison dite de la Gâcherie, lequel a été mesuré à 8543 mètres, soit 26305 pieds, sur les plans très-déve-loppés du canal qui s’exécute dans cette partie de la Bretagne. Cet espace a été parcouru en une heure 31 minutes ; c’est un peu plus d’une lieue de 2850 toises à l’heure.
- Le résultat que nous avons obtenu l’an dernier sur la Loire mérite d’être comparé à celui-ci.
- Le courant de l’Erdre est à-peu-près nul ; celui de la Loire est d’un mètre 13 centimètres ( 3 pieds et demi ) par seconde, ou 210 pieds par minute ; ce qui donne 12600 pieds ou une petite lieue par heure.
- Sur l’Erdre, le bateau a parcouru en 91 minutes 8543 mètres ou 26305 pieds ; ce qui fait 1T340 pieds par heure et 289 pieds par minute.
- En remontant le courant de la Loire, il avait parcouru ( terme moyen ) 2500 toises ou 15000 pieds en 86 minutes; ce qui donne 174 pieds par minute.
- Ainsi, la vitesse sur l’Erdre étant de 289, et celle sur la Loire de 174, la différence est de 115, qu’on serait disposé à attribuer à la résistance du courant de la Loire, qui est de 210 : l’accélération ne serait donc pas tout-à-fait en raison de la différence des courans ; elle serait de plus des soixante-cinq centièmes ou environ des deux tiers; mais il faut remarquer que le bateau de l’Erdre pèse plus d’une fois et demie le poids de celui qui était sur la Loire.
- On a recommandé certains calculs, d’après lesquels il faudrait évaluer aux deux tiers seulement l’effet utile des roues à aubes agissant dans un fluide : en conséquence, nous avons voulu vérifier si l’opération de M. Guilbaud y correspondait.
- Sachant que ses roues ont 30 pieds de circonférence, et ayant compté
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- qu’elles faisaient quatorze tours par minute, nous trouvons par minute :
- 420 pieds pour le chemin parcouru par une des aubes ou palettes ; déduisant 140 pieds ou un tiers pour la perte d’action dans le fluide, il reste 280 pieds pour l’effet utile ; et à notre grande satisfaction, nous avons reconnu que le bateau zoolique rendait mieux que cette proportion, puisqu’il donne 289 pieds de route.
- Nous ne vous présentons cependant ces calculs que pour essayer de motiver les différences que nous avons remarquées dans la marche du bateau quand il a navigué sur l’Erdre et quand il a navigué sur la Loire. Nous n’en ferons pas l’unique base de notre jugement; car nous devons vous répéter ce que nous avons eu l’honneur de vous dire dans notre rapport du 9 août 1821, c’est-à-dire que nous n’avons qu’une confiance médiocre dans les calculs théoriques au moyen desquels on a voulu expliquer la résistance des fluides ; ils nous aident seulement ici que le bateau de l’Erdre répond et au-delà à ce qu’il avait promis sur la Loire, toute compensation faite de la rapidité différente du courant des deux rivières. Cette explication ne laisse pas que d’être satisfaisante : du reste, c’est le résultat de ce que nous ont appris l’expérience et les informations, qui doit être l’objet de notre rapport.
- Ainsi qu’il a été dit ci-dessus, la marche du bateau zoolique sur l’Erdre est de 17340 pieds, ou d’un peu moins d’une lieue et demie de poste à l’heure.
- Ce travail s’obtient sans excéder de fatigue les deux seuls chevaux qui conduisent depuis quatre mois, à raison de huit voyages par semaine, dont quatre de nuit, chose qui nous avait paru douteuse l’an dernier. Nous avons appelé un homme habitué à traiter les chevaux de peine ou les chevaux médiocres; il s’est trouvé à l’arrivée du bateau revenant de Nort, par conséquent dans le moment où les animaux devaient être le plus fatigués : il nous a déclaré que les siens l’étaient plus quand ils avaient fini leur journée sur le port. Nous l’avons invité à prendre en considération que ces chevaux, travaillant sur un plan incliné de 21 pouces par toise, étaient peut-être exposés à perdre promptement leurs jarrets de derrière : cette objection ne lui a pas paru inquiétante, parce que, dit-il, l’habitude devient une seconde nature. En effet, on n’a pas remarqué que les chevaux de charge qu’on emploie dans les montagnes , se ruinassent plus tôt que les autres. Nous nous trouvons donc disposés à ne plus craindre, autant que l’an dernier, une consommation excessive de chevaux.
- Dans le commencement des expériences qui furent faites en 1821, les animaux, placés sur le plan incliné mobile, se tourmentaient beaucoup et s appuyaient avec force sur leur collier; aujourd’hui ils marchent avec
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- aisance, sans fatiguer leurs traits, qui, la plupart du temps, sont inutiles : nous en avons conclu qu’ils agissaient réellement par leur propre poids.
- D’après cette dernière considération, M. Guilbaud a le projet d’augmenter l’inclinaison de son plan mobile jusqu’à 24 pouces par toise : l’effet du poids sera plus grand, mais les chevaux n’en seront-ils pas sensiblement plus fatigués? C’est ce que l’expérience seule décidera. Nous en appelons d’autant plus volontiers à l’expérience , que déjà il s’est présenté des circonstances sur lesquelles elle seule pouvait nous éclairer : par exemple, M. Guilbaud, désirant accélérer la marche de son bateau, avait fait presser les chevaux de manière à se rapprocher de la vitesse des roues des bateaux à vapeur, laquelle est de vingt-deux tours par minute ; il avait atteint dix-sept tours au lieu de quatorze ; mais il fut bientôt obligé de revenir au taux de quatorze , l’accélération de la marche n’étant pas en proportion de celle des révolutions de la roue, et les animaux se trouvant très-promptement hors d’haleine. Il parait qu’il faut, pour ne pas fatiguer ceux-ci, les tenir dans une allure d’un peu moins de 3 pieds par seconde : de sorte que si le bateau zoolique doit naviguer sur une rivière à courant, comme il faudra probablement accélérer le mouvement des roues, il faudra aussi avoir recours à un pignon de renvoi. Voilà de ces vérités sur lesquelles l’expérience seule pouvait éclairer.
- Nous croyons superflu d’entrer dans tous les détails de construction du bateau zoolique de l’Erdre. Les chaînes du plan incliné se brisent quelquefois , mais il sera facile de les faire plus fortes ou d’un fer mieux choisi ; les traverses de bois sur lesquelles les chevaux posent la pince s’usent promptement, mais c’est une faible dépense et une réparation qui peut se faire par les hommes employés à bord. La coque est du reste aussi solide que celle de nos accélérés, qui portent de grands poids. Il serait possible de la faire plus longue ; on y placerait plus de passagers , et les chevaux n’en seraient pas sensiblement plus fatigués. Nous désirons que le nombre des voyageurs couvre la dépense journalière, car c’est là l'objet le plus essentiel pour les intéressés à cet établissement; mais c’est une considération indépendante du mérite même de la machine.
- Nous trouvons qu’elle remplit bien le but que l’auteur s’est proposé, celui d’en faire un paquet-boat sur une rivière qui n’a point de chemin de halage.
- M. Guilbaud mérite des éloges et des encouragemens pour avoir été le premier à employer comme moteur le plan incliné mobile , sur lequel les auteurs d’ouvrages de mécanique n’avaient donné que des idées très-vagues, et pour avoir procuré au public un moyen de transport sûr et commode.
- Signé L.-F. de Tollenare, rapporteur,
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- Maintenant M. Guilbaud se propose d’établir un bateau zoolique sur la Loire, pour le transport des marchandises de Nantes à Orléans. 11 a ouvert une souscription pour subvenir aux frais d’armement du bateau et à la construction des machines ; le capital demandé est de 33,000 francs , divisés en cent trente-deux actions de 250 francs l’une. Les conditions de la souscription sont énoncées dans un prospectus joint aux pièces qui nous ont été remises : on y voit les noms de plusieurs souscripteurs qui ont déjà pris soixante-quatre actions. M. Guilbaud vous écrit qu’il s’estimerait heureux s’il pouvait compter au nombre des actionnaires quelques-uns des me ni bres de la Société. Pour répondre à ce vœu, votre Comité vous propose de déposer le prospectus au secrétariat , afin que nos collègues puissent en prendre connaissance.
- Ce n’est pas que nous pensions que, sous le rapport de la célérité, le bateau zoolique puisse l’emporter jamais sur les bateaux à vapeur, les rapports delà Société académique de Nantes ne laissent aucun doute à cet égard ; mais chaque système a ses avantages et ses iuconvéniens, et pour les cas où la célérité n’est pas la condition exclusive, il est bon de pouvoir employer d’autres machines qui satisfont à d’autres conditions. D’ailleurs, si l’expérience confirmait les avantages de l’emploi du plan incliné flexible, ce moteur pourrait recevoir une foule d’autres applications utiles.
- C’est par ce dernier motif que M. Guilbaud a projeté un plancher mobile ambulant dont il a envoyé la description , avec une feuille de dessin. La cage même de la machine forme une sorte de chariot , sous lequel on place et on ôte à volonté deux roues ; se brancard est également facile à monter et à démonter. La notice donnée à cet égard par l’auteur ne laisse rien à désirer.
- En résumé, le comité des arts mécaniques a l’honneur de vous proposer, Messieurs, de remercier 'M. Guilbaud de sa communication, et de déposer sur le bureau son prospectus pour la construction d’un bateau zoolique , destiné au trajet de Nantes à Orléans.
- Signé Tarbé , rapporteur.
- Adopté en séance, le 10 juillet 1822.
- Rapport fait par M. Tarbe, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un moulin à vent h ailes horizontales , inventé
- par M. Bordier.
- Messieurs, M. Bordier, menuisier mécanicien, demeurant à Paris, passage des Quinze-Vingts , rue Saint-Honoré, n°. 265, a prié la Société d En-
- Bingt-unième année. Juillet \ 822. Ee
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- eouragement d'examiner un modèle de moulin à vent à ailes horizontales, de son invention : vous avez renvoyé sa demande à votre Comité des arts mécaniques, qui a assisté deux fois aux expériences faites sur la plate-forme d’une des barrières de l’Étoile.
- Le nouveau moulin est composé d’un grand arbre vertical, percé de plusieurs trous en spirale ; dans chaque trou est introduite une vergue horizontale, qui supporte des ailes disposées de manière à former entre elles un angle droit. Chaque vergue tourne librement dans un des trous de l’arbre, en sorte que quand une aile est horizontale et ne résiste pas au vent, l’autre aile est verticale et reçoit la force d’impulsion. Un arrêt est ingénieusement placé pour que l’aile ne puisse pas céder à cette force, tant qu’elle est au vent,-mais après avoir décrit la moitié de la circonférence, le même veut rend l’aile horizontale, tandis que l’aile opposée redevient verticale, et ainsi de suite; ce qui entretient un mouvement de rotation.
- Cette disposition n’est pas nouvelle; elle avait été imaginée depuis longtemps par un des membres de votre Comité, qui en a déposé les modèles au Conservatoire des arts et métiers, il y a plus de vingt ans. Un des modèles s’appliquait au vent, l’autre aux cours d’eau sujets au flux et au reflux de la mer : il est vrai de dire que dans ces modèles on n’a placé que deux vergues disposées en croix comme les ailes des anciens moulins à vent, et que les moyens de support et d’arrêt ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été adoptés par M. Bordier, à qui l’on doit les modifications qu’il a conçues, et dont la plus heureuse est la distribution d’un plus grand nombre de vergues, placées autour de l’arbre comme des bâtons de perroquet,
- \otre Comité aurait voulu pouvoir déduire des deux expériences qui oui eu lieu en présence de plusieurs de ses membres , quelques résultats positifs, et pour cela il eut fallu que les expériences eussent été faites comparativement et en grand, entre les moulins horizontaux et verticaux ; mais M. Bordier n’a pu opérer que sur des modèles dont les vergues n’avaient que 2 mètres 30 centimètres de longueur.
- Le premier jour, le vent était assez fort ; mais les axes des ailes n’ont pu être chargés que de pierres de pesanteur inégale, et qui ne pouvaient parcourir qu’un mètre et demi de hauteur. Cependant le moulin horizontal paraissait avoir une grande supériorité de force, qui fut justement attribuée à ce qu’au moyen des six vergues qui le traversaient, il offrait au courant d’air trois fois plus de surface que le moulin vertical : il fut convenu qu’on recommencerait l’expérience, en ne donnant à chaque moulin qu’un nombre égal d’ailes, et qu’on leur ferait soulever des poids égaux qui pourraient parcourir une plus grande hauteur.
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- A la seconde expérience, tout étant ainsi diisposé , le vent se trouva beaucoup moins favorable ; il soufflait faiblement, inégalement et par intervalles : tantôt le moulin horizontal l’emportait, tantôt c’était le moulin vertical. Le premier avait généralement plus de force, le second avait plus de vitesse et. de régularité ; néanmoins les observations offrirent des variations si contradictoires , qu’il a été impossible à votre Comité de se faire une opinion éclairée et nous sommes demeurés convaincus qu’on ne pouvait rien conclure de certain sur des modèles aussi petits. Nous pensons avec le Comité consultatif des arts et manufactures, qui a donné un avis sur le moulin de M. Bordier, qu'on ne pourra l’apprécier à sa juste valeur que lorsqu’il aura été vécuté de grandeur naturelle, et après plusieurs mois de mise en mouvement, compara!ivement à un ancien moulin vertical placé dans les mêmes circonstances.
- Ainsi que la plupart des moulins horizontaux qui ont été essayés depuis long-temps, le moulin de M, Bordier marchera, et peut-être mieux que plusieurs d’entre eux ; mais , à surface égale de voiles , marchera-t-il au moins aussi bien et aussi régulièrement que les anciens moulins verticaux? C’est là ce que doivent se proposer ceux qui veulent résoudre ce problème ; et. comme nous l’avons dit, c’est ce qui pourra être vérifié d’après une longue -‘pieuve de monture.
- Malheureusement Si. Bordier, qui a épuisé son temps et ses ressources a faire de longs et nombreux essais, est dans l’impuissance de subvenir aux irais de première construction d’un moulin de grandeur naturelle : c’est un artiste industrieux et peu aisé; sous ces deux rapports, il a de justes droits i votre bienveillance.
- Nous vous proposons de remercier M. Bordier de la communication qu’il a hier? voulu vous faire, et en même temps nous croyons qu’il serait utile de •e prévenir que vainement il se bornerait à continuer de faibles essais sur de légers modèles qui ont pu lui faire illusion , et du résultat, desquels il a tiré les conséquences probablement exagérées.
- Signé Tarbh, rapporteur.
- Adopte en séance, le 10 juillet 1822.
- Le Conseil d’Admmislration a arrêté qu’une somme de 500 francs sera mise à la disposition du Comité des arts mécaniques pour subvenir aux frais ie construction d’un moulin de M Bordier, de grandeur naturelle.
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- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniquesj sur une balance-romaine pour peser les écheveaux de coton j présentée par M. Gouault de Monehaux , vérificateur des poids et mesures.
- D’après l’ordonnance royale du 26 mai 1819, les échevettes de coton doivent avoir 100 mètres de longueur ; dix échevettes forment un écheveau : il en résulte que l’écheveau doit avoir 1000 mètres de long. Comme plus un fil est fin et moins aussi une longueur déterminée a de poids, il s’ensuit que le poids d’un écheveau est une mesure précise du degré de finesse du fil de coton. L’ordonnance prescrit d’indiquer combien il faut de ces écheveaux pour former une livre (ou 5 hectogrammes) : d’où l’on voit qu’en prenant le pois d’un écheveau en grammes, et divisant 500 par ce poids, le quotient exprimera le numéro du fil : ainsi le N°. 235 est de 2SIy128. parce que 235 fois ce nombre donne 500 pour produit.
- Une balance suffit donc au numérotage ; mais comme de très-petites différences de poids donnent des numéros très-distincts , que plus le fil est fin et plus cette différence a d’importance, on voit que la pesée doit être faite avec un grand soin et avec d’excellentes balances ; en outre, il reste un petit calcul de division à faire.
- C’est pour éviter ces difficultés, qui sont assez gênantes dans le commerce , qu’on a imaginé des balances à quart de cercle. Une aiguille fixée au centre de rotation d’un levier horizontal, se tient verticale dans son état d’équilibre; mais si on ajoute au bras du levier un écheveau de coton, elle monte jusqu’à ce que l’équilibre ait lieu, et va indiquer sur un quart de cercle le numéro du fil. Ce système est tellement simple, l’usage en est si facile, qu’il semblerait ne rien laisser à désirer; mais il présente plusieurs ineonvéniens, qui le rendent souvent d’une inexactitude qui en fait rejeter l’emploi. Cette balance est sourde, c’est-à-dire qu elle se décide difficilement à se mouvoir ; ses oscillations sont longues à s’apaiser, et sur-tout lorsque les fils sont très-fins et le numéro très-élevé, les divisions se serrent sur le limbe, au point qu’on n’a plus de précision. Ainsi, c’est précisément lorsqu’on a le plus besoin d un instrument exact, que la balance à quart de cercle a ses indications les plus défectueuses.
- M. Gouault de Mondiaux vous a présenté une balance qui n’a aucun de ces défauts : c’est une romaine parfaitement suspendue. On accroche au bras le plus court l’écheveau dont on cherche le numéro, et un curseur, qu’on promène sur la branche longue jusqu’à ce que l’équilibre ait lieu ,
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- va indiquer le nombre demandé. Une pince à piston sert à arrêter les oscillations du fléau, et en général la machine est d’un usage très-simple. Une vis placée au pied qui supporte la romaine , sert à la caler, c’est-à-dire à rendre le fléau horizontal dans l’état d’équilibre naturel.
- Cet instrument n’offre sans doute aucune idée neuve, aucune conception forte; mais il est d’un usage très-commode; il a une extrême précision, et le commerce pourra en retirer des avantages.
- Voici les bases de sa construction.
- Le fléau est naturellement horizontal lorsqu’il n’est chargé d’aucun poids subsidiaire ; l’ouvrier l’a construit de manière à remplir cette condition. Le poids curseur pèse 5 décigrammes; on donne 50 millimètres de distance du couteau au support destiné à recevoir l’écheveau : d’où résulte que la distance du couteau au point d’arrêt du curseur doit être d’autant de millimètres que marque le produit de 100 par le poids de l’écheveau en grammes Rien n’est donc plus aisé que de diviser et numéroter la romaine.
- Mais quelque soin que mette l’ouvrier dans l’exécution de son travail, ü serait bien difficile qu’il pût rigoureusement réserver une étendue de 50 millimètres d’intervalle du couteau principal au point du levier où pose le crochet qui reçoit l’écheveau. On doit donc admettre ici une très-légère erreur; mais cette erreur se corrige aisément : on reconnaîtra par expérience en quel lieu le curseur doit être appliqué pour faire équilibre à un poids répondant à un numéro désigné, et on en conclura l’erreur, qui servira à corriger es autres points d’arrêt du curseur (1).
- (i) P et Q étant deux poids, a et X leurs distances au point d’appui, on a pour l’équilibre l’équation a P — Q X. Soit P le poids connu en grammes qu’on attache au crochet fixe; on cherche le point où ie curseur de 5 décigrammes fait équilibre à ce poids : X exprimant sa distance à l’axe de la romaine. a celle du couteau qui porte le poids P, on a :
- X >< o,5 — aV.
- Vinsi :
- _ X ..
- ” 2 P ’
- dès-lors, pour que l’équilibre subsiste entre un autre poids P' et le curseur placé à la distance Xc il huit qu’on ait
- X P'
- X'xo,5 = ûF = ii..
- 2 P
- X P' X
- D’où : X = X - X - ; ('P' - P )
- P P ’ V 7
- D'où on conclut la distance du deuxième arrêt du curseur au premier, et par suite le point ou dmî s’arrêter le curseur dans la seconde épreuve, connaissant celui où il s’arrête dans la première.
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- L une des faces du fléau porte ainsi les numéros des écheveaux depuis 165 jusqu’à 250 et au-delà.
- Lorsqu’au poids du curseur on en ajoute un égal, qui compose un poids louai d’un gramme, on a un nouveau système propre à peser des poids plus lourds. L’autre face du fléau porte les numéros où ce curseur doit s’arrêter cour donner le poids des écheveaux, depuis le numéro 170 jusqu'au numéro 85.
- Ainsi la romaine de M. de Mondiaux est propre à peser depuis te numéro 85 jusqu’à 250 et plus : quant aux numéros inférieurs, qui se rapportent à des fils de coton plus gros, on continuera de se servir des balances à quart de cercle, qui suffisent à ce genre de mesure.
- L’instrument paraît devoir être plus coûteux; les soins qu’exige sa construction ne peuvent permettre d’espérer qu’il soit donné à bas prix : il nous semble que c’est le seul obstacle que puisse présenter au commerce l’emploi de cet instrument. Celui qui est s eus vos yeux est parfaitement exécm il sort des ateliers de M. Chemin, dont les talens vous sont connus.
- Nous vous proposons, Messieurs, de remercier M. de Mondiaux de sa communication, d’accorder votre approbation à la balance qu’il vous a pir • sentée , et d’ordonner l'insertion du présent rapport au Bulletin (1).
- Signé Fr an coeur , rapporteur..
- Adopté en séance, le 10 juillet 1822.
- ARTS CHIMIQUES,
- Description d un appareil à fabriquer les eaux minérales artificielles, de M, Bramait, de Londres : par M. Ho vau , ingénieur-mécanicien (2}.
- La fabrication des eaux minérales artificielles est due aux découvertes récentes dont l’analyse chimique a enrichi le domaine de la science; par son
- fi) M. Gouault de Monchaux demeure rue de la Lune, n°. 43.
- (2) 31. Hoyau ayant été chargé de la construction d’une machine de compression pour un établissement où l’on prépare les eaux minérales artificielles, nous avons cru devoir iui confier la description de celle que nous offrons à nos lecteurs , parce que personne mieux que lui n’en connaît les détails intérieurs et le jeu des différentes pièces qui la composent. 31. Hoyau, habile mécanicien . qui a enrichi le Bulletin de plusieurs articles d’un grand intérêt, vient d’établir, rue de Paradis, n°. 39, faubourg Poissonnière, des ateliers où l’on construit toutes sortes de machines, d’appareils et de mécanismes employés dans les arts.
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- secours on est parvenu à déterminer avec la plus grande précision les différons élëmens qui entrent dans la composition des eaux minérales naturelles; et ces élëmens, combinés dans leurs véritables proportions par des moyens simples et sûrs , ont reproduit les combinaisons dont il semblait que la nature s’était réservé le secret. ïl est résulté de cette fabrication l’avantage de rendre plus général l’emploi de ces eaux, en les offrant à un prix inférieur à celui des eaux naturelles, dont les sources, placées à de grandes distances, obligeaient à des frais de transport trop onéreux pour permettre d’en étendre l’usage à toutes les classes de la société.
- Un grand nombre d’eaux minérales , outre les substances salines, tiennent encore en dissolution différens gaz plus ou moins solubles, tels que l’hydrogène sulfuré, l’acide carbonique, etc.; mais pour que ces gaz puissent se combiner avec le liquide , on était obligé de dissoudre dans l’eau les sels qui les contiennent, et on ne pouvait obtenir que de faibles saturations, dans la crainte de charger ces eaux d’une trop grande quantité de substances salines.
- Cependant on avait remarqué que, sous de fortes pressions, les gaz se combinaient avec l’eau , et qu’elle en dissolvait une quantité d’autant plus considérable que la pression était plus forte : ainsi les combinaisons ne dépendaient plus que d’une puissance mécanique dont on était maître d’augmenter l’intensité , et qui pouvait fournir des mélanges à tous les degrés possibles de saturation, sans qu’on, fût obligé de forcer la dose des substances qui contiennent les gaz
- Nous ne nous occuperons point ici de la composition chimique des eaux minérales; leur analyse a été faite avec exactitude , et l’on trouve les proportions des substances qui les composent dans les différens ouvrages de nos chimistes modernes : notre seul but dans cette notice est de faire connaître les moyens mécaniques mis en usage pour opérer les combinaisons, et la manière de diriger ces moyens pour en obtenir des résultats avantageux.
- La machine que nous allons décrire et que l’on doit à M. Bramah, de Londres, a pour objet de comprimer les gaz dans une capacité qui renferme un liquide plus ou moins chargé de différentes substances, et de les combiner avec ce liquide à différens degrés de saturation.
- Le problème semble se réduire à ren fermer le liquide dans un vase parfaitement clos et suffisamment solide pour résister à la force expansive du gaz comprimé, ce qui pouvait se faire avec la plus grande facilité, et a retirer ensuite le liquide saturé pour le mettre en bouteilles, et le livrer au corn-
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- inerce. Cependant, il eût été plus avantageux d’assurer la continuité du travail, en disposant la machine de manière à fournir constamment le liquide saturé; et c’est à cette dernière condition que la machine de Brci-mah satisfait d’une manière aussi complète qu’ingénieuse.
- Elle se compose des parties suivantes :
- 1°. Un récipient A, PL 225 et 226, dans lequel se fait la décomposition de la substance qui fournit le gaz ; un gazomètre B, qui reçoit le gaz à mesure qu’il se forme , et donne passage à un agitateur dont on voit la tige et la manivelle au-dessus du gazomètre.
- 2°. Un vase C contenant la solution saline avec laquelle le gaz doit être combiné,
- 3°. Une pompe D qui refoule le liquide et le gaz dans un vase clos destiné à les recevoir.
- 4°. Un condensateur sphérique E renfermant le liquide et le gaz, et dans lequel s’opère la combinaison,
- Telles sont les pièces principales de la machine; voici les autres pièces qui en dépendent :
- Un volant F armé d’une manivelle G et monté sur un axe coudé H, qui donne le mouvement au piston de la pompe ; une fourchette ï portant à l'extrémité de sa queue un collet K, qui embrasse le tourillon de la manivelle coudée de l’arbre H : les deux branches de cette fourchette sont terminées par deux pattes percées, traversées par un boulon L, qui l’unit au châssis M du piston N de la pompe; ce châssis forme un rectangle composé de deux traverses O O, réunies par les deux petites colonnes P P, dont les deux bouts reçoivent des écrous Q Q, qui pressent les traverses sur les embases dont ces colonnes sont garnies : îa traverse supérieure porte une tige R servant de directrice et passant par un œil en cuivre S placé au milieu d’une traverse T fixe de la machine.
- Le piston N est un cylindre en cuivre qui passe à travers une boîte ou couronne de cuir embouti U,Jîg. 2, semblable à celle des presses hydrauliques. La bride ou le bord rabattu de cette couronne est fixé et fortement comprimé contre l’ouverture de la pompe, par un écrou V vissé dans cette même ouverture. Le corps de pompe D porte une large embase ou bride X, qui sert à le fixer sur une traverse Y de la machine.
- L’extrémité supérieure du 'Corps de pompe est fermée par une plaque à vis Z portant un tuyau a qui conduit à la boite à soupape : cette boîte b fait corps avec, la plaque Z , par l’intermédiaire du tuyau a; elle renferme deux soupapes : Tune, c, donne passage au liquide et au gaz dans le corps de la pompe; l’autre, d, les laisse échapper et leur ouvre le chemin du vase G,
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- au moyen du tuyau h qui les y conduit. Chaque soupape est placée au fond d’un irou cylindrique f, fermé par un bouchon à vis g.
- Avant d’abandonner cette partie de la machine , nous ferons remarquer le tuyau h, que l’on voit en coupe ,, fig. 2, et passant sous la soupape d’introduction c. Ce tuyau traverse toute la machine en passant sous le système des soupapes ; il communique par mie de ses extrémités au gazomètre R , et par l’autre au vase C , qui contient la dissolution ; ces deux branches sont coupées par les robinets i i, dont l’un intercepte l’arrivée du liquide, et l’autre celle du gaz : c’est au moyen de ces robinets que l’on règle la proportion du mélange du gaz, et par conséquent le degré de saturation du
- Le tuyau e porte le mélange, refoulé par la pompe , dans une capacité sphérique A-, où la saturation s’opère. Ce vase est muni des parties suivantes: 1°. une ouverture d’introduction l , 2°. un agitateur m,- 3°, une soupape de sûreté n; 4°. un robinet de sortie o. Nous allons examiner successivement ces différentes parties , dont la construction est fort ingénieuse.
- L’ouverture d’introduction /,j4g. 3 , PL 225 , reçoit l'extrémité du lubee, qui porte une petite bride , dont le diamètre est presque égal à celui de l’embouchure : le fond du trou est garni d’une rondelle de cuir percée à son centre d’un trou égal à l’intérieur du tube e ; l’intérieur de l’embouchure est taraudé et reçoit ia vis p, à travers laquelle passe le tuyau e. Cette vis sert à comprimer la bride du tube e sur la petite rondelle de cuir , et à joindre ainsi hermétiquement le tube au ballon E. La pièce d'introduction est aussi fixée à ce même ballon par son extrémité filetée q. qui reçoit l’écrou r : l'embase extérieure en est séparée par une rondelle de cuir qui ferme hermétiquement le passage au liquide et au gaz que contient la sphère.
- On a pensé que pour combiner plus complètement ce gaz , il était convenable d’agiter le mélange, afin de multiplier les points de contact du gaz avec le liquide : à cet effet, on a placé dans le ballon un disque rn,jig. 2, percé de trous et monté sur un axe s, qui, passe par le centre de la sphère et sort par la tubulure t : cette derniere pièce se compose de t"ois parties séparées : I°. le corps de ia tubulure t, qui, passant à travers une ouverture pratiquée dans le ballon, en est séparé par une rondelle de cuir placée entre son embase et la surface intérieure de ia sphère ; 2°. un écrou uf qui se visse sur la partie filetée du corps de la tubulure , et sert à comprimer l’embase dont nous venons de parler, contre la surface intérieure du ballon, de manière à fermer hermétiquement l’ouverture qui reçoit cette tubulure (voyez figure 4).
- Un autre objet très-important était d’éviter la sortie du liquide et du gaz Vingt-unième année. Juillet 1822. F f
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- par l’ouverture d’introduction de Taxe de l’agitateur, et pour parvenir à fermer exactement ce passage sans augmenter sensiblement 1 effort à exercer pour faire tourner l’agitateur. M. Bramah a disposé dans le corps de la tubulure t une petite couronne de cuir semblable à celle de la pompe, et fermée de la même manière par un bouchon à vis w. Cette sorte de bague , représentée jig. 4, a la propriété de fermer d’autant plus exactement, que l’expansion du gaz est plus forte , à cause de la pression qui s’exerce sur le petit cylindre de cuir, et qui l’applique plus fortement contre l’axe (1). Enfin ce même axe , dont une des extrémités repose dans une crapaudine e et l’autre dans un trou æ, porte une petite roue d’engrenage j , qui reçoit son mouvement d’une autre roue z montée sur l’arbre H : les deux roues étant égales, l’agita^ teur fait le même nombre de tours que la manivelle.
- La soupape de sûreté n, dont l’orifice est d’une ligne et demie environ de diamètre, se compose d’une tubulure faisant corps avec la sphère, et sur laquelle se visse un tube fermé d’un petit bouchon à vis percé au centre, de manière à laisser passer la tige de la soupape : cette tige est surmontée d’une masse i" qui presse la soupape sur son ouverture , et dont le poids est déterminé de manière à obtenir dans le ballon une pression de 1 5 à 20 atmosphères, avant de laisser échapper le gaz ; le tube qui reçoit la tige de la soupape, est percé d’un trou latéral pour laisser échapper le gaz quand la soupape se lève.
- Enfin, la dernière pièce est la tubulure du robinet de sortie ; elle est fixée à la sphère de la même manière que la tubulure de l’agitateur : ce robinet , qui n’est, à proprement parler, qu’une soupape , porte un petit tube a qui s’étend jusqu’au fond de la sphère. Le corps de la pièce est également percé d’un trou b’ qui va joindre le premier et qui se termine par un cône creux recevant l’extrémité de la tige c' qui forme le clapet. Cette tige, qui est lisse, passe à travers une boîte à étoupe qui termine la tubulure ; elle est filetée d’un filet très-gros à la partie qui traverse le bouchon de la boite qui lui sert d’écrou; enfin elle porte un manche cl', au moyen duquel on la fait avancer ou reculer, c’est-à-dire fermer ou ouvrir l’ouverture du tube b . Un troue’, percé près de cet orifice , donne passage au liquide saturé : im petit appendice / s’introduit dans la bouteille et dirige le liquide dont on ia remplit. (Voyez figure 4.)
- (t) J’ai employé ce moyen à l’établissement des usines rovaies pour garnir les axes des vis d’Archimède desCagnardelles; il a complètement réussi : et M. le baron Cagniard de la Tour, à qui les sciences sont redevables de tant de découvertes, et qui vient encore de nous enrichir tout récemment d’un travail important sur l’expansion des gaz, a bien voulu approuver cette disposition.
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- La pièce g' qui porte cet appendice est un collier qui reçoit le corps du robinet : l’ouverture de ce collier est rendue ovale dans le sens vertical. CeKe forme permet d’introduire une petite rondelle de cuir entre le corps du robinet et la surface intérieure du collier g-’,-pour fermer le passage du troue' an tuyau f’ : ainsi on commence par faire correspondre le trou e avec l’orifice du petit tuyau f et on comprime cette partie de l’anneau g’ sur la surface extérieure du cylindre, au moyen de la vis h', ce qui ferme le joint e avec/’. Le petit tuyau/' est fileté à sa base et porte la capsule i j cette dernière
- nieee est destinée à recevoir une rondelle k1 formée d’une substance flexible,
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- telle que le cuir ou la gomme élastique ; et pour la retenir à sa place on a aussi fileté le corps du petit tuyau/', en sorte que la rondelle est vissée sur ce tu va u jusqu a ce qu’elle porte sur le fond de la capsule F.
- Entre la pièce i et l’embase du collier, on a fixé un anneau plat qui tient à la cuirasse en sorte que cette cuirasse, formée d’une portion de cylindre, peut tourner et ;c placer dans la situation convenable : elle a pour objet de garantir l’ouvrier des éclats de bouteilles lorsqu’elles se rompent en les remplissant d’eau gazeuse.
- Les bouteilles employées en Angleterre ont la forme représentée par la . ür,- 7ri ; la pointe qui les termine n’a d’autre but que d’empêcher qu’on ne puisse les tenir debout lorsqu’elles sont en vidange : par cette disposition , tant qu’il reste une portion de liquide dans la bouteille , le bouchon est humecté , et le gaz ne peut s’échapper , ce qui arriverait infailliblement si le bouchon se séchait ; au surplus, lorsque les bouteilles sont pleines, on plonge le col et le bouchon dans la résine, afin de les fermer hermétiquement.
- Xons avons parlé plus haut d’une rondelle flexible k' ; elle sert à tenir fermée l’ouverture de la bouteille au moment où on l’emplit, afin que le gaz ... puisse s’échapper ; et pour tenir le col appliqué contre la rondelle , on a placé une bascule en bois ri tournant sur la charnière oh L’une des parties de cette charnière est vissée sur la bascule, l’autre sur un support en bois p : cette dernière pièce est fixée à un second support q en fonte , faisant corps avec la machine, par un boulon r . Une entaille L, pratiquée dans le support p, permet de le placer à la hauteur convenable pour la grandeur des bouteilles que Fou emplit.
- Le condensateur sphérique E en cuivre se compose de deux hémisphères portant chacun une bride servant à les réunir , au moyen de douze boulons qui , traversant la bride de Fhémisphère qui porte le robinet, vont se visser dans celle de l’autre : quatre autres boulons fixent cette dernière moitié de la sphère sur un cercle de fonte t h ( Y oyez Jig. 2 et h.
- F f 2
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- Toutes les pièces dont nous venons de parler sont montées sur un bâtis en fonte composé de deux parties semblables n', réunies par des pièces en fonte v qui font corps avec elles , et par des-boulons d’écartement en fer x' filetés à leurs extrémités et munis d’écrous/'. Ce bâtis porte les collets z' de l’arbre H. Les quatre colonnes inclinées a" sont montées chacune sur un patin traversé par deux vis qui assujettissent la machine sur un grand plateau en fonte ou en bois.
- Après avoir donné, avec autant de clarté qu’il nous a été possible, la description de toutes les parties qui composent la machine , il nous reste à faire connaître son jeu et la manière d’en faire usage; nous réservant d’indiquer, dans l’explication des figures, les parties de détail qui ne se trouvent point dans la description , parce qu’étant faciles à comprendre , leur énumération en aurait inutilement étendu les détails.
- Lorsqu’on veut faire usage de la machine , on remplit le vase C de la solution saline qui compose la base de l’eau que l’on veut produire ; on jette dans le récipient A les substances dont la décomposition doit produire le gaz, et l’on y verse le liquide qui doit opérer cette décomposifion. Le gaz , en se dégageant, soulève le gazomètre B, que d’ailleurs on équilibre par une chaîne passant sur une poulie et portant un poids à son extrémité. Un petit agitateur c' sert à remuer le mélange pour aider au développement du gaz.
- Ces deux parties ainsi préparées , on met la pompe en jeu en faisant tourner le volant, et l’on ouvre les deux robinets ii d une portion convenable, que l’expérience fait bientôt découvrir, et dont on s’assure en tirant une ou deux bouteilles d’eau. Lorsqu’on la juge suffisamment gazeuse , on commence à remplir les bouteilles et on règle définitivement l’ouverture des robinets i i, de manière que le temps nécessaire pour emplir une bouteille soit suffisant pour amener une même quantité de liquide saturé dans le condensateur. Par ce moyen, la continuité s’établit, et l’on peut placer autant de bouteilles qu’il est possible d’en emplir. Ce nombre, qui varie selon l’habileté de l’ouvrier, peut s’élever de cent cinquante à deux cents par heure.
- L’ouvrier chargé du remplissage place la queue du levier ri entre ses jambes , et fait baisser l’autre extrémité de ce levier jusqu’à ce qu’il puisse introduire le petit tuyau f dans le col de la bouteille : alors il pose la pointe de cette bouteille dans une petite cavité du levier ri destinée à la recevoir, et appuyant sur la queue du levier, il comprime l’orifice de la bouteille contre la rondelle h', afin de la fermer : ensuite en tournant le levier d' du robinet,
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- le clapet c s’ouvre , et le liquide se précipite dans la bouteille. Cependant l’air atmosphérique dont ce vase est rempli s’opposerait à l’introduction du liquide, si l’ouvrier n’avait pas soin, par quelques mouvements du levier»', d’ouvrir de temps en temps l’orifice delà bouteille : aussitôt qu’il s’aperçoit qu'elle est pleine, il ferme subitement le robinet , retire vivement la bouteille et enfonce le bouchon préparé pour la fermer. Cette opération doit être faite avec la plus grande promptitude, sans quoi le gaz s’échapperait, et beau ne serait, plus aussi chargée.
- Les bouteilles cassent quelquefois en les remplissant : aussi l’ouvrier doit-il avoir un gant très-fort à la main qui saisit la bouteille ; sa ligure doit être couverte d’un masque d’escrime, et il aura devant lui un tablier de cuir qui le couvre depuis le cou jusqu’aux pieds : enfin il placera la cuirasse de manière à garantir tout le corps; car l’explosion est souvent si forte, que le." éclats de verre pourraient couper les habits et pénétrer à travers. Cela arrive aussi en bouchant les bouteilles pour les ficeler , et ensuite en plongeant le col dans la résine.
- Les/zg. 7 et 8 représentent une petite machine dont on se sert pour ficeler les bouteilles ; elle se compose d’une forte pièce de bois 1, sur laquelle est assemblé un montant2 et un support. 3 : la première de ces pièces reçoit une vis 4, dont une extrémité porte une petite manivelle 5. La partie filetée de la vis passe dans un écrou fixé à la pièce 6, semblable au montant 2, et dont le pied glisse dans une coulisse pratiquée dans la pièce 1 : il est facile de voir que si l’on tourne la manivelle dans un sens ou dans l’autre, la vis étant fixe, on fera avancer ou reculer la pièce (h La partie supérieure de cette dernière est. garnie d’une plaque 7 portant une fente terminée par un petit, trou . fig\ 8, et Sa queue est aussi munie d’une plaque 8 fixée par des vis et servant à la retenir dans la coulisse. Un collet 9 retient la vis 4, et la crapaudine I0 du support 3 reçoit l’extrémité de cette même vis. De cette manière elle est retenue aux deux extrémités et ne peut avoir que le mouvement de rotation nécessaire pour faire avancer ou reculer la pièce 6.
- Pour faire usage de cette machine, il faut, après avoir préparé ia ficelle autour du col de la bouteille, la placer dans la position horizon!ale qu’on voit fig. 7, en assujettissant la pointe dans une cavité pratiquée dans le montant 2 , et faire passer la partie inférieure de la ficelle par la fente de la plaque 7 ; ensuite on fait agir la vis, qui, en attirant ia pièce 6, comprime le bouchon sur le col de la bouteille, on fait le nœud, et ia bouteille est ficelé- : il ne reste plus alors , pour compléter la fermeture, qu’à plonger le col dans la résine.
- Nous ne terminerons pas cette notice sans faire remarquer que la fabri-
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- cation des eaux minérales pourrait se faire dans certains cas sans ie secours d’une machine de celte espèce (1).
- Ln effet , le développement des gaz qui se dégagent dans les décompositions chimiques est souvent assez fort pour opérer la combinaison : ainsi le carbonate de chaux se décompose par les acides sulfurique ou muriatique, en développant, dans le vase où se fait la décomposition , une force expansive de 15 à 20 atmosphères : il suffirait donc d’établir la communication du gaz avec le vase rempli d’eau que l’on veut saturer. Cependant, il parait plus commode de faire usage d’une machine pour cet objet, à cause de la facilité de modifier le degré de saturation et de purifier les gaz.
- Explication des figures des Planches 225 et 226.
- PL 225,7%. '1 • Élévation de la machine du côté du robinet.
- Fig. 2. Coupe générale de la machine suivant l’axe des pièces principales,
- Fig. 3. La tubulure d’introduction du condensateur sphérique, vue coupe et séparément..
- Fig. 4. Coupe de la tubulure d’introduction de l’axe de l’agitateur de la soupape de sûreté et du robinet servant à remplir les bouteilles, détachés de la coupe générale.
- Ces deux dernières figures sont dessinées sur une échelle double de celi des fig. \ et 2.
- PL 226, jig. 5. Élévation latérale de la machine.
- Fis. 6. Plan général.
- Fig. 7, Vue delà petite machine pour ficeler les bouteilles,
- Fig. 8. Détail de furie des pièces de cette machine.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les différentes figures.
- A, récipient en cuivre étamé, dans lequel plonge le gazomètre et où se fait la décompostion des matières qui produisent le gaz ; B, gazomètre; il doit être équilibré par une chaine de suspension , passant sur une poulie et portant à son extrémité un poids presque égal à celui du gazomètre ; C, vase en cuivre étamé contenant la solution saline que l’on veut saturer de gaz ; D , pompe de compression; E, condensateur sphérique en cuivre où s’opère la combinaison du gaz ; F, volant ; G , manivelle ; H, arbre coudé donnant i<_-
- :1. On trouve dans la troisième année du Bulletin, pus. i18, la description dam appareil très-simple, inventé par 31. Auslin. pour saturer l’eau de gaz acnle carbonique. 31. Planche a aussi imaginé un appareil portatif pour préparer ies eaux minérales. '3 oyez Journal des sciences médicales, année 1300, et Archives des découvertes, t. III. p. 164/
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- mouvement au piston de la pompe; I, fourchette en fer qui transmet le mouvement de la manivelle de l’arbre H au châssis du piston ; K , collet monté sur la tige de la fourchette I et embrassant le tourillon de la manivelle de l’arbre H ; L, boulon qui unit la fourchette à la traverse du châssis du piston , et sert d’axe pour le mouvement d’oscillation de cette fourchette; M , châssis qui porte le piston ; N, piston ; il est formé d’un cylindre de cuivre; 0 0, traverses du châssis; PP, colonnes formant les côtés du châssis ; QQ. écrous qui unissent les traverses 0 0 avec les colonnes P ; R, tige directrice du mouvement du piston : elle est fixée au milieu de la traverse supérieure du châssis M, et son axe est le même que celui du piston ; S , bague eu cuivre servant à diriger la course de la tige R qui passe au travers; T, traverse sur laquelle est montée la bague S; U, couronne de cuir embouti, à travers laquelle passe le piston ; V, bague à vis servant à comprimer le bord rabattu de la couronne U et à fermer la pompe; X , large bride traversée par des boulons et servant à assujettir la pompe D ; Y, traverse du bâtis de la machine sur laquelle repose la bride X qui reçoit les boulons qui fixent la pompe ; Z, plaque vissée et formant le fond de la pompe,
- a , tuyau qui conduit à la boîte aux soupapes ; b , boite aux soupapes ; c , soupape d’introduction dans la pompe; d, soupape de sortie; e , tuyau qui conduit le liquide et le gaz dans le condensateur E ; ff, trous cylindriques recevant les soupapes c et d ; g g, bouchons à vis servant à fermer les trous/ / h, tuyau qui conduit à la pompe l’eau et le gaz ; i i, robinets servant à régler la proportion du mélange du gaz et du liquide; k, intérieur du ballon E ; l, tubulure d’introduction du liquide et du gaz ; m , agitateur en cuivre étamé ; n, soupape de sûreté ; o} robinet de sortie du liquide gazeux contenu et formé dans la sphère ; p, vis servant à fixer le tuyau e dans rembouchure de la tubulure l; y, extrémité filetée de la pièce L; r, écrou destiné à comprimer l’embase de la pièce / contre la surface extérieure de la sphère , après avoir placé entre deux une rondellei de cuir ; v, axe de l’agitateur ; t, tubulure à travers laquelle passe l’axe s / u , écrou qui fixe la tubulure t sur la sphère ; on place encore une rondelle de cuir entre 1 embase de cette tubulure et la sphère ; v „ crapaudine du pivot de l’axe s ; w, bouchon à vis servant à comprimer le bord delà petite couronne de cuir qui entoure l’axe de ragitateur ; x , trou dans lequel passe l’autre extrémité de l’axe s ; y, roue d’engrenage en cuivre montée sur l'axe de l’agitateur ; z, autre roue fixée sur l’axe H et donnant le mouvement à la roue précédente , qui entraîne i’agitaleur.
- a > tube qui conduit le liquide au robinet; b’, trou percé dans le corps
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- du robinet et formant prolongement du tube précédent; c , tige formant clapet de la soupape du robinet ; d}, manche ou levier â l’aide duquel on fait tourner la tige c' ; e , trou d’évacuation du liquide; f, petit tuyau qui dirige le liquide dans la bouteille ; g', collier qui porte le tuyau/'y h'} vis servant à comprimer le collier contre le corps du robinet ; ï, capsule qui entoure le tu vau/7, sur lequel elle est vissée ; k', rondelle en cuir ou en gomme élastique; Zf cuirasse en cuivre destinée à garantir l’ouvrier des éclats de bouteilles lorsqu’elles se rompent en les remplissant ; rri, bouteille représentée dans la situation qu’elle doit avoir pour la remplir ; n , levier ou bascule servant à comprimer l’ouverture de la bouteille contre la rondelle flexible contenue dans la capsule ï • o', charnière de la bascule;pf, support en bois de la même: elle porte une des deux pièces de la charnière, dont l’autre est fixée sous la bascule; q , support en fer sur lequel on fixe le précédent ; r, boulon servant à assujettir le premier support p sur le second q; s, entaille pratiquée dans le support p, af;n de l’élever ou de rabaisser selon la hauteur des bouteilles ; t', cercle de fonte sur lequel est fixée la sphère E; u, bâtis de la machine; v , traverses en fonte qui réunissent les deux parties du châssis; x t autres traverses en fer forgé;ÿ, écrous de ces dernières pièces ; z', collets de l’arbre II.
- a', colonnes du bâtis; b", robinet servant à évacuer Fair lorsqu’on enfonce le gazomètre B dans le récipient A ; c', agitateur : cette pièce se compose d’un axe garni d’une manivelle à une extrémité, et portant à l’autre une croix
- servant à remuer le mélange qui fournit le gaz; d', poignées auxquelles on attache la chaîne de suspension du gazomètre ; e", tube s’élevant au-dessus du niveau de l’eau et correspondant au robinet i, qui conduit le gaz dans la pompe ; f", large robinet servant à vider le mélange contenu dans le récipient A ; g/ supports en fonte faisant corps avec le bâtis et servant â soutenir le réservoir A; /?", soupape adaptée à l’embouchure du tuyau qui conduit le liquide à la pompe : elle empêche l’introduction des corps étrangers dans le corps de pompe ; â cet effet elle porte un crible percé de petits trous ; z", masse dont est chargée la soupape de sûreté n.
- Fig. 1 et 8. 1, traverse inférieure de la machine à ficeler les bouteilles; 2, montant fixe ; 8, support de la crapaudine du bout de la vis ; 4, vis de pression sur le bouchon de la bouteille; 5, manivelle â l’aide de laquelle on fait tourner la vis.; 6, poupée mobile opérant la pression par l’effet de la vis dont c île porte l’écrou ; 7, plaque fendue recevant la ficelle qui retient le bouchon de la bouteille; 8, plaque retenant la pompe 6 dans la coulisse pratiquée à la pièce 1 ; 9, collet qui retient la vis dépréssion ; 10 , crapaudine clans laquelle tourne le bout de la vis.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- R apport fait pur 1SJ. Ivobi(que1-, cm nom an Comité des arts économiques , sur les farines de légumes cuits de M. Duvergier, rue des Barres-Saint-Paul, n° 1, à Paris*
- Messieurs, vous m’avez chargé d’examiner des échantillons de diverses farines de légumes cuits, qui vous ont été adressés par M. Duvergier.
- L’intention de l’auteur est d’offrir aux consommateurs, et pour un prix assez modique, des substances alimentaires d'une facile conservation : ce sont principalement des racines potagères et des légumes qui forment l’objet de cette nouvelle branche d’industrie.
- Tous les échantillons qui m’ont été remis ont paru parfaitement conservés ; les farines étaient bien sèches, l’odeur propre à chacune des substances s’y reconnaissait le plus ordinairement, et je n’ai pu m’apercevoir des plus légers signes d’altération, quel que fût, d’ailleurs, le genre d’épreuve auquel je les ai soumis.
- J’ai témoigné à M. Duvergier le désir de visiter son atelier, afin d être plus à même d’établir un jugement précis sur ses diverses préparations, et tous les renseigne me ns désirables m’ont été donnés sans restriction.
- Il n’est point de mon objet de décrire ici les moyens employés par M. Du-vergier, et je dois me borner à dire qu’ils sont simples, bien entendus, et qu’on ne peut s’empêcher de remarquer, en visitant cet établissement, qu’il est dirigé par un homme fort intelligent et très-soigneux. Tout, dans cette fabrication naissante, est bien tenu, bien coordonné, et il y règne une propreté extrême relativement à la qualité des produits. J’ai fait tous les essais qu’il était en mon pouvoir de faire, et je crois devoir affirmer que le degré de coction et de dessiccation qu'ont subi les farines, ne nuit en rien à leurs propriétés nutritives. Je ne pense pas trop m’avancer en disant que ces substances alimentaires ainsi présentées à nos organes dans un état extrême de division, doivent être d’une digestion et plus prompte et plus facile.
- Il est cependant vrai de dire que ces légumes, ou du moins quelques-uns d’entre eux, perdent un peu de leur arôme et de leur saveur propres, soit pendant la coction , soit pendant la dessiccation ; mais les assaisonnemens qu’on peut y ajouter, offrent un moyen facile d’obvier à ce léger inconvénient.
- Resterait maintenant à examiner jusqu’à quel point ces préparations peuvent être conservées : or, cette fabrication est établie depuis trop peu de temps pour qu’il soit possible de prononcer à cet égard. J’ai vu et goûté des farines Pingt-unième année. Juillet 1822. G g
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- de haricots et de petits pois, que M. Duvergier m’a assuré être préparées depuis huit à dix ans; elles étaient distribuées par livres et renfermées dans des sacs de papier : elles ne m’ont paru différer en rien de celles qui avaient été confectionnées le jour même; mais il est bon d’observer que le magasin où elles étaient déposées était bien aéré et parfaitement sec, et on sait que c’est la condition nécessaire pour la conservation de toutes les matières végétales. Au reste, je ne serais point étonné que ces farines fussent plus faciles à conserver que les substances mêmes dont elles proviennent, et voici sur quoi je me fonde. On sait qu’en général les semences, les racines et autres parties des végétaux, ne doivent leur altération subséquente qu’au développement des larves que les insectes y déposent pendant la végétation, développement qui a lieu par le concours de l’humidité et d’une température modérée; mais dans les farines dont nous parlons, les larves n’existent plus ou du moins ont été anéanties par la chaleur qu’elles ont subies pendant la eoction : il est donc évident qu’elle ne contiennent plus en elles-mêmes ce germe de destruction. 11 y a encore une cause de conservation pour ces farines, et qu’il ne sera peut - être pas inutile de citer ici ; c’est que leurs molécules, toutes divisées qu’elles sont, n’en présentent pas moins individuellement une dureté excessive. Ces substances , cuites et ensuite poussées jusqu’à parfaite dessiccation , ont acquis la consistance de la corne , et dans cet état il est difficile que les insectes réussissent à les entamer. Il faudrait pour cela que, long-temps plongées dans une atmosphère très-humide, leurs particules pussent se distendre et se ramollir assez pour offrir beaucoup moins de résistance.
- On voit , d’après ce qui précède, que M. Duvergier a réellement atteint le but qu’il s’était proposé, et qu’il a complètement réussi à donner à ces sortes d’alimens les préparations convenables pour être employées extemporanément, et en outre pour devenir un objet d approvisionnement pour les voyages de long cours et pour toute autre circonstance où il est important d'avoir des subsistances en réserve.
- Nous pensons donc qu’on doit applaudir aux efforts de M. Duvergier, et nous croyons que la Société d’Encouragement doit accorder son approbation à cette nouvelle branche d’industrie, et la faire connaître par la voie de son Bulletin.
- Signé Robiquet , rapporteur,
- Adopté en séance, le 10 juillet 1822.
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- ÉCONOMIE RURALE.
- Ji apport fait par M. Tessier, au nom du comité d'agriculture, sur un mémoire de M. Bortic, relatif a la culture du cotonnier en France.
- M. John Dortic, de Bordeaux , a adressé à la Société un imprimé sous le titre de : Notice sur le cotonnier, sa culture , et sur la possibilité de le cultiver avec succès dans le département de la Gironde et les autres départemens méridionaux de la France.
- Il pense que la seule variété de coton qui puisse prospérer en France est celle à graine verte ou courte soie . et que c’est faute d’avoir fait ce choix et d’avoir cultivé convenablement, qu’on n’a pas réussi dans les essais qui ont eu lieu il v a quelque temps. Il cherche à détruire l’opinion où l’on est que le coton exige une température constamment chaude, et en conséquence il donne un aperçu du climat des États-Unis d’Amérique, pour mettre à portée de le comparer avec celui de France. Il cite la Nouvelle-Orléans , Boston. New-York et Philadelphie, la Virginie, la Caroline du nord, Charleston et Savannah, où cet arbuste a du succès, quoiqu’il y fasse souvent et. long-temps froid, et il fait voir que les deux hémisphères n’ont aucun rapport de saison. Par sa température , la Caroline du nord se rapproche beaucoup de la France méridionale ; les Landes, qui séparent Bordeaux de Baïonne, paraissent à l’auteur un sol et. une position favorables : il fait des vœux pour qu’on les vivifie en v jetant des capitaux; il indique le mode de culture du coton , la dépense à faire, qui, selon lui, est peu considérable, et le produit qu’on obtient; après avoir donné la description du cotonnier, il ajoute quelques observations.
- A cet imprimé est joint un mémoire manuscrit, dans lequel l’auteur rend compte de la dernière récolte des cotonniers; elle a suivi le sort des autres cultures de l’année 1821 , c’est-à-dire qu’elle a été mauvaise : il en accuse en partie l'inégalité des époques des ensemencemens, l’effet des pluies jusqu’au 11 juin , les pucerons, le vent, la sécheresse et les pluies de septembre. Il n’v a eu qu’une seule plante du coton à graine noire qui ait résisté, et faiblement; celui à graine verte a donné plusieurs capsules : en général , la production a été peu importante ; mais on a conçu l’espoir cl en obtenir de plus considérable dans la suite, en y mettant du soin. Un
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- échantillon de coton à graine verte, recueilli le 10 octobre à Bordeaux et envoyé au Conseil, paraît beau et fait désirer qu’on puisse parvenir à augmenter sa culture avec succès.
- Si nous jugions de ce qui arrivera par ce qui s’est passé, nous compterions peu sur cette tentative. Les Annales de Vagriculture française , qui renferment des instructions sur l’introduction des cotonniers en France, rendent compte aussi des efforts de plusieurs propriétaires, dans le Midi, pour en assurer la réussite. (Voyez les vol. 33, 34, 35, 41, etc. de ces Annales.) Le Gouvernement n’a rien épargné pour que leur culture fût avantageuse : des hommes intelligens s’en sont occupés ; on a payé des réfugiés maltois exercés dans ce genre de production. Nous avons bien regretté que les résultats n’aient pas répondu à notre attente, on a cru devoir y renoncer; cependant nous ne désapprouvons pas les recherches que voudraient faire les amis de la prospérité de la France : car dans les expériences que nous avons conseillées, on n’a peut-être pas pris assez de mesures, choisi et préparé le terrain le plus convenablement, etc.
- Nous proposons de remercier M. John Dorti.c de sa communication et de l’engager à continuer ses cultures et à vouloir bien en rendre compte à la Société.
- Signé Tessier, rapporteur,
- Adopté en séance, le 1er. mai 1822.
- CORRESPONDANCE.
- Lettre de M. Louis cle Freycinet , capitaine de vaisseau , sur les substances alimentaires conservées par JM. Appert, adressée au Secrétaire de la Société cl Encouragement.
- Paris, 14 juillet 1822.
- Monsieur,
- Vous me demandez par la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 25 du mois dernier, au nom de la Société d’Encouragement, quelques détails sur l’emploi des conserves alimentaires de M. Appert dont j’ai fait usage dans mon dernier voyage de découvertes. Je m’empresse de satisfaire à votre désir.
- L’usage prolongé des viandes salées en mer est, comme vous savez, Monsieur, un des inconvénients les plus graves que les marins aient à combattre;
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- il occasionne ou accélère le développement de ces maladies affreuses dont les relations de voyages offrent de si nombreux exemples. En vain avait-on cherché par différentes tentatives à améliorer le régime alimentaire des marins; long-temps on n’a fait que pallier le mal sans trouver le véritable remède. Il était réservé à M. Appert de résoudre dans son entier ie problème intéressant des approvisionnemens alimentaires maritimes. Ses préparations sont trop connues pour que j’entreprenne ici de les décrire ; mais ce que l’on ne sait point assez, c’est à quel point le service que al. Appert a rendu aux marins est important et digne d’éloges. Les Anglais, plus que nous, je le dis avec peine, rendent justice, non pas à l’auteur, mais à ses procédés ; car, suivant la manie qui leur est habituelle de prétendre être les inventeurs de tout ce qui se fait de bon et d’utile , c’est à un Anglais, au sieur Doniin, qu’ils attribuent la conservation indéfinie des substances alimentaires.
- Nos marins font peu d’usage encore des conserves d'Appert , parce qu’ils ne trouvent pas toujours à se procurer dans les ports ceux de ces objets qui leur sont nécessaires; si l’on en excepte Bordeaux et Marseille, où les conserves dont il s’agit se fabriquent en petite quantité , par-tout ailleurs il serait difficile d’en avoir, à moins de les faire venir de loin et à grands frais. Les Anglais en font un usage immense : dernièrement ils en ont envoyé une cargaison pour approvisionner l’escadre de l’amiral Cochrcine sur les côtes du Chili et du Pérou ; et calculant que les viandes ainsi préparées en Angleterre sont moins coûteuses et meilleures que celles qu’on peut avoir fraîchement, tuées dans l’Inde, c’est encore avec des conserves d'Appert qu’ils approvisionnent leurs hôpitaux du Bengale.
- Lors de mon départ pour le voyage autour du monde sur la corvette ïUranie, j’avais embarqué une quantité considérable de boites et cle bouteilles contenant des substances alimentaires de toules les espèces. Pendant trente-huit mois de mer, elles ont été soumises à toutes les vicissitudes de la navigation, à toutes les températures, depuis celle de 45 degrés de chaleur, que j’ai éprouvée sous la zone torride, jusqu’à celle de zéro degré, que j’avais eue en naviguant au milieu des glaces de l’hémisphère austral. Eh bien! à mon arrivée en France, il me restait encore des viandes, des végétaux et du lait dans un état de conservation aussi parfait que le jour meme de l’embarquement. Le capitaine russe Kotzebue, dans son voyage récent autour du monde et au nord du détroit de Behring, rend, comme moi, (injuste tribut d’éloges à l’inventeur de ces conserves alimentaires.
- Il reste cependant encore un pas à faire pour que les conserves d'Appert présentent aux navigateurs tous les avantages dont elles sont susceptibles ;
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- c’est de trouver un moyen moins dispendieux et plus durable de faire les enveloppes ou les boites.
- Les bouteilles sont parfaites pour les objets qu'on ne veut avoir qu’en petite quantité, tels que les jus de fruit, le lait, etc.; mais il faut, dans l’état actuel des choses , recourir aux boites de fer-blanc pour renfermer les viandes et certains végétaux. Quelle que soit l’attention que Ton ait en mer, et j’en ai fait avec soin l’expérience, il n’est guère possible que les boîtes de fer-blanc servent deux fois, parce que la rouille les attaque promptement et les détruit. L’obligation de renouveler ces boîtes sans cesse en rend l’emploi fort coûteux, je dirai même, à beaucoup d’égards, désagréable , puisque pendant une longue navigation il est dillicile, à l’époque des relâches, de pouvoir renouveler soi-même les conserves qu’on a consommées , tandis que si l’on trouvait un moven de faire des boîtes qui pussent servir un grand nombre de fois, la méthode d'Appert serait à la portée de tous les marins en même temps qu’elle leur serait moins coûteuse.
- Pour que les conserves d'Jppert pussent remplacer entièrement les viandes salées à bord des vaisseaux , il faudrait non-seulement que les vases qui les contiennent fussent forts et durables, mais encore cpie ceux-ci pussent contenir la quantité de viande nécessaire à la ration militaire de cent hommes pendant un jour, c’est-à-dire 50 livres de viande crue désossée ou l’équivalent en viande cuite. Je pense qu’il serait inutile, même pour l’usage de la marine de faire des boîtes de plus grandes dimensions.
- il serait digne de la Société d’Eneouragement, qui déjà a rendu tant et d*" si importans services à l’industrie française, de proposer un prix à ce sujet. Le programme devrait, cerne semble, contenir en substance la condition de la confection des boites propres à conserver en grand les substances alimentaires par la méthode a Appert, de manière à ce qu’elles aient assez de solidité pour servir un nombre indéfini de fois et résister long-temps au choc et à l’action fortement corrosive de l’atmosphère marine. I! serait également à propos de rechercher quel? peuvent être les meilleurs moyens de fermeture de ces boites (1
- Après ces réflexions sommaires sur les avantages qui doivent résulter pour l’avenir de la belle découverte de M. Appert, je ne puis ni empêcher d’un
- n) Le vœu deM. de Freycinet est déjà rerupii par la proposition d’un prix de 2,000 fr. pour la conservation en grand des substances alimentaires, prix qui a été prorogé jusqu’à l’année prochaine, et nui renier nr1 toutes les conditions propres à atteindre le luit. ' Voyez !e programme, Xv XXVII et le Bulletin de ia Société, 3N°. CCVTI, septembre 1821, pag. 201. ) ( N. D. R. ;
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- sentiment douloureux, envoyant cet homme, plus que sexagénaire, dans une position qui approche du besoin. Borné dans ses ressources, il ne peut faire tout le bien qu’il conçoit : sa fabrique est languissante, tandis que des personnes plus heureuses s’emparent et s’enrichissent ailleurs du produit de son industrie. La Société d’.Encourage ment, en donnant une impulsion nouvelle à l’utile établissement de M- Appert, acquitterait la dette de la reconnaissance et acquerrait de nouveaux titres à la gratitude des amis de l’humanité et de la prospérité nationale (1 ').
- Signé L. de Freycinet.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- RECUEIL de machines, instrumens et appareils qui servent à Véconomie rurale, et dont les avantages sont consacrés par Vexpérience ; publié avec les détails nécessaires à la .construction; par M. Leblanc, dessinateur et graveur du Conservatoire des arts et métiers et de la Société d’Encouragement • sixième et septième livraisons, in-folio oblong , composées chacune de six planches gravées en taille-douce. Paris, chez Madame Huzard , rue de VEperon-Saint-André des-Arcs, n°. 7. Prix de chaque livraison : 6 francs (2).
- Celte belle et utile collection d’appareils et d inslrumens aratoires continue de justifier l’accueil favorable quelle a reçu du public, et qu’elle mérite à tous égards, tant par le choix des sujets que par la correction des dessins et le fini de la gravure. Les détails de construction et les explications qui accompagnent chaque planche sont d’une précision remarquable, et suffisent pour l’intelli-
- ; 1 ) La Société d’Enoouragemcnt a accordé à M. Appert, en 1820, une médaille d’or pour ses préparations alimentaires; elle n’a cessé de recommander l’usage de ces préparations qui, en effet, méritent les éloges que leur donne M. de Freycinet, tant par leur parfaite conservation que par leur prix modique, puisque le kilogramme de boeuf désossé, pour les approvisionnemens en grand, coûte 1 fr. 50 e. seulement. M. Appert aurait remporté, l’année dernière, le prix proposé par la Société, s’il eût satisfait à toutes les conditions du programme.
- On annonce, mais nous ne pouvons le garantir, que M. Appert conserve aujourd'hui jusqu’à 15 *u i S kilogrammes de substances dans le même vase de fer-blanc Sa fabrique est située rue Moreau, n° i ;. faubourg Saint-Antoine; des dépôts sont établis chez MM. Labour, hôtel des Américains, rue Saint-Honoré; Leroy, même rue, n°. 330; Corcelel, au Palais-Roval. (N. D. B.)
- 2) Nous avons rendu compte des précédentes livraisons dans les Bulletins N"os. CLXXXIT, août j s i ft, pag. 272, et CCV, juillet 1821, pag. 222.
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- gence des ouvriers chargés d’exécuter les différentes pièces dont se composent les machines.
- La sixième livraison, accompagnée d’une feuille de texte, renferme six planches, dont cinq représentent l'ensemble et les détails des moulins à blé anglais, établis par M. Maudsley, habile mécanicien de Londres, chez M. Cougouilhe, au Mont-Saint-Martin , près Saint-Quentin. Ces moulins , qui sont mus par une machine à vapeur, réunissent plusieurs avantages précieux qu’ils doivent à la vitesse, à la forme et à la dimension des meules, à riieureuse combinaison et à la parfaite exécution de toutes les pièces qui entrent dans leur composition.
- La dernière planche de cette livraison représente le plan et l’élévation de l’extirpateur rotatif de M. Morton, d'Edimbourg, instrument récemment introduit en France, et qui a eu un succès prodigieux en Ecosse, par l’économie qu’il procure dans la préparation des terres qu’on veut ensemencer soit en froment, soit en toute autre sorte de graine.
- On trouve dans la septième livraison, 1J. le plan et les détails d’un blutoir à brosses, qui fait partie du moulin à blé de M. Maudsley, et dont l’effet est bien supérieur à celui de nos blutoirs ordinaires; 2°. la presse à cylindre de M. Lauvergnat, construite pour la fabrique de sucre indigène de M. le Maréchal duc de Raguse, et qui parait offrir de grands avantages sur les presses employées jusqu’alors pour l’expression de la pulpe de betterave ; 3°. la charrue américaine en fonte de fer, introduite en France par M. Molnrd, dires Meur-adjoint du Conservatoire des arts et métiers, et qui diffère des autres charrues par la forme du soc et son placement, par la dimension et la forme du versoir, par l’addition d’une roue placée au talon, par un avant-train à une ou deux roues, tout en laissant le point d’application du tirage sur le bout de la haie, etc.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HL'Z ATI L) ( née "S ALLAT LA CHAPELLE ;. rue de rÉperon-Saint-André-des-Arcs . n°. T.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. (N°. CGXYIII.) AOUT 1822.
- ujLJUiiJüiBaBMBgg HlH IW UMMMHI-..IIW IWIIHWIIimm^JiH.llEH.MUÜi'WHWWWrW 'WM
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description (ïune machine pour fabriquer la ficelle ou le fil de carret, inventée par M. Boichoz fils, controleur des contributions directes, à Lons-le-Saulnier ( Jura ).
- La Société cTEncouragement proposa eii 1816 un prix de 1,500 francs pour ia construction d’une machine propre à fabriquer la ficelle ou le fil de carret, de toutes grosseur et longueur, avec du chanvre sérancé : cette machine devait pouvoir être placée dans une chambre de grandeur moyenne, exiger au plus la force réunie d’un homme et d’une femme , ou d’un homme et d’un enfant, et donner des produits en qualité et en quantité au moins égaux à ceux qu’on obtient par la méthode ordinaire.
- L’objet spécial du prix était de rechercher les moyens d’opérer cette fabrication dans les demeures ordinaires des ouvriers cordiers, et d’éviter ainsi rétablissement de ces longues galeries ou hangars destinés aux travaux de corderie, qu’on voit dans quelques grands ports de mer, mais qui manquent dans la plupart des ports de commerce , et même dans l’intérieur de la France.
- Ce prix, qui avait été prorogé en 1817, parce que le seul concurrent qui s’était présenté n’avait pas rempli les conditions du programme , fut décerné en 1818 à M. Boichoz fils , pour avoir résolu complètement toutes les parties du problème ( voyez Bulletin de l’année 1818, page 280 ).
- Le modèle qu’il avait envoyé au concours se composait d’un cadre ou Vingt-unieme année. Août 1822. H h
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- châssis de forme parallélogramme, qui, en tournant sur lui-même, entraîne dans sa révolution toutes les pièces du mécanisme, à l’exception d’une grande roue dentée immobile, placée verticalement à l’une des extrémités du châssis. Autour de cette roue se meut une lanterne qui, par suite des révolutions du châssis, reçoit un mouvement particulier de rotation, qui lui fait faire quatre tours sur son axe par chaque tour que le châssis fait sur lui-même. L’extrémité de l’arbre de la lanterne porte une vis sans fin qui met en mouvement une poulie nommée régulateur, dont la gorge est cannelée pour empêcher le fil de glisser, et en même temps pour tirer le fil lorsqu’il sort des doigts de l’ouvrier. Ce régulateur, en faisant un tour, donne une torsion de seize tours à la longueur de la ficelle.
- Le modèle dont il s’agit ne différait de la machine en grand qu’en ce que la roue motrice, adhérente au bâtis, était remplacée par,une roue suspendue au plancher, que le fileur fait mouvoir au moyen d’une pédale. Cette disposition, en économisant la main-d’œuvre, contribue à la régularité du travail, le fileur pouvant à volonté augmenter ou diminuer la vitesse du mouvement et même l’arrêter entièrement lorsqu’il est embarrassé.
- En présentant sa machine au concours , M. Boichoz ne s’était pas dissimulé qu’elle était susceptible de quelques perfectionnemens propres à diminuer le bruit qu’elle occasionnait, ralentir la vitesse de la lanterne et simplifier la construction. Il avait fait observer qu’il y aurait de l’avantage à substituer des poulies à la roue dentée et à la lanterne, et il s’était fondé sur le raisonnement suivant.
- Si autour d’une poulie immobile et à une distance quelconque on fait tourner une autre poulie mobile sur son axe, en admettant qu’une corde sans fin, passée dans leur gorge , les réunisse, il en résulte 1e. que cette corde se développe successivement autour de tous les points de la gorge de la poulie immobile, et qu elle enveloppe avec la même vitesse les mêmes points de cette poulie; 2°. que la poulie mobile acquiert, par son mouvement autour de la première et au moyen de la corde croisée, un second mouvement qui la fait tourner sur son axe, d’où il suit que le frottement de la corde sur les deux poulies est le même pour la résistance que celui qui aurait lieu si ces deux poulies tournaient sur leurs axés seulement. Il est vrai qu’il faut un peu plus de force pour produire le même effet avec des poulies qu’avec des roues dentées, à cause de la roideur et de la résistance des cordes et de la tension qu’elles exigent ; mais le mécanisme s’en trouve considérablement simplifié, et la machine n’a pas besoin d’autant de réparations.
- M. Boichoz proposa aussi de remplacer le régulateur par la bobine elle-
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- même, munie d’un ressort de pression, qui permît au fileur de donner au filla torsion convenable avant de le laisser s’en vider.
- C’est ainsi modifiée, qu’après trois ans, l’auteur a adressé un nouveau modèle très-bien exécuté de sa machine. La connaissance de cette machine pouvant devenir très-utile à tous les ateliers de corderie et éviter des constructions dispendieuses, la Société a arrêté qu’une description en serait insérée au Bulletin, accompagnée d une gravure.
- Voici la composition de la nouvelle machine.
- Entre les montans d’un bâtis A, PL 227, fig. 1, 2, 3 et 4, est disposé un châssis C, mobile sur deux axes et qu’on fait tourner au moyen d’une poulie motrice D (1), laquelle transmet le mouvement à une petite poulie F montée sur l’axe du châssis, par l’intermédiaire d’une corde croisée, sans fin, passant dans les gorges des poulies. Une poulie verticale et immobile G, fixée contre le montant opposé du bâtis et également enveloppée d’une corde sans fin, est réunie à une petite poulie H qu’elle fait tourner. Cette poulie est montée sur l’extrémité d’une tige de fer I , qui règne le long d’un des côtés extérieurs du châssis , et porte une vis sans fin J, laquelle engrène avec un pignon K fixé sur l’arbre L de la bobine M.
- On conçoit que lorsque le châssis tourne, la corde enveloppée autour de la poulie immobile entraîne la petite poulie et par suite la vis sans fin et l’arbre de la bobine ; le premier mouvement donne à la ficelle N le tors nécessaire , le second opère son envidage sur la bobine. Pour qu’elle se distribue régulièrement, on la fait passer dans un guide O glissant le long d’une tringle P, et qu’on arrête à volonté au moyen d’une vis de pression. A mesure que le fil est formé et qu’il sort des doigts de l’ouvrier, il traverse un œil Q,fig* 8, percé dans l’axe de la poulie F.
- Nous avons dit que le régulateur, dans la première machine, était destiné à procurer au fil un tors toujours égal, et à alimenter d’une manière uniforme la bobine. L’auteur a reconnu que les cordiers exercés donnent naturellement un tors régulier, sans autre secours que l’habitude : cette observation l’a déterminé à supprimer le régulateur, pour simplifier le mécanisme ; mais s’il avait fixé la bobine directement sur son arbre, il n’aurait obtenu qu’une torsion inégale. Pour remédier à cet inconvénient, la bobine tourne librement sur son arbre, auquel elle est seulement réunie par un ressort de pression , qui lui fait suivre tous les mouvemens de cet arbre lorsqu’elle est
- (l) Cette poulie a été placée de la même manière que dans le premier modèle; mais la machine en grand est munie d’une roue de tour en l’air, suspendue au plancher et mise en mouvement par une pédale.
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- libre, tandis que celui-ci continue de tourner sans l'entraîner, quand le fileur oppose de la résistance.
- Pour obtenir ces effets, M. Boichoz a fixé contre un des grands côtés intérieurs du châssis un rochet a percé d’un trou dans lequel passe l’arbre de la bobine ; celle-ci reçoit à l’une de ses extrémités une rondelle de bois R portant un cliquet b et un ressort c qui le presse. Quand le fileur retient le fil, le cliquet, en s’engageant dans les dents du rochet, empêche la bobine d’obéir et par conséquent de se dévider ; et comme elle doit toujours tourner dans le même sens et n’être entraînée par son axe qu’après que le fil a reçu le tors nécessaire, on a adapté à son extrémité opposée un ressort S, dans lequel l’arbre L passe librement, et qu’on serre au moyen d’un coulant^’ afin qu’il exerce sur ce même arbre une pression capable d’entraîner la bobine quand elle est libre. Ce ressort roule dans une gorge plate, taillée sur l’arbre, pour que celui-ci ne soit dégagé qu’autant que le ressort est débandé.
- Cette disposition produit les effets suivans : le fil tourne sur lui-même tant que le fileur oppose de la résistance, et il acquiert ainsi le degré de torsion convenable ; aussitôt qu’il est lâché, il va s’envider sur la bobine : alors Je fileur recommence à serrer et à tirer le fil, en le formant, pour lui faire prendre le même tors qu’auparavant, puis il cède de nouveau pour opérer l’envidage ; et c’est ainsi que l’opération continue.
- Comme il devient nécessaire , pour la facilité du service, de changer souvent les bobines, l’auteur a construit la rondelle R de manière qu’elle puisse s’adapter à toutes les bobines de rechange. Il suffit pour cela qu’une de leurs extrémités soit d’un diamètre correspondant à celui de la rondelle , laquelle est échancrée sur son bord pour recevoir une petite goupille e : par ce moyen, la rondelle et la bobine font corps et ne peuvent tourner l’une sans l’autre. De même, pour n’avoir qu’un seul ressort pour toutes les bobines, celles-ci portent sur le bout opposé à celui de l’encliquetage, une goupille d servant à les unir au ressort.
- Lorsqu’on veut enlever la bobine , on détend le ressort et on laisse glisser le coulant jusqu’au bas de sa course , puis on peut tirer sans effort l’arbre L, en le saisissant par le pignon K : alors la rondelle, la bobine et le ressort tombent d’eux-mêmes ; on replace ces deux dernières pièces sur une nouvelle bobine qu on tient vis-à-vis du centre du rochet, dans l’intérieur du châssis ; on y passe 1 arbre L, on tend le ressort, et tout se trouve disposé comme auparavant.
- Dans le cas où I on ne voudrait employer qu’une seule et même bobine , il suffit, quand celle-ci est chargée , d’éloigner le cliquet des dents du rochet ; le ressort c est disposé de manière à tenir ce cliquet dans une position qui
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- permette à la bobine d’obéir lorsqu’on tire le fil ; le dé vidage est alors trés-pronipt : veut-on filer de nouveau ? on fait passer le ressort sur la tête du cliquet, et rien n’est dérangé dans les effets de la machine.
- Une précaution essentielle, à prendre, c’est de graduer la pression du ressort sur l’arbre : en le serrant trop, la machine est plus dure à faire mouvoir • en ne serrant pas assez, l’envidage ne se fait pas régulièrement : il ne faut qu’un peu d’habitude pour donner au ressort le degré de tension nécessaire.
- Quant aux avantages que présente la machine, voici ses caractères principaux :
- i°. Dans un local de petite dimension , un fileur , debout, peut, seul et sans changer de place , faire du fil de carret de toute grosseur et de toute longueur ;
- 2°. La machine peut être construite sur les plus petites comme sur les plus grandes dimensions, sans cesser de donner les mêmes résultats ;
- 3°. Non-seulement ses produits sont les mêmes que par les procédés ordinaires, mais elle file avec autant de rapidité que le fileur peut en apporter à former son fil.
- Quelle que soit la vitesse que l’on imprime à la machine, soit qu'on en accélère ou qu’on en ralentisse le mouvement, la torsion est toujours la même , parce qu’elle dépend à-la-fois du nombre de tours que fait le châssis et de celui que fait la bobine : or, le châssis ne pouvant se mouvoir sans que la vis sans fin fasse tourner la bobine , il en résulte que ces deux mou-vemens conservent constamment les mêmes rapports entre eux. On parvient aussi à une plus grande perfection dans la fabrication, parce qu'on est assuré que le fil aura reçu, dans la même longueur, une torsion parfaitement uniforme, et par conséquent qu’il sera d’une grosseur et d’une force égales sur tous les points.
- On conçoit que pour filer avec cette machine il faut toujours retenir h fil et ne le céder qu’en résistant; car, si on le lâchait, il glisserait et im serait pas attiré par la bobine. Cette habitude s’acquiert aisément, et en peu de temps un ouvrier ordinaire deviendra aussi adroit que le plus habile cordier.
- Les expériences laites avec la machine en grand ont constate que te lii qu’elle produit est aussi beau , aussi régulier et aussi soude que celui obtenu par l’ancien procédé. Quant à la promptitude du travail, on sait qu elle dépend ordinairement de deux choses : 1". de la vitesse du crochet auquel est attaché le fil, dons les machines généralement en usage; 2°. de 1 habileté de 1 ouvrier. Si celui-ci peut fournir son chanvre et. sa filasse très-rapidement, il faudra
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- donner une très-grande vitesse au crochet, afin que le fil reçoive toujours la torsion qu’exige sa grosseur ; il se fera donc très-promptement : si, au contraire, le fileur est embarrassé; si les matières qu’il emploie sont de qualités qui en rendent l’emploi plus long et plus difficile ; si enfin cet ouvrier n’est pas habile, alors il faudra donner peu de vitesse au crochet, pour laisser au fileur le temps de fournir uniformément son chanvre, sans quoi le fil serait fort inégal dans sa grosseur.
- Ainsi, la vitesse que l’on donne au crochet devant toujours être relative à l’habileté de l’ouvrier et à la qualité des matières , on voit qu’il n’y a jamais de vitesse absolue dans les machines ordinaires. On peut donc établir que, dans cette fabrication , on fait le fil plus ou moins promptement, mais qu’il est cependant un terme qu’on ne peut dépasser et qu’il est facile d’obtenir : ce terme est l’habileté du fileur, c’est-à-dire que le fil peut se faire aussi vite que l’ouvrier peut fournir le chanvre ou la filasse qu’il emploie.
- Les expériences citées ont prouvé que la machine de M. •Boichoz fait non-seulement autant d’ouvrage que par l’ancienne méthode , mais qu elle avance autant que l’habileté de l’ouvrier le permet. Toutes ses parties sont d’une construction simple ; elle est peu coûteuse , exige peu d’entretien et de réparations, et peut être employée dans une chambre de 4 mètres de longueur.
- Explication des jigures de la PL 227.
- Fig. 1. Élévation latérale de la machine à faire le fil de carret.
- Fig. 2. Vue par-devant de la même machine.
- Fig. 3. Vue par-derrière.
- Fig. h. Plan.
- Fig. 5. Le châssis mobile vu séparément.
- Fig. 6. Plan et élévation de la tige de fer portant la vis sans fin.
- Fig. 7. La bobine montée sur son arbre, vue séparément.
- Fig. 8. Plan et élévation de la petite poulie à double gorge placée sur le devant de la machine, et qui fait tourner le châssis mobile.
- Fig. 9. Rondelle d’encliquetage montée sur l’extrémité de la bobine, et munie d’un cliquet et d’un ressort.
- Fig. 10. Extrémité de la bobine portant le ressort de pression.
- Les cinq dernières figures sont dessinées sur une échelle double des cinq premières : leurs dimensions sont de moitié de celles du modèle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, bâtis; B B, les deux montans entre lesquels se meut le châssis mo-
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- fin/ft'/at i/t- /t .fot'u-/,' •/ i'/fn•-w,t/i-/Hiit/, .'f*' ;'C.Xi'!/J
- Mm.-
- •e a.
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- bile G; D, poulie motrice qu’on fait tourner au moyen de la poignée E. Dans les machines en grand, cette poulie est remplacée par une roue de tour en l’air mue par une pédale ; F, petite poulie à double gorge, réunie à la précédente par une corde sans fin, croisée, comme on le voit, Jîg. 2 ; G, poulie immobile, fixée contre l’un des montans B, et enveloppée d’une corde sans fin qui, en se croisant, va passer dans la gorge de la poulie H et lui communique le mouvement; I, tige horizontale en fer qui reçoit la poulie H et tourne librement dans deux collets de cuivre ; J, vis sans fin taillée sur la tige de fer ; K, pignon de six dents qui engrène avec la vis sans fin ; L, arbre de la bobine qui reçoit le pignon précédent ; M, bobine enveloppée du fil N; O, guide en cuivre dans lequel passe le fil, et qui coule le long de la tringle P ; on l’arrête au moyen d’une petite vis de pression ; Q, œil percé dans l’axe creux de la poulie F, et qui donne passage au fil ; R, rondelle d’encliquetage qui s’engage par ses bords sur l’une des extrémités de la bobine; S, vis de pression * qui s’adapte sur l’autre extrémité de la même bobine et embrasse l’arbre L ; T, masse de plomb fixée sur l’un des côtés du châssis pour contre-balancer le poids de la tige de fer I, placée au côté opposé.
- a, rochet en cuivre solidement fixé sur l’un des côtés intérieurs du châssis ; il est percé d’un trou à travers lequel passe l’arbre L ; b, cliquet monté sur la rondelle R ; c, ressort qui presse le cliquet ; d, petite goupille qui reçoit l’extrémité du ressort de pression S ; e, autre goupille qui s’engage dans une échancrure taillée sur le bord de la rondelle R, et réunit ainsi cette dernière avec la bobine; j, coulant servant à comprimer les branches du ressort S : ces branches portent de pelits crans sur leur côté extérieur, afin que le coulant ne puisse glisser; g, petite goupille destinée à retenir la tige I dans son collet, en s’engageant dans une gorge taillée sur cette tige ; h h , collets en cuivre dans lesquels tourne la tige I.
- Note sur un appareil propre à préserver les ouvriers empoin-teurs d aiguilles des effets de la poussière de grés qu ils respirent.
- S. Exc. le Ministre de l’intérieur a adressé à la Société la description , en anglais, d’un appareil magnétique inventé par M. Abraham, pour préserver les ouvriers empointeurs d’aiguilles des effets de la poussière de grès qu’ils respirent. Cet envoi était accompagné de la lettre suivante.
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- Le Ministre secrétaire et Etat de V intérieur à MM. les Membres composant le Conseil cVadministration de la Société d’Encouragement.
- Paris, le 3 août 1822.
- » Messieurs 5 M. le baron Séguier, consul général de France, à Londres, m’a adressé la description, en anglais, d’un appareil magnétique inventé par M, Abraham pour préserver les ouvriers empointeurs d’aiguilles des funestes effets de la poussière de grès qu’ils respirent.
- » Le Comité consultatif, à l’examen duquel j’ai renvoyé la description dont il s’agit, vient de m’en présenter son rapport. U en résulte que le moyen de M. Abraham consiste à établir un courant d’air qui entraîne les molécules produites par le frottement de la pointe sur la meule , et à placer devant l’ouvrier un appareil magnétique propre à retenir les parties ferrugineuses qui, par leur légèreté, s’élèvent perpendiculairement et sont absorbées par la respiration ; que bien que ladite description ne soit, qu’une simple annonce de journal, elle donne cependant une idée suffisante de l’invention de M. Abraham, et que le moyen qu’il emploie paraît devoir produire un bon effet. Comme le Comité pense qu’il ne peut qu’être utile de publier ce moyen, je crois devoir vous adresser, à cet effet, la petite note où il se trouve décrit, et je vous prie de la faire insérer dans le plus prochain numéro du Bulletin de la Société d’Encouragement.
- » Recevez, Messieurs, l’assurance de ma considération. »
- Le Ministre secrétaire dJEtat de VIntérieur,
- Signé Corbieres .
- Voici la traduction de la note dont il s’agit, extraite d’un journal anglais intitulé : Sheffield-Iris.
- Un fait qui n’est peut-être pas assez connu, c’est que les ouvriers empoin-îeurs d’aiguilles et en général tous ceux qui sont employés à émoudre à sec sur des meules de grès , sont sujets à de graves accidens , qui ont résisté jusqu’ici aux secours de la médecine. Enveloppés, pendant leur travail, d’une atmosphère chargée d’une poussière fine et impalpable, formée de particules d’aeier et de grès d’une ténuité extrême, ils respirent continuellement cette poussière , qui, en pénétrant dans les poumons, leur occasionne un asthme très-funeste, lequel termine ordinairement leur vie à 1 âge de trente ou trente-cinq ans. Un médecin de Redditch, ville
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- ou se trouvent les principales fabriques d’aiguilles de l’Angleterre, a observé, pendant sa longue pratique, qu’à peine un seul ouvrier empointeur atteignait l’âge de quarante ans.
- Frappé des dangers auxquels sont exposés ces ouvriers, M. Abraham a cherché un moyen de faire disparaître la poussière qu’ils sont forcés de respirer. Pour cet effet, il a imaginé un appareil peu coûteux et très-simple dans sa construction.
- La pièce où travaillent les ouvriers est divisée en deux parties égales, sur toute sa hauteur, par un châssis ou écran composé de canevas ou de grosse toile. Cet écran est placé perpendiculairement au-dessus de la meule, qu’il entoure de chaque côté, en ne laissant qu’un espace suffisant pour son mouvement et pour la pédale que foule l’ouvrier. Une ouverture d’un pouce et demi est pratiquée dans la toile, directement au-dessus de la meule : c’est à travers cette ouverture que passe la poussière de grès formée pendant l’opération, et qui est entraînée derrière l’écran par le courant d’air que produit le mouvement de la meule. Quant aux particules très-fines d’acier, qui, à raison de leur légèreté spécifique, tendent toujours à s’élever, et peuvent être facilement absorbées par la respiration, parce qu’elles sont imperceptibles , des barreaux aimantés, disposés entre l’écran et l’ouvrier, les attirent et les arrêtent. Pour surcroît de précaution, M. Abraham a imaginé un appareil magnétique, que les ouvriers placent autour du cou et de la bouche, et qui empêche toute aspiration des particules d’acier ou de grès pendant le travail.
- Les résultats obtenus au moyen de l’appareil de M. Abraham ont été des plus satisfaisans ; des certificats, tant des fabricans d’aiguilles de Redditch et de Hatersage , que des couteliers de Sheffield, qui font émoudre à sec des tranclians sur des meules de grès, attestent que cet appareil remplit toutes les conditions voulues, et que son introduction dans les ateliers est un véritable bienfait pour la classe des ouvriers empointeurs.
- La Société d’Encouragement de Londres, après avoir fait examiner dans tous ses détails le moyen proposé par M. Abraham, et s’être convaincue de ses avantages, a décerné à cet artiste la grande médaille d’or, comme un témoignage de sa satisfaction (1).
- (l) Nous avons fait connaître dans le Bulletin , N°. CXLII, quinzième année, pag. 75, un appareil imaginé dans le même but, et qui ne diffère de celui de M. Abraham qu’en ce que la poussière est portée au dehors par un soufflet, au lieu d’être entraînée naturellement par le courant d’air que produit le mouvement de la meule. Pour remédier aux inconvéniens des meules de grès, M. Molard avait proposé de les remplacer par des meules en fer ou en fonte de fer oxidée : ce moyen parait avoir eu un plein succès. ( N. D. R. )
- T^iriÿt-unième année. Août 1822. I i
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- Note sur une fabrique de machines à vapeur établie en
- Les meilleures machines à vapeur, d’après le système de kVatt, qui se fabriquent en Angleterre, proviennent des fonderies dites de Y Union, situées à Bolton, dans le comté de Lancaster, et dirigées par la Compagnie de MM. Thwdites, Hick et Rothwell.
- Le tableau suivant donne le prix de ces machines, calculé d’après leurs dimensions et leur puissance.
- FORGE EN CHEVAUX. 2 4 6 8 10 12 14 16 20 25 30
- PRIX EN FRANCS. 4500 8750 11250 13000 14500 16000 17500 19250 22500 26250 30000
- PRIX PAR CHAQUE CHEVAL . 2250 2187 1875 1625 1450 1333 1250 1203 1125 1048 1000
- On voit, par ce tableau, que le prix moyen de la force de chaque cheval pour les machines au-dessous de quatorze chevaux, est de 1786 francs, tandis qu’il n’est que de 1125 francs pour celles depuis quatorze chevaux jusqu’à trente : d’où il suit qu’il y a plus d’avantage, sous le rapport de la dépense première, à employer des machines de grande que de petite dimension.
- Dans les prix ci-dessus établis sont compris tous les accessoires , tels que ciment pour l’assemblage des pièces, chaudières, supports des machines portatives au-dessous de quatorze chevaux et des machines au-dessus de cette force, qui ont leur point d’appui sur les murs; l’emballage, le transport à Liverpool, etc.
- Les dimensions des chaudières sont réglées sur la force des chevaux, de manière que la surface de l’eau soit de 51 décimètres carrés par cheval ( un peu plus d’un demi-mètre carré). On sait que la consommation du charbon pour la force d’un cheval est, par heure, de 5 kilogrammes, lesquels vaporisent au moins 30 kilogrammes d’eau : d’où il suit que cette vaporisation se fait en une heure sur une surface d’environ un demi-mètre carré.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait d’un rapport fait au Comité consultatif des arts et
- manufactures du Ministère de Vintérieur, le 6 août 1822, sur les aciers de MM. Bernadac.
- MM. Bernadac père et fils, propriétaires des usines de Sahorre, arrondissement de Prades , département des Pyrénées-Orientales, avaient, dans le courant du mois de mars dernier, adressé à S. Exe. le Ministre de l’intérieur divers échantillons d’acier naturel provenant de la susdite usine, et ils avaient témoigné le désir que ces aciers fussent soumis à des essais propres à en constater la qualité.
- Le Comité consultatif, que S. Exc. avait chargé de cet examen, ne trouva pas, ainsi qu’il l’a consigné dans son rapport du 2 mai, que l’origine des échantillons d’acier qui lui étaient soumis fût constatée d’une manière assez régulière pour qu’il pût en faire légalement l’essai, et donner, à ce sujet, ses observations et son avis.
- S. Ex. ayant approuvé les observations du Comité, M. le préfet des Pyrénées-Orientales fut invité , par une lettre ministérielle, à faire procéder à la fabrication de nouveaux échantillons d'acier, en présence d’une commission nommée à cet effet, qui en dresserait procès-verbal authentique.
- Conformément à cette disposition, M. le préfet des Pyrénées-Orientales nomma une commission composée de M. le sous-préfet de Prades, du chef de bataillon Simon et de M. Ganaziola, membre du Conseil général du département. Cette commission s’étant transportée dans l’usine de Sahorre, a fait confectionner en sa présence de nouveaux échantillons d’acier, qui ont été réunis dans une caisse scellée du sceau de la sous-préfecture de Prades , et que M. le préfet a adressée à Son Excellence, avec le procès-verbal de la Commission, qui en constate légalement l’origine, ainsi que les détails des procédés de fabrication.
- Le Comité a reçu de cette manière les onze échantillons d’acier naturel, désignés comme il suit :
- 3N°. 1. Acier brut ; il provient de la fusion immédiate du minerai à une forge à la catalane, non forgé, mais seulement trempé.
- N°. 2. Étoffe de poule qui s’obtient de l’acier brut pur, forgé d’abord en languette, et corroyé avec un huitième de fer préparé de la même manière.
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- NJ. 3. Acier pour ressorts de voitures ; il s’obtient par le corroyage d’une trousse composée de trois quarts de languettes d’acier pur et d’un quart de languettes de fer entremêlées.
- N°. 4. Acier â taillandier; il provient du corroyage d’une trousse de languettes d’acier portant 2 pouces carrés, qu’on soude, qu’on étire et qu’on redouble une ou plusieurs fois sur elle-même.
- N°. 5. Acier en barre; il se confectionne comme le précédent : c’est de l’acier pur.
- N03. 6, 7, 8, 9, 10 et 11. Acier pour limes d’Allemagne d’une, deux, trois au paquet, pour limes plates, pour carreaux; il provient d’un choix d’acier corroyé comme l’acier à taillandier, N°. 4, qu’on étire en barres d’un échantillon convenable.
- Plusieurs membres du Comité ont suivi avec une attention toute particulière les essais qui ont été faits de tous ces aciers par des fabricans de limes, des taillandiers, etc.
- L’acier brut, N°. 1, a été forgé et réduit en barres .très-facilement; on en a aciéré des marteaux, des mâchoires d’étau, des instruirons aratoires : il se soude très-bien sur lui-même et sur le fer, et prend une trempe très-dure. Ceci prouve seulement que la nature de cet acier est telle qu’on peut l’affiner, sans qu’il se détériore, à de petites forges ; mais ce n’est pas dans cet état qu’il doit être livré au commerce. Cet échantillon n’a été envoyé que pour faire voir la matière première qui sert à fabriquer tous les autres aciers de cette nature.
- Les commissaires ont fait faire avec l’étoffe de poule N°. 2, quelques outils de quincaillerie, des couteaux, des hache-paille, des coupe-racines, des scies â métaux : tous ces objets se sont trouvés de bonne qualité.
- L’échantillon, N. 3, d’acier pour ressorts de voitures, n’était pas assez considérable pour l’employer à cet usage ; on en a fait des ressorts d’étaux, des baguettes semblables à des fleurets; l’élasticité en est parfaite ; on en a fait aussi une espèce de coutelas, semblable à ceux dont on se sert dans les colonies pour couper les cannes à sucre : il coupe très-bien et a l’élasticité d’un bon sabre, c’est-à-dire qu’en le pliant de côté et d’autre il revient toujours à la ligne droite. Il supporte également bien l’épreuve du billot sans se fausser. Les commissaires croient donc que cet acier, ainsi que le précédent, est propre non-seulement à faire des ressorts, mais encore des armes blanches, telles que baïonnettes, épées, sabres.
- On a fait avec l’acier N°. 4, préparé pour taillandier, une plane de charron, une hache, des fers de varlope ; il se comporte bien au feu, se forge bien, et les outils sont bons.
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- Des burins, des crochets et des tranches de forge, faits avec l’acier en barre, N°. 5, tiennent et coupent parfaitement.
- L’acier à limes d’une au paquet, N°. 6, se forge, se taille et prend une trempe très-dure à la simple volée : une lime faite avec cet acier a aussi bien tenu que les meilleures limes d’Allemagne.
- Mêmes observations pour les Nos. 7 et 8. Toutes ces limes, façon d’Allemagne , ont fait un bon usage, et ont encore été très-bonnes après une seconde taille. Enfin, ne pouvant plus servir comme limes, on en a fait des outils d’ajusteur, tels que burins, forets, tournevis, qui sont aussi bons que s’ils étaient d’acier neuf.
- Les limes plates à main, faites avec l’acier N°. 9, sont en tout comparables aux bonnes limes anglaises qui ne sont pas d’acier fondu. Plusieurs de ces limes, usées et retaillées deux fois, ont toujours été bonnes, et leur matière a servi ensuite à faire d excellens petits outils.
- L’acier N°. 10, sous forme de fuseau , a servi à aciérer des pivots d’axes, des crapaudines, des têtes de marteaux ; il prend une trempe dure.
- Un gros carreau (lime) fait avec l’acier IN°. 11 n’avait qu’une de ses faces dure, les trois faces se sont blanchies aux premiers coups de lime ; mais il convient d’observer que ce gros carreau n’a été trempé qu’à la volée, tandis qu’ordinairement on le trempe en paquet.
- En résumé, tous ces aciers, sans exception, ont paru au Comité, ainsi qu’à MM. Raoul et Freyla qui ont fabriqué les limes essayées, d’une excellente qualité, et tout-à-fait propres aux usages pour lesquels ils ont été préparés. Le Comité pense qu’ils peuvent être comparés aux aciers naturels de la meilleure qualité qui nous viennent d’Allemagne, et qu’ils peuvent être substitués à ceux-ci, en toute circonstance (1).
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. de Lasleyrie, au nom du Comité des arts économiques, sur le procédé de peignage des chèvres des Hautes-Alpes, communiqué par M. Serres.
- M. Serres, sous-préfet à Embrun, qui a fait des recherches spéciales sur
- (1) La Société d’Encouragement avait, la première, fait examiner les limes et les aciers de MM. Ber-nadac, qui ont été trouvés de très-bonne qualité. Voyez le rapport de M. Baillet, inséré au Bulletin. N”. CCI, vingtième année, page 80.
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- les divers emplois qu’on pouvait donner au duvet des chèvres indigènes (1), s’est aussi occupé des moyens les plus simples et les plus économiques d’extraire ce duvet du corps de l’animal, ou de le séparer du jarre après la coupe de la toison totale. Il a reconnu que, des deux méthodes employées en Asie, la première mérite la préférence ; mais ayant observé que le peigne ordinaire de corne présentait plusieurs inconvéniens, et sur-tout qu’il ne pouvait être convenablement maintenu entre les doigts de l’ouvrier, à cause de la résistance qu’il éprouve dans les poils longs et les touffes des extrémités, et qu’ainsi l’ouvrier se fatiguait, et qu’il exécutait très-peu de travail, M. le sous-préfet a imaginé une autre espèce de peigne, dont il a envoyé trois modèles à la Société. Le premier peigne, qui sert à démêler les poils de l’animal, est composé d’un manche et d’une plaque de bois longue d’un décimètre, dans laquelle sont implantées quinze dents en fil de fer, longues de 5 décimètres et ayant un diamètre de 3 millimètres. Les deux autres peignes ont un manche de bois auquel est adaptée une pièce de plomb qui supporte des dents en fil de laiton. Le premier de ces peignes, dont on se sert pour commencer l’extraction du duvet, est armé de dix-huit dents, et le second de vingt-cinq : ces dernières ont un millimètre et demi de diamètre, et sont placées à 2 millimètres de distance.
- Pour procéder au dépouillement du duvet, on emploie deux ouvriers et un enfant : le premier ouvrier tient la chèvre par les cornes, tandis que le second, étant assis , démêle les longs poils avec le peigne à dents de fer. Il serait facile d’économiser l’emploi du premier ouvrier, il suffirait pour cela d’attacher la chèvre par la tête ou par les cornes à un poteau ou à une muraille. L’enfant coupe avec des ciseaux l’extrémité des mèches qui résistent au passage du peigne. On emploie ensuite successivement les deux autres peignes, jusqu’à ce que le corps de l’animal soit entièrement dépouillé de duvet. Lorsque ces peignes sont chargés à moitié, l’ouvrier les donne à l’enfant, qui en extrait les longs poils. L’auteur pense que cette extraction se fait plus facilement et plus promptement sur le peigne, que lorsque les deux espèces de poils ont été confondues ensemble ; car le jarre, qui dans le premier cas dépasse la masse du duvet, s’enlève avec beaucoup de facilité ; mais dans ce cas il faut être pourvu de deux peignes au lieu d’un, afin que l’ouvrier ne soit pas ralenti dans son travail : il faut aussi avoir soin de suivre la direction naturelle des poils et ne jamais les prendre à rebours.
- (1) Il en a été rendu compte à la Société le 29 mai 1822. Voyez Bulletin, N°. CCXV, vingt-unièœe année, page 160.
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- Les prix de ces trois peignes sont de 90 c., de 75 c. et 60 c. , ce qui est à-peu-près le prix que coûtent des peignes ordinaires en corne ; mais comme ils présentent plus de solidité, et qu’ils facilitent beaucoup le travail, ils méritent detre adoptés dans ce genre d’opération. Nous pensons donc que la Société doit remercier M. le sous-préfet d’Embrun de la communication qu’il a bien voulu lui faire.
- adopté en séance, le 21 août 1822.
- Signé de Lasteyrie , rapporteur.
- Rapport fait par M. Bouriat, au nom du Comité des arts
- économiques, sur les chapeaux d’osier de M. de Bernardière.
- Le Conseil a chargé son Comité des arts économiques de visiter la manufacture de chapeaux d’osier de M. de Bernardière, située dans la maison de correction de Poissy, et de lui rendre compte des produits de cette manufacture. Le Comité, ne pouvant point se transporter en masse à cette distance, m’a chargé d’aller prendre tous les renseignemens qu’il désirait, et de lui en faire part avant de vous soumettre son opinion sur ce nouveau genre d’industrie. J’ai visité cet atelier et plusieurs autres qui existent dans la même maison. J’aurai l’honneur de vous en donner un aperçu après avoir parlé de celui de M. de Bernardière, qui fait l’objet principal de ce rapport.
- J’ai suivi dans les moindres détails les travaux qui s’y exécutent; j’ai vu que les mains les plus inhabiles pouvaient préparer l’osier qui sert à la confection des chapeaux. D’abord cet osier fendu en cinq ou six , suivant la grosseur du brin, est aminci par des espèces de filières tranchantes à travers lesquelles on le fait passer, et qui sont graduées de manière à ce que l’ouverture de la dernière ne peut plus laisser passer qu’une lanière très-mince et étroite. Ce sont ces lanières qui, suivant leur degré d’épaisseur, forment la trame ou la chaîne, car on peut se passer de baleine effilée pour soutenir le corps du chapeau dont le tissu est fait par des mains plus habiles que les premières. Ces chapeaux, confectionnés, sont portés à la teinture pour recevoir diverses couleurs, suivant le goût du marchand qui les achète. Ce n’est pas sans difficulté qu’on fixe la couleur sur l’osier; aussi cette partie de la fabrique mérite-t-elle encore quelques recherches de la part de M. de Bernardière et des teinturiers.
- La solidité de ces chapeaux est bien supérieure à ceux faits avec la paille ; aussi M. de Bernardière a-t-il eu l’intention de fabriquer pour les troupes légères, et en temps de paix, des schakos d’osier, beaucoup plus légers que
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- ceux de feutre. Je remets sur le bureau un échantillon de ces schakos, teint en noir, et revêtu d’une plaque pour désigner le régiment.
- Le prix de ces chapeaux, quoique inférieur à celui des chapeaux de feutre, n’a pas paru à votre Comité dans les proportions qu’on pouvait désirer : aussi a-t-il conseillé à M. de Bernardière d’employer des moyens mécaniques pour amincir l’osier. Si, comme nous n'en doutons pas, il peut parvenir à se passer de bras pour cette préparation, la plus longue et la plus dispendieuse, il pourra diminuer sensiblement le prix de ses chapeaux.
- Votre Comité a vu, dans ce genre d’industrie, un objet assez intéressant, puisqu’il tend à diminuer considérablement l’emploi du poil de lièvre qu’on tire de l’étranger, pour faire les légers chapeaux de feutre que les personnes riches portent pendant l’été. Déjà M. de Bernardière a fabriqué cette année une grande quantité de chapeaux d’osier; mais il n’a pu, malgré son zèle, fournir qu’a une partie des commandes qui lui ont été faites. Il va travailler sans relâche cet hiver pour être à même de satisfaire l’été prochain à toutes les demandes.
- Après vous avoir fait connaître la fabrique de M. de Bernardière, vous n’apprendrez peut-être pas sans intérêt l’activité qui règne dans la maison de correction de Poissy, et les avantages qu’en retirent la maison et les ouvriers. Chaque détenu y trouve un genre d’occupation suivant ses facultés morales et physiques ; l’enfant comme le vieillard se livrent à un travail doux et facile. Pour cela, on a établi des ateliers de diverses espèces : on y compte ceux de tisserand, de bijoutier, de passementier, d’ébéniste, de fabricant de cardes , de cordonnier, de tailleur, enfin une filature de coton et la fabrique de chapeaux dont je viens de vous entretenir. C’est avec de pareilles occupations qu’on est souvent parvenu à changer ou modifier le penchant de plusieurs criminels qui auraient peut-être passé le temps de leur détention à méditer les projets les plus sinistres s’ils fussent demeurés dans l’oisiveté.
- Ces résultats sont dus au zèle et à la capacité de M. Poirel, directeur de l’établissement, qui a trouvé un excellent auxiliaire dans M. Picard, entrepreneur des travaux de la maison.
- Le tarif des prix à accorder aux détenus est arrêté chaque année par M. le préfet du département de Seine-et-Oise. Ce salaire se divise en trois parties : Puiiepour l’entretien delà maison, l’autre distribuée aux ouvriers, tous les samedis, et la troisième est mise en réserve pour leur être donnée à leur sortie. Il en est déjà beaucoup qui ont reçu 300 fr. au moment de leur libération, malgré le peu de temps que ce régime est établi, car il ne l’a été qu’au mois de mars 1821. Le produit des ouvrages confectionnés pendant les
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- douze premiers mois a été de 48,000 francs ; et cette année , comme le nombre des détenus a augmenté, M. le directeur pense qu’il ne sera pas au-dessous de 80,000 francs.
- Je reviens maintenant à la fabrique de M. de Bernardière, sur laquelle votre Comité a pris tous les renseignements convenables, Il vous propose , par mon organe, de remercier ce fabricant de la communication qu’il vous a faite de son nouveau genre d industrie, et de tous les procédés qu’il emploie dans sa manufacture , digne d’être connue du public par la voie du Bulletin (1).
- Adopté en séance le 21 août 1822.
- Signé Bouri.vt, rapporteur.
- Nota. M. le comte Chaptal a confirmé les réflexions de M. le rapporteur sur l’excellente administration de la prison de détention de Poissy. Il rapporte qu’une personne qui a visité un grand nombre de maisons de force tant en France qu’en Angleterre, lui a déclaré n’avoir vu dans aucune un régime mieux entendu et des détenus mieux traités que dans cet établissement, digne d’être cité comme modèle.
- Un établissement analogue à celui-ci, non pas pour des détenus, mais pour des enfants pauvres ou délaissés, fut soutenu pendant trois années consécutives par MM. le vicomte de Montmorency, ministre actuel des relations extérieures , le comte de Car aman , le baron Delessert et M. Bouriat. Le but était de ramener à la morale et à la religion des enfants qui peut-être n’en avaient jamais entendu parler , parce qu’ils étaient nés pendant la tourmente révolutionnaire. Ils apprenaient en même temps un état avec lequel ils devaient aider leurs parents pauvres et dénués de presque tout secours. Les trois années suffirent à peine pour leur apprentissage ; mais , se voyant déjà à cette époque à même de gagner au-delà de leurs besoins , ils ne voulurent point rester la quatrième année , qui était destinée à récupérer une partie des fonds qui avaient été avancés. L’insuffisance des lois répressives sur l’apprentissage fit crouler un établissement formé à grands frais.
- Rapport fait par M. F rancœur, sur un procédé imaginé par M. Leroy, pour enseigner Vart décrire (2).
- Depuis longtemps on avait reconnu qu’il était bien difficile de former la main des enfants à tracer des caractères d’écriture avec les contours élé-
- (1) Le dépôt des chapeaux d’osier de M. de Bernardière est boulevard Saint-Martin, n°. 8.
- (2) M • Leroy, professeur d’écriture, demeure rue delà Chaussée-d’Antinn°. 52.
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- gants et réguliers que l’art exige. Les exemples qu’on met sous les yeux du jeune disciple, et dont il doit s’efforcer d’imiter les traits, les règles mêmes dont le maître expose le sens et dirige les applications, ne sont que d’un médiocre secours pour arriver facilement au résultat. La plupart des élèves ne sont pas doués par la nature de ce tact fin qui permet de saisir des yeux les contours et les proportions d’un dessin , pour imiter ensuite ce qu’ils ont senti et comparé : aussi les progrès sont-ils lents, et bien souvent il est des enfants qui, malgré leur application, ne peuvent réussir à bien écrire.
- Pour surmonter ces difficultés, d’habiles maîtres ont imaginé divers moyens ; je parlerai surtout de l’usage où sont plusieurs d’entre eux de tracer au crayon sur le papier les lettres que l’enfant doit ensuite former avec la plume, et dont il doit suivre tous les contours. Ce procédé est excellent; il offre un guide assuré que la main de l’enfant peut suivre jusqu’à ce que l’habitude lui ait rendu les contours faciles.
- Mais ce moyen laisse entière une autre difficulté : les pleins et les déliés ne sont pas esquissés par le crayon du maître, et l’élève ne trouve pas dans ce mode un secours suffisant pour atteindre à cet autre genre de perfection non moins important que la grâce et la fidélité du dessin des contours. En outre , que de temps le maître n’est-il pas obligé de perdre pour fournir son disciple de tous les modèles crayonnés qui doivent être écrits par l’enfant!
- M. Leroy a imaginé un moyen très-simple qui ne laisse rien à désirer, et qui, outre de nombreux succès et d’honorables témoignages, réunit des preuves non douteuses d’utilité. Il pose un exemple sous une feuille de corne mince et transparente ; la surface en est dépolie, et la plume de l’enfant suit fidèlement tous les contours qu’il aperçoit à travers cette feuille. Comme la surface est frottée d’une substance résineuse, elle ne boit pas , et l’encre y laisse empreints les caractères avec la même facilité que si on eut écrit sur du papier. Les lettres, ainsi marquées à l’encre sur la corne, s’enlèvent ensuite très-bien avec un peu d’eau, surtout en se servant d’une encre préparée, qui a peu de mordant. On conçoit que rien n’est plus commode pour exercer la main de l’enfant à suivre les formes des lettres de l’exemple, et en marquer les pleins et les déliés : l’habitude s’acquiert avec un peu d’exercice, et une fois que la main l-’a contractée, elle peut continuer à l’exercer sur le papier, et n’éprouve dans ce changement aueune difficulté nouvelle.
- Par ce procédé , l’enfant peut être exercé à tous les genres d’écriture, puisqu’il suffit de mettre sous la feuille de corne des exemples choisis dans ce but. Un père de famille peut, en l’absence du maître, faire écrire ses
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- enfants , presque comme le ferait celui-ci, et le talent de l’instituteur est une condition moins nécessaire que dans les autres procédés : les bons exemples sont un excellent supplément qui peut en tenir lieu. Quoique l’économie du papier ne soit qu’une chose d’un intérêt secondaire, cependant elle n’est point à dédaigner : on sait combien les enfants gâtent de papier dans les commencements, où leurs essais sont si imparfaits et leur main si mal assurée. Avec une feuille de corne, dont le prix n’est que de 5 francs, on est dispensé de cette perte de papier ; la feuille n’est pas plutôt couverte de caractères qu’on la lave, et tout disparait ; on l’essuie et l’on recommence à écrire.
- Un procédé analogue a été usité en Angleterre , mais comme l’auteur n’avait pas dépoli la corne , on ne pouvait écrire avec de l’encre : l’enfant ne formait ses traits qu’au crayon , et par conséquent ne s’exercait qu’à former les contours, mais non pas à mettre la plume sur son plein et à marier les déliés : il en résultait un médiocre avantage. L’auteur ne faisait donc que remplacer les transparents en usage par une matière plus économique, mais aussi imparfaite. M. Leroy a bien mieux réussi (1).
- Le procédé de M. Leroy réunit donc toutes les conditions désirables ; il a été approuvé par le Comité consultatif des arts et manufactures, par la Société académique des maîtres d’écriture de Paris, par là Société d’enseignement élémentaire , et par plusieurs autres associations recommandables.
- J’ai l’honneur de proposer au Conseil d’écrire à Son Exc. le Ministre de l’intérieur, en lui adressant le présent rapport, pour l’intéresser en faveur de M. Leroy, et de lui faire obtenir une gratification (2). Je pense aussi qu’il
- (1) La Société d’Encouragement de Londres a accordé, en 1814, une mention honorable et une récompense de cinq guinées à M. Keyworth, de Sleaford, dans le comté de Lincoln, pour l’invention de tablettes de corne transparente, propres à l’écriture. Ces tablettes, après avoir été mises à tremper dans l’eau pendant une demi-heure, sont assujetties au moyen de petites vis sur l’exemple d’écriture à copier, lequel est posé sur une planche en forme de pupitre. Pour se servir de ces tablettes, on commence par les frotter avec un chiffon jusqu’à ce qu’elles soient bien sèches, ensuite on passe dessus un peu de blanc d’Espagne : les lettres de l’exemple, vues à travers la corne, sont tracées avec de l’encre ordinaire et une plume, qui doit être un peu plus dure et taillée plus fine que celles employées pour écrire sur le papier : on efface aisément la trace de ces lettres avec un chiffon. L’auteur préfère des tablettes de petite dimension, propres à recevoir trois ou quatre lignes d’écriture seulement, aux grandes tablettes, i°. parce qu’elles sont à bas prix et faciles à préparer ; 2°. parce qu’elles ne sont pas sujettes, comme ces dernières, à gauchir ou à se voiler par l’humidité. (Voyez Transactions de la Société d’Encouragement de Londres pour l’année 1814, page 167.)
- (2) S. Exc. le Ministre de l’intérieur a accueilli cette recommandation, et a accordé une récompense pécuniaire à l’auteur.
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- convient d’insérer ce rapport au Bulletin, afin de répandre la connaissance d’un procédé extrêmement simple et utile.
- Adopté en séance, le 21 août 1822.
- Signé Francoeur, rapporteur.
- Nouveau procédé pour repasser les instruments tranchants.
- M. G. Reveley a communiqué à la Société d’Encouragement de Londres un procédé aussi simple qu’économique pour repasser des instruments tranchants. Voici comment il s’exprime.
- (( Ayant besoin de repasser mes rasoirs sur la pierre, et ne trouvant pas l'huile que j’emploie ordinairement pour cet usage, j’imaginai d’essayer le savon. Ce moyen , qui a complètement réussi, est préférable à l’huile, 1°. parce qu’il opère plus promptement, donne un bon tranchant au rasoir, et fait disparaître facilement les brèches qui pourraient s’y trouver; 2°. parce qu’il est plus économique et ne salit pas les mains et les vêtements comme l’huile. On procède de la manière suivante :
- « Après avoir nettoyé la pierre à repasser avec une éponge, du savon et de l’eau , essuyez-la bien , trempez le petit pain de savon de Windsor ou tout autre dans de l’eau pure, et humectez aussi la pierre; puis frottez légèrement le savon sur sa surface jusqu’à ce qu’elle en soit couverte partout : repassez alors votre instrument de la manière accoutumée, en tenant le savon suffisamment humide, et en ajoutant de temps en temps, s’il est nécessaire, un peu plus de savon et d’eau. Ayez soin avant de frotter le savon sur la pierre qu’il soit propre et exempt de poussière; s’il ne l’était pas il suffirait de le laver. Lorsqu’on ne fait plus usage de la pierre, on la nettoie bien avec une éponge et de l’eau , et on l’essuie. »
- Plusieurs couteliers de Londres ont essayé ce procédé et en font un grand éloge ; ils le considèrent comme plus prompt, plus économique et plus propre que l’huile, tout en donnant un excellent tranchant aux instruments (1).
- SALUBRITÉ PUBLIQUE.
- Note sur les nouveaux appareils d’assainissement de M. d’Arcet, inspecteur général des essais à la Monnaie.
- M. à’Arcet, qui s’est acquis de justes droits à la reconnaissance publique, pour avoir procuré aux ouvriers livrés à des professions insalubres les moyens
- (1) Nous avons répété et fait répéter par M. Cardheillac, habile coutelier, ce procédé, qui en effet
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- de se garantir des funestes effets des émanations délétères qu’ils étaient forces de respirer, a adressé à la Société d’Encouragement un rapport du Comité de salubrité de la ville de Paris , sur la construction des latrines publiques et sur l’assainissement des latrines et des fosses d’aisances. Dans l’impossibilité «le donner ce rapport en entier (1), nous nous contenterons d’en publier un extrait et nous ferons connaître en même temps les autres travaux de M. d’Arcet relatifs à l’assainissement des cuisines et des salles de spectacle, et à la construction de nouveaux soufroirs. Déjà nous avons inséré dans le Bulletin, N°. CLXXX , dix-huitième année , page 194, une description détaillée de son ingénieux appareil à l’usage des doreurs sur métaux.
- 1°. Latrines inodores. On sait qu’il est peu de maisons qui ne soient plus ou moins infectées par la mauvaise odeur qui s’exhale des latrines, et que les gaz délétères qui se dégagent des fosses d’aisances présentent une cause puissante d’insalubrité que l’on doit éloigner avec soin des habitations.
- Pour remédier à ces graves inconvénients, M. d'Arcet propose un moyen simple, sûr, peu coûteux, indépendant de la volonté de l’homme, et déjà employé depuis longtemps pour l’assainissement des galeries de mines; il consiste dans l’application de la ventilation par l’air échauffé ; mais pour obtenir le succès désirable, il faut établir une ventilation forcée et continue, ce qui ne s’est pas fait jusqu’à présent.
- Une cheminée d’appel , en tôle , disposée à l’une des extrémités de la maison et élevée de deux mètres au-dessus du toit, aboutit à la fosse, avec laquelle elle communique librement ; en échauffant cette cheminée, soit par une lampe placée dans l’intérieur, soit par un poêle, soit en la faisant passer derrière la cheminée de la principale cuisine de la maison _, l’air qu’elle renferme se raréfie, et il s’établit un courant ascensionnel qui entraîne tous les miasmes délétères ; l’air destiné à opérer la ventilation pénètre par l’ouverture du siège et par chaque tuyau de chute dans la fosse ; il la parcourt dans toute sa longueur, passe de là dans la cheminée d’appel et va se perdre dans l’atmosphère au-dessus du toit : cet air doit être pris au dehors du cabinet d’aisance, au moyen d’un vasistas placé autant que possible au nord sur une cour, sur une rue ou sur un jardin.
- On conçoit qu’un tel courant, régulièrement établi, est le plus sûr moyen
- réunit plusieurs avantages ; seulement il faut humecter souvent la pierre, ce qui demande du temps, et le tranchant, quoique très-vif, est un peu dur, défaut qu’on fait disparaître, néanmoins, en passant le rasoir sur un bon cuir. (N. D. R.)
- (t) Ce rapport, ainsi que les autres instructions du Comité de salubrité sur les appareils de M. d’Arcet, se trouve chez Bachelier, libraire, quai des Augustins, n°. 55.
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- d’assainissement que l’on puisse appliquer aux latrines. Ici les sièges sont non-seulement rendus inodores par le système de ventilation continue, mais les cabinets où ces sièges se trouvent placés, étant traversés par un courant d’air convenable, sont par là même complètement assainis et désinfectés. Il est évident que la désinfection est d’autant plus complète qu’il passe plus d’air dans le cabinet et à travers la fosse. Le vasistas doit donc toujours rester ouvert, et l’ouverture des sièges ne doit jamais être entièrement fermée : pour cela , ou ne doit pas mettre de bonde à la cuvette ; il faut en laisser l’ouverture inférieure libre et recouvrir seulement le siège d’une planche ou couvercle fermant mal et permettant toujours à une petite portion d’air de pénétrer dans le tuyau de chute, en s’introduisant par l’espace vide ménagé entre le dessus du siège et son couvercle.
- Une soupape placée sur la cheminée d’appel servira à y régler la vitesse du courant d’air, de manière à ne pas refroidir et incommoder les personnes qui feront usage de ces latrines, et à n’établir juste sur les sièges que la ventilation convenable pour les rendre inodores (1).
- 2°. Cuisines salubres et économiques. L’insalubrité des cuisines est due à deux causes : la première se trouve dans l’usage où l’on est de ne pas construire les fourneaux de cuisine sous le manteau de la cheminée, et de laisser répandre librement la vapeur du charbon dans la pièce ; la seconde provient du faible tirage des cheminées de cuisine , effet qui a lieu soit par suite du mauvais rapport établi entre les ouvertures des manteaux des cheminées et la capacité de leurs tuyaux, soit parce qu’il s’v établit un courant d’air descendant, commandé par le tirage plus fort d’une cheminée voisine , ou par l’ascension de la couche d’air échauffée le long d’un mur voisin exposé au midi, couche d’air qui fait alors le vide dans la cuisine en montant et en passant devant les croisées.
- Pour obvier à ces défauts , M. d’Arcet construit les fourneaux sous le manteau de la cheminée, et il y établit en tout temps un tirage suffisant dont on peut accélérer la vitesse selon le besoin , soit à l’aide d’un appel convenablement ménagé, soit au moyen de rideaux coulant sur des tringles , qui peuvent à volonté servir à fermer en tout ou en partie l’ouverture qui se trouve entre le manteau de la cheminée et la partie supérieure du fourneau de cuisine. Plus on ferme ces rideaux, plus le courant d’air ascendant devient rapide dans le tuyau de la cheminée, et moins les gaz délétères et les odeurs désagréables peuvent se répandre dans la cuisine.
- (1) Le moyen que nous venons d’indiquer a été appliqué avec beaucoup de succès pour désinfecter les latrines de l’hôpital Saint-Louis : il l’a été également aux fosses d'aisances publiques, situées rue des Filles-Saint-Thomas, vis-à-vis la rue des Colonnes.
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- L'économie du combustible résulte soit de la suppression totale du foyer ordinaire , soit de l’emploi de plusieurs appareils économiques , tels que le fourneau potager, la coquille à rôtir, la cafetière-porte, les fourneaux de cuisine servant à volonté d’étouffoir, le four et la chaudière sous lesquels ou substitue au bois le charbon de terre, et où le combustible brûle dans un foyer fermé.
- 3°. Nouveaux soujroirs. Les soufroirs sont ordinairement de simples chambres, de petits cabinets, des coffres en bois fermant bien, et dans lesquels on expose les tissus de laine ou de soie et d’autres matières que l’on veut blanchir, à la vapeur du soufre en combustion. Le soufre est placé dans un vase posé sur le sol de la chambre et de manière à ne pas s’exposer à mettre le feu aux marchandises enfermées dans le soufroir ; on allume le soufre, l’ouvrier se retire et ferme la porte exactement.
- Le soufre brûle et s’éteint bientôt, l’acide sulfureux formé se répand dans la pièce, et produit sur les tissus ou sur les matières qui y sont exposées l’effet particulier qu’on veut obtenir. On laisse le soufroir fermé pendant le temps convenable, après quoi l’on ouvre les portes et les croisées pour laisser échapper dans l’air l’acide sulfureux et les gaz délétères dont le soufroir est plein,- et qui causeraient l’asphyxie ou la mort de l’ouvrier qui y pénétrerait sans avoir pris cette précaution.
- M.. dAreet propose d’assainir les soufroirs en construisant ces ateliers de telle manière que l’on puisse y renouveler l’air à volonté , et rejeter à une grande hauteur et au-dessus des toits les gaz délétères qui s’y forment et qu’on ne pourrait impunément respirer.
- Son appareil est muni de deux croisées qui servent à éclairer l’intérieur et qui doivent clore exactement. L’acide sulfureux et les gaz délétères s’échappent par une ouverture fermée par une porte à coulisse , qui se manœuvre du dehors au moyen d’une corde graissée et passant sur des poulies de renvoi placées convenablement. Une grande cheminée les conduit au-dessus du toit de la maison et à la plus grande élévation possible. L’ascension des gaz est forcée dans cette cheminée au moyen d’un fourneau d’appel, qui peut être celui d’un poêle ordinaire ou celui du fourneau d’une chaudière qui serait utilisé pour le travail de la fabrique. Le tuyau de ce fourneau doit être garni d’une clef ou soupape, pour en fermer l’ouverture lorsqu’on ne se sert pas de l’appareil. La cheminée ne doit communiquer ni avec des poêles ni avec d’autres cheminées aux étages supérieurs ; on lui conserve toute l’ouverture qu’elle a vers le haut, et on la couvre seulement d’un toit en tôle pour empêcher la pluie d’y pénétrer.
- Voici les précautions à prendre pour bien conduire l’appareil.
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- Lorsqu’on veut se servir du soufroir, on commence par s'assurer que tes fenêtres sont bien calfeutrées ; on place les tissus que l’on veut exposer à la vapeur du soufre , sur des perches ou sur des cordes , et on fait un peu de feu dans le poêle ou dans le fourneau d’appel. Cela terminé, on met la quantité de soufre que l’on croit nécessaire dans des vases destinés à cet usage, et que l’on place dans l’endroit le plus convenable pour répandre le plus également possible l’acide sulfureux dans la pièce, sans risquer de mettre le feu aux tissus ou d’en trop échauffer une partie. On allume le soufre ; on ferme aussitôt la porte d’entrée ainsi que la chatière pratiquée dans cette porte, et on lève la porte de sortie en tirant la corde qui y est attachée : on accroche cette corde à un clou pour tenir la porte ouverte.
- L’air du soufroir s’échauffe, se dilate, et l’augmentation de volume en force une partie à passer par la porte pour s’élever dans le tuyau de la cheminée , où le courant ascensionnel, déterminé par le fourneau d’appel, l’oblige d’ailleurs à monter. Au bout de quelques minutes, après que tout le soufre est bien allumé et quel’équilibreest établi, on ferme presque entièrement la porte de sortie, et on laisse tout l’appareil en cet état le temps convenable pour que l’opération que l’on y pratique se fasse bien. Lorsqu’elle est terminée et qu’on veut ouvrir le soufroir pour en retirer les marchandises , il ne reste qu’à prendre les précautions suivantes :
- Avant d’ouvrir la porte d’entrée , on allume un peu de feu dans le fourneau d’appel, on ouvre entièrement la porte de sortie , et on élève un peu la chatière de la porte d’entrée. On élève de plus en plus et de quart d’heure en quart d’heure cette chatière ; on la laisse enfin entièrement ouverte pendant le temps que l’expérience en indiquera la nécessité.
- Le courant ascensionnel , déterminé dans le tuyau de cheminée par le fourneau d’appel, oblige l’air atmosphérique à pénétrer dans le soufroir par la chatière. Cet air se mêle avec les gaz délétères et les entraîne au dehors avec lui, en passant par la porte de sortie et par la cheminée qui leur donne issue à une grande hauteur et au-dessus des toits. Cet écoulement continuel rend bientôt l’air du soufroir respirahle. Lorsque l’odeur de l’acide sulfureux a disparu et que l’on peut pénétrer dans le soufroir sans danger, on ouvre la porte d’entrée , et on travaille alors dans le soufroir sans y être incommodé, et comme on le ferait dans un atelier ordinaire. En laissant les portes d’entrée et de sortie ouvertes et le fourneau d’appel allumé, on a l’avantage de continuer la ventilation du soufroir et de diminuer d’autant l’odeur que portent avec eux les tissus qui ont été exposés à la vapeur sulfureuse. On vide ainsi le soufroir avec le moins de gêne possible pour l’ouvrier, et sans inconvénient pour les voisins de la fabrique.
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- 4°. Assainissement des salles de spectacle. Le système de ventilation au moyen de l’air échauffe a été appliqué avec le plus grand succès à l'assainissement de la salle de l’Opéra. Dans le plan que M. cEArcet en a donné, il a indiqué la construction d’une grande cheminée d’appel à la partie supérieure du milieu de la salle, au-dessus du lustre, et une seconde principale cheminée d’appel à la partie supérieure du théâtre, afin d’enlever dans la première les produits de la respiration et les émanations de toute la salle, en renouvelant l’air par 2,400 tuyaux placés sous les loges, et qui prennent, en hiver, l’air des corridors échauffés par un calorifère placé dans la cave, et, en été, l’air frais de la cave introduit dans les mêmes corridors (1). La deuxième cheminée d’appel renouvelle l’air du théâtre, et est susceptible d’un puissant tirage, afin de faire disparaître promptement les fumées que l’on produit dans certaines circonstances. On remarque de plus une disposition fort ingénieuse, à l’aide de laquelle on peut momentanément faire entrer l’air dans la salie en le tirant du fond du théâtre ; il passe alors de la salle dans les corridors, et de là dans la cheminée d’appel du lustre, et amène ainsi aux spectateurs la voix faible d’un acteur, en lui servant de véhicule, et de manière à augmenter et faire entendre fort distinctement tous les sons faiblement articulés. Cet effet curieux s’opère très-facilement à l’aide d’un jeu de soupapes fort simple.
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- AGRICULTURE.
- Rapport fait par M. Hachette, au nom d’une Commission spécialej sur une charrue-araire d’Amérique, présentée a la Société par M. Barnet, consul des Etats-Unis d Amérique, a Paris.
- Vos commissaires chargés d’examiner la charrue-araire d’Amérique, qui vous a été présentée par M. Barnet, consul des États-Unis, se sont adressés à M. Benoist, de Villejuif, dont le zèle pour les progrès de l’agriculture leur était bien connu, et lui ont manifesté le désir de faire l’essai de cette charrue sur ses domaines. M. Benoist fit de suite transporter la charrue à Villejuif, et, au jour convenu, 13 juin 1822, il s’est réuni à vos commissaires avec plusieurs cultivateurs, ses voisins et ses amis.
- (1) On est parvenu, à l’aide de ces procédés, à obtenir dans toutes les parties hautes et basses de la salle une température égale, à un degré près.
- Pingt-unième année. Août 1822. L 1
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- M. Guillaume fut invité à assister aux expériences ; il eut la complaisance de s’entendre avec M. Benoist sur les préparatifs nécessaires.
- On se transporta d’abord sur un champ de trèfle, et nous y trouvâmes, à côté de l’araire américaine, les charrues à avant-train que M. Benoist emploie ordinairement.
- L’araire présentée par M. Barnet diffère de l’araire écossaise, dont la description se trouve dans le Recueil de M. Leblanc, PL 29 et 30, en ce que la haie et les mancherons sont en bois sur la première, et en fonte de fer sur la seconde. Elles ont l’une et l’autre un soc et un versoir en fonte, terminé extérieurement par une seule surface courbe, continue.
- Tout étant disposé, M. Guillaume conduisit l’araire américaine sur le champ de trèfle à défricher. Vos commissaires ont d’abord observé qu’elle remplissait parfaitement son objet ; que le gazon était coupé net et bien retourné ; que les chevaux n’étaient pas fatigués : ils se sont ensuite occupés de la mesure du tirage.
- Les trois charrues furent transportées sur une terre à blé qui avait reçu une première façon; chacune d’elles était tirée par deux chevaux. Le terrain présentait peu d’inégalités dans la pente; il était bien nettoyé de pierres et de racines, en sorte que le peson ou dynamomètre ne changeait pas sensiblement de tension sur une longueur assez considérable de sillon : on a pris cette tension pour le tirage moyen.
- L’une des charrues à avant-train était de la construction de M. Guillaume; l’autre était du pays. On a trouvé en répétant les expériences :
- 1°. de 110 à 120 kilogrammes, avec la charrue Guillaume tirée par deux chevaux, ou 55 à 60 kilogrammes par cheval ;
- 2°. de 130 à 140 kilogrammes, avec une vieille charrue du pays, dont le versoir en bois était lisse et se dépouillait parfaitement de la terre, ce qui n’avait pas lieu sur la charrue Guillaume, ni sur l’araire américaine ;
- 3°. de 180 à 190 kilogrammes pour la charrue américaine, avec deux chevaux, comme sur les précédentes. Le sillon avait en profondeur, pour les trois charrues, environ 1 décimètre ; la largeur, qui était de 3 décimètres pour les charrues à avant-train, n’avait que 22 centimètres avec l’araire.
- Les cultivateurs, témoins des expériences, ont pensé que l’augmentation de tirage qui s’est fait remarquer sur la charrue américaine devait être attribuée à la manière de la conduire, et aux irrégularités du mouvement de l’araire, qu’on ne peut éviter qu’aprés une longue expérience : vos commissaires partagent cette opinion.
- L’araire amér icaine se vend en Amérique 75 francs (ou 14 piastres).
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- Nous avons l’honneur de vous proposer :
- 1°. D’adresser des remercîmens à M. Benoist, maître de poste à Villejuif, qui a secondé les vues de la Société en procurant, tant en hommes qu’en chevaux, tous les moyens d’expériences qui étaient à sa disposition ;
- 2°. D’ordonner que l’araire américaine sera dessinée par plan et profil, et qu’on y joindra une légende explicative pour les constructeurs d’instrumens aratoires; /
- 3°. Que le présent rapport sera envoyé à M. Barnet, avec les remercîmens de la Société pour sa communication, et qu’il sera inséré dans le Bulletin.
- Adopté en séance, le 26 juin 1822.
- Signé Hachette, rapporteur.
- Explication des figures de la Pl. 228.
- Fig. 1. Élévation de la charrue-araire américaine, vue du côté opposé au versoir.
- Fig. 2. Plan de l’araire.
- Fig. 3. Élévation du versoir et du soc.
- Fig. k. Vue par-derrière du versoir, montrant la courbe qu’il décrit.
- Fig. 5. Pian du corps de la charrue.
- a, la haie en bois; b b, les mancherons aussi en bois; c, le coutre dont le talon passe à travers une mortaise pratiquée dans la haie, où il est fixé par un coin d et par un anneau e;f, versoir en fonte assujetti par deux boulons et terminé extérieurement par une seule surface courbe, continue; g, soc aussi en fonte, fixé par deux boulons sur le versoir; h, sep ou corps de la charrue; i, plate-bande en fer, boulonnée sur la haie, et servant à réunir le versoir avec le sep ; k, tringle en fer destinée à consolider la plate-bande et à la réunir avec le talon du corps de la charrue; /, pièce en fer montée sur le bout de la haie, et taillée en crémaillère ; elle a pour objet de fixer à la hauteur convenable la bride d’attelage. Cette combinaison permet de faire varier le point d’application de la force de traction, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal, suivant que peut l’exiger la profondeur ou la largeur du labourage : c’est ce que les laboureurs désignent par la faculté de faire plonger et rivotter la charrue (1).
- (1 Nous donnerons dans un prochain N° du Bulletin le dessin détaillé, par plan, coupe et profil, du versoir f, qui forme la partie importante de l’araire américaine.
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- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Mémoire sur le houblon, sa culture en France et son analyse, etc.; par MM. Payen et Chevallier.
- Les parties du houblon (lupulus fœmina') qui servent pour la fabrication de la bière sont, comme chacun sait, des cônes écailleux, comprimés, contenant la graine, et naissant en petites panicules dans les aisselles des feuilles. M. Planche avait, il y a quelques années, signalé, comme principe amer et odorant de ces cônes membraneux, de petits grains brillans, jaunâtres, pulvérulens, qui y sont renfermés, et garnissent l’écaille calicinale qui forme cette enveloppe. Le docteur Yves, de New-York, s’est occupé, en 1821, de l’analyse et de l’emploi, dans les arts et dans la médecine, de cette poussière jaune du houblon.
- MM. Payen et Chevallier viennent de traiter ce sujet d’une manière étendue et très-satisfaisante. Leur mémoire contient une série de faits importans sur les avantages qui doivent résulter, dans la fabrication de la bière, de l’emploi de la poussière jaune, isolée du houblon. On y voit que cette poussière jouit à elle seule de toutes les propriétés qu’on avait attribuées pendant longtemps aux cônes entiers, et qu’elle est le siège de l’huile volatile, aromatique, du principe amer, de la résine, toutes substances qui concourent à la bonne qualité de la bière et à sa conservation ; qu’étant une fois privées de la poussière jaune, les feuilles calicinales du houblon sont dépourvues d’odeur, qu’elles ne sont que faiblement amères et ne fournissent pas de résine à l’alcool; enfin, que le houblon, si l’on peut s’exprimer ainsi, est tout entier dans la poussière jaune.
- Il résulte du travail de MM. Payen et Chevallier, 1° que la bière qu’ils ont faite avec cette substance, séparée par le tamis des groupes écailleux du houblon, était d’un jaune moins foncé, d’une odeur plus aromatique et d’un goût plus agréable que celle qui est préparée avec les cônes; 2°. que l’emploi de dix parties de cette substance équivaut à cent de houblon; 3°. que cette poussière ainsi séparée pourra s’expédier plus facilement et à moins de frais à de plus grandes distances. Des essais comparatifs d’analyse, faits sur des houblons de divers pays, y ont fait reconnaître les mêmes principes, mais dans des proportions différentes : le houblon français contient plus d’huile essentielle que celui de Belgique, et moins que celui d’Angleterre. Les houblons récemment récoltés fournissent plus d’huile essentielle et moins de résine que ceux qui sont anciennement recueillis.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE ), rue de l’Éperon-Saint-André-des-Arcs, n°. 7.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. ( N°. CCXIX.) SEPTEMBRE 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description dun plan incliné mobile ambulant, inventé par M. A..-P. Guilbaucl, de Nantes.
- L’avantage résultant de l’emploi du plan incliné mobile pour faire travailler des chevaux là où il serait impossible, par l’exiguïté de l’espace, d’établir un manège, est aujourd’hui bien démontré par l’expérience qui a eu lieu sur un bateau qui a navigué pendant quatre mois sur la rivière d’Er-dre, entre Nantes et Nort (1). L’auteur voulant donner à cet appareil un but d’utilité plus général, l’a établi sur une charpente en forme de chariot, portée sur deux roues ; il peut, au besoin , être conduit d’un endroit à un autre, en y attelant un ou plusieurs chevaux. Parce moyen, cet appareil peu volumineux pourra être employé dans plusieurs circonstances, soit pour mettre en mouvement une noria destinée aux arrosemens, une machine à battre le blé, un moulin à moudre, un moulin à cidre à cylindres, un moulin à foulon, un moulin à tan, des scieries dans les forêts, soit pour élever les eaux des puits de mines, etc.; enfin il conviendrait parfaitement dans une grande exploitation rurale et dans tous les travaux qui exigent l’emploi de machines mues par des animaux.
- Cette machine peut être construite en tous lieux et par le premier ouvrier
- (I) Voyez le rapport de M. Tarbé sur ce bateau nommé zoolique, inséré dans le Bulletin du mois fie juillet dernier.
- Vingt-umeme année. Septembre 1822. M m
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- intelligent, charpentier et serrurier. Les réparations sont peu considérables et consistent principalement dans l’usure des tasseaux sur lesquels marchent les chevaux, et qui peuvent être facilement changés et réparés par l’homme qui conduit le travail.
- Explication des figures de la PL 229.
- Fig. \. Elévation d’une machine à un seul cheval.
- Fig. 2. Plan de la même machine.
- Fig. 3. Un des chaînons à charnière de la chaîne sans fin, vu en plan et en élévation.
- Fig. 4. Elévation et plan de plusieurs chaînons assemblés, garnis de leurs madriers.
- Fig. 5. Plan et profil d’un pont servant à faire monter le cheval sur l’appareil ou à le descendre.
- Ces trois dernières figures sont dessinées sur une plus grande échelle.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, charpente formant le chariot ; B B, châssis sur lequel est établie la mécanique ; C C, montans portant la cage où travaille le cheval ; D, chaîne sans fin composant le plan incliné mobile ; E E , coussinets en cuivre qui reçoivent les axes des roues et des tambours; FF, appareil servant à tendre ou à détendre la chaine sans fin, au moyen de vis de rappel qui entraînent avec elles les coussinets du tambour inférieur; GG, bouts équarris de l’arbre du tambour supérieur qui se prolonge à l’extérieur, et auxquels peuvent être appliqués une noria, un pignon, un excentrique ou tout autre mécanisme ; H H, roues du chariot ; 11, brancards du chariot ; K, brancards de travail ; le cheval y est attaché par son collier, sur lequel il s’appuie en partie, ainsi qu’on le voit,fig. \ ; L, mangeoire; MM, deux planches réunies au moyen des tasseaux et des crampes en fer, et formant le pont,
- fig- 5-
- aaaf Madriers qui, par leur réunion, composent le plan incliné ; b b, tenons en fer fixés à l’extrémité de chaque madrier et rivés en dessous ; ils assujettissent les tasseaux sans qu’il soit besoin de les clouer; ccc, tasseaux sur lesquels marche le cheval; d, tambour supérieur; e, tambour inférieur : on a pratiqué autour de la circonférence des échancrures dans lesquelles engrènent les nœuds g g des charnières de la chaine sans fin ; h h, rouleaux destinés à empêcher le plan de fléchir sous le poids du cheval; i, jig. 3 et 4 , chaînon en fer ; k , boulon à écrou pour fixer chaque madrier à la chaîne ; 11, clavette servant à réunir les chaînons ; m, trou
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- carré plus large en dessous qu’en dessus, pour loger la tête fraisée du boulon k.
- Quand on veut faire fonctionner l’appareil, on détache les roues du chariot et on le pose sur le terrain, comme on le voit Jîg. \ ; on le met de niveau et on l’assujettit de chaque côté avec les brancards, qui se placent et s’enlèvent à volonté.
- L’appareil pourra être arrêté à volonté au moyen d’un frein composé d’une longue pièce de bois ayant des aspérités, et fixée au moyen d’un boulon sous la machine par l’une de ses extrémités. Ce frein pourra frotter for-temënt sous le plancher en élevant l’autre bout à l’aide d’un contre-poids. Pour plus grande sécurité, le plancher devra être muni d’un encliquetage; et afin d’éviter les accidens fâcheux qui pourraient arriver si le cheval venait à s’abattre, il portera une large sous-ventrière, placée à quelques pouces de son ventre et communiquant au frein au moyen d’un cordon et d’une détente : de telle sorte que si les jambes de devant venaient à lui manquer, il se trouvera soutenu par la sous-venti'ière, qui, recevant le choc, fera partir la détente et dégagera le frein, ce qui arrêtera sur-le-champ le mouvement de la machine.
- Nous n’avons pas cru devoir faire dessiner ce mécanisme, afin d’éviter la confusion.
- L’auteur assure que le travail des chevaux n’est pas très-pénible, et qu’ils peuvent marcher huit à dix heures consécutives sans avoir besoin de repos : il est inutile de leur bander les yeux, et ils s’échauffent moins vite. Les chevaux, pour ce travail, doivent être attelés et harnachés comme les chevaux de brancard des voitures.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques, sur un appareil nommé Disparaît, destiné a abriter, au besoin, les personnes qui voyagent dans des voitures découvertes,
- Depuis que la mode a introduit l’usage de ces légères voitures à deux places, nommées tilbury, qui sont découvertes de tous côtés, on a senti l’inconvénient, dans un climat aussi variable que le nôtre, de voyager dans ces élégantes voitures où rien ne peut garantir des ardeurs du soleil et des averses imprévues. M. Leclerc, carrossier très-intelligent, demeurant rue d’Anjou-Saint-Honoré, n°. 60, a conçu le projet de faire naître tout-à-coup et à volonté un abri qui, sans ajouter au poids du tilbury, sans causer aucun embarras, disparaît lorsqu’on le juge à propos. C’est cet appareil, que pour
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- cette raison il a nommé un disparaît, qui a fait le sujet de l’examen du Comité des arts mécaniques.
- Le problème était difficile à résoudre ; car non-seulement il fallait que ce parapluie ou parasol fût léger et impénétrable, qu’il se développât et repliât sans arrêt et sans difficulté, et qu’il eût l’étendue convenable pour ne point gêner les mouvemens ou l’attitude du voyageur; il fallait encore qu’unissant la souplesse à la rigidité, il fût capable de résister aux coups de vent qui l’attaquent avec beaucoup d’avantage, puisqu’en s’y engouffrant, l’air agit sur une grande surface et à l’extrémité d’un long levier.
- M. Leclerc a très-bien rempli les conditions que nous venons d’énumérer. Dans l’état ordinaire, le disparaît est caché et replié dans une gouttière qui règne sur le pourtour de la voiture, où on ne soupçonnerait pas même qu’il existe. Lorsque le besoin s’en fait sentir, on le sort de sa loge, on le développe en un instant : les rayons de baleine qui lui servent de soutien s’épanouissent en tournant sur de fortes charnières en cuivre; la tenture de taffetas s’élève au-dessus de la tête et imite la capote d’un cabriolet ordinaire, et comme les rayons sont arc-boutés de manière à s’opposer à l’effort d’avant en arrière, plus le vent sera fort dans cette direction, qui offre le plus de résistance, et plus l’abri aura de solidité ; redevient-il inutile, on le reploie aisément, le taffetas se plisse sur les rayons, et le disparaît rentre dans sa loge. Ce même appareil peut être adapté à toutes sortes de voitures, telles que calèches, cabriolets, etc., imitant la capote des carrosses dits landau; on le loge de môme dans les accotoirs, qui d’ailleurs sont matelassés et piqués de la manière accoutumée. On pourrait employer pour la tenture le taffetas gommé, la toile cirée, le drap imperméable ou même le cuir ; mais l’expérience a montré que le taffetas simple est moins volumineux, se coupe moins, se ploie mieux, se conserve plus long-temps, se loge plus aisément et donne un abri aussi complet.
- M. Leclerc est un artiste intelligent; il a montré aux membres de votre Comité plusieurs inventions de son art qui sont dignes d’intérêt. Nous avons particulièrement remarqué un mécanisme d’enrayage fort ingénieux. Le maître n’a qu’un cordon à lâcher, et le sabot, qui est placé sous la voiture, descend de lui-même et tombe sous la roue : ce sabot est fixé au bout d’une barre oblique en fer, qui est mobile autour de son autre bout, et soutenue sous la caisse. Le cordon qu’on détache de l’intérieur abandonne ce levier, qui, en tournant sur son extrémité, va apporter le sabot sous la roue. Non-seulement le postillon n’est obligé de descendre de cheval que pour ôter le sabot, et non pour le mettre en action, ce qui fait gagner du temps ; mais encore le maître ne voit plus sa vie confiée à la témérité ou à l’ivresse d’un
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- postillon, sourd aux cris de celui qui lui ordonne une mesure de prudence, et qu’il est hors d’état de comprendre.
- Les membres du Comité des arts mécaniques vous proposent, Messieurs, d’accorder à M. Leclerc votre approbation pour son disparaît et son procédé d’enrayage, et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Signé Francoeur, rapporteur. Adopté en séance, le 4 septembre 1822.
- Description de Vappareil nommé Disparaît.
- Lafig. 1r*. de la Pl. 230 représente un tilbury ordinaire garni de sa capote ou disparaît en taffetas. La carcasse sur laquelle est montée cette capote est entièrement en baleine, les charnières seules sont en cuivre : malgré cette apparente légèreté, le disparaît résiste très-bien aux coups de vent, et les cahots du tilbury roulant sur le pavé ne nuisent point à sa solidité.
- Le mécanisme destiné à lever et à abattre cette nouvelle capote diffère de celui employé pour les capotes ordinaires en cuir, en ce que le premier se manœuvre de l’intérieur et sans avoir besoin d’arrêter la voiture ,* tandis que l’autre se manœuvre à l’extérieur, au moyen de leviers en fer à charnières, nommés compas, qui augmentent considérablement le poids du véhicule.
- Les cerceaux en baleine tournent autour de trois charnières principales abc et se réunissent tous au point b, qui est le centre de mouvement. La charnière b est fixée à l’extrémité d’une forte branche en cuivre e, mobile autour du point d, et portant une queue ou talon j, qui est arrêtée par un verrou g, fig• 2, lorsque la capote est développée. Cette capote, pour pouvoir résister aux efforts du vent, est maintenue en avant par le cerceau h mobile autour de la charnière a, et arc-bouté par le cerceau i, lequel s’appuie comme les autres sur la charnière b (1 ).
- Lorsqu’on veut déployer le disparaît, on commence par ouvrir les panneaux rembourrés qui recouvrent la gouttière dans laquelle il se loge ; on relève de chaque côté les branches de cuivre, qui, en tournant autour du point d, décrivent la courbe de a en b. Ce mouvement entraîne celui de tous les cerceaux, qui se meuvent sur les charnières a et b et décrivent l’arc de
- ( i ) Un mécanisme à pau-près semblable, inventé par M. Mathews, de Londres, est décrit dans !e K°. CXCIV du Bulletin, dix-neuvième année, page 229.
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- cercle de v en c : ils se trouvent définitivement arrêtés par le cerceau de devant h, qui ne peut plus reculer dès qu’il est arc-bouté par le cerceau i. La capote étant entièrement développée, ainsi que le montre la Jig. X, on arrête la branche e par le verrou g qui s’engage dans le talon J, et on ferme les gouttières.
- Veut-on ployer la capote, on commence par rabattre les panneaux des gouttières, ensuite on dégage la queue de la branche e en tirant le verrou g, et on couche cette tige en avant de b en a; ce mouvement dégage le cerceau h, qui, en tournant sur la charnière «, se ploie en arrière et suit la ligne ponctuée de c en v : les autres cerceaux k, lll tournent en même temps sur la charnière b, et viennent se coucher dans la gouttière au point v; finalement on referme les accotoirs, et le tilbury est rétabli dans son premier état.
- Le taffetas de la capote est attaché autour de l’accotoir et tendu dans le fond par le cerceau k.
- Cet appareil peut être adapté à toutes sortes de voitures, telles que calèches, cabriolets, etc.; il imite la capote des carrosses dits landau , et se loge de même dans les accotoirs, qui sont piqués et matelassés de la manière ordinaire ; mais c’est particulièrement aux berlines et aux coupés qu’il devient avantageux d’appliquer le disparaît : par ce moyen, ces voitures se transforment à volonté en calèches. Voici comment s’opère cette métamorphose.
- La caisse est disposée de manière que la partie supérieure peut s’enlever et se replacer à volonté : pour cet effet, les montans s’engagent dans des mortaises ménagées dans les panneaux, où ils sont arrêtés par des verroux. Dans cet état, la voiture forme, soit une berline, soit un coupé, qui possèdent tous les avantages des voitures de ce genre ; mais aussitôt que la partie supérieure est enlevée, ce qui s’opère très-promptement, on jouit d’une calèche entièrement découverte, qui est bien plus agréable que les calèches ordinaires, puisqu’elle est débarrassée de la capote de cuir, contre laquelle on risque de se frotter et de se salir, et qu’elle laisse la vue plus libre. Maintenant, si pendant la promenade on est incommodé par la poussière ou le soleil, ou qu’on soit surpris par un orage, on déploie le disparaît caché dans les accotoirs, et on se trouve parfaitement à l’abri. La Jig. 3 présente un coupé de cette espèce, dont la partie supérieure a été enlevée : cette partie est figurée par le petit papillon collé par son bord supérieur; les lignes ponctuées indiquent le disparaît déployé. C’est ainsi qu’une voiture peut tour à tour et plusieurs fois dans la même journée servir pour la ville et pour la campagne, puisque la métamorphose s’opère en cinq minutes. En un mot, cette voiture
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- forme, à elle seule, deux voitures entièrement distinctes, à raison des diffé-rens usages auxquels on veut l’employer.
- Nous ajouterons que la partie supérieure s’enlève au moyen d’une corde, attachée à un anneau fixé ail milieu de l’impériale et passant dans une poulie vissée au plafond de la remise : cette partie de la voiture reste ainsi suspendue pendant qu’on est à la promenade ; lorsqu’on veut la replacer, il suffît, après avoir amené la voiture directement au-dessous, de lâcher la corde et d’engager les montans dans les mortaises disposées pour cet effet.
- Description de Venrayoir.
- L’enrayoir de M. Leclerc se compose d’un sabot en fer m,jig. 3, fixé au bout d’une barre oblique n, mobile autour d’une charnière o également oblique, adaptée sous l’essieu de derrière. Une corde p, qu’on peut manœuvrer de l’intérieur de la voiture ou depuis le siège du cocher, passe dans un anneau q et dans une petite poulie r, et s’attache à la barre oblique au point v; elle sert à relever le sabot contre la flèche lorsqu’on n’en fait pas usage. On accroche cette corde à un piton ^ fixé sous la pente du siège intérieur de la voiture. Lorsqu’on veut enrayer on lâche la corde, et le sabot tombe directement sous la roue, point qu’il ne peut dépasser, parce que le centre de mouvement de la barre oblique étant en avant du centre de la roue, le levier est trop court pour pouvoir mener le sabot sur tous les points de la circonférence. Cependant, comme il pourrait arriver que, par un effort considérable, quelque partie de l’enrayoir vint à se déranger, le sabot est muni d’une chaîne t, accrochée en u : cette chaîne n’a pas besoin d’être très-forte, le sabot offrant une résistance suffisante pour tous les cas ordinaires.
- Extrait d’un rapport fait à la Chambre des communes d’Angleterre, au mois de juin 1822, sur la navigation par le moyen des bateaux à vapeur.
- Le rapporteur, après avoir rappelé l’origine des bateaux à vapeur, qu’il fait remonter à l’année 1736 et dont il attribue l’invention à un Anglais, M. Hull, rend compte des diverses tentatives qui ont été faites, tant en Angleterre qu’en Amérique, pour appliquer ces bateaux à la navigation des rivières et des canaux. Cette partie du rapport n’est que le résumé des no-
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- tices sur le meme sujet, insérées dans les Bulletins, N°. CI, onzième année, page 267, N°. CXX, treizième année, page 133, et N°. CXXXVII, quatorzième année, page 264, auxquels nous renvoyons nos lecteurs.
- Arrivant à une époque plus récente, le rapporteur annonce que ce fut en 1818 seulement, qu’on employa le premier bateau à vapeur pour faire un voyage régulier par mer entre Grenock et Belfast : ce batiment, du port de 90 tonneaux, était mu par une machine à vapeur de la force de trente-six chevaux. En 1819, un autre bateau de 150 tonneaux et muni de deux machines à vapeur, chacune de la force de trente chevaux, servit au transport des voyageurs d’Angleterre en Irlande et retour; et quoique la mer soit en général très-mauvaise dans le canal d’Irlande et que le navire eût essuyé quelques coups de vent violens, il résista très-bien et n’éprouva aucune avarie. Un second bateau fut établi pour le même service en 1820, et l’année suivante, des bateaux destinés au passage des diligences et des malles furent placés à Douvres et à Hoîyhead.
- Pendant ces trois dernières années, ce nouveau système de navigation a reçu un accroissement considérable : aujourd’hui les voyages de mer s’effectuent régulièrement entre l’Ecosse et l’Irlande, et entre ce dernier pays et l’Angleterre, au moyen de bâtimens à vapeur d’un fort tonnage et portant des machines très-puissantes. Ce système a même été appliqué à plusieurs bacs établis sur les rivières d’Ecosse, et on en a tiré de grands avantages pour la promptitude des communications et le transport des denrées d’une province à l’autre.
- L’expérience a démontré que lorsque les bateaux à vapeur sont, solidement construits ils peuvent résister aux plus fortes tempêtes et mettre en mer par les plus gros temps, tandis que les navires à voiles sont alors retenus dans les ports. Cet avantage suffirait seul pour leur assurer la préférence sur ces derniers; mais il est encore une autre considération qu’on peut faire valoir en leur faveur. Dans les mers de l’Inde et principalement près de la ligne, les vaisseaux sont souvent surpris par un calme plat qui rend toute navigation impossible pendant plusieurs semaines : alors l’équipage consomme ses appro-visionnernens en pure perte, et le ravitaillement devient quelquefois fort difficile. Les bateaux à vapeur n’ont pas cet inconvénient : aucun obstacle ne peut arrêter leur marche, si ce n’est le manque de combustible; mais ce cas est prévu et l’économie qu’on a obtenue par une construction mieux entendue des foyers permet d’embarquer une quantité de charbon suffisante pour un voyage de long cours.
- Quant au danger de l’explosion, les craintes qu’on a manifestées à cet
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- égard doivent disparaître, aujourd’hui que toutes les précautions sont prises pour se garantir d’un pareil accident. Malgré le grand nombre de bateaux à vapeur employés depuis dix ans , il est arrivé peu d’explosions, et celles qui ont eu lieu sont dues uniquement à l’inexpérience et à la maladresse des hommes chargés de surveiller la machine. Les chaudières , au lieu d’être construites en fonte de fer, comme anciennement, sont actuellement faites en forte tôle. Peut-être conviendrait-il de les établir en cuivre, comme le proposent MM. Donkin et Bramah, malgré la cherté de ce métal ; elle§ devront être d’un moindre volume que celles actuellement en usage, car il est reconnu qu’on obtient la même force d’une moindre quantité d’eau, en augmentant les surfaces en contact avec le feu.
- Les précautions à prendre pour se garantir de tout danger sont très-simples : avant de mettre la machine en train , il faut enlever l’eau qui se forme au-dessus du piston par la vapeur condensée ; ne pas surcharger la soupape de sûreté, qui doit être renfermée dans une boîte , pour la mettre à l’abri de toute tentative ; serrer suffisamment les collets dans lesquels tournent les axes, afin qu’ils ne puissent ballotter et se rompre, mais pas trop cependant, sans quoi on s’exposerait à les voir s’échauffer et s’user promptement.
- On s’est récrié avec raison contre l’emploi des machines à haute pression, et on se borne aujourd’hui à celles à basse pression ,• toutefois il est à observer qu’en Amérique, plus de trois cents bateaux munis de machines à haute pression naviguent depuis long-temps sur les fleuves et les lacs, sans qu’il soit arrivé d’accident : il est donc à présumer qu’on obtiendrait les mêmes résultats en Angleterre, si on employait les précautions convenables.
- Une circonstance à laquelle il importe de faire attention en mer, c’est le danger du feu. On conçoit que si les fourneaux ne sont pas entièrement entourés d’eau, le roulis du batiment, en dispersant les charbons incandes-cens , occasionnerait infailliblement un terrible incendie. On est parvenu à se prémunir contre ce danger par une construction mieux entendue des fourneaux et en enfermant le combustible dans de grandes boîtes de fer.
- Jusqu’à présent on s’est attaché principalement à produire une grande vitesse avec une quantité donnée de vapeur ; ce principe est sans doute d’une utile application dans les eaux tranquilles des rivières et des canaux, où il s’agit d’accélérer la navigation ; mais il est d’une moindre importance pour les voyages de mer, où le but essentiel est de résister à l’effort des vagues et aux tempêtes. Quoi qu’il en soit, la marche des bateaux à vapeur est encore bien supérieure à celle des navires à voiles ; ils font ordinairement trois à quatre lieues à 1 heure. Le paket-boat à vapeur établi depuis Londres à Calais ,
- F ingt-unième année. Septembre 1822. N n
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- parcourt la distance entre ces deux ports, qui est de quarante lieues, en onze heures, lors même que le vent et la marée lui sont contraires. On conçoit que cette vitesse ajoute encore à la sûreté de ce genre de navigation ; car moins on reste de temps en mer, plus les risques et les dangers du trajet sont diminués.
- Il est douteux qu’on puisse employer avec plus de succès qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, les voiles pour accélérer la vitesse des bateaux à vapeur, et sous ce rapport, comme sous d’autres, le nouveau système est encore susceptible de perfectionnemens. A mesure qu’on construit des bateaux à vapeur, on découvre des défauts auxquels il est nécessaire de remédier et des améliorations à introduire : c’est ainsi que M. Brunei, habile ingénieur, a imaginé de simplifier les machines à vapeur, d’en rendre la construction plus solide, de leur faire occuper moins de place dans le bâtiment, et de les rendre applicables à tous les cas possibles. MM. Galloway et Perkins assurent qu’en usant de certaines précautions on peut employer avec succès des machines à haute pression. M. Donhin pense que les fourneaux à grille tournante, de Brunton (1 ), trouveraient un utile emploi à bord des bâtimens à vapeur.
- M. Oldham, de Dublin, a substitué aux aubes fixes des roues actuellement en usage , des rames tournantes, qui rendent les bâtimens capables de résister aux plus forts coups de mer. Ces rames tournent autour de l’axe commun auquel elles sont attachées et sur elles - mêmes ; elles plongent dans l’eau par leur bord avec un mouvement doux et uniforme ; ensuite , par une demi - conversion , elles présentent leur surface à l’action du liquide, et en sortent également par leur bord , sans occasionner ce bruit et ce clapotement désagréables des roues ordinaires. Cet ingénieux mécanisme offre les avantages suivans :
- \°. Lorsque la mer est houleuse, les aubes fixes, en frappant avec violence sur la surface de l’eau, font éprouver au bâtiment des secousses qui nuisent à la régularité de sa marche et finissent par le détériorer. Cet inconvénient n’est pas à craindre en employant les rames tournantes , qui entrent et sortent de l’eau sans causer d’agitation.
- 2°. Ces rames permettent à la machine de fonctionner avec la même régularité dans le gros temps comme pendant le calme; tandis que les roues des bateaux ordinaires se trouvant presque constamment noyées quand la mer est agitée , la machine ne peut plus produire son effet, et le mouvement s’arrête quand on en a le plus besoin.
- (1) Voyez la description de ces fourneaux dans le Bulletin du mois de mai dernier, page 140.
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- 3°. Lorsqu'on emploie des voiles et que le vent souffle du large , il devient souvent nécessaire de les carguer et de sacrifier ainsi tous les avantages qu’elles offrent comme surcroît de vitesse, parce que , sans cette précaution , la roue du côté sous le vent serait totalement submergée par suite de la position inclinée du navire. L’usage des rames tournantes obvie ace défaut ; elles produisent le même effet, soit qu’elles plongent entièrement, soit qu’elles se trouvent dans leur position ordinaire.
- 4-°. Si le bâtiment s’engage dans un chenal étroit ou que le vent change subitement et devienne contraire, ces rames sont d’un grand secours. Dans ce cas, on peut interrompre leur action d’un côté du bâtiment, sans arrêter le mouvement de la machine ,* toute la force se portant alors sur les rames du côté opposé, le bâtiment vire de bord avec une grande facilité.
- 5°. Comme les rames fonctionnent également bien, quel que soit leur degré d’immersion, les bâtimens qui en sont munis peuvent porter une cargaison plus forte que ceux avec des roues à aubes fixes : ces dernières ne produisent plus aucun effet lorsqu’elles plongent à plus de 20 pouces ou 2 pieds.
- 6°. Si pendant la traversée la machine ou la chaudière éprouvait quelque dommage, on place les rames de manière qu’elles présentent leur tranche ou bord à l’action de l’eau. Ce moyen permet au bâtiment de continuer sa route en s'aidant des voiles , jusqu’à ce que le dommage soit réparé.
- 7°. Les rames tournantes n’occasionnent aucune perte de force, puisqu’elles entrent et sortent de l’eau sans éprouver de résistance : il résulte de cette disposition que les bateaux qui en sont munis ont une marche supérieure aux bateaux ordinaires.
- 8°. Les rames ne font pas une aussi grande saillie que les roues à aubes. Quand on emploie une machine de la force de trente chevaux , cette saillie devient tellement considérable, qu’elle peut nuire à la marche et à la sûreté du bâtiment pendant le gros temps.
- 9°. On conçoit d’après cela que les bateaux à rames tournantes peuvent employer des machines à vapeur d’un plus fort échantillon , et par conséquent se mouvoir avec plus de rapidité que ceux à roues. Quand la mer est houleuse, ces derniers ne profitent pas de toute la force de leur machine; car les roues font deux ou trois tours avant de toucher la surface de l’eau entre le creux des lames, et elles sont ensuite submergées tout-à-coup,* ce qui les expose à être brisées.
- Les rames tournantes , dont nous venons d’énumérer les avantages, ont été appliquées avec succès à un bâtiment de transport qui navigue entre Dublin et Liverpool, et récemment au bateau en fer qu’on voit maintenant à Paris.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Extrait d’un mémoire sur un nouveau système d’éclairage des phares ; par M. A. Fresnel, ingénieur des Ponts et Chaussées.
- Dans ce mémoire, lu à l’Académie des Sciences, le 29 juillet dernier , M. Fresnel a décrit un appareil lenticulaire de son invention, destiné à l’éclairage des phares et dont M. Becquey, directeur général des Ponts et Chaussées, a ordonné la construction, qui est maintenant terminée. Cet appareil consiste principalement en huit grands verres lenticulaires carrés de 0m,76 de côté et de 0m,92 de foyer (voyezJig. 3, PI. 231), formant par leur réunion un prisme vertical à base octogonale, dont le centre est le foyer commun des huit lentilles. En ce point est placée la lumière unique qui éclaire le phare ; elle est produite par un bec de lampe portant quatre mèches concentriques, lequel équivaut à dix-sept lampes de Carcel} pour la lumière qu’il donne et la quantité d’huile qu’il consomme : celle-ci est d’une livre et demie par heure, lorsque la combustion a le plus d’activité. La description détaillée de ces sortes de becs et les moyens d’en régler la combustion ayant été publiés dans le N°. CCIV du Bulletin de la Société, cahier de juin 1821, nous nous dispenserons d’entrer dans aucun détail à ce sujet : nous rappelle rons seulement qu’il est nécessaire que les bords des becs à mèches multiples soient continuellement arrosés d’une quantité d’huile très-supérieure à celle qu’ils consument. Cette huile surabondante est amenée dans le bec quadruple de l’appareil en question, au moyen d’un mouvement d’horlogerie conçu et exécuté par M. Wagner • elle retombe dans le réservoir de la lampe, d’où elle est puisée et portée de nouveau dans les mèches, à l’imitation des lampes de Carcel.
- Tous les rayons lumineux partis du foyer commun et qui ne s’écartent pas du plan horizontal de plus de 22 degrés et demi au-dessus et en dessous, sont réfractés par les huit lentilles et ramenés à des directions parallèles à leurs axes; car on sait que les vers lenticulaires ont, comme les miroirs paraboliques, la propriété de rendre parallèles les rayons divergens partis de leur loyer, et qu’en un mot ils font par réfraction ce que les miroirs paraboliques font par réflexion. Si l’objet lumineux placé au foyer commun des huit lentilles n’était qu’un point, et que de plus les aberrations de sphéricité et de réfrangibilité des verres fussent parfaitement corrigées , les rayons qui sortent de chaque lentille seraient exactement parallèles , mais
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- les dimensions de l’objet éclairant occasionnant une divergence d’où résulte, au lieu d’un faisceau cylindrique, un cône lumineux, dont l’étendue angulaire est 6° 7 à 7° pour un bec quadruple de 0m,09 de diamètre, tel que celui qui est employé dans cet appareil, ces huit cônes lumineux laissent entre eux des intervalles angulaires de 38 à 38° 7 : en tournant autour de la lumière centrale, l’appareil lenticulaire promène sur tous les points de l’horizon les cônes lumineux et les intervalles obscurs qui les séparent, et présente ainsi à l’observateur éloigné une succession d’éclats et d’éclipses, dans laquelle celles-ci n’ont guère que le sixième de ia durée de ceux-là.
- On pourrait augmenter la durée des éclats ou la divergence des cônes lumineux, soit en augmentant le volume de l’objet éclairant, ce qui nécessiterait une plus grande dépense d’huile, soit en rapprochant ou éloignant les lentilles de leur foyer commun ; mais par ce dernier moyen on diminuerait l’intensité des éclats dans un bien plus grand rapport qu’on n’augmenterait leur durée; et si Ton doublait celle-ci, par exemple, on réduirait l’intensité au quart. M. Fresnel a trouvé le moyen d’augmenter considérablement la durée des éclats sans accroître le volume de l’objet éclairant ou ia dépense d’huile, et sans rien changer à la disposition des huit grandes lentilles, dont la lumière conserve toute son intensité. Pour cela, il reçoit sur huit petites lentilles additionnelles de 0m,50 de foyer les rayons qui passent par-dessus les grandes, et qui, sans cela, seraient perdus. Ces lentilles additionnelles, représentées en coupe et en élévation, Jïg. 4, PI. 231, forment au-dessus de la lampe comme une espèce de toit en pyramide octogonale tronquée; les rayons qu’elles réfractent et concentrent en huit cônes lumineux , sont ramenés à des directions horizontales par leur réflexion sur des glaces M, M étamées, placées au-dessus de ces lentilles additionnelles. La projection horizontale de l’axe de chaque petite lentille forme un angle de 7° avec celui de la grande lentille correspondante, et le précède dans le sens du mouvement de rotation de l’appareil, de manière que l’éclat de la petite lentille précède celui de la grande, avec lequel il se réunit. On a obtenu de cette manière, même pour une distance de 16000 toises, des apparitions de lumière dont la durée était égale à la moitié de celle des éclipses. Quant à l’intensité et à la portée de la partie de l’éclat produit par les grandes lentilles, il suffit, pour en donner une idée, de dire que dans les observations géodésiques faites, l’automne dernier, sur les côtes de France et d’Angleterre, par MM. Arago et Mathieu , une lentille semblable, éclairée par un bec quadruple, a été observée de jour avec une lunette, à 50 milles de distance ou 17 lieues, et se voyait très-bien à l’œil nu une heure après
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- le coucher du soleil; elle paraissait aussi brillante qu’un phare anglais à feu fixe, situé à-peu-près dans la même direction, mais éloigné seulement de 15 milles ou 5 lieues.
- On pourrait songer à diriger aussi vers l’horizon les rayons qui passent par -dessous les grandes lentilles, et à s’ en servir pour prolonger encore la durée des éclats; mais il paraît difficile de le faire sans gêner le service de la lampe , qu’il importe de rendre très-commode. M. Fresnel a donc préféré de laisser ces rayons tomber directement dans la mer, où ils ne seront pas tout-à-fait sans utilité en éclairant les abords du phare.
- La lampe F, jig. 1, repose sur une table fixe T T, soutenue par une colonne de fonte G, qui porte en même temps sur la saillie de son chapiteau tout le poids de l’appareil lenticulaire ; c’est sur cette saillie que roulent les galets GG destinés à faciliter le mouvement de rotation, qui, comme dans les autres phares à feux tournans , est produit par un poids et réglé par une horloge. Les pompes de la lampe sont mues par un poids beaucoup plus petit, qui descend dans l’intérieur de la colonne de fonte. Une lampe de sûreté, semblable à l’autre, mais à ressort, et placée sur la table de service, pourra être allumée sur-le-champ et substituée à la lampe à poids, dans le cas où les pompes de celle-ci viendraient à éprouver quelque dérangement subit.
- L’immobilité de la lumière centrale permet d’appliquer avec la plus grande facilité à cet appareil à feux tournans tous les perfectionnemens économiques que l’expérience a apportés ou pourra apporter encore dans la manière de*produire la lumière. Si l’on veut, par exemple, éclairer le phare au moyen du gaz provenant de la distillation des mauvaises huiles, il suffira de faire passer par l’intérieur de la colonne de fonte un tuyau communiquant par son extrémité inférieure avec le gazomètre, et portant sur son extrémité supérieure un bec à quatre, cinq ou six flammes concentriques.
- U était essentiel de diminuer autant que possible l’épaisseur des verres lenticulaires, afin que leur poids ne fatiguât pas trop la machine de rotation qui fait tourner le système, et que les rayons lumineux qui les traversent n éprouvassent pas un affaiblissement trop sensible : pour cet effet, les lentilles ont été faites à échelons (voyez Jïg. 3), c’est-à-dire que les anneaux concentriques dont elles sont composées, au lieu d'être terminés par une surface sphérique continue, forment des ressauts ou échelons ; et la courbure, ainsi que l’inclinaison de la surface extérieure de ces anneaux relativement à la surface tournée du côté du foyer, qui est plane , ont été déterminées de manière à rendre parallèles à l’axe de la lentille les rayons émergens prtis de
- son foyer.
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- C’est Buffon qui a eu le premier l’idée des lentilles à échelons; mais il les supposait faites d’un seul morceau de verre, ce qui rend leur exécution presque impraticable, par la difficulté d’user et de polir la surface du verre avec de pareils ressauts ; tandis que les anneaux des lentilles de M. Fresnel sont travaillés séparément, puis collés bord à bord. Chaque anneau n’est pas même d’une seule pièce, mais composé de deux, trois ou quatre grands arcs de cercle, selon l’étendue de leur diamètre, à cause de la difficulté qu’on éprouve à couler de pareils prismes courbes, quand leur longueur excède 18 pouces; de cette manière, la fonte des anneaux et leur travail deviennent aussi faciles que ceux des verres ordinaires d’optique.
- Buffon avait supposé que les surfaces courbes des divers anneaux qui composent une même lentille à échelons devaient être sphériques et concentriques ; mais le calcul apprend que les arcs générateurs des surfaces qu’il convient de donner aux anneaux pour la réunion des rayons au foyer, non-seulement n’ont point le même centre, mais que leurs centres ne sont pas situés sur l’axe de la lentille , en sorte qu’en tournant autour de cet axe , iis n’engendrent pas des portions de surfaces sphériques , mais des surfaces du genre de celles qu’on appelle annulaires, lesquelles ne peuvent pas être travaillées dans des bassins par le procédé ordinaire. Celui qu’emploie M. Soleil, opticien, qui a entrepris la construction de ces grandes lentilles, a le double avantage de l’exactitude et de l’économie : il lui a été indiqué par M. Fresnel.
- L’appareil que nous venons de décrire donne des éclats plus longs et beaucoup plus brillans , sur-tout, que ceux des phares éclairés par huit grands réflecteurs accouplés. Il résulte des expériences comparatives faites par MM. .Ârago, Mathieu et Fresnel sur les lentilles carrées de 0m,76 et sur des réflecteurs de 28 à 30 pouces de diamètre, les plus grands qu’on ait employés jusqu’à présent dans l’éclairage des phares, que la somme totale des rayons concentrés dans le plan horizontal, ou l'effet utile des huit grandes lentilles éclairées par le bec quadruple, est trois fois plus grand que celui des huit réflecteurs de 30 pouces d’ouverture, portant chacun un bec ordinaire à double courant d’air. Si donc on ajoute aux rayons fournis par les grandes lentilles ceux que donnent les petites lentilles additionnelles, on voit que l’appareil lenticulaire complet doit produire un effet plus que triple de celui qu’on obtient avec huit réflecteurs de 30 pouces : or la dépense d’huile est à peine accrue dans la même proportion que l’effet utile, c cst-à-direque la lumière produite est employée avec autant d’économie, au moins, dans cet appareil lenticulaire que dans les plus grands réflecteurs armés des plus petits becs; de plus, le poids total de l’appareil lenticulaire
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- n’excède que d’un huitième environ celui d’un phare composé de huit réflecteurs pareils, et le prix n’est augmenté que des deux tiers environ, tandis que l’effet est triple.
- Mais un autre avantage bien important des lentilles, et qui suffirait pour leur assurer la préférence, lors même qu’elles ne produiraient pas des effets supérieurs à ceux des réflecteurs, c’est l’inaltérabilité du verre et la durée de son poli. Leur entretien sera presque nul, et leur nettoyage donnera beaucoup moins de peine aux gardiens que celui des réflecteurs , qu’il faut frotter souvent avec du rouge d’Angleterre pour leur rendre leur éclat. Il résulte de la position du bec quadruple, dont le centre est éloigné des grandes lentilles de près d’un mètre, qu’elles ne seront point exposées aux taches d’huile, comme les réflecteurs, qui portent les becs de lampe dans leur intérieur, en sorte que le plus souvent il suffira de les épousseter avec un plumeau, et l’on aura rarement besoin de les essuyer : ainsi elles conserveront presque indéfiniment la puissance d’effet qu’elles ont en sortant de l’atelier de l’opticien ; tandis que les réflecteurs ne tardent pas à se ternir et à se dépolir, et il doit même arriver souvent que, par un peu de négligence de la part du gardien, ils n’ont pas tout le brillant dont ils sont encore susceptibles. Il faut d’ailleurs les argenter de nouveau de temps en temps, et les lentilles n’exigent aucun entretien équivalent.
- La construction de ces grandes lentilles ne sera pas seulement utile à l’éclairage des phares ; elle servira sans doute aussi à l’avancement de la science; elle lui fournit un instrument puissant, avec lequel on pourra soumettre à la plus vive chaleur, dans l’intérieur d’un ballon de verre, des corps qu’on voudra fondre ou volatiliser en les soustrayant à l’action de l’air, ou en les mettant en contact avec un autre gaz : beaucoup d’expériences, qui ne pourraient être faites ni avec le chalumeau ordinaire, ni avec celui de Newmann, le seront facilement de cette manière. Peut-être devra-t-on par la suite à ces grands verres ardens des découvertes aussi surprenantes que celles dont la pile de F'olta a enrichi la chimie.
- S’ils rendent des services importans aux savans , et sur-tout aux navigateurs, on en sera redevable au zèle avec lequel M. Becquej accueille toujours les inventions utiles, et sait en hâter les perfectionnemens.
- Explication des figures de la PL 231.
- Fig. 1. Section verticale de l’appareil lenticulaire, suivant son axe. On a coupé seulement l’armature, les lentilles et les miroirs ; la lampe et la colonne sont en élévation.
- Fig. 2. Projection horizontale, prise immédiatement au-dessus des
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- miroirs. On a supprimé dans cette figure les traverses qui supportent et recouvrent les cadres des grandes lentilles, afin de mieux laisser voir celles-ci, et de ne pas trop compliquer le dessin.
- Fig. 3. Élévation et coupe de l’une des grandes lentilles annulaires, garnie de son châssis, dessinée sur une échelle double de celle fig. 1.
- Fig. 4. Vue de face et coupe de l’une des petites lentilles additionnelles.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
- A, Axe de l’armature en fer dont l’extrémité supérieure tourne entre deux galets horizontaux g g.
- BB, DD, Armature en fer qui porte les grandes et les petites lentilles avec leurs miroirs.
- CC', Colonne creuse en fonte, sur laquelle repose tout l’appareil. L’extrémité inférieure de cette colonne traverse la voûte de la plate-forme de la lanterne , et y est scellée.
- EE, Jambes de soutien de l’armature.
- F, Foyer commun des grandes et des petites lentilles, répondant au centre du bec quadruple, dont les bords supérieurs doivent être à 3 centimètres au-dessous de ce point.
- GG, Galets verticaux sur lesquels tourne l’appareil. Ces galets roulent sur une plaque de fonte soutenue par la saillie du chapiteau de la colonne creuse C C\
- H, Partie de l’appareil contenant le mécanisme qui fait marcher les pompes destinées à élever l'huile.
- 11 , Corde qui descend dans l’intérieur de la colonne de fonte , par un trou pratiqué au milieu de la table de service , et à laquelle est attaché le poids moteur.
- L L , Grandes lentilles à échelons , composées d’anneaux concentriques formés de plusieurs morceaux de verre soudés ensemble ; la lentille du milieu est d’une seule pièce (voyez fig. 3).
- MMM , Glaces étamées qui ramènent dans des directions horizontales les rayons lumineux réfractés par les petites lentilles.
- N, Machine de rotation qui communique le mouvement à l’appareil. On n’a point dessiné ici cette machine en entier ; on s’est borné à indiquer la communication de mouvement.
- O, Manchon sur lequel s’appuient les jambes E E.
- P P, Pied de fer servant à supporter la lampe.
- RR , Rayons lumineux fournis par les grandes lentilles.
- TT, Table de service sur laquelle repose la lampe.
- Y, Réservoir d’huile.
- Fingt-unième année. Septembre 1822. O o
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- XX, Traverses qui recouvrent les cadres des grandes lentilles.
- Y Y, Autres traverses qui supportent les mêmes cadres.
- Z Z , Liernes en fer qui relient entre elles les jambes de l’armature , et empêchent leur écartement.
- a , Roue dentée sur laquelle est fixé le manchon O , et qui s’appuie sur les galets G G.
- b , Autre roue dentée qui engrène dans la précédente , et qui est montée sur un axe qui fait partie du mécanisme N.
- g g , Galets horizontaux entre lesquels tourne l’extrémité supérieure de l’axe de l’armature.
- I /, Petites lentilles additionnelles formant une espèce de toit en pyramide octogonale tronquée , au-dessus dn bec de la lampe dont la cheminée passe par l’ouverture supérieure de cette pyramide.
- rr, Rayons fournis par les petites lentilles et ramenés dans des directions horizontales par les glaces MM.
- fi 4pport fait par M. Bouriat , au nom d’une Commission spéciale , sur la marmite évasineptique de M. Fortin.
- Messieurs, M. Fortin fut le premier qui vous présenta un de ces appareils destinés à cuire les viandes en très-peu de temps. L’examen en fut renvoyé à votre Comité des arts économiques, pour qu’il vous rendît compte de ses propriétés et du degré de sûreté qu’il pouvait présenter dans son application. Ce fut pendant le cours de nos expériences que plusieurs appareils analogues, dits autoclaves, vous furent adressés par d’habiles artistes, qui, depuis, les ont retirés. Ces derniers avaient pour but principal de porter la température de la vapeur aqueuse à un degré extrêmement élevé: M. Fortin , au contraire, s’est contenté d’atteindre celui de 11 I du thermomètre de Réaumur. C’est le maximum qu’il puisse obtenir par son di-gesteur, auquel il vient de donner le nom de marmite évasineptique.
- La forme de cette marmite est presque la même que celle des marmites ordinaires en cuivre étamé ; son couvercle, également construit en cuivre fort, pose sur une gorge avec rainure, et s’y trouve fixé au moyen d’une griffe triangulaire en fer forgé, dont chacune des branches s’engage sous la gorge de la marmite, et a six lignes d’épaisseur et quatre de face. L’une d’elles est brisée avec une charnière de huit lignes de diamètre. Elle est des-tinée à faciliter l’agrafement des deux autres branches. Cette griffe, taraudée dans son écrou par une vis , offre la faculté de donner sur le couvercle le degré de pression qu’on désire. Une soupape pratiquée à ce couvercle sert de régulateur.
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- M. Fortin a des marmites de diverses grandeurs, et l’épaisseur de la griffe est proportionnée à leur capacité. Celle sur laquelle nous avons opéré la première ne contient que quatre litres. Nous y avons mis deux litres d’eau, une livre et demie de viande, des légumes et du sel. Le couvercle étant posé dessus et agrafé, on l’a fortement pressé sur la gorge, à l’aide de la vis. Le tout ainsi disposé , l’appareil a été mis sur du charbon qu’on a allumé dans un fourneau portatif. Il a fallu une demi-heure pour que le charbon devînt incandescent, et portât l’eau à une forte ébullition. Après ce temps, des vapeurs se sont fait apercevoir entre le couvercle et la gorge ; la soupape n’a pas tardé a s ouvrir et à en laisser dégager. C’est après une demi-heure de cette forte ébullition que M. Fortin a jugé le pot-au-feu cuit. Il a, en conséquence, retiré la marmite du feu , et a attendu prés d’une demi-heure avant de l’ouvrir, afin de laisser diminuer la haute température de la vapeur. Apres qu’elle a été abaissée, on a enlevé le couvercle et goûté le bouillon, qui a été trouvé de bonne qualité ; les légumes étaient, parfaitement cuits , mais la viande était un peu dure, ce qui a fait dire à M. Fortin qu’il avait retiré la marmite dix minutes trop tôt. Nous insistons ici sur la seule précaution à prendre dans l’usage de cet appareil, c’est de ne l’ouvrir qu’a près une demi-heure de repos hors du feu.
- Nous avons voulu nous assurer s’il arriverait quelque accident dans le cas où l’orifice de la soupape, qui est extrêmement étroit, viendrait à s’obstruer. Nous l’avons donc bouché avec soin, et par conséquent détruit l’action de la soupape. On a fait plus, un homme robùste a serré la vis sur le couvercle avec tout l’effort dont il était capable. Celte épreuve a été faite sur un appareil qui contenait huit litres d’eau. Il a été placé sur un boisseau de charbon allumé. L’eau o’a pas tardé à bouillir, et la vapeur, en.moins d’un quart d’heure , a passé entre la gorge et le couvercle. Le dégagement a continué presque dans les mêmes proportions, malgré la violence du feu, jusqu’à la fin de l’opération. La marmite retirée du feu et la température de l’eau réduite à 80 degrés, le même homme a pu serrer la vis d’un tour entier; ce qui semblerait prouver que [ élasticité des trois branches de la griffe , plus encore que la dilatation des métaux , leur a permis de céder à l’effort de la vapeur aqueuse.
- M. Regnier , notre collègue, présent à l’expérience, et qui a vu, comme nous, cet effet obtenu, a engagé ài. Fortin, pour surcroît de sûreté , à se servir de griffes d’acier à ressort élastique. Cet essai nous a prouvé que i appareil sans soupape, et clos avec une forte pression par la vis, n’était sujet à aucun inconvénient.
- Il nous restait à connaître le maximum de la température que pouvait
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- prendre l’eau dans cette marmite. En conséquence, nous en avons mis deux litres dans le petit appareil qui avait servi pour le pot-au-feu, en y adaptant un autre couvercle, auquel on a pratiqué une ouverture pour y introduire un thermomètre engagé dans un bouchon de liège. Ce thermomètre , fixé avec les précautions convenables, et lavis fortement serrée sur le couvercle, l’appareil a été placé sur des charbons ardens. L’eau , mise en ébullition, a fait monter en très-peu de temps le mercure au 98medegré : alors quelques vapeurs ont paru sous le couvercle, et la soupape n’a joué qu’au 100rae. Enfin, l’activité du feu, qui allait toujours croissant, l’a fait arriver au 111 me degré Réaumur , terme qu’il n’a pu dépasser.
- Il résulte de ces expériences, 1 °. que la marmite évasineptique de M. Fortin ne peut occasionner aucun accident, si la griffe est toujours faite en bon fer forgé, ou, mieux encore, en acier à ressort élastique, et de la force indiquée ci-dessus ;
- Si elle est confectionnée en fortes planches de cuivre et bien brasées, comme celles qui ont servi à nos essais ;
- Si, enfin, on évite de l’ouvrir avant une demi-heure de repos après l’avoir retirée du feu.
- 2°. Que la cuisson des viandes peut s’v faire dans trois quarts d’heure au plus, en la plaçant sur des charbons déjà incandescens ;
- 3°. Que la température y est élevée à 111 degrés du thermomètre de Réaumur.
- Si nous examinons maintenant cette marmite sous le rapport de l’économie du combustible pour les petits ménages, il est difficile d’en apercevoir : ce n’est que dans les grands établissemens qu’elle pourrait exister. Il n’est pas non plus prouvé à vos commissaires que le bouillon soit aussi agréable et aussi savoureux que celui qu’on obtient par une faible et longue ébullition dans des fourneaux et marmites que vous avez déjà adoptés. Ainsi, les petits ménages n’ont donc pas un grand intérêt, à s’en servir ; mais dans le cas où elle serait adoptée par eux , le soin de cette marmite ne doit être confié qu’à des mains prudentes. D’un autre côté , la marmite de M. Fortin offre l’avantage de cuire la viande et les légumes très-promptement, tandis qu’il faut attendre cinq heures avec les procédés ordinaires. C’est surtout dans les arts qu elle peut être employée avec succès , lorsqu’il s’agit d’éiever la température de l’eau au-dessus de 80 degrés , pour obtenir la gélatine des os, le ramollissement de la corne, de l’écaille , du bois : elle sera utile dans plusieurs opérations pharmaceutiques. Elle peut convenir aussi à une armée en campagne, qui n’a souvent qu’un temps très-limité pour préparer et prendre un renas. 11 en est de même pour les marins , s’ils peuvent pré-
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- voir, une heure et demie d’avance seulement, une tempête ou un gros temps. Enfin , quelle que soit l’application qu’on veuille en faire, on doit user des précautions que nous avons indiquées. C’est même un des motifs qui nous font demander l’insertion du présent rapport au Bulletin (1).
- Adopté en séance, le 2 octobre 1822.
- Signé Bouriat , rapporteur.
- Nota. M. Fortin nous a présenté, depuis que nous vous avons entretenus de sa marmite, diverses attestations d’autorités constituées et de chefs d’institutions , q ni confirment, d’après l’usage qu’ils ont fait de cette marmite depuis un an, ce que votre Comité en avait pensé.
- Rapport fait par IVL Pajot-Descliarines, au nom du Comité des arts mécaniques. sur des soies étirées a Veau froide cTapres les procédés de M. Antonio Régas , et dévidées et ouvrées sur des tours dont cet Espagnol est inventeur.
- Messieurs, les soies que votre Comité des arts mécaniques a été chargé d'examiner, vous ont été présentées par M. Llorente de la part de M. Régas, membre de la Société économique de Madrid , etc.
- Ces soies se composaient de deux matteaux , dont l’un blanc et l’autre jaune, tous deux tirés à trois cocons ; plus, d’une échçvette de soie blanche, tirée de même, et ouvrée en organsin. Chacune d’elles, comme l’annoncent les étiquettes, a été préparée avec les tours de l’invention de M. Régas.
- D’après les divers documens qui nous ont été fournis, et plusieurs papiers publics espagnols dont nous avons pris connaissance , il paraît, 1°. que ce fut en 1793 que M. Régas, qui, depuis plusieurs années, s’occupait des moyens de faire fleurir en Espagne la culture et le commerce de la soie, et, par suite, de rendre ce royaume indépendant de l’étranger sous ce rapport, inventa ses tours à tirer et ouvrer les soies. La junte rovale du commerce et des monnaies regarda son tour à tirer comme le plus parfait instrument de ce genre connu jusqu’alors. Cette déclaration fut depuis confirmée parles résultats avantageux qu’en retirèrent plusieurs provinces , notamment celles d’Aragon, de Catalogne , Valence et Rioja , dans lesquelles l’auteur
- fi) Le dépôt des marmites de M. Fortin est chez M. Longuemare jeune, rue Saint-Honoré, A°. ne, près celle Croix-des-Petits-Champs. Le prix des marmites de 4 litres est de -36 francs; de 6 litres . 42 francs; de 8 litres, 48 francs, et de 12 litres, 60 francs. Au-dessus de cette capacité, chaque litre se paie 2 francs 60 cent.
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- fut envoyé , en qnalité d’inspecteur-général des fabriques, pour y faire connaître et propager ses nouveaux tours.
- 2°. Qu’en 1802,, cet inspecteur démontra, par une expérience suivie pendant quinze jours, devant la Société patriotique de Madrid , la facilité avec laquelle , au moyen du tour à filer dont il est inventeur, on pourrait désormais filer la soie avec l’eau froide. Il fit connaître, à ce sujet, la grande économie que cette application nouvelle procurerait sous le rapport du combustible, du temps , etc.
- Comme nous n’avons aucune donnée sur le tour à filer la soie, de l’invention de M. Régas, nous nous abstiendrons d’en parler.
- En ce qui concerne la méthode du tirage des soies à l’eau froide , que Fauteur annonce comme nouvelle, nous ferons observer qu’elle n’a pas été inconnue en France , et qu’elle est pratiquée , depuis longtemps , en Italie, puisque, dans le tome Ier du journal intitulé Magasin encyclopédique, année 1794, l’extrait d’un rapport de MM. Gaeta Belletenelli et.Séraphin F'olta, sur la méthode de filer les soies à froid de MM. Cerenomini et Zeno, avec économie de bois et de temps, et une plus grande qualité et efficacité de produitsj nous apprend, 1°. que des Français que l’on ne nomme pas, paraissent s’être occupés , dès avant 1 792, du tirage de la soie à l’eau froide, que même ils en auraient été récompensés par le Gouvernement ; 2°. que non-seulement la pratique de ce nouveau tirage avait été établie en 1792 à Man-toue, mais encore que de cette, ville elle s’était répandue depuis dans le voisinage. Nous ajouterons qu’elle doit être connue à P^enise, puisque plusieurs de nous savent qu’un sieur Locatelli, ingénieur de cette ville, a proposé, il y a environ deux ans, au Gouvernement français la cession des procédés tant mécaniques que chimiques , au moyen desquels il paraît filer les soies à froid (si l’on en juge par ce qu’il dit de ce filage) , et en retirer une quantité beaucoup plus considérable qu’en suivant les procédés usités soit en France, soit en Piémont.
- Ces divers renseignemens nous prouvent, de la manière la plus évidente, que M. Régas ne peut prétendre à la priorité du tirage de la soie à l’eau froide. Quelle que soit au surplus la méthode qu’il emploie , fût-elle même semblable à celle qui est pratiquée en Italie, l’introduction qu i! en aurait faite dans sa patrie , dont le climat doit favoriser cette branche d industrie qui y languissait avant 1 adoption de ce nouveau mode , ne peut que lui mériter l’estime de ses concitoyens, à plus forte raison si la méthode dont il s'agit est due à ses recherches, si elle est supérieure, par ses avantages, aux méthodes analogues plus anciennement connues et suivies, notamment dans le Mantouan et ses environs.
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- Nous venons de remplir un devoir qu'exigeait l’histoire de l’art, en nous livrant à la petite digression dans laquelle nous sommes entrés ; nous allons maintenant nous occuper des soies soumises à notre examen.
- Ces soies nous- ont paru belles , lisses et propres ; elles ont peu de passe-volant, et sont purgées convenablement de leurs bourres.
- Leurs collures nous ont paru bonnes, et devoir donner un dévidage plus facile que celui des soies analogues , tirées au même nombre de brins par les procédés ordinaires , ou autrement à l’eau chaude.
- La masse des matteaux nous a semblé molle à la main , ce qui, avec la moindre ténacité des collures , nous laisserait croire qu’elles ont subi une préparation préalable à leur tirage.
- Comparées aux soies employées dans nos tissus les plus délicats, elles ont été reconnues trop fines ; elles ne sauraient convenir à nos fabricans , qui, consultés à cet égard, nous ont déclaré ne consommer que des soies beaucoup plus rondes pour leurs tissus les plus légers.
- L’impossibilité de trouver sur la place de Paris des soies analogues tirées à pareil nombre de cocons (celles qui nous occupent sont tirées à trois) , nous a empêchés dë faire la comparaison des soies de M. Régas , tirées à froid, avec celles de France, tirées à chaud, et de connaître, par l’épreuve du casse-fil , leur force respective ; nous aurions désiré pareillement de savoir comment ces soies espagnoles se seraient comportées au dévidage comparativement avec les soies françaises. Il eût été aussi non moins intéressant de les soumettre à la teinture , pour connaître son effet, soit sous le rapport du poids , soit sous celui des couleurs. Les diverses données qu’auraient fournies ces expériences auraient été très-importantes, eu égard à la préférence que pourrait mériter le nouveau tirage de M. Régas. Il est fâcheux que cet envoi n’ait pas été accompagné des dessins des nouveaux tours et de leurs descriptions, comme aussi des détails relatifs à l’emploi de l’eau froide, et aux préparations qu’elle peut subir , si _, dans le système de l’auteur , elles sont jugées nécessaires, ce que nous sommes autorisés à pressentir, d’après l’observation que nous avons faite en parlant des collures , etc.
- Comme il est à croire que notre industrie, envisagée sous les deux points de vue de la récolte et du commerce des soies, devrait gagner beaucoup à connaître et à adopter les nouveaux instrumens et procédés de M. Régas , vous jugerez sans doute convenable , Messieurs, d’inviter M. Llorente à engager son compatriote à lui transmettre, pour être offerts à la Société d’encouragement, les dessins et descriptions dont nous avons parlé, s’il ne lui est pas possible, au lieu de dessins, d’envoyer par préférence un petit modèle
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- des tours, tant à filer qu’à ouvrer la soie, adoptés aujourd’hui en Espagne.
- A cette proposition, que votre Comité juge devoir s’étendre aussi à renvoi des traités publiés par M. Régas, tant sur la culture du mûrier que sur Xétouffement des chrysalides, il ajoute les suivantes, qu’il vous prie de prendre en considération, 1°. de remercier M. Llorente de la communication intéressante que son zèle l’a porté à faire à la Société, 2°. de la mentionner honorablement dans le compte prochain des travaux du Conseil , rendu en assemblée générale; 3°. d’insérer le présent rapport dans votre Bulletin.
- Adopté en séance, le 16 octobre 1822.
- Signé Pajot-Descharmes , rapporteur.
- ÉCONOMIE RURALE.
- Rapport fait par M. de Lasteyrie, au nom du Comité d agriculture , sur le silo ou fosse h conserver les grains de M , de Lacroix , établi à Ivry près Paris.
- M. de Lacroix ayant invité l’année dernière la Société d’Encouragement à nommer des commissaires pour assister au versement du blé dans la fosse ou silo construit sur sa propriété à Ivry, il vous a été fait à ce sujet un premier rapport. Nous venons vous exposer aujourd’hui le résultat de celte expérience.
- Vos commissaires se sont rendus de nouveau à Ivry, le 12 août dernier, jour où a été faite l’extraction du blé hors du silo. Ils- ont trouvé sur les lieux un grand nombre de propriétaires , de cultivateurs et de négocians, qui ont assisté à l’ouverture. M. Bosc, l’un de vos commissaires, auquel on avait confié la clef du caveau où se trouve situé le silo, l’ayant rendue, on a ouvert la porte , et on a examiné la pierre qui recouvre l’ouverture. Le plâtre avec lequel elle avait été scellée, et le bitume dont ce plâtre était enduit, ont été trouvés intacts et sans gerçures. On a enlevé cette pierre, ainsi que la paille, et le couvercle en bois qui posait immédiatement sur le blé. Cette paille était légèrement humide à sa superficie , dans l’épaisseur de deux pouces ; celle qui portait sur le rocher était moisie , dans quelques parties, à l’épaisseur d’un demi-pouce ou d’un pouce. On remarquera qu’on avait négligé d’enduire cette partie de la fosse avec une composition
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- d'huile, de cire et de litharge, ainsique cela a eu lieu pour le reste du silo (1).
- On a observé, en découvrant le grain, que la portion qui touchait au rocher, sur les bords de l’ouverture, était moisie sur une hauteur d’un pouce à un pouce et demi, et une épaisseur d’un demi-pouce. Le blé s’est trouvé sain et sans mauvaise odeur dans tout le reste de sa superficie.
- L’extraction ayant été continuée en présence des commissaires, jusques environ à la moitié du silo , le blé a été trouvé d’une parfaite conservation, et même assez sec pour qu’en le remuant il produisît assez de poussière pour couvrir les vètemens des ouvriers. On a cependant remarqué, sur divers points des parois de la fosse, des portions de grain moisi et gâté, qui adhérait par plaques, tantôt moins larges que la main, tantôt ayant un demi-pied ou un pied de dimension. Mais ces plaques, qui avaient un demi-pouce ou un pouce au plus d’épaisseur, n’ont pas altéré le blé contre lequel elles étaient appuvées. Il n’avait ni mauvais goût ni mauvaise odeur. En calculant la quantité de blé qui s’est trouvée ainsi avariée dans toute la capacité du silo, on peut l’estimer à un double décalitre seulement.
- En cherchant la cause qui avait produit cette avarie du blé , on peut la trouver dans la différence de densité qui existe entre diverses parties du rocher dans lequel on a creusé le silo. 11 faut savoir que, lorsque le silo a été construit, on y a allumé du feu, soit pour le sécher, soit pour rendre ses parois plus perméables à l’enduit dont nous avons parlé. Cet enduit , ayant été appliqué sur toute la superficie , n’a pu pénétrer à une profondeur de deux ou trois lignes que par le moyen du feu. Mais comme il n’a pas été possible d’employer le réchaud de doreur pour cette opération, à cause de l’odeur insupportable et malsaine que répand, à une haute température, l’huile combinée à la litharge , on a allumé, à plusieurs reprises , du feu dans le fond du silo; l’action de ce feu étant égale partout, et ne pouvant être conduite comme elle l’eut été avec un réchaud, d’après le plus ou moins de porosité de la pierre, la matière paraît avoir pénétré inégalement, et n’avoir pas suffisamment bouché les pores dans quelques parties, condition nécessaire pour empêcher tout accès à l’humidité extérieure.
- Au reste, la perte de blé qu’on peut éprouver dans des silos construits
- {1} Un enduit analogue, composé d’huile de lin siccative , concentrée par une douce chaleur, dans laquelle on a fait dissoudre moitié environ de litharge, préserve le bois de toute altération : on l’applique à chaud. L’essai en a été fait au pont d’Amboise , dont les bois , recouverts de cet enduit, sont depuis trois ans dans le meilleur état de conservation.
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- d’après la méthode employée dans celui d’Ivry, est si peu sensible qu’on doit la regarder comme nulle, lorsqu’on considère les bénéfices considérables que présente ce genre de conservation , comparativement avec celui qui est généralement en usage. 11 est même facile d’éviter cette déperdition, en revêtant les parois des silos avec de légers paillassons semblables à ceux dont se servent les jardiniers. Ces paillassons, susceptibles d’une longue durée, n’occasionneront pas une grande dépense.
- Le silo n’ayant pu être entièrement vidé dans la journée du 12 août, deux de vos commissaires, M. Bréant et moi, se sont transportés le lendemain sur les lieux pour procéder à son entière évacuation ; ils ont trouvé le blé dans un état de parfaite conservation, excepté quelques plaques de grain moisi : d’où il résulte qu’il est aussi facile et aussi sûr de conserver le blé dans des silos en France, qu’en Italie, en Espagne et en Afrique.
- Nous avons fait confectionner, avec la farine provenant de ce grain, du pain, que nous déposons sur le bureau. La Société se convaincra qu’il ne diffère en rien, pour la qualité, de celui que l’on vend chez les boulangers de Paris.
- Nous ne devons pas passer sous silence la découverte qu’on a faite de quelques charançons dans le blé du silo, quoiqu’on n’eût aperçu aucun insecte lorsqu’on a fait le versement : ils étaient engourdis et sans mouvement quand on les exposait au grand air ; mais bientôt une partie sortait de l’état d’asphyxie où elle était, tandis que d’autres sont restés immobiles et n’ont pu revenir à la vie (1). Le grain nous a paru avoir été attaqué par ces animaux d’une manière sensible.
- Vos commissaires .font observer que la localité, où M. de Lacroix a fait construire son silo est extrêmement favorable à la conservation des blés ; que cette conservation est assurée au moyen de l’enduit, dont on fait usage, surtout si l’on emploie des paillassons par surcroit de précaution ; enfin que l’établissement d’un grand nombre de silos dans un lieu si près de Paris doit être très-avantageux à l’agriculture , au commerce et aux approvisionnemens de la capitale,
- Ils estiment en conséquence qu’il y a lieu d’ordonner l’insertion du présent rapport dans le Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 18 septembre 1822.
- Signé de Lasteyrie , rapporteur.
- (1) Franklin a déjà fait observer que les insectes peuvent rester asphyxiés pendant, long-temps , et qu’ils reprennent la vie quand iis sont exposés à l’air libre.
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- INDUSTRIE ÉTRANGÈRE.
- dçu des découvertes les plus récentes faites en Allemagne et dans les pays limitrophes.
- M. le baron de Fahnenberg, au zèle et à l’obligeance duquel la Société est déjà redevable d’une foule de renseignemens précieux, vient de lui adresser une nouvelle note sur les inventions les plus remarquables faites en Allemagne. Ce correspondant fait observer que le système d’isolement qui menace d’envahir toute l’Europe est très-contraire aux progrès de l’industrie, qui ne peut prospérer que dans les grands états. Cette vérité lui parait démontrée à l’égard de sa patrie ; car ce n’est guère qu’en Autriche et en Prusse que les arts utiles sont encouragés et prennent quelque essor. Le gouvernement autrichien, après avoir établi à Vienne une école polytechnique sur le modèle de celle de Paris, a aussi adopté la législation française relative aux brevets d’invention et de perfectionnement. Une Société d’encouragement des arts a été fondée à Berlin, et le gouvernement prussien a fait l’acquisition de plusieurs métiers de M. Jacquart, de Lyon, pour fabriquer les étoffes brochées et façonnées ; il les a établis dans les principales villes manufacturières du royaume, afin de perfectionner l’art du tissage. Déjà on en a obtenu des résultats avantageux dans la confection du linge de table damassé.
- Il s’est formé à Vienne un établissement où l’on prépare en grand les bois destinés à la confection des instrumens de musique et à d’autres usages. Ces bois sont disposés par étages dans une chambre ou caisse de 10 pieds de long sur 5 de large, faite en fortes planches réunies solidement, et garnie d’une porte qui doit fermer hermétiquement, et par où l’on introduit les planches et les madriers qu’on veut dessécher. On fait arriver dans cette caisse de la vapeur, au moyen d’un tuyau communiquant avec une chaudière remplie d’eau bouillante. Cette vapeur, en pénétrant dans les pores dubois, ramollit les parties gommo-résineuses et les rend susceptibles de se dissoudre. Quoique la caisse reçoive un degré de chaleur très-élevé, la vapeur s’y condense néanmoins à la partie inférieure et se convertit en une liqueur, d’abord peu colorée, et qui devient de plus en plus foncée, à mesure que l’opération avance; à la fin, elle est entièrement claire et contracte une saveur acide très-prononcée : on la laisse écouler par un tuyau de décharge. L’opération dure ordinairement soixante heures ; ensuite le bois est retiré de la caisse et complètement desséché dans une éiuve chauffée à 42 ou 48 degrés de Réaiunur. La dessiccation dure deux à trois jours quand les planches ont un demi-pouce d’épaisseur seulement ; mais si elles sont plus épaisses, il faut
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- plusieurs semaines et même des mois entiers. Ces bois acquièrent un degré de siccité tel, qu’ils résistent à toutes les variations de l’atmosphère; leur couleur augmente d’intensité , particulièrement celle du noyer, du cerisier, du poirier et de l’érable ; ils deviennent plus fermes et plus sonores , ce qui est d’un grand avantage pour les instrumens de musique. Des tables d’harmonie pour les pianos , faites de ce bois , résonnent bien mieux que les tables ordinaires ; les violons acquièrent aussi la qualité des anciens violons si estimés, et dont le véritable mérite est du peut-être à ce que le bois qui les compose a subi une lente dessiccation (1).
- On construit actuellement à Saint-Pétersbourg une église dédiée à saint Isaac, dont les proportions sont colossales , et qui est ornée de colonnes de plus de 50 pieds de hauteur, d’un seul bloc. M. Schachanow, chargé de la direction des travaux , voulant obtenir des masses de pierre d’un grand volume, a imaginé de substituer à la poudre, employée pour les faire éclater, des coins, au moyen desquels on peut les fendre aussi exactement qu’on fendrait une pièce de bois. Voici la manière d’opérer : on commence par choisir une couche de pierre ou de roche de longueur et épaisseur déterminées ; on v creuse une rainure ou rigole dans la direction de la division à produire ; on pratique le long de cette rigole, et de distance en distance , des trous d’une profondeur égale à l’épaisseur désirée; on y introduit des éclisses en bois entre lesquelles on place des coins de fer. Lorsque tout est ainsi disposé, des ouvriers placés de chaque côté frappent, à un signal donné, à-ia-fois, sur les coins, avec de lourds marteaux , jusqu’à ce que la pierre soit fendue , ce qui se fait très-promptement (2).
- M. Henick a établi à Okaniew, prés de Varsovie, une fabrique de papier de paille, où l'on s’occupe delà confection des cartons et des papiers d’emballage ; on y fabrique aussi un carton imperméable et incombustible , propre à être employé pour les couvertures des édifices.
- M. Haenisch, à Vienne, prépare, avec de l’amidon de pommes de terre, une fécule qui a toutes les propriétés du sagou de l’Inde. Elle est très-blanche,
- (1) Ce procédé a quelque analogie avec celui que M. Roguin emploie dans son bel établissement de la Gare, et dont nous avons donné la description dans notre IV0. du mois de janvier dernier.
- (2) Ce moyen défaire éclater les pierres n’est pas nouveau ; il est connu et pratiqué depuis long-temps en France, principalement à la Ferté-sous-Jouarre, dans l’exploitation des pierres meulières: mais au lieu de coins de fer, on se sert simplement de coins ou d’éclisses en bois qu'un a soin de mouiller après le.' avoir enfoncés dans les fentes : le bois, en se gonflant par l’humidité, ne tarde pas a faire éclater la pierre. Ce procédé, déjà en usage chez les anciens et en Égypte, est plus simple et moins dispendieux que celui de l’architecte russe.
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- ses grains sont transparens , et elle offre une nourriture agréable et de facile digestion. On peut l’employer dans le lait , le bouillon et même dans la pâtisserie; elle se cuit plus promptement que le véritable sagou , et est à bien meilleur marché; la livre revient à 20 ou 30 sous.
- 3VI. Bertoldi, mécanicien à Dresde, a imaginé un moulin à bras simple et commode , dans lequel le grain est broyé entre des meules. La disposition de ces meules diffère de celle ordinairement employée, en ce que la mouture, au lieu de s’opérer sur la surface la plus rapprochée du centre, a lieu sur la circonférence, d’où résulte une farine plus belle. Ce moulin, composé de sept pièces sans engrenage, offre, selon l’auteur, les avantages suivans : 1°. la drèche peut y être moulue entièrement sèche, ce qui ne se fait pas dans les moulins ordinaires ; 2ü. la farine ne s’échauffe pas ; 3°. le déchet est peu considérable ; 4°. le moulin ne fait aucun bruit et exige peu de réparations ; 5°. les meules n’ont pas besoin d’être repiquées.
- D’autres moulins à bras, mais sans meules, pour vanner et moudre le grain, décortiquer les légumes secs, monder l’orge, etc., ont été inventés par MM. Helfeiiberger, de Rohrschach. La Société d’agriculture deVienne, qui en a fait l'examen, les a reconnus comme étant d’une construction simple, à bas prix , et donnant une farine d'excellente qualité , et dont le son est en-tièrerhent séparé. Ces moulins ne sont pas sujets à de fréquentes réparations comme les moulins à bras ordinaires, et exigent peu de force pour être mis en mouvement.
- M. G. Siéger, corroyeur à Tyrnau , en Hongrie , a employé avec succès l’acide pyroligneux pour préserver les cuirs de l’altération nommée moisissure, qu’ils éprouvent pendant les grandes chaleurs de l’été, lorsque les opérations du gonflement et du travail de rivière ne sont pas conduites avec soin. Cette altération se manifeste par des taches blanches qui non-seulement détruisent promptement les cuirs qui en sont attaqués, mais se propagent aussi sur ceux qui en avaient été garantis jusqu'alors. On fait disparai Ire ces taches en passant sur les cuirs de l’acide pyroligneux , qui est promptement absorbé , et leur rend toutes leurs qualités. Ce procède a très-bien réussi sur un grand nombre de cuirs mis en expérience.
- Le genevrier est employé , en Finlande , dans la fabrication de la bière ; on y fait bouillir, dans 1 eau qui sert au brassage, des rameaux de cette plante, qui donnent un goût, agréable a la bière et la rendent très-saiubrc. On prépare aussi cette boisson avec les baies du genevrier : pour eet effet, on pile dans un mortier 30 livres de baies bien nettoyées , on les jette dans une cuve dont le fond est couvert de paille, et on verse dessus environ 200 pintes d’eau froide. Après vingt-quatre heures de repos, on dëcanm ia
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- liqueur, qu’on fait ensuite bouillir dans une grande chaudière ; on l’écume avec soin, on y met infuser du houblon, et pendant qu’elle est encore chaude on y ajoute de la levure. Cette bière de genevrier, qui fermente plus lentement que celle préparée avec Forge et le houblon , est clarifiée avec de la colle de poisson et bien bouchée ; mais elle ne se garde pas long-temps et tourne promptement à l’aigre : c’est pourquoi il convient de n’en préparer que de petites quantités à-la-fois. En Finlande et en Ingrie, on en fait un fréquent usage, sur-tout en hiver et en automne. .
- M. le docteur Romershausen, d’Aken, déjà connu par plusieurs inventions utiles, vient encore récemment d’enrichir le domaine des arts de plusieurs appareils ingénieux, savoir :
- 1°. Un appareil filtrant, destiné à clarifier les huiles, et au moyen duquel on peut obtenir, suivant Fauteur, en vingt-quatre heures 18 à 20 quintaux d’huile d’une grande pureté, d’excellente qualité, et qui éclaire mieux que les huiles ordinaires. L’appareil est simple et à bas prix; il économise la main-d’œuvre, donne peu de déchet et n’exige presque aucune surveillance,
- 2°. Un nouvel instrument de mathématiques à l’usage des arpenteurs et des militaires, qui ressemble à une lunette de poche de 4 pouces de long er d’un demi-pouce de diamètre; on le tient à la main , et il résout avec beaucoup de facilité, de précision et de promptitude, tous les problèmes de la mesure des angles, des hauteurs et des surfaces.
- 3°. Une pompe aspirante pour épuiser l’eau des puits de mines, et don! la construction est fondée sur le principe de la fontaine de Héron : cette pompe est à double effet et se règle d’elle-même; elle est bien plus simple, à dimensions égales, que la machine à colonne d'eau, et procure de oins grands avantages.
- 4°. Un appareil pneumatique qui agit, comme les pompes, par aspiration et par compression , mais sans pistons ni soupapes. Son principal mériït consiste dans un robinet d’une construction ingénieuse. Cet appareil est propre à divers usages, soit pour la condensation des gaz, soit comme machine soufflante pour les hauts-fourneaux , soit comme ventilateur pou?
- les galeries de mines , soit enfin pour el 30 pieds.
- 5 '. Un appareil pour saturer les liquides d’acide carbonique, propre à la fabrication des eaux minérales artificielles.
- Un propriétaire voisin de Bromberg , en Prusse, a inventé un nouveau hache-paille, qui, mis en mouvement par un cheval, fournit en deux heure., la nourriture journalière de 100 têtes de bétail. Cette machine, très-simple e* presque entièrement construite en bois, occupe deux en fa ns, dont Fun est
- .'lever les eaux à une hauteur de-
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- chargé de jeter les bottes de paille dans une espèce de trémie, et l’autre de retirer la paille hachée à différentes longueurs, suivant le besoin.
- M. Abraham Stem, mécanicien, a inventé un instrument au moyen duquel on peut, sans changer de station , sans calcul et sans aucun secours étranger, mesurer toutes les distances que l’œil armé d’une lunette peut embrasser. A cet instrument est adapté un angulomètre, ce qui permet d’exécuter, avec une grande promptitude , toute espèce de levers de plans.
- On sait que l’air est un très-mauvais conducteur du calorique , sur-tout lorsqu’il est renfermé et qu’il ne peut circuler. Comme en chauffant une chaudière ou une marmite , la plus grande partie de la chaleur s’échappe avec les vapeurs , on a essayé , pour prévenir cette perte et économiser le combustible, de placer sur ces vases, déjà munis de leurs couvercles, un grand et larre couvercle en bois; le succès a couronné cette tentative. L’eau entre plus promptement en ébullition et se conserve plus long-temps chaude par ce procédé ; des chapiteaux en bois placés sur les alambics offriraient les mêmes avantages.
- Dans le pays du Hanovre, on teint en noir les étoffes de laine et de fd en les trempant dans des marais tourbeux. Pour cet effet, on y creuse des trous, dans lesquels on plonge les étoffes ; l’eau qui remplit ces trous sert de mordant à la couleur noire produite par les parties de tourbe tenues en dissolution,
- M. Chevalier, mécanicien à Dresde, a inventé une machine à faire les briques, dont les avantages sont confirmés par l’expérience. Cette machine, qu’on peut établir par-tout où l’on trouve la terre convenable, produit cent vingt-six briques par minute, et leur donne telles forme et dimension qu’on peut désirer. Ces briques, étant plus compactes que les briques ordinaires et renfermant par conséquent moins d’humidité, sèchent beaucoup plus promptement et se cuisent plus facilement. On peut fabriquer, par le même moyen, des tuiles, des carreaux,et en général tous les objets propres aux constructions. Le prix de la machine est de 3000 fr. Deux personnes suffisent pour la faire fonctionner.
- M. de Chômas, à Saint-Pétersbourg , a imaginé une machine destinée au même usage, ainsi qu’un fourneau pour cuire les briques avec une économie d’un tiers sur la consommation du combustible, et une presse qui, manœuvrée par quatre hommes, peut comprimer dix à douze mille briques par jour; elle sert aussi à former des tuiles creuses et autres objets à sa surface courbe.
- M. de Dreveski, propriétaire à Bzowo, en Pologne, a inventé une charrue à double soc, qu’on peut emplover dans toutes sortes de terrains, et qui est
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- dirigée par un seul homme. D’après l’opinion de plusieurs cultivateurs , cette charrue fait le double d ouvrage des charrues ordinaires.
- En ajoutant à une décoction de tabac une dissolution de sulfate de cuivre, et en précipitant celle-ci par la potasse, on obtient, suivant M. le docteur TViilich, un précipité qui, étant séché, est de couleur vert clair, et qui, mêlé avec de l’huile de lin, prend une teinte vert-émeraude fort belle : cette couleur résiste à l’action de l’eau, de l’alcool et de l’éther.
- M. Stendel, d’Essîingen, dans le royaume de Wurtemberg, a inventé des loyers portatifs , à l’aide desquels on peut faire cuire des viandes d’une maniéré plus commode, en économisant la moitié du temps et les deux tiers du bois employés jusqu’ici. Quoique ce nouveau procédé ait déjà obtenu du succès en Allemagne, l’inventeur a encore perfectionné ses foyers, dont, le prix est modique.
- M. Bollinger, habile mécanicien, établi à Vienne, a inventé une machine qui simplifie beaucoup la méthode employée jusqu’ici pour forer les canons, L empereur d’Autriche a accordé à cet artiste une gratification de 10,000 florins. Le même M. Bollinger fabrique aussi des presses hydrauliques perfectionnées.
- M. Goll, de Zurich, a obtenu un privilège exclusif pour la fabrication et la vente d’un piano de son invention : cet instrument a singulièrement gagné en force, en netteté et en agrément. L’auteur a résolu un problème dont la solution paraissait presque impossible ; il est parvenu à donner au dessus exactement la même force proportionnelle et la même intensité de son qu’à la basse,
- M. Schnetter, à Munich , a obtenu un brevet d’invention de dix ans pour un nouveau taille-plume.
- M. Neuman, à Varsovie, a trouvé le moyen d’élever les eaux stagnantes d'un étang, de manière qu’elles peuvent, par leur chute, servir à faire tourner une roue de moulin.
- On a essayé d’extraire du vinaigre et de l’eau-de-vie des baies du troène. Les paysans de la Transylvanie se servent des feuilles de cette plante pour les appliquer sur des plaies; mais le meilleur usage qu’on en ait fait, c’est de les employer dans le tannage des cuirs.
- Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD ( née YALLAT LA CHAPELLE ), rue de l’Éperon-Saint-André-des-Ares, n°. 7.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE, ( N°. CCXX. ) OCTOBRE 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
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- CONSEIL D’ADMINISTRATION.
- Séance générale du 3o octobre 1822.
- La Société d’Encouragement s’est réunie, le mercredi 30 octobre 1822, en assemblée générale, à l’effet de procéder à la distribution des prix qu’elle avait proposés pour cette année, et de mettre au concours plusieurs questions d’un grand intérêt pour le progrès des arts.
- Cette solennité avait attiré un nombreux concours de sociétaires, empressés de jouir du triomphe de ceux des artistes dont les travaux allaient être couronnés.
- Plusieurs nouveaux produits de l’industrie, exposés dans le vaste et beau local de la Société, attiraient tous les regards, tant par leur utilité que par leur parfaite exécution. Parmi ces produits nous avons remarqué :
- lü. De grands vases de la fabrique de Sarreguemines, imitant le porphyre et le bois pétrifié, ornés de bronzes ciselés et dorés de la manufacture de M. De-lajontaine, rue d’Orléans-Saint-Honoré, hôtel d’Aligre. Ces vases, par leur grande dureté, leur poli et leurs belles formes, soutiennent la réputation que s est acquise depuis long-temps la manufacture de Sarreguemines, dans ce genre d’ouvrages.
- 2°. Un mausolée en fer forgé et poli, consacré à la mémoire de S. A. R. Monseigneur le duc de Berry, et exécuté par M. Pottié, artiste, rue de Vau-girard, n°. 6.
- Ce monument se compose d’un saule-pleureur, de 31 pouces de haut, et d un piédestal surmonté d’un tombeau, placé sur un socle en fer, autour duquel serpente une rivière dont les bords sont ornés de divers accessoires.
- Vingt-unième année. Octobre 1822. Q q
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- Le corps de l’arbre est massif; six cents morceaux de fil de fer de diverses grosseurs forment les branches, auxquelles sont adaptées trois mille feuilles avec la soudure d’argent au moyen du chalumeau.
- Toutes les pièces du monument sont ajustées et ne tiennent que par huit goupilles. Les moulures ont été poussées à la lime, et les ornemens sont pris sur pièce, gravés et ciselés.
- Cet ouvrage, fruit de deux années de travail, se distingue par le fini de toutes ses parties, qui sont entièrement forgées et sans aucun défaut, ce qui est d’autant plus remarquable que la matière offre beaucoup de difficultés dans l’exécution.
- 3°. Des roulettes en fonte de cuivre et de fer, d’un nouveau genre, fabriquées par M. Dumas, fondeur-mécanicien, élève de M. Calla, rue Traver-sière-Saint-Antoine, n°. 62. Ces roulettes, mentionnées honorablement par le jury de l’exposition 1819, sont de différentes sortes pour lits, tables, fauteuils, etc.; elles sont à-la-fois solides, élégantes, d’une grande douceur de mouvement, et exécutées avec soin ; il y eu a à chape tournante et à chape fixe, et elles n’ont pas l’inconvénient de couper les tapis, comme les roulettes ordinaires. Leur prix est en général assez modéré.
- 4°. Une caméra lucida, exécutée par M. Soleil, opticien, passage Feydeau; un microscope ; des lunettes prismatiques, dans lesquelles on remarque plusieurs améliorations, et divers autres objets qui ont valu à l’auteur une médaille d’argent à l’exposition de 1819.
- 5°. Une grande lentille et plusieurs petites, établies d’après un nouveau système, et destinées pour les fanaux, de l’invention de M. Fresnel (1).
- 6°. Divers objets de bijouterie en plaqué d’or sur argent, d’un travail extrêmement soigné, par M. Oliveras, rue du Renard-Saint-Sauveur, n°. 5.
- 7°. Des lampes mécaniques de MM. Gotten et Duverger, rue Neuve-des-Petits-Champs, n9. 65. Nous en rendrons un compte plus détaillé lorsqu’elles auront été examinées par le Comité des arts mécaniques.
- 8°. Des poteries à couverte métallique, de la fabrique de M. de Pavoj, boulevart du Mont-Parnasse, n°. 19. Ces poteries se distinguent par leur légèreté, l’élégance de leurs formes et leur qualité réfractaire.
- 9°. Un couvre-pied en percale piquée, orné de riches dessins, exécutés en points-arrière. Ce chef-d’œuvre de patience et de précision a coûté trois années de travail à M. Sureautrue du Chercheinidi, n°. 8,
- 10°. Une aube pour les prêtres, en tulle de coton de la fabrique de M. Chauvel-Joua, au Grand-Couronne, prés Rouen. Nous avons déjà eu
- (l) Voyez la description de ces lentilles dans le N°. précédent du Bulletin.
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- occasion de parler dans notre Bulletin, N°. CCVII, septembre 1821, page 254, de cet établissement naissant, qui mérite d’être encouragé. M. Chauvet-Joua, en introduisant en France une branche d’industrie nouvelle et intéressante, qui jusqu’alors nous avait rendus tributaires des Anglais, s’est acquis des titres à la protection du Gouvernement. L’aube qu’il a exposée justifie, par la parfaite exécution du tulle, qui est sans aucun défaut, et par le bon goût des ornemens dont elle est enrichie, la bonne opinion que nous avons fait concevoir des talens de ce fabricant.
- 11°. Une table dite en bois coulé, perfectionnée par M. Bray, ébéniste, rue de Charenton, n° 61, à l’imitation des meubles de même genre qui Se fabriquent en Angleterre.
- 12°. Des peintures sous glace exécutées avec beaucoup de soin et d’après un nouveau procédé, par M. Schelheimer, breveté, rue de la Verrerie, n°. 46.
- 13°. Des objets en nacre de perle, de M. Libert, rue des Biflettes, n° 9.
- 14°. Des échantillons de cuivre en bâton et des fils dorés et argentés, à l’usage de la passementerie, présentés au concours par MM. Vïllette frères, de Lyon.
- 15°. Des échantillons de cuir de Russie fabriqués par MM. Duval-Duval, corroyeurs, rue de Lourcine, n°. 6, et Grouvelle; et des reliures exécutées avec ce même cuir, par M. Bottier, rue Saint-Etienne-des-Grés, n°. 12.
- 1 G°. Des fils d’acier de toutes grosseurs, pour aiguilles, de la fabrique de M. Perret, à Saint-Étienne (Loire).
- 17°. Une carte d’échantillons d’aiguilles à coudre, de la fabrique de MM. Vanhoutem et compagnie, à l’Aigle, département de.l’Orne.
- 18°. Un modèle fort bien exécuté d’un atelier de boyauderie avec tous les ustensiles servant à la fabrication, et une nombreuse collection de boyaux soufflés et de cordes d’instrumens de musique, par M. Savaresse, quai de l’Hôpital. On peut suivre très-aisément, à l’inspection de ce modèle, les différentes opérations de l’art du bovaudier.
- 19°. Des laines teintes en écarlate avec la garance, par MM. Géant et TVerdet.
- 20°. Une romaine à quart de cercle pour peser les cotons filés, de MM.Zter-croizilles et Gambey, exécutée avec une extrême précision.
- 21°. Une très-belle peinture sur émail, de M. Froment, rue de l’Arbre-Sec, n°. 57.
- 22°. Une. nouvelle cafetière en terre de Sarreguemines et à filtre en étain , de M. Harel, rue de l’Arbre-See, n®. 50. Cet appareil réunit à l’avantage de donner de très-bon café celui d’être la plus simple et la moins chère de toutes les cafetières de nouvelle invention. L’infusion s’y fait à l’eau froide, d’après le système de Cadet de Vaux. Q q 2
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- 23°. De la coutellerie, des lames d’épée et de sabre en acier de damas, et un couteau à revers pour les corroyeurs, de la fabrique de M. Degrand-Gurgej, de Marseille, dont le dépôt est établi à Paris, chez M. Alliés, rue Tra-versiére-Saint-Honoré, n°. 13.
- Divers objets déjà exposés aux précédentes assemblées générales ont été reproduits à celle-ci : tels sont,
- 24°. Le nouveau réveil de M. Laresche, horloger, Palais-Royal, galerie de Valois, n°. 167.
- 25°. Des couvre-plats en tissu métallique, remarquables par leur solidité et leur extrême légèreté ; des pieds de lampes en forme de colonne torse et à camées, et autres produits de la fabrique de M. Allard, rue Saint-Denis, n°. 368.
- 26°. Une belle collection d’articles de coutellerie fine et des lames en damas de M. Bréant (véritable façon de damas oriental), montées par M. Car-deilhac, rue du Roule, n°. 4.
- 27°. Des tapis de table en feutre verni et des tapis de pied en bourre, fabriqués par M. Chenavard, rue du Harlay, n°. 2, au Marais.
- Cette industrie acquiert chaque jour un nouveau degré de perfection, tant sous le rapport du choix des ornemens et des dessins, que sous celui des vernis, qui sont très-souples et brillans. Les tapis de bourre sont aussi d’un tissu plus serré, plus épais et de couleurs plus variées.
- 28°. Les farines de légumes cuits de M. Duvergier, rue des Barres-Saint-Paul , n° 1.
- 29°. Un pistolet à réveil; une presse à timbre d’applique, à l’usage des notaires et une romaine pour peser les colons filés, de l’invention de M. Régnier, rue de l’Université, n°. 4.
- 30°. Les rasoirs de M. Pradier, rue Bourg-l’Abbé, n°. 22.
- La séance a été ouverte à sept heures et demie du soir, sous la présidence de M. ie comte Chaptal, pair de France.
- Après la réception de plusieurs membres, la parole a été accordée à M. le baron de Gérando, pour lire le rapport suivant sur les concours ouverts par la Société pour l’année 1822.
- Rapport sur les concours ouverts par la Société pour Vannée 1822, par M. le baron de Gérando.
- Messieurs, le concours de cette année embrassait vingt-cinq questions, dont plusieurs sont d’une haute importance pour les arts, et qui forment ensemble une valeur de 56,400 francs. Malgré la brièveté du temps accordé
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- aux concurrens pour l’envoi de leurs mémoires et le défaut de publicité de vos programmes dans plusieurs villes manufacturières de France, vous remarquerez néanmoins que tous ont mis un grand empressement à répondre a vos vues, et ont donné des preuves de zèle et de talent dans la solution des questions qui leur avaient été proposées : aussi avez-vous la satisfaction de pouvoir récompenser aujourd’hui leurs efforts et de signaler de nouvelles conquêtes de notre industrie.
- Cinq prix ont été remportés, trois ont excité une vive émulation et seront l’objet de récompenses particulières : ces sujets de prix ont donné lieu à l’envoi de plus de trente mémoires remplis de recherches et de faits intéressans, et dont plusieurs sont autant de traités pratiques de l’art qu’ils avaient pour but de perfectionner.
- Vous concevez, Messieurs, que l’examen d’une telle masse de documens, la nécessité de répéter les expériences, et la discussion des droits respectifs des concurrens, ont exigé de fréquentes réunions de vos Comités et occupé tous leurs momens depuis l’époque de la clôture du concours. Il n’est donc pas étonnant que la séance générale, consacrée à la distribution des prix et dont la tenue est fixée au mois de juillet, ait été retardée cette année.
- Des dix-sept questions qui n’ont produit aucun résultat satisfaisant, huit ont été l’objet de l’envoi de plusieurs mémoires assez importans, mais qui n’ont pas rempli les conditions exigées; les autres sont restées sans réponse. Nous allons rappeler d’abord ces dernières en suivant l’ordre du tableau annexé au programme.
- I. Questions qui n’ont pas été traitées.
- Ces questions sont au nombre de neuf ; savoir :
- i°. Prime de 4,000 jrancs pour la construction d'un moulin à mou dix et à concasser les grains, qui puisse être adapté à toutes les exploitation s rurales.
- 2°. Prix de 2,000 francs pour l’application de la presse connue dans tes arts sous le nom de presse hydraulique, à l’extraction des huiles et du vin, et en général des sucs des fruits.
- 3°. Prix de 1,000francs pour la construction d’une machine à rase/ les poils des peaux employées dans la chapellerie.
- 4°. Prix de 600 francs relatif aux laines propres à faire des chapeaux communs à poils.
- 5°. Prix de 2,400francs pour l’étamage des glaces à miroirs par un procédé différent de ceux qui sont connus.
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- 6°. Prix de 1,500 francs pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce.
- 7°. Prix de 2,000 francs pour la fabrication delà colle de poisson.
- 8° Prix de 1 ,000 francs pour la construction d’un moulin à bras propre à écorcer les légum.es secs.
- 9°. Prix de 3,000 francs pour la conservation des étoffes de laine.
- Nous vous proposons, Messieurs, de proroger à l’année prochaine ces divers sujets de prix , dans l’espoir de les voir remportés : nous en exceptons toutefois le dernier, à l’égard duquel nous vous ferons observer que, d’après l’impossibilité à-peu-près reconnue de résoudre en entier le problème, tel qu’il est énoncé dans le programme, et le peu d’avantage qu’on a retiré du grand nombre de mémoires envoyés précédemment sur cette question ; attendu, en outre, que l’on connaît différens moyens de précaution qui suffisent , dans plusieurs circonstances, pour préserver de l’attaque des vers les étoffes de laine, le Conseil d’administration a été d’avis de retirer ce sujet de prix du concours.
- II. Questions qui ont donné lieu a l’envoi de plusieurs mémoires ,
- MAIS QUI N%ONT POINT ÉTÉ RÉSOLUES.
- 10°. Prix de 2,500 francs pour la construction d’une machine propre a travailler les verres d’optique.
- Deux concurrens se sont présentés pour obtenir ce prix.
- Le N°. 1, dans un mémoire descriptif, sous la devise : Le sort est trop constant dans Vadversité, donne l’explication, le dessin et la manière de manœuvrer une machine qu’il appelle rayometre. Le mémoire est fort bien raisonné, et la machine, sous plusieurs rapports, semble devoir produire de bons résultats ; mais l’auteur n’a pas considéré que son mécanisme doit produire un effet nuisible, qui pourrait précisément détruire le mérite de son invention. Dans l’action du verre sur le bassin qui le rode, ces deux surfaces s’usent à-la-fois par le contact et l’enduit qui les lime ; l’une se moule pour ainsi dire sur l’autre, ce qui les déforme toutes deux : ainsi le rayon de la sphère doit avoir changé par cette action. En outre, il résulte de l’espèce de rotation que l’ouvrier imprime au rayomètre, que s’il arrive que certains sillons circulaires sont tracés sur le verre par l’émeri, on demeure incertain de savoir si les mêmes sillons ne se reproduiront pas sans cesse par le travail subséquent, au lieu de s’effacer. Pour que ces sillons disparaissent, il faut que les points de contact changent non-seulement sur une même zone sphérique, mais en donnant à ces points des relations très-variées. Pour juger si l’ouvrier pourra atteindre le degré de perfection qui suppose que ces sillons
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- concentriques s’effacent par le rodage sans changer, d’ailleurs, le ravon de la sphère, il faudrait nécessairement avoir cette machine à sa disposition et la faire fonctionner. Sans cette épreuve rigoureusement indispensable , il est impossible de s’assurer des effets qu’on attend de l’opération. Ce n’est pas avec un dessin qu’on juge des résultats du travail, qui outre les difficultés que nous venons de signaler, en peuvent encore offrir qui sont imprévues , et que la manœuvre ferait reconnaître. Ainsi, le mémoire, N°. 1, ne remplit pas les conditions du programme.
- Le second concurrent a présenté, outre un court mémoire sous la devise : Si le principe est bon,, les accessoires ne sont rien , la machine même qu’il juge propre à remplir les conditions imposées par le programme; mais cet appareil est loin d’atteindre ce but : non-seulement tous les vices que nous venons d’énumérer, et les effets de l’élasticité des parties et de leur dilatation doivent nécessairement altérer la précision des surfaces, mais encore la manœuvre en est difficile, et on reconnaît de suite qu’aucun résuit at précis ne peut en être obtenu.
- D’après ces considérations, votre Conseil d’administration vous propose de proroger le prix à l’année prochaine, en ajoutant au programme que les concurrens seront tenus de présenter les machines mêmes qu’ils auront inventées, et qu’ils les feront fonctionner pour en montrer les résultats.
- 11°. Prix de 3,00ü/m^ew pour la fabrication des aiguilles à coudre.
- M. Vaiihoutem père, directeur de l’établissement formé en 1819 à l’Aigle, département de l'Orne, sous le ministère de M. le duc Decazes, a seul concouru pour ce prix. Il vous a adressé, dans le délai prescrit par le programme, une carte disposée d’une manière particulière et d’autres échantillons d’aiguilles à coudre et à tricoter , d’une grande variété de numéros. Ces aiguilles sont en général bien fabriquées et comparables pour leur qualité aux meilleures qu on fabrique à Aix-la-Chapelle et à Nuremberg. Il ne leur manque , pour soutenir la concurrence avec les aiguilles anglaises , que d’être de fil d’acier fondu au lieu de fil de fer cémenté.
- Il résulte du certificat de M. le maire de l’Aigle , joint à l’envoi de M. Vanhoutem , que la fabrique de ce dernier occupe environ cent ouvriers, et qu’il s’y fait journellement quatre-vingt à quatre-vingt-dix mille aiguilles, livrées au commerce à des prix inférieurs aux prix des aiguilles importées de l’étranger; que quatorze meules à faire la pointe sont en activité, et que, par un courant d’air et des garanties, on est parvenu à faire disparaître tous les dangers que pouvaient courir les empoinieurs.
- Si M. Vanhoutem eût satisfait aux conditions principales exigées par le programme, nul doute que le prix ne dût lui être décerné ; mais il en a omis
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- deux essentielles : la première, de fournir, dans le délai prescrit, la preuve qu’il a livré au commerce des produits pour une valeur annuelle de 10,000 fr.; la seconde, que ses aiguilles, quoique bien fabriquées, d’ailleurs, ne peuvent soutenir la concurrence avec les aiguilles anglaises d’acier fondu, dont la pointe est toujours parfaitement dans l’axe, et la fermeté, à numéros eorres-pondans, presque double.
- Déterminés par ces motifs, nous vous proposons, t°. de remettre le prix à l’année prochaine , en ajoutant aux conditions du programme qu’indépen-damment des aiguilles fabriquées à l’instar de celles d’Aix-la-Chapelle, c’est-à-dire avec du fil de fer cémenté, les concurrens devront présenter des aiguilles de tous les numéros, faites en fil d’acier fondu, comme celles d’Angleterre ; 2°. de témoigner à M. Vanhoutem votre haute satisfaction pour les efforts qu’il a faits et qu’il fait encore pour assurer le succès de l’établissement qu’il dirige, et de déclarer qu’il a mérité d’être encouragé.
- 12°. Prix de 2,000 francs pour Vapplication de la machine à vapeur aux presses d impriînerie.
- Deux concurrens se sont présentés pour disputer ce prix, et tous deux ont droit à vos éloges.
- Le premier est M. Amédée Durand, dont vous avez déjà récompensé les travaux par une médaille d’argent. Cet habile artiste a trouvé le moven de distribuer l’encre avec égalité et d’obtenir une très-belle impression par le seul emploi de la force des bras agissant sur une manivelle. Comme rien n’est plus facile que de changer le mouvement alternatif du piston d’une machine à vapeur en mouvement circulaire agissant sur une manivelle , et que le problème proposé par la Société est parfaitement résolu par M. Durand, dont les procédés sont à-la-fois bons et économiques, il semblerait que le prix devrait lui être accordé ; mais vous avez expressément exigé que la machine à vapeur fût appliquée à la presse ; car votre but a été de récompenser moins le mérite d’une invention nouvelle, que l’importation d’un procédé déjà usité ailleurs , et de favoriser par vos efforts un emploi nouveau pour nous de la machine à vapeur. Ainsi, quelque facile que soit l’application de cette machine à la presse de M. Durand, il suffit que cette application n’ait pas été mise par lui à exécution , pour que cet artiste ne puisse recevoir le prix.
- Le second concurrent, M. Selligue, fait réellement mouvoir sa presse par Faction de la vapeur. Il a appliqué à cette presse la machine inventée par Oliver Evans et construite par M. Bresson. L’auteur s’est 'réservé le secret de son mécanisme; mais voici les effets et les résultats de sa presse, qui ont été reconnus par vos commissaires, lors de la visite qu’ils ont faite dans les ateliers de M. Selligue.
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- On place la feuille de papier sur un tambour, et, par un système de cordes qui la conduisent et la soutiennent, elle se trouve transportée d’abord, puis pressée sur la forme d’imprimerie, où elle reçoit l’empreinte sur le recto ; ensuite elle se retourne d’elle-même, se place sur la seconde forme, et y reçoit l’empreinte sur le versoy enfin elle s’empile dans un lieu déterminé. Le mouvement de rotation qui anime toutes les pièces de cette machine est produit par la vapeur : cette force suffit à-la-fois à la distribution de l’encre , au mouvement de la feuille de papier, et à ses deux pressions alternatives. Il n’v a d’autre soin à prendre que de placer la feuille sur le tambour, et elle traverse toute la machine pour s’imprimer sur les deux faces, et se déposer sur la pile. Dix de ces feuilles sont ensemble engagées dans le système, et il faut environ une minute pour qu’elles en sortent : d’où l’on voit que , durant une heure de travail, on imprime six cents feuilles sur les deux côtés , ce qui, en terme d’imprimerie, produit douze cents de tirage, ou trois à quatre fois plus qu’on n’obtient avec les presses à la Stanhope actuellement en usage.
- Cette machine offre sans doute quelques inconvéniens auxquels il est facile de remédier; mais elle réunit les avantages suivans :
- \ °. Un jeune homme et une femme font le service de la presse.
- 2°. La même machine à vapeur, qui avant la force de quatre à cinq atmosphères , possède une grande puissance, peut faire marcher deux de ces presses , et même trois au besoin ; elle consomme environ soixante kilogrammes de houille en dix à douze heures; Je piston a trois pouces trois quarts de diamètre, et seize pouces de course ; elle est presque de la force de dix chevaux. Un homme est nécessaire pour l’alimenter de combustible, et surveiller le manomètre. Ainsi trois hommes et deux femmes peuvent suffire à la manœuvre de ces deux presses.
- 3°. Chaque forme de la grandeur d’une feuille de papier, presque sans marge, exige dans les presses ordinaires une action considérable et très-fatigante. Ici, la forme contient le journal entier, en sorte que la feuille imprimée porte deux journaux qu’on sépare ensuite. Il en résulte qu’on peut au moins compter sur deux mille quatre cents journaux imprimés en une heure par un jeune homme et une femme. La machine à vapeur peut même animer deux de ces presses à-la-fois , ce qui produirait cinq mille journaux à l’heure.
- 4°. La nécessité de satisfaire aux besoins du tirage, puisqu’il y a des journaux qui tirent jusqu’à douze ou quinze mille et plus par jour, oblige de composer plusieurs fois une même matière, pour que les formes mises ensemble sous presse produisent le nombre exigé. La vitesse de la machine
- Vingt-unie me année. Octobre 1822. R r
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- de M. Selligue peut dispenser des frais d’une et même de deux de ces compositions.
- Les avantages de sa presse étant bien constatés, l’auteur semblerait devoir obtenir le prix, si elle eût été en activité depuis trois mois, ainsi que l’exige le programme, et si l’expérience avait permis d’en constater les bénéfices. Ces conditions n’étant pas remplies, votre Conseil d’Administration vous propose de proroger à l’année prochaine un concours dont le but est si près d’être atteint.
- 13°. Prix de 6,000francs pour la découverte d’un procédé propre à teindre la laine avec la garance en écarlate solide, sans employer la cochenille.
- Quatre concurrens sont inscrits pour ce concours. Deux, qui ne se sont pas fait connaître, ont envoyé des échantillons dont rien ne constate l’origine. Les deux autres, MM. Géant et Werdet, s’étaient mis sur les rangs en 1821, et se sont réunis cette année pour mettre leurs procédés en commun. Ils ont fait des expériences en grand à leurs frais, et sous les yeux de vos commissaires.
- Une pièce de drap de vingt aunes, pesant vingt-neuf livres, et trente livres de laine filée, ont été successivement teintes en présence de vos commissaires ; dix livres de garance ont été employées pour le drap et autant pour la laine. La garance a été bien examinée : elle était sans aucun mélange. On a jeté dans le bain deux liqueurs incolores. La pièce y a été plongée et travaillée pendant environ une heure; ensuite elle a été retirée lorsque les concurrents ont jugé qu’elle était assez nourrie de couleur. Après avoir été lavée, elle a été avivée dans une eau de savon ; on a pris des échantillons avant et après l’avivage.
- Cette expérience n’a présenté en apparence aucune différence avec celles qui ont été faites précédemment aux frais de la Société, et n’a pas donné des résultats plus satisfaisants. Tant qu’on n’a pas d’objet de comparaison , le drap paraît beau ; mais dès qu’on l’approche de l’écarlate véritable, sa couleur devient plus terne.
- L’avivage ne paraît pas un bon moyen d’arriver à une couleur égale; l’action du savon s’exerce davantage sur l’extrémité isolée des poils, et leur donne une teinte différente de celle du fond; le drap ressemble alors à une écarlate qui aurait été tachée par la pluie.
- Votre Conseil d’administration, considérant que beaucoup d’essais ont été faits depuis long-temps pour obtenir le résultat désiré, mais que tous ont été abandonnés, parce que la couleur ne conserve pas son éclat, et qu’elle pâlit lorsqu’elle est exposée au soleil ; que c’est par ce motif que M. Gonin, à qui la Société avait décerné une médaille d’or, a renoncé à son
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- procédé; qu’aujourd’hui nos teinturiers emploient avec succès, en remplacement de la cochenille la laque-laque, qui donne une écarlate bien nourrie ; que dès-lors les motifs qui avaient déterminé la Société à proposer ce prix n'existent plus, est d’avis qu’il y a lieu de retirer cette question du concours.
- 14°. Prix de 1,500 francs pour la préparation du lin et du chanvre sans employer le rouissage.
- Ce sujet de prix a été traité par deux concurrens.
- Le premier s’est borné à décrire le procédé qu’il a employé. Ce procédé, qui vous est connu depuis long-temps, mais qui ne présente ni simplicité ni économie dans son emploi, consiste à lessiver avec de l’eau chaude de savon les tiges de lin ou de chanvre disposées par couches, sur chacune desquelles on répand successivement un mélange de parties égales de chaux et de cendres; l’eau est reçue dans un baquet placé au-dessous de la cuve, pour être chauffée et versée de nouveau sur les tiges, comme cela a lieu habituellement pour la lessive ordinaire. Le savon est employé dans la proportion d’un kilogramme pour quinze litres d’eau.
- Cinq heures suffisent pour préparer par ce moyen le lin ou le chanvre. On peut se dispenser de faire chauffer l’eau de lessive, en augmentant la dose de chaux ; mais la filasse risque d’être altérée.
- Quatre propriétaires et cultivateurs de la commune de Clefcy (Vosges) attestent avoir vu opérer, en 1821 , l’auteur de ce procédé sur une quantité de plus de 800 kilogrammes ; ils ajoutent que la qualité s’en est trouvée supérieure à celle qu’on obtient par la méthode ordinaire du rouissage, tant pour la filasse , que pour le fil, la toile et les cordages.
- Malgré cette attestation, et le désir exprimé par les habitans qui l’ont délivrée, de donner la plus grande publicité à la méthode qui vient d’être décrite , à raison des avantages inappréciables qui résulteraient de l’abandon du rouissage, cette méthode ne parait nullement susceptible d’être généralement adoptée. Non-seulement elle causerait trop d’embarras aux gens de la campagne, mais encore elle leur deviendrait trop dispendieuse.
- Le concurrent n’ayant adressé aucun échantillon , ni fourni aucune donnée sur les frais, n’a donc pas rempli les conditions exigées.
- Le second concurrent a construit lui-même, en 1820 , la machine de M. Christian, d’après les procédés décrits dans l’instruction publiée en 1818. Il a réussi à préparer, avec sa machine, 393 kilogrammes de fdasse provenant tant de ses récoltes que de celles de plusieurs propriétaires des communes voisines , ainsi que le constatent les maires de Tilly, Rangières et
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- Ambly, département de la Meuse, et le juge-de-paix de Souillv, même département. Ces propriétaires déclarent que non-seulement ils ont été parfaitement satisfaits du nouveau procédé, mais encore qu’ils ne veulent plus en employer d’autre, attendu que les déchets,sont moins considérables , et que les produits sont plus beaux qu’au moyen du rouissage.
- Le concurrent observe dans son mémoire que le chanvre et le lin ont toujours été arrachés dans un état parfait de maturité; que s’il n’en a pas fourni la quantité de 500 kilogrammes, prescrite par le programme, c’est qu’il n’a pas été prévenu à temps ; que relativement à la valeur de la filasse, il n’a pu satisfaire à cette question, n’ayant pas été dans le cas d’en vendre ; mais qu’il présume qu’à raison de la simplicité de la main-d’œuvre et de l’augmentation des produits résultant d’un moindre déchet, la filasse qu il obtient ne doit pas être plus chère que celle obtenue par les procédés ordinaires.
- Quant aux moyens qu’il emploie pour adoucir la filasse et en diviser le plus possible les filamens , ils sont absolument les mêmes que ceux indiqués dans l’instruction précitée.
- Les échantillons adressés sont de la plus belle qualité ; les filasses préparées sont très-fines et très-douces, et les fils d’une parfaite égalité dans toute leur longueur.
- Votre Conseil d’administration, en donnant de justes éloges à ce concurrent, a du considérer qu’on ne lui doit aucun fait nouveau ; que les propriétaires dont il produit les certificats favorables, n’ayant, pas eu à s’occuper de la préparation de leur chanvre, n’ont pu apprécier les frais de main-d’œuvre, le prix de la machine, ni lever les doutes qu’ont fait naître les nombreux inconvéniens qui ont été reprochés à cette méthode ; que dès-lors vos vues ne sont pas remplies, et qu’il n’v a pas lieu de décerner le prix.
- Votre Conseil d’administration pense qu’en remettant, au concours une question qui intéresse, sous tant de rapports, la salubrité publique, il est nécessaire de donner plus de temps aux concurrens , et d’offrir une récompense mieux proportionnée à leurs efforts. Il vous propose, en conséquence, de fixer à trois années la durée du concours, et à 6,000 francs la valeur du prix.
- 1 5°. Prix de 3,000francs pour la découverte d’un métal ou alliage moins oxidable que le fer et l’acier, propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires.
- Deux concurrens seulement ont fait quelques efforts pour mériter ce prix. Le premier propose trois alliages différens, dont l’un, composé de cuivre,
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- d’antimoine , d'étain et de zinc; l’autre, de cuivre, d’étain et de zinc; et le troisième, d’argent et d’étain.
- Les deux premiers alliages, quoique peu oxidables , ne pourraient cependant être employés sans danger à diviser des fruits acides. D’ailleurs, ils ne sont pas assez durs pour en faire des crochets et des râpes ; enfin leur prix serait au moins aussi élevé que celui de l’acier.
- Quant à l’alliage d’argent et d’étain, sa cherté ne permet pas de pouvoir remployer avec avantage.
- Le second concurrent a adressé treize échantillons grossièrement coulés, et qui ont l’aspect d’une fonte de fer plus ou moins épurée ; quelques-uns sont, à ce qu’assure le concurrent, propres à faire des filières : on présume qu’ils ne contiennent aucun métal vénéneux; mais tous sont oxidables à l’eau
- Quoique ce concours ait présenté peu de résultats cette année, nous pensons qu’il est possible d’obtenir plus de succès. Les concurrens ayant annoncé l’intention de faire de nouveaux efforts , nous vous proposons de proroger le prix à l’année prochaine.
- 16°. Prix de 2,000 francs pour la découverte d’une matière se moulant comme le plâtre , et capable de résister à Vair autant que la pierre.
- Une seule personne a concouru ; mais elle n’a pas communiqué ses procédés , et les échantillons qu elle a fournis n’ont pu être soumis cette année à l’épreuve de la gelée, non plus que les échantillons envoyés l’année dernière par AL Vie ai.
- Nous vous proposons donc de remettre le prix à l’année prochaine.
- 17°. Prix de 600 francs pour un moulin propre à nettoyer le sarrasin.
- La Société d’agriculture de la Corrèze a envoyé le modèle d’un de ces moulins , qui lui a été présenté par AL Les cure, serrurier à la Palisse , et qu’elle a jugé digne d’être admis au concours. Ce n’est qu’un moulin à blé ordinaire , que M. Lescure a surmonté d’une noix analogue à celle du moulin à bras de Basse-Normandie, et accompagné d’un volant, qui chasse les débris des calices et des angles des grains, avant leur introduction entre* les meules.
- Votre Conseil d’administration n'a pas mis en doute que cette machine ne fût capable de produire l'effet désiré ; mais elle ne remplit pas le but de la Société, qui demandait une machine plus parfaite et non moins économique que celles en usage. Or , le moulin le plus économique que I on connaisse, est celui usité en Basse - Normandie, qui est en bois et ne coûte que 5 à 10 francs ; tandis que la machine modifiée par AI. Lescure exige un courant d’eau , et ne peut coûter moins de 3,000 francs dans les moindres dimensions.
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- Le Conseil a donc pensé que ce concurrent n’avait pas droit au prix ; mais comme l’application de la noix et du volant au moulin ordinaire peut offrir de fréquens avantages , il a cru devoir faire l’acquisition du modèle de M. Lescure, pour être déposé dans le cabinet de la Société, et gravé et décrit dans son Bulletin.
- Quant au prix , nous vous proposons de le remettre à l’année prochaine.
- III. Questions qui ont été presque résolues et qui seront l’objet de
- RÉCOMPENSES PARTICULIERES.
- 18*. Pt 'iæ de 6,000 francs pour la fabrication du fil dacier propre à faire les aiguilles à coudre.
- Ce prix n’est pas remporté; mais les propriétaires de la tréfilerie de Val-benoîte , près Saint-Etienne , en ont beaucoup approché, et peut-être leur aurait-il été décerné, si l’on avait eu le temps de constater, sous le rapport de la fabrication des aiguilles, la qualité des fils dont se composait leur envoi ; ces fils ont été reconnus pour être d’acier fondu , mais ils n’ont pu être soumis qu’à des essais partiels.
- Cette fabrique donne de grandes espérances ; il est même à présumer quelle remportera le prix l’année prochaine. En attendant, votre Conseil d’administration propose de lui décerner une médaille d’or.
- M. Molard jeune lira un rapport à ce sujet.
- 19°. Prix de \ ,500francs pour la fabrication du cuivre en bâton à Vusage des tireurs d’or.
- Deux concurrens ont disputé ce prix : l’un est arrivé trop tard, et l’autre n’a pu fournir tous les renseignemens qu’on avait exigés.de lui. Une médaille d’argent est proposée pour ce dernier.
- M. Bréant vous rendra compte du résultat de ce concours.
- 20°. Prix de SOOfratics, fondé par M. Ternaux, pour le meilleur mémoire sur les avantages de l’élève des moutons à laine superflue dEspagne, et sur le croisement des moutons ndigènes de France.
- Un grand nombre de mémoires renfermant des faits inléressans ont été adressés pour ce concours. M. Silvestre vous les fera connaître et vous propose d’accorder des médailles d’accessit à deux des concurrens,
- IV. Prix remportés.
- Ces prix sont au nombre de cinq , ainsi que nous l’avons annoncé plus haut.
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- 21°. Prix de 2,000 francs pour la fabrication du charbon animal avec d’autres matières que les os, ou pour la revivification du charbon animal qui a déjà été employé.
- Ce prix , qui existe au concours depuis cinq ans, est d’une grande importance pour les arts et sur-tout pour nos raffineries de sucre , qui font aujourd'hui une immense consommation de charbon animal. Le concurrent qui a satisfait aux conditions du programme et à qui le prix sera décerné , a découvert un procédé pour revivifier indéfiniment le noir animal ; découverte d autant plus précieuse que cette matière augmente de prix à mesure que son emploi devient plus fréquent. Une médaille d’accessit est proposée pour le même sujet en faveur d’un autre concurrent qui a approché du but,
- M. Derosne est chargé de rendre compte du résultat de ce concours.
- 22°. Prix de \ ,500francs pour le perfectionnement de l’art du boyaudier.
- Ce prix, fondé en 1819 par M. le comte Angles, alors préfet de police, avait un double objet: i°. l’assainissement des boyauderies ; 20. le perfectionnement de la qualité des cordes d’instrumens de musique. Le problème est complètement résolu sous le 'premier point de vue ; quant au second , comme le concours a laissé encore quelque chose à désirer, votre Conseil d’administration a jugé qu’il convenait d’en faire l’objet d’un nouveau prix.
- M. Robiquet exposera les motifs qui ont dirigé le Conseil d’administration dans sa détermination.
- 23°. Prix pour la fabrication du cuir d’œuvre, façon de Russie.
- Deux prix , l’un de 3,000 francs , l’autre de 1,500 francs , avaient été proposés pour l’importation en France du procédé employé par les Russes pour préparer leurs cuirs ; le second seul a été gagné, parce que votre Conseil d’administration , par une louable temporisation , a voulu s’assurer si l'odeur des cuirs présentés pouvait se conserver aussi long-temps que celle des cuirs étrangers. Dans le cas où ce fait se trouverait constaté d’une manière décisive au bout d’un an, 1(' concurrent aura mérité le grand prix En attendant , le concours a été fermé.
- M. Mérimée vous fera connaître les résultats qu’il a produits.
- 24°. Prix de 1,500 francs pour nu semis de pins du Nord ou de pins de Corse, connus sous le nom de laricio.
- 25°. Prix de ! ,000 francs pour un semis île pins d’Ecosse (pinus rubra .
- La multiplication des pins, de ces arbres si précieux pour les constructions navales, est d’une grande importance pour la France, en ce qu’elle nous dispense d’aller chercher dans le Nord les bois et les mâtures pour les besoins de notre marine. Les deux prix proposés dans ce but et qui , depuis
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- 1815, ont excité la sollicitude de la Société, sont aujourd’hui gagnés : toutefois, le second ne l’est que conditionnellement, et sera décerné l’année prochaine, si le concurrent, dont les droits sont réservés, satisfait h. toutes les conditions du programme.
- M. Bosc lira un rapport à ce sujet.
- Conclusions.
- Vous voyez, Messieurs, combien en général les concours ont été fructueux et quelle émulation ils ont excitée. Depuis long-temps vous n’aviez obtenu des succès aussi éclatans et distribué des récompenses d'une aussi grande valeur. La somme des prix cl des médailles que vous allez décerner dans cette séance s’élève à 8,144 francs, tandis qu’en 1818 elle n’était que de 7,500 francs; en 1819, de 4,200 francs ; en 1820, de 3,200 francs, et en 1821, de 8,900 francs. De pareils résultats prouvent mieux que tous les raisonnemens, que notre industrie continue de prospérer, et que le zèle et la persévérance de nos artistes ne se ralentissent point. Heureuse l’institution appelée à favoriser le développement de bu ne et à récompenser les efforts des autres !
- Votre Conseil d’administration propose de remet tre au concours, pour Tannée 1823, les prix suivans :
- 1°. Pour la construction d’une machine propre à travailler les verres
- }J . c
- a optique ;
- 2°. Pour la construction d’un moulin a moudre eî à concasser les grains, qui puisse être adapté à toutes les constructions rurales y
- 3°. Pour la fabrication des aiguilles à coudre ;
- 4°. Pour l’application de la machine à vapeur aux presses d’imprimerie ;
- 5°. Pour l’application de la presse, connue dans les arts sous le nom de presse hydraulique, à L’extraction des huiles et du via , et en général des sucs des fruits ;
- 6°. Pour la construction d’une machine propre a raser les poils des peaux employées dans la chapellerie ;
- 7°. Pour les laines propres a faire < les chapeaux communs à poils ;
- 8°. Pour l’étamage des glaces à miroirs par un p/océdé différent de ceux qui sont connus ;
- 9°. Pour le perfectionnement des matériaux employés dans la gravure en taille-douce ;
- 10°. Pour la découverte cl un métal ou alliage moins oxiclable que le fer et L’acier, propre à être employé dans les machines à diviser les substances molles alimentaires ;
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- 11°. Pour la fabrication de la colle de poisson;
- 12°, Pour la construction d’un moulin à bras propre à écorcer les légumes secs ;
- 13°. Pour la découverte d’une matière se moulant comme le plâtre et capable de résister à l’air autant que la pierre ;
- 14°. Pour la construction cC un moulin propre à nettoyer le sarrasin -De proroger à l’année 1825 , en le portant de 1,500 francs à 6,000 francs, le prix pour la préparation du lin et du chanvre sans employer le rouissage;
- Enfin, de retirer du concours les prix , 1°. pour la découverte d’un procédé pour teindre la lame avec la garance en écarlate solide, sans employer la cochenille; 2°. pour la conservation des étoffes de laine.
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Baron de Gérando.
- Rapport fait par M. Moiarcl jeune , sur le prix proposé pour la fabrication des fils d acier propres à faire les aiguilles a coudre.
- Messieurs, dans la vue de faciliter en France la fabrication des aiguilles à coudre dont nous sommes privés depuis que la ville d’Aix-la-Chapelle se trouve au-delà de nos frontières, vous avez promis un prix de 6,000 francs à celui qui établirait une trélilerie de fils d’acier propres à leur fabrication.
- Votre demande n’est pas restée sans réponse, et si toutes les conditions exigées par le programme ne sont pas encore remplies, vous avez du moins acquis la certitude qu’on s’est occupé efficacement de cet objet.
- Dans le courant de cette année, trois concurrens vous ont présenté des échantillons de fils d’acier, que votre Comité des arts mécaniques a examinés, et sur lesquels il a fait au Conseil d’administration un rapport dont je vais avoir l’honneur de vous donner un extrait.
- Le concurrent inscrit sous le N°. 1 , a envoyé divers échantillons de fils avec lesquels il annonce avoir fabriqué les aiguilles qu’il verse dans le commerce. Il n’indique point le procédé qu’il emploie pour fabriquer ce fil ; mais on a reconnu qu’il est malléable et qu’il supporte assez bien le martelage , qu’il prend de la dureté à la trempe, que le grain en est gros, qu’il est très-fragile et n’offre aucune consistance; que le juste point de recuit pour qu’il ait de la roideur et de l’élasticité est très-difficile à trouver. Ces diverses propriétés, qui dénotent que c’est du fil de fer cémenté sous des numéros inférieurs , qu’on a ensuite tiré une ou plusieurs fois à la filière pour Vingt-unième année. Octobre 1822. S s
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- lui donner de l’écrouissage et de la consistance , ne le rendent pas propre à fabriquer de bonnes aiguilles.
- Le concurrent N°. 2 a envoyé des échantillons qui présentent les mêmes phénomènes, et bien qu’ils soient travaillés avec plus de soin que les précé-dens et que leur qualité soit meilleure, ils doivent être néanmoins rangés dans la même classe. Ni les uns ni les autres n’ont paru remplir l’objet de la Société.
- Le troisième concurrent est M. Peyret, régisseur de la tréfilerie établie dans la commune de Valbenoîte, près Saint-Étienne. Les échantillons de fil qu’il a envoyés à deux reprises différentes étaient accompagnés de procès-verbaux des autorités locales, qui constatent l’état de cette fabrication, ainsi que la nature de ses produits à l’époque actuelle. On voit que les bâtiments construits il y a deux ans pour cette destination occupent un espace de 80 pieds sur 50 , et se composent d’un rez-de-chaussée , d’un premier et d’un second étage entièrement consacrés à cet(e fabrication et au logement d’une vingtaine d’ouvriers qui y sont employés; que les matières premières dont on fait usage sont des baguettes d’acier fondu , provenant uniquement des fabriques de Saint-Étienne; que ces baguettes sont amenées successivement du N°. \ au N°. 60 et plus, en passant d’abord dans des laminoirs cannelés et ensuite à des filières à tenaille et à bobine ; que le tout enfin est mu par une machine â vapeur de la force de vingt-huit chevaux.
- D’après ces renseignemens positifs, on voit que l’établissement que dirige M. Peyret a déjà une certaine consistance, et qu’on ne peut révoquer en doute que les fils qu’il vous a envoyés ne soient de véritables fils d’acier fondu. Les essais que nous avons faits des gros numéros nous ont convaincus qu’ils sont de la meilleure qualité, et en tout comparables aux aciers que nous tirons d’Angleterre.
- Quant aux fils fins destinés à la fabrication des aiguilles à coudre , qui est ici l’objet important , ils ont été également reconnus peur être d’une qualité supérieure. Ils sont extrêmement malléables , et s’aplatissent sous le marteau sans se gercer ; ils prennent une trempe dure et leur cassure présente un grain fin et égal ; ils ont, quoique trempés durs, delà consistance; enfin ils présentent tous les caractères du meilleur acier fondu. Tout porte donc à croire qu’ils sont propres à fabriquer de bonnes aiguilles ; mais le temps a manqué pour en faire confectionner, et quoique toutes les probabilités soient en leur faveur , le Comité des arts mécaniques n’a pas cru pouvoir, dans une affaire aussi importante, proposer d’adjuger le prix, sans qu’on eut fait préalablement des expériences directes. On doit donc
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- vivement regretter que M. Peyret n’ait pas envoyé ses échantillons à la Société , pour le terme prescrit par le programme, qui était le 1er mai.
- La condition exigée par le programme , que les fils d’acier qu’on présentera au concours, puissent être livrés au même prix que ceux provenant de l’étranger, n’est pas non plus entièrement remplie par M. Pejret. En comparant son tarif avec ceux des marchands quincailliers de Paris, qui vendent des fds d’acier anglais, on trouve que ces derniers sont d’un cinquième meilleur marché que les premiers ; mais M. Pejret annonce qu’il pourra par la suite les donner à 10 et même 15 pour 1 00 au-dessous de son prix actuel : alors il y aurait à-peu-près égalité.
- D’après l’exposé que vous venez d’entendre sur le concours du fil d’acier, propre à la fabrication des aiguilles à coudre , le Conseil d’administration , dans sa séance du 2 octobre, a déclaré que le prix n’a pas été remporté , et qu’il est prorogé à l’année prochaine, avec quelques modifications dans la rédaction du programme , qui fassent sentir aux concurrens que ce ne sont pas seulement des échantillons et des procédés que la Société veut, mais bien un établissement permanent qui puisse fournir des fils d’acier à tous les besoins du commerce -, que cet état de choses devra être constaté et certifié par les autorités locales , si les concurrens ne sont pas de Paris.
- Le Conseil d’administration , sur la proposition qui lui en a été faite par votre Comité des arts mécaniques , a arrêté qu’une médaille d’or serait décernée à M. Peyret, comme une marque de satisfaction de la Société ^ et à titre d’encouragement, pour l’utile entreprise à la tète de laquelle il est placé.*
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- Rapport fait par M. Bréant, sur le prix proposé pour la
- fabrication du cuivre en bâton, a Vusage des tireurs d’or.
- Messieurs, la Société d’Encouragement a proposé un prix de 1,500 francs pour celui qui, au 1er. mai de cette année, aurait livré au commerce la plus grande quantité de cuivre affiné , tel que l’emploient les tireurs d’or pour la dorure appelée mi-fine.
- D’après cet énoncé du programme, deux conditions devaient être remplies pour gagner ce prix : 1 °. il fallait avoir livré au commerce une quantité de cuivre plus considérable qu’aucun autre concurrent ; 2°. ce cuivre devait être propre à tous les besoins de la passementerie.
- Mais comment la première condition pouvait-elle être remplie avec un seul concurrent ? Comment, sans objet de comparaison, décider que ce con-
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- curreut unique avait fourni au commerce ra plus grande quantité de cuivre affiné ? Votre programme n’ayant pas eu la publicité qu’il devait avoir, un seul concurrent s’est présenté avant le 1er. mai; un autre a envoyé des échantillons lorsque le concours était fermé depuis un mois : il n’a pas dû être admis.
- Il est hors de doute que si la publicité de votre programme n’eût pas été arrêtée par quelque circonstance qu’on n’avait pas prévue, plusieurs concur-rens se seraient présentés dans le temps prescrit ; car nous sommes assurés, et cela est consigné dans le programme, qu’il existe plusieurs établissemens, qui, depuis quelques années, sont entrés en concurrence avec l’Allemagne pour l’approvisionnement de nos tireurs d’or.
- Le but que vous vous êtes proposé n’était donc pas essentiellement de faire faire de nouvelles recherches sur l’affinage du cuivre et sur le procédé par lequel on parvient à le rendre propre à la dorure mi-fine et à la dorure en faux ; vous vouliez exciter l’émulation parmi les fabriques existantes, et malheureusement votre but n’a pas été atteint.
- Cependant ce n’est pas la faute du concurrent qui s’est présenté, si aucun autre n’est entré en lice avec lui ; et l’impossibilité d’apprécier comparativement l’importance de sa fabrication n’a pas dû lui être imputée. Votre Comité des arts chimiques a pensé, Messieurs, qu’une quantité de 5,354 kilogrammes, livrée au commerce dans l’espace de sept mois et demi, était suffisante pour qu’on dût se dispenser de comparaison. Ce point une fois décidé, ,il ne s’agissait plus que de s’occuper de la qualité et de l'authenticité des produits présentés.
- Le concurrent devait prouver que le cuivre qu’il avait livré était égal en beauté à celui de Nuremberg, et qu’il était préparé par lui.
- Pour établir cette preuve, il a produit des quittances et une attestation portant qu’il a acquitté les droits de Yargue, pour plus de trois cents bâtons de cuivre argentés ; mais il n’est aucunement parlé de leur qualité , et cependant le receveur de l’argue avait, dans un certificat antérieur que nous avons entre les mains, attesté que les cuivres préparés par un autre fabricant étaient remarquables par leur ductilité. Or si, comme on nous l’a assuré, les cuivres affinés par le concurrent sont plus particulièrement destinés à des agrafes ou autres objets de ce genre, le concurrent n’aurait pas fait ce qui est expressément demandé par le programme, c’est-à-dire des cuivres préparés pour la passementerie.
- Dix tireurs d’or ont attesté que les cuivres en bâton dont ils s’approvisionnent dans l’atelier du concurrent sont d’excellente qualité; mais, dans leur déclaration, il n’est pas question de l’emploi qu’ils en ont fait, et en
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- supposant que c’eût été pour la dorure mi-fine à l’usage de la passementerie, il resterait encore à prouver que celui qui les a livrés les a préparés lui- même. Le certificat du caissier des mines de Saint-Bel et de Chessv ne prouve pas davantage que le cuivre en bâton mis dans le commerce par le concurrent soit affiné par lui. Nous ne doutons pas, cependant, que le fabricant n’affine du cuivre et ne le mette dans le commerce; mais tout ce cuivre est-il aussi bon que celui de Nuremberg ? Voilà ce qui n’est établipar aucune preuve positive.
- Dans l intention de fixer son incertitude, votre Conseil d’administration s’est adre ssé à la Chambre de commerce de Lyon ; mais il n’en a reçu aucune réponse. II a aussi fait écrire au concurrent pour lui demander d’affiner du cuivre en présence de commissaires nommés par la Chambre de commerce, qui prendraient le iingot au sortir du creuset, et nous l’enverraient pour le faire étirer. Le concurrent s’est refusé à ce genre d’épreuve, dans la crainte de rendre publics des procédés qui lui ont coûté beaucoup de recherches. Nous croyons que cette crainte n’était pas fondée; nous avons eu sous les yeux un rapport approuvé par l’Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon d’après lequel une médaille a été délivrée au sieur Léonard Gardon pour des cuivres préparés pour l’usage de la passementerie. Les commissaires qui ont signé le rapport avaient été témoins de l’opération , et le procédé n’a pas été divulgué.
- Votre Comité ne pense donc pas , Messieurs , que les conditions essentielles de voire programme aient été remplies par le concurrent qui s’est présenté.
- La quantité de cuivre en bâton livrée au commerce lui paraît bien suffisante; mais d’après le relevé même des registres du fabricant , il est évident que la plus grande partie n’est pas destinée à l’usage de la passementerie. Il n’est d’ailleurs question dans ce relevé que de fils argentés, et quoique votre programme ne le porte pas explicitement, comme la dorure en faux fait partie de la fabrication de la dorure mi-fine , il s’ensuit que vous demandiez non-seulement le cuivre propre aux fils argentés , mais encore l’alliage ductile qui imite l’or.
- Les attestations du receveur de l’argue ne portent pas que les cuivres affinés par le concurrent aient été remarqués par leur ductilité ; celles des tireurs d’or ne prouvent pas non plus qu’ils sont propres à tous les besoins de la passementerie; enfin le concurrent s’est refusé de donner la seule preuve qui pouvait constater que les cuivres ductiles qu’il met dans le commerce sont préparés par lui.
- Il ne peut donc y avoir lieu de lui accorder le prix-
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- Mais s’il n’a pas satisfait à tout ce qui était demandé par le programme, il en a fait assez pour mériter un honorable encouragement. Nous nous sommes assurés , Messieurs, que l’établissement formé par le concurrent est digne de tout votre intérêt et qu’il prend de jour en jour de l’accroissement. S’il n’est pas prouvé que ses produits soient propres à tous les besoins des tireurs d’or, du moins il a diminué d’une quantité notable l’importation du cuivre en bâton.
- D’après ces considérations , votre Conseil d’administration vous propose d'accorder, à titre d’encouragement, une médaille d’argent au concurrent dont les produits sont l’objet de ce rapport, M. Vilette, de Lyon ; il vous propose en outre de proroger le prix à l’année prochaine et de le porter à 2,000 francs, en donnant au programme quelques développemens dont on a reconnu le besoin, tels que de demander explicitement, au nombre des produits nécessaires aux besoins de la passementerie, l’alliage employé pour la dorure en faux; enfin, de prendre les précautions convenables pour que le programme soit connu de tous ceux qui s’occupent de préparer le cuivre à l’usage des tireurs d’or.
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Bréaint, rapporteur.
- Rapport fait par M. Silvestre sur le prix proposé pour un mémoire sur l’éleve des moutons de race pure d’Espagne et sur le croisement des races indigènes.
- La Société d’Encouragement, conformément au désir de M. Ternaux, avait proposé au concours une médaille de 300 francs, dont il avait lui-même fait les fonds, pour l’auteur du mémoire qui établirait d’une manière convenable quelle est la position dans laquelle doit se trouver un cultivateur, pour qu’il soit de son intérêt d’entretenir des troupeaux de race pure d’Espagne, ou d’améliorer des races indigènes pour le croisement avec des béliers superfins de pure origine. Le programme de ce prix renfermait les principales conditions qui devaient fixer l’attention des concurrens , et il était naturel d attendre que les auteurs , après avoir rendu compte en détail des résultats de leur propre pratique , indiqueraient les modifications qu’il conviendrait d’adopter sur d’autres sols et dans d’autres climats , et enfin qu’ils chercheraient à faire un manuel qui pût éclairer tous les propriétaires français sur ce qu’ils avaient à faire et sur ce qu’ils pouvaient, avec un bénéfice certain, entreprendre en ce genre. Les questions communes à tous
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- les cultivateurs , soit pour élever des mérinos purs , soit pour croiser leurs moutons indigènes , soit pour conserver les races anciennes, étaient donc les principaux objets de ce concours ; et c’est ce que les auteurs des mémoires ne semblent pas avoir apprécié suffisamment.
- Sept mémoires envoyés, à ce sujet, ont été classés par numéros , suivant l’ordre de leur arrivée au secrétariat ; ils portent chacun une devise et un billet cacheté, qui est indiqué comme devant contenir le nom de l’auteur du mémoire : les Nos. 1 et 5 sont signés.
- Le Comité d’agriculture a examiné ces diverses pièces avec attention , et a lu la plupart d’entre elles avec intérêt. Les Nos. 2 et 3 sur-tout lui ont paru dignes d’éloges ; ils contiennent d’importantes observations sur l’élève des mérinos , des calculs sur les recettes et dépenses, et annoncent des connaissances variées et approfondies sur ce sujet. Mais ces observations et ces calculs, qui , d’ailleurs , ne seraient pas tous exempts de contestation, sont en général applicables à des localités particulières : l'auteur du N°. 2 a eu principalement en vue les contrées méridionales ; celui du N°. 3 , le Bugey et les localités analogues. Bien que ces deux ouvrages soient les meilleurs de ceux qui ont été envoyés au concours , ils ne remplissent entièrement, ni l’un ni l’autre, les intentions que la Société a manifestées en présentant la question sous un point de vue d’application générale. Toutefois, ils méritent une honorable distinction, et votre Conseil d’administration vous propose d’accorder une médaille d’argent à chacun des concurrens, M. de Gasparin, propriétaire à Orange , département de Vaucluse , auteur du mémoire N°. 2, et M. Perrault de Jotemps, ancien officier de marine, propriétaire à Gex, département de l’Ain, auteur du mémoire N°. 3.
- Le N°. 4 semblait avoir adopté une marche plus conforme au but du programme ; mais les observations qu’il contient ne sont pas complètes ; elles sont aussi d’une application plus particulière au Berri et aux provinces du centre. Le Conseil d’administration est d’avis qu’il soit accordé une mention honorable à l’auteur de ce mémoire , M. P. D. Bonneau , propriétaire du domaine de la Brosse, commune de Saint-Lactencin, département de l’Indre.
- Il propose d’ajourner la délivrance du prix à l’année prochaine , en laissant le concours ouvert, et d’annoncer que les différens concurrens seront libres de retirer leurs mémoires pour les rectifier, ou d’envoyer des additions, s’ils jugent ce moyen plus convenable.
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Silvestre, rapporteur.
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- Rapport fait par M. Derosne sur le prix proposé pour la fabrication du charbon animal avec d autres matières que les os y et pour la revivification du charbon animal qui a déjà été employé.
- Messieurs, les progrès que l’art du raffineur a faits en France dans les neuf dernières années qui viennent de s'écouler , la supériorité marquée que nous avons maintenant sur toutes les fabrications étrangères , tant pour la qualité du sucre raffiné, que pour la quantité qu’on en obtient d’un poids donné de sucre brut, vous ont fait sentir combien il était important de provoquer par un prix la découverte de moyens qui pussent procurer à bas prix, et par conséquent en abondance à nos raffineries et même à nos colonies, la matière première, le charbon animal, qui, nouvellement introduit dans la fabrication du sucre, a opéré cette heureuse révolution.
- Jusqu’alors les os d’animaux seuls ont fourni cette matière ; car bien que i on connût la supériorité des charbons animaux provenant du traitement de toutes les autres substances animales par la potasse, l’inégalité de la préparation de ces charbons avait fait renoncer à leur emploi ; mais bientôt les os d’animaux eux-mêmes se sont trouvés insuffisans pour subvenir à la fabrication du charbon demandé par les consommateurs, et quelque grand que soit le succès qu’on ait obtenu en provoquant, par une valeur quadruple de l’ancienne, le ramassage de ces os, les fabriques sont encore loin, même aujourd’hui, de s’en procurer en quantité suffisante pour satisfaire à toutes les demandes de charbon qui leur sont faites^ quoique ce ramassage se soit propagé sur une grande partie de la France, et principalement dans les villes qui possèdent ou qui avoisinent des raffineries de sucre.
- La Société d’Encouragement, appréciant les avantages qui résultent de l’emploi du charbon animal , avait d’abord proposé un prix de 2,000 francs pour la fabrication de ce charbon avec les matières animales autres que les os, et avait interdit aux concurrens la faculté de se servir de la potasse pour cette fabrication, regardant ce procédé comme connu.
- Mais un seul concurrent s’étant présenté au concours sans titres suffî-sans pour obtenir le prix , la Société a cru devoir modifier les conditions , et par son dernier programme elle a non-seulement permis aux concurrens d’appliquer la potasse à la fabrication du charbon animal avec les matières animales autres que les os, sous la condition que ce charbon ne reviendrait pas au-delà de 10 centimes la livre; mais elle a cru devoir
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- encore modifier ce programme, en promettant ce même prix de 2,000 francs à celui qui trouverait le moyen de revivifier le charbon animal déjà employé à une première opération.
- On sent tous les avantages qui doivent résulter de cette nouvelle modification du programme, pour les raffineurs, et sur-tout pour les planteurs sucriers des colonies.
- Dès que ce moyen serait trouvé , plus d’inquiétude pour leur approvisionnement, et diminution de frais considérables dans leur fabrication ; car, bien que le charbon animal, par suite d’une politique commerciale très-bien entendue de la part des principaux fabricans, ait été constamment établi à un prix très-bas , même lorsqu’ils ne pouvaient subvenir aux demandes qui leur étaient faites ; quelle que soit la modicité de son prix (17 francs 40 centimes le quintal métrique ) , cette matière exigeait toutefois des dépenses considérables de la part des raffineurs , puisque plusieurs fabriques de Paris en consomment pour plus de 30,000 francs par an. D’ailleurs cette modicité de prix devenait illusoire pour tous ceux qui étaient obligés de tirer la matière première des fabriques éloignées de leur exploitation ; les frais d’emballage et de transport devenaient bientôt plus considérables que l’achat primitif de la matière.
- Nos colonies ont importé , l’année dernière, cent millions de sucre brut. En admettant que les planteurs sucriers eussent fait usage du charbon animal pour la fabrication de ce sucre, seulement dans la proportion employée dans nos raffineries , cette quantité eût exigé dix millions de charbon animal , ou seize millions six cents milliers pesant d’os. S’il s’agissait maintenant de tirer cette quantité de charbon animal de nos fabriques, qui déjà peuvent à peine subvenir au raffinage de la France , on conçoit quelles difficultés les planteurs éprouveraient, et dans quels frais énormes ils seraient entraînés.
- Un autre avantage pour l’agriculture devait encore résulter de la découverte des moyens de revivifier le charbon animal : les os qui jusqu’à présent l’ont fourni exclusivement et qu’on a pris l’habitude de ramasser, pourraient être employés comme le meilleur engrais connu ; car on sait aujourd’hui quelle puissance énergique doit posséder une matière dans la composition de laquelle il entre près de cinquante pour cent de gélatine solide, gélatine dont la décomposition lente, retardée par la combinaison intime avec les sels terreux , maintient la fertilité du sol pendant un espace de temps beaucoup plus long qu’on ne peut l’obtenir avec aucune autre matière
- On sait que les Anglais ont été chercher jusque dans le fond de l’Aile—
- Vingt-unième année. Octobre 1822. T t
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- magne, et paient aujourd’hui en Angleterre jusqu’à 7 schellings ou 8 francs 75 centimes le quintal, pour être appliqués à l’agriculture, des os qui chez nous, après avoir été convertis en charbon par une manipulation plus ou moins coûteuse , et éprouvé une perte de 40 pour 100 , se trouvent n’avoir qu’une valeur commerciale de 5 francs 25 centimes, et représenter seulement 6 livres de charbon pur : plus de 40 livres de matières animales solides se trouvent perdues dans cette conversion.
- Avant de vous soumettre l’examen des mémoires envoyés au concours , nous avons cru devoir le faire précéder de ces considérations, afin de rendre plus évidens les avantages qu’on est en droit d’attendre de la revivification du charbon déjà employé.
- Postérieurement à la publication de votre dernier programme , la Société de Pharmacie de Paris sentant l’importance de la solution chimique de l’action du charbon animal sur les matières colorantes en général , concourut au même but que la Société d’Encouragement en suivant une autre voie; elle provoqua, par un prix de 600 francs, des recherches scientifiques qui pussent éclairer sur la manière d’agir du charbon dans la décoloration , question d’une extrême importance et qui, résolue, devait tôt ou tard apporter de grands perfeciionnemens dans la fabrication et l’emploi des charbons.
- Il nous suffira de dire qu’il a été démontré par suite de ce concours :
- 1°. Que le charbon animal agit sur les matières colorantes sans les décomposer et sans être lui-même décomposé; qu’il se combine avec elles à la manière de l’alumine en gelée ;
- 2°. Qu’il agit en raison de l’état de ses molécules ; que le charbon mat et divisé chimiquement est toujours, quelle que soit sa nature, plus décolorant que le charbon brillant et comme vitrifié ;
- 3°. Que le charbon animal qui a servi à la décoloration ne peut , par une simple calcination, acquérir de nouveau la propriété décolorante ;
- 4°. Que le carbone seul agit dans la décoloration , mais que toutefois son action est aidée par l’interposition de substances terreuses qui, isolées, sont sans aucune propriété décolorante ;
- 5°. Qu’on peut rendre au charbon qui a déjà servi la propriété décolorante qu’il a perdue, en enlevant les matières absorbées au moyen d’agens chimiques, ou dans certains cas en employant la fermentation;
- 6°. Qu’on peut obtenir des végétaux des charbons doués de la propriété décolorante à un degré très marqué, en ne charbonnant ces matières qu’après les avoir mélangées avec d’autres qui puissent s’opposer à l’agrégation des molécules charbonneuses ;
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- 7°. Que les matières animales molles, jusqu’à présent reconnues impropres à la fabrication du noir animal, acquéraient la propriété de former de bon charbon décolorant, en employant ces matières mélangées avec des substances terreuses, avant leur calcination ;
- 8°. Enfin que les alcalis fixes conféraient au charbon animal la propriété décolorante au plus haut degré, en atténuant chimiquement ses molécules au moyen d’une chaleur fortement soutenue.
- L’inefficacité des charbons provenant des matières animales autres que les os ; l’insuffisance d’une simple calcination pour revivifier le charbon déjà employé; la propriété décolorante extraordinaire des charbons provenant du traitement par la potasse des matières animales impropres à faire du bon charbon, déjà consignées dans votre programme , étaient le résultat des expériences particulières de celui de nous qui l’a rédigé ; mais il manquait une théorie pour expliquer ces faits et tous ceux qui ont servi à établir les propositions ci-dessus.
- Nous nous faisons donc un devoir de reconnaître que les concurrens pour le prix de la Société de Pharmacie, et notamment les auteurs des deux mémoires couronnés, MM. Bussy et Payen, ont rendu un grand service à la science, et auront par là puissamment concouru aux progrès de l’industrie nationale, en portant le flambeau là où tout jusqu’alors n’était que ténèbres et incertitude.
- Le programme qu renfermait deux questions distinctes :
- La fabrication charbon animal avec des matières animales autres que les os , et la revivification du charbon qui avait déjà servi à une opération précédente.
- Cinq mémoires ont été envoyés au concours. De ces cinq concurrens, quatre se sont occupés de la fabrication du charbon animal avec d’autres matières que les os, et tous ont traité ou ont prétendu traiter de la revivification.
- Le N°. 1 du concours, avec cette devise : Protéger les arts, c est consolider te trône du prince , a traité les deux questions. L’auteur annonce «les connaissances théoriques en chimie.
- Il propose, pour le premier objet du concours , d'employer les résidus du bleu de Prusse après les avoir traités par l’acide sulfurique. Il prétend que le charbon de bleu de Prusse non traité par l’acide sulfurique ne jouit que du huitième de la propriété décolorante de ce même charbon traité par cet acide.
- Il nous est démontré que l’auteur n’a agi que sur des résidus de bleu
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- de Prusse mai lessivés ou mal préparés ; car nous avons obtenu ie maximum d’effet décolorant avec ces résidus, sans les traiter par l’acide sulfurique.
- Pour le deuxième objet du concours, la revivification, l’auteur propose encore l’emploi de l’acide sulfurique. Son procédé consiste à laver le charbon déjà employé, pour le priver du sucre qu’il retient, et à le traiter ensuite par la moitié de son poids d’acide sulfurique concentré , étendu de son poids d’eau : on laisse ce mélange en contact pendant deux ou trois heures, en remuant souvent. Au bout de ce temps, on décante l’acide et on lave à grande eau jusqu’à ce que le liquide ne précipite plus par l’acétate de baryte. Nous avons répété ce procédé ; nous n’avons pas vu que la dissolution d’acide se colorât sensiblement; cependant le charbon traité jouissait de la propriété décolorante. L’acide, dans ce traitement, parait n’avoir joué d’autre rôle que de dissoudre le phosphate de chaux mêlé avec le charbon, et avoir mis à nu une partie de ce charbon qui n’avait pu produire son effet, faute de pulvérisation suffisante; peut-être encore par suite de cette action de l’acide, la surface du charbon qui avait agi la première fois a-t-elle été séparée à l’état de poudre très-fine, qui est restée inerte , quoique mêlée avec une autre partie de charbon mise à nu par suite de cette pulvérisation chimique.
- Ce moyen n’est pas applicable en grand, à cause de la cherté de l’acide sulfurique ; il ne pourrait être bon que là où on manquerait d’os, ou qu’ils y seraient d’un prix excessif ; car la valeur de l’acide dépasse de beaucoup celle du charbon qu’on aurait à revivifier, et le transport de cet acide dans les colonies deviendrait plus coûteux que celui du charbon animal, et serait plus dangereux.
- Cette double considération a empêché votre Comité d’attacher une grande importance à ce procédé; il ne pense pas que ie concurrent ait rempli le but proposé par le programme.
- Le concurrent, N°. 2, sans devise, s’est borné à indiquer, pour la revivification, la simple calcination en vaisseaux clos, moyen dont l’inefficacité a été complètement reconnue : du reste, il n’a parlé que des moyens d’extraire le gaz hydrogène huileux des différentes matières animales, sans rien dire des qualités du charbon qui en résulte. Ce concurrent n’a rempli aucune des conditions du programme.
- L’auteur du mémoire Ntf. 3, avec l’épigraphe : Ars cemula naturæ, s’annonce pour avoir été l’un des concurrens pour le prix proposé par la Société de Pharmacie de Paris. Son mémoire annonce un homme très-instruit : il dit s’être convaincu que le charbon animal ne doit sa propriété décolorante
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- qu’à un dixième de son poids de charbon réel, disséminé parmi les sels calcaires ; qu’on peut obtenir avec des matières végétales nullement animal isées des charbons aussi efficaces pour la décoloration que le meilleur charbon de bleu de Prusse. Il propose donc de faire des charbons artificiels : il fonde cette fabrication sur la théorie, que les charbons autres que ceux provenant de la distillation des os n’ont donné jusqu’à présent aucun bon résultat décolorant que parce que leurs molécules charbonneuses ne se trouvaient pas disséminées au milieu de substances terreuses qui s’opposent à leur fritte et à leur réunion; et il en conclut que celte compacité ou espèce de vitrification est la seule cause de leur inertie.
- Partant de cette théorie, ce concurrent a envisagé la question proposée par la Société sous un point de vue beaucoup plus vaste que la Société,ne l’avait envisagée elle-même dans son programme. Il a tenté non-seulement d’obtenir un charbon décolorant avec des matières animales autres que les os; mais il a fabriqué des charbons décolorans avec des substances végétales et même minérales ( la houille), qui jusqu’à présent n’avaient fourni que des charbons brilîans et nullement décolorans.
- L’auteur a envoyé un échantillon de charbon factice, composé comme suit :
- Argile blanche............................. 100 parties.
- Houille en poudre.......................... 50
- Goudron................................• . 20
- On détrempe l’argile , qu’on choisit la moins calcaire possible ; on en forme une bouillie claire, dans laquelle on incorpore avec soin le goudron et ensuite le charbon de terre, préalablement réduit en poudre et tamisé; on fait sécher à l’air et on calcine ensuite avec les précautions employées pour le noir d’os.
- L’auteur pense que ce charbon peut être livré avec bénéfice à raison de 10 francs le quintal ; il trouve que cette nouvelle préparation offrira un débouché avantageux aux goudrons qu’on obtient , principalement dans les étabiissemens d’éclairage par le gaz, dans les manufactures d’acide pyroligneux et dans les fabriques où l’on fait le coke ou charbon deterre épuré, et même dans les fabriques de sel ammoniac, où on obtient beaucoup de goudron animal.
- L’auteur a appliqué la même théorie à la revivification du charbon déjà employé; il explique l’inaptitude décolorante de ces charbons, en admettant que pendant la clarification des sucres le charbon a absorbé une certaine quantité de matières végétales ou animales , qui, en se décomposant
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- par une nouvelie calcination , éprouvent une espèce de vitrification qui réunit leurs molécules charbonneuses et leur donne une compacité qui s’oppose à leur action décolorante. A cet inconvénient l’auteur oppose le même remède, c’est-à-dire qu avant de procéder à la calcination nouvelle du charbon qui a déjà servi, il propose de le mêler, encore humide, avec un quart ou un sixième de son poids d’argile et de laisse! sécher ce même mélange à ! air.
- Pourra-t-on rendre le même charbon indéfiniment propre à la décoloration? L’auteur pense que celte question ne pou ira être résolue que par une longue série d’expériences; il croit toutefois à l’affirmative et assure que du charbon revivifié cinq fois de suite lui a paru avoir autant d’efficacité que du noir neuf.
- Votre Comité a du attacher beaucoup d importance aux résultats annoncés par le concurrent N°. 3, et a jugé convenable de préparer un charbon artificiel d’après la recette indiquée par l'auteur. Ce charbon, préparé à Paris , a été essayé comparativement avec le charbon envoyé par le concurrent et avec divers autres charbons animaux. Il est résulté de cet essai comparatif que le charbon factice fait à Paris l’a emporté de très-peu de chose sur le charbon envoyé par le concurrent; mais en général ces charbons factices n’ont pas paru jouir de la propriété décolorante à un degré à beaucoup près aussi marqué que le charbon d’os du commerce. Ils ont paru devoir être classés comme tenant le milieu entre le charbon d’os et le charbon végétal. Ce résultat n’en a pas moins paru très-important à votre Comité; il avait pensé que si l’auteur eût essayé de traiter la houille par le carbonate de potasse , il aurait obtenu de cette combinaison un charbon probablement plus décolorant que le charbon d os ordinaire ; mais des essais postérieurs ne lui ont pas fait obtenir de ce mélange les résultats qu’on semblait être en droit d’en attendre.
- Votre Comité avait pensé que c’eut été un grand avantage pour notre industrie que de pouvoir trouver dans nos mines de houille une ressource inépuisable, dans la supposition que nous eussions été exposés à manquer de charbon animal.
- Le concurrent n’ayant point envoyé d’échantillon de charbon revivifié, nous n’avons pas cru devoir attacher la même importance à ce procédé qu’au précédent. Nous avons pensé que l’addition réitérée d’argile dans du charbon déjà employé n’était pas sans un inconvénient très-grave , celui d augmenter chaque fois la masse de matière inerte sans augmenter celle du charbon qui seul décolore : si devra eu résulter qu’après quelques revivifia cations, la masse contiendrait bientôt plus d argile que de charbon.
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- Le N°. 4 du concours porte l’épigraphe : Les obstacles augmentent mon courage. Ce concurrent n’a point envoyé de mémoire proprement dit : il s’est borné à annoncer qu’il a pris un brevet pour la revivification du charbon animal. Suivant lui , le charbon animal, après avoir servi à la décoloration des sirops , non-seulement peut être reconstitué dans son état primitif sans aucune addition de corps étrangers, mais acquiert la propriété de décolorer davantage. Le concurrent annonce que son établissement, situé à Passy près Paris, est en pleine activité, et que tous les jours on y revivifie de 1,500 à 2,000 1 ivres de noir animal.
- Le concurrent s’élant fait connaître et n ayant pas envoyé de mémoire, nous avons jugé nécessaire de demander à votre Conseil d’administration si nous pouvions le considérer comme ayant suffisamment rempli les conditions du programme, pour pouvoir être admis au concours. D’après l’autorisation du Conseil, nous avons procédé à l’examen de l’échantillon remis par le concurrent, qui a invoqué en sa faveur le témoignage de M. Benj. Delessert, propriétaire d’une raffinerie à Passy, dans laquelle on emploie journellement le charbon qu'il revivifie. L’un de nous s’est rendu chez M. Delessert, qui effectivement, a rendu un bon témoignage de l’effet décolorant des charbons revivifiés par le concurrent.
- Fort du témoignage de M. Delessert, votre Comité a pensé qu’il était très-important de constater la propriété décolorante de 1 échantillon remis par le concurrent. Nous jugeons convenable de profiter de cette occasion pour essayer les charbons du concurrent N°. 3, et ceux du concurrent N°. 5, dont il va être question.
- L’auteur du mémoire N°. 5 du concours, avec cette devise : Cherchez et vous trouverez, n’est entré dans aucune explication théorique ou pratique; il s’est borné à citer deux expériences qu’il a faites , et dans ies termes les plus brefs. Son procédé pour la fabrication d’un charbon avec des matières animales autres que les os , consiste à mêler ensemble 10 livres de sang coagulé sur le feu et un peu séché avec 4 livres de chaux délitée ; on pétrit, afin que la chaux soit bien mêlée, et on met dans lin cylindre de fer ; on procède à la distillation comme pour le noir dos. L’auteur prétend que ce procédé fournit un noir supérieur à celui des os.
- Il assure encore que lorsqu’on emploie d’autres matières animales telles que le cuir, les poils, etc., etc., on peut les mêler avec la chaux, sans autre préparation, et les passer au feu.
- Pour la revivification du charbon animal déjà employé , le concurrent donne la recette suivante :
- Deux livres de sang coagulé, 4 onces de chaux et 6 livres de charbon ani-
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- c 326 ;
- mal, résidu de raffinerie. On mêle et on calcine le tout ensemble dans un vase dos, à l’exeeption d’une petite ouverture pour le passage des vapeurs.
- Le concurrent prétend que ce charbon est supérieur en qualité à celui qui a ^ervi à sa préparation, avant qu’on l’employât pour la première fois. Il ajoute que 300 livres de charbon , résidu de raffinerie , et 100 livres de sang mêlé de chaux, donnent 340 livres de noir ; tandis que 400 livres d’os ne donnent que 200 livres de noir. Le concurrent a envoyé un échantillon de chacun des charbons préparés d’après les formules ci-dessus.
- Votre Comité a jugé convenable de faire simultanément l'essai de tous les charbons envoyés au concours.
- Il fut décidé qu’on prendrait pour objet de comparaison de ces divers charbons, du charbon animal ordinaire provenant de la distillation des os en vaisseaux clos, et tel qu’il est mis dans le commerce.
- Nous désirions trouver un raifineur qui voulût se prêter à l’embarras que devaient donner ces divers essais. M. Guillou, raffineur très-instruit, à qui nous devons l’introduction du charbon végétal dans le raffinage du sucre, dès I803, et qui fut le premier raffineur qui ait reconnu franchement la grande supériorité du charbon animal lorsqu’il fut introduit dans le commerce en 1813, nous offrit son local et nous proposa de suivre avec nous les expériences que nous nous proposions de faire : nous acceptâmes cette offre avec reconnaissance.
- Tous les essais eurent lieu en réunissant absolument les mêmes circonstances pour les quantités de sucre, de charbon animal, d’eau, de matière albumineuse, pour la durée de l’ébullition, le versement sur les filtres, etc., etc.
- Le charbon employé comparativement fut celui qui se trouva chez M. Guillou; il sortait de la fabrique de notre collègue M. Payen.
- Il est résulté de cet essai comparatif une décoloration de sirops dans l’ordre suivant, que nous désignerons par le nom du charbon qui a servi à la produire :
- A, Noir animal Payen.
- B, Noir revivifié, N°. h du concours.
- C, Noir revivifié, N°. 5 du concours.
- D, Noir artificiel fait â Paris d’après la recette envoyée par le N°. 3 du concours
- E, Noir artificiel, N°. 3 du concours.
- F, Noir fait de toutes pièces, N°. 5 du concours.
- La supériorité du noir Payen était très-marquée.
- La nuance entre le résultat du noir revivifié, N°. 4, et celui du noir
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- revivifié, N°. 5, était très-faible, mais à l’avantage du N°. 4; cependant on a remarqué que le sirop traité par le N°. 5 a fourni un bouillon plus sec et de meilleure qualité que celui fourni par le N°. 4 ; mais la nuance entre ces deux sirops et celle obtenue du noir Payen était immense et tout à l’avantage de ce dernier.
- Elle était moins tranchée entre B et C du concours comparés à D et E ; quant au noir F, fait de toutes pièces par le N°. 5, il a donné un sirop qui s’est conduit d’une manière toute particulière : il a pris une couleur verdâtre et contracté une saveur de sulfure très-désagréable. Il était évident que ce sirop contenait beaucoup de sulfure de chaux, qui avait réagi sur lui et l’avait en partie décomposé.
- L’effet avec le noir revivifié, N°. 4, n’a nullement répondu à ce que nous étions en droit d’attendre , d’après les renseignemens donnés par notre honorable collègue M. Benjamin Delessert. M. Guillon lui-même convient que cet essai était loin d’avoir donné des résultats aussi satisfaisans que ceux qu’il avait fréquemment obtenus de l’emploi du charbon revivifié par le concurrent.
- Nous attachions trop d’importance à la solution du problème de la revivification pour nous en tenir à un seul essai peu satisfaisant ; nous fimes donc connaître ce résultat au concurrent, N°. 4, qui nous répondit qu’il ne pouvait revivifier les charbons que relativement à la propriété décolorante dont ils jouissaient originairement ; qu’ainsi son charbon revivifié n’était pas comparable avec tel ou tel autre charbon , mais seulement avec le charbon qui avait servi à le préparer.
- Nous résolûmes de procéder à de nouvelles expériences, et afin de n’avoir rien à nous reprocher, nous décidâmes que l’on prendrait des échantillons chez le concurrent N°. 4> un jour qu’il ne nous attendrait pas, et que nous en ferions l’essai comparativement avec des échantillons de charbon d’os , que nous prendrions chez divers raffineurs de Paris.
- Nous réunîmes ainsi sept échantillons de noir d’os, qui seront désignés successivement suivant leur N°. de décoloration, et indiqués par le nom du fabricant qui les a fournis. Nous prîmes pour ce second essai les mêmes précautions que pour le premier, afin que toutes les expériences fussent faites avec les mêmes circonstances.
- L’ordre de décoloration des sirops était ainsi :
- A, Noir fourni par M. Delessert, fabrique de M. Capdeville.
- B, Noir fourni à l’un de nous, avant qu’il fût question de l’examen du concours, parM. Pluvinet, fabricant.
- C, Noir fourni par M. Pluvinet au moment même de l’expérience.
- Vingt-unieme année. Octobre 1822. V v
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- D, Noir revivifié, concurrent N’ 4, le charbon primitif fourni par M. Capdeville.
- E, Noir fourni par M. Ancelot, raffineur; fabrique de M. Payen.
- F, Noir fourni par M. Bayvet 3 raffineur; fabrique Payen.
- G, Noir fourni à l’un de nous plusieurs mois avant l’examen du concours , fabrique Payen.
- Nous devons faire remarquer que dans cette série d’essais qui ont été faits chez l’un de nous, les nuances ont été bien loin d’être aussi tranchées que dans les essais qui eurent lieu chez M. Guillon ; il fallait généralement y regarder à plusieurs reprises pour déterminer la supériorité relative des échantillons, quoique cependant il existât une grande différence entre A et G, premier et dernier échantillon.
- Nous devons faire ici une observation importante : le degré de ténuité des charbons employés était loin d’être le même; nous les avions pris tous tels que les fabricans les avaient fournis aux raffineurs ; mais ces derniers ne sont pas encore d’accord sur le degré de pulvérisation auquel ils doivent donner la préférence. Les uns veulent le charbon très-fin , les autres le veulent en poudre grossière. M. Payen nous fit observer que les noirs de sa fabrique fournis par MM. Bayvet et Ancelot, raffineurs, étaient en poudre beaucoup plus grossière que le noir revivifié par le concurrent N°. 4, qui était le plus fin de tous : il demanda qu’on répétât l’expérience comparative avec ces mêmes charbons passés au tamis de soie.
- Ces essais furent réitérés avec les noirs fournis par MM. Capdeville, Plu-vinet et Payen : les deux premiers ne gagnèrent rien au tamisage; mais le noir de M. Payen gagna sensiblement, et le sirop qui en résulta fut alors identique avec celui du noir revivifié du concurrent N°. 4, et peut-être même un peu supérieur. Les sirops obtenus de ces deux essais étaient encore réunis, lorsque l’un de nous se présenta chez le concurrent, N°. 4, et prit chez lui un échantillon moyen de plusieurs sacs de charbon revivifié, au moment où le meunier rapportait le charbon du moulin. Cet échantillon, essayé comparativement avec tous les autres, l’emporta sur tous d’une manière très-tranchée.
- Ces essais terminés et l’opinion de votre Comité étant fixée sur la possibilité de revivifier le charbon animal déjà employé à une opération précédente, il lui restait à s’assurer si cette revivification pouvait se faire utilement et si elle était économique ; il lui restait encore à connaître quels étaient les procédés suivis par le concurrent, N°. 4 , pour opérer cette revivification.
- Nous nous sommes donc transportés chez lui, à Passy ; là, nous avons
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- trouvé un atelier en pleine activité. Le propriétaire de l’établissement, M. de Cavailhon, nous a déclaré qu’il revivifiait journellement environ 2,000 livres de charbon sortant de la fabrique de M. Benjamin Delessert ; mais avant de nous initier dans ses procédés , l’auteur nous a fait sentir les inconvéniens qui pourraient résulter pour lui de la publicité de ses moyens de fabrication avant l’expiration de son brevet d’invention ; il nous a fait observer que ce n’était qu’à force de sacrifices pécuniaires qu’il était parvenu à triompher des obstacles qui jusqu’alors s’étaient opposés à la revivification du noir animal. Il nous a demandé que la Société ne rendît pas public son procédé avant l’expiration de son brevet : nous ne pouvions nous engager au nom de la Société; mais nous lui avons fait espérer que vous voudriez bien accueillir la demande que nous vous en ferions. Sur cette promesse , M. de Cavailhon nous a exhibé ses brevets d’invention et nous a fourni en outre tous les renseignemens que nous pouvions désirer sur les moyens qu’il a ajoutés à ceux décrits dans ses brevets ; il nous a donné tous les élémens de sa fabrication , et nous nous sommes assurés que le quintal de noir revivifié ne revenait pas au-delà de 2 francs 25 centimes, tous frais payés.
- Nous avons fait observer à M. de Cavailhon que dans le cas où la Société croirait devoir lui décerner le prix proposé, il était indispensable qu’elle eût en sa possession un mémoire renfermant tous les détails de sa fabrication , afin que ces détails pussent être publiés lors de l’expiration de son brevet et servissent de compliment à ce dernier. M. de Cavailhon ne s’est pas refusé à cette demande , et il a été convenu que dans le cas où le prix serait accordé, nous rédigerions une instruction détaillée sur les procédés suivis par M. de Cavailhon ; que nous déposerions cette instruction cachetée au secrétariat de la Société, pour être ouverte et publiée dans son Bulletin > à l’époque de l’expiration des brevets accordés à M. de Cavailhon.
- D’après le compte que nous avons rendu des expériences faites avec le charbon revivifié par le concurrent, N°. 4 > vous aurez pu prévoir, Messieurs, que c’était ce procédé que nous étions disposés à considérer comme remplissant le mieux le but proposé par la Société. Les premières expériences faites chez M. Guillon ont été bien loin d’être aussi satisfaisantes que nous étions en droit de l’espérer ; mais rassurés par ce que nous avaient rapporté M. Benjamin Delessert et M. Guillon lui-même, nous n’avons pas cru devoir nous en tenir à une seule expérience, et nous avons cherché tous les moyens de découvrir la vérité. Vous avez vu, par le détail des expériences faites comparativement avec six espèces de charbon d’os pris dans diverses raffineries ou chez divers fabricans, que le charbon revivifié a géné-
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- râlement donné des résultats aussi satisfaisans que ces charbons primitifs;
- Nous n’avons pas cru être en droit d’en demander davantage. Les procédés qui nous ont été communiqués par M. de Ccivailhon nous ont paru simples , faciles à exécuter, et d’une économie telle que ses charbons revivifiés-ne' reviennent pas aux raffineurs au quart du prix qu’ils paient habituellement le charbon animal neuf. On nous demandera peut-être jusqu'à quel nombre de fois les charbons pourront être revivifiés par ces procédés, il nous serait difficile de répondre à cette question, parce qu’il nous a été impossible de nous en assurer, le temps entrant comme élément de fabrication dans la revivification du charbon ; mais votre Comité n’a pas été arrêté par cette considération. La revivification du charbon n’aurait-elle lieu qu’une fois, ce serait déjà un grand avantage, puisqu’en admettant que ce procédé devînt d’une application générale, on économiserait la moitié des os employés aujourd’hui à fabriquer le charbon que les besoins du commerce réclament. Cette économie seule permettrait déjà à nos colonies d’employer le charbon animal dans le traitement du vesou du jus de cannes , et les mettrait à même d’obtenir dans leur fabrication une supériorité à laquelle elles sont loin de prétendre aujourd'hui ; et sous ce point de vue, M. de Cavciühon aurait donc déjà rendu un très-grand service.
- Le concurrent, N°. 5, a envoyé des échantillons dont le résultat n’a pas été également satisfaisant; celui envoyé pour la fabrication du charbon animal de toutes pièces n’a pas du tout réussi. Votre Comité pense que le procédé envoyé par le concurrent est très-défectueux y Vnais que toutefois il est le résultat d’une bonne idée mal exécutée : il parait évident que l’auteur a eu l’intention de fabriquer un charbon animal par un procédé analogue à celui qu’on emploie pour la fabrication du bleu de Prusse, en remplaçant par la chaux, la potasse qu’on emploie dans ce dernier procédé ; mais le concurrent n’a pas considéré que, dans le procédé pour la fabrication du bleu de Prusse , on enlève par des lavages réitérés toute la potasse ou sels de potasse qui pourraient encore rester combinés avec le charbon animal, tandis que dans le sien la chaux reste en grande partie à l’état de chaux caustique ou de sulfure de chaux, et que la séparation de ces substances devient très-difficile. On peut détruire l’effet nuisible de cette chaux, ou de ce sulfure de chaux, soit en saturant avec un acide (l’acide sulfurique, par exemple), moyen peu économique dans son application en grand, soit en laissant ce mélange de chaux, sulfure de chaux et charbon exposé long-temps au contact de l’air pour les carbonater et sulfater ; ce qni exigerait de vastes emplacements et beaucoup de temps. Votre Comité pense que cette idée pourra être reprise, et que le résultat qu’on pourra en obtenir sera peut-être très-supé-
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- rieur à celui du charbon animal ordinaire des os : c’est ce que semble annoncer le mémoire de M. Bussy, qui, en traitant du sang par son mélange avec de la craie, a obtenu un charbon dont il estime la vertu décolorante comme H à 1, le charbon d’os ordinaire étant pris pour l’unité décolorante.
- Le concurrent, N°. 5, a été plus heureux dans la seconde partie du concours que dans la première ; l’échantillon qu’il a envoyé pour la revivification du charbon s’est assez bien comporté et a occupé le troisième rang pour la décoloration : le sirop qui en est résulté avait encore une odeur d’hydrogène sulfuré très-prononcée, mais qui s’est dissipée en partie par l’évaporation. Il a donné un bouillon très-sec, qui avait été jugé de meilleure qualité que celui fourni par le noir revivifié de M. de Cavciilhon, de la première expérience.* Ce dernier résultat obtenu de l’échantillon du charbon, N°. 5, a fixé l’attention de votre Comité; il a remarqué que la proportion de chaux , comparativement à celle du sang , employée pour la fabrication de ce dernier échantillon, était infiniment moindre que dans le premier échantillon envoyé pour le concours du charbon animal fabriqué avec d’autres substances que les os. Dans ce dernier échantillon, la chaux était au sang comme 1 est à 8, et avait encore à agir sur les matières étrangères aux 6 livres de charbon animal, avec lesquelles on l’a calciné : tandis que, dans le premier échantillon, la chaux était au sang comme 1 est à 6, et ne pouvait porter son action sur d’autres matières que le sang, puisque cette matière seule devait fournir tout le charbon animal de l’opération. Cette différence de proportion dans la chaux explique la manière différente dont les deux sirops obtenus avec les deux échantillons du noir, N°. 5, se sont comportés.
- Si le concurrent, ÎS°. 5, eût fait preuve de quelques connaissances théoriques sur lesquelles il aurait basé sa manière d’opérer, votre Comité vous eût proposé de décerner à ce concurrent une médaille d’encouragement ; mais il a trouvé une si grande différence dans les résultats obtenus avec les échantillons qu’il a envoyés, que votre Comité a craint de vous proposer de décerner une récompense pour un succès qui ne paraît dû qu’à l’empirisme.
- Il nous reste maintenant, Messieurs, à vous faire connaître l’opinion de votre Comité sur l’ensemble du concours. D’abord il doit déclarer qu’il lui est démontré que la fabrication du noir animal, exécutée en grand, n’est jamais parfaitement identique, et que les fabricans ne sont pas assurés de pouvoir fournir constamment un noir animal jouissant absolument des mêmes propriétés décolorantes. Il paraîtrait que dans cette fabrication il y a des nuances de chauffage qu’il est important de saisir, et que, sous ce rap-
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- port, cette opération présente les mêmes chances que toutes celles qui exigent raction d’un feu plus ou moins prolongé et plus ou moins intense dans les diverses périodes de l’opération; mais qu’en résumé les fabricans de noir animal ont beaucoup perfectionné leur fabrication depuis quelques années, et sont parvenus à parer à la plus grande partie des inconvéniens qui accompagnent nécessairement les premières époques de la fabrication d’un produit nouvellement émis dans le commerce.
- Votre Comité a vu avec satisfaction que, cette année, un plus grand nombre de concurrens se sont présentés pour disputer la palme; il ne pense pas, toutefois, qu’aucun des concurrens pour la fabrication du charbon animal avec d’autres matières que les os ait atteint le but proposé par la Société.
- Si les Nos. 1 et 3 n’ont point obtenu tout le succès que vous désiriez, dans le but d’augmenter la masse du charbon animal que les besoins de nos raffineries et de nos colonies réclament, ils ont toutefois fait connaître des résultats intéressans sous le rapport scientifique, et votre Comité vous propose de mentionner honorablement M. Pli. Coulier, fabricant, demeurant à Paris, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arcs, n°. 4, auteur du mémoire N°. 1, et d’accorder une médaille d’encouragement à M. Desfosses, pharmacien à Besançon, auteur du mémoire N°. 3. 11 vous proposerait d’accorder la même faveur à l’auteur du mémoire N°. 5, s’il n’eût été retenu par la crainte qu’il vous a exprimée tout-à-l'heure. Quant au N°. 4, votre Comité pense que M. de Cavaïlhon, auteur du procédé pour la revivification du charbon déjà employé, par un moyen sûr, simple et économique, a rempli les conditions imposées par votre programme, et qu’il a droit au prix de 2,000 francs : il vous propose en conséquence d accorder ce prix à M. de Cavailhon et de fermer le concours (1).
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Ch. Dekosne, rapporteur.
- Rapport fait par M. Robiquet sur le concours du prix proposé pour le perfectionnement de T art du bojaudier.
- Les intestins grêles des animaux et principalement ceux des animaux herbivores sont employés, soit dans les arts, soit dans l’économie domestique, à beaucoup d usages différens. On en fait, comme chacun sait, des cordes d’instrumens, des cordes à machines et à fouet, des enveloppes imperméables pour conserver des substances alimentaires, ete. Toutes les
- (1) L'établissement deM. de Cavailhon, dirigé par M. Baille, est situé rue du Moulin-de-la-Tour, n*. 6, à Passy, près Paris.
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- parties de l’intestin ne sont pas propres à la confection de ces divers objets. Parmi les trois membranes qui les constituent , il n’y en a qu’une seule qu’on puisse employer, c’est celle que les anatomistes nomment musculeuse ; les deux autres, la péritonéale et la muqueuse, ne sauraient s’adapter à aucun usage : la première est d’une si grande ténuité, surtout dans les petits animaux, qu’elle n’oppose pas assez de résistance; l’autre n’est qu’une pellicule recouverte d’un mucus organique, qui protège, en quelque sorte, et lubrifie toute la paroi interne de l’intestin vivant ; mais qui, à raison de sa texture lâche et de sa consistance glutineuse, se détruit avec une rapidité extrême lorsqu’elle n’est plus soutenue par l’énergie vitale. On prévoit dès-lors qu’on doit avoir pour premier soin de débarrasser l'intestin de ces parties accessoires qui lui sont inutiles ou nuisibles : cette condition une fois remplie, il ne reste plus qu’à lui donner la forme qu’il doit avoir pour l’usage auquel on le destine. C’est cet ensemble de travail qui constitue l’art du boyaudier. Cependant on reconnaît dans ce genre de fabrication deux branches distinctes : l’une comprend principalement la confection des cordes à instrumens , l’autre concerne sur-tout la préparation des intestins grêles de bœuf, c’est-à-dire des boyaux soufflés. Pour chacune de ces deux parties, on se sert d’un mode particulier de préparation : dans la première, où l’on n’exploite que des intestins de mouton, on n’obtient l’élimination voulue que par des moyens doux et ménagés ; on veut, par-dessus tout, conserver intacte cette membrane délicate, que la plus légère altération met hors d’usage. Dans l’autre, au contraire, on brusque, pour ainsi dire, le résultat, et on le peut impunément; car non-seulement on opère sur des intestins plus robustes, mais, en outre, rien n’oblige à leur conserver cette homogénéité parfaite qui fait la base essentielle de la première fabrication. Ainsi , d’un côté, pour atteindre le but cherché, on a recours à des bains d’eau tiède ou très-légèrement alcalisée, et à des lavages souvent réitérés : peu à peu l’intestin se dégorge, la tunique veloutée se tuméfie, et le moindre effort suffît ensuite pour la détacher de la membrane fibreuse, à laquelle elle est accolée. Là, le travail, comme on voit, se fait sans secousse et sans altération pour ce qu’on doit conserver. De l’autre côté, on laisse à la nature le soin de détruire ce dont on veut se débarrasser, et il n’arrive que trop souvent de dépasser le point qu’on veut atteindre. On agit sur des masses, on entasse des intestins, et on les abandonne à une macération plus ou moins prolongée ; un commencement de fermentation putride se manifeste, une odeur infecte s’exhale, déjà les membranes se détachent, et c’est là le temps opportun qu’on s’empresse de saisir pour les isoler. Qu’on juge d’un pareil travail!
- Ce peu de mots suffit pour faire comprendre les différences principales
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- qui doivent exister entre ces deux espèces de fabrications, considérées sous le point de vue de la salubrité. Il n'est personne qui ne puisse parcourir sans répugnance un atelier bien tenu de fabricant de cordes ; il faut être bovaudier pour aborder les autres sans éprouver un horrible dégoût. Cependant il importait à la France de conserver cette branche d’industrie, qui lui est devenue presque exclusive. Une considération aussi puissante fixa l’attention de l’autorité, et fit chercher les moyens de diminuer les in-convéniens de celte fabrication sans lui porter aucune atteinte fâcheuse. Ce fut notre estimable et malheureux collègue, feu M. Cadet-Gassicourt, alors membre du Comité de salubrité, qui se trouva le premier chargé par M. le comte Angles, préfet de police, de visiter les boyauderies de Paris, et d’aviser aux moyens de faire cesser les plaintes réitérées qu’occasionnent ces sortes d’établissemens. M. Cadet-G as si court s’acquitta de cette mission comme de toutes celles qui lui furent confiées ; il s’en acquitta en homme habile, en zélé partisan de l’industrie. De même qu’il poursuivit sans relâche le charlatanisme qui nous mine de toutes parts, et dont il fut la victime, de même il secondait de tout son pouvoir ceux qui contribuaient par leur talent à la prospérité de la France. Loin donc de proposer en cette occurrence des mesures de rigueur et de susciter des entraves à l’exercice de cet art, il conçut l’heureuse idée de le perfectionner.
- Notre collègue sollicita M. le préfet de police d’engager la Société d’En-couragement à mettre ce projet de perfectionnement au concours. M. le préfet de police accueillit cette demande avec une bienveillance extrême, et il se chargea de faire lui-même les fonds du prix. C’est à de pareils traits que la vraie philantropie, le vrai patriotisme se reconnaissent. Heureux le magistrat qui laisse de tels souvenirs, et dont il est permis d’honorer ainsi la mémoire !
- La Société d’Encouragement, prévenue dans ses désirs, s’empressa de seconder les vues de M. le préfet ; elle tâcha même de leur donner quelque extension en appelant aussi l’attention des concurrens sur la qnalité des produits de la boyauderie. En conséquence, le programme fut rédigé, et les deux questions suivantes en firent la base.
- a 1°. Trouver un moyen chimique ou mécanique pour enlever la rnem-« brane muqueuse des intestins traités dans les boyauderies, sans employer « la macération et en s’opposant à la putréfaction; décrire les moyens de « préparer les boyaux par insufflation.
- « 2°. Indiquer les moyens les plus simples et les plus économiques de « préparer les différentes espèces de cordes à boyaux , sur-tout les cordes tf destinées aux instrumens de musique. Les produits que l’on soumettra à « la Société devront être égaux aux meilleures cordes d’Italie. »
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- Telles furent les deux questions proposées, mais il est essentiel de se rappeler que la première seule fut exigée par le fondateur du prix.
- La Société a reçu trois mémoires pour ce concours.
- Ils ont été enregistrés par ordre de réception, sous les N03. 1,2 et 3.
- LeN°. \ porte pour épigraphe cette pensée de Fourcroj :
- « La chimie se répandra peu-à-peu dans toutes les classes de » la société , et tandis qu’elle ne cessera de faire des pas vers sa » perfection , par les découvertes des savans, elle éclairera tous s les ateliers , toutes les manufactures, dont la prospérité est liée » à ses progrès. »
- Le N°. 2 a choisi cet ancien adage :
- Labor improbus omnia vincit.
- Et enfin le N°. 3 a inscrit les quatre vers suivants:
- Par une méthode nouvelle,
- Je veux, favoris d’Apollon,
- Vous offrir dans la chanterelle Corde claire et de beau son.
- Plusieurs membres du Comité des arts chimiques, auquel on a bien voulu m’adjoindre, ont pris successivement connaissance de ces trois mémoires. Ils se sont ensuite réunis pour entreprendre en commun les expériences et les recherches qui ont été jugées Nécessaires. On m’a chargé de rendre compte du résultat de ce travail, et de faire connaître à l’assemblée l’opinion de la Commission : je vais essayer de remplir cette tâche.
- Je ne chercherai point à présenter ici une analyse détaillée de chacun des mémoires qui ont été adressés ; il faudrait dépasser de beaucoup les limites qu’on doit s’imposer dans un rapport : je me bornerai donc à les considérer dans leur ensemble et à en faire ressortir les points qui méritent particuliérement de fixer l’attention de la Société.
- Parmi les trois mémoires du concours, deux, sur-tout, se font remarquer par l’excellent esprit dans lequel ils sont rédigés : ce sont les N08. \ et 3. L’auteur du premier avoue qu’il a peu pratiqué l’art du boyaudier; mais il est facile de voir, à la manière dont il rend compte de toutes les opérations et aux détails dans lesquels il entre, qu’il en a fait une étude approfondie et qu’il possède des connaissances très-variées. Cet auteur justifie l’épigraphe dont il a fait choix; il démontre par son mémoire tout ce qu’on doit espérer de l’heureuse influence que la chimie peut exercer sur une foule d’arts encore peu avancés.
- T ingt-unième année. Octobre 1822. Xx
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- Il est facile de reconnaître, à la lecture du N°. 3, que son auteur, sans faire preuve de connaissances théoriques aussi étendues , n’en possède pas moins toutes les notions nécessaires à 1 intelligence et aux progrès de .son art. C’est un fabricant consommé ; son mémoire est un excellent traité pratique de l’art de la bovauderie, et nous n’en possédons aucun. Le concours n’eût-il produit que ce résultat, on devrait se féliciter de l’avoir entrepris. Si l’on ajoute à ces mêmes considérations que ce même fabricant a fait figurer en relief les modèles de toutes les opérations de la boyauderie, de ses ateliers et des ustensiles dont on se sert, on reconnaîtra que tant de sacrifices, de persévérance et de talent sont vraiment dignes d’éloges et d’encoura-gemens.
- Quant au mémoire N°. 2 , la Commission éprouve d’autant plus de regret de ne pouvoir le citer favorablement, que son auteur, l’un de nos meilleurs fabricans de cordes, est déjà connu très-avantageusement de la Société, par le succès éminent qu’il obtint en 1819, par la supériorité de ses produits; mais quelque bienveillance qu’on puisse mettre à juger ce mémoire, on ne peut s’empêcher d’avouer qu’il est fort éloigné de pouvoir être comparé aux deux autres.
- Après avoir jeté ainsi un coup-d’œil rapide sur les mémoires, considérés dans leur ensemble, nous allons les envisager sous le rapport spécial du concours, et nous ne nous occuperons d’abord que de la première question proposée : je la rappellerai. ^
- « Trouver un procédé chimique ou mécanique pour enlever la membrane )> muqueuse des intestins traités dans les boyauderies, sans employer la ma-» cération, et en s’opposant à la putréfaction; décrire la manière de préparer » les boyaux par insufflation. »
- Chacun des trois auteurs prétend avoir résolu complètement cette question; deux d’entre eux proposent de substituer la méthode employée dans les ateliers des fabricans de cordes, à la macération usitée pour la grosse boyauderie, et ils assurent que par ce moyen ils évitent toute infection; que le travail est moins long et le boyau mieux conservé. L’auteur du N°. 3 nous dit à la page 6 de son mémoire : « Les moyens que je propose ne peuvent nuire » à la salubrité, ils sont peu dispendieux, mais ils exigent une main-d’œuvre » suivie ; ils présentent même une économie de temps , puisqu’en quatre ou » cinq jours, dans toutes les saisons, on peut livrer au commerce des intes-» tins que, par macération, il est impossible de pouvoir préparer en moins de » quinze jours en hiver. »
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- Ces raisons, on doit l’avouer, paraissent concluantes et satisfont au fond de la question; mais il faut remarquer que cette méthode peut bien empêcher la putréfaction de s’établir, et non pas en arrêter ou en neutraliser les effets quand elle est développpée : cela suppose donc que les intestins seront livrés parfaitement sains au boyaudier ; or il s’en faut de beaucoup qu’il en soit ainsi à Paris. Les bouchers ne sont soumis à aucune règle à cet égard; c’est une chose vraiment fâcheuse et que l’autorité réprimera sans doute plus tard ; mais actuellement le grand nombre d’acheteurs qui se présentent pour cette sorte de denrée fait qu’étant toujours sûr du débit, on n’en prend aucun soin : on accumule ces intestins dans des tonneaux et on les livre encore remplis de fiente : aussi sont-ils déjà infects lorsqu’ils arrivent dans les ateliers. Alors, tant que cet état de choses existera, les moyens proposés par les deux auteurs cités ne pourront être employés, parce qu’il s’agit plutôt de s’opposer aux progrès de la putréfaction que de la prévenir.
- L’auteur du mémoire N°. î, qui parait avoir dirigé particulièrement ses recherches vers ce but important, et qui a fait sous ce rapport un très-grand nombre d’expériences, annonce avoir obtenu un plein succès en employant ce qu'il appelle son réactif. Voici comment il s’exprime :
- (( Quinze paquets de boyaux dégraissés et invaginés ont été mis dans un tonneau; leur odeur était très-fétide, ce qui n’est pas étonnant, attendu qu’en arrivant des abattoirs, ils sont le plus souvent dans cet état : on a versé dessus environ 20 litres d’eau, et du réactif pour la valeur de 60 centimes ; le tout a été remué, la putréfaction a disparu : on a laissé macérer douze heures en remuant de temps en temps. La température était pendant cette expérience, comme dans les précédentes, de 10 à 12 degrés du thermomètre de Réaumur.
- » Ap rès douze heures de macération , la putréfaction n'avait pas reparu; les boyaux ont été mis dans un baquet presque plein d’eau, ratissés facilement, lavés et dégorgés selon la méthode ordinaire ( ils sont plus blancs que parle procédé usité), ensuite soufflés, sans pour cela répandre l’odeur fétide des boyaux fermentés. L’insufflation est la vraie pierre de touche de cet art, et la première fois j’ai pu croire, sans trop d’amour-propre, être arrivé à un résultat heureux (1).
- (i ) Les quinze paquets dont nous avons parlé fournissent vingt-huit à trente carottes ; ainsi la dépense que ce procédé occasionne ne s’élèvera pas à plus de trois à quatre pour cent de la valeur de la mar-
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- » En effet, outre la disparition de la fermentation putride, mon procédé faisant décoller plus promptement la membrane muqueuse, le boyau devait conserver plus de ténacité et de force, ou, comme le disent les ouvriers, plus de nerf : l’expérience a confirmé ce fait.
- » Les boyaux, sortant du ventre de i’animal, et étant mis à macérer avec mon réactif, laissent décoller la membrane muqueuse après douze à quinze heures de macération ; ils sont beaucoup plus blancs, ce dont on pourra se convaincre par la vue des échantillons. Dans leur préparation, nulle odeur-fétide ne s’est montrée ; iis sont séchés et subissent les autres opérations d’après la méthode actuelle, et peuvent être livrés au commerce avec au moins le même avantage que les boyaux de première qualité. »
- En supposant vrais tous les faits annoncés, il est certain que cette méthode doit obtenir la préférence sur les autres puisqu’elle offre tous les genres d’avantages. Vous voyez en effet, Messieurs, que la putréfaction , alors même qu’elle s’est déjà manifestée , se trouve immédiatement paralysée, et que les produits, loin d’en être altérés , sont de meilleure qualité et d’une plus facile et plus prompte fabrication. Il ne s’agissait donc plus que de s’assurer de la réalité de toutes ces assertions; mais l’auteur avait cru, dans l’intérêt public, ne pas devoir divulguer son moyen, et il se proposait seulement de se conformer à cet égard à tout ce qu’exigerait la Société d’Encoura-gement. La Commission, se trouvant dans l’impossibilité de prononcer sans acquérir cette connaissance, vous a demandé et a obtenu l’autorisation de communiquer avec l’auteur, et de faire répéter les expériences. Tous les moyens d’acquérir une pleine et entière conviction à cet égard nous ont été fournis. Des expériences en petit furent d’abord faites chez M. Labarraque, pharmacien distingué de Paris et auteur dudit mémoire. On avait choisi pour ces premiers essais des intestins de diverses espèces d’animaux, particulièrement de moutons, de chiens et de chats. Ces intestins, extraits depuis six à huit jours, étaient météorisés ; ils surnageaient le liquide dans lequel ils baignaient, et avaient déjà contracté une odeur des plus fétides. Une portion du réactif fut versée dans chaque terrine ; à l’instant même la putridité disparut : à peine reconnaissait-on une légère odeur appartenant à la subs-
- chandise fabriquée, laquelle étant plus belle, obtiendra un débit plus facile. D’un autre côté, le fabricant éprouvera moins de déchet, attendu que la fermentation détruit la ténacité des boyaux ; ce qui est prouve par la plus grande difficulté que les ouvriers trouvent à dégraisser un boyau déjà avancé, lequel se trouve dans ce cas bien plus facilement. Ces causes n’existeraient pas , que la salubrité publique devrait exiger l’adoption de ce procédé. La routine et les préjugés s’y opposeront peut-être.
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- tance employée. Vos commissaires furent frappés de ia promptitude de cette réaction, elle est vraiment instantanée. Une autre série d’expériences fut entreprise pour constater les effets de cette même, substance sur les boyaux frais. On en mit donc un certain nombre en macération, avec le mélange convenable, et on laissa l’action se prolonger tout le temps prescrit par l’auteur : après ce terme, nous vîmes la membrane muqueuse se détacher avec autant de facilité que si l’intestin eût subi la macération ordinaire.
- La Commission, pour s’acquitter complètement du mandat qui lui était confié, désira que toutes ces expériences fussent répétées en grand et dans un atelier déjà monté. M. Milan , établi à Clichy, voulut bien mettre sa boyauderie à notre disposition. Quatre commissaires s’y réunirent, Mûî. Mérimée, dé A rcet, Payen et moi. Nous parcourûmes d’abord l’atelier où se font le dégraissage et la macération ; une vingtaine de tonneaux s’y trouvaient remplis d’intestins, de deux, trois et quatre jours. La température atmosphérique était très-élevée : c’était dans une des plus belles journées de l’été dernier, et la fermentation putride marchait si rapidement qu’il fallait une sorte de courage, je ne dirai pas pour rester dans cet atelier, mais seulement pour le traverser, tant la puanteur était forte. Néanmoins M. Labarraque fit d’abord laver les dalles du sol; il versa ensuite dans chaque tonneau une quantité convenable de son réactif, fit agiter pour que le mélange fût exact ; et après avoir fait fermer tout l’atelier, il fit faire une fumigation de chlore pour atteindre les exhalaisons encore répandues dans l’atmosphère; puis on ouvrit portes et fenêtres; et lorsque l’atelier fut bien aéré, nous rentrâmes pour nous assurer de l’effet produit sur ces masses d’intestins entassés dans les tonneaux. Nous trouvâmes , comme dans les expériences précédentes, l’odeur annulée, et il nous fut possible alors de rester long-temps dans l’atelier sans éprouver le moindre dégoût. Je ne terminerai pas cet article sans citer un fait qui nous causa quelque surprise, ce fut d’entendre les ouvriers se plaindre , en rentrant , qu’on avait empoisonné leur atelier par l’odeur qu’on venait d’y répandre, odeur qui, pour nous, était à peine sensible. Ce fait est certainement bien propre à confirmer tout ce qu’on connaît de l’empire de l’habitude, et il démontre jusqu’à l’évidence combien est fondée la crainte que témoigne l’auteur de voir la routine et les préjugés s’opposer à la propagation de son procédé. Au reste , il est vrai de dire que les émanations fétides que répandent les boyauderies sont plus dégoûtantes que dangereuses ; car on sait que les ouvriers qui y sont sans cesse exposés n’eu éprouvent aucun mauvais effet. Cette observation a été bien constatée par M. le docteur Guersent : elle se trouve
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- consignée dans son très - bon mémoire sur la grosse boyauderie ( 1 ).
- Il nous restait pour achever cette première partie de nos expériences , à voir effectuer en grand le dépouillement de la membrane muqueuse par le seul secours du réactif proposé, et sans que les intestins eussent subi de fermentation dans aucun temps de leur préparation; mais ce travail exigeait plusieurs jours, et l’éloignemeut de la boyauderie de M. Milan ne nous a pas permis de le suivre dans tous ses détails. L’un de nous, M. d’Arcet, qui possède une habitation dans le voisinage, et qui, d’ailleurs, en qualité de membre du Conseil de salubrité, avait un intérêt particulier à s’assurer de la réalité des faitg, a bien voulu se charger seul de ce soin. Notre collègue a fait préparer par le nouveau procédé une grande quantité de boyaux frais, et il a vu, en effet, que non-seulement ils ne subissaient aucune altération de la part du réactif, mais que le travail en était plus facile, par cela même qu’ils conservaient plus de force et qu’on courait alors moins de risque en faisant l’extraction de la membrane muqueuse.
- Ajoutons à ces avantages celui d’employer beaucoup moins de temps , et nous demeurerons convaincus que cette méthode mérite à tous égards la préférence sur celle de la macération putride : ainsi point de doute, le but est atteint, et la première question est résolue complètement.
- Si ce commencement de notre travail a été accompagné de quelques dégoûts physiques, du moins nous avons eu la satisfaction de le voir se terminer au gré de nos désirs. Malheureusement il n’en a pas été de même pour la seconde partie, et nous n’avons à vous offrir sur cet objet que des doutes et de grandes espérances. Il s’agissait, pour satisfaire à la deuxième question, « d’indiquer les moyens les plus simples et les plus économiques r de préparer les différentes cordes à boyaux, sur-tout les cordes destinées » aux instrumens de musique. » Si l’on s’en fût tenu là, cette deuxième question serait encore résolue. M. Savaresse , de Troyes , auteur du mémoire, N°. 3, mériterait certainement la palme : ses descriptions sont claires, méthodiques. elles ne laissent rien à désirer; mais on a ajouté : « les produits w que l’on soumettra à la Société devront être égaux aux meilleures cordes » d'Italie, » et c’est en cela que consiste le vrai point de la difficulté. Tous les concurrens affirment l’avoir vaincue ; je dirai plus , tous prétendent avoir été au-delà de ce qu’on exigeait, et avoir mieux fabriqué la corde qu’on ne la fabrique en Italie. On peut regarder la chose comme vraie par
- fi) Ce mémoire es! inséré dans ie N0. CVII du Bulletin de la Société , douzième année , mai 1813, page 115.
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- rapport à un certain nombre de cordes, et il suffirait, pour s’en convaincre, de jeter un coup-d’œil sur les échantillons qui nous ont été présentés par les auteurs des mémoires Nos. 2 et 3 ,• mais cela devient excessivement douteux relativement aux chanterelles : car on sait qu’il n’est aucun artiste qui n’apprécie davantage celles de Naples, et tous les luthiers savent parfaitement qu’à Naples même il n’existe qu’une ou deux bonnes fabriques de ce genre. Ceci constate déjà un fait assez important, c’est que la qualité de l’intestin n’est pas la seule chose essentielle à la confection d’une bonne corde, puisqu’avec les mêmes matériaux tous n’obtiennent pas des qualités semblables.
- Bien convaincus que celui qui parviendrait à fabriquer de bonne chanterelles réussirait, à plus forte raison, pour toute autre espèce de corde, nous ne nous sommes occupés que de l’examen de celles qui offraient le plus de difficultés. Notre premier soin a été d’en remettre à différens artistes des plus célèbres, comme étant les juges naturels de cette question. Malheureusement, pour bien apprécier la qualité d’une corde, il faut une longue suite d’expériences , et lorsqu’il s’agit, comme dans le cas présent, de faire un grand nombre d’essais comparatifs, le temps que cela exige est trop considérable pour que des personnes aussi occupées puissent s’v livrer entièrement. Nous n’avons donc pu , par ce moyen, obtenir que des renseignemens trop vagues pour qu’on puisse s’y arrêter. On en jugera par la manière dont M. Baillot termine le rapport qu’il a bien voulu nous adresser.
- « Ce n’est pas sur un si petit nombre d’expériences, faites en si peu de » temps, que l’on peut former un jugement; quelques individus.ne suffi-» sent pas pour faire connaître l’espèce : je puis seulement affirmer que j’ai » rencontré de bonnes chanterelles dans les trois Nos. du concours; mais je » ne puis en connaître, dans un si court espace de temps avec une si petite » quantité de cordes, ni la force de résistance, ni la durée, et encore moins y> les comparer à celles de Naples. J’estime que les luthiers experts peuvent » seuls avoir une somme d’observations capables de déterminer un jugement » à cet égard. »
- Tous les autres renseignemens que nous avons pu recueillir sur ce point se sont trouvés conformes à ceux de M. Baillot. Il en résulte donc que tous les eoncurrens ont présenté de bonnes chanterelles, que tous en ont présenté de mauvaises. Au reste, ceci n’étonnera pas lorsqu’on saura que parmi celles de la meilleure fabrique de Naples il s’en trouve aussi et en assez grand nombre, de qualité inférieure. M. Lupot, l’un de dos meilleurs
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- luthiers, celui auquel M. Baillot nous avait conseillé d’avoir recours , nous a dit qu’il estimait avoir été bien servi lorsque, sur un paquet de 30 chanterelles de la fabrique del Guido il s’en trouvait quinze de bonnes, et lorsque , sur une pareille quantité de nos meilleures fabriques, il y en avait cinq à six. Ce résultat, tout fâcheux qu’il paraît, nous a du moins démontré la possibilité d’atteindre le but; car si on réussit pour quelques-unes, il n’y a pas de raison pour qu’on ne réussisse pas pour un plus grand nombre : le tout est de connaître les conditions essentielles à remplir, et c’est là précisément ce que nous ignorons. Il faudra donc avant tout déterminer ces conditions , et ne plus s’abandonner à cette sorte d’empirisme que les moindres circonstances viennent entraver dans sa marche. Aucun des concurrens n’a fait de tentatives à cet égard, ou du moins aucun n’a communiqué ses essais; cependant on possède déjà un certain nombre de données qui pourraient servir de point de départ. On sait, par exemple, qu’une chanterelle , mise en vibration sous une légère tension, ne doit laisser dans ses nombreux trajets que deux cordes situées aux extrémités de sa course. Lorsqu’on en voit une troisième, qui occupe, pour ainsi dire, l’axe du mouvement, on juge que la chanterelle n’est pas bonne , et on attribue ce phénomène à un défaut d’homogénéité, qui fait que toutes les parties de la corde n’arrivent pas en même temps à la situation horizontale ; elles oscillent dans des temps dilïérens. Une autre observation vient à l’appui de la précédente ; les artistes, comme les luthiers, veulent que la chanterelle soit d’un diamètre le plus égal possible dans toute sa longueur, et si elle varie de grosseur vers une de ses extrémités, ce qui arrive assez ordinairement, ce ne sera jamais par ce côté qu’ils la monteront. Il faut donc, pour premières conditions, que la corde soit homogène, bien cylindrique et d’un diamètre égal , au moins dans toute la longueur soumise à la vibration. On sait encore que pour qu’une chanterelle soit bonne, les trois intestins qui la composent doivent être tellement inhérens les uns aux autres, qu’ils semblent se confondre et n’en plus former qu’un seul. Alors la corde a de la transparence, et lorsqu’elle est roulée elle offre beaucoup de résistance à la pression qu’on lui fait subir entre les doigts; elle a de la roideur. En général , la chanterelle qui jouit de ces propriétés se monte facilement au Ion; une fois tendue, elle conserve sa transparence et résiste fortement à l’archet; mais ce qui en fait le mérite essentiel, c’est qu’alors elle tient long-temps l’accord. Telles sont les principales qualités que possède une bonne chanterelle, qualités qui paraissent dépendre sur-tout d’une union plus intime entre les trois fils , c’est, il n’en faut pas douter, cette union
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- plus intime qui en fait un tout plus homogène et moins accessible aux variations de température et d’humidité. S’il m’est permis d’exprimer ici mon opinion , je dirai que je suis loin de penser que ces propriétés dépendent uniquement de la qualité des intestins, mais qu’elles dépendent aussi de la préparation qu’on leur fait subir. Il me paraît très-probable que si on les dépouillait exactement des sels ou des alcalis dont on les imprègne dans le principe, il n’y aurait aucun corps intermédiaire qui pût s’opposer à leur adhérence mutuelle et entretenir ainsi une porosité toujours nuisible. Au reste, ce ne sont ici que des conjectures, et je n’y insisterai pas davantage.
- Pour revenir à notre objet, je dois dire que non-seulement nous n’avons pu acquérir aucune conviction sur la qualité supérieure des échantillons présentés, mais qu’en outre nous manquons de données assez positives pour certifier que les cordes soumises à l'examen sont réellement de fabriques françaises ; bien que pour la plupart elles aient été filées sous nos yeux, nous avons reconnu la possibilité qu’elles fussent fabriquées avec des intestins préparés chez l’étranger et expédiés à l’état sec : quelques bains suffisent alors pour les mettre dans le cas d’être filées.
- Dans cet état de choses, voici le jugement qu’a dû porter la Commission.
- 1°. Attendu que la première et principale question , celle posée par M. le préfet de police, et pour laquelle le prix a été fondé, se trouve complètement résolue par M. Lob arm que, auteur du mémoire N° 1, la Commission vous propose de lui adjuger le prix entier, en lui imposant néanmoins une condition , à laquelle il se soumettra volontiers , celle de rédiger un précis de son procédé, de le mettre à la portée de tout le monde et d’en suivre avec, zèle l’exécution dans les différens ateliers. Cette mesure, si on veut mettre à profit la découverte de M. Labarraque, nous paraît indispensable.
- 2°. Attendu le peu de données précises qu’on a pu obtenir sur l’origine et la qualité des cordes présentées , la Commission vous propose de faire de cette deuxième question un nouveau sujet de prix et de le porter à deux mille francs. Le programme qui en sera rédigé devra prescrire toutes les précautions voulues pour obtenir les garanties nécessaires, et il est à désire] qu’en prenne des mesures pour que ce programme soit connu de tous les fabric.ans de cordes ;
- 3°. Attendu que les concurrens ont tous fourni un certain nombre de cordes de qualité supérieure, et qu’ils ont donné des preuves évidentes d’un talent distingué, soit sous le rapport de la fabrication, soit relativement à la description de leurs procédés, la Commission, regardant M. Labar raque
- Lingt-unième année. Octobre \ 822. Y v
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- comme dignement récompensé par ie succès qu’il a obtenu dans la première partie, vous propose d’accorder une médaille d’or de la valeur de 500 francs , à titre d’encouragement, à M. Savaresse, de Paris, auteur du mémoire N°. 2, et une pareille médaille d’or à M. Savaresse-Sara, de Troyes, auteur du mémoire N°. 3. Nous espérons que les concurrens trouveront dans cette honorable distinction un nouveau motif pour redoubler de zèle et d’efforts.
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Robiquet , rapporteur.
- Rapport fait par M. Mérimée , au nom du Comité des arts chimiques, sur le concours du prix proposé pour la fabrication du cuir dJœuvre, façon de Russie.
- Messieurs , un seul mémoire vous a été adressé sur la fabrication du cuir de Russie, dans le délai fixé par le programme que vous avez publié.
- Long-temps après que le terme du concours était expiré, deux nouveaux concurrens se sont présentés, et s’excusant sur ce qu’ils n’avaient pas eu plus tôt connaissance de votre programme, ils vous ont demandé de vouloir bien les admettre.
- Aucun mémoire , aucune description n’accompagnaient leurs échantillons ; ils ont seulement, dans la lettre qu’ils vous ont adressée, désigné l'huile era-pyreumatique, dont on fait usage en Russie pour donner au cuir l’odeur pénétrante qui lui est propre ; ils ont même ( ce qui était assez inutile ) dessiné grossièrement un appareil distillatoire propre à la préparation de cette huile; mais aucun d’eux n’est entré dans le moindre détail sur les précautions à prendre pour obtenir cette substance odorante dans son plus grand état de pureté, ni sur la manière de l’employer.
- 11 nous a paru évident qu’ils n’avaient pas lu votre programme, du moins ils n’ont pas compris que vous avez expressément demandé aux concurrens de faire des expériences sur l’application de l’acide pyroligneux au tannage des cuirs.
- Toutefois , les échantillons qu’ils ont présentés sont fort bien apprêtés ; mais la substance aromatique a été tellement ménagée, ou si mal préparée , qu’ils diffèrent à peine de nos cuirs ordinaires. Un seul morceau de cuir de cheval nous a paru suffisamment odorant; mais la surface est tachée et
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- a l’aspect gras, tandis que le cuir de Russie qui n’a pas été imprégné d’huile de ehenevis ou de poisson, est très-sec et fortement odorant.
- L'un de ces deux concurrens vous informe qu’il tient son procédé d’un ami qui a travaillé à Revel, dans une tannerie très-renommée. Un sac de nuit, qui fait partie de ses échantillons , vous est présenté comme ayant été fai! en Russie il y a six ans ; nous n’en doutons pas ; mais l’odeur de ce sac n’est nullement agréable, elle est altérée par celle de l’huile employée à corroyer la peau. De pareils cuirs ne pourraient convenir à la reliure. Cette opération exige qu’on emploie le plus sec et le plus odorant, parce que la propriété qu’on lui attribue d’écarter les insectes doit être en rapport avec la force de l’odeur qu’il exhale.
- Ainsi, lors même que ces échantillons seraient admis au concours, ils ne donneraient pas aux fabricans qui les ont préparés des droits suffisans au prix que vous avez proposé.
- Nous n’avons donc à vous entretenir que du seul mémoire envoyé dans le délai que vous aviez fixé.
- Ce mémoire et les échantillons qui l’accompagnent, sont le résultat d’une association formée entre un corroyeur et un jeune chimiste, qui ont sagement pensé que la réunion de leurs connaissances était indispensable pour remplir complètement les données de votre programme.
- Une pareille réunion excitera, nous n’en doutons pas, votre intérêt ; et si, comme nous l’espérons, cet exemple est imité, les arts ne peuvent que gagner beaucoup à cette alliance de la théorie avec la pratique.
- Les auteurs du mémoire dont nous sommes chargés de vous rendre compte, ont jugé convenable , pour se faire mieux comprendre, de commencer par donner une idée générale des procédés suivis dans les diverses préparations des cuirs ; dans cette intention, ils ont exposé succinctement les principes sur lesquels sont fondées les opérations du chamoisage , du hongroyage , de la mégie, et du tannage avec les écorces.
- Une peau fraîche est souple tant qu’il y a une suffisante quantité d’eau interposée entre les fibres qui forment son tissu ; elle devient dure et roide à mesure que l’eau s’évapore. Pour qu’elle puisse conserver de la souplesse après sa dessiccation , il faut remplacer l’eau par une matière onctueuse qui s’oppose à l’adhérence des libres, et leur permette de glisser librement les unes sur les autres.
- On n’apprend pas sans un vif intérêt comment, par un procédé beaucoup plus rapide que les nôtres, le sauvage qui habite les forêts de l’Amérique parvient à ce résultat.
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- La peau qu’il veut apprêter étant d’abord bien lavée et nettoyée à l’eau chaude, il fait pénétrer dans son tissu une certaine quantité de cervelle délayée dans l’eau ; ensuite il l’expose quelques instans à la fumée ; il la retire, la frotte en tous sens , et en répétant alternativement cette manutention jusqu’à ce que la peau soit sèche , il parvient à la rendre très-souple. Ainsi , à l’aide de cette simple préparation, le chasseur qui vient de tuer un daim peut, dès le lendemain, en porter la peau sur ses épaules.
- Si la rapidité d’un pareil procédé excite d’abord notre admiration, ce sentiment s’affaiblit beaucoup lorsqu’on en compare les résultats : ils sont loin d’égaler en beauté et en solidité les produits de nos manufactures.
- Vous avez, dans votre programme, indiqué l’acide pyroligneux , retiré des diverses espèces de bois à écorce astringente , comme un produit utile aux opérations de la tannerie, par la raison qu’il réunit les trois substances employées successivement dans la préparation des cuirs d’œuvre ; savoir, l’acide, le tanin et l’huile.
- Les auteurs du mémoire ont suivi ponctuellement la marche que vous leur aviez indiquée, et c’est par l’emploi de l’acide pyroligneux qu’ils ont commencé leurs essais.
- Ils ont soumis à l’action de cet acide, et avec les précautions convenables, plusieurs morceaux de peau de mouton. Ces peaux sont en peu de temps gonflées beaucoup plus que dans aucune des préparations connues , et ont pris une belle couleur noire. En séchant, elles se sont retirées considérablement, et ont acquis presque la dureté de la corne sans devenir cassantes. Ce résultat est bien différent de celui que vous espériez ; mais vous ne devez pas regretter d’avoir suggéré l’expérience. Des peaux ainsi {.'réparées seront très-utiles à la gaînerie. Dans leur état de gonflement , rien n’est plus facile que de leur faire prendre ces empreintes chagrinées qui se voient sur le cuir dont les Orientaux couvrent les fourreaux de leurs sabres.
- Si cette indication a mis les concurrens hors de la route qu’ils devaient suivre pour découvrir les procédés de tannage et de corroyage employés par les Russes, vous leur aviez en même temps fait connaître les sources où ils pouvaient puiser des renseignemens certains. Rien de plus positif que les dé tails transmis par Palias : les Russes, dit ce célèbre vovageur, tannent leurs cuirs avec l’écorce du peuplier-rm4<?/, et leur donnent ensuite l’odeur aromatique qui les distingue, avec une huile empyreumatique , retirée de l’écorce blanche ( l’épiderme ) du bouleau.
- C’est principalement dans les vastes forets qui bordent la Kama que cetfn huile est préparée ; on ramasse l’écorce des arbres pourris , l’épiderme s’en
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- détache alors aisément,- on l’entasse dans des fosses coniques et on la distilie suivant la méthode grossière employée pour obtenir le goudron : c’est une distillation per descensum (1).
- P allas ajoute même que plus l’épiderme est exactement séparé de l’écorce, plus l’huile est claire et convenable à la préparation des cuirs.
- L’exactitude des observations de cet écrivain est confirmée par le travail des concurrens. Ils ont distillé comparativement l’épiderme exactement séparé de l’écorce du bouleau et l’écorce privée de son épiderme , et ils ont constaté que l’huile obtenue dans le premier cas donne au cuir une odeur aromatique agréable , tandis que le produit retiré, soit de l’écorce isolée de son épiderme , soit même des brindilles de l’arbre, ne diffère pas sensiblement des produits de la distillation de toute autre espèce de bois.
- Il entrait dans le plan du travail des concurrens de rechercher si quelque autre substance végétale ne peut pas fournir une huile du même genre, également convenable à l’apprêt des cuirs.
- Ces recherches ont donné lieu à des expériences très-intéressantes.
- La rue et la sabine, distillées ensemble ou séparément, leur ont donné une huile fétide, très-pénétrante.
- Les bourgeons de peuplier, qui contiennent une résine d’une odeur balsamique, ne donnent à feu nu qu’une huile épaisse très-fétide. Nous savons maintenant qu’avec un autre mode de distillation on en retire une huile d’une odeur t.rès-agrca ble.
- Les bourgeons de peuplier ont été mêlés avec l’huile du dégras, dans l'espérance de faire disparaître sa mauvaise odeur; mais le mélange n'a présenté en résultat qu’une odeur fade et désagréable.
- L’écorce d’aune produit , à la distillation , une huile d’une odeur aussi insupportable que celle des bourgeons de peuplier.
- Les écorces de chêne, de saule, de peuplier, donnent à-peu-près le même résultat. Le liège, qui a de l’analogie avec l’épiderme du bouleau , puisqu’il n’est lui-même qu’un épiderme prodigieusement développé, le liège a produit une huile assez semblable à celle qu’on retire de la rue et de la sabine, mais moins pénétrante ; on y trouve cependant quelque chose d’analogue à l’ocleur du cuir de Russie mêlée avec celle du goudron.
- 1! entrait aussi dans le travail des concurrens de rechercher si l’huilt
- (1) Cn auteur suédois, Jokan Fischerstroem, a publié un mémoire sur ia préparation du cu.r d. Russie, dans lequel il décrit un procédé de distillation per descensum, oui n’est nullement grossier Nous publierons un extrait de ce mémoire.
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- empyreumatique du bouleau n’est pas due à la résine qui existe abondamment dans son écorce, et forme la poussière blanche qui recouvre les feuillels de l’épiderme.
- Dans cette intention, ils ont fait bouillir cette épiderme dans de l’eau , et n ont obtenu qu’un extrait absolument inodore.
- L’alcool bouillant en a séparé une quantité notable de résine blanche, sans odeur tant qu’elle n’est pas volatilisée ou décomposée par la chaleur, et répandant alors une odeur agréable, qui leur a paru différer sensiblement de celle du cuir de Russie.
- Persuadés que la presque totalité des matières extractives et résineuses était enlevée par l’action successive de l’eau et de l’alcool, ils ont distillé cet épiderme lavé , et l’huile qu’ils ont obtenue leur a paru donner la même odeur que l’huile qu’ils auraient retirée avant la séparation de la résine.
- Nous craignons que les concurrens n’aient pas apporté dans cette expérience !a même attention que nous avons remarquée dans leur travail. Puisque la résine volatilisée par la chaleur leur a paru exhaler une odeur aromatique particulière , ils auraient du en conclure que cette résine apporte au moins une modification dans le produit de la distillation.
- Les renseignemens suivans, qui nous ont été fournis par M. Vauquelin , nous confirment dans notre opinion.
- M. Chevreul a fait, il y a plusieurs années , une suite d’expériences sus l’épiderme du bouleau : il en a retiré une substance blanche, cristallisant pas sublimation en belles aiguilles ; il l’a regardée comme un principe résineux pur, et lui a donné le nom de bétuline.
- Cette résine inodore à une température ordinaire , incapable de se volatiliser, se convertit, par la distillation, en une huile empyreumatique, laquelle, étendue sur du papier, lui communique une odeur pénétrante, qui a paru à M. Chevreul la même que celle qui se trouve dans le cuir de Russie.
- Nous avons projeté sur des charbons ardens un peu de cette résine , et l’odeur qu’elle a exhalée nous a paru, comme à M. Chevreul, ne différer de celle du cuir de Russie qu’en ce qu’elle était plus suave (1 ).
- Au reste, l’objet important n’était pas de faire connaître l’origine du principe odorant, mais de prouver que l’odeur des cuirs de Russie n’est pas
- (1) Depuis la lecture de ce rapport, nous avons fait distiller de la bétuline, et l’huile empyreumatique obtenue dans une distillation faite avec soin , est évidemment celle de l’épiderme . mais beaucoup plus agréable.
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- contractée pendant l’opération du tannage , ainsi qu’on pouvait ie croire , et qu’elle est ajoutée dans le travail ultérieur de la corroierie. Les concurrens n’ont rien laissé à désirer sur ce point : ils ont prouvé qu’à des modifications près, une peau tannée avec une écorce astringente quelconque contracte l'odeur aromatique, pourvu qu’on la corroie avec l’huile distillée de l’épiderme du bouleau.
- A l’appui de leur assertion, nous ajouterons que tous les cuirs de Russie ne sont pas odorans et ne le sont pas de la même manière.
- Notre collègue , M. Berard , qui en possède une grande quantité , qu’il a fait venir des lieux mêmes où il est le mieux préparé, en a de trois sortes.
- L’un, teint en rouge avec le santal, est très-sec et fortement imprégné de l'huile volatile de bouleau ,• l’autre, de meme couleur, en est également imprégné, mais il est gras, et l’odeur aromatique est altérée par celle de l'huile rance de chenevis ou de poisson, dont on se sera servi pour lui donner plus de souplesse ou le rendre imperméable.
- Enfin celui de la troisième espèce, de couleur fauve, n’a point été corroyé avec l’huile de bouleau; il n’a que l’odeur de l’écorce employée à le tanner, et cette odeur, malgré celle du dégras qui la masque , est beaucoup plus agréable que celle du chêne ; elle rappelle celle du peuplier.
- Quoique le tanin ait été jusqu’à présent regardé comme un principe immédiat, il est tellement mélangé dans les végétaux avec l’acide gallique et la matière extractive, que chaque écorce employée au tannage des cuirs doit exercer sur les peaux une action particulière : c’était donc un point très-important d’examiner l’effet des écorces qui ne sont pas employées dans nos tanneries, et dont l’usage pourrait sous quelques rapports être introduit.
- Ces expériences ont été faites avec soin par les concurrens , et cette partie de leur travail n’est pas la moins intéressante.
- L’écorce de chêne, qui est la substance la plus généralement en usage , et qui est en même temps reconnue pour être la meilleure, a été le tvpe auquel ils ont rapporté celles qu’ils ont essayées.
- L’écorce d’aune produit un cuir de couleur marron, qui se gonfle beaucoup et durcit ensuite en séchant ; ce qui indique.dans cette écorce une plus grande proportion d’acide.
- L’écorce de bouleau, moins énergique que celle de chêne, tanne cependant aussi complètement, pourvu qu’on l’emploie en quantité suffisante. Les peaux prennent avec cette écorce une belle couleur claire.
- L’écorce de peuplier, qui tanne également bien , est remarquable par l’odeur agréable et persistante qu’elle communique au cuir : cette odeur a
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- quelque chose de celle des bourgeons de cet arbre. La couleur qu’elle donne est plus brillante que celle produite par le tan de chêne.
- Cette expérience nous a paru d’une haute importance ; car le peuplier croît plus rapidement qu’aucune autre espèce d’arbre. On pourrait, dans les départemens où le chêne est rare, faire des plantations de peuplier, dont on récolterait l’écorce au bout de cinq ou six ans.
- Les brindilles même de cet arbre peuvent être employées avec succès , et la grande quantité de bourgeons pleins de résine qu’elles contiennent contribuerait à augmenter l’odeur aromatique que l’écorce seule donne au cuir.
- Nous ne croyons pas devoir entrer dans les détails de la préparation de l’huile empvreumatique d’écorce de bouleau, laquelle exige des soins particuliers pour être obtenue dans un degré de pureté tel, qu’elle ne contienne pas de goudron. Nous avons eu occasion de nous convaincre, par plusieurs expériences, qu’il y a de grandes différences dans les produits, suivant la manière dont la distillation est conduite. Nous pourrions mettre sous vos yeux des échantillons d’huile très-noire, tachant le cuir, et d’autre, légèrement ambrée, qui ne tacherait pas une peau blanche.
- L’emploi de cette huile présente également certaines difficultés : aussi les premières peaux que les concurrens ont voulu préparer ont été tachées ; et si les cuirs que vous n’avez pas admis au concours nous ont paru si faiblement odorans, nous l’attribuons à la difficulté qu’on aura rencontrée d’en imprégner les cuirs d’une plus grande quantité, sans les rendre gras et sans en altérer la couleur.
- Les auteurs du mémoire sont parvenus à surmonter les difficultés de l’emploi de l’huile, au point de pouvoir en imprégner une peau en excès sans y faire aucune tache , et même sans que la couleur des peaux blondes en soit rembrunie.
- Avant une fois trouvé que, quelle que soit l’écorce avec laquelle le cuir est tanné, on peut lui donner l’odeur propre au cuir de Russie, il était naturel qu’ils en fissent l’application aux livres reliés. Ils ont obtenu un plein succès, et si l’emploi de cette espèce de cuir devait être borné à la conservation des bibliothèques, les relieurs pourraient en un instant communiquer aux différentes peaux qu’ils emploient l’odeur aromatique qui les ferait prendre pour du véritable cuir de Russie.
- L’accord des expériences des concurrens avec les détails que Pallas a donnés des procédés suivis en Russie, ne nous permet plus de douter que le but que vous vous êtes proposé ne soit atteint, et que le problème de la fabrication du cuir de Russie ne soit résolu.
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- L’odeur des échantillons présentés par les concurrents nous parait semblable à celle qu’on a voulu imiter. Il n’y a de différence que celle qui doit exister entre des peaux nouvellement préparées et des peaux qui le sont depuis plusieurs années. Une expérience de quelques semaines nous a prouvé que l’odeur devient de plus en plus agréable.
- L’odeur du cuir de Russie se perd à la longue, combien durera celle des cuirs préparés par les concurrents ? C’est ce que l’expérience seule peut nous apprendre. Nous croyons bien que cette durée doit être proportionnée à la quantité et à la qualité de l’huile absorbée, et que, pour en assurer davantage la durée, il faut qu’elle soit d’abord en excès.
- D’un côté , la prudence exigerait que l’on soumît à l’épreuve du temps les produits qui vous ont été présentés ; mais , de son côté , la justice demande que vous récompensiez un travail important, qui a donné des résultats utiles et certains.
- Ainsi, nous ne pouvons douter maintenant qne ce ne soit avec l’huile em-pyreumatique retirée de l’épiderme du bouleau, que les tanneurs russes donnent à leurs cuirs l’odeur aromatique qui les fait rechercher.
- Nous ne pouvons douter également que les écorces de bouleau et de peuplier, quoique moins énergiques que celles de chêne, ne puissent la remplacer avec avantage ; que celle de peuplier surtout ne puisse devenir une ressource précieuse dans quelques endroits de la France , en fournissant abondamment une matière propre à donner aux cuirs, avec toutes les qualités qu’on peut obtenir d’un excellent tannage, une plus belle couleur et une odeur plus agréable.
- Heureusement les termes de votre programme sont tels que la justice peut se concilier avec la prudence. Deux prix ont été offerts : le premier, de 3,000 francs, est promis à celui qui résoudra complètement le problème ; le second, de 1,500 francs, devait être la récompense de celui qui, approchant beaucoup de la solution , procurerait à l’art du tanneur de nouvelles ressources. Votre Comité n’a de doute que sur la persistance de l’odeur : si elle résiste à l’épreuve du temps, le premier prix est incontestablement gagné ; si, contre notre espérance, elle est moins persistante que dans le cuir russe, votre but n’est pas atteint, le premier prix n’est pas rigoureusement mérité ; mais le second nous paraît ne pouvoir, sans injustice , être refusé.
- Vous pouvez, Messieurs, concilier vos devoirs envers la Société qui vous a confié ses intérêts, et envers les concurrens, dont les droits ne méritent pas moins d’égards.
- Vingt-unième année. Octobre 1822. Z z
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- Vous atteindrez ce double but en adoptant l’arrêté suivant, que votre Comité m’a chargé de vous proposer.
- Le premier prix de 3,000 francs, offert par la Société d’Encouragement pour la fabrication du cuir d’œuvre, façon de Russie, sera décerné aux auteurs du mémoire N°. 1, MM. Duval-Duval et Grouvelledans le cas oùles cuirs qu’ils ont présentés au concours conserveront, pendant une année, sans altération sensible , leur odeur aromatique.
- Sans attendre le résultat de cette épreuve, le second prix, de 1,500 francs, leur est accordé, à titre de récompense, pour les expériences importantes consignées dans leur mémoire, par lesquelles ils ont ajouté de nouveaux procédés à ceux employés dans nos tanneries.
- » Dans un an, une nouvelle somme de 1,500 francs complétera le premier prix, si la persistance de l’odeur se trouve constatée par les expériences comparatives auxquelles les échantillons de cuir seront soumis. »
- Adopté en séance générale, le 30 octobre 1822.
- Signé Mérimée , rapporteur.
- Rapport fait par M. Bosc sur les prix proposés par la Société
- pour des semis de pins du Nord ou de pins de Corse, et de pins dE cosse.
- Le Conseil d’administration de la Société d’Encouragement a proposé, dans sa séance du 23 septembre 1818, deux prix , l’un de 1,500 francs pour celui qui aurait fait le semis le plus étendu en pins du Nord ou en pins de Corse ; l’autre, de 1,000 francs pour celui qui aurait rempli la même condition en pins d’Écosse , lesquels prix devaient être distribués en 1819.
- La graine de pin ayant manqué deux années consécutives, ces prix ont été remis à l’année 1821.
- MM. Rial, Petit-Didier et Voirin, associés, ont justifié, l’année dernière, avoir semé une partie de la montagne de Saint-Dié, département des Vosges, d’une contenance de plus de 4 hectares des deux premières espèces de pins précitées, et le Comité d’agriculture, auquel les pièces du concours ont été renvoyées, a jugé que ces associés avaient rempli toutes les conditions du programme ; mais que le semis n’ayant encore qu’un an , sa réussite , but du programme, n’était pas encore assurée. En conséquence , le Conseil d’administration de la Société décida que le prix serait prorogé à la présente année.
- Les mêmes concurrens ont envoyé un nouveau procès-verbal des autorités
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- locales, en date du 1er juin dernier, ainsi que des nouveaux échantillons, qui ne permettent pas au Comité d’agriculture de douter de la réussite des semis. En conséquence, le Conseil d’administration propose à l’assemblée de faire délivrer le premier prix de 1,500 francs à MM. Fiai, Petit-Didier et Ivoirin.
- M. Barny, pharmacien à Limoges , a envoyé, cette année, en temps convenable , un certificat des autorités locales , qui constate qu’il a semé de la graine de pins du Nord et de pins de Corse, au milieu de pins d’Ecosse, sur une montagne de la commune de Saint-Silvestre, département de la Haute-Vienne ; mais il se contente d’évaluer le nombre des arbres que lui fourniront ces semis lorsqu’ils seront transplantés, comme il se le propose.
- Le programme exigeant des semis, et les transplantations étant toujours d’une réussite incertaine, d’une résistance moindre contre les vents et plus coûteux , le Comité d’agriculture croit ne devoir proposer au Conseil, et ce dernier à l’assemblée , qu’une mention honorable en faveur de M. Barny.
- Quant aux pins d’Ecosse dont parle ce pharmacien, ils ont été plantés avant la publication du programme : ainsi ils ne peuvent entrer au concours.
- M. de Lorgeril, correspondant du Conseil d’agriculture et maire de la ville de Rennes , a fait constater qu’il a semé, dans les communes de Plester et de Pleugueneuc, 2 hectares en pin maritime , en pin laricio et en pin du Nord ; mais il résulte du procès-verbal et des échantillons remis au Comité d’agriculture , que le semis est de l’année dernière; ce qui le place dans le même cas où était, à la même époque , celui de Saint-Dié : il est donc de toute justice de lui appliquer la même mesure. En conséquence , le Conseil propose à l’assemblée d’ajourner a un an, après l’examen de nouvelles pièces, toute décision à l’égard de ce concurrent.
- A cette occasion , le Comité d’agriculture a fait observer au Conseil que le programme n’a entendu encourager que les semis des trois pins précités, et que celui de Bordeaux, bien moins intéressant sous les rapports économiques, poussant plus rapidement qu’eux, peut nuire à leur croissance.
- Il n’y a pas de doute que l’exemple du succès de ces trois concurrens encouragera d’autres propriétaires à les imiter. Le Conseil, d’après l’avis du Comité d’agriculture, croit donc devoir proposer à l’assemblée de décider qu’il sera offert deux nouveaux prix pour les mêmes sujets, l’un de 1,000 fr. et l’autre de 500 francs , à décerner en 1824 , en ajoutant au programme qu’aucun autre arbre ne sera semé avec les trois espèces de pins désignées, mais seulement des arbustes propres à les protéger dans leur jeunesse contre la sécheresse.
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- L’assemblée a adopté les conclusions de ce rapport. En conséquence M. le président a proclamé MM. Petit - Didier, négociant, Voirin , arpenteur forestier, et Pial, garde général, vérificateur des bois de construction, tous demeurant à Saint-Dié , département des Vosges , comme ayant remporté le prix de 1,500 francs pour un semis de pins du Nord ou de pins de Corse , connus sous le nom delaricio; et M. Bamj, pharmacien à Limoges, département de la Haute-Vienne , comme ayant mérité d’ètre mentionné honorablement pour ses semis des mêmes espèces d’arbres.
- La séance a été terminée par la lecture des programmes de quatre nouveaux sujets de prix à mettre au concours, savoir:
- 1°. Un prix de 1,000 francs, à décerner en 1823, pour un moyen de procurer aux aveugles indigens le travail le plus utile pour eux et le plus approprié à leur situation;
- 2°. Un prix de 2,000 francs pour le perfectionnement de la fabrication des cordes à boyaux destinées aux instrumens de musique ;
- 3°. Un prix de 6,000 francs pour le perfectionnement des fonderies de fer;
- 4°. Un prix de 6,000 francs pour le perfectionnement du moulage des pièces de fonte destinées à un travail ultérieur.
- Ces trois derniers prix seront distribués en 1824.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD ( née YALLAT LA CHAPELLE ), rue de l’Éperon-Saint-André-des-Arcs, n°.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. ( N°. CCXXI. ) NOVEMBRE 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR LINDUSTRIE NATIONALE
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description d’une machine h calculer nommée Arithmomètre? de Vinvention de M. le chevalier Thomas , de Colmar; pat M. Hoyau.
- C’est en cherchant à remplacer l’adresse ou l’intelligence par des procédés mécaniques que l’on est parvenu à perfectionner les arts utiles, à augmen-ter la quantité des produits, à en diminuer le prix, et à répandre sur toutes les classes de la société les bienfaits de l’industrie ; mais si quelques opérations manuelles ont été suppléées avec succès par des mécanismes ingénieux , il semble bien difficile de substituer à des raisonnemens fondés sur des théorèmes scientifiques des moyens purement mécaniques, et d’en obtenir les conséquences.
- Cependant, de toutes les sciences créées par l’intelligence humaine , les mathématiques sont celles qui offraient le plus de chances de succès, puisque c’est du calcul que l’on déduit les combinaisons mécaniques, et que, par un juste retour , ces combinaisons devaient offrir les résultats du calcul : aussi les philosophes de tous les âges se sont-ils exercés à rendre plus facile l’application des mathématiques aux usages de la vie , soit en simplifiant les raisonnemens de la science, soit en les remplaçant par des opérations manuelles qui soulageaient l’intelligence ou tout au moins la mémoire. Ainsi les Orientaux calculaient avec des grains enfilés sur des broches parallèles ; les Romains employaient des jetons ;fenfin, pour plus de simplicité , on a fait usage des doigts, et toutes ces méthodes apportaient plus ou moins de facilité dans les opéra-Vingt-unième année. Novembre 1822. Aaa
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- tions ; mais de tous les modes abréviateurs le plus puissant et le plus fécond est, sans contredit, celui qui est dû à l’invention des logarithmes. Par leur usage, on ramène les opérations d’un ordre supérieur à celles dont les résultats sont les plus faciles à trouver ; et des calculs pénibles , longs et sujets à des erreurs fréquentes, par la fatigue qu’ils font éprouver, ont été remplacés par des raisonnemens si simples , que les erreurs deviennent presque impossibles , si l’on y porte la plus légère attention; enfin la réduction des logarithmes en lignes a donné naissance à des instrumens portatifs d’une simplicité admirable et d’un emploi tellement facile, que l’on doit justement s’étonner de ne pas voir répandre avec plus de rapidité, en France, l’usage des règles ou des cercles logarithmiques (1), tandis que, dans toute l’Angleterre, il n’est peut-être pas un seul constructeur auquel cet instrument ne soit familier.
- Mais tous ces moyens exigent encore des connaissances scientifiques ou ne donnent que le résultat de certaines opérations : ainsi la règle logarithmique ne peut servir ni pour l’addition ni pour la soustraction.
- Enfin Pascal essaya de remplacer par des moyens purement mécaniques les différentes opérations de l’arithmétique ; mais la machine qu’il composa était extrêmement compliquée, et laissait encore à désirer pour quelques opérations plus de simplicité et plus de promptitude.
- Si l’on pouvait assigner des bornes à nos facultés intellectuelles, il semblerait que tant de moyens déjà découverts pour arrivera calculer mécaniquement ont épuisé les recherches en ce genre, et qu’il ne reste plus rien à faire après les savans célèbres de tous les pays, qui se sont occupés de cet objet.
- Cependant M. le chevalier Thomas, de Colmar, est parvenu à vaincre toutes les difficultés , et à composer une machine qu’il a présentée à la Société d’Encouragement au mois de février dernier (2), et au moyen de laquelle on peut faire les quatre opérations de l’arithmétique : c’est de cette ingénieuse découverte que nous allons nous occuper.
- Avant d’entrer dans le détail du mécanisme, nous rappellerons quelques principes mathématiques sur lesquels sa construction est fondée :
- 1 °. La multiplication est une addition abrégée d’une quantité avec elle-même ;
- (J) Yoyezla description de ces règles, Bulletin de la Société, TV. CXXXl'V, quatorzième année, page 179.
- (2) Voyez le rapport de M. Francœur sur cette machine, Bulletin de février i S22, page 33.
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- 2°. La division est une soustraction abrégée qui a pour objet de faire connaître combien de fois une quantité est contenue dans une autre.
- L’arithmomètre ou machine à calculer, de M. Thomas, se compose de deux platines A, B,fg. 1, PI. 232, tenues à distance par quatre piliers C, et recevant les pivots d’un certain nombre de roues et de tambours ou cylindres, qui forment le mécanisme.
- Le premier cylindre D porte neuf encoches disposées en hélice autour de sa circonférence, et s’élevant par étage suivant sa longueur ; elles présentent à-peu-près l’aspect d’un escalier à marches très-courtes, tournant autour d’une colonne. L’une des extrémités de ce cylindre porte un barillet E contenant un grand ressort qui tend constamment à le faire tourner dans le sens marqué par la flèche. Le second cylindre F roule librement sur son axe; il porte à l’un de ses bouts un pignon G, de vingt-sept dents, qui fait corps avec lui, et à l’autre^ une roue à rocbet H, que l’on voit en plan et détachée, fig. 9 : son axe I reçoit une roue K de cinquante-quatre dents. C’est cette dernière roue qui donne le mouvement au mécanisme ; elle porte une cheville r'_, fig. 4, qui sert à arrêter sa marche. Le cylindre F communique son mouvement au cylindre D à l’aide du pignon G, qui engrène avec la roue L. Cette roue de quatre-vingt-une dents, n’estj autre chose qu’une roue de renvoi, dont l’axe reçoit un pignon M, de vingt-sept dents, qui engrène avec la roue N, de quatre-vingt-une dents, montée sur l’axe du premier cylindre D. Au-dessus du cylindre F est disposé un axe O, carré sur toute sa longueur ; il porte à l’un de ses bouts un bras de levier fixe P, que nous nommerons butoir df arrêt. Sur ce même axe coule une bague Q, dans laquelle on a pratiqué une gorge semblable à celle d’une poulie; cette bague est munie d’un bras de levier R, dont l’extrémité s’avance jusqu’au fond des encoches du cylindre D, c’est-à-dire que ce levier touche presque le cylindre intérieur S de la pièce D. La gorge de la bague Q reçoit une fourchette T destinée à la transporter à différentes distances. Vers l’angle à gauche de la fig. 4, on aperçoit un petit butoir U contre lequel vient s’appuyer la cheville V, implantée sur la roue N. L’objet de ce butoir est de retenir le cylindre D et de borner Faction du ressort renfermé dans le barillet E. Sans cet arrêt, le ressort se débanderait totalement, et les diverses pièces ne se replaceraient pas dans la position convenable. Le bec du butoir U est à charnière, afin de laisser passer la cheville V, lorsqu’on veut tendre le ressort en montant la machine.
- Toute la partie du mécanisme que nous venons de décrire est en quelque sorte indépendante de celle qui sert au calcul ; elle lui donne le mouvement
- A a a 2
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- et règle le nombre de tours nécessaire du cylindre F, pour effectuer l’opération qu’on désire.
- Le reste du mécanisme est composé de trois systèmes entièrement semblables entre eux, et pourrait l’être dans un plus grand nombre si on le désirait. Chacun de ces systèmes représente un rang de chiffres, en sorte qu’avec la machine figurée, PL 232, on ne peut obtenir que les résultats dans lesquels les facteurs n’ont que trois chiffres. Il nous suffira donc de décrire un de ces systèmes pour avoir fait connaître tous les autres.
- La principale pièce est un cylindre X cannelé sur la moitié de sa circonférence , de manière à former dix-sept dents triangulaires. On le voit en plan et en élévation fig. 7 et 8. La plus longue dent, qui est seule, s’étend d’un bout à l’autre du cylindre ; les autres sont coupées deux à deux , à des longueurs qui forment un neuvième, deux neuvièmes, trois neuvièmes, etc., de la longueur du cylindre. A l’extrémité de l’axe du cylindre est fixée une roue W de même nombre de dents que la roue K et recevant son mouvement de celle-ci par l’intermédiaire de la roue Y, ayant aussi cinquante-quatre dents. A l’autre extrémité du cylindre X sont deux petits bras de levier, dont l’un Z se termine en pointe, et l’autre a offre à son extrémité un petit plan incliné. A droite et au-dessus du cylindre, on aperçoit un arbre carré b, portant trois roues dentées dont deux sont mobiles : l’une c est percée d’un trou à travers lequel passe l’arbre ; elle fait corps avec une petite poulie d qui reçoit une fourchette e ,fig. 4, servant à la transporter au point convenable du cylindre; l’autre roue/, de même construction que la première, n’a qu’un très-léger mouvement, par l’action des leviers Z et a fixés sur l’axe du cylindre X : la troisième est une roue conique j, de vingt dents , fixée et immobile à l’extrémité de l’axe b. Auprès de cet axe est placé un autre arbre rond g, dont le bout h traverse la platine supérieure : ce bout est retenu à fleur de la platine par un cliquet /'qui s’oppose à l’effort du ressort a boudin i, lequel tend à faire sortir le bout de cet axe au-dessus de la platine, jusqu’à ce qu’il s’appuie sur la portée A. L’arbre g est muni d’une fourchette L qui entre dans la gorge de la poulie de la roue f cl d’un bras m , portant à son extrémité un plan incliné.
- Les trois systèmes semblables à celui que nous venons de décrire communiquent entre eux au moyen des roues intermédiaires n, tournant sur des vis fixées à la platine inférieure.
- La première roue intermédiaire Y, qui transmet le mouvement du cylindre F au premier cylindre X, au lieu d’être montée, comme les roues n, sur une vis qui leur sert d'axe, est fixée sur un arbre p qui traverse la platine supérieure ; l’extrémité de eet arbre qui s’élève au-dessus de la platine est
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- munie d une roue q, de quarante-cinq dents, engrenant dans un pignon q de quinze dents, monté sur un volant en plomb r : ce volant est fixé sur un axe dont un des pivots roule dans un trou percé à travers la platine, et l’autre dans un trou pratiqué à l’extrémité d’un coq s : cette partie n’est pas absolument nécessaire , n’ayant d’autre objet que de régulariser l’effort à faire pour produire le mouvement.
- Le mécanisme que l’on voit, Jig. 1, est recouvert d’une platine t, Jig. 6, à travers laquelle passent les queues des fourchettes e et celle de la fourchette T ; elles portent chacune un bouton u, à l’aide duquel on les fait glisser dans les entailles longitudinales v: un petit index a> marque le chiffre auquel on veut faire correspondre la position de la fourchette. Le bouton à gauche ,Jig. 6, fait mouvoir la fourchette T, Jig. 4 , qui tient à la première partie de la machine. On aperçoit auprès de l’entaille de ce bouton un autre petit bouton immobile æ , qui est réuni à un petit bras de levier faisant corps avec le butoir d’arrêt P,fig. 4; il est comprimé par un ressort y qui écarte le butoir de la position où il fait arrêt. L’auteur nomme cette partie le régulateur, parce qu’il sert à fixer la première partie de la machine à la position convenable pour opérer.
- Une troisième partie de la machine consiste dans un système de cadrans r-, Jig. i et 2. La platine sur laquelle ils sont montés est représentée vue par-dessous , Jig. 1. Chaque cadran porte une roue d’angle a' , de quarante dents, qui reçoit son mouvement de l’une des roues d’angle j ; sur ces roues a sont fixés de petits plans inclinés b’, dont nous indiquerons l’usage. Les ressorts c que l’on aperçoit, fîg. 1 , sont destinés à établir contre la circonférence des cadrans un frottement qui les empêche de passer le point où ils doivent s’arrêter. Ces cadrans, dont l’un est dessiné séparément, Jig. 10, sont divisés sur deux cercles concentriques qui portent chacun les dix chiffres sur chaque demi-circonférence : ceux du cercle extérieur sont distingués des autres par une couleur différente. Les premiers , qui vont en croissant de gauche à droite, se voient à travers les petites lunettes df, fig. 6 : les seconds , qui sont disposés en sens contraire , sont aperçus à travers les ouvertures é : une petite bande à coulisse , fixée sous la platine qu’on fait mouvoir au moyen de l’onglet t', est percée de trous qui répondent à volonté aux lunettes ci' ou é, de manière que , quand les. trous d’ sont fermés, les autres sont ouverts et vice verset. Les cadrans r portent à leur centre des boutons/' à l'aide desquels on peut les faire tourner avec les doigts ; enfin , la platine g' tourne autour d’une tringle h , Jig. 1 , portée par trois supports i' : cette tringle passe dans des trous pratiqués aux extrémités des deux bras A qui tiennent à la platine A ; ce qui
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- forme une espèce de charnière autour de laquelle tout le système peut tourner, et même se transporter dans le sens de sa longueur.
- La platine représentée , fg. 2 , est celle qui porte le volant et les cliquets d’arrêt des axes g : ces cliquets V sont pressés contre les roues des cadrans par des ressorts iri j les deux cliquets ri ri ne sont que deux ressorts qui servent à arrêter les cadrans à la position de zéro.
- Le cylindre F est entouré d’un ruban de soie o’ qui fait dix tours au moins sur ce cylindre : ce ruban passe à travers un petit tuyau p' fixé sur un des piliers d’écartement des platines ; par cette disposition il est dirigé sur le milieu du cylindre destiné à le recevoir. L’un de ses bouts est attaché à un point sur le cylindre, l’autre porte un petit bouton sr, à l’aide duquel on peut le tirer pour faire tourner le cylindre et donner le mouvement au mécanisme.
- Telle est la machine inventée par M. le chevalier Thomas ; elle parait fort compliquée, parce qu’il entre dans sa composition un assez grand nombre de pièces ; mais elle est réellement très-simple, car les mêmes pièces v sont répétées plusieurs fois, ce qui était inévitable, comme nous allons le voir bientôt : l’inventeur se propose de la simplifier encore.
- Il nous reste maintenant à faire connaître le jeu et les effets de la machine, et c’est par les détails dans lesquels nous allons entrer qu’on pourra juger des difficultés que M. Thomas a rencontrées, et des moyens ingénieux à l’aide desquels il a su les vaincre.
- La machine, par sa disposition, imite parfaitement les opérations de l’arithmétique , et ses mouvemens semblent peindre tous les raisonnemens qu’il faut faire pour arriver au résultat.
- Les cadrans peuvent devenir tout-à-fait indépendans du mécanisme, et pour cela il suffit de transporter les boutons u jusqu’au point où l’index w indique zéro : alors les roues c n’engrènent plus avec aucune partie des cylindres X, et ces cylindres se meuventsans qu’il en résulte aucun changement. Si en même temps l’index du bouton u à gauche, fg. 6, est au point marqué \ , on pourra tirer le cordon, qui fera faire un tour au cylindre F, et amènera la cheville r', fig. 4 , au point de buter contre la pièce P, que nous avons nommée butoir ri arrêt. Le cylindre F ne pourra en effet développer qu’un tour; cardans cette position le bras de levier R , qui tient a la boite coulante Q _, sera pressé par la première encoche du cylindre D, et faisant culbuter la pièce P, arrêtera la roue K du cylindre F : alors le ressort du barillet E ramènera toutes les pièces, et la machine sera disposée pour le calcul.
- Afin de faire comprendre plus facilement le jeu du mécanisme ,
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- allons indiquer les mouvemens qu’il prend pour effectuer les quatre opérations de l’arithmétique.
- Supposons qu’on veuille ajouter A à 2, tous les boutons u marquant zéro et la coulisse découvrant les ouvertures d', on fera tourner le premier ca dran à droite, jusqu’à ce qu’il montre par l’ouverture d’ le chiffre 2 ; on transportera ensuite l’index du premier bouton u à droite, jusqu’au trait marqué 4; alors la roue c à droite, 1 , se trouvera transportée au point du premier cylindre X, à droite , qui répond à la quatrième portion cannelée , c’est-à-dire au point où ce cylindre, en tournant, fait passer huit dents de la roue c , celle-ci portant vingt dents ; si on tire le cordon o', le cylindre fera un tour et la roue fera quatre dixièmes de tour : comme elle est montée sur l’axe b de la première roue j, cette roue fera aussi quatre dixièmes de tour. La roue / engrène avec celle a', qui est montée sur le premier cadran ; et comme cette dernière porte un nombre de dents double de la roue /, quarante dents , elle fera quatre dixièmes d’un demi-tour, ce qui aura fait passer quatre chiffres du cadran : il marquait 2, il indiquera donc quatre unités de plus, ou 6.
- Si maintenant on voulait ajouter 7 à 6 , le premier cadran marquant 6, on transportera le premier index u au point marqué 7, et il répondra à la partie du cylindre X, dont le nombre des cannelures fait faire sept divisions au cadran. Si on tire le cordon o', le cylindre fera un tour, et le cadran aura tourné de sept divisions et marquera 3; mais au moment où le zéro a passé devant la lunette , le petit plan incliné b1 du premier cadran a poussé le premier cliquet V; alors le bout du premier petit arbre g, pressé par le ressort à boudin i, s’échappe, n’étant plus retenu par le cliquet, et la première roue f est soulevée de manière à se trouver dans le même plan que le petit bras Z du deuxième cylindre ; celui-ci faisant un tour , le bras Z rencontrera la romif et la fera marcher de deux dents, c’est-à-dire d’une division du second cadran : ainsi ce cadran qui marquait zéro marquera 1 ; ce qui, avec 3 du premier cadran , donnera 13, somme de 7 et 6.
- Ce dernier exemple, extrêmement simple, fait connaître le moyen employé pour marquer les retenues ; ce que nous allons dire ne sera plus qu’une conséquence de ce qui précède.
- Supposons que tous les cadrans marquent zéro, que l’index à gauche, que nous nommerons multiplicateur (ainsi que l’indique le mot écrit prés de la coulisse ), soit à 1, et que l’on écrive le nombre 237 sur les trois coulisses à droite, c’est-à-dire 7 sur la première, 3 sur la seconde, et 2 sur la troisième , ainsi que l’indiquent les mots unités dizaines, centaines , écrits près de chacune de ces coulisses : si l’on tire le cordon jusqu’à ce qu’on le
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- sente retenu par le butoir d’arrêt P, le nombre se trouvera écrit sur les trois premiers cadrans à gauche ; si maintenant on change le nombre et qu’on écrive 394 sur les trois coulisses, en tirant le cordon, ce nombre sera ajouté à Fautre, et on lira à travers les lunettes d,' le produit, qui est 631. En effet, les unités en s’ajoutant auront fait faire une unité de plus que le demi-tour du cadran , le cliquet aura laissé échapper le petit arbre qui porte la fourchette l, la roue/1 sera élevée jusqu’au niveau du bras Z du second cylindre X, et celui-ci, dans son mouvement, lui aura fait faire une division de plus. Ce second cadran, considéré comme le premier, avait tourné en même temps et marqué neuf unités de plus que les trois dizaines qu’il offrait d’abord, en sorte qu’il a fait plus d’un demi-tour, et par conséquent il a agi sur la roue du cylindre suivant, de manière à lui faire marquer une unité de retenue ; enfin le troisième cadran a marché de 3 imités , qui, avec 2 qu’il marquait déjà, ont fait 5, et de plus il a marché d’une division pour indiquer la retenue faite sur les deux chiffres précédens.
- Si l’on fait attention à la manière dont les cylindres X sont cannelés, on verra que la moitié seulement de leur circonférence porte les cannelures, en sorte que les roues avec lesquelles ils engrènent restent en repos pendant toute une demi-circonférence du mouvement ; c’est précisément pendant ce temps que les retenues se marquent, et avant que la seconde demi-circonférence soit totalement achevée, le plan incliné a, qui est monté sur le cv-ündre, a replacé le petit arbre g dans sa position ordinaire , c’est-à-dire qu’il a fait descendre son extrémité h au-dessous du cliquet ï, qui, pressé nar le ressort m, a passé sur le bout de cet arbre g , et a replacé la ou les roues f, dans la position où les bras Z ne peuvent pas les rencontrer.
- Maintenant la multiplication ne sera pas difficile à comprendre : en efïet, si l’on suppose que l’on ait 25 à multiplier par 6, on placera les cadrans à zéro , on écrira 25, en plaçant l’index u aux chiffres 2 et 5 des dizaines et des unités sur les coulisses o y on transportera l’index w du multiplicateur au chiffre 6 : alors si on tire le cordon, le cylindre F fera six tours, parce que le petit bras R répondra à la sixième encoche du cylindre D, en sorte que ce bras ne sera soulevé qu’après le sixième tour, et le butoir P ne s’opposera au mouvement de la roue K qu’à la fin de ce sixième tour. Or, nous venons de voir qu’un tour marquerait sur les cadrans le nombre qu’on avait écrit sur les coulisses, et qu’un nouveau tour ajouterait ce nombre à celui déjà marqué : ainsi, au second tour, on aura deux fois le nombre 25, au troisième trois fois le nombre 25, et enfin, au sixième, six fois ce nombre ou 150.
- Soit à multiplier 643 par 237 ; on écrit 643 sur les trois coulisses , les cadrans marquant zéro ; on place le multiplicateur à 7, on tire le cordon ,
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- et le premier produit partiel, 643 X?= 4501, est écrit sur les cadrans : alors on soulève la platine g' et on désengrène les roues des cadrans d’avec celles / du mécanisme ; on fait glisser cette platine à droite jusqu’à ce qu’une petite pièce placée sous la platine tombe dans une encoche, qui l’arrête. Par cette situation , le premier cadran à droite cesse d’être en communication avec le mécanisme, et le second cadran engrène avec la roue des unités (1) : alors toutes les dizaines fournies par le premier produit partiel restent écrites sur les cadrans. Si maintenant on remarque que le second produit partiel fourni par le chiffre des dizaines du multiplicateur ne peut donner que des dizaines, on verra que si l’on place l’index w multiplicateur au chiffre 3 , et qu’on tire le cordon, l’on obtiendra non-seulement le second produit partiel de 643 X 3 — 1929, mais encore la somme de ce produit et des dizaines fournies par le produit obtenu de la multiplication par les unités , c’est-à-dire 23,791. Il est facile de voir que pour obtenir le produit par les centaines , il faut encore transporter la platine g' des cadrans d’une division à droite : alors les deux premiers cadrans deviendront indépendans du mécanisme, et le cadran des centaines répondra aux unités du multiplicande; mettant enfin l’index multiplicateur au chiffre 2 et tirant le cordon , le produit entier, 152,391 , sera écrit sur les cadrans.
- Dans la machine que le dessin représente, on ne peut employer qu’un multiplicateur de trois chiffres; mais si on voulait avoir un produit plus élevé, on pourrait l’obtenir d’une machine qui serait formée d’un plus grand nombre de cadrans : M. Thomas se propose d’en construire, au moyen desquelles on amènera des produits de facteurs composés de cinq chiffres et même davantage.
- 11 nous reste à faire connaître la manière d’opérer la soustraction et la division : rien n’est plus simple que le moyen imaginé par l’auteur ; il consiste à diviser les cadrans sur un cercle concentrique, en faisant croître les nombres en sens inverse des autres : par cette disposition, la marche du cadran, au lieu d’ajouter aux nombres qu’il présente autant d’unités qu’il a parcouru de divisions, retranche ce nombre d’unités , et le cadran marque cette différence.
- Si l’on veut retrancher 4 de 6 , on tirera d’abord la coulisse t' et on découvrira les ouvertures é en même temps qu’on fermera celles d': alors la partie du cadran divisée en sens inverse se montrera à travers ces ouvertures. Tous les index w étant à zéro et le multiplicateur à 1 , on fera paraître le chif-
- (i) Ce mouvement imite ce qu’on fait dans l’opération ordinaire, quand on recule le produit d’un rang à gauche.
- Fingt-unième année. Novembre 1822.
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- fre 6 du premier cadran, on transportera l’index w à droite du chiffre4, on tirera le cordon, et on verra paraître 2 sur ce premier cadran : cet effet semblera tout naturel, si Ton considère que la première roue mobile c' a été transportée au point du cylindre X , qui fait faire quatre divisions au cadran, et que les divisions de ce cadran décroissent en sens inverse de la direction de son mouvement, d’où, il résulte que ce cadran marquera 4 unités de moins.
- Il sera facile de conclure que, par analogie, si les deux nombres de l’opération ont plusieurs chiffres , il suffira d’écrire le plus grand nombre sur les cadrans, et le plus petit sur les coulisses w, et en tirant le cordon les centaines seront retranchées des centaines , les dizaines des dizaines, les unités des unités. Quant aux retenues de l’opération, elles se feront précisément comme pour l’addition ; mais le cadran*.au lieu de marquer une dizaine ou une centaine de plus , offrira une dizaine ou une centaine de moins,
- A V égard de la division, elle .'se fera d’une manière inverse de la multiplication : soit à diviser 43,627 par 329, on écrira le nombre 43,627 sur les cadrans et le diviseur 329 sur les coulisses ; on transportera la première partie, 436 , du dividende ou le premier dividende partiel au-dessus de 329 , en plaçant la platine des cadrans de manière que les deux premiers cadrans soient à droite en dehors de la machine : alors on aura disposé l’opération eomme si l’on voulait retrancher 329 et 436. L’index multiplicateur marquant 1 , on tirera le cordon , et on trouvera la différence 1 07 écrite sur les cadrans : si ce reste contenait encore le diviseur, on tirerait le cordon autant de fois qu’il serait nécessaire pour que le reste fût moindre que 329 , et ce nombre de fois serait le nombre d’unités du premier chiffre à gauche du quotient. Le nombre restant sera donc 10,727 : alors on transportera la platine g' des cadrans à une division plus a gauche, et le chiffre 2 du dividende correspondra au chiffre 9 du diviseur. Si maintenant on laisse le multiplicateur à l’unité, il faudra tirer le cordon autant de fois que 329 est contenu dans 1072; mais au premier coup d’œil on voit facilement qu’il y est trois fois : en conséquence , au lieu de tirer trois fois le cordon, on placera le multiplicateur au chiffre 3, et tirant le cordon, le cylindre fera trois tours : ce qui formera le produit de 329 par 3, et en même temps le retranchera de 1072 : si le reste était encore plus grand que 329, on placerait le multiplicateur à l’unité , on tirerait autant de fois qu’il serait nécessaire pour que le reste fût plus petit que 329, et l’on ajouterait à 3 autant d’unités qu’on a tiré de fois le cordon ; mais dans l’exemple que nous avons pris on trouve que le reste obtenu est plus petit que 329 , ainsi la première opéra-
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- lion a suffi : on a donc les chiffres 4 et 3 du quotient ; enfin, plaçant le premier cadran vis-à-vis les unités du diviseur, et opérant comme précédemment, on obtiendra le chiffre des unités et du quotient.
- Il est facile de conclure de ce qui précède que tous les problèmes d’arithmétique peuvent être résolus au moyen de la machine, et que, dans les calculs compliqués , elle doit apporter une rigoureuse exactitude et unogrande célérité.
- L’invention de M. le chevalier Thomas nous paraît devoir être rangée au nombre dè ces découvertes qui font honneur à ceux qui les conçoivent, et sont glorieuses pour l’époque qui les produit.
- Rapport fait par M. Franeceur, au nom du Comité des arts
- mécaniques, sur une nouvelle voiture construite par M. Leclerq,
- carrossier, rue cl’Anjou-Saint-Honoré y n°. Go.
- Messieurs, vous avez chargé le Comité des arts mécaniques de vous rendre compte de divefs perfectionnemens apportés dans l’art du carrossier par As. Leclerq ; sa voiture est maintenant sous les yeux de la Société, qui pourra y reconnaître les changemens apportés dans l’exécution, et les avantages qu’on en doit attendre. Ces changemens portent sur trois parties que nous décrirons successivement.
- La première consiste en un tablier de cuir qui recouvre le devant, est fixé à charnière et matelassé en dedans ; ce tablier peut se relever et s’abaisser, et ferme à volonté la voiture pour deux ou quatre personnes. Dans ce dernier cas, il se joint à la capote par des tringles solides, et compose le pavillon, qui recouvre la voiture et la transforme en une sorte de berline fermée de rideaux. Lorsque la voiture ne doit contenir que deux personnes, les coussins se joignent par des sangles, de manière à imiter un matelas sur lequel on peut s’étendre et dormir. Ces diverses dispositions se font très-prompte-ment et sans arrêter la voiture. L’auteur donne à ces espèces de couchettes le nom de bergerettes : elles sont destinées surtout aux calèches de voyage. Un coffre ouvert, placé en arrière de la caisse, peut recevoir un ou deux domestiques; un autre, à l’avant, sert au cocher : des tabliers en cuir ferment ses coffres et leurs sièges , pour abriter en grande partie les personnes qui s’y placent. Ces dernières dispositions sont consacrées par la mode et l’utilité.
- Le second changement que M. Leclerq a apporté à la construction est relatif aux boîtes qui garnissent les moyeux des roues. Il ne se contente pas d’v fixer la boîte de cuivre jaune, dans laquelle entre l’essieu, et d’arrêter
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- celui-ci par un écrou vissé à son extrémité. Il fait remarquer que le frottement ne tarde guère à relâcher les parties qui se pressent, et à permettre un jeu dont le moindre inconvénient est de rendre le mouvement très-bruyant; la trépidation détériore en outre de plus en plus la boîte et relâche l’écrou.
- Après avoir fixé à l’ordinaire la boîte de cuivre au centre du moyeu , M. Leclerq garnit les deux bouts de fortes rondelles de cuivre coupées en polygone et maintenues verticalement par le bois du moyeu , qui les reçoit dans des entailles de même forme , de manière à tourner en même temps que la roue. Ces rondelles sont percées d’un trou pour donner passage à l’essieu ; l’une s’appuie contre l’épaulement de l’essieu , qu’elle reçoit dans un creux de même diamètre, et sur lequel elle glisse en tournant; l’autre s’appuie contre le chapeau de l’écrou : en sorte qu’on doit se représenter ces deux rondelles comme mobiles avec la roue, quoique indépendantes et d’elle et de l’essieu. Plusieurs plaques de carton sont interposées entre ces rondelles et la boîte de cuivre : ces plaques sont circulaires, taillées de grandeur convenable , percées au centre pour laisser passer l’essieu , et se logent dans un trou d’un pouce de profondeur , ménagé au bois du moyeu vers chacun des bouts de la boite. Elles ont pour objet de remplir complètement rintervalle qui existe entre ces bouts et les rondelles , et de former une sorte de coussin élastique , qui presse constamment les rondelles contre l’épaulement et le chapeau , lesquels servent d’embase aux deux bouts de la boîte. Par cette pression continuelle , il n’y a pas de jeu entre les pièces; ia trépidation et le bruit n’existent plus. Ces cartons s’abreuvent de graisse ou d’huile et maintiennent les parties dans l’état de frottement doux qu’on veut obtenir ; elles s’usent peu , et il est très-facile de les remplacer par d’autres lorsqu’on en remarque le besoin. On a un exemple d’un semblable procédé dans les presses d’imprimerie , où des cartons sont employés pour adoucir et régler la pression , à raison de leur élasticité. Au reste , on pourrait peut-être les remplacer avec avantage par des ressorts d’acier maintenus entre des rondelles de cuir, qui retiendraient la graisse comme le ferait le carton.
- Le moyeu est percé d’un trou dans lequel on fait couler l’huile qui sert à graisser l’essieu; ce trou est creusé en entonnoir, et une vis le bouche ou l’ouvre à volonté.
- La troisième modification que nous avons remarquée nous semble d’une bien plus haute importance ; car elle a pour objet de rendre le versement de la voiture très-difficile.
- Lorsqu’une voiture est lancée sur un sol horizontal, dont la surface ne
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- présente aucune inégalité, elle ne peut verser, parce que les oscillations de l’arrière à l’avant s’y opposent; mais, s’il se rencontre sous l’une des roues un plan incliné qui l’élève graduellement, la caisse non-seulement penche du côté opposé, mais il suit de l’action latérale imprimée par cet obtacle, qu’elle prend un mouvement d’oscillation à droite et à gauche ; c’est une sorte de pendule qui se balance sur les ressorts; et si cette action latérale porte le centre de gravité de la caisse au-delà de certaines limites angulaires, il se trouve amené en dehors des points où les roues posent sur le sol, et la voiture verse. Si l’obstacle que présente le sol cause un choc brusque, l’oscillation est encore plus forte , surtout si la vitesse est grande , et le même effet a lieu à plus forte raison.
- Dans tous les carrosses dont les quatre roues forment un système solide , l’une des roues ne peut être élevée au-dessus du sol sans que celle qui est du même côté ne le soit aussi, en sorte que la cause qui agit pour opérer le versement est accrue par cette disposition. C’est un inconvénient qui n’existe pas dans la construction de la voiture à flèche mouvante de M. Le-clerq. L’avant-train est retenu aux roues de derrière par une flèche, forte pièce de bois qui s’étend en long sous la caisse jusqu’à l’essieu. Cette flèche entre dans une autre pièce de bois percée d’un trou de calibre convenable pour la recevoir; cette dernière est fixée à l’arrière-train et sur l’essieu même, en sorte que la flèche y entre dans toute la longueur et la dépasse à l’arrière , où elle est retenue à l’essieu par un écrou solide qui l’arrête fortement.
- Il résulte de cette disposition qu’on peut incliner latéralement l’essieu de derrière sans pour cela incliner celui de devant, parce que la flèche prend une sorte de torsion qui la rend indépendante de cet essieu. Si l’avant-train, par exemple , roule sur un sol inégal où il rencontre un obstacle qui lui donne une situation inclinée de droite à gauche, la rotation de la flèche laisse l’essieu de derrière horizontal. Bientôt après, le même obstacle inclinera cet essieu , mais l'axe des roues de l’avant-train sera rendu à l’horizontalité. Ce n’est que lorsqu’il se rencontre à la fois des obstacles sous les deux roues d’un même côté, que la caisse se trouve penchée fortement, et on voit que les chances de versement sont beaucoup diminuées par cette disposition. Dans le cas même où l’une des roues de l’avant-train viendrait à se rompre , la voiture ne verserait pas probablement pour cela. Cet ingénieux mode d’assemblage a été imaginé par M. Haueiz , l’un des associés de M. Leclefcj, qui a pris un brevet d’importation pour cet objet.
- Nous ne dirons rien ici de l’avant-train à essieu mouvant, de l’invention de M. Lankensperger, et pour lequel M. Akermami a pris un brevet d’importation , attendu que la construction de cet essieu a été figurée, et que les
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- avantages de cette disposition ont été exposés dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, année 1819, page 141 : il est donc inutile de revenir sur-ce sujet.
- D’après les considérations que nous avons développées ci-dessus, les membres du Comité des arts mécaniques vous proposent d’accorder votre approbation aux modifications avantageuses qu’on remarque dans la voiture que M. Leclerq vous présente, et d’insérer le présent rapport au Bulletin, avec les figures propres à faire concevoir le mécanisme de la flèche mouvante , celui de la nouvelle boîte à pression , et l’assemblage du tablier de la calèche (1).
- Adopté en séance, le 27 novembre 1822.
- Signé Frakcoeür , rapporteur.
- Rapport fait par M. Francœur , au nom du Comité des arts mécaniques, sur un microscope a calquer de M. Vincent Chevalier aîné, opticien, quaide V Horloge, n°. 69, à Paris.
- Cet instrument a pour objet de reporter l’image amplifiée d’un corpuscule sur une glace dépolie, afin de pouvoir la dessiner commodément sans que bœil éprouve aucune fatigue.
- Deux lentilles plan-convexes , dont les convexités se regardent, reçoivent les rayons lumineux qui émanent de toutes les parties de l’objet , qu’un réflecteur éclaire convenablement, et qui est placé juste à leur foyer. Ces rayons sont reçus par un prisme de glace. La base de ce prisme est un triangle rectangle isocèle; c’est sur une des faces de l’angle droit que les rayons sont reçus : ils traversent le verre et vont se réfléchir sur la face hypo-thénuse, pour ressortir par l’autre face de l’angle droit sous une direction perpendiculaire à celle d’incidence. Un papier blanc placé sous la grande face est destiné à augmenter l’intensité des rayons réfléchis.
- On pourrait remplacer les deux lentilles plan-convexes par une seule biconvexe, qui produirait le môme effet : mais , dans le système adopté, il y a une moins grande aberration de lumière.
- Un porte-objet, et une petite pince placés devant les lentilles reçoivent les corpuscules qu’on veut voir et dessiner sons une dimension plus considérable.
- fi) Nous donnerons dans un prochain N°. du Bulletin une. description détaillée des diverses parties de V voiture de M. Leclerq, accompagnée d’une planche qui représentera les perfectionnemens qu’il a
- imaginé;,
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- Enfin , en avant se trouve une glace dépolie qui est destinée à recevoir l’image au sortir du prisme , et plus ou moins loin de celui-ci ; car cette glace peut être avancée ou reculée sur son tube mobile. On cherche le point où l’image a pris le grossissement qu’on désire , tout en conservant la netteté nécessaire : on sait que ces deux conditions de grossissement et de netteté sont toujours obtenues aux dépens l’une de l’autre. L’image est grossie sept fois dans 1 instrument que M. Chevalier vous présente.
- 11 y a, entre le microscope solaire et l’instrument que nous venons de décrire, une grande analogie de construction et d’effets. Le microscope à calquer peut être indifféremment employé à la clarté d’une bougie ou à celle du jour. On pourrait accroître le grossissement en mettant de plus fortes lentilles ; mais la nécessité d’éclairer l’objet par un réflecteur, et en outre de placer cet objet plus près de la lentille, puisqu’elle doit occuper son foyer, limite beaucoup cette possibilité d’amplification.
- Le microscope à calquer est d’un usage commode, puisqu’on peut grossir, voir les détails des petits objets, et les dessiner sans que la vue éprouve au cune fatigue, avantages qu’apprécieront les personnes que la curiosité, le goût de l’histoire naturelle ou les besoins de leur profession obligent de recourir à l’usage des lentilles. Du reste, ces avantages, il faut l’avouer, sont rachetés par un inconvénient ; l’image n’est pas aussi nette que lorsqu’elle est vue à travers une lentille : comme la lumière traverse deux fois l’épaisseur du prisme, les rayons sortent affaiblis. Un prisme d’une moindre dimension remplirait aussi bien l’objet qu’on a en vue, et laisserait plus d’intensité à la I umiére transmise. On doitdire aussi que ce microscope est atteintdudéfaut commun à tous les instrumens de réflexion, qui consiste en ce que les détails des images n’ont pas autant de netteté qu’on pourrait le désirer, lorsqu’on veut observer les articles des tarses ou des palpes des insectes, ou tout autre corpuscule ; ce qui réduit l’usage de cet instrument au tracé de l’ensemble des formes générales sous des dimensions plus grandes. Au reste, c’est cet ensemble qui est le but principal pour lequel ce microscope a été désigné par M. Vincent Chevalier.
- En considérant que le microscope à calquer peut être utile dans plusieurs circonstances et que la construction eu est simple, j’ai l’honneur de vous proposer d’approuver la composition de cet instrument et d’insérer le présent rapport au Bulletin.
- Adopté en séance, le 27 novembre 1822.
- Signé Francoeur , rapporteur.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Extrait dun mémoire de M. Labarraque, sur l’art du
- bojaudier (i).
- Dans la première partie de son mémoire , l'auteur décrit les diverses opérations employées pour débarrasser la membrane ou tunique musculeuse des autres membranes qui constituent l’intestin. Après avoir fait connaître la disposition de l’atelier du boyaudier, il traite successivement : 1°. du dégraissage: 2°. du retournage ; 3°. de la fermentation putride • 4°. du ratissage ; 5°. du lavage ; 6°. de Vinsufflation ; 7°. de la dessiccation ; 8°. de la désinsujflation : 9°. de l’aunage; 10°. du soufrage ; 11°. du ployage. Toutes ces opérations sont décrites avec beaucoup de soin et de détail; mais comme elles sont déjà consignées dans un mémoire de M. le docteur Guersent, inséré dans le Bulletin de la Société , N°. CVII, douzième année, page 115, nous nous dispenserons de les rappeler.
- M. Labarraque rend compte ensuite des expériences qu’il a entreprises dans le but de détruire l’odeur infecte que répandent les fabriques de boyaux. Il a employé successivement la potasse, la potasse rendue caustique par la chaux , les acides sulfurique , nitrique, muriatique, muriatique oxi-géné , acéteux ; l’alun, la saumure , le charbon en poudre ; mais aucune de ces substances n’asfait disparaître complètement l’odeur, et les boyaux s’en sont prouvés plus ou moins altérés. L’eau de Javelle seule et le chlorure de chaux ont présenté des résultats avantageux : non-seulement ils détruisent l’odeur insupportable que répandent les boyaux mis à fermenter dans les tonneaux , mais ils favorisent le décollement de la membrane muqueuse des intestins. Voici la manière d’opérer.
- Les boyaux de bœuf sont d’abord jetés dans une grande cuve avec suffisante quantité d’eau, et immédiatement lavés; en les retirant de cette cuve, et toujours dans la même journée , ils sont dégraissés, ensuite retournés , mis en paquets et placés dans les tonneaux. On verse sur cinquante boyaux grêles de bœuf deux seaux d’éau contenant une livre et demie d’eau de Javelle à base de soude ; on laisse séjourner pendant la nuit : si les boyaux ne trempent pas assez, on peut ajouter un seau d’eau en remuant bien le tout.
- Aussitôt le dégraissage effectué , les morceaux de suif sont ramassés et
- 9) Ce mémoire a obtenu le prix de 1,500 francs proposé par la Société d’Encouragement pour le perfectionnement de l’art du boyaudier. f Voyez le rapport de M. Robiquet, inséré dans le Bulletin d’octobre dernier, page 332.)
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- mis dans un baquet plein d’eau contenant une demi-livre d’eau de Javelle à base de soude sur six seaux d’eau; le suif, après ce lavage , est étendu sur des claies pour le faire sécher promptement.
- Après le dégraissage, les déchets de boyaux sont enlevés, mis dans la fosse recouverte de fumier, et l’atelier est lavé à grande eau.
- Le lendemain , on reprend les boyaux , on les ratisse avec l’ongle pour enlever la membrane muqueuse interne qui se trouve en dehors, puisque les boyaux sont retournés; ensuite on les met dans une cuve d’eau, qu’on change trois ou quatre fois dans la même journée, et le lendemain on souffle ces bovaux et on les étend sur des perches.
- Une fois la dessiccation opérée, on fait sortir le vent, on humecte les boyaux et on les met au soufroir, dans la partie inférieure duquel on pratique une petite porte, et à la partie supérieure une soupape. Quand l’opération est terminée, on ouvre la porte et on lève la soupape; le courant d’air entraîne alors la vapeur du soufre.
- On plie ensuite les boyaux en carottes, qui doivent contenir 15 aunes, et on les dépose dans un magasin sec et aéré.
- Tel est le procédé recommandé par M. Labarraque et qui lui a constamment réussi , tant sur de petites quantités de boyaux que sur de grandes masses : ces boyaux sont plus blancs que ceux fabriqués à la manière accoutumée, et conservent plus de ténacité et de force. La dépense ne s’élève pas à plus de 3 à 4 pour 100 de la valeur de la marchandise fabriquée, laquelle, étant plus belle, obtiendra un débit plus facile; d’un autre côté, le fabricant éprouvera moins de déchet, attendu que la fermentation détruit la ténacité des boyaux.
- Les expériences que M. Labarraque. a faites en présence des commissaires de la Société pour arriver à ce résultat, sont consignées dans le rapport de M. Robiquet sur le concours général, page 337 du Bulletin d’octobre.
- Tout ce que nous venons de dire jusqu’à présent est relatif aux boyaux de bœuf ; ceux de cheval, qui sont filés sous forme de grosses cordes , se comportent de la même manière, ainsi que ceux d âne et de veau : les premiers ne peuvent être soufflés et sont mêlés quelquefois avec les boyaux de cheval dans la fabrication des cordes; les autres peuvent être insufflés, mais ils sont d’un prix trop élevé et d’un tissu trop faible pour pouvoir être employés avec avantage.
- La membrane muqueuse est plus facile à détacher dans le boyau de cochon ; car on n’a pas besoin de fermentation pour y parvenir : le dégraissage se fait aussi plus aisément que sur le boyau de bœuf ; mais il tient le vent très-difficilement , attendu sa finesse extrême,
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- Les boyaux de chien et de chat, mis dans une quantité suffisante d’eau de Javelle et d’eau, se sont dépouillés très-facilement au bout de quelques heures, et ont supporté le soufflage; l’odeur a été détruite : le boyau est très-solide et très-beau ; mais il est à remarquer que les intestins de ces deux animaux ont la membrane péritonéale très-épaisse et la membrane muqueuse mince , tandis que c’est précisément le contraire dans les herbivores.
- La seconde partie du mémoire de M. Labarraque traite des cordes à boyau. L’auteur fait connaître dans autant de chapitres séparés, outre la corde des rémouleurs dite des Lorrains, préparée avec des boyaux de cheval, les diverses cordes faites avec les boyaux de mouton, telles que les cordes à raquettes, celles à fouets, les cordes pour les chapeliers dites d’arçon , celles pour les horlogers, enfin les cordes à instruments de musique.
- Nous nous occuperons de ces dernières , parce qu’elles demandent plus de soin dans leur préparation, et qu’elles ont été l’objet du prix proposé par la Société.
- Il est reconnu que nous fabriquons en France d’aussi bonnes cordes à ins-trumens qu’en Italie, à l’exception des chanterelles, que nous sommes obligés de tirer de Naples ; ce qui tient peut-être à la nature des boyaux de mouton, qui, à Paris, proviennent de trop grands animaux.
- Voici les opérations que l’on suit dans la fabrication des cordes à instrumens.
- Les boyaux grêles de mouton parvenus à l’atelier sont mis à tremper dans un baquet d’eau fraîche, qu’on renouvelle fréquemment dans la journée ; ensuite on les ratisse au moyen d’un couteau dont la lame est arrondie par le dos, en les posant sur un banc incliné : il faut toujours que cette opération se fasse le plus tôt possible, attendu qu’une macération trop prolongée diminue la force des boyaux.
- On met les boyaux ratissés dans des terrines de grés ou vernissées, de manière que chacun de ces vases en contienne près de la moitié ; on les remplit ensuite d’eau de potasse étendue de partie égale d’eau; on change les solutions deux fois par jour, en augmentant leur force avec une solution de cendres gravelées, et en diminuant la dose de l’eau, et cela progressivement, de manière que les dernières eaux soient les plus fortes. Les boyaux blanchissent de plus en plus et se gonflent. Après avoir laissé macérer de trois à cinq jours ou davantage, selon la température, on passe aux opérations suivantes :
- Chaque fois que l’on change l’eau alcaline, les terrines sont placées sur une caisse ayant une position inclinée pour faciliter l’écoulement des eaux : cette caisse doit être de grandeur convenable pour tenir solidement les métiers sur lesquels les cordes sont tendues. On passe les boyaux dans une nouvelle terrine, et on les ratisse avec une espèce d’ongle de cuivre
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- ayant la forme d’un dé à coudre ouvert, et qu’on met au pouce de la main gauche; on applique l’index contre ce dé, tandis que de la main droite on tire une portion d’intestins , qui est pressée contre le bord supérieur du dé et de l’index. On continue ainsi de passer chaque boyau, et quand la terrine est épuisée , on verse de la solution plus forte que celle d’où les boyaux sortent. Cette opération est essentielle pour que le dégraissage de l’intestin soit parfait, et que les cordes soient de belle qualité.
- Quand on aperçoit que les boyaux gonflent davantage et qu’il se présente quelques bulles à leur surface, il faut défiler la corde. Pour cet effet, on prend un métier, espèce de châssis de 2 pieds de large sur 5 pieds de long : à l’un des côtés longitudinaux , sur la traverse, sont placées à demeure un grand nombre de chevilles : le côté opposé présente sur la traverse également un nombre double de trous faits avec une grosse vrille, et de manière que quand la cheville y est placée, la corde qui la tire ne la fasse pas sortir. Les boyaux sont choisis selon leur grosseur, et les bouts placés par ordre sur le rebord de la terrine, de façon à les distinguer pour les faire servir à telle ou telle grosseur de corde : alors on prend deux, trois bouts de boyaux ou plus, qu’on attache à une petite cheville qui est ensuite placée dans un des trous, et les boyaux sur la grosse cheville opposée. On fait deux tours pour les empêcher de glisser, et on vient avec les boyaux trouver le côté d’où on est parti; ils sont attachés à une autre cheville qu’on fiche dans son trou , et l’excédant est coupé : les boyaux sont très-peu tendus, parce que la corde diminue en longueur par le tordage , et en la ramenant au trou pour placer la cheville on risquerait de la casser, ce qui arrive souvent.
- Le métier étant garni, une ou deux petites chevilles sont mises aux crochets si le rouet en porte plusieurs, et on donne quelques tours de roue en promenant les doigts sur la corde, à partir du rouet jusqu’à la grosse cheville. On passe successivement toutes les cordes, et une fois ce premier tordage opéré, le métier est mis au soufroir, qui est établi dans un endroit humide; une terrine contenant de la fleur de soufre en quantité suffisante y est placée dans l’intérieur du soufroir ; on l’allume et on calfeutre les ouvertures : après deux ou trois heures on ouvre le soufroir. Le métier se trouve alors dans une espèce de buée acide et aqueuse ; les cordes ont conservé leur grosseur et leur humidité : on l’enlève et on le place sur la caisse inclinée ; là, on entrelace une corde de crin entre chaque corde à boyau ; l’ouvrier en prend ordinairement huit ou dix de cette manière et les frotte avec force en promenant la corde de crin. Quand un côté du métier est ainsi frotté, on donne un second tors et on retourne le métier pour faire subir une
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- pareille manœuvre aux cordes qu’il contient : on remet le métier au soufroir, et ensuite on tord les cordes de nouveau pour les soufrer encore ; enfin on les laisse sécher, ce qui demande plus ou moins de temps, selon la température de l’air.
- On connaît que les cordes sont assez sèches, lorsqu’après avoir enlevé une petite cheville, la corde ne revient pas sur elle-même, et qu’en la tenant droite quelques pouces au-dessous, elle reste sans se pencher. Si elles possèdent ces qualités, on les huile de bonne huile d’olive, et enfin on les coupe près des chevilles pour les mettre en rond et en paquets. Dans cet élat, elles sont propres à être livrées au commerce : elles sont meilleures quelque temps après leur fabrication.
- Le secret des plus habiles ouvriers consiste dans leur habitude du travail, dans l’observation journalière de l’état du boyau, pour lui donner la lessive plus ou moins forte, un tordage et un retordage plus ou moins considérables, et d’arrêter le soufrage à point.
- M. Labarraque a cherché à imiter les cordes de Naples, et, après avoir reconnu que la capacité de ces cordes est bien moindre que l’intestin de nos moutons, et qu’elies sont extrêmement fines et propres, il a tenté divers essais , et il est parvenu à obtenir des chanterelles à trois intestins , qui sont moins grosses que par le procédé usité, très-solides et tiennent bien l’accord sans baisser aussi promptement de ton que les cordes ordinaires.
- Le mémoire est terminé par la description du procédé de préparation de la baudruche dont se servent les batteurs d’or.
- Notice sur la préparation des cuirs odorans de Russie ; par
- M. Mérimée.
- Depuis l’adoption du rapport sur le prix proposé pour la fabrication du cuir d’œuvre de Russie, M. Braun Neergaard nous a communiqué sur cette intéressante branche d’industrie des renseignemens qui confirmeraient, s’il en était besoin , le jugement porté sur le mémoire de MM. Grouvelle et Di ival-Duval.
- Les détails de fabrication que noos devons à notre collègue sont extraits principalement d’un mémoire publié à Stockholm, par Jehan Fischertroem , et traduits ensuite en danois. Us se trouvent en partie dans Y Encyclopédie méthodique, à l’article où sont décrits les procédés de tannage, extraits des Voyages de P allas, Gmelin et Lepechin.
- Le savant Suédois nous apprend que pour la première opération , le dé-bourrement des peaux, on les met tremper dans une lessive faite avec des
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- cendres et de la chaux vive. On doit supposer que cette lessive de potasse caustique est étendue de beaucoup d’eau , afin qu’elle n’ait d’action que sur l’épiderme et 11e puisse attaquer le tissu de la peau.
- Lorsqu’elles sont débourrées on les lave à la rivière pour les bien nettoyer , puis on les foule plus ou moins long-temps , suivant qu’elles en ont plus ou moins besoin. Cette opération, analogue à ce qui se pratique pour le travail du maroquin , a pour objet de dilater mécaniquement le tissu cellulaire pour faciliter le gonflement, qui s’opère de la manière suivante :
- Après avoir bien lavé les peaux dans de l’eau chaude, on les place dans des cuviers où elles fermentent pendant une semaine; on les relève, on les foule et on les remet encore cuver une autre semaine , si cela est nécessaire ; après quoi, on achève de les nettoyer en les travaillant de chair et de fleur.
- Ensuite on prépare une pâte composée (pour deux cents peaux) de 38 livres suédoises de farine de seigle, que l’on fait aigrir avec du levain et que l’on délaye dans suffisante quantité d’eau.
- Les peaux séjournent quarante-huit heures dans cette bouillie, et, au sortir de là, elles sont placées dans des tinettes, où elles restent quinze jours ; après quoi, on les lave à la rivière.
- Là se terminent les opérations préparatoires, dont l’objet est de disposer les peaux de manière que les sucs astringens pénétrent dans toutes les parties de leur tissu et y exercent une égale action.
- Quant à l’emploi de ces sucs astringens, il a quelque analogie avec le tannage à la jusée.
- On fait une décoction d’écorce pilée de peuplier ou de saule, et lorsque la température est abaissée au point que les peaux ne puissent se crisper, on les plonge dans la chaudière, on les manie et on les foule pendant une demi-heure : on les laisse ainsi dans le bain de tan pendant une semaine, en les travaillant et les foulant deux fois pas jour.
- Cette opération se répète de la même manière et pendant le même espace de temps avec une nouvelle décoction (1) ; après quoi, il ne reste plus qu’à faire sécher les peaux, les teindre et les imp.égner d’huile de bouleau : c’est le travail du corroyeur.
- Nous avons remarqué avec plaisir, dans l’extrait communiqué par M. Brunn Neergaardque l’écorce de chêne est citée par les auteurs danois et suédois comme la meilleure matière pour le tannage : si on ne l’emploie pas dans le
- (1) Les personnes qui connaissent les procédés du tannage devineront aisément qu’il ne s’agit ici que de peaux minces comme celles de veau, de bouc, etc.
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- Nord, c’est uniquement par ce qu’elle est rare. Il est naturel qu’on se serve de la substance tannante qu’on peut se procurer plus facilement. Ainsi les variétés suivantes de saule sont plus généralement employées que le peuplier : le marsault à petites feuilles (salix cinerea) et celui à larges feuilles (salix caprea, salix jusca, salix arenaria). On se sert aussi de la racine, et non des feuilles, du stalicex limonium.
- Quant à la méthode de distillation pratiquée pour la préparation de l’huile de bouleau, celle qui est décrite par Fis cher stroem, loin d’être grossière, comme quelques voyageurs l’ont avancé, nous paraît d’une simplicité admirable et devoir donner d’excellens produits : on en jugera parla description suivante :
- On remplit une chaudière de fer d’autant d’épiderme de bouleau qu’elle en peut contenir; on la couvre avec son couvercle, qui est bombé et qui a au centre une ouverture à laquelle est adaptée une tuyère : par-dessus ce couvercle on place line autre chaudière de même diamètre, et après les avoir jointes bord à bord solidement, on les lute avec soin, puis on les renverse de manière que l’écorce se trouve occuper la portion supérieure.
- On enterre à moitié cet appareil, et on recouvre ce qui est en dehors avec un mélange d’argile et de sable : alors on l’entoure d’un feu de bois, que l’on entretient plus ou moins long-temps, suivant la quantité d’écorce soumise à la distillation.
- Lorsque tout est refroidi, on défait le lut avec précaution, et l’on trouve dans la chaudière inférieure une huile ténue qui surnage l’acide pyroligneux et un peu de goudron, si l’épiderme employé n’a pas été parfaitement nettoyé.
- L’huile de bouleau, dit Fis cher stroem, doit être employée de suite ou conservée à la cave dans des vases bien bouchés ; car son arôme est très-volatil.
- En outre de ces documents sur la fabrication des cuirs odorans de Russie , nous en avons reçu d’autres sur la fabrication des gants de Danemarck, renommés pour la souplesse des peaux et pour leur odeur agréable.
- Ces peaux, selon notre collègue, sont préparées avec l’écorce du saule-marsault à larges feuilles ( salix caprea ). Nous avons déjà appris que l’écorce du peuplier donne au cuir une bonne odeur, et nous désirons que l’on fasse aussi des expériences avec l’écorce du saule; mais les peaux qu’on emploie dans la ganterie sont chamoisées ou passées en mégie ; comment avec des écorces astringentes peut-on obtenir un cuir extrêmement souple ? c’est ce qu’il nous reste à apprendre, et ce que nous ne tarderons pas sans doute à savoir avec un collègue aussi zélé que M. Bruun Neergaard.
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- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Rapport fait par M. Molard jeune, au nom du Comité des arts mécaniques sur la lampe de MM. Du verger et Gotten.
- MM. Duverger et Gotten, lampistes, rue Trousse-Vache, n°. 6, à Paris, vous ont présenté une lampe à double courant d’air, où l’huile monte , de même que dans les lampes de Carcel et de Gagneau, par le moyen d’un mouvement d'horlogerie. Ce mécanisme, pour lequel ils ont pris , en 1821 , un brevet d’invention de cinq ans, nous a paru très-simple et, par conséquent, peu sujet à se déranger. Le moteur est, comme dans les lampes que nous venons de citer, un ressort de pendule; mais les mobiles sont réduits à deux roues et deux pignons, dont l’axe du dernier, façonné en manivelle, fait monter et descendre la tige unique qui porte les pistons d’une petite pompe à jet continu. Il n’v a, dans ce mouvement , ni vis sans fin, ni volant régulateur. Ce dernier est remplacé par une roue de fer-blanc montée sur l’axe à manivelle prolongé à cet effet, et dont la circonférence porte de petits augets qui, plongeant dans un fluide particulier, composé d’huile non siccative, se remplissent de ce fluide, qui s’échappe ensuite à travers de petits trous ménagés dans leurs fonds, du moment qu’ils commencent à remonter. On sent qu’en faisant les trous du fond des augets plus ou moins grands, on fait prendre à ce régulateur toutes les vitesses qu’on désire ; on peut même faire varier son mouvement de rotation dans des instans donnés, en faisant les trous du fond des augets inégaux, et ménageant ainsi plus d’énergie au moteur, au moment où il éprouve une plus forte résistance, comme, par exemple , dans le mouvement des pompes mises enjeu par une manivelle.
- Cette combinaison nous a paru très-ingénieuse et très-heureusement appliquée au cas dont il s’agit.
- Une autre chose encore très digne de remarque dans cette lampe, c’est le moyen employé pour empêcher l’huile contenue dans le réservoir supérieur de se répandre dans la capacité où est placé le mécanisme : il n’y a de communication obligée de l’un à l’autre que le trou dans lequel passe et joue la tige des pistons de la pompe ; mais cette tige, quelque petite qu’elle soit, ne doit pas y éprouver, pour ainsi dire, de frottement; et cependant l’huile ne doit pas même y transpirer.
- C’est en faisant passer la tige des pistons, d’abord dans une petite boule de cuir chamoisé, pleine de laine hachée , et ensuite à travers du mercure con-
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- tenu dans un petit barillet de bois ou d’ivoire, qui est fermé en haut de la même manière qu’en bas, que ces Messieurs ont obtenu ce résultat. Le mercure, qui est de sa nature si fugace, y reste néanmoins et s’oppose au passage de l’huile, sans occasionner de frottement à la tige du piston qui le traverse : on ne s’aperçoit pâs qu’il en manque un atome dans des lampes faites depuis plus d’un an.
- Ces lampes, dont vous avez pu voir l’effet à la dernière séance générale , où il y en avait deux sur le bureau de M. le président, ont extérieurement la forme des autres lampes faites sur le même système. Le fluide qui remplit le tiers de la capacité dans laquelle tourne le régulateur ne peut nullement en sortir, quelle que soit la position qu’on fasse prendre à la lampe. Enfin , examinée sous tous les rapports , nous n’avons trouvé aucun reproche fondé à lui faire ; c’est un bon instrument ajouté à ceux de ce genre que nous possédons déjà, et qui sera probablement très - recherché du moment où il sera bien connu, quoiqu’on pût désirer un peu plus de modération dans le prix ; ce que les inventeurs pensent pouvoir faire très-incessamment.
- Le Comité des arts mécaniques a l’honneur, Messieurs, de vous proposer de donner votre approbation à cette lampe et d’insérer le présent rapport dans Xe Bulletin de la Société.
- Adopté en séance, le 27 novembre 1822.
- Signé Molard jeune, rapporteur.
- ISouvelles cornues pour la préparation du gaz de la houille: par MM. Gibbons et Wilkinson.
- Les perfectionnemens que les auteurs ont ajoutés aux cornues métalliques ordinaires consistent à les revêtir intérieurement avec des briques, de l’argile, ou toute autre matière qui résiste bien à l’effet corrosif des acides, et de les diviser, dans le sens de leur axe , par un compartiment.
- Par le premier moyen, les cornues métalliques sont susceptibles d’être employées avantageusement dans les manufactures de produits chimiques, puisqu’elles sont inattaquables par les acides,* par le second, elles favorisent la décomposition des matières à distiller et donnent des produits plus abondans, puisqu’elles présentent une plus grande surface à faction du feu : ce dernier mode a été mis en usage avec succès par les auteurs, pour la distillation du gaz de la houille. On sait que lorsque le charbon est introduit en petits fragmens dans la cornue, l’opération marche plus vite, et qu’on obtient une plus grande quantité de gaz. Les inventeurs emploient
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- des cornues de très-grandes dimensions en fer forgé, divisées dans le sens de leur axe par deux compartimens, dont l’un placé à 10 pouces du fond reçoit le charbon, et dont l’autre, disposé au-dessus, reçoit du coke, de l’argile, etc.; matières qui, à une très-haute température, décomposent le goudron et le convertissent en un gaz très-pur pour l’éclairage. L’une des plus grandes cornues produit 6,000 pieds cubes de gaz en vingt-quatre heures, étant chargée toutes les six heures. De cette manière, chaque cornue décompose son propre goudron et n’est plus sujette à s’obstruer ; ce qui arrive fréquemment lorsque plusieurs cornues aboutissent au même réservoir à goudron.
- Les grands établissemens à gaz pourront employer avec succès ces nouvelles cornues.
- Moyen de prévenir les effets de lhumidité dans les apparte mens.
- Un moyen simple et très-efficace de se préserver de l’humidité qui pénétre dans les appartemens par les murs, vient d’être employé avec beaucoup de succès en Angleterre. Il consiste à couvrir le mur entier ou seulement sa partie humide avec des feuilles de plomb laminées, très-minces. Pour fixer les feuilles sur le mur on se sert de petits clous de cuivre, qui, n’étant pas sujets à se rouiller, durent long-temps. Le papier de tenture peut ensuite être immédiatement collé sur le plomb.
- Le plomb n’est pas plus épais que celui dont on se sert pour doubler les boites à thé; on le fabrique en feuilles de largeur du papier ordinaire de tenture : il y en a qui ne pèsent que 8 et même 4 onces au pied carré, sans être aucunement perméables à l’eau.
- CORRESPONDANCE.
- Lettre de M. le baron de Fabnenberg au Secrétaire de la Société d’Encouragement pour Vindustrie nationale.
- Carlsruhe, le 2 décembre 1822.
- Monsieur,
- Il y a des doctrines de l’économie politique qui malheureusement ne paraissent pas pénétrer jusqu’aux personnes auxquelles le gouvernement des états est confié.
- La liberté du commerce, ce principe vital de toutes les nations et de tous les gouvernemens, nous en fournit l’exemple le plus éclatant. Quoique tous
- Vingt-unième année. Novembre 1822. D d d
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- les états de l’Europe, unis par une alliance doublement sainte, devraient entrer réciproquement en partage des fruits du travail de leurs habitans, afin que tous les marchés fussent ouverts aux produits de l’industrie européenne, chaque pays méconnaissant ses vrais intérêts , resserre davantage de jour en jour ses liaisons commerciaies, en conservant, non-seulement son système prohibitif, adopté lors de la dernière guerre, mais en le portant encore à un plus haut degré de raffinement et de rigueur.
- Un système aussi hostile ne peut qu’entraver les progrès de l’industrie manufacturière, si intimement liée au commerce : ce n’est donc que dans les grands états plus favorisés, et par leur situation et par la variété de leurs productions, que l’industrie peut encore se trouver maintenant dans une situation moins gênée.
- Parmi les états de l’Allemagne, XAutriche et la Prusse attirent aujourd’hui plus particulièrement l’attention de l’amateur des arts utiles; cependant ces deux pays ne doivent l’élan que leur industrie commence à prendre qu’à des institutions empruntées de votre patrie.
- Autriche.—Dans le courant de l’année dernière, cent sept brevets d’invention ont été accordés. Depuis 1815 jusqu’en 1820 , on n’en comptait que cinquante-huit. Vous les trouverez consignés dans les Annales de VInstitut polytechnique, publiées parM. F.-F. Prechtel, directeur de cet établissement. Chaque volume de cet ouvrage intéressant fait ressortir plus particulièrement les avantages importans qu’une institution semblable offre à l’industrie d’un pays. En parcourant les trois volumes de cet ouvrage qui ont paru jusqu’à présent, vous partagerez mon opinion, qu’il mérite bien d’être porté à la connaissance de la Société.
- Depuis quelque temps, une nouvelle branche d’industrie s’est formée en Autriche, c’est la fabrication des caractères stéréotypes et l’impression des éditions stéréotypes. MM. John et TFilliam FFatt ont formé à Bude, en Hongrie , le premier établissement de ce genre. M. A. Rittig de Flammenstern vient de faire paraître un ouvrage qui contient à ce sujet des renseignemens historiques et techniques três-intéressans. L’auteur cherche à prouver que la stéréotypie était déjà connue en Chine, il y a quinze cents ans.
- L’ouvrage de M. de Kees sur l’état actuel de l’industrie en Autriche fournit les renseignemens les plus précieux et les plus instructifs : le premier volume traite des produits bruts; le second, de l’industrie commerciale et manufacturière. Je prends la liberté de fixer votre attention sur cet ouvrage intéressant, qui mériterait d’être traduit en français. L’auteur a suivi le même plan que M. le comte Chaptal, dans son ouvrage sur l’industrie française.
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- Prusse. — La première exposition des produits de l’industrie nationale à Berlin dont j’ai fait mention dans ma lettre du 10 juillet 1821 , a eu lieu au mois de septembre dernier. J’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint une note à ce sujet.
- Les quatrième et cinquième cahiers des Mémoires de la Société d’Encouragement pour Vindustrie nationale en Prusse ont paru depuis peu. Je vous ai déjà entretenu de ce journal, rédigé d’après le plan de votre Bulletin. La preuve cependant la plus convaincante que les arts industriels ne sont pas encore très-florissans en Prusse, c’est que depuis 1815 jusqu’en 1821 , soixante-un brevets d’invention seulement ont été délivrés par le Gouvernement. En France, au contraire, dans le court espace des quatre derniers mois, quarante-sept brevets ont été accordés.
- Le Gouvernement, pour donner plus d’encouragement à l’industrie, a fait paraître, l’année dernière, des modèles gravés à l’usage des fabricans et des artisans : on les a envoyés à toutes les écoles d’arts et métiers du royaume. Le premier cahier contient les décors et ornemens d’architecture ; le second , des dessins pour meubles , vases et autres petits objets ; le troisième , des modèles de décorations pour les étoffes et le tissage. Chaque cahier est accompagné d’un texte explicatif et élémentaire.
- Jusqu’à présent on ignorait en Allemagne la construction des machines à vapeur, et on a été obligé de les faire venir, à grands frais, d’Angleterre. Depuis quelque temps, cependant, MM. Kamp et Harkort ont établi un atelier pour la confection de ces machines à Wetten, près de Hagen. On les y construit à présent dans la même perfection qu’en Angleterre, quoiqu’à un prix plus modique.
- M. Markwardt, peintre, à Berlin, a inventé différentes sortes d’encres de Chine, qui, d’après son opinion , possèdent les mêmes qualités que celles qui nous arrivent de ce pays. Pour vous mettre en état d’apprécier cette nouvelle invention , j’ai l’honneur de vous envoyer ci-joint le prix courant, ainsi que le tableau d’épreuves de ces couleurs. M. Markwardt offre de céder son brevet.
- Bavière. — Le roi a ordonné l’établissement à Munich d’un Conservatoire des arts et métiers, semblable à celui de Paris. L’ordonnance qui a paru à ce sujet fournit une nouvelle preuve combien le Gouvernement désire encourager l’industrie nationale.
- La manufacture royale de porcelaine à Nymphenbourg se distingue de jour en jour plus avantageusement, sous le rapport de la solidité, du goût, de l’élégance des formes et de la variété de ses ouvrages. On a exécuté sur des vases , plats et assiettes, avec autant de perfection que de fidé-
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- lité, les chefs-d’œuvre de Raphaël} de Léonard de Vinci, du Corrége, du Guide , de Poussin, et d’autres peintres célébrés. Les artistes les plus distingués de cet établissement sont le professeur F. Gaertner, MM. Adler, Ileinz-mann et Hammer.
- Il y a quelques années que MM. Kœnig etBaur ont inventé, pendant leur séjour en Angleterre, une nouvelle presse d’imprimerie, à l’aide de laquelle on peut imprimer des deux côtés à-la-fois avec une grande économie de temps et de main-d’œuvre. Le Gouvernement, dans le but de favoriser une invention si importante , leur a abandonné l’ancien couvent d’Oberzell, près de Wurtzbourg, pour y établir un atelier. C’est au mois d’octobre dernier que MM. Kœnig et Baur ont terminé la première presse d’imprimerie construite d’après leur nouveau système; elle est destinée pour le Gouvernement prussien et coûte 10,000 florins. Cette presse est entièrement en fonte de fer, et n’exige que quatre personnes pour être mise en mouvement.
- Le Journal polytechnique, rédigé par M. le docteur F.-C. Dingler, à Augs-bourg, continue de paraître régulièrement. On y trouve consignée toute découverte ou invention utile faite en Allemagne et dans d’autres parties de l’Europe. Cet ouvrage mérite d’être consulté par tous ceux qui s’intéressent aux progrès de l’industrie.
- Italie. — De même qu’en France on s’occupe en Italie de la découverte du secret de la fabrication du damas oriental. M. A. Crivelli, de Milan, a fait paraître, à ce sujet, l’année dernière, un mémoire très-estimé , sous le titre : SulV arte di fabbricare le sciabole di Damasco.
- Saxe-Meinungen.— C’est dans la ville de Meinungen qu’on a imité, cette année, avec un succès complet, l’appareil de M. Dartigues pour conserver le blé.
- Je vous prie, Monsieur, d’agréer avec indulgence les communications que je viens de vous faire. L’oppression sous laquelle l’industrie gémit presque par-tout en Allemagne rend de jour en jour plus difficile de se procurer des renseignemens dignes d’être portés à la connaissance de la Société d’Encouragement.
- J’ai l’honneur d’être, etc.
- Signé de Fahnenberg.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née YALLÀT LA CHAPELLE ), rue de l’Éperon-Saint-André-des-Arcs, n°. î.
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- VINGT-UNIÈME ANNÉE. (N°. CCXXII.) DÉCEMBRE 1822.
- BULLETIN
- DE LA
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT
- POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- ARTS MÉCANIQUES.
- Description de la presse typographique à cylindre, inventée par M. Amédée Durand, rue du Colombier, n°. 27, à Paris.
- La nouvelle presse dont nous offrons la description et pour laquelle fauteur a reçu une médaille d’encouragement de la Société (1), diffère essentiellement des presses ordinaires, en ce qu’elle distribue l’encre, et des autres machines typographiques, en ce que les caractères y conservent toutes les dispositions usitées dans l’imprimerie, et sur-tout qu’un seul homme suffit pour la mettre en action. Ses avantages sont d’avoir une pression indéfinie et dont l’augmentation est à peine sensible pour l’ouvrier, de pouvoir la déterminer à volonté et d’une manière invariable ; de distribuer l’encre avec la plus grande régularité possible ; de tirer les plus grands formats avec très-peu d’effort ; enfin d'obtenir, avec l’emploi d’un seul ouvrier, des produits beaucoup plus nombreux que ne les peuvent donner deux ouvriers travaillant à une presse ordinaire.
- Cette machine, dont le système est entièrement nouveau, devait satisfaire à des conditions qui lui sont particulières et dont nous indiquerons les principales. D'abord l’appareil qui reçoit la feuille de papier, étant un plan incliné, devait saisir la feuille qui y était déposée, assez vivement pour qu’elle ne pût éprou-
- (î) Voyez Bulletin de la Société, N*. CCXII, février 1822, page 36 , et N°. CCXIV, avril, même année, page 143.
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- ver le moindre dérangement. Get appareil devait en outre pouvoir s’adapter à toutes les dimensions de papier, sans perte de temps et sans changer ses rapports avec le reste du mécanisme.
- Le cylindre qui opère la pression , parcourant deux fois la longueur de la forme de caractères, ne devait cependant produire l’impression qu’une seule fois, afin d’éviter l’inconvénient de doubler.
- De plus, la quantité d’encre nécessaire pour l’impression étant infiniment petite et pouvant s’évaluer, même pour une forme chargée, à un millième d’once par feuille, il fallait, d’une part, limiter et régler invariablement cette quantité, et de l’autre opérer son écoulement par une ouverture assez large pour continuer l’emploi des encres communes, qui sont trop mal broyées pour pouvoir passer par une ouverture resserrée.
- Telles étaient les obligations principales que cette nouvelle machine avait à remplir ; la description de sa manœuvre et du jeu de ses pièces va montrer de quelle manière elle y satisfait.
- L’ouvrier commence par poser simplement sa feuille de papier sur le tympan, comme pour les presses ordinaires ; ensuite il saisit la manivelle de la main droite et lui fait faire le plus rapidement possible quatre tours, dont deux dans chaque sens : ce mouvement opéré, la feuille de papier est imprimée et rendue libre à l’ouvrier telle qu’il l’avait placée sur le tympan, et la forme se trouve encrée pour l’impression de la feuille suivante.
- Par cette manœuvre, le cylindre de pression a quitté la place qu’il occupait, et enroulant sur lui-même le drap du tympan, il est descendu et a imprimé la feuille de papier sur les caractères , dont il a parcouru toute l’étendue, étant supporté à ses extrémités par des bandes en fer qui forment les côtés de la machine. Ces bandes empêchent le cylindre de descendre dans les intervalles qui séparent les pages et d’occasionner sur les bords de celles-ci une pression qui serait plus forte que dans leur milieu. Elles sont garnies de bandes de cuir qui, outre l’avantage de préserver le cylindre des altérations qu’il pourrait éprouver en roulant à nu sur le fer, procurent le moyen de diminuer partiellement la pression , en plaçant devant les endroits où l’on veut obtenir cet effet, comme bords de page ou caractères plus élevés, des hausses en papier que l’on colle sous les bandes en cuir.
- Le cylindre de pression étant, comme nous venons de le dire, arrivé à l’extrémité de la forme de caractères, le marbre qui la supporte s’enfonce de 3 lignes , ce qui donne au cylindre la faculté de faire son mouvement rétrograde sans opérer une seconde fois l’impression. Au moment précis où ce cylindre dépasse, en approchant du point de départ, la dernière ligne
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- de caractères, le marbre s’élève à sa hauteur primitive pour recevoir l’encre que lui amène en même temps le cylindre de touche; ce cylindre est conduit par un chariot qui, en le maintenant à une élévation constante, l’empêche, comme on l’a vu pour la pression , d’agir plus sur le bord des pages que sur leur milieu. L’un et l’autre sont appelés par un poids et reçoivent, à l’extrémité de la course , le mouvement de répulsion , qui, en leur faisant encrer une seconde fois les caractères, les ramène à leur place première, où se trouve tout l’appareil de la distribution. Le mouvement de répulsion est donné par un mécanisme établi au-dessous du cylindre de pression, et dont les fonctions sont de remonter et de mettre en liberté, par sa correspondance avec le mécanisme général de la machine, un poids double en pesanteur de celui qui fait partir le cylindre de touche ; ce poids, en descendant, reconduit le cylindre à sa place en même temps qu’il élève le premier poids. Il résulte nécessairement du jeu alternatif des cylindres de pression et de touche que, quoique faisant tous les deux le même mouvement, celui de pression, par l’abaissement momentané du marbre, n’imprime qu’une seule fois, tandis que celui de touche encre deux fois.
- On vient de voir de quelle manière l’impression a lieu et comment la forme est encrée. Pour que cette dernière opération se fasse convenablement, il faut que le cylindre qui la produit soit garni sur toute sa circonférence d’une couche d’encre uniforme. Il la reçoit en stationnant sur l’appareil de la distribution pendant tout le temps que s’opère la pression, et cette encre, ainsi que le mouvement de rotation, sont communiqués au cylindre de touche par un cylindre qui lui est inférieur et dont le diamètre est moindre. Ce cylindre moteur fait pour chaque feuille neuf tours, dont moitié dans un sens et moitié dans l’autre ; nombre plus que suffisant pour opérer la parfaite distribution de l’encre sur la circonférence du cylindre. Une brosse parallèle à leur axe, et qui reçoit un mouvement rectiligne alternatif très-vif, assure l’égalité de la distribution suivant la longueur.
- L’encre arrive au cylindre moteur dont nous venons de parler par l’attouchement d’un cylindre en fer de 2 pouces de diamètre, qui fait un tiers de tour seulement pendant que l’autre fait neuf révolutions. Cet attouchement n’a lieu qu’au moment du départ du cylindre de touche, afin que l’encre nouvellement communiquée ne puisse pas être portée immédiatement sur les caractères, et qu’elle soit préalablement distribuée par la totalité des mouve-mens du cylindre moteur.
- Le petit cylindre de fer se charge dans un auget placé au-dessous d’une quantité d’encre suffisante pour imprimer environ mille feuilles; cette quantité est réglée par son frottement contre une règle en fer parfaitement dressée ;
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- le contact avec le cylindre moteur a lieu seulement par la partie de sa circonférence , qui est légèrement encrée. La distance entre ce cylindre et la règle déterminée au moyen de vis de rappel, produit le degré de couleur que l’on veut donner à l’impression ; et comme la communication avec le cylindre moteur n’a lieu que pendant un temps très-court, on peut laisser un plus grand espace entre la règle et le cylindre de fer, et par conséquent employer des encres communes : ces encres ne pourraient s’écouler par une petite ouverture, qu’il serait indispensable d’établir, si le cylindre tournait continuellement. Ainsi l’écoulement de l’encre est réglé par l’écartement de la règle, produit par un tiers de tour du cylindre de fer, et cette encre est distribuée par neuf tours du cylindre moteur.
- Nous allons passer maintenant au détail des diverses pièces du mécanisme, et pour éviter toute confusion dans les renvois , nous formerons, d’après les fonctions mêmes de la machine , quatre divisions : la première, comprenant tout l’appareil qui reçoit, conduit et ramène la feuille de papier, sera désignée par des lettres capitales.
- La seconde, composée de l’appareil qui opère la pression ainsi que le mouvement d’abaissement du marbre, sera indiquée par des caractères italiques.
- La troisième, qui comprendra l’appareil de distribution de l’encre ainsi que le cylindre de touche, portera pour signes indicatifs des chiffres arabes.
- Enfin la quatrième, formée du mécanisme qui donne au chariot du cylindre de touche son mouvement alternatif, sera désignée par des chiffres romains.
- Explication des figures de la PL 233.
- Fig. î. Élévation de la presse du côté de la manivelle.
- Fig. 2. Coupe longitudinale de l’appareil et de son bâtis.
- Fig. 3. Plan du bâtis de la presse.
- Fig. 4. Élévation de la presse vue par derrière.
- Fig. 5. Plan du tympan et de ses accessoires.
- Fig. 6. Chariot qui conduit le cylindre de pression.
- Fig. T. Cylindre distributeur de l’encre, nommé cylindre de touche.
- Fig. 8. Brosse qui opère, par un mouvement alternatif de va-et-vient, la distribution égale de l’encre sur le cylindre de touche.
- Fig. 9. Partie supérieure du tympan dans l’action où la fourchette est fermée et a saisi la feuille de papier.
- Fig. 10. Même fourchette ouverte.
- Fig. 11. Élévation et vue en dessus du cylindre alimentaire de l'encre.
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- Fig, 12. Élévation du chariot destiné éconduire le cylindre de touche d’un bout à l’autre de l’appareil.
- Fig. 13 et 14. Plan et élévation du mécanisme qui fait avancer et rétrograder le cylindre de touche.
- Fig. 15- Plan et élévation du châssis de l’encrier.
- Les figures 9 , 10 , 11 , 12, 13, 14 et 15 , sont dessinées sur une échelle double des huit premières figures.
- Tympan ou appareil portant le papier.
- A, Manivelle qui donne le mouvement à toute la machine et qui , à la fin de son dernier tour, fait ouvrir les pinces qui saisissent le papier.
- B, Mentonnet qui, à l’aide de la pièce mobile C, reçoit et arrête la manivelle au moment où elle opère l’ouverture des pinces.
- C, Pièce mobile de la manivelle qui s’accroche dans le mentonnet B fixé au chariot du cylindre de pression. Cette pièce , appuyée sur un ressort, est décrochée par une légère secousse que l’ouvrier donne au manche de la manivelle en le poussant devant lui.
- D, Pinces du haut du tympan, qui, au départ de la manivelle, se ferment instantanément.
- E, Fourchette qui reçoit les pinces du tympan.
- J, Petit arc de cercle sur lequel agit le levier G ; ce levier, en faisant tourner l’axe de la fourchette E, ouvre les pinces du tympan à l’instant même où la manivelle est accrochée par le mentonnet B.
- G, Levier qui fait ouvrir les pinces supérieures du tympan.
- H, Tige communiquant le mouvement du levier G au petit arc de cercle F : cette tige, formée de deux parties, se raccourcit ou s’allonge , suivant la dimension du papier, au moyen de deux petits colliers 11 à vis de pression.
- F, Roulette montée à l’extrémité du levier G, pour diminuer le frottement de celui-ci sur la manivelle.
- J, Coulisseaux qui maintiennent fixe la mâchoire inférieure des pinces I) pendant que la partie supérieure est ouverte par la fourchette E ; ces coulisseaux glissent sur les montans du tympan et s’y fixent par des vis de pression J' J’, suivant la dimension du papier.
- K, Cercles de fer formant feuillure , rapportés sur le cylindre de pression ; ils sont destinés 1°. à conduire exactement les bandes de cuir qui forment les côtés de la partie mobile du tympan ; 2°. à compenser la différence d’épaisseur entre le cuir et le drap, et faire que l’un et l’autre, enroules sur le tympan , aient le même développement. Si 1 on ne prenait pas cette pré-
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- caution quand il y a une grande différence entre les épaisseurs du drap et du cuir, il en résulterait que si ce dernier est le plus faible, les feuilles de papier se déchireront à leurs extrémités, et que dans le cas contraire elles se plisseront.
- L, Drap du tympan, fixé par ses extrémités, sur des traverses à crochets.
- M, fig- 5, Crochets auxquels s’accroche le drap du tympan.
- N, Roulette qui se fixe à volonté sur les montans du tympan et sous les pointures ; elle offre un point d’appui qui facilite à l’ouvrier le placement de la feuille.
- O, Pièce de fer mince, en forme de bec, qui ouvre et maintient écartées les pinces du bas, pendant que l’ouvrier enlève la feuille imprimée et la remplace par une autre.
- P, fig. 5, Pinces du bas , garnies , comme celles du haut, de ressorts à boudin, montés sur les tourillons qui les terminent, et dont l’action tend à les fermer.
- Q , Bandes de cuir formant les côtés du tympan et qui conduisent la feuille de papier. Ces bandes s’attachent d’un bout au point fixe S {fig. 3 ), et de l’autre elles se terminent par un cordon T, qui va s’attacher au point fixe U {fig. 1 ).
- R, Montans du tympan.
- T, Cordons du tympan.
- U, Point d’attache de ces cordons.
- V, Poulies sur lesquelles passent les cordons du tympan.
- X, Vis qui fait couler l’extrémité des supports Y du tympan dans une fente pratiquée dans les montans R, et qui fait varier l’inclinaison de celui-ci, suivant les habitudes de l’ouvrier.
- Y, Supports du tympan.
- Impression.
- a, Cylindre qui opère la pression.
- by Galets qui, en appuyant contre les bandes de fer formant les côtés de la machine, augmentent, au moyen de la vis c, la pression du cylindre sur les caractères.
- et. Côtés du bâtis du chariot qui conduit le cylindre de pression.
- e, Chaîne qui communique le mouvement à toute la machine.
- e e', Roues dentées sur lesquelles passe la chaîne.
- /, Bandes de cuir qui garnissent les bandes de fer et sous lesquelles se placent des hausses en papier aux endroits où l’on veut diminuer la pression.
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- g, Jïg. 6, Petits galets montés en dedans des côtés du bâtis du chariot, et destinés à maintenir celui-ci à une égale distance des grandes bandes.
- h, Équerre qui , à la fin de la première course du cylindre de pression, rencontre l’extrémité du levier i et fait descendre le marbre portant les
- caractères.
- i, Levier qui décroche le mentonnet /, au moyen duquel le marbre est tenu élevé.
- /, Mentonnet réuni au levier k, et qui se décroche quand le cylindre de pression a achevé sa première course.
- k, fig. 3, Levier en forme d’Y, qui, en agissant sur celui en forme de V, soulève le marbre par ses quatre angles.
- l, Levier en forme de V, qui reçoit son action du précédent et fait les mêmes fonctions.
- m , Extrémité du levier k, sur laquelle vient s’appuyer le chariot du cylindre de pression lorsqu’il revient au point de départ ; ce mouvement élève la forme de caractères au moment où le cylindre de touche part pour venir y déposer l’encre.
- n, Marbre maintenu par ses bords dans une rainure.
- o, Espace occupé par les caractères.
- p, Vis formant points d’appui pour les leviers k et l. Ces vis s’élèvent ou s’abaissent suivant le plus ou le moins de hauteur des caractères ou d’épaisseur du drap.
- q, Tige qui réunit le contre-poids de la forme au levier A: / elle est placée dans une position diagonale, qui tend à faire accrocher le mentonnet j lorsque le chariot abaisse la partie m du levier k.
- r, Romaine sur laquelle se place le contre-poids s, en raison des variations de pesanteur des formes.
- v, Contre-poids de la forme, qui a pour objet d’adoucir la chute du marbre lorsque le mentonnet j est décroché.
- Distribution de Vencre.
- 1, fig. 2 et 41, Règle en fer contre laquelle tourne le cylindre qui règle la distribution ; elle est inclinée, afin que l’encre qu’elle porte à sa partie inférieure tende toujours à se déposer sur le cylindre.
- 2, Cylindre en fer constamment baigné par l’encre à sa partie inférieure qui joint la règle; il n’en laisse passer que la quantité nécessaire pour l’impression, et ne prend son mouvement que par attouchement avec le cylindre placé au-dessus : pour cet effet, il est élevé par le levier 12, sur
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- lequel agit le poids 11 , lorsque le chariot du cylindre de pression n’est plus distant que de 3 pouces de sa place. A l’instant où ce chariot finit sa course rétrograde , le levier et le poids se trouvent accrochés de nouveau et restent ainsi sans action pendant presque tout le temps du jeu des autres parties de la machine.
- 3, Vis de rappel qui règle l’écartement entre la règle et le cylindre.
- 4, Cvlindre qui communique le mouvement à l’appareil de la distribution ; ii est composé d’une matière plus ferme et plus résistante que le cvlindre de touche, auquel il donne le mouvement de rotation qui opère la distribution.
- 5, Cvlindre de touche qui va porter l’encre sur les caractères ; il peut s’enlever de dessus le chariot au moyen des anneaux placés sur ses coussinets.
- 6, Brosse qui a un mouvement horizontal alternatif très - précipité et qui, agissant dans le sens longitudinal des cylindres, assure l’exacte distribution de l’encre.
- 7, Petit tambour dont la rainure oblique communique, au moyen du levier 8, le mouvement alternatif à la brosse.
- 8, Levier qui transmet à la brosse le mouvement du tambour 7.
- 9, Châssis sur lequel est montée la brosse.
- 10, fig. 1, Petites racles en cuir qui se fixent contre les bords du cylindre de fer 2 et en face des blancs ménagés dans le sens de la longueur de la forme : leur objet est d’éviter que l’encre ne s’amasse sur les parties correspondantes de l’appareil, et donne plus de couleur aux rangées de caractères qui bordent ces blancs qu’aux autres.
- 11, Poids du levier de l’encrier.
- 12, Levier de l’encrier.
- 13, Bride à échappement, qui tient soulevé le levier de l’encrier pendant tout le temps que l’encre ne doit pas communiquer avec les cylindres qui la distribuent.
- 14, Crochet ou tirant sur lequel agit l’extrémité du levier 12 pour élever le cylindre de fer. Ce crochet appuie seulement sur le levier et donne la facilité d’enlever l’appareil de la distribution.
- 15, Côté du bâtis dans lequel cet appareil est établi. Sa partie inférieure forme deux pieds, munis d’une poignée pour le saisir.
- 16, Mentonnet qui arrête le cylindre de touche sur l’appareil de la distribution. Sa partie inférieure forme une courbe excentrique qui, en agissant contre la partie inférieure de la traverse 22, sert à vaincre la forte adhérence des cylindres l’un contre l’autre, au moment du départ du cylindre de touche.
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- 17, Levier qui, étant tiré par la tige 18, ouvre le mentonnet 16.
- 18, Tige que fait mouvoir le chariot du cylindre de pression au moment où, revenant à sa place, il laisse libre la planche de caractères.
- 19, Chariot portant le cylindre de touche.
- 20, Coussinets maintenus par de petites tiges perpendiculaires ; iis servent à élever à volonté le cylindre de touche au moyen de petites poignées.
- 21, Chaînes qui conduisent le chariot du cylindre de touche.
- 22, Traverse du chariot ; elle est montée de manière que les deux roues qui raccompagnent soient toujours dans le même plan avec les autres roues, afin que le cylindre porte également sur toutes les parties de la forme.
- 23, Houes antérieures du chariot.
- 24, Roues postérieures, garnies de plomb, pour préserver le chariot de la secousse qu’il pourrait éprouver au moment où le mouvement rétrograde lui est imprimé : ces roues sont en outre munies d’une joue formant feuillure à leur circonférence pour les empêcher de dévier.
- 25, Dents pratiquées à l’un des bouts du cylindre de touche et dans lesquelles s’engage un taquet XV, qui opère le changement de mouvement.
- Mouvement alternatif du cylindre de touche.
- I, Poids qui en descendant fait avancer le chariot du cylindre de touche au moment où le mentonnet 16 le décroche.
- O, Autre poids qui, en remontant le précédent, communique au cylindre de touche son mouvement rétrograde ; ce poids est lui-même remonté ensuite par les deux derniers tours de la manivelle, L’un et l’autre sont suspendus par des courroies qui, en augmentant le diamètre du tambour, sur lequel elles s’enroulent, augmentent aussi l’action des poids au moment de leur départ, et la diminuent ensuite à mesure qu’ils descendent.
- III, fig. 14, Vis sans fin qui fait trois tours lorsque le poids I descend : l’extrémité, de son filet prend brusquement une direction horizontale pour terminer son action par un mouvement plus vif.
- IV, Levier dirigé par le filet de la vis sans fin ; il va frapper de son extrémité opposée la tige V, que rappelle un ressort à boudin,^. 13.
- V, Tige qui, étant poussée du côté de la manivelle par le levier IV, s’accroche dans un mentonnet à double biseau. Son autre extrémité, terminée aussi en biseau , forme le mentonnet, qui , en s’accrochant dans la pièce VI, remonte le tambour VIL
- VI, Équerre à angle aigu , dont l’objet est de former l’arrêt du tambour du gros poids ; quand cette équerre est accrochée par l’extrémité de la tige V, sa plus longue branche devient perpendiculaire au tambour : alors elle tire
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- ie pêne qui traverse le tambour, et le dégage de l’arrêt IX monté sur la roue dentée XII.
- VII, Tambour sur lequel s’enroule la courroie du gros poids.
- VIII, Ressort en spirale appuyant sur le pêne qui traverse ce tambour.
- IX, Arrêt fixé sur la roue qui communique le mouvement au moyen duquel le poids II est remonté.
- X, Roue de renvoi montée libre sur son arbre.
- XI, Roue montée sur l’arbre de la vis sans fin.
- XII, Grande roue qui engrène dans la précédente.
- XIII, Arrêt qui reçoit le mentonnet de la tige V lorsqu’agit le levier IV. Ce mentonnet, après avoir dépassé l’arête formée par les deux biseaux , est forcé de reculer par l’effet de la pression exercée sur lui par le biseau de derrière, au moyen d’un ressort d’une force double de celui à boudin de la tige V, qu’il fait céder dans ce moment. Cet échappement prolongé a pour objet d’éviter qu’aucune partie du mécanisme ne puisse s’accrocher. La tige V ainsi arrêtée échappe ensuite en glissant de côté, lorsqu’elle se trouve entraînée par le mouvement de l’arbre de la manivelle.
- XIV, Pièce sur laquelle se monte une paillette garnie d’un taquet saillant XV, qui s’engage dans les dents 25 du cylindre de touche, et qui opéré, sans toucher les caractères, le changement de mouvement de ce cylindre lorsqu’il prend sa course rétrograde, afin de prévenir l’empâtement des caractères par une trop grande quantité d’encre qui y serait déposée.
- Rapport fait par M. Tarhé, au nom du Comité des arts
- mécaniques y sur une échelle et une pompe a incendie de
- Vinvention de M. Kermaree , second maître pompier au port
- de Brest.
- M. le comte de Gourdon, commandant de la marine royale à Brest, vous a transmis les mémoire, plans et modèles d’une échelle et d’une pompe à incendie adaptée à cette échelle, imaginées par M. Kennarec, second maître pompier au port de Brest. M. de Gourdon appelle votre attention sur cette invention, dont les résultats peuvent être d’un grand secours pour l’humanité, et en même temps il recommande à votre bienveillance un artiste dont vous pouvez apprécier l’intelligence d’après la perfection d’exécution des modèles qui sont sous vos yeux.
- M. Kermaree, après avoir signalé dans son mémoire les difficultés et les dangers qu’il croit avoir remarqués dans les échelles à incendie présentement en usage, s’est proposé d’y obvier par son nouveau moyen.
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- L'échelle qu’il propose est établie sur un chariot à quatre roues avec son avant-train , et composée de trois parties rentrant l’une dans l’autre ; elle peut, en arrivant au lieu de l’incendie, servir d’un côté comme de l’autre, puisqu’elle est placée au centre du chariot. On peut la traîner toute montée ou allongée sur le chariot, attendu qu’elle fait bascule; et cette dernière disposition donne la faculté de la faire passer sous une porte de 5 pieds et demi de hauteur sur 4 pieds et demi de largeur ; on peut aussi la démonter du chariot et l’employer seule. Quand elle est sur le chariot, six hommes suffisent pour la conduire aussi facilement qu’une pompe à incendie ; elle ne pèse qu’environ 200 kilogrammes quand elle est construite en bois de sapin et le chariot en bois de chêne. On ne court pas le risque de blesser quelqu’un en la transportant ou en la mettant en place ; elle permet de porter des secours aux premier, deuxième et troisième étages à-la-fois, en même temps que sur les toits. Une caisse placée au centre de l’échelle et une galerie avec trappe pratiquée à son extrémité supérieure , procurent l’avantage d’y placer des hommes avec leurs outils et ustensiles. La caisse est principalement destinée à descendre les enfans , les blessés et les personnes surprises par le feu : elle recevrait aussi les objets précieux. Deux pompiers placés dans cette caisse peuvent diriger les jets des pompes sans crainte de tomber, on peut même y placer une petite pompe à cheminée, qui serait alimentée d eau par les pompes inférieures ; et dans ce cas , le jet de cette pompe serait dirigé par l’homme placé dans la galerie supérieure. L’auteur décrit en même temps les appareils qui servent à dresser l’échelle et à faire manœuvrer la caisse et les pompes ; enfin, il fait observer que son échelle pourrait servir aux grands apparaux de charpente et de maçonnerie, aux réparations des voûtes, dômes et autres lieux élevés, et à tous autres travaux qui exigent des moyens analogues.
- Indépendamment de l’échelle, M. Kermarec a pensé qu’il serait utile de placer à son centre une pompe, et à cet effet il a imaginé une nouvelle pompe à incendie dont il donne la description. Cette pompe foulante et aspirante est composée de quatre corps et d’un récipient qui a trois sorties , l’une perpendiculaire et les deux autres horizontales : ces corps sont disposés de manière à agir séparément ou simultanément. L’auteur pense qu’on pourrait aussi 1 établir à bord d’un vaisseau , en remplacement de la pompe à laver qui existe au pied du grand mât, et qu elle offrirait de plus grands avantages.
- D'après l’exposé que nous venons de faire, il est aisé de voir que la manœuvre de l’appareil exige beaucoup de =oin et de précaution : aussi
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- l’auteur dorme dans son mémoire une instruction détaillée pour la mise en activité de l’échelle sans pompe et de l’échelle avec pompe.
- Votre attention, Messieurs, a déjà été appelée souvent sur les divers moyens proposés pour porter du secours aux personnes qui se trouvent malheureusement placées dans les étages supérieurs des bâtimens ou édifices attaqués par le feu, et qui ne trouvent aucune issue pour se soustraire aux progrès de l’incendie, lorsque les appartemens qui communiquent aux escaliers ou lorsque les escaliers eux-mêmes sont embrasés. Ces moyens , plus ou moins ingénieusement conçus, ont tous un but respectable et qu’on ii e saurait trop encourager, celui de secourir l’humanité ; aussi vous êtes-vous toujours empressés d’accueillir les propositions de ce genre. Les , mémoires, les projets, les modèles même, ne manquent pas; on en voit beaucoup au Conservatoire des arts et métiers : comment se fait-il donc qu'on en fasse si peu d’usage ? Il faut croire que , dans l’application , il se présente une foule de difficultés que la théorie n’a pas prévues ou qu’elle n’a pas résolues: en effet, chaque système pourrait n’avoir qu’une propriété spéciale , tandis que pour obtenir des avantages universels il faudrait compliquer les moyens de manière à les rendre peut-être impraticables, soit sous le rapport de la dépense, soit sous celui de la sécurité et de la célérité dans les manœuvres. S’il en était autrement, on serait fondé à se plaindre du défaut d’emploi de tant de machines qui ont coûté beaucoup d’efforts à leurs auteurs, et qui ont été approuvées ou couronnées par l’Institut et par d’autres Sociétés savantes.
- La machine de M. Kennarec avait paru à votre Comité plus compliquée que les précédentes et offrir moins de stabilité. Sa base n’avant que le septième environ de la hauteur, on ne pouvait en empêcher le renversement que parues étais; d’ailleurs la position verticale de l’échelle, avec laquelle les marins,des mineurs et les pompiers peuvent se familiariser, serait extrêmement dangereuse pour les personnes qui n’auraient pas ce genre d’habitude.
- L’auteur a fait disparaître ces inconvéniens. Son appareil perfectionné a été soumis à une Commission nommée par M. le comte de Gourdon et composée d’un capitaine de vaisseau, d’un capitaine d’artillerie et d’un ingénieur de constructions navales. Les expériences faites en présence des commissaires, dont le rapport est ci-joint, ont produit des résultats satisfaisans sans augmenter le prix de l’appareil, qui est de 1,200 francs.
- Votre Comité pense, Messieurs, que M. Kermarec a très-bien résolu la question qu’il s’était proposée. En adressant à cet artiste ingénieux des remercîmens pour sa communication, nous vous proposons d’inviter S. Exc. le Ministre de l’intérieur à faire l’acquisition d’un modèle de la nou-
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- velle échelle à incendie, telle qu’elle a été perfectionnée, pour être déposé au Conservatoire des arts et métiers : ce modèle pourrait être fait sur une échelle du cinquième des dimensions de grandeur naturelle.
- Le Comité ne prétend pas décider que l’échelle de 31. Kermnrec soit préférable aux autres procédés qui ont déjà mérité la reconnaissance publique; mais en cette matière on ne peut trop multiplier les machines imaginées pour porter des secours ; elles ont chacune des propriétés spéciales dont le choix est subordonné aux localités et à une foule de circonstances particulières qu’il serait imprudent de généraliser. Par ces motifs, votre Comité pense qu'il convient de faire insérer au Bulletin de la Société le présent rapport, et de faire graver l’appareil inventé et perfectionné par M. Kermarec, pour être publié par la même voie (1).
- Adopté, en séance , le 17 septembre 1822.
- Signé Tarbé, rapporteur.
- Rapport de la Commission chargée par M. le comte de Gourdon et examiner une nouvelle échelle à incendie inventée par M. Kermarec.
- La Commission devant s’occuper spécialement de faire des expériences comparatives entre l’échelle actuellement en usage et celle proposée , les a fait partir d’un même lieu pour se rendre au point où elles devaient être élevées. L’échelle ordinaire a été rendue et matée à 30 pieds de hauteur en dix minutes ; celle proposée a été élevée à 38 pieds en six minutes. Four la première, on a employé vingt-six hommes , et six pour la seconde cette dernière présente donc l’avantage d’être plus facile à manœuvrer, et, par conséquent, de procurer des secours plus prompts. Le chariot sur lequel elle est couchée offre, la facilité de la conduire dans des endroits où l’autre échelle ne pourrait peut-être pas arriver, au moins sans beaucoup de peine , de temps perdu et sans courir le danger de blesser quelqu’un.
- Comme moyen de sauvetage, elle présente cet avantage, que les personnes obligées de sortir par une fenêtre trouvent dans la galerie supérieure un refuge contre les progrès de l’incendie ; qu’elles peuvent emporter leurs effets les plus précieux et être doucement rendues à terre sans s exposer, comme sur l’échelle ordinaire, à devenir victimes d’un malheur toujours redouté dans ces événemens par les personnes timides, telles que les femmes et enfans, qui, ayant perdu connaissance, seraient egalement
- (i) 3N'ous donnerons , dans un de nos prochains numéros , ia figure et la description détaillée ne i’e-h elle à incendie de M. Kermnrec.
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- sauvés dans cette galerie avec moins de danger et plus de facilité que par l’échelle ordinaire.
- Comme moyen de faciliter le travail des pompiers, elle permet d’atteindre à une hauteur plus grande, que l’on augmente encore en se servant d’une échelle supplémentaire très-légère , qui suit toujours le chariot et qui peut se placer, au besoin, dans la galerie supérieure, S’il s’agit de la sape, les pompiers travailleront avec plus de sécurité et plus de force que montés sur une échelle ordinaire , et ils pourront diriger un jet dans l’intérieur d’un appartement d’une manière bien plus efficace. Une caisse placée dans la partie inférieure de l’échelle d’en haut, contient une pompe à main que l’on peut alimenter par les pompes d’en bas, et par ce moyen porter l’eau à une grande élévation. Cette caisse communique avec la galerie supérieure au moyen d’une trappe, et peut aussi servir à sauver du monde ou des effets ; deux grappins pour assurer l’échelle et différons outils ont leur place en dehors de la galerie.
- Les vireveaux établis à l’avant et à l'arrière du chariot servent à mater très-promptement l’échelle ; les deux autres vireveaux, qui précédemment étaient placés entre les mon tans de la première échelle pour le déploiement des deuxième et troisième , ainsi que leur diamètre, empêchaient le système de la troisième de descendre jusqu’à la base de la deuxième. Actuellement l’inventeur les a établis en dehors de ces montans , au moyen des coussinets placés sur leur face extérieure • il gagne par là 4 pieds sur la longueur de la troisième échelle, et ayant donné plus de diamètre aux vireveaux, le mâtage en est encore plus prompt. Chaque vireveau se trouve dans l’une des faces parallèles au mur, et deux cordages attachés aux extrémités de chacun passent d’abord dans une poulie à deux rouets, percée dans le milieu de la partie supérieure de la face perpendiculaire au mur ; puis les deux du même vireveau passent ensuite dans une poulie à un rouet, percée dans la partie supérieure de l’échelle que le vireveau doit mettre en mouvement, et viennent faire dormant au milieu de la partie inférieure de cette échelle , toujours dans la face perpendiculaire au mur : de cette manière, l’effort pour le mater se trouve dans l’axe.
- Deux supports qui s’allongent par le moyen d’une vis soutiennent le chariot, et empêchent son renversement vers les maisons du côté oppose de la rue. Des accores partant du châssis supérieur de chaque échelle viennent s’appuyer sur celui de l’échelle immédiatement au-dessous, et pour celle qui est fixée au chariot, ils s’appuient sur le terrain : ces accores, étant fixés contre les montans de l’échelle , ne peuvent avoir plus de longueur que ces montans.
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- On allonge ceux de la deuxième et troisième échelle en faisant sortir du pied une pointe en fer qui est engagée au moyen d’un pas de vis très-long.
- Ceux de la première échelle ont une allonge passant par un étrier et se fixant, à une longueur voulue, par un boulon. Sur les côtés perpendiculaires au mur des châssis supérieurs de chaque échelle, sont placées des tringles en bois , qui, glissant dans un étrier fixe, vont lui fournir un appui contre le mur; mais, comme l’échelle peut osciller parallèlement au mur, l’inventeur a ajouté un étrier tournant , de manière à ce que l’arc-boutant qui passe à travers puisse faire, horizontalement avec le mur, un angle de 45° : leurs bouts, garnis d’une pointe de fer fichée dans le mur, trouveront un obstacle suffisant aux mouvemensque pourrait prendre l’échelle parallèlement au mur; ajoutant encore â ce moyen de stabilité celui d’un grappin accroché dans l’une des croisées et contre la galerie de l’échelle, on peut agir avec sécurité.
- L’inventeur ayant donné 4 pieds de longueur en plus au chariot et 10 pouces de largeur, en même temps qu’il a baissé de 6 pouces la plateforme , ces changemens, ainsi que les bois de sapin qu’il emploie dans les hauts, contribuent^ augmenter la stabilité de la machine. La Commission pense que l’échelle, ainsi construite, offre une solidité suffisante pour l’usage auquel elle est destinée; elle conçoit l’espérance que cette machine, aussi ingénieuse qu’utile, pourra fixer l’attention du gouvernement, puisque son adoption offrirait un avantage marqué sur ce qui existe actuellement. La Commission croit donc devoir recommander à la bienveillance de M. le commandant de la marine, le sieur Kermarec, dont le procédé ingénieux peut rendre de très-grands services à la société.
- Brest, le 27 avril 1822.
- Signé Lemoine , capitaine de vaisseau.
- Malaizé , capitaine d’artillerie.
- Zenie , sous-ingénieur de marine.
- Rapport fait par M. Francœur, au nom du Comité des arts mécaniques sur un moyen proposé par M. lleviilon, horloger à Mâcon, pour se procurer de bonnes huiles à Vusage de l horlogerie.
- On sait à combien d’inconvéniens on est exposé en horlogerie par 1 usage des huiles qui servent à adoucir les frottemens des pivots des montres et des pendules. On a proposé l’huile de ben comme n’ayant aucun
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- des défauts qu'on reproche à l’huile d’olive , qui pourtant est seule employée, et est en effet préférable à toutes les huiles lorsqu’elle est convenablement choisie; il paraît du moins que celle de ben ne remplit pas les conditions exigées, puisqu’elle n’est point en usage, par divers motifs inutiles à exposer ici ; et quant à celle de pied de bœuf , il paraît que l’odeur fétide et pénétrante qu’elle exhale empêche de s’en servir : cette dernière, lorsqu’elle est pure et limpide, parait devoir être souvent préférée et a de grands a va otages.
- M. Revïllon, habile horloger de Mâcon, indique le moyen suivant comme propre à donner des huiles d’olive d’excellente qualité pour l’usage de l’horlogerie.
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- Sur une plaque de cuivre rosette de 6 lignes d’épaisseur, on fait une trentaine de petites fossettes, creuses de 4 lignes et de 3 de diamètre : ces fossettes portent chacune un numéro. On prend des huiles de différente qualité, et on met une goutte de chacune dans l’un des trous de la plaque de cuivre, en ayant soin de faire porter à la bouteille le même numéro que celui de la fossette où elle est mise en épreuve. Selon M. Revillon , l’huile qui est la meilleure est celle qui tarde le plus à oxider les métaux : en conséquence, à la seule inspection on reconnaît, au bout de quelques jours , quelle est de toutes les huiles éprouvées celle qui doit être préférée pour l’usage de l’horlogerie.
- Il faut avoir soin, à chaque épreuve, de nettoyer la plaque et les fossettes avec du tripoli, pour que le tout soit parfaitement décapé et jouisse de l’éclat métallique le plus brillant, comme aussi de conserver la plaque et les huiles qui y sont en expérience dans un lieu à l’abri de la poussière, du soleil, de la chaleur vive, etc.
- l\I. Bréguet, qui recherche depuis si long-temps les moyens de perfectionner l’huile pour l’usage des horlogers , pense que le caractère d’oxida-tion rapide n’est pas le seul défaut des mauvaises huiles : d’ailleurs il sait que les huiles récentes, qui oxident rapidement le cuivre, cessent quelquefois de produire cet effet avec autant de promptitude, lorsqu’on les a conservées un an ou dix-huit mois; il a vu des huiles d’olive d’un excellent emploi qui , quelques mois avant, oxidaient très-vite le cuivre : d’où on pourrait inférer qu’une huile devient souvent très-bonne en la laissant vieillir
- Cependant comme rien de ce qui se rapporte à ce sujet intéressant ne doit être négligé , que l’action des huiles sur les points en friction exerce un funeste effet sur les pivots des montres précieuses, et qu’il convient de multiplier le plus possible les moyens d’épreuve, les membres du Comité
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- des arts mécaniques pensent qu’on doit remercier M. Revillon de sa communication, et insérer le présent rapport au Bulletin pour répandre la connaissance du sujet qui y est traité.
- Adopté en séance, le 24 décembre d 822.
- Signé Francoeur , rapporteur.
- Note sur un pont suspendu , en fer forgé, construit en
- Angleterre.
- Il existe entre l’île d’Anglesey et le pays de Galles un bras de mer nommé le Menai, où la marée est si violente qu’on n’a jamais pu y établir de pont. M. Telford, habile ingénieur, a imaginé d’en suspendre un à de fortes chaînes, d’où descendent des barres verticales de la longueur convenable pour que , malgré la courbure que prennent nécessairement les chaînes tendues, le pont qu’elles portent soit parfaitement horizontal au-dessous. L’intervalle, entièrement libre et sans support, d’une culée à l’autre, est de 580 pieds. Chacune de ces culées, qui sont en maçonnerie, porte une pyramide en fer de 50 pieds de haut, sur laquelle passent les chaînes. Le pont est élevé de 126 pieds au-dessus des hautes marées , afin que les navires puissent passer dessous à pleines voiles. Il a 28 pieds de large , et il est partagé dans sa largeur en trois parties ; savoir, un trottoir pour les piétons , large de 4 pieds , qui occupe le milieu, et deux voies charrières, de 12 pieds chacune, de part et d’autre. Les culées sont formées de plusieurs arcades à jour, pour laisser passer les voitures qui côtoient l’eau. Les chaînes, après avoir passé sur les pyramides de fer, descendent, avec diverses obliquités, sur les culées, où elles sont fortement amarrées par des chaînes secondaires. Les arches des culées ont 50 pieds de diamètre et sont composées d’énormes blocs de pierre calcaire ; les maîtresses culées , qui portent les pyramides de fer, ne sont pas massives , mais creuses à l’intérieur dans presque toute leur longueur.
- La force des chaînes de ce pont a été éprouvée par des charges composées d’hommes serrés les uns contre les autres. On a trouvé que cette espèce de masse vivante était plus pesante et plus disponible, sur une étendue donnée, qu’aucune juxta-position de quadrupèdes, qui laissent beaucoup d’espace vide sous leur ventre, et qu’on ne maintient pas facilement en repos sur des bases mobiles et diversement inclinées.
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- Vingt-unième année. Décembre 1822.
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- ARTS CHIMIQUES.
- Dorure factice employée dans VInde..
- Les naturels de l’Inde appliquent sur les ouvrages en fer une composition particulière, presque aussi belle que la dorure, et qui ne coûte guère plus que lapeinture commune. Cette composition se prépare de la manière suivante :
- On verse dans un bambou qui peut avoir un pied de long sur 2 à 3 pouces de diamètre une certaine quantité d’étain pur fondu , et l’on ferme aussitôt l’ouverture par laquelle le métal a coulé. En agitant le tout avec beaucoup de violence, l’étain se réduit en une poudre grisâtre très-fine. Après avoir tamisé cette poudre, afin d’en séparer quelques parties grossières qui peuvent s’y rencontrer, on la mêle avec de la glu fondue , et on broie le mélange sur une pierre, avant de le verser dans des vases d’une certaine profondeur, ou plus ordinairement dans des noix de coco.
- Pour se servir de cette composition, il faut qu’elle ait la consistance d’une crème légère, et alors on l’applique avec un pinceau comme la'peinture ordinaire. Lorsqu’elle est sèche, elle a l’apparence de la couleur commune grise; mais, brunie avec une agate, elle perd cette teinte et ressemble à une couche uniforme et brillante d’étain poli : couverte ensuite d’un vernis blanc ou coloré , la composition offre l’aspect de l’argent ou de l’or. ( Edinb. philos. Journal. )
- ARTS ÉCONOMIQUES.
- Nouvel emploi de limite goudronneuse de houille dans la préparation du gaz hydrogéné pour Véclairage.
- On a trouvé récemment en Angleterre un moyen simple et économique d’employer l’huile goudronneuse qu’on obtient par la distillation du charbon de terre , et dont on a fait jusqu’à présent peu d’usage. On mêle cette huile avec de la sciure de bois bien sèche ou avec du bois de campêche dont les teinturiers se sont déjà servis, et on en forme une espèce de pâte qu’on met dans la cornue au lieu de charbon, après l’avoir fait bien égoutter. On a reconnu que 200 livres de cette substance donnent plus de gaz et moins d’odeur que la même quantité de houille.
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- CORRESPONDANCE.
- Lettre de S. Exc. le Ministre de la guerre a M. le Président de la Société d Encouragement.
- Paris, le 28 décembre 1822.
- Monsieur, il a été décidé par mon prédécesseur qu’il serait accordé un prix de 3,000 francs à celui qui proposerait le meilleur procédé pour garantir les émouleurs des manufactures d’armes et les eaillouteurs de la poussière nuisible qui se dégage pendant leurs travaux.
- La première partie de la question ayant été résolue dans les manufactures d’armes par la substitution de l’émoulage à meules humides à celui qui avait lieu précédemment sur des meules sèches, et la seconde n’ayant provoqué aucune solution, j’ai décidé que le prix entier de 3,000 fr. serait de nouveau offert à la personne qui proposera le meilleur procédé pour garantir les eaillouteurs de la poussière nuisible qu’ils respirent dans l’opération de la taille des pierres à feu.
- La première décision du 15 janvier 1819 ayant été insérée dans la dix-huitième année du Bulletin de la Société, page 8, je vous invite à vouloir bien faire insérer ce nouvel avis dans l’un des prochains numéros, en faisant connaître que les mémoires doivent être adressés au Ministère de la guerre (bureau de l’artillerie) avant le 1er juillet 1823.
- La notice ci-jointe, qui fait partie de celle qui vous a été adressée en 1819, fait connaître la difficulté que présente la question.
- J’ai l’honneur d’être, Monsieur, avec une considération très-distinguée ,
- Votre très-humble et très-obéissant serviteur ,
- Le Maréchal, Ministre secrétaire d’Etat de la guerre, Signé de Bellune.
- Notice sur la taille des pierres a feu.
- Les ouvriers qui taillent les pierres sont aussi ceux qui en exploitent les carrières , et cette exploitation a lieu au moyen de galeries non étançonnées, dans lesquelles ils cheminent suivant une profondeur d’environ 40 pieds. La nature des terres de la carrière et la misérable construction des galeries sont telles, qu’ils sont exposés à périr sous les éboulemens ou à en sortir
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- mutilés, ce qui arrive trop souvent. Ils ont en outre à redouter tous les autres inconvéniens des travaux des mines.
- Lorsque, sortis des carrières, ils se livrent à la fabrication des pierres , ils aspirent continuellement, comme les émouleurs de lames de sabre, une poussière siliceuse qui résulte du choc du marteau contre le silex , laquelle, composée de cristaux dans un état d’extrême ténuité, se fixe sur les poumons et détermine la pulmonie, dont ils périssent tous de vingt-cinq à quarante ans.
- Pour fendre les cailloux, les ouvriers les placent d’abord autour du feu si le temps est humide ou froid , ou ils les mettent au soleil s’il fait beau temps, parce qu’ils sont trop humides en sortant de la carrière. Ils ont soin , dans tous les cas, de se garantir du vent, quelque faible qu’il soit, au moyen d’une espèce de claie qui leur est adossée. L’humidité et le vent nuisent à l’action de fendre les silex ; ils se fendent mal aussi quand ils sont trop secs.
- Les caillouteurs, étant assis, prennent en main un silex, le tournent jusqu’à ce qu’ils voient qu’à l’aide d’un coup de marteau donné sur une des faces ils puissent l’ouvrir en deux : ce marteau en fer et à tête carrée est fait en forme de petite masse. Ils prennent ensuite un autre marteau en acier à deux pointes, et tenant d’une main un des morceaux du silex qu’ils viennent de fendre, ils appliquent sur un de ses bords, du côté où il a été ouvert, un coup assez léger de ce second marteau. Ce, choc sépare du morceau un éclat, qui part de haut en bas et que l’on appelle copeau. Les coups de marteau doivent être donnés perpendiculairement à la surface supérieure du silex.
- Les silex étant divisés en copeaux , les caillouteurs les transforment en pierres à fusil de la manière suivante : les ouvriers étant assis près d’un gros billot, prennent un copeau, dont ils appuient successivement les bouts à angle droit sur un ciseau d’acier fixé sur le billot, les frappent à petits coups avec un troisième marteau appelé roulette, à cause de sa forme , et façonnent ainsi les flancs, le talon , et régularisent la mèche.
- Le ciseau , qui est en biseau des deux côtés, doit être élevé au-dessus de la surface du billot d’environ 3 pouces 6 lignes, et être incliné de 20 degrés du côté de l’ouvrier.
- Le poids des silex est ordinairement de 20 à 25 livres; mais il y en a qui pèsent jusqu’à 100 livres : on ne taille guère ceux au-dessous de 2 livres. Un bon ouvrier prépare raille copeaux en un jour, ou fait cinq cents pierres à fusil.
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- Ouvrages offerts à la Société pendant l année 1822.
- Prospectus d’une ferme expérimentale établie dans le département de la Gironde ; par M. Dortiç.
- Le Cultivateur français ; par Pierre Lerond. 1 vol. in-12.
- Discours prononcé lors de la distribution des prix pour l’École d’enseignement mutuel de musique, à Metz ; par M* Herpùu
- Analyse des travaux de la Société des amis des arts du Mans pendant l’année 1821 ; 1 vol. in-8°.
- Moyen d’améliorer l’agriculture en France, particulièrement dans les provinces les moins riches et notamment la Sologne; par M. Bigot de Moro gués. 1 vol. in-8°.
- Bazar parisien ou Tableau raisonné de l’industrie parisienne ; par M. Ch. Malo, deuxième édition. 1 vol. in-8®.
- Almanach du commerce, pour l’année 1822; par M. le chevalier Bottin. 1 gros vol. in-8°.
- L’Art de faire la bière; par M. Dufief'. 1 vol. in-8°.
- De la culture des mûriers ; par M. Bonafous. Broch.
- Dictionnaire technologique; par MM. Francœur, Pajen, Molard, etc. : premier, deuxième et troisième volumes, accompagnés de trois livraisons de planches.
- Catéchisme d’économie politique; par M. J.-B. Say, deuxième édition. 1 volume in-12.
- Recherches pour découvrir la cause et la nature d’accidens très-graves à bord d’un bâtiment chargé de poudrette; par M. Parent du Châtelet.
- Recherches et considérations sur la rivière de Bièvre ou des Gobelins; par le même.
- Discours prononcé par M. le duc delà Vauguyon,à la Chambre des pairs, sur le budget de 1822.
- Programme des prix proposés par la Société académique des sciences.
- Recueil de tableaux d’arithmétique composés pour les écoles élémentaires ; par M. Jomard.
- Notice historique sur la vie et les travaux de M. le marquis de Cubières ; parM. Challan.
- De l’Administration de l’agriculture appliquée à une exploitation rurale; par M. le comte de Plancy. 1 vol.
- Mémoire sur les monumens antiques du département de la Haute-Vienne; par M. Allou, ingénieur en chef des mines. 1 vol. in-8.
- Mémoires qui ont remporté le prix proposé par la Société de pharmacie de Paris pour la découverte des causes de la décoloration du sucre. Broch.
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- c 404 )
- Compte rendu des travaux de la Société des lettres, sciences et arts de Metz, pendant l’année 1 821.
- Séance publique de l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1 vol. in-8°.
- Mémoire sur la navigation de la Sarthe; par M. Lerebours, négociant au Mans.
- Théorie de l’action du charbon animal ; par M. Payen.
- Mémoire sur les essaims artificiels; par M. Lasalle, de Lyon.
- OEuvres complètes de M. le chevalier Rallier. 2 vol. in-8°.
- Rapport du Conseil de salubrité sur la construction des latrines publiques et sur l’assainissement des fosses d’aisances.
- Sur la décoloration et le blanchiment des sirops et des sucres ; par M. Pajot-Descharmes.
- Catéchisme chimique de M. Parkes. 1 vol. in-8° (anglais).
- Compte rendu des travaux de la Société d’agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon. 1 vol. in -8°.
- Mémoire sur un nouveau système d’éclairage des phares; par M. FresneL ln-4^.
- L’Art du bovaudier; par M. Labarraque. \ vol. in-8°.
- Mémoires de la Société centrale d’agriculture et des arts du département de Seine-et-Oise. 1 vol. in-8°.
- Bulletin de la Société d’agriculture, sciences et arts du département de l’Eure : cahiers de janvier à octobre 1822.
- Séance publique dé la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne. Broclr.
- Voyage pittoresque du nord de l’Italie ; par M. Bruun-Neergaard: premier volume, composé de huit livraisons in-folio, contenant chacune six planches gravées par Dubucourt sur les dessins de Naudet, et accompagnées d’un texte explicatif (1 ).
- La publication de cette belle et intéressante Collection, dont M. Mérimée a rendu compte h. la Société, le 15 avril 1 812 (voyez Bulletin, N°. XCIV, onzième année, p. 94), a <^é long-temps interrompue par l’effet de diverses circonstances. L’auteur, amateur zélé des arts, n’a point voulu la laisser incomplète , et il vient de terminer le premier volume , dont il a fait hommage à la Société.
- Ce volume contient quarante-huit planches gravées à l’aqua-tinte avec un
- (1) Prix de chaque livraison 26 francs, papier vélin satiné grand-aigle, et 12 francs, papier ordinaire-On souscrit chez l’auteur, rue du Bac, n° 63, et chez Firmin Didot, imprimeur-libraire, rue Jacob
- II". 24, :
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- talent remarquable et représentant les sites les plus pittoresques de la Lombardie, du Vicentin, du duché de Parme, etc.
- Les planches de la première livraison donnent les vues du lac Majeur et des célèbres îles Borromées ; celles de la seconde, Milan et Corne ; celles de la troisième, le lac de Côme ; celles de la quatrième, Pavieet Parme ; la cinquième, le lac de Garda ; la sixième, Vérone et Bergame ; les septième et huitième, Vicence et ses environs.
- Le second volume, également composé de huit livraisons et de quarante-huit planches , comprendra les vues les plus intéressantes de Padoue, de Venise et des nombreuses îles qui couvrent ses lagunes et qui n’avaient jamais été gravées.
- Mémoire sur le houblon, sa culture en France, son analyse, etc.; par MM. Pajen et Chevallier.
- Traité des réactifs, leur préparation, leur emploi et leur application à l’analyse chimique; par les mêmes. 1 vol. in-8°, avec planches. Chez Bachelier, libraire, quai des Augustins, n° 55.
- Les substances employées dans l’économie domestique, dans la pharmacie et dans les manufactures, comme matière première , sont souvent mélangées ou falsifiées avec tant d’art, qu’il deviendrait difficile de reconnaître ces altérations, si la chimie ne nous offrait pas dans les réactifs un moyen certain de s’assurer de leur pureté. La connaissance de ces réactifs, qui servent aussi, dans les analyses chimiques, pour désunir les combinaisons les plus intimes, décomposer les corps qui semblaient élémentaires, et déterminer exactement les rapports entre leurs parties constituantes, etc., est donc indispensable aux fabricans, aux négocians et aux chimistes, et MM. Pajen et Chevallier ont rendu un véritable service aux arts, en indiquant leurs propriétés, la manière d’en faire usage, le moyen de les préparer et de les purifier.
- L’ouvrage est divisé en neuf chapitres : le premier traite de la forme des corps, de la pesanteur spécifique, de l’influence des corps étrangers aux combinaisons, de l’action de la lumière, de l’électricité. Les auteurs déduisent eusuite les indices que l’on peut obtenir de ces connaissances préliminaires.
- Le deuxième chapitre offre succinctement la théorie de la chaleur et ses principales applications, pour distinguer diverses substances, désunir certaines combinaisons, de manière à isoler et faire connaître leurs élémens.
- Le troisième chapitre traite des corps combustibles simples non métalliques, tels que le carbone, le chlore, l’hydrogène, l’iode et le phosphore, et des métaux et oxides métalliques hydratés. Ce chapitre indique en outre les moyens employés pour réduire les oxides métalliques et apprécier la quantité d’oxigène enlevée, etc.
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- Dans le quatrième chapitre, MM. Payen et Chevallier parlent de la combinaison des corps combustibles entre eux, en citant seulement, dans le but de leur ouvrage, le perchlorure de mercure, qui sert à indiquer les plus légères traces d’albumine, et le cyanure de mercure, qui fait reconnaître la présence du palladium dans les dissolutions qui le contiennent.
- Le cinquième chapitre est consacré aux combinaisons des principes simples acidifiables par l’oxigène et l’hydrogène; les acides, l’eau et l’ammoniaque s’y trouvent également placés. On remarque de plus dans ce chapitre des données exactes sur les quantités équivalentes des alcalis représentés par le pouvoir saturant sur les acides, ainsi que des procédés propres à faire éviter les erreurs qu’on est exposé à commettre dans la saturation des soudes et des potasses du commerce.
- Tous les sels dont l’application comme réactifs est reconnue, sont indiqués dans le sixième chapitre, où les auteurs se sont attachés non-seulement à décrire les phénomènes que produit leur réaction, mais encore les quantités équivalentes des corps dont ils démontrent la présence. On y rapporte encore le moyen de séparer le fer du manganèse.
- Dans le septième chapitre, les auteurs se sont occupés des produits de végétaux et d’animaux qui sont employés comme réactifs ; ils y font reconnaître le moyen de rechercher l’acide gallique, le tannin : les caractères propres à l’acidité et à l’alcalinité font partie de cette division.
- Le huitième chapitre est très-important par les soins et l’exactitude avec lesquels les procédés et les appareils les plus convenables pour préparer les réactifs et les obtenir y sont détaillés.
- Le neuvième chapitre, sous le titre & application des réactifs à V analyse, renferme des détails précieux sur les précautions à prendre en général pour éviter les erreurs dans ces sortes d’expériences; on y donne aussi quelques exemples d’analyses plus ou moins compliquées.
- Un appendice qui termine l’ouvrage présente la description de divers appareils et de moyens nouveaux. On y remarque particulièrement la cascade chimique absorbante et productive de M. Clément, et l’échelle synoptique des équivalens chimiques de M. FPollaston.
- Dans le cours de l’ouvrage on trouve plusieurs tableaux d’un usage fort commode, qui présentent des quantités ou proportions; ils sont propres à abréger le travail et à éviter des recherches pénibles.
- Les auteurs , qui se sont conformés, pour la classification des objets, aux méthodes connues et adoptées, ont mis à profit avec beaucoup d’intelligence les leçons et les écrits des savans français, sans avoir négligé de citer les étrangers qui ont enrichi la science de leurs découvertes.
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- LISTE
- des Membres de la Société admis pendant Tannée 1822,
- MM.
- Aitken et Steel, ingénieurs hydrauliques, rue Yivienne, n°. 16, à Paris.
- Antiq , mécanicien, rue d’Enfer, n°. loi , à Paris.
- De Arriaga ( Joaquim ) , Espagnol, rue Saint-Honoré , n°. 314 > à Paris.
- Barbaroux, chimiste-manufacturier, rue Ma-zariue, n°. 35, à Paris.
- Bellanger , constructeur de métiers à filer la laine, à Saint-Léger du Bourg-Denis, près Rouen.
- De Belliard , référendaire près la Commission du Sceau, rue duMarché-Saint-Honoré,n°. 4»
- Berlise, ingénieur de la Marine, rueBasse-du-Rempart, n°. 46, à Paris.
- Berthoud, frères , horlogers, rue de Richelieu, n°. io3.
- Le marquis de Bongars, maréchal des camps et armées du Roi, aux Ecuries du Roi, à Paris.
- Bourousse de Laffore , ingénieur des ponts-et-chaussées, à Agen (Lot-et-Garonne).
- Bourret, propriétaire, boulevard Poissonnière, n°. i5, à Paris.
- Brémontier , ingénieur des ponts-et-chaussées, rue Saint-Honoré, n°. 288, à Paris.
- Cadot , négociant, rue de la Yille-l’Evêque, u°. 5, à Paris.
- Caillat , propriétaire des bains Saint-Sauveur, rue Saint-Denis, à Paris.
- Cardeilhac , fabricant de coutellerie, rue du Roule, n°. 4, à Paris.
- Carrayon, directeur de la monnaie, à Toulouse.
- Cartier, père, fabricant de produits chimiques, rue des Cinq-Diamants, n”. 20, à Paris.
- Cartier , fils , fabricant d’acide sulfurique , à Pontoise.
- Casaseca, étudiant en droit, rue du Mail, n°. 38, à Paris.
- Chancey, membre de la Société d’agriculture de Lyon.
- Chardin , administrateur de la fabrique d’ai-
- Vingt-unième année. Décembre 182
- guilles del Aigle, rue du Faubourg-Sain t-Ho-noré, n°. 19, à Paris.
- Chaussenot , chimiste et distillateur, rue des Gravilliers, n°. 48, à Paris.
- Collier (John), mécanicien, rue Richer, n°. 20, à Paris.
- Collot , directeur de la monnaie à Paris. Coquerel , ingénieur des mines à Laon (Aisne). Couyerchel , ancien pharmacien , boulevard Saint-Martin , à Paris.
- Le baron Dailly, rue de Bourgogne, n°. 32 , à Paris.
- Degrand-Gurgey , fabricant de coutellerie damassée, à Marseille.
- Le baron Didelot , ancien ministre plénipotentiaire de France, rue Saint-Marc, n°. 12, à Paris.
- Dollfus (Daniel), fabricant de toiles peintes, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Dollfus (Emile), manufacturier, rue du Sentier, n°. 1, à Paris.
- Dubiee, distillateur et vinaigrier, rue de Buf-fon, n°. 11, à Paris.
- Dubrunfaut, propriétaire à Lille.
- Duchemin , horloger-mécanicien, place du Châtelet, n°. 2, à Paris.
- Duleau , ingénieur des ponts-et-chaussées, rue Saintonge, n°. 1 1, à Paris.
- Dupleix de Mézy, conseiller d’Etat, rue du Fau-bourg-Saint-Honoré , n°. 25, à Paris.
- Durand (Amédée), ingénieur-mécanicien , rue du Colombier, n°. 27, à Paris.
- Le comte d’Estourmel, préfet du département d’Eure-et-Loir, à Chartres.
- Eustache , ingénieur en chef des ponts-et-chaussées du département de la Seine, rue Bleue, n°. 3 bis, à Paris.
- Fieffé, président'du Cercle de commerce, à Bordeaux.
- Frechot, entrepreneur-architecte, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n°. 246, à Paris.
- 2, H h h
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- Gardon (Léonard), tireur d’or, à Lyon.
- Garnier, ingénieur des mines à Arras (Pas-de-Calais).
- Garrigou , fabricant de faulx, à Toulouse.
- Le comte de Gestas (Aymar), secrétaire d’ambassade en Portugal.
- Granger, manufacturier à Louviers (Eure).
- Gressien , mécanicien, rue de Cléry, n°. , à
- Paris.
- Grisard , mécanicien à Rouen.
- Groülard , caissier de l’établissement pour faciliter et propager l’industrie, rue du Faubourg-Montmartre, n°. i i, à Paris.
- Guibert, fabricant, rue Saint-Thomas-du-Lou-vre, n°. 36, à Paris.
- Guibout, inspecteur des canaux^ de l’O'urcq et de Saint-Denis, rue des Petites-Ecuries, n°. 5o, à Paris.
- Halle, fils, élève à l’École de droit, rue Pierre-Sarrazin , n°. io,à Paris.
- Hernoüx , membre de la Chambre des députés, à Dijon (Côte-d’Or).
- Huzard (Démophile), imprimeur-libraire , rue du Jardinet, n°. 12, à Paris.
- Jadbert de Passa, propriétaire à Perpignan (Py-r énées-Orien laies).
- Le marquis de Jaucoürt , pair de France, rue de la Pépinière, n°. 31, à Paris.
- Jeanneret, brasseur, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n°. 224, à Paris.
- Johannot de Crochart , propriétaire . rue de Provence, n°. 45, à Paris.
- Koechlin (Jacques), manufacturier à Mulhau-sen (Haut-Rhin).
- Labarraque, pharmacien, rue Saint-Martin, n°. 69, à Paris.
- De Lapeloüze (Valentin), propriétaire, rue Saint-Honoré, n°. 319, à Paris.
- Laresche, horloger, Palais-Royal, n°. 169,4 Paris.
- Laureiro , Espagnolà Paris.
- Lebrun, notaire, rue du Petit-Bourbon, n°. 7, à Paris.
- Le Cellier de Blécoürt , propriétaire au Cellier, près Laon (Aisne).
- Leclercq, carrossier, rued’Anjou-Saint-Honoré, n°. 60, à Paris.
- Lecouteülx, médecin attaché à l’hospice de clinique interne delà Faculté, rue des Saints-Pères, n°. 51, à Paris.
- Lemaire , chef de division à la Préfecture de la Seine , rue de la Michodière, n°. 20 , à Paris.
- Le comte Lemarrois, lieutenant général des armées du Roi, rue Duphot, n°. 8, à Paris.
- Lenoir, ancien agent-de-change, rue Saint-Lazare, n°. 5o bis, à Paris.
- Lescure de Bellerive , propriétaire à la Rochelle (Charente-Inférieure).
- Lesterp , propriétaire, rue du Bac, n°. 42 , à Paris.
- L’Hoste (Henri), tanneur et propriétaire à C01-beil (Seine-et-Oise).
- Mailand, notaire, rue des Prouvaires, n°. 3, à Paris.
- Martineau, banquier, rue Chapon, n°. 11, à Paris.
- Martinel , membre de la Société d’agriculture de Lyon.
- Mellier , mécanicien , rue du Marché-Neuf, à Paris.
- Le comte de Menou, propriétaire à Saint-Savin, par Bourgoin (Isère).
- Milliet-StilliÈres , administrateur de la fabrique d’aiguilles de l’Aigle, rue Mauconseil, n°. 16, à Paris.
- Moisand de la Thomasserie , propriétaire des forges de Freteval (Loir-et-Cher).
- De Montigny (Lucas), chef de bureau à la Préfecture de la Seine, rue deTournon, n°. 12, à Paris.
- De Monville fils , propriétaire , rue Saint-Dominique, n”. 95, à Paris.
- Mosselmann , négociant, rue de 1a Cliaussée-d’Antin, n®. 7, à Paris.
- Mügartegni , Espagnol, étudiant en droit, rue du Faubourg-Montmartre , n°. 11, à Paris.
- Le comte Musnier, lieutenant général des armées du Roi, rue Duphot, n°. 12, à Paris.
- Naigely, manufacturier à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Odobel, conducteur des travaux des ponts-et-cliaussées, rue de Chaillot, 110. 60, à Paris.
- Oudin, horloger, au Palais-Royal, à Paris.
- Pecqueur, chef des ateliers du Conservatoire des arts et métiers, à Paris.
- Pelletier , secrétaire-général de la Société des sciences, belles-lettres et arts, à Orléans.
- Peltier , directeur de l’établissement du Vast, département de la Manche.
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- ( 409 )
- Pelzer, teinturier, à Louviers (Eure).
- Perrier (Casimir), membre de ia Chambre des Députés, rue Neuve-de-Luxembourg, n°. 27, à Paris.
- Petit , entrepreneur de menuiserie, rue du Faubourg-Saint-Antoine, n°. 267, à Paris.
- Pitay, pharmacien, rue des Arcis, n°. 1 o , à Paris.
- Planche , pharmacien, membre de l’Académie royale de médecine , rue de la Chaussée-d’Antin, n°. 1, à Paris.
- Le comte Rampon , lieutenant général, pair de France, rue du Bac, n°. 42, à Paris.
- Reynaud, pharmacien à Amiens.
- Robillard, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées,àTronchoy près Tonnerre (Yonne).
- Rochet (Gédéon), maître de forges à Bèze, près Mirebeau (Côte-d’Or).
- Roochaüd, manufacturier, à Tenay, près Saint-Rainbert (Ain).
- Rüffié , maître de forges et fabricant de faulx , à Foix (Ariége).
- Le comte abbé de Saint-Albin , président de la Société académique des sciences, rue Grange-Batelière, n°. 4) à Paris.
- Le baron de Saint-Gervais, rue Notre-Dame-des-Victoires, n°. 16, à Paris.
- De Sainvjlle, rue de la Ville-l’Evêque, n°. 28, à Paris.
- Sans, agent-de-change, rue de Richelieu, n°. 18., à Paris.
- Sir Sidney Smith, amiral au service d’Angleterre, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n°. 35, à Paris.
- Soaras d’Albergaria , capitaine des dragons de la Gironde, à Romorantin (Loir-et-Cher).
- Steward , ingénieur-mécanicien , à Bordeaux.
- Talabot, négociant, rue delaFidélité, faubourg Saint-Denis, n°. 7, à Paris.
- Thierry, mécanicien, à Paris.
- Thiteüx de Fresnoy, architecte, rue Neuve-Saint-Eustache, n°. 11, à Paris.
- Trochu, propriétaire-cultivateur, à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan).
- De Troyes, propriétaire , rue de Seine, n°. 12, à Paris.
- Trutat , notaire, quai Malaquais, n°. 5, à Paris.
- Turquois jeune, entrepreneur de serrurerie, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, n°. 29, à Paris.
- Vauvilliers, secrétaire général du Ministère de la Marine, rue Royale, à Paris.
- Vigier (Achille), propriétaire, quai Voltaire, n°. 1, à Paris.
- Walkenaer, secrétaire général de la Préfecture du département de la Seine, à Paris.
- Weber (Emile), mécanicien à Massevaux (Haut-Rhin).
- Le baron de Wimpfen, propriétaire à Bayeux (Calvados).
- ASSOCIÉS ÉTRANGERS.
- Knecht , fabricant d’armes à Sollingen (grand- SpoERLiNetRAHM, fabricants de papier, à Vienne duché de Bade). (Autriche).
- Don Regas, inspecteur des fabriques à Madrid.
- H h h 2
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- TABLE AU, par ordre alphabétique, des Brevets d’invention, de perfectionnement et A importationdélivrés en France pendant Vannée 182.2.
- Nota. Les lettres (B. I. ) placées après l’énoncé des brevets signifient brevet d’invention; (B. I. P. ), brevet d’invention et de perfectionnement; (B. P.) , brevet de perfectionnement ; (B. Imp. ), brevet d’importation; (B. lmp. P.), brevet d’importation et de perfectionnement ; (B. L Imp.) ? brevet d invention et d importation.
- NOMS et PRÉNOMS des BREVETES. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Érevets ont été accordés.)
- André (Ch.) Suze-la-Rousse Drôme. 21 juin. 10 ans. Nouvelle machine hydraulique. (B. I.)
- Andrieux (C.-J.) < Paris, rue duPetit-Reposoir, n° 32 > Seine. 3o mars. 5 ans. Machine propre à nettoyer les chardons destinés à peigner les draps. (B. Imp.)
- Attasoux (J.-J.) Roqucbruije. Var. 14 mars. 10 ans. , Construction d’un nouveau soc de charrue propre à être adapte' aux instrumens aratoires du même genre, en usage dans l’ancienne Provence. (B. I.)
- Bancel (P.).. St.-Chamond, Loire. 22 nov. 5 ans. Procêde's propres à former et à produire l’ou-1 vraison nouvelle de la soie , du coton et du fil , et 1 à fabriquer avec ces diverses matières des étoffes et des rubans unis et façonnés. (B. I. P.)
- Barrez (voy. Julienne).
- Bauduin Kamennb (G.-J.). •.. Sedan. Ardennes. 4 mai. 10 ans. f Machines propres à préparer les poils et autres 1 matières destine'es à la filature des lisières , et à [retordre et à doubler les fils par un mouvement si-.multané et continu. (B. I. P.)
- j Bazin (N.-J.) J Paris, , Seine. 21 de'c. 5 ans. 1 Composition d’une pâte cosmétique à l’usage de i la peau, qu’il appelle axerasine. (B. I.)
- i 1 n° 268. »
- ! Beels {voy. Reumont). , i l
- BÉgou (J.). La Chapelle-Saint-Denis, t n' 4o. | id. igjnill. 5 ans. i Procédés propres à polir et à étamer les poids en t fonte. (B. I. )
- , Bernardière (H.).... Paris, 1 boulev. Saint-t Martin, n° 8. | id. 27 sept. b ans. > Procédés de fabrication de chapeaux d’homme et fde femme , dont la chaîne est en baleine et la trame i en soie , coton, ou toute autre matière filamenteuse 1 retorse. (B. I.)
- 1 id. ! 1 id. 21 déc. 5 ans. / Moyens propres à rendre la baleine susceptible l de remplacer avec avantage toute espèce de raa-} tière filamenteuse , et application de cette sub-j stance à la fabrication et à la teinture de divers tis-[sus, des fleurs artificielles, etc. (B. I. P.)
- Londres. 1 Gironde. à ans. ( Ancre de vaisseau dont la crosse et la verge sont } de deux pièces séparées, et le jas à charnière, de | manière à pouvoir en replier les branches contre t la verge. (B. Imp.)
- Bordeaux. 2 mai.
- 1
- 1 id. id. 4 mai. i5 ans. t Procédés de fabrication d’une nouvelle ancre des-
- ! j tinée au service des navires. (B. Imp,)
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- NOMS et PRÉNOMS
- des
- BREVETÉS .
- DOMICILE.
- DEPARTEM.
- I Paris, \
- Bléhee (P.-L.)..................< rue Duphot, > Seine.
- ( n”. 8. )
- Paris,
- 11
- Bonnet de Joigne (E.)...... J Pass‘ de? C}^~
- | treux, vis-à-vis
- * St.-Eustache.
- Boedier (P,).................| rueSt.-Honoré, t
- ( n°. 26a. j | l
- Bosc (L.)....................f Montpellier.
- Thomas (J.)............
- Bottrel (voy. Frémy).
- id.
- id.
- . I Montpellier. ) \ Alais. j
- Boldon (F.)................. jUe.
- de-la
- Cabrol (J.).
- rie, n°. a4. Bordeaux.
- Cafeain (J.-B.)....
- Caron (voy. Renaud).
- | Au
- Hérault.
- Gard.
- Seine.
- Gironde.
- Petit-Cou- \
- ronne près > Seine-Infér. Rouen. J
- Caubbt (H.J Perpignan. Pyren.-Orien
- Chastagnac (D.) .., Paris, boulev. Montmartre, n°.16. Seine.
- Chaussier (B.-F.-H.) Paris, rueSte.-Barbej n\ 3. : «.
- Chevalier (J.-G.-A.) id. Tour de l’Horloge du palais, n°. 1. id.
- Ghevalier (L»-P.) Rouen. Seine-Infér.
- Chevalier Jolv (Madame)... Paris, r. Saint-Christophe, n°. 4. 1 Seine.
- de Choisy (P.-C.-A.)........ < i id. r. duFaubourg-Montmartre, 1 n°. 29. - id.
- Collier (J.). ) ut. ' rue Richer, 1 n?. 20. * id.
- Combe (J.) id. - rue du Bac, n°. 106. 1 *.
- H a S
- < ^ m
- fi 3 a
- i4 de'c.
- 28 fèvr.
- 27 sept. i4 juin.
- 27 sept.
- 3o apût.
- 28 dèc.
- 18 oetob, 6 déc.
- a3 mars.
- 23 août.
- 3o mars.
- 23 mars.
- 8 nov.
- 21 juin.
- a
- -H
- Ph
- u
- a
- DESIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- i5 ans.
- 5 ans.
- f Machine propre à creuser les ports , les rivières j et les canaux, mise en mouvement par un manège , j un moulin à eau ou à vent, et qu’il appelle drague ffrançaise. (B. I.P.)
- Nouveau semoir à charrue. (B. I.)
- ! Moulin à vent à ailes horizontales propre à la mouture, aux irrigations, et susceptible d’être employé dans les usines et. manufactures , etc. (B. I.)
- 1 Moyens économiques à employer dans la constràc-5 ans. < tion des cheminées et fourneaux à l’usage de divers ’ ateliers et fabriques. (B. I.)
- ! Procédés et appareils propres à préparer les matières servant à la fabrication de la poterie et à fabriquer toute espèce de poteries, grès, faïences et porcelaines, à la manière anglaise. (B. Imp.)
- Machine propre à débiter de grosses pièces de bois en lattes, et pouvant être mise en mouvement par divers moteurs. (B. I.)
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans
- Table à tondre les draps à forces coniques. (B. I.
- Instrument propre à tenir lieu de compas et d’équerre. (B. I.)
- . 3 Nouvelle lampe à un ou plusieurs becs, qu’il ap-f pelle askium. (B. I.)
- I
- l Procédés à l’aide desquels il obtient du marbre en i5àns. 'fusion des statues, groupes, bas-reliefs, flambeaux, j vases, etc., moulés, coulés, estampés, frappés, im-| primés et soufflés. (B. I. P.)
- 5 ans. | Lunette de spectacle qu’il appelle Zune«e acZïm-| que. (B. I.)
- 5 ans. I Procédés propres à teindre les cheveux gris ou j blancs en toute couleur. (B. I.)
- , J Composition d’un élixir qu’elle nomme élixir de
- ‘ j rose de Paris , destiné à conserver les dents et entretenir les gencives-. (B. I.) ....... '•
- Machines et mécaniques propres à fabriquer et . assembler toutes les parties constitutives des roues i5ans. j jje voit,Ure et : susceptibles d’être mises en mouvement par une pompe à feu ou par tout autre mô-( teur. (B. I. P.)
- 5 ans. ! Machine propre à lainer les draps etautres étoffes. ! (B. lmp.)
- 5 ans
- ! Cheval mécanique propre à transporter une personne d’un lieu dans un autre, qu’il appelle cheva-lorijère. (B-1.)
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- ( «2 )
- NOMS et PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE, DÉPARTEM. DATE ÿe la délivrance dse Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- Lyon. Rhône. 22 nov. 10 ans. Changemens apportés dans la construction des machines à vapeur dites à haute pression. (B. P.)
- Crosibette (voy. Leclercq).
- Paris , r. du Faub.- Seine. 23 mai. i5 ans. Appareils et machines propres à fondre et à former d’une manière continue toute espèce de tuyaux et cylindres. (B. I. Imp. P.)
- Poissonnière,
- n° 33.
- Daisker (H.) ( id. rue de la Sour-dière, n°. 16. id. 28 fe'v. 10 ans. Procédés de fabrication d’une nouvelle bougie qu’il appelle bougie diaphane. (B. Imp. P.)
- Beffontis (J.) 1 id. rue J.-J. Rousseau, n°. 4. id. 27 sept. 5 ans. Procédés propres à tremper les lames de rasoirs et autres instrumens tranchans. (B. I.)
- Delanglard (C.-F.-P.) id rueBourg-l’Ab-bé, n°. 37. id. 27 avril. 5 ans. Sphère terrestre de grande dimension, dcstiuée à ; être vue intérieurement, et qu’il appelle géorama. (B.I.)
- Delato.uche (P.) ul. rue Bleue, n°.8. id. 28 déc. S-ans. Composition d’un principe bydrofuge propre à garantir de l’humidité tous les objets sur lesquels on. en fait l’application. (B. I.)
- Delunel ( J .-P.) •., id. ' rue do l’Échiquier, n°. 38. id. 3i janv. iô ans. i Composition d’une encre à écrire indélébile. '(B.I.)
- Dessol de Grisolles........ id. rue de Clichy, n°. 3. *' i4 juin. lôans. Nouveau métier à tisser. (B. I.)
- Deverte (F.-X.)....• Yaragnac (P.-F.).. Reims. Piethel. Marne. Ardennes. .16 août. 5 ans. Laminoir à cardes propre à étirer la laine peignée., |(B.I.) . J
- Mont-de-Mât- Landes. 3o mai. Procédés de distillation des matières résineuses et application à l’économie dômes!ique et indus-j trielle d’un des produits de cette distillation.( B.! I. P.) j
- San.
- Dufour (L.) Paris, r. Ste.-Barbe-n°. 3. | Seine. 18 oct. 10 ans. ; Nouveaux appareils antiméphitiques applicables aux lieux d’aisances et aux garde-robes. (B. I.)
- ; ! Dunne (C;-W.) la, r. de Montmo- . idt 22 nov. 10 ans. Presse à imprimer, qu’il appelle albion. (B.I.)
- rency, n®. 16.
- . Lyon. Rhône, 3 août. iô ans. Procédés propres à fabriquer des chapeaux de paille à l’instar de ceux d’Italie, et à préparer et employer des pailles cultivées en France à la confection desdits chapeaux. (B. Imp.)
- t
- Eaault (E.-P.) Paris, boulevard de la Madeleine, 1 n®. 1. , Seine. 3o mars. 5 ans. Procéde's de fabrication d’un réchaud de table en plaqué, propre à chauffer les plats à volonté. (B. I.)
- w. rue du Mail, ! “ igjuill. ioans. Nouveau barrage applicable aut pianos de tout genre et de toute forme. (B. Imp.) '
- n°. i3.
- id. id. 3 août. iô ans. Forte-piano à échappement d’un nouveau genre. :(B. 1. p.)
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- NOMS et PRÉNOMS
- des
- BREVETÉS.
- Esquirol (J.). Finino (L.)...
- Fremot
- Frémy et Bottrei...........
- Frossard (r>oj\ Margbridon).
- Fuchs (J.-B.)..........
- Garsier (voy. ThiÉeaud). Gautier (P.-M.)........
- Gensse-Duminy..........
- Gessiomme (voy. Gros).
- Giraud (P.)............
- Gribumard (P.).
- Gros (J.-J.)................
- Gessiomme (A.-F.)...........
- Guignet (F.).... Guillaume (Ch.).
- Hayward (voy, Crosley).
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance I des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Limoux. Aude. 29 juin. i5 ans.
- Paris, rue St -Denis, n°. 3o2. Seine. 2 mai. 5 ans.
- Landerneau. Finistère. 28 déc. i5 ans.
- Chalonnes-sur- Loire. Maine-et-Loire 8 nov. 5 ans.
- Paris, r. Notre-Dame-de-Nazaretli, n°. i. Seine. 25 avril. 5 ans.
- Nantes. Loire Inf. 28 déc. 5 ans.
- Amiens. Somme. 18 avril. 5 ans.
- Lyon. Rhône. 11 oct. i5 ans.
- Paris, rue de Beaune, n°. iô. Seine. 3 août. 10 ans.
- id. rue Mandar, n°. 9. id* 9 avril. 5 ans.
- id, r. St.-Thomas-du-Louvre. n\ 36. id. 7 juin. 5 ans.
- Giey. Haute-Marne. 16 août. |i5 ans.
- Paris, i r. du Faubourg-Saint -Martin , ) n°-97- J id. rue des Deux- 1 Écus, hôtel de [ Rennes. | id. i r. Regrattière, f n°. 12 (îleSt.-Louis). Seine. id. id. 8 nov. 23 mars. 29 juin. 5 ans. 10 ans. 10 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accordés.
- Procédépour faire le vin à la mécanique. (B. I.)
- Nouveau chandelier à tirage qu’il appelle brule-! tout. (B. 1.)
- Machine à vapeur produisant le mouvement cir- culaire et continu et le mouvement rectiligne alter-1 natif. (B. I.)
- i
- Bouteilles en verre de diverses dimensions ayant la forme d’un livre et destinées à renfermer des liqueurs. (B. I. P.)
- Construction de machines propres à fabriquer les chandelles à la baguette et les chandelles mou le'es. (B. I.)
- Procédés propres à purifier, saler et conserver le beurre. (B. I.) t
- j Procédés de fabrication d'un drap nouveau qu’il
- Fabrication des étoffes et rubans en soie grége, et mécanisme propre à les décruer après leur confection et à leur appliquer en même temps toute espèce de couleurs. (B. I.)
- I
- t Gomme extraite des substances végétales et des-/ tiuée à remplacer celle employée dans les arts et h f me'decine, appelée gomme Orieumard. (B. I.)
- I
- a Procédés propres à appliquer des sujets litlio-\ graphiés sur des sacs, gibecières, souvenirs, etc
- C(B. I.)
- (
- I Composition d’une substance propre à préserver de l’humidité des toiles d’emballage les rubans de fil ainsi que les cordes et cordages de toute espèce.
- (B. I.)
- J
- Procédés de construction d’un four propre à cuire i porcelaine et qu’il appelle phido.nyle. (B. I.)
- Machine propre à battre et triturer toute espèce ^ de grains, de graines , etc. (B. I.)
- 1 Moyen de communiquer Ja vapeur dans une ma-< chine à haute pression , de manière à économiser le (combustible. (B. I. P.)
- I
- i Bateau insubmersible, qu’il appelle navis super-\natans. (B. I.)
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- ( 414 )
- NOMS et PRENOMS
- des
- BREVETÉS.
- DOMICILE.
- Paris,
- Hill (John)....................[ allée d’Antin,
- n°s 2i et a3.
- Hosoré (E.).
- Jalaeert (J.-B.). Japy (L.-F.)....,
- JeSSE-BrIDGMAX.
- Joarne-Decailly ,
- Klispis (F.]
- Lapérouse frères.
- Laroche (E.).
- f ici.
- < boulevard ^sonnière, n°. 4.
- id.
- rue de la Pais, n“. 28.
- Beaucourt. Paris,
- rue des Yieux-Augustins,hôt. d’Amiens.
- Jcliekse (P.-L.-D.).......
- Barrez (C.)...............
- Dijon.
- Labbayb (J.-M.)...............
- Laclotte (J.)..............
- Laiga'el (J.-B.-B.)........
- Paris ,
- r.duMont-Thc bor, n°. i3.
- id.
- rue delà Croix, n°. 19
- id.
- r. de Grenelle-St.-Germain-
- n°. 3g.
- Lambert (G.)..................
- Lambert (%'oy. Blaciifoud).
- id.
- rue de la Chan-verrerie, n°. 10.
- Rouen.
- Autun.
- ( Châtillon - sur-1 Seine.
- Paris,
- I r.duFaubourg-Saint-Denis,
- 1 n°. 47.
- Moniuer (J.-M.
- jr' S:
- id. .-Honore',1 257.
- DÉPARTEM. DATE tîe la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont été accordés.
- [ Seine. 8 nov. i5 ans. | Composition mécanique d’une nouvelle grue a ! double moteur et à triple puissance. (B. Imp. P.)
- > id. 3ijauv. 5 ans. [ Moyen propre à obtenir sur la porcelaine diflé-Irens fonds de couleur au grand feu , à la première | cuisson , et application de la lithographie au décor des porcelaines. (B. I.)
- id, i4 juin. i5 ans. Moyen de substituer de l’air atmosphérique à la vapeur ou à l’eau comme moteur dans les machines à feu ou hydrauliques de toute espèce. (B. I.)
- Haut-Rhin. 2t de'c. 5 ans. Procédés de fabrication de serrures , cadenas et autres fermetures à pênes circulaires. (B. I.)
- - Seine. 16 mars. i5 ans. Changemens apportés dans la construction des voitures à roues en tout genre. (B. Imp.)
- Côte-d’Or. 29 nov. 15 ans. Nouveau genre de voitures publiques qu’il appelle inver sables, et procédés de dételage, d’enrayage et de supports de voitures à deux roues. CB. I.)
- [ Seine. 18 avril. Sans. ' Appareil propre à révivifier les noirs animal et végétal et les noirs provenant des résidus du bleu de Prusse employés dans les raffineries de sucre. (B. Imp. P.)
- “ 1 3o mars. 1 5 ans. Moyens mécaniques employés sur la scie circulaire, qui sont propres à découper le bois, ou toute autre matière , dans les formes et figures rectilignes , et à. l’aide desquels il confectionne notamment les parquets à compartimens et à mosaïque. (B. I. P.)
- i 9 fév. 5 ans. Changemens qu’il a faits à une basse d’harmonie appelée ophicléide. (B. I.P.)
- 1 uL 8 nov. 5 ans. ’ Moyens propres à donner aux étoffes de laine, de soie et autres matières l’aspect de fonds de dentelle. Ub.i.)
- Seine-Infér. 18 mai. : 5 ans. 1 Procédés propres à confectionner des roues ambulantes garnies de socs et d’augets, destinées à creuser la terre, les canaux , et à élever les eaux dormantes. (B. I.)
- Saône-et-Loire 27 sept. 5 ans. Fusil à percussion. (B. I.P.)
- Côte-d’Or. 7 mars. ioans. , Machine propre à fabriquer les clous à roues, chevillettes , etc., qu’ils appellent ciseau à. bascule. C®. I.)
- 1 Seine. 3i janv. 15 ans. Machine propre à fabriquer les clous d’épingle à pointe tournée. (B. I.)
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- ( 415 )
- NOMS et PBÉNOMS départem. g • £ l Eâ 0
- des DOMICILE. h 3 £ *< *a « rz P5 U P PP
- BREVETÉS. C « g a «
- TJ ro
- Paris, 5 ans.
- r. de Montmo- Seine. 12 sept.
- rency, n°. 4o. id. r. d’Anjou-St-Honoré, n*. 6o. 28 déc. 5 ans.
- Crombette (H.-L.) id •
- 3o août.
- Lefèvre (A.-J.)..... rue de la Boule-Rouge, n°. 9. . id. 10 ans.
- id. ] •
- Legros de la Neuville (N.).. rue des Lavandières • Sainte-Opport., n°. 4. ' id. a5 avril. 5 ans.
- Lehoult (F.-G.) Versailles. Seine-et-Oise. 6 avril. ô ans.
- Paris, 10 août.
- Leiris ( J. - J. ) ....... i cul-de-sac du Seine. 10 ans.
- . Paon, n“. 7.
- f,1îMAîWP. . —M id. r. Poitou ,n°. 7. id. 3 août. 10 ans.
- id. 5 ans.
- Leurin (F. -C.) r. Beaubourg, . n°. 26. ' id. 21 juin.
- J(f\TnT ( N . -R . ^ Cha rie ville. Ardennes. 7 j^n. i5 ans.
- Paris, 1 rueNeuve-des-< Petits-Champs,
- Luscombe (M. et E.) • Seine. i4 mars. 5 ans.
- i n°. 3i.
- , id. 16 août. b ans.
- Marc (J.-B.) 1 r. St.-Claude, id.
- n°. 22.
- Margeon fils (J.) | Bordeaux. Gironde. 2j| juin. 5 ans.
- Paris, \
- Margeridon (F.) 1 rue de Lancry, 1
- [ n°. 6. l id. > Seine. 28 déc. i5ans.
- Frossard (A.-F.) ] r. de Buflault, )
- ! n°. 5.
- Mather ( voy. Oudard ). id.
- Mercier (M.) 1 r. Thibautodé, id. 3o mars. 5 ans.
- 1 u°. 20.
- Melun. Seine-et-Marne 27 sept. 5 ans.
- | Paris, i4 févr.
- Millier (P.) rue des Petites-! Écuries, n°. 4. Seine. 10 ans.
- id. 5 ans.
- Minet (G.) 1 rue Ste.-Foix, id. 2 mai.
- [ n°. 26.
- Monnier ( voy. Laroche ). } id. iâ ans.
- Morin de Guerivière (A.-J.). rue Chapon, id. 3o mars.
- 1 n", 2.
- Vingt-unième année. Décembre 1822.
- DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels
- les Brevets ont été' accordés.
- Instrument propre à tailler les plumes. (B. I. P.)
- Nouvelle capote propre à être adaptée à toute .espèce de voitures, qu’ils appellent disparaît.
- (B. I.)
- Composition d’un ciment qu’il appelle pétrosili-, ceux, propre à remplacer avantageusement les ci-| mens ordinaires , le plâtre , la chaux, etc. (B.I.P.)
- I Mécanisme propre à fixer les chevilles des instru-l mens à cordes, qu’il appelleJixaleur. (B. I.)
- | Machine propre à préparer le coton susceptible | d’être soumis à un second cardage. (B. 1.)
- ! Machine propre à fabriquer des châssis de croi-; sées en tôle destinés à remplacer ceux en bois. (B. I.)
- Machine propre à broyer les couleurs. (B. I.)
- Procédés d’un doublé d’or et d’argent sur cuivre | jaune. (B. 1.)
- 1 Mouvemens divers applicables à une machine propre à fabriquer les cardes par une seule opération. |(B. Imp.)
- ! Télégraphe universel applicable aux bâtiments de mer. (B. Imp.)
- ! Pompe à incendie propre à élever l’eau d’un puits { et qu’il appelle pompe jumelle. (B. I.)
- ! Machine propre à fabriquer des cordes et des cor-< dages par des mouvemens uniformes et réguliers. ,(B.I.)
- Bateau articulé composé de deux bateaux qui s’emboîtent l’un dans l’autre. (B. I.)
- Procédés de fabrication de parapluies et d’om-! brelles qui s’ouvrent seuls au moyen d’un méca-i nisme placé dans l’intérieur du manche. (B. I. P.)
- \ Procédés propres à fabriquer des chapeaux | d’homme et de femme en natte de paille , osier, et ( baleine, sans couture. (B. I.) j
- j Seringue de compression et de dilatation qu’il ap-i j pelle philippine. (B. I.)
- 1 Composition d’une encre sèche et en liqueur qu’il ! appelle encre des trois règnes. (B. I.)
- Machine à fabriquer un doublé d’or et d’argent ou de toute autre matière, avec des couleurs variées, et propre à faire des ornemens et des bordures, qu’il applique par les procédés du collage sur tout objet de bronze, ébénisterie , cartonnage, etc. (B.I.P.)
- I ii
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- ( 446 )
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- NOMS ET PRENOMS
- des
- BREVETÉS .
- DOMICILE.
- Morize ( J .-L.)......
- Mourey (C.-V.)........
- Le même............ . . .,
- Oliveras ( J.-A).......
- DEPARTEM.
- OUDARD ( E.). Mather ( H.).
- Paillette (L.-L.)......
- Parcheminier ( Cil , )
- Paris ( J.-Pt. ).......
- de Paroy (J.-P.).......
- Parrotï(J. )..,........
- Paris,
- ) rue Bouclier,
- ( 11°. 10.
- id- )
- , rueSl.-Maur, >
- n°. 84. I
- id. J
- Irue du Renard- ^ Saint-Sauveur, j n°. 5. ’
- l i(L I
- ) rue Bourbon - f J Villeneuve,
- * n°. i o.
- {
- / rue de la Calan-( dre, i:i°. a4.
- 1 -, 1
- id.
- J r. des Martyrs, f ) n». 6. |
- j id. 1
- ) rue de l’Arbre-( Sec, n°. 3o. id.
- rue Mâcon,
- n°. io.
- PEariCHON (S.-J.)......
- Perrier ( G. ).........
- Peytavin ( J.-B.)......
- Picard... (P.-Th.).
- PlERRARD ( J .-B. } . .
- PlNARD (J.-B.)....
- Poisson (A. -C.)
- Porche (J. - J.)..
- Poctart (A.)......
- Crèvecœur.
- Paris,
- ! r. Cadet, n°. g.
- Bordeaux. Paris,
- r.duFaubourg-Saint-Martin, n°. 77.
- Rouen.
- Sedan.
- Bordeaux. Paris,
- rue du Roule,
- n°. ii.
- f id.
- J r. de Montmo- ’rency, n°. 45*
- Sedan.
- Seine. id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- id.
- Oise.
- Seine.
- Gironde.
- Seine.
- Seine-Infer,
- Ardennes, Gironde, Seine.
- id.
- Ardennes.
- *-
- H *
- -< — P «
- 8 nov.
- 12 juill.
- 3 août.
- 28 doc.
- 21 de'c.
- 21 juin.
- 21 de'c.
- i5 nov. 12 sept.
- 22 nov.
- 3 août.
- 21 juin. Si janv.
- 23 mai.
- 3 août.
- 14 de'c. ;
- 1
- 3 août.!
- 5 ans.
- 5 ans.
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont été accorde's.
- Lampe astrale à niveau constant. (B. I.)
- Machine propre à re'parer le blanc des moulures sur bois avant d’y faire l’application de la dorure.
- (B.I.)
- Machine propre à scier les arbres sur pied. (B.I. P.)
- sans soudure de l’or destiné à la fabrica-
- 5 ans.
- i5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- 5 ans.
- i5 ans.
- b ans.
- 5 ans.
- i Procéde's propres à appliquer j de couleur et de l’acier sur l’or {tion des bijoux. (B. I.)
- 1 Procéde's propres à teindre et à imprimer en di-/ verses couleurs les écheveaux et les tissus unis et (veloutés de lin , laine, soie et coton. (B. Imp. P.
- 1 Machines à rames mécaniques propre à faire re-( monter les bateaux contre le courant des rivières,
- î(B • I.)
- I
- 1 Procédés propres à purifier l’argent, à l’appli-< quel- sur la porcelaine et à lui donner la beauté et ( la solidité de l’orfèvrerie . (B , I. P. )
- î
- ( Procède propre à fabriquer des chapeaux en crin. I(B. I.)
- I . ,
- ( Procédés nouveaux de stéréotypie qu’ils appellent \ pankytotypie. (B. I.)
- Machine propre à filer la laine peignée. Imp.)
- / Application de l'impression papyrographique sur J porcelaine, tôle vernie, faïence, et généralement i sur tous les corps durs non soumis à l’action de la f presse, (B.I.)
- i Appareils distillatoires et évaporatoires continus. (B. I.)
- 23 mai. , i5 ans. 2-1 août. 10 ans.
- ' Application des toiles métalliques et des préparations propres à la peinture, au rentoilage des tableaux et pour enlever. (B. I.)
- Proce'dés de construction d’une nouvelle séehe-rie destinée à sécher les étoffes de laine ainsi que celles de coton, et à chauffer plusieurs e'tages à la fois. (B. I.)
- ( Machine hydraulique propre à remplacer les pom-I pes à feu, appelée machine sedanoise. (B. I.)
- j Machine à imprimer par un mouvement continu, [ et qu’il appelle presse okytypique, (B. I.)
- j Poudre à nettoyer les dents , appelée poudre pé-| ruvienne. (B. I.)
- r Pompe portative propre à vider les fosses d’ai-t sances, et susceptible de beaucoup d’autres applica-I tions. (B.I.)
- I Machine propre à tondre les draps à mouvement j d’oscillation et à double effet. (B. I. P.)
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-
- {417 )
- NOMS et PRÉNOMS
- des
- BREVETÉS.
- Pradier (M.-D.).......... >
- PüGII (S.) ...........
- Quintenz (U.). ..............
- Resûue (H.)...............
- Renard ...................
- Renaud (J.)...............
- Caron ( A. )...........
- Rekaud-Blanchet (J.)......
- Reumont , Wi CART et Beei.s frères....................
- Rieusséc (N .-M.),........
- Rotsck (B.)...............
- Salomon (B.)...............
- Sciielheimer (M.).........
- Segaux (H.-A.). . ........
- Simon (P.-M.-M.)..........
- SoüCIURD (E.).............
- Steinhedser (L.-J.).......
- Talrich (J.)..............
- Tatlor (P.)...............
- DOMICILE. DÉPARTEM. DATE de la délivrance des Brevets. DURÉE des Brevets.
- Paris, r. Bourg-l’Ab., n°. 2î. Seine. 23 mars. 5 ans.
- Rouen, Seine-Infér. 8 nov. 50 ans.
- Strasbourg. Bas-I\hin. 9 fe'vr. 10 ans.
- Pézenas. Hérault. 12 sept. 5 ans.
- Fresnes. Nord. 8 nov. 5 ans.
- Paris, 1 rue des Petits-Champs, n° 27. ! ici. rue du Faub.-; Saint-Denis , n“. 42. Seine. 3o mars. 5 ans.
- id. r. Cadet, n° 36. ! id. 16 août. 5 ans.
- Lille. Nord. 8 nov. 5 ans.
- Paris, rue Neuve-des-Petits-C.hamps n°. i3. ' Seine. 9 mars. 5 ans.
- id. rue du Marché-Saint-Honoré, n°. ii. „ 7 fe'vr. i5 ans.
- Marseille. B.-du-Rhône. j 2 juill. 10 ans.
- Paris, rue delà Verrerie, n°. 4. Seine. 11 sept. 5 ans.
- id. r. de Bagneux, n° • T • id. r. Bourg-l’Ab., n°. 22. | id. \ * 16 août. 4 mai. 5 ans. 5 ans.
- Bordeaux. Gironde, 10 août. 10 ans.
- Paris, r.duFaubourg-Saint-Martin, n°. 92. Seine. 12 juill. 10 ans.
- Perpignan. Py.-Orientales i4 déc. 5 ans.
- Paris, r.duFanbourg- Saint-Martin, Seine. 12 juill. 10 ans.
- I n°- 0- i
- DÉSIGNATION DES OBJETS
- pour lesquels
- les Brevets ont e'te' accordes.
- 1 Petit necessaire d’e'crivain susceptible d’étre con-\ fectionno en diverses matières, (B. I.)
- I Fabrication de chandëlies de suif azote, avec < mèche d’un ou deux fils, imprégnée ou non impré-' gnée d’un compose métallique. (B.I.)
- Proce'dés de construction d’une balance à l’usage du commerce, qu’il appelle balance poitative. (B. I.)
- Procède' propre à fabriquer la céruse. (B. I.)
- Machine propre à fabriquer les cordages plats j (B. Imp. P.)
- ( Modifications et changemens à la lampe à double I courant d’air. (B. I. P.)
- f Nageoires d’une combinaison nouvelle, applicables aux bateaux à vapeur, qu’il appelle nageoires j/i) dro-arques. (B. I.)
- ( Moyens propres à moudre le sarrasin et à rendre <la mouture plus parfaite que par les proce'dés con-( nus en France. ( B. Imp. P.)
- Garde-temps qu’il appelle chronographe. (B.I.)
- ( Presse à imprimer qui présente des combinaisons I particulières. (B. Imp.)
- ! Procédés tendant à perfectionner la fabrication j du blanc de céruse. ( B. Imp.)
- { Procède de peinture sous glace et sous verre, ap-| plicable à des miroirs d’optique. (B. I.)
- j
- j Moule propre à fondre les caractères d’imprime-{rie. (B. Imp.)
- [ Procédés de fabrication de boîtes et tabatières en /buis et autres matières, ayant la forme de livres.
- K B. I.)
- Procédés propres à fabriquer des perruques et de faux toupets imitant la nature. (B. I.)
- j Machine à vapeur à mouvement parallèle. (B. J Imp.)
- Instrument propre à opérer la fistule 1 tcrymale compliquée et à hâter la guérison des fistules simples , et qu’il appelle perforateur lacrymal. (B. I.)
- Machine propre à imprimer un seul coté ou les deux à la fois, d’une feuille de journal ou d’ouvrage de libraire. (B.I.) i
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-
- ( 418 )
- NOMS et PRÉNOMS des BREVETÉS. DOMICILE. DÉPARTEM. DATE la délivrance 3es Brevets. DURÉE ;s Brevets. DÉSIGNATION DES OBJETS pour lesquels les Brevets ont e'te' accordés.
- •o ns
- T ïi t F r 4 irn f.T.-P.'l ... Paris , >
- ' Garkier (C.-E.)r... | site, n°. i3. j id. | r. des Enfans-Rouges, n°. i. . Seine. 3o août. 10 ans. , Procéde's de construction de fours propres à carboniser la tourbe et à cuire le plâtre et la chaux. (B. I.)
- Thomas (voy. Bosc).
- id. rue St.-Lazare, • id. 21 juin. i5 ans. Nouveau procédé propre à fabriquer l’amidon. (B. Imp.)
- n°. 66.
- \kxytcniTV.i* ( S.1 l’Aigle. Orne. 24 janv. 10 ans. Mécanique propre à canneler et percer les aiguilles. (B. I.)
- Varagnac (voy. Deverte).
- f XT - À . ^ Paris, r.du Faubourg- Seine. 18 mai. 10 ans. . 1 f Système pratique de peinture d’impression propre aux meubles, équipages , bâtimens, et principalement applicable au coloriage des carreaux et | parquets d’appartemens; système qu’il appelle ex-temporal.
- Saint-Denis, n“. 89.
- Bordeaux. Gironde. 28 déc. 1 10 ans. < Procédés de fabrication de tapis de pieds, à l’imitation des tapis anglais appelés floor-cloth. (B.
- lmp.)
- Paris, place du Louvre, n°. 12. Seine. 6 juill. ! 10 ans. Système d’éclairage adapté aux réverbères, à mèche plate et conique. (B. I.)
- Waldeck (F.-A.) id. rue Michel-Lecomte, n°. 29. - id. 28 mai. 5 ans. Mécanisme propre à enfermer sous clef toute espèce de vins, liqueurs et autres objets qui se servent sur une table. (B. I.)
- Wicart {voy. Recmokt).
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- ( 419 )
- TABLE ANALYTIQUE
- et raisonnée des matières contenues dans la vingt-unième année
- du Bulletin.
- >-4
- A.
- Acide pyroligneux, préserve les cuirs de la moisissure, 291. — Employé pour le tannage des peaux, 346.
- .— Sulfureux , ses effets sur les étoffes de laine, 208.
- — Sulfurique , sert à revivifier le charbon animal, 322.
- Acier, de ses propriétés, 87.
- __Fondu, est le plus convenable pour les ins-
- trumens tranchans ,71. — Dessins que présentent les lames qui en sont fabriquées, 89,
- 91'
- Aciers damassés, produisent des lames élastiques et résistantes, 71. — De leur dessin ou moiré, 84- — Le procédé découvert par M. Bréant pour leur composition sera communiqué aux principaux fabricans d’acier, 94. — Rapport fait à l’assemblée générale du m avril 1822 sur ceux de M. Sir-Henry, 122. — Une médaille d’or accordée à l’auteur, 124.
- — De MM. Bernadac , essais faits par le Comité consultatif sur les, 245, 246.
- Additions, manière dont elles se font sur la machine de M. Thomas, 361.
- Aiguille aimantée, moyeu de la soulever dans les boussoles, 17.
- Aiguilles à coudre , subissent un grand nombre d’opérations avant d’être confectionnées, 67.
- __Les ouvriers chargés de les empointer sont
- sujets à des maladies , 241. — Résultat du concours ouvert pour leur fabrication , 3oi. — Qualités de celles fabriquées à Laigle, ib.
- — Le prix est prorogé à l’année 1820 , 3o2. Ailes, leur disposition dans le moulin à vent de
- M. Bordier, 212.
- Vingt-unième année. Décembre 1822.
- Air, moyen de régler son admission dans les fourneaux fumivores, 166. — De le purifier et de le renouveler dans les salles de spectacle, 2 5g.
- Alambics, forme de ceux employés pour la production du chlore, ig3.
- Allemagne, découvertes faites dans ce pays ^ a89-
- Alliage métallique , moins oxidable que le fer et l’acier ; propriétés de celui de M. Salomon, composé de fonte blanche, d’étain et de bore, 18, 19. — Résultat du concours ouvert à ce sujet, 3o6. — Le prix est prorogé à l’année 1823, 307.
- Angles, moyen de les réduire, i5i.
- Appareil pour arracher et soulever les pierres, 183.
- — Pour préparer le chlorure de chaux, ig3.
- — Pour préserver les ouvriers empointeurs d’aiguilles de la poussière qu’ils respirent, 241.
- — Pour assainir les soufroirs, 267.
- — Nommé disparaît, pour abriter les personnes qui voyagent dans des voitures découvertes, 260.
- — Lenticulaire pour l’éclairage des phares, inventé par M. Fresnel, 274. —Mécanisme qui lui imprime le mouvement de rotation, 276.
- — Filtrant pour clarifier les huiles, 292.
- — Pneumatique pour la condensation des gaz, ibid.
- — Pour saturer les liquides d’acide carbonique, ibid.
- — Pour la distillation de l’écorce de bouleau , 376.
- — D’assainissement de M. d’Arcel, 254.
- K kk
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-
-
- ( 420 ;
- Appartemens , moyen d’y prévenir l’humidité , 3.79'
- Araire d’Amérique comparé aux charrues de France, 260.
- Arbres, moyen de les scier par machines, 179. — Doivent être étayés, 181.
- — Tournans des machines, moyen de mesurer leur résistance, 80.
- Arithmétique, ses opérations sont facilitées par l’emploi de la machine de M. Thomas, 356.
- Arithmomètre de M. Thomas, rapport sur cet instrument, 33. — Sa description, 355.
- Armoiries, moyen de les changer dans un cachet, 69.
- Assainissement des salles de spectacle, 25g.
- Astronomie, son étude est facilitée par les pendules de M. Raingo, 10.
- Athanor, on nomme ainsi des fourneaux fumi-vores à trémie, 166.
- Aubes des roues des bateaux à vapeur, leurs inconvéniens, 272.
- h.
- Eacs , on les fait marcher par la machine à vapeur, en Ecosse, 270.
- Balance à quart de cercle pour la pesée des éclieveaux de coton, ses inconvéniens, 2i4-
- — Romaine de M. Gouault de Monchaux, destinée au même usage, 214* — Ses avantages, 2 [5.
- Barriques, servent au transport des denrées en Amérique, 191.
- Bateau zoolique de M. Guilbaud, 2o3. — Rapport de la Société académique de Nantes sur le , 204. — Est mis en mouvement par des chevaux, ib. — Expériences faites surlaLoire, 2o5, 206. — Sur la rivière d’Erdre, 207. — Sa vitesse, 209. — Souscription-ouverte pour subvenir aux frais de sa construction , 21 1.
- Bateaux à vapeur , peuvent être remplacés par le bateau zoolique, 2o3. — Extrait d’un rapport fait à la chambre des communes d’Angleterre sur les , 269. — Leur origine, ib. — Appliqués aux voyages de mer, 290. — Résistent aux plus violentes tempêtes, ib. >— Leur vitesse, 271. — Ont été perfectionnés, 272. — Doivent être munis de rames tournantes, 273.
- Bétuline , substance résineuse découverte dans le bouleau, 348.
- Bière préparée avec les baies du genévrier, 291. — De sa fabrication par M. Payen, 262.
- Blé, quel est celui dont la paille convient à la fabrication des chapeaux d’Italie, 58, 5g. — — Manière de le conserver dans le silo de M. Témaux, 196. — Dans le silo de M. Lacroix, 287.
- Bleu de Prusse, ses résidus fournissent du charbon animal, 322.
- Bobine, de sa disposition dans la machine de M. Boichoz, 237.
- Bois, moyen de le débiter pour machines, 3. — De le dessécher suivant le procédé de M. Ro-guin, 6. — De le débiter à la scie circulaire, ib. — De le planer, 7. — De le rainer et le languetter, 8. — Enduit pour le préserver de l’altération, 287. —De sa préparation pour les instrumens de musique, 289. — Comment il est desséché à Vienne, ib. — Acquiert une intensité de couleur, 290.
- Boîtes pour conserver les substances alimentaires , doivent être de grandes dimensions , 232. — Un prix devrait être proposé pour cet objet, ib.
- — De roues nouvelles par M. Leclercq, 366.
- Bore, sa combinaison avec la fonte et l’étain produit un alliage inoxidable, 19.
- Bouleau, l’huile empyreumatique retirée de son écorce sert à tanner les cuirs, 346. — Recherches faites à ce sujet, 348.
- Boussole portative de M. Vincent, 17 , — De déclinaison de M. Ganibey, i53.
- Bouteilles de verre, leur forme lorsqu’elles doivent contenir des eaux minérales, 221. — Manière de les remplir, 222. —Machine pour les ficeler, ib. — Ne peuvent renfermer que de petites quantités de substances alimentaires conservées, 232.
- Boyaudier, rapport sur le concours ouvert pour perfectionner cet art, 332. — Le prix est décerné à M. Labarraque, 343. — Deux médailles d’or accordées à MM. Saoarèse , 344* — Extrait d’un mémoire sur ce sujet, 370.
- Boyaux, expériences faites sur ceux présentés par M. Labarraque, 33g. —Moyen de détruire l’odeur infecte qu’ils répandent lorsqu'ils sont mis à macérer, 370. — De préparer ceux de bœuf, 371 ; ceux de mouton, 372.
- Brevets d’invention et d’importation délivrés en
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- ( 421 )
- France pendant l’année 1821 , 22. — Pendant l’année 1822, 4io. — En Angleterre, pendant l’année 1821, 173. — Nombre de ceux délivrés en France et en Autriche , 38o.
- Briques réfractaires de la fabrique du Montet,
- 54-
- jBrunei, récompenses accordées à cet ingénieur pour ses machines à faire les poulies pour la marine, g.
- C.
- Cachet à légendes et à armoiries changeantes de M. Pradier, 68. —Mécanisme qu’il renferme, 69.
- Caillouteurs, prix proposé pour un moyen de les garantir de la poussière nuisible qu’ils respirent pendant leur travail, 402-
- Calculs, de quelle manière ils se faisaient chez différens peuples , 355. — Sont facilités par l’emploi de la machine de M. Thomas, 358.
- Calendrièr du bon cultivateur, par M. M. de, Dombasle, rapport sur cet ouvrage, 62.
- Canif orné de ciselures de la fabrique de M. Pradier, 66.
- Caoutchouc fondu, préserve le fer et l’acier de la rouille, g5.
- Capote de cabriolet nommée disparaît, 226. — Sa description, 267. — Manière de l’adapter aux carosses, 268.
- Caractères d’imprimerie, cle leur disposition dans la presse de M. Durand, 385.
- — Stéréotypes fabriqués en Allemagne, 38o.
- Carrières de marbre découvertes en France, 124. Une médaille d’or est accordée à M. Dumêge, 137. —Des médailles d’argent à MM. Quiof, Morel et Bourguignon, i/\o.
- Carrosses , moyen de les transformer à volonté en calèches, 268,
- Cartons imperméables et incombustibles , 290.
- Cercles répétiteurs, leurs avantages, i53.
- Chaînes, manière dont leur force a été éprouvée dans le pont suspendu de M. Telford, 399.
- Chanterelles, qualités que doivent avoir ces cordes, 342. — Sont fabriquées en France à l’imitation de celles de Naples, 374.
- Chanvre préparé sans rouissage, résultat du concours ouvert pour ce prix, 3o5.—Est prorogé à l’année 1825 et porté à 6,000 fr., 3o6.
- Chapeaux de paille à l’instar de ceux d’Italie, fabriqués par Madame Reine, 56. — Sont
- faits avec le phleum pratense, 57. — Leur fabrication a été encouragée par le gouvernement, 59. — Une médaille d’argent est accordée à l’auteur, 144-
- — En duvet de chèvre, 160.
- Chapeaux d’osier de M. de Bernardière (rapport sur les), 249. — Leurs avantages, 25o.
- Charançons, peuvent vivre dans le blé, quoique privés d’air, 288.
- Charbon animal, fabriqué avec d’autres matières que les os , rapport sur le concours ouvert à ce sujet, 3i8.—Le prix est décerné à M. Ca-vailhon, 332. — Une médaille d’argent est accordée à AI. Desfosses, ib. — Procédé pom revivifier celui déjà employé, 322. — Peut être composé d’argile, de goudron et de houille, 323.—Essais faits avec ceux présentés à la Société, 826.
- — De terre, de sa combustion dans le fourneau fumivore de Brunton, 168.
- Charrue à deux bras, 294.
- — Araire d’Amérique, 25g. — Essais comparatifs faits avec cet instrument, 260.
- Chaudières des machines à vapeur, leurs dimensions sont réglées sur la force des chevaux , 244- — Doivent être construites en cuivre, 271.
- — A sucre d’une nouvelle forme, g5.
- Chaux, manière de la combiner avec le chlore,
- 193.
- Cheminée d’appel pour assainir les latrines, 255. — Appliquée à l’assainissement des salles de spectacle, 25g.
- Chevaux , de leur emploi comme force motrice à bord des bâtimens, 2o3. — Ne se fatiguent pas sur le bateau zoolique , 209. — Force qu’ils peuvent déployer, 210. — Manière dont ils agissentsur le plan inclinédeM. Guil-haud, 264.
- Chevilles des instrumens de musique inventées par M. Legros, 187. — Manière dont elles tournent dans le manche des violons, 188.
- Chèvres des Hautes-Alpes, procédé pour les peigner, 247.
- Chiffres, de leur disposition dans la machine de M. Thomas , 35g. — Manière dont ils sont amenés pour les diverses opérations de l’arithmétique, 361,362.
- Chlore, de sa combinaison avec la chaux , 193,
- K k k 2
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- *— Matières qui entrent dans sa préparation,
- *94-
- Chlorure de chaux, de sa fabrication, 192. — Fait disparaître l’odeur infecte que répandent les boyaux fermentés, 370.
- Ciment romain, sa composition , 194.
- Clarinette, usages auxquels elle fut d’abord employée , 4°. — Par qui perfectionnée , ib. — Manière dont elle est coupée, 41* — Muller y a ajouté treize clefs, ^1.—M. Jans-sen a donné une disposition particulière aux clefs, et les a armées de quatre rouleaux, 44-
- Claviers musicaux de M. Raingo, x 1.
- Collet cylindiique, manière de les pratiquer dans les tuyaux des fontaines forées ,76.
- Combustible, manière de l’économiser dans les fourneaux de M. d’Arcet, zSq.
- Compte rendu des travaux du Conseil d’administration pendant l’année 1821, ioiDes recettes et dépenses de la Société, x 14*
- Concours ouverts par la Société pour l’année 1822 (rapport sur les), 298.
- Condensateur, forme de celui où s’opère la combinaison du gaz et du liquide pour faire les eaux minérales factices, 221.
- Conseil d’administration, ses travaux pendant l’année 1821, 101. — Liste de ses membres au 3o juin 1822, 200.
- Conserves de M. Appert, leurs avantages, 232.
- Copies, moyen d’en faire deux à - la - fois , 190.
- Cordes des instrumens de musique , moyen de leur donner la tension convenable, 187. — Expériences sur celles présentées au concours, 34 r • 1— De leur fabrication par M. Labarra-que, 372. — Manière de les filer, 373; de les soufrer, ib.
- Corne transparente pour l’écriture, 292.
- Cornues pour la préparation du gaz hydrogène de la houille, 378. — Sont revêtues de briques, ib.
- Coton , de sa culture en France par M. D ortie , 229. — Quelle est l’espèce qui peut réussir chez nous, ib.
- Couleur verte nouvelle, 294.
- Couleurs en détrempe de M. Berry. i5nj.
- Couteaux de table en acier fondu , de M. Pra-àlicr, 68.
- Creusets, ceux de la fabrique du Montet sont très-réfractaires, 54-
- Cruches en grès de la fabrique du Montet, 55.
- Cuirs, moyen de les préserver de la moisissure, 291.
- — De Russie, rapport sur le concours ouvert à ce sujet, 344- — Le prix est décerné à MM. Duval et Grouvelle, 352. — Leurs diverses espèces , 349. — Leur odeur se pei'd à la longue, 351. — De leur fabricatioir par Ficherstroem, 3y4-
- — A rasoirs de la fabrique de M. Pradier, 66.
- Cuisines, moyen de les assainir, 256. — Construction de celle de M. d’Arcet, ib.
- Cuivre en bâton à l’usage des tireurs d’or, résultat du concours, 3i3. — Une médaille d’argent est décernée à M. Tillette, 316.— Est prorogé à l’année 1823, ib.
- Cylindres dépréssion et de touche, leur manœuvre dans la pi’esse de M. Durand, 385. — Mécanisme qui leur donne le mouvement alternatif, 3g 1.
- D.
- Damas d’étoffe, manière de fabriquer cet acier,
- 84-
- Découvertes faites en Allemagne, 289,
- Demées, moyen de les transporter, usité en Améiique, 191.
- Dépenses de la Société pendant l’année 1821 , x x5.
- Dessins, manière d’en obtenir des épreuves avec l’instrument de M. Clinchamp, 155. — Quels sont ceux qu’on peut produire sur les lames damassées, 84.
- Détenus, manière de les occuper dans les maisons de cori’ection, 200.
- Discours prononcé par M. le comte Chaptal à l’ouveitui’e de la séance généiale du 17 avril 1822, 99.
- Disparaît , nouvelle capote de cabriolet, 265.
- Divisions, manière dont elles se font sur la machine de M. Thomas, 364 •
- Dorure sur faïence, 158. — Factice, employée dans l’Inde, ^00.
- Drap teint en écarlate avec la garance, 3o4-
- Duvet des chèvres des Hautes-Alpes, 160.— Manière de le recueillir, 248.
- Dynamomètre, de son emploi pour mesurer la résistance des machines, 82.
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- E.
- Eau, température à laquelle elle est portée dans
- • la marmite de M. Fortin, 282.
- — De Javelle, détruit l’odeur infecte que répandent les boyaux mis à macérer, 370.—Rend les boyaux plus blancs et conserve leur ténacité, 371.
- Eaux minérales artificielles, de leur fabrication, 216.
- Ecarlate sur laine avec la garance , rapport sur ce concours, 3o4- — Le prix est retiré, 3o5.
- Echelle à incendie de M. Kermarée, 392. — Son mécanisme et sa manœuvre, 893. — Expériences faites avec cet appareil, 3q5. — Ses avantages, 396.
- Echeveaux de coton , moyen de les peser, 214.
- Eclairage des phares, par M. Fresnel, 274.
- Ecorce de bouleau, employée pour le tannage des cuirs de Russie, 375. — De saule sert à la préparation des peaux pour la ganterie ,
- 376.
- Ecran, sadisposiliondans l’appareil àe.^1. Abraham, pour éviter la poussière de grès dans l’empointage des aiguilles , 2q3.
- Ecriture, est facilitée par l’instrument de M. Obrion, 190. — Parle procédé de M. Leroy , 2.52.
- Effet dynamique des machines de rotation , manière de le mesurer, 80.
- Emboîtage des tuyaux des fontaines forées, moyeu de le pratiquer, 77.
- Encre, manière dont elle est distribuée dans la presse de M. Durand, 36, 385, 389.
- — De la Chine fabriquée à Berlin, 381.
- Enduit pour les fosses à conserver les grains,
- 287.
- Enrayage de voitures par M. Leclerc, 266, 269.
- Epiderme de bouleau, moyen d’en retirer une huile empyreumatique, 348.
- Etoffes de laines, moyen de les blanchir, 2D7. — De les teindre en noir, 293. — Le prix proposé pour leur conservation est retiré, 3oo.
- Etuve de M. Ternaux , 16 r. —Sa description et ses avantages, 162.
- F.
- Fabriques de M. Pradier, rapport sur les, 55.
- Faïence rouge recouverte de vernis métalliques, 157.
- Farines de légumes cuits de M. Duoergier, 227 . — Se conservent long-temps, 228.
- Fécule de pomme de terre de M. IVatiebled, 20.
- Fer forgé, de ses différentes espèces, 86. — Moyen de le préserver de la rouille, 94. — Est fortement retenu dans les pierres par leur élasticité, 386.
- — natif météorique, dessins qu’il présente, 87> 91 •
- Feuilles de plomb laminées, appliquées sur les murs, préservent les appartemens de l’hunii-dité, 379.
- Feutre en duvet de chèvre, 160.
- Ficelle , machine pour la passer autour du col des bouteilles , 223. — De sa fabrication , par M. Boichoz, 235.
- Fil d’acier propre à faire les aiguilles à coudre, résultat du concours, 3x 1. —Qualités de celui fabriqué par M. Peyrel, 3)2. — Une médaille d’or est accordée à l’auteur , 31 3. — Est remis au concours pour l’année 1823, ib.
- — Decarret, machine pour le fabriquer par M. Boichoz, 235.
- — De coton, manière de le numéroter, 214.
- Fixateur destiné à être adapté aux chevilles des
- instrumens de musique, 187. — Sa description, 188.
- Fléau, sa construction dans la balance romaine deM. Gouaull de Mondiaux, 215.
- Flèche mouvante adaptée aux voitures, 367.
- Fontaines forées, creusées au centre de la ville de Beauvais, 21. — Pratiquées par MM. Beurrier, 73, 75. — Celle de Noyelle-sur-Mer soumise à l’influence des maiées, ib.
- Fonte de fer, phénomène que présente sa combinaison avec le charbon, 19. — De ses diverses espèces, 86.
- Forme d’imprimerie, manière dont elle est placée dans la presse de M, Durand, 37.
- Fosse à conserver les grains, par M. Ternaux , ]g5. — Manière de la vider, 196. — De la re3nplir, 398. — Sa descriptiosi, ib. — Doit être revêtue de paille , 197. — Description de celle de M. Lacroix, 289. — Enduit dont elle est revêtue, 287.
- Fosses d’aisance, moyen de les assainir, 255.
- Fourneau futtlivore à grille tournante, 164.— Sa description, 166.
- Fourneaux de cuisine, tnanière de les construire d’aptèsM. d'Arcet , 256.
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- Fourneaux fumivores, sont très-anciennement connus, 164.— Description de ceux inventés en France, i65. — En Angleterre, ib.
- — Des machines à vapeur, ont été construits de manière à garantir des dangers du feu, 271.
- Foyers portatifs pour cuire les viandes, 2g4-
- Frein, de son application à la mesure de l’effet dynamique des machines de rotation, 80.
- Fumée, manière de la consumer dans les fourneaux, 164.
- G.
- Gants de Danemark, manière de préparer les peaux qui servent à leur fabrication, 376.
- Garance , de son application à la teinture en écarlate des laines; ce sujet de prix est retiré du concours, 3o5.
- Gaz, se combinent avec l’eau sous de fortes pressions, 2x7. — Moyen d’entraîner au dehors ceux des soufroirs, 258.
- Gazomètre, sa disposition dans la machine à faire les eaux minérales artificielles, 218.
- Genévrier, ses baies sont employées pour faire de la bière, 291.
- Gomme élastique fondue, préserve le fer et l’acier de la rouille, g5.
- Gorge cylindrique , manière de la former dans les tuyaux des fontaines forées, 76.
- Grains, de leur conservation dans le silo de M. Ternaux, ig5. —Dans le silo de M. Lacroix, 287.
- Granit, manière simple d’en arracher et soulever les masses, 186.
- Graphomètre, comment on peut remplacer cet instrument, i52.
- Grille, sa disposition dans le fourneau fumi-vore deBrunton, 167.
- H.
- Hache-paille nouveau, 292.
- Héliostat de l’invention de M. Gambey, i53.
- Hoi'loge publique en fer fondu, par M. Wagner, sa description, 4b. — Son calibre, 48.
- Houblon, de sa culture en France, 262. —La poussièi'e jaune contenue dans lescônes fonne ses pi’incipes coixstituans, ib.
- Huile remplacée par le savon pour repasser les rasoirs sur la pierre, 254-—Sa consommation dans les lampes à mèches concentriques de M. Fresnel, 274* — Manière dont elle
- monte dans la lampe de MM. Duverger et Gotten, 377.
- Huile d’olive, procédé pour la rendre propre aux usages de l’horlogerie, 3g8.
- — Empyreumatique, extraite du bouleau, son emploi, 35o. — Manière de l’obtenir, 376.
- — Goudronneuse de houille, de son emploi dans la préparation du gaz hydrogène, ^00.
- Hyalographe, ou instrument pour dessiner la perspective , 1Ô4* — Ses avantages , 155. —-Comment il peut être perfectionné, i56.
- I.
- Impression, manière dont elle s’opère dans la presse de M. Durand, 388.
- Incendiés, moyen de les sauver, 3g3.
- Insectes, peuvent rester asphyxiés pendant longtemps , et reprennent la vie à l’air, 288.
- Instrument pour dessiner la perspective, par M. Clinchamp, 154•
- — Pour écrii'e deux lettres à-la-fois, xgo.
- — Pour mesurer les angles , 292. — Les distances, 298.
- Jnstrumens de sondage perfectionnés par MM. Beurrier, 75. — Une médaille d’argent leur est décernée, 141 -
- —- Tranchans, procédé pour les repasser, 254
- J.
- Jollioet, notice nécrologique sur M. et madame, i45.
- L.
- Laines teintes en écarlate avec la garance sans employer la cochenille , rapport sur le concours ouvert à ce sujet, 3o4< — Ce pi’ix est retiré, 3o5.
- Languettes, manière de les pratiquer par machines dans le bois, 8.
- Lame de couteau en acier damassé de Clouet. fabriquée par M. Pradier, 71.
- Lames figurées de damas, dessins qu’on y produit, 84.— Différentes manières de les fabriquer, ib. — Celles de Clouet présentent des dessins réguliers, 85. — Leur caractère , 87. — Dessin ou moiré de celles de M. Degrand-Gurgey, 88. — De celles de Klingenthal, 89. — De celles de M. Bréard , 90. — De celles de Sir-Henry, ib.
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- Lampe à mèche concentrique pour les phares de M. Fresnel, 274.
- — Mécanique de MM. Gotten et Duvergei', 377*
- Larves des insectes , 11’existent pas dans les farines de légumes cuits, 228.
- Latrines inodores de M. cl’Arcct, 255.
- Légendes, manière de les changer dans un cachet, 6g.
- Légumes cuits , manière de les réduire en farine, 227.
- Lentilles de verre , leur disposition dans l’appareil de M. Fresnel, 275. — Sont à échelons, 276. — Buffon en a eu la première idée, 277. — Composées de plusieurs anneaux concentriques, ib. — Leurs avantages sur les réflecteurs ordinaires, ib.—Sont d’un facile entretien, 278.
- — Plans convexes, leur disposition dans le microscope de M. Chevalier, 368.
- Lettre de M. de Freycinet, relative aux substances alimentaires conservées par M. Appert, 23o. — De M. de Fahnenberg, sur les inventions faites en Allemagne, 37g. — Du Ministre de la guerre concernant un prix proposé pour un moyen de garantir les cail-louteurs de la poussière nuisible qui se dégage pendant leurs travaux , 4oi.
- Lettres, manière de les changer dans un cachet, 6g. — D’en écrire deux à-la-fois, igo. — De les tracer sur la corne, 2,52.
- Lunes faites avec l’acier de M. Bernadac, 247-
- Lin préparé sans rouissage , rapport sur ce sujet de prix, 3o5. — Est remis au concours et porté à 6,000 fr., 3o6.
- Linge damassé de la fabrique de M. Dollé, de Saint-Quentin, ï3.
- Liste des membres du Conseil au 3o juin 1822, 200. — Des membres de la Société admis depuis le ier janvier 1822, 4°7*
- Lit pour les malades et les blessés (méd. déc.),
- 1 72.
- Livres, peuvent être reliés avec du cuir de Russie, 35o.
- Logarithmes, leur usage facilite les calculs, 356.
- boire, vitesse moyenne du courant de ce fleuve,
- 204.
- Lumière, manière dont elle est réfléchie dans l’appareil lenticulaire de M. Fresnel, 2^5.
- Lunettes, leur disposition dans le théodolite de M. Gambey, i52.
- M.
- Machine à débiter le bois, de M. Roguin, 3. — A planer, rainer et languetter, 7. — Ses fonctions et ses avantages, ib.
- — A tailler les poulies pour la marine, inventée par M. Brunei, g.
- — Astronomique de M. Raingo, 10.
- — A calculer de M. Thomas , rapport sur la, 33. — Fonctions qu’elle remplit, 34- — Ses avantages, 35. — Ne peut être comparée aux règles à calculer, ib. — Sa description, 355. — Mécanisme qui lui donne le mouvement, 357. — Du système de calculs, 358. — Son jeu et ses effets, 36o. — Ses avantages, 365.
- — A réveil de M. Laresche, 5o. — Ses avantages, 5i. — Préférable aux montres à réveil, 52.
- — Pour sauver les incendiés, 172.
- — A scier les arbres sur pied , par AI. Hacks, 17g. — Ses avantages, 180. —' Sa description, 181.
- — Propre à arracher et soulever les pierres, employée en Ecosse, i83. — Sa description. 184. — Ses avantages, 185.
- — À fabriquer les eaux minérales artificielles , 216. — Manière d’en faire usage, 222.
- — Pour ficeler les bouteilles, 223.
- — A fabriquer la ficelle ou le fil de carret, par M. Boichoz , 235. — Son mécanisme, 287. — Ses avantages, 238. — Quantité de fil qu’elle produit, 239.
- — A forer les canons, 294.
- — Propre à nettoyer le sarrasin, 007.
- — Propre à travailler les verres d’optique. résultat du concours, 3oo. — Ce prix est prorogé à l’année 1823, 3oi.
- Machines de rotation , moyen de mesurer leur effet dynamique, 80.
- — A faire les briques, 2g3.
- — A vapeur, de la mesure de leur effet dynamique, 80.— Ont été pourvues de fourneaux brûlant leur fumée, i65. — De leur fabrication en Angleterre, 244- — Précautions à prendre pour se garantir du danger de leur explosion, 271. — Celles à haute pression sont employées en Amérique, ib. — Se construisent en Allemagne, 381. — Appliquées
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- aux presses d’imprimerie, résultat du concours, 3o2. — Le prix est prorogé à l’année i8a3,3o4.
- Maison de correction de Poissy, manière dont les détenus y sont occupés, 25o,
- Manège appliqué à faire mouvoir des scies pour couper les arbres sur pied, 180.— Moyen de le remplacer sur les bateaux, a63.
- Manufactures de l’Alsace, leurs progrès, ion.
- Marbres, leur exploitation était autrefois considérable en France, 124» — Lettre de Henri IY à ce sujet, 127. — Des droits d’importation à asseoir sur ceux venant de l’étranger, 12g. — Projetde tarif proposé, i32. — Examen de ceux des carrières des Hautes-Pyrénées , 134. — Sont d’une belle blancheur et propres à la sculpture, i35. — Préférables à ceux de Carrare, i36. —Une médaille d’or est accordée à M. Dumege, i37. — Examen de ceux des départeinens du Nord et des Ardennes, i38. — Des médailles d’argent accordées à MM. Ouivy, Morel et Bourguignon, i4o.
- Marins, engendrent des maladies en se nourrissant de viandes salées, 23 i.
- Marmite évasineptique de M. Fortin, 280.—Ne donne lieu à aucun danger, 281. — Ses avantages, 282. — Ne peut convenir qu’aux grands établissemens, ib. — Nouvelle , 2g3.
- Matière plastique se moulant comme le plâtre et aussi dure que la pierre ; ce prix est prorogé à l’année 1823, 307.
- Médailles d’or et d’argent accordées par la Société d’Encouragement de Paris,dans sa séance générale du 17 avril 1822, 121 et suiv. — Décernées par la Société d’Encouragement de Londres, 171.
- Membres composant le Conseil d’administration au 3o juin 1822, 200.— Admis pendant l’année 1822, 407.
- Membranes des intestins des animaux , quelles sont celles qu’on peut employer, 333.
- Mentions honorables accordées dans la séance du 17 avril 1822, 144-
- Mercure, manière dont il est employé dans la lampe de Gotten et Duverger pour empêcher l’écoulement de l’huile, 378.
- Métiers à tisser à la Jacquart, introduits en Prusse, 289=
- Meules de grès, moyen d’entraîner la poussière qu’elles répandent, 242.
- Microscope à calquer de M. Chevalier, 368» Ses effets et ses avantages, 36g. — Grossit sept fois, ib.
- Moiré des aciers damassés , causes qui le produisent, 84.
- Montres, manière d’y adapter le réveil de M. Laresche, 51.
- Moulin à eau sans barrage, par M. Fouguet, 15.
- — A vent à ailes horizontales, par M. Bordier, 211. —> Sa description , 212. — Expériences faites, 213. — Un encouragement de 5oo francs accordé à l’auteur, ib.
- — A bras à meules verticales, 291.
- — A nettoyer le sarrasin , résultat du concours, 307. —Le prix est prorogé à l’année i823,3o8.
- Moutons de race pure d’Espagne, résultat du concours, 316. — Des médailles d’argent décernées à MM. Gasparin et Perrault, 317. — Est remis au concours pour l’année 1823 , ib.
- Multiplications, manière dont elles se font sur la machine de M. Thomas, 362.
- Muriate oxigéné de chaux , de sa préparation , 192.
- Mûrier, de sa culture par M. Bonafous, 19g.
- Murs, manière d’empêcher leur humidité, §77.
- Musiques des pendules de M. Raingo, i1.
- N.
- Nacre de perle de la fabrique de M. Pradier, 66.
- Navigation par bateaux à vapeur (extrait d’un rapportfait à la chambre des communes d’Angleterre sur la), 269.
- Noir d’os , revivifié par le procédé de M, Ca-vailhon, 327.
- Notice nécrologique sur M. et madame Jolli-vet, i45.
- Numérotage des fils de coton, 214*
- O.
- Objets présentés à la séance générale du 17 aviii 1822, 97. — A la séance générale du 3o octobre 1822, 296.
- Or, manière de l’appliquer sur la porcelaine, i58.
- Os, dé leur emploi pour la fabrication du charbon animal, 318.
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- Osier, manière de le préparer pour la fabrication des chapeaux, 24g-
- Ouvrages offerts à la Société pendant l’année
- 1822, 4°3.
- — En fer, manière de les dorer dans l’Inde, 4«o.
- — En nacre de perle de M. Pradier, 66.
- Ouvriers empointeurs d’aiguilles, moyen d’éviter la poussière de grès qu’ils respirent, 243.
- P.
- Paille, espèce de celle employée par madame Reine pour la fabrication des chapeaux d’Italie, 60.
- Parquets, manière de les fabriquer par machines, 7.
- Patentes délivrées en Angleterre pendant l’année 1821,173.
- Pâtes féculentes de pomme de terre,par M. Wat-tebled, 20.
- Peaux, manière de les apprêter des sauvages de l’Amérique, 346. — De leur préparation en Russie et en Danemark, 376.
- Peigne-étalon, imaginé par M. Raingo pour régler les sons des lames métalliques des claviers musicaux, 11.
- Peignes, forme de ceux employés pour peigner les chèvres des Hautes-Alpes, 248.
- Peinture en détrempe insoluble, 167.
- Pendules astronomiques de M. Raingo, 9.
- Perspective, manière de la tracer par l’instrument de M. Clinchamp, ] 54-
- Peuplier, son écorce sert à tanner les cuirs, 346.
- Phares (nouveau système d’éclairage des), 274.
- Pierres, moyen de les arracher du sol, j83, 184. — La forte adhérence des pitons qui y sont enfoncés est attribuée à leur élasticité, 186.—Procédé pour les faire éclater, 290.
- — A repasser les rasoirs, enduites de savon au lieu d’huile, 254.
- —- A feu, notice sur leur taille, 4°i • — Ce travail est nuisible à la santé des ouvriers, 4°2.
- Pins du Nord ou pins d’Ecosse, rapport sur le concours ouvert pour leur plantation, 352.— Le prix est décerné à MM. Petit, Didier, oisin et Vial, 354-
- Piton en fer, adhère très-fortement dans la pierre où il est enfoncé, i83. — Expériences faites à ce sujet, 184. — Manière de le maintenir, i85. — Direction dans laquelle il doit être enfoncé, 186.
- Plan incliné, de son application au bateau zoo-Fingt-ujiième année. Décembre 1822.
- lique, 210. — Mobile ambulant de M. Guil-baudf 263.
- Planches, manière de les couper à l’aide des scies circulaires de M. Roguin, 6.
- Planches gravées sur acier, moyen de les garantir de la rouille, g5.
- Plantations de pins du Nord exécutées dans le département des Yosges, 352.
- Plante servant à fabriquer les chapeaux de paille, introduite en France par madame Reine, 6f.
- Platine, appliqué sur la faïence, i5g.
- Plume métallique sans fin à bec ordinaire, 70.
- Plumes à écrire, manière dont elles sont disposées dans l’instrument de M. Obriôn, 190.
- Poils de chèvres, la teinture détruit leur moelleux et leur brillant, 160.
- Polygraphe de M. Obrion, 189. — Ses avan-tages, 190.
- Pommes de terre, de leur conversion en fécule par M. TVattebledy 20.—De leur dessiccation dans l’étuve de M. Témaux, 162.
- Pompe de compression, sa disposition dans la machine à faire les eaux gazeuses artificielles, 218. — Son jeu, 222.
- — A double effet, pour épuiser l’eau des puits des mines, 292.
- — A incendie , par M. Kermarec, 3g3.
- Pont suspendu, en fer forgé, construit en Angleterre , 399. — Comment on a éprouvé sa solidité, ib.
- Potasse, est employée pour faire macérer les boyaux de mouton, 372.
- Poteries-grès de M. Laujorrois (rapport sur les), 53. — Sont propres à former des vases pour les laboratoires de chimie, 55.
- — Dorées de M. Legros d’Anizy, 157.
- Poudre à blanchir de Tennant, manière de la
- préparer, 192.—Quantité qu’on obtient dans un temps donné, ig5.
- Poulies, de leur disposition dans la machine à faire la ficelle de M. Boichoz, 237.
- Poussière de grès, est nuisible aux empointeurs d’aiguilles, 242.
- — Jaune du houblon, ses avantages pour la fabrication de la bière, 262.
- Presses d’imprimerie, prix proposé pour les faire agir par une machine à vapeur , rapport sur le concours ouvert à ce sujet, 3o3.— Le prix est prorogé à l’année 1823, 3o5. —De M. Z?a-rand (rapport sur les), 36. — Il y en a de
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- deux espèces, ib.—Economie qu’elles produisent, 37. — Une médaille d’argent est décernée à l’auteur, i43. — Avantages de celle à platine, 38. — De celle à eylindre, 3g. — Description de celle de M. Amédée Durand, 383. — Mécanisme qui la fait mouvoir, 385. — De M. Selligue, mise en action par une machine à vapeur, 3o3.
- —- De MM. Kœnig et Baur, pour imprimer des deux côtés à-la-fois, 382.
- Prisme de glace, sa disposition dans le microscope de M. Chevalier, 368.
- Px’ix proposés par la Société d’encouragement, dans sa séance générale du 3o octobre 1822, — Remis au concours pour l’année 1823, 310. — Retirés du concours, 3oo, 3o5. — Décernés, 3o8. — Nombre de ceux remportés, 299. —Désignation de ceux pour lesquels il n’y a pas eu de concurrens, ib. — Proposé par le ministre de la guerre, pour garantir les caillouteurs de la poussière qu’ils respirent, 402.
- — Décernés par la Société d’encouragement de Londres, 17t.
- Puits forés, pays où ils existent, 73. — Creusés au centre de la ville de Beauvais, 21.
- R.
- Rainures, manière de les pratiquer par machines dans le bois, 8.
- Rames tournantes, substituées aux roues à aubes dans les bateaux à vapeur, 272. — Leurs avantages, 273.
- Rasoirs, nouvelle manière de les l’epasser sur la pierre, 254. — En acier fondu de M. Pra-dier, 66. — Quantité qu’on en fabrique par mois, 67. — Leur prix, 68.
- Rayomètre, machine à travailler les verres d’optique, 3oo.
- Rayons lumineux, leur direction dans l’appareil lenticulaire de M. Fresnel, 275.
- Recettes de la Société pendant l’année 1821,114.
- Récipient, sa disposition dans l’appareil pour faire les eaux minérales artificielles, 218.
- Recueil de machines qui servent à l’économie rui’ale, par M. Leblanc; compte rendu de cet ouvrage, 233.
- Règles à calculer, comparées à l’arithmomètre de M. Thomas, 36. — De M. Sargéant, 12. — Donnent les cubatures, i3.
- Régulateur, composition de celui de la lampe de MM. Gottenet Duverger, 377.
- Résistance des arbres tournans, moyen de la mesurer, 83.
- Retenues, manière dont elles se font sur la machine de M. Thomas, 36x.
- Réveil de M. Laresche, 5o. —S’adapte à toutes sortes de montres, ib. — Ses avantages, 5i,
- Romaine pour peser les écheveaux de coton, 214 -
- Roues à aubes , leur effet quand elles sont appliquées au bateau zoolique de M. Guilbaud, 208. — Celles des bateaux à vapeur ont été remplacées par des rames tournantes, 272.
- S.
- Sagou de pommes de terre, 291.
- Salles de spectacle, moyen de les assainir, 25g,
- Sang coagulé, fournit du chaibon animal, 328.
- Sari’asin , moulin propre à le nettoyer, par M. de Lescure, 307.
- Savon, substitué à l’huile pour repasser les rasoirs sur la pierre, 254. — Employé pour pi'éparer le lin et le chanvre, 3o5.
- Scie servant à couper les arbres, parM. Hacks, 179. — Sa vitesse, 180. — Eprouve une espèce d’ondulation dans son mouvement de va et vient, ib.
- Scierie mécanique de M. Roguin, rapport lu à la séance générale du 17 avril 1822 sur cet etablissement, 118. — Une médaille d’or est accordée à l’auteur, 121.
- Scies verticales , manière dont elles agissent dans l’établissement de M. Roguin, 4-Leur attirail est en fer, ib. — Moyen de les tendxe, 5. — Leur vitesse, ib. — Quantité de bois qu’elles débitent dans un temps donné, ib.—Circulaires, leur emploi, 5. —Leur manœuvre, 6. — Le sciage qu’elles produisent est très-net, 7.
- Sciui’e de bois mêlée avec de l’huile goudronneuse de houille donne du gaz pour l’éclai-rage, 4°o.
- Séance généi’ale du 17 avril 1822, 97. — Du 3o octobre 1822,295.
- Silex, manière de le fendre pour en former des pierres à fusil, 402*
- Silos établis à Saint-Ouen par M. Ternaux, 195. —Leur description, 198. — Etablis à
- : Ivry par M. Lacroix, 286.
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- Société d’Encouragement, principes sur lesquels est fondée son institution, 99.—Expériences qu’elle a faites pendant l’année 1821, 108. — Ses rapports avec l’administration publique, 111.
- — D’encouragement de Londres , prix et médailles qu’elle a décernés, 17 1,
- Soie étirée à l’eau froide par M. Régas, 2,83. — Ce procédé est employé en Italie, 284. — Ses avantages, 28s.
- Sonde, profondeur à laquelle elle a été portée pour creuser des puits artésiens, n5. — Une médaille d’argent est décernée à MM. Beurrier pour avoir perfectionné cet instrument,
- 141 -
- Sonnerie, description de celle de l’horloge de 31. TVa gncr, 49- — Manière dont elle est mise en mouvement dans le réveil de M. La-resche, Si. —Ses diverses applications, 52.
- Soufroirs salubres de 31. d’Arc et, 25n.
- Soupapes, leur disposition dans la machine à faire les eaux minérales factices, 218.
- Soustractions, manière dont elles se font sur la machine de 31. Thomas, 363.
- Substances alimentaires préparées par 31. Appert, se sont conservées long-temps à bord de bâtimeus, 231. — Les Anglais en font un grand usage, ih. — Peuvent remplacer les viandes salées, 232.
- Sucre, moyen de hâter son évaporation, 96. — Quantité qui en a été importée en France, 3 ! 9.
- T.
- Tableau des brevets d’invention, d’importation et de perfectionnement accordés en France pendant l’année 1821, 28. — Pendant l’année 1822 , 418. — En Angleterre , pendant l’année 1821, 174.
- — Des expériences faites dans l’étuve de 31. Ternaux sur la dessiccation des pommes de terre, i63.
- Tablettes de corne, employées pour l’écriture , 253.
- Tarières d'embase , perfectionnemens apportés à ces instrumens par M. Beurrier, 75. —~ Leur description, 77. — 3Ianière de les employer, 79.
- Terrains incultes, moyen de les débarrasser
- des masses de pierres qui les encombrent.
- 184.
- Théodolite par 31. Gatnbey, i5i. — Avantages de cet instrument, i52.
- Tilbury, moyen de se mettre à l’abri du soleil et de la pluie dans ces sortes de voitures, 265.
- Tours pour tirer les soies à l’eau froide, par M. Regas, 283.
- Tresses de paille pour chapeaux, leur prix, 60.
- Tricot en duvet de chèvre, 161.
- Troène , divers usages de ses fruits, 2g4-
- Tympan, sa disposition dans la presse de M. Durand, 367.
- Tuyaux, moyen de leur donner la forme nécessaire pour s’emboîter l’un dans l’autre, 76.
- V.
- Vapeur d’eau, sert à dessécher les bois, 289.
- Ventilation des salles de spectacle, 259.
- Vergue horizontale du moulin de 31. Bordier.
- 212.
- Vermicelle de pomme de terre, manière dont il est desséché dans l’étuve de 31. Ternaux , 162.
- Vernis métallique imitant la dorure, 157.
- Verres lenticulaires , rendent parallèles les rayons divergens partis de leur foyer, 274. — On diminue leur poids en les taillant en échelons, 276.
- — D’optique , conditions à remplir pour qu’ils soient bien taillés, 300.
- Versoir, sa disposition dans la charrue-araire d’Amérique, 261.
- Viandes, sont cuites très-promptement dans la marmite de 31. Fortin, 282.
- — Salées, leurs inconvéniens, 281.
- Violons, doivent leur qualité à la parfaite dessiccation du bois, 290. — Leurs chevilles ont été perfectionnées par 31. Legros, 188.
- Voiles, peuvent être employées avec succès à bord des bateaux à vapeur, 272.
- Voitures, manière d’y adapter la nouvelle capote de 31. Leclerc, 268. — 3Ioyen de les enrayer, 269. — De les empêcher de verser.
- 367.“
- W.
- Wootz, dessins obtenus sur cet acier, 91.
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- ( 430 )
- Planches.
- Pl. 216, double. Moulin à eau sans barrage ni écluse, par M. Pouguet, en regard de la page 16.
- PL 217, double. Horloge publique en fonte de fer, par M. Wagner, page 48.
- PI. 218, double. Détails de l’horloge de M. Wagner, page 49*
- PL 219, simple. Tarauds ou tarières d’embase, par M. Prony. — Frein pour mesurer les effets dynamiques des arbres tournans, par MM. Beurrier.—Chaudières à sucre, page 77.
- PL 220, simple. Dessins d’aciers damassés orientaux et français, en aciers d’étoffe et aciers fondus, carburés, page 91.
- PL 221, double. Fourneau fumivore à grille tournante pour les machines à vapeur, par M. Brunton, page 169.
- PI. 222, double. Coupe du fourneau fumivore à grille tournante, page 170.
- PL 223, double. Machine à scier les arbres sur pied, par M. Hacks, page 181.
- PL 224, simple. Machine à arracher et soulever les pierres, par M. Low. — Fosse à conserver les grains.—Chevilles de guitare et de basse par M. Legros.—Barriques tournantes pour le transport des denrées, page 184.
- PL 225 et 226, doubles. Machine de compression pour la fabrication des eaux minérales gazeuses, page 224.
- Pl. 227, simple. Machine à faire de la ficelle ou du fil de carret, par M. Boichoz, page 240.
- PL 228, simple. Charrue-araire d’Amérique, page 261.
- PL 229, simple. Plan incliné mobile ambulant, parM. Guilbaud, page 264.
- PL 23o, simple. Nouvelle capote pour les voitures découvertes, nommée disparaît, par M. Leclercq , page 267.
- Pl. 231, double. Appareil lenticulaire pour l’éclairage des phares, par M. Fresnel, page 278.
- Pl. 232, quadruple. Arithmomètre ou machine à calculer, inventée par M. le chevalier Thomas, de Colmar, page Z5q.
- Pl. 233, triple. Presse typographique à cylindre, inventée par M. Amédée Durand. page 386.
- A Paris, de l’Imprimerie de Madame HUZARD (née VALLAT LA CHAPELLE ), rue de l’Éperon-Saint-André-des-Arcs, n°. 7.
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